,,introduction ,a ,,la ,,vie ,d,,vote1 ,,de ,,sa9t ,,fran,,ois ,,de ,,sales1 ,v,,que ,,et ,,pr9ce ,,de ,,g5,,ve1 ,,in/ituteur ,,de ,l',,ordre ,,de ,,la ,,visitation ,,de ,,sa9te ,,m>ie4 dition corrige ,a4 ,m4 ,d4 ,g4 ,a ,,lyon1 ,,*ez ,,p]isse ,,fr,,res1 ,,libraires1 rue ,m]cire1 n #cc4 ,a ,,p>is1 ,,au ,d,p,t ,,de ,,librairie ,,de ,,p]isse ,,fr,,res1 place ,sa9t-,&r-des ,arts1 n #aa4 #ahcb4 ,,s5tim5t ,d',,alex&re ,,vii ,sur cet ouvrage1 et les autres crits de sa9t ,franois de ,sales4 ,mon *] neveu1 c'e/ avec regret que j'ai s\ff]t votre abs5ce et notre sp>ation2 mais il n\s faut rejo9dre p> le comm]ce des lettres2 et p\r le comm5c] p> un sujet digne de v\s et de moi1 je ne saurois1 ce me semble1 mieux faire que de v\s cont9u] le disc\rs que je v\s faisois sur le po9t de votre d"p4 ,je v\s conjure donc1 encore une fois1 de faire vos dlices et plus *res tudes des uvres de ,m4 de ,sales1 d'tre son lecteur assidu1 son fils obissant1 et son imitateur fidle4 ,c'e/ sa ,philo?e1 qui e/ la meilleure guide qu'on puisse pr5dre p\r se conduire dans le *em9 de la v]tu1 que je dois depuis v+t ans1 aprs ,dieu1 la correction de mes murs2 et s'il y a quelque *ose en moi exempt de vice1 je lui en ai obligation4 ,je l'ai lue une inf9it de fois1 et je ne saurois me pass] de la relire2 elle ne p]d jamais p\r moi la grce de la n\veaut1 et t\tes les fois qu'elle repasse s\s mes yeux1 il me semble qu'elle me dit t\j\rs quelque *ose de plus que ce qu'elle m'avoit dit aup>avant4 ,si v\s m'en croyez1 ce livre s]a le miroir de votre vie1 et la rgle sur quoi v\s pr5drez la mesure de t\tes vos actions1 et de t\tes vos p5ses4 ,il ne v\s oblige pas l'au/rit et la solitude d'un ermite2 il ne v\s p]suade pas d'entrepr5dre un g5re de vie extraord9aire2 son desse9 e/ de v\s m5] au b\t de la p]fection *rti5ne1 et de v\s in/ruire dans la solide pit1 p> une voie d\ce et facile1 qui s'accommode admirablem5t t\tes les diffr5tes conditions des hommes1 quelque basses ou releves qu'elles puiss5t tre4 ,si la v]tu1 disoit un anci51 p\voit n\s tre reprs5te avec des c\leurs assez vives1 et des traits dignes de son mrite1 elle attir]oit t\s les mortels son am\r1 avec une ardeur et une passion extrmes4 ,il me semble1 c]tes1 que le gr& ,franois de ,sales a russi p>faitem5t dans ce desse92 en effet1 il n\s l'a reprs5te au vif avec t\t l'clat de sa maje/1 et t\s les attraits de ses beauts et de ses grces4 ,mais ce qui e/ le plus digne de l\ange1 et le plus agrable en cet excell5t criva91 c'e/ que se proposant ,notre-,seigneur p\r son modle1 il a comm5c bi5 faire avant que de bi5 dire1 et que son premi] so9 a t d'excut] lui-mme ce qu'il devoit enseign] aux autres4 ,de sorte qu'on peut dire avec raison1 que ceux qui tudi5t ses livres1 tudi5t encore sa vie1 et que ses prceptes et ses avis sont d'autant plus faciles pratiqu]1 qu'ils sont prv5us et autoriss de son exemple4 ,cet homme1 n dans une famille noble et ri*e1 lev dans la v]tu et les belles-lettres1 de la manire dont on a acc\tum d'in/ruire les enfans de bonne maison1 a p>u dans la c\r des rois1 et les palais des pr9ces1 dans les maisons des p>ticuli]s1 dans les compagnies de ses amis1 dans les affaires du monde1 dans les ex]cices de dvotion3 bref1 dans t\s les emplois de sa *>ge piscopale1 avec une conduite et une sa9tet m]veilleuses2 tellem5t que n\s avons bi5 sujet de n\s c\vrir de r\geur et de honte1 et de condamn] notre l*et1 n\s1 qui le prtexte1 ou de la c\tume du monde1 ou de l'occupation des gr&es affaires1 ou de la condition de notre naissance1 s]t d'excuse ord9aire p\r n\s disp5s] de vivre dans les rgles exactes de la pit *rti5ne4 ,or ce que je dis de la ,philo?e1 je le dis encore du ,?otime3 je veux dire1 de ce livre t\t d'or de l'am\r div92 bref1 de t\s les autres ouvrages de ce gr& homme1 je v\s av\e que les lisant s\v5t1 et de nuit1 je me suis fait comme une ide en moi-mme1 et un recueil de ses plus beaux s5tim5s1 et des po9ts pr9cipaux de sa doctr9e1 que je rum9e puis aprs mon loisir1 que je gte et que je fais pass]1 p\r a9si dire1 dans mon e/omac1 af9 de le trans=m] en mon sang et en ma sub/ance4 ,voil mon s5tim5t t\*ant ce sa9t homme1 mon *] neveu1 dont je v\s fais "p1 v\s exhortant de t\t mon cur le suivre3 c> en vrit1 si v\s le pr5ez p\r le c5seur et le guide de votre vie1 si v\s pratiquez en sa p]sonne ce que ,snque mme n\s enseigne1 qu'il n\s faut *oisir l'exemple de quelque homme illu/re1 qui s]ve de patron notre conduite1 et en prs5ce de qui n\s n\s imag9ions d'tre et d'agir en t\tes occasions1 ni je n'aurai sujet de me rep5tir du conseil que je v\s donne1 ni v\s de l'avoir mis en excution4 ,je f9is1 mon *] neveu1 en v\s disant avec ,horace3 ,adieu1 vivez cont5t1 et si v\s savez quelque *ose de meilleur que ces avis1 je v\s prie de m'en faire "p en t\te s9crit2 s9on1 s]vez-v\s comme moi de ceux-ci1 et faites-en votre pr(it4 ,,oraison ,d,,dicatoire4 ,o d\x ,jsus6 mon ,seigneur1 mon ,sauveur et mon ,dieu1 me voici pro/]n devant votre ,maje/1 v\ant et consacrant cet crit votre gloire4 ,animez-en les p>oles de votre sa9te bndiction1 af9 que les ames p\r lesquelles je l'ai fait1 en puiss5t recevoir les inspirations que je leur dsire1 et p>ticulirem5t celle d'implor] sur moi votre imm5se misricorde1 af9 qu'en montrant aux autres le *em9 de la dvotion en ce monde1 je ne sois pas rpr\v et confondu t]nellem5t dans l'autre2 mais qu' jamais je *ante avec eux p\r cantique de triomphe le mot que de t\t mon cur je prononce ma9t5ant en tmoignage de fidlit p>mi les has>ds de cette vie mortelle3 ,vive ,jsus6 vive ,jsus6 ,oui1 ,seigneur ,jsus1 vivez et rgnez en nos curs p> t\s les sicles des sicles4 ,a9si soit-il4 ,,pr,,face4 ,mon *] lecteur1 je v\s prie de lire cette ,prface p\r votre satisfaction et la mi5ne4 ,la b\quetire ,glyc]a savoit si bi5 div]sifi] la disposition et le mlange des fleurs1 qu'avec les mmes fleurs elle faisoit une gr&e v>it de b\quets3 de sorte que le pe9tre ,pausias demeura c\rt qu& il v\lut imit] cette div]sit d'ouvrages2 c> il ne put *ang] sa pe9ture en autant de manires que ,glyc]a faisoit ses b\quets4 ,a9si le ,sa9t-,esprit dispose et arrange avec tant de v>it les enseignem5s qu'il n\s donne sur la dvotion p> la plume et la b\*e de ses s]viteurs1 que la doctr9e re/ant t\j\rs la mme1 les disc\rs nanmo9s qui s'en font sont bi5 diffr5s1 selon les div]ses =mes qu'ils reoiv5t4 ,je ne puis c]tes ni ne veux crire en cette ,introduction que ce qui a dj t dit avant moi sur ce sujet4 ,ce sont les mmes fleurs que je prs5te mon lecteur1 mais le b\quet que j'en ai fait s]a diffr5t des autres1 cause de la =me que je lui ai donne4 ,ceux qui ont trait de la dvotion ont presque t\s reg>d l'in/ruction des p]sonnes retires du monde3 on du mo9s ils ont enseign une sorte de dvotion qui conduit cette entire retraite4 ,p\r moi j'ai l'int5tion d'in/ruire ceux qui viv5t dans les villes1 dans leur mnage1 la c\r1 et qui p> leur condition sont obligs de m5] une vie commune quant l'extrieur1 lesquels bi5 s\v5t1 s\s le prtexte d'une prt5due impossibilit1 ne veul5t pas mme p5s] l'entreprise de la vie dvote1 s'imag9ant que1 comme aucun animal n'ose gt] de la gra9e du ,palma ,*ri/i1 nul homme aussi ne doit prt5dre la palme de la pit *rti5ne1 t&is qu'il vit p>mi les emb>ras des affaires temporelles4 ,or je leur montre ici le contraire2 c>1 de mme que les mres-p]les viv5t au se9 de la m] sans pr5dre une seule g\tte d'eau m>9e2 que v]s les les ,*lido9es il y a des fonta9es d'eau d\ce au milieu des eaux sales de l'ocan1 et que les pyrau/es vol5t trav]s les flammes sans se brl] les ailes2 de mme aussi une ame vig\reuse et con/ante peut vivre dans le monde sans pr5dre l'humeur monda9e1 tr\v] les s\rces d'une d\ce pit p>mi les ondes amres du sicle1 et vol] entre les flammes des convoitises t]re/res sans brl] les ailes des sa9ts dsirs de la vie dvote4 ,il e/ vrai que cela e/ malais2 aussi v\drois-je que plusieurs y employass5t leur so9 avec plus d'ardeur qu'on ne l'a fait jusqu' prs5t2 et c'e/ p\rquoi1 t\t foible que je suis1 je vais essay] p> cet crit de s\t5ir les curs gnreux qui f]ont cette digne entreprise4 ,t\tefois si cette ,introduction voit le j\r1 ce n'a pas t de mon *oix et de mon propre m\vem5t4 ,il y a quelque temps qu'une ame vraim5t ple9e d'honneur et de v]tu1 se s5tant presse p> la grce de ,dieu d'entr] dans la vie dvote1 me pria de l'assi/] en ce bon desse92 et moi qui lui tois =t dv\ p> t\tes sortes de devoirs1 et qui avois depuis long-temps rem>qu en elle de gr&es dispositions la pit1 je me r5dis =t soigneux la bi5 in/ruire2 et l'ayant conduite p> t\s les ex]cices conv5ables ses dsirs et sa condition1 je lui en laissai des mmoires p> crit1 af9 qu'elle pt y rec\rir en cas de beso94 ,depuis elle les communiqua un docte et dvot religieux1 qui1 croyant que plusieurs p]sonnes en p\rroi5t pr(it]1 m'exhorta =t les r5dre publics2 ce qu'il n'eut pas de pe9e me p]suad]1 p>ce que son amiti avoit beauc\p d'empire sur ma volont1 et son jugem5t un gr& asc5dant sur le mi54 ,or1 af9 de r5dre cet ouvrage plus utile et plus agrable1 je l'ai revu1 j'y ai mis quelque ordre1 et j'y ai aj\t plusieurs in/ructions qui alloi5t mon b3 mais t\t cela1 je l'ai fait presque sans en avoir le loisir4 ,c'e/ p\rquoi l'on ne v]ra ri5 ici que de trs-imp>fait1 qu'un amas d'av]tissem5s que je donne de bonne foi1 en t*ant de les expliqu] le plus clairem5t que je puis4 ,et quant aux ornem5s du /yle1 je n'y ai pas seulem5t v\lu p5s]1 comme ayant assez d'autres *oses faire sans cela4 ,j'adresse mes p>oles ,philo?e1 p>ce que1 v\lant rapport] l'utilit commune des ames ce que j'avois d'abord crit p\r une seule1 je dois me s]vir d'un nom commun t\s ceux qui aspir5t la dvotion2 et ce nom1 c'e/ ,philo?e1 qui veut dire celui ou celle qui aime ,dieu4 ,considrant donc en t\t ceci une ame qui1 p> le dsir de la dvotion1 aspire l'am\r de ,dieu1 j'ai p>tag cette ,introduction en c9q p>ties4 ,dans la premire1 je t*e1 p> les considrations et les ex]cices conv5ables1 de *ang] le simple dsir de ,philo?e en une rsolution =melle d'embrass] la dvotion2 ce qu'elle fait1 aprs sa confession gnrale1 p> une solide prote/ation qui e/ suivie de la trs-sa9te communion1 dans laquelle recevant son ,sauveur et se donnant lui1 elle entre heureusem5t dans son sa9t am\r4 ,aprs cela1 p\r la conduire plus avant1 je lui montre deux gr&s moy5s de s'unir de plus en plus la div9e ,maje/3 savoir1 l'usage des sacrem5s1 p> lesquels ce bon ,dieu vi5t n\s2 et la sa9te oraison1 p> laquelle il n\s tire lui3 c'e/ ce qui compose la seconde p>tie4 ,dans la troisime1 je montre ,philo?e comm5t elle doit s'ex]c] en plusieurs v]tus trs-propres son avancem5t2 ce que je fais p> c]ta9s avis p>ticuli]s qu'elle auroit pe9e tr\v] ailleurs1 ou p> elle-mme4 ,dans la quatrime1 je lui dc\vre quelques emb*es de ses ennemis1 et lui montre comme elle doit s'en dml] et pass] outre4 ,enf91 dans la c9quime p>tie1 je la conduis l'c>t p\r se rafra*ir un peu1 repr5dre hale9e et rp>] ses =ces1 de manire p\voir ensuite plus heureusem5t gagn] pays1 et s'avanc] en la vie dvote4 ,notre sicle e/ =t biz>re2 et je prvois bi5 que plusieurs diront qu'il n'app>ti5t qu'aux religieux1 et aux g5s de dvotion1 de donn] a9si des rgles p>ticulires la pit2 que cela requi]t plus de loisir que n'en peut avoir un vque *>g d'un diocse aussi pesant que le mi51 et que cela dt\rne trop l'ent5dem5t qui doit tre occup de *oses importantes4 ,mais1 mon *] lecteur1 je rpons1 avec le gr& sa9t ,d5is1 qu'il app>ti5t pr9cipalem5t aux vques de p]fectionn] les ames2 p>ce qu'tant de l'ordre suprme p>mi les hommes1 comme les sraph9s p>mi les anges1 leur loisir ne peut tre mieux employ qu' cela4 ,les anci5s vques et les ,pres de l',eglise toi5t p\r le mo9s aussi affectionns leurs *>ges que n\s2 et cep5dant ils ne laissoi5t pas de vaqu] la conduite p>ticulire de plusieurs ames qui rec\roi5t eux1 comme on le voit p> leurs ptres2 imitant en cela les aptres1 qui1 t\t occups qu'ils toi5t de la moisson gnrale de l'univ]s1 recueilloi5t nanmo9s trs-soigneusem5t et avec une affection spciale c]ta9s pis plus rem>quables que les autres4 ,qui ne sait que ,timo?e1 ,tite1 ,philmon1 ,onsime1 sa9te ,?cle1 ,appia1 toi5t les *]s enfans du gr& sa9t ,paul1 comme sa9t ,m>c et sa9te ,ptronille de sa9t ,pi]re8 ,je dis sa9te ,ptronille1 c> elle ne fut pas sa fille selon la *air1 mais bi5 selon l'esprit1 a9si que le pr\v5t trs-savamm5t ,b>onius et ,galonius2 et sa9t ,jean n'crit-il pas une de ses ptres canoniques la dvote dame ,electa8 ,c'e/ une pe9e1 je le confesse1 de conduire les ames en p>ticuli]2 mais une pe9e qui s\lage1 p>eille en ce po9t celle des moissonneurs et des v5dangeurs1 qui ne sont jamais plus cont5s que lorsqu'ils sont =t occups et *>gs4 ,c'e/ un travail qui dlasse et avise le cur p> la consolation qui en revi5t ceux qui l'entrepr5n5t1 comme fait le c9amome ceux qui le port5t trav]s l',arabie ,heureuse4 ,on dit que lorsque la tigresse retr\ve un de ses petits que le *asseur lui laisse exprs sur le *em9 p\r l'amus] t&is qu'il emporte les autres1 elle s'en *>ge aussitt1 tel gros qu'il soit1 et1 lo9 d'en tre plus pesante1 n'en e/ au contraire que plus prompte le sauv] dans sa tanire1 l'am\r naturel l'allgeant p> ce f>deau4 ,or1 combi5 plus volonti]s un cur pat]nel se *>g]a-t-il d'une ame qu'il aura tr\ve dans un vrai dsir de la sa9te p]fection1 la portant en son se9 comme une mre porte son petit enfant1 sans nullem5t se ress5tir de ce faix bi5-aim6 ,mais il faut sans d\te que ce soit un cur pat]nel3 et c'e/ p\rquoi les aptres et les hommes apo/oliques appell5t leurs disciples non-seulem5t leurs enfans1 mais encore plus t5drem5t leurs petits enfans4 ,au demeurant1 mon *] lecteur1 il e/ vrai que j'cris de la vie dvote sans tre dvot1 mais non pas c]tes sans dsir de le dev5ir4 ,et c'e/ encore ce qui me porte avec plus d'affection v\loir v\s en in/ruire4 ,c>1 comme disoit un savant homme1 la bonne faon d'appr5dre1 c'e/ d'tudi]2 une meilleure1 c'e/ d'c\t]2 mais la trs-bonne1 c'e/ d'enseign]2 et il arrive s\v5t1 dit sa9t ,augu/9 en crivant la pieuse ,flor5t9e1 que l'(fice de donn] s]t de titre p\r recevoir1 et que la *>ge d'enseign] s]t de fondem5t p\r appr5dre4 ,alex&re fit pe9dre la belle ,compasp1 qui lui toit si *re1 p> la ma9 du clbre ,apelles4 ,apelles1 =c de considr] longuem5t ,compasp1 en imprima l'am\r en son cur mesure qu'il en exprimoit les traits sur le tableau2 si bi5 qu',alex&re s'en tant ap]u1 en eut piti1 et la lui donna gnreusem5t en m>iage1 se privant p\r l'am\r de lui de la plus *re amie qu'il et au monde4 ,en quoi1 dit ,pl9e1 il montra sa gr&eur d'ame1 plus qu'il n'et fait p> le ga9 d'une bataille4 ,or il me semble1 mon lecteur mon ami1 qu'tant vque1 ,dieu veut que je peigne sur les curs non-seulem5t les v]tus communes1 mais encore sa trs-*re et bi5-aime dvotion2 et moi je l'entrepr5ds volonti]s1 tant p\r obir et faire mon devoir1 que p\r l'esprance que j'ai qu'en la gravant dans l'esprit des autres1 le mi5 l'av5ture en devi5dra sa9tem5t am\reux4 ,or1 si jamais ,dieu m'en voit vivem5t pris1 il me la donn]a en m>iage t]nel4 ,la belle et *a/e ,rebecca1 abreuvant les *ameaux d',isaac1 fut *oisie p\r tre son p\se1 et reut de sa "p des p5dans d'oreilles et des bracelets d'or4 ,a9si je me promets de l'imm5se bont de mon ,dieu que1 conduisant ses *res brebis aux eaux salutaires de la dvotion1 il r5dra mon ame son p\se1 mettant en mes oreilles les p>oles dores de son sa9t am\r1 et en mes bras la =ce de les bi5 pratiqu]2 en quoi consi/e ess5tiellem5t la vraie dvotion1 que je supplie sa div9e ,maje/ de v\loir bi5 m'accord]1 moi et t\s les enfans de son ,eglise1 laquelle je veux jamais s\mettre mes crits1 mes actions1 mes p>oles1 mes volonts et mes p5ses4 ,a ,annecy1 le j\r de sa9te ,magdele9e1 #afjh4 ,,introduction ,a ,,la ,,vie ,d,,vote4 ,,premi,,re ,,p>tie4 ,,cont5ant ,,les ,,avis ,,et ,,les ,,ex]cices ,,propres ,a ,,conduire ,l',,ame1 ,,depuis ,,son ,,premi] ,d,,sir ,,de ,,la ,,vie ,d,,vote1 ,,jusqu',a ,,une ,,f]me ,r,,solution ,,de ,l',,embrass]4 ,,*apitre ,,premi]4 ,description de la vraie dvotion4 ,v\s aspirez la dvotion1 trs-*re ,philote1 p>ce qu'tant *rti5ne1 v\s savez que c'e/ une v]tu extrmem5t agrable la div9e ,maje/4 ,mais1 comme il arrive que les petites fautes que l'on commet au comm5cem5t d'une affaire s'agr&iss5t beauc\p mesure qu'on avance1 et devi5n5t la f9 presque irrp>ables1 il faut1 avant t\tes *oses1 que v\s sa*iez bi5 ce que c'e/ que la v]tu de dvotion2 c> il n'y en a qu'une de vraie1 et il y en a beauc\p de fausses et de va9es2 en sorte que1 sans ce disc]nem5t1 v\s p\rriez v\s tromp]1 et p]dre le temps suivre quelque dvotion imprud5te et sup]/itieuse4 ,le pe9tre ,arlius donnoit t\s ses p]sonnages la figure des p]sonnes qu'il aimoit2 et *acun pe9t la dvotion selon sa passion et son humeur4 ,celui qui e/ adonn au jene se ti5dra p\r bi5 dvot p\rvu qu'il jene1 quoique son cur soit ple9 de rancune2 et n'osant pas tremp] sa langue dans le v91 ni mme dans l'eau1 p> sobrit1 il ne se f]a pas scrupule de la plong] dans le sang du pro*a91 p> la mdisance et la calomnie4 ,un autre s'e/im]a dvot p>ce qu'il dit une gr&e multitude d'oraisons t\s les j\rs1 quoiqu'aprs cela il se rp&e en p>oles f*euses1 fires et injurieuses contre ses dome/iques et ses vois9s4 ,tel autre tire volonti]s l'aumne de sa b\rse p\r la donn] aux pauvres1 mais il ne peut tir] la d\ceur de son cur p\r p>donn] ses ennemis4 ,celui-ci p>donne aism5t1 mais de pay] ses cranci]s1 c'e/ ce qu'il ne fait qu' vive =ce de ju/ice4 ,t\s ces g5s-l pass5t p\r dvots1 et ne le sont en aucune manire4 ,les (fici]s de ,sal tant alls *ez ,david p\r l'arrt]1 ,mi*ol mit une /atue dans son lit1 et l'ayant c\v]te des habits de ,david1 elle leur fit accroire que c'toit ,david lui-mme qui dormoit malade4 ,a9si beauc\p de p]sonnes se c\vr5t de c]ta9es pratiques extrieures qui app>ti5n5t la dvotion1 et le monde croit que ce sont vraim5t des g5s dvots et spirituels1 et dans le fait ce ne sont que des /atues et des fantmes de dvotion4 ,la vraie et solide dvotion1 ,philo?e1 prsuppose l'am\r de ,dieu1 ou plutt elle n'e/ autre *ose qu'un vrai am\r de ,dieu2 je dis un vrai am\r1 et non pas un am\r tel quel2 c> en tant que l'am\r div9 embellit notre ame1 il s'appelle grce1 comme n\s r5dant agrables aux yeux de ,dieu2 en tant qu'il n\s donne la =ce de faire le bi51 il s'appelle *>it2 mais qu& il en e/ v5u ce degr de p]fection1 de n\s port] non-seulem5t faire le bi51 mais encore le faire soigneusem5t1 frquemm5t et promptem5t1 alors il s'appelle dvotion1 et j'explique ceci p> une comp>aison4 ,les autru*es ne vol5t jamais1 bi5 qu'elles ai5t des ailes4 ,les p\les vol5t1 mais pesamm5t1 r>em5t1 et =t bas4 ,au contraire1 les aigles1 les colombes1 les hirondelles ont le vol vif1 lev et presque cont9uel4 ,a9si les p*eurs ne vol5t pas en ,dieu1 mais font t\tes leurs c\rses sur la t]re et p\r la t]re3 les g5s de bi51 qui n'ont pas encore atte9t la dvotion1 vol5t en ,dieu p> leurs bonnes actions1 mais r>em5t1 l5tem5t et pesamm5t3 et il n'y a que les p]sonnes dvotes qui s'lv5t en ,dieu d'un vol prompt1 frqu5t et lev4 ,en un mot1 la dvotion n'e/ autre *ose qu'une c]ta9e agilit et vivacit spirituelle1 p> laquelle la *>it fait ses uvres en n\s1 ou n\s p> elle1 promptem5t et affectionnm5t2 et comme il app>ti5t la *>it de n\s faire pratiqu] univ]sellem5t t\s les comm&em5s de ,dieu1 il app>ti5t la dvotion de n\s les faire obs]v] avec t\te la dilig5ce et t\te la f]veur possibles4 ,a9si celui qui n'obs]ve pas t\s les comm&em5s de ,dieu1 n'e/ ni ju/e ni dvot3 il n'e/ pas ju/e1 puisqu'il lui manque la *>it2 il n'e/ pas dvot1 puisque1 outre la *>it1 il lui manque le zle et la promptitude aux actions *>itables1 qui e/ le propre de la dvotion4 ,et p>ce que la dvotion consi/e dans la p]fection de la *>it1 elle n\s r5d prompts1 actifs et dilig5s1 non-seulem5t obs]v] t\s les comm&em5s de ,dieu1 mais encore faire le plus de bonnes uvres que n\s p\vons1 encore qu'elles ne soi5t pas de prcepte1 mais simplem5t de conseil ou d'inspiration4 ,un homme qui relve n\vellem5t de maladie m>*e autant qu'il lui e/ ncessaire1 mais l5tem5t et pesamm5t3 il en e/ de mme d'un p*eur n\vellem5t guri de son iniquit2 il m>*e autant que ,dieu le lui comm&e2 mais posm5t et l5tem5t2 et ce n'e/ que lorsqu'il a atte9t la dvotion1 que1 comme un homme sa9 et robu/e1 non-seulem5t il *em9e1 mais il c\rt et il saute en la voie des comm&em5s de ,dieu1 et de plus1 il s'lance dans les s5ti]s des conseils et des inspirations cle/es4 ,enf9 la *>it et la dvotion ne sont pas plus diffr5tes l'une de l'autre que la flamme ne l'e/ du feu2 puisque la *>it1 qui e/ le feu spirituel de l'ame1 s'appelle dvotion qu& elle e/ =t enflamme4 ,en sorte que la dvotion n'aj\te ri5 au feu de la *>it1 s9on la flamme qui r5d la *>it prompte1 active et dilig5te non-seulem5t dans l'obs]vation des comm&em5s de ,dieu1 mais aussi dans la pratique des conseils et des inspirations cle/es4 ,,*apitre ,,ii4 ,proprits et excell5ce de la dvotion4 ,ceux qui v\loi5t dt\rn] les ,isralites d'entr] en la t]re promise leur disoi5t que c'toit un pays qui dvoroit ses habitans1 c'e/--dire1 que l'air y toit si mauvais qu'on ne p\voit y vivre long-temps2 et qu'en outre les habitans toi5t des g5s si prodigieux qu'ils mangeoi5t les autres hommes comme des saut]elles4 ,c'e/ a9si1 *re ,philo?e1 que le monde diffame tant qu'il peut la sa9te dvotion1 peignant les p]sonnes dvotes avec un visage f*eux1 tri/e et *agr91 publiant p>t\t que la dvotion r5d l'humeur mlancolique et le c>actre insupportable4 ,mais1 comme ,josu et ,caleb assuroi5t que1 non-seulem5t la t]re promise toit bonne et belle1 mais encore que la possession en s]oit d\ce et agrable1 de mme le ,sa9t-,esprit n\s enseigne p> la b\*e de t\s les sa9ts1 et notre ,seigneur lui-mme n\s assure que la vie dvote e/ une vie heureuse1 aimable et d\ce4 ,le monde voit que les dvots jen5t1 pri5t1 s\ffr5t les injures1 s]v5t les malades1 donn5t aux pauvres1 veill5t1 rprim5t leur colre1 font viol5ce leurs passions1 se priv5t des plaisirs s5suels1 et font mille autres *oses qui de leur nature sont pnibles et rig\reuses2 mais le monde ne voit pas la dvotion intrieure qui r5d t\tes ces pratiques agrables1 d\ces et faciles4 ,reg>dez les abeilles sur le ?ym3 elles y tr\v5t un suc =t am]2 mais en le suant elles le conv]tiss5t en miel3 p>ce que telle e/ leur proprit4 ,o monda9s6 il e/ vrai que les ames dvotes tr\v5t beauc\p d'am]tume dans leurs mortifications2 mais en les faisant1 elles les conv]tiss5t en d\ceurs et en consolations3 les feux1 les flammes1 les r\es1 les pes1 sembloi5t des fleurs et des p>fums aux ,m>tyrs1 p>ce qu'ils toi5t dvots4 ,que si la dvotion peut donn] de la d\ceur aux plus cruels t\rm5s1 et la mort mme1 que ne f]a-t-elle pas p\r les actions de v]tu8 le sucre ad\cit les fruits qui ne sont pas murs1 et corrige dans ceux qui sont murs l'effet s\v5t nuisible de leur crudit3 il en e/ de mme de la dvotion2 elle e/ le vrai sucre spirituel qui fait p]dre aux mortifications leur am]tume1 et aux consolations leur dang]3 elle te le *agr9 aux pauvres1 et l'empressem5t aux ri*es2 la dsolation l'oppress1 et l'insol5ce au favoris2 la tri/esse aux solitaires1 et la dissolution l'homme du monde2 elle s]t de feu en hiv]1 et de rose en t2 elle r5d galem5t utiles l'honneur et le mpris2 elle reoit le plaisir et la pe9e avec un cur presque t\j\rs gal1 et n\s remplit d'une suavit m]veilleuse4 ,contemplez l'*elle de ,jacob1 c> c'e/ le vrai portrait de la vie dvote4 ,les deux montans de cette *elle reprs5t5t l'oraison qui dem&e l'am\r de ,dieu1 et l'usage des sacrem5s qui le donne2 les *elons ne sont autre *ose que les div]s degrs de *>it1 p> lesquels on va de v]tu en v]tu1 en desc5dant p> l'action au sec\rs et support du pro*a91 ou montant1 p> la contemplation1 jusqu' l'union am\reuse de ,dieu4 ,or1 voyez1 je v\s prie1 quels sont ceux qui sont sur l'*elle2 ce sont des hommes qui ont des curs angliques1 ou des anges qui ont des corps huma9s4 ,ils ne sont pas jeunes1 mais ils le p>oiss5t1 p>ce qu'ils sont ple9s de vigueur et d'agilit4 ,ils ont des ailes p\r vol] et s'lanc] en ,dieu p> la sa9te oraison1 mais ils ont aussi des pi$s p\r m>*] avec les hommes et s'entret5ir avec eux dans un sa9t et aimable comm]ce4 ,la beaut et la joie brill5t sur leurs visages1 p\r indiqu] qu'ils reoiv5t t\tes *oses avec une d\ceur et une paix p>faites4 ,ils ont la tte nue1 aussi-bi5 que les bras et les pi$s1 p>ce que leurs p5ses1 leurs affections et leurs uvres n'ont d'autre b que de plaire ,dieu4 ,le re/e de leur corps e/ c\v]t1 mais d'une belle et lgre tunique1 qui n\s montre que1 s'ils us5t de ce monde et des *oses monda9es1 c'e/ en t\te puret et simplicit de cur1 n'en pr5ant que lgrem5t et autant seulem5t que leur condition l'exige4 ,telles sont les p]sonnes dvotes4 ,croyez-moi1 *re ,philo?e1 la dvotion e/ la d\ceur des d\ceurs1 et la re9e des v]tus2 c'e/ la p]fection de la *>it4 ,si la *>it e/ un lait1 la dvotion en e/ la crme2 si elle e/ une plante1 la dvotion en e/ la fleur2 si elle e/ une pi]re prcieuse1 la dvotion en e/ l'clat2 si elle e/ un baume1 la dvotion en e/ l'odeur1 et l'odeur ple9e de suavit qui con=te les hommes et rj\it les anges4 ,,*apitre ,,iii4 ,que la dvotion convi5t t\tes sortes de vocations et de pr(essions4 ,dieu1 en crant le monde1 comm&a aux plantes de port] leurs fruits1 *acune selon son espce4 ,a9si comm&e-t-il aux *rti5s1 qui sont les plantes vivantes de son glise1 de produire des fruits de dvotion1 *acun selon sa qualit et son tat4 ,la dvotion doit tre diffremm5t pratique p> le g5tilhomme1 p> l'artisan1 p> le valet1 p> le pr9ce1 p> la veuve1 p> la fille1 p> la femme m>ie2 et non-seulem5t cela1 mais il faut encore accommod] la pratique de la dvotion aux =ces1 aux affaires et aux devoirs de *aque p>ticuli]4 ,je v\s le dem&e1 ,philo?e1 s]oit-il conv5able que l'vque v\lt tre solitaire comme les *>treux8 et si les g5s m>is ne v\loi5t pas plus amass] que les capuc9s1 et si l'artisan toit t\t le j\r l'glise comme le religieux1 et le religieux expos t\tes sortes de r5contres p\r le s]vice du pro*a91 comme l'vque2 cette dvotion ne s]oit-elle pas ridicule1 drgle et insupportable8 ,cette faute cep5dant arrive trs-s\v5t2 et le monde1 qui ne di/+ue pas1 ou qui ne veut pas di/+u] entre la dvotion et l'indiscrtion de ceux qui se croi5t dvots1 murmure et crie contre la dvotion1 qui n'e/ p\r ri5 dans ces dsordres4 ,non1 ,philo?e1 la dvotion ne gte ri5 qu& elle e/ vraie1 ou plutt il n'e/ ri5 qu'elle ne p]fectionne2 et si elle nuit la vocation lgitime de quelqu'un1 c'e/ une preuve qu'elle e/ fausse4 ,l'abeille1 dit ,ari/ote1 tire son miel des fleurs1 sans les endommag] aucunem5t1 les laissant fra*es et entires comme elle les a tr\ves4 ,mais la vraie dvotion fait encore mieux1 c> non-seulem5t elle ne gte en ri5 les vocations et les affaires1 o l'on se tr\ve1 mais au contraire elle les orne et les embellit4 ,t\tes sortes de pi]r]ies1 tant jetes dans le miel1 en devi5n5t plus clatantes1 *acune selon sa c\leur3 de mme aussi *acun devi5t plus agrable dans sa vocation1 qu& il y jo9t la dvotion3 le so9 de la famille en e/ plus paisible1 l'am\r des p\x plus s9cre1 le s]vice du pr9ce plus fidle1 et t\tes sortes d'occupations plus d\ces et plus aimables4 ,c'e/ une erreur1 et mme une hrsie1 de v\loir bannir la vie dvote de la compagnie des soldats1 de la b\tique des artisans1 de la c\r des pr9ces1 du mnage des g5s m>is4 ,il e/ vrai1 ,philo?e1 que la dvotion purem5t contemplative1 mona/ique et religieuse1 e/ impraticable en ces sortes de vacations2 mais aussi1 outre ces trois dvotions1 il y en a plusieurs autres1 trs-propres p]fectionn] ceux qui viv5t dans le monde4 ,abraham1 ,isaac1 ,jacob1 ,david1 ,job1 ,tobie1 ,s>a1 ,rbecca et ,judi? en sont la preuve dans l',anci5 ,te/am5t3 et quant au ,n\veau1 sa9t ,joseph1 ,lydia et sa9t ,crp9 fur5t srem5t trs-dvots dans leurs b\tiques3 sa9te ,anne1 sa9te ,m>!1 sa9te ,monique1 ,aquila1 ,priscille trs-dvotes en leur mnage2 ,cornlius1 sa9t ,sba/i51 sa9t ,maurice trs-dvots p>mi les armes2 ,con/ant91 ,hlne1 sa9t ,l\is1 le bi5heureux ,am1 sa9t ,ed\>d trs-dvots sur leurs trnes4 ,il e/ mme arriv que plusieurs ont p]du la p]fection dans la solitude1 qui e/ cep5dant si favorable la vie p>faite1 et l'ont cons]ve dans le monde1 qui semble y tre si contraire4 ,lo?1 dit sa9t ,grgoire1 qui fut si *a/e dans la ville1 se s\illa dans la solitude4 ,a9si1 quelque tat que n\s ayons1 n\s p\vons et n\s devons aspir] la vie p>faite4 ,,*apitre ,,iv4 ,de la ncessit d'un directeur p\r entr] et p\r avanc] dans la dvotion4 ,le jeune ,tobie1 se disposant p>tir p\r ,ragez3 ,je ne sais nullem5t le *em91 dit-il son pre4 ,va donc1 rpliqua le vieill>d1 et *]*e quelque homme qui te conduise4 ,je v\s en dis autant1 *re ,philo?e3 v\lez-v\s s9crem5t v\s a*em9] v]s la dvotion8 *]*ez quelque homme de bi5 qui v\s guide et v\s conduise4 ,c'e/ ici l'av]tissem5t des av]tissem5s3 quoi que v\s fassiez1 dit le dvot ,avila1 v\s ne tr\v]ez jamais si srem5t la volont de ,dieu qu'en pr5ant le *em9 de cette humble obissance que les sa9ts ont t\j\rs tant recomm&e et pratique4 ,la bi5heureuse ,?rse1 voyant que ,ca!r9e de ,c>d]ec faisoit de gr&es au/rits1 dsira d'en faire autant1 contre l'avis de son confesseur qui le lui df5doit1 et auquel elle fut t5te de dsobir en ce po9t2 mais ayant enf9 *oisi le p>ti de l'obissance1 ,dieu lui dit3 ,ma fille1 tu m>*es p> une voie bonne et sre3 tu e/imois beauc\p cette pnit5ce1 et moi j'e/ime davantage ton obissance4 ,depuis lors elle aima tant cette v]tu1 qu'outre l'obissance qu'elle devoit ses suprieurs1 elle s'engagea p> un vu p>ticuli] suivre la conduite et les avis de son directeur2 ce qui fut p\r elle la s\rce de trs-gr&es consolations1 a9si que l'ont pr\v plusieurs autres bonnes ames1 qui p\r mieux s'assujettir ,dieu1 ont s\mis leur volont celle de ses s]viteurs4 ,sa9te ,ca!r9e de ,si5ne l\e extrmem5t cette pratique dans ses dialogues3 la dvote pr9cesse sa9te ,elisabe? se s\mit avec une p>faite obissance la conduite du savant ,conr>d3 et voici le conseil que le gr& sa9t ,l\is donna son fils avant de m\rir3 ,confessez-v\s s\v5t1 et *oisissez un confesseur qui ait assez de sci5ce et de sagesse p\r v\s aid] de ses lumires dans les *oses ncessaires au bi5 de votre ame4 ,un ami fidle1 dit l',ecriture-,sa9te1 e/ une =te protection3 celui qui l'a tr\v a tr\v un trsor4 ,un ami fidle e/ un remde qui donne la vie et l'immortalit3 ceux qui craign5t ,dieu le tr\v5t4 ,ces div9es p>oles1 comme v\s voyez1 reg>d5t pr9cipalem5t l'immortalit1 p\r laquelle il faut avant t\t avoir cet ami fidle1 qui guide nos actions p> ses avis et ses conseils1 et qui n\s g>antisse des piges et des tromp]ies du dmon4 ,un tel ami n\s s]a comme un trsor de pati5ce dans nos afflictions et dans nos *utes2 il n\s s]a un baume salutaire dans nos tri/esses de cur et autres maladies spirituelles2 il n\s g>d]a du mal1 et r5dra notre bi5 meilleur2 et qu& il n\s arriv]a quelque infirmit1 il emp*]a qu'elle ne soit mortelle =ce de so9s et de bons sec\rs4 ,mais qui tr\v]a cet ami8 le ,sage rpond3 ceux qui craign5t ,dieu2 c'e/--dire les humbles1 qui dsir5t ardemm5t leur avancem5t spirituel4 ,puisqu'il e/ donc si important1 ,philo?e1 d'entrepr5dre avec un bon guide ce sa9t voyage de dvotion1 priez ,dieu trs-in/amm5t qu'il v\s en envoie un selon son cur1 et ne d\tez pas qu'il ne le fasse2 c> qu& il devroit v\s donn] un ange du ,ciel1 comme il fit p\r le jeune ,tobie1 il v\s le donn]oit plutt que de v\s laiss] manqu] d'un conducteur fidle4 ,or1 qu& v\s l'aurez tr\v1 p5sez effectivem5t que c'e/ un ange p\r v\s4 ,ne le considrez pas comme un simple homme1 et ne mettez pas votre confiance en lui cause de son gr& savoir1 mais bi5 cause de ,dieu1 qui v\s sec\rra et v\s p>l]a p> son entremise1 mettant dans son cur et sur ses lvres t\t ce dont v\s aurez beso93 en sorte que v\s devez l'c\t] comme un ange qui desc5d du ,ciel p\r v\s y m5]4 ,traitez avec lui cur ouv]t1 en t\te simplicit1 lui manife/ant clairem5t votre bi5 et votre mal1 sans aucune espce de dguisem5t ni de dt\r4 ,p> ce moy51 le bi5 s]a plus sr1 et le mal plus promptem5t rp>4 ,votre ame en s]a aussi plus =te dans ses pe9es1 et plus modre dans ses consolations4 ,ayez en lui une extrme confiance1 mle d'un sa9t respect2 de telle sorte que le respect ne dim9ue pas la confiance1 et que la confiance n'emp*e pas le respect4 ,confiez-v\s en lui avec le respect d'une fille p\r son pre1 et respectez-le avec la confiance d'un fils p\r sa mre4 ,en un mot1 que cette amiti soit =te et d\ce1 t\te sa9te1 t\te sacre1 t\te div9e1 t\te spirituelle4 ,p\r cela *oisissez-en un entre mille1 dit ,avila2 et moi1 je dis entre dix mille2 c> il s'en tr\ve mo9s qu'on ne p5se qui soi5t capables de ce m9i/re4 ,il faut qu'un directeur soit ple9 de *>it1 de sci5ce et de prud5ce3 que si l'une de ces trois qualits lui manque1 il y a du dang]4 ,mais1 je v\s le rpte1 dem&ez-le ,dieu1 et qu& v\s l'aurez obt5u1 bnissez-en la div9e ,maje/4 ,t5ez-v\s f]me votre *oix1 n'en *]*ez po9t d'autres2 allez simplem5t1 humblem5t1 et en t\te confiance2 je rponds que v\s f]ez un trs-heureux voyage4 ,,*apitre ,v4 ,qu'il faut comm5c] p> purifi] l'ame4 ,les fleurs1 dit l'p\x sacr1 app>oiss5t en notre t]re2 le temps d'mond] et de taill] e/ v5u4 ,quelles sont les fleurs de nos curs1 ,philo?e6 s9on les bons dsirs8 ,or1 sitt qu'ils p>oiss5t1 il faut mettre la ma9 la s]pe p\r retran*] de notre consci5ce t\tes les uvres mortes et sup]flues4 ,s\s la loi de ,mose1 une fille trangre qui v\loit p\s] un ,isralite1 devoit quitt] la robe de sa captivit1 se c\p] les ongles et se ras] les *eveux3 de mme l'ame qui aspire l'honneur d'tre l'p\se du ,fils de ,dieu doit se dp\ill] du vieil homme et se revtir du n\veau1 en quittant le p*2 puis elle doit retran*] de sa vie t\tes les sup]fluits qui la dt\rn5t de l'am\r de ,dieu3 c'e/ le comm5cem5t de la sant de notre ame que d'tre dlivre des humeurs du p*4 ,dans sa9t ,paul1 cela se fit en un in/ant et d'une manire p>faite2 de mme aussi dans sa9te ,ca!r9e de ,gnes1 sa9te ,magdele9e1 sa9te ,plagie1 et quelques autres2 mais cette sorte de gurison e/ une cure miraculeuse et extraord9aire dans l'ordre de la grce1 comme la rsurrection des morts dans l'ordre de la nature1 en sorte que n\s ne devons pas y prt5dre4 ,la gurison ord9aire1 soit des corps1 soit des esprits1 ne se fait que petit petit1 p> degrs1 avec pe9e et pati5ce4 ,les anges ont des ailes sur l'*elle de ,jacob1 et cep5dant ils ne vol5t pas2 mais ils mont5t et desc5d5t avec ordre1 d'*elon en *elon4 ,a9si va notre ame du p* la dvotion2 elle s'lve peu peu1 semblable l'aube du j\r qui ne *asse pas t\t d'un c\p les tnbres1 mais l5tem5t et p> degrs4 ,cette m>*e e/ au re/e la plus sre1 c>1 comme dit l'aphorisme1 la gurison qui se fait d\cem5t e/ t\j\rs plus c]ta9e4 ,que s'il e/ vrai1 *re ,philo?e1 que le mal arrive *eval et en po/e1 et s'en ret\rne pi$ et au petit pas1 il faut donc bi5 s'arm] de =ce et de pati5ce dans l'entreprise de la vie dvote4 ,hlas6 quelle piti de voir des ames engages depuis peu dans la dvotion1 s'inquit] cause de leurs fautes1 se tr\bl]1 se dc\rag]1 presque jusqu' v\loir t\t quitt] et ret\rn] en arrire6 ,et d'un autre ct1 quelle dang]euse t5tation p\r une ame de se croire gurie de ses mo9dres imp]fections ds le premi] j\r de sa conv]sion1 se reg>dant comme p>faite presqu'avant d'tre faite1 et se mettant vol] sans ailes6 ,o ,philo?e1 que la re*ute e/ cra9dre1 qu& on veut a9si se tir] trop tt des ma9s du mdec96 ,ne v\s levez pas avant la lumire1 dit le ,prophte2 levez-v\s aprs tre demeur assis2 et lui-mme1 pratiquant ce qu'il enseigne1 ayant t lav et purifi de ses fautes1 dem&e de l'tre encore davantage4 ,l'ex]cice qui consi/e purifi] notre ame de plus en plus1 ne peut et ne doit se t]m9] qu'avec notre vie2 ne n\s tr\blons donc po9t dans nos imp]fections2 c> notre p]fection consi/e les combattre1 et n\s ne saurions les combattre sans les voir1 ni les va9cre sans les r5contr]2 et notre victoire ne consi/e pas ne les pas s5tir1 mais bi5 n'y pas cons5tir4 ,ce n'e/ pas y cons5tir que d'en tre incommod4 ,il faut bi5 que1 p\r l'ex]cice de notre humilit1 n\s soyons quelquefois blesss dans ce combat spirituel4 ,mais n\s ne sommes jamais va9cus1 que qu& n\s v5ons p]dre ou la vie1 ou le c\rage2 or1 les imp]fections et les p*s vniels ne sauroi5t n\s t] la vie spirituelle1 puisqu'elle ne se p]d que p> le p* mortel2 il re/e donc seulem5t qu'elles ne n\s fass5t po9t p]dre le c\rage4 ,dlivrez-moi1 ,seigneur1 disoit ,david1 du dc\ragem5t et de la l*et2 disons de mme1 et reg>dons-n\s comme trs-heureux dans cette gu]re1 de n'avoir d'autre condition remplir p\r tre t\j\rs va9queurs1 que de v\loir t\j\rs combattre4 ,,*apitre ,,vi4 ,du premi] retran*em5t1 qui e/ celui des p*s mortels4 ,le premi] retran*em5t faire e/ celui du p*4 ,p\r cela1 il faut avoir rec\rs au sacrem5t de pnit5ce4 ,*]*ez le plus digne confesseur que v\s p\rrez2 ayez un de ces petits livres qui ont t faits p\r aid] les consci5ces se bi5 confess]1 comme ,gr5ade1 ,bruno1 ,arias1 ,aug] et autres3 lisez-les bi51 et rem>quez de po9t en po9t en quoi v\s avez (f5s ,dieu1 depuis que v\s avez atte9t l'ge de la raison jusqu' prs5t2 que si v\s v\s dfiez de votre mmoire1 mettez p> crit ce que v\s aurez rem>qu4 ,ayant a9si prp> et runi t\t ce qui *>ge votre consci5ce1 rejetez-le p> une contrition aussi vive et aussi p>faite que votre cur p\rra la concevoir1 considrant ces quatre *oses3 que p> le p* v\s avez p]du la grce de ,dieu1 ab&onn votre "p de p>adis1 mrit les pe9es t]nelles de l'enf]1 et r5onc l'am\r t]nel de ,dieu4 ,v\s voyez bi51 ,philo?e1 que je p>le d'une confession gnrale de t\te la vie2 une telle confession1 je l'av\e1 n'e/ pas t\j\rs absolum5t ncessaire1 mais elle e/ cep5dant extrmem5t bonne et utile dans ces comm5cem5s2 aussi je v\s conseille =t d'y rec\rir4 ,s\v5t les confessions ord9aires de ceux qui viv5t d'une vie tide et commune1 sont remplies de gr&s dfauts3 on ne se prp>e po9t1 ou =t peu3 on n'a po9t la contrition requise3 on va se confess] avec la volont tacite de ret\rn] au p*3 on ne veut pas vit] les occasions dang]euses1 ni pr5dre les moy5s ncessaires p\r r=m] sa vie2 en t\s ces cas1 la confession gnrale e/ indisp5sable p\r assur] le salut4 ,mais de plus1 la confession gnrale n\s appelle la connoissance de n\s-mmes1 n\s provoque une salutaire confusion p\r notre vie passe1 n\s fait admir] la misricorde de ,dieu1 qui n\s a att5dus si patiemm5t2 elle apaise nos curs1 dlasse nos esprits1 excite en n\s de bonnes rsolutions1 donne sujet notre pre spirituel de n\s dire les *oses conv5ables notre position1 et enf9 n\s ouvre le cur p\r confess] nos p*s l'av5ir avec plus de confiance et de s9crit4 ,a9si1 puisqu'il s'agit d'un r5\vellem5t gnral de notre cur1 et d'une conv]sion univ]selle de notre ame ,dieu1 c'e/ avec raison1 ce me semble1 ,philo?e1 que je v\s conseille cette confession gnrale4 ,,*apitre ,,vii4 ,du second retran*em5t1 qui e/ celui des affections au p*4 ,t\s les ,isralites sortir5t de la t]re d',egypte2 mais t\s n'en sortir5t pas de cur et d'affection4 ,aussi1 qu& ils fur5t dans le ds]t1 plusieurs regrettr5t les ognons et les vi&es d',egypte4 ,a9si il y a des p*eurs qui sort5t effectivem5t du p* et qui n'en p]d5t pas p\rtant l'affection4 ,ils se propos5t bi5 de ne plus p*]1 mais c'e/ avec une c]ta9e rpugnance se priv] des plaisirs du p*2 leur cur y r5once et s'en loigne1 mais il ne laisse pas nanmo9s de se ret\rn] s\v5t de ce ct-l1 comme la femme de ,lo? se ret\rnoit v]s ,sodome4 ,ils s'ab/i5n5t du p* comme les malades s'ab/i5n5t du melon3 ils n'en mang5t pas1 p>ce que le mdec9 les m5ace de mort s'ils en mang5t2 mais ils se t\rm5t5t de cette privation3 ils en p>l5t1 ils hsit5t sur ce qu'il faut faire1 ils veul5t au mo9s le s5tir1 et e/im5t =t heureux ceux qui peuv5t en mang]4 ,de mme ces foibles et l*es pnit5s s'ab/i5n5t p\r quelque temps du p*1 mais c'e/ regret3 ils v\droi5t bi5 p\voir p*] sans tre damns1 ils p>l5t du p* avec gt1 et e/im5t heureux ceux qui s'y livr5t4 ,un homme rsolu de se v5g] *ang]a de volont en se confessant2 mais bi5tt aprs1 on le tr\v]a au milieu de ses amis1 pr5ant plaisir p>l] de sa qu]elle1 disant que1 sans la cra9te de ,dieu1 il et fait ceci et cela2 que la loi div9e e/ bi5 gnante2 que le p>don des injures e/ bi5 difficile2 que plt ,dieu qu'il ft p]mis de se v5g]6 ,ah6 qui ne voit que1 bi5 que ce pauvre homme soit hors du p*1 il e/ nanmo9s t\t emb>rass de l'affection du p*1 et qu'tant hors d',egypte p> l'effet1 il y e/ encore p> le dsir1 ne laissant pas d'aim] t\j\rs et de regrett] les ognons qu'il y mangeoit8 ,comme fait aussi cette femme qui1 aprs avoir dte/ son inconduite1 se plat encore nanmo9s tre flatte et re*]*e4 ,hlas6 que de telles g5s sont en dang] de se p]dre6 ,philo?e1 puisque v\s v\lez entrepr5dre la vie dvote1 il ne faut pas seulem5t v\s cont5t] de quitt] le p*1 mais il faut encore dlivr] t\t--fait votre cur des actions qui dp5d5t du p*4 ,c>1 outre le dang] de la re*ute1 ces misrables affections amolliroi5t p]ptuellem5t votre esprit1 et l'appesantiroi5t de telle sorte qu'il ne p\rroit plus faire de bonnes uvres avec cette promptitude1 cette p]svrance et ce zle1 qui sont de l'ess5ce de la vraie dvotion4 ,les ames qui1 aprs avoir quitt le p*1 ont encore ces affections et ces langueurs1 ressembl5t1 mon avis1 aux p]sonnes qui ont les ples c\leurs3 elles ne sont pas absolum5t malades1 mais t\tes leurs actions sont malades3 elles mang5t sans gt1 dorm5t sans repos1 ri5t sans joie1 et se tran5t plutt qu'elles ne m>*5t4 ,de mme ces ames font le bi5 avec des lassitudes spirituelles si gr&es1 que leurs bonnes uvres1 dj =t petites en nombre et en effet1 cess5t d'avoir la mo9dre grce4 ,,*apitre ,,viii4 ,du moy5 de faire ce second retran*em5t4 ,il faut p\r cela se =m] une vive et =te ide de t\t le mal que le p* n\s apporte1 et entr] a9si dans de pr(onds s5tim5s de contrition4 ,c> si la contrition1 t\te foible qu'elle e/1 p\rvu qu'elle soit vraie1 suffit p\r n\s purifi] du p*1 surt\t qu& elle e/ jo9te la v]tu des sacrem5s3 qu& elle e/ gr&e et vhm5te1 elle va jusqu' dlivr] le cur de t\tes les affections qui dp5d5t du p*4 ,rem>quez ceci3 une simple antipa?ie n\s donne de l'av]sion p\r la p]sonne qui n\s dplat1 et n\s fait fuir sa compagnie2 mais si c'e/ une ha9e mortelle et viol5te1 non-seulem5t n\s fuyons et dte/ons celui qui en e/ l'objet1 mais encore n\s ne p\vons s\ffrir ni ses p>5s ni ses amis1 ni la vue de son portrait1 ni ri5 qui lui app>ti5ne4 ,de mme qu& le pnit5t ne hait le p* que d'une contrition foible et lgre1 quoique vritable1 il se rs\t seulem5t ne plus p*]2 au lieu que1 s'il ress5t une contrition =te et pr(onde1 il dte/e et le p*1 et t\t ce qui en dp5d1 et t\t ce qui y conduit4 ,il faut donc1 ,philo?e1 agr&ir tant qu'il n\s s]a possible notre contrition1 af9 qu'elle s't5de jusqu'aux mo9dres circon/ances du p*4 ,c'e/ a9si que ,magdele9e conv]tie p]dit tellem5t le gt de ses p*s1 que jamais elle n'y p5sa2 c'e/ a9si que ,david prote/oit1 non-seulem5t qu'il hassoit le p*1 mais encore qu'il hassoit les voies et les s5ti]s qui y mn5t1 et voil prcism5t en quoi consi/e ce rajeunissem5t de l'ame1 qui e/ comp> p> le mme prophte au r5\vellem5t de l'aigle4 ,or1 p\r p>v5ir cette vive contrition1 il faut que v\s v\s ex]ciez soigneusem5t aux mditations suivantes1 trs-propres drac9] de votre cur1 moy5nant la grce de ,dieu1 le p*1 et les pr9cipales affections du p*2 aussi les ai-je composes exprs p\r cela2 v\s les f]ez l'une aprs l'autre1 dans l'ordre que j'ai m>qu1 n'en pr5ant qu'une p\r *aque j\r1 et v\s y employant le mat91 autant que possible1 p>ce que c'e/ le temps le plus favorable aux fonctions de l'esprit4 ,aprs cela1 v\s en repass]ez ce que v\s p\rrez en v\s-mme dans le c\rant de la j\rne2 que si votre esprit n'e/ pas encore fait la mditation1 voyez ce qui e/ dit ce sujet dans la seconde p>tie de cet ouvrage4 ,,*apitre ,,ix4 ,premire mditation4--,de la cration4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s en la prs5ce de ,dieu4 #b4 ,suppliez-le qu'il v\s inspire4 ,,consid,,rations4 #a4 ,considrez qu'il n'y a que tant d'annes que v\s n'tiez pas au monde1 et que votre tre toit un vrai ri54 ,o tions-n\s1 mon ame1 en ce temps8 ,le monde avoit dj bi5 dur1 et de n\s1 il n'toit nulle n\velle4 #b4 ,dieu v\s a tire de ce ri51 p\r v\s faire ce que v\s tes2 et cela1 sans qu'il et beso9 de v\s1 mais p> un pur effet de sa bont4 #c4 ,considrez avec respect l'tre que ,dieu v\s a donn2 v\s tes le premi] et le plus p>fait de t\s les tres de ce monde visible1 capable de vivre t]nellem5t1 et de v\s unir p>faitem5t la div9e ,maje/4 ,affections et rsolutions4 #a4 ,humiliez-v\s pr(ondm5t devant ,dieu1 lui disant de t\t votre cur avec le ,psalmi/e3 ,o ,seigneur1 je suis devant v\s comme un vrai nant2 d'o vi5t que v\s avez p5s moi p\r me crer8 ,hlas6 mon ame1 tu tois p]due dans cet anci5 abme1 et tu y s]ois encore si ,dieu ne t'en et tire2 qu'y f]ois-tu ma9t5ant sans cette bont de ton ,dieu8 #b4 ,r5dez grces ,dieu4 ,o mon gr& et bon ,crateur1 combi5 v\s suis-je r$evable1 puisque v\s avez t me pr5dre dans mon nant p\r me r5dre p> votre misricorde ce que je suis8 ,que f]ois-je jamais p\r bnir dignem5t votre sa9t nom et rem]ci] votre imm5se bont8 #c4 ,confondez-v\s4 ,mais hlas6 mon ,crateur1 au lieu de m'unir v\s p> mon am\r et p> mes s]vices1 je me suis r5due rebelle p> les drglem5s de mon cur1 je me suis sp>e de v\s1 p\r me jo9dre au p*1 je v\s ai fui1 j'ai mconnu votre bont1 comme si v\s n'tiez pas mon ,crateur4 #d4 ,abaissez-v\s devant ,dieu4 ,o mon ame1 s\vi5s-toi que le ,seigneur e/ ton ,dieu1 c'e/ lui qui t'a faite1 et tu ne t'es pas faite toi-mme3 ,dieu6 je suis l'ouvrage de vos ma9s4 ,je ne veux donc plus me complaire en moi-mme1 puisque de moi-mme je ne suis ri54 ,de quoi te glorifies-tu1 c5dre et p\ssire8 p\rquoi t'lves-tu1 nant8 ,oui1 dsormais je veux p\r m'humili] faire telle et telle *ose1 support] tel et tel mpris3 je veux *ang] de vie1 et suivre fidlem5t mon crateur3 je m'honor]ai de la condition de crature1 laquelle il m'a appele2 j'immol]ai entirem5t t\tes mes volonts aux si5nes2 et p\r cela j'aurai rec\rs aux moy5s qui me s]ont indiqus1 et dont je me f]ai bi5 in/ruire p> mon pre spirituel4 ,,conclusion4 #a4 ,rem]ciez ,dieu4 ,o mon ame1 bnis le ,seigneur1 et que t\t ce qui e/ en toi exalte son sa9t nom2 c> sa bont t'a tire du nant1 et sa misricorde t'a cre4 #b4 ,(frez4 ,o mon ,dieu1 je v\s (fre l'tre que v\s m'avez donn1 avec t\t mon cur4 ,je v\s le consacre entirem5t4 #c4 ,priez4 ,o ,dieu1 =tifiez en moi ces affections et ces rsolutions4 ,o sa9te ,vi]ge1 recomm&ez-les la misricorde de votre ,fils1 avec t\tes les p]sonnes p\r qui je dois pri]1 etc4 ,pat] no/]1 ,ave1 ,m>ia4 ,aprs l'oraison1 faites-v\s comme un b\quet spirituel des considrations qui v\s ont le plus t\*e1 af9 d'en respir] de temps en temps la bonne odeur dans le c\rant de la j\rne4 ,,*apitre ,x4 ,deuxime mditation4--,de la f9 p\r laquelle n\s sommes crs4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s devant ,dieu4 #b4 ,priez-le qu'il v\s inspire4 ,,consid,,rations4 #a4 ,si ,dieu v\s a mise dans ce monde1 ce n'e/ pas qu'il et beso9 de v\s2 c> v\s lui tes compltem5t inutile4 ,mais il a v\lu seulem5t ex]c] sur v\s sa bont en v\s faisant "p de sa grce et de sa gloire4 ,p\r cela1 il v\s a donn l'ent5dem5t p\r le connotre1 la mmoire p\r v\s s\v5ir de lui1 la volont p\r l'aim]1 l'imag9ation p\r v\s reprs5t] ses bi5faits1 les yeux p\r voir les m]veilles de ses ouvrages1 la langue p\r le l\]1 et a9si des autres facults4 #b4 ,etant cre et mise au monde cette int5tion1 v\s devez vit] et rejet] soigneusem5t t\te action qui y s]oit contraire2 et p\r celles qui ne peuv5t pas v\s s]vir1 il faut les mpris] comme va9es et sup]flues4 #c4 ,considrez le malheur du monde1 qui ne p5se po9t cela1 et qui vit comme s'il croyoit n'tre n que p\r btir des maisons1 plant] des arbres1 amass] des ri*esses et s'occup] de frivoles amusem5s4 ,affections et rsolutions4 #a4 ,confondez-v\s1 en repro*ant votre ame la misre o elle a vcu jusqu' prs5t2 misre si gr&e1 qu'elle n'a que peu ou po9t p5s t\t ceci4 ,hlas6 devez-v\s dire1 quoi p5sois-je1 mon ,dieu1 qu& je ne p5sois pas v\s8 ,de quoi me ress\v5ois-je1 lorsque je v\s oubliois8 qu'aimois-je1 lorsque je ne v\s aimois pas8 ,hlas6 je devois me n\rrir de vrit1 et je me remplissois de vanit2 je s]vois le monde1 et le monde n'e/ fait que p\r me s]vir4 #b4 ,dte/ez la vie passe4 ,je v\s r5once1 p5ses va9es et inutiles2 je v\s abjure1 s\v5irs dte/ables et frivoles2 je v\s dte/e1 amitis fausses et p]fides1 s]vices p]dus1 reconnoissance aveugle1 misrables complaisances4 #c4 ,conv]tissez-v\s ,dieu4 ,et v\s1 mon ,dieu1 mon ,sauveur1 v\s s]ez dornavant le seul objet de mes p5ses2 non1 jamais je n'appliqu]ai mon esprit ce qui p\rroit v\s dplaire4 ,ma mmoire se remplira t\s les j\rs de l'imm5se et inf9ie bont1 que v\s avez si complaisamm5t ex]ce env]s moi4 ,v\s s]ez les dlices de mon cur1 le *>me et le bonheur de ma vie4 ,ah6 c'en e/ fait3 tels et tels amusem5s auxquels je m'appliquois1 tels et tels va9s ex]cices qui occupoi5t t\t mon temps1 telles et telles affections qui captivoi5t mon cur1 t\t cela me s]a ma9t5ant en horreur2 et p\r me cons]v] dans ces dispositions1 je f]ai usage de tels et tels remdes4 ,,conclusion4 #a4 ,rem]ciez ,dieu1 qui v\s a cre p\r une f9 si excell5te4 ,v\s m'avez faite1 ,seigneur1 p\r v\s1 af9 que je j\isse t]nellem5t de l'imm5sit de votre gloire3 qu& s]a-ce que j'en s]ai digne8 qu& v\s bnirai-je comme je le dois8 #b4 ,(frez4 ,je v\s (fre1 mon *] crateur1 t\tes ces mmes affections et rsolutions que v\s m'avez inspires2 je v\s (fre aussi t\te mon ame et t\t mon cur4 #c4 ,priez4 ,je v\s supplie1 ,dieu1 d'avoir p\r agrables mes vux et mes s\haits1 et de donn] votre bndiction mon ame1 af9 qu'elle puisse les accomplir p> le mrite du sang que votre ,fils a rp&u sur la croix1 etc4 ,faites le petit b\quet spirituel4 ,,*apitre ,,xi4 ,troisime mditation4--,des bi5faits de ,dieu4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s en la prs5ce de ,dieu4 #b4 ,priez-le qu'il v\s inspire4 ,,consid,,rations4 #a4 ,considrez les grces corporelles que ,dieu v\s a dp>ties3 quel corps il v\s a donn1 quelle facilit p\r l'entret5ir1 quelle sant1 quelles consolations1 quels amis1 quelle assi/ance dans vos beso9s2 et cela1 considrez-le en v\s comp>ant tant d'autres p]sonnes1 qui val5t mieux que v\s1 et qui sont nanmo9s prives de ces avantages3 les unes sont contrefaites1 malades1 e/ropies2 les autres abreuves d'opprobres1 de d%onneur et de mpris2 d'autres accables p> la pauvret1 t&is que ,dieu n'a pas v\lu que v\s fussiez si misrable4 #b4 ,considrez les dons de l'esprit3 combi5 y a-t-il dans le monde de g5s hbts1 furieux1 ins5ss6 ,et p\rquoi n'tes-v\s pas du nombre8 n'e/-ce pas un effet de la bont de ,dieu8 ,combi5 y en a-t-il encore qui ont t grossirem5t levs1 et dans une extrme ignorance1 t&is que la ,provid5ce div9e v\s a procur une ducation honorable et soigne6 #c4 ,considrez les grces spirituelles3 ,philo?e1 v\s tes enfant de l'glise1 ,dieu v\s a appris le connotre1 ds votre jeunesse4 ,combi5 de fois v\s a-t-il donn ses sacrem5s6 combi5 de fois des inspirations1 des lumires intrieures1 des repro*es de consci5ce p\r votre am5dem5t6 ,combi5 de fois v\s a-t-il p>donn vos fautes6 combi5 de fois v\s a-t-il dlivre des occasions de v\s p]dre1 auxquelles v\s tiez expose6 et tant d'annes que ,dieu v\s a laisse vivre1 n'e/-ce pas un moy5 que v\s avez eu d'avanc] le salut de votre ame8 ,considrez t\tes ces grces en dtail1 et voyez combi5 ,dieu v\s a t bon et sec\rable4 ,affections et rsolutions4 #a4 ,admirez la bont de ,dieu4 ,oh6 que mon ,dieu e/ bon p\r moi6 oh6 qu'il e/ bon6 que votre cur1 ,seigneur1 e/ ri*e en misricorde1 et gnreux en bont6 mon ame1 racontons jamais combi5 de grces il n\s a faites6 #b4 ,admirez votre +ratitude4 ,mais que suis-je1 ,seigneur1 p\r que v\s ayez p5s moi8 oh6 que mon indignit e/ gr&e6 hlas6 j'ai f\l aux pi$s vos bi5faits1 j'ai d%onor vos grces1 en les t\rnant au mpris et l'abus de votre s\v]a9e bont2 j'ai oppos un abme d'+ratitude l'abme de votre misricorde et de vos faveurs4 #c4 ,excitez-v\s la reconnoissance4 ,allons donc1 mon cur1 ne sois plus infidle et +rat env]s ce gr& bi5faiteur4 ,et comm5t mon ame ne s]oit-elle pas dsormais s\mise ,dieu1 lui qui a fait tant de grces et de m]veilles en moi et p\r moi8 #d4 ,c\rage donc1 ,philo?e1 retirez votre corps de telles et telles s5sualits2 s\mettez-le au s]vice de ,dieu1 qui a tant fait p\r lui2 appliquez votre ame le connotre et l'aim] de plus en plus1 rec\rant p\r cela aux moy5s conv5ables4 ,employez enf9 gnreusem5t t\s les sec\rs qui sont dans l'glise1 p\r v\s sauv] et p\r glorifi] ,dieu4 ,oui1 je pratiqu]ai l'oraison1 je frqu5t]ai les sacrem5s1 j'c\t]ai la sa9te p>ole1 je suivrai fidlem5t et les inspirations et les conseils4 ,,conclusion4 #a4 ,rem]ciez ,dieu de la connoissance qu'il v\s a donne de votre devoir et de ses bi5faits4 #b4 ,(frez-lui votre cur avec t\tes vos rsolutions4 #c4 ,priez-le qu'il v\s donne la =ce de les accomplir fidlem5t1 p> le mrite de la mort de son ,fils4 ,implorez l'int]cession de la sa9te ,vi]ge et des sa9ts4 ,pat] no/]1 etc4 ,faites le petit b\quet spirituel4 ,,*apitre ,,xii4 ,quatrime mditation4--,des p*s4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s en la prs5ce de ,dieu4 #b4 ,priez-le qu'il v\s inspire4 ,,consid,,rations4 #a4 ,p5sez combi5 il y a que v\s avez comm5c p*]1 et voyez combi5 depuis lors les p*s se sont multiplis dans votre cur2 comme t\s les j\rs ils se sont levs davantage contre ,dieu1 contre le pro*a91 contre v\s-mme1 p> actions1 p> p>oles1 p> dsirs et p> p5ses4 #b4 ,considrez vos mauvaises incl9ations1 et comme v\s les avez suivies2 cela seul suffira p\r v\s conva9cre que vos p*s sont en plus gr& nombre que les *eveux de votre tte1 ou que les gra9s de sable de la m]4 #c4 ,considrez en p>ticuli] le p* d'+ratitude env]s ,dieu2 p* gnral qui se rp& sur t\s les autres1 et qui en augm5te inf9im5t l'normit4 ,a9si1 comptez t\s les bi5faits que ,dieu v\s a accords1 et que v\s avez t\rns contre le bi5faiteur lui-mme4 ,que d'inspirations mprises6 que de bons m\vem5s r5dus inutiles6 et plus que t\t cela encore1 que de sacrem5s reu1 et reu peut-tre sans prp>ation6 et le fruit1 o e/-il8 ,que sont dev5us ces prcieux joyaux1 dont votre *] p\x v\s avoit orne8 ,t\t cela a disp>u s\s vos iniquits1 et t&is que ,dieu a tant c\ru aprs v\s p\r v\s sauv]1 v\s1 v\s l'avez t\j\rs fui1 p\r v\s p]dre3 voyez un peu quelle +ratitude6 ,affections et rsolutions4 #a4 ,confondez-v\s la vue de votre misre4 ,o mon ,dieu6 comm5t os-je p>otre devant vos yeux8 ,hlas6 je le vois bi51 je suis le rebut du monde2 mon cur e/ un abme d'+ratitude et d'iniquit4 ,e/-il possible que j'aie p\ss la malice ce po9t1 de ne laiss] aucun de mes s5s1 aucune des puissances de mon ame1 sans les s\ill] et les pr(an]1 que pas un des j\rs de ma vie ne se soit c\l sans produire quelque mauvais fruit8 ,e/-ce a9si que je devois pay] les bi5faits de mon ,crateur et le sang de mon ,rdempteur8 #b4 ,dem&ez p>don et jetez-v\s aux pi$s du ,seigneur1 comme un enfant prodigue1 comme une ,magdele9e1 comme une p\se +rate et p]fide3 ,o ,seigneur6 misricorde sur cette p*]esse4 ,o cur de ,jsus1 s\rce vive de compassion et de d\ceur6 ayez piti de cette misrable4 #c4 ,proposez-v\s de mieux vivre4 ,o ,seigneur6 non jamais plus1 moy5nant votre sa9te grce1 non jamais plus je ne m'ab&onn]ai au p*4 ,hlas6 je ne l'ai que trop aim6 mais ma9t5ant je le dte/e2 et c'e/ v\s1 ,pre de misricorde1 que j'aime et que j'embrasse4 ,je veux vivre et m\rir p\r v\s4 #d4 ,p\r effac] les p*s passs1 je m'en accus]ai c\rageusem5t sans en laiss] un seul p> dev]s moi4 #e4 ,je f]ai t\t ce que je p\rrai p\r en arra*] jusqu'aux d]nires rac9es1 p>ticulirem5t de tels et tels qui me ps5t davantage4 #f4 ,p\r cela1 j'embrass]ai gnreusem5t t\s les moy5s qui me s]ont f\rnis1 et je ne croirai jamais avoir assez fait p\r rp>] de si gr&es fautes4 ,,conclusion4 #a4 ,rem]ciez ,dieu qui v\s a att5due jusqu' prs5t1 et qui v\s a inspir ces bonnes dispositions4 #b4 ,faites-lui (fr&e de votre cur1 p\r les mettre excution4 #c4 ,priez-le qu'il v\s =tifie1 etc4 ,,*apitre ,,xiii4 ,c9quime mditation4--,de la mort4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s en la prs5ce de ,dieu4 #b4 ,dem&ez-lui sa grce4 #c4 ,supposez-v\s dans l'tat d'un malade au lit de la mort1 sans aucun espoir d'en *app]4 ,,consid,,rations4 #a4 ,considrez l'inc]titude du j\r de votre mort3 ,o mon ame6 v\s sortirez un j\r de ce corps4 ,qu& s]a-ce8 ,s]a-ce en hiv] ou en t1 la ville ou la campagne1 le j\r ou la nuit8 ,s]a-ce l'improvi/e ou y tant prp>e8 ,s]a-ce de maladie ou p> accid5t8 ,aurez-v\s le loisir de v\s confess]8 ,s]ez-v\s assi/e de votre confesseur8 ,hlas6 de t\t cela n\s n'en savons absolum5t ri54 ,mais une *ose e/ bi5 sre1 c'e/ que n\s m\rrons1 et t\j\rs plutt que n\s ne p5sons4 #b4 ,considrez qu'alors le monde s]a f9i en ce qui v\s reg>de2 il n'y en aura plus p\r v\s3 il s]a comme r5v]s s\s vos yeux3 c> alors les plaisirs1 les vanits1 les joies monda9es1 les folles amitis v\s sembl]ont des fantmes et des nuages4 ,ah6 malheureuse1 direz-v\s1 p\r quelles bagatelles et p\r quelles *imres ai-je (f5s mon ,dieu8 ,n'e/-ce pas avoir p]du t\t p\r ri58 ,au contraire1 la dvotion et les bonnes uvres v\s sembl]ont les *oses du monde les plus d\ces et les plus dsirables1 et v\s direz3 ,p\rquoi donc n'ai-je pas suivi ce beau et gracieux *em98 ,alors les p*s qui v\s sembloi5t bi5 petits1 v\s p>otront gros comme des montagnes2 et votre dvotion v\s sembl]a presque nulle4 #c4 ,considrez les longs et d\l\reux adieux que votre ame dira ce bas monde3 elle dira adieu aux ri*esses1 aux vanits1 aux plaisirs1 aux passe-temps1 aux amis et aux vois9s1 aux p>5s1 aux enfans1 au m>i1 la femme1 en un mot t\te crature2 et puis enf9 son corps1 qu'elle laiss]a ple1 dfait1 d*>n1 hideux et infect4 #d4 ,considrez l'empressem5t qu'on aura enlev] ce corps1 et le ca*] en t]re2 et cela fait1 le monde ne p5s]a plus gure v\s1 pas plus que v\s n'avez p5s aux autres4 ,dieu lui fasse paix1 dira-t-on2 et puis c'e/ t\t4 ,o mort6 que tu es cruelle6 mort6 que tu es impitoyable6 #e4 ,considrez qu'au sortir du corps l'ame pr5d droite ou gau*e4 ,hlas6 o ira la vtre1 quel *em9 suivra-t-elle8 le mme qu'elle aura comm5c en ce monde4 ,affections et rsolutions4 #a4 ,priez ,dieu1 et jetez-v\s entre ses bras4 ,ah6 ,seigneur1 recevez-moi s\s votre protection p\r ce j\r effroyable4 ,r5dez-moi cette heure heureuse et favorable1 et que plutt t\tes les autres de ma vie me soi5t tri/es et affligeantes4 #b4 ,mprisez le monde4 ,puisque je ne sais pas l'heure o il faudra te quitt]1 monde6 je ne veux pas m'atta*] toi4 ,o mes *]s amis6 mes p>5s6 p]mettez-moi de ne v\s plus aim] que d'une amiti sa9te1 qui puisse dur] t]nellem5t2 c> p\rquoi m'unir v\s p> des li5s qu'il faudroit ensuite rompre et quitt]8 ,je veux me prp>] cette heure1 et pr5dre t\tes les prcautions ncessaires p\r faire heureusem5t ce passage4 ,je veux assur] l'tat de ma consci5ce1 et mettre ordre tel et tel manquem5t avec t\t le zle dont je suis capable4 ,,conclusion4 ,rem]ciez ,dieu de ces rsolutions qu'il v\s a inspires1 (frez-les sa maje/1 suppliez-le de n\veau qu'il r5de votre mort heureuse p> les mrites de la mort de son ,fils4 ,implorez la protection de la sa9te ,vi]ge et des sa9ts4 ,pat] no/]4 ,ave1 ,m>ia4 ,faites un b\quet de myrrhe4 ,,*apitre ,,xiv4 ,sixime mditation4--,du jugem5t4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s devant ,dieu4 #b4 ,priez-le qu'il v\s inspire4 ,,consid,,rations4 #a4 ,enf91 aprs le temps que ,dieu a m>qu p\r la dure du monde1 et aprs une multitude de signes et de prsages horribles qui f]ont s*] les hommes d'effroi1 le feu1 v5ant comme un dluge1 brl]a et rduira en c5dres t\te la surface de la t]re1 sans que ri5 de ce que n\s voyons soit p>gn4 #b4 ,aprs ce dluge de flammes et de f\dres1 t\s les hommes ressuscit]ont de la t]re 7except ceux qui sont dj ressuscits71 et la voix de l'ar*ange1 ils comp>otront en la valle de ,josaphat4 ,mais hlas6 avec quelle diffr5ce6 c> les uns y s]ont avec un corps glorieux et respl5dissant1 et les autres avec un corps hideux et horrible4 #c4 ,considrez la maje/ avec laquelle le s\v]a9 juge comp>otra1 environn de ses anges et de ses sa9ts1 ayant devant lui sa croix1 plus brillante que le soleil1 signe de grce p\r les bons1 et de rigueur p\r les m*ans4 #d4 ,ce s\v]a9 juge1 p> un ordre qui s]a de suite excut1 sp>]a les bons d'avec les mauvais1 mettant les premi]s sa droite et les seconds sa gau*e2 sp>ation t]nelle1 aprs laquelle jamais ces deux tr\pes ne se retr\v]ont ensemble4 #e4 ,la sp>ation une fois faite1 et les livres des consci5ces tant ouv]ts1 on v]ra clairem5t1 d'un ct la malice des m*ans1 et le mpris qu'ils ont fait de ,dieu2 et de l'autre ct1 la pnit5ce des bons1 et les heureux fruits qu'ils ont tirs de la grce4 ,alors ri5 ne s]a ca*4 ,o ,dieu6 quelle confusion p\r les uns1 et quelle consolation p\r les autres6 #f4 ,considrez la d]nire s5t5ce prononce sur les m*ans3 ,allez1 maudits1 au feu t]nel1 qui a t prp> au diable et ses compagnons4 ,pesez cet p>oles accablantes4 ,allez1 dit-il2 c'e/ un mot qui m>que l'ab&onnem5t p]ptuel que ,dieu fait de ces malheureux1 les bannissant p\r jamais de sa face4 ,il les appelle maudits4 ,o mon ame6 quelle maldiction6 maldiction gnrale1 qui compr5d t\s les maux2 maldiction irrvocable1 qui compr5d t\s les temps et l't]nit4 ,il aj\te1 au feu t]nel4 ,reg>de1 mon cur1 cette gr&e t]nit6 ,o t]nelle t]nit des pe9es1 que tu es effroyable6 #g4 ,considrez ensuite la s5t5ce des bons4 ,v5ez1 dit le juge 7ah6 c'e/ la d\ce p>ole de salut1 p> laquelle ,dieu n\s appelle lui1 et n\s reoit dans le se9 de sa bont71 bnis de mon ,pre 7 *re bndiction1 qui compr5d t\te bndiction71 possdez le royaume qui v\s e/ prp> ds le comm5cem5t du monde4 ,o ,dieu6 quelle grce6 c> ce royaume n'aura jamais de f94 ,affections et rsolutions4 #a4 ,tremble1 mon ame6 la p5se de ce d]ni] j\r4 ,o ,dieu6 quelle sret p\rrai-je y tr\v]1 puisque les colonnes du ,ciel y trembl]ont de frayeur6 #b4 ,dte/ez vos p*s1 qui seuls peuv5t v\s p]dre dans cette j\rne =midable4 ,ah6 je veux me jug] moi-mme ds prs5t1 af9 de n'tre pas juge alors4 ,je veux exam9] ma consci5ce1 et me condamn]1 m'accus] et me corrig]1 af9 que mon juge ne me condamne pas en cette j\rne t]rible4 ,je me confess]ai donc1 j'accept]ai les avis ncessaires1 etc4 ,,conclusion4 ,rem]ciez ,dieu1 qui v\s a donn les moy5s de pr5dre vos prcautions contre ce j\r1 et le temps de faire pnit5ce4 ,(frez-lui votre cur p\r qu'il le dispose la pnit5ce4 ,priez-le qu'il v\s fasse la grce de v\s en bi5 acquitt]4 ,pat] no/]4 ,ave1 ,m>ia4 ,faites un b\quet de dvotion4 ,,*apitre ,,xv4 ,septime mditation4--,de l',enf]4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s en la prs5ce de ,dieu4 #b4 ,humiliez-v\s1 et dem&ez-lui son assi/ance4 #c4 ,imag9ez-v\s une ville tnbreuse1 t\te brlante de s\ffre et de bitume1 et ple9e de citoy5s qui ne peuv5t en sortir4 ,,consid,,rations4 #a4 ,les damns sont dans l'abme inf]nal comme dans une ville in=tune1 o ils s\ffr5t d'inexprimables t\rm5s et dans t\s leurs s5s et dans t\s leurs membres2 c>1 comme ils ont fait s]vir t\s leurs s5s et t\s leurs membres au p*1 il e/ ju/e qu'ils support5t aussi dans t\s leurs s5s et dans t\s leurs membres les pe9es dues au p*3 leurs yeux1 p\r s'tre p]mis de mauvais reg>ds1 s\ffriront l'horrible vue des dmons et de l'enf]2 leurs oreilles1 p\r avoir pris plaisir de mauvais disc\rs1 n'ent5dront plus jamais que pleurs1 lam5tations et dsespoir1 et a9si du re/e4 #b4 ,outre t\s ces t\rm5s1 il y en a encore un plus gr&1 qui e/ la privation et la p]te de la gloire de ,dieu1 que les damns ne v]ront jamais4 ,c]tes1 si ,absalon se tr\va plus malheureux de ne pas voir son pre ,david que de t\tes les autres pe9es de son exil1 ,dieu6 que s]a-ce d'tre jamais priv de voir votre d\x et gracieux visage8 #c4 ,considrez surt\t l't]nit de ces pe9es1 laquelle seule r5d l'enf] insupportable4 ,hlas6 si la piqre d'un insecte1 si la *aleur d'une petite fivre n\s r5d une c\rte nuit si longue et si fatigante1 combi5 s]a p\vantable la nuit de l't]nit avec tant de t\rm5s6 de cette t]nit naiss5t le dsespoir t]nel1 le blasphme et la rage sans f94 ,affections et rsolutions4 ,mettez la frayeur dans votre ame p> ces p>oles d',isae3 ,o mon ame6 p\rrois-tu bi5 vivre t]nellem5t dans ces ardeurs p]ptuelles1 et habit] au milieu de ce feu dvorant8 ,veux-tu donc quitt] ton ,dieu p\r jamais8 ,reconnoissez que v\s avez mrit ce *tim5t2 et combi5 de fois encore6 ,dsormais donc je veux suivre une voie t\te contraire2 c> p\rquoi me prcipit] dans cet abme8 ,a9si1 je f]ai tel et tel ef=t p\r vit] le p*1 qui seul peut me donn] cette mort t]nelle4 ,rem]ciez1 (frez1 priez4 ,,*apitre ,,xvi4 ,huitime mditation4--,du p>adis4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s en la prs5ce de ,dieu4 #b4 ,faites l'invocation4 ,,consid,,rations4 #a4 ,considrez une belle nuit bi5 s]e9e1 et p5sez combi5 il e/ agrable de voir le ciel avec cette multitude et cette v>it d'toiles4 ,or1 aj\tez ma9t5ant cette beaut celle d'un beau j\r1 en sorte que la cl>t du soleil n'emp*e po9t la claire vue des toiles et de la lune2 et puis aprs dites h>dim5t que t\te cette beaut runie n'e/ ri5 auprs des m]veilles du p>adis4 ,oh6 que ce lieu e/ donc aimable et dsirable6 oh6 que cette cit e/ prcieuse6 #b4 ,considrez la noblesse1 la beaut et la multitude des habitans de cet heureux pays2 ces millions de millions d'anges1 de *rub9s et de sraph9s2 cette f\le d'aptres1 de m>tyrs1 de confesseurs1 de vi]ges1 de sa9tes femmes3 leur tr\pe e/ innombrable4 ,oh6 que cette compagnie e/ heureuse6 ,le mo9dre de t\s e/ mille fois plus beau que le monde enti]3 que s]a-ce donc de les voir t\s8 ,mais1 mon ,dieu1 qu'ils sont heureux6 t\j\rs ils *ant5t le d\x cantique de l'am\r t]nel3 t\j\rs ils j\iss5t d'une p>faite allgresse3 t\j\rs ils se communiqu5t les uns aux autres d'ineffables cont5tem5s1 et viv5t sans nuages dans les li5s d'une heureuse et indissoluble amiti4 #c4 ,considrez enf9 quel bi5 ils ont t\s de j\ir de ,dieu1 qui les honore incessamm5t de son reg>d1 et rp& a9si dans leurs curs des torr5s de dlices4 ,quel bi5 d'tre jamais uni son pr9cipe6 ,c'e/ l qu'environns et pntrs de ,dieu1 comme les oiseaux le sont de l'air1 ils sont inonds de t\tes p>ts de consolations incroyables2 l1 *acun qui mieux mieux *ante les l\anges du ,crateur3 soyez jamais bni1 s'cri5t-ils1 v\s qui tes notre ,crateur et notre ,sauveur1 v\s qui n\s tes si bon1 et qui n\s communiquez si libralem5t votre gloire4 ,et p>eillem5t ,dieu bnit t\s ses sa9ts d'une bndiction p]ptuelle3 soyez jamais bnies1 dit-il1 mes *res cratures1 v\s qui m'avez si bi5 s]vi1 et qui me l\]ez t]nellem5t avec un si gr& zle et un am\r si p>fait4 ,affections et rsolutions4 #a4 ,admirez et l\ez cette patrie cle/e4 ,oh6 que v\s tes belle1 ma *re ,jrusalem1 et que bi5heureux sont vos habitans6 #b4 ,repro*ez votre cur la l*et qui l'a jusqu' prs5t dt\rn du *em9 de cette glorieuse demeure4 ,p\rquoi me suis-je tant loign de mon s\v]a9 bi58 ,ah6 misrable que je suis6 p\r quelques m*ans plaisirs d'un in/ant1 j'ai mille et mille fois quitt ces t]nelles et inf9ies dlices6 o donc avois-je l'esprit de mpris] des bi5s si dsirables1 et de dsir] des *oses si mprisables8 #c4 ,aspirez ma9t5ant avec ardeur aprs ce sj\r si dlicieux4 ,oh6 puisqu'il v\s a plu1 mon bon et s\v]a9 ,seigneur1 de me faire entr] dans vos voies1 non1 jamais plus je ne ret\rn]ai en arrire4 ,allons1 ma *re ame1 allons en ce repos inf9i3 *em9ons v]s cette t]re bnie qui n\s e/ promise3 que faisons-n\s dans cette ,egypte8 ,je me priv]ai donc de telles et telles *oses qui me dt\rn5t ou me ret>d5t en *em94 ,je f]ai donc telles et telles *oses qui peuv5t me conduire mon b4 ,rem]ciez1 (frez1 priez4 ,,*apitre ,,xvii4 ,neuvime mditation4--,sur le *oix du p>adis4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s en la prs5ce de ,dieu4 #b4 ,humiliez-v\s devant lui1 en le priant qu'il v\s inspire4 ,,consid,,rations4 #a4 ,imag9ez-v\s que v\s tes en rase campagne1 t\te seule avec votre bon ange1 comme toit le jeune ,tobie en allant ,rags4 ,l1 votre conducteur v\s fait voir en haut le p>adis ouv]t1 avec t\tes les joies et t\tes les dlices qui ont fait le sujet de votre mditation prcd5te4 ,puis il v\s montre vos pi$s l'enf] ouv]t avec t\s les t\rm5s sur lesquels v\s avez mdit4 ,v\s pntrant bi5 l'esprit de cette imag9ation1 et v\s mettant g5\x p> la p5se devant votre bon ange4 #a4 ,considrez qu'il e/ trs-vrai que v\s tes place entre le p>adis et l'enf]1 et que l'un et l'autre sont ouv]ts p\r v\s recevoir1 selon le *oix que v\s en f]ez4 #b4 ,considrez que le *oix que l'on fait de l'un ou de l'autre dans ce monde dur]a t]nellem5t dans l'autre4 #c4 ,considrez que1 bi5 que l'un et l'autre v\s soit ouv]t selon que v\s le *oisirez1 ,dieu1 qui e/ prt v\s donn]1 ou l'un1 p> sa ju/ice1 ou l'autre1 p> sa misricorde1 dsire cep5dant d'un dsir sans gal que v\s donniez la prfr5ce au p>adis2 et votre bon ange e/ l qui v\s en presse de t\t son p\voir1 v\s (frant de la "p de ,dieu mille grces et mille sec\rs p\r v\s aid] la monte4 #d4 ,considrez aussi ,jsus-,*ri/ au haut du ,ciel1 v\s reg>dant avec bont1 et v\s invitant p> ces d\ces p>oles3 ,vi5s1 ma *re ame6 vi5s au repos t]nel3 vi5s entre les bras de ton pre qui t'a prp> d'immortelles dlices dans l'abondance de son am\r4 ,voyez de vos yeux intrieur la sa9te ,vi]ge qui v\s convie t\t mat]nellem5t3 ,c\rage6 v\s dit-elle2 g>de-toi1 ma fille6 de mpris] les dsirs de mon ,fils1 non plus que les s\pirs de sa ,mre1 qui respire avec lui ton salut t]nel4 ,voyez les sa9ts qui v\s appell5t1 et un million de sa9tes ames qui v\s conjur5t de v5ir les rejo9dre1 af9 de n'avoir avec elles qu'une seule voix p\r l\] ,dieu et qu'un seul cur p\r l'aim] jamais3 ,v5ez1 v\s dis5t-elles1 notre sur et notre amie6 pr5ez c\rage3 le *em9 du ,ciel n'e/ pas si difficile que le monde le fait4 ,entrez-y seulem5t1 et v\s v]rez que la dvotion qui n\s a m5es aux dlices t]nelles1 a elle-mme des dlices incomp>ablem5t plus gr&e que t\tes les joies du monde4 ,,lection4 #a4 ,o enf]6 je te dte/e ma9t5ant et t\j\rs4 ,je dte/e tes t\rm5s et tes pe9es3 je dte/e ta malheureuse t]nit1 et surt\t ces t]nels blasphmes et ces maldictions sans f9 que tu vomis p]ptuellem5t contre mon ,dieu4 ,mais1 au contraire1 gloire et flicit t]nelle toi1 beau p>adis1 v]s lequel s'lanc5t mon cur et mon ame6 oui1 je *oisis jamais mon sj\r dans tes sacrs palais1 et dans tes aimables tab]nacles4 ,je bnis1 mon ,dieu6 votre misricorde1 j'accepte l'(fre qu'il v\s plat de m'en faire4 ,o ,jsus6 mon ,sauveur1 j'accepte votre am\r t]nel4 ,je reconnois et je confirme l'acquisition que v\s avez faite p\r moi d'une place et d'une retraite dans cette bi5heureuse ,jrusalem1 o je ne veux faire autre *ose que v\s aim] et v\s bnir jamais4 #b4 ,acceptez les faveurs que la sa9te ,vi]ge et les sa9ts v\s prs5t5t2 promettez-leur que v\s en pr(it]ez p\r all] les rejo9dre2 t5dez la ma9 votre bon ange1 af9 qu'il v\s conduise1 et enc\ragez votre ame bi5 p]svr] dans ce *oix4 ,,*apitre ,,xviii4 ,dixime mditation4--,sur le *oix de la vie dvote4 ,,pr,,p>ation4 #a4 ,mettez-v\s en la prs5ce de ,dieu4 #b4 ,abaissez-v\s devant sa face1 et implorez son sec\rs4 ,,consid,,rations4 #a4 ,imag9ez-v\s encore une fois que v\s tes avec votre bon ange au milieu d'une va/e campagne4 ,a votre gau*e1 v\s voyez le dmon assis sur un trne lev1 ayant ses cts plusieurs esprits inf]naux1 et t\t aut\r de lui une gr&e tr\pe de monda9s1 qui t\s1 la tte nue1 le salu5t et lui font hommage1 les uns p> un p*1 les autres p> un autre4 ,voyez la cont5ance de t\s les in=tuns c\rtisans de ce misrable3 voyez les uns furieux de ha9e1 d'envie et de colre2 les autres qui s'entretu5t2 les autres hves1 p5sifs et empresss amass] des ri*esses2 les autres livrs la vanit et ne re*]*ant que des plaisirs frivoles2 les autres p]dus et abrutis p> leurs indignes passions4 ,voyez comme ils sont t\s sans repos et sans ordre1 voyez comme ils se mpris5t les uns les autres1 et comme ils se hass5t1 en faisant semblant de s'aim]4 ,voil donc cette malheureuse rpublique du monde1 telle qu'elle e/ tyrannise p> son roi maudit4 ,oh6 qu'elle v\s f]a compassion4 #b4 ,voyez ma9t5ant votre droite ,jsus-,*ri/ crucifi1 qui avec un am\r sans gal1 prie p\r ces pauvres esclaves1 af9 qu'ils bris5t leurs *anes1 et qui les conjure de v5ir lui4 ,voyez une multitude de dvots qui l'environn5t de t\s cts1 *acun avec son ange4 ,contemplez la beaut de ce royaume de dvotion4 ,qu'il fait beau voir cette tr\pe de vi]ges1 t\tes plus blan*es que le lis6 cette assemble de veuves ple9es de mortifications et d'humilit3 ces p\x et ces p\ses1 vivant d\cem5t ensemble avec un gr& respect et une mutuelle *>it4 ,voyez comme ces dvotes ames accord5t bi5 ensemble le so9 de la maison extrieure avec le so9 de l'intrieure1 l'am\r du m>i avec l'am\r de l'p\x cle/e4 ,reg>dez p>t\t o v\s v\drez1 v\s les v]rez t\s dans une cont5ance sa9te1 d\ce1 aimable1 c\tant ,notre-,seigneur1 et aspirant le plant] dans leur cur4 ,ils se rj\iss5t1 mais d'une joie gracieuse1 *>itable et bi5 rgle3 ils s'entr'aim5t1 mais d'un am\r pur et sa9t4 ,ceux mmes qui sont affligs p>mi eux ne se t\rm5t5t pas beauc\p1 et ne p]d5t ri5 de la paix intrieure4 ,en un mot1 voyez les yeux du ,sauveur port] dans leur ame d'ineffables consolations1 et les remplir du dsir de le possd]4 #c4 ,v\s avez dj quitt ,satan avec sa tri/e et malheureuse tr\pe1 p> les bonnes rsolutions que v\s avez prises2 mais v\s n'tes pas encore arrive au roi ,jsus1 ni runie cette heureuse et sa9te compagnie qui l'environne3 v\s avez t t\j\rs entre l'un et l'autre4 #d4 ,ah6 c'e/ ma9t5ant qu'il faut se dcid]6 la sa9te ,vi]ge et sa9t ,joseph1 sa9t ,l\is1 sa9te ,monique1 et c5t mille autres qui ont vcu dans le monde1 v\s press5t et v\s invit5t4 #e4 ,le roi crucifi v\s appelle p> votre nom3 ,v5ez1 ma bi5-aime6 v5ez1 ,philo?e1 af9 que je v\s c\ronne6 ,,lection4 #a4 ,o monde6 tr\pe abom9able6 non jamais v\s ne me v]rez s\s vos drapeaux4 ,j'ai quitt p\r t\j\rs vos vanits et vos folies4 ,o roi d'orgueil6 roi de malheur6 esprit inf]nal1 je te r5once avec t\tes tes pompes1 je te dte/e avec t\tes tes uvres4 #b4 ,et v\s1 mon d\x ,jsus1 roi de bonheur et de gloire t]nelle1 c'e/ v]s v\s que je me t\rne4 ,je v\s embrasse de t\tes les =ces de mon ame1 je v\s adore de t\t mon cur1 je v\s *oisis ma9t5ant et t\j\rs p\r mon roi et p\r mon unique pr9ce2 je v\s (fre mon inviolable fidlit1 je v\s fais un hommage irrvocable2 enf9 je me s\mets t]nellem5t l'obissance de vos sa9tes lois et de vos div9s prceptes4 #c4 ,o vi]ge sa9te6 ma bonne mre1 je v\s *oisis p\r mon guide1 je me range s\s votre bannire1 je v\s (fre un respect et un am\r t\t spcial4 ,o mon sa9t ange6 prs5tez-moi cette bnie assemble1 ne m'ab&onnez pas jusqu' ce que j'arrive cette heureuse compagnie1 avec laquelle je dis et dirai t\j\rs en tmoignage de mon *oix3 ,vive ,jsus6 vive ,jsus6 ,,*apitre ,,xix4 ,comm5t il faut faire la confession gnrale4 ,voil donc1 *re ,philo?e1 les mditations ncessaires la f9 que n\s n\s proposons4 ,qu& v\s les aurez faites1 allez avec c\rage et humilit faire votre confession gnrale2 mais1 je v\s en prie1 ne v\s laissez tr\bl] p> aucune va9e frayeur4 ,le scorpion n'e/ dang]eux que lorsqu'il n\s pique3 mais tant rduit en huile1 il devi5t un gr& remde contre sa propre piqre3 de mme le p* n'e/ honteux que qu& n\s le faisons2 mais tant conv]ti en confession et en pnit5ce1 il e/ honorable et salutaire4 ,la contrition et la confession sont comme des fleurs belles et suaves1 qui effac5t la laideur du p* et en dissip5t la mauvaise odeur4 ,simon le ,lpreux disoit que ,magdele9e toit une p*]esse2 mais ,notre-,seigneur disoit que non1 et ne p>loit plus que des p>fums qu'elle avoit rp&us1 et de la gr&eur de sa *>it4 ,si n\s sommes bi5 humbles1 ,philo?e1 notre p* n\s dplaira inf9im5t1 p>ce que ,dieu en e/ (f5s2 mais l'accusation de notre p* n\s s]a d\ce et agrable1 p>ce que ,dieu en e/ honor2 c'e/ au re/e p\r n\s une sorte d'allgem5t de bi5 dire au mdec9 le mal qui n\s t\rm5te4 ,qu& v\s s]ez arrive devant votre pre spirituel1 imag9ez-v\s tre la montagne du ,calvaire1 s\s les pi$s de ,jsus-,*ri/ crucifi1 dont le prcieux sang c\le de t\tes p>ts p\r v\s lav] de vos iniquits2 c>1 bi5 que ce ne soit pas le propre sang du ,sauveur1 c'e/ nanmo9s le mrite de son sang rp&u qui arrose abondamm5t les pnit5s dans le confessionnal4 ,ouvrez donc bi5 votre cur p\r en faire sortir les p*s p> la confession2 c> mesure qu'ils en sortiront1 le prcieux mrite de la passion div9e y entr]a p\r le remplir de bndictions4 ,je v\s recomm&e surt\t de bi5 dire t\tes vos fautes1 simplem5t et navem5t4 ,cont5tez bi5 en cela votre consci5ce une bonne fois dans votre vie4 ,cela fait1 c\tez les avis et la pnit5ce que v\s donn]a le s]viteur de ,dieu1 et dites en votre cur3 ,p>lez1 ,seigneur1 c> votre s]vante c\te4 ,oui1 c'e/ ,dieu1 ,philo?e1 que v\s c\tez1 puisqu'il a dit ses m9i/res3 ,celui qui v\s c\te1 m'c\te4 ,pr5ez ensuite en ma9 la prote/ation suivante1 que v\s devez aup>avant avoir lue et mdite1 et qui t]m9]a t\t ce qui reg>de la pnit5ce4 ,lisez-la att5tivem5t1 et en t*ant d'excit] dans votre ame le plus de componction qu'il v\s s]a possible4 ,,*apitre ,,xx4 ,prote/ation au!ntique1 p\r grav] dans l'ame la rsolution de s]vir ,dieu1 et p\r conclure les actes de pnit5ce4 ,je s\ssigne1 trs-indigne et *tive crature1 fais la prote/ation suivante1 en la prs5ce du ,dieu t]nel et de t\te la c\r cle/e4 ,considrant l'imm5se misricorde de mon ,dieu1 d'avoir bi5 v\lu me crer de ri51 me cons]v]1 me s\t5ir1 me dlivr] de tant de prils1 et me combl] de tant de bi5faits2 considrant surt\t cette incomprh5sible d\ceur et clm5ce avec laquelle ce trs-bon ,pre m'a si long-temps supporte au milieu de mes crimes1 si s\v5t inspire de rev5ir lui1 et si patiemm5t att5due jusqu' cette ,n4 anne de ma vie1 sans se laiss] rebut]1 ni de mes +ratitudes et de mes infidlits sans nombre1 ni de mes dlais sans f91 ni de l'abus de ses grces1 ni de t\tes mes autres (f5ses2 ,considrant encore qu'au j\r de mon sacr baptme1 je fus si heureusem5t et si sa9tem5t ddie ,dieu1 p\r tre sa fille1 et que1 malgr cette conscration qui fut alors faite en mon nom1 j'ai mille et mille fois indignem5t pr(an mon esprit1 en l'employant contre la div9e ,maje/2 ,ma9t5ant rev5ue moi-mme1 et pro/]ne de cur et d'esprit devant le trne de la ju/ice div9e1 je me reconnois et me ti5s p\r lgitimem5t atte9te et conva9cue du crime de lse-maje/ div9e1 et vritablem5t c\pable de la mort et passion de ,jsus-,*ri/1 raison des p*s que j'ai commis1 p\r lesquels il e/ mort et a s\ff]t le supplice de la croix4 ,a9si je suis digne d'tre jamais p]due et damne4 ,t\tefois1 me t\rnant v]s le trne de l'inf9ie misricorde de ce mme ,dieu vivant et t]nel1 et dte/ant de t\t mon cur et de t\tes mes =ces les iniquits de ma vie passe1 je dem&e trs-humblem5t p>don1 grce et m]ci avec entire absolution de mon crime2 j'(fre cet effet la mort et passion de ce mme ,seigneur et ,rdempteur de mon ame1 et y jetant l'unique fondem5t de mon esprance1 je r5\velle et ratifie la sa9te pr(ession de fidlit qu'on a faite p\r moi ,dieu le j\r de mon baptme3 je r5once au dmon1 au monde et la *air2 je dte/e leurs malheureuses sugge/ions1 leurs pompes et leurs uvres1 p\r t\t le temps de ma vie prs5te1 et p\r t\te l't]nit4 ,je me t\rne en mme temps v]s mon ,dieu si bon et si clm5t1 et je m'engage env]s lui p> une rsolution irrvocable le s]vir et l'aim]1 ma9t5ant et t\j\rs4 ,a ces f9s je lui donne et lui consacre mon esprit1 avec t\tes ses facults2 mon ame1 avec t\tes ses puissances2 mon cur1 avec t\tes ses affections2 mon corps1 avec t\s ses s5s2 je prote/e que je ne veux plus jamais abus] de quoi que ce soit qui m'app>ti5ne contre sa div9e volont et sa s\v]a9e maje/1 et je lui fais ds ce mom5t de t\t moi-mme un ple9 et enti] sacrifice1 p\r tre jamais sa trs-loyale1 trs-obissante et trs-fidle crature1 sans que je veuille jamais m'en ddire ni rep5tir4 ,que si p> la malice de mon ennemi1 ou p> suite de l'infirmit huma9e1 il m'arrivoit de contrev5ir en quelque *ose ces bonnes rsolutions1 je prote/e ds ma9t5ant1 et me propose moy5nant la grce du ,sa9t-,esprit1 de m'en relev] sitt que je m'en ap]cevrai1 et de m'ab&onn] t\t de n\veau entre les ma9s de la div9e misricorde1 sans la mo9dre hsitation et le mo9dre ret>d4 ,ceci e/ mon int5tion1 ma volont et ma rsolution f]me et irrvocable1 que je reconnois et confirme sans nulle rs]ve ni exception1 en la prs5ce de ,dieu1 la vue de l'glise triomphante1 et la face de l'glise militante ma mre1 qui ent5d et reoit la prs5te dcl>ation1 en la p]sonne de son m9i/re1 dput p> elle cet effet4 ,daignez1 ,dieu t]nel1 t\t-puissant et t\t bon1 ,pre1 ,fils et ,sa9t-,esprit1 confirm] en moi cette salutaire rsolution2 daignez accept] en odeur de suavit ce sacrifice que mon cur v\s (fre2 et comme il v\s a plu m'inspir] la volont de le faire1 donnez-moi aussi la =ce et la grce ncessaire p\r l'a*ev] et le consomm] p>faitem5t4 ,o mon ,dieu6 v\s tes le ,dieu de mon cur1 le ,dieu de mon ame1 le ,dieu de mon esprit2 a9si je v\s reconnois et v\s adore ma9t5ant et p\r l't]nit4 ,vive ,jsus6 ,,*apitre ,,xxi4 ,conclusion de ce qui a t dit du premi] degr de puret de l'ame4 ,cette prote/ation faite1 soyez att5tive1 ouvrez les oreilles de votre cur p\r ent5dre la s5t5ce d'absolution1 que ,jsus-,*ri/ votre aimable ,sauveur prononc]a sur v\s dans le ,ciel1 en prs5ce des anges et des sa9ts1 dans le mme temps que le prtre v\s abs\dra ici-bas sur la t]re1 en son nom4 ,c'e/ alors que t\te la tr\pe des bi5heureux se rj\ira de votre bonheur3 c'e/ alors qu'au milieu des sa9ts cantiques d'une allgresse sans gale1 t\s donn]ont votre cur guri et rconcili le d\x bais] de l'amiti et de la paix4 ,o ,dieu6 ,philo?e1 qu'il e/ admirable ce contrat p> lequel v\s donnant la div9e ,maje/1 elle se donne v\s et v\s r5d la vie t]nelle6 ,il ne re/e plus ma9t5ant qu' pr5dre la plume en ma91 et sign] de bon cur l'acte de votre prote/ation3 aprs quoi allez l'autel1 o ,dieu son t\r sign]a et scell]a votre grce1 et la promesse qu'il v\s a faite de son p>adis1 en se mettant lui-mme sur votre cur p> la communion1 comme un ca*et et sceau div94 ,c'e/ a9si1 ce me semble1 ,philo?e1 que votre ame s]a dlivre du p*1 et de t\tes les affections du p*4 ,mais comme ces affections r5aiss5t aism5t dans l'ame1 cause de notre infirmit naturelle et de nos passions1 qui peuv5t bi5 tre en*anes ici-bas1 mais qui ne sont jamais entirem5t dtruites1 je v\s donn]ai quelques avis1 avec lesquels v\s v\s prs]v]ez dsormais du p* mortel et de t\tes affections ce p*1 de manire ce qu'il ne puisse jamais entr] en votre cur4 ,or1 ces mmes avis v\s s]viront encore une purification plus p>faite2 c'e/ p\rquoi1 avant de v\s les donn]1 je veux v\s dire quelque *ose de cette plus absolue puret1 laquelle je dsire v\s conduire4 ,,*apitre ,,xxii4 ,qu'il faut se dlivr] de t\te affection aux p*s vniels4 ,a mesure que le j\r crot1 n\s voyons plus clairem5t dans le miroir les ta*es et les s\illures de notre visage3 de mme1 mesure que la lumire intrieure du ,sa9t-,esprit claire nos consci5ces1 n\s voyons plus di/9ctem5t les p*s1 les incl9ations et les imp]fections qui peuv5t n\s emp*] d'atte9dre la vraie dvotion2 et cette mme lumire1 en n\s faisant voir nos dfauts1 n\s anime du sa9t dsir de n\s en corrig]4 ,v\s dc\vrirez donc1 ma *re ,philo?e1 qu'outre les p*s mortels et l'affection aux p*s mortels1 dont v\s avez t dlivre p> les pratiques ci-dessus indiques1 v\s avez encore dans votre ame beauc\p d'incl9ation et d'affection aux p*s vniels3 je ne dis pas que v\s dc\vrirez des p*s vniels1 mais je dis que v\s dc\vrirez de l'incl9ation et de l'affection ces sortes de p*s4 ,or1 l'un e/ bi5 diffr5t de l'autre3 c> n\s ne p\vons jamais tre entirem5t purs de p*s vniels1 ou du mo9s n\s ne p\vons pas p]svr] long-temps dans cet tat2 au lieu que n\s p\vons bi5 n'avoir aucune affection aux p*s vniels4 ,a9si autre *ose e/ de m5tir une fois ou deux de gat de cur en matire peu importante1 autre *ose de se plaire m5tir1 et d'tre affectionn cette sorte de p*4 ,et je dis ma9t5ant qu'il faut nettoy] son ame de t\tes les affections qu'elle peut avoir au p* vniel2 c'e/--dire qu'il ne faut po9t n\rrir volontairem5t le desse9 de p]svr] dans tel ou tel p* vniel1 c> aussi ce s]oit une trop gr&e l*et que de g>d] sciemm5t dans sa consci5ce une *ose aussi capable de dplaire ,dieu que la volont de lui dplaire4 ,le p* vniel1 quelque petit qu'il soit1 dplat ,dieu1 bi5 qu'il ne lui dplaise pas jusqu' n\s attir] sa maldiction t]nelle4 ,mais si le p* vniel lui dplat1 il en rsulte que l'affection du p* vniel e/ une rsolution de v\loir t\j\rs lui dplaire3 et s]oit-il possible qu'une ame bi5 ne1 non-seulem5t dplt son ,dieu1 mais encore mt son plaisir lui dplaire t\j\rs8 ,de telles affections1 ,philo?e1 sont directem5t opposes la dvotion1 comme les affections au p* mortel le sont la *>it4 ,elles n]v5t les =ces de l'esprit1 emp*5t les consolations div9es1 et ouvr5t la porte aux t5tations2 et bi5 qu'elles ne tu5t pas l'ame1 elles la r5d5t extrmem5t malade4 ,les m\*es m\rantes1 dit le ,sage1 font p]dre au baume son odeur et sa v]tu4 ,il veut dire que si les m\*es s'arrt5t peu sur le baume1 et y gt5t seulem5t en passant1 elles ne gt5t que ce qu'elles pr5n5t1 et le re/e demeure intgre3 au lieu que si elles meur5t au beau milieu du baume1 elles le gt5t beauc\p et lui t5t de son prix4 ,de mme les p*s vniels arrivant en une ame dvote et ne s'y arrtant pas long-temps1 ne l'endommag5t qu'assez peu2 mais si ces mmes p*s demeur5t dans l'ame p> l'affection qu'elle y met1 ils lui f]ont p]dre comme au baume sa suavit1 c'e/--dire la sa9te dvotion4 ,les araignes ne tu5t pas les abeilles2 mais elles gt5t et corromp5t leur miel1 et qu& elles s'atta*5t la ru*e1 elles en emb>rass5t si =t les rayons avec leurs toiles que les abeilles ne peuv5t plus y faire leur mnage4 ,a9si le p* vniel ne tue pas notre ame1 mais il gte la dvotion2 et qu& il s'y atta*e p> l'habitude et p> l'affection que n\s y mettons1 il emb>rasse tellem5t les puissances de l'ame1 qu'elle ne peut plus agir avec cette f]veur et cette promptitude de *>it1 qui e/ le propre de la vraie dvotion4 ,ce n'e/ ri51 ,philo?e1 de dire un petit m5songe1 de se dissip] lgrem5t en p>oles ou en actions1 d'avoir un peu de curiosit dans les reg>ds1 un peu de vanit dans les habits2 de se plaire tel jeu1 telle frivolit1 telle danse1 p\rvu que1 ds que les araignes spirituelles s]ont entres dans notre ame1 n\s les en *assions aussitt1 comme les abeilles s'ef=c5t de *ass] les araignes corporelles2 mais si n\s les laissons s'arrt] dans notre cur1 et non-seulem5t cela1 si n\s n\s plaisons les y ret5ir et les y multipli]1 bi5tt n\s v]rons notre miel p]du1 et la ru*e de notre consci5ce empe/e et dtruite4 ,or1 je le dis encore une fois1 ce ne s]a jamais une ame gnreuse qui se plaira a9si dplaire son ,dieu1 et qui mettra son affection ce qu'elle sait lui tre dsagrable4 ,,*apitre ,,xxiii4 ,qu'il se faut dfaire de l'affection aux *oses inutiles et dang]euses4 ,les jeux1 les bals1 les fe/9s1 les p>ures1 les comdies1 en soi ne sont pas de mauvaises *oses1 mais bi5 des *oses indiffr5tes1 dont on peut faire un bon ou un mauvais usage4 ,t\tefois il s'y tr\ve t\j\rs plus ou mo9s de dang]1 et le dang] devi5t encore bi5 plus gr&1 lorsqu'on s'y affectionne4 ,a9si1 ,philo?e1 encore qu'il soit p]mis de j\]1 de dans]1 de se p>]1 d'ent5dre d'honntes comdies1 d'assi/] un fe/91 je dis que de mettre cela son affection1 c'e/ faire une *ose contraire la dvotion1 une *ose trs-nuisible et prilleuse4 ,ce n'e/ pas mal de le faire1 mais c'e/ mal de s'y affectionn]4 ,et vraim5t c'e/ gr& dommage de sem] en la t]re de notre cur des affections si frivoles3 c> elles pr5n5t la place du bon gra91 et emp*5t que notre ame ne porte de bonnes incl9ations4 ,a9si les anci5s ,naz>ens s'ab/5oi5t1 non-seulem5t de t\t ce qui peut enivr]1 mais encore de rais9 et mme de v]jus4 ,non pas que le rais9 et le v]jus enivr5t2 mais ils craignoi5t que le v]jus ne leur donnt le gt du rais91 et le rais9 le gt du v94 ,or1 je ne dis pas que n\s ne puissions jamais us] des *oses dang]euses1 mais je dis que n\s ne p\vons jamais y mettre notre affection sans compromettre la dvotion4 ,les c]fs qui sont trop en v5aison se retir5t et se ca*5t dans leurs buissons1 s5tant bi5 que leur graisse les *>ge1 et qu'a9si ils ne p\rroi5t c\rir1 s'ils v5oi5t tre attaqus2 de mme le cur de l'homme1 *>g d'affections inutiles et dang]euses1 ne peut c\rir aprs son ,dieu avec cette promptitude1 cette aisance et cette ardeur qui sont le vrai po9t de la solide dvotion4 ,que de petits enfans s'atta*5t et s'*auff5t la p\rsuite des papillons1 p]sonne ne le tr\v]a mauvais1 p>ce que ce sont des enfans2 mais1 n'e/-ce pas une *ose ridicule1 ou plutt lam5table1 de voir des hommes faits se proccup] et se passionn] p\r des bagatelles aussi petites que celles que j'ai nommes1 lesquelles1 outre leur inutilit1 ont encore le dang] de drgl] et de p]dre ceux qui les p\rsuiv5t8 ,j'ai donc raison de dire1 ma *re ,philo?e1 qu'il se faut dfaire de telles affections2 c> bi5 que les actes n'en soi5t pas t\j\rs contraires la dvotion1 nanmo9s l'affection qu'on y met lui cause t\j\rs un gr& prjudice4 ,,*apitre ,,xxiv4 ,qu'il se faut dfaire des mauvaises incl9ations4 ,n\s avons encore1 ,philo?e1 c]ta9es incl9ations naturelles qui1 n'ayant po9t leur s\rce dans nos p*s p>ticuli]s1 ne sont pas proprem5t p*s1 ni mortels1 ni vniels1 mais s'appell5t seulem5t imp]fections2 et leurs actes1 dfauts ou manquem5s4 ,p> exemple1 sa9te ,paule1 comme le rapporte sa9t ,jrme1 avoit une gr&e incl9ation la tri/esse et aux l>mes1 ce po9t1 qu' la mort de son m>i et de ses enfans1 elle faillit m\rir de *agr94 ,cela toit une imp]fection1 et non un p*1 puisque c'toit contre son gr et sa volont4 ,il y a des c>actres qui sont naturellem5t lg]s1 d'autres qui sont rb>batifs1 d'autres qui ne peuv5t se pli] l'op9ion d'autrui2 ceux-ci sont encl9s la colre1 ceux-l l'am\r des cratures2 bref1 il n'e/ gure de p]sonnes en qui l'on ne puisse rem>qu] quelque sorte d'imp]fection2 or1 quoique ces imp]fections soi5t comme propres et naturelles *acun de n\s1 il n'e/ pas cep5dant impossible1 avec du so9 et de l'att5tion1 de les affoiblir et de les corrig]1 et mme de s'en dlivr] entirem5t2 et je v\s dis1 ,philo?e1 que c'e/ l ce qu'il faut faire4 ,on a bi5 tr\v le moy5 de *ang] les am&i]s am]s en am&i]s d\x1 en les p]ant simplem5t au pi$1 p\r en faire sortir le suc2 p\rquoi donc ne p\rrions-n\s pas aussi faire sortir nos mauvaises incl9ations1 p\r dev5ir meilleurs8 ,il n'y a po9t de si bon naturel qui ne puisse dev5ir mauvais p> les habitudes vicieuses3 et de mme aussi il n'y en a po9t de si m*ant qui1 premirem5t p> la grce de ,dieu1 secondem5t p> le zle et l'application1 ne puisse tre dompt et surmont4 ,je m'en vais donc ma9t5ant v\s donn] les avis1 et v\s propos] les remdes au moy5 desquels v\s purg]ez votre ame de l'atta*e au p* vniel1 des affections dang]euses et des imp]fections1 et p> l v\s assur]ez d'autant plus votre consci5ce contre t\t p* mortel4 ,dieu v\s fasse la grce de les bi5 pratiqu]6 ,,seconde ,,p>tie ,,cont5ant ,,div]s ,,avis ,,p\r ,l',l,,vation ,,de ,l',,ame ,a ,,dieu ,,p> ,l',,oraison ,,et ,,les ,,sacrem5s4 ,,*apitre ,,premi]4 ,de la ncessit de l',oraison4 #a4 ,l'oraison mettant notre esprit en face de la lumire div9e1 et exposant notre volont la *aleur de l'am\r cle/e1 il n'y a ri5 d'aussi propre purg] notre ent5dem5t de ses ignorances1 et notre volont de ses affections mauvaises4 ,c'e/ l'eau de bndiction1 qui1 p> sa d\ce fra*eur1 fait rev]dir et fleurir les plantes de nos bons dsirs1 lave nos ames de leurs imp]fections1 et dsaltre nos curs brls p> les passions4 #b4 ,mais surt\t je v\s conseille l'oraison m5tale et d'affection1 p>ticulirem5t celle qui a p\r objet la vie et la passion de ,notre-,seigneur4 ,en le reg>dant s\v5t p> la mditation1 t\te votre ame se remplira de lui1 v\s appr5drez le connotre1 et vos actions se =m]ont sur le modle des si5nes4 ,il e/ la lumire du monde3 c'e/ donc en lui1 p> lui1 et p\r lui que n\s devons tre clairs4 ,il e/ l'arbre du dsir2 c'e/ donc son ombre que n\s devons n\s rafra*ir2 il e/ la vraie fonta9e de ,jacob1 c'e/ donc dans ses eaux que n\s devons n\s lav] de t\tes nos s\illures2 enf91 les enfans1 =ce d'ent5dre leurs mres1 et de bgay] avec elles1 appr5n5t p>l] leur langage2 et n\s aussi1 demeurant auprs du ,sauveur p> la mditation1 et obs]vant avec so9 ses p>oles1 ses actions et ses s5tim5s1 n\s appr5drons1 moy5nant sa sa9te grce1 p>l]1 agir et v\loir comme lui4 ,il faut s'arrt] l1 ,philo?e2 et1 croyez-moi1 n\s ne saurions all] ,dieu le ,pre que p> cette porte2 c>1 de mme que la glace d'un miroir ne sauroit arrt] notre vue1 si elle n'toit enduite p> d]rire de plomb ou d'ta92 de mme la ,div9it n'auroit pu jamais tre bi5 contemple p> n\s en ce bas monde1 si elle ne se ft jo9te l'humanit sacre du ,sauveur2 or1 puisqu'il en e/ a9si1 il e/ visible que la vie et la mort de ,jsus sont l'objet le plus proportionn notre foiblesse1 le plus d\x1 le plus dlicieux1 le plus pr(itable que n\s puissions *oisir p\r nos mditations ord9aires4 ,ce n'e/ pas p\r ri5 que le ,sauveur s'appelle le pa9 desc5du du ,ciel2 c>1 comme le pa9 doit tre mang avec t\tes sortes de vi&es1 de mme aussi le ,sauveur doit tre mdit1 considr et re*]* dans t\tes nos prires et dans t\tes nos actions4 ,quelques auteurs1 p\r r5dre cet ex]cice plus facile1 ont imag9 de di/ribu] sa vie et sa mort en div]s po9ts de mditations4 ,ceux que je v\s conseille le plus1 sont sa9t ,bonav5ture1 ,bell9tami1 ,bruno1 ,capilia1 ,gr5ade et ,dupont4 #c4 ,employez-y *aque j\r une heure avant le dn]1 et1 s'il se peut1 ds le mat91 p>ce que v\s aurez l'esprit mo9s emb>rass et plus frais aprs le repos de la nuit4 ,n'y mettez pas aussi plus d'une heure1 mo9s que votre pre spirituel ne v\s l'ait dit expressm5t4 #d4 ,si v\s p\vez faire cet ex]cice tranquillem5t dans une glise1 je crois que ce s]a le meilleur2 p>ce que ni pre1 ni mre1 ni femme1 ni m>i1 ni p]sonne autre ne p\rra raisonnablem5t v\s tr\bl] durant cette heure de dvotion3 au lieu que dans votre maison1 v\s ne p\rrez peut-tre pas v\s la promettre t\t entire1 ni si libre1 cause de la sujtion o v\s tes4 #e4 ,comm5cez t\j\rs vos oraisons1 soit m5tales1 soit vocales1 p> v\s mettre en la prs5ce de ,dieu2 ne v\s rel*ez jamais de cette rgle1 et v\s v]rez en peu de temps combi5 elle v\s s]a pr(itable4 #f4 ,si v\s m'en croyez1 v\s direz le ,pat]1 l',ave et le ,cr$o en lat92 mais v\s appr5drez aussi en bi5 ent5dre les p>oles dans votre langue1 af9 qu'en les rcitant dans le langage usit p> l'glise1 v\s puissiez nanmo9s sav\r] le s5s dlicieux et admirable de ces sa9tes prires4 ,il les faut dire avec une pr(onde att5tion de votre esprit1 en excitant votre cur aux s5tim5s qu'elles exprim5t1 ne v\s htant nullem5t p\r en dire beauc\p1 mais v\s tudiant plutt dire de gr& cur ce que v\s dites2 c> un seul ,pat] dit avec s5tim5t1 vaut mieux que plusieurs rcits en c\rant4 #g4 ,le *apelet e/ une trs-bonne manire de pri]1 p\rvu que v\s sa*iez le dire comme il faut4 ,et p\r cela1 ayez quelqu'un des petits livres qui enseign5t la faon de le rcit]4 ,il e/ bon aussi de dire les litanies de ,notre-,seigneur1 de ,notre-,dame1 et des sa9ts1 et t\tes les autres prires vocales qui sont dans les ,manuels et ,heures appr\ves1 s\s la condition nanmo9s que1 si v\s avez le don de l'oraison m5tale1 v\s lui g>diez t\j\rs la pr9cipale place4 ,si donc aprs l'avoir faite1 la multitude des occupations1 ou quelque autre raison v\s emp*e de faire votre prire vocale1 ne v\s en tr\blez pas1 mais dites simplem5t1 avant ou aprs la mditation1 l',oraison dom9icale1 la ,salutation anglique et le ,symbole des aptres4 #h4 ,si p5dant l'oraison vocale v\s s5tez votre cur attir v]s l'oraison intrieure et m5tale1 ne rsi/ez pas cet attrait1 mais laissez t\t d\cem5t c\l] votre esprit de ce ct-l1 et ne v\s *agr9ez po9t de n'avoir pas a*ev les prires vocales que v\s v\s tiez proposes2 c> la m5tale que v\s aurez faite en leur place e/ plus agrable ,dieu1 et plus utile votre ame4 ,j'excepte l'(fice ecclsia/ique1 si v\s tes oblige de le dire2 c> dans ce cas1 le devoir passe avant t\t4 #i4 ,s'il arrivoit que t\te votre mat9e se passt sans ce sa9t ex]cice de l'oraison m5tale1 soit cause du gr& nombre d'affaires1 soit p\r autre *ose1 ce qu'il faut vit] autant que possible1 t*ez de rp>] cette p]te dans l'aprs-dne1 l'heure la plus loigne du repas que v\s p\rrez1 p>ce que1 si la dige/ion n'toit pas encore faite1 v\s p\rriez tomb] dans l'ass\pissem5t et nuire votre sant4 ,que si enf9 v\s ne p\vez la faire de t\te la j\rne1 il faut y suppler p> beauc\p d'oraisons jaculatoires1 et p> la lecture de quelque livre de dvotion1 avec une pnit5ce qui emp*e les suites de cette p]te2 et en outre1 pr5ez une =te rsolution de v\s remettre en tra9 le j\r suivant4 ,,*apitre ,,ii4 ,c\rte m?ode p\r bi5 mdit]4 ,et d'abord de la prs5ce de ,dieu2 premi] po9t de la prp>ation4 ,mais v\s ne savez peut-tre pas1 ,philo?e1 comm5t il faut faire l'oraison m5tale3 c> c'e/ l malheureusem5t une *ose bi5 peu connue des g5s de notre sicle4 ,voici donc une simple et c\rte m?ode que je v\s prs5te p\r cela1 en att5dant que p> la lecture de plusieurs excell5s livres qui ont t composs sur ce sujet1 et surt\t p> votre propre expri5ce1 v\s puissiez en tre plus amplem5t in/ruite4 ,je v\s p>le premirem5t de la prp>ation1 qui consi/e en deux po9ts1 savoir3 se mettre en la prs5ce de ,dieu1 et ensuite invoqu] son sec\rs4 ,or1 p\r v\s mettre en la prs5ce de ,dieu1 je v\s propose quatre moy5s pr9cipaux1 dont v\s p\rrez utilem5t v\s s]vir dans les comm5cem5s4 ,le premi] consi/e se bi5 pntr] de l'imm5sit de ,dieu1 c'e/--dire se bi5 remplir de cette p5se1 que ,dieu e/ en t\t et p>t\t1 et qu'il n'y a lieu ni *ose au monde o il ne soit d'une trs-vritable prs5ce2 en sorte que1 comme les oiseaux tr\v5t p>t\t l'air de quelque ct qu'ils se t\rn5t1 de mme n\s tr\vons p>t\t ,dieu1 en quelque lieu que n\s allions ou que n\s soyons4 ,c'e/ l une vrit que t\t le monde sait1 mais laquelle on ne fait pas assez d'att5tion4 ,les aveugles ne voyant pas un pr9ce qui leur e/ prs5t1 ne laiss5t pas de se t5ir dans le respect1 s'ils sont av]tis de sa prs5ce2 mais la vrit e/ que p>ce qu'ils ne le voi5t pas1 ils oubli5t aism5t qu'il e/ prs5t1 et l'ayant oubli1 ils p]d5t plus aism5t encore le respect qui lui e/ d4 ,hlas6 ,philo?e1 n\s ne voyons pas ,dieu qui e/ prs5t1 et bi5 que la foi n\s av]tisse de sa prs5ce1 comme nos yeux ne le voi5t pas1 n\s n\s en oublions bi5 s\v5t1 et n\s n\s comportons comme s'il toit bi5 lo9 de n\s4 ,c>1 encore que n\s sa*ions qu'il e/ prs5t p>t\t1 si de fait n\s n'y p5sons pas1 c'e/ comme si n\s ne le savions pas4 ,c'e/ p\rquoi1 t\j\rs avant l'oraison1 il faut excit] notre ame la p5se =te et att5tive de cette prs5ce de ,dieu4 ,c'toit bi5 l ce qui occupoit ,david1 lorsqu'il s'crioit3 ,si je monte au ,ciel1 mon ,dieu1 v\s y tes2 si je desc5ds aux enf]s1 v\s y tes encore4 ,n\s p\vons aussi faire usage des p>oles de ,jacob1 qui1 aprs avoir vu l'*elle sacre3 ,que ce lieu e/ t]rible6 disoit-il2 vraim5t ,dieu e/ ici1 et je n'en savois ri54 ,il veut dire qu'il n'y p5soit pas3 c> il ne p\voit ignor] que ,dieu ft en t\t et p>t\t4 ,v5ant donc faire oraison1 il v\s faut dire de t\t votre cur et votre cur3 ,o mon cur6 mon cur6 ,dieu e/ vraim5t ici4 ,le second moy5 de se mettre en cette sa9te prs5ce1 c'e/ de p5s] que non-seulem5t ,dieu e/ dans le lieu o v\s tes1 mais qu'il e/ encore trs-p>ticulirem5t dans votre cur1 et au fond de votre esprit1 qu'il anime et vivifie de sa div9e prs5ce1 tant l comme le cur de votre cur1 et l'esprit de votre esprit4 ,c> comme l'ame tant rp&ue p> t\t le corps1 se tr\ve prs5te sur t\s les po9ts1 et rside cep5dant dans le cur d'une manire spciale2 de mme1 ,dieu tant trs-prs5t t\tes *oses1 remplit nanmo9s notre esprit d'une prs5ce plus p>faite4 ,c'e/ p\r cela que ,david appeloit ,dieu1 le ,dieu de son cur1 et que sa9t ,paul1 en p>lant aussi de ,dieu1 disoit1 qu'en lui n\s avons la vie1 le m\vem5t et l'tre4 ,ayant donc bi5 en vue cette vrit1 v\s excit]ez dans votre cur un gr& respect p\r ,dieu1 qui lui e/ si intimem5t prs5t4 ,le troisime moy51 c'e/ de considr] notre ,sauveur en son humanit sa9te1 reg>dant du haut du ,ciel t\tes les p]sonnes du monde2 mais plus p>ticulirem5t les *rti5s1 qui sont ses enfans1 et plus p>ticulirem5t encore ceux qui sont en prire et dont il obs]ve t\tes les actions et t\s les manquem5s4 ,or1 ceci n'e/ pas une simple imag9ation de ma "p1 mais une vrit positive2 c> bi5 que n\s ne le voyions pas comme sa9t ti5ne au temps de son m>tyre1 il n'en e/ pas mo9s c]ta9 que du haut de sa gloire il a con/amm5t les yeux fixs sur n\s4 ,n\s p\vons donc dire avec l'p\se du ,cantique3 ,c'e/ lui-mme qui e/ d]rire notre muraille1 reg>dant p> la f5tre et trav]s le treillis4 ,la quatrime manire consi/e simplem5t s'imag9] que le ,sauveur e/ prs5t ct de n\s dans son humanit sa9te1 comme n\s avons c\tume de n\s reprs5t] nos amis1 et de dire3 ,je m'imag9e voir un tel faire ceci et cela1 il me semble que je le vois1 ou autre *ose semblable4 ,mais si le trs-sa9t ,sacrem5t de l'autel toit prs5t1 alors cette prs5ce s]oit relle et non purem5t imag9aire3 c> les espces et app>5ces du pa9 sont comme une tapiss]ie d]rire laquelle notre ,seigneur se ca*e1 et d'o il n\s voit et n\s considre trs-bi51 quoique n\s ne le voyions pas en sa propre =me4 ,v\s us]ez donc de l'un de ces quatre moy5s1 p\r mettre votre ame en la prs5ce de ,dieu avant l'oraison2 et ne songez pas les v\loir employ] t\s ensemble1 mais un seulem5t la fois1 et cela encore brivem5t et simplem5t4 ,,*apitre ,,iii4 ,de l'invocation2 second po9t de la prp>ation4 ,l'invocation se fait en cette manire3 votre ame se s5tant en la prs5ce de ,dieu1 se pntre d'un gr& respect la vue d'une si s\v]a9e ,maje/1 et se reconnot trs-indigne de demeur] devant elle4 ,puis faisant rflexion que la div9e bont le p]met a9si1 elle lui dem&e la grce de la bi5 s]vir et ador] dans cette mditation4 ,que si v\s le v\lez1 v\s p\rrez us] de quelques p>oles c\rtes et enflammes1 comme sont celles-ci de ,david3 ,ne me rejetez pas1 mon ,dieu6 de devant votre face1 et ne m'tez pas votre ,sa9t-,esprit3 faites brill] votre face sur votre s]vante1 et je considr]ai vos m]veilles4 ,donnez-moi l'intellig5ce1 et je scrut]ai votre loi1 et je la g>d]ai de t\t mon cur4 ,je suis votre s]vante1 rp&ez sur moi votre esprit4 ,il v\s s]a bon aussi d'invoqu] votre ange g>di51 et les sa9tes p]sonnes qui auront eu quelque "p au my/re que v\s mditez4 ,si1 p> exemple1 v\s faites votre oraison sur la mort de ,notre-,seigneur1 v\s p\rrez invoqu] la sa9te ,vi]ge1 sa9t ,jean1 sa9te ,magdele9e1 le bon l>ron1 af9 que les s5tim5s et les m\vem5s intrieurs qu'ils reur5t alors v\s soi5t communiqus3 si c'e/ sur votre mort que v\s mditez1 v\s p\rrez invoqu] votre bon ange qui y s]a prs5t1 af9 qu'il v\s inspire les rsolutions conv5ables1 et de mme p\r les autres sujets de mditation4 ,,*apitre ,,iv4 ,de la proposition du my/re2 troisime po9t de la prp>ation4 ,aprs ces deux po9ts ord9aires de la prp>ation1 il en e/ un troisime1 qui n'e/ pas commun t\tes sortes de mditations1 et qu'on appelle soit composition du lieu1 soit reprs5tation intrieure4 ,ce n'e/ pas autre *ose qu'un c]ta9 ex]cice de l'imag9ation1 p> lequel on se fait un tableau du my/re ou du fait que l'on mdite1 comme s'il se passoit rellem5t s\s nos yeux4 ,p> exemple1 si v\s v\lez mdit] sur ,notre-,seigneur en croix1 v\s v\s imag9]ez que v\s tes au mont ,calvaire1 et que v\s assi/ez t\t ce qui fut dit et fait le j\r de la passion2 ou bi5 encore1 ce qui e/ t\t un1 v\s v\s imag9]ez qu'au lieu mme o v\s tes1 se fait le crucifiem5t de ,notre-,seigneur1 avec t\tes les circon/ances dcrites p> les vangli/es4 ,j'en dis autant1 qu& v\s mdit]ez sur la mort1 a9si que je l'ai indiqu dans la mditation qui y a trait1 comme aussi qu& v\s mdit]ez sur l'enf]1 ou sur t\t autre semblable sujet o il s'agira de *oses visibles et s5sibles3 c> p\r les autres qui trait5t de *oses invisibles1 comme sont ceux de la gr&eur de ,dieu1 de l'excell5ce des v]tus1 de la f9 de notre cration1 il n'e/ pas "q de v\loir employ] cette m?ode4 ,il e/ vrai qu'on peut encore se s]vir de quelques comp>aisons p\r r5dre les considrations plus faciles1 mais cela mme a ses difficults1 et je ne veux trait] avec v\s que =t simplem5t1 et en sorte que votre esprit ne se fatigue pas trop en inv5tions4 ,or1 p> le moy5 de l'imag9ation1 n\s enf]mons notre esprit dans le my/re que n\s v\lons mdit]1 et n\s l'emp*ons a9si de c\rir et l1 peu prs comme on fait p\r un oiseau que l'on enf]me dans une cage1 ou p\r un p]vi] que l'on atta*e ses longes1 af9 qu'il demeure sur le po+4 ,quelques-uns v\s diront nanmo9s qu'il vaut mieux dans la reprs5tation des my/res us] de la simple p5se de la foi1 et de la simple vue de l'esprit1 ou bi5 encore considr] que les *oses se pass5t dans votre esprit4 ,mais cela e/ trop subtil p\r le comm5cem5t1 et jusqu' ce que ,dieu v\s lve plus haut1 je v\s conseille1 ,philo?e1 de v\s t5ir bonnem5t dans la basse valle que je v\s indique4 ,,*apitre ,v4 ,des considrations2 seconde p>tie de la mditation4 ,aprs l'action de l'imag9ation1 vi5t l'action de l'ent5dem5t1 que n\s appelons mditation1 et qui consi/e faire une ou plusieurs considrations capables d'lev] notre cur en ,dieu1 et de n\s faire pr5dre gt aux *oses sa9tes et div9es4 ,or1 c'e/ en cela que la mditation e/ =t diffr5te de l'tude1 c> la f9 de l'tude e/ de dev5ir savant1 habile crire ou disput]2 au lieu que la f9 de la mditation e/ d'acqurir la v]tu et le sa9t am\r de ,dieu4 ,aprs donc que v\s aurez r5f]m votre esprit dans le sujet de mditation1 soit p> l'imag9ation1 si le sujet e/ s5sible1 soit p> la simple proposition1 s'il ne l'e/ pas1 a9si que je l'ai dit plus haut1 v\s comm5c]ez faire sur ce sujet quelques considrations1 comme v\s en tr\vez des exemples dans les mditations que je v\s ai donnes4 ,que si votre esprit tr\ve assez de gt1 de lumire et de fruit dans l'une de ces considrations1 il faut v\s y arrt]1 sans pass] outre1 faisant en cela comme les abeilles1 qui ne quitt5t po9t une fleur1 tant qu'elles y tr\v5t du miel cueillir4 ,mais si v\s ne tr\vez pas votre n\rriture en l'une de ces considrations1 aprs en avoir quelque temps essay1 v\s pass]ez une autre2 et cela simplem5t1 sans empressem5t et sans tr\ble4 ,,*apitre ,,vi4 ,des affections et des rsolutions2 troisime p>tie de la mditation4 ,la mditation excite de bons m\vem5s dans la volont ou p>tie affective de notre ame1 comme font l'am\r de ,dieu et du pro*a91 le dsir du ,p>adis et de la gloire1 le zle du salut des ames1 l'imitation de la vie de ,notre-,seigneur1 la compassion1 l'admiration1 la joie1 la cra9te de la disgrce de ,dieu1 du jugem5t et de l'enf]1 la ha9e du p*1 la confiance en la bont et la misricorde div9e1 la confusion et le regret de notre mauvaise vie passe4 ,c'e/ dans ces affections ou autres semblables que votre esprit doit s'pan*] et s't5dre le plus qu'il lui s]a possible4 ,que si v\s v\lez tre aide p\r cela1 pr5ez le premi] tome des ,mditations de dom ,&r ,lapilia1 et voyez sa prface2 c> il y donne la manire de bi5 dilat] les affections4 ,v\s tr\v]ez cela encore1 et plus amplem5t1 dans la seconde p>tie du ,trait de l'oraison p> le ,pre ,arias4 ,il ne faut pas cep5dant1 ,philo?e1 v\s tant arrt] ces affections gnrales1 que v\s ne les conv]tissiez en rsolutions p>ticulires et spciales p\r l'am5dem5t de votre vie4 ,p> exemple1 la premire p>ole que ,notre-,seigneur dit sur la croix1 rp&ra1 je suppose1 dans votre ame le dsir de l'imit] en ce qui conc]ne le p>don des injures et l'am\r des ennemis4 ,or1 je dis que cela e/ peu de *ose1 si v\s n'y aj\tez encore une rsolution p>ticulire1 peu prs de cette manire3 ,eh bi5 donc6 je ne me piqu]ai plus de telles p>oles f*euses qu'un tel ou une telle1 mon vois9 ou ma vois9e1 mon dome/ique ou ma s]vante1 dis5t de moi2 ni de tel et tel mpris que je reois de celui-ci ou de celui-l3 au contraire1 je dirai et f]ai telle ou telle *ose1 p\r ad\cir l'esprit de l'un1 ou p\r gagn] le cur de l'autre4 ,c'e/ a9si1 ,philo?e1 que v\s v\s corrig]ez de vos fautes en peu de temps2 au lieu que p> des affections gnrales1 v\s ne le f]iez que l5tem5t et difficilem5t4 ,,*apitre ,,vii4 ,de la conclusion et du b\quet spirituel4 ,enf91 il faut t]m9] la mditation p> trois actes1 qu'il faut faire avec le plus d'humilit possible4 ,le premi] de ces actes e/ un acte de rem]cm5t1 p> lequel n\s r5dons grces ,dieu des affections et des rsolutions qu'il n\s a inspires1 et de la gr&e misricorde qu'il a dploye dans le my/re qui a fait le sujet de notre mditation4 ,le second acte e/ un acte d'(fr&e1 p> lequel n\s (frons ,dieu sa bont mme et sa misricorde1 les mrites de la mort et du sang de ,jsus-,*ri/ et aussi nos affections et nos rsolutions en union des v]tus de son div9 ,fils4 ,le troisime acte e/ un acte de supplication1 p> lequel n\s dem&ons ,dieu1 et n\s le conjurons de n\s communiqu] les grces et les v]tus de son ,fils1 et de bnir nos affections et nos rsolutions1 en sorte que n\s puissions les excut] fidlem5t3 ensuite n\s prions p\r l',eglise1 p\r nos pa/eurs1 nos p>5s1 nos amis et autres p]sonnes1 employant p\r cela l'int]cession de la sa9te ,vi]ge1 des anges et des sa9ts4 ,enf91 j'ai m>qu qu'il falloit dire le ,pat] no/] et l',ave1 ,m>ia1 qui sont les prires communes et ncessaires t\s les fidles4 ,a t\t cela1 j'ai aj\t qu'il falloit cueillir un petit b\quet de dvotion4 ,ceux qui se sont prom5s dans un beau j>d9 n'en sort5t pas volonti]s sans pr5dre quatre ou c9q fleurs1 p\r les g>d] et les s5tir le long de la j\rne2 de mme1 notre esprit ayant p>c\ru quelque my/re p> la mditation1 n\s devons *oisir une1 deux ou trois p5ses1 que n\s aurons tr\ves le plus notre gt et les plus utiles notre avancem5t1 p\r n\s en ress\v5ir le re/e du j\r et j\ir spirituellem5t de leur bonne odeur4 ,or1 cela se fait sur le lieu mme de la mditation1 en s'y prom5ant ou en l'y entret5ant quelque temps aprs1 dans le sil5ce et dans le recueillem5t4 ,,*apitre ,,viii4 ,quelques avis trs-utiles1 au sujet de la mditation4 ,il faut surt\t1 ,philo?e1 qu'au sortir de votre oraison1 v\s ret5iez les rsolutions que v\s avez prises1 af9 de les pratiqu] soigneusem5t l'occasion dans le c\rs de la j\rne4 ,rappelez-v\s que le gr& fruit de la mditation1 e/ de n\s faire produire des actes de v]tus2 sans cela cet ex]cice devi5t inutile et s\v5t mme dang]eux4 ,la considration spculative des v]tus1 sp>e de la pratique1 peut n\s enfl] l'esprit et le cur au po9t de n\s faire croire que n\s sommes tels que n\s avons rsolu d'tre1 mais n\s ne sommes tels en effet que lorsque nos rsolutions sont =tes et efficaces4 ,t\tes les fois qu'elles sont foibles1 elles sont va9es1 et p>ce qu'elles sont sans effet1 elles sont dang]euses4 ,il faut donc p> t\s les moy5s possibles s'ef=c] de les pratiqu]1 et en re*]*] les occasions1 gr&es ou petites4 ,p> exemple1 si j'ai rsolu de gagn] p> d\ceur l'esprit de ceux qui m'(f5s5t1 je *]*]ai ce j\r-l les r5contr]1 af9 de p\voir les salu] gracieusem5t2 que si je ne puis les r5contr]1 je t*]ai au mo9s d'en dire t\t le bi5 possible1 et je pri]ai ,dieu en leur faveur4 ,au sortir de l'oraison1 il faut pr5dre g>de de ne po9t donn] de sec\sse votre cur1 c> v\s pan*]iez le baume que v\s avez reu dans l'oraison2 je veux dire qu'il faut g>d]1 s'il e/ possible1 encore un peu de sil5ce1 et remu] t\t d\cem5t votre cur1 p\r le faire pass] de l'oraison aux affaires1 cons]vant1 tant que v\s p\rrez1 les s5tim5s et les affections que v\s avez conu4 ,un homme qui auroit reu dans un beau vase de porcela9e quelque liqueur de gr& prix p\r l'apport] dans sa maison1 m>*]oit t\t d\cem5t1 ne reg>dant ni droite1 ni gau*e1 mais tantt devant soi1 de peur de heurt] quelque pi]re et de faire un faux pas1 tantt son vase1 p\r voir s'il ne p5*e pas trop2 v\s devez en faire de mme au sortir de la mditation3 ne pas v\s di/raire t\t--c\p1 mais reg>d] simplem5t devant v\s4 ,que si v\s r5contrez quelqu'un que v\s soyez oblige d'entret5ir ou d'ent5dre1 il n'y a remde1 il faut bi5 en pass] p> l2 mais alors faites-le de telle sorte1 que v\s reg>diez aussi votre cur1 af9 que la liqueur de la sa9te oraison ne s'pan*e que le mo9s possible4 ,il faut mme que v\s v\s acc\tumiez pass] de l'oraison t\s les devoirs que votre vocation et votre tat exig5t de v\s1 quoiqu'ils p>oiss5t =t loigns des affections que v\s aurez reues dans l'oraison4 ,a9si1 un avocat doit savoir pass] de l'oraison la plaidoirie1 un m>*& son comm]ce1 une femme m>ie au devoir de son m>iage et au tracas de la maison2 et t\t cela avec tant de d\ceur et de tranquillit1 que l'esprit n'en soit aucunem5t tr\bl2 c>1 puisque l'un et l'autre sont galem5t de la volont de ,dieu1 il faut pass] de l'un l'autre avec un gr& esprit d'humilit et de dvotion4 ,sa*ez encore qu'il v\s arriv]a quelquefois1 qu'aussitt aprs la prp>ation1 votre affection se tr\v]a t\t mue en ,dieu3 alors1 ,philo?e1 il lui faut l*] la bride1 sans v\loir suivre la m?ode que je v\s ai donne2 c>1 bi5 que p\r l'ord9aire la considration doive prcd] les affections et les rsolutions1 s'il arrive cep5dant que le ,sa9t-,esprit v\s donne les affections avant les considrations1 v\s ne devez pas re*]*] les considrations1 puisque celles-ci ne sont faites que p\r m\voir les affections4 ,a9si1 t\j\rs qu& les affections se prs5t]ont v\s1 il faut les recevoir1 et leur faire place1 soit qu'elles prcd5t1 soit qu'elles suiv5t les considrations2 et quoique j'aie mis les affections aprs t\tes les considrations1 je ne l'ai fait que p\r mieux di/+u] les p>ties de l'oraison2 c> du re/e1 c'e/ une rgle gnrale qu'il ne faut jamais ret5ir les affections1 mais leur donn] un libre c\rs sitt qu'elles se prs5t5t4 ,ce que je dis l p\r les affections1 je le dis aussi p\r l'action de grces1 l'(fr&e et la prire1 qui peuv5t se faire p>mi les considrations1 lorsqu'on s'y s5t port2 c> il ne faut pas plus les ret5ir que les autres affections1 sauf aprs les repr5dre et les rpt] p\r t]m9] la mditation4 ,quant aux rsolutions1 c'e/ aprs les affections qu'il les faut faire et avant la conclusion4 ,c>1 ayant beso9 p\r cela de n\s reprs5t] des objets p>ticuli]s et famili]s1 ce s]oit ouvrir la voie aux di/ractions1 que de pr5dre des rsolutions dans le temps consacr aux affections4 ,p\r les affections et les rsolutions dont je vi5s de p>l]1 il e/ bon de les faire en =me de colloque1 adressant la p>ole tantt ,notre-,seigneur1 tantt aux anges1 ou aux p]sonnes qui ont eu "p au my/re mdit1 aux sa9ts1 soi-mme1 son propre cur1 aux p*eurs1 et mme aux cratures ins5sibles1 comme l'on voit que ,david fait dans ses psaumes1 et d'autres sa9ts dans leurs mditations et leurs prires4 ,,*apitre ,,ix4 ,des s*]esses d'esprit qui arriv5t dans la mditation4 ,s'il v\s arrive1 ,philo?e1 de n'avoir po9t de gt ni de consolation en mditant1 je v\s conjure de ne pas v\s en tr\bl]1 mais de rec\rir simplem5t aux remdes que je vais v\s indiqu]4 ,quelquefois ouvrez la porte aux p>oles vocales1 plaignez-v\s am\reusem5t ,notre-,seigneur1 confessez-lui votre indignit1 priez-le qu'il v\s aide1 baisez son image1 si v\s l'avez2 dites-lui ces p>oles de ,jacob3 ,je ne v\s quitt]ai jamais1 ,seigneur1 que v\s ne m'ayez donn votre bndiction2 ou bi5 celles-ci de la ,cananenne3 ,oui1 ,seigneur1 je suis une *i5ne2 mais les *i5s mang5t les miettes qui tomb5t de la table de leurs matres4 ,une autre fois1 pr5ez un livre1 et lisez-le avec att5tion1 jusqu' ce que votre esprit soit rveill et dispos2 ou bi5 excitez votre cur p> quelque acte de dvotion extrieure1 v\s pro/]nant en t]re1 croisant les ma9s sur la poitr9e1 embrassant un crucifix3 t\t cela s'ent5d1 si v\s tes seule et hors de t\t reg>d4 ,que si aprs cela v\s n'tes pas console1 quelque gr&e que soit votre s*]esse1 ne v\s tr\blez pas1 mais cont9uez v\s t5ir en une cont5ance dvote devant ,dieu4 ,combi5 y a-t-il de c\rtisans qui vont c5t fois l'anne au lev] du pr9ce1 sans esprance de lui p>l]1 mais seulem5t p\r tre vus de lui1 et p\r lui r5dre leurs devoirs6 ,a9si devons-n\s v5ir1 ,philo?e1 la sa9te oraison1 purem5t et simplem5t p\r r5dre notre devoir et tmoign] notre fidlit4 ,que s'il plat la div9e ,maje/ de s'appro*] de n\s1 et de n\s entret5ir p> ses sa9tes inspirations et ses consolations intrieures1 ce n\s s]a sans d\te un gr& honneur et un plaisir trs-dlicieux2 mais s'il ne lui plat pas de n\s faire cette grce1 n\s laissant l sans n\s p>l]1 comme si elle ne n\s voyoit pas1 et que n\s ne fussions pas en sa prs5ce1 n\s ne devons pas p\r cela en sortir2 mais au contraire1 il n\s faut demeur] l devant cette s\v]a9e bont1 dans un ma9ti5 respectueux et paisible1 qui lui f]a au mo9s agrer notre pati5ce1 et qui n\s donn]a le mrite de l'assiduit et de la p]svrance4 ,p> l n\s p\vons espr] qu'une autre fois qu& n\s revi5drons devant ,dieu1 il v\dra bi5 n\s favoris] de ses div9s entreti5s1 et n\s faire gt] les d\ceurs de la sa9te oraison4 ,que si au re/e il ne le faisoit pas1 n\s devrions encore n\s e/im] trop honors et trop heureux d'tre auprs de lui1 et en sa prs5ce4 ,,*apitre ,x4 ,de quelques autres ex]cices1 et premirem5t de l'ex]cice du mat94 ,outre cette oraison m5tale1 et les prires vocales que v\s devez faire une fois le j\r1 il y a c9q autres sortes d'oraison plus c\rtes1 qui sont comme les accessoires et les rejetons de l'autre gr&e oraison4 ,de ce nombre se tr\ve d'abord la prire du mat91 qui s]t de prp>ation gnrale t\tes les uvres de la j\rne4 ,or1 voici comme v\s la f]ez4 #a4 ,rem]ciez ,dieu et adorez-le pr(ondm5t p\r la grce qu'il v\s a faite de v\s avoir cons]ve durant la nuit2 et si v\s avez quelque *ose v\s repro*] depuis votre exam5 du soir1 dem&ez-lui-en p>don4 #b4 ,considrez que le j\r prs5t v\s e/ donn p\r v\s faire gagn] le j\r v5ir de l't]nit1 et a9si pr5ez la f]me rsolution de bi5 employ] la j\rne cette int5tion4 #c4 ,prvoyez quelles affaires v\s aurez trait] ce j\r-l1 quelles occasions v\s p\rrez avoir de s]vir ,dieu1 quelles t5tations v\s p\rront surv5ir de l'(f5s]1 soit p> colre1 soit p> vanit1 soit de quelque autre manire1 et p> une sa9te rsolution prp>ez-v\s bi5 employ] t\s les moy5s que ,dieu v\s donn]a de le s]vir et d'avanc] votre p]fection4 ,comme aussi disposez-v\s vit] soigneusem5t1 ou bi5 combattre et va9cre t\t ce qui p\rrait s'oppos] votre salut et la gloire de ,dieu4 ,or1 ce n'e/ pas encore t\t que d'avoir pris cette rsolution1 il faut de plus avis] aux moy5s de la bi5 excut]4 ,p> exemple1 si je prvois que j'aurai trait] de quelque affaire avec une p]sonne passionne et prompte la colre1 non-seulem5t je pr5drai la rsolution de ne po9t la f*]1 mais encore je prp>]ai d'avance des p>oles de d\ceur qui puiss5t la prv5ir et la gagn]1 ou bi5 je f]ai *oix de quelque p]sonne grave dont la prs5ce puisse la cont5ir4 ,si je prvois que j'aurai visit] un malade1 je song]ai l'heure qu'il faudra pr5dre p\r cela1 aux sec\rs et aux consolations que je devrai lui donn]1 et a9si du re/e4 #d4 ,cela fait1 humiliez-v\s devant ,dieu1 reconnoissant que de v\s-mme v\s ne sauriez ri5 faire de ce que v\s avez rsolu1 soit p\r fuir le mal1 soit p\r excut] le bi54 ,et comme si v\s t5iez votre cur entre vos ma9s1 (frez-le avec t\s vos bons desse9s la div9e ,maje/1 la suppliant de le pr5dre s\s sa protection1 et de le =tifi] son s]vice4 ,v\s p\vez us] p\r cela de telles ou semblables p>oles intrieures3 ,o ,seigneur6 voil ce pauvre et misrable cur1 qui1 p> votre bont1 a conu plusieurs bonnes affections2 mais hlas6 il e/ trop foible et trop *tif p\r effectu] le bi5 qu'il dsire1 si v\s ne lui donnez votre cle/e bndiction4 ,je v\s la dem&e donc1 ,pre des misricordes6 p> les mrites de la passion de votre ,fils1 la gloire duquel je consacre cette j\rne et le re/e de ma vie4 ,invoquez ensuite la sa9te ,vi]ge1 votre bon ange et les sa9ts1 af9 qu'ils appui5t votre dem&e4 ,mais s\v5ez-v\s1 ,philo?e1 que t\t ceci doit se faire brivem5t et vivem5t1 et1 s'il se peut1 avant qu'on sorte de la *ambre1 af9 que cet ex]cice influe sur le re/e de la j\rne1 et y attire les bndictions de ,dieu4 ,or1 je v\s prie de ne jamais y manqu]4 ,,*apitre ,,xi4 ,de l'ex]cice du soir et de l'exam5 de consci5ce3 second ex]cice4 ,comme avant votre dn] v\s aurez n\rri votre ame du pa9 cle/e de la mditation1 de mme aussi avant votre s\p]1 il v\s faudra faire un petit s\p] ou collation spirituelle de recueillem5t et de prire4 ,pr5ez donc quelques in/ans un peu avant l'heure du s\p]1 et1 pro/]ne devant ,dieu1 runissant t\tes vos puissances auprs de ,jsus crucifi1 que v\s v\s reprs5t]ez p> une simple vue intrieure1 ef=cez-v\s de rallum] en votre cur le feu de la mditation du mat94 ,p\r cela il v\s faut une d\za9e de vives aspirations et d'lancem5s de votre ame que v\s adress]ez ce div9 ,sauveur1 soit en repassant les *oses que v\s avez le plus sav\res le mat91 soit en v\s occupant de quelqu'autre sujet de mditation1 selon que v\s l'aim]ez mieux4 ,quant l'exam5 de consci5ce que l'on doit t\j\rs faire avant d'all] se c\*]1 *acun sait comm5t il faut s'y pr5dre4 #a4 ,on rem]cie ,dieu de la protection qu'il n\s a accorde durant t\te la j\rne4 #b4 ,on exam9e comm5t on s'e/ comport t\tes les heures du j\r2 et p\r faire cela plus aism5t1 on se rappelle o1 avec qui1 et dans quelles circon/ances on s'e/ tr\v4 #c4 ,si l'on tr\ve qu'on a fait quelque bi51 on en r5d grces ,dieu3 si au contraire on a fait quelque mal en p5ses1 en p>oles ou en uvres1 on en dem&e p>don sa div9e ,maje/1 avec rsolution de s'en confess] la premire occasion et de s'en corrig] au plus tt4 #d4 ,aprs cela1 on recomm&e la div9e provid5ce son corps1 son ame1 ses amis1 ses p>5s et t\te l',eglise3 on prie la sa9te ,vi]ge1 le bon ange et les sa9ts de veill] sur n\s et p\r n\s2 et avec la bndiction de ,dieu1 on va pr5dre le repos qu'il a v\lu n\s r5dre ncessaire4 ,cet ex]cice ne doit pas plus tre omis que l'ex]cice du mat92 c>1 si p> l'ex]cice du mat9 v\s ouvrez votre ame au soleil de ju/ice1 p> celui du soir v\s la f]mez aux tnbres de l'enf]4 ,,*apitre ,,xii4 ,de la retraite spirituelle3 troisime ex]cice4 ,c'e/ ici1 *re ,philo?e1 que je v\s dsire une gr&e ardeur suivre mon conseil2 c> il s'agit de l'un des plus gr&s moy5s qui exi/5t p\r s'avanc] dans la vie spirituelle4 ,ce moy5 consi/e se remettre le plus s\v5t possible en la sa9te prs5ce de ,dieu1 p> l'une des quatre m?odes que je v\s ai indiques4 ,reg>dez ce que ,dieu fait1 et ce que v\s faites1 v\s v]rez ses yeux t\rns de votre ct1 et p]ptuellem5t fixs sur v\s p> un am\r incomp>able3 ,o ,dieu6 direz-v\s alors1 p\rquoi ne v\s reg>d-je pas t\j\rs1 comme t\j\rs v\s me reg>dez8 ,p\rquoi p5sez-v\s tant moi1 mon ,seigneur6 et p\rquoi p5se-je si peu v\s8 ,o mon ame6 o sommes-n\s8 ,notre vraie place e/ en ,dieu1 et o n\s tr\vons-n\s8 ,comme les oiseaux ont des nids sur les arbres p\r s'y retir] qu& ils en ont beso92 et comme les c]fs ont leurs buissons et leurs =ts p\r s'y mettre l'abri des ardeurs de l't2 de mme1 ,philo?e1 nos curs doiv5t *oisir *aque j\r quelque place1 soit sur le mont ,calvaire1 soit dans les plaies de ,notre-,seigneur1 soit dans quelqu'autre lieu prs de lui1 p\r s'y retir] en t\te r5contre et s'y faire comme un =t et un buisson o ils puiss5t se repos] des affaires extrieures1 et se mettre l'abri des t5tations4 ,bi5heureuse s]a l'ame qui p\rra dire a9si en vrit ,notre-,seigneur3 ,v\s tes ma maison de refuge1 mon remp>t contre mes ennemis1 mon toit contre la pluie et mon ombre contre la *aleur4 ,s\v5ez-v\s donc1 ,philote1 de faire t\s les j\rs quelques petites retraites dans la solitude de votre cur1 p5dant que v\s tes extrieurem5t au milieu des conv]sations et des affaires4 ,cette solitude m5tale ne peut nullem5t tre emp*e p> ceux qui v\s environn5t3 c> ils ne sont pas aut\r de votre cur1 mais bi5 aut\r de votre corps2 et a9si1 quel que soit leur nombre1 votre cur n'en e/ pas mo9s seul en prs5ce de ,dieu seul4 ,c'e/ cela que s'ex]oit le roi ,david p>mi t\tes ses occupations1 et n\s en voyons mille traits dans ses psaumes2 comme qu& il dit3 ,o ,seigneur6 je suis t\j\rs avec v\s3 je v\s vois t\j\rs devant moi4 ,j'ai lev les yeux v]s v\s1 mon ,dieu6 qui habitez le ,ciel4 ,mes yeux sont t\j\rs t\rns v]s ,dieu4 ,et en effet les conv]sations ne sont pas ord9airem5t si srieuses1 qu'on ne puisse de temps en temps en retir] son cur1 p\r le remettre en cette div9e solitude4 ,les pre et mre de sa9te ,ca!r9e de ,si5ne lui ayant t t\te facilit de pri] et de mdit]1 soit p\r le temps1 soit p\r le lieu1 ,notre-,seigneur lui inspira de se faire intrieurem5t un petit oratoire spirituel1 o1 se retirant loisir1 elle pt vaqu] la sa9te solitude du cur1 mme au milieu des affaires sans nombre qui l'occupoi5t l'extrieur2 et depuis1 qu& le monde l'attaquoit1 elle n'en recevoit aucun tr\ble1 p>ce que1 disoit-elle1 elle s'enf]moit dans son cab9et intrieur1 et s'y consoloit en la compagnie de son div9 ,matre4 ,aussi ds lors elle ne conseilloit ri5 tant ses compagnes que de se faire a9si une petite cellule dans le cur1 et de s'y enf]m] avec ,jsus4 ,retirez-v\s donc quelquefois en v\s-mme1 ,philo?e2 et l1 sp>e du monde1 traitez cur cur avec ,dieu des intrts de votre ame1 disant comme ,david3 ,j'ai veill1 et j'ai t semblable au plican du ds]t4 ,j'ai t comme le hib\ dans les masures1 et comme le pass]eau solitaire sur le toit des maisons4 ,ces p>oles1 dans leur s5s littral1 n\s montr5t que ce gr& roi pr5oit t\s les j\rs quelques heures p\r mdit] en sil5ce les *oses spirituelles4 ,mais dans leur s5s my/ique ces mmes p>oles n\s dc\vr5t trois excell5tes retraites1 et comme trois ermitages1 o n\s p\vons imit] et suivre ,notre-,seigneur dans ses diffr5tes solitudes4 ,sur le mont ,calvaire1 il fut comme le plican du ds]t1 qui de son propre sang ravive ses petits p\ss9s2 dans l'table de ,be?lem1 o il prit naissance1 il fut comme le hib\ dans une masure pleurant et gmissant sur nos p*s2 enf91 au j\r de son asc5sion1 il fut comme le pass]eau solitaire1 se retirant et s'envolant au ,ciel1 qui e/ comme le toit du monde4 ,ces trois lieux peuv5t trs-bi5 n\s s]vir de retraite1 quel que soit d'ailleurs le tracas des affaires4 ,le bi5heureux ,elzar1 comte d',arian en ,prov5ce1 tant depuis long-temps abs5t1 son p\se1 la pieuse et *a/e ,delph9e1 lui envoya un c\rri] exprs p\r avoir des n\velles de sa sant3 ,je me porte bi51 lui rpondit ce sa9t homme2 et si v\s v\lez me voir1 *]*ez-moi dans la plaie du ct de notre d\x ,jsus3 c> c'e/ l que j'habite et que v\s me tr\v]ez3 p>t\t ailleurs v\s me *]*]iez en va94 ,c'toit un *evali] *rti51 celui-l6 ,,*apitre ,,xiii4 ,des aspirations ou oraisons jaculatoires1 et des bonnes p5ses2 quatrime ex]cice4 ,on se retire en ,dieu1 p>ce qu'on aspire lui1 et on y aspire p\r s'y retir]2 a9si la retraite intrieure et l'aspiration en ,dieu s'attir5t et s'entreti5n5t l'une l'autre1 et t\tes deux provi5n5t des bonnes p5ses4 ,aspirez donc bi5 s\v5t ,dieu1 ,philo?e1 p> de c\rts1 mais vifs lancem5s de votre cur3 admirez sa beaut2 invoquez son sec\rs2 jetez-v\s en esprit aux pi$s de la croix2 adorez sa misricorde2 int]rogez-le s\v5t au sujet de votre salut2 donnez-lui mille fois le j\r votre ame2 fixez sur lui vos yeux p\r v\s pntr] de sa d\ceur2 t5dez-lui la ma91 comme un petit enfant son pre1 af9 qu'il v\s conduise2 mettez-le sur votre poitr9e comme un b\quet dlicieux2 plantez-le dans votre ame comme un t5d>d sacr2 enf91 donnez mille m\vem5s votre cur1 p\r l'excit] l'am\r de ,dieu et aux d\x entreti5s de ce cle/e p\x4 ,c'e/ a9si que se font ces oraisons jaculatoires1 que sa9t ,augu/9 conseilloit si soigneusem5t la dvote dame ,proba4 ,soyez sre1 ,philo?e1 que si notre esprit s'acc\tume entr] de la sorte en de familires communications avec son ,dieu1 il se tr\v]a bi5tt comme t\t p>fum de ses p]fections2 et ce n'e/ pas l une *ose =t difficile3 c> on peut trs-bi5 entreml] cet ex]cice aux affaires et aux occupations du sicle1 sans que celles-ci en s\ffr5t aucunem5t4 ,il ne faut1 en effet1 soit dans la retraite spirituelle1 soit dans les oraisons jaculatoires1 que quelques petits et c\rs lancem5s du cur2 et c]tes1 lo9 qu'un tel ex]cice entrave et gne notre action1 il n'e/ propre au contraire qu' l'avanc] et l'aid] beauc\p4 ,le pl]9 qui pr5d un peu de v9 p\r se rj\ir le cur et se rafra*ir la b\*e1 s'arrte1 il e/ vrai1 quelque peu1 mais il ne p]d pas p\r cela son temps2 c> il pr5d des =ces p\r cont9u] sa r\te1 et ne s'arrte que p\r mieux all]4 ,il exi/e plusieurs recueils d'aspirations vocales1 qui vraim5t sont =t utiles2 mais1 si v\s m'en croyez3 v\s ne v\s a/re9drez pas ces sortes de p>oles1 et v\s prononc]ez simplem5t de cur ou de b\*e celles que l'am\r div9 v\s suggr]a sur-le-*amp1 c> il v\s en f\rnira tant que v\s v\drez4 ,je reconnois t\tefois qu'il y a c]ta9s mots qui ont une =ce t\te p>ticulire p\r t\*] le cur1 et a9si v\s f]ez trs-bi5 de v\s en s]vir3 tels sont les lancem5s sacrs dont les psaumes sont remplis1 les div]ses invocations du sa9t nom de ,jsus1 ou bi5 les p>oles enflammes du ,cantique des cantiques4 ,on peut aussi se s]vir utilem5t de quelques cantiques spirituels1 mais il faut p\r cela qu'ils soi5t *ants avec att5tion4 ,lorsqu'un homme e/ pris d'un am\r huma9 et naturel1 il a presque t\j\rs ses p5ses occupes de la p]sonne qu'il aime1 son cur n'a d'affection que p\r elle1 sa b\*e en fait cont9uellem5t l'loge2 s'il en e/ sp>1 il ne manque pas de lui crire les *oses les plus t5dres2 et il ne r5contre pas un arbre sur l'corce duquel il ne grave son nom4 ,de mme aussi1 ceux qui aim5t ,dieu ne peuv5t cess] de p5s] lui1 de respir] p\r lui1 d'aspir] lui1 de p>l] de lui1 et v\droi5t1 s'il toit possible1 grav] sur la poitr9e de t\s les hommes le sa9t et sacr nom de ,jsus4 ,il semble mme que t\tes les cratures les y invit5t1 et qu'il n'y en ait aucune qui ne leur annonce la l\ange de leur bi5-aim4 ,oui1 dit sa9t ,augu/9 aprs sa9t ,anto9e1 t\t ce qui e/ au monde leur en p>le3 le langage de la nature la vrit e/ un langage1 mais il ne laisse pas d'tre trs-intelligible p\r leur am\r2 t\t les provoque de bonnes p5ses1 et ces p5ses1 leur t\r1 leur f\rniss5t mille bons m\vem5s et sa9tes aspirations qui les lv5t ,dieu4 ,en voici quelques exemples4 ,sa9t ,grgoire1 vque de ,nazianze1 se prom5ant un j\r au bord de la m]1 a9si qu'il le raconta lui-mme son peuple1 rem>qua que les flots1 en s'avanant sur la grve1 laissoi5t des coquilles et de petits cornets1 des tiges d'h]bes1 de petites hutres et autres semblables br\tilles1 que la m] rejetoit de son se91 et que d'autres vagues v5oi5t ensuite repr5dre et abm] dans les eaux1 t&is que les ro*]s des environs demeuroi5t f]mes et immobiles1 quoique les flots v9ss5t rudem5t fondre sur eux4 ,l-dessus il fit cette belle rflexion3 que les ames foibles1 semblables aux coquilles et aux tiges d'h]bes1 se laiss5t emport]1 tantt l'affliction1 tantt la consolation p> le flux et le reflux de la =tune2 mais que les gr&s c\rages demeur5t f]mes et 9branlables p> t\s les temps et contre t\s les orages1 et de cette p5se il prit occasion de s'cri] avec ,david3 ,o ,seigneur6 sauvez-moi1 c> les eaux ont pntr jusqu' mon ame4 ,o ,seigneur6 dlivrez-moi de cet abme3 je suis emport au fond des m]s1 et la tempte m'a subm]g4 ,effectivem5t alors il toit afflig p> la malheureuse usurpation que ,maxime v\loit faire de son sige4 ,sa9t ,fulg5ce1 vque de ,ruspa1 se tr\vant une assemble gnrale de la noblesse roma9e1 prside p> ,?odoric1 roi des ,go?s1 et voyant la spl5deur de tant d'illu/res seigneurs rangs *acun selon sa dignit3 ,o ,dieu1 dit-il1 combi5 doit tre belle la ,jrusalem cle/e1 puisqu'ici-bas ,rome la t]re/re e/ dj si pompeuse6 et si en ce monde on accorde tant d'honneurs aux amis de la vanit1 quelle gloire ne s]a-ce pas dans l'autre p\r les amis de la vrit6 ,on dit que sa9t ,anselme1 ar*evque de ,cantorbri1 et que nos montagnes s'honor5t d'avoir vu natre1 toit admirable p\r cette pratique des bonnes p5ses4 ,un j\r qu'il toit en voyage1 un levreau press p> des *i5s c\rut se mettre s\s son *eval1 p\r y tr\v] refuge contre la mort qui le m5aoit2 ce que voyant les *i5s1 ils clabaudoi5t t\t aut\r1 sans t\tefois os] appro*]1 comme s'ils euss5t cra9t de viol] l'asile auquel leur proie avoit eu rec\rs4 ,un spectacle si s+uli] fit rire beauc\p t\te la tr\pe des *asseurs1 mais p\r sa9t ,anselme1 pleurant au contraire et gmissant3 ,v\s riez1 s'cria-t-il1 mais le pauvre animal ne rit pas4 ,eh6 n'e/-ce pas a9si que1 lorsqu'une ame a t p\rsuivie et m5e p> mille dt\rs t\tes sortes de p*s1 ses ennemis l'att5d5t au passage de la mort p\r s'en saisir et la dvor]8 que si alors cette pauvre ame t\t p]due1 *]*e quelque "p un refuge1 et n'en tr\ve pas1 ses ennemis lui insult5t et s'en ri5t1 et elle devi5t leur proie t]nelle4 ,ce qu'ayant dit1 il s'loigna en s\pirant4 ,con/ant9-le-,gr& ayant crit une lettre =t honorable sa9t ,anto9e1 les religieux qui se tr\voi5t aut\r du sa9t en p>ur5t t\t surpris4 ,sur quoi il leur dit ces p>oles3 ,comm5t admirez-v\s qu'un roi crive un homme8 ,admirez plutt que ,dieu ait crit sa loi aux hommes1 et qu'il leur ait mme p>l p> la b\*e de son propre ,fils4 ,sa9t ,franois voyant un j\r une brebis seule au milieu d'un tr\peau de btes cornes3 ,voyez1 dit-il son compagnon1 comme cette pauvre petite brebis e/ d\ce p>mi ces b\cs4 ,c'e/ a9si que ,notre-,seigneur toit d\x et humble p>mi les ,ph>isi5s4 ,et une autre fois voyant un petit agneau mang p> un p\rceau3 ,eh6 petit agneau1 dit-il t\t en pleurant1 que tu reprs5tes bi5 la mort de mon ,sauveur6 ,franois de ,borgia1 ce gr& et sa9t p]sonnage de notre sicle1 tant encore duc de ,g&ie1 ne p\voit all] la *asse1 sans y faire mille pieuses rflexions4 ,j'admirois1 disoit-il lui-mme dans la suite1 de quelle manire les faucons revi5n5t sur le po+1 se laiss5t c\vrir les yeux1 et atta*] la p]*e1 t&is que les hommes se montr5t si s\rds et si indociles la voix de ,dieu4 ,le gr& sa9t ,basile dit que la rose ent\re de ses p9es fait cette belle in/ruction aux hommes3 ce qu'il y a de plus agrable dans ce monde1 mortels6 e/ ml d'am]tume et de tri/esse2 ri5 n'y e/ pur3 le regret e/ accol la joie1 le veuvage au m>iage1 le travail et la pe9e au bonheur d'tre mre1 l'ignom9ie la gloire1 la dp5se aux honneurs1 le dgt aux dlices1 et la maladie la sant4 ,c'e/ une belle fleur que la rose1 dit encore ce sa9t p]sonnage1 mais elle me donne une gr&e tri/esse1 en m'av]tissant du p*1 p\r lequel la t]re a t condamne port] des ronces et des p9es4 ,une ame dvote1 reg>dant une fois un beau ruisseau o le ciel avec ses toiles se peignoit comme dans un miroir3 ,mon ,dieu6 dit-elle1 ces mmes toiles s]ont p\rtant un j\r s\s mes pi$s1 qu& v\s m'aurez reue dans vos sa9ts tab]nacles2 et comme les toiles du ciel sont reprs5tes sur la t]re1 de mme les hommes de la t]re sont reprs5ts au ciel en la belle et claire fonta9e de la *>it div9e4 ,une autre disoit en considrant le c\rs d'un fleuve3 ,mon ame n'aura jamais de repos1 jusqu' ce qu'elle soit abme en ,dieu1 son pr9cipe et sa f91 comme ce fleuve va s'abm] dans l'ocan4 ,sa9te ,franoise1 reg>dant un agrable ruisseau au bord duquel elle s'toit ag5\ille p\r pri]1 fut ravie en extase1 et rpta plusieurs fois ces p>oles3 ,voil l'image de la grce de ,dieu3 c'e/ a9si qu'elle c\le t\t d\cem5t dans les curs4 ,une autre disoit en voyant des arbres en fleurs3 ,hlas6 faut-il que je sois la seule qui ne porte pas de fleurs dans le j>d9 de l',eglise8 ,une autre1 voyant de petits p\ss9s ramasss s\s leur mre1 se mit dire3 ,o ,seigneur6 cons]vez-n\s a9si s\s l'ombre de vos ailes2 et une autre1 en voyant le t\rnesol1 fit cette rflexion3 ,qu& s]a-ce1 mon ,dieu6 que mon ame suivra a9si les attraits de votre grce8 ,puis ap]cevant ces petites fleurs qu'on appelle p5ses1 assez belles voir1 mais sans odeur3 ,eh6 que voil bi5 mes p5ses6 se dit-elle2 belles dire1 et bonnes ri54 ,c'e/ a9si1 ,philo?e1 que l'on tire de bonnes p5ses et de sa9tes aspirations de ce qui se prs5te n\s dans l'usage commun de cette vie mortelle4 ,malheureux sont ceux qui dt\rn5t les cratures du ,crateur1 p\r les faire s]vir au p*2 mais bi5heureux sont ceux qui rapport5t les cratures la gloire du ,crateur1 et qui emploi5t leur vanit l'honneur de la vrit4 ,c]tes1 dit sa9t ,grgoire de ,nazianze1 je reg>de comme une bonne habitude de rapport] t\tes *oses au pr(it de son ame4 ,v\s p\vez lire ce propos l'pitaphe que sa9t ,jrme composa p\r sa9te ,paule1 et v\s y v]rez avec plaisir de combi5 d'aspirations et de sa9tes affections cette belle ame faisoit usage en t\tes sortes de r5contres4 ,c'e/ en cet ex]cice de la retraite spirituelle et des oraisons jaculatoires1 que consi/e la gr&e uvre de la dvotion4 ,il e/ si utile qu'il peut la rigueur remplac] les autres espces d'oraisons1 t&is que si on le nglige1 il n'y a presque pas moy5 d'y suppler4 ,sans lui1 l'on n'ent5d ri5 la vie contemplative1 et l'on ne s'acquitte que =t mal des devoirs de la vie active3 c> alors le repos n'e/ qu'oisivet1 et le travail qu'empressem5t4 ,c'e/ p\rquoi je v\s conjure de l'embrass] de t\t votre cur1 et de ne jamais l'ab&onn]4 ,,*apitre ,,xiv4 ,de la trs-sa9te ,messe1 et de la manire de l'ent5dre2 c9quime ex]cice4 #a4 ,je ne v\s ai po9t encore p>l du soleil des ex]cices spirituels1 qui e/ le trs-sa9t1 trs-sacr1 et trs-adorable sacrifice et sacrem5t de l'autel1 c5tre de la religion *rti5ne1 cur de la dvotion1 ame de la pit1 my/re ineffable1 et pr(ond abme de la *>it div9e p> lequel ,dieu1 en se donnant rellem5t n\s1 n\s communique magnifiquem5t ses grces et ses faveurs4 #b4 ,la prire faite en union de ce div9 sacrifice a une =ce m]veilleuse2 c> l'ame se tr\vant alors comme appuye sur son bi5-aim1 abonde en faveurs cle/es1 et reoit tant de consolations et de suavits spirituelles1 qu'elle ressemble1 p\r me s]vir de l'expression du ,cantique1 ces colonnes de fume qui s'*app5t de la myrrhe et de l'enc5s et des bois aromatiques les plus exquis4 #c4 ,faites donc t\s vos ef=ts p\r assi/] t\s les j\rs la sa9te messe1 af9 d'(frir avec le prtre le sacrifice que votre ,sauveur (fre cont9uellem5t ,dieu son ,pre p\r v\s et p\r t\te l',eglise4 ,t\j\rs les anges s'y tr\v5t en gr& nombre1 dit sa9t ,jean ,*ryso/me1 p\r honor] p> leur prs5ce ce sa9t et r$\table my/re2 et n\s y tr\vant avec eux1 n\s ne p\vons que recevoir une trs-heureuse influ5ce d'une telle socit4 ,les *urs de l',eglise triomphante et ceux de l',eglise militante se ti5n5t unis ,notre-,seigneur p5dant cette div9e action1 p\r n\s gagn] p> lui1 avec lui1 et en lui1 le cur de ,dieu son ,pre1 et attir] sur n\s t\te sa misricorde4 ,quel bonheur donc p\r une ame dvote de contribu] p> ses propres affections un bi5 si prcieux et si dsirable6 #d4 ,si p> quelque =ce majeure v\s ne p\vez assi/] d'une prs5ce relle ce s\v]a9 sacrifice1 au mo9s faut-il que v\s y portiez votre cur p\r y assi/] spirituellem5t4 ,pr5ez donc un mom5t le mat9 p\r all] en esprit l'glise1 si v\s ne p\vez y all] autrem5t2 unissez votre int5tion celle de t\s les *rti5s1 et faites au lieu o v\s tes les mmes actes intrieurs que v\s f]iez si v\s tiez rellem5t prs5te la sa9te messe dans quelque glise4 #e4 ,or1 p\r bi5 ent5dre la sa9te messe1 soit rellem5t1 soit m5talem5t1 voici une m?ode que je v\s propose3 #a4 ,depuis le comm5cem5t jusqu' ce que le prtre soit mont l'autel1 faites avec lui la prp>ation1 qui consi/e v\s mettre en la prs5ce de ,dieu1 reconnotre votre indignit et dem&] p>don de vos fautes4 #b4 ,depuis que le prtre e/ mont l'autel1 jusqu' l',evangile1 considrez la v5ue et la vie de ,notre-,seigneur en ce monde p> une considration simple et gnrale4 #c4 ,depuis l',evangile jusqu'au ,cr$o1 considrez la prdication de ,notre-,seigneur2 prote/ez-lui que v\s v\lez vivre et m\rir dans la foi et l'obissance de sa sa9te p>ole1 et dans l'union de la sa9te ,eglise ca?olique4 #d4 ,depuis le ,cr$o jusqu'au ,pat]1 appliquez votre cur aux my/res de la passion et de la mort de notre ,rdempteur1 qui v\s s]a alors rellem5t et ess5tiellem5t reprs5te2 et v\s unissant d'int5tion au prtre et au re/e du peuple1 (frez le sa9t sacrifice ,dieu le ,pre p\r son honneur et p\r votre salut4 #e4 ,depuis le ,pat] jusqu' la communion1 ef=cez-v\s de faire natre en votre cur mille ard5s dsirs d'tre jamais unie notre ,sauveur p> les li5s d'un am\r t]nel4 #f4 ,depuis la communion jusqu' la f91 rem]ciez la div9e ,maje/ de son inc>nation1 de sa vie1 de sa passion1 de sa mort1 et de l'am\r imm5se qu'il n\s tmoigne dans le sa9t sacrifice1 le conjurant p> t\s ses mrites de v\s tre jamais propice1 vos p>5s1 vos amis et t\te l',eglise4 ,puis1 v\s humiliant de t\t votre cur1 recevez dvotem5t la bndiction div9e que ,notre-,seigneur v\s donne p> la ma9 de son m9i/re4 ,que si1 p5dant la messe1 v\s v\lez faire votre mditation sur les my/res que v\s pr5ez p\r *aque j\r1 il ne s]a pas beso9 d'en v5ir ces actes p>ticuli]s1 mais il suffira d'avoir1 en comm5ant1 l'int5tion d'ador] et d'(frir le sa9t sacrifice p> l'ex]cice de votre mditation2 puisque dans t\te mditation ces actes se tr\v5t compris soit expressm5t1 soit tacitem5t et virtuellem5t4 ,,*apitre ,,xv4 ,des autres ex]cices de dvotion publics et communs4 ,outre ce que n\s v5ons de dire1 ,philo?e1 il faut encore1 les diman*es et les ftes1 assi/] l'(fice des heures et des vpres1 tant que votre commodit v\s le p]mettra3 c> ces j\rs-l sont ddis ,dieu1 et il faut bi5 y faire plus d'actions en son honneur et gloire1 qu'on n'en fait les autres j\rs4 ,p> l v\s s5tirez mille d\ceurs de dvotion1 comme l'pr\voit sa9t ,augu/91 qui n\s assure dans ses ,confessions1 que lorsqu'il ent5doit le div9 (fice au comm5cem5t de sa conv]sion1 son cur se fondoit en suavit1 et ses yeux en l>mes de pit4 ,de plus1 rappelez-v\s une fois p\r t\tes1 qu'il y a t\j\rs plus d'avantage et de consolation aux (fices publics de l',eglise1 qu'aux pratiques p>ticulires2 ,dieu ayant v\lu1 p\r ce qui conc]ne son culte1 que la communion des fidles ft prfre t\te sorte de p>ticul>its4 ,entrez volonti]s dans les confrries du lieu o v\s tes1 surt\t dans celle o v\s p\rrez tr\v] le plus d'dification4 ,v\s f]ez en cela une *ose =t agrable ,dieu2 c>1 bi5 que l',eglise ne comm&e pas les confrries1 elle les recomm&e nanmo9s1 et1 p\r tmoign] quel dsir elle a qu'on s'y enrle1 elle accorde des indulg5ces et autres privilges aux confrres4 ,d'ailleurs1 c'e/ une pratique trs-favorable la *>it *rti5ne de s'associ] a9si plusieurs p]sonnes1 p\r contribu] leurs bons desse9s3 et quoiqu'il puisse arriv] qu'on fasse d'aussi bonnes uvres "p soi1 qu'on en fait en commun dans les confrries1 et peut-tre mme avec plus de gt1 t\j\rs e/-il que ,dieu e/ plus glorifi p> ces sortes de runions1 o les mrites de *acun se tr\v5t lis et unis ceux de ses frres4 ,j'en dis autant de t\tes les prires et dvotions publiques1 auxquelles1 tant que n\s le p\vons1 n\s devons contribu] p> notre bon exemple1 p\r la gloire de ,dieu1 p\r l'dification du pro*a91 et p\r la f9 commune qu'on s'y propose4 ,,*apitre ,,xvi4 ,qu'il faut honor] et invoqu] les sa9ts4 ,puisque c'e/ p> le m9i/re des anges que n\s recevons s\v5t les bonnes inspirations de ,dieu1 c'e/ aussi p> eux que n\s devons lui adress] nos aspirations1 aussi-bi5 que p> les sa9ts et les sa9tes qui1 tant prs5tem5t semblables aux anges1 dans la gloire de ,dieu1 comme le dit ,notre-,seigneur1 lui prs5t5t con/amm5t leurs dsirs et leurs prires en notre faveur4 ,joignons-n\s donc1 ,philo?e1 ces esprits cle/es1 et ces ames bi5heureuses2 faisons comme les petits rossignols1 qui appr5n5t *ant] avec les gr&s3 entret5ons un pieux comm]ce avec les sa9ts1 et n\s saurons bi5 mieux pri] et *ant] les l\anges div9es4 ,a la vue des anges1 disoit ,david1 j'entonn]ai les l\anges de ,dieu4 ,honorez1 rvrez et respectez d'un am\r spcial la sa9te et glorieuse ,vi]ge ,m>ie2 elle e/ mre de notre s\v]a9 ,pre1 et p> consqu5t notre gr&'mre4 ,rec\rons donc elle1 et1 comme ses petits enfans1 jetons-n\s dans son giron avec une confiance p>faite1 t\s mom5s et en t\tes r5contres4 ,appelons n\s cette d\ce mre1 invoquons son am\r mat]nel1 et t*ant d'imit] ses v]tus1 ayons p\r elle un cur vraim5t filial4 ,r5dez-v\s =t familire avec les anges3 reg>dez-les comme rellem5t prs5s t\tes vos actions1 quoique d'une manire invisible4 ,aimez surt\t et respectez l'ange du diocse o v\s tes1 les anges des p]sonnes avec lesquelles v\s vivez1 et spcialem5t le vtre3 priez-les s\v5t1 (frez-leur de frqu5tes l\anges1 et employez leur bon sec\rs dans t\tes vos affaires1 soit spirituelles1 soit temporelles1 af9 qu'ils coopr5t vos int5tions4 ,le clbre ,pi]re ,lefvre1 premi] prtre1 premi] prdicateur1 premi] pr(esseur de ?ologie de la sa9te compagnie de ,jsus1 et premi] compagnon du bi5heureux ,ignace1 qui fut le fondateur de cette socit1 rev5ant un j\r d',allemagne1 o il avoit beauc\p travaill p\r la gloire de ,dieu1 et passant p> ce diocse1 o il toit n1 racontoit qu'ayant trav]s plusieurs pays hrtiques1 il s'toit t\j\rs trs-bi5 tr\v de salu] en arrivant dans une p>oisse les anges qui la protgeoi5t1 et qu'il devoit visiblem5t cette pratique d'avoir *app aux emb*es des hrtiques1 et d'avoir tr\v les ames si d\ces et si dociles recevoir la doctr9e du salut3 ce qu'il disoit d'un air si pntr1 qu'une demoiselle alors =t jeune1 l'ayant ent5du lui-mme racont] ce fait1 le rptoit il n'y a que quatre ans1 c'e/--dire plus de soixante ans aprs1 avec un extrme s5tim5t de pit4 ,p\r moi1 je fus bi5 consol l'anne passe1 de consacr] un autel au lieu mme o ,dieu fit natre ce sa9t homme1 dans le petit village de ,vill>et1 au milieu de nos montagnes les plus inaccessibles4 ,*oisissez quelques sa9ts dont la vie v\s plaise davantage mdit] et imit]1 et en qui v\s placiez plus p>ticulirem5t votre confiance4 ,celui dont v\s portez le nom v\s e/ dj t\t assign p> votre baptme4 ,,*apitre ,,xvii4 ,comm5t il faut ent5dre et lire la p>ole de ,dieu4 ,aimez ent5dre la p>ole de ,dieu1 soit que v\s l'c\tiez dans les conv]sations familires de vos amis spirituels1 soit que v\s l'c\tiez au s]mon3 recevez-la t\j\rs avec att5tion et respect3 faites-en bi5 votre pr(it1 et ne p]mettez pas qu'elle tombe t]re2 mais cons]vez-la dans votre cur1 comme un baume prcieux1 l'imitation de la trs-sa9te ,vi]ge1 qui g>doit soigneusem5t dans le si5 t\tes les p>oles que l'on disoit la l\ange de son fils4 ,s\v5ez-v\s que ,notre-,seigneur ne recueille les p>oles que n\s lui disons dans nos prires1 qu'autant que n\s recueillons celles qu'il n\s dit p> la prdication4 ,ayez t\j\rs auprs de v\s quelque bon livre de pit1 comme sont ceux de sa9t ,bonav5ture1 de ,g]son1 de ,d5is le ,*>treux1 de ,l\is ,blosius1 de ,gr5ade1 de ,/ella1 d',arias1 de ,p9elli1 de ,dupont1 d',avila1 le ,combat spirituel1 les ,confessions de sa9t ,augu/91 les ,eptres de sa9t ,jrme1 et autres semblables2 lisez-en t\s les j\rs un peu avec une gr&e dvotion1 comme si ces sa9ts auteurs v\s les euss5t envoys du ,ciel p\r v\s en montr] le *em91 et v\s donn] le c\rage d'y all]4 ,lisez aussi les hi/oires et vies des sa9ts1 o v\s v]rez1 comme dans un miroir1 le portrait de la vie *rti5ne4 ,accommodez leurs actions au pr(it de votre ame1 en ayant g>d aux devoirs de votre vocation2 c>1 bi5 que beauc\p d'actions des sa9ts ne soi5t pas imitables p\r ceux qui viv5t dans le monde1 t\j\rs e/-il qu'elles peuv5t t\tes tre suivies ou de prs ou de lo94 ,a9si v\s p\vez imit] la solitude de sa9t ,paul1 premi] ermite1 dans les retraites spirituelles et relles dont je v\s ai p>l1 et auxquelles je revi5drai plus t>d4 ,v\s p\vez imit] la pauvret de sa9t ,franois1 p> les pratiques de pauvret dont je compte v\s entret5ir1 et a9si des autres4 ,mais je convi5s qu'il y a c]ta9es hi/oires qui donn5t encore plus de lumires p\r la conduite de la vie3 comme sont1 la ,vie de la bi5heureuse mre ,?rse1 vraim5t admirable p\r cela2 les ,vies des premi]s jsuites2 celles de sa9t ,*>les ,borrome1 ar*evque de ,milan1 de sa9t ,l\is1 de sa9t ,b]n>d2 les ,*roniques de sa9t ,franois1 et autres p>eilles4 ,d'autres prs5t5t plus de sujets d'admiration que d'imitation1 comme sont celles de sa9te ,m>ie gypti5ne1 de sa9t ,simon ,/ylite1 de sa9te ,ca!r9e de ,si5ne1 de sa9te ,ca!r9e de ,gnes1 de sa9te ,angle1 et plusieurs autres1 qui ne laiss5t pas nanmo9s de donn] un gt gnral du sa9t am\r de ,dieu4 ,,*apitre ,,xviii4 ,comm5t il faut recevoir les inspirations4 ,n\s appelons inspirations t\s les attraits de la grce1 les bons m\vem5s1 les repro*es et remords de consci5ce1 les lumires intrieures1 et gnralem5t t\tes les bndictions dont ,dieu prvi5t notre cur p> un pur effet de sa bont pat]nelle1 soit af9 de n\s rveill] de notre ass\pissem5t1 soit p\r n\s engag] la pratique des v]tus1 excit] en n\s son sa9t am\r1 et en un mot n\s faire re*]*] t\t ce qui peut n\s conduire aux bi5s t]nels4 ,c'e/ ce que l'p\x des ,cantiques appelle frapp] la porte de son p\se1 lui p>l] au cur1 la rveill] qu& elle dort1 l'appel] qu& elle e/ abs5te1 l'invit] gt] de son miel1 cueillir des fruits et des fleurs en son j>d91 *ant] et faire raisonn] sa d\ce voix ses oreilles4 ,j'ai beso9 d'une comp>aison p\r me bi5 faire compr5dre4 ,p\r l'entire conclusion d'un m>iage1 trois *oses doiv5t int]v5ir quant la p]sonne que l'on veut m>i]3 premirem5t1 on lui propose le p>ti2 secondem5t1 elle agre la proposition2 troisimem5t1 elle cons5t4 ,a9si1 lorsque ,dieu veut faire en n\s1 p> n\s et p\r n\s quelques actions de gr& prix1 premirem5t1 il n\s la propose p> son inspiration2 secondem5t1 cette proposition n\s agre2 troisimem5t1 n\s y cons5tons4 ,c>1 comme p\r desc5dre au p* il y a trois degrs3 la t5tation1 la dlectation et le cons5tem5t2 de mme aussi il y en a trois p\r mont] la v]tu3 l'inspiration1 qui correspond la t5tation2 la complaisance en l'inspiration1 qui correspond la dlectation en la t5tation2 et le cons5tem5t l'inspiration1 qui correspond au cons5tem5t que l'on donne la t5tation4 ,qu& l'inspiration dur]oit t\t le temps de notre vie1 n\s ne s]ions p\rtant nullem5t agrables ,dieu1 si n\s n'y pr5ions plaisir2 et au contraire1 ,dieu en s]oit (f5s1 comme il le fut p> la conduite des ,isralites1 auprs desquels il fut p5dant qu>ante ans1 a9si qu'il le dit1 les pressant de se conv]tir1 sans que jamais ils y v\luss5t ent5dre2 ce qui lui fit jur] contre eux avec s]m5t que jamais ils n'entr]oi5t dans son repos4 ,le plaisir qu'on pr5d aux inspirations e/ un gr& a*em9em5t la gloire de ,dieu1 et c'e/ dj comm5c] plaire sa div9e ,maje/2 c>1 si ce plaisir n'e/ pas encore un p>fait cons5tem5t1 c'e/ du mo9s une c]ta9e disposition cons5tir2 et1 comme c'e/ un trs-bon signe1 et une *ose =t utile de se plaire ent5dre la p>ole de ,dieu1 qui e/ comme une inspiration extrieure1 c'e/ aussi une *ose trs-bonne et trs-agrable ,dieu1 de se plaire aux inspirations intrieures4 ,c'e/ de ce plaisir que p>le l'p\se sacre1 qu& elle dit3 ,mon ame s'e/ fondue de joie1 qu& mon bi5-aim m'a p>l4 ,enf91 p\r que l'acte soit p>fait1 il faut le cons5tem5t2 c>1 si ayant reu l'inspiration1 et l'ayant mme agre1 n\s refusons nanmo9s d'y cons5tir1 il e/ clair que n\s mconnoissons trangem5t ,dieu1 et que n\s (f5sons beauc\p sa div9e ,maje/2 c> il semble bi5 qu'il y a plus de mpris agir de la sorte1 que si n\s avions t\t de suite rejet ses inspirations4 ,c'e/ ce qui arriva l'p\se des ,cantiques2 la voix de son bi5-aim avoit t\* son cur d'une sa9te joie2 elle ne v\lut pas nanmo9s lui ouvrir la porte1 et s'en excusa s\s de frivoles prtextes2 ce que voyant l'p\x avec une ju/e indignation1 il passa outre et la quitta4 ,soyez donc rsolue1 ,philo?e1 accept] de bon cur t\tes les inspirations qu'il plaira ,dieu de v\s envoy]2 et qu& elles arriv]ont1 recevez-les comme les ambassadeurs du roi cle/e1 qui dsire contract] alliance avec v\s4 ,ec\tez paisiblem5t leurs propositions1 considrez l'am\r de celui qui v\s les envoie1 accueillez-les affectueusem5t4 ,aprs quoi1 cons5tez1 mais d'un cons5tem5t ple91 empress et con/ant2 de cette sorte1 ,dieu1 qui ne peut v\s avoir aucune obligation1 ne laiss]a pas nanmo9s d'agrer votre correspondance son am\r4 ,mais si l'inspiration porte sur quelque *ose d'important ou d'extraord9aire1 susp5dez votre cons5tem5t jusqu' ce que v\s ayez consult votre directeur1 et qu'il ait exam9 si elle e/ vraie ou fausse4 ,c> s\v5t il arrive que l'ennemi1 voyant une ame prompte cons5tir aux inspirations1 lui en propose de fausses p\r la tromp]3 ce qu'il ne peut jamais faire1 tant que cette ame obx son directeur avec humilit4 ,le cons5tem5t une fois donn1 il faut mettre t\t son so9 en procur] les effets1 et rduire l'inspiration en acte1 ce qui e/ la p]fection de la vraie v]tu4 ,c> d'avoir le cons5tem5t dans le cur1 sans jamais en v5ir l'effet1 ce s]oit comme de plant] une vigne1 sans v\loir qu'elle fructifit4 ,or1 p\r-t\t ceci1 il e/ trs-avantageux de pratiqu] l'ex]cice du mat91 a9si que les retraites spirituelles dont j'ai p>l plus haut2 c> p> ce moy5 n\s n\s prp>ons faire le bi5 p> une prp>ation non-seulem5t gnrale1 mais encore p>ticulire4 ,,*apitre ,,xix4 ,de la sa9te confession4 ,notre ,sauveur a laiss son ,eglise le sacrem5t de pnit5ce ou de confession1 p\r n\s lav] de t\tes nos s\illures1 autant de fois que n\s en aurions contract4 ,ne p]mettez donc jamais1 ,philo?e1 que votre cur demeure long-temps infect du p*1 puisque v\s avez un remde si sr et si facile4 ,une ame qui a cons5ti au p* doit avoir horreur d'elle-mme1 et se purifi] au plus tt1 p> respect p\r la div9e ,maje/1 qui la reg>de4 ,hlas6 ne s]oit-ce pas le comble de la folie de n\s laiss] m\rir de la mort spirituelle t&is que n\s avons entre les ma9s un remde si s\v]a9 p\r n\s gurir8 ,confessez-v\s humblem5t et dvotem5t t\s les huit j\rs1 et t\j\rs1 s'il se peut1 qu& v\s communi]ez1 encore que v\s n'ayez sur la consci5ce aucun p* mortel1 c> p> la confession v\s ne recevrez pas seulem5t l'absolution des p*s vniels que v\s confess]ez1 mais v\s recevrez encore une gr&e =ce p\r les vit] l'av5ir1 une gr&e lumire p\r les bi5 disc]n]1 et une grce abondante p\r rp>] t\t le dommage qu'ils v\s ont caus4 ,v\s pratiqu]ez en outre la v]tu d'humilit1 d'obissance1 de simplicit et de *>it1 en sorte que p> cette seule action v\s pratiqu]ez plus de v]tus que p> aucune autre4 ,ayez t\j\rs une vraie d\leur des p*s que v\s confess]ez1 quelque petits qu'ils soi5t1 et soyez bi5 rsolue de v\s en corrig] l'av5ir4 ,plusieurs se confessant p> c\tume des p*s vniels1 et en faisant comme l'assaisonnem5t oblig de t\tes leurs confessions1 sans p5s] nullem5t s'en corrig]1 en demeur5t *>gs t\te leur vie1 et p]d5t p> ce moy5 beauc\p de bi5s et de pr(its spirituels4 ,si donc v\s v\s confessez d'avoir m5ti1 mme sans prjudice p\r le pro*a91 ou bi5 d'avoir dit quelque p>ole lgre1 ou d'avoir trop j\1 rep5tez-v\s-en1 et faites le f]me propos de v\s en am5d]4 ,c> c'e/ un abus de se confess] de quelque sorte de p*1 soit mortel1 soit vniel1 sans v\loir s'en dlivr]1 puisque la confession n'e/ in/itue que p\r cela4 ,retran*ez de votre confession ces accusations sup]flues que plusieurs font p> r\t9e3 ,je n'ai pas aim ,dieu comme je le devois2 je n'ai pas pri avec autant de dvotion que je le devois2 je n'ai pas aim le pro*a9 comme je le devois2 je n'ai pas reu les sacrem5s avec le respect que je devois1 et autres semblables4 ,la raison e/1 qu'en disant cela1 v\s ne dites ri5 de p>ticuli]1 qui puisse faire connotre au confesseur l'tat de votre consci5ce2 d'autant que t\s les sa9ts du ,p>adis1 et t\s les hommes de la t]re p\rroi5t dire les mmes *oses1 s'ils se confessoi5t4 ,exam9ez donc quel motif p>ticuli] v\s avez p\r faire ces sortes d'accusations2 et lorsque v\s l'aurez dc\v]t1 accusez-v\s de votre faute t\t simplem5t et navem5t4 ,p> exemple1 v\s v\s accusez de n'avoir pas aim le pro*a91 comme v\s le deviez2 c'e/ peut-tre p>ce qu'ayant vu quelque pauvre =t ncessiteux que v\s p\viez facilem5t sec\rir et s\lag]1 v\s n'en avez eu nul so94 ,eh bi51 accusez-v\s de cette p>ticul>it1 et dites3 ayant vu un pauvre ncessiteux1 je ne l'ai pas sec\ru comme je p\vois1 p> nglig5ce1 ou p> duret de cur1 ou p> mpris1 selon que v\s connotrez quel motif a donn lieu votre faute4 ,de mme1 ne v\s accusez pas de n'avoir pas pri ,dieu avec t\te la dvotion que v\s deviez2 mais si v\s avez eu des di/ractions volontaires1 ou que v\s ayez nglig de pr5dre le lieu1 le temps1 et la po/ure conv5ables p\r faire votre prire avec att5tion1 accusez-v\s-en t\t simplem5t1 selon que v\s tr\v]ez y avoir manqu1 sans p>l] de ces *oses gnrales qui ne font ni froid ni *aud dans la confession4 ,ne v\s cont5tez pas de dire vos p*s vniels quant au fait1 mais accusez-v\s encore du motif qui v\s a induite les commettre4 ,p> exemple1 ne v\s cont5tez pas de dire que v\s avez m5ti sans nuire p]sonne2 mais dites si 'a t ou p> va9e gloire1 af9 de v\s l\] ou de v\s excus]1 ou p> va9e joie1 ou p> op9itret3 si v\s avez p* l'occasion du jeu1 dites si 'a t p> le dsir du ga91 ou p> le plaisir de la conv]sation1 et a9si des autres4 ,dites en outre si v\s v\s tes long-temps arrte dans votre p*2 c> la longueur du temps accrot p\r l'ord9aire beauc\p la faute1 y ayant bi5 de la diffr5ce entre une vanit passagre1 qui aura trav]s notre esprit p5dant un qu>t d'heure1 et celle o notre cur se s]a dlect un j\r1 deux j\rs1 trois j\rs4 ,il faut donc dire le fait1 le motif et la dure de nos p*s4 ,ce n'e/ pas que t\j\rs on soit oblig d'tre si exact dans la dcl>ation des p*s vniels2 on n'e/ pas mme t5u absolum5t de les confess]2 mais ceux qui veul5t bi5 purifi] leur ame p\r mieux atte9dre la sa9te dvotion1 doiv5t tre trs-soigneux faire connotre exactem5t au mdec9 spirituel t\tes leurs plaies1 jusqu'aux plus petites1 af9 d'tre guris de t\tes4 ,ne manquez po9t de dire ce qui e/ ncessaire p\r bi5 faire compr5dre la qualit de votre (f5se1 comme le sujet que v\s avez eu de v\s mettre en colre1 ou de v\s montr] indulg5te p\r tel vice4 ,p> exemple1 un homme qui me dplat1 me dira quelque lgre p>ole p\r rire2 je la pr5drai en mauvaise "p1 et me mettrai en colre4 ,que si un autre qui m'et t agrable en et dit autant et mme davantage1 je l'eusse pris en bonne "p1 et ne me s]ois aucunem5t f*4 ,je dirai donc en m'accusant1 que je me suis *app en des p>oles d'aigreur1 ayant pris en mauvaise "p quelque *ose que l'on me disoit1 non po9t cause des p>oles en elles-mmes1 mais cause de celui qui me les disoit1 et qui m'toit dsagrable2 et s'il e/ encore beso9 de p>ticul>is] les p>oles p\r v\s bi5 faire connotre1 je p5se qu'il faudroit les dire4 ,c> en s'accusant a9si navem5t1 on ne dc\vre pas seulem5t les p*s que l'on a faits1 mais encore les mauvaises incl9ations1 les c\tumes1 les occasions et autres rac9es du p*2 au moy5 de quoi le pre spirituel juge mieux de l'tat du cur qu'il traite1 et des remdes y appliqu]4 ,il faut cep5dant mettre t\j\rs c\v]t les p]sonnes qui aurai5t pris "p votre p*1 autant du mo9s qu'il v\s s]a possible4 ,pr5ez g>de une quantit de p*s qui viv5t et rgn5t s\v5t dans la consci5ce1 sans qu'on s'en ap]oive4 ,ils sont matire de confession1 et il faut avoir so9 de s'en db>rass]4 ,p\r cela1 lisez att5tivem5t les *apitres ,,vi1 ,,xxvii1 ,,xxviii1 ,,xxix1 ,,xxxv et ,,xxxvi de la troisime p>tie1 et le *apitre ,,viii de la quatrime4 ,ne *angez pas aism5t de confesseur2 mais1 aprs en avoir *oisi un1 cont9uez lui r5dre compte de votre consci5ce aux j\rs fixs p\r cela1 lui disant navem5t et fran*em5t les p*s que v\s avez commis2 et de temps en temps1 comme s]oit de mois en mois1 ou de deux mois en deux mois1 faites-lui connotre l'tat de vos incl9ations1 lors mme qu'il n'y aurait aucun p* de votre "p1 comme si v\s tiez t\rm5te de tri/esse ou de *agr91 ou que v\s fussiez porte la joie ou aux dsirs d'amass] du bi51 et a9si du re/e4 ,,*apitre ,,xx4 ,de la frqu5te communion4 ,on dit de ,mi?ridate1 roi de ,pont1 qu'ayant inv5t un c]ta9 breuvage appel de son nom ,mi?ridate1 il dev9t si =t p> l'usage qu'il en fit1 que v\lant ensuite s'empoisonn] p\r vit] la s]vitude des ,roma9s1 il ne put jamais y russir4 ,le ,sauveur a in/itu de mme le trs-augu/e sacrem5t de l',eu*>i/ie1 qui conti5t rellem5t sa *air et son sang1 af9 que qui le mange vive t]nellem5t4 ,c'e/ p\rquoi quiconque en use s\v5t avec dvotion aff]mit tellem5t la sant et la vie de son ame1 qu'il e/ presque impossible qu'il soit empoisonn d'aucune sorte de mauvaise affection4 ,on ne peut tre n\rri de cette *air div9e et vivre dans des affections mortelles2 en sorte que1 comme les hommes dans le ,p>adis t]re/re p\voi5t se prs]v] de la mort corporelle1 en mangeant du fruit de l'arbre de vie que ,dieu y avoit plant1 a9si peuv5t-ils le prs]v] de la mort spirituelle en faisant usage de ce sacrem5t de vie4 ,que si les fruits les plus t5dres et les plus sujets la corruption1 comme sont les c]ises1 les abricots et les fraises1 se cons]v5t aism5t t\te l'anne1 tant confits au sucre ou au miel2 quelle m]veille y a-t-il que nos curs1 t\t foibles et t\t *tifs qu'ils sont1 *app5t la corruption du p*1 lorsqu'ils sont pntrs de la v]tu et de l'incorruptibilit de la *air et du sang du ,fils de ,dieu8 ,o ,philo?e6 les *rti5s qui s]ont damns n'auront ri5 rpondre1 lorsque le ju/e ,juge leur f]a voir le tort qu'ils ont eu de se laiss] m\rir spirituellem5t1 puisqu'il leur toit si facile d'entret5ir leur sant et leur vie1 en se n\rrissant de son corps qu'il leur a laiss p\r cela4 ,misrables6 leur dira-t-il1 p\rquoi tes-v\s morts1 v\s qui aviez votre disposition le fruit et le pr9cipe de la vie8 ,recevoir la communion t\s les j\rs1 c'e/ ce que je ne veux ni l\] ni blm]4 ,mais communi] t\s les diman*es1 c'e/ ce que j'appr\ve1 et ce que je conseille *acun1 p\rvu que l'esprit soit sans aucune affection de p*]4 ,telles sont les propres p>oles de sa9t ,augu/91 et avec lui je ne blme ni n'appr\ve absolum5t que l'on communie t\s les j\rs3 mais sur ce po9t je r5voie *aque fidle un directeur3 c> les dispositions requises p\r une communion si frqu5te doiv5t tre si p>faites qu'il n'e/ pas bon d'en donn] le conseil d'une manire gnrale2 et p>ce que ces dispositions-l1 quoique exquises1 peuv5t se tr\v] en plusieurs bonnes ames1 il n'e/ pas bon non plus d'en dt\rn] gnralem5t t\t le monde4 ,c'e/ l une affaire qui doit se trait] d'aprs l'tat intrieur de *acun en p>ticuli]4 ,ce s]oit imprud5ce de conseill] indi/9ctem5t t\s un usage aussi frqu5t de l',eu*>i/ie2 mais ce s]oit aussi imprud5ce de le blm] dans ceux qui le pratiqu5t1 surt\t s'ils suiv5t en cela l'avis de quelque digne directeur4 ,sa9te ,ca!r9e de ,si5ne fit ce sujet une rponse trs-conv5able3 comme on lui opposoit1 p\r la dt\rn] de ces frqu5tes communions1 que sa9t ,augu/9 ne blmoit ni ne l\oit l'usage de communi] t\s les j\rs3 ,eh6 dit-elle1 puisque sa9t ,augu/9 ne le blme pas1 je v\s prie de ne pas le blm] non plus1 et avec cela je s]ai cont5te4 ,mais1 ,philo?e1 v\s voyez que sa9t ,augu/9 exhorte et conseille bi5 =t que l'on communie t\s les diman*es2 faites-le donc tant qu'il v\s s]a possible4 ,si1 comme je le suppose1 v\s n'avez aucune sorte d'affection au p* mortel1 ni aucune affection au p* vniel1 v\s tes dans la vraie disposition que sa9t ,augu/9 dem&e1 et mme dans une disposition encore plus excell5te1 puisque non-seulem5t v\s n'avez pas la volont de p*]1 mais que v\s n'avez pas mme l'affection du p*2 en sorte que1 si votre pre spirituel le tr\voit bon1 v\s p\rriez utilem5t communi] plus s\v5t encore que t\s les diman*es4 ,il p\rroit nanmo9s y avoir plusieurs emp*em5s lgitimes1 s9on de votre ct1 du mo9s de la "p des p]sonnes avec lesquelles v\s vivez1 qui donn]oi5t occasion votre directeur de dim9u] le nombre de vos communions4 ,p> exemple1 si v\s tes dans la dp5dance d'autrui1 et que ceux qui v\s devez l'obissance ou le respect soi5t si mal in/ruits de leur religion1 ou d'une humeur si biz>re1 qu'ils s'inquit5t et se tr\bl5t de v\s voir communi] si s\v5t1 alors1 t\te *oses bi5 considres1 il s]a peut-tre bon de condesc5dre en quelque *ose leur infirmit1 et de ne communi] que de qu9ze en qu9ze j\rs2 mais cela s'ent5d en cas qu'on ne puisse absolum5t va9cre leur rsi/ance4 ,du re/e1 il s]oit difficile d'arrt] ceci d'une manire gnrale4 ,il faut faire ce que le pre spirituel dira1 bi5 que je puisse assur] que la plus gr&e di/ance entre les communion e/ celle de mois en mois p\r ceux qui veul5t s]vir ,dieu dvotem5t4 ,si v\s tes bi5 prud5te1 il n'y aura ni pre1 ni mre1 ni m>i1 ni femme qui v\s emp*e de communi] s\v5t4 ,c>1 puisque le j\r de votre communion v\s ne laiss]ez pas d'avoir le so9 qui e/ conv5able votre condition2 que v\s en s]ez plus d\ce et plus gracieuse env]s ceux qui v\s appro*5t2 que v\s ne leur refus]ez aucune espce de devoirs2 il n'y a pas d'app>5ce qu'ils veuill5t v\s dt\rn] d'une pratique qui ne leur cause aucun prjudice1 mo9s qu'ils ne soi5t d'un esprit t\t--fait f*eux et draisonnable2 auquel cas1 comme je l'ai dit1 votre directeur v\dra bi5 que v\s usiez de condesc5dance4 ,a l'g>d des g5s m>is1 il suffit de leur dire que s\s l'anci5ne loi c'toit une *ose dsagrable ,dieu que les cranci]s exigeass5t1 p5dant les j\rs de ftes1 le paiem5t de ce qu'on leur devoit1 mais ce n'toit po9t une *ose mauvaise p\r le dbiteur de pay] des dettes ces j\rs-l si on l'exigeoit2 de mme dans l'tat du m>iage exig] le devoir nuptial le j\r de la communion1 c'e/ manqu] une sa9te bi5sance1 quoique ce ne soit pas un p* grave2 mais s'acquitt] ces j\rs-l de ce devoir si on l'exige1 c'e/ se con=m] la religion4 ,il e/ donc vrai que cette sujtion du m>iage ne doit priv] de la communion aucun de ceux qui sont anims du dsir d'y p>ticip]4 ,c]tes1 dans la primitive ,eglise1 les *rti5s ne laissoi5t pas de communi] t\s les j\rs1 quoiqu'ils fuss5t m>is et qu'ils euss5t un gr& nombre d'enfans4 ,c'e/ p\rquoi j'ai dit que la frqu5te communion ne donnoit aucune sorte d'incommodit ni au pres1 ni aux femmes1 ni aux m>is1 p\rvu que l'ame qui communie soit prud5te et discrte4 ,quant aux maladies corporelles1 il n'y en a po9t qui soit un emp*em5t lgitime cette sa9te p>ticipation1 si ce n'e/ celle qui provoqu]oit frquemm5t au vomissem5t4 ,a9si1 p\r communi] t\s les huit j\rs1 il e/ ncessaire de n'avoir ni p* mortel1 ni aucune affection au p* vniel1 et de plus il faut avoir un gr& dsir de la communion4 ,mais p\r communi] t\s les j\rs1 il faut en outre avoir surmont la plup>t des mauvaise incl9ations1 et que ce soit avec l'avis du pre spirituel4 ,,*apitre ,,xxi4 ,comm5t il faut communi]4 ,comm5cez le soir prcd5t v\s prp>] la sa9te communion p> plusieurs aspirations et lancem5s de cur1 v\s retirant un peu de meilleure heure1 af9 de p\voir aussi v\s lev] plus mat93 si la nuit v\s v\s rveillez1 sanctifiez ces mom5s-l p> quelques dvotes p>oles ou p> quelque d\x s5tim5t1 de manire que votre ame en soit comme p>fume p\r recevoir l'p\x1 qui veillant p5dant que v\s dormez1 se prp>e v\s apport] mille grces et mille faveurs1 si de votre ct v\s tes prte les recevoir4 ,le mat9 levez-v\s avec gr&e joie p\r le bonheur auquel v\s aspirez2 et v\s tant bi5 confesse1 allez avec gr&e confiance1 mais aussi avec gr&e humilit1 pr5dre cette vi&e cle/e qui v\s n\rrit p\r l'immortalit4 ,ds que v\s aurez dit les p>oles sacres3 ,seigneur1 je ne suis pas digne1 etc41 ne remuez plus votre tte ni vos lvres1 soit p\r pri]1 soit p\r s\pir]2 mais ouvrant d\cem5t et mdiocrem5t la b\*e1 et levant la tte autant qu'il le faut p\r que le prtre puisse voir ce qu'il fait1 recevez1 ple9e de foi1 d'esprance et de *>it1 celui qui e/ le pr9cipe1 l'objet1 le motif et la f9 de t\te *ose4 ,o ,philo?e6 imag9ez-v\s alors que1 comme l'abeille1 aprs avoir recueilli sur les fleur la rose du ciel et le suc le plus exquis de la t]re1 le rduit en miel1 et le porte dans sa ru*e2 de mme le prtre1 aprs avoir pris sur l'autel le ,sauveur du monde1 vrai fils de ,dieu1 desc5du du ,ciel comme une rose1 et vrai ,fils de la ,vi]ge1 sorti de la t]re comme une fleur1 il le met dans votre b\*e et dans votre poitr9e1 p\r v\s tre une d\ce n\rriture4 ,l'ayant reu1 excitez votre cur v5ir faire hommage ce roi de salut2 traitez avec lui de vos affaires intrieures2 contemplez-le au d$ans de v\s-mme1 o il s'e/ mis p\r votre bonheur2 enf91 faites-lui t\t l'accueil qu'il v\s s]a possible1 et comportez-v\s de cette sorte que l'on reconnoisse p> t\tes vos actions que ,dieu e/ avec v\s4 ,mais qu& v\s ne p\rrez pas avoir cette consolation de communi] rellem5t la sa9te messe1 communiez au mo9s de cur et d'esprit1 v\s unissant p> un ard5t dsir cette *air vivifiante du ,sauveur4 ,votre gr&e int5tion en communiant1 doit tre de v\s avanc]1 de v\s =tifi] et de v\s consol] en l'am\r de ,dieu2 c> c'e/ p\r l'am\r que v\s devez recevoir ce que l'am\r daigne v\s donn]4 ,non1 le ,sauveur ne donne nulle "p une plus gr&e preuve de sa bont et de sa t5dresse que dans ce sacrem5t1 o il s'anantit1 p\r a9si dire1 et se rduit en n\rriture1 af9 de pntr] nos ames1 et de s'unir intimem5t au cur et au corps de ses fidles4 ,si les monda9s v\s dem&5t p\rquoi v\s communiez si s\v5t1 dites-leur que c'e/ p\r appr5dre aim] ,dieu1 p\r v\s purifi] de vos imp]fections1 p\r v\s dlivr] de vos misres1 p\r v\s consol] en vos afflictions1 p\r v\s s\t5ir en vos faiblesses4 ,dites-leur que deux sortes de g5s doiv5t s\v5t communi]3 les p>faits1 p>ce qu'tant bi5 disposs1 ils auroi5t gr& tort de ne po9t s'appro*] de la s\rce de la p]fection2 et les imp>faits1 af9 de p\voir ju/em5t prt5dre la p]fection2 les =ts1 de peur de s'affoiblir2 et les foibles1 af9 de se =tifi]2 les malades1 af9 de gurir2 les sa9s1 af9 de ne pas tomb] en maladie2 et que quant v\s1 tant imp>faite1 foible et malade1 v\s avez beso9 de s\v5t communiqu] avec la p]fection1 la =ce et le mdec94 ,dites-leur que ceux qui n'ont pas beauc\p d'affaires doiv5t s\v5t communi]1 p>ce qu'ils en ont le loisir2 et que ceux qui sont trs-occups doiv5t aussi communi] s\v5t1 p>ce qu'ils en ont p>ticulirem5t beso94 ,c'e/ en effet aux g5s qui travaill5t beauc\p1 et qui sont *>gs de pe9e1 qu'il convi5t de pr5dre une n\rriture =te et abondante4 ,dites-leur que v\s recevez le sa9t ,sacrem5t p\r appr5dre le bi5 recevoir1 p>ce qu'on ne fait gure bi5 une action laquelle on ne s'ex]ce pas s\v5t4 ,communiez donc s\v5t1 ,philo?e1 et le plus s\v5t que v\s p\rrez1 avec l'avis de votre pre spirituel2 c>1 s'il e/ vrai que les livres de nos montagnes devi5n5t blancs en hiv]1 p>ce qu'ils ne voi5t et ne mang5t que de la neige1 croyez aussi qu' =ce de contempl] et de mang] la beaut1 la bont et la puret mme en ce div9 sacrem5t1 v\s devi5drez t\te belle1 t\te bonne et t\te pure4 ,,troisi,,me ,,p>tie ,,cont5ant ,,plusieurs ,,avis ,,t\*ant ,l',,ex]cice ,,des ,,v]tus4 ,,*apitre ,,premi]4 ,du *oix que l'on doit faire quant l'ex]cice des v]tus4 ,le roi des abeilles ne se met po9t aux *amps qu'il ne soit environn de t\t son petit peuple1 et la *>it n'entre jamais dans un cur qu'elle n'y loge avec soi t\t le cortge des autres v]tus1 les ex]ant et les rglant comme un capita9e fait ses soldats2 mais elle ne les met pas t\t de suite l'ouvrage1 ni t\j\rs galem5t1 ni en t\t temps1 ni en t\t lieu4 ,le ju/e e/ comme l'arbre qui e/ plant au bord des eaux1 et qui porte son fruit en son temps3 la *>it arrosant son ame1 y produit des uvres v]tueuses1 *acune en sa saison4 ,la musique1 qui e/ si d\ce p> elle-mme1 e/ importune dans un deuil1 dit le ,prov]be4 ,aussi e/-ce un gr& dfaut dans ceux qui entrepr5n5t l'ex]cice de quelque v]tu p>ticulire1 de v\loir en produire les actes en t\tes sortes de r5contres2 semblables en cela ces anci5s philosophes1 dont l'un v\loit t\j\rs rire1 et l'autre t\j\rs pleur]1 et plus draisonnables encore1 en ce qu'ils blm5t et c5sur5t ceux qui comme eux n'ex]c5t pas t\j\rs les mmes v]tus4 ,il faut se rj\ir avec la joyeux1 dit l',aptre1 et pleur] avec ceux qui pleur5t2 et il aj\te3 la *>it e/ pati5te1 bnigne1 librale1 prud5te et condesc5dante4 ,il y a nanmo9s des v]tus qui sont d'un usage presque univ]sel1 et qui ne doiv5t pas se born] leur action propre1 mais encore rp&re leur esprit sur les actes de t\tes les autres v]tus4 ,il ne se prs5te pas s\v5t des occasions de pratiqu] la =ce1 la magnanimit1 la magnific5ce2 mais la d\ceur1 la temprance1 l'honntet et l'humilit sont des v]tus dont t\tes les actions de notre vie doiv5t port] l'empre9te4 ,s'il y a des v]tus plus excell5tes qu'elles1 il n'y en a pas dont l'usage soit plus ncessaire4 ,le sucre e/ meilleur que le sel2 mais le sel e/ d'un usage plus frqu5t et plus indisp5sable4 ,c'e/ p\rquoi il faut t\j\rs avoir bonne et ample provision de ces v]tus gnrales1 af9 de p\voir s'en s]vir presque cont9uellem5t4 ,dans la pratique des v]tus1 n\s devons prfr] celles qui sont plus con=mes notre devoir1 et non celles qui sont plus con=mes notre gt4 ,c'toit le gt de sa9te ,paule d'ex]c] sur elle-mme de rudes mortifications corporelles1 af9 de j\ir plus aism5t des d\ceurs spirituelles2 mais il toit plus de son devoir de pratiqu] l'obissance env]s ses suprieurs3 c'e/ p\rquoi sa9t ,jrme av\e qu'elle toit rprh5sible1 en ce que1 contre l'avis de son vque1 elle faisoit des ab/95ces immodres4 ,les aptres1 au contraire1 *>gs de pr*] l',evangile1 et de di/ribu] le pa9 cle/e aux ames1 jugr5t avec beauc\p de sagesse qu'ils ne devoi5t pas nglig] ce sa9t ex]cice1 p\r pratiqu] la v]tu du so9 des pauvres1 quelque excell5te qu'elle soit4 ,*aque tat a beso9 de pratiqu] quelque v]tu p>ticulire3 autres sont les v]tus d'un prlat1 autres celles d'un pr9ce1 autres celles d'un militaire1 autres celles d'une femme m>ie1 autres celles d'une veuve2 et bi5 que t\s doiv5t avoir t\tes les v]tus1 t\s nanmo9s ne les doiv5t pas pratiqu] galem5t1 *acun doit p>ticulirem5t s'adonn] celles qui sont propres au g5re de vie auquel il e/ appel4 ,entre les v]tus qui ne reg>d5t pas notre devoir p>ticuli]1 il faut prfr] les plus excell5tes1 et non pas les plus app>5tes4 ,les comtes p>oiss5t ord9airem5t plus gr&es que les toiles1 et ti5n5t beauc\p plus de place nos yeux3 t\tefois elles ne sont comp>ables ni en gr&eur ni en beaut aux toiles1 et ne p>aiss5t plus gr&es que p>ce qu'elles sont plus prs de n\s1 et d'une sub/ance plus grossire4 ,il y a de mme c]ta9es v]tus qui1 p>ce qu'elles sont prs de n\s1 s5sibles1 et p\r a9si dire matrielles1 sont gr&em5t e/imes du vulgaire1 et prfrs t\tes les autres4 ,a9si prfre-t-on communm5t l'aumne temporelle la spirituelle2 la haire1 le jene1 la discipl9e et les mortifications du corps1 la d\ceur1 la bont1 la mode/ie1 et aux autres mortifications du cur1 qui nanmo9s sont bi5 plus excell5tes4 ,*oisissez donc1 ,philo?e1 les meilleures v]tus1 et non les plus e/imes2 les plus excell5tes et non les plus app>5tes2 les plus relles1 et non les plus belles4 ,il e/ utile que *acun s'atta*e p>ticulirem5t la pratique de quelque v]tu1 non po9t p\r ab&onn] les autres1 mais p\r occup] son esprit d'une manire plus rgle4 ,une jeune fille plus brillante que le soleil1 orne et p>e comme une re9e1 et c\ronne d'une c\ronne d'olives1 app>ut un j\r sa9t ,jean vque d',alex&rie1 et lui dit3 ,je suis la fille ane du roi2 si tu peux gagn] mon amiti1 je te conduirai devant sa face4 ,le sa9t comprit p> cette vision que c'toit la misricorde env]s les pauvres que ,dieu lui comm&oit2 et depuis lors il s'adonna tellem5t l'ex]cice de cette v]tu1 qu'il mrita d'tre p>t\t appel sa9t ,jean l'aumni]4 ,euloge d',alex&rie1 dsirant faire quelque *ose de p>ticuli] p\r le s]vice de ,dieu1 et n'ayant pas assez de =ce1 soit p\r embrass] la vie solitaire1 soit p\r se rang] s\s l'obissance d'un autre1 imag9a de retir] dans sa maison un malheureux t\t rong et p]du de lpres1 af9 d'ex]c] auprs de lui la *>it et la mortification2 et v\lant r5dre la *ose encore plus mritoire1 il fit vu d'honor] son malade1 de le trait] et de le s]vir1 comme un valet s]t son matre et son seigneur4 ,or1 la t5tation de se quitt] tant surv5ue au lpreux et ,euloge1 ils s'adressr5t au gr& sa9t ,anto9e1 qui leur fit cette rponse3 ,g>dez-v\s bi51 mes enfans1 de v\loir v\s sp>]2 c> tant t\t les deux pro*es de votre f91 si l'ange ne v\s tr\ve pas ensemble1 v\s c\rez gr& pril de p]dre vos c\ronnes4 ,le roi sa9t ,l\is se faisoit comme un devoir de visit] les hpitaux1 et de s]vir les malades de ses propres ma9s4 ,sa9t ,franois aimoit p>-dessus t\t la pauvret1 qu'il appeloit sa dame2 et sa9t ,dom9ique1 la prdication1 d'o e/ v5u son ordre le nom qu'il porte4 ,sa9t ,grgoire-le-,gr& se plaisoit recevoir les pl]9s1 l'exemple du gr& ,abraham1 et comme lui1 il reut le ,roi de gloire s\s la =me d'un voyageur4 ,tobie ex]oit sa *>it ensevelir les morts4 ,sa9te ,elizabe?1 t\te gr&e pr9cesse qu'elle toit1 aimoit surt\t l'abjection de soi-mme4 ,sa9te ,ca!r9e de ,gnes1 tant dev5ue veuve1 se consacra au s]vice d'un hpital2 et ,cassi5 rapporte qu'une pieuse dame1 v\lant s'ex]c] la v]tu de pati5ce1 eut rec\rs sa9t ,a?anase1 qui1 p\r rpondre son dsir1 mit auprs d'elle une pauvre veuve1 *agr9e1 colre1 f*euse1 et vraim5t insupportable1 laquelle1 g\rm&ant sans cesse cette dvote fille1 lui donna bon sujet de pratiqu] amplem5t la d\ceur et la condesc5dance4 ,c'e/ a9si qu'entre les s]viteurs de ,dieu1 les uns se consacr5t s]vir les malades1 les autres sec\rir les pauvres1 les autres enseign] la doctr9e *rti5ne aux petits enfans1 les autres recueillir les ames p]dues et g>es1 les autres p>] les glises et orn] les autels1 les autres enf9 rtablir la paix et l'union p>mi les hommes4 ,en quoi ils imit5t les brodeurs1 qui1 sur un c]ta9 fond1 c\*5t une gr&e v>it de soie1 d'or et d'arg5t1 de manire =m] t\tes sortes de fleurs4 ,c> a9si ces ames pieuses1 entrepr5ant l'ex]cice de quelque v]tu p>ticulire1 s'en s]v5t comme d'un fond p\r leur brod]ie spirituelle1 et elles appliqu5t sur ce fond la v>it de t\tes les autres v]tus2 en sorte que leurs actions et leurs affections se rapportant t\tes la mme f91 s'en tr\v5t mieux unies1 mieux arranges1 et font a9si p>otre la dvotion1 ,en son beau vtem5t1 d'un tissu d'or =m ,et d'ouvrages div]s l'aiguille sem4 ,qu& n\s sommes combattus de quelque vice1 il faut1 tant qu'il n\s e/ possible1 embrass] la v]tu contraire1 et y rapport] la pratique des autres2 c> p> ce moy5 n\s va9crons notre ennemi1 et ne laiss]ons pas de n\s avanc] dans t\tes les v]tus4 ,si je suis combattu p> l'orgueil ou p> la colre1 il faut qu'en t\tes *oses je me p5*e et me plie du ct de l'humilit et de la d\ceur1 et qu' cela je fasse s]vir les autres ex]cices de l'oraison1 des sacrem5s1 de la prud5ce1 de la con/ance1 de la sobrit2 c>1 comme les sangli]s1 p\r aiguis] leurs df5ses1 les frott5t et les us5t contre leurs autres d5ts1 lesquelles rciproquem5t en devi5n5t =t affiles et tran*antes1 a9si l'homme v]tueux1 ayant entrepris de se p]fectionn] dans la v]tu dont il s5t avoir le plus de beso9 p\r son salut1 doit la lim] et l'affil] p> l'ex]cice des autres v]tus qui1 en p]fectionnant celle-l1 n'en devi5n5t1 leur t\r1 que plus excell5tes et mieux polies4 ,c'e/ ce qui arriva ,job1 lorsque1 s'ex]ant p>ticulirem5t la pati5ce contre tant de t5tations qui l'agitoi5t1 il dev9t p>faitem5t sa9t et v]tueux dans t\tes sortes de v]tus4 ,et mme il e/ arriv1 dit sa9t ,grgoire de ,nazianze1 que p\r un seul acte de v]tu1 pratiqu avec une gr&e p]fection1 une p]sonne a de suite atte9t le comble des v]tus2 ce qu'il pr\ve p> l'exemple de ,rahab1 qui1 ayant excellemm5t pratiqu les devoirs de l'hospitalit1 p>v9t une gloire imm5se3 mais p\r cela il faut que l'action soit faite avec une extrme f]veur et une trs gr&e *>it4 ,,*apitre ,,ii4 ,suite du mme sujet4 ,sa9t ,augu/9 dit excellemm5t que ceux qui comm5c5t en la dvotion commett5t c]ta9es fautes1 qui sont blmables selon t\te la rigueur des lois de la p]fection1 mais qui sont l\ables p> le bon prsage qu'elles donn5t de la pit v5ir1 laquelle mme elles s]v5t de dispositions4 ,cette cra9te basse et grossire1 qui eng5dre des scrupules excessifs dans ceux qui sort5t n\vellem5t des voies du p*1 e/ une v]tu recomm&able dans ce comm5cem5t1 et un prsage c]ta9 d'une gr&e puret de consci5ce2 mais cette mme cra9te s]oit blmable en ceux qui sont =t avancs1 l'am\r div9 devant petit petit *ass] cette cra9te s]vile1 et rgn] s\v]a9em5t dans leur cur4 ,sa9t ,b]n>d au comm5cem5t de son m9i/re toit ple9 de rigueur et d'pret env]s ceux qui se rangeoi5t s\s sa conduite4 ,il leur annonoit t\t d'abord qu'il falloit quitt] le corps1 et v5ir lui avec le seul esprit2 en recevant leurs confessions1 il montroit une svrit extraord9aire p\r t\tes sortes de fautes1 quelque petites qu'elles fuss5t1 et il tr\bloit tellem5t ces pauvres novices dans la p]fection qu' =ce de les y p\ss] il les en loignoit1 leur faisant p]dre cur et hale9e en les pressant trop vivem5t dans cette monte si roide et si esc>pe4 ,v\s voyez1 ,philo?e1 c'toit le zle ard5t d'une p>faite puret qui engageoit ce gr& sa9t une telle m?ode2 et ce zle toit une gr&e v]tu1 mais v]tu nanmo9s qui ne laissoit pas d'tre rprh5sible4 ,aussi ,dieu l'en corrigea lui-mme p> une sa9te app>ition qui laissa dans son ame un esprit d\x1 suave1 aimable et t5dre1 au moy5 duquel s'tant r5du t\t autre1 il s'accusa gr&em5t d'avoir t si rude1 et dev9t si gracieux et indulg5t p\r *acun1 qu'il se fit vraim5t t\t t\s p\r les gagn] t\s ,jsus-,*ri/4 ,sa9t ,jrme raconte que sa9te ,paule1 sa *re fille1 toit non-seulem5t excessive1 mais encore op9itre dans l'ex]cice des mortifications corporelles1 jusqu' ne pas v\loir cd] l'avis contraire1 que sa9t ,epiphane1 son vque1 lui avoit donn ce sujet2 puis1 aj\tant qu'elle se laissoit tellem5t emport] au regret de la mort des si5s1 que t\j\rs elle toit en dang] de m\rir1 il t]m9e de cette manire3 ,on dira qu'au lieu de faire l'loge de cette sa9te1 j'en fais la c5sure et la critique2 mais j'atte/e ,jsus qu'elle a s]vi et que je dsire s]vir1 que je ne m'loigne de la vrit ni d'un ct ni de l'autre1 et que je rapporte t\t simplem5t l'hi/oire de sa vie1 comme un *rti5 doit le faire en p>lant d'une *rti5ne1 p\vant dire du re/e1 en t\te vrit1 que ses vices auroi5t t des v]tus *ez beauc\p d'autres4 ,or v\s ent5dez =t bi51 ,philo?e1 qu'il veut dire p> l que ce qui toit reg>d comme des dfauts en sa9te ,paule auroit pass p\r des v]tus en des ames mo9s p>faites1 c> il y a telles actions qui sont reg>des comme des imp]fections dans ceux qui sont p>faits1 et qui pass]oi5t p\r de gr&es p]fections dans ceux qui sont imp>faits4 ,c'e/ bon signe en un malade1 qu&1 au sortir de sa maladie1 les jambes lui enfl5t2 c> cela dnote que la nature1 dj =tifie1 rejette les humeurs sup]flues2 mais ce mme signe s]oit mauvais en celui qui ne s]oit pas malade2 c> cela pr\v]oit que la nature n'e/ pas assez =te p\r dissip] et rs\dre les humeurs4 ,ayons bonne op9ion1 ,philo?e1 de ceux en qui n\s voyons la pratique des v]tus1 quoiqu'il s'y joigne quelques imp]fections2 c> les sa9ts eux-mmes ont s\v5t pratiqu la v]tu de cette sorte4 ,mais quant n\s1 il faut avoir so9 de n\s y ex]c]1 non-seulem5t fidlem5t1 mais prudemm5t1 et p\r cela1 obs]v] troitem5t l'avis du ,sage1 qui e/ de ne po9t n\s appuy] sur notre propre prud5ce1 mais sur ceux que ,dieu n\s a donns p\r tre nos conducteurs4 ,il y a c]ta9es *oses que plusieurs e/im5t v]tus1 et qui ne le sont aucunem5t3 il faut que je v\s en dise un mot4 ,ce sont les extases ou ravissem5s1 les ins5sibilits1 impassibilits1 unions difiques1 lvations1 trans=mations1 et autres semblables p]fections dont trait5t quelques livres1 en promettant d'lev] l'ame jusqu' la contemplation purem5t intellectuelle1 l'application ess5tielle de l'esprit1 et la vie surm95te4 ,pr5ez-y g>de1 ,philo?e1 ces p]fections ne sont pas des v]tus1 mais plutt des rcomp5ses que ,dieu donne la v]tu1 ou bi5 encore des communications anticipes de la flicit t]nelle dont ,dieu donne quelquefois l'homme un avant-gt af9 de lui en faire dsir] la ple9e et entire j\issance4 ,il ne faut nullem5t prt5dre de p>eilles grces1 puisqu'elles ne sont pas ncessaires p\r bi5 s]vir et aim] ,dieu1 qui doit tre notre unique prt5tion4 ,aussi1 bi5 s\v5t ne sont-ce pas des grces qui puiss5t tre acquises p> le travail et l'application1 mais bi5 des tats purem5t passifs1 o n\s n'avons qu' recevoir1 sans p\voir ri5 faire p> n\s-mmes4 ,j'aj\te que n'ayant ici po9t d'autre int5tion que de dev5ir des g5s de bi51 des hommes pieux1 des femmes pieuses2 c'e/ cela seul qu'il faut n\s atta*]4 ,que s'il plat ensuite ,dieu de n\s lev] jusqu' ces p]fections angliques1 n\s s]ons alors de bons anges2 mais en att5dant1 ex]ons-n\s simplem5t1 humblem5t et dvotem5t aux petites v]tus que ,notre-,seigneur propose notre so9 et notre travail1 comme sont la pati5ce1 la dbonnairet1 la mortification du cur1 l'humilit1 l'obissance1 la pauvret1 la mode/ie1 la condesc5dance p\r le pro*a91 le support de ses imp]fections1 la dilig5ce et la sa9te f]veur4 ,laissons volonti]s les surm95ces aux ames surleves2 n\s ne mritons pas un rang si haut au s]vice de ,dieu3 trop heureux s]ons-n\s de le s]vir dans les po/es les plus bas1 et d'tre compts au nombre de ses plus humbles s]viteurs2 quant aux places d'honneur et l'intimit de son conseil1 c'e/ lui de n\s y appel]1 si bon lui semble4 ,rappelons-n\s1 ,philo?e1 que ce roi de gloire ne rcomp5se pas ses s]viteurs selon la dignit des (fices qu'ils ex]c5t1 mais selon l'am\r et l'humilit avec lesquels ils les ex]c5t4 ,sal1 *]*ant les nes de son pre1 tr\va le royaume d',isral2 ,rebecca1 abreuvant les *ameaux d',abraham1 dev9t l'p\se de son fils2 ,ru?1 glanant aprs les moissonneurs de ,booz1 et se mettant ses pi$s1 fut *oisie p\r tre son p\se4 ,c]tes1 les prt5tions aux *oses extraord9aires sont gr&em5t sujettes aux illusions et aux tromp]ies2 et quelquefois il arrive que ceux qui p5s5t tre des anges ne sont pas mme des hommes bons1 et que rellem5t il y a plus de gr&eur dans leurs p>oles que dans leurs s5tim5s et dans leurs uvres4 ,il ne faut cep5dant ri5 mpris] ni c5sur] tmrairem5t2 mais1 en bnissant ,dieu de l'lvation des autres1 re/ons humblem5t dans notre condition mo9s leve1 mais plus sre1 mo9s brillante1 mais plus proportionne notre foiblesse1 et soyons conva9cus que si n\s y p]svrons avec fidlit1 ,dieu n\s lv]a des gr&eurs qui surpass]ont de beauc\p t\tes nos esprances4 ,,*apitre ,,iii4 ,de la pati5ce4 ,la pati5ce1 dit l',aptre1 v\s e/ ncessaire1 af9 qu'accomplissant la volont de ,dieu1 v\s en obt5iez la rcomp5se qu'il n\s a promise4 ,oui1 n\s a dit ,jsus-,*ri/1 v\s possd]ez vos ames p> la pati5ce4 ,c'e/ le gr& bonheur de l'homme1 ,philo?e1 que de possd] son ame2 et mesure que la pati5ce e/ plus p>faite1 n\s possdons plus p>faitem5t nos ames4 ,rappelez-v\s s\v5t que ,notre-,seigneur n\s ayant sauvs p> la s\ffrance et la pati5ce1 n\s devons aussi faire notre salut p> les s\ffrances et les afflictions1 endurant les injures1 les contradictions et les pe9es avec le plus de d\ceur qu'il n\s e/ possible4 ,ne bornez pas votre pati5ce telle et telle sorte d'injures et d'afflictions1 mais t5dez-la univ]sellem5t t\t ce que ,dieu v\s env]ra ou p]mettra qu'il v\s arrive4 ,il y en a qui ne veul5t s\ffrir que les tribulations honorables1 comme1 p> exemple1 d'tre bless la gu]re1 d'tre prisonni] de gu]re1 d'tre maltrait p\r la religion1 d'tre ru9 p> quelque procs o ils sont demeurs matres2 ceux-l n'aim5t pas la tribulation1 mais l'honneur qu'elle rapporte4 ,le vrai pati5t et bon s]viteur de ,dieu supporte galem5t les tribulations jo9tes l'ignom9ie1 et celles qui sont honorables4 ,d'tre mpris1 repris et accus p> les m*ans1 ce n'e/ que d\ceur un homme de c\rage2 mais d'tre repris1 accus et maltrait p> les g5s de bi51 p> les amis1 p> les p>5s1 c'e/ l le fait d'une pati5ce hroque4 ,j'e/ime plus la d\ceur avec laquelle le gr& sa9t ,*>les ,borrome s\ffrit long-temps les c5sures publiques qu'un gr& prdicateur1 d'un ordre extrmem5t r=m1 faisoit de lui en *aire1 que t\tes les attaques qu'il reut des autres2 c>1 comme les piqres des abeilles sont plus cuisantes que celles des autres m\*es1 de mme le mal qu'on reoit des g5s de bi5 et les contradictions qu'ils n\s suscit5t1 sont bi5 plus insupportables que les autres4 ,et cela cep5dant arrive =t s\v5t1 que deux hommes de bi5 ayant t\s deux de bonnes int5tions1 *acun dans son op9ion1 se font de gr&es pe9es l'un l'autre4 ,soyez pati5te1 non-seulem5t p\r le mal mme que v\s s\ffrez1 mais encore p\r t\tes ses circon/ances et ses suites4 ,plusieurs v\droi5t bi5 avoir du mal1 p\rvu qu'ils n'en fuss5t pas incommods4 ,je ne me f*]ois po9t1 dira l'un1 d'tre pauvre1 si ce n'toit que cela m'emp*]a de s]vir mes amis1 d'lev] mes enfans1 et de vivre honorablem5t comme je dsir]ois2 et l'autre dira3 ,je ne m'en s\ci]ois pas1 si ce n'e/ que le monde p5s]a que cela m'e/ arriv p> ma faute4 ,un autre s]oit bi5 aise que l'on mdt de lui1 et le s\ffriroit =t patiemm5t1 p\rvu que p]sonne ne crt le mdisant4 ,il y en a d'autres qui veul5t bi5 avoir quelque incommodit du mal1 ce qui leur semble1 mais non l'avoir t\te2 ils ne s'impati5t5t pas1 dis5t-ils1 d'tre malades1 mais de ce qu'ils n'ont pas d'arg5t p\r se faire pans]1 ou bi5 de ce que ceux qui sont aut\r d'eux en sont importuns4 ,or je dis1 ,philo?e1 qu'il faut avoir pati5ce1 non-seulem5t d'tre malade1 mais encore de l'tre de la maladie que ,dieu veut1 au lieu o il veut1 et p>mi les p]sonnes qu'il veut1 et avec les incommodits qu'il veut2 et a9si des autres tribulations4 ,qu& il v\s arriv]a du mal1 apportez-y les remdes qui v\s s]ont possibles1 et selon ,dieu2 c> de faire autrem5t1 ce s]oit t5t] la div9e ,provid5ce2 mais aussi cela tant fait1 att5dez avec une entire rsignation l'effet de la volont de ,dieu1 et si les remdes *ass5t le mal1 rem]ciez-le avec humilit2 si le mal e/ plus =t que la remdes1 bnissez-le avec pati5ce4 ,je suis de l'avis de sa9t ,grgoire3 qu& v\s s]ez accuse ju/em5t p\r quelque faute que v\s aurez commise2 humiliez-v\s bi5 =t1 et confessez que v\s mritez quelque *ose de plus que cette confusion4 ,que si l'accusation e/ fausse1 excusez-v\s d\cem5t1 niant d'tre c\pable2 c> v\s devez cela la vrit et l'dification du pro*a94 ,mais aussi si aprs votre s9cre et lgitime excuse on cont9ue de v\s accus]1 ne v\s tr\blez nullem5t1 et ne t*ez po9t de faire recevoir votre excuse2 c> aprs avoir r5du votre devoir la vrit1 v\s devez le r5dre aussi l'humilit4 ,et de cette manire v\s ne manqu]ez ni au so9 que v\s devez pr5dre de votre r5omme1 ni l'affection que v\s devez avoir p\r la paix1 la d\ceur de cur et l'humilit4 ,plaignez-v\s le mo9s que v\s p\rrez des torts qui v\s s]ont faits2 c> c'e/ une *ose c]ta9e1 que1 p\r l'ord9aire1 qui se pla9t p*e1 l'am\r-propre n\s faisant t\j\rs tr\v] les injures plus gr&es qu'elles ne sont4 ,mais surt\t ne faites pas vos pla9tes des p]sonnes faciles s'indign] et mal p5s]4 ,que s'il e/ ncessaire de v\s pla9dre quelqu'un p\r remdi] l'(f5se1 ou p\r calm] votre esprit1 il faut que ce soit des ames tranquilles et qui aim5t bi5 ,dieu2 c> autrem5t1 au lieu d'allg] votre cur1 elles le provoqu]oi5t de plus gr&es inquitudes1 et au lieu d't] l'p9e qui v\s pique1 elles l'enfonc]oi5t plus avant4 ,il y a bi5 des g5s qui tant malades ou affligs de quelque manire que ce soit1 se g>d5t bi5 de se pla9dre et de faire les dlicats1 p>ce qu'ils p5s5t avec raison que cela s]oit une foiblesse et une l*et1 mais en mme temps ils dsir5t trs-vivem5t1 et font en sorte que *acun les plaigne1 qu'on ait gr&e compassion de leur sort1 et qu'on les reg>de1 non-seulem5t comme affligs1 mais encore comme pati5s et c\rageux4 ,or1 je l'av\e1 c'e/ l une pati5ce1 mais une pati5ce fausse1 qui en effet n'e/ autre *ose qu'une trs-f9e et trs-dlicate ambition et une vanit trs-subtile3 ,ils ont de la gloire dit l',aptre1 mais non pas aux yeux de ,dieu4 ,le vrai pati5t ne se pla9t po9t de son mal1 et ne dsire pas non plus qu'on le plaigne3 il en p>le navem5t1 vritablem5t et simplem5t1 sans se lam5t]1 sans s'irrit]1 sans se faire plus malade qu'il ne l'e/4 ,que si on le pla9t1 il s\ffre patiemm5t qu'on le plaigne1 mo9s qu'on ne le plaigne de quelque mal qu'il n'a pas2 c> alors il dcl>e mode/em5t qu'il n'a pas ce mal-l1 et demeure a9si paisible entre la vrit et la pati5ce1 disant son mal et ne s'en plaignant po9t4 ,p>mi les contradictions qui v\s arriv]ont dans l'ex]cice de la dvotion 7c> cela ne manqu]a pas71 s\v5ez-v\s de cette p>ole de ,notre-,seigneur3 ,lorsqu'une femme enfante1 elle e/ dans les angoisses2 mais aprs que son enfant e/ n1 elle ne se rappelle plus ses d\leurs1 tant elle a de joie d'avoir mis un homme au monde4 ,v\s avez conu dans votre ame le plus digne enfant du monde1 qui e/ ,jsus-,*ri/3 avant qu'il soit t\t--fait produit et enfant1 il e/ impossible que v\s ne v\s ress5tiez pas du travail2 mais ayez bon c\rage3 ces d\leurs pass]ont et il v\s re/]a la joie t]nelle d'avoir enfant un tel homme au monde4 ,or1 il s]a entirem5t enfant p\r v\s1 lorsque v\s l'aurez entirem5t =m dans votre cur et dans vos uvres p> l'imitation de sa vie4 ,qu& v\s s]ez malade1 (frez t\tes vos d\leurs1 vos langueurs et vos pe9es au ,seigneur1 et suppliez-le de les jo9dre aux t\rm5s qu'il a endurs p\r v\s4 ,obissez au mdec92 pr5ez les mdec9es1 les alim5s et autres remdes p\r l'am\r de ,dieu1 v\s ress\v5ant du fiel qu'il a pris p\r l'am\r de n\s3 dsirez de gurir p\r le s]vir3 ne refusez pas de languir p\r lui obir1 et disposez-v\s m\rir1 s'il le veut a9si1 p\r le l\] et j\ir de lui4 ,s\v5ez-v\s que les abeilles1 dans le temps o elles font le miel1 viv5t et mang5t d'une n\rriture =t amre1 et qu'a9si n\s ne p\vons jamais faire de plus gr&s actes de d\ceur et de pati5ce1 ni mieux compos] le miel des excell5tes v]tus1 que lorsque n\s mangeons le pa9 am] des tribulations1 et vivons p>mi les angoisses4 ,et comme le miel qui e/ fait des fleurs du ?ym1 h]be petite et amre1 e/ le meilleur de t\s2 a9si la v]tu qui se =me dans l'am]tume des humiliations et des pe9es1 e/ la plus excell5te de t\tes4 ,reg>dez s\v5t des yeux intrieurs de votre ame ,jsus-,*ri/ crucifi1 nu1 blasphm1 calomni1 ab&onn1 accabl enf9 de t\tes sortes d'ennuis1 de tri/esse et de travaux2 et considrez que t\tes vos s\ffrances ne sont aucunem5t comp>ables aux si5nes1 ni en qualits ni en quantit1 et que jamais v\s ne s\ffrirez ri5 p\r lui auprs de ce qu'il a s\ff]t p\r v\s4 ,considrez les pe9es que les m>tyrs s\ffrir5t autrefois1 et celles que tant de p]sonnes endur5t encore auj\rd'hui1 plus gr&es sans aucune proportion que celles qui v\s afflig5t1 et dites3 ,hlas6 mes travaux sont des consolations1 et mes pe9es des roses1 si je me comp>e ceux qui1 sans sec\rs1 sans assi/ance1 sans allgem5t quelconque1 viv5t en une mort cont9uelle1 accabls d'afflictions mille fois plus gr&es que les mi5nes4 ,,*apitre ,,iv4 ,de l'humilit p\r l'extrieur4 ,l'criture sa9te rapporte qu'une pauvre veuve ayant fait connotre sa misre au prophte lise1 cet homme de ,dieu lui ordonna d'emprunt] autant de vases vides qu'elle p\rrait1 d'y v]s] le peu d'huile qui lui re/oit1 l'assurant que l'huile ne cess]ait de c\l] que lorsque t\s les vases s]oi5t ple9s4 ,appr5ons de l que ,dieu dem&e des curs bi5 vides p\r y faire c\l] sa grce1 et songeons vid] les ntres de t\t s5tim5t de notre propre gloire1 si n\s v\lons qu'ils soi5t remplis de la div9e onction4 ,on dit que la cress]elle1 en criant et en reg>dant les oiseaux de proie1 a la v]tu secrte de les p\vant] et de les faire fuir4 ,c'e/ p\rquoi les colombes l'aim5t plus que t\s les autres oiseaux1 et viv5t en assurance auprs d'elle3 a9si l'humilit rep\sse ,satan1 et cons]ve en n\s les grces et les dons du ,sa9t-,esprit1 et p\r cela t\s les sa9ts1 mais p>ticulirem5t le ,roi des sa9ts et sa mre1 ont t\j\rs honor et *ri cette digne v]tu plus qu'aucune autre4 ,n\s appelons va9e la gloire qu'on se donne1 soit p\r les *oses qui ne sont pas en n\s1 soit p\r celles qui sont en n\s1 mais non pas n\s2 soit p\r celles qui sont en n\s et n\s1 mais qui ne mrit5t pas qu'on s'en glorifie4 ,la noblesse de la naissance1 l'amiti des gr&s1 la faveur populaire1 sont des *oses qui ne sont pas en n\s1 mais ou en nos prdcesseurs1 ou en l'e/ime d'autrui4 ,il y en a qui sont t\t fi]s et t\t glorieux p>ce qu'ils ont un beau *eval1 p>ce qu'ils ont un pana*e leur *apeau1 ou quelque ri*e vtem5t3 mais qui n'ap]oit leur folie8 s'il y a de la gloire en cela1 n'app>ti5t-elle pas plutt au *eval qu'on admire1 l'oiseau qui a f\rni les plumes1 au tailleur qui a fait l'habit8 ,et quelle l*et n'e/-ce pas d'emprunt] a9si son mrite d'un animal1 ou d'un va9 aju/em5t4 ,d'autres se reg>d5t et s'admir5t p\r des m\/a*es releves1 p\r une b>be bi5 peigne1 p\r des *eveux crps1 p\r des ma9s d\illettes1 p\r savoir dans]1 j\]1 *ant]2 mais encore quelle petitesse d'esprit de v\loir en*rir de valeur1 et crotre en rputation p> des *oses si frivoles6 ,d'autres p\r un peu de sci5ce1 veul5t tre honors et respects dans le monde1 comme si *acun devoit all] l'cole *ez eux1 et les reg>d] comme des docteurs3 mais qu'arrive-t-il2 on leur donne le titre de pdans1 et l'on a raison4 ,d'autres se pavan5t cause de leur beaut1 et croi5t que t\t le monde les c\rtise4 ,t\t cela e/ extrmem5t va91 sot et imp]t95t2 et la gloire qu'on retire de si foibles sujets s'appelle va9e1 sotte1 et frivole4 ,on connot le vrai bi5 comme le vrai baume2 on pr\ve le baume en le di/illant dans l'eau3 s'il va au fond1 l'on juge qu'il e/ f9 et prcieux2 mais s'il surnage1 l'on juge qu'il ne vaut ri54 ,de mme p\r connotre si un homme e/ vraim5t sage1 savant1 gnreux1 noble1 il faut voir si ses bonnes qualits t5d5t l'humilit1 la mode/ie et la s\mission3 c> alors ce sont de vraies bonnes qualits2 mais si au contraire elles surnag5t et veul5t p>otre1 ce sont des bi5s d'autant mo9s vritables qu'ils sont plus app>5s4 ,les p]les qui ont t =mes dans un temps de v5t et de tonn]res n'ont que l'corce de p]les1 et sont vides de sub/ances2 a9si les v]tus et les belles qualits des hommes1 qui sont reues et n\rries dans l'orgueil1 la jactance et la vanit1 n'ont que la simple app>5ce du bi51 sans sucre1 sans moelle et sans solidit4 ,la honneurs1 les rangs1 les dignits sont comme le safran1 qui se porte mieux et vi5t plus abondamm5t qu& il e/ f\l aux pi$s4 ,ce n'e/ plus un honneur d'tre beau1 qu& on en tire vanit4 ,la beaut1 p\r avoir bonne grce1 doit tre nglige2 et la sci5ce n\s d%onore1 qu& elle n\s enfle de pdant]ie4 ,si n\s sommes po9tilleux p\r les rangs1 les prsances et les titres1 outre que n\s exposons nos qualits l'exam5 et la contradiction1 n\s les r5dons viles et abjectes2 c> l'honneur qui e/ si beau lorsqu'il e/ reu en prs5t1 devi5t mprisable lorsqu'il e/ exig1 re*]* et dem&4 ,qu& le paon fait sa r\e p\r se voir en levant ses belles plumes1 il se hrisse t\t le corps1 en sorte qu'il montre ce qu'il a de plus laid4 ,qu& une fleur e/ cueillie et manie1 elle p]d bi5 vite t\t son clat2 et comme ceux qui s5t5t la m&ragore de lo91 et en passant en reoiv5t une odeur trs-suave1 t&is que ceux qui la s5t5t de prs et long-temps tomb5t dans l'ass\pissem5t et le malaise1 de mme les honneurs consol5t agrablem5t ceux qui les reoiv5t comme ils se prs5t5t1 sans s'y atta*] trop =tem5t1 mais ils sont trs-fune/es ceux qui les re*]*5t avec empressem5t4 ,l'am\r et la re*]*e de la v]tu comm5c5t n\s r5dre v]tueux2 mais l'am\r et la re*]*e des honneurs comm5c5t n\s r5dre vils et blmables4 ,les gr&es ames ne s'amus5t pas t\t ce fatras de rang1 d'honneur1 de salutations2 elles ont d'autres occupations1 et cela ne convi5t qu'aux esprits fa9ans4 ,qui peut avoir des p]les1 ne se *>ge pas de coquilles1 et ceux qui aspir5t la v]tu re*]*5t peu les honneurs4 ,il faut conv5ir cep5dant que *acun peut se plac] son rang et s'y t5ir1 sans viol] l'humilit1 p\rvu que cela se fasse ngligemm5t et sans prt5tion2 c> comme ceux qui vi5n5t du ,pr\1 outre l'or et l'arg5t qu'ils rapport5t1 pr5n5t aussi avec eux des s+es et des p]roquets1 p>ce que cela ne leur cote gure1 et que le navire n'en e/ pas beauc\p plus *>g2 de mme ceux qui aspir5t la v]tu ne laiss5t pas de pr5dre le rang et les honneurs qui leur sont dus1 p\rvu que cela ne leur cote pas beauc\p de so9 et d'att5tion1 et que ce soit sans tre *>g de tr\ble1 d'inquitude1 de disputes et de cont5tions4 ,je ne p>le pas ici de ceux dont la dignit reg>de le public1 ni de c]ta9es occasions p>ticulires qui tir5t =t consqu5ce2 c> alors il faut que *acun cons]ve soigneusem5t ce qui lui app>ti5t1 avec une prud5ce et une discrtion qui soit accompagne de beauc\p de c\rtoisie et de *>it4 ,,*apitre ,v4 ,de l'humilit plus intrieure4 ,mais v\s dsirez1 ,philo?e1 que je v\s conduise plus avant dans l'humilit2 c> faire comme j'ai dit1 il y a presque plus de sagesse que d'humilit4 ,je vais donc v\s satisfaire4 ,plusieurs n'os5t po9t p5s] aux grces p>ticulires que ,dieu leur a faites1 de peur d'en pr5dre de la va9e gloire2 en quoi c]tes ils se tromp5t gr&em5t2 c> puisque1 comme l'enseigne le ,docteur anglique1 le vrai moy5 d'atte9dre l'am\r de ,dieu1 c'e/ de considr] les bi5faits qu'on en a reu1 plus n\s connotrons ces bi5faits1 et plus n\s aim]ons celui de qui n\s les t5ons2 et comme les grces p>ticulires t\*5t plus puissamm5t que les grces communes1 aussi doiv5t-elles tre considres plus att5tivem5t4 ,c]tes1 ri5 ne peut tant n\s humili] devant la misricorde de ,dieu1 que la multitude de ses bi5faits1 et ri5 ne peut tant n\s humili] devant sa ju/ice1 que la multitude de nos p*s4 ,considrons ce qu'il a fait p\r n\s1 et ce que n\s avons fait contre lui2 et comme n\s considrons nos p*s en dtail1 considrons aussi en dtail ses grces4 ,il ne faut pas cra9dre que la connoissance de ce qu'il a mis en n\s n\s enfle1 p\rvu que n\s soyons att5tifs cette vrit1 que ce qu'il y a de bon en n\s1 n'e/ pas de n\s4 ,hlas6 les mulets ne sont-ils pas t\j\rs des btes l\rdes et infectes1 quoiqu'ils soi5t *>gs des meubles prcieux et p>fums du pr9ce8 ,qu'avons-n\s de bon que n\s n'ayons reu8 dit l',aptre2 et si n\s l'avons reu1 p\rquoi n\s en glorifi]1 comme si n\s ne l'avions pas reu8 ,au contraire1 la vive considration des grces reues doit n\s s]vir dev5ir humbles2 c> la connoissance produit la reconnoissance4 ,mais si1 voyant les grces que ,dieu n\s a faites1 quelque sotte vanit v5oit n\s *at\ill] le cur1 le remde infaillible s]oit de rec\rir la considration de nos +ratitudes1 de nos imp]fections et de nos misres3 en considrant ce que n\s avons fait qu& ,dieu n'a pas t avec n\s1 n\s connotrons que ce que n\s faisons qu& il e/ avec n\s n'e/ pas de notre faon ni de notre cru4 ,n\s en j\irons nanmo9s1 et n\s n\s en rj\irons1 mais n\s en glorifi]ons ,dieu seul1 p>ce qu'il en e/ l'auteur4 ,a9si la sa9te ,vi]ge confesse que ,dieu a fait en elle de gr&es *oses2 mais ce n'e/ que p\r s'en humili] et glorifi] ,dieu3 ,mon ame1 dit-elle1 glorifie le ,seigneur1 p>ce qu'il a fait en moi de gr&es *oses4 ,n\s disons s\v5t que n\s ne sommes ri51 que n\s sommes la misre mme et la rebut du monde2 mais n\s s]ions bi5 f*s qu'on n\s prt au mot1 et que l'on p>lt a9si de n\s4 ,au contraire1 n\s faisons semblant de fuir et de n\s ca*]1 af9 que l'on c\re aprs n\s et qu'on n\s *]*e3 n\s affectons de pr5dre la d]nire place p\r arriv] avec plus d'honneur la premire4 ,la vraie humilit ne fait pas semblant de l'tre1 et ne dit gure de p>oles d'humilit2 c> elle ne dsire pas seulem5t de ca*] les autres v]tus1 mais encore et pr9cipalem5t elle s\haite de se ca*] elle-mme2 et s'il lui toit possible de m5tir1 de fe9dre ou de sc&alis] le pro*a91 elle f]oit des actes d'arrogance et de fi]t1 af9 de s'y ca*] et d'y vivre entirem5t inconnue et secrte4 ,voici donc mon avis1 ,philo?e3 ou ne disons po9t de p>oles d'humilit1 ou disons-les avec un vrai s5tim5t intrieur1 con=me ce que n\s prononons extrieurem5t2 ne baissons jamais les yeux qu'en humiliant aussi nos curs2 ne faisons pas semblant de v\loir tre les d]ni]s1 mo9s que de bon cur n\s ne v\lions l'tre4 ,et je ti5s cette rgle p\r si gnrale1 que je n'y apporte aucune exception2 seulem5t j'aj\te que l'honntet dem&e quelquefois que n\s prs5tions l'avantage ceux qui manife/em5t ne le pr5dront pas2 ce qui n'e/ ni duplicit ni fausse humilit2 c> alors la seule (fre de l'avantage e/ un comm5cem5t d'honneur2 et puisqu'on ne peut le leur donn] t\t enti]1 on ne fait pas mal de leur en donn] le comm5cem5t4 ,j'en dis autant de quelques expressions d'honneur ou de respect1 qui1 la rigueur1 ne sembl5t pas vritables1 et qui le sont nanmo9s assez1 p\rvu que le cur de celui qui les prononce ait vraim5t l'int5tion d'honor]1 et de respect] celui qui il les dit2 c> bi5 que les mots exagr5t un peu les p5ses1 n\s ne faisons pas mal de les employ] qu& l'usage commun le dem&e2 et encore v\drois-je que les p>oles fuss5t aju/es nos s5tim5s du plus prs qu'il n\s s]oit possible1 af9 de suivre en t\t et p>t\t la simplicit et la c&eur4 ,l'homme vraim5t humble aim]oit mieux qu'un autre dt de lui qu'il e/ misrable1 qu'il n'e/ ri51 qu'il ne vaut ri51 que de le dire lui-mme3 ou du mo9s1 s'il sait qu'on le dit1 il ne contr$it pas1 mais acquiesce de bon cur1 au s5tim5t des autres2 c> croyant f]mem5t que cela e/ vrai1 il e/ bi5 aise qu'on suive son op9ion4 ,plusieurs dis5t qu'ils laiss5t l'oraison m5tale p\r les p>faits1 et que p\r eux ils ne sont pas dignes de la faire2 d'autres prote/5t qu'il n'os5t pas communi] s\v5t1 p>ce qu'ils ne se s5t5t pas assez purs2 ceux-ci prt5d5t qu'ils craign5t de faire honte la dvotion1 en s'en mlant1 cause de leur gr&e misre et fragilit2 ceux-l refus5t d'employ] leur tal5t au s]vice de ,dieu et du pro*a91 p>ce que1 dis5t-ils1 connoissant bi5 leur misre1 ils ont peur de s'enorgueillir s'ils sont l'in/rum5t de quelque bi51 et r$\t5t de se consum] en v\lant clair] les autres4 ,t\t cela n'e/ qu'un artifice et une sorte d'humilit non-seulem5t fausse1 mais maligne1 p> laquelle on veut tacitem5t et subtilem5t blm] les *oses de ,dieu1 ou du mo9s c\vrir du manteau de l'humilit l'am\r de sa propre op9ion1 de son humeur et de sa p>esse4 ,dem&ez ,dieu un miracle1 soit en haut dans le ,ciel1 soit en bas au pr(ond de l'abme1 dit le prophte au malheureux ,a*ab3 et celui-ci rpond3 ,non1 je ne le dem&]ai po9t1 et je ne t5t]ai po9t le ,seigneur4 ,o le m*ant6 il fait semblant de port] un gr& respect ,dieu1 et s\s prtexte d'humilit s'excuse d'aspir] une grce que la div9e bont lui (fre4 ,mais ne voit-il pas que qu& ,dieu n\s veut favoris]1 c'e/ orgueil que de refus]2 que la nature des dons de ,dieu n\s oblige de les recevoir1 et qu'il e/ de l'humilit d'obir et de suivre ses dsirs du plus prs que n\s p\vons8 ,or1 le dsir de ,dieu e/ que n\s soyons p>faits1 n\s unissant lui1 et l'imitant de notre mieux4 ,le sup]be qui se fie en lui-mme a bi5 raison de n'os] ri5 entrepr5dre2 mais l'humble e/ d'autant plus c\rageux qu'il se connot plus foible2 et mesure qu'il dc\vre davantage son nant1 il devi5t plus h>di1 p>ce qu'il met t\te sa confiance en ,dieu1 qui se plat faire clat] sa puissance dans notre foiblesse1 et lev] les uvres de sa misricorde sur le fondem5t de notre misre4 ,il faut donc entrepr5dre humblem5t et sa9tem5t t\t ce que les directeurs de nos ames jug5t conv5able notre avancem5t spirituel4 ,p5s] savoir ce qu'on ne sait pas1 c'e/ une sottise extrme2 v\loir faire le savant sur ce qu'on ignore1 c'e/ une vanit insupportable3 p\r moi1 je ne v\drois pas mme faire le savant de ce que je saurois1 comme aussi je n'en v\drois pas faire l'ignorant4 ,qu& la *>it le dem&e1 il faut communiqu] fran*em5t et bonnem5t au pro*a91 non-seulem5t ce qui lui e/ ncessaire p\r son in/ruction1 mais encore ce qui lui e/ utile p\r sa consolation2 c> l'humilit qui ca*e et c\vre les v]tus p\r les cons]v]1 les fait nanmo9s p>otre1 lorsque la *>it le comm&e1 p\r les accrotre1 les embellir et les p]fectionn]4 ,en quoi l'humilit ressemble cet arbre des les de ,tylos1 qui la nuit ress]re et ti5t closes ses belles fleurs inc>nates1 et ne les ouvre que le mat9 au soleil levant1 en sorte que les habitans du pays dis5t que ces fleurs dorm5t la nuit4 ,de mme l'humilit c\vre et ca*e t\t ce qui e/ v]tu et p]fection huma9e2 et ne les fait jamais p>otre que p\r la *>it1 qui1 n'tant pas une v]tu huma9e1 mais cle/e1 non pas morale1 mais div9e1 e/ vritablem5t le soleil des v]tus1 sur lesquelles elle doit t\j\rs dom9]3 et s'il arrive que l'humilit prjudicie la *>it1 c'e/ une preuve indubitable que cette humilit e/ fausse et mauvaise4 ,je ne v\drois non plus ni faire le f\ ni faire le sage2 c> si l'humilit m'emp*e de faire le sage1 la simplicit et la fran*ise m'emp*]ont aussi de faire le f\2 et si la vanit e/ contraire l'humilit1 l'artifice1 l'afft]ie et la ruse sont contraires la fran*ise et la simplicit4 ,que si quelques gr&s s]viteurs de ,dieu ont fait semblant d'tre f\s1 il les faut admir]1 mais non pas imit]2 c> ils ont eu p\r cela des motifs si p>ticuli]s et si extraord9aires1 que p]sonne n'en doit tir] aucune consqu5ce p\r soi3 et quant ,david qui dansa et sauta devant l'ar*e un peu plus que l'usage et la bi5sance ne dem&oi5t1 ce n'toit pas qu'il v\lt faire le f\2 mais c'toit t\t simplem5t p\r satisfaire p> ces m\vem5s extrieurs l'extrme et inconcevable allgresse qu'il ress5toit dans son cur4 ,il e/ vrai que qu& ,mi*ol sa femme lui en fit repro*e comme d'une folie1 il ne fut pas *agr9 de se voir avili1 mais1 cont9uant au contraire les naves dmon/rations de sa joie1 il tmoigna tre bi5 aise de recevoir un peu de confusion p\r son ,dieu4 ,sur quoi je v\s dirai que1 si p\r les actes d'une vraie et s9cre dvotion1 on v\s accuse de bassesse1 de sottise ou de folie1 l'humilit devra v\s faire tr\v] d\ce cette bi5heureuse humiliation dont la cause ne s]a pas en v\s1 mais en ceux qui v\s la donn]ont4 ,,*apitre ,,vi4 ,que l'humilit n\s fait aim] notre propre abjection4 ,je passe plus avant1 ,philo?e1 et je dis qu'en t\t et p>t\t v\s devez aim] votre propre abjection4 ,mais que veut dire cela1 me dem&ez-v\s3 aim] sa propre abjection8 ,en lat9 abjection veut dire humilit1 et humilit veut dire abjection2 en sorte que qu& la sa9te ,vi]ge n\s dit en son div9 cantique que1 p>ce que le ,seigneur a vu l'humilit de sa s]vante1 t\tes les gnrations la diront bi5heureuse1 elle veut dire que le ,seigneur a daign reg>d] favorablem5t son abjection1 son nant1 sa bassesse1 p\r la combl] de grces et de faveurs4 ,il y a nanmo9s de la diffr5ce entre la v]tu d'humilit et l'abjection4 ,c> l'abjection1 c'e/ la petitesse1 la bassesse et la foiblesse qui e/ en n\s1 sans que n\s y p5sions3 mais la v]tu d'humilit1 c'e/ la connoissance vritable et volontaire de notre abjection4 ,or1 le haut po9t de cette humilit consi/e1 non-seulem5t v\loir bi5 reconnotre qu'on e/ abject1 mais encore aim] cette abjection et s'y complaire1 non po9t p> dfaut de c\rage et de gnrosit1 mais en vue d'exalt] davantage la div9e ,maje/1 et d'e/im] beauc\p plus le pro*a9 que n\s-mmes4 ,et c'e/ cela que je v\s exhorte1 ,philo?e2 et p\r mieux l'ent5dre1 sa*ez que p>mi les maux que n\s s\ffrons1 les uns sont abjects et les autres honorables3 plusieurs p]sonnes s'accommod5t assez des honorables1 mais presque nul ne veut s'accommod] des abjects4 ,voyez ce bon ermite t\t d*ir et transi de froid2 *acun honore son habit u1 et porte compassion sa s\ffrance2 mais qu'un pauvre artisan1 un pauvre g5tilhomme1 une pauvre demoiselle soit dans le mme tat1 on s'en moque et on s'en rit2 voil comme la pauvret e/ abjecte4 ,une religieuse reoit dvotem5t une pre rprim&e de son suprieur1 et un enfant de son pre3 *acun appell]a cela mortification1 obissance1 sagesse2 mais un cavali] ou une dame en s\ffrira autant de quelqu'un1 et quoique ce soit p\r l'am\r de ,dieu1 on dira que c'e/ de la bassesse et de la l*et2 voil donc encore un autre mal abject4 ,une p]sonne a un ulcre au bras1 et une autre en a un au visage1 celle-l n'a que le mal2 mais celle-ci1 avec le mal1 a le mpris1 l'abjection et le dda94 ,or1 je dis ma9t5ant qu'il ne faut pas seulem5t aim] le mal1 ce qui se fait p> la v]tu de pati5ce1 mais qu'il faut encore *rir l'abjection1 ce qui se fait p> la v]tu d'humilit4 ,de plus1 il y a des v]tus abjectes et des v]tus honorables4 ,la pati5ce1 la d\ceur1 la simplicit et l'humilit mme1 sont des v]tus que les monda9s ti5n5t p\r viles et abjectes4 ,au contraire1 ils e/im5t beauc\p la prud5ce1 la vaillance et la gnrosit4 ,il y a encore des actions d'une mme v]tu1 dont les unes sont mprises1 et les autres honores2 donn] l'aumne et p>donn] une (f5se1 sont deux actions de *>it3 la premire e/ honore de t\t le monde1 et l'autre au contraire e/ reg>de avec mpris4 ,un jeune g5tilhomme1 ou une jeune dame1 qui fuira la socit de ces p]sonnes frivoles qui ne sav5t que p>l]1 j\]1 dans]1 boire et se p>]1 s]a l'objet du s>casme et de la raill]ie1 et sa ret5ue pass]a p\r affectation et bigot]ie3 aim] cela1 c'e/ aim] son abjection4 ,en voici d'une autre sorte3 n\s allons visit] les malades2 si on m'envoie au plus pauvre1 ce me s]a une abjection selon le monde2 c'e/ p\rquoi je l'aim]ai4 ,si on m'envoie au plus qualifi1 ce me s]a une abjection selon l'esprit2 c> il n'y a pas tant de v]tu et de mrite1 j'aim]ai encore cette abjection4 ,je tombe dans la rue1 et1 outre le mal que je me fais1 j'en ai encore de la confusion3 il faut aim] cette abjection4 ,il y a mme des fautes o il n'y a aucun mal1 si ce n'e/ l'abjection qui en rsulte1 et l'humilit n'exige pas qu'on les fasse expressm5t1 mais bi5 qu'on ne s'en tr\ble po9t qu& on les a commises4 ,telles sont c]ta9es sottises1 incivilits ou maladresses qu'il faut vit] soigneusem5t p\r obir la civilit et la prud5ce2 mais aussi1 qu& elles sont faites1 il faut acquiesc] l'abjection qui n\s en revi5t1 et l'accept] de bon cur p\r suivre la sa9te humilit4 ,bi5 plus1 si je me suis laiss all] p> colre ou autrem5t dire de mauvaises p>oles1 dont ,dieu et le pro*a9 ont t (f5ss1 je me rep5tirai vivem5t de cette (f5se1 et je t*]ai de la rp>] le mieux qu'il me s]a possible2 mais je ne laiss]ai pas d'agrer l'abjection qui m'en arrive2 et si l'un p\voit se sp>] de l'autre1 je rejet]ois ardemm5t le p*1 et je g>d]ois humblem5t l'abjection qui l'accompagne4 ,mais quoique n\s aimions l'abjection qui provi5t du mal1 encore ne faut-il pas laiss] de remdi] au mal qui l'a cause1 p> des moy5s conv5ables et lgitimes1 surt\t si le mal e/ de consqu5ce4 ,si j'ai un mal abject au visage1 j'en *]*]ai la gurison1 mais sans r5onc] l'abjection que j'en ai reue4 ,si j'ai fait une faute qui n'(f5se p]sonne1 je ne m'en excus]ai pas1 p>ce qu'encore que ce soit une faute1 comme elle n'a d'autre suite que la honte qui y e/ atta*e1 je ne p\rrois m'en excus] que p\r fuir l'abjection qu'elle m'apporte2 et c'e/ ce que l'humilit ne p]met pas4 ,mais si p> mg>de ou p> sottise j'ai (f5s ou sc&alis quelqu'un1 je rp>]ai ma faute p> quelque s9cre excuse1 d'autant que le mal e/ t\j\rs subsi/ant1 et que la *>it m'oblige de l'effac]4 ,enf91 il arrive quelquefois que la *>it dem&e que n\s remdiions l'abjection1 dans l'intrt du pro*a9 auquel notre rputation e/ ncessaire2 mais1 dans ce cas-l1 t\t en tant notre abjection de devant les yeux du pro*a9 p\r emp*] qu'il ne s'en sc&alise1 il faut la s]r] et la ca*] dans notre cur1 af9 qu'il s'en difie4 ,si aprs cela v\s v\lez savoir1 ,philo?e1 quelles sont les meilleures abjections1 je v\s dirai t\t clairem5t que les plus pr(itables l'ame et les plus agrables ,dieu1 sont celles que n\s avons p> accid5t1 ou qui sont atta*es notre tat1 p>ce que n\s ne les t5ons pas de n\s-mmes1 mais de la ma9 de ,dieu1 dont le *oix e/ t\j\rs meilleur que le ntre4 ,que s'il en falloit *oisir1 les plus gr&es sont les meilleures2 et celles-l sont e/imes les plus gr&es1 qui sont plus contraires nos incl9ations1 p\rvu qu'elles soi5t con=mes notre vocation2 c>1 p\r le dire une fois p\r t\tes1 notre *oix et notre volont propre gt5t et dim9u5t presque t\tes nos v]tus4 ,ah6 qui n\s f]a la grce de p\voir dire avec le roi ,prophte3 ,j'ai *oisi d'tre abject en la maison de mon ,dieu1 plutt que d'habit] s\s les t5tes des p*eurs6 ,nul ne le peut1 *re ,philo?e1 si ce n'e/ celui qui1 p\r relev] notre nature1 a t en sa vie et en sa mort l'opprobre des hommes et l'abjection du peuple4 ,en t\t ceci je v\s ai dit beauc\p de *oses qui v\s sembl]ont dures au premi] ap]u2 mais1 croyez-moi1 elle s]ont plus d\ces que le sucre et le miel qu& v\s les pratiqu]ez4 ,,*apitre ,,vii4 ,comm5t il faut cons]v] la bonne r5omme en pratiquant l'humilit4 ,la l\ange1 l'honneur et la gloire ne se donn5t pas aux hommes p\r une v]tu commune1 mais p\r une v]tu r>e et excell5te4 ,c> p> la l\ange1 n\s v\lons p]suad] aux autres d'e/im] l'excell5ce de quelqu'un2 p> l'honneur1 n\s prote/ons que n\s l'e/imons n\s-mmes2 et la gloire n'e/ autre *ose1 mon avis1 qu'un clat de rputation1 qui se compose de la runion de beauc\p de l\anges et d'honneurs2 en sorte que si la gloire e/ une c\ronne1 les honneurs et les l\anges en sont les pi]res prcieuses et les p]les4 ,or1 l'humilit ne p\vant s\ffrir que n\s ayons aucune bonne op9ion de n\s-mmes1 ni aucune prt5tion d'tre prfrs aux autres1 elle ne peut p]mettre aussi que n\s re*]*ions la l\ange1 l'honneur ou la gloire1 qui ne sont dus qu' la seule excell5ce4 ,t\tefois elle cons5t que1 selon l'av]tissem5t du ,sage1 n\s pr5ions so9 de notre rputation1 p>ce que la bonne r5omme n'e/ pas une e/ime qui repose sur aucune excell5ce1 mais bi5 sur cette simple honntet et cette intgrit de vie que l'humilit ne n\s emp*e pas de reconnotre en n\s-mmes1 et dont elle n\s p]met p> consqu5t de dsir] la rputation4 ,il e/ vrai que l'humilit mpris]oit la r5omme1 si la *>it n'en avoit beso92 mais p>ce qu'elle e/ un des fondem5s de la socit huma9e1 et que sans elle n\s sommes non-seulem5t inutiles1 mais nuisibles au public1 cause du sc&ale qu'il en reoit1 la *>it dem&e1 et l'humilit p]met que n\s la dsirions et que n\s la cons]vions prcieusem5t4 ,outre cela1 comme les feuilles des arbres1 qui d'elles-mmes ne sont pas trs-prcieuses1 s]v5t nanmo9s beauc\p1 soit p\r les embellir1 soit p\r cons]v] les fruits tant qu'ils sont encore t5dres2 de mme1 la bonne r5omme1 qui d'elle-mme n'e/ pas une *ose =t dsirable1 ne laisse pas d'tre trs-utile1 non-seulem5t p\r l'ornem5t de notre vie1 mais encore p\r la cons]vation de nos v]tus1 et pr9cipalem5t des v]tus encore t5dres et foibles4 ,l'obligation de ma9t5ir notre rputation et d'tre tels qu'on n\s e/ime1 fait notre l*et naturelle une puissante et d\ce viol5ce4 ,cons]vons nos v]tus1 ,philo?e1 p>ce qu'elles sont agrables ,dieu1 gr& et s\v]a9 objet de t\tes nos actions4 ,mais comme ceux qui veul5t g>d] des fruits ne se cont5t5t pas de les confire1 mais les mett5t encore dans des vases propres les cons]v]2 de mme1 bi5 que l'am\r div9 soit le pr9cipal cons]vateur de nos v]tus1 t\j\rs e/-il que n\s p\vons encore employ] la bonne r5omme1 comme trs-propre et utile cela4 ,il ne faut pas p\rtant que n\s soyons trop ard5s et trop susceptibles sur le po9t d'honneur1 c> ceux qui sont si dlicats et si s5sibles p\r leur rputation1 ressembl5t ceux qui1 p\r t\tes sortes de petites incommodits1 pr5n5t des mdec9es3 ceux-ci1 p5sant cons]v] leur sant1 la gt5t t\t--fait2 et ceux-l1 v\lant ma9t5ir si dlicatem5t leur rputation1 la p]d5t entirem5t4 ,c> p> cette susceptibilit si gr&e1 ils se r5d5t biz>res1 ombrageux et insupportables1 et provoqu5t la malice des mdisans4 ,la dissimulation1 le mpris des injures et des calomnies1 e/ p\r l'ord9aire un remde beauc\p plus salutaire que le ress5tim5t1 la dispute et la v5geance4 ,le mpris les fait van\ir2 au lieu que1 si l'on s'en f*e1 il semble qu'on les av\e4 ,le crocodile ne fait mal1 dit-on1 qu' ceux qui le craign5t2 et moi je dis que la mdisance ne fait tort qu' ceux qui s'en mett5t en pe9e4 ,la cra9te excessive de p]dre sa rputation annonce qu'on ne la croit pas trop bi5 fonde sur la ralit d'une bonne vie4 ,les villes qui ont des ponts de bois sur de gr&s fleuves1 craign5t qu'ils ne soi5t emports p> les mo9dres crues d'eau2 mais celles qui ont des ponts de pi]re1 n'en sont en pe9e que dans les gr&es inondations4 ,a9si ceux qui ont une ame solidem5t *rti5ne mpris5t ord9airem5t le dbordem5t des mauvaises langues2 mais ceux qui se s5t5t foibles s'inquit5t t\t propos4 ,oui1 ,philo?e1 celui qui veut tre en rputation auprs de t\s1 se discrdite s\v5t auprs de t\s2 et l'on mrite de p]dre l'honneur1 qu& on le dem&e ceux mmes que leurs vices r5d5t vraim5t mprisables et infmes4 ,la rputation n'e/ que comme une enseigne qui fait connotre o la v]tu loge3 la v]tu doit donc tre prfre en t\t et p>t\t4 ,c'e/ p\rquoi1 si l'on v\s dit que v\s tes un hypocrite1 p>ce que v\s vivez dvotem5t2 ou que v\s tes un l*e1 p>ce que v\s avez p>donn une injure1 moquez-v\s de t\t cela2 c> outre que de tels jugem5s ne peuv5t gure v5ir que de g5s sots et mprisables1 il e/ c]ta9 que qu& votre rputation y s]oit atta*e1 v\s ne devriez pas1 p\r v\s les r5dre favorables1 ab&onn] la v]tu ni quitt] le droit *em93 prfrons t\j\rs le fruit aux feuilles1 c'e/--dire les bi5s intrieurs et spirituels t\s les bi5s extrieurs et s5sibles4 ,il faut tre jal\x1 mais non pas idoltre de notre r5omme2 et comme il ne faut pas (f5s] l'il des bons1 aussi ne faut-il pas *]*] plaire aux m*ans4 ,la b>be contribue l'ornem5t de l'homme1 et les *eveux l'ornem5t de la femme2 si on arra*e le poil du m5ton et les *eveux de la tte1 difficilem5t ils revi5dront2 mais si on ne fait que les c\p] ou que les ras]1 ils rep\ss]ont bi5tt aprs1 et n'en s]ont que plus =ts et plus t\ffus2 de mme1 encore que la rputation soit c\pe1 ou mme t\t--fait rase p> la langue des mdisans1 qui1 selon ,david1 e/ comme un rasoir affil1 il ne faut pas s'en inquit]2 c> bi5tt elle r5atra1 non-seulem5t aussi belle qu'elle toit1 mais encore plus solide4 ,mais si ce sont nos vices1 nos l*ets1 notre mauvaise vie qui n\s t5t la rputation1 il s]a bi5 difficile que jamais elle revi5ne1 p>ce que la rac9e mme en e/ arra*e4 ,or1 la rac9e de la r5omme1 c'e/ la bont et la probit1 qui1 tant qu'elles sont en n\s1 peuv5t t\j\rs n\s r5dre l'honneur que la mdisance n\s auroit ravi4 ,il faut quitt] cette va9e conv]sation1 cette socit inutile1 cette amiti frivole1 ce foltre amusem5t1 si la rputation en s\ffre4 ,c> la rputation vaut mieux que t\tes sortes de va9es satisfactions4 ,mais si1 cause de nos ex]cices de pit1 de notre avancem5t dans la v]tu1 et de notre a*em9em5t v]s les bi5s t]nels1 on murmure1 on gronde1 on calomnie1 laissons1 comme l'on dit1 aboy] les mt9s contre la lune2 c> s'ils p>vi5n5t donn] mauvaise op9ion de n\s1 et c\p] p\r a9si dire les *eveux et la b>be de notre r5omme1 bi5tt il en rep\ss]a d'autres1 et le rasoir de la mdisance s]vira notre honneur1 comme la s]pe la vigne1 qu'elle fait crotre et abond] en fruits4 ,ayons t\j\rs les yeux sur ,jsus-,*ri/ crucifi3 m>*ons dans son s]vice avec confiance et simplicit1 mais sagem5t et discrtem5t3 il s]a le protecteur de notre r5omme2 et s'il p]met qu'elle n\s soit te1 ce s]a p\r n\s en r5dre une meilleure1 ou p\r n\s faire pr(it] en la sa9te humilit1 dont une seule once vaut mieux que mille livres d'honneurs4 ,si on n\s blme inju/em5t1 opposons paisiblem5t la vrit la calomnie4 ,si elle p]svre1 p]svrons n\s humili]2 remettant a9si notre rputation avec notre ame entre les ma9s de ,dieu1 n\s ne saurions la mieux assur]4 ,s]vons ,dieu dans la bonne et dans la mauvaise r5omme1 l'exemple de sa9t ,paul1 af9 que n\s puissions dire avec ,david3 ,o mon ,dieu6 c'e/ p\r v\s que j'ai support cet opprobre1 et que la confusion a c\v]t mon visage4 ,j'excepte nanmo9s c]ta9s crimes si atroces et si infmes1 que nul n'en doit s\ffrir la calomnie1 qu& il s'en peut ju/em5t d*>g]4 ,j'excepte aussi c]ta9es p]sonnes de la rputation desquelles dp5d l'dification de plusieurs2 c> en ce cas1 il faut tranquillem5t p\rsuivre la rp>ation du tort reu1 suivant l'avis des ?ologi5s4 ,,*apitre ,,viii4 ,de la d\ceur env]s le pro*a91 et du remde contre la colre4 ,le sa9t *rme1 dont1 suivant la tradition des aptres1 on se s]t dans l'glise de ,dieu p\r les confirmations et bndictions1 e/ un compos d'huile d'olive et de baume1 qui reprs5te entre autres *oses1 les deux *res et bi5-aimes v]tus qui reluisoi5t en la sacre p]sonne de ,notre-,seigneur1 et qu'il n\s a recomm&es d'une manire t\te spciale1 lorsqu'il n\s a dit3 ,appr5ez de moi que je suis d\x et humble de cur1 n\s indiquant que c'e/ l le plus sr moy5 de l'imit] et de lui consacr] notre cur4 ,l'humilit p]fectionne l'homme dans ses devoirs env]s ,dieu1 et la d\ceur le p]fectionne dans les devoirs env]s le pro*a94 ,la baume1 qui1 comme je l'ai dj dit1 pr5d t\j\rs le dess\s p>mi les autres liqueurs1 reprs5te l'humilit2 et l'huile d'olive qui pr5d t\j\rs le dessus1 reprs5te la d\ceur et la bont1 qui surmonte t\tes *oses1 et excelle entre t\tes les v]tus1 tant vritablem5t la fleur de la *>it1 laquelle1 dit sa9t ,b]n>d1 e/ arrive sa p]fection1 qu& non-seulem5t elle e/ pati5te1 mais qu'en outre elle e/ d\ce et dbonnaire2 mais pr5ez g>de1 ,philo?e1 que ce *rme my/ique1 compos de d\ceur et d'humilit1 soit bi5 dans votre cur2 c> c'e/ l un des gr&s artifices de l'ennemi1 de faire que plusieurs s'amus5t aux p>oles et aux manires extrieures de ces deux v]tus1 en sorte que1 n'exam9ant pas bi5 leurs affections intrieures1 ils p5s5t tre d\x et humbles1 et ne le sont nanmo9s nullem5t en effet4 ,or1 ceci se connot1 p>ce que nonob/ant leur d\ceur crmonieuse et leur humilit affecte1 on les voit s'lev] avec une *aleur et un orgueil incroyables ds qu'on leur fait la plus petite injure ou qu'on leur dit la mo9dre p>ole de trav]s4 ,on dit que ceux qui sont piqus ou mordus p> des vipres1 n'enfl5t jamais lorsqu'ils ont pris le remde qu'on appelle communm5t ,grce-de-,/-,paul1 p\rvu t\tefois que ce remde soit de bonne qualit3 de mme1 qu& l'humilit et la d\ceur sont bonnes et vraies1 elles n\s g>antiss5t de l'enflure et de l'ardeur que les injures ont c\tume d'occasion] dans notre cur4 ,si1 tant piqus et mordus p> les mdisans1 n\s dev5ons fi]s1 enfls et irrits1 n'en d\tons pas1 c'e/ un signe que notre humilit et notre d\ceur ne sont pas vritables et fran*es1 mais fausses et app>5tes4 ,le sa9t et illu/re patri>*e ,joseph1 r5voyant ses frres d',egypte en la maison de son pre1 ne leur donna que ce seul avis3 ,ne v\s f*ez pas en *em94 ,je v\s le dis aussi1 ,philo?e1 cette misrable vie n'e/ qu'un voyage que n\s avons faire p\r all] au ,ciel2 ne n\s f*ons donc po9t en *em9 les uns contre les autres2 m>*ons avec la tr\pe de nos frres et de nos compagnons1 d\cem5t1 paisiblem5t1 en bons amis4 ,je le dis nettem5t et sans exception quelconque3 ne v\s f*ez po9t du t\t1 s'il e/ possible1 et1 s\s quelque prtexte que ce soit1 n'ouvrez po9t la porte de votre cur la colre2 c> sa9t ,jacques dit que la colre de l'homme n'opre po9t la ju/ice de ,dieu4 ,il e/ vrai qu'il faut rsi/] au mal1 et rprim] les vices de ceux dont n\s sommes *>gs1 avec con/ance et avec =ce1 mais aussi avec d\ceur et avec calme4 ,ri5 n'apaise tant l'lphant irrit que la vue d'un petit agneau2 et ri5 n'amortit mieux les c\ps de canon que la la9e4 ,la correction que fait la raison t\te seule e/ t\j\rs mieux reue que celle o la passion entre avec la raison1 p>ce que l'homme se laisse aism5t conduire p> la raison laquelle il e/ naturellem5t assujetti1 au lieu qu'il ne peut s\ffrir qu'on le dom9e p> passion3 or1 c'e/ de l que qu& la raison veut se =tifi] p> la passion1 elle se r5d odieuse et elle p]d1 ou du mo9s elle affoiblit sa propre autorit1 en appelant son sec\rs la tyrannie de la passion4 ,lorsque les pr9ces visit5t leurs tats en temps de paix avec leur maison1 les peuples en sont honors et consols2 mais qu& ils sont la tte de leurs armes1 quoique ce soit p\r le bi5 public1 leur passage e/ t\j\rs f*eux et dommageable1 p>ce que1 bi5 qu'ils fass5t exactem5t obs]v] la discipl9e militaire leurs soldats1 il e/ impossible qu'il n'arrive pas quelque dsordre1 dont le bon habitant e/ la victime4 ,a9si1 tant que la raison rgne et di/ribue paisiblem5t le *tim5t et le blme1 quoique ce soit rig\reusem5t et exactem5t1 *acun l'aime et l'appr\ve4 ,mais qu& elle conduit avec soi la colre1 l'emportem5t et la viol5ce1 qui sont1 dit sa9t ,augu/91 ses soldats1 elle se fait plus cra9dre qu'aim]1 et son propre cur en demeure t\t f\l et maltrait4 ,il vaut mieux1 dit le mme sa9t ,augu/9 crivant ,pr(uturus1 refus] l'entre la colre1 mme ju/e et quitable1 que de la recevoir1 quelque petite qu'elle soit2 p>ce qu'tant reue1 il e/ malais de la faire sortir1 et qu'aprs s'tre ins9ue comme un petit rejeton1 elle grossit en mo9s de ri5 et devi5t comme un gr& arbre4 ,que si une fois elle peut gagn] la nuit1 et que le soleil se c\*e sur notre colre1 ce que l',aptre df5d1 elle se conv]tit en ha9e1 et il n'y a presque plus moy5 de s'en dfaire1 p>ce qu'elle se n\rrit de mille fausses prv5tions1 dont il e/ bi5 r>e que l'homme c\rr\c reconnoisse l'inju/ice4 ,il vaut donc mieux appr5dre vivre sans colre que de *]*] en us] modrm5t et sagem5t2 et qu&1 p> imp]fection et foiblesse1 n\s n\s tr\vons surpris p> elle1 il vaut mieux la rep\ss] promptem5t1 que de v\loir m>*&] avec elle2 c>1 p\r peu qu'on lui donne de loisir1 elle se r5d matresse de la place1 et fait comme le s]p5t qui tire aism5t t\t son corps o il a pu pass] sa tte4 ,mais comm5t la rep\ss]ai-je8 me direz-v\s4 ,il faut1 ma ,philo?e1 qu' la premire atte9te que v\s en aurez1 v\s ramassiez promptem5t vos =ces1 non brusquem5t ni imptueusem5t1 mais d\cem5t et gravem5t2 c>1 comme on voit s\v5t dans les audi5ces des p>lem5s et des snats1 que les huissi]s en criant1 ,paix l6 font plus de bruit que ceux qu'ils veul5t faire taire2 a9si arrive-t-il ma9tes fois qu'en v\lant brusquem5t rprim] notre colre1 n\s excitons plus de tr\ble dans notre cur qu'elle n'en avoit fait2 et le cur tant a9si tr\bl1 ne peut plus tre matre de lui-mme4 ,aprs ce d\x ef=t1 pratiquez le conseil que sa9t ,augu/91 dj vieux1 donnoit au jeune vque ,auxilius3 ,faites1 dit-il1 ce qu'un homme doit faire2 et si dans quelque occasion v\s avez sujet de dire comme ,david3 ,mon il e/ tr\bl d'une gr&e colre1 rec\rez aussitt ,dieu1 en criant3 ,seigneur1 ayez piti de moi1 af9 qu'il t5de sur v\s sa droite1 et qu'il rprime votre c\rr\x4 ,je veux dire qu'il faut invoqu] le sec\rs de ,dieu1 qu& n\s n\s voyons agits p> la colre1 l'exemple des aptres battus du v5t et de l'orage au milieu des eaux2 c> il comm&]a nos passions de s'arrt]1 et l'in/ant il se f]a un gr& calme4 ,mais t\j\rs je v\s dis que la prire qu'on oppose la colre prs5te et pressante doit se faire d\cem5t1 tranquillem5t1 et non po9t violemm5t3 ce qu'il faut obs]v] dans t\s les remdes que l'on applique ce mal4 ,avec cela1 sitt que v\s v\s ap]cevrez avoir fait quelque acte de colre1 rp>ez promptem5t cette faute p> un acte de d\ceur env]s la p]sonne contre laquelle v\s v\s s]ez irrite2 c> comme c'e/ un excell5t remde contre le m5songe que de s'en ddire sur-le-*amp1 aussitt qu'on s'en ap]oit1 aussi e/-ce un bon remde contre la colre de la rp>] t\t de suite p> un acte contraire de d\ceur2 les plaies fra*es sont t\j\rs les plus faciles gurir4 ,au surplus1 lorsque v\s tes tranquille et sans aucun sujet de colre1 faites gr&e provision de d\ceur et de dbonnairet3 disant t\tes vos p>oles1 faisant t\tes vos actions de la plus d\ce manire qu'il v\s s]a possible2 v\s ress\v5ant que l'p\se du ,cantique n'a pas seulem5t le miel sur les lvres et au b\t de la langue1 mais encore s\s la langue1 c'e/--dire1 dans la poitr9e2 et non-seulem5t du miel1 mais encore du lait2 c> aussi ne faut-il pas seulem5t avoir la p>ole d\ce l'g>d du pro*a91 mais encore t\te la poitr9e1 c'e/--dire1 t\t l'intrieur de notre ame2 et non-seulem5t il faut avoir la d\ceur du miel1 qui e/ aromatique et p>fum1 c'e/--dire1 une conv]sation d\ce et aimable avec les trang]s1 mais encore il faut avoir la d\ceur du lait avec la famille et les vois9s1 en quoi manqu5t gr&em5t ceux qui dans la rue sembl5t des anges1 et la maison sont des diables4 ,,*apitre ,,ix4 ,de la d\ceur env]s n\s-mmes4 ,l'un des meilleurs usages que n\s puissions faire de la d\ceur1 c'e/ de n\s l'appliqu] n\s-mmes4 ,ne n\s dpitons jamais contre n\s-mmes ni contre nos imp]fections2 c> bi5 que la raison dem&e que1 qu& n\s faisons des fautes1 n\s en soyons contrits et f*s1 encore faut-il que n\s vitions d'en avoir une d\leur aigre et *agr9e1 dpiteuse et viol5te4 ,en quoi p*5t beauc\p de g5s qui1 s'tant mis en colre1 se c\rr\c5t de s'tre c\rr\cs1 se *agr95t de s'tre *agr9s1 et se dpit5t de s'tre dpits4 ,d'o il arrive qu'ils ti5n5t leur cur t\j\rs enfl et dtremp de colre1 et que la seconde colre1 en p>oissant ru9] la premire1 s]t nanmo9s d'ouv]ture et de passage t\tes celles qui se prs5t]ont4 ,aj\tez cela que ces colres et ces aigreurs que l'on a contre soi-mme t5d5t l'orgueil1 et n'ont d'autre orig9e que l'am\r-propre1 p> lequel on se tr\ble et on s'inquite de se voir imp>fait4 ,il faut donc avoir un dplaisir de nos fautes2 mais un dplaisir calme1 paisible et f]me3 c>1 de mme qu'un juge1 en r5dant ses s5t5ces1 p> raison et de sang-froid1 *tie bi5 mieux les m*ans que s'il agissoit p> emportem5t et p> passion1 puisqu'en jugeant avec passion1 il ne *tie pas les fautes selon ce qu'elles sont1 mais selon ce qu'il e/ lui-mme2 de mme n\s n\s *tions bi5 mieux n\s-mmes p> un rep5tir calme et con/ant1 que p> des repro*es ple9s d'aigreur et de colre1 puisque ces repro*es si viol5s ne se font pas selon la gravit de nos fautes1 mais selon nos propres incl9ations4 ,p> exemple1 celui qui affectionne la *a/et1 se dpit]a avec une am]tume non p>eille de la mo9dre faute qu'il commettra contre cette v]tu1 t&is qu'il ne f]a que rire d'une grosse mdisance qu'il aura commise2 au contraire1 celui qui hait la mdisance se t\rm5t]a d'une lgre p>ole qui lui s]a *appe1 et ne ti5dra nul compte d'une grosse faute commise contre la *a/et2 et a9si des autres4 ,or1 d'o vi5t-cela8 de ce qu'on ne =me pas le jugem5t de sa consci5ce p> raison1 mais p> passion4 ,croyez-moi1 ,philo?e1 comme les remontrances d'un pre1 faites d\cem5t et cordialem5t1 ont bi5 plus de p\voir sur un enfant p\r le corrig]1 que les colres et les c\rr\x1 a9si qu& notre cur aura fait quelque faute1 si n\s le repr5ons avec des remontrances d\ces et tranquilles1 ayant plus de compassion de lui que de passion contre lui et l'enc\rageant mieux faire l'av5ir1 le regret qu'il en concevra entr]a bi5 plus avant et le pntr]a bi5 mieux que ne f]oit une correction aigre1 injurieuse et emporte4 ,p\r moi1 si j'avois1 p> exemple1 rsolu de ne po9t tomb] dans la vanit1 et que j'y fusse nanmo9s tomb d'une gr&e *ute1 je ne v\drois pas repr5dre mon cur de cette sorte3 ,n'es-tu pas bi5 misrable et abom9able1 aprs tant de rsolutions1 de t'tre laiss emport] la vanit8 ,meurs de honte1 ne lve plus les yeux au ciel1 aveugle que tu es1 impud5t1 tratre1 dloyal ton ,dieu6 et autres *oses semblables4 ,mais je v\drois le corrig] raisonnablem5t et p> manire de compassion3 ,eh bi56 mon pauvre cur1 n\s voil donc tombs dans la fosse que n\s avions tant rsolu d'vit]6 ,ah6 relevons-n\s1 et sortons-en p\r jamais2 rclamons la misricorde de ,dieu1 et esprons qu'elle n\s assi/]a1 p\r dsormais tre plus f]mes4 ,remettons-n\s dans le *em9 de l'humilit4 ,c\rage6 soyons ma9t5ant sur nos g>des3 ,dieu n\s aid]a1 n\s f]ons quelque *ose de bon4 ,sur quoi je v\drois btir une bonne et f]me rsolution de ne plus retomb] dans ma faute1 pr5ant p\r cela les moy5s conv5ables1 et surt\t l'avis de mon directeur4 ,que si nanmo9s quelqu'un ne tr\ve pas que son cur puisse tre assez mu p> cette d\ce correction1 il p\rra employ] le repro*e1 et une rprim&e dure et =te p\r l'excit] une pr(onde confusion1 p\rvu qu'aprs avoir rudem5t g\rm& et corrig son cur1 il le s\lage un peu en t]m9ant t\s ses regrets p> une d\ce et sa9te confiance en ,dieu1 l'imitation de ce gr& pnit5t qui1 voyant son ame afflige1 la relevoit de cette sorte3 ,p\rquoi es-tu tri/e1 mon ame6 et p\rquoi me tr\bles-tu8 ,espre en ,dieu1 c> je le bnirai encore comme le salut et la lumire de mon visage et mon vrai ,dieu4 ,relevez donc votre cur qu& il tomb]a1 t\t d\cem5t1 v\s humiliant beauc\p devant ,dieu p> l'expri5ce de votre misre1 sans nullem5t v\s tonn] de votre *ute1 puisque ce n'e/ pas *ose surpr5ante que l'infirmit soit infirme1 que la foiblesse soit foible1 et que la misre soit *tive4 ,dte/ez nanmo9s de t\tes vos =ces l'(f5se que ,dieu a reue de v\s1 et avec un gr& c\rage et une f]me confiance en sa misricorde1 remettez-v\s au tra9 de la v]tu que v\s avez ab&onne4 ,,*apitre ,x4 ,qu'il faut s'appliqu] aux affaires avec so91 sans empressem5t ni tr\ble4 ,le so9 et la dilig5ce que n\s devons mettre en nos affaires sont des *oses bi5 diffr5tes de l'inquitude1 du tr\ble et de l'empressem5t4 ,les anges pr5n5t so9 de notre salut1 et s'y appliqu5t avec dilig5ce1 mais ils n'en ont p\r cela ni inquitude1 ni tr\ble1 ni empressem5t2 c> le so9 et la dilig5ce app>ti5n5t leur *>it2 mais l'inquitude1 le tr\ble et l'empressem5t s]oi5t totalem5t contraires leur flicit1 puisque le so9 et la dilig5ce peuv5t tre accompagns de la tranquillit et de la paix de l'ame1 mais non pas l'inquitude1 le s\ci1 et encore mo9s l'empressem5t4 ,soyez donc soigneuse et dilig5te en t\tes les affaires dont v\s s]ez *>ge1 ma ,philote2 c> ,dieu v\s les ayant confies1 veut que v\s en ayez un gr& so92 mais1 s'il e/ possible1 n'en pr5ez ni inquitude1 ni s\ci1 c'e/--dire ne les entrepr5ez pas avec tr\ble1 anxit et ardeur1 ne v\s empressez pas la besogne1 c> t\te sorte d'empressem5t tr\ble la raison et le jugem5t1 et n\s emp*e mme de bi5 faire la *ose laquelle n\s n\s empressons4 ,qu& ,notre-,seigneur repr5d sa9te ,m>!1 il lui dit3 ,m>!1 ,m>!1 v\s v\s inquitez et v\s v\s tr\blez p\r beauc\p de *oses4 ,si elle et t simplem5t soigneuse1 elle ne se ft pas tr\ble2 mais p>ce qu'elle avoit de l'inquitude et du s\ci1 elle s'empresse et se tr\ble2 et c'e/ de quoi ,notre-,seigneur la repr5d4 ,les fleuves qui vont d\cem5t c\lant dans la pla9e1 port5t les gr&s bateaux et les ri*es m>*&ises1 et les pluies qui tomb5t d\cem5t dans la campagne y font crotre les h]bes et les fruits4 ,mais les torr5s et les rivires1 qui gr&s flots c\r5t sur la t]re1 m95t t\t sur leur passage1 et sont inutiles au comm]ce1 comme les pluies viol5tes et orageuses ravag5t les *amps et les prairies4 ,jamais besogne faite avec imptuosit et empressem5t ne fut bi5 faite4 ,il faut se ht] l5tem5t1 comme dit l'anci5 prov]be4 ,qui va avec prcipitation1 dit ,salomon1 c\rt risque de tomb] *aque pas4 ,n\s faisons t\j\rs assez tt1 qu& n\s faisons bi52 les b\rdons font bi5 plus de bruit et sont bi5 plus empresss que les abeilles2 mais ils ne font que la cire1 et non po9t le miel2 de mme ceux qui s'empress5t d'une manire si bruyante et si affaire1 ne font jamais ni beauc\p ni bi54 ,les m\*es ne n\s inquit5t pas p> leur =ce1 mais p> leur multitude4 ,a9si les gr&es affaires ne n\s tr\bl5t pas tant p> leur importance que les petites p> leur nombre4 ,recevez donc les affaires qui v\s arriv]ont1 en paix1 et ta*ez de les faire p> ordre1 l'une aprs l'autre2 c> si v\s les v\lez faire t\t d'un c\p1 ou en dsordre1 v\s f]ez des ef=ts qui v\s consum]ont l'esprit1 et p\r l'ord9aire v\s demeur]ez accable s\s le poids et sans effet4 ,en t\tes vos affaires appuyez-v\s totalem5t sur la provid5ce de ,dieu1 p> laquelle seule vos desse9s doiv5t russir3 travaillez nanmo9s de votre ct t\t d\cem5t p\r coopr] ses uvres2 et puis croyez que si v\s v\s tes bi5 confie en ,dieu1 le rsultat que v\s obti5drez s]a t\j\rs le plus pr(itable p\r v\s1 soit qu'il p>oisse bon1 soit qu'il p>oisse mauvais votre jugem5t p>ticuli]4 ,dans le maniem5t et l'acquisition des bi5s temporels1 faites comme un petit enfant1 qui d'une ma9 t5ant son pre1 cueille de l'autre les fraises et les mres le long des haies2 s]vez-v\s aussi d'une de vos ma9s p\r amass] les bi5s de la t]re2 mais t5ez t\j\rs de l'autre la ma9 de votre ,pre cle/e1 v\s ret\rnant de temps en temps v]s lui1 p\r voir s'il a p\r agrable votre travail et vos occupations1 et pr5ez g>de surt\t de ne po9t quitt] sa ma9 et sa conduite1 dans l'ide d'amass] et de recueillir davantage2 c> s'il v\s ab&onne1 v\s ne f]ez po9t de pas sans donn] du nez en t]re4 ,je veux dire1 ma ,philo?e1 que1 qu& v\s s]ez p>mi des affaires et des occupations communes1 qui ne requir5t pas une att5tion si =te et si s\t5ue1 v\s reg>diez plus ,dieu que les affaires2 et qu& les affaires sont de si gr&e importance1 qu'elles dem&5t t\te votre att5tion p\r tre bi5 faites1 de temps en temps reg>dez ,dieu1 comme font ceux qui sont sur m]1 lesquels1 p\r arriv] la t]re qu'ils dsir5t1 reg>d5t plus le ciel que la m]4 ,a9si ,dieu travaill]a avec v\s1 en v\s et p\r v\s1 et votre travail s]a bni de mille consolations4 ,,*apitre ,,xi4 ,de l'obissance4 ,la seule *>it con/itue la p]fection1 mais l'obissance1 la *a/et et la pauvret sont les trois gr&s moy5s que n\s avons p\r l'acqurir3 l'obissance consacre notre cur1 la *a/et notre corps1 et la pauvret nos bi5s l'am\r et au s]vice de ,dieu4 ,ce sont les trois bran*es de la croix spirituelle1 t\tes trois nanmo9s fondes sur la quatrime qui e/ l'humilit4 ,je ne prt5ds pas v\s p>l] de ces trois v]tus p> rapport aux vux sol5nels qu'en font les p]sonnes qui entr5t en religion1 ni p> rapport aux vux simples qu'on en peut faire dans le monde1 je les considr]ai seulem5t en elles-mmes1 att5du que quoique le vu y atta*e un surcrot de grce et de mrite1 elles suffis5t nanmo9s sans le vu p\r conduire la p]fection1 p\rvu qu'elles soi5t bi5 pratiques4 ,il e/ vrai que les vux qu'on en fait tabliss5t une p]sonne dans l'tat de p]fection1 mais il y a une gr&e diffr5ce entre l'tat de p]fection et la p]fection1 puisque t\s les vques et les religieux sont dans l'tat de p]fection1 et que t\s nanmo9s ne sont pas dans la p]fection1 a9si qu'il ne se voit que trop4 ,t*ons donc1 ,philo?e1 de bi5 pratiqu] ces trois v]tus1 *acun selon notre vocation2 c>1 encore qu'elles ne n\s mett5t pas dans l'tat de p]fection1 elles n\s donn]ont nanmo9s la p]fection mme2 et c'e/ p\rquoi n\s sommes t\s obligs la pratique de ces trois v]tus1 quoique n\s ne soyons pas t\s obligs de les pratiqu] de la mme manire4 ,il y a deux sortes d'obissance3 l'une ncessaire1 et l'autre volontaire4 ,p> la ncessaire1 v\s devez humblem5t obir vos suprieurs ecclsia/iques1 comme au pape et l'vque1 au cur et ceux qui les reprs5t5t4 ,v\s devez obir vos suprieurs politiques1 c'e/--dire votre pr9ce et aux magi/rats qu'il a tablis sur votre pays2 v\s devez enf9 obir vos suprieurs dome/iques1 c'e/--dire votre pre1 votre mre1 votre m>i1 votre matre et votre matresse4 ,or1 cette obissance s'appelle ncessaire1 p>ce que nul ne peut s'exempt] d'obir ces suprieurs-l1 ,dieu les ayant *>gs de n\s comm&] et de n\s g\v]n]1 *acun selon l'autorit qu'il a sur n\s4 ,obissez donc leurs comm&em5s1 cela e/ de ncessit2 mais de plus1 si v\s v\lez tre p>faite1 suivez encore leurs conseils1 et mme leurs dsirs et leurs incl9ations1 en tant que la *>it et la prud5ce v\s le p]mettront3 obissez qu& ils v\s ordonn]ont une *ose agrable1 comme de mang] ou de pr5dre la rcration2 c>1 encore qu'il p>oisse qu'il n'y a pas gr& mrite obir en ce cas1 ce s]oit nanmo9s un gr& vice que de dsobir4 ,obissez dans les *oses indiffr5tes1 comme de port] tel ou tel habit1 d'all] p> un *em9 ou p> un autre1 de *ant] ou de se taire1 et ce s]a dj une obissance =t recomm&able4 ,obissez dans les *oses difficiles1 pres et dures1 et ce s]a une obissance p>faite4 ,obissez enf9 d\cem5t sans rplique1 promptem5t1 sans ret>d1 gam5t1 sans *agr91 et surt\t obissez am\reusem5t p\r l'am\r de celui qui p\r l'am\r de n\s s'e/ fait obissant jusqu' la mort1 et la mort de la croix2 et qui1 comme dit sa9t ,b]n>d1 aima mieux p]dre la vie que l'obissance4 ,p\r appr5dre obir aism5t vos suprieurs1 condesc5dez aism5t la volont de vos gaux1 cdant leurs op9ions en ce qui n'e/ pas mauvais1 sans tre cont5tieuse1 ni rev*e3 accommodez-v\s volonti]s aux dsirs de vos infrieurs1 autant que la raison le p]mettra1 sans ex]c] sur eux aucune autorit imprieuse tant qu'ils se ti5dront dans leur devoir4 ,c'e/ un abus de croire que si l'on toit religieux ou religieuse on obirait aism5t1 si l'on s5t de la difficult et de la rpugnance obir aux p]sonnes que ,dieu a mises au-dessus de n\s4 ,n\s appelons obissance volontaire celle laquelle n\s n\s obligeons p> notre propre *oix et qui ne n\s e/ impose p> p]sonne4 ,on ne *oisit pas p\r l'ord9aire son pr9ce ou son vque1 son pre et sa mre1 ni mme s\v5t son m>i1 mais l'on *oisit bi5 son confesseur1 son directeur4 ,or1 soit qu'en le *oisissant on fasse vu de lui obir1 comme fit la mre ,?rse1 qui1 outre l'obissance v\e sol5nellem5t au suprieur de son ordre1 s'obligea encore p> un vu simple obir au pre ,gratian2 soit que1 sans vu1 l'on se s\mette l'obissance de quelqu'un1 t\j\rs cette obissance s'appelle volontaire1 raison de son fondem5t qui dp5d de notre volont et de notre *oix4 ,il faut obir t\s les suprieurs1 et *acun en p>ticuli]1 selon l'espce d'autorit qu'il a sur n\s3 aux pr9ces1 en ce qui reg>de la police et les *oses publiques2 aux prlats1 en ce qui reg>de la discipl9e ecclsia/ique2 dans les *oses dome/iques1 au pre1 au matre1 au m>i2 et quant la conduite p>ticulire de l'ame1 au confesseur et au directeur p>ticuli]4 ,faites-v\s ordonn] p> votre pre spirituel les pratiques de pit que v\s devez obs]v]1 p>ce qu'elles en s]ont meilleures et auront d\ble grce et bont2 l'une tire d'elles-mmes1 puisqu'elles sont pieuses1 et l'autre tire de l'obissance en v]tu de laquelle elles auront t prescrites et accomplies4 ,bi5heureux sont les obissans1 c> ,dieu ne p]mettra jamais qu'ils s'g>5t4 ,,*apitre ,,xii4 ,de la ncessit de la *a/et4 ,la *a/et e/ le lis des v]tus1 et ds cette vie elle n\s r5d presque semblables aux anges4 ,p>t\t ri5 n'e/ beau que p> la puret1 et la puret des hommes e/ la *a/et4 ,on appelle cette v]tu honntet1 et sa pratique honneur2 on la nomme encore intgrit1 et le vice qui lui e/ contraire1 corruption4 ,en un mot1 elle a cette gloire1 entre t\tes les v]tus1 qu'elle e/ t\t ensemble la v]tu de l'ame et du corps4 ,il n'e/ jamais p]mis de faire s]vir ses s5s un plaisir voluptueux1 en quelque manire que ce soit1 hors d'un lgitime m>iage1 dont la sa9tet puisse p> une ju/e comp5sation rp>] la p]te que l'ame y peut s\ffrir de ce comm]ce s5suel2 encore faut-il y donn] tant d'honntet l'int5tion1 que la volont n'en puisse recevoir aucune ta*e4 ,le cur *a/e e/ semblable la mre p]le1 laquelle ne reoit aucune g\tte d'eau qui ne vi5ne du ciel2 c> il ne s\ffre aucun plaisir1 que celui du m>iage tabli p> le ,ciel3 hors de l1 la seule p5se mme ne lui e/ pas p]mise2 j'ent5ds une p5se laquelle la volupt porte et atta*e l'esprit volontairem5t4 ,p\r le premi] degr de cette v]tu1 jamais1 ,philo?e1 ne s\ffrez volontairem5t ri5 de t\t ce qui e/ df5du dans t\te l't5due de la volupt1 comme univ]sellem5t p>lant1 t\t ce que l'on en *]*e hors de l'tat du m>iage1 ou mme ce qui e/ contraire aux rgles de cet tat4 ,p\r le second degr1 retran*ez1 autant que v\s p\rrez1 t\tes les dlectations des s5s sup]flues et inutiles1 quoiqu'elles soi5t honntes et p]mises4 ,p\r le troisime degr1 n'atta*ez po9t votre affection celles qui sont ncessaires et ordonnes2 c> bi5 qu'il faille s'assujettir celles qui sont de l'in/itution et la f9 du sa9t m>iage1 il ne faut jamais y atta*] l'esprit et le cur4 ,au re/e1 cette v]tu e/ incroyablem5t ncessaire t\s les tats4 ,dans celui de la viduit1 la *a/et doit tre extrmem5t gnreuse p\r le df5dre du plaisir1 non-seulem5t l'g>d du prs5t et de l'av5ir1 mais encore l'g>d du pass1 dont les ides1 t\j\rs dang]euses1 r5d5t l'imag9ation plus susceptible de mauvaises impressions4 ,c'e/ p\rquoi sa9t ,augu/9 admirait en son *] ,alypius cette admirable puret d'ame qui l'avoit entirem5t affran*i des s5tim5s1 et mme des s\v5irs de t\s ses drglem5s passs4 ,en effet1 *acun sait bi5 qu'il e/ facile de cons]v] long-temps les fruits qui sont encore en leur enti]2 mais p\r peu qu'ils ai5t t fltris ou entams1 l'unique moy5 de les bi5 g>d]1 c'e/ de les confire au sucre ou au miel4 ,je dis aussi que l'on a plusieurs moy5s de cons]v] avec sret la *a/et1 t&is qu'elle a t\te son intgrit3 mais qu& elle l'a une fois p]due1 ri5 ne peut plus la cons]v] qu'une solide dvotion1 dont j'ai s\v5t comp> la d\ceur avec celle du miel4 ,dans l'tat de la virg9it1 la *a/et dem&e une gr&e simplicit d'ame1 et une gr&e dlicatesse de consci5ce p\r loign] t\tes sortes de p5ses curieuses1 et p\r s'lev] au-dessus de t\s les plaisirs s5suels1 p> un mpris absolu et enti] de t\t ce que l'homme a de commun avec les btes1 et qu'elles ont mme plus que lui4 ,que jamais donc ces ames pures ne d\t5t en aucune manire que la *a/et ne leur soit incomp>ablem5t meilleure que t\t ce qui e/ incompatible avec sa p]fection3 c>1 comme dit sa9t ,jrme1 le dmon ne p\vant s\ffrir cette salutaire ignorance du plaisir1 t*e du mo9s d'en excit] le dsir dans ces ames1 et leur en donne p\r cela des ides si attirantes1 quoique trs-fausses1 qu'elles en demeur5t =t tr\bles1 p>ce qu'elles se laiss5t imprudemm5t all]1 aj\te ce sa9t ,pre1 e/im] ce qu'elles ignor5t4 ,c'e/ a9si que tant de jeunes g5s1 surpris p> une fausse et folle e/ime des plaisirs voluptueux1 et p> une curiosit s5suelle et inquite1 s'y livr5t avec la p]te entire de leurs intrts temporels et t]nels2 semblables des papillons qui s'imag9ant que la flamme e/ aussi d\ce qu'elle leur p>ot belle1 vont t\rdim5t s'y brl]4 ,a l'g>d de l'tat du m>iage1 c'e/ une erreur vulgaire et trs-gr&e1 de p5s] que la *a/et n'y soit pas ncessaire2 c> elle l'e/ absolum5t et mme beauc\p1 non pas p\r s'y priv] des droits de la foi conjugale1 mais p\r se cont5ir dans les bornes4 ,or1 comme l'obs]vation de ce comm&em5t3 ,f*ez-v\s1 et ne p*ez po9t1 porte plus de difficult que la pratique de celui-ci1 ne v\s f*ez po9t1 p> la raison qu'il e/ plus ais d'vit] la colre que de la rgl]2 de mme il e/ plus facile de se priv] de t\s les plaisirs de la *air1 que de les modr]4 ,il e/ vrai que la lic5ce du m>iage1 sanctifi p> la grce de ,jsus-,*ri/1 peut beauc\p s]vir te9dre la passion naturelle2 mais l'infirmit de plusieurs p]sonnes qui s'en s]v5t1 les font pass] aism5t de la p]mission l'usurpation1 et de l'usage l'abus4 ,et comme l'on voit beauc\p de ri*es s'accommod] inju/em5t du bi5 de leur pro*a91 non pas p> indig5ce1 mais p> av>ice2 l'on voit aussi beauc\p de p]sonnes m>ies1 qui p\vant et devant fix] leur cur un objet lgitime1 s'emport5t encore des plaisirs trang]s1 p> une incont95ce effrne4 ,il e/ t\j\rs dang]eux de pr5dre des mdicam5s viol5s1 p>ce que si l'on en pr5d plus qu'il ne faut1 ou qu'ils ne soi5t pas bi5 prp>s1 la sant en s\ffre beauc\p4 ,le m>iage a t in/itu et sanctifi en p>tie p\r s]vir de remde la cupidit naturelle1 et si on doit dire que ce remde e/ salutaire1 on peut dire qu'il e/ viol5t et p> consqu5t dang]eux1 si l'on s'en s]t sans modration et sans les prcautions ncessaires de la pit *rti5ne4 ,j'aj\te que la v>it des affaires de la vie1 et les longues maladies sp>5t s\v5t deux p]sonnes que l'am\r conjugal a unies2 c'e/ p\rquoi cet tat a beso9 d'une d\ble *a/et3 de l'une p\r s'ab/5ir de t\t plaisir dans les temps d'abs5ce2 et de l'autre1 p\r se modr] dans les temps de prs5ce4 ,sa9te ,ca!r9e de ,si5ne vit entre les damns plusieurs ames excessivem5t t\rm5tes p\r avoir pr(an la sa9tet du m>iage2 non pas prcism5t p> la raison de l'normit de leurs p*s1 puisque les meurtres et les blasphmes sont plus normes2 mais p> cette raison1 que ceux qui les commett5t ne s'en font aucun scrupule1 et que p> consqu5t ils y p]svr5t durant t\te leur vie4 ,v\s voyez donc combi5 la *a/et e/ ncessaire t\s les tats4 ,*]*ez la paix avec t\s1 dit l',aptre1 et la sa9tet1 sans laquelle p]sonne ne v]ra ,dieu4 ,or1 rem>quez que p> la sa9tet1 il ent5d la *a/et1 selon l'obs]vation de sa9t ,jrme et de sa9t ,*ryso/me4 ,non1 ,philo?e1 p]sonne ne v]ra ,dieu sans la *a/et2 p]sonne n'habit]a en ces sa9ts tab]nacles qu'il n'ait le cur pur2 et comme dit le ,sauveur mme1 les *i5s et les impudiques en s]ont bannis4 ,aussi1 bi5heureux sont1 n\s a-t-il dit1 ceux qui auront le cur pur1 p>ce qu'ils v]ront ,dieu6 ,,*apitre ,,xiii4 ,avis p\r cons]v] la *a/et4 ,ayez t\j\rs une gr&e att5tion sur v\s1 p\r loign] promptem5t t\t ce qui peut port] quelque attrait la volupt1 c> c'e/ un mal qui se pr5d ins5siblem5t1 et qui p> de petits comm5cem5s1 fait de gr&s progrs4 ,en un mot1 il e/ plus ais de le fuir1 que de le gurir4 ,la *a/et e/ ce trsor que sa9t ,paul dit que n\s possdons dans des vases bi5 fragiles2 et vritablem5t elle ti5t beauc\p de la fragilit de ces vases qui1 p\r peu qu'ils se heurt5t les uns contre les autres1 c\r5t risque de se cass]4 ,l'eau la plus fra*e que l'on veut cons]v] dans un vase1 y p]d bi5tt la fra*eur1 si quelque animal y a tant soit peu t\*4 ,ne p]mettez donc jamais1 ,philo?e1 et df5dez-v\s v\s-mme t\s ces bad9ages extrieurs des ma9s1 galem5t contraires la mode/ie *rti5ne1 et au respect que l'on doit la qualit ou la v]tu d'une p]sonne3 c> bi5 que peut-tre on puisse absolum5t cons]v] un cur *a/e p>mi ces actions qui vi5n5t plutt de lgret que de malice1 et qui ne sont pas ord9aires1 cep5dant la *a/et en reoit t\j\rs quelque mauvaise atte9te4 ,au re/e1 v\s jugez assez que je ne p>le pas de ces att\*em5s malhonntes qui ru95t entirem5t la *a/et4 ,la *a/et dp5d du cur comme de son orig9e1 et sa pratique extrieure consi/e rgl] et purifi] les s5s2 c'e/ p\rquoi elle se p]d p> t\s les s5s extrieurs1 comme p> les p5ses de l'esprit et p> les dsirs du cur4 ,a9si t\te s5sation que l'on se p]met sur un objet d%onnte et avec esprit de d%onntet1 e/ vritablem5t une impudicit2 jusque l que l',aptre disoit aux premi]s *rti5s3 mes frres1 que la =nication ne se nomme pas mme entre v\s4 ,les abeilles1 non-seulem5t ne t\*5t pas un cadavre p\rri1 mais fui5t encore la mauvaise vapeur qui en exhale4 ,obs]vez1 je v\s prie1 ce que la ,sa9te-,ecriture n\s dit de l',ep\se des ,cantiques2 t\t y e/ my/rieux3 ,la myrrhe di/ille de ses ma9s1 et v\s savez que cette liqueur prs]ve de la corruption2 ses lvres sont b&es d'un ruban v]meil1 et cela n\s appr5d que la pudeur r\git des p>oles tant soit peu malhonntes2 ses yeux sont comp>s aux yeux de la colombe1 cause de leur nettet2 elle a des p5dans d'oreilles qui sont d'or1 et ce prcieux mtal n\s m>que la puret2 son nez e/ comp> un cdre du ,liban1 dont l'odeur e/ exquise et le bois incorruptible4 ,que veut dire t\t cela8 telle doit tre l'ame dvote1 *a/e1 nette1 pure et honnte en t\s ses s5s extrieurs4 ,a ce propos1 je veux v\s appr5dre un mot bi5 rem>quable1 que ,jean ,cassi51 un anci5 ,pre1 assure tre sorti de la b\*e de sa9t ,basile1 qui p>lant de soi-mme1 dit un j\r avec beauc\p d'humilit3 je ne sais ce que sont les femmes1 cep5dant je ne suis pas vi]ge4 ,c]tes la *a/et se peut p]dre en autant de manires qu'il y a de sortes d'impudicits1 lesquelles1 proportion qu'elles sont gr&es ou petites1 l'affoibliss5t ou la bless5t dang]eusem5t1 ou la font entirem5t prir4 ,il y a de c]ta9es lib]ts indiscrtes1 bad9es et s5suelles1 qui1 proprem5t p>l]1 ne viol5t pas la *a/et1 mais qui l'affoibliss5t1 qui l'amolliss5t et qui en t]niss5t l'clat4 ,il y a d'autres lib]ts non-seulem5t indiscrtes1 mais vicieuses2 non-seulem5t bad9es1 mais d%onntes2 non-seulem5t s5suelles1 mais *>nelles1 qui du mo9s bless5t mortellem5t la *a/et3 je dis du mo9s1 p>ce qu'elle prit entirem5t1 si cela va jusqu'au d]ni] effet du plaisir voluptueux4 ,alors la *a/et prit d'une manire plus indigne que m*ante1 et plus malheureuse que qu& elle se p]d p> la =nication1 mme p> l'adultre et p> l'ince/e2 c>1 quoique ces d]nires espces de la brutale volupt soi5t de gr&s p*s1 les autres1 comme dit ,t]tulli5 dans son livre de la pudicit1 sont des mon/res d'iniquit et de p*4 ,or ,cassi5 ne croit pas1 ni moi non plus1 que sa9t ,basile ait v\lu s'accus] d'un drglem5t p>eil1 qu& il dit qu'il n'toit pas vi]ge2 et je crois avec raison qu'il n'ent5doit p>l] que des seules p5ses voluptueuses qui ne font que salir l'imag9ation1 l'esprit et le cur3 donc la *a/et a t\j\rs t si *re aux ames gnreuses1 qu'elles en ont t extrmem5t jal\ses4 ,n'ayez jamais de comm]ce avec des p]sonnes dont v\s connotrez que les murs soi5t gtes p> la volupt1 surt\t qu& l'impud5ce e/ jo9te l'impuret1 ce qui arrive presque t\j\rs4 ,l'on prt5d que les b\cs t\*ant seulem5t de la langue les am&i]s1 qui sont d\x de leur espce1 en r5d5t le fruit am]2 et ces ames brutales et infectes ne p>l5t gure p]sonne1 ni de mme sexe1 ni de sexe diffr5t1 qu'elles ne fass5t un gr& tort la pudeur3 semblables aux basilics qui port5t leur v59 dans leurs yeux et dans leur hale9e4 ,au contraire1 faites une bonne liaison avec les p]sonnes *a/es et v]tueuses2 occupez-v\s s\v5t de la lecture des ,livres sacrs1 c> la p>ole de ,dieu e/ *a/e1 et r5d *a/es ceux qui l'aim5t4 ,c'e/ p\rquoi ,david la comp>e cette pi]re prcieuse qu'on appelle topaze1 et dont la proprit spciale e/ d'amortir le cur de la concupisc5ce4 ,t5ez-v\s t\j\rs auprs de ,jsus-,*ri/ crucifi1 soit spirituellem5t p> la mditation1 soit rellem5t et corporellem5t p> la sa9te communion4 ,v\s savez que ceux qui c\*5t sur l'h]be nomme ,agnus-ca/us1 pr5n5t ins5siblem5t des dispositions favorables la *a/et2 p5sez donc que1 reposant votre cur sur ,notre-,seigneur1 qui e/ vritablem5t l'agneau immacul1 v\s tr\v]ez bi5tt votre ame1 votre cur et vos s5s entirem5t purifis de t\s les plaisirs s5suels4 ,,*apitre ,,xiv4 ,de la pauvret d'esprit au milieu des ri*esses4 ,bi5heureux sont les pauvres d'esprit6 c> le royaume des cieux e/ eux4 ,malheureux donc sont les ri*es d'esprit1 c> la misre de l'enf] e/ eux4 ,celui-l e/ ri*e d'esprit1 qui a les ri*esses dans son esprit1 ou son esprit dans les ri*esses4 ,celui-l au contraire e/ pauvre d'esprit1 qui n'a ni les ri*esses dans son esprit1 ni son esprit dans les ri*esses4 ,les alcions font leurs nids comme une pomme1 et n'y laiss5t qu'une trs-petite ouv]ture p> en haut3 ils les plac5t sur le bord de la m]1 et les font si f]mes et si impntrables1 que l'eau1 v5ant les surpr5dre1 ne peut y entr]2 mais t5ant t\j\rs le dessus1 ils demeur5t au milieu de la m]1 sur la m]1 et matres de la m]4 ,votre cur1 *re ,philo?e1 doit tre comme cela1 ouv]t seulem5t au ,ciel1 et impntrable aux ri*esses et aux bi5s prissables de ce monde4 ,si v\s en avez1 g>dez-v\s d'y atta*] votre cur3 qu'il ti5ne t\j\rs le dessus1 et que p>mi les ri*esses il soit sans ri*esses et matre des ri*esses4 ,non1 ne mettez pas cet esprit cle/e dans les bi5s t]re/res2 faites qu'il les dom9e t\j\rs1 qu'il soit sur eux et non pas dans eux4 ,il y a bi5 de la diffr5ce entre avoir du poison et tre empoisonn4 ,les apo?icaires ont presque t\s des poisons p\r s'en s]vir en div]ses occurr5ces2 mais ils ne sont pas p\r cela empoisonns1 p>ce qu'ils n'ont pas ces poisons dans leur corps1 mais dans leur b\tique4 ,a9si p\vez-v\s avoir des ri*esses sans tre empoisonne p> elles3 ce s]a si v\s les avez dans votre maison ou dans votre b\rse1 et non dans votre cur4 ,etre ri*e en effet et pauvre en affection1 c'e/ le gr& bonheur du *rti52 c> p> ce moy5 il a les avantages de la ri*esse p\r ce monde1 et le mrite de la pauvret p\r l'autre4 ,hlas6 ,philote1 jamais p]sonne ne confess]a qu'il soit av>e2 *acun dsav\e cette bassesse d'ame3 on s'excuse sur le nombre des enfans1 sur la prud5ce qui exige qu'on pr5ne les moy5s de s'tablir3 jamais on n'en a trop4 ,il se tr\ve t\j\rs quelque bon motif d'en avoir davantage2 et mme les plus av>es1 non-seulem5t n'av\5t pas qu'ils le soi5t1 mais encore en consci5ce ils ne p5s5t pas l'tre3 non1 ils n'y song5t pas2 c> l'av>ice e/ une fivre qui ti5t du prodige2 on la s5t d'autant mo9s qu'elle e/ plus viol5te et plus ard5te4 ,mose vit le feu sacr brl] un buisson sans le consum]2 mais1 au contraire1 le feu pr(ane de l'av>ice consume et dvore l'av>e1 sans le brl] aucunem5t4 ,au mo9s il se vante1 p>mi les plus gr&es ardeurs1 qu'il respire la plus d\ce fra*eur du monde1 et ti5t que son altration insatiable e/ une soif t\te naturelle et t\te bonne4 ,si v\s dsirez cont9uellem5t1 =tem5t et d'une manire inquite les bi5s que v\s n'avez pas1 v\s avez beau dire que v\s ne v\lez pas les avoir inju/em5t1 v\s ne laiss]ez pas p\r cela d'tre vraim5t av>e4 ,celui qui dsire cont9uellem5t1 avidem5t et avec inquitude de boire1 encore qu'il ne veuille boire que de l'eau1 tmoigne suffisamm5t qu'il a la fivre4 ,o ,philote6 je ne sais si c'e/ un dsir ju/e de dsir] avoir ju/em5t ce qu'un autre possde ju/em5t2 c> il semble que p> ce dsir n\s v\lons n\s accommod] en incommodant les autres4 ,celui qui possde un bi5 ju/em5t n'a-t-il pas plus de raison de le g>d] ju/em5t que n\s de l'avoir ju/em5t8 ,et p\rquoi donc t5dons-n\s notre dsir sur son bi5 p\r l'en priv]8 ,assurm5t1 qu& ce dsir s]oit ju/e1 il ne s]oit pas *>itable2 c> n\s ne v\drions pas que quelqu'un dsirt1 mme ju/em5t1 ce que n\s v\lons g>d] ju/em5t4 ,ce fut le p* d',a*ab1 qui v\lut avoir ju/em5t la vigne de ,nabo?1 que celui-ci v\lut encore plus ju/em5t g>d]2 il la dsira ardemm5t1 long-temps1 avec inquitude2 et p>tant il (f5sa ,dieu4 ,att5dez1 *re ,philote1 p\r dsir] le bi5 du pro*a91 qu'il comm5ce dsir] de s'en dfaire2 c> alors son dsir r5dra le vtre non-seulem5t ju/e1 mais *>itable3 oui1 c> je veux bi5 que v\s ayez so9 d'accrotre vos moy5s et vos facults1 p\rvu que ce soit1 non-seulem5t ju/em5t1 mais encore d\cem5t et *>itablem5t4 ,si v\s affectionnez beauc\p les bi5s que v\s avez1 si v\s en tes =t proccupe1 y atta*ant votre cur et vos p5ses1 et craignant d'une cra9te vive et inquite de les p]dre1 croyez-moi1 v\s avez encore quelque sorte de fivre2 c> les fivreux boiv5t l'eau qu'on leur donne avec un c]ta9 empressem5t et une sorte d'att5tion et de joie que ceux qui sont sa9s n'ont pas acc\tum d'avoir4 ,il n'e/ pas possible de se plaire beauc\p une *ose1 et de ne pas y mettre beauc\p d'affection4 ,s'il v\s arrive de p]dre des bi5s1 et que v\s s5tiez que votre cur s'en dsole beauc\p1 croyez1 ,philote1 que v\s y avez beauc\p d'affection2 c> ri5 ne tmoigne tant l'affection que l'on a p\r la *ose p]due1 que l'affliction que cause la p]te4 ,ne dsirez donc pas d'un dsir dt]m9 le bi5 que v\s n'avez pas2 ne mettez pas =t avant votre cur dans celui que v\s avez2 ne v\s dsolez pas des p]tes qui v\s arriv]ont1 et alors v\s aurez quelque sujet de croire qu'tant ri*e en effet1 v\s ne l'tes pas d'affection2 mais que v\s tes pauvre d'esprit1 et p> consqu5t bi5heureuse1 puisque le royaume des ,cieux v\s app>ti5t4 ,,*apitre ,,xv4 ,comm5t il faut pratiqu] la pauvret relle au milieu des ri*esses4 ,le pe9tre ,p>rhasius peignit le peuple a?ni5 d'une manire =t +nieuse1 le reprs5tant avec son c>actre *angeant1 frivole1 colre1 inju/e1 incon/ant1 c\rtois1 clm5t1 gnreux1 hauta91 fi] et humble1 brave et timide1 t\t cela ensemble4 ,p\r moi1 *re ,philote1 je v\drois aussi faire entr] dans votre cur la ri*esse et la pauvret t\t ensemble1 un gr& so9 et un gr& mpris des *oses temporelles4 ,ayez beauc\p plus de so9 de r5dre vos bi5s utiles et fructueux que n'en ont mme les monda9s4 ,dites-moi1 les j>d9i]s des gr&s pr9ces ne sont-ils pas plus appliqus et plus dilig5s cultiv] et embellir les j>d9s dont ils sont *>gs1 que s'ils en avoi5t la proprit8 ,p\rquoi cela8 p>ce que sans d\te1 ils considr5t ces j>d9s-l comme les j>d9s des pr9ces et des rois1 auxquels ils veul5t plaire p> leurs bons s]vices4 ,philo?e1 les bi5s que n\s avons ne sont pas n\s2 ,dieu n\s les a donns cultiv]2 il veut que n\s les fassions valoir2 et p>tant1 c'e/ lui r5dre notre s]vice agrable que d'en avoir t\j\rs bi5 so94 ,mais il faut que ce soit un so9 plus gr& et plus solide que celui que les monda9s ont de leur =tune2 c> ils ne travaill5t que p\r l'am\r d'eux-mmes1 et n\s1 n\s devons travaill] p\r l'am\r de ,dieu4 ,or1 comme l'am\r de soi-mme e/ un am\r viol5t1 s\cieux1 empress1 le so9 qui en rsulte e/ aussi un so9 ple9 de tr\ble1 d'inquitude et de pe9e2 et comme l'am\r de ,dieu e/ d\x1 paisible et tranquille1 le so9 qu'il donne1 mme qu& il s'applique aux bi5s du monde1 e/ un so9 aimable1 d\x et gracieux4 ,ayons donc ce so9 gracieux de la cons]vation1 et je dirai aussi de l'accroissem5t de nos bi5s temporels1 lorsque quelque ju/e occasion s'en prs5t]a1 et que notre condition le dem&]a2 c> ,dieu veut que n\s en usions a9si p\r son am\r4 ,mais pr5ez g>de que l'am\r-propre ne v\s abuse2 c> quelquefois il contrefait si bi5 l'am\r de ,dieu1 qu'on diroit que c'e/ lui4 ,or1 p\r emp*] qu'il ne v\s trompe1 et que ce so9 des bi5s temporels ne se conv]tisse en av>ice1 outre ce que j'ai dit au *apitre prcd5t1 il e/ ncessaire de pratiqu] trs-s\v5t la pauvret relle et effective au milieu de t\s les bi5s et de t\tes les ri*esses que ,dieu n\s a donns4 ,r5oncez donc t\j\rs quelque p>tie de vos bi5s1 en les donnant de bon cur aux pauvres2 c> donn] ce qu'on a1 c'e/ s'appauvrir d'autant1 et plus v\s donn]ez1 plus v\s v\s appauvrirez4 ,il e/ vrai que ,dieu v\s le r5dra1 non-seulem5t en l'autre monde1 mais encore en celui-ci1 puisqu'il n'y a ri5 qui fasse tant prospr] temporellem5t que l'aumne2 mais en att5dant que ,dieu v\s le r5de1 v\s s]ez t\j\rs appauvrie de cela4 ,o le sa9t et ri*e appauvrissem5t que celui qui se fait p> l'aumne6 ,aimez les pauvres et la pauvret2 et p> cet am\r v\s devi5drez vraim5t pauvre1 c> il e/ dit dans l',ecriture que n\s dev5ons semblables aux *oses que n\s aimons4 ,l'amiti r5d t\t gal entre les amis4 ,qui e/ infirme1 disoit sa9t ,paul1 avec qui je ne sois infirme8 ,il p\voit dire aussi1 qui e/ pauvre1 avec qui je ne sois pauvre8 p>ce que l'affection qu'il portoit au pro*a9 le faisoit tel que ceux qu'il aimoit4 ,si donc v\s aimez les pauvres1 v\s p>ticip]ez vraim5t leur pauvret1 et s]ez pauvre comme eux4 ,or1 si v\s aimez les pauvres1 mettez-v\s s\v5t p>mi eux1 pr5ez plaisir les voir *ez v\s et les visit] *ez eux4 ,conv]sez volonti]s avec eux1 soyez bi5 aise qu'ils v\s appro*5t dans les glises1 dans les rues et ailleurs4 ,soyez pauvre de la langue avec eux1 leur p>lant comme leur gale4 ,mais soyez ri*e des ma9s1 leur donnant de votre =tune1 comme plus abondante que la leur4 ,v\lez-v\s faire encore davantage1 *re ,philo?e8 ne v\s cont5tez pas d'tre pauvre comme les pauvres1 mais soyez plus pauvre que les pauvres4 ,et comm5t cela8 ,le s]viteur e/ mo9dre que son matre2 r5dez-v\s donc s]vante des pauvres1 allez les s]vir dans leurs lits qu& ils sont malades1 je dis de vos propres ma9s2 soyez leur cuis9ire1 et vos propres dp5s2 soyez leur l+re et leur blan*isseuse ,o ,philo?e6 ce s]vice vaut mieux qu'une c\ronne4 ,je ne puis assez admir] l'ardeur avec laquelle ce conseil fut pratiqu p> sa9t ,l\is1 l'un des plus gr&s rois que le soleil ait vus2 mais je dis gr& roi en t\te sorte de gr&eur3 il avoit une table o des pauvres toi5t n\rris et s]vis de sa ma92 il en faisoit v5ir presque t\s les j\rs trois la si5ne1 et s\v5t il mangeoit leurs re/es avec un plaisir extrme1 p> affection p\r eux4 ,qu& il visitoit les hpitaux des malades 7ce qu'il faisoit trs-s\v5t71 il se mettait ord9airem5t s]vir ceux qui avoi5t les maux les plus horribles1 les lpreux1 les hommes rongs d'ulcres et autres semblables1 et il leur r5dait t\s ces s]vices nu-tte et g5\x en t]re1 respectant en leur p]sonne le ,sauveur du monde1 et les *rissant d'un am\r aussi t5dre qu'auroit fait une d\ce mre env]s son enfant4 ,sa9te ,elisabe?1 fille du roi de ,hongrie se mloit ord9airem5t avec les pauvres1 et p\r se rcrer s'habilloit quelquefois en pauvre femme p>mi ses dames1 leur disant3 ,si j'tois pauvre1 je m'habill]ois a9si4 ,o mon ,dieu6 ,philo?e1 que ce pr9ce et cette pr9cesse toi5t pauvres en leurs ri*esses1 et qu'ils toi5t ri*es en leur pauvret6 ,bi5heureux sont ceux qui sont a9si pauvres1 c> le royaume du ,ciel leur app>ti5t4 ,j'ai eu faim1 et v\s m'avez n\rri2 j'ai eu froid1 et v\s m'avez vtu3 possdez le royaume qui v\s a t prp> ds le comm5cem5t du monde3 tel s]a le langage que leur ti5dra le roi des pauvres et des rois au j\r de son gr& jugem5t4 ,il n'e/ p]sonne qui n'pr\ve de temps en temps quelque privation et quelque dsagrm5t4 ,c'e/ un hte qui arriv]a et qu'on v\droit bi5 trait]1 et il n'y aura pas moy5 p\r l'heure4 ,ce sont de beaux habits qu'on v\dra avoir dans un lieu p\r y p>otre conv5ablem5t1 et ils se tr\v]ont dans un autre4 ,ou bi5 il arrive que t\s les v9s de la cave t\rn5t et se gt5t1 et qu'il n'en re/e plus que de mauvais et de v]ts4 ,on se tr\ve aux *amps dans une bicoque1 o t\t manque2 on n'a ni lit1 ni *ambre1 ni table1 ni s]vice4 ,enf91 t\t ri*e qu'on soit1 il e/ facile d'avoir s\v5t beso9 de quelque *ose4 ,or1 c'e/ l vritablem5t tre pauvre de ce qui n\s manque4 ,philo?e1 soyez bi5 aise de ces r5contres1 acceptez-les de bon cur1 s\ffrez-les gam5t4 ,qu& il arriv]a quelque accid5t qui v\s appauvrira1 soit de beauc\p1 soit de peu1 comme font les temptes1 les inc5dies1 les inondations1 les s*]esses1 les vols1 les procs2 oh6 ce s]a alors le vritable temps de pratiqu] la pauvret1 recevant avec d\ceur ces dim9utions de rev5us1 et v\s accommodant avec pati5ce et c\rage cet appauvrissem5t4 ,esa se prs5ta son pre avec ses ma9s c\v]tes de poil1 et ,jacob en fit autant3 mais p>ce que le poil qui c\vroit les ma9s de ,jacob ne t5oit pas sa peau1 mais ses gants1 on p\voit le lui t]1 sans aucunem5t l'cor*]1 ni le faire s\ffrir2 au contraire1 p>ce que le poil des ma9s d',esa t5oit sa peau1 naturellem5t t\te velue1 quiconque et v\lu l'en dp\ill]1 lui et caus beauc\p de d\leur1 et et pr\v de sa "p une vive rsi/ance4 ,qu& notre =tune n\s ti5t au cur1 si la tempte1 si les l>rons1 si les *icaneurs n\s en arra*5t une p>tie1 quel tr\ble1 quelle impati5ce n'en avons-n\s pas6 ,mais qu& nos bi5s ne ti5n5t qu'aux so9s que ,dieu veut que n\s en ayons1 et non notre cur1 alors si on n\s les arra*e1 n\s n'en p]dons pas p\r cela le calme et la raison4 ,c'e/ la mme diffr5ce qu'entre les btes et les hommes p> rapport leurs robes2 c> les robes des animaux ti5n5t leur *air1 mais celles des hommes y sont seulem5t appliques1 en sorte qu'ils peuv5t les mettre et les t] qu& il leur plat4 ,,*apitre ,,xvi4 ,comm5t il faut pratiqu] la ri*esse d'esprit au milieu de la pauvret relle4 ,mais si v\s tes vraim5t pauvre1 trs-*re ,philo?e1 ,dieu6 t*ez de l'tre encore d'esprit3 faites de ncessit v]tu1 et employez cette pi]re prcieuse de la pauvret p\r ce qu'elle vaut4 ,elle p>ot obscure aux yeux du monde1 et il n'en sait pas la valeur2 cep5dant l'clat en e/ admirable1 et elle e/ d'un gr& prix4 ,ayez c\rage1 v\s tes en bonne compagnie3 ,notre-,seigneur1 la sa9te ,vi]ge1 les aptres1 tant de sa9ts et de sa9tes ont t pauvres2 et p\vant tre ri*es1 ils ont ddaign de l'tre4 ,combi5 y a-t-il de gr&s du monde1 qui1 trav]s mille difficults1 sont alls *]*] avec empressem5t la sa9te pauvret dans les clotres et les hpitaux6 ,ils ont pris beauc\p de pe9e p\r la tr\v]2 tmo9s sa9t ,alexis1 sa9te ,paule1 sa9t ,paul91 sa9te ,angle1 et tant d'autres4 ,et voil1 ,philo?e1 que plus gracieuse et plus prv5ante1 elle vi5t d'elle-mme se prs5t] *ez v\s2 v\s la r5contrez sans la *]*]1 v\s l'obt5ez sans aucune pe9e2 oh6 embrassez-la donc comme la *re amie de ,jsus-,*ri/1 qui naquit1 vcut et m\rut avec la pauvret qui fut sa n\rrice t\te sa vie4 ,votre pauvret1 ,philo?e1 a deux gr&s avantages1 p> le moy5 desquels elle peut v\s faire beauc\p mrit]4 ,le premi] e/ qu'elle ne v\s e/ po9t arrive p> votre *oix1 mais p> la seule volont de ,dieu1 qui v\s a faite pauvre1 sans que votre volont propre y ait aucunem5t contribu4 ,or1 ce que n\s recevons purem5t de la volont de ,dieu lui e/ t\j\rs trs-agrable1 p\rvu que n\s le recevions de bon cur1 et p\r l'am\r de sa sa9te volont2 o il y a mo9s du ntre1 il y a plus de ,dieu4 ,la simple et pure acceptation de la volont de ,dieu r5d un tat trs-mritoire4 ,le second avantage de cette pauvret1 c'e/ qu'elle e/ une pauvret vraim5t pauvre4 ,une pauvret l\e1 c>esse1 e/ime1 sec\rue et assi/e ti5t de la ri*esse1 ou du mo9s cesse d'tre pauvre2 mais une pauvret mprise1 rejete1 repro*e et dlaisse e/ vraim5t une pauvret pauvre4 ,or1 telle e/ p\r l'ord9aire la pauvret des sculi]s2 c>1 p>ce qu'ils ne sont pas pauvres p> *oix1 mais p> ncessit1 on n'en ti5t pas gr& compte4 ,et p> cela mme qu'on n'en ti5t pas gr& compte1 leur pauvret e/ plus pauvre que celle des religieux1 bi5 que celle-ci ait une gr&e excell5ce et se r5de trs-recomm&able cause du vu et de l'int5tion qui l'a fait *oisir4 ,ne v\s plaignez donc pas1 ma *re ,philo?e1 de votre pauvret2 c> on ne se pla9t que de ce qui dplat1 et si la pauvret v\s dplat1 v\s n'tes plus pauvre d'esprit1 mais ri*e d'affection4 ,ne v\s dsolez pas de n'tre pas si bi5 sec\rue qu'il s]oit ncessaire2 c> en cela consi/e l'excell5ce de la pauvret4 ,v\loir tre pauvre1 et ne pas v\loir en recevoir d'incommodit1 c'e/ une trop gr&e ambition1 c> c'e/ v\loir l'honneur de la pauvret et la commodit des ri*esses4 ,n'ayez po9t de honte d'tre pauvre1 ni de dem&] l'aumne titre de *>it4 ,recevez avec humilit ce qu'on v\s donn]a2 supportez le refus avec d\ceur4 ,rappelez-v\s s\v5t le voyage que la sa9te ,vi]ge fit en ,egypte p\r y port] son *] enfant1 et combi5 de mpris1 de fatigues et de misre il lui fallut endur]4 ,si v\s vivez comme cela1 v\s s]ez trs-ri*e dans votre pauvret4 ,,*apitre ,,xvii4 ,de l'amiti1 et premirem5t de la mauvaise4 ,entre t\tes les passions de l'ame1 l'am\r ti5t le premi] rang2 c'e/ le roi de t\s les m\vem5s du cur3 il attire t\t le re/e soi1 et n\s r5d tels que ce qu'il aime4 ,pr5ez donc bi5 g>de1 ,philo?e1 de n'en po9t avoir de mauvais2 c> t\t aussitt v\s s]iez t\te mauvaise4 ,or1 l'amiti e/ le plus dang]eux am\r de t\s1 p>ce que les autres am\rs peuv5t subsi/] sans qu'il y ait communication des curs2 au lieu que l'amiti tant totalem5t fonde sur cette communication1 il e/ presque impossible d'tre l'ami d'une p]sonne1 sans p>ticip] ses qualits4 ,t\t am\r n'e/ pas amiti2 c> on peut aim] quelqu'un sans en tre aim1 et p\r lors il y a de l'am\r1 mais non de l'amiti2 puisque l'amiti e/ un am\r mutuel1 et que1 s'il n'e/ pas mutuel1 ce n'e/ pas de l'amiti4 ,et il ne suffit pas encore qu'il soit mutuel1 mais il faut de plus que ceux qui s'aim5t connoiss5t leur mutuelle affection2 autrem5t ils auroi5t de l'am\r1 mais non de l'amiti4 ,il faut enf9 qu'il y ait entre eux quelque sorte de communication qui soit le fondem5t de l'amiti4 ,selon la div]sit des communications1 l'amiti e/ aussi div]se2 et les communications sont diffr5tes1 selon la diffr5ce des bi5s qu'on se communique4 ,si ce sont des bi5s faux et va9s1 l'amiti e/ fausse et va9e2 si ce sont de vrais bi5s1 l'amiti e/ vraie2 et plus les bi5s sont excell5s1 plus aussi l'amiti e/ excell5te4 ,c>1 comme le meilleur miel e/ celui qui e/ cueilli sur les fleurs les plus exquises1 de mme aussi la meilleure amiti e/ celle qui rsulte des communications les plus p>faites4 ,et comme il y a une sorte de miel ,hracle de ,pont1 qui e/ un poison vritable1 et qui fait dev5ir ins5ss ceux qui en mang5t1 p>ce qu'il e/ recueilli sur l'aconit1 plante vnneuse trs-abondante en ces rgions1 a9si l'amiti fonde sur la communication des bi5s faux et vicieux e/ t\te fausse et mauvaise4 ,l'amiti qui e/ fonde sur la communication des bi5s extrieurs et s5sibles e/ t\te grossire et indigne du nom d'amiti2 comme aussi celle qui e/ fonde sur c]ta9es v]tus va9es et frivoles qui n'ont galem5t p\r b que la satisfaction des s5s4 ,j'appelle bi5s extrieurs et s5sibles1 ceux qui s'atta*5t immdiatem5t et pr9cipalem5t aux s5s extrieurs1 comme le plaisir de voir la beaut1 d'ent5dre une d\ce voix1 d'entret5ir une agrable conv]sation4 ,j'appelle v]tus frivoles1 c]ta9es habilets et qualits va9es1 que les esprits foibles appell5t v]tus et p]fections4 ,ent5dez p>l] la plup>t des filles1 des femmes et des jeunes g5s2 ils ne se gn]ont pas p\r v\s dire3 ,monsieur un tel a beauc\p de mrite1 c'e/ un homme p>fait1 c> il danse ravir1 il possde m]veille t\tes sortes de jeux1 il e/ t\j\rs habill dans le meilleur gt1 il *ante admirablem5t bi51 il a le plus excell5t ton1 les manires les plus agrables4 ,ah6 ,philo?e1 quel jugem5t6 n'e/-ce pas a9si que les *>latans se jug5t entre eux1 e/imant p\r plus p>fait celui qui excelle en b\fonn]ies4 ,or1 comme t\t cela reg>de les s5s1 les amitis qui en provi5n5t s'appell5t s5suelles1 va9es et frivoles1 et mrit5t plutt le nom de foltr]ie que d'amiti4 ,ce sont ord9airem5t les amitis des jeunes g5s qui se laiss5t en*ant] p> des m\/a*es1 des *eveux1 un reg>d1 un habit1 une t\rnure et du babil4 ,amitis dignes de l'ge o il n'y a encore de v]tu qu'en h]be et de jugem5t qu'en b\ton2 aussi de telles amitis ne sont que passagres1 et fond5t comme la neige au soleil4 ,,*apitre ,,xviii4 ,des amitis s5suelles4 ,qu& ces amitis va9es et bad9es se r5contr5t entre des p]sonnes de diffr5t sexe1 sans aucune vue de m>iage1 elles ne mrit5t pas le nom ni d'amiti ni d'am\r1 cause de leur incroyable vanit et de leurs gr&es imp]fections2 et l'on ne peut les nomm] autrem5t que s5suelles1 a9si que je l'ai dit dans le *apitre prcd5t3 cep5dant les curs de ces p]sonnes s'y tr\v5t pris1 engags et comme en*ans p> de va9es et folles affections1 qui ne sont fondes que sur ces frivoles communications et misrables agrm5s dont j'ai p>l3 et bi5 que ces sortes d'am\rs dgnr5t ord9airem5t en volupts les plus grossires1 ce n'e/ pas nanmo9s la premire vue que l'on ait eue2 autrem5t t\t ce que je vi5s de dire s]oit une impuret dcl>e et =t crim9elle4 ,il se pass]a mme quelquefois plusieurs annes1 sans que les p]sonnes qui sont frappes de cette folie1 fass5t ri5 qui soit =mellem5t et directem5t contraire la *a/et1 ne se repaissant l'esprit et le cur que de s\haits1 de s\pirs1 d'assiduits1 d'enj\em5s1 et d'autres semblables vanits et bad9]ies1 p\r p>v5ir aux f9s que *acun s'y propose4 ,les uns n'ont po9t d'autre desse9 que de satisfaire une c]ta9e incl9ation naturelle qu'ils ont donn] de l'am\r et en recevoir1 et ceux-l ne font aucun *oix et n'ont aucun disc]nem5t1 mais suiv5t seulem5t leur gt et leur in/9ct3 de sorte qu' la premire occasion imprvue ils se laiss5t pr5dre un objet qui leur p>ot agrable1 sans en exam9] le mrite2 et c'e/ t\j\rs un pige p\r eux1 dans lequel ayant donn l'aveugle1 ils s'emb>rass5t si =t1 qu'ils ne peuv5t plus en sortir4 ,les autres se laiss5t all] cela p> vanit1 p]suads qu'ils veul5t tre1 qu'il y a de la gloire s'assujettir un cur2 et ceux-ci font un gr& disc]nem5t des p]sonnes1 v\lant entrepr5dre celles dont l'atta*em5t leur peut faire plus d'honneur4 ,dans plusieurs1 l'incl9ation naturelle et la vanit conspir5t galem5t cette folle conduite2 c> bi5 qu'ils ai5t du p5*ant aim] et v\loir tre aims1 ils prt5d5t cep5dant l'accord] avec le dsir de cette va9e gloire4 ,ces amitis1 ,philo?e1 sont t\tes mauvaises1 folles et va9es2 elles sont mauvaises1 p>ce qu'elles se t]m95t ord9airem5t p> les plus gr&s p*s de la *air1 et qu'elles drob5t et ,dieu et une femme1 ou bi5 un m>i1 un cur et un am\r qui leur app>ti5n5t3 elles sont folles1 p>ce qu'elles n'ont ni fondem5t ni raison3 elles sont va9es1 p>ce qu'il n'en revi5t ni utilit1 ni honneur1 ni joie2 au contraire on y p]d le temps1 on y expose beauc\p son honneur1 puisque la rputation en s\ffre2 et l'on n'en reoit po9t d'autre plaisir que celui d'un empressem5t de prt5dre et d'espr]1 sans savoir ce que l'on prt5d ni ce qu'on espre4 ,ces foibles esprits s'entt5t t\j\rs de la crance qu'il y a je ne sais quoi dsir] en ce tmoignage qu'on se donne1 d'un am\r rciproque1 et ils ne peuv5t dire ce que c'e/4 ,malheureux qu'ils sont encore en ce po9t-l1 que ce dsir bi5 lo9 de s'te9dre1 agite leur cur p> de p]ptuelles dfiances1 jal\sies et inquitudes6 ,sa9t ,grgoire de ,nazianze1 crivant sur cela contre ces femmes si va9es1 en p>le excellem5t bi51 et voici un petit fragm5t de son disc\rs1 lequel peut tre galem5t utile aux deux sexes4 ,c'e/ assez1 dit-il une femme1 que votre beaut v\s r5de agrable aux yeux de votre m>i3 si p\r v\s attir] une e/ime trangre1 v\s en exposez les attraits d'autres yeux1 comme l'on t5d des filets des oiseaux qui s'y laiss5t pr5dre1 que croyez-v\s qu'il en doive arriv]8 indubitablem5t celui qui votre beaut plaira1 v\s plaira lui-mme3 v\s r5drez reg>d p\r reg>d1 illade p\r illade2 les d\x s\ris suivront les reg>ds1 et ils s]ont eux-mmes suivis de ces demi-mots qu'une passion naissante arra*e la pudeur4 ,aprs cela on se v]ra bi5tt librem5t2 la lib]t t\rn]a en une mauvaise famili>it d'enj\em5s indiscrets1 et puis444 ,mais taisez-v\s ici1 ma langue1 qui en v\lez trop dire1 et ne p>lez pas de la suite4 ,cep5dant je dirai encore une vrit gnrale3 jamais ri5 de t\tes ces folles complaisances entre les jeunes g5s et les femmes1 soit p\r les actions1 soit p\r les p>oles1 n'e/ exempt de plusieurs atte9tes que les s5s et le cur s\ffr5t2 p>ce que t\t ce qui fait le comm]ce des amitis s5suelles se ti5t l'un l'autre1 et s'entre-suit p> une manire d'en*anem5t1 comme un anneau de f] attir p> l'aimant en attire plusieurs autres4 ,o que ce gr& vque en p>le bi56 c> enf91 que p5sez-v\s faire8 donn] de l'am\r seulem5t2 v\s v\s trompez3 jamais p]sonne n'en donne volontairem5t sans en pr5dre ncessairem5t2 ce mauvais jeu1 qui pr5d e/ t\j\rs pris4 ,le cur n'e/ que trop semblable l'h]be nomme aproxis1 laquelle de lo9 pr5d feu aussitt qu'on le lui prs5te4 ,mais1 dira quelqu'un1 j'en veux bi5 pr5dre1 p\rvu que ce ne soit pas beauc\p4 ,hlas1 que v\s v\s abusez6 ce feu d'am\r e/ plus actif et plus pntrant que v\s ne p5sez4 ,si v\s croyez n'en recevoir qu'une t9celle1 v\s v\s tonn]ez d'en avoir t\t d'un c\p votre cur embras4 ,le ,sage s'crie3 qui aura compassion de l'en*anteur1 qui s'e/ laiss piqu] p> un s]p5t8 ,et je m'crie aprs lui3 aveugles et ins5ss1 p5sez-v\s donc en*ant] l'am\r1 p\r en dispos] votre gr8 ,v\s v\lez v\s div]tir avec lui1 comme avec un s]p5t2 il f]a c\l] t\t son poison en votre cur1 p> les atte9tes les plus piquantes qu'il lui donn]a2 alors *acun v\s blm]a de ce que p> une tmraire confiance v\s aurez v\lu recevoir et n\rrir en votre cur cette m*ante passion qui v\s aura fait p]dre vos bi5s1 votre honneur et votre ame4 ,o ,dieu6 quel aveuglem5t que de risqu] comme au jeu1 sur des gages si frivoles1 ce que notre ame a de plus *]6 oui1 ,philo?e1 c> ,dieu ne veut l'homme que p\r son ame1 et il ne veut l'ame que p\r son am\r4 ,hlas6 n\s sommes bi5 loigns d'avoir autant d'am\r que n\s en avons beso93 je veux dire qu'il s'en faut inf9im5t que n\s en ayons assez p\r aim] ,dieu4 ,et cep5dant1 misrables que n\s sommes1 n\s le prodiguons avec un pan*em5t enti] de notre cur sur mille *oses sottes1 va9es et frivoles1 comme si n\s en avions de re/e4 ,ah6 ce gr& ,dieu qui s'toit rs]v le seul am\r de nos ames1 en reconnoissance de leur cration1 de leur cons]vation1 de leur rdemption1 exig]a un compte bi5 rig\reux de l'usage et de l'emploi que n\s en aurons fait4 ,que s'il doit faire une re*]*e si exacte des p>oles oiseuses1 que s]a-ce des amitis oiseuses1 imprud5tes1 folles et p]nicieuses8 ,le noy] nuit beauc\p aux *amps et aux vignes1 p>ce qu'tant =t gros et =t gr&1 il tire t\t le suc de la t]re2 qu'il lui fait p]dre l'air et la *aleur du soleil1 p> son feuillage extrmem5t t5du et t\ffu1 et qu'il attire encore les passans1 qui p\r avoir de son fruit1 y font un gr& dgt4 ,c'e/ le symbole des amitis s5suelles3 elles occup5t si =t une ame1 et puis5t tellem5t ses =ces1 qu'il ne lui en re/e plus p\r la pratique de la religion2 elles (fusqu5t entirem5t la raison p> tant de rflexions1 d'imag9ations1 d'entreti5s et d'amusem5s1 qu'elle n'a presque plus d'att5tion1 ni ses propres lumires ni celles du ,ciel2 elles attir5t tant de t5tations1 d'inquitudes1 de s\pons et de s5tim5s contraires son vrai bi51 que le cur en s\ffre un dommage incroyable4 ,en un mot1 elles banniss5t non-seulem5t l'am\r cle/e1 mais encore la cra9te de ,dieu2 elles n]v5t l'esprit1 elles fltriss5t la rputation2 elles font les div]tissem5s des c\rs1 mais elles sont la pe/e des curs4 ,,*apitre ,,xix4 ,des vraies amitis4 ,o ,philo?e6 aimez t\t le monde d'un gr& am\r de *>it2 mais n'ayez d'amiti p>ticulire qu'avec ceux qui p\rront s'associ] v\s p\r des *oses v]tueuses2 et plus les v]tus que v\s mettrez en commun s]ont exquises1 plus votre amiti s]a p>faite4 ,que s'il s'agit de sci5ces1 assurm5t votre amiti s]a =t l\able2 mais elle le s]a bi5 davantage encore s'il s'agit de v]tus1 comme de prud5ce1 de discrtion1 de =ce ou de ju/ice3 et si c'e/ la *>it1 la dvotion1 le dsir de la p]fection *rti5ne qui font la base de t\tes vos communications1 ,dieu6 qu'alors votre amiti s]a prcieuse6 qu'elle s]a excell5te6 excell5te1 p>ce qu'elle vi5dra de ,dieu2 excell5te1 p>ce qu'elle se rapport]a ,dieu2 excell5te1 p>ce que son li5 s]a ,dieu2 excell5te1 p>ce qu'elle dur]a t]nellem5t en ,dieu4 ,oh6 qu'il fait bon aim] sur la t]re comme l'on aime dans le ,ciel1 et appr5dre s'entre-*rir dans ce monde1 comme n\s le f]ons t]nellem5t en l'autre6 ,je ne p>le pas ici du simple am\r de *>it qui doit s't5dre t\s les hommes2 mais je p>le de l'amiti spirituelle p> laquelle deux ou trois ames ou un plus gr& nombre se communiqu5t leur dvotion1 leurs affections spirituelles1 et ne font elles t\tes qu'un seul et mme esprit4 ,qu' bon droit elles peuv5t *ant]1 ces bnites ames3 ,oh6 qu'il e/ d\x et agrable p\r des frres de vivre et d'habit] ensemble6 ,oui1 c> le baume dlicieux de la dvotion s'pan*e cont9uellem5t du cur des uns dans le cur des autres1 en sorte que l'on peut dire que ,dieu a rp&u sa bndiction sur cette amiti1 et que la vie lui e/ assure jusqu' la f9 des sicles4 ,t\tes les autres amitis ne sont que des ombres auprs de celle-ci1 et leurs li5s ne sont que des *anes de v]re ou de jais en comp>aison de ce gr& li5 de la sa9te dvotion qui e/ t\t d'or4 ,ne faites jamais d'amiti que de cette espce2 je veux dire d'amiti que v\s soyez dans le cas de faire2 c> il ne faut ni quitt] ni mpris] p\r cela les amitis que la nature et le devoir v\s oblig5t de cultiv]2 comme sont les amitis des p>5s1 des allis1 des bi5faiteurs1 des vois9s et autres4 ,je ne p>le ici que de celles que v\s *oisissez v\s-mme4 ,plusieurs v\s diront peut-tre qu'il ne faut pas avoir d'amiti p>ticulire1 p>ce que cela occupe le cur1 di/rait l'esprit1 et eng5dre de jal\sies2 mais ils se tromp5t en leurs conseils3 ils ont vu dans les crits de plusieurs sa9ts auteurs que les amitis p>ticulires nuisoi5t extrmem5t aux religieux1 et ils ont cru qu'il en toit de mme p\r le re/e du monde2 mais il y a bi5 dire cela2 c>1 comme dans un mona/re bi5 rgl t\s conspir5t au mme b2 qui e/ la vraie dvotion1 il n'e/ pas beso9 d'y faire d'amiti p>ticulire1 et au contraire il s]oit cra9dre qu'en *]*ant en p>ticuli] ce qui e/ commun1 on ne passt des p>ticul>its aux p>tialits2 mais p\r ceux qui viv5t p>mi les monda9s1 et qui veul5t nanmo9s embrass] la vraie et solide v]tu1 il leur e/ ncessaire de s'unir les uns aux autres p> une sa9te et sacre amiti1 af9 que p> elle ils puiss5t s'anim]1 s'aim]1 s'entre-port] au bi54 ,et comme ceux qui *em95t dans la pla9e n'ont que faire de se prt] la ma91 t&is que ceux qui vont p> des s5ti]s scabreux et glissans doiv5t se s\t5ir les uns les autres p\r m>*] en assurance2 de mme1 ceux qui viv5t en religion n'ont pas beso9 d'amitis p>ticulires1 mais ceux qui viv5t dans le monde en ont beso9 p\r s'enc\rag] et se sec\rir les uns les autres p>mi tant de mauvais passages qu'il leur faut fran*ir4 ,dans le monde1 t\s ne conspir5t pas la mme f91 t\s n'ont pas le mme esprit3 il faut donc ncessairem5t se retir] "p1 et faire des amitis qui r5tr5t dans nos gts2 et il e/ vrai que cette p>ticul>it f]a une p>tialit1 mais ce s]a une p>tialit sa9te1 une p>tialit qui ne caus]a aucune division1 si ce n'e/ la division du bi5 et du mal1 des brebis et des *vres1 des abeilles et des frelons2 sp>ation absolum5t ncessaire4 ,c]tes1 on ne sauroit ni] que ,notre-,seigneur n'ait aim d'une t5dre et spciale amiti sa9t ,jean1 le ,laz>e1 ,m>! et ,magdele9e1 puisque l',ecriture en fait foi4 ,on sait que sa9t ,pi]re *rissoit t5drem5t sa9t ,m>c et sa9te ,ptronille1 comme sa9t ,paul son ,timo?e et sa9te ,?cle4 ,sa9t ,grgoire de ,nazianze se vante en mille occasions de l'amiti sans gale qui l'unissoit au gr& sa9t ,basile1 et il la dcrit peu prs en ces t]mes3 ,il sembloit qu'il n'y et en n\s qu'une seule ame p\r anim] deux corps4 ,il ne faut donc pas croire ceux qui dis5t que *aque *ose e/ en elle-mme t\t ce qu'elle e/ et non pas dans une autre2 c> n\s tions t\s deux en l'un de n\s et l'un toit en l'autre4 ,n\s avions t\s deux une seule et mme prt5tion1 qui toit de cultiv] la v]tu1 et de rgl] notre vie con=mm5t aux esprances futures1 en sorte que n\s tions hors de cette t]re mortelle avant que d'y m\rir4 ,n\s voyons aussi p> le tmoignage de sa9t ,augu/91 que sa9t ,ambroise aimoit p>ticulirem5t sa9te ,monique1 cause des r>es v]tus qu'il voyoit en elle1 et qu'elle rciproquem5t le *rissoit comme un ange de ,dieu4 ,mais j'ai tort de m'arrt] des *oses si claires4 ,sa9t ,jrme1 sa9t ,augu/91 sa9t ,grgoire1 sa9t ,b]n>d1 et t\s les plus gr&s s]viteurs de ,dieu1 ont eu de trs-p>ticulires amitis1 sans que leur p]fection en ait aucunem5t s\ff]t4 ,sa9t ,paul repro*ant aux g5tils leurs dfauts1 les accuse d'avoir t des g5s sans affection1 c'e/--dire qui n'avoi5t aucune amiti2 et sa9t ,?omas1 comme t\s les bons philosophes1 reconnot que l'amiti e/ une v]tu4 ,or1 il p>le de l'amiti p>ticulire1 puisqu'il dit que l'amiti ne peut s't5dre beauc\p de p]sonnes4 ,la p]fection ne consi/e donc pas n'avoir pas d'amiti1 mais n'en avoir que de bonnes1 de sa9tes et de sacres4 ,,*apitre ,,xx4 ,de la diffr5ce qu'il y a entre les vraies et les va9es amitis4 ,c'e/ ici1 ,philo?e1 le gr& av]tissem5t3 le miel d',hracle1 qui e/ si vnneux1 ressemble l'autre qui e/ si salutaire3 il y a gr& dang] de pr5dre l'un p\r l'autre1 ou de les pr5dre mls ensemble2 c> la bont de l'un ne corrig]oit pas la malignit de l'autre4 ,il faut donc tre sur ses g>des p\r n'tre po9t tromp en amiti1 c> bi5 s\v5t ,satan donne le *ange4 ,on comm5ce p> l'amiti v]tueuse2 mais bi5tt1 si on n'e/ prud5t1 l'amiti frivole s'y mle1 puis l'amiti fausse1 puis l'amiti c\pable4 ,oui1 mme dans l'amiti spirituelle1 il y a du dang]1 si on n'e/ =t sur ses g>des1 bi5 qu'il soit plus difficile d'y pr5dre le *ange1 cause de sa puret et de sa blan*eur1 qui r5d5t plus reconnoissables les s\illures que ,satan veut y ml]4 ,c'e/ p\rquoi qu& le dmon veut en v5ir l1 il s'y pr5d plus f9em5t1 et t*e de gliss] le poison presque sans qu'on s'en ap]oive4 ,v\s di/+u]ez l'amiti monda9e de la sa9te et v]tueuse1 comme l'on di/+ue le miel d',hracle d'avec l'autre3 le miel d',hracle e/ plus d\x la langue que le miel ord9aire1 raison de l'aconit qui lui donne ce surcrot de d\ceur4 ,de mme l'amiti monda9e produit ord9airem5t une multitude de p>oles d\c]euses1 de flatt]ies1 de petits mots d'admiration sur la beaut1 la bonne grce et les autres avantages extrieurs2 au lieu que l'amiti sa9te a un langage simple et franc1 et ne peut l\] que la v]tu et la grce de ,dieu1 unique fondem5t sur lequel elle repose4 ,le miel d',hracle excite dans ceux qui en mang5t de gr&s t\rnoiem5s de tte2 et la fausse amiti provoque aussi des espces de v]tiges1 qui font *ancel] la p]sonne qui en e/ atte9te dans la voie de la v]tu et de la dvotion1 la portant des manires affectes1 de folles dmon/rations1 de petites pla9tes1 de petits s\pons1 des empressem5s outrs1 des prt5tions ridicules1 et mille autres *oses qui prsag5t c]ta9em5t la ru9e pro*a9e de la v]tu4 ,l'amiti sa9te agit bi5 diffremm5t3 elle n'a que des reg>ds simples et mode/es1 que des dmon/rations pures et fran*es2 t\te son ambition e/ p\r le ,ciel1 t\s ses regrets1 t\t son *agr9 e/ que ,dieu ne soit pas assez aim3 m>ques infaillibles d'une honntet p>faite4 ,le miel d',hracle tr\ble la vue1 et l'amiti monda9e tr\ble si =t le jugem5t que l'on ne di/+ue plus le bi5 et le mal1 et que l'on pr5d p\r de vraies raisons les prtextes les plus mal fonds1 que l'on cra9t la lumire et qu'on aime les tnbres4 ,l'amiti sa9te1 au contraire a les yeux clairvoyans1 et lo9 de se ca*]1 elle se plat p>otre devant les g5s de bi54 ,enf9 le miel d',hracle laisse dans la b\*e une gr&e am]tume3 a9si les fausses amitis se t]m95t ord9airem5t p> des br\ill]ies1 des injures1 des impo/ures1 des tri/esses1 des confusions et des jal\sies qui vont s\v5t jusqu' l'emportem5t et le dsespoir4 ,mais la bonne amiti e/ t\j\rs galem5t d\ce1 polie et aimable2 elle ne connot pas le *angem5t1 si ce n'e/ p\r dev5ir une plus pure et plus p>faite union des esprits et des curs2 image vive de l'amiti bi5heureuse que l'on gte au ,ciel4 ,,*apitre ,,xxi4 ,avis et remdes contre les mauvaises amitis4 ,mais quel remde t\te cette engeance de folles et mauvaises amitis8 ,sitt que v\s en ress5tirez les premires atte9tes1 t\rnez vite votre cur de l'autre ct1 et avec une dte/ation absolue de cette vanit1 c\rez la croix du ,sauveur1 et pr5ez sa c\ronne d'p9es p\r en environn] votre cur1 af9 que ces petits r5>deaux n'en appro*5t pas4 ,g>dez-v\s bi5 d'en v5ir aucune composition avec cet ennemi2 ne dites pas3 ,je l'c\t]ai1 mais je ne f]ai ri5 de ce qu'il me dira2 je lui prt]ai l'oreille1 mais je lui refus]ai le cur4 ,o ma ,philo?e6 au nom de ,dieu1 soyez inflexible en de telles occasions3 le cur et l'oreille ti5n5t l'un l'autre2 et comme il e/ impossible d'arrt] un torr5t qui a pris sa desc5te p> le p5*ant d'une montagne1 aussi e/-il bi5 difficile d'emp*] que le poison qui e/ tomb dans l'oreille ne fasse aussitt sa *ute jusqu'au fond du cur4 ,les *vres1 selon ,alcmon1 respir5t p> les oreilles1 et non p> les naseaux2 il e/ vrai qu',ari/ote le nie2 mais1 quoi qu'il en soit1 je sais bi5 que notre cur a cette proprit1 et que1 comme il aspire et exhale ses p5ses p> la langue1 il respire p> l'oreille1 p> laquelle il reoit les p5ses des autres4 ,g>dons donc soigneusem5t nos oreilles de l'air des folles p>oles2 c> autrem5t notre cur en s]oit de suite infect4 ,que si l'on pr5d plaisir les c\t] et s'y entret5ir1 ,dieu6 ,philo?e1 combi5 ne doit-on pas cra9dre la p]te pro*a9e du cur6 ,m>ie la vue de l'ange qui vi5t la salu]1 se tr\ble1 p>ce qu'elle e/ seule et qu'elle ent5d ses l\anges dans la b\*e du messag] cle/e4 ,o ,sauveur du monde6 la puret cra9t un ange s\s la =me huma9e1 et n\s1 la fragilit mme1 n\s ne s]ions pas effrays la voix d'un homme1 encore qu'il et la =me d'un ange1 qu& il n\s donne des l\anges excessives et grossires6 ,n'hsitez pas1 ,philo?e1 rep\ssez promptem5t t\tes ces sortes de disc\rs4 ,en p>eil cas il ne faut pas cra9dre de p>otre incivile et rev*e4 ,s\v5ez-v\s que v\s avez donn votre cur ,dieu1 et que votre am\r lui tant consacr1 ce s]oit un sacrilge de lui en ravir la mo9dre "p4 ,sacrifiez-le-lui plutt de n\veau p> mille rsolutions et prote/ations1 et v\s t5ant l comme un c]f dans son =t1 rclamez l'assi/ance de ,dieu2 il v\s sec\rra1 et son am\r pr5ant le vtre s\s sa protection1 le f]a vivre uniquem5t p\r lui4 ,que si v\s tes dj dans les li5s de ces folles amitis1 hlas6 ,philo?e j'av\e que la difficult e/ gr&e4 ,t\tefois pr5ez c\rage4 ,pro/]nez-v\s devant la div9e ,maje/3 reconnoissez en sa prs5ce l'excs de votre misre1 de votre foiblesse et de votre vanit3 puis1 avec le plus gr& ef=t de cur qu'il v\s s]a possible1 dte/ez ces amitis comm5ces1 abjurez t\tes les m>ques que v\s en avez donnes1 r5oncez t\tes les promesses que v\s p\rriez avoir acceptes1 et d'une volont =te et c\rageuse1 arrtez dans votre cur que jamais plus v\s ne r5tr]ez en de tels engagem5s4 ,si v\s p\viez v\s loign]1 je l'appr\v]ois =t2 c> le *angem5t de lieu s]t beauc\p p\r apais] ces sortes d'inquitudes1 comme il s]t calm] la d\leur4 ,ce fut p> ce motif que sa9t ,augu/9 quitta ,taga/e1 o toit mort son ami1 et s'en alla ,c>?age1 dans l'esprance que l'loignem5t allg]oit un peu sa pe9e4 ,mais qui ne peut s'loign]1 que doit-il faire8 ,il doit absolum5t retran*] t\te conv]sation p>ticulire1 t\te assiduit1 t\te va9e dmon/ration1 et gnralem5t t\t ce qui p\rroit entret5ir cette mauvaise amiti4 ,je crie t\t haut quiconque e/ tomb dans ce pige3 ,taillez1 tran*ez1 rompez3 il ne faut pas s'amus] dc\dre ces folles amitis1 il les faut d*ir]2 il n'en faut pas dn\] les liaisons1 il les faut rompre ou c\p]2 c> aussi bi5 les cordons et les li5s n'en val5t ri54 ,il ne faut po9t mnag] un am\r qui e/ si contraire l'am\r de ,dieu4 ,mais1 direz-v\s1 aprs que j'aurai a9si sec\ le j\g de cette amiti1 ne m'en re/]a-t-il pas encore quelque ress5tim5t1 et la m>que de mes f]s ne demeur]a-t-elle pas t\j\rs imprime sur mes pi$s1 c'e/--dire en mes affections8 ,non1 ,philo?e1 si v\s avez conu de votre faute t\t le regret qu'elle mrite4 ,c> si cela e/1 v\s n'aurez plus que de l'horreur p\r de tels atta*em5s1 et v\s s]ez libre de t\te affection1 hormis celle d'une trs-pure *>it p\r ,dieu4 ,mais si1 p> l'imp]fection de votre rep5tir1 il v\s re/e encore quelque mauvaise incl9ation1 pr5ez les moy5s suivans3 procurez votre ame une solitude m5tale1 con=mm5t ce que je v\s ai enseign ce sujet2 retirez-v\s-y le plus qu'il v\s s]a possible2 et p> mille lancem5s de votre cur1 r5oncez t\tes vos incl9ations1 et r5iez-les de t\tes vos =ces2 lisez plus qu' l'ord9aire de bons livres2 confessez-v\s plus s\v5t que de c\tume1 et faites aussi de plus frqu5tes communions4 ,enf91 dc\vrez humblem5t et navem5t t\tes vos t5tations votre directeur1 si v\s le p\vez1 ou au mo9s quelque p]sonne prud5te et discrte2 et ne d\tez pas qu'en p]svrant fidlem5t en ces ex]cices1 ,dieu ne v\s affran*isse de t\tes vos misres4 ,mais1 me direz-v\s encore1 ne s]a-ce po9t une +ratitude de rompre si brusquem5t une amiti8 ,oh6 que bi5heureuse e/ l'+ratitude qui n\s r5d agrables ,dieu6 ,non1 je v\s en rponds1 ,philo?e1 ce ne s]a pas une +ratitude1 mais un gr& s]vice que v\s r5drez votre ami4 ,c>1 en rompant vos li5s1 v\s romprez les si5s1 puisqu'ils v\s toi5t communs2 et bi5 que p\r le mom5t il ne s5te pas son bonheur1 il le reconnotra bi5tt aprs1 et *ant]a comme v\s ce beau cantique d'action de grce3 ,o ,seigneur6 v\s avez rompu mes li5s1 je v\s (frirai un sacrifice de l\ange1 et j'invoqu]ai votre sa9t nom4 ,,*apitre ,,xxii4 ,quelques autres avis sur les amitis4 ,j'ai encore un avis important v\s donn] sur ce sujet4 ,l'amiti dem&e une gr&e communication entre les ames2 autrem5t elle ne p\rroit ni natre1 ni subsi/]4 ,c'e/ p\rquoi il arrive s\v5t qu'avec ces communications de l'amiti1 plusieurs autres se gliss5t ins5siblem5t1 et font pass] dans le cur des amis les mmes affections1 les mmes incl9ations et les mmes gts4 ,mais surt\t cela arrive qu& n\s e/imons beauc\p celui que n\s aimons2 c> alors n\s ouvrons tellem5t notre cur son amiti1 qu'avec elle ses incl9ations et ses qualits y entr5t aism5t t\t entires1 soit qu'elles soi5t bonnes1 ou qu'elles soi5t mauvaises4 ,c]tes1 les abeilles qui font le miel d',hracle ne *]*5t que le miel2 cep5dant avec le miel elles suc5t ins5siblem5t les qualits vnneuses de l'aconit1 sur lequel elles font leur cueillette4 ,o ,dieu6 ,philo?e1 c'e/ ici qu'il faut bi5 pratiqu] la p>ole que le ,sauveur de nos ames avoit c\tume de dire1 a9si que n\s l'ont appris les anci5s3 ,soyez de bons *angeurs et de bons monnoyeurs2 c'e/--dire1 ne recevez pas la fausse monnoie avec la bonne1 ni le bas or avec l'or f92 sp>ez ce qu'il y a de prcieux d'avec ce qu'il y a de vil4 ,oui1 c> il n'y a presque p]sonne qui n'ait quelque imp]fection2 et quelle raison y a-t-il de recevoir les dfauts et les imp]fections d'un ami avec son amiti8 ,il le faut c]tes aim]1 nonob/ant son imp]fection1 mais il ne faut ni aim] ni recevoir son imp]fection2 c> l'amiti dem&e la communication du bi51 et non pas du mal4 ,comme donc ceux qui tir5t le gravi] du ,tage en sp>5t l'or qu'ils y tr\v5t p\r l'emport]1 et laiss5t le sable sur le rivage2 de mme ceux qui j\iss5t des communications d'une bonne et sa9te amiti doiv5t en sp>] le sable des imp]fections1 et ne po9t le laiss] entr] dans leur ame4 ,sa9t ,grgoire de ,nazianze assure que plusieurs des amis et des admirateurs de sa9t ,bazile s'toi5t laiss port] l'imit] jusque dans ses imp]fections extrieures1 son p>l] l5t1 son air ab/rait et p5sif1 et mme en la =me de sa b>be et en sa dm>*e2 et n\s voyons des m>is1 des femmes1 des enfans1 des amis1 qui ayant en gr&e e/ime leurs amis1 leurs pres1 leurs m>is et leurs femmes1 contract5t p> condesc5dance ou p> imitation mille mauvaises petites habitudes dans le comm]ce d'amiti qu'ils ont ensemble4 ,or1 cela ne doit aucunem5t se faire2 *acun a bi5 assez de ses mauvaises incl9ations1 sans se sur*>g] encore de celles des autres2 et non-seulem5t l'amiti ne dem&e po9t cela1 mais1 au contraire1 elle n\s oblige n\s entr'aid] p\r n\s affran*ir rciproquem5t de t\tes sortes d'imp]fections4 ,il faut bi5 support] d\cem5t l'ami en ses imp]fections1 mais il ne faut pas l'y entret5ir1 et encore mo9s les transport] en n\s4 ,je ne p>le ici que des imp]fections2 c>1 quant aux p*s1 il ne faut pas mme les support] dans un ami4 ,c'e/ une amiti foible ou m*ante de voir prir un ami1 et de ne po9t le sec\rir2 de le voir m\rir d'une apo/me1 sans os] lui donn] le c\p de lancette qui p\rroit le sauv]4 ,la vraie et vivante amiti ne peut exi/] p>mi les p*s4 ,on dit que la salam&re te9t le feu dans lequel elle se c\*e3 ,eh bi56 de mme1 le p* ru9e l'amiti en laquelle il se loge4 ,que si c'e/ un p* passag]1 l'amiti le met s\da9 en fuite p> une sage correction2 mais si c'e/ un p* qui sj\rne et demeure1 t\t aussitt l'amiti prit2 c> elle ne peut subsi/] que p> la v]tu4 ,combi5 plus =te raison doit-on cra9dre de p*] p> amiti8 ,un ami devi5t notre ennemi qu& il veut n\s conduire au p*1 et il mrite de p]dre notre amiti1 ds-lors qu'il veut n\s p]dre et n\s damn]2 or l'atta*em5t une p]sonne vicieuse e/ la m>que la plus c]ta9e d'une fausse amiti4 ,si celui que n\s aimons e/ vicieux1 assurm5t notre amiti e/ vicieuse2 c> puisqu'elle ne peut s'appuy] sur la vraie v]tu1 il faut bi5 qu'elle s'appuie sur quelque v]tu foltre1 ou quelque qualit s5suelle4 ,quant aux socits de m>*&s p\r intrt de comm]ce1 elles ne sont que l'image de la vritable amiti1 c> elles se font1 non p\r l'am\r des p]sonnes1 mais p\r l'am\r du ga94 ,enf9 rappelez-v\s ces deux div9es p>oles1 qui sont comme les deux gr&es colonnes de la vie *rti5ne2 l'une e/ du ,sage3 ,qui a la cra9te de ,dieu1 aura aussi une bonne amiti2 l'autre e/ de sa9t ,jacques3 ,l'amiti de ce monde e/ ennemie de ,dieu4 ,,*apitre ,,xxiii4 ,des ex]cices de mortification extrieure4 ,les naturali/es n\s assur5t que si on crit quelque mot sur une am&e bi5 entire1 et qu'on la remette dans son noyau1 le pliant et s]rant bi5 proprem5t et le plantant a9si1 t\t le fruit de l'arbre qui en vi5dra se tr\v]a crit et grav du mme mot4 ,p\r moi1 ,philo?e1 je n'ai jamais pu appr\v] la m?ode de ceux qui1 p\r r=m] l'homme1 comm5c5t p> l'extrieur1 p> les cont5ances1 p> les habits1 p> les *eveux4 ,il me semble au contraire qu'il faut comm5c] p> l'intrieur3 ,conv]tissez-v\s moi1 dit ,dieu1 de t\t votre cur4 ,mon fils1 donnez-moi votre cur4 ,c> en effet1 le cur tant la s\rce des actions1 elles sont telles qu'il e/ lui-mme4 ,le div9 p\x invitant l'ame1 lui adresse ces p>oles3 ,mettez-moi comme un ca*et sur votre cur1 comme un ca*et sur votre bras4 ,oui vraim5t2 c> quiconque a ,jsus-,*ri/ dans son cur1 l'a bi5tt aprs dans t\tes ses actions extrieures4 ,c'e/ p\rquoi1 *re ,philo?e1 j'ai v\lu avant t\tes *oses grav] sur votre cur ce mot sa9t et sacr3 vive ,jsus6 assur que je suis1 qu'aprs cela votre vie1 qui vi5t du cur comme l'am&i] vi5t de son noyau1 produira t\s ses fruits1 c'e/--dire t\tes ses actions empre9tes et graves du mme mot de salut2 et que1 comme ce d\x ,jsus vivra dans votre cur1 il vivra aussi dans t\te votre conduite1 et p>otra en vos yeux1 en votre b\*e1 en vos ma9s1 voire mme en vos *eveux1 en sorte que v\s p\rrez dire1 l'exemple de sa9t ,paul3 ,je vis1 ou plutt ce n'e/ plus moi qui vis1 c'e/ ,jsus-,*ri/ qui vit en moi4 ,bref1 qui a gagn le cur de l'homme a gagn t\t l'homme4 ,mais ce cur mme1 p> lequel n\s v\lons comm5c]1 a beso9 qu'on lui appr5ne rgl] t\t l'extrieur1 af9 que non-seulem5t on y voie la sa9te dvotion1 mais encore une gr&e discrtion et sagesse4 ,p\r cela1 je vais v\s donn] en peu de mots plusieurs avis4 ,si v\s p\vez support] le jene1 v\s f]ez bi5 de jen] quelques j\rs1 outre les jenes que l'glise comm&e2 c>1 outre l'effet ord9aire du jene1 qui e/ d'lev] l'esprit1 de rprim] la *air1 de facilit] la v]tu1 et d'acqurir une plus gr&e rcomp5se dans le ,ciel1 c'e/ encore un trs-gr& bi5 que de se ma9t5ir en la possession de g\rm&] la g\rm&ise mme1 et de t5ir le corps et les s5s s\mis la loi de l'esprit3 et bi5 qu'on ne jene pas beauc\p1 l'ennemi nanmo9s n\s cra9t davantage qu& il voit que n\s savons jen]4 ,les m]cr$i1 v5dr$i et sam$i1 sont les j\rs auxquels les anci5s *rti5s s'ex]oi5t le plus l'ab/95ce4 ,pr5ez-en donc de ceux-l p\r jen]1 selon votre dvotion et les sages avis de votre directeur4 ,je dirois volonti]s comme sa9t ,jrme la bonne dame ,lta3 ,les jenes longs et immodrs me dplais5t =t1 surt\t dans ceux qui sont encore d'un ge t5dre4 ,j'ai appris p> expri5ce que les petits nons tant las en *em91 *]*5t s'en c>t]1 c'e/--dire que les jeunes g5s dev5us infirmes p> l'excs du jene1 en vi5n5t aism5t aux dlicatesses4 ,les c]fs c\r5t mal en deux temps3 qu& ils sont trop *>gs de v5aison1 et qu& ils sont trop maigres4 ,de mme n\s sommes gr&em5t exposs aux t5tations qu& notre corps e/ trop n\rri1 et qu& il e/ trop abattu2 c> dans le premi] tat il devi5t insol5t et rebelle1 et dans le second il devi5t l*e et dsespr2 et comme n\s ne p\vons le port] qu& il e/ trop gras1 aussi ne peut-il n\s port] qu& il e/ trop maigre4 ,ce dfaut de modration dans le jene1 la discipl9e et les autres ex]cices de pnit5ce1 r5d inutiles aux uvres de la *>it les meilleures annes de plusieurs2 comme il arriva mme sa9t ,b]n>d1 qui se rep5tit d'avoir u de trop d'au/rit4 ,en sorte qu'aprs avoir maltrait leur *air au comm5cem5t1 ils sont contra9ts de la flatt] la f94 ,n'euss5t-ils pas beauc\p mieux fait de s'impos] ds le pr9cipe des mortifications modres1 gales et proportionnes aux travaux et aux devoirs que leurs conditions leur imposoi5t8 ,le jene et le travail mat5t et abatt5t la *air4 ,si le travail que v\s faites v\s e/ ncessaire1 ou e/ =t utile la gloire de ,dieu1 j'aime mieux que v\s s\ffriez la pe9e du travail que celle du jene4 ,c'e/ le s5tim5t de l'glise1 qui1 p\r les travaux utiles au s]vice de ,dieu et du pro*a91 d*>ge ceux qui les font du jene mme comm&4 ,l'un a de la pe9e jen]1 l'autre en a s]vir les malades1 visit] les prisonni]s1 confess]1 pr*]1 s\lag] les pauvres1 pri] et autres *oses semblables2 cette pe9e vaut mieux que l'autre2 c>1 outre qu'elle mate galem5t la *air1 elle a des fruits beauc\p plus dsirables2 et a9si il vaut mieux1 gnralem5t p>lant1 g>d] plus de =ces corporelles qu'il n'en faut1 que de les trop dim9u]2 c> on peut t\j\rs les abattre si on le veut1 mais on ne peut pas t\j\rs les rp>] qu& on en a beso94 ,il me semble que n\s devons avoir en gr&e considration la p>ole que notre ,sauveur et ,rdempteur ,jsus-,*ri/ a dit ses disciples3 ,mangez ce que l'on v\s s]vira4 ,c'e/1 je crois1 une plus gr&e v]tu de mang] sans *oix ce qu'on v\s prs5te1 soit que v\s l'aimiez1 soit que v\s ne l'aimiez pas1 que de *oisir t\j\rs le pire2 c> encore que cette d]nire faon de vivre semble plus au/re1 l'autre nanmo9s a plus de rsignation2 c>1 p> elle on ne r5once pas seulem5t son gt1 mais encore son *oix2 et assurm5t ce n'e/ pas une petite au/rit de t\rn] son gt t\te ma91 et de le pli] en t\tes r5contres4 ,aj\tez que cette sorte de mortification ne p>ot po9t1 n'incommode p]sonne1 et convi5t t\t--fait aux usages de la vie civile4 ,rep\ss] un plat p\r en pr5dre un autre1 reg>d] de prs et tt] t\tes les vi&es1 ne tr\v] jamais ri5 de bi5 apprt ni d'assez propre1 faire des my/res a *aque morceau1 t\t cela ress5t un cur m\ et esclave de sa b\*e4 ,j'e/ime plus sa9t ,b]n>d d'avoir bu de l'huile p\r de l'eau et du v91 que s'il et bu de l'eau d'abs9! avec int5tion2 c> c'toit signe qu'il ne p5soit pas ce qu'il buvoit4 ,et en cette indiffr5ce du boire et du mang] consi/e vritablem5t la p]fection de cette p>ole3 ,mangez ce que l'on v\s s]vira4 ,j'excepte nanmo9s les vi&es qui nuis5t la sant1 ou mme aux fonctions de l'esprit1 comme sont1 l'g>d de plusieurs p]sonnes1 les vi&es *audes et pices2 et je n'ent5ds pas non plus p>l] de c]ta9es occasions o la nature a beso9 d'tre aide et remonte p\r p\voir s\t5ir quelque travail la gloire de ,dieu4 ,en un mot1 une sobrit modre et cont9uelle vaut mieux que des ab/95ces viol5tes faites div]ses reprises1 et entremles de gr&s rel*em5s4 ,la discipl9e prise modrm5t e/ m]veilleuse p\r ranim] la dvotion4 ,la haire mate puissamm5t le corps2 mais l'usage en e/ ord9airem5t peu propre aux g5s m>is1 aux complexions dlicates1 et ceux qui ont support] d'autres gr&es pe9es4 ,on peut cep5dant s'en s]vir1 avec l'aide d'un sage confesseur1 les j\rs qui sont plus spcialem5t consacrs la pnit5ce4 ,il faut pr5dre la nuit autant de sommeil qu'il en faut1 *acun selon sa complexion1 p\r p\voir bi5 et utilem5t veill] le j\r2 et puisque l',ecriture ,sa9te en c5t faons1 l'exemple des sa9ts1 la raison et l'expri5ce n\s recomm&5t gr&em5t les mat9es comme le temps le plus prcieux et le plus fructueux de nos j\rs2 puisque ,notre-,seigneur mme e/ appel soleil levant1 et sa sa9te ,mre aube du j\r1 je p5se que c'e/ une habitude l\able de pr5dre son sommeil le soir de bonne heure1 p\r p\voir ensuite se rveill] et se lev] de bon mat94 ,assurm5t c'e/ bi5 l le temps le plus agrable1 le plus d\x1 et o il y a le mo9s d'emb>ras2 les oiseaux eux-mmes sembl5t n\s y invit] bnir et l\] ,dieu4 ,le lev] mat9 e/ donc t\t--fait favorable et la sant et la sa9tet4 ,balaam1 mont sur son nesse1 alloit tr\v] ,balac2 mais1 p>ce que son int5tion n'toit pas droite1 un ange l'att5dit sur le *em9 avec une pe en ma9 p\r le tu]4 ,l'nesse1 qui voyoit l'ange1 s'arrta p> trois fois et fit la rtive2 et *aque fois ,balaam la frappa cruellem5t de son bton p\r la faire avanc]1 jusqu' ce qu'enf91 s'tant c\*e t\t--fait s\s le prophte1 elle lui dit1 p> un gr& miracle3 ,que t'ai-je fait8 ,p\rquoi m'z tu dj frappe trois fois8 ,et aussitt les yeux de ,balaam s'tant ouv]ts1 il vit l'ange qui lui dit3 ,p\rquoi z-tu battu ton nesse8 ,si elle ne se ft dt\rne de devant moi1 je t'eusse tu1 et je l'eusse p>gne4 ,alors ,balaam dit l'ange3 ,seigneur1 j'ai p*2 je ne savois pas que v\s v\s opposassiez mon voyage4 ,voyez-v\s ,philo?e1 ,balaam e/ la cause du mal2 et il frappe nanmo9s la pauvre nesse qui n'y a nulle "p4 ,c'e/ ce qui arrive bi5 s\v5t en nos affaires3 cette femme voit son m>i ou son enfant malade1 et aussitt elle c\rt au jene1 la haire1 la discipl9e1 comme fit ,david en p>eille occasion4 ,hlas6 *re amie1 v\s battez le pauvre ne1 v\s affligez votre corps1 et cep5dant il n'e/ pas cause de votre mal1 et de ce que ,dieu a tir son pe contre v\s4 ,corrigez votre cur qui e/ idoltre de ce m>i1 qui passe t\t cet enfant1 et qui le de/9e mille projets d'orgueil et d'ambition3 c'e/ l la vraie s\rce du mal4 ,cet homme voit que s\v5t il retombe l\rdem5t dans le p*3 aussitt sa consci5ce vi5t lui p]c] le cur p> des repro*es intrieurs qu'il r$\te1 alors rev5ant lui3 ,ah6 maudite *air1 s'crie-t-il1 ah6 corps dloyal1 tu m'z trahi6 ,et le voil aussitt gr&s c\ps sur cette *air1 des jenes immodrs1 des discipl9es sans f91 des haires insupportables4 ,o pauvre ame6 si ta *air p\voit p>l] comme l'nesse de ,balaam1 elle te diroit3 ,p\rquoi me frappes-tu1 misrable8 ,c'e/ contre toi1 mon ame6 que ,dieu arme sa v5geance2 c'e/ toi qui es la crim9elle4 ,p\rquoi me conduis-tu en de mauvaises runions8 ,p\rquoi m'exposes-tu de rudes t5tations8 ,sois sobre en tes p5ses1 et je s]ai sobre dans mes s5s4 ,ne vois que des g5s honntes1 et j'ignor]ai de tels excs4 ,hlas6 c'e/ toi qui me jettes dans le feu1 et tu ne veux pas que je brle6 ,tu me remplis les yeux de fume1 et tu ne veux pas qu'ils s'enflamm5t6 ,et ,dieu sans d\te v\s dit alors3 ,battez1 rompez1 f5dez1 brisez vos curs pr9cipalem5t2 c> c'e/ contre eux que ma colre e/ allume4 ,c]tes1 p\r gurir la dmangeaison1 il ne faut pas tant se baign] et le lav]1 que se purifi] le sang et se rafra*ir la bile2 a9si1 p\r n\s gurir de nos vices1 s'il e/ bon de mortifi] notre *air1 il e/ surt\t bon de bi5 purifi] nos affections et de rafra*ir nos curs4 ,s\v5ez-v\s1 au re/e1 qu'en t\t et p>t\t il ne faut entrepr5dre d'au/rit corporelle qu'avec l'avis de votre directeur4 ,,*apitre ,,xxiv4 ,des compagnies et de la solitude4 ,re*]*] les compagnies1 et les fuir1 ce sont deux excs blmables dans la dvotion des g5s du monde1 qui e/ celle dont je p>le ici4 ,c> fuir les compagnies1 c'e/ m>qu] du dda9 et du mpris p\r le pro*a92 et les re*]*]1 c'e/ donn] dans l'inutilit et l'oisivet4 ,il faut aim] le pro*a9 comme soi-mme2 p\r montr] qu'on l'aime1 il ne faut pas vit] d'tre avec lui2 et p\r tmoign] qu'on s'aime soi-mme1 il faut se plaire avec soi-mme3 ,or on y e/ qu& on e/ seul3 ,p5se toi1 dit sa9t ,b]n>d1 et puis aux autres4 ,si donc ri5 ne v\s presse de faire des visites1 ou d'en recevoir *ez v\s1 demeurez en v\s-mme1 et entret5ez-v\s avec votre cur4 ,mais si quelque visite v\s arrive1 ou que v\s ayez de bons motifs p\r en faire1 allez au nom de ,dieu1 ,philo?e1 et voyez votre pro*a9 de bon cur et de bon il4 ,on appelle mauvaises compagnies celles qui sont animes de quelque mauvaise int5tion1 ou bi5 qu& ceux qui s'y tr\v5t sont vicieux1 libres et dissolus4 ,p\r celles-l1 il faut s'en dt\rn] t\t--fait1 comme les abeilles se dt\rn5t d'un amas de frelons et de taons4 ,c>1 comme ceux qui ont t mordus p> des *i5s enrags ont la sueur1 l'hale9e et la salive dang]euses1 pr9cipalem5t p\r les enfans et les p]sonnes dlicates2 de mme le comm]ce des g5s vicieux et libres en p>oles ne peut avoir que de gr&s dang]s1 surt\t p\r ceux dont la dvotion e/ encore t5dre et dlicate4 ,il y a des compagnies qui ne sont aucunem5t utiles1 si ce n'e/ p\r se rcrer et se repos] un peu des occupations srieuses4 ,quant celles-l1 comme il ne faut pas y donn] trop de temps1 aussi peut-on y consacr] le loisir de/9 la rcration4 ,il en e/ d'autres qui ne sont que d'honntet1 comme sont les visites mutuelles2 et c]ta9es assembles qui se font p\r honor] le pro*a92 et quant celles-l1 s'il ne faut pas y mettre trop d'importance1 aussi ne faut-il pas les mpris] d'une manire incivile2 mais y satisfaire avec mode/ie et prud5ce1 af9 d'vit] galem5t l'impolitesse et la lgret4 ,re/5t les compagnies utiles1 comme sont celles des p]sonnes v]tueuses et dvotes4 ,o ,philo?e6 ce v\s s]a t\j\rs un gr& bi5 d'en r5contr] s\v5t de p>eilles4 ,la vigne plante p>mi les olivi]s porte des rais9s onctueux1 et qui ont le gt de l'olive2 de mme1 une ame qui se tr\ve s\v5t p>mi des g5s de bi5 ne peut faire autrem5t que de p>ticip] leurs v]tus4 ,les b\rdons seuls ne peuv5t po9t faire de miel1 mais avec les abeilles ils aid5t le faire3 c'e/ donc un gr& moy5 de n\s bi5 ex]c] la dvotion que de conv]s] s\v5t avec les ames dvotes4 ,en t\te compagnie et conv]sation1 la navet1 la simplicit1 la d\ceur1 la ret5ue1 sont ce qu'il y a de prfrable4 ,il e/ des g5s qui mett5t tant d'artifice la mo9dre p>ole et au mo9dre m\vem5t1 que *acun en e/ ennuy2 et comme celui qui ne v\droit jamais se prom5] qu'en comptant ses pas1 ni p>l] qu'en *antant1 s]oit insupportable t\t le monde2 de mme ceux qui pr5n5t une cont5ance affecte1 et qui ne font ri5 qu'en cad5ce1 sont extrmem5t f*eux dans le monde2 et l'on peut assur] qu'il y a t\j\rs en eux plus ou mo9s de prsomption4 ,il faut p\r l'ord9aire qu'une d\ce joie dom9e dans nos rapports avec le pro*a94 ,aussi l\oit-on beauc\p sa9t ,romuald et sa9t ,anto9e de ce que1 nonob/ant t\tes leurs au/rits1 ils avoi5t t\j\rs sur la physionomie et dans leurs disc\rs l'expression de la joie1 de la gat et de la politesse4 ,riez avec ceux qui ri5t1 rj\issez-v\s avec ceux qui se rj\iss5t2 je v\s le dis encore une fois avec l',aptre3 ,rj\issez-v\s t\j\rs1 mais en ,notre-,seigneur1 et que votre mode/ie p>oisse aux yeux de t\s4 ,p\r v\s rj\ir en ,notre-,seigneur1 il faut que le sujet soit non-seulem5t licite1 mais conv5able2 ce que je dis1 p>ce qu'il y a des *oses licites qui p\rtant ne convi5n5t pas2 et af9 que votre mode/ie p>oisse1 g>dez-v\s des m*ancets1 qui bi5 c]ta9em5t sont t\j\rs rprh5sibles4 ,faire tomb] l'un1 noircir l'autre1 piqu] celui-ci1 faire du mal un f\1 ce sont des rises et des joies sottes et m*antes4 ,mais t\j\rs1 outre la solitude intrieure en laquelle v\s p\vez v\s retir] au milieu mme des plus gr&es conv]sations1 a9si que je l'ai dit au *apitre d\ze de la seconde p>tie1 v\s devez beauc\p aim] la solitude extrieure et relle2 non pas p\r all] dans les ds]ts comme sa9te ,m>ie gypti5ne1 sa9t ,paul1 sa9t ,anto9e1 sa9t ,arsne et tant d'autres solitaires2 mais p\r demeur] un peu dans votre *ambre1 dans votre j>d91 ou ailleurs1 et p\voir plus librem5t recueillir votre esprit en v\s-mme1 et rcrer votre ame p> de bonnes mditations et de sa9tes p5ses1 ou bi5 p> un peu de bonne lecture2 c'e/ ce que faisoit le gr& sa9t ,grgoire1 vque de ,nazianze1 a9si que n\s le voyons p> ses crits3 ,je me prom5ois1 dit-il1 seul avec moi-mme v]s l'heure o le soleil se c\*e1 et je passois d\cem5t le temps sur les rivages de la m]2 c> j'ai c\tume de pr5dre cette petite rcration p\r me repos] et me di/raire des ennuis ord9aires de la vie4 ,et l-dessus il rapporte la bonne p5se qu'il eut1 et que je v\s ai cite ailleurs4 ,c'toit aussi la pratique de sa9t ,ambroise3 ,s\v5t1 dit sa9t ,augu/91 tant entr dans sa *ambre1 dont on ne refusoit l'entre p]sonne1 je me plaisois le reg>d] lire2 et aprs avoir att5du quelque temps1 je m'en ret\rnois sans mot dire1 p\r ne pas le drang]1 p5sant que le peu de temps qui re/oit ce gr& pa/eur p\r dlass] et rcrer son esprit ne devoit pas lui tre t4 ,aussi1 aprs que les aptres eur5t un j\r racont ,notre-,seigneur les succs qu'ils avoi5t eus dans une mission3 ,v5ez1 leur dit le ,sauveur1 retirons-n\s dans la solitude1 et pr5ez-y un peu de repos4 ,,*apitre ,,xxv4 ,de la bi5sance des habits4 ,sa9t ,paul veut que les femmes *rti5nes 7il en faut dire autant des hommes7 soi5t revtues d'habits conv5ables1 se p>ant avec mode/ie et ret5ue4 ,or1 la bi5sance des habits et des autres ornem5s dp5d de la matire1 de la =me et de la propret4 ,quant la propret1 elle doit presque t\j\rs tre la mme dans nos habits1 sur lesquels1 autant qu'il e/ possible1 il ne faut laiss] aucune sorte de s\illure et de ta*e4 ,la propret extrieure reprs5te en quelque faon la puret intrieure1 c'e/ p\r cela que ,dieu exige une gr&e puret corporelle en ceux qui appro*5t de ses autels1 et dans ceux qui sont plus p>ticulirem5t consacrs son s]vice4 ,quant la matire et la =me des habits1 la bi5sance rsulte de plusieurs circon/ances3 du temps1 de l'ge1 des qualits1 des compagnies et des occasions4 ,on se p>e ord9airem5t mieux les j\rs de fte1 selon la gr&eur du j\r qu'on clbre2 dans les temps consacrs la pnit5ce1 comme le c>me1 l'on se nglige beauc\p2 dans les noces1 on porte des robes nuptiales2 dans les assembles funbres1 des robes de deuil2 auprs des pr9ces on rehausse son tat2 dans l'intrieur de la famille on doit l'oubli]2 la femme m>ie peut et doit se p>]1 qu& elle e/ avec son m>i et qu'elle sait qu'il le dsire2 mais si elle fait de mme p5dant son abs5ce1 on lui dem&]a quoi bon tant de so9 et de re*]*e4 ,on p]met plus d'aju/em5t aux filles1 p>ce qu'il leur e/ p]mis de v\loir plaire plusieurs1 quoique ce ne soit qu'af9 d'en gagn] un p> un sa9t m>iage4 ,on ne tr\ve pas non plus mauvais que les veuves m>i] se p>5t un peu1 p\rvu qu'elles ne se donn5t po9t les airs de la premire jeunesse3 d'autant qu'ayant dj pass p> l'tat du m>iage1 et les regrets du veuvage1 on s'att5d les tr\v] d'un esprit mr et rassis4 ,mais quant aux vraies veuves1 c'e/--dire celles qui le sont vraim5t de cur1 nul ornem5t ne leur e/ conv5able1 s9on l'humilit1 la mode/ie et la dvotion4 ,c> si elles veul5t tre re*]*es1 elles ne sont pas de vraies veuves2 et si elles ne le veul5t pas1 p\rquoi tant de prt5tions8 ,qui ne veut po9t recevoir d'htes1 n'a qu' t] l'enseigne de son logis4 ,on se moque t\j\rs des vieilles g5s qui veul5t faire les jolis2 c'e/ une folie qui n'e/ supportable t\t au plus que dans la jeunesse4 ,soyez propre1 ,philo?e1 qu'il n'y ait ri5 sur v\s de tranant et de mal rang4 ,c'e/ mpris] ceux avec qui l'on e/ que de les all] voir en habit dsagrable2 mais g>dez-v\s surt\t des afft]ies1 vanits1 curiosits et sottes re*]*es2 t5ez-v\s t\j\rs1 tant qu'il v\s s]a possible1 du ct de la simplicit et de la mode/ie3 c'e/ le plus gr& ornem5t de la beaut1 et la meilleure excuse de la laideur4 ,sa9t ,pi]re av]tit pr9cipalem5t les jeunes femmes de ne po9t port] leurs *eveux si crps1 friss1 b\cls et apprts4 ,les hommes qui sont assez l*es p\r s'amus] de telles sottises1 sont p>t\t dcris comme tant mo9s hommes que femmes2 et les femmes elles-mmes que la vanit entte1 sont t5ues p\r foibles en v]tu2 du mo9s1 si elles en ont1 il n'y p>ot gure p>mi tant de fatras et de bagatelles4 ,on dit qu'on n'y p5se pas mal2 mais je rplique1 comme je l'ai fait ailleurs1 que le diable y en p5se t\j\rs4 ,p\r moi1 je v\drais qu'un dvot et une dvote fuss5t t\j\rs les mieux habills de la compagnie1 mais les mo9s pompeux et affects2 et qu'ils fuss5t1 comme il e/ dit dans le ,prov]be1 p>s de grces1 de bi5sance et de dignit4 ,sa9t ,l\is dit d'un seul mot1 qu'on doit se vtir selon son tat1 en sorte que les sages et les prud5s ne puiss5t pas dire1 v\s en faites trop1 et les jeunes g5s1 v\s en faites trop peu4 ,que si les jeunes ne veul5t po9t se cont5t] de la bi5sance1 alors il faut s'en t5ir l'avis des sages4 ,,*apitre ,,xxvi4 ,de p>l]1 et premirem5t comm5t il faut p>l] de ,dieu4 ,les mdec9s pr5n5t une gr&e connoissance de la sant ou de la maladie d'une p]sonne p> l'inspection de sa langue2 et nos p>oles sont aussi de vrais indices des qualits de notre ame4 ,p> tes p>oles1 dit le ,sauveur1 tu s]as ju/ifi1 et p> tes p>oles tu s]as condamn4 ,n\s portons s\da9 la ma9 sur la d\leur que n\s s5tons1 et la langue sur l'am\r que n\s avons4 ,si donc1 ,philo?e1 v\s avez bi5 l'am\r de ,dieu1 v\s p>l]ez s\v5t de ,dieu dans les conv]sations p>ticulires que v\s aurez avec vos p>5s1 vos amis et vos vois9s4 ,oui1 c> la b\*e du ju/e mdit]a la sagesse1 et sa langue p>l]a de ju/ice4 ,et comme les abeilles ont t\j\rs dans leur petite trompe quelque peu du miel qu'elles di/ill5t1 de mme aussi votre b\*e cons]v]a le gt des bonnes p5ses qu'elle aura exprimes2 votre plus d\ce j\issance s]a de faire c\l] sur vos lvres les l\anges de ,dieu1 et v\s pr\v]ez quelque *ose de cette d\ceur dlicieuse que sa9t ,franois avoit1 dit-on1 la b\*e t\tes les fois qu'il prononoit le nom du ,seigneur4 ,mais p>lez t\j\rs de ,dieu comme de ,dieu1 c'e/--dire avec respect et dvotion2 non po9t en faisant la suffisante et la pr*euse1 mais avec un gr& esprit de d\ceur1 de *>it et d'humilit2 di/illant1 comme l'p\se des ,cantiques1 le miel dlicieux de la dvotion1 et le v]sant g\tte g\tte1 tantt dans l'oreille de l'un1 tantt dans l'oreille de l'autre1 priant ,dieu au fond de votre ame qu'il lui plaise de faire pass] cette sa9te rose jusque dans le cur de ceux qui v\s c\t5t4 ,surt\t il faut faire cet (fice anglique d\cem5t et agrablem5t1 non p> manire de correction1 mais p> manire d'inspiration2 c> c'e/ m]veille1 comme la d\ceur e/ une bonne manire de propos] les *oses et une puissante amorce p\r attir] les curs4 ,ne p>lez donc jamais de ,dieu1 ni de la dvotion1 p> manire d'acquit et d'entreti51 mais t\j\rs avec att5tion et dvotion4 ,ce que je dis p\r v\s g>antir d'une dang]euse vanit qui se tr\ve en plusieurs p]sonnes faisant pr(ession de pit1 lesquelles dis5t t\t propos des p>oles sa9tes et f]v5tes p> =me de disc\rs1 et sans y p5s] nullem5t2 et qui1 aprs les avoir dites1 se croi5t telles que leurs p>oles sembl5t l'indiqu]1 ce qui malheureusem5t n'e/ pas4 ,,*apitre ,,xxvii4 ,de l'honntet des p>oles1 et du respect que l'on doit aux p]sonnes4 ,si quelqu'un ne p*e po9t en p>oles1 dit l'aptre sa9t ,jacques1 il e/ un homme p>fait4 ,g>dez-v\s soigneusem5t de t\te p>ole d%onnte2 c> encore que v\s ne les disiez pas avec mauvaise int5tion1 t\j\rs e/-il que ceux qui les ent5d5t peuv5t les pr5dre d'une autre manire4 ,la p>ole d%onnte tombant dans un cur foible1 s't5d et se dilate comme une g\tte d'huile sur du drap2 et quelquefois elle saisit tellem5t le cur1 qu'elle le remplit de mille p5ses et t5tations c\pables4 ,c> si le poison du corps entre p> la b\*e1 le poison du cur entre p> l'oreille2 et la langue qui le produit e/ vraim5t meurtrire1 puisque bi5 qu' l'av5ture le v59 qu'elle a jet n'ait pas produit son effet1 cause du contre-poison qui se s]a tr\v dans les curs1 t\j\rs e/-il qu'il n'a pas t5u sa malice qu'elle ne les ait fait m\rir4 ,et qu'on ne dise pas qu'on n'y a pas p5s2 c> ,notre-,seigneur1 qui connot les p5ses1 a dit1 que la b\*e p>le de l'abondance du cur4 ,et si n\s n'y p5sons pas mal1 le dmon nanmo9s y en p5se beauc\p1 et se s]t t\j\rs secrtem5t de ces mauvais mots p\r en transp]c] le cur de quelqu'un4 ,on dit que ceux qui ont mang de l'h]be qu'on nomme anglique ont t\j\rs l'hale9e d\ce et agrable2 et ceux qui ont bi5 dans le cur l'honntet et la *a/et1 qui e/ p> excell5ce la v]tu anglique1 ont t\j\rs la b\*e des p>oles pures1 *a/es et honntes4 ,quant aux *oses grossires et folles1 l',aptre ne veut pas seulem5t qu'on les nomme1 n\s assurant que ri5 ne corrompt tant les bonnes murs que les mauvais disc\rs4 ,que si ces p>oles d%onntes sont dites c\v]t1 avec f9esse et subtilit1 elles sont encore inf9im5t plus dang]euses2 c>1 comme plus un d>d e/ po9tu1 plus il entre aism5t dans nos corps1 de mme plus un mauvais mot e/ aigu1 plus il pntre dans nos curs2 et ceux qui p5s5t tre =t aimables en disant de telles p>oles en compagnie1 ne sav5t pas p\rquoi les compagnies sont faites2 c> elles doiv5t tre comme des essaims d'abeilles runies p\r faire le miel de quelque d\x et v]tueux entreti51 et non comme un tas de gupes atta*es quelque p\rriture4 ,si donc quelque fat vi5t v\s dire des p>oles messantes1 tmoignez que vos oreilles en sont (f5ses1 soit en v\s dt\rnant1 soit en usant de quelqu'autre moy51 selon que la prud5ce v\s le suggr]a4 ,c'e/ une des plus mauvaises qualits qu'un esprit puisse avoir que d'tre moqueur4 ,dieu hait extrmem5t ce vice et en a fait autrefois des *tim5s exemplaires4 ,ri5 n'e/ si contraire la *>it1 et encore plus la dvotion1 que le mpris du pro*a92 or1 la drision et la moqu]ie n'ont jamais lieu sans ce mpris4 ,aussi e/-ce un =t gr& p*2 et les docteurs ont raison de dire que la moqu]ie e/ la plus gr&e (f5se que l'on puisse faire au pro*a9 en p>oles1 p>ce que les autres (f5ses n'emp*5t pas t\j\rs d'e/im] celui qui e/ (f5s1 t&is que celle-ci e/ t\j\rs accompagne de dda9 et de mpris4 ,quant aux jeux de p>oles qui se font entre honntes g5s avec une gat d\ce et mode/e1 ils app>ti5n5t la v]tu que les ,grecs appell5t eutraplie1 et que n\s p\vons nomm] bonne conv]sation3 c'e/ une manire aimable de se rcrer l'occasion des trav]s et des petites imp]fections huma9es dont p]sonne n'e/ exempt4 ,il se faut g>d] seulem5t de pass] de la plaisant]ie la moqu]ie2 c> la moqu]ie provoque rire p> mpris du pro*a91 au lieu que la plaisant]ie provoque rire p> la lib]t1 l'enjom5t et la fran*ise de cur1 jo9ts la g5tillesse de quelques mots4 ,il e/ rapport de sa9t ,l\is1 que1 qu& les religieux qu'il avoit sa c\r v\loi5t p>l] de *oses srieuses aprs dn]1 ,ce n'e/ pas le mom5t1 leur disoit-il1 de raisonn] de la sorte1 mais bi5 de se rcrer de quelques bons mots3 que *acun dise donc librem5t et honntem5t ce qu'il v\dra4 ,et en cela il v\loit donn] occasion la noblesse qui toit aut\r de lui de recevoir quelque m>que de sa bont4 ,du re/e1 ,philo?e1 passons tellem5t le temps p> rcration1 que n\s n\s assurions t\j\rs la sa9te t]nit p> dvotion4 ,,*apitre ,,xxviii4 ,des jugem5s tmraires4 ,ne jugez po9t1 et v\s ne s]ez po9t jugs1 dit le ,sauveur de nos ames2 ne condamnez po9t1 et v\s ne s]ez po9t condamns4 ,non1 dit le sa9t aptre1 ne jugez po9t avant le temps1 jusqu' ce que le ,seigneur vi5ne rvl] le secret des tnbres1 et manife/] les conseils des curs4 ,oh6 que les jugem5s tmraires sont dsagrables ,dieu6 ,les jugem5s des enfans des hommes sont tmraires1 p>ce qu'ils ne sont pas juges les uns des autres1 et qu'en jugeant ils usurp5t l'(fice de ,notre-,seigneur4 ,ils sont tmraires1 p>ce que la pr9cipale malice du p* vi5t de l'int5tion et de la disposition du cur1 qui e/ p\r n\s le secret des tnbres4 ,ils sont tmraires1 p>ce que *acun a bi5 assez faire de se jug] soi-mme1 sans entrepr5dre encore de jug] son pro*a94 ,c'e/ une *ose galem5t ncessaire p\r n'tre po9t jug1 de ne po9t jug] les autres et de se jug] soi-mme2 c>1 comme ,notre-,seigneur n\s df5d l'un1 l',aptre n\s ordonne l'autre1 en disant3 ,si n\s n\s jugions n\s-mmes1 n\s ne s]ions pas jugs4 ,mais1 ,dieu6 n\s faisons t\t le contraire2 c>1 ce qui n\s e/ df5du1 n\s ne cessons de le faire1 jugeant t\t propos le pro*a92 et ce qui n\s e/ comm&1 qui e/ de n\s jug] n\s-mmes1 n\s ne le faisons jamais4 ,selon les div]ses causes des jugem5s tmraires1 il y faut apport] div]s remdes4 ,il y a des curs aigres1 am]s et pres de leur nature qui r5d5t p>eillem5t aigre et am] t\t ce qu'ils reoiv5t1 et qui1 selon l'expri5ce du ,prophte1 conv]tiss5t le jugem5t en absyn!1 ne jugeant jamais du pro*a9 qu'en t\te rigueur et pret4 ,ceux-ci ont gr&em5t beso9 de tomb] entre les ma9s d'un bon mdec9 spirituel2 c> cette am]tume de cur leur tant naturelle1 elle e/ difficile va9cre2 et bi5 qu'en soi elle ne soit pas p*1 mais seulem5t une imp]fection1 elle e/ nanmo9s dang]euse1 p>ce qu'elle introduit et fait rgn] dans l'ame le jugem5t tmraire et la mdisance4 ,quelques-uns jug5t tmrairem5t1 non p> aigreur1 mais p> orgueil1 s'imag9ant que plus ils rabaiss5t l'honneur d'autrui1 plus ils relv5t le leur2 esprits arrogans ou prsomptueux1 qui s'admir5t eux-mmes1 et se plac5t si haut dans leur propre e/ime1 qu'ils voi5t t\t le re/e comme *ose petite et basse4 ,je ne suis pas comme le re/e des hommes1 disoit le sot ph>isi54 ,d'autres n'ont pas cet orgueil manife/e1 mais seulem5t une c]ta9e petite complaisance considr] le mal d'autrui1 p\r sav\r] et faire sav\r] plus d\cem5t le bi5 contraire dont ils se croi5t d\s2 et cette complaisance e/ si secrte et imp]ceptible1 que1 si on n'a bonne vue1 on ne peut la disc]n]1 et ceux mmes qui en sont atte9ts ne la connoiss5t pas1 mo9s qu'on ne la leur montre4 ,d'autres1 p\r se flatt] et s'excus] eux-mmes1 et p\r ad\cir les remords de leur consci5ce1 jug5t =t volonti]s que les autres sont vicieux du vice qu'ils ont contract1 ou de quelque autre aussi gr&1 se p]suadant que la multitude des crim9els r5d leur p* mo9s blmable4 ,plusieurs s'adonn5t au jugem5t tmraire p\r le seul plaisir de philosoph] et de glos] sans f9 sur l'humeur1 la conduite et les murs des p]sonnes1 se faisant de cela comme un ex]cice et un jeu d'esprit4 ,que si p> malheur ils r5contr5t quelquefois ju/e en leurs conjectures1 alors l'audace et la manie de jug] s'accrot tellem5t en eux1 que l'on a bi5 de la pe9e les ret5ir4 ,beauc\p jug5t p> passion1 p5sant t\j\rs bi5 de ce qu'ils aim5t1 et t\j\rs mal de ce qu'ils hass5t1 s9on en un cas t\t--fait tonnant1 et nanmo9s vritable1 o l'excs de l'am\r porte mal jug] de ce qu'on aime3 effet mon/rueux d'un am\r grossi]1 imp>fait1 tr\bl et malade2 maudite jal\sie1 qui1 comme *acun sait1 sur un simple reg>d1 sur le mo9dre ge/e1 condamne les p]sonnes de trahison et de p>jure4 ,enf91 la cra9te1 l'ambition et mille autres foiblesses d'esprit1 contribu5t s\v5t ces va9s s\pons et ces jugem5s tmraires4 ,mais quels remdes tant de maux8 ,on dit que ceux qui ont bu du suc d'une h]be d',e?iopie1 appele ophiusa1 croi5t voir p>t\t des s]p5s et autres *oses effroyables1 et que p\r les gurir il faut leur faire pr5dre du v9 de palmi]2 de mme ceux qui ont aval l'orgueil1 l'envie1 l'ambition1 la ha9e1 ne voi5t ri5 qu'ils ne tr\v5t mauvais et blmable2 et p\r les gurir je leur dis3 ,buvez le plus que v\s p\rrez du v9 sacr de la *>it2 elle v\s dlivr]a de ces mauvaises humeurs qui v\s font faire tant de jugem5s biz>res4 ,la *>it cra9t de r5contr] le mal2 tant s'en faut-il qu'elle l'aille *]*]4 ,et qu& elle le r5contre1 elle s'en dt\rne et le dissimule3 a9si1 au premi] bruit qui lui en vi5t1 elle f]me les yeux p\r ne pas le voir2 et puis elle croit p> une sa9te simplicit que ce n'toit pas le mal1 mais seulem5t l'ombre et comme le fantme du mal4 ,que si nanmo9s elle e/ =ce de reconnotre que c'e/ lui-mme1 elle s'en di/rait aussitt1 et t*e d'en oubli] la figure4 ,la *>it e/ le gr& remde t\s les maux1 mais spcialem5t celui-ci4 ,t\tes *oses p>oiss5t jaunes ceux qui ont la jaunisse1 et l'on dit que p\r les gurir de ce mal1 il leur faut faire port] de la feuille de pavot s\s la plante des pi$s4 ,c]tes1 ce p* de jugem5t tmraire e/ une jaunisse spirituelle1 qui fait p>otre t\tes *oses mauvaises aux yeux de ceux qui en sont atte9ts2 mais qui en veut gurir1 doit appliqu] le remde non aux yeux1 mais aux pi$s de l'ame1 c'e/--dire non l'ent5dem5t1 mais aux affections4 ,si donc v\s avez de la d\ceur et de la *>it dans le cur1 t\s vos jugem5s s]ont d\x et *>itables2 et en voici trois exemples admirables que je v\s prs5te4 ,isaac avoit dit que ,rebecca toit sa sur1 et ,abimle* qui s'ap]ut de quelques dmon/rations d'amiti entre eux1 =t t5dres et trs-familires1 jugea que c'toit sa femme3 un il mal9 et jug que c'toit sa matresse1 ou que si elle toit sa sur1 il toit lui-mme un ince/ueux2 mais ,abimle* prit le p>ti *>itable qu'il p\voit pr5dre sur un tel fait4 ,voil comme l'on doit jug] favorablem5t du pro*a9 autant que l'on peut2 et si une action avoit c5t aspects diffr5s1 il faudroit la reg>d] uniquem5t p> le plus bel endroit4 ,sa9t ,joseph ne p\voit d\t] que la sa9te ,vi]ge ne ft ence9te2 mais p>ce qu'il connoissoit son m95te sa9tet1 et sa vie t\te pure1 t\te anglique1 il ne se p]mit pas le plus lg] s\pon contre elle1 quelque viol5s que fuss5t ses prjugs3 a9si il prit la rsolution1 en la quittant1 d'en laiss] t\t le jugem5t ,dieu4 ,l',esprit div9 n\s fait rem>qu] dans l',evangile1 qu'il en usa de la sorte p>ce qu'il toit un homme ju/e4 ,or l'homme ju/e1 qui ne peut absolum5t excus] ni le fait1 ni l'int5tion d'une p]sonne dont il connot la probit1 n'en veut pas jug] et t*e mme d't] cela de son esprit1 et en laisse le jugem5t ,dieu4 ,le ,sauveur crucifi1 ne p\vant excus] entirem5t le p* de ceux qui l'avoi5t atta* la croix1 v\lut au mo9s en dim9u] la malice p> la raison de leur ignorance3 de mme qu& n\s ne p\vons excus] le p*1 r5dons-le au mo9s digne de compassion1 en l'attribuant la cause la plus supportable qu'il puisse avoir1 comme l'ignorance ou la foiblesse4 ,mais ne peut-on donc jamais jug] le pro*a98 ,non c]tes1 jamais3 c'e/ ,dieu1 ,philo?e1 qui juge les crim9els1 dans les jugem5s de la ju/ice huma9e4 ,t\tefois il se s]t de la voix des magi/rats p\r se r5dre intelligible nos oreilles2 ils sont comme ses int]prtes et ses oracles1 et ne doiv5t ri5 prononc] que ce qu'ils ont appris de lui4 ,que s'ils font autrem5t1 et suiv5t leurs propres passions1 alors c'e/ vraim5t eux qui jug5t1 et qui p> consqu5t s]ont jugs2 c> il e/ df5du aux hommes1 en tant qu'hommes1 de jug] les autres4 ,voir ou connotre une *ose1 ce n'e/ pas en jug]2 c> t\t jugem5t1 au mo9s selon la phrase de l',ecriture1 prsuppose quelque difficult1 gr&e ou petite1 vraie ou app>5te1 qu'il faut dcid]4 ,c'e/ p\rquoi elle dit que ceux qui n'ont pas la foi sont dj jugs1 p>ce qu'il n'y a po9t de d\te sur leur condamnation4 ,ce n'e/ donc pas mal fait de d\t] du pro*a98 ,non1 c> il n'e/ pas df5du de d\t]1 mais de jug]4 ,t\tefois1 il n'e/ p]mis ni de d\t] ni de s\ponn]1 qu'autant que de bonnes raisons n\s y contraign5t2 autrem5t les d\tes et les s\pons sont tmraires4 ,si quelque il m*ant et vu ,jacob1 qu& il embrassa ,ra*el auprs du puits1 ou qu'il et vu ,rebecca recevoir des bracelets et des p5dans d'oreilles d',eliz]1 homme inconnu dans ce pays-l1 il et sans d\te mal p5s de ces deux modles de v]tu1 mais c'et t bi5 tort2 c> qu& une action e/ de soi-mme indiffr5te1 c'e/ faire un s\pon tmraire que d'en tir] une mauvaise consqu5ce1 mo9s que plusieurs circon/ances ne donn5t crdit ce s\pon4 ,c'e/ aussi un jugem5t tmraire que de pr5dre occasion d'un acte p\r blm] la p]sonne qui en e/ l'auteur2 mais ceci1 je le dirai bi5tt plus clairem5t4 ,enf91 ceux qui ont bi5 so9 de leur consci5ce ne sont gure sujets aux jugem5s tmraires2 c>1 comme les abeilles1 en voyant les br\ill>ds et les temps nbuleux1 se retir5t dans leurs ru*es et y prp>5t leur miel1 de mme les bonnes ames ne laiss5t pas c\rir leurs p5ses sur les sujets embr\ills et p>mi les actions quivoques du pro*a92 mais p\r ne pas les r5contr]1 elles se r5f]m5t au d$ans d'elles-mmes1 et pr5n5t au fond de leur cur de bonnes rsolutions p\r leur propre am5dem5t4 ,c'e/ le fait d'une ame inutile de s'amus] exam9] la vie d'autrui3 j'excepte ceux qui sont *>gs de la conduite des autres1 soit dans la famille1 soit dans l'tat2 c> une bonne p>tie de leur consci5ce consi/e surveill] celle d'autrui4 ,qu'ils fass5t donc leur devoir avec am\r3 pass cela1 qu'ils se ti5n5t en repos et ne s'occup5t que d'eux-mmes4 ,,*apitre ,,xxix4 ,de la mdisance4 ,le jugem5t tmraire produit l'inquitude1 le mpris du pro*a91 l'orgueil et la complaisance en soi-mme1 et c5t autres effets trs-p]nicieux1 p>mi lesquels la mdisance e/ au premi] rang1 comme la vraie pe/e des conv]sations4 ,oh6 que n'ai-je un des *>bons du sa9t autel p\r t\*] les lvres des hommes et les purifi] de leurs p*s1 comme un sraph9 purifia jadis les lvres du prophte ,isae6 ,qui t]oit la mdisance du monde1 en t]oit une des plus gr&es causes de p*s qui exi/5t4 ,si quelqu'un enlve inju/em5t au pro*a9 sa bonne rputation1 outre le p* qu'il commet1 il e/ oblig d'en faire rp>ation1 selon la nature de la mdisance2 c> nul ne peut entr] au ,ciel avec le bi5 d'autrui2 et de t\s les bi5s extrieurs la r5omme e/ le plus prcieux4 ,la mdisance e/ une espce de meurtre2 c> n\s avons trois vies3 la spirituelle1 qui se tr\ve en la grce de ,dieu2 la corporelle1 dont l'ame e/ le pr9cipe2 et la civile1 qui consi/e en la r5omme4 ,le p* n\s te la premire1 la mort n\s te la seconde1 et la mdisance n\s te la troisime4 ,mais le mdisant a cela de p>ticuli]1 que p> un seul c\p de langue il fait ord9airem5t trois meurtres3 il tue son ame et l'ame de celui qui l'c\te1 p> un homicide spirituel1 et il t la vie civile celui dont il mdit2 c>1 comme disoit sa9t ,b]n>d1 et celui qui mdit1 et celui qui c\te le mdisant1 ont t\s deux le diable sur eux2 mais l'un l'a sur la langue1 et l'autre en son oreille4 ,david dit en p>lant des mdisans1 qu'ils ont aiguis leur langue comme la langue d'un s]p5t4 ,or1 le s]p5t a la langue f\r*ue et deux po9tes1 selon la rem>que d',ari/ote2 et telle e/ en effet la langue du mdisant1 qui d'un seul c\p pique et empoisonne l'oreille de celui qui c\te1 et la rputation de celui dont il p>le4 ,je v\s conjure donc1 *re ,philo?e1 de ne jamais mdire de p]sonne1 ni directem5t1 ni indirectem5t3 g>dez-v\s d'attribu] de faux crimes au pro*a91 ou de dc\vrir ceux qui sont secrets1 ou d'augm5t] ceux qui sont connus1 ou de mal int]prt] ses bonnes uvres1 ou de ni] le bi5 que v\s savez tre en quelqu'un1 ou de le ca*] malignem5t1 ou de le dim9u] p> vos p>oles2 c> en t\t cela v\s (f5s]iez gr&em5t ,dieu1 surt\t si c'toit en accusant faussem5t le pro*a91 ou en niant la vrit son prjudice2 c> alors il y auroit le d\ble p* de m5tir et de nuire au pro*a94 ,ceux qui prp>5t la mdisance p> des prlim9aires honorables1 ou qui entreml5t leurs mdisances de petites g5tillesses et de bons mots1 sont les plus f9s et les plus dang]eux mdisans de t\s4 ,je prote/e1 dis5t-ils1 que je l'aime1 et qu'au re/e c'e/ un galant homme2 mais cep5dant il faut dire la vrit3 il eut tort de faire cette p]fidie4 ,c'e/ une =t v]tueuse fille1 mais elle fut surprise2 et autres semblables t\rnures4 ,ne voyez-v\s pas l'artifice8 ,celui qui veut tir] de l'arc1 tire tant qu'il peut la fl*e soi2 mais ce n'e/ que p\r la lanc] plus =tem5t2 il semble aussi que ceux-ci retir5t leur mdisance eux1 mais ce n'e/ que p\r la dco*] plus roide1 af9 qu'elle pntre plus avant dans le cur des assi/ans4 ,la mdisance dite en =me de plaisant]ie e/ plus cruelle encore que t\tes les autres4 ,c>1 comme la cigu n'e/ pas en soi un poison trs-viol5t1 mais au contraire assez l5t en ses effets1 et facile calm]1 t&is qu'tant prise avec du v91 elle e/ irrmdiable2 de mme1 la mdisance1 qui p> elle-mme pass]oit lgrem5t p> une oreille et sortiroit p> l'autre1 s'arrte f]mem5t en l'esprit des auditeurs1 qu& elle e/ accompagne de quelque mot subtil et joyeux4 ,a ceux qui mdis5t de la sorte1 on peut appliqu] ces p>oles de ,david3 ,ils ont s\s leurs lvres le v59 de l'aspic4 ,en effet1 l'aspic fait sa piqre presque imp]ceptible1 et son v59 excite d'abord une dmangeaison agrable1 au moy5 de laquelle le cur et les entrailles se dilat5t et reoiv5t le poison1 en sorte qu'on ne peut plus ensuite y port] remde4 ,ne dites pas1 un tel e/ un ivrogne1 p>ce que v\s l'avez vu ivre1 ni un tel e/ un voleur1 p>ce que v\s l'avez surpris une fois vol]2 c> un seul acte ne con/itue pas une habitude4 ,le soleil s'arrta une fois en faveur de la victoire de ,josu1 et s'obscurcit une autre fois en faveur de celle du ,sauveur3 nul ne dira p\rtant qu'il soit immobile ou obscur4 ,no s'enivra une fois1 et ,lo? une autre fois2 ils ne fur5t p\rtant ivrognes ni l'un ni l'autre1 non plus que sa9t ,pi]re ne fut sangu9aire1 p\r avoir une fois rp&u du sang1 ni un blasphmateur1 p\r avoir une fois blasphm4 ,le nom de vicieux ou de v]tueux suppose l'habitude du vice1 ou de la v]tu3 c'e/ donc une impo/ure de dire qu'un homme e/ colre ou fripon1 p\r l'avoir vu une fois s'emport] ou drob]4 ,et lors mme qu'un homme et t long-temps vicieux1 on s'expos]oit encore m5tir en le nommant a9si4 ,simon le ,lpreux appeloit ,magdele9e une p*]esse1 p>ce qu'elle l'avoit t autrefois3 il m5toit nanmo9s2 c> elle ne l'toit plus1 mais une trs-sa9te pnit5te3 aussi ,notre-,seigneur la prit-il s\s sa protection4 ,le ph>isi5 reg>doit le publica9 comme un gr& p*eur1 s\ill peut-tre d'inju/ice1 d'adultre et de vol2 mais il se trompoit gr&em5t2 c> l'in/ant mme il v5oit d'tre ju/ifi4 ,hlas6 puisque la bont de ,dieu e/ si gr&e1 qu'un seul mom5t suffit p\r obt5ir et recevoir sa grce1 quelle assurance p\vons-n\s avoir qu'un homme qui toit hi] p*eur le soit encore auj\rd'hui8 ,le j\r prcd5t ne doit po9t jug] le j\r prs5t1 ni le j\r prs5t jug] le j\r prcd5t3 il n'y a que le d]ni] j\r qui doive jug] t\s les autres4 ,n\s ne p\vons donc jamais dire qu'un homme soit m*ant1 sans dang] de m5tir4 ,ce que n\s p\vons dire1 en cas qu'il en faille p>l]1 c'e/ qu'il fit telle action mauvaise3 qu'il a mal vcu en tel temps1 que ma9t5ant il fait mal4 ,mais on ne peut tir] aucune consqu5ce d'hi] auj\rd'hui1 ni d'auj\rd'hui hi]1 et mo9s encore d'auj\rd'hui dema94 ,bi5 qu'on doive tre extrmem5t dlicat p\r ne po9t mdire du pro*a91 encore faut-il se g>d] d'un autre excs o plusieurs se laiss5t all]1 qui e/1 p\r vit] la mdisance1 de donn] des l\anges au vice4 ,s'il se tr\ve une p]sonne vraim5t mdisante1 ne dites pas p\r l'excus] qu'elle e/ libre et fran*e2 s'il s'en tr\ve une manife/em5t va9e1 ne dites pas qu'elle e/ noble et gnreuse2 les famili>its dang]euses1 ne les appelez pas simplicits ou navets2 ne f>dez pas la dsobissance du nom de zle1 ni l'arrogance du nom de fran*ise1 ni l'impuret du nom d'amiti4 ,non1 *re ,philo?e1 il ne faut pas1 p\r fuir le vice de mdisance1 favoris]1 flatt]1 ou n\rrir les autres vices1 mais il faut dire rondem5t et fran*em5t mal du mal1 et blm] les *oses blmables2 ce qui ne t\rn]a qu' la gloire de ,dieu1 moy5nant les conditions suivantes3 ,premirem5t1 p\r p\voir blm] les vices d'autrui1 il faut que l'utilit1 ou de celui dont on p>le1 on de celui qui l'on p>le1 le require4 ,p> exemple1 on raconte devant de jeunes p]sonnes les inconsqu5ces de tels et de telles1 qui sont manife/em5t prilleuses2 le drglem5t d'un tel ou d'une telle1 en p>oles ou en actions manife/em5t mauvaises2 si je ne blme pas ouv]tem5t ce mal1 et que je veuille l'excus]1 ces t5dres ames1 qui c\t5t1 en pr5dront occasion de se port] quelque *ose de semblable2 leur utilit dem&e donc que t\t fran*em5t et sans ret>d je blme ces *oses-l1 mo9s que je ne puisse le faire en un temps plus opportun1 et o la rputation de ceux dont on p>le aura mo9s s\ffrir4 ,en second lieu1 que j'aie quelque obligation de p>l] sur ce sujet2 comme si je suis des premi]s de la compagnie1 que mon sil5ce dt pass] p\r une approbation3 que si je suis des mo9dres1 je ne dois po9t entrepr5dre de ri5 c5sur]1 mais je dois tre p>faitem5t mesur dans mes expressions1 p\r ne pas dire un seul mot de trop4 ,si1 p> exemple1 je blme les famili>its de ce jeune homme et de cette jeune fille1 ,dieu6 ,philo?e1 il faut que je ti5ne la balance bi5 ju/e p\r ne pas augm5t] la *ose1 pas mme d'un seul br93 s'il n'y a qu'une foible app>5ce1 je ne dirai que cela2 s'il n'y a qu'une simple imprud5ce1 je n'en dirai pas davantage2 s'il n'y a ni imprud5ce1 ni vraie app>5ce du mal1 mais seulem5t de quoi donn] un esprit mal9 occasion de mdire1 ou je n'en dirai ri5 du t\t1 ou je dirai cela mme4 ,ma langue1 t&is que je p>le du pro*a91 e/ dans ma b\*e comme un rasoir dans la ma9 du *irurgi5 qui veut tran*] entre les n]fs et les t5dons4 ,il faut que le c\p que je port]ai soit si ju/e1 que je ne dise ni plus ni mo9s que ce qui e/4 ,enf91 il faut obs]v]1 en blmant le vice1 d'p>gn] le plus que l'on peut la p]sonne en qui il se tr\ve4 ,on peut nanmo9s p>l] librem5t des p*eurs infmes1 publics et notoires1 p\rvu que ce soit avec esprit de *>it et de compassion1 et non avec arrogance et prsomption1 et en pr5ant plaisir au mal d'autrui2 c>1 p\r ce d]ni]1 c'e/ le fait d'un cur vil et abject4 ,j'excepte de cette rgle les ennemis dcl>s de ,dieu et de son ,eglise2 c>1 p\r ceux-l1 ils les faut dcri] tant qu'on peut1 comme sont les *efs d'hrsies et de s*ismes2 c'e/ *>it de cri] au l\p qu& il e/ entre les brebis1 quelque "p qu'il soit4 ,*acun se p]met de jug] et de c5sur] les pr9ces1 et de mdire de nations entires1 selon les div]s s5tim5s dont on e/ affect leur g>d4 ,philo?e1 ne faites pas cette faute2 c>1 outre l'(f5se de ,dieu1 v\s p\rriez v\s attir] mille dsagrm5s4 ,qu& v\s ent5dez mal p>l] du pro*a91 r5dez l'accusation d\teuse1 si v\s le p\vez ju/em5t2 si v\s ne le p\vez pas1 excusez l'int5tion de l'accus2 que si cela ne se peut1 tmoignez de la compassion de son tat2 dt\rnez le trait1 en v\s s\v5ant et faisant s\v5ir la compagnie que ceux qui ne tomb5t pas en faute le doiv5t uniquem5t la grce de ,dieu2 rappelez le mdisant lui-mme p> quelques d\ces manires1 et dites de la p]sonne (f5se t\t le bi5 que v\s en savez4 ,,*apitre ,,xxx4 ,quelques autres avis t\*ant le p>l]4 ,que votre langage soit d\x1 franc1 s9cre1 rond1 naf et fidle4 ,g>dez-v\s des duplicits et des ruses2 c>1 bi5 qu'il ne soit pas bon de dire t\j\rs t\tes espces de vrits1 encore ne faut-il jamais p>l] contre la vrit3 acc\tumez-v\s ne jamais m5tir sciemm5t1 soit p\r v\s excus]1 soit autrem5t1 v\s ress\v5ant que ,dieu e/ le ,dieu de vrit4 ,que si v\s m5tez p> mg>de1 et que v\s puissiez de suite rp>] votre faute p> quelque explication1 n'y manquez pas2 une excuse vritable a bi5 plus de grce et de =ce p\r excus]1 qu'un m5songe4 ,bi5 que l'on puisse quelquefois avec prud5ce et discrtion dguis] et c\vrir la vrit p> quelque artifice de p>oles1 encore ne faut-il pratiqu] cela que dans les *oses importantes1 et qu& la gloire et le s]vice de ,dieu le requir5t videmm5t2 hors de l les artifices sont dang]eux3 c>1 comme dit l',ecriture-,sa9te1 le ,sa9t-,esprit n'habite pas dans un cur dissimul et d\ble4 ,il n'y a po9t de meilleure et de plus dsirable f9esse que la simplicit4 ,la prud5ce monda9e et les artifices de la *air app>ti5n5t aux enfans du sicle2 mais les enfans de ,dieu *em95t sans dt\r1 et ont le cur sans replis3 ,qui m>*e simplem5t1 dit le ,sage1 m>*e srem5t2 le m5songe1 la duplicit et la fe9te annonc5t t\j\rs un esprit foible et vil4 ,sa9t ,augu/9 avoit dit1 au quatrime livre de ses ,confessions1 que son ame et celle de son ami n'toi5t qu'une seule ame1 et que la vie lui toit en horreur depuis la mort de son ami1 p>ce qu'il ne v\loit pas vivre moiti1 et que cep5dant p\r cela mme il craignoit de m\rir1 de peur que son ami ne m\rt t\t enti]4 ,ces p>oles lui semblr5t dans la suite trop re*]*es et affectes1 si bi5 qu'il les rvoqua au livre de ses ,rtractations1 et les appela une ineptie4 ,voyez-v\s1 ,philo?e1 combi5 cette sa9te et belle ame e/ s5sible l'afft]ie des p>oles6 ,c]tes1 c'e/ un gr& ornem5t de la vie *rti5ne1 que la fidlit1 la rondeur et la s9crit du langage3 ,je l'ai rsolu1 disoit ,david1 je pr5drai g>de mes voies1 p\r ne po9t p*] p> ma langue4 ,eh6 ,seigneur1 mettez une g>de ma b\*e1 et une porte de circonspection mes lvres4 ,c'e/ un pr9cipe du roi sa9t ,l\is1 qu'il ne faut jamais contr$ire p]sonne1 mo9s qu'il n'y ait p* ou quelque gr& dommage tre du mme avis4 ,c'e/ le moy5 d'vit] une f\le de conte/ations et de disputes4 ,or1 qu& il importe de contr$ire les autres et d'oppos] son op9ion la leur1 il faut us] d'une gr&e d\ceur et prcaution1 sans v\loir aucunem5t viol5t] leur esprit2 c> aussi-bi5 ne gagne-t-on ri5 pr5dre les *oses prem5t4 ,la rgle de p>l] peu1 si recomm&e p> les anci5s sages1 ne se pr5d pas en ce s5s qu'il faille dire peu de p>oles1 mais qu'il n'en faut pas dire beauc\p d'inutiles2 c>1 p\r ce qui e/ des p>oles1 on ne reg>de pas la quantit1 mais la qualit2 et il me semble qu'il faut ici vit] deux excs3 le premi] e/ de faire trop l'ent5du et le svre1 refusant de contribu] aux propos famili]s qui se ti5n5t en la conv]sation1 p>ce qu'il semble alors qu'il y ait manque de confiance1 ou quelque sorte de mpris2 le second e/ de plaisant] et de babill] t\j\rs1 sans laiss] aux autres ni le temps ni le moy5 de dire ce qu'ils veul5t1 p>ce que cela s5t un esprit v5t et lg]4 ,sa9t ,l\is n'aimoit pas qu'tant en compagnie on p>lt en secret et en conseil1 surt\t table1 p>ce que cela faisoit suppos] qu'on p>loit mal des autres3 ,celui1 disoit-il1 qui e/ table en bonne compagnie1 et qui a quelque plaisant]ie dire1 la doit dire p\r t\t le monde2 que si c'e/ une *ose peu importante1 il la doit taire1 et n'en p>l] p]sonne4 ,,*apitre ,,xxxi4 ,des passe-temps et des jeux2 et premirem5t de ceux qui sont p]mis et l\ables4 ,il e/ ncessaire de donn] quelquefois notre esprit et mme notre corps quelque sorte de rcration4 ,cassi5 rapporte qu'un *asseur tr\va un j\r sa9t ,jean l',evangli/e t5ant une p]drix sur son po+1 et s'amusant la c>ess]4 ,le *asseur lui dem&a p\rquoi un homme de son c>actre passoit le temps une *ose si vile et si basse2 et sa9t ,jean lui dit3 ,p\rquoi ne portez-v\s pas votre arc t\j\rs t5du8 ,de peur1 rpondit le *asseur1 que1 demeurant t\j\rs c\rb1 il n'ait plus la =ce de s't5dre qu& il en s]a beso94 ,ne v\s tonnez donc pas1 rpliqua l'aptre1 si je donne quelque rel*e mon esprit1 et pr5ds un peu de rcration2 c> c'e/ le moy5 de p\voir ensuite m'appliqu] plus vivem5t la contemplation4 ,assurm5t c'e/ un trav]s que d'tre si rig\reux et si sauvage1 qu'on ne veuille pr5dre p\r soi et ne p]mettre aux autres aucune espce de rcration4 ,pr5dre l'air1 se prom5]1 s'entret5ir de *oses gaies et aimables1 j\] du lu?1 ou de quelque autre in/rum5t1 *ant] en musique1 all] la *asse1 ce sont des rcrations si honntes1 que1 p\r en bi5 us]1 il ne faut que cette prud5ce commune qui donne t\tes *oses le rang1 le temps1 le lieu et la mesure conv5ables4 ,les jeux o le ga9 s]t de prix et de rcomp5se l'habilet du corps ou de l'esprit1 comme les jeux de paume1 de ballon1 de mail1 les c\rses de bague1 les *ecs et les dames1 sont des rcrations p> elles-mmes bonnes et p]mises4 ,seulem5t il faut se g>d] de l'excs1 soit quant au temps qu'on y emploie1 soit quant au prix qu'on y met4 ,c> si l'on y emploie trop de temps1 ce n'e/ plus une rcration1 mais une occupation2 on ne dlasse ni l'esprit ni le corps1 et au contraire on t\rdit et on accable l'un et l'autre2 comme il arrive ceux qui1 ayant j\ c9q ou six heures aux *ecs1 en sort5t la tte brise1 ou qui1 aprs avoir long-temps j\ la paume1 en sont accabls de fatigue4 ,que si le prix1 c'e/--dire1 ce qu'on j\e1 e/ trop considrable1 les affections des j\eurs se drgl5t2 de plus1 il y a une sorte d'inju/ice mettre de gr&s prix des *oses aussi peu importantes et aussi inutiles que sont les adresses et les habilets du jeu4 ,mais surt\t pr5ez g>de1 ,philo?e1 ne po9t v\s passionn] p\r t\t cela2 c>1 quelque honnte que soit une rcration1 c'e/ un vice d'y atta*] son cur et son affection4 ,je ne dis pas qu'il ne faille pas pr5dre plaisir au jeu p5dant qu'on j\e3 c> autrem5t on ne se rcreroit pas2 mais je dis qu'il ne faut pas y mettre trop de dsir1 d'empressem5t et de feu4 ,,*apitre ,,xxxii4 ,des jeux df5dus4 ,les jeux de ds1 de c>tes et autres semblables1 o le ga9 dp5d pr9cipalem5t du has>d1 ne sont pas seulem5t des rcrations dang]euses1 comme sont les danses1 mais ce sont encore des jeux absolum5t mauvais et blmables de leur nature4 ,c'e/ p\rquoi ils sont df5dus p> les lois1 tant civiles qu'ecclsia/iques4 ,mais quel gr& mal y a-t-il8 me direz-v\s4 ,je v\s rponds que le ga9 ne se fait pas en ces jeux selon la raison1 mais selon le sort1 qui favorise bi5 s\v5t celui dont l'adresse et l'habilet ne mritoi5t ri54 ,la raison e/ donc (f5se en cela4 ,mais n\s sommes a9si conv5us1 me direz-v\s8 cela e/ bon p\r montr] que celui qui gagne ne fait pas tort aux autres2 mais cela n'emp*e pas que la conv5tion ne soit draisonnable1 et le jeu aussi2 c> le ga91 qui doit tre le prix de l'indu/rie1 devi5t le prix du sort1 qui ne mrite aucun prix1 puisqu'il ne dp5d nullem5t de n\s4 ,outre cela1 ces jeux port5t le nom de rcration1 et sont faits p\r cela2 et nanmo9s ils ne le sont nullem5t1 mais de viol5tes occupations2 c> n'e/-ce pas une occupation que d'avoir l'esprit t5du p> une application cont9uelle1 et p]ptuellem5t agit d'inquitude1 de cra9te et d'empressem5t8 ,y a-t-il att5tion au monde plus tri/e1 plus sombre et plus mlancolique que celle des j\eurs8 il ne faut ni p>l] sur le jeu1 ni rire1 ni t\ss]1 autrem5t les voil hors d'eux-mmes4 ,enf91 il n'y a de joie ces jeux qu'en gagnant2 et cette joie n'e/-elle pas c\pable1 puisqu'elle suppose la p]te et le dplaisir d'autrui8 ,un tel plaisir e/ assurm5t indigne4 ,voil les trois raisons p\r lesquelles les mauvais jeux sont df5dus4 ,le gr& roi sa9t ,l\is1 sa*ant que le comte d',anj\ son frre1 et messire ,gauti] de ,nem\rs1 j\oi5t ensemble1 se leva1 quoique malade1 et alla t\t *ancelant en leur *ambre1 et l prit les tables1 les ds et une p>tie de l'arg5t1 et jeta t\t dans la m]1 en s'indignant beauc\p contre eux4 ,la v]tueuse et *a/e ,s>a1 p>lant ,dieu de son innoc5ce3 ,v\s le savez1 dit-elle1 ,seigneur6 jamais je ne me suis tr\ve dans la socit des j\eurs4 ,,*apitre ,,xxxiii4 ,des bals et autres passe-temps p]mis1 mais dang]eux4 ,les danses et les bals sont *oses indiffr5tes de leur nature2 mais les circon/ances qui accompagn5t ord9airem5t cet ex]cice l'incl95t beauc\p du ct du mal1 et le r5d5t p> consqu5t trs-nuisible et trs-dang]eux4 ,d'abord c'e/ la nuit que l'on pr5d p\r cela2 et p>mi les tnbres et l'obscurit1 il e/ difficile qu'il ne se glisse beauc\p de *oses mauvaises dans un div]tissem5t qui e/ dj p> lui-mme trs-susceptible de mal3 ensuite on y fait de longues veilles1 qui font p]dre la mat9e du j\r suivant1 et p> cela mme le moy5 d'y s]vir ,dieu4 ,or1 n'e/-ce pas une gr&e folie de *ang] a9si le j\r en la nuit1 la lumire en tnbres1 et les bonnes uvres en foltres plaisirs8 ,de plus1 *acun porte au bal de la vanit qui mieux mieux1 et la vanit e/ une si gr&e disposition aux mauvaises affections et aux amitis dang]euses1 que t\t cela e/ la suite presque ncessaire de ces sortes de runions4 ,je dis de la danse et des bals1 ,philo?e1 ce que les mdec9s dis5t des *ampignons3 les meilleurs n'en val5t ri51 dis5t-ils2 et je v\s dis aussi que les meilleurs bals ne sont gure bons4 ,si cep5dant il v\s faut mang] des *ampignons1 ayez so9 qu'ils soi5t bi5 apprts2 et si1 p> quelque occasion dont v\s ne puissiez absolum5t v\s dgag]1 il v\s faut all] au bal1 pr5ez g>de que votre danse soit bi5 apprte4 ,or1 comm5t le s]a-t-elle8 p> la mode/ie1 la gravit et la bonne int5tion4 ,mangez-en peu et r>em5t1 dis5t les mdec9s en p>lant des *ampignons2 c>1 quelque bi5 apprts qu'ils soi5t1 la gr&e quantit les r5d mortels3 de mme1 je v\s le dis1 ,philo?e1 dansez peu et r>em5t2 c>1 autrem5t1 v\s s]iez en dang] de v\s y affectionn]4 ,les *ampignons1 selon ,pl9e1 tant spongieux et poreux1 attir5t aism5t t\te l'infection qui e/ aut\r d'eux1 en sorte que s'ils sont prs des s]p5s1 ils en reoiv5t le v594 ,les bals1 les danses1 et autres assembles de ce g5re1 attir5t aussi les vices et les p*s qui sont en un lieu3 les qu]elles1 les jal\sies1 les moqu]ies1 les folles am\rs4 ,et comme ces ex]cices ouvr5t les pores du corps de ceux qui s'y livr5t1 aussi ouvr5t-ils les pores de leur cur4 ,au moy5 de quoi1 si quelque s]p5t vi5t s\ffl] l'oreille une p>ole de flatt]ie ou de galant]ie1 si l'on e/ surpris du reg>d sducteur de quelque basilic1 les curs sont trs-faciles se laiss] pr5dre et empoisonn]4 ,o ,philo?e6 que ces rcrations sont ord9airem5t dang]euses6 ,elles dissip5t l'esprit de dvotion1 elles n]v5t l'ame1 elles refroidiss5t la *>it1 elles veill5t dans le cur mille sortes de mauvaises affections4 ,il faut donc en us] avec une extrme prud5ce4 ,on dit que c'e/ surt\t aprs avoir mang des *ampignons qu'il e/ prud5t de boire du bon v94 ,de mme je dis qu'aprs les danses1 il faut us] de quelques sa9tes et bonnes considrations1 qui emp*5t les dang]euses impressions que ce va9 plaisir p\rrait faire en nos esprits4 ,mais quelles sont ces considrations8 voici celles que je v\s conseille4 #a4 ,p5dant que v\s tiez au bal1 plusieurs ames brloi5t en enf] p\r les p*s commis la danse1 ou cause de la danse4 #b4 ,plusieurs religieux et autres p]sonnes pieuses toi5t la mme heure devant ,dieu1 *antant ses l\anges1 et contemplant sa beaut4 ,oh6 que leur temps a t bi5 plus heureusem5t employ que le vtre6 #c4 ,t&is que v\s avez dans1 plusieurs p]sonnes sont mortes en des angoisses cruelles2 mille milli]s d'hommes et de femmes en proie des maladies viol5tes1 ont s\ff]t des d\leurs affreuses dans leurs lits1 dans les hpitaux et dans les rues4 ,hlas6 ils n'ont pas eu le mo9dre repos3 n'aurez-v\s pas compassion d'eux8 et ne p5sez-v\s pas qu'un j\r v\s gmirez comme eux1 t&is que d'autres dans]ont comme v\s avez fait8 #d4 ,notre-,seigneur1 la sa9te ,vi]ge1 les anges et les sa9ts v\s ont vue au bal4 ,ah6 que v\s leur avez fait piti1 avec votre cur amus de p>eilles niais]ies et occup de telles fadaises6 #e4 ,hlas6 t&is que v\s tiez l1 le temps s'e/ pass1 la mort s'e/ appro*e2 dj elle v\s appelle1 bi5tt l't]nit va comm5c] p\r v\s3 s]a-ce l't]nit des bi5s1 s]a-ce l't]nit des pe9es8 votre vie1 bonne ou mauvaise1 en aura dcid p\r t\j\rs4 ,telles sont les considrations que v\s p\vez faire2 mais ,dieu v\s en suggr]a bi5 d'autres sur le mme sujet1 si v\s avez sa cra9te4 ,,*apitre ,,xxxiv4 ,qu& on peut j\] ou dans]4 ,p\r j\] et dans] licitem5t1 il faut que ce soit p> rcration1 et non p> passion2 p\r peu de temps1 et non jusqu' en tre t\rdi et fatigu2 et que ce soit r>em5t2 c> qui s'en fait une habitude1 *ang]a bi5tt la rcration en occupation4 ,mais en quelles occasions peut-on j\] et dans]8 ,les ju/es occasions de la danse et d'un jeu indiffr5t sont plus frqu5tes2 celles des jeux df5dus sont plus r>es1 comme aussi tels jeux sont plus blmables et plus dang]eux que tels autres4 ,mais1 p\r le dire en un mot1 dansez et j\ez s\s les conditions que je v\s ai m>ques1 lorsque la prud5ce et la discrtion v\s conseill]ont cette honnte condesc5dance p\r les p]sonnes avec lesquelles v\s v\s tr\vez en compagnie2 c> la condesc5dance1 qui e/ fille de la *>it1 r5d les *oses indiffr5tes bonnes1 et les dang]euses p]mises4 ,elle te mme la malice celles qui jusqu' un c]ta9 po9t sont mauvaises3 a9si les jeux de has>d1 qui autrem5t s]oi5t blmables1 ne le sont pas1 qu& une ju/e condesc5dance n\s y porte4 ,j'ai lu avec bi5 de la consolation dans la vie de sa9t ,*>les ,borrome1 qu'il usoit de cette condesc5dance avec les ,suisses en de c]ta9es *oses1 p\r lesquelles il toit d'ailleurs trs-svre2 et que le bi5heureux ,ignace de ,loyola1 tant un j\r invit j\]1 accepta bonnem5t la p>tie4 ,quant sa9te ,elisabe? de ,hongrie1 elle j\oit et dansoit quelquefois lorsqu'elle se tr\voit dans les assembles o l'on pr5oit ce plaisir2 ce qui ne nuisoit aucunem5t sa dvotion2 c> elle l'avoit si =t enrac9e dans son ame1 que1 comme les ro*]s du lac de ,riette croiss5t p>mi les flots et les vagues1 de mme aussi sa dvotion croissoit p>mi les pompes et les vanits auxquelles sa condition l'exposoit4 ,ce sont les gr&s feux qui s'enflamm5t au v5t1 mais les petits s'teign5t si on ne les porte c\v]t4 ,,*apitre ,,xxxv4 ,qu'il faut tre fidle dans les petites *oses aussi bi5 que dans les gr&es4 ,l'p\x sacr des ,cantiques dit que son p\se lui a ravi le cur p> un de ses yeux et p> un de ses *eveux4 ,or1 de t\tes les p>ties extrieures du corps huma91 il n'en e/ po9t de plus admirable que l'il1 soit p\r la con=mation1 soit p\r l'activit1 ni de plus vile que le *eveu4 ,c'e/ p\rquoi le div9 p\x veut faire ent5dre qu'il n'a pas seulem5t p\r agrables les gr&es uvres des p]sonnes dvotes1 mais encore les mo9dres et les plus basses2 et que1 p\r le s]vir son gt1 il faut avoir so9 de le bi5 s]vir1 et dans les *oses importantes et releves1 et dans les *oses petites et abjectes1 puisque n\s p\vons galem5t p> les unes et p> les autres ravir son cur d'am\r4 ,prp>ez-v\s donc1 ,philo?e1 s\ffrir beauc\p de gr&es afflictions p\r ,notre-,seigneur1 et mme le m>tyre2 soyez bi5 rsolue lui donn] t\t ce que v\s avez de plus prcieux1 s'il lui plaisoit de le pr5dre3 pre1 mre1 frre1 m>i1 femme1 enfans1 vos yeux mmes1 et votre vie2 c> votre cur doit tre prt t\s ces sacrifices2 mais t&is que la div9e ,provid5ce ne v\s envoie pas des afflictions si gr&es et si s5sibles1 et qu'elle ne v\s dem&e pas vos yeux1 donnez-lui p\r le mo9s vos *eveux4 ,je veux dire1 supportez t\t d\cem5t ces injures1 ces petites contr>its1 ces p]tes de peu d'importance qui v\s sont j\rnalires3 c> en usant de ces petites occasions avec beauc\p d'am\r et de *>it1 v\s gagn]ez entirem5t son cur1 et le r5drez t\t vtre4 ,ces petits devoirs de t\s les j\rs1 ce mal de tte1 ce mal de d5ts1 cette fluxion1 cette biz>r]ie du m>i ou de la femme1 ce v]re bris1 ce mpris ou cette m\e1 cette p]te de gants1 d'une bague1 d'un m\*oir1 cette petite incommodit d'all] se c\*] de bonne heure1 et de se lev] mat9 p\r pri]1 p\r communi]1 cette petite honte que l'on a de faire publiquem5t c]ta9es pratiques de dvotion2 bref1 t\tes ces petites misres tant prises et embrasses avec am\r1 s]ont trs-agrables la bont div9e1 qui1 p\r un seul v]re d'eau donn en son nom1 a promis ses fidles des torr5s de flicit2 et comme ces occasions se prs5t5t t\t mom5t1 voyez quels fonds de ri*esses spirituelles n\s p\vons amass] en sa*ant bi5 en pr(it]4 ,qu& j'ai vu dans la vie de sa9te ,ca!r9e de ,si5ne tant de ravissem5t et d'extases1 tant de p>oles d'une sublime sagesse1 et mme des prdications faites p> elle1 je n'ai po9t d\t qu'avec cet il de contemplation elle n'et ravi le cur de son cle/e p\x2 mais j'ai eu aussi bi5 de la consolation qu& je l'ai vue en la cuis9e de son pre1 t\rn] humblem5t la bro*e1 attis] le feu1 apprt] la vi&e1 ptrir le pa91 et faire t\s les plus bas (fices de la maison avec un c\rage ple9 d'am\r p\r son ,dieu2 et je n'e/ime pas mo9s les petites et simples mditations qu'elle faisoit p>mi des occupations si basses1 que les extases et les ravissem5s qu'elle eut si s\v5t1 et qui ne fur5t peut-tre que la rcomp5se de son humilit et de son abjection4 ,or1 voici comme elle mditoit3 ,elle s'imag9oit qu'en apprtant le dn] p\r son pre1 elle l'apprtoit p\r ,notre-,seigneur comme une autre sa9te ,m>!2 que sa mre t5oit la place de la sa9te ,vi]ge1 et ses frres1 la place des aptres2 p> l elle s'excitoit s]vir en esprit t\te la c\r cle/e1 et s'employoit ces humbles fonctions avec une gr&e consolation1 p>ce qu'elle savoit que telle toit la volont de ,dieu4 ,j'ai cit cet exemple1 ,philo?e1 af9 que v\s sa*iez comm5t il e/ important de faire t\tes nos actions1 quelque petites et basses qu'elles soi5t1 en vue de s]vir et d'honor] la div9e ,maje/4 ,p\r cela je v\s conseille autant que je le puis1 d'imit] cette femme =te1 que ,salomon a tant l\e1 laquelle1 en s'occupant de *oses gr&es1 =tes et gnreuses1 ne laissoit pas nanmo9s de fil] et de t\rn] le fuseau3 ,elle a mis la ma9 des *oses =tes1 et ses doigts ont pris le fuseau4 ,mettez aussi la ma9 des *oses =tes1 en v\s ex]ant la prire et la mditation1 l'usage des sacrem5s1 inspir] l'am\r de ,dieu au pro*a91 rp&re dans les curs de bonnes inspirations1 et enf9 faire des uvres gr&es et importantes1 selon votre vocation4 ,mais en mme temps n'oubliez pas votre fuseau et votre qu5\ille1 c'e/--dire pratiquez les petites et humbles v]tus1 qui1 comme de simples fleurs1 croiss5t au pi$ de la croix3 le s]vice des pauvres1 la visite des malades1 le so9 de la famille avec les uvres qui en dp5d5t1 et cette activit prcieuse qui ne v\s laiss]a pas un seul in/ant oisive2 et au milieu de t\t cela1 occupez-v\s de temps en temps de considrations semblables celles de sa9te ,ca!r9e de ,si5ne1 dont je vi5s de v\s p>l]4 ,les gr&es occasions de s]vir ,dieu se prs5t5t r>em5t2 mais les petites sont trs-communes4 ,or1 qui s]a fidle dans les petites *oses1 dit le ,sauveur lui-mme1 on l'tablira sur de gr&es4 ,faites donc t\tes *oses au nom de ,dieu1 et t\tes *oses s]ont bi5 faites1 soit que v\s mangiez1 soit que v\s buviez1 soit que v\s dormiez1 soit que v\s j\iez1 soit que v\s t\rniez la bro*e3 p\rvu que v\s sa*iez bi5 mnag] vos affaires1 v\s pr(it]ez beauc\p devant ,dieu1 faisant t\tes ces *oses p>ce que ,dieu veut que v\s les fassiez4 ,,*apitre ,,xxxvi4 ,qu'il faut avoir l'esprit ju/e et raisonnable4 ,n\s ne sommes hommes que p> la raison1 et c'e/ p\rtant une *ose r>e de tr\v] des hommes vraim5t raisonnables1 l'am\r-propre n\s tr\blant presque t\j\rs l'esprit1 et n\s conduisant mille sortes de petites mais trs-dang]euses inju/ices1 qui ressembl5t beauc\p ces petits r5>deaux dont il e/ p>l dans le ,cantique3 c>1 p>ce qu'ils sont petits1 on n'y pr5d pas g>de2 mais p>ce qu'ils sont en quantit1 ils ne laiss5t pas de nuire beauc\p1 et de faire un gr& dgt dans les vignes4 ,v\s allez jug]1 ,philo?e1 si les traits que je vais v\s cit] ne sont pas autant d'inju/ices et de draisons8 ,n\s accusons le pro*a9 p\r de petites *oses1 et n\s n\s excusons nos fautes les plus grossires2 n\s v\lons v5dre =t *]1 et a*et] bon m>*2 n\s v\lons qu'on fasse ju/ice des autres1 et que p\r n\s l'on use de misricorde et de clm5ce2 n\s v\lons que l'on pr5ne nos p>oles en bonne "p1 et n\s sommes *at\illeux l'excs p\r celles des autres2 n\s v\drions que notre vois9 n\s cdt son bi5 en le payant1 et n'e/-il pas plus ju/e qu'il le g>de1 si bon lui semble1 en n\s laissant notre arg5t8 n\s lui savons mauvais gr de ce qu'il ne veut pas n\s accommod]1 et n'a-t-il pas bi5 plus raison de se pla9dre que n\s le v\lons incommod]8 ,si n\s affectionnons un ex]cice1 n\s mprisons t\t le re/e1 et contrlons t\t ce qui ne vi5t pas notre gt4 ,s'il y a quelqu'un de nos infrieurs qui n'ait pas bonne grce1 ou que n\s ayons pris une fois en av]sion1 quoi qu'il fasse1 n\s le tr\vons mauvais2 n\s ne cessons de le contri/]1 et sommes t\j\rs le qu]ell]4 ,au contraire1 si quelqu'un n\s plat p> ses manires extrieures1 il ne fait ri5 que n\s n'excusions4 ,il y a des enfans v]tueux que leurs pres et mres ne peuv5t presque pas voir1 cause de quelque imp]fection corporelle2 et il y en a de vicieux qui sont les favoris cause qu'ils ont bonne m9e4 ,en t\t n\s prfrons les ri*es aux pauvres1 quoiqu'ils ne soi5t ni de meilleure condition1 ni si v]tueux3 n\s prfrons mme les mieux vtus4 ,n\s exigeons nos droits en t\te rigueur1 et n\s v\lons que les autres soi5t ds9tresss qu& il s'agit des leurs2 n\s sommes po9tilleux g>d] notre rang1 et n\s v\lons que les autres soi5t humbles et condesc5dans2 n\s n\s plaignons volonti]s du pro*a91 et n\s ne v\lons pas que p]sonne se plaigne de n\s2 n\s e/imons beauc\p ce que n\s faisons p\r autrui1 et n\s comptons p\r ri5 t\t ce qu'on fait p\r n\s4 ,bref1 n\s sommes comme les p]drix de ,paphlagonie1 qui ont deux curs2 c> n\s en avons un d\x1 gracieux et indulg5t p\r n\s-mmes2 et un autre dur1 svre et rig\reux p\r le pro*a94 ,n\s avons deux poids3 l'un p\r pes] nos intrts avec le plus d'avantage que n\s p\vons1 et l'autre p\r pes] les intrts d'autrui avec le plus de dsavantage possible4 ,or1 p>l] a9si avec un cur et un cur1 comme dit l',ecriture1 c'e/--dire avoir deux curs1 et avoir deux poids1 l'un =t p\r recevoir1 et l'autre foible p\r dlivr]1 c'e/ une *ose abom9able devant ,dieu4 ,en t\tes vos actions1 ,philo?e1 soyez gale et ju/e4 ,mettez-v\s t\j\rs en la place du pro*a91 et mettez-le en la vtre1 et comme cela v\s jug]ez bi54 ,supposez-v\s v5deuse qu& v\s a*etez1 et a*eteuse qu& v\s v5dez1 et v\s v5drez et a*t]ez ju/em5t4 ,t\tes ces inju/ices sont petites et n'oblig5t pas re/itution1 p>ce que je suppose que n\s demeurons seulem5t dans les t]mes de la rigueur en ce qui n\s e/ favorable2 mais elles n\s oblig5t au mo9s n\s am5d]1 p>ce que ce sont de gr&s dfauts de raison et de *>it1 et qu'au b\t de cela se tr\v5t presque t\j\rs de vraies tri*]ies4 ,d'ailleurs on ne p]d jamais ri5 vivre gnreusem5t1 noblem5t1 c\rtoisem5t1 et avec un cur loyal1 ju/e et raisonnable4 ,s\v5ez-v\s donc1 ,philo?e1 d'exam9] s\v5t votre cur1 p\r voir s'il e/ p\r le pro*a9 ce que v\s v\driez que le si5 ft p\r v\s1 en supposant que v\s fussiez en sa place2 c> voil le po9t de la vraie et droite raison4 ,trajan tant repris p> ses confid5s de ce qu'il r5doit1 leur avis1 la maje/ impriale trop accessible3 ,quoi donc1 leur dit-il1 ne dois-je pas tre emp]eur p\r mes sujets1 comme je v\drois que ft l'emp]eur si j'tois sujet moi-mme8 ,,*apitre ,,xxxvii4 ,des dsirs4 ,*acun sait qu'il faut se g>d] du dsir des *oses vicieuses2 c> le dsir du mal r5d mauvais4 ,mais je v\s dis de plus1 ,philo?e1 ne dsirez po9t les *oses qui sont dang]euses p\r votre ame1 comme les bals1 les jeux et autres div]tissem5s1 les honneurs et les *>ges1 les visions et les extases2 c> il y a dans t\t cela beauc\p de pril1 de vanit et de tromp]ie4 ,ne dsirez pas non plus les *oses =t loignes1 c'e/--dire qui ne peuv5t arriv] de long-temps1 comme font plusieurs1 qui1 p> ce moy51 lass5t et dissip5t leur cur inutilem5t1 et s'expos5t de gr&es inquitudes4 ,si un jeune homme dsire =t d'tre p\rvu d'une *>ge avant que le temps en soit v5u1 quoi1 je v\s prie1 lui s]t ce dsir8 ,si une femme m>ie dsire tre religieuse1 quel propos8 ,si je dsire a*et] le bi5 de mon vois9 avant qu'il soit prt le v5dre1 mon temps ne se tr\ve-t-il pas p]du en ce dsir8 ,si1 tant malade1 je dsire pr*]1 dire la sa9te messe1 visit] les autres malades1 faire enf9 ce que font les g5s qui se port5t bi51 ces dsirs ne sont-ils pas va9s1 puisqu'il n'e/ pas en mon p\voir de les effectu]8 ,et cep5dant ces dsirs inutiles occup5t la place des autres que je devrais avoir1 comme sont les dsirs d'tre bi5 pati5t1 bi5 rsign1 bi5 mortifi1 bi5 obissant1 bi5 d\x en mes s\ffrances3 t\tes *oses que ,dieu me dem&e en l'tat o je suis2 s\v5t nos dsirs ressembl5t ceux des femmes grosses1 qui veul5t des c]ises fra*es en automne1 et des rais9s frais au pr9temps4 ,je n'appr\ve nullem5t qu'une p]sonne atta*e une vocation quelconque s'amuse dsir] une autre sorte de vie que celle qui lui app>ti5t1 et des ex]cices incompatibles avec sa condition prs5te2 c> cela dissipe le cur1 et le refroidit p\r les *oses ncessaires4 ,si je dsire la solitude des ,*>treux1 je p]ds mon temps1 et ce dsir ti5t la place de celui que je dois avoir de me bi5 acquitt] de mon emploi4 ,non1 je ne v\drois pas mme qu'on dsirt d'avoir meilleur esprit ni meilleur jugem5t2 c> ces dsirs sont frivoles1 et ti5n5t la place de celui que *acun doit avoir de cultiv] son esprit tel qu'il e/2 ni enf9 que l'on dsirt les moy5s de s]vir ,dieu que l'on n'a pas1 au lieu d'employ] fidlem5t ceux que l'on a entre les ma9s4 ,or1 t\t cela s'ent5d des dsirs qui amus5t le cur2 c>1 quant aux simples s\haits1 ils ne caus5t aucun dommage1 p\rvu qu'ils ne soi5t pas frqu5s4 ,ne dsirez pas les croix1 s9on mesure que v\s aurez bi5 support celles qui se s]ont prs5tes2 c> c'e/ un abus de dsir] le m>tyre et de n'avoir pas la =ce de support] une injure4 ,l'ennemi n\s donne s\v5t de gr&s dsirs p\r des objets abs5s1 et qui ne se prs5t]ont jamais1 af9 de dt\rn] notre esprit des objets prs5s1 et qui1 t\t petits qu'ils sont1 n\s p\rroi5t tre d'un gr& pr(it4 ,n\s combattons les mon/res d',afrique en imag9ation1 et n\s n\s faisons tu] en effet p> les petits s]p5s qui sont en notre *em92 cela faute d'att5tion4 ,ne dsirez po9t les t5tations1 c> ce s]oit tmrit3 mais ex]cez votre cur les att5dre c\rageusem5t1 et v\s en df5dre qu& elles arriv]ont4 ,la v>it des vi&es1 surt\t si la quantit y e/ jo9te1 *>ge t\j\rs l'e/omac1 et s'il e/ foible1 elle le ru9e4 ,ne remplissez pas votre ame de beauc\p de dsirs1 les dsirs monda9s v\s gt]oi5t entirem5t1 et la multitude de dsirs spirituels v\s emb>rass]oit4 ,qu& notre ame e/ purge1 se s5tant d*>ge des mauvaises humeurs1 elle a un gr& apptit des *oses spirituelles2 elle en e/ comme affame1 elle se met dsir] mille sortes d'ex]cices de pit1 de mortification1 de pnit5ce1 d'humilit1 de *>it et d'oraison4 ,c'e/ bon signe1 ,philo?e1 d'avoir a9si apptit2 mais reg>dez si v\s p\rrez bi5 digr] t\t ce que v\s v\lez mang]4 ,*oisissez donc1 selon l'avis de votre pre spirituel1 entre tant de dsirs1 ceux qui peuv5t tre pratiqus et excuts de suite1 arrtez-v\s ceux-l3 qu& v\s les aurez raliss1 ,dieu v\s en env]ra d'autres1 que v\s pratiqu]ez aussi en leur saison3 et a9si v\s ne p]drez pas le temps en dsirs inutiles4 ,je ne dis pas qu'il faille t\ff] et p]dre aucune sorte de bons dsirs2 mais je dis qu'il les faut produire avec ordre3 ceux qui ne peuv5t tre effectus prs5tem5t1 il les faut s]r] en quelque co9 du cur1 jusqu' ce que leur temps soit v5u1 et en att5dant il faut donn] suite ceux qui sont mrs et de saison2 ce que je ne dis pas seulem5t p\r les dsirs spirituels1 mais encore p\r les monda9s4 ,autrem5t n\s ne saurions vivre qu'avec tr\ble1 inquitude et empressem5t4 ,,*apitre ,,xxxviii4 ,avis p\r les g5s m>is4 ,le m>iage e/ un gr& sacrem5t1 je dis en ,jsus-,*ri/ et en son ,eglise4 ,il e/ honorable p\r t\s1 en t\s1 et en t\t1 c'e/--dire en t\tes ses p>ties4 ,p\r t\s2 c> les vi]ges mmes le doiv5t honor] avec humilit4 ,en t\s2 c> il e/ galem5t sa9t et entre les pauvres et entre les ri*es4 ,en t\t2 c> son orig9e1 sa f91 son utilit1 sa matire et sa =me sont sa9tes4 ,c'e/ la pp9ire du *ri/ianisme1 qui remplit la t]re de fidles1 p\r accomplir dans le ,ciel le nombre des lus2 en sorte que la cons]vation de l'honntet et de la sa9tet du m>iage e/ extrmem5t importante au bi5 de la socit1 dont elle e/ en quelque sorte la rac9e et la s\rce4 ,plt ,dieu que son ,fils bi5-aim ft appel t\tes les noces1 comme il le fut celles de ,cana6 le v9 des consolations et des bndictions n'y manqu]oit jamais4 ,c> ce qui fait qu'il y en a si peu ord9airem5t1 c'e/ qu'en place de ,notre-,seigneur et de la sa9te ,vi]ge1 on n'y invite que la lic5ce et le sc&ale4 ,qui veut tre heureux dans le m>iage doit en comm5ant se bi5 pntr] de la sa9tet et de la dignit de ce sacrem5t2 mais au lieu de cela1 c'e/ alors qu'on se livre mille excs en jeux1 en fe/9s et en p>oles4 ,ce n'e/ donc pas m]veille1 si les suites en sont si fune/es4 ,j'exhorte surt\t les p]sonnes m>ies l'am\r mutuel que le ,sa9t-,esprit leur recomm&e tant dans l',ecriture4 ,ce n'e/ ri5 de leur dire3 aimez-v\s d'un am\r naturel1 c> c'e/ a9si que s'aim5t les animaux2 ce n'e/ ri5 non plus de leur dire3 aimez-v\s d'un am\r huma91 c> les paens ont pratiqu cet am\r-l2 mais je v\s dis aprs le gr& ,aptre3 ,m>is1 aimez vos femmes comme ,jsus-,*ri/ aime son ,eglise4 ,femmes1 aimez vos m>is comme l',eglise aime son ,sauveur4 ,ce fut ,dieu qui am5a ,eve notre premi] pre ,adam1 et qui la lui donna p\r femme4 ,c'e/ ,dieu aussi1 mes amis1 qui de sa ma9 invisible a =m les nuds sacrs de votre m>iage1 et qui v\s a donns les uns aux autres4 ,p\rquoi donc ne v\s aim]iez-v\s pas d'un am\r t\t sa9t1 t\t sacr1 t\t div98 ,le premi] effet de cet am\r1 c'e/ l'union indissoluble des p\x1 laquelle e/ r5due si =te p> l'application des mrites du sang de ,jsus-,*ri/1 que leur ame doit se sp>] de leur corps plutt que le m>i de sa femme4 ,or cette union e/ mo9s celle des corps que celle des curs et des affections4 ,le second effet de cet am\r doit tre la fidlit inviolable des p\x4 ,anci5nem5t les ca*ets toi5t gravs sur des anneaux que l'on portoit au doigt1 a9si que le tmoigne la ,sa9te-,ecriture elle-mme4 ,voici donc le secret de la crmonie qui se fait au m>iage3 l',eglise1 p> la ma9 du prtre1 bnit un anneau1 et le donne premirem5t l'homme comme le sceau du sacrem5t qui f]me son cur t\t autre am\r qu' celui de l'p\se qui lui a t donne1 au mo9s1 tant qu'elle vivra4 ,aprs cela l'p\x remet l'anneau en la ma9 de son p\se1 af9 que rciproquem5t elle sa*e que1 tant qu'il vivra sur la t]re1 elle ne doit recevoir aucune autre affection en son cur que celle que ,notre-,seigneur vi5t de bnir4 ,le troisime fruit du m>iage1 c'e/ la naissance et la bonne ducation des enfans2 p\x6 combi5 e/ gr& l'honneur que ,dieu v\s fait1 lorsque v\lant multipli] les hommes qui puiss5t le l\] et le bnir t]nellem5t1 il se s]t de v\s p\r un si gr& desse92 unissant aux tres que v\s =mez les ames qu'il leur de/9e1 et qu'il rp& en eux comme des g\ttes cle/es1 au mme in/ant o il les cre6 ,cons]vez donc1 m>is6 un t5dre1 con/ant et cordial atta*em5t p\r vos femmes4 ,c> si la premire de t\tes fut tire du ct d',adam le plus pro*e du cur1 ce fut p\r tre aime de lui cordialem5t et t5drem5t4 ,bi5 lo9 donc que les foiblesses et les infirmits1 soit du corps1 soit de l'esprit1 v\s doiv5t inspir] p\r vos femmes aucune sorte de mpris1 v\s devez au contraire n'en avoir p\r elles qu'une plus d\ce et plus am\reuse compassion1 puisque ,dieu les a cres telles1 af9 que1 dp5dant de v\s1 v\s en reussiez plus d'honneur et de respect1 et que v\s en fussiez les suprieurs et les *efs1 en mme temps que v\s les avez p\r compagnes4 ,et v\s1 femmes6 aimez t5drem5t et cordialem5t1 mais en mme temps d'un am\r trs-respectueux1 les m>is que ,dieu v\s a *oisis4 ,c> vraim5t ,dieu a donn l'homme plus de =ce et de c\rage1 af9 que la femme lui ft s\mise comme l'os de ses os1 et la *air de sa *air2 et la premire de votre sexe fut =me d'une cte d',adam1 et tire de dess\s son bras1 af9 que t\tes appriss5t se t5ir s\s la ma9 et s\s la conduite de leurs m>is4 ,que si l',ecriture v\s recomm&e troitem5t cette sujtion1 elle ne laisse pas nanmo9s de v\s la r5dre d\ce2 c> non-seulem5t elle veut que v\s v\s y accommodiez avec am\r1 mais encore elle ordonne vos m>is de l'ex]c] avec une gr&e t5dresse1 d\ceur et suavit3 ,m>is1 dit sa9t ,pi]re1 comportez-v\s env]s vos femmes avec respect et discrtion1 les considrant comme des vases fragiles1 qui doiv5t p>tag] avec v\s l'hritage de la grce et de la vie4 ,mais t&is que je v\s exhorte faire crotre de plus en plus cette affection mutuelle que v\s v\s devez1 pr5ez g>de qu'elle ne se conv]tisse en jal\sie2 c> il arrive s\v5t que comme le v] s'eng5dre de la pomme la plus dlicate et la plus mre1 la jal\sie aussi se =me de l'affection la plus vive entre les p\x2 ce qui en gte et en corrompt tellem5t la nature1 que bi5tt il n'y a plus dans le mnage que qu]elles1 diss5sions et divorces4 ,c]tes la jal\sie n'arrive jamais qu& l'amiti e/ fonde de "p et d'autre sur la vraie v]tu3 c'e/ p\rquoi elle e/ une m>que indubitable d'un am\r imp>fait1 grossi] et s5suel1 qui s'e/ adress une v]tu foible1 incon/ante et suspecte4 ,c'e/ donc une sotte prt5tion que de v\loir exalt] l'amiti p> la jal\sie2 c> si la jal\sie pr\ve la gr&eur et la vhm5ce de l'amiti1 elle n'en pr\ve ni la puret1 ni la p]fection2 puisque la p]fection de l'amiti prsuppose l'assurance de la v]tu de la p]sonne aime1 et que la jal\sie en prsuppose l'inc]titude4 ,hommes1 si v\s att5dez de vos femmes gr&e fidlit1 donnez-leur-en v\s-mmes un gr& exemple4 ,avec quel front1 dit sa9t ,grgoire de ,nazianze1 v\lez-v\s que vos femmes soi5t sujettes aux lois de la pudicit1 si v\s v\s laissez all] la lic5ce de la volupt8 ,p\rquoi leur dem&ez-v\s ce qu'elles ne tr\v5t pas en v\s8 ,v\lez-v\s qu'elles soi5t *a/es8 comm5cez p> r5dre bi5 pure la socit que v\s avez contracte avec elles2 et1 comme dit sa9t ,paul1 que *acun sa*e possd] son vase en esprit de sanctification3 si au contraire vos mauvaises manires corromp5t en elles l'honntet des murs1 ne v\s tonnez pas qu'aprs cela votre honneur s\ffre de leur infidlit3 mais v\s1 femmes1 en qui l'honneur e/ insp>able de la pudeur1 soyez extrmem5t jal\ses de votre gloire1 et ne p]mettez jamais qu'aucune lib]t mal rgle en t]nisse l'clat4 ,craignez t\tes *oses aut\r de t\s1 p\r petites qu'elles soi5t2 ne s\ffrez jamais aucune cajol]ie ni sotte flatt]ie3 quiconque veut l\] les avantages naturels que le ,ciel v\s a donns1 v\s doit tre suspect2 c> l'on dit communm5t1 que celui qui l\e avec *aleur une m>*&ise qu'il ne peut pas a*et]1 e/ ord9airem5t =t t5t de la drob]4 ,mais si l'on veut jo9dre vos l\anges le mpris de votre m>i1 l'on v\s (f5se inf9im5t1 p>ce qu'il e/ vid5t que non-seulem5t l'on veut v\s p]dre1 mais que l'on v\s ti5t dj p\r demi-p]due2 et vritablem5t le m>* e/ demi-fait avec le second m>*&1 qu& on e/ dgt du premi]4 ,lorsque j'ai fait rflexion qu'on donna la *a/e ,rebecca de ri*es p5dans d'oreilles de la "p d',isaac1 son p\x1 comme les premi]s gages de son am\r1 j'ai p5s que cet ornem5t1 dont l'usage e/ de t\t temps tabli p>mi les femmes1 toit plus my/rieux qu'on ne croit1 et que n'a cru ,pl9e1 qui n'en m>que pas d'autre raison1 que le plaisir d'un c]ta9 bruit qui se fait leurs oreilles1 et qui flatte agrablem5t leur vanit4 ,p\r moi je crois1 selon cette obs]vation de l',ecriture1 que c'e/ p\r m>qu] le premi] droit de l'p\x sur le cur de son p\se1 qui doit f]m] l'oreille t\t autre voix qu' la si5ne2 c> enf91 il faut t\j\rs se s\v5ir que c'e/ p> l'oreille qu'on empoisonne le cur4 ,l'am\r et la fidlit produis5t ensemble une d\ce et familire confiance1 qui se manife/e p> des dmon/rations t5dres et am\reuses1 mais *a/es et s9cres3 c'e/ a9si que les sa9ts et les sa9tes en ont u dans leurs m>iages4 ,c'e/ ce que l',ecriture a rem>qu dans la conduite d',isaac et de ,rebecca1 et p> o ,abimele* reconnut ce qu'ils toi5t l'un l'autre3 c'e/ ce qui fit presque blm] le gr& sa9t ,l\is1 qui t\t dur qu'il toit sa propre *air1 avoit une t5dre amiti p\r la re9e son p\se1 qui il en donnoit s\v5t des m>ques extrmem5t dmon/ratives3 mais on auroit d plutt le l\] de ce qu'il savoit si bi51 qu& il v\loit1 se dfaire de son esprit gu]ri]1 p\r s'accommod] ces m5us devoirs si ncessaires la cons]vation de l'am\r conjugal2 c> bi5 que ces petites dmon/rations d'amiti ne li5t pas les curs1 elles les appro*5t1 et s]v5t faire l'agrm5t d'une d\ce socit4 ,sa9te ,monique tant grosse de sa9t ,augu/91 le consacra plusieurs fois la religion *rti5ne et au s]vice de la gloire de ,dieu1 a9si qu'il le tmoigne lui-mme1 disant que1 dj ds le se9 de sa mre1 il avoit gt le sel de ,dieu4 ,c'e/ l une gr&e in/ruction p\r les femmes *rti5nes d'(frir la div9e ,maje/ le fruit de leurs entrailles1 mme avant qu'il soit n4 ,c> ,dieu1 qui accepte les oblations d'un cur humble et gnreux1 bnit ord9airem5t les bonnes dispositions d'une mre en ce temps-l1 tmo9 ,samul1 sa9t ,?omas d',aqu91 sa9t ,&r de ,fisole1 et plusieurs autres4 ,la mre de sa9t ,b]n>d1 digne mre d'un tel fils1 pr5oit ses enfans dans ses bras aussitt qu'ils toi5t ns1 et les (froit ,jsus-,*ri/1 aprs quoi elle les aimoit avec respect comme un dpt sacr que ,dieu lui avoit confi2 ce qui lui russit si heureusem5t1 qu'enf9 ils fur5t t\s sept trs-sa9ts4 ,les enfans tant v5us au monde1 et comm5ant faire usage de la raison1 les pres et mres doiv5t avoir gr& so9 d'imprim] la cra9te de ,dieu en leur cur4 ,c'e/ ce que fit excellemm5t la bonne re9e ,blan*e l'g>d du roi sa9t ,l\is son fils2 c> s\v5t elle lui disoit3 ,mon *] enfant1 j'aim]ois bi5 mieux v\s voir m\rir s\s mes yeux1 que de v\s voir commettre un seul p* mortel4 ,ce qui demeura tellem5t grav dans l'ame de ce sa9t fils1 que jamais depuis lors1 a9si qu'il l'a racont lui-mme1 il n'y eut j\r de sa vie o cette p>ole ne lui revnt2 s'ef=ant1 tant qu'il lui toit possible1 d'en bi5 obs]v] la div9e in/ruction4 ,on appelle dans notre langue les races et les gnrations1 des maisons2 et les ,hbreux eux-mmes1 p\r signifi] l'accroissem5t d'une famille et la bonne ducation des enfans1 se s]voi5t de cette expression3 con/ruire une maison1 faire une maison4 ,c'e/ en ce s5s qu'il e/ dit que ,dieu difia des maisons aux sages femmes d',egypte4 ,or1 ceci n\s montre que ce n'e/ pas faire une bonne maison que d'y entass] beauc\p de bi5s et de ri*esses2 mais qu'il faut p>-dessus t\t bi5 lev] les enfans dans la v]tu et la cra9te de ,dieu4 ,en quoi on ne doit p>gn] ni pe9e ni travail1 puisque les enfans sont la c\ronne du pre et de la mre4 ,aussi voyons-n\s que sa9te ,monique combattit sans rel*e les mauvaises incl9ations de son fils1 jusque l que1 l'ayant suivi p> t]re et p> m]1 elle le r5dit enf9 plus heureusem5t enfant de ses l>mes p> la conv]sion de son ame1 qu'il n'avoit t enfant de son sang p> la =mation de son corps4 ,sa9t ,paul laisse en p>tage aux femmes le so9 de la maison2 c'e/ p\rquoi plusieurs p5s5t1 et ju/e titre1 que leur dvotion e/ plus utile la famille que celle des m>is2 p>ce que ceux-ci tant presque t\j\rs occups dehors1 ne peuv5t pas aussi aism5t enseign] la v]tu4 ,c'e/ p\r cela que ,salomon en ses ,prov]bes fait dp5dre le bonheur de t\te la maison du so9 et de l'autorit de cette femme =te dont il trace si bi5 le c>actre4 ,il e/ dit en la ,g5se1 qu',isaac1 voyant sa femme ,rebecca /rile1 pria le ,seigneur p\r elle2 ou1 comme il e/ dit dans le texte hbreu1 pria le ,seigneur vis--vis d'elle1 p>ce que l'un prioit d'un ct de l'oratoire1 et l'autre de l'autre2 aussi leur prire fut-elle exauce4 ,voil ju/em5t la plus excell5te et la plus utile union qui puisse exi/] entre un m>i et une femme2 c'e/ celle de la dvotion laquelle les p\x doiv5t se port] l'un et l'autre avec une sa9te mulation4 ,il y a des fruits comme le co+1 qui1 cause de l'pret de leur suc1 ne sont gure agrables qu'en confitures2 et il y en a d'autres aussi1 qui1 cause de leur gr&e dlicatesse1 ne peuv5t se cons]v] s'ils ne sont confits1 comme sont les abricots et les c]ises4 ,de mme les femmes doiv5t dsir] que leurs m>is soi5t confits au sucre de la dvotion2 c>1 sans la dvotion1 l'homme e/ naturellem5t f*eux1 viol5t et emport2 et les m>is doiv5t dsir] que leurs femmes soi5t dvotes2 c>1 sans la dvotion1 la femme e/ extrmem5t fragile1 et sa v]tu trs en dang] de se p]dre4 ,sa9t ,paul a dit1 que l'homme infidle e/ sanctifi p> la femme fidle1 et la femme infidle p> l'homme fidle2 p>ce qu'en cette troite alliance du m>iage l'un peut aism5t attir] l'autre la v]tu2 mais quelle bndiction n'e/-ce pas1 lorsque l'homme et la femme1 t\s deux fidles1 se sanctifi5t l'un l'autre p> une vritable cra9te du ,seigneur6 ,au demeurant1 le support mutuel doit tre tel entre les p\x1 qu'ils ne soi5t jamais f*s t\s deux la fois1 c'e/ le moy5 qu'il n'y ait entre eux ni division1 ni dispute4 ,les m\*es miel ne peuv5t s'arrt] dans les lieux o l'*o d\ble l'effet des sons et fait ret5tir la voix1 de mme aussi le ,sa9t-,esprit ne peut habit] dans une maison o il y a du tr\ble1 du tumulte des alt]cations et des cris4 ,sa9t ,grgoire de ,nazianze rapporte que de son temps les *rti5s faisoi5t une fte du j\r anniv]saire de leur m>iage4 ,assurm5t j'appr\v]ois =t que cette c\tume s'introduisit p>mi n\s1 p\rvu que ce ne ft pas avec l'app>eil des joies monda9es et frivoles1 mais que les p\x1 bi5 confesss et communis ce j\r-l1 recomm&ass5t ,dieu leur m>iage plus in/amm5t encore qu' l'ord9aire1 r5\velant le bon propos de le sanctifi] de plus en plus p> une amiti et une fidlit rciproques2 p> l1 ils repr5droi5t hale9e en ,notre-,seigneur1 et s]oi5t plus mme de support] les pe9es et les *>ges 9vitables de leur vocation4 ,,*apitre ,,xxxix4 ,de l'honntet du lit nuptial4 ,l'aptre appelle le lit nuptial1 immacul1 c'e/--dire1 exempt de t\te sorte d'impuret2 et c'e/ peut-tre p\r cette raison que ,dieu v\lut in/itu] le premi] m>iage dans le p>adis t]re/re1 o il n'y avoit encore eu aucun drglem5t de la cupidit4 ,or p\r v\s expliqu] la p]fection que l',aptre exige des p]sonnes m>ies sur cet article1 je me s]s d'une comp>aison assez naturelle2 c'e/ celle de la n\rriture et de la temprance4 #a4 ,la n\rriture e/ ncessaire la cons]vation de la vie2 et p\r cela l'usage en e/ bon1 sa9 et comm&4 #b4 ,cep5dant1 mang] non pas prcism5t p\r cette f91 mais p\r s'acquitt] des devoirs auxquels la socit huma9e n\s oblige les uns env]s les autres1 c'e/ une *ose ju/e et honnte4 #c4 ,si l'on mange p> la raison de ses devoirs1 il faut que ce soit avec une d\ce lib]t1 et en m>quant qu'on y pr5d plaisir4 #d4 ,mang] simplem5t p\r cont5t] son apptit1 c'e/ une *ose supportable1 mais nullem5t l\able2 c> le simple plaisir de l'apptit s5suel ne peut r5dre une action honnte2 et c'e/ bi5 assez si elle e/ supportable4 #e4 ,mang] au del de son apptit et p> excs1 cela e/ plus ou mo9s blmable proportion de l'excs2 et cet excs ne consi/e pas seulem5t en la qualit1 mais aussi en la manire4 #f4 ,c'e/ une m>que d'une ame basse1 grossire et t\t animale1 de faire tant de rflexions et de s'pan*] en p>oles sur les vi&es avant le repas1 et encore plus aprs1 comme plusieurs sortes de g5s qui ont t\j\rs l'esprit dans les plats1 qui prvi5n5t sans cesse ou rappell5t le plaisir de la bonne *re1 et qui1 en un mot1 font comme dit sa9t ,paul1 un dieu de leur v5tre2 au lieu que les honntes g5s ne p5s5t la table qu'en s'y mettant1 et se lav5t les ma9s et la b\*e aprs le repas1 p\r n'avoir plus ni le gt1 ni l'odeur des vi&es4 ,voil les rgles qui sont communes la temprance et l'honntet du lit conjugal4 #a4 ,l'usage des droits du sacrem5t tant ncessaire la propagation de la socit huma9e1 il e/ indubitablem5t honnte et l\able1 et spcialem5t sa9t dans le *ri/ianisme4 #b4 ,cet usage e/ appel p> l',aptre un devoir rciproque1 un devoir si gr&1 que bi5 qu'on puisse ne pas l'exig]1 l'on e/ indisp5sablem5t oblig de le r5dre2 de manire que l'un n'y puisse manqu] sans le libre cons5tem5t de l'autre3 non pas mme p\r les ex]cices de la dvotion1 beauc\p mo9s p\r des prt5tions capricieuses de v]tu1 p\r des aigreurs et p\r des mpris4 #c4 ,l'on doit considr] que ce n'e/ pas assez de s'acquitt] de ce devoir d'une manire *agr9e1 et avec une pati5ce indiffr5te3 ce doit tre avec t\te la fidlit et la correspondance entire que dem&e cet am\r1 comme s'il toit accompagn de l'esprance d'avoir des enfans1 encore que p\r la raison de quelque conjoncture on ne l'et pas4 #d4 ,ici1 comme p>t\t ailleurs1 le simple cont5tem5t de l'apptit s5suel ne peut r5dre une *ose honnte et l\able p> lui-mme2 c'e/ beauc\p si l'on dit qu'elle soit tolrable4 #e4 ,t\t ju/e que soit l'usage des droits du m>iage1 t\t ncessaire qu'on le sa*e dans la socit huma9e1 t\t sa9t qu'on le croie dans le *ri/ianisme1 il porte des dang]s de salut que l'on doit y vit] trs-soigneusem5t1 p\r ne se r5dre c\pable ni d'aucun p* vniel1 comme il arrive dans les simples excs de cet tat1 ni d'aucun p* mortel1 comme il arrive qu& l'ordre naturel et ncessaire p\r la procration des enfans e/ int]v]ti4 ,or dans cette supposition1 selon que l'on s'c>te plus on mo9s de cet ordre1 les p*s sont plus on mo9s excrables1 mais t\j\rs mortels3 c> la propagation de la socit huma9e tant la premire et la pr9cipale f9 du m>iage1 jamais on ne peut licitem5t se dp>tir de l'ordre qu'elle v\s dem&e4 ,cep5dant quoique cette f9 ne puisse pas avoir son effet p> la raison de quelque emp*em5t1 comme la /rilit ou la grossesse1 le comm]ce de l'am\r conjugal ne laisse pas de p\voir tre ju/e et sa9t1 si l'on suit les rgles que dem&e la procration des enfans3 aucun accid5t ne p\vant jamais prjudici] la loi que la f9 pr9cipale du m>iage a impose4 ,c]tes1 l'infme et excrable action d',onan contre les lois du m>iage1 toit dte/able devant ,dieu1 a9si que l',ecriture-,sa9te n\s l'appr5d4 ,et bi5 que quelques hrtiques de notre temps1 c5t fois plus blmables que les cyniques dont p>le sa9t ,jrme1 sur l',eptre aux ,ephsi5s1 ai5t v\lu dire que c'toit l'int5tion p]v]se de ce m*ant homme qui dplaisoit ,dieu2 l',ecriture en p>le autrem5t et assure en p>ticuli] que son action mme toit dte/able et abom9able devant ,dieu4 #f4 ,l'honntet naturelle et *rti5ne dem&e qu'on ne laisse pas engag] son esprit dans t\t ce comm]ce s5suel1 et qu'on ta*e mme de l'en purifi] promptem5t1 p\r qu'il cons]ve t\te la lib]t ncessaire aux obligations plus honntes et plus nobles de cette vocation4 ,en vrit1 l'on s]oit surpris des exemples de l'honntet naturelle que le ,seigneur a donns aux hommes1 en de c]ta9s animaux qui s]viront un j\r confondre la brutale grossiret de plusieurs p]sonnes4 ,cet avis compr5d la p>faite pratique de l'excell5ce de la doctr9e que sa9t ,paul enseigne aux ,cor9?i5s en ces t]mes3 le temps e/ c\rt3 que ceux donc qui ont des femmes1 viv5t comme s'ils n'en avoi5t pas4 ,c> selon la p5se de sa9t ,grgoire1 vivre dans le m>iage1 comme si l'on n'y toit pas1 c'e/ accord] t\t ce que cet tat a de naturel avec t\t le spirituel du *ri/ianisme4 ,que ceux qui se s]v5t du monde1 aj\te sa9t ,paul1 s'en s]v5t comme s'ils ne s'en s]voi5t pas4 ,c'e/ dire t\s de se s]vir du monde1 *acun selon sa vocation2 mais avec un si gr& dta*em5t du monde1 que l'on puisse cons]v] p\r le s]vice de ,dieu autant de lib]t et de f]veur que si l'on ne se s]voit pas du monde4 ,en effet1 c'e/ le gr& mal de l'homme1 dit sa9t ,augu/91 que de v\loir j\ir des *oses dont il doit seulem5t se s]vir1 et de v\loir seulem5t se s]vir de celles dont il doit j\ir avec plaisir3 cela s'ent5d de t\t ce qui a rapport aux s5s et l'esprit4 ,a9si qu& on p]v]tit cet ordre1 et que l'on *ange l'usage en j\issance1 l'ame1 t\te spirituelle qu'elle e/1 devi5t t\te animale4 ,je crois avoir dit t\t ce que je v\lois dire1 et avoir fait ent5dre sans le dire1 ce que je ne v\lois pas dire4 ,,*apitre ,,xl4 ,avis p\r les veuves4 ,sa9t ,paul in/ruit t\s les prlats en la p]sonne de son *] ,timo?e1 lorsqu'il lui dit3 ,honorez les veuves qui sont vraim5t veuves4 ,or1 p\r tre vraim5t veuve1 plusieurs *oses sont requises4 #a4 ,il faut que la veuve soit veuve de cur1 c'e/--dire qu'elle soit rsolue d'une rsolution inviolable de se cons]v] en l'tat d'une *a/e et p]ptuelle viduit2 c> les veuves qui ne le sont qu'en att5dant l'occasion de se rem>i]1 ont dj le cur t\t enti] dans le m>iage4 ,que si la vraie veuve1 p\r se confirm] en l'tat de viduit1 veut se consacr] ,dieu p> un vu de *a/et1 elle aj\t]a un gr& ornem5t sa viduit1 et mettra en gr&e assurance sa sa9te rsolution2 c> voyant que p> son vu il n'e/ plus en son p\voir de quitt] l'tat de veuve sans quitt] le p>adis1 elle s]a si jal\se de son desse91 qu'elle ne p]mettra pas seulem5t aux plus simples p5ses de m>iage de s'arrt] un in/ant dans son esprit2 d'o il arriv]a que ce vu mettra comme une b>rire insurmontable entre son ame et t\tes sortes de projets contraires sa rsolution4 ,sa9t ,augu/9 conseille extrmem5t ce vu la veuve *rti5ne2 et l'anci5 et savant ,origne va bi5 plus lo93 c> il le conseille mme aux femmes m>ies p\r le cas o elles devi5droi5t veuves2 af91 dit-il1 qu'au milieu des obligations du m>iage1 elles puiss5t avoir1 comme p> anticipation1 t\t le mrite d'une sa9te viduit4 ,il e/ c]ta9 que le vu procure de gr&s avantages3 il r5d les uvres qui en sont la suite bi5 plus agrables ,dieu2 il =tifie le c\rage p\r les faire1 et non-seulem5t il donne ,dieu les uvres qui sont comme les fruits de notre volont1 mais il lui donne encore la volont elle-mme1 qui e/ comme l'arbre et la tige de nos actions4 ,p> la simple *a/et n\s s\mettons nos corps l'esprit de ,dieu1 sans n\s t] la lib]t d'en dispos] p\r les engagem5s du m>iage2 mais p> le vu de *a/et1 n\s n\s donnons lui d'une manire absolue et irrvocable1 sans n\s rs]v] aucun p\voir de n\s en jamais ddire1 n\s r5dant a9si heureusem5t esclaves de celui dont le s]vice vaut mieux que t\te royaut4 ,or1 comme j'appr\ve inf9im5t la p5se de ces deux gr&s p]sonnages dont j'ai p>l plus haut1 je s\hait]ois aussi que les ames qui s]ont si heureuses que de v\loir suivre leur conseil1 le fiss5t prudemm5t1 sa9tem5t et srem5t1 aprs avoir bi5 consult leur c\rage1 invoqu l'inspiration cle/e1 et pris conseil de quelque sage et pieux directeur2 c> de cette manire t\t se f]a avec plus de fruit4 #b4 ,de plus1 il faut que ce r5oncem5t de secondes noces se fasse purem5t et simplem5t1 dans l'int5tion de conc5tr] t\tes ses affections en ,dieu1 et de s'unir lui plus p>faitem5t2 c> si le dsir de laiss] plus de =tune ses enfans1 ou quelqu'autre vue monda9e1 dt]m9e la veuve re/] veuve1 elle en aura peut-tre de la l\ange2 mais non pas c]tes devant ,dieu1 puisque devant ,dieu ri5 n'e/ vritablem5t digne de l\ange que ce qui e/ fait p\r lui4 #c4 ,il faut encore que la veuve1 p\r tre vraim5t veuve1 se sp>e et se prive volontairem5t des amusem5s pr(anes4 ,la veuve qui vit dans les dlices1 dit sa9t ,paul1 e/ morte en p>oissant vivante4 ,v\loir tre veuve1 et se plaire nanmo9s tre c\rtise1 flatte1 re*]*e2 v\loir se tr\v] aux bals1 aux danses et aux fe/9s2 v\loir tre p>e1 p>fume et coiffe avec prt5tion1 c'e/ tre une veuve vivante quant au corps1 mais morte quant l'ame4 ,qu'importe1 je v\s prie1 que l'enseigne du logis de l'am\r pr(ane soit faite d'aigrettes blan*es releves en =me de pana*e1 ou bi5 de crpe noir t5du comme un rseau t\t aut\r du visage8 ,ne sait-on pas mme que le noir n'e/ s\v5t qu'un n\vel artifice et un n\veau calcul de la vanit1 p\r rehauss] la blan*eur naturelle et la beaut du te9t8 artifice d'autant plus dang]eux1 que la veuve a l'expri5ce de t\s les moy5s que les femmes ont de plaire aux hommes1 et de les sduire en *>mant leurs yeux4 ,celle donc qui vit en ces folles dlices1 n'e/ pas vivante2 elle e/ morte1 et ce n'e/ proprem5t p>l] qu'une idole de viduit4 ,le temps e/ v5u d'mond] les arbres1 dit le ,cantique1 la voix de la t\rt]elle s'e/ fait ent5dre en notre t]re4 ,ces p>oles n\s indiqu5t que si le retran*em5t des sup]fluits monda9es e/ ncessaire quiconque veut vivre pieusem5t1 il l'e/ surt\t la vraie veuve1 qui1 comme une *a/e t\rt]elle1 pleure et gmit sur la p]te de son p\x4 ,qu& ,nomi rev9t de ,moab ,be?lem1 les femmes de la ville qui l'avoi5t connue au comm5cem5t de son m>iage se disoi5t les unes aux autres3 ,n'e/-ce po9t l ,nomi8 ,mais elle rpondit3 ,ne m'appelez pas1 je v\s prie1 ,nomi2 c> ,nomi veut dire gracieuse et belle3 mais appelez-moi ,m>a1 c> le ,seigneur a rempli mon ame d'am]tume4 ,ce qu'elle disoit p>ce qu'elle avoit p]du son m>i4 ,a9si la veuve *rti5ne ne veut jamais qu'on l'appelle ni belle1 ni gracieuse2 mais elle se cont5te d'tre ce que ,dieu veut qu'elle soit1 c'e/--dire1 humble et abjecte ses yeux4 ,les lampes dont l'huile e/ aromatique jett5t une plus d\ce odeur qu& on te9t leurs flammes2 a9si les veuves dont le cur a t pur durant le m>iage1 rp&5t un plus gr& p>fum de v]tu et de *a/et1 qu& leur lumire1 c'e/--dire leur m>i1 vi5t s'te9dre p> la mort4 ,aim] un m>i t&is qu'il e/ en vie1 c'e/ *ose assez commune p>mi les femmes2 mais l'aim] ce po9t qu'aprs sa mort on n'en veuille po9t d'autre1 c'e/ un degr de fidlit qui n'app>ti5t qu'aux vraies veuves4 ,espr] en ,dieu t&is que le m>i s]t de s\ti51 ce n'e/ pas *ose si r>e2 mais espr] en ,dieu qu& on e/ priv de cet appui1 c'e/ un acte vraim5t digne de gr&e l\ange4 ,c'e/ p\rquoi l'on reconnot plus aism5t dans la viduit la p]fection des v]tus que l'on a eues durant le m>iage4 ,la veuve qui e/ ncessaire ses enfans1 pr9cipalem5t en ce qui reg>de leur ame et leur bonne ducation1 ne doit en aucune faon les ab&onn]2 c> l'aptre sa9t ,paul dit clairem5t qu'elles sont t5ues ce so9-l en acquit des so9s qu'elles ont reu de leurs pres et mres2 d'autant que si quelqu'un n'a pas so9 des si5s1 et pr9cipalem5t de ceux de sa famille1 il e/ pire qu'un infidle4 ,mais si les enfans sont en tat de se conduire p> eux-mmes1 la veuve alors doit ramass] t\tes ses affections et t\tes ses p5ses1 p\r les appliqu] plus p>faitem5t son avancem5t en l'am\r de ,dieu4 ,a mo9s donc que quelque =ce majeure n'oblige en consci5ce la vraie veuve se jet] dans les emb>ras extrieurs1 tels que sont les procs1 je lui conseille de s'en ab/5ir entirem5t1 et de prfr] t\j\rs dans la conduite de ses affaires la voie la plus paisible et la plus tranquille1 encore qu'elle ne p>oisse pas la plus avantageuse2 c> il faut que les fruits de ces so9s fatigans soi5t bi5 gr&s p\r tre comp>ables au bi5 d'une sa9te tranquillit4 ,joignez cela que les procs et autres semblables br\ill]ies dissip5t le cur et ouvr5t s\v5t la porte aux ennemis du salut1 t&is que p\r plaire ceux dont on croit avoir beso91 on se porte mille manires inconv5antes et =t dsagrables ,dieu4 ,l'oraison doit tre le cont9uel ex]cice de la veuve2 or ne devant plus avoir d'am\r que p\r ,dieu1 elle ne doit presque plus aussi avoir de p>oles que p\r ,dieu2 et comme le f] qu'un diamant emp*e de s'atta*] l'aimant1 s'lance v]s cet aimant aussitt que le diamant e/ loign1 de mme le cur de la veuve1 qui ne p\voit s'lanc] v]s ,dieu1 ni suivre les attraits du div9 am\r p5dant la vie de son m>i1 doit1 s\da9 aprs sa mort1 c\rir ardemm5t l'odeur des p>fums cle/es1 et dire comme l'p\se sacre3 ,o ,seigneur6 ma9t5ant que je suis t\te moi1 recevez-moi p\r tre t\te v\s1 attirez-moi aprs v\s1 et je c\rrai l'odeur de vos p>fums4 ,les v]tus propres la veuve *rti5ne sont la p>faite mode/ie1 le r5oncem5t aux honneurs1 aux rangs1 aux assembles1 aux titres et aux autres vanits de cette espce1 le s]vice des pauvres et des malades1 la consolation des affligs1 le zle in/ruire les filles en la dvotion1 et se r5dre auprs des jeunes femmes un p>fait modle de t\tes les v]tus2 la ncessit et la simplicit doiv5t tre les deux ornem5s de leurs habits2 l'humilit et la *>it les deux ornem5s de leurs actions2 l'honntet et la bont les deux ornem5s de leurs p>oles2 la mode/ie et la rs]ve les deux ornem5s de leurs yeux2 et ,jsus-,*ri/ crucifi l'unique am\r de leur cur4 ,bref1 la vraie veuve e/ dans l',eglise une petite violette de m>s1 qui p>fume l'air d'une odeur dlicieuse p> le *>me de sa dvotion1 et qui se ti5t presque t\j\rs ca*e s\s les l>ges feuilles de son abjection4 ,sa c\leur peu clatante e/ le symbole de la mortification2 elle vi5t dans les lieux frais et solitaires1 c'e/--dire qu'elle vite la compagnie des monda9s1 p\r mieux cons]v] la fra*eur de son cur contre t\tes les ardeurs que le dsir des bi5s1 des honneurs et des plaisirs p\rroit lui apport]4 ,elle s]a bi5heureuse1 dit le sa9t ,aptre1 si elle p]svre en cet tat4 ,j'aurois encore beauc\p d'autres *oses dire sur ce sujet2 mais j'aurai t\t dit qu& j'aurai dit la veuve *rti5ne vraim5t jal\se de sa p]fection1 qu'elle lise att5tivem5t les belles ptres de sa9t ,jrme ,furia et ,salvia1 et t\tes les autres dames1 qui fur5t assez heureuses p\r tre les filles spirituelles d'un si bon pre2 c> il ne se peut ri5 aj\t] ce qu'il leur dit1 s9on cet av]tissem5t1 que la vraie veuve ne doit jamais ni blm]1 ni mpris] celles qui pass5t de secondes1 ou mme de troisimes et de quatrimes noces2 c> en c]ta9s cas ,dieu en dispose a9si p\r sa plus gr&e gloire2 et il faut t\j\rs avoir devant les yeux cette doctr9e des anci5s1 que ni la viduit ni la virg9it n'ont de rang au ,ciel1 si ce n'e/ celui qui leur e/ assign p> l'humilit4 ,,*apitre ,,xli4 ,deux mots aux vi]ges4 ,o vi]ges6 je ne veux v\s dire que ces deux mots1 c> p\r le re/e v\s le tr\v]ez ailleurs2 si v\s prt5dez au m>iage temporel1 g>dez soigneusem5t votre premi] am\r p\r votre premi] m>i4 ,je p5se que c'e/ une gr&e tromp]ie de prs5t]1 au lieu d'un cur pur et intgre1 un cur t\t u1 frelat et gt4 ,mais si votre bonheur v\s appelle aux *a/es et virg9ales noces de l',agneau1 et qu' jamais v\s v\liez demeur] vi]ges1 ,dieu6 cons]vez votre cur le plus dlicatem5t que v\s p\rrez p\r cet p\x div91 qui1 tant la puret mme1 n'aime ri5 tant que la puret1 et qui les prmices de t\tes *oses sont dues1 mais surt\t les prmices du cur4 ,les ptres de sa9t ,jrme v\s f\rniront t\s les avis qui v\s sont ncessaires2 et puisque votre condition v\s oblige l'obissance1 *oisissez un guide s\s la conduite duquel v\s puissiez plus sa9tem5t cons]v] votre cur et votre corps la div9e ,maje/4 ,,quatri,,me ,,p>tie ,,cont5ant ,,les ,,avis ,n,,cessaires ,,contre ,,les ,,t5tations ,,les ,,plus ,,ord9aires4 ,,*apitre ,,premi]4 ,qu'il ne faut po9t s'amus] aux p>oles des enfans du sicle4 ,sitt que les monda9s s'ap]cevront que v\s v\lez suivre la vie dvote1 ils dco*]ont contre v\s mille traits de satire et de mdisance4 ,les plus mal9s trait]ont votre *angem5t d'hypocrisie1 de bigot]ie et d'artifice3 ils diront que le monde v\s a fait mauvais visage1 et qu' son refus v\s rec\rez ,dieu2 vos amis s'empress]ont de v\s faire mille remontrances1 leur avis1 trs-prud5tes et *>itables4 ,en pr5ant cette voie1 v\s diront-ils1 v\s tomb]ez en quelque humeur mlancolique1 v\s p]drez t\t crdit dans le monde1 v\s devi5drez insupportable1 v\s vieillirez avant le temps1 vos affaires dome/iques en s\ffriront2 il faut vivre dans le monde comme dans le monde2 on peut bi5 faire son salut sans tant de my/res1 et mille autres bagatelles4 ,t\t cela1 ,philo?e1 n'e/ qu'un va9 et sot babil2 au fond1 ces g5s-l ne sont nullem5t occups ni de votre sant ni de vos affaires3 ,si v\s tiez du monde1 dit le ,sauveur1 le monde v\s aim]oit comme tant lui2 mais p>ce que v\s n'tes pas du monde1 cause de cela il v\s hait4 ,n\s avons vu des g5til%ommes et des dames pass] la nuit entire1 et mme plusieurs nuits de suite1 j\] aux *ecs et aux c>tes3 y a-t-il une att5tion plus fatigante1 plus mlancolique et plus sombre que celle-l8 ,cep5dant les monda9s ne disoi5t mot1 les amis ne se mettoi5t pas en pe9e2 et p\r la mditation d'une heure1 ou p\r n\s voir lev] un peu plus mat9 qu' l'ord9aire1 af9 de n\s prp>] la communion1 *acun c\rt au mdec9 p\r n\s faire gurir de l'humeur hypocondriaque et de la jaunisse4 ,on pass]a tr5te nuits dans]1 sans que nul s'en plaigne2 et p\r la seule nuit de ,nol1 *acun t\sse et crie la tte le j\r suivant4 ,qui ne voit que le monde e/ un juge inique3 indulg5t et favorable p\r ses enfans1 mais dur et svre p\r les enfans de ,dieu8 ,p\r tre bi5 avec le monde1 il faudroit se p]dre avec lui4 ,il n'e/ pas possible de le cont5t]1 tant il e/ biz>re2 ,jean e/ v5u1 dit le ,sauveur1 ne mangeant ni ne buvant1 et v\s dites qu'il e/ possd2 le ,fils de l'homme e/ v5u mangeant et buvant1 et v\s dites qu'il e/ sam>ita94 ,c'e/ la vrit1 ,philo?e3 si p> condesc5dance n\s n\s rel*ons rire1 j\]1 dans] avec le monde1 il s'en sc&alis]a2 si n\s ne le faisons pas1 il n\s accus]a d'hypocrisie ou d'humeur sombre2 si n\s n\s p>ons1 il l'int]prt]a mal2 si n\s n\s ngligeons1 ce s]a selon lui bassesse d'ame2 nos gats s]ont appeles dissolutions1 et nos mortifications tri/esses2 et comme il n\s reg>de t\j\rs de mauvais il1 jamais n\s ne p\rrons lui plaire4 ,il agr&it nos imp]fections1 et publie que ce sont des p*s2 de nos p*s vniels il en fait des mortels2 de nos p*s de fragilit1 il en fait des p*s de malice2 taudis que1 comme dit sa9t ,paul1 la *>it e/ bnigne1 le monde au contraire e/ mal92 t&is que la *>it ne p5se pas de mal1 le monde au contraire en p5se t\j\rs2 et qu& il ne peut accus] nos actions1 il accuse nos int5tions4 ,enf91 soit que les m\tons ai5t des cornes1 ou qu'ils n'en ai5t po9t1 qu'ils soi5t blancs ou qu'ils soi5t noirs1 le l\p ne laiss]a pas de les mang]1 s'il peut2 a9si1 quoi que n\s fassions1 le monde n\s f]a t\j\rs la gu]re3 si n\s sommes long-temps n\s confess]1 il dem&]a ce que n\s p\vons tant avoir dire2 si n\s y sommes peu de temps1 il dira que n\s ne disons pas t\t2 il pi]a t\s nos m\vem5s3 p\r une seule petite p>ole d'aigreur1 il prote/]a que n\s sommes insupportables2 le so9 de nos affaires lui sembl]a av>ice1 et notre d\ceur il l'appell]a niais]ie2 au lieu que p\r les enfans du sicle1 leurs colres s]ont gnrosits2 leur av>ice1 conomie2 leur lic5ce1 noble lib]t2 il n'e/ ri5 de tel que les araignes p\r gt] l'ouvrage des abeilles4 ,laissons l ce monde aveugle1 ,philo?e2 qu'il crie tant qu'il v\dra comme un *at-huant p\r inquit] les oiseaux du j\r3 soyons f]mes en nos desse9s1 inv>iables en nos rsolutions2 la p]svrance f]a bi5 voir si c'e/ vraim5t t\t de bon que n\s sommes dv\s ,dieu1 et engags dans la vie dvote4 ,les comtes et les plantes sont presque galem5t lum9euses en app>5ce2 mais les comtes disp>oiss5t en peu de temps1 n'tant que de c]ta9s feux passag]s2 au lieu que les plantes ont une cl>t p]ptuelle4 ,a9si l'hypocrisie et la vraie v]tu ont beauc\p de ressemblance l'extrieur2 mais on les di/+ue facilem5t l'une de l'autre1 en ce que l'hypocrisie n'a po9t de dure1 et se dissipe comme la fume1 t&is que la vraie v]tu e/ t\j\rs f]me et con/ante4 ,ce ne n\s e/ pas un petit avantage p\r bi5 assur] le comm5cem5t de notre dvotion1 que d'en recevoir de l'opprobre et de la calomnie2 c> n\s vitons p> ce moy5 le pril de la vanit et de l'orgueil1 qui sont comme les sages-femmes d',egypte1 auxquelles le ,ph>aon inf]nal a ordonn de tu] les enfans mles d',isral le j\r mme de leur naissance4 ,n\s sommes crucifis au monde1 le monde n\s doit tre crucifi3 il n\s ti5t p\r f\s1 t5ons-le p\r ins5s4 ,,*apitre ,,ii4 ,qu'il faut avoir bon c\rage4 ,la lumire1 quoique belle et dsirable nos yeux1 les bl\it nanmo9s aprs qu'ils ont t en de longues tnbres2 et avant que l'on soit acc\tum aux habitans d'un pays1 quelque c\rtois et gracieux qu'ils soi5t d'ailleurs1 on s'y tr\ve un peu emb>rass4 ,il se p\rra donc faire1 ma *re ,philo?e1 qu' ce *angem5t de vie plusieurs s\lvem5s se fass5t en votre intrieur1 et que ce gr& et gnral adieu que v\s avez dit aux folies et aux niais]ies du monde1 v\s donne quelque ress5tim5t de tri/esse et de dc\ragem5t4 ,si cela v\s arrive1 ayez un peu de pati5ce1 je v\s prie1 c> ce ne s]a ri52 ce n'e/ qu'un peu d'tonnem5t que la n\veaut v\s apporte3 att5dez1 les consolations arriv]ont bi5tt1 v\s regrett]ez peut-tre d'abord de quitt] la gloire que les f\s et les moqueurs v\s donnoi5t en vos vanits2 mais1 ,dieu6 v\driez-v\s p]dre la gloire t]nelle que ,dieu v\s donn]a en vrit8 ,les va9s amusem5s et les passe-temps dans lesquels v\s avez employ les annes passes1 se reprs5t]ont votre cur p\r l'amorc]1 et le faire ret\rn] de leur ct2 mais auriez-v\s bi5 le c\rage de r5onc] aux dlices du ,ciel p\r de si trompeuses lgrets8 ,croyez-moi1 si v\s p]svrez1 v\s ne t>d]ez pas recevoir tant et de si d\ces consolations1 que v\s reconnotrez que le monde n'a que du fiel en comp>aison de ce miel1 et qu'un seul j\r de dvotion vaut mieux que mille annes de la vie monda9e4 ,mais v\s voyez que la montagne de la p]fection *rti5ne e/ extrmem5t haute1 et v\s dites3 ,hlas6 mon ,dieu1 comm5t f]ai-je p\r y mont]8 ,c\rage ,philo?e3 qu& les petits m\*]ons des abeilles comm5c5t se =m]1 on les appelle nymphes1 et alors ils ne sauroi5t encore vol] sur les fleurs1 ni sur les monts1 ni sur les coll9es vois9es p\r amass] le miel2 mais petit petit1 se n\rrissant du miel que leurs mres ont prp>1 ces petites nymphes pr5n5t des ailes et se =tifi5t2 si bi5 qu'enf9 elles pr5n5t leur essor et vol5t jusqu'aux lieux les plus levs4 ,il e/ vrai1 n\s sommes encore de petits m\*]ons en la dvotion2 n\s ne saurions mont] selon notre desse91 qui n'e/ ri5 mo9dre que d'atte9dre la cime de la p]fection *rti5ne2 mais si n\s comm5ons n\s =m] p> nos dsirs et nos rsolutions1 bi5tt les ailes comm5c]ont n\s v5ir1 en sorte qu'un j\r n\s s]ons abeilles spirituelles1 et vol]ons t\t notre aise4 ,en att5dant1 vivons du miel de tant d'enseignem5s que les sa9ts n\s ont laisss1 et prions ,dieu de n\s donn] des ailes comme la colombe1 af9 que non-seulem5t n\s puissions vol] au temps de la vie prs5te1 mais encore n\s repos] en l't]nit de la vie future4 ,,*apitre ,,iii4 ,de la nature des t5tations1 et de la diffr5ce qu'il y a entre s5tir la t5tation et y cons5tir4 ,imag9ez-v\s1 ,philo?e1 une jeune pr9cesse extrmem5t aime de son p\x1 et dont quelque lib]t9 prt5d corrompre la fidlit p> un infme confid5t qu'il lui envoie p\r trait] avec elle d'un si dte/able desse94 ,premirem5t1 ce messag] fait "p la pr9cesse des int5tions de son matre2 secondem5t1 la pr9cesse se plat ou se dplat en la proposition2 en troisime lieu1 ou elle cons5t1 ou elle refuse4 ,a9si1 ,satan1 le monde et la *air voyant une ame unie au ,fils de ,dieu1 lui envoi5t des t5tations et des sugge/ions1 p> lesquelles1 #a4 le p* lui e/ propos2 #b4 l'ame se plat ou se dplat en la proposition2 #c4 enf91 elle cons5t ou elle refuse2 ce qui fait en somme trois degrs p\r desc5dre l'iniquit1 la t5tation1 la dlectation et le cons5tem5t2 et bi5 que ces trois degrs ne se montr5t pas aussi clairem5t en t\tes sortes de fautes1 t\j\rs e/-il qu'on les voit trs-di/9ctem5t dans les gr&s et normes p*s4 ,qu& la t5tation de quelque p* que ce soit dur]oit t\te notre vie1 elle ne sauroit n\s r5dre dsagrables la div9e ,maje/1 p\rvu qu'elle ne n\s plaise pas1 et que n\s n'y cons5tions pas4 ,la raison e/1 que dans la t5tation n\s ne sommes pas actifs1 mais passifs2 et puisque n\s n'y pr5ons pas de plaisir1 n\s ne p\vons aussi en avoir de faute4 ,sa9t ,paul s\ffrit long-temps de viol5tes t5tations1 et tant s'en faut que p\r cela il ft dsagrable ,dieu1 qu'au contraire ,dieu en toit glorifi4 ,la bi5heureuse ,angle de ,foligny s5toit des t5tations si cruelles1 qu'elle fait piti qu& elle les raconte3 gr&es fur5t aussi les t5tations de sa9t ,franois et de sa9t ,b5ot1 lorsque l'un se jeta dans les p9es1 et l'autre dans la neige p\r les apais]2 et nanmo9s ils ne p]dir5t ri5 de la grce de ,dieu p\r cela1 mais l'augm5tr5t de beauc\p4 ,il faut donc tre c\rageuse1 *re ,philo?e1 dans les t5tations1 et ne v\s t5ir jamais p\r va9cue tant qu'elles v\s dplais5t2 c> obs]vez bi5 cette diffr5ce qu'il y a entre s5tir et cons5tir1 qui e/ qu'on peut les s5tir encore qu'elles n\s dplais5t2 mais qu'on ne peut y cons5tir sans qu'elles n\s plais5t1 puisque le plaisir p\r l'ord9aire s]t de degr p\r v5ir au cons5tem5t4 ,que les ennemis de notre salut n\s prs5t5t donc tant qu'ils v\dront des amorces et des piges1 qu'ils demeur5t t\j\rs la porte de notre cur p\r y entr]1 qu'ils n\s fass5t t\tes les propositions imag9ables2 tant que n\s s]ons rsolus ne po9t n\s plaire en t\t cela1 il s]a bi5 impossible que ,dieu en soit (f5s1 non plus que le pr9ce dont j'ai p>l plus haut ne peut savoir mauvais gr la pr9cesse du message qui lui e/ envoy1 si elle n'y a pris aucune sorte de plaisir4 ,il y a nanmo9s cette diffr5ce entre l'ame et la pr9cesse1 que la pr9cesse1 aprs avoir ent5du la proposition1 peut1 si bon lui semble1 *ass] le messag]1 et ne le plus ent5dre2 au lieu qu'il n'e/ pas t\j\rs au p\voir de l'ame de ne po9t s5tir la t5tation1 bi5 qu'il soit t\j\rs en son p\voir de n'y po9t cons5tir3 c'e/ p\rquoi1 encore que la t5tation dure long-temps1 elle ne peut n\s nuire1 tant qu'elle n\s e/ dsagrable4 ,mais1 quant la dlectation qui peut suivre la t5tation1 il e/ rem>qu] que n\s avons deux p>ties en notre ame1 l'une infrieure et l'autre suprieure1 et que l'infrieure ne suit pas t\j\rs la suprieure1 mais fait des oprations "p3 d'o il arrive ma9tes fois que la p>tie infrieure se plat la t5tation2 sans le cons5tem5t1 et mme contre le gr de la suprieure3 c'e/ la dispute et la gu]re que l'aptre sa9t ,paul dcrit1 qu& il dit que sa *air convoite contre son esprit1 qu'il y a une loi des membres et une loi de l'esprit1 et autres *oses semblables4 ,avez-v\s jamais vu1 ,philo?e1 un gr& brasi] de feu c\v]t de c5dres8 ,qu& on vi5t dix ou d\ze heures aprs p\r y *]*] du feu1 on n'en tr\ve qu'un peu au milieu du foy]1 et encore on a pe9e le tr\v]4 ,il y toit nanmo9s puisqu'on l'y tr\ve1 et l'on peut s'en s]vir rallum] les autres *>bons dj te9ts4 ,il en e/ de mme de la *>it1 qui e/ notre vie spirituelle1 p>mi les gr&es et viol5tes t5tations2 c> la t5tation jetant sa dlectation dans la p>tie infrieure1 c\vre1 ce semble1 t\te l'ame de c5dre1 et rduit l'am\r de ,dieu presque ri52 c> il ne p>ot plus nulle "p1 s9on au milieu du cur1 et au f9 fond de l'esprit2 encore semble-t-il qu'il n'y soit pas1 tant on a de pe9e le tr\v]4 ,il y e/ nanmo9s en vrit1 puisque1 quoique t\t soit en tr\ble en notre ame et en notre corps1 n\s avons la rsolution de ne po9t cons5tir au p* ni la t5tation1 et que la dlectation qui plat notre homme extrieur dplat notre homme intrieur2 en sorte qu'tant aut\r de notre volont1 elle n'e/ cep5dant pas dans notre volont2 en quoi l'on voit qu'une telle dlectation e/ involontaire1 et p>tant ne peut tre p*4 ,,*apitre ,,iv4 ,deux exemples rem>quables sur ce sujet4 ,il v\s importe si =t1 ,philo?e1 de bi5 ent5dre ceci1 que je ne f]ai nulle difficult de m'y t5dre davantage4 ,le jeune homme dont p>le sa9t ,jrme1 qui1 c\* et atta* avec des *>pes de soie1 sur un lit mollet1 toit provoqu p> t\t ce que l'on peut p5s] de l'impud5ce d'une femme1 dont on se s]voit p\r branl] sa con/ance1 dut sans d\te tre t5t d'une manire bi5 viol5te2 et qu'e/-ce que ses s5s et son imag9ation n'pr\vr5t pas alors8 ,cep5dant au milieu d'un si t]rible orage de t5tations s5suelles1 il tmoigne que son cur n'e/ po9t va9cu1 et que sa volont n'y cons5t en aucune manire3 c> son ame voyant t\t rvolt contre elle1 et n'ayant ri5 son comm&em5t1 de t\t son corps1 si ce n'e/ la langue1 il se la c\pe avec les d5ts1 et la cra*e au visage de cette vila9e1 qui lui toit plus cruelle que les b\rreaux les plus furieux4 ,de sorte que le tyran qui avoit dsespr de va9cre cette belle ame p> les d\leurs1 essaya va9em5t de la va9cre p> les plaisirs4 ,l'hi/oire du combat de sa9te ,ca!r9e de ,si5ne n'e/ pas mo9s admirable1 la voici en abrg4 ,le mal9 esprit obt9t un j\r de ,dieu la p]mission d'pr\v] la v]tu de cette sa9te vi]ge1 et d'us] cet effet de la plus gr&e rage qu'il p\rroit1 p\rvu t\tefois qu'il p>gnt sa p]sonne4 ,en consqu5ce il v9t lui suggr] t\tes sortes de mauvaises p5ses1 et p\r l'm\voir encore davantage1 pr5ant avec lui plusieurs de ses compagnons auxquels il avoit donn div]ses =mes2 il fit avec eux mille et mille reprs5tations d%onntes1 qu'il accompagna encore de p>oles et d'invitations les plus grossires2 or1 bi5 que t\tes ces *oses fuss5t extrieures1 elles ne laissoi5t pas t\tefois1 p> le moy5 des s5s1 de pntr] bi5 avant dans le cur de la vi]ge1 lequel1 comme elle l'av\ait elle-mme1 en toit t\t ple91 ne lui re/ant plus que la f9e pure volont suprieure qui ne ft pas agite p> cette tempte et ce dbordem5t de vil5ies4 ,t\t cela dura =t long-temps1 jusqu' ce qu'un j\r1 ,notre-,seigneur lui ayant app>u3 ,o tiez-v\s1 dit-elle1 mon d\x ,seigneur6 p5dant que mon cur toit ple9 de tant de tnbres et d'ordures8 ,a quoi il rpondit3 ,ma fille1 j'tois au d$ans de votre cur4 ,et comm5t1 rpliqua-t-elle1 p\viez-v\s habit] mon cur1 t&is qu'il y avoit tant de vil5ies8 habitez-v\s donc en des lieux si d%onntes8 ,et ,notre-,seigneur lui dit3 ,dites-moi1 ma *re fille1 t\tes ces sales p5ses qui toi5t en votre cur1 v\s donnoi5t-elles du plaisir ou de la tri/esse1 de l'am]tume ou de la joie8 ,et elle rpondit3 ,une extrme am]tume et tri/esse4 ,et qui donc1 reprit le ,sauveur1 mettoit cette gr&e am]tume et tri/esse au d$ans de votre cur1 s9on moi qui demeurois ca* au milieu de votre ame8 ,soyez sre1 ma fille1 que si je n'eusse pas t prs5t1 ces p5ses qui toi5t aut\r de votre volont1 sans p\voir s'en saisir1 l'euss5t bi5 vite surmonte1 et s]oi5t entres d$ans1 et euss5t t bi5 reues p> votre libre arbitre1 et a9si euss5t donn la mort votre ame4 ,mais p>ce que j'tois au milieu de v\s1 j'ai mis en votre cur une tri/esse et une rsi/ance p> laquelle v\s avez rejet la t5tation autant que v\s avez pu2 et comme v\s ne l'avez pu faire autant que v\s l'auriez v\lu1 v\s en avez ress5ti un gr& dplaisir et une gr&e ha9e et contre la t5tation et contre v\s-mme4 ,a9si ces pe9es ont t p\r v\s un gr& mrite et un gr& ga91 et votre v]tu n'en a pris que plus de =ce et d'accroissem5t4 ,voyez-v\s1 ,philo?e1 comme ce feu toit c\v]t de c5dres8 et comme la t5tation et la dlectation mme1 tant entres dans le cur1 en avoi5t environn la volont1 laquelle nanmo9s1 uniquem5t assi/e de son ,sauveur1 rsi/oit p> des am]tumes1 des dplaisirs et des dte/ations du mal qui lui toit suggr1 refusant p]ptuellem5t son cons5tem5t au p* qui l'environnoit de t\tes p>ts8 ,o ,dieu6 quelle dtresse p\r une ame qui aime ,dieu1 de ne savoir seulem5t pas s'il e/ en elle ou non1 et si l'am\r div91 p\r lequel elle combat1 e/ entirem5t te9t en elle ou non6 ,mais c'e/ la f9e fleur de la p]fection de l'am\r cle/e1 que de faire s\ffrir et combattre l'amant p\r l'am\r1 sans mme qu'il sa*e s'il a l'am\r p\r lequel et p> lequel il combat4 ,,*apitre ,v4 ,enc\ragem5t l'ame qui e/ dans la t5tation4 ,ces gr&s assauts et ces t5tations si puissantes1 ,philo?e1 ne sont jamais p]mises de ,dieu que contre les ames qu'il veut lev] son pur et excell5t am\r2 mais il ne s'ensuit pas p\rtant qu'aprs cela elles soi5t assures d'y p>v5ir2 c> il e/ arriv ma9tes fois que ceux qui avoi5t t con/ans en de si viol5tes attaques ne correspondant pas aprs fidlem5t la faveur div9e1 se sont tr\vs va9cus en de bi5 petites t5tations4 ,ce que je dis1 af9 que s'il v\s arrive jamais d'tre afflige de si gr&es t5tations1 v\s sa*iez que ,dieu v\s accorde une faveur extraord9aire1 p> laquelle il dcl>e qu'il veut v\s agr&ir ses yeux1 et que nanmo9s v\s soyez t\j\rs humble et cra9tive1 ne v\s promettant de p\voir va9cre les m5ues t5tations1 aprs avoir surmont les gr&es1 que p> une fidlit cont9uelle aux m\vem5s de la grce4 ,cela pos1 quelques t5tations qui v\s arriv5t1 et quelque dlectation qui s'ensuive1 tant que votre volont refus]a son cons5tem5t1 non-seulem5t la t5tation1 mais encore la dlectation1 ne v\s tr\blez aucunem5t2 c> ,dieu n'en e/ po9t (f5s4 ,qu& un homme e/ pm1 et qu'il ne donne plus aucun signe de vie1 on lui met la ma9 sur la cur2 et p\r peu qu'on y s5te de m\vem5t1 on juge qu'il e/ en vie1 et qu'au moy5 de quelque liqueur =te et subtile on peut lui faire retr\v] le s5tim5t4 ,a9si arrive-t-il quelquefois que p> la viol5ce des t5tations il semble que notre ame e/ tombe en une dfaillance totale de ses =ces1 et que1 comme pme1 elle n'a plus ni m\vem5t1 ni vie spirituelle2 mais si n\s v\lons connotre ce qui en e/1 mettons la ma9 sur le cur4 ,considrons si le cur et la volont ont encore leur m\vem5t spirituel1 c'e/--dire s'ils font bi5 leur devoir en refusant de cons5tir la t5tation et la dlectation2 c> tant que le m\vem5t du refus e/ dans notre cur1 n\s sommes assurs que la *>it1 vraie vie de notre ame1 e/ en n\s1 et que ,jsus-,*ri/1 notre ,sauveur1 se tr\ve en notre cur1 bi5 qu'il y soit c\v]t et ca*2 de sorte que p> l'usage cont9uel de l'oraison1 des sacrem5s1 et de la confiance en ,dieu1 les =ces n\s revi5dront1 et n\s vivrons d'une vie trs-d\ce et trs-p>faite4 ,,*apitre ,,vi4 ,comm5t la t5tation et la dlectation peuv5t tre p*s4 ,la pr9cesse dont n\s avons p>l1 ne peut tre blme de la proposition qui lui e/ faite1 puisque1 comme n\s l'avons suppos1 elle lui arrive contre son gr4 ,mais si au contraire elle se l'toit attire p> quelques manires qui euss5t pu en faire natre la p5se1 ayant v\lu1 p> exemple1 plaire celui qui la re*]*e1 indubitablem5t elle s]oit c\pable de la re*]*e elle-mme2 et encore qu'elle en ft la dlicate1 elle ne laiss]oit pas d'en mrit] le blme et la pe9e4 ,a9si arrive-t-il quelquefois que la seule t5tation n\s met en p*1 p>ce que n\s sommes cause qu'elle n\s arrive4 ,p> exemple1 je sais qu'en j\ant je suis expos la colre et au blasphme1 et que le jeu me s]t de t5tation cela2 ds lors je p*e t\tes les fois que je j\e1 et je suis c\pable de t\tes les t5tations qui m'arriv5t au jeu4 ,de mme je sais qu'une c]ta9e compagnie e/ p\r moi une occasion de t5tation et de *ute1 et nanmo9s j'y vais volontairem5t2 il e/ indubitable que je suis c\pable de t\tes les t5tations que j'y aurai4 ,qu& la dlectation qui arrive de la t5tation peut tre vite1 c'e/ t\j\rs un p* de la recevoir2 et le p* e/ plus ou mo9s gr&1 selon que le plaisir qu'on y pr5d1 et le cons5tem5t qu'on y donne1 e/ gr& ou petit1 de longue ou de c\rte dure4 ,si cette pr9cesse dont n\s avons p>l1 c\te non-seulem5t la proposition d%onnte qui lui e/ faite1 mais y pr5d plaisir et en occupe son cur avec joie1 elle e/ =t blmable2 c> bi5 qu'elle ne veuille pas l'excution de ce qu'on lui dem&e1 elle cons5t nanmo9s y appliqu] son cur p> le plaisir qu'elle y pr5d3 or appliqu] volontairem5t son cur une *ose d%onnte e/ t\j\rs une *ose blmable2 et c'e/ tellem5t dans l'application du cur que consi/e la faute1 que1 sans elle1 l'application des s5s ne peut tre un p*4 ,qu& donc v\s s]ez t5te de quelque p*1 considrez si v\s avez donn volontairem5t sujet d'tre t5te2 c> p\r lors la t5tation mme v\s met en tat de p*1 cause du dang] dans lequel v\s v\s tes jete2 et cela s'ent5d si v\s avez pu vit] commodm5t l'occasion1 et que v\s avez prvu ou d prvoir l'arrive de la t5tation4 ,mais si v\s n'avez donn nul sujet la t5tation1 elle ne peut aucunem5t v\s tre impute p*4 ,qu& la dlectation qui suit la t5tation a pu tre vite1 et que nanmo9s on ne l'a po9t vite1 il y a t\j\rs quelque sorte de p*1 selon que l'on s'y e/ plus on mo9s arrt1 et selon la cause du plaisir qu'en y a pris4 ,une femme qui n'ayant donn aucun sujet la cajol]ie1 y pr5d p\rtant plaisir1 ne laisse pas d'tre blmable1 si le plaisir qu'elle y pr5d n'a po9t d'autre cause que la cajol]ie mme mais si celui qui veut lui inspir] de l'am\r j\oit en p]fection du lu?1 et qu'elle prt plaisir1 non pas sa mauvaise re*]*e1 mais l'h>monie et la d\ceur du lu?1 il n'y aurait po9t de p* p\r elle2 nanmo9s elle ne devrait pas pr5dre long-temps ce plaisir1 de peur de pass] celui d'tre re*]*e4 ,de mme encore1 si quelqu'un me propose un /ratagme ple9 d'inv5tion et d'artifice p\r me v5g] de mon ennemi1 et que je ne pr5ne aucun plaisir ni ne donne aucun cons5tem5t la v5geance qui m'e/ propose1 mais seulem5t la subtilit de l'artifice1 il e/ c]ta9 que je ne p*e po9t2 t\tefois il n'e/ pas expdi5t que je m'amuse beauc\p ce plaisir1 de peur que petit petit il ne me porte la dlectation de la v5geance elle-mme4 ,on se surpr5d quelquefois pr5ant plaisir la t5tation1 et cela ne peut tre t\t au plus qu'un bi5 lg] p* vniel1 lequel devi5t plus gr&1 si1 aprs que l'on s'e/ ap]u du mal o l'on e/1 on demeure quelque temps1 p> nglig5ce1 m>*&] avec la dlectation1 ne sa*ant si on doit l'accept] ou la refus]2 et le p* e/ encore plus gr&1 si1 en s'en ap]cevant1 on y demeure quelque temps p> vraie nglig5ce1 et sans nul propos de la rejet]2 mais lorsque volontairem5t et de propos dlibr n\s sommes rsolus de n\s plaire en de telles dlectations1 ce propos dlibr e/ p> lui-mme un gr& p*1 si l'objet auquel n\s n\s plaisons e/ notablem5t mauvais4 ,c'e/ un gr& vice une femme1 de v\loir entret5ir de mauvaises am\rs1 quoiqu'elle ne veuille jamais s'y ab&onn]4 ,,*apitre ,,vii4 ,remde aux gr&es t5tations4 ,sitt que v\s s5tez en v\s quelque t5tation1 faites comme les petits enfans qu& ils voi5t le l\p ou l'ours dans la campagne3 t\t aussitt ils c\r5t entre les bras de leur pre et de leur mre1 ou du mo9s ils les appell5t leur sec\rs4 ,rec\rez de mme ,dieu1 invoquant sa misricorde et son sec\rs3 c'e/ le remde que ,notre-,seigneur enseigne3 ,priez1 n\s dit-il1 af9 que v\s n'entriez pas en t5tation4 ,si v\s voyez nanmo9s que la t5tation cont9ue ou augm5te1 c\rez en esprit embrass] la sa9te croix1 comme si v\s aviez devant v\s ,jsus-,*ri/ crucifi4 ,prote/ez-lui que v\s ne cons5tirez po9t la t5tation1 et dem&ez-lui sa sa9te protection2 et p]svrez a9si dsav\] ce qui se passe en v\s1 t\t le temps que dur]a la t5tation4 ,mais en faisant ces prote/ations et ces refus de cons5tem5t1 ne reg>dez pas la t5tation en face1 mais reg>dez seulem5t ,notre-,seigneur2 c> si v\s reg>dez la t5tation1 surt\t qu& elle e/ =te1 elle p\rra branl] votre c\rage4 ,v\s f]ez bi5 aussi de di/raire votre esprit p> quelque occupation bonne et l\able2 c> cette occupation entrant dans votre cur1 y pr5dra place et te9dra le s5tim5t de la t5tation4 ,mais le gr& remde contre t\tes t5tations1 gr&es ou petites1 c'e/ d'ouvrir son cur son directeur1 en lui faisant connatre les sugge/ions de l'ennemi et les impressions qu'elles font4 ,c>1 obs]vez que le sil5ce e/ t\j\rs la premire condition que le dmon impose celui qu'il veut sduire2 semblable en cela un lib]t9 qui v\lant dbau*] une femme1 comm5ce p> lui recomm&] le secret sur t\s ses rapports avec elle3 conduite assurm5t bi5 oppose celle de ,dieu1 puisque ,dieu1 en ses inspirations1 dem&e p>-dessus t\t que n\s les fassions connotre nos suprieurs et nos guides4 ,que si1 aprs t\t cela1 la t5tation s'op9itre n\s travaill] et n\s t\rm5t]1 n\s n'avons ri5 faire1 s9on de n\s op9itr] notre t\r en la prote/ation de ne v\loir pas y cons5tir2 c>1 comme les filles ne peuv5t tre m>ies p5dant qu'elles dis5t non1 de mme1 l'ame1 quoique tr\ble1 ne peut jamais tre (f5se p5dant qu'elle dit non4 ,ne disputez po9t avec votre ennemi1 et ne lui rpondez jamais une seule p>ole1 s9on celle que ,notre-,seigneur lui rpondit1 et avec laquelle il le confondit3 ,retire-toi1 ,satan6 il e/ crit3 ,tu ador]as le ,seigneur ton ,dieu1 et tu ne s]viras que lui seul4 ,une *a/e p\se ne rpond pas un mot1 et n'accorde pas mme un reg>d celui qui veut la sduire2 mais1 le quittant t\t c\rt1 elle t\rne aussitt son cur du ct de son p\x1 et r5\velle intrieurem5t la foi qu'elle lui a promise2 a9si l'ame dvote1 se voyant assaillie de quelque t5tation1 ne doit nullem5t s'amus] disput] ni rpondre2 mais t\t simplem5t se t\rn] du ct de ,jsus-,*ri/ son p\x1 et lui prote/] de re*ef qu'elle veut lui tre fidle1 et n'app>t5ir uniquem5t qu' lui4 ,,*apitre ,,viii4 ,qu'il faut rsi/] aux petites t5tations4 ,quoiqu'il faille combattre les gr&es t5tations avec un c\rage inv9cible1 et que la victoire que n\s en remportons n\s soit extrmem5t utile1 il y a peut-tre plus d'avantage encore bi5 combattre les petites2 c> si les gr&es l'emport5t en qualit1 les petites l'emport5t si dmesurm5t en nombre1 que la victoire en peut tre comp>able celles des plus gr&es4 ,les l\ps et les ours sont sans d\te plus dang]eux que les m\*es2 mais ils ne n\s caus5t pas autant d'importunit et d'ennui1 et n'ex]c5t pas non plus autant notre pati5ce4 ,c'e/ *ose bi5 aise que de s'ab/5ir du meurtre2 mais c'e/ *ose difficile d'vit] les m5ues colres1 dont les occasions se prs5t5t t\t mom5t ,c'e/ *ose bi5 aise de n'tre pas adultre2 mais ce n'e/ pas *ose si facile de cons]v] la puret des yeux1 de ne ri5 dire ou de ne ri5 ent5dre avec plaisir de t\t ce qu'on appelle cajol]ie1 de ne pas donn]1 ou de ne pas recevoir de l'am\r1 ni de m5ues faveurs d'amiti4 ,ce n'e/ pas une *ose difficile de ne po9t donn] visiblem5t et extrieurem5t un rival un m>i ou une rivale une p\se2 mais il e/ assez difficile de ne lui en po9t donn] au fond du cur4 ,il e/ bi5 ais de ne po9t drob] le bi5 d'autrui1 mais malais de ne po9t le convoit]2 bi5 ais de ne po9t dire de faux tmoignages en ju/ice1 mais malais de ne po9t m5tir en conv]sation2 bi5 ais de ne po9t s'enivr]1 mais malais d'tre t\j\rs sobre2 bi5 ais de ne po9t dsir] la mort du pro*a91 mais malais de ne po9t dsir] son incommodit2 bi5 ais de ne le po9t diffam]1 mais malais de ne le po9t mpris]4 ,bref1 ces m5ues t5tations de colre1 de s\pons1 de jal\sie1 d'envie1 de foltr]ies1 de vanit1 de duplicit1 d'afft]ie1 d'artifice1 de p5ses d%onntes1 sont l'ex]cice cont9uel de ceux mmes qui sont les plus dvots et les plus dt]m9s bi5 vivre2 c'e/ p\rquoi1 ma *re ,philo?e1 il faut avec gr& so9 n\s prp>] ce combat2 et soyez sre qu'autant de victoires n\s remport]ons sur ces petits ennemis1 autant de pi]res prcieuses n\s aj\t]ons la c\ronne de gloire que ,dieu n\s prp>e en son p>adis4 ,c'e/ p\rquoi je dis qu'en n\s disposant bi5 et vaillamm5t combattre les gr&es t5tations1 si elles n\s vi5n5t1 il faut n\s bi5 et diligemm5t df5dre des m5ues et foibles attaques des petites4 ,,*apitre ,,ix4 ,comm5t il faut remdi] aux petites t5tations4 ,or donc1 quant ces petites t5tations de vanit1 de s\pons1 de *agr91 de jal\sie1 d'envie1 de foltr]ie1 et autres semblables1 qui1 comme de petites m\*es1 vi5n5t pass] devant nos yeux1 et n\s piqu] tantt sur la j\e1 et tantt sur le nez1 comme il e/ impossible d'en tre t\t--fait exempt1 le meilleur p>ti pr5dre e/ de ne s'en pas t\rm5t]2 c> t\t cela ne peut nuire1 quelqu'ennui que cela cause1 p\rvu que l'on soit bi5 rsolu de t\j\rs s]vir ,dieu4 ,mprisez donc ces foibles attaques1 et ne daignez pas mme p5s] ce qu'elles veul5t dire2 laissez-les b\rdonn] vos oreilles tant qu'elles v\dront1 et c\rir et l aut\r de v\s comme font les m\*es2 et qu& elles vi5dront p\r v\s piqu]1 et que v\s les v]rez tant soit peu s'arrt] en votre cur1 ne faites autre *ose s9on simplem5t de les t]2 ne combattez pas contre elles1 et ne leur rpondez pas1 mais occupez votre cur de quelque *ose de bon1 et spcialem5t de l'am\r de ,dieu2 c>1 si v\s m'en croyez1 v\s ne v\s ob/9]ez pas oppos] la t5tation la v]tu qui lui e/ contraire1 p>ce que ce s]oit presque v\loir disput] avec elle2 mais aprs avoir fait un acte de la v]tu qui lui e/ directem5t contraire1 en supposant que v\s ayez pu reconnotre la nature de la t5tation1 faites un simple ret\r de votre cur v]s ,jsus-,*ri/ crucifi1 et1 v\s t5ant en esprit ses pi$s1 baisez-les avec le plus d'am\r qu'il v\s s]a possible4 ,c'e/ le meilleur moy5 de va9cre l'ennemi1 tant dans les petites que dans les gr&es t5tations2 c> l'am\r de ,dieu cont5ant en soi t\tes les p]fections de t\tes les v]tus1 et plus excellemm5t que les v]tus mmes1 il e/ aussi un plus s\v]a9 remde t\s les vices2 et votre esprit1 s'acc\tumant dans t\tes les t5tations rec\rir ce r5dez-v\s gnral1 ne s]a po9t oblig de reg>d] et d'exam9] quelles t5tations il a2 mais simplem5t1 se s5tant tr\bl1 il ira *]*] la paix dans ce gr& remde1 dont le dmon a une telle peur1 que1 qu& il voit que ses t5tations n\s provoqu5t ce div9 am\r1 il cesse de n\s en faire4 ,voil donc ce qui conc]ne les m5ues t5tations1 avec lesquelles1 si l'on v\loit les pr5dre en dtail1 on se morfondroit et on ne f]oit ri54 ,,*apitre ,x4 ,comm5t il faut =tifi] son cur contre les t5tations4 ,considrez de temps en temps quelles passions dom95t le plus en votre ame1 et1 les ayant dc\v]tes1 pr5ez une faon de vie qui leur soit t\te contraire1 en p5ses1 en p>oles et en uvres4 ,p> exemple1 si v\s v\s s5tez porte la passion de la vanit1 considrez de temps en temps les misres de la vie huma9e1 combi5 ces vanits s]ont f*euses la consci5ce au j\r de la mort1 combi5 elles sont indignes d'un cur gnreux1 que ce ne sont que bad9]ies1 amusem5s d'enfans1 et *oses semblables4 ,p>lez s\v5t contre la vanit1 et encore qu'il v\s semble que ce soit contre-cur1 ne laissez pas de la bi5 mpris]2 c> p> ce moy5 v\s v\s engag]ez1 mme de rputation1 dans le p>ti contraire2 et =ce de dire du mal de quelque *ose1 n\s n\s excitons la har1 bi5 que d'abord n\s y fussions atta*s4 ,faites des uvres d'abjection et d'humilit le plus que v\s p\rrez1 encore qu'il v\s semble que ce soit regret2 c> p> ce moy5 v\s v\s habituez l'humilit1 et v\s affoiblissez la vanit1 en sorte que qu& la t5tation vi5dra1 votre incl9ation ne p\rra plus la favoris] autant1 et v\s aurez plus de =ce p\r la combattre4 ,si v\s tes porte l'av>ice1 p5sez s\v5t la folie de ce p*1 qui n\s r5d esclaves de ce qui n'e/ cr que p\r n\s s]vir2 songez qu'aussi-bi5 il faudra t\t quitt] la mort1 et que nos bi5s pass]ont alors entre les ma9s de tel qui les dissip]a1 ou auquel ils s]viront de ru9e et de damnation1 et autres semblables p5ses4 ,p>lez =t contre l'av>ice1 l\ez =t le mpris du monde1 ef=cez-v\s de faire s\v5t l'aumne et de nglig] quelques occasions d'amass] du bi54 ,si v\s avez du p5*ant inspir] ou recevoir de l'am\r1 p5sez s\v5t combi5 cet amusem5t e/ dang]eux1 tant p\r v\s que p\r les autres3 combi5 c'e/ une *ose malheureuse de dissip] a9si la plus noble p>tie de notre ame3 combi5 cela expose la rputation d'esprit va9 et lg]4 ,p>lez s\v5t en faveur de la simplicit et de la puret du cur1 et faites aussi le plus qu'il v\s s]a possible des actes de ces v]tus1 vitant t\te espce d'afft]ies de re*]*es4 ,en somme1 en temps de paix1 c'e/--dire lorsque les t5tations du p* auquel v\s tes sujette ne v\s press]ont pas1 faites =ce actions de la v]tu contraire2 et si les occasions ne vi5n5t pas v\s1 allez au-devant d'elles p\r les r5contr]2 c> p> ce moy5 v\s =tifi]ez votre cur contre les t5tations futures4 ,,*apitre ,,xi4 ,de l'inquitude4 ,l'inquitude n'e/ pas une simple t5tation1 mais une s\rce d'o provi5n5t plusieurs t5tations4 ,j'en dirai donc quelque *ose4 ,la tri/esse n'e/ autre *ose qu'une d\leur d'esprit que n\s ress5tons du mal qui e/ en n\s malgr n\s1 soit que le mal soit extrieur1 comme la pauvret1 la maladie1 le mpris2 soit qu'il soit intrieur1 comme l'ignorance1 la s*]esse de cur1 la rpugnance au bi51 et les t5tations4 ,lors donc que l'ame s5t qu'elle a quelque mal1 elle a du dplaisir de l'avoir1 et voil la tri/esse2 le dsir d'tre affran*i du mal1 et d'avoir les moy5s de s'en dlivr]1 suit immdiatem5t la tri/esse1 et jusque l n\s avons raison2 c> naturellem5t *acun dsire le bi51 et fuit ce qu'il p5se tre mal4 ,si l'ame *]*e les moy5s d'tre dlivre de son mal p\r l'am\r de ,dieu1 elle les *]*]a avec pati5ce1 d\ceur1 humilit et calme1 att5dant sa dlivrance plus de la bont et de la provid5ce de ,dieu1 que de sa pe9e1 de son indu/rie et de ses so9s4 ,si elle *]*e sa dlivrance p\r l'am\r d'elle-mme1 elle s'empresse et s'*auffe la re*]*e des moy5s1 comme si ce bi5 dp5doit plus d'elle que de ,dieu4 ,je ne dis pas qu'elle p5se cela1 mais je dis qu'elle s'empresse comme si elle le p5soit4 ,que si elle ne r5contre pas de suite ce qu'elle dsire1 elle entre en de gr&es inquitudes et impati5ces1 qui1 lo9 d't] le mal1 ne font au contraire que l'empir]2 et l'ame1 entrant alors en des angoisses et des tri/esses dmesures1 pr\ve une telle dfaillance de =ce et de c\rage1 qu'il lui semble que son mal n'a plus de remde4 ,v\s voyez donc que la tri/esse1 qui au comm5cem5t e/ ju/e1 eng5dre l'inquitude2 et l'inquitude eng5dre ensuite un surcrot de tri/esse qui e/ extrmem5t dang]eux4 ,l'inquitude e/ le plus gr& mal qui puisse1 arriv] l'ame1 aprs le p*2 c>1 comme1 les sditions et les tr\bles intrieurs ru95t entirem5t un tat1 et l'emp*5t de p\voir rsi/] ses ennemis1 de mme notre cur tant tr\bl et inquit au d$ans1 n'a plus la =ce1 ni de cons]v] les v]tus qu'il avoit acquises1 ni mme de rsi/] aux t5tations de l'ennemi1 qui alors fait t\s ses ef=ts p\r p*]1 comme l'on dit1 en eau tr\ble4 ,l'inquitude provi5t d'un dsir drgl d'tre dlivr du mal que l'on s5t1 ou d'acqurir le bi5 que l'on espre2 et nanmo9s il n'y a ri5 qui empire plus le mal1 et qui loigne plus le bi51 que l'inquitude et l'empressem5t4 ,les oiseaux demeur5t pris dans les filets et les lacs1 p>ce que1 s'y tr\vant engags1 ils se dbatt5t et se remu5t beauc\p p\r en sortir1 en quoi ils ne font que s'y envelopp] de plus en plus4 ,qu& donc v\s s]ez presse du dsir d'tre dlivre de quelque mal1 ou de p>v5ir quelque bi51 avant t\tes *oses mettez votre esprit en repos1 faites rasseoir votre jugem5t et votre volont2 et puis1 t\t bellem5t et d\cem5t1 suivez le m\vem5t de votre dsir1 pr5ant p> ordre les moy5s qui s]ont conv5ables2 et qu& je dis t\t bellem5t1 je ne veux pas dire ngligemm5t1 mais sans empressem5t1 sans tr\ble ni inquitude3 autrem5t1 au lieu d'obt5ir t\t l'effet de votre dsir1 v\s gt]ez t\t1 et ne f]ez que v\s emb>rass] davantage4 ,o ,seigneur6 disoit ,david1 mon ame e/ t\j\rs entre mes ma9s1 et je n'ai po9t oubli votre loi4 ,exam9ez plus d'une fois le j\r1 ,philo?e1 mais au mo9s le mat9 et le soir1 si v\s avez votre ame entre vos ma9s1 ou si quelque passion ou quelque inquitude ne v\s l'a pas ravie4 ,considrez si v\s avez votre cur votre comm&em5t1 ou bi5 s'il ne s'e/ po9t *app de vos ma9s p\r s'engag] en quelque affection drgle d'am\r1 de ha9e1 d'envie1 de convoitise1 de cra9te1 de tri/esse ou de joie4 ,que s'il s'e/ g>1 avant t\tes *oses *]*ez-le1 et le ram5ez t\t d\cem5t en la prs5ce de ,dieu1 remettant vos affections et vos dsirs s\s l'obissance et conduite de sa div9e volont2 c>1 comme ceux qui craign5t de p]dre une *ose prcieuse la ti5n5t bi5 s]re dans leur ma91 a9si et l'exemple de ,david1 n\s devons t\j\rs dire3 ,o mon ,dieu6 mon ame e/ en dang] de se p]dre2 c'e/ p\rquoi je la porte t\j\rs entre mes ma9s1 et c'e/ ce qui fait que je n'ai pas oubli votre loi4 ,ne p]mettez jamais vos dsirs de v\s inquit]1 quelque petits ou quelque peu importans qu'ils soi5t2 c>1 aprs les petits1 les gr&s et les plus importans tr\v]oi5t votre cur plus dispos au tr\ble et au drglem5t4 ,qu& v\s s5tirez arriv] l'inquitude1 recomm&ez-v\s ,dieu1 et rsolvez-v\s de ne ri5 faire du t\t de ce que votre dsir v\s dem&e1 jusqu' ce que l'inquitude soit totalem5t passe1 mo9s que la *ose ne puisse se diffr]2 et alors il faut1 avec un d\x et tranquille ef=t1 ret5ir l'imptuosit de votre dsir1 le modrant et le calmant le mieux qu'il v\s s]a possible2 et sur cela faire la *ose1 non selon votre dsir1 mais selon la raison4 ,si v\s p\vez dc\vrir votre inquitude celui qui conduit votre ame1 ou au mo9s quelque prud5t et sage ami1 ne d\tez po9t que t\t aussitt v\s s]ez s\lage2 c> la communication des d\leurs du cur fait le mme effet sur l'ame que la saigne fait sur le corps de celui qui a la fivre cont9ue2 c'e/ le remde des remdes4 ,aussi le roi sa9t ,l\is donna-t-il cet avis son fils3 ,lorsque v\s aurez quelque *ose sur le cur1 dites-le aussitt votre confesseur1 ou quelque p]sonne de confiance1 et la consolation que v\s en recevrez v\s aid]a port] lgrem5t votre pe9e4 ,,*apitre ,,xii4 ,de la tri/esse4 ,la tri/esse qui e/ selon ,dieu1 dit sa9t ,paul1 opre la pnit5ce p\r le salut2 et la tri/esse du monde opre la mort4 ,la tri/esse peut donc tre bonne et mauvaise1 selon les div]s effets qu'elle produit en n\s4 ,il e/ vrai qu'elle en a plus de mauvais que de bons2 c> elle n'en a que deux bons1 savoir1 la misricorde et la pnit5ce2 au lieu qu'il y en a six mauvais1 savoir1 l'angoisse1 la p>esse1 l'indignation1 la jal\sie1 l'envie et l'impati5ce3 ce qui fait dire au ,sage1 que la tri/esse tue beauc\p de g5s1 et qu'il n'y a ri5 gagn] avec elle2 p>ce que p\r deux bons ruisseaux qui provi5n5t de la s\rce de la tri/esse1 il y en a six qui sont trs-mauvais4 ,l'ennemi se s]t de la tri/esse p\r ex]c] la p]svrance des bons2 c>1 comme il t*e de rj\ir les m*ans en leur p*1 aussi t*e-t-il d'attri/] les bons en leurs bonnes uvres2 et comme il ne peut attir] au mal qu'en le faisant tr\v] agrable1 aussi ne peut-il dt\rn] du bi5 qu'en le faisant tr\v] ennuyeux4 ,le dmon ne dem&e que tri/esse et que mlancolie1 et comme il e/ lui-mme tri/e et mlancolique1 et qu'il le s]a t]nellem5t1 il v\droit que *acun ft comme lui4 ,la mauvaise tri/esse tr\ble l'ame1 la met en inquitude1 lui donne des cra9tes drgles1 la dgte de l'oraison2 elle ass\pit et accable le c]veau2 elle prive l'ame de conseil1 de rsolution1 de jugem5t et de c\rage1 et abat entirem5t les =ces4 ,bref1 elle e/ comme un dur hiv] qui efface t\te la beaut de la t]re1 et eng\rdit t\s les animaux2 c> elle prive l'ame de t\te consolation1 et la frappe d'impuissance en t\tes ses facults4 ,si jamais il v\s arrivoit1 ,philo?e1 d'tre atte9te de cette mauvaise tri/esse1 pratiquez les remdes suivans4 ,quelqu'un e/-il tri/e8 dit sa9t ,jacques1 qu'il prie4 ,la prire e/ un remde s\v]a91 c> elle lve l'esprit ,dieu1 qui e/ notre unique joie et seule consolation2 mais en priant1 usez d'affections et de p>oles1 soit intrieures1 soit extrieures1 qui t5d5t la confiance et l'am\r de ,dieu1 comme3 ,dieu de misricorde6 mon trs-bon matre6 mon d\x ,sauveur1 ma vie1 ma joie1 mon esprance2 le *] p\x et le bi5-aim de mon ame6 et autres semblables4 ,combattez vivem5t les incl9ations de la tri/esse1 et bi5 qu'il v\s semble que t\t ce que v\s f]ez en ce temps-l se fasse froidem5t1 tri/em5t et l*em5t1 ne laissez p\rtant pas de le faire2 c> l'ennemi qui prt5d n\s dgt] des bonnes uvres p> la tri/esse1 voyant que n\s ne laissons pas de les faire1 et qu'tant faites avec rpugnance elles n'en val5t que mieux1 cess]a de n\s afflig]4 ,*antez des cantiques spirituels2 c> le dmon a s\v5t cess ses oprations p> ce moy53 tmo9 le mal9 esprit qui t\rm5toit ,sal1 et dont la viol5ce fut rprime p> les d\x accords de la h>pe de ,david4 ,il e/ bon de s'employ] aux uvres extrieures1 et de les v>i] le plus que l'on peut1 p\r di/raire l'ame du sujet qui l'attri/e1 et p\r purifi] et *auff] les esprits2 c> la tri/esse e/ une passion de la complexion froide et s*e4 ,faites des actions extrieures de f]veur1 encore que v\s les fassiez sans gt1 embrassant l'image du crucifix1 la s]rant sur votre poitr9e1 lui baisant les pi$s et les ma9s1 levant vos ma9s et vos yeux au ciel1 lanant votre voix v]s ,dieu p> des p>oles d'am\r et de confiance1 comme sont celles-ci3 ,mon bi5-aim e/ moi1 et je suis lui2 mon bi5-aim e/ comme un b\quet de myrrhe sur mon cur2 mes yeux s'puis5t v\s reg>d]1 mon ,dieu6 je ne cesse de dire3 ,qu& me consol]ez-v\s8 ,o ,jsus6 soyez-moi ,jsus1 vive ,jsus6 et mon ame vivra4 ,qui me sp>]a de l'am\r de mon ,dieu8 et autres *oses semblables4 ,l'usage modr de la discipl9e e/ un bon remde contre la tri/esse1 p>ce que cette pe9e extrieure1 prise volontairem5t1 obti5t la consolation intrieure1 et l'ame1 s5tant les d\leurs du dehors1 ne p5se plus celles qui sont au d$ans4 ,la frqu5te communion e/ aussi un moy5 excell5t2 c> ce pa9 cle/e aff]mit le cur et rj\it l'esprit4 ,dc\vrez humblem5t et fidlem5t votre directeur t\s les ress5tim5s et t\tes les sugge/ions qui v\s vi5n5t de la tri/esse2 re*]*ez la socit des p]sonnes gaies et spirituelles1 et frqu5tez-les le plus que v\s p\rrez p5dant ce temps-l4 ,enf9 remettez-v\s entre les ma9s de ,dieu1 v\s prp>ant s\ffrir patiemm5t cette ennuyeuse tri/esse comme une ju/e punition de vos va9es joies1 et ne d\tez nullem5t que ,dieu1 aprs v\s avoir pr\ve1 ne v\s dlivre de votre mal4 ,,*apitre ,,xiii4 ,des consolations spirituelles et s5sibles1 et comm5t il faut s'en s]vir4 ,dieu fait pass] ce gr& monde p> une suite de vicissitudes p]ptuelles1 et l'on voit t\r--t\r le j\r se *ang] en nuit1 le pr9temps en t1 l't en automne1 l'automne en hiv]1 et l'hiv] en pr9temps2 un j\r ne ressemble jamais p>faitem5t l'autre3 il y en a de nbuleux1 de pluvieux1 de secs et d'orageux1 v>it qui donne une gr&e beaut cet univ]s4 ,il en e/ de mme de l'homme1 qui e/1 selon la p>ole des anci5s1 un abrg du monde2 c> jamais il n'e/ dans le mme tat1 et sa vie s'c\le sur cette t]re comme les eaux d'un fleuve1 entran sans cesse une f\le de m\vem5s div]s1 qui tantt l'lv5t p> l'esprance1 tantt l'abaiss5t p> la cra9te1 tantt le pli5t droite p> la consolation1 tantt gau*e p> l'affliction2 et jamais une seule de ses j\rnes1 ni mme une seule de ses heures1 n'e/ entirem5t p>eille l'autre4 ,or1 au milieu d'une si gr&e 9galit d'vnem5s et d'accid5s1 il e/ extrmem5t important p\r n\s de cons]v] une inaltrable galit de cur2 et quoique t\tes *oses t\rn5t et se comb95t div]sem5t aut\r de n\s1 il faut que n\s ayons t\j\rs nos reg>ds dirigs v]s le ,ciel1 et que n\s soyons inv>iables dans notre rsolution de t5dre sans cesse ,dieu p\r arriv] lui4 ,que le navire pr5ne telle r\te qu'on v\dra1 qu'il c+le au levant ou au c\*ant1 au nord ou au sud1 quel que soit le v5t qui le porte1 jamais son aiguille m>9e ne reg>d]a autre *ose que la belle toile du ple4 ,de mme1 que t\t se r5v]se s5s dessus dess\s1 je ne dis pas seulem5t aut\r de n\s1 mais en n\s2 c'e/--dire que notre ame soit tri/e1 joyeuse1 en d\ceur1 en am]tume1 en paix1 en tr\ble1 en cl>t1 en tnbres1 en t5tations1 en repos1 en gt1 en dgt1 en s*]esse1 ou en suavit3 que le soleil la brle1 ou que la rose la rafra*isse1 ah6 t\j\rs faut-il que la po9te de notre cur1 de notre esprit1 de notre volont suprieure qui e/ notre b\ssole1 reg>de inv>iablem5t1 et t5de p]ptuellem5t l'am\r de ,dieu son crateur1 son sauveur1 son unique et s\v]a9 bi54 ,soit que n\s vivions1 soit que n\s m\rions1 dit l',aptre1 n\s sommes ,dieu2 et qui n\s sp>]a de la *>it de ,jsus-,*ri/8 ,non1 jamais ri5 ne n\s sp>]a de cet am\r1 ni la tribulation1 ni l'angoisse1 ni la mort1 ni la vie1 ni le mal prs5t1 ni la cra9te des maux v5ir1 ni les artifices des mal9s esprits1 ni la hauteur des consolations1 ni la pr(ondeur des afflictions1 ni la d\ceur1 ni la s*]esse1 ni aucune crature au monde ne n\s doit jamais sp>] de cette sa9te *>it qui e/ fonde en ,jsus-,*ri/4 ,cette rsolution si absolue1 de ne jamais ab&onn] ,dieu ni son d\x am\r1 s]t de contre-poids nos ames p\r les t5ir en une sa9te et p>faite galit p>mi t\tes les 9galits et t\s les m\vem5s que la condition de cette vie lui procure4 ,c>1 comme les abeilles surprises p> le v5t en ple9e campagne1 pr5n5t de petites pi]res p\r se p\voir balanc] en l'air1 et n'tre pas si aism5t agites p> l'orage2 de mme notre ame1 ayant vivem5t embrass la rsolution de t\j\rs aim] son ,dieu1 demeure con/ante p>mi l'incon/ance et la v>it des consolations et des afflictions1 soit spirituelles1 soit temporelles1 soit extrieures1 soit intrieures4 ,mais outre ces rgles gnrales1 n\s avons beso9 de quelques docum5s p>ticuli]s4 #a4 ,je dis donc que la dvotion ne consi/e pas en t\tes ces d\ceurs1 suavits et consolations s5sibles1 qui n\s provoquant aux l>mes et aux s\pirs1 et qui n\s donn5t une c]ta9e satisfaction agrable en quelques ex]cices de pit4 ,non1 ,philo?e1 la dvotion et cela ne sont pas une mme *ose2 c> il y a beauc\p d'ames qui ont ces consolations1 et qui nanmo9s sont vicieuses1 d'o il suit qu'elles n'ont aucun vrai am\r de ,dieu1 et encore mo9s aucune vraie dvotion4 ,sal1 p\rsuivant mort le pauvre ,david dans le ds]t d',engaddi1 entra t\t seul en une cav]ne o ,david se tr\voit ca* avec ses g5s4 ,david1 qui en cette occasion auroit pu mille fois le tu]1 lui donna la vie1 et ne v\lut pas mme lui faire peur2 mais l'ayant laiss sortir son aise1 il l'appela p\r lui remontr] son innoc5ce1 et lui faire connotre qu'il l'avoit eu en son p\voir4 ,que ne fit po9t alors ,sal p\r tmoign] ,david que son cur toit att5dri8 il le nomma son enfant1 il se mit pleur] t\t haut1 le l\]1 bnir sa gnrosit1 pri] ,dieu p\r lui1 prsag] sa future gr&eur1 et lui recomm&] le so9 de sa propre famille4 ,quelle plus gr&e d\ceur et s5sibilit p\voit-il faire p>otre8 nanmo9s1 au milieu de t\t cela1 son cur n'toit po9t *ang1 et il cont9ua de p]scut] ,david aussi cruellem5t qu'aup>avant4 ,a9si se tr\ve-t-il des p]sonnes qui1 la vue des bonts de ,dieu et de la passion du ,sauveur1 s5t5t de gr&s att5drissem5s de cur qui leur font jet] des s\pirs1 v]s] des l>mes1 accompagnes de prires et d'actions de grces si s5sibles1 qu'on les croiroit saisies d'une trs-gr&e dvotion2 mais qu& on en vi5t l'preuve1 on tr\ve que1 comme les pluies passagres d'un t bi5 *aud1 tomb5t grosses g\ttes sur la t]re sans la pntr]1 et ne s]v5t qu' la production des *ampignons2 de mme ces l>mes de t5dresse1 tombant sur un cur vicieux1 ne le pntr5t po9t1 et lui sont t\t--fait inutiles2 c> avec t\t cela ces pauvres g5s ne v\droi5t pas l*] un seul li>d du bi5 mal acquis qu'ils possd5t1 ils ne r5onc]oi5t pas une seule de leurs mauvaises incl9ations1 et ne v\droi5t pas se donn] la plus petite pe9e du monde p\r le s]vice de ce ,sauveur qu'ils ont tant pleur2 en sorte que les bons m\vem5s qu'ils ont eus ne sont que des *ampignons spirituels1 qui non-seulem5t ne sont pas la vraie dvotion1 mais bi5 s\v5t mme sont de gr&es ruses de l'ennemi p> lesquelles1 amusant les ames ces petites consolations1 il les r5d cont5tes et satisfaites d'elles-mmes1 et leur fait p> l nglig] la vraie et solide dvotion1 qui consi/e en une volont con/ante1 rsolue1 prompte et active d'excut] ce que l'on sait tre agrable ,dieu4 ,un enfant pleur]a t5drem5t s'il voit le mdec9 donn] un c\p de lancette sa mre2 mais si en mme temps sa mre1 p\r laquelle il pleuroit1 lui dem&e une pomme ou un cornet de drages qu'il ti5t en sa ma91 il ne v\dra nullem5t l*] prise4 ,telles sont la plup>t de nos t5dres dvotions3 voyant donn] ,jsus-,*ri/ crucifi un c\p de lance qui lui p]ce le cur1 n\s pleurons t5drem5t4 ,hlas6 ,philo?e1 c'e/ bi5 fait de pleur] sur la mort et sur la passion d\l\reuse de notre pre et de notre ,rdempteur2 mais p\rquoi donc ne lui donnons-n\s pas avec empressem5t la pomme que n\s avons en nos ma9s1 et qu'il n\s dem&e si in/amm5t8 savoir1 notre cur1 unique pomme d'am\r que ce *] ,sauveur requi]t de n\s4 ,que ne lui sacrifions-n\s tant de petites affections1 de satisfactions1 de complaisances qu'il veut arra*] de notre cur1 sans p\voir jamais en v5ir b\t1 p>ce que c'e/ notre drage favorite1 dont n\s sommes plus fri&s que des bi5s de sa div9e grce8 ah6 ce sont des amitis de petits enfans que t\t cela2 t5dres1 mais foibles1 mais fantasques1 mais sans effet4 ,la dvotion ne consi/e donc pas en ces sortes d'affections s5sibles1 qui quelquefois provi5n5t d'une nature molle et facile recevoir les impressions qu'on lui veut donn]1 et quelquefois aussi sont une manuvre de l'ennemi1 p> laquelle1 p\r n\s mieux donn] le *ange1 il monte a9si notre imag9ation4 #b4 ,ces d\ceurs t5dres et affectueuses sont cep5dant quelquefois trs-utiles2 c> elles excit5t l'apptit de l'ame1 elles =tifi5t l'esprit1 et aj\t5t la promptitude de la dvotion une sa9te et vive allgresse qui r5d nos actions trs-belles et trs-agrables1 mme l'extrieur4 ,c'e/ de l que vi5t ce gt p\r les *oses div9es1 qui faisoit dire ,david3 ,o ,seigneur6 que vos p>oles sont d\ces mon palais6 elles sont plus d\ces mon cur que le miel ma b\*e4 ,et c]tes il e/ bi5 vrai que la mo9dre petite consolation que n\s donne la dvotion vaut mieux de t\te manire que les plus excell5tes rcrations du monde4 ,c'e/ le lait dont n\s p>le l',ecriture1 lequel e/ prfrable au v9 le plus exquis2 celui qui en a gt1 reg>de t\tes les autres consolations huma9es comme du fiel et de l'absyn!2 et comme ceux qui ont de l'h]be scitique en la b\*e en reoiv5t une si gr&e d\ceur qu'ils ne s5t5t plus ni la faim ni la soif1 de mme ceux qui ,dieu a donn la manne cle/e des consolations intrieures ne peuv5t plus dsir] ni recevoir les consolations du monde1 du mo9s p\r y pr5dre gt et en occup] leur cur4 ,ce sont de petits avant-gts des suavits immortelles que ,dieu donne aux ames qui le *]*5t2 ce sont des gra9s sucrs qu'il donne ses petits enfans p\r les amorc]2 ce sont des eaux cordiales qu'il leur prs5te p\r les con=t]2 ce sont aussi quelquefois des arrhes de la rcomp5se t]nelle qui les att5d4 ,on dit qu',alex&re-le-,gr&1 tant sur m]1 jugea qu'il n'toit pas loign de l',arabie heureuse p> la d\ce odeur dont l'air toit pntr2 ce qui lui s]vit beauc\p enc\rag] sa flotte3 et voil comme les suavits de la grce1 p>mi les orages de cette vie mortelle1 n\s font press5tir les dlices ineffables de la cle/e patrie laquelle n\s aspirons4 #c4 ,mais1 me direz-v\s1 puisqu'il y a des consolations s5sibles qui sont bonnes et qui vi5n5t de ,dieu1 et que nanmo9s il y en a d'inutiles1 de dang]euses1 et mme de p]nicieuses1 qui vi5n5t ou de la nature1 ou du dmon1 comm5t p\rrai-je les reconnotre1 et disc]n] les mauvaises ou inutiles d'avec les bonnes8 ,c'e/ une rgle gnrale1 ,philo?e1 p\r les affections et les passions de notre ame1 que n\s devons les connotre p> leurs fruits3 nos curs sont les arbres1 nos affections et nos passions en sont les bran*es1 et nos uvres les fruits4 ,le cur e/ bon1 s'il a de bonnes affections1 et les affections sont bonnes1 si elles produis5t en n\s de bons effets et de sa9tes actions4 ,si donc les d\ceurs et les consolations n\s r5d5t plus humbles1 plus pati5s1 plus traitables1 plus *>itables et plus indulg5s p\r le pro*a91 plus f]v5s mortifi] nos passions1 plus appliqus nos devoirs1 plus s\mis et plus s\ples l'g>d de nos suprieurs1 plus simples en notre vie1 sans d\te1 ,philo?e1 qu'elles sont de ,dieu2 mais si ces d\ceurs ne sont d\ces que p\r n\s1 qu'elles n\s r5d5t curieux1 aigres1 po9tilleux1 impati5s1 op9itres1 fi]s1 prsomptueux1 durs env]s le pro*a91 et que1 p5sant dj tre de petits sa9ts1 n\s ne v\lions plus s\ffrir ni correction1 ni conseil2 indubitablem5t ce sont des consolations fausses et p]nicieuses4 ,un bon arbre ne produit que de bons fruits4 #d4 ,qu& n\s aurons des d\ceurs et des consolations1 #a4 humilions-n\s beauc\p devant ,dieu2 g>dons-n\s bi5 de dire p\r ces d\ceurs3 oh6 que je suis bon6 non1 ,philo?e1 ce sont des bi5s qui ne n\s r5d5t pas meilleurs2 c>1 comme j'ai dit1 la dvotion ne consi/e pas en cela2 mais disons3 oh6 que ,dieu e/ bon ceux qui espr5t en lui1 et l'ame qui le re*]*e6 ,qui a du sucre dans la b\*e ne peut pas dire que sa b\*e soit d\ce1 mais bi5 que le sucre e/ d\x2 a9si1 encore que cette d\ceur spirituelle soit =t bonne1 et que ,dieu qui la donne soit trs-bon1 il ne s'ensuit pas que celui qui la reoit soit bon4 #b4 ,reconnoissons que n\s sommes encore de petits enfans qui avons beso9 de lait1 et que ces fri&ises ne n\s sont donnes1 que p>ce que n\s avons encore l'esprit t5dre et dlicat1 et qu'il n\s faut de telles amorces p\r n\s attir] l'am\r de ,dieu4 #c4 ,mais aprs cela1 p>lant en gnral1 recevons trs-humblem5t ces grces et ces faveurs1 et reg>dons-les comme trs-prcieuses1 non pas tant p>ce qu'elles le sont en elles-mmes1 que p>ce que c'e/ la ma9 de ,dieu qui les opre dans notre cur1 comme f]oit une mre1 qui1 p\r faire plaisir son petit enfant1 lui mettroit de petites drages dans la b\*e1 les unes aprs les autres2 c> si l'enfant avoit du disc]nem5t1 il pris]oit bi5 plus la d\ceur des c>esses que sa mre lui fait1 que la d\ceur de la drage elle-mme2 et a9si1 c'e/ beauc\p1 ,philo?e1 d'avoir les d\ceurs2 mais c'e/ la d\ceur des d\ceurs de considr] que c'e/ ,dieu qui de sa ma9 am\reuse et mat]nelle les met dans notre cur1 dans notre esprit et dans notre ame4 #d4 ,les ayant reues a9si humblem5t1 employons-les soigneusem5t selon l'int5tion de celui qui n\s les donne4 ,p\rquoi ,dieu n\s donne-t-il ces d\ceurs8 n'e/-ce pas p\r excit] notre am\r env]s lui et n\s r5dre plus d\x env]s le pro*a98 ,la mre donne des drages son enfant af9 d'obt5ir de lui quelques c>esses2 de mme ,dieu1 en ret\r de ses consolations1 att5d de n\s des tmoignages d'affection et de reconnoissance4 ,or1 n\s n'avons pas de plus sr moy5 de lui pr\v] l'une et l'autre1 que de n\s humili] devant lui1 de g>d] ses comm&em5s et de suivre ses dsirs4 #e4 ,il faut1 outre cela1 r5onc] de temps en temps ces sortes de consolations et de d\ceurs1 en en dta*ant notre cur et en prote/ant qu'encore que n\s les acceptions humblem5t1 et que n\s les aimions comme *oses v5ant de ,dieu et qui n\s port5t l'aim]1 ce ne sont nanmo9s pas elles que n\s *]*ons1 mais ,dieu et son sa9t am\r2 non la consolation1 mais le consolateur2 non la d\ceur1 mais le d\x ,sauveur2 non le gt s5sible1 mais celui qui e/ la suavit du ,ciel et de la t]re4 ,cette disposition doit tre telle que n\s soyons bi5 rsolus demeur] f]mes dans le sa9t am\r de ,dieu1 lors mme que de notre vie n\s ne devrions avoir aucune sorte de consolation1 n\s t5ant galem5t prts dire sur le ,calvaire et sur le ,?abor3 ,o ,seigneur1 il m'e/ bon d'tre avec v\s1 soit que v\s soyez en croix1 soit que v\s soyez en gloire4 #f4 ,enf91 je v\s av]tis que si v\s receviez avec quelque abondance ces sortes de consolations s5sibles1 ou bi5 si v\s pr\viez en cela quelque *ose d'extraord9aire1 il faudroit en confr] s9crem5t avec votre directeur1 af9 d'appr5dre avec quelle modration et quelle prud5ce il faut en faire usage2 c> il e/ crit3 ,avez-v\s tr\v du miel8 mangez-en ce qui suffit4 ,,*apitre ,,xiv4 ,des s*]esses et des /rilits spirituelles4 ,qu& v\s aurez des consolations1 ma *re ,philo?e1 conduisez-v\s comme je vi5s de v\s dire4 ,mais ce beau temps si agrable ne dur]a pas t\j\rs4 ,quelquefois v\s s]ez tellem5t prive de t\t s5tim5t de dvotion1 qu'il v\s p>otra que votre ame e/ comme une t]re ds]te1 infructueuse1 /rile1 o il n'y a ni s5ti]1 ni *em9 p\r all] ,dieu1 ni aucune eau de la grce qui la puisse arros] p>mi les s*]esses qui la consum5t1 et qui1 ce semble1 la rduis5t totalem5t en fri*e4 ,hlas6 que l'ame qui e/ en cet tat e/ digne de compassion1 surt\t qu& ce mal e/ viol5t6 c> alors1 l'exemple de ,david1 elle se n\rrit de l>mes et le j\r et la nuit1 t&is que p> mille sugge/ions1 l'ennemi1 p\r la dsespr]1 se moque d'elle1 et lui dit3 ,ah6 pauvrette1 o e/ ton ,dieu8 p> quel *em9 le p\rras-tu tr\v]8 qui te p\rra jamais r5dre la joie de sa sa9te grce8 ,que f]ez-v\s donc en ce temps-l1 ,philo?e8 ,exam9ez d'o vi5t le mal3 n\s sommes s\v5t n\s-mmes la cause de nos /rilits et de nos s*]esses4 #a4 ,comme une mre refuse le sucre son enfant qui e/ sujet aux v]s1 de mme ,dieu n\s te ses consolations qu& n\s y pr5ons quelque va9e complaisance1 et que n\s sommes sujets au v] de la prsomption4 ,il m'e/ bon1 mon ,dieu6 que v\s m'ayez humili1 disoit ,david2 c> avant que je fusse humili1 je v\s avois (f5s4 #b4 ,qu& n\s ngligeons de recueillir les suavits et les dlices de l'am\r de ,dieu1 dans le temps p> lui m>qu1 il n\s les retire en punition de notre p>esse4 ,l',isralite qui ne ramassoit po9t la manne de bon mat91 ne le p\voit plus faire aprs le soleil lev1 c> elle se tr\voit t\te fondue4 #c4 ,n\s reposons quelquefois mollem5t p>mi les cont5tem5s s5suels et les consolations prissables de ce monde1 comme faisoit l'p\se des ,cantiques4 ,l'p\x de nos ames vi5t heurt] la porte de notre cur2 il n\s inspire de n\s remettre nos ex]cices spirituels2 mais n\s m>*&ons avec lui1 p>ce qu'il n\s f*e de quitt] ces va9s amusem5s1 et de r5onc] ces faux bi5s2 c'e/ p\rquoi il passe outre1 et n\s laisse cr\pir2 puis1 qu& n\s v\lons le *]*]1 n\s avons beauc\p de pe9e le tr\v]3 ce qui e/ une punition bi5 ju/e1 puisque n\s avons t si rebelles son am\r que d'en rejet] l'attrait p\r suivre celui des *oses du monde4 ,ah6 pauvre ame1 v\s avez fait provision de f>9e d',egypte1 v\s n'aurez pas la manne du ,ciel4 ,les abeilles hass5t t\tes les odeurs artificielles2 et les suavits du ,sa9t-,esprit sont incompatibles avec les dlices artificieuses du monde4 #d4 ,la duplicit et la f9esse d'esprit que l'on apporte dans les confessions et autres communications spirituelles que l'on a avec son directeur1 attir5t les s*]esses et les /rilits2 c>1 puisque v\s m5tez au ,sa9t-,esprit1 ce n'e/ pas m]veille s'il v\s refuse ses consolations2 v\s ne v\lez pas tre simple et nave comme un petit enfant1 v\s n'aurez donc pas la drage des petits enfans4 #e4 ,notre cur s'e/ rassasi des plaisirs du monde2 faut-il s'tonn]1 aprs cela1 si v\s avez du dgt p\r les dlices spirituelles8 ,les colombes bi5 rassasies1 dit l'anci5 prov]be1 tr\v5t les c]ises amres4 ,dieu a combl de bi5s ceux qui toi5t affams1 dit la sa9te ,vi]ge1 et il a r5voy dnus de t\t ceux qui toi5t ri*es4 ,ceux donc qui sont ri*es des plaisirs du monde1 ne sont pas capables des joies du ,sa9t-,esprit4 #f4 ,avez-v\s bi5 cons]v le fruit des consolations reues8 v\s en aurez de n\velles2 c> qui a1 on donn]a davantage2 mais celui qui n'a pas ce qu'on lui a donn1 et qui l'a p]du p> sa faute1 on lui t]a mme ce qu'il n'a pas1 c'e/--dire qu'on le priv]a des grces qui lui toi5t prp>es4 ,la pluie vivifie les plantes qui ont de la v]deur2 mais celles qui n'en ont pas1 elle te encore le peu de vie qu'elles sembl5t avoir1 et les dtruit t\t--fait4 ,c'e/ p\r ces raisons et autres semblables que n\s p]dons les consolations de ,dieu1 et que n\s tombons en mille s*]esses et /rilits d'esprit4 ,exam9ons donc notre consci5ce1 p\r voir s'il n'y a pas en n\s quelques-uns de ces dfauts4 ,mais s\v5ons-n\s1 ,philo?e1 de faire cet exam5 sans inquitude1 ni curiosit4 ,que si aprs avoir fidlem5t considr nos dispositions1 n\s tr\vons en n\s-mmes la cause du mal1 il en faut rem]ci] ,dieu2 c> le mal e/ moiti guri qu& on en a dc\v]t la cause4 ,si au contraire v\s ne voyez ri5 en p>ticuli] qui v\s semble avoir caus cette s*]esse1 ne v\s amusez po9t une plus curieuse re*]*e2 mais avec t\te simplicit1 faites ce que je vais v\s dire4 #a4 ,humiliez-v\s gr&em5t devant ,dieu en la connoissance de votre nant et de votre misre4 ,dites du fond du cur3 hlas6 que suis-je1 qu& je suis ab&onne moi-mme8 ri51 ,seigneur1 qu'une t]re dess*e et ouv]te de t\te "p1 qui a un extrme beso9 de pluie1 et que le v5t rduit en p\ssire4 #b4 ,invoquez ,dieu1 et dem&ez-lui la suavit de sa grce3 ,r5dez-moi1 ,seigneur6 la joie salutaire de votre esprit4 ,mon ,pre1 s'il e/ possible1 loignez de moi ce calice4 ,o ,sauveur ,jsus6 arrtez ce v5t brlant qui dess*e mon cur2 et v\s1 prcieux v5t des consolations1 v5ez1 s\fflez sur moi1 et les plantes de mon j>d9 rp&ront une odeur d\ce et agrable4 #c4 ,allez votre confesseur1 ouvrez-lui votre cur1 faites-lui bi5 voir t\s les replis de votre ame1 pr5ez t\s les avis qu'il v\s donn]a1 avec gr&e simplicit et humilit2 c> ,dieu1 qui aime inf9im5t l'obissance1 r5d s\v5t utiles les conseils que l'on reoit d'autrui et surt\t de ceux qu'il a tablis p\r conduire les ames1 lors mme qu'il y a peu app>5ce d'un heureux succs2 c'e/ a9si qu'il r5dit pr(itables ,naaman les eaux du ,j\rda91 dont ,elize1 sans aucune app>5ce de raison huma9e1 lui avoit ordonn l'usage4 #d4 ,mais aprs t\t cela1 ri5 n'e/ si utile en de telles s*]esses et /rilits1 que de ne pas dsir] avec trop d'empressem5t d'en tre dlivr4 ,je ne dis pas qu'on ne doive faire de simples s\haits de dlivrance1 mais je dis qu'on ne doit pas trop s'y atta*] et qu'il faut s'ab&onn] la ,provid5ce p\r qu'elle mette notre pe9e le t]me qui lui plaira4 ,disons donc ,dieu en ce temps-l3 disons donc avec ces dsirs que n\s p\vons n\s p]mettre et au milieu de ces p9es que n\s devons support]3 mon ,pre6 s'il e/ possible1 loignez de moi ce calice2 mais aj\tons aussi de gr& c\rage3 ,t\tefois que votre volont soit faite1 et non la mi5ne2 et arrtons-n\s cela avec le plus de tranquillit que n\s p\rrons2 c> ,dieu1 n\s voyant en cette sa9te indiffr5ce1 n\s favoris]a de plusieurs grces et consolations3 comme qu& il vit ,abraham dt]m9 lui sacrifi] son fils1 il se cont5ta de cet acte de rsignation et le rcomp5sa p> une vision trs-agrable et p> la bndiction qu'il lui donna a9si qu' sa po/rit4 ,n\s devons donc1 en t\tes sortes d'afflictions1 tant corporelles que spirituelles1 et p>mi les di/ractions ou les privations de la dvotion s5sible qui n\s arriv5t1 dire de t\t notre cur et avec une pr(onde s\mission3 le ,seigneur m'a donn les consolations2 le ,seigneur me les a tes2 que ton sa9t nom soit bni2 c>1 p]svrant en cette pratique d'humilit1 il n\s r5dra ses dlicieuses faveurs1 comme il fit ,job1 qui usa con/amm5t de ces mmes p>oles en t\tes ses dsolations4 #e4 ,enf91 ,philo?e1 p>mi t\tes nos s*]esses et nos /rilits ne p]dons po9t c\rage4 ,mais1 att5dant avec pati5ce le ret\r des consolations1 allons t\j\rs notre tra94 ,ne ngligeons p\r cela aucun ex]cice de pit2 au contraire1 multiplions1 s'il e/ possible1 nos bonnes uvres2 et ne p\vant ri5 prs5t] de mieux notre p\x1 (frons-lui notre cur t\t sec qu'il e/2 cet hommage ne lui s]a pas mo9s agrable1 p\rvu que n\s soyons bi5 dt]m9s l'aim] t\j\rs4 ,qu& le pr9temps e/ beau1 les abeilles font plus de miel et mo9s de m\*]ons2 p>ce qu' la faveur du beau temps elles s'amus5t tant faire leur cueillette sur les fleurs1 qu'elles en oubli5t la production de leurs nymphes2 mais qu& le pr9temps e/ pre et nbuleux1 elles font plus de nymphes et mo9s de miel2 c> ne p\vant pas sortir p\r faire la cueillette du miel1 elles s'occup5t davantage multipli] leur race4 ,il arrive aussi ma9tes fois1 ,philo?e1 que l'ame1 se voyant au beau pr9temps des consolations spirituelles1 s'amuse tant les amass] et les suc]1 que p> l'abondance de ces d\ces dlices elle fait beauc\p mo9s de bonnes uvres1 t&is que p>mi les prets et /rilits spirituelles1 mesure qu'elle se voit prive des s5tim5s agrables de la dvotion1 elle en multiplie d'autant plus les uvres solides1 et abonde en la gnration intrieure des vraies v]tus de pati5ce1 d'humilit1 de mpris de soi-mme1 de rsignation et de dta*em5t4 ,c'e/ donc un gr& abus en plusieurs p]sonnes1 et notamm5t p>mi les femmes1 de croire que le s]vice de ,dieu1 sans gt1 sans d\ceur1 sans attrait s5sible1 en soit p\r cela mo9s agrable sa div9e maje/2 puisqu'au contraire nos actions sont comme les roses1 qui tant fra*es ont plus de grce1 mais tant s*es ont plus de =ce et d'odeur3 c>1 bi5 que nos uvres faites avec gt n\s soi5t plus agrables1 n\s qui ne reg>dons que notre propre consolation1 t\j\rs e/-il qu'tant faites avec s*]esse et dgt1 elles ont plus d'odeur et de valeur devant ,dieu4 ,oui1 *re ,philo?e1 en temps de s*]esse1 notre volont n\s porte au s]vice de ,dieu comme de vive =ce2 et p> consqu5t il faut qu'elle soit plus vig\reuse et plus con/ante qu'au temps des consolations2 ce n'e/ pas gr&'*ose de s]vir un pr9ce p>mi les d\ceurs de la paix1 et les dlices de la c\r2 mais de le s]vir au milieu des fatigues de la gu]re1 p>mi les tr\bles et les p]scutions1 c'e/ une vraie m>que de fidlit et de con/ance4 ,la bi5heureuse ,angle de ,foligny dit que l'oraison la plus agrable ,dieu e/ celle qui se fait p> =ce et contra9te1 c'e/--dire celle que n\s faisons1 non p> gt et p> incl9ation1 mais purem5t p\r plaire ,dieu1 notre volont ne s'y portant que comme contre-cur1 et devant t\j\rs =c] et viol5t] les rpugnances et les ennuis qu'elle y r5contre4 ,j'en dis de mme de t\tes sortes de bonnes uvres2 c> plus n\s y tr\vons de contradictions1 soit extrieures1 soit intrieures1 plus elles sont e/imes et prises de ,dieu4 ,mo9s il y a de notre intrt p>ticuli] en la p\rsuite des v]tus1 plus la puret de l'am\r div9 y reluit2 l'enfant baise aism5t sa mre qu& elle lui donne du sucre2 mais c'e/ signe qu'il l'aime beauc\p1 s'il la baise aprs qu'elle lui aura donn de l'absyn! ou du *icot94 ,,*apitre ,,xv4 ,confirmation et claircissem5t de ce qui a t dit1 p> un exemple rem>quable4 ,mais p\r r5dre t\te cette in/ruction plus vid5te1 je veux rapport] ici un =t bel endroit de la vie de sa9t ,b]n>d1 tel que je l'ai tr\v en un docte et judicieux criva94 ,il dit donc1 que c'e/ une *ose ord9aire p>mi ceux qui comm5c5t s]vir ,dieu1 et qui n'ont pas encore l'expri5ce des s\/ractions de la grce et des vicissitudes spirituelles1 que lorsqu'ils vi5n5t manqu] du gt de la dvotion s5sible1 et de cette aimable lumire qui les invitait c\rir dans les voies de ,dieu1 aussitt ils p]d5t hale9e1 et tomb5t dans une gr&e tri/esse et pusillanimit de cur4 ,les g5s bi5 ent5dus en donn5t cette raison1 que la nature raisonnable ne peut long-temps demeur] affame1 et sans aucune dlectation1 soit cle/e1 soit t]re/re3 or1 comme les ames leves au-dessus d'elles-mmes p> l'essai des plaisirs suprieurs1 r5onc5t facilem5t aux objets visibles2 aussi1 qu& p> une disposition div9e1 cette joie spirituelle leur e/ te1 se tr\vant d'ailleurs prives des consolations corporelles1 et n'tant po9t encore acc\tumes att5dre patiemm5t le ret\r du vrai soleil1 il leur semble qu'elles ne sont ni au ,ciel ni sur la t]re1 et qu'elles vont demeur] ensevelies en une nuit p]ptuelle2 en sorte que1 dev5ues semblables de petits enfans qu'on svre et qui *]*5t le se9 de leur n\rrice1 elles ne sav5t que languir et que gmir1 et que se r5dre importunes t\t le monde1 et pr9cipalem5t elles-mmes4 ,c'e/ ju/em5t ce qui arriva dans un voyage de sa9t ,b]n>d un de ses religieux nomm ,ge(froi de ,pronne1 n\vellem5t consacr au s]vice de ,dieu4 ,ce bon frre s'tant tr\v s\da9em5t aride1 priv de t\tes consolations1 et rempli de tnbres intrieures1 comm5a se rappel] ses amis du monde1 ses p>5s1 sa =tune qu'il v5oit de laiss]1 et ce s\v5ir lui procura une si viol5te t5tation qu'un des religieux de la maison s'en ap]ut son extrieur1 et ne put s'emp*] de lui dire3 ,qu'e/-ce donc que cela1 ,ge(froi8 d'o vi5t que contre l'ord9aire v\s avez un air si sombre et si afflig8 ,ah6 mon frre1 rpondit ,ge(froi1 c'en e/ fait1 jamais de ma vie je ne s]ai joyeux4 ,emu de compassion a ces p>oles1 le bon religieux s'empressa de les rapport] sa9t ,b]n>d1 qui voyant le dang]1 se r5dit aussitt l'glise1 et p5dant que ,ge(froi accabl de tri/esse1 s'toit endormi sur une pi]re1 il se mit pri] p\r lui4 ,bi5tt la prire du sa9t fut exauce1 et ,ge(froi se rveilla avec un visage si riant et si s]e91 que son ami ne p\vant concevoir un *angem5t si gr& et si prompt1 lui adressa quelques repro*es sur la rponse qu'il lui avoit faite un peu aup>avant4 ,alors ,ge(froi lui rpliqua3 ,si t\t--l'heure je v\s ai dit que jamais de ma vie je ne s]ois gai1 ma9t5ant je v\s assure que jamais je ne s]ai tri/e4 ,a9si se t]m9a la t5tation de ce dvot p]sonnage4 ,mais rem>quez en ce rcit1 ,philo?e1 #a4 ,que ,dieu donne ord9airem5t quelque avant-gt des dlices cle/es ceux qui entr5t son s]vice1 af9 de les retir] des plaisirs du monde1 et de les enc\rag] la p\rsuite du div9 am\r1 comme une mre1 qui1 p\r acc\tum] son petit enfant la mamelle1 y met d'abord un peu de miel4 #b4 ,que c'e/ nanmo9s ce bon ,dieu1 qui quelquefois p> une disposition de sa sagesse1 n\s te le lait et le miel des consolations1 af9 qu'a9si sevrs1 n\s appr5ions mang] le pa9 sec et sub/antiel d'une dvotion vig\reuse1 ex]ce p> l'preuve des t5tations et des dgts4 #c4 ,que quelquefois de bi5 gr&es t5tations s'lv5t p>mi les s*]esses et les aridits1 et alors il faut con/amm5t combattre les t5tations2 c> elles ne sont pas de ,dieu2 mais il faut s\ffrir patiemm5t les s*]esses1 puisque ,dieu les a ordonnes p\r notre ex]cice4 #d4 ,que n\s ne devons jamais p]dre c\rage au milieu de nos pe9es intrieures1 ni dire comme le bon ,ge(froi1 jamais je ne s]ai joyeux3 c> durant la nuit n\s devons att5dre la lumire2 et rciproquem5t au plus beau temps spirituel que n\s puissions avoir1 il ne faut pas dire1 jamais je ne s]ai tri/e3 non1 c>1 comme dit le ,sage1 dans les j\rs heureux il faut se s\v5ir du malheur2 il faut espr] p>mi les pe9es1 et cra9dre p>mi les prosprits2 et soit dans l'un1 soit dans l'autre tat1 il faut t\j\rs s'humili]4 #e4 ,que c'e/ un s\v]a9 remde de dc\vrir son mal quelque sage ami qui n\s puisse s\lag]4 ,enf91 p\r conclure un av]tissem5t qui e/ si ncessaire1 je rem>qu]ai qu'en fait de pe9es intrieures1 comme en t\tes autres *oses1 notre bon ,dieu et notre ennemi ont des prt5tions bi5 contraires2 c> ,dieu se s]t de ces preuves p\r n\s conduire une gr&e puret de cur1 un enti] r5oncem5t de notre propre intrt dans ce qui e/ de son s]vice1 et un p>fait dp\illem5t de n\s-mmes4 ,au lieu que le dmon t*e p> t\tes ces pe9es de n\s faire p]dre c\rage1 de n\s faire ret\rn] du ct des plaisirs s5suels1 et enf9 de n\s r5dre ennuyeux n\s-mmes et aux autres1 af9 que l'on dcrie et que l'on diffame la sa9te dvotion4 ,mais si v\s obs]vez les enseignem5s que je v\s ai donns1 v\s crotrez beauc\p en p]fection p> l'ex]cice des afflictions intrieures1 dont1 avant de t]m9]1 il faut encore que je v\s dise un petit mot4 ,quelquefois les dgts1 les /rilits et les s*]esses vi5n5t de la mauvaise disposition du corps1 comme qu&1 p> l'excs des veilles1 des travaux et des jenes1 on se tr\ve accabl de fatigue1 d'ass\pissem5t1 de pesanteurs de tte et autres semblables infirmits1 qui1 bi5 qu'elles dp5d5t du corps1 ne laiss5t pas d'incommod] l'esprit1 cause de l'troite liaison qu'il y a entre eux4 ,or1 en cet tat1 il faut t\j\rs avoir so9 de faire plusieurs actes de v]tu avec la po9te de notre esprit et notre volont suprieure4 ,c>1 encore que notre ame semble endormie et t\t accable d'ass\pissem5t et de fatigue1 cela n'emp*e pas que les oprations de notre esprit ne soi5t trs-agrables ,dieu1 et que n\s ne puissions dire alors avec l'p\se sacre3 ,je dors1 mais mon cur veille4 ,enf91 comme je l'ai dj dit1 s'il y a mo9s de gt travaill] de la sorte1 il y a aussi plus de mrite et de v]tu4 ,quant au remde employ]1 c'e/ de =tifi] le corps1 en lui accordant quelque allgem5t1 et quelque honnte rcration4 ,a9si sa9t ,franois ordonnoit ses religieux de modr] si bi5 leurs travaux1 que la f]veur de l'esprit n'en ft pas accable4 ,et propos de ce glorieux ,pre1 il fut une fois attaqu et agit d'une si pr(onde mlancolie1 qu'il ne p\voit s'emp*] de le faire p>otre au dehors2 c>1 s'il v\loit conv]s] avec ses religieux1 il ne p\voit1 s'il s'en sp>oit1 c'toit encore pis2 l'ab/95ce et les macrations l'accabloi5t1 et l'oraison ne le s\lageoit nullem5t4 ,il fut deux ans en cet tat1 tellem5t qu'il sembloit tre t\t--fait ab&onn de ,dieu4 ,mais enf91 aprs qu'il eut humblem5t s\ff]t cette rude tempte1 le ,sauveur lui r5dit en un mom5t une ple9e et heureuse tranquillit4 ,c'e/ p\r dire que les plus gr&s s]viteurs de ,dieu sont sujets ces sec\sses1 et que les autres ne doiv5t po9t s'tonn] s'il leur en arrive quelques-unes4 ,,c9qui,,me ,,p>tie ,,cont5ant ,,des ,,ex]cices ,,et ,,des ,,avis ,,propres ,a ,,r5\vel] ,l',,ame1 ,,et ,a ,,la ,,confirm] ,,dans ,,la ,d,,votion4 ,,*apitre ,,premi]4 ,qu'il faut *aque anne r5\vel] ses bons propos p> les ex]cices suivans4 ,le premi] po9t de ces ex]cices consi/e bi5 reconnotre leur importance4 ,notre nature huma9e d*oit aism5t de ses bonnes dispositions1 cause de la fragilit et du mauvais p5*ant de notre *air1 qui appesantit l'ame1 et l'entrane t\j\rs v]s les *oses t]re/res1 mo9s que1 p> de cont9uels ef=ts1 elle ne t5de et ne s'lve aux *oses d'en haut2 comme on voit les oiseaux retomb] de suite t]re1 ds qu'ils cess5t de s'lanc] et de battre des ailes p\r s\t5ir leur vol4 ,c'e/ p\r cela1 *re ,philo?e1 que v\s avez beso9 de r5\vel] s\v5t les bonnes rsolutions que v\s avez prises de s]vir ,dieu1 de peur qu'en ne le faisant pas1 v\s ne retombiez dans votre premi] tat1 ou plutt dans un tat plus f*eux2 c> les *utes spirituelles ont cela de p>ticuli]1 qu'elles n\s prcipit5t t\j\rs plus bas que n\s n'tions avant d'aspir] la dvotion4 ,il n'y a po9t d'horloge1 t\te bonne qu'elle soit1 qu'il ne faille remont] et rgl] deux fois le j\r1 mat9 et soir2 et de plus1 il faut qu'au mo9s une fois l'anne on en dmonte t\tes les pices1 p\r t] la r\ille qui s'y e/ mise1 p\r r$ress] les pices =ces1 et remplac] celles qui sont ues4 ,a9si1 celui qui a un vrai so9 de son cur1 doit le remont] en ,dieu soir et mat9 p> les ex]cices m>qus ci-dessus2 et1 outre cela1 il doit frquemm5t obs]v] son tat1 le r$ress] et le rp>]2 et enf91 au mo9s une fois l'anne1 il doit le dmont] et en exam9] sp>m5t *aque pice1 c'e/--dire1 t\tes les passions1 t\tes les affections1 af9 de remdi] aux dfauts qui s'y tr\v5t2 et comme l'horlog] met une huile f9e aux r\es1 aux ressorts et t\s les m\vem5s de son horloge1 af9 que le jeu s'en fasse plus d\cem5t1 et que la r\ille n'y vi5ne pas2 a9si la p]sonne dvote1 aprs avoir dmont son cur p\r le bi5 r5\vel]1 le doit munir des sacrem5s de pnit5ce et d'eu*>i/ie4 ,cet ex]cice1 ,philo?e1 rp>]a vos =ces abattues p> le temps1 *auff]a votre cur1 f]a revivre vos bons propos1 et refleurir les v]tus en votre ame4 ,les anci5s *rti5s le pratiquoi5t fidlem5t au j\r anniv]saire du baptme de ,notre-,seigneur2 alors1 dit sa9t ,grgoire de ,nazianze1 ils r5\veloi5t sol5nellem5t la pr(ession de foi et les promesses qui se font en ce sacrem5t4 ,faisons-en de mme1 ,philo?e1 mais que ce soit de gr& cur1 et en y mettant t\te notre application4 ,ayant donc *oisi le temps conv5able1 d'aprs l'avis de votre pre spirituel1 et v\s tant retire un peu plus qu' l'ord9aire en la solitude spirituelle et relle1 v\s f]ez une ou deux1 ou trois mditations sur les po9ts suivans1 selon la m?ode que je v\s ai donne en la seconde p>tie4 ,,*apitre ,,ii4 ,considration sur la grce que ,dieu n\s a faite en n\s appelant son s]vice1 con=mm5t la prote/ation indique en premire p>tie4 #a4 ,considrez les po9ts de votre prote/ation4 ,le premi] e/ d'avoir quitt1 rejet1 dte/ et r5onc p\r jamais t\t p* mortel4 ,le second e/ d'avoir ddi et consacr votre ame1 votre cur1 votre corps avec t\t ce qui en dp5d l'am\r et au s]vice de ,dieu4 ,le troisime e/ que s'il v\s arrivoit de faire quelque *ute1 v\s v\s en releviez aussitt moy5nant la grce de ,dieu2 mais ne sont-ce pas l1 je v\s le dem&e1 de belles1 ju/es1 dignes et gnreuses rsolutions8 ,p5sez bi5 en votre ame combi5 cette prote/ation e/ raisonnable1 sa9te et aimable6 #b4 ,considrez qui v\s avez fait cette prote/ation2 c'e/ ,dieu3 or si les p>oles raisonnables donnes aux hommes n\s oblig5t si troitem5t1 combi5 plus celles que n\s avons donnes ,dieu6 ,ah6 ,seigneur1 disoit ,david1 c'e/ v\s que mon cur l'a dit3 mon cur a =m cette bonne rsolution1 jamais je ne l'oubli]ai4 #c4 ,considrez en prs5ce de qui v\s v\s tes engage1 c> c'e/ la vue de t\te la c\r cle/e4 ,hlas6 la sa9te ,vi]ge1 sa9t ,joseph1 votre bon ange1 sa9t ,l\is1 t\te cette tr\pe bnie de sa9ts et de sa9tes1 att5tive vos p>oles1 v\s voyoit avec une joie indicible pro/]ne aux pi$s du ,sauveur lui qui v\s consacriez votre cur4 ,on fit alors p\r v\s une fte d'allgresse en la ,jrusalem cle/e1 et ma9t5ant on en f]a la mmoire1 si de bon cur v\s r5\velez vos rsolutions4 #d4 ,considrez p> quels moy5s v\s ftes votre prote/ation3 hlas6 combi5 la conduite de ,dieu sur v\s fut alors d\ce et misricordieuse6 dites-le s9crem5t1 le ,sa9t-,esprit ne fit-il pas s5tir t\s ses attraits votre cur8 ,dieu ne v\s attira-t-il pas lui avec les li5s de son am\r1 p\r v\s conduire p>mi les orages du sicle ce port salutaire8 ,o combi5 v\s faisoit-il gt] de dlicieuses d\ceurs de sa grce1 dans les sacrem5s1 dans l'oraison1 dans la lecture6 ,hlas6 *re ,philo?e1 v\s dormiez1 et ,dieu veilloit sur v\s1 et il p5soit sur votre cur des p5ses de paix1 et il mditoit p\r v\s des mditations d'am\r4 #e4 ,considrez en quel temps ,dieu v\s inspira ces gr&es rsolutions2 c> ce fut la fleur de votre ge4 ,ah6 quel bonheur d'appr5dre tt ce qu'on ne peut savoir que trop t>d4 ,sa9t ,augu/91 tir de ses tnbres l'ge de tr5te ans1 s'crioit3 ,o beaut anci5ne6 comm5t v\s ai-je connue si t>d8 ,hlas6 v\s tiez prs5te mes yeux1 et je ne v\s reg>dois pas4 ,et v\s p\rrez dire aussi3 ,o d\ceur anci5ne6 p\rquoi ne v\s ai-je pas gte plus tt8 ,hlas6 ,philo?e1 c'e/ que v\s ne le mritiez pas encore4 ,reconnoissant donc quelle grce ,dieu v\s a faite de v\s appel] lui en votre jeunesse1 dites avec ,david3 ,mon ,dieu6 v\s m'avez claire et t\*e ds ma jeunesse3 aussi ne cess]ai-je jamais d'en bnir votre misricorde4 ,que si ce n'a t qu'en votre vieillesse1 ah6 quelle grce1 ,philo?e1 qu'aprs tant d'annes mal employes1 ,dieu v\s ait appele avant la mort1 et qu'il ait arrt le c\rs de votre misre dans le temps o1 si elle et cont9u1 v\s fussiez demeure t]nellem5t misrable6 #f4 ,considrez les effets de cette vocation3 v\s tr\v]ez1 je p5se1 en v\s d'heureux *angem5s1 en comp>ant ce que v\s tes avec ce que v\s tiez4 ,ne reg>dez-v\s pas comme un gr& bonheur de savoir p>l] ,dieu p> l'oraison1 de le v\loir s9crem5t aim]1 d'avoir calm et pacifi beauc\p de passions qui v\s inquitoi5t1 d'avoir vit plusieurs p*s et emb>ras de consci5ce1 et enf9 d'avoir si s\v5t communi plus que v\s ne l'auriez fait1 unissant a9si votre cur cette s\v]a9e s\rce des grces t]nelles4 ,ah6 que ces grces sont gr&es6 ,il faut1 *re ,philo?e1 les pes] au poids du sanctuaire2 c'e/ la droite de ,dieu qui a fait t\t cela4 ,la ma9 du ,seigneur1 dit ,david1 a opr ce prodige1 sa droite m'a relev4 ,ah6 je ne m\rrai pas1 mais je vivrai1 et je racont]ai de cur1 de b\*e et d'uvres1 les m]veilles de sa bont4 ,aprs t\tes ces considrations1 qui1 comme v\s voyez1 f\rniss5t beauc\p de bonnes affections1 t]m9ez simplem5t en rem]ciant ,dieu des grces que v\s en avez reues1 et en le priant de v\s en faire bi5 pr(it]4 ,ensuite retirez-v\s avec humilit et gr&e confiance1 remettant pr5dre de =tes rsolutions aprs le second po9t de cet ex]cice4 ,,*apitre ,,iii4 ,de l'exam5 de notre ame sur son avancem5t dans la vie dvote4 ,ce second po9t de l'ex]cice e/ un peu long1 et p\r le pratiqu]1 je v\s dirai qu'il n'e/ pas ncessaire que v\s le fassiez t\t d'une traite1 mais que v\s p\vez le pr5dre p> p>ties3 exam9ant d'abord1 je suppose1 votre conduite env]s ,dieu2 ensuite votre conduite env]s le pro*a92 une autre fois votre conduite env]s v\s-mme2 et enf9 vos passions et vos incl9ations4 ,il n'e/ pas non plus ncessaire1 p\r v\s prs5t] ,dieu1 que v\s soyez g5\x1 si ce n'e/ au comm5cem5t1 et la f91 qui compr5d les affections4 ,quant aux autres po9ts de l'exam51 v\s p\vez les faire utilem5t1 soit en v\s prom5ant1 soit encore mieux tant au lit1 si t\tefois v\s y p\vez tre quelque temps sans ass\pissem5t1 et bi5 veille2 mais p\r cela1 il faut les avoir bi5 lus aup>avant4 ,il e/ nanmo9s requis de faire t\t ce second po9t en trois j\rs et deux nuits au plus1 pr5ant *aque j\r et *aque nuit quelque heure1 je veux dire quelque temps p\r y vaqu] selon votre p\voir2 c> si cet ex]cice ne se faisoit qu' de gr&s int]valles1 il p]droit sa =ce1 et ne f]oit qu'une lgre impression4 ,aprs *aque po9t de l'exam51 v\s rem>qu]ez en quoi v\s avez manqu1 et ce qui a t la cause de t\s vos dtraquem5s1 af9 de v\s en confess]1 de pr5dre conseil et de retremp] votre esprit dans de bonnes rsolutions4 ,bi5 que durant les j\rs consacrs cet ex]cice et aux autres1 il ne soit ncessaire de v\s retir] entirem5t du monde1 encore faut-il v\s en priv] un peu1 surt\t v]s le soir1 af9 que v\s puissiez gagn] le lit de meilleure heure1 et pr5dre le repos de corps et d'esprit ncessaire la mditation du l5dema94 ,le j\r1 il faut faire de frqu5tes aspirations ,dieu1 la sa9te ,vi]ge1 aux anges et t\te la c\r cle/e2 mais il faut que t\t cela se fasse d'un cur rempli de ,dieu1 et du dsir de la p]fection4 ,p\r donc bi5 comm5c] cet exam51 #a4 mettez-v\s en la prs5ce de ,dieu2 #b4 invoquez le ,sa9t-,esprit1 lui dem&ant ses lumires1 af9 que v\s puissiez v\s bi5 connotre2 disant avec sa9t ,augu/91 en gr& esprit d'humilit3 ,o ,seigneur6 faites que je v\s connoisse1 et que je me connoisse1 et avec sa9t ,franois3 ,qui tes-v\s1 mon ,dieu6 et qui suis-je8 ,prote/ez que v\s ne v\lez po9t rem>qu] votre avancem5t dans la v]tu p\r v\s en rj\ir en v\s-mme1 mais p\r v\s en rj\ir en ,dieu2 ni p\r v\s en glorifi]1 mais p\r en glorifi] ,dieu et l'en rem]ci]4 ,prote/ez encore1 que si1 comme il e/ probable1 v\s dc\vrez avoir peu pr(it1 ou mme avoir recul1 v\s ne v\lez nullem5t p\r cela ni v\s abattre1 ni v\s refroidir p> aucune sorte de dc\ragem5t et de dgt2 mais qu'au contraire v\s v\lez en pr5dre plus de c\rage et d'ardeur1 v\s humili] plus que jamais1 et port] remde au mal moy5nant la grce de ,dieu4 ,cela fait1 considrez d\cem5t et tranquillem5t comm5t jusqu' l'heure prs5te v\s v\s tes comporte env]s ,dieu1 env]s le pro*a91 et env]s v\s-mme4 ,,*apitre ,,iv4 ,exam5 de l'tat de notre ame env]s ,dieu4 #a4 ,o en e/ votre cur t\*ant le p* mortel8 ,etes-v\s dans la rsolution =te de ne le jamais commettre p\r quelque *ose qui puisse arriv]8 et cette rsolution a-t-elle p]svr1 depuis votre prote/ation jusqu' prs5t8 ,en cette rsolution consi/e t\t le fondem5t de la vie spirituelle4 #b4 ,o en e/ votre cur t\*ant les comm&em5s de ,dieu8 ,les tr\vez-v\s bons1 d\x et agrables8 ,ah6 ma fille1 quiconque a le gt en bon tat et l'e/omac sa91 aime les bonnes vi&es1 et rejette les mauvaises4 #c4 ,o en e/ votre cur t\*ant les p*s vniels8 ,on ne sauroit vit] d'en faire quelqu'un p>-ci1 p>-l2 mais n'y en a-t-il po9t qui soit en v\s un p* d'habitude8 ,et1 ce qui s]oit le pis1 n'y en a-t-il po9t p\r lequel v\s ayez de l'atta*em5t et du gt8 #d4 ,o en e/ votre cur t\*ant les ex]cices spirituels8 ,les aimez-v\s1 les e/imez-v\s1 ne v\s f*5t-ils pas1 n'en tes-v\s pas ennuye8 ,auquel v\s s5tez-v\s plus ou mo9s incl9e8 ,ent5dre la p>ole de ,dieu1 la lire1 en p>l]1 mdit]1 faire des aspirations1 se confess]1 consult] son directeur1 s'apprt] la communion1 communi]1 re/re9dre ses affections3 qu'y a-t-il en t\t cela qui rpugne votre cur8 ,et si v\s tr\vez quelque *ose quoi ce cur soit mo9s port1 exam9ez d'o vi5t ce dgt1 quelle peut en tre la cause4 #e4 ,o en e/ votre cur relativem5t ,dieu mme8 se plat-il au s\v5ir de ,dieu8 ,ne lui en re/e-t-il pas une d\ceur agrable8 ,ah6 dit ,david1 je me suis ress\v5u de ,dieu1 et je m'en suis dlect4 ,s5tez-v\s en votre cur une c]ta9e facilit l'aim]1 et un gt p>ticuli] sav\r] cet am\r8 ,votre cur n'e/-il pas consol de p5s] l'imm5sit de ,dieu1 sa bont1 sa t5dresse8 ,si le s\v5ir de ,dieu v\s arrive p>mi les occupations du monde et les frivolits1 ne se fait-il pas faire place1 ne saisit-il pas votre cur8 ne v\s semble-t-il pas que votre cur se t\rne de son ct1 et en quelque faon va au-devant de lui8 ,il y a c]tes des ames comme cela4 ,lorsqu'une femme appr5d que son m>i1 aprs une longue abs5ce1 e/ enf9 de ret\r1 lorsque dj elle ent5d sa voix1 ne s'empresse-t-elle pas de t\t quitt] p\r c\rir se jet] dans ses bras8 il en e/ de mme des ames qui aim5t bi5 ,dieu3 quelque occupes qu'elles soi5t1 si le s\v5ir de ,dieu se prs5te elles1 elles p]d5t presque mmoire de t\t le re/e1 p> la joie qu'elles pr\v5t de voir ce *] s\v5ir rev5u2 et c'e/ un trs-bon signe4 #f4 ,o en e/ votre cur t\*ant ,jsus-,*ri/1 ,dieu et homme8 ,v\s plaisez-v\s aut\r de lui8 ,les m\*es miel se plais5t aut\r de leur miel1 et les gupes aut\r de la fange2 a9si les bonnes ames pr5n5t leur plaisir aut\r de ,jsus-,*ri/1 et ont p\r lui une extrme t5dresse d'am\r2 mais les mauvaises se plais5t aut\r des vanits4 #g4 ,o en e/ votre cur t\*ant la sa9te ,vi]ge1 les sa9ts et votre bon ange8 ,les aimez-v\s =t8 ,avez-v\s une confiance p>ticulire en leur protection8 ,leurs images1 leurs vies1 leurs l\anges v\s plais5t-elles8 #h4 ,quant votre langue1 comm5t p>lez-v\s de ,dieu8 ,v\s plaisez-v\s en dire du bi5 selon votre condition et votre porte8 ,aimez-v\s *ant] ses cantiques8 #i4 ,quant aux uvres1 p5sez-v\s avoir cur la gloire de ,dieu8 et dsirez-v\s faire quelque *ose en son honneur8 c> ceux qui aim5t ,dieu1 aim5t avec ,dieu l'ornem5t de sa maison4 #aj4 ,enf9 rem>quez-v\s que v\s ayez retran* quelque affection1 ou r5onc quelque *ose p\r ,dieu8 c> c'e/ un bon signe d'am\r1 que de se priv] de quelque *ose en faveur de celui qu'on aime4 ,qu'avez-v\s donc quitt jusqu' prs5t p\r l'am\r de ,dieu8 ,,*apitre ,v4 ,exam5 de l'tat de notre ame env]s n\s-mmes4 #a4 ,comm5t v\s aimez-v\s v\s-mme8 ,ne v\s aimez-v\s po9t trop p\r ce monde8 ,si cela e/1 v\s dsir]ez de t\j\rs demeur] ici1 et v\s aurez un extrme so9 de v\s bi5 tablir en cette t]re2 mais si v\s v\s aimez p\r le ,ciel1 v\s dsir]ez1 ou du mo9s v\s cons5tirez1 volonti]s sortir d'ici-bas l'heure qu'il plaira ,notre-,seigneur4 #b4 ,rgl]ez-v\s bi5 l'am\r que v\s avez p\r v\s-mme8 c> il n'y a que l'am\r dsordonn de n\s-mmes qui n\s ru9e4 ,or1 l'am\r bi5 ordonn veut que n\s aimions plus l'ame que le corps1 que n\s ayons plus de so9 d'acqurir les v]tus que t\t autre *ose2 que n\s fassions plus de cas de l'honneur cle/e que de l'honneur t]re/re4 ,le cur bi5 ordonn dit plus s\v5t en lui-mme3 que diront les anges1 si je p5se telle *ose8 que non pas3 que diront les hommes8 #c4 ,quel am\r avez-v\s p\r votre propre cur8 ne v\s f*ez-v\s pas de le s]vir en ses maladies8 ,hlas6 v\s lui devez ce so9 de le sec\rir1 ou faire sec\rir qu& ses passions le t\rm5t5t1 et de laiss] t\tes *oses p\r cela4 #d4 ,que v\s e/imez-v\s devant ,dieu8 ri5 sans d\te3 or1 il n'y a pas gr&e humilit une m\*e de ne s'e/im] ri5 au prix d'une montagne1 ni une g\tte d'eau de se t5ir p\r ri5 en comp>aison de la m]1 ni une t9celle de se t5ir p\r ri5 en prs5ce du soleil2 mais l'humilit consi/e et ne po9t n\s prfr] aux autres1 et ne v\loir pas tre prfr p> eux4 ,a quoi en tes-v\s sur cet article8 #e4 ,quant la langue1 ne v\s vantez-v\s po9t d'une manire ou d'une autre8 ne v\s flattez-v\s pas en p>lant de v\s8 #f4 ,quant aux uvres1 ne pr5ez-v\s po9t de plaisir contraire votre sant1 je veux dire de plaisir va91 inutile1 trop de veille sans sujet1 et autres semblables8 ,,*apitre ,,vi4 ,exam5 de l'tat de notre ame env]s le pro*a94 ,il faut bi5 aim] un m>i1 une femme d'un am\r d\x et tranquille1 f]me et cont9uel1 et qui passe avant t\t autre1 c> ,dieu l'ordonne a9si3 il faut avoir galem5t un gr& am\r p\r les enfans et p\r les pro*es1 et encore p\r les amis1 *acun selon son rang4 ,mais p\r p>l] en gnral1 o en e/ votre cur l'g>d du pro*a98 ,l'aimez-v\s bi5 cordialem5t et p\r l'am\r de ,dieu8 ,p\r bi5 disc]n] cela1 il faut v\s reprs5t] c]ta9es g5s maussades et ennuyeux2 c> c'e/ l surt\t que l'on peut ex]c] l'am\r de ,dieu env]s le pro*a91 et p>ticulirem5t env]s ceux qui n\s font du mal ou p> p>oles ou p> actions4 ,exam9ez bi5 si votre cur n'a ri5 contre eux1 et si v\s avez gr&e pe9e les aim]4 ,n'tes-v\s po9t facile p>l] du pro*a9 en mauvaise "p1 surt\t de ceux qui ne v\s aim5t pas8 ,ne faites-v\s de mal p]sonne1 soit directem5t1 soit indirectem5t8 ,p\r peu que v\s soyez raisonnable1 v\s v\s en ap]cevrez aism5t4 ,,*apitre ,,vii4 ,exam5 sur les affections de notre ame4 ,j'ai cru devoir m't5dre un peu sur les po9ts de l'exam5 qui a p\r b de faire connotre les progrs que l'on a faits dans la vie spirituelle2 c> quant l'exam5 des p*s1 cela e/ p\r la confession de ceux qui ne *]*5t pas avanc]4 ,nanmo9s1 il e/ bon de ne pas trop se travaill] sur *acun de ces articles1 mais d'y all] t\t d\cem5t1 considrant quel usage notre cur a fait de ses affections depuis les rsolutions que n\s avions prises1 et dans quelles fautes notables n\s sommes tombs4 ,p\r abrg] cette besogne1 il faut rduire l'exam5 la re*]*e de nos passions2 et s'il n\s f*e d'entr] si =t dans le dtail1 considrons simplem5t ce que n\s avons t1 et comm5t n\s n\s sommes comports3 ,en notre am\r p\r ,dieu1 p\r le pro*a91 p\r n\s-mmes2 ,en notre ha9e p\r le p* qui se tr\ve en n\s1 et aussi p\r le p* qui se tr\ve *ez autrui2 c> n\s devons dsir] l'ext]m9ation de l'un et de l'autre2 ,en nos dsirs t\*ant les ri*esses1 t\*ant les plaisirs1 t\*ant les honneurs2 ,en la cra9te des occasions de p*]1 et des p]tes des bi5s de ce monde2 on cra9t trop l'un1 et trop peu l'autre2 ,en notre esprance1 trop occupe peut-tre du monde et des cratures1 et pas assez de ,dieu et des *oses t]nelles2 ,en la tri/esse2 si elle n'e/ pas excessive1 et p\r des *oses va9es2 ,en la joie2 si elle n'e/ pas immodre1 et p\r des *oses indignes4 ,quelles affections enf9 emb>rass5t notre cur1 quelles passions le possd5t1 et en quoi pr9cipalem5t il s'e/ dtraqu4 ,c'e/ a9si que p> les passions de l'ame on reconnot son vritable tat2 mais il faut p\r cela les tt] l'une aprs l'autre2 c>1 comme un j\eur de lu? p9ce t\tes les cordes1 et celles qu'il tr\ve dissonantes1 il les accorde1 soit en les tirant1 soit en les l*ant2 de mme1 aprs avoir tt l'am\r1 la ha9e1 le dsir1 la cra9te1 l'esprance1 la tri/esse et la joie de notre ame1 si n\s ne les tr\vons pas avec l'int5tion o n\s devons tre de r5dre gloire ,dieu1 n\s p\rrons les accord] moy5nant sa sa9te grce et l'avis de notre pre spirituel4 ,,*apitre ,,viii4 ,affections qui doiv5t suivre l'exam54 ,aprs avoir d\cem5t considr *aque po9t de l'exam51 et avoir vu quoi v\s en tes1 v\s vi5drez aux affections a9si qu'il suit3 ,rem]ciez ,dieu de ce peu d'am5dem5t que v\s aurez tr\v en votre vie depuis votre rsolution1 et reconnoissez que c'e/ sa seule misricorde qui l'a fait en v\s et p\r v\s4 ,humiliez-v\s bi5 =t devant ,dieu1 reconnoissant que si v\s n'avez pas beauc\p avanc1 c'e/ de votre faute2 p>ce que v\s n'avez pas fidlem5t1 c\rageusem5t et con/amm5t correspondu aux inspirations1 aux m\vem5s et aux lumires dont il v\s a favorise en l'oraison et ailleurs4 ,promettez-lui de le l\] jamais p\r les grces qu'il v\s a faites1 et qui ont opr en v\s ce petit am5dem5t4 ,dem&ez-lui p>don de l'infidlit et de la dloyaut avec lesquelles v\s avez correspondu ses bonts4 ,(frez-lui votre cur1 af9 qu'il s'en r5de t\t--fait le matre4 ,suppliez-le qu'il v\s r5de p>faitem5t fidle4 ,invoquez les sa9ts1 la sa9te ,vi]ge1 votre ange1 votre patron1 sa9t ,joseph1 et a9si des autres4 ,,*apitre ,,ix4 ,des considrations propres r5\vel] nos bons propos4 ,aprs avoir fait l'exam51 et avoir bi5 confr avec un sage directeur sur vos dfauts et les remdes y appliqu]1 v\s pr5drez *aque j\r une des considrations suivantes1 p\r v\s en faire un sujet de mditation1 y employant le temps de votre oraison1 et cela t\j\rs selon la mme m?ode de prp>ations et d'affections que je v\s ai donne dans la premire p>tie2 v\s mettant1 avant t\tes *oses1 en la prs5ce de ,dieu1 et implorant sa grce p\r v\s bi5 tablir dans son am\r et son sa9t s]vice4 ,,*apitre ,x4 ,premire considration4 ,sur l'excell5ce de nos ames4 ,considrez la noblesse et l'excell5ce de votre ame1 qui a un ent5dem5t avec lequel non-seulem5t elle connot t\t le monde visible1 mais encore elle connot qu'il y a des anges et un p>adis1 qu'il y a un ,dieu trs-s\v]a91 trs-bon et ineffable2 elle connot qu'il y a une t]nit2 et de plus1 elle connot ce qui e/ ncessaire p\r bi5 vivre en ce monde visible1 p\r s'associ] aux anges dans le p>adis1 et p\r j\ir t]nellem5t de ,dieu4 ,votre ame a en outre une volont t\te noble1 qui peut aim] ,dieu1 et ne peut le har en lui-mme4 ,voyez votre cur comme il e/ gnreux3 semblable aux abeilles que ri5 de ce qui e/ corrompu ne peut satisfaire1 mais qui ne s'arrt5t que sur les fleurs2 a9si ce cur ne peut tre en repos qu'en ,dieu seul1 et nulle crature ne le peut ass\vir4 ,rappelez h>dim5t votre s\v5ir les plus *]s et les plus vifs amusem5s qui ont autrefois occup votre cur1 et jugez s'ils n'toi5t pas ple9s d'inquitudes fatigantes1 de p5ses cuisantes1 de s\cis importuns1 p>mi lesquels v\s tiez vritablem5t au supplice4 ,hlas6 qu& notre cur va c\rant aprs les cratures1 il s'y porte avec un empressem5t extrme1 p5sant y p\voir apais] ses dsirs2 mais sitt qu'il les a r5contres1 il voit que c'e/ refaire1 et que ri5 ne peut le cont5t]2 ,dieu ne v\lant pas qu'il tr\ve nulle "p o se repos]1 af9 que1 semblable la colombe sortie de l'ar*e1 il ret\rne son premi] gte1 c'e/--dire son ,dieu1 dont il toit sorti4 ,ah6 de quelle excell5ce n'e/ donc pas notre cur6 et p\rquoi le reti5drions-n\s contre son gr au s]vice des cratures8 ,o mon ame6 devez-v\s dire1 v\s p\vez connotre et aim] ,dieu2 p\rquoi donc v\s amus] ce qui e/ inf9im5t au-dess\s8 ,v\s p\vez prt5dre l't]nit1 p\rquoi donc v\s amus] des mom5s si c\rts8 ,ce fut un des regrets de l'enfant prodigue1 qu'ayant pu vivre dlicieusem5t la table de son pre1 il toit rduit p>tag] la n\rriture des btes4 ,o ame6 tu es capable de ,dieu3 malheur toi1 si tu te cont5tes de mo9s que de ,dieu6 ,elevez =t votre ame p> cette considration2 remontrez-lui qu'elle e/ t]nelle et digne de l't]nit2 cela lui enfl]a le c\rage4 ,,*apitre ,,xi4 ,seconde considration4 ,sur l'excell5ce des v]tus4 ,considrez que les v]tus et la dvotion peuv5t seules r5dre notre ame heureuse en ce monde4 ,voyez combi5 elles sont belles2 comp>ez ensemble les v]tus et les vices qui leur sont contraires2 quelle diffr5ce de la pati5ce la v5geance1 de la d\ceur la colre1 de l'humilit l'arrogance1 de la gnrosit l'av>ice1 de la *>it l'envie1 de la sobrit la dbau*e8 ,n'e/-ce pas une *ose admirable comme les v]tus rempliss5t l'ame de dlices et de suavits non p>eilles1 aprs qu'on les a pratiques1 t&is que les vices ne laiss5t aprs eux qu'am]tume et que dgt6 ,or donc1 p\rquoi n'entrepr5drions-n\s pas d'acqurir ces d\ceurs8 ,des vices1 qui n'en a qu'un peu n'e/ pas cont5t1 et qui en a beauc\p e/ mcont5t3 mais des v]tus1 qui n'en a qu'un peu e/ dj satisfait1 et ensuite plus il en a1 plus son bonheur augm5te4 ,o vie dvote6 que v\s tes belle1 d\ce1 agrable et heureuse6 v\s ad\cissez les tribulations1 et donnez de la suavit aux consolations3 sans v\s le bi5 e/ mal1 le plaisir e/ am]1 le repos e/ inquiet3 ah6 qui v\s connotroit p\rroit bi5 dire avec la ,sam>ita9e3 ,dom9e1 da mihi hanc aquam1 ,seigneur1 donnez-moi cette eau4 ,aspiration =t ord9aire la mre ,?rse1 et sa9te ,ca!r9e de ,gnes1 quoique p\r diffr5s sujets4 ,,*apitre ,,xii4 ,troisime considration4 ,sur l'exemple des sa9ts4 ,considrez l'exemple des sa9ts de t\tes le conditions3 qu'e/-ce qu'ils n'ont pas fait p\r aim] ,dieu1 et lui demeur] fidles8 ,voyez ces m>tyrs inv9cibles en leurs rsolutions3 quels t\rm5s n'ont-ils pas s\ff]ts p\r s'y ma9t5ir8 ,voyez ces p]sonnes si belles1 si florissantes1 l'ornem5t de leur sexe1 plus blan*es que le lis en puret1 plus v]meilles que la rose en *>it1 les unes d\ze1 les autres treize1 qu9ze1 v+t et v+t-c9q ans1 s\ffrant mille sortes de m>tyres plutt que de r5onc] leurs rsolutions1 non-seulem5t en ce qui toit de la foi1 mais encore en ce qui toit de la dvotion2 les unes m\rant plutt que de quitt] la virg9it1 les autres plutt que de cess] de s]vir les pauvres1 de consol] les affligs1 d'ensevelir les morts4 ,o ,dieu6 quelle con/ance a montre ce sexe fragile en de telles occasions6 ,reg>dez tant de sa9ts confesseurs3 avec quelle =ce ils ont mpris le monde6 comme ils ont t5u f]me leurs rsolutions6 ,ri5 n'a pu les branl]2 ils les ont embrasss sans rs]ve1 et les ont ma9t5ues sans exception4 ,mon ,dieu6 que ne dit pas sa9t ,augu/9 de sa sa9te mre8 ,avec quelle p]svrance n'a-t-elle pas p\rsuivi son desse9 de s]vir ,dieu durant le m>iage1 et durant le veuvage8 ,et sa9t ,jrme1 comm5t p>le-t-il de sa *re fille ,paule1 p>mi tant de trav]ses et tant de div]s accid5s qu'elle eut s\t5ir8 ,mais que ne f]ons-n\s pas n\s-mmes sur de si excell5s modles8 ,ils toi5t ce que n\s sommes2 ils travailloi5t p\r le mme ,dieu1 p\r les mmes v]tus3 p\rquoi n'en f]ions-n\s pas autant en notre condition et selon notre vocation1 p\r s\t5ir victorieusem5t la sa9te prote/ation que n\s avons faite d'tre ,dieu8 ,,*apitre ,,xiii4 ,quatrime considration4 ,sur l'am\r que ,jsus-,*ri/ n\s porte4 ,considrez l'am\r avec lequel ,jsus-,*ri/ notre ,seigneur a tant s\ff]t en ce monde1 et p>ticulirem5t au j>d9 des ,olives et sur le mont ,calvaire4 ,cet am\r v\s reg>doit1 et p> t\tes ces pe9es et ces fatigues il obt5oit de ,dieu le ,pre de bonnes rsolutions et de sa9tes prote/ations p\r votre cur1 et il obt5oit aussi t\t ce qui v\s e/ ncessaire p\r ma9t5ir1 n\rrir1 =tifi] et consomm] ces rsolutions4 ,o rsolutions6 que v\s tes prcieuses1 puisque v\s tes le fruit de la passion de mon ,sauveur6 ,oh6 combi5 mon ame doit v\s *rir1 puisque v\s tes si *res mon ,jsus6 ,hlas6 ,sauveur de mon ame6 v\s m\rtes p\r m'acqurir mes rsolutions3 faites-moi donc la grce que je meure plutt que de les p]dre4 ,p5sez-y-bi51 ma ,philo?e3 il e/ c]ta9 que de l'arbre de la croix1 le cur de notre ,seigneur ,jsus voyoit le vtre1 et qu'il l'aimoit2 et que p> cet am\r il lui obt5oit t\s les bi5s que v\s avez eus1 et que v\s aurez jamais1 entre autres vos rsolutions4 ,oui1 *re ,philo?e1 n\s p\vons t\s dire comme ,jrmie3 ,o ,seigneur1 avant que je fusse v\s me reg>diez1 et v\s m'appeliez p> mon nom2 a9si c'e/ donc bi5 lui qui dans son am\r et sa misricorde n\s a prp> t\s les moy5s gnraux et p>ticuli]s que n\s avons de n\s sauv]1 et p> consqu5t nos *res rsolutions4 ,oui1 comme une femme ence9te prp>e le b]ceau1 les langes et b&elettes1 et mme une n\rrice p\r l'enfant qu'elle espre avoir1 encore qu'il ne soit pas au monde2 a9si ,notre-,seigneur1 v\s ayant conue en sa bont1 et prt5dant v\s enfant] au salut et v\s r5dre sa fille1 prp>a sur l'arbre de la croix t\t ce qu'il v\s falloit3 votre b]ceau spirituel1 vos langes et b&elettes1 votre n\rrice1 et t\t ce qui conv5oit p\r votre bonheur4 ,ce sont t\s les moy5s1 t\s les attraits1 t\tes les grces1 avec lesquels il conduit votre ame1 et l'attire la p]fection4 ,ah6 mon ,dieu1 que n\s devrions pr(ondm5t grav] ceci en notre mmoire3 ,e/-il possible que j'aie t aim1 et si t5drem5t aim de mon ,sauveur1 qu'il ait bi5 v\lu p5s] moi en p>ticuli]1 et dans t\tes ces petites circon/ances1 p> lesquelles il m'a attir lui8 ,combi5 donc ne devons-n\s pas aim]1 *rir et employ] t\t cela notre pr(it8 ,quoi de plus d\x que cette p5se3 le cur aimable de mon ,dieu p5soit ,philo?e1 l'aimoit et lui procuroit mille moy5s de salut1 comme s'il n'eut pas eu d'autre ame p5s] dans le monde3 a9si que le soleil clairant un endroit de la t]re1 ne l'claire pas mo9s que s'il n'clairoit que celui-l2 de mme ,notre-,seigneur p5soit et travailloit p\r t\s ses *]s enfans1 en sorte qu'il p5soit *acun d'eux1 comme s'il n'et po9t p5s aux autres4 ,il m'a aim1 dit sa9t ,paul1 et s'e/ donn p\r moi1 comme s'il disoit1 p\r moi seul1 et t\t autant que s'il n'et ri5 fait p\r le re/e des hommes4 ,ceci1 ,philo?e1 doit tre grav dans votre ame1 p\r bi5 *rir et n\rrir votre rsolution1 qui a t si prcieuse au cur du ,sauveur4 ,,*apitre ,,xiv4 ,c9quime considration4 ,sur l'am\r t]nel de ,dieu p\r n\s4 ,considrez l'am\r t]nel que ,dieu v\s a port2 c> dj bi5 avant que ,jsus-,*ri/ s\ffrt p\r v\s sur la croix en tant qu'homme1 sa div9e ,maje/ v\s de/9oit la vie1 et v\s aimoit extrmem5t4 ,mais qu& comm5a-t-il v\s aim]8 ,qu& il comm5a tre ,dieu2 et qu& comm5a-t-il tre ,dieu8 ,jamais3 il l'a t\j\rs t sans comm5cem5t et sans f92 et a9si il v\s a t\j\rs aime2 et a9si c'e/ de t\te t]nit que son am\r v\s a prp> les grces et les faveurs qu'il v\s a faites4 ,il dit p> le ,prophte3 ,je t'ai aim 7il p>le v\s comme t\t autre7 d'une *>it p]ptuelle1 et je t'ai misricordieusem5t attir moi4 ,il a donc p5s1 entre autres *oses1 v\s faire pr5dre les bonnes rsolutions de l'aim] et de le s]vir4 ,o ,dieu6 quelles rsolutions que celles que ,dieu a p5ses1 mdites1 projetes de t\te t]nit6 ,combi5 ne doiv5t-elles pas n\s tre *res et prcieuses8 que ne faudroit-il pas s\ffrir plutt que d'en ri5 p]dre8 ,non1 c]tes1 il n'en faudroit ri5 p]dre1 qu& le monde enti] devrait prir2 c> t\t le monde ensemble ne vaut pas une ame1 et une ame ne vaut ri5 sans nos rsolutions4 ,,*apitre ,,xv4 ,affections gnrales sur les considrations prcd5tes1 et conclusion de l'ex]cice4 ,o *res rsolutions6 v\s tes le bel arbre de vie que ,dieu a plant de sa ma9 au milieu de mon cur1 et que mon ,sauveur veut arros] de son sang p\r le faire fructifi]3 plutt mille morts que de p]mettre qu'aucun v5t ne le drac9e4 ,non1 ni la vanit1 ni les dlices1 ni les ri*esses1 ni les tribulations ne me f]ont jamais *ang] de desse94 ,hlas6 ,seigneur1 c'e/ v\s qui l'avez plant ce bel arbre1 et qui l'avez t]nellem5t g>d en votre se9 pat]nel p\r ensuite le mettre en mon j>d93 ah6 combi5 y a-t-il d'ames qui n'ont pas t favorises de la sorte2 et comm5t donc p\rrois-je jamais assez m'humili] s\s votre misricorde8 ,o belles et sa9tes rsolutions6 si je v\s cons]ve1 v\s me cons]v]ez3 si v\s vivez en mon ame1 mon ame vivra en v\s4 ,vivez donc jamais1 rsolutions qui tes t]nelles en la misricorde de ,dieu6 soyez et vivez t]nellem5t en moi1 et que t\j\rs je v\s sois fidle4 ,aprs ces affections1 il faut que v\s p>ticul>isiez les moy5s propres v\s ma9t5ir en vos *res rsolutions1 et que v\s prote/iez v\loir v\s en s]vir con/amm5t4 ,ces moy5s sont l'habitude de l'oraison1 le frqu5t usage des sacrem5s1 les bonnes uvres1 l'am5dem5t de vos fautes telles que v\s les avez reconnues au second po9t1 la fuite des mauvaises occasions1 et la fidlit suivre les avis que l'on v\s donn]a4 ,cela fait1 repr5ant encore hale9e et ranimant vos =ces1 prote/ez mille fois que v\s p]svr]ez en vos rsolutions2 puis1 comme si v\s t5iez votre cur1 votre ame1 et votre volont dans vos ma9s1 ddiez-les1 consacrez-les1 sacrifiez-les1 et les immolez gnreusem5t ,dieu1 prote/ant que v\s ne les repr5drez plus1 mais les laiss]ez en la ma9 de sa div9e ,maje/1 p\r suivre en t\t et p>t\t ses sa9tes ordonnances4 ,priez ,dieu qu'il v\s r5\velle entirem5t1 qu'il bnisse et qu'il s\ti5ne p> la =ce de son esprit cette rnovation4 ,invoquez la sa9te ,vi]ge1 votre ange1 sa9t ,l\is et autres sa9ts4 ,dans cette disposition d'un cur mu p> la grce1 allez ensuite aux pi$s de votre pre spirituel2 accusez-v\s des fautes pr9cipales que v\s aurez rem>qu avoir commises depuis votre confession gnrale1 et recevez l'absolution comme v\s ftes la premire fois4 ,aprs quoi1 prononcez devant lui votre prote/ation1 et signez-la2 et enf9 allez unir votre cur a9si r5\vel son pr9cipe et son ,sauveur1 en recevant le trs-sa9t sacrem5t de l'eu*>i/ie4 ,,*apitre ,,xvi4 ,des s5tim5s qu'il faut cons]v] aprs cet ex]cice4 ,le j\r o v\s aurez fait ce r5\vellem5t1 et les j\rs suivans1 v\s devez =t s\v5t r$ire de cur et de b\*e ces ard5tes p>oles de sa9t ,paul1 de sa9t ,augu/91 de sa9te ,ca!r9e de ,gnes et autres3 ,non1 je ne suis plus moi2 soit que je vive1 soit que je meure1 je suis mon ,sauveur4 ,je n'ai plus de moi ni de mi53 mon moi c'e/ ,jsus1 mon mi5 c'e/ d'tre si5ne4 ,o monde6 v\s tes t\j\rs v\s-mme1 et moi j'ai t\j\rs t moi-mme2 mais dornavant je ne s]ai plus moi-mme4 ,non1 n\s ne s]ons plus n\s-mmes1 c> n\s aurons le cur *ang2 et le monde1 qui n\s a tant tromps1 s]a tromp en n\s2 c> ne s'ap]cevant de notre *angem5t que petit petit1 il n\s croira t\j\rs des ,esa1 et n\s n\s tr\v]ons tre des ,jacob4 ,il faut que t\s ces ex]cices demeur5t bi5 en notre cur1 et que1 laissant nos considrations et nos oraisons1 n\s passions t\t d\cem5t nos affaires1 de peur que la liqueur de nos rsolutions ne s'pan*e et ne se p]de2 c> il faut qu'elle dtrempe et pntre t\tes les p>ties de notre ame3 le t\t nanmo9s sans ef=t ni d'esprit ni de corps4 ,,*apitre ,,xvii4 ,rponses deux objections qui peuv5t tre faites sur cette ,introduction4 ,le monde v\s dira1 ma ,philo?e1 que ces ex]cices et ces avis sont en si gr& nombre1 que qui v\dra les obs]v]1 il ne faudra pas qu'il p5se autre *ose4 ,hlas6 *re ,philo?e1 qu& n\s ne f]ions autre *ose1 n\s f]ions bi5 assez1 puisque n\s f]ions ce que n\s devrions faire en ce monde2 mais ne voyez-v\s pas la ruse8 ,s'il falloit faire t\s ces ex]cices t\s les j\rs1 il e/ vrai qu'ils n\s occup]oi5t totalem5t2 mais ils ne faut les faire qu'en temps et lieu1 et *acun selon l'occurr5ce4 ,combi5 y a-t-il de lois civiles au dige/e et au code lesquelles doiv5t tre fidlem5t obs]ves6 mais cela s'ent5d selon les occurr5ces1 et non dans le s5s qu'il les faut t\tes pratiqu] t\s les j\rs4 ,au demeurant1 ,david1 t\t roi qu'il toit1 et malgr t\tes ses affaires1 pratiquoit bi5 plus d'ex]cices que je ne v\s en ai m>qu4 ,sa9t ,l\is1 roi si admirable et dans la paix et dans la gu]re1 pr9ce si appliqu et r5dre la ju/ice1 et g\v]n] son royaume1 sa9t ,l\is ent5doit t\t les j\rs deux messes1 disoit vpres et complies avec son *apela91 faisoit sa mditation1 visitoit les hpitaux t\s les v5dr$is1 se confessoit1 pr5oit la discipl9e1 assi/oit trs-s\v5t au s]mon1 faisoit =t s\v5t des confr5ces spirituelles1 et avec t\t cela1 ds qu'une occasion se prs5toit de p\rvoir au bi5 de l',etat1 il s'en saisissoit aussitt1 et en tiroit bon p>ti2 et sa c\r toit plus belle et plus florissante qu'on ne l'a voit jamais vue s\s ses prdcesseurs4 ,faites donc h>dim5t ces ex]cices1 ,philo?e1 a9si que je v\s les ai m>qus1 et ,dieu v\s donn]a encore et assez de temps et assez de =ce p\r faire t\t le re/e de vos affaires3 oui1 qu& mme il devroit p\r cela arrt] le soleil1 comme il fit au temps de ,josu4 ,n\s faisons t\j\rs assez qu& ,dieu travaille avec n\s4 ,le monde dira encore que je suppose presque p>t\t que ma ,philo?e a le don de l'oraison m5tale1 et que nanmo9s *acun ne l'a pas2 en sorte que cette ,introduction ne p\rra pas s]vir t\s4 ,il e/ vrai1 sans d\te1 j'ai suppos cela2 et il e/ vrai encore que *acun n'a pas le don de l'oraison m5tale2 mais il e/ vrai aussi que presque *acun le peut avoir1 mme les plus grossi]s1 p\rvu qu'ils ai5t de bons conducteurs1 et qu'ils veuill5t travaill] p\r cela autant que la *ose le mrite4 ,et s'il s'en tr\ve qui n'ai5t ce don en aucune sorte de degr1 ce que je ne p5se pas p\voir arriv] que =t r>em5t1 leur directeur supplera facilem5t ce dfaut1 en leur prescrivant de lire ou d'ent5dre lire avec une gr&e att5tion les mmes considrations qui sont dans les mditations4 ,,*apitre ,,xviii4 ,trois d]ni]s et pr9cipaux avis p\r cette ,introduction4 ,refaites t\s les premi]s j\rs du mois1 aprs votre mditation1 la prote/ation qui se tr\ve en la premire p>tie1 et durant ce j\r r5\velez-la s\v5t1 disant avec ,david3 ,non1 jamais je n'oubli]ai votre loi1 mon ,dieu2 c> c'e/ p> elle que v\s m'avez r5du la vie4 ,et qu& v\s s5tirez quelque dtraquem5t en votre ame1 pr5ez votre prote/ation en ma91 et pro/]ne en esprit d'humilit1 prononcez-la de t\t votre cur3 v\s y tr\v]ez un gr& s\lagem5t4 ,faites ouv]tem5t pr(ession de v\loir tre dvote2 je ne dis pas d'tre dvote1 mais de le v\loir tre2 et n'ayez pas honte de faire les actions simples et communes qui doiv5t v\s conduire l'am\r de ,dieu3 av\ez h>dim5t que v\s v\s essayez mdit]1 que v\s aim]iez mieux m\rir que de p*] mortellem5t1 que v\s v\lez frqu5t] les sacrem5s1 et suivre les conseils de votre directeur 7bi5 que s\v5t il ne soit po9t ncessaire de le nomm] p\r plusieurs raisons74 ,cette fran*ise confess] qu'on veut s]vir ,dieu1 et qu'on s'e/ consacr son am\r d'une manire p>ticulire1 e/ =t agrable sa div9e ,maje/1 qui ne veut po9t qu'on ait honte de lui ni de sa croix2 c'e/ de plus un moy5 de c\p] c\rt beauc\p de propos du monde1 et de n\s li] de rputation la p\rsuite de notre entreprise4 ,les philosophes se publioi5t hautem5t philosophes1 af9 qu'on les laisst vivre philosophiquem5t2 et n\s1 montrons-n\s fran*em5t dsireux de la dvotion1 af9 qu'on n\s laisse vivre dvotem5t4 ,que si quelqu'un v\s dit qu'on peut vivre dvotem5t sans la pratique de ces avis et de ces ex]cices1 ne le niez pas2 mais rpondez bonnem5t que votre foiblesse e/ si gr&e qu'elle a beso9 de plus d'aide et de sec\rs qu'il n'en faut aux autres4 ,enf91 trs-*re ,philo?e1 je v\s conjure p> t\t ce qu'il y a de sacr au ciel et en la t]re1 p> le baptme que v\s avez reu1 p> les mamelles qui ont n\rri ,jsus-,*ri/1 p> le cur *>itable dont il v\s aima1 et p> les entrailles de la misricorde en laquelle v\s esprez1 cont9uez et p]svrez en cette bi5heureuse entreprise de la vie dvote3 nos j\rs s'c\l5t1 la mort e/ la porte2 ,la trompette1 dit sa9t ,grgoire de ,nazianze1 sonne la retraite3 que *acun se prp>e2 c> le jugem5t appro*e4 ,la mre de sa9t ,symphori51 voyant qu'on le conduisoit au m>tyre1 crioit en le suivant3 ,mon fils1 mon fils1 s\vi5s-toi de la vie t]nelle1 reg>de le ,ciel1 et contemple celui qui y rgne3 la mort t]m9]a bi5tt les c\rts mom5s de cette vie4 ,ma ,philo?e1 v\s le dirai-je aussi3 reg>dez le ,ciel1 et ne le quittez pas p\r la t]re2 reg>dez l'enf]1 et ne v\s y jetez pas p\r des plaisirs d'un in/ant2 reg>dez ,jsus-,*ri/1 et ne le r5iez pas p\r le monde3 et qu& la pratique de la vie dvote v\s sembl]a pnible1 *antez avec sa9t ,franois3 ,a cause des bi5s que j'att5ds1 ,les travaux me sont passe-temps4 ,vive ,jsus6 auquel1 avec le ,pre et le ,sa9t-,esprit1 soit honneur et gloire1 ma9t5ant et t\j\rs1 et dans les sicles des sicles4 ,a9si soit-il4 ,manire de rcit] devotem5t le *apelet1 et de bi5 s]vir la ,vi]ge ,m>ie4 ,v\s pr5drez votre *apelet p> la croix1 que v\s bais]ez aprs v\s en tre s]vie p\r faire sur v\s le signe du *rti51 et v\s mettant en la prs5ce de ,dieu1 v\s rcit]ez le ,cr$o t\t enti]4 ,sur le premi] gra91 v\s invoqu]ez ,dieu1 lui dem&ant d'agrer votre prire1 et de v\s aid] de sa grce p\r la bi5 dire4 ,sur les trois premi]s petits gra9s1 v\s rclam]ez l'int]cession de la trs-sa9te ,vi]ge1 la saluant1 au premi] gra91 comme la plus *re fille de ,dieu le ,pre2 au second1 comme la mre de ,dieu le ,fils1 et au troisime1 comme l'p\se bi5-aime de ,dieu le ,sa9t-,esprit4 ,sur *aque diza9e1 v\s p5s]ez un des my/res du rosaire1 selon le loisir que v\s en aurez1 v\s rappelant le my/re propos1 surt\t lorsque v\s prononc]ez les trs-sa9ts noms de ,jsus et de ,m>ie1 ayant so9 de ne pr(r] ces noms sacrs qu'avec un gr& respect intrieur et extrieur4 ,que s'il v\s vi5t quelque autre s5tim5t1 comme s]oit la d\leur de vos p*s1 ou le dsir de v\s am5d]1 v\s p\vez v\s entret5ir dans ce s5tim5t t\t le long du *apelet1 et pr9cipalem5t lorsque v\s prononc]ez les deux trs-sa9ts noms de ,jsus et de ,m>ie4 ,au gros gra91 qui e/ au b\t de la d]nire diza9e1 v\s rem]ci]ez ,dieu de la grce qu'il v\s a faite en la rcitation du *apelet2 et1 passant aux trois petits gra9s qui suiv5t1 v\s salu]ez la sacre ,vi]ge ,m>ie1 la suppliant1 au premi]1 d'(frir votre ent5dem5t au ,pre t]nel1 af9 que v\s puissiez jamais considr] ses misricordes2 au second1 v\s la suppli]ez d'(frir votre mmoire au ,fils1 af9 d'avoir cont9uellem5t la p5se sa passion et sa mort2 au troisime1 v\s la suppli]ez d'(frir votre volont au ,sa9t-,esprit1 af9 que v\s puissiez tre jamais enflamme de son sa9t am\r4 ,au gros gra9 qui t]m9e1 v\s suppli]ez la div9e ,maje/ d'agrer t\t cela p\r sa gloire1 et p\r le bi5 de son ,eglise1 dans le se9 de laquelle v\s lui dem&]ez de v\loir bi5 v\s g>d]1 et de ram5] t\s ceux qui s'en sont loigns4 ,v\s pri]ez ensuite p\r t\s vos amis1 et v\s f9irez comme v\s avez comm5c1 p> la pr(ession de foi1 disant le ,cr$o1 et faisant le signe de la croix4 ,v\s port]ez le *apelet votre ce9ture1 ou en quelqu'autre endroit app>5t1 comme une sa9te m>que p> laquelle v\s prote/ez que v\s dsirez tre s]viteur de ,dieu notre ,sauveur1 et de sa trs-sa9te p\se1 vi]ge et mre1 et que v\s v\lez vivre en vrai enfant de la sa9te ,eglise ca?olique1 apo/olique et roma9e4 ,am54 ,oraison de l',eglise p\r le j\r de la fte de sa9t ,franois de ,sales1 compose p> le pape ,alex&re ,,vii4 ,o ,dieu6 qui avez v\lu que1 p\r le salut des ames1 sa9t ,franois1 votre confesseur et pontife1 se soit fait t\t t\s1 faites-n\s la grce qu'tant pntrs de la d\ceur de votre div9e *>it1 n\s puissions1 s\s la direction de ses avis1 et p> les suffrages de ses mrites1 arriv] la j\issance t]nelle de votre gloire4 ,n\s v\s en supplions p> notre ,seigneur ,jsus-,*ri/ ,a9si soit-il4 ,,f94 ,,table ,,des ,,*apitres4 ,s5tim5t d',alex&re ,,vii sur cet ouvrage4 pag4 ,oraison ddicatoire4 v ,prface4 vij ,,premi,,re ,,p>tie1 ,cont5ant les avis et les ex]cices propres conduire l'ame1 depuis son premi] dsir de la vie dvote1 jusqu' une f]me rsolution de l'embrass]4 ,*ap4 ,i4 ,description de la vraie dvotion4 #a ,,ii4 ,proprits et excell5ce de la dvotion4 #f ,,iii4 ,que la dvotion convi5t t\tes sortes de vocations et de pr(essions4 #i ,,iv4 ,de la ncessit d'un directeur p\r entr] et p\r avanc] dans la dvotion4 #aa ,v4 ,qu'il faut comm5c] p> purifi] l'ame4 #af ,,vi4 ,du premi] retran*em5t1 qui e/ celui des p*s mortels4 #bj ,,vii4 ,du second retran*em5t1 qui e/ celui des affections au p*4 #bb ,,viii4 ,du moy5 de faire ce second retran*em5t4 #bd ,,ix4 ,premire mditation4--,de la cration4 #bf ,x4 ,deuxime mditation4--,de la f9 p\r laquelle n\s sommes crs4 #bi ,,xi4 ,troisime mditation4--,des bi5faits de ,dieu4 #cb ,,xii4 ,quatrime mditation4--,des p*s4 #cf ,*ap4 ,,xiii4 ,c9quime mditation4--,de la mort4 p4 #ci ,,xiv4 ,sixime mditation4--,du jugem5t4 #db ,,xv4 ,septime mditation4--,de l'enf]4 #de ,,xvi4 ,huitime mditation4--,du p>adis4 #dg ,,xvii4 ,neuvime mditation4--,sur le *oix du p>adis4 #ej ,,xviii4 ,dixime mditation4--,sur le *oix de la vie dvote4 #ed ,,xix4 ,comm5t il faut faire la confession gnrale4 #eg ,,xx4 ,prote/ation au!ntique p\r grav] dans l'ame la rsolution de s]vir ,dieu1 et p\r conclure les actes de pnit5ce4 #fj ,,xxi4 ,conclusion de ce qui a t dit du premi] degr de puret de l'ame4 #fc ,,xxii4 ,qu'il faut se dlivr] de t\te affection aux p*s vniels4 #fe ,,xxiii4 ,qu'il se faut dfaire de l'affection aux *oses inutiles et dang]euses4 #fi ,,xxiv4 ,qu'il se faut dfaire des mauvaises incl9ations4 #ga ,,seconde ,,p>tie1 ,cont5ant div]s avis p\r l'lvation de l'ame ,dieu p> l'oraison et les sacrem5s4 ,*ap4 ,i4 ,de la ncessit de l'oraison4 #gc ,,ii4 ,c\rte m?ode p\r bi5 mdit]2 et d'abord de la prs5ce de ,dieu2 premi] po9t de la prp>ation4 #gh ,,iii4 ,de l'invocation2 second po9t de la prp>ation4 #hb ,,iv4 ,de la proposition du my/re2 troisime po9t de la prp>ation4 #hd ,v4 ,des considrations2 seconde p>tie de la mditation4 #hf ,,vi4 ,des affections et des rsolutions2 troisime p>tie de la mditation4 #hg ,*ap4 ,,vii4 ,de la conclusion et du b\quet spirituel4 p4 #hi ,,viii4 ,quelques avis trs-utiles au sujet de la mditation4 #ij ,,ix4 ,des s*]esses d'esprit qui arriv5t dans la mditation4 #id ,x4 ,de quelques autres ex]cices1 et premirem5t de l'ex]cice du mat94 #ig ,,xi4 ,de l'ex]cice du soir et de l'exam5 de consci5ce2 second ex]cice4 #ii ,,xii4 ,de la retraite spirituelle1 troisime ex]cice4 #aja ,,xiii4 ,des aspirations ou oraisons jaculatoires1 et des bonnes p5ses2 quatrime ex]cice4 #aje ,,xiv4 ,de la trs-sa9te messe1 et de la manire de l'ent5dre2 c9quime ex]cice4 #aad ,,xv4 ,des autres ex]cices de dvotion publics et communs4 #aah ,,xvi4 ,qu'il faut honor] et invoqu] les sa9ts4 #abj ,,xvii4 ,comm5t il faut ent5dre et lire la p>ole de ,dieu4 #abb ,,xviii4 ,comm5t il faut recevoir les inspirations4 #abe ,,xix4 ,de la sa9te confession4 #abi ,,xx4 ,de la frqu5te communion4 #ace ,,xxi4 ,comm5t il faut communi]4 #ada ,,troisi,,me ,,p>tie1 ,cont5ant plusieurs avis t\*ant l'ex]cice des v]tus4 ,*ap4 ,i4 ,du *oix que l'on doit faire quant l'ex]cice des v]tus4 #ade ,,ii4 ,suite du mme sujet4 #aec ,,iii4 ,de la pati5ce4 #aeh ,,iv4 ,de l'humilit p\r l'extrieur4 #aff ,v4 ,de l'humilit plus intrieure4 #aga ,,vi4 ,que l'humilit n\s fait aim] notre propre abjection4 #agi ,,vii4 ,comm5t il faut cons]v] la bonne r5omme en pratiquant l'humilit4 #ahd ,*ap4 ,,viii4 ,de la d\ceur env]s le pro*a91 et du remde contre la colre4 pag4 #aia ,,ix4 ,de la d\ceur env]s n\s-mmes4 #aih ,x4 ,qu'il faut s'appliqu] aux affaires avec so91 sans empressem5t ni tr\ble4 #bjb ,,xi4 ,de l'obissance4 #bjf ,,xii4 ,de la *a/et4 #baj ,,xiii4 ,avis p\r cons]v] la *a/et4 #baf ,,xiv4 ,de la pauvret d'esprit au milieu des ri*esses4 #bba ,,xv4 ,comm5t il faut pratiqu] la pauvret relle au milieu des ri*esses4 #bbe ,,xvi4 ,comm5t il faut pratiqu] la ri*esse d'esprit au milieu de la pauvret relle4 #bcb ,,xvii4 ,de l'amiti1 et premirem5t de la mauvaise4 #bce ,,xviii4 ,des amitis s5suelles4 #bch ,,xix4 ,des vraies amitis4 #bdd ,,xx4 ,de la diffr5ce qu'il y a entre les vraies et les va9es amitis4 #bdi ,,xxi4 ,avis et remdes contre les mauvaises amitis4 #beb ,,xxii4 ,quelques autres avis sur les amitis4 #beg ,,xxiii4 ,des ex]cices de la mortification extrieure4 #bfj ,,xxiv4 ,des compagnies et de la solitude4 #bfi ,,xxv4 ,de la bi5sance des habits4 #bgd ,,xxvi4 ,du p>l]1 et premirem5t comm5t il faut p>l] de ,dieu4 #bgh ,,xxvii4 ,de l'honntet des p>oles1 et du respect que l'on doit aux p]sonnes4 #bhj ,,xxviii4 ,des jugem5s tmraires4 #bhc ,,xxix4 ,de la mdisance4 #bib ,,xxx4 ,quelques autres avis t\*ant le p>l]4 #cjj ,,xxxi4 ,des passe-temps et des jeux2 et premirem5t de ceux qui sont p]mis et l\ables4 #cjc ,,xxxii4 ,des jeux df5dus4 #cjf ,*ap4 ,,xxxiii4 ,des bals et autres passe-temps p]mis1 mais dang]eux4 ,pag4 #cjh ,,xxxiv4 ,qu& on peut j\] ou dans]4 #cab ,,xxxv4 ,qu'il faut tre fidle dans les petites *oses aussi-bi5 que dans les gr&es4 #cac ,,xxxvi4 ,qu'il faut avoir l'esprit ju/e et raisonnable4 #cah ,,xxxvii4 ,des dsirs4 #cba ,,xxxviii4 ,avis p\r les g5s m>is4 #cbe ,,xxxix4 ,de l'honntet du lit nuptial4 #ccg ,,xl4 ,avis p\r les veuves4 #cdc ,,xli4 ,deux mots aux vi]ges4 #cea ,,quatri,,me ,,p>tie1 ,cont5ant les avis ncessaires contre les t5tations les plus ord9aires4 ,*ap4 ,i4 ,qu'il ne faut po9t s'amus] aux p>oles des enfans du sicle4 #cec ,,ii4 ,qu'il faut avoir bon c\rage4 #ceg ,,iii4 ,de la nature des t5tations1 et de la diffr5ce qu'il y a entre s5tir la t5tation et y cons5tir4 #cfj ,,iv4 ,deux exemples rem>quables sur ce sujet4 #cfd ,v4 ,enc\ragem5t l'ame qui e/ dans le feu des t5tations4 #cfg ,,vi4 ,comm5t la t5tation et la dlectation peuv5t tre p*s4 #cfi ,,vii4 ,remde aux gr&es t5tations4 #cgc ,,viii4 ,qu'il faut rsi/] aux petites t5tations4 #cgf ,,ix4 ,comm5t il faut remdi] aux petites t5tations4 #cgh ,x4 ,comm5t il faut =tifi] son cur contre les t5tations4 #chj ,,xi4 ,de l'inquitude4 #chb ,,xii4 ,de la tri/esse4 #chg ,,xiii4 ,des consolations spirituelles et s5sibles1 et comm5t il faut s'en s]vir4 #cia ,*ap4 ,,xiv4 ,des s*]esses et des /rilits spirituelles4 ,pag4 #djb ,,xv4 ,confirmation et claircissem5t de ce qui a t dit p> un exemple rem>quable4 #daa ,,c9qui,,me ,,p>tie1 ,cont5ant des ex]cices et des avis propres r5\vel] l'ame1 et la confirm] dans la dvotion4 ,*ap4 ,i4 ,qu'il faut *aque anne r5\vel] ses bons propos p> les ex]cices suivans4 #dah ,,ii4 ,considration sur la grce que ,dieu n\s a faite en n\s appelant son s]vice1 con=mm5t la prote/ation indique en la premire p>tie4 #dbj ,,iii4 ,de l'exam5 de notre ame sur son avancem5t en la vie dvote4 #dbd ,,iv4 ,exam5 de l'tat de notre ame env]s ,dieu4 #dbg ,v4 ,exam5 de l'tat de notre ame env]s n\s-mmes4 #dcj ,,vi4 ,exam5 de l'tat de notre ame env]s le pro*a94 #dcb ,,vii4 ,exam5 sur les affections de notre ame4 #dcc ,,viii4 ,affections qui doiv5t suivre l'exam54 #dce ,,ix4 ,des considrations propres r5\vel] nos bons propos4 #dcf ,x4 ,premire considration sur l'excell5ce de nos ames4 #dcg ,,xi4 ,seconde considration sur l'excell5ce des v]tus4 #dci ,,xii4 ,troisime considration sur l'exemple des sa9ts4 #ddj ,,xiii4 ,quatrime considration sur l'am\r que ,jsus-,*ri/ n\s porte4 #ddb ,,xiv4 ,c9quime considration sur l'am\r t]nel de ,dieu p\r n\s4 #ddd ,*ap4 ,,xv4 ,affections gnrales sur les considrations prcd5tes1 et conclusion de l'ex]cice4 ,p4 #ddf ,,xvi4 ,des s5tim5ts qu'il faut cons]v] aprs cet ex]cice4 #ddh ,,xvii4 ,rponses deux objections qui peuv5t tre faites sur cette ,introduction4 #ddi ,,xviii4 ,trois d]ni]s et pr9cipaux avis p\r cette ,introduction4 #ddi ,manire de rcit] dvotem5t le *apelet1 et de bi5 s]vir la ,vi]ge ,m>ie4 #dee ,oraison de l'glise p\r le j\r de la fte de sa9t ,franois de ,sales1 compose p> le pape ,alex&re ,,vii4 #deg ,,f9 ,,de ,,la ,,table4