,note sur la transcription3 ,les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges4 ,l'orthographe d'origine a t conserve et n'a pas t harmonise4 ,cette version intgre les corrections de l'errata4 ,,la ,,femme ,,affranchie ,bruxelles4--,typ4 de ,a4 ,,lacroix1 ,,van ,,meenen ,,et ,,cie1 imprimeurs-diteurs4 ,,la ,,femme ,,affranchie ,r,,ponse ,a ,,mm4 ,,michelet1 ,,proudhon1 4 ,,de ,,girardin1 ,a4 ,,comte ,,et ,,aux ,,autres ,,novateurs ,,modernes ,,par ,,mme ,,jenny ,p4 ,d',h,,ricourt ,,tome ,,ii ,,bruxelles ,,paris ,a ,,lacroix1 ,,van ,,meenen ,,et ,cie1 ,,diteurs ,,chez ,,tous ,,les ,,libraires ,,rue ,,de ,,la ,,putterie1 #cc #ahfj ,tous droits rservs4 ,,deuxi,,me ,,partie ,droit et ,devoir2 objections contre le ,droit des ,femmes2 la ,femme devant les murs et le ,code civile4 ,,chapitre ,,premier4 ,,bases ,,et ,,formules ,,des ,,droits ,,et ,,des ,,devoirs4 ,i ,avant de dire quelle part de droit et de devoir nous rclamons pour la femme1 nous avons dfinir ces deux notions insparables qui se supposent1 s'expliquent et se compltent4 ,fille de mon sicle1 lve des doctrines rsumes par notre glorieuse ,rvolution1 je n'irai pas chercher les sources du ,droit et du ,devoir dans le monde du ,surnaturalisme4 ,non2 je laisse aux derniers chos du monde ancien l'irrationnelle fantaisie d'employer leur argumentation1 base sur l'inconnu1 prouver que le ,droit nous est octroy1 le ,devoir impos par un ,dieu quelconque4 ,je dis au contraire que l'un et l'autre ont en nous leur origine2 qu'ils ressortent de l'ensemble de nos facults1 de notre destine1 des rapports ncessaires que nous soutenons avec nous-mmes1 avec nos semblables1 avec la nature4 ,je dis que si l'origine1 l'explication1 la loi1 la formule du ,droit et du ,devoir ne sont pas contenues dans ces faits et ces rapports1 c'est que le ,droit et le ,devoir n'existent pas4 ,mais c'est parce que je crois fermement qu'elles y sont contenues1 que j'essaierai de les en dgager4 ,il est temps enfin que se vulgarise cette vrit1 prcieuse et fconde1 que nous avons des ,droits et des ,devoirs1 indpendamment de toute doctrine religieuse4 ,quoi6 diront quelques personnes timores1 vous1 une femme1 vous osez liminer ,dieu des questions de ,droit et de ,devoir6444 ,ah6 il ne vous manque plus que de rpter cette phrase impie3 ,dieu1 c'est le mal6 ,lecteur1 c'est une pense vraie1 cache sous une forme paradoxale4 ,dieu1 dans son concept absolu1 n'est pas le mal2 mais l'humanit pense que ,dieu sous sa face relative1 ,dieu formul par notre intelligence1 ,dieu cach sous le symbole invent par nous1 de bien qu'il apparaissait l'origine1 devient le mal1 lorsque l'humanit qui progresse1 a dpass en science et en moralit l'objet immobile de son ancienne adoration4 ,demandez aux chrtiens des premiers sicles1 hritiers de deux croyances philosophiques symbolises par ,paul dans l'unit de ,dieu et celle de la race humaine1 si les dieux des nations qui leur semblaient diviser cette double unit1 ne leur apparaissaient pas comme le mal44448 ,certes oui1 puisque1 de ces dieux de leurs anctres ils ont fait des dmons4 ,il est vrai que j'limine ,dieu des questions de ,droit et du ,devoir2 mais c'est parce qu'au point de vue rationnel1 il n'est pas le fondement de ces deux notions2 et que1 les rattacher la divinit1 c'est les livrer toutes les chances de mort que subit ncessairement le dogme religieux4 ,que font en effet les peuples qui voient en ,dieu la source du ,droit et du ,devoir8 ,quand ,dieu tombe du pidestal qu'ils lui avaient dress1 le ,droit et le ,devoir disparaissent avec lui du sanctuaire de la conscience4 ,l'histoire nous montre ces peuples livrant le ,droit au despotisme qui le dvore2 l'histoire nous les montre en mme temps livrs aux passions gostes1 se vautrant dans les orgies du sensualisme1 c'est dire ayant perdu l'ide du ,devoir et de la dignit de leur nature4 ,si ,dieu parle1 c'est dans les lois de l'univers physique1 intellectuel et moral4 ,son verbe sur la terre1 c'est l'humanit se rvlant elle-mme1 non pas la vrit absolue1 mais la vrit indfiniment progressive4 ,c'est donc dans les lois et les rapports qui sont en nous et hors de nous que nous pouvons constater1 et que nous devons chercher la vrit sur le ,droit et le ,devoir4 ,cependant ne croyez pas1 lecteurs1 que je mconnaisse l'utilit du sentiment religieux1 que je nie l'existence objective des faits inconnus qui servent de fondement aux dogmes2 non1 car je ne comprendrais plus pourquoi notre espce est religieuse2 ,pourquoi elle s'est dveloppe dans le sein des religions2 ,pourquoi les socits humaines se dissolvent1 lorsque tout dogme a perdu son empire sur les mes4 ,je ne comprendrais plus la grande loi biologique qui institue les penchants et tendances des tres1 en vue d'objets qui y correspondent4 ,si1 nos instincts nutritifs1 correspondent les substances alimentaires2 ,si1 notre besoin de connatre1 correspond la nature2 ,si1 notre besoin d'aimer1 de nous associer1 correspondent nos semblables2 ,l'unit de loi n'exige-t-elle pas qu' nos instincts religieux1 correspondent des ralits8 ,que ces ralits chappent nos moyens de vrification1 qu'elles ne soient point objet de connaissance1 ce n'est pas un motif pour les nier2 mais c'en est un suffisant pour savoir que toutes les ides que nous nous en formons1 n'ont de valeur que pour nous et que1 sous peine de nous montrer absurdes et de fausser notre sens moral1 nous devons les mettre en harmonie avec la science et la morale de notre poque2 car si elles sont au dessus de ces choses1 elles ne doivent pas les contredire4 ,ces quelques lignes prouveront aux personnes qui1 du rationalisme dont sont empreints mes prcdents travaux1 ont cru pouvoir conclure mon matrialisme et peut-tre mon athisme1 qu'elles se sont trompes sur mon compte4 ,le ,matrialisme et l',athisme ne sont point des crimes1 mais1 mon sentiment1 de tristes erreurs1 et je ne les partage pas4 ,j'appartiens ce petit nombre qui1 ne pouvant s'arrter dans la ngation strile1 cherchent une affirmation suprieure et fconde4 ,j'appartiens ce petit nombre qui1 ne trouvant pas la satisfaction de leurs besoins religieux dans les enseignements d'un dogme vieilli et rtrograde1 la trouvent dans un dogme plus large que peut accepter la conscience et la ,raison4 ,j'appartiens ce petit nombre vraiment religieux1 qui appellent de toutes les aspirations du cur1 la nouvelle doctrine gnrale1 seule capable de nous relier dans l'amour et la communaut de but4 ,mais pour moi1 la ,religion1 n'est point une base2 elle est un couronnement4 ,pour moi1 la ,religion n'est pas une racine2 elle est une fleur4 ,pour moi1 la ,religion n'explique ni la ,science1 ni la ,morale1 n'est le fondement ni du ,droit ni du ,devoir2 elle est la rsultante de toutes ces saintes choses2 elle en est l'panouissement potique1 le parfum4 ,si elle ne sort d'elles comme la fleur de sa tige1 elle n'a pas d'autre raison d'tre qu'une aberration de l'instinct religieux1 abruti par l'ignorance1 affol par une imagination drgle4 ,aprs cette dclaration de principes que j'ai cru devoir mes amis et mes ennemis1 passons l'objet de ce chapitre4 ,,ii ,le ,droit et le ,devoir ressortant de nos besoins1 de notre destine1 des rapports que nous soutenons2 et supposant l'intelligence et le libre arbitre1 ne peuvent tre conus que par l'tre humain1 parce que seul1 il est capable de constater les rapports qui lient les choses1 de dcouvrir les lois de ces rapports2 ,parce que seul il se distingue trs nettement de ce qui n'est pas lui2 ,parce que seul il peut1 jusqu' certaines limites1 violer les lois qu'il connat2 ,parce que seul1 enfin1 il peut dcouvrir le but gnral des lois ou la destine4 ,la formule des ,droits et des ,devoirs est donc une cration humaine2 ,le ,droit et le ,devoir sont donc des dcouvertes de l'intelligence humaine2 ,la ,justice qui les rsume est donc comme la ,science une uvre humaine1 ainsi que l'affirment admirablement ,feuerbach et aprs lui ,proudhon4 ,par cette cration1 l'humanit fait un monde part1 le monde moral1 le monde de la ,justice1 compos comme notre plante de diffrentes couches2 monde de plus en plus en opposition avec le monde physique qui est celui de la hirarchie et de la fatalit4 ,au point de dveloppement o en est arriv la ,justice1 comment dfinirons-nous le ,droit et le ,devoir sous leur aspect le plus gnral8 ,nous dirons3 le ,droit est la prtention lgitime de tout tre humain au dveloppement et l'exercice de ses facults1 consquemment la possession des objets qui en sont les excitants propres1 dans les limites de l'galit4 ,le ,devoir1 corrlatif au ,droit1 et qui en est l'explication et la justification1 est l'emploi de nos facults et de leurs excitants en vue et dans le sens de notre destine4 ,tous les ,droits et ,devoirs particuliers drivent de ce ,droit et de ce ,devoir fondamentaux1 ou n'existent que pour les garantir4 ,le ,droit1 tel que nous venons de le dfinir1 est donc l'exercice mme de la vie1 la condition sine qua non de l'accomplissement du ,devoir ou de la ralisation de la destine4 ,on ne peut donc valablement l'aliner1 mme en partie1 sans amoindrir sa vie1 fausser sa destine4 ,et si l'ignorance1 la force nous en ravissent une partie1 nous pouvons1 nous devons en poursuivre la revendication3 car il n'y a pas de ,droit contre le ,droit1 et on ne prescrit pas contre lui4 ,par l'ensemble de nos besoins et pour remplir notre destine1 nous soutenons trois sortes de rapports principaux3 #a ,avec nous-mmes2 #b ,avec la nature2 #c ,avec nos semblables4 ,de l trois formes du ,droit et du ,devoir1 que nous ne pouvons comprendre qu'en nous formant une ide nette de notre ,destine4 ,,iii ,la destine de l'tre organis est donne dans l'ensemble de ses facults4 ,quelle sera donc celle de l'tre humain1 animal intelligent1 aimant1 sociable1 dou du sens de la justice1 de libre arbitre1 d'idalit1 d'aptitudes nombreuses par lesquelles il modifie tout ce qui l'entoure1 afin de satisfaire son dsir de bien tre et de bonheur8 ,qui1 laiss au seuil de l'animalit par la nature1 se cre lui-mme humanit1 en dveloppant peu peu ce qui le distingue des espces infrieures8 videmment1 pour quiconque rflchit1 cette destine sera d'organiser progressivement une socit fonde sur la ,justice et la ,bienveillance o chacun1 ne dpendant que de soi-mme1 trouvera dans la science1 la satisfaction de ses besoins intellectuels1 et les principes propres diriger ses facults productrices2 dans ses semblables1 la satisfaction de ses besoins d'aimer1 de s'associer1 de perptuer son espce2 dans la culture des arts1 des sciences1 de l'industrie1 la satisfaction de ses aptitudes2 et dans les produits qu'il obtient de leur exercice1 celle de ses besoins matriels et de ses plaisirs4 ,et comme il ne pourra remplir cette tche d'intrt humain1 sans l'harmoniser lui-mme1 sans agir profondment sur son globe1 sans l'humaniser par l'emploi de son activit1 en lui imprimant progressivement le cachet de sa ,raison1 ou principe d'ordre1 il en rsulte que la destine de notre espce peut tre dfinie3 la cration de l',ordre dans l',humanit et sur le globe qui lui est soumis4 ,cette tche impose l'espce1 requiert une multitude d'aptitudes trop diffrentes pour qu'elles se trouvent runies en chacun de nous4 ,aussi1 sous les caractres gnraux qui font de nous une seule espce1 se cachent de si profondes dissemblances1 qu'on peut tablir en principe qu'il y a autant d'hommes diffrents qu'il y a d'individus masculins1 autant de femmes diffrentes que d'individus fminins4 ,cette diversit devient vidente en raison de la culture3 tout le monde sait que deux paysans se ressemblent bien plus que deux hommes instruits4 ,de l il suit que la jouissance du droit individuel est la garantie du progrs social1 puisque ce progrs dpend du libre dveloppement des aptitudes1 et qu'elles ne peuvent se dvelopper que par la libert3 donc quiconque est ennemi de la libert et l'entrave1 s'il n'est un aveugle1 est un ennemi de la destine collective et du ,droit4 ,,iv ,j'ai dit qu'il est dans la ncessit de notre destine de soutenir trois sortes de rapports3 avec nous-mme1 avec la nature1 avec nos semblables4 ,examinons les premiers4 ,chacun de nous se prsente l'analyse comme une ,socit de facults qui1 toutes1 ont droit de fonctionner1 parce que toutes sont ncessaires l'harmonie de l'ensemble4 ,certaines de nos impulsions sont antagoniques2 et celles qui ont pour but la satisfaction de nos besoins gostes1 ont une propension constante dpasser leurs limites lgitimes1 consquemment opprimer celles qui nous relient nos semblables4 ,quand nous sommes tiraills en sens contraire1 quand la dissidence est en nous1 qui fera cesser le conflit en dterminant l'option8 videmment notre libre arbitre1 influenc par une autre facult4 ,mais pour nous dcider en vue de notre destine1 quelle doit tre la facult rectrice1 sinon la ,raison ou principe d'ordre en chacun de nous8 ,c'est donc en tablissant en nous la hirarchie des facults en vue de la destine1 et sous le gouvernement de la ,raison1 qu'aucune de nos facults ne sera sacrifie2 que toutes s'harmoniseront selon l'expression de ,m4 ,proudhon pour le bien et la gloire de l'ensemble4 ,c'est dans l'tablissement et le maintien de cette hirarchie que consiste le grand devoir ,autonomique1 ou de gouvernement de soi par soi4 ,ainsi1 dans ce premier ordre de rapports1 il y a ,droit de chaque facult s'exercer2 ,droit de chacune d'elles son excitant propre2 ,mais en mme temps ,devoir pour chacune de ne s'exercer que pour le bien de l'ensemble2 c'est dire de ne jamais dpasser ses limites et pour cela d'obir la ,raison4 ,ainsi celui qui donne la prdominance ses instincts nutritifs1 opprime habituellement en lui les facults intellectuelles1 et dveloppe les instincts gostes aux dpens des instincts de ,justice et de ,sociabilit3 il viole son ,devoir autonomique4 ,celui qui1 par une exaltation vicieuse de son imagination1 refuse ses facults nutritives l'exercice auquel elles ont droit1 affaiblit la ,raison1 exalte l'orgueil jusqu' l'intolrance1 met la folie dans le domaine intellectuel et moral3 celui l viole aussi le ,devoir autonomique4 ,la ,sagesse et le ,devoir sont1 je le rpte1 de soumettre notre tre tout entier la ,raison3 l'exaltation mme du sens de la ,justice1 le plus lev de tous1 est un mal4 ,v ,quelle sera la rgle du ,droit et du ,devoir dans nos rapports avec la nature1 avec les tres sensibles des espces infrieures8 ,l'tre humain1 ,raison1 ,justice1 ,libert1 a ,droit sur les cratures de son globe deux titres3 d'abord pour sa conservation1 puis comme pouvoir harmonisant4 ,d'minents penseurs m'arrteront ici pour me dire3 vous confondez le fait avec le ,droit4 ,ce dernier est une cration de la ,conscience humaine2 il n'existe que de l'tre humain son semblable parce qu'il suppose la rciprocit1 et la possibilit d'une revendication devant une autre conscience4 ,je rponds3 oui le ,droit est une cration de l'humanit1 mais seulement en tant que notion et formules4 ,nos formules exposent la vrit des rapports1 mais ne sont point ces rapports1 pas plus que la formule de la loi d'attraction n'est l'attraction4 ,une notion est ncessairement tire des choses qui la contiennent et consquemment lui taient antcdentes1 car notre esprit ne cre ni les faits ni les rapports1 ni les lois1 il ne fait que les dcouvrir1 les dfinir et les systmatiser4 ,avant de savoir que nous avons des droits1 nous le sentons2 si nous ne le sentions pas1 nous ne le saurions jamais4 ,oui1 le ,droit suppose la rciprocit dans les rapports humains1 mais ne soutenons-nous de rapports qu'avec nos semblables8 ,n'en soutenons-nous pas avec nous-mme1 en tant que ,socit de facults8 ,n'en soutenons-nous pas avec les tres infrieurs8 ,prtendre1 par exemple1 qu'entre l'animal et nous il n'y a ni ,droit ni ,justice1 n'est-ce pas affirmer qu'il y a tout un ordre de rapports d'o peut tre bannie la notion double et corrlative de ,droit et de ,devoir8 ,eh6 bien1 je ne puis accepter cela4 ,pourquoi1 s'il en tait ainsi1 dirait-on3 c'est mal1 quand on voit quelqu'un torturer une bte ou la faire mourir de faim8 ,une chose n'est mal que quand elle est contraire au ,devoir1 et elle n'a ce caractre que quand elle est la violation d'un ,droit4 ,je ne comprends pas1 s'il n'y a pas de ,justice entre l'animal et nous1 pourquoi l'on applaudit aux lois protectrices des animaux4 ,si les animaux n'ont pas de ,droit1 on viole celui de leur propritaire1 en rglant la manire dont il doit se servir de ces tres sensibles4 ,je sais que l'on explique ces lois par l'obligation d'empcher l'homme de s'endurcir1 et de le prparer tre bon pour ses semblables4 ,on en a dit probablement autant des lois protectrices des esclaves4 ,mais la conscience qui est tout autant mue par le ,sentiment qu'claire par la ,raison1 va plus loin sans le savoir elle-mme4 ,si elle analysait1 elle comprendrait que1 sous toute loi de protection1 il y a la reconnaissance implicite d'un ,droit4 ,on peut m'objecter encore qu'en transportant la notion du ,droit au del de l'humanit1 j'anthropomorphise les animaux et que1 si je le fais1 je suis tenue1 pour tre consquente1 de respecter leur vie1 leur progniture et l'exercice de toutes leurs facults4 ,je n'anthropomorphise pas les animaux3 je n'assimile pas leur ,droit au ntre2 mais leur reconnaissant un ,droit1 admettant qu'entre eux et nous il y a ,justice1 je suis tenue de m'expliquer rationnellement la diffrence que je mets entre eux et nous sous le rapport du ,droit1 et de fixer le principe en vertu duquel je puis lgitimement disposer d'eux et en liminer4 ,alors je me dis3 notre race est la ,raison et la ,justice du globe3 c'est elle qui en a le gouvernement pour l'harmoniser3 elle est aux autres cratures1 ce que notre ,raison et notre ,justice personnelles sont nos autres facults4 ,or personne de nous ne conteste que notre ,raison et notre ,justice ne puissent lgitimement supprimer ceux de nos actes ou dsirs qui seraient contraires notre harmonie personnelle4 ,donc l'espce humaine1 ,raison et ,justice de la terre1 a le droit d'liminer tout ce qui nuit son harmonie avec la cration qui lui est confie et dont elle fait une partie de son organisme4 ,mais lorsque nous conservons des tres sensibles qui se font nos auxiliaires1 deviennent en quelque sorte un de nos organes1 et accomplissent ainsi inconsciemment un ,devoir1 c'est nous de leur reconnatre leur ,droit naturel dans la mesure exige par l',ordre4 ,l'animal sent son ,droit1 car il regimbe1 se rvolte1 faut-il l'en dpouiller parce qu'il ne le connat pas2 parce qu'il ne peut le formuler2 parce que1 comme l'esclave abruti1 il n'a que notre voix pour le revendiquer8 ,oui1 de nous l'animal1 il y a ,justice2 ,justice faite par nous seuls1 au nom de la ,raison1 seul juge de la mesure des rapports4 ,celui qui fait souffrir une crature sensible sans ncessit vidente2 qui en abuse comme d'une chose1 qui ne la rend pas aussi heureuse que possible1 qui ne la fait pas progresser1 est non seulement un tre cruel1 mais souvent un lche qui abuse de sa supriorit intellectuelle pour violer le droit le plus sacr3 celui des faibles2 c'est le mme qui1 dans l'ancienne ,rome1 jetait son esclave au vivier pour engraisser ses murnes1 qui l'attachait dans son vestibule avec cet criteau au dessus de sa tte3 prenez garde au chien6 qui se servait du sein de l'esclave femelle1 comme d'une pelotte1 pour y piquer ses pingles pendant la toilette4 ,j'ajouterai1 pour complter ma pense et justifier ma manire de voir1 qu' mes yeux1 il n'y a pas un acte ou un rapport humain qui ne doive tre soumis la notion du ,devoir corrlative celle du ,droit3 car notre espce n'est pas l'humanit en dehors de cette double notion2 elle ne serait plus qu'une famille animale3 en consquence nos rapports avec la nature ne peuvent tre exclus de la thorie du ,droit4 ,je demande pardon mes adversaires de diffrer d'avis avec eux sur ce point si grave de ,philosophie3 mais ils comprendront qu'une femme qui ne consent pas tre un daguerrotype masculin1 doit oser dire sa pense et avoir confiance en sa ,raison4 ,,vi ,dans les deux premiers ordres de rapports que nous avons envisags1 le ,droit et le ,devoir tendent fonder l'harmonie ou l',ordre par la ,hirarchie4 ,pourquoi8 ,parce que le ,droit et le ,devoir sont1 en tant que notions et systmatisation1 des crations de la ,raison humaine qui1 lgitimement1 se subordonne tout4 ,parce qu'en chacun de nous1 cette subordination doit exister1 puisque chacun de nous n'a qu'une ,raison4 ,parce qu'en dehors de l',humanit sur ce globe1 il ne peut y avoir entre elle et les tres infrieurs que des rapports de subordination4 ,entre nos facults d'espces diffrentes1 il faut un ,rgulateur2 ,entre nous et les cratures infrieures1 il faut un rgulateur encore2 ,dans le premier cas c'est la ,raison individuelle qui gouverne2 ,dans le second c'est la ,raison de l'humanit4 ,mais cette loi de ,hirarchie peut-elle rationnellement s'appliquer aux rapports des tres humains entre eux8 ,non2 car ils sont de la mme espce2 ,car chacun d'eux a sa raison1 son sens moral1 son libre-arbitre1 sa volont2 ,car chacun d'eux n'est qu'un lment de destine collective2 un tre incomplet au point de vue de cette destine1 et n'a pas plus la facult de classer les autres1 que les autres de le classer2 ,car chacun d'eux est progressif en lui-mme et dans sa race et peut1 par la culture1 monter du dernier rang au plus lev sous le rapport de l'utilit4 ,qu' l'origine des socits1 l'homme1 se distinguant peine des autres espces sur lesquelles il tablissait son ,droit par la ruse et la force1 ait transport cette notion brutale dans les rapports humains1 ait confondu le semblable faible d'esprit ou de corps avec l'animal1 se soit cru1 au mme titre1 droit de possession sur eux1 et n'ait reconnu comme libres et gaux lui que les forts et les intelligents1 les choses ne pouvaient se passer autrement peut-tre4 ,que1 plus dveloppe1 l'humanit ait transform la notion de ,droit sur le modle du gouvernement de soi-mme1 ait1 en consquence1 tabli la hirarchie et subordonn certaines classes1 certaines castes1 aux individus qu'elle considrait comme les reprsentants de la ,raison et de la ,justice1 les choses ne pouvaient peut-tre encore se passer autrement4 ,mais nous1 franais1 enfants de #hi1 disciples d'une philosophie qui tablit ses axiomes1 non plus sur les a priori de la fantaisie1 mais sur les faits et les lois de la nature et de l'humanit1 nous concevons parfaitement aujourd'hui que l'tre humain ne peut tre compar ni une chose1 ni quelqu'une de nos facults2 ,qu'tant d'espce identique1 nous avons un droit identique2 ,qu'il ne s'agit que d'quilibrer nos droits individuels2 ,que la loi d'quilibre1 c'est l'galit2 ,que l'galit c'est la ,justice2 ,qu'en dehors de l'galit1 il n'y a plus ,raison ni ,justice1 mais rgne de la force1 retour la brutalit de la nature qui est si infrieure nous par l'absence de moralit et de bont4 ,a la lumire de cette ,rvlation de la conscience de la ,france1 la notion de la socit se transforme4 ,la socit n'est plus une hirarchie1 ce n'est plus un tre de raison1 incarn dans un ou quelques-uns2 c'est quelque chose de bien autrement grand et beau2 c'est un ensemble organis d'tres humains1 associs pour se garantir mutuellement l'exercice de leur ,droit individuel1 se faciliter la pratique du ,devoir1 changer quitablement leurs produits1 et travailler de concert la ralisation progressive de la destine humaine4 ,c'est une autonomie collective1 gouverne par la ,loi1 synthse de la ,raison1 de la ,justice et de l',amour de tous4 ,l'tat n'est plus que l'ensemble des organes sociaux1 fonctionnant au profit de tous4 ,le ,pouvoir n'est plus qu'une fonction dlgue par la volont nationale4 ,conue ainsi1 la socit labore progressivement quatre formes du ,droit3 ,droit naturel1 ,droit ,civil1 ,droit ,politique1 ,droit conomique4 ,,vii ,par ,droit naturel1 la ,socit ne peut plus entendre la satisfaction des seuls besoins animaux3 car l'tre humain n'est pas une brute3 il est une ,intelligence1 une ,raison1 une ,justice2 il est aussi l'art1 l'industrie1 la ,libert4 ,donc1 de ,droit naturel1 toute crature humaine est libre1 autonome1 doit dvelopper ses facults1 exercer ses aptitudes sans autre limite que l'galit1 ou le respect du droit identiquement le mme en autrui4 ,quand la ,raison gnrale sera suffisamment pntre de ces notions1 elle formulera non seulement des lois pour protger galement la vie1 l'honneur1 la proprit lgitime des associs1 contre quiconque pntrerait dans la sphre d'autrui pour la troubler ou la dtruire2 mais1 de plus1 elle mettra la disposition de tous1 les moyens de dveloppement qu'elle pourra gnraliser3 tels que l'enseignement des sciences1 des arts1 de l'industrie1 des lois1 etc4 ,elle comprendra que c'est son ,devoir et son intrt4 ,son devoir1 parce que la socit poursuit la ralisation d'une destine dont chacun de ses membres est un lment2 ,son devoir1 parce que tous les co-associs ont un droit gal aux avantages sociaux2 ,son devoir1 parce qu'ils sont runis pour se garantir la jouissance de leurs droits1 et se faciliter la pratique du ,devoir4 ,son intrt1 parce qu'en travaillant rendre possible chacun de ses membres la puissance de se bien gouverner1 elle assure la scurit de tous4 ,la ,raison gnrale1 modifie par la notion moderne de la socit1 rformera profondment son ,droit ,civil4 ,devant ce ,droit1 tous les individus majeurs et sains d'esprit1 seront reconnus aptes concourir aux actes de la vie civile1 disposer de leur travail1 de leur fortune4 ,la socit se contentera de sauvegarder les intrts des mineurs et des interdits et d'empcher que1 dans aucun contrat1 puisse s'introduire une clause attentatoire la dignit de la personne et l'exercice de ses droits4 ,toutes les fonctions tant du ressort du ,droit ,civil1 la socit respectera la manifestation de l'activit de chacun1 et soumettra les fonctions publiques l'lection ou au concours4 ,le ,travail est notre grand ,devoir3 c'est par lui que se ralise la destine humaine2 c'est par lui que se produit le bien-tre2 c'est le pre de tout bien1 l'auxiliaire de la vertu4 ,la ,raison gnrale1 claire par la science conomique qui se forme1 comprendra que le travail est un ,droit1 puisque vivre1 pour l'individu social1 est un ,droit2 elle transformera donc le grand atelier national1 et parviendra progressivement introduire l'galit1 c'est dire l'quit1 dans le domaine de l'change4 ,le ,droit conomique n'existe pas3 l'humanit le tirera de ses entrailles souffrantes et de son cerveau1 comme elle en a tir tous les autres4 ,chacun devant avoir des ,droits naturels1 civils et conomiques gaux1 et un intrt gal ce que les lois et les institutions soient au profit de tous1 a1 par cela mme1 un ,droit gal concourir aux actes politiques qui sauvegardent ses autres droits1 et l'aide desquels les progrs raliss dans les esprits s'incarnent dans les faits sociaux4 ,la ,raison gnrale1 bien pntre de ces vrits1 organisera sous la loi d'galit1 le concours de tous la vie politique1 concours par lequel seul on peut se rputer libre1 en n'obissant qu' la loi qu'on a faite ou consentie4 ,tel est l'idal de la socit fonde par la ,rvolution ,franaise2 idal qui confond toutes les races1 tous les peuples devant le ,droit4 ,a l'aide de cet idal suprieur1 glorieux ,credo de la foi de nos pres1 nous comprenons que les individualits1 les nations et les races suprieures ne sont pas des matres1 mais des frres ans1 des ducateurs2 qu'elles commettent une lchet1 un crime de lse-humanit lorsqu'elles oppriment et abrutissent au profit de leurs passions gostes1 ceux que la ,raison leur confie comme lves2 ,nous comprenons que1 devant le dogme de la ,perfectibilit1 tombent tous leurs hypocrites prtextes de domination2 ,qu'enfin1 en violant les droits de leurs semblables1 elles nient les leurs propres2 qu'en les traitant comme s'ils taient des brutes1 elles se rangent elles-mmes au rang des brutes qui n'ont pour loi que la force et la ruse4 ,si la notion du ,droit se transforme avec l'idal social de #hi1 combien1 en mme temps1 se prcise1 se purifie1 s'lve la sublime notion du ,devoir6 ,respecter les ,droits d'autrui gaux ceux qu'on se reconnat2 ,protger quiconque est opprim quand la socit n'est pas prsente ou n'a pas pourvu2 ,faire respecter sa dignit1 son ,droit2 car ne pas punir celui qui1 sciemment et mchamment1 y attente1 c'est se rendre complice de ses mauvaises passions1 du mal qu'il fait1 de celui qu'il peut faire par suite de l'impunit de sa premire faute2 ,travailler1 non pas seulement dans son intrt particulier1 mais en vue de la destine collective1 observant1 autant qu'il est en soi1 la bonne foi et l'quit dans l'change des produits2 ,s'efforcer de connatre sa propre capacit1 non pour en tirer vanit1 ce qui est puril2 mais afin de rendre tous les services dont on est capable1 au grand corps dont on est un organe2 ,contribuer selon ses forces1 son intelligence1 au ,progrs d'autrui1 l'tablissement de la ,justice1 la vulgarisation des ides vraies et morales1 la destruction des ides fausses2 ,se considrer comme instituteur des ignorants1 comme ,justicier1 comme solidaire de tous2 ,aimer la patrie dans l',humanit et la famille dans la ,patrie2 ,chrir par dessus tout la ,justice4 ,tels sont les principaux devoirs de ceux qui acceptent l'idal nouveau2 de ceux qui ne sont plus des esclaves1 mais des organes de la socit qu'ont fonde et scelle de leur sang nos glorieux pres4 ,et l'on ne peut remplir ces devoirs sans travailler s'harmoniser soi-mme3 admirable conomie de ressort1 qui met d'accord notre perfectionnement propre avec le bien gnral1 l'amour et le respect de nos semblables et de l',ordre4 ,,viii ,plusieurs fois1 lectrices1 nous avons prononc le mot ,libert2 j'espre qu'aucune ne s'est mprise sur le sens que nous lui attribuons4 ,la libert n'est pas le pouvoir de faire tout ce qu'on veut et qu'on est capable de faire3 cela1 c'est la licence2 la libert1 c'est l'exercice des facults dans les limites de l'galit ou du ,droit identique en autrui1 dans les limites du ,devoir4 ,jusqu' quel point la socit a-t-elle le droit de s'immiscer dans le gouvernement de nous-mme et de limiter notre libert8 ,c'est quand par des actes1 et seulement par des actes1 nous transportons dans la sphre d'autrui le trouble que nous avons tabli dans la ntre3 car nous ne pouvons en agir ainsi sans violer le ,droit de quelqu'un4 ,quant aux actes qui ne nuisent qu' nous-mme1 la socit n'a pas les rgler par la loi4 ,ce qu'elle doit faire1 c'est de nous instruire1 et de s'organiser de telle sorte1 que nous n'ayons pas besoin de les commettre4 ,il est de mme bien entendu qu'en parlant de l'galit1 nous n'avons pas prtendu que nous fussions gaux ou mme quivalents en valeur physique1 intellectuelle1 morale et fonctionnelle3 non seulement nous diffrons tous2 mais encore1 dans la mme srie de travaux1 les uns excellent1 d'autres sont mdiocres1 d'autres encore1 infrieurs4 ,ce n'est pas parce que vous tes gales en beaut1 en forces1 en intelligence1 en bont1 en talent1 ni entre vous1 ni avec vos frres1 ,mesdames1 que vous tes gales eux et vos surs devant l'hritage3 c'est parce que1 sur ce point1 on veut bien reconnatre que vous appartenez l'espce humaine et que1 sans dchoir dans l'opinion1 vos parents peuvent avouer que vous tes1 dans leur tendresse1 les gales de ,messieurs vos frres4 ,de mme ce n'est pas par l'galit de valeur que les tres humains socialiss doivent tre gaux en ,droit1 c'est parce que tous1 quelqu'humbles qu'ils soient1 ont le ,droit semblable de se dvelopper1 d'agir librement1 d'accomplir leur destine4 ,travaillons donc la cration de la libert dans l'galit4 ,incarnons ces saintes choses dans la loi1 les institutions sociales1 la pratique gnrale et notre pratique particulire4 ,que chacun puise dans un mme milieu les lments qui conviennent sa nature4 ,l'un sera ,cdre ou ,chne1 l'autre un arbrisseau modeste ou bien une simple fleur1 c'est possible1 c'est probable mme2 mais personne n'aura le droit de se plaindre2 car chacun sera et fera tout ce qu'il pourra tre et faire4 ,il n'y aura plus1 comme aujourd'hui1 ce qui est le crime de quelques uns et la faute de tous1 des cratures humaines qui meurent sans se connatre1 sans avoir pu se dvelopper et rendre les services auxquels les appelait leur organisation4 ,l'histoire nous dit3 l'exercice du ,droit est tellement li au ,progrs1 que de nouveaux progrs ont t faits par l',humanit1 chaque fois que la socit des libres a largi ses rangs pour y admettre de nouveaux mancips1 ou chaque fois qu'elle a proclam la reconnaissance de nouveaux droits et mis ses institutions en accord avec eux4 ,par sottise ou par gosme1 ne restons pas sourds cet enseignement3 car nous sommes coupables de tout le mal et de tout le malheur qui se produisent par l'absence de ,libert et d'galit1 et la culpabilit est comme le sommet des hauts difices3 elle attire la foudre4 ,,ix ,et maintenant1 lecteurs1 rsumons ce chapitre4 ,les notions de ,droit et de ,devoir1 qui sont insparables1 ne peuvent tre conues que par l'tre humain4 ,le ,droit fondamental1 pour chacun de nous1 est la prtention lgitime que nous avons nous dvelopper1 exercer nos facults et possder les choses au moyen desquelles et sur lesquelles elles agissent4 ,le ,devoir fondamental1 corrlatif au ,droit1 est l'emploi de nos facults et de leurs excitants en vue1 et dans le sens de la destine4 ,toute destine est donne par l'ensemble des facults3 d'aprs ce principe1 celle de notre espce est de fonder une socit base sur la ,justice et la ,bont2 de satisfaire tous nos besoins par la cration de la science1 de l'industrie1 de l'art2 de nous harmoniser individuellement et collectivement1 et d'harmoniser progressivement notre globe mesure que nous mettons l'ordre en nous4 ,le ,droit1 pour chacun de nous1 comprend non seulement la vie matrielle1 la libert de nos mouvements1 notre scurit1 mais le dveloppement de notre ,raison1 de notre intelligence1 de notre moralit1 de notre amour1 de nos facults productrices1 de notre autonomie4 ,notre ,devoir est d'employer toutes nos facults la ralisation de notre tche particulire1 tche qui nous est dvolue par nos attractions1 qui est prcise et dirige par la ,raison1 rendue possible par l'ducation1 et qui est accomplie par l'activit et la libert4 ,dans nos rapports avec nous-mme1 comme ensemble de facults2 ,droit lgitime de chacune d'elles s'exercer2 ,devoir de toutes de se soumettre l'approbation et au contrle de la ,raison1 en chacun de nous principe d',ordre4 ,dans nos rapports avec la nature1 ,droit de possession concd par nos besoins et par notre titre de pouvoir harmonisant du globe2 ,devoir envers les cratures sensibles qui sont en notre puissance4 ,dans nos rapports avec nos semblables1 ,droit et ,devoir rciproques2 limitation de la libert individuelle par la libert individuelle1 gale en autrui1 ou formation de l'quilibre des droits semblables dans l'galit4 ,en consquence1 reconnaissance des principes suivants3 ,tout tre humain est1 de ,droit1 libre et autonome1 jusqu' la limite de la libert et de l'autonomie d'autrui2 ,tout tre humain a un droit gal aux lments intellectuels acquis la socit1 et aux institutions gnrales2 ,tout tre humain a ,droit la rmunration quitable du travail qui pourvoit ses besoins2 ,tout tre humain majeur a la mme dignit civile4 ,toutes les fonctions publiques lui sont accessibles sans autre formalit que le concours1 ou le choix des co-associs4 ,dans aucune de ses stipulations1 l'tre humain ne peut traiter de sa personne1 de sa libert4 ,ses engagements sont personnels4 ,tout tre humain tant gal aux autres devant le ,droit naturel1 civil et conomique1 est1 en principe1 gal aux autres devant le ,droit politique1 cr pour sauvegarder les prcdents1 faire descendre dans les faits sociaux les progrs raliss dans les ides1 et empcher que nul ne subisse la loi qu'il n'a pas contribu formuler4 ,tels sont1 ,mesdames1 les principes du ,droit moderne1 proclams du haut de ce nouveau ,sina1 la ,france1 notre chre et glorieuse patrie1 au milieu des clairs et des tonnerres de notre ,rvolution4 ,ah6 ,bnie soit elle cette ,rvolution qui a dit l'esclave3 ,relve ton front1 brise tes chanes3 car tu es un homme4 ,devant moi1 gnie de l',humanit moderne1 il n'y a pas de noirs1 de blancs1 de jaunes1 de cuivrs2 il n'y a pas d',allemands1 d',anglais1 de ,franais1 d',italiens1 il y a des tres humains1 tous gaux devant le ,droit1 tous gaux devant moi1 parce qu'ils sont tous gaux devant la ,raison4 ,relevez-vous tous1 hommes courbs sous le sceptre1 sous la houlette1 sous le fouet ou sous le bton1 car vous n'avez pas de matres2 les ans d'entre vous ne sont que vos instituteurs1 et votre ducation aura son terme4 ,relevez-vous tous1 hommes frres3 coutez ma voix qui vous crie3 l'tre humain ne peut tre heureux et vertueux1 ne peut tre digne et utile1 ne peut tre une crature humaine1 enfin1 que par la libert individuelle dans l'galit collective4 ,et on l'a stupidement maudite cette voix sainte qui venait substituer la justice la force1 rappeler l'humanit au sentiment de sa dignit1 la remettre dans la voie de ses sublimes destines6 ,on l'a stupidement maudite1 cette voix consolante qui promettait le bonheur par le travail et la libert2 qui lectrisait d'un ple l'autre tout ce qui souffrait1 tout ce qui pleurait1 tout cet immense troupeau d'hommes et de femmes mis au rang des brutes par les passions odieusement gostes et perverses d'une poigne de privilgis6 ,rvolution sainte1 qu'ils te jettent leurs derniers anathmes1 les disciples du principe qui se meurt6 ,tu as cri3 ,dlivrance universelle6 ,ils s'obstinent barrer la route du ,progrs2 mais l'humanit leur passera sur le corps pour obir son gnie3 ,car la ,femme commence comprendre4 ,,chapitre ,,ii ,,objections ,,contre ,l',,mancipation ,,des ,,femmes4 ,i ,de quels arguments se servent les adversaires de l'mancipation des femmes1 pour nier l'galit des sexes devant le ,droit8 ,les uns1 thosophes de vieille roche1 prtendent que la moiti de l'humanit est condamne par ,dieu mme se soumettre l'autre parce que1 disent-ils1 la premire femme a pch4 ,ne voulant point sortir du terrain solide de la ,justice1 de la ,raison et des faits prouvs1 nous ne discuterons point avec cette classe d'adversaires4 ,les autres1 qui prtendent relever de l'esprit moderne1 et affichent plus ou moins la prtention d'tre disciples des doctrines de libert1 condamnent la femme l'infriorit et l'obissance parce que1 disent-ils1 elle est plus faible physiquement1 et intellectuellement que l'homme2 ,parce qu'elle remplit des fonctions d'un ordre infrieur2 ,parce qu'elle produit moins que l'homme au point de vue industriel2 ,parce que son temprament particulier l'empche de remplir certaines fonctions2 ,parce qu'elle n'est propre qu' la vie d'intrieur2 que sa vocation est d'tre mre et mnagre1 de se consacrer entirement son mari et ses enfants2 ,parce que l'homme la protge et la nourrit2 ,parce que l'homme est son mandataire1 et exerce le droit pour elle et pour lui2 ,parce que la femme n'a pas plus le temps que la capacit d'exercer certains droits4 ,les droits de la femme sont dans sa beaut et notre amour1 ajoutent quelques-uns1 faisant la bouche en cur4 ,la femme ne rclame pas2 beaucoup de femmes mmes sont scandalises de la revendication faite par quelques-unes1 continuent d'autres mles4 ,et l'on ne mnage ni les railleries1 ni les calomnies1 ni les injures aux femmes courageuses qui plaident la cause du ,droit1 et aux hommes qui les soutiennent1 esprant1 par l1 intimider les premires et dgoter les seconds4 ,vain espoir2 les temps ne sont plus o l'on pouvait nous intimider4 ,s'il est permis de redouter l'opinion de ceux qu'on croit plus justes et plus intelligents que soi1 ce serait folie que de se troubler devant ceux auxquels on se sent en mesure de dmontrer leur irrationalit et leur injustice4 ,cette double dmonstration1 nous allons essayer de la faire1 en reprenant un un les arguments de ces ,messieurs4 #a ,la femme ne peut avoir les mmes droits que l'homme1 parce qu'elle lui est infrieure en facults intellectuelles1 dites-vous1 ,messieurs4 ,de cette proposition1 nous sommes en droit d'induire que vous considrez les facults humaines comme base du ,droit2 ,que la loi1 proclamant l'galit de ,droit pour votre sexe1 vous tes tous gaux en qualits1 tous aussi forts1 aussi intelligents les uns que les autres4 ,qu'enfin1 pas une femme n'est aussi forte1 aussi intelligente que vous2 je ne puis dire3 que le moindre d'entre vous1 puisque1 si le droit est fond sur les qualits1 comme il est gal1 il faut que vos qualits soient gales4 ,or1 ,messieurs que deviennent ces prtentions en prsence des faits1 qui vous montrent tous ingaux en force et en intelligence8 ,que deviennent ces prtentions en prsence des faits1 qui nous montrent une foule de femmes plus fortes que beaucoup d'hommes2 une foule de femmes plus intelligentes que la grande masse des hommes8 tant ingaux de force et d'intelligence1 et cependant dclars gaux en ,droit1 il est donc vident que vous n'avez pas fond le ,droit sur les qualits4 ,et si vous n'avez pas tenu compte de ces qualits quand il s'est agi de votre ,droit1 pourquoi donc en parlez vous si haut quand il est question de celui de la femme8 ,si les facults taient la base du ,droit1 ,messieurs1 comme les qualits sont ingales1 le droit serait ingal2 et1 pour tre juste1 il faudrait accorder le ,droit ceux qui justifient des facults ncessaires et en exclure les autres3 ce compte beaucoup de femmes seraient appeles et une infinit d'hommes exclus4 ,voyez o l'on va quand on n'a pas l'nergie intellectuelle de se rendre compte des principes6 ,vous n'avez qu'un moyen de nous vincer de l'galit1 c'est de prouver que nous n'appartenons pas la mme espce que vous4 #b ,la femme1 ajoutez-vous1 ne peut avoir les mmes droits que l'homme parce que1 mre et mnagre1 elle ne remplit que des fonctions d'un ordre infrieur4 ,de cette seconde proposition1 nous sommes en droit d'induire que les fonctions sont la base du ,droit2 ,que vos fonctions sont quivalentes1 puisque le droit est gal2 ,que les fonctions de la femme ne sont pas quivalentes celles de l'homme4 ,vous avez donc prouver1 ,messieurs1 que les fonctions individuellement remplies par chacun de vous s'quivalent2 que1 par exemple1 ,cuvier1 ,geoffroy ,st-,hilaire1 ,arago1 ,fulton1 ,jacquard1 un certain nombre d'inventeurs et de savants n'ont pas plus fait1 ne font pas plus pour l'humanit et la ,civilisation qu'un nombre gal de fabricants de ttes d'pingles4 ,vous avez prouver ensuite que les travaux de la maternit1 ceux du mnage auxquels le travailleur doit sa vie1 sa sant1 sa force1 la possibilit d'accomplir sa tche2 que ces fonctions sans lesquelles il n'y aurait pas d'humanit1 ne sont pas quivalentes1 c'est dire aussi utiles au corps social que celles du fabricant de bijoux ou de jouets d'enfants4 ,vous avez prouver enfin que les fonctions d'institutrice1 de ngociante1 de teneuse de livres1 de commise1 de couturire1 de modiste1 de cuisinire1 de femme de chambre1 etc41 n'quivalent pas celles d'instituteur1 de ngociant1 de comptable1 de commis1 de tailleur1 de chapelier1 de cuisinier1 de valet de chambre1 etc42 ,je conviens qu'il est fcheux pour votre triomphante argumentation1 de se casser le nez contre les milliers de faits qui nous montrent la femme relle remplissant1 en concurrence avec vous1 des fonctions trs nombreuses2 mais enfin les choses sont ainsi1 et il faut bien en tenir compte4 ,messieurs1 je vous accroche aux cornes de ce dilemme3 si les fonctions sont la base du ,droit1 comme le ,droit est gal1 les fonctions sont quivalentes1 et alors la femme n'en remplit point d'infrieures1 puisqu'il n'y en a point4 ,celles qu'elle remplit sont alors quivalentes aux vtres et1 par cette quivalence1 elle rentre dans l'galit4 ,ou bien les fonctions ne sont pas la base du ,droit2 vous n'en avez pas tenu compte lorsqu'il s'est agi d'tablir votre ,droit3 alors pourquoi parlez-vous des fonctions quand il est question du ,droit de la femme8 ,tirez-vous de l comme vous pourrez3 ce n'est pas moi qui vous dcrocherai4 ,,ii #c ,la femme produit moins que l'homme industriellement1 dites-vous4 ,admettons que cela soit vrai2 comptez-vous pour rien la grande fonction maternelle8 ,les risques que court la femme en l'accomplissant8 ,comptez-vous pour rien les travaux du mnage1 les soins qui vous sont prodigus et auxquels vous devez propret et sant8 ,si la quantit du produit est l'origine de l'galit de ,droit1 pourquoi ceux qui ne produisent que peu de chose1 ceux qui ne produisent rien1 et vous tous qui produisez ingalement avez-vous un ,droit gal8 ,pourquoi tant de femmes qui produisent1 tandis que leurs maris ou leurs fils s'amusent et dissipent1 n'ont elles pas des droits et ces derniers en ont-ils8 ,vous ne faites pas entrer la question du produit dans celle du ,droit quand il s'agit de l'homme1 pourquoi donc l'y faites-vous entrer quand il s'agit de la femme8 ,vous le voyez1 ,messieurs1 toujours irrflchis1 irrationnels1 injustes4 #d ,la femme ne peut tre l'gale de l'homme1 parce que son temprament particulier lui interdit certaines fonctions4 ,bien1 ,messieurs2 alors un lgislateur pourrait1 sans draison1 dcrter que tous les hommes qui1 par temprament1 sont impropres au mtier des armes1 par exemple1 sont hors de l'galit de ,droit8 ,le temprament1 source de ,droit6 ,si une femme avait crit pareille sottise1 elle serait tympanise d'un bout du monde l'autre4 ,pourquoi1 ,messieurs1 n'excluez-vous pas de l'galit tous les hommes faibles1 tous ceux qui sont incapables de remplir les fonctions que vous prjugez la femme incapable de remplir8 ,lorsqu'il s'agit de vous1 vous admettez bien que le droit de remplir toute fonction ne suppose ni la facult ni la volont d'en user2 pourquoi ne raisonnez-vous pas de mme lorsqu'il est question de nous8 ,que penseriez-vous des femmes si1 ayant vos droits et vous le servage1 elles vous tenaient dans une position infrieure sous le prtexte que vous ne pouvez pas accomplir la grande fonction de la gestation et de l'allaitement8 ,l'homme1 diraient-elles1 ne pouvant tre mre et nourrice1 n'aura pas le droit d'tre instruit comme nous1 d'avoir comme nous une dignit civile4 ,son temprament grossier le rend incapable d'tre tmoin dans un acte de naissance et de mort2 il est vident que sa maladresse l'exclut juridiquement des fonctions diplomatiques2 donc nous ne pouvons lui reconnatre le ,droit de les briguer1 etc4 ,eh6 bien1 ,messieurs1 vous raisonnez de la mme manire1 en excluant la femme de l'galit sous le prtexte1 qu'en gnral1 elle est d'un temprament moins fort que le vtre3 c'est dire que vous raisonnez d'une manire absurde4 #e ,la femme ne peut tre l'gale de l'homme en ,droit parce qu'il la protge et la nourrit4 ,si c'est parce que vous nous protgez et nous nourrissez1 que nous ne devons pas avoir notre ,droit1 ,messieurs1 rendez donc leur ,droit aux filles majeures et aux veuves que vous ne nourrissez ni ne protgez4 ,rendez donc leur ,droit aux pouses qui n'ont nul besoin de votre protection1 puisque la loi les protge1 mme contre vous2 aux pouses que vous ne nourrissez pas1 puisqu'elles vous apportent soit une dot soit une profession1 soit des services que vous seriez obligs de rtribuer1 si tout autre vous les rendait4 ,et si1 tre nourri par quelqu'un suffit pour se voir enlever son ,droit1 tez le donc cette foule d'hommes nourris par les revenus ou le travail de leurs femmes4 #f ,l'homme1 pour l'exercice de certains droits1 est le mandataire de la femme4 ,messieurs1 un mandataire est librement choisi et ne s'impose pas3 je ne vous accepte pas pour mandataires3 je suis assez intelligente pour faire mes affaires moi-mme1 et je vous prie de me rendre1 ainsi qu' toutes les femmes qui pensent comme moi1 un mandat dont vous abusez indignement4 ,si les femmes maries1 pour avoir la paix1 veulent bien vous continuer leur mandat1 c'est leur affaire2 mais aucun de vous ne peut lgitimement conserver celui des veuves et des filles majeures4 #g ,la femme n'a pas besoin des mmes droits que l'homme1 parce qu'elle n'a pas plus le temps que la capacit de les exercer4 ,la femme a-t-elle moins de temps et de capacit que vos ouvriers clous douze heures par jour sur leurs travaux morcels et abrutissants8 ,affirmez donc1 si vous l'osez6 ,faut-il moins de temps et de capacit pour dposer dans un procs criminel1 comme le fait la femme1 que pour tre tmoin d'un acte civil ou d'un contrat notari1 droit que la femme n'a pas8 ,faut-il moins de temps et de capacit pour tre tutrice de ses fils et administrer leur fortune1 comme le fait la femme1 que pour tre tutrice d'un tranger et d'un neveu et administrer la leur1 droit que la femme n'a pas8 ,faut-il moins de temps et de capacit pour diriger une fabrique1 une maison de commerce1 des ouvriers1 comme le font tant de femmes1 que pour tre la tte d'un bureau1 d'une administration publique et en diriger les employs1 droit que la femme n'a pas8 ,faut-il moins de temps et de capacit pour se livrer l'enseignement dans une pension nombreuse1 comme le font tant de femmes1 que dans une chaire de facult1 comme l'homme seul en a le droit8 ,la femme prouve1 par ses uvres1 que la capacit et le temps ne lui manquent pas plus qu' vous4 ,les faits tranglent des affirmations dont vous devriez rougir4 ,fi6 ,je ne voudrais pas tre homme1 de peur de dire de semblables choses1 et d'tre conduit prtendre qu'une institutrice1 une femme de lettres1 une artiste1 une habile ngociante1 n'ont pas la capacit d'un portefaix ou d'un chiffonnier1 parce qu'elles n'ont pas de barbe au menton4 #h ,les ,droits de la femme sont dans sa beaut et dans l'amour de l'homme4 ,des droits bass sur la beaut1 et sur cette chose fragile qu'on appelle un amour d'homme6 ,qu'est-ce que cela1 je vous prie1 ,messieurs8 ,alors la femme aura des ,droits si elle est belle et autant qu'elle le sera2 si elle est aime et autant qu'elle le sera8 ,vieille1 laide1 dlaisse1 il faudra la mettre dans la hotte du relve-chiffons pour la transporter aux gmonies8 ,si une femme disait de telles choses1 quel tolle universel6 ,et les hommes prtendent qu'ils sont rationnels6 ,nous flicitons les femmes d'avoir trop de sens commun1 pour l'tre jamais de cette manire4 ,aprs tous ces arguments qui ne soutiennent pas l'analyse1 arrive enfin la triomphante objection3 les femmes ne revendiquent pas leurs ,droits3 beaucoup d'entre elles sont mme scandalises des rclamations faites par quelques-unes au nom de toutes4 ,les femmes ne rclament pas1 ,messieurs8 ,que font donc1 l'heure qu'il est1 une foule d',amricaines8 ,que font donc dj quelques femmes anglaises8 ,qu'ont fait ici en #ahdh ,jeanne ,deroin1 ,pauline ,roland et plusieurs autres8 ,que fais-je aujourd'hui1 au nom d'une lgion de femmes dont je suis l'interprte8 ,toutes les femmes ne rclament pas1 non2 mais ne savez-vous pas que toute revendication de ,droit se pose d'abord isolment8 ,que les esclaves1 habitus leurs chanes1 ne les sentent que lorsque les initiateurs leur montrent les meurtrissures qu'elles ont empreintes dans leur chair8 ,quelques-unes seulement rclament1 dites-vous2 mais est-ce donc d'aprs le principe ou le nombre1 que l'on juge de la bont d'une cause8 ,avez-vous attendu que toute la population mle revendiqut son droit au suffrage universel pour le dcrter8 ,avez-vous attendu la revendication de tous les esclaves de vos colonies pour les manciper8 ,oui1 c'est vrai1 ,messieurs1 beaucoup de femmes sont contre l'mancipation de leur sexe4 ,qu'est-ce que cela prouve8 ,qu'il y a des cratures humaines assez abaisses pour avoir perdu tout sentiment de dignit2 mais non pas que le ,droit n'est pas le ,droit4 ,parmi les noirs1 il y en a beaucoup qui hassent1 dnoncent1 livrent au fouet et la mort ceux d'entre eux qui mditent de briser leurs fers3 qui a raison1 qui a le sentiment de la dignit humaine1 de ces derniers ou des autres8 ,nous revendiquons notre place vos cts1 ,messieurs1 parce que l'identit d'espce nous donne le ,droit de l'occuper4 ,nous revendiquons notre ,droit1 parce que l'infriorit dans laquelle nous sommes tenues1 est une des causes les plus actives de la dissolution des murs4 ,nous revendiquons notre ,droit1 parce que nous sommes persuades que la femme a son cachet propre poser sur la ,science1 la ,philosophie1 la ,justice et la ,politique4 ,nous revendiquons notre ,droit1 enfin1 parce que nous sommes convaincues que les questions gnrales1 dont le dfaut de solution menace de ruine notre ,civilisation moderne1 ne peuvent tre rsolues qu'avec le concours de la femme1 dlivre de ses fers et laisse libre dans son gnie4 ,n'est-ce pas1 ,messieurs1 que c'est une grande preuve de notre insanit1 de notre impuret1 que cet immense dsir prouv par nous1 d'arrter la corruption des murs1 de travailler au triomphe de la ,justice1 l'avnement du rgne du ,devoir et de la ,raison1 l'tablissement d'un ordre de choses o l'humanit1 plus digne et plus heureuse1 poursuivra ses glorieuses destines sans accompagnement de canon1 sans effusion de sang vers8 ,n'est-ce pas que les femmes de l'mancipation sont des impures que le pch a rendues folles1 des tres incapables de comprendre la justice et les uvres de conscience8 ,,iii ,concluons1 ,messieurs4 ,lors mme qu'il serait vrai1 ce que je nie1 que la femme vous soit infrieure2 lors mme qu'il serait vrai1 ce que les faits dmontrent faux1 qu'elle ne peut remplir aucune des fonctions que vous remplissez1 qu'elle n'est propre qu' la maternit et au mnage1 elle n'en serait pas moins votre gale devant le ,droit1 parce que le ,droit ne se base ni sur la supriorit des facults1 ni sur celle des fonctions qui en ressortent1 mais sur l'identit d'espce4 ,crature humaine comme vous1 ayant comme vous une intelligence1 une volont1 un libre-arbitre1 des aptitudes diverses1 la femme a le ,droit1 comme vous1 d'tre libre1 autonome1 de dvelopper librement ses facults1 d'exercer librement son activit3 lui tracer sa route1 la rduire en servage1 comme vous le faites1 est donc une violation du ,droit humain dans la personne de la femme3 c'est un odieux abus de la force4 ,au point de vue des faits1 cette violation de ,droit revt la forme d'une dplorable inconsquence3 car il se trouve que beaucoup de femmes sont trs suprieures la plupart des hommes2 d'o il rsulte que le ,droit est accord ceux qui ne devraient pas l'avoir1 d'aprs votre doctrine1 et refus celles qui1 d'aprs la mme doctrine1 devraient le possder1 puisqu'elles justifient des qualits requises4 ,il se trouve que vous reconnaissez le ,droit aux qualits et fonctions1 parce qu'on est homme1 et que vous cessez de le reconnatre dans le mme cas1 parce qu'on est femme4 ,et vous vantez votre haute ,raison1 et vous vous vantez de possder le sens de la ,justice6 ,prenez garde1 ,messieurs6 ,nos droits ont le mme fondement que les vtres2 en niant les premiers1 vous niez en principe les derniers4 ,encore un mot vous1 prtendus disciples des doctrines de #hi1 et nous aurons fini4 ,savez-vous pourquoi tant de femmes prirent parti pour notre grande ,rvolution1 armrent les hommes et bercrent leurs enfants au chant de la ,marseillaise8 ,c'est parce que1 sous la ,dclaration des ,droits de l',homme et du ,citoyen1 elles croyaient voir la ,dclaration des ,droits de la ,femme et de la ,citoyenne4 ,quand l',assemble se fut charge de les dtromper1 en manquant de logique leur gard1 en fermant leurs runions1 elles abandonnrent la ,rvolution1 et vous savez ce qui advint4 ,savez-vous pourquoi1 en #ahdh1 tant de femmes1 surtout parmi le peuple1 se dclarrent pour la ,rvolution8 ,c'est qu'elles esprrent que l'on serait plus consquent leur gard que par le pass4 ,lorsque1 dans leur sot orgueil et leur inintelligence1 les reprsentants1 non seulement leur interdirent de se runir1 mais les chassrent des assembles d'hommes1 les femmes abandonnrent la ,rvolution1 en dtachrent leurs maris et leurs fils1 et vous savez encore ce qui advint4 ,comprenez-vous enfin1 ,messieurs les inconsquents8 ,je vous le dis en vrit1 toutes vos luttes sont vaines1 si la femme ne marche pas avec vous4 ,un ordre de choses peut s'tablir par un coup de main2 mais il ne se maintient que par l'adhsion des majorits2 et ces majorits1 ,messieurs1 c'est nous1 femmes1 qui les formons par l'influence que nous avons sur les hommes1 par l'ducation que nous leur donnons avec notre lait4 ,nous pouvons leur inspirer1 ds le berceau1 amour1 haine ou indiffrence pour certains principes3 c'est l qu'est notre force2 et vous tes des aveugles de ne pas comprendre que si la femme est d'un ct1 l'homme de l'autre1 l'humanit est condamne faire l'uvre de ,pnlope4 ,messieurs1 la femme est mre pour la libert civile1 et nous vous dclarons que nous considrerons dsormais comme ennemi du ,progrs et de la ,rvolution quiconque s'lvera contre notre lgitime revendication2 tandis que nous rangerons parmi les amis du ,progrs et de la ,rvolution ceux qui se prononceront pour notre mancipation civile1 ,,fut-,,ce ,,vos ,,adversaires4 ,si vous refusez d'couter nos lgitimes rclamations1 nous vous accuserons devant la postrit du crime que vous reprochez aux possesseurs d'esclaves4 ,nous vous accuserons devant la postrit d'avoir ni les facults de la femme1 parce que vous avez eu peur de sa concurrence4 ,nous vous accuserons devant la postrit de lui avoir refus justice1 afin d'en faire votre servante et votre jouet4 ,nous vous accuserons devant la postrit d'tre les ennemis du ,droit et du ,progrs4 ,et notre accusation demeurera debout et vivante devant les gnrations futures qui1 plus claires1 plus justes1 plus morales que vous1 dtourneront avec ddain1 avec mpris1 les yeux de la tombe de leurs pres4 ,,chapitre ,,iii4 ,,tat ,,de ,,la ,,femme ,,fran,,aise ,,devant ,,les ,m,,urs ,,et ,,la ,l,,gislation4 ,,dialogue ,,entre ,,une ,,jeune ,,femme ,,et ,l',,auteur4 ,i ,l',,auteur4 ,que concluez-vous1 ,madame1 des principes et des faits que nous avons tablis dans les deux prcdents chapitres8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,que la femme tant1 comme l'homme1 un tre humain1 un lment de destine collective1 un membre du corps social1 la logique exige qu'elle soit considre comme son gale devant le droit4 ,qu'en consquence1 elle doit trouver dans la loi et la pratique sociales le respect de son autonomie1 les mmes ressources que l'homme pour son dveloppement intellectuel1 l'emploi de son activit1 la mme protection pour sa dignit1 sa moralit4 ,l',,auteur4 ,fort bien4 ,voyons donc comment se comportent1 l'gard de la femme1 notre socit et notre lgislation4 ,nous avons de nombreux lyces1 des coles spciales1 des acadmies4 ,ce sont des institutions nationales3 la femme y a donc droit4 ,or1 vous savez qu'elle ne peut s'y prsenter2 que le ,collge de ,france mme lui est interdit4 ,je sais que1 pour justifier ce dni de justice1 on dit que la femme n'a pas besoin de haut enseignement pour remplir les fonctions qui lui sont dvolues par la nature2 que n'ayant ni la vocation1 ni le temps1 il est inutile que les portes des coles spciales s'ouvrent devant elle1 etc4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,nous1 jeune gnration de femmes1 nous protestons contre ces allgations au nom de la justice1 du sens commun et des faits4 ,si la femme est vince des tablissements soutenus par le budget de l'tat1 qu'on l'exempte aussi de l'impt4 ,je ne vois pas pourquoi nous contribuerions payer les frais d'institutions dont nous ne profitons pas4 ,si la femme n'a pas vocation1 il est inutile de lui fermer les coles1 elle ne les frquentera pas plus que les hommes qui n'y vont pas4 ,si la femme n'a pas le temps de les frquenter1 il est vident que l'interdiction est ridicule3 on ne fait pas ce qu'on n'a pas le temps de faire4 ,mais ces allgations sont-elles de bonne foi8 ,non certes2 car dire que la femme1 pour remplir ses modestes fonctions1 n'a nul besoin d'tre aussi instruite que l'homme1 c'est supposer qu'elle se borne celles-l2 et l'on sait bien que cela n'est pas vrai4 ,c'est oublier ensuite que1 destine exercer sur l'homme poux et fils une influence qui les dirige et les transforme1 il faut mettre la femme en tat de rendre cette influence bonne et leve4 ,en dfinitive1 d'ailleurs1 comme les hommes ne fondent pas leur droit de participer aux bienfaits de l'ducation nationale sur leur vocation et sur leur temps1 je ne vois pas que notre temps et notre vocation puissent tre pour nous la base du mme droit4 ,l',,auteur4 ,et cependant1 ,madame1 la socit prend son parti de ce dni de justice1 et la masse des femmes se dclarent contre celles qui1 d'une trempe vigoureuse1 protestent contre cet tat de choses4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,notre jeune gnration est trop impatiente du joug1 pour ne pas se ranger avec vous4 ,il n'y en a plus gure parmi nous qui s'imaginent1 comme nos grand'-mres1 que la femme est plus cre pour l'homme que lui pour elle2 ,que la femme est infrieure l'homme et doit lui obir2 ,que la femme ne doit pas recevoir la mme ducation que l'homme2 ,qu'une femme ne peut avoir de vocations identiques celles de l'homme4 ,nous commenons trouver fort surprenant qu'un prosateur barbu1 dont les uvres n'ont pas franchi la frontire1 un faiseur de tartines quotidiennes1 puissent attacher la rosette leur habit1 tandis que ,g4 ,sand1 dont le nom est universel1 ne saurait tre dcore2 ,qu'un paysagiste puisse tre rcompens de la croix qu'on ne songerait pas donner cette admirable femme1 ,rosa ,bonheur1 qui nous fait communier avec les animaux1 et1 par les yeux1 nous rend meilleurs pour tout ce qui vit4 ,si une femme obtient une distinction1 c'est en qualit de garde-malade444 parce que les hommes n'envient pas la fonction de sur de charit4 ,,ii ,,emploi ,,de ,l',,activit4 ,l',,auteur4 ,non seulement la femme ne trouve point accs dans les tablissements d'instruction nationale1 mais une foule de fonctions prives lui sont interdites2 les hommes s'emparent de celles qui lui conviendraient le mieux1 et souvent lui laissent celles qui conviendraient mieux aux hommes3 c'est ainsi que des femmes portent des fardeaux1 tandis que1 selon la plaisante expression de ,fourier1 des hommes voiturent une tasse de caf avec des bras velus4 ,il y a plus3 si des hommes et des femmes sont en concurrence de fonction1 l'homme est mieux rtribu que la femme pour le mme travail2 et la socit trouve cela tout simple et fort juste4 ,fort juste de payer l'accoucheuse moins que l'accoucheur4 ,l'institutrice que l'instituteur1 ,la femme professeur que son concurrent mle1 ,la comptable que le comptable1 ,la commise que le commis1 ,la cuisinire que le cuisinier1 etc41 etc4 ,cette dprciation du travail de la femme fait que1 dans les professions qu'elle exerce1 elle ne gagne1 le plus souvent en s'extnuant1 que de quoi mourir lentement de faim4 ,pourquoi1 je vous le demande1 galit de fonction et de travail1 rtribuer moins la femme que l'homme8 ,pourquoi la rtribuer1 comme on le fait1 contre toute quit1 dans les travaux qu'elle excute seule8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,vous savez1 ,madame1 que1 pour justifier cela1 on prtend que nous avons moins de besoins que l'homme2 puis que l'quilibre se rtablit dans le mnage par le gain suprieur de ce dernier4 ,l',,auteur4 ,je connais ces prtextes invents pour endormir la conscience2 mais vous1 femme de la gnration nouvelle1 les acceptez-vous8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,non3 car la femme1 devant tre l'gale de l'homme en tout1 doit l'tre dans le droit industriel comme dans les autres4 ,il n'est pas vrai d'abord que nous ayons moins de besoins que l'homme3 nous nous rsignons mieux aux privations1 voil tout4 ,il n'est pas vrai davantage que1 d'une manire gnrale1 l'quilibre dans le mnage se rtablisse3 il faudrait pour cela que toute femme ft marie3 or1 on se marie de moins en moins1 il y a donc beaucoup de filles1 beaucoup de veuves charges d'enfants2 une foule innombrable de femmes maries des hommes qui divisent leur gain entre deux mnages ou le dissipent au cabaret1 au jeu1 etc4 ,d'o il rsulte qu'on rtribue moins une fille1 une veuve1 une femme abandonne de son mari1 parce que1 dans le mnage1 qui n'existe pas alors1 l'quilibre se rtablit4 ,oh6 suprme bon sens6 ,l',,auteur4 ,et comme la mdiocrit de nos besoins et le magnifique quilibre dont on parle1 n'existent que dans l'imagination1 la femme relle1 trouvant que la faim et les privations sont des htes incommodes1 se vend l'homme et se hte de vivre1 parce qu'elle sait que1 vieille1 elle n'aurait pas de quoi manger4 ,et l'quilibre se rtablit par la dmoralisation des deux sexes1 la dsolation des familles1 la ruine des fortunes1 l'tiolement de la gnration prsente et future4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,en vrit1 ,madame1 quoique le moyen ge ft bien travaill par des doctrines contraires la dignit de la femme1 les barons fodaux lui taient moins opposs que les fils de leurs serfs mancips3 ,si j'ai bonne mmoire1 plusieurs femmes ont port le bonnet de docteur dans ces temps anciens1 et ont occup1 surtout en ,italie1 des chaires de ,philosophie1 de ,droit1 de ,mathmatique1 et ont excit l'admiration et l'enthousiasme4 ,si j'ai bonne mmoire encore1 plusieurs femmes ont t reues docteur en mdecine1 et c'taient la plupart du temps les chtelaines qui exeraient autour d'elles l'art de gurir2 beaucoup d'entre elles savaient prparer des baumes4 ,aujourd'hui l'une des fonctions1 surtout1 qu'on ne confie pas notre sexe est l'exercice de la mdecine4 ,il me semble cependant qu'une socit faisant quelque cas de la pudeur1 ne devrait pas hsiter en confier l'exercice aux femmes qui ont aptitude4 ,que les hommes soient traits par les hommes1 cela se conoit2 mais qu'une femme confie les secrets de son temprament un homme1 que cet homme1 cet tranger1 pose ses yeux et sa main sur son corps1 c'est une impudeur1 c'est une honte6 ,l',,auteur4 ,n'est-ce pas la faute des hommes qui persuadent aux femmes que leur sexe1 n'ayant pas aptitude la science1 il n'y aurait pas scurit pour elles se mettre entre les mains d'un mdecin de leur sexe8 ,n'est-ce pas la faute des hommes qui exigent de leurs femmes qu'elles se fassent assister par un accoucheur au lieu d'une accoucheuse8 ,ce qu'il y a de curieux1 c'est que les honntes femmes hsitent moins se laisser visiter et toucher par un mdecin que celles dites non chastes444 moins que celles-ci ne chment de consolateurs3 ,vous direz que ce souci n'est pas interdit aux femmes honntes444 ,inclinons-nous donc1 ,madame1 devant l'honorable confiance et le charmant caractre de ,messieurs les maris dont les femmes ont de frquentes vapeurs1 et des affections plus on moins utrines4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,un sentiment de ,m4 ,e4 ,legouv m'a frappe3 c'est la confiance qu'il exprime en notre perspicacit et en notre dlicatesse pour le traitement des affections nerveuses1 si nous tions appeles exercer la mdecine4 ,l',,auteur4 ,il a l'intuition de la vrit2 si l'homme1 en gnral1 comprend mieux le muscle et l'os1 nous comprenons mieux le nerf et la vie4 ,la femme mdecin a gnralement un lment de diagnostic qui manque l'homme3 c'est une disposition sentir l'tat de son malade3 voil pourquoi les nvroses ne seront prvenues et rellement guries1 que lorsque les femmes s'en mleront scientifiquement4 ,ajoutons que ce sera seulement alors que les enfants seront convenablement traits dans leurs maladies1 parce que la femme a l'intuition de l'tat de l'enfant2 elle l'aime1 se met en communion avec lui2 devant tre mre1 elle est organise pour tre avec l'enfant dans un rapport bien autrement intime que l'homme4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,a priori1 ce que vous dites l me semble vrai4 ,l',,auteur4 ,de mme1 ,madame1 que l'on ne peut pratiquer la ,justice qu'en sentant les autres en soi1 l'on ne peut1 croyez-le1 pratiquer avec succs la ,mdecine1 qu'en sentant ceux que l'on traite3 la science n'est rien sans cette communion3 il faut aimer ses semblables pour pouvoir les gurir1 parce que les ressources thrapeutiques varient selon l'tat individuel des sujets4 ,donc1 de mme que l'amour seul ne peut suffire1 la science seule ne suffit pas1 puisqu'il faut1 pour gurir1 que1 dans sa gnralit1 elle s'individualise2 ce qui ne peut se faire que par l'intuition1 fille de la bienveillance et de la dlicatesse nerveuse4 ,mais laissons ce sujet qui nous conduirait trop loin1 et redisons que la femme cultive1 laisse libre dans la manifestation de son gnie1 est destine transformer la ,mdecine comme toute chose1 en y mettant son propre cachet4 ,maintenant rsumons-nous1 ,madame4 ,nous venons de voir que notre sexe ne peut1 qu'exceptionnellement1 trouver dans l'emploi de son activit les moyens de suffire ses besoins1 c'est dire les moyens de rester moral4 ,que1 trait comme serf1 on lui interdit non seulement plusieurs carrires1 mais encore que1 lorsqu'il se rencontre en concurrence avec l'autre1 il est gnralement moins bien rtribu que ce dernier4 ,de telle sorte que la femme1 rpute plus faible1 est oblige de travailler plus fort1 pour ne pas gagner davantage4 ,que pensez-vous de notre raison et de notre quit8 ,,iii ,,chastet ,,de ,,la ,,femme4 ,l',,auteur4 ,notre idal du ,droit tant la ,libert dans l'galit suppose l'unit de loi ,morale et une gale protection pour tous4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,en effet1 dans une socit1 il ne peut pas plus y avoir deux ,morales que deux sortes de ,droits fondamentaux1 quand l'galit est la base4 ,l',,auteur4 ,nos murs et notre lgislation n'ont pas votre brutale logique1 ,madame4 ,il y a deux ,morales3 une peu exigeante1 facile2 c'est celle de l'homme4 ,l'autre svre1 difficile2 c'est celle de la femme4 ,la ,socit rationnelle44444 comme elle l'est toujours1 a charg du lourd fardeau les paules de l'tre rput faible1 inconsistant1 et a plac le fardeau lger sur celles du fort1 sans doute parce qu'il est rput le sage1 le courageux3 n'est-ce pas quitable8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,cela me semble au contraire trs injuste et fort peu raisonnable4 ,si la femme est faible1 imparfaite et l'homme fort et raisonnable1 on doit moins exiger de la premire que du dernier4 ,prtendre que la femme peut et doit tre suprieure l'homme en moralit1 c'est avouer qu'elle possde plus que lui les facults qui lvent notre espce au dessus des autres3 c'est donc une contradiction4 ,le sens moral donnant la puissance de se gouverner en vue d'un idal de perfection1 si la femme le possde plus que l'homme1 que devient l'excellence de celui-ci qui avoue ne pouvoir vaincre ses instincts brutaux8 ,l',,auteur4 ,vous tes trop curieuse1 ,madame2 la ,socit se contredit1 mais ne s'explique pas2 elle n'est pas du tout philosophe4 ,elle a dcid que l'excellence de l'homme ne l'oblige point vaincre toutes les passions qui nuisent autrui1 mais seulement celles qui ont pour point de mire la pice de monnaie4 ,s'il vous drobe votre montre ou votre mouchoir1 c'est un coquin digne de la prison2 mais s'il vous drobe votre joie1 en sduisant votre fille1 s'il la jette dans une voie de dsordres et de honte1 et vous expose mourir de douleur1 c'est un charmant garon4 ,est-ce que vous vous seriez mis dans l'esprit que la moralit1 l'honneur et l'avenir de votre fille eussent autant de valeur que votre montre ou votre mouchoir8 ,dans une faute contre ce qu'on nomme la chastet1 l'unit de morale et la logique exigent qu'il y ait deux coupables1 et l'quit prononce que le provocateur est plus coupable que le provoqu4 ,notre socit modle prtend qu'il n'y a qu'un coupable1 le faible1 le crdule1 le provoqu2 l'autre est un dlicieux conqurant auquel sourient toutes les mres4 ,ceci bien entendu1 le ,code dclare qu'une fille de quinze ans est seule responsable de ce qu'on nomme son honneur4 ,il ne punit point le sducteur2 donc il ne le reconnat point coupable4 ,si l'on enlve une mineure1 si on la viole1 si on la corrompt pour le compte d'autrui1 on est puni1 la vrit1 mais d'une manire fort insuffisante4 ,une pauvre enfant de seize ou dix-sept ans est-elle devenue enceinte1 le sducteur1 presque toujours1 l'abandonne4 ,que reste-t-il l'imprudente8 une vie brise1 un veuvage ternel1 un enfant lever4 ,si1 pour apaiser son pre furieux1 elle lui montre des lettres qui prouvent la paternit du misrable1 l'engagement qu'il a pris de reconnatre l'enfant et de pourvoir en partie ses besoins1 une promesse de mariage peut-tre1 le pre rpte ces dures paroles de la loi3 ,toute promesse de mariage est nulle4 ,tout enfant naturel reste la charge de la mre4 ,la recherche de la paternit est interdite4 ,ainsi donc1 ,messieurs1 ne vous gnez pas1 sduisez les filles en leur promettant le mariage1 signez cette promesse de votre plus beau paraphe2 soyez1 de fait1 pres de plusieurs enfants et laissez aux filles1 qui gagnent si peu1 la charge de les lever2 vous n'avez rien craindre4 ,la femme est condamne par la loi et par l'opinion porter le fardeau de ses fautes et des vtres2 car c'est une crature tout la fois bien faible et bien forte3 faible1 pour qu'on puisse l'opprimer1 forte1 plus forte que vous1 pour qu'on puisse la condamner3 elle a le sort de toutes les victimes4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,a ces critiques1 j'ai souvent entendu rpondre3 ,que les mres gardent leurs filles6 ,et j'ai dit3 garder ses filles est facile aux privilgies2 mais est-ce que les ouvrires peuvent garder les leurs qui vont en apprentissage onze ou douze ans8 ,est-ce qu'elles peuvent les accompagner dans leurs ateliers1 lorsqu'elles vont essayer ou reporter de l'ouvrage8 ,si l'on convient que les filles ont besoin d'tre gardes1 et qu'il n'y ait qu'une imperceptible minorit de mres qui puissent exercer cette surveillance1 il est clair que le devoir social est de faire des lois pour les protger toutes4 ,l',,auteur4 ,parfaitement raisonn1 ,madame2 mais pour transformer la loi1 il faut travailler transformer l'opinion4 ,vous voyez que les femmes acceptent les deux ,morales2 qu'elles ne se sentent pas monter la honte au front de ce que leur sexe est sacrifi la dgotante lubricit de l'autre4 ,loin de l1 ces esclaves sans pense jettent la pierre la pauvre fille sduite et abandonne1 tout en ouvrant deux battants leur porte au suborneur4 ,elles font plus1 elles lui confient l'avenir de leur fille sous le couvert de l'charpe municipale4 ,elles mprisent la lorette et la pensionnaire du lupanar1 mais elles reoivent ceux dont les vices1 l'gosme et l'argent entretiennent ces deux plaies4 ,elles ne sentent pas que recevoir chez soi1 le sachant1 un homme qui a sduit et dlaiss une fille1 un homme qui entretient une lorette1 ou un homme qui frquente les lieux infmes1 c'est se rendre complice de leurs actes et de la dgradation1 de l'oppression de leur propre sexe4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ah6 bon ,dieu1 si nous suivions vos principes1 combien peu d'hommes nous devrions admettre dans notre socit6 ,l',,auteur4 ,soyez consquente1 ,madame2 si vous ne vous croyez pas permis de recevoir une prostitue1 vous ne pouvez logiquement vous permettre de recevoir le prostitu qui la paie4 ,les hommes seraient plus chastes1 si les honntes femmes taient plus svres et levaient leurs fils dans la chastet1 au lieu de rpter comme de cruelles idiotes3 ,j'ai lch mon coq1 cachez vos poules4 ,il faut que les jeunes gens jettent la gourme du cur4 ,ce qui1 traduit en bon franais1 signifie3 mon fils a le droit de prendre vos filles1 et de traiter le sexe auquel j'appartiens comme un gout1 ou comme un jouet qu'on brise sans scrupule4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,vous reconnatrez1 j'espre1 que nous1 femmes de la jeune gnration1 nous sommes moins inconsquentes que nos mres1 puisque nous n'admettons pas deux ,morales1 mais une seule4 ,l',,auteur4 ,oui1 vous tes plus logiques1 mais vous manquez d'idal2 et1 au lieu de purifier la ,morale et d'y soumettre les deux sexes1 comme des esclaves rvoltes1 vous vous soumettez la ,morale relche ou plutt l'immoralit de l'autre sexe4 ,vous oubliez que la libert doit produire des fruits de salut et non pas la dcomposition4 ,vous comprenez l'galit comme les ,romaines de la dcadence1 dans le vice4 ,pauvres enfants1 est-ce bien votre faute8 ,la loi qui abandonne votre chastet aux passions de l'homme1 a-t-elle pu vous donner une grande estime pour cette vertu8 ,ne devez-vous pas croire1 au contraire1 que ce qui est licite pour l'homme1 peccadille pour lui1 l'est pour vous2 au lieu de penser que ce qui ne vous est pas permis1 ne le lui est pas davantage8 ,ah6 vous tes toujours les esclaves de l'homme1 vous qui vous soumettez sa loi ,morale au lieu de l'lever la vtre6 ,arrtez-vous donc1 en voyant les fruits amers d'une semblable erreur4 ,regardez3 partout l'adultre1 la prostitution sous toutes les formes1 l'abandon de milliers d'enfants1 l'infanticide tous ses degrs1 la corruption s'exerant au grand jour la porte de certaines fabriques1 l'enregistrement de filles de seize ans dans la grande arme de la prostitution1 une foule d'hommes1 assez bas descendus pour jouer le rle d'hommes entretenus1 et l'amour fuyant de la terre pour cder la place la passion bestiale1 effrne1 qui dvore les mes et les corps3 voil ce que vous avez accept en acceptant l'immoralit masculine6 ,oui1 il n'y a qu'une ,morale1 mais ce n'est pas la chose hideuse qui amne ces pouvantables rsultats4 ,ne vous avilissez donc pas en prenant les hommes pour modles4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,comment chapper la dgradation1 si les murs et la loi donnent l'homme le droit du seigneur8 ,si1 d'autre part1 nous sommes obliges de vivre des passions de l'homme1 parce que nous ne pouvons nous suffire par notre travail8 ,si enfin notre activit inquite ne trouve pas d'emploi1 parce que l'homme1 s'emparant de tout1 nous condamne la misre et au dsuvrement8 ,l',,auteur4 ,c'est pour sortir de cette situation que vous devez rclamer nergiquement et constamment vos droits2 vous emparer rsolment1 quand cela se peut1 des situations contestes2 avoir une initiative1 au lieu de songer1 comme vous le faites1 vous parer et exploiter l'homme4 ,croyez-vous donc que ceux qui ont conquis leurs ,droits1 l'ont fait par la paresse1 la futilit1 le vice8 ,non certes2 mais par le travail1 la constance1 le courage2 en comptant sur eux et non sur les autres4 ,,iv ,,droit ,,politique4 ,l',,auteur4 ,nous avons tabli que le ,droit tant absolument gal pour les deux sexes1 le ,droit politique appartient en principe la femme1 comme tout autre ,droit4 ,or vous savez1 ,madame1 que si vous contribuez comme l'homme aux charges publiques2 ,que si vous tes de moiti dans la reproduction et la conservation des citoyens2 ,que si1 par votre travail1 vous contribuez comme l'homme la production de la richesse nationale2 ,qu'enfin si1 par vos intrts et vos affections1 les questions gnrales vous importent tout autant qu' l'homme1 ,cependant vous n'avez aucun ,droit politique3 on semble croire que les affaires gnrales ne vous regardent pas4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,j'ai entendu dire que1 dans les choses d'intrt gnral1 l'homme a une double reprsentation4 ,l',,auteur4 ,il reprsente la femme comme le monarque ses sujets1 le matre ses esclaves4 ,si l'homme peut reprsenter sa femme et lui1 il ne peut reprsenter les filles majeures et les veuves2 pourquoi celles-ci ne se reprsentent-elles pas elles-mmes comme les hommes non maris8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,souvent l'on a prtendu devant moi que la femme est renferme dans un cercle d'ides trop troites1 par suite de ses occupations habituelles1 pour tre capable de fournir un vote intelligent4 ,l',,auteur4 ,n'aviez vous pas rpondre cela que les ouvriers1 renferms dans les minimes dtails de leur mtier1 ne sauraient s'lever mieux que les femmes la comprhension des questions gnrales8 ,que tous les votants ne sont pas des philosophes8 ,que1 par la grce de la barbe1 nos paysans1 nos mineurs1 nos tisseurs1 nos casseurs de pierres1 nos balayeurs1 nos chiffonniers1 n'ont pas1 jour fixe1 l'intuition des besoins du pays8 ,que les femmes1 l'heure qu'il est1 ne s'occupent pas moins ni plus mal de politique que les hommes1 qu'elles en discutent avec eux1 et ont souvent une grande influence sur le vote de leurs maris8 ,qu'enfin1 puisqu'on reconnat le ,droit politique l'homme1 indpendamment de son degr d'intelligence et d'instruction1 de la nature de ses occupations et de l'tat de sa sant1 vous ne comprenez pas pourquoi l'on tiendrait compte de ces choses quand il s'agit du ,droit politique de la femme8 ,n'auriez vous pu ajouter3 il est assez singulier que tant d'imbciles aillent voter1 tandis que des femmes intelligentes1 clbres mme1 sont repousses de l'urne lectorale4 ,il est assez outrecuidant de la part des hommes de supposer que des femmes artistes1 des ngociantes1 des institutrices1 sont moins capables1 au point de vue politique1 que des cureurs d'got1 des porteurs d'eau1 des charbonniers et des balayeurs4 ,toute franaise majeure a le ,droit de rclamer sa #cf millionime part du vote gnral3 elle est serve politique1 tant qu'elle en est dpouille1 parce qu'elle subit des lois qu'elle n'a pas concouru faire1 et paie des impts qu'elle n'a pas concouru fixer4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,je n'ai rien dire cela1 sinon que je ne me sens pas porte rclamer mon ,droit politique4 ,cette revendication me laisserait froide1 tandis que celle du ,droit civil me trouve prte la soutenir chaudement4 ,l',,auteur4 ,vous ne me surprenez pas1 ,madame2 la route de l'humanit se divise par tapes2 vous sentez1 sans vous en rendre compte1 qu'elle n'en peut fournir deux la fois4 ,vous tes prte pour le droit civil1 dont la jouissance et la pratique vous mriront pour le ,droit politique4 ,il est dans la pratique de l',humanit1 que les majeurs de l'espce ne reconnaissent de ,droits aux mineurs1 en dehors des plus simples droits naturels1 que lorsque ceux-ci les revendiquent jusqu' la rvolte3 les majeurs en ceci n'ont qu'un tort1 c'est de trop attendre1 et de ne pas travailler faire mrir leurs cadets pour la pratique du ,droit4--,mais en principe toutes les fois que l'exercice d'un droit compromettrait gravement des intrts plus au moins gnraux1 il est bon de ne l'accorder qu' ceux qui le rclament1 car quand ils ne le font pas1 c'est qu'il n'en sentent pas l'importance1 et il y aurait craindre qu'ils n'en fissent un mauvais usage4 ,mais quand ce ,droit est revendiqu1 que sa privation entrane des douleurs et des dsordres1 il faut le reconnatre1 sous peine d'oppression1 de dni de ,justice4 ,or la privation du ,droit civil est pour les femmes une source de douleurs1 de malheurs1 de corruption1 d'humiliation2 la revendication de ce ,droit se pose1 elles sont mres pour l'obtenir3 ce serait donc un dni de ,justice que de refuser de le reconnatre4 ,il n'en est pas de mme pour le ,droit politique3 elles ne le dsirent ni ne le rclament4 ,rappelez-vous1 ,madame1 que dans tout sujet il y a la thorie et la pratique4 ,l'une est l'absolu1 l'idal qu'on se propose de raliser1 l'autre est la mesure dans laquelle il est sage et prudent d'introduire l'idal dans un milieu donn4 ,ainsi1 de ,droit absolu1 nous sommes en tout les gales des hommes2 mais si nous prtendions raliser cet absolu dans notre milieu actuel1 bien loin de marcher en avant1 il y aurait recul et anarchie3 le ,droit dvorerait le ,droit4 ,le bon sens exige qu'une rforme ne soit applique qu' des lments prpars s'y soumettre4 ,v ,,fonctions ,,publiques4 ,l',,auteur4 ,le principe pos par l'idal nouveau est que tous les membres du corps social sont aptes briguer les fonctions publiques4 ,comparons ce principe aux dcisions de la loi franaise4 ,la femme est dclare incapable de remplir aucune fonction publique4 ,il lui est interdit d'tre tmoin dans les actes de l'tat civil1 dans les testaments1 et tout autre acte reu par officier public4 ,a l'exception de la mre et des ascendantes1 elle est exclue de la tutelle et du conseil de famille4 ,par une magnifique inconsquence1 ces lois gouvernent le pays o la plus haute des fonctions1 la ,rgence1 peut choir une femme4 ,remarquez1 ,madame1 que si nous sommes incapables tant de points de vue1 nous devenons tout coup trs capables1 quand il s'agit de rpondre de nos actes au criminel et au correctionnel2 trs croyables1 quand il s'agit d'envoyer1 par notre tmoignage1 un homme aux galres ou la mort2 trs capables1 trs responsables dans les transactions que nous fesons et signons comme filles majeures ou veuves4 ,des gens qui se sont donn la difficile tche de nous dorer cette amre pilulle qu'on nomme le ,code ,civil1 nous disent3 mais1 ,mesdames1 le lgislateur savait1 qu'tant mres et mnagres1 vous ne pouviez remplir des fonctions publiques3 ,vous conviendrez vous-mmes qu'une femme enceinte ou nourrice1 une femme retenue par les soins de l'intrieur1 ne peut tre ni ministre1 ni jur1 ni dput1 ni44444 etc4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais1 ,messieurs leur rpondrons-nous1 les femmes ne sont pas constamment enceintes1 perptuellement nourrices1 puisque beaucoup n'ont pas d'enfants1 restent filles1 et ne s'occupent pas plus que vous des soins de l'intrieur4 ,l'ge o vous entrez dans les fonctions publiques1 est celui o1 nos fonctions maternelles tant remplies1 nous n'avons plus qu' nous ennuyer prodigieusement1 si notre fortune nous en laisse le loisir4 ,l',,auteur4 ,ces ,messieurs prtendent que la maternit nous a pris trop de temps pour que nous ayons pu cultiver les facults ncessaires aux fonctions publiques3 ils prtendent aussi que cette maternit arrte l'essor de nos hautes facults4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,a ceci nous leur rpondrons que l'amour et le libertinage leur font perdre bien plus de temps qu' nous la maternit1 et arrtent bien autrement l'essor de leurs hautes facults4 ,quoi6 il faut que les filles1 les veuves1 les femmes de quarante ans ne puissent remplir aucune fonction publique1 parce que la majorit des femmes est occupe de vingt trente cinq ans1 renouveler la population6 ,en vrit1 c'est plaisant6 ,les hommes conviennent qu'il n'y a qu'un petit nombre d'entre eux qui remplissent les fonctions publiques2 puis1 quand il s'agit des femmes1 il semble aussitt que toutes prtendent les remplir1 et qu'il n'y en a pas une qui n'en soit empche par la maternit et le mariage4 ,on dit que le peuple franais est spirituel1 que1 n malin1 il inventa le ,vaudeville2 je n'y contredis pas2 mais serais-je indiscrte de m'informer s'il a invent le sens commun et la logique8 ,ah6 qu'ils se taisent ces malheureux interprtes du ,code2 nous n'avons pas besoin de leurs gloses1 pour que les auteurs de leurs lois aient le contraire de notre amour4 ,,vi ,,la ,,femme ,,dans ,,le ,,mariage4 ,l',,auteur4 ,voyons comment la socit1 qui doit veiller ce que chacun de ses membres n'aline ni sa personne1 ni sa libert1 ni sa dignit1 remplit ce devoir envers la femme marie4 ,nous savons que la fille majeure et la veuve sont capables de tous les actes de proprit2 qu'elles sont libres1 et ne doivent obissance qu' la loi4 ,la femme se marie-t-elle8 ,tout change3 ce n'est plus proprement une femme libre1 c'est une serve4 ,la loi1 en dclarant qu'elle suit la condition de son mari1 c'est dire qu'elle est rpute de la mme nation que lui1 dnationalise la femme franaise qui se marie avec un tranger4 ,l'article #bac oblige la femme l'obissance4 ,l'article #bad lui enjoint de suivre son mari partout o il juge propos de rsider4 ,plusieurs autres articles statuent que la femme ne peut plaider sans l'autorisation du mari1 lors-mme qu'elle serait marchande1 et quelle que soit la forme de son contrat2 ,que1 mme spare de biens et non commune1 elle ne peut ni aliner1 ni hypothquer1 ni acqurir titre gratuit ou onreux sans le consentement du mari dans l'acte ou par crit2 ,qu'elle ne peut ni donner1 ni recevoir entre vifs1 sans le dit consentement4 ,dans tous ces cas1 si le mari refuse d'autoriser1 la femme peut avoir recours au prsident4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,et si le mari est interdit1 absent1 frapp d'une peine afflictive ou infamante1 s'il est mineur et sa femme majeure8 ,l',,auteur4 ,alors la femme se fait autoriser par le prsident4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais la femme est donc en tutelle lorsqu'elle est marie2 elle ne peut donc chapper la tutelle du mari que pour tomber sous celle du tribunal8 ,n'est-ce pas pour la femme franaise le rtablissement restreint de la loi romaine8 ,cesser d'tre de son pays1 s'absorber corps et biens dans un homme1 obir et suivre comme un chien6 ,et cela dans un pays o la femme travaille1 gagne1 administre1 est journellement appele dfendre ses intrts et ceux de ses enfants1 souvent contre son mari6 ,mais cela est rvoltant1 ,madame4 ,l',,auteur4 ,je ne vous en verrai jamais assez rvolte4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,supposons que les parents de la jeune fille n'aient consenti la marier qu' la condition qu'elle ne quittera pas le pays2 supposons encore qu'il soit tabli par les gens de l'art que la contre o le mari veut la conduire compromettra sa sant1 la tuera peut-tre1 la femme1 dans ces cas1 ne serait-elle pas dispense de suivre son mari8 ,l',,auteur4 ,non certainement3 d'une part on ne peut faire de conventions valables contre la loi2 de l'autre1 cette mme loi ne met aucune restriction l'obligation o est la femme de suivre le mari4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ainsi un mari serait assez sclrat pour vouloir tuer sa femme quand elle lui aurait donn un enfant1 et garder sa dot par la tutelle1 il le pourrait sans courir aucun risque en choisissant bien le climat8 ,et si elle se rfugiait auprs de la mre qui l'a porte dans son sein1 le mari aurait le droit de venir l'arracher de ses bras8 ,l',,auteur4 ,il pourrait mme s'viter cette peine1 en envoyant la gendarmerie chercher sa femme4 ,tout le monde condamnerait cet homme1 la conscience publique se soulverait44444 ,mais la loi lui a livr la victime1 elle ne peut rien contre lui4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ah6 je ne m'tonne plus qu'il y ait aujourd'hui tant de jeunes filles qui reculent devant le mariage6 ,moi-mme1 j'aurais connu ces lois1 qu'il est certain que je ne me serais pas marie4 ,heureusement les hommes valent gnralement mieux que les lois4 ,l',,auteur4 ,pourquoi vous tonner de l'uvre du lgislateur1 ,madame1 il n'a fait qu'appliquer dans tous ses dtails la doctrine de l'aptre ,paul4 ,si vous avez reu la bndiction d'un pasteur chrtien1 quelque secte qu'il appartienne1 il vous a rappel que la femme doit tre soumise son mari comme l'glise ,jsus-,christ4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais saint ,paul ne m'interdit pas de recevoir quelque chose d'une amie1 ni de faire une rente ma vieille gouvernante qui ne peut attendre mon testament4 ,l',,auteur4 ,eh6 qui peut assurer au lgislateur que vous ne soyez pas capable de recevoir44444 d'un ami8 ,la femme1 descendante d've1 n'est-elle pas1 selon la pittoresque expression de saints auteurs1 un nid d'esprits immondes1 la porte de l'enfer1 un tre si corrompu que le baiser mme d'une mre n'est pas pur8 ,en consquence1 ne doit-elle pas tre tenue en perptuelle suspicion8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,voil d'infmes paroles4 ,ainsi la loi ne ferait que continuer la tradition du ,moyen ,age1 et son article #icd ne serait que l'expression du mpris attach par les hommes au front de leurs mres6 ,ah6 a ,madame1 ne pouvons-nous1 par un contrat1 nous soustraire aux dispositions lgales qui abaissent notre dignit ou nous rduisent en servage8 ,l',,auteur4 ,vous ne le pouvez pas3 la loi frapperait ce contrat de nullit4 ,vous avez deux ressources3 ne point vous marier1 ou vous marier sous un rgime qui vous laisse le plus indpendantes possible1 en attendant que nous ayons fait rformer la loi4 ,l'union volontaire1 non sanctionne par la socit1 offre de tels inconvnients pour le bonheur et l'intrt des enfants et de la femme1 que je n'oserais la conseiller personne4 ,reste donc parler du choix du rgime sous lequel on doit se marier4 ,,chapitre ,,iv 7,suite du prcdent47 ,,vii ,,contrat ,,de ,,mariage4 ,l',,auteur4 ,on peut faire un contrat de mariage sous l'un de ces quatre rgimes3 ,communaut1 ,dotal1 ,sans sparation de biens1 ,sparation de biens4 ,suivez avec la plus grande attention le sommaire que je vais vous donner de chacun d'eux4 ,sous le rgime de la ,communaut1 le mari administre seul les biens communs4 ,ces biens se composent du mobilier1 mme de celui qui choit par succession ou donation1 moins que le donataire n'ait exprim une volont contraire2 ,deuximement3 de tous les fruits1 intrts de quelque nature qu'ils soient2 ,troisimement3 de tous les immeubles acquis pendant le mariage4 ,le mari peut vendre1 aliner1 hypothquer toutes ces choses1 sans le concours de la femme2 il a mme la facult de disposer par don des effets mobiliers4 ,il administre encore les biens personnels de la femme et peut1 avec son consentement1 aliner ses immeubles4 ,la femme a-t-elle une dette antrieure sans titre authentique ou date certaine8 ,ce n'est pas sur les biens de la communaut que cette dette est paye1 mais sur l'immeuble propre la femme2 si cette dette provient d'une succession immobilire1 l'on n'en poursuit le recouvrement que sur les immeubles de la succession2 si la dette est celle du mari1 l'on peut s'adresser aux biens de la communaut4 ,les amendes encourues par le mari peuvent se poursuivre contre les biens de la communaut2 celles de la femme ne le sont que sur la nue proprit de ses biens personnels4 ,tous les actes faits par l'homme engagent la communaut1 mais ceux de la femme1 mme autorise par justice1 n'engagent pas les biens communs1 si ce n'est pour le commerce qu'elle exerce avec l'autorisation du mari4 ,enfin1 en l'absence du mari1 c'est dire quand on ne sait s'il est vivant ou mort1 la femme ne peut ni s'obliger1 ni engager les biens communs4 ,voil1 ,madame le droit commun de la ,france1 le rgime sous lequel on est rput mari quand on n'a pas fait de contrat4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,je vois que sous votre droit commun de la ,france1 la femme est une nullit1 une exploite1 une paria2 ,que son mari peut faire don du mobilier commun sa matresse et mettre l'pouse sur la paille2 ,que le mari peut lui ter ses vtements de rechange1 ses bijoux1 pour en parer sa matresse2 ,et comme on lui ordonne l'obissance1 et qu'on la met sous le pouvoir de l'homme qui peut tre brutal1 il est clair qu'elle ne s'avisera pas de refuser l'engagement1 l'alination1 la vente de ses biens personnels1 et exposera de la sorte elle et ses enfants manquer de tout4 ,et comme la femme n'est pas la nullit que suppose la loi2 qu'au contraire1 elle travaille et augmente l'avoir commun2 que c'est souvent elle qu'il est d1 le mari peut disposer du fruit de ce travail pour payer ses dettes1 ses amendes1 entretenir des femmes et se livrer tous les dsordres4 ,parmi le peuple1 on ne fait gure de contrat3 donc un mari brutal et mauvais sujet peut vendre le petit mnage et les modestes ornements de la femme1 autant de fois que celle-ci aura pu s'en procurer de nouveaux par son labeur personnel4 ,l',,auteur4 ,je ne le nie pas2 mais ne pourrait-on dire que le lgislateur n'a pu supposer un mari capable d'abuser de son pouvoir lgal8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,nous ne pouvons admettre une aussi pitoyable raison4 ,les lois sont faites pour prvenir le mal3 elles supposent donc la possibilit de le commettre3 on n'en ferait pas pour des saints4 ,quand une loi autorise la tyrannie1 et l'exploitation du faible1 c'est une loi dtestable2 car elle dmoralise le fort1 en l'exposant devenir despote et cruel2 elle dmoralise le faible1 en le forant l'hypocrisie1 en lui tant le sentiment de sa valeur et en brisant en lui tout ressort4 ,elle teint chez tous les deux la notion du droit et de la corrlation du droit et du devoir dans les rapports entre semblables4 ,l',,auteur4 ,vous avez parfaitement raison4 ,pour finir ce que nous avons dire du rgime de la communaut1 ajoutons qu'il est permis la femme de stipuler dans son contrat qu'en cas de dissolution de la communaut1 elle pourra reprendre non seulement ses biens rservs propres1 mais encore tout ou partie de ceux qu'elle mis en commun1 dduction faite de ses dettes personnelles4 ,lorsque cette stipulation n'existe pas au contrat1 la femme1 lors de la dissolution de la communaut1 a le droit d'y renoncer1 et1 si elle l'a imprudemment accepte1 elle n'est tenue de payer les dettes que jusqu' concurrence de la portion du bien qu'elle en retirerait4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,cette lueur de justice n'est qu'une illusion puisque1 en cas de dettes faites par le mari1 la femme peut perdre tout ou partie de ce qui lui reviendrait2 puisque1 d'autre part1 elle peut perdre son avoir personnel en signant l'alination de ses biens pour aider son mari4 ,renonons ce rgime1 ,madame2 dans la communaut entre poux1 telle que l'entend la loi1 la femme est livre pieds et poings lis l'homme quel qu'il soit4 ,marions-nous sans communaut4 ,l',,auteur4 ,entendons-nous3 si le contrat porte que les poux se marient sans communaut1 voici ce qui a lieu4 ,le mari administre seul les biens meubles et immeuble de sa femme1 absolument comme sous le rgime de la communaut2 ,les revenus de ces biens sont affects aux dpenses du mnage2 ,les immeubles de la femme peuvent tre alins avec l'autorisation du mari ou de la justice1 comme sous le rgime de la communaut4 ,la seule compensation est que la femme peut statuer qu'elle pourra1 sur ses seules quittances1 recevoir annuellement une certaine portion de ses revenus pour ses besoins personnels4 ,si elle ne participe point aux dettes1 elle ne participe point aux gains que ses revenus ont pu mettre son mari en tat de raliser4 ,avec ces revenus1 il peut s'enrichir et se faire une fortune part1 laquelle sa femme n'aura jamais aucun droit4 ,convenez que c'est payer un peu cher l'avantage d'avoir quelque somme en propre1 et de ne pas s'humilier tendre la main au dtenteur de votre fortune1 comme on est oblige de le faire sous le rgime de la communaut o la femme peut manquer de tout au milieu d'une fortune qui est la sienne propre4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ce rgime ne vaut rien4 ,passons celui de la sparation de biens4 ,n'est-il pas meilleur8 ,l',,auteur4 ,en effet2 car1 sous ce rgime1 la femme administre seule ses biens meubles et immeubles1 dispose de ses revenus1 moins de stipulations contraires1 et en donne un tiers pour soutenir les frais du mnage4 ,mais elle ne peut ni aliner1 ni hypothquer ses immeubles sans l'autorisation de son mari ou de la justice4 ,si1 d'autre part1 c'est le mari qui administre ses biens1 ce qu'il serait fort difficile d'empcher1 lorsqu'il le voudrait1 il n'est comptable envers elle que des fruits prsents4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,est-ce que le rgime dotal vaut mieux pour nous que celui de la sparation de biens8 ,l',,auteur4 ,vous allez en juger vous-mme4 ,quand on dclare1 et il faut le dclarer1 qu'on se marie sous le rgime dotal1 il n'y a de dotal que le bien dclar tel2 les autres sont dits paraphernaux ou extra-dotaux4 ,en principe1 et moins qu'il ne soit autrement convenu1 les biens dotaux sont inalinables2 le mari seul les administre1 et1 comme dans le contrat sans communaut1 la femme peut toucher certaines sommes sur ses seules quittances4 ,les biens paraphernaux sont1 comme dans le contrat sous le rgime de la sparation de biens1 administrs par la femme1 qui en touche seule les revenus1 et ils peuvent tre alins avec l'autorisation du mari ou de la justice4 ,si le mari administre ces biens sur une procuration de sa femme1 il est tenu envers elle comme tout autre mandataire2 ,s'il administre sans mandat et sans opposition1 il n'est tenu de reprsenter1 quand il en est requis1 que les fruits existants2 ,s'il administre1 malgr l'opposition de la femme1 il doit compte de tous les fruits depuis l'poque de sa gestion usurpe4 ,les poux peuvent stipuler une socit d'acquts1 c'est dire une association pour choses acquises pendant la dure du mariage4 ,je n'ai pas besoin de vous dire que cette communaut est administre par le mari seul4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais pour se marier sous le rgime de la sparation de biens ou sous le rgime dotal1 ne faut-il pas des immeubles8 ,l',,auteur4 ,non2 le bien dotal et le bien spar peuvent tre de l'argent4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,les femmes1 traites en serves sous le rgime de la communaut1 le sont en mineures sous le rgime dotal avec paraphernaux et sous celui de la sparation de biens4 ,si un mari tait assez raisonnable pour rougir la pense de fltrir sa compagne du stigmate de la servitude1 n'y aurait-il pas moyen de faire d'autres stipulations8 ,l',,auteur4 ,l'homme ne peut rhabiliter sa compagne2 la loi le lui interdit par l'article #achh1 qui dclare que les poux ne peuvent droger aux droits rsultant de la puissance maritale sur la personne de la femme et des enfants1 ou qui appartiennent au mari comme chef4 ,aussi un notaire qui rdigerait le contrat suivant3 ,art4 #a;er4 ,les poux se reconnaissent une dignit gale1 parce qu'ils sont au mme titre des cratures humaines4 ,art4 #b4 ,ils se reconnaissent mutuellement les mmes droits sur les enfants qui natront d'eux et1 dans leurs diffrends1 prendront des arbitres4 ,art4 #c4 ,chacun des poux se rserve une partie de ses biens dont il disposera sans l'autorisation de l'autre2 ,art4 #d4 ,les poux mettent en commun telle part dtermine de leur apport pour soutenir les frais du mnage1 pourvoir l'ducation des enfants et aux ncessits du travail commun2 ,art4 #e4 ,ce bien commun ne peut tre engag sans le consentement des poux2 ,art4 #f4 ,convaincus en leur me et conscience qu'on ne peut aliner sa personne1 sa dignit1 son libre arbitre1 les poux ne se reconnaissent aucune puissance l'un sur l'autre2 ils confient la dure et le respect du lien qui les unit l'affection qui peut seule le lgitimer4 ,un notaire1 dis-je1 qui aurait rdig ce contrat1 serait dpouill de sa charge1 puis confi aux alinistes1 et le contrat serait nul comme contraire la loi1 aux bonnes murs et l'ordre public4 ,comprenez-vous1 ,madame1 pourquoi les femmes1 beaucoup plus intelligentes et indpendantes qu'autrefois1 se marient beaucoup moins8 ,comprenez-vous pourquoi les filles du peuple1 qui ont vu si souvent leurs mres malheureuses et dpouilles de leur pauvre avoir1 se soucient beaucoup moins de se marier8 ,on blme les femmes6444 ,c'est la loi qu'il faut blmer et rformer4 ,car les mauvaises lois produisent les mauvaises murs4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ce que vous dites l est bien vrai3 sur vingt mnages1 il n'y en a quelquefois pas un o l'on n'entende dire la femme3 ,ah6 si j'avais su6 ,si l'on nous mariait moins jeunes et que nous connussions la loi1 assurment les mariages deviendraient de moins en moins nombreux4 ,pour en finir avec cet examen de la loi1 encore une question1 ,madame4 ,est-ce que l'apport de la femme n'a pas hypothque sur les biens du mari8 ,l',,auteur4 ,sur quels biens la femme ouvrire reprendra-t-elle son mnage vendu8 ,sur quels biens les femmes de ngociants dont la dot a servi payer le fonds du mari1 reprendront-elles cette dot en cas de mauvaises affaires8 ,demandez aux femmes lgalement spares la valeur de cette hypothque1 ou plutt de cette disposition de la loi3 elles vous en diront de belles6 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,j'ai connu des femmes de commerants en faillite3 elles se plaignent que la loi les traite plus rigoureusement que les autres4 ,l',,auteur4 ,le ,mariage tant donn ce qu'il est1 le lgislateur a parfaitement fait d'empcher qu'il ne se transformt en une ligue contre l'intrt de tous4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,jusqu' ce que la loi qui rgit le contrat de mariage soit rforme1 sous lequel de ces deux rgimes3 le dotal ou celui de la sparation de biens1 conseillez-vous aux femmes de se marier8 ,l',,auteur4 ,si les conjoints ne sont pas dans les affaires et que la femme apporte des biens-fonds considrables1 le mieux peut-tre serait qu'elle se marit sous le rgime dotal avec autorisation de recevoir une forte somme annuelle2 si les parents lui connaissaient de la fermet1 ils pourraient lui constituer en outre des paraphernaux1 et stipuler toujours une socit d'acquts4 ,dans tout autre situation1 je conseille aux femmes de se marier sous le rgime de la sparation de biens4 ,la femme1 matresse de ses fonds1 peut les confier son mari et s'associer avec lui comme avec tout autre4 ,j'ai connu une jeune femme commerante qui s'y est prise ainsi3 elle s'est constitu son apport en argent comme bien propre1 puis1 quand elle a t marie1 elle a prt cette somme son mari qui s'est engag payer tant d'intrts4 ,comme elle avait en outre un emploi dans la maison1 elle reut des moluments proportionns4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais si la femme est ouvrire8 ,l',,auteur4 ,il n'y a pas de diffrence4 ,c'est presque toujours la femme qui apporte le petit mnage1 et elle y tient d'autant plus qu'il lui a cot bien des jours et des nuits de labeur2 il est donc trs important que le mari ne puisse ni le vendre1 ni le donner2 comme il est important qu'il ne puisse la contraindre lui donner l'argent qu'elle a confi franc franc la caisse d'pargne4 ,il faut donc qu'elle ne se marie pas1 comme elle le fait1 sans contrat2 car elle serait la merci de son conjoint1 tant rpute marie sous le rgime de la communaut4 ,des notaires se permettent de rsister1 quand on dclare vouloir se marier sous tout autre rgime que celui de la communaut3 ils n'en ont pas le droit2 vous pouvez les forcer2 officiers de la loi1 ils ne sont pas l pour la critiquer4 ,mesdames1 riches et pauvres1 il est de votre intrt et de celui de vos enfants de connatre les affaires2 de rester matresses de votre avoir3 votre dignit l'exige4 ,votre devoir est d'instruire vos filles de la situation que leur fait la loi dans le mariage1 afin qu'elles vitent leur ruine1 et qu'elles travaillent la rforme qui doit mettre la femme la place qu'elle a le droit d'occuper4 ,,viii ,,la ,,femme ,m,,re ,,et ,,tutrice4 ,l',,auteur4 ,examinons maintenant comment la loi comprend les droits de la mre et de la tutrice4 ,l'article #cgb met l'enfant sous l'autorit des parents jusqu' sa majorit ou son mancipation2 mais comme la femme est absorbe dans le mari1 l'article #cgc rduit le mot parents signifier le pre1 qui seul exerce l'autorit paternelle pendant le mariage4 ,la mre tutrice n'exerce pas1 remarquez-le1 l'autorit maternelle1 la loi n'en reconnat pas4 ,ainsi la femme qui1 seule dans la reproduction1 peut dire3 je sais1 est efface devant l'homme qui ne peut dire que3 je crois4 ,pourquoi cela8 ,parce que c'est un moyen d'assouplir la femme1 d'assurer l'autorit du mari sur elle4 ,une femme1 trop malheureuse1 peut encourir le scandale d'une sparation publique pour chapper son bourreau2 mais on sait qu'elle se rsout rarement quitter ses enfants3 elle restera donc1 puisera le calice amer jusqu' la lie pour demeurer auprs d'eux4 ,elle ira mme jusqu' subir l'outrage de les voir lever dans sa propre maison par l'indigne favorite de son mari4 ,souffrez1 cdez1 humiliez-vous1 signez ce contrat d'alination de vos biens1 ou je vous enlve vos enfants3 voil ce que le mari a le droit de dire sa femme4 ,la femme exaspre se rsout-elle demander la sparation8 ,pendant le procs1 c'est le mari qui garde l'administration des enfants1 moins que1 sur la demande de la famille1 le juge ne trouve des motifs srieux pour les adjuger la mre4 ,ce n'est pas tout3 l'enfant peut donner de graves sujets de plainte ses parents4 ,s'il n'a pas seize ans1 le pre peut le faire dtenir1 sans que le prsident ait le droit de refuser3 il n'a ce droit1 que lorsque l'enfant a des biens personnels ou a plus de seize annes4 ,remarquez que1 dans ce cas si grave1 la mre n'est pas mme consulte4 ,la puissance paternelle de la mre sera-t-elle gale1 sur ce point1 celle du pre1 si elle reste veuve et tutrice8 ,non1 la mre1 pour faire enfermer l'enfant1 est toujours tenue de prsenter au prsident une requte appuye par deux proches parents du dfunt4 ,le pre remari garde1 de droit1 la tutelle de ses enfants2 la la mre la perd si elle se remarie sans s'tre pralablement fait continuer la tutelle par le conseil de famille4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ainsi donc1 ,madame1 aux yeux du lgislateur1 l'enfant appartient plus son pre qu' sa mre2 il est moins cher la famille maternelle qu' la paternelle2 la mre est rpute moins tendre1 moins sage que le pre2 l'homme est prsum si bon1 si juste1 si raisonnable1 qu'une martre mme ne saurait l'influencer444 ,en vrit1 tout cela est odieux et absurde4 ,l',,auteur4 ,je ne dis pas non4 ,vous savez que le consentement des parents est ncessaire pour le mariage de leurs enfants mineurs2 vous savez encore qu'en cas de dissidence entre le pre et la mre ou l'aeul et l'aeule1 si les premiers sont morts1 les articles #adh et #aej dclarent que le consentement du pre ou de l'aeul suffit4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,je connais cette leon lgale d'ingratitude donne aux enfants4 ,mais revenons sur la tutelle1 ,madame4 ,l',,auteur4 ,volontiers4 ,la loi dit bien que la tutelle des enfants appartient de droit l'poux qui survit2 que le pre ou la mre exerce l'autorit paternelle2 que l'un comme l'autre a le droit d'administrer les biens du pupille et de s'en attribuer les revenus jusqu' ce qu'il ait dix-huit ans3 mais voyez la diffrence4 ,vous savez dj que les formalits pour faire enfermer l'enfant ne sont pas les mmes pour la mre tutrice que pour le pre tuteur2 vous savez que le pre qui se remarie n'a pas besoin de se faire continuer la tutelle par le conseil de famille1 tandis que la mre la perd par l'omission de cette formalit4 ,de plus1 le pre a le droit de nommer sa femme survivante un conseil de tutelle pour ses enfants mineurs2 la femme n'a pas ce droit4 ,l'poux survivant peut nommer un tuteur dans la prvision de son dcs avant la majorit des pupilles3 la nomination faite par le pre est valable2 celle qui est faite par la mre ne l'est que lorsqu'elle est confirme par le conseil de famille4 ,la famille maternelle participe du ddain de la loi pour la femme3 ainsi l'enfant doublement orphelin tombe de droit sous la tutelle de son aeul paternel et1 son dfaut1 sous celle du maternel1 et ainsi en remontant1 dit l'article #djb1 de manire que l'ascendant paternel soit toujours prfr l'ascendant maternel du mme degr4 ,pendant que nous parlons de tutelle1 ajoutons que le mari est tuteur de droit de sa femme interdite1 mais que la femme d'un interdit n'a que la facult d'tre tutrice et1 si elle est nomme1 le conseil de famille rgle la forme et les conditions de son administration4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,enfin1 ,madame1 je vois que la loi nous considre et nous traite comme des tres infrieurs2 qu'elle sacrifie l'homme non seulement notre dignit de cratures humaines1 nos intrts de travailleuses et de propritaires1 mais encore notre dignit maternelle4 ,un fils1 suffisamment imbu de la religion du ,code civil1 doit ncessairement considrer son pre comme plus raisonnable1 plus sage1 plus capable que sa mre4 ,je ne vois pas trop ce que celle-ci aurait lui rpondre1 s'il lui disait3 il est vrai que vous avez risqu votre vie pour me mettre au jour1 que vous avez pass bien des nuits prs de mon berceau1 que vous m'avez envelopp de votre tendresse1 appris ce qui est bien et aid le pratiquer2 il est vrai que je suis votre bonheur et votre joie2 mais mon pre est vivant2 il a seul autorit sur moi2 je n'ai donc pas vous consulter2 d'ailleurs quoi bon8 ,des hommes sages1 des lgislateurs qui ont bien tudi votre imparfaite1 votre dbile nature1 ont port des lois qui me prouvent que vous n'tes propre qu' mettre au monde des enfants1 et vous occuper des soins du pot au feu4 ,on vous a toutes juges si peu sages1 si peu prudentes1 si peu capables1 qu'on vous refuse le droit de rien rgir2 qu'on vous soumet en tout la volont de l'homme et que1 quand le mari n'est pas l1 le juge et la famille interviennent4 ,un tel discours1 quelque rvoltant qu'il paraisse1 ne serait-il pas conforme aux sentiments que doit inspirer l'tude du ,code civil8 ,l',,auteur4 ,parfaitement1 ,madame3 et si1 en gnral1 le cur humain ne valait pas mieux que ce code1 les femmes1 pour tre respectes de leurs enfants1 n'auraient qu'un parti prendre3 celui de ne mettre au monde que des btards4 ,n'est-il pas surprenant1 dites-moi1 que des lois faites pour moraliser et contenir1 tendent produire tout le contraire8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,et l'on fait si grand bruit de notre ,code civil6 ,que sont donc ceux des autres nations8 ,,ix ,,rupture ,,de ,l',,association ,,conjugale4 ,l',,auteur4 ,on a reconnu de tout temps qu'il y a des cas o les poux doivent tre spars4 ,la rvolution tablit le divorce2 le premier empire le maintint en le restreignant2 la ,restauration1 dtermine par l'glise que cela ne regarde pas1 l'abolit le #h mai #ahaf4 ,l'exprience prouve surabondamment que l'indissolubilit du mariage est la source permanente de dsordres sans nombre2 le plus actif dissolvant de la famille2 et que la sparation du corps1 loin de remdier quelque chose1 contribue la destruction des murs4 ,toutes les phrases creuses1 tous les raisonnements sonores1 ne peuvent dtruire la signification des faits4 ,nous ne rpterons pas ce qu'ont dit les nombreux crivains qui ont demand le rtablissement du divorce2 nous nous contentons de nous joindre eux ici1 nous rservant de revenir plus loin sur ce grave sujet4 ,il s'agit pour nous1 en ce moment1 de constater la diffrence mise par la loi entre le mari et la femme qui plaident en sparation4 ,les poux peuvent demander la sparation si l'un d'eux est condamn une peine infamante1 pour cause d'injures graves1 de svices et d'adultre de la femme4 ,arrtons-nous sur ce dernier dlit4 ,vous croyez sans doute que l'adultre est le manque de fidlit d'un poux envers l'autre1 et que la punition est semblable pour un dlit semblable1 chez l'homme et chez la femme8 ,vous vous trompez4 ,la femme commet le dlit d'adultre partout2 on peut en fournir la preuve par lettres et tmoins1 et ce dlit est puni de trois mois deux ans de rclusion1 que le mari peut faire cesser en reprenant sa femme4 ,dans le flagrant dlit1 le mari est excusable de tuer l'adultre et son complice4 ,l'homme n'est adultre nulle part4 ,qu'il loue dans sa maison un appartement sa matresse2 qu'il passe ses journes chez elle2 que de nombreuses lettres prouvent son infidlit2 que mille tmoins attestent ces choses1 cet honnte mari n'est point adultre4 ,s'il poussait l'impudence jusqu' entretenir sa matresse dans le domicile commun1 serait-il adultre8 ,non3 il y aurait injure grave envers sa femme qui pourrait l'attaquer en justice1 et il serait pri de payer une amende de quelques centaines de francs4 ,en ralit l'homme n'est puni de l'adultre que comme complice d'une femme marie4 ,pour justifier la diffrence qu'on tablit entre l'infidlit du mari et celle de la femme1 on attribue plus de gravit la faute de cette dernire44444 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,permettez-moi de vous arrter ici4 ,il est facile de dmontrer que l'infidlit du mari est plus grave que celle de la femme4 ,la femme1 ne pouvant disposer de son avoir sans l'autorisation du mari1 ne peut gure compromettre sa fortune pour un amant4 ,au contraire1 le mari peut vendre et dissiper tout ce qu'il possde2 employer mme l'avoir de la communaut1 le fruit du travail et de la bonne administration de sa femme1 entretenir sa matresse3 je connais plusieurs cas de cette espce4 ,donc l'adultre du mari est plus nuisible aux intrts de la famille que celui de la femme4 ,la femme adultre peut introduire de faux hritiers dans la famille du mari3 c'est mal1 j'en conviens2 ce n'est pas moi qui la justifierai2 mais en dfinitive1 ces enfants adultrins ont une famille1 de la tendresse1 des soins4 ,si le mari a des enfants hors du mariage1 ils sont ou d'une femme marie ou d'une femme libre4 ,dans le premier cas1 en introduisant de faux hritiers chez son voisin1 il agit comme l'pouse adultre4 ,dans le second1 il soigne ses enfants ou les abandonne4 ,s'il les soigne1 il nuit aux intrts de l'pouse et des enfants lgitimes2 s'il les laisse la charge de la mre1 il met une femme dans l'embarras1 brise souvent sa vie2 l'enfant plac l'hospice1 est sans famille1 sans tendresse et va grossir la population des prisons1 des bagnes et des lupanars4 ,dans tout cela1 d'ailleurs1 n'y a-t-il qu'une question de filiation et d'hritage8 ,et le cur d'une femme1 et sa dignit1 et son bonheur1 qu'en fait-on8 ,songe-t-on ce que nous devons souffrir de l'infidlit1 du ddain1 de l'abandon de notre mari8 ,songe-t-on que cet abandon1 joint au besoin d'aimer et au fatal exemple qui nous est donn1 nous pousse payer de retour l'amour qu'on nous tmoigne2 et qu'ainsi l'adultre tolr dans le mari produit l'adultre de la femme8 ,l'adultre des deux sexes est un grand mal4 ,au point de vue moral1 la faute est la mme2 mais au point de vue social et familial1 mais au point de vue de la position des enfants1 elle est videmment beaucoup plus grave commise par l'homme que par la femme1 parce que le premier a tout pouvoir pour ruiner la famille1 mettre avec impunit le trouble et la douleur dans sa maison et crer une population malheureuse1 voue l'abandon1 le plus souvent au vice4 ,voil ce que nous pensons aujourd'hui1 nous1 jeunes femmes1 qui rflchissons2 et tous les dithyrambes intresss des hommes ne peuvent plus nous faire prendre le change4 ,ils disent3 mais souvent ce ne n'est pas le mari de la femme adultre qui est adultre4 ,nous rpondons3 la socit ne se soucie pas des individualits2 il suffit que l'adultre de l'homme ait des fruits plus amers que celui de la femme1 pour qu'il soit svrement et non moins svrement puni que celui de cette dernire4 ,ils disent3 c'est une chose indigne et cruelle que de mettre la douleur dans le cur d'un honnte homme4 ,nous rpondons3 c'est une chose tout aussi indigne que de mettre la douleur dans le cur d'une honnte femme4 ,ils disent3 c'est un vol que de forcer un homme travailler pour des enfants qui ne sont pas siens4 ,nous rpondons3 ,c'est un vol d'employer les revenus ou le fruit du travail de sa femme nourrir des enfants qui lui sont trangers1 et soutenir la femme qui la dsole2 c'est un vol que de dtourner sa propre fortune ou le fruit de son propre travail de la maison qu'ils doivent soutenir1 pour les porter une femme trangre4 ,et vous tes non seulement plus coupables que nous1 ,messieurs1 parce que le rsultat de votre adultre est pire que le rsultat du ntre2 mais parce que1 vous posant en chefs et en modles1 vous nous devez l'exemple4 ,et vous tes la fois iniques et stupides d'exiger1 de celles que vous nommez vos infrieures en raison1 en sagesse1 en prudence1 en justice1 qu'elles soient plus raisonnables1 plus sages1 plus prudentes et plus justes que vous4 ,voil1 ,madame1 ce que nous pensons et disons4 ,l',,auteur4 ,vous parlez d'or2 ce n'est pas moi qui vous contredirai2 j'aime voir la jeunesse se dresser rsolument contre les prjugs1 et protester contre eux au nom de l'unit de la morale4 ,mais nous voil1 je crois1 bien loin de notre sujet1 le procs en sparation de corps4 ,revenons-y donc1 s'il vous plat4 ,la demande en sparation tant admise1 le juge autorise la femme quitter le domicile conjugal2 et elle va rsider dans la maison dsigne par ce magistrat qui fixe la provision alimentaire que devra fournir le mari4 ,presque prisonnire sur parole1 elle est tenue de justifier de sa rsidence dans la maison choisie1 sous peine d'tre prive de sa pension1 et d'tre dclare1 mme demanderesse1 non recevable continuer ses poursuites4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais pourquoi cet esclavage et cette menace d'un refus de justice8 ,l',,auteur4 ,parce que le mari1 rput pre de l'enfant qu'elle peut concevoir pendant le procs1 doit avoir la possibilit de la surveiller4 ,comme l'a si bien dit ,m4 de ,girardin1 la paternit lgale est la source principale du servage de la femme marie4 ,pendant le procs1 le mari reste dtenteur des biens de la femme1 qu'il soit demandeur ou dfendeur2 il a l'administration des enfants1 sauf dcision contraire du juge4 ,si1 dans le cas de communaut1 la femme a fait faire inventaire du mobilier1 c'est le mari qui en est gardien4 ,enfin la sparation est prononce2 la femme rentre comme elle peut1 force de papier timbr1 dans ce qui lui reste4 ,croyez-vous qu'elle soit libre pour cela8 ,point du tout3 le mari a toujours droit de surveillance sur elle cause des enfants qui peuvent survenir1 et elle ne peut se passer de l'autorisation du mari ou de la justice pour disposer de ses biens1 les hypothquer1 etc4 ,il n'y a de rompu que l'obligation de vivre ensemble et la communaut d'intrts4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,je comprends aujourd'hui comment l'indissolubilit du mariage1 n'ayant pour palliatif que le triste remde de la sparation1 met le concubinage en honneur et produit des crimes odieux4 ,certaines consciences faibles ne peuvent-elles en effet faire naufrage la vue d'une chane qui doit durer autant que leur vie1 et ne pas tre tentes de la rompre par le fer et par le poison8 ,il est probable que1 si les maris ne laissaient pas la libert leurs pouses spares1 les crimes contre les personnes se multiplieraient4 ,et si l'on se spare jeune1 est-il de la nature humaine de rester dans l'isolement8 ,faut-il tre puni toute sa vie de ce qu'on s'est tromp8 ,dans de tels cas1 quelle autre ressource que le concubinage1 et qui oserait le blmer8 ,et l'on appelle la sparation un remde6 ,tout l'heure vous m'avez laiss entrevoir que le mari peut1 en certains cas1 dsavouer l'enfant de sa femme4 ,je croyais qu'il n'y a pas de btards dans le mariage4 ,l',,auteur4 ,vous tes dans l'erreur4 ,si le mari ou ses hritiers prouvent que depuis le trois centime au cent quatre-vingtime jour1 c'est dire depuis le dixime ou sixime mois avant la naissance de l'enfant1 le mari tait absent ou empch par quelqu'accident physique d'en tre le pre2 ou bien si la naissance a t cache1 la paternit peut tre dsavoue4 ,elle peut encore l'tre pour l'enfant n avant le cent quatre-vingtime jour du mariage1 moins que le mari n'ait eu connaissance de la grossesse1 n'ait assist l'acte de naissance1 ne l'ait sign ou si l'enfant est dclar non viable4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,comment se fait ce dsaveu8 ,l',,auteur4 ,le mari ou ses hritiers attaquent la lgitimit de l'enfant dans un dlai dtermin1 et le tribunal statue d'aprs les preuves administres4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ainsi l'honneur de la femme et l'avenir de l'enfant sont offerts en holocauste une question d'hritage8 ,l',,auteur4 ,parfaitement4 ,quant ce que vous nommez l'honneur de la femme1 la loi ne s'en soucie gure1 elle qui interdit la recherche de la paternit1 except dans le cas d'enlvement de la mre mineure2 elle qui permet la recherche de la maternit1 pourvu que l'enfant prouve qu'il est le mme que celui dont la femme est accouche1 et qu'il apporte un commencement de preuves par crit4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,il me parat peu probable qu'on puisse constater la maternit au bout de quinze ou vingt ans4 ,d'autre part1 si les preuves par crit suffisent pour la recherche de la maternit1 pourquoi ne suffiraient-elles pas celle de la paternit8 ,dites-moi1 est-il permis l'enfant de rechercher sa mre si elle est marie8 ,l',,auteur4 ,certainement3 et cette recherche n'est interdite qu'aux enfants adultrins et incestueux4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ainsi donc on peut troubler tout jamais l'avenir d'une femme par la recherche de la maternit8 ,l',,auteur4 ,oui3 mais vous ne le dplorerez pas en songeant que l'honneur d'une femme n'est pas de ne pas faire d'enfant1 mais bien de les lever et de les guider dans la vie4 ,les enfants ns hors mariage ont une situation lgale trs malheureuse2 le lgislateur1 imbu de la croyance au pch originel1 les rend responsables de la faute de leurs parents4 ,or1 ,madame1 devant l'humanit et devant la conscience1 il n'y a point de btards2 donc il ne doit pas y en avoir devant la socit4 ,lorsque la femme y aura sa place1 elle poursuivra la rforme des lois qui portent l'empreinte de dogmes suranns2 en attendant1 combattons celles qui rappellent l'anathme lanc sur nous en consquence du mythe d've4 ,x ,r,,sum ,,et ,,conseils4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,avant d'aller plus loin1 rcapitulons ce que nous avons dit jusqu'ici4 ,devant l'idal du ,droit1 nous devons tre libres1 gales aux hommes2 donc nous avons droit comme eux tous les moyens de dveloppement1 droit comme eux faire de nos facults l'emploi qui nous convient1 droit comme eux tout ce qui constitue la dignit du citoyen4 ,or1 dans l'tat actuel1 la femme est serve1 sacrifie l'homme2 ,elle n'a pas de droits politiques2 ,elle est infriorise dans la cit1 bannie de l'exercice des fonctions publiques2 ,elle est moins rtribue que l'homme galit de travail2 ,dans le mariage1 elle est absorbe1 humilie1 mise la merci de son conjoint1 dpouille de ses droit maternels2 ,dans la famille1 elle est mineure2 ses droits de tutelle sont infrieurs ceux de l'homme2 ,au point de vue des murs1 elle est presque abandonne aux passions de l'autre sexe3 elle en porte seule les consquences4 ,juge faible1 inintelligente1 incapable1 quand il s'agit de droits et de fonctions1 elle est1 par une contradiction flagrante1 rpute forte1 intelligente1 capable1 lorsqu'il s'agit de morale1 lorsqu'il s'agit d'tre punie quand1 fille majeure ou veuve1 il est question de se gouverner et de rgir sa fortune4 ,et des gens1 dont le cerveau s'est crtinis dans la vase du moyen ge1 en prsence de notre situation1 osent s'crier3 ,les femmes6 ,mais elles sont libres6 ,elles sont heureuses6 ,que signifient donc les rclamations des plus braves d'entre elles8 ,ces ,messieurs sont matres de notre fortune1 de notre dignit1 de nos enfants2 ils peuvent nous ter notre nationalit1 dissiper notre bien1 le produit de notre travail et de notre bonne administration avec des matresses2 nous torturer sans tmoins1 nous faire mourir de douleur et de honte2 nous conduire sous le canon ou sur le bord d'un marais dont l'air nous tuera2 nous contraindre subir mille affronts1 leur livrer les biens que notre contrat nous avait rservs1 soit en nous intimidant1 soit en nous menaant d'loigner nos enfants2 ils ne nous laissent d'emplois que ceux qui les ennuient ou ne leur semblent pas assez lucratifs1 et puis1 aprs cela1 ils sont tonns de nos plaintes1 de nos protestations1 de notre rvolte6 ,l',,auteur4 ,ne vous passionnez pas contre eux3 riez-en1 ,madame2 ce sont les mmes hommes qui veulent tre libres2 ce sont les mmes hommes qui blment les planteurs et trouvent lgitimes les rclamations des esclaves2 ce sont les mmes hommes qui ont trouv fort juste que leurs pres serfs et bourgeois prissent les droits que leur refusaient la noblesse et le clerg4 ,plaignez leur inintelligence1 leur manque de cur1 leur dfaut de justice3 ils ne comprennent pas qu'ils jouent l'gard de la femme le rle des planteurs1 des seigneurs et des prtres4 ,quand les femmes le voudront fortement1 la loi sera transforme4 ,toute mre doit d'abord instruire sa fille de la position qui lui est faite dans le mariage2 des risques terribles et nombreux qu'elle court dans l'amour4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,un certain nombre d'entre nous1 effrayes du servage que subit la femme marie1 ne voulant point passer sous les fourches caudines du mariage1 introduisent de plus en plus dans nos murs une forme d'union durable et honnte qu'on peut nommer mariage libre2 liaison qu'il n'est pas permis de confondre avec ces rapprochements passagers si dshonorants pour les deux sexes4 ,l',,auteur4 ,beaucoup d'inconvnients sont attachs au mariage libre4 ,d'abord les murs ne blmeront pas l'homme qui abandonnera sa compagne1 mme aprs vingt ans d'union1 mme avec des enfants4 ,il y a mieux3 cette action indigne ne l'empchera pas de trouver des mres qui n'hsiteront pas l'accepter pour gendre4 ,d'autre part1 la femme1 quelle que soit la chastet de sa conduite1 rencontrera constamment sur sa route des collets monts ou d'hypocrites adultres qui lui tmoigneront du ddain1 qui lui fermeront leur porte1 quoiqu'elles l'ouvrent son conjoint4 ,souvent elle verra l'homme auquel elle fait le sacrifice de sa rputation oublier de la faire respecter1 consentir frquenter les personnes chez lesquelles elle n'est pas admise4 ,cependant la rpugnance pour le mariage lgal est si grande chez certaines femmes dignes et rflchies1 qu'elles prfrent encourir toutes les mauvaises chances que de s'enchaner4 ,qu'elles rendent alors leur situation le moins prilleuse possible3 elles peuvent y russir par un contrat d'association qui assure leurs droits dans le travail commun1 et garantisse l'avenir des enfants4 ,l'homme les respectera davantage1 quand il aura des obligations remplir envers elles comme associes3 ,s'il refusait de signer un tel contrat1 la femme serait une insense d'accepter sa compagnie1 car il serait certain qu'il n'est qu'un goste et conserve une arrire-pense d'exploitation et d'abandon4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,une autre classe de femmes1 n'ayant pas moins de rpugnance pour la crmonie lgale que les prcdentes1 mais qui la subissent parce qu'elles craignent l'opinion1 n'osent dplaire leur famille et n'ont pas foi en la constance de l'homme1 s'inquitent comment elles pourraient concilier leur dignit avec la situation que leur fait la loi4 ,l',,auteur4 ,deux faits identiques1 qui se sont passs il y a quelques annes aux tats-,unis1 diront ces femmes-l ce qu'elles ont faire4 ,miss ,lucy ,stone et ,miss ,antoinette ,brown1 deux femmes du parti de l'mancipation qui parcourent l',amrique du ,nord en faisant des lectures1 taient recherches par deux frres1 les ,messieurs ,blackwell4 ,en ,amrique1 comme partout1 la loi subordonne la femme marie4 ,la position tait difficile pour les mancipatrices3 se marier sous la loi d'infriorit1 c'tait violer leurs principes2 s'unir librement1 c'tait nuire leur considration et s'ter le pouvoir d'agir4 ,elle s'en tirrent fort habilement4 ,chacune d'elles1 de concert avec son fianc1 rdigea une protestation contre la loi qui rgit le mariage2 protestation suivie de conventions par lesquelles les futurs conjoints se reconnaissaient mutuellement gaux et libres1 dclarant ne se marier devant le magistrat que par respect pour l'opinion4 ,puis1 aprs la crmonie lgale1 les poux publirent dans les journaux cet engagement rciproque4 ,que les femmes qui ont le sentiment de leur dignit fassent signer et signent un tel acte4 ,devant la loi1 il est nul2 mais il ne le sera pas devant la conscience des tmoins qui y auront assist4 ,si la femme est ce qu'elle doit tre1 honnte et srieuse1 et que le mari viole ses promesses1 il sera rput un malhonnte homme4 ,du reste1 le respect de sa signature lui sera facilit1 si la femme se marie1 comme nous le conseillons1 sous le rgime dotal avec paraphernaux et socit d'acquts1 ou sous celui de la sparation de biens4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ainsi dans le mariage libre1 contrat d'association enregistr2 dans le mariage lgal1 protestation devant tmoins contre la loi qui subalternise la femme1 contrat sous le rgime dotal avec paraphernaux ou sous celui de la sparation de biens1 tels sont les moyens par lesquels vous jugez que la femme franaise peut protester contre la loi du mariage actuel1 en attendant que le lgislateur la rforme4 ,l',,auteur4 ,oui1 ,madame2 si cette forme de protestation est insuffisante1 elle n'est pas immorale comme celle qui se produit aujourd'hui par l'adultre1 la profanation du mariage devenu un ignoble march o l'on se vend une femme pour tant de dot4 ,la mesure que nous proposons aux femmes fera rflchir le lgislateur2 la forme de protestation qu'on se permet aujourd'hui dtruit la famille1 les murs et la sant publique4 ,en attendant que les rformes lgales soient obtenues1 nous ferions bien aussi de venir en aide aux femmes ouvrires1 malheureuses en mnage1 et qui ne peuvent plaider en sparation parce qu'elles n'ont pas d'argent4 ,il est temps d'apprendre aux maris ouvriers qu'on n'est pas matre1 comme ils le croient et le disent1 de battre sa femme1 de la mettre sur la paille avec ses enfants4 ,n'oublions pas1 ,madame1 que1 dans tous les rangs1 il y a de dtestables maris1 et que notre uvre1 nous1 est de dfendre contre eux leurs femmes1 surtout lorsqu'elles manquent des moyens ncessaires pour le faire elles-mmes convenablement4 ,,troisi,,me ,,partie ,nature et fonctions de la femme2 ,amour et mariage2 ,rformes lgales4 ,,chapitre ,,premier4 ,,nature ,,et ,,fonctions ,,de ,,la ,,femme4 ,i ,pour toute conscience de bonne foi1 nous croyons avoir suffisamment1 quoique sommairement tabli1 que le droit social est identique pour les deux sexes1 parce qu'ils sont d'espce identique4 ,la question de droit1 mise hors de discussion1 nous pouvons maintenant rechercher quel usage la femme fera de son droit2 en d'autres termes1 quelles fonctions elle est apte remplir d'aprs l'ensemble de sa nature4 ,marquons d'abord la diffrence profonde qui existe entre le droit et la fonction1 puis dfinissons et divisons cette dernire4 ,le ,droit est la condition sine qua non du dveloppement et des manifestations de l'tre humain3 il est absolu1 gnral pour toute l'espce1 parce que les individus qui la composent1 doivent lgitimement pouvoir se dvelopper et se manifester4 ,la ,fonction est l'emploi des facults de l'individu en vue d'un but utile lui-mme et aux autres3 la fonction est donc une production d'utilit et1 en dernire analyse1 la manifestation des aptitudes prdominantes chez chacun de nous1 soit naturellement1 soit par suite de l'ducation et de l'habitude4 ,la socit1 ayant des besoins de toute espce1 a des fonctions de toute nature et de porte diverse3 on pourrait classer ainsi ces fonctions3 #a ,fonctions scientifiques et philosophiques2 #b ,fonctions industrielles2 #c ,fonctions artistiques2 #d ,fonctions d'ducation2 #e ,fonctions mdicales2 #f ,fonctions de sret2 #g ,fonctions judiciaires2 #h ,fonctions d'change et de circulation2 #i ,fonctions administratives et gouvernementales2 #aj ,fonctions lgislatives2 #aa ,fonctions de solidarit ou de bienfaisance sociale et d'institutions prventives4 ,cette classification trs imparfaite et insuffisante1 si nous faisions un trait d'organisme social1 tant tout ce qu'il faut par rapport l'usage que nous devons en faire1 nous nous y tiendrons ici4 ,les hommes1 et les femmes leur suite1 ont jug convenable jusqu'ici de classer l'homme et la femme sparment2 de dfinir chaque type1 et de dduire de cet idal les fonctions propres chaque sexe4 ,ni les uns ni les autres n'ont voulu voir que des faits nombreux dmentent leur classification4 ,quoi6 s'crient les classificateurs1 niez-vous que les sexes ne diffrent8 ,niez-vous que1 s'ils diffrent1 ils n'aient des fonctions diffrentes8 ,si notre classification ne vous parat pas bonne1 critiquez-l1 rien de mieux2 mais pour la remplacer par une meilleure4 ,critiquer votre classification1 ,mesdames et ,messieurs1 ainsi ferai-je2 mais si les lments me manquent pour en tablir une meilleure1 pouvez-vous1 devez-vous mme m'engager vous en prsenter une8 ,me croyez-vous un homme pour exiger de moi l'abus de l' priori1 et les procds par grand cart et coups de sabre8 ,proudhon a raison1 murmurent ces ,messieurs3 la femme est incapable d'abstraire1 de gnraliser1 de se connatre44444 ,vraiment1 ,messieurs1 vous pensez que c'est par incapacit que je ne veux pas vous prsenter une classification des sexes1 une thorie de la nature de la femme844444 ,expdions-nous donc pour prouver le contraire3 au lieu d'une thorie1 je vous en donnerai quatre4 ,,premi,,re ,,esquisse4 ,l'homme et la femme ne forment srie que sous le rapport de la reproduction de l'espce2 tous les autres caractres par lesquels on a tent de les diffrencier1 ne sont que des gnralits contredites par une multitude de faits3 or1 comme une gnralit n'est pas une loi1 l'on ne peut rien en induire1 rien en dduire d'absolu au point de vue de la fonction4 ,d'autre part1 les espces zoologiques ont leur plus grande diffrence radicale dans le systme nerveux1 surtout dans la plus ou moins grande masse et complexit de l'encphale3 or1 l'anatomie admet1 aprs expriences nombreuses1 que1 relativement la masse totale du corps1 le cerveau de la femme gale en volume celui de l'homme2 que la composition de tous deux est la mme et1 selon la ,phrnologie1 que les organes du cerveau sont les mmes dans les deux sexes4 ,enfin il est de principe en ,biologie1 que les organes se dveloppent par l'exercice et s'atrophient par le repos continu3 or1 l'homme et la femme n'exercent pas de la mme manire leurs organes encphaliques2 la gymnastique ducationnelle1 les murs1 les prjugs1 les habitudes imposes1 tendent dvelopper dans la tte masculine ce qu'on atrophie dans la tte fminine2 d'o il rsulte que les diffrences constates empiriquement ne sont nullement le rsultat de la nature1 mais celui des causes accidentelles qui les ont produites4 ,conclusion3 donc les deux sexes1 levs de mme1 se dvelopperont de mme et seront aptes aux mmes fonctions1 except en ce qui concerne la reproduction de l'espce4 ,voil1 ,messieurs1 une thorie de toute pice1 trs soutenable au point de vue ,anatomo-,biologique1 et que je vous dfie de prouver fausse3 car j'aurais rponse toutes vos objections4 ,,ii ,,deuxi,,me ,,esquisse4 ,nous reconnaissons en principe que les sexes forment srie sous le rapport physique1 intellectuel1 moral1 consquemment fonctionnel4 ,nous croyons qu'ils doivent se subordonner l'un l'autre en raison de leur excellence relative2 et nous prenons pour pierre de touche de leur valeur respective la destine de l'espce4 ,si nous comparons les sexes entre eux1 nous constatons d'une manire gnrale que l'homme n'est qu'une femme enlaidie sous tous les rapports2 nous constatons en second lieu qu'il est bien plus animal que la femme1 puisque son systme pileux est plus dvelopp et qu'il respire de plus bas2 en sorte qu'il est trs videmment un intermdiaire entre la femme et les grandes espces de singes4 ,la femme seule renferme et dveloppe le germe humain2 elle est cratrice et conservatrice de la race4 ,il n'est pas bien sr que le concours de l'homme soit ncessaire pour l'uvre de la reproduction2 c'est un moyen qu'a choisi la nature2 mais la science humaine parviendra1 nous l'esprons1 dlivrer la femme de cette sujtion insupportable4 ,l'analogie nous autorise croire que la femme1 seule dpositaire du germe humain1 l'est galement de tous les germes intellectuels et moraux3 d'o il rsulte qu'elle est l'inspiratrice de toute science1 de toute dcouverte1 de toute justice2 la mre de toute vertu4 ,nos inductions analogiques sont confirmes par les faits3 la femme fait usage de son intelligence dans le concret2 elle est fine observatrice2 l'homme n'est propre qu' construire des paradoxes et se perdre dans l'abme mtaphysique3 la science n'est sortie des limbes de l'a priori sans confirmation1 que depuis l'avnement de la forme de l'esprit fminin dans ce domaine3 aussi dirons-nous que les vrais savants sont des esprits fminiss4 ,sous le rapport moral1 l'homme et la femme diffrent beaucoup3 le premier est dur1 brutal1 sans dlicatesse1 dpourvu de sensibilit1 de pudeur3 ses rapports habituels avec l'autre sexe ont beaucoup de peine le modifier2 la femme est naturellement douce1 aimante1 sensible1 quitable1 pudique2 c'est elle que l'homme doit la justice et ses autres vertus1 quand il en a3 d'o il rsulte que c'est vraiment la femme seule qu'est d le progrs social3 voil pourquoi chaque pas fait vers la civilisation est marqu par un pas de la femme vers la libert4 ,si nous considrons chacun des sexes dans leur rapport avec la destine humaine1 nous sommes obligs de nous avouer que1 si la prdominance de l'homme a eu sa raison d'tre dans la ncessit d'baucher cette destine1 la prminence de la femme est assure sous le rgne futur du droit et de la paix4 ,il a fallu lutter et combattre pour tablir la justice et soumettre la nature l'humanit2 ce devait tre le rle de l'homme qui reprsente la force musculaire1 l'esprit de lutte2 mais comme on peut dj prvoir dans un avenir prochain l'avnement de la paix1 la substitution du travail pacifique et des ngociations la guerre1 il est clair que la femme devra prendre la direction des affaires humaines auxquelles l'appelleront alors ses facults mieux adaptes la fin dsormais poursuivie4 ,la femme a d se dvelopper socialement et se manifester socialement la dernire1 par la mme raison que l'espce humaine est la dernire cration de notre globe3 l'tre le plus parfait apparat toujours aprs ceux qui ont servi le prparer4 ,comme il est dmontr d'autre part1 que1 dans l'chelle des organismes divers1 l'organe qui se surajoute aux autres pour constituer un changement d'espce1 gouverne ceux que l'individu tient des espces infrieures1 de mme la femme1 compltement dveloppe dans un corps social organis pour la paix et le travail pacifique1 sera l'organe nouveau qui gouvernera le corps social4 ,est-ce dire que la femme doive opprimer l'homme8 ,non certes2 elle mconnatrait les services rendus et faillirait sa douce nature2 mais elle lui fera comprendre que sa gloire est d'obir1 de se subordonner l'autre sexe1 parce qu'il est moins parfait1 et que ses qualits ne sont plus ncessaires au bien gnral4 ,vous riez1 ,messieurs1 de cette seconde thorie2 vous la trouvez absurde44444 ,c'est vrai3 car elle est la contre partie de la femme thtique de ,m4 ,proudhon4 ,passons donc au troisime exercice4 ,,iii ,,troisi,,me ,,esquisse4 ,toute classification de l'espce humaine est une pure cration subjective1 c'est dire qui n'a de raison d'tre que dans la forme donne la perception par l'intelligence2 la conception mme de l'humanit avec l'numration des caractres qui sont rputs la distinguer des autres espces1 est bouffie de subjectivit4 ,la vrit est que pas un tre humain ne se ressemble2 qu'il y a autant d'hommes et de femmes diffrents que d'hommes et de femmes pour composer l'espce4 ,les classifications1 en toutes choses1 sont des erreurs de l'esprit1 parce que la nature hait l'identit et ne se rpte jamais3 il n'y a pas deux grains de sable1 deux gouttes d'eau1 deux feuilles qui se ressemblent2 et trs probablement le soleil1 depuis qu'il existe1 n'a pas apparu deux fois identiquement le mme son lever4 ,et c'est malgr l'vidence de ces vrits1 malgr la conviction o nous sommes des illusions des sens1 de la dbilit de notre intelligence qui ne peut rien connatre de la nature intime des tres2 qui ne saisit que quelques lignes fugitives de leurs caractres personnels2 et c'est malgr toutes ces choses que nous osons tablir des sries1 leur attribuer des caractres que viennent contredire les faits1 et violenter1 torturer les seuls tres qui existent1 les individus1 au nom de cette autre chose qui n'existe que dans notre cerveau malade3 le genre1 la classe6 ,les fruits amers qu'a produits notre manie de classification devraient cependant nous en gurir4 ,n'est-ce pas cette maladie qui1 poussant les thocrates1 les lgislateurs diviser l'humanit en castes1 en classes1 a caus la plupart des malheurs de notre espce8 ,n'est-ce pas grce ces excrables divisions que nous avons un pass hideux dont les chos ne renvoient notre oreille pouvante que des sanglots1 des cris de colre1 de rvolte1 de maldiction1 de vengeance1 de sinistres bruits d'armes et de chanes8 ,n'est-ce pas grce elles encore que1 sur les pages de notre histoire1 toutes macules de sang et de larmes1 et qui exhalent une odeur de charnier1 on ne lit que tyrannie1 abrutissement1 dmoralisation8 ,n'est-ce pas encore grce elles que le roi et le sujet1 le matre et le serf1 le blanc et le ngre1 l'homme et la femme se dmoralisent par l'oppression1 l'injustice1 la cruaut d'une part2 la ruse1 la bassesse1 la vengeance de l'autre8 ,est-ce que le mal et le malheur ne sont pas partout1 parce que l'ingalit1 fille de classifications insenses1 est partout8 ,ah6 qui nous dlivrera donc de notre draison6 ,classons les animaux1 les vgtaux1 les minraux1 si nous voulons6 nos erreurs n'ont aucune influence sur eux et ne peuvent les troubler2 mais respectons l'espce humaine qui chapperait toute classification1 lors mme que ce procd serait raisonnable1 parce que chaque tre humain est mobile1 progressif1 et diffre bien plus de ses semblables1 que l'animal le plus lev ne diffre des siens4 ,laissons donc chacun faire sa propre loi d'autonomie1 se manifester selon sa nature1 et veillons seulement ce que le droit soit gal pour tous2 ce que le fort n'opprime pas le faible2 ce que toute fonction soit confie celui qui prouve tre le plus apte la remplir3 voil tout ce que nous pouvons1 tout ce que nous devons faire1 si nous tenons nous montrer sages et justes4 ,l'harmonie existe dans la nature1 parce que chaque tre y suit paisiblement les lois qui rgissent son individualit3 il en sera de mme dans l'humanit1 lorsque la raison collective comprendra que l'ordre humain est prtabli dans le concours des facults individuelles laisses libres dans leurs manifestations2 et que c'est retarder l'avnement de l'ordre1 de la paix et du bonheur que d'tablir un ordre factice1 tout de fantaisie3 c'est dire un vritable dsordre4 ,gardons-nous donc de toute classification des facults et des fonctions selon les sexes3 outre qu'elle serait fausse1 elle nous conduirait la cruaut2 car nous opprimerions ceux et celles qui ne seraient ni assez souples pour s'y soumettre1 ni assez hypocrites pour le paratre2 et nous le ferions sans profit pour la destine humaine1 mais1 tout au contraire1 son dtriment4 ,voil1 ,messieurs1 une thorie nominaliste2 et je vous dfie de la renverser par des raisons suffisantes3 car j'aurais1 comme pour la premire1 rponse toutes vos objections4 ,arrivons notre dernire thorie qui est la vtre pour les majeures et les mineures2 mais est le contraire pour les conclusions4 ,,iv ,tous les appareils d'un mme organisme se modifient les uns les autres et1 par ce fait1 les fonctions se modifient mutuellement4 ,or l'homme et la femme diffrent l'un de l'autre par un appareil important4 ,donc chacun des deux sexes doit diffrer l'un de l'autre1 non seulement par l'appareil qui les distingue1 mais par toutes les modifications qu'amne la prsence de cet appareil4 ,voil1 ,messieurs1 mon premier syllogisme3 je sais que nous nous n'aurons pas maille partir l dessus3 c'est de la ,biologie classique4 ,recherchons anatomiquement les diffrences organiques que la sexualit fait subir l'homme et la femme4 ,systme nerveux4 ,les nerfs1 dit du sentiment1 sont plus dvelopps chez la femme que chez l'homme2 ceux du mouvement le sont moins2 le cervelet est plus dvelopp dans la tte de l'homme que dans celle de la femme2 chez celle-ci le diamtre antro-postrieur du cerveau l'emporte sur le bi-latral qui est relativement plus grand dans le sexe masculin3 on remarque aussi que les organes de l'observation1 de la circonspection1 de la ruse et de la philogniture sont plus volumineux dans la tte de la femme que dans celle de l'homme1 chez lequel prdominent les organes rationnels1 ceux du combat et de la destruction4 ,systme locomoteur4 ,l'homme est plus grand que la femme1 a les os plus compacts1 les muscles plus gros et mieux nourris1 les tendons plus forts2 son thorax a une direction oppose celui de la femme3 dans celui de la femme1 la plus grande largeur est entre les paules1 chez l'homme1 elle est la base2 le bassin est plus large1 plus vas dans le sexe fminin que chez l'autre4 ,systmes pidermique et cellulaire4 ,l'homme a la peau plus pileuse que la femme2 ce qu'on nomme la graisse est moins abondant dans l'organisme masculin que dans le fminin2 gnralement la peau de l'homme est plus rude et toutes ses formes sont moins arrondies2 la femme a les cheveux plus longs1 plus soyeux4 ,organes splanchniques4 ,la masse crbrale est relativement la mme chez les deux sexes1 ainsi que les organes du cerveau1 sauf les prdominances que nous avons signales2 le systme respiratoire diffre un peu3 la femme respire de plus haut que l'homme3 chez celui-ci la circulation est plus active1 plus nergique4 ,a ces diffrences physiques correspondent les diffrences intellectuelles et morales4 ,la femme1 ayant les nerfs du sentiment plus dvelopps1 est plus impressionnable et plus mobile que l'homme4 tant plus faible et aussi volontaire1 elle obtient par l'adresse et la ruse ce qu'elle ne peut obtenir par la force2 sa faiblesse lui donne de la timidit1 de la circonspection1 le besoin de se sentir protge4 ,les travaux qui exigent de la force lui rpugnent4 ,sa destination maternelle la rend ennemie de la destruction1 de la guerre2 et son organisation plus dlicate lui fait redouter et fuir la lutte4 ,cette mme destination maternelle imprime un cachet particulier son intelligence3 elle aime le concret1 et tend toujours faire passer l'ide dans les faits1 l'incarner1 lui donner une forme arrte2 son raisonnement est l'intuition ou l'aperception rapide d'un rapport gnral1 d'une vrit que l'homme ne dgage qu'avec beaucoup de peine1 l'aide des chasses logiques4 ,la femme est meilleure observatrice que l'homme1 et pousse plus loin que lui l'induction2 elle est en consquence plus pntrante1 et bien meilleur juge de la valeur morale et intellectuelle de ceux qui l'entourent4 ,plus que l'homme1 elle a le sentiment du beau1 la dlicatesse du cur1 l'amour du bien1 le respect de la pudeur1 la vnration pour tout ce qui est suprieur4 ,plus prvoyante que lui1 elle a plus d'ordre et d'conomie1 et surveille les dtails administratifs avec une conscience qui va souvent jusqu' la purilit4 ,la femme est adroite1 applique3 elle excelle dans les travaux de got1 et possde de grandes tendances artistiques4 ,plus douce1 plus tendre1 plus patiente que l'homme1 elle aime tout ce qui est faible1 protge tout ce qui souffre2 toute douleur1 toute misre met une larme dans ses yeux1 tire un soupir de sa poitrine4 ,voil bien la femme1 telle que vous la dpeignez1 ,messieurs4 ,puis tous ajoutez3 ,la vocation de la femme est donc l'amour1 la maternit1 le mnage1 les occupations sdentaires4 ,elle est trop faible pour les travaux qui exigent la force et pour ceux de la guerre4 ,elle est trop impressionnable et trop sensible1 trop bonne1 trop douce pour tre lgislateur1 juge et jur4 ,son got pour les dtails d'intrieur1 la vie retire et les graves fonctions de la maternit indiquent assez qu'elle n'est pas faite pour des emplois publics4 ,elle est trop mobile pour cultiver utilement la science2 trop faible et trop occupe ailleurs1 pour suivre des expriences soutenues4 ,son genre de rationalit la rend impropre l'laboration des thories2 et elle aime trop le concret et les dtails1 pour s'intresser srieusement aux ides gnrales1 ce qui l'loigne de toutes les hautes fonctions professorales et de celles qui exigent des tudes srieuses4 ,sa place est donc au foyer pour amliorer l'homme1 le soutenir1 le soigner1 lui procurer les joies de la paternit et remplir l'office d'une bonne mnagre4 ,voil vos conclusions3 voici les miennes1 en admettant1 par hypothse1 ce que j'affirme avec vous de la femme4 ,v #a ,la femme portant dans la ,philosophie et la ,science sa finesse d'observation1 son amour du concret1 corrigera la tendance exagre de l'homme l'abstraction1 et dmontrera la fausset des thories construites sur l'a priori1 sur quelques faits seulement4 ,c'est alors que disparatra l'ontologie2 que l'on reconnatra qu'une hypothse n'est qu'un point d'interrogation2 que la vrit est toujours de nature intelligible1 quelqu'inconnue qu'elle puisse tre2 on ne gnralisera que des faits connus1 l'on vitera soigneusement d'riger de simples gnralits en lois1 et nous aurons ainsi une vritable philosophie1 de vraies sciences humaines1 parce qu'elles porteront l'empreinte des deux sexes4 #b ,la femme portant ses facults propres dans l'industrie1 y introduira de plus en plus l'art1 la perfection dans les dtails4 ,cultive dans le sens de ses aptitudes1 elle trouvera d'ingnieux moyens d'application des dcouvertes scientifiques4 #c ,patiente1 douce1 bonne1 plus morale que l'homme1 elle est ducatrice ne de l'enfance1 moralisatrice de l'homme fait2 la plupart des fonctions ducationnelles lui reviennent de droit2 et elle a sa place marque dans l'enseignement spcial4 #d ,par sa vive intuition1 sa finesse d'observation1 la femme seule peut dcouvrir la thrapeutique des nvroses2 son adresse la rendra prcieuse dans toutes les oprations chirurgicales dlicates4 ,c'est elle que doit incomber le soin de traiter les affections des femmes et des enfants1 parce qu'elle seule est capable de les bien comprendre2 elle a sa place marque dans les hpitaux1 non seulement pour la cure des maladies1 mais pour l'excution et la surveillance des dtails d'administration et des soins donner aux malades4 #f ,la prsence de la femme dans les fonctions judiciaires1 comme jur et arbitre1 sera pour tous une garantie de vritable justice humaine1 c'est dire d'quit4 ,la femme seule par sa douceur1 sa misricorde1 ses dispositions sympathiques et sa finesse d'observation1 peut bien comprendre que1 dans toute faute commise1 la socit a sa part de culpabilit3 car elle doit s'organiser plus pour prvenir le mal que pour le punir4 ,ce point de vue1 surtout fminin1 transformera le systme pnitentiaire et suscitera de nombreuses institutions4 ,c'est alors seulement que tous comprendront que la peine inflige au coupable doit tre un moyen de rparation et de rgnration2 la socit ne tuera plus comme quelqu'un de faible qui a peur3 elle amendera l'assassin au lieu de l'imiter2 elle forcera le voleur travailler pour restituer ce qu'il a pris2 elle ne se croira plus le droit1 lorsqu'elle enferme un condamn1 de lui ter sa raison1 de le pousser au dsespoir1 au suicide1 par le rgime cellulaire2 de le priver compltement du mariage1 de l'accoupler avec plus corrompu que lui4 ,connaissant bien sa part de culpabilit1 la socit rparera les torts de son incurie dans les pnitenciers3 elle sera ferme1 mais bonne et moralisatrice3 elle fera l1 l'ducation qu'elle aurait d faire dehors1 et prparera des maisons de travail pour les librs1 afin que le mpris et la peur dont les poursuivent des gens souvent pires qu'eux1 ne les poussent pas la rcidive4 #g ,la femme1 portant1 dans le mnage social son esprit d'ordre et d'conomie1 son amour des dtails et son horreur des paperasses et des dpenses folles1 rformera l'administration3 elle simplifiera tout2 supprimera les sincures1 le cumul des emplois1 et produira beaucoup avec peu1 au lieu de produire1 comme l'homme1 peu avec beaucoup3 la bourse des contribuables ne s'en plaindra pas4 #h ,sous l'influence directe de la femme lgislateur1 nous aurons un remaniement de toutes les lois3 d'abord et avant tout1 nous aurons des moyens prventifs1 une ducation obligatoire2 puis le code de procdure sera simplifi2 du code civil refondu1 disparatront toutes les lois concernant les enfants naturels et l'ingalit des sexes2 les lois sur les murs seront plus svres1 le code pnal plus rationnel et plus quitable4 ,par les rformes administratives nes de l'instinct conomique de la femme1 les impts seront diminus2 son horreur du sang et de la guerre rduira de beaucoup l'affreux impt du sang4 ,ayant voix dlibrative1 et sachant1 par ses douleurs et son amour1 ce que vaut un homme1 ce ne sera qu' bon escient qu'elle votera des leves de citoyens pour ces boucheries qu'on nomme des guerres3 elle ne le fera que lorsque le territoire sera menac1 ou qu'il faudra protger les nationalits opprimes2 dans tout autre cas1 elle emploira le systme de la conciliation4 #i ,la femme1 qui est bien plus conome et bien meilleure analyste que l'homme1 srieusement instruite1 aura bientt reconnu que les nations1 comme les individus1 diffrent d'aptitudes1 et que le but de ces diffrences est l'union et la fraternit par l'change des produits3 elle dtournera donc son pays de cultiver certaines branches d'industrie dans lesquelles d'autres peuples sont suprieurs et produisent meilleur compte2 elle le gurira de la folle prtention de se suffire lui-mme1 et le dtournera de sacrifier l'intrt de la masse des consommateurs celui de quelques producteurs3 ainsi peu peu tomberont les barrires et les douanes qui sparent les divers organes de l'humanit3 il y aura des traits d'change1 et tout le monde y gagnera par le bon march1 et la suppression des dpenses faites pour soutenir une administration douanire1 trop souvent vexatoire4 ,les qualits et facults de la femme en font non seulement une ducatrice1 mais lui assurent la prpondrance dans toutes les fonctions qui relvent de la solidarit sociale3 elle seule sait consoler1 encourager1 moraliser doucement1 soulager avec dlicatesse2 elle a le gnie de la charit2 c'est donc elle que doivent revenir la surveillance et la direction des hpitaux1 des prisons de femme1 l'administration des bureaux de secours1 la surveillance des enfants abandonns1 etc4 ,c'est elle qu'on devra les institutions qui donneront du travail aux ouvriers sans ouvrage1 et sauveront les librs de la paresse et de la rcidive4 ,voil1 ,messieurs1 sans sortir des donnes de votre thorie1 la femme place partout ct de l'homme1 except dans les rudes travaux dont les machines vous dispenseront vous-mmes1 et dans les institutions militaires qui disparatront un jour selon toute probabilit4 ,jusqu'ici les institutions1 les lois1 les sciences1 la philosophie portent surtout l'empreinte masculine3 toutes ces choses ne sont humaines qu' demi2 pour qu'elles le deviennent tout fait1 il faut que la femme s'y associe ostensiblement et lgalement2 consquemment qu'elle soit cultive comme vous3 la culture ne la rendra pas semblable vous1 ne le craignez pas3 la rose et l'illet croissant dans le mme sol1 sous le mme ciel1 sous le mme soleil1 avec les soins du mme jardinier1 restent rose et illet3 ils sont d'autant plus beaux que les lments qu'ils transforment sont plus abondants1 et qu'ils sont mieux cultivs3 si l'homme et la femme diffrent1 l'ducation semblable ne fera que les diffrencier davantage1 parce que chacun d'eux s'en servira pour dvelopper ce qui lui est particulier4 ,dans l'intrt de toutes choses et de tous1 il faut que la femme entre dans tous les emplois2 ait sa fonction dans toutes les fonctions3 aprs l'intrt gnral de l'humanit1 vient celui de la famille3 il ne peut passer avant4 ,puisque la femme1 l'heure qu'il est1 est1 en gnral1 mre et mnagre tout en remplissant une foule d'autres fonctions1 elle ne le sera pas moins en se chargeant de quelques-unes de plus2 et d'ailleurs l'poque o l'on entre dans certaines fonctions importantes est celle o la femme a termin sa tche maternelle4 ,quelques femmes fonctionnaires publics n'empcheront pas l'immense majorit de leurs compagnes de rester dans la vie prive1 pas plus que quelques hommes dans le mme cas1 n'empchent la masse des hommes d'y demeurer en gnral4 ,,vi ,vous admettez enfin une classification1 me dites vous1 ,messieurs2 et vous convenez1 de plus1 qu'il y a des fonctions masculines et des fonctions fminines4 --,vous vous mprenez1 ,messieurs3 vous m'accusiez d'tre incapable de vous donner une thorie complte1 je vous ai donn l'bauche de quatre2 bauche qu'il me serait facile d'tendre et de parfaire4 ,mais je n'admets pas une seule de ces thories dans son ensemble4 --,vous tes donc clectique8 --,que les ,dieux m'en gardent3 j'ai autant de rpugnance pour l'clectisme que pour le nombre trois et l'androgynie4 ,je n'admets pas la thorie de l'identit des sexes1 parce que je crois avec la ,biologie qu'une diffrence organique essentielle modifie l'tre tout entier2 qu'ainsi la femme doit diffrer de l'homme4 ,je n'admets pas la thorie de la supriorit d'un sexe ni de l'autre1 parce qu'elle est absurde3 l'humanit est homme-femme ou femme-homme2 on ne sait ce que serait un sexe1 s'il n'tait pas incessamment modifi par ses rapports avec l'autre1 et nous ne les connaissons qu'ainsi modifis3 ce qu'il y a de certain1 c'est qu'ils sont ensemble la condition d'tre de l'humanit2 qu'ils sont galement ncessaires1 galement utiles l'un l'autre et la socit4 ,je n'admets pas ma troisime thorie parce qu'elle est d'un nominalisme outr2 s'il est bien vrai que tous les individus des deux sexes diffrent de l'un l'autre d'une manire bien autrement notable que ceux des autres espces1 il n'en est pas moins vrai qu'une classification1 fonde sur un caractre anatomique constant1 est lgitime1 et que le principe de classification est dans la nature des choses2 car si les choses nous apparaissent classes1 c'est qu'elles le sont3 les lois de l'esprit sont les mmes que celles de la nature en ce qui touche la connaissance3 il faut l'admettre1 moins d'tre sceptique ou idaliste1 or je ne suis ni l'un ni l'autre2 je ne suis pas non plus raliste dans l'acception philosophique du mot1 car je ne crois pas que l'espce soit quelque chose en dehors des individus en qui elle se manifeste3 elle est en eux et par eux1 ce qui revient dire qu'il y a des individus identiques sous un ou plusieurs rapports1 quoique diffrents sous tous les autres4 ,enfin je n'admets pas la quatrime thorie1 quoique son principe soit vrai1 parce que les faits nombreux qui contredisent les caractres diffrentiels1 ne me permettent pas de croire que ces caractres soient des lois tablies par la sexualit4 ,en effet1 il y des cerveaux d'hommes sur des ttes de femme et vice vers4 ,des hommes mobiles1 impressionnables2 des femmes fermes et insensibles4 ,des femmes grandes1 fortes1 muscles1 soulevant un homme comme une plume2 des hommes petits1 frles1 d'une extrme dlicatesse de constitution4 ,des femmes qui ont une voix de stentor1 des manires rudes2 des hommes qui ont la voix douce1 des manires gracieuses4 ,des femmes qui ont les cheveux courts1 raides1 sont barbues1 ont la peau rude1 les formes anguleuses2 des hommes qui ont les cheveux longs1 soyeux1 sont imberbes1 gras1 replets4 ,des femmes qui ont une circulation nergique2 des hommes qui en ont une faible et lente4 ,des femmes franches1 tourdies1 hardies2 des hommes russ1 dissimuls1 timides4 ,des femmes violentes1 qui aiment la lutte1 la guerre1 la dispute2 qui prouvent le besoin de tempter tout propos2 des hommes doux1 patients1 ayant horreur de la lutte et trs poltrons4 ,des femmes qui aiment l'abstraction1 gnralisent et synthtisent beaucoup1 qui n'ont d'intuition d'aucune sorte2 des hommes intuitifs1 fins observateurs1 bons analystes1 incapables de gnraliser444444 ,j'en connais bon nombre4 ,des femmes insensibles aux uvres d'art1 qui ne sentent pas le beau2 des hommes remplis d'enthousiasme pour l'un et l'autre4 ,des femmes immorales1 impudiques1 sans respect pour rien ni personne2 des hommes moraux1 chastes1 vnrants4 ,des femmes dissipatrices1 dsordonnes2 des hommes conomes et parcimonieux jusqu' l'avarice4 ,des femmes profondment gostes1 sches1 disposes exploiter la faiblesse1 la bont1 la sottise ou la misre d'autrui2 des hommes pleins de gnrosit1 de mansutude1 prts se sacrifier4 ,que rsulte-t-il de ces faits indniables8 ,c'est que la loi des diffrences sexuelles ne se manifeste pas par les caractres gnraux qu'on a tablis4 ,c'est que ces caractres peuvent fort bien n'tre que le rsultat de l'ducation1 de la diffrence des prjugs1 de celle des occupations1 etc4 ,c'est que1 de ces gnralits pouvant tre le fruit d'une diffrence de gymnastique et de milieu1 l'on ne peut rien lgitimement conclure quant aux fonctions de la femme3 ne serait-il pas absurde1 en effet1 de prtendre qu'une femme organise pour la philosophie et les sciences1 ne peut1 ne doit pas s'en occuper parce qu'elle est femme1 tandis qu'au homme incapable1 mais assez sot et assez vaniteux pour ignorer son incapacit1 peut et doit s'en occuper parce qu'il est homme8 ,les fonctions appartiennent ceux qui prouvent leur aptitude et non pas une abstraction qu'on appelle sexe3 car en dfinitive toute fonction est individuelle dans sa totalit ou dans ses lments4 ,,vii ,nous avons dit pourquoi nous repoussons les thories que nous avons esquisses2 disons pourquoi nous ne donnons ni ne voulons donner une classification des sexes4 ,nous ne donnons pas une classification1 parce que nous n'en avons ni ne pouvons en avoir une2 les lments manquent pour l'tablir4 ,une induction biologique nous permet d'affirmer qu'elle existe2 mais dans le milieu actuel1 il est impossible d'en dgager la loi3 le vritable cachet fminin ne sera connu qu'aprs un ou deux sicles d'ducation semblable et de droits gaux3 alors point ne sera besoin de faire une classification1 car la fonction ira naturellement au fonctionnaire sous un rgime d'galit o les lments sociaux se classeront d'eux-mmes4 ,mes croyances et mes esprances en ce qui concerne cet avenir1 je ne les dirai pas2 car je puis tre dans l'erreur1 puisque je n'ai pas de faits pour contrler mes intuitions1 et tout ce qui est purement utopie a toujours un ct dangereux4 ,d'ailleurs1 n'ai-je pas dit qu'euss-je une classification1 je ne la donnerais pas8 ,pourquoi8 ,parce qu'on en ferait1 comme toujours1 un dtestable usage1 si elle tait adopte4 ,jusqu'ici ne s'est-on pas servi de classifications bases sur des caractres qu'on a reconnus purement transitoires plus tard1 pour opprimer1 dformer et calomnier ceux qu'on relguait dans les rangs infrieurs8 ,l'histoire est l pour nous donner ce salutaire enseignement4 ,la ville pdaille1 la gent taillable et corvable merci1 n'tait bonne qu' battre l'eau des tangs et se laisser tondre jusqu'au vif3 o est-elle aujourd'hui8 elle invente1 gouverne1 lgifre et transforme peu peu notre globe1 dvast par l'espce suprieure seule capable1 en un sjour riant et paisible4 ,sur toute classification de l'espce humaine soit en castes1 en classes1 en sexes1 reposent trois iniquits4 ,la premire est de faire un crime l'individu rejet dans la srie infrieure1 de ne point ressembler au type de convention qu'on s'en est form1 tandis qu'on permet fort bien l'tre1 dit suprieur1 de ne pas ressembler son type3 c'est ainsi qu'un homme faible1 lche1 inintelligent1 un modiste1 un brodeur1 n'en sont pas moins des hommes1 tandis qu'une virago1 une femme ferme1 courageuse1 une grande souveraine1 une philosophe ne sont pas des femmes1 mais des hommes qu'on n'aime pas1 et qu'on livre en pture aux btes et aux femmelettes jalouses qui les dchirent4 ,la seconde iniquit est de se servir du type de convention pour dformer l'tre class dans la srie infrieure1 pour tuer ses nergies1 empcher son progrs4 ,alors1 pour arriver au but1 on organise l'ducation1 le milieu social1 on invente des prjugs et l'on russit en gnral si bien que l'opprim1 qui s'ignore1 se croit rellement de nature infrieure1 se rsigne ses fers et va jusqu' s'indigner de la rvolte de ceux de sa srie qui sont trop nergiques et personnels pour n'avoir pas ragi contre ce que l'imbcillit sociale prtendait faire d'eux4 ,la troisime iniquit est de se servir de l'tat d'abaissement o l'on a rduit l'opprim pour le calomnier et nier ses droits3 on s'crie3 regardez3 ,voil le serf6 ,voil l'esclave6 ,voil le ngre6 ,voil l'ouvrier6 ,voil la femme6 ,quels droits voulez-vous reconnatre ces natures infrieures et dbiles8 ,ils sont incapables de se connatre et de se rgir3 nous devons donc penser1 vouloir et gouverner pour eux4 ,eh6 non1 ,messieurs1 ce ne sont pas l des hommes et des femmes3 ce sont les tristes produits de votre gosme1 de votre affreux esprit de domination1 de votre imbcillit44444 ,s'il y avait des dieux infernaux1 je vous y dvouerais sans piti et de tout mon cur6 ,au lieu de calomnier vos semblables pour conserver vos privilges1 donnez leur l'instruction1 la libert2 alors seulement vous aurez le droit de vous prononcer sur leur nature3 car on ne peut connatre la nature d'une crature humaine que lorsqu'elle se dveloppe en toute libert dans l'galit4 ,j'ai justifi1 je crois1 ma rpugnance donner une classification des sexes1 et par l'impossibilit d'en tablir actuellement une raisonnable1 et par la crainte bien lgitime de l'usage qu'on en ferait4 ,mais on m'objectera1 non sans raison1 qu'il faut une classification pour la pratique sociale4 ,j'y consens de tout mon cur1 puisque j'ai fait toutes mes rserves1 et prouv l'inanit des classifications actuelles4 ,comme mon principe est que la fonction doit aller au fonctionnaire qui prouve sa capacit1 je dis qu' l'heure qu'il est1 par la diffrence d'ducation1 l'homme et la femme ont des fonctions distinctes2 et qu'il faut donner cette dernire la place qu'en gnral elle mrite4 ,j'ajoute que c'est une violation du droit naturel de la femme que de la former en vue des fonctions qu'on lui destine3 elle doit1 sous tous les rapports1 tre dans le droit commun3 pas plus qu' l'homme1 on ne peut lgitimement lui dire3 ton sexe ne peut faire cela1 ne peut prtendre cela3 si elle le fait et y prtend1 c'est que son sexe peut le faire et y prtendre3 s'il ne le pouvait1 il ne le ferait pas2 le premier droit est la libert1 le premier devoir la culture de ses aptitudes1 le dveloppement de sa raison1 de sa puissance d'utilit3 un ,dieu dit-il le contraire1 ce ne serait pas la conscience1 mais ce ,dieu qui aurait menti4 ,que la femme donc prenne la place qui convient son dveloppement actuel1 mais qu'elle se rappelle sans cesse que cette place n'est point fixe et qu'elle doit tendre monter toujours1 jusqu'au jour o sa nature spciale se rvlant par l'galit d'ducation1 d'instruction1 de ,droit et de ,devoir1 elle prendra partout sa place lgitime ct de l'homme et sur la mme ligne que lui4 ,qu'elle rie de toutes les folles utopies labores sur sa nature1 ses fonctions dtermines pour l'ternit1 et se rappelle qu'elle est1 non pas ce que la nature1 mais ce que l'esclavage1 les prjugs1 l'ignorance1 l'ont faite3 qu'elle se dlivre de toutes ces chanes et ne se laisse plus intimider et abrutir4 ,ainsi ,messieurs1 toute ma pense sur la nature et les fonctions de la femme peut se rsumer dans les quelques propositions suivantes3 ,je crois1 parce qu'une induction physiologique m'y autorise que1 sur le fonds gnral de l'humanit1 commun aux deux sexes1 la sexualit imprime un cachet4 ,en fait1 j'ignore2 et vous n'en savez pas plus que moi1 quels sont les vritables caractres ressortant de la distinction des sexes1 et je crois qu'ils ne peuvent se rvler que par la libert dans l'galit1 la parit d'instruction et d'ducation4 ,dans la pratique sociale1 les fonctions doivent appartenir qui peut les remplir3 donc la femme doit remplir les fonctions auxquelles elle se montre apte1 et l'on doit s'organiser pour que cela ait lieu4 ,quelles sont ces fonctions relatives son degr de dveloppement actuel8 ,je vous le dirai plus loin1 ,messieurs4 ,,chapitre ,,ii4 ,l',,amour1 ,,sa ,,fonction ,,dans ,l',,humanit4 ,i ,vous dites l'enfant qui ment3 c'est mal de tromper3 tu ne voudrais pas qu'on te trompt4 ,vous dites l'enfant qui drobe3 c'est mal de voler3 tu ne voudrais pas qu'on te volt4 ,vous dites l'enfant qui abuse de sa force1 de son intelligence pour tourmenter son compagnon plus jeune3 tu ne voudrais pas qu'on te ft ces choses2 tu es un mchant et un lche4 ,voil de bonnes leons4 ,pourquoi donc alors1 quand l'enfant est devenu jeune homme1 dites-vous3 il faut que les jeunes gens jettent la gourme du cur8 ,jeter la gourme du cur1 c'est tromper des jeunes filles1 perdre leur avenir1 pratiquer l'adultre1 entretenir des lorettes1 frquenter le lupanar4 ,et ce sont des mres1 ce sont des femmes1 qui consentent ainsi la profanation de leur sexe6 ,ce sont les mmes qui ont dfendu leurs fils de voler un jouet1 qui leur permettent de voler l'honneur et le repos des autres6 ,ce sont les mmes qui ont fait honte leurs fils du mensonge1 qui leur permettent de tromper de pauvres filles6 ,ce sont les mmes qui ont fait leurs fils un crime d'opprimer plus faibles qu'eux1 qui leur permettent d'tre oppresseurs et lches envers les femmes6 ,puis elles se plaignent ensuite que leurs fils se comportent mal envers elles2 qu'ils se dshonorent et se ruinent2 ,qu'ils souhaitent la mort de leurs parents1 afin d'enrichir les usuriers auxquels ils ont emprunt pour entretenir le luxe de leurs matresses2 ,elles se plaignent qu'ils dtruisent leur sant et ne donnent leurs mres que des petits fils tiols1 pour l'existence desquels elles seront dans de continuelles angoisses4 ,eh6 ,mesdames1 vous n'avez que ce que vous mritez3 portez le poids d'une solidarit que vous ne pouvez fuir4 ,vous avez autoris ,messieurs vos fils jeter la gourme du cur1 subissez en les consquences4 ,mais une mre ne peut tre la confidente de son fils1 dit-on4 ,pourquoi cela1 ,madame1 si vous l'avez lev de manire ne vous point faire de confidences dshonorantes8 ,il n'aurait pas vous en faire1 si vous l'aviez habitu se vaincre1 respecter toute femme comme sa mre1 toute petite fille comme sa sur2 traiter autrui comme il trouve juste d'tre trait2 si tous lui aviez bien inculqu qu'il n'y a qu'une morale1 laquelle les deux sexes sont galement astreints d'obir2 si vous lui aviez fait honorer1 aimer et pratiquer le travail2 si vous lui aviez dit que nous vivons pour nous perfectionner1 pratiquer la ,justice et la ,bienveillance1 et rendre l'humanit ce qu'elle fait pour nous en nous protgeant1 nous clairant1 nous moralisant1 nous entourant de scurit et de bien-tre2 qu'enfin notre gloire est de nous soumettre la grande loi du ,devoir4 ,si vous l'aviez ainsi lev1 ,madame1 en surprenant chez votre fils les premiers signes du vif attrait que l'homme prouve vers l'autre sexe1 bien loin d'abandonner aux hasards de l'inexprience l'ducation de cet instinct1 vous feriez ce que vous avez fait pour les autres3 vous apprendriez au jeune homme le soumettre une sage discipline4 ,au lieu de rpter cette parole niaisement atroce3 il faut que les jeunes gens jettent la gourme du cur1 vous prendriez affectueusement les mains de votre fils et1 les yeux fixs sur les siens1 vous lui diriez3 ,mon enfant1 la nature veut qu'une femme t'attire dsormais plus que moi1 et maintienne ou dtruise ce que j'ai si laborieusement lev3 ,je n'en murmure pas3 il faut que les choses soient ainsi4 ,mais ma tendresse et mon devoir exigent que je t'claire en cette grave circonstance4 ,dis-moi1 si un jeune homme1 pour satisfaire l'instinct qui s'veille en toi maintenant1 corrompait ta sur1 sacrifiait sa vie1 que penserais-tu de lui8 ,que ferais-tu8 ,le jeune homme1 habitu ds l'enfance pratiquer la ,justice1 ne manquerait pas de rpondre3 je penserais qu'il est pervers et lche444 ,est-ce qu'on ne le punirait pas1 ma ,mre8 --,non1 mon fils1 le sducteur n'est pas puni par la loi4 --,eh6 bien je le tuerais3 car je rentre dans mon droit de justicier1 quand la loi n'a pas pourvu4 --,bien1 mon enfant4 ,ainsi tu ne seras l'gard d'aucune jeune fille ni pervers ni lche2 tu ne mriteras pas de subir l'arrt que tu as prononc1 c'est dire d'tre tu4 ,tu respecteras donc toutes les jeunes filles comme tu veux qu'on respecte ta sur1 comme tu voudrais qu'on respectt ta fille4 ,autre question3 que penserais-tu d'un homme qui m'aurait entrane trahir ton pre2 lui aurait enlev mon cur et mes soins2 m'aurait dtourne des graves devoirs de la maternit8 ,que penserais-tu de celui qui se conduirait ainsi l'gard de ta propre compagne8 --,je le jugerais comme l'autre et ne le traiterais pas mieux4 --,bien encore4 ,ainsi donc tu respecteras toutes les femmes maries comme tu veux qu'on respecte ta mre et ta femme2 et si tu en rencontres quelqu'une pour laquelle tu te sentes de l'inclination1 quelqu'autre assez dloyale pour chercher te plaire1 tu les fuiras3 car le seul remde contre la passion1 c'est la fuite4 ,une multitude de femmes1 d'abord innocentes1 ont t dtournes de la droite voie par des hommes qui ne pensent pas comme toi4 ,aujourd'hui elles se vengent sur ton sexe du mal qu'il leur a fait4 ,elles corrompent et ruinent les hommes qui1 dans leur compagnie1 perdent le sens moral1 apprennent rire de ce que tu crois et vnres1 compromettent et perdent leur sant4 ,te sens-tu le triste courage de t'exposer de semblables risques8 ,le jeune homme1 exerc ds l'enfance soumettre ses penchants la ,raison et la ,justice1 rpondra3 --,non1 ma mre1 je ne ferai pas ce que je ne voudrais pas qu'et fait ma compagne2 je ne veux ni me dgrader moralement1 ni perdre ma sant1 ni contribuer pour ma part perptuer un tat de choses qui dgrade le sexe auquel appartiennent ma femme1 ma mre1 ma sur et mes filles1 si j'ai le bonheur d'en avoir4 ,je t'avoue trs sincrement que je prvois en moi une lutte violente2 mais grce la gymnastique morale laquelle tu m'as habitu1 grce l'idal de destine que tu m'as donn1 que j'ai accept dans la plnitude de ma ,raison et qui me trace mon ,devoir1 je ne dsespre pas de me vaincre4 --,cette victoire te sera moins difficile obtenir1 si tu t'occupes utilement et srieusement3 car alors tu appelleras la vitalit dans les rgions suprieures du cerveau4 ,tu feras sagement d'ajouter cela beaucoup d'exercice physique2 de t'abstenir d'une nourriture trop substantielle1 et surtout de boissons excitantes3 tu connais les ractions du physique sur le moral4 vite avec soin les lectures licencieuses1 les conversations dplaces2 donne place dans ton esprit la vierge qui doit s'unir toi3 pense et agis comme si tu tais en sa prsence1 cela te gardera et te purifiera4 ,ce doux idal te rendra fort contre la tentation1 et contribuera beaucoup te rendre froid auprs des femmes qui tu ne dois donner aucune place dans ton cur4 ,l'amour1 mon enfant1 est une chose fort grave par ses consquences2 car les tres qu'il unit se modifient l'un par l'autre3 il laisse des traces1 quelque peu de dure qu'il ait eue4 ,son but1 c'est le ,mariage dont une des fins est la continuit de l'espce4 ,or tu connais les effets de la solidarit du sang2 il est donc trs important que tu ne choisisses pour compagne1 qu'une femme dont le caractre1 les murs1 les principes soient d'accord avec les tiens2 non seulement pour ton bonheur propre1 mais pour l'organisation mme de tes enfants1 l'unit de leur nature et de leur conduite4 ,si la passion ne te laisse pas suffisamment libre1 viens moi3 j'y verrai ta place1 et si je te dis3 mon fils1 cette femme t'abaissera1 te fera commettre des fautes2 de son fait1 tes enfants auront telles mauvaises inclinations2 elle n'est pas doue pour les lever en vue de ton idal qu'elle n'acceptera jamais1 parce qu'elle est vaine et goste2 si je te dis cela1 je sais1 mon fils1 que1 quelle que soit ta souffrance1 tu renonceras une femme que tu n'aimerais plus au bout de quelques mois d'union1 et que tu prfreras une douleur passagre une vie de malheur4 ,,ii ,cette mme mre qui vient de montrer son fils pourquoi l',amour doit tre soumis la ,raison1 la ,justice2 qui vient de lui indiquer ce qu'il doit faire pour en vaincre le ct bestial1 s'aperoit galement de l'veil de cet instinct chez sa fille4 ,elle s'empare de son attention1 gagne sa confiance1 en lui rvlant ce qui se passe en elle2 en lui disant qu' son ge1 elle sentait de mme4 --,jusqu'ici1 continue-t-elle1 tu n'as t qu'une enfant2 maintenant commence ta carrire de femme4 ,tu dsires l'affection d'un homme et ton cur s'meut la douce pense d'tre mre4 ,n'en rougis pas1 ma fille3 c'est lgitime1 condition que tes dsirs soient soumis la ,raison et la loi du ,devoir4 ,bien des piges vont tre tendus sous tes pas2 car les hommes de tout ge adressent une jeune fille mille paroles flatteuses1 et l'entourent d'hommages qui la rendent vaine et coquette1 si elle a la faiblesse de s'en laisser enivrer4 ,persuade-toi bien que toutes ces adorations ne s'adressent pas personnellement toi1 mais ta jeunesse1 au brillant de tes yeux1 au velout de ta peau1 et que fusses-tu beaucoup meilleure que tu n'es1 trs suprieure en intelligence1 ces mmes hommes seraient strictement et froidement polis1 si tu avais trente ans de plus4 ,cette pense1 prsente ton esprit1 te fera sourire de leur jargon frivole et banal1 et te prservera de plusieurs faiblesses1 telles que la rivalit de toilette1 les petites jalousies1 le dfaut ridicule de faire la petite fille cinquante ans4 ,ne devant pouser qu'un homme1 il te suffit donc d'tre aime d'un seul de la manire que tu le souhaites4 ,une femme qui se comporte volontairement de manire capter le cur de plusieurs hommes1 et leur laisse croire qu'ils sont prfrs chacun en particulier1 est une indigne coquette qui pche contre la ,justice et la ,bienveillance3 contre la ,justice1 en ce qu'elle demande un sentiment qu'elle ne paie pas de retour2 qu'elle agit l'gard d'autrui comme elle trouverait inquitable qu'on agt envers elle2 contre la ,bienveillance1 en ce qu'elle risque de faire souffrir des curs sincres1 et sacrifie leur repos une jouissance de vanit3 une telle femme1 mon enfant1 est mprisable3 elle est une dangereuse ennemie de son sexe3 d'abord parce qu'elle en donne une mauvaise opinion1 puis parce qu'elle est l'ennemie du repos des autres femmes3 je te sais trop simple1 trop vraie1 trop digne1 pour craindre de te voir tomber dans de pareils carts4 ,tu m'as avou que ta jeune imagination rvait un homme4 ,bien loin de chasser cet idal1 aie-le toujours prsent ton esprit1 beaucoup moins sous son aspect physique que sous celui de l'intelligence1 de la moralit1 du travail4 ,cette image-l te prservera mieux que tous mes conseils1 que toute la surveillance que je pourrais1 mais ne voudrai jamais exercer1 parce que ce serait indigne de toi et de moi4 ,n'oublie pas toutefois qu'un idal est un absolu2 que la ralit est toujours dfectueuse3 ne cherche donc pas dans l'homme auquel tu donneras ton cur1 un idal ralis2 mais les qualits et facults qui lui permettront1 avec ton aide1 de se rapprocher de ce que tu dsires le voir4 ,toi-mme es l'idal d'un homme1 non telle que tu es1 mais telle qu'il t'aidera devenir4 ,j'insiste sur ce point1 ma fille1 parce que rien n'est plus dangereux que de prtendre trouver l'idal dans la ralit3 cela nous rend trop difficiles1 peu indulgents2 et si nous avons l'imagination vive et peu de ,raison1 nous rend malheureux et nous entrane dans mille carts4 ,tu sais et sens que le but de l'amour1 c'est le ,mariage3 or un de tes devoirs d'amante et d'pouse1 est le perfectionnement de celui auquel tu seras lie4 ,tu seras avec lui dans deux rapports diffrents3 d'abord sa fiance1 puis son pouse4 ,ta puissance modificatrice1 dans le premier cas1 s'exercera en raison directe du dsir qu'il aura de te plaire et de te mriter2 dans le second1 en proportion de sa confiance1 de son estime et de sa tendresse pour toi4 ,dans le premier cas1 il voudra se modifier2 dans le second1 il se modifiera sans le savoir4 --,comment1 ma mre1 est-ce qu'il ne m'aimera pas toujours de mme6 --,l'amour1 ma fille1 subit des transformations auxquelles nous devons nous attendre et nous soumettre3 au dbut1 c'est une fivre de l'me2 mais la fivre est un tat qui ne pourrait durer sans nuire l'ensemble de la vie4 ,ton mari1 tout en t'aimant plus profondment peut-tre1 t'aimera moins vivement qu'avant le ,mariage4 ,ton amour se transformera1 pourquoi le sien ne ferait-il pas de mme8 ,tu ne saurais imaginer que de dsordres sont la suite de l'ignorance des femmes sur ce point1 et de la vaine poursuite de l'idal en amour4 ,ainsi beaucoup de femmes1 croyant que leur mari ne les aime plus1 parce qu'il les aime autrement1 se dtachent de lui1 souffrent et trahissent leurs devoirs2 d'autres rvant la perfection dans l'homme aim1 croyant l'y trouver et se dsabusant aprs la fivre1 s'loignent de lui1 l'accusant de les avoir trompes3 elles en aiment d'autres avec la mme illusion1 suivie de la mme dsillusion1 jusqu' ce qu'arrive la vieillesse qui ne les gurit pas de leur chimre4 ,enfin il y en a d'autres qui1 ne comprenant de l'amour que la premire priode1 cessent d'aimer l'homme qui l'a franchie et courent aprs un autre amour qui leur apporte la mme fivre3 celles-l1 tu le comprends1 n'ont pas la moindre ide des graves devoirs de la femme dans l'amour4 ,ce que je viens de te dire des femmes est galement vrai des hommes4 ,tu viteras ces cueils1 toi1 ma fille1 qui t'es habitue ds l'enfance te soumettre la ,raison2 qui sais que toute ralit est imparfaite2 que l'habitude amortit les sentiments4 ,tu prendras donc l'homme qui te convient1 tel qu'il est1 te proposant de l'amliorer1 de le rendre heureux2 sachant d'avance que son amour se transformera sans s'teindre1 si tu sais si bien t'emparer de sa tendresse1 de sa confiance et de son estime1 qu'il trouve auprs de toi bon conseil1 paix1 aide et scurit4 ,tu es trop pure1 ma fille1 pour prvoir tous les piges qui te seront tendus4 ,c'est donc moi d'armer ta jeune prudence3 tu trouveras peut-tre sur ta route des hommes maris ou engags d'autres femmes qui1 selon l'expression consacre te feront la cour1 et te dbiteront mille sophismes pour justifier leur conduite4 --,leurs sophismes1 ma mre1 chouraient contre cette simple rponse3 ,monsieur1 comme je serais dsespre qu'une femme m'enlevt celui que j'aime1 que je la mpriserais et la harais1 tous vos compliments ne pourront me persuader que je doive faire ce que je ne voudrais pas qu'on me ft4 ,si vous y revenez1 je prviens la personne intresse4 --,c'est bien1 mon enfant3 mais si un jeune homme libre te parlait de tendresse1 t'crivait en secret8 --,ne pourrait-il avoir de bonnes raisons pour en agir ainsi1 ma ,mre8 --,aucune1 mon enfant4 ,il faut que tu saches qu'aujourd'hui les hommes sont trs corrompus2 qu'une foule d'entre eux fuient le mariage1 voltigent de femme en femme1 abusent de notre crdulit1 et se servent du langage le plus passionn pour nous jeter dans une voie de honte et de perdition4 ,or1 mon enfant1 sache le bien encore1 c'est nous qui portons le poids des fautes de l'homme et des ntres3 les promesses verbales et crites d'un homme ne l'engagent pas4 ,si1 te laissant entraner1 tu devenais mre1 l'enfant resterait ta charge3 il n'y aurait plus de mariage pour toi3 je ne te parle point de notre douleur et de notre honte1 ni des risques terribles auxquels tu exposerais ton frre1 qui pourrait prir en punissant le vil sducteur que la loi ne punit pas4 ,si donc un homme te recherchait en se cachant de nous1 c'est que ses intentions sont mauvaises1 sois-en sure2 c'est qu'il te considre comme un hochet qu'il se propose de briser quand il ne lui plaira plus4 ,or1 ma fille1 tu sais que la femme est cre pour tre la digne compagne de l'homme1 son gale2 qu'elle n'est pas ne pour lui tre sacrifie comme un objet de plaisir4 ,bien loin donc de te laisser sduire1 profite de l'influence que ta jeunesse et ta grce te donnent sur les hommes pour les rappeler leurs devoirs3 tu sauveras peut-tre ainsi plusieurs femmes2 tu donneras de ton sexe une meilleure opinion1 et tu prpareras un bon exemple ta fille en le donnant tes compagnes1 dont plusieurs le suivront afin de partager l'estime qui t'entourera3 rappelle-toi toujours qu'aucun de nos actes ne nuit pas qu' nous-mmes2 mais que nous sommes solidaires2 qu'en consquence1 nul ne peut se perdre ni se sauver seul4 ,encore un mot1 mon enfant4 ,dans tes incertitudes1 n'hsite pas venir me confier ce qui te trouble3 ne dis pas3 ma mre est trop raisonnable pour que je lui fasse part de cela4 ,n'est-ce pas en me refaisant enfant pour te comprendre1 que j'ai pu remplir ma sainte tche d'ducatrice8 sois persuade qu'il ne me sera pas plus difficile de me refaire jeune fille pour te comprendre1 tout en demeurant mre tendre et exprimente pour te conseiller4 ,tu es libre3 je ne suis pas ton censeur1 mais ta sur ane qui t'aime avec dvouement1 et veut ton bonheur par dessus toute chose4 ,pour me rcompenser de mon amour et de mes longs soins1 je ne te demande que d'tre ta meilleure amie1 c'est dire celle devant laquelle on pense et sent tout haut4 ,est-ce trop te demander1 toi qui es ma joie et ma couronne8 ,voil1 ,mesdames1 comme la femme majeure travaille faire l'ducation de l',amour4 ,,iii ,jeune homme et jeune fille frquentent la socit4 ,la mre prudente sait qu'on insinue doucement son fils qu'elle est un collet mont1 une radoteuse qui ne connat rien aux passions2 qui ne se doute pas que tout est bon dans la nature et doit tre respect2 et qui a si mal lu l'histoire de notre espce1 qu'elle n'a pas su voir que l'humanit a toutes les formes de l'amour3 le polygamique et le polyandrique et mme444 l'ambigu4 ,elle sait qu'on lui dit encore que la satisfaction de l'instinct brutal est une ncessit de sant pour l'homme1 et que les lupanars sont des lieux d'utilit publique4 ,elle sait1 enfin1 que de jeunes vapores sans principes solides1 font sa fille de dangereuses confidences4 ,il est temps1 contre ces doctrines affaiblissantes1 et des exemples pernicieux1 de donner ses enfants la philosophie de l',amour4 ,selon sa mthode1 elle la leur fait formuler elle-mme4 ,mon fils1 dit-elle1 quel est le but de l'attraction des molcules minrales les unes vers les autres8 ,,le ,,fils4 ,c'est de produire un corps ayant une forme dtermine4 ,,la ,m,,re4 ,quel est le but de l'attraction de la plante pour la chaleur1 la lumire1 l'air1 les lments qu'elle absorbe8 ,,le ,,fils4 ,la production de son propre corps1 le dveloppement de ses organes1 de ses proprits1 sa conservation4 ,,la ,m,,re4 ,et toi1 ma fille1 sais-tu quel est le but de l'attraction du pistil et des tamines de la plante8 ,,la ,,fille4 ,la production d'un tre semblable ses parents4 ,,la ,m,,re4 ,pourquoi prouvons-nous1 et les animaux prouvent-ils attrait ou attraction pour certains aliments8 ,,le ,,fils4 ,il est clair que c'est pour tre incit mettre en mouvement les organes qui procurent l'organisme les lments propres produire le sang4 ,,la ,m,,re4 ,pourquoi les deux sexes d'une mme espce prouvent-ils attraction l'un vers l'autre8 ,,la ,,fille4 ,pour la production des petits qui perptuent l'espce4 ,,la ,m,,re4 ,pourquoi les femelles des animaux1 et souvent les mles1 prouvent-ils attrait ou attraction pour soigner les jeunes8 ,,la ,,fille4 ,afin de les conserver1 et de leur donner l'ducation dont ils sont capables pour qu'ils puissent se pourvoir eux-mmes4 ,,la ,m,,re4 tes-vous bien srs1 mes enfants1 que les attraits n'aient pas pour but l'attrait mme1 un plaisir se procurer8 ,,le ,,fils4 ,le plaisir ne me semble que le moyen de porter l'tre remplir une fonction ncessaire ou utile4 ,ainsi le but de nos attraits ou attractions scientifiques1 artistiques1 industrielles1 n'est pas le plaisir que nous avons les satisfaire1 mais la production de la science1 de l'art1 de l'industrie4 ,,la ,,fille4 ,c'est dire l'augmentation1 le progrs de notre intelligence par la connaissance des lois de la nature1 afin de modifier cette nature en vue de nos besoins et de nos plaisirs4 ,,la ,m,,re4 ,a quel attrait ou attraction est due la ,socit8 ,,le ,,fils4 ,a notre attrait pour nos semblables4 ,,la ,,fille4 ,cet attrait est pre de la ,justice et de la ,bont3 il les produit4 ,,la ,m,,re4 ,voulez-vous gnraliser le caractre de l'attrait ou attraction1 d'aprs ce que nous venons de dire8 ,,le ,,fils4 ,le but de toute attraction ou attrait est la production1 le progrs1 la conservation des tres4 ,,la ,m,,re4 ,tous les instincts qui ne sont que des attraits ou attractions1 sont-ils bons8 ,,le ,,fils4 ,pour les animaux1 soumis la fatalit1 oui1 parce qu'ils vont directement au but1 sans paratre dvier jamais4 ,dans notre espce1 ils sont bons en principe1 si nous considrons leur fin2 mais ils peuvent devenir mauvais par les dviations que leur fait subir notre libert4 ,,la ,m,,re4 ,a quelle marque pouvons-nous reconnatre que notre instinct est dans sa voie8 ,,la ,,fille4 ,en en comparant l'usage avec le but2 en s'assurant que cet usage ne nuit pas la pratique de la ,justice1 qu'il ne lse en nous le droit d'aucune facult1 c'est dire qu'il ne trouble pas plus notre harmonie individuelle que celle d'autrui2 car c'est dans ces conditions seulement qu'il peut concourir la ralisation de l'idal social4 ,,la ,m,,re4 ,trs bien4 ,maintenant appliquez cette doctrine gnrale l'amour humain1 mes enfants4 ,,le ,,fils4 ,puisque l'amour est une des formes de l'attraction1 et que le but gnral de l'attraction est la production1 le progrs1 la conservation des tres et des espces1 il est vident que l'amour humain doit avoir ces caractres4 ,sa principale fonction me parat tre la reproduction de l'espce4 ,,la ,,fille4 ,il me semble1 frre1 que tu lui fais une part insuffisante1 puisque1 ce but rempli1 deux honntes poux ne cessent pas de s'aimer1 et que l'on peut s'aimer sans avoir d'enfants4 ,,la ,m,,re4 ,tu as raison1 ma fille2 nos facults tant plus nombreuses1 plus dveloppes que celles des animaux1 notre amour ne saurait tre incomplet comme le leur2 il ne saurait non plus tre le mme dans notre espce progressive que dans les espces fatales et improgressives par elles-mmes4 ,chez nous1 chaque facult1 convenablement employe1 aide au perfectionnement de toutes les autres2 mal employe1 rompt notre harmonie et nous fait descendre3 il en est de mme de notre amour4 ,que dis-je1 cette passion est surtout celle qui nous fait grandir ou dchoir4 ,vous le savez1 mes enfants1 l'humanit ne s'avance qu'en se formulant un idal de perfection et en s'efforant de le raliser4 ,chaque passion a son idal qui se modifie par celui de l'ensemble4 ,a l'origine1 l'homme animal donnait pour but l'amour le plaisir rsultant de la satisfaction d'un besoin tout physique3 il ne se souciait pas du but le plus vident3 la progniture4 ,un peu plus tard1 l'homme1 moins grossier1 aima la femme pour sa beaut et sa fcondit3 c'est l'ge patriarcal de l'amour4 ,plus tard encore les races septentrionales transformrent cet instinct3 l'amour se dcomposa1 si je puis ainsi dire3 l'amant eut l'amour de l'me2 la femme fut aime non seulement pour sa beaut1 mais comme inspiratrice de hauts faits3 l'poux n'eut que le corps et les enfants furent le fruit du mariage3 c'est l'ge chevaleresque de l'amour4 ,depuis que le travail pacifique s'est organis et a prvalu dans l'opinion1 l'amour est entr dans une nouvelle phase3 beaucoup de modernes le considrent comme initiateur du travail4 ,les uns regardent l'attrait du plaisir comme jouant le principal rle dans la production industrielle1 et laissent toute libert l'attraction1 quelque inconstante qu'elle puisse tre2 d'autres conservent le couple1 transforment la femme en mobile d'action3 c'est l'amour qu'elle inspire qui excite les efforts du travailleur4 ,ce qui est donc acquis jusqu'ici l'humanit1 c'est que l'amour a pour fin la perptuit de l'espce1 la modification de l'homme par la femme et la production du travail4 ,dans un idal suprieur de ,justice1 les sexes tant gaux devant le ,droit1 l'amour aura un but plus lev3 les poux se runiront parce qu'il y aura conformit de principes1 union des curs1 mariage des intelligences1 travail commun3 l'amour les unira pour doubler leurs forces1 pour les modifier l'un par l'autre3 du choc de leur cur1 jailliront des sentiments qu'aucun d'eux n'aurait eus seul2 de l'union de leur intelligence1 natront des penses qu'aucun d'eux n'aurait eues seul2 du concours qu'ils se prteront dans leur travail commun1 sortiront des uvres qu'aucun d'eux n'aurait accomplies seul1 comme de l'union de tout leur tre1 natront des gnrations nouvelles plus parfaites que les prcdentes1 parce qu'elles seront le produit d'une harmonie aussi parfaite que possible4 ,ce ne sera donc que quand la femme prendra sa lgitime place1 que l'humanit verra l'amour dans toute sa splendeur1 et que cette passion1 subversive aujourd'hui dans l'ingalit et l'incohrence1 deviendra ce qu'elle doit tre3 un des grands instruments de ,progrs4 ,nous1 mes enfants1 qui sommes trop raisonnables pour prendre le moyen par lequel la nature nous porte remplir ses intentions pour ses intentions mmes1 nous nous garderons bien de croire que l'amour a le plaisir pour but2 d'autre part1 nous avons trop le respect de l'galit1 pour nous imaginer qu'il n'est fait qu'au profit d'un sexe4 ,nous resterons fidles l'idal de nos grandes destines1 en dfinissant l'amour3 l'attraction rciproque de l'homme et de la femme dans le but de perptuer l'espce1 d'amliorer les conjoints l'un par l'autre sous le rapport de l'intelligence et du sentiment et de faire progresser la science1 l'art1 l'industrie par le travail du couple4 ,,iv ,des sophistes t'ont dit1 mon fils1 que tous nos penchants sont dans la nature1 qu'ils sont bons et doivent tre respects4 ,tu leur as demand sans doute si le penchant au vol1 l'assassinat1 au viol1 l'anthropophagie1 qui sont dans la nature1 sont de bons penchants et pourquoi1 loin de les respecter1 la socit en punit la manifestation4 ,tu leur as dmontr1 je pense1 qu'il n'y a rien de respectable dans l'exagration ou la perversion des penchants4 ,tu leur a dmontr1 je l'espre1 que la nature est une fatalit brutale contre laquelle nous sommes tenus de lutter en nous et hors de nous2 que notre ,justice et notre vertu ne se composent que des conqutes faites sur elle en nous2 comme tout ce qui constitue notre bien-tre physique1 n'est que le rsultat des conqutes faites sur elle hors de nous4 ,ces sophistes t'ont dit que l'amour vient et s'en va sans qu'on sache ni comment1 ni pourquoi2 qu'on ne peut pas plus lui commander de natre que de durer4 ,ceci est vrai1 mon fils1 du dsir brutal de la chair1 qui n'est que la passion des brutes et s'teint par la possession4 ,ceci est encore vrai de cette passion complexe qui a son sige dans l'imagination et dans les sens1 et finit avec l'illusion toujours peu durable4 ,mais cela n'est pas vrai de l'amour proprement dit4 ,celui-l voit les dfauts et les qualits de l'tre aim2 seulement il plit les premiers et exalte les dernires2 et il espre faire cesser peu peu ce qui le blesse4 ,ce sentiment qui remplit le cur est patient2 il craint de s'effacer2 il s'entoure de prcautions pour demeurer constant2 s'il s'teint1 ce n'est pas sans qu'on le sache3 car on souffre de cruelles tortures avant de se rsoudre ne plus aimer4 ,on t'a dit que l'amour est incompressible3 sommes-nous donc des tres de fatalit8 ,ce sophisme rend l'homme lche1 le dprave3 car quoi bon lutter contre ce que l'on dit invincible1 et pourquoi ne pas lui sacrifier les meilleures de nos tendances8 ,examine1 mon fils1 la conduite des partisans d'une telle doctrine4 ,l'idal humain exige qu'ils ne fassent point autrui ce qu'ils ne trouveraient pas juste qu'on leur ft2 et ils sduisent les filles1 les rendent mres1 les abandonnent sans se soucier des enfants ns de ces unions2 sans se soucier que la jeune mre se suicide1 meure de douleur ou se corrompe2 sans se soucier que les parents descendent dans la tombe4 ,comme d'immondes reptiles1 ils se glissent au foyer domestique d'autrui1 ravissent leur ami l'affection de sa femme1 et le forcent travailler pour les enfants de l'adultre4 ,la femme qui croit l'amour incompressible manque ses engagements envers son mari2 se fait une vie de ruse2 met le dsordre et la douleur dans l'intrieur d'autres femmes dont elle brise la vie4 ,voil comment ceux qui pratiquent le sophisme remplissent leur devoir d'tre justes1 de ne point contrister leurs semblables1 de travailler au bonheur1 l'amlioration de ceux qui les entourent1 de prserver le faible de l'oppression et du mal4 ,a cette incompressibilit prtendue de l'amour1 ils sacrifient la ,justice1 la bont1 le bonheur1 le repos1 l'honneur des autres2 s'engagent dans une voie de dsordres1 mettent la dissolution dans la famille et la ,socit3 en un mot1 ils offrent en holocauste l'instinct bestial1 le sens moral et la ,raison4 ,on t'a dit encore que tout amour est dans la nature3 le polygamique et le polyandrique aussi bien que celui du couple constant4 ,oui1 mon enfant1 tout amour est dans la nature humaine1 comme y sont tout vice et toute vertu4 ,mais tu sais qu'il ne suffit pas qu'une chose soit en nous1 pour qu'elle soit bien3 il faut qu'elle soit conforme l'idal de notre destine1 conforme notre harmonie3 elle est mal dans le cas contraire4 ,l'amour1 tel que nous l'avons dfini1 a besoin de dure et d'galit2 de dure parce qu'on ne se modifie pas en quelques mois2 qu'on n'accomplit pas de grandes uvres en quelques mois2 qu'on n'lve pas des enfants en quelques mois3 la dure est si bien une aspiration de l'amour1 qu'il s'imagine que l'ternit aura peine lui suffire4 ,il lui faut l'galit2 le partage lui est odieux3 donc il veut un pour une et une pour un4 ,or1 la polygamie et la polyandrie sont la ngation de l'galit1 de la dignit dans l'amour4 ,considrons dans leurs effets ces deux dviations de l'instinct4 ,la polygamie orientale ingalise profondment les cratures humaines1 transforme la femme en btail1 mutile des millions d'hommes pour garder les harems1 dprave le possesseur de femmes par le despotisme et la cruaut2 concentre toute sa vitalit sur un seul instinct aux dpens de l'intelligence1 de la ,raison1 de l'activit2 d'o il rsulte qu'il est perdu pour la science1 l'art1 l'industrie1 la ,socit selon le ,droit2 qu'il se soumet sans rpugnance au despotisme1 et tend passivement le cou au cordon4 ,l pas d'influence de la femme qu'on soumet a un amoindrissement calcul2 qui se dprave d'une manire hideuse aussi bien que l'eunuque son gardien4 ,ainsi l'ingalit devant l'amour et devant le ,droit1 l'abandon des arts1 des sciences1 de l'industrie1 l'nervement intellectuel et physique1 l'abaissement du sens moral sont les vices inhrents la polygamie de l',orient4 ,tu le vois1 nous voil loin de l'idal de nos destines4 ,dans notre ,occident1 la ,polygamie de fait produit le btail du lupanar1 des lgions de courtisanes qui ruinent les familles4 ,comme beaucoup de ces femmes ne sont pas saines1 elles communiquent ceux qui les frquentent d'affreuses maladies qui minent leur temprament1 et prparent ainsi des gnrations faibles1 consquemment des mes peu fortes1 des intelligences abaisses4 ,j'en appelle l'preuve de la conscription3 jamais on ne vit tant d'exemptions pour insuffisance de taille1 et cependant on est moins exigeant que par le pass3 jamais on n'en vit tant par vices de constitution et maladies organiques4 ,vicier la gnration dans son germe1 n'est pas le seul crime de notre polygamie2 elle nerve la population qui la pratique2 car rien ne porte aux excs1 consquemment l'affaiblissement1 comme le changement de relations4 ,d'autre part nos polygames se transforment en machines sensation2 leur intelligence s'abaisse2 ils deviennent hbts1 gostes4 ,regarde1 mon fils1 ces tristes jeunes gens d'aujourd'hui1 tiols par les vices de leurs pres et les leurs3 ils sont railleurs1 sans foi1 riant des choses les plus saintes1 mprisant1 non seulement leurs dignes compagnes1 les femmes corrompues1 mais encore tout le sexe auquel appartiennent leurs mres3 regarde-les1 ils sont grossiers faire lever le cur3 plus rien n'attire leur respect3 ils jettent la femme en cheveux blancs dans le ruisseau pour garder le haut du pav2 ils rudoient le vieillard1 ils font rougir la jeune fille par leurs cyniques discours3 la polygamie les a rendus ignobles1 et a tu l'urbanit franaise aussi bien que toute dignit4 ,ils te diront que les femmes ne valent gure mieux qu'eux4 ,mais ce rsultat devient invitable dans un pays o les femmes ne sont pas enfermes4 ,la ,polyandrie y est la compagne oblige de la ,polygamie2 car puisque les hommes se croient permis d'avoir plusieurs femmes1 pourquoi les femmes se croiraient-elles interdit d'avoir plusieurs hommes8 ,en somme1 mon fils1 les rsultats de l'amour incompressible1 de la ,polygamie et de la ,polyandrie dans notre ,occident sont3 ,la sduction et la corruption des femmes2 ,l'adultre1 l'abaissement des caractres1 l'amoindrissement moral et intellectuel des deux sexes2 ,l'affaiblissement1 l'abtardissement de la race2 ,la fausset1 la ruse1 la cruaut1 les injustices de toutes natures1 l'exploitation de la femme par l'homme pour sa beaut2 celle de l'homme par la femme pour son argent ou son crdit2 ,la dissolution et la ruine de la famille2 ,chaque anne quelques milliers d'enfants naturels1 sans compter les grossesses supprimes3 ,voil la valeur des thories mises en pratique4 ,n'est-ce pas que tout cela est bien conforme notre idal de l'amour humain8 ,bien conforme notre idal de la destine humaine qui exige que nous progressions1 et fassions progresser les autres dans le bien2 que nous pratiquions la ,justice et la ,bont8 ,encore un mot1 et nous aurons fini4 ,quand ,rome eut cess de croire la chastet1 la religion du serment2 quand elle se vautra dans les murs polygamiques et polyandriques2 quand elle prit le plaisir pour but1 la tyrannie se montra4 ,rien de plus naturel3 l'homme n'enchane que celui qui s'est enchan lui mme sous le joug de l'instinct bestial3 celui qui sait se gouverner1 n'obit pas l'homme3 il ne s'incline que devant la loi1 lorsqu'elle est l'expression de la ,raison4 ,rappelle-toi1 mon fils1 qu'on n'est puissant que par la chastet3 c'est seulement alors qu'on peut produire de grandes choses dans la science1 l'art1 l'industrie2 c'est seulement alors qu'on peut pratiquer la ,justice1 tre digne de la libert4 ,en dehors de la chastet1 il n'y a que dgradation1 injustice1 impuissance1 esclavage2 et toute nation qui l'abandonne tombe des bras du despotisme dans la tombe4 ,ne te laisse donc pas branler par les sophismes modernes2 aie toujours devant ta pense tes obligations de crature morale et libre1 tes devoirs de membre de l'humanit2 soumets tout en toi la ,raison1 la ,justice1 au sentiment de ta dignit et vis en homme1 non pas en brute4 ,blank ,page ,,chapitre ,,iii4 ,,mariage 7,,dialogue74 ,i ,,la ,,jeune ,,femme4 ,nous allons parler du ,mariage au point de vue de l'idal moderne3 comment le dfinirez-vous8 ,l',,auteur4 ,l'amour1 sanctionn par la ,socit4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,considrez-vous le ,mariage comme indissoluble8 ,l',,auteur4 ,devant la loi1 non2 mais au moment de leur union les poux doivent avoir pleine confiance que le lien ne se dissoudra pas4 ,je crois que le ,mariage est appel devenir indissoluble par la seule volont des poux2 qu'il ne peut l'tre que de cette manire4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,quelle part faites-vous la ,socit dans le ,mariage8 ,l',,auteur4 ,vous la fixerez vous-mme1 en vous rappelant nos principes4 ,si l'homme et la femme sont des tres libres1 dans aucune priode de leur vie1 ils ne peuvent lgalement et valablement perdre leur libert4 ,si l'homme et la femme sont des tres socialement gaux1 dans aucun de leurs rapports1 ils ne peuvent lgalement1 valablement tre subordonns l'un l'autre4 ,si le but constant de l'tre humain est de se perfectionner par la libert et de chercher le bonheur1 aucune loi ne peut lgitimement1 valablement le dtourner de cette voie4 ,si le but de la ,socit doit tre d'galiser les individus1 elle ne peut1 sans forfaire sa mission1 constituer l'ingalit des personnes et des droits4 ,si la ,socit ne peut1 sans iniquit1 entrer dans le domaine de la libert individuelle1 elle ne peut lgitimement1 valablement1 prescrire des devoirs qui ne relvent que du for intrieur1 et annuler la libert morale4 ,concluez maintenant4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,de ces principes il rsulte que1 dans le ,mariage1 l'homme et la femme doivent demeurer libres1 gaux2 que la ,socit n'a le droit d'intervenir dans leur association que pour les galiser2 qu'elle n'a pas le droit de leur prescrire des devoirs qui ne relvent que de l'amour ni1 consquemment1 d'en punir la violation1 qu'elle ne peut1 en principe1 prononcer ou refuser le divorce1 parce1 qu'aux poux seuls il appartient de savoir1 s'il n'est pas utile pour leur bonheur et leur progrs de se sparer l'un de l'autre4 ,l',,auteur4 ,bien conclu1 ,madame2 mais si la ,socit n'a de droit ni sur le corps ni sur l'me des poux1 en tant qu'poux2 si elle ne peut1 sans abus de pouvoir1 s'immiscer dans aucun de leurs rapports intimes1 elle a le droit et le devoir d'intervenir dans le ,mariage au point de vue des intrts et au point de vue des enfants4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,en effet dans l'union des sexes1 il n'y a pas seulement association de deux personnes libres et gales1 il y a encore association de capital et de travail2 puis1 des poux1 proviennent des enfants1 l'ducation1 la profession1 la subsistance desquels il faut pourvoir4 ,l',,auteur4 ,or1 la protection gnrale des intrts et des jeunes gnrations incombe de droit la ,socit4 ,aux yeux de la loi1 les poux ne doivent tre considrs que comme des associs1 s'obligeant employer tel apport et leur travail telle ou telle chose dfinie4 ,la ,socit n'enregistre qu'un contrat d'intrt dont elle garantit l'excution1 comme celle de tout autre contrat1 et dont elle publie la rupture1 s'il y a lieu1 par la volont des conjoints3 ,d'autre part1 c'est une question de vie et de mort pour la ,socit que l'ducation des jeunes gnrations4 ,les enfants1 tant des tres libres en dveloppement et devant1 d'aprs la direction qu'ils auront reue1 nuire ou tre utiles leurs concitoyens1 la ,socit a le droit de veiller sur eux1 d'assurer leur existence matrielle1 leur avenir moral1 de fixer l'ge du ,mariage1 de confier les enfants1 en cas de sparation1 l'poux le plus digne et1 s'ils sont indignes tous deux1 de les leur enlever4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,vous allez peut-tre un peu loin1 ,madame2 d'une part1 les enfants n'appartiennent-ils pas leurs parents8 ,de l'autre1 la socit ne peut-elle se tromper sur les meilleurs principes leur donner8 ,l',,auteur4 ,les enfants n'appartiennent pas leurs parents1 ,madame1 parce qu'ils ne sont pas des ,,choses3 ,a ceux qui s'obstineraient croire qu'ils sont une proprit nous dirions3 la ,socit a le droit d'exproprier pour cause d'utilit publique4 ,ensuite le droit social sur les enfants se borne1 en fait de principes1 ceux de la ,morale3 ,la ,socit n'a pas de droit sur les croyances religieuses qui sont du domaine du for intrieur4 ,un pouvoir qui enlverait des enfants leurs parents parce qu'ils n'ont pas telle foi religieuse1 ferait du despotisme et mriterait l'excration universelle4 ,que vous disiez3 la ,socit n'a pas le droit d'imposer un dogme aux enfants1 vous serez dans le vrai2 mais je ne concevrais pas que vous eussiez la pense de lui interdire le droit de leur enseigner1 mme contre la volont des parents1 la science qui claire1 la morale qui purifie3 ,est-ce que le devoir de la ,socit n'est pas de faire progresser ses membres1 et quelqu'un peut-il avoir le droit de tenir une crature humaine dans l'ignorance et le mal8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,vous avez raison1 ,madame1 et je passe condamnation4 ,revenons au ,mariage4 ,je vois avec plaisir que vous vous loignez de l'opinion de plusieurs novateurs modernes qui nient la lgitimit de l'intervention sociale dans l'union des sexes4 ,l',,auteur4 ,si cette union restait sans garantie1 qui en souffrirait8 ,ce ne sont pas les hommes1 mais bien les femmes et les enfants4 ,personne ne peut obliger un homme demeurer avec une femme qu'il n'aime plus2 mais il faut qu'il soit contraint remplir ses devoirs l'gard des enfants ns de son union1 tenir ses engagements d'intrts3 en faisant tort sa compagne1 en chappant aux charges de la paternit1 il userait de sa libert pour nuire autrui3 la socit a le droit de ne le pas souffrir4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ainsi1 ,madame1 vous ne reconnaissez pas la ,socit le droit de lier les mes ni les corps2 mais celui d'tre garante du contrat de ,mariage1 et de l'obligation des poux envers les enfants futurs2 de les forcer1 en cas de sparation1 remplir cette dernire obligation8 ,l',,auteur4 ,oui1 ,madame2 ainsi1 en cas de rupture1 la ,socit n'aurait qu' constater publiquement les charges des poux1 le nombre des enfants1 le nom de celui des deux auquel la tutelle en est reste1 soit de consentement mutuel1 soit d'autorit sociale4 ,en se bornant ce rle1 la socit ferait plus pour empcher la sparation des poux que tout ce qu'elle a follement imagin jusqu'ici4 ,les ex-conjoints seraient libres de se remarier3 mais quelle femme voudrait s'unir un homme charg de plusieurs enfants1 ou qui se serait mal comport avec sa premire compagne8 ,quel homme consentirait s'unir une femme qui se trouverait dans le mme cas8 ,pensez-vous que la difficult qu'on prouverait contracter un nouveau mariage1 ne serait pas un frein l'inconstance et aux mauvais procds qui conduisent une rupture8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,je crois en effet que le mariage1 tel que vous le concevez1 aurait plus de chances de dure que le ntre3 d'abord parce qu'il est dans notre nature de tenir davantage ce qu'on peut perdre4 ,je me suis demand souvent pourquoi beaucoup d'hommes demeurent fidles leur matresse et ont envers elle de bons procds1 tandis qu'ils en manquent l'gard de leur femme et leur sont infidles2 je me suis demand encore pourquoi beaucoup de couples1 longtemps heureux lorsqu'ils taient librement unis1 sont malheureux1 souvent obligs de se sparer lgalement1 lorsqu'ils ont fini par se marier1 et je n'ai pu voir d'autres raisons ces choses que celles-ci3 nous tenons ce que nous savons pouvoir nous chapper4 ,l'homme a plus d'gards pour une femme qui n'est pas sa proprit lgale1 son infrieure1 que pour celle ainsi transforme par la loi4 ,cependant il faut l'avouer1 vos ides1 ,madame1 sembleront excentriques4 ,l',,auteur4 ,et cependant elles ne sont qu'une application des lois franaises2 en effet nos lois n'tablissent-elles pas que les conventions ne peuvent avoir pour objet que des choses1 non des personnes8 ,que la ,socit ne reconnat pas les vux et n'en poursuit pas la violation8 ,or1 la loi du mariage actuel aline les conjoints l'un l'autre2 la femme appartient son mari2 elle est en sa puissance4 ,qu'est-ce qu'un tel contrat1 sinon la violation du principe qui dclare que toute convention ne peut avoir pour objet les personnes8 ,serait-il plus permis d'aliner sa personne par un contrat de ,mariage que par un contrat d'esclavage8 ,quelques-uns disent qu'il est permis de disposer de sa libert comme on l'entend1 mme pour y renoncer4 ,en effet1 on peut le faire1 comme on peut se donner la mort2 mais user de sa libert pour y renoncer ou se tuer1 est beaucoup moins user d'un droit que violer les lois de la nature morale ou physique3 ce sont des actes de folie qu'on doit plaindre1 mais qu'il n'est pas permis d'riger en loi4 ,pourquoi la ,socit ne reconnat-elle pas les vux et n'en poursuit-elle pas la violation1 si ce n'est parce qu'elle reconnat qu'il lui est interdit1 elle1 de pntrer dans le for intrieur8 ,si ce n'est parce qu'elle n'admet pas qu'un individu puisse aliner son tre moral et intellectuel plus que son corps1 et se vouer l'immobilit lorsque son devoir est1 au contraire1 de progresser8 ,je demande alors si cette mme ,socit n'est pas inconsquente d'exiger des poux des vux perptuels1 d'exiger de la femme vu d'obissance1 vu tacite de livrer sa personne aux dsirs de l'poux8 ,est-ce que la libert morale des poux n'est pas aussi respectable que celle des religieuses1 des prtres1 des moines8 ,est-ce qu'aux yeux de la nature et de la ,raison1 les individus maris ont plus le droit d'aliner leur tre moral et intellectuel1 leur libert et leur personne que les gens en religion8 ,autre inconsquence de la loi3 elle dclare le ,mariage une ,socit2 l'acte de mariage est donc un acte de ,socit3 ,or1 je le demande1 dans un seul acte de ce genre1 est-il enjoint par la loi l'un des associs1 d'obir1 de se soumettre une minorit perptuelle1 d'tre absorb8 ,je ne doute pas que la loi ne dclart un tel acte nul entre associs libres2 pourquoi donc lgitime-t-elle une telle monstruosit dans la ,socit des poux8 ,reste de barbarie1 ,madame1 si l'on veut bien y rflchir4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,j'espre que1 par raison et par ncessit1 l'on rformera la loi dans un temps plus ou moins proche3 mais ce qui ne sera pas rform1 ce sont les formules du ,mariage religieux qui prescrivent aux poux les mmes vux que le ,code1 et soumettent1 comme lui1 la femme l'homme4 ,l',,auteur4 ,eh6 ,que nous importe1 ,madame1 puisque1 grce la libert1 le ,mariage religieux n'est qu'une bndiction dont on peut se passer4 ,celles dont le temprament est d'aller l'glise1 au ,temple1 la ,synagogue doivent avoir toute libert de se faire bnir par leurs prtres respectifs3 cela ne regarde pas la ,socit4 ,ce qu'il faut1 c'est que si1 plus tard1 leurs vux ne leur semblent pas valables1 l'autorit sociale ne les leur rende pas obligatoires3 ,elles ont le droit d'tre absurdes1 mais la ,socit n'a pas le droit de leur imposer l'absurdit3 ,son devoir est1 au contraire1 de les clairer et de les rendre libres4 ,,ii ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ceux qui ont subordonn la femme dans le ,mariage1 s'appuient sur ce que1 disent-ils1 il faut unit de direction dans la famille1 consquemment une autorit2 or videmment votre thorie ruine cette autorit4 ,l',,auteur4 ,qu'est ce que l'autorit8 ,dans la pratique1 elle se manifeste par la fonction du gouvernement4 ,autrefois elle reposait sur deux principes reconnus aujourd'hui radicalement faux3 le ,droit divin et l',ingalit4 ,elle tait un ,droit pour ceux qui l'exeraient1 qu'ils s'appelassent rois1 aristocrates1 prtres1 hommes3 alors le ,peuple1 l'glise1 la ,femme avaient le ,devoir d'obir aux lus de ,dieu1 leurs suprieurs par la grce du droit octroy d'en haut4 ,mais1 dans l'opinion moderne1 l'autorit n'est plus qu'une fonction dlgue par les intresss pour excuter leur volont4 ,nous n'avons pas examiner ici si cette conception moderne s'est incarne dans les faits2 si le principe ancien n'est pas en lutte contre le principe nouveau2 si les dpositaires de l'autorit politique et familiale n'ont pas de folles prtentions de droit divin2 nous avons seulement constater ce qu'est devenue la notion de l'autorit dans la pense et le sentiment actuels4 ,que serait l'autorit dans le ,mariage1 d'aprs l'opinion moderne1 sinon la dlgation faite par l'un des poux l'autre1 du gouvernement des affaires et de la famille1 sinon une dlgation de fonction1 non plus un droit8 ,et si l'homme et la femme sont1 en principe1 socialement gaux1 si les aptitudes1 raison d'tre de toute fonction1 ne dpendent pas du sexe1 de quel droit la ,socit interviendrait-elle pour donner l'autorit soit l'homme soit la femme8 ,s'il y a besoin d'une autorit dans le mnage1 est-ce que les poux ne sauront pas bien en charger celui des deux qui saura le mieux et le plus utilement l'exercer8 ,mais1 entre conjoints1 y a-t-il vraiment place pour l'autorit8 ,non3 il n'y a place que pour la division du travail1 la bonne entente sur des intrts communs4 ,se consulter1 se mettre d'accord1 se partager la tche1 rester matre chacun dans son dpartement3 voil ce qu'ont faire et ce que font gnralement les poux4 ,la loi est si peu dans nos murs1 que voici ce qui se passe aujourd'hui3 beaucoup de dames riches traduisent ainsi deux articles du ,code3 le mari obira sa femme1 et la suivra partout o elle jugera convenable d'aller rsider ou se promener4 ,et les maris obissent1 parce qu'on doit mnager une femme bien dote2 parce que ce serait un scandale que de contrarier sa femme2 parce qu'on a besoin d'elle1 ne pouvant1 sans se dshonorer1 entretenir une matresse4 ,les maris des grands centres de population chappent l'obissance par l'amour hors du mariage2 ils ne commandent pas2 ,madame est libre4 ,parmi les travailleurs de la bourgeoisie et du peuple1 il est admis dans la pratique que personne ne commande1 et qu'un mari ne doit rien faire sans consulter sa femme et avoir son consentement4 ,dans tous les rangs1 si quelque mari est assez naf pour prendre au srieux son prtendu droit1 il est cit comme un mchant homme1 un despote intolrable que sa femme peut har et tromper en sret de conscience2 et ce qu'il y a de curieux1 c'est que les sparations lgales n'ont1 la plupart1 au fond d'autre motif que l'exercice des droits et prrogatives concds par la loi ,messieurs les maris4 ,je vous le demande maintenant1 ,madame1 quoi bon maintenir contre la raison et les murs1 une autorit qui n'existe pas1 ou qui passe l'poux condamn la subir8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,sur ce point1 je suis tout fait de votre avis2 pas une femme de la nouvelle gnration ne prend au srieux les droits du mari4 ,mais votre thorie n'attaque pas que son autorit2 elle attaque aussi l'indissolubilit du ,mariage qui1 dit-on1 est ncessaire la dignit de ce lien2 au bonheur1 l'avenir des enfants1 la moralit de la famille4 ,l',,auteur4 ,je prtends1 au contraire1 que ma thorie assure1 autant qu'il est humainement possible1 la perptuit et la puret du ,mariage4 ,aujourd'hui1 quand ce lien est serr1 les poux1 ne craignant plus de se perdre1 trouvent1 dans cette absence de crainte1 le germe d'un refroidissement rciproque2 ils peuvent se quereller1 manquer de procds1 s'tre infidles2 il y aura scandale1 sparation lgale peut-tre2 mais ils sont rivs l'un l'autre3 ils ne peuvent se devenir trangers4 ,mettez en perspective de ce tableau celui d'un mnage o le lien est dissoluble3 tout change2 l'poux despote et brutal rprime ses mauvais penchants1 parce qu'il sait que sa compagne1 qu'il aime aprs tout1 le quitterait1 porterait un autre les soins dont il est combl1 et qu'une femme honorable ne voudrait pas la remplacer4 ,le mari1 dispos tre infidle1 reste dans le devoir1 parce que son abandon1 ses outrages loigneraient sa femme1 nuiraient sa rputation et l'empcheraient de former un lien honorable4 ,l'homme blas n'pouserait plus la dot d'une jeune fille1 parce qu'il saurait que1 promptement dsillusionne1 au lieu de recourir l'adultre1 la jeune femme romprait une union mal assortie4 ,la femme qui se prvaut de sa dot1 de la ncessit o est son mari de lui tre fidle pour le tyranniser1 craindrait un divorce qui attirerait sur elle le blme et la jetterait dans l'isolement4 ,une femme acaritre n'oserait plus faire souffrir son mari1 une coquette le tromper ou le dsoler2 qui les pouserait aprs une rupture8 ,ne voyez-vous pas les mariages libres plus heureux et plus durables que les autres8 ,n'tes-vous pas convenue vous-mme qu'il suffit souvent1 pour que les conjoints se sparent1 qu'ils aient t lgalement maris8 ,j'ai connu pour mon compte une union libre1 trs heureuse pendant vingt-deux ans1 qui se rompit au bout de trois ans de mariage lgal par la sparation2 j'en ai connu d'autres de moins longue dure que la lgalit a contribu dissoudre au lieu de les terniser4 ,on ne saurait croire combien d'poux1 en #ahdh1 rentrrent dans une meilleure voie lorsqu'ils craignirent que la loi du ,divorce ne ft vote4 ,si le ,divorce1 simple expdient1 peut produire de bons rsultats1 que ne devrait-on pas attendre d'une loi rationnelle6 ,il n'y a qu' rflchir pour comprendre que la dissolubilit volontaire1 sans intervention sociale1 rendrait les unions mieux assorties1 car l'on aurait intrt1 pour sa propre rputation1 de ne se prendre qu'avec la conviction morale de pouvoir se garder2 alors seulement il n'y aurait plus d'excuse l'infidlit2 la loyaut entrerait dans les rapports des poux4 ,la loi de la perptuit a tout fauss1 tout corrompu3 du ct de la femme1 elle favorise1 elle ncessite la ruse2 du ct de l'homme1 elle favorise la brutalit1 le despotisme2 elle provoque des deux cts l'adultre1 l'empoisonnement1 l'assassinat et conduit ces sparations dont chaque jour augmente le nombre1 qui1 en donnant un dmenti la ncessit de l'indissolubilit du ,mariage1 jettent les conjoints dans une situation douloureuse1 prilleuse1 et tranent leur suite une foule de dsordres4 ,en effet1 si les poux sont spars jeunes1 le concubinage est leur refuge4 ,l'homme1 dans cette fausse position1 trouve beaucoup de gens qui l'excusent2 mais la femme est oblige de se cacher1 de trembler la pense d'une grossesse et444 de la faire disparatre4 ,la sparation lgale conduit les poux non seulement au concubinage1 la haine rciproque mais provoque la naissance d'une foule d'enfants dont l'avenir est compromis1 perdu par le fait de leur illgitimit4 ,que les poux1 selon leur droit1 soient libres et tout rentrera dans l'ordre1 parce que tout se fera dans la lumire et la vrit4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais l'avenir des enfants1 ,madame8 ,l',,auteur4 ,la moralit des enfants est plus assure sous le rgime de la libert que sous celui de l'indissolubilit1 car ils n'assisteraient pas longtemps ces cruels dmls1 ces dsordres qui1 aujourd'hui1 les rendent dissimuls1 vicieux1 leur font prendre en mpris ou en haine l'un de leurs auteurs1 quelquefois tous les deux quand ils ne les prennent pas pour modles3 si la vie commune devient impossible aux parents1 ce qui sera plus rare sous la loi de libert1 les enfants ne seront pas soumis la puissance de gens qui violent les lois de la morale reue3 ils verront peut-tre ces parents contracter un nouveau lien1 comme aujourd'hui1 mais ce lien sera honor de tous4 ,de ces unions pourront natre des enfants comme aujourd'hui2 mais ces enfants1 au lieu d'tre jets l'hospice1 partageront avec les premiers la tendresse et l'hritage de leur pre ou de leur mre4 ,les enfants1 dits lgitimes1 perdront en fortune1 c'est vrai2 mais ils gagneront en bons exemples2 beaucoup d'enfants qui sont aujourd'hui dans la catgorie des illgitimes1 passeront dans la premire et ne seront plus condamns par l'abandon mourir jeunes1 ou bien croupir dans l'ignorance1 le vice1 la misre2 se voir imprimer au front1 comme leur faute propre1 la faute de leurs parents1 par une foule d'imbciles et de gens sans cur qui n'ont eux-mmes de garantie de ce qu'ils nomment leur lgitimit1 que la prsomption que leur accorde la loi4 ,,iii ,,la ,,jeune ,,femme4 ,de longtemps encore1 peut-tre1 la ,raison collective ne comprendra comme vous la libert dans l'union des sexes1 et l'on se croira le droit1 non seulement de lier les intrts1 mais l'me et le corps des poux4 ,l',,auteur4 ,autant qu'il peut nous tre permis de prvoir1 la ,socit1 pour raliser notre conception1 doit fournir pralablement deux tapes3 elle doit dcrter d'abord le divorce motiv2 plus tard1 elle dcrtera le divorce prononc huis-clos1 sur la demande des poux ou de l'un d'eux4 ,nous ne nous occuperons pas de cette dernire forme de rupture du lien conjugal1 mais de celle qui est le plus prs de nous3 le divorce motiv4 ,pour vous1 jeune femme1 quelles seraient les raisons valables d'une demande en divorce8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,d'abord celles qui1 aujourd'hui1 donnent lieu la sparation de corps et de biens3 adultre de la femme1 svices1 injures graves1 condamnation d'un poux une peine afflictive on infamante1 mauvaise grance du mari quant aux biens2 de plus l'infidlit du mari1 qualifie adultre1 l'incompatibilit d'humeur1 des vices notables1 tels que l'ivrognerie1 la passion du jeu1 etc4 ,l',,auteur4 ,trs bien2 ces motifs suffisent4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,pendant l'instance en ,divorce1 la femme devrait tre aussi libre que l'homme4 ,l'enfant qui natrait d'elle1 aprs plus de dix mois de sparation1 serait rput naturel1 lors mme que le divorce ne serait pas prononc2 il porterait son nom et hriterait d'elle comme un de ses enfants lgitimes4 ,l',,auteur4 ,qui administrera les enfants et les biens pendant l'instance8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,le tribunal doit dcider qui administrera les enfants d'aprs les motifs de la demande en ,divorce et le tmoignage de parents1 amis et voisins4 ,l',,auteur4 ,mais si les poux ne demandent divorcer que pour incompatibilit d'humeur et sont tous deux honorables8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ils seront invits s'entendre pour se partager les enfants1 ou les confier l'un d'eux1 ou donner les filles et les garons tout jeunes la mre1 laissant au pre les garons au dessus de quinze ans4 ,le tribunal1 en outre1 nommerait dans la famille maternelle une subroge tutrice pour les enfants laisss au pre2 et dans la famille paternelle1 un subrog tuteur pour les enfants demeurs la mre4 ,cette subroge tutelle1 toute morale1 ne cesserait qu' la majorit des enfants4 ,l',,auteur4 ,et dans le cas o les parents seraient galement indignes8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,dans ce cas rare1 le prsident1 au nom de la ,socit1 leur enlverait l'administration des enfants et les confierait la tutelle de l'un des membres d'une famille1 mettant la subroge tutelle dans l'autre4 ,l',,auteur4 ,trs bien2 je vois avec plaisir que vous vous tes gurie de cette fausse croyance que les enfants appartiennent aux parents1 et que vous comprenez la haute fonction de la ,socit comme protectrice des mineurs4 ,pendant le procs en divorce1 qui aura l'administration des biens8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,si le contrat est fait sous le rgime de la sparation de biens1 et pour les paraphernaux1 il n'y a pas lieu poser la question3 chacun administre ses propres4 ,mais je serais assez embarrasse de vous rpondre pour le cas de communaut1 pour le cas o les fonds sont engags dans un ngoce commun1 administrs par un seul des poux4 ,la loi d'aujourd'hui ne me semble pas sauvegarder suffisamment les les intrts de la femme dans les cas de sparation4 ,l',,auteur4 ,sans nous embarrasser dans une foule de cas particuliers qui se modifient ou se contredisent1 tablissons que dans les cas de communaut1 l'administration des biens sera enleve l'poux si la demande en divorce est fonde sur sa mauvaise grance1 ses habitudes dissipatrices ou sur sa condamnation une peine afflictive et infamante2 que1 dans tout autre cas1 il sera fait inventaire des biens et de l'tat des affaires1 et qu'un subrog tuteur de la famille de l'poux vinc de l'administration sera nomm pour surveiller la grance de l'poux nomm administrateur qui sera tenu de payer l'autre une pension alimentaire jusqu' ce que le ,divorce soit prononc4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,et s'il n'y a aucune fortune1 ,madame8 ,l',,auteur4 ,jusqu' ce que les poux soient trangers1 ils se doivent assistance3 le tribunal pourra donc forcer l'poux qui gagne le plus venir en aide celui qui gagne le moins4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,combien de temps devrait s'couler entre la dposition de la demande et l'arrt de divorce8 ,l',,auteur4 ,une anne1 afin que les poux aient le temps de rflchir4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,le divorce est prononc1 chacun des ex-conjoints est rentr dans sa libert1 leur permettrons-nous de se marier d'autres8 ,l',,auteur4 ,mais assurment1 ,madame2 que signifierait sans cela notre critique de la sparation8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,quoi6 l'poux adultre1 brutal1 celui qui aurait fait souffrir son conjoint1 qui aurait eu tous les torts1 jouirait comme l'autre du privilge de pouvoir se remarier8 ,j'avoue que cela me choque4 ,l',,auteur4 ,parce que vous n'tes pas suffisamment imbue des doctrines de libert et du sentiment du ,droit3 le ,mariage est de droit naturel pour tout adulte2 la socit n'a donc pas le droit de l'interdire ou d'en faire un privilge2 d'autre part1 dans tout divorce1 des deux cts1 il y a des torts ou insuffisance de l'un par rapport l'autre2 celui ou celle qui commet adultre1 sera peut-tre un modle de fidlit avec un conjoint qui rpondra mieux son temprament et son humeur2 celui qui a t brutal1 violent1 sera peut-tre tout autre avec une femme ayant un caractre diffrent2 enfin1 rptons-le1 interdire le mariage1 c'est vouloir le libertinage1 et la socit n'a pas d'intrt se pervertir4 ,donc les deux ex-conjoints ont le droit de se marier2 mais la loi doit veiller ce que tous soient avertis des charges qui psent sur eux par suite de leur premier mariage1 et sachent qu'ils sont divorcs4 ,en consquence1 la ,socit a le droit de publier l'acte de divorce1 et d'exiger que les divorcs pourvoient aux besoins de leurs enfants mineurs et que l'acte de divorce1 joint celui qui constate cette obligation1 accompagne la publication des bans d'un nouveau mariage3 en cela1 point d'injustice ni d'abus de pouvoir3 car chacun subira la consquence des actions qu'il a faites en parfaite libert4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,et l'on ne fixerait pas le nombre de fois qu'un divorc pourrait se marier8 ,l',,auteur4 ,pourquoi faire8 fixez-vous le nombre de fois que peut se marier un veuf et une veuve8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais un libertin1 un mchant homme pourrait se marier dix fois et rendre ainsi dix femmes malheureuses444 ,l',,auteur4 ,que dites-vous l1 ,madame6 ,vous croyez srieusement qu'il y aura une femme assez insense pour pouser un homme neuf fois divorc1 un homme oblig d'accompagner la publication de ses bans de neuf actes de divorce1 de neuf jugements qui le condamnent payer tant de pension pour sept1 huit et plus d'enfants6 ,vous croyez srieusement qu'une femme consente devenir la compagne d'un homme semblable6 ,cet homme pourrait bien se marier deux fois1 mais trois1 pensez-vous que ce soit possible8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,vous avez raison1 et1 en rflchissant1 les mesures que vous indiquez paratront peut-tre svres4 ,l',,auteur4 ,je le sais2 mais notre but n'est pas de favoriser le divorce ni les unions subsquentes2 c'est1 tout au contraire1 d'empcher1 autant que possible1 l'un par la difficult de former les autres4 ,or1 pour cela1 il n'est pas besoin de gner la libert individuelle1 mais de la rendre responsable de ses actes1 et de la river tellement la chane qu'elle-mme s'est forge1 qu'elle ne puisse ni la rejeter1 ni la faire porter d'autres sans qu'ils n'en soient dment avertis et qu'ils n'y consentent4 ,,iv ,,la ,,jeune ,,femme4 ,la socit devrait-elle permettre les unions disproportionnes sous le rapport de l'ge8 ,n'est-ce pas exposer une femme l'adultre1 que de lui faire pouser dix-sept ou dix-huit ans un homme de trente1 quarante et mme cinquante ans8 ,quels rapports de sentiments et de manire de voir peuvent exister alors entre les poux8 ,la femme voit en son mari une sorte de pre qu'elle ne peut cependant aimer ni respecter comme un pre1 et elle reste toute sa vie mineure4 ,l',,auteur4 ,ces unions sont trs fcheuses pour la femme et pour la gnration1 et elles seraient pour la plupart vites1 si la loi fixait l'ge du mariage pour les deux sexes vingt-quatre ou vingt-cinq ans4 ,a dix-sept ans1 nous nous marions pour tre appeles ,madame1 pour porter une robe magnifique et une couronne de fleurs d'oranger2 certes nous ne le ferions pas vingt-cinq4 ,si la fleur n'est appele former son fruit que quand elle est parfaite1 il doit en tre de mme de l'homme et de la femme3 or1 dans nos climats1 l'organisation de l'un et de l'autre n'est complte qu' l'ge de vingt-quatre ou vingt-cinq ans4 ,la femme donne plus et fatigue plus dans la grande uvre de la reproduction2 la mettre dans le cas d'tre prmaturment mre1 est donc l'exposer de plus grands maux4 ,d'abord on la force partager entre elle et son fruit les lments qui sont ncessaires sa propre nutrition1 ce qui affaiblit elle et l'enfant4 ,on arrte son dveloppement1 on altre sa constitution1 on la prdispose aux affections utrines1 et on l'expose devenir valtudinaire l'ge o elle devrait jouir d'une sant vigoureuse4 ,l'affaiblissement physique entrane celui du caractre3 la femme devient nerveuse1 irritable1 souvent fantasque2 elle n'a pu nourrir ses enfants2 elle ne sera pas capable de les lever2 elle en fera des poupes1 et favorisera le dveloppement des dfauts qui1 plus tard1 devenant des vices1 dsoleront la famille et la socit4 ,cette femme1 mre avant l'ge1 non seulement ne sera pas la compagne srieuse1 la conseillre de son mari qui1 tant beaucoup plus g qu'elle1 s'en amusera comme d'une petite fille1 mais toute sa vie elle sera sa pupille et rusera pour faire sa propre volont4 ,ainsi affaiblir la femme sous tous les rapports1 abrger sa vie1 la mettre en tutelle1 prparer des gnrations tioles et mal leves1 tels sont les rsultats les plus clairs du mariage prcoce des femmes4 ,il suffirait1 pour tenir les femmes dans un servage volontaire et pour organiser le harem parmi nous1 de profiter de la permission de la loi qui autorise leur mariage quinze ans4 ,pour qu'une femme ne soit pas esclave1 puisse tre mre sans dommage pour sa sant1 et au profit de la bonne organisation des enfants2 pour qu'elle soit une pouse digne et srieuse1 prte remplir tous ses devoirs1 je le rpte1 il ne faut pas la marier avant vingt-quatre ou vingt-cinq ans2 il ne faut pas lui faire pouser un homme plus g qu'elle4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais on prtend que le mari doit avoir dix ans de plus que la femme1 parce que celle-ci vieillit plus vite3 qu'il est ncessaire qu'il ait l'exprience de la vie pour apprcier sa femme et la rendre heureuse4 ,l',,auteur4 ,erreurs et prjugs que tout cela1 ,madame4 ,la femme ne vieillit plus que l'homme que par le mariage et la maternit prmaturs3 un homme et une femme bien conservs ne sont pas plus vieux l'un que l'autre au mme ge4 ,seulement la femme consent vieillir1 l'homme y consent beaucoup moins1 puisqu'il ne rougit pas1 lorsqu'il a les cheveux gris1 d'pouser une jeune fille et d'afficher la ridicule prtention d'en tre aim d'amour4 ,il faut dshabituer les hommes de se croire perptuellement dans le bel ge de plaire2 de s'imaginer qu'ils sont tout aussi agrables nos yeux quand ils sont vieux ou laids que s'ils taient des ,adonis4 ,il faut leur redire sans cesse que ce qui est malsant pour nous l'est pour eux2 et qu'une vieille femme ne serait pas plus ridicule de rechercher l'amour d'un jeune homme1 qu'un vieillard de prtendre celui d'une jeune femme4 ,le mari et la femme doivent tre peu prs du mme ge2 d'abord pour se traiter plus facilement en gaux1 puis parce qu'il y a plus d'harmonie dans la manire de sentir et de voir et dans le temprament1 toutes choses trs ncessaires l'organisation des enfants4 ,il le faut encore1 pour que la femme ne soit pas tente d'infidlit3 vous savez que de dsordres naissent des unions disproportionnes sous le rapport de l'ge4 ,il faut1 dit-on1 que l'homme ait vcu2 c'est l'opinion des gens qui permettent leurs fils de jeter la gourme du cur2 qui croient que l'homme peut se vautrer dans la fange des mauvais lieux et qu'il y a deux morales4 ,or1 ,madame1 nous ne sommes pas de ces gens-l4 ,vous ne donnerez pas votre fille un homme qui ait vcu1 parce qu'il serait blas1 la pervertirait ou l'exposerait1 par la dsillusion1 chercher dans un autre ce que ne lui donne pas son mari4 ,ce que nous avons dit pour votre fille1 nous le dirons pour votre fils3 il ne faut pas qu'il pouse une femme plus jeune que lui2 car vous ne devez pas plus vouloir une situation dsavantageuse pour votre belle-fille que pour votre fille3 toutes deux vous sont chres et respectables devant la solidarit du sexe4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,j'lverai mon fils1 ,madame1 de manire ce qu'il comprenne que la formule du mariage prescrite par le ,code n'est qu'un reste de barbarie2 que sa femme ne doit obissance qu'au ,devoir2 qu'elle est un tre libre1 son gale2 qu'il n'a de droits sur sa personne que ceux qu'elle-mme lui accorde4 ,je lui dirai que l'amour est une plante dlicate qu'on doit cultiver pour qu'elle ne meure pas2 que le sans-gne et la malpropret la fltrissent2 qu'il doit donc soigner sa personne1 tant mari1 comme il le faisait pour tre agrable aux yeux de sa fiance4 ,je lui dirai3 ne demande rien qu' l'amour de ta femme2 rappelle-toi que plus d'un mari a excit la rpulsion par la brutalit d'une premire nuit de noces4 ,le mariage1 mon fils1 est une chose grave et sainte3 la puret en est le plus bel ornement2 sache que beaucoup d'hommes ont d l'adultre de leur femme aux tristes soins qu'ils ont pris de dpraver leur imagination4 ,bien loin d'user de ton influence sur celle qui sera la moiti de toi-mme1 pour la rendre docile tes volonts1 pour en faire ton cho1 dveloppe en elle la ,raison1 le caractre3 en l'levant1 tu t'amlioreras et te prpareras un conseil et un soutien4 ,je t'ai mari sous le rgime de la sparation de biens afin que ta femme soit arme contre toi1 si tu manques tes principes2 et si jamais tu me donnes la douleur d'y manquer1 ta femme deviendra doublement ma fille2 je serai sa compagne1 sa consolatrice1 et je te fermerai mes bras et ma maison4 ,l',,auteur4 ,trs bien1 ,madame1 et vous ferez bien d'ajouter3 intresse ta femme ton travail2 fais qu'elle veuille toujours tre occupe1 parce que le travail est le conservateur de la chastet4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,a ma fille1 je dirai3 l'ordre social dans lequel nous vivons exige1 mon enfant1 que tu administres ta maison2 c'est une fonction dont notre sexe ne sera relev que dans un ordre de choses encore loin de nous4 ,n'oublie pas que la prosprit de la famille dpend de l'esprit d'ordre et d'conomie de la femme4 ,ce que ta fortune ou ton travail spcial te dispensent de faire1 rgle-le et surveille-le4 ,aujourd'hui1 le luxe de la toilette et de l'ameublement dpasse toutes les bornes4 ,le luxe en soi n'est pas un mal1 mais1 actuellement1 il est un grand mal relatif1 parce qu'on n'a pas encore rsolu le problme d'augmenter1 de varier les produits1 sans augmenter en mme temps la misre et l'abrutissement des travailleurs4 ,sois donc simple3 cela n'exclut pas l'lgance1 mais seulement ces monceaux de soie1 de dentelles qui tranent dans la poussire du macadam2 mais ces diamants1 ces pierres prcieuses qui font la fortune de quelques-uns aux dpens de la moralit de beaucoup d'autres1 et qui ne sont que des capitaux enfouis1 dont la mobilisation ferait grand bien4 ,ne te laisse pas prendre ce sophisme3 il faut que les honntes femmes se parent pour empcher les hommes de passer leur temps avec les filles de joie4 ,ne serais-tu pas honteuse de lutter de toilette avec des femmes que tu n'estimes pas2 et l'homme qui serait retenu par de semblables moyens1 en vaudrait-il la peine8 ,je t'ai instruite de ta situation lgale comme pouse1 mre1 et propritaire2 je te marie sous le rgime de la sparation de biens pour pargner ton mari la tentation de se considrer comme ton matre2 pour qu'il soit oblig de prendre ton avis1 et de voir en toi son associe4 ,malgr ces prcautions1 tu seras mineure1 puisque la loi le veut ainsi4 ,mais notre loi n'est pas la ,raison3 n'oublie jamais que tu es une crature humaine1 c'est dire un tre dou1 comme ton mari1 d'intelligence1 de sentiments1 de libre arbitre1 de volont2 que tu ne dois de soumission qu' la ,raison et ta conscience2 que s'il est de ton devoir de faire des sacrifices la paix dans les petites choses1 et de tolrer les dfauts de ton mari1 comme il doit tolrer les tiens1 il n'est pas moins de ton devoir de rsister rsolument un brutal3 je le veux6 ,tu seras mre1 je l'espre2 nourris toi-mme tes enfants2 lve-les dans les principes de ,droit et de ,devoir que j'ai dposs dans ton intelligence et dans ton cur1 afin d'en faire1 non seulement des femmes et des hommes justes1 bons1 chastes1 mais des ouvriers de la grande uvre du ,progrs4 ,tu connais la grande ,destine de notre espce2 tu connais tes ,droits et tes ,devoirs3 je n'ai donc pas te rpter que la femme n'est pas plus faite pour l'homme que celui-ci pour celle-l2 qu'en consquence1 la femme ne peut1 sans manquer son devoir1 se perdre et s'absorber dans l'homme3 car elle doit aimer avec lui ses enfants1 la patrie1 l'humanit2 elle doit plus ses enfants qu' lui-mme2 et1 entre l'gosme de la famille et les sentiments gnraux d'un ordre plus lev1 la femme ne doit pas plus hsiter que l'homme sacrifier les premiers la ,justice4 ,l',,auteur4 ,on dira1 ,madame1 que vous enseignez bien virilement votre fille4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,puisque de nos jours les hommes jouent de la mandoline1 ne faut-il pas que les femmes parlent srieusement8 ,puisque des hommes1 au nom de leur naf gosme1 prtendent confisquer la femme leur profit1 lui vantent les charmes du gynce1 suppriment ses droits et lui prchent les douceurs de l'absorption1 ne faut-il pas que les femmes ragissent contre ces doctrines soporifiques1 et rappellent leurs filles au sentiment de la dignit et de la personnalit8 ,l',,auteur4 ,je vous approuve de tout mon cur3 ,maintenant que nous sommes d'accord peu prs sur tous les points1 nous n'avons plus qu' nous rsumer et donner l'bauche des principales rformes ncessaires oprer pour que la femme soit place dans une situation plus conforme au ,droit et la ,justice4 ,blank ,page ,,chapitre ,,iv4 ,r,,sum1 ,r,,formes ,,propos,,es4 ,i ,l',,auteur4 ,l'identit de ,droit tant fonde sur l'identit d'espce1 et la femme tant de la mme espce que l'homme1 que doit-elle tre devant la dignit civile1 dans l'emploi de son activit et le ,mariage8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,l'gale de l'homme4 ,l',,auteur4 ,comment sera-t-elle l'gale de l'homme en dignit civile8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,lorsqu'elle sera membre du conseil de famille1 aura place au jury et prs de tout fonctionnaire civil2 sera membre des conseils de ,prud'hommes1 des tribunaux de commerce2 lorsqu'elle sera tmoin dans tous les cas o est requis le tmoignage de l'homme4 ,l',,auteur4 ,pourquoi le tmoignage de la femme doit-il tre admis dans tous les cas o est requis celui de l'homme8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,parce que la femme est aussi croyable que l'homme2 qu'elle est1 comme lui1 une personne civile4 ,l',,auteur4 ,pourquoi doit-elle tre membre1 comme l'homme1 du conseil de famille8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,parce qu'une tante1 une parente1 une amie ont autant d'intrt aux choses qui s'y passent qu'un oncle1 un parent1 un ami2 ,parce que la famille est compose de deux sexes et non d'un4 ,l',,auteur4 ,pourquoi la femme doit-elle avoir sa place au jury8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,parce que le ,code la dclarant l'gale de l'homme devant la culpabilit1 le dlit1 le crime et la punition1 elle est1 par ce fait1 dclare comprendre comme l'homme le mal en autrui2 ,parce que le jury tant une garantie pour le coupable1 la coupable doit en avoir une semblable2 ,parce que1 si le criminel est mieux compris par les hommes1 la criminelle le sera mieux par les femmes2 ,parce que la ,socit tout entire tant offense par le crime1 il faut que cette ,socit1 compose de deux sexes1 soit reprsente par les deux pour le juger et le condamner4 ,parce qu'enfin1 pour ce qui tient l'apprciation du sens moral1 l'lment fminin est d'autant plus ncessaire que les hommes prtendent que notre sexe1 en gnral1 est plus moral et plus misricordieux que le leur4 ,l',,auteur4 ,pourquoi la femme doit-elle avoir sa place auprs des fonctionnaires civils8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,parce que la ,socit1 reprsente par ces fonctionnaires1 est compose des deux sexes2 ,parce que1 dans plusieurs fonctions civiles1 mme aujourd'hui1 il y a un dpartement plus spcial la femme2 ,parce que1 dans l'acte de clbration du ,mariage1 par exemple1 si la femme n'apparat pas comme magistrat1 non seulement la ,socit n'est pas suffisamment reprsente1 mais l'pouse peut se considrer comme livre au pouvoir d'un homme par tous les hommes du pays4 ,l',,auteur4 ,pourquoi la femme doit-elle avoir sa place dans les conseils de ,prud'hommes et les tribunaux de commerce8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,parce qu'elle est de moiti dans la production industrielle2 ,parce qu'elle est de moiti dans le commerce2 ,parce qu'elle s'entend aussi bien que l'homme1 si ce n'est mieux1 aux transactions et aux contrats2 ,parce que1 dans toute question d'intrt1 elle doit se reprsenter elle-mme4 ,l',,auteur4 ,comment la femme sera-t-elle l'gale de l'homme dans l'emploi de son activit et de ses autres facults8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,lorsqu'il y aura pour elle des collges1 des acadmies1 des coles spciales et que toutes les carrires lui seront accessibles4 ,l',,auteur4 ,pourquoi les femmes doivent-elles recevoir la mme ducation nationale que les hommes8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,parce qu'elles exercent une immense influence sur les ides1 les sentiments et la conduite des hommes1 et qu'il est de l'intrt social que cette influence soit salutaire2 ,parce qu'il est de l'intrt de tous d'agrandir les vues et d'lever les sentiments des femmes pour qu'elles se servent de leur ascendant naturel au profit du ,progrs1 du vrai1 du bien1 du beau moral2 ,parce que la femme a le droit1 comme l'homme1 de cultiver son intelligence1 et d'acqurir les connaissances que donne l'tat2 ,parce qu'enfin1 payant sa part des frais de l'ducation nationale1 c'est un vol qu'on lui fait1 que de lui interdire d'y participer4 ,l',,auteur4 ,pourquoi la femme doit-elle tre admise dans les acadmies1 les coles professionnelles8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,parce que la ,socit1 n'ayant le droit de nier aucune aptitude chez aucun de ses membres1 n'a consquemment pas le droit d'empcher celui qui prtend les possder de les cultiver1 ni de lui fermer les trsors de science et de pratique dont elle dispose2 ,parce qu'il y a des femmes nes chimistes1 mdecins1 mathmaticiennes1 etc42 et que ces femmes ont le droit de trouver dans les institutions sociales les mmes ressources que les hommes pour la culture de leurs aptitudes2 ,parce qu'il y a des professions exerces par les femmes qui ont besoin des enseignements qu'on leur interdit4 ,l',,auteur4 ,pourquoi toutes les carrires doivent-elles tre accessibles aux femmes8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,parce que la femme est une crature libre1 dont on n'a le droit ni de contester ni de gner la vocation2 ,parce qu'elle n'entrera pas plus que l'homme dans les carrires que lui interdisent son temprament1 son dfaut d'aptitude et de temps2 qu'il est donc tout aussi inutile de les lui interdire qu'on ne le fait certains hommes4 ,l',,auteur4 ,vous n'interdisez pas mme les carrires o il faut de la force1 o l'on s'expose des prils8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,on n'interdit pas aux femmes d'tre charpentiers1 couvreurs1 et elles ne le sont pas1 parce que leur nature s'y oppose2 c'est prcisment parce que la nature s'y oppose1 que je trouverais la ,socit peu raisonnable de s'en mler4 ,ce qui est impossible1 on n'a pas besoin de l'interdire et1 si ce que l'on a dclar impossible1 se fait1 c'est que c'tait possible3 or la ,socit n'a pas le droit d'interdire le possible aucun de ses membres2 cela lui part-il mme excentrique1 lorsqu'il est question de vocation4 ,l',,auteur4 ,que chacun remplisse sa fonction prive ses risques et prils3 c'est bien2 mais n'y a-t-il pas certaines fonctions publiques qui ne conviennent pas aux femmes8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,nul ne le sait puisqu'on ne les dveloppe pas pour les remplir2 et1 en ft-il ainsi1 l'interdiction serait inutile3 le concours ferait justice de prtentions mal fondes4 ,l',,auteur4 ,comment la femme sera-t-elle l'gale de l'homme dans le mariage8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,quand la personne des poux ne sera pas engage par le mariage2 lorsque les engagements seront rciproques et que la femme ne sera pas traite en mineure et absorbe par l'homme4 ,et il faut qu'il en soit ainsi3 ,parce qu'il n'est pas licite d'aliner sa personnalit2 qu'une semblable alination est immorale et nulle de soi2 ,parce que la femme1 individu distinct1 ne peut tre srieusement absorbe par l'homme1 et qu'une loi est absurde quand elle repose sur une fiction et suppose une chose impossible2 ,parce qu'enfin la femme1 devant tre l'gale de l'homme devant la ,socit1 ne peut1 sous aucun prtexte1 perdre cette galit par suite d'une association plus intime avec lui4 ,l',,auteur4 ,il y a deux questions dans le ,mariage1 outre celle de la personne2 c'est celle des biens et des enfants4 ,ne pensez-vous pas que la femme marie doive tre comme la fille majeure matresse de ses biens1 libre d'exercer toute profession qui lui conviendra1 matresse de vendre1 d'acheter1 de donner1 de recevoir1 de plaider8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,l'homme mari ayant tous ces droits1 il est vident que la femme marie doit les possder sous la loi d'galit4 ,n'tes-vous pas de cet avis8 ,l',,auteur4 ,dans toute association1 l'on engage une part de libert sur certains points convenus4 ,or les poux sont associs1 donc ils ne peuvent tre aussi compltement libres que des trangers l'gard l'un de l'autre3 seulement il faut1 rptons-le1 que la situation soit la mme et les engagements rciproques3 ,si la femme ne peut ni vendre1 ni aliner1 ni donner1 ni recevoir1 ni ester en jugement sans le consentement du mari1 il n'est pas permis au mari de faire ces choses sans le consentement de sa femme2 s'il n'est pas permis la femme d'exercer une profession sans le consentement du mari1 il n'est pas permis celui-ci d'en exercer une sans le consentement de la femme2 si la femme ne peut engager la communaut sans le mandat du mari1 celui-ci ne peut l'engager sans le mandat de la femme4 ,je vais plus loin1 je n'admettrais pas volontiers que la femme1 avant vingt-cinq ans accomplis1 donnt son mari l'autorisation d'aliner rien de ce qui appartient l'un des deux3 le mari a trop d'influence sur elle pour qu'elle soit rellement libre avant cet ge4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais si l'un des deux s'oppose par caprice1 ou par de mauvais motifs ce que l'autre fasse une chose convenable et avantageuse8 ,l',,auteur4 ,dans les diffrends qui surviennent entre associs1 souvent l'on prend des arbitres3 l'arbitre gnral entre les poux est la ,socit1 reprsente par le pouvoir judiciaire2 mais nous croyons qu'il serait bon d'tablir entre eux un arbitre perptuel qui aurait un premier degr de juridiction3 ce serait le conseil de famille1 organis tout autrement qu'il ne l'est aujourd'hui4 ,devant ce tribunal intime1 mieux mme d'apprcier que tout autre1 les poux porteraient1 non seulement les diffrends survenus entre eux touchant les questions d'intrt1 mais ceux qui auraient rapport l'ducation1 la profession et au mariage des enfants4 ,ce tribunal statuerait en premier ressort1 et bien des scandales seraient vits par ses dcisions1 dont on pourrait du reste toujours appeler devant le tribunal social4 ,je n'ai nul besoin d'ajouter que le droit du pre et de la mre sur les enfants est absolument gal2 que si le droit de l'un des deux pouvait tre contest1 ce ne serait pas celui de la mre qui seule peut dire je sais1 je suis certaine que ces enfants sont moi4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,en effet1 il est rvoltant que la plnitude du droit se trouve du ct de la simple prsomption lgale1 de l'acte de foi1 de l'incertitude4 ,considrant le mariage comme une association d'gaux1 ne penseriez-vous pas qu'il serait utile de marquer cette galit et la distinction des personnalits dans le nom port par les poux et leurs enfants8 ,l',,auteur4 ,certainement1 ,madame2 le jour du mariage1 chacun des poux joindrait son nom celui de son conjoint3 cela se fait dj dans certains cantons de la ,suisse et mme en ,france chez quelques particuliers4 ,les enfants1 jusqu' leur mariage1 devraient porter le double nom de leurs parents2 ce jour-l les filles ne garderaient que le nom de la mre et les fils celui du pre2 ou bien1 si l'on veut introduire dans cette question le rgime de libert il serait statu qu' la majorit1 l'enfant choisirait lui-mme celui des deux noms qu'il veut porter et transmettre4 ,,ii ,,la ,,jeune ,,femme4 ,maintenant1 ,madame1 revenons1 comme vous me l'avez promis1 sur le droit politique4 ,l',,auteur4 ,une nation est une association d'individus libres et gaux1 concourant1 par leur travail et leurs contributions1 au maintien de l'uvre commune2 ils ont le droit incontestable de faire tout ce qui est ncessaire pour que leurs personnes1 leurs droits et leurs biens ne soient pas lss4 ,l'homme a des droits politiques parce qu'il est libre1 l'gal de ses co-associs2 selon d'autres parce qu'il est producteur et contribuable2 or la femme1 tant1 par identit d'espce1 libre et l'gale de l'homme2 tant de fait productrice et contribuable1 ayant les mmes intrts gnraux que l'homme1 il est vident qu'elle a les mmes droits politiques que lui4 ,voil les principes1 passons l'application4 ,nous avons dit ailleurs qu'il ne suffit pas qu'une chose soit vraie d'une manire absolue1 qu'il faut1 sous peine de changer le bien en mal1 qu'on tienne compte du milieu dans lequel on prtend l'introduire3 c'est ce que les hommes oublient beaucoup trop4 ,la vrit pratique dans notre question est qu'il n'est bon de reconnatre le droit politique que dans la mesure o il est rclam1 parce que ceux qui ne le rclament pas sont intellectuellement incapables de s'en servir et que1 s'ils l'exercent1 c'est1 dans la plupart des cas1 contre leurs propres intrts3 ,la prudence exigerait que l'on s'assurt que le possesseur du droit est rellement mancip1 qu'il ne sera pas l'instrument aveugle d'un homme ou d'un parti4 ,or1 dans l'tat actuel1 non seulement les femmes ne rclament pas leurs droits politiques1 mais elles rient lorsqu'on leur en parle3 elles se font l'honneur de se croire ineptes sur ce qui regarde les intrts gnraux3 elles se reconnaissent donc incapables4 ,d'autre part1 elles sont mineures civilement1 esclaves des prjugs1 dpourvues d'instruction gnrale1 soumises pour la plupart l'influence du mari1 de l'amant ou du confesseur1 en ce qui concerne la politique2 engages en majorit dans les voies du pass4 ,si donc elles entraient sans prparation dans la vie politique1 ou elles doubleraient les hommes1 ou elles feraient reculer l'humanit4 ,vous comprenez maintenant1 ,madame1 pourquoi beaucoup de femmes plus capables qu'une infinit d'hommes de concourir aux grands actes politiques1 aiment mieux y renoncer que de compromettre la cause du ,progrs par l'extension du ,droit toutes les femmes4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,personnellement1 je suis de votre avis2 mais il faut prvoir et rsoudre les objections qui pourront vous tre faites par des femmes fort intelligentes3 ces femmes l vous diront3 songez-y1 la ngation du ,droit est une iniquit1 car c'est la ngation de l'galit et de la nature humaine4 ,il est aussi faux que dangereux de poser en principe la reconnaissance du ,droit seulement dans la mesure o il est rclam2 car il est notoire que ce ne sont pas1 en gnral1 les esclaves qui songent rclamer leurs ,droits3 votre affirmation condamne donc l'mancipation des esclaves1 des serfs1 et le suffrage universel4 ,ce que vous objectez contre le ,droit1 l'occasion de l'incapacit des femmes1 et du vilain rle qu'elles joueraient1 peut tout aussi bien l'tre contre les hommes qui ne sont gure plus mancips qu'elles2 qui sont souvent la doublure de leur femme ou de leur confesseur1 ou n'ont d'autre opinion que celle de leur comit lectoral4 ,dans le ,droit1 comme en toute chose1 il faut un apprentissage3 les femmes s'en serviront d'abord mal1 puis mieux1 puis bien2 car c'est beaucoup plus en jouant d'un instrument qu'on apprend s'en servir1 qu'en en apprenant la thorie4 ,l'exercice du ,droit donne de l'lvation1 de la dignit1 grandit l'individu dans sa propre estime1 et lui fait tudier les questions qu'il aurait ngliges s'il n'et d s'en mler pour concourir les rsoudre4 ,voulez-vous donc que les femmes prennent cur les intrts gnraux8 ,donnez-leur le ,droit politique4 ,voil1 ,madame1 ce que l'on pourra vous objecter4 ,l',,auteur4 ,c'est ce que m'objectaient en #ahdh plusieurs femmes minentes et plusieurs hommes dvous au triomphe des principes nouveaux4 ,je leur rpondais alors1 et je leur rpondrais encore aujourd'hui3 ,nous serions bien vite d'accord1 si notre ,socit moderne n'tait pas le thtre de la lutte de deux principes diamtralement opposs4 ,la question n'est pas de dcider si le ,droit politique appartient la femme1 s'il la dvelopperait1 la grandirait1 etc42 mais bien de savoir si elle en userait pour faire triompher le principe qui dit l'humanit3 en avant6 ,ou bien pour faire triompher celui qui lui dit3 en arrire6 ,quel est le but du ,droit politique8 videmment1 c'est d'accomplir un grand ,devoir dans le sens du ,progrs4 ,eh bien6 n'est-il pas dangereux de l'accorder ceux qui s'en serviraient contre le but8 ,quoi6 ,vous luttez pour le ,droit1 afin d'obtenir le triomphe d'une sainte cause1 et vous n'prouveriez aucune hsitation l'accorder ceux qui1 certainement1 se serviraient du ,droit pour tuer le ,droit6 ,vous me reprochez de faire comme les ,jsuites qui tiennent beaucoup moins compte de la ,justice que de l'utilit4 ,eh6 ,messieurs1 si vous aviez eu moiti de leur habilet1 il y a longtemps que vous auriez russi4 ,vous1 comme de vrais sauvages1 vous vous croiriez dshonors si vous aviez de la prudence1 de l'esprit pratique2 si vous vous prsentiez au combat autrement que le corps nu3 cela peut tre trs beau1 trs courageux1 mais sens1 c'est autre chose4 ,je ne commets pas l'iniquit de nier le ,droit1 puisque je ne le nie pas2 seulement je ne veux pas qu'on le revendique1 parce qu'il se suiciderait4 ,je ne pose pas en principe que tout espce de ,droit ne doit tre reconnu que dans la mesure o il est rclam1 puisque je ne vous parle que du ,droit politique3 il y a des droits qui se posent d'eux-mmes3 tels que ceux de vivre1 de se dvelopper1 de jouir du fruit de son travail1 et il est honteux pour une socit de ne pas les reconnatre dans toute leur tendue4 ,mais on ne s'veille que plus tard au sentiment du ,droit civil1 et plus tard encore celui du ,droit politique3 tenez donc compte de la marche logique de l'humanit1 et ne restez pas dans l'absolu4 ,je sais que ce que j'objecte l'endroit de l'incapacit des femmes est tout aussi vrai de celle des hommes2 mais est-ce une raison1 parce que vous avez reconnu le ,droit des masses ignorantes qui ne le rclamaient pas1 pour que l'on se montre aussi peu sage l'gard des femmes qui sont dans la mme situation8 ,je me corrigerai1 ,messieurs1 de ce que vous nommez mon intelligence aristocrate1 si je vois vos mancips politiques comprendre les tendances de la civilisation1 et se servir de leur ,droit pour faire triompher la libert et l'galit1 de manire dsesprer les fauteurs du pass4 ,jusque-l1 permettez-moi de garder mon opinion4 ,et j'ai gard mon opinion1 ,madame2 qui est celle-ci3 l'exercice du ,droit politique n'est un moyen de rforme et de ,progrs que si ceux qui en jouissent croient au ,progrs1 s'inquitent des rformes3 dans des dispositions contraires1 le vote ne peut tre que l'expression des prjugs1 des erreurs1 des passions2 au lieu d'apprendre1 comme on dit1 l'exercer en s'en servant1 on l'emploiera tout simplement se mutiler les doigts4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ne pourrait-on vous objecter que1 d'aprs votre thorie du ,droit1 tous tant gaux1 personne ne peut s'arroger la fonction de distribuer les droits8 ,l',,auteur4 ,la thorie1 c'est l'idal vers lequel doit tendre la pratique2 si l'on n'avait pas cet idal1 on ne saurait en vertu de quels principes se diriger2 mais dans la ralit sociale1 il y a des majeurs1 et des mineurs destins devenir majeurs4 ,si je disais que les majeurs ont le droit d'accorder ou de refuser le droit aux mineurs1 je manquerais essentiellement mes principes3 c'est la loi1 expression des consciences les plus avances1 en attendant qu'elle le soit de la conscience de tous1 qui prononce sur la majorit politique et en fixe les conditions4 ,le droit est virtuel en chacun de nous3 donc nul n'a le droit de le donner1 de l'ter1 de le contester3 il se reconnat quand on est en tat de l'exercer et qu'on le revendique2 et l'on prouve que l'on est en tat de l'exercer1 quand on satisfait aux conditions fixes par la loi4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,quelles seraient1 d'aprs vous1 ces conditions pour la jouissance du ,droit politique8 ,l',,auteur4 ,vingt-cinq ans d'ge et un certificat qui atteste qu'on sait lire1 crire1 calculer2 qu'on possde lmentairement l'histoire et la gographie de son pays2 de plus1 une bonne thorie du ,droit et du ,devoir et de la destine de l'humanit sur cette terre4 ,l'assimilation d'un petit volume suffirait1 comme vous le voyez1 pour que tout homme et toute femme de vingt-cinq ans et sains d'esprit1 pussent jouir de leurs droits politiques1 aprs avoir subi une initiation par la jouissance des droits civils4 ,mais1 je vous le demande1 que peuvent faire du ,droit politique ceux qui confondent la libert avec la licence1 qui savent peine ce que c'est qu'un ,droit et un ,devoir et sont mme incapables d'crire leur bulletin6 ,les hommes ont leurs droits1 qu'ils les gardent3 un droit reconnu ne se retranche pas2 qu'ils se rendent aptes les exercer4 ,quant aux femmes1 qu'elles s'mancipent d'abord civilement et qu'elles s'instruisent3 leur tour viendra4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,il est bien important1 ,madame1 que les hommes comprennent que vous ne niez pas1 mais que vous ajournez seulement les droits politiques de notre sexe4 ,l',,auteur4 ,soyez tranquille2 ils ne s'y tromperont pas1 ils ne prendront pas un conseil dict par la prudence pour un aveu d'infriorit et une dmission4 ,,iii ,,la ,,jeune ,,femme4 ,voudriez-vous maintenant formuler les rformes lgales que nous devons demander successivement4 ,l',,auteur4 ,en ce qui concerne la vie civile nous devons demander3 ,que l'trangre puisse se faire naturaliser franaise autrement que par le mariage4 ,que la femme ne perde pas sa nationalit par le mme sacrement civil4 ,que la femme soit admise signer1 comme tmoin1 les actes de l'tat civil et tous ceux qui lui ont t interdits jusqu'ici4 ,vous savez que dj1 en drogation la loi1 les sages-femmes signent les actes de naissance des enfants naturels non reconnus1 et que1 dans certains actes de notorit1 rdigs par le juge de paix1 le tmoignage des femmes est admis4 ,nous demanderons que les industrielles1 les ngociantes fassent partie des conseils de ,prud'hommes1 et plus tard des tribunaux de commerce2 que dans tout jugement criminel1 les femmes aient place au jury2 qu'aux femmes soient confies l'administration et la surveillance des hpitaux1 des prisons de femmes1 des bureaux de charit4 ,que1 dans chaque commune1 soit nomme une mairesse pour surveiller les coles de filles1 les crches et les nourrices4 ,vous savez1 ,madame1 que dj1 toujours en drogation la loi1 des femmes remplissent des emplois publics1 puisque le professorat et l'inspection des coles de filles et des crches et asiles1 fonds par les communes1 leur sont confis et que d'autres femmes ont des bureaux de poste1 de papier timbr1 etc4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,voil pour le ,droit civil en gnral2 quelles rformes demanderons-nous en ce qui concerne la femme marie8 ,l',,auteur4 ,nous demanderons que le domicile conjugal soit celui qu'habitent ensemble les poux1 non plus l'homme seul4 ,que l'on supprime les articles qui prescrivent la femme d'obir son mari et de le suivre partout o il juge propos de rsider4 ,que l'interdiction de vendre1 hypothquer1 recevoir1 donner1 plaider1 etc41 sans le consentement du mari ou de la justice1 soit tendue l'homme relativement la femme4 ,que le mariage sous le rgime de la sparation de biens devienne le droit public de la ,france4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,quelles rformes demanderez-vous quant au conseil de famille et la tutelle8 ,l',,auteur4 ,nous demanderons que le conseil de famille soit compos de vingt personnes3 dix hommes et dix femmes1 parents1 allis1 amis1 choisis par les poux4 ,que les attributions de ce conseil1 prsid par le juge de paix1 soient dtermines de manire ce qu'il dcide en premier ressort les diffrends survenus entre les poux quant aux enfants1 aux biens1 la tutelle1 etc4 ,nous demanderons que toute femme puisse tre nomme tutrice et subroge tutrice4 ,que la tutelle de l'poux interdit soit dfre toujours par le conseil de famille4 ,que la femme puisse nommer1 comme l'homme1 un tuteur dfinitif et un conseil de tutelle son mari survivant4 ,que les poux puissent nommer1 de leur vivant1 en cas de prdcs1 le pre un subrog tuteur de sa famille1 la mre une subroge tutrice de la sienne1 afin que les enfants soient toujours sous l'influence des deux sexes4 ,que la subroge tutelle1 en l'absence d'une volont manifeste1 appartienne de droit un membre de la famille du dfunt1 du mme sexe que lui4 ,qu'en cas de second mariage1 si l'enfant est ls ou malheureux1 le subrog tuteur ou la subroge tutrice puisse se le faire adjuger par le conseil de famille1 sauf recours du tuteur la justice4 ,qu'en cas de mort du pre et de la mre1 la tutelle appartienne de droit l'ascendant le plus proche1 et la subroge tutelle l'ascendante la plus proche de l'autre ligne4 ,s'il y a concurrence entre les deux lignes1 que le conseil de famille choisisse le tuteur dans l'une et le subrog tuteur dans l'autre et dans le sexe diffrent4 ,que les devoirs de tutelle et de subroge tutelle comprennent1 non seulement les intrts matriels1 mais aussi les intrts moraux et intellectuels des pupilles4 ,que le pre tuteur perde de droit la tutelle des enfants s'il se remarie sans se l'tre fait pralablement continuer par le conseil de famille4 ,qu'enfin l'tat organise une ,socit de tutelle pour les enfants dlaisss1 de manire ce que les garons soient sous le patronage des hommes et les filles sous celui des femmes3 cette socit serait un grand conseil de famille4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,j'aime mieux votre conception que celle de la loi1 non seulement parce que la femme y est l'gale de l'homme1 mais parce que les pupilles seront mieux protgs3 j'ai connu des hommes qui ont fait interdire leur femme1 exalte par leurs mauvais traitements1 afin de rester matres de leurs biens2 d'autre part1 vous savez que d'enfants sont malheureux et lss par le second mariage de leur pre6 ,une martre a tout pouvoir pour faire souffrir les pauvres petits4 ,mais vous n'avez pas parl1 ,madame1 de l'autorit des parents sur leurs enfants4 ,l',,auteur4 ,l'autorit des parents sur leurs enfants est la mme3 l'expression autorit paternelle est incomplte2 la vritable serait autorit parentale4 ,sur ce chapitre1 nous demanderons que1 s'il y a dissidence entre le pre et la mre au sujet des enfants1 le conseil de famille dcide en premier ressort4 ,que le pre et la mre ne puissent faire enfermer l'enfant qu'tant d'accord tous deux4 ,que le pre tuteur et la mre tutrice ne puissent avoir recours cette mesure qu'avec le concours du subrog tuteur ou de la subroge tutrice1 ou1 en cas de dissidence1 avec l'approbation du conseil de famille2 sauf toujours le recours la justice4 ,que la majorit d'ge du mariage soit fixe vingt-cinq ans pour les deux sexes1 et que les actes respectueux soient supprims4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,demanderons-nous que la sparation de biens et celle de corps qui entrane l'autre1 soient supprimes8 ,l',,auteur4 ,non3 ,mais nous demanderons que le ,divorce soit rtabli4 ,qu'on puisse divorcer pour adultre de l'un des poux1 svices1 injure grave1 condamnation une peine afflictive et infamante1 vices notables1 incompatibilit d'humeur1 consentement mutuel4 ,que1 pendant le procs en sparation de corps ou en ,divorce1 l'administration des enfants soit confie l'poux le plus digne et que1 si tous deux sont indignes1 il soit nomm un tuteur et un subrog tuteur de sexes diffrents4 ,que si tous deux sont dignes1 ils s'arrangent l'amiable devant le conseil de famille4 ,que les poux maris sous le rgime dotal ou celui de la sparation de biens rgissent leurs biens propres4 ,que1 si la demande a pour motif la mauvaise grance des biens communs1 l'administration en soit enleve l'poux1 pour tre confie la femme4 ,que1 si la demande a pour motif la condamnation une peine infamante1 l'autre poux reste administrateur4 ,que1 dans tout autre cas1 il soit fait inventaire1 et que l'poux le plus utile soit nomm conservateur sous la surveillance d'un ou deux membres de la famille de l'autre poux1 avec obligation de lui fournir une provision alimentaire4 ,que l'arrt prononant le divorce ou la sparation porte le nombre1 le nom et l'ge des enfants issus du mariage2 la somme annuelle que chaque poux est tenu de fournir pour leur entretien et leur ducation4 ,que cet arrt nonce qui les enfants sont confis soit de consentement mutuel1 soit d'autorit familiale ou judiciaire4 ,qu'il soit affich au tribunal civil1 au tribunal de commerce1 la porte de la mairie et insr dans les principaux journaux du dpartement4 ,que cet acte accompagne la publication des bans d'un mariage subsquent sous des peines trs graves4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,ces mesures sont svres3 s'il est facile de divorcer1 il ne sera pas facile de se marier ensuite4 ,l',,auteur4 ,je ne le nie pas1 ,madame2 mais il vaut mieux empcher le divorce par la difficult de se marier ensuite1 qu'en y mettant des restrictions3 dans le premier cas1 l'empchement vient des entraves qu'on s'est cr soi-mme3 on s'est fait son sort2 dans le second la libert individuelle est atteinte par l'autorit sociale3 ce qui est un abus de pouvoir4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,abordons les rformes lgales concernant les murs4 ,l',,auteur4 ,nous demanderons que toute promesse de mariage1 si elle n'est pas remplie1 soit punie d'une amende et de dommages-intrts4 ,que tout homme1 qu'une fille mre pourra prouver par tmoins ou par lettres1 devoir tre le pre de son enfant1 soit soumis aux charges de la paternit4 ,que la recherche de la paternit soit autorise comme celle de la maternit4 ,que la sduction d'une fille de moins de vingt-cinq ans soit svrement punie4 ,qu'une fille ne puisse tre enregistre au bureau des murs qu'aprs vingt-cinq ans accomplis1 et qu'elle soit mise en correction avant cet ge1 si elle se livre la prostitution4 ,que toute femme de mauvaises murs soit punie de la prison et de l'amende1 si elle a reu un homme au dessous de vingt-cinq ans1 et que la peine soit terrible si elle n'est pas saine4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,on dira que la paternit ne peut tre prouve1 ,madame4 ,l',,auteur4 ,je ne nie pas qu'il ne soit possible que le pre attribu l'enfant naturel ne soit pas le vrai pre3 mais ce qui doit tre tabli par des preuves1 c'est qu'il s'est mis dans le cas d'tre rput tel2 c'est la probabilit de la paternit dans le mariage1 tendue la paternit hors du mariage4 ,tant pis pour les hommes qui s'y laisseront prendre3 c'est une honte que d'attacher l'impunit au plus dsordonn1 au plus subversif des penchants gostes3 il faut que les femmes ne supportent plus seules la charge des enfants naturels et ne soient plus tentes de les abandonner4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,mais s'il est tabli qu'un homme mari s'est mis dans le cas d'tre pre hors du mnage8 ,l',,auteur4 ,ce doit tre d'abord un cas de divorce1 puis de punition pour lui et sa complice4 ,quant l'enfant1 l'homme doit en subir la charge de concert avec la mre4 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,voil des lois bien draconiennes6 ,l',,auteur4 ,ne voyez-vous pas1 ,madame1 que la corruption nous enserre me et corps2 que si nous ne ragissons pas nergiquement contre elle par la svrit des lois1 par la rforme de l'ducation et le rveil de l'idal1 notre socit ne sera bientt plus qu'un immense lupanar8 ,,la ,,jeune ,,femme4 ,hlas6 ,ce n'est que trop vrai4 ,l',,auteur4 ,demandons donc1 ,madame1 non seulement une rforme rationnelle de l'ducation nationale1 mais encore que les lyces soient doubls pour les filles4 ,que tous les tablissements de haut enseignement dpendant de l'tat1 leur soient ouverts comme aux garons4 ,qu'elles soient admises recevoir les mmes grades universitaires1 les mmes diplmes de capacit que les hommes4 ,que toutes les carrires s'ouvrent devant elles comme devant les hommes2 ,afin que releves dans l'opinion par l'galit1 leur activit ne soit plus rtribue d'une manire drisoire2 qu'elles puissent vivre de leur travail et que la misre1 le dcouragement1 le suicide ne terminent plus leur vie1 quand elles ne choisissent pas le triste rle d'lments de dmoralisation4 ,blank ,page ,,quatri,,me ,,partie uvres de l'poque transitoire2 ,apostolat de la ,femme2 ,profession de foi2 ducation rationnelle4 ,,chapitre ,i4 ,,appel ,,aux ,,femmes1 ,,apostolat1 ,,profession ,,de ,,foi1 ,,etc4 ,i ,,appel ,,aux ,,femmes4 ,femmes de ,progrs1 c'est vous que j'adresse la dernire partie de ce livre4 ,prtez l'oreille mes paroles au nom du bien gnral1 au nom de vos filles et de vos fils4 ,vous dites3 les murs se corrompent2 les lois1 en ce qui concerne notre sexe1 ont besoin d'une rforme4 ,c'est vrai3 mais pensez-vous que constater le mal1 suffise pour le gurir8 ,vous dites3 tant que la femme sera mineure dans la ,cit1 l'tat1 le ,mariage1 elle le sera dans l'atelier social1 elle sera force de vivre de l'homme3 c'est dire de l'avilir en s'abaissant elle-mme4 ,c'est vrai3 mais croyez-vous que1 constater ces choses1 suffise pour remdier notre abaissement8 ,vous dites3 l'ducation que reoivent les deux sexes est dplorable au point de vue de la destine de l'humanit4 ,c'est vrai3 mais croyez-vous qu'affirmer cela1 suffise pour amliorer1 transformer les mthodes d'ducation8 ,est-ce que les paroles1 les plaintes1 les protestations peuvent changer quelque chose8 ,ce n'est pas se lamenter qu'il faut3 c'est agir4 ,ce n'est pas seulement demander justice et rforme qu'il faut3 c'est travailler soi-mme la rforme1 c'est prouver par ses uvres qu'on est digne d'obtenir justice2 c'est prendre rsolument la place conteste2 en un mot1 c'est avoir de l'intelligence1 du courage et de l'activit4 ,sur qui donc auriez-vous le droit de compter1 si vous vous abandonnez vous-mmes8 ,est-ce sur les hommes8 ,votre incurie1 votre silence ont en partie dcourag ceux qui soutenaient votre ,droit3 c'est peine s'ils vous dfendent contre ceux qui1 pour vous opprimer1 appellent leur aide toutes les ignorances1 tous les despotismes1 tous les gosmes1 tous les paradoxes qu'ils mprisent eux-mmes lorsqu'il s'agit de leur sexe4 ,l'on vous insulte1 l'on vous outrage1 l'on vous nie ou l'on vous plaint1 afin de vous asservir1 et c'est peine si vous vous en indignez6 ,quand donc aurez-vous honte du rle auquel on vous condamne8 ,quand donc rpondrez-vous l'appel que des hommes intelligents et gnreux vous ont fait8 ,quand donc cesserez-vous d'tre des photographies masculines1 et vous dciderez-vous complter la ,rvlation de l'humanit1 en faisant enfin entendre le ,verbe de la ,femme dans la ,religion1 la ,justice1 la ,politique et la ,science8 ,que faire8 ,dites-vous4 ,que faire1 ,mesdames8 ,eh6 ,ce que font des femmes de foi4 ,regardez celles qui ont donn leur me un dogme2 elles s'organisent1 enseignent1 crivent1 agissent sur leur milieu et sur les jeunes gnrations1 afin de faire triompher la foi qui a l'adhsion de leur conscience4 ,pourquoi n'en faites-vous pas autant8 ,vos rivales crivent des livres tout empreints de surnaturalisme et de morale individualiste1 pourquoi n'en crivez-vous pas qui portent le cachet du rationalisme1 de la ,morale solidaire et d'une sainte foi au ,progrs8 ,vos rivales fondent des maisons d'ducation1 forment des professeurs1 afin de s'emparer des gnrations nouvelles au profit de leurs dogmes et de leurs pratiques1 pourquoi n'en faites-vous pas autant au profit des ides nouvelles8 ,vos rivales organisent des ateliers1 pourquoi ne les imitez-vous pas8 ,est-ce que ce qui leur est licite1 ne vous le serait pas8 ,est-ce qu'un gouvernement qui dit relever des principes de #hi et est issu du droit ,rvolutionnaire1 pourrait avoir la pense d'entraver les hritires directes des principes poss par #hi1 tandis qu'il laisserait agir librement celles qui leur sont plus ou moins hostiles8 ,aucune de vous n'admet une telle possibilit1 n'est-ce pas8 ,que faire6 ,vous avez fonder un journal pour soutenir vos rclamations4 ,vous avez constituer un comit encyclopdique1 qui rdige une suite de traits sur les principales branches des connaissances humaines1 afin d'clairer les femmes et le peuple4 ,vous avez fonder un ,institut polytechnique pour les femmes4 ,vous avez aider vos surs ouvrires s'organiser en ateliers d'aprs des principes conomiques plus quitables que ceux d'aujourd'hui4 ,vous avez faciliter le retour au bien des femmes gares qui vous demanderont aide et conseil4 ,vous avez travailler de toutes vos forces la rforme des mthodes d'ducation4 ,et1 en prsence d'une tche si complexe1 vous demandez3 que faire8 ,ah6 si vous avez du cur et du courage1 femmes majeures1 levez-vous6 ,levez-vous6 ,et que les plus intelligentes1 les plus instruites et celles qui ont du temps et de la libert constituent l',apostolat de la ,femme4 ,qu'autour de cet ,apostolat1 se rangent toutes les femmes de ,progrs1 afin que chacune serve la cause commune selon ses moyens4 ,et rappelez-vous1 rappelez-vous surtout que l',union fait la force4 ,,ii ,,profession ,,de ,,foi4 ,l'union fait la force1 oui2 mais condition qu'elle soit fonde sur des principes communs1 non sur le dvouement une ou plusieurs personnes4 ,car les personnes passent et peuvent changer3 les principes restent4 ,donc votre noyau de cristallisation1 ,mesdames1 doit tre moins l',apostolat que les principes qu'il professe1 que son ,credo1 sa profession de foi2 car il lui en faut une pour rallier les intelligences et les curs1 et les diriger vers un but unique4 ,permettez-moi1 ,mesdames1 d'essayer ici l'bauche de ce ,credo1 que nous diviserons en six titres et vingt quatre articles4 #a ,,loi ,,de ,l',,humanit4 #a ,la loi de l'humanit est le ,progrs4 #b ,nous nommons ,progrs le dveloppement de l'individu et de l'espce en vue de la ralisation d'un idal de ,justice et de bonheur1 idal de moins en moins imparfait et qui est le produit des facults humaines4 #c ,la loi de ,progrs n'est pas purement fatale1 comme les lois du monde2 elle se combine avec notre loi propre ou libre-arbitre2 d'o il rsulte que l'humanit peut1 pendant un certain temps1 comme l'individu1 demeurer stationnaire et mme rtrograder4 #b ,,individu1 ,,sa ,,loi1 ,,ses ,,mobiles4 #d ,chacun de nous est un ensemble de facults destines former une harmonie sous la prsidence de la ,raison ou principe d'ordre4 #e ,la ,raison reconnat chacune des facults le droit de s'exercer en vue du bien de l'ensemble1 et dans la mesure du droit gal pos par les autres facults4 #f ,chacun de nous a pour aiguillon de ses actes le dsir du bien-tre et du bonheur1 et doit se proposer pour fin le triomphe de notre libert sur ce que les lois gnrales de l'univers ont de blessant pour notre organisme2 et1 dans l'ordre moral1 le triomphe sur la tendance incessante de nos instincts gostes se sacrifier les instincts plus levs de la ,justice et de la ,sociabilit4 #g ,la destine de l'individu s'accomplit par le dveloppement de ses facults1 le travail1 la ,libert dans l'galit4 #c ,,bien ,,et ,,mal ,,physiques4 #h ,la souffrance n'est qu'un dsaccord mis en nous ou par notre faute1 ou par celle d'un mauvais milieu1 ou par la solidarit du sang4 ,c'est un produit de notre insuffisance1 de nos erreurs ou de celles de nos prdcesseurs dans la vie4 #i ,la souffrance et le mal sont des stimulants au ,progrs1 par la lutte qu'on soutient pour en gurir et en garantir soi et ses successeurs3 si l'on ne souffrait pas1 l'on ne progresserait pas1 parce que rien ne tiendrait en veil et en action l'intelligence et les autres facults4 #aj ,se rsigner la souffrance qu'on peut viter sans commettre le mal moral1 c'est affaiblir son tre2 c'est un mal1 une erreur ou une lchet4 #aa ,s'imposer des souffrances1 except celles que ncessite la lutte contre l'exagration des penchants1 est un acte de folie qui tend dsharmoniser notre tre1 et le rend impropre remplir sa fonction dans l'humanit4 #d ,,mal ,,moral ,,et ,,bien ,,moral4 #ab ,le mal et le bien1 dans le sens moral1 ne sont pas des substances1 des tres en soi1 mais l'expression de rapports jugs vrais au faux entre l'acte de notre libre-arbitre et l'idal du bien pos par la conscience4 #ac ,l'me d'une nation1 c'est le ,bien et le ,juste3 ce qui est prouv par ces deux faits3 chute des civilisations et des empires par l'affaiblissement du sens moral2 dcadence1 par ce seul fait1 malgr le progrs littraire1 artistique1 scientifique et industriel4 #ad ,l'affaiblissement du sens moral est le rsultat de l'absence d'un idal lev du ,bien et de la ,justice1 et produit la prdominance croissante des facults gostes sur les facults sociales4 #ae ,la lutte est en nous par la constitution mme de notre tre1 parce qu'il y a antagonisme entre les instincts qui tendent notre satisfaction propre1 et ceux qui nous relient nos semblables2 parce que1 d'autre part1 les premiers nous sont donns dans toute leur pre vigueur1 tandis que les autres ne nous sont donns qu'en germe pour que nous ayons la gloire de nous lever nous-mmes de l'animalit l',humanit4 ,de ces faits1 il rsulte que la vertu1 c'est dire l'exercice du libre-arbitre et de la force morale contre les empitements des facults gostes1 est et sera toujours ncessaire pour les maintenir dans leurs limites lgitimes1 et les empcher d'opprimer les facults suprieures4 #e ,,humanit1 ,,sa ,,destin,e4 #af ,l'humanit est une4 ,les races et nations qui la composent n'en sont que les organes ou lments d'organe1 et elles ont leur tche spciale4 ,l'idal moderne est de les relier dans une intime solidarit1 comme sont relis entre eux les organes d'un mme corps4 #ag ,l'humanit est elle-mme l'auteur de son ,progrs1 de sa ,justice1 de son idal qu'elle perfectionne mesure qu'elle devient plus sensible1 plus rationnelle et comprend mieux l'univers1 ses lois et elle-mme4 #ah ,l'tude attentive de l'histoire de notre espce nous montre que la destine collective de l',humanit est de s'lever au dessus de l'animalit1 en cultivant les facults qui lui sont spciales1 et de crer en mme temps les arts1 les sciences1 l'industrie1 la ,socit1 afin d'assurer de plus en plus et un nombre toujours plus grand1 la libert1 les moyens de se perfectionner et le bien-tre4 #ai ,l'histoire nous dit encore que le ,progrs est en raison du degr de libert1 du nombre des libres et de la pratique de l'galit4 ,d'o il rsulte que la ,libert individuelle dans l'galit sociale est un droit imprescriptible1 le seul moyen de donner chaque individu puissance d'accomplir sa destine qui est un lment de la destine collective3 ,voil pourquoi la ,france depuis #hi se propose pour idal le triomphe de la ,libert et de l'galit4 #f ,,galit ,,des ,,sexes4 #bj ,les deux sexes1 tant d'espce identique1 sont1 devant la ,justice1 et doivent tre devant la loi et la ,socit1 parfaitement gaux en ,droit4 #ba ,le couple est une ,socit forme par l',amour2 une association de deux tres distincts et gaux1 qui ne sauraient s'absorber1 devenir un seul tre1 un androgyne4 #bb ,la femme n'a pas rclamer ses droits en tant que femme1 mais uniquement comme personne humaine et membre du corps social4 #bc ,la femme doit protester en tant qu'pouse1 personne humaine et citoyenne contre les lois qui la subordonnent1 et revendiquer ses droits jusqu' ce qu'on les ait reconnus4 #bd ,ce que quelques-uns ont nomm l'mancipation de la femme dans l',amour1 est son esclavage1 la perte de la civilisation1 la dgnrescence physique et morale de l'espce4 ,la femme1 tristement mancipe de cette manire1 bien loin d'tre libre1 est l'esclave de ses instincts1 et l'esclave des passions de l'homme4 99 99 99 99 99 ,quelqu'incomplte et imparfaite que soit cette profession de foi provisoire1 si vous vous groupiez autour d'elle1 ,mesdames1 vous redonneriez un idal votre sexe qui se corrompt et conduit l'autre l'abme4 ,vous imprimeriez l'ducation un cachet de ,justice1 d'unit1 de rationalit qu'elle n'a jamais eu jusqu'ici4 ,vous agrandiriez et transformeriez la ,morale4 ,pntres d'une vive foi en la solidarit humaine1 vous travailleriez srieusement la rforme des murs4 ,au lieu de mpriser les gars des deux sexes1 vous emploieriez tout pour les remettre dans la droite voie3 car pas un de nous ne peut se croire innocent1 tant qu'il y a des coupables4 ,vous moraliseriez le travail et les travailleuses4 ,en un mot1 vous prouveriez par vos uvres1 que vous tes dignes de jouir des droits que vous revendiquez2 et vous fermeriez la bouche ces insipides babillards qui dblatrent en vers et en prose contre l'activit de la femme1 la capacit de la femme1 la science de la femme1 la rationalit et l'esprit pratique de la femme4 ,mille ans de dngations ne valent pas contre eux1 croyez-moi1 ,mesdames1 cinq annes bien remplies de travaux utiles et de dvouement actif4 ,,iii ,,comit ,,encyclop,,dique4 ,revenons1 ,mesdames1 sur quelques-unes des uvres collectives que je vous ai signales1 et parlons tout d'abord du ,comit ,encyclopdique4 ,le but de ce ,comit devrait tre de vulgariser les connaissances acquises jusqu'ici par l',humanit1 en se conformant la doctrine gnrale esquisse dans le paragraphe prcdent4 ,le ,comit se composerait d'un nombre illimit de femmes1 cultivant chacune quelque spcialit artistique1 scientifique1 littraire2 elles se classeraient en autant de sections qu'il y aurait de branches de connaissances traiter1 et les membres de chaque section s'entendraient entre elles pour se diviser le travail4 ,les membres du ,comit ne perdraient pas de vue que leurs ouvrages s'adressent la classe des lecteurs peu ou point instruits2 que1 consquemment1 elles doivent se prserver du style scientifique1 s'exprimer simplement1 mthodiquement1 et ne pas laisser sans dfinition trs claire les termes techniques dont elles seraient parfois obliges de se servir4 ,le travail individuel achev1 devrait venir celui de la section qui l'examinerait quant au fond2 puis celui du ,comit runi qui n'aurait s'occuper que de la clart1 dont il pourrait mieux juger que les spcialits1 trop habitues au langage de la science qu'elles cultivent pour s'apercevoir suffisamment quand il ne peut tre compris de tous4 ,outre ce rle de public d'preuve1 le ,comit devrait veiller scrupuleusement ce que l'auteur respecte les principes gnraux qui sont la base de la profession de foi4 ,ainsi par exemple1 un auteur qui traiterait de la formation de notre globe et des manifestations successives de la vie sur la plante1 ne devrait pas s'carter de la mthode rationnelle1 et ne pourrait1 en consquence1 prsenter un crateur posant les assises de la terre et soufflant la vie dans des narines quelconques4 ,un auteur qui traiterait d'histoire universelle1 n'aurait pas subordonner les grands faits de l'humanit la venue et la mission d'un homme1 comme l'a fait ,bossuet2 mais faire ressortir la loi de ,progrs1 tout subordonner au dveloppement de la ,justice et des facults qui nous sont spciales4 ,le ,comit devrait bien comprendre qu'il n'est pas l pour continuer le pass1 pour expliquer les faits par l'inconnu1 mais pour prparer l'avenir1 et expliquer les faits par les lois qui n'en sont que la gnralisation4 ,l'ouvrage1 approuv par le ,comit1 serait livr l'impression et porterait en tte du titre3 ,comit des femmes du ,progrs2 et1 au dessous du titre1 le nom de l'auteur ou des auteurs4 ,en s'organisant et travaillant de cette manire1 en livrant au meilleur compte possible leurs traits1 les femmes1 en peu d'annes1 auraient fait une encyclopdie populaire qui rformerait la ,raison1 dvelopperait le sens moral du peuple et de leur sexe1 vulgariserait1 ferait aimer les principes du monde moderne que le monde ancien tche d'touffer4 ,en agissant ainsi1 les femmes instruites feraient plus pour le ,progrs1 plus contre les rvolutions sanglantes1 les dsordres qui les accompagnent et les ractions qui les terminent1 que toutes les mesures de rpression qui sont si fort du got masculin et dont le rsultat infaillible est une nouvelle tempte4 ,outre l'avantage immense de rendre possible une encyclopdie rationnelle et populaire bon march1 le ,comit offrirait ses membres le moyen de s'instruire4 ,bien peu d'entre nous ont des connaissances gnrales suffisantes1 quelque fortes d'ailleurs que nous soyons sur une spcialit3 notre ducation a t si dfectueuse6 ,dans le sein du ,comit1 chacune agrandirait sa propre sphre en agrandissant celle de ses compagnes3 les travaux particuliers en vaudraient mieux1 parce que toutes les connaissances se tiennent4 ,ainsi en se dvouant l'ducation nationale1 les membres du ,comit complteraient la leur4 ,,iv ,,institut4 ,nous rclamons le doublement des lyces1 des coles spciales3 mais la routine est si tenace1 les prjugs si grands1 qu'il se passera bien du temps1 peut-tre1 avant qu'on ait fait droit nos lgitimes rclamations2 il faut donc nous passer des hommes jusqu' ce qu'ils aient honte de leur injustice et de leur draison4 ,comment nous y prendrons-nous en ce qui touche l'instruction8 ,nous n'avons qu'une chose faire2 c'est de fonder un ,institut polytechnique pour cultiver les vocations dites exceptionnelles1 et former des institutrices d'aprs les principes modernes4 ,a cette proposition1 plusieurs objections sont faites4 ,pourquoi1 dira-t-on1 cultiver chez les femmes des spcialits qui ne peuvent tre des professions pour elles8 ,vous les exposez des dboires1 des souffrances4 ,nous pourrions rpondre3 pouse d'un astronome1 la mathmaticienne partagera ses travaux2 ,la chimiste1 pouse d'un chimiste1 lui aidera2 pouse d'un manufacturier1 elle lui rendra de grands services4 ,la physicienne1 la mcanicienne1 la femme mdecin1 etc41 pouseront de prfrence le physicien1 le mcanicien1 le mdecin1 et le travail commun donnera des rsultats suprieurs4 ,nous pourrions encore rpondre que la femme dispense du travail par la richesse ou l'aisance1 a toujours du temps de reste2 qu'il est plus sain pour elle de l'employer la culture d'une science ou d'un art1 qu' courir les magasins1 faire des visites oiseuses1 s'occuper de chiffons ou1 pour se prserver des billements1 filer quelqu'intrigue avec un amant qui ne l'amuse gure4 ,voil ce que nous pourrions rpondre1 si nous tions purement utilitaires1 mais comme avant l'utilit est le ,droit1 nous disons3 ,les femmes qui ont des vocations1 dites exceptionnelles1 ont le droit de les cultiver comme les hommes4 ,si elles ne se prparaient pas prendre leur place1 si elles ne sentaient pas vivement qu'elles ont le droit de la prendre1 si elles ne souffraient pas de leur injuste exclusion1 cette place1 elles ne l'auraient jamais4 ,il faut donc qu'elles souffrent et s'indignent3 c'est de l que sortira la reconnaissance de leur ,droit4 ,d'ailleurs la jeune ,amrique est l3 nous aurons le moyen d'y trouver de l'emploi pour les vocations exceptionnelles4 ,ce ne sera pas la premire fois que la ,france aura forc ses enfants mettre leur intelligence et leur industrie au service d'autres pays4 ,d'autres nous disent3 ,ne trouvez-vous donc pas les institutrices suffisamment instruites1 que vous voulez en former par d'autres mthodes8 ,nous rpondons3 leur instruction est morcele1 incomplte1 littraire1 si l'on veut1 mais dpourvue de toute philosophie1 de tout point de vue gnral2 on leur inculque une foule de notions fausses et contradictoires2 elles n'ont pas la fermet de refuser d'enseigner ce qu'elles ne croient pas1 et mnagent des prjugs1 qu'au fond du cur1 elles ne partagent point4 ,l'lve de l',institut serait1 au contraire1 une rationaliste1 une progressiste1 solidement imbue de l',idal qu'on lui aurait fait vrifier par l'tude de l'histoire1 des religions et des lois2 elle ne dirait que ce qu'elle penserait2 ne ferait pratiquer que ce qu'elle croirait et pratiquerait elle-mme4 ,digne1 morale1 vraie1 autant par principe que par habitude1 mthodiquement et philosophiquement instruite1 sentant l'importance de la vie1 la gravit de son rle1 portant dans tous ses rapports l'ide du ,droit et du ,devoir1 la fille de l',institut saurait partout remplir la tche que lui imposent ses aptitudes et son titre de membre de l'humanit4 ,ce ne serait pas elle1 la vrit1 qui dirait langoureusement et sottement son mari3 toi1 rien que toi1 toujours toi2 mon enfant c'est encore toi2 car on lui aurait appris que c'est manquer ce qu'on se doit1 que de s'absorber dans un tre toujours faible1 souvent vicieux et despote2 que ce serait manquer son devoir envers l'humanit1 que de mettre une affection particulire au dessus des affections gnrales1 et de se disposer ainsi sacrifier la justice et l'univers un sentiment goste4 ,a l'instruction solide et mthodique1 ncessaire l'institutrice1 l'lve de l',institut joindrait les connaissances anatomiques1 physiologiques et hyginiques si ncessaires ceux qui dirigent l'ducation1 et la meilleure mthode d'enseignement1 celle de ,frbel modifie1 par exemple4 ,pense-t-on que des institutrices ainsi formes1 manqueraient d'occupation8 ,je ne le crois pas4 ,sur toute la surface de l',europe1 des familles dvoues l'ide nouvelle1 aujourd'hui assez embarrasses pour donner une institutrice leurs enfants1 ne manqueraient pas d'en demander une l',institut4 ,la supriorit de connaissances et de mthode engagerait1 d'autre part1 une foule de gens prfrer les lves de l',institut pour les leons particulires4 ,enfin1 les lves de la maison mre fonderaient en ,france et l'tranger des pensions qui ne seraient1 par l'esprit et l'enseignement1 que des succursales de l',institut2 pensions dans lesquelles les parents qui partagent notre foi ne manqueraient pas de placer leurs filles2 tandis que les parents qui n'ont aucun principe arrt1 et qui forment la grande majorit1 y enverraient les leurs cause de la varit des connaissances1 et de la solidit des principes qu'elles y puiseraient4 ,toutes ces enfants de l',institut et leurs lves formeraient bientt une ppinire de rformatrices qui rgnreraient la famille1 et prpareraient la transformation pacifique de la ,socit1 l'extension du ,droit et le progrs de la ,justice4 ,on demande qui formerait le corps enseignant de l',institut4 ,nous rpondons3 autant que possible1 des membres du ,comit encyclopdique3 car ce qui est important1 c'est l'unit de ,doctrine4 ,on dit encore3 mais y aura-t-il assez de femmes capables pour remplir cette double tche8 ,nous rpondons de nouveau3 oui2 car en toute branche des connaissances1 sont1 parmi nous1 des spcialistes distingues3 que toutes ces femmes veuillent1 et les choses s'organiseront promptement4 ,v ,,journal4 ,depuis quelque temps1 dans les rangs des femmes avances se fait sentir le besoin d'une feuille priodique1 non seulement pour soutenir la cause de leur ,droit et travailler la rforme des murs et de l'ducation1 mais pour crer une critique et une littrature nouvelles1 et trouver le placement d'articles srieux que les journaux masculins1 mme dirigs par des hommes de ,progrs1 repoussent de leurs colonnes1 dans lesquelles ils admettent les travaux souvent mdiocres de gens qui ne sont pas dans le courant de la ,rforme4 ,nous n'apprcierons pas cette conduite de quelques-uns de ceux qui se disent nos frres3 mais puisque beaucoup d'entr'eux nous refusent l'hospitalit1 au lieu de nous en lamenter et de nous en tonner1 btissons-nous une maison qui soit nous4 ,pour rendre des services et russir1 le journal ne devrait arborer le drapeau d'aucune secte sociale1 et devrait liminer les questions politiques et religieuses proprement dites3 car il ne saurait descendre dans l'arne des passions de sectes et de partis sans nuire la cause qu'il dfendrait4 ,la rdaction devrait tre pntre de cette vrit3 que la bonne foi1 l'honneur1 le dvouement se rencontrent sous toutes les bannires2 que l'habitude1 l'ducation1 les relations de famille nous classent bien plus que notre volont4 ,c'est en se tenant ce point de vue lev1 qu'il lui serait possible de rester juste1 quitable1 et mme indulgente envers les personnes1 tout en combattant les doctrines errones4 ,le journal devrait tre le drapeau d'une nouvelle cole fonde1 non plus sur le ,mysticisme ou la ,mtaphysique1 mais sur la ,raison qui dduit nos ,droits et nos ,devoirs de nos facults1 de nos besoins1 de nos rapports4 ,l'uvre de ce journal serait de modifier l'opinion par la critique rationnelle des lois1 des institutions1 des murs qui oppriment la femme2 ,de poursuivre1 par voie de ptition1 les rformes mres dans les esprits2 ,de signaler les faits de misre et de corruption fruits de l'ignorance1 de l'oisivet et de la situation prcaire des femmes2 ,d'intresser les particuliers et le gouvernement des mesures spciales propres diminuer l'ignorance et la misre2 ,d'laborer les mthodes d'ducation au point de vue moderne2 ,de critiquer les uvres d'art et de littrature1 non pas seulement au point de vue de la forme1 car l'art pour l'art est une niaiserie2 mais au point de vue du fond et de la porte morale2 ,de rendre compte des ouvrages srieux2 ,de mettre la science la porte de tous2 ,de travailler l'laboration de la morale solidaire2 ,enfin1 de soutenir la polmique que soulveraient ses doctrines1 en mesurant ses coups sur ceux des adversaires2 car il le faut dans notre spirituel pays de ,france1 o l'on a toujours raison quand on est battant1 toujours tort quand on est battu4 ,que celles qui me lisent y rflchissent3 si elles veulent sincrement le triomphe de leur cause1 la rforme pacifique de la ,socit1 il faut qu'elles deviennent une puissance2 et elles ne le seront que par un organe priodique de publicit4 ,un livre1 quelque bon et fort qu'il puisse tre1 ne produit qu'une impression fugitive sur le public3 mais une feuille qui vient poques rapproches et jour fixe frapper les mmes cordes du cerveau1 leur fait contracter l'habitude de vibrer d'une certaine manire3 ce qui1 une premire fois1 semble trange1 quelquefois inadmissible1 finit par paratre trs admissible et trs normal quand on s'y est accoutum4 ,une cause est gagne quand l'opinion est pour elle3 or cette opinion1 en ce qui concerne notre droit1 c'est nous de la former et1 je le rpte1 c'est beaucoup moins par des livres que par un journal que nous y parviendrons4 ,,vi ,,ateliers4 ,une question tait l'ordre du jour en #ahdh2 elle est toujours palpitante au fond des choses3 c'est le ,droit au travail1 dont se sont raills une foule de gens courte vue1 parce qu'ils n'ont pas compris que le ,droit au travail est celui de vivre1 dont ne peut tre limin celui qui est n2 parce qu'ils n'ont pas compris que le ,droit au travail est le droit la dignit1 la vertu2 que c'est la ,justice entrant dans le domaine de l'activit et de l'change2 c'est dire la ,justice entrant dans sa quatrime phase pour constituer le ,droit industriel4 ,nous n'avons point nous arrter sur cette grave et brlante question qui n'est pas prs d'tre rsolue2 seulement nous voudrions que les femmes de progrs s'occupassent d'organiser des ateliers d'aprs les principes de l'association1 de manire ce que le salaire des travailleuses augmentt3 tout le monde sait que cela se peut4 ,ce qui se peut encore1 c'est de fonder des ateliers d'apprentissage o les jeunes filles seraient prserves de la corruption qui les atteint dans les ateliers dpendant de l'industrie prive3 ce sujet nous pourrions faire de bien tristes rvlations4 ,ce qui se peut1 enfin1 c'est de faire voter aux associes de ces ateliers un rglement qui expulse toute femme de murs condamnables1 comme sont limins d'une association d'hommes actuellement existante1 ceux qui se sont enivrs trois fois4 ,l',apostolat ne pourrait-il encore organiser ce qui l'est parmi des ouvrires ,amricaines1 des associations de chastet8 ,c'est dans ces ateliers de travailleuses et d'apprenties1 c'est dans ces associations de femmes1 que l',apostolat pourrait le mieux rappeler l'ouvrire au sentiment de sa valeur1 de sa dignit1 la relever ses propres yeux1 lui parler de ses devoirs de femme1 de mre et d'pouse1 lui rvler nos grandes destines1 lui inculquer la meilleure mthode d'lever ses enfants1 la rendre enfin un instrument de salut social4 ,ah6 ,ce ne sont pas les travailleuses1 ,mesdames1 qu'on trouve jalouses des supriorits qui se rencontrent dans leur sexe4 ,comme elles en sont fires1 au contraire2 comme elles les aiment1 quand elles sentent qu'elles en sont aimes1 estimes2 qu'on ne dsire rien tant que de les clairer1 de les instruire4 ,comme l'aptre de leur sexe les verrait1 la figure souriante1 attacher leurs regards attentifs sur elle1 lorsqu'elle leur dirait3 mes bonnes amies1 voil la droite voie2 celle que vous devez suivre pour respecter en vous le noble caractre de l'humanit4 ,travailleuses de la pense1 travailleuses des bras1 nous sommes toutes utiles l'accomplissement de l'uvre commune4 ,par vous seules1 femmes du peuple1 la ,france peut tre rgnre et sauve1 si vous savez comprendre et remplir vos grandes fonctions de mres et d'pouses4 ,instruisez doucement et fraternellement vos enfants et vos maris comme je vous instruis moi-mme2 rptez-leur sans cesse que les ,droits sont la condition de l'accomplissement des devoirs2 que le ,devoir est leur raison d'tre1 leur justification4 ,jusqu'ici les rvolutionnaires ont parl des droits1 et ont laiss les devoirs dans l'ombre2 c'est vous1 femmes1 rtablir l'harmonie2 car le ,droit seul c'est la licence1 l'oppression2 le ,devoir seul c'est la servitude4 ,apprenez tout ce qui vous entoure que l'on ne doit pas sacrifier la patrie la famille1 pas plus que la dignit personnelle et la ,justice au bien-tre4 ,c'est en agissant comme je vous le conseille1 que vous vous montrerez dignes de nos braves grands pres qui combattaient nu pieds et sans pain pour la dfense du sol national et de la ,libert4 ,femmes de la bourgeoisie1 entendez-moi bien1 c'est en aimant vos surs du peuple et le peuple lui-mme d'un amour de mre1 c'est en vous dvouant les clairer1 les moraliser1 c'est en vous levant au dessus des passions masculines qui divisent1 et non pas en les partageant et1 ce qui est plus odieux1 en les excitant1 que vous rapprocherez les curs et fusionnerez les intrts2 que vous travaillerez faire de la ,france1 la vritable ,grande ,nation1 digne de servir d'exemple l',univers4 ,,chapitre ,,ii4 ,,ducation ,,rationnelle2 ,,lettres ,a ,,une ,,institutrice4 ,i ,nous sommes convenues1 ,madame1 que l'ducation prive est toujours dfectueuse1 parce que l'enfant1 ne vivant pas dans la socit de ses gaux1 ne s'habitue pas la vie sociale1 et qu'il s'imprgne de tous les prjugs de la famille4 ,nous sommes convenues encore que la fonction d'ducateur1 requrant des facults spciales1 ne peut pas tre remplie par tous les pres et toutes les mres2 ce qui conduit encore la ncessit de l'ducation collective4 ,vous voulez fonder1 dites-vous1 une maison modle et vous me demandez mes conseils4 ,je vous les donnerai bien volontiers2 mais vous tcherez de me comprendre demi-mots2 car je ne puis vous donner ici que des indications trs gnrales4 ,nous dfinirons l'ducation3 l'art de dvelopper l'tre humain en vue de sa destine particulire1 mise en harmonie avec la destine collective de notre espce4 ,vous et vos collaboratrices devez donc vous tre form l',idal de cette destine1 et avoir en elle foi complte4 ,en outre1 vous et vos collaboratrices devez connatre la nature humaine en gnral1 et vous faire une ide nette de celle de chacune de vos lves4 ,enfin1 il faut que vous possdiez une bonne mthode1 c'est dire une mthode rationnelle de direction4 ,parmi les dfinitions qui ont t donnes de notre nature1 se trouvent celles-ci3 ,l'homme est un compos d'esprit et de matire2 ,l'homme est une intelligence servie par des organes2 ,l'homme est sensation--sentiment--connaissance2 ,l'homme est une libert organise4 ,mais ni vous ni moi ne savons ce que c'est que la matire1 ce que c'est que l'esprit ou l'me1 o finit l'un o commence l'autre2 ces dfinitions1 fussent-elles vraies1 ne nous peuvent servir rien4 ,la troisime est incomplte1 puisqu'elle nglige le libre arbitre1 la meilleure arme de l'ducateur4 ,la quatrime1 qui est de ,p4 ,j4 ,proudhon1 flatterait assez notre penchant2 mais nous sommes bien obliges de nous dire qu'elle n'est pas exacte1 puisqu'une partie de notre vie se passe dans la fatalit de l'instinct4 ,vous vous rappelez que nous avons dfini l'tre humain3 un ensemble de facults destines s'harmoniser par la libert sous la prsidence de la ,raison2 mais cette dfinition a besoin d'tre dveloppe par l'ducateur2 c'est dire qu'il doit bien connatre nos divers groupes de facults1 l'ge de leur prpondrance1 leur antagonisme1 etc4 ,il doit considrer chacun de nous comme une synthse vivante1 o l'organe et la fonction sont insparablement unis2 tellement dpendants l'un de l'autre1 qu'on ne peut opprimer1 exalter l'un1 sans opprimer1 exalter l'autre2 qu'en un mot toute manifestation de ce qu'on nomme l'me1 se rvle comme fonction d'une partie de notre corps1 consquemment que1 cultiver le corps1 c'est cultiver l'me et rciproquement4 ,ceci bien entendu1 vous devez avoir toujours prsent la pense que la vie n'est pas un tre en soi1 qu'elle est le produit d'un rapport3 ainsi il n'y aurait pas de vie vgtative au cerveau1 si cet organe n'tait excit par la prsence du sang1 s'il n'tait pas mis en contact1 en rapport avec lui2 il n'y aurait point d'images dans le cerveau1 s'il n'tait mis en rapport1 par les sens1 avec les corps qui les occasionnent1 pas plus qu'il n'y aurait vie de l'estomac1 s'il n'tait mis en rapport avec le bol alimentaire4 ,de ces observations1 vous devez conclure qu'il suffit1 pour dvelopper un organe et le rendre fort et vivant1 de l'exposer1 dans une juste mesure et graduellement1 l'action de ses excitants propres3 que tout organe grandit vitalement par la lutte et s'tiole par le repos4 ,l'exercice soutenu d'un organe quelconque1 outre qu'il le dveloppe1 le rend plus fort1 plus vivant1 produit l'habitude4 ,l'habitude qui1 vous le savez1 modifie profondment notre tre1 nous imprime un cachet particulier1 nous rend indiffrentes1 agrables1 ncessaires mmes1 des impressions et des choses d'abord dsagrables ou nuisibles2 nous rend facile ce que nous croyions impossible2 nous fait1 en un mot1 une seconde nature1 transmissible par la gnration4 ,toutes ces lois physiologiques sont vos armes3 c'est vous de savoir convenablement les employer4 ,il y a en nous deux domaines3 celui de l'instinct et celui du libre arbitre3 le premier1 qui est le plus tendu1 comprend nos impulsions simples et involontaires4 ,ces impulsions sont aveugles1 et se divisent en plusieurs groupes3 celles qui sont les premires veilles1 se rapportent la conservation de nous-mmes3 l'enfant est un gosme organis4 ,vient ensuite le groupe des impulsions sociales qui nous relient nos semblables2 puis les impulsions conservatrices de l'espce qui s'veillent dans la jeunesse1 et entrent en lutte contre les facults sociales4 ,avec ces groupes qui se rapportent notre conservation individuelle1 celle de l'espce et de la socit1 il y en a d'autres qui nous mettent en rapport avec la nature pour la connatre et la modifier3 telles sont les facults intellectuelles1 scientifiques1 artistiques1 industrielles1 la tendance l'idal1 etc4 ,toutes ces impulsions ont pour ministre la volont1 qu'il faut bien se garder de confondre avec le libre-arbitre1 ou facult de choisir1 entre deux incitations contemporaines1 celle laquelle on obira de prfrence4 ,une division et une analyse philosophique de nos facults1 de l'influence que chacune d'elles exerce sur toutes les autres1 ne saurait trouver place dans ces indications gnrales2 nous dirons seulement que vous devez donner une grande force1 par un exercice continuel1 aux instincts sociaux et la ,raison qui juge de la vrit des rapports1 afin que les facults gostes et celles de la conservation de l'espce demeurent dans leurs limites lgitimes3 car elles sont naturellement plus nombreuses et plus fortes que celles qui nous relient nos semblables4 ,dans l'idal qui doit avoir la foi de vos lves1 l'humanit est son uvre propre3 ce qu'elle a produit et produira de bien est et sera le rsultat du dveloppement de ses facults1 du triomphe de sa volont1 de sa ,raison1 de sa libert sur les fatalits naturelles4 ,un tel idal vous oblige1 non seulement cultiver la ,raison de vos lves1 mais encore respecter en elles la libert1 la volont1 l'instinct de lutte3 vous persuadant bien que les tres de volont faible ne sont bons qu' porter des fers et ne peuvent tre vertueux4 ,pour se respecter et1 par suite1 respecter autrui1 il faut se sentir libre et digne2 donc vous ne devez pas amoindrir dans vos lves le sentiment de leur valeur et de leur dignit4 ,tous nos progrs tant dus la culture de notre intelligence1 de notre ,raison et de notre ,sensibilit1 vos soins doivent tendre les dvelopper chez vos lves2 les habituer ne rien croire de ce qui contredit la science2 car tout serait perdu si vous placiez en elles la contradiction4 ,la rgularit et la justesse de nos fonctions dpendant du bon tat de nos organes1 vous devez prendre tous les moyens pour que la sant de vos lves soit solide1 vigoureuse4 ,une sant faible fait autant d'esclaves que le dfaut de volont ou de dignit1 ou que la prdominance des instincts gostes4 ,nous voil donc bien loin dj de la mthode ancienne1 puisque vous ne devez ni humilier1 ni frapper vos lves1 ni briser leur volont1 ni leur ordonner de croire1 ni les punir en nuisant leur sant1 ni leur tolrer la soumission au mal physique ou moral qu'elles peuvent empcher4 ,ces gnralits dites1 arrtons-nous sur l'ducation physique4 ,,ii ,l'ducation commence ds le berceau2 je vous conseille donc d'avoir un tablissement prparatoire annexe pour les enfants de six mois cinq ans4 ,vous les feriez diriger et surveiller par des jeunes filles pralablement instruites de la mthode de ,frbel un peu modifie4 ,loin de soustraire ces jeunes enfants l'influence du froid1 de la chaleur1 etc41 accoutumez-les graduellement les subir1 le premier surtout4 ,tous les jours1 moins de contre-indications qui ne peuvent tre que temporaires1 l'enfant doit prendre un bain d'eau froide de quelques minutes1 puis tre promen l'air quand il ne pleut pas4 ,jamais il ne doit tre tenu dans une salle chauffe au pole4 ,aussitt qu'il peut s'asseoir1 vous le ferez mettre sur une couverture et le laisserez se rouler1 essayer ses forces4 ,vous recommanderez aux mres de s'abstenir d'emmailloter leurs enfants2 d'avoir le soin de leur laisser les membres et la poitrine libres1 la tte nue ou trs lgrement couverte2 de tourner leur petit lit de manire ce qu'ils aient la lumire directement en face si elle est peu vive1 et directement oppose si elle l'est beaucoup1 afin d'viter le strabisme1 la fatigue des yeux ou leur diffrence de force2 vous leur recommanderez aussi de les coucher plus longtemps sur le ct gauche que sur le droit1 parce que l'enfant fort jeune a le foie trs dvelopp4 ,quand l'enfant marchera seul1 vous prescrirez qu'on lui laisse prendre tout le mouvement qu'il lui plaira1 en le soumettant1 par l'imitation1 certains mouvements rgls1 afin de dvelopper et d'galiser la force de ses muscles1 et de le prparer une gymnastique srieuse laquelle vous soumettrez toutes vos lves de cinq seize ou dix-sept ans4 ,aux exercices gymnastiques1 vous ajouterez la natation et des promenades auxquelles vous donnerez toujours un but utile4 ,je vous recommande d'viter la flanelle sur la peau1 les vtements trop chauds2 point de corsets2 que vos lves soient vtues de pantalons1 de tuniques flottantes1 retenues la taille par une ceinture quand elles sortiront1 et d'un chapeau rond contre la pluie et le soleil4 ,ne les harcelez pas des ternels3 prends garde1 tu vas prendre froid1 tu vas te mouiller1 tu vas gagner un coup de soleil1 tu vas dchirer ou salir ta robe1 ton pantalon3 laissez-les libres et acqurir de l'exprience leurs dpens2 il n'y a que celle-l dont on profite4 ,vous n'aurez pas non plus la maladresse de leur interdire de grimper aux arbres1 de franchir les fosss1 de lutter ensemble1 sous prtexte que ce sont des exercices masculins3 jamais ne dites vos enfants3 une fille ne doit pas faire cela3 c'est bon pour un garon4 ,quelles bonnes raisons auriez-vous lui en donner8 l'usage n'est pas une rponse convaincante pour une rationaliste4 ,accoutumez vos enfants l'ordre et la propret1 car on transporte le got de l'ordre physique dans les choses morales et intellectuelles4 ,et1 comme vous voulez qu'elles sachent que chacun est tenu de subir les consquences de ses propres actes1 et n'a le droit de compter que sur soi pour rparer ses fautes et sa maladresse2 que1 devant la ,justice1 personne ne nous doit rien pour rien2 que c'est un acte de pure bont que de rendre un service sans compensation1 habituez-les de bonne heure se suffire selon leurs forces1 nettoyer elles-mmes les taches qu'elles se font1 raccommoder leur linge puis1 peu peu1 faire leur lit1 nettoyer leur chambre1 leurs vtements1 leurs chaussures1 aider par escouades aux travaux de la cuisine1 de la buanderie1 etc4 ,dclarez aux mres qui vous confient l'ducation de leurs filles1 que vous les levez de manire ce qu'elles ne servent aucun homme3 que1 de retour dans leur famille1 elles ne rendront leurs frres aucun service sans quivalent1 parce qu'elles se considreront comme leurs gales4 ,les enfants sont exigeants1 despotes1 parce qu'ils ne comprennent pas la ,justice4 ,vous devez donc vous attendre voir les plus jeunes de vos filles exiger des grandes et des domestiques les services qu'elles ne peuvent se rendre1 et se montrer insolentes et colres lorsqu'on refusera4 ,ne vous puisez pas faire de la morale3 demandez-leur tranquillement ce qu'elles donnent en change des services qu'elles demandent4 ,rien1 seront-elles forces de vous rpondre4 ,eh6 bien1 leur direz-vous1 vous n'avez donc rien exiger4 ,vous tes faibles1 bien plaindre de ne pouvoir vous suffire1 d'avoir besoin des gens qui n'ont nul besoin de vous3 tout ce que l'on fait pour vous est donc pure bont2 or1 mes chres enfants1 ne trouveriez-vous pas que ce serait une sotte manire de vous rendre bonnes pour les autres1 que de s'y prendre votre gard comme vous vous y prenez l'gard de telles et telles8 ,rendriez-vous un service que vous ne devez pas1 celles qui l'exigeraient insolemment8 ,elles seront bien forces de vous rpondre que non4 ,alors1 leur direz-vous1 demandez ce service comme vous trouveriez juste qu'on vous le demandt4 ,quelque jeune que soit une enfant1 ne cdez jamais ses caprices et ses exigeances3 rappelez-vous qu'un enfant n'est fort que de la faiblesse de ceux qui l'entourent3 il ne pleure ni ne crie crdit4 ,toutefois que votre rsistance soit calme2 ne grondez pas1 n'levez pas la voix1 n'essayez pas d'intimider l'enfant3 il faut qu'il cde la ncessit ou la raison1 non pas la peur qui affaiblit l'me4 ,disons quelques mots du rgime alimentaire4 ,les jeunes mres qui porteront leurs enfants votre maison annexe1 vous demanderont souvent des conseils sur ce point3 dites-leur que toute mre doit nourrir son enfant1 moins qu'il ne soit constat qu'elle est trop faible ou atteinte d'une affection organique2 qu'aprs le lait de la mre1 celui qui convient le mieux1 est celui d'une autre femme ayant peu prs le mme ge1 la mme carnation1 la mme couleur d'yeux et de cheveux2 mais1 qu'en gnral1 si elles ne sont pas bien sres de la nourrice1 il vaut mieux lever l'enfant au biberon3 le meilleur lait pour cet usage serait celui de la jument2 mais comme il est difficile de se le procurer1 il faut avoir celui de la mme vache3 le lait de chvre rend les enfants vifs1 capricieux1 mobiles3 il faut l'viter4 ,peu peu l'on ajoute cette nourriture de la panade faite avec de la crote de pain dessche au four4 ,en gnral l'alimentation doit tre rgle sur la dentition3 plus celle-ci est difficile et tardive1 moins la nourriture doit tre substantielle1 et plus l'allaitement doit se prolonger4 ,quand l'enfant mange seul1 comme il faut viter la prdominance de l'instinct nutritif qui pousse l'gosme et empche la culture d'un idal lev1 la nourriture doit tre simple3 le lait1 les ufs1 les lgumes1 les fruits cuits ou bien mrs et le pain discrtion3 telle doit tre la base de l'alimentation de l'enfant2 la viande doit tre donne en trs petite quantit et toujours bien cuite3 un rgime de viandes presque crues1 rend dur et arrogant4 ,je vous recommande par dessus tout d'viter pour vos lves1 le th1 le caf1 les liqueurs1 les pices et le vin pur4 ,rappelez-vous que les excitants sont souvent le germe des terribles habitudes qui tuent l'enfance4 ,vous viterez aussi avec soin les bonbons et les ptisseries qui gtent l'estomac1 et vous ne promettrez jamais ces choses en rcompense1 pas plus que vous ne donnerez du pain sec comme punition4 ,vos enfants sont des tres humains que vous devez conduire par l'honneur non par les papilles nerveuses de la langue4 ,revenons aux qualits morales4 ,,iii ,l'enfant est naturellement voleur parce qu'il est goste1 et ne comprend pas la ,justice2 ,il est naturellement menteur parce qu'il sait ce qui dplat1 veut le faire pour se contenter1 mais ne veut pas tre grond et puni2 ,il est naturellement colre parce qu'il s'aime1 et s'irrite qu'on rsiste ce qui lui plat2 ,faible1 il est rus1 fort il frappe sans piti2 rarement il est gnreux parce qu'il ne sent que lui-mme2 ,en gnral1 il est trs tendre au mal et se lamente pour la moindre chose2 ,selon son degr de force1 il est tyran ou lche et sournois4 ,mais il a l'imagination vive1 la mmoire bonne1 un trsor de foi inpuisable1 une admirable logique1 l'instinct d'imitation1 et la divination des sentiments qu'prouvent pour lui ceux qui l'entourent4 ,dfendez1 sous peine de renvoi immdiat1 vos collaboratrices et vos domestiques de dire vos lves des contes de sorciers1 de revenants1 de loups-garous1 de croquemitaine3 il vaudrait mieux qu'elles fissent mille fautes1 que d'tre retenues d'en faire une seule par la crainte d'une de ces absurdits2 que jamais les contes de fe ne trouvent d'accs dans votre maison3 cela fausse l'esprit3 que rien n'entre dans la pense de vos lves qui ne puisse y demeurer2 ne les trompez jamais3 s'il n'est pas possible de satisfaire une question1 il vaut mieux leur dire qu'elles ne sont pas en tat de comprendre la rponse4 ,vos enfants tant observatrices et imitatrices1 vous veillerez ce que rien de ce qu'elles verront et entendront ne puisse tre imit3 vos exemples vaudront toujours mieux que des leons4 ,agissez de manire ce que vos enfants sentent que vous les aimez1 afin qu'elles vous aiment et aient pleine confiance en vous2 mais en mme temps qu'elles soient convaincues de votre ,raison et de votre fermet4 ,rappelez-vous surtout que1 lorsqu'elles sont jeunes1 vous ne les corrigerez qu'en en appelant leur gosme4 ,a celles qui sont voleuses1 point de morale2 prenez-leur la chose qu'elles prfrent4 ,quand elles s'en lamenteront1 dites-leur simplement3 pourquoi avez-vous fait votre compagne ce que vous tes dsoles qu'on vous ait fait8 ,rendez ce que vous avez pris et dites celle que vous avez lse3 je suis fche de t'avoir fait ce que je ne voudrais pas que tu me fisses4 ,si vous rcidivez1 vous aurez la honte de rester la maison1 tandis que vos compagnes viendront avec moi faire une promenade pour s'instruire sur telle chose3 la voleuse mrite d'tre ignorante4 ,a celles qui sont menteuses1 point de morale2 prenez l'air srieux2 et quand elles vous disent quelque chose3 je ne sais si cela est vrai1 rpondrez-vous2 comment voulez-vous que je croie quelqu'un qui a t assez lche pour ne pas dire la vrit4 ,la menteuse tmoignera de la honte et du chagrin1 vous promettra de ne plus recommencer3 alors revenez franchement elle et ne lui reparlez plus de sa faute que pour lui dire3 tu n'avais pas song que mentir accuse de la crainte1 que la crainte est une lchet1 que tu ne devais pas mentir aux autres1 parce que tu ne voudrais pas qu'on te mentt2 je suis sre que1 maintenant que tu as rflchi1 tu ne commettras pas cette vilaine action4 ,si votre lve est colre et frappe1 exigez que la personne frappe le lui rende1 afin qu'elle sache ce que c'est2 puis enfermez-la dans une chambre sans dire un mot4 ,lorsqu'elle sera revenue au calme1 dites-lui tranquillement qu'elle s'est fait passer pour folle1 a excit la piti1 donn un mauvais exemple et offens quelqu'un2 qu'il ne lui sera permis de rentrer au milieu des autres que lorsqu'elle aura fait ses excuses la personne qu'elle a offense1 et dit ses compagnes3 je suis fche d'avoir fait ce que je n'aurais pas voulu qu'on me ft1 et d'avoir donn un exemple que j'aurais trouv mauvais qu'on me donnt4 ,si l'enfant est volontaire1 obstine1 demandez-lui pourquoi elle veut ou ne veut pas faire telle chose3 elle vous le dira4 ,dmontrez-lui qu'elle se trompe et pourquoi elle se trompe1 faites l'en convenir et dites-lui doucement3 qu'il n'y a rien de mieux que de renoncer vouloir une chose que1 par erreur1 on a d'abord voulue2 rien de faible et de draisonnable1 comme de persister vouloir ce qu'on ne croit pas le mieux2 que1 du reste1 elle est libre1 mais que vous prouverez du chagrin1 vous qui l'aimez1 si elle prfre son orgueil votre apprciation4 ,si elle frappe plus faible qu'elle1 immdiatement rendez-le lui2 et quand elle pleurera1 ajoutez3 moi qui reprsente la ,justice1 je t'ai punie sans colre1 pour te faire rentrer en toi-mme et t'exciter comprendre qu'on est une lche de frapper qui ne peut se dfendre2 prsente tes excuses et ne fais pas plus faible que toi1 le mal que tu ne voudrais pas que plus fort te ft4 ,dans votre tablissement annexe1 recommandez aux surveillantes de ne pas laisser la jeune enfant frapper l'objet contre lequel elle s'est heurte et1 si elle le fait1 de l'appeler petite sotte et de ne pas faire attention ses pleurs1 moins qu'elle ne se soit blesse1 auquel cas on devrait la soigner sans la plaindre4 ,recommandez-leur pareillement de ne pas permettre que les enfants tourmentent les animaux que vous aurez1 pour cultiver leur sympathie envers tout ce qui vit4 ,si une lve est lche1 se laisse battre1 faites-lui en une grande honte2 obligez-la se dfendre vigoureusement2 car il faut qu'elle s'habitue se croire aussi respectable que les autres1 rsister l'oppression1 dfendre plus faible qu'elle2 il n'y a de tyrans que parce qu'il y a des majorits de lches4 ,si l'lve est malade1 soignez-la tranquillement3 ne la plaignez pas et1 quand elle pourra raisonner1 demandez-lui si ses plaintes la guriront1 et pourquoi elle risque d'ennuyer les autres sans profit pour elle4 ,ne souffrez jamais qu'une lve vous fasse un rapport secret2 mais exigez que les lves s'avertissent mutuellement2 punissez les grandes qui ne le font pas1 et prescrivez que l'on amne devant vous celle1 qui plusieurs fois1 aura commis une action blmable1 et que celles qui l'ont avertie soient ses accusatrices4 ,chassez sans misricorde de votre tablissement l'lve qui aura expos sa classe se faire punir pour sa faute non avoue3 car cela rvle un caractre orgueilleux1 injuste et poltron4 ,vos lves1 par l'amour d'elles-mmes1 arriveront de la sorte pratiquer et comprendre la ,justice1 sentir qu'elles n'ont droit rien attendre d'autrui quand elles ne donnent rien en change3 c'est encore leur gosme que vous devez vous adresser pour les rendre sensibles et bonnes4 ,elles savent qu'en leur rendant des soins et des services pour lesquels elles ne donnent rien1 on use de bont non de ,justice leur gard2 faites-leur comprendre que le moyen de s'acquitter1 est de se montrer polies envers ceux et celles qui ont t bons pour elles1 de leur rendre tous les services qu'elles pourront1 et d'agir l'gard des faibles comme les forts ont agi envers elles4 ,il n'y a qu'un seul cas o tous soyez autorise les faire jener2 c'est quand elles ont prfr employer leur argent en dpenses frivoles1 qu' le donner aux pauvres qui leur demandaient l'aumne4 ,alors faites-leur sentir dans leur chair la souffrance de leurs semblables4 ,c'est en s'habituant se sentir en autrui qu'on devient bon3 la sensibilit et la bont ne sont que l'extension de l'gosme1 qui devient d'autant plus prpondrant la circonfrence qu'il l'est moins son centre ou personnalit4 ,je ne saurais trop insister1 ,madame1 sur le chapitre de la toilette3 votre devoir est de faire comprendre aux mres que vous ne voulez pas que vos lves soient des poupes de luxe1 parce que vous voulez en faire des femmes srieuses1 teindre1 autant qu'il est en vous1 les germes de vanit qui sont dans l'enfant bien vtu1 et les germes de haine1 d'envie1 de rvolte que la vue de ces enfants dveloppe dans l'me des filles du pauvre4 ,dites ces mres tourdies que quand vous leur rendrez leurs filles1 elles prfreront se parer avec simplicit et consacrer le surplus vtir une pauvre travailleuse sans ouvrage1 que de l'exciter se pervertir par la vue de ses dentelles et de ses vingt mtres de soie4 ,en habituant vos enfants se servir elles-mmes et changer leurs services1 vous les avez accoutumes l'galit2 vous leur avez fait pressentir que la socit est fonde sur l'change des services1 et que toutes les fonctions utiles sont honorables4 ,ne perdez jamais de vue une seule occasion de faire ressortir cette dernire vrit1 en leur dmontrant quand elles seront en ge1 que les fonctions les plus leves ont pour base celles qui le paraissent le moins1 et ne sont rendues possibles que par l'existence de ces dernires3 ainsi1 leur direz-vous1 si les domestiques n'employaient pas leur temps comme ils le font1 je n'aurais pas celui de vous lever4 ,que serait-ce si j'tais oblige de btir ma maison1 de fabriquer mes meubles1 de tisser1 de tailler1 de coudre mes vtements1 mon linge8 ,vous le voyez1 mes enfants1 toute fonction utile est honorable et ncessaire pour l'accomplissement des autres2 nous devons donc gard et respect tous ceux qui en remplissent1 quelque humbles qu'elles soient4 ,rappelez-vous qu'on ne vaut dans la socit que par le travail1 puisque la socit est base sur le travail3 notre devoir est donc de nous mettre en tat de remplir une fonction utile nous et aux autres1 et qui donne lieu l'change des services4 ,vous ne permettrez pas1 ,madame1 que vos lves renoncent jamais faire une chose possible qui n'est pas au dessus de leurs forces1 ni qu'elles se soumettent ce qu'elles peuvent viter3 rappelez-vous que la rsignation au mal physique et moral dont on peut triompher1 n'est pas sagesse1 mais lchet2 que cette rsignation l est l'ennemie du ,progrs et l'auxiliaire de la tyrannie4 ,je n'ai nul besoin de vous rappeler que vous devez mnager beaucoup la dignit de vos lves et ne leur faire de rprimandes publiques que dans des cas rares et exceptionnels4 ,presque toujours1 pour ne pas dire toujours1 prenez part l'lve qui a fait une faute1 et demandez-lui avec calme et bont pourquoi elle a commis un acte rprhensible2 dites-lui qu'elle s'imagine avoir eu raison2 que vous tes prte l'entendre2 forcez-la1 par une suite d'interrogations mises sa porte1 convenir de son tort et trouver le moyen de le rparer4 ,s'il est question d'un dfaut habituel1 ajoutez3 que ce dfaut la rendra malheureuse et fera souffrir ceux qu'elle aime le plus2 que si elle le veut1 elle peut s'en corriger1 que vous l'estimez assez pour savoir qu'elle le voudra et qu'elle en aura la force2 que vous l'y aiderez en la prvenant et en la dirigeant2 qu'enfin vous tes prte vous charger de cette tche parce que vous l'aimez de tout votre cur1 et que vous dsirez vivement qu'elle soit estime et chrie de tous4 ,vous verrez alors comme ce brave petit tre1 relev dans sa propre estime1 laiss libre dans sa volont1 vous aimant et ayant confiance en vous1 fera tous ses efforts pour obtenir votre approbation4 ,si elle retombe1 ne la grondez pas1 plaignez-la et dites-lui doucement3 courage1 ma fille1 moi-mme j'avais tel dfaut2 quand j'eus pris la rsolution de m'en corriger1 j'y retombai vingt-cinq fois le premier mois1 vingt le second1 quinze le troisime et ainsi toujours en diminuant jusqu' ce que j'en fusse gurie4 ,fais de mme et tu vaincras3 car tout est possible1 dans le domaine moral1 la toute puissance de la volont4 ,,iv ,une habitude que vous devez faire prendre de bonne heure vos lves1 c'est de faire tous les soirs leur examen de conscience3 rien n'aide la correction de soi-mme comme cette sage pratique4 ,aussitt donc qu'elles auront cinq ou six ans1 vous ou vos collaboratrices les prendrez part avant de les coucher et on leur dira3 ,voyons ce que nous avons fait de bien et de mal aujourd'hui4 ,vous leur rappellerez alors une une leurs fautes sans les leur reprocher1 ajoutant chacune3 cela n'est pas bien parce que nous avons fait ce que nous ne voudrions pas qui nous ft fait4 ,avez-vous rpar cela autant que vous l'avez pu8 ,avez-vous fait vos excuses8 ,et comme il ne faut pas que l'enfant vite seulement le mal1 mais encore qu'elle fasse le bien1 vous ajouterez3 nous aurions d donner un sou ce pauvre1 parce que1 si nous tions malheureux1 nous voudrions qu'on nous donnt2 nous aurions d dfendre telle petite compagne que nous avons laiss battre1 parce que nous voudrions qu'on nous dfendt1 etc41 etc4 ,demain nous ferons telle rparation qui nous est possible et veillerons mieux sur nous4 ,quand l'lve pourra faire seule son examen et aura la conscience assez ferme pour ne pas se faire d'illusions1 ne lui dites que ce mot1 quand elle commet une faute3 je te renvoie ce soir devant ta conscience4 ,habituez surtout votre lve respecter son juge interne1 ne pas se croire permis de penser et de faire ce qu'elle n'oserait avouer4 ,votre principale tche1 sous le rapport moral1 est de lui faire sentir que1 si son imperfection doit la rendre modeste et indulgente1 son devoir est de s'amliorer1 et de croire en sa force et en l'efficacit de sa volont4 ,remarquez1 ,madame1 que je vous parle de modestie1 non pas d'humilit2 la modestie consiste ne pas s'exagrer sa valeur et sa puissance d'action2 l'humilit est un sentiment vil qui porte s'abaisser1 se mconnatre1 se mettre au dessous de tous et souffrir de tous2 or rien n'est plus oppos notre idal que ce vice qui favorise la paresse1 la lchet1 est une ngation de la justice1 de l'ordre et de la solidarit1 une prparation la tyrannie1 et est le fond du caractre de l'esclave3 garantissez avec soin vos lves de cette dbilit morale4 ,jusqu'ici l'lve1 n'tant qu'une goste1 vous avez d prendre pour mesure de ses actes envers les autres1 l'amour qu'elle se porte elle-mme et lui donner pour critre cette maxime3 fais ou ne fais pas ce que tu voudrais ou ne voudrais pas qu'on te ft4 ,elle ne s'est pas aperue1 qu'en dfendant plus faible qu'elle1 par exemple1 si elle faisait en un point ce qu'elle voudrait qu'on ft pour elle afin de n'tre point accable1 d'un autre ct1 en frappant celle qui frappe1 elle lui fait ce qu'elle ne voudrait pas qu'on lui ft4 ,il est temps que vous rformiez ce que les maximes bases sur l'gosme ont de faux1 en le transformant ainsi3 fais autrui ce que tu trouverais juste et quitable qu'on te ft2 ne lui fais pas ce que tu trouverais injuste et inquitable qui te ft fait4 ,sans cette transformation des maximes primitives1 vos lves ne comprendraient pas que la socit se permt d'tre justicire1 ni qu'aucun de nous et le droit et le devoir de l'tre1 quand la socit n'est pas prsente ou n'a pas pourvu4 ,or1 remarquez1 ,madame1 que notre conception de la socit exige imprieusement la modification que je vous indique4 ,les formules tires de l'amour de soi taient bonnes quand le pouvoir tait cru dlgu d'en haut1 et la justice mane de ,dieu1 dont le roi et le prtre taient les ministres3 alors tout redressement appartenait ,dieu et ceux qu'il avait commis cet effet4 ,mais aujourd'hui nous savons que toute justice mane de nous1 et que la socit qui n'est que la collection organise des individus qui la composent1 ne saurait avoir d'autre ,morale ni d'autres droits que les leurs4 ,si donc la vieille ,morale disait3 ,dieu et ses lieutenants appartient le droit de justice2 quant vous1 individus1 aimez vos ennemis2 lorsqu'on vous soufflette sur une joue1 tendez l'autre2 lorsqu'on vous enlve votre tunique1 donnez encore votre manteau2 vous ne sauriez trop vous abaisser1 trop souffrir des autres2 laissez la justice ,dieu et1 par votre humiliation1 frayez-vous une route vers le ciel2 si dis-je la vieille ,morale dit cela1 vous1 prtresse de la ,morale nouvelle1 sortie de l'idal nouveau1 vous tes au contraire tenue de dire vos lves3 tant que vous ne connaissez pas la loi ,morale1 vous n'tes ni bonnes ni mchantes2 quand vous la connaissez1 par votre libre choix1 vous pouvez tre l'un ou l'autre4 ,en vous est la force ncessaire pour triompher de l'exagration de vos instincts4 ,vous tes les gales de tous2 cherchez vous bien connatre1 afin de remplir1 s'il se peut1 la fonction laquelle vous appellent vos facults2 ne souffrez pas1 si cela vous est possible1 qu'une incapacit vous supplante3 vous vous le devez vous-mmes et au corps social4 ,cratures progressives1 ne tentez pas de justifier vos fautes par votre faiblesse1 car vous tes obliges de vous amliorer et d'amliorer les autres4 ,votre devoir tant d'empcher le mal en vous et hors de vous1 vous ne devez ni commettre ni souffrir l'injustice et la mchancet1 car vous tes responsables1 non seulement du mal que vous faites et du bien que vous ngligez d'accomplir1 mais encore des vices d'autrui et du mal qui en rsulte1 si1 pouvant les corriger ou les contenir1 vous ne l'avez pas fait4 ,et pour que cette morale ne rende pas vos lves dures1 peu indulgentes1 orgueilleuses1 habituez-les compter et peser leurs dfauts1 connatre leurs imperfections1 ne pas se montrer plus svres envers autrui qu'elles ne le sont pour elles-mmes2 tolrer des dfauts qui ne causent pas un mal rel1 comme elles trouvent bon qu'on tolre les leurs3 se bien persuader1 qu'en maintes circonstances1 on nous blesse bien plus par tourderie que de propos dlibr1 et qu'il serait absurde de nous en fcher1 puisqu'il est notoire que souvent nous en avons fait autant2 qu'enfin1 il n'y a pas de dfaut plus insupportable que la susceptibilit1 parce qu'elle met la torture ceux qui nous entourent1 empche l'panchement1 et qu'un caractre mticuleux perd ses amis les meilleurs1 car il n'y a pas de socit possible avec un buisson d'pines4 ,faites-leur bien comprendre que1 ne pas tolrer le mal en autrui1 ne signifie pas s'riger en censeurs et professeurs de ,morale1 mais ne pas consentir pour soi et les autres devenir victime d'une injustice ou d'un dfaut capital4 ,ainsi leves1 vos lves1 ds l'ge de douze ans1 sauront1 par leur pratique journalire1 en se rendant les services d'ordre et de propret1 que tout travail utile est honorable4 ,en changeant leurs services1 elles ont appris que la socit est base sur le travail et l'change2 ,en recevant et rendant des services gratuits1 elles ont appris la bont2 ,en dfendant contre leurs compagnes leur dignit1 leurs droits et ceux des faibles1 elles ont appris la justice et la solidarit2 ,en triomphant des obstacles que vous avez su mesurer leurs forces1 elles ont appris qu'on ne doit jamais se rsigner au mal qu'on peut supprimer ou diminuer2 ,en luttant contre leurs dfauts1 en triomphant de plusieurs1 elles ont appris qu'elles sont des tres progressifs1 et que la volont est toute puissante2 ,par votre calme1 votre impartialit1 votre justice1 votre quit1 votre indulgence1 elles ont pris une haute ide du pouvoir social que vous reprsentez auprs d'elles3 elles savent qu'il doit clairer1 moraliser1 punir selon l'intention et dans le but de faire rflchir1 d'amliorer2 ,elles ne possdent que trois axiomes3 fais aux autres ce que tu voudrais qui te fut fait dans les limites de la justice et de l'quit2 ,ne fais pas aux autres ce que tu ne trouverais ni juste ni quitable qu'ils te fissent2 ,ne souffre pas des autres1 ni contre les autres1 ce qui n'est ni juste ni quitable2 ,mais ces axiomes sont dans leur pratique3 c'est l'me de leur vie1 le criterium de l'examen de conscience qu'elles font chaque soir4 ,ce ne sont pas1 la vrit1 de profondes thoriciennes que vos lves2 mais ce sont de bonnes et sincres praticiennes1 plus fortes en ,sociologie et en ,morale que tous nos phraseurs3 elles sont prtes faire de leur pratique une doctrine4 ,,chapitre ,,iii4 ,,ducation ,,rationnelle 7,,suite74 ,v ,l'enfant abstrait et gnralise plus que nous1 mais pas de la mme manire1 parce qu'il ne comprend que le concret3 sa gnralisation exagre le dispose confondre les espces et mal voir les individus4 ,pour qu'il ne soit pas toute sa vie dans l' peu prs1 il faut mettre tous ses soins dvelopper en lui l'esprit d'analyse1 combin sans cesse avec la comparaison4 ,a peine l'enfant meut-il les bras avec intention1 qu'il veut tout voir et tout toucher2 c'est alors que vous feriez bien de l'amuser mthodiquement avec les jouets de ,frbel1 de manire ce qu'il applique chaque chose tous les sens qui y sont applicables4 ,arrte-t-il ses yeux sur autre chose8 ,suivez la mme mthode4 ,regarde-t-il une rose1 par exemple8 dites-lui1 en lui montrant chaque dtail3 rose--tige--feuilles vertes--pines qui piquent2 et en la portant ses narines3 elle sent bon4 ,ayez soin1 autant que vous le pouvez1 pour faire ressortir l'analyse1 de mettre immdiatement aprs quelque chose d'oppos2 ainsi l'odeur de la rose opposez celle du souci2 la forme de la boule1 opposez celle du cube4 ,quand l'enfant parlera1 ne lui laissez pas prendre l'habitude d'appeler un cheval dada1 un chien toutou1 des friandises nanan2 mais accoutumez-le nommer chaque chose par son nom1 et prenez grand soin de lui faire dcrire l'objet dont il vous parle pour la premire fois3 s'il vous parle d'une chvre1 par exemple1 aidez-le vous dire qu'elle a un corps1 un cou1 une tte et quatre pattes1 des poils de telle couleur1 de gros yeux1 une barbe et des cornes2 qu'elle marchait ou grimpait1 ou broutait l'herbe2 qu'elle baissait la tte et prsentait les cornes quand on l'approchait2 qu'elle ne sentait pas bon2 que son poil tait doux ou rude1 etc4 ,en habituant ainsi l'enfant l'analyse1 il acquerra1 de ce qu'il voit1 des ides nettes2 tablira des groupes par comparaison1 et ne sera dispos de sa vie se contenter d'expressions vagues1 de notions mal dfinies1 vice intellectuel de la plupart d'entre nous4 ,l'enfant1 avons-nous dit1 ne comprend que le concret2 c'est donc un contre-sens que de meubler sa mmoire de mots qui reprsentent des notions abstraites ou des sentiments qu'il ne peut prouver3 rien n'est affligeant comme de le voir transform en oiseau jaseur1 rcitant une fable de ,la ,fontaine1 une page d'histoire ou de grammaire4 ,dans votre maison annexe ou tablissement prparatoire1 vos lves ont appris en jouant lire1 crire1 calculer et un peu dessiner2 aussitt qu'elles sont avec vous1 il faut1 peu peu1 leur faire comprendre que le travail n'est pas un jeu1 mais un devoir4 ,permettez-moi1 ,madame1 d'insister ici sur l'ordre et la succession des tudes1 autant que sur la mthode d'enseignement4 ,l'histoire1 la littrature doivent n'tre un objet spcial d'tude qu'assez tard2 il faut que la ,raison et le got soient dvelopps avant d'y songer2 j'en dis autant de la ,philosophie thorique4 ,mais toute l'ducation doit tre une philosophie pratique3 l'lve doit tre philosophe sans le savoir1 comme elle est moraliste sans le savoir3 et ses grandes tudes historiques doivent tre jalonnes sans qu'elle s'en doute4 ,soyez assez bonne1 ,madame1 pour me suivre avec attention dans les indications sommaires que je vais vous donner1 afin d'claircir ma pense4 ,votre lve doit savoir sa langue3 il faut donc qu'elle apprenne la grammaire1 la syntaxe1 l'orthographe4 ,au lieu de commencer1 avec elle1 par la grammaire particulire1 ainsi que le fait tout le monde1 commencez par la grammaire gnrale ou philosophique et l'analyse logique2 dites l'lve3 tout mot qui reprsente une personne ou une chose est un nom2 tout mot qui reprsente une qualit est un adjectif2 tout mot qui reprsente l'existence simultane d'un nom et d'une qualit est un verbe2 tout mot qui marque les rapports de situation1 direction1 cause1 etc41 est une prposition1 le sujet est l'objet de la qualit2 le rgime est ce qui est sous la dpendance de la qualit4 ,montrez de nombreux exemples de ces mots2 faites soigneusement distinguer une proposition principale d'une incidente1 une proposition directe d'une inverse2 faites mettre chaque mot sa place logique1 retrouver le verbe tre dans toutes les combinaisons4 ,pour apprendre l'orthographe d'usage1 il suffit que l'lve connaisse les variations du temps et du genre1 et lise chaque page des dictes qu'elle fera1 jusqu' ce qu'elle soit peu prs sre de l'crire sans faute sous la dicte3 car la dicte n'est pas pour apprendre l'orthographe1 mais pour s'assurer qu'on la retient1 et signaler les mots que l'on a besoin d'crire dix ou quinze fois1 jusqu' ce qu'on n'y laisse plus de fautes4 ,quand votre lve est forte en grammaire gnrale1 en analyse logique et en orthographe d'usage1 passez la grammaire particulire2 divisez le nom en ,nom et prnom2 l'adjectif en ,adjectif1 participe1 adverbe1 article1 etc42 donnez sur chaque chose les plus grands dtails2 exigez des analyses grammaticales raisonnes1 et faites faire de nombreux exercices de syntaxe4 ,pour l',arithmtique1 expliquez bien les principes2 exigez que les lves rendent compte de tous les dtails de leurs oprations2 de l'arithmtique passez l'algbre1 puis la ,gomtrie1 dont elles ont pris le got avec les jouets de ,frbel4 ,chaque semaine1 conduisez vos lves une fois au cabinet zoologique2 une autre1 dans les galeries minralogiques2 une autre1 enfin1 au jardin botanique4 ,excitez leur curiosit1 leur attention1 de manire ce que chacune retienne bien une chose4 ,de retour1 faites-les dessiner ce qu'elles ont vu1 puis donnez chacune1 tout haut1 le nom du pays natal de l'animal1 de la plante1 du minral qu'elle a remarqu2 les murs de l'un1 les usages auxquels sont employs les autres dans l'industrie1 la mdecine1 etc4 ,nommez les acclimateurs1 les inventeurs1 afin que les lves sentent le progrs en toutes choses4 ,profitez de ces leons pour donner l'esquisse de la gographie naturelle et politique du pays1 et engagez l'lve en faire la carte1 relater tout ce que vous lui en avez dit1 rechercher et dcrire tous les animaux1 toutes les plantes1 tous les minraux de ce pays4 ,comme chaque instant vous tes oblige de dire l'lve3 cet animal1 cette plante sont de tel ordre1 de telle famille1 elle sera dsireuse d'apprendre la classification des sciences qu'elle tudie1 ce qui abrgera beaucoup votre tche1 et vous donnera occasion de faire observer que les classifications ne sont que des mthodes artificielles1 cres par l'esprit humain1 cause de son insuffisance2 qu'elles ne tiennent compte que de certains points de ressemblance1 et ngligent les diffrences souvent trs nombreuses2 qu'en consquence1 elles ne reprsentent pas la nature1 mais certains rapports gnraux dcouverts par nous4 ,a celles qui ont franchi ces premires tudes et les continuent sur planche1 vous ferez voir des expriences de chimie1 de physique et des machines4 ,les explications que vous donnerez sur les cas particuliers1 vous conduiront parler des lois et des classifications de ces sciences1 et la curiosit des lves1 l'intrt que vous aurez excit1 feront le reste4 ,n'oubliez jamais de prendre la science son dbut1 d'en montrer le progrs1 d'en nommer les inventeurs et ceux qui l'ont perfectionne1 augmente2 car il faut que l'lve sente et voie le progrs partout4 ,profitez des belles nuits pour faire connatre vos enfants le nom des constellations4 ,devant le magique spectacle d'un ciel calme et toil1 donnez-leur vos leons d'astronomie1 la thorie de la formation des globes1 et les lois de la mcanique cleste3 tout naturellement cela les conduira vous interroger sur le ntre et ses vicissitudes2 sur les crations successives de la plante1 manifestes dans les couches gologiques qu'elles ont tudies4 ,dites-leur la thorie des savants sur toutes ces choses1 et montrez-leur les crations terrestres s'levant du minral nous par une srie de transformations progressives1 de manire se prsenter comme nos bauches1 comme notre espce arrte divers points de son dveloppement4 ,elles verront alors que nous sommes la synthse de notre plante1 et qu'il n'y a pas moins progrs dans les uvres de la nature que dans les ntres4 ,pour complter les tudes prcdentes1 vous aurez soin de donner vos lves des notions d'anatomie compare sur squelette et sur planche et1 en mme temps1 des notions de physiologie1 terminant le tout par un cours d'hygine4 ,ici1 comme dans les tudes prcdentes1 vous leur ferez toucher du doigt le progrs dans la srie des espces1 dans le dveloppement individuel1 et dans celui de la science que nous avons de ces choses3 vous signalerez leur reconnaissance les savants qui ont dcouvert et class les faits1 et labor les thories qui mettent en vidence les lois4 ,,vi ,l'lve sait que les classifications ne sont que des mthodes artificielles3 elle a pu s'en assurer en voyant les diffrences qu'elles ngligent1 et par les variations et modifications qu'elles ont subies4 ,vous n'avez pas nglig les remarques cet gard pour lui faire observer qu'elles sont le produit de nos facults3 nous observons les phnomnes concrets1 lui avez-vous dit2 nous les comparons et1 par l1 nous en constatons les ressemblances et les diffrences2 par notre facult d'abstraire1 nous dtachons les similitudes individuelles1 et nous en formons une sorte d'tre de raison qu'on appelle une espce1 un groupe1 une famille1 etc42 mais en ralit1 dans la nature1 il n'y a que des individus plus ou moins dissemblants ou ressemblants3 les abstractions ne sont pas des choses4 ,vous avez eu bien soin aussi de l'empcher de se crer des idoles scientifiques1 et de se mprendre sur la porte du langage de la science4 ,ainsi vous lui avez dmontr que toute ide gnrale et abstraite n'a de ralit que dans les faits3 que1 par exemple1 la couleur bleue n'existe pas en dehors des objets qui ont cette coloration1 pas plus que la pense en dehors des cerveaux qui pensent1 et les lois en dehors des individus d'o on les a abstraites4 ,vous lui avez bien dit qu'une ide abstraite ou gnrale n'exprime qu'une qualit des choses2 que lorsque l'on dit1 par exemple3 par la loi d'attraction1 les corps tendent vers le centre de la terre1 cela ne signifie pas qu'il y a1 en dehors des corps1 quelque chose qu'on nomme loi d'attraction1 mais seulement que tous les corps ont une qualit faisant partie d'eux-mmes1 qui les fait se diriger vers le centre du globe1 lequel centre a la proprit de les attirer2 qu'en consquence dire3 voil la loi de telle srie1 cela signifie3 tous les tres de telle srie ont telle qualit active4 ,personnifier une abstraction1 en faire un tre part pour la commodit du langage1 c'est bien3 mais il ne faut pas s'y laisser tromper4 ,voulant faire de votre lve une crature rationnelle1 vous lui avez dmontr que le seul objet de notre connaissance est ce que nous pouvons observer1 soit en nous soit hors de nous2 que cet objet de l'observation externe ou interne1 ne nous est connu que parce qu'il apparat1 c'est dire est un phnomne ou bien une loi des phnomnes2 vous lui avez fait soigneusement distinguer les phnomnes physiques1 ou d'observation externe1 d'avec les phnomnes intellectuels et moraux1 ou d'observation interne4 ,a mesure que sa raison se dveloppera1 vous lui ferez dcouvrir elle-mme que rien de ce qui occupe notre pense n'est simple2 que tout1 au contraire1 est une synthse4 ,pour les phnomnes physiques1 rien ne lui paratra plus vident1 puisqu'il n'y en a pas un qui ne soit une runion de qualits2 pour nos phnomnes internes1 cela ne lui sera pas plus difficile1 parce qu'elle ne sera pas imbue d'ides mtaphysiques3 en effet1 en se repliant sur elle-mme pour s'examiner1 elle conviendra que l'ide des corps se reprsente comme une synthse2 que la plus simple des ides abstraites qui se rapportent eux1 se compose au moins de deux termes3 ainsi elle ne peut songer une couleur1 sans songer en mme temps une portion d'tendue qui la supporte4 ,quant aux facults intellectuelles et morales1 elle avouera qu'elles n'existent pas hors d'une synthse4 ,qu'est-ce1 en effet1 que l'imagination en dehors des images qui la manifestent8 ,la mmoire sans les choses qui la remplissent8 ,l'amour ou la haine sans un moi aimant ou hassant1 et la chose aime ou hae8 ,qu'est-ce mme que ce moi sans la suite des phnomnes de mmoire qui le constituent8 ,votre lve1 habitue l'analyse1 la rflexion1 au raisonnement1 vous dira sans doute3 dans tous les phnomnes1 il y a deux aspects3 la fixit et la mobilit ou le devenir4 ,je suis bien la mme personne du berceau jusqu' la tombe1 et cependant je sais bien que1 pas une minute je ne suis la mme2 que je me modifie incessamment dans mon corps et dans mes facults4 ,il me parat en tre de mme1 des degrs diffrents1 pour tout ce que je connais4 ,qu'est-ce que cette chose fixe qui fait l'unit individuelle des tres1 leur identit et que je ne puis saisir8 ,rpondez sans hsiter1 ,madame3 tu me poses la question qui tourmente le plus les esprits levs depuis l'origine de notre espce2 et laquelle on ne peut rpondre qu' l'aide d'hypothses invrifiables4 ,tu le sais1 notre ,raison n'est faite que pour connatre les phnomnes et leurs lois1 non pour connatre l'essence des choses ni les causes premires qui ne sont pas du domaine de la science4 ,de ce que nous ne pouvons connatre le ct fixe des phnomnes1 s'ensuit-il que nous devions le nier8 ,ce serait absurde3 puisque cette fixit est un phnomne peru par la ,raison4 ,nous est-il interdit de former une hypothse sur cette chose dont la nature se drobe la connaissance8 ,non2 mais prends garde6 ,rappelle-toi qu'une hypothse ne peut tre tout au plus qu'une probabilit4 ,n'oublie pas non plus que la ,raison et la ,science te dmontrent que tout est compos1 consquemment tendu1 divisible1 limit1 en relation2 que la diversit est la condition de l'unit1 et qu'un tre est d'autant plus parfait qu'il est plus compos4 ,d'autre part1 ton sentiment te dit que les lois qui rgissent l'ensemble des choses ne se contredisent pas2 que les lois qui rgissent ta pense sont identiques celles de l'univers3 tu ne peux donc accepter ou crer une hypothse fonde sur le simple1 l'intendu1 l'indivisible1 l'absolu1 l'infini4 ,ces mots n'ont aucun sens pour la pense1 et sont contradictoires la ,raison et la ,science4 ,il serait absurde1 tu dois le comprendre1 de prtendre les justifier1 en allguant l'existence d'un ordre de choses rgi par des lois opposes celles de la ,raison et de l'univers4 ,qui a vu cet ordre de choses8 ,qui oserait prtendre1 sans preuves possibles1 que cet univers1 que nous croyons un1 est contradictoire lui-mme8 ,c'est en dirigeant ainsi vos lves1 ,madame1 en les prservant avec soin de la maladie mtaphysique1 que vous les prserverez en mme temps des vices intellectuels en si grande vogue aujourd'hui4 ,ce ne seront pas elles qui prendront des lois pour des tres en soi2 discuteront gravement sur les causes premires et les essences1 comme si elles avaient reu leurs confidences intimes2 gnraliseront des faits exceptionnels2 rangeront sous une loi des phnomnes qui n'y sont pas soumis2 nieront des faits bien observs1 sous prtexte qu'ils ne rentrent pas dans le cadre des lois connues2 tireront d'un fait des consquences qu'il ne contient pas2 introduiront la classification dans ce qui ne saurait la comporter2 tabliront de fausses sries2 btiront des hypothses sur des pointes d'aiguille4 ,non1 elles considreront toute thorie scientifique comme une solution provisoire1 un point d'interrogation1 et toute hypothse ou thorie contradictoire la ,raison et aux faits prouvs1 n'attirera que leur ddain4 ,vos lves observent bien1 raisonnent bien1 ont une ide gnrale et prcise des sciences naturelles1 de la ,physique1 de la ,chimie1 de l',anatomie1 de la ,physiologie1 de l'hygine2 elles savent leur langue1 ont de bonnes notions d',astronomie1 de ,mathmatiques2 peuvent classer un animal1 une plante1 un minral et connaissent sommairement la gographie et l'histoire des peuples des contres dont elles ont tudi les produits3 elles ont la ,philosophie1 la ,morale et la ,sociologie pratiques2 elles croient la loi du ,progrs2 elles savent ce qu'est l'humanit1 ce qu'elles lui doivent1 car vous leur avez dit3 si c'est la nature qui a cr ces animaux1 c'est le gnie et le travail de notre espce qui les ont dompts2 ,si c'est la nature qui a cr toute ces substances solides1 c'est le gnie et le travail de notre espce qui les ont transforms en difices1 et en maisons pour nous abriter2 ,si c'est la nature qui fournit le marbre et la pierre1 c'est le gnie et le travail de notre espce qui en font des statues1 des ornements1 des objets d'utilit2 ,si c'est la nature qui a cr le lin1 le chanvre1 si c'est elle qui fournit les matriaux dont on extrait les couleurs1 c'est le gnie et le travail humains qui les transforment en vtements1 en riches peintures2 ,si c'est la nature qui donne les mtaux1 c'est le gnie et le travail humain qui les purent1 les faonnent1 et en font des remplaants de nos forces musculaires1 des aides infatigables1 des ornements2 ,si c'est la nature qui a cr nos facults1 c'est notre gnie et notre travail qui les ont dveloppes1 de plus en plus perfectionnes1 et cr par elles1 l'art1 la science1 l'industrie1 la ,socit1 la ,justice progressive4 ,vous le voyez1 mes enfants1 nous sommes plus grands que la nature3 car nous avons puissance de la dompter1 de la faonner3 notre arme1 contre elle1 c'est le travail3 c'est lui qui fait notre puissance et notre gloire1 et nous rend dignes d'occuper une place dans l'humanit4 ,vous le voyez encore1 chacun de nous reoit tout de l'espce3 la vie1 nous la devons nos parents2 ,notre nourriture1 nous la devons aux cultivateurs1 ceux qui font leurs instruments de travail2 ,nos vtements1 nous les devons aux nombreux ouvriers qui fournissent les matires premires1 les filent1 les tissent1 les teignent1 les taillent1 les cousent2 ,notre abri1 nous le devons ceux qui extraient la pierre1 la chaux1 le fer1 le pltre2 prparent la brique1 coulent le verre1 coupent le bois2 tous ceux qui peignent1 tapissent1 dcorent et meublent nos demeures1 pour qu'elles nous soient commodes2 ,notre science1 nous la devons ceux qui ont assembl ces collections1 rempli ces muses1 plant ces jardins1 invent ces machines1 fait ces classifications1 ces mthodes que nous admirons2 ceux qui ont rflchi sur les faits1 trouv leurs lois1 et leurs applications dans l'industrie et l'art2 ,notre scurit1 la possibilit de jouir en paix du fruit de nos labeurs1 de ne pas tre dpouills1 opprims1 tus par plus forts que nous1 nous les devons encore an gnie de l'humanit qui a tir de lui-mme et formul les principes de ,justice et d'quit4 ,tout ce que nous sommes1 nous le devons donc notre espce qui a pens et travaill1 pense et travaille pour nous2 notre devoir est donc1 au point de vue de la ,justice1 de rendre1 autant qu'il est en nous1 l'humanit ce qu'elle a fait et fait pour nous1 en travaillant son profit et au ntre4 ,ainsi prpares1 ,madame1 vos lves sont en tat d'tudier avec fruit l'histoire de leur espce4 ,,vii ,nous voici1 ,madame1 sur un terrain neuf et mouvant3 celui de l',histoire dont la science n'est pas faite encore4 ,vous avez montr en tout la loi de ,progrs2 il faut lui donner une clatante confirmation dans l'enseignement de l'histoire4 ,montrez d'abord notre espce place1 son origine1 sur un globe inculte1 tourment par les volcans et les inondations2 plus malheureuse que les autres1 parce qu'elle est plus sensible et plus dsarme2 ayant de grands besoins et de faibles moyens2 des passions gostes trs fortes1 des facults suprieures peine bauches2 afin que vos lves comprennent ce qu'il a d falloir de temps l'humanit pour apprendre cultiver la terre1 se construire des habitations1 tirer parti des forces naturelles qui la tuaient auparavant1 s'organiser en diverses socits1 crer les sciences1 les arts1 l'industrie1 et tout modifier en se modifiant elle-mme4 ,elles comprendront alors que l'espce a d franchir bien des obstacles pour arriver o elle en est2 qu'elle a d souvent s'garer2 que le mouvement progressif1 ne pouvant se faire que d'ensemble pour chaque nation1 il est impossible d'y procder par grand cart1 c'est dire de franchir les poques ou nuances intermdiaires entre la situation intellectuelle et morale o se trouvent les masses1 et l'idal pos par les natures plus leves2 faites-leur bien comprendre alors que notre devoir n'est pas de raliser l'idal entier dans les faits sociaux1 mais de travailler nous en rapprocher de quelques pas1 et d'lever nos successeurs de manire ce qu'ils s'en rapprochent encore plus que nous4 ,comme toute science se compose de faits relis par une loi1 vous devez donner vos lves la loi de l',histoire3 cette loi est le dveloppement de la ,morale sous l'influence de la ,philosophie1 de la ,religion1 des ,sciences1 des ,arts et de l',industrie4 ,vous considrerez donc chaque peuple comme un organe ,moral de l'humanit1 et vous le montrerez descendant plus ou moins vite dans la tombe1 lorsqu'il renonce la ,morale ou qu'il ne progresse plus4 ,vous comprenez que1 dans un tel plan1 ne peuvent entrer des fables1 des dtails purils1 des masses de faits entasss ple mle sans mthode1 sans critique1 sans moralit gnrale1 sans loi2 que toutes ces choses ne sont pas plus l',histoire1 que des plantes non classes ne sont la ,botanique4 ,il m'est impossible1 vous le concevez1 de vous tracer un plan d',histoire3 cela nous conduirait trop loin3 mais un simple exemple vous fera comprendre mon ide3 il s'agit pour l'lve d'tudier l'histoire de ,france et d',angleterre1 par exemple4 ,or la loi de la premire est1 au point de vue de la ,justice1 le dveloppement de l'unit dans la ,justice ou de l'galit1 comme la loi de l'histoire d',angleterre est1 sous le mme rapport1 le dveloppement de la diversit dans la ,justice ou de la libert individuelle4 ,ces deux lois poses1 vous divisez chaque histoire en autant de priodes qu'il est ncessaire pour la dmonstration de la loi2 ayant le soin de les trancher assez pour que chacune ait un aspect propre2 groupant autour de l'ide principale la philosophie1 la religion1 les sciences1 les arts1 etc41 en notant avec le plus grand soin le rle de ces lments pour ou contre le ,progrs3 la vie des personnages ne doit valoir que comme preuve vivante et le fait des vrits avances par vous4 ,chaque priode se compose d'lments ,critiques1 ,conservateurs1 ,rformateurs et ,indiffrents qui se trouvent reprsents par des doctrines et des hommes1 du conflit et du mlange desquels sort l'ordre ascendant ou descendant de la priode suivante qui donne naissance aux quatre lments prcits1 mais transforms4 ,deux observations sont ici ncessaires3 ,vous ne devez pas reprsenter les doctrines et les hommes comme exclusivement bons ou mauvais1 conservateurs ou novateurs1 etc41 mais comme principalement une de ces choses4 ,la seconde observation est que l'lve doit s'habituer juger la valeur morale d'un vnement ou d'un personnage sur la doctrine morale de l'poque o s'est pass l'un et a vcu l'autre3 l'quit est un devoir envers les morts aussi bien qu'envers les vivants4 ,comme le ,progrs s'acclre1 avant trois cents ans d'ici1 nos descendants pourront juger bien immorales1 bien injustes1 certaines lois et opinions dont nous nous enorgueillissons aujourd'hui2 soyons donc quitables envers le pass1 afin que l'avenir ne nous soit pas trop svre4 ,esprons1 ,madame1 qu'une section du ,comit encyclopdique vous donnera1 sur l',histoire1 une suite de traits qui vous pargneront le travail philosophique que vous seriez oblige de faire4 ,un mot sur le rle de la ,philosophie et de la ,religion4 ,la premire doit tre reprsente vos lves comme fille surtout de la ,raison1 et ayant un rle principalement critique2 la seconde est surtout fille du sentiment religieux1 et joue principalement le rle d'lment conservateur4 ,vous reprsenterez vos lves le sentiment religieux comme inhrent la nature humaine2 comme une aspiration indfinie nous relier avec l'univers et nos semblables2 comme une disposition sentir qu'il y a des rapports entre nous et les lois dont nous voyons les rsultats1 sans que nous puissions en atteindre les causes4 ,vous marquerez avec soin les diverses transformations de ce sentiment sous l'influence du dveloppement intellectuel et moral1 jusqu'au moment o l'humanit1 arrivant la conception de sa propre loi1 la loi morale1 la ncessit de l'accord qui doit exister entre la ,vertu et le bonheur1 fournit sa dernire tape sentimentale1 en ajoutant la croyance en la ,divinit celle en l',immortalit de la conscience individuelle1 ,immortalit qui1 selon la belle expression de ,m4 ,charles ,renouvier1 est le droit au ,progrs4 ,insistez beaucoup pour faire comprendre vos lves que le sentiment religieux ne saurait tre une loi de notre tre sans en tre une de l'univers4 ,sans rgir des rapports dont un des termes1 quoiqu'inconnu1 n'en existe pas moins2 que la ,divinit et l',immortalit ne sauraient tre les objets de la foi humaine1 sans avoir une ralit objective1 parce que la voix de la nature ne trompe jamais2 et sparez le sentiment religieux d'avec les religions4 ,les ,religions1 dites-leur1 sont construites avec la science et la moralit des poques o elles apparaissent3 elles donnent les formules et les reprsentations des objets du sentiment religieux3 le philosophe pur croit en la ,divinit1 mais il ne la dfinit pas2 il croit presque toujours en l'immortalit du ,moi1 mais il ne cherche pas se figurer ce qu'elle sera3 il pense seulement qu'au del de la tombe1 se trouvera la sanction des actes moraux3 le philosophe de notre poque1 faisant un pas de plus1 pensera que1 dans notre transformation1 il y aura progrs4 ,le croyant se fait une ide prcise de ,dieu1 de la nature de ce qui persiste en nous1 de ce que nous ferons dans l'existence qui suivra celle-ci1 des peines et des rcompenses1 etc4 ,le philosophe trouve dans sa foi sentimentale1 indfinie1 l'appui1 mais non la source et la raison du ,droit et du ,devoir2 pour le croyant1 jusqu'ici1 la morale n'a d'autre source que la ,religion2 s'il cessait de croire celle-ci1 l'autre n'aurait plus de base4 ,le vice de toute religion positive1 jusqu' nos jours1 a t d'immobiliser l'humanit2 le service qu'elles ont rendu1 a t de vulgariser certaines notions parmi les masses4 ,elles sont toutes1 pendant un certain temps1 le soutien des principes moraux les plus avancs4 ,mais comme elles se prtendent immuables et que l'humanit progresse1 arrive l'instant o elles sont dpasses en ,rationalit1 en ,science et en ,moralit3 il faut alors qu'elles disparaissent1 sans quoi l'humanit mourrait3 ,toujours la lutte contre elles est rude et longue1 et elle ne cesse que quand un idal religieux nouveau s'est empar des majorits3 car les religions ne cdent la place qu'aux religions1 non aux philosophies4 ,un tel changement est toujours prcd d'un changement de principes1 autant que d'un progrs dans les doctrines morales3 jamais ,rome et la ,grce n'eussent accept le ,dieu1 roi unique1 si d'abord elles n'eussent accept l'unit du pouvoir dans les mains d'un ,csar3 car les nations ont une tendance invincible modeler leur gouvernement et leurs lois sur leurs conceptions religieuses1 et vice vers3 il rsulte de cela1 qu'un pays qui change de principes et de lois1 tend invinciblement changer de ,religion4 ,voil1 ,madame1 l'enseignement que vos lves doivent retirer de l'tude des religions3 car c'est surtout par l'tude des religions et des philosophies1 qu'elles peuvent connatre le gnie des peuples4 ,n'oubliez pas de leur faire faire la critique rationnelle des ,philosophies1 mesure que vous leur prsenterez l'ensemble de chaque doctrine4 ,qu'elles admirent les hommes de gnie1 la bonne heure2 qu'elles respectent ,platon et ,spinosa1 ,aristote et ,hegel1 ,descartes et ,leibniz1 rien de mieux2 mais montrez-leur en quoi ils ont fait fausse route2 car vos enfants ne doivent pas plus avoir de ftiches parmi les hommes que parmi les choses3 elles doivent rester elles-mmes1 et n'tre le daguerrotype de personne4 ,dans le cours de vos tudes historiques1 vous ne ngligerez pas non plus de vous arrter suffisamment sur les doctrines conomiques et sociales1 les diffrentes formes politiques et les lois1 et le rapport de ces choses1 avec la justice4 ,dans ces tudes1 vos lves doivent trouver leur critre dans la ,doctrine que vous leur avez inculque touchant les destines humaines1 et la thorie des ,droits et des ,devoirs4 ,vous me direz1 ,madame1 que le plan que je viens d'baucher sur votre demande1 exige un ensemble de connaissances que vous ne possdez pas4 ,je le sais3 aussi vous conseill-je de vous entourer de collaboratrices qui aient une ou deux spcialits3 mais votre devoir est d'assister aux leons1 et de veiller ce que jamais on ne s'loigne de la direction rationnelle4 ,vous serez peut-tre oblige1 au dbut1 d'employer quelques professeurs de l'autre sexe2 mais vous rechercherez celles d'entre vos enfants qui ont des vocations spciales2 vous les cultiverez et au bout de quelques annes1 votre tablissement n'aura que des professeurs femmes4 ,le genre d'ducation que je vous propose d'appliquer1 ,madame1 fera de vos lves des femmes simples1 fortes1 vigoureuses1 srieuses et raisonneuses1 plus instruites que la plupart des hommes instruits d'aujourd'hui2 elles seront en tat de rformer la famille1 de faire transformer les lois qui subalternisent leur sexe4 ,elles prouveront1 par leurs uvres1 ce qui est la meilleure et la plus sre des preuves1 que la rationalit est gale chez les deux sexes2 que la chose doit tre ainsi pour qu'ils soient socialement gaux4 ,le ,sentiment et la ,raison n'galisent pas les tres1 parce que le premier doit tre dirig1 contenu1 rform par la seconde4 ,en consquence ceux qui prtendent que1 chez l'homme1 prdomine la ,raison et chez la femme le ,sentiment1 bien loin d'galiser les sexes par l'quivalence1 doivent continuer subordonner la femme l'homme4 ,la ,raison tant en toute crature humaine ce qui juge de la vrit des rapports1 ce qui tablit l'ordre1 si l'homme en tait dou plus que la femme1 il serait rellement son chef1 ce que vos lves n'admettront jamais1 parce qu'elles se sauront1 comme beaucoup de femmes se savent dj1 la preuve vivante du contraire1 et qu'elles jugeront fausse une thorie contredite par les faits4 ,,viii ,toutes les religions1 dites positives et naturelles1 tant des crations de la conscience humaine1 vous me demanderez sans doute1 ,madame1 s'il vous est permis d'en inculquer une vos lves2 s'il est mme possible qu'elles y croient lorsqu'elles seront rationnellement leves4 ,il n'y a que les esprits sans porte1 les curs sans chaleur qui ne se posent pas d'hypothse sur l',univers1 la ,divinit1 l',immortalit individuelle1 l'accord de la ,justice et du bonheur1 etc41 etc4 ,or1 vos lves ne seront pas de ce nombre3 cette hypothse1 origine d'une religion positive1 elles se la poseront et la rsoudront1 si vous ne la posez et ne la rsolvez pour elles4 ,la femme est trop vivante1 elle qui donne la vie1 et vos enfants auront une trop forte personnalit1 pour croire l'anantissement de leur tre4 ,vous leur aurez appris que toute tendance existe en vue d'une fin2 elles sentiront et comprendront qu'en elles se trouvent une foule d'aptitudes et de besoins qu'une seule vie ne peut dvelopper et satisfaire3 elles en induiront une vie future1 que leur vif sentiment de la justice ne leur permettra pas de concevoir autrement que comme la consquence logique de l'emploi de celle-ci4 ,anti substantialistes et anti ralistes par ducation1 elles ne croiront qu'aux individus2 les phnomnes seront pour elles les seules choses en soi2 les espces qui n'existent que dans et par les individus1 seront souponnes de n'tre que des tapes progressives1 des manifestations1 des formes de la loi de ,progrs inhrente tout ce qui est4 ,de ces inductions1 sortira la ngation de la mort qui ne sera plus pour vos enfants qu'une transformation plus profonde de l'individu1 du principe ou loi d'unit de chaque tre4 ,vos lves sauront que si la justice est la loi de la conscience morale1 c'est qu'elle est une loi de l'univers2 que si cette mme conscience regarde la flicit comme une consquence oblige de la justice1 c'est qu'il est dans la nature des choses que cette harmonie existe3 or1 comme l'tude de l',histoire et l'exprience leur prouveront que cette harmonie n'existe pas sur cette terre1 elles en induiront qu'elle doit exister ailleurs4 ,ces inductions et beaucoup d'autres dont nous n'avons pas parler ici1 parce que nous ne traitons pas de dogmes1 tant lgitimes pour une conscience droite1 conduiront vos enfants se formuler une croyance2 c'est pour cela que j'estime que vous pouvez sans scrupule en dposer une dans leurs jeunes curs4 ,quant votre crainte de voir la religion branle dans l'esprit de vos lves par la certitude qu'elles auront plus tard que toute religion positive est un produit de la conscience1 vous n'avez pas vous en proccuper1 si vous avez pris le soin de mettre l'hypothse religieuse en accord parfait avec la science1 la morale et la raison4 ,nous n'avons nul besoin d'une ,rvlation divine pour croire4 ,est-ce que le savant ne croit pas sa thorie8 ,vos lves d'ailleurs1 ne sauront-elles pas que la base de toute certitude est dans la foi8 ,est-ce que1 pour acqurir des connaissances1 nous ne devons pas1 pralablement1 faire acte de foi envers l'existence des corps extrieurs1 la constance des lois qui rgissent les choses1 l'existence de nos facults et la valeur positive de leur apprciation8 ,vos lves ne savent-elles pas que1 mme ces choses admises sans preuve1 tout repose1 pour l'avenir sur la probabilit8 ,qui pourrait prouver que le soleil se lvera demain1 que le fer ne deviendra pas mou comme du coton1 que ce qui tait nourriture hier ne sera pas poison demain8 ,personne ni rien1 sinon notre foi que l'univers et les lois qui rgissent les choses demeurent1 sont persistants8 ,la raison de vos lves ne saurait tre ni rvolte1 ni effraye d'avoir la foi pour couronnement puisqu'elle l'a pour base4 tre suspendus entre deux abmes de foi1 ne nous pouvante pas3 ce qui nous fait reculer1 c'est de trouver la contradiction sur le terrain o les deux abmes se rencontrent3 c'est cette contradiction que vous devez viter par dessus toutes choses4 ,donnez donc de bonne heure une religion positive vos enfants1 mais entendez-le bien1 une religion qui ne soit que l'panouissement potique de tous vos enseignements4 ,vous leur aurez dmontr que tout est limit1 compos1 relatif2 que le degr de perfection des tres est en raison de leur complication2 vous ne pourriez donc1 sans contradiction1 leur reprsenter la ,divinit comme simple1 infinie1 absolue4 ,l'tude de la ,biologie leur aura prouv que1 si elles sont suprieures aux animaux1 c'est parce qu'elles sont plus composes qu'eux et ont un plus grand nombre de facults2 vous ne pourriez donc1 sans contradiction1 leur enseigner que ce qui persistera en elles sera d'autant plus parfait qu'il sera plus simple4 ,toutes leurs tudes leur auront dmontr que l'humanit progressive1 s'est leve et s'lve incessamment de l'animalit et du mal vers l'humanit et le bien2 qu'elle est l'auteur de sa justice1 de sa vertu1 aussi bien que de ses sciences1 de ses arts1 de son industrie1 vous ne pourriez leur enseigner1 sans contradiction1 que cette humanit est dchue1 incapable de rien par elle-mme et reoit d'en haut la ,justice4 ,elles sauront qu'avec la pratique du bien1 notre tche ici bas est la culture du globe1 les crations scientifiques1 industrielles et artistiques2 le perfectionnement de la socit et des lois1 afin de crer1 pour tous1 la plus grande somme de bien-tre et de libert1 vous ne pourriez donc leur enseigner1 sans contradiction1 que la terre est une valle de larmes dont elles doivent se dtourner avec horreur2 que le monde ou la socit est hassable2 qu'il faut le mpriser et le fuir1 et que la science1 qui est le certain1 doit tre subordonne au dogme1 qui n'est que l'hypothse4 ,elles seront convaincues que le travail est notre gloire2 que c'est par lui que nous remplissons notre destine1 et que nous nous rendons semblables aux puissances qui rgissent l'univers2 que plus l'tre est parfait1 plus il travaille2 vous ne pourriez donc1 sans contradiction1 leur enseigner que le travail est un chtiment1 une marque de dgradation4 ,elles seront assez dveloppes sous le rapport de la ,justice1 pour savoir que toute faute est personnelle1 que toute punition a pour but l'amendement du coupable1 et doit tre proportionne l'intention et la gravit du dlit2 vous ne pourriez donc1 sans contradiction1 leur reprsenter la ,divinit vouant la race humaine au malheur et au crime pour le pch d'un seul2 svissant dans un but de vengeance1 non d'amlioration1 condamnant la crature punie vouloir ternellement le mal1 ce qui quivaut1 dans le lgislateur tout puissant1 l'amour du mal4 ,elles sauront que le bien et le mal moral sont des faits de libert et que chacun doit1 logiquement1 subir les consquences de ses actes pour qu'il y ait ,justice2 vous ne pourriez donc1 sans contradiction1 leur enseigner que1 quelles que soient leurs uvres1 elles sont prdestines par la volont divine1 un bonheur ou un malheur ternel4 ,elles seront persuades que nous sommes solidaires1 que nul ne saurait pcher sans que la socit ne soit en partie coupable1 consquemment en partie responsable2 que toute faute est la fois individuelle et sociale2 que nous sommes lis comme les organes d'un mme corps2 vous ne pourriez donc1 sans les dmoraliser et contredire tous vos enseignements1 leur dire qu'on peut se sauver seul1 et que1 si elles sont sauves1 elles auront du bonheur voir souffrir leurs semblables des supplices atroces et sans fin4 ,dans ce qu'elles voient1 savent1 connaissent1 elles constateront la loi de progrs1 c'est dire de mouvement ascendant2 la rcompense des efforts de la nature et de l'humanit dans un accroissement de puissance et de travail2 vous ne pourriez donc1 sans contradiction1 leur proposer pour idal de rcompense future la contemplation1 le repos1 la diminution de leurs nergies4 ,elles sauront que la base du ,droit est la libert et l'galit1 elles aimeront et pratiqueront cette doctrine2 vous ne pourriez donc1 sans contradiction1 leur reprsenter le monde futur comme une royaut despotique avec une hirarchie de sujets4 ,songez srieusement ce que je viens de vous dire1 ,madame2 car votre responsabilit est des plus graves3 il ne vous est permis1 sous aucun prtexte1 de contribuer mettre la contradiction et le dsordre dans la socit1 en les mettant dans l'intelligence et le cur de vos lves4 ,il faut que tout1 en elles1 converge vers un mme but3 donnez-leur donc une ,religion qui1 bien qu'au dessus de la ,raison1 ne lui soit pas contradictoire2 qui1 bien que n'tant la source d'aucun ,droit ni d'aucun ,devoir1 appuie cependant l'un et l'autre4 ,quelle que soit la vivacit de leur foi1 vos lves seront tolrantes et prserves de la folie mystique1 car une nuance raisonnable de doute planera sur leur croyance3 elles se diront sagement3 je crois1 mais je ne sais pas2 et l'humanit a dj pass par tant d'hypothses6 ,les autres consciences individuelles ont1 comme moi1 l'aspiration religieuse1 la croyance en l'immortalit personnelle2 nous varions sur les dtails2 absolument parlant1 qui se trompe8 ,tous nous croyons avoir raison2 vivons donc en paix jusqu' la dmonstration de l'erreur par les faits2 ou1 si nous discutons1 que ce soit en frres4 ,vos lves seront assez imbues de l'idal social moderne1 pour comprendre que la ,religion est une manifestation individuelle1 non une manifestation sociale2 que l'tat1 qui reprsente la collectivit1 ne peut lgitimement s'infoder une secte quelconque2 qu'en un mot1 l'tat ne doit pas avoir une religion positive1 afin qu'aucune conscience ne soit opprime4 ,elles croiront assez l'galit et la dignit humaines pour repousser tout sacerdoce organis2 on enseigne une science1 non pas une hypothse3 on propose celle-ci1 et jamais aucun prtre ne se contenterait de ce sage et modeste rle3 c'est l'instituteur qui dirige l'enfant2 l'adulte doit se diriger lui-mme4 ,donnez1 ,madame1 donnez vos enfants une religion qui les soutienne dans la sainte lutte de la vertu et du dvouement2 une religion qui lve leur esprit et leur cur1 et exalte leur courage4 ,si l'on peut lgitimement hsiter s'offrir en holocauste1 lorsque la mort apparat comme le nant de la conscience1 tous les dvouements sont possibles lorsqu'on se considre comme un des rouages de l',ordre de ,justice1 et qu'on ne voit dans la mort qu'une transformation1 un agrandissement du moi humain4 ,que vos enfants trouvent dans une religion admise par leur raison et leur sentiment1 un port assur contre les temptes de l'me2 dans leurs frres divins des amis1 des tmoins de leurs victoires1 une pense fortifiante3 celle de ne pas travailler sans tmoin au bien gnral1 si elles sont mconnues de leurs contemporains4 ,oh6 croyez-le1 elles seront meilleures1 plus dvoues1 plus grandes1 si elles sont bien persuades qu'ayant servi dans leur vie prsente l',ordre de ,justice et de ,bont1 elles seront reues vivantes dans son sein pour continuer le servir encore1 et y trouver l'harmonie de la ,justice et du ,bonheur4 ,,chapitre ,,ix4 ,r,,sum ,,et ,,conclusion4 ,sur quelques points du globe1 un certain nombre de femmes protestent contre les lois qui placent leur sexe en minorit1 en demandent l'abrogation ou la rforme1 et revendiquent leur lgitime part de droit humain4 ,des esprits futiles et sans porte rient de ce mouvement qui commence et ira grandissant sans cesse4 ,des esprits srieux1 mais retenus dans les liens des vieux prjugs1 s'en effraient et s'en tonnent2 en cherchent navement la raison o ils ne peuvent la trouver1 et conoivent la gigantesque esprance d'arrter court le mouvement mancipateur4 ,une fois pour toutes1 il faut les dtourner de ce labeur ingrat1 en leur faisant toucher du doigt les ralits4 ,la domination de l'homme sur la femme1 et la minorit civile de celle-ci avaient leur prtexte quasi lgitime lorsque la femme1 maintenue dans l'ignorance1 tait rellement infrieure l'homme en intelligence1 en caractre1 en activit2 ,lorsqu'elle n'avait et ne se croyait pour fonction que la maternit et les soins du mnage2 ,lorsqu'elle trouvait un soutien lgitime qui l'aimait1 la protgeait2 ,lorsque1 infrieure par l'ducation elle se croyait aussi de nature infrieure1 et considrait comme son devoir envers ,dieu l'obissance son mari4 ,les choses taient-elles bien ainsi8 ,je n'en discuterai pas3 prfre le pass qui veut2 moi j'aime mieux l'avenir o je vois l'amour complet dans l'galit1 la fusion des mes1 la confiance entire et rciproque1 l'effort commun pour une uvre commune1 l'union sainte1 pure1 entire jusqu'au tombeau qui ne sera pour le survivant qu'un berceau d'immortalit4 ,il n'est question ni de ce que nous prfrons1 ni de ce que nous rvons les uns ou les autres3 mais seulement de ce qui peut tre1 d'aprs l'tat des esprits et des choses3 c'est folie que de vouloir ramener le monde en arrire3 la sagesse consiste rgler sa marche en avant4 ,pourquoi la femme revendique-t-elle son droit la libert et l'galit8 ,c'est d'abord parce que1 beaucoup plus instruite que par le pass1 elle sent mieux sa dignit et les droits de sa personnalit4 ,c'est parce que les leons et l'exemple des hommes l'ont loigne de la foi complte au dogme ancien1 qu'elle n'accepte plus que sous bnfice d'inventaire2 c'est dire en repoussant ce qui heurte ses sentiments nouveaux4 ,elle sent trop ce qu'elle vaut aujourd'hui1 pour se croire infrieure l'homme et tenue de lui obir3 elle ne croit pas plus au droit divin de l'autre sexe sur elle1 que ce sexe ne croit au droit divin du prince et du prtre sur les peuples4 ,sous l'influence du principe d'mancipation gnrale1 pos par la ,rvolution franaise1 la femme1 mle toutes les luttes comme actrice ou martyr2 comme mre1 pouse1 amante1 fille1 sur1 s'est modifie profondment dans ses sentiments et ses penses3 il et t absurde qu'elle voult la libert et l'galit pour les hommes1 parce qu'ils sont des cratures humaines1 sans lever son cur1 et sans rver son affranchissement propre1 puisqu'elle aussi est une crature humaine3 l'esprit rvolutionnaire a rendu la femme indpendante3 il faut en prendre son parti4 ,la femme n'tant plus enferme dans les soins du mnage et des enfants1 mais1 au contraire1 prenant une part toujours croissante la production de la richesse nationale et individuelle1 il est vident qu'elle a besoin de libert et d'indpendance1 et qu'elle doit avoir1 dans la famille et les affaires une tout autre place que par le pass3 elle le sent et le sait1 il faut encore en prendre son parti1 et lui faire cette place3 le bon sens et la justice l'exigent4 ,la femme ne pouvant plus se marier sans une dot ou une profession1 ne peut plus considrer le mariage comme son tat naturel2 elle est de plus en plus mise dans la ncessit triste ou heureuse de se suffire elle-mme1 de se considrer1 non plus comme le complment de l'homme1 mais comme un tre parfaitement distinct4 ,cette situation faite la femme exige donc de profondes rformes lgales et sociales3 elle le sait ou le sent3 il faut encore en prendre son parti1 et travailler ces rformes1 sous peine de voir la civilisation moderne prir par la minorit de la femme1 comme la civilisation ancienne a pri par l'esclavage4 ,l'homme n'aime plus la femme3 il cherche en elle un complment oblig de dot1 un associ commode1 un moyen de se procurer quelques sensations ou distractions1 une servante1 une garde malade non rtribue2 la femme ne l'ignore pas2 et1 son tour1 elle n'aime plus l'homme2 cette dsolante situation des sexes en face l'un de l'autre1 exige que la femme soit dlivre de la tutelle de l'homme qui la heurte1 l'irrite1 la ruine trop souvent2 qui se sert durement de droits sans fondement dans la nature des choses3 droits qu'elle ne veut plus subir parce qu'elle est trop intelligente aujourd'hui2 et parce qu'elle aime beaucoup moins son conjoint dont elle se sait n'tre plus suffisamment aime4 ,l'on n'ignore pas ce qu'est devenu le mariage1 et quel usage une infinit d'hommes font des privilges qu'ils ont comme chefs de la communaut4 ,par leurs passions1 leurs vices1 leur incurie1 ils dsolent souvent leur femme et compromettent leur avenir et celui de leurs enfants4 ,la femme commence ne plus vouloir de cette situation humiliante et dangereuse3 elle murmure1 elle s'insurge dans son cur1 et beaucoup de jeunes femmes dj prfrent renoncer l'union lgale que de subir les consquences du mariage actuel3 que peut faire la socit pour parer ce danger1 sinon rformer le mariage8 ,ainsi la femme ne veut plus tre mineure parce qu'elle ne l'est plus devant l'intelligence2 ,parce qu'elle ne l'est plus devant la production2 ,parce que la situation qui lui est faite exige son galit avec l'homme4 ,et nous disons1 et nous rptons qu'il faut en prendre son parti et oprer progressivement des rformes1 si l'on ne veut que la civilisation prisse4 ,pour que le mouvement dont on s'tonne ne se produist pas1 il ne fallait pas cultiver l'esprit de la femme2 ,il ne fallait pas lui donner une large et lourde part dans le travail2 ,il ne fallait pas permettre que l'homme pt se vendre la femme pour une dot1 ou que celle-ci ft son gale ou sa suprieure en utilit dans le travail du couple2 ,il ne fallait pas proclamer l'galit de ,droit pour tout tre humain2 ,il ne fallait pas ruiner dans le cur de la femme la doctrine qui divinise l'autorit et la subordination4 ,mais puisqu'on a fait1 laiss faire et laiss passer1 il faut subir les consquences de la situation prsente1 et ne pas blmer la femme lorsqu'elle tmoigne avoir profit des leons qu'on lui donne2 on ne peut plus ressusciter le pass1 ni rendre la femme ses naves croyances1 ses niaises soumissions1 son ignorance et son existence cache3 on l'a dveloppe pour la libert et l'galit1 qu'on lui donne donc l'une et l'autre2 car elle ne formera des hommes libres qu' la condition d'tre libre elle-mme4 ,dans l'ouvrage que vous terminez1 lecteur1 je n'ai pos et soutenu qu'une thse3 celle de l'galit de ,droit pour les deux sexes2 je n'avais donc pas me proccuper des fonctions de la femme1 c'est dire de l'usage que1 par suite de sa nature particulire1 si elle en a une1 elle sera librement conduite faire de son droit4 ,je me serais mme interdit de rpondre cette simple question3 ,y a-t-il dans la ,socit des fonctions masculines et des fonctions fminines8 ,si1 par une inconcevable aberration1 certaines gens n'eussent fait des fonctions qu'ils attribuent la femme1 des causes d'infriorit devant le ,droit4 ,j'ai d dire alors3 ne confondons pas le droit et la fonction3 le ,droit est la condition1 la facult gnrale et absolue2 la ,fonction est la manifestation des aptitudes individuelles qui sont limites3 personne n'a la puissance d'user de tous ses droits1 et chacun en use selon sa nature propre1 et les circonstances dans lesquelles il se trouve3 il se peut que les femmes n'aient pas aptitude pour une foule de fonctions2 que la maternit et les soins de l'intrieur pour lesquels la majorit d'entre elles sont formes aujourd'hui1 les empchent d'entrer dans une foule de carrires3 cela ne signifie rien quant la question de ,droit3 elles ne sont pas plus obliges d'tre autres qu'elles ne sont1 que l'immense majorit des hommes ne se trouve oblige d'user de tous ses droits4 ,si1 comme on le croit1 la femme n'est pas apte remplir certaines fonctions prives ou publiques1 ou qu'elle n'en ait pas le temps1 on n'a nul besoin de les lui interdire2 si1 au contraire1 on lui croit l'aptitude et le temps1 en l'empchant de se manifester1 on commet une iniquit1 un acte d'odieuse tyrannie3 le droit est absolu1 il ne se scinde pas1 il est un3 quand il se diffrencie1 ce n'est plus le ,droit1 c'est le privilge1 c'est dire l'injustice4 ,toutefois1 pour qu'on ne m'accuse pas d'luder ou de tourner les questions1 parce que je ne puis ou ne veux pas les rsoudre1 j'ai dclar nettement ma pense et j'ai dit3 en principe1 je n'admets pas que1 devant le ,droit1 on puisse lgitimement classer les fonctions en masculines et fminines1 quoique j'admette qu'elles se classent dans la pratique selon le degr de dveloppement des sexes et leurs aptitudes actuelles4 ,je ne puis admettre en principe une classification devant le ,droit1 parce que cela supposerait qu'on a trouv la loi permanente des caractres qui distinguent radicalement les sexes2 ,parce que cela supposerait que les sexes sont immobiles1 improgressifs4 ,or les thories qui tablissent une classification1 sont loin de rvler la loi1 puisqu'elles sont contredites par une multitude innombrable de faits4 ,et si leur caractre empirique suffit pour les rejeter1 que sera-ce1 si l'on considre les tristes consquences qu'elles entranent6 ,elles faussent l'ducation1 dtruisent la spontanit du sexe jug infrieur2 ,elles conduisent l'oppression de la minorit vigoureuse qui ne s'est pas soumise a l'tiolement calcul2 ,elles font tablir le privilge dans le ,droit2 ,elles empchent l'humanit de se dvelopper librement1 et la privent de la moiti de ses forces4 ,elles conduisent calomnier la nature et nier la valeur de ceux qu'on a comprims1 refouls1 auxquels on a donn une nature factice4 ,ces motifs sont assez graves pour que nous repoussions toutes les thories1 toutes les classifications en vogue1 et pour que nous ne nous permettions pas la fantaisie d'en essayer une1 qui ne serait pas meilleure que celles des autres1 puisque les lments nous manquent1 et ne peuvent tre donns que par le libre dveloppement des deux sexes dans l'galit4 ,non pas1 je l'ai dit1 que je nie la diffrence fonctionnelle des sexes3 non3 une induction lgitime m'autorise croire que la diffrence sexuelle modifie tout l'tre1 consquemment le jeu des facults3 c'est pour cela que la femme doit tre partout et1 ct de l'homme3 car je ne cesserai de le rpter3 tout ce qui est de l'humanit n'aura rellement ce caractre1 que lorsqu'il sera frapp de l'empreinte des deux sexes3 si1 pour procrer un tre humain1 les deux sont ncessaires1 pour mettre au monde une loi viable1 un jugement vraiment quitable1 il faut l'homme et la femme4 ,tout existe dans l'humanit par les deux sexes2 si tout est imparfait1 c'est parce que l'influence de la femme est indirecte2 il faut qu'elle devienne directe pour hter le ,progrs4 ,repoussant en principe toute classification devant le ,droit1 et laissant la ,libert et l'galit la tche de manifester les vritables caractres diffrentiels des deux moitis de l'humanit1 je n'ai pas d m'arrter sur la prtendue mission1 sur la prtendue vocation propre chaque sexe1 ni discuter la valeur des affirmations suivantes et autres semblables3 ,la femme est gardienne des sentiments1 de la morale2 ,la vocation de la femme est de plaire l'homme et de s'en faire aimer2 ,la femme est une religion2 c'est une puret2 etc41 etc4 ,cela nous aurait mene trop loin de dfinir d'abord les termes1 puis de faire comprendre l'inanit et le danger de semblables ides4 ,disons seulement en passant que la premire affirmation est dangereuse en ce qu'elle conduit juger plus svrement la femme que l'homme au point de vue de la morale1 consquemment porte maintenir les fausses apprciations que nous avons combattues dans le chapitre de l',amour et du ,mariage3 quand un seul sexe est rput gardien des murs1 les murs se corrompent3 car l'un ne pche pas sans l'autre4 ,d'autre part c'est une triste ide que de prtendre que la vocation de la femme est de plaire a l'homme et de s'en faire aimer3 c'est avec cette morale l que l'on fait de la femme un tre futile1 rus2 qu'on la prpare l'adultre quand elle est malheureuse en mnage2 au libertinage quand elle est pauvre3 la vocation de la femme est d'tre un tre social1 digne1 utile et moral1 une pouse sage et bonne1 une mre tendre1 attentive1 claire capable de faire des citoyens et des citoyennes honorables3 sa vocation ne diffre pas en gnral de celle de l'homme qui1 lui aussi1 doit tre un poux sage et bon1 un pre tendre ne donnant ses enfants que de sages exemples et de bonnes leons1 tout en remplissant lui-mme sa tche de citoyen et de producteur4 ,si la femme doit plaire l'homme et s'en faire aimer1 l'homme doit galement plaire la femme et s'en faire aimer3 cette condition seule1 remplie des deux parts1 est le bonheur et l'harmonie du mnage4 ,mais laissons toutes ces questions incidentelles3 mon livre est crit1 non pour suivre les classificateurs sur le terrain de l'imagination1 pour discuter perte de vue sur le rle des sexes2 non pas mme pour poser le ,droit de la femme en consquence de sa diffrence et de son utilit autre que celle de l'homme2 mais crit uniquement pour poser le ,droit de la femme la ,libert dans l'galit parce qu'elle est1 comme l'homme1 une crature humaine2 parce qu'ainsi que le dit ,p4 ,leroux1 il n'y a plus ni esclaves ni serfs devant le ,droit franais4 ,je n'apporte pas une ide nouvelle3 je ne fais que continuer la tradition de la majorit des hommes de ,progrs1 et je me contente de la dvelopper1 de l'expliquer1 de la soutenir et de l'amender4 ,j'aurais nglig peut-tre de relever l'opinion suranne de la minorit1 si ceux qui la reprsentent1 n'avaient le privilge de se faire couter d'un nombreux public4 ,mais comme ce privilge rend leurs erreurs dangereuses et que1 de leur fait1 beaucoup de femmes prennent en aversion les principes de #hi1 je ne me suis pas crue libre de laisser compromettre ces principes sacrs auprs du sexe qui1 par l'ducation et l'influence1 dispose en grande partie de l'avenir de la ,dmocratie4 ,j'ai donc d prouver la maladroite minorit progressiste qu'elle abuse de l'a priori1 construit des thories d'asservissement sur des lois imaginaires1 manque de mthode1 se met constamment en contradiction flagrante avec les faits1 avec la science1 avec la logique1 avec ses propres principes sur le ,droit4 ,cette preuve1 je l'ai faite durement1 sans mnagement aucun3 c'tait mon droit et mon devoir4 ,loin de m'en repentir1 je suis prte la parachever1 si ces ,messieurs ne la trouvent pas suffisante2 car jamais1 tant que je pourrai tenir une plume1 je ne permettrai personne de prsenter les doctrines du ,moyen ,age sous l'tiquette de notre glorieuse ,rvolution1 sans faire entendre une protestation nergique4 ,le rsum du livre qu'on vient de lire est dans les deux syllogismes suivants3 ,la femme doit tre libre et l'gale de l'homme devant le ,droit1 parce qu'elle est un tre humain2 ,or elle est mineure1 opprime1 souvent sacrifie2 ,donc il y a lieu d'oprer de nombreuses rformes afin que1 partout1 elle prenne ct de l'homme sa place lgitime4 ,toute rforme dans les lois doit tre prpare par une rforme dans l'ducation et dans les murs2 ,or les murs se dpravent1 le mariage se corrompt1 l'ducation des filles n'a ni base ni porte2 ,donc il faut travailler l'ducation de l'amour et de la femme1 et rformer le mariage1 tout en posant et soutenant la revendication des droits de la femme4 ,et1 dveloppant ma pense1 j'ai dit3 ,l'galit de ,droit entre les hommes1 dcrte par le lgislateur1 et admise par la conscience moderne1 n'est videmment pas base sur l'galit ou l'quivalence des hommes entre eux1 puisque l'exprience nous les montre tous ingaux en facults intellectuelles1 en sentiment1 en activit1 en force1 etc4 ,sur quoi donc est appuye cette galit devant le ,droit8 ,ce ne peut tre que sur les caractres qui leur sont communs2 sur les caractres spcifiques qui les rangent dans une mme espce4 ,or la femme est-elle d'espce identique l'homme8 possde-t-elle les caractres spcifiques de l'humanit8 ,trs videmment1 oui4 ,donc l'galit de ,droit1 tant fonde sur l'identit des caractres spcifiques1 non sur des varits individuelles1 il s'ensuit logiquement que la femme laquelle1 sans folie1 on ne peut contester ces caractres1 est1 en principe et trs lgitimement1 l'gale de l'homme devant le droit social4 ,puisqu'il en est ainsi1 la femme est donc1 de droit1 libre et autonome2 matresse1 en consquence1 de manifester comme l'homme son activit dans toutes les carrires prives4 ,tout ce qui est socialis pour le dveloppement intellectuel et moral des membres du corps social1 doit tre aussi bien son profit qu' celui de l'homme4 ,sous aucun prtexte1 on ne peut l'loigner des fonctions publiques1 plus qu'on ne les interdit l'homme4 ,sa dignit civile est la mme que celle de l'homme1 et tous les droits qui en ressortent sont les mmes4 ,dans le ,mariage1 elle doit tre l'gale1 c'est dire l'associe de l'homme4 ,dans le domaine politique1 elle a les mmes droits que lui4 ,c'est donc une iniquit que de l'vincer de l'ducation nationale1 de nier et refouler ses aptitudes1 de lui fermer les coles spciales1 de lui refuser certains diplmes et de lui interdire certaines carrires4 ,c'est donc une iniquit que de l'infrioriser civilement1 de la repousser des emplois1 de la dclarer incapable4 ,c'est donc une iniquit de l'absorber dans le mariage1 d'en faire une serve1 ou tout au moins une mineure4 ,c'est donc une iniquit que de lui ter sa dignit et son autorit maternelles1 lorsque le mari est vivant4 ,c'est donc un surcrot d'iniquit1 aprs l'avoir dclare faible1 incapable1 mineure sous tant de rapports1 de la rputer trs forte et trs capable1 trs majeure1 lorsqu'il s'agit d'tre juge1 condamne1 punie et de payer les impts2 plus forte et plus capable que l'homme1 lorsqu'il s'agit de puret1 et de lui laisser la charge des enfants naturels1 le fardeau de sa faute et de celle de l'homme4 ,voil ce que nous pensons1 ce que nous disons2 et nous le redirons bien haut et sans cesse2 et nous le redirons si haut et si souvent1 que celles qui dorment dans un bonheur relatif tout goste1 ou dans l'immoralit o toute dignit s'oublie1 seront bien forces de se rveiller1 et de songer la situation et l'avenir de leurs filles4 ,jusqu' ce que notre sang soit glac par la mort1 nous demanderons ,justice pour la moiti du genre humain2 ,nous demanderons que l'on donne une ducation nationale aux filles2 ,que toutes les carrires leur soient accessibles1 tous les diplmes accords2 ,que la dignit civile leur soit pleinement reconnue2 ,que le ,mariage soit une socit fonde sur l'galit1 sous la protection du conseil de famille2 ,que le pre et la mre aient un droit gal sur les enfants2 ,que la puret de la femme soit suffisamment protge contre l'homme et contre elle-mme2 ,que la femme prenne progressivement1 mesure qu'elle se dveloppera1 sa place lgitime partout ct de l'homme1 dans la lgislation1 l'administration1 la ,justice1 la ,science1 la ,philosophie1 comme elle l'a dj dans l',industrie et l',art4 ,et nous disons aux femmes de ,progrs3 constituez un ,apostolat2 ,modifiez l'opinion par une feuille priodique2 ,travaillez par vos crits1 clairer1 moraliser le peuple et les femmes2 ,fondez et dirigez un vaste tablissement d'ducation pour les filles1 afin d'avoir une ppinire de rformatrices2 ,associez et moralisez les ouvrires2 ,relevez les femmes gares2 ,travaillez faire l'ducation de l',amour1 placer le ,mariage sur sa vritable base3 car lorsque l',amour n'est plus que la recherche d'une sensation1 et que le ,mariage tombe en dsutude1 la socit marche sa dissolution4 ,vous toutes qui avez cur l'uvre sainte de l'mancipation gnrale de l'humanit1 reliez-vous sur tous les points du globe2 enfermez le monde civilis dans un rseau1 afin de centraliser vos efforts1 de donner de l'unit aux doctrines1 et de prparer le rgne de la fraternit humaine par l'extinction des haines et des prjugs de nations et de races4 loignez toutes les questions oiseuses sur la nature et les fonctions de chaque sexe3 devant le ,droit1 elles ne signifient rien3 chacun fait et ne doit faire que les choses auxquelles il est apte2 et l'on ne brigue pas des fonctions pour lesquelles on manque de capacit ou de temps4 ,faites-bien comprendre aux femmes mineures par l'intelligence que1 rclamer l'galit de ,droit1 ce n'est pas prtendre la similitude de fonctions2 qu'elles ne seront pas plus contraintes d'tre autre chose qu'elles ne sont sous un rgime d'galit1 que sous celui que nous avons l'heure qu'il est2 que toute la diffrence1 sous ce rapport1 consistera en ce que celles qui1 aujourd'hui1 ne peuvent faire certaines choses parce qu'elles sont femmes1 seront admises les faire1 parce qu'elles seront des tres humains4 ,faites-leur bien comprendre qu'elles sont absurdes de se poser en types et modles de leur sexe1 et de prtendre que toutes les autres femmes ne doivent avoir que leurs aptitudes1 leurs gots3 faites-leur remarquer que nous diffrons tous2 que nous devons respecter l'individualit d'autrui comme nous trouvons juste qu'on respecte la ntre2 que si l'on regarde comme lgitime et naturel qu'elles n'aient d'autre vocation que les soins du mnage1 fonction trs ncessaire1 trs utile et trs respectable1 elles doivent trouver tout aussi lgitime et naturel que d'autres femmes prfrent des fonctions diffrentes4 ,enfin1 faites-leur honte de l'indigne habitude o elles sont de dprcier les qualits suprieures qu'elles n'ont pas1 quand elles les rencontrent chez une personne de leur sexe3 dites-leur1 ce qui est vrai1 qu'elles s'attirent ainsi le ddain des hommes qui ont1 en gnral1 trop de bon sens pour ne pas reconnatre et avouer la supriorit d'une femme1 et prouvent naturellement de la piti pour celles qui1 au lieu de s'en honorer par un sentiment naturel de solidarit1 refusent de la reconnatre4 ,femmes franaises1 plus particulirement mes surs1 vous mes dernires paroles4 ,le gnie de la ,gaule1 mis dans les fers par l'pe de ,rome et la foi de l',asie1 s'est rveill en #aghi4 ,pourquoi1 filles de la ,gaule1 laissez-vous plir le divin flambeau de la ,rsurrection8 ,parmi nos peuplades hroques qui ne croyaient pas la mort et adoraient la gloire et la libert1 vous tiez prtresses2 ,vous occupiez le sommet de la hirarchie religieuse2 ,vous tiez profondment respectes2 ,votre puret tait protge par la loi2 ,fires1 courageuses1 chastes1 bonnes ducatrices1 vous-mmes leviez les hommes qui faisaient trembler ,rome et la ,grce2 ,runies en conseil1 vous terminiez les diffrends qui s'levaient entre les peuples2 ,et notre vieille ,gaule ne s'est pas rveille tout entire2 elle vous a laisses dans l'ombre parce que1 pendant son long sommeil1 vous les saintes1 les prtresses1 avez t dpouilles de votre aurole2 vos fils corrompus et dgnrs vous ont dclares impures2 vous ont fait descendre au rle d'intermdiaires entre l'homme et l'animal2 vous ont traites de nids d'esprits immondes2 vous ont t tout respect1 toute personnalit dans le mariage2 dpouilles de toute influence sur les affaires du pays2 la ,gaule s'est releve de sa tombe en gardant des lambeaux du suaire dans lequel l'avaient enveloppe ses oppresseurs2 est-ce pour cela que vous la mconnaissez8 ,femmes franaises1 mes surs1 vous avez choisir entre le gnie de notre race qui dit3 respect la dignit de la femme1 place pour elle dans la ,cit1 dans l'tat1 dans le ,sacerdoce1 et le vieux gnie tranger qui nous exclut et nous dgrade4 ,vous avez choisir1 et il faut vous dcider1 pour que le monde moderne n'avorte pas en bouton4 ,n'employez donc plus votre redoutable influence contre le ,progrs et vos intrts les plus chers4 ,n'levez-donc plus vos fils et vos filles dans la haine ou l'indiffrence des institutions que nous ont conquises nos pres au prix de tant de sang1 de larmes et de douleurs4 ,ah6 vous seriez bien coupables1 si vous saviez ce que vous faites6 ,mais1 hlas6 ,des servantes1 des meubles de luxe1 des esclaves3 ,voil ce qu'on s'efforce incessamment de faire de vous2 et vous abaissez votre tour le coeur et la moralit de l'autre sexe qui ne comprend pas que1 sans vous1 on ne peut rien fonder1 rien maintenir4 ,quand donc ouvrira-t-on les yeux6 ,messieurs les prtendus progressistes1 un dernier mot4 ,l'glise attire la femme1 la rapproche de l'autel1 la divinise en ,marie2 un des siens va mme jusqu' rclamer pour elle le droit politique4 ,vous1 que faites-vous8 ,vous reprenez contre nous le langage que tenait autrefois l'glise1 et dont elle voudrait peut-tre bien ne s'tre jamais servie4 ,prtendez-vous donc construire l'avenir avec les ruines du pass8 ,vous faites tant de maladroits efforts pour nous livrer aux inspirations de ce qui en reste1 qu'en vrit nous serions tentes de le croire4 ,mais nous ne vous laisserons pas faire1 ,messieurs2 nous ne laisserons pas les femmes prendre en haine les principes sacrs du ,droit humain1 parce qu'il tous plat de les subordonner vos petites passions1 vos mesquins gosmes1 vos vieux prjugs d'ducation4 ,nous sparons de vous la ,rvolution4 ,nous protestons contre vos doctrines ,moyen ,age4 ,nous1 femmes du ,progrs1 nous voulons ragir contre le monde social et moral que votre incurie a laiss s'organiser3 car nous avons honte de cette gnration d'avortons gostes qui a perdu le sens des grandes et nobles choses4 ,nous avons honte de ces fils qui font orgie sur la tombe de leurs pres et outragent leurs grandes ombres plores de leur rire incrdule et cynique4 ,nous avons honte de cette masculinit dcrpite qui conduit la ,france1 notre ,france1 au cercueil entre l'arme du coffre-fort et une procession de courtisanes4 ,nous ne voulons pas que nos fils la continuent4 ,nous ne voulons pas que nos filles soient des lments de dissolution4 ,nos pres ont promis la libert au monde3 vous1 ,messieurs1 qui niez le droit de la moiti de l'humanit1 n'tes pas propres dgager leur promesse4 ,place donc la femme1 afin que1 dlivre de ses honteux liens1 elle mette la paix o vous mettez la guerre1 l'quit o vous mettez le privilge4 ,vous n'avez plus de ,morale1 plus d'idal3 place1 place la femme1 ,messieurs1 afin qu'elle vous redonne l'un et l'autre4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,du ,,second ,,volume4 ,,deuxi,,me ,,partie4 ,pages ,droit et ,devoir2 objections contre le ,droit des ,femmes1 la ,femme devant les murs et le ,code civil #e ,,chapitre ,ier4 ,bases et formules des ,droits et ,devoirs #g ,,chapitre ,,ii4 ,objections contre l'mancipation des ,femmes #cc ,,chapitre ,,iii4 tat de la ,femme dans les murs et la lgislation4 ,i4 ,dialogue entre une jeune femme et l'auteur #dh ,,ii4 ,emploi de l'autorit #ea ,,iii4 ,charit de la ,femme #ec ,,iv4 ,droit politique #fa ,v4 ,fonctions publiques #fe ,,vi4 ,la ,femme dans le mariage #fg ,,chapitre ,,iv4 ,suite du prcdent4 ,,vii4 ,contrat de mariage #ga ,,viii4 ,la ,femme mre et tutrice #ha ,,ix4 ,rupture de l'association conjugale #he ,x4 ,rsum et conseils #ic ,,troisi,,me ,,partie4 ,nature et fonctions de la ,femme1 amour et mariage2 ,rformes lgales #ii ,,chapitre ,ier4 ,nature et fonctions de la ,femme #aja ,,chapitre ,,ii4 ,l'amour1 sa fonction dans l'humanit #abg ,,chapitre ,,iii4 ,mariage 7dialogue7 #aea ,,chapitre ,,iv4 ,rsum1 ,rformes proposes #agg ,,quatri,,me ,,partie4 uvres de l'poque transitoire2 ,apostolat de la ,femme2 ,profession de foi1 ducation rationnelle #aii ,,chapitre ,ier4 ,appel aux ,femmes1 ,apostolat1 ,profession de foi1 etc4 ,i4 ,appel aux ,femmes #bja ,,ii4 ,profession de foi #bjd ,,iii4 ,comit encyclopdique #baj ,,iv4 ,institut #bae ,v4 ,journal #bag ,,vi4 ,ateliers #bai ,,chapitre ,,ii4 ducation rationnelle1 ,lettres une institutrice #bbc ,,chapitre ,,iii4 ducation rationnelle 7suite7 #bde ,,chapitre ,,iv4 ,rsum et ,conclusion #bga ,,errata4 ,page #cj1 ligne #e1 au lieu de3 se soumettre1 lisez3 de se soumettre4 ,page #dh1 au lieu de3 tat de la femme franaise dans1 lisez3 devant4 ,page #eh1 ligne #bj1 au lieu de3 n'y a1 lisez3 n'y ait4 ,page #hi1 ligne #ac1 au lieu de3 le dsole1 lisez3 la dsole4 ,page #aai1 ligne #ba1 au lieu de3 nominaliste1 lisez3 nominalisme4 ,page #acd1 ligne #af1 au lieu de3 et l'idal1 lisez3 es l'idal4 ,page #ade1 ligne #bc1 au lieu de3 l'honneur des autres les1 lisez3 l'honneur des autres2 s'4 ,page #afg1 ligne #ah1 au lieu de3 ils deviennes1 lisez3 ils deviennent4 ,page #bjd1 ligne #b1 au lieu de3 numaines1 lisez3 humaines4 ,page #bah1 ligne #bg1 au lieu de3 ses camps1 lisez3 ses coups4