,au lecteur4 ,ce livre lectronique reproduit intgralem5t le texte orig9al1 et l'or?ographe d'orig9e a t cons]ve4 ,seules les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,la li/e de ces corrections se tr\ve la f9 du texte4 ,cep5dant la ponctuation1 les erreurs u_/n et les erreurs _/ en lat9 ont t tacitem5t corriges c]ta9s endroits4 ,les notes ont t r5umrotes de a n1 les ,rem>ques et ,preuves de #a #ig4 ,,collection ,,complete ,,des ,,uvres ,,de ,l',,abb ,,de ,,mably4 ,,tome ,,premi]4 ,,collection ,,complete ,,des ,,uvres ,,de ,l',,abb ,,de ,,mably4 ,,tome ,,premi]1 ,cont5ant les ,obs]vations sur l'hi/oire de ,france4 ,a ,,p>is1 ,de l'imprim]ie de ,*4 ,,desbri]e1 rue et place ,croix1 *ausse du ,montblanc1 ci-devant d',ant94 ,l',an ,,iii de la ,rpublique1 7#agid #agie47 ,,avis ,,sur ,,cette ,,dition4 ,voici enf9 t\s les ouvrages de ,mably1 tels qu'ils sont sortis de sa plume4 ,l'diteur ne s'e/ pas p]mis d'y ri5 aj\t]1 ni d'en ri5 retran*]4 ,il en e/ un auquel il mettoit la d]nire ma91 qu& la mort v9t l'enlev] ses amis1 aux lettres1 la philosophie et t\tes les socits politiques2 c'e/ le ,c\rs et la ,m>*e des passions dans la socit4 ,le lecteur n'oubli]a pas cette circon/ance1 en lisant ce trait4 ,les lumires rp&ues dans ces ouvrages sur les g\v]nem5s1 sur les lois1 sur la morale1 en r5d5t la lecture ncessaire t\s ceux qui sont appels l'adm9i/ration des affaires publiques4 ,p\r g\v]n] les hommes1 et les conduire au bonheur que leur nature comporte1 il faut les connotre1 il faut avoir port le flambeau dans les pr(ondeurs du cur huma92 il faut des tal5s1 des connoissances et des v]tus4 ,mably n\s prs5te cette heureuse runion2 il a mdit p\r n\s1 il a crit p\r n\s2 ses crits sont l'hritage qu'il n\s a lgu1 c'e/ n\s le faire valoir4 ,notre flicit a t l'objet de ses longs travaux2 il n\s a trac la m>*e qui y conduit1 c'e/ n\s la suivre2 p\r p>v5ir ce b1 g>antissons-n\s de l'erreur et du vice qui n\s en loign]oi5t4 ,qu& les de/9es d'une nation sont entre les ma9s de l'ignorance et de la corruption1 le peuple e/ en proie t\s les maux2 il n'a alors d'autre ress\rce que d'appel] son sec\rs1 la sagesse du philosophe1 les lumires du lgislateur1 la prud5ce et la v]tu de l'adm9i/rateur4 ,les maladies politiques ne sont pas l'ouvrage de la nature ni du peuple1 elles sont celui des lgislateurs et des adm9i/rateurs2 leur gurison dem&e des remdes efficaces2 des palliatifs ne f]oi5t qu'empir] le mal4 ,les ouvrages de ,mably conti5n5t ces remdes4 ,heureux les peuples1 dont les g\v]neurs auront la prud5ce1 la sagesse et le c\rage de les employ]6 ,les peuples aim5t autant la vrit1 que les g\v]neurs la craign5t2 la ca*]1 e/ une trahison1 la cra9te de la dire1 une l*et4 ,les rvolutions qui entran5t tant de maux aprs elles1 ne sont que l'effet d'une inju/e et odieuse adm9i/ration4 ,qu& les peuples sont g\v]ns avec ju/ice1 ils sont tranquilles et heureux2 ils aim5t le g\v]nem5t1 ils aim5t les lois1 ils respect5t les magi/rats1 ils leur obiss5t1 et les magi/rats obiss5t aux lois4 ,si les magi/rats flatt5t le peuple1 c'e/ qu'ils veul5t le corrompre et l'ass]vir4 ,un peuple tromp1 peut t\t b\lev]s]1 et du se9 de la lib]t1 il passe aux horreurs du despotisme4 ,t\tes ces tri/es vrits se tr\v5t consignes1 avec une effrayante vid5ce1 dans les ouvrages de ,mably4 ,que les magi/rats en fass5t le sujet de leurs srieuses mditations2 le bonheur ou le malheur des peuples sont dans leurs ma9s1 ils rpond5t au temps prs5t et la po/rit1 de t\s les maux qu'ils auroi5t pu vit]4 ,la nature a donn l'homme1 des beso9s1 le s5tim5t du ju/e et de l'inju/e1 le dsir du bonheur2 ces premi]s lm5s de la socit1 mis en uvre p> les lumires et la sagesse1 f]ont la gloire des magi/rats et la flicit publique1 qui e/ le b de t\te bonne politique4 ,je devois la mmoire de ,mably1 je devois l'amiti qu'il avoit p\r moi1 et comme un de ses excuteurs te/am5taires1 je devois t\tes les socits politiques1 la publication de t\s ses ouvrages2 en remplissant ce devoir1 j'ai encore v]s des l>mes sur la p]te de ce gr& homme4 ,,arn\x4 ,,loge ,,hi/orique ,,de ,l',,abb ,,de ,,mably1 ,disc\rs qui a p>tag le prix au jugem5t de l',acadmie des inscriptions et belles lettres1 en #aghg4 ,,p> ,l',,abb ,,briz>d4 ,non ego1 ,te1 meis ,*>tis1 inornatum silebo4 ,,horace1 lib4 ,,iv1 ,ode ,,viii4 ,les anci5s croyoi5t que la politique n'toit que l'art de r5dre les peuples heureux1 et qu'un peuple ne peut tre heureux qu'autant qu'il a des murs3 ils n'ont jamais sp> la morale de la politique1 et leurs lgislateurs croyoi5t assez faire p\r le bonheur des hommes1 que de les =m] libres et v]tueux4 ,voil ce qui a r5du la ,grce si florissante1 et ,rome matresse du monde4 ,platon1 ,cicron1 t\s ceux qui se sont occups des lois et de la flicit publique1 ont t5u le mme langage3 cette doctr9e respire dans t\s leurs crits2 la ,grce et ,rome ne sont tombes que p\r s'en tre c>tes3 avec les murs a pri la lib]t4 ,le dbordem5t et les ravages des b>b>es n\s avoi5t fait p]dre jusqu' la trace de cette gr&e vrit4 ,p5dant qu9ze sicles une paisse nuit t5dit son voile sur la nature entire2 t\tes les lumires fur5t te9tes3 on corrompit les s\rces de la morale2 on honora du nom de politique l'art d'ass]vir et de tromp] les hommes2 on rduisit en maximes cet art fune/e1 et des criva9s p]v]s enseignr5t aux ambitieux tre inju/es p> pr9cipe1 et p]fides avec m?ode4 ,si quelques hommes1 p> la =ce de leur gnie1 s'levr5t au-dessus de la corruption gnrale1 ils ne pur5t r=m] leur sicle1 et t\s leurs projets prir5t avec eux4 ,l'ambition cont9ua de n\s g>]4 ,la dc\v]te d'un n\veau monde1 le comm]ce1 les arts n\s donnr5t1 avec de n\velles ri*esses1 de plus gr&s beso9s et des vices n\veaux4 ,les peuples1 aprs avoir plac leur gloire dans l'ambition et dans les conqutes1 mir5t leur flicit dans l'av>ice et dans les j\issances du luxe3 on ne connut plus de fre92 l'or dev9t le dieu de l',europe2 la v]tu ne fut plus qu'un va9 nom1 et les murs1 tombes dans l'oubli1 p>ur5t un sujet de mpris et de ridicule4 ,un homme e/ v5u1 qui1 n\rri de la lecture des anci5s1 retr\va dans leurs crits les traces de ce type cle/e1 de ce beau dont n\s avions p]du t\t s5tim5t3 il en tudia les lm5s1 et l'un des premi]s p>mi les mod]nes1 n\s dvoila l'alliance intime de la morale et de la politique1 et dmontra que les murs sont la s\rce et la base de la flicit publique3 il rappela t\s les hommes et t\tes les socits cette ide simple et sublime p> sa simplicit mme4 ,t\te sa vie1 t\s ses crits1 publis dans l'espace de qu>ante ans1 fur5t employs dvelopp] cette utile et fconde vrit4 ,l'exemple de t\s les ges et de t\s les peuples v9t s\s sa plume l'appui de ses maximes3 il y a dans t\t ce qu'il a crit une unit1 je ne dirai pas de sy/me1 mais de doctr9e1 dont il ne s'e/ jamais c>t4 ,ses pr9cipes toi5t srs2 il s'y t9t op9itrm5t atta*3 on ne le vit jamais ni v>i] ni flott] au gr des op9ions vulgaires4 ,il dit des vrits svres2 il les dit avec =ce1 avec n]gie1 et quelquefois avec une c]ta9e brusqu]ie1 qui n'e/ que l'indignation de la v]tu qu'irrite l'aspect du vice et de l'inju/ice2 et dans un sicle ess5tiellem5t frivole et corrompu1 il tr\va p\rtant des amis et des lecteurs4 ,tel fut l'homme sage et v]tueux que n\s regrettons3 son loge e/ le premi] qui se fasse ent5dre dans ce ,lyce1 sans que l'criva9 y ait pris place p5dant sa vie1 et peut-tre on devoit cet honorable exemple aux lettres1 aux murs et la v]tu4 ,l'auteur de tant d'crits pr(onds et lum9eux app>t5oit naturellem5t cette acadmie1 et toit digne d'y recevoir le premi]1 le prix public de ses travaux et l'hommage de la nation4 ,il s'y toit drob p5dant sa vie2 il toit ju/e du mo9s qu'aprs sa mort son nom ret5tt dans ces murs1 au milieu de ceux qui fur5t les mules de ses travaux et de sa gloire3 recevoir un lauri] de leurs ma9s1 c'e/ tre c\ronn p> ses pairs4 ,puisqu'on a *oisi cette compagnie savante p\r juge1 on a v\lu sans d\te c>t] de cet loge l'exagration1 les faux ornem5s1 et t\t cet *afaudage d'loqu5ce qui a un peu dcrdit ce g5re d'crire4 ,p\r moi1 int]prte de la voix publique1 mes p>oles s]ont simples et mode/es1 comme celui qui en e/ le sujet2 l'au/re vrit =m]a t\te mon loqu5ce1 comme elle =moit son c>actre2 et dans cet exam5 que je vais faire de sa p]sonne et de ses crits1 je n'oubli]ai pas que c'e/ un sage que je l\e1 et que c'e/ devant des sages que je p>le4 ,gabriel ,bonnot de ,mably naquit v]s le comm5cem5t du sicle4#a ,le vu de sa famille le portoit la =tune2 on lui fit pr5dre des engagem5s qui1 p\r l'ord9aire1 y mn5t4 ,un p>5t1 c>d9al et m9i/re1 sembloit lui ouvrir et lui trac] sa c>rire2 il y fit un premi] pas1 et ce fut un sacrifice2 mais bi5tt1 impati5t du j\g1 il ddaigna cette brillante s]vitude2 il ne savoit ni flatt]1 ni ramp]1 ni fl*ir2 il se dgagea de t\s ces li5s importuns1 et reprit sa lib]t4 ,les lettres lui (froi5t un asyle1 il se rfugia dans leur se92 il prfra l'tude1 son cab9et1 ses livres1 une pauvret noble et libre1 t\tes les sductions de la =tune1 et aussi tt qu'il eut pris son p>ti1 on ne le vit jamais jet] un reg>d en arrire4 ,n'ayant ri5 prt5dre ni ri5 p]dre1 ses s5tim5s toi5t lui3 il ne fut po9t oblig d'en*an] ses ides aux ides des autres1 d'adopt] leurs op9ions1 et de recevoir1 p\r a9si dire1 ses p5ses t\tes faonnes de leurs ma9s3 il crut qu'il falloit tre soi4 ,il se sp>a de la multitude1 et m>*a presque seul dans l'troit s5ti] qu'il s'toit trac4 ,ses pr9cipes et son c>actre1 ses crits et sa conduite tran*r5t t\j\rs avec le gt dom9ant et le ton gnral de son sicle4 ,dans ses pr9cipes au/res1 il ne reg>doit po9t les lettres comme un simple amusem5t1 mais comme un in/rum5t donn l'homme p\r p]fectionn] sa raison et contribu] son bonheur4 ,aussi re*]*a-t-il mo9s1 dans la culture des lettres1 ce qu'elles (fr5t d'agrable et de sduisant1 que ce qu'elles ont de solide et d'utile4 ,il y *]*oit1 non pas seulem5t des modles de /yle et de langage1 mais des leons et des exemples de morale et de v]tu4 ,en se pntrant des beauts mles des anci5s et des gr&s modles1#b il passoit des mots aux *oses1 et1 suivant l'expression de ,montaigne1 de l'corce la moelle1 et se n\rrissoit de vrits plus sub/antielles1 et de ces s5tim5s sublimes qui *auff5t leurs crits4 ,il ne croyoit pas que les r>es tal5s1 l'loqu5ce1 les beaux v]s fuss5t uniquem5t de/9s flatt] l'oreille p> des sons h>monieux1 mais p>l] au cur1 clair] l'esprit1 faire pass] dans l'ame le s5tim5t du beau1 l'am\r du ju/e et du vrai1 y grav] les gr&es vrits de la morale et les leons de la v]tu4 ,p> ce noble emploi des lettres1 il sembloit qu'il v\lt les v5g] du repro*e qu'on leur a fait d'avoir acclr la dcad5ce des murs1 et c]tes1 si t\s les criva9s en avoi5t fait un p>eil usage1 jamais le philosophe de ,g5ve n'et p5s les fltrir de ce repro*e1 et jamais leur hi/oire ne s]oit v5ue prt] des armes son loqu5ce4 ,la plus noble des tudes1 et la plus ncessaire au bonheur1 celle de l'homme1 de sa nature1 de sa de/9ation1 de ses droits et de ses devoirs2 t\s les gr&s objets qui intress5t la flicit publique1 la politique1 la morale1 la lgislation1 ont t con/amm5t le sujet de ses mditations1 le b de ses veilles et de ses travaux3 mais il ne se pressa po9t d'crire4 ,peu jal\x d'une gloire facile et prcoce1 il ne fatiguoit po9t le public de productions phmres2 il laissa mrir son tal5t4 ,long-temps r5f]m dans le sil5ce et la retraite1 o s'alim5t5t les ames fires et =tes1 il int]rogea les sages de t\s les sicles1 les lois de t\s les peuples1 l'hi/oire de t\s les pays2 il recueillit ses propres ides1 et se repliant sur lui-mme1 il sonda les abmes du cur huma91 tudia la nature et la m>*e des passions dans *aque individu1 et leur dveloppem5t dans la socit3 de ces mditations comb9es1 il a tir un petit nombre de rsultats1 de pr9cipes t]nels et con/ans1 qui lui ont donn les bases de la morale et la clef de t\tes les associations politiques2 et de ces pr9cipes1 dont il ne s'e/ jamais c>t1 dc\l5t t\tes ces vrits lum9euses qu'il a jettes dans ses crits4 ,il a vu que la de/9ation de l'homme et son premi] beso9 e/ d'tre heureux2 que l'tablissem5t des socits n'a d'autre b que de remplir ce vu de la nature2 mais il crut que l'homme ne p\voit tre heureux sans murs1 qu'il ne p\voit avoir de murs sans un bon g\v]nem5t1 ni un bon g\v]nem5t sans lois ju/es et imp>tiales3 il puisa ces pr9cipes dans la nature mme des *oses2 mais il en *]*a la preuve et l'application dans l'hi/oire1 et sur-t\t dans celle des anci5s1 dont il fit sa pr9cipale tude4 ,mais qu& de ces contemplations il desc5dit aux con/itutions mod]nes1 qu& il v\lut connotre sur quelles bases les tats de l',europe avoi5t appuy le bonheur des peuples1 et quelles toi5t les lois politiques et les intrts des div]ses socits qui compos5t cette gr&e famille du g5re huma91 il ne tr\va qu'un *aos4 ,il fut tonn de cet amas de volumes2 et manquant de fil p\r se conduire dans ce ddale1 il conut le projet de r5v]s] ce monum5t go?ique1 af9 d'difi] sur un n\veau plan3 il tira la vrit de dess\s ces dcombres1 f\illa dans les ar*ives de t\tes les nations1 tudia les gr&es transactions passes entre les peuples1 =ma un corps rguli] de t\s ces membres p>s1 et donna son ,droit public de l',europe1 fond sur des traits4a a ,voy4 p\r cet ouvrage et les suivans1 la notice des ouvrages de l'abb ,mably1 dans les notes hi/oriques sur cet loge ,n4 ,,iii#c4 ,tant que l'an>*ie fodale avoit embrass de ses *anes d'aira9 t\s les tats de l',europe1 il n'y eut entre ces tats de relation que celle que ncessite le vol1 la gu]re1 et le brig&age4 ,*aque tat1 conc5tr en lui-mme1 n'avoit de rapport avec ses vois9s que p> le mal qu'il en craignoit1 ou qu'il p\voit lui faire4 ,ils ne connoissoi5t d'autre droit que les armes1 d'autre loi que la =ce2 t\t leur code toit dans la tte du despote1 et leurs expditions lo9ta9es1 sans b comme sans politique1 n'toi5t que des incursions de b>b>es4 ,aux convulsions du rgime fodal succdr5t les gu]res plus atroces de la religion1 et l',europe fut long-temps un va/e cimetire o se prom5a le glaive du fanatisme4 ,affoiblis encore plus que lasss1 les tats prir5t enf9 une assiette plus tranquille4 ,quelques gnies bi5faisans v9r5t consol] la t]re4 ,h5ri ,,iv eut le premi] des ides de balance et d'quilibre2 il v\loit fix] la paix1 trop long-temps exile de ce tri/e univ]s3 mais enlev trop tt au monde1 c'e/ au rgne de ,ri*elieu1 ou plutt au trait de ,we/phalie1 qu'on posa les fondem5s de la politique qui en*ane encore auj\rd'hui t\s les tats de l',europe4 ,t\tes les socits p>tielles de cette gr&e rpublique se tr\vr5t lies entr'elles1 et ds-lors t\s leurs m\vem5s et leurs intrts p>ticuli]s se tr\vr5t subordonns aux intrts et aux m\vem5s de la confdration gnrale4 ,c'e/ ce premi] anneau que ,mably atta*a cette longue *ane de traits dont il a suivi les v>iations et le dveloppem5t jusqu' nos j\rs1 et qui s]v5t de base aux intrts si compliqus de l',europe4 ,*aque nation y put lire ses titres crits1 ses droits discuts1 les conv5tions qui fond5t sa scurit1 et t\tes1 la runion des lois politiques qui entreti5n5t l'h>monie gnrale4 ,dbr\ill] ce *aos1 c'toit r5dre un vrai s]vice l'humanit2 c> il en e/ des gr&es qu]elles qui d*ir5t l',europe1 comme des procs qui ru95t les p>ticuli]s2 c'e/ le plus s\v5t faute de s'ent5dre qu'on devi5t ennemis4 ,c'e/ bi5 mo9s le vritable intrt des tats1 que des prt5tions mal fondes ou de va9s prtextes qui font entrepr5dre les gu]res3 claircir ces prt5tions1 ou dtruire ces prtextes1 c'e/ t] un gr& alim5t l'inju/ice et l'ambition des hommes2 c'e/ appr5dre aux tats jusqu'o s't5d5t leurs droits et leurs devoirs rciproques2 c'e/ pos] les limites au-del desquelles les prt5tions s]oi5t des inju/ices1 et les entreprises des crimes2 c'e/ les av]tir1 s\s pe9e d'tre odieux1 de ne pas fran*ir ces limites2 c'e/ les prmunir contre le dlire des conqutes3 en les rappelant la ju/ice1 la modration1 la foi due des engagem5s sacrs1 c'e/ leur cri] d'p>gn] le sang huma94 ,on dira que les cab9ets des rois ne se dcid5t pas d'aprs les maximes de la froide raison1 de l'exacte probit1 et les crits des philosophes3 sans d\te1 il e/ trop vrai que l'on consulte r>em5t les leons de la sagesse et les droits de l'humanit2 mais e/-ce aux sages flatt] les passions des pr9ces et des peuples8 ,au lieu de s'en r5dre complices1 ne doiv5t-ils pas plutt tonn] contre ces crimes publics1 jusqu' ce qu'on les ent5de8 ,s'ils clairoi5t l',europe sur les dm>*es d'un ambitieux1 peut-tre il cra9droit de s'attir] la ha9e et les repro*es de l'univ]s1 peut-tre il s'arrt]oit sur le po9t de commettre une inju/ice bi5 manife/e4 ,si l'criva9 ret5oit ,cs> sur les bords du ,rubicon1 s'il faisoit natre des scrupules au fond de son cur1 s'il prv5oit une seule gu]re inju/e1 ne s]oit-ce pas le plus gr& bi5fait qu'un simple citoy5 pt ex]c] env]s sa patrie et env]s l'humanit8 ,c'e/ la consqu5ce et la morale qui rsult5t du droit public de l',europe4 ,l'auteur y dmontre la ncessit de g>d] la foi des traits1 les dang]s qu'il y a t\j\rs les enfre9dre2 il y pr\ve que1 p\r leur propre sret1 les pr9ces devroi5t tre ju/es et religieux obs]vateurs de leurs s]m5s4 ,il montre1 p> l'exemple de t\s les sicles et de t\s les peuples1 qu'au b\t des conqutes il se tr\ve un abme2 que le vritable intrt des tats e/ de se cons]v]1 et jamais de s'agr&ir4 ,c'e/ inspir] cet esprit de modration et de concorde1 qu'il borne t\s les secrets de la politique2 et ses pr9cipes des ngociations ne sont que la dmon/ration de cette vrit1 et p\r a9si dire1 l'art d'entret5ir la paix et l'union p>mi les hommes4 ,la politique1 il faut l'av\]1 n'a que trop s\v5t dgnr de cette noble et sa9te orig9e2 trop s\v5t elle n'a t que la sci5ce de tromp] les mortels1 le secret d'envelopp] dans ses piges la bonne foi1 la c&eur et la v]tu1 l'art odieux de mettre le crime en pratique lorsqu'il e/ utile3 telle toit la politique des ,borgia1 des ,f]d9&1 dont ,ma*iavel avoit trac les fune/es leons1 et dont ,philippe ,,ii1 ,mdicis et les ,ultramonta9s avoi5t si long-temps effray l',europe4 ,port] t\j\rs un d\ble masque1 se t5dre des piges1 *]*] s'enlac] mutuellem5t1 tromp]1 emb>rass] ses rivaux1 s'envelopp] de my/re1 d'a/uce et de m5songe2 se j\] et se dj\] t\r--t\r2 oppos] sans cesse le mange la ruse1 et la ruse au mange1 c'toit t\te la sci5ce de ces ngociateurs impies4 ,mably s'indigne avec raison qu'on ait pro/itu le nom de politique ce tissu de f\rb]ies1 plus dignes de brig&s que d'hommes d'tat2 ce n'e/ que l'art u des foibles et la ress\rce des l*es4 ,p\r lui1 il pr(esse hautem5t une doctr9e diffr5te2 il e/ p]suad qu'une conduite noble1 fran*e et loyale peut applanir plus de difficults dans une ngociation p9euse1 que t\s les dt\rs de la f9esse et de la ruse4 ,il trace les qualits que doit avoir un gr& m9i/re de la paix et sur-t\t le m9i/re d'une puissance prpondrante4 ,c'e/ lui de surveill] l',europe entire3 il doit tre att5tif t\s les m\vem5s1 p\r les prv5ir1 connotre t\tes les passions1 p\r les en*an]2 t5ir dans ses ma9s t\s les fils de la politique1 sans qu'ils se ml5t ou qu'ils se bris5t2 tre le li5 commun de t\s les intrts div]s3 mais enva9 espre-t-il de russir1 s'il n'inspire la confiance1 qui e/ la premire des ngociatrices4 ,s'il donne de sa modration et de sa fran*ise une ide gale celle de ses tal5s et de ses lumires1 alors t\tes les voies de conciliation s'applaniront devant lui2 on ne cra9dra po9t de piges ca*s s\s des propositions modres1 ni de trames de la p]fidie s\s les app>5ces de la bonne foi2 on le *oisira p\r juge des diffr5ds1 les ennemis mme s'en remettront son arbitrage2 il s]a le modrateur de l',europe3 son influ5ce se f]a s5tir1 sans qu'on app]oive ses ressorts1 comme la provid5ce qui g\v]ne le monde en n\s ca*ant ses moy5s4 ,il ne se s]vira de son asc5dant que p\r entret5ir la paix1 te9dre les ha9es nationales1 rappro*] les peuples rivaux1 faire des traits d'union et de comm]ce1 appais] les tr\bles1 prv5ir les ruptures1 loign] le flau de la gu]re1 et t\tes les nations1 en j\issant des d\ceurs de la paix1 le nomm]ont leur bi5faiteur et leur ange tutlaire4 ,voil l'homme habile et v]tueux dont ,mably n\s a trac l'image4 ,l'auteur ne se cont5te pas de dconseill] les ha9es1 la v5geance1 l'ambition1 les conqutes2 il pr\ve combi5 elles sont fune/es aux tats1 et qu'il n'e/ p\r eux de solide bonheur que dans la modration2 que *]*] s'agr&ir1 c'e/ ht] sa ru9e2 que le vritable moy5 de se faire respect] de ses vois9s1 e/ de se r5dre invulnrable *ez soi1 d'augm5t] sa =ce intrieure1 de travaill] se donn] un bon g\v]nem5t1 p]fectionn] ses lois2 d'tablir p>-t\t l'ordre et l'conomie1 de n'tre po9t cras de dettes et d'impts1 de se mnag] des ress\rces dans la confiance et dans l'am\r des peuples1 de se faire un remp>t du patriotisme1 et d'tre plus jal\x d'avoir des citoy5s que de comm&] des esclaves4 ,plt ,dieu que t\tes les puissances fuss5t conva9cues de ces vrits1 et que1 lasses de leurs brillantes *imres1 elles connuss5t enf9 le secret de leurs =ces et leurs vrais intrts6 ,le droit public de l',europe toit le premi] ouvrage de ,mably1 c> n\s ne comptons pas celui que1 malgr les loges1 il a lui-mme ray du nombre de ses productions4 ,il avoit alors prs de qu>ante ans2 c'e/ l'ge auquel ,r\sseau donna son premi] *ef-d'uvre6 ,on sait que ,montesquieu passa v+t annes mdit] l'esprit des lois3 ce n'e/ qu'aux travaux op9itres et aux longues mditations que sont atta*s les succs durables4 ,mably se montra le rival des ,grotius et des ,puff5dorf1 et va9quit ses rivaux2 son livre fit poque dans la sci5ce du droit public2 le gr& ,frd]ic l'honora de son suffrage2 des hommes d'tat l'appelr5t le ,manuel des politiques2 ce livre dev9t classique d'un b\t de l',europe l'autre1 et la ,france put ds-lors s'enorgueillir d'un criva9 de plus4 ,il avoit ouv]t les portes du temple1 il v\lut pntr] jusques dans le sanctuaire4 ,p\r mieux apprci] les g\v]nem5s d',europe1 il se transporte *ez les anci5s2 c'e/ l qu'il va *]*] ses objets de comp>aison1 et c'e/ l'cole d',a?nes1 de ,sp>te et de ,rome qu'il tudie les causes auxquelles les tats doiv5t leur gr&eur et leur dcad5ce4 ,dans ses obs]vations sur les ,grecs1 il exam9e quels ont t le g\v]nem5t1 les murs et la politique de cette patrie des hros et des sages2 comme se sont =mes ces rpubliques2 quelles causes elles dr5t leur gloire1 leur prosprit1 leurs gr&s hommes1 leurs v]tus1 et quelles fur5t les lois qui fir5t fleurir dans ces climats les murs et la lib]t4 ,tant que la ,grce fut libre1 qu'elle fut enflamme de l'am\r de la patrie et de l'en?\siasme de la v]tu1 tant qu'elle prfra la pauvret au luxe1 et l'galit aux ri*esses1 il n\s la montre heureuse1 florissante1 respecte2 t\s ses citoy5s sont des hros1 et t\t le peuple e/ citoy54 ,mais lorsque les ri*esses de l',ori5t1 rompant les digues que lui avoi5t opposes de sages lgislateurs1 se fur5t dbordes dans la ,grce la suite des armes de ,p]ses1 et que le luxe asiatique eut g]m dans ces mmes pla9es de ,m>a?on et de ,plate qui avoi5t vu triomph] ,miltiade et la lib]t2 qu'avec l'av>ice entrr5t l'ambition1 l'orgueil1 le mpris des murs antiques et l'am\r des volupts2 aussi tt qu',a?nes1 corrompue p> ,pricls et les arts1 cessa d'e/im] la pauvret v]tueuse1 quitta la place publique p\r des hi/rions1 et conv]tit l'usage des ftes1 et des spectacles le trsor de/9 l'entreti5 de la flotte et des armes2 que ,cor9! r5dit plus d'honneurs ses b\ffons et ses c\rtisanes1 qu' ses gnraux2 que ,sp>te1 bl\ie p> l'or et le fa/e du gr& roi1 comm5a les pris] plus que les sages in/itutions de ,lycurgue2 alors t\t fut p]du4 ,les ,grecs1 irrits p> la soif de l'or1 le dlire de l'ambition et des beso9s r5aissans du luxe1 oubli5t les lois et la patrie4 ,leurs passions exaltes pr5n5t un autre c\rs2 au lieu de l'galit1 rgne l'esprit d'oppression et de tyrannie3 t\s veul5t comm&]1 qu& p]sonne ne veut plus obir2 ils t\rn5t leurs armes les uns contre les autres4 ,cor9!1 fatigue de la lib]t1 appelle la tyrannie2 la gloire de ,?bes nat et meurt avec ,epam9ondas2 ,a?nes brave ,sp>te1 ,sp>te dtruit ,a?nes2 v+t tyrans se disput5t la patrie de ,lycurgue et celle d',ari/ide3 ,philippe v]se de l'or et la corruption p\r gagn] les orateurs et les sophi/es4 ,les ,grecs avoi5t triomph des armes des ,p]ses1 mais ils ne peuv5t support] leurs ri*esses2 ils avoi5t brav les dang]s et la mort1 ils sont va9cus p> le luxe1 les plaisirs et la volupt3 les ames dgrades s'ouvr5t t\tes les passions1 et les curs t\s les crimes4 ,la lib]t expirante n'a plus d'asyle3 enva9 les d]ni]s des ,grecs t5t5t de la ranim]2 enva9 la ligue ,a*enne lui r5d un mom5t de vie3 fatigue de ce d]ni] ef=t1 la ,grce retombe et att5d dans la mollesse1 la langueur1 les j\issances des arts et de la volupt1 le j\g que daign5t enf9 lui impos] les ,roma9s4 ,ces va9queurs du monde s'emp>5t de la scne4 ,mably suit la =tune de ,rome1 dont les progrs1 s\s sa plume1 n\s (fr5t un spectacle non mo9s in/ructif et plus imposant encore4 ,il remonte aux causes de la gr&eur et de la dcad5ce des ,roma9s2 il v5oit aprs ,montesquieu2 il n'eut po9t la prt5tion de lutt] contre ce gr& homme1 et sa seule mode/ie lui eut fait jug] le combat trop 9gal2 mais il entroit dans son plan d'exam9] la con/itution qui avoit r5du ,rome matresse du monde1 et comm5t elle avoit p]du son empire2 c'en toit une suite ncessaire1 et n\s ne p>lons n\s-mmes de ses obs]vations sur les ,roma9s1 que p\r ne pas rompre la *ane de ses ides4 ,il y p\rsuivoit une vrit unique1 qu'il reg>doit comme la clef de t\tes les autres et qu'il *]*oit dmontr] p> les faits2 c'e/ que les murs sont le pr9cipe de la prosprit des tats2 que t\tes les rpubliques1 et ,rome elle-mme1 n'avoi5t p]du leur lib]t1 leur gloire et leur bonheur1 qu'en p]dant leurs murs4 ,enf91 ,mably prs5te p>-t\t la v]tu comme le feu lm5taire et le pr9cipe cons]vateur des tats bi5 con/itus1 s\s quelques =mes qu'ils soi5t modifis2 et c'e/ en quoi il diffre de l'auteur de l'esprit des lois1 qui croit que la v]tu n'e/ ncessaire que dans les rpubliques4 ,les faits vi5n5t l'appui de ses raisonnem5s4 ,qu& il n'y eut plus de v]tu dans ,rome1 t\s les li5s se rel*r5t1 les lois fur5t f\les aux pi$s3 les excs du luxe1 une mon/rueuse 9galit1 et le f>deau des impts croissant avec la misre publique1 le p\voir arbitraire1 le despotisme des armes1 teignir5t t\t s5tim5t de citoy52 il n'y eut plus de patrie3 et qu& les b>b>es se sont prs5ts1 les peuples1 las du j\g des tyrans1 leur ouvrir5t les portes de l',empire2 ils les reur5t comme des librateurs1 et le luxe et les b>b>es v5gr5t le monde de l'ambition et de l'av>ice de ,rome4 ,ce colosse s'toit cr\l s\s sa propre gr&eur4 ,v+t tats s'lv5t sur ses dbris1 et donn5t naissance aux con/itutions mod]nes4 ,mais si l'on en veut suivre les progrs et les rvolutions1 de quel contra/e on e/ frapp6 ,en p>c\rant les beaux sicles de la ,grce et de ,rome1 ,mably avoit vu des v]tus et des hommes extraord9aires4 ,leurs in/itutions1 leurs lois1 leur am\r de l'galit1 de la patrie1 de la v]tu1 le mpris de la mort et des ri*esses1 t\s ces traits d'hrosme1 de ds9tressem5t1 d'am\r du bi5 public1 ces lans de la lib]t1 qui embelliss5t *aque page de leur hi/oire1 levr5t son ame1 et le remplir5t d'admiration p\r les lgislateurs qui savoi5t =m] de tels hommes1 et imprim] de tels s5tim5s dans les curs4 ,le respect religieux qu'il conut ds-lors p\r les lois de ,lycurgue et le g\v]nem5t de ,rome dans les beaux j\rs de la rpublique1 en le r5dant plus svre1 laissr5t dans son esprit des traces qui ne s'effacr5t jamais2 et de ces belles in/itutions1 il en fit comme le modle commun sur lequel il mesura t\s les g\v]nem5s mod]nes4 ,mais qu&1 au sortir de ces belles contres de la ,grce et de l',italie1 il r5tra dans les *amps /riles et dva/s des peuplades du nord2 qu& il v9t jet] les yeux sur ces hordes de brig&s qui dsolr5t la t]re1 et qu'il v\lut li] les causes de la *te de l',empire ,roma9 l'tablissem5t et aux lois des b>b>es2 enf91 qu& il v\lut desc5dre jusqu' la rac9e de ce gr& arbre de la fodalit1 dont les bran*es c\vrir5t l',europe entire1 p5dant tant de sicles2 quelle diffr5ce dans ses rsultats6 que d'ob/acles et de dgts p\r pntr] dans ce *aos6 ,il y avoit lo91 sans d\te1 des lois de ,lycurgue celles des ,wisigo?s1 et des in/itutions de ,solon ou de ,numa1 aux lois ,ripuaires et aux =mules de ,m>culphe4 ,mably rsolut de m>*] entre les ronces et les p9es2 mais c'e/ pr9cipalem5t sa patrie qu'il avoit en vue2 c'e/ sur elle qu'il ram5a ses tudes et ses reg>ds2 il entreprit de trac] le tableau des rvolutions qu'avoit pr\ves la ,france dans son g\v]nem5t1 depuis les premi]s temps de la mon>*ie1 jusqu' nos j\rs4 ,ce plan toit beau1 magnifique et neuf encore4 ,n\s avions sur l'hi/oire nationale tr5te mille volumes1 et pas une hi/oire4 ,on avoit ramass d'imm5ses matriaux1 entass des faits et des dates1 racont des siges et des batailles1 laborieusem5t compil les faits et ge/es des rois1 les *>tes des glises1 leurs lg5des et leurs miracles3 des *roniques de mo9es avoi5t t\t appris1 hors ce qu'il e/ ess5tiel de savoir2 et de graves hi/ori5s1 mo9s excusables d'ignor] les vrais pr9cipes de la socit et des g\v]nem5s1 n'avoi5t fait que reproduire et propag] ces erreurs4 ,mais remont] aux causes des vnem5s1 appr(ondir les pr9cipes con/itutifs de la mon>*ie1 exam9] la nature du g\v]nem5t et le c>actre de sa lgislation1 fix] l'ide qu'on doit avoir des lois fondam5tales1 dbr\ill] les intrts de t\s les ordres de l'tat1 pos] les limites des prt5tions des corps1 tir] de dess\s les dbris du colosse fodal1 les *>tes de la lib]t et des droits des citoy5s1 m>qu] la naissance et les progrs du p\voir1 et *aque priode1 dt]m9] quelle fut l'influ5ce des lois sur les murs1 et des murs sur les lois2 c'e/ ce qu'on avoit presque totalem5t nglig1 et cette p>tie de l'hi/oire de la nation re/oit encore faire4 ,mably t5ta cette entreprise1 et au lieu de se tran] sur les pas des autres1 d'aj\t] de n\velles erreurs aux anci5nes1 d'adopt] ou de btir des sy/mes1 il eut le c\rage de s\mettre le t\t un n\vel exam51 d'c>t] t\s ces dcombres1 de s'enf]m] dans ces ru9es1 d'tudi] les monum5s mmes et les pices de ce gr& procs entre les rois et la nation1 af9 de n'(frir que des rsultats c]ta9s et lum9eux4 ,c'e/ a9si que t\j\rs s\s le titre mode/e d'obs]vations1 il n\s donna la meilleure et mme la seule hi/oire que n\s ayons encore du g\v]nem5t de la ,france4 ,il n\s e/ impossible1 dans le c\rt espace qui n\s e/ prescrit1 de suivre le dveloppem5t de ses ides et l'en*anem5t de ses preuves2 mais dans cette longue succession d'hommes1 de sicles et d'vnem5s1 deux ides neuves et brillantes ont frapp t\s les esprits4 ,la premire e/ le tableau que l'auteur n\s trace d'une rpublique des ,francs1 qui1 quoiqu'on en ait dit1 n'e/ nullem5t imag9aire4 ,on y voit la lib]t sortir avec eux des =ts de la ,g]manie1 et v5ir arra*] les ,gaules l'oppression et au j\g des ,roma9s4 ,clovis n'e/ que le gnral et le premi] magi/rat du peuple librateur2 et c'e/ sur une con/itution libre et rpublica9e1 que ,mably place1 p\r a9si dire1 le b]ceau de la mon>*ie4 ,cette dc\v]te anime d'un intrt1 jusqu'alors inconnu1 ces premi]s temps si obscurs et si ddaigns4 ,c'e/ un jet de lumire qui colore ce va/e horizon1 autrefois p]du dans les tnbres1 et dont la *aleur va f]tilis] t\tes ces l&es de notre anci5ne hi/oire4 ,la seconde e/ la lgislation de ,*>lemagne3 c'e/ ce gr& homme1 qu'il reg>de comme un phnomne en politique1 que ,mably s'e/ arrt avec le plus de complaisance4 ,il (fre un modle t\s les rois3 il n\s montre dans ,*>lemagne1 le philosophe1 le patriote1 le lgislateur4 ,il n\s fait voir ce mon>que abjurant le p\voir arbitraire1 t\j\rs fune/e aux pr9ces3 ,*>les reconnot les droits imprescriptibles de l'homme1 qui toi5t tombs dans l'oubli4 ,conva9cu qu'il ne peut faire le bonheur du peuple1 sans le faire int]v5ir dans la lgislation1 il lui r'ouvre le ,*amp de ,m>s1 f]m depuis si long-temps1 et le rappelle ces assembles de la nation1 dont les gr&s et le cl]g l'avoi5t exclu4 ,il savoit1 ce sage politique1 qu'il n'y a que ce moy5 de l'affectionn] au bi5 public2 qu'il ne peut y avoir de patrie o il n'y a po9t de lib]t2 et il crut qu'il toit plus gr&1 plus glorieux d'tre appel *ef d'une nation libre1 que de comm&] un peuple d'esclaves4 ,sa conduite noble1 fran*e et gnreuse rappro*a les diffr5s ordres de l'tat2 il leur fit s5tir qu'ils ne p\voi5t ma9t5ir leurs droits1 qu'en unissant leurs intrts4 ,*acun d'eux fit des sacrifices au bi5 commun2 et les ,franais tonns comprir5t qu'une classe de citoy5s p\voit tre heureuse1 sans opprim] les autres4 ,p\rquoi ne ft-ce qu'un mom5t brillant dans nos annales8 ,a la mort de ce gr& homme t\t *ange2 le g\v]nem5t se dnature1 et pr5d une =me inconnue t\te l'antiquit4 ,il faut voir avec quelle ju/esse et quelle sagacit1 ,mably trace la naissance et les progrs du rgime fodal1 et quelles causes il assigne sa dcad5ce4 ,ce n'e/ po9t ici une hi/oire des rois1 des gu]res1 des siges et des batailles2 mais c'e/ le tableau et le dveloppem5t de la con/itution mme de l'tat1 qui influe si puissamm5t sur le bonheur ou sur le malheur des peuples2 c'e/ l'hi/oire du droit public de la nation1 de ses lois1 de ses murs1 de ses assembles1 des progrs du p\voir et des combats de la lib]t4 ,a cette lecture1 l'ame d'un ,franais s'lve1 il se compte p\r quelque *ose2 l'orgueil national y gagne1 l'esprit public se ranime2 on s5t une manation de ces gr&s s5tim5s de lib]t1 de patrie et de v]tu1 qui rgn5t dans ses crits4 ,en effet1 ce qui di/+ue cette hi/oire nationale de la f\le des autres1 c'e/ sur-t\t l'esprit libre et patriotique qui l'a dirige2 c'e/ que l'auteur s'e/ plus atta* faire connotre les droits du peuple que les caprices des rois1 clair] les erreurs des div]s ordres de l'tat1 qu' palli] leurs fautes2 qu'il n'a po9t trahi la vrit2 qu'il s'e/ galem5t lev contre l'an>*ie et contre le despotisme4 ,ses pr9cipes ont t adopts p> t\s ceux qui n'ont po9t l'ame s]vile1 les bons citoy5s1 t\s les ,franais qui aim5t encore la patrie2 et il n\s semble que cet ouvrage e/ gnralem5t reg>d comme le meilleur qui ait encore p>u sur notre con/itution1 et celui qui a jet le plus de j\r et d'intrt sur nos antiquits4 ,l'auteur s'e/ arrt au rgne de ,philippe-de-,valois1 et l'on en dev9e assez les raisons3 mais que ceux qui aim5t encore l'tat1 et qui ne craign5t pas la vrit1 se consol5t2 n\s leur appr5ons que la suite des obs]vations exi/eb1 et sans d\te1 ils n'en s]ont pas privs4 ,n\s p\vons d'avance les assur] que ,mably n'a po9t trahi son augu/e m9i/re d'hi/ori5 de vrit2 qu'il n'a po9t eu de l*es mnagem5s p\r le vice2 que l'intrt crot mesure qu'il appro*e davantage de notre poque2 que plusieurs morceaux1 y sont dcrits avec la vigueur et l'n]gie de ,tacite3 et le seul regret que n\s ayons e/ de ne p\voir1 p> des citations1 ju/ifi] nos loges4 b ,note des diteurs4 ,la suite dont p>le ici l'abb ,briz>d1 e/ cont5ue dans les trois d]ni]s volumes de cette dition4 ,mais il e/1 en effet1 des vrits que la prud5ce =ce quelquefois1 non po9t dissimul]1 mais r5voy] d'autres temps4 ,n\s ressemblons plus ou mo9s ces despotes d',asie1 auxquels on ne peut faire p>v5ir la vrit qu'en l'enveloppant s\s l'emblme des fables ou de l'allgorie4 ,c'e/ le p>ti que prit ,mably4 ,p\r mieux frapp] ses contempora9s1 p\r leur tre impunm5t utile1 p\r donn] plus d'autorit ses leons et un plus beau dveloppem5t ses ides1 il osa pr5dre l'un des noms les plus rvrs de l'antiquit4 ,s'il emprunta la voix de ,phocion1 s'il fit revivre ce svre et v]tueux disciple de ,platon1 c'toit p\r imprim] la sanction d'un gr& homme aux in/ructions de morale et de politique qu'il v\loit donn] ses concitoy5s4 ,il *oisit son hros dans ,a?nes2 il le plaa immdiatem5t aprs le gr& sicle de ,pricls1 au mom5t o la rpublique1 sortant du plus haut degr de gloire1 toit encore bl\ie de l'clat de son adm9i/ration2 mais o1 dj puise de sa magnific5ce1 amollie p> le luxe et les arts1 corrompue p> les sophismes et p]due de murs1 enivre de ses spectacles et de ses c\rtisanes1 elle m>*oit gr&s pas1 mais gaiem5t1 v]s sa dcad5ce4 ,c'e/ en ce mom5t1 en effet1 que ,phocion1 le ,caton des ,grecs1 ne se laissant impos] ni p> un fa/e m5teur1 ni p> les dehors de l'lgance1 ni p> les arts1 ni p> l'app>5ce de la prosprit1 opposoit presque seul ses leons et son exemple au torr5t des murs publiques4 ,il p>oissoit dans l'assemble des citoy5s2 et bravant les flots irrits et les ris moqueurs de la multitude1 il faisoit ent5dre sa voix svre sur les maux dont ils toi5t m5acs3 il leur montroit l'au/re vrit1 en dvoilant t\t ce qu'ils avoi5t cra9dre de leurs ri*esses1 de leurs vices brillans1 de leur am\r effrn des spectacles1 du luxe1 de la p]te des murs1 de l'oubli de la patrie1 du mpris des lois et des ,dieux1 du brig&age des f9ances1 de l'loqu5ce vnale de ,dmo/hne1 et de la politique de ,philippe4 ,voil celui que ,mably a *oisi p\r donn] des leons aux mod]nes ,a?ni5s4 ,que ne puis-je1 mon t\r1 recueillir t\tes les p>oles de ce gr& homme6 ,phocion s'entreti5t avec ses amis des maux qui afflig5t la patrie2 il remonte la cause de ces maux2 il ose en *]*] les remdes1 et cet excell5t citoy5 n'a po9t encore t\t--fait dsespr de la rpublique4 ,il a vu que la ,p]se1 l'gypte et la ,grce mme n'ont t libres1 heureuses et florissantes1 que p> la sagesse de leurs lois2 mais que bi5tt les meilleures lois priss5t1 si elles ne sont mises s\s la sauve-g>de des murs4 ,dans t\t pays les murs sont le remp>t des lois2 il faut donc1 t&is que la politique rgle la =me et la con/itution des tats1 que la morale rgle la conduite et les actions des p>ticuli]s3 ce sont les v]tus dome/iques qui prp>5t les v]tus publiques4 ,le lgislateur le plus habile e/ donc celui qui sait faire g]m] ces v]tueux p5*ans inns au cur de l'homme2 qui1 connoissant t\t le p\voir des bonnes in/itutions sur l'esprit et les habitudes des citoy5s1 a l'art d'imprim] en leurs ames les s5tim5s dont il a beso9 p\r les r5dre plus heureux1 en les r5dant meilleurs2 enf91 qui sait le mieux saisir les rapports secrets et l'alliance intime de la morale prive avec la politique1 qui e/ la morale des tats2 cette alliance e/ telle1 que si l'un de ces li5s vi5t se rel*]1 elles p]d5t en mme-temps leur =ce et leur empire4 ,l'oubli des murs entrane l'oubli des lois2 le mpris des lois a*ve la p]te des murs3 il n'e/ plus de fre91 et la porte e/ ouv]te au luxe1 l'9galit1 la discorde1 l'av>ice1 l'ambition1 t\s les vices qui prcipit5t la ru9e de la rpublique4 ,s'il e/ pr\v qu'un peuple ne peut tre heureux sans murs1 c'e/--dire1 s'il ne fait rgn] au-d$ans l'ordre et la ju/ice entre t\s les concitoy5s2 si la prud5ce ne dirige ses dm>*es au-dehors2 s'il ne jo9t au c\rage la modration et l'am\r du travail2 si l'galit ne lui e/ *re2 si l'am\r de la patrie n'e/ l'ame de t\tes les actions des citoy5s1 et s'il ne se =tifie *aque j\r dans l'ex]cice de ces v]tus p> la surveillance d'un magi/rat suprme1 je veux dire l'am\r et le respect p\r les ,dieux2 puis-je d\t] que t\te la politique ne soit fonde sur la morale1 et que la v]tu ne soit la base c]ta9e et con/ante de la prosprit des tats8 ,que doit donc faire un lgislateur habile8 ,p\rquoi n'iroit-il pas rveill] dans le cur de l'homme1 ces affections sociales qui y sont empre9tes de la ma9 mme de l',auteur de t\tes *oses8 p\rquoi n'en f]oit-il pas la base de ses in/itutions8 p\rquoi n'ent]oit-il pas ses lois sur les lois t]nelles de la nature8 ,elles s]oi5t inde/ructibles comme elle4 ,t\s les vrais plaisirs1 les plaisirs purs de l'homme ne sont-ils pas dans le dveloppem5t de ces qualits natives1 dans l'ex]cice des v]tus sociales1 dans ce p5*ant irrsi/ible qui n\s porte *rir1 s\lag]1 sec\rir nos semblables8 ,l't]nelle bi5faisance n\s a fait une loi des premires et des plus sa9tes affections de la nature4 ,elle a plac nos plus d\ces j\issances dans l'accomplissem5t des devoirs sacrs de pre1 de fils1 d'p\x1 d'ami1 de citoy53 c'e/ ce prix que cette t5dre mre a mis notre bonheur2 et c'e/ dvelopp] ces g]mes heureux1 dirig] nos plus d\x p5*ans1 que doiv5t t5dre les lois de t\te socit bi5 ordonne4 ,les pr9cipes de cette politique sont srs et inv>iables3 il e/ vrai que cette sci5ce e/ trop simple p\r vos sophi/es1 c>1 elle se rduit r5dre facile la pratique des v]tus4 ,mais1 s'crie ,phocion1 si t\s les s5tim5s gnreux sont prts s'te9dre1 si la corruption a gagn jusqu'au cur de l'tat1 *]*ez-y la d]nire t9celle de la v]tu2 p\r l'excit]1 s]vez-v\s de cet am\r inn de la gloire1 de t\tes les passions nobles1 celle qui meurt la d]nire *ez un peuple corrompu4 ,comm5cez p> ranim] celle-l1 p\r donn] de n\veaux ressorts et crer de n\veaux organes la ma*9e entire1 et t*ez1 de v]tus en v]tus1 de remont] jusqu'aux bonnes murs4 ,mais1 ,a?ni5s1 p\rsuit ,phocion1 e/-ce l ce que v\s faites8 ,soyez v\s-mmes vos propres juges4 ,v\s avez oubli les sages in/itutions de vos anctres2 les gts simples de la nature n'ont plus p\r v\s de *>mes3 v\s v\s tes ab&onns t\s les dlires du luxe2 v\s avez bris t\s les li5s qui uniss5t les citoy5s2 la v]tu v\s importune2 v\s avez fait m\rir ,socrate1 et =c ,ari/ide languir dans l'exil3 v\s s\riez avec dda9 ceux qui os5t encore prononc] le vieux mot de patrie3 la gloire ne v\s enflamme plus2 elle n'e/ plus qu'un va9 nom3 vos rhteurs et vos sophi/es v\s ont affran*i de t\t devoir2 vos las et vos hi/rions ont fait le re/e4 ,l'am\r des plaisirs1 la mollesse et le luxe ont fondu vos ames2 le mpris des lois a suivi le mpris des ,dieux3 l'arg5t e/ le seul ,dieu de la ,grce4 ,qu'e/-il dev5u ce temps o une bran*e de lauri] suffisoit l'ambition d'un gr& homme8 ,nos pres ont fait de gr&es *oses avec de petits moy5s2 et n\s1 qu'avons-n\s fait avec t\s les trsors de la ,p]se8 ,ah6 si l'arg5t e/ aussi puissant que le dis5t les ,a?ni5s1 que n'a*etons-n\s un ,miltiade1 un ,?mi/ocle1 des citoy5s et des hrosc4 c ,entreti5s de ,phocion1 p4 #adh4 ,o ,m9]ve8 s\ffriras-tu qu',a?nes soit livre aux b>b>es8 ,quel e/ le gnie puissant qui p\rra n\s rgnr]8 ,o ma *re patrie6 combi5 n\s aurions beso9 d'un ,lycurgue qui n\s ft une sa9te viol5ce et n\s arra*t p> =ce nos vices6d d ,ibid4 p4 #ahc4 ,a9si p>loit ,phocion2 a9si1 dans ses entreti5s1 il dveloppoit ses disciples et ses concitoy5s les leons de la sagesse1 les pr9cipes de la morale1 et ses rapports secrets avec la politique4 ,son /yle s'animoit1 qu& il p>loit de la patrie et de la v]tu2 il s'enflammoit d'une sa9te indignation qu& il g\rm&oit les vices4 ,on sait comm5t les ,a?ni5s reconnur5t son zle4 ,ils traitr5t ,phocion comme ils avoi5t trait ,socrate2 tant il toit dang]eux de dire la vrit ce peuple aimable et lg]6 ,ils s'en rep5tir5t1 mais trop t>d4 ,dj t\t toit p]du3 ,a?nes dev9t successivem5t l'esclave de ,lacdmone1 des tr5te tyrans et de ,rome4 ,phocion avoit fait notre hi/oire2 le voile toit lg]2 on dev9a ,nicocls4 ,p]sonne ne crut l'ouvrage antique2 mais1 la morale qui y respire1 l'am\r du beau1 du ju/e et de l'honnte1 ce gt svre qui y rgne1 on le jugea digne des anci5s4 ,il a t\te la puret du trait et la simplicit des =mes antiques4 ,la raison mme y p>loit p> la b\*e de ,phocion1 et l'on croyoit encore ent5dre le disciple de ,platon1 qui avoit recueilli les leons de la sagesse1 de la b\*e mme de ,socrate4 ,aussitt que l'ouvrage p>ut1 il fut plac au rang des meilleurs crits du sicle4 ,une rpublique1 clbre p> la sagesse de ses loix1 de son propre m\vem5t1 le proclama comme la production d'un criva9 suprieur et d'un excell5t citoy54 ,elle invita ,nicocls laiss] tomb] le voile3 alors seulem5t on apprit que c'toit l'auteur du droit public qu'on devoit les entreti5s de ,phocion4 ,cet hommage si honorable fut le premi] de cette nature1 et il acquit peut-tre encore un n\veau prix qu&1 deux ans aprs1 une p>eille c\ronne fut dc]ne de la mme manire l'immortel auteur du trait des dlits et des pe9es4 ,grces v\s soi5t r5dues1 vnrables citoy5s de ,b]ne1 d'avoir a9si acquitt la dette sacre de l'humanit6 ,mably1 ,becc>ia1 que vos noms ne soi5t jamais sp>s dans ses fa/es6 ,ds-lors1 si ,mably l'et v\lu1 t\s les corps littraires se s]oi5t empresss de l'adopt]2 les portes de t\tes les acadmies lui euss5t t ouv]tes2 mais il lui suffisoit qu'on l'en juget digne4 ,ne *rissant ri5 tant que cette d\ce obscurit p\r sa p]sonne1 et cette prcieuse indp5dance si *re au gnie1 r$\tant t\te espce de *anes1 il se droboit sa r5omme1 il s'ab&onnoit librem5t ses v]tueux p5*ans1 lo9 du bruit1 des qu]elles1 des p>tis et des prneurs4 ,il e/ si d\x de p\voir1 sans intrigue et sur-t\t sans protecteurs1 cultiv] en paix sa raison1 de s'ent\r] d'illusions aimables et consolantes1 d'ex]c] son ame1 de p]fectionn] son tre1 de se livr] des occupations dlicieuses qui sont le *>me de la vie6 ,t&is que tant d'intrigans subalt]nes p\rsuiv5t le bonheur et le *]*5t o il n'e/ pas1 il vi5t s'asseoir dans le cab9et d'un sage1 d'un savant mode/e1 qui n'a d'autre ambition que d'tre utile aux hommes et d'clair] ses semblables3 l'e/ime publique et la considration p]sonnelle vont l'y *]*]2 c'e/ le noble fruit et la d\ce rcomp5se de ses travaux4 ,il peut se dire lui-mme avec un mode/e orgueil3 je ne dois ri5 qu' moi seul3 j'ai pay mon pays ma dette de bon citoy52 j'ai m>qu honorablem5t la trace de mon passage sur la t]re2 j'ai li mon exi/5ce des vrits utiles et pr(itables ma patrie2 j'ai atta* mon nom des ouvrages qui ne m\rront po9t2 je n'ai po9t r\gir de l'emploi de mes tal5s1 et j'ai confi le dpt de ma r5omme1 et commis le so9 de ma gloire la reconnoissance de mes concitoy5s4 ,sp>te mod]ne v5oit d'adopt] la politique bi5faisante et la morale claire du mod]ne ,phocion2 une autre rpublique lui r5dit un hommage encore plus flatteur4 ,la ,pologne1 fatigue des convulsions de l'an>*ie1 s'adressoit ,mably p\r lui dem&] des loix1 comme autrefois les ,a?ni5s1 lasss des orages de la lib]t1 s'adressr5t ,solon p\r rgnr] la rpublique4 ,la ,pologne1 prte prir1 avoit encore dans son se9 des ames leves et patriotiques1 de gr&s citoy5s qui dsiroi5t ardemm5t de remdi] aux maux de l'tat4 ,ils s'toi5t =tifis p> les li5s d'une confdration1 unique et d]ni] remp>t contre la s]vitude4 ,ils avoi5t jur de s\t5ir la rpublique sur le bord de sa ru9e1 et l'excs du malheur leur avoit r5du t\te leur n]gie4 ,t&is que d'un ct ces braves ,polonois1 le sabre la ma91 df5doi5t les re/es de leur lib]t1 de l'autre ils sollicitoi5t les lumires des sages et des politiques1 p\r *]*] le remde tant de maux1 et donn] une n\velle con/itution la rpublique4 ,ils jetr5t en mme temps les yeux sur deux hommes clbres1 avec des tal5s bi5 diffr5s1 mais qui1 s\s un po9t de vue cep5dant1 avoi5t un mrite commun1 celui d'avoir le mieux connu et le mieux dvelopp les vrais pr9cipes de t\t g\v]nem5t2 l'auteur du contrat social1 et celui des entreti5s de ,phocion4 ,cette dfr5ce d'un peuple libre l'g>d de deux hommes qui n'avoi5t que du gnie et de la v]tu1 n\s transporte dans ces temps o les sages et les philosophes toi5t *oisis p\r tre les lgislateurs des nations2 et si une p>eille confiance e/ le plus bel hommage qu'on puisse r5dre aux tal5s unis la v]tu1 peut-tre la concurr5ce avec le citoy5 de ,g5ve dt-elle secrtem5t flatt] l'auteur de ,phocion1 autant que le suffrage de la rpublique4 ,jean-,jacques et ,mably travaillr5t *acun de leur ct1 et n\s avons leurs ouvrages3 l'am\r du bi5 public a dirig leur plume4 ,il s'agissoit de donn] la ,pologne1 non les meilleures lois possibles1 mais les meilleures qu'elle pt support]4 ,combi5 ne s]oit-il pas utile de comp>] les moy5s diffr5s que ces deux philosophes ont indiqus p\r p>v5ir au mme b2 de suivre la m>*e que *acun d'eux propose p\r arriv] la r=me dsire2 de rappro*] leurs pr9cipes1 et dvelopp] le plan qu'ils ont trac p\r bi5 pondr] t\s les p\voirs de la rpublique6 ,mais le temps et l'espace n\s manqu5t galem5t p\r cette intressante discussion4 ,t\s deux att5d5t beauc\p de l'am\r de la patrie1 de cet lan que la v]tu peut donn] des hommes libres4 ,r\sseau y porta cette *aleur de s5tim5t1 cette =ce de p]suasion1 en un mot1 l'ame et l'loqu5ce qu'il lui toit impossible de ne pas mettre dans ses immortels crits4 ,mably1 plus circonspect1 plus m?odique1 et qui d'ailleurs avoit fait le voyage de ,pologne p\r exam9] les *oses de plus prs1 a peut-tre trac un plan plus rguli]2 mais t\s deux1 sans s'tre communiqus1 s'accord5t sur les bases fondam5tales1 les rapports de la morale et de la politique1 les pr9cipes propres rgnr] la ,pologne4 ,t\s deux s'lv5t avec =ce contre l'abus intolrable du lib]um veto1 le dfaut de discipl9e1 les dsordres de l'an>*ie1 le trop gr& p\voir des magnats4 ,t\s deux leur cri5t d'arm] leurs curs contre la corruption des nations vois9es1 proscriv5t cette politique d'arg5t qui m9e t\s les tats mod]nes1 rejett5t les rcomp5ses pcuniaires2 les tr\pes m]c5aires2 ils veul5t que les df5seurs de l'tat soi5t des citoy5s1 et qu'ils ne cot5t ri5 la rpublique4 ,l'un et l'autre insi/5t sur la =ce des loix1 l'empire des murs1 la ncessit d'une ducation nationale qui en ress]re les li5s et en p]ptue l'esprit4 ,mais le po9t ess5tiel sur lequel leurs voix se runiss5t avec le plus de =ce et d'loqu5ce1 c'e/ lorsqu'ils plaid5t la cause de l'humanit contre l'oppression1 et qu'ils p>l5t en faveur du peuple esclave et de la lib]t4 ,tant que vos paysans et vos malheureux vassaux gmiront dans les f]s de la s]vitude1 po9t de patrie p\r eux1 po9t de g\v]nem5t p\r la ,pologne3 ad\cissez peu--peu leur j\g2 montrez-leur en p]spective le prix qui les att5d2 prp>ez ces ames avilies p> la s]vitude1 support] le bi5fait de la lib]t1 sans cette prcaution1 ils ne p\rroi5t en s\t5ir l'clat4 ,n'affran*issez leurs corps qu'aprs avoir affran*i leurs ames1 s'crie ,r\sseau4 ,on ne viole po9t impunm5t les loix de la nature1 dit ,mably2 la t]re veut tre cultive p> des ma9s libres2 la s]vitude frappe les hommes et les t]res de /rilit4 ,en un mot1 faites aim] vos loix1 et v\s aurez une patrie et des citoy5s2 c'e/ p> l'espoir d'un meilleur sort1 c'e/ p> l'am\r qu'il faut atta*] les hommes la patrie2 et de bonnes loix peuv5t seules opr] ce miracle4 ,les po9ts mmes sur lesquels les deux philosophes diffr5t1 peuv5t inf9im5t clair] la nation sur ses vrais intrts4 ,leurs raisons respectives mrit5t bi5 d'tre peses1 et peuv5t jet] un gr& j\r sur cette discussion1 d'o dp5d peut-tre t\t le malheur ou le bonheur des ,polonois4 ,si les leons de ces sages n'ont pas produit t\s les bons effets qu'on toit en droit d'en att5dre1 c'e/ que des causes trangres ont dispos trop imprieusem5t des vnem5s2 c'e/ que l'ambition et l'av>ice ont r5contr des ames vnales2 c'e/ que les prjugs de la noblesse polonoise p>l5t encore trop haut p\r laiss] ent5dre la voix de la raison2 enf9 c'e/ que les lumires1 conc5tres *ez quelques gr&s1 ne sont pas gnralem5t rp&ues1 et que le flambeau de la philosophie n'a pas encore clair ces contres4 ,la ,pologne e/1 plusieurs g>ds1 ce qu'toit l',europe entire il y a dix sicles2 c'e/ une nation qui e/ encore crer3 sans d\te un mom5t vi5dra o les braves ,polonois mettront pr(it des avis si salutaires1 o ils exam9]ont plus froid les in/itutions qui leur sont proposes2 ces sem5ces g]m]ont1 dans peu d'annes1 o la rpublique n'exi/]a plus1 o elle se rgnr]a d'aprs les leons runies des deux sages4 ,alors1 sans d\te1 ils lv]ont un monum5t leurs lgislateurs1 et les noms de ,jean-,jacques et de ,mably s]ont associs p> la reconnoissance publique sur les bords de la ,vi/ule4 ,les pr9ces1 a9si que les rpubliques1 rclamoi5t les lumires d'un criva9 qui avoit si bi5 appr(ondi la sci5ce des g\v]nem5s1 et dmontr l'alliance t\j\rs ncessaire de la morale avec la politique4 ,on v\lut =m] au gr& art de rgn] un jeune ,b\rbon1 et aux leons traces p> les ,bossuet et les ,fnlon1 on dsira jo9dre celles de ,mably1 et il fit p\r le pr9ce de ,p>me son livre de l'tude de l'hi/oire4 ,il fut comme le m5tor de ce jeune ,tlmaque1 et le conduisait d'tats en tats1 il lui fit obs]v] les murs1 les lois1 les usages de t\s les pays1 la =me de t\tes les con/itutions anci5nes et mod]nes1 en lui faisant s5tir les avantages et les inconvni5s de *acune4 ,cet ouvrage1 s\s un titre peut-tre trop mode/e1 e/ l'un des plus importans qui soi5t sortis de sa plume1 et p> le b que l'auteur s'y propose1 et p> la manire dont il l'a trait3 c'e/ le rsultat de l'expri5ce de tr5te sicles2 on p\rroit l'intitul] morale de l'hi/oire3 et t\tes ces vrits semes longs int]valles dans l'espace imm5se des temps1 il les a rassembles dans un petit volume1 p\r s]vir d'in/ruction aux hommes et de modle aux pr9ces4 ,en effet1 si l'hi/oire1 dont le b con/ant e/ de n\s r5dre meilleurs1 e/ un c\rs de morale en action p\r t\s les hommes1 elle e/ encore une cole de politique p\r t\s les pr9ces de/9s rgn]4 ,qu& la voix des flatteurs les adule et les trompe1 la voix de l'hi/oire leur dit sans l*es mnagem5s1 que leur mmoire s]a fltrie s'ils viv5t dans la mollesse et l'oisivet1 et qu'ils s]ont l'excration de la po/rit1 s'ils sont les flaux et les tyrans de leurs peuples4 ,elle les av]tit que ri5 n'*appe son il vigilant2 qu'elle immortalise leurs crimes a9si que leurs v]tus1 et que *aque vice du pr9ce e/ une calamit publique4 ,elle leur rpte *aque page qu'ils sont in/itus p\r faire le bonheur des hommes2 que c'e/ leur devoir1 qu'ils ne sont que les ag5s de la socit1 et que les rois sont faits p\r les peuples1 et non les peuples p\r les rois4 ,en posant d'abord les fondem5s de t\te socit bi5 ordonne1 ,mably rduit un petit nombre d'lm5s t\te la clef de cette sci5ce politique dont des *>latans et d'troits gnies ont fait tant d'talage2 puis il fait pass] s\s les yeux de son lve t\s les tats1 les peuples1 les empires1 non p\r satisfaire une va9e curiosit1 mais p\r s]vir l'application de ses pr9cipes1 p\r dml] quelles causes ces tats ont d leur =ce et leur prosprit1 quels vices ont am5 leur dcad5ce et consomm leur ru9e4 ,en mditant sur ces causes et en dc\vrant ces vices1 il tr\ve p>-t\t les mmes rsultats3 ce n'e/ po9t au has>d que sont arrives ces rvolutions2 t\s ont f9i p> les excs du luxe et de l'9galit1 le mpris des lois1 l'abus du p\voir1 l'oppression1 la rvolte3 t\j\rs les mmes causes ont produit les mmes effets1 et les tats se sont plus ou mo9s rappro*s du bonheur1 mesure qu'ils se sont plus ou mo9s rappro*s de ce gr& pr9cipe qui n\s crie d't5dre l'empire des lois1 et de re/re9dre le p\voir des hommes4 ,aprs avoir s\mis cet exam5 svre1 et p\r a9si dire1 cette pi]re de t\*e1 les g\v]nem5s actuels de l',europe2 m>qu la priode o ils se tr\v5t de leur spl5deur ou de leur dcad5ce1 et assign le rang qu'ils occup5t dans l'*elle des con/itutions politiques1 il ramne l'att5tion de son jeune lve sur ses propres tats1 et l'invite entrepr5dre une r=me ncessaire4 ,il lui trace les premi]s pas dans la c>rire2 il le presse p> t\tes les considrations qui peuv5t t\*] une ame bi5 ne et un s\v]a9 s5sible2 il pique d'mulation un jeune cur qui n'e/ po9t encore corrompu p> la voix de la flatt]ie2 il l'excite p> l'exemple des gr&s hommes1 et lui montre la gloire immortelle qui att5d un lgislateur1 les hommages et les respects de l'univ]s1 qui vol5t au-devant de lui1 et la po/rit occupe bnir sa mmoire4 ,un tel livre devroit tre le manuel des s\v]a9s4 ,je ne crois pas que la vrit ait jamais pris un plus fi] langage1 un ton plus f]me et plus n]gique1 sans s'c>t] de la dc5ce et des g>ds qu'on doit au rang et la naissance4 ,s'il a fait ret5tir les droits de l'homme l'oreille sup]be des rois1 ce n'e/ po9t l'auteur1 ce sont les vnem5s qui vi5n5t in/ruire et p>l]4 ,cet ouvrage e/ peut-tre le premi] qu'on devroit mettre entre les ma9s d'un jeune pr9ce2 c'e/ dans de tels livres que les hriti]s du trne devroi5t appr5dre lire4 ,sans d\te il ne s]a po9t oubli dans l'ducation de l'augu/e enfant sur qui repose l'espoir d'un gr& empire4 ,faisons des vux p\r qu'il laisse dans cette ame neuve et t5dre de longs et pr(onds s\v5irs2 ce s]a le gage du bonheur des gnrations futures4 ,ce livre n'e/ pas assez connu4 ,n\s osons rclam] contre l'indiffr5ce et la frivolit de la plup>t des lecteurs2 t&is qu'ils s'g>5t dans cette f\le de productions sans c>actre1 n\s osons les rappell] une lecture facile1 propre les in/ruire des droits et de la dignit de l'homme1 lev] leur ame1 n\rrir leur esprit de vrits sub/antielles1 digne enf9 d'tre mdite p> t\tes les classes de citoy5s d'une nation claire et s5sible1 qui *]*e sortir de sa trop longue l?>gie4 ,mably avoit dit et pr\v que la prosprit des tats e/ fonde sur les lois1 et les lois sur les murs qui sont la v]tu publique2 en l'annonant aux pr9ces1 aux rpubliques1 t\s les hommes1 il avoit regrett de ne p\voir pos] lui-mme les bases de ces lois4 ,il crut cette vrit d'une assez gr&e importance1 et la matire assez belle p\r devoir l'appr(ondir et en faire l'objet d'un trait p>ticuli]2 il avoit mme annonc dans les d]ni]s *apitres de l'tude de l'hi/oire1 que si ses =ces le lui p]mettoi5t1 il auroit le c\rage d'entrepr5dre un tel ouvrage4 ,il recueillit donc t\tes ses facults1 rassembla les leons qu'il avoit puises l'cole des ,platon1 des ,xnophon1 des ,cic]on1 et de t\s les sages de l'antiquit3 il y joignit ses propres mditations et les vrits p>ses dans ses prcd5s crits2 il sut les en*an] et les prs5t] dans cet ordre qui prte une n\velle lumire la raison1 et de n\velles =ces la vrit2 il en fit un t\t o il embrassa la sci5ce entire de r5dre les hommes bons1 sages et heureux4 ,il s'leva1 p\r a9si dire1 au ton et la dignit de lgislateur1 et donna son livre des pr9cipes des loix ou de la lgislation4 ,malgr notre envie d'abrg]1 n\s ne p\vons n\s disp5s] d'en prs5t] les ides gnrales1 et d'entr] dans quelques dtails3 =cs de n\s ress]r]1 n\s s]ons encore trop longs2 sans d\te n\s avons beso9 d'un peu d'att5tion1 et de beauc\p d'indulg5ce4 ,si1 comme on n'en peut d\t]1 le bonheur ou le malheur des hommes ti5t une bonne ou une mauvaise lgislation1 il n'e/ ri5 de plus important tudi] que les pr9cipes qui doiv5t s]vir de bases un lgislateur2 c'e/1 en d'autres t]mes1 exam9] quels moy5s sont donns l'homme p\r r5dre la socit heureuse et florissante2 c'e/ la premire des tudes2 c'e/ la plus ncessaire des connoissances4 ,mais quel spectacle frappe d'abord un obs]vateur qui s'lve au-dessus des ides vulgaires1 qu& il considre quelle e/ la condition de l'homme1 et quels caprices sont livres les lois qui en*an5t les socits8 ,quel contra/e entre les vues de la nature et l'ouvrage de l'homme6 ,l'homme e/ n libre1 et il e/ p>-t\t dans les f]se4 ,la nature n\s avoit fait gaux1 et le g5re huma9 rampe s\s les pi$s de quelques individus2 elle n\s avoit donn t\s les mmes droits au bonheur1 et le malheur c\vre la surface de la t]re2 l'homme e/ n bon1 et les hommes sont m*ans3 d'o vi5t ce r5v]sem5t des *oses8 ,c'e/ que t\tes les socits se sont plus ou mo9s loignes des vues de la nature4 e ,jean-,jacques ,r\sseau4 ,en effet1 t\s les maux de l'homme ne vi5n5t que de sa nglig5ce se con=m] ces vues t]nelles3 l'galit dans la =tune1 et celle des conditions1 toit la premire loi peut-tre1 laquelle cette mre commune avoit atta* le bonheur des individus et la prosprit des tats1 et n\s avons t\t fait p\r dtruire cette prcieuse galit4 ,les mmes organes1 la mme intellig5ce1 les mmes p5*ans1 les mmes beso9s dceloi5t la mme orig9e1 et il n\s a plu d'lev] entre les enfans de la mre commune un mur de sp>ation1 qui n\s r5d trang]s les uns aux autres1 et qui1 d'un peuple de frres1 fait un peuple d'ennemis4 ,n\s avions t\s1 aux fruits et aux productions spontanes de la t]re1 le mme droit qu' l'air que n\s respirons1 qu' la lumire qui n\s claire2 et voil que n\s avons p>tag la t]re2 n\s en avons donn la proprit quelques familles privilgies1 et n\s avons d%rit le re/e du g5re huma9 du patrimo9e commun de la nature4 ,n\s avons t\t donn aux uns et t\t t aux autres2 puis n\s avons livr ceux-ci sans df5se1 leurs bras1 leur sang1 leurs vies1 leur exi/5ce entire la m]ci des premi]s2 et p>ce que de quelques-uns il n\s a plu de faire des ,dieux1 les autres ne sont pas mme des hommes4 ,aprs avoir a9si p]v]ti les int5tions de la nature1 avons-n\s droit de n\s en pla9dre1 et n'e/-ce pas la calomni] que de lui repro*] les maux dont n\s sommes seuls les auteurs8 ,mais si les lois de la nature sont oublies1 si les droits de l'homme sont f\ls aux pi$s1 ils n'en sont pas mo9s imprescriptibles2 et de temps autres quelques philosophes1 /ipulant p\r l'espce huma9e1 ont lev la voix1 et prote/ant contre la surprise1 l'oppression et la viol5ce1 ont atte/ la premire des lois1 celle qui e/ antrieure t\tes les autres3 a9si de nos j\rs ont fait le sage ,locke1 ,montesquieu1 ,becc>ia1 le citoy5 de ,g5ve et l'abb de ,mably4 ,ils ont rclam les droits sacrs de la nature2 et p\r me s]vir d'une expression dj consacre1 le g5re huma9 avoit p]du ses titres1 et ils les ont retr\vs2 ils les ont lus sur le front de l'homme1 et mieux encore au fond de son cur1 o ils toi5t crits en c>actres indlbiles3 on peut les obscurcir1 mais jamais les effac]4 ,t\s ces maux sont donc notre ouvrage4 ,ds qu'un homme1 se jugeant d'une nature suprieure1 s'e/ cru en droit d'assujettir la volont d'un autre la si5ne2 ds qu'il s'e/ arrog une portion exclusive dans les bi5s communs1 et que la proprit a t tablie1 les passions1 irrites p> la j\issance1 n'ont plus connu ni fre9 ni bornes2 t\tes les ides d'galit ont t dtruites4 ,l'ambition et l'av>ice ont p>tag le monde4 ,il y a eu des puissans et des foibles1 des ri*es et des pauvres1 des gr&s et des petits2 et les lois1 qui devoi5t g>antir l'homme son galit primitive et son indp5dance1 ont appesanti le j\g1 consacr l'inju/ice et lgitim les usurpations4 ,on en e/ v5u au po9t d'imag9]1 ou plutt on a fe9t de croire qu'il y avoit des races privilgies de/9es comm&]1 et d'autres d%rites p> la nature1 qui toi5t nes p\r obir4 ,n\s avons suppos cette mre commune les caprices et les prfr5ces d'une m>tre3 de l1 n\s avons accumul sur la tte des uns les faveurs1 les dignits1 les di/9ctions1 le p\voir1 les ri*esses1 comme leur apanage hrditaire2 et1 p> une consqu5ce t\t aussi ju/e1 n\s avons jug que la misre1 le dnuem5t1 le travail1 l'opprobre et le mpris toi5t le p>tage ncessaire des autres4 ,d'un ct1 le temps1 la =ce et la ruse2 de l'autre1 l'ignorance1 l'habitude et les prjugs ont tellem5t obscurci la raison primitive et les lumires naturelles1 que les uns se sont crus de bonne foi ns avec les *anes de la s]vitude1 et les autres avec un sceptre ou une v]ge de f]2 et ces ides t]nelles d'galit et de lib]t se sont tellem5t te9tes dans ces races dgrades1 qu'elles ont p]du jusqu' la trace de leur noble et cle/e orig9e4 ,l'galit a t traite de *imre et de p>adoxe1 et a f9i p> dev5ir un problme qu'on donnoit rs\dre aux savans et aux acadmies4 ,plus ces lois p>tiales ont favoris c]ta9es familles au dtrim5t des autres1 et plus d'abus ont infect les socits2 mo9s elles ont connu l'innoc5ce et le bonheur4 ,d'un ct ont g]m l'orgueil1 l'ambition1 l'av>ice1 la duret1 le mpris de l'homme1 et t\s les att5tats de la viol5ce et de l'oppression2 et de l'autre1 t\s les vices des esclaves1 la corruption1 l'opprobre1 l'oubli de la v]tu1 et t\s ces crimes bas qu'enfant5t l'extrme misre1 l'avilissem5t1 et la ncessit qui n'a po9t de loi4 ,de l cette lutte p]ptuelle1 cette gu]re s\rde entre t\tes les classes de la socit1 cette conspiration du luxe contre la misre1 du =t contre le foible1 des gr&s contre les petits1 de celui qui a t\t contre celui qui n'a ri52 l'oppression du puissant qu'il appelle ju/ice1 les rclamations des foibles qu'on appelle rvoltes2 enf9 la ha9e1 les diss5sions1 la gu]re ouv]te1 les combats qui ensanglant5t la t]re1 et font de ce tri/e globe un *amp de meurtres et de c>nage4 ,n\s n'avons que trop expi le crime d'avoir mpris la voix et p]v]ti les int5tions de la nature4 ,les in/itutions les plus sages s]oi5t donc celles qui1 prv5ant de si fune/es abus1 combl]oi5t l'int]valle imm5se qui sp>e un homme d'un autre homme1 et qui n\s rappell]oi5t aux loix t]nelles de la nature2 mais comme il e/ impossible de rtrograd]1 que jamais la socit ne p\rra remont] ces lois primitives1 que l'galit p>faite e/ ma9t5ant une *imre1 et qu'on ne p\rroit pas plus la ralis] que l'ge d'or des potes1 ou la rpublique de ,platon2 dans l'tat des *oses1 que doit donc faire1 et quel b doit se propos] un habile lgislateur8 ,*]*] quelle e/ la mesure de bonheur auquel l'homme peut aspir] dans une socit bi5 ordonne1 et quelle condition il n\s e/ p]mis d'tre heureux4 ,l'homme a cons5ti de sacrifi] une p>tie de ses droits et de sa lib]t p\r assur] le re/e2 il s'e/ impos des lois2 il a fallu arm] des magi/rats de la =ce publique1 p\r faire excut] ces lois3 ce n'e/ donc plus l'galit primitive1 mais l'galit politique1 qui peut rgn] entre les citoy5s du mme tat3 et la lib]t civile qui n'e/ autre que le droit de faire t\t ce que les lois p]mett5tf1 ce n'e/ plus au titre de la nature1 mais en v]tu du pacte social1 que n\s en devons j\ir4 ,si les lois ne sont que l'expression de la volont gnrale2 si l'on a eu la sagesse de leur donn] l'autorit qu'ailleurs on a imprudemm5t confie aux hommes1 si p]sonne n'e/ au-dessus de ces lois2 si elles rprim5t l'ambition des p>ticuli]s1 qui dtruiroit cette galit1 et celle des magi/rats1 qui dtruiroit la rpublique2 si ceux-ci ne peuv5t jamais abus] de leur p\voir et sont comptables l'tat de leurs actions2 si1 depuis le plus lev jusqu'au d]ni] des citoy5s1 t\s ont un droit gal la protection des lois1 et qu'aucun ne puisse tre impunm5t opprim p> l'autre1 quel que soit son rang et sa dignit1 alors rgn]a cette galit politique qui assure les bi5s1 la lib]t et la vie de *aque individu1 la seule laquelle n\s puissions aspir]1 mais dont la p]te t5droit diss\dre la socit entire4 ,que s]oit-ce1 en effet1 s'il y avoit un pays o un homme irrpro*able pt trembl] p\r sa lib]t2 et qu' un c\pable s\ill du sang d'un citoy51 au lieu d'p\vant] les m*ans p> son supplice1 on vnt prodigu] des rcomp5ses1 des dignits1 des honneurs et de l'arg5t8 ,si on p\voit cit] un p>eil exemple dans les annales d'un peuple1 s]oit-il beso9 de dem&] si1 dans ce pays1 il y a des lois et une patrie8 f ,montesquieu4 ,ces lois doiv5t tre aussi vigilantes en*an] l'av>ice1 qu' mettre un fre9 l'ambition3 si elles sont tellem5t diriges1 qu'elles gn5t l'accumulation des ri*esses et la trop gr&e 9galit des =tunes2 si elles s'atta*5t rappro*] les degrs extrmes1 dim9u] la di/ance qu'il y a entre le ri*e et l'indig5t1 et t5d5t divis] les proprits en portions plus gales2 si la rpublique fltrit les =tunes sc&aleuses ou trop rapides1 et sait honor] la pauvret v]tueuse2 si d'un ct elle proscrit le luxe qui dvore t\t1 et de l'autre la m5dicit1 cette lpre des tats mod]nes1 et qu'elle soit plus occupe dim9u] les beso9s qu' augm5t] la recette1 prv5ir la dprdation qu' lui f\rnir de n\veaux alim5s2 si les subsides ncessaires port5t sur la classe opul5te2 si le fruit des sueurs du pauvre1 le plus pur sang des peuples1 ne devi5t pas la proie des favoris1 des aigles et des vaut\rs2 si les ames ne sont po9t vnales2 si les citoy5s ne croy5t pas que l'arg5t soit le prix de t\t1 que t\t peut s'a*et]1 mme le mrite1 la rputation et la v]tu2 si la =tune n'e/ pas l'unique idole2 si l'tat ne s\ffre pas qu' t\tes les gr&es places1 qu' t\tes les dignits de la c\r1 de la magi/rature1 de l'glise et de l'arme1 soi5t atta*s des pr(its normes qui font dsir] ces places1 non p\r l'honneur de s]vir la patrie1 mais p\r les vils ga9s qui y sont atta*s3 alors on peut espr] de voir fleurir avec l'galit politique1 la modration1 l'innoc5ce des murs1 la pit frat]nelle1 les antiques v]tus4 ,autant l'extrme 9galit dgrade l'ame et l'avilit1 autant l'galit l'agr&it et l'lve2 ce s5tim5t de la dignit de l'homme l'ennoblit ses propres yeux4 ,il l'imprgn]a d'une =ce et d'une n]gie qu'il ne peut dploy] s\s la v]ge du despotisme1 le prp>]a t\tes les impressions honntes qu'on v\dra lui donn]1 et lui r5dra facile la pratique de t\tes les v]tus3 tels sont les premi]s lm5s du code qu'a trac ,mably4 ,ce n'e/ donc po9t dans la va9e di/9ction des climats1 ce n'e/ po9t en consultant le !rmomtre1 c'e/ dans la nature mme des *oses et dans le cur de l'homme qu'il va puis] les pr9cipes qui doiv5t s]vir de base une lgislation sage et claire4 ,dans t\t pays1 dans t\t climat1 l'homme qui n'e/ po9t dgrad *rit sa cons]vation1 a le dsir et le s5tim5t du bonheur1 aime sa lib]t4 ,t\tes les lois qui lui assur]ont ces bi5s1 qu'il ti5t des ma9s de la nature1 lui s]ont *res et prcieuses4 ,que ces lois soi5t claires1 prcises1 en petit nombre1 et sur-t\t qu'elles soi5t imp>tiales2 c> il n'y a que celles-l de ju/es4 ,si le foible y tr\ve une gide et un refuge1 si le puissant n'y peut drob] sa tte2 si s\s leur empire1 ma maison1 mon *amp1 ma p]sonne1 mon honneur et ma lib]t sont sacrs1 je *rirai ces lois protectrices qui m'assur5t t\s les bi5s que m'avoit promis la nature4 ,mais si ces lois sont vicieuses1 ou leur int]prtation arbitraire2 si elles lv5t au-dessus de ma tte une classe d'oppresseurs1 et lui livr5t t\tes les autres classes de la socit3 si elles n'en*an5t que le foible et l'in=tun1 et prt5t de n\velles armes au plus =t ou au plus m*ant2 si ces lois impuissantes m'ab&onn5t l*em5t au mom5t que j'en rclame la protection2 si l'oppresseur1 lo9 de tr\v] en elles un fre9 et un juge1 y *]*e un asyle et l'impunit2 et qu'au lieu de la protg]1 elles accabl5t l'innoc5ce3 comm5t p\rrois-je aim] ces lois1 et croire que la patrie qui les a adoptes1 soit la mre commune des citoy5s8 ,p\r intress] leur cons]vation1 il faut encore qu'elles soi5t d\ces et huma9es2 il faut1 si je l'ose dire1 plant] la rac9e des loix dans le cur des citoy5s4 ,mais la plup>t des lgislateurs n'ont su qu'imprim] la t]reur2 ils ont oubli que les lois ne sont pas seulem5t v5g]esses des crimes1 mais cons]vatrices de l'innoc5ce et de la v]tu4 ,ils en ont fait l'in/rum5t de leurs passions1 de leurs v5geances et de leurs caprices4 ,de l ces lois froces1 nes dans des sicles d'ignorance et de b>b>ie1 qui ont g\v]n si longtemps l',europe2 de l les ca*ots1 les in/ructions secrtes1 la torture1 l'inquisition civile et religieuse1 les procdures my/rieuses1 ce langage in9telligible qui a fait des lois autant de logogriphes2 les am5des1 les confiscations1 t\s re/es d'un sicle b>b>e dans un temps de lumires1 et qui att5d5t la ma9 d'un lgislateur huma9 et bi5faisant4 ,il semble que ce soit le b\rreau qui ait fait l'anci5 code crim9el de presque t\s les tats de l',europe4 ,si ces lois ne rgn5t en effet que p> la cra9te et la t]reur2 si elles ont totalem5t nglig d'intress] les curs et l'ame des citoy5s2 si elles n'ont po9t *]* dvelopp] les affections naturelles et les qualits sociales de l'homme2 si elles n'ont song qu' punir1 et jamais prv5ir le crime1 jamais enc\rag] la v]tu2 si ces lois ont t l'ouvrage de la =ce et l'in/rum5t de l'oppression2 si la ju/e proportion entre les dlits et les pe9es n'y e/ po9t obs]ve2 si elles ne ps5t que sur le foible1 et que ce soit une prrogative du rang et de la naissance de p\voir les lud]2 si elles se font un jeu d'accabl] l'innoc5ce et d'effray] la v]tu2 enf91 si elles ne veul5t rgn] que p> des *tim5s sur des esclaves1 et non p> l'am\r sur de libres citoy5s2 ceux qui en pr(it5t ou qui en abus5t1 peuv5t =t bi5 les aim]1 mais jamais ceux qui en sont ou qui peuv5t en tre les victimes4 ,ce n'e/ pas t\t encore2 et vos lois fuss5t-elles aussi sages que celles du sage ,platon1 quel bi5 produiront-elles1 si le lgislateur n'a l'art de mettre les lois s\s la sauveg>de des murs1 comme il a mis les murs s\s la sauveg>de des lois8 ,si elles ne sont pas appropries au gnie1 au c>actre1 aux beso9s de la nation laquelle elles sont de/9es1 le torr5t des murs publiques emport]a t\tes les digues qu'on v\dra lui oppos]2 l'difice une fois branl s'cr\l]a de t\tes p>ts4 ,il n'y a pas un peuple corrompu qui n'ait dans ses ar*ives les plus belles lois du monde2 il ne leur manque ri5 que d'tre excutes4 ,mais comm5t donn] des murs un peuple8 ,en comm5ant p> lui donn] une patrie2 et jamais v\s ne lui donn]ez de patrie1 s'il n'a d'abord une bonne con/itution politique3 c> ce ne sont ni les murailles d'une cit1 ni le sol d'un pays1 mais un bon g\v]nem5t fond sur des lois ju/es1 qui font le citoy5 et la patrie4 ,dans t\tes les villes d',ori5t il n'e/ pas un seul citoy52 et qu&1 avant la bataille de ,salam9e1 les ,a?ni5s se sauvr5t sur la m]1 ils emportoi5t avec eux leurs lois et leur patrie2 t\t ,a?nes toit sur leurs vaisseaux4 ,une bonne con/itution e/ donc au corps politique ce qu'elle e/ au corps physique2 c'e/ la sant des tats3 elle rsi/e t\tes les attaques4 ,dans un corps dbile1 n]v1 v\s p\vez avoir quelques j\rs heureux1 quelques j\issances passagres2 mais po9t de bonheur con/ant sans une con/itution sa9e et robu/e4 ,si au contraire t\s les membres du corps politique j\iss5t d'un enti] dveloppem5t1 se correspond5t1 se prt5t une =ce mutuelle1 et p>ticipant t\s au suc n\rrici] de la vie1 conc\r5t l'h>monie gnrale1 on peut dire que l'tat j\it d'une sant =te et vig\reuse1 et que les lois qui sont l'ame de ce gr& corps1 et lui imprim5t le m\vem5t1 sont sagem5t comb9es4 ,or1 qu& un peuple libre a fait lui-mme ses propres lois1 ou les a cons5ties p> un pacte volontaire1 il s'atta*e ces loix1 et p>ce qu'elles font son bonheur1 et p>ce qu'elles sont son ouvrage2 il s'id5tifie avec elles2 il ploie ins5siblem5t ses incl9ations et ses habitudes s\s ce j\g salutaire1 et ses murs sont le fruit heureux des lois4 ,si des in/itutions sociales ress]r5t encore ses li5s et favoris5t les plus d\x p5*ans de la nature2 si les premi]s bi5s de l'homme et ses premi]s droits1 c'e/--dire1 l'galit1 la lib]t1 sa sret1 lui sont g>antis p> le contrat social1 sans d\te il aim]a mieux vivre s\s l'empire de ces lois que s\s aucun autre2 il ne p\rroit que p]dre au *ange2 il s]a intress leur cons]vation2 il tr\v]a beau et glorieux de m\rir p\r elles2 ri5 ne lui s]a plus *] que son pays2 il le df5dra jusqu' son d]ni] s\pir2 alors1 il aura vritablem5t une patrie et des murs4 ,une telle con/itution donne de la p]man5ce aux murs1 et les murs la con/itution2 mais p\r assur] ces fruits heureux1 p\r donn] plus de =ce leurs in/itutions1 il e/ d'autres ressorts que les sages lgislateurs n'ont po9t nglig d'employ]2 les deux plus puissans sont l'ducation et le culte public4 ,qu& au premi] de ces mobiles1 quel avantage les anci5s n'avoi5t-ils pas sur n\s p> leur ducation publique8 ,la patrie s'emp>oit de l'enfant au mom5t de sa naissance1 et ne le quittoit plus qu'elle ne l'et fait homme et citoy54 ,alors elle le r5doit la rpublique2 elle lui avoit cr un c>actre2 elle lui avoit imprim une m>que nationale qui le suivoit p>-t\t2 elle avoit fait g]m] dans le cur d'un enfant t\tes les v]tus dont elle avoit beso91 lorsqu'il s]oit homme1 elle les enflammoit t\s de ce sa9t en?\siasme1 de cet am\r p\r la patrie1 qui lui faisoit de leurs vies un remp>t plus =t que les murailles et les bataillons2 elle transmettoit1 des pres aux enfans1 cette ri*e succession de murs et de v]tus2 elle allumoit en ces ames t5dres ce feu sacr1 te9t depuis si long-temps dans la plup>t des tats mod]nes4 ,l1 au milieu de leurs jeux1 se retraoit l'image de leurs devoirs2 on leur appr5oit la ju/ice1 la temprance1 l'am\r du travail et les rgles de la v]tu1 comme ailleurs on appr5d les rgles de la grammaire et celles de l'loqu5ce4 ,l1 leurs oreilles toi5t cont9uellem5t frappes de la l\ange des gr&s hommes1 et leurs yeux1 de l'clat de leurs triomphes4 ,les spectacles1 leurs pomes1 leurs tableaux1 leurs ftes1 leurs jeux1 leurs /atues leur retraoi5t ces sa9tes et immortelles images2 t\t ret5tissoit de ces noms rvrs4 ,ils recevoi5t1 p\r a9si dire1 p> t\s les s5s1 l'am\r de la patrie1 des lois et de la v]tu4 ,les trophes dc]ns aux hros t\rm5toi5t les jeunes citoy5s2 leur faisoi5t v]s] des l>mes d'impati5ce2 leur ducation toit t\te en exemples et en action1 t&is que la ntre e/ t\te en prceptes et en va9 babil4 ,il ne p>ot donc pas que les mod]nes lgislateurs ai5t s5ti t\te l'influ5ce que peut avoir une ducation uni=me1 qu'un mme esprit dirige au mme b4 ,l'in/ruction publique1 qui ne doit tre que l'appr5tissage des devoirs de citoy51 e/ sans d\te la meilleure base des murs3 du mo9s a-t-on su mieux employ] un ressort peut-tre plus puissant encore p\r atta*] les curs et les ames aux lois et la patrie4 ,ce s]oit ici le lieu d'exam9]1 avec ,mably1 si nos lgislateurs ont connu t\t le p\voir de la religion sur les esprits1 ou s'ils ont abus de ce p\voir2 jusqu' quel po9t il faut frapp] les yeux et l'imag9ation de la multitude3 ou s'ils ne se sont po9t g>s sur les moy5s2 si1 ri*es d'une morale sublime et cle/e1 ils n'ont po9t p]v]ti ce don prcieux1 et ab&onn les v]tus relles et sociales p\r des v]tus factices et de conv5tion2 quel s]oit l'avantage d'un culte national1 sa liaison ncessaire avec les in/itutions politiques1 et quelle influ5ce il auroit sur les murs8 ,je regrette que la =me et la de/9ation de cet crit ne me p]mett5t pas d'appr(ondir ces que/ions intressantes1 et beauc\p d'autres encore1 qui s'(fr5t en f\le sur cette matire4 ,mais je m'arrte444 ,il suffit sans d\te1 et mme il e/ plus sage de laiss] p>l] les faits4 ,l'expri5ce pr\ve combi5 ils sont r>es1 ces lgislateurs qui ont su jo9dre la morale la politique1 combi5 peu de nations ont connu la =ce des in/itutions sociales et publiques4 ,presque t\tes ont nglig les premires rgles de la raison2 t\tes se sont c>tes des lois de la nature2 leurs codes1 p\r la plup>t1 sont l'ouvrage du has>d1 ou de la sup]/ition4 ,des aveugles ont conduit des aveugles2 les passions1 les caprices1 les prjugs et l'ignorance sont les lgislateurs du mondeg4 g ,de la lgislation1 page #bfb1 de la seconde p>tie4 ,mais1 qu& le mal e/ au comble1 qu& des ob/acles presque inv9cibles s'oppos5t t\te r=me1 comm5t se rappro*] des vues de la nature8 comm5t faire ent5dre la voix de la froide raison une multitude aveugle et passionne8 ,peut-on espr] d'avoir des lois ju/es et imp>tiales1 et de p\voir remont] jusqu'aux bonnes murs8 ,il ne faut pas se le dissimul]2 ce ne sont pas seulem5t nos vices1 c'e/ la =me et l't5due des tats1 qui s'oppos5t cette rgnration salutaire4 ,comm5t imprim] le m\vem5t et la vie ces masses normes1 ces ma*9es si compliques des g\v]nem5s mod]nes8 ,qui ne s5t le malheur atta* aux gr&s tats1 et l'avantage ine/imable des petits o t\s les citoy5s sont s\s l'il des magi/rats1 et les magi/rats s\s l'il de la loi8 ,les gr&es rpubliques mmes (fr5t une gr&e rsi/ance la r=me4 ,ou les intrts p>ticuli]s y sont susp5dus dans une balance gale1 et alors aucun n'a une voix assez prpondrante p\r entran] la majorit v]s le bi5 gnral2 ou des citoy5s trop puissans matrisant les autres1 la rpublique flotte entre la corruption et la tyrannie1 jusqu' ce qu'un seul1 triomphant de ses rivaux1 s'lve sur la ru9e de t\s4 ,quant aux tats despotiques1 ils ne laiss5t po9t d'esprance2 les ames y sont tellem5t eng\rdies1 qu'elles n'ont pas mme le dsir de sortir de cette l?>gie1 et ils ne peuv5t att5dre de *angem5t1 que de gr&es et inespres rvolutions4 ,il en rsulte que1 de t\tes les =mes du g\v]nem5t1 la mon>*ie tempre e/ peut-tre encore celle qui (fre un succs plus c]ta9 au lgislateur qui v\droit rgnr] sa nation4 ,un gr& homme peut natre sur le trne d'une mon>*ie modreh2 et alors quel avantage le p\voir lgitime dont il e/ revtu1 ne lui donne-t-il pas p\r t5t] la r=me1 aplanir les ob/acles1 et m>*] gr& pas v]s la flicit publique8 ,s'il a su inspir] une gr&e ide de ses tal5s et une entire confiance dans sa ju/ice1 il n'a qu' v\loir1 et les curs vol]ont au-devant de lui4 ,mais p\r desc5dre jusqu' la rac9e des abus1 il us]a d'une extrme prcaution2 il saura prp>] l'avance l'op9ion publique1 rp&re propos les lumires1 mani] les passions1 attaqu] les prjugs2 il consult]a l'esprit de son sicle1 le c>actre de son peuple1 le beso9 et le vu gnral4 ,t\j\rs une nation vive1 claire et s5sible devance les vues du lgislateur1 lui annonce le vu de t\s1 et lui trace la m>*e qu'il doit suivre4 ,qu'il c\te cette voix1 et t\tes les volonts se runiront dans la si5ne4 ,il faut encore que ses cooprateurs soi5t dignes de lui1 qu'on ne puisse jamais s\ponn] dans leurs projets le desse9 ca* de voil] des abus et d'alim5t] l'audace des dprdateurs2 il faut que leurs int5tions soi5t pures2 et sur-t\t qu'on puisse croire leur probit4 ,alors1 que le pr9ce agisse de conc]t avec la nation2 qu'il l'intresse ses vues d'ordre et d'conomie2 qu'il l'associe ses projets de bi5faisance2 qu'il expose ses motifs1 qu'il pr5ne le ton d'un pre au milieu de ses enfans1 ou d'un ami qui consulte son ami2 qu'une communication intime et une confiance rciproque s'tabliss5t entre les peuples et le s\v]a92 qu'on s'app]oive enf9 que le roi et la nation ne sont qu'un1 qu'ils n'ont qu'un seul et mme intrt3 alors il embras]a t\s les curs du feu sacr du patriotisme1 et avec ce mobile si puissant sur les ames s5sibles1 il n'y a po9t de gr&es et belles conceptions en politique qu'il ne puisse ralis]4 ,mais il ne laiss]oit po9t sa gloire imp>faite1 il ne se born]oit pas des bi5faits passag]s1 un bonheur qui priroit avec lui4 ,les bons rois meur5t1 une bonne con/itution re/e4 ,conva9cu que l'autorit n'e/ jamais mieux aff]mie que lorsqu'elle a p\r base les lois1 et p\r remp>t le cur des citoy5s1 il s]oit assez gr& p\r mettre des bornes au p\voir arbitraire3 s'il ne se rs]voit que le droit illimit d'tre ju/e et bon1 ce s]oit encore un assez bel empire4 ,il n'y auroit pas de mon>que plus absolu sur la t]re3 p>-l il t]nis]oit sa gloire et la reconnoissance de son peuple2 le bonheur des gnrations futures s]oit son ouvrage2 alors il mrit]oit en effet le nom de lgislateur et de re/aurateur de la patrie4 h ,de la lgislation1 seconde p>tie1 page #de4 ,c'e/ a9si que ,mably1 s'ab&onnant aux illusions d'une ame v]tueuse1 traoit les lm5s d'une lgislation plus imp>tiale1 plus huma9e1 plus con=me aux beso9s1 aux droits1 au bonheur et la de/9ation de l'homme1 et *]*oit n\s rappro*] des lois t]nelles de la nature4 ,aprs avoir fait voir combi5 l'homme s'e/ loign de ces vues primitives1 il lui a montr du mo9s la r\te qui p\voit encore l'y ram5]2 mais1 il faut l'av\]1 l'auteur a s5ti combi5 d'ob/acles s'oppos5t cette heureuse rgnration2 il a prvu que ces vrits s]oi5t traites de *imres2 que cette vieille morale n'toit plus de saison3 il a connu son sicle1 et cep5dant il a crit2 et1 dt-on appel] aussi son livre les rves d'un homme de bi51 cette considration n'a pu lui arra*] la plume2 il n'a pas cru devoir lui sacrifi] des vrits qu'il croyoit utiles3 il a mo9s p5s au jugem5t qu'on port]oit de son ouvrage1 qu'au bi5 qu'il p\rroit produire1 s'il se tr\voit enf9 des hommes d'tat capables de le mdit]1 et dignes de l'ent5dre4 ,plusieurs reg>d5t ce livre de ,mably comme le plus pr(ond et le meilleur de ses ouvrages4 ,le public a sembl donn] la prfr5ce aux entreti5s de ,phocion2 les connoisseurs balanc5t3 le premi] n'e/ pas aussi sduisant peut-tre2 les pr9cipes et le /yle en sont encore plus svres2 la lecture n'en e/ pas galem5t piquante p\r t\tes sortes d'esprits2 il ne devoit pas avoir un succs aussi brillant2 mais peut-tre en a-t-il un plus solide encore et plus durable4 ,p\r gt] ce bel ouvrage1 p\r en s5tir t\t le prix1 il faut dj de l'in/ruction3 ce n'e/ po9t un alim5t propre des lecteurs frivoles et lg]s2 mais s'il tombe entre des ma9s dj ex]ces1 s'il e/ lu p> des esprits suprieurs1 et mdit dans le sil5ce des passions2 si on ti5t la *ane des gr&es vrits morales et politiques qui en font la base2 si on veut en embrass] l'ensemble et les dveloppem5s1 je ne d\te pas qu'on ne lui donne la prfr5ce4 ,quelle f\le d'ides ce livre f]oit g]m] dans la tte d'un pr9ce c\rageux qu'anim]oit le noble dsir d'tre le lgislateur de sa nation6 ,combi5 de vrits il p\rroit y puis]6 ,les pr9cipes des lois s]oi5t son guide et son flambeau4 ,*acun de n\s doit tre soi-mme son propre lgislateur2 il re/oit donc ,mably1 p\r embrass] son plan t\t enti]1 de faire en faveur des individus ce qu'il v5oit d'excut] p\r la gr&e socit1 de trac] les pr9cipes qui doiv5t s]vir de base nos devoirs1 et de mesure nos v]tus1 de r$ress] les mprises des morali/es vulgaires1 comme il avoit r$ress celles des politiques2 en un mot1 de trac] un code de morale prive1 comme il v5oit d'en trac] un de lgislation1 qui e/ la morale publique4 ,n\s ne p\vons que dire un mot de ce n\vel ouvrage4 ,des en?\sia/es et des illum9s ayant totalem5t nglig d'appr(ondir le cur de l'homme et la nature des passions1 avoi5t p]du la morale1 dnatur les v]tus1 confondu l'ordre de nos devoirs1 et s\s prtexte d'une p]fection *imrique1 au lieu de les ress]r]1 avoi5t bris t\s les li5s de la socit4 ,mably osa r5v]s] ces rapports mal comb9s2 et au premi] rang se retr\vr5t les qualits sociales qui rappro*5t1 qui runiss5t les huma9s2 il les classa suivant les int5tions et le vu de la nature2 il assigna l'ordre et la prm95ce des v]tus1 l'importance et la *ane de nos devoirs1 suivant qu'ils sont plus ou mo9s intimem5t lis1 plus ou mo9s ncessaires au ma9ti5 et au bonheur de la socit4 ,cette h>diesse1 et quelques passages qui s'loignoi5t des op9ions vulgaires1 ont excit des rclamations3 cep5dant n\s savons que le sacrifice d'une page de ce livre1 d'une ligne mme1 d'une seule expression1 peut-tre auroit ds>m ces c5seurs4 ,n\s ne s]ons pas plus svres3 en faveur des esprits timides1 qu'un s5tim5t h>di1 nonc trop cruem5t1 p\rroit eff>\*]1 n\s sommes prts d*ir] cette page de ,mably2 mais aprs ce sacrifice1 s'il n\s e/ p]mis de has>d] notre op9ion p>ticulire1 n\s n'hsit]ons pas mettre les pr9cipes de morale la tte de ses meilleurs ouvrages1 et peut-tre le premi] de t\s4 ,c'e/ du mo9s le plus rempli de vraies beauts1 de leons de morale et de philosophie les plus sublimes1 des vrits pratiques qui n\s sont plus immdiatem5t utiles1 enf9 de maximes analogues notre nature1 nos beso9s1 et les plus propres n\s conduire au bonheur p> le *em9 de la raison et de la v]tu4 ,c'e/ regret que n\s supprimons cette p>tie de son loge2 mais la vie de ,mably e/ si ple9e1 et ses ouvrages prs5t5t des vrits si importantes1 que n\s p\vons pe9e les indiqu]4 ,n\s n'avons ri5 dit de ses d\tes1 adresss une secte qui n\s a un in/ant m5acs de r5atre de ses c5dres2 n\s n'avons pas le temps de p>l] d'un manuscrit sur les droits et les devoirs du citoy51 o respir5t la lib]t la plus c\rageuse et la philosophie la plus claire1 ni d'autres crits qui n'ont po9t encore vu le j\r2 n\s ne v\lons pas d'ailleurs prv5ir le jugem5t des lecteurs4 ,ce n'e/ po9t de n\s1 mais du public et de la po/rit que de tels crits doiv5t recevoir leur sanction4 ,n\s n\s cont5t]ons d'arrt] un in/ant nos reg>ds sur le livre de ,mably1 non le plus clbre1 mais celui qui a fait le plus de bruit1 en raison de ce que l'am\r-propre de quelques criva9s y toit plus intress3 n\s p>lons de son trait sur la manire d'crire l'hi/oire4 ,cet ouvrage e/ le fruit de ses obs]vations sur un art dont il a fait t\te sa vie son tude4 ,il n'e/ pas tonnant qu'un homme si pr(ond1 n\rri des gr&es vrits du droit naturel1 des pr9cipes de la politique et des leons de la morale1 admirateur passionn des anci5s1 n'ait pas t satisfait de la manire dont la plup>t des mod]nes ont crit l'hi/oire4 ,il les a jugs avec svrit1 disons mme1 quelquefois avec duret2 il n'a pas trait sans d\te avec assez d'g>ds l'homme univ]sel1 le pote-hi/ori51 idole d'une p>tie de la nation2 mais qu'importe1 aprs t\t1 ses jugem5s purem5t littraires8 ,ses prceptes n'en sont pas mo9s excell5s2 t\te la p>tie didactique de son ouvrage e/ ple9e de raison et de sagesse2 ses ennemis mmes y ont tr\v des vues neuves et lum9euses2 c'e/1 si j'ose le dire1 la potique de l'hi/oire4 ,mably exige des connoissances prlim9aires1 qui sont en effet indisp5sables ceux qui se de/95t ce g5re d'crire4 ,si l'hi/ori5 n'a pas des ides ju/es de la dignit de l'homme1 du droit naturel1 de l'ordre et de la f9 des socits1 des pr9cipes con/itutifs des tats1 des vraies causes de la prosprit ou de la dcad5ce des nations2 s'il n'a des rgles sres de morale p\r apprci] les hommes et les actions2 il l\]a ce qu'il faut blm]1 et blm]a ce qu'il faut l\]2 on le v]ra err] au has>d2 il s'g>]a sans cesse3 il se laiss]a entran] au caprice des hommes et des vnem5s2 et1 sans ancre et sans b\ssole1 au milieu de cet ocan des passions huma9es1 cette m] ne s]a fameuse que p> ses naufrages4 ,quel n'e/ pas1 au contraire1 l'avantage d'un criva91 qui avant de pr5dre la plume1 a long-temps mdit sur son art8 ,lorsqu'il en a sp>m5t tudi t\tes les p>ties1 qu'il l'a considr s\s t\tes les faces1 qu'il s'e/ pntr des gr&s pr9cipes1 qu'il s'e/ fait des bases c]ta9es et inv>iables1 et qu'il a n\rri son esprit et sa p5se de t\tes les connoissances prlim9aires2 alors il s'lance avec confiance dans la c>rire3 fidelle au plan qu'il s'e/ trac1 il dispose son action1 il en ti5t t\s les fils dans sa ma91 il les dmle sans pe9e et sans ef=ts2 devant lui se dr\le sans confusion cette longue srie de sicles et de rvolutions4 ,il dom9e son sujet1 et dirige les vnem5s1 au lieu d'tre emport p> l'abondance et la complication des matires4 ,de l nat cette dm>*e libre et rapide1 que ri5 n'emb>rasse1 ce beau dveloppem5t1 ce lucidus ordo1 qui e/ la maje/ de l'hi/oire4 ,de cette plnitude de connoissances1 de cet amas de lumires naiss5t encore ces rflexions c\rtes et pr(ondes1 ces clairs rapides qui tonn5t et font susp5dre la lecture4 ,c'e/ faute d'avoir fait ces tudes et ces mditations prp>atoires1 de s'tre n\rri des gr&s pr9cipes1 d'avoir des rgles c]ta9es p\r apprci] les actions et les hommes1 que la plup>t des hi/ori5s mod]nes sont vagues1 arides1 maigres et d*>ns2 ils manqu5t de cette ame1 de ce m\vem5t1 de cette surabondance de s5tim5s qui vivifi5t les crits des anci5s2 ils ne sont1 l'exception du petit nombre1 que de froids disc\reurs1 qu& les autres sont loqu5s et s5sibles4 ,ce que l'auteur a dit de la connoissance du cur huma9 e/ galem5t bi5 s5ti et bi5 dvelopp4 ,l'art d'intress] et de remu] les passions n'e/ pas mo9s ncessaire l'hi/ori5 qu' l'auteur dramatique2 c'e/ p> la pe9ture du cur huma9 que les anci5s sont sur-t\t admirables4 ,si v\s ne savez pas faire agir1 p5s] et p>l] vos p]sonnages sur la scne de l'hi/oire comme sur celle du ?tre1 je re/e froid et tranquille vos rcits inanims4 ,l'hi/oire e/ un long drame o t\s les acteurs vi5n5t se pe9dre eux-mmes1 agir et p>l]4 ,j'assi/e leurs conseils2 je suis prs5t leurs actions2 je vois au fond de leur cur2 j'espre1 je cra9s1 je dlibre1 je me passionne avec eux2 je lis dans leurs p5ses1 je pntre dans les replis les plus ca*s de leur ame4 ,je ress5s t\r--t\r l'amiti1 la ha9e1 la piti1 la t]reur1 la v5geance et l'am\r4 ,un gr& intrt me remue2 mon cur n'e/ po9t froid1 il e/ ple91 et l'ennui n'y peut pntr]4 ,s'il ne suffisoit que d'entass] des faits1 d'accumul] des vnem5s et des dates1 de faire un tableau sans proportion1 sans c\leur et sans vie1 ri5 sans d\te ne s]oit si facile que de russir4 ,mais dans ce gr& drame de l'hi/oire1 de transport] s\s nos yeux1 d'anim] ces gr&s p]sonnages qui ont fait le de/9 des nations1 de cons]v] la vrit des c>actres1 et cette unit d'intrt1 *>mes secrets de t\s les bons ouvrages et de t\s les bons esprits1 de faire de l'hi/oire une scne in/ructive p\r t\s les tats1 une leon p]ptuelle de morale et de philosophie p\r t\s les hommes2 l'expri5ce ne pr\ve que trop combi5 cet art exige d'tudes et de tal5s1 combi5 il e/ r>e et difficile d'tre un gr& pe9tre des passions4 ,la ,france a ses ,sophocle et ses ,euripide2 elle a ses ,platon1 ses ,pl9e et ses ,dmo/hnes2 n\s avons plus qu',ari/ophane et que ,tr5ce2 mais a-t-elle un ,tacite8 a-t-elle son ,tite-,live8 a-t-elle son ,plut>que8 ,t\s les prceptes1 je le sais1 qui ti5n5t l'art d'crire1 sont insuffisans4 ,dans t\s les arts il y a1 p\r a9si dire1 la p>tie m*anique qu'on peut enseign]1 qu'on e/ -peu-prs sr d'appr5dre avec un peu d'aptitude et beauc\p de pati5ce4 ,mais il e/ une p>tie rebelle t\s les prceptes1 contre laquelle t\tes les leons des matres et l'op9itret des lves vi5dront *\]4 ,eh6 qui me donn]a ce feu cle/e1 ce s\ffle crateur qui inspire les *efs-d'uvres1 le gnie8 voil ce que l'art n'enseign]a jamais2 et qu& je ne sais quel d',aubignac traoit laborieusem5t les rgles de la tragdie1 ,corneille avoit dj cr et le ,cid et ,c9na1 et ,polieucte et les ,horaces3 les pomes immortels d',homre ont prcd t\tes les rgles du pome pique2 et il en e/ de mme de t\s les g5res qui ont beso9 des manations du gnie4 ,qu& il a expliqu les rgles matrielles de son art1 que doit donc faire un matre1 et que doit-il dire ses lves8 ,consultez votre tal5t1 lisez les gr&s modles2 port5t-ils le tr\ble dans votre ame8 leur gloire v\s t\*e-t-elle8 v]sez-v\s des l>mes d'admiration leurs rcits8 calculez-v\s les annes qui v\s re/5t encore p\r la gloire8 portez-v\s un cur s5sible8 ,si la v]tu v\s enflamme2 si l'inju/ice v\s s\lve2 si ,caton1 d*irant ses entrailles1 v\s imprime autant de respect que le crime heureux v\s indigne et v\s irrite3 alors saisissez vos crayons1 et v\s aussi v\s tes pe9tre2 bur9ez en traits ineffaables l'ame d'un ,tibre1 d'un ,borgia2 dv\ez-les l'excration de la po/rit la plus recule2 qu'en sortant de dess\s vos p9ceaux leur image fasse frmir et recul] d'horreur2 qu'elle soit abhorre2 que leur nom devi5ne une injure2 qu'il s]ve d'p\vantail aux tyrans4 ,mais si la =tune v\s prs5te quelques-uns de ces tres qui sont l't]nel honneur de l'humanit1 peignez-les de ces c\leurs qui font *rir1 qui font ador] la v]tu2 faites-les respir] dans vos pe9tures2 (frez-les la vnration de l'univ]s2 dites qu'ils toi5t hommes2 mais n'affoiblissez pas ces traits de c>actre1 de bont1 de ju/ice et de bi5faisance1 qui les r5d5t adorables2 (frez-moi des modles1 et qu'en peignant ,ari/ide dans l'exil1 ,socrate buvant la cigu1 ,phocion dans les f]s1 ,h5ri ,,iv assass91 un gr& homme proscrit2 j'envie leur sort1 leurs f]s1 leurs s\ffrances et leur mort2 que leurs sa9tes images me transport5t1 qu'elles lv5t mon ame1 et me donn5t le c\rage de pr(ess] comme eux la v]tu et la vrit aux dp5s de mon repos1 de mon bonheur1 et mme de ma vie4 ,en un mot1 que votre hi/oire ne cesse jamais d'tre une cole de morale en action4 ,qu& les lois sont oublies1 qu& les murs se corromp5t1 l'hi/ori5 rveille encore dans les curs les ides de ju/ice et de v]tu2 il pse dans la balance les actions des hommes et les fautes des peuples2 il fait plir le crime sur le trne2 il fltrit un despote1 malgr ses g>des et ses soldats2 il ex]ce une sorte de magi/rature2 il cite son tribunal les hommes de t\s les ges et de t\s les pays2 et le jugem5t qu'il va prononc] s]a l'arrt de la po/rit et la leon de ses contempora9s4 ,si ses concitoy5s sont amollis p> le luxe et les ri*esses1 s'ils se prcipit5t au-devant du j\g1 s'ils c\r5t la corruption1 alors il saisit ses crayons1 il crit l'hi/oire d'une nation libre et v]tueuse2 il trace les murs des ,g]ma9s4 ,mais o pr5dra-t-il ses c\leurs8 ,dans la s5sibilit de son cur et l'lvation de son ame4 ,respectez p>-t\t les murs1 faites aim] la v]tu1 har le crime1 dte/] l'oppression2 v5gez les droits de l'homme1 et ne plaisantez po9t sur les maux de l'humanit2 c'e/ -peu-prs quoi se rduit la potique de l'hi/oire4 ,voil ce qu'a dit1 ce qu'a rpt l'abb de ,mably2 et au lieu d'tre frapp de la sagesse de ses leons1 on a f]m les yeux cette f\le de beauts1 p\r ne voir que quelques nglig5ces1 et relev] quelques jugem5s littraires4 ,on ne lui p>donna pas de ne s'tre po9t affili la secte dom9ante2 on lui en fit un crime4 ,mably prit le p>ti que la v]tu outrage doit pr5dre2 il ddaigna les critiques et g>da le sil5ce4 ,t&is que l'esprit de secte1 t\j\rs intolrant1 ex]oit ses v5geances1 un n\vel hommage v5oit le consol] de cette lgre disgrace3 il toit consult p> l'un des sages envoys des tats-,unis d',amrique4 ,c'e/ un gr& et beau spectacle de voir la lib]t plant] son t5d>d dans le n\veau monde1 et y appel] t\s ceux qui s]oi5t opprims dans l'anci54 ,des philosophes ont t les lgislateurs des n\velles rpubliques1 et les ,brutus de l',amrique en toi5t aussi les ,solon4 ,il a enf9 t p]mis1 en traant ces lois con/itutives1 d'c\t] la voix de la sagesse et de la raison1 et les droits sacrs de l'homme4 ,elles n'ont po9t t =mes au has>d1 comme presque t\tes les con/itutions mod]nes2 et les lumires qui1 depuis un sicle1 ont clair nos erreurs et nos fautes1 n'ont po9t t p]dues p\r l',amrique4 ,on a enf9 connu les vrais fondem5s de la socit1 qui pos5t sur le libre cons5tem5t des peuples4 ,si en effet ces rpubliques ont adopt les pr9cipes les plus con=mes aux vues de la nature2 si1 en proscrivant les rangs et les di/9ctions hrditaires1 elles ont pris p\r base de leur code l'galit2 si on y montre p>-t\t un respect religieux p\r les droits et la dignit de l'homme2 si la tolrance y a tabli son bi5faisant empire1 grces en soi5t r5dues aux criva9s et aux sages qui ont clair l'univ]s6 ce n'e/ pas le mo9dre s]vice qu'ai5t r5du aux hommes les lettres et la philosophie4 ,mably mloit ses applaudissem5s ceux de l',europe2 il admiroit dans les lgislateurs du n\veau monde des vues ple9es de sagesse3 il toit pntr de vnration p\r ces hommes clbres4 ,il toit sur-t\t frapp de cette pr(onde connoissance des droits de la nature1 qu'ils avoi5t dveloppe dans leurs lois1 et de l'habilet avec laquelle ils avoi5t li t\tes les p>ties de la confdration amrica9e4 ,mais en leur donnant de ju/es loges1 il a port ses reg>ds plus lo92 il a propos ses d\tes2 il a manife/ ses cra9tes p\r l'av5ir2 il a t\t exam9 avec la svrit d'un homme que les succs ne peuv5t bl\ir1 dont ri5 ne peut corrompre le jugem5t1 ni fl*ir l'au/rit4 ,incapable de trahir la vrit1 et press de la dire1 il l'a dite c\rageusem5t et avec la fran*ise que l'on doit un peuple libre4 ,il applique donc ses pr9cipes aux con/itutions des tats-,unis2 il pose p>-t\t les murs p\r base aux lois2 c'e/ sur cette *elle qu'il mesure la dure et la prosprit des empires4 ,or1 il a tr\v *ez eux des g]mes de corruption2 il les croit dj trop vieux2 il cra9t1 p\r l',amrique1 les ri*esses1 le luxe et les vices d',europe4 ,je sais t\t ce que l'on peut dire en faveur du luxe et du comm]ce2 qu'on ne doit pas appliqu] de gr&es rpubliques1 et dans un sicle d'opul5ce1 des pr9cipes svres qui ne convi5n5t1 dit-on1 qu' des sicles grossi]s1 des murs simples et de petits tats4 ,il e/ c]ta9 que si l'on met la ri*esse avant la lib]t1 et l'or avant les murs1 on tr\v]a sa politique dsesprante1 et ses pr9cipes trop au/res4 ,mais il n'a po9t cru devoir s'en c>t]3 il n'a po9t deux politiques et deux manires de voir4 ,il a jug les lois con/itutives de l',amrique comme il a jug celles de ,sp>te1 de ,rome et d',a?nes2 sa politique ne v>ie pas plus que sa morale2 l'une et l'autre sont fondes sur une base t]nelle4 ,si l'on v\loit s'ab&onn] au torr5t des op9ions1 il toit inutile de le consult]2 et le luxe1 et les ri*esses1 et le p\voir de l'or tr\v]ont assez d'apologi/es1 sans qu'il soit beso9 d'y jo9dre la voix au/re de ,phocion ou d',ari/ide4 ,au re/e1 plt ,dieu qu'il se ft tromp dans ses conjectures6 ,puissions-n\s voir long-temps l'galit1 la concorde et la paix rgn] avec les murs dans ces heureux climats2 et puisse1 dans t\s les temps1 l',amrique (frir un asyle la lib]t1 lorsqu'elle s]a bannie du re/e de la t]re6 ,a la lecture des obs]vations de ,mably1 le m9i/re clbre auquel elles sont adressesi s'cria3 ce livre f]a un j\r la gloire ou la honte des ,amrica9s4 i ,john ,adams1 successeur de ,franckl94 ,c'e/ un sujet digne de rem>que que le nom d'un simple et mode/e citoy5 se tr\ve li t\s les tats qui aspir5t encore la lib]t1 ou qui craign5t de la p]dre4 ,b]ne avoit adopt ses maximes2 la ,pologne lui avoit dem& des lois2 la ,corse avoit rclam ses lumires2 ,g5ve en avoit reu des conseils capables de la g>antir de l'oppression2 et les sages de l',amrique avoi5t sollicit son suffrage3 tant e/ puissant l'empire et le *>me des tal5s unis la v]tu6 ,mably a ple9em5t j\i de ce d\ble triomphe4 ,n\s avons t* de suivre l'hi/oire de ses p5ses1 de voir comm5t elles se sont lies dans son esprit et dans son imag9ation1 comm5t il les a dveloppes dans ses ouvrages1 et p> quelle *ane de pr9cipes ses crits ont mrit de dev5ir le code des tats libres4 ,mais entrans p> l'abondance des matires et l'importance des objets1 n\s n'avons pas eu le temps de n\s arrt] sur la =me et le mrite littraire de *acun de ses crits4 ,on n'a pas cru devoir insi/] sur ce mrite2 on a prfr d'en extraire la sub/ance4 ,en gnral les compositions de ,mably sont srieuses et mmes svres2 son /yle e/ au/re et grave1 comme les sujets qu'il a traits3 on n'y tr\ve ni cette re*]*e d'esprit1 ni cette enlum9ure1 ni ces dfauts brillans qui c>actris5t les productions du j\r2 c'e/ un ,sp>tiate qui crit dans ,a?nes4 ,ses crits n'intress5t ni la frivolit1 ni les passions2 ils p>l5t plus la raison qu'aux s5s3 il faut dj valoir quelque *ose p\r s'y plaire2 il faut avoir l'ame calme et pure p\r en gt] le *>me4 ,ils ne s]ont re*]*s ni p> les esprits frivoles1 ni p> les c\rtisans1 ni p> les hommes la mode1 ni p> cette f\le de lecteurs oisifs1 qui ne *]*5t qu' se db>rass] du poids du temps2 mais ils s]ont lus avec fruit p> les bons esprits1 p> les patriotes1 p> les g5s de bi52 ils s]ont mdits p> les sages et p> les hommes d'tat1 et peut-tre ils tomb]ont entre les ma9s d'un pr9ce pris de la vraie gloire1 qui v\droit tre le re/aurateur des murs et le r=mateur de ses tats4 ,quels fruits heureux ne peuv5t-ils pas produire1 si la sem5ce qu'a jette le philosophe1 tombe enf9 dans une t]re neuve et fconde6 et quelle gloire p\r lui d'avoir a9si prp> le bonheur des gnrations v5ir6 ,c'e/ a9si que1 p5dant qu>ante ans1 ,mably n'a cess de travaill] p\r son sicle1 et de sem] p\r la po/rit3 sa vie e/ ple9e1 et sa c>rire honorablem5t remplie4 ,il n'a jamais v>i1 on ne l'a jamais vu flottant dans ses op9ions3 t\j\rs d'accord avec lui-mme1 ri5 ne l'a pu faire dp>tir de l'au/rit de sa morale1 et de la svrit de ses pr9cipes2 ils t5oi5t son c>actre#d4 ,ce c>actre toit firem5t prononc1 et l'homme1 *ez lui1 n'(froit po9t de sc&aleux contra/es avec l'criva92 il toit dans sa conduite tel qu'il s'toit montr dans ses crits1 et t\t ce qu'il avoit trac de prceptes en morale1 il le mettoit en action4 ,il a fui les honneurs1 la =tune1 les places1 les di/9ctions1 avec autant de so9 que les autres les re*]*5t3 la modration de l'ame toit son trsor2 il p\voit l'augm5t]1 sans nuire aux droits et aux prt5tions de qui que ce ft2 il ne r5controit p]sonne sur sa r\te1 et son bonheur ne cotoit ri5 celui des autres4 ,il n'affectoit po9t de se montr] sur la scne2 il ne *]*oit nullem5t se rp&re4 ,solitaire au milieu de ,p>is1 son nom toit trs-connu1 et sa p]sonne l'toit trs-peu4 ,il ddaignoit les brigues1 les prneurs1 autant qu'il r$\toit les protecteurs2 il ne p\voit se pli] au mange de l'intrigue2 il n'avoit po9t la s\plesse ncessaire p\r se faire des p>tisans et des proslytes4 ,il rep\ssoit1 et mme avec humeur1 ce comm]ce d'loges dont l'am\r-propre e/ si facilem5t la dupe4 ,n\s savons qu'il se mit un j\r vritablem5t en colre contre un homme qui le comp>oit ,platon1 et qui1 p\r prix de sa complaisance1 att5doit peut-tre que ,platon le comp>t ,socrate4 ,mettant la lib]t au rang des bi5s1 il v\lut tre pauvre p\r p\voir tre libre2 c'e/ ce prix qu'il a*eta le droit de dire la vrit4 ,comm5t1 en effet1 avoir le c\rage de la pr(ess]1 lorsqu'on e/ dans la dp5dance de la =tune1 et que ses *anes n\s atteign5t de t\tes p>ts1 qu& on a tant cra9dre1 tant d'abus c>ess]1 de protecteurs mnag]1 tant de *oses p]dre8 ,si ,mably n\s p>la s\v5t de murs et de modration1 ce n'e/ po9t1 comme ,snque1 en nageant dans l'opul5ce et les dlices3 il vcut jusqu' soixante ans avec un rev5u au dess\s du mdiocre1 et il en avoit de re/e p\r faire du bi54 ,il retraoit la simplicit des murs antiques2 mais1 s\s ces dehors simples et mode/es1 il avoit une ame gr&e et fire2 il cons]va t\j\rs la dignit d'homme de lettres3 on ne le vit jamais pro/itu] sa plume1 ni la faveur1 ni l'esprit de p>ti4 ,il ne s'abaissa po9t1 p\r plaire la multitude1 pr5dre le gt la mode1 le ton du j\r1 c>ess] les op9ions dom9antes2 il prfra les vrits svres des *oses agrables4 ,il ne prit jamais la plume que dans l'espoir d'tre utile4 ,il ddaigna les l\anges banales et les lecteurs vulgaires3 il n'crivit que p\r les honntes g5s1 les ames pures et leves4 ,il osa tre srieux1 grave et solide dans un sicle frivole2 il p>la de murs et de v]tu dans un sicle corrompu4 ,il toit1 dans sa conv]sation comme dans ses crits1 simple1 sans apprt1 mais f]me et vrai2 et il p\ssa quelquefois la fran*ise jusqu' la rudesse4 ,on lui repro*oit une duret qui n'toit que l'indignation d'une ame v]tueuse4 ,il ne manquoit aucune occasion de v5g] le mrite mode/e et la v]tu1 des s>casmes et des mpris1 de l'orgueil et de la sottise4 ,un gr&1 p>lant un j\r devant lui d'un homme d'un mrite trs-di/+u1 mais qui avoit le tort de n'tre ni ri*e ni d'une haute naissance1 dit1 avec dda93 qu'il l'avoit tir de son gr5i]4 ,mably ne craignit pas d'lev] la voix3 ,monsieur le comte1 dit-il1 ce sont les g5s de mrite qui log5t dans des gr5i]s1 et les sots4444 habit5t dans des htels4 ,il me semble qu'il e/ aussi une rgle p\r mesur] les ames3 nos gts1 notre incl9ation1 nos c>actres n\s port5t v]s les objets qui n\s sont analogues1 v]s tel homme plutt que v]s tel autre1 p>ce que son ame rpond la ntre2 des loges involontaires1 des expressions *appes n\s dcl5t4 ,l'homme que ,jean-,jacques a le plus l\1 c'e/ ,fnlon4 ,celui qui obt9t t\s les hommages de ,mably1 c'e/ ,caton2 et le g\v]nem5t qu'il l\a le plus1 c'e/ ,lacdmone4 ,aussi comme une femme d'un mrite r>e lui applaudissoit sur ce qu'il montroit du c>actre3--,du c>actre1 ,madame1 on n'en peut avoir dans c]ta9s pays1 mais si j'tois n ,sp>te1 je s5s que j'aurois t quelque *ose4 ,c'e/ ce c>actre indomptable1 cet am\r p\r la lib]t et l'indp5dance1 qui lui faisoi5t *rir sa mdiocrit4 ,il ne v\loit pr5dre d'engagem5t d'aucune espce1 ni avec la =tune1 ni avec les prjugs1 ni avec les corps4 ,il r$\toit t\tes sortes de *anes2 il ne fut d'aucune secte1 d'aucun p>ti1 d'aucune cabale4 ,l'am\r-propre des autres n'toit po9t intress vant] son mrite4 ,non-seulem5t il ne fit jamais de dm>*es p\r entr] dans aucun corps littraire1 mais il s'opposa t\tes celles que ses amis auroi5t pu faire p\r lui4 ,qu& on lui proposoit de l'admettre dans quelque socit p>ticulire1 il rpondoit3 je suis dj d'une gr&e socit dont j'ai bi5 de la pe9e remplir t\s les devoirs4 ,en aucun g5re il ne v\loit pr5dre l'engagem5t de p5s] en t\t po9t comme son confrre4 ,il ne fut donc d'aucune acadmie4 ,t\tes les fois qu'il y avoit des places vacantes1 le public se plaisoit le dsign]4 ,la malignit dit quelquefois de c]ta9s criva9s3 p\rquoi sont-ils de l'acadmie8 ,peut-tre l'orgueil de ,mably toit-il secrtem5t flatt de ce qu'on dem&oit3 p\rquoi n'e/-il pas de l'acadmie8 ,la rponse e/ sans d\te la mme qu'on a faite l'occasion d'autres hommes de lettres1 galem5t nomms p> la voix publique3 il ne s'e/ pas prs5t4 ,je sais qu'une compagnie clbre se s]oit empresse de le recevoir dans son se91 et que t\tes se s]oi5t honores de l'adopt]1 s'il avoit fait les premires avances4 ,me s]oit-il p]mis1 ce sujet1 de has>d] une rflexion8 ,si l'on fait un ju/e repro*e aux pr9ces de ne pas all] au-devant du mrite1 ne s]oit-on pas en droit1 et avec plus de ju/ice encore1 de faire le mme repro*e des corps littraires1 et qui sont ess5tiellem5t fonds sur le mrite p]sonnel8 ,p\rquoi faire dp5dre l'honneur de leur adoption de la ncessit de le sollicit]8 ,et p\rquoi =c] un savant timide et mode/e v5ir v\s dire3 je vaux mieux que t\s mes concurr5s1 et v\s me devez la prfr5ce8 ,il n\s semble qu'il s]oit glorieux une compagnie littraire de donn] l'honorable exemple d'all] au-devant du savoir mode/e et de la v]tu qui se ca*5t4 ,au re/e1 c'e/ une "q que je s\mets l'acadmie mme1 qui m'honore de son att5tion4 ,je lui prs5te mes d\tes3 je me confie l'intgrit de mes juges4 ,jamais les s\v]a9s ne se sont montrs plus gr&s1 que lorsque1 dans les causes d\teuses entre eux et leurs sujets1 ils n'ont po9t hsit prononc] contre leurs propres intrts4 ,quoi qu'il en soit1 p\rroit-on blm] ,mably d'avoir cons]v son c>actre1 ces traits primitifs1 que la nature avoit gravs dans son ame2 de ne s'tre po9t ab&onn cette facilit de murs1 qui pr5d t\tes les =mes et t\tes les empre9tes1 sans en g>d] aucune8 ,en conv5ant mme qu'il a peut-tre quelquefois port trop lo9 cette roideur et cette au/rit de murs et de pr9cipes1 n'e/-elle pas prfrable cette nullit qui n'(fre que des masques et des surfaces8 ,n'avons-n\s pas assez d'ames dgrades et jetes dans le mme m\le8 ,avons-n\s peur de manqu] d'criva9s qui soi5t aux gages de nos passions8 ,craignons-n\s que les maximes d'un sage et l'exemple d'un seul homme ne devi5n5t contagieux8 ,eh6 s'il a g\rm& nos vices1 avons-n\s bonne grce de n\s en pla9dre8 ,c]tes1 si jamais il fut p]mis de rapell] les gr&s et t]nels pr9cipes de la sagesse et de la morale1 c'e/ dans un sicle o ils sont si sc&aleusem5t mconnus2 dans un temps o l'intrt p]sonnel1 la soif de l'or1 les dlires du luxe1 l'oubli de t\te v]tu1 l'effront]ie des murs ont p]v]ti t\tes notions naturelles2 o le vil gsme a frapp de /rilit t\s les s5tim5s honntes1 a dnatur t\tes les qualits sociales1 dess* t\s les curs1 et su r5dre ridicules jusqu'aux noms de v]tu et de patrie2 dans un sicle o il a fallu inv5t] des mots n\veaux p\r pe9dre une p]v]sit n\velle4 ,a cette vue1 comm5t en effet se df5dre d'un m\vem5t d'indignation8 et p\rroit-on ne pas p>donn] un peu d'humeur un homme n\rri de pr9cipes svres1 habitu rfl*ir sur les causes qui amn5t la dcad5ce des tats2 un sage qui1 reg>dant le luxe1 les ri*esses1 les arts1 la mollesse1 la p]te des murs comme les avant-c\reurs de la *ute des empires1 auroit v\lu n\s ret5ir sur le bord de l'abme dj entr'ouv]t s\s nos pas8 ,ce vu n'e/-il pas le produit d'une probit rigide et d'un gr& c>actre8 ,si c'e/ un tort1 c'e/ celui de ,caton et celui de la v]tu4 ,mais cet homme qui s'levoit si c\rageusem5t contre les abus corrupteurs1 que les vices publics irritoi5t1 qui s'indignoit contre les prv>ications dont t\t un peuple e/ victime1 et qui ca*oit r>em5t son indignation1 toit indulg5t p\r les fautes qui n'altr5t po9t l'ordre gnral2 il toit presque indiffr5t aux inju/ices qui n'avoi5t que lui p\r objet4 ,il toit bon1 huma91 gnreux1 compatissant2 mais o il dployoit sa s5sibilit1 c'e/ dans le comm]ce intime de l'amiti2 il en connut t\t le prix3 c'e/ un plaisir rs]v aux ames pures2 elles seules en pr\v5t t\tes les j\issances dlicieuses2 elles seules en sav5t gt] t\t le *>me4 ,mably1 incapable de se pli] aux conv5ances d'une socit qui laisse le cur vide1 lui qui fuyoit le j\g des liaisons sans intimit1 aimoit s'ab&onn] aux d\x pan*em5s de l'amiti2 il en remplissoit affectueusem5t t\s les devoirs4 ,il aimoit se rfugi] dans son se92 mais il toit d'autant plus svre dans le *oix de ses amis3 il connoissoit trop t\t ce qu'exige ce titre sacr1 p\r en jamais prodigu] le nom et les dmon/rations2 il y *]*oit l'entire confiance1 la lib]t1 l'accord des ames1 et la d\ce galit1 sans laquelle il n'y a po9t de p>faite amiti4 ,il y *]*oit plus encore les qualits du cur que celles de l'esprit4 ,heureux ceux qui lui ont inspir ce s5tim5t6 ,leur seul titre d'amis d'un homme de bi5 e/ auj\rd'hui p\r eux un loge4 ,aussi1 qu& il a t enlev aux lettres1 la v]tu1 l'amiti1 ont-ils amrem5t pleur sa p]te4 ,sa gloire leur en e/ dev5ue plus *re2 leurs s5tim5s et leurs regrets l'ont suivi bi5 au-del du tombeau#e4 ,peut-tre eux seuls toi5t dignes de n\s rvl] ces v]tus sociales et dome/iques1 qui ne se dvelopp5t que dans l'intimit2 de n\s retrac] cette probit j\rnalire qui s't5d sur t\tes les actions et sur t\s les in/ans de la vie2 ce c>actre que ri5 ne p\voit branl]1 inaccessible la cra9te comme aux esprances2 cette ame /oque et pure qui ne gau*it jamais dans le s5ti] de la v]tu4 ,ils n\s auroi5t fait s5tir le rapport intime de sa morale avec ses actions1 de ses maximes avec sa conduite1 de ses v]tus avec ses crits1 et jusqu' quel po9t ses ouvrages ont pris la te9te de son c>actre4 ,dans leurs pe9tures vives et fidelles auroi5t respir t\s ses traits3 le langage de l'amiti a je ne sais quoi de t\*ant et d'affectueux qui entrane et p]suade2 on ne peut rsi/] ses d\x acc5s4 ,sans d\te l'loge de leur ami y auroit gagn2 mais cet loge app>t5oit t\s les g5s de bi53 c'e/ une dette nationale qu'il falloit acquitt]1 un tribut public qu'il falloit pay] un ami de l'ordre et des murs4 ,o toi1 qui z si bi5 mrit de la patrie1 philosophe aussi v]tueux qu'clair6 s'il e/ vrai que tu n'z eu d'autre passion que celle d'tre utile1 d'autre motif que le noble orgueil de faire le bi5 et de n\s arra*] nos vices2 si tes travaux1 t\s les in/ans de ta vie ont t consacrs l'in/ruction1 au bonheur et l'utilit de tes semblables2 si tu n'z cess d'oppos]1 presque seul1 ton inflexible svrit au torr5t des murs publiques1 et de n\s rappel] aux antiques v]tus1 aux gr&es vrits morales et politiques qui font la flicit des hommes et la spl5deur des tats2 si t\s tes crits respir5t les leons de la sagesse1 l'am\r des lois1 la ha9e du despotisme2 si tu n'z cess de plaid] c\rageusem5t la cause des peuples1 des foibles et des in=tuns1 contre les puissans1 les ri*es et les oppresseurs2 en un mot1 s'il e/ vrai que tu te sois montr1 dans t\s les temps et p>-t\t1 l'organe de la vrit1 l'aptre des murs1 le df5seur de la lib]t1 le v5geur des droits et de la dignit de l'homme2 sans d\te tu mritois un hommage public dans ta patrie1 l'e/ime de l',europe et la reconnoissance de l'humanit entire6 ,heureux celui qui1 *>g de ce dpt sacr1 s'acquitt]a dignem5t d'un si noble emploi1 et dont l'crit1 int]prte fidelle des s5tim5s p>ticuli]s et du vu gnral1 p\rra mrit] galem5t le suffrage de ses amis qui le pleur5t1 des sages qui l'apprci5t1 et de t\s les g5s de bi5 qui *riss5t sa mmoire6 ,,notes ,,hi/oriques4 ,note ,ire1 pag4 #d de l'loge4 ,naissance et jeunesse de l'abb ,,mably4 #a ,l'abb de ,mably naquit ,gr5oble le #ad ,m>s #agji1 d'une famille honorable4 ,il avoit p\r frre l'abb de ,condillac3 ses neveux1 fils de ,m4 de ,mably1 gr& prvt de ,lyon1 ont eu l'honneur d'avoir quelque temps ,jean-,jacques p\r in/ituteur2 c'e/ p\r l'un d'eux que ,r\sseau fit le petit crit qui a p\r titre3 ,projet p\r l'ducation du jeune ,sa9te-,m>ie2 c'e/ peut-tre ce premi] essai que n\s avons d l',emile4 ,le jeune ,mably fit ses humanits ,lyon1 *ez les ,jsuites1 cole clbre1 d'o sont sortis tant d'illu/res disciples1 et dont peut-tre on s5t trop auj\rd'hui le vide4 ,sa famille toit allie des ,t5c94 ,une dame qui a r5du ce nom clbre runissoit alors *ez elle l'lite des g5s de lettres2 outre ses dn]s de beaux esprits1 elle avoit des dn]s politiques2 ,montesquieu en toit2 ,mably y fut admis4 ,il v5oit de donn] le p>allle des ,roma9s et des ,franais1 dont on disoit du bi54 ,madame de ,t5c91 ent5dant le jeune abb p>l] des affaires publiques1 et raisonn] avec beauc\p de sagacit sur les vnem5s politiques1 jugea que c'toit l'homme qu'il falloit son frre1 qui comm5oit entr] en faveur et dans la c>rire du m9i/re4 ,le c>d9al1 occup jusqu'alors des affaires d'glise1 toit =t peu in/ruit des intrts de l',europe4 ,c'e/ p\r l'in/ruction p>ticulire de ce m9i/re1 p\r l'endoctr9]1 que le jeune abb fit l'abrg des traits depuis la paix de ,we/phalie jusqu' nos j\rs2 ce travail1 p]fectionn depuis1 a produit le droit public de l',europe4 ,le c>d9al s5toit sa foiblesse dans le conseil3 p\r le tir] d'emb>ras1 l'abb de ,mably lui p]suada de dem&] au roi la p]mission de donn] ses avis p> crit3 c'toit ,mably qui prp>oit ses rapports et faisoit ses mmoires4 ,il avoit s\v5t communication des in/ructions et des dp*es des ambassadeurs4 ,ce fut lui qui1 en #agdc1 ngocia secrtem5t ,p>is avec le m9i/re du roi de ,prusse1 et dressa le trait que ,voltaire alla port] ce pr9ce4 ,frdric1 qui ne l'ignoroit pas1 conut ds-lors une gr&e e/ime p\r l'abb ,mably3 c'e/ une s+ul>it bi5 digne de rem>que1 que deux hommes de lettres1 sans c>actre public1 fuss5t *>gs de cette ngociation importante1 qui alloit *ang] la face de l',europe4 ,on dt]m9a ,l\is ,,xv se mettre la tte de ses tr\pes4 ,le conseil v\loit tablir les armes sur le ,rh92 c'toit le s5tim5t de ,noailles et de ,t5c93 ,mably s\t9t qu'il falloit faire la campagne dans les ,pays-,bas2 il se tr\va que le roi de ,prusse dem&a la mme *ose4 ,mably eut la gloire de s'tre r5contr avec le mon>que3 il avoit jug ju/e4 ,ce fut encore lui qui dressa les mmoires qui devoi5t s]vir de base aux ngociations du congrs ouv]t ,br$a au mois d'avril #agdf3 ces div]s travaux dcidr5t sa vocation p\r la politique4 ,mais peu de temps aprs il se br\illa avec le c>d9al1 p\r une qu]elle qu'ils eur5t l'occasion d'un m>iage prote/ant que ,t5c9 v\loit cass]4 ,il disoit qu'il v\loit agir en c>d9al1 en vque1 en prtre4 ,mably lui s\t5oit qu'il devoit agir en homme d'tat4 ,le c>d9al aj\ta qu'il se d%onor]oit s'il suivoit son avis2 l'abb1 indign1 le quitta brusquem5t1 et ne le revit plus4 ,p\r complaire sa famille1 l'abb de ,mably toit entr de bonne heure dans les ordres2 mais il s'en t9t au s\s-diaconat1 et on ne put jamais l'engag] plus avant4 ,il ne v\loit po9t se mettre1 p> son tat1 en contradiction avec ses pr9cipes4 ,en quittant le c>d9al1 il sacrifia sa =tune sa lib]t2 il s'adonna t\t enti] l'tude1 et vcut dans la retraite4 ,note ,,ii1 page #f de l'loge4 ,son am\r p\r les anci5s4 #b ,mably s'e/ n\rri dans t\s les temps de la lecture des anci5s3 il savoit presque p> cur ,platon1 ,?ucidide1 ,xnophon1 ,plut>que1 et les ouvrages philosophiques de ,cicron4 ,il fut t\j\rs leur admirateur passionn2 et vritablem5t les anci5s sont encore et s]ont t\j\rs nos matres3 ils sont et s]ont les lgislateurs du gt1 de la morale et de la v]tu1 tant qu'il y aura des hommes clairs et s5sibles sur la t]re4 ,l'tude de l'antiquit n'e/ pas mo9s indisp5sable p\r les littrateurs que p\r les arti/es4 ,ils n\s ont donn des modles que n\s n'avons pas encore surpasss2 ils toi5t plus prs de la nature3 et c'e/ sans contr$it une des plus belles et des plus utiles in/itutions des peuples mod]nes1 que d'avoir tabli dans leur se9 une socit d'hommes *oisis1 qui fuss5t1 en quelque sorte1 les dpositaires des beauts et des trsors des anci5s1 dont la pr9cipale occupation ft de n\s cons]v] et de n\s transmettre les lumires qui brill5t dans leurs crits1 comme le feu sacr de ,ve/a3 ce sont les prtres du temple2 ils veill5t sans cesse ce que ce sacr foy] ne s'teigne ou ne s'vapore dans un sicle futile ou *ez un peuple frivole4 ,c'e/ cette cole des anci5s1 et sur-t\t dans l'hi/oire et les crits des peuples libres1 que l'on puise avec leur gnie1 des leons de morale1 de gr&eur d'ame1 d'am\r de la patrie1 des lois et de la lib]t2 ceux qui ne voi5t que du grec et du lat9 dans cette tude1 s'abus5t trangem5t3 tant qu'on p\rra puis] cette s\rce pure1 l'ignorance et la s]vitude ne s'emp>]ont pas t\t--fait de l'univ]s2 il y aura t\j\rs de l'espoir4 ,c'e/ l que s'e/ =m ,mably2 et il a peut-tre encore plus *]* dans ces sa9tes manations les traces de leurs v]tus que le feu de leur gnie4 ,on lui a repro* d'avoir outr cette admiration p\r les anci5s2 mais s'il l'a p\sse trop lo91 ce dont on peut d\t]1 s'il e/ vrai que cet am\r de l'antiquit l'ait r5du quelquefois trop svre env]s ses contempora9s1 il faut av\] aussi que l'eng\em5t du public p\r c]ta9es n\veauts1 l'oubli des bons pr9cipes1 le torr5t qui n\s prcipite dans un gt et dans les murs dpraves1 dont n\s ne p\vons prvoir le t]me1 ne ju/ifi5t que trop peut-tre ses cra9tes et ses al>mes4 ,note ,i,i,ie4 relative aux pag4 #h et #hj de l'loge4 ,notice des ouvrages de l'abb ,,mably1 p> ordre *ronologique4 #c ,l'abb de ,mably n'e/ pas encore assez connu4 ,n\s avions d'abord =m le projet de donn] l'analyse raisonne de t\s ses ouvrages3 peut-tre s]oit-il agrable et intressant de lire dans une c5ta9e de pages l'extrait de v+t volumes3 ce travail e/ peu prs f9i2 mais il auroit pu p>otre prmatur avant le jugem5t de l'acadmie1 et il ne doit app>t5ir qu' celui que son suffrage en aura dcl> le plus digne4 ,n\s n\s cont5t]ons de donn] ici une notice *ronologique de ses ouvrages4 #a4 ,p>allle des ,roma9s et des ,franais4 ,deux volumes 9-#ab1 #agdj4 7,page #ae de l'loge47 ,le public accueillit l'ouvrage1 et enc\ragea le jeune auteur4 ,un critique svre tr\voit ce livre noblem5t crit1 et1 en plusieurs endroits1 avec beauc\p d'esprit et de gnie4 7,obs]vations sur les crits mod]nes1 anne #agdj47 ,un autre disoit3 ,je ne sais si ,sp>te et ,a?nes ont eu quelque citoy5 plus clair que l'abb de ,mably sur leurs intrts4 7,m]cure d'octobre #agdj1 page #bbaj1 #bbag74 ,l'auteur fut plus svre que le public4 ,il tr\va le livre mauvais1 et il le dit3 ,p\r moi1 qu& je v9s revoir mon ouvrage de sang froid1 je tr\vai qu'un plan qui m'avoit p>u trs-judicieux1 n'toit en aucune faon raisonnable3 nul ordre1 nulle liaison dans les ides1 des objets prs5ts s\s un faux j\r3 ce n'toi5t pas l les seuls dfauts o m'avoit fait tomb] la manie du p>allle1 c44 7,av]tissem5t des obs]vations sur les ,roma9s47 ,il e/ r>e de tr\v] une contradiction de cette nature entre un auteur et ses critiques3 au re/e1 cet aveu noble et c\rageux annonoit ds-lors un ami de la vrit1 un homme droit et au/re1 et peut-tre la consci5ce du tal5t qui se s5t en tat de mieux faire4 ,au lieu de corrig] mon p>allle incorrigible1 aj\te-t-il1 j'en fis deux ouvrages sp>s et absolum5t n\veaux4 ,ce sont les obs]vations sur les ,roma9s et les obs]vations sur l'hi/oire de ,france4 ,mably toit tellem5t honteux du succs de son livre1 qu'un j\r1 le tr\vant *ez ,m4 le comte d',egmont1 il s'en saisit malgr ceux qui toi5t prs5s1 et le mit en pices4 #b4 ,droit public de l',europe1 fond sur les traits1 depuis la paix de ,we/phalie1 en #afdh1 jusqu' nos j\rs4 7,la premire dition e/ de #agdh1 en deux volumes2 la seconde de #aged1 en #c vol42 la meilleure e/ celle de ,g5ve #agfd1 aussi en #c volumes74 7,page #h de l'loge47 ,le droit public de l',europe p>ut la mme anne que l'esprit des lois4 ,cette sci5ce du droit public1 jusqu'alors hrisse de difficults1 p>ut claire1 m?odique et facile s\s la plume de l'auteur4 ,le succs n'en fut pas d\teux4 ,ce livre crit p\r des hommes d'tat1 et mme p\r de simples citoy5s1 s'ils sav5t p5s]j1 e/ dans t\s les cab9ets de l',europe1 depuis la c\r de ,pt]sb\rg jusqu' la rpublique de ,lucques4 ,on l'enseigne publiquem5t dans les univ]sits d',anglet]re4 ,il e/ traduit dans t\tes les langues1 et il plaa l'auteur au rang des premi]s publici/es de l',europe4 j ,v4 ,prface du ,droit public4 ,ce n'e/ pas sans pr\v] d'ob/acles qu'il enri*it la ,france de cet ouvrage ncessaire2 qu& ,mably v\lut le faire imprim]1 l'homme en place qui il s'adressa1 le reut =t mal1 et lui dit3 ,qui tes-v\s1 ,m4 l'abb1 p\r crire sur les intrts de l',europe8 tes-v\s m9i/re ou ambassadeur8 ,il auroit pu faire la mme rponse que ,r\sseau fit ceux qui dem&oi5t s'il toit pr9ce ou lgislateur1 p\r crire sur la politique4--,si j'tois pr9ce ou lgislateur1 je ne p]drois pas mon temps dire ce qu'il faut faire1 je le f]ois ou je me tairois4 7,contrat ,social1 pag4 #b47 ,la p]mission d'imprim]1 lui fut donc durem5t refuse2 l'abb de ,mably cont9t son imag9ation1 et se retira sans ri5 dire4 ,il fit imprim] son livre *ez l'trang]1 mais il fallut t\te la protection d'un autre m9i/re mo9s timidek1 p\r emp*] qu'on n'en saisit les exemplaires4 k ,m4 d',arg5son4 ,l'esprit des lois1 et quelques autres livres qui honor5t la langue et la nation1 ont t arrts p> les mmes ob/acles1 qu'ils n'pr\v]oi5t c]ta9em5t pas auj\rd'hui s\s un m9i/re ami des lettres1 qui lo9 de les r$\t]1 semble sollicit] les lumires des esprits suprieurs4 #c4 ,obs]vation sur les ,grecs4 ,un volume1 ,g5ve1 #agdi4 44444 ,r]um cognosc]e causas4 ,,virgile4 7,page #af de l'loge47 ,dans une pitre ddicatoire un ami1 et il n'en fit jamais d'autres1 l'auteur donne lui-mme ses motifs4 ,je *]*e les causes de la prosprit et de la dcad5ce de la ,grce4 ,l'hi/oire1 envisage s\s ce po9t de vue1 devi5t une cole de philosophie2 on y appr5d connotre les hommes2 on y enri*it1 on y t5d sa raison1 en mettant pr(it la sagesse et les erreurs des sicles passs4 ,c'toit faire p\r les ,grecs ce qu'un gr& homme v5oit d'excut] p\r les ,roma9s4 ,aussi dit-on alors de cet ouvrage que c'toit une espce de p5dant de ,montesquieu4 7,voyez les #e annes littraires1 tom4 #a1 pag4 #bfh47 ,ce en quoi il s'e/ le plus loign de son modle1 dont il ne p>le d'ailleurs qu'avec les g>ds que l'on doit mme aux erreurs d'un homme de gnie1 c'e/ l'occasion du sy/me des climats1 sy/me plus brillant que solide1 imag9 p> ,bod91 et que l'auteur de l'esprit des lois a revtu de t\t l'clat de son imag9ation vive et fconde4 ,en effet1 t\s les climats ont vu t\r--t\r natre1 tomb] et r5atre la lib]t et l'oppression3 le despotisme a successivem5t prom5 sa faulx dvorante sur la surface du globe1 et sur le sol brlant de l',asie et dans les m>ais glacs du ,nord4 ,la con/itution politique1 l'ducation et les lois ont fait alt]nativem5t g]m] dans le mme pays ou des hros ou des esclaves1 et il n'e/ po9t de lieux que la lib]t n'ait honors de sa prs5ce4 #d4 ,obs]vation sur les ,roma9s4 ,un volume1 ,g5ve1 #agea4 7,page #ah de l'loge47 ,cet ouvrage s5toit encore plus l'imitation que le prcd5t2 ce n'e/ pas que l'auteur prt5dt lutt] contre ,montesquieu2 il avoit une int5tion diffr5te1 et malgr les dsavantages de la comp>aison1 son livre a obt5u des loges4 ,ce n'toit pas une petite entreprise de dire des *oses n\velles sur un sujet que ,montesquieu v5oit de trait]1 ni une gloire mdiocre p\r l'auteur1 de se faire lire aprs ce gr& homme1 comme ce ne s]oit pas un mdiocre loge p\r un pe9tre1 quel qu'il ft1 d'attir] encore les reg>ds prs d'un tableau de ,raphal1 de ,mi*el-,ange ou de ,david4 #e4 ,pr9cipes des ngociations4 ,un volume1 la ,haye1 #ageg4 7,il y en a une seconde dition de #agfg47 44444 ,humanis qu sit fiducia rebus ,admonet4 ,,virgile4 7,page #ab de l'loge47 ,cet ouvrage de ,mably e/ proprem5t une introduction son droit public de l',europe2 c'e/ la connoissance et l'expos des vrais pr9cipes p> lesquels doiv5t se conduire les nations l'g>d les unes des autres1 p\r entret5ir entr'elles la concorde et la paix4 ,une *ose sur laquelle n\s n'avons pas assez insi/ dans l'loge1 c'e/ le c\rage avec lequel l'auteur s'lve contre ces traits1 ouvrage de la mauvaise foi1 o1 p> des quivoques et des obscurits affectes1 on se mnage des prtextes de rompre la premire occasion4 ,il dmontre qu'un trait cauteleux e/ une sem5ce de discorde et de ha9e2 qu'il peut procur] un succs passag]1 mais qu'il r5d jamais odieux1 et trane aprs soi des cra9tes et des inquitudes qui empoisonn5t les j\issances de l'ambition2 il fait voir que la f\rb]ie a ses rev]s1 et la mauvaise foi ses remords4 ,s'exprim] clairem5t et fran*em5t dans un trait1 c'e/ s\v5t prv5ir une gu]re2 et le temps n'e/ pas lo9 que des articles obscurs et l\*es ont t un flambeau de discorde qui a inc5di les deux mondes4 ,il proscrit galem5t les traits secrets qui ne sont que de misrables palliatifs qu'on met la hte sur les plaies de l'tat1 et qui se *ang5t en poisons3 d'un autre ct1 dict] des conditions inju/es ou trop dures1 c'e/ invit] les enfre9dre2 et la seule base sur laquelle une puissance victorieuse puisse asseoir une paix durable1 c'e/ la bonne foi1 la ju/ice1 et la modration qui ds>me les ha9es et sait gagn] les curs4 ,cette politique n'e/ pas t\t--fait celle que pr*e ,ma*iavel1 mais c'e/ celle qu'a pr(esse ,mably2 et l'expri5ce dmontre que c'e/ encore la plus sre et la plus utile4 ,on y voit avec le mme plaisir que c'e/ encore notre adorable ,h5ri ,,iv1 qui1 le premi] *ez les nations mod]nes1 connut et pratiqua ces vrais pr9cipes3 sa manire fran*e et noble de ngoci]1 et ses in/ructions ses ambassadeurs y sont proposes p\r modles1 a9si que les dp*es du c>d9al d',ossat1 son fidelle et v]tueux m9i/re4 #f4 ,entreti5s de ,phocion4 ,un volume1 ,am/]dam1 44444 ,quid leges s9e moribus ,van pr(iciunt8 ,,horace4 7,page #bf de l'loge47 ,cette production en p>oissant1 fut e/ime l'une des meilleures du sicle2 et qu& la socit de ,b]ne lui dc]na la c\ronne1 ce n'e/ po9t suivant l'usage ord9aire des acadmies1 qui ne proclam5t que les ouvrages dont elles ont elles-mmes donn le sujet2 ce fut un *oix fait sur la f\le des livres qui p>oiss5t j\rnellem5t en ,europe1 et qui se fixa sur celui qu'on reg>da comme le plus utile l'humanit entire3 c'toit le premi] exemple d'un p>eil conc\rs4 ,la mme *ose s'e/ r5\vele en #agfe4 ,la rpublique dc]na une semblable c\ronne l'auteur du trait des dlits et des pe9es1 comme une m>que d'e/ime due un bon citoy51 qui ose lev] sa voix en faveur de l'humanit contre les prjugs les plus aff]mis4 ,on ne se rappelle pas que d'autres crits ai5t depuis p>tag le mme honneur4 ,n\s n'aj\t]ons qu'une seule rem>que sur les entreti5s mmes de ,phocion1 donns s\s le nom de ,nicocls1 l'un des disciples de ce gr& homme4 ,il y e/ dit3 que l'am\r de la patrie doit tre subordonn l'am\r de l'humanit4 ,peut-tre cette maxime1 a9si nonce1 e/-elle le seul passage qui dcle l'ouvrage d'un mod]ne4 ,l'am\r de la patrie1 *ez les anci5s1 t\ffoit1 ou du mo9s dim9uoit t\t autre s5tim5t4 ,l'auteur l'a s5ti2 aussi dans les notes prt5d-il que ,phocion a puis cette doctr9e l'cole de ,platon son matre1 qui la t5oit de ,socrate1 qui1 le premi] des philosophes1 appliquant la philosophie l'tude des murs1 se crut citoy5 de t\s les lieux o il y a des hommes4 7,v4 ,entr4 de ,phocion1 p4 #abb1 #abc1 #abd47 ,il e/ c]ta9 que ce s5tim5t de bi5veillance univ]selle1 t\t sublime qu'il e/1 doit affoiblir l'am\r de la patrie1 qui1 comme t\tes les sortes d'am\rs1 n'e/ qu'un s5tim5t de prfr5ce4 #g4 ,obs]vations sur l'hi/oire de ,france4 ,deux volumes1 ,g5ve1 #agfe4 7,page #bb de l'loge47 ,l'auteur pr\va p\r ces obs]vations les mmes difficults que p\r le droit public4 ,*aque ouvrage utile e/ une conqute qu'il faut remport] sur les prjugs4 ,des c\rtisans ne manqur5t pas de tr\v] ce livre dang]eux1 comme cont5ant des vrits trop palpables4 ,c'e/ l'hi/oire des rv]bres de ,duclos2 et sans la protection d'un m9i/re qui ne craignoit pas les rv]bresl1 cet excell5t ouvrage auroit t t\ff ds sa naissance4 l ,le duc de ,*oiseuil4 ,quelques p]sonnes qui en avoi5t une autre ide1 dsiroi5t que l'auteur donnt son livre le titre d'hi/oire de notre anci5 g\v]nem5t1 et de ses rvolutions3 sa mode/ie ne lui a pas p]mis d'adopt] un titre aussi ambitieux1 quoiqu'il av\t lui-mme avec c&eur qu'il reg>doit ces obs]vations1 comme l'hi/oire jusqu'alors inconnue de notre anci5 droit public4 7,prface des obs]vations47 ,en effet1 ses preuves m>*5t d'un pas gal avec ses raisonnem5s2 sa critique e/ sre1 ses exemples bi5 *oisis1 ses citations prcieuses et dcisives3 galem5t loign des sy/mes de ,dubos et des p>adoxes de ,b\la9vili]s1 il les combat t\s deux avec avantage2 il *]*e et tr\ve s\v5t la vrit4 ,les po9ts les plus obscurs sont ceux auxquels il s'atta*e de prfr5ce3 il n'lude jamais les difficults2 t\t ce qu'il traite1 il l'claircit4 ,aux connoissances du savant1 il jo9t le mrite plus r>e d'un jugem5t sa91 d'une rudition bi5 digre1 d'une critique lum9euse4 ,cet ouvrage doit tre le guide de t\s ceux qui veul5t tudi] fond notre hi/oire4 ,il y a plus2 si jamais la ,france a son ,tite-,live1 et peut enf9 s'enorgueillir d'une hi/oire nationale1 c'e/ sur-t\t dans les crits de ,mably qu'il faudra puis] les pr9cipes srs1 les ides ju/es1 les vues patriotiques1 enf9 l'esprit gnral qui doit anim] ce bel ouvrage1 encore faire1 le seul peut-tre que les ,franais ai5t envi] aux ,roma9s4 ,ce qui re/e imprim] des obs]vations1 =m]a trois volumes gaux aux premi]s4 ,p>mi les nombreux morceaux qui peuv5t excit] l'intrt1 n\s n\s cont5t]ons d'indiqu] le *apitre intitul3 des causes p> lesquelles le g\v]nem5t a pris en ,anglet]re une =me diffr5te qu'en ,france2 la pe9ture des dsordres du rgne de ,*>les ,,vi1 et de la sombre politique de ,l\is ,,xi1 qui n\s ont p>u des tableaux dignes du p9ceau de ,tacite2 ce que l'criva9 dit des tats-gnraux1 des trois ordres1 des prt5tions des corps1 de la politique de ,ri*elieu c4 c41 c4 ,l'auteur s'e/ arrt au comm5cem5t du rgne de ,l\is ,,xiv3 il a seulem5t aj\t quelques rflexions gnrales sur la d]nire rvolution de la magi/rature1 et sur le c>actre des m9i/res qui l'ont opre4 ,l'abb de ,mably affectionnoit s+ulirem5t cette suite des obs]vations1 comme y ayant dpos des vrits qui devi5droi5t un j\r utiles ses concitoy5s2 et n\s en p>lant v]s les d]ni]s temps de sa vie1 il n\s dit3 cet ouvrage e/ mon te/am5t4 #h4 ,d\tes proposs aux conomi/es1 sur l'ordre naturel et ess5tiel des socits4 ,un volume1 #agfh4 7,page #fi de l'loge47 ,on a appel les conomi/es1 les convulsionnaires de la politique2 n\s sommes bi5 loigns d'adopt] cette dnom9ation2 d'ailleurs n\s ne v\lons po9t insult] aux morts3 n\s dirons seulem5t que1 s\s le titre mode/e de d\tes1 l'abb de ,mably bat en ru9e un sy/me qu'il a cru dang]eux autant que ridicule4 ,cette critique n'e/ que l'ouvrage des circon/ances2 mais l'auteur en pr5d occasion de remont] aux vrais pr9cipes et aux fondem5s de la socit2 de dvelopp] des vrits trs-importantes2 de relev] la dignit de l'homme1 avilie p> des sophismes1 et de combattre des erreurs dont les consqu5ces p\rroi5t tre dang]euses4 ,sa logique e/ pressante et ses raisonnem5s concluans3 il y mla quelquefois une ironie f9e et dlicate1 mais po9t d'injures1 arme de ceux qui ont tort2 po9t de s>casmes ni de p]sonnalits4 ,il usa de mnagem5s et d'g>ds2 il donna mme des loges l'auteur qu'il critiquoit3 c'e/ a9si qu'en devroi5t t\j\rs us] les g5s de lettres2 ils ne se r5droi5t pas la fable des sots2 eux1 le public et la vrit y gagn]oi5t4 #i4 ,du g\v]nem5t de ,pologne4 ,un volume crit en #aggj et #agga1 et imprim seulem5t en #agha4 7,page #cf de l'loge47 ,c'e/ ,m4 le comte ,wielhorski qui fut *>g p> les confdrs de ,pologne de consult] en ,france le philosophe de ,g5ve et l'abb de ,mably4 ,jean-,jacques en fait un bel loge2 et c'e/ lui que ,mably adressa son ouvrage3 on n'en fit tir] qu'un trs-petit nombre d'exemplaires1 que l'auteur donnoit ses amis et ceux qu'il honoroit d'une confiance p>ticulire4 ,en #aggj l'abb de ,mably avoit fait avec cet excell5t patriote un voyage en ,pologne1 p\r mieux tudi] la nation sur laquelle il avoit travaill]3 il y demeura plus d'un an avec lui4 ,son ouvrage p\r cette rpublique1 et son sj\r dans le pays1 y ont laiss un t5dre s\v5ir d'e/ime et de reconnoissance4 ,n\s avons vu une lettre du pr9ce ,potocki1 o t\s ces s5tim5s sont exprims d'une manire bi5 honorable p\r l'abb de ,mably4 ,n\s cit]ons une p>tie de cette lettre1 date de ,w>sovie le #b septembre #aggg4 ,monsieur1 v\s j\issez du privilge des hommes clbres3 connu dans les pays les plus loigns1 v\s ignorez ceux qui v\s lis5t et que v\s clairez4 ,on a t\j\rs *]*1 consult et quelquefois ennuy les philosophes3 s\ffrez1 ce titre1 les dsagrm5s de votre tat4 ,le conseil prpos l'ducation nationale1 m'a *>g1 monsieur1 de suppler aux livres lm5taires p\r lesquels il n'a plus jug de publi] la concurr5ce3 de ce nombre e/ la logique4 ,comme je connois votre ouvrage1 et que le conseil a suivi vos pr9cipes dans le sy/me de l'in/ruction publique p\r les coles ,palat9ales1 p]sonne assurm5t ne sauroit mieux que v\s remplir cette importante t*e4 ,v\s avez travaill p\r un pr9ce s\v]a91 refus]iez-v\s d'appliqu] votre ouvrage l'usage d'une nation qui devroit l'tre84444 ,si vos occupations ne v\s p]mettoi5t pas d'entrepr5dre cet ouvrage1 v\s me f]iez un plaisir bi5 s5sible de m'indiqu] la p]sonne que v\s croiriez en ,france1 aide de vos lumires et de votre direction1 en tat de rpondre nos vues3 ce ne s]a t\j\rs qu'un de vos lves4 ,il e/ s\hait] p\r l'humanit que v\s en ayez dans t\tes les nations4 ,je suis1 etc4 ,ignace ,,potocki4 #aj4 ,de la lgislation ou pr9cipes des loix4 ,deux volumes en un1 ,am/]dam1 #aggf4 ,ad respublicas firm&as et ad /abili5das vires1 san&os populos1 omnis no/ra p]git oratio4 ,,cic]on1 de ,leg4 7,page #de de l'loge47 ,plusieurs p]sonnes reg>d5t cet ouvrage de ,mably comme un *ef-d'uvre4 ,il n'e/ po9t de sujet plus important1 puisque les pr9cipes qui doiv5t s]vir de base la lgislation1 embrass5t le bonheur possible de t\s les hommes1 de t\s les lieux et de t\s les temps4 ,mais prt5droit-on1 avec c]ta9s critiques1 que ces savantes ?ories sont inutiles2 et l'criva9 qui se s5t press de dire des vrits qu'il croit utiles1 doit-il les r5f]m] dans son se98 ,n\s ne le croyons pas3 il e/ t\j\rs bon de montr] le b o n\s devons aspir]1 mme lorsqu'on ne peut y atte9dre4 ,ces vrits gnrales1 semes comme au has>d1 peuv5t enf9 g]m] dans la tte d'un lgislateur2 et l'exemple rc5t d'un pr9ce plus gr& p> son gnie que p> ses tats1 qui n'a pas cra9t d'av\] qu'il avoit puis en p>tie dans nos crits ces pr9cipes d'humanit qu'il a transports dans son code1 en s]oit une n\velle preuve1 s'il en toit beso94 ,lopold 7nom heureux dans les fa/es de l'humanit671 ,lopold qui sait galem5t mrit] et refus] des /atuesm1 vi5t de donn] un modle l',italie et un gr& exemple l',europe2 et peut-tre notre t\r il n\s pr5dra un j\r envie de l'imit]4 ,d'ailleurs ces leons de morale1 de politique et de philosophie1 prs5tes p> un criva9 sage1 qui in/ruit sans aigreur1 qui ne pr5d le ton1 ni d'un n]gumne ni d'un inspir1 qui se cont5te de p>l] le langage de la raison1 prp>5t d\cem5t les esprits1 prmuniss5t contre nombre d'erreurs1 augm5t5t la masse des connoissances1 entreti5n5t une nation dans l'espoir d'une r=me salutaire1 et qu& un gr& homme se prs5te1 il tr\ve la matire t\te prp>e2 l'op9ion publique le prcde ou le seconde2 il peut alors s'lanc] dans la c>rire1 s'ab&onn] son gnie1 son am\r p\r le bi5 public et cette passion1 le beso9 des gr&es ames1 d'immortalis] son nom et ses bi5faits4 ,le philosophe sme1 c'e/ aux tats recueillir4 m ,le gr& duc de ,toscane a refus une /atue que ses sujets1 d'un vu unanime1 lui (froi5t en reconnoissance du n\veau code crim9el qu'il vi5t de publi]1 et le produit de ces s\scriptions volontaires doit tre employ des fonta9es publiques4 7,voyez gazette de ,france1 du #bc fvri] #aghg47 #aa4 ,de l'tude de l'hi/oire4 ,un volume1 #aggh4 7,page #dj de l'loge47 ,un pr9ce jamais regrettable1 le ,dauph91 pre de notre augu/e mon>que1 appeloit l'hi/oire la leon des pr9ces et l'cole de la politique3 il aj\toit que l'hi/oire e/ la ress\rce des peuples contre les erreurs des rois4 ,on n'en p\voit donn] une plus belle df9ition3 il semble que ,mably ait entrepris de la ju/ifi]4 ,son trait de l'tude de l'hi/oire avoit d'abord t imprim dans le c\rs d'tudes de l'abb de ,condillac son frre2 il a t fait p\r l'in/ruction du jeune pr9ce1 dev5u duc de ,p>me et de ,plaisance1 en #agfe4 ,mably lui adresse la p>ole1 comme ,bossuet1 dans l',hi/oire ,univ]selle1 au gr& dauph94 ,le comm5cem5t en e/ admirable3 ,v\lez-v\s tre un gr& homme1 lui dit-il1 oubliez que v\s tes pr9ce8 c4 c4 ,sans prt5dre en aucune faon comp>] la hauteur du gnie et l'loqu5ce entranante et sublime de l'aigle de ,meaux la sagesse de l'criva9 mod]ne1 n\s os]ions dire que l'crit du d]ni]1 s'il toit bi5 mdit1 e/ plus propre encore =m] un pr9ce ses devoirs1 lui inspir] les s5tim5s de ju/ice1 le prmunir contre l'empire des passions1 et sur-t\t lui enseign] la r\te qu'il faut suivre p\r faire le bonheur de ses peuples1 que le *ef-d'uvre de l'loqu5ce franaise4 ,il n\s s]oit facile de ju/ifi] p> des citations t\s les loges que n\s avons faits de ce trait2 mais n\s aimons mieux espr] qu'enf9 on le lira3 d'ailleurs ces notes sont dj trop longues4 ,un criva9 qui p>ot avoir beauc\p mdit sur ces matires1 dit1 en p>lant de ce livre de l'tude de l'hi/oire3 ,n\s croyons que la premire p>tie de ce petit ouvrage e/ ce que ,m4 l'abb de ,mably a jamais imprim de plus neuf et de plus utile4 7,jugem5t sur l'ouvrage de ,pi]re ,*abrit1 p> ,m4 ,g>at47 #ab4 ,de la manire d'crire l'hi/oire4 ,un volume1 #agge4 7,page #gj de l'loge47 ,a l'exception des jugem5s1 sans d\te trop svres et mme1 n\s osons le dire1 inju/es plusieurs g>ds1 que ,mably a ports contre ,voltaire et l'illu/re ,rob]tson1 n\s p\rrions peut-tre le ju/ifi] avec avantage sur t\s les repro*es qu'on lui a faits2 mais p> de ju/es g>ds que n\s croyons devoir l'homme de lettres e/imable d'ailleurs1 et qui1 trop jeune encore1 s'e/ laiss emport] l'impulsion du mom5t1 ou des impressions trangres1 et que son zle a g> en l'attaquant1 n\s n\s int]dirons t\te discussion sur cette qu]elle4 ,n\s p5sons qu'on ne sauroit faire trop de sacrifices au bi5 de la paix et l'honneur des lettres4 ,seulem5t qu'il n\s soit p]mis d'oppos] aux dtracteurs de l'abb de ,mably1 s'il en toit encore1 un suffrage qui vaut mieux que le ntre1 et dont on peut tre orgueilleux4 ,mably n'avoit encore fait ni les entreti5s de ,phocion1 ni les obs]vations sur l'hi/oire de ,france1 ni le g\v]nem5t de ,pologne1 ni les pr9cipes des lois1 ni ceux de morale1 ni l'tude de l'hi/oire1 qu'il toit dj cit p> un criva91 aprs ,fnlon1 l'abb de ,sa9t-,pi]re1 ,montesquieu1 l'ami des hommes1 c4 au nombre des bons ,franais et des g5s clairs1 qui n'ont pas cra9t de dire des vrits utiles1 et de dvoil] les fautes de la lgislation2 et cet criva9 c'e/ ,jean-,jacques4 ,voyez sa rponse un crit anonyme1 la suite de sa lettre d',alemb]t sur les spectacles4 #ac4 ,pr9cipes de morale4 ,un volume1 #aghd4 7,page #fh de l'loge47 ,ce livre n'a pas excit mo9s d'orages que le prcd5t3 le mme motif du bi5 de la paix n\s engage au mme sil5ce4 ,le gr& ,cond1 arra*ant quelques feuillets de son hi/oire o l'on racontoit ses exploits contre son pays1 e/ l'image de ce que je v\drois faire p\r l'auteur de cet excell5t crit4 ,je le reprs5t]ois1 p> g>d p\r les esprits timides1 arra*ant quelques pages de ces pr9cipes de morale1 et je croirois p> ce sacrifice avoir acquis le droit de dire t\t le bi5 que j'en p5se4 ,au re/e1 dans t\tes les attaques qu'on a portes l'abb de ,mably1 ses amis ont pu *]*] le v5g]1 7voyez les lettres sur la c5sure de la ,sorbonne72 mais p\r lui1 il n'a jamais crit une seule ligne p\r sa df5se4 #ad4 ,obs]vations sur les tats-,unis d',amrique4 ,un volume1 #aghd4 7,page #gg de l'loge47 ,ce sont quatre lettres adresses l'un des envoys des tats-,unis1 ,m4 ,john ,adams1 qui avoit dsir les rem>ques de l'auteur sur les con/itutions de l',amrique3 c'e/ ce qui avoit induit en erreur1 et fait dire dans le temps1 que les ,colonies ,angloises l'avoi5t *oisi p\r leur lgislateur4 ,ses obs]vations p>ur5t svres1 mais il crut p\voir dire la vrit t\te entire4 ,les ,amrica9s1 dit-il1 ne sont plus sujets du roi d',anglet]re3 ils sont auj\rd'hui des hommes libres2 et si mon op9ion leur p>oissoit aussi dure et aussi sauvage qu'elle peut le p>otre en ,europe1 je ne p\rrois m'emp*] d'en tir] un mauvais augure p\r l'av5ir4 7,obs]vations1 page #gf47 ,aussi1 e/-il trs-faux qu'on ait brl en ,amrique1 ou tran dans la b\e l'ouvrage de ,mably1 comme on l'a prt5du dans quelques papi]s publics3 il toit plus digne d'un peuple si sage d'y rpondre4 ,c'e/ ce que vi5t de faire ,m4 ,adams dans un ouvrage intitul3 ,apologie des con/itutions des tats-,unis de l',amrique4 ,n\s n'avons pas encore vu ce livre1 qui n'e/ qu'annonc2 mais n\s connoissons une lettre imprime de ,m4 ,adams 7,j\rnal ,encyclop4 du mois de ,mai #aghg1 pag4 #aac et suiv471 o il semble se df5dre d'avoir invit l'abb de ,mably crire ce qu'il p5soit sur les con/itutions ,amrica9es2 il invoque le tmoignage de ,,mm4 les abbs de ,*alut et ,arn\x1 amis communs de ,m4 ,adams et de l'abb de ,mably2 et n\s1 n\s sommes prts donn]1 s'il en e/ beso91 la dcl>ation de ces deux ,messieurs1 que n\s avons entre les ma9s1 et qui claircit ple9em5t la "q l'avantage de l'abb de ,mably4 ,au re/e1 s'il avoit beso9 de ju/ification p\r avoir reg>d les ,amrica9s comme tant dj trop vieux1 et sur ce qu'il sembloit r$\t] p\r eux du comm]ce et des vices de l'anci5 monde1 n\s la tr\v]ions dans l'ouvrage mme du sage m9i/re qui a succd1 en ,france1 au ,john ,adams et au ,franckl94 ,m4 ,jeff]son1 dans ses obs]vations sur la ,virg9ien1 cra9t aussi1 p\r l',amrique1 que les trang]s n'y apport5t leurs vices1 leurs prjugs et leur s]vilit d',europe2 et les sem5ces de discorde qui comm5c5t clat]1 les mcont5tem5s1 les rclamations armes1 c4 sont peu propres1 peut-tre1 n\s rassur] sur ces cra9tes4 n ,notes on ,virg9ia4 ,voyez ,m]c4 du #b ,ju9 #aghg1 p4 #bh4 #ae4 ,,ouvrages ,,manuscrits4 #a4 ,des droits et des devoirs du citoy54 ,petit 9-folio1 p\vant faire deux volumes 9-#ab4 7,page #fi de l'loge74 ,ce sont des entreti5s que l'auteur suppose avoir eus avec milord ,/anhope4 ,ce livre fait connotre l'homme ses devoirs1 ses droits et sa dignit4 ,il claire l'esprit1 il *auffe le cur2 l'ame s'lve la lecture de ces lettres3 c'e/ le cat*isme du citoy54 ,il y a des p5ses gr&es et fires1 la manire de ,montesquieu4 ,p> exemple3 ,la pompe des noms et des titres n'impose plus mon imag9ation3 dans les hommes les plus humilis p> la =tune1 je crois voir des pr9ces dtrns qu'on reti5t dans les f]s4 ,t\t peuple qui n'e/ pas b>b>e1 a une religion2 et ,dieu ne manque jamais d'avoir rvl aux prtres ses volonts2 c'e/ ce qu'on appelle ord9airem5t lois div9es4 ,n\s regrettons de ne p\voir en cit] davantage2 mais le temps n\s in/ruira mieux1 et n\s dvoil]a ce que n\s devons p5s] de cette production4 #b4 ,la suite des obs]vations sur l'hi/oire de ,france1 dont n\s avons fait m5tion s\s le n4 #g de cette notice4 #c4 c4 ,un trait du beau1 et d'autres traits des tal5s1 des passions1 c4 c41 dont n\s n'avons pas une connnoissance p>ticulire4 ,note ,i,ve4 page #hb de l'loge4 ,sa p]sonne et son c>actre4 #d ,en faisant dans plusieurs de ses crits l'loge d'un philosophe pratique1 sans fa/e1 et qui fuit t\te espce d'o/5tation1 mme celle de la v]tu1 ,mably semble avoir trac son portrait3 voil p\rquoi l'on a peu d'anecdotes sur sa p]sonne4 ,sa vie e/ t\te entire dans ses crits1 comme l'loge d'un lgislateur e/ t\t enti] dans ses lois4 ,n\s aj\t]ons seulem5t ici quelques traits de c>actre ceux que n\s avons dj cits4 ,son ds9tressem5t toit tel qu'il ne retira jamais ri5 de ses ouvrages2 pe9e exigeoit-il quelques exemplaires p\r les prs5s d'usage2 bi5 diffr5t de ces littrateurs qui n'e/im5t dans le comm]ce des muses que le pr(it que ce comm]ce leur rapporte4 ,ri*e du retran*em5t de t\s les beso9s factices1 il p\voit s'cri] comme ,socrate1 en se prom5ant dans ,a?nes3 que de *oses dont je n'ai que faire6 ,il n'eut jamais qu'un seul dome/ique2 et sur la f9 de ses j\rs1 il se priva de ces commodits de la vie que son ge et ses infirmits lui r5doi5t cep5dant plus ncessaires1 af9 d'accrotre la petite =tune de ce s]viteur fidelle4 ,il pratiquoit la lettre cette maxime si d\ce et si huma9e1 de reg>d] ses dome/iques comme des amis malheureux4 ,faire sa c\r1 e/ une expression qui n'toit po9t son usage4 ,on v\lut un j\r l'entran] *ez un m9i/re qui mme l'avoit invit2 on ne put jamais l'y dt]m9]3 mais il dit qu'il le v]roit volonti]s1 lorsqu'il ne s]oit plus en place4 ,m4 le m>*al de ,ri*elieu pressoit un j\r l'abb de ,mably de se mettre sur les rangs p\r l'acadmie franaise2 ,mably refusa4 ,mais1 lui dit le va9queur de ,mahon1 si je faisois t\tes les dm>*es1 et que v\s fussiez agr1 refus]iez-v\s8444 ,le m>*al le pressa tant1 il y mit tant de grces1 que1 va9cu p> ce noble procd1 ,mably n'osa p]si/]1 et fut comme =c de promettre4 ,mais aussi-tt qu'il fut sorti1 il c\rut *ez son frre de ,condillac1 lui raconta comm5t la *ose s'toit passe1 et le conjura de le dgag]1 quelque prix que ce ft4 ,mais p\rquoi cette gr&e rsi/ance8 lui dit son frre4--,p\rquoi8 ,si j'acceptois1 je s]ois oblig de l\] le c>d9al de ,ri*elieu1 ce qui e/ contre mes pr9cipes2 ou si je ne le l\ois pas1 devant t\t son petit neveu dans cette circon/ance1 je s]ois c\pable d'+ratitude4 ,condillac se *>gea de la ngociation1 et les *oses en demeurr5t l4 ,n\s t5ons cette anecdote d'un ami p>ticuli] de l'abb de ,mably1 et lui-mme e/ membre de l'acadmie franaise4 ,le bruit avoit c\ru qu'on lui propos]oit l'ducation de l'hriti] d'un gr& empire2 il dit hautem5t1 que la base de son ducation s]oit3 que les rois sont faits p\r les peuples1 et non les peuples p\r les rois1 et que ce s]oit la *ose sur laquelle il revi5droit sans cesse3 il ne fut po9t nomm4 ,il aimoit rpt] cet adage de ,leibnitz1 le temps prs5t e/ gros de l'av5ir2 et son propre exemple en pr\ve la ju/esse et la pr(ondeur4 ,il s'toit tellem5t ex]c tudi] le jeu et la m>*e des passions1 et re*]*] dans les rvolutions des ,empires les causes et la *ane des vnem5s2 il avoit acquis une telle expri5ce des hommes et des *oses1 que cette connoissance du pass avoit1 p\r a9si dire1 d*ir p\r lui le voile de l'av5ir3 il a en quelque sorte tir l'horoscope des tats4 ,ds la paix de #agfb1 et au mom5t o l',empire ,britannique toit son plus haut priode de gloire et de puissance1 ,mably prdit la rvolution de l',amrique2 il prvoyoit ds-lors la dfection des ,colonies ,anglaises4 ,si un j\r elles se r5d5t libres et indp5dantes1 dit-il1 etc4 7,voyez le droit public de l',europe1 tom4 #b1 page #dbb1 dit4 de #agfd2 et tom4 #c1 pag4 #dab et #dad1 et pr9cipes des ngociations1 dit4 de #agfg1 pag4 #ij47 ,ce qui s'e/ pass ,g5ve1 il l'avoit galem5t prvu4 7,voyez pr9cipes des lois1 ,i]e4 "p4 pag4 #afi47 ,et si l'on veut savoir ce qui se passe auj\rd'hui en ,holl&e1 il faut voir les pr9cipes des ngociations 7pag4 #afb47 et le trait de l'tude de l'hi/oire 7pag4 #bac1 #bad47 ,cette expri5ce lui donnoit quelquefois de l'humeur2 ses amis lui en faisoi5t le repro*e1 et l'appeloi5t en plaisantant1 prophte du malheur4 ,il e/ vrai1 rpondoit-il1 que je connois assez les hommes p\r ne pas espr] facilem5t le bi54 ,note ,v et d]nire1 page #ij de l'loge4 ,sa mort et son pitaphe4 #e ,ses amis1 la ,france et l',europe le p]dir5t le #bc avril #aghe1 tant g de #gf ans4 ,son pitaphe1 ouvrage de l'amiti claire1 conti5t t\t son loge2 n\s ne p\vons n\s refus] au plaisir de la copi]4 ,d4 ,o4 ,m4 ,,hic ,,jacet ,,gabriel ,,bonnot ,,de ,,mably1 ,,gratianopolitanus1 ,,juris ,,natur ,,et ,,g5tium ,,indicator ,,indefessus1 ,,audax1 ,,felix ,,dignitatis ,,human ,,v9dex1 ,,orbis ,,utriusque ,,suffragiis ,,ornatus1 ,,politicis ,,scriptis ,,nulli ,,secundus2 ,,ev5tum ,,pr,,t]itorum ,,causas ,,detexit1 ,,futuros ,,pr,,nunciavit1 ,,qu ,,ad ,,pr,,p>&os1 ,,qu ,,ad ,,av]t5dos ,,docuit2 ,,recti ,,p]vicax ,,quid ,,pul*rum1 ,,quid ,,turpe1 ,,quid ,,utile1 ,,quid ,,non1 ,,dixit3 ,,vir ,,paucorum ,,hom9um1 ,,c5su ,,brevi ,,nihil ,,r]um ,,indigus ,,honores1 ,,divitias1 ,,omnimoda ,,s]vitii ,,v9cula ,,con/ant] ,,asp]natus2 ,,vita ,,innocuus1 ,,religionis ,,cultor1 ,,quissimo ,,animo ,,obiit #bc4 ,d4 ,,apr4 #aghe4 ,,nat4 #ad4 ,d4 ,,m>t4 #agji4 ,h4 ,m4 ,,modicum ,,et ,,mansurum1 ,,amico ,,t]num ,,flebili1 ,,te/am5ti ,,curatores ,,posu]e4 ,les mmes amis de l'abb de ,mably1 qui ont si bi5 c>actris son ame et ses crits1 avoi5t =m le projet de consacr] sa mmoire un mode/e monum5t dans l'glise o il a t inhum2 t\t alloit tre excut1 qu& des ordres mans des suprieurs ecclsia/iques ont t\t arrt4 ,on a refus un tombeau au mod]ne ,phocion2 c'e/ une ressemblance de plus avec le ,phocion d',a?nes4 ,ces amis1 vraim5t dignes de ce nom1 ont v\lu p]ptu] ses traits3 on ne p\voit du mo9s leur envi] cette d\ce satisfaction4 ,l'abb de ,mably1 diffr5t des g5s de lettres1 qui comm5c5t p> gratifi] le public de leurs gravures1 en att5dant qu'ils soi5t illu/res1 n'avoit pas s\ff]t qu'on gravt son portrait p5dant sa vie2 mais aprs sa mort1 ils le fir5t excut] p> un arti/e habile1 ,pugos1 et ce portrait e/ p>faitem5t ressemblant4 ,t\s les traits de l'homme de bi5 y sont vivans2 la v]tu svre y respire3 au bas1 on lit ce v]s de ,juvnal1 qui semble fait p\r lui3 ,,ac] ,,et ,,indomitus1 ,,lib]tatisque ,,magi/]4 7,satyre #b1 v4 #gh47 ,a9si donc1 aprs que l'loge public qui lui a t dc]n1 aura obt5u le suffrage et la sanction de l'acadmie1 et qu'elle aura a9si imprim son nom1 le sceau de l'immortalit1 il ne manqu]a plus ri5 sa gloire1 qu'une /atue ct de celles de ces gr&s citoy5s qui ont bi5 mrit de la patrie4 ,,f9 ,,de ,l',,loge4 ,,av]tissem5t ,,de ,,la ,,premi,,re ,,dition4 ,je me propose dans cet ouvrage de faire connotre les diffr5tes =mes du g\v]nem5t auxquelles les ,franais ont obi depuis leur tablissem5t dans les ,gaules2 et de dc\vrir les causes1 qui1 en emp*ant que ri5 n'ait t /able *ez eux1 les ont livrs1 p5dant une longue suite de sicles1 de cont9uelles rvolutions4 ,cette p>tie intressante de notre hi/oire1 e/ entirem5t inconnue des lecteurs qui se born5t tudi] nos annali/es anci5s1 et nos hi/ori5s mod]nes4 ,je l'ai pr\v p> moi-mme2 ds que je remontai aux vritables s\rces de notre hi/oire1 c'e/--dire1 nos lois1 aux capitulaires1 aux =mules anci5nes1 aux *>tes1 aux diplmes1 aux traits de paix et d'alliance1 etc4 ,je dc\vris les erreurs grossires et sans nombre o j'tois tomb dans mon p>allle des ,roma9s et des ,franais4 ,je vis p>otre devant mes yeux une nation t\te diffr5te de celle que je croyois connotre4 ,j'appris trop t>d combi5 la lecture de nos anci5nes annales e/ peu in/ructive1 si on n'y jo9t pas l'tude des pices2 je vis qu'il ne faut lire qu'avec une extrme circonspection nos hi/ori5s mod]nes1 qui1 t\s ont nglig l'orig9e de nos lois et de nos usages1 p\r ne s'occup] que de siges et de batailles2 et qui1 en faisant le tableau des sicles reculs1 ne peign5t jamais que les murs1 les prjugs et les c\tumes de leur temps4 ,les ,franais n'eur5t po9t de lois1 tant qu'ils habitr5t la ,g]manie2 et qu& ils s'tablir5t en-de du ,rh91 leur politique se borna rdig] des c\tumes qui ne p\voi5t plus suffire un peuple qui avoit acquis des demeures fixes1 et jet les fondem5s d'un gr& empire4 ,la frocit de leurs anci5nes murs les atta*oit autant que l'habitude et leur ignorance aux usages ,g]maniques2 mais les vices n\veaux que leur donna le comm]ce des ,gaulois1 de n\veaux beso9s et de n\veaux intrts les =cr5t malgr eux de rec\rir des n\veauts4 ,ils fir5t des lois avant que de connotre l'esprit qui doit les dict]1 et la f9 qu'elles doiv5t se propos]2 et ces lois1 s\v5t inju/es et t\j\rs insuffisantes1 n'acquir5t presque aucun crdit4 ,les ,franais cont9ur5t de se laiss] conduire au gr de leurs passions et des vnem5s2 et confondant la lic5ce avec la lib]t1 le p\voir des lois avec la tyrannie1 ne =mr5t qu'une socit sans rgle et sans pr9cipe4 ,ils se famili>isr5t dans l'an>*ie1 avec les dsordres auxquels ils n'avoi5t pas l'art de remdi]2 l'intrt du plus =t sembla t\j\rs dcid] de l'intrt public1 et jusqu'au rgne de ,philippe-de-,valois1 les droits de la s\v]a9et app>t9r5t t\r--t\r1 ou -la-fois1 t\s ceux qui pur5t ou v\lur5t s'en emp>]4 ,si j'ai russi dvelopp] la suite et l'en*anem5t de ces rvolutions1 causes la fois et effets les unes des autres1 j'ai compos l'hi/oire inconnue de notre anci5 droit public4 ,quelques p]sonnes ont dsir que je donnasse mes obs]vations le titre d'hi/oire de notre g\v]nem5t2 je n'ai pas os suivre leur conseil2 je s5s combi5 mon ouvrage e/ infrieur ce qu'auroit promis un p>eil titre4 ,je n'ai fait qu'un essai2 et c'e/ assez p\r moi1 s'il peut tre de quelque sec\rs aux p]sonnes qui veul5t appr(ondir notre hi/oire4 ,ri5 n'e/ plus propre n\s faire aim] et respect] le g\v]nem5t auquel n\s obissons1 qu'une pe9ture fidelle des malheurs que nos pres ont pr\vs1 p5dant qu'ils ont vcu dans l'an>*ie4 ,quel dang] peut-il y avoir faire connotre nos anci5nes c\tumes et notre anci5 droit8 ,qui ne sait pas que les lois1 les murs et les c\tumes des peuples n'ont ri5 de /able8 ,p]sonne n'e/ assez ignorant p\r confondre les premires lois qu'ait eues une nation1 avec ses lois fondam5tales3 la loi fondam5tale d'un tat n'e/ po9t un amas de lois proscrites1 oublies ou ngliges1 mais la loi qui rgle1 prescrit et con/itue la =me du g\v]nem5t4 ,en se rappellant la situation dplorable du pr9ce1 du cl]g1 de la noblesse et du peuple1 jusqu'aux premi]s ,valois1 on ressembl]a ces voyageurs qui1 aprs avoir *\ contre c5t cueils et essuy de viol5tes temptes1 abord5t enf91 au rivage1 et j\iss5t du repos4 ,en voyant la pe9ture de nos erreurs et de nos calamits1 quel lecteur ne connotra pas le prix d'une sage subord9ation8 ,lo9 de regrett] des c\tumes b>b>es et contraires aux premires notions de l'ordre et de la socit1 on s'applaudira de vivre s\s la protection d'une autorit assez =te1 p\r rprim] les passions1 donn] aux lois la puissance qui leur app>ti5t1 et cons]v] la tranquillit publique4 ,c'e/1 sans d\te1 ce qu'ont p5s des m9i/res clairs1 qu& ils ont invit des savans f\ill] dans la p\ssire de nos ar*ives1 et publi] ces recueils prcieux de pices1 dont mon travail n'e/ que le rsultat4 ,les obs]vations que je donne auj\rd'hui ne s't5dront pas au-del du rgne de ,philippe-de-,valois1 ou de la ru9e du g\v]nem5t fodal4 ,avant que de p\rsuivre un ouvrage trs-laborieux1 il e/ prud5t1 je crois1 de consult] le gt du public1 et de lui dem&] s'il p5se que la manire dont j'envisage notre hi/oire1 soit utile4 ,si on gte cet essai1 ce s]a p\r moi1 un enc\ragem5t1 et j'av\e que j'en ai beso9 p\r mettre en ordre les matriaux que j'ai entre les ma9s1 et qu'il e/ inf9im5t plus difficile de rdig]1 que de recueillir4 ,je cont9u]ai exam9] notre hi/oire s\s ,philippe-de-,valois et ses successeurs4 ,je f]ai voir combi5 les lumires qui comm5oi5t se rp&re dans la nation1 in/ruite p> ses malheurs1 toi5t encore incapables de lui faire connotre ses vrais intrts1 et combi5 n\s avons eu de pe9e triomph] des prjugs et des passions1 que plusieurs sicles de b>b>ie et le biz>re g\v]nem5t des fiefs avoi5t fait natre4 ,il n'e/ pas ju/e qu'on m'en croie sur ma p>ole1 qu& je contr$irai les ides reues sur notre anci5 g\v]nem5t1 et qu'on a prises dans des criva9s qui ont travaill1 avant moi1 dbr\ill] l'hi/oire de ,france4 ,il e/ ess5tiel mon ouvrage d'y jo9dre les autorits sur lesquelles je fonde mon op9ion1 et mme d'expos] quelquefois1 dans un c]ta9 dtail1 les raisons p> lesquelles je me dt]m9e pr5dre tel ou tel s5tim5t4 ,mais j'ai cru1 qu' l'exception des savans1 acc\tums la fatigue pesante de l'rudition1 on ne v]roit qu'avec pe9e susp5dre le fil de mon rcit1 p\r ent5dre des diss]tations critiques1 ou lire des morceaux b>b>em5t crits de nos anci5nes lois4 ,j'ai r5voy ces espces de discussions des rem>ques indiques p> des *iffres1 dans le corps de mon ouvrage4 ,leur nombre et sur-t\t leur longueur1 m'ayant emp* de les plac] au bas des pages1 elles =m]ont un corps "p1 la suite de mes obs]vations1 et s]viront de pices ju/ificatives4 ,,obs]vations ,,sur ,l',,hi/oire ,,de ,,france4 ,,livre ,,premi]4 ,,*apitre ,,premi]4 ,des murs et du g\v]nem5t des ,franais en ,g]manie4--,leur tablissem5t dans les ,gaules4 ,on ne peut faire que des conjectures sur l'orig9e des ,franais3 s'ils ne sont pas ,g]ma9s1 il e/ sr du mo9s1 soit qu'ils vi5n5t de ,pannonie1 du ,nord1 ou des prov9ces vois9es des ,palus ,motides1 qu'ils habitr5t assez long-temps la ,g]manie p\r en pr5dre les murs et le g\v]nem5t4 ,on diroit que les lois ,saliques et ,ripuaires sont l'ouvrage de ces ,g]ma9s mmes dont ,tacite n\s a trac le portrait1 tant elles suppos5t les mmes c\tumes1 les mmes prjugs1 les mmes vices et les mmes v]tus4 ,cet atta*em5t des peuples ,g]maniques leurs pr9cipes1 s]oit une espce de prodige *ez des nations o l'oisivet1 l'av>ice1 les ri*esses et le luxe affoibliss5t l'empire des lois1 et en exig5t sans cesse de n\velles2 mais *ez des peuples encore demi sauvages1 et assez heureux1 p\r avoir peu de beso9s1 la pauvret et l'ignorance sont un ob/acle aux rvolutions4 ,la gu]re et la *asse toi5t les seules occupations des ,franais2 leurs tr\peaux et les esclaves qui en avoi5t so91 faisoi5t t\tes leurs ri*esses4 ,l',empire ,roma9 qui craignoit leur valeur f>\*e1 t5ta de les civilis]1 p\r les amollir4 ,aprs avoir obt5u1 p> has>d1 quelqu'avantage sur eux1 il put exig] qu'ils se s\miss5t cultiv] la t]re4 ,il v\lut les atta*] aux pays qu'ils habitoi5t1 p\r les =c] aim] le repos2 mais ds que leurs =ces fur5t rp>es1 ils reg>dr5t cette loi comme un affront1 cont9ur5t croire que t\t app>ti5t aux plus braves et aux plus =ts1 et qu'il ne convi5t qu' des l*es de ne pas conqurir leur subsi/ance4 ,les ,gaules1 qu'ils reg>doi5t comme un pays ennemi1 p>ce qu'elles leur (froi5t un ri*e but91 fur5t cont9uellem5t pilles1 ou obliges de se ra*et] du pillage1 en a*etant la paix p> des traits qui toi5t bi5tt viols4 ,comm5t les ,franais auroi5t-ils s\ponn qu'il pt y avoir un droit des g5s1 que deux nations vois9es euss5t des devoirs rciproques remplir1 et qu'il leur importoit de respect] la foi des traits8 ,a pe9e savoi5t-ils qu'ils toi5t citoy5s1 et qu'ils =moi5t une socit4 ,en effet1 au lieu de lois1 ils n'avoi5t p\r t\te rgle que des c\tumes grossires1 cons]ves p> tradition1 et dont un pre in/ruisoit ses enfans1 en leur appr5ant se s]vir de son pe et de sa francisque4 ,on les acc\tumoit t\t os]1 et t\t att5dre de leur c\rage4 ,quelque soldat di/+u p> sa valeur ou son expri5ce1 =moit-il une entreprise has>deuse1 il dev5oit le capita9e de t\s ceux qui il avoit communiqu son audace et ses esprances2 et l'on vit s\v5t de ces b&es d'av5turi]s1 se sp>] de leur nation1 infe/] les m]s1 pill] des prov9ces d',espagne et d',italie1 et port] leurs ravages jusques sur les ctes mme de l',asie ,m9eure4 ,*aque famille =moit1 en quelque sorte1 une rpublique sp>e1 qui avoit ses intrts p>ticuli]s2 et qui1 se runissant1 p\r v5g] les injures ou les dommages faits quelqu'un de ses membres1 se faisoit elle-mme ju/ice p> la voie des armes4 ,cet tat de gu]re emp*oit qu'il ne se =mt p>mi les ,franais1 les li5s les plus ncessaires l'ordre de la socit2 et leurs qu]elles p>ticulires les auroi5t infailliblem5t ru9s1 si les maux mmes qu'elles produisoi5t1 ne les euss5t =cs de se pli] une sorte de police favorable aux foibles1 et qui pe9t cep5dant encore mieux que t\t le re/e1 leur ignorance et la b>b>ie de leurs murs4 ,qu&1 aprs avoir fait une injure1 on ne se s5toit pas en tat de se df5dre contre son ennemi1 on toit le matre de se s\/raire son ress5tim5t1 en lui donnant1 selon la nature de l'(f5se1 une c]ta9e quantit de bufs ou de m\tons2 c'e/ ce que nos anci5nes lois appell5t une composition1 et il n'toit pas p]mis l'(f5s de la refus]4 ,les magi/rats1 si l'on peut donn] ce nom augu/e1 au gnral d'une nation de brig&s1 et aux capita9es de *aque b\rgade1 toi5t obligs de pr5dre s\s leur protection1 les c\pables1 dont un ennemi trop v9dicatif n'auroit pas v\lu recevoir la composition1 p\r se rs]v] le droit de les punir son gr4 ,ils ne v5oi5t au sec\rs de l'(f5s1 que qu& il toit trop foible p\r se v5g]1 et contra9dre son ennemi lui pay] une composition1 ou que l'auteur de l'(f5se toit inconnu4 ,le juge alors1 comme capita9e du canton1 m5aoit de la gu]re l'aggresseur1 et le =oit satisfaire sa p>tie2 ou si on ne faisoit que s\ponn] un citoy5 d'avoir commis le dlit1 il l'obligeoit se ju/ifi]1 soit en subissant l'preuve ridicule du f] *aud ou de l'eau b\illante2 soit en produisant1 selon la nature de l'accusation1 un plus gr&1 ou un mo9dre nombre de tmo9s1 qui affirmoi5t avec lui son innoc5ce4 ,il e/ aussi indiffr5t de savoir si le *ef de la nation franaise fut appel du nom de roi ou de duc1 qu'il importe de connotre l't5due et les bornes de son autorit4 ,tacite n\s appr5d que le g\v]nem5t des ,g]ma9s toit une dmocratie1 tempre p> le p\voir du pr9ce#f et des gr&s4 ,qu& on ne retr\v]oit pas dans les monum5s les plus anci5s et les plus respectables de notre hi/oire1 une assemble gnrale1 appele le ,*amp de ,m>s1 en qui rsidoit la puissance lgislative1 et un conseil compos du roi et des gr&s1 qui n'toit *>g que du p\voir excutif1 ou de dcid] provisionnellem5t les affaires les mo9s importantes ou les plus presses2 on jug]a sans pe9e1 aprs ce que j'ai dit de la =tune et des murs des ,franais1 qu'ils devoi5t tre s\v]a9em5t libres4 ,un peuple fi]1 brutal1 sans patrie1 sans loi1 dont *aque citoy5 soldat ne vivoit que de but91 qui ne v\loit tre gn p> aucun *tim5t1 et ne punissoit de mort que la trahison1 ou l'assass9at1 et la poltronn]ie1 devoit avoir un capita9e1 et non pas un mon>que4 ,les ,franais p\voi5t tolr]1 de la "p de leur *ef1 quelques viol5ces atroces mme1 p>ce qu'elles toi5t dans l'ordre des murs publiques2 mais une autorit suivie1 raisonne et s\t5ue1 et t impraticable4 ,de quelque titre que le gnral des ,franais ft revtu1 la c\tume ne lui donnoit que quelques prrogatives1 qu'il et t dang]eux p\r lui de v\loir t5dre4 ,il recevoit les respects d'une c\r sauvage1 qui ne p\vant ni le corrompre p> ses flatt]ies1 ni tre elle-mme corrompue p> ses libralits1 le jugeoit t\j\rs avec ju/ice4 ,en un mot1 le pr9ce1 comme roi1 n'avoit po9t de sujets2 puisque1 comme gnral1 il ne comm&oit que des soldats qui combattoi5t p\r leurs propres intrts4 ,en effet1 le but9 que faisoit une arme1 app>t5oit l'arme2 et le roi lui-mme n'avoit que la "p que le sort lui assignoit4 ,on se rappelle sans d\te1 que ,clovis1 aprs la bataille#g de ,soissons1 n'osa dispos]1 sans le cons5tem5t de ses soldats1 d'un vase prcieux qu'ils avoi5t pris sur le t]ritoire de ,rheims1 et que l'vque de cette glise lui r$em&oit4 ,suivez-moi jusqu' ,soissons1 dit-il l'envoy du prlat1 c'e/ l que se doit faire le p>tage de notre but92 et je v\s satisf]ai4 ,ds qu'on se fut dispos faire les lots1 le pr9ce supplia son arme de lui accord]1 outre sa "p1 le vase enlev l'glise de ,rheims2 mais un soldat1 *oqu de cette dem&e1 quoique faite dans les t]mes les plus propres ne pas rvolt]1 l'av]tit1 avec t\te la brutalit g]manique1 de se cont5t] de ce qui lui *]roit en p>tage1 et d*>gea1 en mme temps1 un c\p de sa francisque1 sur le vase4 ,si ,clovis et t le s\v]a91 et non pas simplem5t le gnral de son arme1 p\rquoi n'auroit-il pas u du droit de la s\v]a9et8 ,si le soldat1 qui fut *oqu de sa dem&e1 et t c\pable1 sans d\te1 que le pr9ce fi]1 emport et victorieux1 auroit v5g sur-le-*amp son autorit mprise4 ,il s5tit vivem5t1 dit ,grgoire de ,t\rs1 l'injure qu'on lui faisoit1 l'arme la dsappr\voit2 et cep5dant1 il att5dit1 p\r se livr] son ress5tim5t1 que le soldat lui et f\rni un prtexte de le punir1 en commettant une faute contre la discipl9e4 ,les ,franais avoi5t dj err dans diffr5tes prov9ces de la ,g]manie1 lorsqu'ils s'tablir5t sur la rive droite du ,rh94 ,l',empire ,roma9 subsi/oit encore1 p>ce que les b>b>es1 acc\tums ne faire que des c\rses1 et qui ne v\loi5t que du but91 faisoi5t la gu]re sans tre conqurans4 ,mais les circon/ances *angr5t bi5tt2 les prov9ces appauvries et presque ds]tes ne valur5t plus la pe9e d'tre pilles2 et les emp]eurs1 dont les f9ances toi5t puises1 ne fur5t plus en tat d'a*et] la paix1 ni de mettre leurs frontires en sret1 en payant une espce de solde ou de tribut quelques nations ,g]maniques1 dont ils m5dioi5t depuis long-temps la protection4 ,cep5dant les b>b>es1 qui s'toi5t fait de n\veaux beso9s p> le comm]ce qu'ils avoi5t avec les ,roma9s1 devoi5t peu--peu se dgt] de cette n\velle situation2 il falloit qu'ils priss5t de n\velles murs1 et se fiss5t une n\velle politique4 ,la gu]re ne p\vant plus suffire leur subsi/ance1 ils devoi5t employ] leurs esclaves cultiv] la t]re2 et ds qu'ils cons5tiroi5t avoir une patrie et des demeures fixes1 il toit naturel qu'ils v\luss5t ab&onn] les =ts et les m>ais de la ,g]manie1 p\r s'tablir sur des t]res f]tiles1 et s\s un ciel mo9s sauvage4 ,l'exemple de leurs pres1 les prjugs de leur ducation1 et la =ce de l'habitude1 emp*oi5t seuls cette rvolution1 qu'un vnem5t imprvu r5dit enf9 ncessaire4 ,quelques jeunes ,huns *assoi5t sur les bords des ,palus ,motides2 une bi*e qu'ils avoi5t lance1 trav]sa un m>ais qu'ils reg>doi5t comme une m] impratiquable2 et en suivant tmrairem5t leur proie1 ils fur5t tonns de se tr\v] dans un n\veau monde4 ,ces *asseurs1 impati5s de racont] leurs familles les m]veilles qu'ils avoi5t vues1 ret\rnr5t dans leurs habitations1 et les rcits p> lesquels ils piquoi5t la curiosit de leurs compatriotes1 devoi5t *ang] la face des nations4 ,jamais peuple ne fut plus t]rible que les ,huns2 ils se rp&ir5t dans l',europe1 p> le *em9 qu'ils v5oi5t de dc\vrir1 et t\s les b>b>es qu'ils attaqur5t fur5t dtruits1 ou dev9r5t esclaves4 ,ils s'avancr5t dans la ,g]manie1 et la t]reur s'emp>a des ,go?s1 des ,ala9s1 des ,v&ales1 des ,suves1 etc4 qui1 ne se tr\vant plus en sret dans leurs anci5nes habitations1 se vir5t contra9ts1 p\r sauv] leur lib]t1 de conqurir un asyle dans les prov9ces de l'empire4 ,cet exemple donna de l'mulation aux ,franais1 et ce fut s\s la conduite de ,clodion qu'ils passr5t le ,rh91 s'ouvrir5t ,t\rnay1 et y placr5t le sige de leur n\velle rpublique4 ,atius t5ta inutilem5t de les *ass] de cette conqute2 et ce qu'il ne fit pas1 aucun des gnraux qui comm&r5t aprs lui les armes ,roma9es dans les ,gaules ne put l'excut]4 ,l'hi/oire ne dit presque ri5 de ,mrove3 occupe des entreprises importantes des ,huns1 des ,visigo?s et des ,v&ales1 qui fondoi5t de gr&es mon>*ies1 elle passe s\s sil5ce les c\rses et les ravages que ce pr9ce fit dans les ,gaules4 ,s\s ,*ilpric1 son successeur1 les ,franais n't5dir5t pas leur dom9ation au-del du ,t\rnsis4 ,peut-tre faut-il l'attribu] leur manire anci5ne de faire la gu]re1 qu'ils avoi5t cons]ve1 ou la mollesse de leur roi1 qui comm5ant se famili>is] avec des vices inconnus dans la ,g]manie1 toit plus flatt d'enlev] les femmes de ses sujets que des prov9ces aux ,roma9s1 et fut *ass p> sa nation1 qui le crut indigne d'elle4 ,quoi qu'il en soit1 ce n'e/ qu'aprs la ru9e entire de l',empire d',occid5t1 que les ,franais prir5t un n\veau gnie1 t5dir5t leurs vues1 et dev9r5t conqurans4 ,dans la situation dplorable o se tr\voit l',empire1 il toit indiffr5t p\r les peuples qui v\loi5t s'y tablir1 que le trne des emp]eurs subsi/t1 ou ft r5v]s2 mais les b>b>es1 qui ne connoissoi5t1 ni ce qui fait la =ce1 ni ce qui fait la foiblesse d'un tat1 se laissoi5t tromp] p> je ne sais quel air de gr&eur1 ou plutt de fa/e et d'orgueil1 que les emp]eurs avoi5t cons]v dans leur dcad5ce1 et ce fantme leur imposoit4 ,odoacre1 p\r concevoir1 et consomm] l'entreprise aise de dtrn] ,augu/ule1 dut tre un audacieux3 la rvolution1 dont il fut l'auteur1 causa une f]m5tation gnrale *ez les b>b>es4 ,t\tes les nations s'agitr5t la fois1 *acun reg>da quelque prov9ce de l',empire comme sa proie2 et l'on vit se =m] et se dtruire en mme temps mille n\velles mon>*ies4 ,je me borne p>l] de ce qui reg>de les ,franais4 ,ils t\*oi5t aux prov9ces sept5trionales des ,gaules1 qui toi5t re/es s\s la dom9ation des emp]eurs1 t&is que celles du midi avoi5t pass s\s l'obissance des ,visigo?s et des ,b\rguignons2 et ces prov9ces1 con/]nes de n'avoir1 en quelque sorte1 plus de matre1 et qu'une longue habitude du j\g avoit r5dues incapables de rec\vr] leur lib]t1 devoi5t obir quiconque v\droit les g\v]n]4 ,peu de pr9ces1 dans ces circon/ances1 ont t aussi propres que ,clovis1 je ne dis pas seulem5t conqurir1 mais =m] un ,empire4 ,s\s cette frocit qui c>actrise son sicle et les hros de la ,g]manie1 ce pr9ce1 suprieur sa nation et ses contempora9s1 avoit des lumires1 des tal5s1 et mme des v]tus1 qui auroi5t honor le trne des ,emp]eurs ,roma9s4 ,dans une nation police1 la cruaut et la f\rb]ie annonc5t une ame foible1 l*e et timide3 *ez un peuple encore sauvage1 elles s'associ5t s\v5t avec une ame gr&e1 noble et fire4 ,a qui ne connot pas les bornes troites qui sp>5t la v]tu du vice1 la viol5ce peut p>otre du c\rage1 et la p]fidie de la prud5ce4 ,clovis qui n'avoit p\r t\te rgle de morale que les prjugs de sa nation1 son e/ime ou sa c5sure1 se p]mit1 p\r russir dans ses desse9s1 t\t ce qui ne devoit pas le r5dre odieux4 ,mais la manire diffr5te dont il se comporta1 suivant la diffr5ce des conjectures1 avec les ,gaulois1 les ,franais1 les ,b\rguignons1 les ,visigo?s1 les emp]eurs d',ori5t1 et les peuples de ,g]manie1 fait voir en lui un gnie aussi droit et f]me dans ses vues1 que fcond en ress\rces1 et un c\rage propre russir dans t\s les temps1 et trop suprieur aux vnem5s1 p\r rec\rir p> ncessit des moy5s bas et honteux4 ,il comm5a ses conqutes p> la dfaite de ,siagrius1 qui avoit pris le titre de roi1 et fait reconnotre son autorit sur les frontires de la ,gaule1 qu& l',empire fut dtruit p> ,odoacre4 ,ce premi] avantage ouvrit un pays considrable aux ,franais1 et ,soissons dev9t leur capitale4 ,je ne rfute pas ici un criva9 clbre1 qui a prt5du que les ,franais1 amis1 allis et auxiliaires des emp]eurs1 dont ils recevoi5t une solde1 ne se sont pas emp>s des ,gaules1 les armes la ma94 ,l'abb du ,bos ne fait de ,clovis1 qu'un (fici] de l',empire1 un matre de la milice1 qui t5oit son p\voir de ,znon et d',ana/ase4 ,il imag9e une rpublique ,armorique1 des confdrations1 des alliances1 des traits2 il se livre des conjectures jamais analogues aux c\tumes ni aux murs du temps dont il p>le1 et t\j\rs dm5ties p> les monum5s les plus srs de notre hi/oire1 qu'il ne cite jamais1 ou dont il abuse4 ,il suppose que les ,franais1 aussi pati5s et aussi dociles que des soldats m]c5aires1 n'ont va9cu que p\r l'avantage de leur capita9e1 et n'auront pas reg>d leur conqute comme leur bi51 et le droit d'y comm&] comme une p>tie de leur but94 ,en un mot1 ce roman1 qui n'a p\r t\te base1 qu'une h>diesse extrme conjectur]1 et quelques passages obscurs et mal-ent5dus1 ne peut avoir d'autorit que sur des esprits qu'il e/ presqu'inutile de dtromp]4 ,la bataille de ,soissons1 et la conqute de la cit de ,tongres1 rp&ir5t une t]reur gnrale dans les ,gaules4 ,quoique ,clovis ft oblig d'y susp5dre ses progrs p\r faire la gu]re aux ,allem&s1 peuple puissant et belliqueux de ,g]manie1 qui v\loit faire des conqutes1 et qu'il toit important de t5ir au-del du ,rh91 cette div]sion ne nuisit po9t sa premire entreprise4 ,on et dit que les ,gaulois avoi5t t battus ,tolbiac1 tant ils s'empressr5t de se s\mettre au j\g du va9queur des ,allem&s4 ,mais ,clovis1 dont les succs r5doi5t l'ambition t\j\rs plus agissante1 ne se cont5ta pas de possd] les prov9ces de la ,gaule1 s\mises aux d]ni]s emp]eurs d',occid5t4 ,il avoit eu le bonheur1 lorsqu'il se conv]tit la religion *rti5ne1 d'tre in/ruit dans nos my/res1 p> un vque or?odoxe2 et cet avantage seul1 le r5dit r$\table aux ,visigo?s et aux ,b\rguignons1 encore mal aff]mis sur leurs conqutes4 ,ces b>b>es infects depuis long-tems des erreurs de l',arianisme1 qu'ils *]*oi5t t5dre dans les ,gaules p> la voie de la =ce1 toi5t reg>ds comme des impies p> le peuple1 et comme des tyrans p> le cl]g1 dont ils gnoi5t la doctr9e et qu'ils dp\illoi5t de ses bi5s4 ,clovis pr(ita habilem5t de cette disposition des esprits2 les vques favorisr5t son entreprise1 il ru9a la puissance des ,visigo?s au-del de la ,loire2 et aprs avoir r5du les ,bretons ses tributaires1 il branla un tel po9t la mon>*ie des ,b\rguignons1 que ses fils en fir5t aism5t la conqute4 ,,*apitre ,,ii4 ,quelle fut la condition des ,gaulois et des autres peuples s\mis la dom9ation des ,franais4 ,le mom5t o les ,franais tablir5t leur empire dans les ,gaules1 dut p>otre effrayant aux naturels du pays2 je ne p>le pas des viol5ces qui se commir5t dans le c\rs de la conqute1 on imag9e aism5t les ravages d'une arme dont *aque soldat combat p\r s'enri*ir1 et croit que le droit du va9queur e/ le droit de t\t faire impunm5t4 ,la conduite des ,franais ne fut pas vraisemblablem5t mo9s dure1 qu& ils comm5cr5t v\loir pr(it] des avantages de la victoire1 et fix] leur =tune jusqu'alors inc]ta9e4 ,depuis que ,clodion avoit occup ,t\rnay1 et que le comm]ce plus frqu5t des ,roma9s leur avoit appris connotre le prix des ri*esses1 ils toi5t dev5us d'une avidit insatiable2 et le g\v]nem5t qu'ils avoi5t apport de ,g]manie1 toit plus propre favoris] les passions1 qu' les rprim]4 ,ri5 ne n\s in/ruit de la manire dont ils acquir5t des t]res2 si1 l'exemple des ,visigo?s et des ,b\rguignons1 ils avoi5t =c *aque propritaire leur ab&onn] une c]ta9e p>tie de ses possessions1 n\s en tr\v]ions infailliblem5t quelque trace dans nos anci5s monum5s4 ,le sil5ce de nos lois et de ,grgoire de ,t\rs1 sur un trait si important1 p]met de conjectur] qu'ils se rp&ir5t sans ordre dans les prov9ces qu'ils avoi5t subjugues1 et s'emp>r5t sans rgle d'une p>tie des possessions des ,gaulois4 ,t]res1 maisons1 esclaves1 tr\peaux1 *acun prit ce qui se tr\voit sa bi5sance1 et se fit des doma9es plus ou mo9s considrables1 suivant son av>ice1 ses =ces1 ou le crdit qu'il avoit dans sa nation4 ,si les ,gaules ne fur5t pas rduites en s]vitude1 c'e/ que les ,franais n'avoi5t d'ide que de la lib]t1 qu'ils traitoi5t1 a9si que les autres ,g]ma9s1 leurs esclaves comme des hommes1 et que la tyrannie1 bi5 diffr5te du brig&age et de la viol5ce1 dem&e des vues et un art dont ils toi5t bi5 loigns4 ,la victoire les r5dit insol5s et brutaux2 ils s'acc\tumr5t faire des injures aux ,gaulois3 et qu& ils crivir5t leurs c\tumes et les rdigr5t en lois1 ils tablir5t une diffr5ce#h humiliante entre eux et les va9cus4 ,le ,gaulois fut jug un homme vil1 son sang fut e/im une fois mo9s que celui d'un ,franais2 et dans t\s les cas1 on ne lui paya que la moiti de la composition qu'on devoit celui-ci4 ,il ne faut que jet] les yeux sur nos lois saliques et ripuaires1 p\r voir combi5 les ,franais toi5t atta*s aux c\tumes dans lesquelles ils avoi5t t levs4 ,ils toi5t en mme-temps trop ignorans et trop heureux dans leurs entreprises1 p\r se d\t] de ce qui leur manquoit dans leur n\velle situation4 ,cet atta*em5t p\r les usages les mo9s importans1 e/ la preuve la plus =te que leur g\v]nem5t ne s\ffrit d'abord aucune altration dans ses pr9cipes les plus ess5tiels4 ,la nation t\j\rs libre1 et =mant une vraie rpublique1 dont le pr9ce n'toit que le premi] magi/rat1 rgnoit en corps sur les diffr5s peuples qui habitoi5t ses conqutes4 ,le *amp de m>s fut encore assembl2 les gr&s cont9ur5t =m] le conseil du pr9ce1 et les cits des ,gaules fur5t g\v]nes comme l'avoi5t t les b\rgades de ,g]manie3 les anci5s ,grafions1 s\s les noms n\veaux de ducs ou de comtes1 toi5t -la-fois capita9es et juges des habitans de leur ressort4 ,il n'e/ pas d\teux que cet assemblage de n\veauts ne dt p>otre le comble des maux p\r les ,gaulois1 dont les murs et les lois toi5t si diffr5tes1 et que le despotisme des emp]eurs avoit acc\tums s'effray] de t\t *angem5t4 ,je crois cep5dant qu'aprs tre rev5us de leur premire t]reur1 et s'tre famili>iss avec leurs matres1 ils n'eur5t bi5tt plus lieu de regrett] leur anci5ne situation4 ,l'av>ice des emp]eurs1 et l'insol5ce de leurs (fici]s1 avoi5t acc\tum les ,gaulois aux inju/ices1 aux affronts et la pati5ce4 ,ils ne s5toi5t po9t l'avilissem5t o la dom9ation des ,franais les jetoit1 comme l'auroit fait un peuple libre4 ,le titre de citoy5s ,roma9s qu'ils portoi5t1 n'app>t5oit depuis long-temps qu' des esclaves2 et =ce d'avoir t pills et battus p> les b>b>es1 ils avoi5t appris les respect]4 ,ils vir5t pass] une p>tie de leurs bi5s entre les ma9s des ,franais1 mais ils s'att5doi5t vraisemblablem5t s\ffrir des p]tes encore plus considrables2 et ce qui leur re/a1 s]vit les consol] de ce qu'ils avoi5t p]du4 ,comme le pillage se fit au has>d1 plusieurs citoy5s n'en s\ffrir5t po9t1 et les autres en fur5t ddommags p> la suppression des anci5s impts4 ,ces d\anes#i1 ces c5s1 ces capitations1 et1 p\r le dire en un mot1 t\s ces tributs que l'av>ice et le fa/e des emp]eurs avoi5t exigs de leurs sujets1 tombr5t dans l'oubli s\s le g\v]nem5t des ,franais4 ,le pr9ce eut p\r subsi/]#aj ses doma9es1 les dons libres que lui faisoi5t ses sujets1 en se r5dant l'assemble du *amp de m>s1 les am5des1 les confiscations1 et les autres droits que la loi lui attribuoit4 ,au lieu d'une socit t\j\rs pauvre1 p>ce que les sujets m]c5aires s'y devoi5t faire pay] p\r remplir les devoirs de citoy51 les ,gaulois se tr\vr5t dans un tat ri*e1 p>ce que le c\rage et la lib]t en toi5t l'ame4 ,comme les ,franais ne v5doi5t po9t leurs s]vices la patrie1 ils n'imag9r5t pas d'a*et] ceux des ,gaulois ni des b>b>es qui se s\mir5t leur autorit4 ,t\te imposition dev9t donc inutile1 et les sujets simplem5t obligs1 a9si que leurs matres1 de faire la gu]re leurs dp5s1 qu& leur cit toit#aa comm&e1 ne contribur5t comme eux qu' f\rnir des voitures aux (fici]s publics qui passoi5t dans leur prov9ce1 et les dfray]2 c'toit mo9s les assujettir un impt1 que les associ] la pratique de l'hospitalit1 v]tu extrmem5t prcieuse aux ,g]ma9s1 et ils ne fur5t t5us qu'aux mmes devoirs que les ,franais4 ,non-seulem5t les ,gaulois eur5t la satisfaction de cons]v] leurs#ab lois nationales1 avantage dont j\ir5t galem5t t\s les autres peuples s\mis la dom9ation franaise2 mais ils se vir5t encore lev] une sorte de magi/rature4 ,en effet1 les ducs1 les comtes et leurs c5t5i]s ou vicaires1 di/ribus en diffr5s endroits de leurs g\v]nem5s p\r y r5dre la ju/ice1 ne p\voi5t prononc] un jugem5t sans pr5dre1 p>mi les citoy5s les plus notables1 sept assesseurs1 connus s\s les noms de ,ra*9b\rgs1 ou de ,scab9s2 et ces assesseurs1 t\j\rs *oisis dans la nation de celui contre qui le procs toit int5t1 faisoi5t la s5t5ce1 le *ef du tribunal la prononoit seulem5t4 ,les ,gaulois se tr\vr5t p>-l leurs propres juges1 prrogative que la vnalit des magi/rats1 s\s le g\v]nem5t de l'empire1 r5doit bi5 prcieuse2 et ils ne dur5t plus s'en pr5dre qu' leur propre corruption1 si la ju/ice fut encore v5due ou mal adm9i/re4 ,il semble que plus les ,franais s]oi5t atta*s leurs anci5nes c\tumes1 plus le sort des va9cus s]oit malheureux2 et il arriva au contraire que1 p> une suite mme de cet atta*em5t1 ils ab&onnr5t aux ,gaulois une gr&e p>tie de l'autorit publique4 ,tacite rem>que que les ,g]ma9s avoi5t un extrme respect p\r les m9i/res de leur religion3 les prtres j\issoi5t *ez eux des prrogatives les plus considrables2 c'e/ eux qu'app>t5oit la manut5tion de l'ordre et de la police dans les assembles gnrales de la nation4 ,ils repr5oi5t1 arrtoi5t et *tioi5t un citoy5 qui y manquoit son devoir2 et cette juridiction devoit leur donn] un crdit d'autant plus t5du1 qu'on les croyoit inspirs p> les ,dieux dont ils toi5t les m9i/res4 ,comm5t les ,franais1 en embrassant le *ri/ianisme1 n'auroi5t-ils pas cons]v1 p\r les prtres de leur n\velle religion1 les s5tim5s de vnration auxquels ils toi5t acc\tums l'g>d des prtres de leurs idoles8 ,ils tr\vr5t dans les ,gaules un cl]g que la lib]t des emp]eurs avoit combl de privilges1 qui avoit des murs au milieu des ri*esses qu'il devoit la pit des fidelles1 qui faisoit des miracles1 ou qui avoit la rputation d'en faire1 et qui pr(itant1 dans la dcad5ce de l'empire1 de la foiblesse du g\v]nem5t1 s'toit attribu une autorit favorable au bi5 public1 laquelle il et t dang]eux de v\loir port] atte9te1 et qui fut utile ,clovis mme1 qu& il fit la gu]re aux ,visigo?s et aux ,b\rguignons4 ,des prtres qui conv]tiss5t une nation1 en sont les matres s'ils veul5t l'tre4 ,les vques se cont5tr5t d'tre *ez les ,franais *rti5s1 ce que les prtres de leurs faux-dieux avoi5t t *ez les ,franais idoltres4 ,quoique p5dant long-temps ils fuss5t encore t\s ,gaulois de naissance1 et se g\v]nass5t p> consqu5t p> les lois roma9es1 non-seulem5t ils entrr5t dans les assembles de la nation1 mais y occupr5t mme la premire#ac place4 ,s\s le rgne de ,clotaire ,i1 ils travaillr5t1 de conc]t avec les ,franais1 corrig] les lois saliques et ripuaires1 et obt9r5t1 p> ces lois mmes1 des di/9ctions suprieures celles de t\s les autres citoy5s4 ,ils ex]cr5t une sorte d'int5dance sur t\s les tribunaux de la nation2 et dans l'abs5ce du roi1 qui on appeloit des jugem5s r5dus p> les comtes et les ducs1 on s'adresssa aux vques1 qui eur5t1 comme lui1 le droit de *ti] les juges qui malv]soi5t dans l'ex]cice de leur emploi1 de cass] et de r=m] leurs s5t5ces4 ,il e/ vraisemblable que les ecclsia/iques1 encore plus accrdits p> leurs lumires1 quoique =t ignorans1 que p> le rang qu'ils occupoi5t1 s]vir5t de li5 entre les deux nations1 et employr5t leur crdit et leur autorit p\r emp*] l'oppression de leurs compatriotes et de leurs p>5s4 ,c'e/ leur prire sans d\te que les ,gaulois1 d'abord humilis1 mpriss et traits en va9cus1 obt9r5t le privilge qu'avoit t\t b>b>e tabli sur les t]res de la dom9ation franaise1 de s'incorpor] la nation victorieuse#ad1 et de se naturalis] franais4 ,c'e/--dire1 qu'un ,gaulois1 aprs avoir dcl> devant le pr9ce1 ou en prs5ce du duc et du comte dans le ressort duquel il avoit son domicile1 qu'il r5onoit la loi roma9e p\r vivre s\s la loi salique ou ripuaire1 comm5oit j\ir des prrogatives propres aux ,franais1 obt5oit les mmes compositions1 de sujet dev5oit citoy51 avoit place dans les assembles du *amp de m>s1 et entroit en "p de la s\v]a9et et de l'adm9i/ration de l'tat4 ,malgr tant d'avantages atta*s la qualit de franais1 il e/ vrai que la plup>t des pres de famille1 soit ,gaulois1 soit b>b>es tablis dans les ,gaules1 ne s'incorporr5t pas la nation franaise1 et cont9ur5t tre sujets4 ,on ne concevroit po9t cette indiffr5ce pr(it] de la faveur de leurs matres1 si on ne faisoit att5tion que la lib]t que t\t ,gaulois et t\t b>b>e avoit de dev5ir franais1 levoit la honte ou le repro*e de ne l'tre pas4 ,le long despotisme des emp]eurs1 en affaissant les esprits1 avoit acc\tum les uns ne pas mme dsir] d'tre libres1 et les autres1 p> une vanit mal ent5due1 cons]voi5t le plus gr& atta*em5t p\r les lois et les usages p>ticuli]s de leur nation4 ,l'habitude a des *anes qu'il e/ difficile de rompre2 il p>ut sans d\te trop dur aux ,gaulois de r5onc] leurs lois1 leurs murs et leurs c\tumes1 p\r se s\mettre un code aussi b>b>e que celui des va9queurs4 ,les devoirs qu'ils devoi5t l'tat1 n'auroi5t t ni mo9s nombreux1 ni mo9s t5dus2 ils n'auroi5t mme vit aucune injure de la "p des ,franais naturels1 qui1 t\j\rs dsunis1 froces1 brutaux et emports1 se traitoi5t en ennemis1 sans g>d p\r leur orig9e commune4 ,ce qui dt]m9a pr9cipalem5t les ,gaulois et les autres sujets des ,franais prfr] de vivre s\s leurs lois nationales1 aux avantages que leur promettoit la naturalisation1 c'e/ que les pr9cipes du g\v]nem5t populaire apport de ,g]manie1 fur5t branls et dtruits presqu'aussitt que les ,gaules fur5t conquises4 ,les gr&s et le pr9ce1 comme on va le voir1 s'tant emp>s de t\te l'autorit publique1 au prjudice du re/e de la nation1 les trang]s d'une =tune obscure1 ou mme mdiocre1 auroi5t r5onc leurs c\tumes p\r suivre la loi salique ou la loi ripuaire1 sans cess] d'tre sujets4 ,,*apitre ,,iii4 ,des causes qui contribur5t ru9] les pr9cipes du g\v]nem5t dmocratique des ,franais4--,comm5t les successeurs de ,clovis s'emp>r5t d'une autorit plus gr&e que celle qui leur toit attribue p> la loi4--,tyrannie des gr&s4--tablissem5t des seigneuries4 ,les ,franais ayant enf9 une patrie1 des t]res et des habitations fixes1 ne t>dr5t pas pr\v] l'insuffisance des lois g]maniques4 ,leurs anci5nes murs1 qui les portoi5t au brig&age1 toi5t en contradiction avec leur n\velle situation4 ,faute de pr9cipes conomiques et politiques1 ils toi5t emb>rasss1 comme citoy5s1 de leur =tune dome/ique1 et comme s\v]a9s1 de t\s ces peuples diffr5s qui leur obissoi5t sans avoir de liaison entre eux1 et avec des prjugs opposs4 ,les ,franais auroi5t eu beso9 d'un disc]nem5t pr(ond p\r se dt]m9] avec sagesse dans le *oix des n\veauts qu'un ordre de *oses t\t n\veau r5doit ncessaires2 mais leur ignorance les =oit adopt] indiffremm5t t\s les moy5s que le bonheur ou le malheur des conjonctures leur suggroi5t4 ,atta*s p> habitude leurs c\tumes1 mais fatigus des dsordres qu'elles produisoi5t1 ils essayr5t de *]*] dans les lois roma9es un remde aux maux qu'ils pr\voi5t4 ,le code mme des ripuaires en (fre une preuve c]ta9e2 et quoiqu'il n\s re/e peu d'ordonnances faites s\s les premi]s ,mrov+i5s1 n\s voyons qu'avant la f9 du sixime sicle1 les ,franais avoi5t dj adopt la doctr9e salutaire des ,roma9s au sujet de la prescription2 et que1 r5onant cette humanit cruelle qui les enh>dissoit au mal1 ils infligr5t pe9e de mort contre l'ince/e1 le vol et le meurtre1 qui jusques-l n'avoi5t t punis que p> l'exil1 ou dont on se ra*etoit p> une composition4 ,les ,franais1 en r=mant quelques-unes de leurs lois civiles1 portr5t la svrit aussi lo9 que leurs pres avoi5t p\ss l'indulg5ce2 et1 faute de proportionn] les *tim5s la nature des dlits1 ils fir5t s\v5t des lois absurdes1 tyranniques1 et p> consqu5t impraticables4 ,mais qu& elles auroi5t t plus sages que celles des ,roma9s1 elles n'auroi5t produit aucun bi5 solide2 quoi s]t de rgl] avec prud5ce les droits respectifs des citoy5s1 et de leur prescrire une conduite favorable l'ordre public1 si ces lois n'ont p\r base un g\v]nem5t propre les protg] et les faire obs]v]8 ,une dmocratie tempre p> le conseil des gr&s et l'autorit du pr9ce1 avoit donn aux ,franais1 t&is qu'ils ne vivoi5t que de pillage1 t\t ce qui e/ ncessaire p\r la sret et les progrs d'une socit de brig&s4 ,on sait que les politiques ont reg>d cette =me de g\v]nem5t comme la plus capable d'clair] une nation sur ses intrts1 et d'aiguis] l'esprit et le c\rage des citoy5s4 ,vraisemblablem5t elle auroit encore fait natre p>mi les ,franais les qualits et les in/itutions ncessaires un peuple qui a une =tune et des tablissem5s fixes1 s'ils avoi5t travaill l'aff]mir2 mais pe9e avoi5t-ils t tablis dans les ,gaules1 que l'am\r de la lib]t n'avoit plus t leur premire passion4 ,leurs conqutes rel*r5t les ressorts de leur g\v]nem5t2 de n\veaux beso9s et de n\velles circon/ances1 leur donnant des ides diffr5tes de celles qu'ils avoi5t apportes de ,g]manie1 les dta*r5t ins5siblem5t de leurs anci5s pr9cipes politiques4 ,au lieu de s'tablir dans une mme contre1 les ,franais s'toi5t rp&us et l dans t\te l't5due de leurs conqutes2 ne cons]vant a9si aucune relation entre eux1 les =ces de la nation semblr5t en quelque sorte s'van\ir2 les citoy5s n'eur5t plus un mme intrt1 et ne pur5t clair] et rgl] avec la mme vigilance qu'autrefois la conduite de leurs *efs4 ,le beso9 de but9] avoit atta* autrefois *aque p>ticuli] au corps de la nation1 p>ce qu'aucun n'avoit une =tune qui lui suffit3 ce li5 ne subsi/a plus aprs la conqute1 *aque ,franais crut avoir t\t fait1 qu& il eut acquis un patrimo9e1 et se livra au plaisir de faire valoir ses n\velles possessions1 ou de tr\bl] ses vois9s dans les leurs4 ,le bi5 public fut sacrifi l'intrt p>ticuli]1 et ce *angem5t dans les murs annonoit une rvolution pro*a9e dans le g\v]nem5t4 ,tacite a rem>qu que les ,g]ma9s toi5t peu exacts se r5dre leurs assembles publiques2 peut-tre toi5t-ils excusables1 c> la pauvret ti5t lieu de bi5 des v]tus et de bi5 des lois2 et des hommes qui ont peu de beso9s1 et qui on ne peut t] que la vie1 sont t\j\rs libres qu& ils veul5t l'tre4 ,mais les ,franais toi5t dev5us ri*es1 sans se d\t] que leurs ri*esses toi5t un appas capable de t5t] la cupidit des plus puissans d'entre eux1 et que leurs n\veaux beso9s toi5t autant de *anes dont on p\voit les g>rot]4 ,le g\v]nem5t1 qui tolroit leurs inju/ices1 p>ce qu'il ignoroit l'art de les rprim] et d'tablir l'ordre1 leur inspira une scurit dang]euse4 ,mo9s les lois civiles cons]voi5t de =ce sur les citoy5s1 plus les ,franais auroi5t d cra9dre p\r la p]te de leur =tune dome/ique et de leur lib]t2 mais ils toi5t encore trop lo9 de cette vrit p\r l'entrevoir4 ,confondant1 au contraire1 la lic5ce la plus extrme avec la lib]t1 ils crur5t qu'ils s]oi5t t\j\rs libres1 p>ce qu'on ne p\voit pas les rprim]2 ils s'ab&onnr5t avec scurit l'av>ice et leur p>esse naturelle1 et ngligr5t de se r5dre aux assembles du *amp de m>s1 qui ne se t9r5t plus rgulirem5t1 et qu'on cessa bi5tt de#ae convoqu]4 ,t\te l'autorit dont le corps enti] de la nation avoit j\i1 se tr\va a9si r5f]me dans le conseil compos du pr9ce et des gr&s1 qui n'avoit jusqu'alors possd que la puissance excutrice4 ,mais cette ari/ocratie naissante ne portoit elle-mme sur aucun fondem5t solide2 les fils de ,clovis toi5t dev5us trop ri*es et trop ambitieux p\r se cont5t] du p\voir born de leurs pres2 et depuis que les lois avoi5t admis les vques l'adm9i/ration des affaires1 et que quelques ,gaulois avoi5t mme t levs la dignit de ,leudes1 les gr&s1 qui n'avoi5t plus un mme esprit1 avoi5t des intrts opposs4 ,ils ne connoissoi5t ni l't5due1 ni les bornes de leur autorit2 et t&is que les uns n'aspiroi5t qu' dev5ir des tyrans1 les autres ne dem&oi5t qu' tre esclaves4 ,les vques1 acc\tums au p\voir arbitraire s\s des emp]eurs qui ne respectoi5t aucune loi1 n'avoi5t j\i qu'en tremblant des immunits qu'ils t5oi5t de la pit de ,con/ant9 et de quelques-uns de ses successeurs2 et ne les avoi5t cons]ves qu'en av\ant t\j\rs qu'on p\voit les leur t]4 ,le cl]g1 plus in/ruit des matires de la religion que de celles de la politique1 et dont le c>actre propre e/ de cons]v]1 p> une sorte de tradition1 le mme langage1 crut tre encore sujet dans une mon>*ie1 qu& il toit dev5u le premi] corps d'une rpublique4 ,il ne s'app]ut pas que la nature de ses privilges avoit *ang avec le g\v]nem5t des ,gaules2 et que les prrogatives qu'il ne possdoit que d'une manire prcaire s\s les emp]eurs roma9s1 il les t5oit actuellem5t de la con/itution franaise1 et qu'elles toi5t dev5ues des droits aussi sacrs que ceux de t\s les autres ordres de la nation4 ,sa9t ,paul avoit recomm& l'obissance la plus entire aux puissances1 c'e/--dire1 aux lois dans les g\v]nem5s libres1 et au mon>que dans les mon>*ies2 c> la religion *rti5ne n'a ri5 v\lu *ang] l'ordre politique des socits3 mais les vques ne faisoi5t pas cette di/9ction ncessaire2 p>ce que le premi] magi/rat des ,franais s'appeloit roi1 ils imag9r5t que le g\v]nem5t toit1 ou devoit tre mon>*ique4 ,n'ent5dant pas mieux ,samuel que ,sa9t ,paul1 ils crur5t qu'il toit de l'ess5ce de t\t roi de faire t\t ce qu'il v\loit1 que c'toit un p* de ne pas respect] aveuglm5t ses caprices2 et que ,dieu1 p> le plus incomprh5sible de t\s les my/res1 tr\voit mauvais que des hommes qui s'toi5t fait un *ef de leur gal1 p\r faire obs]v] les lois1 et y obissant lui-mme1 osass5t lui dem&] compte de l'adm9i/ration dont ils l'avoi5t *>g p\r le bi5 public4 ,si ,clotaire veut impos] une taxe sur les bi5s de l'glise1 l'vque ,injuriosus ne s'y oppose po9t comme une entreprise contraire la lib]t de la nation1 mais comme un sacrilge4 ,il oublie qu'il e/ citoy51 p\r ne p>l] qu'en vque#af1 qui croit que les possessions de l'glise sont le patrimo9e de ,dieu et des pauvres4 ,dans mille endroits des crits de ,grgoire de ,t\rs1 on voit avec tonnem5t que ce prlat raconte des faits qui pr\v5t la lib]t des ,franais1 avec les t\rs et les expressions d'un homme qui ne connot que le p\voir arbitraire4 ,ne croiroit-on pas qu'il p>le un emp]eur roma91 revtu de t\t le p\voir de sa nation1 lorsqu'il dit ,*ilpric3 si quelqu'un de n\s s'c>te des rgles de la ju/ice1 v\s p\vez le corrig]2 mais si v\s les violez v\s-mme1 qui v\s repr5dra8 ,n\s v\s faisons des remontrances1 et v\s les c\tez1 si v\s le jugez propos2 mais si v\s les rejetez1 ,dieu seul e/ en droit de v\s jug]4 ,il e/ vraisemblable cep5dant que les successeurs de ,clovis n'auroi5t attaqu1 ni si promptem5t ni si h>dim5t les lib]ts de la nation1 si les gr&s1 qu'on appeloit ,leudes#ag1 fidelles1 ou ,antru/ions1 euss5t encore t tels dans les ,gaules qu'ils avoi5t t en ,g]manie4 ,ce n'toit qu'aprs s'tre di/+u p> quelqu'acte clatant de c\rage1 qu'un ,franais toit autrefois admis prt] le s]m5t de fidlit au pr9ce4 ,p> cette crmonie1 on toit tir de la classe commune des citoy5s1 p\r entr] dans un ordre suprieur1 dont t\s les membres1 revtus d'une noblesse p]sonnelle1 avoi5t des privilges p>ticuli]s1 tels que d'occup] dans les assembles gnrales une place di/+ue1 de possd] seuls les places publiques1 de =m] le conseil t\j\rs subsi/ant de la nation1 ou cette c\r de ju/ice dont le roi toit prsid5t1 et qui r=moit les jugem5s r5dus p> les ducs et les comtes4 ,les ,leudes ne p\voi5t tre jugs dans leurs diffr5ds que p> le pr9ce1 et ils exigeoi5t une composition plus considrable que les simples citoy5s1 qu& on les avoit (f5ss4 ,aprs la conqute des ,gaules1 la =tune comm5a t5ir lieu de mrite4 ,ce ne fur5t plus les citoy5s les plus dignes de l'e/ime publique1 qui composr5t seuls l'ordre des ,leudes2 les plus ri*es ou les plus adroits plaire y fur5t associs3 c'toit accrdit] l'av>ice et la flatt]ie4 ,les pr9ces admir5t au s]m5t des ,gaulois qui s'toi5t naturaliss ,franais1 et ces n\veaux ,leudes ne fur5t pas mo9s indiffr5s sur la lib]t1 ni mo9s c\rtisans que les vques4 ,t\te mulation fut te9te1 qu& des esclaves mme que leurs matres v5oi5t d'affran*ir1 fur5t sc&aleusem5t levs aux dignits dont on rcomp5soit autrefois les s]vices et les tal5s les plus di/+us4 ,les prdcesseurs de ,clovis1 et vraisemblablem5t ce pr9ce lui-mme1 s'toi5t fait respect] des gr&s1 en ne leur donnant que quelque prs5t mdiocre1 tel qu'un *eval de bataille#ah1 un javelot1 une francisque ou une pe4 ,ces rcomp5ses1 alors si prcieuses1 p>ur5t viles aprs les *angem5s surv5us dans la =tune des ,franais et les murs des ,leudes4 ,les rois ,mrov+i5s1 t\j\rs intresss mnag] ces d]ni]s1 p\r agr&ir la prrogative royale sans s\lev] le re/e de la nation1 imag9r5t donc un n\veau g5re de libralits plus propre leur plaire2 ils donnr5t quelque portion de leur doma9e mme2 et c'e/ ce que nos anci5s monum5s appell5t indiffremm5t bnfice ou fisc1 et que quelques criva9s mod]nes ont eu tort de confondre avec les possessions qu'on a appelles depuis des fiefs4 ,soit p> dfaut de connoissances ou d'conomie1 soit p> une suite des p>tages surv5us dans les successions1 les ,franais voyoi5t dim9u] de j\r en j\r la =tune que leurs pres avoi5t acquise4 ,le pr9ce1 qui rp>oit ces disgraces1 ne p>ut plus le simple m9i/re des lois4 ,s\s une va9e app>5ce d'ari/ocratie1 les fils de ,clovis1 qui avoi5t subjugu le conseil de la nation p> leurs bi5faits1 s'en tr\vr5t les matres2 ils s'emp>r5t d'autant plus aism5t de t\te la puissance publique1 que1 p\r s'assur] de la reconnoissance des c\rtisans1 et s'atta*] p> l'esprance ceux-mmes qui ils n'accordoi5t aucune grce1 ils avoi5t eu la prcaution de se rs]v] le droit de repr5dre leur gr les bnfices qu'ils avoi5t accords4 ,ri5 ne p\voit rsi/] des pr9ces qui savoi5t si bi5 us] de leur =tune4 ,lo9 de s'oppos] leurs inju/ices1 des ,leudes qui v\loi5t les enri*ir p\r les pill]1 et les r5dre puissans p\r abus] de leur puissance1 les enc\rageoi5t mpris] les lois1 et leur appr5oi5t l'art de se faire de n\velles prrogatives4 ,je ne crois pas qu'il soit impossible de di/+u] les entreprises inspires p> les ,leudes ,gaulois d'orig9e1 de celles qui toi5t l'ouvrage des ,franais4 ,l'tablissem5t des d\anes1 des capitations1 et des impts sur les t]res2 ces prceptions odieuses1 ou ces diplmes p> lesquels le pr9ce accordoit des privilges p>ticuli]s1 disp5soit de la loi1 et ordonnoit mme quelquefois de la viol] de la manire la plus crim9elle1 ont une analogie vid5te avec l'anci5 g\v]nem5t des emp]eurs1 et suppos5t des connoissances et un raff9em5t que les ,franais n'avoi5t pas4 ,s'emp>]1 au prjudice des hriti]s lgitimes1 de la succession de ceux qui m\roi5t sans te/am5t2 autoris] les f]mi]s des doma9es royaux faire patre leurs tr\peaux sur les t]res de leurs vois9s2 se croire le matre de t\t1 p>ce qu'on e/ le plus =t et le plus inju/e3 t\t cela ne dem&e que l'insol5ce et la brutalit que les ,franais avoi5t apportes de ,g]manie4 ,cep5dant les rois ,mrov+i5s ne sa*ant po9t agr&ir leur autorit avec m?ode1 et =c] t\tes les p>ties de l'tat se c\rb] la fois s\s le poids de leur sceptre2 plusieurs gr&s1 qui cons]voi5t encore l'anci5 esprit de la nation1 ou qui toi5t les plus ri*es et les plus puissans1 eur5t le c\rage et le bonheur d'*app] au j\g qu'on leur avoit prp>4 ,soit qu'ils craigniss5t les =ces de la c\r et fuss5t intimids p> l'indiffr5ce avec laquelle le peuple voyoit la dcad5ce du g\v]nem5t1 soit qu'ils aimass5t mo9s la lib]t publique que leur propre lvation1 ils n'entreprir5t ri5 en faveur des lois1 et pr(itr5t au contraire des exemples d'inju/ice qu'on leur donnoit4 ,les n\veauts1 avec lesquelles les ,franais comm5oi5t se famili>is]1 et les dsordres qui en rsultoi5t1 sembloi5t autoris] t\tes les viol5ces2 on essaya ses =ces2 on t5ta des entreprises1 et ds que quelques gr&s esprr5t de p\voir dev5ir impunm5t des tyrans1 ils se fir5t des droits sur leurs vois9s qui possdoi5t des t]res avec la mme indp5dance qu'eux1 et donnr5t a9si naissance nos seigneuries#ai patrimoniales4 ,quoique la plup>t des premires seigneuries doiv5t vraisemblablem5t leur orig9e l'inju/ice des ,leudes qui1 abusant de leur crdit ou de leurs =ces1 exigr5t des corves et des r$evances de leurs vois9s1 les gnr5t p> des pages1 et se r5dir5t les arbitres de leurs qu]elles1 p\r p]cevoir leur pr(it les mmes droits que les plaideurs devoi5t leurs juges naturels3 je ne d\te pas cep5dant que d'autres n'ai5t t le fruit d'une protection ju/em5t accorde1 et de la reconnoissance qu'elle mritoit4 ,en effet1 les diffr5s pr9ces qui1 aprs le rgne de ,clovis1 p>tagr5t entre eux les prov9ces de la dom9ation ,franaise1 toi5t cont9uellem5t en gu]re les uns contre les autres1 ou contre leurs vois9s4 ,t&is que leurs armes1 sans discipl9e1 trav]soi5t les ,gaules en ravageant t\t sur leur passage1 ne di/+uoi5t po9t si elles toi5t en pays ami ou ennemi1 et reg>doi5t les hommes mmes comme une p>tie du but92 les habitans de la campagne1 p\r se mettre l'abri du pillage1 et mme de la s]vitude1 se rfugioi5t avec leurs effets les plus prcieux1 dans les *teaux de quelques ,leudes puissans1 ou dans les glises1 dont le patron1 clbre p> ses miracles1 avoit sur-t\t la rputation d'tre peu pati5t#bj et =t v9dicatif4 ,ils s'ouvroi5t ces asyles p> des prs5s2 et ce qui ne fut d'abord que le gage de la reconnoissance env]s leurs protecteurs1 dev9t1 avec le temps1 la dette d'un sujet son seigneur4 ,les ducs1 les comtes et les c5t5i]s avoi5t t\s a*et leur emploi1 ou s'en toi5t r5dus dignes p> quelque l*et1 depuis que le pr9ce s'toit attribu le p\voir d'en dispos] sans consult] le *amp de ,m>s2 et ses magi/rats1 *>gs de t\tes les p>ties du g\v]nem5t dans leurs prov9ces1 faisoi5t un comm]ce sc&aleux de l'adm9i/ration de la ju/ice4 ,aprs avoir viol t\tes les lois1 dont les prceptions ou les ordres p>ticuli]s du roi t5oi5t la place1 on en toit v5u jusqu' ne plus daign] s'en t5ir aux =malits ord9aires4 ,p\r se s\/raire la tyrannie de ces tribunaux iniques1 de malheureux citoy5s se s\mir5t dans leurs diffr5ds1 l'arbitrage de ceux qui les avoi5t protgs contre l'av>ice et la cruaut des soldats4 ,bi5tt ils ne reconnur5t plus d'autre juge4 ,malgr les ef=ts des comtes et des ducs1 la n\velle juridiction des seigneurs fit *aque j\r des progrs1 et qu& cette c\tume eut acquis une c]ta9e =ce1 et fut assez t5due p\r qu'on n'ost plus t5t] de la dtruire1 l'assemble des ,leudes df5dit expressm5t aux magi/rats publics d'ex]c] aucun acte de#ba juridiction dans les t]res des seigneurs4 ,je ne m'arrt]ai pas faire le tableau des maux que produisir5t les n\veauts dont je vi5s de p>l]2 les pla9tes de nos anci5s hi/ori5s ne sont po9t exagres cet g>d4 ,a quel excs ne doiv5t pas se livr] les ,franais1 puisqu'ils avoi5t jo9t aux vices froces qu'ils apportr5t de ,g]manie1 les vices l*es qu'ils avoi5t tr\vs dans les ,gaules8 ,eff>\*s p> les ob/acles1 enh>dis p> les succs1 ils s'acc\tumr5t commetre de sang froid des actions atroces1 que l'emportem5t le plus furieux ne p\rroit ju/ifi]4 ,les lois de l'humanit1 les droits du sang fur5t viols sans remords2 aucune bi5sance ne supploit aux rgles inconnues de la morale2 la p]fidie toit respecte2 et les rois1 comme leurs sujets1 ne mettoi5t aucun art dguis] leurs plus gr&s att5tats4 ,si ,*ildeb]t ,,ii veut se dfaire de ,magnovalde1 il le flatte1 le c>esse1 l'attire sa c\r s\s prtexte d'une fte1 et le fait assass9] au milieu du spectacle4 ,on jette son cadavre p> les f5tres du palais2 et en se saisissant de ses bi5s1 le pr9ce ne daigne pas mme faire connotre les motifs d'un =fait qui rompt t\s les li5s de la socit4 ,m>culfe n\s a cons]v le modle des lettres p> lesquelles les ,mrov+i5s mettoi5t s\s leur sauveg>de un assass9 qu'ils avoi5t *>g du so9 de les s]vir4 ,je dois le rem>qu] avec so91 ces att5tats infmes dont nos *roniques sont s\illes1 sont dev5us entre les ma9s de quelques criva9s mod]nes autant d'argum5s p\r pr\v] que le g\v]nem5t des ,franais toit et devoit tre purem5t arbitraire3 ils ont conclu du fait au droit2 ils ont pris l'abus des murs p\r la loi politique1 et p\r la con/itution naturelle de l'tat1 la contorsion =ce dans laquelle la viol5ce d'une "p1 et la foiblesse de l'autre1 t5oi5t le corps enti] de la nation4 ,mais les faits ne suppos5t1 ni ne donn5t aucun droit1 s'ils ne sont reconnus p\r les actes d'une autorit lgitime4 ,la loi qui les condamne e/ viole1 et non pas dtruite2 et cette loi1 qui n'a pas t la rgle de quelques pr9ces ou de quelques citoy5s av>es1 sangu9aires et ambitieux1 doit au mo9s en s]vir aux philosophes qui jug5t leurs actions4 ,qui veut pe9dre avec fidlit les rvolutions de notre g\v]nem5t s\s la premire race1 doit dire que dans l'an>*ie o le mpris des lois fit tomb] les ,franais1 la nation fut au pillage4 ,les ,leudes1 les pr9ces1 *acun usurpa de n\veaux droits1 et l'empire de la =ce subsi/a jusqu' ce qu'enf9 les vnem5s ram5r5t des lois s\s le rgne de ,pep94 ,,*apitre ,,iv4 ,de la conduite et des intrts des diffr5s ordres de l'tat4--,comm5t les bnfices confrs p> les rois ,mrov+i5s devi5n5t hrditaires4--,atte9te que cette n\veaut porte l'autorit que ces pr9ces avoi5t acquise4 ,si les fils de ,clovis avoi5t t les seuls matres de l'tat1 il e/ vraisemblable que les ,franais1 quoiqu'ils reg>dass5t *aque viol5ce en p>ticuli] comme un vnem5t commun1 ord9aire et analogue la frocit des murs publiques1 n'auroi5t pas s\ff]t patiemm5t cette longue suite d'inju/ices et de vexations1 qui1 en m5aant galem5t t\s les ordres du royaume1 devoit faire cra9dre *aque citoy5 en p>ticuli] d'tre la victime du mpris des lois4 ,la multitude ne se s\leva pas1 p>ce qu'elle ne connoissoit plus ses =ces depuis la cessation des assembles du *amp de ,m>s2 d'ailleurs1 elle n'eut ni ne put espr] aucun *ef4 ,on a vu que la plup>t des ,leudes t5oi5t de la libralit du pr9ce1 des bnfices amovibles qu'ils craignoi5t de p]dre1 ou ne *]*oi5t qu' s'en r5dre dignes p> des complaisances4 ,les gr&s qui n'toi5t pas c\rtisans1 s'occupoi5t se faire des seigneuries p>ticulires1 et croyoi5t qu'il toit de leur intrt d'humili] le peuple et de l'acc\tum] la pati5ce2 t&is que ceux qui on avoit donn des du*s1 et des comts1 ne p\vant en s\s-ordre ex]c] un p\voir arbitraire dans leurs prov9ces1 qu'autant qu'ils favoris]oi5t l'ambition du pr9ce1 toi5t eux-mmes les plus gr&s ennemis des lois4 ,les n\veaux seigneurs1 qui se faisoi5t des pr9cipauts1 en quelque sorte indp5dantes1 dans le cur de l'tat1 ne p\voi5t aff]mir leur autorit qu'en prescrivant des bornes l'autorit royale4 ,si on laissoit le temps au pr9ce d'acqurir de trop gr&es =ces et d'acc\tum] ses c\rtisans et le peuple reg>d] ses prt5tions comme autant de droits1 il toit naturel qu'il t\rnt t\te sa puissance contre les seigneurs1 et qu'en les =ant de r5onc] leurs usurpations1 il les mt dans la ncessit d'obir4 ,cet intrt toit facile dml]2 et si ces seigneurs l'avoi5t connu1 sans d\te que leur inquitude et leurs rvoltes1 en divisant l'tat1 auroi5t ouv]t l'entre des ,gaules aux b>b>es de la ,g]manie1 et caus la ru9e entire du nom ,franais4 ,heureusem5t ils se croyoi5t trop puissans p\r avoir quelque cra9te4 ,ils ne prvir5t ri52 l'inconsidration fut t\j\rs le vice fondam5tal de notre nation2 et ils auroi5t t bi5tt punis de leur imprud5ce et de leur tyrannie1 si les ,mrov+i5s1 aussi inconsidrs qu'eux1 n'avoi5t fait une faute encore plus gr&e1 et qui dev9t le pr9cipe de la dcad5ce de leur autorit1 avant qu'ils euss5t atte9t le b qu'ils se proposoi5t4 ,je ne sais p> quelle fatalit les hommes inju/es nuis5t presque t\j\rs leurs intrts1 en multipliant sans beso9 les moy5s de russir4 ,t\t favorisoit les entreprises des rois de ,france2 et le temps seul auroit aff]mi le g\v]nem5t mon>*ique1 s'ils n'avoi5t admis l'honneur de leur prt] le s]m5t que les ,franais1 dont le crdit et les tal5s p\voi5t s]vir l'agr&issem5t et au ma9ti5 de leur p\voir2 ils reur5t1 au contraire1 comme ,leudes1 t\s ceux qui1 p\r *app] l'oppression publique1 ou se mettre porte d'obt5ir des bnfices1 v\lur5t se faire c\rtisans4 ,ils crur5t augm5t] p> cette politique le nombre de leurs cratures et dev5ir plus puissans1 et ils se trompr5t4 ,plus les ,leudes se multiplioi5t1 mo9s leur tat toit avantageux4 ,t\s ne pur5t pas obt5ir des bnfices ou des emplois publics1 et les produits de l'inju/ice fur5t enf9 trop petits p\r le nombre des tyrans2 des esprances trompes fir5t natre des pla9tes et des murmures2 et p\r les t\ff]1 le pr9ce1 qui n'avoit t jusques-l que libral1 fut oblig d'tre prodigue4 ,t&is que les ,leudes mettoi5t impitoyablem5t contribution l'orgueil des ,mrov+i5s et leur envie de dom9]1 les ecclsia/iques1 qui songeoi5t de leur ct tir] p>ti des autres passions de ces pr9ces1 avoi5t so9 de leur mettre s\s les yeux t\te la rigueur des jugem5s de ,dieu1 et p> je ne sais quelle inconsqu5ce1 p5soi5t cep5dant qu'on peut ds>m] sa colre =ce de fondations pieuses4 ,on croyoit en quelque sorte dans ces sicles grossi]s1 que l'av>ice toit le premi] attribut de ,dieu1 et que les sa9ts faisoi5t un comm]ce de leur crdit et de leur protection4 ,de l les ri*esses imm5ses donnes aux glises p> des hommes dont les murs d%onoroi5t la religion2 et de l le bon mot de ,clovis1 que ,sa9t-,m>t9 ne s]voit pas mal ses amis1 mais qu'il se faisoit pay] trop *] de ses pe9es4 ,les ri*esses de la c\ronne a9si mises au pillage1#bb fur5t bi5tt puises2 et les rois1 dgrads p> leur pauvret1 n'auroi5t plus t que d'odieux prte-noms d'une inju/ice dont les ,leudes et le cl]g auroi5t retir t\t l'avantage1 s'ils n'euss5t eu rec\rs l'artifice p\r se s\t5ir4 ,ils opposr5t les p>tis les uns aux autres1 dev9r5t *efs de cabales1 et p> leurs intrigues f\rniss5t une pture l'inquitude de leur c\r4 ,avoit-on quelque raison de mo9s mnag] un gr&1 on lui enlevoit ses bnfices1 son comt ou son du*1 p\r les donn] celui qui1 lass d'att5dre inutilem5t des faveurs1 comm5oit se faire cra9dre4 ,c'e/ en cela que ,gontran#bc apprit son neveu1 ,*ildeb]t ,,ii1 que consi/oit pr9cipalem5t l'art de rgn]4 ,on fit quelquefois prir un ,leude ri*e1 p\r donn] ses dp\illes deux ou trois autres4 ,il dut tre bi5 dang]eux d'avoir une gr&e =tune1 sans tre assez =t p\r la df5dre2 puisque les pr9ces1 presss p> la ncessit des circon/ances1 en v9r5t s\v5t jusqu' pill] les mona/res1 et r$em&] aux glises les doma9es qu'ils leur avoi5t donns4 ,cette odieuse politique russit jusqu' ce que t\s les gr&s en euss5t t successivem5t les dupes2 mais1 indigns enf9 de la manire arbitraire dont le pr9ce donnoit1 retiroit1 r5doit et repr5oit ses bnfices1 ce qui ne leur donnoit que des esprances et des cra9tes1 jamais une =tune solide1 ils songr5t remdi] cet abus4 ,n\s ignorons t\s les dtails de leur conduite2 mais quelle qu'elle ait t1 il e/ sr que1 s'tant r5dus les matres du roi p> ses propres bi5faits1 ils russir5t s'en faire cra9dre2 et qu'tant assembls ,&ely p\r trait] de la paix entre ,gontran et ,*ildeb]t1 ils =cr5t ces pr9ces conv5ir dans leur trait1 qu'ils ne s]oi5t plus libres de retir] leur gr les bnfices qu'ils avoi5t confrs1 ou qu'ils confr]oi5t dans la suite aux glises et aux ,leudes4 ,on r5dit les bnfices ceux qui en avoi5t t dp\ills la mort des d]ni]s rois2 il e/ trs-vraisemblable que les gr&s qui avoi5t ngoci les articles de la paix1 crur5t mme avoir r5du les bnfices#bd hrditaires dans les familles qui les possdoi5t4 ,ce trait1 en tablissant une espce de rgle1 n'toit propre qu' p]ptu] les dsordres et aigrir les esprits4 ,il dut avoir p\r ennemis les deux pr9ces qui l'avoi5t contract1 et t\s les ,leudes qui1 dans le mom5t de sa conclusion1 ne possdoi5t aucun bnfice1 ou qui en fur5t dp\ills4 ,un intrt commun les runit sans d\te contre ceux qui s'toi5t emp>s de la plup>t des doma9es de la c\ronne1 et qui de leur ct dur5t se li]1 et fur5t plus att5tifs que jamais df5dre leurs n\veaux droits2 de sorte que l'hrdit1 ou du mo9s la possession assure des bnfices1 t\j\rs attaque p> une cabale considrable1 et t\j\rs df5due p> un p>ti puissant1 dev9t le pr9cipal mobile de t\s les m\vem5s des ,franais4 ,le trait d',&ely1 viol qu& les circon/ances le p]mir5t1 et excut qu& il fut impossible de le viol]1 ne causa pas une rvolution subite dans l'tat1 mais la r5dit ncessaire1 en ne laissant aucune voie d'accommodem5t entre les gr&s4 ,telle toit la situation des ,franais1 lorsque ,brunehaud se vit la tte des affaires des royaumes d',au/rasie et de ,b\rgogne1 dont ,?odeb]t ,,ii et ,?i]i ,,ii1 ses petits-fils1 toi5t rois4 ,cette pr9cesse1 fire1 h>die1 av>e1 ambitieuse1 qui avoit des tal5s p\r comm&]1 et qui d'ailleurs un crime ne cotoit ri5 p\r tran*] les difficults qui l'arrtoi5t1 fut incapable de se prt] aux mnagem5s sans lesquels son ambition ne p\voit russir4 ,elle se comporta comme si le trait d',&ely eut t oubli2 et soit qu'elle ne t5tt pas de p]suad] aux royali/es qu'elle ne v\loit r5tr] dans les doma9es de la c\ronne1 et n'tre encore matresse d'en dispos] que p\r les enri*ir2 soit que le p>ti oppos ft plus =t que le si52 il clata une rvolte contre elle en ,au/rasie2 et elle n'*appa au dang] qui la m5aoit1 qu'en se retirant avec prcipitation la c\r de ,?i]i4 ,sa disgrace irrita ses passions au lieu de les modr]1 et cont9uant g\v]n] la ,b\rgogne comme elle avoit g\v]n l',au/rasie1 elle eut p\r m9i/re et p\r amant1 ,protadius#be1 homme av>e1 qui levoit sa =tune sur les ru9es de celle des gr&s1 dont il p>tageoit les dp\illes avec ,brunehaud4 ,cette conduite s\leva un tel po9t les ,leudes bnfici]s d',au/rasie et de ,b\rgogne1 qu'aprs la mort de ,?i]i1 ils refusr5t d'lev] sur le trne les fils de ce pr9ce1 dans la cra9te que ,brunehaud n'ex]t encore leur autorit4 ,ils dfrr5t la c\ronne ,clotaire ,,ii1 dj roi de ,neu/rie1 qui1 p\r m>qu] sa reconnoissance aux conjurs1 p\rsuivit ,brunehaud leur ennemi1 se r5dit son accusateur1 et donna son arme le spectacle d'une re9e condamne prir p> le supplice le plus cruel et le plus ignom9ieux4 ,la mort de ,brunehaud toit l'ouvrage des p>tisans du trait d',&ely2 et ils fur5t sans d\te seconds dans cette entreprise p> les possesseurs des seigneuries1 qui craignoi5t que leurs droits encore quivoques ne fuss5t dtruits1 et n'att5doi5t qu'une rvolution p\r les faire autoris]4 ,ils comprir5t que p> la condamnation d'une re9e puissante au d]ni] supplice1 ils avoi5t dgrad la royaut1 et que le pr9ce ne p\rroit plus leur rsi/]4 ,ils pr(itr5t de leur avantage1 et ,clotaire ,,ii se s5tant en quelque sorte frapp du c\p qu'il avoit port ,brunehaud1 fut oblig d'obir des hommes dont il avoit trop bi5 s]vi la v5geance4 ,la clbre assemble que les vques et les ,leudes ennemis de ,brunehaud t9r5t ,p>is en #fae1 dcida irrvocablem5t#bf la "q de l'hrdit des bnfices1 et lgitima les droits que les seigneurs avoi5t acquis dans leurs t]res4 ,c'toit l'av>ice des gr&s1 et non l'am\r du bi5 public1 qui dicta les lois portes dans cette assemble2 a9si ils ne songr5t po9t donn] une =me con/ante et durable au g\v]nem5t1 et s'ils l'avoi5t t5t1 il e/ vraisemblable qu'ils n'auroi5t pris que des mesures fausses et inutiles4 ,satisfaits d'avoir fait dcid] en leur faveur une "q d'o dp5doit leur =tune1 les bnfici]s et les seigneurs n'tr5t ,clotaire que les droits n\vellem5t tablis s\s les rg5ces de ,frdgonde et de ,brunehaud1 et lui laissr5t la j\issance de t\s ceux que ses prdcesseurs s'toi5t faits jusqu' la f9 des rgnes de ,gontran1 de ,*ilpric et de ,*ildeb]t4 ,l'usage fune/e des prceptions fut cons]v2 et les vques exigr5t seulem5t que les rois s'engageass5t ne plus donn] de ces rescrits p\r autoris] quelques-uns de leurs c\rtisans enlev] des religieuses de leurs mona/res1 et les p\s]4 ,il n'e/ po9t p>l de la nom9ation aux du*s et aux comts dans l'ordonnance que l'assemble de ,p>is publia4 ,peut-tre que cette importante matire toit rgle dans les articles qui ne sont pas v5us jusqu' n\s4 ,il e/ cep5dant plus vraisemblable que les gr&s ne rclamr5t pas le privilge#bg de les confr]2 puisque ,clotaire1 de son autorit prive et sans le cons5tem5t des vques ni des ,leudes1 leva la dignit de maire du palais de ,b\rgogne1 ,v>na*aire1 qui avoit t le *ef de la conjuration contre ,brunehaud1 et que ce m9i/re disposa son gr des premires dignits4 ,le cl]g cons5tit que l'abus p> lequel les prdcesseurs de ,clotaire s'toi5t s\v5t arrog le droit de nomm] aux prlatures vacantes1 et d'en faire la rcomp5se des vices de leurs c\rtisans1 devnt une loi du royaume4 ,quelque jal\x que fuss5t les vques du p\voir arbitraire qu'ils affectoi5t sur le cl]g du second ordre1 ils le dposr5t en quelque sorte entre les ma9s du pr9ce1 en s'engageant ne po9t punir un ecclsia/ique1 quelle que ft sa faute1 qu& il revi5droit avec une lettre de recomm&ation de la "p du roi4 ,l'autorit qu'on avoit laisse ,clotaire ,,ii toit encore bi5 t5due2 et il semble qu'il auroit d lui tre ais de s'en s]vir p\r pr5dre ce qu'on lui avoit t4 ,cep5dant ce re/e de p\voir toit prt s'van\ir4 ,quelque union qu'il p>ut entre ,clotaire et l'assemble de ,p>is1 ils se craignoi5t et se hassoi5t malgr eux1 et l'tat devoit ds-lors pr\v] de n\velles agitations4 ,t&is que les familles qui s'toi5t enri*ies aux dp5s de la c\ronne toi5t ple9es de dfiance son g>d1 il toit naturel que ,clotaire vt avec *agr9 ses doma9es alins p\r t\j\rs4 ,on devoit le s\ponn] de v\loir les rec\vr]1 et p> consqu5t les gr&s devoi5t se t5ir sur leurs g>des1 et t\t t5t] p\r emp*] que les articles de l'assemble de #fae n'euss5t le mme sort que le trait d',&ely4 ,on attaque1 p>ce qu'on cra9t d'tre attaqu2 telle e/ la m>*e ord9aire des passions3 ds que des gr&s inquiets1 jal\x et s\ponneux =moi5t des entreprises contre l'autorit royale1 quelles ress\rces le pr9ce p\voit-il tr\v] p\r se df5dre8 ,l'hrdit des bnfices lui avoit t le moy5 le plus efficace d'a*et] des cratures2 il avoit alin les royali/es en trahissant ses propres intrts2 ses droits n'toi5t encore tablis que sur des c\tumes n\velles2 et qu& les lois auroi5t p>l en sa faveur1 les ,franais n'toi5t-ils pas acc\tums les mpris]8 ,en effet1 la prrogative royale dim9ua de j\r en j\r3 cette rvolution n'e/ ignore de p]sonne2 mais les dtails n\s en sont entirem5t inconnus4 ,nos hi/ori5s ne n\s f\rniss5t aucune lumire satisfaisante1 et le temps n\s a drob les ordonnances qui fur5t vraisemblablem5t faites dans les#bh assembles des vques et des ,leudes1 qui se t9r5t encore quelquefois dans les d]nires annes du rgne de ,clotaire ,,ii4 ,ce pr9ce p]dit1 les uns aprs les autres1 t\s les droits que l'assemble de ,p>is lui avoit cons]vs4 ,il n'e/ plus le matre de dispos] de la mairie mme du palais1 sans le cons5tem5t des#bi gr&s1 ou plutt il e/ rduit au frivole honneur d'in/all] dans cet (fice celui qu'ils ont *oisi4 ,clotaire se voit contra9t de cd] t\tes les fois qu'il e/ attaqu1 et ne laisse ses successeurs qu'une autorit expirante dont les gr&s sont jal\x1 qu'ils usurp5t1 et qu'ils voi5t *app] de leurs ma9s dans le mom5t qu'ils croi5t en j\ir4 ,,*apitre ,v4 ,de l'orig9e de la noblesse p>mi les ,franais4--,comm5t cette n\veaut contribua l'abaissem5t de l'autorit royale1 et confirma la s]vitude du peuple4--,digression sur le s]vice militaire r5du p> les g5s d'glise4 ,tant que les bnfices ne fur5t pas hrditaires1 les di/9ctions accordes aux ,leudes ne fur5t que p]sonnelles4 ,leur noblesse1 qui ne se transmettoit pas p> le sang1 laissoit leurs enfans dans la classe commune des citoy5s1 jusqu' ce qu'ils prtass5t le s]m5t de fidlit entre les ma9s du pr9ce4 ,les citoy5s1 en un mot1 =moi5t deux classes diffr5tes2 mais les familles toi5t t\tes du mme#cj ordre4 ,qu& au contraire les bnfices *angr5t de nature en dev5ant hrditaires1 les fils d'un bnfici]1 p> le droit mme de leur naissance1 qui les appeloit la succession de leur pre1 se tr\vr5t eux-mmes s\s la tru/e ou la foi du roi1 et fur5t d'avance ses obligs ou ses protgs4 ,la naissance leur donnant une prrogative qu'on n'acquroit aup>avant que p> la pre/ation du s]m5t de fidlit1 on s'acc\tuma p5s] qu'ils naissoi5t ,leudes4 ,la vanit1 t\j\rs adroite pr(it] de ses avantages1 e/ encore plus att5tive les t5dre sur le plus lg] prtexte4 ,ces ,leudes d'une n\velle espce se crur5t suprieurs aux autres1 et on comm5a pr5dre de la noblesse l'ide que n\s en avons auj\rd'hui3 les familles bnficiaires1 qu'on me p]mette cette expression1 =mr5t une classe sp>e1 non-seulem5t de celles qui n'avoi5t pas prt le s]m5t de fidlit au pr9ce1 mais des familles mmes dont le *ef avoit t fait ,leude suivant l'usage anci54 ,on ne balanc]a po9t reg>d] ce que je dis ici de l'orig9e de la noblesse *ez les ,franais1 comme une vrit inconte/able1 si on rem>que que la pre/ation du s]m5t de fidlit1 qu'on exigea dans la suite indiffremm5t#ca de t\t le monde1 et qui ne fut qu'un gage de l'obissance1 ne valut presque ds-lors aucune di/9ction1 ou du mo9s ne donna pas une c]ta9e prrogative de dignit et de prm95ce1 dont les seules familles bnficiaires j\issoi5t4 ,cette prrogative e/ relle1 puisque les familles di/+ues p> leur illu/ration1 leurs alliances et leurs ri*esses1 mais qui dans le mom5t de la rvolution ne se tr\vr5t p\rvues d'aucun bnfice1 se crur5t dgrades1 et *]*r5t p> d'autres voies que la pre/ation du s]m5t de fidlit1 rp>] le tort que l'hrdit des bnfices leur avoit fait4 ,de quoi se s]oi5t-elles pla9tes1 si elles n'avoi5t pas vu que les familles bnficiaires =moi5t dans l'tat un ordre di/+u de citoy5s1 et que la loi1 la c\tume ou le prjug leur accordoi5t quelque droit ou quelque honneur p>ticuli]8 ,leur jal\sie fut extrme1 et p\r satisfaire leur orgueil al>m1 il fallut avoir rec\rs une des plus tranges bis>r]ies dont p>le notre hi/oire2 ce fut1 a9si que n\s l'appr5d ,m>culfe1 de *ang] ses propres1 ou1 comme on p>loit alors1 son aleu en#cb bnfice3 c'e/--dire1 que le propritaire d'une t]re la donnoit au pr9ce1 qui1 aprs l'avoir reue en don1 la r5doit au donateur en bnfice4 ,cette mode de faire *ang] de nature ses bi5s auroit t la manie la plus extravagante1 si les bnfices n'avoi5t communiqu une prrogative p>ticulire aux familles qui les possdoi5t4 ,c'et t r5dre sa =tune inc]ta9e et s'expos] p]dre une p>tie de son patrimo9e mme1 si quelque vnem5t imprvu r5doit au pr9ce ses anci5s droits sur les bnfices4 ,soit que l'abaissem5t de la puissance royale1 d'o les bnfices tirai5t leur orig9e1 les dgradt et les avilt2 soit que les esprits s'acc\tumass5t peu--peu ne reg>d] dans les bnfices que les droits seigneuriaux qui donnoi5t une autorit relle2 il arriva1 p> une seconde rvolution1 que t\tes les seigneuries indi/9ctem5t communiqur5t leurs possesseurs les privilges1 les droits et la dignit qui n'avoi5t d'abord app>t5u qu'aux seuls bnfices4 ,en effet1 on ngligea sur la f9 de la premire race de cons]v] les titres primordiaux de ses possessions4 toi5t-elles dans leur orig9e un bnfice ou un aleu8 ,cette "q dev9t inutile4 ,sans d\te que la possession d'un bnfice ne confra plus aucune prrogative p>ticulire2 elle fut mme si peu un titre de noblesse qu& les seigneuries =mr5t1 s\s les successeurs de ,clotaire ,,ii1 l'usage gnral du royaume1 que les seigneurs employr5t au contraire t\tes sortes d'artifices p\r dnatur] ces possessions et p]suad] qu'elles toi5t des propres4 ,ds qu'il y eut dans l'tat des citoy5s qui possdoi5t des privilges p>ticuli]s1 et ne les t5oi5t que de leur seule naissance1 ils dur5t mpris] ceux qui ne fur5t plus leurs gaux1 se runir1 ne =m] qu'un corps1 et avoir des intrts galem5t sp>s de ceux du pr9ce et du peuple4 ,a la qualit de juges1 les seigneurs joignir5t celle de capita9es des hommes de leurs t]res1 ou plutt ils ne sp>r5t po9t des fonctions qui jusques-l avoi5t t\j\rs t unies dans le pr9ce1 les ducs1 les comtes et les autres magi/rats publics de la nation1 et qui p5dant plusieurs sicles encore ne =mr5t qu'un seul et mme emploi4 ,la noblesse1 p>-l galem5t r$\table au peuple p> son droit de ju/ice1 et au pr9ce p> la milice qu'elle comm&oit1 s'toit r5due matresse des lois1 et t5oit entre ses ma9s t\tes les =ces de l'tat4 ,il n'en falloit pas davantage p\r ru9] l'autorit royale et t] aux ,mrov+i5s t\te esprance de la relev]4 ,les seigneurs auroi5t de mme aff]mi leur empire sur le peuple1 si p> leur modration ils lui avoi5t appris le reg>d] comme lgitime2 mais ils ne savoi5t pas que ri5 n'e/ /able sans le sec\rs des lois2 s'tant levs en les violant1 ils cont9ur5t n'avoir d'autre rgle que leur av>ice1 leur orgueil et leur emportem5t4 ,tant de *angem5s surv5us dans la =tune des ,franais produisir5t une n\veaut encore plus extraord9aire1 et qui ne fut pas mo9s fune/e la nation4 ,les vques et les abbs qui s'toi5t fait des seigneuries1 voyant que les seigneurs lacs toi5t les capita9es de leurs t]res1 et ne s\ffroi5t plus que leurs sujets allass5t la gu]re1 s\s la bannire du comte ou du duc dans la juridiction duquel ils toi5t autrefois compris1 crur5t que leurs doma9es et la dignit du cl]g s]oi5t dgrades s'ils ne j\issoi5t pas de la mme prrogative1 ils allr5t donc la gu]re et comm&r5t en p]sonne la milice de leurs t]res4 ,a consult] les canons1 c'toit une *ose mon/rueuse de voir les successeurs des aptres1 et des hommes consacrs au sil5ce et la solitude1 pr(an] a9si la sa9tet du m9i/re de paix et de *>it1 ou1 p> une espce d'apo/asie1 viol] les vux qu'ils avoi5t faits ,dieu4 ,mais les b>b>es1 avides et jal\x des ri*esses du cl]g1 comm5oi5t depuis quelque temps tre admis la clricature1 et ils avoi5t corrompu la discipl9e ecclsia/ique4 ,ds prlats nomms p\r la plup>t p> le pr9ce1 et qui avoi5t a*et l'apo/olat prix d'arg5t ou =ce de l*ets1 avoi5t enf9 acc\tum les esprits voir sans tonnem5t les abus les plus sc&aleux4 ,indp5damm5t du tort que cette conduite du cl]g fit aux murs publiques1 en accrditant l'inju/ice1 la =ce et la viol5ce1 elle lui donna des intrts opposs ceux du pr9ce et du peuple4 ,des vques usurpateurs1 gu]ri]s1 et assez puissans p\r n'avoir plus beso9 d'une protection trangre1 ne devoi5t plus voir dans ,sa9t-,paul cette obissance aveugle qu'ils avoi5t autrefois pr*e4 ,qui ne sait pas respect] les lois1 mprise ncessairem5t les droits du peuple4 ,les ecclsia/iques favorisr5t les entreprises de la noblesse1 et pr(anr5t la religion1 jusqu' en faire l'in/rum5t de leur av>ice et de leur ambition4 ,le simple expos de la manire dont les g5s d'glise s'engagr5t port] les armes suffit1 si je ne me trompe1 p\r faire connotre que leur s]vice militaire fut dans son orig9e une prrogative seigneuriale1 et non pas1 a9si que des criva9s obscurs l'ont avanc dans ces d]ni]s temps1 une *>ge de l'tat qu'ils fuss5t obligs d'acquitt]4 ,quelque peu raisonnable qu'ait t la conduite des ,franais1 jamais cep5dant ils n'auroi5t imag9 d'enlev] des pa/eurs leurs glises1 et des solitaires leurs clotres1 p\r en faire de mauvais capita9es4 ,au contraire1 il ne faut po9t d\t] que si les vques et les abbs euss5t p]mis leurs sujets d'all] la gu]re1 s\s les ordres du duc ou du comte qui les comm&oit avant l'tablissem5t des seigneuries1 ou en euss5t grossi les milices de quelque seigneur vois91 la noblesse l'et reg>d comme une faveur4 ,qu'on me p]mette de m't5dre sur une matire si importante et trs-propre rp&re de la lumire sur nos antiquits4 ,si les vques avoi5t t obligs au s]vice militaire p> la con/itution primitive de l'tat1 p\rquoi1 dans le temps que ,grgoire de ,t\rs composoit son hi/oire1 n'y auroit-il encore eu qu'un ,falonius1 vque d',embrun1 et un ,sagittaire1 vque de ,gap1 qui se fuss5t acquitts de ce devoir8 ,p\rquoi cet criva91 qui occupoit lui-mme un des premi]s siges des ,gaules1 leur repro*]oit-il le sc&ale qu'ils donnoi5t l'glise en portant les armes1 s'ils n'avoi5t fait que remplir une des fonctions de leur tat8 ,p\rquoi les trait]oit-il de sclrats1 et rapport]oit-il1 p\r ju/ifi] ses repro*es1 que ces prlats n'avoi5t po9t eu honte de s]vir dans l'arme que ,mummole conduisit contre les ,lomb>ds8 ,grgoire de ,t\rs1 qui connoissoit les devoirs de l'piscopat et de la vie religieuse1 se s]oit cont5t de s'en pr5dre la b>b>ie du g\v]nem5t et des lois1 et d'invit] les ,franais corrig] un abus aussi contraire l'tat qu' la religion mme4 ,qu& nos pres auroi5t t assez grossi]s p\r exig] le s]vice militaire des vques1 comme ils l'exigeoi5t peut-tre des prtres de leurs faux ,dieux en ,g]manie1 e/-il vraisemblable que les conciles qui se t9r5t dans les ,gaules s\s le rgne de ,clovis ne s'y fuss5t pas opposs8 ,p\rquoi leurs reprs5tations cet g>d auroi5t-elles t inutiles dans un temps que la nation se conv]tissoit1 et accordoit au cl]g la plus gr&e autorit8 ,rapportons-n\s-en au sicle de ,*>lemagne1 plus porte sans d\te que le ntre de jug] de la nature des fonctions militaires que faisoi5t les vques et les abbs4 ,si leur s]vice eut t une dette qu'ils euss5t acquitt1 et non pas une prrogative seigneuriale dont ils euss5t j\i1 je dem&e p> quelle raison les *efs du cl]g1 eux qui avoi5t le premi] rang dans l'tat et la plus gr&e influ5ce dans les affaires de la nation1 auroi5t t t5us remplir des devoirs dont les capitulaires mmes n\s appr5n5t que les d]ni]s cl]cs#cc toi5t exempts8 ,qu& le g\v]nem5t prit enf9 une meilleure =me s\s le rgne de ,*>lemagne1 et que la nation1 claire p> les lumires et les v]tus de ce pr9ce1 s5tit combi5 il toit contraire aux pr9cipes de la religion1 au c>actre de l'piscopat1 l'honntet des murs publiques et la vigueur de la discipl9e militaire1 que des vques et des mo9es fiss5t dans des camps le mti] de soldats2 ce ne fut pas une exemption de port] les armes qu'on leur accorda1 on leur fit une df5se#cd de faire la gu]re2 et cette loi fut porte sur la requte et les remontrances de quelques prlats qui connoissoi5t leurs devoirs et les anci5nes rgles de l'glise1 et qui fir5t appuy] leur dem&e p> les seigneurs les plus accrdits4 ,tant s'en faut qu'on reg>dt alors cette df5se comme une faveur accorde aux vques1 que le public crut au contraire qu'on les avoit dp\ills d'un privilge1 et que le corps enti] du cl]g en s]oit dgrad4 ,il fallut que l'assemble qui en avoit port la loi en ft connotre les vritables motifs4 ,ce n'e/1 dit ,*>lemagne#ce1 que p> une m*ancet digne du dmon mme1 que quelques p]sonnes mal int5tionnes ont pu p5s] que j'aie v\lu (f5s] la dignit du cl]g et nuire ses intrts temporels1 en faisant la loi qu'il m'a lui-mme dem&e1 et qui lui df5d de port] les armes et de faire la gu]re2 j'ai des s5tim5s t\t opposs4 ,il n'en devi5dra que plus respectable1 lorsqu'il s'atta*]a t\t enti] aux fonctions div9es de son tat4 ,,*apitre ,,vi4 ,progrs de la =tune des maires du palais s\s les successeurs de ,clotaire ,,ii4--,inconsidrations de la noblesse leur g>d4--,ils s'emp>5t de t\te l'autorit4--,*>les ,m>tel tablit de n\veaux bnfices4--,pep9 monte sur le trne4 ,les maires du palais1 qui n'avoi5t t dans leur orig9e que les *efs des (fici]s dome/iques du pr9ce1 joignir5t d'abord l'int5dance gnrale du palais la qualit de juges de t\tes les p]sonnes qui l'habitoi5t4 ,leur emploi dev9t plus important mesure que les rois agr&issoi5t eux-mmes leur puissance4 ,ces c\rtisans habiles corrompir5t leurs matres p\r les dom9]2 en leur appr5ant nglig] dans les plaisirs les so9s pnibles du g\v]nem5t1 ils en attiroi5t eux t\tes les fonctions4 ,ils g\v]nr5t les f9ances1 comm&r5t les armes et prsidr5t enf9 ce tribunal suprme o le roi devoit r5dre lui-mme la ju/ice aux ,leudes1 et jug] df9itivem5t les procs qui y toi5t ports p> appel de t\tes les prov9ces du royaume4 tant p>v5us se r5dre les dpositaires de t\te la puissance royale1 il doit p>otre surpr5ant qu'au lieu d'tre accabls les premi]s s\s ses ru9es1 qu& l'hrdit des bnfices r5dit la noblesse matresse absolue du royaume1 leur =tune1 au contraire1 fasse de n\veaux progrs et ne connoisse plus de bornes2 ils ne font que *ang] leur qualit de m9i/res1 de capita9es et de favoris du pr9ce1 en celle de m9i/res1 de capita9es et de favoris de la nation4 ,si la conduite que les gr&s avoi5t t5ue jusques-l1 et qu'ils t9r5t encore dans la suite1 p]mettoit qu'on pt raisonnablem5t les s\ponn] d'agir p> des vues rfl*ies1 de prvoir l'av5ir et d'embrass] la fois t\t un sy/me de g\v]nem5t1 peut-tre p\rroit-on croire que p\r dtruire plus facilem5t et plus srem5t le p\voir du roi1 ils lui dbau*r5t son m9i/re1 et laissr5t au maire du palais son crdit et son autorit1 p\r s'en faire un protecteur plus puissant4 ,mais il e/ vraisemblable que la =tune1 les circon/ances et les vnem5s t9r5t lieu de politique aux familles bnficiaires et aux seigneurs4 ,si quelque prud5ce se mla dans cette affaire1 elle v9t t\te de la "p des maires1 qui1 p\r n'tre pas les victimes de la royaut en dcad5ce1 trahir5t les intrts de ,clotaire ,,ii et de ses successeurs1 au lieu de les sec\rir1 et se mir5t la tte de la conjuration4 ,v>na*aire1 selon les app>5ces1 n'accepta1 aprs le supplice de ,brunehaud1 la mairie du royaume de ,b\rgogne1 que dans le desse9 d'clair] de plus prs la conduite de ,clotaire ,,ii1 et de le p]dre1 ou du mo9s d'emp*] qu'il ne t5tt de repr5dre les droits qu'il avoit p]dus4 ,cet homme ambitieux1 implacable dans ses ha9es1 et acc\tum aux m\vem5s des p>tis et des cabales1 n'auroit pas exig de ,clotaire qu'il lui promt p> s]m5t de ne lui jamais t] sa dignit1 s'il n'avoit eu que des vues favorables l'autorit royale4 ,il ne songea qu' ses intrts p>ticuli]s3 il crivit t\s les gr&s p\r leur promettre qu'il s]oit en t\te occasion leur protecteur4 ,il ne travailla qu' t5dre son p\voir1 et sa conduite s]vit de modle ses successeurs4 ,il s]oit difficile de dire quel fut le g\v]nem5t des ,franais1 depuis que le cl]g et la noblesse s'toi5t emp>s de la puissance publique4 ,en tant la royaut les prrogatives acquises ins5siblem5t p> adresse1 et que les anci5nes lois de ,g]manie ne lui attribuoi5t pas1 on ne lui avoit pas mme laiss ce qui devoit raisonnablem5t lui app>t5ir4 ,rduite n'tre qu'une magi/rature impuissante1 ce n'toit plus qu'un va9 titre4 ,d'ailleurs1 les rois1 presque t\j\rs enfans1 ou corrompus p> une ducation qui les r5doit mprisables1 toi5t prisonni]s dans leur palais1 et inconnus de leur nation4 ,les seigneuries1 dont le nombre devoit tre encore trs-mdiocre1 qu& les bnfices dev9r5t hrditaires1 se multiplir5t =t rapidem5t dans les d]nires annes du rgne de ,clotaire ,,ii et s\s ses premi]s successeurs4 ,*aque g5tilhomme1 *aque vque1 *aque mona/re1 se crut en droit de dev5ir le tyran de ses vois9s4 ,les assembles des gr&s ne se t9r5t que trs-r>em5t1 et1 sans d\te1 elles (froi5t l'image d'une b&e de brig&s qui1 aprs avoir vol une c>avane1 p>tage le but94 ,la noblesse ne =mant po9t un corps rguli] qui et ses lois1 sa police1 ses magi/rats1 ses syndics et ses assembles rgles1 *aque seigneur v\lut j\ir en p>ticuli]1 dans ses t]res1 de t\t le p\voir de son ordre4 ,quoique les ju/ices seigneuriales re/reigniss5t1 de j\r en j\r1 la juridiction des ducs et des comtes1 et dim9uass5t1 p> consqu5t1 les droits de leurs g\v]nem5s1 ils ne s'opposr5t pas aux progrs de l'usurpation4 ,ils pr(itr5t eux-mmes de l'an>*ie et de leur crdit1 p\r se faire de gr&es t]res dont les droits les ddommageoi5t de ce qu'ils p]doi5t en qualit de ducs et de comtes2 et il toit naturel qu'ils sacrifiass5t les intrts d'une dignit qui n'toit pas hrditaire ceux de leurs t]res1 qui toi5t le patrimo9e de leurs enfans4 ,enf91 la tte de ce g\v]nem5t mon/rueux toit un maire du palais1 comme premi] magi/rat1 qui avoit so9 que t\tes les lois fuss5t dtruites et violes2 et que1 s\s le nom de c\tumes1 t\tes les passions et t\s les caprices de la noblesse1 des vques et des mo9es fuss5t respects4 ,ces dsordres toi5t si agrables aux seigneurs1 qu'ab&onnant leur =tune au zle que leur m>quoi5t les maires1 ils ne prir5t aucune prcaution p\r les emp*] d'abus] de leur crdit3 ces (fici]s ne t>dr5t pas s'ap]cevoir de cette imprud5ce grossire4 ,aprs avoir humili les rois1 ils =mr5t le projet d'ass]vir les gr&s4 ,jamais entreprise ne fut mo9s h>die2 ils p\voi5t t\t se promettre du mpris o les lois toi5t tombes1 de la tyrannie extrme que les seigneurs ex]oi5t sur le peuple1 de leur dsunion1 et sur-t\t1 de l'ignorance o ils toi5t de leurs intrts4 ,t&is que les gr&s croyoi5t l'autorit royale anantie sans ret\r1 elle se tr\voit dj t\te entire1 s\s un autre nom1 entre les ma9s des maires1 qu'ils reg>doi5t1 p> habitude1 comme les tuteurs de la lib]t publique2 mais ces n\veaux rois1 aprs avoir aff]mi1 avec art1 leur autorit1 ne t>dr5t pas v\loir en abus]1 et fir5t bi5tt pr\v] la noblesse1 qu'elle avoit un matre4 ,la pesanteur du j\g la tira1 enf91 de son erreur1 mais en v\lant essay] ses =ces1 elle ne s5tit que sa foiblesse4 ,les maires1 en autorisant t\tes sortes de vexations1 avoi5t affoibli ou dtruit les seigneurs qui leur toi5t suspects1 et s'toi5t faits des c\rtisans et des flatteurs1 p]sonnages t\j\rs prts s]vir d'in/rum5t la tyrannie4 ,dans ce haut degr de =tune1 ils eur5t la foiblesse d'envi] aux rois1 leur pompe inutile et les va9s respects qu'on leur r5doit2 ou plutt1 s'ils =mr5t le projet de les *ass] de leur trne1 p\r s'y plac]1 ce n'e/ pas qu'ils y gagnass5t ri5 p]sonnellem5t1 mais ils v\loi5t1 selon les app>5ces1 aff]mir la =tune de leur maison3 la royaut toit hrditaire1 et la mairie n'toit qu'lective4 ,a la mort de ,sigeb]t ,,ii1 qui portoit le nom de roi1 en ,au/rasie1 ,grimoald1 son maire1 fit disp>otre le lgitime hriti]1 dont il publia la mort1 et mit la c\ronne sur la tte de son fils4 ,soit qu'il et des ennemis puissans1 ou que les ,franais1 p> une sorte de contradiction assez ord9aire dans le cur huma91 cons]vass5t encore quelque re/e d'atta*em5t#cf p\r la po/rit de ,clovis qu'ils laissoi5t opprim]2 soit p> quelqu'autre motif dont le temps n\s a drob la connoissance1 les ,au/rasi5s se s\levr5t contre leur maire1 refusr5t de reconnotre son fils1 et dem&r5t des sec\rs ,ar*ambaud qui g\v]noit la ,neu/rie4 ,ce maire assembla avec dilig5ce une arme1 et eut la gnrosit de punir les usurpateurs1 quoiqu'il ft de l'intrt de son ambition de les favoris]1 et que leur succs en ,au/rasie ft dev5u un titre p\r lui en ,neu/rie4 ,*ildric1 fils de ,clovis ,,ii1 succda ,sigeb]t2 et ,pep9 de ,h]i/al1 qui fut lev la dignit de maire1 jeta les fondem5s de la gr&eur o son petit-fils p>v9t4 ,pep91 aussi ambitieux que son prdcesseur et ses collgues1 mais sage et pati5t dans ses entreprises1 se fit une politique bi5 extraord9aire1 p\r le sicle et la nation o il vivoit1 et dont il toit impossible que les ,franais1 t\j\rs aveugles dans leurs esprances1 t\j\rs dupes des vnem5s prs5s1 et t\j\rs emports dans leur conduite1 fuss5t capables de dml] les ressorts4 ,pep9 jugea que si les premi]s maires avoi5t pu se p]mettre les plus gr&es inju/ices1 p\r se r5dre puissans1 il n'y avoit plus que la modration et la ju/ice qui puss5t ju/ifi] leur ambition1 et aff]mir la haute =tune o il toit lev4 ,ce fut =ce de prud5ce1 de d\ceur1 de c\rage et de mnagem5s1 qu'il t5ta de gagn] le cl]g et la noblesse1 qui1 s\ffrant avec impati5ce1 le g\v]nem5t inju/e des maires1 auroi5t v\lu r5dre au pr9ce l'autorit qu'il avoit p]due4 ,ri5 n'e/ plus dang]eux qu'un tyran qui a quelques v]tus1 ou qui sait en emprunt] le masque3 aussi1 les ,au/rasi5s tombr5t-ils grossirem5t dans le pige que ,pep9 leur avoit t5du4 ,ils reg>dr5t comme solidem5t aff]mi1 un bonheur qu'ils ne devoi5t qu'aux qualits p]sonnelles de leur maire1 et n'imag9r5t pas qu'il p\voit avoir un successeur indigne de lui4 ,pep9 eut un crdit sans bornes1 et qu& ,?i]i ,,iii fut tir du mona/re de ,sa9t-,d5is1 p\r succd] ses frres ,clotaire et ,*ild]ic1 il refusa de le reconnotre4 ,il ne t5oit qu' lui de se faire proclam] roi dans un des trois royaumes que compr5oit la dom9ation franaise2 mais il ne p]mit aux ,franais ,au/rasi5s1 que de lui donn] le titre de duc dans leur royaume2 et mme1 p\r n'excit] aucune envie1 ou du mo9s ne s'expos] qu' une p>tie de ses traits1 il v\lut avoir un collgue4 ,la conduite t\te diffr5te des maires de ,b\rgogne et de ,neu/rie1 annonoit dans ces deux royaumes une rvolution pro*a9e4 ,leur tyrannie toit telle1 que les gr&s dsesprant de p\voir df5dre leur lib]t1 n'avoi5t plus que le *oix des plus extrmes rsolutions4 ,t\s les j\rs exposs des injures et des viol5ces1 les uns toi5t *asss de leurs t]res1 les autres les ab&onnoi5t p\r prv5ir l'oppression1 et t\s *]*oi5t un asyle en ,au/rasie2 o1 p> leurs pla9tes1 ils f\rnir5t ,pep91 un prtexte de satisfaire son ambition1 en feignant de n'tre que le v5geur des opprims4 ,il assembla une arme1 qu'il fit m>*] contre ,b]taire1 qui se tr\voit -la-fois maire de ,b\rgogne et de ,neu/rie4 ,si ce tyran et t va9queur1 les ,franais auroi5t t traits comme les esclaves les plus vils2 ou du mo9s il ne leur re/oit d'autre ress\rce que ce dsespoir subit et viol5t1 que le s5tim5t de la lib]t excite quelquefois dans un peuple qui n'e/ pas encore acc\tum au j\g1 ni famili>is avec les affronts4 ,heureusem5t ,b]taire fut dfait1 et il prit dans la dr\te de ses tr\pes4 ,pep91 qui s'toit fait une habitude de sa modration1 ne s5tit peut-tre pas1 dans le mom5t qu'il en recueilloit le fruit1 t\t ce qu'il p\voit se promettre de sa victoire1 de l'atta*em5t des ,au/rasi5s1 et de la reconnoissance inconsidre des ,franais de ,b\rgogne et de ,neu/rie4 ,peut-tre aussi jugea-t-il qu'il toit gal p\r ses intrts que ,?i]i ,,iii ft roi ou mo9e4 ,l'ambition claire se cont5te de l'autorit1 et ddaigne des titres qui la r5d5t presque t\j\rs odieuse ou suspecte2 ,pep9 laissa ,?i]i1 son nom1 ses palais et son oisivet1 et ne prit p\r lui que la mairie des deux royaumes qu'il avoit dlivrs de leur tyran4 ,il toit en tat1 s'il et aim vritablem5t le public1 de corrig] une p>tie des abus1 et de donn]1 enf91 une =me con/ante un g\v]nem5t1 dont t\tes les p>ties avoi5t pr\v de cont9uelles rvolutions4 ,pep9 avoit des lumires suprieures1 on ne peut en d\t]2 et une longue suite de malheurs avoit appris aux ,franais qu'on ne peut cess] d'tre l'esclave des passions des hommes1 qu'en se s\mettant l'autorit des lois4 ,mais on diroit que ,pep91 plus jal\x de comm&] arbitrairem5t1 que de mrit] la gloire d'un lgislateur quitable1 v\lt qu'il subsi/t des dsordres1 dans la vue1 sans d\te1 de se r5dre plus ncessaire1 et d'occup] cont9uellem5t les esprits de ses entreprises4 ,il r5dit une sorte de dignit aux gr&s qui avoi5t p]du leur crdit en cessant d'tre unis4 ,il en convoqua1 il e/ vrai1 assez s\v5t les assembles1 p\r faire croire qu'il en toit autoris1 mais trop r>em5t p\r qu'il en ft gn4 ,il g\v]na avec un p\voir absolu1 qu'on ne lui conte/a po9t1 p>ce qu'il sut le dguis] en politique1 aussi adroit qu'ambitieux4 ,il eut l'art1 enf91 de se r5dre tellem5t propre l'autorit que les maires avoi5t usurpe1 qu'il acc\tuma les ,franais reg>d] le du* d',au/rasie et les mairies de ,b\rgogne et de ,neu/rie1 comme une portion de son patrimo9e mme2 et sans le sec\rs d'aucune loi1 ses dignits dev9r5t hrditaires dans sa famille4 ,tant de puissance devoit tre le p>tage de ,*>les-,m>tel2 mais soit que ,pep9 v\lt punir1 sur ce fils1 les *agr9s dome/iques que sa mre lui avoit causs1 soit que cet homme1 qui g\v]noit arbitrairem5t les ,franais1 ft lui-mme g\v]n plus arbitrairem5t p> sa seconde femme1 il revtit de t\tes ses dignits son petit-fils ,?odebald2 de sorte qu' la honte de t\te la nation1 ,dagob]t ,,iii1 encore enfant1 eut p\r maire un autre enfant1 qui toit s\s la tutelle de ,plectonde sa gr&'mre et veuve de ,pep94 ,cette rg5te se tr\voit dans la situation la plus critique4 ,l'lvation de son petit-fils toit1 p> sa biz>r]ie mme1 une preuve c]ta9e qu'il n'y avoit ni pr9cipe1 ni rgle dans le g\v]nem5t2 et que les seigneurs se conduisant au has>d1 ne savoi5t plus ce qu'ils p5soi5t de la royaut1 de la mairie1 ni de leur propre tat4 ,aprs t\tes les rvolutions que les ,franais avoi5t pr\ves1 ri5 ne devoit p>otre extraord9aire2 mais au milieu des caprices de la =tune1 dont le royaume toit le j\et1 si on p\voit t\t os] et t\t entrepr5dre avec quelque esprance de succs1 on devoit cra9dre aussi de tr\v]1 *aque pas1 un cueil inconnu4 ,ne p\vant se trac] un plan fixe et suivi de conduite qui prvnt t\s les dang]s1 le g\v]nem5t se voyoit rduit *ang] la politique1 mesure que les vnem5s *ang]oi5t1 et c\roit1 p> consqu5t1 sa p]te4 ,t\t ce que put faire l'espce de s\v]a9e qui g\v]noit -la-fois1 l',au/rasie1 la ,neu/rie et la ,b\rgogne1 ce fut de faire arrt] ,*>les-,m>tel1 dont elle craignoit l'esprit h>di1 ambitieux et entrepr5ant2 mais cette dm>*e ne procura qu'un calme bi5 c\rt4 ,il se prp>oit d'un autre ct1 une rvolution1 et elle auroit cot une gu]re cruelle aux ,franais1 si ,plectonde avoit eu quelque demi-tal5t1 p\r df5dre la dignit de son petit-fils1 qui fut confre ,ra9froi4 ,*>les-,m>tel1 cep5dant1 eut le bonheur de s'*app] de sa prison2 et l',au/rasie1 o il se rfugia1 le reconnut aussitt p\r son duc4 ,c'toit un homme qui avoit t\tes les qualits de l'esprit1 dans le degr le plus m95t2 son ambition brillante1 audacieuse et sans bornes1 ne craignoit aucun pril4 ,aussi dur et inflexible env]s ses ennemis1 que gnreux et prodigue p\r ses amis1 il =a t\t le monde re*]*] sa protection4 ,il crut que ,ra9froi occupoit une place qui lui app>t5oit2 il lui fit la gu]re1 le dfit1 et prit1 comme son pre1 le titre de maire de ,b\rgogne et de ,neu/rie4 ,pep9 avoit t un tyran adroit et rus2 ,*>les ,m>tel ne v\lut mrit] que l'amiti de ses soldats1 et se fit cra9dre de t\t le re/e4 ,il traita les ,franais avec une extrme duret2 il fit plus1 il les mprisa4 ,ne tr\vant p>-t\t que des lois oublies ou violes1 il mit leur place1 sa volont4 ,sr d'tre le matre1 tant qu'il auroit une arme affectionne son s]vice1 il l'enri*it1 sans scrupule1 des dp\illes du cl]g1 que ses mauvaises murs r5doi5t peu puissant1 qui possdoit la plus gr&e p>tie des ri*esses de l'tat1 et qui fut alors trait comme les ,gaulois l'avoi5t t dans le temps de la conqute4 ,*>les ,m>tel n'ignoroit pas que les rois ,mrov+i5s avoi5t d'abord d leur =tune1 et ensuite1 leur dcad5ce leurs bnfices4 ,il en cra de n\veaux1 p\r se r5dre aussi puissant qu'eux2 mais il leur donna une =me t\te n\velle1 p\r emp*] qu'ils ne causass5t la ru9e de ses successeurs4 ,les dons que les fils de ,clovis avoi5t faits de quelques portions de leurs doma9es1 n'toi5t que de purs dons1 qui n'imposoi5t aucun devoir p>ticuli]#cg1 et ne confroi5t aucune qualit di/9ctive4 ,ceux qui les recevoi5t1 n'tant obligs qu' une reconnoissance gnrale et indt]m9e1 p\voi5t aism5t n'en avoir aucune1 t&is que les bi5faiteurs en exigeoi5t une trop gr&e2 et de-l devoi5t natre des pla9tes1 des repro*es1 des ha9es1 des inju/ices et des rvolutions4 ,les bnfices de ,*>les ,m>tel fur5t1 au contraire1 ce qu'on appela depuis des fiefs1 c'e/--dire1 des dons faits1 la *>ge de r5dre au bi5faiteur1 conjo9tem5t ou sp>m5t1 des s]vices#ch militaires et dome/iques4 ,p> cette politique adroite1 le maire s'acquit un empire plus f]me sur les bnfici]s2 et leurs devoirs dsigns les atta*r5t plus troitem5t leur matre4 ,cette d]nire expression p>otra peut-tre trop dure2 c'e/ cep5dant l'expression propre2 puisque ces n\veaux bnfici]s fur5t appels du nom de vassaux1 qui signifioit alors1 et qui signifia encore p5dant long-temps1 des (fici]s dome/iques4 ,*>les ,m>tel1 t\j\rs victorieux et sr de la fidlit de son arme1 reg>da les capita9es qui le suivoi5t1 comme le corps enti] de la nation4 ,il mprisa trop les rois ,dagob]t1 ,*ildric et ,?i]i-de-,*elles1 dont il avoit fait ses premi]s sujets1 p\r leur envi] leur titre4 ,a la mort de ce d]ni]1 il v\lut que les ,franais se passass5t d'un roi1 et en m\rant il n'appela pas les gr&s de la nation1 mais ses#ci vassaux1 c'e/--dire1 les capita9es de ses b&es et les (fici]s de son palais1 p\r tre tmo9s du p>tage qu'il fit entre ses fils ,c>loman et ,pep91 de t\tes les prov9ces de la dom9ation franaise1 qu'il reg>doit comme sa conqute et son patrimo9e4 ,un g\v]nem5t aussi long et aussi arbitraire que celui de ,*>les ,m>tel avoit eff>\* t\s les esprits2 et c'e/ sans d\te p\r les calm]1 que ,pep91 mo9s h>di que ,c>loman1 qui g\v]na l',au/rasie en son nom1 jusqu'au mom5t qu'il embrassa la vie mona/ique1 fit proclam] ,*ildric ,,iii1 roi de ,b\rgogne et de ,neu/rie2 et cette va9e crmonie produisit l'effet que le maire en att5doit4 ,p>ce qu'il n'avoit pas les vices de son pre1 on crut qu'il auroit les v]tus de son aeul4 ,le peuple qui1 depuis long-temps1 ne pr5oit aucun intrt la *ose publique1 p>ce qu'il toit trop loign de ri5 espr] de favorable1 crut1 sur la p>ole de ,pep91 qu'il alloit tre mo9s opprim4 ,la noblesse qui1 en s5tant sur elle1 une ma9 mo9s pesante que celle de ,*>les ,m>tel1 auroit t capable de se s\lev]1 si ,pep9 ne l'et flatte1 ne fut qu'inquite et orgueilleuse4 ,les uns toi5t las de la mairie1 dont les inconvni5s toi5t prs5s1 sans savoir ce qu'il falloit sub/itu] sa place2 les autres regrettoi5t l'anci5ne royaut1 dont on n'avoit presqu'aucun s\v5ir2 et p]sonne ne songeoit que p\r rtablir l'ordre1 il falloit qu'il n'y et que les lois qui euss5t un p\voir absolu4 ,le cl]g occup de la re/itution des bi5s qu'on lui avoit vols1 r5doit la mmoire de ,*>les ,m>tel odieuse1 et publioit sa damnation1 p\r oblig] son fils rp>] ses inju/ices4 ,mais ,pep9 se bornoit croire qu'il lui suffisoit de dsappr\v] la conduite de son pre1 p\r n'tre pas son complice4 ,il toit trop ambitieux et trop habile1 p\r ne pas mnag] les soldats de ,*>les ,m>tel1 qui faisoi5t t\te sa =ce1 et qui1 malgr les exhortations et les m5aces des vques et des mo9es1 avoi5t pris le p>ti de ne po9t ab&onn] leurs usurpations4 ,le cl]g voyant1 enf91 que ses pla9tes ne produisoi5t aucun effet salutaire sur la consci5ce endurcie des ravisseurs1 se mit s\s la protection spciale de ,pep91 qui le flatta1 le consola1 et1 en lui donnant des esprances p\r l'av5ir1 l'atta*a sa =tune4 ,t\t prp>oit une rvolution dans le g\v]nem5t2 les ,franais la dsiroi5t1 les uns1 p>ce qu'ils toi5t atta*s ,pep91 les autres1 p> incon/ance ou p> lassitude de l'adm9i/ration prs5te1 et le maire pr(ita de cette disposition des esprits1 p\r s'emp>] de la c\ronne4 ,mais il v\lut la recevoir comme un don de son peuple1 et le peuple ne la donna qu'aprs avoir consult le pape ,za*>ie sur les droits de ,pep9 et de ,*ildric4 ,le pontife1 qui avoit t\t r$\t] de l'un1 et ri5 cra9dre de l'autre1 dcida que le maire p\voit pr5dre le titre de roi1 puisqu'il en faisoit les fonctions2 et ,*ildric1 dgrad p> ce jugem5t1 fut relgu avec son fils1 dans un clotre4 ,a9si f9ir5t dans l'humiliation1 les d]ni]s pr9ces d'une maison1 dont le *ef avoit fond l'empire des ,franais dans les ,gaules4 ,cette rvolution ne *angea ri5 l'autorit relle de ,pep91 ni au sort de la nation2 et la royaut1 aprs avoir pr\v les disgraces les plus entires1 se tr\va encore en possession de t\s les droits qu'elle avoit eus1 avant le rgne de ,clotaire ,,ii4 ,,*apitre ,,vii4 ,p\rquoi la nation franaise n'a pas t dtruite s\s la rg5ce des rois ,mrov+i5s4 ,p5dant que les pr9ces ,mrov+i5s regnr5t dans les ,gaules1 l',europe fut accable du poids des b>b>es qui la d*iroi5t4 ,ce que ,tacite#dj avoit prvu1 arriva2 la ru9e de l',empire ,roma9 avoit allum des gu]res civiles entre t\tes les nations1 et les b>b>es1 avides de faire des conqutes1 mais gns les uns p> les autres1 ne p\voi5t pr5dre une assiette assure dans le pays qu'ils avoi5t envahi4 ,les rvolutions se succdr5t rapidem5t2 des dbris d'une puissance1 il s'en =moit plusieurs2 et si quelqu'une d'entre elles sembloit m5ac] les autres de les engl\tir1 elle s'affoiblissoit p> ses propres victoires1 et tomboit en dcad5ce1 ds qu'elle v\loit j\ir de ses avantages4 ,le royaume des ,hrules1 si fameux p> la f9 d',augu/ule et de l',empire d',occid5t1 ne subsi/a lui-mme que quatorze ans1 et fit place la mon>*ie des ,o/rogo?s1 que ,?odoric fonda1 et qui1 bi5tt aprs1 fut dtruite p> ,n>sez4 ,l'hi/oire ne p>le plus des ,huns1 des ,ala9s1 des ,suves1 etc4 ,les ,v&ales1 qui ont trav]s la ,gaule et l',espagne en conqurans1 tabliss5t leur dom9ation en ,afrique1 et se voi5t enlev] leur proie p> ,blisaire4 ,le royaume de ,b\rgogne devi5t une prov9ce des ,franais4 ,les ,lomb>ds fond5t1 l'pe la ma91 un n\vel empire en ,italie1 qui s]a bi5tt r5v]s p> ,*>lemagne1 aprs avoir t m5ac de sa ru9e p> ,pep94 ,les ,visigo?s1 *asss des t]res qu'ils occupoi5t dans les ,gaules1 voi5t anantir leur puissance en ,espagne1 p> un peuple sorti de l',arabie1 qui combattoit p\r conqurir des royaumes1 et t5dre sa religion4 ,les ,s>ras9s1 ambitieux et fanatiques1 avoi5t dj *ang la face de l',asie et de l',afrique1 et se rp&ant des ,pyrnes dans les ,gaules1 prp>oi5t aux tats des ,mrov+i5s1 une s]vitude aussi prompte que fune/e1 t&is que la ,g]manie1 si r$\table jusqu'alors1 et si fconde en soldats1 m5aoit encore t\s ses vois9s4 ,les ,bav>ois1 les ,allem&s1 les ,tur+i5s et les ,saxons1 surt\t1 plus puissans que ne l'avoi5t t les ,franais1 s\s le rgne de ,clovis1 toi5t las d'habit] leurs =ts1 et l'exemple des peuples qui les avoi5t prcds1 ne mditoi5t que des conqutes4 ,*aque nation1 en un mot1 se tr\voit dans un tat de crise1 et il sembloit qu'un peuple ne pt subsi/] qu'en dtruisant ses vois9s4 ,p> quelle cause la nation franaise e/-elle presque la seule qui n'ait pas subi le mme sort qu'pr\vr5t ces tribus de b>b>es qui pntrr5t dans les prov9ces de l',empire ,roma98 ,dire qu'elle fut1 ou plus brave1 ou plus sage1 ce s]oit lui donn] un loge qu'elle ne mrite pas4 ,on sait que t\s les peuples qui v5oi5t de ,g]manie1 avoi5t un c\rage gal2 et ce que j'ai dit du g\v]nem5t des ,franais1 t\j\rs conduits au has>d p> les vnem5s1 doit faire jug] qu'il toit bi5 difficile d'avoir plus de vices et mo9s de prud5ce qu'eux4 ,les ,franais1 en effet1 ne fur5t que plus heureux4 ,t\t le malheur de quelques peuples1 fut de p>otre les premi]s sur les t]res de l',empire4 ,en subjuguant des prov9ces o ils n'toi5t connus que p> la t]reur1 que leurs c\rses et leurs ravages y avoi5t rp&ue1 ils y inspirr5t une ha9e viol5te contre eux2 de sorte que1 se tr\vant ent\rs d'ennemis1 au milieu de leurs conqutes1 il leur fut d'autant mo9s facile d'y aff]mir leur puissance1 qu'ils laissoi5t d]rire eux1 des peuples nombreux1 qui ils avoi5t ouv]t le *em91 que leur exemple enc\rageoit1 et qui toi5t assez =ts p\r les *ass] de leurs n\velles possessions4 ,qu& les ,franais1 au contraire1 s'tablir5t en de du ,rh91 les ,gaulois comm5oi5t se famili>is] avec les murs et les c\tumes ,g]maniques4 ,le temps leur avoit appris tr\v]1 en quelque sorte1 tolrable1 ce qui leur avoit d'abord p>u mon/rueux4 ,clovis et ses sujets1 quoique paens1 toi5t mo9s odieux que les ,b\rguignons et les ,visigo?s1 qui avoi5t apport les erreurs de l'arianisme dans les ,gaules4 ,les ,franais abjurr5t sans pe9e1 leur religion1 p\r pr5dre celle des va9cus1 qui les reg>dr5t alors comme les protecteurs et les v5geurs de la foi4 ,clovis1 en s'tablissant t>d dans les ,gaules1 laissa d]rire lui1 des ennemis mo9s puissans et mo9s nombreux4 ,les premi]s b>b>es toi5t t\j\rs alls en avant1 sans song] se faire des tablissem5s solides1 p>ce qu'ils toi5t p\sss p> d'autres b>b>es qui m>*oi5t leur suite1 et qu'ils n'avoi5t va9cre devant eux1 que des ,roma9s con/]ns1 et qui ne savoi5t pas se df5dre4 ,les ,franais1 au contraire1 borns dans les prov9ces mridionales et occid5tales des ,gaules1 p> les ,b\rguignons1 les ,visigo?s et les ,bretons1 aux dp5s de qui il toit beauc\p plus difficile de s'agr&ir1 cons]vr5t le pays qu'ils possdoi5t en ,g]manie4 ,ils y portr5t s\v5t la gu]re1 et1 en s\mettant les ,allem&s1 les ,bav>ois et les ,frisons1 qui auroi5t pu les subjugu]1 si on avoit nglig de les cont5ir au-del du ,rh91 ils s'en fir5t un remp>t contre les autres peuples de ,g]manie4 ,il e/ assez curieux d'obs]v] que les vices mmes de la con/itution des ,franais contribur5t au salut de leur empire4 ,a ne considr] que la diffr5ce qu'il y avoit entre la frocit des ,franais et les murs plus d\ces et plus huma9es des ,gaulois1 il n'e/ pas d\teux que la conduite de la nation qui rdigea les lois ,saliques et ,ripuaires1 ne p>oisse d'abord mo9s sage que celle des ,b\rguignons et des ,visigo?s1 qui ne composr5t qu'un mme peuple avec les va9cus1 en faisant des lois#da communes1 gnrales et imp>tiales1 qui confondoi5t leurs droits4 ,mais c'toit pr5dre en p>tie les murs des va9cus4 ,les ,visigo?s et les ,b\rguignons p\voi5t emprunt] plusieurs *oses utiles des ,gaulois1 mais il leur toit impossible de les e/im] assez1 p\r se ml] et se confondre avec eux1 sans qu'ils en fuss5t amollis1 et sans p]dre cette valeur1 laquelle ils avoi5t d leurs premi]s avantages4 ,les ,franais1 au contraire1 en =ant leurs sujets de r5onc] aux lois roma9es1 p\r adopt] les c\tumes g]maniques1 s'ils v\loi5t p>ticip] aux privilges de la nation conqurante1 donnr5t aux ,gaulois1 les murs de leurs va9queurs4 ,on vit disp>otre des ,gaules cette p>esse1 ce dc\ragem5t1 cet affaissem5t des esprits qui avoi5t t ncessaires aux emp]eurs p\r tablir leur despotisme4 ,dans les circon/ances o se tr\voi5t alors les b>b>es1 un tat devoit tir] bi5 mo9s d'avantages d'un comm5cem5t de police qui auroit t trs-imp>fait1 que de cette frocit brutale qui cons]voit la fi]t de la valeur g]manique1 et prp>oit les ,gaulois dev5ir des soldats agu]ris4 ,que les prov9ces de la dom9ation franaise n'euss5t pas d'abord t p>tages en autant de royaumes qu'un roi laissoit de fils2 que ces p>tages1 au lieu d'tre enclavs les uns dans les autres1 et de donn] s\v5t deux pr9ces diffr5s1 une mme#db ville1 euss5t t faits suivant les rgles d'une sage politique2 les ,franais mo9s diviss entre eux p> des ha9es et des intrts dome/iques1 auroi5t comm5c tre plus citoy5s que soldats2 et n'auroi5t pas1 cep5dant1 t assez bons citoy5s1 p\r mettre leur pays en sret contre les trang]s4 ,que dans leurs gu]res1 ils euss5t cess d'tre des brig&s1 que t\t ne ft pas dev5u la proie et le but9 du va9queur2 ils se s]oi5t bi5tt lasss de port] les armes1 la gu]re ne leur et p>u qu'un mti] dur et pnible1 il auroit fallu avoir une arme m]c5aire1 la pay] des impts levs sur les peuples2 et les ,franais1 amollis comme les ,v&ales1 les ,visigo?s1 c4 n'auroi5t plus t en tat de cont5ir les ,g]ma9s au-del du ,rh91 et les ,s>ras9s au-del des ,pyrnes4 ,le gnie t\t militaire que les ,franais rp&ir5t dans les ,gaules1 leur cons]va leur conqute2 il les r5dit plus =ts que leurs ennemis1 dont le g\v]nem5t n'toit pas mo9s vicieux que celui des rois ,mrov+i5s4 ,f9 du livre premi]4 ,,obs]vations ,,sur ,l',,hi/oire ,,de ,,france4 ,,livre ,,second4 ,,*apitre ,,premi]4 ,orig9e du sacre des rois de ,france4--,du g\v]nem5t et de la politique de ,pep94--,il s'tablit un n\vel ordre de succession au trne4 ,jusqu' ,pep91 l'inauguration des rois de ,france n'avoit t qu'une crmonie purem5t civile4 ,le pr9ce1 lev sur un b\cli]1 recevoit l'hommage de son arme1 et toit a9si revtu de t\te l'autorit de ses pres4 ,pep91 p\r r5dre son c\ronnem5t plus respectable aux yeux de ses sujets1 y intressa la religion1 et transporta *ez les ,franais1 une c\tume qui n'avoit t connue que *ez les ,juifs4 ,sacr d'abord p> ,boniface1 vque de ,may5ce1 dont la sa9tet toit alors clbre1 il fit rxr] cette crmonie p> le pape ,eti5ne ,,iii1 qui v9t implor] sa protection contre les ,lomb>ds4 ,le pontife1 qui sacra aussi les fils de ,pep91 ne manqua po9t de les appel]1 a9si que leur pre1 les o9ts du ,seigneur4 ,il confondit t\tes les ides1 et appliquant les pr9cipes du g\v]nem5t t\t div91 dont les ressorts toi5t autant de miracles1 au g\v]nem5t des ,franais1 que ,dieu ab&onnoit au droit naturel et commun t\s les hommes2 ,eti5ne comp>a la dignit de ,pep9 la royaut de ,david1 qui toit une espce de sac]doce1 et contre laquelle les ,juifs ne p\voi5t att5t]1 sans sacrilge4 ,les ,franais v5oi5t d'lire ,pep9 librem5t1 et sans qu'aucun prophte l'et ordonn de la "p de ,dieu2 le pontife leur dit cep5dant1 que ce pr9ce ne t5oit sa c\ronne que de ,dieu seul1 p> l'int]cession de ,sa9t ,pi]re et de ,sa9t ,paul1 et les m5aa des c5sures de l'glise1 s'ils se dp>toi5t jamais de la fidlit et de l'obissance qu'ils dvoi5t ,pep9 et sa po/rit4 ,quoique les ,franais n'euss5t os dp\ill] les ,mrov+i5s1 sans consult] le pape ,za*>ie1 et qu'ils ne fuss5t gures capables de di/+u] ce que ,dieu fait p> une volont expresse1 p> une rvlation m>que1 comme dans le *oix de ,sal et de ,david1 de ce qu'il p]met et autorise seulem5t1 comme protecteur gnral de l'ordre et des lois de la socit2 ,pep9 craignit que ses n\veaux sujets ne le dtrnass5t1 s'il leur dplaisoit1 a9si qu'ils avoi5t dtrn ,*ildric1 qui toit aussi l'ouvrage de ,dieu4 ,il ne compta pas sur la protection de ,sa9t ,pi]re et de ,sa9t ,paul2 et crut que1 s'il toit malheureux1 un n\veau ,za*>ie p\rroit faire *ang] de rsolution aux deux aptres1 et leur appr5dre cd] la ncessit4 ,quelque viol5te passion que ,pep9 et eue de se faire roi1 il comprit que le n\veau titre dont il toit dcor1 p\voit aff]mir la =tune de sa famille1 mais ne lui donnoit pas un p\voir plus t5du que la mairie1 dont le nom toit odieux4 ,il ne se laissa po9t enivr] p> la faveur incon/ante de sa nation2 p\r la cons]v]1 il v\lut la mrit]4 ,il falloit ne pas eff>\*] des esprits fi]s et h>dis1 que les d]nires rvolutions avoi5t r5dus inquiets et s\ponneux4 ,les seigneurs avoi5t acquis le plus gr& empire dans leurs t]res1 p5dant la rg5ce des premi]s maires du palais2 et aprs avoir pr\v diffr5tes vexations de la "p du g\v]nem5t1 ils toi5t d'autant plus jal\x de l'espce de lib]t qu'ils avoi5t rec\vre la mort de ,*>les ,m>tel1 que comm5ant1 son exemple1 donn] des bnfices#dc et se faire des vassaux1 ils avoi5t atta* leurs intrts t\te la petite noblesse1 que les malheurs du g\v]nem5t avoi5t ru9e4 ,pep9 s'c>ta donc plus que jamais des pr9cipes despotiques de son pre1 p\r g\v]n] avec la mme modration que son aeul4 ,il ne songea qu' se r5dre agrable sa nation1 et la di/raire de ses divisions inte/9es1 en l'occupant au-dehors p> de gr&es entreprises4 ,il convoqua s\v5t les assembles des vques et des seigneurs1 corrigea les abus qu'on lui p]mit de corrig]1 respecta ceux que la noblesse *rissoit1 appliqua1 en un mot1 plus de palliatifs que de vrais remdes1 aux maux de l'tat2 et c'e/ de cette circonspection1 ord9aire dans un g\v]nem5t n\veau1 que naquit une seconde n\veaut *ez les ,franais4 ,s\s les premi]s rois ,mrov+i5s1 la c\ronne fut1 en quelque sorte1 patrimoniale1 puisque le royaume se p>tagea1 d'abord1 en autant de p>ties diffr5tes1 qu'un pr9ce laissoit d'enfans mles4 ,les ,franais avoi5t apport cette c\tume de ,g]manie2 et c'e/1 sans d\te1 ce qui les avoit diviss en plusieurs tribus1 que ,clovis runit4 ,soit que les ,franais s5tiss5t enf91 combi5 cet ordre de succession les affoiblissoit1 et que des p>tages t\j\rs n\veaux et arbitraires1 n'toi5t propres qu' caus] des tr\bles dome/iques2 soit qu'il faille1 selon les app>5ces1 l'attribu] quelqu'vnem5t1 ou quelqu'autre motif mo9s sage1 que n\s ignorons1 les ides *angr5t1 cet g>d1 aprs la mort de#dd ,c>ib]t2 et la place de ces royaumes de ,metz1 d',orlans1 de ,p>is1 de ,soissons1 t\t le pays de la dom9ation franaise ne fut plus divis qu'en trois p>ties1 connues s\s les noms de royaumes d',au/rasie1 de ,b\rgogne et de ,neu/rie4 ,clotaire ,,ii1 qui les avoit runis1 confra l',au/rasie son fils ,dagob]t2 et l'exemple qu'il donna de ret5ir la ,neu/rie et la ,b\rgogne1 fut suivi p> ses successeurs1 qui ne les sp>r5t jamais4 ,ne subsi/ant1 en quelque sorte1 que deux royaumes1 on oublia1 peu peu1 que t\t pr9ce1 p> le droit de sa naissance1 devoit tre roi2 et on ne fut po9t tonn que ,?i]i1 le d]ni] des trois fils de ,clovis ,,ii1 n'et d'abord aucune "p la succession de son pre4 ,il n'en falloit pas davantage *ez un peuple qui son indiffr5ce p\r les lois et son gt p\r les n\veauts1 n'avoi5t laiss aucune t5ue dans le c>actre1 p\r que les droits de la naissance fuss5t peu respects4 ,on y eut encore mo9s d'g>d1 aprs que l',au/rasie se fut mise s\s la rg5ce d'un duc1 et que les maires1 sans autre motif que leur intrt p>ticuli]1 levr5t les pr9ces sur le trne1 ou les relgur5t dans un clotre4 ,ce dfaut de rgle1 en avilissant la race de ,clovis1 avoit1 sans d\te1 contribu l'lvation de ,pep92 mais il p\voit nuire sa po/rit4 ,ce pr9ce ne s'en reposa po9t sur le s]m5t des ,franais1 la crmonie du sacre1 et les m5aces du pape ,eti5ne4 ,qu& il s5tit appro*] sa f91 il assembla les gr&s ,sa9t ,d5is2 et1 en dem&ant leur#de cons5tem5t1 p\r p>tag] ses tats entre ses fils ,*>les et ,c>loman1 il sembla reconnotre que la naissance ne confroit po9t le droit de rgn]4 ,de ces exemples rc5s1 jo9ts au s\v5ir des c\tumes anci5nes1 il se =ma un n\vel ordre de succession3 le trne fut hrditaire dans la famille de ,pep91 mais lectif p> rapport aux pr9ces de cette maison4 ,,*apitre ,,ii4 ,rgne de ,*>lemagne4--,de la =me de g\v]nem5t tablie p> ce pr9ce4--,r=me qu'il fait dans l'tat4--,ses lois1 ses murs4 ,malgr les prcautions que ,pep9 avoit prises p\r assur] la tranquillit publique1 sa mort fut suivie de quelques divisions au sujet du p>tage de son royaume entre ,*>les et ,c>loman4 ,mais celui-ci ne survcut pas long-temps son pre1 et le premi] se tr\vant seul la tte de la nation franaise1 fut en tat de =m] et d'excut] les gr&s projets qui ont fait de son rgne1 le morceau le plus curieux1 le plus intressant et le plus in/ructif de l'hi/oire mod]ne4 ,du milieu de la b>b>ie o le royaume des ,franais toit plong1 on va voir sortir un pr9ce la fois philosophe1 lgislateur1 patriote et conqurant4 ,que ne peut-on retran*] de sa vie quelques excs de cruaut o le porta un zle indiscret1 p\r t5dre la religion1 qu'il n'e/ p]mis que de pr*]6 ,les murs publiques toi5t atroces4 ,les ,franais1 dans leur ignorance grossire1 p5soi5t que ,dieu avoit beso9 de leur pe1 p\r t5dre son culte1 comme leur roi1 p\r agr&ir son empire4 ,les vques eux-mmes1 loigns du *em9 que leur avoi5t trac les aptres1 sembloi5t avoir entirem5t oubli qu'ils vivoi5t s\s la loi de grce1 et que ,dieu n'ordonnoit plus que les ,saxons fuss5t traits comme les ,phili/9s et les ,amalcites4 ,t\t autre pr9ce1 dans ces circon/ances1 s]oit excusable d'avoir p5s que la viol5ce peut tre un in/rum5t de la grce1 mais on ne p>donne po9t un aussi gr& homme que ,*>les1 les erreurs de son sicle2 et cette faute prs1 sa politique doit s]vir de leon aux rois qui rgn5t sur les peuples et dans les temps les plus clairs4 ,les ,franais toi5t p]dus1 si ,*>les1 que j'appell]ai dsormais ,*>lemagne1 et eu mo9s de v]tu que de gnie4 ,les peuples galem5t opprims p> les seigneurs ecclsia/iques et lacs1 les dte/oi5t galem5t4 ,le cl]g1 dont les murs#df sc&alisoi5t t\t le royaume1 auroit v\lu cras] la noblesse1 qui n'toit ri*e que de ses dp\illes2 et la noblesse1 p\r se db>rass] des pla9tes injurieuses et t]nelles des vques et des mo9es1 v\loit a*ev] de les ru9]4 ,les rvolutions qui avoi5t fait oubli] les lois1 n'avoi5t pas mme tabli leur place des c\tumes fixes et uni=mes4 ,on n'avoit consult que les conjonctures et les conv5ances1 p\r agir2 et on ne savoit encore obir que qu& on toit trop foible p\r os] se rvolt]4 ,en un mot1 t\s les ordres de l'tat1 sans patrie1 sans se d\t] mme qu'il y a un bi5 public1 et ennemis les uns des autres1 toi5t dans cette situation dplorable que dsire1 que *]*e1 que fait natre l'ambition d'un pr9ce assez peu in/ruit de ses intrts1 p\r p5s] que le comble du bonheur consi/e j\ir d'un p\voir sans bornes4 ,*>lemagne n'avoit qu' ne pas s'oppos] au c\rs des vnem5s que devoi5t produire les vices des ,franais1 et la nation alloit se tr\v] ass]vie au g\v]nem5t le plus arbitraire4 ,c'et t un jeu p\r un gnie aussi gr& et aussi fcond en ress\rces que le si51 que de t\rn] son pr(it les divisions de ses sujets1 d'humili] les diffr5s ordres de l'tat1 les uns p> les autres1 et d'lev] la prrogative royale sur la ru9e commune de leurs privilges4 ,il n'e/ pas extrmem5t difficile de remdi] aux maux d'un peuple dont le g\v]nem5t n'e/ pas altr dans le pr9cipe fondam5tal de l'obissance et de la subord9ation3 qu& il subsi/e encore une puissance lgislative1 ou qu'on en reconnot du mo9s la ncessit1 les esprits ont un po9t de runion4 ,les dsordres eux-mmes1 devi5n5t autant de leons utiles1 et il suffit alors de faire propos quelques rglem5s sages1 on y obira4 ,mais qu& les tr\bles de l'tat port5t avec eux les simptmes d'une an>*ie gnrale1 qu'importe de faire des lois1 que le foible se fait un art d'lud]1 et le puissant1 une gloire de viol]8 ,quelque salutaires qu'elles soi5t en elles-mmes1 elles devi5n5t inutiles et augm5t5t s\v5t la confusion4 ,c'e/ la s\rce du mal qu'il faut alors remont]2 et avant que de recomm&] des *oses ju/es1 il faut avoir mis le citoy5 dans la ncessit d'obir4 ,bi5 des pr9ces1 en p>eil cas1 ont cru qu'ils devoi5t se r5dre t\t-puissans p\r donn] de la =ce aux lois1 mais s\v5t en aigrissant les esprits1 ils n'ont pr\v qu'une plus gr&e rsi/ance4 ,s'ils ont russi1 ils ont presque t\j\rs abruti leurs sujets p> la cra9te2 ou s'ils ont t assez clairs1 p\r ne pas abus] du p\voir qu'ils ont acquis1 ils l'ont laiss des successeurs indignes d'eux3 et le bi5 passag] qu'ils ont produit contre les rgles et p> =ce1 e/ dev5u l'in/rum5t d'une longue calamit4 ,*>lemagne1 dont les vues embrassoi5t galem5t l'av5ir et le prs5t1 ne v\lut pas faire le bonheur de ses contempora9s1 aux dp5s de la gnration qui lui succd]oit3 il apprit aux ,franais obir aux lois1 en les r5dant eux-mmes leurs propres lgislateurs4 ,pep9 avoit comm5c la r=me1 en se faisant une rgle de convoqu] t\s les ans1 au mois de mai1 les vques1 les abbs et les *efs de la noblesse1 p\r confr] sur la situation et les beso9s de l'tat4 ,*>lemagne p]fectionna cet tablissem5t2 il v\lut que les assembles fuss5t convoques deux#dg fois l'an1 au comm5cem5t de l't et la f9 de l'automne2 et la premire loi qu'on publia1 fut de s'y r5dre avec exactitude4 ,ce pr9ce ne crut pas qu'il sufft d'y appel] les gr&s2 quelqu'humili que ft le peuple depuis l'tablissem5t des seigneuries et d'une noblesse hrditaire1 il en connoissoit les droits imprescriptibles1 et avoit p\r lui cette compassion mle de respect avec laquelle les hommes ord9aires voi5t un pr9ce fugitif et dp\ill de ses tats4 ,ce ne fut po9t seulem5t p> esprit de ju/ice qu'il fit t\s ses ef=ts p\r lui faire re/itu] une p>tie de sa premire dignit2 il savoit encore que c'toit le seul moy5 de l'intress] au bi5 public1 de rappro*] la noblesse et le cl]g du pr9ce1 et de les prp>] sans ef=t r5onc] la tyrannie qu'ils affectoi5t et qui faisoit le malheur du royaume4 ,enf9 ,*>lemagne fut assez heureux p\r que les gr&s cons5tiss5t laiss] entr] le peuple#dh dans le *amp de ,m>s1 qui p>-l r$ev9t vritablem5t l'assemble de la nation4 ,tant que le *amp de ,m>s avoit subsi/ s\s les premi]s successeurs de ,clovis1 t\t homme libre qui vivoit s\s la loi salique ou s\s la loi ripuaire1 avoit le privilge de s'y r5dre1 et y occupoit une place4 ,mais depuis que les ,franais possdoi5t un pays trs-t5du1 et s'toi5t extrmem5t multiplis p> la naturalisation des trang]s1 cette m?ode n'auroit plus t praticable2 et p\r prv5ir le tr\ble et la confusion d'une assemble trop nombreuse1 ,*>lemagne tablit cet g>d un n\vel ordre4 ,il fut rgl que *aque comt dput]oit au *amp de ,m>s d\ze reprs5tans1 *oisis dans la classe des ra*9b\rgs1 ou1 leur dfaut1 p>mi les citoy5s les plus notables de la ,cit1 et que les av\s des glises1 qui n'toi5t encore alors que des hommes du peuple1 les accompagn]oi5t4 ,je ne puis m'emp*] de copi] ,h9cm> en cet endroit4 ,l'assemble1 dit-il1 qui se t5oit la f9 de l'automne1 aprs que la campagne toit f9ie1 n'toit compose que des seigneurs#di les plus exprim5ts dans les affaires4 ,elle rgloit les gratifications qui devoi5t se di/ribu]2 et jetant les yeux sur l'av5ir1 prp>oit les matires qui devoi5t faire l'objet des dlibrations dans l'assemble suivante4 ,on y discutoit les intrts du royaume relativem5t aux puissances vois9es2 on revoyoit les traits2 on exam9oit avec att5tion s'il toit propos de les r5\vel]1 ou s'il toit plus avantageux de donn] de l'inquitude quelque vois94 ,de-l on passoit l'exam5 de l'intrieur de l'tat2 on *]*oit la cause des abus prs5s1 et on travailloit prv5ir les maux dont on p\voit tre m5ac4 ,jamais le public n'toit in/ruit des vues1 des dbats1 des projets1 ni des rsolutions de cette assemble4 ,un secret inviolable emp*oit que les trang]s ne puss5t se prcautionn] contre les entreprises dont ils toi5t m5acs1 et que1 dans l'intrieur mme du royaume1 des mcont5s ou des esprits jal\x et inquiets ne s'opposass5t p> leurs intrigues au bi5 public4 ,c'toit l'assemble gnrale du mois de ,mai suivant1 compose des vques1 des abbs1 des comtes1 des seigneurs et des dputs du peuple1 qui recueilloit le fruit de cette premire assemble4 ,c'e/ l que se rgloit l'tat de t\t le royaume p\r l'anne c\rante2 et ce qu'on y avoit une fois arrt1 n'toit jamais *ang1 mo9s de quelque vnem5t imprvu1 et qui1 p> son importance1 auroit intress le sort gnral de la nation4 ,p5dant que les trois ordres toi5t occups rgl] les affaires1 ,*>lemagne qui1 p> respect p\r la lib]t publique1 n'assi/oit pas leurs dlibrations1 mais qui en toit l'ame p> le m9i/re de quelques prlats et de quelques seigneurs bi5 int5tionns1 auxquels il avoit communiqu une p>tie de ses vues et de ses lumires1 recevoit les prs5s qu'on lui apportoit1 suivant l'usage anci54 ,il saluoit les gr&s1 dit ,h9cm>1 que je copie t\j\rs1 conv]soit avec ceux qu'il voyoit r>em5t1 tmoignoit de la bont aux vieill>ds1 et toit gai et enj\ avec les jeunes g5s4 ,quelquefois les trois *ambres1 sp>es du cl]g1 de la noblesse et du peuple se runissoi5t1 soit p\r se communiqu] les rglem5s que *aque ordre avoit faits p> rapport sa police ou ses intrts p>ticuli]s1 soit p\r discut] les affaires mixtes1 c'e/--dire1 qui t5oi5t -la-fois au spirituel et au temporel1 ou qui1 p> leur nature1 toi5t relatives deux ou t\s les ordres de l'tat4 ,le pr9ce ne se r5doit l'assemble que qu& il y toit appel1 et c'toit t\j\rs p\r y s]vir de mdiateur1 lorsque les conte/ations toi5t trop animes1 ou p\r donn] son cons5tem5t aux arrts de l'assemble4 ,alors il proposoit quelquefois lui-mme ce qu'il croyoit le plus avantageux l'tat2 et1 avant que de se sp>]1 on portoit enf9 ces lois connues s\s le nom de capitulaires1 qui1 soit qu'elles fuss5t l'ouvrage de la nation1 soit qu'elle les et simplem5t adoptes1 cons]vr5t l'usage#ej n\vellem5t tabli d'tre publies s\s le nom du pr9ce1 qui y pr5d le titre de lgislateur suprme4 ,n\s v\lons1 n\s ordonnons1 n\s comm&ons1 dit ,*>lemagne dans ses capitulaires2 mais ces expressions1 qui ont fait croire plusieurs criva9s que la puissance lgislative app>t5oit t\te entire au pr9ce1 ne prs5toi5t po9t alors l'esprit les mmes ides que n\s y avons atta*es depuis2 la =me seule du g\v]nem5t les modifioit1 et la conduite mme de ,*>lemagne leur toit cette pret despotique dont il toit ennemi1 et qui et bless des oreilles libres4 ,c'e/ a9si que les trois collges de l'empire d',allemagne ne sont po9t (f5ss auj\rd'hui de ces mmes expressions1 dont la *ancell]ie impriale cons]ve l'usage1 et ne se d\t5t pas qu'elles puiss5t tre un titre contre la lib]t ,g]manique4 ,*>lemagne v\loit1 ordonnoit1 comm&oit1 p>ce que la nation avoit v\lu1 ordonn et comm&1 et le *>geoit de publi] ses lois1 de les obs]v] et d'en tre le protecteur et le v5geur4 ,il n'e/ pas p]mis en effet de d\t] que la puissance lgislative ne rsidt dans le corps de la nation4 ,*>lemagne et ,l\is le ,dbonnaire#ea en av]tiss5t eux-mmes2 et les capitulaires dis5t positivem5t que la loi n'e/ autre *ose que la volont de la nation publie s\s le nom du pr9ce4 ,si ,*>lemagne a le privilge de faire des rglem5s provisoires dans les cas extraord9aires et urg5s1 sur lesquels la loi n'a ri5 prononc1 on les di/+ue#eb =mellem5t des lois1 et ils n'en acquir5t la =ce et l'autorit que qu& le *amp de ,mai les a adopts4 ,tel e/ la doctr9e qu'enseign5t p>-t\t les monum5s les plus respectables de notre hi/oire4 ,qu'on exam9e de prs la conduite de ,*>lemagne1 et on le v]ra t\j\rs scrupuleusem5t att5tif respect] la lib]t qu'il avoit r5due sa nation1 dans la vue d'y dtruire l'esprit de s]vitude et de tyrannie1 de l'intress] au bi5 public et d'en faire l'in/rum5t des gr&es *oses qu'il mditoit4 ,il ne se crut jamais exempt d'obir au *amp de ,mai2 il obs]va t\j\rs les lois1 p>ce qu'elles s]voi5t de fondem5s sa gr&eur1 et p\r appr5dre ses sujets les respect]4 ,si ,tassilon1 duc de ,bav>ois1 e/ condamn mort p> la nation1 cause de ses infidlits1 ,*>lemagne1 qui e/ son p>5t1 et qui1 p> son humanit1 v\loit gagn] le cur des peuples tributaires des ,franais1 ne lui accorde po9t la vie de son autorit prive1 il dem&e sa grce l'assemble1 la sollicite1 et l'obti5t4#ec ,veut-il ret5ir sa c\r l'vque ,hildebold1 l'ecclsia/ique qu'il jugeoit le plus propre remplir dans son palais l'emploi important d'apocrisiaire1 il s'adresse au pape p\r faire exempt] ce prlat des canons qui ordonn5t la rsid5ce1 et l'assemble de la nation p\r l'affran*ir de la loi qui df5doit aux vques d'tre abs5s de leur diocse p5dant plus de trois sema9es de suite4 ,ce pr9ce ne comm&e jamais2 il propose1 il conseille1 il ins9ue4 ,je v\s envoie1 crit-il aux vques assembls1 des commissaires qui1 en mon nom1 conc\rront avec v\s corrig] les abus qui mrit5t d'tre r=ms4 ,je les ai *>gs de v\s communiqu] quelques projets de rglem5s que je crois ncessaires4 ,mais1 de grce1 ne pr5ez po9t en mauvaise "p des conseils qui ne sont que le fruit de mon zle p\r t\t ce qui v\s t\*e4 ,j'ai lu dans l'criture que ,josias1 ce pr9ce recomm&able p> sa pit1 ne ngligeoit ri5 p\r tablir le culte du vrai ,dieu2 et quoique je s5te combi5 je suis infrieur ce sa9t roi1 je dois t*] de suivre son exemple4 ,les ,franais toi5t encore aussi b>b>es1 mais plus vicieux que qu& ils s'tablir5t dans les ,gaules4 ,acc\tums se laiss] conduire au gr de leurs passions et des vnem5s1 sans ri5 prvoir ni ri5 cra9dre1 ils ignoroi5t p> o devoit comm5c] la r=me1 et p> quels pr9cipes il falloit procd] dans cette entreprise importante4 ,les assembles gnrales d'une nation qui possde plusieurs gr&es prov9ces1 sont peu propres l'clair]4 ,on y voit t\t ncessairem5t d'une manire trop vague1 trop confuse1 trop sommaire1 trop indt]m9e4 ,*>lemagne craignoit avec raison que les lois ne fuss5t sans =ce leur naissance mme1 ou ne tombass5t bi5tt dans l'oubli1 s'il ne mettoit les ,franais dans la ncessit de connotre en dtail p> eux-mmes t\s leurs beso9s4 ,il p>tagea donc t\s les pays de sa dom9ation en diffr5s di/ricts ou lgations1 dont *acun cont5oit plusieurs comts1 et r5onant l'usage anci51 il n'en confia po9t l'adm9i/ration un duc4 ,il s5toit qu'un magi/rat unique1 la tte de *aque prov9ce1 nglig]oit ses devoirs ou abus]oit de son autorit4 ,des (fici]s1 au nombre de trois ou quatre1 *oisis dans l'ordre des prlats et de la noblesse1 et qu'on nomma envoys royaux1 fur5t *>gs du g\v]nem5t de *aque lgation1 et obligs de la visit] exactem5t de trois en trois mois4 ,outre les assises1 qui ne reg>doi5t que l'adm9i/ration de la ju/ice entre les citoy5s1#ed ces espces de c5seurs t5oi5t1 t\s les ans1 dans leur prov9ce1 des tats p>ticuli]s o les vques1 les abbs1 les comtes1 les seigneurs1 les av\s des glises1 les vicaires des comts1 les c5t5i]s et les ra*9b\rgs toi5t obligs de se tr\v] en p]sonne1 ou p> leurs reprs5tans1 si quelque cause lgitime les ret5oit ailleurs4 ,on traitoit dans ces assembles de t\tes les affaires de la prov9ce2 t\s les objets y toi5t vus dans leur ju/e proportion2 on exam9oit la conduite des magi/rats et les beso9s des p>ticuli]s4 ,quelque loi avoit-elle t viole ou nglige8 on punissoit les c\pables4 ,les abus en naissant toi5t rprims1 ou du mo9s ils n'avoi5t jamais le temps d'acqurir assez de =ce p\r lutt] avec avantage contre les lois4 ,les envoys faisant le rapport au pr9ce et l'assemble gnrale1 de t\t ce qu'ils avoi5t vu1 l'att5tion publique1 quelque va/e que ft l't5due de l'empire ,franais1 se fixoit en quelque sorte sur *acune de ses p>ties4 ,ri5 n'toit oubli1 ri5 n'toit nglig4 ,la nation entire avoit les yeux cont9uellem5t ouv]ts sur *aque homme public4 ,les magi/rats1 qu'on obs]voit1 apprir5t se respect] eux-mmes4 ,les murs1 sans lesquelles la lib]t dgnre t\j\rs en une lic5ce dang]euse1 se corrigr5t1 et l'am\r du bi5 public1 uni la lib]t1 la r5dit de j\r en j\r plus agissante et plus salutaire4 ,le *amp de ,mai apprit se dfi] de la prosprit1 cra9dre p\r l'av5ir1 prp>] des ob/acles aux abus1 remont] la s\rce du mal1 et fut en tat de s'lev] jusqu'aux pr9cipes d'un bon g\v]nem5t1 ou du mo9s de les connotre et de les saisir qu& ,*>lemagne les lui prs5toit4 ,de-l cet am\r de la patrie et de la gloire qui p>ut p\r la premire fois *ez les ,franais1 et en fit une nation t\te n\velle4 ,a mesure que les diffr5s ordres de l'tat1 traitant ensemble p> la mdiation de ,*>lemagne1 se rappro*oi5t et oublioi5t leurs anci5nes inimitis1 ils s5toi5t accrotre leur bonheur p>ticuli] et leur atta*em5t p\r l'ordre4 ,en divisant t\t1 dit un tyran1 je me r5drai t\t-puissant4 ,soyez unis1 disoit ,*>lemagne ses peuples1 et n\s s]ons t\s heureux4 ,agissant enf9 avec ce zle que donne la lib]t1 et avec cette union qui multiplie les =ces1 ri5 ne put rsi/] aux ,franais4 ,ils s\mir5t une p>tie de l',espagne1 l',italie1 t\tes ces va/es contres qui s't5d5t jusqu' la ,vi/ule et la m] ,baltique2 et la gloire du nom ,franais1 p>eille celle des anci5s ,roma9s1 passa jusqu'en ,afrique et en ,asie4 ,c>loman1 frre de ,pep9 et oncle de ,*>lemagne1 avoit t5t le gr& ouvrage de la rconciliation du cl]g et de la noblesse1 p> l'tablissem5t des#ee prcaires2 c'e/--dire1 qu'en considration des gu]res trangres dont le royaume toit m5ac de t\t ct1 et des dp5ses extraord9aires des seigneurs1 on rgla que les t]res enleves l'glise s\s la rg5ce de ,*>les ,m>tel1 re/]oi5t entre les ma9s des ravisseurs1 qui pay]oi5t un c5s modique aux anci5s propritaires4 ,p\r ne pas t] t\te esprance aux ecclsia/iques1 et leur laiss] cep5dant le temps de s'acc\tum] peu peu leurs p]tes1 on toit conv5u qu'ils r5tr]oi5t en possession de leurs bi5s la mort des usufruiti]s1 mo9s que les beso9s de l'tat n'obligeass5t cont9u] les prcaires4 ,on avoit recomm& d'avoir surt\t att5tion que les glises et les mona/res dp\ills ne manquass5t pas des *oses ncessaires2 et on devoit mme leur re/itu] sur le *amp leurs t]res1 s'ils ne p\voi5t absolum5t s'en pass]4 ,ce trait1 dict p> la mauvaise foi1 et fait p\r tablir la paix1 n'avoit t propre qu' p]ptu] les divisions4 ,les ecclsia/iques prt5doi5t tre t\j\rs dans le cas o la re/itution devoit avoir lieu1 et les seigneurs v\loi5t qu'il ft t\j\rs de l'intrt de l'tat de r5\vel] les prcaires4 ,les mona/res exposoi5t leurs beso9s1 et la noblesse croyoit en avoir de plus gr&s4 ,ces qu]elles t]nelles1 et d'autant plus capables de produire d'extrmes dsordres1 que la =me du g\v]nem5t donnoit plus de *aleur et d'activit aux esprits1 fur5t enf9 t]m9es p> ,*>lemagne4 ,on fit compr5dre aux vques et aux mo9es qu'il n'toit pas raisonnable que1 s\s prtexte d'tre les conomes des pauvres1 ils ru9ass5t t\s les citoy5s1 possdass5t t\tes les t]res1 et vcuss5t dans un luxe condamn p> leurs maximes4 ,on leur dit sans d\te que ,dieu mprise les ri*esses1 et n'e/ime dans les (fr&es que la puret de cur qui les accompagne et les prs5te aux pi$s des autels4 ,la noblesse1 p]suade de son ct que ses usurpations avoi5t t inju/es1 quoique les g5s d'glise fuss5t condamnables d'avoir abus de la pit du peuple p\r se faire des doma9es imm5ses1 p5sa que le moy5 le mo9s propre p\r lgitim] ses n\velles possessions1 toit d'aigrir et d'irrit] sans cesse le cl]g1 dont les pla9tes cont9uelles emp*oi5t qu'on ne pt enf9 lui oppos] la loi de la prescription4 ,on fit des sacrifices de "p et d'autre4 ,les anci5s canons1 au sujet de la lib]t dans les lections ecclsia/iques1 fur5t remis en vigueur1 et ,*>lemagne r5ona au privilge qu'on avoit accord ,clotaire ,,ii1 de nomm]#ef aux prlatures vacantes4 ,on consola l'av>ice du cl]g en flattant sa vanit2 on le combla d'honneurs1 et on ne nomma aucune commission des (fici]s appels envoys royaux1 sans y mettre la tte un ou deux prlats4 ,p> la clbre ordonnance de #fae1 dont j'ai dj fait connotre quelques articles1 en p>lant de la rvolution arrive s\s le rgne de ,clotaire ,,ii1 les vques avoi5t simplem5t obt5u que le juge sculi] ne connotroit po9t des diffr5s que les cl]cs auroi5t entre eux en matire civile1 et qu'en matire crim9elle il ne p\rroit les jug]1 mo9s que le dlit ne ft videmm5t pr\v4 ,dans ce cas-l mme1 lorsque l'action s]oit int5te contre un prtre ou un diacre1 le procs devoit tre in/ruit selon les rgles canoniques4 ,les affaires entre les cl]cs et les lacs devoi5t encore tre juges p> un tribunal mi-p>ti1 compos d'ecclsia/iques et de sculi]s2 et t\te la prrogative des affran*is1 qui avoi5t obt5u leur lib]t p> un acte pass dans l'glise1 se bornoit ne p\voir tre jugs p> le magi/rat lac1 sans que l'vque ou son dlgu ft prs5t au jugem5t4 ,ces bornes1 dans lesquelles la juridiction ecclsia/ique toit ress]re1 fur5t leves4 ,les cl]cs1 dans aucune occasion1 ne reconnur5t d'autre juge que leur vque2 et t\t ce qui toit s\s la protection p>ticulire du cl]g j\it du mme avantage4 ,on ordonna que les comtes1 les juges subalt]nes et t\t le peuple obiroi5t avec respect aux vques4 ,les ju/ices temporelles ou seigneuriales1 que les glises possdoi5t dans leurs t]res1 n'eur5t pas une compt5ce mo9s t5due que celle des autres seigneurs1 et leurs juges condamnr5t mort4 ,enf9 la loi mit spcialem5t s\s sa protection t\s les bi5s et t\s les privilges du cl]g4 ,les seigneurs cons5tir5t de contribu] aux rp>ations des glises dont ils t5oi5t quelques t]res en =me de prcaires1 et de leur pay]#eg la dixme4 ,ils se dp>tir5t mme de mille droits onreux auxquels ils avoi5t assujetti les prtres de la campagne1 s\s prtexte de la protection qu'ils leur accordr5t dans les temps de dsordre o les seigneuries se =mr5t4 ,cette gnrosit piqua d'honneur les vques4 ,au lieu de prt5dre encore que t\s les bi5s que l'glise acquroit p> donation1 p> a*at ou autrem5t1 duss5t tre affran*is des r$evances et des s]vitudes dont ils toi5t grevs1 ils se s\mir5t raisonnablem5t ne plus acqurir aucune possession sans en acquitt] les *>ges4 ,je ne mets pas au nombre des ddommagem5s que reut le cl]g le droit de lev] la dixme sur les fruits de la t]re4 ,quoiqu'une f\le de *rti5s1 se croyant lie p> les lois des ,juifs1 reg>da ds-lors comme un devoir indisp5sable d'(frir ,dieu la dixime p>tie de ses rcoltes2 je crois que ces *rti5s1 p> leur libralit1 faisoi5t un acte de pit1 et n'acquittoi5t pas encore une dette de citoy54 ,*>lemagne put favoris] cette dvotion et en donn] l'exemple2 mais on ne tr\ve1 dans aucun de nos monum5s1 qu'elle ait t conv]tie s\s son rgne en tribut ncessaire4 ,si quelque loi eut p>l en faveur du cl]g1 p\rquoi ne se s]oit-il pas s]vi de cette autorit p\r exig] la p]ception d'un droit qu'il se cont5toit de pr*]8 ,on n'a rec\rs la fraude qu'au dfaut d'un titre solide2 et les mo9es fabriqur5t grossirem5t une lettre de ,jsus-,*ri/ aux fidelles1 p> laquelle le ,sauveur m5aoit les pay5s1 les sorci]s et ceux qui ne pay5t pas la dixme1 de frapp] leurs *amps de /rilit1 de les accabl] d'infirmits1 et d'envoy] dans leurs maisons des s]p5s ails1 qui dvor]ont le se9 de leurs femmes4 ,les ecclsia/iques fir5t mme int]v5ir le ,diable en leur faveur2 et1 violant t\te rgle de vraisemblance1 le reprs5tr5t dans une assemble gnrale de la nation1 comme une espce de missionnaire et d'aptre1 qui pr5oit intrt au salut des ,franais1 qui toit f* de les voir dans la r\te de la damnation1 et t*oit *rti5nem5t de les rappel] leur devoir p> des *tim5s salutaires4 ,ouvrez enf9 les yeux1 disoit le cl]g1 et r5oncez une av>ice crim9elle qui v\s jette dans la misre6 ,c'e/ le ,diable lui-mme qui a caus la d]nire fam9e dont v\s v\s plaignez4 ,c'e/ lui-mme qui a dvor les gra9s dans les pis4 ,il v\s punit de vos p*s1 n'en d\tez pas1 puisqu'il l'a dcl> lui-mme avec des hurlem5s affreux au milieu des campagnes2 sa rage ne s'appais]a po9t2 et il v\s m5ace d'ex]c] encore le mme *tim5t sur les *rti5s endurcis qui refus5t de pay] la dixme4 ,il toit mo9s difficile de cont5t] le peuple3 acc\tum presque p>-t\t tre malheureux et ne po9t p5s]1 il ne faut en quelque sorte que lui donn] de la pture p\r l'intress] au bi5 public4 ,il avoit t trait avec tant d'inhumanit depuis l'tablissem5t des seigneuries et la ru9e de l'anci5 g\v]nem5t1 qu'ayant p]du t\te ide de sa dignit et de ses droits1 et ne se croyant de/9 qu' s]vir les passions des gr&s1 il toit dispos recevoir1 comme une grce1 t\t le mal qu'on v\droit ne lui pas faire4 ,*>lemagne donna l'exemple1 et r5onant t\s les droits tablis p> la tyrannie des maires1 il ne v\lut j\ir que de ceux qu'un usage immmorial avoit#eh lgitims4 ,les gr&s1 leur t\r1 comm5cr5t avoir honte de leurs inju/ices et de leurs viol5ces1 et la loi v9t au sec\rs du peuple opprim4 ,on re/reignit les *>ges1 les travaux1 les corves que les seigneurs exigeoi5t des hommes de leurs t]res4 ,on p\rvut l'av5ir1 en ordonnant que l'autorit des c\tumes1 jusqu'alors trop t5due1 t\j\rs quivoque1 s\v5t fonde sur un seul exemple1 et p> consqu5t t\j\rs tyrannique1 s]oit subordonne au p\voir des lois4 ,s'il ne fut pas possible d'anantir t\s les pages1 ni t\tes ces espces de d\ane que la =ce avoit tablis1 et qui gnoi5t prodigieusem5t le comm]ce des villes et de la campagne1 on y mit du mo9s de l'ordre4 ,les plus rc5s de ces droits fur5t abolis1 de mme que ceux dont le public toit f\le sans en retir] aucun avantage4 ,la p]ception du droit supposa dans le seigneur le devoir de rp>] et d'entret5ir les *em9s et les ponts4 ,on fut libre de faire pr5dre ses d5res la r\te qu'on v\lut2 et le p>ticuli] qui ne les transportoit pas p\r les v5dre1 ne fut sujet aucune taxe4 ,l'iniquit des comtes1 des seigneurs et des autres magi/rats subalt]nes dans l'adm9i/ration de la ju/ice1 toit dev5ue un flau d'autant plus r$\table p\r le peuple1 que leur tyrannie s'ex]oit l'ombre et p> le sec\rs des lois4 ,soit qu'ils refusass5t de jug]1 ou jugeass5t mal1 les opprims toi5t obligs de s\ffrir ces inju/ices2 il toit trop difficile et trop disp5dieux de se p\rvoir en dni de ju/ice1 ou en cassation p>-devant le tribunal du pr9ce4 ,si on y portoit enf9 ses pla9tes1 on n'y tr\voit p\r juges que des c\rtisans corrompus1 prts galem5t refus] ou v5dre la ju/ice1 et t\j\rs disposs1 p> leur propre intrt1 condamn] les plus foibles4 ,les assises1 que les envoys royaux t5oi5t quatre fois p> an dans leurs lgations1 remdir5t la plup>t de ces abus4 ,la conduite des juges fut claire2 ils fur5t obligs d'obir aux lois1 dont ils ne fur5t plus que les organes4 ,cette c\r suprme du roi1 o il toit presqu'impossible de p>v5ir1 fut -la-fois prs5te dans *aque prov9ce2 et la foiblesse du peuple y tr\va un asyle t\j\rs ouv]t contre la puissance des gr&s4 ,t&is que les envoys royaux rtablissoi5t ou ma9t5oi5t l'ordre dans les tribunaux subalt]nes1 ,*>lemagne s'honoroit autant de la qualit de premi] juge de la nation1 que de celle de gnral4 ,on peut voir dans ,h9cm> avec quelle sagesse ce pr9ce r5doit lui-mme la ju/ice dans son palais4 ,quelque nombreuses et importantes que fuss5t ses occupations1 on ne portoit po9t d'affaire difficile sa c\r1 qu'il n'en prt connoissance#ei p> lui-mme4 ,ce n'toi5t que les procs ord9aires et d'une discussion aise qu'il ab&onnoit l'apocrisiaire et au comte du palais1 qui prsidoi5t s\s lui son tribunal1 l'un p\r jug] les affaires des ecclsia/iques1 et l'autre celles des lacs4 ,le moy5 le plus efficace p\r mettre le peuple en tat de subsi/] aism5t1 toit de remdi] aux abus qui s'toi5t introduits dans le s]vice militaire1 et qui ru9oi5t successivem5t une p>tie considrable des citoy5s4 ,t\t homme libre1 a9si que je l'ai dj fait rem>qu]1 toit soldat1 et qu& son canton toit comm& p\r la gu]re1 il devoit m>*] ses dp5s#fj s\s les ordres de son comte ou de son seigneur4 ,cep5dant1 n'tant pas raisonnable de dg>nir un pays de t\s ses habitans1 l'exception des s]fs *>gs de la culture des t]res1 et plusieurs citoy5s devant mme avoir des raisons p\r se faire disp5s] du s]vice dans de c]ta9es circon/ances1 les comtes et les seigneurs commettoi5t les inju/ices les plus criantes1 s\s pretexte d'tablir cet g>d un ordre avantageux4 ,ils s'toi5t attribu le p\voir de dsign] arbitrairem5t1 avant l'ouv]ture de *aque campagne1 ceux qui s]viroi5t1 et ceux qui re/]oi5t dans le se9 de leur famille4 ,ds-lors les plus ri*es citoy5s s'toi5t exempts du s]vice1 en a*etant la faveur de leur comte ou de leur seigneur2 mais ils fur5t les premi]s punis de l'inju/ice qu'on leur avoit *rem5t v5due4 ,il fallut p]mettre des soldats qui n'avoi5t ri5 et que l'tat ne payoit pas1 de comm5c] p> pill] leur canton1 p\r avoir de quoi f\rnir aux frais de la campagne4 ,des hommes ramasss dans la lie de la nation1 incapables d'agir p> am\r de la gloire1 et qui1 sans =tune p>ticulire1 ne pr5oi5t aucun intrt la =tune publique1 ravageoi5t t\t sur leur passage1 et toi5t *>gs de but9 avant que d'avoir jo9t les ennemis4 ,*>lemagne fit rgl] p> l'assemble de la nation1 qu'il faudroit au mo9s possd] trois manoirs#fa de t]re1 c'e/--dire1 tr5te-six de nos arp5s1 p\r tre oblig de faire la gu]re en p]sonne et ses frais4 ,n'avoit-t-on que deux manoirs8 on se joignoit un citoy5 qui n'en possdoit qu'un1 et celui des deux qui p>oissoit le plus propre support] les fatigues de la gu]re1 m>*oit1 et son compagnon contribuoit sa dp5se p\r un ou deux troisimes1 suivant qu'il toit possesseur d'un ou de deux manoirs4 ,trois hommes qui ne j\issoi5t *acun que d'un manoir1 s'associoi5t de mme2 et les deux qui ne faisoi5t pas le s]vice p]sonnellem5t1 contribuoi5t *acun p\r un ti]s la dp5se de l'autre4 ,six hommes dont *acun n'avoit qu'un demi-manoir1 ne f\rnissoi5t l'tat qu'un soldat1 en suivant la mme cotisation2 et avec une mo9dre possession1 on fut exempt de t\t s]vice et de t\te *>ge militaire4 ,bi5 lo9 de cont9u] faire un comm]ce de leur p\voir1 les comtes et les seigneurs1 assujettis une loi#fb1 qui m>quoit en dtail t\s les cas d'exemption de s]vice1 fur5t eux-mmes condamns pay] l'am5de p\r les citoy5s auxquels ils auroi5t accord inju/em5t une disp5se d'all] la gu]re4 ,les campagnes ne fur5t ni pilles1 ni dva/es4 ,les citoy5s ri*es ne fur5t plus des hommes oisifs qui la paix devoit t] t\te habitude de c\rage4 ,la qualit de soldat r$ev9t un titre honorable1 et les armes1 qu'il fut ais de pli] une sage discipl9e1 protgr5t la nation sans lui faire jamais aucun tort1 et ne fur5t r$\tables qu'aux ennemis4 ,les ,franais tonns1 comprir5t p> leur propre expri5ce qu'une classe de citoy5s p\voit tre heureuse sans opprim] les autres4 ,c'e/ p> ce sage g\v]nem5t1 dont je n'ai dvelopp que les pr9cipes gnraux1 que ,*>lemagne retira en quelque sorte sa nation du *aos o elle se tr\voit4 ,aux lois1 il joignit son exemple1 peut-tre encore plus efficace4 ,qu'on voie dans ,h9cm> le tableau qu'il n\s a laiss de l'ordre admirable qui rgnoit dans le palais4 ,*>lemagne ne v\loit pas avoir p\r (fici]s ou p\r m9i/res des c\rtisans1 mais des hommes qui aimass5t la vrit et l'tat1 qui fuss5t connus p> leur expri5ce1 leur discrtion1 leur exactitude1 leur sobrit1 et assez f]mes dans la pratique de leur devoir1 non-seulem5t p\r tre inaccessibles aux prs5s1 mais p\r ne p\voir pas mme tre bl\is1 et tromps p> la flatt]ie1 l'amiti et les liaisons du sang4 ,croira-t-on que je p>le de la c\r d'un roi1 si je dis que les (fici]s du palais toi5t *>gs d'aid] de leurs conseils les malheureux qui v5oi5t y *]*] du sec\rs contre la misre1 l'oppression et la calomnie1 ou ceux qui s'tant acquitts de leurs devoirs avec di/9ction1 avoi5t t oublis dans la di/ribution des rcomp5ses8 ,il toit ordonn *aque (fici] de p\rvoir leurs beso9s1 de faire pass] leurs requtes jusqu'au pr9ce1 et de se r5dre leur solliciteur4 ,qu'il e/ beau de voir les v]tus les plus prcieuses l'humanit1 dev5ir les fonctions ord9aires d'une *>ge2 et1 p> une espce de prodige1 les c\rtisans *angs en in/rum5s du bi5 public1 et en m9i/re de la bi5faisance du pr9ce6 ,la c\r1 lo9 d'tre alors un cueil p\r la v]tu qui y s]oit arrive1 toit une cole o les ,franais appr5oi5t connotre le prix de l'honneur1 de la ju/ice et de la gnrosit4 ,n'en d\tons pas1 c> l'augu/e simplicit du pr9ce faisoit ignor] aux c\rtisans t\s ces beso9s sup]flus et ridicules1 qui en les appauvrissant dans le se9 de l'abondance1 n'en font presque t\j\rs que des esclaves pro/itus la =tune4 ,la magnific5ce1 le luxe1 la pompe1 la prodigalit des c\rs dtruis5t les murs publiques2 ce sont autant de preuves c]ta9es de la misre des peuples1 et d'avant-c\reurs de la dcad5ce des empires4 ,que c'e/ un spectacle agrable p\r qui connot les devoirs de la socit1 d'exam9] le mnage de ,*>lemagne6 ,sa femme1 impratrice et re9e de presque t\te l',europe1 comme une simple mre de famille1 avoit so9 des meubles du palais et de la g>d]obe de son m>i1 payoit les gages des (fici]s1 rgloit les dp5ses de la b\*e et des curies1 et faisoit temps les provisions ncessaires sa maison4 ,de son ct1 ,*>lemagne1 va9queur des ,saxons et des ,lomb>ds1 cra9t des emp]eurs de ,con/ant9ople1 et respect des ,s>ras9s en ,asie et en ,afrique1 g\v]noit ses doma9es avec autant de prud5ce que l'tat1 veilloit avec conomie ce qu'ils fuss5t cultivs avec so91 et ordonnoit de v5dre les lgumes qu'il ne p\vait consomm]4 ,ce s]oit entrepr5dre un gr& ouvrage1 que de v\loir faire connotre en dtail t\te la lgislation de ce pr9ce4 ,ses capitulaires embrass5t -la-fois t\tes les p>ties relatives au bi5 de la socit4 ,si quelques articles n\s en p>oiss5t auj\rd'hui purils1 ne n\s htons pas tmrairem5t de les condamn]2 on les admir]oit sans d\te en considrant l'ensemble de t\te la gr&e ma*9e dont ils faisoi5t p>tie4 ,si d'autres n\s p>oiss5t1 et sont en effet b>b>es1 concluons-en seulem5t que les ,franais1 pe9e dlivrs des dsordres qui avoi5t ru9 la famille de ,clovis1 =moi5t encore un peuple grossi]1 qui ne p\voit ouvrir les yeux qu' quelques vrits4 ,les hommes ne *ang5t pas d'ides en un j\r2 plus nos prjugs sont biz>res et absurdes1 plus ils ont de =ce contre notre raison4 ,les passions ont leur habitude1 qu'on ne dtruit que trs-l5tem5t4 ,les progrs v]s le bi5 doiv5t tre s\v5t int]rompus4 ,si ,*>lemagne et v\lu arra*] brusquem5t les ,franais leurs habitudes et leurs prjugs1 il n'et fait que les rvolt] au lieu de les clair]4 ,il ne s'agissoit pas de leur donn] des lois p>faites en elles-mmes1 mais les meilleures qu'ils puss5t excut]4 ,voil le *ef-d'uvre de la raison huma9e1 qu& de la ?orie elle passe la pratique4 ,il faut l\] dans le lgislateur des ,franais jusqu'aux ef=ts qu'il fit p\r se rabaiss] jusqu' eux1 et n'tre sage qu'autant qu'il le falloit p\r tre utile4 ,,*apitre ,,iii4 ,rflexions sur le g\v]nem5t tabli p> ,*>lemagne4--,des pr9cipes de dcad5ce qu'il portoit en lui-mme4 ,*>lemagne n'avoit fait que ram5] les ,franais aux anci5s pr9cipes du g\v]nem5t que leurs pres avoi5t apports de ,g]manie2 et1 s'il et succd ,clovis1 il lui auroit t facile de les fix] et d'en prv5ir la dcad5ce1 en tablissant de sages proportions entre les diffr5s ordres de l'tat4 ,il auroit emp* que ses sujets n'usurpass5t des droits qui devoi5t les divis]2 et t\s1 aussi unis p> l'am\r de la lib]t qu'ils dev9r5t ennemis p> les injures qu'ils se fir5t et les prt5tions qu'ils =mr5t1 auroi5t travaill de conc]t faire le bi5 gnral4 ,mais qu& ce pr9ce monta sur le trne1 il ne tr\va1 comme on l'a vu1 que des citoy5s ple9s de ha9e et de mpris les uns p\r les autres et qui n'toi5t occups que de leurs avantages p>ticuli]s4 ,la noblesse croyoit que t\t devoit lui app>t5ir2 avec le mme projet d'accrotre ses bi5s1 le cl]g aspiroit t5ir seul les rnes du g\v]nem5t2 le peuple opprim ne p\voit po9t avoir de patrie2 et ces trois ordres1 p> la nature mme de leur con/itution actuelle1 toi5t1 en un mot1 incapables de se rappro*]1 de se confondre1 de cons5tir n'avoir que les mmes intrts1 et de =m] un seul corps4 ,dans les circon/ances mme les plus favorables1 les lois d'un g\v]nem5t libre ne s'aff]miss5t qu'avec une extrme difficult2 p>ce que la lib]t1 r5dant les esprits plus fi]s1 plus c\rageux1 plus entrepr5ans1 excite t\j\rs quelques orages dans le pays o elle s'tablit4 ,il ne suffit pas d'ordonn] un peuple d'tre libre1 p\r qu'il le soit2 il ne suffit pas de port] des lois1 il faut *ang] dans les citoy5s la manire de voir1 de s5tir et de p5s]1 ou leurs anci5s prjugs triomph]ont de la sagesse des magi/rats4 ,si quelques lgislateurs ont russi aff]mir un g\v]nem5t libre en mme temps qu'ils l'ont tabli1 ils ne donnoi5t sans d\te des lois qu' une poigne d'hommes r5f]me dans une mme ville2 et ,*>lemagne g\v]noit une nation nombreuse1 rp&ue dans t\te l't5due des ,gaules1 dans quelques prov9ces de ,g]manie1 mle mme avec plusieurs peuples qui avoi5t leurs c\tumes p>ticulires4 ,*>lemagne ne se flatta pas de port] sa p]fection l'ouvrage dont il jetoit les fondem5s4 ,en p>tageant l'autorit1 en associant t\s les citoy5s au g\v]nem5t1 il ne v\lut que les di/raire de leurs intrts p]sonnels4 ,il espra que la rivalit du cl]g1 de la noblesse et du peuple les =c]oit d'abord obs]v] mutuellem5t1 qu'ils s'impos]oi5t1 se ti5droi5t en quilibre2 que *aque ordre1 gn p> les deux autres1 appr5droit peu peu les cra9dre et les respect]2 et que t\s s'acc\tumant enf9 avoir mo9s d'ambition1 quelques ides communes sur le bi5 public les prp>]oi5t y travaill] de conc]t4 ,p\r que ce n\veau g\v]nem5t pt s'aff]mir1 il falloit que les ,franais en priss5t l'esprit2 et ce fut l'objet de la politique de ,*>lemagne p5dant t\t son rgne4 ,t&is qu'il t5doit une ma9 sec\rable au peuple1 p\r le t5ir au-dessus de l'oppression et lui r5dre quelque c\rage et ses droits1 il appes5tissoit l'autre sur les gr&s1 p\r les emp*] de s'lev] trop haut1 et leur appr5dre qu'ils n'toi5t placs au-dessus du peuple1 qu'ils mprisoi5t1 que p\r tre les artisans#fc de son bonheur4 ,mais cet difice devoit s'cr\l]1 si ,*>lemagne1 qui toit l'ame des ,franais sans le p>otre1 n'avoit pas un successeur capable d'en s\t5ir la masse4 ,son rgne1 quoique long1 ne l'avoit pas t assez p\r *ang] les prjugs et les passions de ses sujets1 et son g\v]nem5t1 qui n'avoit pas encore pris une c]ta9e consi/ance1 devoit tre dtruit1 si les rnes en toi5t confies des ma9s ignorantes4 ,ds que le peuple s]oit priv de l'appui qui le s\t5oit1 il devoit retomb] dans son nant3 l'habitude ne lui avoit pas assez fait connotre ses =ces4 ,les anci5nes prrogatives du pr9ce et des seigneurs n'toi5t pas oublies1 et les n\velles n'toi5t pas m>ques d'une manire assez fixe et assez con/ante1 p\r qu'ils ne *]*ass5t pas encore les t5dre4 ,l'ambition ass\pie devoit se rveill]2 et les gr&s1 trop puissans p\r ne pas cras] le peuple que le pr9ce cess]oit de protg]1 devoi5t bi5tt tr\bl] l'tat2 si le pr9ce de son ct toit ambitieux1 il lui re/oit assez d'autorit p\r repr5dre celle que ,*>lemagne avoit re/itue la nation4 ,le *amp de ,mai possdoit1 il e/ vrai1 la puissance lgislative2 mais1 si on y fait bi5 att5tion1 ce n'toit en quelque sorte que d'une manire prcaire2 p>ce que l'extrme ignorance et les vices des ,franais n'avoi5t pas p]mis ,*>lemagne de se dsaisir de quelques p>ties de la puissance excutrice4 ,celles qu'il n'auroit pas ret5ues entre ses ma9s auroi5t t mal adm9i/res1 et s]oi5t dev5ues un ob/acle ses desse9s4 ,p\r prv5ir cet inconvni5t1 qui l'auroit emp* d'tablir les pr9cipes de son g\v]nem5t1 il y laissoit un dfaut qui p\voit les r5v]s] s\s un pr9ce mo9s sage que lui4 ,en effet1 p\r peu qu'on soit in/ruit des causes qui1 dans t\s les temps et dans t\s les pays libres ont occasionn des dsordres et des rvolutions1 on jug]a sans pe9e que ri5 n'e/ plus dang]eux que de confi] la mme p]sonne l'excution des lois dans t\tes les bran*es diffr5tes de la socit4 ,il n'e/ pas possible que cette masse norme d'autorit ne donne enf9 au simple protecteur des lois le droit de les lud]1 de les viol] et d'en faire son gr de n\velles4 ,il acqu]ra une considration qui ins5siblem5t le f]a reg>d] comme un matre4 ,d'ailleurs1 la puissance lgislative ne p\vant pas faire des lois qui ai5t t\t prvu1 il faut ncessairem5t qu'elle voie languir une f\le d'affaires1 multipli] les abus1 et p]dre les conjonctures les plus favorables p\r agir2 ou qu'elle ab&onne la puissance excutrice le privilge de donn] des ordres p>ticuli]s et de faire des rglem5s provisoires4 ,*>lemagne ne se s]vit jamais de ce p\voir que p\r le bi5 de la nation4 ,mais une p>eille prrogative p\voit dev5ir d'autant plus dang]euse entre les ma9s de son successeur1 qu'il s]oit assez ri*e p\r se faire des cratures1 et s'emp>] de t\te l'autorit que les fils de ,clovis avoi5t possde4 ,sans p>l] des bnfices de ,*>les ,m>tel1 qui toi5t dev5us le patrimo9e de la c\ronne depuis l'lvation de ,pep9 au trne1 les conqutes de ,*>lemagne avoi5t prodigieusem5t augm5t ses doma9es1 et comme ce pr9ce1 p\r gagn] les gr&s et les engag] conc\rir avec lui au bi5 public1 toit oblig de se les atta*] p> des bi5faits t\j\rs n\veaux1 il avoit conv]ti une gr&e p>tie de ses n\velles possessions en bnfices4 ,il e/ vrai qu'il les confroit vie#fd1 et que n'ayant pas laiss ses successeurs le droit de les repr5dre arbitrairem5t1 les abus devoi5t tre mo9s considrables qu'ils ne l'avoi5t t s\s les ,mrov+i5s2 cep5dant1 si le pr9ce n'a pas l'ame assez gr&e p\r rsi/] ce *>me secret qui porte les hommes t5dre encore leur p\voir1 qu& ils en sont mme emb>rasss2 si ces bnfices1 au lieu d'tre la rcomp5se du mrite1 devi5n5t au contraire un moy5 de sduire1 et une monnoie p\r a*et] des flatteurs1 les rois ,c>lov+i5s s]ont bi5tt ent\rs de c\rtisans intresss les corrompre4 ,les ordres p>ticuli]s du pr9ce appr5dront qu'un citoy5 peut avoir un autre protecteur que la loi#fe1 et une autre sauveg>de que son innoc5ce4 ,on mettra les rglem5s provisoires la place des lois imp>tiales et s\v5t trop gnantes4 ,le *amp de ,mai ne prs5t]a qu'une va9e crmonie2 et les fils d'un pr9ce1 qui ne v\loit que publi] et protg] la loi1 s]ont bi5tt reg>ds comme les lgislateurs4 ,on dira peut-tre que ,*>lemagne auroit prv5u ces malheurs et aff]mi la puissance du *amp de ,mai1 en ne laissant pas ses bnfices la mme =me que son aeul1 ,*>les ,m>tel1 avoit donne aux si5s2 mais qu& ce pr9ce se s]oit dp\ill du droit de confr] en bnfices les t]res de son doma9e dont il p\voit se pass]1 et l'auroit ab&onn au *amp de ,mai1 de mme que la prrogative de dispos] des comts et des autres magi/ratures1 il ne faut po9t p5s] que ces grces1 qui s]vir5t entre les ma9s du pr9ce ru9] le g\v]nem5t1 euss5t contribu r5dre plus solide l'autorit du *amp de ,mai1 qui en auroit t le disp5sateur1 ni que les s]viteurs du pr9ce fuss5t dev5us les s]viteurs de l'tat4 ,dans cette supposition1 ce n'et pas t la trop gr&e puissance des ,c>lov+i5s qui auroit ananti celle du *amp de ,mai1 mais leur trop gr&e foiblesse4 ,*>lemagne1 qui n'auroit eu aucun bi5fait rp&re1 n'auroit pas p>u sa nation aussi gr& qu'il l'toit3 qu'on n'oublie pas que les ,franais toi5t encore trop b>b>es p\r le connotre et lui r5dre ju/ice4 ,ses r=mes et ses lois n'auroi5t p>u qu'une contra9te gnante et inutile1 laquelle on ne se s]oit pas s\mis4 ,mille cabales =mes p\r di/ribu] et obt5ir les rcomp5ses de l'tat1 n'auroi5t fait du *amp de ,mai qu'une cohue o l'intrigue auroit dom91 tel et t vraisemblablem5t le sort de la nation franaise s\s ,*>lemagne mme1 quels dsordres n'auroit-elle pas t expose s\s des pr9ces mo9s habiles que lui8 ,une n\velle cause de la dcad5ce pro*a9e du g\v]nem5t1 c'e/ que l'assemble du *amp de ,mai n'toit a/re9te aucune =me fixe et con/ante dans la manire de dlibr] et procd] l'tablissem5t des lois4 ,autant qu'on peut le conjectur] l'aide de nos anci5s monum5s1 s\v5t elle prv5oit le pr9ce1 et le prioit de mettre le sceau royal aux rglem5s qu'elle avoit dresss4 ,quelquefois le pr9ce proposoit lui-mme une loi1 et requroit la nation d'y donn] son cons5tem5t4 ,tantt les trois ordres de l'tat dressoi5t leurs articles "p1 et tantt ils se runissoi5t p\r ne faire qu'une seule ordonnance4 ,il ne p>ot pas qu'il y et des t]mes prescrits p\r dlibr] plusieurs reprises sur un mme objet4 ,quelques lois ne fur5t portes qu'aprs plusieurs longs dbats1 et d'autres fur5t proposes1 reues et publies sur le *amp1 p> une espce d'acclamation4 ,*>lemagne avoit laiss subsi/] cette manire indt]m9e d'agir dans le *amp de ,mai1 p>ce que l'extrme ignorance des ,franais ne lui p]mettoit pas de les t5ir assembls1 sans qu'il veillt p> lui-mme leur conduite1 et la diriget2 et des =malits1 en le gnant1 auroi5t t un ob/acle t]nel au bi54 ,d'ailleurs1 la ncessit o il toit de se transport] d'une frontire de son va/e empire l'autre1 ne lui laissant la lib]t de convoqu] la nation que p5dant un temps trs-c\rt1 il falloit se ht] de dcid] les affaires2 et le gnie de ,*>lemagne tran*oit en un mom5t les difficults1 que des =mes auroi5t r5dues plus p9euses1 et que ses sujets n'auroi5t jamais pu rs\dre4 ,si ce gr& homme ne r5dit pas son g\v]nem5t 9branlable1 n'en accusons que l'asc5dant fatal des circon/ances sur la prud5ce huma9e4 ,son rgne n'a produit qu'un bi5 passag]2 et s'il ft n deux sicles plutt1 ou quatre sicles plus t>d1 ses lois auroi5t vraisemblablem5t gal sa rputation en dure4 ,en v\lant faire plus qu'il n'a fait1 il n'auroit pas comm5c polic] sa nation2 il ne l'auroit pas mise sur la voie de connotre1 de dsir]1 d'aim] et de faire le bi5 s\s ses ordres4 ,ce qu'il auroit fallu t5t] p\r aff]mir sa con/itution1 l'auroit emp* d'en jet] les premi]s fondem5s4 ,,*apitre ,,iv4 ,foiblesse de ,l\is-le-,dbonnaire4--,il t5d la prrogative royale4--,comm5t la division qui rgne entre ses fils ru9e l'autorit du pr9ce1 et r5d les seigneurs t\t-puissans4 ,l\is-le-,dbonnaire v\loit le bi51 mais faute d'lvation et de lumire dans l'esprit1 et de f]met dans le cur1 il ne put jamais le faire4 ,sa vue1 qui auroit d s't5dre sur t\t le royaume1 se bornoit dans l'ence9te de sa c\r4 ,c'toit c]ta9em5t une *ose trs-l\able que d'en bannir le sc&ale1 et de =c] ses surs respect] le public1 et se respect] elles-mmes2 mais il ne falloit pas reg>d] la r=me de quelques galant]ies comme le *ef-d'uvre d'un bon g\v]nem5t4 ,les bonnes murs d'un peuple sont sans d\te la premire cause de sa prosprit2 mais les bonnes murs consi/5t e/im] la ju/ice1 la frugalit1 le ds9tressem5t1 le travail et la gloire4 ,une att5tion extrme porte sur les dtails des plus petits objets1 e/ quelquefois1 comme dans ,*>lemagne1 la preuve d'un gnie va/e qui embrasse t\t2 dans ,l\is-le-,dbonnaire1 qui ne s'levoit po9t au-dessus de ces dtails1 elle dcle un pr9ce qui n'toit propre qu' remplir les fonctions subalt]nes d'un c5t5i]1 ou de l'av\ de quelque mona/re4 ,les ,franais1 dont le g\v]nem5t n'avoit pas encore assez clair l'esprit1 lo9 de p\voir suppler ce qui manquoit au pr9ce1 avoi5t encore beso9 de suivre un guide p\r ne pas s'g>]4 ,ils s5tir5t la p]te qu'ils avoi5t faite1 regrettr5t ,*>lemagne1 et ne t>dr5t pas se dfi] de la capacit de son fils qui ne connoissant en effet1 ni les devoirs1 ni l't5due1 ni les bornes du p\voir dont il avoit hrit1 confondit le crdit imm5se que la confiance publique avoit donn ,*>lemagne1 et l'autorit limite que les lois lui avoi5t confre4 ,t\j\rs jal\x de t\t ce qui l'environnoit1 il v\loit t\t faire en ne faisant ri51 et ne sut jamais qu'on e/ bi5 loign d'tablir une r=me avantageuse la socit1 qu& on veut l'entrepr5dre contre les rgles4 ,un roi qui av\e une faute1 et qui la rp>e1 s'attire l'e/ime gnrale de sa nation2 mais conv5ir /upidem5t de ses erreurs sans se corrig]1 c'e/ se r5dre mprisable4 ,il semble mme que ce soit le d]ni] degr d'avilissem5t p\r un pr9ce4 ,il en e/ un cep5dant plus humiliant encore1 c'e/ de s'av\] c\pable d'une faute qu'on n'a pas faite1 et de l'aggrav] en v\lant la rp>]4 ,on peut se rappel] que ,b]n>d1 roi d',italie1 qui avoit fait hommage de son royaume ,l\is-le-,dbonnaire son oncle1 ne fut pas long-temps sans trahir le s]m5t qu'il lui avoit prt4 ,soit qu'il ne vt qu'avec jal\sie#ff la =tune de ,l\is2 soit qu'il en connut assez la foiblesse p\r espr] de s'agr&ir ses dp5s1 il prit les armes et lui dcl>a la gu]re2 mais le succs ne rpondit pas ses esprances4 ,battu et fait prisonni]1 il comp>ut devant une assemble de la nation1 qui lui fit son procs1 et le condamna mort4 ,l\is1 t\* de compassion1 commua la pe9e1 et fit arra*] les yeux au c\pable1 qui m\rut des suites de cette opration cruelle4 ,l'emp]eur n'avoit ri5 se repro*]1 le procs de ,b]n>d avoit t fait juridiquem5t2 si on avoit commis son g>d quelqu'inju/ice1 la nation seule toit c\pable4 ,cep5dant1 ,l\is-le-,dbonnaire eut des remords2 et p>oissant dans l'assemble qui se t9t ,attigny sur ,aisne1 s\s l'habit d'un pnit5t1 il confessa publiquem5t sa prt5due faute avec une componction1 qui dev9t une injure mortelle p\r t\s les membres du *amp de ,mai qui avoi5t jug ,b]n>d4 ,les vques qui prir5t cette indc5te l*et p\r un acte d'humilit *rti5ne1 fur5t difis d'un spectacle qui sembloit leur annonc] le plus gr& crdit2 mais la noblesse1 plus judicieuse mprisa un pr9ce qui v\loit tre mpris4 ,les assembles gnrales de la nation1 et les tats p>ticuli]s des prov9ces toi5t encore convoqus2 les envoys royaux ex]oi5t t\j\rs les mmes fonctions2 on voyoit subsi/] dans le palais et dans les prov9ces les mmes magi/ratures et les mmes tribunaux2 mais1 s\s la =me app>5te du mme g\v]nem5t1 c'toit dj un fond de g\v]nem5t t\t diffr5t1 et aussi diffr5t de celui que j'ai fait connotre que ,l\is l'toit de ,*>lemagne4 ,cep5dant le c\rs que ce pr9ce avoit imprim aux affaires1 le s\v5ir de ses gr&es actions1 le respect que l'on cons]voit p\r sa mmoire1 et les s5tim5s d'honneur et de v]tu que ses exemples avoi5t inspirs quelques p]sonnes1 t5oi5t encore unies t\tes les p>ties de l'tat1 ou du mo9s emp*oi5t qu'elles ne se sp>ass5t avec tumulte2 mais les ressorts du g\v]nem5t se rel*oi5t de j\r en j\r4 ,qu& le pr9ce nglige le bi5 public1 ou y travaille sans succs1 *aque citoy5 ne s'occupe que de ses intrts p>ticuli]s4 ,les lois ne fur5t plus obs]ves avec la mme obissance et le mme zle qu'autrefois4 ,aprs les avoir ngliges1 on les viola ouv]tem5t4 ,*aque ordre de l'tat devi5t bi5tt suspect aux autres2 les s\pons font revivre les anci5nes ha9es2 t\t se divise1 se runit4 ,a mesure que les abus se multipli5t1 ,l\is1 qui fait des ef=ts impuissans p\r les rprim]1 s5t malgr lui son incapacit4 ,il se tr\ve gn en s]vant de spectacle aux assembles d'une nation qu'il ne sait pas g\v]n]4 ,il les cra9t1 les hait1 et les convoque cep5dant4 ,on y publie de n\veaux capitulaires1 dans lesquels on ne fait que refondre ceux de ,*>lemagne2 preuve c]ta9e de la dcad5ce du g\v]nem5t1 et ress\rce impuissante qui dc\vre les beso9s de l'tat1 sans remdi] ses maux4 ,tant de foiblesse et d'incapacit de la "p du pr9ce auroit d anantir la prrogative royale1 et ,l\is cep5dant l'avoit t5due beauc\p au-del des bornes que ,*>lemagne s'toit prescrites lui-mme4 ,plus il augm5toit sa puissance1 mo9s il toit capable d'en us]1 et plus il croyoit ncessaire de l'augm5t] encore4 ,l'art de dispos] les esprits obir1 e/ de t\tes les p>ties de la politique la plus utile et la plus ignore1 ,l\is1 qui voyoit recevoir ses ordres avec nglig5ce1 multiplia ses bi5faits p\r s'atta*] les gr&s2 et aprs les avoir corrompus1 prit leur complaisance p\r une approbation1 et t5ta des entreprises plus h>dies4 ,abusant du privilge de donn] des ordres p>ticuli]s et de faire des rglem5s provisoires1 il v\lut mettre son autorit et son nom la place des#fg lois1 affecta le p\voir le plus despotique1 et se rs]va de punir arbitrairem5t les c\pables4 ,cette conduite1 si contraire aux pr9cipes de ,*>lemagne1 et au c>actre mme de ,l\is-le-,dbonnaire1 port p> in/9ct respect] l'ordre et les lois tablies1 toit l'ouvrage des vassaux qui le s]voi5t dans le palais1 de ses m9i/res1 des vques et des mo9es qui frqu5toi5t la c\r1 hommes av>es et ambitieux1 qui1 p\r tre plus puissans1 v\loi5t que leur matre ft au-dessus des lois4 ,p]sonne ne s'opposoit ces dang]euses n\veauts4 ,les comtes et les autres magi/rats en voyoi5t avec plaisir les progrs1 p>ce que leur puissance en dev5oit plus arbitraire1 et que la confusion de t\tes les ides1 sur la nature des lois et des rescrits p>ticuli]s du pr9ce1 les autorisoit1 a9si que n\s l'appr5d ,h9cm>1 faire p5*] leur gr la balance de la ju/ice4 ,les seigneurs ne craignoi5t po9t cet excs de p\voir dans les ma9s d'un pr9ce qu'ils mprisoi5t4 ,dj plus av>es que jal\x de leur lib]t1 ils ne songeoi5t qu' t5dre ou multipli] leurs droits dans leurs t]res1 t&is que le peuple1 m5ac de t\t ct d'une oppression pro*a9e p> une f\le de tyrans1 gmissoit du mpris o les lois toi5t tombes1 et dsiroit qu'il s'levt un matre commun1 dont il esproit d'tre protg4 ,les pr9ces foibles font s\v5t de gr&es fautes1 en faisant les mmes *oses qu'ont faites de gr&s pr9ces4 ,*>lemagne avoit aff]mi son ,empire en confrant des royaumes ses fils2 p>ce qu'il sut se faire obir p> des rois qui n'toi5t en effet que ses#fh lieut5ans4 ,quelqu'ambitieux qu'euss5t t ces pr9ces1 ils auroi5t t ret5us dans le devoir p> la =me mme du g\v]nem5t4 ,ils ne p\voi5t tre t5ts de se s\lev] contre leur pre1 qui s'toit r5du le matre de t\tes les volonts1 sans prvoir qu'ils s]oi5t accabls p> la nation entire4 ,l\is1 tromp p> cet exemple1 crut de mme multipli] les ressorts d'une bonne police1 en associant ,lo?aire1 son fils an1 l',empire1 peu d'annes aprs qu'il y fut p>v5u4 ,il cra en mme temps ,pep9 roi d',aquita9e1 et donna ,l\is1 son troisime fils1 le royaume de ,bavire4 ,mais plus mpris que cra9t1 il ne fit que des rivaux ou des ennemis de son autorit1 en faisant des rois4 ,l'lvation de ses fils fut le signal de la discorde1 p>ce qu'il les r5doit puissans1 en mme temps qu'il donnoit sa pr9cipale confiance ,judi?1 sa seconde femme et leur belle-mre1 qui ne *]*oit qu' les ru9] p\r faire une plus gr&e =tune son fils1 connu dans notre hi/oire s\s le nom de ,*>les-le-,*auve4 ,cette pr9cesse ne g\v]na pas son m>i p> cet asc5dant que les lumires et le c\rage donn5t sur une ame foible1 mais p> la passion qu'elle lui inspiroit1 et p> cette sorte d'inquitude1 d'activit et d'intrigue1 qu'un esprit p>esseux et born ne manque jamais de pr5dre p\r du gnie4 ,g\v]ne elle-mme son t\r p> ,b]n>d1 comte de ,b>celone1 son amant1 homme inju/e1 av>e et viol5t1 elle en prit t\s les vices1 et les auroit communiqus son m>i1 s'il et t capable de pr5dre et de cons]v] un c>actre4 ,dire que les fils de ,l\is-le-,dbonnaire comprir5t1 p> les premi]s torts qu'on leur fit1 ce qu'ils avoi5t cra9dre de leur belle-mre1 ce s]oit1 je crois1 jug] trop avantageusem5t de pr9ces qui1 dans t\t le c\rs de leur vie1 ne sur5t jamais se r5dre raison de leurs entreprises1 ni pr(it] de leurs fautes p\r se corrig]4 ,ils se s\levr5t p> emportem5t1 p> v5geance et p> inquitude2 et aprs avoir contra9t l'impratrice se rfugi] dans un mona/re1 ils v\lur5t =c] leur pre se consacr] de mme la vie religieuse4 ,il toit naturel qu'une gu]re excite p> des tracass]ies dome/iques1 ft t]m9e p> une intrigue ridicule4 ,les mo9es se prs5tr5t comme mdiateurs4 ,quelqu'atte9te que la rvolte et porte l'autorit de ,l\is1 il leur toit plus utile de cons]v] sur le trne un pr9ce qui les aimoit1 et les croyoit tels qu'ils devoi5t tre1 que d'en faire un religieux dont l'lvation passe1 l'humiliation prs5te et la bigot]ie timide les gn]oi5t4 ,ils se mir5t en m\vem5t1 et russir5t si bi5 divis] les pr9ces rvolts1 en les r5dant suspects les uns aux autres1 que ,lo?aire1 ab&onn de ses frres1 ne fut plus en situation avec ses seules =ces de consomm] son att5tat4 ,l\is1 cep5dant1 qui ne savoit ni p\rquoi il s'toit =m une tempte contre lui1 ni comm5t il y avoit *app1 se tr\voit avec surprise sur le trne1 et confondu galem5t p> sa bonne et sa mauvaise =tune1 toit plus timide que jamais4 ,ses fils1 ,pep9 et ,l\is1 v\lur5t tre les dpositaires de l'autorit qu'ils lui avoi5t cons]ve2 mais l'impratrice1 qui s'toit fait relev] de ses vux1 fut d'autant plus avide de g\v]n]1 qu'elle v\loit se v5g] de ses ennemis4 ,il falloit p]dre les fils de son m>i les uns p> les autres1 puisqu'ils s'toi5t en quelque sorte emp>s de t\tes les =ces de l'tat4 ,p\r assur] le succs de son entreprise en les divisant de plus en plus1 ,judi? augm5ta les doma9es de ,pep9 et de ,l\is1 en mme temps qu'elle fit dcl>] ,lo?aire d*u de son association l',empire4 ,l'hi/oire n\s a cons]v un fait bi5 propre faire connotre l'esprit de petitesse et de sup]/ition p> lequel la c\r toit g\v]ne4 ,lo?aire1 qui dsiroit de se rconcili] avec son pre1 *>gea de cette ngociation ,angelb]t1 ar*evque de ,milan4 ,l'emp]eur reut ce prlat avec di/9ction2 et un j\r en sortant de table1 ,salut1 ar*evque1 lui dit-il1 comm5t doit-on trait] son ennemi8 ,le seigneur1 rpondit ,angelb]t1 a ordonn1 dans son vangile1 de l'aim] et de lui faire du bi54 ,mais si je n'obis pas ce prcepte8 reprit ,l\is3 v\s n'obti5drez po9t la vie t]nelle1 rpliqua le prlat4 ,l'emp]eur f* d'tre oblig de r5onc] sa v5geance ou au p>adis1 conv9t avec l'ar*evque d'avoir le l5dema9 une confr5ce ce sujet2 et il s'y fit accompagn] p> t\t ce qu'il y avoit de plus savant sa c\r4 ,seigneurs1 dit ce prlat en entamant la controv]se1 savez-v\s que n\s sommes t\s frres en ,jsus-,*ri/8 ,oui1 rpondir5t les assi/ans2 c> n\s avons t\s le mme pre dans les cieux4 ,l'homme libre1 cont9ua ,angelb]t1 le s]f1 le pre1 le fils1 sont donc frres4 ,or1 l'aptre ,s4 ,jean n'a-t-il pas dit que qui hait son frre e/ homicide8 ,et un homicide peut-il entr] dans la batitude t]nelle8 ,a ces mots1 t\s les savans de l'emp]eur se tr\vr5t confondus2 et ce pr9ce1 se pro/]nant le front contre t]re1 dem&a p>don ,dieu du d\te qu'il avoit eu1 et r5dit son amiti ,lo?aire4 ,je ne m'arrte pas sur les vnem5s de ce rgne foible et malheureux3 p]sonne n'ignore que ,l\is-le-,dbonnaire1 t\j\rs esclave des caprices et des passions de ceux qui le g\v]noi5t1 fut enf9 la victime de l'ambition de ,judi? et de l'inquitude de ses fils4 ,pep9 et ,l\is1 plus jal\x du crdit de l'impratrice dont ils avoi5t pntr les int5tions1 que reconnoissans de ses p]fides bi5faits1 se ligur5t une seconde fois avec ,lo?aire4 ,ces pr9ces se j\r5t de la religion1 qui s]voit de voile leur p]fidie4 ,des vques1 qui n'toi5t que leurs in/rum5s1 p>ur5t les auteurs de la disgrace de ,l\is4 ,flatts de se voir les dpositaires des droits des nations1 et les juges d'un emp]eur1 ils le dp\illr5t de sa dignit1 et le relgur5t dans l'abbaye de ,sa9t-,md>d de ,soissons4 ,ce pr9ce y auroit t oubli1 si l'union de ses fils avoit pu subsi/]2 mais ,lo?aire1 qui1 ds qu'il se crut le matre de l'empire1 ne s5tit plus le beso9 qu'il avoit de ses frres1 v\lut les rduire n'tre que ses lieut5ans4 ,ces pr9ces indigns prir5t les armes1 et remplacr5t leur pre sur le trne1 o1 n'pr\vant jusqu' sa mort que de n\velles disgraces1 il fut cont9uellem5t occup r5dre ridicule1 p> sa foiblesse1 la dignit augu/e dont il toit revtu1 cra9dre les trahisons de ses fils1 et leur p>donn] leurs rvoltes4 ,t&is que l'autorit royale s'anantissoit1 ,l\is fom5toit1 sans le savoir1 les ha9es de ses fils1 et portoit a9si le d]ni] c\p au g\v]nem5t4 ,en pr5ant de bonne foi les mesures qu'il croyoit les plus propres les runir1 il p]ptuoit leurs divisions1 et s\ffloit le feu des gu]res civiles qui devoi5t p]dre sa maison4 ,*>lemagne1 qui connoissoit le poids norme de la royaut1 p>ce qu'il en avoit rempli t\s les devoirs1 comprit qu'il devoit y avoir une c]ta9e proportion entre l't5due d'un tat et celle de l'esprit huma91 sans quoi la politique trop foible ne peut embrass] t\tes les p>ties de l'empire1 et voir natre rapidem5t des abus auxquels il n'e/ bi5tt plus possible de remdi]4 ,dans le po9t de gr&eur o la puissance des ,franais toit p>v5ue1 t&is que leurs connoissances toi5t si mdiocres et leurs vices si gr&s1 il toit heureux que l'usage de p>tag] le royaume entre les fils du pr9ce1 subsi/t encore4 ,il et t dang]eux de ne faire qu'un seul empire des trois royaumes que ,*>lemagne =ma2 et dont *acun en p>ticuli] toit non-seulem5t en tat de rsi/] ses ennemis1 mais mme de les subjugu]1 ou du mo9s de cont5ir dans leurs habitations ces re/es de b>b>es qui cont9uoi5t infe/] les m]s1 et faire des desc5tes et des c\rses dans les diffr5tes prov9ces de l',europe4 ,bi5 lo9 d'assujettir les trois royaumes des ,franais des devoirs rciproques1 ,*>lemagne les r5dit absolum5t indp5dans les uns des autres4 ,au lieu de song] confondre leurs intrts1 il v\lut qu'ils n'euss5t ri5 dml] ensemble1 et disposa leurs prov9ces de faon qu'ils ne puss5t avoir aucune qu]elle au sujet de leur t]ritoire1 que leurs frontires se tr\vass5t naturellem5t =tifies1 et que1 sans avoir sujet de s'(f5s]1 ils puss5t cep5dant se sec\rir contre les attaques des trang]s4 ,il toit df5du#fi *aque pr9ce de recevoir dans ses tats quelque sujet mcont5t de l'un de ses frres1 et d'int]pos] mme ses bons (fices en sa faveur4 ,*>lemagne craignoit que des transfuges ne communiquass5t leur *agr91 ou leur inquitude au pr9ce *ez lequel ils se retir]oi5t4 ,il v\loit emp*] qu'une c\r ne s'expost des refus humilians en sollicitant des grces1 ou n'extorqut1 =ce de ngociations1 des complaisances propres produire de l'aigreur1 ou du mo9s un ress5tim5t secret1 s\v5t nuisible au bi5 de la paix4 ,il ne fut po9t p]mis de recevoir des bnfices d'un autre pr9ce que celui dont on toit sujet4 ,*>lemagne ordonna enf9 qu'aucun de ses enfans ne pt acqurir quelque espce de possession que ce ft dans les royaumes de ses frres1 et p]mit cep5dant leurs sujets de =m] entre eux des alliances p> le m>iage4 ,l\is-le-,dbonnaire v\lut tre plus sage que ,*>lemagne1 et t\t fut p]du sans ress\rce4 ,croyant1 p>ce qu'il toit extrmem5t foible1 timide et born1 qu'un tat ne p\voit jamais tre trop t5du ni trop puissant1 il ne =ma qu'un seul corps politique des trois royaumes qu'il donna ses trois fils1 ,lo?aire1 ,l\is-le-,g]manique et ,*>les-le-,*auve4 ,il tablit entre eux une sorte de subord9ation#gj dome/ique1 fonde sur l'ge et les degrs de p>5t des pr9ces qui les g\v]n]oi5t4 ,lo?aire1 en qualit de fils an1 devoit avoir sur ses frres et sur leurs tats la mme autorit que ,l\is-le-,dbonnaire prt5doit s'tre rs]ve en donnant d'abord des royaumes ses enfans1 mais dont il n'avait jamais pu j\ir1 et qui causa la plup>t des malheurs de son rgne4 ,t\s les ans ,lo?aire1 ,l\is-le-,g]manique et ,*>les-le-,*auve1 devoi5t confr] ensemble sur les affaires gnrales et p>ticulires de leurs royaumes4 ,il toit ordonn que les deux d]ni]s se r5droi5t *ez leur frre an1 lui port]oi5t des prs5s2 et que celui-ci1 aprs les avoir reu avec bont1 les r5v]roit avec des m>ques de sa libralit4 ,l\is et ,*>les ne p\voi5t ni se m>i]1 ni entrepr5dre une gu]re trangre1 ni faire la paix sans le cons5tem5t de ,lo?aire4 ,ils avoi5t enf9 les uns sur les autres un droit p]nicieux d'inspection et de correction1 qui s't5doit mme jusqu' dpos] un pr9ce qui1 ayant abus de son p\voir1 refus]oit de rp>] ses inju/ices4 ,il p\voit ce faire que les arrangem5s politiques de ,*>lemagne1 les plus sages qu'il ft alors possible de pr5dre1 ne fuss5t pas cep5dant capables de prv5ir des s\pons1 des ha9es1 et mme des ruptures ouv]tes entre des pr9ces av>es1 inquiets et ambitieux2 mais les dispositions de ,l\is-le-,dbonnaire en devoi5t ncessairem5t produire entre les pr9ces mme les plus modrs4 ,aussi les rgnes de ,lo?aire1 de ,l\is-le-,g]manique et de ,*>les-le-,*auve1 dj ennemis les uns des autres avant la mort de leur pre1 ne fur5t-ils qu'une longue suite de gu]res civiles4 ,les premi]s tr\bles qui avoi5t agit le g\v]nem5t de ,l\is-le-,dbonnaire1 lui fir5t p]dre les prrogatives qu'il s'toit attribues et les droits qui lui app>t5oi5t le plus lgitimem5t4 ,l'audace de ses fils r5dit t\t le monde audacieux2 il ne fut plus "q de cra9dre les lois1 mais de se faire cra9dre2 et dans l'an>*ie o l'tat se prcipitoit1 la ju/ice fut oblige de cd] la =ce4 ,des pr9ces tels que ,lo?aire et ses frres1 tombr5t dans le d]ni] mpris4 ,t\j\rs a*>ns se p]dre1 se suscit] des ennemis1 se t5dre des piges1 et se dbau*] mutuellem5t leurs cratures p> les plus basses complaisances1 ils mir5t en honneur la rvolte et la p]fidie4 ,ils fur5t obligs de dissimul] les entreprises qu'on =moit contre eux1 de t\t p>donn]1 p>ce qu'ils ne p\voi5t ri5 punir2 et de trait] cont9uellem5t avec la noblesse et le cl]g p\r avoir des sec\rs qui leur toi5t dus1 qu'on ne leur accordoit presque jamais1 ou qui les r5doi5t plus ambitieux1 plus entrepr5ans1 plus inju/es1 plus tmraires1 et p> consqu5t plus foibles1 s'ils avoi5t l'adresse de les obt5ir4 ,si ,lo?aire ne fut plus en tat de rep\ss] les ,s>ras9s qui infe/oi5t la ,mdit]rane et l',italie1 ,l\is-le-,g]manique de cont5ir dans le devoir les peuples de ,g]manie qui toi5t ses tributaires1 et ,*>les-le-,*auve d'humili] les ,bretons qui affectoi5t une entire indp5dance dans l',armorique2 si leurs royaumes fur5t ouv]ts aux c\rses des ,norm&s1 la nation franaise ne manquoit pas des =ces ncessaires p\r se faire respect]1 mais de l'art de les runir1 et sur-t\t de les employ] avec avantage4 ,p]sonne ne sa*ant comm&]1 p]sonne ne savoit obir4 ,c'e/ l'an>*ie et non pas la bataille de ,font5ay qui fit la foiblesse de l'tat4 ,quoiqu'il prit c5t mille ,franais cette j\rne1 elle ne laissoit pas la nation sans ress\rces4 ,les hi/ori5s n'ont pas fait att5tion que c5t mille hommes de plus ou de mo9s dans trois royaumes qui embrassoi5t la plus gr&e p>tie de l',europe1 et dont t\t citoy5 toit soldat1 ne p\voi5t les jet] dans l'anantissem5t o ils tombr5t4 ,un plus gr& flau avoit frapp les ,franais2 c'e/ la ru9e des lois1 qui entranoit celle de leur dom9ation2 c'e/ l'indp5dance des gr&s1 c'e/ la s]vitude1 c'e/ la misre du peuple qui faisoi5t *ancel] l'tat4 ,soit qu'au milieu des gu]res civiles on ne convoqut plus les assembles de la nation1 soit qu'elles ne fuss5t que des conv5ticules de factieux ou de flatteurs1 il cessa en quelque sorte d'y avoir une puissance s\v]a9e dans l'tat2 et les ,franais se tr\vr5t peu prs dans la mme situation o leurs pres avoi5t t aprs le rgne de ,clotaire ,,ii4 ,le g]me de division qui subsi/oit t\j\rs entre les diffr5s ordres des citoy5s1 se dveloppa promptem5t et produisit des maux encore plus gr&s4 ,je p>l]ai bi5tt de la s]vitude dplorable o le peuple toit rduit1 qu& ,hugues ,capet p>v9t la c\ronne4 ,si le cl]g avoit rec\vr des ri*esses imm5ses1 si on lui avoit donn de gr&es#ga t]res1 si1 p> je ne sais quelle dvotion mal ent5due1 des familles sans nombre se r5doi5t esclaves de ses maisons1 son sort n'en toit pas plus heureux4 ,les vques et les abbs n'tant po9t en tat de df5dre leurs possessions1 depuis que la =ce dcidoit de t\t en ,france1 et qu'ils avoi5t cess de s'occup] du mti] des armes1 leurs plus gr&s doma9es dev9r5t la proie#gb de l'av>ice des seigneurs4 ,on vit des lacs s'tablir1 les armes la ma91 dans les abbayes1 pr5dre mme le titre d'abbs1 et ne laiss] leurs mo9es que la lib]t de pri] ,dieu p\r la prosprit de leurs p]scuteurs4 ,la ,france toit ravage la fois p> les armes des ,norm&s1 et p> les gu]res p>ticulires des seigneurs4 ,on ne voyoit de t\tes p>ts que des b\rgs et des hameaux en feu1 et des hommes errans1 qui n'avoi5t aucune retraite4 ,tant de dsordres conc5trr5t1 si je puis p>l] a9si1 l'att5tion de *aque p>ticuli] sur lui-mme4 ,comme on n'att5doit aucune protection d'un g\v]nem5t qui ne subsi/oit plus1 *acun ne p5sa qu' sa propre df5se1 et dev9t ins5sible aux maux publics4 ,les fils de ,l\is-le-,dbonnaire dem&oi5t-ils quelques sec\rs leurs sujets p\r faire la gu]re et rep\ss] les ,norm&s8 ,je suis esclave1 devoit rpondre le peuple1 rompez les *anes dont les seigneurs m'ont *>g1 et je v\s sacrifi]ai mes bras4 ,le cl]g1 occup de ses seules p]tes1 clatoit en murmures1 en repro*es et en m5aces2 et reg>doit les ravages des ,norm&s comme le ju/e *tim5t des ,franais qui pilloi5t les bi5s de l'glise4 ,si les seigneurs avoi5t encore quelque dfr5ce p\r les ordres du pr9ce1 ce n'toit que p\r en obt5ir quelque diplome inutile1 qui favorist leurs usurpations4 ,,*apitre ,v4 ,ru9e entire de l'anci5 g\v]nem5t s\s le rgne de ,*>les-le-,*auve4--,ce pr9ce r5d les bnfices et les comts hrditaires4--,naissance du g\v]nem5t fodal4 ,*>les-le-,*auve1 tromp p> les flatt]ies de ses c\rtisans1 et les va9es m>ques de respect qu'on r5doit sa dignit1 se croyoit t\t-puissant4 ,p>ce qu'il n'y avoit plus de *amp de ,mai1 il se reg>da comme le lgislateur revtu de t\te la puissance s\v]a9e2 mais si on ne lui conte/oit po9t le droit de comm&] en matre1 c'e/ qu'on avoit celui de lui dsobir impunm5t2 et son prt5du despotisme n'toit que la preuve de sa foiblesse4 ,ses tats pr\vant enf9 t\s les j\rs de n\velles disgraces de la "p des ,norm&s1 sans qu'il pt leur oppos] une arme1 il ouvrit les yeux1 malgr lui1 sur sa situation1 cep5dant il ne connut pas d'abord t\te l't5due du mal4 ,il espra qu'en convoquant une assemble gnrale des seigneurs1 c> le peuple n'toit plus compt p\r ri51 il runiroit les ordres diviss de la nation1 et qu'elle =m]oit encore s\s sa conduite un corps qui n'auroit qu'un mme intrt et un mme m\vem5t4 ,il se trompoit4 ,il ne se r5dit ses ordres que des prlats1 qui se plaignir5t de t\s les torts et de t\tes les injures que la noblesse leur avoit faites1 et qui dvoilant p>-l mme t\te leur foiblesse1 n'toi5t gures propres donn] du crdit au pr9ce1 et du poids aux rglem5s qu'il f]oit4 ,*>les s'humilia1 ds que n'tant plus s\t5u p> de folles esprances1 il ne put se dguis] qu'il toit ab&onn de la plup>t des gr&s4 ,au lieu de faire des m5aces1 il publia qu'il toit prt oubli] t\t le pass1 p>donn] les injures qu'on lui avoit faites#gc1 et les infidlits qu'on avoit commises son g>d4 ,il prote/e qu'il honor]a les gr&s1 qu'il satisf]a leurs dem&es1 qu'il se conduira p> leurs conseils4 ,ri5 de t\t cela n'e/ c\t4 ,on mprise l'amni/ie d'un pr9ce qui e/ oblig lui-mme de dem&] grce2 on ddaigne la protection d'un roi qu'on a rduit t\t cra9dre4 ,si quelques seigneurs cons5t5t enf9 v5ir lui r5dre hommage1 et lui promett5t p> s]m5t de le s]vir avec fidlit1 il s'oblige lui-mme son t\r les respect]1 les protg]1 tant que ,dieu lui cons]v]a l'usage de la raison1 et rp>] sans dlai les torts qu'il p\rroit leur faire p> surprise ou p> inadv]tance4 ,une conduite f]me et c\rageuse1 de la "p d'un pr9ce tel que ,*>les-le-,*auve1 ne lui auroit vraisemblablem5t valu que de n\veaux mpris2 mais il e/ c]ta9 aussi qu'en ne *]*ant qu' excit] la piti1 il accrditoit les abus auxquels il prt5doit remdi]4 ,puisque ,*>les toit incapable de suivre l'exemple de son aeul1 et de rtablir son autorit en rtablissant celle des lois1 il ne lui re/oit d'autre ress\rce que de s'ensevelir s\s les ru9es de l'tat4 ,mais il toit trop l*e p\r support] cette p5se1 et ne pas t\j\rs se flatt] qu' =ce de complaisance ou de bi5faits1 il gagn]oit enf9 la noblesse1 et la ramn]oit l'obissance4 ,depuis plusieurs annes1 ses propres vassaux1 fatigus de leur s]vice1 n'avoi5t *]* qu' le dim9u]1 ou ne l'acquittoi5t qu'avec une extrme tideur4 ,*>les1 lass de leurs pla9tes1 et sans d\te intimid p> leur mauvaise volont1 les avoit disp5ss de le suivre#gd la gu]re1 mo9s que le royaume ne ft m5ac d'une invasion de la "p des trang]s4 ,p\r rp>] le tort que lui avoit fait cette premire complaisance1 il en eut une seconde encore plus contraire ses intrts4 ,l\is-le-,dbonnaire1 cdant la ncessit1 avoit dj alin p\r t\j\rs quelques-uns de ses bnfices#ge1 et ,*>les cons5tit r5dre t\s les si5s hrditaires4 ,il v\lut mme que les seigneurs qui en toi5t en possession puss5t1 au dfaut d'enfans1 en dispos] en faveur de quelqu'un de leurs p>5s4 ,il comptoit que la reconnoissance alloit donn] un n\veau zle ses vassaux p\r ses intrts2 mais ils fur5t peu t\*s de cette libralit1 p>ce que le pr9ce n'toit plus assez =t p\r repr5dre ses bnfices4 ,*>les n'ayant plus ri5 donn]1 r5dit enf9 les comtes#gf hrditaires2 et il ne fit encore que des +rats4 ,les comtes avoi5t comm5c1 s\s le rgne prcd5t1 confr] en leur nom les bnfices royaux qui toi5t situs dans leurs ressorts4 ,ils s'toi5t fait des amis et des cratures2 et les divisions du cl]g1 de la noblesse et du peuple les r5doi5t si indp5dans du pr9ce1 qu'il et t dang]eux de les v\loir dp\ill] de leur magi/rature4 ,de ce degr de p\voir l'hrdit1 la di/ance e/ c\rte et se fran*it aism5t2 a9si on peut dire que l'ordonnance de ,*>les-le-,*auve ne causa pas une rvolution1 mais hta seulem5t un vnem5t ncessaire1 qui devoit tablir un ordre de *oses t\t n\veau *ez les ,franais4 ,ds que les comts dev9r5t le patrimo9e de quelques familles1 t\t ce qui subsi/oit encore de l'anci5 g\v]nem5t disp>ut en peu de temps4 ,il s]oit difficile de pe9dre la confusion an>*ique o se tr\vr5t t\s les ordres de l'tat1 et l'anantissem5t sur-t\t dans lequel tombr5t des pr9ces sans soldats1 sans arg5t1 et qui n'ayant plus de lois faire p>l] p\r eux1 ni de grces accord]1 ne devoi5t r5contr] que des sujets infidelles et dsobissans4 ,jusqu'alors ,*>les-le-,*auve avoit t\j\rs t aid des sec\rs de quelques comtes disposs le suivre la gu]re avec les hommes de leurs prov9ces2 et ces =ces le mettoi5t en tat de se faire cra9dre des seigneurs1 ou de les contra9dre du mo9s se conduire son g>d avec quelques mnagem5s4 ,aprs la rvolution1 les comtes fur5t presque t\j\rs cits inutilem5t p> le roi4 ,leur n\velle =tune leur donnoit de n\veaux intrts1 et les occupa entirem5t4 ,le pr9ce convoqua encore des assembles de la nation1 mais il ne s'y r5dit que des hommes qui toi5t1 comme lui1 les victimes des dsordres publics4 ,on y faisoit un tableau t\*ant des malheurs de l'tat1 on p>loit des c\rses et des pillage des ,norm&s2 des vexations des seigneurs1 de la ru9e du cl]g et de la misre du peuple2 on faisoit des pla9tes inutiles1 et p> un rglem5t auquel on dt obir1 les lois saliques1 ripuaires1 c4 les capitulaires de ,*>lemagne et de ,l\is-le-,dbonnaire n'ayant plus de protecteur1 tombr5t dans le plus pr(ond oubli4 ,au lieu de n'tre encore que les simples m9i/res des lois1 les comtes1 qui avoi5t sec\ le j\g des envoys royaux et refus de reconnotre l'ordonnance p> laquelle ,*>les-le-,*auve commettoit *aque vque#gg p\r en ex]c] les fonctions dans l't5due de son diocse1 dev9r5t les matres1 ou plutt les tyrans des lois dans leurs comts4 ,une volont arbitraire dcida de t\s les droits4 ,*aque seigneur r5dit sa ju/ice s\v]a9e#gh1 et ne p]mettant plus que ses jugem5s fuss5t ports p> appel la ju/ice du roi1 le ,franais rclama inutilem5t les lois saliques ou ripuaires1 le ,gaulois les lois roma9es1 le ,b\rguignon les lois de ,gondebaud1 c42 il fallut n'en plus reconnotre d'autres que les ordres du comte ou de son seigneur4 ,t\s les peuples qui1 la faveur de leurs codes diffr5s1 avoi5t t jusqu'alors sp>s les uns des autres1 oublir5t leur orig9e4 ,n'ayant plus qu'une mme loi1 ou plutt qu'une mme s]vitude1 ils se confondir5t2 et les caprices de leurs matres fur5t leur droit public et civil1 jusqu' ce que le temps et enf9 consacr les c\tumes que la viol5ce tablissoit4 ,il ne faut pas p5s] que les comtes dev9r5t absolus dans t\te l't5due de leur comt2 ils n'acquir5t en propre que leur ville et les b\rgs1 villages et hameaux o ils avoi5t eu l'habilet d'emp*] qu'il ne se =mt quelque seigneur p>ticuli]4 ,ce n'e/ que dans ces t]ritoires qu'ils dev9r5t t\t-puissans2 c> les seigneurs de *aque prov9ce1 aussi adroits pr(it] des dsordres publics et de l'anantissem5t des lois que les comtes1 s'toi5t dj cantonns dans leurs t]res1 et y j\issoi5t de t\s les droits que nos jurisconsultes mod]nes appell5t rgali5s1 qu'on nommoit alors simplem5t seigneuriaux1 et qui con/itu5t en effet la s\v]a9et4 ,aprs ce que j'ai dit de l'adm9i/ration inju/e et pusillanime de ,*>le-le-,*auve1 on ne s]a pas surpris des progrs rapides que fit la tyrannie des p>ticuli]s la faveur de l'an>*ie gnrale1 si on se rappelle la pe9ture que l'hi/oire n\s fait des successeurs de ce pr9ce4 ,l\is-le-,bgue1 qui pe9e auroit t capable d'tre le magi/rat d'une nation heureuse et tranquille1 ne rgna que dix-huit mois1 et laissa1 p\r lui succd]1 ,l\is ,,iii et ,c>loman1 qui toi5t encore dans leur premire jeunesse1 et dans qui l'ge ne dveloppa aucun tal5t4 ,*>les-le-,gros1 fils de ,l\is le g]manique1 et qui1 avec le titre d'emp]eur1 toit roi d',italie et de ,g]manie1 fut plac sur le trne de ,france4 ,il runissoit a9si s\s sa dom9ation t\s les pays qui avoi5t =m le va/e empire de ,*>lemagne2 et il n'en p>ut que plus foible et plus mprisable4 ,l',italie n'toit pas dans une meilleure situation que la ,france1 son roi ne portoit qu'un va9 titre4 ,la ,g]manie1 il e/ vrai1 toit mo9s malheureuse2 les lois n'y toi5t pas tombes dans le mme mpris qu'en ,france1 et le pr9ce y cons]voit encore quelqu'autorit2 mais ,*>les-le-,gros n'toit pas capable de s'en s]vir p\r se faire respect] des ,franais1 et =m] un n\vel difice des ru9es de l'anci54 ,ce pr9ce1 t\j\rs accabl s\s le poids des titres qu'il portoit1 pr\va le sort qui l'att5doit dans une nation qui ne connot plus de rgle4 ,on lui ta ses c\ronnes1 et il f9it ses j\rs dans une prison4 ,je ne p>le pas de ses successeurs1 pe9e mrit5t-ils que l'hi/oire cons]ve leur nom4 ,on doit tre au contraire tonn qu'au milieu des rvolutions qui *angr5t la face du royaume1 les ,franais ai5t cons]v l'usage du s]m5t de fidlit et de l'hommage dont ils auroi5t pu s'affran*ir4 ,si on et sec\ le j\g de ,*>les-le-,*auve et de ses successeurs1 p\r les punir d'avoir abus tyranniquem5t de leur p\voir1 la rvolution se s]oit faite avec un emportem5t qui et fait fran*ir t\tes les bornes du devoir4 ,mais comme on les dp\illoit de leurs prrogatives1 p>ce qu'ils ne savoi5t pas les cons]v]2 qu'on agissoit p> ambition et p> av>ice1 et non p> ha9e1 les esprits ne reur5t po9t de ces sec\sses viol5tes1 qui1 en les *auffant1 les port5t aux d]nires extrmits4 ,au milieu de t\tes les n\veauts que produisoit la lic5ce de t\t faire1 on se laissoit encore conduire p> les ides que l'anci5 g\v]nem5t avoit donnes4 ,on ne refusoit pas de prt] la foi et l'hommage1 p>ce qu'on y toit acc\tum2 mais on violoit ses engagem5s sans scrupule1 p>ce qu'on p\voit le faire impunm5t4 ,d'ailleurs1 les comtes crur5t faire une assez gr&e =tune1 en acqurant t\s les droits dont avoi5t j\i les ducs des ,bav>ois1 des ,allem&s1 des ,bretons1 c4 qui tant *efs de leurs nations1 s\s la protection des rois de ,france1 ne leur r5doi5t qu'un simple hommage1 et n'toi5t obligs qu' les suivre la gu]re4 ,il n'toit pas mme de l'intrt de ces n\veaux s\v]a9s de s'affran*ir de t\t devoir l'g>d du pr9ce4 ,refus] de reconnotre sa supriorit1 c'eut t rvolt] l'esprit gnral et dom9ant de la nation4 ,les comtes1 p> cette conduite1 auroi5t donn aux seigneurs qui possdoi5t des t]res dans leur prov9ce1 l'exemple et le prtexte d'aspir] la mme indp5dance2 et ils y auroi5t p]du leur suz]a9et1 droit s\v5t inutile1 mais titre brillant1 que la vanit e/imoit alors beauc\p4 ,il y eut1 il e/ vrai1 des seigneurs assez puissans ou assez heureux p\r ne reconnotre aucune supriorit dans leur comte4 ,ils refusr5t de lui prt] hommage1 et ne relevr5t1 a9si qu'on s'exprima bi5tt aprs1 que de ,dieu et de leur pe4 ,leurs t]res dev9r5t des pr9cipauts absolum5t indp5dantes1 et on les appella des ,alleux#gi1 ou des t]res allodiales4 ,mais en gnral les seigneurs fir5t hommage leur comte2 les uns p>ce qu'ils n'toi5t pas assez =ts p\r os] le lui refus]2 les autres p>ce qu'ils toi5t acc\tums p> l'anci5 g\v]nem5t le reg>d] comme le magi/rat public dans sa prov9ce1 et qu'il avoit cons]v une sorte de jurisdiction#hj sur leurs t]res4 ,qu& il n'y eut plus d'autre li5 entre les p>ties dsunies de l'tat que la foi et l'hommage1 on manqua d'expressions p\r r5dre les ides t\tes n\velles que prs5toit l'esprit un g\v]nem5t t\t n\veau4 ,on se s]vit de celles qui toi5t les plus propres se faire ent5dre4 ,on appela p> analogie1 du nom de vassal1 t\t seigneur qui devoit l'hommage3 on nomma fief1 t\te possession en v]tu de laquelle on y toit t5u2 et g\v]nem5t fodal1 les droits et les devoirs fonds sur la foi donne et reue4 ,ces expressions1 qu'on n'avoit autrefois employes qu' signifi] l'espce de bnfices tablis p> ,*>les ,m>tel1 et le g\v]nem5t conomique des familles1 signifir5t alors le g\v]nem5t politique1 et le droit public et gnral de la nation3 s'il e/ p]mis de donn] ces noms une con/itution mon/rueuse1 de/ructive de t\t ordre et de t\te police1 et contraire aux notions les plus communes de la socit4 ,sans d\te que les n\veaux vassaux dont je p>le1 t\j\rs conduits p> l'anci5 esprit de la nation1 fur5t d'abord obligs de remplir1 l'g>d du seigneur auquel ils r5dir5t hommage1 les mmes devoirs que les vassaux tablis p> ,*>les ,m>tel devoi5t leurs bi5faiteurs1 et que le suz]a9 son t\r leur promettoit sa protection4 ,la manire dont ,*>les-le-,*auve r5dit les comts hrditaires1 et le s]m5t que ce pr9ce et les gr&s se fir5t rciproquem5t de s'aid] et de se df5dre1 l'indiqu5t assez clairem5t4 ,mais il e/ plus c]ta9 encore qu'on ne reconnut bi5tt cette obligation1 qu'autant qu'on fut trop foible p\r ne la pas remplir4 ,t\s les droits devoi5t p>otre quivoques et d\teux1 t\s les intrts toi5t opposs1 et les passions qui n'toi5t ret5ues p> aucun fre91 devoi5t sans cesse excit] de n\velles qu]elles4 ,comme il n'y avoit dans ce *aos d'inju/ices et d'usurpations1 aucune puissance publique et gnrale1 dont les suz]a9s et les vassaux puss5t implor] la protection ou la v5geance1 et que les gr&s vassaux qui relevoi5t de la c\ronne toi5t assez puissans p\r ne pas cra9dre les arrts r5dus contre eux p> la c\r du roi1 et que peut-tre mme elle ne t9t pas ses assises dans ce temps de foiblesse et de confusion1 la =ce fut le seul droit en vigueur1 et le succs le seul titre respect4 ,les gu]res cont9uelles que se fir5t les seigneurs1 depuis le rgne de ,l\is-le-,bgue jusqu' l'avnem5t de ,hugues ,capet au trne1 dur5t emp*] que le g\v]nem5t fodal ne prit une =me con/ante et uni=me4 ,des vnem5s n\veaux1 biz>res1 imprvus et contraires1 *angeoi5t cont9uellem5t les c\tumes naissantes1 et t5doi5t ou re/reignoi5t les droits des suz]a9s et les devoirs des vassaux4 ,auj\rd'hui on relevoit d'un seigneur1 et dema9 d'un autre4 ,quelques comtes en =cr5t d'autres leur prt] hommage1 quoique t\s dans leur orig9e t9ss5t galem5t leur fief du roi1 et duss5t p> consqu5t tre vassaux immdiats de la c\ronne4 ,quelques seigneurs fir5t revivre le titre de duc2 d'autres1 en possdant un du*1 prfrr5t la qualit de comte4 ,plusieurs t]res possdes en alleu dur5t cons5tir r5dre hommage p\r se faire un protecteur dans une conjoncture difficile2 d'autres1 au contraire1 t5ues en fiefs1 p>v9r5t1 p> quelques succs1 ne reconnotre aucun seigneur4 ,enf91 la =tune1 t\j\rs capricieuse lorsqu'elle n'e/ pas dompte p> des lois f]mes et sages1 dcida du droit a9si que des vnem5s1 jusqu'au rgne des premi]s ,capti5s4 ,depuis l'tablissem5t des seigneuries1 dont les prrogatives toi5t si propres n]v] la puissance publique et donn] le gt de l'indp5dance et de la tyrannie aux familles qui en toi5t en possession1 il semble que t\t portoit les ,franais la mon/rueuse an>*ie du g\v]nem5t fodal4 ,il e/ vraisemblable que1 ds la premire race1 ils en auroi5t pr\v les dsordres1 si la famille des ,pep9s1 en produisant plusieurs gr&s hommes qui se succdr5t les uns aux autres1 n'toit v5ue au sec\rs de l'tat prt se dmembr]4 ,les qualits p]sonnelles de ,*>les ,m>tel et de son pre supplr5t ce qui manquoit au g\v]nem5t4 ,ils sur5t t5ir la nation unie1 en se faisant obir p> les seigneurs1 qui ds-lors ne travailloi5t qu' se cantonn] dans leurs t]res4 ,s\s les ,c>lov+i5s1 les mmes passions portoi5t les ,franais la mme indp5dance1 mais avec plus de =ce1 p>ce que la puissance des seigneurs toit plus gr&e1 et la ,france ne produisit aucun homme de gnie qui pt se mettre la tte des affaires1 protg] les lois1 ou du mo9s en pr5dre la place1 et faire respect] son autorit4 ,rob]t-le-,=t acquit de la rputation contre les ,norm&s1 mais il n'avoit de tal5t que p\r la gu]re4 ,ses desc5dans sur5t se fray] un *em9 au trne1 c'e/--dire1 pr(it] des dsordres de l'tat1 mais non pas le g\v]n]4 ,,*apitre ,,vi4 ,dmembrem5t que s\ffrit l'empire de ,*>lemagne4--,ru9e de sa maison4--,avnem5t de ,hugues-,capet au trne4 ,la gu]re1 allume entre les trois fils de ,l\is-le-,dbonnaire1 avoit t t]m9e en #hde p> un n\veau p>tage dont ils conv9r5t4 ,lo?aire avoit t reconnu en qualit d'emp]eur2 et outre le royaume d',italie et les prov9ces qui s't5d5t depuis les ,alpes jusqu'au ,rhne et la ,sane1 il occupa dans l',au/rasie t\t le pays dont son second fils1 nomm aussi ,lo?aire1 =ma le royaume de ,lorra9e4 ,l\is-le-,g]manique possda au-del du ,rh9 l'anci5ne ,g]manie1 et en de de ce fleuve1 quelques villes avec leur t]ritoire1 telles que ,spire1 ,may5ce1 c4 ,*>les-le-,*auve n'eut dans son p>tage que le pays qui avoit autrefois compos le royaume de ,neu/rie1 une p>tie de la ,b\rgogne et l',aquita9e4 ,t\t le monde sait comm5t les tats de la succession de ,lo?aire#ha et de son frre ,l\is-le-,g]manique fur5t usurps p> des trang]s sur la maison de ,*>lemagne1 et comm5cr5t =m] des puissances entirem5t indp5dantes de la ,france4 ,c'e/ l'hi/oire du royaume de ,*>les-le-,*auve qu'e/ dsormais borne celle de la nation franaise1 qui1 aprs avoir fait de si gr&es conqutes1 se tr\voit ress]re dans des bornes plus troites qu'elle ne l'avoit t s\s les d]ni]s rois de la premire race1 et ne retiroit d'autre avantage de ses travaux1 que de voir =m] de ses dbris1 p> la dfection des va9cus1 des puissances qui toi5t dev5ues ses ennemis4 ,t&is que les pr9ces ,c>lov+i5s1 qui ne rgnoi5t plus que dans la ,france proprem5t dite1 tomboi5t de j\r en j\r dans le plus gr& avilissem5t1 les rois de ,g]manie1 plus dignes de leur place1 et qui tiroi5t encore quelque =ce du crdit que les lois cons]voi5t *ez les ,allem&s1 portr5t leurs armes en ,italie1 et rprimr5t une f\le de petits tyrans qui aspiroi5t l'empire1 et que l'imbcillit des emp]eurs ,lo?aire et ,l\is ,,ii y avoit laiss natre4 ,ils protgr5t l'glise de ,rome1 et mritr5t que les papes1 presque s\v]a9s et dj reconnus p> ,*>les-le-,*auve p\r disp5sateurs de la dignit impriale1 l'uniss5t p\r t\j\rs la c\ronne#hb de ,g]manie4 ,le prjug avoit atta* au titre d'emp]eur un rang suprieur celui de roi1 et ,l\is-le-,dbonnaire avoit =tifi ce prjug1 en v\lant que l'emp]eur et une sorte de juridiction sur les diffr5s royaumes de sa succession4 ,si ,*>les-le-,*auve1 de conc]t avec ,l\is-le-,g]manique1 n'eut pas fait la gu]re assez heureusem5t p\r =c] l'emp]eur ,lo?aire son frre reconnotre l'indp5dance de sa c\ronne et le trait] comme son#hc gal1 la dignit impriale1 qui devoit tre *ez les ,franais un monum5t t]nel de leur gloire et de leur c\rage1 n'auroit s]vi qu' les r5dre dp5dans de la nation allem&e qu'ils avoi5t va9cue4 ,les ,franais voyoi5t sans *agr9 ces div]ses rvolutions4 ,occups de leurs tr\bles dome/iques et des intrts p>ticuli]s de leurs familles1 il leur importoit peu que le roi p]dt ou cons]vt le titre d'emp]eur1 et que des peuples que ,*>lemagne avoit subjugus1 se r5diss5t indp5dans d'une maison dont ils ne v\loi5t plus eux-mmes reconnotre l'autorit4 ,qu& ,arn\l fut c\ronn emp]eur et roi de ,g]manie1 la place de ,*>les-le-,gros qu'il avoit fait dpos]1 ,eudes1 fils de ,rob]t-le-,=t1 s'emp>a sans opposition de la c\ronne de ,france1 qui app>t5oit ,*>les-le-,simple comme au seul mle de la maison ,c>lov+i5ne4 ,ce pr9ce ne rec\vra une p>tie du bi5 de ses pres que p\r pr\v] des disgraces4 ,peu s'en fallut qu'au lieu d'tre en tat de rclam] les lois de la succession1 et de faire valoir ses droits sur la ,g]manie1 l',empire et l',italie1 il ne se vt encore enlev] la c\ronne de ,france p> ,rob]t1 frre du roi ,eudes4 ,ayant t assez heureux p\r rassembl] quelques =ces et battre cet ennemi1 qui fut tu dans la dr\te de ses tr\pes1 il ne tira aucun avantage de cette victoire4 ,ce pr9ce n'*appoit un cueil que p\r *\] contre un autre4 ,hrib]t1 comte de ,v]m&ois1 le ret9t prisonni] dans le *teau de ,pronne p5dant les sept d]nires annes de sa vie2 et ,ra\l1 duc de ,b\rgogne1 pr(ita de cette espce de vacance du trne p\r se faire c\ronn] roi de ,france2 ce titre ne lui donna aucune autorit n\velle1 et son rgne dura quatorze ans4 ,hugues-le-,blanc p\voit suivre l'exemple d'usurpation qu',eudes et ,ra\l lui avoi5t donn2 mais1 soit que son ambition ft satisfaite d'tre un des plus gr&s seigneurs du royaume1 soit qu'il crt que la royaut dp\ille de t\tes ses prrogatives1 en le r5dant suspect la plup>t des gr&s vassaux1 ne lui donn]oit que des prt5tions qu'il s]oit dang]eux de v\loir faire revivre1 il plaa sur le trne ,l\is ,,iv1 surnomm d',outrem]4 ,il le protgea1 lui fit la gu]re1 le t9t r5f]m dans un *teau1 ou lui donna la lib]t1 selon qu'il importoit ses intrts4 ,lo?aire ne fut aussi c\ronn que de son cons5tem5t4 ,mais1 quoique ,hugues ft le matre absolu du pr9ce1 p>ce qu'il avoit des =ces beauc\p plus considrables que lui1 et que leurs doma9es se t\*oi5t1 il faut bi5 se g>d] d'en conclure avec quelques hi/ori5s1 qui n'ont pas rem>qu les rvolutions arrives dans l'tat1 et la =me biz>re que le g\v]nem5t avoit prise1 qu'il pt dispos] de la nation comme les ,pep9s et ,*>les ,m>tel en avoi5t autrefois dispos4 ,ceux-ci toi5t maires du palais2 et quoique leur autorit ft odieuse1 elle toit reconnue dans t\te l't5due et p> t\s les ordres du royaume4 ,hugues-le-,blanc n'toit que duc de ,france2 et cette qualit ne lui donnoit que1 dans la prov9ce de ce nom1 le mme p\voir que les autres gr&s vassaux avoi5t dans les prov9ces qui leur toi5t tombes en p>tage4 ,l\is ,v1 surnomm le ,fa9ant1 ne rgna qu'un an2 et ,hugues-,capet s'emp>a du trne au prjudice de ,*>les1 duc de ,lorra9e1 seul pr9ce de la maison de ,*>lemagne1 second fils de ,l\is d',outrem]1 et oncle de ,l\is ,v4 ,quelques hi/ori5s ont dit que ,*>les fut rejet p> sa nation1 laquelle il s'toit r5du odieux1 en se dgradant au po9t de se r5dre vassal de l'emp]eur4 ,si cela e/ a9si1 il faut conv5ir que les ,franais fur5t1 dans le mom5t de la rvolution1 bi5 diffr5s de ce qu'ils avoi5t t jusqu'alors1 et de ce qu'ils fur5t encore un mom5t aprs4 ,s'ils toi5t si jal\x de la gloire de leur pr9ce2 s'ils croyoi5t que la plus lgre ta*e le r5dt indigne de rgn] sur eux1 p\rquoi avoi5t-ils donc fait eux-mmes1 aux d]ni]s ,c>lov+i5s1 les affronts les plus humilians8 ,p\rquoi s\ffroi5t-ils qu'on les retnt dans les prisons8 ,p\rquoi les avoi5t-ils rduits une telle misre1 que les fils puns de ces rois sans doma9e1 n'ayant pas mme espr] un *teau de la succession de leur pre1 toi5t obligs d'all] *]*] =tune hors du royaume8 et c'en toit une sans d\te trs-considrable p\r le second fils de ,l\is d',outrem]1 que d'tre fait duc de ,lorra9e p> l'emp]eur4 ,mais les ,franais toi5t bi5 loigns de p5s] que l'hommage et la vassalit aviliss5t un pr9ce4 ,ils avoi5t vu les rois de ,prov5ce et de ,b\rgogne se dcl>] vassaux de l',empire1 sans p]dre l'clat de leur dignit4 ,jamais on n'imag9]a que les ducs de ,norm&ie1 de ,france1 d',aquita9e1 de ,b\rgogne1 les comtes de ,fl&re1 de ,t\l\se1 de ,troyes1 de ,v]m&ois1 c4 reg>dass5t l'hommage comme une bassesse1 et l'euss5t cep5dant prt des rois aussi puissans que ,*>les-le-,simple1 ,l\is d',outrem]1 ,lo?aire et ,l\is-le-,fa9ant4 ,si ,*>les e/ jug incapable de port] la c\ronne1 p>ce qu'il relve de l',empire p\r la ,lorra9e1 p\rquoi donc ,hugues-,capet1 aprs avoir t fait roi1 et ses fils1 r5d5t-ils les devoirs du vasselage#hd diffr5s seigneurs de leur royaume1 p\r les fiefs p>ticuli]s qu'ils possdoi5t dans l't5due de leurs t]res8 ,c'e/ une trange absurdit qu'on assujettisse ces rois un hommage qui avoit r5du le duc de ,lorra9e inhabile mont] sur le trne de ses pres4 ,ne *]*ons po9t n\s tromp]2 ce ne fur5t1 ni les lois1 qui ne subsi/oi5t plus1 ni la nation divise1 qui dcidr5t entre ,*>les et ,hugues-,capet2 la =ce seule fit le droit de celui-ci4 ,il toit1 p> ses possessions#he et ses alliances1 le plus puissant du royaume1 et ,*>les n'y possdoit ri54 ,la loi de la succession dj viole en ,allemagne1 en ,italie1 dans la moiti des ,gaules et en ,france mme1 devoit donc se taire devant ,hugues-,capet4 ,il toit la tte d'un p>ti puissant1 et *ef d'une famille qui depuis long-temps avoit =m son plan d'lvation2 son rival desc5doit1 il e/ vrai1 de ,*>lemagne1 mais ,*>lemagne toit oubli1 et on n'avoit s\s les yeux que les d]ni]s pr9ces qui avoi5t d%onor sa maison4 ,la nation franaise ne dfra pas la c\ronne ,hugues-,capet1 comme elle l'avoit donne ,pep94 ,les hi/ori5s contempora9s ne dis5t po9t qu'il se t9t ce sujet une assemble#hf gnrale des gr&s2 et qu& ils le diroi5t1 il ne faudroit pas le croire4 ,ces assembles toi5t dj =t r>es s\s le fils de ,l\is-le-,dbonnaire4 ,qui ne voit pas qu'elles toi5t impraticables depuis que les comtes s'toi5t r5dus s\v]a9s dans leurs g\v]nem5s1 et les seigneurs dans leurs t]res8 ,l'an>*ie o le royaume toit plong1 pr\ve videmm5t que t\te puissance publique y toit dtruite4 ,p> quel prodige se s]oit-il =m presqu'autant de c\tumes diffr5tes qu'il y avoit de seigneuries1 si la nation eut t\j\rs t5u ses assembles8 ,comm5t t\tes les lois auroi5t-elles t oublies8 ,p\rquoi le g\v]nem5t fodal auroit-il t si long-temps pr5dre une =me con/ante8 ,d'ailleurs1 je dem&e en v]tu de quel titre ,hugues-,capet1 simple vassal de la c\ronne1 auroit convoqu les tats1 et ordonn ses pairs1 les vassaux immdiats du roi1 de s'y r5dre8 ,mais ce qui tran*e t\tes les difficults1 c'e/ que l'int]valle de la mort de ,l\is ,v1 au c\ronnem5t de ,hugues-,capet1 fut trop c\rt p\r assembl] les gr&s du royaume4 ,hugues se cont5ta d'appel] auprs de lui ses p>5s1 ses amis et ses vassaux2 il en composa1 si l'on veut1 une espce d'assemble1 telle que celles qui avoi5t lev ,eudes et ,ra\l sur le trne1 se fit reconnotre p\r roi p> ses p>tisans1 et se mit en tat de df5dre sa dignit contre les seigneurs qui p\s]oi5t les intrts du d]ni] ,c>lov+i54 ,la prrogative royale toit si peu de *ose1 et les gr&s tellem5t indp5dans du pr9ce1 a9si qu'on le v]ra bi5tt qu& je p>l]ai des droits et des devoirs respectifs des suz]a9s et des vassaux1 que l'lvation de ,hugues-,capet et les droits de son comptiteur ne p\voi5t pas =m] une "q bi5 importante1 lorsqu'elle fut agite4 ,il p>oissoit presqu'indiffr5t aux seigneurs franais d'avoir un roi ou de n'en po9t avoir4 ,ceux qui s]vir5t ,*>les p> gnrosit crur5t bi5tt en avoir trop fait en sa faveur4 ,ceux qui ne lui toi5t atta*s que p\r nuire ,hugues-,capet1 se laissr5t gagn] p> des bi5faits ou des promesses2 et ,*>les1 ab&onn de ses p>tisans1 ne laissa aucun hriti] de ses droits4 ,l'ext9ction de la maison de ,*>lemagne dev9t un vnem5t de la plus gr&e importance4 ,il toit heureux p\r les royaumes qui s'toi5t =ms des dbris de la puissance franaise1 que la po/rit de ,*>les-le-,*auve ne subsi/t plus4 ,les anci5nes lois de la succession p\voi5t s]vir de prtexte des mcont5s ou des ambitieux1 p\r augm5t] les tr\bles1 les dsordres1 les calamits dont l'an>*ie fodale m5aoit t\s les peuples de la *rti5t4 ,quelque irrgulire que ft la manire dont ,hugues-,capet toit mont sur le trne1 il dev9t un roi lgitime1 p>ce que les gr&s du royaume1 en traitant enf9 avec lui1 reconnur5t sa dignit1 et cons5tir5t lui prt] hommage et remplir son g>d les devoirs de la vassalit4 ,ce fut un vrai contrat entre le pr9ce et ses vassaux4 ,l'int5tion prsume de ceux-ci1 en se s\mettant reconnotre un seigneur au-dessus d'eux1 n'toit pas sans d\te de se faire un ennemi qui et le droit de les dp\ill] de leurs privilges2 et ,hugues-,capet fut c5s cons5tir la cons]vation des c\tumes fodales1 que des exemples rxrs et le temps comm5oi5t consacr]4 ,mais je prie de le rem>qu]2 ce contrat toit subordonn un devoir primitif1 et dont ri5 ne peut exempt] les hommes4 ,ce devoir consi/e faire t\s ses ef=ts p\r dlivr] sa patrie de ses vices1 et y faire rgn] l'ordre1 la paix et la sret3 falloit-il donc respect] l'absurde et tyrannique g\v]nem5t des fiefs8 ,f9 du livre second4 ,,obs]vations ,,sur ,l',,hi/oire ,,de ,,france4 ,,livre ,,troisi,,me4 ,,*apitre ,,premi]4 ,de la situation du peuple l'avnem5t de ,hugues-,capet au trne4--,droits privilgis1 tat de la noblesse qui ne possdoit pas des t]res en fief4 ,quoiqu' l'avnem5t de ,hugues-,capet au trne on di/+ut l'homme libre du s]f1 cette di/9ction ne laissoit presque aucune diffr5ce relle entre eux4 ,la s\v]a9et que les seigneurs avoi5t usurpe dans leurs t]res1 ouvrage de l'av>ice et de la vanit1 toit dev5ue la tyrannie la plus insupportable4 ,p\voit-elle avoir eu des bornes s\s les d]ni]s ,c>lov+i5s1 puisque dans un temps bi5 po/rieur1 o il sembloit qu'on comm5t s5tir la ncessit d'une police plus rgulire et p5s] avec plus d'humanit1 les seigneurs s'op9itroi5t croire encore que t\t leur avoit t\j\rs app>t5u1 et que le roturi]1 ne possdant ses habitations que d'une manire prcaire1 les t5oit de leur libralit8 trange ignorance des devoirs que la nature n\s prescrit6 ,ils ne compr5oi5t pas que leurs droits puss5t tre limits#hg1 ni que ce ft un vol1 ou du mo9s une inju/ice1 d'exig] des r$evances qui n'toi5t pas tablies p> la c\tume ou p> des *>tes4 ,*aque t]re fut une vritable prison p\r ses habitans4 ,ici ces prt5dus hommes libres ne p\voi5t dispos] de leurs bi5s1 ni p> te/am5t1 ni p> actes entre-vifs1 et leur seigneur toit leur hriti]1 au dfaut d'enfans domicilis dans son fief4 ,l1 il ne leur toit p]mis de dispos] que d'une p>tie mdiocre de leurs immeubles ou de leur mobili]4 ,ailleurs1 ils ne p\voi5t se m>i] qu'aprs en avoir a*et la p]mission4 ,*>gs p>-t\t de corves fatigantes1 de devoirs humilians et de contributions ru9euses1 ils avoi5t cont9uellem5t cra9dre quelque am5de1 quelque taxe arbitraire1 ou la confiscation entire de leurs bi5s4 ,la qualit d'homme libre toit dev5ue *>ge une f\le de citoy5s4 ,les uns v5dir5t p> dsespoir leur lib]t des matres qui fur5t du mo9s intresss les faire#hh subsi/]1 et d'autres qui s'toi5t s\mis p\r eux et p\r leur po/rit des devoirs s]viles env]s une glise ou un mona/re1 cons5tir5t sans pe9e que leur dvotion devnt un titre de leur esclavage4 ,cette tyrannie des seigneurs avoit comm5c1 comme on l'a vu1 dans les campagnes1 et elle en *assa les plus ri*es habitans1 qui se refugir5t dans les villes1 o ils se flattoi5t de vivre s\s la protection des lois2 mais les maux qu'ils fuyoi5t les y p\rsuivir5t1 qu& les comtes eur5t *ang leurs g\v]nem5s hrditaires en des pr9cipauts s\v]a9es4 ,ces n\veaux seigneurs ex]cr5t leur t\r sur les b\rgeois#hi la mme autorit que les autres seigneurs avoi5t acquise sur les villa9s de leurs t]res4 ,les pages1 les droits d'entre1 d'escorte et de m>*e se multiplir5t l'inf9i4 ,les villes fur5t sujettes1 comme les campagnes1 une taille arbitraire1 et obliges de dfray] leur seigneur et ses g5s qu& il y v5oit4 ,vivres1 meubles1 *evaux1 voitures1 t\t toit alors enlev1 et on auroit dit que les maisons des b\rgeois toi5t au pillage4 ,il ne faut que p>c\rir les *>tes p> lesquelles les seigneurs v5dir5t dans la suite leurs villes le droit de commune1 p\r se faire un tableau de la situation dplorable des b\rgeois4 ,les privilges qu'on leur accorde suppos5t les vexations les plus atroces4 ,c'e/ p> grce qu'on p]met ces malheureux de s'accommod]1 aprs avoir comm5c un procs juridiquem5t1 tant on toit loign de p5s] que la magi/rature ft tablie p\r l'utilit du peuple1 et non p\r l'avantage du magi/rat6 ,ils toi5t rduits dem&]1 comme une faveur1 qu'il ft p]mis leurs enfans d'appr5dre lire et crire1 et de n'tre obligs de v5dre leur seigneur que les d5res ou les effets qu'ils auroi5t mis en v5te4 ,t\te indu/rie toit t\ffe entre des hommes qu'on v\loit r5dre /upides4 ,les b\rgeois n'osoi5t faire aucun comm]ce1 p>ce que les seigneurs s'toi5t arrog le droit d'int]dire dans leurs t]res t\te espce de v5te ou d'a*at entre les p>ticuli]s1 lorsqu'ils v\loi5t v5dre eux-mmes les d5res de leur cru ou celles qu'ils avoi5t a*etes4 ,ces monopoles toi5t tellem5t accrdits1 que le peuple prit p\r un acte de gnrosit1 l'inju/ice mo9s criante p> laquelle les seigneurs se rs]voi5t dans *aque anne un temps fixe p\r le dbit des fruits de leurs t]res1 en /ipulant t\tefois qu'ils les v5droi5t plus *] que de c\tume1 et que les b\rgeois n'expos]oi5t alors en v5te que des d5res altres et corrompues4 ,on dev9e aism5t qu'elle espce de crdit dem&oit le comte de ,poix dans la *>te qu'il accorde ses sujets1 lorsqu'il exige qu'il lui ft p]mis d'a*et] une fois en sa vie1 *aque m>*&1 sans pay] ni donn] aucun gage1 quelqu'effet qui n'excd]oit pas la valeur de c9q s\s4 ,autoris] le vol1 le dni de payem5t1 la banqu]\te p> un trait1 suppose d'tranges murs4 ,il s]oit trop long de rapport] seulem5t les noms des div]s droits que les seigneurs avoi5t tablis leur avantage1 mme sans aucun prtexte de bi5 public4 ,cette tyrannie pidmique1 si je puis p>l] a9si1 passa jusqu' leurs valets4 ,les m>mitons de l'ar*evque de ,vi5ne avoi5t tabli un impt sur les m>iages2 et ses dome/iques1 pr5ant s\s leur protection des voleurs et des b&its1 dont ils p>tageoi5t1 sans d\te1 le but91 s'toi5t fait une seigneurie en s\s-ordre1 et plus odieuse encore que celle de leur matre4 ,la seule diffr5ce ess5tielle qu'il y et entre les hommes libres et les s]fs1 dont la ,france toit presqu'entirem5t peuple1 c'e/ que ceux-ci ne p\voi5t s'affran*ir que p> la pure faveur de leur matre1 t&is que la c\tume laissoit aux autres quelques moy5s de se s\/raire au j\g de leur seigneur4 ,les hommes libres n'avoi5t beso9 que du cons5tem5t de leur vque1 p\r tre admis la clricature1 qui1 p> une de ces contradictions ridicules auxquelles il faut s'acc\tum]1 qu& on tudie l'hi/oire de ,france1 exemptoit de t\te *>ge#ij le patrimo9e d'un cl]c1 quoiqu'on ne se ft aucun scrupule de pill] et de s\mettre des r$evances1 les t]res de l'glise1 qu'on reg>doit comme le patrimo9e de ,dieu mme4 ,les s]fs n'avoi5t pas le mme avantage2 s'ils toi5t admis p> surprise au nombre des cl]cs1 l'glise1 en les dgradant1 toit oblige de les r5dre#ia au matre qui les rclamoit avant qu'ils euss5t reu des ordres sacrs4 ,leurs enfans naissoi5t esclaves comme eux2 et ces malheureux communiquoi5t en quelque sorte leur disgrace t\t ce qui les appro*oit4 ,si un g5tilhomme et eu la bassesse de se m>i] une s]ve1 ses enfans auroi5t t rduits la condition#ib humiliante de leur mre4 ,les alliances contractes avec une famille libre1 ne portoi5t1 au contraire1 aucune ta*e dans la maison d'un g5tilhomme2 et ses fils1 malgr la roture de leur mre1 p\voi5t tre honors de la qualit de *evali]4 ,les hommes libres j\issoi5t mme du privilge de s'anoblir eux et leur po/rit1 soit en p\sant la fille d'un g5tilhomme1 soit en acqurant quelque fief4 ,ds lors1 ils n'toi5t plus s\mis cette f\le de devoirs1 de corves et de *>ges qui r5doi5t le peuple malheureux4 ,il e/ mme vraisemblable que la noblesse de leur p]sonne passoit jusqu'aux doma9es qu'ils possdoi5t en roture4 ,aucun monum5t1 il e/ vrai1 ne n\s fait connotre les prrogatives p>ticulires dont la simple noblesse j\issoit l'avnem5t de ,hugues-,capet au trne4 ,mais il e/ c]ta9 que s\s les d]ni]s pr9ces de la maison de ,*>lemagne1 il y avoit un gr& nombre de familles autrem5t anoblies p> leurs alliances ou la possession de quelque seigneurie1 et qui1 p> une suite des vnem5s qui *angr5t les =tunes dome/iques1 comme la =tune de l'tat1 ne possdoi5t que des bi5s roturi]s4 ,elles cont9ur5t p5dant le c\rs de la rvolution qui donna naissance au g\v]nem5t fodal1 tre di/+ues des familles d'un ordre infrieur2 et cette di/9ction1 dont on ne peut d\t]1 suppose ncessairem5t la j\issance de quelque privilge p>ticuli] qui passoit du pre aux enfans4 ,sans ce signe di/9ctif1 comm5t t\s les citoy5s qui ne possdoi5t pas quelque fief1 n'auroi5t-ils po9t enf91 t confondus dans une mme classe8 ,peut-tre que cette noblesse se tr\va assez nombreuse p\r =c] les seigneurs la mnag]4 ,sans d\te1 qu'elle les s]vit dans les gu]res prives qui rev9r5t en usage dans la dcad5ce du g\v]nem5t1 et mrita p> l leur reconnoissance et leur protection2 p\rquoi donc n'auroit-elle pas t\j\rs j\i dans ses patrimo9es roturi]s1 des mmes fran*ises que la clricature atta*oit ceux des cl]cs8 ,t\t p>ot l'indiqu]1 mais il me semble du mo9s qu'on ne peut s'emp*] de conv5ir que s\s le rgne de ,hugues-,capet1 les simples g5til%ommes n'euss5t dj les mmes immunits1 dont on les voit en possession dans un temps bi5 po/rieur4 ,bi5 lo9 qu'ils ai5t pu alors acqurir quelques n\veaux privilges1 ils en dur5t p]dre plusieurs4 ,on voit que les seigneurs1 de j\r en j\r1 plus jal\x d't5dre leurs droits et leur autorit1 s'appliqur5t dgrad] la dignit mme des petits fiefs qui relevoi5t d'eux4 ,t&is qu'ils ne craignoi5t po9t d'(f5s] leurs vassaux1 que1 sans g>d p\r les pla9tes et les m5aces des vques1 ils faisoi5t1 sans cesse1 de n\velles entreprises sur les possessions que les ecclsia/iques t5oi5t de leurs pres1 s]oit-il vraisemblable qu'ils euss5t respect la =tune d'une noblesse peu puissante1 et qui n'avoit aucun protecteur8 ,quoiqu'il en soit des immunits des simples g5til%ommes1 l'avnem5t de ,hugues-,capet au trne1 ils n'toi5t sujets1 qu& ,s4 ,l\is crivoit ses tablissem5s1 aucune imposition1 en v5dant leurs d5res#ic1 ni en a*etant les *oses ncessaires leur usage p>ticuli]4 ,les t]res que les g5til%ommes faisoi5t valoir p> eux-mmes1 ne payoi5t pas la taille2 et dans les affaires p]sonnelles1 ils obissoi5t une jurisprud5ce1 t\te diffr5te de celle laquelle les roturi]s toi5t s\mis4 ,c'e/ l'esprance de p\voir j\ir un j\r de t\s ces avantages1 qui emp*oit les hommes libres de succomb] s\s le poids de leur malheur2 t&is que les s]fs1 ne voyant de t\te "p que leur s]vitude1 ne p\voi5t s'affran*ir du j\g d'un matre1 que p\r pass] s\s celui d'un seigneur4 ,,*apitre ,,ii4 ,situation des seigneurs1 l'avnem5t de ,hugues-,capet au trne4--,des causes qui contribur5t tablir une sorte de rgle et de droit public4 ,t\s ces droits b>b>es des seigneurs1 sur leurs sujets1 fur5t bi5tt rgls3 c'toit la =ce qui imposoit la loi la foiblesse4 ,mais l'g>d des devoirs et des droits respectifs des seigneurs les plus puissans1 lis entre eux1 p> l'hommage et le s]m5t de fidlit1 ce n'toi5t encore1 lorsque ,hugues-,capet monta sur le trne1 que des prt5tions inc]ta9es et t\j\rs conte/es4 ,les c\tumes#id dont n\s tr\vons le dtail dans les tablissem5s de ,s4 ,l\is1 et les crits de ,pi]re de ,fonta9e et de ,beaumanoir1 n'exi/oi5t pas encore4 ,c'e/ le propre des c\tumes de ne s'tablir qu'avec l5teur1 le temps seul peut leur donn] une c]ta9e =ce2 et de l'an>*ie des d]ni]s rois ,c>lov+i5s1 la =me de g\v]nem5t connue s\s ,s4 ,l\is1 le passage suppose ncessairem5t une longue suite de rvolutions et les rgnes de plusieurs pr9ces actifs1 c\rageux et entrepr5ans4 ,qu& il s]oit re/ quelque espce de rgle et de subord9ation dans l'tat1 l'usurpation de ,hugues-,capet1 les gu]res qu'il s\t9t contre quelques vassaux de la c\ronne1 et les complaisances auxquelles il fut =c de se prt]1 p\r se r5dre agrable1 l'auroi5t fait entirem5t disp>otre4 ,il faudroit1 en effet1 avoir bi5 peu de connoissance des temps malheureux dont je p>le1 et des passions p> lesquelles les hommes s]ont t]nellem5t g\v]ns1 p\r croire que les ducs de ,norm&ie1 d',aquita9e1 de ,b\rgogne1 les comtes de ,t\l\se1 de ,fl&re1 de ,v]m&ois1 de ,troyes1 c4 qui avoi5t vu ,hugues-,capet1 simple duc de ,france1 et leur gal1 cons5tiss5t1 p> am\r seul de l'ordre et de la paix1 lui r5dre les devoirs que ,*>les-le-,*auve exigeoit inutilem5t de ses vassaux1 sur la f9 de son rgne1 et que ses successeurs n'auroi5t pas os dem&]4 ,les seigneurs du second ordre1 j'ent5ds les b>ons qui relevoi5t immdiatem5t d'un suz]a91 dont la seigneurie s't5doit sur t\te une prov9ce1 affectr5t galem5t une entire indp5dance4 ,t\te notre hi/oire e/ ple9e de faits qui pr\v5t que les petits-fils de ,hugues-,capet ne p\voi5t po9t encore acc\tum] les seigneurs du du* de ,france1 remplir les devoirs de la vassalit1 et la mme an>*ie rgnoit dans les autres prov9ces du royaume4 ,la s\v]a9et que les b>ons ex]oi5t sur leurs sujets1 leur avoit inspir une ambition dang]euse4 ,mettant pr(it la foiblesse o se tr\voi5t leurs suz]a9s diviss p> des ha9es1 des rivalits et des gu]res cont9uelles1 ils toi5t p>v5us s'en faire cra9dre1 et ne reg>doi5t l'hommage que comme une va9e crmonie qui n'emportoit avec soi aucune obligation relle de s]vice et d'obissance4 ,si on retr\voit quelque trace de la subord9ation des fiefs et des devoirs rciproques que se devoi5t les suz]a9s et leurs vassaux1 et que suppose le s]m5t que ,*>les-le-,*auve et les seigneurs les plus puissans du royaume se fir5t mutuellem5t1 ce n'toit plus qu'entre les seigneurs d'une classe infrieure aux b>ons2 ils se s\v5oi5t p\r la plup>t que leurs t]res leur avoi5t t donnes en bnfices2 leurs possessions toi5t peu considrables1 et n'ayant que de mo9dres esprances ou de mo9dres prt5tions1 ils s\ffroi5t davantage des dsordres de l'an>*ie1 et n'avoi5t pas le mme intrt de ne reconnotre d'autres lois que leurs caprices4 ,quoique ces seigneurs euss5t1 comme les b>ons mmes1 dont ils relevoi5t1 le droit de gu]re1 le p\voir de faire des lois1 ou plutt de publi] des ordres dans l't5due de leurs fiefs1 et qu'ils ex]ass5t sur leurs sujets un empire galem5t despotique1 ils ne j\issoi5t pas cep5dant dans t\te sa plnitude1 de la puissance qui con/itue vritablem5t la s\v]a9et4 ,leurs ju/ices1 p> exemple1 toi5t s\v]a9es1 c'e/--dire1 jugeoi5t en d]ni] ressort et sans#ie appel1 t\tes les affaires qui y toi5t portes2 mais elles n'avoi5t quelquefois qu'une compt5ce borne4 ,ces seigneurs d'un ordre infrieur1 n'toi5t juges dans leurs t]res1 que des dlits ord9aires2 t&is que le b>on1 dont ils relevoi5t1 y avoit la haute-ju/ice1 et connoissoit de t\s les crimes qui1 l'exception du vol1 toi5t punis de mort4 ,il e/ encore c]ta9 que dans le c\rs des d]nires rvolutions1 les b>ons ne p]mir5t pas leurs vassaux de faire les mmes usurpations qu'ils faisoi5t eux-mmes4 ,abusant1 au contraire1 de leurs =ces et du crdit que leur avoit donn l'anci5 g\v]nem5t1 p\r se saisir d'une p>tie de la s\v]a9et1 dans les seigneuries qui relevoi5t d'eux1 ils s'arrogr5t le droit d'y rgl] les poids et les mesures publiques1 emp*r5t leurs vassaux d'avoir une monnoie p>ticulire1 et les contraignir5t ne se s]vir que des espces fabriques dans le *ef-lieu de la b>onnie4 ,les mmes causes qui avoi5t emp* la plup>t de ces seigneurs1 d'affect] une entire indp5dance1 les portr5t se s\mettre l'homme-lige2 c'e/--dire1 qu'ils se crur5t t5us df5dre les possessions de leur suz]a91 et le suivre la gu]re1 qu& il les convoquoit4 ,d'ailleurs1 ils n'avoi5t s\v5t qu'un *teau2 et craignant d'y tre =cs aprs un premi] *ec1 le droit de gu]re leur p>oissoit plus nuisible qu'avantageux4 ,dans cet tat de foiblesse1 il leur importoit que t\tes les qu]elles ne se vidass5t pas les armes la ma94 ,a9si1 bi5 lo9 de pr(it] des dsordres de l'an>*ie1 p\r ne plus reconnotre dans leur suz]a91 cette juridiction dj en usage#if s\s le rgne de ,*>lemagne et qui r5doit *aque seigneur1 juge de ses bnfici]s1 ils la reg>dr5t comme le remp>t de leur =tune4 ,c'e/ *ez ces seigneurs d'une classe infrieure et demi s\v]a9s1 que se cons]va la tradition des devoirs auxquels les bnfices tablis p> ,*>les ,m>tel avoi5t autrefois assujetti les vassaux2 et c'e/ l'lvation de ,hugues-,capet au trne qui contribua l't5dre et lui donn] une plus gr&e autorit4 ,en qualit de duc de ,france1 de comte de ,p>is et d',orlans1 ce pr9ce avoit de ri*es doma9es1 et ses =ces toi5t gales celles des pr9cipaux vassaux de la c\ronne4 ,il fallut avoir p\r ses fils des g>ds qu'on n'avoit po9t eus p\r les d]ni]s pr9ces de la maison de ,*>lemagne4 ,la foiblesse et la pauvret des ,c>lov+i5s avoi5t ouv]t la porte l'an>*ie3 la =ce et les ri*esses des ,capti5s devoi5t en tempr] les dsordres4 ,a mesure qu'on esproit mo9s d'avantages de son indp5dance1 on devoit en tre mo9s jal\x4 ,les intrts des pr9cipaux seigneurs et leurs passions *angr5t donc avec la situation de la mon>*ie4 ,les dsa/res de leurs gu]res1 s\v5t aussi fune/es au va9queur qu'au va9cu1 domptr5t leur vanit1 et les prp>r5t la paix2 qu& ils s5tir5t enf91 malgr eux1 la ncessit d'avoir une police1 ils en tr\vr5t le modle dans les fiefs des d]nires classes4 ,n\s voyons1 en effet1 p> le trait que ,h5ri ,i1 roi d',anglet]re et duc de ,norm&ie1 conclut le #aj m>s #aaja1 avec ,rob]t1 comte de ,fl&re1 que les gr&s vassaux1 dj plus dociles s\s ,philippe ,i1 que s\s ,l\is d',outrem]1 ,lo?aire et ,l\is-le-,fa9ant1 se croyoi5t obligs de suivre le roi la gu]re1 s\s pe9e de p]dre leur#ig fief4 ,il y avoit mme des =malits de ju/ice av\es et reconnues entre ,philippe ,i et ses vassaux2 et cette c\r suprme1 o les rois jugeoi5t autrefois les gr&s de l'tat1 toit dj sortie du nant o la foiblesse des d]ni]s ,c>lov+i5s l'avoi5t laisse tomb]4 ,il toit naturel que les premi]s ,capti5s (friss5t leur mdiation leurs vassaux1 quelquefois fatigus de la gu]re1 ou qui n'toi5t pas en tat de la faire2 et que dans des circon/ances f*euses1 ils s\miss5t eux-mmes leurs propres qu]elles1 leur arbitrage2 et c'e/ vraisemblablem5t p> cette conduite1 que le pr9ce reprit sa qualit de juge1 et que des vassaux qui avoi5t des =ces gales aux si5nes1 s'acc\tumr5t reconnotre l'autorit d'une c\r fodale et de ses jugem5s4 ,ds que les vassaux les plus puissans cons5tir5t remplir de c]ta9s devoirs1 et se s\mettre au tribunal du roi1 leurs b>ons qui1 leur exemple1 avoi5t affect une entire indp5dance1 mais plutt p> po9t d'honneur1 que p> ambition1 fur5t aussi1 leur exemple1 mo9s indociles et mo9s rvolts1 contre la subord9ation de la vassalit4 ,plusieurs autres causes contribur5t en mme temps1 fix] la nature du s]vice des fiefs et des devoirs respectifs des suz]a9s et des vassaux4 ,leurs gu]res toi5t t]m9es p> des traits2 et quoique ces traits fuss5t peu respects1 ils ne laissoi5t pas d'tre reg>ds comme autant de titres1 du mo9s p> la p>tie laquelle ils toi5t avantageux4 ,on y rgloit des prt5tions inc]ta9es1 et les articles1 dont deux seigneurs toi5t conv5us1 s]vir5t de modle plusieurs autres2 les mmes maximes s't5doi5t2 et en s't5dant1 elles acquroi5t de l'autorit4 ,les seigneurs1 cont9uellem5t en gu]re les uns contre les autres1 ne tiroi5t presqu'aucun sec\rs de leurs sujets1 trop maltraits p\r tre bons soldats2 et ne p\vant exig] un s]vice utile que de leurs vassaux1 ils se vir5t obligs de multipli] ces d]ni]s1 ou p\r acqurir des df5seurs leurs t]res1 ou p\r s'agr&ir aux dp5s de leurs vois9s4 ,ils dmembrr5t donc quelques p>ties de leurs doma9es1 qu'ils confrr5t en fief4 ,soit que les dang]s se multipliass5t de j\r en j\r1 soit qu'on ne juget de la dignit d'une t]re que p> le nombre des fiefs qui en relevoi5t1 la politique1 la vanit et la mode ne mir5t alors aucune borne la libralit des seigneurs4 ,au dfaut de t]res1 on donna en fief1 dit un savant criva91 la gru]ie des =ts1 le droit d'y *ass]1 une "p dans le page ou le roage d'un lieu1 le conduit ou escorte des m>*&s v5ant aux foires1 la ju/ice dans le palais du pr9ce ou haut-seigneur1 les places de *ange1 dans celles des villes o il faisoit battre monnoie1 les maisons et les loges des foires1 les maisons o toi5t les tuves publiques1 les f\rs banaux des villes1 enf91 jusqu'aux essaims des abeilles qui p\voi5t tre tr\vs dans les =ts4 ,quelques seigneurs1 aj\te ailleurs ,m4 ,brussel1 s'avisr5t d'rig] en fief1 l'affran*issem5t de c]ta9es c\tumes et la cession de quelque droit2 c'e/--dire1 qu'ils cdoi5t quelqu'un le droit de lev] son pr(it1 l'impt qu'ils s'toi5t attribu4 ,les seigneurs conv]tir5t en fiefs les *>ges de leur maison1 tablissem5t analogue aux anci5nes ides de vasselage qu'avoi5t fait natre les bnfices de ,*>les ,m>tel4 ,en armant un g5tilhomme *evali]1 ils en fir5t leur homme2 ils a*etr5t mme des vassaux1 en donnant une c]ta9e somme d'arg5t1 ou en payant une p5sion annuelle4 ,c'e/ a9si1 p\r n'en cit] qu'un exemple1 qu',h5ri ,i1 roi d',anglet]re1 donnoit en fief ,rob]t1 comte de ,fl&re1 une p5sion de quatre c5ts m>cs d'arg5t4 ,ces n\veaux fiefs tant crs p> des contrats1 des *>tes ou des traits1 les devoirs n'en p\voi5t jamais tre quivoques2 et le vassal toit d'autant plus exact les remplir1 qu'il toit trs-facile son seigneur de le punir de sa flonie4 ,il n'toit pas ncessaire de rec\rir aux =malits d'un jugem5t1 d'assembl] ses vassaux1 ni de s'expos] aux vnem5s t\j\rs inc]ta9s de la gu]re2 il ne falloit que ne pas pay] le t]me *u d'une p5sion4 ,un f\r banal1 des tuves et des loges de m>*&s n'toi5t pas des *teaux =ts o un vassal rebelle pt se df5dre avec avantage4 ,l'inconsidration t]nelle des ,franais1 jo9te l'ignorance la plus pr(onde de leurs antiquits1 leur p]suada que ce qui se passoit s\s leurs yeux1 toit autant de c\tumes qu'ils avoi5t reues de leurs premi]s anctres4 ,p5sant que t\s les fiefs avoi5t la mme orig9e1 ils crur5t qu'ils toi5t t\s t5us p> reconnoissance aux mmes devoirs4 ,cette erreur apprivoisa les esprits1 que le droit de gu]re r5doit f>\*es4 ,on se crut li son suz]a91 p> le bi5fait qu'on en avoit reu4 ,on s'acc\tuma peu peu la subord9ation fodale1 on en conv9t du mo9s1 qu& on n'eut aucun intrt prs5t de la conte/]2 et l'avnem5t de ,l\is-le-,gros la c\ronne1 les devoirs auxquels les n\veaux fiefs fur5t assujettis1 toi5t dj dev5us une loi1 ou1 p\r m'exprim] plus exactem5t1 une c\tume gnrale du g\v]nem5t fodal2 et elle n'toit dsav\e p> aucun seigneur4 ,,rem>ques ,,et ,,preuves ,,des ,obs]vations sur l'hi/oire de ,france4 ,,livre ,,premi]4 ,,*apitre ,,premi]4 #f ,reges ex nobilitate1 duces ex virtute sumunt4 ,nec regibus inf9ita aut lib]a pote/as2 et duces exemplo potis qum imp]io1 si prompti1 si conspicui1 si ante aciem agant1 admiratione prsunt4 ,ct]m neque animadv]t]e1 neque v9cire1 neque v]b]>e quidem1 nisi sac]dotibus p]missum2 non quasi 9 pnam nec ducis jussu1 s$ velut ,deo imp]ante1 quem adesse bellantibus cr$unt4 7,de ,mor4 ,g]4 ,c4 #g47 ,de m9oribus rebus pr9cipes consultant1 de majoribus omnes2 x tam5 ut ea quoque quorum p5s plebem arbitrium e/1 apud pr9cipes p]tract5tur444 ,mox rex vel pr9cipes1 pr\t tas cuique1 pr\t nobilitas1 pr\t decus bellorum1 pr\t facundia e/1 audiuntur1 autoritate suad5di magis1 qum jub5di pote/ate4 ,si displicuit s5t5tia1 fremitu asp]nantur3 s9 placuit1 frameas concutiunt4 7,ib4 c4 ,,ii47 ,nos monum5s les plus anci5s et les plus respectables dis5t la mme *ose4 ,dictav]unt ,salicam ,legem ,proc]es ipsius g5tis1 qui tunc temporis apud eam erant rectores4 ,sunt autem electi de pluribus viris quatuor4444 ,qui p] tres ,mallos conv5i5tes1 omnes caus>um orig9es sollicit discurr5do1 tractantes de s+ulis judicium decrev]unt hoc modo4 7,prf4 ,leg4 ,sal47 ,hoc decretum e/ apud regem et pr9cipes ejus et apud cunctum populum *ri/ianum qui infr regnum ,m]w5gorum consi/unt4 ,prf4 ,leg4 ,sal4 ,placuit atque conv5it int] ,francos et eorum ,proc]es1 ut propt] s]v&um int] se pacis /udium1 omnia increm5ta vet]um rix>um resec>e deb]5t4 ,prf4 ,leg4 ,sal4 ,cum 9 ,dei nom9e nos omnes cal5das ,m>tias de quacumque conditione un cum no/ris optimatibus p]tractavimus4 ,decret4 ,*ildeb]ti circ annum #eie1 7,art4 #a47 ,p>i conditione conv5it cal5das ,m>tias omnibus nobis adunatis4 7,ibid4 art4 #e47 ,les rois ,mrov+i5s ne donnoi5t aucun ordre p>ticuli]1 aucun diplome1 sans employ] les =mules suivantes3 ,un cum no/ris optimatibus3 fidelibus p]tractavimus4 ,de cons5su fidelium no/rorum4 ,9 no/r et ,proc]um no/rorum prs5ti4 ,voyez les ordonnances de ces pr9ces1 recueillies p> ,m4 ,baluze1 ou p> dom ,b\quet4 #g ,eo tempore mult ,ecclesi ,*lodove*i ex]citu deprdat sunt1 quia erat ille adhuc fanaticis erroribus involutus4 ,igitur de qudam ecclesi urceum mir magnitud9is ac pul*ritud9is ho/es ab/ul]ant1 cum reliquis ecclesia/ici m9i/]ii ornam5tis4 ,episcopus autem ecclesi illius missos ad regem dirigit1 posc5s1 ut si aliud de sacris vasis recip]e non m]]etur1 saltem vel urceum ecclesi su recip]et4 ,hc audi5s ,rex1 ait ,nuncio3 sequ]e nos usque ,suessiones1 quia ibi cuncta qu acquisita sunt1 divid5da erunt1 cumque mihi vas i/ud sors d$]it1 qu papa poscit1 adimpleam4 ,deh9c adv5i5s ,suessiones1 cuncto on]e prd 9 m$ium posito1 ait rex3 ,rogo vos1 =tissimi ,prliatores1 ut saltem mihi vas i/ud1 hoc enim de urceo supr memorato dicebat1 extr p>tem conc$]e non abnuatis4 ,hc rege dic5te1 illi quorum erat m5s sanior1 aiunt3 omnia1 gloriose rex1 qu c]nimus tua s9t2 s$ ac nos ipsi tuo sumus dom9io subjugati1 nunc quod tibi b5 placitum videtur1 facito2 nullus enim pote/ati tu resi/]e valet4 ,cm illi hc x dixiss5t1 unus levis1 invidus ac facilis1 cum magn voce1 elevatam bip5nem urceo impulit1 dic5s3 nihil hic accipies1 nisi qu sors v]a l>gitur4 ,ad hc1 ob/upefactis omnibus1 rex injuriam suam pati5ti l5itate co]cuit1 acceptumque urceum nuncio ecclesia/ico r$didit1 s]vans abditum sub pectore vulnus2 transacto v]o anno1 jussit omnem cum armorum app>atu adv5ire ,phalangem1 o/5suram 9 campo ,m>tis suorum armorum nitorem4 ,v]m ubi cunctos circuire delib]at1 v5it ad urcei p]cussorem1 cui ait3 nullus tam inculta1 ut tu1 arma detulit1 nam neque tibi ha/a1 neque gladius1 neque securis e/ utilis2 et adpreh5sam securim 9 t]ram dejecit4 ,at ille cum paululm incl9atus fuisset ad collig5dam eam1 rex1 elevatis manibus1 securim suam capiti ejus defixit4 ,sic1 inquit1 tu apud ,suessiones 9 urceo illo feci/i4 7,greg4 ,tur4 l4 #b4 ,c4 #bg47 ,a trav]s la n>ration peu s5se de ,grgoire de ,t\rs1 il e/ facile de saisir l'esprit du fait qu'il rapporte4 ,il e/ vid5t que ,clovis n'avoit que sa "p du but91 et que le sort en dcidoit4 ,que signifi5t les p>oles ridicules que l'hi/ori5 met dans la b\*e de ce pr9ce8 ,sequ]e nos usque ,suessiones2 quia ibi cuncta qu acquisita sunt1 divid5da erunt4 ,cumque mihi vas i/ud sors d$]it1 qu papa poscit1 adimpleam4 ,il n'y a qu'un escamoteur qui puisse a9si rpondre de la =tune4 ,le complim5t de l'arme1 tel que ,grgoire de ,t\rs le suppose1 ne peut tre vrai2 il n'a aucune analogie avec les murs publiques4 ,on avoit dit l'hi/ori5 que l'arme avoit cons5ti la dem&e de ,clovis2 et l-dessus1 il imag9e une rponse telle que l'auroi5t faite des ,gaulois1 aussi acc\tums au g\v]nem5t despotique que les ,franais l'toi5t la lib]t4 ,il ne s'app]oit pas qu'il e/ contradictoire que l'arme p>le en m]c5aire1 et que ,clovis att5de un an p\r se v5g] de l'injure qu'il reoit4 ,je ne sais p\rquoi ,m4 le comte de ,b\la9villi]s dit que ,clovis n'osa se saisir du vase1 et le laissa au soldat4 ,c'e/ altr] la vrit1 et il n'en avoit pas beso9 p\r son sy/me4 ,le ,p4 ,daniel appelle cet vnem5t une hi/oriette2 et c'e/ une preuve de son bon jugem5t4 ,l'abb du ,bos p>le aussi de l'av5ture du vase de ,soissons1 dans son hi/oire critique de l'tablissem5t de la mon>*ie ,franaise dans les ,gaules1 liv4 #c4 *ap4 #ba4 ,voici de quelle faon il traduit le disc\rs de ,clovis son arme4 ,rogo vos1 =tissimi prliatores1 ut saltem mihi vas i/ud extr p>tem conc$]e non abnuatis4 ,braves soldats1 tr\vez bon qu'avant que de ri5 p>tag]1 je retire ce buire d'arg5t de la masse1 p\r en dispos] mon plaisir4 ,quelle traduction6 ,clovis n'osant pas punir le soldat qui l'avoit (f5s1 en rclamant la c\tume de la nation1 il att5d1 dit l'abb du ,bos1 une occasion o il peut se v5g]1 non po9t en p>ticuli] qui se livre au m\vem5t imptueux d'une passion1 mais en s\v]a9 qui se fait ju/ice d'un sujet insol5t4 ,cette rflexion n'e/ pas ju/e2 ce n'e/ po9t comme s\v]a9 que ,clovis se fait ju/ice d'un sujet insol5t1 puisqu'il dguise sa v5geance1 en pr5ant le prtexte de punir le soldat p\r sa nglig5ce t5ir ses armes en bon tat4 ,croira-t-on sans pe9e que la pati5ce et la modration fuss5t alors des qualits =t e/imes *ez les ,franais1 et qu'il ft plus honnte p\r un gr& roi d'assass9] de sang froid un de ses soldats1 que de le tu] p> emportem5t8 ,je ne saurois p5s]1 sur la p>ole de l'abb du ,bos1 qu'une si gr&e sagesse combla de gloire ,clovis1 et lui valut l'admiration de t\tes les ,gaules4 ,,*apitre ,,ii4 #h ,si quis +5uum ,francum aut hom9em b>b>um occid]it qui ,lege ,salic vivit1 fol4 #bjj1 culpabilis judicetur4 ,si quis eum occid]it qui 9 ,tru/e dom9ic e/1 fol4 #fjj1 culpabilis judicetur4 ,si quis ,romanum hom9em convivam regis occid]it1 fol4 #cjj1 culpabilis judicetur4 ,si ,romanus homo possessor1 id e/1 qui res1 9 pago ubi commanet1 proprias possidet1 occisus fu]it1 is qui cum occidisse conv9citur1 fol4 #ajj1 culpabilis judicetur4 ,si quis ,romanum ,tribut>ium occid]it1 fol4 #de1 culpabilis judicetur4 7,leg4 ,sal4 ,tit4 #dc47 ,si ,romanus homo ,francum expoliav]it1 fol4 #fb1 culpabilis judicetur4 ,si v] ,francus ,romanum expoliav]it1 fol4 #cj1 culpabilis judicetur4 7,ibid4 ,tit4 #ae47 ,si ,romanus ,francum ligav]it s9e caus1 fol4 #cj1 culpabilis judicetur4 ,si autem ,francus ,romanum ligav]it s9e caus1 fol4 #ae1 culpabilis judicetur4 7,ibid4 ,tit4 #cd17 c4 ,les lois ,ripuaires tabliss5t les mmes proportions entre les ,franais et les ,gaulois1 et je n'en rapporte pas ici le texte1 p\r abrg]4 ,si ces autorits font voir avec quelle duret les va9queurs traitr5t les va9cus1 elles ne pr\v5t pas mo9s que les ,gaulois ne fur5t pas rduits en s]vitude1 puisqu'on tr\ve p>mi eux un ordre de citoy5s1 les convives du roi1 qui la loi accorde une composition plus considrable qu'aux ,franais d'une condition commune4 ,c5t passages de ,grgoire de ,t\rs atte/5t que des ,gaulois fur5t levs aux premires dignits de l'tat1 s\s les rois ,mrov+i5s4 ,p\rquoi ,loyseau1 dans son trait des seigneuries1 7*ap4 #a4 4 #ee et #fi17 prt5d-il donc que les ,francs tr5t aux ,gaulois l'usage des armes1 et en fir5t leurs esclaves8 ,le comte de ,b\la9villi]s a bti1 sur cette prt5due s]vitude1 t\t son sy/me de notre anci5 g\v]nem5t4 ,je rfut]ai cette erreur dans les notes suivantes1 en p>lant des fran*ises de la nation ,gauloise s\s le g\v]nem5t des ,franais4 #i ,l'abb du ,bos prt5d1 hi/oire critique1 7liv4 #f4 ,c4 #ad et #ae17 que ,clovis et ses successeurs eur5t dans les ,gaules les mmes rev5us dont les emp]eurs ,roma9s y avoi5t j\i2 qu'ils levr5t un tribut sur les t]res1 exigr5t une capitation1 eur5t des d\anes1 et que les ,franais fur5t s\mis1 a9si que les ,gaulois1 t\tes ces impositions4 ,il convi5t d'abord qu'aucun hi/ori5 ne dit expressm5t et di/9ctem5t que nos rois ont eu dans les ,gaules les mmes rev5us dont j\issoi5t avant eux les emp]eurs ,roma9s2 mais1 cont9ue-t-il1 c'e/ qu'il toit inutile de dire ce que t\t le monde voyoit4 ,j'abrge le /yle diffus de l'abb du ,bos4 ,il fonde son op9ion sur ce qu'il e/ de droit commun que le va9queur se mette la place du va9cu4 ,qu&1 p> exemple1 aj\te l'abb du ,bos1 on a dit que ,l\is ,,xiv conquit en #afhd le du* de ,luxemb\rg1 c'e/ avoir dit suffisamm5t qu'il se mit en possession de t\s les doma9es1 droits et rev5us dont ,*>les ,,ii j\issoit avant la conqute4 ,je convi5s du droit du va9queur2 mais quel toit le va9queur des ,gaules8 toit-ce ,clovis seul1 ou la nation ,franaise avec lui8 ,qu'on en juge p> l'av5ture du ,vase de ,soissons1 et p> la =me mme du g\v]nem5t que les ,franais cons]vr5t dans les ,gaules4 ,mais si ,l\is ,,xiv1 au lieu d'avoir une adm9i/ration peu prs p>eille celle de ,*>les ,,ii1 avoit t le *ef de quelque horde de ,t>t>es1 l'abb du ,bos se p]suad]oit-il aism5t que ce n\veau ,clovis et ses soldats1 en s'tablissant dans le du* de ,luxemb\rg1 euss5t t prp>s adopt] subitem5t t\tes les ides des ,espagnols8 ,je cons5s cette espce de prodige2 qu& les ,luxemb\rgeois va9cus n'auroi5t po9t *ang de sort1 comm5t le pr9ce auroit-il os dire ces ,t>t>es3 mes amis1 voil un peuple subjugu p> nos armes1 qui me reconnot p\r son n\veau s\v]a91 et qui me pay]a dsormais la taille1 la capitation1 c4 qu'il payoit ses anci5s matres2 puisque votre victoire m'a mis la place de ,*>les ,,ii1 il e/ raisonnable que t\t notre g\v]nem5t pr5ne une n\velle =me4 ,enri*issez-v\s des dp\illes des va9cus2 mais songez dsormais me donn] les mmes tributs que me donn]ont les ,luxemb\rgeois4 ,si le pr9ce ,t>t>e t5oit un p>eil langage aprs la victoire1 e/-il vraisemblable qu'il p]suadt son arme8 mon gnral1 lui rpondroit-elle1 n\s ne compr5ons ri5 t\t ce disc\rs4 ,n\s ne combattons pas p\r v\s1 mais v\s combattez notre tte p\r l'avantage commun4 ,l'empire sur une prov9ce conquise n\s app>ti5t comme v\s2 et il s]oit biz>re que n\s fussions traits en va9cus1 p>ce que n\s sommes va9queurs3 n\s cons]v]ons ici nos anci5nes c\tumes1 et n\s y tablirons notre g\v]nem5t4 ,les murs des ,franais1 leur atta*em5t leurs lois1 leur adm9i/ration politique1 t\t conc\rt la fois pr\v] qu'ils ne fur5t sujets aucune sorte d'impts4 ,j'aj\te que les ,gaulois j\ir5t du mme avantage2 et c'e/ presque le dmontr]1 que de dire que la plup>t d'entre eux ngligr5t de se naturalis] ,franais4 ,un peuple acc\tum au g\v]nem5t despotique1 peut bi5 ne pas dsir] d'tre libre2 mais un peuple vex p> des impositions aussi normes que celles que levoi5t les emp]eurs ,roma9s1 saisira t\j\rs les moy5s de s'en dlivr]4 ,cep5dant la plus gr&e p>tie des ,gaulois cont9ua vivre s\s la loi ,roma9e1 t&is qu'il toit p]mis aux trang]s de se faire ,franais2 il falloit donc que les ,gaulois ne fuss5t pas s\mis des *>ges plus considrables que les ,franais mmes4 ,t\t le monde a entre les ma9s l'esprit des lois4 ,je prie d'y lire1 liv4 #cj1 le *apitre treizime1 intitul3 ,quelles toi5t les *>ges des ,roma9s et des ,gaulois dans la mon>*ie des ,francs4 ,le prsid5t de ,montesquieu pr\ve trs-bi5 qu'un tat qui n'avoit po9t de beso9s1 ne levoit po9t d'impts4 ,en p>lant des *>ges des hommes libres1 qui toi5t obligs d'all] la gu]re leurs dp5s1 s\s les ordres de leur comte1 et de f\rnir des *evaux et des voitures aux envoys du roi et aux ambassadeurs qui p>toi5t de sa c\r ou qui s'y r5doi5t2 je v\drois seulem5t1 p\r une plus gr&e exactitude1 qu'il et aj\t1 sur l'autorit de la loi ,ripuaire et de ,m>culfe1 que les citoy5s toi5t t5us de log] et de dfray] ces envoys leur passage4 ,si quis autem legat>ium regis vel ad regem1 seu 9 utilitatem regis p]g5tem hospitio suscip]e contemps]it1 nisi emunitus regis hoc contradix]it1 sexag9ta solidis culpabilis judicetur1 7,leg4 ,rip4 ,tit4 #ee47 ,ille rex omnibus ag5tibus4 ,dum et nos 9 ,dei nom9e apo/olicum virum illum necnon et illu/rem virum illum p>tibus illis legationis caus direximus2 ide jubemus1 ut locis conv5i5tibus1 eisdem vobis evectio simul et humanitas m9i/retur1 hoc e/1 v]$os seu p>av]$os tantos1 panis nitidi modios tantos1 v9i modios tantos1 c]evisi modios tantos1 l>di libras tantas1 c>nis libras tantas4 ,je supprime t\t ce dtail qui peut tre curieux1 mais il faut tre c\rt4 ,hc omnia diebus tam ad ambul&um1 quam ad nos1 9 ,dei nom9e1 rev]t5dum1 unusquisque ve/rm locis consuetud9>iis1 eisdem m9i/r>e et adimpl]e procuretis4 7,m>s4 =4 #aa4 liv4 #a47 ,la gr&e s\rce de t\tes les erreurs de l'abb du ,bos1 c'e/ d'avoir cru que les mots ,c5sus et tributum signifi5t dans nos lois1 et dans nos hi/ori5s1 la mme *ose qu'ils signifir5t *ez les ,roma9s1 ou qu'ils signifi5t auj\rd'hui p>mi n\s4 ,il auroit d s\ponn] avec le prsid5t ,montesquieu1 que qu& les ,franais v\lur5t rdig] p> crit leurs c\tumes1 et leur donn] l'autorit de lois1 ils tr\vr5t des difficults r5dre leurs ides p> les expressions d'un peuple qui avoit des usages t\t diffr5s4 ,ils se s]vir5t des mots lat9s qui avoi5t le plus de rapport aux c\tumes g]maniques1 et de n\velles ides fur5t atta*es ces mots4 ,voyez l'esprit des lois1 7,l4 #cj1 ,c4 #ad17 intitul3 de ce qu'on appeloit ,c5sus4 ,si quis romanum hom9em convivam regis occid]it1 fol4 #cjj1 culpabilis judicetur4 ,si ,romanus homo possessor1 id e/1 qui res 9 pago ubi commanet1 proprias possidet1 occisus fu]it1 is qui eum occidisse conv9citur1 fol4 #ajj1 culpabilis judicetur4 ,si quis ,romanum tribut>ium occid]it1 fol4 #de1 culpabilis judicetur4 7,l4 ,s4 tit4 #dc47 ,cette loi1 que l'abb du ,bos ne p\voit ignor]1 fait connotre ce que les premi]s ,franais ent5doi5t p> les mots c5sus et tributum4 ,si p> ,romanum tribut>ium1 il faut ent5dre un ,gaulois assujetti pay] un c5s1 une capitation1 un tribut public1 t\t le sy/me de l'abb du ,bos e/ r5v]s2 c> il s]oit c]ta9 que les ,gaulois qui avoi5t l'honneur d'tre admis la table du roi1 et ceux qui avoi5t des possessions1 ne payoi5t pas ce c5s ou ce tribut1 puisque la loi se s]t de cette qualit di/9ctive de tribut>ium1 p\r dsign] un troisime ordre de ,gaulois4 ,en rfl*issant sur ce texte1 l'abb du ,bos auroit vu que la loi p>le ici des ,gaulois1 qui1 tant libres p> leur naissance1 faisoi5t valoir f]me les bi5s des propritaires4 ,il en auroit conclu que les mots c5sus et tributum ne signifi5t pas t\j\rs un tribut public4 ,cette premire dc\v]te l'auroit r5du plus circonspect1 et il n'auroit vu que des *>ges prives1 conomiques et dome/iques dans la plup>t des passages qu'il emploie p\r pr\v] le p>adoxe qu'il avance4 ,me p]mettra-t-on de le dire8 ,il me semble qu'on ne peut lire l'ouvrage de l'abb du ,bos1 sans tre conva9cu qu'il avoit d'abord imag9 une hi/oire de ,france1 et qu'ensuite il n'avoit lu nos anci5s monum5s que p\r y pr5dre ce qui p\voit favoris] ses op9ions4 ,il cite r>em5t les lois1 et ne consulte que des hi/ori5s qui il e/ ais1 la faveur d'un comm5taire1 de faire dire t\t ce qu'on veut4 ,le prsid5t de ,montesquieu1 ,l4 #cj1 ,c4 #ae1 dit que ce qu'on appeloit c5sus1 ne se levoit que sur les s]fs1 et non pas sur les hommes libres4 ,ce n'e/ pas s'exprim] avec exactitude4 ,on appeloit aussi du nom de c5sus ou de tributum1 t\tes les *>ges ou r$evances qu'un homme libre devoit acquitt]4 ,montesquieu cite lui-mme dans son ouvrage plusieurs capitulaires dans lesquels on nomme c5sus1 les voitures que les hommes libres devoi5t f\rnir aux envoys du roi4 ,il y avoit aussi dans les ,gaules des t]res1 dont le possesseur toit s\mis de c]ta9es *>ges1 ou payoit une r5te2 et c'e/ de ces *>ges ou de ces r5tes1 qu'il faut ent5dre ce que dit ,grgoire de ,t\rs1 en p>lant de ,?odeb]t et de ,*ildeb]t4 ,omne tributum quod fisco suo ab ecclesiis 9 ,arv]no sitis r$debatur1 clem5t] indulsit4 7,l4 #c1 ,c4 #be47 ,9 supradict v] urbe ,*ildeb]tus rex omne tributum tam ecclesiis qum mona/]iis1 vel reliquis ,cl]icis1 qui ad ecclesiam p]t9]e videbantur1 aut quicumque ecclesi (ficium excolebant1 l>g pietate concessit4 7,l4 #aj4 ,c4 #g47 ,une ordonnance de ,clotaire ,,ii n\s appr5d en quoi consi/oi5t ces *>ges1 ou r5tes1 qui comm5cr5t tre en usage la naissance des seigneuries3 ,agr>ia1 pascu>ia1 vel decimas porcorum1 ecclesi pro fidei no/r devotione conc$imus4 7,cap4 de ,baluze4 ,t4 #a4 page #h47 ,qu& les seigneuries fur5t dev5ues la c\tume gnrale du royaume1 on nomma des noms de ,c5s ou de ,tribut les r$evances auxquelles les seigneurs assujettir5t les hommes libres de leurs t]res4 ,ut de rebus und c5sus ad p>tem regis exire solebat1 si ad aliquam ecclesiam tradit sunt1 aut traduntur propriis hr$ibus1 aut qui eas ret9u]it1 vel c5sum illum p]solvat1 ,cap4 #c1 an4 #hab1 art4 #ab4 ,quicumque t]ram tribut>iam1 und tributum ad p>tem no/ram exire solebat1 vel ad ecclesiam vel cuilibet alt]i tradid]it1 is qui eam suscep]it1 tributum quod ind solvebatur1 omnimod ad p>tem no/ram p]solvat1 nisi =t talem firmitatem de p>te dom9ic habeat p] quam ipsum tributum sibi p]donatum possit o/5d]e4 7,cap4 #d4 an4 #hai4 article #b47 ,la plup>t des lecteurs peu famili>iss avec le j>gon b>b>e de nos anci5s monum5s1 et peu in/ruits des diffr5tes =mes qu'a prises successivem5t le g\v]nem5t des ,franais1 ont adopt d'autant plus aism5t le s5s dans lequel l'abb du ,bos ent5d les passages qu'il cite1 que quelques-uns dsign5t en effet une imposition publique et fiscale1 p>eille celles qui toi5t en usage dans les ,gaules s\s le g\v]nem5t des emp]eurs4 ,*lo?a*>ius rex indix]at1 ut omnes ecclesi regni sui t]tiam p>tem fructuum fisco dissolv]5t4 7,greg4 ,tur4 ,l4 #d4 ,c4 #b47 ,qui d\te en effet que les fils de ,clovis1 qui avoi5t aut\r d'eux plusieurs leudes gaulois d'orig9e1 et in/ruits de l'adm9i/ration roma9e1 n'ai5t essay d'tablir des impts8 ,ils y toi5t invits p> l'exemple des ,franais1 qui travailloi5t se faire les uns sur les autres des droits n\veaux2 et le *amp de ,m>s ne se t5ant plus rgulirem5t1 la porte toit ouv]te t\tes sortes d'abus4 ,il e/ sr que ,*ilp]ic v\lut lev] une cru*e de v9 sur *aque arp5t de vigne4 ,*ilp]icus v] rex descriptiones novas et graves 9 omni regno suo fi]i jussit4444 ,/atutum enim fu]at ut possessor de propri t]r unam amphoram v9i p] arip5nem r$d]et2 s$ et ali functiones infligebantur mult tam de reliquis t]ris qum de mancipiis quod impl]i non pot]at4 ,mais ces entreprises ne fur5t-elles pas reg>des comme des n\veauts contraires au droit de la nation1 et que le pr9ce fut oblig d'ab&onn]8 ,le roi ,*ilp]ic1 dit l'abb du ,bos1 en traduisant ce passage de ,grgoire de ,t\rs1 ordonna que dans t\s ses tats il ft dress une n\velle description1 et que les taxes y fuss5t ensuite imposes1 sur un pi$ plus haut que celui sur lequel on s'toit rgl dans les descriptions prcd5tes4 ,cela ne s'appelle pas traduire1 mais comm5t] un texte et en *ang] le s5s4 ,descriptiones novas ne doit pas se traduire p> une n\velle description1 mais p> une description qui toit une n\veaut4 ,amphora a-t-il jamais signifi un tonneau8 ,l'abb du ,bos n'a pas v\lu traduire ce mot p> ceux de cru*e ou de b\teille1 p>ce que la modicit de cette imposition auroit fait jug] que ce devoit tre une n\veaut1 et non pas l'augm5tation d'une anci5ne taxe4 ,en effet1 aj\te l'abb du ,bos1 en cont9uant de traduire sa faon1 suivant le pi$ sur lequel on s'toit rgl en assayant les taxes1 en consqu5ce de la n\velle description1 celui qui possdoit une vigne en t\te proprit1 se tr\voit tax un tonneau de v9 p> arp5t4 ,en #hae1 ,l\is-le-,dbonnaire accorda une *>te aux ,espagnols qui s'toi5t rfugis sur les t]res de la dom9ation ,franaise1 p\r vit] le j\g des ,s>ras9s4 ,sicut ct]i lib]i hom9es1 cum comite suo 9 ex]citum p]gant1 et 9 m>* no/r juxt rationabilem ejusdem comitis ord9ationem atque admonitionem1 explorationes et excubias1 quod usitato vocabulo wactas dicunt1 fac]e non negligant1 et missis no/ris aut filiis no/ris1 quos pro r]um opportunitate1 illas 9 p>tes mis]imus1 aut legatis1 qui de p>tibus ,hispani ad nos transmissi fu]9t1 p>atas faciant1 et ad subv5tionem eorum v]$os don5t4 ,alius v] c5sus ab eis neque comite1 neque junioribus et m9i/]ialibus ejus exigatur4 ,voil qui e/ dcisif2 on voit p> cette *>te quelles *>ges les hommes libres1 soit franais1 soit trang]s1 toi5t assujettis4 ,il e/ donc vid5t que s\s le rgne de ,l\is-le-,dbonnaire1 on ne levoit aucune imposition publique ou fiscale1 quoique les comtes et les (fici]s subalt]nes de leurs g\v]nem5s *]*ass5t tablir de n\veaux droits4 ,si les rois ,mrov+i5s avoi5t eu les rev5us que leur donne ,m4 l'abb du ,bos1 p> quelle avanture leurs successeurs les auroi5t-ils p]dus8 ,s]oit-il ais1 en p>c\rant notre hi/oire1 de tr\v] l'poque de la suppression des impts8 ,s]oit-ce qu& la maison de ,pep9 monta sur le trne8 ,non1 sans d\te2 c> les lois de ce pr9ce et celle de ,*>lemagne n\s av]tiss5t qu'ils ne r5oncr5t qu'aux droits n\veaux et quivoques1 qui avoi5t t tablis s\s la rg5ce des d]ni]s ,mrov+i5s4 ,ut illi ,franci qui c5sum de suo capite vel de suis rebus ad p>tem regiam deb5t1 s9e no/r lic5ti ad casam ,dei vel ad alt]ius cujuscumque s]vitium se non tradant4 7,edict4 ,pi/4 art4 #bh47 ,p> c5sum de suo capite1 ,m4 l'abb du ,bos ent5d la capitation1 et p> illi ,franci1 les ,franais qui n'avoi5t pas obt5u une exemption p>ticulire du pr9ce4 ,m4 le prsid5t de ,montesquieu ent5d au contraire les hommes s]fs de naissance1 qui avoi5t t affran*is p> des lettres du roi1 et qui1 n'acqurant pas ord9airem5t une entire et ple9e lib]t1 payoi5t encore une c]ta9e r$evance au pr9ce2 et c'e/ ce que ,m>culfe 7,l4 #b4 ,=m4 #cb47 appelle lib]t9itatis obsequium4 ,l'un n'tablit son explication sur aucun titre2 il dev9e et arrange les faits son gr1 ou suppose t]nellem5t ce qui e/ en "q4 ,l'autre apporte des autorits1 cite les =mules de ,m>culfe1 les capitulaires de ,*>lemagne1 et l'dit mme de ,pi/es1 qui favorise1 ou plutt qui dmontre la vrit de son s5tim5t4 ,p\r pr\v] l'exi/5ce des d\anes1 ,m4 l'abb du ,bos cite d'abord une *>te de ,*>le-le-,*auve en faveur de l'abbaye de ,/-,maur2 et l'on voit en effet p> cette pice qu'on exigeoit dans des bureaux diffr5s droits4 ,*acun avoit son nom p>ticuli]1 droit de rivage1 de *>rois1 de pont1 d'heureux abord1 c4 ,il n'y a po9t d'app>5ce1 dit notre critique1 aprs cette numration1 que t\s ces droits euss5t t tablis s\s la seconde ni mme s\s la premire race4 ,tant d'impositions diffr5tes sur les mmes *oses ne p>oiss5t pas l'ouvrage d'une nation b>b>e2 et de-l il conclud qu'il faut qu'elles ai5t t imag9es et cres dans le temps des emp]eurs4 ,je l'av\e1 on ne s'att5d po9t un p>eil raisonnem5t4 ,il e/ assez s+uli] que ,m4 l'abb du ,bos prt5de que les ,franais comprir5t1 en entrant dans les ,gaules1 t\t le dtail emb>ass et compliqu des d\anes roma9es1 et fur5t assez habiles p\r cons]v] cet tablissem5t prcieux qu'il reg>de comme la preuve de la politesse et des lumires des ,roma9s2 et qu'il s\ti5ne en mme temps que ces ,franais tablis depuis trois sicles et demi dans leurs conqutes1 et qui avoi5t eu mille occasions et mille moy5s de s'in/ruire des f9ances roma9es1 ne devoi5t pas tre assez clairs p\r tablir des bureaux de d\anes et y p]cevoir c9q ou six sortes de droits1 ou un mme impt s\s c9q ou six noms diffr5s4 ,en vrit1 de p>eils p>adoxes ne mrit5t pas une rfutation srieuse4 ,p\r faire ce que ,m4 l'abb du ,bos juge impossible1 il suffisoit que les ,franais fuss5t av>es2 et l'av>ice a sans d\te produit en peu d'annes des *oses bi5 plus extraord9aires que l'inv5tion de c9q ou six noms p\r faire une maltote misrable4 ,je p\rrois pr\v] qu'il e/ trs-vraisemblable que ,clovis ne tr\va aucun bureau de d\anes dans les prov9ces qu'il conquit4 ,mais il faut f9ir cette rem>que2 et je me borne dire que cette imposition ne fut po9t connue des premi]s ,franais1 et que ,m4 l'abb du ,bos n'a pas mieux ent5du le mot de ,teloneum que ceux de ,c5sus et de ,tributum4 ,teloneum ne signifie pas dans nos anci5s monum5s une d\ane1 mais un page4 ,les droits qu'on y payoit1 n'toi5t po9t une imposition publique et fiscale2 des seigneurs les avoi5t tablis dans l't5due de leurs t]res1 s\s prtexte des dp5ses ncessaires p\r entret5ir les *em9s1 et rp>] les ponts et les *ausses4 ,on n'en d\t]a pas aprs avoir lu les deux autorits suivantes1 auxquelles j'en p\rrois jo9dre mille autres4 ,de teloneis placet nobis ut antiqua et ju/a telonea negociatoribus exigantur1 tam de pontibus1 qumqu et de navigiis seu m]catis2 nova v] sive inju/a1 vel ubi funes t5duntur1 vel cum navibus sub pontibus transitur1 seu 8 similia1 9 quibus nullum adjutorium it]antibus pr/atur1 ut non exigantur4 7,capit4 #b1 an4 #hje1 art4 #ac47 ,ut nullus cogatur ad pontem ire ad fluvium transeundum propt] ,telonei causas1 qu& ille 9 alio loco comp5diosis illud flum5 transire pote/4 ,similit] et 9 pl5o campo1 ubi nec pons nec trajectus e/1 ibi omni modo prcipimus ut non ,teloneum exigatur4 7,l4 ,capit4 #c1 art4 #ed47 ,le roi avoit quelques-uns de ces pages dans ses doma9es2 mais les seigneurs p>ticuli]s en possdoi5t aussi1 et c'toi5t des bi5s propres et dome/iques3 je le pr\ve p> deux autorits auxquelles on ne peut ri5 oppos]4 ,si =t quilibet volu]it ex propriis facultatibus eumdem pontem em5d>e vel refic]e1 quamvis de suis propriis rebus eumdem pontem em5det vel reficiat1 non tam5 de eodem ponte majorem c5sum exig]e prsumat1 nisi sicut consuetudo fuit et ju/um esse dignoscitur4 7,capit4 an4 #hba4 art4 #c47 ,de pontibus re/aur&is1 videlicet ut secundm capitul>ia avi et patris sui1 ubi antiquits fu]unt1 reficiantur ab 8 qui illos honores t55t1 de quibus ant pontes facti vel re/aurati fu]unt4 7,capit4 an4 #hed4 art4 #d47 #aj ,il e/ visible1 dit ,m4 le prsid5t de ,montesquieu1 7,l4 #cj1 ,c4 #ac47 que les rev5us des rois consi/oi5t alors dans leurs doma9es2 et il aj\te dans une note3 ils levoi5t encore quelques droits sur les rivires1 lorsqu'il y avoit un pont ou un passage4 ,cela n'e/ pas exact3 #a4 t\s les pages1 comme on l'a vu dans la rem>que prcd5te1 n'app>t5oi5t pas au roi1 et il e/ trs-vraisemblable qu'on n'en connut l'usage qu'aprs l'tablissem5t des seigneuries2 #b4 les ,m]ov+i5s avoi5t plusieurs autres bran*es de rev5u2 je vais les faire connotre1 en rapportant les textes qui les tabliss5t4 ,si quis legibus 9 utilitatem regis1 sive 9 ho/e1 seu 9 reliquam utilitatem bannitus fu]it1 et m9im adimplev]it1 si gritudo eum non det9u]it sexag9ta solidis mulctetur4 7,leg4 ,rip4 ,tit4 #fe47 ,un homme aj\rn devant la ju/ice du roi1 p]doit t\s ses bi5s1 s'il n'obissoit pas3 ,omnes res su erunt 9 fisco1 aut cui fiscus d>e volu]it4 7,leg4 ,sal4 ,tit4 #ei47 ,si quis homo regi infidelis extit]it1 de vit componat1 et omnes res ejus fisco c5seantur4 7,leg4 ,rip4 ,tit4 #fi47 ,si quis autem proximum sangu9is int]fec]it1 vel ince/um commis]it1 exilium su/9eat1 et omnes res ejus fisco c5seantur4 7,ibid47 ,si alicujus pat] occisus fu]it1 m$ietatem compositionis filii collig5t1 aliam m$ietatem p>5tes qui proximiores fu]9t tam de pat]n1 qum de mat]n g5]atione1 dividant4 ,qud si de un p>te vel pat]n vel mat]n nullus proximus fu]it1 portio illa ad fiscum p]v5iat1 vel cui fiscus concess]it4 7,leg4 ,sal4 ,tit4 #fe47 ,si quis de p>5till toll]e se volu]it1 si autem ille occiditur vel moritur1 compositio aut hr$itas ejus non ad hr$es ejus1 s$ ad fiscum p]t9eat1 aut cui fiscus d>e volu]it4 7,ibid4 ,tit4 #fc47 ,si autem homo d5>iatus 7homme affran*i en prs5ce du roi7 absque lib]is discess]it1 non alium nisi fiscum no/rum hr$em rel9quat4 7,leg4 ,rip4 ,tit4 #eg47 ,si quis s]vum suum lib]tum fec]it et civem romanum1 portasque ap]tas conscrips]it1 si s9e lib]is discess]it1 non alium nisi fiscum no/rum habeat hr$em4 7,ibid4 ,tit4 #fa47 ,la bran*e la plus considrable des rev5us du pr9ce consi/oit en ce qu'on appeloit fr$us ou fr$um4 ,ce fr$e toit une espce de taxe que t\t homme condamn pay] une composition donnoit au juge2 cette taxe toit la troisime p>tie de la composition mme2 p> exemple1 un ,franais qui payoit une composition de #cj s\s une p]sonne qu'il avoit (f5se1 devoit un fr$e de #aj s\s au juge1 qui de son ct en r5doit la troisime p>tie au roi2 t]tiam p>tem coram te/ibus fisco tribuat4 7,leg4 ,rip4 ,tit4 #hi47 ,il faut encore aj\t] t\s ces droits1 les dons que les gr&s faisoi5t au pr9ce1 en se r5dant l'assemble du *amp de m>s4 ,c'e/ une c\tume que les ,franais apportr5t de ,g]manie2 ces dons libres dans leur orig9e et prs5ts comme une m>que de respect1 dev9r5t dans la suite des tributs =cs4 ,bona v] tua1 crivoit ,*>lemagne ,fulrad1 qu ad placitum no/rum nobis prs5t>e debes1 nobis m5se maio transmitte ad locum ubicumque tunc fu]imus4 7,recueil des hi/4 de ,france1 p> ,d4 ,b\quet4 ,t4 #e1 p4 #fcc47 #aa ,je ne fais ici une rem>que que p\r rfut] ,m4 l'abb du ,bos1 qui prt5d1 7,l4 #f1 ,c4 #ab17 que les cits des ,gaules avoi5t droit de gu]re les unes contre les autres1 s\s les rois mrov+i5s4 ,grgoire de ,t\rs rapporte qu'aprs la mort de ,*ilpric1 les habitans de la cit d',orlans et du ,blsois entrr5t ma9 arme dans le ,dunois1 ravagr5t le plat pays1 et rapportr5t *ez eux beauc\p de but92 mais que ceux du ,dunois1 avec le sec\rs de quelques-uns de leurs vois9s1 se v5gr5t de cette viol5ce1 en entrant leur t\r sur le t]ritoire d',orlans et de ,blois4 ,les comtes d',orlans et de ,*>tres russir5t calm] les esprits irrits4 ,on conv9t que le p>ti qui s]oit jug avoir tort1 donn]oit satisfaction l'autre1 et la tranquillit fut rtablie4 ,cum adhuc int] se jurgia commov5tes desvir5t1 et ,aurelian5ses contr hos arma concut]5t1 int]c$5tibus comitibus pax usque 9 audi5tiam data e/1 scilicet ut 9 die quo judicium erat futurum1 p>s qu contr p>tem inju/ ex>s]at1 ju/iti m$iante1 compon]et2 et sic bello cessatum e/4 7,l4 #g1 ,c4 #bb47 ,voil le texte de ,grgoire de ,t\rs2 voyez la traduction de l'abb du ,bos4 ,cette gu]re auroit eu de longues suites1 si le comte de la cit de ,*>tres et le comte de la cit d',orlans ne se fuss5t pas entremis1 et s'ils n'euss5t fait conv5ir les deux p>tis1 premirem5t d'une cessation d'armes durable jusqu' ce qu'on et prononc sur les prt5tions rciproques1 et secondem5t d'un compromis qui oblig]oit celui des deux p>tis qui s]oit jug avoir eu tort1 indemnis] l'autre du ravage fait sur son t]ritoire4 ,c'e/ a9si que f9it la gu]re4 ,avec cette lib]t de r5dre un auteur1 e/-il surpr5ant qu'on lui fasse dire t\t ce qu'on veut8 ,grgoire de ,t\rs introduit sur la scne les comtes d',orlans et de ,*>tres1 comme des juges3 pax usque 9 audi5tiam1 judicium erat futurum1 ju/iti m$iante1 compon]et4 ,t\tes ces expressions n'annonc5t-elles pas clairem5t un procd judiciaire8 ,cep5dant l'abb du ,bos1 qui jugeoit propos d'accord] aux ,gaulois le droit de gu]re1 reprs5te ces deux comtes comme deux mdiateurs qui int]pos5t leurs bons (fices1 a9si que f]oit un pr9ce entre deux puissances indp5dantes4 ,on obs]v]a1 dit l'abb du ,bos1 qu'il faut que ces voies de fait ne fuss5t po9t rputes alors ce qu'elles s]oi5t rputes auj\rd'hui1 je veux dire1 une infraction de la paix publique et un crime d'tat2 puisque le compromis ne portoit pas que ce s]oit celui qui avoit commis les premires ho/ilits1 qui donn]oit satisfaction au ls1 mais bi5 celui qui se s]oit tr\v avoir une mauvaise cause4 ,il p\voit arriv] que p> la s5t5ce du roi1 ou p> le jugem5t arbitral des comtes1 il ft /atu qu'au fond c'toit la cit d',orlans et le canton de ,blois qui avoi5t raison1 et qu'a9si ils reuss5t une satisfaction de ceux qui avoi5t s\ff]t les premires viol5ces4 ,conclure de-l que les cits des ,gaules avoi5t droit de se faire la gu]re1 c'e/1 je crois1 se dcid] un peu lgrem5t4 ,j'invit]ais l'abb du ,bos se mettre la place des comtes d',orlans et de ,*>tres4 ,n'auroit-il pas t le plus imprud5t des ngociateurs1 si1 p\r calm] les esprits1 il se ft avanc entre les deux p>tis ennemis1 en promettant de punir ceux qui avoi5t commis les premires ho/ilits1 et de les oblig] donn] aux autres une composition8 ,on n'auroit pas c\t l'abb du ,bos4 ,les ,orlanois et ceux du ,blsois auroi5t refus de pos] les armes2 c> il n'toit pas d\teux qu'en qualit d'agresseurs1 le *tim5t ne dt tomb] sur eux4 ,il et fallu les accabl] p> la =ce1 et c'et t attis] le feu qu'on v\loit te9dre4 ,il me semble que les comtes d',orlans et de ,*>tres n'ayant po9t de tr\pes rgles leurs ordres1 p\r se faire obir des mut9s1 s'y prir5t en p]sonnes de bon s5s4 ,il toit sage de p>otre ne pas faire att5tion aux premires ho/ilits1 et de remont] aux pr9cipes mmes de la qu]elle1 *aque p>ti se flattant de n'avoir fait que ce qu'il avoit eu raison de faire4 ,il faut encore ent5dre l'abb du ,bos4 ,il p>ot1 aj\te-t-il1 en lisant avec rflexion l'hi/oire de ce qui s'e/ pass dans les ,gaules1 s\s les emp]eurs roma9s et s\s les rois mrov+i5s1 que *aque cit y croyoit avoir le droit des armes contre les autres cits1 en cas de dni de ju/ice4 ,cette op9ion p\voit tre fonde sur ce que ,rome ne leur avoit po9t impos le j\g titre de matre1 mais titre d'alli4 ,les t]mes d'amicitia et de fdus dont ,rome se s]voit en p>lant de la sujtion de plusieurs cits des ,gaules1 auront fait croire ces cits qu'elles cons]voi5t encore quelques-uns des droits de la s\v]a9et1 et qu'elles en p\voi5t us] du mo9s contre leurs gaux1 c'e/--dire1 contre les cits vois9es4 ,rome1 qui n'avoit pas trop d'intrt les t5ir unies1 leur aura laiss croire ce qu'elles v\loi5t et aura mme tolr qu'elles agiss5t quelquefois con=mm5t leur ide4 ,cette ide flatteuse p\r des peuples aussi lg]s que belliqueux1 se s]a cons]ve dans les cits des ,gaules1 s\s les rois mrov+i5s1 comme elle s'toit cons]ve s\s les ,cs>s leurs prdcesseurs4 ,la plus lgre connoissance de la politique des ,roma9s suffit p\r jug] des raisonnem5s de l'abb du ,bos1 t\j\rs prt df5dre une erreur p> une autre erreur4 ,qui ignore que la rpublique roma9e reg>doit ses amis comme ses sujets1 et que plus jal\se du droit de gu]re que de t\t le re/e1 elle ne p]mettoit pas ses allis d'en j\ir8 ,sa conduite fut con/ante cet g>d4 ,c'e/ avec les mots d'amicitia et de fdus1 que les ,roma9s apprivoisr5t les va9cus1 et les faonnr5t l'obissance la plus entire4 ,qu& ils v\lur5t enf9 rgn] despotiquem5t sur les nations1 et que leurs conqutes1 g\v]nes p> des prteurs1 fur5t *anges en prov9ces roma9es1 p> quelle mon/rueuse inconsqu5ce auroi5t-ils r5du le droit de gu]re des sujets qui ils toi5t leurs lois et leurs magi/rats8 ,on mnagea d'abord les ,gaules1 mais ces mnagem5s fir5t bi5tt place la tyrannie4 ,je ne dev9e po9t les raisons qui ont port l'abb du ,bos dire que les ,gaules se croyoi5t libres s\s les emp]eurs4 ,quelles heureuses anecdotes avoit-il entre les ma9s8 ,les faits les plus connus1 et qu'il e/ impossible de rvoqu] en d\te1 n\s pr\v5t que les ,gaules devoi5t se reg>d] comme esclaves1 s\s le g\v]nem5t des successeurs d',augu/e4 ,voici encore un raisonnem5t de l'abb du ,bos4 ,la nation des ,francs1 qui n'toit pas bi5 nombreuse1 et qui cep5dant avoit t5ir en sujtion un pays =t t5du1 et dont les habitans sont naturellem5t belliqueux1 ne voyoit peut-tre pas avec beauc\p de pe9e les ,gaulois pr5dre les armes contre les ,gaulois2 leurs diss5tions et leurs qu]elles faisoi5t sa suret4 ,voil1 je crois1 la premire fois qu'on ait reg>d le droit de gu]re dans les sujets1 comme un moy5 de les r5dre dociles et obissans4 ,des jal\sies entre diffr5tes prov9ces d'un tat1 des ha9es entre les diffr5s ordres des citoy5s1 peuv5t tre utiles l'autorit d'un pr9ce2 mais qui ne compr5d pas que si ces jal\sies et ces ha9es dgnr5t en gu]res ouv]tes1 le p\voir du pr9ce s'van\it8 #ab ,hoc autem con/ituimus ut infr pagum tam ,franci1 ,burgundiones1 ,alamanni1 seu de quacumque natione commoratus fu]it1 9 judicio int]pellatus1 sicut lex loci cont9et1 ubi natus fu]it1 sic respondeat4 7,leg4 ,rip4 tit4 #ca47 ,cette expression1 sicut lex loci cont9et1 p\rroit faire croire que *aque nation habitoit des cantons "p1 et qu'il y avoit des lois locales2 on se tromp]oit3 p> le mot loci1 il faut ent5dre la maison1 la famille1 et non pas le pays2 c> il e/ pr\v que les diffr5tes nations dont l'empire franais toit compos1 habitr5t ple-mle les mmes contres1 les mmes villes1 les mmes b\rgs4 ,dans la =mule #h du liv4 #b de ,m>culfe1 qui e/ intitule1 *>ta de ducatu1 patritiatu vel comitatu1 il e/ dit3 omnes populi ubi comman5tes tam franci1 romani1 burgundiones1 vel reliqu nationes1 sub tuo regim9e et gub]natione degant et mod]antur1 et eos recto tramite secundum legem et consuetud9em eorum regas4 ,j'aj\t]ai ici une autorit dcisive p\r pr\v] que les ,gaulois cons]vr5t les lois roma9es4 ,int] ,romanos negotia caus>um romanis legibus prcipimus t]m9>i4 7,ord4 ,*lot4 ,,ii4 ,art4 #d47 ,les ducs1 les comtes et leurs vicaires toi5t assi/s dans leurs tribunaux de sept assesseurs4 ,tunc grafio congreget secum septem rag9burgios idoneos4 7,leg4 ,sal4 tit #eb4 ,voyez encore t\t le titre #fj de la mme loi1 et le titre #cb de la loi ripuaire47 ,les autorits que je vais rapport]1 pr\v]ont clairem5t que ces ra*9b\rgs1 scab9s ou assesseurs1 toi5t juges et *oisis p> le peuple4 ,si quis ad mallum v5ire contemps]it1 et quod ei rag9burgiis judicatum fu]it1 impl]e di/ul]it1 c4 7,leg4 ,sal4 tit4 #ei17 ,qu9decim solidis mulctetur1 similit] et ille qui ,rag9burgiis non adquiev]it4 7,leg4 ,rip4 tit4 #ee47 ,po/qum ,scab9i eum judicav]9t1 non e/ lic5tia comitis vel vic>ii ei vitam conc$]e4 7,cap4 #b1 an4 #hac4 art4 #ac47 ,ut missi no/ri ubicumque malos ,scab9eos inv5iunt1 ejiciant1 et totius populi cons5su 9 loco eorum bonos eligant4 7,cap4 an4 #hbi47 ,nullus causas audire prsumat1 nisi qui duce p] conv5tionem populi judex con/itutus e/ ut causas judicet4 7,leg4 ,alam1 tit4 #ad47 ,malgr les passages qu'on vi5t de lire1 et qui sans d\te n'toi5t pas inconnus l'abb du ,bos1 comm5t a-t-il pu s\t5ir que les ,gaulois avoi5t un snat p\r les jug]1 et n'toi5t po9t s\mis la juridiction des magi/rats franais8 ,p\r dtruire ces snats de l'abb du ,bos1 je devrois peut-tre me cont5t] de r5voy] mes lecteurs au ,glossaire de du ,gange1 au mot s5atus4 ,ce savant homme y pr\ve1 d'une manire ne laiss] aucun d\te1 que les snats des ,gaulois ne subsi/oi5t plus depuis long-temps1 lorsque les ,franais fir5t la conqute des ,gaules4 ,dans *aque cit1 dit l'abb du ,bos1 7,l4 #f1 ,c4 #aa17 le snat toit du mo9s consult p> les (fici]s du pr9ce1 sur les matires importantes1 comme toit l'imposition des subsides extraord9aires4 ,c'toit encore lui qui1 s\s la direction des (fici]s du pr9ce1 r5doit ou faisoit r5dre la ju/ice aux citoy5s1 et qui prtoit la ma9 ceux qui faisoi5t le rec\vrem5t des d5i]s publics4 ,quelle pice secrte a appris cet criva9 ce que t\t le monde ignore8 ,comm5t peut-il aju/] le p\voir qu'il accorde ses snats de dlibr] sur les affaires importantes1 avec la puissance despotique qu'il attribue aux rois mrov+i5s1 dont la volont dcide sans rgle de la =tune et de la vie des sujets8 ,j'ai pr\v dans une rem>que prcd5te1 qu'il n'y avoit *ez les ,franais1 ni imposition ord9aire sur les bi5s et sur les p]sonnes1 ni subside extraord9aire2 on n'avoit donc pas beso9 que des snats gaulois prtass5t ma9-=te aux collecteurs des impts4 ,n\s avons quelques ordonnances des ,mrov+i5s1 et les capitulaires de ,*>lemagne et de ,l\is le dbonnaire1 qui rgl5t les devoirs1 les fonctions et les droits de t\s les magi/rats1 depuis les envoys royaux jusqu'aux ,ra*9b\rgs2 p\rquoi ne prescriv5t-ils aucune rgle aux snats des ,gaulois8 ,p\rquoi g>d5t-ils un pr(ond sil5ce cet g>d8 ,ces compagnies incorruptibles1 au milieu de la corruption la plus complte1 n'auroi5t-elles eu beso9 d'aucune r=me8 ,n'auroi5t-elles po9t v\lu t5dre leur juridiction8 ,les comtes et les ducs n'auroi5t-ils jamais t t5ts de la dim9u]8 ,t\t criva9 mo9s intrpide que ,m4 l'abb du ,bos1 se s5tiroit confondu p> ce sil5ce4 ,mais ,grgoire de ,t\rs1 dit-il donne la qualit de snateurs de la cit d',auv]gne1 des hommes qu'il a pu voir1 et dont quelques-uns p\voi5t tre ns depuis la mort de ,clovis4 ,j'ouvre ,grgoire de ,t\rs1 et je lis1 7liv4 #c1 *4 #i47 ,arcadius1 unus ex s5atoribus ,arv]nis1 ,*ildeb]tum invitat ut regionem illam deb]et accip]e4 ,doit-on traduire unus ex s5atoribus ,arv]nis1 p> un snateur du snat d',auv]gne8 ,ce n'e/ pas le s5tim5t de ,m4 de ,valois1 qui dit1 7liv4 #g1 de son hi/oire17 ,!odoricus et ,*ildeb]tus1 ,francorum reges1 fdus ini]unt1 et pace jurejur&o firmat1 multos s5atorum1 hoc e/ proc]um ,gallorum1 filios obsides int] sese d$]unt4 ,ce n'toit pas le s5tim5t de ,m4 ,ducange2 nobiles ipsi1 dit-il1 s5atores appellantur apud eumdem ,gregorium ,turon5sem4 7,gloss4 au mot s5ator47 ,grgoire de ,t\rs av]tit lui-mme 7liv4 #aj1 *4 #ca17 dans quel s5s il faut ent5dre le mot s5ator2 et ce qu'il y a de plus extraord9aire1 ,m4 l'abb du ,bos cite ce passage1 7liv4 #f1 *4 #aj17 sans pr(it] de l'avis4 ,grgoire de ,t\rs donnant le catalogue *ronologique des vques de son glise1 dit3 ,duodecimus ,ommatius de s5atoribus civibusque ,arv]nis vald dives 9 prdiis4444 ,qu>tus decimus ,francilio de s5atoribus ord9atur ,episcopus4444 ,octavus decimus ,eufronius ex g5]e illo quod sup]is s5atorium nuncupavimus4 ,donc1 p> le mot s5ator1 on doit ent5dre1 avec ,m4 de ,valois et ,m4 ,ducange1 la naissance1 et non pas une dignit p]sonnelle1 ou une magi/rature4 #ac ,le ,p4 ,daniel1 en copiant plusieurs de nos criva9s mod]nes1 veut que ,pep9 ait ouv]t le premi] aux vques l'entre des assembles de la nation4 ,je d\te =t1 dit-il dans la vie de ,?iri ,,ii1 qu'avant ce temps-l1 le rgne de ,pep91 les vques euss5t ce privilge1 au mo9s de la manire et dans l't5due qu'ils l'eur5t depuis2 il e/ c]ta9 qu'ils ne l'avoi5t po9t1 suivant le premi] plan du g\v]nem5t de la mon>*ie dans les ,gaules4 ,les vques n'toi5t pas alors ,franais1 mais t\s ,gaulois ou d'autre nation que la ,franaise4 ,ce fut1 aj\te-t-il1 une n\velle adresse de ,pep9 p\r s'atta*] le corps ecclsia/ique1 qui avoit beauc\p de crdit sur les peuples4 ,je suis surpris que le ,p4 ,daniel n'ait pas vu dans nos lois1 et sur-t\t dans nos hi/ori5s1 qu'il connoissoit davantage1 le contraire de ce qu'il avance ici4 ,ces autorits ne sont pas quivoques2 il suffit de les prs5t] simplem5t au lecteur1 p\r le mettre porte de jug]3 en voici quelques-unes4 ,on a vu dans la premire rem>que de ce *apitre1 que la composition p\r le meurtre d'un ,franais libre1 toit de #bjj sols1 et de #fjj p\r celui d'un ,leude ou fidelle4 ,p\r le meurtre d'un vque1 elle toit de #ijj sols3 ,si quis ,diaconum int]fec]it1 sol4 #cjj culpabilis judicetur4 ,si quis presbyt]um int]fec]it1 sol4 #fjj culpabilis judicetur4 ,si quis ,episcopum int]fec]it sol4 #ijj culpabilis judicetur4 7,leg4 ,sal4 ,tit4 #eh47 ,si quis subdiaconum int]fec]it1 #djj sol4 componat4 ,si quis diaconum int]fec]it1 #ejj sol4 componat4 ,si quis presbyt]um +5uum int]fec]it1 #fjj sol4 componat4 ,si quis ,episcopum int]fec]it1 #ijj sol4 componat4 7,leg4 ,rip4 ,tit4 #cf47 ,voil la prm95ce du cl]g bi5 tablie2 c> il faut rem>qu]1 avec ,m4 le prsid5t de ,montesquieu1 que la diffr5ce des compositions e/ la rgle du rang diffr5t que *aque citoy5 t5oit dans l'tat4 ,il faut conclure de ces dispositions des lois saliques et ripuaires1 que les vques avoi5t dans les ,gaules s\mises aux ,franais1 un rang suprieur celui des ,leudes mmes1 et que s'ils entroi5t dans les assembles de la nation1 ils y occupoi5t la premire place4 ,dans le prambule de la loi salique1 corrige s\s le rgne de ,clotaire ,,ii1 il e/ dit3 ,temporibus ,clot>ii regis un cum pr9cipibus suis1 id e/1 #cc ,episcopis1 et #cd ducibus et #gi comitibus1 vel ct]o populo con/ituta e/4 ,voil c]ta9em5t une assemble de la nation ou du *amp de ,m>s2 non-seulem5t les vques y sont nomms comme prs5s1 mais ils y sont nomms avant les ducs et les comtes4 ,si le ,p4 ,daniel y avoit fait att5tion1 il auroit jug que l'piscopat toit une sorte de naturalisation qui r5doit les vques susceptibles de t\tes les fonctions politiques du g\v]nem5t4 ,ds la naissance de la mon>*ie dans les ,gaules1 on les voit con/amm5t p>ticip] aux plus gr&es affaires4 ,voyez les canons du concile t5u ,orlans1 en #eaa2 et dans le recueil des hi/ori5s de ,france1 p> dom ,b\quet1 7,t4 #d1 p4 #ed17 une lettre circulaire de ,clovis aux vques4 ,ces deux pices sont trs-propres faire connotre le crdit que les vques avoi5t ds lors dans le g\v]nem5t1 et avec combi5 d'att5tion on les mnageoit p\r se les r5dre favorables4 ,m$iantibus sac]dotibus atque proc]ibus1 e/-il dit dans le trait pass entre ,gontran1 ,*ildeb]t ,,ii et la re9e ,brunehaud2 voyez ,grgoire de ,t\rs1 7,l4 #i1 ,c4 #bj47 ,l'dit ou con/itution1 en date de l'an #fae1 et port p> ,clotaire ,,ii dans l'assemble qui se t9t ,p>is p\r la r=mation du g\v]nem5t1 me f\rnit encore une preuve1 s'il e/ possible1 plus =te4 ,quicumque v] hanc delib]ationem1 quam cum pontificibus1 vel cum magnis viris optimatibus1 aut fidelibus no/ris1 9 synodali concilio in/ituimus1 tem]>e prsumps]it 9 ipsum1 capitali s5t5ti judicetur4 7,art4 #bd47 ,il y a gr&e app>5ce que le ,p4 ,daniel1 qui v\loit faire peu d'usage des lois1 les a peu lues2 mais il auroit d voir dans ,grgoire de ,t\rs les passages suivans4 ,man autem concurr5tibus legatis 7,gun?ramni et ,*ilp]ici7 pacem fec]unt pollic5tes alt]utro1 ut quidquid sac]dotes vel s5iores populi judic>5t1 p>s p>ti compon]et4 7,l4 #f1 ,c4 #ca47 ,cum autem int5tio int] regem ,gun?ramnum et ,*ilp]icum v]t]etur1 ,gun?ramnus rex apud ,p>isios omnes episcopos regni sui congregavit1 ut int] utrosque quod hab]et edic]5t4 7,l4 #d1 ,c4 #dh47 ,po/e v] convocatis episcopis et majoribus natu laicorum1 duces discut]e cpit4 7,l4 #h1 ,c4 #cj47 ,p\rquoi le ,p4 ,daniel prt5d-il que1 suivant le premi] plan de notre g\v]nem5t1 les vques ne devoi5t pas entr] dans les assembles de la nation1 et n'avoi5t aucune "p l'adm9i/ration publique1 puisqu'il e/ pr\v que dans l'abs5ce du roi1 ils faisoi5t les fonctions de cette c\r suprieure de ju/ice1 o le pr9ce prsidoit1 et laquelle on portoit1 p> appel1 les s5t5ces des ducs et des comtes1 p\r les confirm] ou les cass]8 ,si judex aliquem contr legem inju/ damnav]it1 9 no/r abs5ti ab episcopis ca/igetur1 ut quid p]p] judicavit1 v]satim melis discussione habit em5d>e procuret4 7,con/4 ,*ot4 ,reg47 ,a ces autorits j'en p\rrois facilem5t jo9dre mille autres4 ,mais p>ce que le ,p4 ,daniel s'e/ tromp1 il ne s]oit pas ju/e d'en punir mon lecteur1 en l'ennuyant p> des preuves sup]flues4 #ad ,dans les diffr5s manuscrits de la loi salique qui sont p>v5us jusqu' n\s1 on tr\ve deux leons diffr5tes d'un passage important du titre #de4 ,l'une dit3 ,si quis +5uus francum aut hom9em b>b>um occid]it qui lege salic vivit1 sol4 #bjj culpabilis judicetur4 ,l'autre leon dit3 ,si quis +5uus francum aut b>b>um1 aut hom9em occid]it qui lege salic vivit1 sol4 #bjj culpabilis judicetur4 ,le premi] texte1 n'associant au privilge des ,franais que les b>b>es ou peuples ,g]maniques1 semble indiqu] qu'eux seuls avoi5t le droit de vivre s\s la loi salique1 c'e/--dire1 de se naturalis] ,franais4 ,le second p>ot t5dre cette prrogative jusqu'aux ,gaulois mmes2 c> p> le mot hom9em1 il faut ncessairem5t ent5dre un ,gaulois1 p>ce que t\t homme qui habitoit les t]res de la dom9ation franaise1 devoit tre ncessairem5t ,franais1 ,b>b>e ou ,gaulois4 ,j'ai conjectur que la premire leon n\s (fre la loi telle qu'on la publia d'abord2 et que n\s la lisons dans la seconde leon1 telle qu'elle fut corrige s\s un des fils de ,clovis4 ,j'ai conclu de cette conjecture que les ,gaulois n'avoi5t pas d'abord p>tag avec les ,b>b>es le privilge de se naturalis] ,franais4 ,cette op9ion m'a p>u d'autant plus vraisemblable1 qu'il n'e/ pas p]mis de d\t] que les peuples g]maniques1 croyant avoir une orig9e commune1 n'euss5t les uns p\r les autres plus de considration qu'ils n'en montroi5t aux habitans naturels des prov9ces roma9es2 nos lois mmes n\s en f\rniss5t la preuve la plus complte4 ,si quis ,ripu>ius1 adv5am ,francum int]fec]it1 #bjj sol4 culpabilis judicetur4 ,si adv5am ,burgundionem int]fec]it1 #afj sol4 culpabilis judicetur4 ,si int]fec]it adv5am ,romanum1 #ajj sol4 culpabilis judicetur4 ,si int]fec]it adv5am ,alamannum seu ,fresionem1 vel ,bajuv>ium aut ,saxonem1 #afj sol4 culpabilis judicetur4 7,lex4 ,rip4 ,tit4 #ce47 ,si on m'objecte que cette diffr5ce que j'ai rem>que dans les deux textes de la loi salique n'e/ qu'une erreur de copi/e1 je rpondrai que les lois de la critique ne p]mett5t qu' la d]nire extrmit d'avoir rec\rs un p>eil s\pon4 ,on ne doit suppos] une erreur de copi/e que qu& un texte e/ in9telligible1 qu'il se contr$it lui-mme1 ou qu'il e/ combattu p> des autorits graves4 ,je ne m'arrt]ai pas davantage sur cette matire2 il e/ dans le fond assez indiffr5t que les ,gaulois ai5t eu1 quelques annes plutt ou quelques annes plus t>d1 le privilge de se naturalis] ,franais2 il suffit de savoir qu'ils en j\ir5t4 ,p\r le rem>qu] en passant1 que devi5t t\t le sy/me de ,loyseau et du comte de ,b\la9villi]s1 ds qu'il e/ pr\v que les ,gaulois pur5t vivre s\s la loi salique8 ,,*apitre ,,iii4 #ae ,il n'e/ pas ncessaire que je m't5de donn] les preuves de cette premire rvolution1 t\s nos hi/ori5s conv5ant que le *amp de ,m>s ne fut plus convoqu rgulirem5t s\s les petits-fils de ,clovis4 tablir l'poque fixe o il fut assembl p\r la d]nire fois1 c'e/1 je crois1 une *ose impossible4 ,je me cont5t]ai de rem>qu] qu'il falloit que l'ide mme des assembles gnrales de la nation fut dj bi5 oublie s\s le rgne de ,clotaire ,,ii2 puisqu'aprs le supplice de ,brunehaud1 tant "q de r=m] le g\v]nem5t1 l'assemble qui se t9t ,p>is1 en #fae1 n'toit compose que d'vques et de ,leudes4 ,l'article #bd1 de l'ordonnance qu'elle publia1 en e/ la preuve2 je ne le rapport]ai po9t ici1 l'ayant dj plac dans la rem>que #ac du *apitre prcd5t4 #af ,*lo?a*>ius rex indix]at1 ut omnes ecclesi regni sui t]tiam p>tem fructuum fisco dissolv]5t1 quod licet inviti1 cum omnes episcopi cons5siss5t atque subscripsiss5t1 virilit] hoc beatus ,injuriosus respu5s subscrib]e d$ignatus e/1 dic5s3 si volu]is res ,dei toll]e1 ,dom9us regnum tuum velocit] auf]et2 quia iniquum e/ ut paup]es quos tuo debes al]e horreo1 ab eorum /ipe tua horrea repleantur4 7,greg4 ,tur4 ,l4 #d ,c4 #b47 ,voyez dans la rem>que #g du *apitre premi]1 le disc\rs ridicule que ,grgoire de ,t\rs fait t5ir l'arme de ,clovis1 qu& ce pr9ce dem&e qu'on lui accorde1 outre sa "p du but91 le vase enlev sur le t]ritoire de l'glise de ,reims4 ,si quis de nobis1 ,rex1 ju/iti tramitem transc5d]e volu]it1 te corrigi pote/2 si v] tu excess]is1 quis te corripiet8 ,loquimur enim tibi1 s$ si volu]is1 audis3 si autem nolu]is1 quis te condemnabit1 nisi is qui se pronuntiavit esse ju/itiam8 7,greg4 ,tur4 ,l4 #e1 ,c4 #ai47 #ag ,il faudroit v\loir *ican]1 p\r ne pas conv5ir1 avec le prsid5t de ,montesquieu1 que p> les noms diffr5s de ,fidelles1 de ,leudes1 d',antru/ions1 on ne dsignoit qu'un mme ordre de citoy5s4 ,j'attribue ici plusieurs prrogatives aux ,leudes2 et le lecteur1 un peu att5tif1 tr\v]a rp&ues en mille endroits de mes rem>ques1 les preuves de ce que j'avance4 ,ces ,leudes toi5t ce que ,tacite appele les suivans ou les compagnons du pr9ce1 et dont cet hi/ori5 n\s fait un bel loge4 ,insignis nobilitas aut magna patrm m]ita1 pr9cipis dignationem etiam adolesc5tulis assignant4 ,ct]i robu/ioribus ac jam pridem probatis aggregantur3 nec rubor int] comites aspici3 gradus qu9etiam et ipse comitatus habet1 judicio ejus quem sectantur magnaque et comitum mulatio1 quibus primus apud pr9cipem suum locus2 et pr9cipum1 cui plurimi et ac]rimi comites4 ,hc dignitas1 h vires magno semp] electorum juv5um globo circumd>i1 9 pace decus1 9 bello prsidium4 7,de ,mor4 ,g]m4 ,c4 #ac47 ,cum v5tum 9 aciem turpe pr9cipi virtute v9ci1 turpe et comitatui virtutem pr9cipis non adqu>e4 7,ibid4 ,c4 #ac47 ,m>culfe n\s appr5d p> sa =mule #ah1 du ,l4 #a1 comm5t on toit admis au nombre des ,leudes4 ,quia ille fidelis1 ,deo propitio1 no/] v5i5s ibi1 9 palatio no/ro1 un cum arimania sua1 9 manu no/ra tru/em et fidelitatem nobis visus e/ conjurasse4 ,propt]e1 p] prs5s prceptum dec]nimus ac jubemus ut de9ceps memoratus ille 9 num]o ,antru/ionum computetur4 ,il e/ f*eux que ,m>culfe ne n\s ait donn dans aucune de ses =mules1 le s]m5t qu'on prtoit dans cette occasion entre les ma9s du roi4 #ah ,exigunt enim pr9cipis sui lib]alitate illum bellatorem equum1 illam cru5tam victricemque frameam4 ,nam epul et quamqum incomti1 l>gi tam5 app>atus1 pro /ip5dio c$unt4 7,tac4 de mor4 ,g]m4 ,c4 #ad47 ,les bnfices que les rois ,mrov+i5s donnr5t leurs ,leudes1 fur5t inconte/ablem5t des t]res qu'ils dta*r5t des doma9es considrables qu'ils avoi5t acquis p> leurs conqutes1 et dont ils se dp\illr5t p> pure libralit p\r rcomp5s] les s]vices de leurs (fici]s1 ou les complaisances de leurs c\rtisans4 ,la preuve de cette proposition1 c'e/ que v]s le comm5cem5t du septime sicle1 les rois de ,france n'avoi5t presque plus aucun doma9e1 t&is qu'il e/ vid5t que leurs prdcesseurs avoi5t eu de trs-gr&es possessions4 ,si les bnfices des ,mrov+i5s n'avoi5t pas t des portions dmembres de leur doma9e1 p\rquoi s]oi5t-ils appels dans le trait d',&ely1 des dons de la magnific5ce des rois8 ,si les bnfices avoi5t t des rcomp5ses politiques de l'tat1 dont le pr9ce n'auroit t que le disp5sateur1 p\rquoi les filles et les femmes des rois1 qui on donnoit de gr&es t]res en dot ou en d\aire1 auroi5t-elles imag9 de confr] des bnfices8 ,c'e/ que le pr9ce donnoit son propre patrimo9e1 qu'elles crur5t qu'il toit digne de leur gr&eur de rp&re les mmes bi5faits4 ,ut quidquid domnus ,gun?ramnus rex fili su ,clotildi contulit1 aut adhuc1 ,deo propitiante1 contul]it 9 omnibus rebus1 atque corporibus1 tam 9 civitatibus1 qum agris vel r$itibus1 9 jure ac dom9atione ipsius debeat p]man]e2 et si quid de agris fiscalibus vel speciebus1 atque prsidio pro arbitrii sui voluntate fac]e1 aut cuiquam conf]re volu]it1 9 p]petuo1 auxiliante ,dom9o1 cons]vetur1 neque quoquam ullo unquam tempore convellatur4 ,ce trait d',&ely e/ rapport dans ,grgoire de ,t\rs1 7,l4 #i1 ,c4 #bj47 ,p5s] avec quelques criva9s que les ,franais1 dans le temps de leur conqute1 =mr5t des bnfices d'une c]ta9e quantit de t]re p\r s]vir de rcomp5se aux soldats1 c'e/ *]*] la politique des ,franais dans les usages roma9s1 et non pas dans les leurs3 s\rce int>issable d'erreurs4 ,quel motif auroit port les ,franais =m] des bnfices1 dans un mom5t o *aque soldat p\voit se faire son gr un patrimo9e1 et toit trop satisfait du prs5t p\r song] l'av5ir8 ,n'e/-il pas pr\v que ce ne fut qu'aprs leur tablissem5t dans les ,gaules1 que les ,franais comm5cr5t adopt] quelques usages des roma9s8 ,t&is qu'ils conquroi5t1 ils ne connoissoi5t que les leurs4 ,mais1 dira-t-on1 les bnfices militaires des emp]eurs roma9s toi5t un tablissem5t trs-sage2 et si la nation ,franaise toit incapable p> elle-mme d'en tre frappe et de l'adopt]1 elle p\voit tre claire p> les lumires de ,clovis1 qui toit l'ame de ses rsolutions4 ,je rponds que cela s'appelle conjectur]1 et faire un roman et non pas une hi/oire4 ,en second lieu1 je prie de rem>qu] que les bnfices militaires toi5t ncessaires aux roma9s1 p>ce que leurs armes toi5t composes de m]c5aires entret5us aux dp5s de l'tat1 que les f9ances et les prov9ces de l'empire toi5t puises2 et que1 p\r p\rvoir la subsi/ance des g5s de gu]re1 il falloit leur assign] des t]res4 ,mais la condition des ,franais toit t\te diffr5te4 ,p\rquoi auroi5t-ils imag9 l'tablissem5t des bnfices militaires1 puisque *ez eux l'tat ne donnoit aucune solde au soldat8 ,t\t doma9e que possdoit un ,franais1 n'toit-il pas un vrai bnfice militaire1 puisque t\t propritaire toit oblig de port] les armes et de faire la gu]re ses dp5s8 ,l'tablissem5t des bnfices militaires auroit donc t sup]flu2 ,clovis1 lo9 de l'adopt]1 ne devoit le reg>d] que comme la ress\rce d'une nation qui n'e/ pas militaire et qui e/ pauvre4 ,je le rem>qu]ai en passant3 qu& on p>le d'un peuple aussi b>b>e et aussi ignorant que les premi]s ,franais1 il faut cra9dre de lui prt] des vues trop rfl*ies et trop compliques2 le propre d'une p>eille nation1 c'e/ d'all] comme les vnem5s la p\ss5t1 et d'obir grossirem5t ses murs4 ,je ne m'arrt]ai po9t pr\v] ici que les bnfices des ,mrov+i5s toi5t amovibles2 c'e/ une vrit que le prsid5t de ,montesquieu a trs-bi5 pr\ve4 7,voyez l'esprit des lois1 ,l4 #cj1 ,c4 #af47 #ai ,il me semble que ce que n\s appelons du nom de seigneurie1 c'e/--dire1 la supriorit d'une possession sur d'autres1 avec le droit de juridiction sur leurs habitans1 toit entirem5t inconnu des ,franais qui conquir5t les ,gaules4 ,l'ide qu'ils avoi5t de la lib]t n'auroit pas p]mis un homme libre1 de leur nation1 de reconnotre un seigneur2 et le p\voir d'un matre sur son s]f1 ne peut po9t tre appel un droit seigneurial4 ,d'ailleurs1 un peuple presque t\j\rs errant1 qui avoit ab&onn et possd diffr5tes prov9ces en ,g]manie1 comm5t auroit-il pu adopt] les pr9cipes con/itutifs de nos seigneuries8 ,nos lois saliques et ripuaires1 qui rgl5t la =me des tribunaux des ducs1 des comtes et de leurs vicaires1 et en prescriv5t les devoirs1 ne dis5t ri5 des ju/ices seigneuriales2 elles n'exi/oi5t donc pas qu& ces codes fur5t rdigs4 ,si on tr\ve dans nos monum5s les plus anci5s le mot s5ior1 dont n\s avons fait celui de seigneur1 il e/ vid5t que les premi]s ,franais n'y atta*oi5t po9t les mmes ides que ce mot rveilla depuis dans leurs desc5dans4 ,il ne signifia d'abord qu'un ,leude1 qui1 p> son ge1 toit p>v5u la tte des conseils de la nation4 ,grgoire de ,t\rs1 au lieu de s5ior1 dit quelquefois major natu4 ,convocatis episcopis et majoribus natu lacorum4 7,voyez le glossaire de ,ducange1 au mot s5ior47 ,ri5 ne peut n\s faire conjectur] que les seigneuries fuss5t connues en ,g]manie1 et je prie de rem>qu] que si elles avoi5t =m une bran*e du droit politique des ,franais1 et qu'ils en euss5t apport l'usage dans les ,gaules1 elles n'auroi5t pas encore cons]v t\t le c>actre d'une n\veaut s\s les premi]s ,c>lov+i5s4 ,auroit-il encore t d\teux dans le temps de ,*>lemagne1 si les ju/ices seigneuriales des ecclsia/iques devoi5t avoir ou non le droit de jug] mort8 ,imprims omnium jub5dum e/ ut habeant ecclesi ju/itias1 tam 9 vita illorum qui habitant 9 ipsis ecclesiis1 qumque 9 pecuniis et sub/antiis eorum4 7,cap4 #d1 an4 #hjf1 ,art4 #a47 ,comm5t auroit-on att5du si t>d rgl] cette compt5ce1 si les ju/ices seigneuriales1 au lieu de se =m] peu peu et l5tem5t1 avoi5t t connues de t\t temps dans la mon>*ie franaise8 ,le droit des seigneurs toit si peu con/at1 si peu aff]mi1 qu'on p\voit encore *ang] de seigneur et en sec\] l'autorit4 ,quod nullus ,s5iorem suum dimittat1 po/qum ab eo accep]it val5te solidum unum3 excepto si eum vult occid]e1 aut cum baculo cd]e1 vel uxorem aut filiam macul>e1 seu hr$itatem ei toll]e4 7,cap4 an4 #hac1 ,art4 #af47 ,m&amus etiam ut nullus homo ,s5iorem suum s9e ju/a ratione dimittat2 nec aliquis eum recipiat1 nisi sicut tempore antecessorum no/rorum consuetudo fuit4 7,cap4 an4 #hdg1 ,art4 #c47 ,je prie de faire att5tion ce capitulaire de ,*>les-le-,*auve2 ,volumus etiam ut unusquisque lib] homo 9 no/ro regno1 ,s5iorem qualem volu]it1 9 nobis aut 9 no/ris fidelibus accipiat4 7,cap4 an4 #hdg1 art4 #b47 ,si la c\tume des seigneuries et t apporte de ,g]manie1 et et =m la con/itution primitive des ,franais1 comm5t plusieurs hommes libres s]oi5t-ils p>v5us ne po9t reconnotre le seigneur1 avant le rgne de ,*>les-le-,*auve8 ,si les ,franais avoi5t connu l'usage des seigneuries1 en entrant dans les ,gaules1 t\t possesseur de t]re et t ds l'in/ant de la conqute1 ou possesseur d'une seigneurie1 ou possesseur d'un doma9e sujet une seigneurie1 et p> consqu5t1 on n'auroit po9t eu lieu1 s\s le rgne de ,*>les-le-,*auve1 de faire la loi qu'on vi5t de lire4 ,on me dira1 sans d\te1 qu'elle a rapport aux fiefs2 mais qu'on fasse att5tion que c'e/ une *ose impossible4 #a4 ,le possesseur d'un fief n'e/ pas appel1 lib] homo4 #b4 ,si cette loi reg>doit les fiefs1 il faudroit en conclure que t\te possession dev9t un fief1 ce qui e/ videmm5t faux1 puisqu'on pr\ve que sur la f9 de la seconde race1 et s\s les premi]s ,capti5s1 une gr&e p>tie des t]res du royaume1 toit possde en roture3 on le v]ra la suite de cet ouvrage4 ,les expressions dont on se s]vit dans les capitulaires1 en p>lant des ju/ices seigneuriales1 suppos5t qu'elles avoi5t t dmembres de la juridiction ou du ressort des ducs et des comtes1 et pr\v5t mme que ces magi/rats cons]voi5t une sorte d'inspection sur les seigneuries1 dont le t]ritoire avoit fait autrefois p>tie de leur g\v]nem5t4 ,volumus1 propt] ju/itias qu usquemod de p>te comitum remans]unt1 quatuor tantum m5sibus 9 anno missi no/ri legationes no/ras ex]ceant4 7,capit4 #c1 an4 #hab4 ,art4 #h47 ,de vassis ,dom9icis qui adhuc intr casam s]viunt1 et tam5 b5eficia hab]e noscuntur1 /atutum e/ ut quicumque ex eis cum domno imp]atore domi remans]9t1 vassallos suos casatos secum non ret9eant1 s$ cum comite cujus ,pag5ses sunt1 ire p]mittant4 7,cap4 #b4 an4 #hab4 ,art4 #g47 ,si vassus no/] ju/itias non fec]it1 tunc et comes et missus ad ipsius casam s$eant et de suo vivant quusque ju/itiam faciat4 7,cap4 an4 #ggi4 ,art4 #ba47 ,de no/ris quoque dom9icis vassallis jubemus ut si aliquis prdas eg]it1 comes 9 cujus pote/ate fu]it1 ad em5dationem eum vocet4 ,qui si comitem aut missum illius audire nolu]it1 p] =ciam illud em5d>e cogatur4 7,capit4 ,c>lom4 an4 #hhb47 ,je supprime mille raisonnem5s favorables mon op9ion2 et je me borne rem>qu] qu'aprs la conqute des ,franais1 leur royaume fut p>tag en plusieurs du*s ou prov9ces4 ,*aque du* comprit plusieurs comts1 et *aque comt fut divis en plusieurs cantons1 nomms ,c5tnes1 dans *acun desquels on tablit un c5t5i] p\r y r5dre la ju/ice4 ,ces ,c5t5i]s1 di/ribus dans t\t le plat pays1 ne sont-ils pas une preuve que la nation ne connoissoit pas les ju/ices seigneuriales8 ,quel auroit t leur emploi1 si des seigneurs p>ticuli]s avoi5t adm9i/r la ju/ice dans leur t]ritoire8 ,e/-il vraisemblable que ces seigneurs euss5t v\lu reconnotre la juridiction des (fici]s subalt]nes des comtes8 ,puisque les seigneuries n'toi5t po9t une c\tume apporte de ,g]manie1 qu'il e/ c]ta91 d'un autre ct1 que ni les lois ni les c\tumes des ,gaulois n'en ont pu donn] l'ide aux ,franais2 elles ne sont donc po9t aussi anci5nes1 que leur tablissem5t en de du ,rh92 elle doiv5t donc leur orig9e quelque vnem5t1 quelque rvolution p>ticulire4 ,je crois qu'elles ont d comm5c] se =m] dans les temps mmes o les rois ,mrov+i5s comm5cr5t eux-mmes t5dre leur autorit4 ,voici mes preuves4 ,premirem5t1 n\s avons une ordonnance de #eie1 qui suppose que quelques ,leudes avoi5t dj une juridiction *ez eux4 ,p>i conditione conv5it ut si una c5t5a 9 ali c5t5 ve/igium secuta fu]it et inv5]it1 vel 9 quibuscumque fidelium no/rorum t]m9is ve/igium mis]it4 7,cap4 de ,baluze4 ,t4 #a1 p4 #ai47 ,secondem5t1 l'ordonnance de l'assemble de ,p>is1 t5ue en #fae1 prescrit aux vques et aux ,leudes qui possdoi5t des seigneuries loignes de leur domicile ord9aire1 de *oisir des hommes du lieu mme1 et non des trang]s1 p\r y r5dre la ju/ice4 ,episcopi vel ,pot5tes qui 9 aliis possid5t regionibus1 ,judices vel missos discussores de aliis ,prov9ciis non in/ituant1 nisi de loco qui ,ju/itiam p]cipiunt et aliis r$d5t4 7,art4 #ai47 ,je puis m'tre tromp en p>lant des causes qui ont contribu l'tablissem5t des seigneuries1 p>mi n\s2 mais je crois en avoir fix c]ta9em5t l'poque4 ,si on m'oppose un diplome de ,clovis1 donn l'an #dif1 en faveur de l'abbaye de ,romaux1 et qui suppose qu'il y avoit dj des seigneuries dans ce temps-l1 je rpondrai que dom ,b\quet1 qui n\s a donn cette pice dans son recueil1 7,t4 #d1 p4 #fae17 la croit suppose4 ,la raison de ce critique1 c'e/ que ,clovis ne p\voit po9t en #dif1 donn] le privilge l'abbaye de ,romaux qui toit situe sur les t]res des rois de ,b\rgogne4 ,ce pr9ce gratifia simplem5t ce mona/re de lettres de sauve-g>de et de protection2 et l'acte p> lequel ,clotaire ,i1 les r5\vela en #eaf1 ne conti5t ri5 qui ait le mo9dre rapport direct ou indirect au droit de ju/ice4 7,voyez cette pice dans ,b\quet1 ,t4 #d1 p4 #faf47 ,l'esprit des lois a acquis avec raison une si gr&e autorit dans le public1 qu'il e/ ncessaire d'exam9] ici le s5tim5t du prsid5t de ,montesquieu1 sur l'orig9e des seigneuries4 ,il ne veut po9t qu'elles soi5t l'ouvrage de l'usurpation4 ,n'y a-t-il eu sur la t]re1 dit-il1 7,l4 #cj1 ,c4 #bj17 que les peuples desc5dus de la ,g]manie1 qui ai5t usurp les droits des pr9ces8 ,l'hi/oire n\s appr5d assez que d'autres peuples ont fait des entreprises sur leurs s\v]a9s1 mais on n'en voit pas natre ce que l'on a appel les ju/ices des seigneurs2 c'toit donc dans le fond des usages et des c\tumes des ,g]ma9s1 qu'il falloit en *]*] l'orig9e4 ,qu'importe ce que l'hi/oire n\s appr5d des autres nations2 comme si t\s les peuples devoi5t se copi] dans les entreprises qu'ils font sur leurs s\v]a9s ou sur la puissance publique8 ,la manire dont ,loyseau imag9e que les gr&s usurpr5t la ju/ice1 e/ ridicule2 mais e/-ce une *ose si inconcevable1 si absurde1 que dans une nation aussi mal g\v]ne que les ,franais1 et s\s des pr9ces tels que les fils de ,clovis1 quelques ,leudes puissans dans leurs cantons1 ai5t pris de l'autorit sur leurs vois9s1 et v\lu leur t5ir lieu de magi/rats1 en comm5ant p> tre leurs arbitres1 qu'il faille *]*] l'orig9e des ju/ices des seigneurs dans les c\tumes des ,g]ma9s8 ,p\rquoi le succs de quelques ,leudes n'auroit-il pas accrdit leur ambition1 et jet les premi]s fondem5s d'une c\tume qui1 flattant la vanit et l'av>ice1 dev9t enf91 gnrale dans t\t le royaume8 ,la ju/ice1 cont9ue le prsid5t de ,montesquieu1 fut donc dans les fiefs anci5s1 7il appelle a9si1 ce que j'appelle bnfice17 et dans les fiefs n\veaux1 un droit inhr5t au fief mme1 un droit lucratif qui en faisoit p>tie4 ,mais je pr5drai la lib]t de dem&] ,montesquieu1 comm5t il peut tr\v] dans les usages des ,g]ma9s1 que la ju/ice ft atta*e au fief2 lui qui a dit1 7,c4 #c37 *ez les ,g]ma9s1 il y avoit des vassaux et non pas des fiefs4 ,il n'y avoit po9t de fiefs1 p>ce que les pr9ces n'avoi5t po9t de t]res donn]2 ou plutt les fiefs toi5t des *evaux de bataille1 des armes1 des repas4 ,s'il n'y avoit po9t de fiefs *ez les ,g]ma9s1 et en effet1 il n'y en avoit po9t1 comm5t1 p> leurs c\tumes1 la ju/ice p\voit-elle tre un droit inhr5t au fief8 ,si des *evaux de bataille1 des armes1 des repas1 toi5t des fiefs1 s]oit-il raisonnable de p5s] que le droit de ju/ice ft atta* de p>eilles *oses8 o auroit t le t]ritoire de ces ju/ices8 c\tons le prsid5t de ,montesquieu4 ,les fiefs1 dit-il1 compr5oi5t de gr&s t]ritoires4 ,j'ai dj pr\v que les rois ne levoi5t ri5 sur les t]res qui toi5t le p>tage des ,francs2 encore mo9s p\voi5t-ils se rs]v] des droits sur les fiefs4 ,ceux qui obt9r5t des fiefs1 eur5t cet g>d1 la j\issance la plus t5due1 ils en tirr5t t\s les fruits et t\s les molum5s2 et comme un des plus considrables1 toi5t les pr(its judiciaires1 ,fr$a1 que l'on recevoit p> les usages des ,francs1 il suivoit que celui qui avoit le fief1 avoit aussi la ju/ice1 qui ne s'ex]oit que p> des compositions aux p>5s1 et des pr(its au seigneur2 elle n'toit autre *ose que de faire pay] les compositions de la loi1 et celui d'exig] les am5des de la loi4 ,de ce que les rois ,mrov+i5s ne levoi5t ri5 sur les t]res de leurs sujets1 il me semble qu'il ne s'ensuit pas qu'ils ne puss5t se rs]v] aucun droit sur les fiefs ou bnfices4 ,c'toi5t des dons faits p> gnrosit2 et comme le pr9ce1 a9si qu'en convi5t ,montesquieu lui-mme avoit cons]v la facult de les repr5dre son gr1 p\rquoi n'auroit-il pas pu les s\mettre quelque *>ge8 ,cette supposition n'a ri5 d'extraord9aire4 ,je conclurois1 au contraire1 des longs dtails de concessions1 dont sont *>ges t\tes les *>tes p> lesquelles on confroit un bnfice1 que les ,mrov+i5s avoi5t c\tume de se faire des rs]ves4 ,peut-tre mme falloit-il que p> leur nature1 les bnfices fuss5t s\mis quelque r$evance1 puisque dans plusieurs *>tes1 on n'oublie po9t de les en exempt]1 p> une clause expresse4 ,omnia p] no/rum donitum habeant ille et filii sui1 et po/]itas illorum1 absque ullo c5su vel alicujus inquietud9e4 7,*>4 an4 #hae1 ,hi/4 de ,d4 ,b\quet1 ,t4 #f1 p4 #dgb47 ,je tr\ve encore dans une *>te de ,*>les-le-,*auve1 de l'an #hdd1 les p>oles suivantes3 ,o/5dit etiam nobis epi/olam domni et g5itoris no/ri ,huld[ici piissimi ,augu/i ad ,/urmionem comitem directam ut prdictam villam1 id e/1 fontes1 memorato ,johanni absque ullo c5su et inquietud9e hab]e dimitt]et4 7,ibid4 ,t4 #h1 p4 #dei47 ,mais qu& il s]oit vrai que les premi]s fils de ,clovis ne se fuss5t jamais rs]v aucun droit sur leurs bnfices1 il ne s'ensuivroit pas que les bnfici]s y euss5t eu la ju/ice3 c>1 si je ne me trompe1 on peut pr\v] que ces pr9ces n'avoi5t po9t de ju/ice p>ticulire dans leurs doma9es4 ,premirem5t1 je prie de rem>qu] qu'il n'importoit1 ni leur dignit1 ni l'accroissem5t de leurs f9ances1 d'avoir de ces juges p>ticuli]s2 puisqu'ils nommoi5t les ducs et les comtes1 et qu'ils p]cevoi5t la troisime p>tie de t\s les frdes ou am5des judiciaires qui toi5t pays dans t\t le royaume4 ,en second lieu1 les lois saliques et ripuaires1 ni aucune ordonnance des rois ,mrov+i5s1 ne p>l5t des ju/ices domaniales du pr9ce2 comm5t donc en pr\v] l'exi/5ce8 ,dom ,b\quet a publi dans son recueil1 #ad diplomes ou *>tes de concession de bnfices1 depuis ,clovis jusqu' ,clotaire ,,ii1 et dans aucune1 on ne tr\ve ri5 qui ait rapport au droit de ju/ice4 ,ce sil5ce =me un argum5t bi5 =t contre le prsid5t de ,montesquieu4 ,ne pr\ve-t-il pas1 ou que les ,mrov+i5s n'avoi5t pas une ju/ice p>ticulire dans leurs doma9es1 ou qu'ils ne la cdoi5t pas leurs bnfici]s8 ,la *>te la plus anci5ne o l'on tr\ve une concession de ju/ice1 e/ de ,dagob]t1 en #fcj4 7,voyez ,dom ,b\quet1 ,t4 #d1 p4 #fbh47 ,n'e/-il pas vraisemblable que les rois voyant cette poque1 que plusieurs prlats et plusieurs leudes s'toi5t fait des seigneuries p>ticulires1 attribur5t leurs bnfices le droit de ju/ice p\r les r5dre plus considrables et en relev] la dignit8 ,depuis1 t\tes les *>tes ont r5f]m la concession de la ju/ice2 et cette c\tume1 accrdite en peu de temps1 toit1 p\r a9si dire1 de droit commun en #ffj1 que ,m>culfe crivoit ses =mules4 ,encore un mot p\r pr\v] que les premi]s rois ,mrov+i5s n'avoi5t po9t de ju/ice p>ticulire dans leurs doma9es4 ,grgoire de ,t\rs p>le d'un c]ta9 ,plagius1 qui avoit t\s les vices1 et bravoit t\s les juges1 p>ce qu'il avoit une sorte d'int5dance sur les h>as d'un doma9e du roi4 ,fuit autem 9 urbe ,turonic ,pelagius quidam 9 omni maliti ex]citatus1 nullum judicem metu5s eo qud jum5torum fiscalium cu/odes sub ejus pote/ate consi/]5t4 7,l4 #h4 ,c4 #dj47 ,il n'e/ pas surpr5ant que les juges publics n'osass5t rprim] ce ,plagius3 ils craignoi5t le ress5tim5t d'un homme qui p\voit leur faire des ennemis la c\r4 ,mais ,plagius n'auroit pas abus du crdit que lui donnoit son emploi1 si le pr9cipal (fici] d'un doma9e royal1 qu'on nommoit major vill1 et t ds-lors le juge de t\s les dome/iques employs dans le doma9e2 ce juge1 (fici]1 comme lui1 du pr9ce1 et accrdit1 comme lui1 la c\r1 auroit pu1 sans cra9te1 le punir de ses inju/ices4 ,ce ne fut que dans la suite que le major vill fut juge1 et ce n'e/ que dans les capitulaires de ,*>lemagne1 qu'on lui attribue1 p\r la premire fois1 cette qualit4 ,ut unusquisque judex 9 suo m9i/]io bonos habeat artifices1 id e/1 fabros f]r>ios1 et aurifices1 et arg5t>ios1 sutores1 tornatores1 c>p5t>ios1 c4 7,cap4 de villis1 art4 #de47 ,volumus ut de fiscalibus1 vel s]vis no/ris sive +5uis qui p] fiscos aut villas no/ras comman5t1 div]sis hom9ibus pl5am et integram1 qualem habu]9t1 r$d]e faciant ju/itiam4 7,ibid4 art4 #eb47 ,ut unusquisque judex 9 eorum m9i/]io frequ5tis audi5tias t5eat et ju/itiam faciat1 et provideat qualit] rect famili no/r vivant4 7,ibid4 art4 #ef47 ,je m'arrte long-temps sur l'article de l'tablissem5t des seigneuries2 mais il e/ important2 et d'ailleurs1 on doit ce respect au prsid5t de ,montesquieu1 lorsqu'on n'e/ pas de son avis1 d'exam9] en dtail t\tes ses raisons4 ,je tr\ve1 dit-il1 dans la vie des sa9ts1 que ,clovis donna un sa9t p]sonnage1 la puissance1 sur un t]ritoire de six lieues de pays1 et qu'il v\lut qu'il ft libre de t\te juridiction quelconque4 ,je crois bi5 que c'e/ une fausset1 mais c'e/ une fausset trs-anci5ne4 ,le fond de la vie et les m5songes se rapport5t aux murs et aux lois du temps1 et ce sont ces murs et ces lois que l'on *]*e4 ,montesquieu me f\rnit lui-mme la rponse que je lui dois faire4 ,je p\rrois croire1 dit-il1 7,l4 #ca1 ,c4 #cb7 que les hommages comm5cr5t s'tablir du temps du roi ,pep91 qui e/ le temps o j'ai dit que plusieurs bnfices fur5t donns p]ptuit4 ,mais je le croirois avec prcaution1 et dans la supposition seule1 que les auteurs des annales des ,francs n'ai5t pas t des ignorans1 qui1 dcrivant les crmonies de l'acte de fidlit1 que ,tassillon1 duc de ,bavire1 fit ,pep91 ai5t p>l suivant les usages qu'ils voyoi5t pratiqus de leur temps4 ,je croirois aussi l'argum5t du prsid5t de ,montesquieu1 trs-bon1 si l'hi/ori5 qui raconte la gnrosit de ,clovis1 env]s un sa9t p]sonnage1 et t son contempora94 ,mais malheureusem5t cela n'e/ pas2 et qui me rpondra qu'il n'ait pas p>l d'une donation faite avant l'tablissem5t des seigneuries1 suivant les usages et les =mes qu'il voyoit pratiqu] de son temps8 ,la loi des ,ripuaires1 dit encore ,montesquieu1 df5d aux affran*is des glises1 de t5ir l'assemble o la ju/ice se r5d1 ailleurs que dans l'glise o ils ont t affran*is4 ,les glises avoi5t donc des ju/ices sur les hommes libres1 et t5oi5t leurs plaids1 ds les premi]s temps de la mon>*ie4 ,sans d\te1 que les glises avoi5t une ju/ice1 ds le comm5cem5t de la mon>*ie1 je l'ai tr\v dans la rem>que ,,vi du *apitre prcd5t4 ,ce que rgle la loi ripuaire1 cite p> le prsid5t de ,montesquieu1 n'a rapport qu' la juridiction ecclsia/ique1 qu'il n'a confondue que p> di/raction1 avec les ju/ices seigneuriales4 ,lorsqu'un franais de la tribu des ,ripuaires v\loit affran*ir son s]f1 suivant la loi roma9e1 ce qui lui toit p]mis1 la crmonie s'en faisoit dans l'glise4 ,le s]f toit remis entre les ma9s de l'vque1 qui lui donnoit des tables1 ou des lettres d'affran*issem5t4 ,cet affran*i1 appel tabulaire1 tabul>ius1 re/oit s\s la protection spciale de l'glise2 il lui payoit un c5s modique2 et j\issant du privilge clrical1 toit ju/iciable de son vque4 ,voici le d]ni] argum5t du prsid5t de ,montesquieu4 ,si la ju/ice1 dit-il1 n'toit po9t une dp5dance des fiefs1 p\rquoi v]roit-on p>-t\t que le s]vice du fief toit de s]vir le roi ou le seigneur1 et dans leurs c\rs et dans leurs gu]res8 ,je rponds en premi] lieu1 que je ne vois pas de quelle ncessit il e/ qu'un bnfici] ait une ju/ice dans son bnfice1 p\r s]vir le roi dans ses c\rs ou dans ses gu]res4 ,secondem5t1 il e/ dmontr qu'avant la rg5ce de ,*>les-,m>tel1 les bnfices n'toi5t po9t confrs1 s\s la condition de s]vir le donateur4 ,on v]ra les preuves de cette vrit1 dans la rem>que #cg du *apitre sixime4 #bj ,claudius ,turonis accessit2 et cum it] ag]et1 ut consuetudo e/ b>b>orum1 auspicia int5d]e cpit1 ac dic]e sibi esse contr>ia3 simulque int]rog>e multos1 si virtus beati ,m>t9i de prs5ti manife/>etur 9 p]fidis4 ,aut c]t si aliquis injuriam 9 eum sp]antibus intulisset1 si prot9s ultio sequ]etur4 7,greg4 ,tur4 ,l4 #g1 ,c4 #bi47 #ba ,ds que les rois1 en confrant des bnfices1 leur attribur5t le droit de ju/ice1 il fut df5du aux juges publics d'y faire aucun acte de juridiction4 7,voyez le recueil de ,dom ,b\quet1 t4 #d1 p4 #fbh1 #fcj1 #fcc1 et les =mules #c et #d de ,m>culfe47 ,,*apitre ,,iv4 #bb ,aiebat enim 7,*ilp]icus7 pl]umque3 ecce paup] remansit fiscus no/]2 ecce diviti no/r ad ecclesias sunt translat3 nulli pnits1 nisi soli episcopi regnant3 p]iit honor no/] et translatus e/ ad episcopos civitatum4 7,greg4 ,tur4 ,l4 #f1 ,c4 #df47 #bc ,tunc indicavit ei quos 9 consilio hab]et1 aut sp]n]et conloquio2 quibus se cr$]et1 quos vit>et1 quos honor>et mun]ibus1 quos ab honore1 depell]et4 7,greg4 ,tur4 ,l4 #g1 ,c4 #cc47 ,p]spe hom9es pro facultatibus eorum punivit4 7,ibid4 ,l4 #f1 ,c4 #df47 ,illi po/ prdicationem sac]dotum1 de ,fanis ad ecclesias sunt conv]si3 i/i quotidie de ecclesiis prdas detrahunt1 illi sac]dotes ,dom9i ex toto corde v5]ati sunt et audi]unt2 i/i non solum non audiunt1 s$ etiam p]sequuntur2 illi mona/]ia et ecclesias ditav]unt2 i/i eas diruunt ac subv]tunt4 7,ibid4 ,l4 #d1 ,c4 #di47 ,on va voir dans la note suivante que les ,mrov+i5s r$em&oi5t aux glises les bnfices qu'ils leur avoi5t donns2 puisque dans le trait d',&ely en #ehg1 on fit un article exprs p\r remdi] cet abus4 #bd ,quidquid ante fati reges ecclesiis aut fidelibus suis contul]unt1 aut adhuc conf]re cum ju/iti1 ,deo propitiante1 volu]9t1 /abilit] cons]vetur2 et quidquid unicuique fidelium 9 utriusque regno p] legem et ju/itiam r$hibeatur1 nullum et prjudicium patiatur1 s$ liceat res debitas possid]e atque recip]e2 et si aliquid cuicumque p] int]regna s9e culp sublatum e/1 audi5ti habit re/auretur4 ,et de eo quod p] munific5tias prc$5tium regum unusquisque usque ad transitum glorios memori dom9i ,*loto*>ii regis poss$it1 cum securitate possideat3 et quod ex9de fidelibus p]sonis ablatum e/1 de prs5ti recipiat4 7,greg4 ,tur4 ,l4 #i1 ,c4 #bj47 ,il e/ "q de savoir si cette expression1 /abilit] cons]vetur1 doit s'ent5dre de l'hrdit tablie dans les bnfices2 ou si elle signifie seulem5t que le bnfici] qui en e/ p\rvu en j\ira p5dant t\te sa vie4 ,ce qui r5d la premire explication plus vraisemblable1 c'e/ que le mme trait d',&ely p]met aux femmes1 aux veuves et aux filles des ,mrov+i5s1 d'alin] p\r t\j\rs les t]res qu'elles confroi5t en bnfices4 ,ut si quid de agris fiscalibus vel speciebus1 atque prsidio pro arbitrii sui voluntate fac]e1 aut cuiquam conf]re volu]it2 9 p]petuo1 auxiliante ,dom9o1 cons]vetur1 neque quoquam ullo unqum tempore convellatur4 ,la manire dont cet article e/ dress2 les expressions 9 p]petuo et ullo unquam tempore1 ne laiss5t aucun lieu de d\t] que les bnfices confrs p> les pr9cesses1 n'ai5t t r5dus hrditaires dans l'assemble d',&ely4 ,or1 je dem&e p\rquoi on auroit p]mis aux pr9ces de repr5dre leurs bnfices la mort du bnfici]1 t&is qu'on toit ce droit aux pr9cesses4 ,en second lieu1 les ecclsia/iques ont t\j\rs prt5du que c'e/ un sacrilge1 que de repr5dre les bi5s qui avoi5t t consacrs ,dieu et au culte de la religion4 ,l'esprit du trait d',&ely e/ donc1 que les gratifications faites p> les rois l'glise1 soi5t p]ptuelles1 irrvocables1 et devi5n5t des propres4 ,mais rem>quez que l'expression /abilit] cons]vetur1 se rapportant galem5t aux ,leudes et aux glises1 suppose leur condition gale l'g>d des bnfices2 d'o il faut conclure que les bnfices confrs aux ,leudes1 ne p\voi5t jamais tre repris p> le pr9ce4 ,le trait ne fut pas obs]v religieusem5t1 mais il semble qu'on n'en peut ri5 conclure contre le droit des bnfici]s4 #be ,cum jam ,protadius1 g5]e ,romanus1 vehem5t] ab omnibus 9 palatio v5]>etur1 et ,brune*ildis /upri grati eum vellet honoribus exalt>e4 7,fr$eg4 ,*ron4 ,c4 #bd47 ,protadius1 in/igante ,brune*ilde1 ,!udorico jub5te1 majordomus sub/ituitur4 ,qui cum esset nimim argutissimus et /r5uus 9 cunctis1 s$ sva illi fuit contr p]sonas iniquitas1 fisco nimium tribu5s1 de rebus p]son>um +5ios fiscum vell5s impell]e et se ipsum dit>e4 ,quoscumque g5]e nobiles rep]iret1 totos humili>e conabatur1 ut nullus rep]iretur qui gradum quem adripu]at1 potuisset adsum]e4 7,ibid4 ,c4 #bg47 #bf ,quidquid p>5tes no/ri ant]iores pr9cipes1 vel nos p] ju/itiam visi sumus concessisse et confirmasse1 9 omnibus debeat confirm>i4 7,ord4 an4 #fae1 art4 #af47 ,il e/ vid5t que cet article a rapport aux conv5tions du trait d',&ely1 et qu'il en rappelle et en confirme les dispositions4 ,on v]roit1 sans d\te1 que l'expression quidquid1 doit s'ent5dre des bnfices1 si les deux articles prcd5s de cette ordonnance n'avoi5t t p]dus4 ,on ne peut d\t] que ce ne soit cette poque1 que les bnfices dev9r5t inconte/ablem5t hrditaires2 et l'ordonnance de ,p>is fut aussi respecte1 que le trait d',&ely l'avoit t peu4 ,t\t prp>oit les esprits cette rvolution1 et l'assemble que ,clotaire ,,ii t9t ,p>is1 toit l'occasion la plus favorable aux intrts des ,leudes2 ce pr9ce toit-il en tat de p\voir leur refus] quelque *ose8 ,la dcad5ce o l'autorit royale tomba ds ce mom5t1 e/ une preuve que le pr9ce ne fut plus le matre de dispos] de ses bnfices4 ,enf91 l'hrdit des bnfices toit tellem5t tablie1 et reconnue p\r tre la c\tume gnrale1 qu>ante-c9q ans aprs l'assemble de ,p>is1 que ,m>culfe qui crivoit dans ce temps-l1 en fait une clause p>ticulire dans l'acte de donation des bnfices4 ,x ut eam villam jure propriet>io ullius expectat judicum traditione habeat1 t5eat atque possideat1 et suis po/]is1 ,dom9o adjuvante1 ex no/r l>gitate1 aut cui volu]it ad possid5dum rel9quat4 7,=m4 #ad1 ,l4 #a47 ,qu unus de fidelibus ac ,leodibus1 suam fidem s]v&o ,dom9o legitimo1 int]regno faci5te1 visus e/ p]didisse1 g5]alit] absque incommodo de rebus sibi j debitis prcipimus reve/iri4 7,ord4 an4 #fae4 ,art4 #ag47 ,episcopi v] vel pot5tes qui 9 aliis possid5t regionibus1 judices vel missos discussores de aliis prov9ciis non in/ituant nisi de loco1 qui ju/itiam p]cipiant et aliis r$dant4 7,ibid4 art #ai47 ,j'ai dj rapport cet article dans une note prcd5te2 il suppose le droit des seigneuries tabli1 et le confirme4 ,peut-tre que ce droit avoit t =mellem5t reconnu dans quelque ordonnance qui n'e/ pas v5ue jusqu' n\s4 #bg ,tant que les ,franais fur5t en ,g]manie1 il e/ vraisemblable que l'assemble du *amp de ,m>s nommoit aux magi/ratures4 ,eliguntur1 dit ,tacite1 7,c4 #ab17 9 iisdem ,conciliis et pr9cipes qui jura p] pagos vicosque r$dant4 ,lorsque les pr9cipes du g\v]nem5t franais comm5cr5t s'altr]1 les rois s'attribur5t le p\voir de confr] les du*s et les comts4 ,grgoire de ,t\rs1 7,l4 #d1 ,c4 #dc17 rapporte que ,ponius1 comte d',aux]re1 envoya de l'arg5t au roi ,gontran1 p> son fils ,mummolus1 p\r tre cont9u dans son emploi2 et que le fils infidelle donna l'arg5t en son nom1 et obt9t la place de son pre4 ,il n'e/ pas beso9 de multipli] ici les autorits1 p\r pr\v] une vrit dont on ne peut d\t]1 p\r peu qu'on ait lu nos anci5s hi/ori5s1 et qu& on se rappelle que l'assemble du *amp de ,m>s ne se t5oit plus4 ,le prsid5t de ,montesquieu a cep5dant dit quelque "p1 que les assembles de la nation disposoi5t mme des bnfices4 ,fr$gaire n\s appr5d que ,v>na*aire1 qui v5oit d'tre fait maire du palais1 dans le royaume de ,b\rgogne1 aprs la mort de ,brunehaut1 exigea de ,clotaire ,,ii1 qu'il lui promt1 p> s]m5t1 de ne lui jamais t] sa dignit4 ,v>na*>ius 9 regno ,burgundi sub/ituitur major-domus1 sacram5to ,*lot>io accepto ne unqum vit su temporibus degrad>etur4 7,*r4 ,c4 #db47 ,si ,v>na*aire et t fait maire du palais1 p> les gr&s1 ,clotaire n'et pas eu la lib]t de le dpos]2 et p> consqu5t1 il et t absurde que ,v>na*aire et exig le s]m5t inutile1 dont p>le l'hi/ori54 ,il n'e/ pas mo9s ais de pr\v] que le maire du palais1 et p> consqu5t1 le roi1 dont il n'toit encore que le m9i/re1 nommoit aux du*s et aux comts2 puisque ,flao*atus1 qui succda ,v>na*aire1 crivit t\s les ducs du royaume de ,b\rgogne1 p\r leur promettre1 p> s]m5t1 de les cons]v] dans la possession de leur dignit4 ,flao*atus cunctis ducibus ,burgundi seu et pontificibus p] epi/olam1 etiam et sacram5tis firmavit unicuique gradum honoris et dignitatem seu amicitiam p]petuo cons]v>e4 7,ibid ,*ron4 ,c4 #hi47 ,il n'e/ pas ncessaire de rem>qu] que gradum honoris se rapporte aux ducs1 et amicitiam aux vques4 #bh ,on doit sur-t\t regrett] l'ordonnance de l'assemble1 que ,clotaire ,,ii convoqua ,cli*y1 prs de ,p>is1 la qu>ante-quatrime anne de son rgne4 ,cette pice1 sans d\te1 s]oit de la plus gr&e importance1 p\r connotre notre anci5 droit public1 les progrs de l'autorit des maires du palais et des seigneurs1 et les causes p>ticulires de la rvolution subite que s\ffrit la dignit des pr9ces ,mrov+i5s4 #bi ,*lot>ius cum proc]ibus et ,leudibus ,burgundi ,trsassis conjungitur1 cum eos sollicitasset1 si vell5t mortuo jam ,v>na*>io1 alium 9 ejusdem honoris gradum sublim>e1 etc4 7,fr$eg4 ,*r4 ,c4 #dc47 ,il falloit que p5dant la rg5ce1 ou la mairie de ,v>na*aire1 les gr&s euss5t exig du roi1 qu'ils nomm]oi5t dsormais son maire du palais4 ,flao*atus1 g5]e ,francus1 majordomus 9 regnum ,burgundi1 electione ,ponticum et cunctorum ducum1 ,nante*ilde reg9 9 hunc gradum honoris nobilit] /abilitur4 7,ibid4 ,c4 #hi47 ,,*apitre ,v4 #cj ,je ne m'arrt]ai pas long-temps rfut] ici l'op9ion du comte de ,b\la9villi]s1 sur l'orig9e de la noblesse1 dans la mon>*ie franaise4 ,il a cru que t\s les ,franais1 avant la conqute1 toi5t libres et gaux1 p> le droit de leur naissance1 et il avoit raison4 ,mais aprs qu'ils se fur5t emp>s des ,gaules1 les va9queurs et les va9cus1 ne =mant plus qu'un corps de socit1 on comm5a1 selon cet criva91 connotre dans la mon>*ie des ,franais1 des familles nobles et des familles roturires4 ,t\t ,franais fut g5tilhomme1 t\t ,gaulois fut roturi]4 ,si on a lu avec quelqu'att5tion les rem>ques prcd5tes1 on jug]a1 sans pe9e1 que cette ide ne peut tre appuye sur aucun fondem5t solide4 ,je me borne dem&] aux p]sonnes qui ont adopt le sy/me du comte de ,b\la9villi]s1 comm5t on peut l'accord] avec la loi salique1 qui n'exige qu'une composition de #bjj s\s1 p\r le meurtre d'un franais libre1 t&is qu'elle en ordonne un de #cjj p\r le meurtre d'un gaulois1 convive du roi4 ,p\rquoi le sang d'un g5tilhomme e/-il mo9s prcieux que celui d'un roturi]8 ,enf91 l'abb du ,bos a une fois raison4 ,il prt5d1 7,l4 #f1 ,c4 #d71 que les ,franais1 s\s leurs premi]s rois1 n'toi5t po9t p>tags en deux ordres de citoy5s1 comme n\s le sommes auj\rd'hui1 en nobles et en roturi]s4 ,il p5se qu'il n'y avoit po9t *ez eux de familles qui j\iss5t p> l'avantage de la naissance1 de ces droits et de ces privilges p>ticuli]s et di/9ctifs1 qui con/itu5t dans une nation une noblesse d'orig9e4 ,t\tes les prrogatives toi5t p]sonnelles1 elles n'toi5t po9t hrditaires4 ,mais pe9e a-t-il expos son s5tim5t1 qu'il ne manque pas d'avoir tort1 c'e/--dire1 qu'il gte une bonne cause1 en la pr\vant mal4 ,le prsid5t de ,montesquieu1 qui croit l'honneur de nos gr&es maisons intress proscrire l'op9ion de l'abb du ,bos1 veut au contraire1 que ds le temps de la conqute1 et mme au-del du ,rh91 les ,franais ai5t connu une noblesse proprem5t dite1 et que des familles privilgies possdass5t des droits qui les di/+uoi5t et les sp>oi5t des familles communes4 ,il e/ vrai qu'il y a t\j\rs eu *ez les ,franais une classe de citoy5s appels ,fidelles1 ,leudes ou ,antru/ions1 et qu'ils j\issoi5t1 a9si que l'a tabli le prsid5t de ,montesquieu1 et que je l'ai dit dans le corps de mon ouvrage1 de plusieurs prrogatives qui n'app>t5oi5t po9t aux simples hommes libres4 ,je ne conois pas p\rquoi l'abb du ,bos dguise cette vrit2 il p\voit en conv5ir sans nuire son sy/me2 il le devoit1 en aj\tant que ces di/9ctions p]sonnelles toi5t accordes la dignit et non pas la naissance des ,leudes4 ,il p\voit s\t5ir qu'on ne naissoit pas ,leude1 ,fidelle1 ,antru/ion1 mais qu'on le dev5oit p> la pre/ation du s]m5t de fidlit2 a9si que n\s l'appr5d ,m>culfe1 p> une =mule que j'ai dj cite dans la rem>que #fe du *apitre troisime4 ,je dois d'abord pr\v] que cette espce d'ennoblissem5t p]sonnel que donnoit la pre/ation du s]m5t de fidlit1 ne communiquoit aux enfans du ,leude ou ,antru/ion1 aucune prrogative p>ticulire2 et qu'a9si1 il n'y avoit *ez les ,franais1 qu'une noblesse p]sonnelle4 ,si les droits des g5til%ommes toi5t les mmes que ceux des ,leudes1 c'e/--dire1 s'ils appro*oi5t galem5t de la p]sonne du pr9ce2 si1 p> le seul droit de leur naissance1 ils p\voi5t tre levs aux premi]s emplois de l'tat2 je pri]ai de m'expliqu] p> quel motif les ,franais ns g5til%ommes1 prtoi5t le s]m5t de fidlit1 qui leur toit inutile p\r obt5ir ces honneurs4 ,si les privilges de ces g5til%ommes sont diffr5s de ceux des ,leudes qui toi5t s\s la tru/e ou la foi du roi1 je dem&]ai qu'on me dise p\rquoi nos lois saliques et ripuaires1 si att5tives di/+u] p>mi les ,gaulois mmes1 diffr5s ordres de citoy5s1 ,gaulois convives du roi1 ,gaulois possesseurs de t]res1 ,gaulois tributaires1 n'tabliss5t aucun ordre mitoy5 entre le franais libre et le ,leude4 ,p\rquoi cette noblesse qui ti5t le milieu entre les simples hommes libres et les ,leudes1 e/-elle oublie8 p\rquoi aucun de nos anci5s monum5s n'aide-t-il faire connotre1 ni mme faire s\ponn] son exi/5ce8 ,le prsid5t de ,montesquieu rpond mes dem&es1 7,l4 #cj1 ,c4 #be71 en disant que la prrogative di/9ctive des familles nobles1 toit de prt] le s]m5t de fidlit1 ou de se recomm&] p\r un fief ou un bnfice4 ,je *]*e la preuve de cette proposition1 et l'auteur me r5voie au *apitre #bc du livre suivant4 ,j'y c\rs1 et je lis3 d'abord1 les hommes libres ne pur5t pas se recomm&] p\r un fief1 mais ils le pur5t dans la suite1 et je tr\ve que ce *angem5t se fit dans le temps qui s'c\la depuis le rgne de ,gontran1 jusqu' celui de ,*>lemagne4 ,je le pr\ve p> la comp>aison qu'on peut faire du trait d',&ely1 pass entre ,gontran1 ,*ildeb]t et la re9e ,brunehaud1 et le p>tage fait p> ,*>lemagne ses enfans1 et un p>tage p>eil1 fait p> ,l\is-le-,dbonnaire4 ,ces trois actes conti5n5t des dispositions peu prs p>eilles l'g>d des vassaux2 et comme on y rgle les mmes po9ts1 et peu prs dans les mmes circon/ances1 l'esprit et la lettre de ces trois traits se tr\v5t peu prs les mmes cet g>d4 ,mais p\r ce qui reg>de les hommes libres1 il s'y tr\ve une diffr5ce capitale4 ,ce trait d',&ely ne dit po9t qu'ils puss5t se recomm&] p\r un fief1 au lieu qu'on tr\ve1 dans les p>tages de ,*>lemagne et de ,l\is-le-,dbonnaire1 des clauses expresses1 p\r qu'ils puiss5t se recomm&]3 ce qui fait voir que depuis le trait d',&ely1 un n\vel usage s'introduisoit1 p> lequel les hommes libres toi5t dev5us capables de cette gr&e prrogative4 ,cela dut arriv]1 lorsque ,*>les-,m>tel ayant di/ribu les bi5s de l'glise ses soldats1 et les ayant donn p>tie en fief1 p>tie en alleu1 il se fit une espce de rvolution dans les lois fodales4 ,ceci dem&]oit un volume enti] de discussions2 mais je m'arrt]ai au po9t ess5tiel et capital2 et je vais pr\v] d'abord1 qu'avant le trait d',&ely1 les hommes libres p\voi5t prt] le s]m5t de fidlit1 ou se recomm&] p\r un bnfice4 ,en effet1 on rem>que qu'aprs la conqute1 le nombre des ,leudes augm5ta considrablem5t4 ,il e/ c]ta9 que des ,gaulois qui se naturalisr5t ,franais1 fur5t levs aux dignits les plus importantes de l'tat2 donc que ce n'toit po9t le privilge p>ticuli] de c]ta9es familles1 de prt] le s]m5t de fidlit4 ,si avant le rgne de ,gontran1 les hommes libres avoi5t t exclus de ces honneurs1 un ,leuda/e1 n dans l'esclavage1 n\rri dans les fonctions les plus viles de son tat1 et qui on avoit c\p une oreille1 p>ce qu'il avoit v\lu s'*app] de la maison de son matre1 se s]oit-il lev jusqu' dev5ir comte des curies1 s\s le rgne de ,c>ib]t1 et ensuite comte de ,t\rs8 ,ces dignits toi5t la rcomp5se des ,leudes1 et donnoi5t ceux qui en toi5t revtus1 le premi] rang dans leur ordre2 au lieu que je ne vois po9t que la possession d'un bnfice valt quelque prm95ce un ,leude bnfici]4 ,cette =tune de ,leuda/e n'e/ po9t de ces vnem5s r>es qui ne tir5t pas consqu5ce1 et qui ne pr\v5t ri54 ,la loi des ripuaires ne les reg>de po9t comme un sc&ale contraire l'ordre ord9aire du g\v]nem5t1 ils y toi5t mme tellem5t analogues1 qu'elle fait cet g>d1 une disposition p>ticulire4 ,si quis ejusdem fiscalem quem comitem vocant1 int]fec]it1 #fjj solidis mulctetur4 ,quod si pu] regis vel ex tabul>io ad eum gradum asc5d]it1 #cjj solidis4 7,leg4 ,rip4 ,tit4 #ec47 ,on a dj vu que p> le mot ,tabulaire1 on ent5doit un s]f affran*i dans l'glise4 ,or1 puisqu'un affran*i p\voit tre leude et comte1 et en toit quitte p\r avoir une composition mo9s =te qu'un autre leude ou un comte1 peut-on prsum]1 avec quelque vraisemblance1 qu'un homme n libre1 ne ft pas admis prt] le s]m5t de fidlit8 ,il me semble que l'argum5t que le prsid5t de ,montesquieu veut tir] du sil5ce du trait d',&ely1 l'g>d des hommes libres1 ne doit pas avoir beauc\p de =ce4 ,p\rquoi auroit-on dit dans ce trait1 que les hommes libres p\voi5t tre admis la pre/ation du s]m5t de fidlit8 ,ce n'toit po9t un droit conte/1 p]sonne n'en d\toit4 ,sans entr] dans une discussion inutile sur les p>tages de ,*>lemagne1 et de ,l\is-le-,dbonnaire1 je rpondrai que t\s les argum5s que le prsid5t de ,montesquieu p\rroit en infr]1 ne pr\v5t ri5 contre moi2 c>1 je convi5s que du temps de ,*>lemagne1 il y avoit des familles nobles1 et je nie seulem5t qu'il y en eut avant le trait d',&ely4 ,il n'toit pas "q ,&ely1 de dcid] de ceux qui le pr9ce donn]oit des bnfices1 mais de /atu] qu'il ne p\rroit pas les repr5dre1 aprs les avoir donns4 ,e/-il bi5 vrai que les circon/ances o ,*>lemagne et ,l\is-le-,dbonnaire fir5t leurs p>tages1 fur5t peu prs les mmes que celles o fut pass le trait d',&ely8 ,il s'agissoit s\s ,gontran et ,*ildeb]t de cont5t] les leudes avides1 acc\tums reg>d] les bnfices comme des dettes du pr9ce1 qui s'toi5t fait un droit de sa libralit1 et qui ne v\loi5t plus s\ffrir qu'il retirt arbitrairem5t ses bi5faits4 ,qu& ,*>lemagne et ,l\is-le-,dbonnaire fir5t le p>tage de leurs tats1 leurs vassaux ne leur faisoi5t po9t la loi1 et les bnfices avoi5t pris une n\velle =me s\s la rg5ce de ,*>les-,m>tel1 a9si qu'on va le voir dans la suite de mes obs]vations4 ,l'abb du ,bos rapporte un passage de la vie de ,l\is-le-,dbonnaire1 o ,tgan1 s'levant contre l'+ratitude d',hbon1 que ce pr9ce avoit fait ar*evque de ,rheims1 quoiqu'il ne ft qu'affran*i1 lui dit3 ,fecit te lib]um non nobilem1 quod impossibile e/ po/ lib]tatem4 ,ve/ivit te purpur et pallio1 et tu indui/i eum cilicio4 ,j'ab&onne de bon cur t\s les raisonnem5s de l'abb du ,bos1 sur ce passage2 mais j'av\e que je ne conois po9t comm5t le prsid5t de ,montesquieu peut prt5dre que ces p>oles de ,tgan1 fecit te lib]um non nobilem1 pr\v5t =mellem5t deux ordres de citoy5s4 ,je v\drois1 p\r =m] une preuve1 un mot mo9s quivoque que celui de nobilis1 dont on peut se s]vir dans un pays mme o la loi n'tabliroit aucune di/9ction entre les familles4 ,quoiqu'il en soit1 le passage de ,tgan signifi]a t\t ce qu'on v\dra1 il ne =me po9t une objection contre moi2 puisque je ne d\te pas que s\s ,l\is-le-,dbonnaire1 il n'y et1 en effet1 des familles nobles4 ,je ne crois pas que mon op9ion sur l'orig9e de la noblesse en ,france1 soit injurieuse au sang de nos premires familles1 ni aux trois gr&es maisons qui ont successivem5t rgn sur n\s4 ,l'orig9e de leur gr&eur1 s'crie le prsid5t de ,montesquieu1 n'iroit donc po9t se p]dre dans l'oubli1 la nuit et le temps4 ,l'hi/oire clair]oit des sicles o elles auroi5t t des familles communes2 et p\r que ,*ildric1 ,pep9 et ,hugues-,capet fuss5t g5til%ommes1 il faudroit all] *]*] leur orig9e p>mi les ,roma9s et les ,saxons1 c'e/--dire1 p>mi les nations subjugues4 ,a ce raisonnem5t1 je cra9drois presque que la lecture de l'abb du ,bos n'et t contagieuse p\r le prsid5t de ,montesquieu4 ,l'orgueil de nos gr&es maisons p\rroit tre bless1 si on leur disoit qu'il y a eu un temps en ,france1 o elles n'toi5t qu'au rang des familles communes1 t&is que l'ordre de la noblesse toit dj =m2 mais qu'elles soi5t (f5ses de n'avoir pas t nobles dans le temps qu'il n'y avoit po9t encore de noblesse1 ce s]oit une espce de v]tige4 ,si c'e/ une mortification p\r elles1 je leur en dem&e p>don1 il faut qu'elles l'essui5t2 c>1 je n'imag9e pas que le prsid5t de ,montesquieu croie que les nations ai5t comm5c p> avoir des g5til%ommes4 ,l'galit a d'abord d unir les citoy5s de t\te socit1 et la di/9ction des nobles et des roturi]s ne peut tre que la suite de plusieurs vnem5s et de plusieurs rvolutions1 dont la vanit de quelques citoy5s pr(ita1 p\r s'attribu] des prrogatives p>ticulires1 et =m] une classe sp>e4 ,il faudroit que nos gr&es maisons fuss5t bi5 difficiles cont5t]1 s'il ne leur suffisoit pas d'tre nobles1 depuis le rgne de ,clotaire ,,ii4 #ca ,cet usage comm5a dans le temps que ,m>culfe crivoit des =mules4 ,jubemus ut omnes pag5ses ve/ros1 tam ,francos1 ,romanos vel reliquas nationes de g5tes bannire et locis congruis p] civitates1 vicos et ca/ella1 congreg>e faciatis1 quat5s prs5te misso no/ro illu/ri viro illo1 quem ex no/ro lat]e illuc pro hoc direximus1 fidelitatem prcelso filio no/ro vel nobis debeant promitt]e et conjur>e4 7,l4 #a4 ,=m4 #dj47 ,ut missi no/ri populum no/rum it]m nobis fidelitatem promitt]e faciant secundm consuetud9em jamdudum ord9atam1 et ipsi ap]iant et int]pret5tur illis hom9ibus qualit] ipsum sacram5tum et fidelitatem erg nos s]v>e debeant4 7,cap4 #e1 an #hbb1 ,art4 #ab47 ,volumus ut missi no/ri p] totam legationem suam primo omnium inquirant qui s9t de lib]is hom9ibus1 qui fidelitatem nobis nondum promissam hab5t1 et faciant illos eam promitt]e1 sicut consuetudo semp] fuit4 7,capit4 an4 #hbi1 art4 #d4 ,capitis #d47 #cb ,ide v5i5s ille fidelis no/]1 ibi 9 palatio no/ro1 9 no/r vel proc]um no/rorum prs5ti1 villas nuncupatas illas1 sitas 9 pago illo1 su spontane voluntate nobis p] fi/ucam visus e/ ,w]pisse1 vel condonasse1 9 e ratione1 si x conv5it1 ut dum vix]it1 sub no/ro b5eficio debeat possid]e2 et po/ suum discessum1 ejus adfuit petitio1 nos ipsas villas fideli no/ro illi pl5 grati visi fuimus concessisse4 ,quapropt] p] prs5s disc]nimus prceptum1 quod p]petualit] mansurum esse jubemus1 ut dummodo talit] ipsius illius decrevit voluntas1 quod ipsas villas 9 supr scriptis locis nobis volunt>io ord9e visus e/ les\v]pisse vel condonasse1 et nos prdicto viro illi ex no/ro mun]e l>gitatis1 sicut ipsius illius decrevit voluntas1 concessimus1 hoc e/1 tam 9 t]ris1 domibus1 accolabus1 mancipiis1 v9eis1 silvis1 campis1 pratis1 pascuis1 aquis1 aqu>um discursibus1 ad integrum quidquid ibidem ipsius illius portio fuit1 dum advix]it1 absque aliqua dim9utione de qualibet re usufructu>io ord9e debeat possid]e1 et po/ ejus discessum memoratus ille hoc habeat1 t5eat et possideat1 et suis po/]is aut cui volu]it ad possid5dum1 rel9quat4 7,=m4 #ac4 ,l4 #a47 ,l'usage qui con/ate la =mule qu'on vi5t de lire1 e/ une des *oses les plus surpr5antes de notre hi/oire4 ,le prsid5t de ,montesquieu en p>le1 7,l4 #cj1 ,c4 #h17 et p\r expliqu] comm5t on fut intress dnatur] a9si ses propres1 il avance que ceux qui possdoi5t des bnfices1 avoi5t de trs-gr&s avantages4 ,il en fait l'numration1 et ces privilges ne sont autre *ose que ceux que possdoi5t t\s les ,leudes1 en v]tu de la pre/ation du s]m5t de fidlit4 ,je dfie de p\voir me cit] un texte qui pr\ve1 qu'avant l'hrdit des bnfices1 les bnfici]s j\iss5t de quelque prrogative qui ne leur ft pas commune avec t\s les ,leudes4 ,je sais bi5 que ,montesquieu dit1 7,l4 #cj1 ,c4 #be17 que t\t ,leude avoit un bnfice1 et que qu& on lui enlevoit celui qu'il possdoit1 on lui en r5doit un autre2 mais il ne suffit pas d'avanc] des faits1 il faut les pr\v]4 ,e/-il p]mis de croire que les premi]s ,mrov+i5s euss5t des doma9es assez t5dus p\r donn] un bnfice *aque ,leude8 ,si la possession d'un bnfice donnoit des privilges p>ticuli]s1 et si t\t ,leude avoit un bnfice1 quel avantage auroit-il tr\v conv]tir son propre en bnfice8 ,si *aque ,leude avoit en effet un bnfice1 p\rquoi ,gontran auroit-il appris son neveu ceux qui il devoit en donn]1 et ceux qu'il en devoit priv]8 ,quos honor>et mun]ibus1 quos ab honore depell]et4 ,comm5t int]prtoit-on diffr5s articles du trait d',&ely et de l'ordonnance porte p> l'assemble de #fae1 que j'ai rapports dans les rem>ques prcd5tes8 ,montesquieu croit que cette c\tume de *ang] son propre ou son alleu en bnfice1 cont9ua et eut sur-t\t lieu dans les dsordres de la seconde race4 ,quoique p]sonne ne respecte plus que moi cet illu/re criva91 je ne puis me s\mettre son autorit1 puisque je vois1 au contraire1 que s\s les premi]s ,c>lov+i5s1 on prfroit les alleux aux bnfices1 et que les bnfici]s t*oi5t de faire pass] leurs bnfices p\r des propres4 ,auditum habemus comites et alii hom9es qui no/ra b5eficia hab]e vid5tur1 comp>ant sibi proprietates de ipso no/ro b5eficio4 7,cap4 #e1 an4 #hje1 art4 #g47 ,audivimus quod alibi r$dant b5eficium no/rum ad alios hom9es 9 proprietatem1 et 9 ipso placito dato pretio comp>ant ipsas res it]m sibi 9 allodem4 7,ibid4 art4 #h47 ,ut missi no/ri dilig5t] inquirant44444 quis de b5eficio suo allodem comp>avit vel /ru]it4 7,cap4 #c4 an4 #hab47 ,dans les dsordres de la seconde race1 et qui suivir5t le rgne de ,l\is-le-,dbonnaire1 il ne se donna pas un alleu p\r le conv]tir en fief1 ou du mo9s1 on ne p\rra en cit] aucun exemple4 ,il s'tablit alors un ordre t\t n\veau dans le g\v]nem5t de l'tat1 et comme on le v]ra la f9 du second livre de cet ouvrage1 il se =ma une relation n\velle entre les seigneuries1 et dont on ne peut tir] aucune lumire p\r claircir les c\tumes de la premire race4 ,si des seigneurs1 qui possdoi5t des t]res en alleu1 cons5tir5t les t5ir en fief1 et reconnotre un suz]a91 ils ne donnr5t po9t leurs doma9es2 ils se cont5tr5t de les s\mettre aux devoirs du vasselage1 soit p\r se faire un protecteur dans un temps o t\s les seigneurs se faisoi5t la gu]re1 soit p> ce qu'ils y toi5t =cs p> un vois9 puissant et ambitieux4 ,il e/ vid5t que dans le temps que ,m>culfe crivoit1 les propres devoi5t tre reg>ds comme des bi5s plus srs1 plus solides1 plus prcieux que les bnfices1 qui avoi5t pr\v mille rvolutions diffr5tes4 ,si on v\lut cep5dant *ang] son propre en bnfices1 il falloit donc que le bnfice confrt quelque privilge =t e/im2 et quel autre privilge p\voit-ce tre que de confr]1 a9si que je l'ai conjectur1 une di/9ction p>ticulire aux familles bnficiaires8 #cc ,consecratio episcopos et reliquos ,dom9i sac]dotes1 tam s]vili qum ct]is adscriptis conditionibus semp] lib]os facit1 idcirco prcipimus ut nullus ab eis nisi div9a requirat s]vitia4 7,l4 #f1 ,capit4 art4 #aah47 ,de 8 qui sculum rel9quunt propt] s]vitium imp$i5dum1 et tunc neutrum faciunt1 ut unum duobus eligant1 aut planit] secundm canonicam aut secundm regul in/itutionem vivant1 aut s]vitium dom9icum faciant4 7,ibid4 ,l4 #e1 art4 #bde47 ,de lib]is hom9ibus qui ad s]vitium ,dei se trad]e volunt1 ut pris hoc uno faciant qum nobis lic5tiam po/ul5t4 ,hoc ide quia audivimus aliquos ex illis non tam caus devotionis hoc fecisse1 qum pro ex]citu seu ali fonctione regali fugi5d4 7,ibid4 ,l4 #a4 art4 #aad47 #cd ,hortatu omnium fidelium no/rorum et maxim episcoporum ac reliquorum sac]dotum1 s]vis ,dei p] omnia omnibus armaturam port>e1 vel pugn>e1 aut 9 ex]citum et 9 ho/em p]g]e omn9 prohibuimus4 7,cap4 #a1 an4 #gfi1 art4 #a47 ,volumus ut nullus sac]dos 9 ho/em p]gat1 nisi duo vel tres tantm episcopi electione ct]orum1 propt] b5$ictionem et prdicationem1 populique reconciliationem444444 ,hi v] nec arma f]ant nec ad pugnam p]gant444444 ,reliqui v] qui ad ecclesias suas reman5t1 suos hom9es b5 armatos nobiscum1 aut cum quibus juss]imus1 dirigant4 7,cap4 #h1 an4 #hjc47 #ce ,qui in/ante antiquo ho/e audivimus quosdam nos suspectos hab]e1 propt]e quod concessimus episcopis et sac]dotibus ac reliquis ,dei s]vis ut 9 ho/es1 nisi duo aut trs ct]is electi1 et sac]dotes similit] p]pauci ab eis electi1 non ir5t1 sicut 9 prioribus no/ris cont9etur capitul>ibus1 nec ad pugnam prop]>5t1 nec arma f]r5t1 nec hom9es tam *ri/ianos qum paganos nec>5t1 nec agitatores sangu9um fi]5t1 vel quicquam contra canones fac]5t1 quod honores sac]dotum et res ecclesi>um auf]re vel m9u]e eis voluissemus2 quod nullat5s fac]e velle1 vel fac]e vol5tibus cons5tire omnes scire cupimus4 ,s$ quant quis eorum amplis suam normam s]vav]it1 et ,deo s]vi]it1 tanto eum plus honor>e et c>iorem hab]e volumus4 7,cap4 de ,baluze1 ,t4 ,i1 p4 #daj47 ,,*apitre ,,vi4 #cf ,on voit en effet que le fameux maire bro9 s'autorisa d'un faux ,clovis qu'il disoit fils de ,clotaire ,,ii4 #cg ,c'e/ ici le lieu de r5dre compte1 en peu de mots1 du sy/me du prsid5t de ,montesquieu sur les fiefs4 ,il e/ bi5 surpr5ant qu'avec tant de lumires1 cet criva9 soit all *]*] l'orig9e des fiefs dans les c\tumes des ,g]ma9s4 ,*ez les ,g]ma9s1 dit-il1 7,l4 #cj1 ,c4 #c17 il y avoit des vassaux et non pas des fiefs4 trange proposition6 ,n'e/-ce pas le fief qui con/itue seul le vassal8 ,il n'y avoit po9t de fiefs1 p>ce que les pr9ces n'avoi5t po9t de t]res donn]1 ou plutt les fiefs toi5t des *evaux de bataille1 des armes1 des repas4 ,en se voyant =c de reg>d] comme des fiefs1 des *evaux de bataille1 des armes et des repas1 comm5t ,montesquieu ne s'e/-il pas ap]u qu'il toit dans l'erreur8 qu'il e/ dang]eux de faire un sy/me6 ,il y avoit des vassaux1 p>ce qu'il y avoit des hommes fidelles qui toi5t lis p> leur p>ole4 ,mais il y a eu dans t\tes les nations des hommes fidelles qui toi5t lis p> leur p>ole2 et jamais cep5dant p]sonne n'a prt5du que le g\v]nem5t des fiefs ait t le g\v]nem5t de t\tes les nations4 ,ils toi5t engags p\r la gu]re1 et faisoi5t peu prs le mme s]vice que l'on fit depuis p\r les fiefs4 ,nos soldats sont donc auj\rd'hui des vassaux de la c\ronne2 leur engagem5t et leur paye sont donc des fiefs4 ,aprs avoir pris des *evaux de bataille1 des armes et des repas p\r des fiefs1 il n'e/ pas surpr5ant que le prsid5t de ,montesquieu ait donn la mme qualification aux dons que les rois ,mrov+i5s faisoi5t de quelques p>ties de leurs doma9es1 et que j'ai appels simplem5t des bnfices4 ,v\loir que t\t don soit un fief1 c'e/ c]ta9em5t confondre t\tes les ides4 ,si ces mots sont synonymes1 il e/ inutile de re*]*] l'orig9e des fiefs dans l'hi/oire des b>b>es qui ont dtruit l',empire ,roma92 qui ne voit pas que les fiefs s]oi5t aussi anci5s que le monde1 qu'ils dur]oi5t autant que les socits1 et app>ti5droi5t galem5t t\tes les espces de g\v]nem5t8 ,le fief a t\j\rs t df9i1 quod pro b5eficio ,dom9us dat e lege1 ut qui accipit1 militi munus aliudve s]vitium exhibeat4 ,c'e/ cette ide qu'on doit avoir d'un fief p\r le di/+u] d'un simple don1 qui fait que je n'ai donn que le nom de bnfices aux t]res que les rois de la premire race donnoi5t aux ,leudes4 ,en effet1 ces dons n'imposoi5t aucune obligation p>ticulire au ,leude qui les recevoit1 et le bnfici] n'toit t5u qu' ne po9t trahir le s]m5t de fidlit qu'il avoit prt p\r tre admis dans la classe des ,leudes1 c'e/--dire1 ne ri5 faire qui ft contraire aux intrts du pr9ce4 ,qu unus de fidelibus ac leodibus1 e/-il dit dans l'ordonnance publie en #fae1 p> l'assemble de ,p>is1 suam fidem s]v&o ,dom9o legitimo1 int]regno faci5te1 visus e/ p]didisse1 g5]alit] absque aliquo incommodo de rebus sibi j debitis prcipimus reve/iri4 7,art4 #ag47 ,si les bnfici]s du pr9ce avoi5t eu remplir quelque devoir qui ne ft pas commun t\s les ,leudes1 l'ordonnance en auroit sans d\te p>l4 ,il n'e/ "q que de g>d] sa foi1 et on ne tr\ve ri5 dans les monum5s de la premire race1 qui invite croire qu'un ,leude prtt un n\veau s]m5t lorsqu'il toit gratifi d'un bnfice1 ou qu'il contractt quelque n\velle obligation1 soit l'g>d du s]vice militaire1 soit l'g>d du s]vice dome/ique dans le palais4 ,quelle autorit p\rroit-on apport] p\r pr\v] que les (fici]s de la p]sonne du pr9ce1 ou ceux qui composoi5t son conseil ou sa c\r de ju/ice1 n'ex]ass5t leurs fonctions qu'en v]tu de quelque bnfice ou de quelque doma9e qui leur auroit t donn8 ,montesquieu prt5d que les bnfici]s toi5t t5us au s]vice militaire en consqu5ce de leur bnfice2 mais il e/ pr\v1 p> t\s les monum5s de notre hi/oire1 que s]vir la gu]re n'toit po9t un devoir p>ticuli] aux bnfici]s1 puisque t\t citoy5 toit soldat1 et oblig d'all] la gu]re qu& il toit comm&4 ,si on s]voit la gu]re p>ce qu'on toit bnfici]1 les simples ,leudes1 qui n'avoi5t po9t de bnfice1 toi5t donc exempts du s]vice militaire2 mais qui p\rra jamais p5s] qu'une telle exemption ft le privilge des gr&s d'une nation qui n'aimoit et n'e/imoit que la gu]re8 ,comm5t le prsid5t de ,montesquieu pr\ve-t-il son s5tim5t8 ,e/-ce en citant ,grgoire de ,t\rs1 quelque *>te1 quelque loi1 quelque ordonnance des rois ,mrov+i5s8 ,non1 je tr\ve des capitulaires de ,*>lemagne1 de ,l\is-le-,dbonnaire1 de ,*>les-le-,*auve1 c4 ,je tr\ve jusqu'aux tablissem5s de ,s4 ,l\is1 quoiqu'il convi5ne lui-mme1 7,l4 #cj1 ,c4 #g17 que ,*>les ,m>tel fonda de n\veaux fiefs qu'il faut bi5 di/+u] des premi]s1 et 7,l4 #ca1 ,c4 #bc17 qu'il se fit alors une espce de rvolution dans les lois fodales4 ,p\rquoi donc veut-il appliqu] aux bnfices antrieurs ,*>les ,m>tel1 ce qui ne convi5t qu' ceux que ce maire cra8 ,p\r satisfaire un lecteur un peu au fait de notre hi/oire1 il ne faut lui prs5t] que des autorits presque contempora9es1 ou du mo9s qui ne ti5n5t pas des temps sp>s p> des rvolutions considrables4 ,les ,franais1 t\j\rs inconsidrs1 incon/ans et peu atta*s leurs pr9cipes1 se sont vus dans des circon/ances trop diffr5tes s\s la premire1 la seconde et la troisime race1 et ils ont obi trop s]vilem5t la biz>r]ie de la =tune et des vnem5s1 p\r qu'on puisse expliqu] avec quelque suret les usages d'un sicle1 p> les lois et les c\tumes du temps po/rieur4 ,faute de cette rgle de critique1 sans laquelle on s'g>]a t\j\rs en crivant sur l'hi/oire de ,france1 le prsid5t de ,montesquieu a confondu les seigneuries1 les bnfices et les fiefs1 ou a sp> des *oses qui toi5t unies2 de-l vi5t encore une obscurit dont on ne s'ap]oit pas1 qu& on lit sup]ficiellem5t1 comme la plup>t des lecteurs1 mais fatigante p\r des p]sonnes qui1 lisant p\r s'in/ruire1 veul5t acqurir des vrits1 et les avoir en ordre4 ,il ne faut reg>d] les bnfices des ,mrov+i5s que comme un tablissem5t qui donna lieu ,*>les ,m>tel de crer des fiefs1 qui d'abord ne fur5t eux-mmes qu'un tablissem5t conomique et dome/ique1 et qui ayant fait1 a9si que je le dirai dans le livre suivant1 des progrs trs-considrables la faveur des tr\bles qui ru9r5t les successeurs de ,*>lemagne1 dev9t le droit public1 gnral et politique de la nation4 #ch ,n\s n'avons aucune des *>tes p> lesquelles ,*>les ,m>tel confra des bnfices1 et c'e/ une gr&e p]te p\r les p]sonnes qui aim5t l'hi/oire de ,france2 c> on v]roit sans d\te dans ces *>tes quelles conditions il donna des bnfices4 ,on y tr\v]oit les preuves les plus compltes de la rvolution arrive s\s sa rg5ce1 dans une p>tie de l'adm9i/ration qui avoit dj excit tant de tr\bles et pr\v plusieurs *angem5s4 ,on a vu1 dans le corps mme de mon ouvrage1 les raisons qui pur5t dt]m9] ,*>les ,m>tel impos] des devoirs p>ticuli]s ses bnfici]s3 ces motifs1 j'en aj\t]ai ici un n\veau1 c'e/ que ce seigneur se tr\voit dans une situation t\te diffr5te de celle des rois ,mrov+i5s4 ,ceux-ci1 p> une suite naturelle des anci5s pr9cipes du g\v]nem5t1 avoi5t des ,leudes acc\tums leur tre atta*s4 ,on ne leur conte/oit po9t d'tre le c5tre de la puissance publique3 leurs intrts toi5t dans le fond les mmes que ceux de la nation4 ,*>les ,m>tel1 au contraire1 comme duc d',au/rasie1 et maire de ,b\rgogne et de ,neu/rie1 ne possdoit qu'une dignit n\velle et suspecte une gr&e p>tie des ,franais4 ,ne v\lant po9t voir de roi au-dessus de lui1 et g\v]nant sa nation avec un sceptre de f]1 il eut beso91 p\r aff]mir sa =tune1 de se faire des soldats qui n'app>t9ss5t qu' lui1 qui fuss5t obligs de df5dre ses intrts p]sonnels1 et tr\vass5t dans son arme et dans son palais ce qui p\voit satisfaire la fois leur av>ice et leur ambition4 ,les motifs raisonnables de faire une *ose ne sont qu'une foible preuve qu'elle ait t faite1 qu& on p>le des hommes en gnral2 mais il n'en e/ pas de mme lorsqu'il e/ "q d'un homme aussi habile que ,*>les ,m>tel4 ,la premire preuve que les bnfices de ,*>les ,m>tel fur5t confrs s\s la condition de le s]vir dans son palais et dans ses gu]res1 c'e/ que ses bnfici]s comm5cr5t tre appels vassaux1 mot qui jusques-l n'avoit signifi qu'un dome/ique4 ,voyez le glossaire de du ,cange1 au mot vassas4 ,p\rquoi ces bnfici]s auroi5t-ils t appels vassaux1 s'il n'y avoit eu une c]ta9e ressemblance entre les devoirs auxquels ,*>les ,m>tel les s\mit1 et ceux de la dome/icit8 ,avant la rg5ce de ce maire1 ri5 n'indique1 a9si que je l'ai dj dit1 que les bnfici]s contractass5t de n\velles obligations1 et fuss5t spcialem5t engags remplir de c]ta9s devoirs2 aprs cette poque1 mille et mille monum5s1 au contraire1 le dis5t1 et p\r ne pas ennuy] le lecteur1 je n'en cit]ai ici que quelques-uns4 ,quicumque ex eis qui b5eficium pr9cipis hab5t1 p>em suum contr ho/es communes 9 ex]citum p]g5tem dimis]it1 et cum eo ire aut />e nolu]it1 honorem suum et b5eficium p]dat4 7,cap4 #b1 an4 #hab1 art4 #e47 ,de vassis dom9icis qui adhuc intr casam s]viunt1 et tam5 b5eficia hab]e noscuntur1 /atutum e/ ut quicumque ex eis cum domno imp]atore domi remans]9t1 ,vassallos suos casatos secum non ret9eant1 s$ cum comite cujus ,pag5ses sunt1 ire p]mittant4 7,ibid4 art4 #g47 ,conc$imus1 dit ,*>les-le-,*auve dans une *>te1 cuidam fideli no/ro1 nom9e ,rivelongo1 sub devotione s]vitii sui1 quasdam res juris no/ri sitas1 c4 7,voyez dom ,b\quet1 ,t4 #h1 p4 #hce47 ,mes rem>ques sur le second livre s]ont remplies de passages qui pr\v5t la mme vrit4 ,frumoldus44444 magis infirmitate qum s5ectute confectus4444 habet b5eficium non gr&e 9 ,burgundi1 9 pago ,g5aw5se ubi pat] ejus comes fuit1 et timet illud p]d]e1 nisi ve/ra b5ignitas illi opituletur1 eo qud pr infirmitate qu premitur1 ad palatium v5ire non pote/4 7,epi/4 ,eg9h4 ,dom ,b\quet1 ,tom4 #f1 p4 #cgd47 ,vassus dom9icus44444 morbo p$um et s5ectute gravis volebat v5ire ad dom9um imp]atorem1 s$ non potuit propt] infirmitatem suam4 ,cum primm potu]it1 v5iet ad s]vitium ejus4 ,int]im po/ulat ut sibi liceat b5eficium suum hab]e1 quod ei dom9us ,k>olus d$it 9 ,burgundia 9 pago ,g5aw5se usqu$um ille ad prs5tiam ejus v5]it1 ac se 9 manus ejus comm&av]it4 7,epi/4 ,eg9h4 ,dom4 ,b\quet1 ,t4 #f1 p4 #cge47 ,voici en quels t]mes g9h>d dem&e un bnfice p\r un de ses amis4 ,e/ enim homo nobilis et bon fidei1 b5e quoque doctus ad s]vi5dum utilius 9 qualicumque negotio quod ei injunctum fu]it4 ,s]vivit enim avo et patri ve/ro fidelit] et /r5u4 7,ibid47 ,enf91 les bnfices1 cause des s]vices dome/iques1 avoi5t tellem5t *ang de nature1 qu'?icon1 frre de l'impratrice ,judi?1 vit avec indignation que son fils eut reu en bnfice quatre mille manoirs de t]re dans la ,haute ,bavire2 il crut sa maison dgrade4 #ci ,igitur memoratus ,pr9ceps 7,c>olus ,m>tellus7 consilio optimatum suorum1 filiis suis regna dividit4 7,cont4 ,fr$4 ,"p4 #c47 ,,*apitre ,,vii4 #dj ,nam pulsis ,romanis quid aliud quam bella omnium int] se g5tium exi/5t4 7,hi/4 ,l4 #d47 #da ,voyez le code des ,b\rguignons et celui des ,visigo?s4 #db ,ecce pactiones qu int] nos 7,gun?ramnum et ,*ilp]icum7 fact sunt1 ut quisquis s9e fratris voluntate ,p>isius urbem +r$]etur1 amitt]et p>tem suam1 essetque ,polyoctus m>tyr1 cum ,hil>io atque ,m>t9o confessoribus1 judex ac retributor ejus4 7,greg4 ,tur4 ,l4 #g1 ,c4 #f47 ,la ville de ,m>seille app>t5oit de mme en commun ,gontran et ,*ildeb]t4 7,voyez ,greg4 de ,t4 ,l4 #f1 ,c4 #aa47 ,f9 des ,rem>ques du ,livre premi]4 ,,rem>ques ,,et ,,preuves ,,des ,obs]vations sur l'hi/oire de ,france4 ,,livre ,,second4 ,,*apitre ,,premi]4 #dc ,l'exemple d'un gr& a t\j\rs t plus contagieux *ez les ,franais que p>-t\t ailleurs2 et qu& ,*>les ,m>tel n'auroit tir aucun avantage des bnfices qu'il confra en son nom1 la vanit t\te seule auroit port d'autres seigneurs faire des vassaux4 ,je ne me rappele aucun monum5t de notre hi/oire1 antrieur la rg5ce de ,*>les ,m>tel1 o il soit p>l des vassaux qu'avoi5t les vques1 les abbs1 les comtes et les autres seigneurs2 aprs cette poque1 t\t1 au contraire1 en e/ ple94 ,un capitulaire de ,pep91 de l'an #geg1 art4 #f1 dit3 ,homo ,francus accepit b5eficium de s5iore suo1 et duxit secum suum vassallum1 etc4 ,ut vassi no/ri et vassi episcoporum1 abbatum1 abbatiss>um et comitum qui anno prs5te 9 ho/es non fu]unt1 ,h]ibannum rewadi5t4 7,cap4 ,l4 #d4 ,art4 #bj47 ,volumus atque jubemus ut vassalli episcoporum1 abbatum1 abbatiss>um atque comitum et vassorum no/rorum talem legem et ju/itiam apud s5iores suos habeant1 etc4 7,cap4 ,c>4 ,cal4 ,baluze4 ,t4 #b4 p4 #bae47 ,je p\rrois cit] ici plusieurs autres autorits2 mais p\r abrg]1 je me cont5t]ai de r5voy] une *>te de l'an #hfi1 intitule3 ,prceptum ,c>oli-,calvi pro ,dodone ,vasso ,otg]ii4 ,libuit celsitud9i no/r1 cuidam fideli no/ro ,dodone1 ,vasso ,otg]ii fidelis no/ri1 de quibusdam rebus no/r proprietatis honor>e atque 9 ipsius jure ac pote/ate conf]re4 7,capit4 ,baluze4 ,t4 #b1 p4 #adhh47 ,je cont9ue me s]vir du mot de bnfice dans l'hi/oire des premi]s rois de la seconde race1 p>ce que celui de fief ne comm5a tre en usage que v]s le temps de ,*>les-le-,simple4 ,voyez le ,glossaire de ,ducange1 au mot ,feudum4 ,ce savant auteur rem>que que les pices d'une date antrieure au rgne de ,*>les-le-,simple1 dans lesquelles on tr\ve cette expression1 sont suspectes aux yeux des critiques4 ,les devoirs de ces vassaux des seigneurs toi5t de les accompagn] la gu]re1 de s\t5ir leurs qu]elles p>ticulires et en les s]vant dans leurs maisons1 de leur =m] une c\r brillante4 #dd ,tria tantum ,francorum regna esse cp]unt2 ,burgundia ,gun?ramni1 ,neu/ria ,*ilp]ici1 ,au/ria ,sigib]ti4 ,nec pleura de9d ,m]ovei po/]is dom9antibus fu]unt4 ,po/e ,*lo?>ius junior totius ,franci pot5s1 ret5t sibi ,neu/ri atque ,burgundi1 ,dagob]tum filium suum regem ,au/rasiorum con/itu5dum curavit3 ,atque ex eo ,neu/ria ac ,burgundia semp]1 dum ,m]ov+i apud ,francos regnrunt1 uni pr9cipi p>ure4 ,qu>e ,!odoricum quidem ,*lodovei m9oris filium m9imum1 regnantibus fratribus suis1 ,*lot>io 9 ,neu/ria atque ,burgundia1 ,*ild]ico 9 ,au/ria1 privatum egisse1 haudquaqum mirum fuit4 ,nec enim regnum ullum sup]]at quod ipsi d>etur4 7,_h4 ,vales ,req4 ,franc4 ,l4 #bb47 #de ,omnes optimates suos1 duces et comites ,francorum1 episcopos quoque ac sac]dotes ad se v5ire prcipit 7,pip9us74 ,ibique un cum cons5su proc]um suorum quali sorte int] duos filios ,k>olum et ,k>lomannum1 regnum ,francorum pat]no jure divisit4 7,annal4 ,met5s4 ,cap4 de an4 #gfh47 ,le n\vel ordre de succession dont j'ai p>l dans mon ouvrage1 e/ videmm5t pr\v p> les lois de ,*>lemagne et de ,l\is-le-,dbonnaire4 ,quod si talis filius cuilibet i/orum trium fratrum natus fu]it1 quem populus elig]e velit ut patri suo succ$at 9 regni h]$itate1 volumus ut hoc cons5tiant patri ipsius pu]i1 ut regn>e p]mittant filium fratris sui 9 portione regni quam pat] ejus et frat] eorum obt9uit4 7,*>t4 ,divis4 ,imp4 ,c>4 ,mag4 ,an4 #hjf4 ,art4 #e47 ,si v] aliquis illorum dec$5s1 legitimos filios reliqu]it1 non int] eos pote/as ipsa dividatur2 s$ potis populus p>it] conv5i5s1 unum ex eis1 quem dom9us volu]it1 eligat4 7,*>t4 ,divis4 ,imp4 ,lud4 ,pii4 ,art4 #ad47 ,monemus etiam totius populi no/ri devotionem et s9c]issim fidei p5e apud omnes populos famosissimam firmitatem1 ut si is filius no/]1 qui nobis div9o nutu success]it1 absque lib]is legitimis rebus humanis excess]it1 propt] omnium salutem et ecclesi tranquillitatem et imp]ii unitatem1 9 elig5do uno ex lib]is no/ris1 si sup]/ites fratri suo fu]9t1 eam quam 9 illius electione fecimus conditionem imit5tur4 7,ibid4 ,art4 #ah47 ,voyez dans le recueil de ,baluze1 le troisime article du capitulaire que ,*>les-le-,*auve publia l'an #hei1 et le s]m5t que ,l\is-le-,bgue fit son c\ronnem5t3 ,ego ,hlud[icus mis]icordi ,dom9i ,dei no/ri et electione populi1 rex con/itutus1 promitto1 etc4 ,le ,p4 ,daniel prt5d1 dans sa prface hi/orique1 que la c\ronne dev9t purem5t lective s\s les rois de la seconde race2 et que les ,franais1 en levant ,pep9 sur le trne1 ne s'toi5t po9t engags *oisir t\j\rs leurs rois dans sa famille4 ,comm5t accord] une p>eille op9ion avec les passages qu'on vi5t de lire8 ,le gr& argum5t de cet hi/ori5 infidelle1 c'e/ que le pape ,eti5ne ne fait pas m5tion de ce pacte dans le disc\rs qu'il pronona au sacre de ,pep9 et de ses fils4 ,le pape eut sans d\te ses raisons p\r se taire sur cet article2 et il n'e/ pas difficile de les dev9]4 ,conv5oit-il de faire valoir ce s]m5t au milieu d'une crmonie qui rappeloit t\s les esprits que les ,franais avoi5t viol celui qu'ils avoi5t fait aux pr9ces ,mrov+i5s8 ,mais je veux que le pape ,eti5ne n'ait eu aucun motif de pass] s\s sil5ce le s]m5t des ,franais au c\ronnem5t de ,pep92 de quelle =ce peut tre une preuve ngative qui e/ dm5tie p> les autorits les plus graves8 ,le sil5ce du pape ne peut donc ri5 pr\v] contre les droits de la famille de ,pep91 sur-t\t qu& on voit que ce mme pape les reconnot et les tablit lui-mme de la manire la plus =te4 ,une pice imprime dans le recueil de ,dom ,b\quet1 7,t4 #e1 p4 #i17 ne p]met pas d'en d\t]4 ,francorum pr9cipes b5$ictione et _ss sancti grati confirmavit2 et tali omnes int]dictu et excommunicationis lege con/r9xit1 ut numqum de alt]ius lumbis regem 9 vo prsumant elig]e1 s$ ex ipsorum4 ,le quatrime et le c9quime argum5s du ,p4 ,daniel pr\v5t que la c\ronne toit lective1 mais ne dtruis5t po9t ce que j'ai avanc1 que l'lection devoit reg>d] un pr9ce de la maison de ,pep94 ,ce qu'il aj\te au sujet de ,boson1 de ,rodolphe1 d',eude1 etc4 qui se fir5t c\ronn] rois1 dmontre seulem5t qu'il y avoit des usurpateurs1 ce que p]sonne n'ignore2 et que les pr9ces de la seconde race1 tombs enf9 dans le mme avilissem5t que ceux de la premire1 et aussi incapables qu'eux de faire respect] les lois anci5nes1 et de cons]v] leur dignit1 alloi5t subir le mme sort et p]dre le trne4 ,je n'en dis pas davantage2 il e/ f*eux d'avoir rfut] un hi/ori5 qui se trompe de propos dlibr4 ,,*apitre ,,ii4 #df ,maxima ex p>te civitates et episcopales s$es tradit sunt laicis cupidis ad possid5dum1 vel cl]icis scortatoribus et publicanis secul>it] ad p]fru5dum444 inv5iuntur etiam quidam int] eos episcopi1 qui lict se =nic>ios et adult]os dicant non esse1 sont tam5 ebriosi vel v5atores1 pugnant 9 ex]citu armati1 et effundunt propri manu sangu9em hom9um1 sive paganorum1 sive ,*ri/ianorum4 ,c'e/ a9si que ,s4 ,boniface crivoit au pape ,za*>ie en #gdb4 ,voyez ,dom ,b\quet1 ,t4 #d1 pag4 #cd4 #dg ,consuetudo autem nunc temporis talis erat1 ut non spis1 s$ bis 9 anno placita duo t5]5tur4 7,h9cm4 de ,ord4 ,pal4 ,c4 #bi47 ,ut ad mallum v5ire nemo t>det1 primm circa /atem1 secundo circa autumnum4 7,capit4 #a1 an4 #gfi1 art4 #ab47 ,on voit p> cette loi que les ,franais cons]voi5t t\j\rs leur anci5ne indiffr5ce p\r leurs assembles4 ,p> les mots placita et mallum1 dont on se s]voit ord9airem5t p\r dsign] les plaids ou assises de ju/ice1 dans lesquels les rois1 les ducs1 les comtes et leurs (fici]s jugeoi5t les affaires des p>ticuli]s1 il faut ent5dre ici les assembles de la nation1 qu',eg9h>d appelle dans ses annales1 conv5tus g5]alis4 ,on n'en d\t]a pas1 si on jette les yeux sur l'ouvrage d',h9cm>1 que je vi5s de cit]4 ,placita et mallum sont employs ici p> ext5sion1 p>ce que dans ces assembles gnrales1 on jugeoit quelquefois les affaires majeures qui intressoi5t la tranquillit publique1 comme l'infidlit de ,tassillon1 duc des ,bav>rois1 et la rvolte de ,b]n>d1 roi d',italie4 ,t\t le monde sait que c'e/ dans une assemble de la nation1 t5ue ,nimgue en #hca1 que la femme de ,l\is-le-,dbonnaire se purgea des accusations int5tes contre elle p> ses beaux-fils4 ,il e/ vid5t que les deux passages que je vi5s de cit]1 ne peuv5t po9t s'ent5dre de la c\r de ju/ice du roi1 qui se t5oit bi5 plus s\v5t1 a9si que n\s l'appr5n5t plusieurs pices anci5nes1 et pr9cipalem5t une lettre des emp]eurs ,l\is-le-,dbonnaire et ,lo?aire4 ,sciatis ob hanc causam nos velle p] s+ulas hebdomadas uno die 9 palatio no/ro ad causas audi5das s$]e4 7,dom ,b\quet ,t4 #f1 p4 #cdc47 ,j'ai cru cette rem>que ncessaire1 p>ce que j'ai vu que plusieurs criva9s confond5t les assembles de la nation avec la c\r de ju/ice du roi2 et que cette erreur1 t\te grossire qu'elle e/1 e/ adopte p> bi5 des p]sonnes1 et jette une confusion extrme dans notre hi/oire4 #dh ,quelques criva9s croi5t que le peuple n'entra po9t dans les assembles du *amp de ,mai1 s\s la seconde race2 il suffira de rapport] ici quelques autorits p\r dtromp] de cette erreur4 ,si tempus s]5um erat1 s9 autem1 intr div]sa loca di/9cta erant1 ubi et hi abundant] segregati semotim2 et ct]a multitudo sep>atim resid]e potuiss5t1 pris tam5 ct] inf]iores p]son int]esse m9im potuiss5t4 ,qu utraque tam5 s5iorum susceptacula sic 9 duobus divisa erant1 ut prim omnes episcopi2 abbates vel hujusmodi honorific5tiores cl]ici1 absque ull laicorum commixtione congreg>5tur4 ,similit] comites vel hujusmodi pr9cipes sibimet honorificabilit] ct]a multitud9e primo mane segreg>5tur4 7,h9c4 de ,ord4 ,pal4 ,c4 #ce47 ,p> l'expression1 ct]a multitudo1 on ne peut ent5dre que le peuple1 ou ce que n\s avons depuis appel le ti]s-tat4 ,vult dom9us imp]ator ut 9 tale placitum quale ille nunc juss]it1 v5iat unusquisque comes1 et adducat secum duodecim scab9os1 si tanti fu]9t1 s9 autem1 de melioribus hom9ibus illius comitats suppleat num]um duod5>ium1 et advocati1 tam episcoporum1 abbatum et abbatiss>um ut eis v5iant4 7,cap4 #b1 an4 #hai1 art4 #b47 ,voil les p]sonnes comprises p> le ct]a multitudo d',h9cm>4 ,il ne peut y avoir de difficult sur la condition de ces scab9s ou ra*9b\rgs4 ,j'en ai p>l dans le livre prcd5t2 c'toi5t les assesseurs des juges1 et le peuple les nommoit4 ,p\r les av\s des glises1 ils n'toi5t encore dans ce temps-l que des hommes du peuple1 des espces d'int5dans d'un vque ou d'un mona/re4 ,ce n'e/ que v]s la f9 de la seconde race1 ou au comm5cem5t de la troisime1 que les seigneurs ne ddaignr5t pas ce titre1 qui les con/ituoit capita9es des milices de l'glise dont ils toi5t av\s4 ,les adv\]ies dev9r5t des fiefs considrables1 et p>eils aux ,vidamies4 ,voyez le ,glossaire de ,ducange au mot advocatus4 ,ut populus int]rogetur de capitulis qu 9 lege novit] addita sunt1 et po/qum omnes cons5s]9t1 subscriptiones et manufirmationes suas 9 ipsis capitulis faciant4 7,cap4 #c1 an #hjc47 ,hc ,capitula ,domnus ,hlud[icus imp]ator1 anno imp]ii qu9to cum univ]so ctu populi 9 ,aquigrani ,palatio promulgavit4 7,prol4 ,cap4 #a1 an #haf47 ,il faut rem>qu] que dans les ordonnances publies p> les assembles prcd5tes1 o il n'y avoit que des prlats et des seigneurs1 on ne s'exprimoit po9t a9si2 on n'y tr\ve jamais le mot ,populus4 ,les annales de ,s4 ,b]t9 dis5t que le peuple assi/a l'assemble t5ue ,nimgue en #hca4 ,ego ,agob>dus1 ,lugdun5sis ecclesi indignus episcopus1 int]fui v5]abili conv5tui apud palatium quod nuncupatur comp5dium4 ,qui ubique conv5tus extitit ex rev]5dissimis episcopis et magnific5tissimis viris illu/ribus1 collegio quoque abbatum et comitum1 promiscuque tatis et dignitatis populo4 ,c'e/ l'assemble de #hcc4 7,voyez ,dom ,b\quet1 ,t4 #f1 p4 #bdf47 ,je ne f9irois po9t1 si je v\lois rapport] ici t\s les passages de nos anci5s monum5s qui pr\v5t que le peuple entroit au *amp de ,mai2 on en tr\v]a plusieurs rp&us et l dans les rem>ques du prs5t livre2 je prie le lecteur d'y faire att5tion4 #di ,aliud placitum cum s5ioribus tantm et prcipuis consili>iis habebatur4 7,h9cm4 de ,ord4 ,pal4 ,c4 #cj47 ,c'e/ t\j\rs ce trait prcieux d',h9cm>1 que je cite dans ce *apitre4 #ej ,les lois saliques et ripuaires1 et les ordonnances des premi]s rois ,mrov+i5s qui sont v5ues jusqu' n\s1 ne sont po9t intitules au nom du pr9ce4 7,voyez les capitulaires de ,baluze et le recueil des hi/ori5s de ,france1 p> ,dom ,b\quet47 ,*ildeb]t1 en #eie1 mit le premi] son nom la tte d'une ordonnance2 ,*ildeb]tus1 rex ,francorum vir inlu/]4 ,cette n\veaut toit une suite des progrs que l'autorit royale avoit faits depuis ,clovis4 ,elle fut vraisemblablem5t inspire ,*ildeb]t p> les ,leudes ,gaulois d'orig9e1 qui toi5t acc\tums voir le nom des emp]eurs la tte des ordonnances4 #ea ,capitula qu prt]ito anno legi ,salic cum omnium cons5su add5da esse c5suimus4 7,cap4 an4 #hja47 ,g5]alit] omnes admonemus ut capitula qu prt]ito anno legi ,salic p] omnium cons5sum add5da esse c5suimus1 jam non ult]is capitula1 s$ tantm ,lex dicantur1 imm pro lege t5eantur4 7,capit4 an4 #hba1 art4 #e47 ,capitul>ia patris no/ri qu ,franci pro lege t55da judicav]unt4 7,capit4 an4 #hcg47 ,lex cons5su populi fit et con/itutione ,regis4 7,capit4 an4 #hfd4 art4 #f47 #eb ,h9cm>1 en p>lant des malv]sations des comtes1 tablit trs-bi5 cette diffr5ce entre les lois et les capitulaires simplem5t provisionnels1 et qui n'toi5t pas revtus de l'autorit lgislative4 ,qu& enim sp]ant aliquid lucr>i1 ad legem se conv]tunt2 qu& v] p] legem non /imant acquir]e1 ad capitula confugiunt2 sicque int]dum fit1 ut nec capitula pl5it] cons]v5tur1 s$ pro nihilo habeantur1 nec ,lex4 ,j'aj\t]ai encore ici une autorit1 qui ne laiss]a aucun d\te sur cette matire4 ,ut si missi no/ri talem causam 9 ill t]r inv5]9t quam ad debitum f9em1 neque p] i/a capitula1 nec p] capitula prog5itorum no/rorum1 neque p] legalia capitula p]duc]e poss9t1 nobis rationabilit] et v]acit] rem&>e procur5t1 ut nos illis rem&emus qualit] ind ag]e debeant4 7,edict4 apud4 ,tusiacum4 an4 #hfe4 art4 #ae47 ,les rglem5s p>ticuli]s et provisionnels avoi5t une trs-gr&e autorit1 a9si que n\s l'appr5d un capitulaire de ,*>les-le-,*auve4 ,ut nemo despiciat ,litt]as no/r auctoritate aut filii no/ri nom9e signatas1 vel eorum quos 9 hoc ,regno cum illo dimittimus3 neque inob$i5s sit qu sibi m&ata fu]unt4 ,quod si prsumps]it1 x mulctetur1 sicut 9 capitul>i avi et domni g5itoris no/ri cont9etur4 7,cap4 an4 #hgg4 art4 #ba47 ,j'av]tis les lecteurs qui veul5t faire une tude srieuse de notre anci5ne hi/oire1 d'avoir une att5tion p>ticulire di/+u] les capitulaires lgislatifs1 de ceux qui n'ont t que des rglem5s provisionnels4 ,on peut les connotre diffr5tes m>ques4 ,leur date1 la matire qu'ils trait5t1 leur =me1 peuv5t aid] faire cette diffr5ce4 ,quelquefois un capitulaire en indique un qui n'e/ que provisionnel1 et un autre qui a titre de loi4 ,s\s ,*>lemagne1 on tr\ve peu des premi]s2 ils sont plus frqu5s s\s ,l\is-le-,dbonnaire1 et trs-communs s\s ,*>les-le-,*auve2 c'e/ que ,*>lemagne toit un trs-gr& pr9ce1 ,l\is-le-,dbonnaire un homme mdiocre1 et ,*>les-le-,*auve un pr9ce absolum5t incapable de rgn]4 ,s\s ,*>lemagne le g\v]nem5t se =moit2 s\s ,l\is-le-,dbonnaire il se d=moit2 s\s ,*>les-le-,*auve il n'exi/oit plus4 #ec ,cum omnes capitalem s5t5tiam proclam>5t1 rex1 mis]icordi motus1 eo qud consangu9eus esset1 obt9uit ab ipsis ,dei et suis fidelibus ut non moriretur4 7,ann4 ,met54 an4 #ghh47 ,dixit enim ,dom9us rex 9 edem synodo ut s$e apo/olic1 id e/1 ab ,adriano pontifice lic5tiam habuisset1 ut ,angilramnum ,ar*iepiscopum 9 suo palatio assidu hab]et propt] utilitates ecclesia/icas2 deprecatus e/ eamdem synodum ut eodem modo sicut ,angilramnum habu]at1 x etiam ,hildeboldum episcopum hab]e debuisset2 quia et de eodem1 sicut et de ,angilramno apo/olicam lic5tiam habebat4 ,omnis synodus cons5sit1 et placuit eis eum 9 palatio esse deb]e propt] utilitates ecclesia/icas4 7,cap4 ,franc(ordi5sis1 an4 #gid1 art4 #ec47 ,l'apocrisiaire avoit l'int5dance gnrale des affaires de la religion dans le palais4 ,il toit encore *ef ou prsid5t1 s\s le roi1 de la c\r suprieure de ju/ice1 qu& on y jugeoit quelque procs dans lequel un ecclsia/ique toit p>tie4 ,le comte du palais en toit *ef ou prsid5t1 s\s le roi1 qu& on y jugeoit les diffr5ds des lacs4 7,voyez ,h9cm>1 de ,ord4 ,pal4 ,c4 #ac et suivans47 ,quapropt] et no/ros ad vos direximus missos1 qui ex no/ri nom9is auctoritate un vobiscum corrig]5t qu corrig5da ess5t1 s$ et aliqua capitula ex canonicis in/itutionibus1 qu magis nobis necess>ia videbuntur1 subjunximus4 ,ne aliquis1 qus1 ,prlatis admonitionem esse prsumptiosam judicet1 qu nos errata corrig]e1 sup]flua abscid]e1 recta coact>e /udeamus4 ,s$ magis b5evolo c>itatis animo suscipiat3 nam legimus 9 regnorum libris quomodo sanctus ,josias rex1 etc4 7,voyez les ,capit4 de ,baluze1 ,t4 #a1 pag4 #gjc47 #ed ,volumus propt] ju/itias qu usquemod de p>te comitum remans]unt1 quatuor tantum m5sibus ii anno missi no/ri legationes no/ras ex]ceant1 9 hieme janu>io1 9 v]no ,aprili1 9 /ate ,julio1 9 autumno ,octobrio1 ct]is v] m5sibus unusquisque comitum placitum suum habeat et ju/itias faciat4 7,capit4 #c1 an4 #hab1 art4 #d47 ,itaque volumus ut m$io m5so ,maio conv5iant iidem missi1 unusquisque 9 sua legatione cum omnibus episcopis1 abbatibus1 comitibus ac vassis no/ris1 advocatis1 ac vice-dom9is abbatiss>um1 nec non et eorum qui propt] aliquam inevitabilem necessitatem ipsi v5ire ad locum unum4 ,et si necesse fu]it1 propt] opportunitatem conv5i5di 9 duobus vel tribus locis1 vel maxim propt] paup]es populi1 idem conv5tus habeatur qui omnibus congruat4 ,et habeat unusquisque comes vic>ios et c5t5>ios suos necnon et de primis scab9eis suis tres aut quatuor4 ,et 9 eo conv5tu primm *ri/ian religionis et ecclesia/ici ord9is collatio fiat4 ,de9de inquirant missi no/ri ab univ]sis qualit] unusquisque illorum qui ad hoc nobis con/ituti sunt1 (ficium sibi commissum1 secundm dei voluntatem ac jussionem no/ram1 adm9i/ret 9 populo1 et qum concordes atque unanimes ad hoc s9t1 vel qualit] vicissim sibi auxilium f]ant ad m9i/]ia sua p]ag5da4 7,cap4 an4 #hbc1 art #bh47 ,ce capitulaire e/ de ,l\is-le-,dbonnaire2 mais on peut et on doit mme1 sans cra9te de se tromp]1 attribu] ,*>lemagne l'tablissem5t des tats prov9ciaux dont je p>le4 ,je prie de faire att5tion qu'on ne peut ri5 infr] contre mon s5tim5t1 du sil5ce des capitulaires de ,*>lemagne au sujet de ces tats1 puisqu'il s'en e/ p]du un assez gr& nombre1 et qu'il s'en faut beauc\p que n\s ayons un corps complet de sa lgislation ou de son adm9i/ration4 ,en second lieu1 il s]oit difficile de croire que les tats prov9ciaux fuss5t l'ouvrage de ,l\is-le-,dbonnaire4 ,cet tablissem5t1 on le v]ra dans le quatrime *apitre de ce livre1 n'a aucune analogie avec le re/e de la conduite de ce pr9ce1 ou du mo9s avec la politique des p]sonnes qui le g\v]noi5t4 ,*>lemagne v\loit tre in/ruit de t\t1 p>ce qu'il v\loit remdi] t\t1 et qu'il se s5toit les tal5s ncessaires p\r russir4 ,il favorisoit en t\te occasion la lib]t de la nation4 ,l\is-le-,dbonnaire craignoit au contraire d'tre in/ruit des abus auxquels il n'avoit pas l'art d'apport] un remde efficace2 et les m9i/res de son autorit ne songeoi5t qu' l't5dre et en abus]4 ,en troisime lieu1 ma conjecture p>ot d'autant mieux fonde1 que ,l\is-le-,dbonnaire av]tit quelquefois dans ses capitulaires1 qu'il ne fait que copi] ceux de son pre2 et on s'en app]cevroit bi5 sans qu'il le dt1 sur-t\t dans les occasions o il p>ot s'lev] au dessus de lui-mme et avoir de gr&es vues4 ,ut omnis episcopus1 abbas et comes1 except infirmitate vel no/r jussione1 nullam excusationem habeat qu9 ad ,placitum ,missorum no/rorum v5iat1 aut talem ,vic>ium suum mittat qui 9 omni caus pro illo r$d]e rationem possit4 7,cap4 #e4 an4 #hai1 art4 #bh47 #ee ,/atuimus quoque cum consilio s]vorum ,dei et populi *ri/iani1 propt] imm95tia bella et p]secutiones ct]>um g5tium qu 9 circuitu no/ro sunt1 ut sub prec>io et c5su aliquam p>tem ecclesialis pecuni 9 adjutorium ex]cits no/ri1 cum indulg5tia ,dei1 aliquanto tempore ret9eamus1 e conditione1 ut annis s+ulis de unaquaque casata solidus1 id e/1 duodecim d5>ii ad ecclesiam vel mona/]ium r$dantur2 eo modo ut si moriatur ille cui pecunia commodata fuit1 ecclesia cum propri pecuni reve/ita sit4 ,et it]um1 si necessitas cogat1 aut pr9ceps jubeat1 prec>ium r5ovetur et rescribatur novum4 ,et omn9 obs]vetur ut ecclesi vel mona/]ia p5uriam non patiantur quorum pecunia 9 prec>io posita e/2 s$ si paup]tas cogat1 ecclesi vel domui ,dei r$datur integra possessio4 7,c4 #b4 an4 #gdc47 ,cet usage des prcaires n'toit pas n\veau s\s ,pep94 ,dom ,b\quet n\s a donn dans son recueil1 7,t4 #d1 p4 #fhg17 un diplome de ,dagob]t ,,iii1 qui r5\velle les prcaires tablis p> les rois ses prdcesseurs4 7,voyez la pice intitule3 ,prceptum ,dagob]ti ,,iii regis quod facit sup] prec>ium de mona/]io ,anisol1 ,ibbol5o abbati47 #ef ,ita ut episcopo dec$5te1 9 loco ipsius1 qui metropolitano ord9>i debet cum prov9cialibus1 cl]o et populo eligatur2 et si p]sona condigna fu]it1 p] ord9ationem pr9cipis ord9etur2 vel c]t si de palatio eligitur1 p] m]itum p]son et doctr9 ord9etur4 7,ord4 an4 #fae1 art4 #a47 ,m>culfe n\s a donn la =mule p> laquelle les rois ,mrov+i5s nommoi5t un v*1 ou plutt ordonnoi5t au mtropolita9 de sacr] le c&idat qu'ils lui adressoi5t4 ,dom9o sancto1 s$is apo/olic dignitate col5do1 9 ,*ri/o patri illi episcopo1 ille rex ,cr$imus jam ad ve/ram rev]5tiam p]v5isse sanct recordationis illius urbis anti/item evocatione div9 de prs5tis sculi luce migrasse4 ,de cujus successore sollicitud9e integr1 cum pontificibus1 vel primatibus populi no/ri p]tractantes1 decrevimus illu/ri viro illi1 aut v5]abili viro illi1 ad prfatam urbem pontificalem regul>it] ,*ri/o auspice committ]e dignitatem2 et ide salutationum jura digno debita honore solv5tes1 petimus ut cum ad vos p]v5]it1 ipsum ut ordo po/ulat1 b5$ici ve/ra sanctitas non moretur1 et junctis vobis cum ve/ris comprov9cialibus1 ipsum 9 supr scripta urbe consecr>e1 ,*ri/o auspice1 debeatis4 ,agat ergo almitas ve/ra1 ut et no/r voluntatem devotionis incunctant] debeatis impl]e1 et tam vos qum ipse1 pro /abilitate regni no/ri jugi invigilatione pl5is exoretis4 7,=m4 #f4 ,liv4 #a47 ,sacrorum canonum non ign>i1 ut 9 ,dei nom9e sancta ecclesia suo lib]is potiretur honore1 ads5sum ord9i ecclesia/ico prbuimus1 ut scilicet episcopi p] electionem cl]i et populi1 secundm /atuta canonum1 de propri dicesi1 remot p]son>um et num]um acceptione1 ob vit m]itum et sapi5ti donum eligantur4 7,cap4 #a1 an4 #hjc1 art4 #b47 ,ut nullus judicum de quolibet ord9e cl]icos de civilibus causis1 prt] crim9alia negotia1 p] se di/r+]e aut damn>e prsumat1 nisi conv9citur manife/us1 excepto presbyt]o1 aut diacono4 ,qui v]o convicti fu]9t de crim9e capitali1 juxt canones di/r+antur et cum pontificibus exam95tur4 7,ord4 an4 #fae1 art4 #d17 quod si causa int] p]sonam publicam et hom9es ecclesi /et]it1 p>it] ab utrque p>te prpositi ecclesi>um et judex publicus 9 audi5tia publica positi1 ea debeant judic>e4 7,ibid4 art4 #e17 lib]tos cujuscumque +5uorum sac]dotibus juxt textus *>t>um +5uitatis su def5s&os1 nec absque prs5ti episcopi aut prpositi ecclesi esse judic&os vel ad publicum revoc&os4 7,ibid4 art4 #g47 ,ut nullus judex neque presbyt]um1 neque diaconum aut cl]icum aut juniorem ecclesi1 extr consci5tiam pontificis p] se di/r+at aut condemn>e prsumat4 ,quod si quis hoc fec]it1 ab ecclesi cui injuriam inrog>e dignoscitur1 tamdi sit seque/ratus1 quamdi reatum suum cognoscat et em5det4 7,cap4 an4 #gfi1 art4 #ag47 ,ut comites et judices seu reliquus populus ob$i5tes s9t episcopo4 7,cap #a4 an4 #hac1 art4 #aj17 et 9 ve/ris m9i/]iis pontifices no/ros talem pote/atem non p]mittatis1 qualem rectitudo ecclesia/ica docet3 insup] nonas et decimas vel c5sus improb cupiditate de ecclesiis1 und ipsa b5eficia sunt1 ab/rah]e nitam9i1 et prec>ias de ipsis rebus1 sicut nobis dudm 9 no/ro capitul>e in/itutum e/ accip]e negligatis4 7,prcep4 ,c4 magn4 de honore pr/&o episcopis comitibus et aliis judicibus4 ,d4 ,b4 ,t4 #e4 p4 #gff47 ,prcipimus omnibus ditioni no/r subjectis ut nullus privilegia ecclesi>um vel mona/]iorum infr+]e1 resque ecclesi>um invad]e1 vel va/>e1 vel ali5>e1 vel facultates e>um dirip]e prsumat1 nec s9e prec>ia possid]e p]t5tet4 7,c4 #a1 an4 #hac1 art4 #c47 ,sicut et p] scripturas et p] auctoritatem1 et p] rationem1 manife/um e/1 duo sunt quibus pr9cipalit] mundus hic regitur1 regia pote/as et pontificalis autoritas2 et 9 libro capitulorum avi et patris no/ri conjunct ponitur1 ut res et mancipia ecclesi>um eo modo cont9eantur1 sicut res ad fiscum dom9icum p]t95tes cont9]i sol5t j et rationabilit] de rebus et mancipiis qu 9 regi et 9 ecclesia/ic re/itur fu]unt1 uni=mit] et uno modo t55dum e/4 7,capit4 an4 #hgc1 art4 #h47 #eg ,ut quisque b5eficium ecclesia/icum habet1 ad tecta ecclesi re/aur&a1 vel ipsas ecclesias omn9 adjuv5t4 7,c4 #a1 an4 #hac1 art4 #bd47 ,ut qui ecclesi>um b5eficia hab5t1 nonam et decimam ex iis ecclesi cujus res sunt1 don5t444 ,ut de omni conlaborato1 et de v9o1 et de fno pl5it] et fidelit] ab omnibus nona et decima p]solvatur4 ,de nutrim9e v] quod 9 decima d&um e/1 sicut hact5s consuetudo fuit1 de omnibus obs]vetur4 ,si quis t&em episcoporum fu]9t qui arg5tum pro hoc accip]e velit1 9 sua maneat pote/ate1 juxt quod ei ut illi qui hoc p]solv]e debet1 conv5]it4 7,capit4 ,baluz4 ,t4 #a1 p4 #abbi47 ,ut hi qui p] b5eficium domni imp]atoris ecclesia/icas res hab5t1 decimam et nonam d>e1 et ecclesi>um re/aurationem fac]e /udeant4 7,c4 an4 inc]ti1 art4 #ef4 ,baluz4 ,t4 #a4 p4 #eae47 ,consid]&um e/ ut de frugibus t]r et animalium nutrim9e non et decim p]solvantur4 ,de op]e v] vel re/auratione ecclesi>um comes et episcopus sive abbas1 un cum misso no/ro quem ipsi sibi ad hoc eleg]9t1 consid]ationem faciant1 ut unusquisque tantum ind accipiat ad op]&um et re/aur&um quantm ipse de rebus ecclesi>um hab]e cognoscitur4 ,similit] et vassi no/ri aut 9 commune tantm op]is accipiant1 quantm r]um ecclesia/ic>um hab5t1 ut unusquisque p] se juxt quantitatem quam ipse t5et4 7,cap4 #d1 an4 #hai1 art4 #e47 ,de 8 qui nonas et decimas jam p] multos annos aut ex p>te aut ex toto d>e neglex]unt volumus ut p] missos no/ros con/r+antur ut secundm capitul>em1 priorem solvant unius anni nonam et decimam cum sua lege1 et insup] bannum no/rum2 et hoc eis d5uncietur quod quicumque hanc neglig5tiam it]av]it1 b5eficium und hc nona1 hc decima p]solvi debuit1 amissurum se sciat4 ,x enim cont9etur 9 capitul>e bon memori g5itoris no/ri 9 7libro #a1 ,c4 #aeh17 item 9 capitul>e no/ro 9 7libro #b1 ,c4 #ba17 de eadem re4 7,c4 an4 #hbi1 art4 #e4 capitis #a47 ,ces diffr5tes autorits que je vi5s de rapport] au sujet de la dme1 ne peuv5t c]ta9em5t reg>d] que les seigneurs qui possdoi5t des prcaires4 ,il e/ bi5 s+uli] que plusieurs criva9s en ai5t infr que s\s le rgne de ,*>lemagne on tablit une dme gnrale en faveur des ecclsia/iques4 ,si cette *>ge avoit t impose sur t\s les bi5s1 s]oit-il possible qu'il n'en ft po9t p>l1 l'occasion de la dme que devoi5t les prcaires8 ,celle-ci donna vraisemblablem5t naissance l'autre4 ,ut presbyt]i p>ro*iani suis s5ioribus debitam rev]5tiam et compet5tem honorem atque obsequium suum m9i/]ium imp5dant1 sicut 9 legibus sacris et 9 prs5tis capitulis cont9etur1 et sicut temporibus avi et patris no/ri ju/a et rationabilis consuetudo fuit4 7,c4 an4 #hfi1 art4 #h47 ,/atutum e/ unicuique ecclesi unus mansus integ] absque ullo s]vitio attribuatur1 et presbyt]i 9 eis con/ituti non de decimis neque de oblationibus fidelium1 non de domibus1 neque de atriis1 vel hortis juxt ecclesiam positis1 neque de prscripto manso aliquod s]vitium prt] ecclesia/icum faciant1 et si aliquid amplis habu]9t1 ind s5ioribus s]vitium imp5dant4 7,capit4 an4 #haf1 art4 #aj47 ,ut de rebus und c5sus ad p>tem regis exire solebat1 si ad aliquam ecclesiam tradit sunt1 aut trad5tur propriis hr$ibus1 aut qui eas ret9u]it1 vel c5sum illum p]solvat4 7,c4 #c1 an4 #hab47 ,quicumque t]ram tribut>iam und tributum ad p>tem no/ram exire solebat1 vel ad ecclesiam vel cuilibet alt]i tradid]it1 is qui eam suscep]it1 tributum quod ind solvebatur1 omn9 ad p>tem no/ram p]solvat1 nisi =t talem firmitatem de p>te dom9ica habeat p] quam ipsum tributum sibi p]donatum possit o/5d]e4 7,capit4 #d1 an4 #hai1 art4 #a47 #eh ,c5sus regalis undecumque legitim exiebat1 volumus ut ind solvatur sive de propria p]sona sive de rebus4 7,capit4 #b1 an4 #hje1 art4 #bj47 ,ut missi no/ri c5sus no/ros dilig5t] p]quirant1 undecumque antiquits v5ire ad p>tem regis solebant1 similit] et fr$a4 7,capit4 #c1 an4 #hab1 art4 #aj47 ,voyez le livre #e des capitulaires1 7,capit4 #cjc71 au sujet des corves et des autres droits que les seigneurs levoi5t sur les g5s de leurs t]res4 ,placuit ins]]e ut ubi lex erit1 prcellat consuetud9i1 et ut nulla consuetudo sup]ponatur legi4 7,cap4 an4 #gic1 art4 #aj47 ,de teloneis placet nobis ut antiqua et ju/a telonea negociatoribus exigantur1 tam de pontibus qumque de navigiis et m]catis2 nova v] sive inju/a1 ubi vel funes t5duntur1 vel cum navibus sub pontibus transitur2 seu 8 similia1 9 quibus nullum adjutorium it]antibus pr/atur1 ut non exigantur2 similit] etiam nec de 8 qui s9e negoti&i caus sub/antiam suam de un domo su ad aliam aut ad palatium seu 9 ex]citum ducunt4 7,capit4 #b1 an4 #hje1 art4 #ac7 ,ut nullus cogatur ad pontem ire ad flum5 transeundum propt] telonei causam2 qu& ille 9 alio loco comp5diosis illud flum5 transire pote/1 similit] et 9 plano campo1 ubi nec pons nec trajectus e/1 ubi omnimodis prcipimus ut non teloneum exigatur4 7,capit4 #a1 an4 #hji1 art4 #ai47 #ei ,cum calce>etur et amiciretur1 non tantm amicos admittebat1 v]m etiam si comes palatii litem aliquam esse dic]et1 qu s9e ejus jussu def9iri non pot]at1 /atim litigantes introduc]e jubebat1 et velut pro tribunali s$]et1 lite cognit s5t5tiam dicebat4 7,eg9h4 9 vit4 ,c>4 ,mag4 ,c4 #bd47 ,neque ullus comes palatii no/ri pot5tiorum causas s9e no/r jussione f9ire prsumat1 s$ tantm ad paup]um et m9s pot5tium ju/itias faci5das sibi sciat esse vac&um4 7,capit4 ,l4 #c1 ,c4 #gg47 #fj ,quicumque lib] homo 9 ho/em bannitus fu]it1 et v5ire contemps]it1 pl5um h]ibannum1 id e/1 solidos sexag9ta p]solvat4 7,cap4 ,l4 #c1 ,c4 #eg47 ,ita v] prp>atus cum hom9ibus tuis ad prdictum locum v5ies1 ut ind 9 quacumque p>tem no/ra fu]it jussio1 ex]citabilit] ire possis1 id e/1 cum armis atque ut5silibus necnon et ct]o in/rum5to bellico1 9 victualibus et ve/im5tis1 ita ut unusquisque caball>ius habeat scutum1 et lanceam1 et spa?am1 et semispa?am1 arcum et ph>etras cum sagittis1 et 9 c>ris ve/ris ut5silia div]si g5]is1 id e/1 cuniadas et dulaturias1 t>atros1 ascias1 fossorios1 palas f]eas1 et ct]a ut5silia qu 9 ho/em sunt necess>ia2 ut5silia v] ciborum 9 c>ris de illo placito 9 futurum ad tres m5ses1 arma et ve/im5ta ad dimidium annum4 7,epi/4 ,c>4 ,mag4 ad ,fulradum ,abbatem ,dom4 ,f\quet1 ,t4 #e1 p4 #fcc47 ,cette lettre e/ sans date1 et fut sans d\te crite avant qu'on et port la loi qui df5doit aux ecclsia/iques de faire la gu]re4 #fa ,le ,manoir1 ,mansus1 selon ,m4 ,ducange1 conti5t d\ze de nos arp5s4 ,quicumque lib] homo mansos qu9que de proprietate hab]e videtur1 9 ho/em v5iat3 et qui quatuor mansos1 similit] faciat1 qui tres hab]e videtur1 similit] agat4 ,ubicumque autem inv5ti fu]9t duo quorum unusquisque duos mansos hab]e videtur1 unum alium prp>>e faciat3 et qui melis ex ipsis potu]it1 9 ho/em v5iat4 ,et ubi inv5ti fu]9t duo1 quorum unus habeat duos mansos1 et alt] habeat unum mansum1 similit]1 se soci>e faciant1 et unus alt]um prp>et1 et qui melis potu]it1 9 ho/em v5iat4 ,ubicumque autem tres fu]9t inv5ti1 quorum unusquisque mansum unum habeat1 duo t]tium prep>>e faciant1 ex quibus qui melis pote/ 9 ho/em v5iat4 ,illi v] qui dimidios mansos hab5t1 qu9que sextum prp>>e faciant1 c4 7,capit4 an4 #hjg1 art4 #b47 #fb ,quicumque lib] homo inv5tus fu]it anno prs5te cum ,s5iore suo 9 ho/e non fuisse pl5um ,h]ibannum p]solv]e cogatur4 ,et si ,s5ior vel comes eum domi dimis]it1 ipse pro eo eumdem ,h]ibannum p]solvat2 et tot ,h]ibanni ab eo exigantur quot hom9es domi dimis]it4 ,et quia nos anno prs5te unicuique s5iori duos hom9es1 quos domi dimitt]et1 concessimus1 illos volumus ut missis no/ris o/5dat1 quia 8 tantummod ,h]ibannum concessimus4 7,cap4 #b1 an4 #hab1 art4 #i47 ,on vi5t de voir dans la note #fj que cette am5de1 appele ,h]iban1 toit de #fj sols4 ,ut vassi no/ri1 et vassi episcoporum1 abbatum1 abbatiss>um et comitum qui anno pres5te 9 ho/e non fu]unt1 ,h]ribannum rewadi5t1 exceptis 8 qui propt] necess>ias causas et domno ac g5itore no/ro ,k>olo con/itutas1 domi dimissi fu]unt1 id e/1 qui comite propt] pacem cons]v&am1 et propt] conjugem1 7les n\veaux m>is n'alloi5t po9t la gu]re la premire anne de leur m>iage7 ac domum ejus cu/odi5dam1 et ab episcopo1 vel abbate1 vel abbattiss similit] propt] pacem cons]v&am1 et propt] fruges collig5das1 et familiam con/r+5dam et missos recipi5dos dimissi fu]unt4 7,cap4 ,l4 #d1 art4 #gj47 ,,*apitre ,,iii4 #fc ,je ne v\lois mettre ici que des rem>ques critiques1 p>eilles celles qu'on a lues jusqu' prs5t2 mais ayant eu la tmrit de dire que les gr&s ne sont gr&s que p\r tre les artisans du bonheur du peuple1 il e/ ju/e de ju/ifi] une p5se qui doit p>otre un p>adoxe quelques lecteurs qui me f]ont peut-tre l'honneur de jet] les yeux sur cet ouvrage4 ,p>mi des citoy5s qui fur5t ncessairem5t gaux en =mant leur socit1 les di/9ctions n'ont pu tre que la rcomp5se du mrite1 ou du mo9s des s]vices r5dus t\s1 et reconnus p> une reconnoissance gnrale4 ,si les socits avoi5t bi5 compris leurs intrts1 t\te di/9ction n'auroit t que p]sonnelle2 et p>-l l'am\r de la gloire et l'mulation auroi5t sans cesse produit d'excell5s citoy5s4 ,mais il arriva que1 p> une espce de reconnoissance en?\sia/e1 on fit ou laissa pass] jusques sur les fils de l'homme qui avoit bi5 mrit de la patrie1 les di/9ctions qui n'app>t5oi5t qu' lui seul1 et qu'on p]mit l'orgueil de ses hriti]s d'affect] de c]ta9es prrogatives4 ,ds-lors il se fit un b\lev]sem5t enti] dans l'ordre naturel des *oses4 ,au lieu que la socit ne devoit accord] des di/9ctions que p\r tre mieux s]vie1 ceux qui obt9r5t ou usurpr5t ces di/9ctions1 se reg>dr5t comme la socit mme1 et se fir5t s]vir p> ceux dont ils sont naturellem5t les s]viteurs4 ,l'orgueil des gr&s en imposa l'imbcillit du peuple1 qui se laissa p]suad] qu'il ne devoit tre compt p\r ri54 ,l'abus que les gr&s font de leur gr&eur e/ anci51 mais leur devoir n'e/ pas mo9s rel4 ,l'tat e/ prodigue l'g>d des gr&s2 que lui r5d leur reconnoissance8 ,j'aj\t]ai qu'une socit n'e/ sage et heureuse qu'autant que sa con/itution la rappro*e de ces ides primitives4 ,*>lemagne avoit compris cette gr&e vrit1 et c'e/ en emp*ant qu'aucun ordre ne dom9t imprieusem5t dans l'tat1 qu'il v\loit y tablir l'autorit des lois et les r5dre imp>tiales4 ,je dirai encore un mot1 les gr&s ne peuv5t tr\v] un bonheur vritable ou durable que dans le bonheur du peuple4 #fd ,auditum habemus qualit] et comites et alii hom9es qui no/ra b5eficia hab]e vid5tur1 comp>ant sibi proprietates de ipso no/ro b5eficio1 et faciant s]vire ad ipsas proprietates s]vi5tes no/ros de eorum b5eficio1 et curtes no/r reman5t des]t4 7,cap4 #e1 an4 #hjf1 art4 #g47 ,audivimus quod alibi r$dant b5eficium no/rum ad alios hom9es 9 proprietatem1 et 9 ipso ,placito dato pretio comp>ant ipsas res it]um sibi 9 ,alodum4 7,ibid4 art4 #h47 ,cette adresse des bnfici]s p\r dnatur] leurs bnfices et en faire des propres ou des alleux1 dmontre que les bnfices de ,*>lemagne n'toi5t pas hrditaires4 ,les autorits que je vais rapport]1 dsign5t les cas p\r lesquels on p]doit les bnfices dont on toit inve/i2 et de l il e/ ais de conclure que le pr9ce n'ayant pas la facult de les repr5dre arbitrairem5t1 les confroit vie4 ,quicumque ex eis qui b5eficium pr9cipis hab5t1 p>em suum contra ho/es communes 9 ex]citum p]g5tem dimis]it1 et cum eo ire aut />e nolu]it1 honorem suum et b5eficium p]dat4 7,cap4 #b1 an4 #hab1 art4 #e47 ,quicumque suum b5eficium occasione proprii des]tum habu]it1 et intr annum po/qum ei comite vel misso no/ro notum factum fu]it1 illud em5datum non habu]it1 ipsum b5eficium amittat4 7,cap4 #d an4 #hai1 art4 #c47 ,on voit p> ce d]ni] passage1 qu'il y avoit mme des =malits et des dlais de ju/ice obs]v]1 p\r dp\ill] un vassal de son bnfice4 ,aprs le trait d',&ely1 et l'ordonnance de #fae1 qui avoi5t tabli l'hrdit des bnfices ,mrov+i5s1 il toit t\t simple que ,*>les-,m>tel et les pr9ces de sa maison1 qui donnr5t des bnfices1 ne se rs]vass5t pas le droit odieux de les repr5dre arbitrairem5t4 #fe ,les rois ,mrov+i5s accordr5t des lettres de protection ou de sauve g>de2 ,m>culfe n\s en a cons]v le modle dans quelques-unes de ses =mules4 ,je ne sais si ces pr9ces apportr5t de ,g]manie cette p]nicieuse c\tume1 ou si elle n'e/ qu'une suite de l'abus qu'ils fir5t de leur autorit aprs la conqute4 ,quoi qu'il en soit1 les rois de la seconde race cons]vr5t cette prrogative1 qui n'toit propre qu' ru9] les pr9cipes du g\v]nem5t4 ,ut hi qui 9 mundeburde dom9i imp]atoris sunt1 pacem et deff5sionem ab ommibus habeant4 7,capit4 an4 ,inc]ti1 art #ed4 ,baluz4 ,tit4 #a1 p4 #eae47 ,notum fi]i volumus omnibus fidelibus no/ris444 quod quidam hom9es1 quorum nom9a sunt illa et illa1 ad no/ram v5i5tes prs5tiam1 peti]unt et deprecati sunt nos ut eos propt] malignorum hom9um infe/ationes1 sub securitate tuitionis no/r suscip]emus1 quod lib5t] fecimus444 ,et si aliqu caus adv]ss illos surrex]9t1 qu intr patriam s9e gravi et iniquo disp5dio def9iri non possunt1 volumus ut usque ad prs5tiam no/ram s9t susp5s et res]vat1 quat5s ibi ju/am et legalem f9itivam accipiant s5t5tiam1 et nemo eis ad nos v5i5di facultatem contradic]e presumat4 7,*>ta #cf1 ,lud4 ,pii4 ,d4 ,b\quet1 ,t4 #f1 p4 #feb47 ,con/ituimus ut omnes qui sub speciali def5sione dom9i apo/olici seu no/r fu]9t suscepti2 impetrat inviolabilit] utantur def5sione4 ,quod si quis 9 quocumque viol>e prsumps]it1 sciat se p]iculum vit incursurum4 7,con/4 ,lo?>ii ,im4 an4 #hbd4 ,dom ,b\quet1 ,t4 #f1 p4 #daj47 ,,*apitre ,,iv4 #ff ,plusieurs hi/ori5s ont dit que ,b]n>d prit les armes1 p>ce qu'il prt5doit1 en qualit de fils de ,pep91 frre an de ,l\is-le-,dbonnaire1 que l'empire lui app>t5oit4 ,la conjecture n'e/ pas heureuse4 ,ces hi/ori5s1 sans connoissance de notre g\v]nem5t s\s la seconde race1 n'ont pas fait att5tion que la c\ronne toit alors lective1 et que la dignit impriale n'toit encore atta*e la possession d'aucun royaume p>ticuli]4 ,il n'e/ pas vraisemblable que ,b]n>d ait =m une prt5tion contraire t\tes les lois1 et qui n'auroit t propre qu' s\lev] les ,franais contre lui4 #fg ,volumus etiam ut capitula qu nunc et alio tempore consultu no/rorum fidelium nobis con/ituta sunt1 cancell>io no/ro ar*iepiscopi et comites de propriis civitatibus modo1 aut p] se1 aut p] suos missos accipiant1 et unusquisque p] suam dicessim ct]is episcopis1 abbatibus1 comitibus1 et aliis fidelibus no/ris ea transcribi faciant1 et 9 suis comitatibus corm omnibus relegant1 ut cunctis no/ra ord9atio et voluntas nota fi]i possit4 ,cancell>ius tam5 no/] nom9a episcoporum et comitum qui ea accip]e curav]9t1 notet1 et ea ad no/ram notitiam pref]at1 ut nullus hoc prt]mitt]e prsumat4 7,cap4 an4 #hbc1 art4 #bd47 ,quicumque illud 7b5eficium7 sci5t] p] malum +5ium adquir]e t5tav]it1 pro infideli t5eantur1 quia sacram5tum fidelitatis quod nobis promisit irritum fecit2 et ide secundum no/ram voluntatem et pote/atem dijudic&us e/4 7,capit4 ,l4 ,c4 #cd47 #fh ,hc autem omnia x disposuimus atque ex ord9e firm>e decrevimus1 ut quamdi div9 maje/ati placu]it nos hanc corporalem ag]e vitam1 pote/as no/ra sit sup] ,deo cons]vatum regnum atque imp]ium i/ud1 sicut hact5s fuit 9 regim9e atque ord9atione et omni dom9atu regali atque imp]iali1 et ut ob$i5tes habeamus prdictos dilectos filios no/ros atque ,deo amabilem populum no/rum cum omne subjectione qu patri filiis1 et imp]atori ac regi suis populis exhibetur4 7,*>t4 divis4 ,imp4 ,c>4 ,mag4 art4 #bj47 ,veut-on avoir une ide ju/e de l'autorit que ,*>lemagne ex]oit dans les royaumes qu'il avoit donns ses fils8 qu'on lise la lettre qu'il crivit en #hjg ,pep9 son fils1 roi d',italie4 7,dom ,b\quet1 ,t4 #e1 p4 #fbi47 #fi ,neque aliquis illorum hom9em fratris sui pro quibuslibet causis sive culpis ad se confugi5tem suscipiat1 nec int]cessionem quidem pro eo faciat2 quia volumus ut quilibet homo peccans vel int]cessione indig5s1 intr regnum dom9i sui vel ad loca sancta vel ad honoratos hom9es confugiat1 et ind ju/am int]cessionem m]eatur4 7,*>4 divis4 ,imp]4 ,c>4 ,magni1 artic4 #g47 ,quapropt] prcipi5dum nobis videtur ut po/ no/rum ab hac mortalitate discessum1 hom9es uniuscujusque eorum accipiant b5eficia unusquisque 9 regno dom9i sui1 et non 9 alt]ius1 ne =t p] hoc1 si alit] fu]it1 sc&alum aliquod accid]e posset4 7,ibid4 art4 #i47 ,prcipimus ut nullus ex 8 tribus fratribus suscipiat de regno alt]ius quolibet hom9e traditionem seu v5ditionem r]um immobilium1 hoc e/1 t]r>um1 v9e>um atque silv>um1 s]vorumque qui jam casati sunt1 sive ct]>um r]um qu hr$itatis nom9e c5s5tur4 7,ibid4 art4 #aa47 ,si qu autem fm91 sicut fi]i solet1 int] p>tes et regna fu]9t ad conjugium po/ulat1 non d5eg5tur j posc5tibus1 s$ liceat eas vicissim d>e et accip]e1 et adf9itatibus populos int] se soci>i4 7,ibid4 art4 #ab47 #gj ,volumus ut semel 9 anno1 tempore opportune1 vel simul vel sigillatim1 juxt quod r]um conditio p]mis]it1 visit&i et vid5di1 et de 8 qu necess>ia sunt1 et qu ad communem utilitatem vel ad p]petuam pacem p]t95t1 mutuo frat]no amore tract&i grati ad s5iorem fratrem cum donis suis v5iant4 ,et si =t aliquis illorum qulibet inevitabili necessitate imp$itus v5ire tempore solito et opportuno nequiv]it1 hoc s5iori fratri legatos et dona mitt5do significet2 x dntaxat ut cum primm possibilitas congruo tempore adfu]it1 v5ire qulibet cavillatione non dissimulet4 7,*>t4 divis4 ,imp4 ,lud4 ,pii1 art4 #d47 ,ces prs5s dont il e/ p>l dans ce passage1 toi5t une espce d'hommage ou de tribut p> lesquels on reconnoissoit la supriorit ou la juridiction de celui de qui on appro*oit4 ,tels toi5t les dons que les seigneurs faisoi5t t\s les ans au roi1 en se r5dant sa c\r ou au *amp de ,mai4 ,c'e/ en se con=mant l'esprit de cette disposition tablie p> ,l\is-le-,dbonnaire1 que ,lo?aire1 ,l\is-le-,g]manique et ,*>les-le-,*auve1 insrr5t la conv5tion suivante dans leur premi] trait de paix4 ,ut regum filii legitimam hr$itatem regni1 secundm def9itas prs5ti tempore portiones1 po/ eos ret9eant1 et hoc quicumque ex 8 fratribus sup]/es fratribus fu]it1 cons5tiant2 si tam5 ipsi nepotes patruis ob$i5tes esse cons5s]9t4 7,art4 #i47 ,volumus atque monemus ut s5ior frat]1 qu& ad eum aut unus aut ambo fratres suis cum donis1 sicut prdictum e/1 v5]9t1 sicut cum major pote/as1 ,deo annu5te1 fu]it attributa1 x et ipse1 pro frat]no amore1 l>giori dono remun]et4 7,*>t4 ,divis4 ,imp4 ,lud4 ,pii1 art4 #e47 ,item volumus ut nec pacem nec bellum contr ext]as et inimicas nationes absque consilio et cons5su s5ioris fratris nullat5s suscip]e prsumat4 7,ibid4 art4 #g47 ,volumus etiam ut si alicui illorum po/ decessum no/rum tempus nub5di v5]it1 ut cum consilio et cons5su s5ioris fratris uxorem ducat4 7,ibid4 art4 #ac47 ,si autem1 et quod ,deus av]tat1 et quod nos m9im optamus1 v5]it ut aliquis illorum propt] cupiditatem r]um t]r5>um1 qu e/ radix omnium malorum1 divisor aut oppressor ecclesi>um vel paup]um extit]it1 aut tyrannidem1 9 qu omnis crudelitas consi/it1 ex]cu]it1 prim secret1 secundm ,dom9i prceptum1 p] fideles legatos semel1 bis et t] de su em5datione commoneatur2 et si r5isus fu]it1 acc]situs fratre corm alt]o fratre1 pat]no ac frat]no amore moneatur et ca/igetur4 ,et si hanc salubrem admonitionem p5its sprev]it1 communi omnium s5t5ti quid de illo ag5dum sit dec]natur2 ut quem salubris ammonitio nef&is actibus revoc>e non potuit1 imp]ialis pot5tia communisque omnium s5t5tia co]ceat4 7,ibid4 art4 #aj47 ,je n'ai po9t p>l ici de ,pep91 roi d',aquita9e4 ,il m\rut avant son pre1 et sa mort1 ,l\is-le-,dbonnaire d%rita ses enfans4 ,ce ,pep9 eut un fils nomm ,pep9 comme lui1 qui causa beauc\p de tr\bles dans le royaume4 ,il obt9t un tablissem5t considrable en ,aquita9e1 et son ambition n'en fut po9t satisfaite4 ,il fit la gu]re1 fut battu et fait prisonni] p> son oncle ,*>les-le-,*auve1 qui le =a pr5dre l'habit de religieux4 ,il f9it p> apo/asi]1 et se mit la tte d'une b&e de ,norm&s qui ravageoi5t le royaume4 #ga ,je ne p>l]ai ici que d'une dvotion commode p\r les p*eurs1 et qui contribua beauc\p enri*ir l'glise4 ,au lieu de se dp\ill] p5dant leur vie de leurs bi5s1 p\r se ra*et] des pe9es de l'enf]1 ce qui auroit exig une conv]sion s9cre et vritable1 on leur p]suada qu'il suffisoit qu'ils *angeass5t leurs t]res en prcaires3 c'e/--dire1 qu'ils les donnoi5t quelque glise ou quelque mona/re qui leur en laissoit la j\issance p5dant t\te leur vie et s'en emp>oit leur mort4 ,ide un cum cons5su fratrum no/rorum hanc epi/olam tibi emitt5dam decrevimus1 ut ipsum locum cum omni integritate1 un cum ,dei grati1 et no/r voluntate1 absque prjudicio sancti illius diebus vit tu usualit] tibi liceat t5]e1 et po/ tuum quoque discessum ipse locus cum omni integritate vel re ameliorat vel supraposito p>tibus no/ris vel ipsius ,basilic rev]tatur4 7,=m4 ,sirm4 #cd1 ,baluz4 ,t4 #b1 p4 #dhh47 #gb ,m&at enim 7,c>olus calvus7 ut recordem9i ,dei et ve/r *ri/ianitatis1 et condoleatis atque compatiam9i huc sanct ecclesi qu vobis et ab illis mis]abilit] e/ oppressa et deprdata1 et qu crudelit] ex alt] p>te p]sequitur paganis4 7,cop4 ,baluz4 ,t4 #b1 p4 #he47 ,lupus1 abb de ,f]rires1 crivoit en #hdd1 que ,*>les-le-,*auve v\loit le *ass] de son abbaye p\r la donn] ,egilb]t4 ,dans d'autres lettres le mme abb se pla9t amrem5t de ce qu'on enlevoit des t]res son mona/re4 7,dom ,b\quet1 ,t4 #g1 p4 #dhh47 ,je n'aj\t]ai qu'une *>te de ,*>les-le-,*auve1 cite p> ,ducange1 dans son glossaire au mot vassus1 article vassallus indom9icatus4 ,conc$imus ibidem auctoritate regi omnes res ejusdem ecclesi1 qu quondam fu]unt ab e ab/ract1 et quas modo no/ri indom9icati vassalli t55t1 ut quia ipsi nobis secum dimicav]unt fidelit]1 9 vita sua tantm1 cons5su ejusdem supradicti episcopi eos t5eant4 ,,*apitre ,v4 #gc ,si vos adhuc talem causam po/ul>e volu]itis qu ad suum honorem et ad ve/rum pr(ectum p]t9eat1 p>atus e/ etiam 9 hoc secundm ve/ram petitionem fac]e juxt consilium fidelium suorum4444 ,quoniam si omnes conv]ti ad alium volu]itis1 p>atus e/ vos omnes secundm sanct ecclesi utilitatem et suum honorem et ve/rum communem pr(ectum recip]e et salv>e et honorabiles semp] hab]e1 et nulli unquam imput>e1 9 quantm ad se p]t9et1 quidquid neglig5t] factum habetis de ejus s]vitio1 aut 9 i/ caus contr illum egi/is444 ,et si aliqua p>s ex vobis ad ejus s5ioratum et ad ejus fidelitatem rev]ti volu]it1 similit] e/ p>atus eos b5ign recip]e1 et erg illos omnimod adimpl]e qu sup]is scripta sunt4 7,cap4 au4 #hef4 ,baluz4 ,t4 #b1 p4 #he et #hf47 ,rogavit fideles suos ut s9e ull mal suspicione de illius iracundi aut animi commotione communit] qurant et inv5iant2 atque describant hoc quod ille secundm suum m9i/]ium fac]e debet1 et qu fac]e illum non condeceant4 ,et ubicumque inv5tum fu]it quod fecit1 quod fac]e non debuit1 p>atus e/ ut cum ,dei adjutorio et fidelium suorum consilio hoc1 qum citis cum ratione et possibilitate em5d>e potu]it1 em5det1 et 9 ante corrigat et correcta cu/odiat4 ,et quod fac]e debuit quod ad salutem et hone/atem illius p]t9uit1 et aliquid m9s fecit1 hoc cum ,dei adjutorio et fidelium suorum consilio et auxilio fac]e1 qum citis cum ratione et possibilitate potu]it1 faciat4 7,ibid4 art4 #h47 ,quantm sci]o et potu]o1 ,dom9o adjuvante2 absque ull dolositate1 et consilio et auxilio secundm meum m9i/]ium et secundm meam p]sonam fidelis vobis adjutor ero1 ut illam pote/atem quam 9 regio nom9e et regno vobis ,deus concessit1 ad ipsius voluntatem et ad ve/ram ac fidelium ve/rorum salvationem cum debito et honore et vigore t5]e et gub]n>e possitis1 et pro ullo hom9e non me ind retraham1 quantm ,deus mihi intellectum et possibilitatem donav]it4 ,et ego 7,c>olus7 quantm sci]o et rationabilit] potu]o1 dom9o adjuvante1 unumquemque ve/rm secundm suum ord9em et p]sonam honorabo1 et honoratum ac salvatum absque ullo dolo ac damnatione1 vel deceptione cons]vabo1 et unicuique compet5tem legem et ju/itiam cons]vabo1 sicut fidelis rex suos fideles p] rectum honor>e et salv>e et unicuique compet5tem legem et ju/itiam 9 unoquoque ord9e cons]v>e et indig5tibus et rationabilit] pet5tibus rationabilem mis]icordiam debet imp5d]e4 ,et pro nullo hom9e ab hoc1 quantm dimittit humana fragilitas1 p] /udium aut malevol5tiam1 vel alicujus indebitum hortam5tum deviabo1 quantm mihi ,deus intellectum et possibilitatem donav]it4 ,et si p] fragilitatem contr hoc mihi subreptum fu]it1 cum hoc recognov]o1 volunt>i illud em5d>e curabo4 7,capit4 an4 #heh1 ,baluz4 ,t4 #b1 p4 #ii47 ,cette pice e/ une des plus importantes du rgne de ,*>les-le-,*auve1 qui soi5t p>v5ues jusqu' n\s4 ,ce s]m5t rciproque dev9t le seul li5 politique entre les ,franais1 et s]vit d'unique base au droit public que nos pres connur5t tant que dura le g\v]nem5t fodal4 ,je prie le lecteur de faire une att5tion p>ticulire ce capitulaire4 #gd ,volumus ut cujuscumque no/rm homo1 9 cujuscumque regno sit1 cum s5iore suo 9 ho/em 7les gu]res prives que se faisoi5t les seigneurs7 vel aliis suis utilitatibus p]gat1 nisi talis regni invasio quam ,lantev]i dicunt1 quod absit1 accid]it1 ut omnis populus illius regni ad eam repell5dam communit] p]gat4 7,capit4 an4 #hdg1 ad ,m>snam1 art4 #a1 ,baluz4 ,t4 #b1 p4 #dd47 #ge ,en #hae ,l\is-le-,dbonnaire accorda un seigneur nomm ,jean et ses desc5dans1 un bnfice considrable dans la comt de ,n>bonne2 omnia p] no/rum donitum habeant ille et filii sui et po/]itas illorum4 7,dom ,b\quet1 ,t4 #f4 p4 #dgb47 ,dans le mme volume1 p4 #egd1 p>eille donation faite en #hcb ,ag9ulfus p4 #eha2 ,adalb]tus en #hcb1 p4 #faa2 ,sulb]tus en #hcf1 p4 #fbh2 ,ecc>ius en #hci4 ,voyez encore les pages #fdf1 #fdg1 #fdh1 etc4 ,un si gr& nombre de *>tes de cette nature cons]ves jusqu' nos j\rs1 pr\ve que ,l\is-le-,dbonnaire cons5toit aism5t r5dre ses bnfices hrditaires4 ,si aliquis ex fidelibus no/ris po/ obitum no/rum1 ,dei et no/ro amore cumpunctus1 sculo r5unti>e volu]it et filium vel talem prop9quum habu]it qui reipublic prodesse valeat1 suos honores1 pr\t melis volu]it1 ei valeat placit>e4 7,cap4 an4 #hgg1 art1 #aj1 ,baluz4 ,t4 #b1 p4 #bei47 ,dom ,b\quet1 dans sa collection des hi/ori5s de ,france1 ,t4 #h4 a publi un trs-gr& nombre de *>tes de ,*>les-le-,*auve1 p> lesquelles ce pr9ce confre des bnfices avec droit d'hrdit4 ,qu& il publia ce capitulaire1 il y a gr&e app>5ce qu'il ne lui re/oit que =t peu de bnfices dont il ft le matre de dispos]4 ,on p\rroit mme p5s] que p> le mot honores de l'article qu'on vi5t de lire1 il ne faut pas mo9s ent5dre les comts que les simples bnfices4 #gf ,si comes de i/o regno obi]it1 cujus filius nobiscum sit1 filius no/] cum ct]is fidelibus no/ris ord9et de 8 qui eidem comiti pls famili>es prop9quiores fu]unt1 qui cum m9i/]ialibus1 ipsius comitats1 et cum episcopo 9 cujus p>o*i fu]it ipse comitatus1 ipsum comitatum prvideant usqu$m nobis r5uncietur1 ut filium illius qui nobiscum erit de honoribus illius honoremus4 ,si autem filium p>vulum habu]it1 iisdem filius ejus cum m9i/]ialibus ipsius comitatus1 et cum episcopo 9 cujus p>o*i consi/it1 eumdem comitatum prvideant donec obitus prfati comitis ad notitiam p]v5iat1 et ipse filius ejus p] no/ram concessionem de illius honoribus honoretur4 7,capit4 an4 #hgg1 art4 #c1 ,baluz4 ,t4 #b1 p4 #bfi47 ,il p>ot p> cet article que ,*>les-le-,*auve s'toit seulem5t rs]v le droit de donn] l'inve/iture des comts l'hriti]4 ,les rois ses successeurs ne j\ir5t pas long-temps de cet avantage2 du mo9s il n'en toit plus "q1 qu& ,hugues-,capet p>v9t la c\ronne4 ,p>mi les *>tes de ,l\is-le-,dbonnaire1 que ,dom ,b\quet a fait imprim]1 la #bame4 intitule3 ,securitas1 et qui se tr\ve1 ,t4 #f1 p4 #fdc1 pr\ve que les comtes comm5oi5t s'arrog] le droit de confr] les bnfices du roi1 situs dans l't5due de leur prov9ce ou comt1 et que les p\rvus dem&oi5t seulem5t la confirmation du pr9ce4 ,dans le diplome que ,l\is-le-,dbonnaire donna en #hae aux ,espagnols qui s'toi5t retirs sur les t]res de sa dom9ation1 p\r vit] les mauvais traitem5s des ,s>ras9s1 on lit3 ,nov]9t tam5 iidem ,hispani sibi lic5tiam nobis esse concessam1 ut se 9 vassalicum comitibus no/ris m solito comm5d5t4 ,et si b5eficium aliquod quisquam eorum ab eo1 cui se comm5davit1 fu]it consecutus1 sciat se de illo tale obsequium s5iori suo exhib]e deb]e1 quale no/rales hom9es de simili b5eficio s5ioribus suis exhib]e sol5t4 7,art4 #f1 ,baluz4 ,t4 #a1 p4 #edi47 ,l'expression m solito1 fait conjectur] que ,*>lemagne avoit dj p]mis aux comtes1 p\r leur donn] plus d'autorit et de considration1 de confr] des bnfices royaux4 ,sans d\te que cette p]mission ne fut accorde qu'aux comtes des prov9ces les plus loignes1 et qu'ils ne disposoi5t que des bnfices les mo9s importans4 ,c'e/ de-l que naquit l'abus dont les progrs dur5t tre trs-rapides p5dant le c\rs des dsordres qui agitr5t les rgnes de ,l\is-le-,dbonnaire et de ses fils4 #gg ,episcopi1 s+uli 9 suo episcopio1 missatici no/ri pote/ate et auctoritate fungantur4 7,cap4 an4 #hdf1 art4 #ab47 #gh ,si on a lu mes rem>ques avec quelque att5tion1 on y aura tr\v mille passages qui pr\v5t que la jurisprud5ce des appels fut pratique p> les ,franais s\s les ,mrov+i5s et les premi]s ,c>lov+i5s4 ,voyez ,h9cm> de ,ord4 ,pal4 ,il e/ c]ta91 d'un autre ct1 que t\tes les ju/ices dans le royaume toi5t s\v]a9es1 qu& ,hugues ,capet monta sur le trne2 j'en donn]ai des preuves dans le livre suivant3 il faut donc que cette rvolution soit arrive s\s les d]ni]s pr9ces de la seconde race4 #gi ,s\s la premire race on ne connoissoit que deux sortes de bi5s1 les bnfices dont j'ai assez p>l dans le c\rs de mon ouvrage1 et les alleux qu'on di/+uoit en propres et en acquts4 ,on me p]mettra de m't5dre sur cette matire4 ,p> acquts on ent5doit ce que n\s ent5dons encore auj\rd'hui1 c'e/--dire1 des bi5s que le propritaire avoit acquis2 et p> propres1 les bi5s qu'on t5oit de ses pres2 on les appeloit aussi t]res saliques4 ,de t]r v] salic1 nulla portio hr$itatis muli]i v5iat1 s$ ad virilem sexum tota t]r hr$itas p]v5iat4 7,leg4 ,sal4 ,tit4 #f47 ,p\r connotre ce que la loi des ,franais sali5s appelle t]re salique1 il suffit d'ouvrir la loi ripuaire2 on y lit1 ,tit4 #ef3 dum virilis sexus extit]it1 fm9a 9 hr$itatem aviaticam non succ$at4 ,cette loi conti5t visiblem5t la mme disposition que la loi salique2 et j'en conclus que ce que l'une appelle hr$itatem aviaticam1 des bi5s dont on a hrit de ses pres1 l'autre le nomme t]re salique4 ,j'appuie mon obs]vation p> une des =mules anci5nes que le clbre ,j4 ,bignon a recueillies et mises la suite de celle de ,m>culfe3 ,dulcissim atque 9 omnibus amantissim fili me illi1 ego vir magnificus ille1 omnibus non habetur incognitum quod sicut lex ,salica cont9et de rebus meis1 de eo quod mihi ex ,allode p>5tum meorum obv5it1 apud g]manos tuos1 filios meos1 m9im 9 hr$itate succ$]e pot]as4 ,propt]e mihi prpatuit pl5issima et integra voluntas1 ut hanc epi/olam hr$it>iam 9 te fi]i1 et adfirm>e rog>em1 ut si mihi 9 hoc sculo sup]/es app>u]is1 9 omnes res meas1 tam ex ,alode p>5tum meorum1 qum ex meo contractu mihi obv5it1 c4 7,=m4 #di47 ,ce n'e/ pas t\t1 je plac]ai encore ici une =mule de ,m>culfe mme4 ,diuturna s$ impia int] nos consuetudo t5etur1 ut de t]r pat]n sorores cum fratribus portionem non habeant s$ ego p]p5d5s hanc impietatem1 sicut mihi ,dom9o qualit] donati e/is1 x et me sitis qualit] dilig5di1 et de rebus meis po/ meum discessum qualit] gratulam9i1 ide que p] hanc epi/olam1 te1 dulcissima filia mea1 contr g]manos tuos1 filios meos illos 9 omni hr$itate me1 qualem et legitimam esse con/ituo hr$em1 ut tam de ,alode pat]n1 qum de comp>ato1 vel mancipiis1 aut prsidio no/ro1 vel quodcumque mori5tes reliqu]imus qu lance cum filiis meis1 g]manis tuis1 divid]e vel exequ>e debeas1 c4 7,f4 #ab4 ,l4 #a47 ,ce s]oit trop me dfi] des lumires de mes lecteurs1 que de m't5dre en raisonnem5s1 p\r faire voir que ces deux =mules n\s appr5n5t que les t]res saliques n'toi5t que des propres1 et que les pres p\voi5t p> un acte p>ticuli]1 drog] la c\tume ou la loi qui r5doi5t les femmes inhabiles cette succession4 ,que devi5n5t donc t\s les sy/mes de plusieurs de nos hi/ori5s et de nos jurisconsultes sur la nature des t]res saliques8 ,t\t le monde se fait un sy/me de l'hi/oire de ,france1 p\r s'p>gn] la pe9e de l'tudi]4 ,mais je r5tre dans mon sujet4 ,s\s les successeurs de ,*>les-le-,*auve1 t\tes les possessions fur5t di/+ues en bi5s roturi]s et en t]res seigneuriales4 ,les t]res roturires fur5t celles sur lesquelles les seigneurs tablir5t des r$evances1 des contributions1 des corves4 ,les t]res seigneuriales fur5t appeles fiefs1 qu& le propritaire1 en v]tu de sa possession1 toit oblig de prt] hommage un autre seigneur2 a9si la ,norm&ie1 p> exemple1 toit un fief1 p>ce que son duc prtoit hommage au roi de ,france4 ,les t]res seigneuriales toi5t appeles alleux1 qu& le propritaire1 ne prtant hommage aucun seigneur1 ne relevoit que de ,dieu et de son pe2 c'e/--dire1 ne reconnoissoit sur t]re aucun suz]a9 ou suprieur p> rapport sa possession3 a9si la seigneurie de ,hugues-,capet1 comme roi de ,france1 toit un alleu4 ,il y eut dans l't5due du royaume de ,france1 plusieurs seigneuries qui fur5t des alleux4 ,dictus enim episcopus et successores sui viv>i5ses episcopi qui pro tempore fu]9t1 jur>e debebunt se esse fideles de p]sonis et t]ris suis nobis et successoribus no/ris regibus ,franci2 licet t]ram suam nem9e t5]e1 s$ eam hab]e ,allodialem noscantur4 7,tract4 ,int] ,phib4 ,pulc4 et ,episc4 ,viv>4 art4 #b47 ,ce trait1 qui e/ du #b janv4 #acjg1 se tr\ve dans le recueil des ordonnances des rois de ,france1 comm5c p> de ,laurire1 et cont9u p> ,sec\sse1 7,t4 #g1 p4 #g47 ,je dsign]ai dsormais ce recueil p> ordonnances du ,l\vre4 #hj ,cette juridiction toit anci5ne1 j'en tire la preuve d'un capitulaire de #ggi4 ,si vassus no/] ju/itias non fec]it1 dni de ju/ice1 tunc et comes et missus ad ipsius casam s$eant et de suo vivant quusque ju/itiam faciat4 7,art4 #aa47 ,cette juridiction subsi/oit encore du temps de ,*>les-le-,*auve et de son petit-fils ,c>loman2 on v]ra p> les passages suivans en quoi elle consi/oit4 ,m&et comes vel public rei m9i/] episcopo1 vel abbati1 vel illi quicumque locum episcopi1 vel abbatis1 vel abbatiss t5u]it1 vel pot5tis hom9is 9 cujus pote/atem vel proprietatem confug]it 7reus7 ut r$dat ei reum4 ,si ille contradix]it et eum r$d]e nolu]it1 9 prim contradictione1 solidis #ae culpabilis judicetur2 si ad secundm inquisitionem eum r$d]e nolu]it1 #cj solidis culpabilis judicetur4444 ,ipse comes v5i5s lic5tiam habeat ipsum hom9em intr immunitatem qur5di1 ubicumque eum inv5ire potu]it444 ,si v] intranti 9 ipsam immunitatem vel 9 cujuslibet hom9is pote/atem vel proprietatem comiti collect manu quislibet resi/]e t5tav]it1 comes hoc ad regem vel pr9cipem def]at444 ,x qui comiti collect manu resi/]e prsumps]it1 sexc5tis solidis culpabilis judicetur4 7,cap4 ,pi/4 an4 #hfd4 art4 #ah47 ,de no/ris quoque dom9icis vassallis jubemus1 ut si aliquis prdas eg]it1 comes 9 cujus pote/ate fu]it1 ad em5dationem eum vocet4 ,qui si comitem aut missum illius audire nolu]it1 p] =ciam illud em5d>e cogatur4 7,cap4 an4 #hhb47 ,,*apitre ,,vi4 #ha ,boson1 beau-frre de ,*>les-le-,*auve et g5dre de l'emp]eur ,l\is ,,ii1 fut plus ambitieux que les autres seigneurs4 ,ne se cont5tant pas d'usurp] t\s les droits de la s\v]a9et dans son g\v]nem5t ou comt d',arles1 il v\lut port] le titre de roi de ,prov5ce4 ,cette premire usurpation dev9t un exemple contagieux4 ,rodolphe s'tablit dans la ,b\rgogne ,transjurane1 c'e/--dire1 au-del du ,mont-,jura1 et donna naissance un second royaume de ,b\rgogne1 qui fut bi5tt considrable p> l'union du royaume d',arles ou de ,prov5ce4 ,ce sont les prov9ces que ces pr9ces ont occupes1 qu'on a appeles le pays de l',empire dans les ,gaules1 et qui relevr5t des successeurs de ,l\is-le-,g]manique1 et non de ceux de ,*>les-le-,*auve4 ,arn\ld1 fils naturel de l'emp]eur ,c>loman1 et que la ta*e de sa naissance excluoit du trne2 ,si v] absque legitimis lib]is1 aliquis eorum 7les fils de ,l\is-le-,dbonnaire7 decess]it1 pote/as illius ad s5iorem fratrem rev]tatur1 et si contig]it illum hab]e lib]os ex concub9is1 monemus ut erg illos mis]icordit] agat4 7,*>t4 divis4 ,imp4 ,lud4 ,pii1 art4 #e47 ,arn\ld1 dis-je1 usurpa le royaume de ,g]manie1 qu'il laissa son fils ,l\is ,,iv2 et ce pr9ce eut p\r successeur ,conrad ,i1 duc de ,franconie1 que les ,allem&s lur5t p\r roi4 ,en ,italie1 plusieurs seigneurs se disputr5t le titre d'emp]eur et de roi1 jusqu' ce que les rois de ,g]manie y fir5t reconnotre leur autorit1 et fur5t c\ronns emp]eurs4 #hb ,p]sonne n'ignore quel prix ,*>les-le-,*auve a*eta l'empire1 aprs la mort de ,l\is ,,ii1 son neveu4 ,voyez l'acte de son c\ronnem5t ,pavie4 ,la donation de ,con/ant9 passoit alors p\r une pice au!ntique2 on croyoit de bonne foi que ,rome app>t5oit aux aptres ,s4 ,pi]re et ,s4 ,paul1 et que le pape1 revtu de leurs ple9s p\voirs1 toit l'organe de leur volont4 ,le pape qui avoit t si petit avant le rgne de ,pep91 et qui1 aprs avoir c\ronn ,*>lemagne1 le salua comme son matre1 croyoit actuellem5t1 en nommant un emp]eur1 ne donn] qu'une espce de vidame ou d'av\ son glise4 ,pontifici consultissimum visum ,ottonem sibi def5sorem adscisc]e eodem f]1 quo ante ,c>olum jure2 et quidem ut de9ceps protectio illa s$is roman regno ,g]mani x conjuncta =et ut qui eo regno potiretur1 ad hanc quoque /atim jus nancisc]etur4 7,sev4 de ,monsanbano1 de ,/at4 ,imp4 ,g]m4 ,l4 #a1 #ac47 ,t\t le monde sait que cet ouvrage publi s\s le nom de ,sev]9 de ,monsanbano1 e/ du clbre ,puff5dorf4 #hc ,ut nemo suo p>i suum regnum aut suos fideles1 vel quod ad salutem sive prosp]itatem ac honorem regium p]t9et1 discupiat4 7,pact4 int] ,c>4 ,cal4 et ejus fratres1 art4 #b47 ,ut unusquisque fidelit] suum p>em1 ubicumque necessitas illi fu]it1 aut ipse potu]it1 aut p] se1 aut p] filium1 aut p] fideles suos1 et consilio et auxilio adjuvet4 7,ibid4 art4 #c47 #hd ,philippe-,augu/e possdant un fief qui relevoit de l'vque d',ami5s1 passa un acte avec ce prlat1 dans lequel il e/ dit3 ,voluit hc ecclesia et b5ign concessit ut fodum suum absque faci5do hom9io t5]emus1 cum utique nem9i fac]e debeamus vel possimus4 ,de ces d]nires p>oles1 ,brussel conclut1 dans son trait1 de l'usage des fiefs1 p4 #aeb1 que le roi ne prtoit jamais hommage aucun seigneur4 ,mais si ces p>oles1 cum utique nem9i fac]e debeamus vel possimus1 sont une preuve de la proposition de ,brussel1 p\rquoi ,philippe-,augu/e1 si jal\x de ses droits1 et si habile les t5dre1 reg>de-t-il l'exemption de faire hommage l'vque d',ami5s1 comme une grce8 ,c'e/ ce que signifie b5igne concessit4 ,p\rquoi traite-t-il avec ce prlat8 ,p\rquoi se ra*ete-t-il d'un hommage qu'il ne doit pas1 en cons5tant de ne plus j\ir *ez cet vque du droit de gte8 ,brussel1 =t savant dans nos antiquits1 et dont l'ouvrage e/ ple9 de re*]*es trs-curieuses et trs-in/ructives1 savoit mieux que moi1 qu'il ne faut lire nos anci5nes *>tes qu'avec une extrme prcaution4 ,on doit s\v5t s'arrt] plutt l'esprit gnral d'une pice1 qu' quelques expressions p>ticulires qu'on y a glisses avec art4 ,l'vque d',ami5s aura reg>d comme une petite vanit dans ,philippe-,augu/e1 de dire qu'il ne devoit ni ne p\voit faire hommage p]sonne2 il lui aura p]mis d'insr] cette prt5tion dans son acte1 p>ce qu'elle ne portoit aucun prjudice aux droits de l'glise d',ami5s1 et que le pr9ce n'en avoit pas mo9s t oblig de se ra*et] de la pre/ation de l'hommage1 en r5onant son droit de gte4 ,brussel rapporte dans son ouvrage un autre acte du mme pr9ce1 avec l'vque de ,tr\5ne4 ,nov]9t univ]si quod ,lamb]tus1 ,mor95sis episcopus1 nos et successores no/ros absolvit et 9 p]petum quitos dimisit ab hommagio quod sibi fac]e debeamus de ,feodo ,hesd94 ,p\rquoi ,philippe-,augu/e appr5droit-il t\t le monde1 nov]9t univ]si1 que l'vque de ,tr\5ne l'a exempte de l'hommage1 si c'et t un droit du roi de n'en po9t prt]8 ,il reconnot dans cette *>te1 qu'il devoit l'hommage p\r le fief d',hesd93 il avoit donc tort1 en traitant avec l'vque d',ami5s1 de dire qu'il ne devoit ni ne p\voit faire hommage p]sonne4 ,il y a app>5ce que l'vque de ,tr\5ne toit plus exact et mo9s complaisant que l'vque d',ami5s4 ,je suis d'autant plus surpris de cette mprise de ,brussel1 qu'il rem>que avec raison1 p4 #aed1 que qu& le roi possdoit quelque t]re relevante d'un seigneur1 il toit oblig d'en faire acquitt] les s]vices et les *>ges p> un g5tilhomme1 s\s pe9e de confiscation4 ,dans un temps po/rieur ,philippe-,augu/e1 et o le g\v]nem5t fodal t\*oit sa ru9e1 ,l\is ,hut9 lui-mme conv5oit avec les g5til%ommes de ,*ampagne1 qu'il n'acqu]roit aucune possession dans les t]res de ses b>ons sans leur cons5tem5t2 et que1 quant aux fiefs qui lui *]ront1 ou p> confiscation1 ou p> succession1 dans les hautes-ju/ices des seigneurs1 il les f]a dess]vir1 ou en pay]a l'indemnit4 7,ordon4 du ,l\vre1 ordon4 de ,mai #acae1 r5dues la requte des nobles du comt de ,*ampagne1 t4 #a1 p4 #egc47 ,brussel rapporte1 p4 #aef1 que le roi ,*>les ,,vii1 en #adci et #addb1 prta hommage1 p> procureur1 l'vque de ,beauvais et l'abb de ,s4 ,d5is4 #he ,hugues-,capet toit duc de ,france1 c'e/--dire1 de la prov9ce appele auj\rd'hui l'isle de ,france1 comte de ,p>is et d',orlans4 ,son frre toit duc de ,b\rgogne4 ,il avoit une sur m>ie ,ri*>d1 duc de ,norm&ie4 #hf ,les raisons que je rapporte dans le corps de mon ouvrage1 p\r pr\v] qu'il ne put po9t y avoir d'assemble de la nation qui dfrt la c\ronne ,hugues-,capet1 me p>oiss5t =m]1 dans le g5re hi/orique1 une dmon/ration laquelle on ne peut ri5 rpondre4 ,cep5dant1 je rapport]ai dans cette rem>que1 t\t ce qu'on tr\ve dans nos anci5nes *roniques1 au sujet de l'avnem5t de ,hugues-,capet au trne4 ,ludovicus1 ,francorum rex1 obiit eodem anno 7#ihg72 ,hugo ,dux1 rex ,francorum e/ elevatus ,noviomi4 7,ex *ron4 ,floriac5si47 ,9 prim>io flore juv5tutis obiit 7,ludovicus7 9 quo deficit g5]atio regum ex familia ,c>oli ,magni1 et succ$it ex ali famili ,hugo rex4 7,ex *ron4 ,virdun5si47 ,ludovico1 ,francorum rege1 mortuo1 ,francis regnum transf]re vol5tibus ad ,k>olum ducem fratrem ,lo?>ii regis1 dum ille rem ad consilium def]t1 regnum ,francorum usurpat ,hugo1 filius ,hugonis4 7,ex *ron4 ,sigib]ti47 ,eodem anno rebellavit contra ,k>olum1 dux ,francorum ,hugo1 eo qud accepisset ,k>olus filiam 7,agnetem7 ,h]b]ti comitis ,trec>um4 ,collecto igitur ,hugo ex]citu copioso vald1 obs$it ,laudunum ubi commanebat ,k>olus cum conjuge su4 7,ex ,*ron4 ,hug4 ,floriac5sis ,mon47 ,regnum pro eo accip]e voluit patruus ejus ,k>olus1 s$ nequivit2 quia ,deus judicio suo meliorem eligit4 ,nam episcopus ,ascel9us montis ,laudun5sis urbis hebdomad ante ,pas*a po/ convivium 9 lecto quiesc5tem cum dolo cepit1 et cons5su plurimorum ,hugo dux 9 regem elevatus e/4 7,ex *ron4 ,odoranni47 ,aprs avoir lu ces trois autorits1 que doit-on conclure d'un fragm5t imprim p> ,dom ,b\quet1 ,t4 #h1 p4 #cjg2 il y e/ dit3 eodem anno1 id e/1 #ihg4 ,franci assum5tes ,hugonem memoratum ducem1 ,noviomo illum sublimant 9 regni ,solio4 ,traduire ,franci p> assemble de la nation1 ne s]oit-ce pas v\loir se tromp]8 ,je convi5s que ,hugues-,capet assembla ,noyon1 ses amis et ses p>5s1 dont il =ma une assemble2 mais le duc ,*>les avoit aussi rassembl ses p>tisans d'un autre ct4 ,ces assembles n'toi5t po9t lgales1 c'toi5t des conv5ticules qui ne reprs5toi5t en aucune manire la nation4 ,immatura adolesc5s 7,ludovicus7 prv5tus morte1 de/itutum proprio hr$e1 ,francorum d]eliquit regnum4 ,san patruus ejus ,c>olus conabatur1 si posset1 sui g5]is au?oribus di possessum sibi v5dic>e regnum s$ ejus voluntas nullum sortitur effectum4 ,nam ,franci primates1 eo relicto1 ad ,hugonem qui ducatum ,franci /r5u tunc gub]nabat1 magni illius ,hugonis filium1 se conv]t5tes1 ,noviomo civitate ,solio sublimant regio4 7,ex *ron4 ,s4 ,b5igni ,divion47 ,p> ,franci primates1 il ne faut ent5dre que les p>tisans de ,hugues-,capet1 les pr9cipaux seigneurs du du* de ,france1 et non pas de la nation franaise4 ,en effet1 il e/ impossible de cit] quelque passage de nos anci5s monum5s1 d'o l'on puisse infr] que les vassaux immdiats de la c\ronne1 les seuls qui euss5t alors quelque droit d'en dispos]1 se soi5t tr\vs ,noyon1 p\r lev] ,hugues-,capet sur le trne4 ,la *ose e/ mme dmontre impossible p> le peu de temps qui s'c\la entre la mort de ,l\is ,v et le c\ronnem5t de ,hugues-,capet4 ,l'un m\rut le #ba ,mai de l'an #ihg2 et l'autre1 d'abord reconnu p\r roi ,noyon1 fut sacr ,rheims1 le #c ,juillet de la mme anne4 ,rem>quez encore que depuis que les peuples de *aque prov9ce avoi5t leurs s\v]a9s p>ticuli]s1 on comm5oit ne les plus appel] que du nom p>ticuli] et di/9ctif de leurs pays4 ,burgundiones1 ,aquitani1 ,britanni1 ,normanni1 c4 ,on ne donnoit le nom de ,franci qu'aux habitans du du* de ,france4 ,je ne cit]ai plus qu'un fragm5t imprim p> ,dom ,b\quet1 t4 #h1 p4 #bii1 c>1 je ne veux pas abus] de la pati5ce de mes lecteurs4 ,patruus autem ipsius ,c>olus quem privatum s5uisse supr prlibavimus1 pat]num vol5s obt9]e regnum1 incassm laborabat4 ,nam ejus voluntas nullum habuit effectum4 ,eo enim spreto1 ,francorum primates communi cons5su ,hugonem qui tunc ducatum ,franci /r5u gub]nabat1 ,magni ,hugonis filium1 cujus jam m5tio facta e/1 ,noviomo sublimant regio solio1 eodem anno quo ,ludovicus adolesc5s obiit4 ,les mots communi cons5su de ce passage1 pr\v5t bi5 qu'il ne faut ent5dre p> ,francorum primates1 que les seigneurs les plus considrables du du* de ,france2 c>1 il e/ c]ta9 que le duc ,*>les avoit dans le royaume plusieurs amis puissans1 qui1 bi5 lo9 de reconnotre la n\velle dignit de ,hugues-,capet1 lui fir5t la gu]re avec *aleur4 ,les *roniques de ,s4 ,d5is p>l5t de cette rvolution1 comme d'un vnem5t1 dont la viol5ce et la =ce dcidr5t4 ,f9 des rem>ques du livre second4 ,,rem>ques ,,et ,,preuves ,,des ,obs]vations sur l'hi/oire de ,france4 ,,livre ,,troisi,,me4 ,,*apitre ,,premi]4 #hg ,sa*e bi5 ke selon ,diex ke tu n'z mie pl5ire poote seur ton vila94 ,donc se tu pr5s du si5 =s les droites r$evances ki te doit1 tu le pr5s contre ,diex et seur le pril de t'ame et come ,robi]res1 et ce kon dit1 t\tes les coses que vila9 a sont son seigneur1 c'e/ voirs g>d]4 ,c>1 s'ils toi5t son seigneur propre1 il n'avoit nule diffr5ce entre s]f et vila94 ,mais p> no/re usage n'a entre toi et ton vila9 juge =s ,diex tant com il e/ tes c\kans et tes levans s'il n'a autre loi v]s toi =s la c\tume4 ,pi]re-de-,fonta9e1 7,c4 #ba1 4 #h47 #hh ,placuit mihi ut /atum +5uitatis me 9 ve/rum deb]em obnoxi>e s]vitium1 quod x feci1 und accepi te prtium 9 quod mihi b5 complacuit1 solidos tantos1 x ut ab hodi]n die quidquid de me s]vo tuo1 sicut et de reliqu mancipi tu1 fac]e volu]is1 die prs5te lib]am et firmissimam 9 omnibus habeas pote/atem4 7,cap4 ,baluz4 ,t4 #b1 p4 #dgd47 ,beaumanoir1 7,c\tumes de ,beauvoisis1 *ap4 #de71 en rapportant les causes qui avoi5t si =t multipli les s]fs dans le royaume1 dit que plusieurs hommes libres s'toi5t v5dus eux et leurs hoirs1 soit p> misre1 soit p\r avoir la protection d'un matre contre leurs ennemis3 il aj\te que qu& les seigneurs convoquoi5t autrefois leurs sujets p\r la gu]re1 ils leur ordonnoi5t de se r5dre au ,ban1 s\s pe9e de s]vitude p\r eux et leurs desc5dans4 ,il dit encore que des hommes libres s'tant engags p> dvotion1 p\r eux et p\r leur po/rit1 r5dre de c]ta9s s]vices ou pay] de c]ta9es r$evances une glise ou un mona/re1 on oublia l'orig9e de cette sujtion1 et qu'enf91 on la reg>da comme la preuve d'une vritable s]vitude4 #hi ,burg5sis1 ,burgi incola1 b\rgeois4 ,c'e/ le nom qu'on donnoit aux hommes libres qui habitoi5t les villes4 ,je me s]s ici de cette expression1 quoique les b\rgeoisies ne fuss5t pas encore tablies du temps de ,hugues-,capet2 je p>l]ai dans le d]ni] *apitre de ce livre1 de l'tablissem5t des b\rgeoisies1 ou des communes1 qui ne remonte pas plus haut que le rgne de ,l\is-le-,gros4 ,de villa1 on appeloit villanus en lat91 et vila9 en franais1 un homme libre domicili la campagne4 #ij ,cela e/ dmontr p> l'accord dont les vques et les seigneurs conv9r5t s\s le rgne de ,philippe-,augu/e1 p\r arrt] les fraudes des hommes libres1 qui1 p> des donations ou des v5tes simules1 s'affran*issoi5t de t\te *>ge1 en mettant t\t leur bi5 sur la tte de quelque cl]c qui n'toit qu'un prte-nom4 ,quod nullus burg5sis vel villanus pote/ filio suo cl]ico m$ietatem t]r su1 vel plus qum m$ietatem don>e si habu]it filium vel filios4 ,et si d$]it ei p>tem t]r citr m$iam1 cl]icus debet r$d]e tale s]vitium et auxilium quale t]ra debebat dom9is quibus debebatur2 s$ non pot]it talli>i nisi fu]it usur>ius vel m]cator2 et po/ decessum suum t]ra r$ibit ad proximos p>5tes1 et nullus cl]icus pote/ em]e t]ram qu9 r$dat dom9o tale s]vitium quale t]ra debet4 7,capit4 ,philip4 ,aug4 art4 #d47 #ia ,qu& li seigneur voit que ses homs1 de cors devi5t cl]cs1 qu'il traie l'vesque1 et que il le requ]re que il ne li fa*e pas c\ronne2 et se il l'a fete que il l'o/e1 et li vesque i e/ t5us1 mes que il en soit requis1 avant que il ait greigneur ordre que de cl]c et se il atant tant que il ait greigneur ordre1 li cl]c demeure en e/at de fran*ise4 7,beaum4 ,c4 #de47 ,cet usage toit connu s\s la seconde race4 ,ut nullus episcopus ad cl]icatus (ficium s]vum alt]ius s9e dom9i sui voluntate promov]e prsumat4 7,capit4 an4 inc]ti1 art4 #bd4 ,baluz4 ,t4 #a1 p4 #aee47 #ib ,s]vitude vi5t de p> les m]es1 c> tuit li enfant que *ele porte qui e/ s]ve sont s]f4 ,t\t soit il a9ss9t que li p]es soit frans homs2 neis se li p]es e/oit *evali]s1 et il p\soit une s]ve si s]oi5t tuit li enfant s]f que il avoit de li4 7,beaum4 ,c4 #de47 ,se uns hom de gr& lignaige pr5oit la fille un vila9 fame1 ses enfans porroi5t bi5 e/re *evali]s p> droit4 ,se aucuns homs e/oit *evali]1 et ne fu/ pas g5ti%ome de p>age1 tant le fu/-il de p> sa m]e1 se ne le p\rroit-il e/re p> droit4 7,e/ab4 de ,s4 ,l\is1 ,l4 #a1 *ap4 #abh47 ,on voit p> ce passage que les msalliances ne sont pas une *ose n\velle p>mi n\s1 et qu'elles ne portoi5t aucun prjudice la famille d'un g5tilhomme4 ,quant la m]e e/ g5til femme1 et p]e ne l'e/ pas1 li enfant si ne pue5t e/re *evali]s1 et ne p\rquant li enfant ne p]d5t pas l'e/at de g5tillesce d\ t\t1 a9*ois sont de m5 comme g5tilhomme d\ fet de leur cors4 7,beaum4 ,c4 #de47 ,si ce g5tilhomme p> mre1 avoit des enfans1 il n'y a aucune difficult qu'ils ne puss5t tre arms *evali]s p> droit1 puisqu'ils toi5t g5til%ommes de p>age4 ,on appeloit g5tilhomme de p>age1 celui dont le pre toit noble4 ,je prie de rem>qu] ces anoblissem5s connus s\s les premi]s ,capti5s1 et qui n'toi5t qu'une suite des c\tumes de la premire et de la seconde race4 ,aprs de p>eilles autorits1 comm5t le comte de ,b\la9villi]s et quelques autres criva9s ont-ils pu avanc] que les roturi]s ne comm5cr5t tre anoblis que s\s le rgne de ,philippe-le-,bel8 ,il e/ vrai que ce pr9ce fut le premi] qui donna des lettres de noblesse1 telles qu'on les donne auj\rd'hui2 mais il ne faut pas en conclure que les anoblissem5s fuss5t inconnus avant lui4 ,je vais aj\t] ici les autorits qui pr\v5t que la possession d'un fief ou d'une t]re noble donnoit la noblesse4 ,se aucuns home c\/umi] conquroit1 ou a*etoit *ose qui fu/ mettre homage1 ou il por*asse env]s son seigneur comm5t il le mette en foy ou en homage en t\s ses hritages1 ou en p>tie1 en tele foy1 comme e/ la *ose qui s]oit p\r*acie1 si auroit autant li uns comme li autres1 =s li aisn qui s]oit la1 li auroit la moiti selon la gr&eur de la *ose1 et p\r faire la foy1 et p\r g]ir les autres en p>age1 et t\t a9si dp>tira t\j\rs mes jusques en la ti]ce foy1 et d'ileques en avant si aura l'aisn les deux p>ties1 et se dp>tira t\j\rs mes g5tim5t4 7,e/ab4 de ,s4 ,l\is1 l4 #a1 *ap4 #ada47 ,les fils d'un roturi] p>tageoi5t galem5t entre eux la succession de leur pre4 ,on voit p> ce passage1 que le fils an d'un roturi] anobli p> la possession d'un fief1 comm5oit p> avoir la moiti de la succession de son pre1 et que ses frres p>tageoi5t entre eux l'autre moiti4 ,les enfans de ce fils an suivoi5t encore la mme rgle dans le p>tage du bi5 de leur pre2 mais ces enfans se tr\vant la ti]ce foi1 c'e/--dire1 tant les troisimes de leur famille1 qui r5doi5t successivem5t la foi et hommage p\r le fief que leur gr&-pre avoit acquis1 leur succession se p>tageoit g5tim5t1 et le fils an1 au lieu de la moiti1 avoit les deux ti]s de la succession4 ,se li homs de poote ma9t en franc-fief1 il e/ dem5s comme g5ti%oms1 comme de aj\rnem5s et de comm&em5s1 et peut us] des fran*ises d\ fief4 7,beaum4 ,c4 #cj47 ,la fran*ise des p]sonnes ne afran*it pas les hiretages vila9s1 mais li franc-fief fran*iss5t le p]sonne qui e/ de poote1 en tant comme il i e/ c\*ans et levans1 il use de la fran*ise du fief4 7,ibid4 ,c4 #dh47 ,on ne doit pas tre surpris du privilge que les fiefs avoi5t d'anoblir1 aprs ce que j'ai dit des seigneurs dans le premi] livre de cet ouvrage2 elles dev9r5t le seul titre de di/9ction entre les familles2 et cet usage s'accrdita tellem5t *ez les ,franais1 que malgr les ef=ts qu'ont faits les rois p\r s'attribu] eux seuls le privilge d'anoblir1 ce n'e/ qu'en #aegi que la possession d'un fief n'a plus t un titre de noblesse4 7,voyez l'ordonnance de ,blois de #aegi47 ,ce que dit ,beaumanoir1 que la fran*ise des p]sonnes ne afran*it pas les hiretages vila9s1 ne dtruit pas ma conjecture1 que s\s le rgne de ,hugues-,capet1 la noblesse des p]sonnes passoit aux possessions1 c'e/--dire1 que les possessions roturires d'un g5tilhomme n'toi5t sujettes aucune r$evance1 ni aucune corve4 ,beaumanoir p>le de ce qui se pratiquoit s\s ,s4 ,l\is et ,philippe-le-,h>di1 et moi1 de ce qui se passoit s\s ,hugues-,capet4 ,qu& ,beaumanoir crivoit1 il e/ c]ta9 que les seigneurs avoi5t dj beauc\p re/re9t les privilges des g5til%ommes et des cl]cs4 ,l'accord fait entre les vques et les seigneurs1 s\s le rgne de ,philippe-,augu/e1 et que j'ai rapport dans la rem>que #ij de ce *apitre1 en e/ une preuve c]ta9e4 ,il e/ dit dans cet acte qu'un b\rgeois et un vila9 ne p\rront po9t faire pass] leur bi5 sur la tte d'un cl]c1 p\r s'exempt] des r$evances dues au seigneur4 ,si les g5til%ommes n'avoi5t pas alors possd leurs bi5s roturi]s en t\te fran*ise1 ils n'auroi5t pas1 sans d\te1 manqu de faire la mme fraude que les roturi]s1 et on n'auroit c]ta9em5t pas nglig d'y remdi]4 #ic ,nus g5ti%om ne r5d c\/umes ni peages de ri5s qu'il a*ate ne qu'il v5de1 se il n'a*ate p\r rev5dre et p\r guaign]4 7,e/ab4 de ,s4 ,l\is1 ,l4 #a1 ,c4 #eh47 ,se g5tilhomme avoit meson qui lui fu/ en*eoite en sa t]re le roy ou en *a/el b>on1 qui soit taillable1 en quelque manire que li g5til l'ait1 soit d'eritaige ou d'*eoite1 ou d'autre *ose elle e/ taillable1 se il i fet e/age p\r lui1 p\rcoi il la tiegne en sa ma91 elle ne s]a pas taillable3 me se il l'avoit l\e ou aff]me home c\/umi]1 il ne le porroit pas g>antir de taille4 7,ibid4 ,l4 #a1 ,c4 #ic47 ,voirs e/ que cl]s ne g5tiex homs1 ne doiv5t po9t de trav]s des *oses que il a*at5t p\r leur us]1 ne de *oses que il v5d5t qui soit creu en leur hiretage1 me se ils a*at5t p\r rev5dre si comme autres m>*eans1 il conv5roit que les d5res s'aquitass5t d\ trav]s et des *aussis et des tonlieus en la mani]e que les d5res z m>*ans s'aquit5t1 et *e que je ai dit des trav]s je ent5ds de t\tes mani]es des peages et de tonlieus4 7,beauma4 ,c4 #cj47 ,se g5til%oms ti5t vil5age1 et il meffet de ce qui app>ti5t vil5age1 les am5des sont dau tele condition comme se il e/oit hons de poote4 ,de t\s autres cas il e/ dem5s a9s9t comme hons de poote s]oit1 except le fet de son cors1 c> se il fesoit aucun meffet de son cors1 il s]oit selon la loi des g5til%ommes4 7,ibid47 ,,*apitre ,,ii4 #id ,comm5ant p>l] des droits et des devoirs respectifs des seigneurs1 je f]ai ici une obs]vation prlim9aire1 et bi5 importante4 ,la plup>t des criva9s qui ont trait du g\v]nem5t fodal1 ont rassembl ple-mle t\t ce qu'ils ont tr\v dans nos anci5s monum5s qui p\voit y tre relatif1 sans *]*] di/+u] les diffr5tes poques de la naissance de *aque c\tume4 ,il n'toit pas difficile cep5dant de se d\t] que plusieurs de nos c\tumes n'ont pu subsi/] ensemble4 ,ce s\pon1 si on l'avoit eu1 auroit s]vi de fil dans le labyr9! obscur de nos antiquits4 ,les tablissem5s de ,s4 ,l\is n\s p>l5t de plusieurs c\tumes dont l'orig9e remonte visiblem5t jusqu'au temps o ,*>les ,m>tel tablit ses bnfices1 et qui1 quoique affoiblies et altres1 subsi/oi5t encore dans le troisime sicle4 ,mais ils conti5n5t aussi plusieurs usages n\veaux qui comm5oi5t avoir =ce de loi1 et d'autres encore qui se =mul5t1 et que ,s4 ,l\is v\loit accrdit]4 ,il faut dire la mme *ose des ouvrages prcieux de ,pi]re de ,fonta9e et de ,beaumanoir1 les deux hommes les plus clairs de leur temps sur la jurisprud5ce fodale4 ,avec le sec\rs de cette rem>que1 dont on s5tira1 je crois1 la vrit1 en tudiant les ouvrages dont je vi5s de p>l]1 et en les confrant entre eux ou avec les autres monum5s plus anci5s ou contempora9s1 t\t devi5t assez clair dans notre hi/oire de la troisime race4 ,la plup>t des difficults s'aplaniss5t2 et on dmle1 avec assez de c]titude1 les diffr5tes poques o les droits et les devoirs diffr5s des suz]a9s et des vassaux1 ont pris naissance2 j'aurai so9 dans les rem>ques suivantes d'indiqu] les raisons sur lesquelles je me fonde p\r fix] l'orig9e de *aque c\tume4 #ie ,je ne conois po9t comm5t on a pu croire que les appels pratiqus p5dant la premire et la seconde race1 et dont on a tr\v les preuves dans les rem>ques des deux livres prcd5s1 fuss5t encore en usage s\s les premi]s ,capti5s1 o t\s les procs se dcidoi5t p> le duel judiciaire4 ,le combat auquel les p>ties1 les juges et les tmo9s toi5t s\mis1 r5doit p> sa nature les appels impraticables4 ,ne pas s'en t5ir alors cette preuve de l'quit d'un jugem5t1 c'et t d\t] de la ju/ice ou de la puissance de ,dieu2 puisque c'toit une foi vive en ces deux attributs de la div9it1 qui avoit fait adopt] aux ,franais la procdure meurtrire des ,b\rguignons4 ,p\r que l'appel d'un tribunal subalt]ne un tribunal suprieur puisse avoir lieu1 il faut que le plaideur ne puisse pas emp*] les juges de prononc] la s5t5ce qui le condamne1 ou qu'il puisse les s\ponn] d'avoir jug inju/em5t1 p> ignorance ou p> corruption4 ,or1 c'toi5t deux *oses impossibles dans la jurisprud5ce du duel judiciaire2 c>1 le plaideur toit en droit de dfi] et d'appel] au combat le premi] des juges qui ouvroit l'avis de le condamn]2 il p\voit aussi dfi] le tmo9 qui dposoit contre lui4 ,on ordonnoit enf9 le combat1 et le tribunal ne faisoit que prononc] qu'un tel toit va9queur ou va9cu2 fait qui1 se passant en public et s\s les yeux de mille tmo9s1 ne p\voit jamais tre d\teux ni quivoque4 ,fauss] une c\r de ju/ice1 ou l'accus] d'avoir port un jugem5t faux1 c'toit lui faire l'injure la plus grave1 l'int]dire de t\tes ses fonctions1 et r5dre t\s ses membres incapables de faire aucun acte judiciaire4 ,un plaideur qui avoit eu cette tmrit1 toit oblig1 s\s pe9e d'avoir la tte c\pe1 de se battre dans le mme j\r1 non-seulem5t contre t\s les juges qui avoi5t assi/ au jugem5t dont il appeloit1 mais encore contre t\s ceux qui avoi5t droit de pr5dre sance dans ce tribunal4 ,s'il sortoit va9queur de t\s ces combats1 la s5t5ce qu'il avoit fausse1 toit rpute fausse et mal r5due1 et son procs toit gagn4 ,si1 au contraire1 il toit va9cu dans un de ces combats1 il toit p5du4 ,cette jurisprud5ce1 dont n\s sommes in/ruits p> les ,assises de ,jrusalem1 c'toit la jurisprud5ce mme des ,franais dans le onzime sicle1 puisque ,godefroi de ,b\illon1 lev en #ajii sur le trne de ,jrusalem1 fit rdig] les lois de son royaume1 a9si qu'il n\s en av]tit lui-mme dans son code1 sur les c\tumes qui toi5t pratiques en ,france1 qu& il p>tit p\r la ,t]re-,sa9te4 ,qu& il arrivoit qu'un plaideur1 aprs avoir va9cu deux ou trois de ses juges1 toit lui-mme va9cu p> un quatrime1 je v\drois bi5 savoir p> quels biz>res raisonnem5s1 on ju/ifioit alors la ,provid5ce div9e1 qui avoit p]mis que l'inju/ice et le m5songe triomphass5t deux ou trois fois de la ju/ice et de la vrit8 ,la foi absurde de nos pres devoit tre c]ta9em5t trs-emb>rasse4 ,beaumanoir1 qui crivoit la c\tume de ,beauvoisis1 en #abhc1 s\s le rgne de ,philippe-le-,h>di1 n\s appr5d1 7,c4 #fa et #fb17 que dans les t]res o l'anci5 usage du duel judiciaire subsi/oit encore1 un plaideur toit =c de se battre contre t\s les juges du tribunal1 si1 au lieu d'appel] ou de dfi] le premi] ou le second d'entre eux qui disoit son avis1 il att5doit1 p\r fauss] le jugem5t1 que la s5t5ce ft prononce4 ,je dem&e si une p>eille =me de procdure ne r5doit pas impraticables les appels tels que n\s les connoissons auj\rd'hui1 et qu'ils toi5t pratiqus s\s les deux premires races8 ,t\s cas de crieme quelque il soi5t1 dont l'en puet p]dre la vie1 app>ti5n5t haute-ju/i*e1 except le l>ron2 c> tant soit il a9ss9t que li]res p\r son l>rec9 p]de la vie1 et ne p\r quant l>rec9s n'e/ pas de la haute-ju/ice4 7,beaum4 ,c4 #eh47 ,voici1 selon cet auteur1 le cas de haute-ju/ice2 meurtre1 trahison ou assass9at1 homicide1 viol1 inc5die1 fausse monnoie1 trves et assurem5s briss ou viols4 ,les tablissem5s de ,s4 ,l\is1 7,l4 #a1 ,c4 #dj17 aj\t5t le cas de *em9s brisis1 et de meffet de m>*i4 ,quoique aucun monum5t de la troisime race1 antrieur au rgne de ,s4 ,l\is1 ne p>le de cette diffr5te attribution ou compt5ce des ju/ices1 on ne sauroit1 je crois1 d\t] avec quelque fondem5t qu'elle ne ft dj connue du temps de ,hugues-,capet1 et pratique comme une c\tume fodale4 ,cette diffr5te compt5ce des ju/ices avoit t tablie p> ,*>lemagne4 ,ut nullus homo 9 placito c5t5>ii neque ad mortem neque ad lib]tatem suam amitt5dam aut ad res r$d5das vel mancipia judicetur2 s$ i/a aut 9 pres5ti comitis vel missorum no/rorum judic5tur4 7,capit4 #c1 an4 #hab1 art4 #d47 ,la di/9ction de la haute et de la basse-ju/ice se tr\ve encore expressm5t nonce dans la *>te ou diplome que ,l\is-le-,dbonnaire donna en #hae aux ,espagnols qui s'toi5t rfugis sur les t]res de la dom9ation franaise1 p\r se s\/raire la tyrannie des ,s>ras9s4 ,ipsi v] pro majoribus causis1 sicut sunt homicidia1 raptus1 inc5dia1 deprdationes1 membrorum amputationes1 furta1 latroc9ia1 ali>um r]um invasiones1 et undecmque vic9o suo aut crim9alit] aut civilit] fu]it accusatus1 et ad placitum v5ire jussus1 ad comitis sui mallum omnimodis v5ire non recus5t4 ,ct]as v] m9ores causas m suo1 sicut hact5s fecisse noscuntur int] se mutuo def9ire non prohibeantur4 7art4 #b47 ,et si quisquam eorum 9 p>tem1 quam ille ad habit&um sibi occupav]at1 alios hom9es undecmque v5i5tes adtrax]it1 et secum 9 portione su1 quam adprisionem vocant1 habit>e fec]it utatur illorum s]vitio absque alicujus contradictione vel imp$im5to2 et liceat illi eos di/+u]e ad ju/itias faci5das1 quales ipsi int] se def9ire possunt4 ,ct]a v] judicia1 id e/1 crim9ales actiones1 ad exam5 comitis res]v5tur4 7,art4 #c47 ,n'e/-il pas naturel de p5s] que p5dant les dsordres auxquels le g\v]nem5t fodal dut son orig9e1 les seigneurs les plus puissans fur5t les plus gr&s usurpateurs8 ,ils ne laissr5t leurs vassaux que la basse-ju/ice appele ,voirie1 qu& ils pur5t les dp\ill] de la haute4 ,ils gnr5t1 et re/reignir5t la compt5ce des tribunaux dans les fiefs qui relevoi5t d'eux1 et y ex]cr5t mme la ju/ice1 lorsqu'il s'agissoit d'y jug] des affaires graves et majeures4 ,rgle gnrale et sre de critique2 il faut reconnotre p\r des c\tumes subsi/antes s\s le rgne de ,hugues-,capet1 celles dont il e/ fait m5tion dans les tablissem5s de ,s4 ,l\is1 et les crits de ,beaumanoir1 et dont on tr\ve l'orig9e dans les lois de la seconde race2 mo9s qu'on ne soit av]ti p> quelque monum5t po/rieur1 qu'elles ont t oublies et dtruites p> la rvolution qui ru9a la maison de ,*>lemagne4 ,la haute-ju/ice et la basse n'eur5t pas vraisemblablem5t la mme compt5ce1 ou ne connur5t pas des mmes dlits dans t\tes les prov9ces du royaume2 c>1 ri5 n'toit1 et ne p\voit tre gnral et uni=me en ,france4 ,*aque tribunal t5dit sa juridiction autant que les circon/ances le p]mir5t4 ,il ne n\s re/e po9t assez de monum5s p\r connotre ces diffr5tes rvolutions4 ,n\s ignorons1 p> exemple1 p\rquoi le vol1 puni de mort1 et dont la haute-ju/ice connoissoit seule s\s les premi]s ,c>lov+i5s1 app>t5oit la basse-ju/ice1 s\s le rgne de ,s4 ,l\is4 ,il e/ encore vid5t que *aque seigneur gna et limita1 autant qu'il put1 la s\v]a9et que ses vassaux ex]oi5t dans leurs t]res4 ,un trs-gr& nombre de ces vassaux fur5t =cs de se s]vir de la monnoie que leur suz]a9 fabriquoit1 puisqu'il e/ c]ta9 qu'on ne comptoit gures plus de #hj seigneurs en ,france1 qui euss5t droit de battre monnoie4 #if ,volumus atque jubemus ut vassalli episcoporum1 abbatum et abbatiss>um1 atque comitum et vassorum no/rorum1 talem legem et ju/itiam apud s5iores suos habeant1 sicut eorum antecessores apud illorum s5iores tempore antecessorum habu]unt4 7,capit4 ,c>4 ,cal4 ,baluz4 ,t4 #b1 p4 #bae47 #ig ,si rex ,philippus ,regnum ,angli invad]e volu]it1 comes ,rob]tus1 si pot]it1 regem ,philippum reman]e faciet4444 et si ,rex ,philippus 9 ,angliam v5]it et ,rob]tum comitem secum addux]it1 comes ,rob]tus tam p>vam =titud9em hom9um secum adducet1 qum m9orem pot]it2 x tam5 ne ind feodum suum erg regem ,franci =is faciat4 7,tract4 ,fd4 int] ,h5r4 ,reg4 ,ang4 et ,rob4 ,com4 ,fl&4 art4 #b47 ,et si rex ,h5ricus comitem ,rob]tum 9 ,normanniam vel ,maniam1 9 auxilio secum hab]e volu]it1 et eum ind summonu]it1 ipse comes illc ibit4444 nec dimittet qu9 eat1 donec rex ,francorum judic>i faciat comiti ,rob]to1 quod non debeat juv>e dom9um et amicum suum regem ,angli cujus feodum t5et1 et hoc p] p>es suos qui eum judic>e deb5t4 7,ibid4 art4 #af47 ,et si illo tempore rex ,philippus sup] regem ,h5ricum 9 ,normanni intrav]it1 comes ,rob]tus ad ,philippum ibit cum decem militibus tantm4 7,ibid4 art4 #ai47 ,ce trait pass entre deux des plus puissans vassaux de la c\ronne1 qui contractoi5t une alliance troite en ple9e paix1 e/ trs-propre n\s faire connotre la nature des devoirs auxquels ils se croyoi5t assujettis env]s le roi de ,france leur suz]a91 et des droits atta*s la suz]a9et4 ,ces devoirs et ces droits devoi5t tre reg>ds comme inconte/ables1 puisque ,h5ri1 qui donnoit en fief au comte ,rob]t un subside annuel de #djj m>cs d'arg5t1 p\r se faire aid] de ses =ces dans les gu]res qu'il auroit contre le roi de ,france1 ne les contr$it pas4 ,propt] prdictas conv5tiones et prdictum auxilium1 dabit rex ,h5ricus comiti ,rob]to1 unoquoque anno #djj m>cas arg5ti 9 feodo4 7,ibid4 art4 #ca47 ,,f9 ,,du ,,tome ,,premi]4 ,,table ,des ,*apitres cont5us dans le premi] ,tome4 ,,loge hi/orique de l'abb de ,mably1 p> l'abb ,briz>d4 page #a ,,notes hi/oriques sur l'loge4 #ic ,,av]tissem5t de la premire dition4 #aba ,,obs]vations ,sur l'hi/oire de ,france4 ,,livre ,,premi]4 ,,*ap4 ,i4 ,des murs et du g\v]nem5t des ,franais en ,g]manie4 ,leur tablissem5t dans les ,gaules4 #abi ,,*ap4 ,,ii4 ,quelle fut la condition des ,gaulois et des autres peuples s\mis la dom9ation des ,franais4 #adc ,,*ap4 ,,iii4 ,des causes qui contribur5t ru9] les pr9cipes du g\v]nem5t dmocratique des franais4 ,comm5t les successeurs de ,clovis s'emp>r5t d'une autorit plus gr&e que celle qui leur toit attribue p> la loi4 ,tyrannie des gr&s4 tablissem5t des seigneuries4 #aec ,,*ap4 ,,iv4 ,de la conduite et des intrts des diffr5s ordres de l'tat4 ,comm5t les bnfices confrs p> les rois ,mrov+i5s1 devi5n5t hrditaires4 ,atte9te que cette n\veaut porte l'autorit que ces pr9ces avoi5t acquise4 #afi ,,*ap4 ,v4 ,de l'orig9e de la noblesse p>mi les ,franais4 ,comm5t cette n\veaut contribua l'abaissem5t de l'autorit royale1 et confirma la s]vitude du peuple4 ,digression sur le s]vice militaire r5du p> les g5s d'glise4 #aha ,,*ap4 ,,vi4 ,progrs de la =tune des maires du palais s\s les successeurs de ,clotaire ,,ii4 ,inconsidration de la noblesse leur g>d4 ,ils s'emp>5t de t\te l'autorit4 ,*>les ,m>tel tablit de n\veaux bnfices4 ,pep9 monte sur le trne4 #aia ,,*ap4 ,,vii4 ,p\rquoi la nation ,franaise n'a pas t dtruite s\s la rg5ce des rois ,mrov+i5s4 #bjh ,,livre ,,second4 ,,*ap4 ,i4 ,orig9e du sacre des rois de ,france4 ,du g\v]nem5t et de la politique de ,pep94 ,il s'tablit un n\vel ordre de succession au trne4 #bae ,,*ap4 ,,ii4 ,rgne de ,*>lemagne4 ,de la =me de g\v]nem5t tablie p> ce pr9ce4 ,r=me qu'il fait dans l'tat4 ,ses lois1 ses murs4 #bbj ,,*ap4 ,,iii4 ,rflexion sur le g\v]nem5t tabli p> ,*>lemagne4 ,des pr9cipes de dcad5ce qu'il portoit en lui-mme4 #bdi ,,*ap4 ,,iv4 ,foiblesse de ,l\is-le-,dbonnaire4 ,il t5d la prrogative royale4 ,comm5t la division1 qui rgne entre ses fils ru9e l'autorit du pr9ce1 et r5d les seigneurs t\t-puissans4 #beh ,,*ap4 ,v4 ,ru9e entire de l'anci5 g\v]nem5t s\s le rgne de ,*>les-le-,*auve4 ,ce pr9ce r5d les bnfices et les comts hrditaires4 ,naissance du g\v]nem5t fodal4 #bgg ,,*ap4 ,,vi4 ,dmembrem5t que s\ffrit l'empire de ,*>lemagne4 ,ru9e de sa maison4 ,avnem5t de ,hugues-,capet au trne4 #bij ,,livre ,,troisi,,me4 ,,*ap4 ,i4 ,de la situation du peuple l'avnem5t de ,hugues-,capet au trne4 ,droits1 privilges1 tat de la noblesse qui ne possdoit pas des t]res en fief4 #cja ,,*ap4 ,,ii4 ,situation des seigneurs l'avnem5t de ,hugues-,capet au trne4 ,des causes qui contribur5t tablir une sorte de rgle et de droit public4 #cji ,,rem>ques ,,et ,,preuves4 ,,livre ,,premi]4 ,,*apitre ,i4 #cbj ,,*apitre ,,ii4 #cbe ,,*apitre ,,iii4 #cfj ,,*apitre ,,iv4 #chb ,,*apitre ,v4 #chi ,,*apitre ,,vi4 #djf ,,*apitre ,,vii4 #dae ,,livre ,,second4 ,,*apitre ,i4 #daf ,,*apitre ,,ii4 #dba ,,*apitre ,,iii4 #ddc ,,*apitre ,,iv4 #ddg ,,*apitre ,v4 #ded ,,*apitre ,,vi4 #dfe ,,livre ,,troisi,,me4 ,,*apitre ,i4 #dge ,,*apitre ,,ii4 #dhc ,f9 de la ,table4 99 99 99 99 99 ,corrections4 ,page #f3 ,montagne remplac p> ,montaigne 7suivant l'expression de ,montaigne74 ,page #i3 attroces remplac p> atroces 7les gu]res plus atroces de la religion74 ,page #aj3 cahos remplac p> *aos 7,dbr\ill] ce *aos74 ,page #af3 p>tie remplac p> patrie 7cette patrie des hros74 ,page #af3 florisante remplac p> florissante 7il n\s la montre heureuse1 florissante1 respecte74 ,page #ba3 *>tres remplac p> *>tes 7les *>tes des glises74 ,page #ba3 ses remplac p> ces 7n'avoi5t fait que reproduire et propag] ces erreurs74 ,page #bc3 anime remplac p> anime 7,cette dc\v]te anime d'un intrt74 ,page #dc3 le remplac p> la 7m>qu la priode o ils se tr\v5t74 ,page #dd3 lt>gie remplac p> l?>gie 7sa trop longue l?>gie74 ,page #fe3 mom>que remplac p> mon>que 7,il n'y auroit pas de mon>que74 ,page #hg3 confis remplac p> confie 7 je me confie l'intgrit de mes juges74 ,page #hg3 s n>actre remplac p> son c>actre 7d'avoir cons]v son c>actre74 ,page #hg3 rop remplac p> trop 7port trop lo9 cette roideur74 ,page #hi3 un remplac p> une 7aux conv5ances d'une socit74 ,page #ij3 amiti remplac p> amiti 7po9t de p>faite amiti74 ,page #ajb3 flambleau remplac p> flambeau 7un flambeau de discorde74 ,page #aaa3 ,rob]/on remplac p> ,rob]tson 7contre ,voltaire et l'illu/re ,rob]tson74 ,page #abi3 s]oi5t remplac p> s]oit 7s]oit une espce de prodige74 ,page #adb3 enrteprise remplac p> entreprise 7les vques favorisr5t son entreprise74 ,page #adh3 anci-nnes remplac p> anci5nes 7leurs anci5nes c\tumes74 ,page #adi3 arrtoisnt remplac p> arrtoi5t 7,ils repr5oi5t1 arrtoi5t et *tioi5t74 ,page #aee3 ncesaire remplac p> ncessaire 7t\t ce qui e/ ncessaire74 ,page #afa3 j'avelot remplac p> javelot 7un javelot1 une francisque ou une pe74 ,page #afg3 c>resse remplac p> c>esse 7il le flatte1 le c>esse1 l'attire sa c\r74 ,page #afg3 un un remplac p> un 7un assass9 qu'ils avoi5t *>g74 ,page #aga3 insjutice remplac p> inju/ice 7les produits de l'inju/ice74 ,page #aha3 prtgs remplac p> protgs 7ses obligs ou ses protgs74 ,page #aib3 supprim de 7et de d'embrass] la fois t\t un sy/me74 ,page #aif3 fla teurs remplac p> flatteurs 7des c\rtisans et des flatteurs74 ,page #baj3 tributs remplac p> tribus 7ces tribus de b>b>es74 ,page #bbc3 qu'elles remplac p> qu'elle 7soit qu'elle les et simplem5t adoptes74 ,page #bci3 ,jsus-,*rit remplac p> ,jsus-,*ri/ 7une lettre de ,jsus-,*ri/ aux fidelles74 ,page #bdh3 peuble remplac p> peuple 7un peuple grossi]74 ,page #bdi3 les remplac p> le 7le bi5 gnral74 ,page #bdi3 acrotre remplac p> accrotre 7le mme projet d'accrotre ses bi5s74 ,page #bed3 semp>] remplac p> s'emp>] 7s'emp>] de t\te l'autorit74 ,page #beg3 l'auteur ne fait pas la di/9ction entre plutt et plus tt 7s'il ft n deux sicles plutt74 ,page #beh3 att5-t5tion remplac p> att5tion 7,une att5tion extrme74 ,page #bfa3 on remplac p> ou 7ou y travaille sans succs74 ,page #bhf3 cemme remplac p> comme 7comme le magi/rat public74 ,page #cdj3 insr que 7bi5 plus extraord9aires que l'inv5tion de c9q ou six noms74 ,page #cdj3 adjutoriun remplac p> adjutorium 79 quibus nullum adjutorium74 ,page #cec3 ,*ideb]tus remplac p> ,*ildeb]tus 7,!odoricus et ,*ildeb]tus1 ,francorum reges74 ,page #ceg3 datte remplac p> date 7en date de l'an #fae74 ,page #cfj3 ,b\la9vili]s remplac p> ,b\la9villi]s 7de ,loyseau et du comte de ,b\la9villi]s74 ,page #cfb3 ,nisi remplac p> nisi 7nisi is qui se pronuntiavit74 ,page #cfb3 circumb>i remplac p> circumd>i 7semp] electorum juv5um globo circumd>i74 ,page #cfe3 toi5t remplac p> toit 7si la nation ,franaise toit incapable74 ,page #cfg3 toi5t remplac p> toit 7toit p>v5u la tte74 ,page #cgi3 cutores remplac p> sutores 7et arg5t>ios1 sutores74 ,page #cha3 tribut remplac p> tribu 7,lorsqu'un franais de la tribu des ,ripuaires74 ,page #cia3 ,an/ru/ions remplac p> ,antru/ions 7appels ,fidelles1 ,leudes ou ,antru/ions74 ,page #dah3 con/isu5dum remplac p> con/itu5dum 7regem ,au/rasiorum con/itu5dum curavit74 ,page #dbg3 ,capi-pitul>ia remplac p> ,capitul>ia 7,capitul>ia patris no/ri74 ,page #dcj3 usqumod remplac p> usquemod 7,volumus propt] ju/itias qu usquemod74 ,page #dcb3 notrorum remplac p> no/rorum 7ad ,placitum ,missorum no/rorum74 ,page #dce3 cujucumque remplac p> cujuscumque 7lib]tos cujuscumque +5uorum74 ,page #dce3 neglitatis remplac p> negligatis 7in/itutum e/ accip]e negligatis74 ,page #ddj3 int]antibus remplac p> it]antibus 79 quibus nullum adjutorium it]antibus74 ,page #dec3 ,e]rires remplac p> ,f]rires 7,lupus1 abb de ,f]rires1 crivoit74 ,page #dee3 pro-nllo remplac p> pro ullo 7et pro ullo hom9e74 ,page #dfc3 succesores remplac p> successores 7,dictus enim episcopus et successores74 ,page #dfi3 sidi remplac p> sibi 7quod sibi fac]e74 ,page #dga3 transf]e remplac p> transf]re 7,francis regnum transf]re vol5tibus74