,note sur la transcription3 ,les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges4 ,l'orthographe d'origine a t conserve et n'a pas t harmonise4 ,cette version intgre les corrections de l'errata4 ,,la ,,femme ,,affranchie ,bruxelles4--,typ4 de ,a4 ,,lacroix1 ,,van ,,meenen ,,et ,cie1 imprimeurs-diteurs4 ,,la ,,femme ,,affranchie ,r,,ponse ,a ,,mm4 ,,michelet1 ,,proudhon1 4 ,,de ,,girardin1 ,a4 ,,comte ,,et ,,aux ,,autres ,,novateurs ,,modernes ,,par ,,mme ,,jenny ,p4 ,d',h,,ricourt ,,tome #a ,,bruxelles ,a4 ,,lacroix1 ,,van ,,meenen ,,et ,cie1 ,,diteurs ,,rue ,,de ,,la ,,putterie1 #cc ,,paris ,,chez ,,tous ,,les ,,libraires #ahfj ,tous droits rservs4 ,a ,,mes ,,lecteurs1 ,a ,,mes ,,adversaires1 ,a ,,mes ,,amis ,a ,,mes ,,lecteurs ,lectrices et lecteurs1 le but de cet ouvrage et les motifs qui me l'ont fait entreprendre1 je vais vous les dire1 afin que vous ne perdiez pas votre temps me lire1 si ce que contient ce volume ne convient pas votre temprament intellectuel et moral4 ,mon but est de prouver que la femme a les mmes droits que l'homme4 ,de rclamer1 en consquence son mancipation2 ,enfin d'indiquer aux femmes qui partagent ma manire de voir1 les principales mesures qu'elles ont prendre pour obtenir justice4 ,le mot mancipation1 prtant l'quivoque1 fixons en d'abord le sens4 manciper la femme1 ce n'est pas lui reconnatre le droit d'user et d'abuser de l'amour3 cette mancipation-l n'est que l'esclavage des passions2 l'exploitation de la beaut et de la jeunesse de la femme par l'homme2 l'exploitation de l'homme par la femme pour sa fortune ou son crdit4 manciper la femme1 c'est la reconnatre et la dclarer libre1 l'gale de l'homme1 devant la loi sociale et morale et devant le travail4 ,a l'heure qu'il est1 sur toute la surface du globe1 la femme1 sous certains rapports1 n'est pas soumise la mme loi morale que l'homme3 sa chastet est livre presque sans dfense aux passions brutales de l'autre sexe1 et elle subit souvent seule les consquences d'une faute commise deux4 ,dans le mariage1 la femme est serve2 ,devant l'instruction nationale1 elle est sacrifie2 ,devant le travail1 elle est infriorise2 ,civilement1 elle est mineure2 ,politiquement1 elle n'existe pas2 ,elle n'est l'gale de l'homme que quand il s'agit d'tre punie et de payer les impts4 ,je revendique le droit de la femme1 parce qu'il est temps de faire honte au ,x,i,xe sicle de son coupable dni de justice envers la moiti de l'espce humaine2 ,parce que l'tat d'infriorit dans lequel nous sommes maintenues1 corrompt les murs1 dissout la socit1 enlaidit et affaiblit la race2 ,parce que le progrs des lumires1 auquel participe la femme1 l'a transforme en force sociale1 et que cette force nouvelle produit le mal1 dfaut du bien qu'on ne lui laisse pas faire2 ,parce que le temps d'accorder des rformes est arriv1 puisque les femmes protestent contre l'ordre qui les opprime1 les unes par le ddain des lois1 des prjugs2 les autres en s'emparent des positions contestes1 en s'organisant en socits pour revendiquer leur part de droit humain1 comme cela se fait en ,amrique4 ,enfin parce qu'il me semble utile de rpondre vertement1 non plus avec de la sentimentalit1 aux hommes qui1 effrays du mouvement mancipateur1 appellent leur aide je ne sais quelle fausse science pour prouver que la femme est hors du droit2 et poussent l'inconvenance et44444 le contraire du courage1 jusqu' l'insulte1 jusqu'aux outrages les plus rvoltants4 ,j'ai dit le but et les motifs de cet ouvrage qui sera divis en quatre parties4 ,dans la premire1 nous passerons en revue les doctrines des principaux novateurs en ce qui touche la femme1 ses fonctions1 ses droits1 et nous rfuterons les contre-mancipateurs1 ,p4 ,j4 ,proudhon1 ,j4 ,michelet et ,a4 ,comte4 ,dans la deuxime1 nous donnerons une thorie philosophique du droit2 nous comparerons1 d'aprs les principes tablis dans cette thorie1 ce qu'est la femme devant la loi1 la moralit1 le travail1 avec ce qu'elle devrait tre2 enfin nous rfuterons les principales objections des adversaires de l'galit des sexes4 ,dans la troisime nous traiterons de l'amour et du mariage1 et donnerons les principaux motifs de nos formules d'mancipation4 ,enfin la quatrime partie1 spcialement destine aux femmes1 effleurera les grandes questions thoriques et pratiques qui ont rapport la priode militante3 profession de foi servant de drapeau1 formation d'un apostolat1 bauche d'ducation rationnelle1 formation d'une cole normale1 cration d'un journal1 organisation d'ateliers1 etc4 ,lectrices et lecteurs1 plusieurs des adversaires de la cause que je dfends1 ont port la discussion sur le terrain scientifique1 et n'ont pas recul devant la nudit des lois biologiques et des dtails anatomiques3 je les en loue3 le corps tant respectable1 il n'y point d'indcence parler des lois qui le rgissent2 mais comme ce serait de ma part une inconsquence que de croire blmable en moi ce que j'approuve en eux1 vous voudrez bien ne pas vous tonner que je les suive sur le terrain qu'ils ont choisi1 persuade que la science1 chaste fille de la pense1 ne saurait perdre sa chastet sous la plume d'une honnte femme1 pas plus que sous celle d'un honnte homme4 ,lectrices et lecteurs1 je n'ai qu'une prire vous faire3 c'est de me pardonner la simplicit de mon style4 ,il m'aurait fallu prendre trop de peine pour crire comme tout le monde2 encore est-il probable que je n'y eusse pas russi4 ,je fais uvre de conscience3 si j'claire les uns1 si je fais rflchir les autres1 si j'veille dans le cur des hommes le sentiment de la justice1 dans celui des femmes le sentiment de leur dignit2 si je suis claire pour tous1 bien comprise de tous1 utile tous1 mme mes adversaires1 cela me suffira1 et me consolera d'avoir dplu ceux qui n'aiment les ides que comme ils aiment les femmes3 en grande toilette4 ,a ,,mes ,,adversaires4 ,plusieurs d'entre vous1 messieurs les adversaires de la grande et sainte cause que je dfends1 m'ont cite1 trs videmment sans m'avoir lue1 ne sachant mme pas crire mon nom4 ,a ceux-l je n'ai rien dire1 sinon que leur opinion m'importe fort peu4 ,d'autres1 qui se sont donn la peine de lire mes prcdents travaux dans la ,revue philosophique et dans la ,ragione1 m'accusent de ne pas crire comme une femme1 d'tre brutale1 sans mnagement pour mes adversaires1 de n'tre qu'une machine raisonnement et de manquer de cur4 ,messieurs1 je ne puis pas crire autrement qu'une femme1 puisque j'ai l'honneur d'tre femme4 ,si je suis brutale et ne mnage pas mes adversaires1 c'est parce qu'ils me paraissent ceux de la raison et de la justice2 c'est parce qu'eux1 les forts1 les bien arms1 attaquent brutalement1 sans mnagement un sexe qu'ils ont eu le soin de rendre timide et de dsarmer2 c'est parce qu'enfin je crois trs licite de dfendre la faiblesse contre la tyrannie qui a l'audace et l'insolence de s'riger en droit4 ,si je vous apparais sous l'aspect peu rcratif d'une machine raisonnement1 c'est d'abord parce que la nature m'a faite ainsi1 et que je ne vois aucune bonne raison pour modifier son uvre2 puis parce qu'il n'est pas mauvais qu'une femme majeure vous prouve que son sexe1 quand il ne craint pas votre jugement1 raisonne aussi bien et souvent mieux que le vtre4 ,je n'ai pas de cur1 dites-vous2 j'en manque peut-tre pour les tyrans1 mais la lutte que j'entreprends1 prouve au moins que je n'en manque pas pour les victimes3 j'en ai donc une dose suffisante1 d'autant plus que je ne dsire pas du tout vous plaire ni ne me soucie d'tre aime d'aucun d'entre vous4 ,croyez-moi1 messieurs1 dshabituez-vous de confondre le cur avec les nerfs2 ne crez plus un type imaginaire de femme pour en faire la mesure de vos jugements sur les femmes relles3 c'est ainsi que vous faussez votre raison et que1 sans parti pris1 vous devenez ce qu'il y a de plus hassable et de moins estimable au monde3 des tyrans4 ,a ,,mes ,,amis4 ,maintenant vous1 mes amis connus et inconnus1 quelques lignes de remercments4 ,vous avez tous compris que la femme tant une crature humaine1 a le droit de se dvelopper et de manifester1 comme l'homme1 sa spontanit2 ,qu'elle a le droit1 comme l'homme1 d'employer son activit2 qu'elle a le droit1 comme l'homme1 d'tre respecte dans sa dignit1 et l'usage qu'elle croit devoir faire de son libre arbitre2 ,que1 de moiti dans l'ordre social1 productrice1 contribuable1 justiciable des lois1 elle a le droit de compter pour moiti dans la socit4 ,vous avez tous compris que c'est dans la jouissance de ces droits divers que consiste son mancipation2 non dans la facult d'user de l'amour en dehors d'une loi morale base sur la justice et le respect de soi-mme4 ,merci d'abord vous1 ,ausonio ,franchi1 reprsentant de la ,philosophie ,critique en ,italie1 homme aussi minent par la profondeur de vos ides1 que par l'impartialit et l'lvation de votre caractre1 et qui avez prt si gnreusement et si longtemps les colonnes de votre ,ragione mes premiers travaux4 ,merci vous1 mes chers collaborateurs de la ,revue philosophique de ,paris1 ,charles ,lemonnier1 ,massol1 ,gupin1 ,brothier1 etc41 qui n'avez pas hsit remettre l'ordre du jour la question de l'mancipation de mon sexe2 qui avez accueilli1 dans vos colonnes1 des travaux de femme avec tant d'impartialit1 et m'avez en toute occasion1 tmoign intrt et sympathie4 ,merci vous en particulier1 mon plus ancien ami1 ,charles ,fauvety1 infatigable chercheur de vrit1 dont le style lgant1 spirituel et limpide1 si vritablement franais1 est seulement et toujours au service des ides de progrs et des aspirations gnreuses1 comme votre riche bibliothque1 vos conseils1 sont au service de ceux qui veulent clairer l'humanit4 ,pourquoi1 hlas6 joignez-vous tant de talent et de qualits1 le dfaut de vous effacer toujours pour faire place aux autres6 ,merci vous1 ,charles ,renouvier1 le plus savant reprsentant de la ,philosophie ,critique en ,france1 qui joignez une doctrine si profonde1 un esprit si fin1 un jugement si sr1 j'ajouterais3 tant de modestie et de vertu sans faste1 si je ne savais que c'est vous mcontenter que d'occuper le public de vous4 ,c'est dans vos encouragements1 dans votre approbation1 mes amis et anciens collaborateurs1 que j'ai puis la force ncessaire l'uvre que j'entreprends2 il est donc juste que je vous en remercie en prsence de tous4 ,il est juste galement que je tmoigne publiquement ma reconnaissance aux journaux italiens1 anglais1 hollandais1 amricains1 allemands qui ont traduit plusieurs de mes articles2 aux hommes et aux femmes de ces divers pays et ceux de ma patrie qui ont bien voulu me tmoigner de la sympathie et m'encourager dans la lutte que j'entreprends contre les adversaires du droit de mon sexe4 ,c'est vous tous mes amis1 ,franais et trangers1 que je ddie cet ouvrage4 ,puisse-t-il tre utile partout au triomphe de la libert de la femme et de l'galit de tous devant la loi3 c'est le seul souhait que puisse faire une ,franaise qui croit l'unit de la famille humaine1 aussi bien qu' la lgitimit des autonomies nationales1 et qui aime tous les peuples parce que tous sont les organes d'un seul grand corps3 l',humanit4 ,,premi,,re ,,partie ,examen des principales doctrines modernes concernant la ,femme et ses ,droits4 ,,communistes ,,modernes ,les ,communistes ont pour principe d'organisation sociale1 non pas1 comme on les en accuse par ignorance ou mauvaise foi1 la loi agraire1 mais la jouissance en commun de la terre1 des instruments de travail et des produits3 ,de chacun selon ses forces1 chacun selon ses besoins1 telle est la formule de la plupart d'entre eux4 ,nous n'avons pas examiner dans cet ouvrage la valeur sociale de cette doctrine1 mais seulement constater ce que le ,communisme pense de la ,femme et de ses ,droits4 ,les ,communistes modernes peuvent se classer en ,religieux et en ,politiques4 ,parmi les premiers1 sont les ,saint-,simoniens1 les ,fusioniens et les ,philadelphes4 ,parmi seconds1 sont les galitaires1 les ,unitaires1 les ,icariens1 etc4 ,les premiers considrent la ,femme comme l'gale de l',homme4 ,pour les autres elle est libre1 chez quelques-uns avec une nuance de subordination4 ,les ,unitaires1 qui ont largement puis dans ,fourier1 proclament la ,femme libre et leur gale4 ,nous ne parlerons ici que de quelques sectes communistes1 rservant pour deux articles spars ce qui concerne les ,saint-,simoniens et les ,fusioniens4 ,les ,philadelphes1 admettant ,dieu et l'me immortelle1 posent ces deux principes3 ,dieu est le chef de l',ordre social2 la ,fraternit est la loi qui rgit les rapports humains4 ,la ,religion1 pour les ,philadelphes1 est la pratique de la ,fraternit2 le ,progrs est un dogme1 la ,communaut est la loi de l'individu devant ,dieu et la conscience4 ,en ce qui concerne les rapports des sexes et les droits de la ,femme1 ,m4 ,pecqueur s'exprime ainsi dans son ouvrage3 ,la ,rpublique de ,dieu1 aux pages #aid et #aie3 galit complte de l'homme et de la femme2 ,mariage monogame1 intentionnellement indissoluble comme tat normal2 telle est la seconde consquence pratique du dogme de la fraternit religieuse4 #a ,,galit4 ,nous ne venons pas apporter des preuves l'vidence2 celui qui n'est pas frapp de l'galit des sexes1 a la raison oblitre par le prjug1 ou le cur refroidi par l'gosme4 ,dans le milieu cr par la religion de fraternit et d'galit1 les femmes trouveront1 ds leurs jeunes annes1 les mmes moyens et les mmes conditions de dveloppement de fonction et de rmunration1 enfin les ,m,,mes ,,droits1 le mme but social poursuivre1 que les hommes2 et mesure que les murs correspondront aux fins religieuses et morales de l'union1 la loi vivante dduira les consquences pratiques de tout ordre1 contenues en germe dans le dogme de l'galit complte des sexes4 #d ,,monogamie ,,et ,,indissolubilit4 ,pour comprendre la lgitimit du mariage monogame illimit ou indfini1 il suffit de considrer3 #a les exigences de notre nature intime1 c'est dire les caractres de l'amour2 son aspiration instinctive l'union et la fusion des deux tres1 la dure et la perptuit2 le besoin de se possder rciproquement1 et d'en avoir la foi pour s'aimer2 enfin l'instinct1 le dsir1 les affections irrsistibles1 universelles1 et les joies de la paternit et de la famille2 #b les conditions physiologiques de la gnration1 qui exigent la monogamie1 pour que la reproduction et la conservation bonne et progressive de l'espce soit assure2 #c les exigences sociales et religieuses qui veulent que les rapports de tous genres soient prdtermins et rgulariss1 afin que chacun ait scurit dans son attente et dans sa possession1 et que les penchants fondamentaux de notre nature aient la possibilit de se satisfaire44444 ,prtendre importer la ,polygamie1 la promiscuit1 ou le bail lgal dans un tel milieu 7la ,socit ,philadelphe71 c'est videmment dcrter l'gosme et le bon plaisir de la chair dans le mme temps qu'on proclame le devoir et la dignit4 ,on ne conoit pas que deux tre moraux1 lis une fois d'un amour pur1 cessent de s'aimer1 de se complaire1 au moins de se supporter1 lorsque dj ils sont supposs aimer indistinctement leurs frres et surs avec dvouement et sacrifice4 ,encore moins conoit-on que leurs frres et surs songent dtourner cet amour rciproque de deux d'entre la famille leur avantage personnel2 car on appelle cela infamie4 ,m4 ,pecqueur admet cependant que1 dans des cas fort rares1 le divorce puisse tre prononc pour cause d'incompatibilit d'humeur4 ,dans ce cas1 l'poux qui aurait tort serait exclu de la rpublique et l'autre pourrait se remarier4 ,selon ,m4 ,pecqueur l'indissolubilit du mariage ne regarde pas nos socits antagoniques2 car l'auteur dit la page #aig3 ,le ,divorce est un grand malheur1 non seulement pour les poux1 mais pour la religion2 toutefois dans le monde de ,csar o il s'agit de pure justice1 c'est encore le moindre des maux1 lorsque les individus sont rsolus la sparation de fait1 et la convoitise d'autres liens4 ,on fait clandestinement le mal2 on est cause ou occasion de tentation et de chute pour les autres4 ,le scandale est connu quoiqu'on fasse2 de telle sorte que ni la socit1 ni les poux1 ni les enfants1 ni la morale ne trouvent leur bien la conscration de la perptuit absolue4 ,il n'est point charitable1 il est impie de forcer rester cte cte1 deux tres dont l'un au moins maltraite1 hait1 exploite ou matrise l'autre4 ,il est galement odieux de leur permettre la sparation de corps sans leur permettre en mme temps de se livrer des affections chastes1 lorsqu'on y rpond en honntet et libert4 ,ainsi donc pour les ,philadelphes1 expliqus par ,m4 ,pecqueur1 le ,mariage est monogame1 indissoluble intentionnellement2 le divorce est une triste ncessit du monde actuel1 tandis que la sparation est une chose immorale4 ,enfin la femme est libre et l'gale de l'homme4 ,une autre secte communiste1 celle des ,icariens1 ne s'occupe ni de la nature1 ni des droits de la ,femme4 ,son chef1 ,m4 ,cabet1 ancien procureur gnral1 tait trop imbu des doctrines du ,code ,civil1 peu lgante paraphrase de l'aptre ,paul1 pour ne pas tre persuad que la femme doit rester en dehors du droit politique1 et qu'elle doit se subordonner l'homme en gnral1 et son mari1 bon ou mauvais1 en particulier4 ,rendons toutefois justice aux disciples de ,m4 ,cabet3 je n'en ai pas trouv un seul de son avis sur cette grande question4 ,un soir1 qu'en #ahdh1 ,m4 ,cabet prsidait un club trs nombreux1 il fut pri par une femme de mettre aux voix cette question3 ,la femme est-elle l'gale de l'homme devant le droit social et politique8 ,presque toutes les mains se levrent pour l'affirmative2 la contre-preuve aucune main ne se leva2 aucun homme ne protesta contre cette affirmation4 ,une salve d'applaudissements partit des tribunes remplies de femmes2 et ,m4 ,cabet fut assez dconcert du rsultat4 ,il semblait ignorer que le peuple1 minemment logique1 n'argutie point pour luder ou restreindre les applications du principe qu'il adopte4 ,ce vote du club ,cabet s'est renouvel devant moi dans trois autres3 les porteurs de paletots riaient des rclamations de la brave ,jeanne ,duroin1 mais les porteurs de blouses n'en riaient pas ,m4 ,dezamy1 reprsentant d'une autre nuance communiste1 s'exprime ainsi dans le ,code de la ,communaut1 page #acb3 ,plus de domination maritale6 ,libert des alliances6 galit parfaite entre les deux sexes6 ,libre divorce6 ,et la page #bff1 sous ce titre3 ,lois de l'union des sexes1 qui auront pour effet de prvenir toute discorde et toute dbauche1 l'auteur ajoute3 ,art4 #a;er4 ,l'amour mutuel1 la sympathie intime1 la parit de cur de deux tres1 forment et lgitiment leur union4 ,art4 #b4 ,il y aura entre les deux sexes galit parfaite4 ,art4 #c4 ,aucun lien que l'amour mutuel ne pourra enchaner l'un l'autre l'homme et la femme4 ,art4 #d4 ,rien n'empchera les amants qui se sont spars de s'unir de nouveau1 et aussi souvent qu'ils aspireront l'un vers l'autre4 ,la morale de ,m4 ,dezamy n'est pas de notre got1 nous prfrons celle du communiste ,pecqueur2 mais nous sommes heureuse de constater que le ,communisme moderne1 divis sur la question du mariage1 de la famille et de la morale dans les relations des sexes1 n'a qu'une voix lorsqu'il s'agit de la libert de la femme et de l'galit des sexes devant la loi et la ,socit4 ,en cela1 le ,communisme moderne est trs suprieur l'ancien2 pratiqu chez plusieurs peuples1 enseign par ,platon1 ,morelly1 etc4 ,c'est un signe des temps1 que cette plus juste apprciation de la femme et l'introduction du principe de son droit dans des doctrines qui1 autrefois1 n'en tenaient aucun compte4 ,la plupart des ,communistes appartiennent la classe des travailleurs3 ce qui prouve que le peuple surtout sent cette grande vrit3 que la libert de la femme est identique celle des masses4 ,et ce ne sont pas ,,mm4 ,proudhon1 ,comte1 ,michelet et leurs adeptes qui auront puissance de lui faire rebrousser chemin1 et de jeter de la glace sur ses sentiments4 ,,saint-,,simoniens ,ma mre1 zle protestante et d'une grande svrit de murs1 rprouvait le ,saint ,simonisme1 et ne permettait jamais qu'on en parlt devant moi autrement que pour le condamner3 elle prenait grand soin que pas une ligne de la doctrine nouvelle ne tombt sous mes yeux4 tait-ce naturel esprit d'opposition8 tait-ce instinct de justice8 ,je l'ignore2 mais je ne m'associais point au blme que j'entendais exprimer autour de moi2 une seule chose en tait rsulte3 la curiosit de connatre ce qu'on nommait des dogmes immoraux4 ,j'tais dans ces dispositions1 lorsqu'un jour1 me trouvant avec ma mre non loin du ,palais de ,justice1 je vis avancer une runion d'hommes portant un gracieux costume3 c'taient les ,saint-,simoniens allant en corps dfendre1 contre les poursuites du parquet1 leur glise naissante4 ,j'en fus trs mue2 je me sentis en communion avec ces jeunes gens qui allaient confesser leur foi3 il me semblait qu'ils ne m'taient point trangers1 qu'ils luttaient pour une cause qui tait mienne ou mritait ma sympathie1 et les larmes me vinrent aux yeux4 ,de grand cur1 j'aurais embrass ceux que j'entendais les dfendre1 et d'aussi grand cur battu ceux qui prtendaient que leur condamnation serait juste4 ,ma mre tant trop gnreuse pour s'associer ces derniers1 nous nous loignmes sans rien dire4 ,je sus1 sans connatre aucun dtail1 que l'glise ,saint-,simonienne avait t disperse4 ,ce ne fut que quelques annes aprs1 qu'ayant fait la connaissance d'une dame ,saint-,simonienne1 je pus lire les crits de la doctrine1 et me former une ide des aspirations et des dogmes de l'cole de ,saint-,simon4 ,si la nature de cet ouvrage m'en interdit l'analyse1 il ne peut m'tre reproch de tmoigner mes sympathies pour ceux qui ont eu de grandes et gnreuses aspirations2 pour ceux qui1 au point de vue critique1 ont rendu des services rels la cause du ,progrs2 pour ceux qui ont mis l'ordre du jour la solution des deux problmes capitaux de notre poque3 l'mancipation de la femme et du travailleur4 ,les ,saint-,simoniens ont t assez attaqus1 assez calomnis pour qu'une femme1 qui n'est pas ,saint-,simonienne1 puisse considrer comme un devoir de leur rendre justice1 en reconnaissant le bien qu'ils ont fait4 ,oui1 vous avez le droit d'tre fiers de votre nom de ,saint-,simoniens1 vous qui avez proclam l'obligation de travailler sans relche l'amlioration physique1 morale et intellectuelle de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre2 ,vous qui avez proclam la saintet de la science1 de l'art1 de l'industrie1 du travail sous toutes ses formes2 ,vous qui avez proclam l'galit des sexes dans la famille1 dans le temple et dans l'tat2 ,vous qui avez parl de paix et de fraternit ce monde livr la guerre du canon et de la concurrence2 ,vous qui avez critiqu l'ancien dogme et toutes les institutions mauvaises qui en sont sorties2 ,oui1 je le rpte1 vous avez bien mrit du ,progrs1 bien mrit de l',humanit2 et vous avez le droit de porter avec orgueil votre grand nom d'cole2 car il est beau d'avoir voulu l'mancipation de la femme1 du travail et du travailleur2 il est gnreux1 comme tant d'entre vous l'ont fait1 d'y avoir consacr sa jeunesse et sa fortune4 ,par vos aspirations1 vous avez t les continuateurs de #hi1 puisque vous songiez raliser ce qui tait en germe dans la ,dclaration des ,droits3 voil les titres de votre grandeur2 voil pourquoi votre nom ne prira pas4 ,mais si1 par vos sentiments1 vous apparteniez la grande re de #hi1 la forme sociale dans laquelle vous prtendiez incarner vos principes1 appartenant au ,moyen ,age1 le sicle a d s'loigner de vous4 ,sduits par le mysticisme trinitaire1 illusionns par un faux point de vue historique1 vous prtendiez ressusciter la hirarchie et la thocratie dans une humanit travaille par le principe contraire3 le triomphe de la libert individuelle dans l'galit sociale4 ,voil pourquoi le sicle ne pouvait pas vous suivre4 ,les femmes non plus ne pouvaient pas vous suivre1 car elles sentent qu'elles ne peuvent tre affranchies que par le travail et la puret des murs2 qu'en matrisant1 non pas en imitant les passions masculines4 ,elles sentent que leur puissance de moralisation tient autant leur chastet qu' leur intelligence2 elles savent que celles qui usent le plus de la libert en amour1 n'aiment ni n'estiment l'autre sexe2 qu'en gnral1 elles emploient leur ascendant sur lui pour le pervertir1 le ruiner et dsoler leurs compagnes1 dissoudre la famille et la civilisation2 qu'en consquence1 elles sont les plus dangereuses ennemies de l'mancipation de leur sexe3 car l'homme1 dgris de sa passion1 ne peut avoir le dsir d'manciper celles qui l'ont tromp1 ruin1 dmoralis4 ,l'orthodoxie ,saint-,simonienne s'est donc1 mon avis1 grandement trompe sur les voies et moyens de ralisation4 ,lui en ferons-nous un crime8 ,non1 certes3 les problmes sociaux ne sont pas des problmes mathmatiques2 il y a mrite les poser1 dvouement et courage en poursuivre la solution1 lors mme qu'on la manquerait compltement4 ,nous savons tous que ce sont les ,saint-,simoniens qui ont mis l'ordre du jour de l'poque la question de l'mancipation fminine3 il y aurait ingratitude aux femmes qui rclament la libert et l'galit1 de mconnatre la dette de reconnaissance qu'elles ont contracte envers eux4 ,c'est un devoir pour elles que de dire leurs compagnes3 le cachet du ,saint-,simonisme est la dfense de la libert de la femme2 partout donc o vous rencontrez un ,saint-,simonien1 vous pouvez lui presser la main fraternellement2 en lui vous avez un dfenseur de votre droit4 ,esquissons maintenant l'ensemble de la doctrine ,saint-,simonienne en ce qui concerne la femme et ses droits4 ,tous les ,saint-,simoniens admettent que les deux sexes sont gaux2 ,que le couple forme l'individu social2 ,que le mariage est le lien sacr des gnrations2 l'association d'un homme et d'une femme pour l'accomplissement d'une uvre sacerdotale1 scientifique1 artistique ou industrielle2 ,tous admettent le divorce et le passage un autre lien2 seulement les uns sont plus svres que les autres sur les conditions du divorce4 ,entre eux1 il y a dissidence sur la question des murs4 ,olinde ,rodrigues et ,bazard n'admettaient pas de liaison d'amour en dehors du mariage4 ,m4 ,enfantin professait1 au contraire1 la plus grande libert en amour4 ,nous devons ajouter qu'il ne donnait son opinion qu'une valeur relative et provisoire1 puisqu'il disait que la loi des relations des sexes ne pouvait tre fixe d'une manire sre et dfinitive que par le concours de la femme1 et que1 d'autre part1 il prescrivait la continence ses disciples les plus rapprochs1 jusqu' l'avnement de la ,femme dont il se regardait comme le prcurseur4 ,au reste1 pour donner nos lecteurs une ide plus prcise des sentiments des ,saint-,simoniens sur ce qui touche la femme1 citons quelques passages de leurs crits3 ,l'exploitation de la femme par l'homme existe encore1 dit ,m4 ,enfantin2 c'est ce qui constitue la ncessit de notre apostolat4 ,cette exploitation1 cette subalternit contre nature1 par rapport l'avenir1 a pour effet1 d'un ct1 le mensonge1 la fraude1 et d'autre part1 la violence1 les passions brutales3 tels sont les vices qu'il faut faire cesser4 7,religion ,saint-,simonienne1 #ahcb1 page #e47 ,la femme1 avons-nous dit1 est l'gale de l'homme2 elle est aujourd'hui esclave2 c'est son matre qui doit l'affranchir4 7,id41 page #ab47 ,il n'y aura de loi et de morale dfinitives qu'alors que la femme aura parl4 7,id41 page #ah47 ,au nom de ,dieu1 s'crie ,m4 ,enfantin dans son ,appel la ,femme1 au nom de ,dieu et de toutes les souffrances que l'humanit1 sa fille chrie1 ressent aujourd'hui dans sa chair2 au nom de la classe la plus pauvre et la plus nombreuse dont les filles sont vendues l'oisivet et les fils livrs la guerre2 au nom de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui jettent le voile brillant du mensonge ou les sales haillons de la dbauche sur leur secrte ou publique prostitution2 au nom de ,saint-,simon qui est venu annoncer l'homme et la femme leur galit morale1 sociale et religieuse1 je conjure la femme de me rpondre4 7,entretien du #g dcembre #ahca47 ,de son ct1 ,bazard termine une brochure1 publie en janvier #ahcb1 par ces paroles3 ,et nous aussi1 nous avons hte de l'avnement de la femme2 et nous aussi1 nous l'appelons de toute notre puissance2 mais c'est au nom de l'amour pur qu'elle a fait pntrer dans le cur de l'homme et que l'homme aujourd'hui est prt lui rendre2 c'est au nom de la dignit qui lui est promise dans le mariage2 c'est1 enfin et par dessus tout1 au nom de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre1 dont jusqu'ici elle a partag la servitude et les humiliations1 et que sa voix entranante peut seule aujourd'hui achever de soustraire la dure exploitation que les dbris du pass font encore peser sur elle4 ,ah6 vous avez grandement raison1 ,enfantin et ,bazard6 ,tant que la femme ne sera pas libre et l'gale de l'homme2 tant qu'elle ne sera pas partout ses cts1 les douleurs1 les dsordres1 la guerre1 l'exploitation du faible seront le triste lot de l'humanit4 ,pierre ,leroux1 l'homme le plus doux1 le meilleur et le plus simple que je connaisse1 crit son tour dans son #d;e volume de l',encyclopdie ,nouvelle1 article galit1 les pages remarquables suivantes3 ,il n'y a pas deux tres diffrents1 l'homme et la femme1 il n'y a qu'un tre humain sous deux faces qui correspondent et se runissent par l'amour4 ,l'homme et la femme sont pour former le couple2 ils en sont les deux parties4 ,hors du couple1 en dehors de l'amour et du mariage1 il n'y a plus de sexe2 il y a des tres humains d'origine commune1 de facults semblables4 ,l'homme est tous les moments de sa vie1 sensation1 sentiment1 connaissance1 la femme aussi4 ,la dfinition est donc la mme4 ,aprs avoir tabli1 d'aprs ses ides1 que les femmes ont un type diffrent de celui de l'homme1 il continue3 ,mais ce type ne les spare pas du reste de l'humanit1 et n'en fait pas une race part qu'il faille distinguer philosophiquement de l'homme444 ,l'amour absent1 elles se manifestent l'homme comme personnes humaines1 et se rangent1 comme l'homme1 sous les diverses catgories de la socit civile4 ,aprs avoir fait observer que quelque divers que soient les hommes1 ils n'en sont pas moins gaux1 parce qu'ils sont tous sensation1 sentiment1 connaissance1 ,pierre ,leroux1 appliquant ce principe la question du droit de la femme1 ajoute3 ,de quelque manire qu'on envisage cette question1 on est conduit proclamer l'galit de l'homme et de la femme4 ,car1 si nous considrons la femme dans le couple1 la femme est l'gale de l'homme1 puisque le couple mme est fond sur l'galit1 puisque l'amour mme est l'galit1 et que l o ne rgne pas la justice1 c'est dire l'galit1 l ne peut rgner l'amour1 mais le contraire de l'amour4 ,et si nous considrons la femme hors du couple1 c'est un tre semblable l'homme1 dou des mmes facults des degrs divers2 une de ces varits dans l'unit qui constituent le monde et la socit humaine4 ,l'auteur dit que la femme ne doit revendiquer l'galit que comme pouse et personne humaine2 que la reconnatre libre parce qu'elle a un sexe1 c'est la dclarer matresse non seulement d'user1 mais d'abuser de l'amour2 qu'il ne faut pas que l'abus de l'amour soit l'apanage et le signe de la libert4 ,il dit que la femme n'a de sexe que pour celui qu'elle aime1 dont elle est aime2 que pour tout autre elle ne peut tre qu'une personne humaine4 ,en se plaant ce point de vue1 continue-t-il1 il faut dire aux femmes3 vous avez droit l'galit deux titres distincts1 comme personnes humaines et comme pouses4 ,comme pouses vous tes nos gales1 car l'amour mme1 c'est l'galit4 ,comme personnes humaines1 votre cause est celle de tous1 elle est la mme que celle du peuple2 elle se lie la grande cause rvolutionnaire1 c'est dire au progrs gnral du genre humain4 ,vous tes nos gales non parce que vous tes femmes1 mais parce qu'il n'y a plus ni esclaves ni serfs4 ,voil la vrit qu'il faut dire aux hommes et aux femmes2 mais c'est fausser cette vrit et la transformer en erreur que de dire aux femmes vous tes un sexe part1 un sexe en possession de l'amour4 mancipez-vous1 c'est dire usez et abusez de l'amour4 ,la femme ainsi transforme en ,vnus impudique1 perd la fois sa dignit comme personne humaine1 et sa dignit comme femme1 c'est dire comme tre capable de former un couple humain sous la sainte loi de l'amour4 ,l'excellent ,p4 ,leroux demande qui ne sent pas1 qui n'avoue pas aujourd'hui l'galit des sexes8 ,qui oserait soutenir que la femme est un tre infrieur dont l'homme est le guide et le fanal8 ,que la femme relve de l'homme qui ne relve que de lui-mme et de ,dieu8 ,qui oserait aujourd'hui soutenir de telles absurdits1 brave et honnte ,pierre ,leroux8 ,c'est ,p4 ,j4 ,proudhon1 l'homme qui vous appelait ,theopompe et ,ptissier2 c'est ,m4 ,michelet qui prtend que la femme est cre pour tre une trs ennuyeuse poupe de son cher mari4 ,mais revenons vous4 ,vous prtendez que ,dieu est androgyne2 qu'en lui coexistent les deux principes mle et femelle sur le pied d'galit2 que consquemment en ,dieu l'homme et la femme sont gaux4 ,j'y consens volontiers1 quoique je n'en sache absolument rien4 ,mais lorsque vous ajoutez que la femme a mrit tout autant que l'homme1 parce qu'elle a partag toutes les crises douloureuses de l'ducation successive du genre humain2 ,que c'est l'amour1 qui ne peut exister sans la femme1 qui nous a conduits de la loi d'esclavage celle d'galit2 ,que consquemment la femme est de moiti dans le travail des sicles2 ,l1 il n'y a plus de mystre2 je m'associe donc vous de tout mon cur pour rpter aux hommes les invitations et les leons que vous donnez ces mles ingrats et rcalcitrants3 ,si nous sommes libres c'est en partie par la femme3 qu'elle soit libre par nous4 ,mais l'est-elle8 ,est-elle par nous traite en gale8 pouse1 trouve-t-elle l'galit dans l'amour et le mariage8 ,personne humaine trouve-t-elle l'galit dans la cit8 ,voil la question4444444444444 ,notre loi civile est1 au sujet de la femme1 un modle d'absurdes contradictions4 ,suivant la loi romaine1 la femme vivait perptuellement en tutelle3 au moins dans cette lgislation tout tait en parfait accord2 la femme y tait toujours mineure4 ,nous1 nous la dclarons1 dans une multitude de cas1 aussi libre que l'homme4 ,pour elle plus de tutelle gnrale ou de fiction de tutelle2 son ge de majorit est fix2 elle est apte par elle-mme hriter2 elle hrite par parties gales2 elle possde et dispose de sa proprit2 il y a mme plus1 dans la communaut entre poux1 nous admettons la sparation de bien4 ,mais est-il question du lien mme du mariage1 o ce ne sont plus des richesses qui sont en jeu1 mais o il s'agit de nous et de nos mres1 de nous et nos surs1 de nous et de nos filles1 oh6 alors nous sommes intraitables dans nos lois1 nous n'admettons plus d'galit2 nous voulons que la femme se dclare notre infrieure1 notre servante1 qu'elle nous jure obissance4 ,vraiment nous tenons plus l'argent qu' l'amour2 nous avons plus de considration pour des sacs d'cus que pour la dignit humaine3 car nous mancipons les femmes en tant que propritaires2 mais en tant que nos femmes1 notre loi les dclare infrieures nous4 ,il s'agit pourtant du lien o l'galit de l'homme et de la femme est la plus vidente1 du lien pour ainsi dire o clate cette galit1 o elle est si ncessaire proclamer que sans elle ce lien n'existe pas4 ,mais par une absurde contradiction1 notre loi civile choisit ce moment pour proclamer l'infriorit de la femme2 elle la condamne l'obissance1 lui fait prter un faux serment1 et abuse de l'amour pour lui faire outrager l'amour4 ,ce sera1 je n'en doute pas1 pour les ges futurs1 le signe caractristique de notre tat moral que cet article de nos lois qui consacre en termes si formels l'ingalit dans l'amour4 ,on dira de nous3 ils comprenaient si peu la justice1 qu'ils ne comprenaient pas mme l'amour1 qui est la justice son degr le plus divin2 ils comprenaient si peu l'amour1 qu'ils n'y faisaient pas mme entrer la justice1 et que dans leur livre de la justice1 dans leur ,code1 la formule du mariage1 le seul sacrement dont ils eussent encore quelque ide1 au lieu de consacrer l'galit1 consacrait l'ingalit2 au lieu de l'union1 la dsunion2 au lieu de l'amour qui galise et qui identifie1 je ne sais quel rapport contradictoire et monstrueux1 fond la fois sur l'identit et sur l'infriorit et l'esclavage4 ,oui1 comme ces formules de la loi des ,douze ,tables que nous citons aujourd'hui1 quand nous voulons prouver la barbarie des anciens romains1 et leur ignorance de la justice2 cet article de nos codes sera cit un jour pour caractriser notre grossiret et notre ignorance1 car l'absence d'une notion leve de la justice y est aussi marque que l'absence d'une notion leve de l'amour4 ,tout suit de l relativement la condition des femmes1 ou plutt tout se rattache ce point3 car respecterons-nous l'galit de la femme comme personne humaine1 quand nous sommes assez insenss pour lui nier cette qualit comme pouse8 ,la femme aujourd'hui est-elle vraiment1 en tant que personne humaine1 traite en gale de l'homme8 ,je ne veux pas entrer dans ce vaste sujet4 ,je me borne une seule question3 quelle ducation reoivent les femmes8 ,vous les traitez comme vous traitez le peuple4 ,a elles aussi vous laissez la vieille religion qui ne nous convient plus4 ,ce sont des enfants qui l'on conserve le plus longtemps possible le maillot1 comme si ce n'tait pas l le bon moyen pour les dformer1 pour dtruire la fois la rectitude de leur esprit et la candeur de leur me4 ,que fait d'ailleurs la socit pour elles8 ,de quelles carrires leur ouvre-t-elle l'accs8 ,et pourtant il est vident pour qui y rflchit1 que nos arts1 nos sciences1 nos industries1 feront autant de progrs nouveaux quand les femmes seront appeles1 qu'ils en ont fait1 il y a quelques sicles1 quand les serfs ont t appels4 ,tous vous plaignez de la misre et du malheur qui psent sur vos tristes socits1 abolissez les castes qui subsistent encore2 abolissez la caste o vous tenez renferme la moiti du genre humain4 ,ces quelques pages1 lecteurs1 vous donnent la mesure des sentiments des ,saint-,simoniens orthodoxes et dissidents1 et justifient la sympathie qu'prouvent les femmes majeures1 pour ceux qui ont si chaleureusement plaid leur cause4 ,,fusioniens ,m4 ,louis de ,tourreil1 rvlateur du ,fusionisme1 est un homme qu'on ne peut voir sans sympathie1 ni entendre sans plaisir1 parce qu'il est bienveillant1 parle bien1 et que ses ides sont trs logiquement enchanes3 une fois ses principes admis1 on est contraint de le suivre jusqu'au bout4 ,m4 de ,tourreil s'exprime ainsi dans la ,revue philosophique de mai #ahef1 au sujet de la femme et de ses droits3 ,la nature se rduit trois grands principes co-ternels ou agents producteurs de toutes choses4 ,ces principes sont3 ,le principe femelle ou passif1 ,le principe mle ou actif1 ,et le principe mixte ou unificatif1 participant des deux1 que l'on appelle ,amour4 ,dieu est donc ,femelle1 ,mle et ,androgyne dans son unit trinaire4 ,il est simultanment de toute ternit ,mre1 ,pre et ,amour1 au lieu d'tre1 comme les thologiens le disent1 ,pre1 ,fils et ,saint-,esprit1 trois agents de mme sve1 incapables de rien produire44444 ,vous concevrez facilement1 mon cher frre1 que si dans la trinit divine1 le sexe fminin et le sexe masculin sont sur la mme ligne1 ils se trouveront galement sur la mme ligne dans l'humanit4 ,le rle que la femme divine joue au ,ciel1 la femme humaine le jouera sur la terre44444 ,est-il 7,dieu7 seulement du sexe masculin1 les hommes diront que le sexe masculin est le seul noble1 et que la femme n'a t cre que pour le service de l'homme1 comme l'homme est cr pour ,dieu4 ,l'on mettra mme en doute si elle a une me1 et l'on croira lui faire une grce en l'admettant dans la vie comme quelque chose4 ,suivent dans le texte les enseignements de l'aptre ,paul sur la femme et le mariage2 puis l'auteur continue3 ,voil1 mon cher frre1 le rle que le christianisme assigne la femme4 ,si cette doctrine tait donc suivie de point en point1 et si elle ne devait pas tre remplace par une autre suprieure1 la femme se trouverait perptuit condamne une subalternisation humiliante pour elle4 ,mais le ,fusionisme qui est la doctrine du salut pour tous1 ne permet aucun d'tre sacrifi1 c'est pourquoi la femme est l'gale de l'homme1 et l'homme est l'gal de la femme1 comme en ,dieu1 la ,mre ternelle est l'gale du ,pre ternel1 et le ,pre ternel est l'gal de la ,mre ternelle4 ,m4 de ,tourreil croit que la ,mre donne la forme1 et le ,pre1 la vie1 deux choses aussi ncessaires l'une que l'autre pour constituer l'tre4 ,puisque la femme est l'gale de l'homme en principe absolu1 continue-t-il1 et qu'elle lui est co-ternelle1 il y a injustice la subalterniser l'homme dans le relatif1 et la ,gense commet une erreur grossire en la faisant procder de l'homme4 ,si l'un des deux pouvait tre avant l'autre1 ce serait la femme2 car la rigueur on pourrait concevoir l'tre sans la vie1 mais il serait bien impossible de concevoir la vie sans l'tre4 ,l'tre sans la vie serait un tre mort1 mais que serait la vie sans l'tre8 ,ce serait une vie qui n'existerait pas1 la ngation1 l'absence de la vie1 le nant4 ,donc1 dans l'ordre logique1 la femme est la premire44444 ,non seulement la femme doit tre l'gale de l'homme1 d'aprs ce que nous avons vu1 mais dans l'nonciation et le classement1 elle doit tre nomme et classe la premire4 ,la femme est le moule qui perfectionne ou dprave l'espce1 selon que ce moule est bien ou mal4 ,le sort de l'humanit dpend donc de la femme1 puisqu'elle a une action toute puissante sur le fruit qu'elle porte dans son sein4 ,pure1 bonne1 intelligente1 elle produira des tres sains1 intelligents et bons4 ,impure1 borne et mchante1 elle produira des tres malsains1 inintelligents et mchants4 ,en un mot1 l'enfant sera ce que sera sa mre1 parce que nul ne peut donner que ce qu'il a4 ,il importe donc que la femme soit dveloppe comme l'homme1 que son ducation soit universelle1 que sa personne soit honore1 respecte1 entoure de sollicitude1 afin que rien dans le milieu social ne vienne la modifier en mal4 ,destine par l'tre ,suprme former de sa chair1 de son sang et de son me l'tre humain1 destine le nourrir de son lait et faire sa premire ducation1 deux actes qui ont la plus grande influence sur la vie individuelle1 la femme doit tre considre comme l'agent principal de perfectionnement4 ,ce rle la classe naturellement un rang trs lev dans la socit1 et exige d'elle des perfections suprieures4 ,aussi sera-t-elle dans l'avenir l'image de la sagesse divine sur la terre1 comme l'homme en reprsentera la puissance4 ,a l'homme reviendra plus particulirement l'action2 la femme1 le conseil4 ,l'homme aura l'initiative des entreprises difficiles2 la femme en modrera ou en excitera l'ardeur4 ,l'homme domptera la plante2 la femme l'embellira4 ,l'homme symbolisera la science et l'industrie2 la femme symbolisera la posie et l'art4 ,toujours l'un aura besoin de l'autre2 ils marcheront paralllement ensemble1 et se complteront rciproquement l'un par l'autre4 ,voil1 mon cher frre1 d'une faon raccourcie1 l'ide que l'on doit se faire de la femme4 ,l'homme et la femme ne sont pas deux tres radicalement spars2 ils ne font eux deux qu'un seul tre4 ,subalterniser la femme l'homme1 ou l'homme la femme1 c'est donc mutiler l'tre humain et mal comprendre son intrt4 ,pour que l'humanit soit heureuse1 il ne faut pas que l'une de ses deux moitis souffre4 ,et comment ne souffrirait-elle pas si elle est asservie1 opprime par l'autre6 ,notre destine sur la terre1 c'est de constituer l'tre collectif dans sa conscience propre4 ,pour cela1 il faut raliser l'androgyne humanitaire4 ,or1 l'androgyne humanitaire ncessite auparavant l'androgyne individuel1 lequel ne peut tre constitu que par le mariage harmonique4 ,le mariage est donc la grande loi formatrice ou dformatrice de l'tre collectif1 selon qu'il est conu par le lgislateur d'une manire conforme ou contraire la destine humaine4 ,c'est dans le mariage que se trouve la source du bien et du mal2 savez-vous pourquoi8 ,c'est parce que dans l'acte qui unit l'homme la femme1 et o le couple ne forme plus qu'un corps1 les deux mes se fusionnent par une donation rciproque1 qui fait que l'me de l'homme et l'me de la femme s'unissent l'une l'autre pour l'ternit4 ,en sorte que1 aprs la conjonction1 l'me de la femme adhre l'me de l'homme et l'accompagne partout1 pendant que l'me de l'homme adhre l'me de la femme et ne la quitte plus4 ,d'o il suit que si l'me de l'homme est dprave1 elle dprave la femme laquelle elle est unie1 en exerant sur elle une action continue1 mme distance4 ,comme aussi1 la dpravation de la femme unie un homme1 dprave celui-ci son insu1 par une action occulte et permanente4 ,les mes de deux tres dpravs peuvent donc tre conjointes insparablement1 sans pour cela constituer l'androgyne individuel1 qui est le but divin du mariage ou de l'union des sexes4 ,l'androgyne individuel n'est possible qu' la condition de l'unit4 ,mais l'unit ne saurait tre constitue par le mal4 ,il n'y a que le bien1 le vrai1 le parfait1 qui runissent les conditions de l'unit4 ,le mal1 le faux1 l'imparfait1 sont essentiellement divers de leur nature4 ,deux tres mchants1 sans sincrit1 pleins de vices1 ne produiront par leur conjonction qu'une division de plus en plus grande4 ,ils seront unis2 mais pour se tourmenter rciproquement4 ,jamais l'unit ne sera constitue par eux2 et sans la constitution de l'unit ou de l'androgyne individuel1 il ne serait pas possible de raliser la destine humaine4 ,pour que l'androgyne individuel existe dans le couple1 il faut la communion spirituelle parfaite1 c'est dire la communaut de pense1 de sentiment et de volont4 ,mais comment deux individus qui1 au lieu d'tre rgis par la vrit1 ne sont rgis que par leurs passions dvoyes1 pourraient-ils eux deux n'en faire qu'un8 ,cela est impossible4 ,vous pouvez comprendre1 mon cher frre1 d'aprs ce peu de paroles1 combien le mariage est saint1 et combien il importe de ne contracter que des unions harmoniques1 car souvent le malheur de la vie dpend d'une conjonction irrflchie4 ,ayant eu occasion de me rencontrer plusieurs fois avec l'honorable ,m4 de ,tourreil1 je lui demandai quelques dtails prcis sur la libert de la femme et le mariage4 ,voici le rsum de ceux qu'il a bien voulu me donner3 ,l'ducation est la mme pour les deux sexes2 ,la femme suit librement la vocation qui lui vient de ,dieu2 seule elle en est juge2 ,dans tous les grades et emplois de la rpublique de ,dieu1 la femme est ct de l'homme2 ,depuis l'ge de cinquante ans1 tout individu des deux sexes est gouvernant et prtre2 ,la reproduction de l'espce1 devant tre l'uvre de l'amour de personnes saines d'esprit et de corps1 avant d'y procder1 l'pouse sera engage se confesser la prtresse et l'poux au prtre1 afin d'tre clairs sur l'opportunit ou les inconvnients d'un rapprochement4 ,il n'y a qu'un seul cas de dissolution du mariage3 c'est quand les poux sont arrivs la fusion complte1 c'est dire se sentir1 se savoir rciproquement1 ne plus rien avoir changer4 ,alors il devient ncessaire de changer de liens1 et de travailler chacun de son ct se fusionner avec un autre conjoint4 ,dans l'tat actuel de l'humanit1 cette fusion ne peut avoir lieu2 mais plus tard1 quand nous serons plus parfaits1 elle deviendra possible plusieurs fois dans la vie4 ,le ,fusionisme est1 comme on le voit1 un socialisme mystique4 ,ses sectateurs sont des gens doux et bons1 et trs tolrants envers ceux qui ne pensent pas comme eux4 ,,phalanst,,riens ,le cachet de l'cole ,fouririste1 ,socitaire ou ,phalanstrienne est le respect de la libert individuelle1 bas sur les notions suivantes3 ,toute nature est bonne2 elle ne se pervertit qu'en fonctionnant dans un mauvais milieu4 ,personne ne ressemblant exactement aux autres1 chacun doit tre seul juge de ses aptitudes1 et ne doit recevoir loi que de lui-mme4 ,les attractions sont proportionnelles aux destines4 ,si les disciples de mon compatriote ,charles ,fourier1 ne s'expriment pas exactement ainsi1 tout ce qu'ils ont crit est empreint de ces penses4 ,fourier et ses disciples ont-ils raison de croire que la loi d'attraction passionnelle soit appele seule organiser le monde industriel1 moral et social8 ,que l'lment primordial d'une socit doive tre la commune ,socitaire ou ,phalanstre8 ,que les passions les plus opposes1 les plus diverses1 soient les conditions sine qua non de l'harmonie8 ,que la rtribution des uvres et du concours doive se faire selon le ,travail1 le ,capital et le ,talent8 ,c'est ce que nous n'avons pas examiner ici4 ,la seule chose qui doive nous occuper dans cette rapide revue des opinions contemporaines1 est de rechercher quels sont les sentiments et les ides de ,fourier et de son cole en ce qui concerne l'objet principal de ce livre4 ,quelques pages du chef et une analyse sommaire y suffiront4 ,voici ce qu'crit ,fourier dans la ,thorie des quatre ,mouvements1 dition de #ahdh1 pages #adf1 #adg et suivantes3 ,que les anciens philosophes de la ,grce et de ,rome aient ddaign les intrts des femmes1 il n'y a rien d'tonnant cela1 puisque ces rhteurs taient tous des partisans outrs de la pdrastie qu'ils avaient mise en grand honneur dans la belle antiquit4 ,ils jetaient le ridicule sur la frquentation des femmes3 cette passion tait considre comme dshonorante4444 ,ces murs obtenaient le suffrage unanime des philosophes qui1 depuis le vertueux ,socrate jusqu'au dlicat ,anacron1 n'affichaient que l'amour sodomite et le mpris des femmes1 qu'on relguait au deuxime tage1 fermes comme dans un srail1 et bannies de la socit des hommes4 ,ces gots bizarres n'ayant pas pris faveur chez les modernes1 on a lieu de s'tonner que nos philosophes aient hrit de la haine que les anciens savants portaient aux femmes1 et qu'ils aient continu ravaler le sexe1 au sujet de quelques astuces auxquelles la femme est force par l'oppression qui pse sur elle1 car on lui fait un crime de toute parole ou pense conforme au vu de la nature 4444444 7p4 #adf74 ,quoi de plus inconsquent que l'opinion de ,diderot1 qui prtend que pour crire aux femmes1 il faut tremper sa plume dans l'arc en ciel et saupoudrer l'criture avec la poussire des ailes du papillon8 ,les femmes peuvent rpliquer aux philosophes3 votre civilisation nous perscute ds que nous obissons la nature2 on nous oblige de prendre un caractre factice1 n'couter que des impulsions contraires nos dsirs4 ,pour nous faire goter cette doctrine1 il faut bien que vous mettiez en jeu les illusions et le langage mensonger1 comme vous faites l'gard du soldat que vous bercez dans les lauriers et l'immortalit pour l'tourdir sur sa misrable condition4 ,s'il tait vraiment heureux1 il pourrait accueillir un langage simple et vridique qu'on se garde bien de lui adresser4 ,il en est de mme des femmes2 si elles taient libres et heureuses1 elles seraient moins avides d'illusions et de cajoleries1 et il ne serait plus ncessaire pour leur crire1 de mettre contribution l'arc en ciel et les papillons 444 7p4 #adf et #adg74 ,lorsqu'elle 7la ,philosophie7 raille sur les vices des femmes1 elle fait sa propre critique2 c'est elle qui produit ces vices par un systme social qui1 comprimant leurs facults ds l'enfance et pendant tout le cours de leur vie1 les force recourir la fraude pour se livrer la nature4 ,vouloir juger les femmes sur le caractre vicieux qu'elles dploient en civilisation1 c'est comme si l'on voulait juger la nature de l'homme sur le caractre du paysan russe1 qui n'a aucune ide d'honneur et de libert1 ou comme si l'on jugeait les castors sur l'hbtement qu'ils montrent dans l'tat domestique1 tandis que dans l'tat de libert et de travail combin ils deviennent les plus intelligents de tous les quadrupdes4 ,mme contraste rgnera entre les femmes esclaves de la civilisation et les femmes libres de l'ordre combin2 elles surpasseront les hommes en dvouement industriel1 en loyaut1 en noblesse2 mais hors de l'tat libre et combin1 la femme devient1 comme le castor domestique ou le paysan russe1 un tre tellement infrieur sa destine et ses moyens1 qu'on incline la mpriser quand on la juge superficiellement et sur les apparences 7p4 #adg74 ,une chose surprenante c'est que les femmes se soient montres toujours suprieures aux hommes quand elles ont pu dployer sur le trne leurs moyens naturels1 dont le diadme leur assure un libre usage4 ,n'est-il pas certain que sur huit souveraines1 libres et sans poux1 il en est sept qui ont rgn avec gloire1 tandis que sur huit rois1 on compte habituellement sept souverains faibles4444 ,les lisabeth1 les ,catherine ne faisaient pas la guerre1 mais elles savaient choisir leurs gnraux1 et c'est assez pour les avoir bons4 ,dans toute autre branche d'administration1 les femmes n'ont-elles pas donn des leons l'homme8 ,quel prince a surpass en fermet ,marie-,thrse qui1 dans un moment de dsastre o la fidlit de ses sujets est chancelante1 o ses ministres sont frapps de stupeur1 entreprend elle seule de retremper tous les courages8 ,elle sait intimider par son abord la dite de ,hongrie mal dispose en sa faveur2 elle harangue les ,magnats en langue latine1 et amne ses propres ennemis jurer sur leurs sabres de mourir pour elle4 ,voil un indice des prodiges qu'oprerait l'mulation fminine dans un ordre social qui laisserait un libre essor ses facults 7p4 #adh74 ,et vous1 sexe oppresseur1 ne surpasseriez-vous pas les dfauts reprochs aux femmes1 si une ducation servile vous formait comme elles vous croire des automates faits pour obir aux prjugs1 et pour ramper devant un matre que le hasard vous donnerait8 ,n'a-t-on pas vu vos prtentions de supriorit confondues par ,catherine qui a foul aux pieds le sexe masculin8 ,en instituant des favoris titrs1 elle a tran l'homme dans la boue1 et prouv qu'il peut1 dans la pleine libert1 se ravaler lui-mme au dessous de la femme dont l'avilissement est forc1 et par consquent excusable4 ,il faudrait1 pour confondre la tyrannie des hommes1 qu'il existt pendant un sicle un troisime sexe1 mle et femelle et plus fort que l'homme4 ,ce nouveau sexe prouverait coups de gaules que les hommes sont faits pour ses plaisirs aussi bien que les femmes2 alors on entendrait les hommes rclamer contre la tyrannie du sexe hermaphrodite1 et confesser que la force ne doit pas tre l'unique rgle du droit4 ,or ces privilges1 cette indpendance qu'ils rclameraient contre le troisime sexe1 pourquoi refusent-ils de les accorder aux femmes 7p4 #adh78 ,en signalant ces femmes qui ont su prendre leur essor1 depuis la ,virago1 comme ,marie-,thrse1 jusqu' celles de nuances plus radoucies1 comme les ,ninon et les ,svign1 je suis fond dire que la femme1 en tat de libert1 surpassera l'homme dans toutes les fonctions de l'esprit ou du corps qui ne sont pas l'attribut de la force physique 7p4 #adh74 ,dj l'homme semble le pressentir2 il s'indigne et s'alarme lorsque les femmes dmentent le prjug qui les accuse d'infriorit4 ,la jalousie masculine a surtout clat contre les femmes auteurs2 la philosophie les a cartes des honneurs acadmiques1 et renvoyes ignominieusement au mnage 44444 7p4 #adh74 ,quelle est aujourd'hui leur existence 7celle des femmes78 ,elles ne vivent que de privations1 mme dans l'industrie o l'homme a tout envahi1 jusqu'aux minutieuses occupations de la couture et de la plume1 tandis qu'on voit des femmes s'escrimer aux pnibles travaux de la campagne4 ,n'est-il pas scandaleux de voir des athltes de trente ans accroupis devant un bureau1 et voiturant avec des bras velus une tasse de caf1 comme s'il manquait de femmes et d'enfants pour vaquer aux vtilleuses occupations des bureaux et du mnage 7p4 #aei78 ,quels sont donc les moyens de subsistance pour les femmes prives de fortune8 ,la quenouille ou bien leurs charmes1 quand elles en ont4 ,oui1 la prostitution plus ou moins gaze1 voil leur unique ressource1 que la philosophie leur conteste encore2 voil le sort abject auquel les rduit cette civilisation1 cet esclavage conjugal qu'elles n'ont pas mme song attaquer 7p4 #aej74 ,fourier reproche amrement aux femmes auteurs de n'avoir pas cherch les moyens de faire cesser un tel tat de choses2 et il ajoute avec grande raison3 ,leur indolence cet gard est une des causes qui ont accru le mpris de l'homme4 ,l'esclave n'est jamais plus mprisable que par une aveugle soumission qui persuade l'oppresseur que sa victime est ne pour l'esclavage 7p4 #aej74 ,fourier a raison mais444 lever les autres1 c'est risquer de se perdre dans la foule2 et tout le monde n'est pas capable de ce degr d'abngation4 ,mais combattre pour le droit des faibles1 quand les hommes vous ont admise dans leurs rangs1 c'est se prparer un rude chemin et une lourde croix4 ,d'abord on s'expose la haine et la raillerie des hommes2 puis les femmes d'une demi-culture1 corrodes par la jalousie1 inventent mille calomnies pour vous perdre2 elles feignent de se scandaliser qu'une femme ose protester contre l'infriorit et l'exploitation de son sexe2 elles se liguent avec les matres1 crient plus fort qu'eux1 et pour peu que vous soyez crdules1 elles vous affirmeront qu'elles ont surpris l'ennemie1 un nombre incalculable de fois1 en conversation44444 peu difiante avec le malin esprit4 ,or1 toute femme n'est pas trempe pour hausser les paules devant cette cohue d'esprits malsains44444 on aime trop la paix1 on manque de courage1 et l'on n'aime pas assez la justice1 n'est-ce pas1 mesdames8 ,revenons ,fourier4 ,on sait qu'il admet plusieurs priodes sociales4 ,le pivot de chacune d'elles est1 selon lui1 tir de l'amour et du degr de libert de la femme4 ,en thse gnrale1 dit-il1 les progrs sociaux et changements de priode s'oprent en raison du progrs des femmes vers la libert1 et les dcadences d'ordre social s'oprent en raison du dcroissement de la libert des femmes 7p4 #acb74 ,dans un autre endroit il ajoute en parlant des philosophes3 ,s'ils traitent de morale1 ils oublient de reconnatre et de rclamer les droits du sexe faible dont l'oppression dtruit la justice dans sa base4 ,autre part il dit encore3 ,or1 ,dieu ne reconnat pour libert que celle qui s'tend aux deux sexes et non pas un seul2 aussi voulut-il que tous les germes des horreurs sociales1 comme la sauvagerie1 la barbarie1 la civilisation1 n'eussent d'autre pivot que l'asservissement des femmes2 et que tous les germes du bien social1 comme les sixime1 septime1 huitime priode n'eussent d'autre pivot1 d'autre boussole1 que l'affranchissement progressif du sexe faible4 ,on a reproch ,fourier d'avoir voulu l'mancipation amoureuse des femmes3 rien n'est plus vrai4 ,mais pour le lui reprocher comme une immoralit1 il faudrait que les hommes blmassent leurs propres murs4 ,or ces messieurs se considrant comme trs purs1 quoique possds de la papillonne en amour1 l'infidlit et la possession simultane de plusieurs femmes n'tant qu'un jeu pour eux1 je ne vois vraiment pas ce qu'ils peuvent blmer dans ,fourier4 ,ou ce qu'ils font est bien1 et alors ce ne peut tre un mal pour la femme4 ,ou ce qu'ils font est mal3 alors pourquoi le font-ils8 ,fourier croyait l'unit de la loi morale et l'galit des sexes2 il croyait la lgitimit des murs de ces messieurs1 moins la perfidie et l'hypocrisie2 voil pourquoi il prtend manciper la femme en amour3 il est logique4 ,du reste il a toujours rpt que les murs qu'il peignait1 seraient du dsordre en priode civilise2 qu'elles ne pourraient s'tablir que progressivement dans les priodes subsquentes4 ,parmi les phalanstriens beaucoup repoussent aussi bien les murs amoureuses de ,fourier que sa ,thodice1 et j'ai entendu moi-mme plusieurs leons dans lesquelles l'orateur condamnait1 non seulement la fausset dans les rapports conjugaux1 mais encore la lgret des murs4 ,fourier et l'orthodoxie ,saint-,simonienne ont commis la mme erreur au sujet de l'mancipation de la femme2 mais les hommes1 je le rpte1 seraient bien audacieux de leur en faire un crime1 puisqu'ils se permettent pis2 quant aux femmes1 soutenues et aimes par ces rformateurs1 qu'elles imitent la pieuse conduite de ,sem et de ,japhet3 on doit des gards son pre1 que ce soit l'ide ou le vin qui l'ait mis en tat d'ivresse4 ,maintenant que nous avons cit le matre1 numrons les principaux points de la doctrine ,fouririste1 en ce qui touche la libert de la femme et l'galit des sexes3 #a ,l'homme et la femme se composent des mmes lments physiques1 intellectuels et moraux3 il y a donc entre les sexes identit de nature4 #b ,la proportion de ces lments diffre chez les deux sexes1 et constitue la diffrence qui existe entre eux4 #c ,cette diffrence est quilibre de manire ce que la valeur soit gale4 ,o l'homme est le plus fort1 il prend le pas sur la femme1 o celle-ci est la plus forte1 elle prend le pas sur l'homme4 #d ,l'homme appartient au mode majeur3 il l'emporte sur la femme en intellect1 en logique1 en grande industrie1 en amiti2 lui donc de crer les sciences positives1 d'enchaner les faits1 de rgir les relations commerciales1 de relier tous les intrts1 d'organiser les groupes et les sries4 ,la femme apporte toutes ces choses son aide indispensable2 mais par le fait de ses aptitudes1 elle n'y rend que des services secondaires4 #e ,la femme appartient au mode mineur3 elle l'emporte sur l'homme dans l'intelligence qui applique1 approprie2 dans l'intuition qui met l'homme sur la piste des biens que doit atteindre la logique masculine2 dans la sphre de la maternit o elle prside l'ducation1 car elle comprend mieux que l'homme les moyens employer pour amliorer l'espce sous tous les rapports2 enfin dans la sphre de l'amour o elle a droit et pouvoir de policer1 de raffiner les rapports des deux sexes1 de stimuler les hommes aux conqutes de l'intelligence1 l'amlioration des conditions physiques du globe1 de l'industrie1 de l'art1 des relations sociales1 etc4 ,de mme que la femme intervient jusqu' certain point dans le mode majeur1 l'homme entre dans le mode mineur o son concours est indispensable4 ,ainsi en gnral1 chez l'homme prdomine la tte1 chez la femme1 le cur2 mais comme tous deux ont un cur et une tte1 l'homme1 par son cur1 devient un aide dans le mode mineur1 et la femme1 par sa tte1 en devient un dans le mode majeur4 #f ,il y a des hommes qui sont femmes par le cur et la tte2 des femmes qui sont hommes par la tte et le cur2 dans l'humanit1 ils forment #a_/h d'exception4 ,toute libert et tout droit leur sont reconnus4 #g ,chaque membre du phalanstre suit sa vocation1 obit ses attractions1 car les attractions sont proportionnelles aux destines4 ,donc le #a_/h d'exception dans les deux sexes1 ayant attraction pour des travaux qui sont plus spcialement du ressort du sexe diffrent1 est parfaitement libre de s'y livrer4 #h ,tout homme et toute femme majeurs ont un vote gal4 #i ,tout est rgl par les chefs des deux sexes1 choisis par le libre vote des deux sexes4 #aj ,toutes les charges1 depuis la prsidence du groupe celle du globe1 sont conjointement remplies par un homme et une femme qui divisent entre eux les dtails de leur commune fonction4 #aa ,la mre est tutrice de ses enfants3 ils appartiennent elle seule2 le pre n'a de droits sur eux que si la mre veut bien lui en confrer4 ,tel est le sommaire de la doctrine ,fouririste sur le sujet qui nous occupe4 ,si l'cole ,socitaire n'est pas dans la vrit complte1 au moins faut-il reconnatre qu'elle a pris le vrai chemin pour y arriver4 ,que sa thorie du classement et de la prdominance des facults selon les sexes soit exacte ou non1 l'erreur n'aurait pas de fcheux rsultats dans la pratique4 ,la femme tant libre de suivre ses aptitudes1 tant de moiti dans les droits et les fonctions1 pourrait toujours se placer dans le #h;e exceptionnel1 sans craindre de rencontrer1 pour la renvoyer aux soins du mnage1 tels jaloux mieux organiss qu'elle pour moduler en mineur4 ,je me rappelle1 ce propos1 certain avocat1 point du tout femmelin1 professant un ddain magnifique pour le sexe auquel appartenait sa mre1 digne1 en un mot1 d'tre disciple de ,p4 ,j4 ,proudhon4 ,savez-vous ce que ce monsieur avait retenu de ses leons de droit8 ,l'art de balayer proprement une chambre1 de faire reluire les meubles1 d'ourler gentiment des serviettes et des mouchoirs et de confectionner des sauces4 ,ne trouvez-vous pas1 illustre ,proudhon1 qu'il et t plus lgitimement conseill d'aller repasser des colerettes1 que certaines femmes qui crivent de bons articles de ,philosophie8 ,mais revenons ,fourier4 ,parmi les coles socialistes1 celle de ,fourier occupe une place distingue2 elle est une de celles qui mritent le plus la reconnaissance des femmes1 par les principes d'mancipation qu'elle a poss4 ,nous sparons ici1 bien entendu1 ces principes de ,libert et d'galit1 de tout ce qui se rapporte la question des murs1 que nous ne pouvons rsoudre de la mme manire que ,fourier1 pas plus pour la femme que pour l'homme4 ,m4 ,,ernest ,,legouv ,hritier d'un nom qui oblige1 ,m4 ,ernest ,legouv1 crivain lgant1 loquent1 plein de passion1 a fait une ,histoire morale des femmes1 d'o s'exhale un parfum d'honntet et d'amour du ,progrs qui fait du bien au cur et rassrne l'esprit4 ,dans chacune des pages de ce livre1 on surprend l'lan d'un cur bon1 d'un esprit lev1 que rvoltent l'injustice1 l'oppression1 la laideur morale4 ,l'auteur a bien mrit des femmes1 et c'est avec bonheur que je saisis l'occasion de le remercier au nom de celles qui1 en divers pays1 luttent l'heure qu'il est pour l'mancipation de la moiti du genre humain4 ,j'ai dj vulgaris en ,italie les donnes gnrales du livre de ,m4 ,legouv4 ,cet ouvrage est tellement connu parmi nous1 qu'une analyse m'en paratrait superflue1 si je ne croyais que1 dans un livre o il est question des droits de la femme1 on ne peut lgitimement se dispenser de parler de ,m4 ,legouv et de rappeler la sympathie dont nous honorait son pre4 ,voici donc le compte-rendu que j'ai fait de l',histoire morale des femmes dans la ,ragione de ,turin1 numros du #af aot1 du #f et du #bj septembre #ahef4 ,quel est l'objet de l'ouvrage de ,m4 ,legouv8 ,laissons-le lui-mme le dire4 ,l'objet de ce livre se rsume par ces mots3 rclamer la libert fminine au nom des deux principes mmes des adversaires de cette libert3 la tradition et la diffrence 7des sexes72 c'est dire1 montrer dans la tradition le progrs1 et dans la diffrence l'galit4 ,dieu a cr l'espce humaine double1 nous n'en utilisons que la moiti2 la nature dit deux1 nous disons un3 il faut dire comme la nature4 ,l'unit elle-mme1 au lieu d'y prir1 sera seulement alors l'unit vritable1 c'est dire non pas l'absorption strile d'un des deux termes au profit de l'autre1 mais la fusion vivante de deux individualits fraternelles1 accroissant la puissance commune de toute la force de leur dveloppement particulier4 ,l'esprit fminin est touff1 mais il n'est pas mort44444 ,nous ne pouvons pas confisquer notre gr une force cre par ,dieu1 teindre un flambeau allum de sa main1 seulement dtourn de son but2 cette force1 au lieu de crer1 dtruit2 ce flambeau consume au lieu d'clairer4 ,ouvrons donc larges portes l'entre du monde cet lment nouveau1 nous en avons besoin4 ,puis1 examinant la situation des femmes1 l'auteur ajoute3 ,aucune histoire ne prsente1 nous le croyons1 plus de prjugs iniques combattre1 plus de blessures secrtes gurir4 ,parlerons-nous du prsent8 ,filles1 pas d'ducation publique pour elles1 pas d'enseignement professionnel1 pas de vie possible sans mariage1 pas de mariage sans dot4 pouses1 elles ne possdent pas lgalement leurs biens1 elles ne possdent pas leurs personnes1 elles ne peuvent pas donner1 elles ne peuvent pas recevoir1 elles sont sous le coup d'un interdit ternel4 ,mres1 elles n'ont pas le droit lgal de diriger l'ducation de leurs enfants1 elles ne peuvent ni les marier ni les empcher de se marier1 ni les loigner de la maison paternelle1 ni les y retenir4 ,membres de la cit1 elles ne peuvent ni tre tutrices d'un orphelin1 autre que leur fils ou leur petit-fils1 ni faire partie d'un conseil de famille1 ni tmoigner dans un testament2 elles n'ont pas le droit d'attester l'tat civil la naissance d'un enfant6 ,parmi les ouvriers1 quelle classe est la plus misrable8 ,les femmes4 ,qui est-ce qui gagne seize sous1 dix-huit sous pour douze heures de travail8 ,les femmes4 ,sur qui tombent toutes les charges des enfants naturels8 ,sur les femmes4 ,qui supporte toute la honte des fautes commises par la passion8 ,les femmes4 ,puis1 aprs avoir montr la position des femmes riches1 il continue3 ,et ainsi1 esclaves partout1 esclaves de la misre1 esclaves de la richesse1 esclaves de l'ignorance1 elles ne peuvent se maintenir grandes et pures qu' force de noblesse native et de vertu presque surhumaine4 ,une telle domination peut-elle durer8 videmment non4 ,elle tombe forcment devant le principe de l'quit naturelle2 et le moment est venu de rclamer1 pour les femmes1 leur part de droits et surtout de devoirs2 de faire sentir tout ce que l'assujettissement leur enlve et tout ce qu'une juste libert leur rendra2 de montrer enfin le bien qu'elles ne font pas1 et le bien qu'elles peuvent faire4 ,le pass nous montre la femme de plus en plus opprime mesure que l'on remonte le cours des sicles3 ,la rvolution franaise 7elle-mme71 qui a tout renouvel afin d'affranchir les hommes1 n'a1 pour ainsi dire1 rien fait pour l'mancipation des femmes44444 #ia a respect presque toutes les servitudes fminines de #hh1 et le ,consulat les a consacres dans le ,code civil4 ,ce fut1 selon ,m4 ,legouv1 la faute de la philosophie du ,x,v,i,i,ie sicle1 car3 ,la femme est1 selon ,diderot1 une courtisane2 selon ,montesquieu1 un enfant agrable2 selon ,rousseau1 un objet de plaisir pour l'homme2 selon ,voltaire1 rien44444 ,condorcet et ,sieys demandaient mme l'mancipation politique des femmes2 mais leurs protestations furent touffes par les voix puissantes des trois grands continuateurs du ,x,v,i,i,ie sicle1 ,mirabeau1 ,danton1 ,robespierre4 ,sous le ,consulat1 la libert fminine n'eut pas d'adversaire plus dcid 7que ,bonaparte73 homme du ,midi1 le spiritualisme de la femme lui chappe2 homme de guerre1 il voit dans la famille un camp1 et y veut avant tout la discipline2 despote1 il y voit un tat1 et y veut avant tout l'obissance4 ,c'est lui qui termina une discussion au ,conseil par ces mots3 il y a une chose qui n'est pas franaise1 c'est qu'une femme puisse faire ce qui lui plat44444 ,toujours l'homme 7dans la pense de ,bonaparte72 toujours l'honneur de l'homme6 ,quant au bonheur de la femme1 il n'en est pas question une seule fois 7dans le ,code civil74 ,c'est au nom de la faiblesse des femmes1 au nom de la tradition1 qui les montre toujours subalternes1 c'est au nom de leurs fonctions mnagres1 que les adversaires de l'mancipation des femmes s'y opposent3 ,les instruire c'est les dparer1 dit ironiquement ,m4 ,legouv2 et ils ne veulent pas qu'on leur gte leurs jouets4 ,puis il continue srieusement3 ,que nous importe la tradition8 ,que nous importe l'histoire8 ,il est une autorit plus forte1 que le consentement du genre humain1 c'est le droit4 ,quand mille autres sicles de servitude viendraient s'ajouter tous ceux qui sont dj passs1 leur accord ne pourrait abolir le droit primordial qui domine tout1 le droit absolu de perfectionnement que chaque tre a reu1 par cela seul qu'il a t cr4 ,a ceux qui basent leur opposition sur les fonctions domestiques de la femme1 il rpond3 ,si l 7dans le mnage7 est leur royaume1 elles doivent donc y tre reines2 leurs facults propres leur y assurent l'autorit1 et leurs adversaires sont forcs1 par leurs propres principes1 de les manciper comme filles1 comme pouses1 comme mres4 ,ou1 au contraire1 on veut tendre leur sphre d'influence1 leur donner un rle dans l'tat2 et nous croyons qu'il leur en faut un2 eh bien6 c'est1 encore dans cette dissemblance 7entre les deux sexes7 qu'il convient de le chercher4 ,lorsque deux tres se valent1 c'est presque toujours parce qu'ils diffrent1 non parce qu'ils se ressemblent4 ,loin de dpossder les hommes1 la mission des femmes sera donc de faire ce que les hommes ne font pas1 d'aspirer aux places vides1 de reprsenter enfin dans la cit l'esprit de la femme4 ,comme on le voit1 ,m4 ,legouv rclame l'mancipation civile des femmes au nom du droit ternel1 au nom du bonheur de la famille1 au nom de la cit2 leur oppression sculaire est un fait inique1 et il jette une parole de blme tous ceux qui l'ont perptue4 ,cette parole d'homme de cur et de justice aura peut-tre quelque poids auprs des femmes1 qui se sont accoutumes si bien l'esclavage qu'elles n'en rougissent pas1 qu'elles ne le sentent mme plus6 ,dans son premier livre1 ,la ,fille1 divis en sept chapitres1 ,m4 ,legouv prend l'enfant sa naissance2 il la montre infriorise dans les religions et les lgislations anciennes par ,manou1 par ,mose1 ,rome1 ,sparte1 ,athnes1 sous le rgime fodal2 et il se demande pourquoi1 de nos jours encore1 une sorte de dfaveur est jete sur la naissance de la fille8 ,c'est1 dit-il1 parce qu'elle ne continuera ni l'uvre ni le nom de son pre2 c'est parce que son avenir fait natre mille inquitudes4 ,la vie est si rude et si incertaine pour une fille6 ,pauvre1 que de chances de misre6 ,riche1 que de chances de douleurs morales6 ,si elle ne doit avoir que son travail pour soutien1 comment lui donner un tat qui la nourrisse1 dans une socit o les femmes gagnent peine de quoi ne pas mourir8 ,si elle n'a pas de dot1 comment la marier1 dans ce monde o la femme1 ne reprsentant jamais qu'un passif1 est force d'acheter son mari844444 ,ds ce dbut1 et dans ce berceau d'enfant44444 nous avons trouv et entrevu toutes les chanes qui attendent les femmes3 insuffisance de l'ducation pour la fille riche2 insuffisance du salaire pour la fille pauvre2 exclusion de la plupart des professions2 subalternit dans la maison conjugale4 ,dans le chapitre #bme l'auteur montre par quelles phases la fille1 prive du droit d'hriter1 est arrive de nos jours partager galement avec ses frres2 puis1 passant au droit d'ducation 7chap4 #cme71 il rpond ceux qui prtendent1 que donner une forte ducation la femme1 ce serait la gter et porter atteinte la famille3 ,la diversit de leur nature 7de l'homme et de la femme7 se dveloppant par l'identit de leurs objets d'tudes1 on peut dire1 que les femmes seront d'autant plus femmes1 qu'elles seront plus virilement leves4 ,eh bien1 c'est au nom de la famille1 au nom du salut de la famille1 au nom de la maternit1 du mariage1 du mnage1 qu'il faut rclamer pour les filles une forte et srieuse ducation444 ,sans savoir1 pas de mre compltement mre2 sans savoir1 pas d'pouse vraiment pouse4 ,il ne s'agit pas1 en dcouvrant l'intelligence fminine les lois de la nature1 de faire de toutes nos filles des astronomes et des physiciennes3 voit-on1 que les hommes deviennent des latinistes pour avoir employ dix ans de leur vie l'tude du latin8 ,il s'agit de tremper vigoureusement leur pense par le commerce de la science2 et de les prparer entrer en partage de toutes les ides de leurs maris1 de toutes les tudes de leurs enfants444 ,l'ignorance amne mille dfauts1 mille garements pour l'pouse44444 ,tel mari qui se moque de la science1 et t sauv par elle du dshonneur4 ,insistant sur le droit de la femme1 l'auteur ajoute3 ,eh bien6 comme telle 7comme crature de ,dieu71 elle a le droit au dveloppement le plus complet de son esprit et de son cur4 ,loin donc de nous ces vaines objections tires de nos lois d'un jour6 ,c'est au nom de l'ternit que vous lui devez la lumire4 ,et plus loin s'indignant il s'crie3 ,quoi6 l'tat paie une universit pour les hommes1 une cole polytechnique pour les hommes1 des conservatoires d'arts et mtiers pour les hommes1 des coles d'agriculture pour les hommes44444 et pour les femmes1 que fonde-t-il3 ,des coles primaires6 ,encore n'est-ce pas mme lui qui les a cres1 c'est la commune4444 ,aucune ingalit n'est plus blessante4 ,il y a des tribunaux et des prisons pour les femmes1 il doit y avoir une ducation publique pour les femmes2 vous n'avez pas le droit de punir celles que vous n'instruisez pas6 ,m4 ,legouv demande1 en consquence1 l'ducation publique pour les filles dans des athnes qui1 par un enseignement approfondi de la ,france1 de ses lois1 de ses annales1 de sa posie1 feront de nos femmes des franaises4 ,la patrie seule peut enseigner l'amour de la patrie4 ,les religions et les lgislations anciennes punissaient gravement les dlits et les crimes contre la puret des femmes 7tablit ,m4 ,legouv dans son #dme chapitre74 ,notre code1 profondment immoral1 ne punit pas la sduction1 ne punit que drisoirement la corruption1 et qu'insuffisamment le viol4 ,dclarer nulle la promesse de mariage est une effrayante immoralit2 ne point permettre la recherche de la paternit1 et admettre celle de la maternit1 est aussi cruel qu'immoral4 ,si l'on compare la sollicitude du lgislateur pour la proprit avec sa sollicitude pour la puret1 on reconnatra combien la loi se soucie peu de cette dernire4 ,la loi n'admet comme coupable qu'un seul rapt d'honneur1 le viol1 mais elle dfinit1 poursuit et chtie deux manires de drober l'argent3 le vol et le dol2 il y a des filous d'cus1 il n'y a pas de filous de chastet4 ,qu'un homme ait sduit une fille de #ae ans par une promesse de mariage1 il a le droit de venir dire la justice3 voici ma signature1 cela est vrai2 mais je la renie2 une dette de cur est nulle devant la loi4 ,l'auteur indign s'crie plus loin3 ,ainsi donc de toutes parts1 dans la pratique et dans la thorie1 dans le monde et dans la loi1 pour les classes riches comme pour les classes pauvres1 abandon de la puret publique1 bride sur le cou tous les dsirs effrns ou dpravateurs444 ,des manufacturiers sduisent leurs travailleuses1 des chefs d'atelier chassent les jeunes filles qui ne veulent pas s'abandonner eux1 des matres corrompent leurs servantes4 ,sur #ejhc filles perdues que comptait le grave ,parent-,duchtelet1 ,paris1 en #ahcj1 il y avait #bhe domestiques sduites par leurs matres et renvoyes4 ,des commis marchands1 des officiers1 des tudiants dpravent de pauvres filles de province ou de campagne1 les entranent ,paris o ils les abandonnent1 et o la prostitution les recueille44444 ,dans tous les grands centres d'industrie1 ,rheims1 ,lille1 il se trouve des compagnies organises pour le recrutement des maisons de dbauche de ,paris4 ,m4 ,legouv dans son indignation d'honnte homme1 ajoute3 ,qu'on chtie la jeune fille coupable1 soit2 mais chtiez aussi l'homme4 ,elle est dj punie1 elle1 punie par l'abandon1 punie par le dshonneur1 punie par les remords1 punie par neuf mois de souffrances1 punie par la charge d'un enfant lever3 qu'il soit donc frapp son tour2 si non1 ce n'est pas la pudeur publique que vous dfendez1 ainsi que vous le dites1 c'est la suzerainet masculine dans ce qu'elle a de plus vil1 le droit du ,seigneur6 ,l'impunit assure aux hommes double le nombre des enfants naturels4 ,l'impunit nourrit le libertinage2 or le libertinage nerve la race1 bouleverse les fortunes1 et fltrit les enfants4 ,l'impunit alimente la prostitution2 or la prostitution dtruit la sant publique1 et fait un mtier de la paresse et de la licence4 ,l'impunit1 enfin1 livre la moiti de la nation en proie aux vices de l'autre3 sa condamnation est dans ce seul mot4 ,dans le chapitre #eme l'auteur trouvant1 avec raison1 qu'on marie les filles trop jeunes1 voudrait ne les voir entrer en mnage qu' #bb ans2 les uvres de charit1 les tudes solides1 les plaisirs innocents1 et la notion du vritable amour1 suffiraient les conserver pures jusqu' cet ge4 ,si donc1 dit-il1 la jeune fille apprend1 que rien n'est plus mortel ce sentiment divin 7l'amour7 que les caprices phmres qui osent s'appeler de son nom2 si elle l'entrevoit tel qu'un de ces rares trsors qu'on n'acquiert qu'en les conqurant1 qu'on ne garde qu'en les mritant2 si elle sait que le cur1 qui veut tre digne de le recevoir1 doit se purifier comme un sanctuaire1 et s'agrandir comme un temple2 alors1 soyez en sr1 cet idal sublime1 grav en elle1 la dgotera par sa seule beaut des vaines images qui le profanent ou le parodient2 on n'adore pas les idoles quand on connat ,dieu4 ,qu'est-ce que le mariage8 se demande ,m4 ,legouv4 7,chap4 #f47 ,c'est l'union de deux cratures libres1 s'associant pour se perfectionner par l'amour4 ,l'antiquit1 ni le moyen ge ne le considraient ainsi4 ,le pre de l'antiquit transmettait au mari le droit de proprit qu'il avait sur sa fille moyennant une somme de44444 ,a ,athnes la fille1 mme marie1 faisait partie de la succession paternelle1 et devait quitter son mari pour pouser l'hritier4 ,a ,rome le pre1 aprs avoir mari sa fille1 pouvait la reprendre et la faire pouser un autre4 ,chez les barbares elle appartenait celui qui payait le mundium son pre4 ,sous la fodalit l'on disposait galement de la fille sans son consentement4 ,la rvolution franaise l'a mancipe sous ce rapport3 il faut qu'elle consente son mariage2 mais les murs lui tent le bnfice de cette mancipation2 on la marie trop jeune1 elle ne sait pas ce qu'elle fait2 c'est l'intrt1 presque toujours1 qui dtermine les parents la marier4 ,pour que la femme profite de son mancipation lgale1 il faut qu'elle ait au moins vingt-deux ans1 qu'elle choisisse librement1 que les parents se contentent d'loigner d'elle ceux qu'elle ne doit pas choisir1 qu'ils se bornent l'clairer1 la conseiller2 car de l'amour des poux dpend le bonheur et la vertu de la femme4 ,l'auteur voudrait aussi la suppression des actes respectueux1 qui sont un attentat la majest paternelle4 ,examinant ensuite 7chap4 #g7 l'origine du douaire1 la transformation de la dot1 les fianailles et le mariage1 ,m4 ,legouv montre le mundium pay d'abord au pre ou au frre2 puis1 plus tard1 la jeune fille1 devenir1 avec les autres dons nuptiaux1 l'origine du douaire1 qu'il voudrait voir obligatoire de nos jours4 ,passant la dot1 il tablit que1 lentement constitue dans le monde romain1 elle fut d'abord la proprit du mari2 puis1 par le progrs1 devint la proprit de la femme4 ,notre code a parfaitement protg la dot2 mais la loi devrait contraindre les parents riches doter leurs filles pour qu'elles puissent se marier4 ,autrefois une jeune fille tait fiance par l'engagement de son pre et de l'homme qui la demandait2 plus tard les arrhes donnes au pre le furent la fille1 et les lois intervinrent pour rendre obligatoires les promesses de mariage4 ,aujourd'hui1 en ,france1 il n'y a plus de fiancs1 il n'y a que des futurs4 ,dans le livre #b;e l'auteur distingue l'amante de la matresse1 le culte de l'amour pur de celui de l'amour sensuel2 le premier produit l'amour du bien1 le patriotisme1 le respect pour la femme2 le second ne la considre que comme un objet de plaisir et de ddain4 ,l'antiquit n'a pas connu l'amour pur2 le moyen ge1 qui le connaissait1 s'est partag entre lui et l'amour sensuel2 aujourd'hui l'on comprend que les deux amours doivent tre runis2 que l'amante et la matresse ne doivent faire qu'une dans la personne de l'pouse4 ,le troisime livre1 l'pouse1 est divis en sept chapitres4 ,la subordination de la femme dans le mariage 7chap4 #a;er71 le ddain pour la mre venaient de deux ides fausses3 l'infriorit de sa nature2 sa passivit dans la reproduction de l'espce1 o elle remplissait le rle de la terre1 l'gard d'un germe quelconque4 ,la science moderne est venue dtruire ces bases d'infriorisation1 en dmontrant3 #a ,que le germe humain1 avant d'avoir sa forme dfinitive1 passe1 dans le sein de sa mre1 par des degrs progressifs d'animalit2 #b que dans toutes les espces1 animales et vgtales1 les femelles sont conservatrices de la race et la ramnent leur type propre4 ,chez les ,romains 7chap4 #b7 deux sortes de mariages mettaient la femme1 me1 corps et biens1 dans la main de son mari2 une troisime espce1 la laissant dans la famille de son pre1 elle recevait une dot1 hritait1 administrait son bien4 ,les barbares et la fodalit firent de la femme une pupille1 du mari un administrateur1 et l'on fit un pas vers l'galit des poux par l'institution des acquts4 ,aujourd'hui la jeune fille se marie sous le rgime dotal1 sous celui de la sparation de biens rarement1 et sous celui de la communaut principalement4 ,ce dernier1 qui est la rgle1 permet au mari de disposer des biens de sa conjointe1 de vendre le mobilier1 de s'emparer mme des bijoux de sa femme pour en parer sa matresse4 ,ainsi1 dlicatesse1 dignit1 cette loi ne respecte rien1 dit ,m4 ,legouv4 ,l'omnipotence du mari est un crime de la loi tous les points de vue3 elle viole manifestement le principe moderne1 qui exige que toute autorit soit borne et surveille4 ,livrer au mari la fortune de la femme1 c'est la condamner elle-mme une ternelle minorit morale1 c'est le crer1 lui1 matre absolu des actions et presque de l'me de sa compagne4 ,puis l'auteur1 s'adressant ceux qui prtendent justifier l'omnipotence maritale au nom de l'incapacit de la femme3 ,en vain les faits protestent-ils contre cette prtendue incapacit2 en vain la ralit dit-elle3 ,a qui est due la prosprit de la plupart des maisons de commerce8 ,aux femmes4 ,qui tablit1 qui gouverne les mille magasins de modes et d'objets de got8 ,les femmes4 ,par qui se soutiennent les maisons d'ducation1 les fermes1 souvent mme les manufactures8 ,par les femmes4 ,n'importe1 le code refuse l'pouse la prvoyance qui conserve1 l'intelligence qui administre1 jusqu' la tendresse maternelle qui conomise1 et la charte conjugale devient l'expression de cette phrase ddaigneuse3 la femme la plus raisonnable n'atteint jamais au bon sens d'un garon de quatorze ans4 ,comment faudrait-il s'y prendre pour remdier cet tat de choses inique et honteux8 ,il faudrait faire trois parts des biens des conjoints3 une pour la femme2 elle lui serait remise aprs cinq ans de mariage3 une pour le mari3 une troisime commune1 qui serait administre par l'homme sous surveillance d'un conseil de famille1 lequel conseil1 en cas d'incapacit ou de dilapidation1 aurait droit de lui enlever provisoirement cette gestion pour la confier la femme4 ,s'il est une chose inique 7chap4 #c71 rvoltante1 c'est le pouvoir du mari sur la personne1 les actions de sa femme2 c'est le droit de correction sur elle1 encore tolr de nos jours4 ,il faut un pouvoir directeur dans le mnage1 il faut que le mari soit dpositaire de ce pouvoir1 qui doit tre limit1 contrl par le conseil de famille4 ,l'omnipotence lgale dmoralise le mari1 qui finit par croire la lgitimit de son despotisme4 ,on dit que les murs tablissent prcisment le contraire de ce que prescrivent les lois3 c'est gnralement vrai2 mais c'est aux dpens du caractre de la femme1 oblige d'avoir recours la ruse4 ,rendons aux femmes la libert1 dit ,m4 ,legouv1 puisque la libert est la vrit6 ,ce sera du mme coup affranchir les hommes4 ,une servitude cre toujours deux esclaves3 celui qui tient la chane et celui qui la porte4 ,l'antiquit 7chap4 #d71 le moyen ge1 des sicles plus prs de nous ont puni svrement1 cruellement mme l'adultre de la femme1 et n'ont pas admis que l'homme pt se rendre coupable de ce dlit l'gard de sa conjointe4 ,notre code actuel reconnat bien que le mari peut commettre l'adultre1 mais seulement dans le cas o il entretient sa matresse sous le toit conjugal2 la femme est adultre partout1 et elle est svrement punie2 quant au mari1 la peine dont on le frappe est drisoire4 ,une telle impunit1 dit ,m4 ,legouv1 ne blesse pas seulement l'ordre1 c'est une insulte la morale publique1 c'est une leon de dbauche donne par la loi elle-mme4 ,si1 par l'adultre1 la femme blesse le cur d'un honnte homme1 introduit de faux hritiers dans la famille1 au moins elle ne peut rien distraire de la fortune1 tandis que le mari1 dans le mme cas1 tant matre de tout1 peut ruiner la maison1 tout en augmentant le nombre des enfants naturels1 et en provoquant les torts de sa femme par son abandon et sa brutalit4 ,le mari d'ailleurs est plus coupable que la femme1 car il va au devant de l'adultre1 tandis qu'au contraire il vient la femme sous mille formes attrayantes4 ,cependant l'adultre de la femme mrite une plus grande punition que celui de l'homme44444 ,ah6 ,m4 ,legouv1 est-ce logique644444 ,l'pouse orientale 7chap4 #e7 tait et est encore une esclave1 une gnratrice2 l'pouse romaine tait quelque peu de plus2 celle du moyen ge devait son corps son mari1 mais les cours d'amour avaient dcid que ses affections pouvaient1 devaient mme appartenir un autre4 ,aujourd'hui l'idal du mariage a grandi3 on comprend qu'il est la fusion de deux mes1 une cole de perfectionnement mutuel1 et que les deux poux doivent tre tout entiers l'un l'autre4 ,ce qui nous a conduit cet idal nouveau de l'union conjugale 7chap4 #f7 ce sont les luttes civilisatrices de l'glise contre le divorce et la rpudiation4 ,de sa nature le mariage est indissoluble2 mais dans l'tat actuel des choses1 o l'idal ne se ralise que trs exceptionnellement1 le lgislateur a d rendre possible la sparation des poux3 cette mesure est immorale et malheureuse autant pour les conjoints que pour leurs enfants4 ,le seul remde aux dsordres des mnages1 c'est le divorce1 question dans laquelle l'glise n'a pas intervenir4 ,tout le dernier chapitre de ce troisime livre est une condamnation du changement en amour1 une affirmation de l'indissolubilit du mariage et de la saintet du lien conjugal4 ,le quatrime livre1 la mre1 comprend six chapitres4 ,jusqu' ces derniers temps 7chap4 #a;er7 on a cru que la femme n'tait qu'une terre1 o l'homme1 crateur de l'espce1 dposait le germe humain4 ,la science moderne est venue renverser cette fausse doctrine et relever la femme en dmontrant ces trois faits incontestables3 #a ,qu' partir du moment de la conception le germe humain passe par des degrs successifs d'animalit jusqu' ce qu'il acquire sa forme propre2 #b que le sexe fminin est conservateur des races1 puisqu'il les ramne toujours son type1 aussi bien dans notre espce que dans les espces animales et vgtales2 #c que la femme est physiologiquement d'une nature suprieure l'homme1 parce qu'il est aujourd'hui dmontr que plus l'appareil respiratoire est plac haut dans l'organisme1 plus l'espce est leve dans l'chelle des tres2 et que la femme respire par la partie suprieure1 et l'homme par la partie infrieure des poumons4 ,la maternit 7chap4 #b7 ne donna pas aux femmes des droits sur leurs enfants1 mais contribua cependant leur mancipation2 ainsi dans l',inde on ne pouvait rpudier une femme qui avait des fils1 et ,rome ce fut la maternit que les femmes durent leur sortie de tutelle4 ,c'est une iniquit 7chap4 #c7 que de donner au pre seul l'autorit paternelle2 la mre doit avoir un droit gal lui sur ses enfants4 ,la direction suprme appartient bien au pre1 mais il faut qu'un conseil de famille limite1 surveille cette direction et la puisse transporter la mre en cas d'indignit de son conjoint4 ,l'ducation des enfants 7chap4 #d7 appartient de droit la mre1 parce qu'elle les connat mieux1 et qu'il faut qu'elle puisse acqurir sur ses fils toute l'influence dont elle aura besoin plus tard pour les conseiller et les consoler4 ,l'ducation publique ne peut convenir aux garons que quand ils ont atteint leur douzime anne2 lorsqu'ils sont plus jeunes elle a de mauvais rsultats pour leur caractre4 ,l'auteur demande qu'on n'infriorise pas le grand-pre et la grand'mre maternels dans la tutelle1 comme la loi le fait aujourd'hui2 et il considre comme une impit de ne point donner la mre un droit gal celui du pre au sujet de leur consentement au mariage de leurs enfants4 ,la maternit lgitime 7chap4 #e7 est un bonheur pour la femme riche2 la misre1 souvent le chagrin pour la femme pauvre4 ,la maternit illgitime est pour les femmes de tous les rangs une source de douleurs1 de honte et de crimes4 ,pour la fille riche1 c'est le dshonneur1 un empchement ternel au mariage2 pour la fille pauvre1 c'est la misre1 la honte1 si elle garde son enfant2 c'est le crime1 si elle le dtruit4 ,et la loi ose prononcer l'impunit contre le corrupteur1 contre le sducteur1 contre l'homme qui n'a pas hsit de sacrifier un moment de passion tout l'avenir d'une femme1 tout l'avenir d'un enfant6 ,l'tat doit venir en aide toutes les mres pauvres1 parce qu'il est dans son intrt que la gnration soit forte1 vigoureuse1 et que ce sont les mres qui sont conservatrices de la race4 ,que le gnie des femmes se mette l'uvre2 que l'on fonde sur tous les points de la ,france des crches et des salles d'asile4 ,la veuve indienne 7chap4 #f7 se brlait1 la veuve juive tait tenue de se remarier certains hommes dsigns par la loi2 la veuve grecque et la veuve barbare passaient sous la tutelle de leurs fils1 et cette dernire mme ne pouvait se remarier sans sa permission2 la veuve chrtienne tait condamne la rclusion3 aucune de ces femmes n'avait de droit sur ses enfants4 ,le code franais rend la veuve sa libert tout entire1 la fait rentrer dans son droit de majorit1 la nomme tutrice et directrice de ses enfants2 c'est un acheminement la libert dans le mariage4 ,le cinquime livre1 la ,femme1 se divise en #e chapitres4 ,l'antiquit tout entire a opprim la femme1 quoiqu'elle reconnt en elle quelque chose de suprieur1 et en ft une prophtesse et une prtresse4 ,la femme chrtienne des premiers sicles1 qui seule put dtrner la femme paenne1 non seulement savait subir le martyre aussi courageusement que l'homme1 mais se distinguait par son immense charit1 par la puret et la lucidit de doctrine qui la rendait conseillre des docteurs4 ,on ne sait en ralit jusqu'o peut aller la femme2 on ne peut la juger d'aprs ce qu'elle est aujourd'hui1 puisqu'elle est l'uvre de l'ternelle oppression de l'homme3 ,qui nous dit qu'un grand nombre des maux qui dchirent notre monde1 et des problmes insolubles qui le travaillent1 n'ont pas en partie pour cause l'annihilation d'une des deux forces de la cration1 la mise en interdit du gnie fminin8 ,avons-nous le droit de dire la moiti du genre humain3 vous n'aurez pas votre part dans la vie et dans l'tat8 ,n'est-ce pas leur dnier 7aux femmes7 leur titre de cratures humaines8 ,n'est-ce pas dshriter l'tat mme8 ,oui1 la femme doit avoir sa place dans la vie civile1 conclut ,m4 ,legouv4 ,la femme et l'homme sont gaux 7chap4 #b71 mais diffrents4 ,a l'homme la synthse1 la supriorit dans tout ce qui demande des vues d'ensemble1 le gnie1 la force musculaire2 la femme l'esprit d'analyse1 la connaissance de l'individuel1 l'imagination1 la tendresse1 la grce4 ,l'homme a plus de force de raison et de corps1 la femme a plus de force de cur1 et une merveilleuse perspicacit laquelle l'homme n'atteindra jamais4 ,le partage ainsi fix1 que doit faire la femme8 ,dans la famille1 la tche de la femme 7chap4 #c7 est le gouvernement de l'intrieur1 l'ducation des enfants1 la consolation du mari dont elle doit tre l'inspiratrice4 ,a ct de l'homme minent1 et dans l'ombre1 il y a toujours une femme2 cette carrire d'utilit cache1 et de dvouement modeste1 est ce qui convient le mieux aux femmes4 ,dans la vie civile elles peuvent parcourir avec succs plusieurs carrires3 l'art1 la littrature1 l'enseignement1 l'administration1 la mdecine4 ,la pudeur mme exige qu'on appelle les femmes comme mdecins1 non pas auprs des hommes1 mais auprs des femmes2 car il y a un outrage ternel toute puret1 c'est que leur ignorance livre forcment l'inquisition masculine1 le mystre des souffrances de leurs surs44444 ,les maladies nerveuses surtout1 trouveraient dans le gnie fminin le seul adversaire1 qui puisse les saisir et les combattre4 ,l'auteur dit qu'il est du devoir de la socit de veiller ce que les femmes pauvres n'aient pas un salaire de deux tiers ou de trois quarts plus faible que celui des hommes2 ce que dans les manufactures1 elles n'aient pas les travaux les plus dangereux et les moins rtribus4 ,parent-,duchtelet1 dit-il1 atteste que sur trois mille cratures perdues1 #ce seulement avaient un tat qui pouvait les nourrir1 et que #a1djj avaient t prcipites dans cette horrible vie par la misre6 ,une d'elles1 quand elle s'y rsolut1 n'avait pas mang depuis trois jours4 ,m4 ,legouv trouve honteux que les hommes fassent concurrence aux femmes dans les industries qui ont pour objet les choses de toilette et de got4 ,dans son dernier chapitre 7chap4 #e7 l'auteur reconnat la capacit remarquable des femmes dans l'administration1 et en cite de nombreux exemples4 ,il demande qu'elles aient celles des prisons de femmes1 des hospices1 des bureaux de bienfaisance1 la tutelle lgale des enfants trouvs1 enfin le maniement de tout ce qui concerne la charit sociale1 parce qu'elles s'en acquitteront infiniment mieux que les hommes4 ,mais il leur refuse toute participation aux actes politiques et ce qui touche au gouvernement1 parce qu'elles n'ont pas d'aptitude pour ces choses4 ,enfin il termine ainsi3 ,notre tche est acheve2 nous avons examin les principales phases de la vie des femmes dans leurs rles de filles1 d'pouses1 de mres1 de femmes1 en comparant le prsent au pass1 et en cherchant indiquer l'avenir1 c'est dire en signalant le mal1 constatant le mieux1 cherchant le bien4 ,quel principe nous a servi de guide8 ,l'galit dans la diffrence4 ,au nom de ce principe1 quelles amliorations avons-nous demandes dans les lois et dans les murs8 ,pour les filles3 ,rforme de l'ducation4 ,loi sur la sduction4 loignement de l'ge du mariage4 ,intervention relle des fiancs dans la rdaction de leur contrat4 ,abolition des sommations respectueuses1 qui psent sur les pres comme une injure1 sur les enfants comme une injustice4 ,pour les pouses3 ,une majorit4 ,administration et droit de disposer d'une partie de leurs biens particuliers4 ,droit de paratre en justice sans le consentement de leur mari4 ,limitation du pouvoir du mari sur la personne de la femme4 ,cration d'un conseil de famille1 charg de contrler cette part de pouvoir4 ,pour les mres3 ,droit de direction4 ,droit d'ducation4 ,droit de consentement au mariage de leurs enfants4 ,loi sur la recherche de la paternit4 ,cration d'un conseil de famille pour juger les dissentiments graves entre le pre et la mre4 ,pour les femmes3 ,admission la tutelle et au conseil de famille4 ,admission aux professions prives4 ,admission1 dans les limites de leurs qualits et de leurs devoirs1 aux professions sociales4 ,on le voit1 ,m4 ,legouv n'a qu'un but1 celui de faire avancer d'un pas l'mancipation des femmes2 il ne demande pas tout ce qu'il croit juste1 mais tout ce qui lui parat mr et possible4 ,nous devons le remercier de sa prudence3 il a ramen bien des hommes notre cause1 et les a prpars entendre la voix de la femme1 parlant haut et ferme de son droit comme pouse et comme crature humaine2 comme travailleuse et comme membre du corps social4 ,a ct de ,m4 ,legouv1 en dehors des coles sociales1 se place une phalange d'hommes justes et gnreux qui ont crit en notre faveur4 ,nous les remercions tous de leur bonne parole4 ,m4 ,e4 ,,de ,,girardin4 ,a la page #db de sa brochure3 ,la libert dans le ,mariage1 ,m4 ,e4 de ,girardin dit avec beaucoup de raison3 ,l'homme nat de la femme4 ,donc tout ce qui profitera la femme sera profitable l'homme4 ,combattre et vaincre pour elle1 c'est combattre et vaincre pour lui4 ,inspir par ces excellents sentiments1 le clbre publiciste a recherch les causes de l'esclavage et de la dgradation de la femme1 et les moyens de les paralyser4 ,tout enfant a pour pre le mari de la mre3 tel est1 selon ,m4 de ,girardin1 le principe de ces deux grandes injustices3 servage de la femme marie2 ingalit des enfants devant la loi qui les divise en lgitimes et illgitimes4 ,pour que les enfants soient gaux1 pour que la femme soit affranchie du joug de l'homme1 il faut1 dit l'auteur1 substituer le rgime de la maternit celui de la paternit2 modifier le ,mariage1 et rendre la femme indpendante par l'institution et l'universalisation du douaire4 ,laissons du reste ,m4 de ,girardin exposer lui-mme sa doctrine4 ,il faut1 dit-il1 choisir entre ces deux rgimes3 ,entre le rgime de la paternit prsume qui est le rgime de la loi1 et le rgime de la maternit1 portant elle-mme sa preuve1 qui est le rgime de la nature2 celui-ci conforme la vrit incontestable1 celui-l condamn par la statistique inconteste4 ,le rgime de la paternit1 c'est l'ingalit des enfants devant la mre et devant la loi1 c'est la femme possde et ne se possdant pas244444 ce n'est plus l'esclavage lgal de la femme1 mais c'est encore le servage conjugal4 7,libert dans le mariage1 p4 #ff47 ,sans l'galit des enfants devant la mre1 l'galit des citoyens devant la loi n'est qu'une imposture1 car videmment et incontestablement1 cette galit n'existe pas pour #b1hjj1jjj enfants1 qui arbitrairement qualifis d'illgitimes1 sont mis hors du droit commun en violation de la loi naturelle4 7,id41 p4 #dd47 ,selon ,m4 de ,girardin1 les consquences logiques du rgime de la maternit seraient3 ,l'abolition du mariage civil2 ,le nom seul de la mre donn l'enfant2 ,l'hritage plac seulement dans la ligne maternelle4 ,le mariage1 dit-il1 est un acte purement individuel et1 comme clbration1 un acte purement religieux4 7,id4 p4 #fd47 ,le mariage est un acte de la foi1 non de la loi2 c'est la foi le rgir2 ce n'est pas la loi le rgler4 ,ds que la loi intervient1 elle intervient sans droit1 sans ncessit1 sans utilit4 ,pour un abus qu'elle a la prtention d'carter1 elle en fait natre d'innombrables qui sont pires1 et dont ensuite la socit souffre gravement1 sans se rendre compte de la cause qui les a produits4 7,id41 p4 #ab47 ,la libert lgale dans le mariage1 c'est l'amour durable dans le mnage2 l'indissolubilit dans le mariage1 c'est l'amour habituel hors du mnage4 7,id41 p4 #ea47 ,au sujet de l'hritage et de la dot1 l'auteur s'exprime ainsi3 ,hriter la mort de sa mre1 parce que maternit et certitude sont deux termes quipollents1 et recevoir du vivant de son pre1 parce que paternit et doute sont deux termes insparables1 telle est la loi vraie de la nature4 7,id41 p4 #eb47 ,dans la pense de ,m4 de ,girardin1 la femme a les mmes droits que l'homme la libert et l'galit2 les sexes sont gaux1 non par la similitude1 mais par l'quivalence des facults et des fonctions1 l'homme produit1 acquiert1 la femme administre1 pargne3 c'est donc l'homme de pourvoir aux frais du mnage4 ,son devoir1 en s'unissant une femme1 est de lui constituer un douaire inalinable1 qui lui permette de remplir convenablement ses fonctions maternelles1 et de se soustraire aux vices qui rsultent frquemment de la misre et de l'abandon4 ,si l'on objecte ,m4 de ,girardin que le salaire de l'ouvrier est insuffisant pour satisfaire ce devoir3 ,eh bien1 rpond le gnreux publiciste1 relevez le prix du salaire1 en loignant des travaux industriels les femmes et les enfants qui l'abaissent par la concurrence faite aux hommes4 ,et si cette mesure ne suffit pas pour quilibrer les recettes et les dpenses1 vous augmenterez le salaire1 car il n'y a pas une considration au nom de laquelle j'admette1 que pour ne pas diminuer le profit de tels hommes1 d'autres hommes seront ternellement condamns l'insuffisance du salaire2 et que1 pour mettre telles femmes l'abri du viol1 d'autres femmes seront ncessairement voues la prostitution4 7,id41 p4 #bf47 ,m4 de ,girardin1 comparant le sort de l'pouse sous les deux rgimes s'exprime ainsi3 ,sous le rgime de la paternit1 l'pouse comble des biens de la fortune1 flchit sous le poids d'une oisevit qui1 le plus souvent1 enfivre et gare son imagination4 ,elle ne sait que faire pour employer son temps4 ,la femme ne fait rien1 parce que l'homme fait tout4 ,l'pouse qui n'a pas apport de dot et qui n'a pas reu de douaire1 flchit sous le poids d'un travail contre nature qui l'oblige1 par conomie1 de se sparer de son enfant peu de jours aprs lui avoir donn la naissance1 et de le mettre en nourrice loin d'elle1 moyennant cinq ou six francs par mois2 d'aller travailler d'un ct lorsque son mari travaille de l'autre2 et de ne se rejoindre que le soir1 en rentrant chacun de l'atelier qui les a tenus loigns de leur mnage toute la journe3 si c'est l ce qu'on appelle la famille1 cela vaut-il en conscience le bruit qu'on en fait8 ,sous le rgime de la maternit1 au contraire1 plus la femme est riche1 moins elle est dsuvre2 car non seulement elle a ses enfants nourrir1 lever1 instruire1 surveiller1 mais encore elle a administrer sa fortune qui sera la leur4 ,conserver cette fortune1 l'accrotre encore2 voil de quoi occuper ses loisirs1 calmer son imagination1 la refrner4 ,c'est tort qu'on suppose que les femmes sont peu aptes la gestion des affaires2 elles y excellent pour si peu qu'elles s'y appliquent1 ou qu'elles y aient t exerces4 7,id4 p4 #ce et #cf47 ,assez longtemps l'homme a t la personnification de la guerre1 de l'esclavage1 de la conqute2 c'est au tour de la femme d'tre la personnification de la paix1 de la libert1 de la civilisation4 ,dans ce rgime nouveau 7celui de la maternit7 chacun des deux a sa part2 l'homme le travail1 le gnie de l'entreprise2 la femme l'pargne et l'esprit de prvoyance4 ,l'homme spcule1 la femme administre2 ,l'homme acquiert1 la femme conserve2 ,l'homme apporte1 la femme transmet2 ,la dot demeure l'attribut du pre1 l'hritage devient le privilge de la mre2 ,chacun des deux exerce ainsi la fonction qui lui est naturelle1 et conformment l'essence des choses4 7,id4 p4 #ec et #ed47 ,plusieurs femmes se sont demand si ,m4 de ,girardin reconnat le droit politique aux femmes4 ,il n'en dit rien dans son ouvrage3 ,la libert dans le mariage1 ni dans sa ,politique universelle4 ,mais quand un homme crit que3 ,la femme1 s'appartenant et ne relevant que de sa raison1 a les mmes droits que l'homme la libert et l'galit2 ,que le suffrage universel doit tre individuel et direct2 ,que tout porteur d'une assurance gnrale a droit d'y prendre part2 ,il est clair qu'on peut en induire1 sans de grands efforts de logique1 que la femme libre et gale l'homme1 ,la femme comprise dans l'universalit1 ,la femme ayant1 comme l'homme1 sa police d'assurance1 a le droit1 comme l'homme1 d'tre lecteur1 ligible et de voter individuellement et directement4 ,or1 comme ,m4 de ,girardin n'est pas de ceux qui reculent devant les consquences de leurs principes1 nous sommes porte croire qu'il admet pour la femme l'exercice du droit politique4 ,on me racontait qu'en #ahdh1 un de ces tristes personnages qui n'ont ni assez d'intelligence pour tre consquents1 ni assez de justice pour comprendre les opprims1 prorait devant ,m4 de ,girardin1 contre les prtentions qu'avaient certaines femmes d'entrer dans la vie politique4 ,pourquoi pas8 aurait demand ,m4 de ,girardin4 ,croyez-vous que ,mme de ,girardin dposerait dans l'urne lectorale un vote moins intelligent que celui de son valet de chambre8 ,si cette anecdote est vraie1 l'opinion du publiciste sur le droit politique de la femme n'est pas douteuse4 ,la libert dans le ,mariage a soulev1 parmi les collets monts1 une tempte d'indignation plus ou moins vraie2 pendant quelque temps il a fallu du courage pour se dclarer hautement champion 7fminin7 de l'auteur4 ,abolir le ,mariage6 s'criaient les unes en se voilant la face d'un air pudibond4 ,faire de l',amour une spculation6 s'criaient d'autres qui1 apparemment1 avaient conserv leur sainte innocence et leur sainte ignorance baptismales4 ,voyons1 ,mesdames1 leur disait-on1 trve la dlicatesse et la sentimentalit de convention4 ,que les hommes se laissent prendre notre masque1 rien de plus simple2 mais entre femmes1 quoi bon jouer la comdie8 ,m4 de ,girardin ne supprime pas rellement le ,mariage2 il le transforme sous quelques rapports1 et le laisse intact sous le point de vue religieux4 ,donc1 si son systme prvalait1 vous pourriez vous marier devant les ministres de vos cultes respectifs1 absolument comme la chose avait lieu il y a quelque soixante-dix ans1 et vous ne seriez pas plus scrupuleuses que vos grand'mres qui se croyaient alors suffisamment maries4 ,d'autre part1 en supprimant le ,mariage civil1 l'auteur n'interdit pas telles ou telles stipulations particulires3 donc1 pour peu que vous ayez la religion du ,code1 il vous serait loisible de stipuler dans votre contrat notari3 #a ,que vous serez soumises vos maris2 #b ,que vous leur laisserez administrer votre fortune1 mme contrairement vos intrts et ceux de vos enfants2 #c ,que1 sans leur autorisation1 vous ne pourrez ni plaider1 ni rien entreprendre1 ni rien vendre1 ni rien recevoir1 ni rien donner2 #d ,que vous renoncez1 tant qu'ils vivront1 toute autorit sur vos enfants2 qu'ils pourront1 s'ils le veulent1 vous les enlever2 vous relguer loin d'eux1 les faire lever par qui bon leur semblera1 mme par leur matresse2 enfin les marier contrairement votre volont2 #e ,que vous leur reconnaissez le droit de porter ailleurs leur amour1 leurs soins1 leur fortune et la vtre1 pourvu que la chose ne se passe pas sous votre toit2 #f ,qu'enfin vous leur reconnaissez le droit si1 dlaisses1 vous vous attachez un autre1 de vous traner devant un tribunal1 de vous dshonorer1 de vous faire emprisonner avec les voleuses et les prostitues2 que mme1 en pareille occurrence1 vous les dclarez excusables de vous tuer4 ,oui1 ,mesdames1 vous pourriez stipuler tout cela1 car ,m4 de ,girardin ne conteste personne le droit de manquer de dignit et d'tre imbcile2 de quoi donc alors vous plaignez-vous8 ,vous reprochez ,m4 de ,girardin de faire de l'amour une spculation6 ,voudriez-vous bien me dire ce que sont aujourd'hui la plupart des mariages o l'on a l'impudeur de spculer mme sur la mort6 o l'on demande combien une jeune fille a de dot1 d'esprances et quel ge ont les parents6 ,rpondez1 femmes3 ,est-il vrai que l'immense majorit des filles sduites sont mises1 par la honte et la pauvret1 hors d'tat d'lever leurs enfants8 ,que1 ce que vous nommez une premire faute1 pousse la plupart d'entre elles faire trafic de leurs charmes8 ,que l'immense majorit des hommes oublient1 aprs la passion satisfaite1 et la femme qu'ils ont gare1 et l'innocente crature qui leur doit la vie8 ,est-il vrai que le hideux et cruel gosme des hommes et la confiance insense des femmes donnent1 chaque anne1 un nombre effrayant d'enfants dits illgitimes1 dont une grande partie peupleront les prisons1 les bagnes1 les maisons de tolrance8 ,est-il vrai1 enfin1 que ce mme gosme et cette mme confiance sont cause que des milliers d'existences humaines sont criminellement touffes8 ,et si toutes ces hontes1 toutes ces douleurs1 tous ces crimes sont vrais2 ,s'il y a tant de filles sduites1 dsoles2 ,s'il y a tant d'enfants abandonns2 ,s'il y a tant d'infanticides2 ,si la loi ne protge pas la femme trompe1 rendue mre2 ,si cette loi n'oblige le sducteur aucune rparation2 ,si l'opinion publique laisse la victime toute la honte2 ,pourquoi reprochez-vous un homme de rappeler la jeune fille que de l'amour peut sortir la maternit8 ,de lui dire que1 d'avance1 elle doit pourvoir l'avenir de l'enfant qui peut natre1 afin de ne point le jeter la charit publique1 et de ne pas risquer elle-mme de descendre dans ces sentines immondes qui sont la honte et la dgradation de notre sexe8 ,vous reprochez donc un homme de prendre notre parti contre les passions gostes et brutales de son sexe1 et contre l'impunit que leur accordent les lois8 ,vous lui reprochez donc de prendre en main le parti de la morale et de la sant1 contre la dgradation de l'me et du corps8 ,une jeune fille1 dites-vous1 stipuler la vente de sa personne6 ,quelle diffrence essentielle trouvez-vous entre cette sorte de contrat1 et ceux qui se font aujourd'hui devant notaire l'occasion des mariages8 ,est-ce que la plupart d'entre vous1 mesdames1 n'avez pas achet vos maris par tant de dot1 tant de rentes1 tant d'esprances8 ,et si ,messieurs vos maris n'ont pas trouv honteux de se vendre1 et si vous mmes ne les en estimez pas moins1 pourriez-vous bien me dire d'aprs quel principe vous jugeriez honteux qu'une jeune fille en fit autant pour lever ses enfants et vivre sans se prostituer8 ,pour moi1 je ne le vois pas du tout4 ,mesdames1 vous tes de grandes enfants3 les hommes feignent d'avoir du ddain pour la femme qui songe son intrt dans l'amour444 parce qu'ils veulent1 si c'est possible1 garder leur argent1 voil tout4 ,est-ce dire que j'admette toutes les ides de ,m4 de ,girardin8 ,non4 ,j'admets avec lui que la femme ne peut tre libre et l'gale de l'homme1 en tant qu'pouse1 que par la transformation du mariage4 ,que1 dans l'tat d'inscurit o elle se trouve quant au salaire et la maternit hors du mariage1 la femme fait bien de prendre des mesures pour que l'homme ne se dcharge pas sur elle des obligations de la paternit4 ,j'admettrais volontiers que l'enfant ne portt que le nom de sa mre1 si les hommes n'y rpugnaient pas tant4 ,l'enfant1 appartenant tous deux1 devrait porter les deux noms1 et choisir sa majorit celui des deux qu'il prfre2 ou bien les filles devraient porter le nom de la mre et les fils celui du pre lors de la majorit4 ,j'admets volontiers l'galit des enfants devant la mre et la loi2 car la btardise est un non-sens devant la nature et une iniquit sociale4 ,mais ce que je n'admets pas1 c'est l'idal que ,m4 de ,girardin s'est form des fonctions respectives de chaque sexe2 ,c'est l'exclusion de la femme des carrires actives2 ,c'est l'universalisation du douaire2 ,c'est enfin l'ducation familiale4 ,dire que l'homme reprsente le travail1 le gnie de l'entreprise1 qu'il spcule1 acquiert1 apporte2 que la femme reprsente l'pargne1 l'esprit de prvoyance1 qu'elle administre1 conserve1 transmet1 c'est tablir une srie qui ne me parat rien moins que conforme la nature des choses1 puisqu'il est notoire qu'un grand nombre de femmes font ce que ,m4 de ,girardin attribue l'autre sexe1 et vice versa4 ,les fonctions1 pour tre convenablement remplies1 doivent tre le rsultat des aptitudes3 or1 la nature1 except en ce qui touche la reproduction de l'espce1 ne parat pas les avoir sries selon les sexes4 ,depuis l'origine des socits1 nous avons tent de le faire2 mais l'histoire est l pour nous rvler1 qu'en agissant ainsi1 nous ne sommes parvenus qu' tyranniser les minorits vigoureuses qui donnent un dmenti de telles prtentions4 ,or1 ,m4 de ,girardin1 admettant priori une srie fausse1 est conduit1 sans s'en apercevoir1 prparer des chanes pour toutes les femmes que la nature n'a pas faites en vue de l'ordre de convention qu'il voudrait voir se raliser4 ,exclure la femme des carrires actives pour la confiner dans les soins de l'intrieur1 c'est tenter une chose impossible1 fermer la voie au progrs1 replacer la femme sous le joug de l'homme4 ,c'est tenter une chose impossible1 parce qu'il y a des industries qui ne peuvent tre exerces que par les femmes2 parce que beaucoup de femmes qui ne se marieraient pas ou seraient sans fortune1 veuves et sans ressources1 ne pourraient rester honorables qu'en se livrant une activit qui cependant leur serait interdite4 ,ne voir la femme que dans le mnage est un point de vue restreint qui retarde l'avnement de sa libert4 ,c'est fermer la voie au progrs1 parce qu'il y a des fonctions sociales qui ne seront bien remplies que quand les femmes y participeront1 et des questions sociales qui ne seront rsolues que quand la femme sera place prs de l'homme pour les laborer4 ,c'est replacer la femme sous le joug de l'homme1 parce qu'il est dans la nature humaine de prtendre dominer et matriser celui auquel on fournit le pain de chaque jour4 ,vouloir faire passer le douaire l'tat d'institution1 c'est prtendre restaurer l'un des plus tristes aspects du pass1 au moment o l'humanit est en marche vers l'avenir2 celui qui nous montre la femme achete par l'homme4 ,l'universalisation du douaire serait donc un attentat la libert et la dignit morale de la femme4 ,enfin1 prtendre que chaque mre doit elle-mme faire l'ducation de ses enfants1 nous parat offrir autant d'impossibilit que de danger social4 ,si toute femme bien constitue est apte mettre au monde des enfants et les nourrir de son lait1 bien peu sont capables de dvelopper leur intelligence et leur cur1 parce que l'ducation est une fonction spciale qui requiert une aptitude particulire dont ne peuvent tre doues toutes les mres4 ,ensuite l'ducation de famille perptue la divergence des opinions1 des sentiments1 entretient les prjugs1 favorise le dveloppement de la vanit1 de l'gosme1 et tend1 par ce fait1 paralyser le sentiment le plus noble1 le plus civilisateur3 celui de la solidarit universelle4 ,assurment1 l'heure qu'il est1 plusieurs motifs peuvent justifier l'ducation de famille1 mais1 pour le bien de l'humanit1 il est dsirer que les parents qui sont en communion sur les ides nouvelles runissent leurs enfants pour les former la vie sociale1 au lieu de les lever chacun part4 ,je soumets cette bauche de critique ,m4 de ,girardin dans l'intrt du principe qu'il a toujours dfendu3 ,la dignit individuelle et la libert humaine4 ,m4 ,,michelet4 ,plusieurs femmes ont vivement critiqu le livre de l',amour de ,m4 ,michelet4 ,parmi ces critiques1 toutes trs bonnes1 une surtout1 celle de ,mme ,anglique ,arnaud1 insre dans la ,gazette de ,nice1 nous a paru particulirement remarquable par l'lvation des principes1 la haute raison1 la finesse d'esprit1 la dlicatesse1 le charme et le fini de la forme4 ,c'est une perle de critique4 ,pourquoi ce mcontentement des femmes intelligentes contre un aussi honnte homme que ,m4 ,michelet8 ,c'est parce que1 pour lui1 la femme est une malade perptuelle qu'on doit enfermer dans un gynce1 en compagnie d'une ,jeanneton quelconque1 ne trouvant pas au-dessous d'elle la socit des poules et des dindons4 ,or1 nous1 femmes de l',occident1 nous avons l'audace de prtendre que nous ne sommes point malades1 et que nous avons une sainte horreur du harem et du gynce4 ,la femme1 selon ,m4 ,michelet1 est un tre de nature oppose celle de l'homme2 une crature faible1 toujours blesse1 trs baromtrique1 en consquence mauvais ouvrier4 ,elle est incapable d'abstraire1 de gnraliser1 de comprendre les uvres de conscience2 elle n'aime pas s'occuper d'affaires1 et elle est dpourvue1 en partie1 du sens juridique4 ,mais1 en revanche1 elle se rvle toute douceur1 tout amour1 tout charme1 tout dvouement4 ,cre pour l'homme1 elle est l'autel de son cur1 son rafrachissement1 sa consolation4 ,auprs d'elle1 il se retrempe1 s'encourage1 puise la force ncessaire l'accomplissement de sa haute mission de travailleur1 de crateur1 d'organisateur4 ,il doit l'aimer1 la soigner1 la nourrir2 tre tout la fois son pre1 son amant1 son instituteur1 son prtre1 son mdecin1 sa garde-malade et sa femme de chambre4 ,lorsqu' dix-huit ans1 vierge de raison1 de cur et de corps1 elle est donne ce mari qui doit en avoir vingt-huit1 ni plus ni moins1 il la confine la campagne1 dans un charmant rduit1 loin du monde1 loin de ses parents1 de ses amis1 avec la rustaude dont nous parlions tout l'heure2 la ,georgette de l'cole des femmes1 par exemple1 car ,dorine serait dangereuse4 ,pourquoi cette squestration en plein ,x,i,xe sicle8 demandez-vous4 ,parce que le mari ne peut rien sur sa femme quand elle voit le monde1 et peut tout sur elle dans la solitude4 ,or1 il faut qu'il puisse tout1 puisque c'est lui de former son cur1 de lui donner des ides1 d'baucher en elle l'incarnation de lui-mme4 ,la femme1 sachez-le1 lectrices1 est destine reflter de plus en plus son mari1 jusqu' ce que la diffrence dernire1 celle que maintient la sparation des sexes1 soit enfin efface par la mort qui produira l'unit dans l'amour4 ,au bout d'une dizaine d'annes de mnage1 il est permis la femme de franchir la clture du gynce1 et d'entrer dans le monde1 qui s'appelle le grand combat de la vie4 ,elle y rencontrera plus d'un danger2 mais elle les vitera tous1 si elle tient la promesse qu'elle a jure de se confesser son mari44444 ,on voit que ,m4 ,michelet respecte les droits de l'me4 ,le mari qui1 cette poque1 s'est spcialis1 a ncessairement baiss3 de l danger pour la femme d'en aimer un autre2 de s'prendre par exemple de son jeune neveu3 dans le livre1 elle ne succombe pas1 parce qu'elle se confesse au mari2 mais il peut arriver qu'elle ait succomb1 qu'elle se repente et sollicite une correction de son seigneur et matre4 ,celui-ci doit refuser d'abord1 mais1 si elle insiste1 plutt que de la dsesprer1 ,m4 ,michelet1 qui pour rien au monde ne voudrait dsesprer une femme1 conseille au mari d'administrer sa femme le chtiment que les mres font subir leurs marmots4 ,point de sparation entre l'homme et la femme2 quand celle-ci s'est donne1 elle ne s'appartient plus444 ,elle est de plus en plus l'incarnation de l'homme qui l'a pouse2 la fcondation la transforme en lui1 tellement que les enfants de l'amant ou du second mari ressemblent au premier imprgnateur4 ,l'homme ayant dix annes de plus que la femme meurt le premier3 l'pouse doit garder le veuvage3 son rle alors jusqu' la mort est de fconder en elle et autour d'elle les ides qu'a laisses son mari2 de rester le centre de ses amitis2 de lui crer des disciples posthumes1 et de se faire tellement sienne qu'elle le rejoigne dans la mort4 ,quant au mari survivant1 ce qui peut arriver1 l'auteur ne nous dit pas s'il doit se remarier4 ,il est probable que non1 puisque l'amour n'existe qu' deux44444 moins que ,m4 ,michelet1 qui rprouve la polygamie pour ce monde-ci1 ne l'admette comme chose morale dans la vie ultra-terrestre4 ,vous le voyez1 lecteurs1 dans le livre de ,m4 ,michelet1 la femme est cre pour l'homme2 sans lui1 elle ne serait rien2 c'est lui qui prononce le fiat lux dans son intelligence2 c'est lui qui la fait son image comme ,dieu a fait l'homme la sienne4 ,en acceptant la lgende biblique1 nous pouvions1 nous femmes1 en appeler d',adam ,dieu2 car ce n'tait pas ,adam mais ,dieu qui avait cr ve2 en admettant la ,gense selon ,m4 ,michelet1 point de prtexte1 point d'excuse la dsobissance3 il faut que la femme se subordonne l'homme1 qu'elle s'y soumette1 car elle lui appartient comme l'uvre l'ouvrier1 comme le vase au potier4 ,le livre de ,m4 ,michelet et les deux tudes de ,m4 ,proudhon sur la femme ne sont que deux formes d'une mme pense4 ,la seule diffrence qui existe entre ces messieurs1 c'est que le premier est doux comme miel et le second amer comme absinthe4 ,et cependant j'aime mieux le brutal que le pote1 parce que les injures et les coups rvoltent et font crier3 libert6 libert6 tandis que les compliments endorment et font supporter lchement les chanes4 ,il y aurait quelque cruaut maltraiter ,m4 ,michelet qui se pique d'amour et de posie1 et qui1 en consquence1 a l'piderme sensible2 nous ne le battrons donc que sur les paules de ,m4 ,proudhon qu'on peut bombarder boulet rouge1 nous contentant de relever1 dans le livre de ,m4 ,michelet1 ce qui n'est pas dans celui de ,m4 ,proudhon4 ,les deux principales colonnes du livre de l',amour sont3 #a ,que la femme est un tre bless1 faible1 baromtrique1 constamment malade4 #b ,que la femme appartient l'homme qui l'a fconde et s'incarne en elle2 proposition prouve par la ressemblance des enfants de la femme avec le mari1 quel que soit le pre des enfants4 ,m4 ,michelet et ses admirateurs et disciples ne contesteront pas que la seule bonne mthode pour s'assurer de la vrit d'un principe ou de la lgitimit d'une gnralisation1 c'est la vrification par les faits2 ils ne contesteront pas davantage que gnraliser des exceptions1 crer des lois imaginaires et prendre ces prtendues lois pour base d'argumentation1 n'appartient qu'aux aberrations du moyen ge1 profondment ddaignes des esprits srieux et d'une raison svre4 ,appliquons sans mnagement ces donnes aux deux principales affirmations de ,m4 ,michelet4 ,il est de principe en ,biologie qu'aucun tat physiologique n'est un tat morbide2 consquemment1 la crise mensuelle particulire la femme n'est point une maladie1 mais un phnomne normal dont le drangement amne des perturbations dans la sant gnrale4 ,la femme n'est donc pas une malade1 parce que son sexe est soumis une loi particulire4 ,peut-on dire que la femme soit une blesse1 parce qu'elle a mensuellement une solution de continuit dont la cicatrisation est de quelques lignes8 ,pas davantage4 ,ce serait une drision que de nommer bless perptuel un homme auquel il prendrait fantaisie de s'gratigner chaque mois le bout du doigt4 ,m4 ,michelet est trop instruit pour que je lui apprenne que l'hmorragie normale ne provient point de cette blessure de l'ovaire1 dont il fait si grand bruit1 mais d'une congestion de l'organe gestateur4 ,la femme est-elle malade l'occasion de la loi particulire son sexe8 ,trs exceptionnellement oui3 mais dans les classes oisives1 o des carts de rgime1 une ducation physique inintelligente et mille causes que je n'ai pas signaler ici1 rendent les femmes valtudinaires4 ,gnralement1 non4 ,toutes nos vigoureuses paysannes1 toutes nos robustes femmes des ports et des buanderies qui ont les pieds dans l'eau en tout temps1 toutes nos travailleuses1 nos commerantes1 nos professeurs1 nos domestiques qui vaquent allgrement leurs affaires et leurs plaisirs1 n'prouvent aucun malaise ou n'en prouvent que fort peu4 ,ainsi donc ,m4 ,michelet1 non seulement s'est tromp en rigeant une loi physiologique en tat morbide1 mais encore il a pch contre la mthode rationnelle1 en gnralisant quelques exceptions1 et en partant de cette gnralisation dmentie par l'immense majorit des faits1 pour construire un systme d'asservissement4 ,si c'est de la facult d'abstraire et de gnraliser1 comme il l'emploie1 que ,m4 ,michelet dpouille la femme1 nous n'avons qu' fliciter cette dernire4 ,non seulement la femme est malade1 dit ,m4 ,michelet1 par suite d'une loi biologique1 mais elle est toujours malade2 elle a des affections utrines1 des dartres1 les affections hrditaires peuvent prendre chez elle plusieurs formes effrayantes1 etc4 ,nous demandons ,m4 ,michelet s'il considre son sexe comme toujours malade1 parce qu'il est rong par le cancer1 dfigur par des dartres2 parce que les affections hrditaires le torturent autant que nous et qu'il est bien plus dcim1 affaibli que le ntre1 par les honteuses maladies fruits de ses excs4 ,a quoi donc pense ,m4 ,michelet de parler des maladies des femmes1 en prsence de celles des hommes tout aussi nombreuses8 ,la femme ne doit ni divorcer ni se remarier parce que l'homme l'a faite sienne4 ,ce qui le prouve1 c'est que les enfants de l'amant ou du second mari ressemblent l'poux premier4 ,s'il en est ainsi1 monsieur1 il n'y a pas d'enfants qui ressemblent leur mre4 ,il n'y a pas d'enfants qui ressemblent l'un des ascendants ou des collatraux de l'un des poux4 ,tout enfant ressemble au premier qu'a connu sa mre4 ,pourriez-vous alors nous expliquer pourquoi1 si souvent1 il ne lui ressemble pas8 ,pourquoi il ressemble un aeul1 un oncle1 une tante1 un frre1 une sur de l'un des conjoints8 ,pourquoi dans certaines villes du sud de la ,france1 les habitants ont conserv le type grec1 attribu aux femmes1 au lieu de prendre celui des pres barbares8 ,pourquoi les ngresses qui conoivent d'un blanc1 mettent au jour un multre1 le plus souvent porteur de grosses lvres1 d'un nez pat et de cheveux laineux8 ,pourquoi beaucoup d'enfants ressemblent certains portraits qui ont frapp la mre8 ,pourquoi enfin des physiologistes1 impressionns par des faits nombreux1 ont cru pouvoir prononcer que la femme est conservatrice du type8 ,en prsence de ces faits indniables1 que devient votre prtendue loi1 je vous le demande vous-mme8 ,elle rentre dans le domaine des chimres4 ,il y a des gens qui pensent que chez la femme est une force plastique qui lui fait ptrir son fruit sur le modle que l'amour1 la haine ou la peur ont peint dans son cerveau2 que l'enfant ne serait ainsi qu'une sorte de photographie d'une image crbrale de la mre4 ,a l'aide de cette thorie1 l'on pourrait expliquer la ressemblance de l'enfant avec le pre1 avec le premier mari1 avec des parents ou amis vivants ou aims et morts1 avec des portraits1 des statues et mme des animaux2 mais par elle1 il serait impossible d'expliquer comment une femme peut reproduire dans son enfant les traits d'un ascendant de son mari ou d'elle1 ascendant qu'elle n'a jamais vu1 mme en portrait2 ni comment1 malgr le dsir qu'elle en a1 l'enfant ne ressemble pas l'un de ceux qu'elle aime1 etc4 ,tenons-nous dans une sage rserve3 les lois de la gnration et de la ressemblance ne sont pas connues4 ,si l'on parvient les dcouvrir1 ce ne sera que par de longues et patientes observations1 l'aide d'une sage critique et d'un honorable parti pris d'impartialit4 ,l'on ne cre pas les lois1 on les dcouvre3 l'ignorance est plus saine l'esprit que l'erreur3 gnraliser quelques faits1 sans tenir compte de milliers de faits plus nombreux qui les contredisent1 ce n'est pas faire de la science1 mais de la mtaphysique potique1 et cette mtaphysique1 quelque gracieusement drape qu'elle soit1 est l'ennemie de la raison1 de la science et de la vrit4 ,m4 ,michelet me pardonnera cette petite leon de mthode4 ,je ne me serais pas permis de la lui donner1 si les hommes sa suite et celle de ,m4 ,proudhon1 ne rptaient comme des perroquets bien appris3 que la femme est dpouille des hautes facults intellectuelles1 qu'elle est impropre la science1 qu'elle ne comprend rien la mthode1 et autres billeveses de cette force4 ,de semblables allgations mettent les femmes1 sous le rapport de la politesse et de la modestie1 dans une position tout exceptionnelle3 elles ne doivent aucun gard ceux qui les nient2 leur plus importante affaire1 l'heure qu'il est1 est de prouver aux hommes qu'ils se trompent et qu'on les trompe3 qu'une femme est trs capable d'apprendre aux premiers d'entre eux comment on trouve une loi1 comment on en constate la ralit1 comment et quelle condition il est permis de se croire et de se dire rationnel et rationaliste4 ,avant de terminer1 arrtons-nous sur quelques passages du livre de l',amour4 ,je serais curieuse de savoir quelle femme s'adresse ,m4 ,michelet lorsqu'il dit3 ,faites-moi grce de votre grande discussion sur l'galit des sexes4 ,la femme n'est pas seulement notre gale1 mais en bien des points suprieure4 ,tt ou tard elle saura tout4 ,ici la question est de dcider si elle doit tout savoir son premier ge d'amour84444 ,oh6 qu'elle y perdrait64444 ,jeunesse1 fracheur et posie1 veut-elle1 du premier coup1 laisser tout cela8 ,est-elle si presse d'tre vieille8 ,pardon1 monsieur2 vous oubliez que vous avez dcrt qu'il n'y a plus de vieille femme2 rien ne peut donc vieillir la femme4 ,il y a savoir et savoir1 dites-vous2 mme tout ge la femme doit savoir autrement que l'homme4 ,c'est moins la science qu'il lui faut1 que la suprme fleur de science et son lixir vivant4 ,qu'est-ce que c'est que cette fleur et cet lixir vivant de la science1 monsieur8 ,pouvez-vous1 sans posie1 en termes prcis et dfinis m'expliquer ce que cela veut dire8 ,pouvez-vous me prouver moi1 femme1 que je veux possder la science autrement que vous8 ,prenez garde6 disciple de la libert1 vous n'avez pas le droit de penser et de vouloir ma place4 ,j'ai comme vous une intelligence et un libre arbitre que vous tes tenu1 d'aprs vos principes1 de respecter souverainement4 ,or1 je vous interdis de parler pour aucune femme2 je vous l'interdis au nom de ce que vous appelez les droits de l'me4 ,vous ne niez point1 dites-vous1 qu'une jeune femme1 la rigueur1 ne puisse lire et connatre tout1 traverser toutes les preuves o passe l'esprit des hommes1 et rester pourtant vertueuse4 ,nous soutenons seulement1 ajoutez-vous1 que cette me fane de lecture1 tanne de romans1 qui vit habituellement de l'alcool des spectacles1 de l'eau forte des cours d'assises1 sera1 non pas corrompue peut-tre1 mais vulgarise1 commune1 triviale1 comme la borne publique4 ,cette borne est une bonne pierre1 il suffirait de la casser pour voir qu'elle est blanche au dedans4 ,cela n'empche pas qu'au dehors elle ne soit fort tristement sale1 en tout point du mme aspect que le ruisseau de la rue dont elle a les claboussures4 ,est-ce l1 madame1 l'idal que vous rclamez pour celle qui doit rester le temple de l'homme1 l'autel de son cur1 o chaque jour il reprendra la flamme de l'amour pur8 ,trve d'images et de mouvements oratoires1 ,m4 ,michelet2 aucune de nous ne rclame pour la femme une dgradation quelconque4 ,nous n'aurions besoin de rien rclamer de ce que vous blmez1 puisque c'est parfaitement autoris et pratiqu4 ,je ne veux point vous accuser de mauvaise foi1 d'irrflexion et de trop de tolrance morale1 et cependant cartons votre manteau potique1 et traduisons votre pense en prose3 l'habit ne fera plus oublier l'ide4 ,lorsqu'on rclame l'instruction pour le peuple1 personne s'est-il jamais avis de croire qu'il tait question de lui faire lire des romans1 d'agrandir les cours d'assises afin qu'il assistt aux dbats et de multiplier les thtres8 ,non1 n'est-ce pas3 quels motifs vous autorisent alors penser que ceux et celles qui rclament pour la femme une instruction solide1 voulussent ce quoi vous ne songez pas pour le peuple8 ,d'autre part1 est-ce que vous cultivez l'intelligence de l'homme par les romans1 les spectacles de cour d'assises et autres8 ,est-ce dans ces choses que consiste son savoir8 ,non1 n'est-ce pas4 ,qu'y a-t-il alors de commun entre ce que vous blmez et la science que nous voulons pour la femme2 et pourquoi nous attribuer de sottes ides pour vous donner le plaisir de frailler contre des fantmes8 ,toutes vos grandes dames se nourrissent de romans1 de spectacles1 d'motions judiciaires1 et elles ne sont ni vulgaires1 ni triviales1 ni comparables des bornes salies par la boue3 ce que vous leur dites n'est donc pas plus vrai que gracieux4 ,mais si vous leur faites de mauvais compliments qu'elles ne mritent pas1 en revanche vous les absolvez trop facilement4 coutez bien1 monsieur1 quels sont nos principes1 afin de ne plus risquer de vous montrer injuste notre gard4 ,la corruption1 pour nous1 n'est pas seulement le dfaut de chastet1 la recherche honteuse de la galanterie2 mais tout mauvais sentiment habituel1 tout affaiblissement du sens moral2 et nous condamnons absolument tout ce qui peut diminuer le ressort de l'me et la dtourner de la pratique de la justice1 de la vertu1 du respect de soi-mme4 ,en consquence nous professons que les spectacles de cour d'assises habituent le cur l'insensibilit1 et doivent tre vits aussi bien que les excutions4 ,nous professons que la scne moderne est gnralement mauvaise1 puisqu'on y excite l'intrt pour des adultres1 des voleurs1 des sducteurs1 des prostitues2 que l'me y est dans une atmosphre malsaine et affaiblissante4 ,nous professons enfin que l'on doit tre trs temprant dans la lecture des romans1 parce qu'en gnral quand ils ne corrompent pas les murs1 ils faussent le jugement et font perdre un temps prcieux4 ,si nous aimons et estimons l'art1 nous nous indignons du mauvais emploi qu'on en fait1 et nous estimons peu ceux qui s'en servent pour garer le cur et pervertir le sens moral4 ,nous disons aux femmes3 instruisez vous1 soyez dignes et chastes2 la vie est chose srieuse1 employez la srieusement4 ,vous voyez1 monsieur1 que le femme borne sale n'est pas du tout l'idal que nous rvons4 ,est-ce que vous1 un homme de cur1 vous traiteriez de misrables et de corrompues des femmes1 parce qu'elles ne veulent plus tre esclaves8 ,et vous aussi1 penseriez vous que la libert qui engendre dans l'homme la personnalit et la vertu1 produirait dans la femme la dgradation morale8 ,ah6 laissez les calomnies ceux qui n'ont pas de cur2 ce n'est pas votre fait vous1 qui pouvez-vous tromper parce que vous tes un grand pote1 mais qui ne pouvez vouloir le mal que parce que vous croirez que c'est le bien4 ,les femmes qui demandent tre libres1 grand pote fourvoy1 sont celles qui sentent leur dignit1 le rle vritable de leur sexe dans l'humanit2 celles l veulent que les femmes qui les suivront dans la carrire du travail ne soient plus obliges de vivre de l'homme1 parce que vivre de lui c'est au moins prostituer sa dignit1 et presque toujours la personne entire4 ,elles veulent que la femme soit l'gale de l'homme pour l'aimer saintement1 se dvouer sans calcul1 ne plus ruser1 tromper1 et devienne un utile auxiliaire au lieu d'une servante1 d'un jouet4 ,elles connaissent notre influence sur vous2 esclaves1 nous ne pouvons que vous abaisser2 l'heure qu'il est nous vous rendons lches1 gostes1 improbes2 nous vous lanons chaque matin comme des vautours sur la socit pour fournir nos folles dpenses1 ou pour doter nos enfants3 nous1 femmes de l'mancipation1 nous ne voulons plus que notre sexe joue cet odieux rle et soit1 par son esclavage1 un instrument de dmoralisation et de dissolution sociale3 ,est-ce vous44444 ,vous1 ,m4 ,michelet1 qui nous en feriez un crime6 ,eh bien6 je ne le crois pas2 vous me le diriez vous-mme1 que je ne le croirais pas4 ,vous plaant un point de vue dplorablement restreint1 vous avez cru voir toutes les femmes dans quelques valtudinaires2 et votre bon cur s'est mu pour elles1 et vous avez voulu les protger4 ,si vous eussiez regard de haut et de loin1 vous auriez vu toutes les travailleuses de la pense et des bras2 vous auriez compris que l'ingalit est pour elles une source de corruption et de souffrance4 ,alors de votre beau et chaleureux style1 vous auriez crit1 non pas ce livre de l',amour que repoussent toutes les femmes intelligentes et rflchies1 mais un grand et beau livre pour revendiquer le droit de la moiti du genre humain4 ,le malheur1 l'irrparable malheur est1 qu'au lieu de monter sur les sommets pour regarder tout ce qui se meut sous le vaste horizon1 vous vous tes enferm dans une troite valle o n'apercevant que de ples violettes1 vous en avez induit que toute fleur est violette ple1 tandis que la nature a cr des milliers d'espces bien autrement fortes et vigoureuses1 et qui ont1 comme vous1 droit la terre1 l'air1 l'eau et au soleil4 ,votre livre1 quels que soient votre amour1 votre bont et vos bonnes intentions pour la femme1 serait un immense danger pour la cause de sa libert1 consquemment pour celle des grands principes de #hi1 si les hommes taient d'humeur goter votre morale3 mais ils resteront ce qu'ils sont2 et la dignit de la femme1 tenue en veil par leur brutalit1 leur despotisme1 leur abandon1 leurs sales murs1 n'ira pas s'endormir sous l'ombrage verdoyant1 frais1 coquet et perfidement parfum de ce mancenillier qu'on appelle3 le livre de l',amour4 99 99 99 99 99 ,depuis que nous avons crit ce qui prcde1 ,m4 ,michelet a publi un nouveau livre3 ,la ,femme1 dans lequel ct de bien belles pages pleines de cur et de posie1 s'en trouvent que nous ne voulons pas qualifier pour ne pas contrister l'auteur4 ,m4 ,michelet s'est videmment amend2 nous le montrerons tout l'heure3 les critiques de femmes ne lui ont pas t inutiles2 mais pour s'en venger un peu1 il prtend que leur langage a t dict par des directeurs philosophes et autres4 ,nous connaissons personnellement quelques unes de ces dames1 et nous pouvons affirmer ,m4 ,michelet qu'elles n'ont aucun directeur d'aucune sorte3 au contraire4 ,est-ce aussi par suite de rancune que l'auteur prtend que la femme aime l'homme1 non pour ce qu'il vaut1 mais parce qu'il lui plat1 et qu'elle fait ,dieu son image1 un ,dieu de prfrence et de caprice qui sauve celui qui lui a plu844444 ,en thologie fminine1 ajoute ,m4 ,michelet1 ,dieu dirait3 je t'aime1 car tu es pcheur2 car tu n'as pas de mrite2 je n'ai nulle raison de t'aimer1 mais il m'est doux de faire grce4 ,trs bien1 ,m4 ,michelet3 ainsi votre sexe aime la femme pour ce quelle vaut2 on n'entend jamais dire un homme1 pris de quelque indigne crature3 que voulez-vous1 je l'aime6 ,votre amour est toujours sage1 raisonnablement donn2 il n'y a que les femmes mritantes qui plaisent4 ,je me demande alors pourquoi tant d'honntes femmes sont dlaisses1 malheureuses1 et tant de femmes impures1 vicieuses1 poursuivies1 adores1 en possession de l'art de charmer1 de ruiner et de pervertir les hommes4 ,je ne sais si le ,dieu de la thologie fminine serait un ,dieu de prfrence et de caprice1 sauvant sans raison celui qui lui plat2 mais je sais bien que ce n'est pas nous qui avons invent la grce et la prdestination1 moins que les pres des conciles et de l'glise1 les pres de la ,rforme1 au lieu d'appartenir au sexe sans caprice1 qui aime les gens pour ce qu'ils valent1 n'aient appartenu mon sexe fantaisiste4 ,l'histoire se serait-elle trompe8 ,est-ce que saint ,paul1 saint ,augustin1 ,luther1 ,calvin1 l'auteur de l',augustinus1 les docteurs de ,port-,royal etc41 taient des femmes8 ,je souponne fort que le dogme de la grce et celui de la prdestination seraient rests inconnus de l'humanit1 si les femmes eussent fait une religion4 ,m4 ,michelet dplore l'tat de divorce qui s'tablit entre les sexes3 nous le dplorons comme lui3 mais nos plaintes n'y remdieront pas4 ,les hommes fuient le mariage par des motifs qui ne leur font pas honneur3 ils ont discrtion les filles pauvres que la misre met leur merci2 ils fuient le mariage parce qu'ils ne veulent pas leurs cts une vraie femme1 c'est dire une femme autonome2 la libert1 ils la veulent pour eux2 pour leur femme1 l'esclavage4 ,de leur ct1 les femmes tendent l'affranchissement1 et c'est un bien pour elles1 comme c'en est un pour les hommes3 elles ne s'en laisseront pas dtourner2 d'autre part1 comme les hommes sont attirs par le luxe de la toilette1 qu'ils ngligent les femmes simples1 celles qui veulent plaire et retenir les hommes1 imitent les lorettes3 qui la faute6 ,est-ce la ntre qui dsirons vous plaire et tre aimes1 ou la vtre qui l'on ne peut plaire que par la toilette8 ,si vous nous aimiez pour ce que nous valons1 et non parce que nos robes et nos bijoux vous plaisent1 nous ne vous ruinerions pas4 ,signalons en quelques lignes les contradictions et diffrences qui se trouvent entre le premier et le second ouvrage de ,m4 ,michelet4 ,dans tous les deux la femme est la flamme d'amour et la flamme du foyer1 une religion1 une harmonie1 une posie1 la gardienne du foyer domestique1 une mnagre dont les soins sont anoblis par l'amour3 c'est sa grce qu'est due la civilisation3 elle doit tre la grce sinon la beaut4 ,dans les deux livres1 le mnage doit tre isol3 la femme ne doit avoir aucune amiti particulire2 mre1 frres et surs l'empchent de s'absorber comme elle le doit dans son mari4 ,on sait ce que nous pensons de cette absorption2 nous dirons seulement ici que si les amis et parents de la femme doivent tre limins1 ceux de l'homme ne devraient pas l'tre moins3 la mre et les amis du mari ont plus de puissance de nuire la femme1 que ceux de cette dernire de nuire au mari3 de tristes et nombreux faits le prouvent4 ,dans le livre de l',amour la femme est une rceptivit1 incapable de comprendre les uvres de conscience2 elle doit tout recevoir du mari au point de vue intellectuel et moral4 ,dans le livre de la ,femme1 elle est la moiti du couple1 a la mme raison que l'homme1 est capable des plus hautes spculations et s'entend parfaitement l'administration2 c'est elle qui donne l'enfant l'ducation qui influera sur tout le reste de sa vie4 ,tant que la femme1 dit l'auteur1 n'est pas l'associe du travail et de l'action1 nous sommes serfs1 nous ne pouvons rien1 elle peut mme tre en science mdicale l'gale de l'homme3 elle est une cole1 elle est seule ducatrice1 etc4 ,trs bien jusque l2 et sans doute ,m4 ,michelet serait consquent1 s'il ne s'tait mis en tte un idal masculin et un idal fminin qui viennent gter tout3 il s'est dit3 l'homme est un crateur1 la femme une harmonie dont le but et la destination est l'amour1 et1 en consquence1 il nous trace pour cette dernire un plan d'ducation diffrant de celui qui doit dvelopper l'homme3 ce qui convient la femme1 ce sont les sciences naturelles2 l'histoire ne doit lui tre enseigne que pour former en elle une ferme foi morale et religieuse4 ,comme l'amour est sa vocation1 chaque ge de la femme doit correspondre un objet d'amour3 les fleurs1 la poupe1 les enfants pauvres1 puis l'amant1 puis le mari et les enfants1 puis le soin des jeunes orphelines1 des prisonnires1 etc4 ,dans le livre de l',amour1 la femme seule semble tenue de se confesser au mari4 ,dans le livre de la ,femme1 l'obligation est rciproque4 ,la veuve du livre de l',amour ne doit pas se remarier1 celle du livre de la ,femme peut pouser un ami de son mari1 ou mieux quelqu'un que lui choisit le mourant2 si elle est trop ge1 elle peut patronner un jeune homme2 mais elle ferait mieux de protger des jeunes filles1 de rconcilier des mnages1 de faciliter des mariages1 de surveiller des prisonnires1 etc4 ,nous ne pousserons pas plus loin l'analyse3 tout ce que nous pourrions objecter la doctrine de l'auteur1 se trouvera dans l'article ,proudhon et la suite de l'ouvrage4 ,m4 ,a4 ,,comte4 ,qu'tait-ce que ,m4 ,auguste ,comte1 mort en septembre #aheg8 ,pour rsoudre cette question1 il faut pralablement partager l'homme en deux1 non pas comme l'entendait le sage roi ,salomon au sujet de l'enfant contest par deux mres1 mais par la pense1 en en faisant deux hommes distincts3 un philosophe et un rvlateur4 ,m4 ,comte qui a reni et insult son matre ,saint-,simon1 n'est que le vulgarisateur de ses travaux1 rcemment dits3 voil pour l'aspect rationnel4 ,ce qu'il a en propre1 c'est une organisation socio-religieuse qui ne peut tre l'uvre d'un esprit sain4 ,ce qu'il a en propre1 c'est un style lourd1 sec1 insulteur1 orgueilleux au point d'en tre rvoltant2 charg et surcharg d'adjectifs et d'adverbes4 ,ce qu'il a en propre1 c'est d'avoir noy quelques ides dans des volumes qui n'ont pas moins de #gej #hjj pages1 petit caractre4 ,je ne vous conseille pas de les lire1 lecteurs1 moins que1 en votre me et conscience1 vous ne croyiez avoir mrit un grand nombre d'annes de purgatoire et que vous ne prfriez les faire sur la terre que44444 je ne sais s'il faut dire en haut ou en bas1 puisque l'astronomie a boulevers toutes les situations du monde matriel et spirituel4 ,les disciples de ,m4 ,comte se divisent en deux coles3 celle des ,philosophes ,positivistes et celle des ,sacerdotes4 ,les premiers repoussent l'organisation religieuse de ,m4 ,comte1 et ne sont en ralit que les enfants de la ,philosophie moderne1 et de trs estimables adversaires de cette chose nbuleuse qu'on nomme la ,mtaphysique4 ,nous ne pouvons donc les avoir en vue dans cet article3 ainsi1 que ,m4 ,littr et ses honorables amis ne froncent point le sourcil en nous lisant3 nous n'avons maille partir qu'avec le grand prtre et ses sacerdotes4 ,la doctrine de ,m4 ,comte sur la femme tenant l'ensemble de son systme social1 disons d'abord un mot de ce systme4 ,il n'y a pas de ,dieu2 il n'y a pas d'me3 ce que nous devons adorer1 c'est l',humanit1 reprsente par les meilleurs de notre espce44444 ,il y a trois lments sociaux3 la femme1 le prtre et l'homme4 ,la femme est la providence morale1 la gardienne des murs4 ,sans l'amour tout mystique1 je veux bien le croire1 que ,m4 ,comte eut pour madame ,clotilde de ,vaux1 il est probable que la femme n'et pas t la ,providence morale2 grce cet amour1 elle n'est rien moins que cela4 ,on va voir qu'elle n'en est pas plus avance4 ,de nature suprieure celle de l'homme 7au dire de ,m4 ,comte71 elle n'en est pas moins soumise lui1 en consquence d'un paradoxe philosophique que nous n'avons point rfuter dans cet ouvrage4 ,la fonction de la femme est de moraliser l'homme1 tche qu'elle ne peut bien remplir que dans la vie prive2 donc toutes les fonctions sociales et sacerdotales lui sont interdites4 ,elle doit tre prserve du travail1 renoncer la dot et l'hritage2 l'homme est charg de la nourrir2 fille1 elle est la charge de son pre ou de ses frres2 pouse1 celle de son mari2 veuve1 celle de ses fils4 ,a dfaut de ses soutiens naturels1 l'tat1 sur la demande du sacerdoce1 subvient ses besoins4 ,le mariage est institu pour le perfectionnement des poux1 surtout pour celui de l'homme3 la reproduction de l'espce en est si peu le but1 qu'un jour1 le progrs des sciences en permet l'espoir1 la femme pourra reproduire seule l'humanit1 de manire raliser et gnraliser l'hypothse de la ,vierge ,mre4 ,alors on pourra rglementer la production humaine en ne confiant qu'aux plus dignes femmes la tche de concevoir et de mettre au jour les enfants1 surtout les membres du sacerdoce4 ,le divorce n'est pas permis et le veuvage est ternel pour les deux sexes4 ,tel est1 en rsum1 la doctrine ,comtiste en ce qui concerne la femme1 le mariage et la procration4 ,comme le lecteur pourrait nous souponner d'exagration malicieuse1 prions le de lire attentivement les pages suivantes1 manes de la plume de l'inventeur du systme4 ,selon lui1 les femmes n'ont jamais demand leur mancipation2 les hommes qui la rclament pour elles1 ne sont1 dans le style plein d'amnit de ,m4 ,comte1 que des utopistes corrompus des rtrogrades4 ,tous les ges de transition1 dit-il1 ont suscit comme le ntre des aberrations sophistiques sur la condition sociale des femmes4 ,mais la loi naturelle qui assigne au sexe effectif une existence essentiellement domestique1 n'a jamais t gravement altre44444 ,les femmes taient alors 7dans l'antiquit7 trop abaisses pour repousser dignement1 mme par leur silence1 les doctorales aberrations de leurs prtendus dfenseurs44444 ,mais chez les modernes1 l'heureuse libert des femmes occidentales1 leur permet de manifester des rpugnances dcisives1 qui suffisent1 dfaut de ratification rationnelle1 pour neutraliser ces divagations de l'esprit1 inspires par le drglement du cur 7,politique positive1 t4 ,ier1 p4 #bdd et #bde74 ,sans discuter de vaines utopies rtrogrades1 il importe de sentir1 pour mieux apprcier l'ordre rel1 que si les femmes obtenaient jamais cette galit temporelle que demandent1 sans leur aveu1 leurs prtendus dfenseurs1 leurs garanties sociales en souffriraient autant que leur caractre moral4 ,car elles se trouveraient ainsi assujties1 dans la plupart des carrires1 une active concurrence journalire qu'elles ne pourraient soutenir1 en mme temps que la rivalit pratique corromprait les principales sources de l'affection mutuelle44444 ,l'homme doit nourrir la femme1 telle est la loi naturelle de notre espce 7,id4 p4 #bdh74 ,il faut concevoir la juste indpendance du sexe affectif comme fonde sur deux conditions connexes1 son affranchissement universel du travail extrieur et sa libre renonciation toute richesse44444 7,les femmes7 prtresses domestiques de l'humanit1 nes pour modifier par l'affection le rgne ncessaire de la force1 elles doivent fuir1 comme radicalement dgradante1 toute participation au commandement 7,politique posit41 tome ,,iv1 p4 #fi74 ,la dgradation morale m'a paru plus grande encore1 quand la femme s'enrichit par son propre travail4 ,l'pret continue du gain lui fait perdre alors jusqu' cette bienveillance spontane que conserve l'autre type au milieu de ses dissipations4 ,il ne peut exister de pires chefs industriels que les femmes 7,cat4 ,pos4 p4 #bhf74 ,ainsi1 mesdames1 qui prfrez le travail la prostitution1 qui passez jours et nuits pour subvenir aux besoins de votre famille1 il est bien entendu que vous vous dgradez2 une femme ne doit rien faire2 respect et gloire la paresse4 ,vous1 ,victoria d',angleterre1 ,isabelle d',espagne1 vous commandez1 donc vous vous dgradez radicalement4 ,m4 ,comte prtend que la supriorit masculine est incontestable en tout ce qui concerne le caractre proprement dit source du commandement44444 que l'intelligence de l'homme est plus forte1 plus tendue que celle de la femme 7,cat4 ,pos41 p4 #bgg74 ,une saine apprciation de l'ordre universel fera comprendre au sexe affectif combien la soumission importe la dignit 7,id41 p4 #gj74 ,le sacerdoce fera sentir aux femmes le mrite de la soumission1 en dveloppant cette admirable maxime d',aristote3 la principale force de la femme consiste surmonter la difficult d'obir2 leur ducation les aura prpares comprendre que toute domination1 loin de les lever rellement1 les dgrade ncessairement1 en altrant leur principale valeur1 pour attendre de la force l'ascendant qui n'est d qu' l'amour 7,cat4 ,pos41 p4 #bhg74 ,voici quelques pages du systme de ,politique ,positive1 t4 ,,iv3 elles sont trop curieuses pour ne pas intresser le lecteur4 ,afin de mieux caractriser l'indpendance fminine1 je crois devoir introduire une hypothse hardie1 que le progrs humain ralisera peut-tre1 quoique je ne doive examiner ni quand ni comment4 ,si l'appareil masculin ne contribue notre gnration que d'aprs une simple excitation1 drive de sa destination organique1 on conoit la possibilit de remplacer ce stimulant par un ou plusieurs autres dont la femme disposerait librement4 ,l'absence d'une telle facult chez les espces voisines ne saurait suffire pour l'interdire la race la plus minente et la plus modifiable44444 ,si l'indpendance fminine peut jamais atteindre cette limite1 d'aprs l'ensemble du progrs moral1 intellectuel et mme matriel1 la fonction sociale du sexe affectif se trouvera notablement perfectionne4 ,alors cesserait toute fluctuation entre la brutale apprciation qui prvaut encore1 et la noble doctrine systmatise par le positivisme4 ,la production la plus essentielle 7celle de notre espce7 deviendrait indpendante des caprices d'un instinct perturbateur1 dont la rpression normale constitue jusqu'ici le principal cueil de la discipline humaine4 ,une telle attribution se trouverait naturellement transfre1 avec une responsabilit complte1 ses meilleurs organes1 seuls capables de s'y prserver d'un vicieux entranement1 afin d'y raliser toutes les amliorations qu'il comporte 7p4 #fh et #fi74 ,ce qui veut dire en bon franais1 lectrices1 que viendra peut-tre le temps o vous ferez des enfants sans le concours de ces messieurs2 que cette fonction sera confie celles d'entre vous qui en seront le plus digne1 et qu'elles seront rendues responsables de l'imperfection du produit4 ,ds lors1 reprend l'auteur1 l'utopie de la ,vierge-,mre deviendra pour les plus pures et les plus minentes1 une limite idale1 directement propre rsumer le perfectionnement humain1 ainsi pouss jusqu' systmatiser la procration en l'anoblissant44444 ,le succs devant surtout dpendre du dveloppement gnral des relations entre l'me et le corps1 sa recherche permanente 7celle du problme de la virginit fconde7 instituera dignement l'tude systmatique de l'harmonie vitale1 en lui procurant la fois le but le plus noble et les meilleurs organes 7p4 #bda74 ,traduisons3 l'tude des relations du cerveau avec le corps nous conduira dcouvrir le moyen de procrer des enfants sans le concours de l'homme2 c'est le but le plus noble de cette tude2 comme la facult d'tre vierge-mre1 doit tre l'idal que se proposeront d'atteindre les femmes les plus pures et les plus minentes4 ,voil1 poursuit ,m4 ,comte1 comment je suis conduit reprsenter l'utopie de la ,vierge-,mre comme le rsum synthtique de la religion positive1 dont elle combine tous les aspects 7p4 #gf74 ,traduction3 ,procrer des enfants sans le concours de l'homme1 rsume la religion positive et en combine tous les aspects4 ,cela peut tre fort beau1 mais rationnel et positif44444 qu'en pensez vous1 lecteurs8 ,la rationalit du problme1 ajoute l'auteur1 est fonde sur la dtermination du vritable office de l'appareil masculin1 destin surtout fournir au sang un fluide excitateur1 capable de fortifier toutes les oprations vitales1 tant animales qu'organiques4 ,comparativement ce service gnral1 la stimulation fcondante devient un cas particulier1 de plus en plus secondaire1 mesure que l'organisme s'lve4 ,on conoit ainsi que chez la plus noble espce1 ce liquide cesse d'tre indispensable l'veil du germe1 qui pourrait artificiellement rsulter de plusieurs autres sources1 mme matrielles1 surtout d'une meilleure raction du systme nerveux sur le systme vasculaire 7p4 #bgf74 ,tout cela serait possible1 j'en conviens1 si le fluide dont vous parlez1 ,grand-,prtre1 avait surtout la fonction gnrale que vous lui attribuez2 ,si la reproduction de notre espce par le concours des deux sexes1 n'tait pas une loi2 ,si l'on pouvait conserver une espce en dtruisant sa loi2 ,si les faits ne contredisaient pas la possibilit de l'hypothse4 ,or mettre un si devant une loi naturelle et les phnomnes qui en sont l'expression1 n'est qu'une grosse absurdit3 on explique les lois1 on ne les rforme pas sans modifier profondment l'tre qu'elles rgissent2 on ne les dtruit pas sans dtruire cet tre3 car l'tre individuel est la loi en forme4 ,l'auteur s'arrte ainsi sur les consquences de l'hypothse absurde4 ,ds lors on conoit que la civilisation1 non seulement dispose l'homme mieux apprcier la femme1 mais augmente la participation de ce sexe la reproduction humaine qui doit1 la limite1 maner uniquement de lui4 ,personnellement envisage1 une telle modification doit amliorer la constitution crbrale et corporelle des deux sexes1 en y dveloppant la chastet continue dont l'importance fut de plus en plus pressentie par l'instinct universel1 mme pendant les drglements 7p4 #bgg74 ,domestiquement considre1 cette transformation rendrait la constitution de la famille humaine plus conforme l'esprit gnral de la sociocratie1 en compltant la juste mancipation de la femme1 ainsi devenue indpendante de l'homme1 mme physiquement4 ,l'ascendant normal du sexe affectif ne serait plus contestable envers des enfants exclusivement mans de lui4 ,mais le principal rsultat consisterait perfectionner l'institution fondamentale du mariage 7,amlioration des poux sans motif sexuel7 dont la thorie positive deviendrait alors irrcusable4 ,ainsi purifi1 le lien conjugal prouverait une amlioration aussi prononce que quand la ,monogamie y remplaa la ,polygamie2 car on gnraliserait l'utopie du ,moyen ,age1 o la ,maternit se conciliait avec la ,virginit4 ,apprcie civiquement1 cette institution permet seule de rgler la plus importante des productions1 qui ne saurait devenir assez systmatisable1 tant qu'elle s'accomplira dans le dlire et sans responsabilit4 ,rserve ses meilleurs organes1 cette fonction perfectionnerait la race humaine en dterminant mieux la transmission des amliorations dues l'ensemble des influences extrieures tant sociales que personnelles44444 ,la procration systmatique devant demeurer plus ou moins concentre chez les meilleurs types1 la comparaison des deux cas susciterait1 outre de prcieuses lumires1 une importante institution qui procurerait la ,sociocratie le principal avantage de la ,thocratie4 ,car le dveloppement du nouveau mode ferait bientt surgir une caste sans hrdit1 mieux adapte que la population vulgaire au recrutement des chefs spirituels et mme temporels1 dont l'autorit reposerait alors sur une origine vraiment suprieure qui ne fuirait pas l'examen4 ,l'ensemble de ces indications suffit pour faire apprcier l'utopie de la ,vierge-,mre1 destine procurer au ,positivisme un rsum synthtique1 quivalant celui que l'institution de l',eucharistie fournit au ,catholicisme 7p4 #bgh et #bgi74 ,il est fort craindre1 hlas6 que les disciples du grand homme1 quelqu'ardents chercheurs d'harmonie vitale qu'ils puissent tre1 ne trouvent jamais le rsum synthtique du ,positivisme1 l'quivalent de l',eucharistie3 et ce sera grand dommage3 commander des enfants comme on commande des chaussures1 et les laisser pour compte aux mres qui les auraient mal russis1 et t fort commode4 ,et que feront1 je vous le demande1 les futurs conducteurs de l'humanit1 s'ils n'obtiennent le respect et l'obissance qu' la condition de prouver qu'ils sont fils de vierges8 ,mais ne plaisantons pas avec un aussi grave personnage que le ,grand-,prtre de l',humanit2 disons seulement en passant1 que jamais on ne vit athe se montrer plus profondment chrtien que lui par le mpris de l'uvre de chair4 coutons-le la page #bhf de l'ouvrage prcit4 ,inutile la conservation individuelle1 l'instinct sexuel ne concourt que d'une manire accessoire et mme quivoque la propagation de l'espce4 ,les philosophes vraiement dgags de toute superstition1 doivent de plus en plus le regarder comme tendant surtout troubler la destination principale du fluide vivifiant4 ,mais sans attendre que l'utopie fminine se trouve ralise1 on peut dterminer1 sinon l'atrophie1 du moins l'inertie de cette superftation crbrale1 avec plus de facilit que ne l'indiquent les efforts insuffisants du thologisme4 ,outre que l'ducation positive fera partout sentir les vices d'un tel instinct1 et suscitera l'espoir continu de sa dsutude1 l'ensemble du rgime final doit naturellement instituer son gard1 un traitement rvulsif plus efficace que les austrits catholiques4 ,car l'essor universel de l'existence domestique et de la vie publique dveloppera tellement les affections sympathiques1 que le sentiment1 l'intelligence et l'activit concourront toujours fltrir et rprimer le plus perturbateur des penchants gostes4 ,malgr tout cet essor et toutes ces fltrissures1 dfiez-vous1 ,grand-,prtre6 ,croyez-moi1 employez le camphre1 beaucoup de camphre2 mettez-en partout comme certain amphitryon mettait de la muscade4 ,c'est en prvision des excommunications lances par vous contre ce vil instinct1 cet instinct inutile1 que la nature a prodigu du camphre4 ,en somme vous voyez1 lectrices1 que si ,m4 ,comte nous croit moins fortes que l'homme de corps1 d'esprit1 de caractre1 en revanche il nous croit meilleures que lui4 ,nous sommes la providence morale1 des anges gardiens3 il rve pour nous l'affranchissement par le renversement d'une loi naturelle4 ,mais en attendant il nous place sous le joug de l'homme en nous dispensant du travail2 ,il rive nos fers1 en nous engageant patelinement nous dpouiller de notre avoir2 ,il nous dit de la plus douce voix du monde3 ne commandez jamais3 cela vous dgraderait2 ,votre grande force est d'obir celui que votre destine est de diriger4 ,vous ne serez rien dans le temple1 rien dans l'tat2 ,dans la famille vous tes prtresses domestiques1 les auxiliaires du sacerdoce4 ,trois sacrements sur neuf vous sont refuss3 celui de la destination parce que1 pour vous1 il se confond avec celui du mariage2 celui de la retraite1 parce que vous n'avez pas de profession2 enfin celui de l'incorporation1 parce qu'une femme ne peut1 par elle-mme1 mriter une apothose personnelle et publique4 ,si vous avez t de dignes auxiliaires1 vous serez enterres prs de ceux que vous aurez influencs1 comme leurs autres auxiliaires utiles3 le chien1 le cheval1 le buf et l'ne2 et l'on fera mention de vous lorsqu'on honorera le membre de l'humanit auquel vous aurez appartenu4 ,rfuterons-nous de telles doctrines8 ,non4 ,ce que nous aurions en dire1 sera plus utilement plac dans l'article consacr ,m4 ,proudhon qui a largement puis dans la doctrine de ,m4 ,comte4 ,quand aux sacerdotes qui continuent les enseignements de leur matre1 contentons-nous de les renvoyer ce que je disais ,m4 ,comte dans la ,revue ,philosophique de dcembre #ahee4 ,les femmes d'aujourd'hui sont1 en gnral1 intelligentes1 parce qu'elles reoivent une ducation suprieure celle que recevaient leurs mres4 ,la plupart d'entre elles se livrent l'existence active soit dans les arts1 soit dans l'industrie2 les hommes les y reconnaissent leurs mules1 et avouent mme qu'elles leur sont suprieures dans l'administration4 ,aucun homme1 digne de ce nom1 n'oserait contester que la femme ne soit son gale1 et que bientt arrivera le jour de son mancipation civile4 ,les femmes1 de leur ct1 plus indpendantes1 plus dignes1 sans qu'elles aient rien perdu de leur grce et de leur douceur1 ne comprennent plus votre fameux axiome3 l'homme doit nourrir la femme2 elle comprendraient encore moins votre admirable maxime d',aristote1 bonne pour les esclaves du ,gynce4 ,soyez bien convaincu que toute vraie femme rira du vtement de nuages que vous prtendez lui donner1 de l'encens dont vous voulez l'asphyxier2 car elle ne se soucie plus d'adoration1 elle veut du respect1 de l'galit2 elle veut porter sans entraves son intelligence et son activit dans les sphres propres ses aptitudes2 elle veut aider l'homme1 son frre1 dfricher le champ de la thorie1 le domaine de la pratique2 elle prtend que chaque tre humain est juge de ses aptitudes2 elle ne reconnat aucun homme1 aucune doctrine le droit de fixer sa place et de jalonner sa route4 ,c'est par le travail de la guerre que le patriciat s'est constitu1 c'est par le travail pacifique que le servage s'est mancip1 c'est aussi par le travail que la femme prtend conqurir ses droits civils4 ,voil1 monsieur1 ce que sont1 ce que veulent tre beaucoup de femmes aujourd'hui3 voyez si ce n'est pas folie de vouloir ressusciter le gynce et l'atrium pour ces femmes imprgnes des ides du ,x,v,i,i,ie sicle1 travailles par les ides de #hi et des rformateurs modernes4 ,dire de telles femmes qu'elles ne seront rien ni dans l'tat1 ni dans le mariage1 ni dans la science1 ni dans l'art1 ni dans l'industrie1 ni mme dans votre paradis subjectif1 est quelque chose de tellement norme que je ne conois pas1 pour mon compte1 que l'aberration puisse aller aussi loin4 ,vous ne trouveriez plus une interlocutrice vous disant3 qu'une femme ne peut presque jamais mriter une apothose personnelle et publique444 que des vues qui supposent l'exprience la plus complte et la rflexion la plus profonde sont naturellement interdites au sexe dont les contemplations ne sauraient gure dpasser avec succs l'enceinte de la vie prive444 que la dgradation morale de la femme est encore plus grande quand elle s'enrichit par son propre travail444 qu'il n'y a pas de pires chefs industriels que les femmes444 ,et si quelque femme arrire avait l'imbcillit et l'impudeur de tenir un semblable langage1 les hommes de quelque valeur n'auraient pour elle que du ddain4 ,mais vous1 monsieur1 qui voulez annihiler la femme1 de quel principe tirez-vous une semblable consquence8 ,de ce qu'elle est1 dites-vous1 puissance affective4444 oui1 mais ce compte l'homme l'est aussi2 et est-ce que la femme1 aussi bien que lui1 n'est pas galement intelligence et activit8 ,est-ce sur une prdominance tout accidentelle que l'on peut relguer une moiti de l'espce humaine par del les nuages de la sentimentalit8 ,et toute discipline srieuse ne doit-elle pas tendre dvelopper1 non pas une face de l'tre1 mais la pondration1 l'harmonie de toutes ses faces4 ,la dsharmonie est la source du dsordre1 du laid4 ,la femme sentimentale seulement commet d'irrparables carts1 l'homme rationnel seulement est une sorte de monstre1 et celui chez lequel prdomine l'activit n'est qu'une brute4 ,puisque vous croyez en ,gall et ,spurzheim1 vous savez que l'encphale des deux sexes se ressemble1 qu'il est modifiable chez l'un comme chez l'autre1 que toute l'ducation est fonde sur cette modificabilit3 comment ne vous est-il point venu l'esprit que si l'homme est en masse plus rationnel que la femme1 c'est parce qu'ducation1 lois et murs dveloppent chez lui les lobes antrieurs du cerveau2 tandis que chez la femme l'ducation1 les lois1 les murs dveloppent surtout les lobes postrieurs de cet organe2 et comment1 ayant constat ces faits1 n'avez-vous pas t conduit conclure que1 puisque les organes ne se dveloppent qu'en consquence des excitants qui leur sont adresss1 il est probable que l'homme et la femme1 soumis aux mmes excitants crbraux1 se dvelopperont de la mme manire avec les nuances propres chaque individualit2 et que si la femme se dveloppe harmoniquement sous ses trois aspects1 il faut qu'elle se manifeste socialement sous trois aspects4 ,songez-y1 monsieur1 votre principe est trois fois faux1 trois fois en contradiction avec la science1 avec la raison2 en prsence de la physiologie du cerveau toutes les thories de classement tombent3 les femmes sont les gales des hommes devant le systme nerveux3 elles ne pouvaient leur tre infrieures que devant la suprmatie musculaire attaque par l'invention de la poudre et que va rduire en poussire le triomphe de la mcanique4 ,que de choses j'aurais encore vous dire1 monsieur1 si cette bauche de critique n'tait dj trop longue2 mais1 quelque mauvaise qu'elle soit1 comme elle n'a dans mon esprit que le sens d'une protestation de femme contre vos doctrines1 je crois pouvoir m'en tenir l4 ,m4 ,,proudhon4 ,la dixime et la onzime tude du dernier ouvrage de ,m4 ,proudhon3 ,la ,justice dans la ,rvolution et dans l'glise1 renferment toute la doctrine de l'auteur sur la ,femme1 l',amour et le ,mariage4 ,avant d'en donner l'analyse et d'en baucher la critique1 je dois mettre mes lecteurs au courant du commencement de polmique qui parat avoir donn lieu la publication des tranges doctrines de notre grand critique4 ,dans la ,revue ,philosophique de dcembre #ahef1 on publia de moi l'article suivant1 sous le titre de3 ,m4 ,proudhon et la question des femmes3 ,les femmes ont un faible pour les batailleurs1 dit-on2 c'est vrai1 mais il ne faut pas le leur reprocher3 elles aiment jusqu' l'apparence du courage1 qui est une belle et sainte chose4 ,je suis femme1 ,m4 ,proudhon est un grand batailleur de la pense1 donc je ne puis m'empcher d'prouver pour lui estime et sympathie1 sentiments auxquels il devra la modration de l'attaque que je dirige contre ses opinions sur le rle de la femme dans l'humanit4 ,dans son premier mmoire sur la proprit1 dition de #ahda1 note de la page #bfe1 on lit ce paradoxe dans le got du ,coran3 ,entre la femme et l'homme il peut exister amour1 passion1 lien d'habitude1 et tout ce qu'on voudra1 il n'y a pas vritablement socit4 ,l'homme et la femme ne vont pas de compagnie4 ,la diffrence de sexe lve entre eux une sparation de mme nature que celle que la diffrence des races met entre les animaux4 ,aussi1 loin d'applaudir ce qu'on appelle aujourd'hui mancipation de la femme1 inclinerais-je bien plutt1 s'il fallait en venir cette extrmit1 mettre la femme en rclusion4 ,dans le troisime mmoire sur la proprit1 mme dition1 page #hj3 ,cela signifie que la femme1 par nature et par destination1 n'est ni associe1 ni citoyenne1 ni fonctionnaire public4 ,j'ouvre la ,cration de l'ordre dans l'humanit1 dition de #ahdc1 page #eeb1 et je lis3 ,c'est en traitant de l'ducation qu'on aura dterminer le rle de la femme dans la socit4 ,la femme1 jusqu' ce qu'elle soit pouse1 est apprentie1 tout au plus sous-matresse1 l'atelier comme dans la famille1 elle reste mineure et ne fait point partie de la cit4 ,la femme n'est pas1 comme on le dit vulgairement1 la moiti ni l'gale de l'homme1 mais le complment vivant et sympathique qui achve de faire de lui une personne4 ,dans les ,contradictions conomiques1 dition de #ahdf1 p4 #bed1 on lit3 ,pour moi1 plus j'y pense et moins je puis me rendre compte1 hors de la famille et du mnage1 de la destine de la femme3 courtisane ou mnagre 7mnagre1 dis-je1 et non pas servante71 je n'y vois pas de milieu4 ,j'avais toujours ri de ces paradoxes2 ils n'avaient mes yeux pas plus de valeur doctrinale que les mille autres boutades si familires au clbre critique4 ,il y a quelques semaines1 un petit journal prtendit que ,m4 ,proudhon avait1 dans des entretiens particuliers1 formul tout un systme bas sur l'omnipotence masculine1 et il publiait ce systme dans ses colonnes4 ,de deux choses l'une1 me dis-je3 ou le journaliste ment1 ou bien il dit vrai2 s'il ment1 son but vident est de ruiner ,m4 ,proudhon dans l'esprit des progressistes et de lui faire perdre sa lgitime part d'influence1 il faut qu'il en soit averti2 s'il dit vrai pour le pass1 il faut encore que ,m4 ,proudhon soit averti du fait1 parce qu'il est impossible1 tant pre de plusieurs filles1 que le sentiment paternel ne l'ai pas mis dans le chemin de la raison4 ,il faut que je le sache2 et j'crivis ,m4 ,proudhon1 qui1 ds le lendemain1 me fit la rponse que je vais transcrire textuellement3 ,madame1 ,je ne connais pas l'article publi par ,m4 ,charles ,robin dans le ,tlgraphe d'hier1 #g4 ,afin de m'difier sur cette paraphrase1 comme vous qualifiez l'article de ,m4 ,robin1 j'ai cherch dans mon premier mmoire sur la proprit1 page #bfe1 dition ,garnier frres 7je n'en ai pas d'autres71 et je n'y ai pas trouv de note4 ,j'ai cherch dans mes autres brochures la page #bfe1 et n'ai vu de note nulle part4 ,il m'est donc impossible de rpondre votre premire question4 ,je ne sais trop ce que vous appelez mes opinions sur la femme1 le mariage et la famille2 car sur ce chapitre1 pas plus que sur celui de la proprit1 je ne crois avoir donn le droit personne de parler de mes opinions4 ,j'ai fait de la critique conomique et sociale2 en faisant cette critique 7je prends le mot dans sa signification leve71 j'ai pu mettre bien des jugements d'une vrit plus ou moins relative1 je n'ai nulle part1 que je sache1 formul un dogmatisme1 une thorie1 un ensemble de principes1 en un mot un systme4 ,tout ce que je puis vous dire1 c'est d'abord1 en ce qui me concerne1 que mes opinions se sont formes progressivement et dans une direction constante2 qu' l'heure o je vous cris1 je n'ai pas dvi de cette direction2 et que1 sous cette rserve1 mes opinions actuelles sont parfaitement d'accord avec ce qu'elles taient il y a #ag ans1 lorsque je publiai mon premier mmoire4 ,en second lieu1 et par rapport vous1 ,madame1 qui en m'interrogeant ne me laissez pas ignorer vos sentiments1 je vous dirai1 avec toute la franchise que votre lettre exige1 et que vous attendez d'un compatriote1 que je n'envisage pas la question du mariage1 de la femme et de la famille comme vous1 ni comme aucun des crivains novateurs dont les ides sont venues ma connaissance2 que je n'admets pas1 par exemple1 que la femme ait le droit1 aujourd'hui1 de sparer sa cause de celle de l'homme1 et de rclamer pour elle-mme une justice spciale1 comme si son premier ennemi et tyran son mari 7ou pre7 et ses enfants1 la justice la plus rigoureuse puisse jamais faire d'elle l',,gale de l'homme2 que je n'admets pas non plus que cette infriorit du sexe fminin constitue pour lui ni servage1 ni humiliation1 ni amoindrissement dans la dignit1 la libert et le bonheur3 je soutiens que c'est le contraire qui est la vrit4 ,je considre donc l'espce de croisade que font en ce moment quelques estimables dames de l'un et l'autre hmisphre1 en faveur des prrogatives de leur sexe1 comme un symptme de la rnovation gnrale qui s'opre1 mais comme un symptme exagr1 un affolement qui tient prcisment l'infirmit du sexe1 et son incapacit de se connatre et de se rgir lui-mme4 ,j'ai lu1 ,madame1 quelques-uns de vos articles4 ,j'ai trouv que votre esprit1 votre caractre1 vos connaissances vous mettaient certainement hors de pair avec une infinit de mles qui n'ont de leur sexe que la facult proltaire4 ,a cet gard1 s'il fallait dcider de votre thse par des comparaisons de cette espce1 nul doute que vous n'obteniez gain de cause4 ,mais vous avez trop de bon sens pour ne pas comprendre qu'il ne s'agit point ici de comparer individu individu2 c'est le sexe fminin tout entier1 dans sa collectivit1 qu'il faut comparer au masculin1 afin de savoir si ces deux moitis1 complmentaires l'une de l'autre1 de l'androgyne humanitaire sont ou ne sont pas gales4 ,d'aprs ce principe1 je ne crois pas que votre systme1 qui est1 je crois1 celui de l'galit ou de l'quivalence1 puisse se soutenir1 et je le regarde comme une dfaillance de notre poque4 ,vous m'avez interpell1 ,madame1 avec une brusquerie toute franc-comtoise4 ,je dsire que vous preniez mes paroles en bonne part1 et parce que je ne suis sans doute pas d'accord de tout avec vous1 que vous ne voyiez pas en moi un ennemi de la femme1 un dtracteur de votre sexe1 digne de l'animadversion des jeunes filles1 des pouses et des mres4 ,les rgles d'une discussion loyale vous obligent d'admettre au moins que vous pouvez vous tromper1 que je puis avoir raison1 qu'alors c'est moi qui suis vritablement le dfenseur et l'ami de la femme2 je ne vous demande pas autre chose4 ,c'est une bien grande question que vous et vos compagnes vous avez souleve2 et je trouve que jusqu'ici vous l'avez traite tout fait la lgre4 ,mais la mdiocrit de raison avec laquelle ce sujet a t trait ne doit pas tre considre comme une fin de non-recevoir3 j'estime au contraire que c'est un motif pour que les tenants de l'galit des deux sexes fassent de plus grands efforts4 ,a cet gard1 je ne doute pas1 ,madame1 que vous ne vous signaliez de plus belle et j'attends avec impatience le volume que vous m'annoncez2 je vous promets de le lire avec toute l'attention dont je suis capable4 ,aprs la lecture de cette lettre1 je transcrivis la note que n'avait pas retrouve ,m4 ,proudhon et je la lui envoyai avec l'article de ,m4 ,charles ,robin4 ,comme il ne m'a pas rpondu1 son silence m'autorise croire le journaliste4 ,ah6 vous persistez soutenir que la femme est infrieure1 mineure6 vous croyez que les femmes s'inclineront pieusement devant l'arrt tomb du haut de votre autocratie6 ,non pas1 ,monsieur1 non pas2 il n'en sera pas1 il ne peut en tre ainsi4 ,a nous deux donc1 monsieur ,proudhon6 ,mais d'abord dbarrassons le dbat de ma personnalit4 ,vous me considrez comme une exception en me disant que s'il fallait dcider de ma thse par des comparaisons entre une foule d'hommes et moi1 nul doute que la dcision ne ft en faveur de mes opinions4 coutez bien ma rponse3 ,toute loi vraie est absolue4 ,l'ignorance ou l'ineptie des grammairiens1 moralistes1 jurisconsultes et autres philosophes1 a seule imagin le proverbe3 ,point de rgle sans exception4 ,la manie d'imposer des rgles la nature au lieu d'tudier les siennes1 a confirm plus tard cet aphorisme de l'ignorance4 ,qui a dit cela8 ,vous1 dans la ,cration de l'ordre dans l'humanit1 page #b4 ,pourquoi votre lettre est-elle en contradiction avec cette doctrine8 ,avez-vous chang d'opinion8 ,alors1 je vous prie de me dire si les hommes de valeur ne sont pas tout aussi exceptionnels dans leur sexe que les femmes de mrite dans le leur4 ,vous avez dit3 ,quelles que soient les diffrences existant entre les hommes1 ils sont gaux parce qu'ils sont des tres humains4 ,il faut1 sous peine d'inconsquence1 que vous ajoutiez3 ,quelles que soient les diffrences existant entre les sexes1 ils sont gaux parce qu'ils font partie de l'espce humaine44444 moins que vous ne prouviez que les femmes ne font pas partie de l'humanit4 ,la valeur individuelle n'tant pas la base du droit entre les hommes1 ne peut le devenir entre les sexes4 ,votre compliment est donc une contradiction4 ,j'ajoute enfin que je me sens lie d'une trop intime solidarit avec mon sexe1 pour tre jamais contente de m'en voir abstraire par un procd illogique4 ,je suis femme1 je m'en honore2 je me rjouis que l'on fasse quelque cas de moi1 non pour moi-mme1 qu'on l'entende bien1 mais parce que cela contribue modifier l'opinion des hommes l'gard de mon sexe4 ,une femme qui se trouve heureuse de s'entendre dire3 ,vous tes un homme1 n'est mes yeux qu'une sotte1 une crature indigne avouant la supriorit du sexe masculin2 et les hommes qui croient lui faire un compliment ne sont que d'impertinents vaniteux4 ,si j'acquiers quelque mrite1 j'honorerai les femmes1 j'en rvlerai les aptitudes1 je ne passerai pas plus dans l'autre sexe que ,m4 ,proudhon ne quitte le sien parce qu'il s'lve par son intelligence au dessus de la tourbe des hommes sots et ignorants2 et si l'ignorance de la masse des hommes ne prjuge rien contre leur droit1 l'ignorance de la masse des femmes ne prjuge rien non plus contre le leur4 ,ceci dit1 passons4 ,vous affirmez que l'homme et la femme ne forment pas vritablement socit4 ,dites-nous alors ce que c'est que le mariage1 ce que c'est qu'une socit4 ,vous affirmez que la diffrence de sexe met entre l'homme et la femme une sparation de mme nature que celle que la diffrence des races met entre les animaux4 ,alors prouvez3 ,que la race n'est pas essentiellement forme de deux sexes2 ,que l'homme et la femme peuvent se reproduire sparment2 ,que leur produit commun est un mtis ou un mulet2 ,qu'il y a entre eux des caractres dissemblables en dehors de la sexualit4 ,et si vous vous tirez votre gloire de ce magnifique tour de force1 vous aurez encore prouver3 ,que la diffrence de race correspond une diffrence de droit2 ,que les noirs1 les jaunes et les cuivrs appartenant des races infrieures la race caucasienne1 ne peuvent vritablement s'associer avec elle2 qu'elles sont mineures4 ,allons1 monsieur1 tudiez l'anthropologie1 la physiologie1 la phrnologie1 et servez-vous de votre dialectique srielle pour nous prouver tout cela4 ,vous inclinez mettre la femme en rclusion1 au lieu de l'manciper8 ,prouvez aux hommes qu'ils en ont le droit2 aux femmes1 qu'elles doivent se laisser mettre sous clef4 ,je dclare pour mon compte que je ne m'y laisserais pas mettre4 ,m4 ,proudhon sait de quoi il menace le prtre qui mettrait la main sur ses enfants8 ,eh bien6 la majorit des femmes ne s'en tiendrait pas la menace envers ceux qui auraient la musulmane inclination de ,m4 ,proudhon4 ,vous affirmez que1 par nature et par destination1 la femme n'est ni associe1 ni citoyenne1 ni fonctionnaire4 ,dites-nous d'abord quelle nature il faut avoir pour tre tout cela4 ,rvlez-nous la nature de la femme1 puisque vous prtendez la connatre mieux qu'elle ne se connat4 ,rvlez-nous sa destination1 qui apparemment n'est pas celle que nous lui voyons ni qu'elle se croit4 ,vous affirmez que la femme1 jusqu' son mariage1 n'est dans l'atelier social qu'apprentie1 tout au plus sous-matresse2 qu'elle est mineure dans la famille et ne fait point partie de la cit4 ,prouvez alors qu'elle n'accomplit pas dans l'atelier social1 dans la famille1 des uvres quivalentes ou gales celles de l'homme4 ,prouvez qu'elle est moins utile que l'homme4 ,prouvez que les qualits qui donnent l'homme le droit de citoyen n'existent pas chez la femme4 ,je serai svre avec vous1 monsieur1 sur ce chapitre4 ,subalterniser la femme dans un ordre social o il faut qu'elle travaille pour vivre1 c'est vouloir la prostitution3 car le ddain du producteur s'tend la valeur du produit2 et quand une telle doctrine est contraire la science1 au bon sens1 au progrs1 la soutenir est une cruaut1 une monstruosit morale4 ,la femme qui ne peut vivre en travaillant ne peut le faire qu'en se prostituant3 gale l'homme ou courtisane1 voil l'alternative4 ,aveugle qui ne le voit pas4 ,vous ne voyez d'autre sort pour la femme que d'tre courtisane ou mnagre4 ,ouvrez donc les yeux et rvez moins1 monsieur1 et dites-moi si elles sont uniquement mnagres ou si elles sont courtisanes toutes ces utiles et courageuses femmes qui vivent honorablement3 ,par les arts1 la littrature1 l'enseignement2 ,qui fondent des ateliers nombreux et prospres2 ,qui dirigent des maisons de commerce2 ,qui sont assez bonnes administratrices pour que beaucoup d'entre elles dissimulent ou rparent les fautes rsultant de l'incurie ou des dsordres de leurs maris4 ,prouvez-nous donc que tout cela est mal2 ,prouvez-nous que ce n'est pas le rsultat du progrs humain2 ,prouvez-nous que le travail1 cachet de l'espce humaine1 que le travail que vous considrez comme le grand mancipateur1 que le travail qui fait les hommes gaux et libres1 n'a pas la vertu de faire les femmes gales et libres4 ,si vous nous prouvez cela1 nous aurons enregistrer une contradiction de plus4 ,vous n'admettez pas que la femme ait le droit de rclamer pour elle une justice spciale1 comme si l'homme tait son premier ennemi et tyran4 ,c'est vous1 monsieur1 qui faites une justice spciale pour la femme2 elle ne veut1 elle1 que le droit commun4 ,oui1 monsieur1 jusqu'ici l'homme en subalternisant la femme1 a t son tyran1 son ennemi4 ,je suis de votre avis lorsqu' la page #eg de votre premier mmoire sur la proprit1 vous dites que tant que le fort et le faible ne sont pas gaux1 ils sont trangers1 ils ne forment point une alliance1 ils sont ennemis4 ,oui1 trois fois oui1 monsieur1 tant que l'homme et la femme ne seront pas gaux1 la femme est en droit de considrer l'homme comme son tyran et son ennemi4 ,la justice la plus rigoureuse ne peut faire de la femme l',,gale de l'homme6 ,et c'est une femme que vous placez dans votre opinion au dessus d'une foule d'hommes1 que vous affirmez une pareille chose6 ,quelle contradiction6 ,c'est un affolement1 que les femmes rclamant leur droit6 ,affolement semblable celui des esclaves se prtendant crs pour la libert2 celui des bourgeois de #hi prouvant que les hommes sont gaux devant la loi4 ,savez-vous qui tait1 qui est affol8 ,ce sont les matres1 les nobles1 les blancs1 les hommes qui ont ni1 nient et nieront que les esclaves1 les bourgeois1 les noirs1 les femmes sont ns pour la libert et l'galit4 ,le sexe auquel j'appartiens est incapable de se connatre et de se rgir1 dites-vous6 ,prouvez qu'il est dnu d'intelligence2 ,prouvez que les grandes impratrices et les grandes reines n'ont pas gouvern aussi bien que les grands empereurs et les grands rois2 ,prouvez contre tous les faits patents que les femmes ne sont pas en gnral bonnes observatrices et bonnes administratrices2 ,puis prouvez encore que tous les hommes se connaissent parfaitement1 se rgissent admirablement1 que le progrs marche comme sur des roulettes4 ,la femme n'est ni la moiti1 ni l'gale de l'homme1 elle est son complment1 elle achve de faire de lui une personne2 les deux sexes forment l'androgyne humain6 ,voyons1 srieusement1 monsieur1 qu'est-ce que signifie ce cliquetis de mots vides8 ,ce sont des mtaphores indignes de figurer dans le langage scientifique1 quand il s'agit de notre espce et des autres espces zoologiques suprieures4 ,la lionne1 la louve1 la tigresse ne sont pas plus des moitis ni des complments de leurs mles que la femme ne l'est de l'homme4 ,o la nature a mis deux extriorits1 deux volonts1 elle dit deux units1 deux entiers1 non pas un1 ni deux demies2 l'arithmtique de la nature ne peut tre dtruite par les fantaisies de l'imagination4 ,est-ce sur les qualits individuelles que se fonde l'galit devant la loi8 ,m4 ,proudhon nous rpond dans la ,cration de l'ordre dans l'humanit1 pages #bji et #baj3 ,ni la naissance1 ni la figure1 ni les facults1 ni la fortune1 ni le rang1 ni la profession1 ni le talent1 ni rien de ce qui distingue les individus n'tablit entre eux une diffrence d'espce3 tant tous hommes1 et la loi ne rglant que des rapports humains1 elle est la mme pour tous2 en sorte que1 pour tablir des exceptions1 il faudrait prouver que les individus excepts sont au dessus ou au dessous de l'espce humaine4 ,prouvez-nous1 ,monsieur1 que les femmes sont au dessus ou au dessous de l'espce humaine1 qu'elles n'en font pas partie1 ou bien1 sous peine de contradiction1 subissez les consquences de votre doctrine4 ,vous dites dans la ,rvolution sociale1 page #eg3 ,ni la conscience1 ni la raison1 ni la libert1 ni le travail1 forces pures1 facults premires et cratrices1 ne peuvent1 sans prir tre mcanises444 ,c'est en elles-mmes qu'est leur raison d'tre2 c'est dans leurs uvres qu'elles doivent trouver leur raison d'agir4 ,en cela consiste la personne humaine1 personne sacre1 etc4 ,prouvez1 ,monsieur1 que les femmes n'ont ni conscience1 ni raison1 ni libert morale1 qu'elles ne travaillent pas4 ,s'il est dmontr qu'elles ont les facults premires et cratrices1 respectez leur personne humaine1 car elle est sacre4 ,dans la ,cration de l'ordre dans l'humanit1 page #dab1 vous dites3 ,par la spcification1 le travail satisfait au vu de notre personnalit1 qui tend invinciblement se diffrencier1 se rendre indpendante1 conqurir sa libert et son caractre4 ,prouvez donc que les femmes n'ont pas des travaux spcialiss1 et si les faits vous dmentent1 reconnaissez que1 fatalement1 elles vont l'indpendance1 la libert4 ,contestez-vous qu'elles soient vos gales parce qu'en masse elles sont moins intelligentes que les hommes8 ,d'abord1 je le conteste1 mais je n'aurais nul besoin de le contester2 c'est vous-mme qui allez rsoudre cette difficult la page #bib de la ,cration de l'ordre dans l'humanit3 ,l'ingalit des capacits1 quand elle n'a pas pour cause les vices de constitution1 les mutilations ou la misre1 rsulte de l'ignorance gnrale1 de l'insuffisance des mthodes1 de la nullit ou de la fausset de l'ducation1 de la divergence de l'intuition par dfaut de srie1 d'o naissent l'parpillement et la confusion des ides4 ,or1 tous ces faits producteurs d'ingalit sont essentiellement anormaux1 donc l'ingalit des capacits est anormale4 ,a moins que vous ne prouviez que les femmes sont mutiles de nature1 je ne vois pas trop comment vous pouvez chapper la consquence de votre syllogisme3 non seulement l'infriorit fminine a les mmes sources que l'ignorance masculine1 mais l'ducation publique leur est refuse1 les grandes coles professionnelles fermes2 celles qui1 par leur intelligence1 galent les plus intelligents d'entre vous ont eu vingt fois plus de difficults et de prjugs vaincre4 ,voulez-vous subalterniser les femmes parce qu'en gnral elles ont moins de force musculaire que vous2 mais ce compte les hommes faibles ne devraient pas tre les gaux des autres1 et vous combattez cette consquence vous-mme en disant la page #eg de votre premier mmoire sur la proprit3 ,la balance sociale est l'galisation du fort et du faible4 ,si je vous ai mnag1 ,m4 ,proudhon1 c'est parce que vous tes un homme intelligent et progressif1 et qu'il est impossible que vous restiez sous l'influence des docteurs du moyen ge sur une question1 tandis que vous tes en avant de la majorit de vos contemporains sur tant d'autres4 ,vous renoncerez soutenir une srie logique sans fondement1 vous rappelant1 comme vous l'avez si bien dit la page #bja de la ,cration de l'ordre dans l'humanit3 ,que la plupart des aberrations et chimres philosophiques sont venues de ce qu'on attribue aux sries logiques une ralit qu'elles n'ont pas1 et que l'on s'est efforc d'expliquer la nature de l'homme par des abstractions4 ,vous reconnatrez que toutes les espces animales suprieures se composent de deux sexes2 ,que dans aucune la femelle n'est l'infrieure du mle1 si ce n'est quelquefois par la force1 qui ne peut tre la base du droit humain2 ,vous renoncerez l'androgynie1 qui n'est qu'un rve4 ,la femme1 individu distinct1 dou de conscience1 d'intelligence1 de volont1 d'activit1 comme l'homme1 ne sera plus spare de lui devant le droit4 ,vous direz de toutes et de tous comme la page #dg de votre premier mmoire sur la proprit3 ,la libert est un droit absolu1 parce qu'elle est l'homme comme l'impntrabilit est la matire1 une condition sine qua non d'existence4 ,l'galit est un droit absolu1 parce que sans l'galit il n'y a pas de socit4 ,et vous monterez ainsi au second degr de la sociabilit1 que vous dfinissez vous-mme3 la reconnaissance en autrui d'une personnalit gale la ntre4 ,j'en appelle donc de ,m4 ,proudhon gris par le thologisme1 ,m4 ,proudhon clair par les faits et la science1 mu par les douleurs et les dsordres rsultant de sa propre doctrine4 ,j'espre que je ne rencontrerai pas sa massue d',hercule leve contre la sainte bannire de la vrit et du droit2 contre la femme1 cet tre si faible physiquement1 si fort moralement1 qui1 sanglante1 abreuve de fiel sous sa couronne de roses1 achve de gravir la rude montagne o bientt le progrs lui donnera sa lgitime place ct de l'homme4 ,mais si mon espoir tait du1 entendez-le bien1 ,m4 ,proudhon1 vous me trouveriez ferme sur la brche1 et1 quelle que soit votre force1 je vous jure que vous ne me renverseriez pas4 ,je dfendrais courageusement le droit et la dignit de vos filles contre le despotisme et l'garement logique de leur pre1 et la victoire me resterait1 car1 en dfinitive1 elle est toujours la vrit4 ,m4 ,proudhon rpondit cette mise en demeure par la lettre suivante1 imprime dans la ,revue ,philosophique de janvier #aheg3 ,paris1 #bj dcembre #ahef4 ,a madame ,jenny d',hricourt4 ,eh bien6 ,madame1 que vous disais-je dans ma lettre du #h octobre8 ,je considre l'espce de croisade que font1 en ce moment1 quelques estimables dames de l'un et de l'autre hmisphre1 en faveur de leur sexe1 comme un symptme de la rvolution gnrale qui s'opre1 mais comme un symptme exagr1 un affolement qui tient prcisment l'infirmit du sexe et son incapacit de se connatre et de se rgir lui-mme4 ,je commence par retirer le mot d'affolement1 qui a pu vous blesser1 mais qui n'tait pas1 vous le savez1 destin la publicit4 ,ce point rgl1 je vous dirai1 ,madame1 avec tous les gards que je dois votre qualit de femme1 que je ne m'attendais pas vous voir confirmer si tt1 par votre ptulante interpellation1 mon jugement4 ,je ne savais pas d'abord d'o venait le mcontentement fminin qui pousse les plus braves1 les plus distingues d'entre vous1 un assaut contre la suprmatie paternelle et maritale4 ,je me disais1 non sans inquitude3 ,qu'y a-t-il donc8 qu'est-ce qui les trouble8 que nous reprochent-elles8 ,a laquelle de nos facults1 de nos vertus1 de nos prrogatives1 ou bien de nos dfaillances1 de nos lchets1 de nos misres1 est-ce qu'elles en veulent8 ,est-ce le cri de leur nature outrage1 ou une aberration de leur entendement8 ,votre attaque1 jointe aux tudes que j'ai immdiatement commences sur la matire1 est venue enfin me tirer de peine4 ,non1 ,madame1 vous ne connaissez rien votre sexe2 vous ne savez pas le premier mot de la question que vous et vos honorables ligueuses agitez avec tant de bruit et si peu de succs4 ,et si vous ne la comprenez point1 cette question2 si1 dans les huit pages de rponse que vous avez faites ma lettre1 il y a quarante paralogismes1 cela tient prcisment1 comme je vous l'ai dit1 votre infirmit sexuelle4 ,j'entends par ce mot1 dont l'exactitude n'est peut-tre pas irrprochable1 la qualit de votre entendement1 qui ne vous permet de saisir le rapport des choses1 qu'autant que nous1 hommes1 vous les faisons toucher du doigt4 ,il y a chez vous1 au cerveau comme dans le ventre1 certain organe incapable par lui-mme de vaincre son inertie native1 et que l'esprit mle est seul capable de faire fonctionner1 ce quoi il ne russit mme pas toujours4 ,tel est1 ,madame1 le rsultat de mes observations directes et positives3 je le livre votre sagacit obsttricale1 et vous laisse en calculer1 pour votre thse1 les consquences incalculables4 ,j'engagerai volontiers avec vous1 ,madame1 dans la ,revue ,philosophique1 une discussion fond sur cette obscure matire4 ,mais1 et ceci vous le comprendrez comme moi1 plus la question est vaste1 plus elle touche nos intrts sociaux et domestiques les plus sacrs1 plus aussi elle exige que nous y apportions de gravit et de prudence4 ,voici donc ce qu'il me parat indispensable de faire3 ,d'abord1 vous nous avez promis un livre1 et je l'attends4 ,j'ai besoin de cette pice qui compltera mes documents et parachvera ma dmonstration4 ,depuis que vous m'avez fait l'honneur de m'crire et que j'ai eu celui de vous rpondre1 j'ai fait1 sur la femme1 de trs srieuses et trs intressantes tudes1 que je ne demande qu' rectifier si elles sont errones2 comme aussi je dsire y mettre le sceau1 si1 comme j'ai tout lieu de le prsumer1 votre publication ne m'apporte qu'une confirmation de plus4 ,j'ai constat1 sur faits et pices1 la vrit de toutes les assertions que vous me sommez de rtracter1 savoir3 ,que la diffrence de sexe lve entre l'homme et la femme une sparation ,,analogue--je n'ai pas dit gale-- celle que la diffrence des races et des espces met entre les animaux2 ,qu'en raison de cette sparation ou diffrence1 l'homme et la femme ne sont point associs3 je n'ai pas dit qu'ils ne pussent tre autre chose2 ,que1 par consquent1 la femme ne peut tre dite citoyenne qu'en tant qu'elle est l'pouse du citoyen1 comme on dit madame la prsidente l'pouse du prsident3 ce qui n'implique pas qu'il n'existe point pour elle d'autre rle4 ,en deux mots1 je suis en mesure d'tablir1 par l'observation et le raisonnement1 les faits1 que la femme1 plus faible que l'homme quant la force musculaire1 vous-mme le reconnaissez1 ne lui est pas moins infrieure quant ,,la ,,puissance ,,industrielle1 ,,artistique1 ,,philosophique ,,et ,,morale2 en sorte que si la condition de la femme dans la socit doit tre rgle1 ainsi que vous le rclamez pour elle1 par la mme justice que la condition de l'homme1 c'est fini d'elle3 elle est esclave4 ,a quoi j'ajoute aussitt1 que c'est prcisment le systme que je repousse3 le principe du droit pur1 rigoureux1 de ce droit terrible que le ,romain comparait une pe dgaine1 jus strictum1 et qui rgit entre eux les individus d'un mme sexe1 n'tant pas le mme que celui qui gouverne les rapports entre individus de sexes diffrents4 ,quel est ce principe1 diffrent de la justice1 et qui cependant n'existerait pas sans la justice3 que tous les hommes sentent au fond de l'me et dont vous autres femmes ne vous doutez seulement pas8 ,est ce l'amour8 pas davantage444 ,je vous le laisse deviner4 ,et si votre pntration russit dbrouiller ce mystre1 je consens1 ,madame1 vous signer un certificat de gnie2 ,et eris mihi magnus ,apollo4 ,mais alors vous m'aurez donn gain de cause4 ,voil1 ,madame1 en quelques lignes1 quelles conclusions je suis parvenu1 et que la lecture de votre livre ne modifiera srement pas4 ,cependant1 comme toute force il est possible que vos observations personnelles vous aient mene des rsultats diamtralement contraires1 la bonne foi du dbat1 le respect de nos lecteurs et de nous-mmes exigent qu'avant d'entamer la controverse1 communication rciproque soit faite entre nous de toutes les pices recueillies4 ,vous pourrez prendre connaissance des miennes4 ,une autre condition1 que je vous supplie1 ,madame1 de prendre en bonne part1 et dont1 sous aucun prtexte1 je ne sairaos me dpartir1 c'est que vous choisirez un parrain4 ,vous ne voulez pas1 vous vous tes cet gard prononce nergiquement1 que dans une discussion aussi srieuse votre adversaire fasse le moindre sacrifice la galanterie2 et vous avez raison4 ,mais moi1 ,madame1 qui suis si loin d'admettre vos prtentions1 je ne puis ainsi me donner quittance de ce que prescrit envers les dames la civilit virile et honnte2 et comme je me propose1 d'ailleurs1 de vous faire servir de sujet d'exprience2 comme1 aprs avoir fait1 pour l'instruction de mes lecteurs1 l'autopsie intellectuelle et morale de cinq ou six femmes du plus grand mrite1 je compte faire aussi la vtre1 vous concevez qu'il m'est de toute impossibilit d'argumenter sur vous1 de vous1 avec vous1 sans m'exposer chaque mot violer toutes les biensances4 ,je comprends1 ,madame1 qu'une pareille condition vous chagrine3 c'est un dsavantage de votre position qu'il vous faut courageusement subir4 ,vous tes demandeur1 et1 comme femme1 vous vous prtendez tyrannise4 ,paraissez donc devant le tribunal de l'incorruptible opinion avec cette chane de tyrannie qui vous indigne1 et qui1 selon moi1 n'existe que dans le drglement de votre imagination4 ,vous n'en serez que plus intressante4 ,aussi bien vous vous moqueriez de moi1 si1 tandis que je soutiens la prpotence de l'homme1 je commenais1 en disputant de pair compagnon avec vous1 par vous accorder l'galit de la femme6 ,vous n'avez pas compt1 j'imagine1 que je tomberais dans cette inconsquence4 ,les champions1 du reste1 ne vous manqueront pas4 ,et je n'attends pas moins que ceci de votre courtoisie1 madame3 celui que vous me choisirez pour antagoniste1 qui devra signer et affirmer tous vos articles1 assumer la responsabilit de vos dits et contredits1 sera digne de vous et de moi2 tel1 enfin1 que je n'aurai pas le droit de me plaindre que vous m'avez jet un homme de paille4 ,ce qui m'a le plus surpris1 depuis que cette hypothse de l'galit des sexes1 renouvele des ,grecs comme tant d'autres1 s'est produite parmi nous1 a t de voir qu'elle comptait parmi ses partisans presque autant d'hommes que de femmes4 ,j'ai longtemps cherch la raison de cette bizarrerie1 que j'attribuais d'abord au zle chevaleresque3 je crois1 aujourd'hui1 l'avoir trouve4 ,elle n'est pas l'avantage des chevaliers4 ,je serais heureux1 ,madame1 pour eux et pour vous1 qu'il ressortt de cet examen solennel que les nouveaux mancipateurs de la femme sont les gnies les plus hauts1 les plus larges1 les plus progressifs1 sinon1 les plus mles1 du sicle4 ,vous dites1 ,madame1 que les femmes ont un faible pour les batailleurs4 ,c'est sans doute cause de cela que vous m'avez fouaill d'importance3 ,qui aime bien chtie bien4--,j'avais trois ans et demi quand ma mre1 pour se dbarrasser de moi1 m'envoya chez la matresse d'cole du quartier1 une excellente fille1 qu'on appelait la ,madelon4 ,un jour1 pour quelque sottise1 la ,madelon me menaa de me donner le fouet4 ,a ce mot1 j'entrai en fureur1 je lui arrachai son martinet et le lui jetai la figure4 ,j'ai toujours t un sujet dsobissant4 ,j'aimerais autant1 madame1 ne pas vous voir prendre vis--vis de moi ces airs de fouette-coco1 qui ne vont plus un homme sur le retour2 mais je laisse cela votre discrtion4 ,frappez1 redoublez1 ne me mnagez pas2 et s'il m'arrivait de regimber contre la frule1 croyez1 ,madame1 que je n'en suis pas moins votre affectionn serviteur et compatriote4 ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,a mon tour1 reprenant la parole dans le numro de fvrier de la mme anne1 je rpondis ,m4 ,proudhon3 ,il m'est interdit1 monsieur1 de rpondre votre lettre sur le ton peu convenable que vous avez cru pouvoir prendre envers moi3 ,par respect pour la gravit de mon sujet2 ,par respect pour nos lecteurs2 ,par respect pour moi-mme4 ,vous vous trouvez mal l'aise dans le cercle de ,popilius qu'a trac autour de vous la main d'une femme2 tout le monde le comprend1 moi comme les autres4 ,mal arm pour la dfense1 plus mal arm peut-tre pour l'attaque1 vous voudriez bien chapper1 et je le conois de reste2 votre habilet de tacticien est en pure perte3 vous ne sortirez du cercle fatal que vaincu1 soit par moi1 soit par vous1 si vous avouez votre faiblesse sur le point en litige1 en continuant de refuser une discussion sous des prtextes drisoires2 soit enfin par l'opinion publique1 qui vous octroiera votre certificat d'inconsquence1 le moins dsirable de tous pour un dialecticien4 ,ceci bien entendu1 je dois vous dire que je suis personnellement satisfaite que vous attaquiez1 dans le droit des femmes1 la cause de la justice et du progrs4 ,c'est pour cette cause un gage de succs3 vous avez toujours t fatal tout ce que vous avez voulu soutenir4 ,il est vrai que votre attitude dans cette question fait de vous l'alli du dogmatisme moyen ge2 il est vrai que les reprsentants officiels de ce dogmatisme s'emparent1 l'heure qu'il est1 de vos arguments et de votre nom pour maintenir leur influence sur les femmes1 et1 par elles1 sur les hommes et sur les enfants1 et cela pour restaurer le pass1 touffer l'avenir4 ,est-ce votre intention8 ,je ne le crois pas4 ,a mes yeux1 vous tes un dmolisseur1 un destructeur1 chez lequel l'instinct emporte parfois l'intelligence et qui il drobe la vue nette des consquences de ses crits3 nature de lutte1 il vous faut des adversaires2 et1 faute d'ennemis1 vous frappez cruellement sur ceux qui combattent dans les mmes rangs que vous4 ,dans tous vos crits on sent que la seconde ducation1 celle que donnent le respect et l'amour de la femme1 vous a compltement manqu4 ,venons votre lettre4 ,vous me reprochez d'avoir fait quarante paralogismes3 il fallait au moins en citer un4 ,cependant voyons4 ,vous dites3 entre l'homme et la femme il y a une sparation de mme nature que celle que la diffrence de race met entre les animaux4 ,la femme1 par nature et par destination1 n'est ni associe1 ni citoyenne1 ni fonctionnaire4 ,elle n'est1 jusqu' son mariage1 qu'apprentie dans l'atelier social1 tout au plus sous-matresse2 elle est mineure dans la famille et ne fait point partie de la cit4 ,vous ne concevez pas pour elle de destine hors du mnage3 elle ne peut tre que mnagre ou courtisane4 ,elle est incapable de se connatre et de se rgir4 ,faire un paralogisme1 c'est tre ct de la question2 or1 tais-je ct de la question en vous disant3 ,pour que tous ces paradoxes deviennent vrits1 vous avez prouver3 ,que l'homme et la femme ne sont pas de la mme race2 ,qu'ils peuvent se reproduire sparment2 ,que leur produit commun est un mtis ou un mulet2 ,que la diffrence de races correspond la diffrence de droits4 ,vous avez nous dire ce que c'est qu'une association1 ce que c'est qu'une nature citoyenne ou fonctionnaire4 ,vous avez prouver que la femme est moins utile que l'homme dans la socit2 ,qu' l'heure qu'il est1 elle est ncessairement mnagre quand elle n'est pas courtisane2 ,qu'elle est dnue d'intelligence1 qu'elle ne sait rien rgir4 ,vous prtendez que la femme n'a pas le droit de demander pour elle une justice spciale4 ,quel paralogisme ai-je commis1 en vous faisant remarquer que ce n'est pas elle mais vous qui la demandez1 puisque vous posez en principe l'ingalit des sexes devant le droit humain8 ,tout ce que vous dites relativement la prtendue infriorit de la femme et les consquences que vous en tirez s'appliquant aux races humaines infrieures la ntre1 il me serait bien facile de dmontrer que les consquences de vos principes sont le rtablissement de l'esclavage4 ,le plus parfait a le droit d'exploiter son profit le plus faible1 au lieu d'tre son ducateur444 ,admirable doctrine1 ,monsieur1 pleine d'intelligence du progrs1 pleine de gnrosit6 ,je vous en fais mon trs sincre compliment4 ,vous dites que le travail spcialis est le grand mancipateur de l'individualit humaine2 que le travail1 la conscience1 la libert1 la raison ne trouvent qu'en eux leur raison d'tre et d'agir2 que ces forces pures constituent la personne humaine qui est sacre4 ,vous posez en principe que la loi est la mme pour tous2 en sorte que1 pour tablir des exceptions1 il faudrait prouver que les individus excepts sont au dessus ou au dessous de l'espce humaine4 ,vous dites que la balance sociale est l'galisation du fort et du faible2 que tous ont les mmes droits1 non par ce qui les diffrencie1 mais par ce qui leur est commun1 la qualit d'tres humains4 ,ai-je fait des paralogismes en vous disant3 ,alors vous ne pouvez1 en raison de sa faiblesse et mme d'une infriorit suppose1 exclure la femme de l'galit de droit3 vos principes vous l'interdisent1 moins que vous ne prouviez3 ,qu'elle est au dessus ou au dessous de l'espce humaine1 qu'elle n'en fait pas partie2 ,qu'elle est dpourvue de conscience1 de justice1 de raison2 qu'elle ne travaille pas1 qu'elle n'excute pas des travaux spcialiss4 ,il est vident1 ,monsieur1 que votre doctrine sur le droit gnral est en contradiction avec votre doctrine sur le droit de la femme2 il est vident que vous tes trs inconsquent et que1 quelque habile que vous soyez1 vous ne pouvez sortir de cet embarras4 ,dans ce que vous appelez une rponse1 il y a quelques passages qui valent la peine qu'on s'y arrte4 ,vous vous demandez ce qui pousse les plus braves1 les plus distingues d'entre nous un assaut contre la suprmatie paternelle et maritale4 ,vous ne comprenez pas le mouvement1 car vous auriez dit la suprmatie masculine4 ,a mon tour je vous demande3 ,qu'est-ce qui aurait pouss ,m4 ,proudhon1 esclave romain1 prendre le rle de ,spartacus8 ,qu'est-ce qui aurait pouss ,m4 ,proudhon1 serf fodal1 organiser une ,jacquerie8 ,qu'est-ce qui aurait pouss ,m4 ,proudhon1 esclave noir1 devenir un ,toussaint-,louverture8 ,qu'est-ce qui aurait pouss ,m4 ,proudhon1 serf russe1 prendre le rle de ,poutgachef8 ,qu'est-ce qui aurait pouss ,m4 ,proudhon1 bourgeois de #hi1 renverser les privilges de la noblesse et du clerg8 ,qu'est-ce qui pousse ,m4 ,proudhon444 mais je ne veux pas faire d'actualit4 ,qu'aurait rpondu ,m4 ,proudhon tous les possesseurs de prrogatives1 de suprmatie1 qui ne manquaient pas de s'adresser1 eux aussi1 cette nave demande3 ,ah a6 que nous veut donc ce vil esclave1 cet indigne serf1 cet audacieux et stupide bourgeois8 ,a laquelle de nos facults1 de nos vertus1 de nos prrogatives en veut-il8 ,est-ce le cri de sa nature outrage ou une aberration de son entendement8 ,la rponse que se fera ,m4 ,proudhon est celle que lui feront toutes les femmes majeures4 ,il y a dans le cerveau de la femme1 dites-vous1 un organe que l'esprit mle est seul capable de faire fonctionner4 ,rendez donc la science le service de le lui indiquer et de dmontrer son mode de fonctionnement4 ,quant l'autre organe dont vous parlez1 c'est sans doute son inertie qui l'a fait dfinir par quelques-uns3 parvum animal furibondum1 octo ligamentis alligatum4 ,avant de choisir pour preuves de vos assertions des faits anatomiques et physiologiques1 consultez un mdecin instruit3 voil ce que vous conseille non seulement ma sagacit obsttricale1 mais aussi ma sagacit mdicale4 ,vous m'offrez de me communiquer vos observations directes et positives4 ,quoi6 ,monsieur1 en quelques semaines il vous a t possible de fouiller dans les profondeurs de l'organisation saine et malade6 de parcourir tout le ddale des fonctions engages dans la question6 ,c'est plus qu'une merveille3 malgr toute ma bonne volont1 je ne puis y croire1 moins que vous ne prouviez que vous tes un rvlateur en communication avec un ,dieu quelconque4 ,voulez-vous que je vous dise toute ma pense8 ,c'est que vous n'avez tudi les choses ni directement ni indirectement1 et que c'est moi qu'il appartient de vous dire que vous ne connaissez pas la femme2 que vous ne savez pas le premier mot de la question4 ,vos cinq ou six autopsies1 purement intellectuelles et morales1 ne prouvent qu'une chose3 votre inexprience en physiologie4 ,vous avez pris navement le scalpel de votre imagination pour celui de la science4 ,a propos d'autopsie1 vous me dites que vous attendez l'ouvrage que j'ai promis1 pour faire la mienne4 ,il serait sans doute fort honorable pour moi d'tre tendue sur votre table de dissection1 en aussi bonne compagnie que celle que vous me promettez1 mais l'instruction de mes futurs lecteurs ne me permet pas de goter cette satisfaction4 ,je ne mettrai sous presse que quand votre propre ouvrage aura paru1 car1 moi aussi1 je me propose de faire votre autopsie3 dissquez-moi donc maintenant2 je vous promets de mon ct que je m'en acquitterai consciencieusement1 proprement et dlicatement4 ,la femme1 dites-vous1 plus faible que l'homme quant la force musculaire1 ne lui est pas moins infrieure quant la ,,puissance ,,industrielle1 ,,artistique1 ,,philosophique ,,et ,,morale2 en sorte que1 si la condition de la femme dans la socit doit tre rgle1 ainsi que je le rclame pour elle1 par la mme justice que la condition de l'homme1 c'est fini d'elle3 elle est esclave4 ,homme terrible1 vous serez donc toujours inconsquent1 toujours en contradiction avec vous-mme et avec les faits6 ,quelle est la base du droit pour vous8 ,la simple qualit d'tre humain3 tout ce qui distingue les individus disparat devant le droit4 ,eh bien6 lors mme qu'il serait vrai que les femmes fussent infrieures aux hommes1 s'ensuivrait-il que leurs droits ne fussent pas les mmes8 ,d'aprs vous1 pas le moins du monde si elles font partie de l'espce humaine4 ,il n'y a pas deux justices1 il n'y en a qu'une2 il n'y pas deux droits1 il n'y en a qu'un1 dans le sens absolu4 ,la reconnaissance et le respect de l'autonomie individuelle dans le plus infime des tres humains1 aussi bien que dans l'homme et la femme de gnie1 telle est la loi qui doit prsider aux relations sociales2 faut-il que ce soit une femme qui vous le dise6 ,voyons maintenant ce que vaut votre srie homme et femme4 ,quant la reproduction de l'espce1 ils forment srie2 ceci est hors de conteste4 ,quant au reste1 forment-ils srie8 ,non4 ,si c'tait une loi que la femme ft musculairement plus faible que l'homme1 la plus forte des femmes serait plus faible que l'homme le moins fort3 or1 les faits dmontrent journellement le contraire4 ,si c'tait une loi que les femmes fussent infrieures aux hommes en puissance industrielle1 la plus puissante des femmes en industrie serait infrieure l'homme le moins fort3 or les faits dmontrent journellement qu'il y a des femmes trs bonnes industrielles1 trs bonnes administratrices2 des hommes trs ineptes et inaptes dans ce mode d'activit4 ,si c'tait une loi que les femmes fussent infrieures aux hommes en puissance artistique1 la meilleure artiste serait infrieure au moindre des artistes mles3 or les faits nous dmontrent journellement le contraire2 il y a plus de grandes tragdiennes que de grands tragdiens1 beaucoup d'hommes sont des mazettes en musique et en peinture1 beaucoup de femmes sont1 au contraire1 remarquables sous ces deux rapports1 etc41 etc4 ,que rsulte-t-il de tout cela8 ,que votre srie est fausse1 puisque les faits la dtruisent4 ,comment l'avez-vous forme8 ,voil ce qu'il est curieux d'tudier4 ,vous avez choisi quelques hommes remarquables2 et1 par un procd d'abstraction commode1 vous avez vu en eux tous les hommes1 mme les crtins2 vous avez ensuite pris quelques femmes1 sans tenir compte le moins du monde des diffrences de culture1 d'instruction1 de milieu1 et vous les avez compares aux hommes minents1 avec le soin d'oublier celles qui vous auraient gn2 puis1 concluant du particulier au gnral1 crant deux entits1 vous avez conclu4 ,singulire manire de raisonner1 en vrit4 ,vous tes tomb dans la manie d'imposer des rgles la nature au lieu d'tudier les siennes1 et vous avez mrit que je vous appliquasse vos propres paroles3 ,la plupart des aberrations et chimres philosophiques sont venues de ce qu'on attribue aux sries logiques une ralit qu'elles n'ont pas2 et l'on s'est efforc d'expliquer la nature de l'homme par des abstractions4 ,et encore si c'tait au profit de vos doctrines sur les bases du droit1 cela pourrait se comprendre2 mais c'est pour les renverser6 ,vous vous transformez en sphynx pour me proposer une nigme4 ,quel est le droit1 dites-vous1 qui n'est pas la justice1 et qui cependant n'existerait pas sans elle1 qui prside aux relations des deux sexes1 le jus strictum ne rgissant que les individus du mme sexe8 ,si vous le devinez1 vous m'aurez donn gain de cause4 ,il n'est pas ncessaire d'tre le grand ,apollon pour deviner que c'est le droit de grce1 de misricorde1 envers un infrieur qui n'est pas arm du droit strict4 ,si j'ai bien devin1 vous avez tout simplement fait une ptition de principe en supposant rsolu prcisment ce que je conteste4--,je soutiens qu'il n'y a qu'un droit1 qu'un seul droit prside aux relations des individus et des sexes1 et que le droit de misricorde est du domaine du sentiment4 ,vous dsirez qu'il soit prouv que les nouveaux mancipateurs de la femme sont les gnies les plus hauts1 les plus larges et les plus progressifs du sicle4 ,rjouissez-vous1 ,monsieur1 votre souhait est accompli3 une simple comparaison entre eux et leurs adversaires vous le prouvera4 ,les mancipateurs1 prenant la femme au berceau de l'humanit1 la voient lentement marcher vers l'mancipation civile4 ,intelligents disciples du progrs1 ils veulent1 en lui tendant une main fraternelle1 l'aider remplir sa destine4 ,les non-mancipateurs1 niant la loi historique1 mconnaissant le mouvement progressif et parallle du proltariat1 de la femme et de l'industrie vers l'affranchissement1 veulent repousser la femme bien au del du moyen ge1 jusqu' ,romulus et aux patriarches bibliques4 ,les mancipateurs1 croyant l'autonomie individuelle1 la respectant1 et reconnaissant que la femme en a une1 veulent l'aider la conqurir4 ,jugeant du besoin qu'un tre libre a de la libert1 par le besoin qu'ils en ont eux-mmes1 ils sont consquents4 ,les non-mancipateurs1 aveugls par l'orgueil1 pervertis par un amour aussi effrn qu'inintelligent de domination1 ne veulent la libert que pour eux4 ,ces gostes1 si ombrageux contre ce qui menace la leur1 veulent que la moiti de l'espce humaine soit dans leurs fers4 ,les mancipateurs ont assez de cur et d'idal pour dsirer une compagne avec laquelle ils puissent faire change de sentiments et de penses2 qui puisse les amliorer sous quelques rapports1 et tre amliore par eux sous d'autres3 ils aiment et respectent la femme4 ,les non-mancipateurs1 sans idal1 sans amour1 asservis leurs sens1 leur orgueil1 mprisent la femme2 ne veulent avoir en elle qu'une femelle1 une servante1 une machine produire des petits4 ,ce sont des mles1 ce ne sont pas encore des hommes4 ,les mancipateurs veulent le perfectionnement de l'espce humaine sous le triple point de vue physique1 intellectuel et moral3 ils savent qu'on n'amliore pas les races sans choisir et rendre les mres plus parfaites4 ,les non-mancipateurs ont bien autre chose en tte1 ma foi1 que l'amlioration de l'espce3 que leurs enfants soient inintelligents1 mchants1 laids1 difformes2 ils songent bien moins cela qu' tre les matres4 ,sont-ils assez physiologistes pour avoir seulement song que les facults dpendent de l'organisation1 que l'organisation est modifiable1 que les modifications se transmettent1 que la femme a une immense part dans cette transmission1 une part peut-tre plus grande que l'homme8 ,qu'il est donc essentiel de la mettre en tat de remplir cette grande fonction de la manire la plus utile l'humanit4 ,les mancipateurs veulent que l'humanit marche en avant1 qu'elle n'oscille plus entre le pass et l'avenir2 ils savent quelle est l'influence des femmes d'abord sur les enfants1 puis sur les hommes2 ils savent que la femme ne peut servir le progrs que si elle y trouve son compte2 qu'elle ne l'y trouvera que par la libert2 qu'elle ne l'aimera que si son intelligence s'lve par l'tude1 que si son cur se purifie des petits gosmes de famille par l'amour prdominant de la grande famille humaine4 ,comme ils veulent sincrement le but1 ils veulent sincrement les moyens3 tant que la moiti du genre humain travaillera comme elle le fait dtruire l'difice construit par quelques membres de l'autre moiti2 tant qu'une moiti du genre humain1 celle qui gouverne occultement l'autre1 aura la face tourne vers le pass1 les jalons qui indiquent l'avenir seront menacs d'tre arrachs4 ,faites-vous un crime aux mancipateurs de le comprendre1 de vouloir conjurer le pril1 et faites-vous une vertu aux non-mancipateurs du sot orgueil qui leur met une cataracte sur les yeux8 ,encore quelques mots et j'aurai fini4 ,vous aimeriez autant1 me dites-vous1 que je ne prisse point avec vous des airs de ,fouette-,coco4 ,je le crois sans peine4 ,mais1 avez-vous bien le droit de vous en plaindre1 vous qui vous tes constitu le ,pre-,fouetteur des conomistes et des socialistes8 ,je n'irai jamais envers vous jusqu'o vous tes all envers eux4 ,il faut que vous preniez votre parti de ma forme brusque1 quelquefois dure4 ,je suis implacable l'gard de ce qui me parat faux et injuste2 et1 fussiez-vous mon frre1 je ne vous combattrais par moins prement3 avant tout lien de cur et de famille1 doivent passer l'amour de la justice et celui de l'humanit4 ,je dois maintenant mes lecteurs et vous1 ,monsieur1 l'expos de la thse que j'entreprends de soutenir3 car le mot mancipation des femmes a t et est encore bien diversement interprt4 ,devant le droit1 l'homme et la femme sont gaux1 soit qu'on admette l'galit de facults1 soit qu'on la repousse4 ,mais pour qu'une vrit soit utile1 il faut qu'elle convienne au milieu dans lequel on veut l'introduire4 ,le droit absolu tant reconnu1 reste la pratique4 ,dans la pratique1 je vois deux sortes de droits3 la femme est mre pour l'exercice de l'un d'eux2 mais je reconnais que la pratique du second serait dangereuse actuellement par suite de l'ducation que la plupart d'entr'elles ont reue4 ,vous me comprenez sans qu'il soit ncessaire que je m'explique plus clairement dans une ,revue qui doit s'interdire les matires sociales et politiques4 ,recevez1 ,monsieur1 l'assurance de ma parfaite considration4 ,les directeurs de la ,revue m'ayant prvenue que mon adversaire refusait de continuer la polmique1 je rsumai ainsi son ,credo sur les droits et la nature de la femme dans la ,revue de mars #aheg3 ,a ,,mm4 les directeurs de la ,revue philosophique et religieuse4 ,messieurs1 ,vous me prvenez que ,m4 ,proudhon ne veut pas rpondre aux questions que je lui ai poses2 je n'ai ni les moyens ni la volont de l'y contraindre4 ,je ne rechercherai pas les motifs de sa dtermination2 je n'ai pour le moment qu' enregistrer son ,credo1 qui peut se rsumer ainsi3 ,je crois qu'entre l'homme et la femme il y a une sparation de mme nature que celle que la diffrence de race met entre les animaux2 ,je crois que1 par nature et par destination1 la femme n'est ni associe1 ni fonctionnaire1 ni citoyenne2 ,je crois que1 dans l'atelier social1 elle n'est1 jusqu' son mariage1 qu'apprentie1 tout au plus sous-matresse2 ,je crois qu'elle est mineure dans la famille1 l'art1 la science1 l'industrie1 la philosophie1 et qu'elle n'est ,,rien dans la cit2 ,je crois qu'elle ne peut tre que mnagre ou courtisane2 ,je crois qu'elle est incapable de se connatre et de se rgir2 ,je crois fermement que la base de l'galit des droits est dans la simple qualit d'tre humain2 or1 la femme ne pouvant avoir des droits gaux ceux de l'homme1 j'affirme qu'elle n'appartient pas l'espce humaine4 ,m4 ,proudhon sent-il combien son ,credo est en opposition avec la science1 avec les faits1 avec la loi du progrs1 avec les tendances de notre sicle1 et n'ose-t-il tenter de le justifier par des preuves8 ,sent-il que ce ,credo le classe parmi les fauteurs du dogmatisme du moyen ge1 et recule-t-il devant une telle responsabilit8 ,s'il en tait ainsi1 je le louerais de son prudent silence1 et mon plus vif dsir serait qu'il le gardt toujours sur la question qui nous divise4 ,pour traiter un sujet il faut l'aimer et le comprendre2 je n'oserais dire que ,m4 ,proudhon n'aime pas la femme1 mais ce que j'affirme1 c'est qu'il ne la comprend pas3 il ne voit en elle que la femelle de l'homme2 son organisation particulire parat le rendre impropre l'examen d'un tel sujet4 ,m4 ,proudhon1 dans l'ouvrage qu'il prpare1 promet de traiter la question du rle et des droits de la femme2 si sa doctrine a pour base les affirmations paradoxales de son ,credo1 j'espre qu'il prendra1 cette fois1 la peine de les appuyer au moins sur des semblants de preuves que j'examinerai avec toute l'attention dont je suis capable4 ,m4 ,proudhon1 reculant devant la discussion1 ne peut chapper ma critique4 ,agrez1 ,messieurs1 etc4 ,les deux tudes de ,m4 ,proudhon ne sont que le dveloppement de ce ,credo4 ,j'ai promis de dissquer l'auteur1 ainsi vais-je faire4 ,qu'on ne me reproche pas d'tre impitoyable2 ,m4 ,proudhon l'a mrit2 ,qu'on ne me reproche pas d'tre une machine raisonnement2 avec un tel adversaire1 on ne doit tre que cela4 ,qu'on ne me reproche pas d'tre brutale2 ,m4 ,proudhon s'est montr l'gard des femmes1 mme des plus illustres1 d'une brutalit et d'une injustice qui dpassent toutes les bornes4 ,si je suis brutale1 je m'efforcerai1 moi1 de ne pas tre injuste4 ,pour la commodit des lecteurs et la plus facile comprhension de mon exposition et de ma critique1 je diviserai ce travail en plusieurs paragraphes4 ,i ,eh bien6 ,monsieur ,proudhon1 vous avez voulu la guerre avec les femmes6444 ,guerre vous aurez4 ,vous avez crit1 non sans raison1 que les ,comtois sont une race ttue3 or je suis votre compatriote2 et comme la femme pousse gnralement plus loin que l'homme les qualits et les dfauts1 je vous dis3 ttu1 ttue et demie4 ,j'ai lev le drapeau sous lequel s'abriteront un jour vos filles1 si elles sont dignes du nom qu'elles portent2 je le tiendrai d'une main ferme1 et ne le laisserai jamais abattre2 contre vos pareils1 j'ai un cur et des griffes de lionne4 ,vous dbutez par dire que vous ne vouliez point traiter de l'galit des sexes1 mais qu'une demi douzaine d'insurges1 aux doigts tachs d'encre1 vous ayant mis un dfi d'oser tirer la question au clair1 vous tablirez sur faits et pices l',,inf,,riorit ,,physique1 ,,intellectuelle ,,et ,,morale ,,de ,,la ,,femme2 que vous prouverez que son mancipation est la mme chose que sa prostitution2 et prendrez en main sa dfense contre les divagations de quelques impures que le pch a rendues folles 7#c;e volume1 p4 #ccg74 ,moi seule1 vous enfermant dans un cercle de contradictions1 ai os vous dfier de tirer la question au clair3 je rsume donc en moi les quelques impures que le pch a rendues folles4 ,de semblables outrages ne peuvent m'atteindre1 ,monsieur2 l'estime1 la considration1 l'amiti prcieuse d'hommes et de femmes minemment recommandables1 suffisent rduire nant d'indignes insinuations4 ,aussi ne les relverais-je pas1 tant elles m'inspirent de ddain1 si je n'avais vous dire que le temps est pass o l'on pouvait esprer touffer la voix d'une femme en attaquant sa puret4 ,si1 l'homme qui rclame ses droits et veut en prouver la lgitimit1 vous ne demandez pas s'il est probe1 chaste1 etc42 la femme qui fait la mme revendication1 vous n'avez pas le demander davantage4 ,j'aurais donc le malheur d'tre ce qu'il y a de pire au monde sous le rapport de la chastet1 que cela n'amoindrirait nullement la valeur de ma revendication4 ,je rpugne toute justification2 mais je dois la sainte cause que je dfends1 je dois mes amis de vous dire que l'ducation morale que m'a donne ma sainte et regrettable mre1 des tudes scientifiques et philosophiques srieuses1 des occupations continuelles m'ont maintenue dans ce qu'on appelle vulgairement la bonne voie1 et ont affermi l'horreur que j'prouve pour toute tyrannie1 qu'elle s'appelle homme ou temprament4 ,vous accusez votre biographe d'avoir commis une indignit en dirigeant une insinuation contre une femme1 parce que cette femme est la vtre2 quelle indignit ne commettez-vous pas vous-mme en en outrageant plusieurs8 ,et si vous blmez ceux qui calomnient les murs de ,m4 ,proudhon1 parce qu'il n'est pas de leur avis1 de quel il croyez-vous qu'on regarde vos insinuations calomnieuses contre des femmes parce qu'elles ne pensent pas comme vous8 ,vous prtendez que nous n'avons plus de murs1 parce que nous manquons de respect la dignit d'autrui3 qui donc plus que vous1 ,monsieur1 a donn ce dtestable exemple8 ,vous qui vous dites champion des principes de #hi1 quels hommes et quelles femmes attaquez-vous8 ,ceux et celles qui sont diffrents degrs1 divers points de vue dans le courant de ces principes4 ,votre colre n'a point de bornes contre ,g4 ,sand1 notre grand prosateur1 l'auteur des bulletins de la rpublique de #dh4 ,vous dprciez ,mme de ,stal1 que vous n'avez pas lue1 et qui tait plus avance que la plupart des crivains mles de son poque4 ,deux chafauds se dressent1 deux femmes y montent3 ,mme ,roland et ,marie-,antoinette4 ,ce n'est pas moi1 femme1 qui jetterai l'insulte la reine dcapite1 mourant avec dignit1 avec courage2 non1 devant le billot je m'incline et j'essuie mes larmes1 quelle que soit la tte qui vienne s'y poser4 ,mais enfin ,marie-,antoinette mourait victime des fautes que lui avait fait commettre son ducation princire contre les principes nouveaux1 tandis que ,mme ,roland1 la chaste et noble femme1 mourait pour la rvolution et mourait en la bnissant4 ,d'o vient que vous saluez la reine de vos sympathies et que vous n'avez1 pour la rvolutionnaire1 que des paroles de blme et de ddain8 ,et les hommes qui appartiennent au grand parti de l'avenir1 comment les traitez-vous8 ,les ,girondins1 femmelins2 ,robespierre et ses adhrents1 castrats2 ,le doux ,bernardin de ,saint-,pierre1 femmelin2 ,m4 ,legouv et ceux qui pensent comme lui sur l'mancipation des femmes1 femmelins2 ,m4 de ,girardin1 absurde2 ,branger1 pitoyable auteur et femmelin2 ,jean-,jacques1 non seulement le prince des femmelins1 mais le plus grand ennemi du peuple et de la rvolution1 lui qui est videmment le principal auteur de notre rvolution franaise4 ,n'est-il pas permis de vous demander1 ,monsieur1 si vous tes pour ou contre la rvolution4 ,m4 ,proudhon1 vous avez perdu vos droits tout mnagement1 puisque vous ne mnagez pas ceux qui ne vous ont ni offens1 ni provoqu1 ceux qui n'ont point prtendu vous asservir3 les hommes ont manqu de courage2 ils auraient d vous arrter lorsque vous vous engagiez sur la pente des personnalits blessantes2 ce qu'ils n'ont pas fait1 je le fais1 moi femme1 qui ne crains ni rien ni personne que ma conscience4 ,m4 ,proudhon1 le plus grand ennemi du peuple1 est l'crivain qui1 foulant aux pieds la raison et la conscience1 la science et les faits1 appelle son aide toutes les ignorances1 tous les despotismes du pass pour garer l'esprit du peuple sur les droits de la moiti de l'espce humaine4 ,m4 ,proudhon1 le plus grand ennemi de la rvolution1 est celui qui la montre aux femmes comme un pouvantail2 qui les dtache de sa sainte cause en la confondant avec la ngation de leurs droits2 qui attaque et vilipende les gens de progrs2 qui ose enfin1 au nom des principes d'mancipation gnrale1 proclamer l'annihilation sociale et la servitude conjugale de toute une moiti de l'humanit4 ,voil1 ,monsieur1 l'ennemi du peuple et de la rvolution4 ,,ii ,j'en tais l de ma rponse lorsque1 m'tant repose pour reprendre haleine et rflchir1 je me calmai4 ,ah a6 me dis-je1 ai-je donc le sens commun de prendre au srieux cette chose informe qu'honorent du nom de thorie1 de braves gens que les coups de grosse caisse et de tam-tam de ,m4 ,proudhon tourdissent tel point qu'ils en voient des toiles en plein midi et le soleil en plein minuit8 ,voyons1 calmons-nous2 ne donnons pas la chose plus d'importance qu'elle n'en a2 et puisqu'il faut que j'expose cette chose mes lecteurs1 faisons-le du ton qui convient4 ,laissons ,m4 ,proudhon s'expliquer lui-mme4 ,aussitt cette bonne rsolution prise1 j'voquai ,m4 ,proudhon1 et lui dis en toute humilit3 ,matre1 je viens vous pour que vous me disiez ce que c'est que la ,femme et aussi un peu ce que c'est que l'homme4 ,m4 ,,proudhon4 ,vous faites bien2 car moi seul suis capable de vous renseigner2 coutez-moi donc4 ,l'tre humain complet1 adquat sa destine1 je parle du physique1 c'est le mle qui1 par sa virilit1 atteint le plus haut degr de tension musculaire et nerveuse que comporte sa nature et sa fin1 et par l le maximum d'action dans le travail et le combat4 ,la femme est un ,,diminutif de l'homme qui il manque un organe pour devenir autre chose qu'un phbe4 ,elle est un rceptacle pour les germes que seul l'homme produit1 un lieu d'incubation comme la terre pour le grain de bl2 organe inerte par lui-mme et sans but par rapport la femme4 ,une semblable organisation44444 prsuppose la subordination du sujet4 ,en elle-mme1 je parle toujours du physique1 la femme n'a pas de raison d'tre3 c'est un instrument de reproduction qu'il a plu la nature de choisir de prfrence tout autre4 ,la femme1 de ce premier chef1 est infrieure devant l'homme3 une sorte de moyen terme entre lui et le reste du rgne animal4 7#c;e volume3 ,la ,justice1 etc41 p4 #cci47 ,et remarquez que je ne suis pas seul de mon avis3 ,la femme n'est pas seulement autre que l'homme1 disait ,paracelse2 elle est autre parce qu'elle est moindre1 parce que son sexe constitue pour elle une facult de moins4 ,l o la virilit manque1 le sujet est incomplet2 l o elle est te le sujet dchoit4 ,il ne lui manque 7 la femme7 au point de vue physique que de produire des germes4 ,de mme au point de vue de l'intelligence la femme a des perceptions1 de la mmoire1 de l'imagination2 elle est capable d'attention1 de rflexion1 de jugement3 que lui manque-t-il8 ,de produire des germes1 c'est dire des ides4 7,id4 p4 #ced74 ,or1 suivez bien mon raisonnement3 tant admis que la force compte pour quelque chose dans l'tablissement du droit 7,id4 p4 #ddb72 tant admis1 d'autre part1 que la femme est un tiers moins forte que l'homme1 elle sera donc l'homme1 sous le rapport physique1 comme #b est #c4 ,consquemment dans l'atelier social1 la valeur des produits de la femme1 sera d'un tiers au dessous de celle des produits de l'homme2 donc dans la rpartition des avantages sociaux1 la proportion sera la mme3 voil ce que dit la justice4 ,l'homme sera toujours le plus fort et toujours produira le plus1 ce qui veut dire que l'homme sera le matre et que la femme obira3 dura lex1 sed lex4 7,id4 p4 #cdb47 ,d'ailleurs1 songez-y1 la femme tombe la charge de l'homme pendant la gsine2 sa faiblesse physique1 ses infirmits1 sa maternit1 l'excluent fatalement et juridiquement de toute direction politique1 doctrinale1 industrielle 7,id4 p4 #bdc74 ,passons maintenant au second point4 ,mais d'abord retenez bien ceci1 c'est que la femme1 comme toute chose1 est antinomique2 la femme considre en dehors de l'influence de l'homme1 c'est la thse2 la femme considre sous l'influence de l'homme1 c'est l'antithse3 or1 c'est la thse que nous examinons maintenant4 ,abordons donc la femme thtique sous le rapport intellectuel4 ,nous admettrons d'abord comme principe1 que la pense est proportionnelle la force 7,id4 p4 #cdi72 d'o nous sommes en droit de conclure que l'homme a l'intelligence plus forte que la femme4 ,aussi voyons-nous l'homme seul possder le gnie4 ,quant la femme1 elle n'est rien dans la science2 on ne lui doit aucune invention1 pas mme sa quenouille et son fuseau4 ,elle ne gnralise point1 ne synthtise point2 son esprit est anti-mtaphysique2 elle ne peut produire d'uvre rgulire1 pas mme un roman2 elle ne compose que des macdoines1 des monstres2 elle fait des pigrammes1 de la satire1 ne sait pas formuler un jugement1 ni le motiver2 ce n'est pas elle qui a cr les mots abstraits3 cause1 temps1 espace1 quantit1 rapport44444 la femme est une vraie table tournante4 7,id4 p4 #ceg47 ,je vous ai dj dit que la femme ne produit pas plus de germes intellectuels que de germes physiques3 son infriorit intellectuelle porte sur la qualit du produit autant que sur l'intensit et la dure de l'action et1 comme dans cette faible nature1 la dfectuosit de l'ide rsulte du peu d'nergie de la pense1 on peut bien dire que la femme a l'esprit essentiellement faux1 d'une fausset irrmdiable4 7,id4 p4 #cdi47 ,des ides dcousues1 des raisonnements contre-sens1 des chimres prises pour des ralits1 de vaines analogies riges en principes1 une direction d'esprit fatalement incline vers l'anantissement3 ,voil l'intelligence de la femme4 7,id4 p4 #cdh47 ,oui la femme est un tre passif1 nervant1 dont la conversation puise comme les embrassements4 ,celui qui veut conserver entire la force de son esprit et de son corps1 la fuira4 7,id4 p4 #cei47 ,sans l'homme qui lui sert de rvlateur et de verbe1 elle ne sortirait pas de l'tat bestial4 ,,moi4 ,calmez-vous1 ,matre1 et dites-moi s'il est vrai que vous ayez maltrait les femmes de lettres4 ,m4 ,,proudhon4 ,des femmes de lettres6 ,est-ce qu'il y en a8 ,la femme auteur n'existe pas2 c'est une contradiction4 ,le rle de la femme dans les lettres1 est le mme que dans la manufacture2 elle sert l o le gnie n'est plus de service1 comme une broche1 comme une bobine4 7,id4 p4 #cfj47 ,en retranchant d'un livre de femme ce qui vient d'emprunt1 imitation1 lieu commun et grappillage1 il se rduit quelques gentillesses2 comme philosophie rien4 ,a la commandite des ides1 la femme n'apporte rien du sien1 pas plus qu' la gnration4 7,id4 p4 #cei47 ,,moi4 ,ah6 je comprends3 vous voulez dire que1 comme auteur1 la femme de gnie n'existe pas4 ,mais ce compte1 sur tant d'hommes qui crivent1 combien y en a-t-il parmi eux qui aient du gnie et n'empruntent rien personne8 ,m4 ,,proudhon4 ,je conviens qu'il y a beaucoup de femmelins2 ce qui n'empche pas que la femme ferait mieux d'aller repasser ses collerettes1 que de se mler d'crire2 car on peut l'affirmer sans crainte de calomnie1 la femme qui s'ingre de philosopher et d'crire1 tue sa progniture par le travail de son cerveau et ses baisers qui sentent l'homme2 le plus sr pour elle et le plus honorable est de renoncer la famille et la maternit2 la destine l'a marque au front2 faite seulement pour l'amour1 le titre de concubine lui suffit1 sinon courtisane4 7,id4 p4 #cei47 ,considrons maintenant la femme thtique sous le point de vue moral4 ,nous admettrons d'abord comme principe que la vertu est en raison de la force et de l'intelligence1 d'o nous sommes en droit de conclure que l'homme est plus vertueux que la femme44444 ,ne riez pas3 cela trouble mes ides4 ,je vais plus loin3 l'homme seul est vertueux2 l'homme seul a le sens de la justice2 l'homme seul a la comprhension du droit4 ,dites-moi1 je vous prie qui produit chez l'homme cette nergie de volont1 cette confiance en lui-mme1 cette franchise1 cette audace1 toutes ces qualits puissantes que l'on est convenu de dsigner par un seul mot1 le ,moral8 ,qui lui inspire avec le sentiment de sa dignit1 le dgot du mensonge1 la haine de l'injustice1 et l'horreur de toute domination8 ,rien autre chose que la conscience de sa force et de sa raison4 ,,moi4 ,mais alors1 ,matre1 si l'homme est tout cela1 pourquoi donc reprochez-vous aux hommes de notre poque de manquer de courage1 de dignit1 de justice1 de raison1 de bonne foi8 ,quand je reprends par le menu les terribles rquisitoires que vous avez fulmins contre la gent masculine1 je ne comprends pas du tout le sens de la tirade que vous venez de me dbiter4 ,m4 ,,proudhon4 ,considrez ce que vous nommez irrvrencieusement une tirade1 comme le repoussoir oblig de l'immoralit fminine4 ,elle n'est que pour mettre en relief cette vrit3 que la conscience de la femme est plus dbile de toute la diffrence qui spare son esprit du ntre2 sa moralit est d'une autre nature2 ce qu'elle conoit comme bien et mal1 n'est pas identiquement le mme que ce que l'homme conoit lui-mme comme bien et mal1 en sorte que1 relativement nous1 la femme peut tre qualifie un tre immoral4 ,par sa nature 7elle7 est dans un tat de dmoralisation constante1 toujours en de ou au del de la justice44444 ,la justice lui est insupportable44444 ,sa conscience est antijuridique4 7,id4 p4 #cfd et #cfe47 ,elle est aristocrate1 aime les privilges1 les distinctions2 dans toutes les rvolutions qui ont la libert et l'galit pour objet1 ce sont les femmes qui rsistent le plus4 ,elles ont fait plus de mal la rvolution de ,fvrier que toutes les forces conjures de la raction virile4 7,id4 p4 #cff47 ,les femmes ont si peu le sens juridique1 que le lgislateur qui a fix l'ge de la responsabilit morale1 pour les deux sexes1 seize ans1 aurait pu la reculer pour les femmes jusqu' quarante-cinq4 ,la femme ne vaut dcidment comme conscience qu' cet ge4 7,id4 p4 #cgb47 ,d'elle-mme1 la femme est impudique 7,id4 p4 #cgb74 ,c'est donc de l'homme qu'elle reoit la pudeur qui est le produit de la dignit virile1 le corollaire de la justice4 7,id4 p4 #cga47 ,la femme n'a pas d'autre inclination1 pas d'autre aptitude que l'amour4 ,aux uvres de l'amour1 l'initiative appartient vraiement la femme4 7,id4 p4 #cga47 ,,moi4 ,que de gens vous allez surprendre1 ,matre1 en leur rvlant que la pudeur vient de l'homme2 que consquemment toutes les jeunes filles sduites1 toutes les petites filles dont les tribunaux punissent les corrupteurs et les violateurs1 ne sont que des coquines qui ont1 par leur initiative1 fait oublier aux hommes leur rle d'inspirateur de chastet6 ,vous m'clairez1 illustre ,matre2 et je vais crire un mmoire pour demander que toutes les femmes et filles sduites et violes soient punies comme elles le mritent2 et que1 pour consoler les sducteurs1 suborneurs1 corrupteurs et violateurs1 pauvres victimes innocentes de la frocit fminine1 d'avoir pch contre le corollaire de la justice et le produit de la dignit virile1 on cultive force roses1 afin que les maires des quarante mille communes de ,france et de celles de l',algrie les couronnent rosiers4 ,m4 ,,proudhon4 ,raillez tant qu'il vous plaira2 la femme n'en est pas moins si perverse de sa nature que1 par inclination1 elle recherche les mles laids1 vieux et mchants4 7,id4 p4 #cff47 ,,moi4 ,n'est-ce pas un peu exagr1 ,matre8 ,m4 ,,proudhon 7oubliant ce qu'il vient de dire74 ,la femme prfre toujours un mannequin joli1 gentil1 un honnte homme2 un galantin1 un fripon1 en obtient tout ce qu'il veut3 elle n'a que du ddain pour l'homme capable de sacrifier son amour sa conscience4 7,id4 p4 #cff47 ,vous voyez ce qu'est la femme3 ,improductive par nature1 inerte1 sans industrie1 ni entendement1 sans justice et sans pudeur1 elle a besoin qu'un pre1 un frre1 un amant1 un poux1 un matre1 un homme enfin1 lui donne1 si je puis ainsi dire1 l'aimantation qui la rend capable des vertus viriles1 des facults sociales et intellectuelles4 7,id4 p4 #cgb47 ,et comme toute sa philosophie1 sa religion1 sa politique1 son conomie1 son industrie se rsolvent en un mot3 ,amour4 7,id4 p4 #cgc47 ,irons-nous maintenant de cet tre tout entier l'amour faire un contre-matre1 un ingnieur1 un capitaine1 un ngociant1 un financier1 un conomiste1 un administrateur1 un savant1 un artiste1 un professeur1 un philosophe1 un lgislateur1 un juge1 un orateur1 un gnral d'arme1 un chef d'tat8 ,la question porte en elle-mme sa rponse4 7,id4 p4 #cgd47 ,j'ai pos et prouv ma thse1 je vais prendre mes conclusions4 ,puisque dans l'action conomique1 politique et sociale1 la force du corps et celle de l'esprit concourent ensemble et se multiplient l'une par l'autre1 la valeur physique et intellectuelle de l'homme sera la valeur physique et intellectuelle de la femme comme #c #c est #b #b1 soit #i #d4 7,id4 p4 #cfj47 ,au point de vue moral comme au point de vue physique et intellectuel1 sa valeur1 7celle de la femme7 est encore comme #b est #c4 ,leur part d'influence compare entre eux1 sera comme #c #c #c est #b #b #b2 soit #bg #h4 ,dans ces conditions la femme ne peut prtendre balancer la puissance virile2 sa subordination est invitable4 ,de par la nature et devant la justice1 elle ne pse pas le tiers de l'homme4 7,id4 p4 #cge47 ,avez-vous bien compris8 ,,moi4 ,fort bien4 ,votre thorie1 si thorie il y a1 n'est qu'un tissu de paradoxes2 vos prtendus principes sont dmentis par les faits1 vos consquences sont galement dmenties par les faits2 vous affirmez comme un rvlateur1 mais vous ne prouvez jamais comme doit le faire un philosophe4 ,il y a tellement d'ignorance et de sotte mtaphysique dans tout ce que vous dites1 que j'aime mieux vous croire de mauvaise foi1 que d'tre oblige de vous prendre en ddain4 ,je vous ai patiemment coute lorsque vous m'avez dit1 en le disant de toutes les femmes3 ,vous tes inerte1 passive1 vous n'avez le germe de rien2 ,vous tes un intermdiaire entre l'homme et l'animal1 vous n'avez pas de raison d'tre2 ,vous tes immorale2 impudique1 imbcile1 aristocrate1 ennemie de la libert1 de l'galit et de la justice2 ,a votre tour1 tchez de m'couter tranquillement pendant que je rfuterai vos dires par des faits1 par la science et par la raison4 ,,iii ,il n'y a1 de votre propre aveu1 qu'une bonne mthode de dmonstration1 c'est celle d'appuyer toute affirmation sur des faits bien tablis1 non contredits par d'autres1 lgitimement sris4 ,voyons comment vous avez suivi cette mthode4 ,pour nous prouver que la femme thtique ou considre en dehors de l'influence de l'homme1 est telle que vous la dpeignez1 il faut1 d'aprs la mthode rationnelle1 que vous nous mettiez en prsence d'une mnagerie de ces femmes1 puis d'une autre mnagerie compose d'hommes n'ayant jamais subi l'influence de la femme1 afin que nous puissions vrifier par nous-mmes l'activit native de ceux-ci et l'inertie native de celles-l4 ,avez-vous eu votre disposition1 avez-vous la ntre ces preuves de fait8 ,non3 et si vous ne les avez ni ne pouvez les avoir1 qu'est-ce que votre thse1 sinon l'illusion d'un cerveau malade d'orgueil et de haine pour la femme8 #a ,vous dites3 l'homme seul produit les germes physiques1 l'anatomie rpond3 ,c'est la femme qui produit le germe2 l'organe qui1 chez elle1 comme chez les autres femelles1 remplit cette fonction1 est l'ovaire4 #b ,vous dites3 la femme est un diminutif de l'homme2 c'est un mle imparfait1 l'anatomie dit3 l'homme et la femme sont deux tres distincts1 chacun complets1 munis chacun d'un appareil spcial1 aussi ncessaires l'un que l'autre4 #c ,vous dites avec ,paracelse1 dont ce n'est pas la seule sottise1 o la virilit manque1 l'tre est incomplet2 o elle est te1 il dchoit4 ,le simple bon sens rpond3 l'tre ne peut tre incomplet ou dchoir1 que s'il s'loigne de son type2 or1 le type de la femme est la fminit1 non la masculinit444 ,si1 comme vous1 j'tais amoureuse du paradoxe1 je dirais3 l'homme est une femme incomplte1 puisque c'est la femme qui produit le germe2 son rle est trs douteux dans la reproduction1 et la science pourra bien apprendre s'en passer un jour4 ,c'est le paradoxe d',auguste ,comte2 il vaut le vtre4 ,pour prouver que la femme n'est qu'un mle imparfait1 il faudrait tablir par des faits1 que l'homme auquel on retranche la virilit1 voit se dvelopper en lui les organes propres la femme2 devient apte la conception1 la gestation1 l'accouchement1 l'allaitement4 ,or je n'ai jamais appris qu'aucun gardien du srail se fut transform en odalisque2 et vous1 mon ,matre8 #d ,vous dites3 les organes propres la femme sont inertes et sans but pour elle2 la ,physiologie rpond3 le travail qu'accomplissent ces organes est immense2 la grossesse et la crise qui la termine1 en sont d'incontestables preuves4 ,l'influence de ces organes se fait sentir non seulement sur la sant gnrale1 mais dans l'ordre intellectuel et moral4 ,la ,pathologie1 non moins loquente1 nous peint les dsordres profonds qu'amne chez la femme la continence force1 l'incontinence1 l'excs ou la perversion de vitalit de ces organes que vous prtendez inertes4 #e ,vous dites3 la femme est une terre1 un lieu d'incubation pour le germe4 ,l'anatomie vous a rpondu que la femme seule produit le germe4 ,lisez ce que j'ai rpondu votre ami ,michelet au sujet de la ressemblance des enfants1 et vous saurez ce que les faits ajoutent la rponse de la science4 ,votre affirmation n'est pas moins absurde en prsence de ces faits que celle d'un ignorant qui prtendrait que la terre laquelle on confierait de la graine d'illet ou de chne1 a la proprit d'en faire sortir des roses et des palmiers4 ,de cette supposition fausse que la femme n'a pas de germes au physique1 vous concluez3 donc elle n'a pas de germes intellectuels et moraux44444 ,est-ce bien vous qui osez accuser la femme de prendre de fausses analogies pour des principes8 ,convenez que1 quand un homme s'en permet d'aussi folichonnes1 et les prend pour des principes1 on doit avoir plus envie de rire que de se fcher4 #f ,vous dites qu'intellectuellement et moralement la femme est1 par elle-mme1 un nant4 ,or1 si je ne m'abuse1 vous admettez que nos fonctions ont pour base nos organes1 et vous placez les fonctions de l'intelligence et de la moralit dans le cerveau1 conu selon ,gall ou peu prs4 ,eh bien6 l',anatomie vous dit3 chez les deux sexes la masse crbrale est semblable pour la composition et1 ajoute la ,phrnologie1 pour le nombre des organes4 ,la ,biologie ajoute3 la loi de dveloppement de nos organes est l'exercice qui suppose l'action et la raction1 dont le rsultat est d'augmenter le volume1 la consistance et la vitalit de l'organe exerc4 ,il s'agissait donc1 pour convaincre vos lecteurs de la vrit de vos affirmations1 d'tablir que les deux sexes sont soumis aux mmes exercices du cerveau1 aux mmes excitants1 et que1 malgr cette identit d'ducation1 la femme reste constamment infrieure4 ,avez-vous fait cette preuve8 ,y avez-vous mme song8 ,non4 ,car si vous y aviez song1 votre thse tait coule fond1 puisque vous auriez t oblig de vous avouer que l'homme et la femme ne peuvent se ressembler1 car on dit l'homme ds son enfance3 rsiste1 lutte2 ,a la femme3 cde1 soumets-toi toujours4 ,a l'homme3 sois toi-mme1 dis hardiment ta pense2 l'ambition est une vertu2 tu peux prtendre tout4 ,a la femme3 dissimule1 calcule ta moindre parole1 respecte les prjugs2 la modestie1 l'abngation3 voil ton lot2 tu ne peux arriver rien4 ,a l'homme3 la science1 le talent1 le courage t'ouvriront toutes les carrires1 te feront honorer de tous4 ,a la femme3 la science t'est inutile3 si tu en as1 tu passeras pour une pdante2 et si tu as du courage1 tu seras ddaigneusement appele ,virago4 ,a l'homme3 pour toi sont institus les lyces1 les universits1 les coles spciales1 les grands prix2 tous les tablissements qui peuvent dvelopper ton intelligence2 toutes les bibliothques o est accumule la science du pass4 ,a la femme3 pour toi l'histoire en madrigaux1 la lecture des livres d'heures et des romans4 ,tu n'as que faire de lyces1 d'coles spciales1 de grands prix1 de rien qui lve ton esprit et agrandisse tes vues3 une femme savante est si ridicule6 ,il faut que l'homme montre la science qu'il n'a souvent qu'en superficie1 mais que la femme dissimule celle qu'elle possde rellement4 ,il faut que l'homme paraisse courageux quand souvent il n'est qu'un lche2 mais que la femme feigne la poltronnerie1 quand en ralit elle n'a pas peur4 ,car o l'homme est rput grand1 sublime1 on trouve la femme ridicule1 quelquefois odieuse4 ,si vous vous tiez constat1 comme vous deviez le faire1 ces gymnastiques diamtralement opposes1 l'une tendant dvelopper l'tre1 l'ennoblir1 l'autre l'abaisser1 l'imbcilifier1 au lieu d'crire les sottises que vous avez crites1 vous vous seriez dit3 il faut que la femme ait bien de l'initiative pour rsister l'inique systme de compression qui pse sur elle2 il faut qu'elle ait bien du ressort pour se montrer si souvent suprieure la plupart des hommes en intelligence1 et toujours en moralit4 ,je serais curieuse de savoir1 ,monsieur1 ce que seraient vos mles s'ils taient soumis au mme systme que nous4 ,regardez donc ceux qui n'ont pas pass par vos tudes1 et dites-moi s'ils ne sont pas gnralement au dessous des femmes non cultives4 ,regardez donc les hommes qui ont subi l'ducation fminine2 est-ce qu'ils n'ont pas toutes les mivreries1 toute l'troitesse d'esprit des femmelettes8 ,voyez au contraire ces femmes qui1 par la volont de leurs ducateurs ou leur propre nergie1 ont t soumises la discipline masculine et1 sur votre conscience1 dites-moi si elles n'galent pas les plus intelligents1 les plus fermes d'entre vous8 #g ,vous dites3 la force intellectuelle est en raison de la force physique4 ,les faits rpondent3 les grandes penses1 les uvres utiles datent de l'poque o les forces physiques commencent dcliner4 ,les faits disent encore3 le temprament athltique1 qui est le plus vigoureux1 est le moins intellectuel3 les statuaires l'ont bien compris1 eux qui taillent ,hercule avec un gros corps et une petite tte4 #h ,vous dites que la moralit est en raison directe de la force physique et intellectuelle combines3 c'est une plaisanterie que nous ne rfuterons pas2 tout le monde sait trop bien que ces choses n'ont aucun rapport1 et que les faits dmentent votre assertion4 #i ,vous dites3 la femme tant moins forte d'un tiers1 aura dans l'atelier social un tiers de privilges de moins que l'homme4 ,sur quels lments tablissez-vous cette proportion8 ,pour l'tablir1 avez-vous promen un dynamomtre dans nos dpartements1 et mesur la force de chaque homme et de chaque femme8 ,mais votre affirmation ft-elle vraie1 est-ce qu'on n'emploie que la force dans l'atelier social8 et l'adresse1 qu'en faisons-nous1 grand conomiste8 ,quels muscles samsoniens faut-il pour tenir des critures1 administrer1 mesurer des toffes1 couper et coudre des vtements1 etc41 etc48 ,et quel est le but de la civilisation1 si ce n'est de nous dcharger de l'emploi de notre force sur les machines1 afin de n'employer que notre intelligence et notre adresse8 #aj ,vous dites3 les infirmits1 la faiblesse1 la maternit de la femme1 son aptitude l'amour l'excluent de toute fonction2 elle est juridiquement et fatalement exclue de toute direction politique1 industrielle et doctrinale4 ,elle ne peut tre chef politique44444 ,et l'histoire nous montre un grand nombre d'impratrices1 de reines1 de rgentes1 de princesses souveraines qui ont gouvern avec sagesse1 avec gloire1 et se sont montres trs suprieures beaucoup de souverains444 moins que ,marie-,thrse1 ,catherine ,,ii1 ,isabelle et ,blanche de ,castille et beaucoup d'autres ne soient que des ,mythes4 ,la femme ne peut tre lgislateur44444 toutes les femmes que je viens de citer1 l'ont t et beaucoup d'autres encore4 ,les femmes ne peuvent tre ni philosophes ni professeurs444 ,hypathie1 massacre par les chrtiens1 professait la ,philosophie avec clat2 dans le moyen ge et plus tard1 des ,italiennes ont rempli des chaires de ,philosophie1 de ,droit1 de ,mathmatiques1 et ont excit l'admiration et l'enthousiasme2 en ,france1 l'heure qu'il est1 des polytechniciens font trs grand cas de la gomtre ,sophie ,germain qui s'avisait de comprendre ,kant4 ,la femme ne peut tre ngociante1 administratrice44444 ,et une grande partie de la population fminine se livre au ngoce1 remplit les emplois du commerce4 ,on avoue mme que c'est au gnie administratif des femmes qu'est presque toujours due la prosprit des maisons4 ,la femme ne peut tre contre-matre1 chef d'atelier4444 ,or une foule de femmes dirigent des ateliers1 inventent1 perfectionnent1 tiennent seules des fabriques et contribuent par leur got et leur activit l'accroissement de la richesse nationale1 et la rputation industrielle de notre ,france4 ,la femme ne peut tre artiste44444 ,et tout le monde sait que le plus grand artiste littraire de notre poque est une femme1 ,g4 ,sand2 et tout le monde s'est inclin devant ,duchesnois1 ,mars1 ,georges1 ,maxime1 ,ristori1 ,rachel1 ,dorval2 et tout le monde s'est arrt devant les belles toiles de ,rosa ,bonheur2 et depuis le rveil des beaux-arts1 chaque sicle a enregistr quelques femmes clbres4 ,nous rencontrons la femme partout1 travaillant partout1 rivalisant avec l'homme4444 et ,m4 ,proudhon prtend qu'elle ne peut tre nulle part1 qu'elle en est exclue fatalement et juridiquement2 que si elle gouverne et lgifre comme ,marie-,thrse1 c'est une contradiction4 ,que si elle philosophe comme ,hypathie1 c'est une contradiction2 ,que si elle commande une arme et remporte des victoires comme l'pouse du vainqueur de ,calais1 si elle se bat comme ,jeanne d',arc1 ,jeanne ,hachette1 madame ,garibaldi et des milliers d'autres1 c'est une contradiction4 ,que si elle est ngociante1 administratrice1 chef d'atelier comme des milliers de femmes1 c'est une contradiction4 ,que si elle est savante comme le docteur ,boivin1 ,sophie ,germain1 et beaucoup d'autres1 si elle est professeur comme beaucoup d'entre nous le sont1 c'est une contradiction4 ,la thse soutenue par ,m4 ,proudhon1 est1 comme nous venons de le voir1 contredite par la science et par les faits4 ,on se demande s'il est possible qu'il ignore les plus simples notions de l',anatomie et de la ,biologie2 on se demande s'il est possible qu'il soit aveugle au point de ne pas voir que la femme est dans la ralit tout ce qu'il prtend qu'elle ne peut tre fatalement et juridiquement1 dans son absurde et injurieuse thorie2 et nous croyons que l'auteur est atteint d'ignorance et d'aveuglement volontaires4 #aa ,vous nous accusez1 ,m4 ,proudhon1 d'avoir beaucoup nui la ,rpublique de ,fvrier4 ,qu'est-ce dire8 ,est-ce nous qui l'avons renverse ou bien le vote des hommes8 ,si ce sont les hommes1 que nous reprochez-vous8 ,et si vous croyez qu'ils ont cd notre influence1 de quel droit prtendez-vous qu'ils aiment plus que nous la libert et l'galit1 et qu'ils aient plus que nous le sens de la justice8 ,vos reproches sont plaisants3 depuis l'origine des socits c'est l'homme qui est le matre2 or1 le vieux monde s'est affaiss sous le poids de l'esclavage1 de l'usure1 des vices les plus honts2 le monde moderne menace de prir par l'ingalit et ses tristes consquences2 vous avouez vous-mme que l'injustice est partout dans ce monde fait par votre sexe1 et vous dites que l'homme a le sens juridique6 ,et en prsence de l'ingalit1 de l'oppression cres par les hommes1 de leur amour des distinctions puriles1 des bassesses qu'il font pour un bout de ruban1 vous accusez les femmes d'aimer l'ingalit et les privilges6 ,elles peuvent les aimer1 comme vous1 mais elles sont meilleures que vous1 si elles ne sont pas plus justes3 elles prient pour le vaincu1 vous1 vous le tuez6 ,je ne nie pas que les femmes n'aient fait beaucoup de mal la ,rvolution de ,fvrier1 car elles sont aussi intelligentes que les hommes et ont une grande influence sur eux4 ,mais qu'a fait pour elles cette ,rvolution1 je vous prie8 ,ceux qui gouvernaient alors l'opinion ont eu besoin d'elles3 ,les plus actives se sont mises leur service1 sans calcul1 avec un entier dvouement4 ,quand vous vous tes crus bien assis1 par dcision de la ,chambre1 vous leur avez ferm les portes des assembles o elles largissaient leur cur pour y comprendre le grand intrt national et la fraternit universelle4 ,ce que cette mesure1 soutenue par un prtre chrtien1 le pasteur ,athanase ,coquerel1 pre1 a produit de froissement dans le cur des femmes1 ne saurait se rendre3 car nous ne sommes plus aux premiers sicles de l'glise ou au ,moyen ,age3 ce n'est pas en vain que le sang des libres soldats de #hi coule dans nos veines4 ,entendez-moi bien1 ,m4 ,proudhon1 vous et tous ceux qui sont assez aveugles1 assez orgueilleux1 assez despotes pour vous ressembler1 et retenez bien ce que je vais vous dire4 ,la femme est comme le peuple3 elle ne veut plus de vos rvolutions qui nous dciment au profit de quelques ambitieux bavards4 ,elle veut la libert et l'galit pour toutes et tous1 ou elle saura bien empcher qu'elles ne soient pour personne4 ,nous1 femmes de ,progrs1 nous nous dclarons hautement adversaires de quiconque niera le droit de la femme la libert4 ,nos surs du peuple qui se sont indignes de leur exclusion des runions populaires1 vous disent3 il y a bien assez longtemps que vous nous leurrez3 il est temps que cela finisse4 ,nous ne nous laissons plus prendre vos grands mots de ,justice1 de ,libert1 d'galit1 qui ne sont que de la fausse monnaie tant qu'ils ne s'appliquent qu' la moiti de l'espce humaine4 ,voulez-vous sauver le monde qui prit8 appelez la femme vos cts4 ,si vous ne voulez pas le faire1 laissez-nous en repos1 phraseurs insipides2 vous n'tes que d'ambitieux hypocrites3 nous ne voulons pas que nos hommes vous suivent1 et ils ne vous suivront pas4 ,m4 ,,proudhon1 s'veillant en sursaut3 ,insurge6 ,insurge aux doigts tachs d'encre6 ,impure que le pch a rendue folle6 ,,moi4 ,il est inutile de vous emporter1 ,matre2 vous frappez sur une tte de granit4 ,vous m'avez expos votre femme thse2 je vous ai discut comme c'tait mon droit4 ,reprenez un peu de calme pour m'exposer votre femme antithse4 ,m4 ,proudhon est longtemps se rendre matre de son indignation3 y tant enfin parvenu1 nous renouons l'entretien4 ,,iv ,m4 ,,proudhon4 ,j'ai dit que la femme1 considre en dehors de l'influence masculine1 est un nant444444 ,,moi4 ,oui1 ,matre2 parce que c'est une pure cration de votre pense4 ,m4 ,,proudhon4 ,mais la femme1 considre sous l'influence de l'homme1 est la moiti de l'tre humain1 et je chante des litanies en son honneur4 ,,moi4 ,vous faites donc rentrer la femme dans l'humanit par la porte de l',androgynie1 afin de lui rendre sa part de droits8444 ,c'est drlet1 mais cela m'est gal4 ,m4 ,,proudhon4 ,non pas6 non pas6 ,la femme avoir des droits6444 ,jamais1 tant que je serai ,p4 ,j4 ,proudhon4 ,elle est bien le complment de l'homme qui1 sans elle1 ne serait qu'une brute44444 ,,moi4 ,ah6 a1 mon docte ,matre1 comment tout cela s'arrange-t-il dans votre cerveau8 ,vous m'avez dit jusqu'ici que la femme doit tout l'homme1 puis vous me dites maintenant que1 sans la femme1 l'homme ne serait qu'une brute444 ,il n'est donc pas adquat sa destine comme vous l'avez affirm8 ,et si la femme n'est rien sans lui1 et qu'il ne soit rien sans la femme1 je ne vois plus du tout sur quoi vous vous appuyez pour faire de lui l'initiateur de cette pauvre malheureuse4 ,m4 ,,proudhon4 ,je n'ai point m'expliquer l dessus3 c'est mon ide4 ,je compare seulement les qualits respectives des sexes1 et comme je trouve qu'elles sont incommutables44444 ,,moi4 ,ah6 ,j'entrevois3 alors vous ne les quilibrez pas1 parce que vous pensez qu'elles ne se ressemblent pas2 et1 ne pouvant prjuger les droits de la femme1 vous la laissez libre4 ,m4 ,,proudhon4 ,comment6 ,comment6 ,la femme libre6 ,quelle horreur6 ,avez-vous donc rsolu de me faire tomber en convulsion8 ,la femme1 quelqu'minentes que soient ses qualits1 doit servir l'homme en silence et en toute humilit4 ,,moi4 ,franchement1 ,matre1 tout cela me semble un galimatias o1 tout ,satan que vous tes1 vous ne sauriez vous-mme voir goutte4 ,m4 ,,proudhon4 coutez-moi sans plus davantage m'interrompre1 si vous voulez me comprendre4 ,l'homme1 sans la grce fminine1 ne serait pas sorti de la brutalit du premier ge2 il violerait sa femelle1 toufferait ses petits1 ferait la chasse ses pareils pour les dvorer4 ,la femme est la conscience de l'homme personnifie1 l'incarnation de sa jeunesse1 de sa raison et de sa justice1 de ce qu'il y a en lui de plus pur et de plus intime1 de plus sublime 7#c;e volume4 ,justice1 etc41 p4 #ddf74 ,idalit de son tre1 elle devient pour lui un principe d'animation1 une grce de force1 de prudence1 de justice1 de patience1 de courage1 de saintet1 d'esprance1 de consolation1 sans laquelle il serait incapable de soutenir le fardeau de la vie1 de garder sa dignit1 de se supporter lui-mme1 de remplir sa destine4 ,c'est par elle1 par la grce de sa divine parole1 que l'homme donne la vie et la ralit ses ides1 en les ramenant sans cesse de l'abstrait au concret4 ,auxiliaire du ct de la justice1 elle est l'ange de patience1 de rsignation1 de tolrance1 la gardienne de sa foi1 le miroir de sa conscience1 la source de ses dvouements4 ,vaincu1 coupable1 c'est encore dans le sein de la femme qu'il trouve la consolation et le pardon4 ,l'homme a la force1 la femme la beaut4 ,par sa beaut1 elle doit tre l'expression de la ,justice et l'attrait qui nous y porte44444 elle sera meilleure que l'homme44444 elle sera le moteur de toute justice1 de toute science1 de toute industrie1 de toute vertu 7,id41 p4 #dch74 ,aussi la beaut est la vraie destination du sexe2 c'est sa condition naturelle1 son tat 7,id41 p4 #dci74 ,la femme est l'me de tout3 sans elle toute beaut s'vanouit2 la nature est triste1 les pierres prcieuses sans clat2 tous nos arts1 enfants de l'amour1 insipides1 la moiti de notre travail sans valeur4 ,si1 sous le rapport de la vigueur1 l'homme est la femme comme #c est #b1 la femme1 sous le rapport de la beaut1 est aussi l'homme comme #c est #b 7,id41 p4 #cdj74 ,si du corps nous passons l'esprit et la conscience1 la femme1 par sa beaut1 va se rvler avec de nouveaux avantages 7,id41 p4 #cdd74 ,l'esprit de la femme est plus intuitif1 plus concret1 plus beau que celui de l'homme2 il semble l'homme1 et il l'est en effet1 plus circonspect1 plus prudent1 plus rserv1 plus sage1 plus gal2 c'est ,minerve1 protectrice d',achille et d',ulysse1 qui apaise la fougue de l'un1 et fait honte l'autre de ses paradoxes et de ses roueries2 c'est la ,vierge que la litanie chrtienne appelle sige de ,sapience 7,id41 p4 #dab74 ,la qualit de l'esprit fminin a pour effet de servir au gnie de l'homme de contre-preuve1 en refltant ses penses sous un angle qui les lui fait paratre plus belles si elles sont justes1 plus absurdes si elles sont fausses2 en consquence simplifier notre savoir1 le condenser en des propositions simples1 faciles saisir comme de simples faits1 et dont la comprhension intuitive1 aphoristique1 image1 tout en mettant la femme en partage de la philosophie et des spculations de l'homme1 lui en rend lui-mme la mmoire plus nette1 la digestion plus lgre44444 ,il n'est pas un homme parmi les plus savants1 les plus inventifs1 les plus profonds qui n'prouve1 de ses communications avec les femmes1 une sorte de rafrachissement44444 ,les vulgarisateurs sont en gnral des esprits fminiss2 mais l'homme n'aime pas servir la gloire de l'homme1 et la nature prvoyante a charg la femme de ce rle 7,id41 p4 #ddb et #dda74 ,qu'elle parle donc1 qu'elle crive mme1 je l'y autorise et je l'y invite2 mais qu'elle le fasse selon la mesure de son intelligence fminine1 puisque c'est cette condition qu'elle peut nous servir et nous plaire1 sinon je lui te la parole 7,id41 p4 #dje74 ,l'homme a la force2 mais cette constance dont il se vante en sus1 il la tient surtout de la femme44444 ,par elle 7la femme7 il dure et apprend le vritable hrosme4 ,a l'occasion elle saura lui donner l'exemple1 alors elle sera plus sublime que lui 7,id41 p4 #ddc74 ,la femme rendra le droit aimable et1 de ce glaive double tranchant1 fera un rameau de paix44444 ,point de justice sans tolrance2 or1 c'est l'exercice de la tolrance que la femme excelle2 par la sensibilit de son cur1 la dlicatesse de ses impressions1 par la tendresse de son me1 par son amour1 enfin1 elle arrondit les angles tranchants de la justice1 dtruit ses asprits1 d'une divinit de terreur1 fait une divinit de misricorde4 ,la justice1 mre de paix1 ne serait pour l'humanit qu'une cause de dsunion sans ce temprament qu'elle reoit surtout de la femme4 7,id41 p4 #ddc et #ddd47 ,et quelle chastet possde la femme6 ,avec quelle constance elle attend son fianc6 ,quelle continence elle observe pendant l'absence ou la maladie de son mari6 ,ah6 la femme seule sait tre pudique444 ,par cette pudeur qui est sa prrogative la plus prcieuse1 elle triomphe des emportements de l'homme et ravit son cur4 7,id41 p4 #ddd47 ,et quelle sagesse dans le choix qu'elle fait du compagnon de sa vie6 ,elle veut l'homme fort1 vaillant1 ingnieux2 elle le mconnat s'il n'est que gentil et mignon4 ,maintenant1 ma peu chre1 peu docile1 et fort peu rvrencieuse disciple1 rsumons-nous4 ,la femme1 sous le rapport de la beaut physique intellectuelle et morale1 est l'homme comme #c est deux2 ainsi l'on peut bien dire qu'entre l'homme et la femme il existe une certaine quivalence1 provenant de leur comparaison respective1 au double point de vue de la force et de la beaut2 si par le travail1 le gnie et la justice l'homme est la femme comme #bg est #h1 son tour par les grces de la figure et de l'esprit1 par l'amnit du caractre et la tendresse du cur1 elle est l'homme comme #bg est #h44444 ,mais ces qualits respectives sont incommutables1 ne peuvent tre la matire d'aucun contrat444 ,or1 comme toute question de prpondrance dans le gouvernement de la vie humaine1 ressortit soit de l'ordre conomique1 soit de l'ordre philosophique ou juridique1 il est vident que la supriorit de la beaut1 mme intellectuelle et morale1 ne peut crer une compensation la femme1 dont la condition est ainsi fatalement subordonne4 7,id41 p4 #dde47 ,me comprenez-vous maintenant8 ,,moi4 ,ce que je comprends1 c'est que cela est pur sophisme1 chose facile dmontrer2 c'est que1 si votre thse est absurde1 votre antithse1 quelque complimenteuse qu'elle soit1 l'est tout autant2 c'est que vous avez entass contradictions sur contradictions1 et c'est pour moi un triste spectacle que de voir une intelligence aussi forte et aussi belle que la vtre se livrer de tels exercices4 ,vous allez juger vous-mme si mes reproches et mes regrets sont fonds4 ,dans la ,thse vous dites3 l'homme seul est par lui-mme intelligent et juste1 seul il est adquat sa destine2 la femme n'a pas de raison d'tre2 sans l'homme elle ne sortirait pas de l'tat bestial4 ,dans l'antithse3 sans la femme1 qui est le principe d'animation de l'homme1 le moteur de toute science1 de tout art1 de toute industrie1 de toute vertu2 sans la femme1 qui rend la justice possible1 la pense comprhensible et applicable1 l'homme1 bien loin d'tre par lui-mme juste1 intelligent1 travailleur1 ne serait qu'une brute qui violerait sa femelle1 tranglerait ses petits et ferait la chasse ses pareils pour les dvorer4 ,que rsulte-t-il de ces affirmations divergentes8 ,que si la femme seule est inadquate sa destine1 l'homme seul est inadquat la sienne1 et que l'adquation de l'un et de l'autre se fait par la synthse de leurs qualits respectives4 ,il en rsulte encore que1 de votre propre aveu1 l'homme reoit autant de la femme que celle-ci reoit de lui1 puisque1 s'il la tire de l'tat bestial1 elle le tire de l'tat de brute froce4 ,il en rsulte enfin que1 toujours de votre propre aveu1 il y a quivalence entre les qualits respectives des deux sexes4 ,seulement vous prtendez que ces qualits ne peuvent se mesurer1 ne peuvent tre pour cela matire contrat1 et que les qualits de l'homme1 important plus l'tat social que celles de la femme1 celle-ci doit tre subordonne au premier4 ,dites-moi1 ,monsieur1 y a-t-il commutabilit entre les qualits qui diffrencient les hommes8 ,entre l'homme de gnie et le modeste chiffonnier8 ,entre le philosophe qui renouvelle l'esprit humain et le portefaix qui ne sait mme pas lire8 ,entre le cerveau qui dcouvre une grande loi naturelle et celui qui ne pense rien8 ,rpondre affirmativement est impossible3 car on ne compare que des choses de mme nature4 ,or1 s'il ne peut y avoir commutabilit entre des individus si diffrents1 il n'y a donc pas1 d'aprs votre systme1 matire entre eux contrat social8 ,pourquoi donc alors prtendez-vous que ces hommes doivent tre gaux socialement8 ,pourquoi donc acceptez-vous qu'ils puissent associer1 dans un contrat particulier1 des choses qui ne peuvent tre soumises une commune mesure8 ,il n'est pas besoin d'tre bien fort en philosophie1 en conomie1 ,monsieur1 pour savoir qu'un contrat quelconque est un aveu d'insuffisance personnelle2 que l'on ne s'associerait pas si l'on pouvait se passer des autres2 et qu'en gnral les contractants ont pour motif de se complter1 sous un certain point de vue1 en mettant la commutabilit o la nature des choses ne l'a pas mise4 ,dans une uvre commune1 l'un apporte son ide1 un autre ses bras1 un troisime son argent1 un quatrime la clientle3 si chacun d'eux avait eu tout cela ensemble1 aucun n'aurait song s'associer3 une heureuse insuffisance les a rapprochs1 et leur a fait tablir l'quivalence entre chacun des apports qui ne pouvaient tre soumis une commune mesure4 ,donc il serait vrai que les qualits respectives des sexes diffrent comme vous le prtendez1 que1 par cela mme qu'elles sont galement ncessaires l'uvre collective1 elles sont essentiellement matire contrat et quivalentes4 ,mais diffrent-elles comme vous le dites8 ,vous savez ce que rpondent et la science et les faits4 ,nous n'y reviendrons pas4 ,toutes vos distinctions de beaut et de force ne sont que des classements de fantaisie4 ,nous savons tous que sur dix-huit millions de mles franais1 l'heure qu'il est1 nous avons quelques hommes de gnie1 trs spcialistes1 un peu plus d'hommes de talent1 peut-tre pas quatre philosophes1 normment de mdiocrits et une foule immense de nullits4 ,c'est donc une drision d'tablir le droit de prpotence d'un sexe d'aprs des qualits qui1 d'une part1 ne sont pas chez chacun de ses membres1 et de l'autre se trouvent souvent un plus haut degr dans le sexe qu'on prtend soumettre4 ,d'ailleurs votre sexe possdt-il les qualits que vous lui attribuez1 l'exclusion du mien1 puisque1 de votre aveu1 il n'y aurait ni civilisation1 ni science1 ni art1 ni justice1 sans les qualits que vous dites spciales la femme2 que sans ces qualits l'homme ne serait qu'une brute et un anthropophage1 il en rsulterait que la femme est au moins l'quivalente de l'homme1 si ce n'est sa suprieure4 ,relevons maintenant quelques-unes de vos contradictions4 #are ,thse4 ,la femme est une sorte de moyen terme entre l'homme et le reste des animaux4 ,antithse4 ,non2 la femme est l'idalisation de l'homme1 dans ce qu'il a de plus sublime et de plus pur4 #b;e ,thse4 ,la femme est une crature inerte1 sans entendement1 qui n'a pas de raison d'tre4 ,antithse4 ,non2 la femme est le principe d'animation de l'homme2 sans elle1 il ne pourrait remplir sa destine2 elle est le mobile de toute justice1 de toute science1 de toute industrie1 de toute civilisation1 de toute vertu4 #c;e ,thse4 ,la femme ne sait ni formuler un jugement1 ni le motiver2 elle n'a que des ides dcousues1 des raisonnements contre sens2 elle prend des chimres pour des ralits1 ne compose que des macdoines1 des monstres4 ,antithse4 ,non2 l'intelligence de la femme est plus belle que celle de l'homme2 elle a l'esprit plus sage1 plus prudent1 plus rserv2 elle fait la contre-preuve des ides masculines4 ,c'est ,minerve faisant honte ,ulysse de ses paradoxes et de ses roueries2 c'est un sige de ,sapience4 #d;e ,thse4 ,sans l'aimantation de l'homme1 la femme ne sortirait pas de l'tat bestial4 ,antithse4 ,sans l'aimantation de la femme1 l'homme ne serait qu'une bte froce4 #e;e ,thse4 ,la femme qui philosophe et crit tue sa progniture2 elle ferait mieux d'aller repasser ses collerettes2 elle n'est bonne qu' tre concubine et courtisane4 ,antithse4 ,la femme doit entrer en participation de la philosophie et des spculations de l'homme1 et les vulgariser par ses crits4 #f;e ,thse4 ,la conversation de la femme puise1 nerve2 celui qui voudra conserver intacte la force de son esprit et de son corps fuira la femme4 ,antithse4 ,la conversation de la femme rafrachit les hommes les plus minents4 #g;e ,thse4 ,la femme a la conscience dbile2 elle est immorale1 anti-juridique2 elle ne vaut comme responsabilit morale qu' quarante-cinq ans4 ,antithse4 ,la femme est le miroir de la conscience de l'homme1 l'incarnation de cette conscience2 par elle seule la justice devient possible2 elle est la gardienne des murs2 elle est suprieure l'homme en beaut morale4 #h;e ,thse4 ,la femme est sans vertu4 ,antithse4 ,la femme excelle dans la tolrance2 c'est par elle que l'homme apprend la constance et le vritable hrosme4 #i;e ,thse4 ,la femme est impudique3 c'est elle qui a l'initiative aux uvres de l'amour4 ,antithse4 ,la femme seule sait tre pudique2 en principe1 il n'y a pas de femmes impures2 c'est la femme qui calme les emportements sensuels de l'homme4 #aj;e ,thse4 ,la femme prfre un mle laid1 vieux et mchant2 ,non1 la femme prfre un mannequin joli1 gentil1 un galantin1 un fripon4 ,antithse4 ,non2 la femme veut l'homme fort1 vaillant1 ingnieux2 elle le mconnat quand il n'est qu'un mannequin joli1 gentil1 un galantin4 ,j'irais ainsi jusqu' cent1 et je ferais une croix pour recommencer une autre centaine4 ,est-il bien possible1 ,monsieur1 que vous vous moquiez ainsi de vos lecteurs6 ,m4 ,,proudhon4 ,la contradiction n'est pas dans ma pense1 mais seulement dans les termes4 ,la femme de ma thse est celle qui n'a pas subi l'aimantation masculine1 tandis qu'au contraire1 celle de l'antithse l'a subie4 ,,moi4 ,vous ririez bien de nous1 si nous prenions au srieux une telle rponse4 ,quoi1 vous avez vu des femmes hors de la socit1 et qui auraient pu prendre les hommes pour des oies de frre ,philippe8 ,vous avez constat que1 dans cette mnagerie1 on pensait faux1 on crivait mal1 on ne valait comme conscience qu' quarante-cinq ans8 ,que l1 en l'absence des hommes1 les femmes ont l'initiative aux uvres de l'amour8 ,que la conversation de ces femmes puise1 nerve les hommes qui n'y sont pas8 ,que ces femmes prfrent les hommes vieux1 laids1 mchants1 ou les mannequins jolis1 gentils1 qui ne sont pas leur disposition8 ,si la femme de votre thse est celle qui n'a pas subi l'influence masculine1 pourquoi prenez-vous les femmes que vous attaquez parmi celles qui l'ont subie8 ,vos contradictions1 mon ,matre1 sont de vraies et bonnes contradictions4 ,pour vous comme pour nous1 il n'y a qu'une femme3 celle qui vit dans la socit de l'homme1 qui a comme lui des dfauts et des vices1 et l'influence autant qu'elle en est influence3 l'autre n'a jamais exist que dans le cerveau des mystiques et des hallucins4 ,mais laissons cela4 ,on m'a dit que vous aviez parl de l'amour3 cela me semblerait impossible1 si je ne vous savais pas tant d'audace4 ,m4 ,,proudhon4 ,j'en ai parl1 ainsi que du ,mariage4 ,,moi4 ,eh bien6 faisons une petite excursion sur ces deux territoires4 ,parlons de l',amour d'abord4 ,,vi ,m4 ,,proudhon1 secouant la tte3 l',amour6444 ,il m'ennuie et m'embarrasse beaucoup4 ,je n'ai pu parvenir encore me mettre d'accord avec moi l-dessus4 ,j'ai d'abord dfini l'amour3 l'attrait des deux sexes l'un vers l'autre en vue de la reproduction1 ajoutant que cet attrait se purifie par l'adjonction de l',idal4 ,j'ai mme1 ce sujet1 trouv une fort jolie chose3 c'est qu'il y a une division sexuelle parce qu'on ne peut idaliser que l'objectif 7#c;e vol4 p4 #aib74 ,,moi4 ,peste6 ,comme vous y allez6 ,alors toutes les espces animales et vgtales o les sexes sont spars ont un idal en amour8 ,un idal dans le cerveau d'un cheval et d'une jument1 passe1 puisqu'il y a cerveau2 mais o se logera celui de la fleur mle et de la fleur femelle8 ,m4 ,,proudhon4 ,je n'ai1 ma foi1 pas song me faire cette question4 ,revenons1 s'il vous plat1 la dfinition de l'amour humain4 ,je dis donc que l'amour est un attrait donn en vue de la reproduction2 cependant je pense aussi qu' l'amour proprement dit1 la progniture est odieuse 7p4 #bjh74 ,,moi4 ,mais il y a contradiction444 ,m4 ,,proudhon4 ,que voulez-vous que j'y fasse8 ,vous saurez1 qu' mes yeux1 l'homme et la femme forment l'organe de la justice1 l',androgyne humanitaire4 ,or j'affirme que l'amour est le mobile de la justice1 parce que c'est lui qui attire l'une vers l'autre1 les deux moitis du couple4 ,c'est donc par l'amour que la conscience de l'homme et de la femme s'ouvre la justice2 ce qui n'empche pas qu'il ne soit la plus puissante fatalit au moyen de laquelle la nature ait trouv le secret d'obscurcir en nous la raison1 d'affliger la conscience et d'enchaner le libre-arbitre4 7,id41 p4 #bjg47 ,,moi4 ,le mobile de la justice1 le sentiment qui ouvre la conscience des sexes la justice1 qui forme l'organe juridique1 troubler la raison et affliger la conscience6 ,mais il y a contradiction4 ,m4 ,,proudhon4 ,encore une fois1 que voulez-vous que j'y fasse8 ,l'amour1 recherch pour lui-mme1 rend l'homme indigne et la femme vile 7pag4 #dai71 et tenez1 l'amour1 mme sanctionn par la justice1 je ne l'aime pas4 7,id41 p4 #dej47 ,,moi4 ,n'avez-vous pas dit que1 sans l'amour inspir l'homme par la beaut de la femme1 il n'y aurait ni art1 ni science1 ni industrie1 ni justice1 que l'homme ne serait qu'une brute8 ,m4 ,,proudhon4 ,ah6 j'en ai dit bien d'autres6444 ,cet amour1 moteur de justice1 pre de la civilisation1 est cependant l'abolition de la justice 7,id41 p4 #dfe71 ce qui exige qu'on l'carte aussitt son office de moteur rempli4 ,l'lan1 le mouvement donn1 il faut se passer de lui4 ,dans le mariage1 il doit avoir la plus petite part possible2 toute conversation amoureuse1 mme entre fiancs1 mme entre poux1 est messante1 destructive du respect domestique1 de l'amour du travail et de la pratique du devoir social4 7,id41 p4 #dgc47 ,un mariage de pure inclination est prs de la honte et le pre qui y donne son consentement mrite le blme4 7,id41 p4 #dhc47 ,,moi4 ,un pre mriter le blme parce qu'il unit ceux qui cdent au mobile de la justice6 ,m4 ,,proudhon4 ,que les jeunes gens s'pousent sans rpugnance1 la bonne heure444 ,mais quand un fils1 une fille1 pour satisfaire son inclination1 foule aux pieds le vu de son pre1 l'exhrdation est pour celui-ci le premier des droits et le plus saint des devoirs4 7,id41 p4 #dhc47 ,,moi4 ,ainsi l'amour1 moteur de justice1 cause de civilisation1 ncessaire la reproduction1 est en mme temps une chose honteuse1 qu'on doit craindre et bannir du mariage et qui1 en certains cas1 mrite l'exhrdation444 ,que les ,dieux bnissent vos contradictions1 et que la postrit leur soit lgre6 ,m4 ,,proudhon1 soucieux3 ,je ne puis rien vous dire de plus satisfaisant sur la matire2 mais1 en revanche1 parlons du mariage2 je suis vritablement de premire force sur ce sujet4 ,toute fonction suppose un organe2 l'homme est l'organe de la libert2 mais la justice exige un organe compos de deux termes1 c'est le couple4 ,il faut que les deux personnes qui le composent soient dissemblables et ingales parce que1 si elles taient pareilles1 elles ne se complteraient pas l'une l'autre2 ce seraient deux touts indpendants1 sans action rciproque1 incapables pour cette raison de produire de la justice444 ,en principe1 il n'y a de diffrence entre l'homme et la femme qu'une simple diminution d'nergie dans les facults4 ,l'homme est plus fort1 la femme est plus faible1 voil tout444 ,l'homme est la puissance de ce que la femme est l'idal1 et rciproquement la femme est l'idal de ce que l'homme est la puissance4 7,id41 p4 #dgd47 ,l',androgyne pos1 je dfinis le ,mariage1 le sacrement de la justice1 le mystre vivant de l'harmonie universelle2 la forme donne par la nature mme la religion du genre humain4 ,dans une sphre moins haute1 le mariage est l'acte par lequel l'homme et la femme1 s'levant au dessus de l'amour et des sens1 dclarent leur volont de s'unir selon le ,droit1 et de poursuivre1 autant qu'il est en eux1 la destine sociale1 en travaillant au ,progrs de la ,justice4 ,dans cette religion de la famille1 on peut dire que l'poux ou le pre est le prtre1 la femme l'idole1 les enfants1 le peuple44444 ,tous sont dans la main du pre1 nourris de son travail1 protgs de son pe1 soumis son gouvernement1 ressortissant de son tribunal1 hritiers et continuateurs de sa pense444444 ,la femme reste subordonne l'homme1 parce qu'elle est un objet de culte1 et qu'il n'y a pas de commune mesure entre la force et l'idal44444 ,l'homme mourra pour elle1 comme il meurt pour sa foi et ses dieux1 mais il gardera le commandement et la responsabilit4 7,id4 p4 #dgd et #dge47 ,en rsultat les poux sont gaux1 puisqu'il y a communaut de fortune1 d'honneur1 de dvouement absolu2 en principe et dans la pratique44444 cette galit n'existe pas1 ne peut pas exister44444 ,l'galit des droits supposant une balance des avantages dont la nature a dou la femme avec les facults plus puissantes de l'homme1 il en rsulterait que la femme1 au lieu de s'lever par cette balance1 serait dnature1 avilie4 ,par l'idalit de son tre1 la femme est pour ainsi dire hors prix44444 ,pour qu'elle conserve cette grce inestimable1 qui n'est pas en elle une facult positive1 mais une qualit1 un mode1 un tat1 il faut qu'elle accepte la loi de la puissance maritale3 l'galit la rendrait odieuse1 serait la dissolution du mariage1 la mort de l'amour1 la perte du genre humain4 7,id41 p4 #ded47 ,et la gloire de l'homme est de rgner sur cette merveilleuse crature1 de pouvoir se dire3 c'est moi-mme idalis1 c'est plus que moi1 et pourtant ce ne serait rien sans moi44444 ,malgr cela ou cause de cela1 je suis et je dois rester le chef de la communaut3 que je lui cde le commandement1 elle s'avilit et nous prissons4 7,id41 p4 #dgb47 ,le mariage doit tre monogame parce que la conscience est commune entre les poux1 et qu'elle ne peut pas1 sans se dissoudre1 admettre un tiers participant4 7,id41 p4 #dge47 ,il doit tre indissoluble1 parce que la conscience est immuable1 et que les poux ne sauraient se donner un rechange sans commettre un sacrilge4 ,s'ils sont obligs de se sparer le digne n'a besoin que de gurir les plaies faites sa conscience et son cur1 l'autre n'a plus le droit d'aspirer au mariage3 ce qu'il lui faut1 c'est le concubinage4 7,id41 p4 #dgf47 ,hein6 ,que dites-vous de cette thorie l8 ,,moi4 ,jusqu'ici j'avais refus de croire au dieu ,prote2 mais en vous contemplant1 j'abjure mon incrdulit1 ,matre4 ,vous nous apparaissez d'abord sous l'habit et la forme de ,manou1 et nous dbitez sa physiologie2 ,vous nous apparaissez ensuite1 et successivement1 sous la forme et les vtements de ,mose1 de saint ,thomas d',aquin1 de saint ,bonaventure2 vous vous incarnez un moment dans ,paracelse2 ,enfin vous prenez la toge romaine1 par dessus laquelle vous endossez le frac disgracieux d',auguste ,comte4 ,tout cela est bien vieux1 bien laid pour notre poque44444 ,est-ce que1 vraiment1 vous n'avez pas mieux nous donner que la rsurrection du droit romain au beau temps o ,cincinnatus mangeait tout nu son plat de lentilles8 ,m4 ,,proudhon4 ,quoi6 contesteriez-vous que le mariage par confarreation n'est pas le chef-d'uvre de la conscience humaine8 ,,moi4 ,si je vous le conteste8 ,par dieu1 oui2 et bien d'autres choses encore4 ,mais1 dites-moi1 quel sens donnez-vous aux mots sacrement1 mystre1 qui sonnent si creux et si faux dans votre bouche8 ,m4 ,,proudhon4 ,malgr toutes mes explications sur le mariage1 il n'en reste pas moins un mystre 7,id41 p4 #deg74 ,voil tout ce que je puis vous dire de plus clair4 ,il faut que vous compreniez que le mariage est une institution sui generis1 forme tout la fois au for extrieur par le contrat1 au for intrieur par le sacrement1 et qui prit aussitt que l'un ou l'autre de ces deux lments disparat4 7,id41 p4 #baa47 ,il faut que vous compreniez encore que le mariage est une fonction de l'humanit1 hors de laquelle l'amour devient un flau1 la distinction des sexes n'a plus de sens1 la perptuation de l'espce constitue pour les vivants un dommage rel1 la justice est contre nature et le plan de la cration absurde4 7,id41 p4 #bca47 ,,moi4 ,le plan de la cration absurde et la justice contre nature sans le mariage6 ,qu'est-ce que cela veut dire en bon franais1 ,matre8 ,m4 ,,proudhon4 ,quoi6 ,votre intelligence est si dbile qu'elle ne comprend pas que1 sans le mariage1 il n'y a pas1 il ne peut pas y avoir de justice8 ,,moi4 ,alors le mariage est ncessaire tous8 ,m4 ,,proudhon4 ,non2 mais tous y participent et en reoivent l'influence par la filiation1 la consanguinit1 l'adoption1 l'amour qui1 universel par essence1 n'a pas besoin pour agir1 de cohabitation44444 ,au point de vue animique ou spirituel1 le mariage est pour chacun de nous une condition de flicit444 ,tout adulte1 sain d'esprit et de corps1 que la solitude ou l'abstraction n'a pas squestr du reste des vivants1 aime1 et1 en vertu de cet amour1 se fait un mariage en son cur444 ,la justice qui est la fin du mariage1 et que l'on peut obtenir soit par l'initiation domestique1 soit par la communion civique1 soit enfin par l'amour mystique suffit au bonheur dans toutes les conditions d'ge et de fortune4 7,id41 p4 #dha47 ,et ne confondez pas le mariage avec tout autre union1 avec le concubinage1 par exemple1 qui est la marque d'une conscience faible4 ,je ne condamne cependant pas le concubinat car la socit n'est pas l'uvre d'un jour1 la vertu est d'une pratique difficile1 sans parler de ceux qui le mariage est inaccessible4 ,a mon avis1 il est dans l'intrt des femmes1 des enfants et des murs que le lgislateur rglemente le concubinage4 ,tout enfant devrait porter le nom du pre concubin qui pourvoierait sa subsistance et aux frais de son ducation2 la concubine dlaisse aurait droit aussi une indemnit1 moins qu'elle n'ait la premire convol en un autre concubinage4 7,id41 p4 #dgg47 ,mais ce n'est pas du concubinage1 c'est du mariage que ressort toute justice1 tout droit4 ,ceci est tellement vrai1 que si vous tez le mariage1 la mre reste avec sa tendresse1 mais sans autorit1 sans droits3 d'elle son fils il n'y a plus de justice2 il y a btardise1 un premier pas en arrire1 un retour l'immoralit4 7,id41 p4 #ceg47 ,,moi4 ,tout ce que vous venez de me dire sur l'amour1 le mariage1 la justice et le droit1 renferme tant d'quivoques1 d'erreurs1 de sophismes1 et une si haute dose de pathos1 mon ,matre1 que1 pour vous rfuter aprs vous avoir pralablement clairci1 il ne faudrait rien moins qu'un gros volume4 ,nous allons donc nous contenter d'insister sur les points principaux4 ,,vii #a ,l',androgyne1 par dfinition1 est un tre runissant les deux sexes4 ,or1 le mariage ne fait point de l'homme et de la femme un seul tre2 chacun d'eux conserve son individualit2 donc votre ,androgyne humanitaire ne vaut pas la peine d'tre discut3 ce n'est qu'une fantaisie4 #b ,toute fonction suppose un organe1 c'est vrai1 mais quels faits vous autorisent dire que le couple mari est l'organe de la justice8 ,surtout lorsque vous prenez vous-mme la peine de vous contredire1 en avouant que l'on produit de la justice hors du mariage2 qu'on n'a pas besoin d'tre mari pour tre juste8 ,l'organe de la justice est en chacun de nous1 comme tous les autres2 c'est le sens moral qui entre en action lorsqu'il s'agit d'apprcier la valeur morale d'un acte1 ou d'appliquer notre propre conduite la science morale accepte par la raison du sicle4 #c ,d'aprs vous1 la balance1 c'est l'galit2 l'galit c'est la justice3 il y a donc1 de votre part1 contradiction d'exiger de deux cratures doues chacune de libert1 de volont1 d'intelligence1 qu'elles se reconnaissent ingales pour produire de l'galit4 #d ,affirmer1 comme vous l'avez fait1 que le progrs est la ralisation de l'idal par le libre arbitre2 que1 consquemment1 l'idal est suprieur la ralit1 et que l'homme progresse parce qu'il se laisse guider par lui2 puis affirmer que la femme est l'idal de l'homme et que1 cependant1 elle est moindre et doit obir1 c'est une double contradiction4 ,si l'on admettait votre point de dpart1 la logique exigerait que l'homme se laisst guider par la femme4 ,mais quoi bon discuter une chose qui n'offre aucun sens l'intelligence8 ,si l'homme1 d'aprs vous1 reprsente en ralit la force1 la raison1 la justice1 la femme tant l'idalisation de l'homme1 serait donc la plus grande force1 la plus haute raison1 la plus sublime justice44444 ,avez-vous prtendu dire cela1 vous qui affirmez le contraire8 #e ,dire que le mariage est une institution sui generis1 un sacrement1 un mystre1 c'est affirmer quoi8 ,et quelles lumires pensez-vous nous avoir donnes8 tes-vous bien sr de vous tre compris plus que nous ne vous avons compris8 ,j'en doute4 #f ,pourriez-vous nous dmontrer pourquoi dans une association entre des hommes forts1 intelligents et des hommes faibles et borns1 la justice exige l'galit1 le respect de la dignit de tous1 et dclare avili l'esclave qui se soumet1 tandis que dans l'association de l'homme et de la femme1 identiques d'espce selon vous1 la femme qui1 toujours selon vous1 est l'tre faible et born1 serait avilie et deviendrait odieuse par l'galit8 ,pourriez-vous nous expliquer aussi comment dans un couple producteur de justice ou d'galit1 cette galit serait la mort de l'amour et la perte du genre humain8 ,convenez qu'un tel tohu-bohu de non sens et de contradictions offre autant de mystres insondables que votre mariage4 #g ,nous ne parlerons point ensemble du divorce3 nous nous en rfrerons la raison et la conscience modernes que la dissolution des murs et de la famille1 dues en grande partie l'indissolubilit du mariage1 mettent mme de se prononcer4 ,quelles raisons d'ailleurs donnez-vous pour soutenir votre opinion8 ,une plaisanterie2 que la rupture du mariage est un sacrilge2 une affirmation dmentie par les faits3 que la conscience est immuable4 #h ,entre le btard et sa mre1 il n'y a pas de justice1 dites-vous4 ,votre conscience est plus jeune de deux mille et quelques cents ans que la conscience moderne1 ,monsieur4 ,dans l'uvre de la reproduction1 la tche remplir envers le nouvel tre se partage entre les parents4 ,a la femme plus vivante1 plus lastique1 plus rsistante1 est dvolue la partie la plus prilleuse de cette tche4 ,tu risqueras ta vie pour former l'humanit de ta propre substance1 lui a dit la nature4 ,a l'homme de payer sa dette envers ses enfants1 en btissant le toit o ils s'abritent1 d'apporter la nourriture que tu labores ou prpares pour eux4 ,a lui d'accomplir ses devoirs envers ses fils par l'emploi de ses forces1 comme tu l'accomplis1 toi1 en fournissant ton sang et ton lait4 ,vos droits sur l'enfant ressortent1 ajoute la conscience1 de son incapacit de se guider lui-mme1 des devoirs que vous remplissez envers lui1 de l'obligation o vous tes de former sa raison1 sa conscience1 d'en faire un citoyen utile et moral4 ,eh bien6 ,monsieur1 qu'arrive-t-il1 la plupart du temps1 dans les cas de btardise8 ,c'est que le pre1 ayant lchement1 cruellement1 contre toute justice1 dsert sa tche1 la mre seule a rempli le double devoir envers ses enfants3 elle a t la fois pre et mre4 ,et c'est quand cette mre a un double droit que vous osez dire qu'elle n'en a aucun6 qu'entre elle et son fils il n'y a pas de justice6 ,en vrit1 j'aimerais mieux vivre au milieu des sauvages que dans une socit qui penserait et sentirait comme vous4 ,une mre1 ,monsieur1 a sur son enfant un droit incontestable1 car elle a risqu sa propre vie pour lui donner le jour3 le pre n'acquiert des droits sur lui que quand il remplit son devoir3 lorsqu'il ne le remplit pas1 il n'a pas de droit2 ainsi le veut la raison4 ,dans cette question1 le mariage ne signifie rien4 ,si j'tais btarde1 et que mon pre m'et lchement abandonne1 je l'aurais mpris et ha comme le bourreau de ma mre1 comme un homme sans cur et sans conscience1 un vil goste3 et j'aurais doublement aim et respect celle qui et t la fois ma mre et mon pre3 ,voil ce que disent1 ,monsieur1 ma conscience1 ma raison et mon cur4 #i ,qu'est-ce que votre mariage1 premire forme donne par la nature la religion du genre humain1 o la femme est une idole qui fait la cuisine et raccommode les chausses de son prtre8 ,qu'est-ce que cette institution o l'homme est cens dfendre1 de son pe1 sa femme et ses enfants que la loi dfend1 mme contre lui8 ,o l'homme est cens nourrir de son travail celle qui travaille souvent plus que lui ou lui apporte une dot8 ,la femme et les enfants ressortir du tribunal de l'homme6 ,que les dieux nous prservent de cet affreux retour aux murs patriarcales et romaines6 ,femmes et enfants ressortent du tribunal social1 et c'est plus sr pour eux3 au moins la femme franaise n'a pas craindre que son ,abraham sacrifie son petit ,isaac1 ni que son despote domestique1 laissant l'enfant terre1 comme le vieux ,romain1 le condamne ainsi la mort4 ,la socit a un cur et des procureurs gnraux qui1 heureusement1 ne comprennent plus le tribunal de famille comme ,m4 ,p4 ,j4 ,proudhon4 ,il est vrai que notre auteur est un pimnide qui s'veille aprs un sommeil de plus de deux mille ans4 ,j'ai fini1 ,matre2 avez-vous quelque chose me dire encore8 ,m4 ,,proudhon4 ,certainement4 ,j'ai vous parler du rle de la femme4 ,ce rle est le soin du mnage1 l'ducation de l'enfance1 l'instruction des jeunes filles sous la surveillance des magistrats1 le service de la charit publique4 ,nous n'oserions ajouter les ftes nationales et les spectacles qu'on pourrait dfinir les semailles de l'amour 7#c;e vol4 p4 #dhj74 ,l'homme est travailleur1 la femme mnagre4 ,le mnage est la pleine manifestation de la femme4 ,pour la femme le mnage est une ncessit d'honneur1 disons mme de toilette4 ,de mme que toute sa production littraire se rduit toujours un roman intime dont toute la valeur est de servir1 par l'amour et le sentiment1 la vulgarisation de la justice2 de mme sa production industrielle se ramne en dernire analyse des travaux de mnage2 elle ne sortira jamais de ce cercle4 7,id41 p4 #dhb47 ,,moi4 ,vous me permettrez de m'tonner1 ,matre1 que la femme1 qui a l'esprit d'une fausset irrmdiable1 qui est immorale1 qui ne compose que des macdoines1 des monstres1 qui prend des chimres pour des ralits1 qui ne sait pas mme faire un roman1 sache cependant1 de votre aveu1 faire un roman pour vulgariser la justice par le sentiment et l'amour4 ,elle comprend donc1 sent donc et aime donc la justice8 ,je vous ferai remarquer ensuite que les soins du mnage sont un travail2 ,que l'ducation est un travail2 ,que le service de la charit publique est un travail2 ,que l'organisation et l'intendance des ftes et des spectacles supposent des travaux varis4 ,que vulgariser la justice par un roman intime est un travail2 ,d'o il rsulte que la femme est une travailleuse1 c'est dire une productrice d'utilit2 elle ne diffrerait donc de l'homme que par le genre de production2 et il n'y aurait plus qu' examiner si le travail de la femme est aussi utile la socit que celui de l'homme4 ,je me charge1 quand vous voudrez1 d'tablir par les faits cette quivalence4 ,je vous ferai remarquer1 en second lieu1 que l'ducation de l'enfance1 celle des jeunes filles1 le service de la charit publique1 l'organisation des ftes et spectacles1 la vulgarisation de la justice par la littrature ne font pas partie des travaux du mnage2 qu'alors la femme n'est pas uniquement mnagre4 ,je vous ferai remarquer troisimement que nos contre-matresses1 nos commerantes1 nos artistes1 nos comptables1 nos commises1 nos professeurs ne sont pas plus mnagres que vos contre-matres1 vos commerants1 vos artistes1 vos teneurs de livres1 vos commis et vos professeurs2 que nos cuisinires1 nos femmes de chambre ne le sont pas plus que vos cuisiniers1 ptissiers1 confiseurs1 valets de chambre2 que1 dans toutes ces fonctions et dans bien d'autres1 les femmes galent les hommes1 ce qui prouve qu'elles ne sont pas moins faites que vous pour les emplois qui ne tiennent point au mnage1 et que vous n'tes pas moins faits qu'elles pour ceux qui y tiennent4 ,ainsi les faits brutaux tranglent vos affirmations1 et nous montrent que la femme peut n'tre ni mnagre ni courtisane4 ,dites-moi enfin1 ,matre1 quelle est la situation de toutes les femmes relativement tous les hommes8 ,m4 ,,proudhon4 ,l'infriorit2 car le sexe fminin tout entier remplit l'gard de l'autre sexe1 sous certains rapports1 le rle de l'pouse l'gard de l'poux3 cela ressort de l'ensemble des facults respectives4 ,,moi4 ,ainsi donc il n'y a ni libert ni galit pour la femme mme qui n'a pas un pre ou un mari8 ,m4 ,,proudhon4 ,la femme vraiment libre est la femme chaste2 est chaste celle qui n'prouve aucune motion amoureuse pour personne1 pas mme pour son mari4 7,id41 p4 #dhc47 ,,moi4 ,une telle femme n'est pas chaste3 c'est une statue4 ,la chastet tant une vertu1 suppose la domination de la raison et du sens moral sur un instinct3 donc la femme chaste est celle qui domine certain instinct1 non pas celle qui en est dpourvue4 ,j'ajoute que la femme qui se livre son mari sans attrait joue le rle d'une prostitue4 ,je savais bien que vous n'entendiez rien l'amour ni la femme6 ,voulez-vous que1 pour terminer1 nous comparions votre doctrine sur le droit de la femme celle que vous professez sur le droit en gnral8 ,m4 ,,proudhon4 ,volontiers444 puisque je ne puis faire autrement4 ,,moi4 ,vous admettez que la femme est d'espce identique l'homme8 ,m4 ,,proudhon4 ,oui1 seulement ses facults sont moins nergiques4 ,,moi4 ,je vous accorde cela pour les besoins de la discussion4 ,exposez-moi votre doctrine gnrale sur le droit1 j'en ferai l'application la femme1 et vous tirerez la conclusion4 ,,viii ,m4 ,,proudhon4 ,la loi ne rglant que des rapports humains1 elle est la mme pour tous2 en sorte que1 pour tablir des exceptions1 il faudrait prouver que les individus excepts sont au dessus ou au dessous de l'espce humaine4 7,crat4 de l'ordre1 etc41 p4 #baj47 ,,moi4 ,or1 vous avouez que la femme n'est ni au dessus ni au dessous de l'espce humaine1 mais est d'espce identique l'homme2 donc la loi est la mme pour elle que pour l'homme4 ,m4 ,,proudhon4 ,je conclus le contraire1 parce que l'homme est le plus fort4 ,,moi4 ,contradiction1 mon ,matre4 ,m4 ,,proudhon4 ,ni la figure1 ni la naissance1 ni les facults1 ni la fortune1 ni le rang1 ni la profession1 ni le talent1 ni rien de ce qui distingue les individus n'tablit entre eux une diffrence d'espce3 tant tous hommes1 et la loi ne rglant que des rapports humains1 elle est la mme pour tous4 7,ordre dans l'humanit1 p4 #bji47 ,,moi4 ,or1 la femme est d'essence identique l'homme2 elle n'en diffre que par des modes et qualits qui1 selon vous1 ne la font point diffrer d'essence2 donc encore la loi est la mme pour elle que pour l'homme4 ,m4 ,,proudhon4 ,c'est logique2 mais je conclus le contraire1 parce que l'homme est le plus fort4 ,,moi4 ,contradiction1 mon ,matre4 ,m4 ,,proudhon4 ,la balance sociale est l'galisation du fort et du faible4 ,tant que le fort et le faible ne sont pas gaux1 ils sont trangers1 ils ne forment point une alliance1 ils sont ennemis4 7#a;er ,mmoire sur la proprit1 p4 #eg47 ,,moi4 ,or1 d'aprs vous1 l'homme est le fort et la femme le faible d'une espce identique2 donc la balance sociale doit les galiser1 pour qu'ils ne soient ni trangers ni ennemis4 ,m4 ,,proudhon4 ,c'est logique2 mais je prtends1 moi1 qu'ils doivent tre ingaliss dans la socit et dans le mariage4 ,l'homme doit avoir la prpotence1 parce qu'il est le plus fort4 ,,moi4 ,contradiction1 mon ,matre4 ,m4 ,,proudhon4 ,de l'identit de la raison chez tous les hommes1 et du sentiment de respect qui les porte maintenir tout prix leur dignit mutuelle1 rsulte l'galit devant la justice4 7#a;er volume ,de la justice1 etc41 p4 #ahc47 ,chacun est n libre3 entre les liberts individuelles il n'y a d'autre juge que la balance1 qui est l'galit2 l'identit d'essence ne permet pas de crer une hirarchie4 7#b;e vol4 toute la #h;e tude47 ,,moi4 ,or1 la femme est d'essence identique l'homme4 ,elle est ne libre3 entre elle et l'homme il n'y a donc d'autre juge que l'galit2 il n'est donc pas permis d'tablir entre eux une hirarchie4 ,m4 ,,proudhon4 ,c'est logique4 ,mais je conclus au contraire qu'il faut hirarchiser les sexes et donner la prpotence l'homme1 parce qu'il est le plus fort4 ,,moi4 ,contradiction1 mon ,matre4 ,m4 ,,proudhon4 ,c'est la dignit de l'me humaine de ne vouloir souffrir qu'aucune de ses puissances subalternise les autres1 de vouloir que toutes soient au service de l'ensemble2 l est la morale1 l est la vertu4 ,qui dit harmonie ou accord1 en effet1 suppose ncessairement des termes en opposition4 ,essayez une hirarchie1 une prpotence1 vous pensiez faire de l'ordre1 vous ne faites que de l'absolutisme4 7#b;e vol4 de la ,justice1 p4 #cha et #chb47 ,,moi4 ,la femme1 selon vous1 forme avec l'homme un organisme1 celui de la justice4 ,or les deux moitis de l'androgyne ont1 toujours d'aprs vous1 des qualits diverses1 appeles s'harmoniser dans l'galit sous peine de faire de l'absolutisme au lieu de faire de l'ordre2 donc la facult fminine est appele s'quilibrer avec la facult masculine dans l'galit4 ,m4 ,,proudhon4 ,c'est logique3 mais je conclus que la dignit de l'androgyne humanitaire est d'asservir la facult fminine et de faire du despotisme1 parce que l'homme est le plus fort4 ,,moi4 ,contradiction1 mon ,matre4 ,m4 ,,proudhon4 ,la justice est le respect spontanment prouv et rciproquement garanti de la dignit humaine1 en quelque personne et en quelque circonstance qu'elle se trouve compromise4 7#a;er vol4 de la ,justice1 p4 #ahb47 ,,moi4 ,or la femme est une personne humaine1 ayant une dignit qu'on doit respecter et garantir par la loi de rciprocit2 donc on ne peut manquer de respect envers la dignit fminine sans manquer la justice4 ,m4 ,,proudhon4 ,c'est logique2 mais quoique la femme soit une personne humaine1 identique d'espce avec l'homme et que je croie qu'il n'y a pas d'autre base du droit que l'galit1 je n'en affirme pas moins que la dignit de la femme est infrieure celle de l'homme1 parce qu'il est le plus fort4 ,,moi4 ,contradiction1 mon ,matre4 ,m4 ,,proudhon4 ,le droit est pour chacun la facult d'exiger des autres le respect de la dignit humaine dans sa personne1 le devoir est l'obligation pour chacun de respecter cette dignit en autrui4 7#a;er vol4 de la ,justice1 p4 #ahc47 ,,moi4 ,or la femme tant d'espce identique1 l'homme a une dignit gale la sienne2 donc elle doit tre respecte dans sa dignit1 c'est dire dans sa personne1 sa libert1 sa proprit1 ses affections2 c'est son droit comme personne humaine1 et l'homme ne peut le mconnatre sans manquer la justice et son devoir4 ,m4 ,,proudhon4 ,c'est logique4 ,mais moi1 je prtends que la femme n'a pas le droit que mes principes lui attribuent2 que l'homme seul a des droits1 parce que l'homme est le plus fort4 ,,moi4 ,contradiction1 mon ,matre4 ,m4 ,,proudhon4 ,la libert est un droit absolu1 parce qu'elle est l'homme comme l'impntrabilit est la matire1 une condition sine qu non d'existence4 7#a;er mmoire sur la ,proprit1 p4 #dg47 ,,moi4 ,or la femme est un tre humain1 elle a donc un droit absolu la libert1 qui est sa condition sine qu non d'existence4 ,m4 ,,proudhon4 ,c'est logique4 ,mais je conclus au contraire que la femme n'a pas besoin de libert1 que cette condition sine qu non d'existence pour notre espce1 ne regarde pas la moiti de l'espce1 qu'il n'y a que l'homme qui ne puisse exister sans libert1 parce qu'il est le plus fort4 ,,moi4 ,contradiction1 mon ,matre4 ,m4 ,,proudhon4 ,l'galit est un droit absolu1 parce que sans l'galit1 il n'y a pas de socit4 7,id47 ,,moi4 ,or la femme est un tre humain et social2 elle a donc un droit absolu cette galit sans laquelle1 dans la socit1 elle ne serait qu'une paria4 ,m4 ,,proudhon4 ,c'est logique4 ,mais je n'en conclus pas moins que la femme n'a pas plus de droit l'galit qu' la libert4 ,que quoique de mme espce que l'homme1 consquemment devant relever de la loi d'galit1 cependant elle n'en relve pas1 et doit tre ingale et soumise l'homme1 parce qu'il est le plus fort4 ,,moi4 ,fi6 mon ,matre4 ,vous contredire de la sorte est honteux pour votre rputation4 ,il aurait mieux valu soutenir que la femme n'a pas les mmes droits que l'homme1 parce qu'elle est d'une autre espce4 ,m4 ,,proudhon4 ,la femme est tenue de sentir qu'elle n'a pas une dignit gale celle de l'homme2 dans leur association forme pour produire de la justice1 les notions de droit et de devoir ne seront plus corrlatives4 ,l'homme aura tous les droits et n'acceptera de devoirs que ceux qu'il voudra bien se reconnatre4 ,,moi4 ,songez-vous que l'homme1 aprs avoir ni la dignit et le droit de la femme1 travaillera de plus en plus l'abtir dans l'intrt de son despotisme8 ,m4 ,,proudhon4 ,cela ne me regarde pas3 la famille doit tre mure3 le mari y est prtre et roi4 ,si1 comme toute libert opprime1 la femme regimbe1 nous lui dirons quelle ne se connat pas elle-mme1 qu'elle est incapable de se juger et de se rgir2 qu'elle est un nant2 nous l'outragerons dans sa valeur morale1 nous la nierons dans son intelligence et son activit3 et force de l'intimider1 nous parviendrons la faire taire3 car mordieu6 il faut que l'homme reste le matre1 puisqu'il est le plus fort6 ,,moi4 ,niez et outragez2 cela ne nous fait rien1 ,matre3 les seigneurs usaient de cette mthode contre vos pres leurs serfs444 aujourd'hui on s'indigne contre eux4 ,les possesseurs d'esclaves usaient et usent de cette mthode contre les noirs1 et le monde civilis s'indigne contre eux1 l'esclavage est restreint et tend disparatre4 ,en attendant je signale mes lecteurs vos contradictions3 votre autorit sur les esprits en sera1 j'espre1 amoindrie4 ,ceux qui prtendront1 d'aprs la majeure des syllogismes prcdents1 que vous fondez le droit sur l'identit d'espce1 abstraction faite des qualits individuelles2 que vous croyez le droit et le devoir corrlatifs1 que vous voulez l'galit1 la libert1 auront tout aussi raison que ceux qui prtendront1 d'aprs la conclusion des mmes syllogismes1 que vous basez le droit sur la force1 la supriorit des facults2 que vous acceptez l'ingalit1 le despotisme1 niez la libert individuelle et l'galit sociale1 et ne croyez point la corrlation du droit et du devoir4 ,s'il est triste pour vous d'tre tomb dans des contradictions aussi monstrueuses1 croyez qu'il ne l'est pas moins pour moi1 dans l'intrt de ma cause1 de les signaler devant tous4 ,prenant en main la cause de mon sexe1 j'tais dans l'obligation de riposter vos attaques1 en retournant contre vous toutes vos allgations contre nous4 ,il fallait le faire1 non par des dngations et des dclamations qui ne prouvent rien1 ou par des affirmations sans preuves selon votre procd2 mais en vous opposant la science et les faits2 en ne me servant que de la mthode rationnelle que vous prconisez sans vous en servir1 en vous chargeant souvent de vous contredire quand les preuves de fait eussent demand trop de dtail et de temps4 ,vous accusiez les femmes de prendre des chimres pour des ralits444 ,je vous ai prouv que vous mritez ce reproche1 puisque votre thorie est en contradiction avec la science et les faits4 ,vous accusiez les femmes d'riger en principes de vaines analogies444 ,je vous ai prouv que vous en avez fait autant1 en induisant de la prtendue absence de germes physiques chez la femme1 l'absence de germes intellectuels et moraux4 ,vous accusiez la femme de raisonner contre sens4444 je vous ai mis en prsence de vos propres principes1 pour en tirer des consquences contradictoires4 ,vous accusiez la femme de ne faire que des ,macdoines1 des ,monstres444 ,l'anatomie de votre thorie prouve que vous en savez faire tout autant4 ,vous accusiez la femme d'inintelligence1 de dfaut de justice1 de vertu1 de chastet444 ,j'en appelle vous mme1 et vous dites positivement le contraire4 ,o vous tes fantasque1 contradictoire1 j'en appelle moi1 femme1 la logique4 ,o vous manquez de mthode1 moi1 femme1 j'emploie la mthode scientifique et rationnelle4 ,o vous dmentez vos propres principes1 j'en appelle ces mmes principes pour vous juger et vous condamner4 ,lequel de nous deux1 ,monsieur1 est le plus raisonnable et le plus rationnel8 ,ma modestie souffre1 je vous l'avoue1 de penser que j'ai jou le rle de ,minerve faisant honte ,ulysse de ses paradoxes et de ses roueries4 ,enfin1 cet ennuyeux rle est fini6 ,je vous ai adress tant de durets1 et d'un ton si ferme et si rsolu1 que j'aurais regret de vous quitter sans vous dire quelques bonnes paroles partant du fond de mon cur4 ,vous devez tre bien convaincu de ma sincrit1 car vous voyez que vous avez affaire une femme qui ne recule devant personne2 qu'on n'intimide pas1 quelque grand qu'on soit et quelque nom qu'on porte4 ,vous pouvez tre mon adversaire3 je ne serai jamais votre ennemie1 car je vous estime comme un honnte homme1 un vigoureux penseur1 une des gloires de la ,france1 une des illustrations de notre ,comt1 toujours si chre au cur de ses enfants1 enfin comme une des admirations de ma jeunesse4 ,vous et moi1 ,m4 ,proudhon1 nous appartenons la grande arme qui donne l'assaut la citadelle des abus et y porte la mine et la sape3 je ne fuis pas cette solidarit4 ,est-il donc si ncessaire que nous nous battions8 ,vivons en paix2 je puis vous en prier sans m'abaisser1 puisque je ne vous crains pas4 ,comprenez une chose que je vous dis sans fiel3 c'est que vous tes incapable de comprendre la femme1 et qu'en continuant la lutte1 vous la rangerez immanquablement sous la bannire de la ,contre-,rvolution4 ,votre orgueil a mis inimiti entre vous et la femme1 et vous lui avez mordu le talon3 personne ne serait plus afflig que moi de la voir vous craser la tte4 ,r,,sum4 ,comparaissez tous1 novateurs modernes1 devant le public votre juge1 et venez vous rsumer vous-mmes4 ,,le ,,communiste4 ,les deux sexes diffrent1 ne remplissent pas les mmes fonctions2 mais ils sont gaux devant la loi4 ,pour que la femme soit rellement mancipe1 il faut faire subir la socit une refonte conomique et supprimer le mariage4 ,,le ,,philadelphe ,,et ,l',,icarien4 ,nous sommes de votre avis1 except en ce qui touche le mariage1 frre4 ,,le ,,saint-,,simonien ,,orthodoxe4 ,si le ,christianisme a mpris la femme1 s'il l'a opprime1 c'est1 qu' ses yeux1 elle reprsentait la matire1 le monde1 le mal4 ,nous qui venons donner le vritable sens de la ,trinit1 nous rhabilitons ou expliquons ce que nos prdcesseurs ont condamn4 ,la femme est l'gale de l'homme1 parce qu'en ,dieu1 qui est tout1 la matire est gale l'esprit4 ,avec l'homme1 la femme forme le couple qui est l'individu social1 le fonctionnaire4 ,comme la femme est trs diffrente de l'homme1 nous ne nous permettons pas de la juger2 nous nous contentons de l'appeler pour qu'elle se rvle4 ,cependant nous pensons qu'elle ne peut s'affranchir qu'en s'mancipant dans l'amour4 ,,pierre ,,leroux1 s'agitant4 ,prenez garde6 ,ce n'est pas en tant que sexe que la femme doit tre affranchie2 ce n'est qu'en qualit d'pouse et de personne humaine4 ,elle n'a de sexe que pour celui qu'elle aime2 pour tous les autres hommes elle est ce qu'ils sont eux-mmes3 sensation--sentiment--connaissance4 ,il faut qu'elle soit libre dans le mariage et la cit1 comme le doit tre l'homme lui-mme4 ,,le ,,fusionien1 interrompant4 ,vous avez raison1 ,pierre ,leroux2 mais le propinant n'a pas tout fait tort non plus2 la femme est libre et l'gale de l'homme en tout1 parce que l'esprit et la matire sont gaux en ,dieu1 parce que l'homme et la femme forment ensemble l'androgyne humain1 drivation de l'androgyne divin4 ,n'est-ce pas1 ma chre sur8 ,,moi4 ,permettez-moi1 mes frres1 de ne point entrer dans vos dbats thologiques3 je n'ai pas les ailes assez fortes pour vous suivre dans le sein de ,dieu1 afin de m'assurer s'il est esprit et matire1 androgyne ou non1 binaire1 trinaire1 quaternaire ou rien du tout de cela4 ,il me suffit que vous conveniez tous que la femme doit tre libre et l'gale de l'homme4 ,je ne me permettrai qu'une seule observation3 c'est que votre notion du couple ou de l'androgyne1 au fond une seule et mme chose1 tend fatalement l'asservissement de mon sexe3 quand1 par une mtaphore1 une fiction l'on fait de deux tres dous chacun d'une volont1 d'un libre arbitre et d'une intelligence part1 une seule unit3 dans la pratique sociale1 cette unit se manifeste par une seule intelligence1 une seule volont1 un seul libre arbitre2 et l'individualit qui prvaut dans notre monde1 est celle qui est doue de la force du poignet3 l'autre est annihile1 et le droit donn au couple n'est en ralit que le droit du plus fort4 ,l'usage que fait ,m4 ,proudhon de l'androgynie devrait vous gurir de cette fantaisie-l2 comme l'usage que vos prdcesseurs ont fait du ternaire devrait vous avoir garantis de la mtaphysique trinitaire4 ,ceci soit dit sans vous offenser1 ,messieurs1 j'ai une antipathie prononce pour les trinits et les androgynies quelconques2 je suis ennemie jure de toute mtaphysique1 qu'elle soit profane ou sacre2 c'est un vice de constitution aggrav chez moi par ,kant et son cole4 ,,un ,,phalanst,,rien4 ,pour ,dieu6 ,messieurs1 laissons l ce mysticisme4 ,l'homme et la femme diffrent1 mais ils sont aussi ncessaires l'un que l'autre la grande uvre que doit accomplir l'humanit3 donc ils sont gaux4 ,comme chaque individu a droit de se dvelopper intgralement1 de se manifester compltement pour remplir la tche parcellaire que lui attribuent ses attractions1 l'on ne peut pas plus mettre en question la libert d'un sexe que de l'autre4 ,l'homme module en majeur1 la femme en mineur1 avec un huitime d'exception2 mais1 comme dans toutes les fonctions gnrales1 la combinaison des deux modes est ncessaire1 il est clair que chacune d'elles doit tre double1 et que la femme doit tre partout de moiti avec l'homme4 ,m4 ,,de ,,girardin1 avec un peu de brusquerie4 ,messieurs1 je conviens avec vous que la femme doit tre libre et l'gale de l'homme2 seulement je soutiens que sa fonction est d'administrer1 d'pargner1 d'lever ses enfants1 tandis que l'homme travaille et apporte dans le mnage le produit de ses labeurs4 ,comme je veux que la femme soit dlivre du servage1 et que je veux rendre tous les enfants lgitimes1 je supprime le mariage civil et j'institue le douaire universel4 ,m4 ,,legouv1 souriant4 ,vous allez bien vite et bien loin mon cher ,monsieur2 vous effarouchez tout le monde4 ,au fond du cur1 je crois bien comme vous l'galit des sexes par l'quivalence des fonctions1 mais je me garde bien d'en souffler mot4 ,je me contente de rclamer pour les femmes l'instruction1 une diminution de servage conjugal et des emplois de charit3 comptant bien1 entre nous1 que1 ces conqutes obtenues1 les femmes seront en mesure1 par leur instruction et leur utilit constate1 de s'affranchir tout fait4 ,eh bien6 malgr ma rserve et ma modration1 vous verrez que les uns me traiteront de femmelin1 les autres de sans-culotte6 ,m4 ,,michelet1 se levant les larmes aux yeux4 ,hlas6 ,messieurs1 tous vous faites fausse route2 et j'ai grande douleur1 mon cher acadmicien ,legouv1 de vous voir employer votre plume lgante mettre les femmes dans une voie aussi prilleuse et aussi draisonnable4 ,quant vous1 ,messieurs1 qui rclamez pour la femme la libert et l'galit de droits1 vous n'y tes point autoriss par elle2 elle ne demande aucun droit2 qu'en ferait-elle1 cet tre faible1 toujours malade1 toujours bless6 ,la ,pauvre44444 ,quel peut tre son rle ici bas1 si ce n'est d'tre adore de son mari1 qui doit se constituer son instituteur1 son mdecin1 son confesseur1 sa garde malade1 sa femme de chambre2 la tenir en serre chaude1 et1 avec tous ces soins si multiplis1 gagner encore le pain quotidien2 car la femme ne peut1 ni ne doit travailler2 elle est l'amour et l'autel du cur de l'homme4 ,quelques uns d'entre vous ont os prononcer le vilain mot3 ,divorce4 ,pas de ,divorce6 ,la femme qui s'est donne1 a reu l'empreinte de l'homme4 ,vous ne devez pas la quitter1 quelque coupable qu'elle puisse tre4 ,j'ai pens d'abord qu' votre mort elle devait prendre le deuil jusqu' la tombe1 au del de laquelle il y aura fusion d'elle et de son mari dans l'unit de l',amour4 ,mais je me suis ravis3 vous pouvez vous nommer un successeur4 ,tandis que ,m4 ,michelet se rassied en s'essuyant les yeux1 on voit se lever le couvercle d'un cercueil4 ,m4 ,,comte4 ,dignement et admirablement parl6 illustre professeur1 prononce une voix spulcrale4 ,comment6 ,vous1 ici6444 s'crie l'assemble4 ,on ne meurt donc pas tout entier comme vous l'enseigniez vos disciples8 ,m4 ,,comte4 ,non1 ,messieurs2 et j'ai t fort agrablement surpris de voir que je m'tais tromp4 ,mais ce n'est pas pour vous instruire de la vie d'outre tombe que je reviens2 cela n'aurait pas valu la peine d'un drangement4 ,c'est pour tmoigner au grand professeur ,michelet toute la satisfaction que j'prouve1 le voir si richement potiser l'idal que je me suis fait de la femme1 et jeter tant de fleurs sur l'admirable maxime d',aristote et le commandement du grand saint ,paul4 ,oui1 ,matre trois fois illustre1 vous avez bien dit3 la femme est faite pour l'homme1 doit lui obir1 se dvouer2 n'est qu'une dole dans la vie prive1 absolument rien dans la vie publique4 ,oui1 l'homme doit travailler pour elle2 oui le mariage est indissoluble2 tout cela est d'un ,auguste-,comtisme irrprochable4 ,je n'ai qu'un regret3 c'est que vous n'ayez pas conserv les oraisons jaculatoires de la femme son mari et de celui-ci sa femme3 il eut t d'un bon exemple et d'un bel effet1 de les voir chaque matin1 agenouills l'un en face de l'autre1 les mains jointes et les yeux ferms4 ,j'espre que ce n'est qu'un oubli1 et que vous rtablirez ce dtail dans la prochaine dition4 ,je vous flicite hautement de l'heureuse ide que vous avez eue de justifier l'absorption de la femme par l'homme1 l'aide d'une blessure et des mystres de l'imprgnation3 cela fera grand effet sur les ignorants4 ,les femmes rvoltes1 et les insenss au cur corrompu qui les soutiennent1 diront que vous tes un goste potique et naf2 notre cher ,proudhon1 un goste brutal2 moi1 un goste par ,a plus ,b4 ,laissons les dire3 je vous approuve et vous bnis4 ,l'apparition se disposait se recoucher dans son cercueil2 moi qui coudoie volontiers les fantmes1 je la tirai par un coin de son suaire et1 quoiqu'elle me fit un geste de ,vade retro non quivoque1 j'eus le courage de reprsenter humblement au dfunt ,grand-,prtre1 que le front de ,m4 ,proudhon mritait tout autant d'tre bni que celui de ,m4 ,michelet4 ,le dfunt leva dignement l'index et le medium de sa dextre dcharne sur la tte altire et peu vnrante du grand critique1 qui ne se courba point et ne parut pas infiniment flatt4 ,comme c'tait son tour de parler1 ,m4 ,proudhon se leva et dit3 ,messieurs les ,communistes1 les ,philadelphes1 les ,fusioniens1 les ,phalanstriens1 les ,saint-,simoniens1 et vous1 ,messieurs de ,girardin et ,legouv ainsi que tous vos adhrents1 vous tes tous des femmelins1 et des gens hardis dans l'absurde4 ,si mon ami ,michelet vous a dor1 parfum et sucr la pilulle1 je ne puis avoir son adresse et sa modration1 car vous savez que1 par temprament1 moi1 ,p4 ,j4 ,proudhon1 je ne suis ni tendre1 ni pote4 ,permettez-moi donc de vous dire tout brutalement la vrit sur une question o vous n'entendez pas le premier mot4 ,l'glise1 saint ,thomas d',aquin1 saint ,bonaventure1 saint ,paul1 ,auguste ,comte1 aussi bien que les ,romains1 les ,grecs1 ,manou et ,mahomet1 enseignent que la femme est faite pour le plaisir et l'utilit de l'homme1 et qu'elle lui doit tre soumise2 or j'ai suffisamment tabli ces grandes vrits par des affirmations sans rplique4 ,il est donc aujourd'hui dmontr pour quiconque croit en moi1 que la femme est un tre passif1 n'ayant germe de rien1 qui doit tout l'homme1 que1 consquemment1 elle lui appartient comme l'uvre l'ouvrier4 ,ma solution devant paratre un peu brutale1 ou trop antique ou moyen ge1 j'ai pris aux novateurs modernes leur petite drlerie d',androgynie2 j'ai fait du ,couple l'organe de la ,justice3 dans ce couple la femme1 transforme par l'homme1 devient une triple beaut1 une idole domestique1 soumise en tout son prtre4 ,je l'enferme dans le mnage1 et permets qu'elle ait l'intendance des ftes et spectacles1 l'ducation des enfants et des jeunes filles1 etc4 ,n'est-il pas vident1 ,messieurs1 que la femme1 parce qu'elle est plus faible que nous1 est1 de par la justice1 condamne nous obir8 ,et que sa libert consiste n'prouver aucune motion amoureuse1 mme pour son mari8 ,n'est-il pas vident1 en consquence1 que vous1 qui ne pensez pas comme moi1 tes des femmelins1 des gens absurdes1 et que les femmes qui ne veulent pas plus tre esclaves que nous autres ne consentions l'tre en #hi1 sont des insurges1 des impures que le pch a rendues folles8 ,la majorit de l'assemble rit2 ,m4 de ,girardin hausse les paules2 ,m4 ,legouv se mord les lvres pour ne pas sourire2 ,m4 ,michelet parat inquiet de cette sortie qui peut tout gter4 ,comme1 en prononant le mot insurge1 l'orateur m'a regarde de travers avec une intention trs marque1 je ne puis m'empcher de lui dire3 ,oui1 je mrite le nom d'insurge comme nos pres de #hi4 ,quant vous1 si vous ne vous amendez1 je crains bien de vous voir mourir dment confess et extrme-onctionn444 et vous l'aurez bien mrit6 ,maintenant1 dpouillons le vote de votre honorable assemble1 ,messieurs4 ,quatre coles3 les ,communistes1 les ,saint-,simoniens1 les ,fusioniens1 les ,phalanstriens et un publiciste1 ,m4 de ,girardin1 qui fait autant de bruit lui tout seul qu'une cole1 sont pour la libert de la femme et l'galit des sexes4 ,,mm4 ,comte1 ,proudhon1 ,michelet sont contre la libert de la femme et l'galit des sexes4 ,m4 ,legouv et ses innombrables adhrents veulent la libert de la femme1 et dsirent qu'elle travaille devenir l'gale de l'homme par l'quivalence des fonctions4 ,ce qui veut dire que l'immense majorit de ceux qui pensent sont1 diffrents degrs1 pour notre mancipation4 ,maintenant que mes lecteurs sont au fait de vos opinions diverses1 ,messieurs1 moi1 femme1 de parler1 de moi-mme pour mon droit1 sans m'appuyer sur autre chose que sur la ,justice et la ,raison4 ,,fin ,,du ,,premier ,,volume4 ,,table ,,du ,,premier ,,volume4 ,pages ,a mes lecteurs1 mes adversaires1 mes amis4 ,a mes lecteurs #e ,a mes adversaires #i ,a mes amis #aa ,,premi,,re ,,partie4 ,communistes modernes #ag ,saint-,simoniens #bd ,fusioniens #cg ,phalanstriens #dd ,m4 ,ernest ,legouv #ef ,m4 4 de ,girardin #gh ,m4 ,michelet #ia ,m4 ,a4 ,comte #aaj ,m4 ,proudhon #abf ,rsum #bba ,,errata4 ,page #aj1 ligne #a1 au lieu de3 ne sachant pas crire1 lisez3 ne sachant pas mme crire4 ,page #ba1 ligne #bg1 au lieu de3 brave ,jeanne ,durain1 lisez3 brave ,jeanne ,deroin4 ,page #aja1 ligne #c1 au lieu de3 une borne pierre1 lisez3 une bonne ,n pierre4 ,page #ajf1 ligne #ah1 au lieu de3 aient appartenu1 lisez3 n'aient appartenu4 ,page #ajg1 ligne #bg1 au lieu de3 devaient tre1 lisez3 doivent tre4 ,page #abd1 ligne #bf1 au lieu de3 que'ducation1 lisez3 qu'ducation4 ,page #adb1 ligne #ab1 au lieu de3 de rgir1 lisez3 de se rgir4 ,page #afc1 ligne #e1 au lieu de3 je le tiendra1 lisez3 je le tiendrai4 ,page #aid1 ligne #f1 au lieu de3 ne sont que de1 lisez3 ne sont que des4 ,page #bjg1 ligne #bh1 au lieu de3 ubstance1 lisez3 substance4