,,notes ,,de ,,transcription 99 ,le texte en italiques e/ reprs5t entre tirets bas et le texte en petites capitales1 en ,,majuscules4 99 ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 99 ,l'or?ographe d'orig9e a t cons]ve4 ,en cas d'or?ographes div]ses p\r un mme t]me1 la v>iante plus utilise a t ret5ue4 99 ,aux pp4 #afa et #afb1 ,rio-,janeiro a t remplac p> ,rio-de-,janeiro4 99 la p4 #bgi1 la fraction #a_/fjd #jjj #jjj a t remplace p> #a_/fd #jjj #jjj1 d'aprs une dition po/rieure de cette uvre4 ,uranie ,,ouvrages ,,publi,s dans la ,,collection ,,guillaume dition du ,fig>o ,,alphonse ,,daudet ,,t>t>9 ,,sur ,,les ,,alpes #a vol4 ,,pi]re ,,loti ,,madame ,,*rysan?,,me #a vol4 ,p>is4--,imp4 ,lahure1 rue de ,fleurus1 #i4 ,,collection ,,guillaume 7dition du ,,fig>o7 ,,camille ,,flamm>ion ,uranie ,illu/rations ,,de ,,biel]1 ,,gamb>d ,,et ,,myrba* ,,p>is ,c4 ,,m>pon ,,et ,e4 ,,flamm>ion diteurs #bf1 ,,rue ,,rac9e1 #bf #ahhi ,uranie ,,premi,,re ,,p>tie ,la ,muse du ,ciel ,illu/ration ,i ,j'avais dix-sept ans4 ,elle s'appelait ,uranie4 ,uranie tait-elle une blonde jeune fille aux yeux bleus1 un rve de pr9temps1 une innoc5te1 mais curieuse fille d've8 ,non1 elle tait simplem5t1 comme autrefois1 l'une des neuf ,muses1 celle qui prsidait l',a/ronomie et dont le reg>d cle/e animait et dirigeait le *ur des sphres2 elle tait l'ide anglique qui plane au-dessus des l\rdeurs t]re/res2 elle n'avait ni la *air tr\blante1 ni le cur dont les palpitations se communiqu5t di/ance1 ni la tide *aleur de la vie huma9e2 mais elle exi/ait p\rtant1 dans une sorte de monde idal1 suprieur et t\j\rs pur1 et t\tefois elle tait assez huma9e p> son nom1 p> sa =me1 p\r produire sur une me d'adolesc5t une impression vive et pr(onde1 p\r faire natre dans cette me un s5tim5t indf9i1 indf9issable1 d'admiration et presque d'am\r4 ,le jeune homme dont la ma9 n'a pas encore t\* au fruit div9 de l'arbre du ,p>adis1 celui dont les lvres sont re/es ignorantes1 dont le cur n'a po9t encore p>l1 dont les s5s s'veill5t au milieu du vague des aspirations n\velles1 celui-l press5t1 dans les heures de solitude et mme trav]s les travaux intellectuels dont l'ducation contempora9e accable son c]veau1 celui-l press5t le culte auquel il devra bi5tt sacrifi]1 et p]sonnifie d'avance s\s des =mes v>ies l'tre *>mant qui flotte dans l'atmosphre de ses rves4 ,il veut1 il dsire atte9dre cet tre inconnu1 mais ne l'ose pas encore1 et peut-tre ne l'os]ait-il jamais dans la c&eur de son admiration1 si quelque avance sec\rable ne lui v5ait en aide4 ,si ,*lo n'e/ po9t in/ruite1 il faut que l'indiscrte et curieuse ,lycnion se *>ge d'in/ruire ,daphnis4 ,t\t ce qui n\s p>le de l'attraction encore inconnue peut n\s *>m]1 n\s frapp]1 n\s sduire4 ,une froide gravure1 montrant l'ovale d'un pur visage1 une pe9ture1 mme antique1 une sculpture--une sculpture surt\t--veille un m\vem5t n\veau dans nos curs1 le sang se prcipite ou s'arrte1 l'ide trav]se comme un clair notre front r\gissant et demeure flottante dans notre esprit rveur4 ,c'e/ le comm5cem5t des dsirs1 c'e/ le comm5cem5t de la vie1 c'e/ l'aurore d'une belle j\rne d't annonant le lev] du soleil4 ,p\r moi1 mon premi] am\r1 mon adolesc5te passion avait1 non p\r objet assurm5t1 mais p\r cause dt]m9ante1444 une ,p5dule6444 ,c'e/ assez biz>re1 mais c'e/ a9si4 ,des calculs =t insipides me pr5ai5t t\s mes aprs-midi1 de deux heures quatre heures3 il s'agissait de corrig] les obs]vations d'toiles ou de plantes faites la nuit prcd5te en leur appliquant les rductions prov5ant de la rfraction atmosphrique1 laquelle dp5d elle-mme de la hauteur du b>omtre et de la temprature4 ,ces calculs sont aussi simples qu'ennuyeux2 on les fait ma*9alem5t1 l'aide de tables prp>es1 et en p5sant t\te autre *ose4 ,l'illu/re ,le ,v]ri] tait alors directeur de l',obs]vatoire de ,p>is4 ,po9t arti/e du t\t1 il possdait p\rtant dans son cab9et de travail une p5dule en bronze dor1 d'un =t beau c>actre1 datant de la f9 du premi] ,empire et due au ciseau de ,pradi]4 ,le socle de cette p5dule reprs5tait1 en bas-relief1 la naissance de l',a/ronomie dans les pla9es de l'gypte4 ,une sphre cle/e massive1 ce9te du c]cle zodiacal1 s\t5ue p> des sph9x1 dom9ait le cadran4 ,des dieux gypti5s ornai5t les cts4 ,mais la beaut de cette uvre arti/ique consi/ait surt\t en une ravissante petite /atue d',uranie1 noble1 lgante1 je dirais presque maje/ueuse4 ,illu/ration ,la ,muse cle/e se t5ait deb\t4 ,de la ma9 droite elle mesurait1 l'aide d'un compas1 les degrs de la sphre toile2 sa ma9 gau*e1 tombant1 portait une petite lunette a/ronomique4 ,sup]bem5t drape1 elle planait dans l'attitude de la noblesse et de la gr&eur4 ,je n'avais po9t encore vu de visage plus beau que le si54 clair de face1 ce pur visage se montrait grave et au/re4 ,si la lumire arrivait obliquem5t1 il dev5ait plutt mditatif4 ,mais si la lumire v5ait d'en haut et de ct1 ce visage en*ant s'illum9ait d'un my/rieux s\rire1 son reg>d dev5ait presque c>essant1 une exquise srnit faisait place l'expression d'une sorte de joie1 d'amnit et de bonheur que l'on avait plaisir contempl]4 ,c'tait comme un *ant intrieur1 comme une potique mlodie4 ,ces *angem5ts d'expression faisai5t vraim5t vivre la /atue4 ,muse et desse1 elle tait belle1 elle tait *>mante1 elle tait admirable4 ,illu/ration ,*aque fois que j'tais appel auprs de l'm95t ma?matici51 ce n'tait po9t sa gloire univ]selle qui m'impressionnait le plus4 ,j'oubliais les =mules de log>i?mes et mme l'immortelle dc\v]te de la plante ,neptune p\r subir le *>me de l'uvre de ,pradi]4 ,ce beau corps1 si admirablem5t model s\s son antique drap]ie1 cette gracieuse atta*e du c\1 cette figure expressive1 attirai5t mes reg>ds et captivai5t ma p5se4 ,bi5 s\v5t1 lorsque v]s quatre heures n\s quittions le bureau p\r r5tr] dans ,p>is1 j'piais p> la porte entr'ouv]te l'abs5ce du directeur4 ,le lundi et le m]cr$i tai5t les meilleurs j\rs1 le premi] cause des sances de l',in/itut1 auxquelles il ne manquait gure1 le second cause de celles du ,bureau des longitudes1 qu'il fuyait avec le plus pr(ond dda9 et qui lui faisai5t quitt] l',obs]vatoire t\t exprs p\r mieux m>qu] son mpris4 ,alors je me plaais bi5 en face de ma *re ,uranie1 je la reg>dais mon aise1 je m'extasiais de la beaut de ses =mes1 et je p>tais plus satisfait1 mais non plus heureux4 ,elle me *>mait1 mais elle me laissait des regrets4 ,un soir--le soir o je dc\vris ses *angem5ts de physionomie suivant l'clairage--j'avais tr\v le cab9et gr& ouv]t1 une lampe pose sur la *em9e et illum9ant la ,muse s\s l'un de ses aspects les plus sduisants4 ,la lumire oblique c>essait d\cem5t le front1 les j\es1 les lvres et la gorge4 ,l'expression tait m]veilleuse4 ,je m'appro*ai et je la contemplai1 d'abord immobile4 ,puis l'ide me v9t de dplac] la lampe et de faire j\] la lumire sur les paules1 le bras1 le c\1 la *evelure4 ,la /atue semblait vivre1 p5s]1 se rveill] et s\rire encore4 ,s5sation biz>re1 s5tim5t trange1 j'en tais vritablem5t pris3 d'admirateur j'tais dev5u am\reux4 ,on m'et =t surpris alors si l'on m'et affirm que ce n'tait po9t l le vritable am\r et que ce platonisme n'tait qu'un rve enfant94 ,le ,directeur arriva1 ne p>ut pas aussi tonn de ma prs5ce que j'aurais pu le cra9dre 7on passait s\v5t p> ce cab9et p\r se r5dre aux salles d'obs]vation74 ,mais au mom5t o je posais la lampe sur la *em9e3 ,v\s tes en ret>d p\r ,jupit]1 me dit-il4 ,et comme je fran*issais le seuil3 ,e/-ce que v\s s]iez pote8 aj\ta-t-il d'un air de pr(ond dda91 en appuyant longuem5t sur la d]nire syllabe1 comme s'il et dit pote4 ,j'aurais pu lui rpliqu] p> les exemples de ,kepl]1 de ,galile1 de d',alemb]t1 des deux ,h]s*el1 et d'autres illu/res savants1 qui fur5t potes en mme temps qu'a/ronomes2 j'aurais pu lui rappel] le s\v5ir du premi] ,directeur de l',obs]vatoire mme1 ,jean-,dom9ique ,cass9i1 qui *anta ,uranie en v]s lat9s1 itali5s et franais2 mais les lves de l',obs]vatoire n'avai5t pas l'habitude de rpliqu] quoi que ce ft au snateur-directeur4 ,les snateurs tai5t alors des p]sonnages1 et le ,directeur de l',obs]vatoire tait alors inamovible4 ,et puis1 assurm5t1 notre gr& gomtre aurait reg>d le plus m]veilleux pome1 du ,dante1 de l',ario/e1 ou d',hugo1 du mme air de pr(ond dda9 dont un beau *i5 de ,t]re-,neuve reg>de un v]re de v9 qu'on appro*e de sa b\*e4 ,d'ailleurs1 j'tais inconte/ablem5t dans mon tort4 ,cette *>mante figure d',uranie1 comme elle me p\rsuivait1 avec t\tes ses dlicieuses expressions de physionomie6 ,son s\rire tait si gracieux6 ,et puis1 ses yeux de bronze avai5t p>fois un vritable reg>d4 ,il ne lui manquait que la p>ole4 ,or1 la nuit suivante1 pe9e endormi1 je la revis devant moi1 la sublime desse1 et cette fois elle me p>la4 ,oh6 elle tait bi5 vivante4 ,et quelle jolie b\*e6 j'aurais bais *aque p>ole4444 ,vi5s1 me dit-elle1 vi5s dans le ciel1 l-haut1 lo9 de la ,t]re2 tu dom9]as ce bas monde1 tu contempl]as l'imm5se univ]s dans sa gr&eur4 ,ti5s1 reg>de6 ,illu/ration ,illu/ration ,,ii ,alors je vis la ,t]re qui tombait dans les pr(ondeurs bantes de l'imm5sit2 les c\poles de l',obs]vatoire1 ,p>is illum91 desc5dai5t vite2 t\t en me s5tant immobile1 j'eus une impression analogue celle qu'on pr\ve en ballon lorsqu'en s'levant dans les airs on voit la ,t]re desc5dre4 ,je montai1 je montai longtemps1 emport dans un magique essor v]s le zni? inaccessible4 ,uranie tait prs de moi1 un peu plus leve1 me reg>dant avec d\ceur et me montrant les royaumes d'en bas4 ,le j\r tait rev5u4 ,je reconnus la ,france1 le ,rh91 l',allemagne1 l',autri*e1 l',italie1 la ,mdit]rane1 l',espagne1 l'ocan ,atlantique1 la ,man*e1 l',anglet]re4 ,mais t\te cette lilliputi5ne gographie se rapetissait trs vite4 ,bi5tt le globe t]re/re fut rduit aux dim5sions app>5tes de la lune en son d]ni] qu>ti]1 puis d'une petite ple9e lune4 ,voil6 me dit-elle1 ce fameux globe t]re/re sur lequel s'agit5t tant de passions1 et qui enf]me dans son c]cle troit la p5se de tant de millions d'tres dont la vue ne s't5d pas au del4 ,reg>de comme t\te son app>5te gr&eur dim9ue mesure que notre horizon se dveloppe4 ,n\s ne di/+uons dj plus l',europe de l',asie4 ,voici le ,canada et l',amrique du ,nord4 ,que t\t cela e/ m9uscule6 ,en passant dans le vois9age de la ,lune1 j'avais rem>qu les paysages montagneux de notre satellite1 les cimes rayonnantes de lumire1 les pr(ondes valles remplies d'ombre1 et j'aurais v\lu m'y arrt] p\r tudi] de plus prs ce sj\r vois92 mais1 ddaignant d'y jet] mme un simple reg>d1 ,uranie m'entranait d'un vol rapide v]s les rgions sidrales4 ,n\s montions t\j\rs4 ,la ,t]re1 dim9uant de plus en plus mesure que n\s n\s en loignions1 arriva tre rduite l'aspect d'une simple toile1 brillant p> l'illum9ation solaire au se9 de l'imm5sit vide et noire4 ,n\s avions t\rn v]s le ,soleil1 qui respl5dissait dans l'espace sans l'clair]1 et n\s voyions1 en mme temps que lui1 les toiles et les plantes1 que sa lumire n'effaait plus p>ce qu'elle n'clairait pas l'!r invisible4 ,l'anglique desse me montra ,m]cure1 dans le vois9age du ,soleil1 ,vnus1 qui brillait du ct oppos1 la ,t]re1 gale ,vnus comme aspect et comme clat1 ,m>s dont je reconnus les mdit]ranes et les canaux1 ,jupit] avec ses quatre lunes normes1 ,saturne1 ,uranus4 ,t\s ces mondes1 me dit-elle1 sont s\t5us dans le vide p> l'attraction du ,soleil1 aut\r duquel ils circul5t avec vitesse4 ,c'e/ un *ur h>monieux gravitant aut\r du c5tre4 ,la ,t]re n'e/ qu'une le flottante1 un hameau de cette gr&e patrie solaire1 et cet empire solaire n'e/ lui-mme qu'une prov9ce au se9 de l'imm5sit sidrale4 ,n\s montions t\j\rs4 ,le ,soleil et son sy/me s'loignai5t rapidem5t2 la ,t]re n'tait plus qu'un po9t1 ,jupit] lui-mme1 ce monde si colossal1 se montra amo9dri comme ,m>s et ,vnus1 un petit po9t m9uscule pe9e suprieur celui de la ,t]re4 ,n\s passmes en vue de ,saturne1 ce9t de ses anneaux gigantesques1 et dont le tmoignage seul suffirait p\r pr\v] l'imm5se et inimag9able v>it qui rgne dans l'univ]s1 ,saturne1 vritable sy/me lui seul avec ses anneaux =ms de corpuscules emports dans une rotation v]tig9euse1 et avec ses huit satellites l'accompagnant comme un cle/e cortge6 ,illu/ration ,a mesure que n\s montions1 notre soleil dim9uait de gr&eur4 ,bi5tt il desc5dit au rang d'toile1 puis p]dit t\te maje/1 t\te supriorit sur la population sidrale1 et ne fut plus qu'une toile pe9e plus brillante que les autres4 ,je contemplais t\te cette imm5sit toile au se9 de laquelle n\s n\s levions t\j\rs1 et je *]*ais reconnatre les con/ellations2 mais elles comm5ai5t *ang] s5siblem5t de =mes1 cause de la diffr5ce de p]spective cause p> mon voyage4 ,je crus voir notre soleil1 dev5u ins5siblem5t une t\te petite toile1 se runir la con/ellation du ,c5taure1 t&is qu'une n\velle lumire1 ple1 bleutre1 assez trange1 m'arrivait de la rgion v]s laquelle ,uranie m'emportait4 ,cette cl>t n'avait ri5 de t]re/re et ne me rappelait aucun des effets que j'avais admirs dans les paysages de la ,t]re1 ni p>mi les tons si *angeants des crpuscules aprs l'orage1 ni dans les brumes indcises du mat91 ni p5dant les heures calmes et sil5cieuses du clair de lune sur le miroir de la m]4 ,ce d]ni] effet e/ peut-tre celui dont cet aspect se rappro*ait le plus1 mais cette trange lumire tait1 et elle dev5ait de plus en plus vraim5t bleue1 bleue non d'un reflet d'azur cle/e ou d'un contra/e analogue celui que produit la lumire lectrique comp>e celle du gaz1 mais bleue comme si le ,soleil lui-mme et t bleu6 ,illu/ration ,quelle ne fut pas ma /upfaction lorsque je m'ap]u que n\s n\s appro*ions1 en effet1 d'un soleil absolum5t bleu1 comme un disque brillant qui et t dc\p dans nos plus beaux ciels t]re/res1 et se dta*ant lum9eusem5t sur un fond entirem5t noir1 t\t con/ell d'toiles6 ,ce soleil saphir tait le c5tre d'un sy/me de plantes claires p> sa lumire4 ,n\s allions pass] t\t prs de l'une de ces plantes4 ,le soleil bleu s'agr&issait vue d'il2 mais1 n\veaut aussi s+ulire que la premire1 la lumire dont il clairait cette plante se compliquait d'un c]ta9 ct d'une coloration v]te4 ,je reg>dai de n\veau dans le ciel et j'ap]u un second soleil1 celui-ci d'un beau v]t m]aude6 ,je n'en croyais pas mes yeux4 ,n\s trav]sons1 me dit ,uranie1 le sy/me solaire de ,gamma d',&romde1 dont tu ne vois encore qu'une p>tie1 c> il se compose en ralit1 non de ces deux soleils1 mais de trois1 un bleu1 un v]t1 et un jaune-orange4 ,le soleil bleu1 qui e/ le plus petit1 t\rne aut\r du soleil v]t1 et celui-ci gravite avec son compagnon aut\r du gr& soleil orang que tu vas ap]cevoir dans un in/ant4 ,aussitt1 en effet1 je vis p>atre un troisime soleil1 color de cet ard5t rayonnem5t dont le contra/e avec ses deux compagnons produisait la plus biz>re des illum9ations4 ,je connaissais bi5 ce curieux sy/me sidral1 p\r l'avoir plus d'une fois obs]v au tlescope2 mais je ne me d\tais po9t de sa spl5deur relle4 ,quelles f\rnaises1 quels bl\issem5ts6 ,quelle vivacit de c\leurs dans cette trange s\rce de lumire bleue1 dans cette illum9ation v]te du second soleil1 et dans ce rayonnem5t d'or fauve du troisime6 ,mais n\s n\s tions appro*s1 comme je l'ai dit1 de l'un des mondes app>t5ant au sy/me du soleil saphir4 ,t\t tait bleu1 paysages1 eaux1 plantes1 ro*]s1 lgrem5t v]dis du ct clair p> le second soleil1 et pe9e t\*s des rayons du soleil orange qui se levait l'horizon lo9ta94 ,a mesure que n\s pntrions dans l'atmosphre de ce monde1 une musique suave et dlicieuse s'levait dans les airs1 comme un p>fum1 comme un rve4 ,je n'avais jamais ri5 ent5du de p>eil4 ,la d\ce mlodie1 pr(onde1 lo9ta9e1 semblait v5ir d'un *ur de h>pes et de violons s\t5u p> un accompagnem5t d'orgues4 ,c'tait un *ant exquis1 qui *>mait ds le premi] in/ant1 qui n'avait pas beso9 d'tre analys p\r tre compris1 et qui remplissait l'me de volupt4 ,il me semblait que je s]ais re/ une t]nit l'c\t]3 je n'osais adress] la p>ole mon guide1 tant je craignais d'en p]dre une note4 ,uranie s'en ap]ut4 ,elle t5dit la ma9 v]s un lac et me dsigna du doigt un gr\pe d'tres ails qui planai5t au-dessus des eaux bleues4 ,illu/ration ,ils n'avai5t po9t la =me huma9e t]re/re4 ,c'tai5t des tres videmm5t organiss p\r vivre dans l'air4 ,ils semblai5t tisss de lumire4 ,de lo91 je les pris d'abord p\r des libellules3 ils en avai5t la =me svelte et lgante1 les va/es ailes1 la vivacit1 la lgret4 ,mais en les exam9ant de plus prs1 je m'ap]u de leur taille1 qui n'tait pas infrieure la ntre1 et je reconnus l'expression de leurs reg>ds que ce n'tai5t po9t des animaux4 ,leurs ttes ressemblai5t galem5t celles des libellules1 et1 comme ces tres ari5s1 ils n'avai5t pas de jambes4 ,la musique si dlicieuse que j'ent5dais n'tait autre que le bruit de leur vol4 ,ils tai5t trs nombreux1 plusieurs milli]s peut-tre4 ,illu/ration ,on voyait1 sur les sommets des montagnes1 des plantes qui n'tai5t ni des arbres ni des fleurs1 qui levai5t de frles tiges d'normes hauteurs1 et ces tiges ramifies portai5t1 comme en t5dant les bras1 de l>ges c\pes en =me de tulipes4 ,ces plantes tai5t animes2 du mo9s1 comme nos s5sitives et plus encore1 et comme la desmodie aux feuilles mobiles1 elles manife/ai5t p> des m\vem5ts leurs impressions intrieures4 ,ces bosquets =mai5t de vritables cits vgtales4 ,les habitants de ce monde n'avai5t pas d'autres demeures que ces bosquets1 et c'e/ au milieu de ces s5sitives p>fumes qu'ils se reposai5t lorsqu'ils ne flottai5t pas dans les airs4 ,ce monde te p>at fanta/ique1 fit ,uranie1 et tu te dem&es quelles ides peuv5t avoir ces tres1 quelles murs1 quelle hi/oire1 quelles espces d'arts1 de littrature et de sci5ces4 ,il s]ait long de rpondre t\tes les que/ions que tu p\rrais faire4 ,sa*e seulem5t que leurs yeux sont suprieurs vos meilleurs tlescopes1 que leur sy/me n]veux vibre au passage d'une comte et dc\vre lectriquem5t des faits que v\s ne connatrez jamais sur la ,t]re4 ,les organes que tu vois au-dess\s des ailes leur s]v5t de ma9s plus habiles que les vtres4 ,p\r imprim]ie1 ils ont la photographie directe des vnem5ts et la fixation phontique des p>oles mmes4 ,ils ne s'occup5t1 du re/e1 que de re*]*es sci5tifiques1 c'e/--dire de l'tude de la nature4 ,les trois passions qui absorb5t la plus gr&e p>tie de la vie t]re/re1 l'pre dsir de la =tune1 l'ambition politique et l'am\r1 leur sont inconnues1 p>ce qu'ils n'ont beso9 de ri5 p\r vivre1 p>ce qu'il n'y a pas de divisions int]nationales ni d'autre g\v]nem5t qu'un conseil d'adm9i/ration1 et p>ce qu'ils sont &rogynes4 --,&rogynes6 rpliquai-je4 ,et j'osai aj\t]3 ,e/-ce mieux8 --,c'e/ autre4 ,ce sont de gr&s tr\bles de mo9s dans une humanit4 ,il faut1 cont9ua-t-elle1 se dgag] entirem5t des s5sations et des ides t]re/res p\r tre en situation de compr5dre la div]sit inf9ie manife/e p> les diffr5tes =mes de la cration4 ,de mme que sur votre plante les espces ont *ang d'ge en ge1 depuis les tres si biz>res des premires poques gologiques jusqu' l'app>ition de l'humanit1 de mme que ma9t5ant encore la population animale et vgtale de la ,t]re e/ compose des =mes les plus div]ses1 depuis l'homme jusqu'au corail1 depuis l'oiseau jusqu'au poisson1 depuis l'lphant jusqu'au papillon2 de mme1 et sur une t5due incomp>ablem5t plus va/e1 p>mi les innombrables t]res du ciel1 les =ces de la nature ont donn naissance une div]sit inf9ie d'tres et de *oses4 ,la =me des tres e/1 en *aque monde1 le rsultat des lm5ts spciaux *aque globe1 sub/ances1 *aleur1 lumire1 lectricit1 d5sit1 pesanteur4 ,illu/ration ,les =mes1 les organes1 le nombre des s5s--v\s n'en avez que c9q1 et ils sont assez pauvres--dp5d5t des conditions vitales de *aque sphre4 ,la vie e/ t]re/re sur la ,t]re1 m>ti5ne sur ,m>s1 saturni5ne sur ,saturne1 neptuni5ne sur ,neptune1 c'e/--dire approprie *aque sj\r1 ou p\r mieux dire1 plus rig\reusem5t encore1 produite et dveloppe p> *aque monde selon son tat organique et suivant une loi primordiale laquelle obx la nature entire3 la loi du ,progrs4 ,illu/ration ,p5dant qu'elle me p>lait1 j'avais suivi du reg>d le vol des tres ari5s v]s la cit fleurie et j'avais vu avec /upfaction les plantes se m\voir1 s'lev] ou s'abaiss] p\r les recevoir2 le soleil v]t tait desc5du au-dess\s de l'horizon et le soleil orange s'tait lev dans le ciel2 le paysage tait dcor d'une coloration ferique sur laquelle planait une lune norme1 mi-p>tie orange et mi-p>tie v]te4 ,alors l'imm5se mlodie qui remplissait l'atmosphre s'arrta1 et au milieu d'un pr(ond sil5ce j'ent5dis un *ant1 s'levant d'une voix si pure que nulle voix huma9e ne p\rrait lui tre comp>e4 ,quel m]veilleux sy/me1 m'criai-je1 qu'un tel monde illum9 p> de tels flambeaux6 ,ce sont donc l les toiles d\bles1 triples1 multiples1 vues de prs4 --,spl5dides soleils que ces toiles6 rpondit la desse4 ,gracieusem5t associes dans les li5s d'une attraction mutuelle1 v\s les voyez de la ,t]re1 b]ces deux deux au se9 des cieux1 t\j\rs belles1 t\j\rs lum9euses1 t\j\rs pures4 ,susp5dues dans l'inf9i1 elles s'appui5t l'une sur l'autre sans jamais se t\*]1 comme si leur union1 plus morale que matrielle1 tait rgie p> un pr9cipe invisible et suprieur1 et suivant des c\rbes h>monieuses1 elles gravit5t en cad5ce l'une aut\r de l'autre1 c\ples cle/es clos au pr9temps de la cration dans les campagnes con/elles de l'imm5sit4 ,t&is que les soleils simples comme le vtre brill5t solitaires1 fixes1 tranquilles1 dans les ds]ts de l'espace1 les soleils d\bles et multiples sembl5t anim] p> leurs m\vem5ts1 leur coloration et leur vie1 les rgions sil5cieuses du vide t]nel4 ,ces horloges sidrales m>qu5t p\r v\s les sicles et les res des autres univ]s4 ,mais1 aj\ta-t-elle1 cont9uons notre voyage4 ,n\s ne sommes qu' quelques trillions de lieues de la ,t]re4 --,quelques trillions8 --,oui4 ,si n\s p\vions ent5dre d'ici les bruits de votre plante1 ses volcans1 ses canonnades1 ses tonn]res1 ou les vocifrations des gr&es f\les les j\rs de rvolution1 ou les *ants pieux des glises qui s'lv5t v]s le ,ciel1 la di/ance e/ telle qu'en admettant que ces bruits puiss5t la fran*ir avec la vitesse du son dans l'air1 ils n'emploi]ai5t pas mo9s de qu9ze millions d'annes p\r arriv] jusqu'ici4 ,n\s ent5drions auj\rd'hui seulem5t ce qui se passait sur la ,t]re il y a qu9ze millions d'annes4 ,cep5dant n\s sommes encore1 relativem5t l'imm5sit de l'univ]s1 trs vois9s de ta patrie4 ,tu reconnais t\j\rs votre soleil1 l-bas1 t\te petite toile4 ,n\s ne sommes pas sortis de l'univ]s auquel il app>ti5t avec son sy/me de plantes4 ,cet univ]s se compose de plusieurs milli>ds de soleils1 sp>s les uns des autres p> des trillions de lieues4 ,son t5due e/ si considrable1 qu'un clair1 la vitesse de trois c5t mille kilomtres p> seconde1 emploi]ait qu9ze mille ans le trav]s]4 ,et p>t\t1 p>t\t des soleils1 de quelque ct que n\s dirigions nos reg>ds2 p>t\t des s\rces de lumire1 de *aleur et de vie1 s\rces d'une v>it 9puisable1 soleils de t\t clat1 de t\tes gr&eurs1 de t\t ge1 s\t5us dans le vide t]nel1 dans l'!r lum9ifre1 p> l'attraction mutuelle de t\s et p> le m\vem5t de *acun4 ,*aque toile1 soleil norme1 t\rne sur elle-mme comme une sphre de feu et vogue v]s un b4 ,votre soleil m>*e et v\s emporte v]s la con/ellation d',h]cule1 celui dont n\s v5ons de trav]s] le sy/me m>*e v]s le sud des ,pliades1 ,sirius se prcipite v]s la ,colombe1 ,pollux s'lance v]s la ,voie lacte1 t\s ces millions1 t\s ces milli>ds de soleils c\r5t trav]s l'imm5sit avec des vitesses qui atteign5t deux1 trois et quatre c5t mille mtres p> seconde6 ,c'e/ le ,m\vem5t qui s\ti5t l'quilibre de l'univ]s1 qui en con/itue l'organisation1 l'n]gie et la vie4 ,illu/ration ,illu/ration ,,iii ,depuis longtemps dj le sy/me tricolore avait fui s\s notre essor4 ,n\s passmes dans le vois9age d'un gr& nombre de mondes bi5 diffr5ts de la patrie t]re/re4 ,les uns me p>ur5t entirem5t c\v]ts d'eau et peupls d'tres aquatiques1 les autres uniquem5t peupls de plantes4 ,n\s n\s arrtmes prs de plusieurs4 ,quelle inimag9able v>it6 ,sur l'un d'entre eux1 t\s les habitants me p>ur5t p>ticulirem5t beaux4 ,uranie m'apprit que l'organisation y e/ t\te diffr5te de celle des enfants de la ,t]re et que l'tre huma9 y p]oit les oprations physico-*imiques qui s'accompliss5t dans l'entreti5 du corps4 ,dans notre organisme t]re/re1 n\s ne voyons pas comm5t1 p> exemple1 les alim5ts absorbs s'assimil5t1 comm5t le sang1 les tissus1 les os1 se r5\vell5t2 t\tes les fonctions s'accompliss5t in/9ctivem5t1 sans que la p5se les p]oive4 ,aussi subit-on mille maladies1 dont l'orig9e e/ ca*e et s\v5t intr\vable4 ,l1 l'tre huma9 s5t les actes de son entreti5 vital1 comme n\s s5tons un plaisir ou une d\leur4 ,de *aque molcule du corps1 p\r a9si dire1 "p un n]f qui transmet au c]veau les impressions v>ies qu'elle reoit4 ,si l'homme t]re/re tait d\ d'un p>eil sy/me n]veux1 en plongeant ses reg>ds dans l'organisme p> l'int]mdiaire des n]fs1 il v]rait comm5t l'alim5t se trans=me en *yle1 celui-ci en sang1 le sang en *air1 en sub/ance musculaire1 n]veuse1 etc43 il se v]rait lui-mme4 ,mais n\s en sommes lo91 le c5tre animique de nos p]ceptions tant emb>rass p> les n]fs multiplis des lobes crbraux et des c\*es optiques4 ,sur un autre globe que n\s trav]smes p5dant la nuit1 c'e/--dire du ct de son hmisphre nocturne1 les yeux huma9s sont organiss de telle sorte qu'ils sont lum9eux1 qu'ils clair5t1 comme si quelque manation phosphoresc5te irradiait de leur trange foy]4 ,une runion nocturne compose d'un gr& nombre de p]sonnes (fre un aspect vritablem5t fanta/ique1 p>ce que la cl>t comme la c\leur des yeux *ang5t suivant les passions div]ses qui les anim5t4 ,de plus1 la puissance de ces reg>ds e/ telle qu'ils ex]c5t une influ5ce lectrique et magntique d'une int5sit v>iable1 et qu'en c]ta9s cas ils peuv5t f\droy]1 faire tomb] morte la victime sur laquelle se fixe t\te l'n]gie de leur volont4 ,un peu plus lo91 mon guide cle/e me signala un monde o les organismes j\iss5t d'une facult prcieuse1 c'e/ que l'me peut *ang] de corps sans pass] p> la circon/ance de la mort1 s\v5t dsagrable1 et t\j\rs tri/e4 ,un savant qui a travaill t\te sa vie p\r l'in/ruction de l'humanit et voit arriv] la f9 de ses j\rs sans avoir pu t]m9] ses nobles entreprises1 peut *ang] de corps avec un jeune adolesc5t et recomm5c] une n\velle vie1 plus utile encore que la premire4 ,il suffit1 p\r cette transmigration1 du cons5tem5t de l'adolesc5t et de l'opration magntique d'un mdec9 compt5t4 ,on voit aussi p>fois deux tres1 unis p> les li5s si d\x et si =ts de l'am\r1 opr] un p>eil *ange de corps aprs plusieurs annes d'union3 l'me de l'p\x vi5t habit] le corps de l'p\se1 et rciproquem5t1 p\r le re/e de leur exi/5ce4 ,l'expri5ce intime de la vie devi5t incomp>ablem5t plus complte p\r *acun d'eux4 ,on voit aussi des savants1 des hi/ori5s1 dsireux de vivre deux sicles au lieu d'un1 se plong] dans des sommeils factices d'hib]nation artificielle qui susp5d leur vie la moiti de *aque anne et mme davantage4 ,quelques-uns mme p>vi5n5t vivre trois fois plus longtemps que la vie normale des c5t5aires4 ,quelques in/ants aprs1 trav]sant un autre sy/me1 n\s r5contrmes un g5re d'organisations t\t autre encore et assurm5t suprieur au ntre4 ,*ez les habitants de la plante que n\s avions alors s\s les yeux1 monde clair p> un brillant soleil hydrogn1 la p5se n'e/ pas oblige de pass] p> la p>ole p\r se manife/]4 ,combi5 de fois ne n\s e/-il pas arriv1 lorsqu'une ide lum9euse ou +nieuse vi5t d'occup] notre c]veau1 de v\loir l'exprim] ou l'crire1 et1 p5dant le temps que n\s comm5ons p>l] ou crire1 de s5tir dj l'ide dissipe1 envole1 obscurcie ou mtamorphose8 ,les habitants de cette plante ont un sixime s5s1 que l'on p\rrait appel] autotlgraphique1 en v]tu duquel1 qu& l'auteur ne s'y oppose pas1 la p5se se communique au dehors et peut se lire sur un organe qui occupe peu prs la place de votre front4 ,ces conv]sations sil5cieuses sont s\v5t les plus pr(ondes et les plus prcises2 elles sont t\j\rs les plus s9cres4 ,n\s sommes navem5t disposs croire que l'organisation huma9e ne laisse ri5 dsir] sur la ,t]re4 ,p\rtant1 n'avons-n\s jamais regrett d'tre oblig d'ent5dre malgr n\s des p>oles dsagrables1 un disc\rs absurde1 un s]mon gonfl de vide1 de la mauvaise musique1 des mdisances ou des calomnies8 ,nos grammaires ont beau prt5dre que n\s p\vons f]m] l'oreille ces disc\rs1 il n'en e/ malheureusem5t ri54 ,v\s ne p\vez pas f]m] vos oreilles comme vos yeux4 ,il y a l une lacune4 ,j'ai t =t surpris de rem>qu] une plante o la nature n'a pas oubli ce dtail4 ,comme n\s n\s y arrtions un in/ant1 ,uranie me signala ces oreilles qui se f]mai5t a9si que des paupires4 ,il y a l1 me dit-elle1 bi5 mo9s de s\rdes colres que *ez v\s1 mais les divisions entre les p>tis politiques y sont beauc\p plus accuses1 les adv]saires ne v\lant ri5 ent5dre1 et y russissant effectivem5t malgr les avocats les plus loquaces4 ,sur un autre monde1 dans lequel le phosphore j\e un gr& rle1 dont l'atmosphre e/ con/amm5t lectrise1 dont la temprature e/ =t leve1 et o les habitants n'ont gure eu aucune raison suffisante d'inv5t] des vtem5ts1 c]ta9es passions se traduis5t p> l'illum9ation d'une p>tie du corps4 ,c'e/ en gr& ce qui se passe en petit dans nos prairies t]re/res1 o l'on voit1 p5dant les d\ces soires d't1 les v]s luisants se consum] sil5cieusem5t dans une flamme am\reuse4 ,l'aspect des c\ples lum9eux e/ curieux obs]v] le soir dans les gr&es villes4 ,la c\leur de la phosphoresc5ce diffre suivant les sexes1 et l'int5sit v>ie suivant les ges et les tempram5ts4 ,le sexe =t brle d'une flamme r\ge plus ou mo9s ard5te1 et le sexe gracieux d'une flamme bleutre1 p>fois ple et discrte4 ,nos v]s luisants seuls s]ai5t aptes se =m] une ide1 trs rudim5taire1 de la nature des impressions ress5ties p> ces tres spciaux4 ,je n'en croyais pas mes yeux lorsque n\s trav]sions l'atmosphre de cette plante4 ,mais je fus encore plus surpris en arrivant sur le satellite de ce s+uli] monde4 ,c'tait une lune solitaire1 claire p> une sorte de soleil crpusculaire4 ,une valle sombre s'(frit nos reg>ds4 ,aux arbres dissm9s sur les deux flancs de la valle p5dai5t des tres huma9s envelopps de suaires4 ,ils s'tai5t atta*s eux-mmes aux bran*es p> leur *evelure et dormai5t l dans le plus pr(ond sil5ce4 ,ce que j'avais pris p\r des suaires1 c'tait un tissu =m p> l'allongem5t de leurs *eveux embr\ssaills et blan*is4 ,comme je m'tonnais d'une p>eille situation1 ,uranie m'apprit que c'e/ l leur mode habituel d'ensevelissem5t et de rsurrection4 ,oui1 sur ce monde1 les tres huma9s j\iss5t de la facult organique des insectes qui ont le don de s'endormir l'tat de *rysalide p\r se mtamorphos] en papillons ails4 ,il y a l comme une d\ble race huma9e1 et les /agiaires de la premire phase1 les tres les plus grossi]s et les plus matriels1 n'y aspir5t qu' m\rir1 p\r ressuscit] dans la plus spl5dide des mtamorphoses4 ,*aque anne de ce monde reprs5te environ deux c5ts ans t]re/res4 ,on y vit deux ti]s d'anne l'tat infrieur1 un ti]s 7l'hiv]7 l'tat de *rysalide1 et au pr9temps suivant1 les p5dus s5t5t ins5siblem5t la vie rev5ir dans leur *air trans=me3 ils s'agit5t1 se rveill5t1 laiss5t leur toison l'arbre et se dgageant1 tres ails m]veilleux1 s'envol5t dans les rgions ari5nes1 p\r y vivre une n\velle anne phnici5ne1 c'e/--dire deux c5ts ans de notre rapide plante4 ,n\s trav]smes a9si un gr& nombre de sy/mes1 et il me semblait que l't]nit entire n'aurait pas t assez longue p\r me p]mettre de j\ir de t\tes ces crations inconnues la ,t]re2 mais mon guide me laissait pe9e le temps de me reconnatre1 et t\j\rs de n\veaux soleils et de n\veaux mondes app>aissai5t4 ,n\s avions presque heurt dans notre trav]se des comtes transp>5tes qui errai5t comme des s\ffles d'un sy/me l'autre1 et plus d'une fois encore je m'tais s5ti attir v]s de m]veilleuses plantes aux frais paysages dont les humanits euss5t t de n\veaux sujets d'tudes4 ,cep5dant la ,muse cle/e m'emportait sans fatigue t\j\rs plus haut1 t\j\rs plus lo91 lorsque enf9 n\s p>vnmes ce qui me p>ut tre les faub\rgs de l'univ]s4 ,les soleils dev5ai5t plus r>es1 mo9s lum9eux1 plus ples1 la nuit tait plus complte entre les a/res1 et bi5tt n\s n\s tr\vmes au se9 d'un vritable ds]t1 les milli>ds d'toiles qui con/itu5t l'univ]s visible de la ,t]re s'tant loignes et ayant t\t rduit une petite voie lacte isole dans le vide inf9i4 ,n\s voici donc enf91 m'criai-je1 aux limites de la cration6 --,reg>de6 rpondit-elle1 en me montrant le zni?4 ,illu/ration ,illu/ration ,,iv ,mais quoi6 tait-ce vrai8 ,un autre univ]s desc5dait v]s n\s6 ,des millions et des millions de soleils gr\ps ensemble planai5t1 n\vel ar*ipel cle/e1 et allai5t se dveloppant comme une va/e nue d'toiles mesure que n\s montions4 ,j'essayai de sond] du reg>d1 t\t aut\r de moi1 dans t\tes les pr(ondeurs1 l'espace inf9i1 et p>t\t j'ap]cevais des lueurs analogues1 des amas d'toiles dissm9s t\tes les di/ances4 ,le n\vel univ]s dans lequel n\s pntrions tait surt\t compos de soleils r\ges1 rubis et gr5ats4 ,plusieurs avai5t absolum5t la c\leur du sang4 ,sa trav]se fut une vritable fulguration4 ,rapidem5t n\s filions de soleil en soleil1 mais d'incessantes commotions lectriques n\s atteignai5t comme les feux d'une aurore borale4 ,quels tranges sj\rs que ces mondes illum9s uniquem5t p> des soleils r\ges6 ,puis1 dans un di/rict de cet univ]s n\s rem>qumes un gr\pe secondaire compos d'un gr& nombre d'toiles roses et d'toiles bleues4 ,t\t c\p une norme comte dont la tte ressemblait une gueule colossale se prcipita sur n\s et n\s enveloppa4 ,je me pressais avec t]reur contre les flancs de la desse qui1 un in/ant1 disp>ut p\r moi dans un lum9eux br\ill>d4 ,mais n\s n\s retr\vmes de n\veau dans un ds]t obscur1 c> ce second univ]s s'tait loign comme le premi]4 ,la cration1 me dit-elle1 se compose d'un nombre inf9i d'univ]s di/9cts1 sp>s les uns des autres p> des abmes de nant4 --,un nombre inf9i8 --,objection ma?matique1 rpliqua-t-elle4 ,sans d\te un nombre1 quelque gr& qu'il soit1 ne peut pas tre actuellem5t inf9i1 puisqu'on peut t\j\rs p> la p5se l'augm5t] d'une unit1 ou mme le d\bl]1 le tripl]1 le c5tupl]4 ,mais s\vi5s-toi que le mom5t actuel n'e/ qu'une porte p> laquelle l'av5ir se prcipite v]s le pass4 ,l't]nit e/ sans f91 et le nombre des univ]s s]a1 lui aussi1 sans f94 ,reg>de6 ,tu vois encore1 t\j\rs1 et p>t\t1 de n\veaux ar*ipels d'les cle/es1 de n\veaux univ]s4 --,il me semble1 ,uranie6 que depuis bi5 longtemps dj1 et avec une gr&e vitesse1 n\s montons dans le ciel sans bornes8 --,n\s p\rrions t\j\rs mont] a9si1 rpliqua-t-elle1 jamais n\s n'atte9drions une limite df9itive4 ,n\s p\rrions vogu] l-bas1 gau*e1 droite1 devant n\s1 d]rire n\s1 en bas1 v]s n'importe quelle direction1 jamais1 nulle "p1 n\s ne r5contr]ions aucune frontire4 ,jamais1 jamais de f94 ,sais-tu o n\s sommes8 ,sais-tu quel *em9 n\s avons p>c\ru8 ,n\s sommes444 au ve/ibule de l'inf9i1 comme n\s y tions sur la ,t]re4 ,n\s n'avons pas avanc d'un seul pas6 ,une gr&e motion s'tait emp>e de mon esprit4 ,les d]nires p>oles d',uranie m'avai5t pntr jusqu'aux moelles comme un frisson glacial4 ,jamais de f96 jamais6 jamais6 rptais-je4 ,et je ne p\vais dire ni p5s] autre *ose4 ,p\rtant la magnific5ce du spectacle rep>ut mes yeux et mon anantissem5t fit place l'en?\siasme4 ,l',a/ronomie6 m'criai-je4 ,c'e/ t\t6 ,savoir ces *oses6 vivre dans l'inf9i4 ,o ,uranie6 ,qu'e/-ce que le re/e des ides huma9es en face de la sci5ce6 ,des ombres1 des fantmes6 --,oh6 fit-elle1 tu vas te rveill] sur la ,t]re1 tu admir]as encore1 et lgitimem5t1 la sci5ce de tes matres2 mais sa*e-le bi51 l'a/ronomie actuelle de vos coles et de vos obs]vatoires1 l'a/ronomie ma?matique1 la belle sci5ce des ,newton1 des ,laplace1 des ,le ,v]ri]1 n'e/ pas encore la sci5ce df9itive4 ,ce n'e/ po9t l1 mon fils1 le b que je p\rsuis depuis les j\rs d',hipp>que et de ,ptolme4 ,reg>de ces millions de soleils1 analogues celui qui fait vivre la ,t]re1 et comme lui1 s\rces de m\vem5t1 d'activit et de spl5deur2 eh bi51 voil l'objet de la sci5ce v5ir3 l'tude de la vie univ]selle et t]nelle4 ,jusqu' ce j\r1 on n'a pas pntr dans le temple4 ,les *iffres ne sont pas un b1 mais un moy52 ils ne reprs5t5t pas l'difice de la nature1 mais les m?odes1 les *afaudages4 ,tu vas assi/] l'aurore d'un j\r n\veau4 ,l'a/ronomie ma?matique va faire place l'a/ronomie physique1 la vritable tude de la nature4 ,oui1 aj\ta-t-elle1 les a/ronomes qui calcul5t les m\vem5ts app>5ts des a/res dans leurs passages de *aque j\r au mridi51 ceux qui annonc5t l'arrive des clipses1 des phnomnes cle/es1 des comtes priodiques1 ceux qui obs]v5t avec tant de so9s les positions prcises des toiles et des plantes aux div]s degrs de la sphre cle/e1 ceux qui dc\vr5t des comtes1 des plantes1 des satellites1 des toiles v>iables1 ceux qui re*]*5t et dt]m95t les p]turbations apportes aux m\vem5ts de la ,t]re p> l'attraction de la ,lune et des plantes1 ceux qui consacr5t leurs veilles dc\vrir les lm5ts fondam5taux du sy/me du monde1 t\s1 obs]vateurs ou calculateurs1 sont des prcurseurs de l'a/ronomie n\velle4 ,ce sont l d'imm5ses travaux1 des labeurs dignes d'admiration et de transc5dantes uvres1 qui mett5t en lumire les plus hautes facults de l'esprit huma94 ,mais c'e/ l'arme du pass4 ,ma?matici5s et gomtres4 ,dsormais le cur des savants va battre p\r une conqute plus noble encore4 ,t\s ces gr&s esprits1 en tudiant le ciel1 ne sont en ralit1 pas sortis de la ,t]re4 ,le b de l',a/ronomie n'e/ pas de n\s montr] la position app>5te de po9ts brillants ni de pes] des pi]res en m\vem5t dans l'espace1 ni de n\s faire connatre d'avance les clipses1 les phases de la lune ou les m>es4 ,t\t cela e/ beau1 mais insuffisant4 ,si la vie n'exi/ait pas sur la ,t]re1 cette plante s]ait absolum5t dp\rvue d'intrt p\r quelque esprit que ce ft1 et l'on peut appliqu] la mme rflexion t\s les mondes qui gravit5t aut\r des milli>ds de soleils dans les pr(ondeurs de l'imm5sit4 ,la vie e/ le b de la cration t\t entire4 ,s'il n'y avait ni vie ni p5se1 t\t cela s]ait comme nul et non av5u4 ,tu es de/9 assi/] une trans=mation complte de la sci5ce4 ,la matire va faire place l'esprit4 --,la vie univ]selle6 fis-je4 ,e/-ce que t\tes les plantes de notre sy/me solaire sont habites8444 ,e/-ce que les milli>ds de mondes qui peupl5t l'inf9i sont habits8444 ,e/-ce que ces humanits ressembl5t la ntre8444 ,e/-ce que n\s les connatrons jamais8444 --,l'poque p5dant laquelle tu vis sur la ,t]re1 la dure mme de l'humanit t]re/re1 n'e/ qu'un mom5t dans l't]nit4 ,je ne compris pas cette rponse mes que/ions4 ,il n'y a aucune raison1 aj\ta ,uranie1 p\r que t\s les mondes soi5t habits ma9t5ant4 ,l'poque actuelle n'a pas plus d'importance que celles qui l'ont prcde ou celles qui la suivront4 ,la dure de l'exi/5ce de la ,t]re s]a beauc\p plus longue--peut-tre dix fois plus longue--que celle de sa priode vitale huma9e4 ,sur une diza9e de mondes pris au has>d dans l'imm5sit1 n\s p\rrions1 p> exemple1 suivant les cas1 en tr\v] pe9e un actuellem5t habit p> une race intellig5te4 ,les uns l'ont t jadis2 d'autres le s]ont dans l'av5ir2 ceux-ci sont en prp>ation1 ceux-l ont p>c\ru t\tes leurs phases2 ici des b]ceaux1 l-bas des tombes2 et puis1 une v>it inf9ie se rvle dans les manife/ations des =ces de la nature1 la vie t]re/re n'tant en aucune faon le type de la vie extra-t]re/re4 ,des tres peuv5t vivre1 p5s]1 en des organisations t\tes diffr5tes de celles que v\s connaissez sur votre plante4 ,les habitants des autres mondes n'ont ni votre =me ni vos s5s4 ,ils sont autres4 ,illu/ration ,le j\r vi5dra1 et trs pro*a9em5t puisque tu es appel le voir1 o cette tude des conditions de la vie dans les div]ses prov9ces de l'univ]s s]a l'objet ess5tiel--et le gr& *>me--de l',a/ronomie4 ,bi5tt1 au lieu de s'occup] simplem5t de la di/ance1 du m\vem5t et de la masse matrielle de vos plantes vois9es1 p> exemple1 les a/ronomes dc\vriront leur con/itution physique1 leurs aspects gographiques1 leur climatologie1 leur mtorologie1 pntr]ont le my/re de leur organisation vitale et discut]ont sur leurs habitants4 ,ils tr\v]ont que ,m>s et ,vnus sont actuellem5t peupls d'tres p5sants1 que ,jupit] en e/ encore sa priode primaire de prp>ation organique1 que ,saturne plane en des conditions t\tes diffr5tes de celles qui ont prsid l'tablissem5t de la vie t]re/re et1 sans jamais pass] p> un tat analogue celui de la ,t]re1 s]a habit p> des tres incompatibles avec les organismes t]re/res4 ,de n\velles m?odes f]ont connatre la con/itution physique et *imique des a/res1 la nature des atmosphres4 ,des in/rum5ts p]fectionns p]mettront mme de dc\vrir les tmoignages directs de l'exi/5ce de ces humanits plantaires et de song] se mettre en communication avec elles4 ,voil la trans=mation sci5tifique qui m>qu]a la f9 du dix-neuvime sicle et qui inaugur]a le v+time4 ,illu/ration ,j'c\tais1 ravi1 les p>oles de la ,muse cle/e1 qui illum9ai5t p\r moi d'une lumire t\te n\velle les de/9es de l',a/ronomie et me pntrai5t d'une ardeur plus vive encore4 ,j'avais s\s les yeux le panorama des mondes innombrables qui r\l5t dans l'espace et je compr5ais que le b de la sci5ce devait tre de n\s faire connatre ces univ]s lo9ta9s1 de n\s faire vivre dans ces horizons imm5ses4 ,la belle desse cont9ua3 ,la mission de l',a/ronomie s]a plus leve encore4 ,aprs v\s avoir fait s5tir1 v\s avoir fait connatre1 que la ,t]re n'e/ qu'une cit dans la patrie cle/e et que l'homme e/ citoy5 du ,ciel1 elle ira plus lo94 ,en dc\vrant le plan sur lequel l'univ]s physique e/ con/ruit1 elle montr]a que l'univ]s moral e/ tabli sur ce mme plan1 que les deux mondes ne =m5t qu'un mme monde et que l'esprit g\v]ne la matire4 ,ce qu'elle aura fait p\r l'espace1 elle le f]a p\r le temps4 ,aprs avoir apprci l'imm5sit de l'espace et avoir reconnu que les mmes lois rgn5t simultanm5t en t\s lieux et font de l'imm5se univ]s une seule unit1 v\s appr5drez que les sicles du pass et de l'av5ir sont associs au temps prs5t et que les monades p5santes vivront t]nellem5t p> des trans=mations successives et progressives2 v\s appr5drez qu'il y a des esprits incomp>ablem5t suprieurs aux plus gr&s esprits de l'humanit t]re/re et que t\t progresse v]s la p]fection suprme2 v\s appr5drez aussi que le monde matriel n'e/ qu'une app>5ce et que l'tre rel consi/e en une =ce impondrable1 invisible et intangible4 ,l',a/ronomie s]a donc m9emm5t1 et avant t\t1 la directrice de la philosophie4 ,ceux qui raisonn]ont en dehors des connaissances a/ronomiques re/]ont ct de la vrit4 ,ceux qui suivront fidlem5t son flambeau s'lv]ont graduellem5t dans la solution des gr&s problmes4 ,la philosophie a/ronomique s]a la religion des esprits suprieurs4 ,tu dois assi/]1 aj\ta-t-elle1 cette d\ble trans=mation de la sci5ce4 ,lorsque tu quitt]as le monde t]re/re1 cette sci5ce a/ronomique1 que tu admires dj si lgitimem5t1 s]a entirem5t r5\vele1 dans sa =me comme dans son esprit4 ,mais ce n'e/ pas t\t4 ,cette rnovation d'une sci5ce antique s]virait peu au progrs gnral de l'humanit1 si ces sublimes connaissances1 qui dvelopp5t l'esprit1 clair5t l'me et l'affran*iss5t des mdiocrits sociales1 re/ai5t enf]mes dans le c]cle re/re9t des a/ronomes de pr(ession4 ,ce temps-l va pass] aussi4 ,le boisseau doit tre r5v]s4 ,il faut pr5dre le flambeau la ma91 accrotre son clat1 le port] sur les places publiques1 dans les rues populeuses1 jusque dans les c>ref\rs4 ,t\t le monde e/ appel recevoir la lumire1 t\t le monde en a soif1 surt\t les humbles1 surt\t les d%rits de la =tune1 c> ceux-l p5s5t davantage1 ceux-l sont avides de sci5ce1 t&is que les satisfaits du sicle ne se d\t5t pas de leur ignorance et sont presque fi]s d'y demeur]4 ,oui1 la lumire de l',a/ronomie doit tre rp&ue sur le monde2 elle doit pntr] jusqu'aux masses populaires1 clair] les consci5ces1 lev] les curs4 ,et ce s]a l sa plus belle mission2 ce s]a l son bi5fait4 ,illu/ration ,illu/ration ,v ,a9si p>la mon guide cle/e4 ,son visage tait beau comme le j\r1 ses yeux brillai5t d'un lum9eux clat1 sa voix semblait une musique div9e4 ,je voyais les mondes circul] aut\r de n\s dans l'espace et je s5tais qu'une h>monie imm5se rgit la nature4 ,ma9t5ant1 me dit ,uranie en me dsignant du doigt la place o notre soleil t]re/re avait disp>u1 rev5ons sur la ,t]re4 ,mais reg>de encore4 ,tu z compris que l'espace e/ inf9i4 ,tu vas compr5dre que le temps e/ t]nel4 ,n\s trav]smes des con/ellations et revnmes v]s le sy/me solaire4 ,je vis1 en effet1 rep>atre le ,soleil s\s l'aspect d'une petite toile4 ,je vais te donn] un in/ant1 fit-elle1 s9on la vision div9e1 du mo9s la vision anglique4 ,ton me va s5tir les vibrations ?res qui con/itu5t la lumire et savoir comm5t l'hi/oire de *aque monde e/ t]nelle en ,dieu4 ,voir1 c'e/ savoir4 ,vois6 ,de mme qu'un microscope n\s montre une f\rmi de la grosseur d'un lphant2 de mme que1 pntrant jusqu'aux inf9im5t petits1 il sait r5dre l'invisible visible2 a9si1 l'ordre de la ,muse1 ma vue acquit s\da9 une puissance de p]ception inatt5due et di/+ua dans l'espace1 ct du ,soleil qui s'clipsa1 la ,t]re1 qui d'invisible dev9t visible4 ,je la reconnus1 et mesure que je la reg>dais1 son disque s'agr&issait1 (frant l'aspect de la lune quelques j\rs avant la phase de la ple9e lune4 ,bi5tt je p>v9s1 dans ce disque gr&issant1 di/+u] les pr9cipaux aspects gographiques1 la ta*e neigeuse du ple nord1 les cont\rs de l',europe et de l',asie1 la m] du ,nord1 l',atlantique1 la ,mdit]rane4 ,plus je fixais mon att5tion1 et mieux je voyais4 ,les dtails dev5ai5t de plus en plus p]ceptibles1 comme si j'avais *ang graduellem5t d'oculaires microtlescopiques4 ,je reconnus la =me gographique de la ,france2 mais notre belle patrie me p>ut entirem5t v]te1 du ,rh9 l',ocan et de la ,man*e la ,mdit]rane1 comme si elle avait t c\v]te d'une seule et imm5se =t4 ,je p>v5ais cep5dant di/+u] de mieux en mieux les mo9dres dtails1 c> les ,alpes1 les ,pyrnes1 le ,rh91 le ,rhne1 la ,loire1 tai5t faciles reconnatre4 ,fixe bi5 ton att5tion1 reprit ma compagne4 ,en mme temps qu'elle prononait ces p>oles1 elle posait sur mon front l'extrmit de ses doigts allongs1 comme si elle et v\lu magntis] mon c]veau et donn] mes facults de p]ception une puissance plus gr&e encore4 ,alors je sondai1 je pntrai plus att5tivem5t encore les dtails de la vision1 et j'eus devant les yeux la ,gaule du temps de ,jules ,cs>4 ,c'tait au temps de la gu]re de l'indp5dance anime p> le patriotisme de ,v]c+torix4 ,je voyais ces aspects d'en haut1 comme n\s voyons les paysages lunaires au tlescope1 comme n\s voyons une contre de la nacelle d'un ballon2 mais je reconnus la ,gaule1 l',auv]gne1 ,g]govie1 le ,puy de ,dme1 les volcans te9ts1 et ma p5se se reprs5ta facilem5t la scne gauloise dont une image abrge m'arrivait4 ,illu/ration ,n\s sommes une telle di/ance de la ,t]re1 me dit ,uranie1 que la lumire emploie p\r arriv] de l jusqu'ici t\t le temps qui n\s sp>e de l'poque de ,jules ,cs>4 ,n\s recevons seulem5t ma9t5ant1 ici1 les rayons lum9eux p>tis de la ,t]re cette poque4 ,p\rtant la lumire voyage dans l'espace ?r avec la vitesse de trois c5t mille kilomtres p> seconde4 ,c'e/ rapide1 trs rapide1 mais ce n'e/ pas in/antan4 ,les a/ronomes de la ,t]re qui obs]v5t ma9t5ant les toiles situes la di/ance o n\s sommes1 ne les voi5t pas telles qu'elles sont actuellem5t1 mais telles qu'elles tai5t au mom5t o sont p>tis les rayons lum9eux qui arriv5t seulem5t auj\rd'hui1 c'e/--dire telles qu'elles tai5t il y a plus de dix-huit sicles4 ,de la ,t]re1 aj\ta-t-elle1 ni d'aucun po9t de l'espace1 on ne voit jamais les a/res tels qu'ils sont1 mais tels qu'ils ont t4 ,on e/ d'autant plus en ret>d sur leur hi/oire qu'on en e/ plus loign4 ,v\s obs]vez avec les plus gr&s so9s au tlescope des toiles qui n'exi/5t plus4 ,plusieurs mme des toiles que v\s voyez l'il nu n'exi/5t plus4 ,plusieurs des nbuleuses dont v\s analysez la sub/ance au spectroscope sont dev5ues des soleils4 ,plusieurs de vos plus belles toiles r\ges sont actuellem5t te9tes et mortes3 en v\s appro*ant d'elles v\s ne les v]riez plus6 ,illu/ration ,la lumire mane de t\s les soleils qui peupl5t l'imm5sit1 la lumire rfl*ie dans l'espace p> t\s les mondes clairs p> ces soleils1 emporte trav]s le ciel inf9i les photographies de t\s les sicles1 de t\s les j\rs1 de t\s les in/ants4 ,en reg>dant un a/re1 v\s le voyez tel qu'il tait au mom5t o e/ p>tie la photographie que v\s en recevez1 de mme qu'en ent5dant une clo*e v\s recevez le son aprs qu'il e/ p>ti1 et d'autant plus longtemps aprs que v\s en tes plus loign4 ,il en rsulte que l'hi/oire de t\s les mondes voyage actuellem5t dans l'espace1 sans jamais disp>atre absolum5t1 et que t\s les vnem5ts passs sont prs5ts dans le se9 de l'inf9i et inde/ructibles4 ,la dure de l'univ]s s]a sans f94 ,la ,t]re f9ira1 et ne s]a plus un j\r qu'un tombeau4 ,mais il y aura de n\veaux soleils et de n\velles t]res1 de n\veaux pr9temps et de n\veaux s\rires et t\j\rs la vie fleurira dans l'univ]s sans bornes et sans f94 ,j'ai v\lu te montr]1 fit-elle aprs un in/ant de pause1 j'ai v\lu te montr] comm5t le temps e/ t]nel4 ,tu avais s5ti l'inf9it de l'espace4 ,tu avais compris la gr&eur de l'univ]s4 ,ma9t5ant1 ton voyage cle/e e/ accompli4 ,rappro*ons-n\s de la ,t]re et revi5s dans ta patrie4 ,p\r toi1 aj\ta-t-elle encore1 sa*e que l'tude e/ la seule s\rce de t\te valeur intellectuelle2 ne sois jamais ni pauvre ni ri*e2 g>de-toi de t\te ambition comme de t\te s]vitude2 sois indp5dant2 l'indp5dance e/ le plus r>e des bi5s1 et la premire condition du bonheur4 ,uranie p>lait de sa d\ce voix4 ,mais la commotion produite p> t\s ces tableaux extraord9aires avait tellem5t branl mon c]veau que je fus pris s\da9 d'un gr& tremblem5t4 ,un frisson me p>c\rut de la tte aux pi$s1 et c'e/ sans d\te ce qui am5a mon rveil subit1 au milieu d'une vive agitation4444 ,hlas6 ce dlicieux voyage cle/e tait t]m94 ,je *]*ai ,uranie et ne la tr\vai plus4 ,un clair rayon de lune1 pntrant p> la f5tre de ma *ambre1 v5ait c>ess] le bord d'un rideau et semblait dess9] vaguem5t la =me ari5ne de mon cle/e guide2 mais ce n'tait qu'un rayon de lune4 ,lorsque je rev9s le l5dema9 l',obs]vatoire1 ma premire impulsion fut d'acc\rir1 s\s un prtexte quelconque1 dans le cab9et du ,directeur et de revoir la ,muse *>mante qui m'avait gratifi d'un tel rve4444 ,la p5dule avait disp>u6 ,a sa place trnait le bu/e1 en m>bre blanc1 de l'illu/re a/ronome4 ,je *]*ai en d'autres pices1 et1 propos de mille prtextes1 jusque dans les app>tem5ts1 mais elle avait bi5 disp>u4 ,p5dant des j\rs1 p5dant des sema9es1 je *]*ai1 sans p>v5ir la revoir ni mme savoir ce qu'elle tait dev5ue4 ,j'avais un ami1 un confid5t1 peu prs du mme ge que moi1 quoique p>aissant un peu mo9s jeune cause de sa b>be naissante1 mais lui aussi =tem5t pris de l'idal et plus rveur encore peut-tre1 le seul d'ailleurs de t\t le p]sonnel de l',obs]vatoire avec lequel je me sois jamais intimem5t li4 ,il p>tageait mes joies et mes pe9es4 ,n\s avions les mmes gts1 les mmes ides1 les mmes s5tim5ts4 ,il avait compris et mon adolesc5te admiration p\r une /atue1 et la p]sonnification dont mon imag9ation l'avait anime1 et ma mlancolie d'avoir a9si subitem5t p]du ma *re ,uranie au mom5t mme o j'y tais le plus atta*4 ,il avait plus d'une fois admir avec moi les effets de la lumire sur sa cle/e physionomie1 et s\riant de mes extases1 comme un gr& frre1 me taqu9ant mme1 un peu vivem5t p>fois1 sur ma t5dresse p\r une idole1 allait jusqu' m'appel] ,camille ,pygmalion4 ,mais1 au fond1 je voyais bi5 qu'il l'aimait aussi4 ,cet ami1 qui hlas6 devait tre emport quelques annes plus t>d en ple9e fleur de jeunesse1 ce bon ,georges ,sp]o1 m95t esprit et gr& cur1 dont le s\v5ir me re/]a t]nellem5t *]1 tait alors secrtaire p>ticuli] du ,directeur1 et son affection si s9cre me fut tmoigne en cette circon/ance p> une att5tion aussi gracieuse qu'imprvue4 ,un j\r1 en r5trant *ez moi1 je vis avec une /upfaction quasi incrdule la fameuse p5dule place sur ma *em9e1 l1 ju/e devant moi6444 ,c'tait bi5 elle6 ,mais comm5t tait-elle l8 ,quel *em9 avait-elle pris8 ,d'o v5ait-elle8 ,j'appris que l'illu/re auteur de la dc\v]te de ,neptune l'avait envoye rp>] *ez l'un des pr9cipaux horlog]s de ,p>is1 que celui-ci avait reu de ,*9e une antique p5dule a/ronomique du plus haut intrt et en avait (f]t l'*ange1 lequel avait t accept2 et que ,georges ,sp]o1 *>g de la transaction1 avait ra*et l'uvre de ,pradi] p\r me l'(frir en s\v5ir des leons de ma?matiques que je lui avais donnes4 ,avec quelle joie je revis mon ,uranie6 ,avec quel bonheur j'en rassasiai mes reg>ds6 ,cette *>mante p]sonnification de la ,muse du ,ciel ne m'a jamais quitt depuis4 ,dans mes heures d'tude1 la belle /atue se t5ait devant moi1 semblant me rappel] le disc\rs de la desse1 m'annonc] les de/9es de l',a/ronomie1 me dirig] dans mes adolesc5tes aspirations sci5tifiques4 ,depuis1 des motions plus passionnes ont pu sduire1 captiv]1 tr\bl] mes s5s2 mais je n'oubli]ai jamais le s5tim5t idal que la ,muse des toiles m'avait inspir1 ni le voyage cle/e dans lequel elle m'emporta1 ni les panoramas inatt5dus qu'elle dploya s\s mes reg>ds1 ni les vrits qu'elle me rvla sur l't5due et la con/itution de l'univ]s1 ni le bonheur qu'elle m'a donn en assignant df9itivem5t p\r c>rire mon esprit les calmes contemplations de la nature et de la sci5ce4 ,illu/ration ,,deuxi,,me ,,p>tie ,georges ,sp]o ,illu/ration ,i ,,la ,,vie ,l'ard5te lumire du soir flottait dans l'atmosphre comme un prodigieux rayonnem5t d'or4 ,des hauteurs de ,passy1 la vue s't5dait sur l'imm5se cit qui1 alors plus que jamais1 tait non pas une ville1 mais un monde4 ,l',exposition univ]selle de #ahfg avait runi en ce ,p>is imprial t\tes les attractions et t\tes les sductions du sicle4 ,les fleurs de la civilisation y brillai5t de leurs plus vives c\leurs et s'y consumai5t dans l'ardeur mme de leurs p>fums1 m\rant en ple9e fivre d'adolesc5ce4 ,les s\v]a9s de l',europe v5ai5t d'y ent5dre une clatante fanf>e1 qui fut la d]nire de la mon>*ie2 les sci5ces1 les arts1 l'indu/rie semai5t leurs crations n\velles avec une prodigalit 9puisable4 ,c'tait comme une ivresse gnrale des tres et des *oses4 ,des rgim5ts m>*ai5t1 musique en tte2 des *>s rapides s'entre-croisai5t de t\tes p>ts2 des millions d'hommes s'agitai5t dans la p\ssire des av5ues1 des quais1 des b\lev>ds2 mais cette p\ssire mme1 dore p> les rayons du soleil c\*ant1 semblait une aurole c\ronnant la ville spl5dide4 ,les hauts difices1 les dmes1 les t\rs1 les clo*]s1 s'illum9ai5t des reflets de l'a/re enflamm2 on ent5dait au lo9 des sons d'or*e/re mls un murmure confus de voix et de bruits div]s1 et ce lum9eux soir1 compltant une bl\issante j\rne d't1 laissait dans l'me un s5tim5t de cont5tem5t1 de satisfaction et de bonheur4 ,il y avait l comme une sorte de rsum symbolique des manife/ations de la vitalit d'un gr& peuple arriv l'apoge de sa vie et de sa =tune4 ,des hauteurs de ,passy o n\s sommes1 de la t]rasse d'un j>d9 susp5du comme aux j\rs de ,babylone au-dessus du c\rs non*alant du fleuve1 deux tres appuys la balu/rade de pi]re contempl5t le bruyant spectacle4 ,dom9ant cette surface agite de la m] huma9e1 plus heureux dans leur d\ce solitude que t\s les atomes de ce t\rbillon1 ils n'app>ti5n5t pas au monde vulgaire et plan5t au-dessus de cette agitation1 dans l'atmosphre limpide de leur bonheur4 ,leurs esprits p5s5t1 leurs curs aim5t1 ou1 p\r exprim] plus compltem5t le mme fait1 leurs mes viv5t4 ,illu/ration ,dans la juvnile beaut de son dix-huitime pr9temps1 la jeune fille laisse err] son reg>d rveur sur l'apo?ose du soleil c\*ant1 heureuse de vivre1 plus heureuse encore d'aim]4 ,elle ne songe po9t ces millions d'tres huma9s qui s'agit5t ses pi$s2 elle reg>de sans le voir le disque ard5t du soleil qui desc5d d]rire les nues emp\rpres de l',occid5t2 elle respire l'air p>fum des guirl&es de roses du j>d91 et ress5t dans t\t son tre cette quitude de bonheur intime qui *ante dans son cur un ineffable cantique d'am\r4 ,sa blonde *evelure nimbe son front d'une aurole vaporeuse et tombe en t\ffes opul5tes sur sa taille f9e et lance2 ses yeux bleus1 bords de longs cils noirs1 sembl5t un reflet de l'azur des cieux2 ses bras1 son c\ laiss5t dev9] une *air d'une blan*eur lacte2 ses j\es1 ses oreilles sont vivem5t colores2 dans l'ensemble de sa p]sonne1 elle rappelle un peu ces petites m>quises des pe9tres du dix-huitime sicle1 qui naissai5t une vie inconnue dont elles ne devai5t pas j\ir bi5 longtemps4 ,elle se ti5t deb\t4 ,son compagnon1 qui t\t l'heure ent\rait sa taille de son bras en contemplant avec elle le tableau de ,p>is1 en c\tant avec elle les flots d'h>monie rp&us dans les airs p> la musique de la g>de impriale1 s'e/ assis ses cts4 ,ses yeux ont oubli ,p>is et le c\*] du soleil1 p\r ne plus voir que sa gracieuse amie1 et1 sans s'en ap]cevoir1 il la reg>de avec une fixit trange et d\ce1 l'admirant comme s'il la voyait p\r la premire fois1 ne p\vant se dta*] de ce dlicieux pr(il1 l'enveloppant de son reg>d comme d'une magntique c>esse4 ,illu/ration ,le jeune tudiant re/ait absorb dans cette contemplation4 tudiant1 l'tait-il encore v+t-c9q ans8 ,mais ne l'e/-on pas t\j\rs1 et notre matre d'alors1 ,m4 ,*evreul1 ne se surnommait-il pas hi] encore1 dans sa c5t-troisime anne d'ge1 le doy5 des tudiants de ,france8 ,georges ,sp]o avait t]m9 de =t bonne heure ces tudes de lyce qui n'appr5n5t ri51 si ce n'e/ la m?ode du travail1 et cont9uait d'appr(ondir avec une infatigable ardeur les gr&s problmes des sci5ces naturelles4 ,l'a/ronomie surt\t avait d'abord passionn son esprit1 et je l'avais prcism5t connu 7comme le lecteur s'en s\vi5t peut-tre1 p> le rcit prcd5t7 l',obs]vatoire de ,p>is1 o il tait entr ds l'ge de seize ans et o il s'tait fait rem>qu] p> une s+ul>it assez biz>re1 celle de n'avoir aucune ambition et de ne dsir] aucun avancem5t4 ,a l'ge de seize ans comme l'ge de v+t-c9q il se croyait la veille de sa mort1 jugeait peut-tre qu'en fait la vie passe vite et qu'il e/ sup]flu de ri5 dsir]1 s9on la sci5ce1 sup]flu de ri5 s\hait] au del du bonheur d'tudi] et de connatre4 ,il tait peu communicatif1 quoique1 au fond1 son c>actre ft celui d'un enfant enj\4 ,sa b\*e1 =t petite et trs gracieusem5t dess9e1 semblait s\rire1 si l'on exam9ait avec att5tion le co9 des lvres2 autrem5t1 elle p>aissait plutt p5sive et faite p\r le sil5ce4 ,ses yeux1 dont la c\leur indcise1 rappelant le bleu v]t de l'horizon de la m]1 *angeait suivant la lumire et selon les motions intrieures1 tai5t ord9airem5t d'une gr&e d\ceur2 mais en c]ta9es circon/ances on et pu les croire enflamms du feu de l'clair1 ou froids comme l'aci]4 ,le reg>d tait pr(ond1 p>fois insondable et mme trange1 nigmatique4 ,l'oreille tait petite1 gracieusem5t ourle1 le lobe bi5 dta* et lgrem5t relev1 ce qui p\r les analy/es e/ un indice de f9esse d'esprit4 ,le front tait va/e1 quoique la tte ft plutt petite1 agr&ie p> une belle *evelure aux b\cles *atoyantes4 ,sa b>be tait f9e1 *ta9 comme ses *eveux1 lgrem5t frise4 ,de taille moy5ne1 l'ensemble de sa p]sonne tait lgant1 d'une lgance native1 soigne sans prt5tion1 comme sans affectation4 ,n\s n'avions eu aucune cam>ad]ie avec lui1 ni mes amis1 ni moi1 aucune poque4 ,aux j\rs de cong1 aux heures de plaisir1 il n'tait jamais l4 ,p]ptuellem5t plong dans ses tudes1 on et pu croire qu'il s'tait livr sans trve la re*]*e de la pi]re philosophale1 de la quadrature du c]cle ou du m\vem5t p]ptuel4 ,je ne lui ai jamais connu d'ami1 si ce n'e/ moi1 encore ne suis-je pas sr d'avoir reu t\tes ses confid5ces4 ,peut-tre1 du re/e1 n'a-t-il pas eu d'autre vnem5t intime dans sa vie que celui dont je me fais auj\rd'hui l'hi/ori51 et que j'ai pu exactem5t connatre comme tmo91 s9on comme confid5t4 ,le problme de l'me tait l'obsession p]ptuelle de sa p5se4 ,p>fois il s'abmait dans la re*]*e de l'inconnu avec une telle int5sit d'action crbrale1 qu'il s5tait s\s son crne un f\rmillem5t dans lequel t\tes ses facults p5santes semblai5t s'anantir4 ,c'tait surt\t lorsque aprs avoir longuem5t analys les conditions de l'immortalit1 il voyait t\t d'un c\p disp>atre devant lui l'phmre vie actuelle1 et s'ouvrir devant son tre m5tal l't]nit sans f94 ,en face de ce spectacle de l'me en ple9e t]nit1 il v\lait savoir4 ,la vue de son corps ple et glac1 enseveli dans un suaire1 t5du dans un c]cueil1 ab&onn au fond d'une fosse troite1 d]nire et lugubre demeure1 s\s l'h]be o le grillon murmure1 ne con/]nait pas sa p5se autant que l'inc]titude de l'av5ir4 ,que devi5drai-je8 ,que dev5ons-n\s8 rptait-il comme un *oc d'ide fixe dans son c]veau4 ,si n\s m\rons entirem5t1 quelle inepte comdie que la vie1 avec ses luttes et ses esprances6 ,si n\s sommes immortels1 que faisons-n\s p5dant l'int]m9able t]nit8 ,d'auj\rd'hui en c5t ans1 o s]ai-je8 o s]ont t\s les habitants actuels de la ,t]re8 et les habitants de t\s les mondes8 ,m\rir p\r t\j\rs1 t\j\rs1 n'avoir exi/ qu'un mom5t3 quelle drision6 ne vaudrait-il pas mieux c5t fois n'tre po9t n8 ,mais si le de/9 e/ de vivre t]nellem5t sans jamais p\voir ri5 *ang] la fatalit qui n\s emporte1 ayant t\j\rs devant n\s l't]nit sans f91 comm5t support] le poids d'une p>eille de/9e8 ,et c'e/ l le sort qui n\s att5d8 ,si jamais n\s sommes fatigus de l'exi/5ce1 il n\s s]ait int]dit de la fuir1 il n\s s]ait impossible de f9ir6 cruaut plus implacable encore que celle d'une vie phmre s'van\issant comme le vol d'un insecte dans la fra*eur du soir4 ,p\rquoi donc sommes-n\s ns8 ,p\r s\ffrir de l'inc]titude8 p\r ne pas voir une seule de nos esprances re/] deb\t aprs exam58 p\r vivre1 si n\s ne p5sons pas1 comme des idiots2 et si n\s p5sons1 comme des f\s8 ,et l'on n\s p>le d'un bon ,dieu6 ,et il y a des religions1 des prtres1 des rabb9s1 des bonzes6 ,mais l'humanit n'e/ qu'une race de dupes et de dups4 ,la religion vaut la patrie1 et le prtre vaut le soldat4 ,les hommes de t\tes les nations sont arms jusqu'aux d5ts1 p\r s'entr'assass9] comme des imbciles4 ,eh6 c'e/ ce qu'ils peuv5t faire de plus sage3 c'e/ le meilleur rem]ciem5t qu'ils puiss5t adress] la ,nature p\r l'inepte cadeau dont elle les a gratifis en leur donnant le j\r4 ,illu/ration ,j'essayais de calm] ses t\rm5ts1 ses inquitudes1 m'tant fait moi-mme une c]ta9e philosophie qui m'avait relativem5t satisfait3 ,la cra9te de la mort1 lui disais-je1 me p>at absolum5t *imrique4 ,il n'y a que deux hypo?ses faire4 ,lorsque n\s n\s endormons *aque soir1 n\s p\vons ne pas n\s rveill] le l5dema91 et cette ide1 lorsque n\s y songeons1 ne n\s emp*e pas de n\s endormir4 ,p\rtant1 #a ou bi51 t\t f9issant avec la vie1 n\s ne n\s rveillons pas du t\t1 nulle "p2 et1 dans ce cas1 c'e/ un sommeil qui n'a pas t f9i1 qui1 p\r n\s1 dur]a t]nellem5t3 n\s n'en saurons donc jamais ri54 ,ou bi51 #b l'me survivant au corps1 n\s n\s rveillons ailleurs p\r cont9u] notre activit4 ,dans ce cas1 le rveil ne peut tre r$\table3 il doit plutt tre en*anteur1 t\te exi/5ce dans la nature ayant sa raison d'tre et t\te crature1 la plus infime comme la plus noble1 tr\vant son bonheur dans l'ex]cice de ses facults4 ,illu/ration ,ce raisonnem5t semblait le calm]4 ,mais les inquitudes du d\te ne t>dai5t pas rep>atre piquantes comme des p9es4 ,p>fois1 il errait seul1 dans les va/es cimetires de ,p>is1 *]*ant entre les tombes les alles les plus ds]tes1 c\tant le bruit du v5t dans les arbres1 le bruissem5t des feuilles mortes dans les s5ti]s4 ,p>fois1 il s'loignait1 aux environs de la gr&'ville1 trav]s les bois1 et p5dant des heures entires m>*ait en s'entret5ant lui-mme4 ,p>fois aussi il demeurait t\te une longue j\rne dans son ateli] de la place du ,pan?on1 ateli] qui lui s]vait la fois de cab9et de travail1 de *ambre c\*] et de pice de rception1 et jusqu' une heure avance de la nuit1 dissquait un c]veau rapport de la ,cl9ique1 tudiant au microscope les c\pes en m9ces lamelles de la sub/ance grise4 ,l'inc]titude des sci5ces appeles positives1 le brusque arrt de son esprit dans la solution des problmes1 le jetai5t alors en un viol5t dsespoir1 et plus d'une fois je le tr\vai dans un abattem5t in]te1 les yeux brillants et fixes1 les ma9s brlantes de fivre1 le p\ls agit et int]mitt5t4 ,en l'une de ces crises mme1 ayant t oblig de le quitt] p\r quelques heures1 je crus ne plus le tr\v] vivant en rev5ant v]s c9q heures du mat94 ,il avait auprs de lui un v]re de cyanure de potassium qu'il essaya de ca*] mon arrive4 ,mais aussitt1 repr5ant son calme avec une gr&e srnit d'me1 il eut un lg] s\rire3 ,a quoi bon6 me dit-il1 si n\s sommes immortels1 cela ne s]virait ri54 ,mais c'tait p\r le savoir plus vite4 ,il m'av\a ce j\r-l qu'il avait cru tre d\l\reusem5t enlev p> les *eveux jusqu' la hauteur du plafond p\r retomb] ensuite de t\t son poids sur le plan*]4 ,l'indiffr5ce publique l'g>d de ce gr& problme de la de/9e huma9e1 "q qui1 ses yeux1 primait t\tes les autres1 puisqu'il s'agit de notre exi/5ce ou de notre nant1 avait le don de l'exaspr] au d]ni] degr4 ,il ne voyait p>t\t que des g5s occups des intrts matriels1 uniquem5t absorbs p> l'ide biz>re de gagn] de l'arg5t1 consacrant t\tes leurs annes1 t\s leurs j\rs1 t\tes leurs heures1 t\tes leurs m9utes ces intrts dguiss s\s les =mes les plus div]ses1 et ne tr\vait aucun esprit libre1 indp5dant1 vivant de la vie de l'esprit4 ,il lui semblait que les tres p5sants p\vai5t1 devai5t1 t\t en vivant de la vie du corps1 puisqu'on ne peut faire autrem5t1 du mo9s ne pas re/] esclaves d'une organisation aussi grossire1 et v\] leurs meilleurs in/ants la vie intellectuelle4 ,a l'poque o comm5ce ce rcit1 ,georges ,sp]o tait dj clbre1 et mme illu/re1 p> les travaux sci5tifiques orig9aux qu'il avait publis et p> plusieurs ouvrages de haute littrature qui avai5t port son nom aux acclamations du monde enti]4 ,quoiqu'il n'et pas encore accompli sa v+t-c9quime anne1 plus d'un million de lecteurs avai5t lu ses uvres1 qu'il n'avait po9t crites cep5dant p\r le gros public1 mais qui avai5t eu le succs d'tre apprcies p> la majorit dsireuse de s'in/ruire aussi bi5 que p> la m9orit claire4 ,on l'avait proclam le ,matre d'une cole n\velle1 et d'm95ts critiques1 ne connaissant ni son individualit physique1 ni son ge1 p>lai5t de ses doctr9es4 ,comm5t ce s+uli] philosophe1 cet tudiant au/re1 se tr\vait-il aux pi$s d'une jeune fille l'heure du c\*] du soleil1 seul avec elle1 sur cette t]rasse o n\s v5ons de les r5contr]8 ,la suite de ce rcit va n\s l'appr5dre4 ,illu/ration ,illu/ration ,,ii ,l',,app>ition ,leur premire r5contre avait t vritablem5t trange4 ,contemplateur passionn des beauts de la nature1 t\j\rs en qute des gr&s spectacles1 le jeune naturali/e avait entrepris1 l't prcd5t1 le voyage de ,norvge1 dans le b de visit] ces fiords solitaires o s'eng\ffre la m] et ces montagnes aux cimes neigeuses qui lv5t au-dessus des nues leurs fronts immaculs1 et surt\t avec le vif dsir d'y faire une tude spciale des aurores borales1 cette manife/ation gr&iose de la vie de notre plante4 ,je l'avais accompagn dans ce voyage4 ,les c\*]s de soleil au del des fiords calmes et pr(onds2 les lev]s de l'a/re spl5dide sur les montagnes1 *>mai5t en une indicible motion son me d'arti/e et de pote4 ,n\s demeurmes l plus d'un mois1 p>c\rant la pittoresque rgion qui s't5d de ,*ri/iania aux ,alpes ,sc&9aves4 ,or1 la ,norvge tait la patrie de cette enfant du ,nord1 qui devait ex]c] une si rapide influ5ce sur son cur non veill4 ,elle tait l1 quelques pas de lui1 et p\rtant ce fut seulem5t le j\r de notre d"p que le has>d1 ce dieu des anci5s1 se dcida les mettre en prs5ce4 ,la lumire du mat9 dorait les cimes lo9ta9es4 ,la jeune ,norvgi5ne avait t conduite p> son pre sur l'une de ces montagnes o ma9ts excursionni/es se r5d5t1 comme au ,righi de ,suisse1 p\r assi/] au lev] du soleil qui1 ce j\r-l1 avait t m]veilleux4 ,icla s'tait c>te1 seule1 quelques mtres1 sur un monticule isol1 p\r mieux di/+u] c]ta9s dtails de paysage1 lorsque se ret\rnant1 le visage l'oppos du soleil1 p\r embrass] l'ensemble de l'horizon1 elle ap]ut1 non plus sur la montagne ni sur la t]re1 mais dans le ciel mme1 son image1 sa p]sonne t\t entire1 =t bi5 reconnaissables4 ,une aurole lum9euse encadrait sa tte et ses paules d'une c\ronne de gloire clatante1 et un gr& c]cle ari51 faiblem5t te9t des nuances de l'arc-en-ciel1 enveloppait la my/rieuse app>ition4 ,/upfaite1 mue p> la s+ul>it du spectacle1 encore s\s l'impression de la spl5deur du lev] du soleil1 elle ne rem>qua pas immdiatem5t qu'une autre figure1 un pr(il de tte d'homme1 accompagnait la si5ne1 silh\ette de voyageur immobile1 en contemplation devant elle1 rappelant ces /atues de sa9ts deb\t sur les pili]s d'glise4 ,cette figure mascul9e et la si5ne tai5t encadres p> le mme c]cle ari54 ,t\t d'un c\p1 elle ap]ut cet trange pr(il huma9 dans les airs1 crut tre le j\et d'une vision fanta/ique1 et1 m]veille1 fit un ge/e de surprise et presque d'effroi4 ,son image ari5ne reproduisit le mme ge/e1 et elle vit le spectre du voyageur port] la ma9 son *apeau et se dc\vrir comme en une salutation cle/e1 puis p]dre la nettet de ses cont\rs et s'van\ir en mme temps que sa propre image4 ,la transfiguration du ,mont ,?abor1 o les disciples de ,jsus ap]ur5t t\t d'un c\p dans le ciel l'image du ,matre accompagne de celles de ,mose et d'lie1 ne plongea pas ses tmo9s dans une /upfaction plus gr&e que celle de l'innoc5te vi]ge de ,norvge1 en face de cette an?lie dont la ?orie e/ connue de t\s les mtorologi/es4 ,illu/ration ,cette app>ition se fixa dans la pr(ondeur de sa p5se comme un rve m]veilleux4 ,elle avait appel son pre1 re/ une faible di/ance d]rire le monticule2 mais1 lorsqu'il arriva1 t\t avait disp>u4 ,elle lui en dem&a l'explication1 sans ri5 obt5ir1 si ce n'e/ un d\te1 et presque une ngation sur la ralit du phnomne4 ,cet excell5t homme1 anci5 (fici] suprieur1 app>t5ait cette catgorie de sceptiques di/+us qui ni5t t\t simplem5t ce qu'ils ignor5t ou ne compr5n5t pas4 ,la dlicieuse crature eut beau lui affirm] qu'elle v5ait de voir son image dans le ciel1--et mme celle d'un homme qu'elle jugeait jeune et de bonne t\rnure1--elle eut beau racont] les dtails de l'app>ition et aj\t] que les figures lui avai5t p>u plus gr&es que nature et ressemblai5t des silh\ettes colossales1 il lui dcl>a avec autorit1 et non sans emphase1 que c'tait ce qu'on appelle des illusions d'optique produites p> l'imag9ation qu& on a mal dormi1 surt\t p5dant les annes de l'adolesc5ce4 ,illu/ration ,mais1 le soir du mme j\r1 comme n\s montions sur le bateau vapeur1 je rem>quai une jeune fille la *evelure un peu vapore qui reg>dait mon ami d'un air fran*em5t tonn4 ,elle tait sur le quai1 au bras de son pre1 et demeurait l immobile comme la femme de ,lo? *ange en /atue de sel4 ,je la signalai ,georges ds notre arrive sur le bateau2 mais pe9e eut-il t\rn la tte de son ct1 que je vis les j\es de la jeune fille s'emp\rpr] d'une subite r\geur1 et aussitt elle dt\rna son reg>d p\r le dirig] sur la r\e du navire qui comm5ait se mettre en m>*e4 ,je ne sais si ,sp]o y prit g>de4 ,en fait1 le mat91 n\s n'avions ri5 vu ni l'un ni l'autre du phnomne ari51 du mo9s au mom5t o la jeune fille tait arrive prs de n\s1 et elle n\s tait re/e ca*e elle-mme p> un petit massif d'arbu/es3 c'tait surt\t le ct de l',ori5t1 la magnific5ce du lev] du soleil1 qui n\s avait attirs4 ,cep5dant il salua la ,norvge1 qu'il quittait avec regret1 du mme ge/e dont il avait salu le soleil levant2 et l'inconnue prit ce salut p\r elle4 ,deux mois plus t>d1 ,p>is1 le comte de ,k444 recevait une socit nombreuse propos d'un rc5t triomphe de sa compatriote ,*ri/9e ,nilson4 ,la jeune ,norvgi5ne et son pre1 v5us ,p>is pass] une p>tie de l'hiv]1 tai5t au nombre des invits2 ils se connaissai5t de longue date comme compatriotes1 la ,sude et la ,norvge tant surs4 ,p\r n\s1 n\s y v5ions p\r la premire fois et l'invitation tait mme due l'app>ition du d]ni] livre de ,sp]o1 dj signal p> un clatant succs4 ,rveuse1 p5sive1 in/ruite p> l'ducation solide des pays du ,nord1 avide de connatre1 ,icla avait dj lu1 relu avec curiosit ce livre quelque peu my/ique1 dans lequel le n\veau mtaphysici5 avait expos les anxits de son me non satisfaite des ,p5ses de ,pascal4 ,aj\tons qu'elle avait elle-mme depuis plusieurs mois pass avec succs l'exam5 du brevet suprieur1 et qu'ayant r5onc l'tude de la mdec9e qui d'abord l'avait attire1 elle comm5ait s'initi] avec quelque curiosit aux re*]*es t\tes n\velles de la physiologie psy*ologique4 ,illu/ration ,lorsqu'on avait annonc ,m4 ,georges ,sp]o1 il lui avait sembl qu'un ami inconnu1 presque un confid5t de son esprit1 v5ait d'entr]4 ,elle tressaillit1 comme frappe d'une commotion lectrique4 ,lui1 peu monda91 timide1 gn dans les runions d'inconnus1 n'aimant ni dans]1 ni j\]1 ni caus]1 tait re/ dans le mme co9 du salon ct de quelques amis1 assez indiffr5t aux valses et aux quadrilles1 plus att5tif deux ou trois *efs-d'uvre de la musique mod]ne int]prts avec s5tim5t2 et la soire entire s'tait passe sans qu'il se ft appro* d'elle1 quoiqu'il l'et rem>que et que1 dans t\te cette bl\issante soire1 il n'et vu qu'elle4 ,leurs reg>ds s'tai5t plus d'une fois r5contrs4 ,a la f91 v]s deux heures du mat91 alors que la runion se faisait plus intime1 il osa v5ir auprs d'elle1 sans p\rtant lui adress] la p>ole4 ,ce fut elle qui1 la premire1 lui p>la1 p\r lui exprim] un d\te sur la conclusion de son livre4 ,illu/ration ,flatt1 mais plus surpris encore d'appr5dre que ces pages de mtaphysique avai5t une lectrice1--et une lectrice de cet ge1--l'auteur rpondit1 assez maladroitem5t1 que ces re*]*es tai5t un peu srieuses p\r une femme4 ,elle rpliqua que les femmes1 les jeunes filles n'tai5t pas exclusivem5t absorbes p> l'ex]cice de la coquett]ie1 et qu'elle en connaissait qui p>fois p5sai5t1 *]*ai5t1 travaillai5t1 tudiai5t4 ,elle p>la avec quelque vivacit1 p\r df5dre les femmes contre le dda9 sci5tifique de c]ta9s hommes et s\t5ir leur aptitude intellectuelle1 et n'eut pas de pe9e gagn] une cause dont son int]locuteur n'tait1 d'ailleurs1 en aucune faon l'adv]saire4 ,ce n\veau livre1 dont le succs avait t immdiat et clatant1 malgr la gravit du sujet1 avait ent\r le nom de ,georges ,sp]o d'une vritable aurole de clbrit1 et dans les salons1 le brillant criva9 tait p>t\t accueilli avec une vive sympa?ie4 ,les deux jeunes g5s avai5t pe9e *ang quelques p>oles qu'il se tr\va le po9t de mire des amis de la maison et oblig de rpondre div]ses que/ions qui v9r5t int]rompre leur tte--tte4 ,l'un des plus m95ts critiques du j\r avait prcism5t consacr un long article au n\vel ouvrage1 et le sujet mme du livre dev9t en un in/ant l'objet de la conv]sation gnrale4 ,icla se t9t l'c>t4 ,elle s5tait1 et les femmes ne s'y tromp5t gure1 que le hros l'avait rem>que1 que sa p5se tait dj atta*e la si5ne p> un fil invisible1 et qu'en rpondant aux que/ions plus ou mo9s banales qui lui tai5t adresses1 son esprit n'tait pas entirem5t la conv]sation4 ,ce premi] triomphe intime lui suffisait4 ,elle n'en dsirait po9t d'autres4 ,et puis1 elle avait reconnu dans son pr(il la silh\ette my/rieuse de l'app>ition ari5ne et le jeune voyageur du bateau de ,*ri/iania4 ,dans cette premire entrevue1 il ne t>da pas lui tmoign] son en?\siasme p\r les sites m]veilleux de la ,norvge et lui racont] son voyage4 ,elle brlait d'ent5dre un mot1 une allusion quelconque1 au phnomne ari5 qui l'avait tant frappe2 et elle ne compr5ait pas son sil5ce1 sa discrtion4 ,lui1 n'ayant pas obs]v l'an?lie au mom5t o elle s'y tait elle-mme projete1 n'avait pas t p>ticulirem5t surpris d'un phnomne qu'il avait plusieurs fois dj1 et en de meilleures conditions1 tudi du haut de la nacelle d'un aro/at1 et n'ayant ri5 obs]v de spcial1 n'avait ri5 en dire4 ,l'in/ant de l'emb>quem5t ne se reprs5ta pas non plus sa mmoire1 et quoique la blonde enfant ne lui p>t pas entirem5t trangre1 cep5dant il ne se s\v5ait pas de l'avoir entrevue4 ,p\r moi1 je l'avais t\t de suite reconnue4 ,il causa des lacs1 des rivires1 des fiords1 des montagnes2 apprit d'elle que sa mre tait morte =t jeune d'une maladie de cur1 que son pre prfrait la vie de ,p>is celle de t\t autre pays1 et que sans d\te elle ne ret\rn]ait plus que r>em5t dans sa patrie4 ,une rem>quable communaut de gts et d'ides1 une vive sympa?ie mutuelle1 une e/ime rciproque1 les mir5t t\t de suite en relation4 leve suivant le mode d'ducation anglaise1 elle j\issait de cette indp5dance d'esprit et de cette lib]t d'action que les femmes de ,france ne connaiss5t qu'aprs le m>iage1 et ne se s5tait arrte p> aucune de ces conv5tions sociales qui p>aiss5t de/9es *ez n\s protg] l'innoc5ce et la v]tu4 ,deux amies de son ge tai5t mme dj v5ues seules ,p>is p\r t]m9] leur ducation musicale1 et elles vivai5t ensemble1 en ple9e ,babylone1 en t\te scurit d'ailleurs1 sans s'tre jamais d\tes des prils dont on prt5d que ,p>is e/ rempli4 ,la jeune fille reut les visites de ,georges ,sp]o comme son pre et pu les recevoir lui-mme1 et en quelques sema9es l'aff9it de leurs c>actres et de leurs gts les avait associs dans les mmes tudes1 dans les mmes re*]*es1 s\v5t dans les mmes p5ses4 ,presque *aque j\r1 dans l'aprs-midi1 entran p> une secrte attraction1 il se dirigeait du qu>ti] ,lat9 v]s les bords de la ,se9e1 qu'il suivait jusqu'au ,trocadro1 et passait plusieurs heures avec ,icla soit dans la biblio?que1 soit sur la t]rasse du j>d91 soit en une prom5ade au ,bois4 ,la premire impression1 ne de l'app>ition cle/e1 tait re/e dans l'me d',icla4 ,elle reg>dait le jeune savant1 s9on comme un dieu ou comme un hros1 du mo9s comme un homme suprieur ses contempora9s4 ,la lecture de ses ouvrages =tifia cette impression et l'accrut encore3 elle ress5tit p\r lui plus que de l'admiration1 une vritable vnration4 ,lorsqu'elle eut fait sa connaissance p]sonnelle1 le gr& homme ne desc5dit pas de son pide/al4 ,elle le tr\va si m95t1 si transc5dant dans ses tudes1 dans ses travaux1 dans ses re*]*es1 mais en mme temps si simple1 si s9cre1 si bon et si indulg5t p\r t\s1 et--saisissant t\t prtexte p\r ent5dre prononc] son nom--elle dut subir p>fois quelques critiques de rivaux si inju/es env]s lui1 qu'elle se prit l'aim] avec un s5tim5t presque mat]nel4 ,ce s5tim5t d'affection protectrice exi/e-t-il donc dj dans le cur des jeunes filles8 ,peut-tre1 mais assurm5t elle l'aima a9si d'abord4 ,je crois avoir dit plus haut que le fond du c>actre de ce p5seur tait quelque peu mlancolique1 de cette mlancolie de l'me1 dont p>le ,pascal1 et qui e/ comme la no/algie du ciel4 ,il *]*ait1 en effet1 p]ptuellem5t la solution de l't]nel problme1 le ,to be or n to be ,,tre ,,ou ,n',,tre ,,pas d',hamlet4 ,p>fois on et pu le voir tri/e1 att]r jusqu' la mort4 ,mais1 p> un s+uli] contra/e1 lorsque ses noires p5ses s'tai5t p\r a9si dire consumes dans la re*]*e1 que le c]veau puis p]dait la facult de vibr] encore1 il y avait en lui comme un repos1 un rassrnem5t2 la circulation de son sang v]meil ranimait la vie organique1 le philosophe disp>aissait p\r faire place un enfant presque naf1 d'une gaiet facile1 s'amusant de t\t et de ri51 ayant presque des gts fm99s1 aimant les fleurs1 les p>fums1 la musique1 la rv]ie1 et p>aissant mme p>fois d'une tonnante ins\ciance4 ,illu/ration ,illu/ration ,,iii ,,to ,,be ,,or ,,n ,,to ,,be ,c'tait prcism5t cette phase de sa vie intellectuelle qui avait si intimem5t associ les deux tres4 ,heureuse d'exi/]1 la fleur de son pr9temps1 s'ouvrant la lumire de la vie1 h>pe vibrant de t\tes les h>monies de la nature1 la belle crature du ,nord rvait encore p>fois aux elfes et aux fes de son climat1 aux anges et aux my/res de la religion *rti5ne1 qui avai5t b]c son enfance2 mais sa pit1 sa crdulit des premi]s j\rs n'avai5t pas obscurci sa raison1 elle p5sait librem5t1 *]*ait avec s9crit la vrit1 et regrettant peut-tre de ne plus croire au p>adis des prdicateurs1 elle se s5tait p\rtant anime du dsir imprieux de vivre t\j\rs4 ,la mort lui semblait une cruelle inju/ice4 ,elle ne revoyait jamais sa mre t5due sur son lit de mort1 belle de t\t l'clat de sa tr5time anne1 emporte en ple9e floraison des roses dans un cimetire v]doyant et p>fum1 t\t rempli de *ants d'oiseaux1 et raye subitem5t du livre des vivants1 t&is que la nature entire avait cont9u de *ant]1 de fleurir et de brill]2 elle ne revoyait jamais1 dis-je1 le ple visage de sa mre1 sans qu'un frisson subit la p>c\rt t\t entire1 de la tte aux pi$s4 ,non1 sa mre n'tait pas morte4 ,non1 elle ne m\rrait pas elle-mme1 ni tr5te ans1 ni plus t>d4 ,et lui6 ,lui1 m\rir6 cette sublime intellig5ce s'anantir p> un arrt du cur ou de la respiration8 ,non1 ce n'tait pas possible4 ,les hommes se tromp5t4 ,un j\r on saura4 ,elle aussi p5sait p>fois ces my/res1 s\s une =me plutt e/htique et s5tim5tale que sci5tifique2 mais elle y p5sait4 ,t\tes ses que/ions1 t\s ses d\tes1 le b secret de ses conv]sations1 de son atta*em5t si rapide peut-tre son ami1 t\t cela avait p\r cause l'imm5se soif de connatre qui altrait son me4 ,elle esprait en lui1 p>ce qu'elle avait dj tr\v dans ses crits la solution des plus gr&s problmes4 ,ils lui avai5t appris connatre l'univ]s1 et cette connaissance se tr\vait tre plus belle1 plus vivante1 plus gr&e1 plus potique que les erreurs et les illusions anci5nes4 ,depuis le j\r o elle avait appris de ses lvres que sa vie n'avait pas d'autre b que cette re*]*e de la ralit1 elle tait sre qu'il tr\v]ait1 et son esprit s'accro*ait1 se liait au si51 peut-tre encore plus n]giquem5t que son cur4 ,il y avait environ trois mois qu'ils vivai5t a9si1 d'une commune vie intellectuelle1 passant presque t\s les j\rs plusieurs heures dans la lecture des mmoires orig9aux crits dans les diffr5tes langues sur la philosophie sci5tifique1 la ?orie des atomes1 la physique molculaire1 la *imie organique1 la !rmodynamique et les div]ses sci5ces qui ont p\r b la connaissance de l'tre1 diss]tant sur les contradictions app>5tes ou relles des hypo?ses1 tr\vant p>fois1 dans les criva9s purem5t littraires1 des rapports et des concid5ces assez surpr5antes avec les axiomes sci5tifiques1 s'tonnant de c]ta9es presci5ces des gr&s auteurs4 ,ces lectures1 ces re*]*es1 ces comp>aisons les avai5t surt\t intresss p> l'lim9ation que leur esprit de plus en plus clair se voyait conduit faire des neuf diximes des criva9s1 dont les uvres sont absolum5t vides1 et de la moiti du d]ni] dixime1 dont les crits n'ont qu'une valeur sup]ficielle2 ayant a9si dblay le *amp de la littrature1 ils vivai5t avec une c]ta9e satisfaction dans la socit re/re9te des esprits suprieurs4 ,peut-tre y entrait-il quelque lg] s5tim5t d'orgueil4 ,un j\r1 ,sp]o arriva plus tt que de c\tume4 ,eureka6 s'cria-t-il4 ,mais se repr5ant aussi vite3 ,peut-tre4444 ,s'appuyant la *em9e o ptillait un feu ard5t1 t&is que sa compagne le contemplait de ses gr&s yeux ple9s de curiosit1 il se mit p>l] avec une sorte de sol5nit inconsci5te1 comme s'il se ft entret5u avec son propre esprit1 dans la solitude d'un bois3 ,t\t ce que n\s voyons n'e/ qu'app>5ce4 ,la ralit e/ autre4 ,le ,soleil p>at t\rn] aut\r de n\s1 se lev] le mat9 et se c\*] le soir1 et la ,t]re o n\s sommes p>at immobile4 ,c'e/ le contraire qui e/ vrai4 ,n\s habitons aut\r d'un projectile t\rbillonnant1 lanc dans l'espace avec une vitesse soixante-qu9ze fois plus rapide que celle qui emporte un b\let de canon4 ,un h>monieux conc]t vi5t *>m] nos oreilles4 ,le son n'exi/e pas1 n'e/ qu'une impression de nos s5s1 produite p> des vibrations de l'air d'une c]ta9e amplitude et d'une c]ta9e vitesse1 vibrations en elles-mmes sil5cieuses4 ,sans le n]f auditif et le c]veau1 il n'y aurait pas de sons4 ,en ralit1 il n'y a que du m\vem5t4 ,l'arc-en-ciel pan\it son c]cle radieux1 la rose et le bluet m\ills p> la pluie sc9till5t au soleil1 la v]te prairie1 le sillon d'or div]sifi5t la pla9e de leurs clatantes c\leurs4 ,il n'y a pas de c\leurs1 il n'y a pas de lumire1 il n'y a que des ondulations de l'!r qui mett5t en vibration le n]f optique4 ,app>5ces trompeuses4 ,le soleil *auffe et fconde1 le feu brle3 il n'y a pas de *aleur1 mais seulem5t des s5sations4 ,la *aleur1 comme la lumire1 n'e/ qu'un mode de m\vem5t4 ,m\vem5ts invisibles1 mais s\v]a9s1 suprmes4 ,voici une =te solive de f]1 de celles qu'on emploie si gnralem5t auj\rd'hui dans les con/ructions4 ,elle e/ pose dans le vide1 dix mtres de hauteur1 sur deux murs1 sur lesquels s'appui5t ses deux extrmits4 ,elle e/ solide1 c]tes4 ,en son milieu1 on a pos un poids de mille1 deux mille1 dix mille kilogrammes1 et ce poids norme1 elle ne le s5t mme pas2 c'e/ pe9e si l'on peut con/at] p> le niveau une imp]ceptible flexion4 ,p\rtant1 cette solive e/ compose de molcules qui ne se t\*5t pas1 qui sont en vibration p]ptuelle1 qui s'c>t5t les unes des autres s\s l'influ5ce de la *aleur1 qui se ress]r5t s\s l'influ5ce du froid4 ,dites-moi1 s'il v\s plat1 ce qui con/itue la solidit de cette b>re de f]8 ,ses atomes matriels8 ,assurm5t non1 puisqu'ils ne se t\*5t pas4 ,cette solidit rside dans l'attraction molculaire1 c'e/--dire dans une =ce immatrielle4 ,absolum5t p>lant1 le solide n'exi/e pas4 ,pr5ons entre nos ma9s un l\rd b\let de f]2 ce b\let e/ compos de molcules invisibles1 qui ne se t\*5t pas1 lesquelles sont composes d'atomes qui ne se t\*5t pas davantage4 ,la cont9uit que p>at avoir la surface de ce b\let et sa solidit app>5te sont donc de pures illusions4 ,p\r l'esprit qui analys]ait sa /ructure intime1 c'e/ un t\rbillon de m\*]ons rappelant ceux qui t\rnoi5t dans l'atmosphre des j\rs d't4 ,d'ailleurs1 *auffons ce b\let qui n\s p>at solide3 il c\l]a2 *auffons-le davantage3 il s'vapor]a1 sans p\r cela *ang] de nature2 liquide ou gaz1 ce s]a t\j\rs du f]4 ,n\s sommes en ce mom5t dans une maison4 ,t\s ces murs1 ces plan*]s1 ces tapis1 ces meubles1 cette *em9e de m>bre1 sont composs de molcules qui ne se t\*5t pas davantage4 ,et t\tes ces molcules con/itutives des corps sont en m\vem5t de circulation les unes aut\r des autres4 ,notre corps e/ dans le mme cas4 ,il e/ =m p> une circulation p]ptuelle de molcules2 c'e/ une flamme incessamm5t consume et r5\vele2 c'e/ un fleuve au bord duquel on vi5t s'asseoir en croyant revoir t\j\rs la mme eau1 mais o le c\rs p]ptuel des *oses ramne une eau t\j\rs n\velle4 ,*aque globule de notre sang e/ un monde 7et n\s en avons c9q millions p> millimtre cube74 ,successivem5t1 sans arrt ni trve1 dans nos artres1 dans nos ve9es1 dans notre *air1 dans notre c]veau1 t\t circule1 t\t m>*e1 t\t se prcipite dans un t\rbillon vital proportionnellem5t aussi rapide que celui des corps cle/es4 ,molcule p> molcule1 notre c]veau1 notre crne1 nos yeux1 nos n]fs1 notre *air t\t entire1 se r5\vell5t sans arrt et si rapidem5t1 qu'en quelques mois notre corps e/ entirem5t recon/itu4 ,p> des considrations fondes sur les attractions molculaires1 on a calcul que1 dans une m9uscule g\ttelette d'eau projete l'aide de la po9te d'une p+le1 g\ttelette invisible l'il nu1 mesurant un millime de millimtre cube1 il y a plus de deux c5t v+t-c9q millions de molcules4 ,dans une tte d'p+le1 il n'y a pas mo9s de huit sextillions d'atomes1 soit huit mille milli>ds de milli>ds1 et ces atomes sont sp>s les uns des autres p> des di/ances considrablem5t plus gr&es que leurs dim5sions1 ces dim5sions tant d'ailleurs invisibles mme au plus puissant microscope4 ,si l'on v\lait compt] le nombre de ces atomes cont5us dans une tte d'p+le1 en en dta*ant p> la p5se un milli>d p> seconde1 il faudrait cont9u] cette opration p5dant deux c5t c9quante-trois mille ans p\r a*ev] l'numration4 ,dans une g\tte d'eau1 dans une tte d'p+le1 il y a incomp>ablem5t plus d'atomes que d'toiles dans t\t le ciel connu des a/ronomes arms de leurs plus puissants tlescopes4 ,qui s\ti5t la ,t]re dans le vide t]nel1 le ,soleil et t\s les a/res de l'univ]s8 ,qui s\ti5t cette longue solive en f] jete entre deux murs et sur laquelle on va btir plusieurs tages8 ,qui s\ti5t la =me de t\s les corps8 ,la ,=ce4 ,l'univ]s1 les *oses et les tres1 t\t ce que n\s voyons e/ =m d'atomes invisibles et impondrables4 ,l'univ]s e/ un dynamisme4 ,dieu1 c'e/ l'me univ]selle3 9 eo vivimus1 moremur et sumus4 ,comme l'me e/ la =ce m\vant le corps1 l'tre inf9i e/ la =ce m\vant l'univ]s6 ,la ?orie purem5t mcanique de l'univ]s re/e incomplte p\r l'analy/e qui pntre au fond des *oses4 ,la volont huma9e e/ faible1 il e/ vrai1 relativem5t aux =ces cosmiques4 ,cep5dant1 en envoyant un tra9 de ,p>is ,m>seille1 un navire de ,m>seille ,suez1 je dplace1 librem5t1 une p>tie inf9itsimale de la masse t]re/re1 et je modifie le c\rs de la ,lune4 ,aveugles du dix-neuvime sicle1 rev5ez au cygne de ,mant\e3 ,m5s agitat molem4 ,si je dissque la matire1 je tr\ve au fond de t\t l'atome invisible3 la matire disp>at1 s'van\it en fume4 ,si mes yeux avai5t la puissance de voir la ralit1 ils v]rai5t trav]s les murs1 =ms de molcules sp>es1 trav]s les corps1 t\rbillons atomiques4 ,nos yeux de *air ne voi5t pas ce qui e/4 ,c'e/ avec l'il de l'esprit qu'il faut voir4 ,ne n\s fions pas l'unique tmoignage de nos s5s3 il y a autant d'toiles au-dessus de nos ttes p5dant le j\r que p5dant la nuit4 ,il n'y a dans la nature ni a/ronomie1 ni physique1 ni *imie1 ni mcanique3 ce sont l des m?odes subjectives d'obs]vation4 ,il n'y a qu'une seule unit4 ,l'inf9im5t gr& e/ id5tique l'inf9im5t petit4 ,l'espace e/ inf9i sans tre gr&4 ,la dure e/ t]nelle sans tre longue4 toiles et atomes sont un4 ,l'unit de l'univ]s e/ con/itue p> la =ce invisible1 impondrable1 immatrielle1 qui meut les atomes4 ,si un seul atome cessait d'tre m p> la =ce1 l'univ]s s'arrt]ait4 ,la ,t]re t\rne aut\r du ,soleil1 le ,soleil gravite aut\r d'un foy] sidral mobile lui-mme2 les millions1 les milli>ds de soleils qui peupl5t l'univ]s c\r5t plus vite que les projectiles de la p\dre2 ces toiles1 qui n\s p>aiss5t immobiles1 sont des soleils lancs dans le vide t]nel la vitesse de dix1 v+t1 tr5te millions de kilomtres p> j\r1 c\rant t\s v]s un b ignor1 soleils1 plantes1 t]res1 satellites1 comtes vagabondes4442 le po9t fixe1 le c5tre de gravit *]* p> l'analy/e1 fuit mesure qu'on le p\rsuit et n'exi/e en ralit nulle "p4 ,les atomes qui con/itu5t les corps se meuv5t relativem5t aussi vite que les toiles dans le ciel4 ,le m\vem5t rgit t\t1 =me t\t4 ,l'atome lui-mme n'e/ pas une in]te matire4 ,il e/ un c5tre de =ce4 ,ce qui con/itue ess5tiellem5t l'tre huma91 ce qui l'organise1 ce n'e/ po9t sa sub/ance matrielle1 ce n'e/ ni le protoplasma1 ni la cellule1 ni ces m]veilleuses et fcondes associations du c>bone avec l'hydrogne1 l'oxygne et l'azote3 c'e/ la ,=ce animique1 invisible1 immatrielle4 ,c'e/ elle qui gr\pe1 dirige et reti5t associes les innombrables molcules qui compos5t l'admirable h>monie du corps vivant4 ,la matire et l'n]gie n'ont jamais t vues sp>es l'une de l'autre2 l'exi/5ce de l'une implique l'exi/5ce de l'autre2 il y a peut-tre id5tit sub/antielle de l'une et de l'autre4 ,que le corps se dsagrge t\t d'un c\p aprs la mort1 comme il se dsagrge l5tem5t et se r5\velle p]ptuellem5t p5dant la vie1 peu importe4 ,l'me demeure4 ,l'atome psy*ique organisateur e/ le c5tre de cette =ce4 ,lui aussi e/ inde/ructible4 ,ce que n\s voyons e/ trompeur4 ,,le ,r,,el1 ,c',,e/ ,l',,invisible4 ,il se mit m>*] gr&s pas4 ,la jeune fille l'avait c\t comme on c\te un aptre1 un aptre bi5-aim1 et quoiqu'il n'et1 en fait1 p>l que p\r elle1 il n'avait pas p>u pr5dre g>de sa prs5ce1 tant elle s'tait faite immobile et sil5cieuse4 ,elle s'appro*a de lui et lui prit une ma9 dans les si5nes4 ,oh6 fit-elle1 si tu n'z pas encore conquis la ,vrit1 elle ne t'*app]a pas4 ,illu/ration ,puis1 s'enflammant elle-mme et faisant allusion une rs]ve s\v5t exprime p> lui3 ,tu crois1 aj\ta-t-elle1 qu'il e/ impossible l'homme t]re/re d'atte9dre la ,vrit1 p>ce que n\s n'avons que c9q s5s et qu'une multitude de manife/ations de la nature re/5t trangres notre esprit1 n'ayant aucune voie p\r n\s arriv]4 ,de mme que la vue n\s s]ait refuse si n\s tions privs du n]f optique1 l'audition si n\s tions privs du n]f ac\/ique1 etc41 de mme les vibrations1 les manife/ations de la =ce qui pass5t entre les cordes de notre in/rum5t organique sans faire vibr] celles qui exi/5t1 n\s re/5t inconnues4 ,je te le concde1 et j'admets avec toi que les habitants de c]ta9s mondes peuv5t tre incomp>ablem5t plus avancs que n\s4 ,mais il me semble que1 quoique t]ri51 tu z tr\v4 ,illu/ration --,*re bi5-aime1 rpliqua-t-il en s'asseyant auprs d'elle sur le va/e divan de la biblio?que1 il e/ bi5 c]ta9 que notre h>pe t]re/re manque de cordes1 et il e/ probable qu'un citoy5 du sy/me de ,sirius se rirait de nos prt5tions4 ,le mo9dre morceau de f] aimant e/ plus =t que ,newton et ,leibnitz p\r tr\v] le ple magntique1 et l'hirondelle connat mieux que ,*ri/ophe ,colomb ou ,magellan les v>iations de latitude4 ,qu'ai-je dit t\t l'heure8 ,que les app>5ces sont trompeuses et qu' trav]s la matire notre esprit doit voir la =ce invisible4 ,c'e/ ce qu'il y a de plus sr4 ,la matire n'e/ pas ce qu'elle p>at1 et nul homme in/ruit des progrs des sci5ces positives ne p\rrait plus auj\rd'hui se prt5dre matriali/e4 --,alors1 reprit-elle1 l'atome psy*ique crbral1 pr9cipe de l'organisme huma91 s]ait immortel1 comme t\s les atomes d'ailleurs1 si l'on admet les ass]tions fondam5tales de la *imie4 ,mais il diffr]ait des autres p> une sorte de rang plus lev1 l'me lui tant atta*e4 ,et il cons]v]ait la consci5ce de son exi/5ce8 ,l'me s]ait-elle comp>able une sub/ance lectrique8 ,j'ai vu une fois la f\dre pass] trav]s un salon et te9dre les flambeaux4 ,lorsqu'on les ralluma1 on tr\va que la p5dule avait t ddore et que le lu/re d'arg5t cisel avait t dor sur plusieurs po9ts4 ,il y a l une =ce subtile4 --,ne faisons pas de comp>aisons2 elles re/]ai5t t\tes trop loignes de la ralit4 ,n\s savons t\s que n\s m\rrons1 mais n\s ne le croyons pas4 ,eh6 comm5t p\rrions-n\s le croire8 ,comm5t p\rrions-n\s compr5dre la mort1 qui n'e/ qu'un *angem5t d'tat du connu l'inconnu1 du visible l'invisible8 ,que l'me exi/e comme =ce1 c'e/ ce qui n'e/ pas d\teux4 ,qu'elle ne fasse qu'un avec l'atome crbral organisateur1 n\s p\vons l'admettre4 ,qu'elle survive a9si la dissolution du corps1 n\s le concevons4 --,mais que devi5t-elle8 ,o va-t-elle8 --,la plup>t des mes ne se d\t5t mme pas de leur propre exi/5ce4 ,sur les quatorze c5ts millions d'tres huma9s qui peupl5t notre plante1 les quatre-v+t-dix-neuf c5times ne p5s5t pas4 ,que f]ai5t-ils1 gr&s ,dieux6 de l'immortalit8 ,comme la molcule de f] flotte sans le savoir dans le sang qui bat s\s la tempe de ,lam>t9e ou d',hugo1 ou bi5 demeure fixe p\r un temps dans l'pe de ,cs>2 comme la molcule d'hydrogne brille dans le gaz du foy] de l',opra ou s'imm]ge dans la g\tte d'eau avale p> le poisson au fond obscur des m]s1 les atomes vivants qui n'ont jamais p5s sommeill5t4 ,les mes qui p5s5t re/5t l'apanage de la vie intellectuelle4 ,elles cons]v5t le patrimo9e de l'humanit et l'accroiss5t p\r l'av5ir4 ,sans cette immortalit des mes huma9es qui ont consci5ce de leur exi/5ce et viv5t p> l'esprit1 t\te l'hi/oire de la ,t]re ne devrait ab\tir qu'au nant1 et la cration t\t entire1 celle des mondes les plus sublimes aussi bi5 que celle de notre infime plante1 s]ait une absurdit dcevante1 plus misrable et plus idiote que l'excrm5t d'un v] de t]re4 ,il a raison d'tre et l'univ]s ne l'aurait pas6 ,t'imag9es-tu les milli>ds de mondes atteignant les spl5deurs de la vie et de la p5se p\r se succd] sans f9 dans l'hi/oire de l'univ]s sidral1 et n'ab\tissant qu' donn] naissance des esprances p]ptuellem5t dues1 des gr&eurs p]ptuellem5t ananties8 ,n\s avons beau n\s faire humbles1 n\s ne p\vons admettre le ri5 comme b suprme du progrs p]ptuel1 pr\v p> t\te l'hi/oire de la nature4 ,or1 les mes sont les sem5ces des humanits plantaires4 --,peuv5t-elles donc se transport] d'un monde l'autre8 --,ri5 n'e/ si difficile compr5dre que ce que l'on ignore2 ri5 n'e/ plus simple que ce que l'on connat4 ,qui s'tonne1 auj\rd'hui1 de voir le tlgraphe lectrique transport] in/antanm5t la p5se huma9e trav]s les cont95ts et les m]s8 ,qui s'tonne de voir l'attraction lunaire s\lev] les eaux de l',ocan et produire les m>es8 ,qui s'tonne de voir la lumire se transmettre d'une toile l'autre avec la vitesse de trois c5t mille kilomtres p> seconde8 ,au surplus1 les p5seurs seuls p\rrai5t apprci] la gr&eur de ces m]veilles2 le vulgaire ne s'tonne de ri54 ,si quelque dc\v]te n\velle n\s p]mettait d'adress] dema9 des signaux aux habitants de ,m>s et d'en recevoir des rponses1 les trois qu>ts des hommes n'en s]ai5t plus surpris aprs-dema94 ,illu/ration ,oui1 les =ces animiques peuv5t se transport] d'un monde l'autre1 non p>t\t ni t\j\rs1 assurm5t1 et non t\tes4 ,il y a des lois et des conditions4 ,ma volont peut s\lev] mon bras1 lanc] une pi]re1 l'aide de mes muscles2 si je pr5ds un poids de v+t kilos1 elle s\lv]a encore mon bras2 si je veux pr5dre un poids de mille kilos1 je ne le puis plus4 ,tels esprits sont incapables d'aucune activit2 d'autres ont acquis des facults transc5dantes4 ,moz>t1 six ans imposait t\s ses auditeurs la puissance de son gnie musical et publiait huit ans ses deux premires uvres de sonates1 t&is que le plus gr& auteur dramatique qui ait exi/1 ,%akespe>e1 n'avait encore crit avant l'ge de tr5te ans aucune pice digne de son nom4 ,il ne faut pas croire que l'me app>ti5ne quelque monde surnaturel4 ,t\t e/ dans la nature4 ,il n'y a gure plus de c5t mille ans que l'humanit t]re/re s'e/ dgage de la *rysalide animale2 p5dant des millions d'annes1 p5dant la longue srie hi/orique des priodes primaire1 secondaire et t]tiaire1 il n'y avait pas sur la ,t]re une seule p5se p\r apprci] ces gr&ioses spectacles1 un seul reg>d huma9 p\r les contempl]4 ,le progrs a l5tem5t lev les mes infrieures des plantes et des animaux2 l'homme e/ t\t rc5t sur la plante4 ,la nature e/ en incessant progrs2 l'univ]s e/ un p]ptuel dev5ir2 l'asc5sion e/ la loi suprme4 ,t\s les mondes1 aj\ta-t-il1 ne sont pas actuellem5t habits4 ,les uns sont l'aurore1 d'autres au crpuscule4 ,dans notre sy/me solaire1 p> exemple1 ,m>s1 ,vnus1 ,saturne et plusieurs de ses satellites p>aiss5t en ple9e activit vitale2 ,jupit] semble n'avoir pas dpass sa priode primaire2 la ,lune n'a peut-tre plus d'habitants4 ,notre poque actuelle n'a pas plus d'importance dans l'hi/oire gnrale de l'univ]s que notre f\rmilire dans l'inf9i4 ,avant l'exi/5ce de la ,t]re1 il y a eu1 de t\te t]nit1 des mondes peupls d'humanits2 qu& notre plante aura r5du le d]ni] s\pir et que la d]nire famille huma9e s'endormira du d]ni] sommeil aux bords de la d]nire lagune de l'ocan glac1 des soleils innombrables brill]ont t\j\rs dans l'inf9i1 et t\j\rs il y aura des mat9s et des soirs1 des pr9temps et des fleurs1 des esprances et des joies4 ,autres soleils1 autres t]res1 autres humanits4 ,l'espace sans bornes e/ peupl de tombes et de b]ceaux4 ,mais la vie1 la p5se1 le progrs t]nel sont le b f9al de la cration4 ,la ,t]re e/ le satellite d'une toile4 ,actuellem5t aussi bi5 que dans l'av5ir1 n\s sommes citoy5s du ciel4 ,que n\s le sa*ions ou que n\s l'ignorions1 n\s vivons en ralit dans les toiles4 ,a9si s'entret5ai5t les deux amis sur les graves problmes qui proccupai5t leurs p5ses4 ,lorsqu'ils conqurai5t une solution1 ft-elle incomplte1 ils pr\vai5t un vritable bonheur d'avoir fait un pas de plus dans la re*]*e de l'inconnu et p\vai5t plus tranquillem5t ensuite caus] des *oses habituelles de la vie4 ,c'tai5t deux esprits galem5t avides de savoir1 s'imag9ant1 avec t\te la f]veur de la jeunesse1 p\voir s'isol] du monde1 dom9] les impressions huma9es et atte9dre en leur cle/e essor l'toile de la ,vrit qui sc9tillait au-dessus de leurs ttes dans les pr(ondeurs de l'inf9i4 ,illu/ration ,illu/ration ,,iv ,,amor ,dans cette vie deux1 t\t intime1 t\te *>mante qu'elle ft1 quelque *ose manquait4 ,ces entreti5s sur les =midables problmes de l'tre et du non-tre1 les *anges d'ides sur l'analyse de l'humanit1 les re*]*es sur le b f9al de l'exi/5ce des *oses1 les contemplations a/ronomiques et les que/ions qu'elles inspir5t1 satisfaisai5t p>fois leur esprit1 non leur cur4 ,lorsque l'un prs de l'autre1 ils avai5t longuem5t caus1 soit s\s le b]ceau du j>d9 qui dom9ait le tableau de la gr&e ville1 soit dans la biblio?que sil5cieuse1 l'tudiant1 le *]*eur ne p\vait se dta*] de sa compagne1 et t\s deux re/ai5t1 la ma9 dans la ma91 muets1 attirs1 ret5us p> une =ce dom9atrice4 ,aprs le d"p1 l'un et l'autre pr\vai5t un vide s+uli]1 d\l\reux1 dans la poitr9e1 un malaise indf9issable1 comme si quelque li5 ncessaire leur vie mutuelle et t rompu2 et l'un comme l'autre n'aspirait qu' l'heure du ret\r4 ,il l'aimait1 non p\r lui1 mais p\r elle1 d'une affection presque imp]sonnelle1 dans un s5tim5t de pr(onde e/ime autant que d'ard5t am\r1 et1 p> un combat de t\s les in/ants contre les attractions de la *air1 avait su rsi/]4 ,mais un j\r qu'ils tai5t assis l'un prs de l'autre1 sur ce gr& divan de la biblio?que encombr comme d'habitude de livres et de feuilles volantes1 comme ils demeurai5t sil5cieux1 il arriva que1 *>ge sans d\te de t\t le poids des ef=ts conc5trs depuis si longtemps p\r rsi/] une attraction trop irrsi/ible1 la tte du jeune auteur s'incl9a ins5siblem5t sur les paules de sa compagne et que1 presque aussitt444 leurs lvres se r5contrr5t4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,o joies 9n>rables de l'am\r p>tag6 ,ivresse insatiable de l'tre altr de bonheur1 transports sans f9 de l'imag9ation inva9cue1 d\ce musique des curs1 quelles hauteurs ?res n'avez-v\s pas lev les lus ab&onns vos flicits suprmes6 ,subitem5t oublieux de la t]re infrieure1 ils s'envol5t tire-d'ailes dans les p>adis en*ants1 se p]d5t dans les pr(ondeurs cle/es et plan5t dans les rgions sublimes de l't]nelle volupt4 ,le monde avec ses comdies et ses misres n'exi/e plus p\r eux4 ,ils viv5t dans la lumire1 dans le feu1 salam&res1 phnix1 dgags de t\t poids1 lg]s comme la flamme1 se consumant eux-mmes1 r5aissant de leurs c5dres1 t\j\rs lum9eux1 t\j\rs ard5ts1 invulnrables1 inv9cibles4 ,l'expansion si longuem5t cont5ue de ces premi]s transports jeta les deux amants dans une vie d'extase qui leur fit un in/ant oubli] la mtaphysique et ses problmes4 ,cet in/ant dura six mois4 ,le plus d\x1 mais le plus imprieux des s5tim5ts tait v5u complt] en eux les insuffisantes satisfactions intellectuelles de l'esprit1 et les avait t\t d'un c\p absorbes1 presque ananties4 ,a dat] du j\r du bais]1 ,georges ,sp]o1 non seulem5t disp>ut entirem5t de la scne du monde1 mais encore cessa d'crire1 et je le p]dis de vue moi-mme1 malgr la longue et relle affection qu'il m'avait tmoigne4 ,des logici5s euss5t pu en conclure que1 p\r la premire fois de sa vie1 il tait satisfait1 et qu'il avait tr\v la solution du gr& problme1 le b suprme de l'exi/5ce des tres4 ,ils vivai5t de cet gsme deux qui1 en loignant l'humanit de notre c5tre optique1 dim9ue ses dfauts et la fait p>atre plus aimable et plus belle4 ,satisfaits de leur affection mutuelle1 t\t *antait p\r eux1 dans la nature et dans l'humanit1 un p]ptuel cantique de bonheur et d'am\r4 ,illu/ration ,bi5 s\v5t le soir ils allai5t1 suivant le c\rs de la ,se9e1 contempl] en rvant les m]veilleux effets de lumire et d'ombre qui dcor5t le ciel de ,p>is1 si admirable au crpuscule1 l'heure o les silh\ettes des t\rs et des difices se projett5t en noir sur le fond lum9eux de l'occid5t4 ,des nues roses et emp\rpres1 illum9es p> le reflet lo9ta9 de la m] sur laquelle brille le soleil disp>u1 donn5t notre ciel un c>actre spcial1 qui n'e/ plus celui de ,naples baign l'occid5t p> le miroir mdit]ranen1 mais qui peut-tre surpasse celui de ,v5ise1 dont l'illum9ation e/ ori5tale et ple4 ,soit que1 leurs pas les ayant conduits v]s l'le antique de la ,cit1 ils desc5diss5t le c\rs du fleuve en passant en vue de ,notre-,dame et du vieux ,*telet qui pr(ilait sa noire silh\ette devant le ciel encore lum9eux1 soit que1 plutt encore1 attirs p> l'clat du c\*ant et p> la campagne1 ils euss5t desc5du les quais jusqu'au del des remp>ts de l'imm5se cit et se fuss5t g>s jusqu'aux solitudes de ,b\logne et de ,billanc\rt1 f]mes p> les coteaux noirs de ,meudon et de ,sa9t-,cl\d1 ils contemplai5t la nature1 ils oubliai5t la ville bruyante p]due d]rire eux1 et m>*ant d'un mme pas1 ne =mant qu'un seul tre1 recevai5t en mme temps les mmes impressions1 p5sai5t les mmes p5ses1 et1 en sil5ce1 p>lai5t le mme langage4 ,le fleuve c\lait leurs pi$s1 les bruits du j\r s'teignai5t1 les premires toiles brillai5t au ciel4 ,icla aimait les nomm] ,georges mesure qu'elles app>aissai5t4 ,illu/ration ,m>s et avril (fr5t s\v5t ,p>is de d\ces soires dans lesquelles circule le premi] s\ffle avant-c\reur du pr9temps4 ,les brillantes toiles d',orion1 l'bl\issant ,sirius1 les ,gmeaux ,ca/or et ,pollux sc9till5t dans le ciel imm5se2 les ,pliades s'abaiss5t v]s l'horizon occid5tal1 mais ,arcturus et le ,b\vi]1 pa/eur des tr\peaux cle/es1 revi5n5t1 et quelques heures plus t>d la blan*e et respl5dissante ,vga s'lve de l'horizon ori5tal1 bi5tt suivie p> la ,voie lacte4 ,arcturus aux rayons d'or tait t\j\rs la premire toile reconnue1 p> son clat p]ant et p> sa position dans le prolongem5t de la queue de la ,gr&e ,ourse4 ,p>fois1 le croissant lunaire planait dans le ciel occid5tal et la jeune contemplatrice admirait1 comme ,ru? auprs de ,booz1 cette faucille d'or dans le *amp des toiles4 ,les toiles envelopp5t la ,t]re2 la ,t]re e/ dans le ciel4 ,sp]o et sa compagne le s5tai5t bi51 et sur aucune autre t]re cle/e1 peut-tre1 aucun c\ple ne vivait plus intimem5t qu'eux dans le ciel et dans l'inf9i4 ,ins5siblem5t1 p\rtant1 sans peut-tre s'en ap]cevoir lui-mme1 le jeune philosophe reprit1 graduellem5t1 p> fragm5ts morcels1 ses tudes int]rompues1 analysant ma9t5ant les *oses avec un pr(ond s5tim5t d'optimisme qu'il n'avait pas encore connu malgr sa bont naturelle1 lim9ant les conclusions cruelles1 p>ce qu'elles lui semblai5t dues une connaissance incomplte des causes1 contemplant les panoramas de la nature et de l'humanit dans une n\velle lumire4 ,elle avait repris aussi1 du mo9s p>tiellem5t1 les tudes qu'elle avait comm5ces en commun avec lui2 mais un s5tim5t1 n\veau1 imm5se1 remplissait son me1 et son esprit n'avait plus la mme lib]t p\r le travail intellectuel4 ,absorbe dans cette affection de t\s les in/ants p\r un tre qu'elle avait entirem5t conquis1 elle ne voyait que p> lui1 n'agissait que p\r lui4 ,p5dant les heures calmes du soir1 lorsqu'elle se mettait au piano1 soit p\r j\] une sonate de ,*op9 qu'elle s'tonnait de n'avoir pas comprise avant d'aim]1 soit p\r s'accompagn] en *antant de sa voix si pure et si t5due les li$] norvgi5s de ,grieg et de ,bull1 ou les mlodies de notre ,g\nod1 il lui semblait1 son insu1 peut-tre1 que son bi5-aim tait le seul auditeur capable d'ent5dre ces inspirations du cur4 ,quelles heures dlicieuses il passa1 dans cette va/e biblio?que de la maison de ,passy1 t5du sur un divan1 suivant p>fois du reg>d les capricieuses volutes de la fume d'une cig>ette d',ori5t1 t&is qu'ab&onne aux rm9isc5ces de sa fantaisie1 elle *antait le d\x ,saet]gi5t5s ,sondag de son pays1 la srnade de ,don ,juan1 le ,lac de ,lam>t9e1 ou bi5 lorsque1 laissant c\rir ses doigts habiles sur le clavi]1 elle faisait s'envol] dans l'air le mlodieux rve du m5uet de ,boc*]9i6 ,le pr9temps tait v5u4 ,le mois de mai avait vu s'ouvrir1 ,p>is1 les ftes de l',exposition univ]selle dont n\s p>lions au db de ce rcit1 et les hauteurs du j>d9 de ,passy abritai5t l'd5 du c\ple am\reux4 ,le pre d',icla1 qui avait t appel subitem5t en ,tunisie1 tait rev5u avec une collection d'armes arabes p\r son muse de ,*ri/iania4 ,son int5tion tait de ret\rn] bi5tt en ,norvge1 et il avait t conv5u entre la jeune ,norvgi5ne et son ami que leur m>iage aurait lieu dans sa patrie1 la date anniv]saire de la my/rieuse app>ition4 ,illu/ration ,leur am\r tait1 p> sa nature mme1 bi5 loign de t\tes ces unions banales fondes1 les unes sur le grossi] plaisir s5suel1 les autres sur des intrts plus ou mo9s dguiss1 qui reprs5t5t la plup>t des am\rs huma9es4 ,leur esprit cultiv les isolait dans les rgions suprieures de la p5se1 la dlicatesse de leurs s5tim5ts les ma9t5ait dans une atmosphre idale o t\s les poids de la matire tai5t oublis1 l'extrme impressionnabilit de leurs n]fs1 l'exquise f9esse de t\tes leurs s5sations1 les plongeai5t en des extases dont la volupt semblait inf9ie4 ,si l'on aime1 en d'autres mondes1 l'am\r n'y peut tre ni plus pr(ond ni plus exquis4 ,ils euss5t t t\s deux1 p\r un physiologi/e1 le tmoignage vivant du fait que1 contrairem5t l'apprciation vulgaire1 t\tes les j\issances vi5n5t du c]veau2 l'int5sit des s5sations correspondant la s5sibilit psy*ique de l'tre4 ,p>is tait p\r eux1 non pas une ville1 non pas un monde1 mais le ?tre de l'hi/oire huma9e4 ,ils y vcur5t les sicles disp>us4 ,les vieux qu>ti]s1 non encore dtruits p> les trans=mations mod]nes1 la ,cit avec ,notre-,dame1 ,sa9t-,juli5-le-,pauvre1 dont les murs rappell5t encore ,*ilpric et ,frdgonde1 les demeures antiques o habitr5t ,alb]t le ,gr&1 le ,dante1 ,ptr>que1 ,abeil>d1 la vieille ,univ]sit1 antrieure la ,sorbonne1 et des mmes sicles disp>us1 le clotre ,sa9t-,m]ry avec ses ruelles sombres1 l'abbaye de ,sa9t-,m>t91 la t\r de ,clovis sur la montagne ,sa9te-,g5evive1 ,sa9t-,g]ma9-des-,prs1 s\v5ir des ,mrov+i5s1 ,sa9t-,g]ma9-l',aux]rois1 dont la clo*e sonna le tocs9 de la ,sa9t-,b>?lemy1 l'anglique ,*apelle du palais de ,l\is ,,ix2 t\s les s\v5irs de l'hi/oire de ,france fur5t l'objet de leurs pl]9ages4 ,au milieu des f\les1 ils s'isolai5t dans la contemplation du pass et voyai5t ce que presque p]sonne ne sait voir4 ,a9si l'imm5se cit leur p>lait son langage d'autrefois1 soit1 lorsque1 p]dus p>mi les *imres1 les griffons1 les pili]s1 les *apiteaux1 les arabesques des t\rs et des gal]ies de ,notre-,dame1 ils voyai5t leurs pi$s la ru*e huma9e s'endormir dans la brume du soir1 soit lorsque1 s'levant plus haut encore1 ils *]*ai5t1 du sommet du ,pan?on1 recon/itu] l'anci5ne =me de ,p>is et son dveloppem5t sculaire1 depuis les emp]eurs roma9s qui habitai5t les ,!rmes jusqu' ,philippe ,augu/e et ses successeurs4 ,le soleil du pr9temps1 les lilas en fleur1 les joyeuses mat9es de mai1 ple9es de *ants d'oiseaux et d'excitations n]veuses1 les jetai5t p>fois lo9 de ,p>is1 l'av5ture1 dans les prairies et dans les bois4 ,les heures s'envolai5t comme le s\ffle des brises2 la j\rne avait disp>u comme un songe1 et la nuit cont9uait le div9 rve d'am\r4 ,dans le monde t\rbillonnant de ,jupit]1 o les j\rs et les nuits sont plus de deux fois plus rapides qu'ici et ne dur5t mme pas dix heures1 les amants ne voi5t pas les heures s'van\ir plus vite4 ,la mesure du temps e/ en n\s4 ,illu/ration ,un soir1 ils tai5t t\s deux assis sur le toit1 sans p>apet1 de la vieille t\r du *teau de ,*evreuse1 s]rs l'un prs de l'autre au c5tre1 d'o on dom9e sans ob/acle t\t le paysage environnant4 ,l'air tide de la valle montait jusqu' eux1 t\t imprgn des p>fums sauvages des bois vois9s2 la fauvette *antait encore1 et le rossignol essayait1 dans l'ombre naissante des bosquets1 son mlodieux cantique aux toiles4 ,le soleil v5ait de se c\*] dans un bl\issem5t d'or et d'c>late1 et l',occid5t seul re/ait illum9 d'une lumire encore int5se4 ,t\t semblait s'endormir au se9 de l'imm5se nature4 ,un peu ple1 mais claire p> la lumire du ciel occid5tal1 ,icla semblait pntre p> le j\r et illum9e intrieurem5t1 tant sa *air tait claire1 dlicate1 idale4 ,ses yeux noys de vaporeuse langueur1 sa petite b\*e enfant9e1 lgrem5t entr'ouv]te1 elle p>aissait p]due dans la contemplation de la lumire occid5tale4 ,appuye contre la poitr9e de ,sp]o1 les bras enlacs aut\r de son c\1 elle s'ab&onnait sa rv]ie1 lorsqu'une toile filante v9t trav]s] le ciel prcism5t au-dessus de la t\r4 ,elle tressaillit1 un peu sup]/itieuse4 ,dj les plus brillantes toiles app>aissai5t dans la pr(ondeur des cieux3 trs haut1 presque au zni?1 ,arcturus1 d'un jaune d'or clatant2 v]s l',ori5t1 assez leve1 ,vga1 d'une pure blan*eur2 au ,nord1 ,capella2 l',occid5t1 ,ca/or1 ,pollux et ,procyon4 ,on comm5ait aussi di/+u] les sept toiles de la ,gr&e ,ourse1 l'pi de la ,vi]ge1 ,rgulus4 ,ins5siblem5t1 une une1 les toiles v5ai5t ponctu] le firmam5t4 ,l'toile polaire indiquait le seul po9t immuable de la sphre cle/e4 ,la lune se levait1 son disque r\getre lgrem5t entam p> la phase dcroissante4 ,m>s brillait entre ,pollux et ,rgulus1 au ,sud-,oue/2 ,saturne au ,sud-,e/4 ,le crpuscule faisait l5tem5t place au my/rieux rgne de la nuit4 ,illu/ration ,ne tr\ves-tu pas1 fit-elle1 que t\s ces a/res sont comme des yeux qui n\s reg>d5t8 --,des yeux cle/es comme les ti5s4 ,que peuv5t-ils voir sur la ,t]re de plus beau que toi444 et que notre am\r8 --,p\rtant6 aj\ta-t-elle4 --,oui1 p\rtant1 le monde1 la famille1 la socit1 les usages1 les lois de la morale1 que sais-je encore8 j'ent5ds tes p5ses4 ,n\s avons oubli t\tes ces *oses p\r n'obir qu' l'attraction1 comme le ,soleil1 comme t\s ces a/res1 comme le rossignol qui *ante1 comme la nature entire4 ,bi5tt n\s f]ons ces usages sociaux la "p qui leur app>ti5t1 et n\s p\rrons proclam] ouv]tem5t notre am\r4 ,en s]ons-n\s plus heureux8 ,e/-il possible d'tre plus heureux que n\s le sommes en ce mom5t mme8 --,je suis toi1 reprit-elle4 ,p\r moi1 je n'exi/e pas2 je suis anantie dans ta lumire1 dans ton am\r1 dans ton bonheur1 et je ne dsire ri51 ri5 de plus4 ,non4 ,je songeais ces toiles1 ces yeux qui n\s reg>d5t1 et je me dem&ais o sont auj\rd'hui t\s les yeux huma9s qui les ont contemples1 depuis des milli]s d'annes1 comme n\s le faisons ce soir1 o sont t\s les curs qui ont battu comme bat en ce mom5t notre cur1 o sont t\tes les mes qui se sont confondues en des bais]s sans f9 dans le my/re des nuits disp>ues4 --,ils exi/5t t\s4 ,ri5 ne peut tre dtruit4 ,n\s associons le ciel et la t]re1 et n\s avons raison4 ,dans t\s les sicles1 *ez t\s les peuples1 p>mi t\tes les croyances1 l'humanit a t\j\rs dem& ce ciel toil le secret de ses de/9es4 ,c'tait l une sorte de div9ation4 ,la ,t]re e/ un a/re du ciel1 comme ,m>s et ,saturne1 que n\s voyons l-bas1 t]res du ciel1 obscures1 claires p> le mme soleil que n\s1 et comme t\tes ces toiles1 qui sont de lo9ta9s soleils4 ,ta p5se traduit ce que l'humanit a p5s depuis qu'elle exi/e4 ,t\s les reg>ds ont *]* dans le ciel la rponse la gr&e nigme1 et1 ds les premi]s j\rs de la my?ologie1 c'e/ ,uranie qui a rpondu4 ,et c'e/ elle1 cette div9e ,uranie1 qui rpondra t\j\rs4 ,elle ti5t dans ses ma9s le ciel et la t]re2 elle n\s fait vivre dans l'inf9i4444 ,et puis1 en p]sonnifiant en elle l'tude de l'univ]s1 le s5tim5t potique de nos pres ne p>at-il pas avoir v\lu complt] la sci5ce p> la vie1 la grce et l'am\r8 ,elle e/ la muse p> excell5ce4 ,sa beaut semble n\s dire que p\r compr5dre vraim5t l'a/ronomie et l'inf9i1 il faut444 tre am\reux4 ,la nuit allait v5ir4 ,la lune1 s'levant l5tem5t dans le ciel ori5tal1 rp&ait dans l'atmosphre une cl>t qui1 ins5siblem5t1 se sub/ituait celle du crpuscule1 et dj dans la ville1 leurs pi$s1 au-dess\s des bosquets et des ru9es1 quelques lumires app>aissai5t et l4 ,ils s'tai5t relevs et se t5ai5t deb\t1 au c5tre du sommet de la t\r1 troitem5t enlacs4 ,elle tait belle1 encadre dans l'aurole de sa *evelure dont les b\cles flottai5t sur ses paules2 des b\ffes d'air pr9tani]1 imprgnes de p>fums1 violettes1 gir(les1 lilas1 roses de mai1 montai5t des j>d9s vois9s4 ,la solitude et le sil5ce les environnai5t4 ,un long bais]1 le c5time au mo9s1 de cette c>essante j\rne de pr9temps1 runit leurs lvres4 ,elle rvait encore4 ,un s\rire fugitif illum9a s\da9 son visage et s'en alla1 s'van\issant comme une image qui passe4 ,a quoi p5ses-tu8 dit-il4 --,oh6 ri54 ,une ide monda9e1 pr(ane1 un peu lgre4 ,ri54 --,mais quoi8 fit-il1 en la repr5ant dans ses bras4 --,eh bi56 je me dem&ais si444 dans ces autres mondes1 on a une b\*e1444 c>1 vois-tu1 le bais]6 les lvres6444 ,a9si se passai5t les heures1 les j\rs1 les sema9es1 les mois1 en une union intime de t\tes leurs p5ses1 de t\tes leurs s5sations1 de t\tes leurs impressions4 ,le soleil de ju9 brillait dj son sol/ice1 et le mom5t du d"p p\r la patrie d',icla tait arriv4 ,a l'poque fixe1 elle p>tit avec son pre p\r ,*ri/iania4 ,sp]o les suivit quelques j\rs plus t>d4 ,l'int5tion du jeune savant tait de sj\rn] en ,norvge jusqu' l'automne et d'y cont9u] les tudes qu'il avait entreprises l'anne prcd5te sur les aurores borales1 obs]vations si p>ticulirem5t intressantes p\r lui1 et qu'il avait eu pe9e le temps de comm5c]4 ,ce sj\r en ,norvge fut la cont9uation du plus d\x des rves4 ,la blonde fille du ,nord enveloppait son ami d'une aurole de sduction p]ptuelle qui peut-tre lui et fait oubli] p\r t\j\rs les attractions de la sci5ce1 si elle-mme n'avait eu1 comme n\s l'avons vu1 un gt p]sonnel insatiable p\r l'tude4 ,les expri5ces que l'infatigable *]*eur avait entreprises sur l'lectricit atmosphrique1 l'intressr5t autant que lui4 ,elle aussi v\lut se r5dre compte de la nature de ces flammes my/rieuses de l'aurore borale qui vi5n5t le soir palpit] dans les hauteurs de l'atmosphre1 et comme la srie de ces re*]*es le conduisai5t dsir] une asc5sion en ballon de/9e all] surpr5dre le phnomne jusque dans sa s\rce1 elle aussi pr\va le mme dsir4 ,il essaya de l'en dissuad]1 ces expri5ces aronautiques n'tant pas sans dang]4 ,mais l'ide seule d'un pril p>tag] et suffi p\r la r5dre s\rde aux supplications du bi5-aim4 ,aprs de longues hsitations1 ,sp]o se dcida l'emm5] avec lui et prp>a1 l',univ]sit de ,*ri/iania1 une asc5sion p\r la premire nuit d'aurore borale4 ,illu/ration ,illu/ration ,v ,l',,aurore ,,bor,,ale ,les p]turbations de l'aiguille aimante avai5t annonc l'arrive de l'aurore avant mme le c\*] du soleil1 et l'on avait comm5c le gonflem5t de l'aro/at au gaz hydrogne pur1 lorsqu'en effet le ciel laissa ap]cevoir dans le ,nord magntique cette coloration d'or v]t transp>5te qui e/ t\j\rs l'indice c]ta9 d'une aurore borale4 ,en quelques heures les prp>atifs fur5t t]m9s4 ,l'atmosphre1 entirem5t dgage de t\t nuage1 tait d'une limpidit p>faite1 les toiles sc9tillai5t dans les cieux1 au se9 d'une obscurit pr(onde1 sans clair de lune1 attnue seulem5t v]s le ,nord p> une d\ce lumire s'levant en arc au-dessus d'un segm5t obscur1 et lanant dans les hauteurs de l'atmosphre de lg]s jets roses et un peu v]ts qui semblai5t les palpitations d'une vie inconnue4 ,le pre d',icla1 qui assi/ait au gonflem5t de l'aro/at1 ne se d\tait po9t du d"p de sa fille2 mais au d]ni] mom5t elle entra dans la nacelle comme p\r la visit]1 ,sp]o fit un signe1 et l'aro/at s'leva l5tem5t1 maje/ueusem5t1 au-dessus de la ville de ,*ri/iania1 qui app>ut1 claire de milli]s de lumires1 au-dess\s des deux voyageurs ari5s1 et dim9ua de gr&eur en s'loignant dans la noire pr(ondeur4 ,bi5tt l'aro/at1 emport p> une asc5sion oblique1 plana au-dessus des noires campagnes1 et les cl>ts plissantes disp>ur5t4 ,le bruit de la ville s'tait loign en mme temps1 un pr(ond sil5ce1 le sil5ce absolu des hauteurs1 enveloppa l'esquif ari54 ,impressionne p> ce sil5ce sans gal1 peut-tre surt\t p> la n\veaut de sa situation1 ,icla se s]rait contre la poitr9e de son tmraire ami4 ,ils montai5t rapidem5t4 ,l'aurore borale semblait desc5dre1 en s't5dant s\s les toiles comme une ondoyante drap]ie de moire d'or et de p\rpre1 p>c\rue de frmissem5ts lectriques4 ,a l'aide d'une petite sphre de cri/al habite p> des v]s luisants1 ,sp]o obs]vait ses in/rum5ts et inscrivait leurs indications correspondantes aux hauteurs atte9tes4 ,l'aro/at montait t\j\rs4 ,quelle imm5se joie p\r le *]*eur6 ,il allait1 dans quelques m9utes1 plan] la cime de l'aurore borale1 il allait tr\v] la rponse la "q de la hauteur de l'aurore1 va9em5t pose p> tant de physici5s1 et surt\t p> ses matres aims1 les deux gr&s psy*ologues et philosophes r/$ et ,ampre4 ,illu/ration ,l'motion d',icla s'tait calme4 ,z-tu donc eu peur8 lui dem&a son ami4 ,l'aro/at e/ sr4 ,aucun accid5t n'e/ cra9dre4 ,t\t e/ calcul4 ,n\s desc5drons dans une heure4 ,il n'y a pas l'ombre de v5t t]re4 --,non1 fit-elle1 t&is qu'une lueur cle/e l'illum9ait d'une transp>5te cl>t rose2 mais c'e/ si trange1 c'e/ si beau1 c'e/ si div96 ,et c'e/ si gr& p\r moi si petite4 ,j'ai un in/ant frissonn4 ,il me semble que je t'aime plus que jamais4444 ,et1 jetant ses bras aut\r de son c\1 elle l'embrassa dans une tre9te passionne1 longue1 sans f94 ,l'aro/at solitaire voguait en sil5ce dans les hauteurs ari5nes1 sphre de gaz transp>5t enf]me dans une m9ce enveloppe de soie1 dont on p\vait reconnatre1 de la nacelle1 les zones v]ticales allant se jo9dre au sommet1 au c]cle de la s\pape1 la p>tie infrieure du ballon re/ant l>gem5t ouv]te p\r la dilatation du gaz4 ,l'obscure cl>t qui tombe des toiles1 dont p>le ,corneille1 et suffi1 dfaut des lueurs de l'aurore borale1 p\r p]mettre de di/+u] l'ensemble de l'esquif ari54 ,la nacelle susp5due au filet qui enveloppait la sphre de soie1 tait atta*e l'aide de huit cordes solides tisses dans l'osi] de la nacelle et passant s\s les pi$s des aronautes4 ,le sil5ce tait pr(ond1 sol5nel2 on aurait pu ent5dre les battem5ts de leurs curs4 ,les d]ni]s bruits de la t]re avai5t disp>u4 ,on voguait c9q mille mtres de hauteur1 avec une vitesse inconnue1 le v5t suprieur emportant le navire ari5 sans qu'on en ress5tt le mo9dre s\ffle dans la nacelle1 puisque le ballon e/ imm]g dans l'air qui m>*e1 comme une simple molcule relativem5t immobile dans le c\rant qui l'emporte4 ,seuls habitants de ces rgions sublimes1 nos deux voyageurs j\issai5t de cette situation d'exquise flicit que les aronautes connaiss5t lorsqu'ils ont respir cet air vif et lg]1 dom9 les rgions basses1 oubli dans ce sil5ce des espaces t\tes les vulg>its de la vie t]re/re1 et mieux que nuls de leurs devanci]s ils l'apprciai5t1 cette situation unique1 en la d\blant1 en la dcuplant p> le s5tim5t de leur propre bonheur4 ,ils p>lai5t voix basse1 comme s'ils euss5t cra9t d'tre ent5dus des anges et de voir s'van\ir le *>me magique qui les t5ait susp5dus dans le vois9age du ciel4444 ,p>fois des lueurs subites1 des rayons de l'aurore borale1 v5ai5t les frapp]1 puis t\t retombait dans une obscurit plus pr(onde et plus insondable4 ,ils voguai5t a9si dans leur rve toil1 lorsqu'un bruit s\da9 v9t frapp] leurs oreilles1 comme un sifflem5t s\rd4 ,ils c\tr5t1 se p5*r5t au-dessus de la nacelle1 prtr5t l'oreille4 ,ce bruit ne v5ait pas de la t]re4 tait-ce un murmure lectrique de l'aurore borale8 tait-ce quelque orage magntique dans les hauteurs8 ,des clairs semblai5t arriv] du fond de l'espace1 les envelopp] et s'van\ir4 ,ils c\tr5t1 haletants4 ,le bruit tait t\t prs d'eux4444 ,c'tait le gaz qui s'*appait de l'aro/at4 ,soit que la s\pape se ft entr'ouv]te d'elle-mme1 soit que dans leurs m\vem5ts ils euss5t ex]c une pression sur la corde1 le gaz fuyait6 ,sp]o s'ap]ut vite de la cause de ce bruit inquitant1 mais ce fut avec t]reur1 c> il tait impossible de ref]m] la s\pape4 ,il exam9a le b>omtre1 qui comm5ait remont] l5tem5t3 l'aro/at comm5ait donc desc5dre4 ,et la *ute1 d'abord l5te1 mais 9vitable1 devait all] en s'accroissant dans une proportion ma?matique4 ,sondant l'espace infrieur1 il vit les flammes de l'aurore borale se reflt] dans le limpide miroir d'un lac imm5se4 ,le ballon desc5dait avec vitesse et n'tait plus qu' trois mille mtres du sol4 ,cons]vant en app>5ce t\t son calme1 mais ne se faisant aucune illusion sur l'imm95ce de la cata/rophe1 le malheureux aronaute jeta successivem5t p>-dessus bord les deux sacs de le/ qui re/ai5t1 les c\v]tures1 les in/rum5ts1 l'ancre1 et mit la nacelle vide2 mais cet allgem5t insuffisant ne s]vit qu' ral5tir un in/ant la vitesse acquise4 ,desc5dant ou plutt tombant ma9t5ant avec une rapidit in\e1 le ballon arriva vite quelques c5ta9es de mtres seulem5t au-dessus du lac4 ,un v5t int5se se mit s\ffl] de bas en haut et siffl] leurs oreilles4 ,illu/ration ,l'aro/at t\rbillonna sur lui-mme1 comme emport p> une trombe4 ,t\t d'un c\p1 ,georges ,sp]o s5tit une tre9te viol5te1 un long bais] sur les lvres3 ,mon ,matre1 mon ,dieu1 mon ,t\t1 je t'aime6 s'cria-t-elle4 ,et1 c>tant deux cordes1 elle se prcipita dans le vide4 ,le ballon dle/ remonta comme une fl*e3 ,sp]o tait sauv4 ,la *ute du corps d',icla dans l'eau pr(onde du lac produisit un bruit s\rd1 trange1 effroyable1 au milieu du sil5ce de la nuit4 ,f\ de d\leur et de dsespoir1 s5tant ses *eveux hrisss sur son crne1 ouvrant les yeux p\r ne ri5 voir1 remport p> l'aro/at plus de mille mtres de hauteur1 il se susp5dit la corde de la s\pape1 dans l'esprance de retomb] v]s le po9t de la cata/rophe2 mais la corde ne fonctionna pas4 ,il *]*a1 ttonna sans rsultat4 ,s\s sa ma91 il r5contra la voilette de sa bi5-aime1 qui tait re/e accro*e l'une des cordes1 lgre voilette p>fume1 encore t\t empre9te de l'odeur enivrante de sa belle compagne2 il reg>da bi5 les cordes1 crut retr\v] l'empre9te des petites ma9s crispes1 et1 posant ses ma9s la place o quelques secondes aup>avant ,icla avait pos les si5nes1 il s'lana4 ,un in/ant1 son pi$ re/a pris dans un cordage2 mais il eut la =ce de se dgag] et tomba dans l'espace en t\rbillonnant4 ,un bateau p*eur1 qui avait assi/ la f9 du drame1 avait fait =ce voiles v]s le po9t du lac o la jeune fille s'tait prcipite et tait p>v5u la retr\v] et la recueillir4 ,elle n'tait pas morte4 ,mais t\s les so9s qui lui fur5t prodigus n'emp*r5t pas la fivre de la saisir et d'en faire sa proie4 ,les p*eurs arrivr5t dans la mat9e un petit port des bords du lac et la transportr5t dans leur mode/e *aumire1 sans qu'elle reprt connaissance4 ,georges6 disait-elle1 en ouvrant les yeux1 ,georges6 et c'tait t\t4 ,le l5dema91 elle ent5dit la clo*e du village sonn] un glas funbre4 ,georges6 rptait-elle1 ,georges6 ,on avait retr\v son corps1 l'tat de b\illie in=me1 quelque di/ance du rivage2 sa *ute1 de plus de mille mtres de hauteur1 avait comm5c au-dessus du lac1 mais le corps g>dant la vitesse horizontale acquise p> l'aro/at1 n'tait pas tomb v]ticalem5t3 il tait desc5du obliquem5t1 comme s'il et gliss le long d'un fil suivant le ballon dans sa m>*e1 et tait tomb1 masse prcipite du ciel1 dans une prairie bordant les rives du lac1 avait m>qu pr(ondm5t son empre9te dans le sol et avait rebondi plus d'un mtre du po9t de *ute2 mais ses os eux-mmes tai5t broys en p\ssire1 et le c]veau s'tait *app du front4 ,sa fosse tait pe9e ref]me1 que l'on dut creus] ct d'elle celle d',icla1 morte en rptant d'une voix te9te3 ,georges6 ,georges6 ,une seule pi]re rec\vrit leurs deux tombes1 et le mme saule t5dit son ombre sur leur sommeil4 ,auj\rd'hui encore1 les riv]a9s du beau lac de ,tyrifiord5 cons]v5t dans leurs curs le mlancolique s\v5ir de la cata/rophe1 dev5ue presque lg5daire1 et l'on ne montre pas la pi]re spulcrale au voyageur sans associ] leur mmoire le regret d'un d\x songe van\i4 ,illu/ration ,illu/ration ,,vi ,,le ,,progr,s ,,t]nel ,les j\rs1 les sema9es1 les mois1 les saisons1 les annes1 pass5t vite sur cette plante1 et sans d\te aussi sur les autres4 ,plus de v+t fois dj la ,t]re a p>c\ru sa rvolution annuelle aut\r du ,soleil1 depuis le j\r o la de/9e f]ma si tragiquem5t le livre que mes deux jeunes amis lisai5t depuis mo9s d'une anne2 leur bonheur fut rapide1 leur mat9 s'van\it comme une aurore4 ,je les avais1 s9on oublis#a1 du mo9s p]dus de vue1 lorsque t\t rcemm5t1 dans une sance d'hypnotisme1 ,nancy1 o je m'arrtai quelques j\rs en me r5dant dans les ,vosges1 je me tr\vai conduit que/ionn] un sujet l'aide duquel les savants exprim5tateurs de l',acadmie ,/anislas avai5t obt5u quelques-uns de ces rsultats vritablem5t /upfiants dont la presse sci5tifique n\s entreti5t depuis quelques annes4 ,je ne sais plus comm5t il arriva que la conv]sation s'tablit entre lui et moi sur la plante ,m>s4 #a ,il y a p>fois des concid5ces biz>res4 ,le j\r o ,sp]o fit l'asc5sion qui devait lui tre si fatale1 je savais qu'il s'tait lanc dans les airs1 p> l'agitation extraord9aire de l'aiguille aimante qui1 ,p>is o j'tais re/1 annonait l'exi/5ce de l'int5se aurore borale si anxieusem5t att5due p> lui p\r ce voyage ari54 ,on sait en effet que les aurores borales se manife/5t au lo9 p> les p]turbations magntiques4 ,mais ce qui me surprit le plus1 et ce dont je n'ai pas encore eu l'explication1 c'e/ qu' l'heure mme de la cata/rophe j'pr\vai un malaise indf9issable1 puis une sorte de press5tim5t qu'un malheur lui tait arriv4 ,la dp*e qui m'annona sa mort m'y tr\va presque prp>4 ,aprs m'avoir fait la description d'une contre riv]a9e d'une m] connue des a/ronomes s\s le nom de m] du ,sabli] et d'une le solitaire qui s'lve au se9 de cet ocan1 aprs m'avoir dcrit les paysages pittoresques et la vgtation r\getre qui orn5t ces rivages1 les falaises battues p> les flots et les plages sablonneuses o vi5n5t expir] les vagues1 ce sujet1 d'une s5sibilit extrme1 plit t\t d'un c\p et porta la ma9 son front2 ses yeux se f]mr5t1 ses s\rcils se rappro*r5t2 il semblait v\loir saisir une ide fugitive qui s'ob/9ait fuir4 ,voyez6 s'cria le docteur ,b444 en se posant devant lui comme un ordre 9luctable4 ,voyez6 je le veux4 --,v\s avez l des amis1 me dit-il4 --,cela ne me surpr5d pas trop1 rpliquai-je en riant4 ,j'ai assez fait p\r eux4 --,deux amis1 aj\ta-t-il1 qui1 en ce mom5t1 p>l5t de v\s4 --,oh6 oh6 des g5s qui me connaiss5t8 --,oui4 --,et comm5t cela8 --,ils v\s ont connu ici4 --,ici8 --,ici1 sur la ,t]re4 --,ah6 ,y a-t-il longtemps8 --,je ne sais pas4 --,habit5t-ils ,m>s depuis longtemps8 --,je ne sais pas4 --,sont-ils jeunes8 --,oui1 ce sont deux am\reux qui s'ador5t4 ,alors les images *>mantes de mes amis regretts se retracr5t t\tes vives dans ma p5se4 ,mais je ne les eus pas plus tt revus1 que le sujet s'cria1 cette fois d'une voix plus sre3 ,ce sont eux6 --,comm5t le savez-v\s8 --,je le vois4 ,ce sont les mmes mes4 ,mmes c\leurs4 --,comm5t1 mmes c\leurs8 --,oui1 les mes sont lumire4 ,quelques in/ants aprs il aj\ta3 ,p\rtant1 il y a une diffr5ce4 ,puis il re/a sil5cieux le front t\t *]*eur4 ,mais son visage repr5ant t\t son calme et t\te sa srnit1 il aj\ta3 ,lui e/ dev5u elle1 la femme4 ,elle e/ ma9t5ant lui1 l'homme4 ,et ils s'aim5t encore plus qu'autrefois4 ,comme s'il n'et pas compris lui-mme ce qu'il v5ait de dire1 il sembla *]*] une explication1 fit de pnibles ef=ts1 en jug] p> la contraction de t\s les muscles de son visage1 et tomba dans une sorte de catalepsie1 d'o le docteur ,b444 ne t>da pas le dlivr]4 ,mais l'in/ant de lucidit avait fui et ne rev9t plus4 ,je livre1 en t]m9ant1 ce d]ni] fait aux lecteurs de ce rcit1 tel qu'il s'e/ pass s\s mes yeux1 et sans comm5taires4 ,d'aprs l'hypo?se actuellem5t admise p> plusieurs hypnoti/es1 le sujet avait-il subi l'influ5ce de ma propre p5se1 lorsque le pr(esseur lui ordonna de me rpondre8 ,ou1 plus indp5dant1 s'tait-il vritablem5t dgag et avait-il vu au del de notre sphre8 ,je ne me p]mettrai pas de dcid]4 ,peut-tre le saura-t-on p> la suite de ce rcit4 ,cep5dant j'av\]ai en t\te s9crit que la rsurrection de mon ami et de son adore compagne sur ce monde de ,m>s1 sj\r vois9 du ntre1 et si rem>quablem5t semblable celui que n\s habitons1 mais plus anci5 et plus avanc sans d\te dans la voie du progrs1 peut p>atre aux yeux du p5seur la cont9uation logique et naturelle de leur exi/5ce t]re/re si rapidem5t brise4 ,sans d\te1 ,sp]o tait-il dans le vrai en dcl>ant que la matire n'e/ pas ce qu'elle p>at tre1 que les app>5ces sont m5songres1 que le rel c'e/ l'invisible1 que la =ce animique e/ inde/ructible1 que dans l'absolu l'inf9im5t gr& e/ id5tique l'inf9im5t petit1 que les espaces cle/es ne sont pas infran*issables1 et que les mes sont les sem5ces des humanits plantaires4 ,qui sait si la philosophie du dynamisme ne rvl]a pas un j\r aux aptres de l'a/ronomie la religion de l'av5ir8 ,,uranie ne porte-t-elle pas le flambeau sans lequel t\t problme e/ insoluble1 sans lequel t\te la nature re/]ait p\r n\s dans une impntrable obscurit8 ,le ciel doit expliqu] la t]re1 l'inf9i doit expliqu] l'me et ses facults immatrielles4 ,l'inconnu d'auj\rd'hui e/ la vrit de dema94 ,les pages suivantes vont peut-tre n\s laiss] press5tir le li5 my/rieux qui runit le transitoire l't]nel1 le visible l'invisible1 la t]re au ciel4 ,illu/ration ,,troisi,,me ,,p>tie ,ciel et ,t]re ,illu/ration ,i ,t,l,,pa?ie ,la sance magntique de ,nancy avait laiss une vive impression dans ma p5se4 ,bi5 s\v5t je songeais mon ami disp>u1 ses inve/igations dans les doma9es inexplors de la nature et de la vie1 ses re*]*es analytiques s9cres et orig9ales sur le my/rieux problme de l'immortalit4 ,mais je ne p\vais plus p5s] lui sans lui associ] l'ide d'une rinc>nation possible dans la plante ,m>s4 ,cette ide me p>aissait h>die1 tmraire1 purem5t imag9aire1 si l'on veut1 mais non absurde4 ,la di/ance d'ici ,m>s e/ gale zro p\r la transmission de l'attraction2 elle e/ presque insignifiante p\r celle de la lumire1 puisque quelques m9utes suffis5t une ondulation lum9euse p\r trav]s] ces millions de lieues4 ,je songeais au tlgraphe1 au tlphone1 au phonographe1 la transmission de la volont d'un magntiseur son sujet trav]s une di/ance de plusieurs kilomtres1 et p>fois j'arrivais me dem&] si quelque progrs m]veilleux de la sci5ce ne jett]ait pas t\t d'un c\p un pont cle/e entre notre monde et ses congnres de l'inf9i4 ,les soirs suivants1 je n'obs]vai ,m>s au tlescope que di/rait p> mille ides trangres4 ,la plante tait p\rtant admirable1 comme elle l'a t p5dant t\t le pr9temps et t\t l't de #ahhh4 ,de va/es inondations s'tai5t produites sur l'un de ses cont95ts1 sur la ,libye1 comme dj les a/ronomes l'avai5t obs]v en #ahhb et en div]ses circon/ances4 ,on reconnaissait que sa mtorologie1 sa climatologie1 ne sont pas les mmes que les ntres1 et que les eaux qui rec\vr5t environ la moiti de la surface de la plante subiss5t des dplacem5ts biz>res et des v>iations priodiques dont la gographie t]re/re ne peut donn] aucune ide4 ,les neiges du ple boral avai5t beauc\p dim9u1 ce qui pr\vait que l't de cet hmisphre avait t assez *aud1 quoique mo9s lev que celui de l'hmisphre au/ral4 ,du re/e1 il y avait eu =t peu de nuages sur ,m>s p5dant t\te la srie de nos obs]vations4 ,mais1 *ose pe9e croyable1 ce n'tai5t pas ces faits a/ronomiques1 p\rtant si importants1 et bases de t\tes nos conjectures1 qui m'intressai5t le plus2 c'tait ce que le magntis m'avait dit de ,georges et d',icla4 ,les ides fanta/iques qui trav]sai5t mon c]veau m'emp*ai5t de faire une obs]vation vraim5t sci5tifique4 ,je me dem&ais avec tnacit s'il ne p\vait pas exi/] de communication entre deux tres trs loigns l'un de l'autre1 et mme entre un mort et un vivant1 et *aque fois je me rpondais qu'une telle "q tait p> elle-mme anti-sci5tifique et indigne d'un esprit positif4 ,illu/ration ,cep5dant1 aprs t\t1 qu'e/-ce que n\s appelons sci5ce8 ,qu'e/-ce qui n'e/ pas sci5tifique dans la nature8 ,o sont les limites de l'tude positive8 ,la c>casse d'un oiseau a-t-elle vraim5t un c>actre plus sci5tifique que son plumage aux lum9euses c\leurs et son *ant aux nuances si subtiles8 ,le squelette d'une jolie femme e/-il plus digne d'att5tion que sa /ructure de *air et sa =me vivante8 ,l'analyse des motions de l'me n'e/-elle pas sci5tifique8 ,n'e/-il pas sci5tifique de *]*] si vraim5t l'me peut voir de lo9 et comm5t8 ,et puis1 quelle e/ cette trange vanit1 cette nave prsomption de n\s imag9] que la sci5ce ait dit son d]ni] mot1 que n\s connaissions t\t ce qu'il y a connatre1 que nos c9q s5s soi5t suffisants p\r apprci] la nature de l'univ]s8 ,de ce que n\s dmlons1 p>mi les =ces qui agiss5t aut\r de n\s1 l'attraction1 la *aleur1 la lumire1 l'lectricit1 e/-ce dire qu'il n'y ait pas d'autres =ces1 lesquelles n\s *app5t p>ce que n\s n'avons pas de s5s p\r les p]cevoir8 ,ce n'e/ pas cette hypo?se qui e/ absurde1 c'e/ la navet des pdagogues et des classiques4 ,n\s s\rions des ides des a/ronomes1 des physici5s1 des mdec9s1 des ?ologi5s d'il y a trois sicles2 dans trois sicles1 nos successeurs dans les sci5ces ne s\riront-ils pas leur t\r des affirmations de ceux qui prt5d5t auj\rd'hui t\t connatre8 ,les mdec9s auxquels je communiquais1 il y a qu9ze ans1 les phnomnes magntiques obs]vs p> moi-mme en c]ta9es expri5ces niai5t t\s avec conviction la ralit des faits obs]vs4 ,je r5contrai rcemm5t l'un d'entre eux l',in/itut3 ,oh6 fit-il non sans f9esse1 alors c'tait du magntisme1 auj\rd'hui c'e/ de l'hypnotisme1 et c'e/ n\s qui l'tudions4 ,c'e/ bi5 diffr5t4 ,moralit3 ,ne nions ri5 de p>ti pris4 tudions1 con/atons2 l'explication vi5dra plus t>d4 ,j'tais dans ces dispositions d'esprit1 lorsqu'en me prom5ant en long et en l>ge dans ma biblio?que1 mes yeux tombr5t sur une lgante dition de ,cicron que je n'avais pas rem>que depuis longtemps4 ,j'en pris un volume1 l'ouvris ma*9alem5t la premire page v5ue et y lus ce qui suit3 ,illu/ration ,deux amis arriv5t ,mg>e et vont se log] sp>m5t4 ,a pe9e l'un des deux e/-il endormi qu'il voit devant lui son compagnon de voyage1 lui annonant d'un air tri/e que son hte a =m le projet de l'assass9]1 et le suppliant de v5ir le plus vite possible son sec\rs4 ,l'autre se rveille1 mais1 p]suad qu'il a t abus p> un songe1 il ne t>de pas se r5dormir4 ,son ami lui app>at de n\veau et le conjure de se ht]1 p>ce que les meurtri]s vont entr] dans sa *ambre4 ,plus tr\bl1 il s'tonne de la p]si/ance de ce rve1 et se dispose all] tr\v] son ami2 mais le raisonnem5t1 la fatigue1 f9iss5t p> triomph]2 il se rec\*e4 ,alors son ami se montre lui p\r la troisime fois1 ple1 sanglant1 dfigur4 ,malheureux1 lui dit-il1 tu n'es po9t v5u lorsque je t'implorais6 ,c'en e/ fait2 ma9t5ant v5ge-moi4 ,au lev] du soleil1 tu r5contr]as la porte de la ville un *>iot ple9 de fumi]2 arrte-le et ordonne qu'on le d*>ge2 tu tr\v]as mon corps ca* au milieu2 fais-moi r5dre les honneurs de la spulture et p\rsuis mes meurtri]s4 ,illu/ration ,une tnacit si gr&e1 des dtails si suivis ne p]mett5t plus d'hsitation2 l'ami se lve1 c\rt la porte indique1 y tr\ve le *>1 arrte le conducteur qui se tr\ble1 et1 ds les premires re*]*es1 le corps de son ami e/ dc\v]t4 ,ce rcit semblait v5ir t\t exprs l'appui de mes op9ions sur les inconnues du problme sci5tifique4 ,sans d\te les hypo?ses ne manqu5t pas p\r rpondre au po9t d'int]rogation4 ,on peut dire que l'hi/oire n'e/ peut-tre pas arrive telle que ,cicron la raconte2 qu'elle a t amplifie1 exagre2 que deux amis arrivant dans une ville trangre peuv5t cra9dre un accid5t2 qu'en craignant p\r la vie d'un ami1 aprs les fatigues d'un voyage et au milieu du sil5ce de la nuit1 on peut arriv] rv] qu'il e/ victime d'un assass9at4 ,quant l'pisode du *>iot1 les voyageurs peuv5t en avoir vu un dans la c\r de l'hte1 et le pr9cipe de l'association des ides vi5t le ratta*] au songe4 ,oui1 on peut faire t\tes ces hypo?ses explicatives2 mais ce ne sont que des hypo?ses4 ,admettre qu'il y a eu vraim5t communication entre le mort et le vivant e/ une autre hypo?se aussi4 ,les faits de cet ordre sont-ils bi5 r>es8 ,il ne le semble pas4 ,je me s\vi5s entre autres d'un rcit qui m'a t racont p> un vieil ami de ma jeunesse1 ,jean ,be/1 qui fonda le ,magas9 pittoresque1 en #ahcc1 avec mon m95t ami d\>d ,*>ton1 et qui e/ mort il y a quelques annes4 ,c'tait un homme grave1 froid1 m?odique 7habile graveur-typographe1 adm9i/rateur scrupuleux72 t\s ceux qui l'ont connu sav5t combi5 son tempram5t tait peu n]veux et combi5 son esprit tait loign des *oses de l'imag9ation4 ,eh bi56 le fait suivant lui e/ arriv lui-mme1 lorsqu'il tait t\t enfant1 l'ge de c9q ou six ans4 ,c'tait ,t\l1 son pays natal4 ,il tait1 p> une belle soire1 c\* dans son petit lit et ne dormait pas1 lorsqu'il vit sa mre entr] dans sa *ambre1 la trav]s] et se r5dre dans le salon vois91 dont la porte tait ouv]te1 et o son pre j\ait aux c>tes avec un ami4 ,or sa mre1 malade1 tait ce mom5t-l ,pau4 ,il se leva aussitt de son lit et c\rut aprs sa mre jusqu'au salon1 o il la *]*a en va94 ,son pre le gronda avec une c]ta9e impati5ce et le r5voya se c\*] en lui affirmant qu'il avait rv4 ,illu/ration ,alors l'enfant1 croyant ds lors avoir1 en effet1 rv1 essaya de se r5dormir4 ,mais quelques m9utes plus t>d1 ayant les yeux ouv]ts1 il vit une seconde fois1 trs di/9ctem5t1 sa mre qui passait encore prs de lui1 et cette fois il se prcipita v]s elle p\r l'embrass]4 ,mais elle disp>ut aussitt4 ,il ne v\lut plus se rec\*] et re/a dans le salon o son pre cont9uait de j\]4 ,le mme j\r1 la mme heure1 sa mre m\rait ,pau4 ,je ti5s ce rcit de ,m4 ,be/ lui-mme1 qui en avait g>d le plus ineffaable s\v5ir4 ,comm5t l'expliqu]8 ,on peut dire que l'enfant1 sa*ant sa mre malade1 y p5sait s\v5t1 et qu'il a eu une halluc9ation qui a concid p> has>d avec la mort de sa mre4 ,c'e/ possible4 ,mais on peut p5s] aussi qu'il y avait un li5 sympa?ique entre la mre et l'enfant1 et qu'en ce mom5t sol5nel l'me de cette mre a rellem5t t en communication avec celle de son enfant4 ,comm5t8 dem&]a-t-on4 ,n\s n'en savons ri54 ,mais ce que n\s ne savons pas e/ ce que n\s savons dans la proportion de l'ocan une g\tte d'eau4 ,halluc9ations6 ,c'e/ vite dit4 ,que d'ouvrages mdicaux crits sur ce sujet6 ,t\t le monde connat celui de ,bri]re de ,boismont4 ,p>mi les innombrables obs]vations qui le compos5t1 citons1 ce propos1 les deux suivantes3 ,obs4 #hd4--,lorsque le roi ,jacques v9t en ,anglet]re1 l'poque de la pe/e de ,londres1 se tr\vant la campagne1 *ez sir ,rob]t ,cotton1 avec le vieux ,cambd51 il vit en songe son fils an1 encore enfant1 qui habitait alors ,londres1 avec une croix sanglante sur le front1 comme s'il et t bless p> une pe4 ,effray de cette app>ition1 il se mit en prires et se r5dit le mat9 dans la *ambre de sir ,cambd51 auquel il raconta l'vnem5t de la nuit2 celui-ci rassura le mon>que en lui disant qu'il avait t le j\et d'un songe et qu'il n'y avait pas s'en t\rm5t]4 ,le mme j\r1 le roi reut une lettre de sa femme qui lui annonait la p]te de son fils1 mort de la pe/e4 ,lorsque l'enfant se montra son pre1 il avait la taille et les proportions d'un homme fait4 ,obs4 #hg4--,mlle ,r4441 d\e d'un excell5t jugem5t1 religieuse sans bigot]ie1 habitait1 avant d'tre m>ie1 la maison de son oncle1 ,d4441 mdec9 clbre1 membre de l',in/itut4 ,elle tait sp>e de sa mre1 atte9te1 en prov9ce1 d'une maladie assez grave4 ,une nuit1 cette jeune p]sonne rva qu'elle l'ap]cevait devant elle1 ple1 dfigure1 prte r5dre le d]ni] s\pir et tmoignant surt\t un vif *agr9 de ne pas tre ent\re de ses enfants1 dont l'un1 cur d'une p>oisse de ,p>is1 avait migr en ,espagne1 et dont l'autre tait ,p>is4 ,bi5tt elle l'ent5dit l'appel] plusieurs fois p> son nom de baptme2 elle vit1 dans son rve1 les p]sonnes qui ent\rai5t sa mre1 s'imag9ant qu'elle dem&ait sa petite-fille1 portant le mme nom1 all] la *]*] dans la pice vois9e2 un signe de la malade leur apprit que ce n'tait po9t elle1 mais sa fille qui habitait ,p>is1 qu'elle dsirait voir4 ,sa figure exprimait la d\leur qu'elle pr\vait de son abs5ce2 t\t c\p ses traits se dcompos5t1 se c\vr5t de la pleur de la mort2 puis la moribonde retombe sans vie sur son lit4 ,le l5dema91 ,mlle ,r444 p>ut =t tri/e devant ,d4441 qui la pria de lui faire connatre la cause de son *agr92 elle lui raconta dans t\s ses dtails le songe qui l'avait si =tem5t t\rm5te4 ,d4441 la tr\vant dans cette disposition d'esprit1 la pressa contre son cur en lui av\ant que la n\velle n'tait que trop vraie1 que sa mre v5ait de m\rir2 il n'entra pas dans d'autres explications4 ,quelques mois aprs1 ,mlle ,r4441 pr(itant de l'abs5ce de son oncle p\r mettre en ordre ses papi]s auxquels1 comme beauc\p d'autres savants1 il n'aimait pas qu'on t\*t1 tr\va une lettre racontant son oncle les circon/ances de la mort de sa mre4 ,quelle ne fut pas sa surprise en y lisant t\tes les p>ticul>its de son rve6 ,halluc9ation6 concid5ce =tuite6 ,e/-ce l une explication satisfaisante8 ,dans t\s les cas1 c'e/ une explication qui n'explique ri5 du t\t4 ,une f\le d'ignorants1 de t\t ge et de t\s mti]s1 r5ti]s1 comm]ants ou dputs1 sceptiques p> tempram5t ou p> g5re1 dcl>5t simplem5t qu'ils ne croi5t pas t\tes ces hi/oires et qu'il n'y a en t\t cela ri5 de vrai4 ,ce n'e/ pas l1 non plus1 une solution bi5 srieuse4 ,les esprits acc\tums l'tude ne peuv5t se cont5t] d'une dngation aussi lgre4 ,un fait e/ un fait4 ,on ne peut pas ne pas l'admettre1 lors mme que1 dans l'tat actuel de nos connaissances1 il e/ impossible de l'expliqu]4 ,c]tes1 les annales mdicales tmoign5t qu'il y a vraim5t des halluc9ations de plus d'un g5re et que c]ta9es organisations n]veuses en sont dupes4 ,mais de l conclure que t\s les phnomnes psy*o-biologiques non expliqus sont des halluc9ations1 il y a un abme4 ,l'esprit sci5tifique de notre sicle *]*e avec raison dgag] t\s ces faits des br\ill>ds trompeurs du surnaturalisme1 att5du qu'il n'y a ri5 de surnaturel et que la nature1 dont le royaume e/ inf9i1 embrasse t\t4 ,depuis quelques annes1 notamm5t1 une socit sci5tifique spciale s'e/ organise en ,anglet]re p\r l'tude de ces phnomnes1 la ,society = ,psy*ical ,rese>*2 elle a sa tte quelques-uns d'entre les plus illu/res savants d',outre-,man*e et a dj f\rni des publications importantes4 ,ces phnomnes de vision di/ance sont classs s\s le titre gnral de ,tlpa?ie 71 lo91 1 s5sation74 ,des enqutes rig\reuses sont faites p\r en contrl] les tmoignages4 ,la v>it en e/ considrable4 ,feuilletons un in/ant ensemble l'un de ces recueils#b et dta*ons-en quelques docum5ts bi5 dm5t et bi5 sci5tifiquem5t tablis4 #b ,phantasms ( ! ,liv+1 p> ,e4 ,gurney et ,fr4 ,my]s1 pr(esseurs l',univ]sit de ,cambridge1 et ,frank ,podmore1 ,londres1 #ahhf4 ,la ,society = ,psy*ical ,rese>* a p\r ,prsid5t le pr(esseur ,balf\r ,/ew>t1 de la ,socit royale de ,londres4 ,dans le cas suivant1 obs]v rcemm5t1 l'obs]vateur tait absolum5t veill1 comme v\s et moi en ce mom5t4 ,il s'agit d'un c]ta9 ,m4 ,rob]t ,bee1 habitant ,wigan 7,anglet]re74 ,voici cette curieuse rvlation1 crite p> l'obs]vateur lui-mme4 ,le #ah dcembre #ahgc n\s n\s r5dmes1 ma femme et moi1 dans la famille de ma femme ,s\?port1 laissant mes p>5ts en p>faite sant selon t\te app>5ce4 ,le l5dema91 dans l'aprs-midi1 n\s tions p>tis p\r une prom5ade au bord de la m]1 lorsque je me tr\vai si pr(ondm5t tri/e qu'il me fut impossible de m'intress] quoi que ce ft1 de sorte que n\s ne t>dmes pas r5tr]4 ,t\t d'un c\p ma femme manife/a un c]ta9 s5tim5t de pe9e et me dit qu'elle se r5dait dans la *ambre de sa mre p\r quelques m9utes4 ,un in/ant aprs1 je me levai moi-mme de mon fauteuil et passai au salon4 ,une dame1 habille comme si elle devait sortir1 arriva prs de moi1 v5ant de la *ambre c\*] vois9e4 ,je ne rem>quai pas ses traits1 p>ce qu'elle ne reg>dait pas de mon ct2 p\rtant immdiatem5t je lui adressai la p>ole en la saluant1 mais je ne me s\vi5s plus de ce que je lui dis4 ,au mme in/ant et t&is qu'elle passait a9si devant moi1 ma femme rev5ait de la *ambre de sa mre et passait ju/e l'endroit o je voyais cette dame1 sans p>atre la rem>qu]4 ,je m'criai aussitt avec un vif s5tim5t de surprise3 ,quelle e/ donc cette dame que v\s v5ez de crois] l'in/ant8--,mais je n'ai crois p]sonne6 rpliqua ma femme encore plus tonne que moi4--,comm5t1 rpliquai-je1 v\s ne v5ez pas de voir l'in/ant une dame qui vi5t de pass] l1 ju/e o v\s tes1 qui sort sans d\te de *ez votre mre et qui doit tre ma9t5ant au ve/ibule8 --,c'e/ impossible1 rpondit-elle1 il n'y a absolum5t que ma mre et n\s en ce mom5t dans la maison4 ,en effet1 aucune trangre n'tait v5ue et la re*]*e que n\s fmes immdiatem5t n'ab\tit aucun rsultat4 ,il tait alors huit heures mo9s dix m9utes4 ,le l5dema9 mat9 un tlgramme n\s annonait la mort subite de ma mre p> suite d'une maladie de cur1 prcism5t la mme heure4 ,elle tait alors dans la rue et vtue exactem5t comme l'inconnue qui tait passe devant moi4 ,tel e/ le rcit de l'obs]vateur4 ,l'enqute faite p> la ,socit des ,re*]*es psy*iques a dmontr l'absolue au!nticit et la concordance des tmoignages4 ,c'e/ l un fait t\t aussi positif qu'une obs]vation mtorologique1 a/ronomique1 physique ou *imique4 ,comm5t l'expliqu]8 ,concid5ce1 dira-t-on4 ,une rig\reuse critique sci5tifique peut-elle vraim5t tre satisfaite p> ce mot8 ,autre cas encore3 ,m4 ,frdrick ,w+field1 habitant ,belle-,isle en ,t]re 7,ctes-du-,nord71 crit que le #be m>s #ahhj1 s'tant c\* assez t>d aprs avoir lu une p>tie de la soire1 il rva que son frre1 habitant le comt d',essex en ,anglet]re1 tait auprs de lui1 mais qu'au lieu de rpondre une "q qu'il lui adressait1 celui-ci sec\a la tte1 se leva de sa *aise et s'en alla4 ,l'impression avait t si vive que le n>rateur s'lana1 moiti endormi1 hors de son lit1 et se rveilla au mom5t o il mettait le pi$ sur la desc5te de lit et appelait son frre4 ,trois j\rs aprs1 il recevait la n\velle que son frre v5ait d'tre tu1 d'une *ute de *eval1 le mme j\r1 #be m>s #ahhj1 dans la soire 7 huit heures et demie71 quelques heures avant le rve qui vi5t d'tre rapport4 ,une enqute a dmontr que la date de cette mort e/ exacte et que l'auteur de ce rcit avait crit son rve sur un ag5da la date mme de l'vnem5t1 et non aprs c\p4 ,autre cas encore3 ,m4 ,s444 et ,m4 ,l4441 employs t\s les deux dans une adm9i/ration1 tai5t depuis huit ans en intimes relations d'amiti4 ,le lundi #ai m>s #ahhc1 ,l4441 en allant son bureau1 eut une indige/ion2 alors il entra dans une ph>macie o on lui donna un mdicam5t4 ,le jeudi suivant1 il n'tait pas mieux2 le sam$i de cette mme sema9e1 il tait encore abs5t du bureau4 ,le sam$i soir1 #bd m>s1 ,s444 tait *ez lui1 ayant mal la tte2 il dit sa femme qu'il avait trop *aud1 ce qui ne lui tait pas arriv depuis deux mois2 puis1 aprs avoir fait cette rem>que1 il se c\*a1 et une m9ute aprs1 il vit son ami ,l444 deb\t devant lui1 vtu de ses vtem5ts habituels4 ,s444 nota mme ce dtail de l'habillem5t de ,l444 que son *apeau avait un crpe noir1 que son p>dessus n'tait pas b\tonn et qu'il t5ait une canne la ma94 ,l444 reg>da fixem5t ,s444 et passa4 ,s444 alors se rappela la phrase qui e/ dans le livre de ,job3 ,un esprit passa devant ma face1 et le poil de ma *air se hrissa4 ,a ce mom5t1 il s5tit un frisson lui p>c\rir le corps et ses *eveux se hrissr5t4 ,alors il dem&a sa femme3 ,quelle heure e/-il8 ,celle-ci lui rpondit3 ,neuf heures mo9s d\ze m9utes4 ,il lui dit3 ,si je v\s le dem&e1 c'e/ p>ce que ,l444 e/ mort3 je vi5s de le voir4 ,elle essaya de lui p]suad] que c'tait une pure illusion2 mais il assura de la faon la plus =melle qu'aucun raisonnem5t ne p\rrait le faire *ang] d op9ion4 ,illu/ration ,tel e/ le rcit fait p> ,m4 ,s4444 ,il n'apprit la mort de son ami ,l444 que le l5dema9 diman*e1 trois heures de l'aprs-midi4 ,l444 tait effectivem5t mort le sam$i soir1 v]s neuf heures mo9s dix m9utes4 ,illu/ration ,on peut rappro*] de cette relation l'vnem5t hi/orique rapport p> ,agrippa d',aubign au mom5t de la mort du c>d9al de ,lorra9e3 ,le roi e/ant en ,avignon1 le #bc dcembre #aegd1 y m\rut ,*>les1 c>d9al de ,lorra9e4 ,la re9e 7,ca!r9e de ,mdicis7 s'e/oit mise au lit de meilleure heure que de c\tume1 aiant son c\*] entre autres p]sonnes de m>que le roi de ,nav>re1 l'ar*evque de ,lyon1 les dames de ,retz1 de ,lign]olles et de ,saunes1 deux desquelles ont confirm ce disc\rs4 ,comme elle e/oit presse de donn] le bon soir1 elle se jetta d'un tressaut sur son *evet1 mit les ma9s au devant de son visage et avec un cri viol5t appela son sec\rs ceux qui l'assi/oi5t1 leur v\lant mon/r] au pi$ du lit le c>d9al qui lui t5doit la ma94 ,elle s'escria plusieurs fois3 ,monsieur le c>d9al1 je n'ai que faire avec v\s4 ,le roi de ,nav>re envoie au mesme temps un de ses g5tils hommes au logis du c>d9al1 qui rapporta comm5t il avoit expir au mesme po9t4 ,dans son livre sur l'humanit po/hume publi en #ahhb1 ,adolphe d',assi] se porte g>ant de l'au!nticit du fait suivant1 qui lui a t rapport p> une p]sonne de ,sa9t-,gaud5s comme lui tant arriv elle-mme4 ,j'tais encore jeune fille1 dit-elle1 et je c\*ais avec ma sur1 plus ge que moi4 ,un soir n\s v5ions de n\s mettre au lit et de s\ffl] la b\gie4 ,le feu de la *em9e1 imp>faitem5t te9t1 clairait encore faiblem5t la *ambre4 ,en t\rnant les yeux du ct du foy]1 j'ap]ois1 ma gr&e surprise1 un prtre assis devant la *em9e et se *auffant4 ,il avait la corpul5ce1 les traits et la t\rnure d'un de nos oncles qui habitait aux environs et qui tait ar*iprtre4 ,je fis "p aussitt de mon obs]vation ma sur4 ,cette d]nire reg>de du ct du foy]1 et voit la mme app>ition4 ,elle reconnat galem5t notre oncle l'ar*iprtre4 ,une frayeur indicible s'emp>e alors de n\s et n\s crions3 ,au sec\rs6 de t\tes nos =ces4 ,mon pre1 qui dormait dans une pice vois9e1 veill p> ces cris dsesprs1 se lve en t\te hte1 et arrive aussitt une b\gie la ma94 ,le fantme avait disp>u2 n\s ne voyions plus p]sonne dans la *ambre4 ,le l5dema91 n\s apprmes p> une lettre que notre oncle l'ar*iprtre tait mort dans la soire4 ,autre fait encore1 rapport p> le mme disciple d',augu/e ,comte et consign p> lui p5dant son sj\r ,rio-de-,janeiro4 ,c'tait en #aheh2 on s'entret5ait encore1 dans la colonie franaise de cette capitale1 d'une app>ition s+ulire qui avait eu lieu quelques annes aup>avant4 ,une famille alsaci5ne1 compose du m>i1 de la femme et d'une petite fille encore en bas ge1 faisait voile p\r ,rio-de-,janeiro1 o elle allait rejo9dre des compatriotes tablis dans cette ville4 ,la trav]se tant longue1 la femme dev9t malade1 et faute sans d\te de so9s ou d'une alim5tation conv5able1 succomba avant d'arriv]4 ,le j\r de sa mort1 elle tomba en syncope1 re/a longtemps dans cet tat1 et lorsqu'elle eut repris ses s5s1 dit son m>i1 qui veillait ses cts3 ,je meurs cont5te1 c> ma9t5ant je suis rassure sur le sort de notre enfant4 ,je vi5s de ,rio-de-,janeiro1 j'ai r5contr la rue et la maison de notre ami ,fritz1 le *>p5ti]4 ,il tait sur le seuil de la porte2 je lui ai prs5t la petite2 je suis sre qu' ton arrive il la reconnatra et en pr5dra so94 ,le m>i fut surpris de ce rcit1 sans t\tefois y atta*] d'importance4 ,le mme j\r1 la mme heure1 ,fritz le *>p5ti]1 l',alsaci5 dont je vi5s de p>l]1 se tr\vait sur le seuil de la porte de la maison qu'il habitait ,rio-de-,janeiro1 lorsqu'il crut voir pass] dans la rue une de ses compatriotes t5ant dans ses bras une petite fille4 ,elle le reg>dait d'un air suppliant1 et semblait lui prs5t] l'enfant qu'elle portait4 ,sa figure1 qui p>aissait d'une gr&e maigreur1 rappelait nanmo9s les traits de ,latta1 la femme de son ami et compatriote ,s*midt4 ,l'expression de son visage1 la s+ul>it de sa dm>*e1 qui t5ait plus de la vision que de la ralit1 impressionnr5t vivem5t ,fritz4 ,v\lant s'assur] qu'il n'tait pas dupe d'une illusion1 il appela un de ses ouvri]s qui travaillait dans la b\tique1 et qui lui aussi tait ,alsaci5 et de la mme localit4 ,reg>de1 lui dit-il1 ne vois-tu pas pass] une femme dans la rue1 t5ant un enfant dans ses bras1 et ne dirait-on pas que c'e/ ,latta1 la femme de notre pays ,s*midt8 --,je ne puis v\s dire1 je ne la di/+ue pas bi51 rpondit l'ouvri]4 ,fritz n'en dit pas davantage2 mais les div]ses circon/ances de cette app>ition relle ou imag9aire se gravr5t =tem5t dans son esprit1 notamm5t l'heure et le j\r4 ,a quelque temps de l il voit arriv] son compatriote ,s*midt portant une petite fille dans ses bras4 ,la visite de ,latta se retrace alors dans son esprit1 et avant que ,s*midt et ouv]t la b\*e il lui dit3 ,mon pauvre ami1 je sais t\t2 ta femme e/ morte p5dant la trav]se1 et avant de m\rir elle e/ v5ue me prs5t] sa petite fille p\r que j'en pr5ne so94 ,voici la date et l'heure4 ,c'tai5t bi5 le j\r et le mom5t consigns p> ,s*midt bord du navire4 ,dans son ouvrage sur les hauts phnomnes de la ,magie1 publi en #ahfd1 ,g\g5ot des ,m\sseaux rapporte le fait suivant1 qu'il c]tifie comme absolum5t au!ntique4 ,illu/ration ,sir ,rob]t ,bruce1 de l'illu/re famille cossaise de ce nom1 e/ second d'un btim5t2 un j\r il vogue prs de ,t]re-,neuve1 et1 se livrant des calculs1 il croit voir son capita9e assis son pupitre1 mais il reg>de avec att5tion1 et celui qu'il ap]oit e/ un trang] dont le reg>d froidem5t arrt sur lui l'tonnait4 ,le capita9e1 prs duquel il remonte1 s'ap]oit de son tonnem5t1 et l'int]roge3 ,mais qui donc e/ votre pupitre8 lui dit ,bruce4 --,p]sonne4 --,si1 il y a quelqu'un2 e/-ce un trang]8444 et comm5t8 --,v\s rvez444 ou v\s raillez4 --,nullem5t2 veuillez desc5dre et v5ir voir4 ,on desc5d1 et p]sonne n'e/ assis devant le pupitre4 ,le navire e/ f\ill en t\t s5s2 il ne s'y r5contre aucun trang]4 ,illu/ration ,cep5dant celui que j'ai vu crivait sur votre ardoise3 son criture doit y tre re/e1 dit ,bruce4 ,on reg>de l'ardoise2 elle porte ces mots3 ,/e] to ! nor?-we/1 c'e/--dire3 ,g\v]nez au nord-oue/4 ,mais cette criture e/ de v\s ou de quelqu'un du bord8 --,non4 ,*acun e/ pri d'crire la mme phrase1 et nulle criture ne ressemble celle de l'ardoise4 ,eh bi51 obissons au s5s de ces mots2 g\v]nez le navire au nord-oue/1 le v5t e/ bon et p]met de t5t] l'expri5ce4 ,trois heures aprs1 la vigie signalait une montagne de glace et voyait1 y att5ant1 un vaisseau de ,qubec1 dmantel1 c\v]t de monde1 c+lant v]s ,liv]pool1 et dont les passag]s fur5t am5s p> les *al\pes du btim5t de ,bruce4 ,au mom5t o l'un de ses hommes gravissait le flanc du vaisseau librateur1 ,bruce tressaillit et recula1 =tem5t mu4 ,il v5ait de reconnatre l'trang] qu'il avait vu traant les mots de l'ardoise4 ,il raconte son capita9e le n\vel incid5t4 ,veuillez crire ,/e] to ! nor?-we/ sur cette ardoise1 dit au n\veau v5u le capita9e1 lui prs5tant le ct qui ne porte aucune criture4 ,l'trang] trace les mots dem&s4 ,bi51 v\s reconnaissez l votre ma9 c\rante8 dit le capita9e1 frapp de l'id5tit des critures4 --,mais v\s m'avez vu v\s-mme crire6 ,v\s s]ait-il possible d'en d\t]8 ,p\r t\te rponse le capita9e ret\rne l'ardoise1 et l'trang] re/e confondu voyant des deux cts sa propre criture4 ,aviez-v\s rv que v\s criviez sur cette ardoise8 dit1 celui qui vi5t d'crire1 le capita9e du vaisseau naufrag4 --,non1 du mo9s je n'en ai nul s\v5ir4 --,mais que faisait midi ce passag]8 dem&e son confrre le capita9e sauveur4 --tant trs fatigu1 ce passag] s'endormit pr(ondm5t1 et autant qu'il m'en s\vi5t1 ce fut quelque temps avant midi4 ,une heure au plus aprs1 il s'veilla1 et me dit3 ,capita9e1 n\s s]ons sauvs1 auj\rd'hui mme6 ,aj\tant3 ,j'ai rv que j'tais bord d'un vaisseau et qu'il v5ait notre sec\rs4 ,il dpeignit le btim5t et son grem5t2 et ce fut notre gr&e surprise1 lorsque v\s c+ltes v]s n\s1 que n\s reconnmes l'exactitude de la description4 ,enf9 ce passag] dit son t\r3 ,ce qui me semble trange1 c'e/ que ce que je vois ici me p>at famili]1 et cep5dant je n'y suis jamais v5u4 ,le b>on ,dupotet1 dans son c\rs de ,magntisme animal1 rapporte1 d'autre "p encore1 le fait suivant1 publi en #ahad p> le clbre ,iung ,/ill+1 qui le t5ait de l'obs]vateur mme1 le b>on de ,sulza1 *ambellan du roi de ,sude4 ,r5trant *ez lui en t v]s m9uit1 heure laquelle il fait encore assez clair en ,sude p\r qu'on puisse lire l'impression la plus f9e4 ,comme j'arrivai1 dit-il1 dans mon doma9e1 mon pre v9t ma r5contre devant l'entre du p>c2 il tait vtu comme d'habitude1 et il t5ait la ma9 une canne que mon frre avait sculpte4 ,je le saluai et n\s conv]smes longtemps ensemble4 ,n\s arrivmes a9si jusqu' la maison et l'entre de sa *ambre4 ,en y entrant1 je vis mon pre d%abill2 au mme in/ant l'app>ition s'tait van\ie2 peu de temps aprs1 mon pre s'veilla et me reg>da d'un air d'int]rogation3 ,mon *] d\>d1 me dit-il1 ,dieu soit bni de ce que je te vois sa9 et sauf1 c> j'ai t bi5 t\rm5t1 cause de toi1 dans mon rve2 il me semblait que tu tais tomb dans l'eau1 et que tu tais en dang] de te noy]4 ,or ce j\r-l1 aj\ta le b>on1 j'tais all avec un de mes amis la rivire p\r p*] des crabes1 et je faillis tre entran p> le c\rant4 ,je racontai mon pre que j'avais vu son app>ition l'entre du doma9e1 et que n\s avions eu ensemble une longue conv]sation4 ,il me rpondit qu'il arrivait s\v5t des faits semblables4 ,on voit dans ces div]s rcits des app>itions spontanes et des app>itions p\r a9si dire provoques p> le dsir ou p> la volont4 ,la sugge/ion m5tale peut-elle donc all] jusque-l8 ,les auteurs du livre ,phantasms ( ! ,liv+1 dont n\s p>lions plus haut1 rpond5t affirmativem5t p> sept exemples suffisamm5t atte/s1 p>mi lesquels j'en (frirai encore un l'att5tion de mes lecteurs4 ,le voici4 ,illu/ration ,le rv4 ,c4 ,godfrey1 demeurant ,ea/b\rne1 dans le canton de ,sussex1 ayant lu un rcit d'app>ition prmdite1 en fut si frapp qu'il rsolut d'en faire l'essai son t\r4 ,le #ae novembre #ahhf1 v]s onze heures du soir1 il dirigea t\te la =ce d'imag9ation et t\te la t5sion de volont dont il tait capable sur l'ide d'app>atre une dame de ses amies1 en se t5ant deb\t au pi$ de son lit4 ,l'ef=t dura environ huit m9utes1 aprs quoi ,m4 ,godfrey se s5tit fatigu et s'endormit4 ,le l5dema91 la dame qui avait t le sujet de l'expri5ce v9t de son propre m\vem5t racont] ,m4 ,godfrey ce qu'elle avait vu4 ,invite en fix] le s\v5ir p> crit1 elle le fit en ces t]mes3 ,la nuit d]nire1 je me rveillai en sursaut1 avec la s5sation que quelqu'un tait entr dans ma *ambre4 ,j'ent5dis galem5t un bruit1 mais je supposai que c'tai5t les oiseaux dans le li]re1 hors de la f5tre4 ,j'pr\vai ensuite comme une inquitude et un vague dsir de sortir de la *ambre et de desc5dre au rez-de-*ausse4 ,ce s5tim5t dev9t si vif que je me levai enf92 j'allumai une b\gie et je desc5dis dans l'int5tion de pr5dre quelque *ose p\r me calm]4 ,en remontant ma *ambre1 je vis ,m4 ,godfrey1 deb\t s\s la gr&e f5tre qui claire l'escali]4 ,il tait habill comme l'ord9aire et avait l'expression que j'ai rem>que *ez lui lorsqu'il reg>de trs att5tivem5t quelque *ose4 ,il tait l immobile1 t&is que1 t5ant la lumire leve1 je le reg>dais avec une extrme surprise4 ,cela dura trois ou quatre secondes1 aprs quoi1 comme je cont9uais mont]1 il disp>ut4 ,je n'tais po9t effraye1 mais trs agite1 et je ne pus me r5dormir4 ,illu/ration ,m4 ,godfrey p5sa judicieusem5t que l'expri5ce laquelle il s'tait livr pr5drait beauc\p plus d'importance si elle se rptait4 ,une seconde t5tative manqua1 mais la troisime russit4 ,bi5 ent5du que la dame sur laquelle il oprait n'tait pas plus prv5ue de son int5tion que la premire fois4 ,la nuit d]nire1 crit-elle1 m>di #g dcembre1 je montai me c\*] dix heures et demie4 ,je fus bi5tt endormie4 ,s\da9em5t1 j'ent5dis une voix qui disait3 ,rveillez-v\s6 et je s5tis une ma9 qui se posait sur le ct gau*e de ma tte4 7,l'int5tion de ,m4 ,godfrey1 cette fois-ci1 avait t de faire s5tir sa prs5ce p> la voix et le t\*]47 ,je fus aussitt compltem5t veille4 ,il y avait dans la *ambre un son curieux1 comme celui d'une guimb>de4 ,je s5tais en mme temps comme une hale9e froide qui m'enveloppait2 mon cur se mit battre violemm5t1 et je vis di/9ctem5t une figure p5*e sur moi4 ,la seule lumire qui clairt la *ambre tait celle d'une lampe l'extrieur1 =mant une longue raie lum9euse sur la muraille au-dessus de la table de toilette2 cette raie tait p>ticulirem5t obscurcie p> la figure4 ,je me ret\rnai vivem5t1 et la ma9 eut l'air de retomb] de ma tte sur l'oreill]1 ct de moi4 ,la figure tait incl9e au-dessus de moi1 et je la s5tais appuye contre le ct du lit4 ,je vis le bras reposant t\t le temps sur l'oreill]4 ,j'ap]cevais le cont\r du visage1 mais comme obscurci p> un br\ill>d4 ,il devait tre environ m9uit et demi4 ,la figure avait lgrem5t c>t le rideau1 mais j'ai reconnu ce mat9 qu'il p5dait comme d'habitude4 ,nul d\te que la figure ne ft celle de ,m4 ,godfrey2 je le reconnus la t\rnure des paules et la =me du visage4 ,p5dant t\t le temps qu'il re/a l1 il rgnait un c\rant d'air froid trav]s la *ambre1 comme si les deux f5tres euss5t t ouv]tes4 ,ce sont l des faits4 ,dans l'tat actuel de nos connaissances1 il s]ait absolum5t tmraire d'en *]*] l'explication4 ,notre psy*ologie n'e/ pas assez avance4 ,il y a bi5 des *oses que n\s sommes =cs d'admettre sans p\voir en aucune faon les expliqu]4 ,ni] ce qu'on ne peut expliqu] s]ait de la pure dm5ce4 ,expliquait-on le sy/me du monde il y a mille ans8 ,auj\rd'hui mme1 expliquons-n\s l'attraction8 ,mais la sci5ce m>*e1 et son progrs s]a sans f94 ,connaissons-n\s t\te l't5due des facults huma9es8 ,qu'il y ait dans la nature des =ces encore inconnues de n\s1 comme l'tait1 p> exemple1 l'lectricit il y a mo9s d'un sicle1 qu'il y ait dans l'univ]s d'autres tres1 d\s d'autres s5s et d'autres facults1 c'e/ ce dont le p5seur ne peut d\t] un seul in/ant4 ,mais l'homme t]re/re lui-mme n\s e/-il compltem5t connu8 ,il ne le semble pas4 ,illu/ration ,il y a des faits dont n\s sommes =cs de reconnatre la ralit sans p\voir en aucune faon les expliqu]4 ,la vie de ,sw$5borg en (fre trois de cet ordre4 ,laissons de ct1 p\r le mom5t1 ses visions plantaires et sidrales1 qui p>aiss5t plus subjectives qu'objectives2 rem>quons en passant que ,sw$5borg tait un savant de premi] ordre en gologie1 en m9ralogie1 en cri/allographie1 membre des acadmies des sci5ces d',upsal1 ,/ockholm et ,sa9t-,pt]sb\rg1 et cont5tons-n\s de rappel] les trois faits suivants3 ,le #ai juillet #agei1 rev5ant d'un voyage en ,anglet]re1 ce philosophe prit t]re ,gott5b\rg et alla dn] *ez un c]ta9 ,william ,co/el1 o la socit tait nombreuse4 ,le soir six heures1 ,m4 de ,sw$5borg1 qui tait sorti1 r5tra au salon1 ple et con/]n1 et dit qu' l'in/ant mme un inc5die v5ait d'clat] ,/ockholm1 au ,sd]moln1 dans la rue qu'il habitait1 et que le feu s't5dait avec viol5ce v]s sa maison4 ,il sortit de n\veau1 et rev9t1 se lam5tant que la maison d'un de ses amis v5ait d'tre rduite en c5dres et que la si5ne c\rait le plus gr& dang]4 ,a huit heures1 aprs une n\velle sortie1 il dit avec joie3 ,grce ,dieu1 l'inc5die s'e/ te9t la troisime porte qui prcde la mi5ne4 ,la n\velle s'en rp&it dans t\te la ville1 qui s'en mut d'autant plus que le g\v]neur y avait port att5tion et que beauc\p de p]sonnes tai5t en s\ci de leurs bi5s ou de leurs amis4444 ,deux j\rs aprs1 le c\rri] royal apporta de ,/ockholm le rapport sur l'inc5die3 il n'y avait aucune diffr5ce entre ses indications et celles que ,sw$5borg avait donnes2 l'inc5die avait t te9t huit heures4 ,cette relation a t crite p> l'illu/re ,emmanuel ,kant1 qui avait v\lu faire une enqute sur le fait1 et qui aj\te3 ,que peut-on allgu] contre l'au!nticit de cet vnem5t8 ,or ,gott5b\rg e/ deux c5ts kilomtres de ,/ockholm4 ,sw$5borg tait alors dans sa soixante-d\zime anne4 ,voici le second fait4 ,en #agfa1 ,mme de ,m>teville1 veuve d'un m9i/re de ,holl&e ,/ockholm1 reoit d'un cranci] de son m>i la rclamation d'une somme de v+t-c9q mille flor9s de ,holl&e 7c9quante mille francs71 qu'elle savait avoir t paye p> son m>i1 et dont le n\veau payem5t la mettait dans le plus gr& emb>ras1 la ru9ait presque4 ,il lui tait impossible de retr\v] la quittance4 ,illu/ration ,elle va r5dre visite ,sw$5borg1 et1 huit j\rs aprs1 elle voit en songe son m>i qui lui indique le meuble o se tr\ve la quittance avec une p+le *eveux g>nie de v+t diamants1 qu'elle croyait p]due aussi4 ,c'tait deux heures du mat94 ,ple9e de joie1 elle se lve et tr\ve le t\t la place indique4 ,s'tant rec\*e1 elle dort jusqu' neuf heures4 ,v]s onze heures1 ,m4 de ,sw$5borg se fait annonc]4 ,avant d'avoir ri5 appris de ce qui tait arriv1 il raconta que dans la nuit prcd5te il avait vu l'esprit de ,m4 de ,m>teville qui lui avait dcl> qu'il se r5dait auprs de sa veuve4 ,voici le troisime fait4 ,au mois de fvri] #aggb1 tant ,londres1 il envoya un billet au rvr5d ,john ,wesley 7fondateur de la communion des ,wesley5s7 p\r lui dire qu'il s]ait *>m de faire sa connaissance4 ,l'ard5t prdicateur reut ce billet au mom5t o il allait p>tir p\r une mission1 et rpondit qu'il pr(it]ait de cette gracieuse p]mission p\r lui r5dre visite au ret\r de cette abs5ce qui devait tre d'environ six mois4 ,sw$5borg rpondit3 qu'en ce cas1 ils ne se v]rai5t pas dans ce monde1 le #bi m>s pro*a9 devant tre le j\r de sa mort4 ,sw$5borg m\rut1 en effet1 la date indique p> lui plus d'un mois d'avance4 ,ce sont l trois faits dont il n'e/ pas possible de ni] l'au!nticit1 mais que dans l'tat actuel de nos connaissances p]sonne ne v\drait assurm5t se *>g] d'expliqu]4 ,n\s p\rrions multipli] indf9im5t ces relations au!ntiques4 ,les faits analogues ceux qui ont t rapports plus haut de communications di/ance soit au mom5t de la mort1 soit dans l'tat normal de la vie1 ne sont pas tellem5t r>es--sans tre p\rtant bi5 frqu5ts--que *acun de nos lecteurs n'en ait ent5du cit]1 et peut-tre obs]v lui-mme1 en plus d'une circon/ance4 ,d'ailleurs1 les expri5ces faites dans les doma9es du magntisme tmoign5t galem5t qu'en c]ta9s cas psy*ologiques dt]m9s un exprim5tateur peut agir sur son sujet di/ance1 non pas seulem5t quelques mtres1 mais plusieurs kilomtres et mme plus de c5t kilomtres de di/ance1 selon la s5sibilit et la lucidit du sujet et sans d\te aussi selon l'int5sit de la volont du magntiseur4 ,d'autre "p encore1 l'espace n'e/ pas ce que n\s croyons4 ,la di/ance de ,p>is ,londres e/ gr&e p\r un m>*eur1 et elle tait mme infran*issable avant l'inv5tion des bateaux3 elle e/ nulle p\r l'lectricit4 ,la di/ance de la ,t]re la ,lune e/ gr&e p\r nos modes actuels de locomotion3 elle e/ nulle p\r l'attraction4 ,en fait1 au po9t de vue de l'absolu1 l'espace qui n\s sp>e de ,sirius n'e/ pas une plus gr&e p>tie de l'inf9i que la di/ance de ,p>is ,v]sailles ou de votre il droit votre il gau*e4 ,il y a plus encore3 la sp>ation qui n\s semble exi/] entre la ,t]re et la ,lune1 ou entre la ,t]re et ,m>s1 ou mme entre la ,t]re et ,sirius1 n'e/ qu'une illusion due l'insuffisance de nos p]ceptions4 ,la ,lune agit con/amm5t sur la ,t]re et la remue p]ptuellem5t4 ,l'attraction de ,m>s e/ galem5t s5sible p\r notre plante1 et notre t\r n\s drangeons ,m>s dans son c\rs en subissant l'influ5ce de la ,lune4 ,n\s agissons sur le ,soleil lui-mme et le faisons m\voir1 comme si n\s le t\*ions4 ,en v]tu de l'attraction1 la ,lune fait t\rn] m5suellem5t la ,t]re aut\r de leur c5tre commun de gravit1 po9t qui voyage #agjj kilomtres au-dess\s de la surface du globe1 la ,t]re fait t\rn] le ,soleil annuellem5t aut\r de leur c5tre commun de gravit1 situ #def kilomtres du c5tre solaire2 t\s les mondes agiss5t p]ptuellem5t les uns sur les autres1 de sorte qu'il n'y a pas d'isolem5t1 de sp>ation relle entre eux4 ,au lieu d'tre un vide sp>ant les mondes les uns des autres1 l'espace e/ plutt un li5 de communication4 ,or si l'attraction tablit a9si une communication relle1 p]ptuelle1 active et indiscutable1 con/ate p> la prcision des obs]vations a/ronomiques1 entre la ,t]re et ses surs de l'imm5sit1 on ne voit pas trop de quel droit de prt5dus positivi/es p\rrai5t dcl>] que nulle communication ne soit possible entre deux tres plus ou mo9s loigns l'un de l'autre1 soit sur la ,t]re1 soit mme sur deux mondes diffr5ts4 ,deux c]veaux qui vibr5t l'unisson1 plusieurs kilomtres de di/ance1 ne peuv5t-ils tre mus p> une mme =ce psy*ique8 ,l'motion p>tie d'un c]veau ne peut-elle1 trav]s l'!r1 de mme que l'attraction1 all] frapp] le c]veau qui vibre une di/ance quelconque1 de mme qu'un son1 trav]s une pice1 va faire vibr] les cordes d'un piano ou d'un violon8 ,n'oublions pas que nos c]veaux sont composs de molcules qui ne se t\*5t pas et qui sont en vibration p]ptuelle4 ,et p\rquoi p>l] de c]veaux8 ,la p5se1 la volont1 la =ce psy*ique1 quelle que soit sa nature1 ne peut-elle agir di/ance sur un tre qui lui e/ atta* p> les li5s sympa?iques et indissolubles de la p>5t intellectuelle8 ,les palpitations d'un cur ne se transmett5t-elles pas subitem5t au cur qui bat l'unisson du ntre8 ,devons-n\s admettre1 dans les cas d'app>ition signals plus haut1 que l'esprit du mort ait rellem5t pris une =me corporelle dans le vois9age de l'obs]vateur8 ,dans la plup>t des cas1 cette hypo?se ne p>at pas ncessaire4 ,p5dant nos rves1 n\s croyons voir des p]sonnes qui ne sont pas du t\t devant nos yeux1 d'ailleurs f]ms4 ,n\s les voyons p>faitem5t1 aussi bi5 qu'au gr& j\r2 n\s leur p>lons1 n\s les ent5dons1 n\s conv]sons avec elles4 ,assurm5t1 ce n'e/ ni notre rt9e ni notre n]f optique qui les voit1 pas plus que ce n'e/ notre oreille qui les ent5d4 ,nos cellules crbrales sont seules en jeu4 ,c]ta9es app>itions peuv5t tre objectives1 extrieures1 sub/antielles2 d'autres peuv5t tre subjectives3 dans ce cas1 l'tre qui se manife/e agirait di/ance sur l'tre qui voit1 et cette influ5ce sur son c]veau dt]m9]ait la vision intrieure1 laquelle p>at extrieure1 comme dans les rves1 mais peut tre purem5t subjective et intrieure4 ,de mme qu'une p5se1 un s\v5ir1 veille dans notre esprit une image qui peut tre trs vid5te et trs vive1 de mme un tre agissant sur un autre peut faire app>atre en lui une image qui lui donn]a un in/ant l'illusion de la ralit4 ,on obti5t ma9t5ant exprim5talem5t ces faits dans les tudes d'hypnotisme et de sugge/ion1 tudes qui en sont encore leurs dbuts et p\rtant donn5t des rsultats assurm5t dignes de la plus haute att5tion1 aussi bi5 au po9t de vue psy*ologique qu'au po9t de vue physiologique4 ,ce n'e/ pas la rt9e qui e/ frappe p> une ralit effective1 ce sont les c\*es optiques du c]veau qui sont excites p> une =ce psy*ique4 ,c'e/ l'tre m5tal lui-mme qui e/ impressionn4 ,de quelle faon8 n\s l'ignorons4 ,telles sont les inductions les plus rationnelles qui p>aiss5t p\voir tre conclues des phnomnes de l'ordre de ceux dont n\s v5ons de n\s occup]1 phnomnes inexpliqus1 mais =t anci5s1 c> l'hi/oire de t\s les peuples1 depuis la plus haute antiquit1 en a cons]v des exemples qu'il s]ait difficile de ni] ou d'effac]4 ,mais quoi1 dira-t-on1 devons-n\s1 p\vons-n\s1 dans notre sicle de m?ode exprim5tale et de sci5ce positive1 admettre qu'un m\rant1 ou mme un mort1 puisse se communiqu]8 ,qu'e/-ce qu'un mort8 ,il meurt un tre huma9 p> *aque seconde1 sur l'ensemble du globe t]re/re1 soit environ #hf #djj p> j\r1 soit environ #ca millions p> an ou plus de #c milli>ds p> sicle4 ,en dix sicles1 plus de #cj milli>ds de cadavres ont t livrs la t]re et r5dus la circulation gnrale s\s =me de produits div]s1 eau1 gaz1 vapeurs1 etc4 ,si n\s t5ons compte de la dim9ution de la population huma9e mesure que n\s remontons les ges hi/oriques1 n\s tr\vons que depuis dix mille ans deux c5ts milli>ds de corps huma9s au mo9s ont t =ms de la t]re et de l'atmosphre1 p> la respiration et l'alim5tation1 et y sont ret\rns4 ,les molcules d'oxygne1 d'hydrogne1 d'acide c>bonique1 d'azote qui ont con/itu ces corps ont engraiss la t]re et ont t r5dues la circulation atmosphrique4 ,oui1 la ,t]re que n\s habitons e/ auj\rd'hui =me en p>tie de ces milli>ds de c]veaux qui ont p5s1 de ces milli>ds d'organismes qui ont vcu4 ,n\s m>*ons sur nos aeux comme ils m>*]ont sur n\s4 ,les fronts des p5seurs1 les yeux qui ont contempl1 s\ri1 pleur1 les b\*es qui ont *ant l'am\r1 les lvres roses et les se9s de m>bre1 les entrailles des mres1 les bras des travailleurs1 les muscles des gu]ri]s1 le sang des va9cus1 les enfants et les vieill>ds1 les bons et les m*ants1 les ri*es et les pauvres1 t\t ce qui a vcu1 t\t ce qui a p5s1 gt dans la mme t]re4 ,il s]ait difficile auj\rd'hui de faire un seul pas sur la plante sans m>*] sur la dp\ille des morts2 il s]ait difficile de mang] et boire sans rabsorb] ce qui a dj t mang et bu des milli]s de fois1 il s]ait difficile de respir] sans s'incorpor] le s\ffle des morts4 ,les lm5ts con/itutifs des corps1 puiss la nature1 sont rev5us la nature1 et *acun de n\s porte en soi des atomes ayant prcdemm5t app>t5u d'autres corps4 ,eh bi56 p5sez-v\s que ce soit cela t\te l'humanit8 ,p5sez-v\s qu'elle n'ait ri5 laiss de plus noble1 de plus gr&1 de plus spirituel8 ,*acun de n\s ne donne-t-il l'univ]s1 en r5dant le d]ni] s\pir1 que soixante ou quatre-v+ts kilos de *air et d'os qui vont se dsagrg] et ret\rn] aux lm5ts8 ,l'me qui n\s anime ne demeure-t-elle pas1 au mme titre que *aque molcule d'oxygne1 d'azote ou de f]8 ,et t\tes les mes qui ont vcu n'exi/5t-elles pas t\j\rs8 ,n\s n'avons aucun droit d'affirm] que l'homme soit uniquem5t compos d'lm5ts matriels1 et que la facult de p5s] ne soit qu'une proprit de l'organisation4 ,n\s avons1 au contraire1 les raisons les plus intimes d'admettre que l'me e/ une entit individuelle1 et que c'e/ elle qui rgit les molcules p\r organis] la =me vivante du corps huma94 ,que devi5n5t les molcules invisibles et intangibles qui ont compos notre corps p5dant la vie8 ,elles vont app>t5ir de n\veaux corps4 ,que devi5n5t les mes galem5t invisibles et intangibles8 ,on peut p5s] qu'elles se rinc>n5t1 elles aussi1 en de n\veaux organismes1 *acune suivant sa nature1 ses facults1 sa de/9e4 ,l'me app>ti5t au monde psy*ique4 ,sans d\te1 il y a sur la ,t]re une quantit innombrable d'mes encore l\rdes1 grossires1 pe9e dgages de la matire1 incapables de concevoir les ralits intellectuelles4 ,mais il en e/ d'autres qui viv5t dans l'tude1 dans la contemplation1 dans la culture du monde psy*ique ou spirituel4 ,celles-l peuv5t ne po9t re/] emprisonnes sur la ,t]re1 et leur de/9e e/ de vivre de la vie uranique4 ,l'me uranique vit1 mme p5dant ses inc>nations t]re/res1 dans le monde de l'absolu et du div94 ,elle sait que t\t en habitant la ,t]re elle e/1 en ralit1 dans le ciel1 et que notre plante e/ un a/re du ciel4 ,quelle e/ la nature intime de l'me1 quels sont ses modes de manife/ation1 qu& sa mmoire devi5t-elle p]man5te et ma9ti5t-elle avec c]titude l'id5tit consci5te1 s\s quelle div]sit de =mes et de sub/ances peut-elle vivre1 quelle t5due d'espace peut-elle fran*ir1 quel e/ l'ordre de p>5t intellectuelle qui exi/e entre les div]ses plantes d'un mme sy/me1 quelle e/ la =ce g]m9atrice qui ensem5ce les mondes1 qu& p\rrons-n\s n\s mettre en communication avec les patries vois9es1 qu& pntr]ons-n\s le secret pr(ond des de/9es8 ,my/re et ignorance auj\rd'hui4 ,mais l'inconnu d'hi] e/ la vrit de dema94 ,fait d'ordre hi/orique et sci5tifique absolum5t inconte/able3 dans t\s les sicles1 *ez t\s les peuples1 et s\s les app>5ces religieuses les plus div]ses1 l'ide de l'immortalit repose invulnrable au fond de la consci5ce huma9e4 ,l'ducation lui a donn mille =mes1 mais elle ne l'a pas inv5te4 ,cette ide indrac9able exi/e p> elle-mme4 ,t\t tre huma91 en v5ant au monde1 apporte avec lui1 s\s une =me plus ou mo9s vague1 ce s5tim5t intime1 ce dsir1 cette esprance4 ,illu/ration ,illu/ration ,,ii ,,it] ,,extaticum ,c,,le/e ,les heures1 les j\rs que je consacrais l'tude de ces que/ions de psy*ologie et de tlpa?ie ne m'emp*ai5t pas d'obs]v] ,m>s au tlescope et d'en pr5dre des dess9s gographiques1 *aque fois que notre atmosphre1 si s\v5t nuageuse1 v\lait bi5 me le p]mettre4 ,d'ailleurs1 on peut reconnatre que non seulem5t t\tes les que/ions se t\*5t1 dans l'tude de la nature et dans les sci5ces1 mais encore que l'a/ronomie et la psy*ologie sont solidaires l'une de l'autre1 att5du que l'univ]s psy*ique a p\r habitat l'univ]s matriel1 que l'a/ronomie a p\r objet l'tude des rgions de la vie t]nelle et que n\s ne p\rrions n\s =m] aucune ide de ces rgions si n\s ne les connaissions pas a/ronomiquem5t4 ,que n\s le sa*ions ou non1 en fait1 n\s habitons en ce mom5t mme une rgion du ,ciel1 et t\s les tres1 quels qu'ils soi5t1 sont t]nellem5t citoy5s du ,ciel4 ,ce n'e/ pas sans une secrte div9ation des *oses que l'antiquit avait fait d',uranie la muse de t\tes les sci5ces4 ,ma p5se avait donc t longuem5t occupe de notre vois9e la plante ,m>s1 lorsqu'un j\r1 dans une prom5ade solitaire la lisire d'un bois1 aprs quelques *audes heures de juillet1 m'tant assis au pi$ d'un b\quet de *nes1 je ne t>dai pas m'ass\pir4 ,la *aleur tait accablante1 le paysage tait sil5cieux1 la ,se9e semblait arrte comme un canal au fond de la valle4 ,je fus trangem5t surpris1 en m'veillant aprs un in/ant de somnol5ce1 de ne plus reconnatre le paysage1 ni les arbres vois9s1 ni la rivire qui c\lait au pi$ du coteau1 ni la prairie ondule qui allait se p]dre au lo9 dans l'horizon4 ,le soleil se c\*ait1 plus petit que n\s n'avons c\tume de le voir4 ,l'air frmissait de bruits h>monieux inconnus la ,t]re1 et des insectes gr&s comme des oiseaux voltigeai5t sur des arbres sans feuilles1 c\v]ts de gigantesques fleurs r\ges4 ,je me levai1 p\ss p> l'tonnem5t comme p> un ressort1 et d'un bond si n]gique que je me tr\vai subitem5t deb\t1 me s5tant d'une lgret s+ulire4 ,a pe9e avais-je fait quelques pas1 que plus de la moiti du poids de mon corps me p>ut s'tre vapore p5dant mon sommeil2 cette s5sation intime me frappa plus pr(ondm5t encore que la mtamorphose de la nature dploye s\s mes reg>ds4 ,c'e/ pe9e si j'en croyais mes yeux et mes s5s4 ,d'ailleurs1 je n'avais plus absolum5t les mmes yeux1 je n'ent5dais plus de la mme manire1 et je m'ap]u mme ds ces premi]s in/ants que mon organisation tait d\e de plusieurs s5s n\veaux1 t\t diffr5ts de ceux de notre h>pe t]re/re1 notamm5t d'un s5s magntique1 p> lequel on peut se mettre en communication d'un tre l'autre sans qu'il soit ncessaire de traduire ses p5ses p> des p>oles audigibles3 ce s5s rappelle celui de l'aiguille aimante qui1 du fond d'une cave de l',obs]vatoire de ,p>is1 frissonne et tressaille qu& une aurore borale s'allume en ,sibrie1 ou qu& une explosion lectrique clate dans le ,soleil4 ,l'a/re du j\r v5ait de s'te9dre dans un lac lo9ta91 et les lueurs roses du crpuscule planai5t au fond des cieux comme un d]ni] rve de la lumire4 ,deux ,lunes s'allumr5t div]ses hauteurs1 la premire en =me de croissant1 au-dessus du lac dans le se9 duquel le ,soleil avait disp>u2 la seconde1 en =me de premi] qu>ti]1 beauc\p plus leve dans le ciel et du ct de l',ori5t4 ,elles tai5t trs petites et ne rappelai5t que de bi5 lo9 l'imm5se flambeau des nuits t]re/res4 ,c'e/ comme regret qu'elles donnai5t leur vive mais faible lumire4 ,je les reg>dais t\r t\r avec /upfaction4 ,le plus trange peut-tre encore1 dans t\te l'tranget de ce spectacle1 c'e/ que la ,lune occid5tale1 qui tait environ trois fois plus grosse que sa compagne de l',e/1 t\t en tant c9q fois mo9s l>ge que notre ,lune t]re/re1 m>*ait dans le ciel d'un m\vem5t trs facile suivre de l'il1 et semblait c\rir avec vitesse de la droite v]s la gau*e p\r all] rejo9dre l',ori5t sa cle/e sur4 ,on rem>quait encore1 dans les d]nires lueurs du c\*ant qui s'teignait1 une troisime ,lune1 ou1 p\r mieux dire1 une brillante toile4 ,plus petite que le mo9dre des deux satellites1 elle n'(frait pas de disque s5sible2 mais sa lumire tait clatante4 ,elle planait dans le ciel du soir comme ,vnus dans notre ciel lorsqu'aux j\rs de son plus spl5dide clat l'toile du b]g] rgne en s\v]a9e sur les indol5tes soires du pr9temps aux t5dres rves4 ,dj les plus brillantes toiles s'allumai5t dans les cieux2 on reconnaissait ,arcturus aux rayons d'or1 ,vga1 si blan*e et si pure1 les sept a/res du sept5trion1 et plusieurs con/ellations zodiacales4 ,l'toile du soir1 le n\veau ,vesp]1 rayonnait alors dans la con/ellation des ,poissons4 ,aprs avoir tudi p5dant quelques in/ants sa situation dans le ciel1 m'tre ori5t moi-mme d'aprs les con/ellations1 avoir exam9 les deux satellites et rfl*i la lgret de mon propre poids1 je ne t>dai pas tre conva9cu que je me tr\vais sur la plante ,m>s et que cette *>mante toile du soir tait444 la ,t]re4 ,mes yeux s'arrtr5t sur elle1 imprgns de ce mlancolique s5tim5t d'am\r qui s]re les fibres de notre cur lorsque notre p5se s'envole v]s un tre *ri dont une cruelle di/ance n\s sp>e2 je contemplai longuem5t cette patrie o tant de s5tim5ts div]s se mlang5t et se heurt5t dans les fluctuations de la vie1 et je p5sai3 ,illu/ration ,combi5 n'e/-il pas regrettable que les innombrables tres huma9s qui habit5t en ce petit sj\r ne sa*5t pas o ils sont6 ,elle e/ *>mante1 cette m9uscule ,t]re1 a9si claire p> le ,soleil1 avec sa ,lune plus microscopique encore1 qui semble un po9t ct d'elle4 ,porte dans l'invisible p> les lois div9es de l'attraction1 atome flottant dans l'imm5se h>monie des cieux1 elle occupe sa place et plane l-haut comme une le anglique4 ,mais ses habitants l'ignor5t4 ,s+ulire humanit6 ,elle a tr\v la ,t]re trop va/e1 s'e/ p>tage en tr\peaux et passe son temps s'entre-fusill]4 ,il y a1 dans cette le cle/e1 autant de soldats que d'habitants6 ils se sont t\s arms les uns contre les autres1 qu& il et t si simple de vivre tranquillem5t1 et tr\v5t glorieux de *ang] de temps en temps les noms des pays et la c\leur des drapeaux4 ,c'e/ l l'occupation favorite des nations et l'ducation primordiale des citoy5s4 ,hors de l1 ils emploi5t leur exi/5ce ador] la matire4 ,ils n'apprci5t pas la valeur intellectuelle1 re/5t indiffr5ts aux plus m]veilleux problmes de la cration et viv5t sans b4 ,quel dommage6 ,un habitant de ,p>is qui n'aurait jamais ent5du prononc] le nom de cette cit ni celui de la ,france ne s]ait pas plus trang] qu'eux dans leur propre patrie4 ,ah6 s'ils p\vai5t voir la ,t]re d'ici1 avec quel plaisir ils y revi5drai5t et combi5 s]ai5t trans=mes t\tes leurs ides gnrales et p>ticulires4 ,alors ils connatrai5t au mo9s le pays qu'ils habit5t2 ce s]ait un comm5cem5t2 ils tudi]ai5t progressivem5t les ralits sublimes qui les environn5t au lieu de vgt] s\s un br\ill>d sans horizon1 et bi5tt ils vivrai5t de la vritable vie1 de la vie intellectuelle4 ,illu/ration ,quel honneur il lui fait6 ,on croirait vraim5t qu'il a laiss des amis dans ce bagne-l6 ,je n'avais po9t p>l4 ,mais j'ent5dis =t di/9ctem5t cette phrase qui semblait rpondre ma conv]sation intrieure4 ,deux habitants de ,m>s me reg>dai5t1 et ils m'avai5t compris1 en v]tu de ce sixime s5s de p]ception magntique dont il a t "q plus haut4 ,je fus quelque peu surpris1 et1 l'av\]ai-je8 s5siblem5t bless de l'apo/rophe3 ,aprs t\t1 p5sai-je1 j'aime la ,t]re1 c'e/ mon pays1 et j'ai du patriotisme6 ,mes deux vois9s rir5t cette fois-ci t\s les deux ensemble4 ,oui1 reprit l'un d'eux avec une bont inatt5due1 v\s avez du patriotisme4 ,on voit bi5 que v\s arrivez de la ,t]re4 ,et le plus g aj\ta3 ,laissez-les donc1 vos compatriotes1 ils ne s]ont jamais ni plus intellig5ts ni mo9s aveugles qu'auj\rd'hui4 ,il y a dj quatre-v+t mille ans qu'ils sont l4 ,et1 v\s l'av\ez v\s-mme1 ils ne sont pas encore capables de p5s]4444 ,v\s tes vraim5t admirable de reg>d] la ,t]re avec des yeux aussi att5dris4 ,c'e/ trop de navet4 ,n'avez-v\s pas1 *] lecteur1 r5contr p>fois1 sur votre passage1 de ces hommes t\t pntrs d'un imp]turbable orgueil et qui se croi5t s9crem5t et 9branlablem5t au-dessus de t\t le re/e du monde8 ,lorsque ces fi]s p]sonnages se tr\v5t en face d'une supriorit1 elle leur e/ in/antanm5t antipa?ique3 ils ne la support5t pas4 ,eh bi56 p5dant le di?yrambe qui prcde 7et dont v\s n'avez eu t\t l'heure qu'une ple traduction71 je me s5tais =t suprieur l'humanit t]re/re1 puisque je la pr5ais en piti et invoquais p\r elle de meilleurs j\rs4 ,mais qu& ces deux habitants de ,m>s semblr5t me pr5dre en piti moi-mme1 et que je crus reconnatre en eux une froide supriorit sur moi1 je fus un in/ant l'un de ces ineptes orgueilleux2 mon sang ne fit qu'un t\r1 et t\t en me cont5ant p> un re/ant de politesse franaise1 j'ouvris la b\*e p\r leur dire3 --,aprs t\t1 ,messieurs1 les habitants de la ,t]re ne sont pas aussi /upides que v\s p>aissez le croire et val5t peut-tre mieux que v\s4 ,malheureusem5t1 ils ne me laissr5t mme pas comm5c] ma phrase1 att5du qu'ils l'avai5t dev9e p5dant qu'elle se =mait p> la vibration des moelles de mon c]veau4 ,illu/ration ,p]mettez-moi de v\s dire t\t de suite1 fit le plus jeune1 que votre plante e/ absolum5t manque1 p> suite d'une circon/ance qui date d'une diza9e de millions d'annes4 ,c'tait au temps de la priode primaire de la g5se t]re/re4 ,il y avait dj des plantes1 et mme des plantes admirables1 et dans le fond des m]s comme sur les rivages app>aissai5t les premi]s animaux1 les mollusques sans tte1 s\rds1 muets et dp\rvus de sexe4 ,v\s savez que la respiration suffit aux arbres p\r leur n\rriture complte et que vos *nes les plus robu/es1 vos cdres les plus gigantesques n'ont jamais ri5 mang1 ce qui ne les a pas emp*s de gr&ir4 ,ils se n\rriss5t p> la respiration seule4 ,le malheur1 la fatalit a v\lu qu'un premi] mollusque et le corps trav]s p> une g\tte d'eau plus paisse que le milieu ambiant4 ,peut-tre la tr\va-t-il bonne4 ,ce fut l'orig9e du premi] tube dige/if1 qui devait ex]c] une action si fune/e sur l'animalit entire1 et plus t>d sur l'humanit elle-mme4 ,le premi] assass9 fut le mollusque qui mangea4 ,illu/ration ,ici1 on ne mange pas1 on n'a jamais mang1 on ne mang]a jamais4 ,la cration s'e/ dveloppe graduellem5t1 pacifiquem5t1 noblem5t1 comme elle avait comm5c4 ,les organismes se n\rriss5t1 autrem5t dit r5\vell5t leurs molcules1 p> une simple respiration1 comme le font vos arbres t]re/res1 dont *aque feuille e/ un petit e/omac4 ,dans votre *re patrie1 v\s ne p\vez vivre un seul j\r qu' la condition de tu]4 ,*ez v\s1 la loi de vie1 c'e/ la loi de mort4 ,ici1 il n'e/ jamais v5u p]sonne l'ide de tu] mme un oiseau4 ,v\s tes t\s1 plus ou mo9s1 des b\*]s4 ,v\s avez les bras ple9s de sang4 ,vos e/omacs sont gorgs de victuailles4 ,comm5t v\lez-v\s qu'avec des organismes aussi grossi]s que ceux-l v\s puissiez avoir des ides sa9es1 pures1 leves1--je dirai mme 7p>donnez ma fran*ise71 des ides propres8 ,quelles mes p\rrai5t habit] de p>eils corps8 ,rfl*issez donc un in/ant1 et ne v\s b]cez plus d'illusions aveugles trop idales p\r un tel monde4 --,comm5t6 m'criai-je en l'int]rompant1 v\s n\s refusez la possibilit d'avoir des ides propres8 ,v\s pr5ez les huma9s p\r des animaux8 ,homre1 ,platon1 ,phidias1 ,snque1 ,virgile1 le ,dante1 ,colomb1 ,bacon1 ,galile1 ,pascal1 ,lon>d1 ,raphal1 ,moz>t1 ,bee?ov51 n'ont-ils jamais eu aucune aspiration leve8 ,v\s tr\vez nos corps grossi]s et rep\ssants3 si v\s aviez vu pass] devant v\s ,hlne1 ,phryn1 ,aspasie1 ,sapho1 ,cloptre1 ,lucrce ,borgia1 ,agns ,sorel1 ,diane de ,poiti]s1 ,m>gu]ite de ,valois1 ,borghse1 ,tali51 ,rcami]1 ,georges et leurs admirables rivales1 v\s p5s]iez peut-tre d'une faon diffr5te4 ,ah6 *] ,m>ti51 mon t\r1 p]mettez-moi de regrett] que v\s ne connaissiez la ,t]re que de lo94 --,c'e/ ce qui v\s trompe1 j'ai habit c9quante ans ce monde-l4 ,cela m'a suffi1 et je v\s assure que je n'y ret\rn]ai plus4 ,t\t y e/ manqu1 mme444 ce qui v\s p>at le plus *>mant4 ,v\s imag9ez-v\s que sur t\tes les ,t]res du ,ciel les fleurs donn5t naissance aux fruits de la mme faon8 ,ne s]ait-ce pas un peu cruel8 ,p\r moi1 j'aime les primevres et les b\tons de rose4 ,illu/ration --,mais1 repris-je1 cep5dant1 malgr t\t1 il y a eu de gr&s esprits sur la ,t]re1 et1 vraim5t1 d'admirables cratures4 ,ne peut-on se b]c] de l'esprance que la beaut physique et morale ira en se p]fectionnant de plus en plus1 comme elle l'a fait jusqu'ici1 et que les intellig5ces s'clair]ont progressivem5t8 ,on ne passe pas t\t son temps mang]4 ,les hommes f9iront bi51 malgr leurs travaux matriels1 p> consacr] *aque j\r quelques heures au dveloppem5t de leur intellig5ce4 ,alors1 sans d\te1 ils ne cont9u]ont plus de fabriqu] de petits dieux leur image1 et peut-tre aussi supprim]ont-ils leurs puriles frontires p\r laiss] rgn] l'h>monie et la frat]nit4 --,non1 mon ami1 c> s'ils le v\lai5t1 ils le f]ai5t ds auj\rd'hui4 ,or1 ils s'en g>d5t bi54 ,l'homme t]re/re e/ un petit animal qui1 d'une "p1 n'pr\ve pas le beso9 de p5s]1 n'ayant mme pas l'indp5dance de l'me1 et qui1 d'autre "p1 aime se battre et tablit c>rm5t le droit sur la =ce4 ,tel e/ son bon plaisir et telle e/ sa nature4 ,v\s ne f]ez jamais port] de p*es un buisson d'p9es4 ,illu/ration ,songez donc que les plus dlicieuses beauts t]re/res auxquelles v\s faisiez allusion t\t l'heure ne sont que des mon/res grossi]s ct de nos ari5nes femmes de ,m>s1 qui viv5t de l'air de nos pr9temps1 des p>fums de nos fleurs1 et sont si voluptueuses1 dans le seul frmissem5t de leurs ailes1 dans l'idal bais] d'une b\*e qui ne mangea jamais1 que si la ,batrix du ,dante avait t d'une telle nature1 jamais l'immortel ,flor5t9 n'et pu crire deux *ants de sa ,div9e ,comdie3 il et comm5c p> le ,p>adis et n'en ft jamais desc5du4 ,songez que nos adolesc5ts ont autant de sci5ce inne que ,py?agore1 ,ar*imde1 ,euclide1 ,kepl]1 ,newton1 ,laplace et ,d>w9 aprs t\tes leurs laborieuses tudes3 nos d\ze s5s n\s mett5t en communication directe avec l'univ]s2 n\s s5tons d'ici1 c5t millions de lieues1 l'attraction de ,jupit] qui passe2 n\s voyons l'il nu les anneaux de ,saturne2 n\s dev9ons l'arrive d'une comte1 et notre corps e/ imprgn de l'lectricit solaire qui met en vibration t\te la nature4 ,il n'y a jamais eu ici ni fanatisme religieux1 ni b\rreaux1 ni m>tyrs1 ni divisions int]nationales1 ni gu]res2 mais1 ds ses premi]s j\rs1 l'humanit1 naturellem5t pacifique et affran*ie de t\t beso9 matriel1 a vcu indp5dante de corps et d'esprit1 dans une con/ante activit intellectuelle1 s'levant sans arrt dans la connaissance de la ,vrit4 ,mais v5ez plutt jusqu'ici4 ,je fis quelques pas avec mes int]locuteurs sur le sommet de la montagne1 et arrivant en vue de l'autre v]sant1 j'ap]u une multitude de lumires de div]ses nuances voltigeant dans les airs4 ,c'tai5t les habitants qui1 la nuit1 devi5n5t lum9eux qu& ils le veul5t4 ,des *>s ari5s1 p>aissant =ms de fleurs phosphoresc5tes1 conduisai5t des or*e/res et des *urs2 l'un d'eux v9t pass] prs de n\s et n\s prmes place au milieu d'un nuage de p>fums4 ,les s5sations que j'pr\vais tai5t s+ulirem5t trangres t\tes celles que j'avais gtes sur la ,t]re1 et cette premire nuit sur ,m>s passa comme un rve rapide1 c> l'aurore je me tr\vais encore dans le *> ari51 disc\rant avec mes int]locuteurs1 leurs amis et leurs indf9issables compagnes4 ,quel panorama au lev] du soleil6 ,fleurs1 fruits1 p>fums1 palais feriques s'levai5t sur des les la vgtation orange1 les eaux s't5dai5t en limpides miroirs1 et de joyeux c\ples ari5s desc5dai5t en t\rbillonnant sur ces rivages en*anteurs4 ,l1 t\s les travaux matriels sont accomplis p> des ma*9es et dirigs p> quelques races animales p]fectionnes1 dont l'intellig5ce e/ peu prs du mme ordre que celle des huma9s de la ,t]re4 ,les habitants ne viv5t que p> l'esprit et p\r l'esprit2 leur sy/me n]veux e/ p>v5u un tel degr de dveloppem5t1 que *acun de ces tres1 la fois trs dlicat et trs =t1 semble un app>eil lectrique1 et que leurs impressions les plus s5suelles1 ress5ties bi5 plus p> leurs mes que p> leurs corps1 surpass5t au c5tuple t\tes celles que nos c9q s5s t]re/res runis peuv5t jamais n\s (frir4444 ,une sorte de palais d't1 illum9 p> les rayons du soleil levant1 s'ouvrait au-dess\s de notre gondole ari5ne4 ,ma vois9e1 dont les ailes frmissai5t d'impati5ce1 posa son pi$ dlicat sur une t\ffe de fleurs qui s'levait entre deux jets de p>fums4--,ret\rn]as-tu sur la ,t]re8 dit-elle en me t5dant les bras4 --,jamais6 m'criai-je444 ,et je m'lanai v]s elle444 ,mais1 du mme c\p1 je me retr\vai1 solitaire1 prs de mon bois1 sur le v]sant de la coll9e au pi$ de laquelle s]p5tait la ,se9e aux replis onduleux4 ,jamais6444 rptai-je1 *]*ant ressaisir le d\x rve envol4 ,o donc tais-je8 ,c'tait beau4 ,le soleil v5ait de se c\*]1 et dj la plante ,m>s1 alors trs clatante1 s'allumait dans le ciel4 ,ah6 fis-je1 trav]s p> une lueur fugitive1 j'tais l6 ,b]ces p> la mme attraction1 les deux plantes vois9es se reg>d5t trav]s l'espace transp>5t4 ,n'aurions-n\s pas1 dans cette frat]nit cle/e1 une premire image de l't]nel voyage8 ,la ,t]re n'e/ plus seule au monde4 ,les panoramas de l'inf9i comm5c5t s'ouvrir4 ,que n\s habitions ici ou ct1 n\s sommes1 non les citoy5s d'un pays ou d'un monde1 mais1 en vrit1 les ,,citoy5s ,,du ,,ciel4 ,illu/ration ,illu/ration ,,iii ,,la ,,plan,,te ,,m>s ,avais-je t le j\et d'un rve8 ,mon esprit s'tait-il rellem5t transport sur la plante ,m>s1 ou bi5 tais-je dupe d'une illusion absolum5t imag9aire8 ,le s5tim5t de la ralit avait t si vif1 si int5se1 et les *oses que j'avais vues se tr\vai5t si p>faitem5t con=mes aux notions sci5tifiques que n\s possdons dj sur la nature physique du monde m>ti51 que je ne p\vais accept] un d\te cet g>d1 t\t en re/ant /upfait de ce voyage extatique et en m'adressant mille que/ions qui se combattai5t les unes les autres4 ,l'abs5ce de ,sp]o1 dans t\te cette vision1 m'intriguait un peu4 ,je me s5tais t\j\rs si intimem5t atta* son *] s\v5ir qu'il me semblait que j'aurais d dev9] sa prs5ce1 vol] directem5t v]s lui1 le voir1 lui p>l]1 l'ent5dre4 ,mais le magntis de ,nancy n'avait-il pas t lui-mme le j\et de son imag9ation1 ou de la mi5ne1 ou de celle de l'exprim5tateur8 ,d'autre "p1 en admettant mme que rellem5t mes deux amis fuss5t rinc>ns sur cette plante vois9e1 je me rpondais moi-mme que l'on peut =t bi5 ne pas se r5contr] en p>c\rant une mme ville et1 plus =te raison1 un monde4 ,et p\rtant1 ce n'e/ assurm5t pas le calcul des probabilits qu'il faudrait invoqu] ici1 c> un s5tim5t d'attraction tel que celui qui n\s unissait devait modifi] le has>d des r5contres et jet] dans la balance un lm5t qui l'emportait sur t\t le re/e4 ,t\t en disc\rant en moi-mme1 je r5trai mon obs]vatoire de ,juvisy o j'avais prp> quelques batt]ies lectriques p\r une expri5ce d'optique en correspondance avec la t\r de ,montlhry4 ,lorsque je me fus assur que t\t tait bi5 en ordre1 je laissai mon aide le so9 de faire les signaux conv5us1 de dix onze heures1 et je p>tis moi-mme p\r la vieille t\r1 sur laquelle je m'in/allais une heure plus t>d4 ,la nuit tait v5ue4 ,du haut de l'antique donjon1 l'horizon e/ p>faitem5t circulaire1 entirem5t dgag sur t\te sa circonfr5ce1 qui s't5d sur un rayon de #bj #be kilomtres t\t aut\r de ce po9t c5tral4 ,un troisime po/e d'obs]vation1 situ ,p>is1 tait en communication avec n\s4 ,le b de l'expri5ce tait de savoir si les rayons des div]ses c\leurs du spectre lum9eux voyag5t t\s avec la mme vitesse de #cjj #jjj kilomtres p> seconde4 ,le rsultat fut affirmatif4 ,les expri5ces ayant t t]m9es v]s onze heures1 comme la nuit toile tait m]veilleuse et que la lune comm5ait se lev]1 ds que j'eus mis les app>eils l'abri dans l'intrieur de la t\r1 je remontai sur la plate-=me suprieure p\r contempl] l'imm5se paysage clair p> les premi]s rayons de la lune naissante4 ,l'atmosphre tait calme1 tide1 presque *aude4 ,mais mon pi$ tait encore sur la d]nire m>*e1 que je m'arrtai1 ptrifi d'effroi1 en jetant un cri qui p>ut s'immobilis] dans ma gorge4 ,sp]o1 oui1 ,sp]o lui-mme tait l1 devant moi1 assis sur le p>apet4 ,je levai les bras v]s le ciel et me s5tis prs de m'van\ir2 mais il me dit1 de sa voix trs d\ce que je connaissais si bi53 ,e/-ce que je te fais peur8 ,illu/ration ,je n'eus la =ce ni de rpondre ni d'avanc]4 ,p\rtant1 j'osai reg>d] en face mon ami1 qui s\riait4 ,son *] visage1 clair p> la lune1 tait tel que je l'avais vu lors de son d"p de ,p>is p\r ,*ri/iania1 jeune1 agrable1 p5sif1 avec un reg>d =t brillant4 ,je quittai la d]nire m>*e et j'eus l'impulsion intime de me prcipit] v]s lui p\r l'embrass]4 ,mais je n'osai et je re/ai devant lui le reg>d]4 ,j'avais repris l'usage de mes s5s4 ,sp]o6444 ,c'e/ toi6444 m'criai-je4 --,j'tais l p5dant ton expri5ce1 rpondit-il1 et c'e/ mme moi qui t'ai donn l'ide de comp>] l'extrme violet l'extrme r\ge p\r la vitesse des ondes lum9euses4 ,seulem5t1 j'tais invisible1 comme les rayons ultra-violets4 --,voyons6 e/-ce possible8 ,laisse-moi te reg>d]1 te t\*]4 ,je passai les ma9s sur son visage1 sur son corps1 dans sa *evelure1 et j'eus absolum5t la mme impression que si c'et t un tre vivant4 ,ma raison se refusait admettre le tmoignage de mes yeux1 de mes ma9s et de mes oreilles1 et p\rtant je ne p\vais d\t] que ce ne ft bi5 lui4 ,il n'y a pas de sosie p>eil4 ,et puis1 mes d\tes se s]ai5t envols ds ses premires p>oles1 c> il aj\ta aussitt3 ,mon corps dort en ce mom5t sur ,m>s4 ,illu/ration --,a9si1 fis-je1 tu exi/es t\j\rs1 tu vis encore444 et tu connais enf9 la rponse au gr& problme qui t'a tant t\rm5t4444 ,et ,icla8 --,n\s allons caus]1 rpliqua-t-il4 ,j'ai beauc\p de *oses te dire4 ,je m'assis auprs de lui1 sur le rebord du l>ge p>apet qui dom9e la vieille t\r1 et voici ce que j'ent5dis4 ,quelque temps aprs l'accid5t du lac de ,tyrifiord51 il s'tait s5ti se rveillant comme d'un long et l\rd sommeil4 ,il tait seul1 dans la nuit noire1 sur les rives d'un lac1 se s5tait vivant1 mais ne p\vait ni se voir ni se t\*]4 ,l'air ne le frappait pas4 ,il n'tait pas seulem5t lg]1 mais impondrable4 ,ce qui lui p>aissait subsi/] de lui1 c'tait seulem5t sa facult de p5s]4 ,sa premire ide1 en rappelant ses s\v5irs1 fut qu'il se rveillait de sa *ute sur le lac norvgi54 ,mais lorsque le j\r arriva1 il s'ap]ut qu'il tait sur un autre monde4 ,les deux lunes qui t\rnai5t rapidem5t dans le ciel1 en s5s contraire l'une de l'autre1 lui fir5t p5s] qu'il se tr\vait sur notre vois9e la plante ,m>s1 et d'autres tmoignages ne t>dr5t pas le lui pr\v]4 ,il y demeura un c]ta9 temps l'tat d'esprit1 y reconnut la prs5ce d'une humanit =t lgante1 dans laquelle le sexe fm99 rgne en s\v]a91 p> une supriorit inconte/e sur le sexe mascul94 ,les organismes sont lg]s et dlicats1 la d5sit des corps e/ trs faible1 la pesanteur plus faible encore2 la surface de ce monde la =ce matrielle ne j\e qu'un rle secondaire dans la nature2 la f9esse des s5sations dcide de t\t4 ,il y a l un gr& nombre d'espces animales et plusieurs races huma9es4 ,dans t\tes ces espces et dans t\tes ces races1 le sexe fm99 e/ plus beau et plus =t 7la =ce consi/ant dans la supriorit des s5sations7 que le sexe mascul91 et c'e/ lui qui rgit le monde4 ,son gr& dsir de connatre la vie qu'il avait devant lui le dcida ne po9t demeur] longtemps l'tat d'esprit contemplateur1 mais r5atre s\s une =me corporelle huma9e1 et1 tant donne la condition organique de cette plante1 s\s la =me fm99e4 ,dj1 p>mi les mes t]re/res flottantes dans l'atmosphre de ,m>s1 il avait r5contr 7c> les mes se s5t5t7 celle d',icla1 qui l'avait suivie1 guide p> une attraction con/ante4 ,elle1 de son ct1 s'tait s5tie porte v]s une inc>nation mascul9e4 ,ils tai5t a9si runis l'un et l'autre1 en l'un des pays les plus privilgis de ce monde1 vois9s et prde/9s se r5contr] de n\veau dans la vie et p>tag] les mmes motions1 les mmes p5ses1 les mmes uvres4 ,aussi1 quoique la mmoire de leur exi/5ce t]re/re re/t voile et comme efface p> la trans=mation n\velle1 cep5dant un vague s5tim5t de p>5t spirituelle et un atta*em5t sympa?ique immdiat les avai5t runis ds qu'ils s'tai5t revus4 ,leur supriorit psy*ique1 la nature de leurs p5ses habituelles1 l'tat de leur esprit acc\tum *]*] les f9s et les causes1 leur avai5t donn t\s les deux une sorte de clairvoyance intime qui les dgageait de l'ignorance gnrale des vivants4 ,ils s'tai5t aims si s\da91 ils avai5t subi si passivem5t l'influ5ce magntique du c\p de f\dre de leur r5contre1 qu'ils n'avai5t bi5tt fait qu'un seul et mme tre1 unis comme au mom5t de la sp>ation t]re/re4 ,ils se s\v5ai5t de s'tre dj r5contrs1 ils tai5t conva9cus que c'tait sur la ,t]re1 sur cette plante vois9e qui brille le soir d'un si vif clat dans le ciel de ,m>s1 et p>fois1 dans leurs vols solitaires au-dessus des coll9es peuples de plantes ari5nes1 ils contemplai5t l'toile du soir en *]*ant r5\] le fil bris d'une tradition int]rompue4 ,un vnem5t inatt5du v9t expliqu] leurs rm9isc5ces et leur pr\v] qu'ils ne se trompai5t pas4 ,les habitants de ,m>s sont trs suprieurs ceux de la ,t]re p> leur organisation1 p> le nombre et la f9esse de leurs s5s1 et p> leurs facults intellectuelles4 ,le fait que la d5sit e/ trs faible la surface de ce monde et que les sub/ances con/itutives des corps sont mo9s l\rdes l qu'ici1 a p]mis la =mation d'tres incomp>ablem5t mo9s pesants1 plus ari5s1 plus dlicats1 plus s5sibles4 ,le fait que l'atmosphre e/ nutritive a affran*i les organismes m>ti5s de la grossiret des beso9s t]re/res4 ,c'e/ un t\t autre tat4 ,la lumire y e/ mo9s vive1 cette plante tant plus loigne du ,soleil que n\s1 et le n]f optique e/ plus s5sible4 ,les influ5ces lectriques et magntiques y tant trs int5ses1 les habitants possd5t des s5s inconnus aux organisations t]re/res1 s5s qui les mett5t en communication avec ces influ5ces4 ,t\t se ti5t dans la nature4 ,les tres sont p>t\t appropris aux milieux qu'ils habit5t et au se9 desquels ils ont pris naissance4 ,les organismes ne peuv5t pas plus tre t]re/res sur ,m>s qu'ils ne peuv5t tre ari5s au fond de la m]4 ,de plus1 l'tat de supriorit prp> p> cet ordre de *oses s'e/ dvelopp de lui-mme p> la facilit de la ralisation de t\t travail intellectuel4 ,la nature semble obir la p5se4 ,l'ar*itecte qui veut lev] un difice1 l'+nieur qui veut modifi] la surface du sol1 soit qu'il s'agisse de creus] ou d'lev]1 de c\p] les montagnes ou de combl] les valles1 ne se heurt5t po9t comme ici au poids des matriaux et aux difficults matrielles4 ,aussi l'art a-t-il fait ds l'orig9e les progrs les plus rapides4 ,de plus1 encore1 l'humanit m>ti5ne tant de plusieurs c5ta9es de milli]s d'annes antrieure l'humanit t]re/re1 a p>c\ru antrieurem5t elle t\tes les phases de son dveloppem5t4 ,nos progrs sci5tifiques actuels les plus transc5dants ne sont que de purils jeux d'enfants1 comp>s la sci5ce des habitants de cette plante4 ,en a/ronomie p>ticulirem5t1 ils sont incomp>ablem5t plus avancs que n\s et connaiss5t beauc\p mieux la ,t]re que n\s ne connaissons leur patrie4 ,ils ont inv5t1 entre autres1 une sorte d'app>eil tlphotographique dans lequel un r\leau d't(fe reoit p]ptuellem5t1 en se dr\lant1 l'image de notre monde et la fixe inaltrablem5t4 ,un imm5se muse1 consacr spcialem5t aux plantes du sy/me solaire1 cons]ve dans l'ordre *ronologique t\tes ces images photographiques fixes p\r t\j\rs4 ,on y retr\ve t\te l'hi/oire de la ,t]re2 la ,france du temps de ,*>lemagne1 la ,grce du temps d',alex&re1 l'gypte du temps de ,rhamss4 ,des microscopes p]mett5t d'y reconnatre mme les dtails hi/oriques1 tels que ,p>is p5dant la rvolution franaise1 ,rome s\s le pontificat de ,borgia1 la flotte espagnole de ,*ri/ophe ,colomb arrivant en ,amrique1 les ,francs de ,clovis pr5ant possession des ,gaules1 l'arme de ,jules ,cs> arrte dans sa conqute de l',anglet]re p> la m>e qui emporta ses vaisseaux1 les tr\pes du roi ,david1 fondateur des armes p]man5tes1 a9si que la plup>t des scnes hi/oriques1 reconnaissables c]ta9s c>actres spciaux4 ,un j\r que les deux amis visitai5t ce muse1 leur rm9isc5ce1 vague jusque-l1 s'illum9a comme un paysage nocturne trav]s p> un clair4 ,t\t d'un c\p ils reconnur5t l'aspect de ,p>is p5dant l',exposition de #ahfg4 ,leur s\v5ir se prcisa4 ,*acun d'eux s5tit sp>m5t qu'il avait vcu l1 et s\s cette impression si vive1 ils fur5t aussitt dom9s p> la c]titude d'y avoir vcu ensemble4 ,leur mmoire s'claira graduellem5t1 non plus p> lueurs int]rompues1 mais plutt comme la lumire gr&issante du comm5cem5t de l'aurore4 ,ils se s\v9r5t alors1 l'un et l'autre1 comme p> inspiration1 de cette p>ole de l'vangile3 ,il y a plusieurs demeures dans la maison de mon pre4 ,et de cette autre1 de ,jsus ,nicodme3 ,en vrit je te le dis1 si un homme ne nat de n\veau1 il ne v]ra pas le royaume de ,dieu4444 ,il faut que v\s naissiez de n\veau4 ,depuis ce j\r1 ils ne cons]vr5t plus aucun d\te sur leur exi/5ce t]re/re antrieure1 et demeurr5t intimem5t conva9cus qu'ils cont9uai5t sur la plante ,m>s leur vie prcd5te4 ,ils app>t5ai5t au cycle des gr&s esprits de t\s les sicles1 qui sav5t que la de/9e huma9e ne s'arrte pas au monde actuel et se cont9ue dans le ciel--et qui sav5t aussi que *aque plante1 ,t]re1 ,m>s1 ou autre1 e/ un a/re du ciel4 ,le fait assez s+uli] du *angem5t de sexe1 qui me semblait avoir une c]ta9e importance1 n'en avait1 p>at-il1 aucune4 ,contrairem5t ce qui e/ admis p>mi n\s1 il m'apprit que les mes sont insexues et ont une de/9e gale4 ,j'appris aussi que sur cette plante mo9s matrielle que la ntre1 l'organisation ne ressemble en ri5 celle des corps t]re/res4 ,les conceptions et les naissances s'y effectu5t p> un t\t autre mode1 qui rappelle1 mais s\s une =me spirituelle1 la fcondation des fleurs et leur pan\issem5t4 ,le plaisir e/ sans am]tume4 ,on n'y connat po9t les l\rds f>deaux t]re/res ni les d*irem5ts de la d\leur4 ,t\t y e/ plus ari51 plus ?r1 plus immatriel4 ,on p\rrait appel] les ,m>ti5s des fleurs vivantes1 ailes et p5santes4 ,mais1 en fait1 aucun tre t]re/re ne peut s]vir de comp>aison p\r n\s aid] concevoir leur =me et leur mode d'exi/5ce4 ,j'c\tais le rcit de l'me dfunte1 sans presque l'int]rompre1 c> il me semblait t\j\rs qu'elle allait disp>atre comme elle tait v5ue4 ,cep5dant1 au s\v5ir de mon rve1 qui m'tait rappel p> la concid5ce des descriptions prcd5tes avec ce que j'avais vu1 je ne pus m'emp*] de faire "p mon cle/e ami de ce rve si surpr5ant et de lui exprim] mon tonnem5t de ne pas l'avoir revu dans ce voyage sur ,m>s--ce qui me faisait d\t] de la ralit de ce voyage4 ,mais1 rpliqua-t-il1 je t'ai p>faitem5t vu1 et tu m'z vu aussi1 et tu m'z p>l4444 ,c> c'tait moi4444 ,l'intonation de sa voix fut si trange1 ces d]nires p>oles1 que je reconnus subitem5t en elle la voix si mlodieuse de cette belle ,m>ti5ne qui tant m'avait frapp4 ,oui1 reprit-il1 c'tait moi1 je *]*ais me faire connatre1 mais1 bl\i p> un spectacle qui captivait ton esprit1 tu ne te dgageais pas des s5sations t]re/res1 tu re/ais s5suel et t]ri51 et tu n'es pas p>v5u t'lev] v]s la p]ception pure4 ,oui1 c'e/ moi qui te t5dais les bras p\r te faire desc5dre du *> ari5 v]s notre demeure1 lorsque subitem5t tu t'es rveill4 --,mais alors1 m'criai-je1 si tu es cette ,m>ti5ne1 comm5t m'app>ais-tu ici s\s la =me de ,sp]o1 qui n'exi/e plus8 --,ce n'e/ pas sur ta rt9e ni sur ton n]f optique que j'agis1 rpliqua-t-il1 mais sur ton tre m5tal et sur ton c]veau4 ,je suis en ce mom5t en communication avec toi1 j'influ5ce directem5t le sige crbral de ta s5sation4 ,en ralit1 mon tre m5tal e/ sans =me1 comme le ti5 et comme t\tes les mes4 ,mais lorsque je me mets comme en ce mom5t en relation directe avec ta p5se1 tu ne peux me voir que tel que tu m'z connu4 ,il en e/ de mme p5dant le rve1 c'e/--dire p5dant plus du qu>t de votre vie t]re/re--p5dant v+t annes sur soixante-dix2--v\s voyez1 v\s ent5dez1 v\s p>lez1 v\s t\*ez1 avec la mme impression1 la mme nettet1 la mme c]titude que p5dant la vie normale1 et p\rtant vos yeux sont f]ms1 votre tympan e/ ins5sible1 votre b\*e e/ muette1 vos bras sont t5dus sans m\vem5t4 ,il en e/ de mme aussi dans les tats de somnambulisme1 d'hypnotisme1 de sugge/ion4 ,tu me vois1 tu m'ent5ds1 tu me t\*es1 p> ton c]veau influ5c4 ,mais je ne suis pas plus s\s la =me que tu vois1 que l'arc-en-ciel n'exi/e devant les yeux de celui qui le reg>de4 --,e/-ce que tu p\rrais aussi m'app>atre s\s ta =me m>ti5ne8 --,non2 mo9s que tu ne sois rellem5t transport en esprit sur la plante4 ,ce s]ait l un t\t autre mode de communication4 ,ici1 dans notre entreti51 t\t e/ subjectif p\r toi4 ,les lm5ts de ma =me m>ti5ne n'exi/5t pas dans l'atmosphre t]re/re1 et ton c]veau ne se les figur]ait pas4 ,tu ne p\rrais me revoir que p> le s\v5ir de ton rve d'auj\rd'hui2 mais ds que tu *]*]ais analys] les dtails1 l'image s'van\irait4 ,tu ne n\s a pas vus exactem5t tels que n\s sommes1 p>ce que ton esprit ne peut jug] que p> tes yeux t]re/res1 qui ne sont pas s5sibles p\r t\tes les radiations1 et p>ce que v\s ne possdez pas t\s nos s5s4 --,j'av\e1 rpliquai-je1 que je ne conois pas bi5 votre vie m>ti5ne l'tat d'tres six membres4 --,si ces =mes n'tai5t aussi lgantes1 elles t'aurai5t p>u mon/rueuses4 ,*aque monde a ses organismes appropris ses conditions d'exi/5ce4 ,je t'av\e mon t\r que p\r les habitants de ,m>s1 l',apollon du ,belvdre et la ,vnus de ,mdicis sont de vritables mon/ruosits1 cause de leur l\rdeur animale4 ,*ez n\s1 t\t e/ d'une exquise lgret4 ,quoique notre plante soit beauc\p plus petite que la vtre1 cep5dant les tres y sont plus gr&s qu'ici1 p>ce que la pesanteur e/ plus faible et que les organismes peuv5t s'lev] plus haut sans en tre emp*s p> leur poids et sans mettre en pril la /abilit4 ,illu/ration ,ils sont plus gr&s et plus lg]s p>ce que les matriaux con/itutifs de cette plante ont une d5sit trs faible4 ,il e/ arriv l ce qui s]ait arriv sur la ,t]re si la pesanteur n'y tait pas aussi int5se4 ,les espces ailes aurai5t dom9 le monde1 au lieu de s'atrophi] dans l'impossibilit d'un dveloppem5t4 ,sur ,m>s1 le dveloppem5t organique s'e/ effectu dans la srie des espces ailes4 ,l'humanit m>ti5ne e/ en effet une race d'orig9e sextupde2 mais elle e/ actuellem5t bipde1 bimane1 et ce que l'on p\rrait appel] biale1 puisque ces tres ont deux ailes4 ,le g5re de vie e/ t\t diffr5t de la vie t]re/re1 d'abord p>ce qu'on vit autant dans les airs et sur les plantes ari5nes qu' la surface du sol1 ensuite p>ce qu'on ne mange pas1 l'atmosphre tant nutritive4 ,les passions n'y sont po9t les mmes4 ,le meurtre y e/ inconnu4 ,l'humanit tant sans beso9s matriels1 n'y a jamais vcu1 mme aux ges primitifs1 dans la b>b>ie de la rap9e et de la gu]re4 ,les ides et les s5tim5ts sont d'un ordre t\t intellectuel4 ,illu/ration ,nanmo9s on retr\ve dans le sj\r de cette plante1 s9on des ressemblances1 du mo9s des analogies4 ,a9si il y a l comme sur la ,t]re une succession de j\rs et de nuits qui ne diffre pas ess5tiellem5t de ce qui exi/e *ez v\s1 la dure du j\r et de la nuit y tant de #bd heures #ci m9utes #ce secondes4 ,comme il y a #ffh de ces j\rs dans l'anne m>ti5ne1 n\s avons plus de temps que v\s p\r nos travaux1 nos re*]*es1 nos tudes1 nos j\issances4 ,nos saisons sont galem5t prs de deux fois plus longues que les vtres1 mais elles ont la mme int5sit4 ,les climats ne sont pas trs diffr5ts2 telle contre de ,m>s1 sur les rives de la m] quatoriale1 diffre mo9s du climat de la ,france que la ,laponie ne diffre de la ,nubie4 ,un habitant de la ,t]re ne s'y tr\ve pas trop dpays4 ,la plus =te dissemblance entre les deux mondes consi/e c]ta9em5t dans la gr&e supriorit de notre humanit sur la vtre4 ,cette supriorit e/ due pr9cipalem5t aux progrs raliss p> la sci5ce a/ronomique et la propagation univ]selle1 p>mi t\s les habitants de la plante1 de cette sci5ce sans laquelle il e/ impossible de p5s] ju/e1 sans laquelle on n'a que des ides fausses sur la vie1 sur la cration1 sur les de/9es4 ,n\s sommes trs favoriss1 tant p> l'acuit de nos s5s que p> la puret de notre ciel4 ,il y a beauc\p mo9s d'eau sur ,m>s que sur la ,t]re1 et beauc\p mo9s de nuages4 ,le ciel y e/ presque con/amm5t beau1 surt\t dans la zone tempre4 --,cep5dant1 v\s avez s\v5t des inondations8 --,oui1 et t\t d]nirem5t encore vos tlescopes en ont signal une =t t5due1 le long des rivages d'une m] laquelle tes collgues ont donn un nom qui me re/]a t\j\rs *]1 mme lo9 de la ,t]re4 ,la plup>t de nos rivages sont des plages1 des pla9es unies4 ,n\s avons peu de montagnes1 et les m]s ne sont pas pr(ondes4 ,les habitants se s]v5t de ces dbordem5ts p\r l'irrigation des va/es campagnes4 ,ils ont rectifi1 l>gi1 canalis les c\rs d'eau1 et con/ruit sur les cont95ts t\t un rseau de canaux imm5ses4 ,ces cont95ts eux-mmes ne sont pas1 comme ceux du globe t]re/re1 hrisss de s\lvem5ts alpe/res ou himalay5s1 mais sont des pla9es imm5ses1 trav]ses en t\s s5s p> les fleuves canaliss et p> les canaux qui mett5t en communication t\tes les m]s les unes avec les autres4 ,autrefois1 il y avait1 relativem5t au volume de la plante1 presque autant d'eau sur ,m>s que sur la ,t]re4 ,ins5siblem5t1 de sicle en sicle1 une p>tie de l'eau des pluies a trav]s les c\*es pr(ondes du sol et n'e/ plus rev5ue la surface4 ,elle s'e/ comb9e *imiquem5t avec les ro*es et s'e/ exclue du c\rs de la circulation atmosphrique4 ,de sicle en sicle aussi1 les pluies1 les neiges1 les v5ts1 les geles de l'hiv]1 les s*]esses de l't1 ont dsagrg les montagnes et les c\rs d'eau en am5ant ces dbris dans le bass9 des m]s dont elles ont graduellem5t exhauss le lit4 ,n\s n'avons plus de gr&s ocans ni de m]s pr(ondes1 mais seulem5t des mdit]ranes4 ,beauc\p de dtroits1 de golfes1 de m]s analogues la ,man*e1 la m] ,r\ge1 l',adriatique1 la ,baltique1 la ,caspi5ne4 ,rivages agrables1 havres tranquilles1 lacs et l>ges fleuves1 flottes ari5nes plutt qu'aquatiques1 ciel presque t\j\rs pur1 surt\t le mat94 ,il n'e/ po9t de mat9es t]re/res aussi lum9euses que les ntres4 ,le rgime mtorologique diffre s5siblem5t de celui de la ,t]re1 p>ce que l'atmosphre tant plus r>fie1 les eaux1 t\t en surface d'ailleurs1 s'vapor5t plus facilem5t1 ensuite p>ce qu'en se cond5sant de n\veau1 au lieu de =m] des nuages durables elles repass5t presque sans transition de l'tat gazeux l'tat liquide4 ,peu de nuages et peu de br\ill>ds4 ,l'a/ronomie y e/ cultive cause de la puret du ciel4 ,n\s avons deux satellites dont le c\rs p>atrait biz>re aux a/ronomes de la ,t]re1 c>1 t&is que l'un n\s donne des mois de c5t tr5te et une heures1 ou de c9q j\rs m>ti5s plus huit heures1 l'autre1 p> la comb9aison de son m\vem5t avec la rotation diurne de la plante1 se lve au c\*ant et se c\*e au levant1 trav]sant le ciel de l'oue/ l'e/ en c9q heures et demie1 et passant d'une phase l'autre en mo9s de trois heures6 ,c'e/ l un spectacle unique dans t\t le sy/me solaire et qui a beauc\p contribu attir] l'att5tion des habitants v]s l'tude du ciel4 ,de plus1 n\s avons des clipses de lunes presque t\s les j\rs2 mais jamais d'clipses totales de soleil1 p>ce que nos satellites sont trop petits4 ,la ,t]re n\s app>at comme ,vnus v\s app>at v\s-mmes4 ,elle e/ p\r n\s l'toile du mat9 et du soir1 et dans l'antiquit1 avant l'inv5tion des in/rum5ts d'optique qui n\s ont appris que c'e/ une plante habite comme la vtre1--mais infrieurem5t1--nos anctres l'adorai5t1 saluant en elle une div9it tutlaire4 ,t\s les mondes ont une my?ologie p5dant leurs sicles d'enfance1 et cette my?ologie a p\r orig9e1 p\r base et p\r objet l'aspect app>5t des corps cle/es4 ,quelquefois la ,t]re1 accompagne de la ,lune1 passe p\r n\s devant le ,soleil et se projette sur son disque comme une petite ta*e noire accompagne d'une autre plus petite4 ,ici1 t\t le monde suit avec curiosit ces phnomnes cle/es4 ,nos j\rnaux s'occup5t beauc\p plus de sci5ce que de ?tres1 de fantaisies littraires1 de qu]elles politiques ou de tribunaux4 ,le ,soleil n\s p>at un peu plus petit1 et n\s en recevons un peu mo9s de lumire et de *aleur4 ,nos yeux1 plus s5sibles1 voi5t mieux que les vtres4 ,la temprature e/ un peu plus leve4 --,comm5t1 rpliquai-je1 v\s tes plus lo9 du ,soleil et v\s avez plus *aud que n\s8 --,*am\nix e/ un peu plus lo9 du soleil de midi que le sommet du ,mont ,blanc1 reprit-il4 ,la di/ance au ,soleil ne rgle pas seule les tempratures3 il faut t5ir compte1 en mme temps1 de la con/itution de l'atmosphre4 ,nos glaces polaires fond5t plus compltem5t que les vtres s\s notre soleil d't4 --,quels sont les pays de ,m>s les plus peupls8 --,il n'y a gure que les contres polaires 7o v\s voyez de la ,t]re les neiges et les glaces fondre *aque pr9temps7 qui soi5t inhabites4 ,la population des rgions tempres e/ trs d5se1 mais ce sont encore les t]res quatoriales les plus peuples--la population y e/ aussi d5se qu'en ,*9e--et surt\t les rivages des m]s1 malgr les dbordem5ts4 ,un gr& nombre de cits sont presque bties sur l'eau1 susp5dues dans les airs1 en quelque sorte1 dom9ant les inondations calcules d'avance et att5dues4 --,vos arts1 votre indu/rie ressembl5t-ils aux ntres8 ,avez-v\s des *em9s de f]s1 des navires vapeur1 le tlgraphe1 le tlphone8 --,c'e/ t\t autre4 ,n\s n'avons jamais eu ni vapeur1 ni *em9s de f]1 p>ce que n\s avons t\j\rs connu l'lectricit et que la navigation ari5ne n\s e/ naturelle4 ,nos flottes sont mues p> l'lectricit1 et sont plus ari5nes qu'aquatiques4 ,n\s vivons surt\t dans l'atmosphre1 et n'avons pas de demeures de pi]re1 de f] et de bois4 ,n\s ne connaissons pas les rigueurs de l'hiv] p>ce que p]sonne n'y re/e expos2 ceux qui n'habit5t pas les contres quatoriales migr5t *aque automne1 comme vos oiseaux4 ,il te s]ait =t difficile de te =m] une ide exacte de notre g5re de vie4 --,exi/e-t-il sur ,m>s un gr& nombre d'huma9s ayant dj habit la ,t]re8 --,non4 ,p>mi les citoy5s de votre plante1 la plup>t sont ou ignorants1 ou indiffr5ts1 ou sceptiques1 et non prp>s la vie de l'esprit4 ,ils sont atta*s la ,t]re1 et p\r longtemps4 ,beauc\p d'mes dorm5t compltem5t4 ,celles qui viv5t1 qui agiss5t1 qui aspir5t la connaissance du vrai sont les seules qui soi5t appeles l'immortalit consci5te1 les seules que le monde spirituel intresse et qui soi5t aptes le compr5dre4 ,ces mes peuv5t quitt] la ,t]re et revivre en d'autres patries4 ,plusieurs vi5n5t p5dant quelque temps habit] ,m>s1 premire tape d'un voyage ultra-t]re/re en s'loignant du ,soleil1 ou ,vnus1 premi] sj\r en de2 mais ,vnus e/ un monde analogue la ,t]re et mo9s privilgi encore1 cause de ses trop rapides saisons qui oblig5t les organismes subir les plus brusques contra/es de tempratures4 ,c]ta9s esprits s'envol5t immdiatem5t jusqu'aux rgions toiles4 ,comme tu le sais1 l'espace n'exi/e pas4 ,en rsum1 la ju/ice rgne dans le sy/me du monde moral comme l'quilibre dans le sy/me du monde physique1 et la de/9e des mes n'e/ que le rsultat p]ptuel de leurs aptitudes1 de leurs aspirations et p> consqu5t de leurs uvres4 ,la voie uranique e/ ouv]te t\s1 mais l'me n'e/ vritablem5t urani5ne que lorsqu'elle s'e/ entirem5t dgage du poids de la vie matrielle4 ,le j\r vi5dra o il n'y aura plus1 sur votre plante mme1 d'autre croyance ni d'autre religion que la connaissance de l'univ]s et la c]titude de l'immortalit dans ses rgions inf9ies1 dans son doma9e t]nel4 --,quelle trange s+ul>it1 fis-je1 que p]sonne sur la ,t]re ne connaisse ces vrits sublimes6 ,p]sonne ne reg>de le ciel4 ,on vit ici-bas comme si notre lot exi/ait seul au monde4 --,l'humanit t]re/re e/ jeune1 rpliqua ,sp]o4 ,il ne faut pas dsespr]4 ,elle e/ enfant1 et encore dans l'ignorance primitive4 ,elle s'amuse des ri5s1 obx des matres qu'elle se donne elle-mme4 ,v\s aimez v\s divis] en nations et v\s affubl] de co/umes nationaux p\r v\s ext]m9] en musique4 ,puis v\s levez des /atues ceux qui v\s mn5t la b\*]ie4 ,v\s v\s ru9ez et v\s suicidez1 et p\rtant v\s ne p\vez pas vivre sans arra*] la ,t]re votre pa9 quotidi54 ,c'e/ l une tri/e situation1 mais qui suffit l>gem5t la plup>t des habitants de votre plante4 ,si quelques-uns1 d'aspirations plus leves1 ont p>fois p5s aux problmes de l'ordre suprieur1 la nature de l'me1 l'exi/5ce de ,dieu1 le rsultat n'a pas t meilleur1 c> ils ont mis les mes hors la nature et ont inv5t des dieux biz>res1 infmes1 qui n'ont jamais exi/ que dans leur imag9ation p]v]tie1 et au nom desquels ils ont commis t\s les att5tats la consci5ce huma9e1 bni t\s les crimes et ass]vi les esprits faibles dans un esclavage dont il s]a difficile de s'affran*ir4 ,le mo9dre animal1 sur ,m>s1 e/ meilleur1 plus beau1 plus d\x1 plus intellig5t et plus gr& que le dieu des armes de ,david1 de ,con/ant91 de ,*>lemagne1 et de t\s vos assass9s c\ronns4 ,il n'y a donc pas s'tonn] de la sottise et de la grossiret des ,t]ri5s4 ,mais la loi du progrs rgit le monde4 ,v\s tes plus avancs qu'au temps de vos anctres de l'ge de la pi]re1 dont la misrable exi/5ce se passait disput] leurs j\rs et leurs nuits aux btes froces4 ,dans quelques milli]s d'annes1 v\s s]ez plus avancs qu'auj\rd'hui4 ,alors ,uranie rgn]a dans vos curs4 --,il faudrait un fait matriel1 brutal1 p\r in/ruire les huma9s et les conva9cre4 ,si1 p> exemple1 n\s p\vions entr] quelque j\r en communication avec la t]re vois9e que tu habites1 non pas en communication psy*ique avec un tre isol comme je le fais en ce mom5t1 mais avec la plante elle-mme1 p> des c5ta9es et des milli]s de tmo9s1 ce s]ait une envole gigantesque v]s le progrs4 --,v\s le p\rriez ds ma9t5ant si v\s le v\liez1 c> p\r n\s1 sur ,m>s1 n\s y sommes t\t prp>s et l'avons mme dj essay ma9tes fois4 ,mais v\s ne n\s avez jamais rpondu6 ,des rflecteurs solaires dess9ant sur nos va/es pla9es des figures gomtriques v\s pr\v5t que n\s exi/ons4 ,v\s p\rriez n\s rpondre p> des figures semblables traces aussi sur vos pla9es1 soit p5dant le j\r1 au soleil1 soit p5dant la nuit1 la lumire lectrique4 ,mais v\s n'y songez mme pas1 et si quelqu'un d'entre v\s proposait de l'essay]1 vos juges le mettrai5t en int]dit1 c> cette seule ide e/ inaccessiblem5t au-dessus du suffrage univ]sel des citoy5s de ta plante4 ,a quoi s'occup5t vos assembles sci5tifiques8 cons]v] le pass4 ,a quoi s'occup5t vos assembles politiques8 accrotre les *>ges publiques4 ,dans le royaume des aveugles les borgnes sont rois4 ,mais il n'y a pas dsespr] t\t fait4 ,le progrs v\s emporte malgr v\s4 ,un j\r aussi v\s saurez que v\s tes citoy5s du ciel4 ,alors v\s vivrez dans la lumire1 dans le savoir1 dans le vritable monde de l'esprit4 ,t&is que l'habitant de ,m>s me faisait a9si connatre les traits pr9cipaux de sa n\velle patrie1 le globe t]re/re avait t\rn v]s l'ori5t1 l'horizon s'tait incl91 et la ,lune s'tait leve graduellem5t dans le ciel qu'elle illum9ait de son clat4 ,t\t c\p1 en abaissant mes yeux v]s la place o ,sp]o tait assis1 je ne pus rprim] un m\vem5t de surprise4 ,le clair de lune rp&ait sa lumire sur sa p]sonne aussi bi5 que sur la mi5ne1 et p\rtant1 t&is que mon corps portait ombre sur le p>apet1 le si5 re/ait sans ombre6 ,je me levai brusquem5t p\r mieux vrifi] le fait et je me t\rnai aussitt en t5dant la ma9 jusqu' son paule et en suivant sur le p>apet la silh\ette de mon ge/e4 ,mais1 in/antanm5t1 mon visiteur avait disp>u4 ,j'tais absolum5t seul1 sur la t\r sil5cieuse4 ,ma silh\ette1 trs noire1 se projetait nettem5t sur le p>apet4 ,la ,lune tait brillante4 ,le village dormait mes pi$s4 ,l'air tait tide et sans brises4 ,cep5dant il me sembla ent5dre des pas4 ,je prtai l'oreille1 et j'ent5dis en effet des pas assez l\rds et se rappro*ant de moi4 videmm5t on montait dans la t\r4 ,monsieur n'e/ pas encore desc5du8 fit le g>di5 en arrivant au sommet4 ,j'att5dais t\j\rs p\r f]m] les portes1 et il me semblait bi5 que les expri5ces tai5t f9ies4 ,illu/ration ,illu/ration ,,iv ,,le ,,po9t ,,fixe ,,dans ,l',,univ]s ,le s\v5ir d',uranie1 du voyage cle/e dans lequel elle m'avait transport1 des vrits qu'elle m'avait fait press5tir1 l'hi/oire de ,sp]o1 de ses combats la p\rsuite de l'absolu1 son app>ition1 son rcit d'un autre monde1 ne cessai5t d'occup] ma p5se et de replac] p]ptuellem5t devant mon esprit les mmes problmes1 en p>tie rsolus1 en p>tie voils dans l'inc]titude de nos sci5ces4 ,je s5tais que graduellem5t je m'tais lev dans la p]ception de la vrit et que vraim5t l'univ]s visible n'e/ qu'une app>5ce qu'il faut trav]s] p\r p>v5ir la ralit4 ,t\t n'e/ qu'illusion dans le tmoignage de nos s5s4 ,la ,t]re n'e/ po9t ce qu'elle n\s p>at tre1 la nature n'e/ pas ce que n\s croyons4 ,dans l'univ]s physique lui-mme1 o e/ le po9t fixe sur lequel la cration matrielle e/ en quilibre8 ,l'impression directe et naturelle donne p> l'obs]vation de la nature e/ que n\s habitons la surface d'une ,t]re solide1 /able1 fixe au c5tre de l'univ]s4 ,il a fallu de longs sicles d'tudes et une audacieuse tmrit d'esprit p\r arriv] s'affran*ir de cette impression naturelle et reconnatre que le monde o n\s sommes e/ isol dans l'espace1 sans s\ti5 d'aucune sorte1 en m\vem5t rapide sur lui-mme et aut\r du ,soleil4 ,mais1 p\r les sicles antrieurs l'analyse sci5tifique1 p\r les peuples primitifs1 et encore auj\rd'hui p\r les trois qu>ts du g5re huma91 n\s avons les pi$s appuys sur une t]re solide1 fixe la base de l'univ]s1 et dont les fondem5ts doiv5t s't5dre jusqu' l'inf9i dans les pr(ondeurs4 ,du j\r1 cep5dant1 o il fut reconnu que c'e/ le mme ,soleil qui se c\*e et se lve t\s les j\rs1 que c'e/ la mme ,lune1 que ce sont les mmes toiles1 les mmes con/ellations qui t\rn5t aut\r de n\s1 on fut p> cela mme conduit admettre1 avec une inconte/able c]titude1 qu'il y a au-dess\s de la ,t]re la place vide ncessaire p\r laiss] pass] t\s les a/res du firmam5t1 depuis leur c\*] jusqu' leur lev]4 ,cette premire reconnaissance tait d'un poids capital4 ,l'admission de l'isolem5t de la ,t]re dans l'espace a t la premire gr&e conqute de l',a/ronomie4 ,c'tait le premi] pas1 et le plus difficile1 en vrit4 ,songez donc6 ,supprim] les fondations de la ,t]re6 ,une telle ide n'aurait jamais g]m dans aucun c]veau sans l'obs]vation des a/res1 sans la transp>5ce de l'atmosphre1 p> exemple4 ,s\s un ciel p]ptuellem5t nuageux1 la p5se huma9e re/ait fixe au sol t]re/re comme l'hutre au ro*]4 ,une fois la ,t]re isole dans l'espace1 le premi] pas tait fait4 ,avant cette rvolution1 dont la porte philosophique gale la valeur sci5tifique1 t\tes les =mes avai5t t imag9es p\r notre sj\r sublunaire4 ,et d'abord1 on avait considr la ,t]re comme une le m]geant au-dessus d'un ocan sans bornes1 cette le ayant des rac9es inf9ies4 ,ensuite1 on avait suppos la ,t]re entire1 avec ses m]s1 la =me d'un disque plat1 circulaire1 t\t aut\r duquel v5ait s'appuy] la vote du firmam5t4 ,plus t>d1 on lui avait imag9 des =mes cubiques1 cyl9driques1 polydriques1 etc4 ,cep5dant les progrs de la navigation t5dai5t rvl] sa nature sphrique et1 lorsque son isolem5t fut reconnu avec ses tmoignages inconte/ables1 cette sphricit fut admise comme un corollaire naturel de cet isolem5t et du m\vem5t circulaire des sphres cle/es aut\r du globe suppos c5tral4 ,le globe t]re/re ds lors reconnu isol dans le vide1 le remu] n'tait plus difficile4 ,jadis1 lorsque le ,ciel tait reg>d comme un dme c\ronnant la ,t]re massive et indf9ie1 l'ide mme de la suppos] en m\vem5t et t aussi absurde qu'ins\t5able4 ,mais du j\r o n\s la voyons1 en esprit1 place comme un globe au c5tre des m\vem5ts cle/es1 l'ide d'imag9] que1 peut-tre1 ce globe p\rrait t\rn] sur lui-mme p\r vit] au ,ciel enti]1 l'univ]s imm5se1 l'obligation d'accomplir cette opration quotidi5ne1 peut v5ir naturellem5t l'esprit du p5seur2 et en effet1 n\s voyons l'hypo?se de la rotation diurne du globe t]re/re se faire j\r dans les anci5nes civilisations1 *ez les ,grecs1 *ez les gypti5s1 *ez les ,indi5s1 etc4 ,il suffit de lire quelques *apitres de ,ptolme1 de ,plut>que1 du ,surya-,siddhanta1 p\r se r5dre compte de ces t5tatives4 ,mais cette n\velle hypo?se1 quoique ayant t prp>e p> la premire1 n'en tait pas mo9s audacieuse1 et contraire au s5tim5t n de la contemplation directe de la nature4 ,l'humanit p5sante a d att5dre jusqu'au seizime sicle de notre re1 ou1 p\r mieux dire1 jusqu'au dix-septime sicle1 p\r connatre la vritable position de notre plante dans l'univ]s et savoir1 avec tmoignages l'appui1 qu'elle se meut d'un d\ble m\vem5t1 quotidi5nem5t sur elle-mme1 annuellem5t aut\r du ,soleil4 ,a dat] de cette poque seulem5t1 dat] de ,cop]nic1 ,galile1 ,kepl] et ,newton1 l',a/ronomie relle a t fonde4 ,ce n'tait p\rtant l encore qu'un comm5cem5t1 c> le gr& rnovateur du sy/me du monde1 ,cop]nic lui-mme1 ne se d\tait ni des autres m\vem5ts de la ,t]re ni des di/ances des toiles4 ,ce n'e/ qu'en notre sicle que les premires di/ances d'toiles ont pu tre mesures1 et ce n'e/ que de nos j\rs que les dc\v]tes sidrales n\s ont (f]t les donnes ncessaires p\r n\s p]mettre d'essay] de n\s r5dre compte des =ces qui ma9ti5n5t l'quilibre de la ,cration4 ,l'ide antique des rac9es sans f9 attribues la ,t]re laissait videmm5t beauc\p dsir] aux esprits s\cieux d'all] au fond des *oses4 ,il n\s e/ absolum5t impossible de concevoir un pili] matriel1 aussi pais et aussi l>ge qu'on le v\dra 7du diamtre de la ,t]re1 p> exemple71 s'enfonant jusqu' l'inf9i1 de mme qu'on ne peut pas admettre l'exi/5ce relle d'un bton qui n'aurait qu'un b\t4 ,aussi lo9 que notre esprit desc5de v]s la base de ce pili] matriel1 il arrive un po9t o il en voit la f94 ,on avait dissimul la difficult en matrialisant la sphre cle/e et en posant la ,t]re d$ans1 occupant t\te sa rgion infrieure4 ,mais1 d'une "p1 les m\vem5ts des a/res dev5ai5t difficiles ju/ifi]1 et1 d'autre "p1 cet univ]s matriel lui-mme1 enf]m dans un imm5se globe de cri/al1 n'tait t5u p> ri51 puisque l'inf9i devait s't5dre t\t aut\r1 au-dess\s de lui aussi bi5 qu'au-dessus4 ,les esprits *]*eurs dur5t d'abord s'affran*ir de l'ide vulgaire de la pesanteur4 ,isole dans l'espace1 comme un ballon d'enfant flottant dans l'air1 et plus absolum5t encore1 puisque le ballon e/ port p> les vagues ari5nes1 t&is que les mondes gravit5t dans le vide1 la ,t]re e/ un j\et p\r les =ces cosmiques invisibles auxquelles elle obx1 vritable bulle de savon s5sible au mo9dre s\ffle4 ,n\s p\vons1 du re/e1 en jug] facilem5t en envisageant s\s un mme c\p d'il d'ensemble les onze m\vem5ts pr9cipaux dont elle e/ anime4 ,peut-tre n\s aid]ont-ils tr\v] ce po9t fixe que rclame notre ambition philosophique4 ,lance aut\r du ,soleil1 la di/ance de #cg millions de lieues1 et p>c\rant1 cette di/ance1 sa rvolution annuelle aut\r de l'a/re lum9eux1 elle c\rt p> consqu5t la vitesse de #fdc #jjj lieues p> j\r1 soit #bf #hjj lieues l'heure ou #bi #dej mtres p> seconde4 ,cette vitesse e/ onze c5ts fois plus rapide que celle d'un tra9-clair lanc au taux de #ajj kilomtres l'heure4 ,c'e/ un b\let c\rant avec une rapidit soixante-qu9ze fois suprieure celle d'un obus1 c\rant incessamm5t et sans jamais atte9dre son b4 ,en #cfe j\rs #f heures #i m9utes #aj secondes1 le projectile t]re/re e/ rev5u au mme po9t de son orbite relativem5t au ,soleil1 et cont9ue de c\rir4 ,le ,soleil1 de son ct1 se dplace dans l'espace1 suivant une ligne oblique au plan du m\vem5t annuel de la ,t]re1 ligne dirige v]s la con/ellation d',h]cule4 ,il en rsulte qu'au lieu de dcrire une c\rbe f]me1 la ,t]re dcrit une spirale1 et n'e/ jamais passe deux fois p> le mme *em9 depuis qu'elle exi/e4 ,a son m\vem5t de rvolution annuelle aut\r du ,soleil s'aj\te donc p]ptuellem5t1 comme deuxime m\vem5t1 celui du ,soleil lui-mme1 qui l'entrane1 avec t\t le sy/me solaire1 dans une *ute oblique v]s la con/ellation d',h]cule4 ,p5dant ce temps-l1 notre globule pir\ette sur lui-mme en v+t-quatre heures et n\s donne la succession quotidi5ne des j\rs et des nuits4 ,rotation diurne3 troisime m\vem5t4 ,il ne t\rne pas sur lui-mme droit comme une t\pie qui s]ait v]ticale sur une table1 mais incl91 comme *acun sait1 de #bcbg4 ,cette incl9aison n'e/ pas /able non plus3 elle v>ie d'anne en anne1 de sicle en sicle1 oscillant l5tem5t1 p> priodes sculaires2 c'e/ l un quatrime g5re de m\vem5t4 ,l'orbite que notre plante p>c\rt annuellem5t aut\r du ,soleil n'e/ pas circulaire1 mais elliptique4 ,cette ellipse v>ie aussi elle-mme d'anne en anne1 de sicle en sicle2 tantt elle se rappro*e de la circonfr5ce d'un c]cle1 tantt elle s'allonge jusqu' une =te exc5tricit4 ,c'e/ comme un c]ceau la/ique que l'on d=m]ait plus ou mo9s4 ,c9quime complication aux m\vem5ts de la ,t]re4 ,cette ellipse-l elle-mme n'e/ pas fixe dans l'espace1 mais t\rne dans son propre plan en une priode de #ba #jjj ans4 ,le prihlie1 qui1 au comm5cem5t de notre re1 tait #fe degrs de longitude p>tir de l'qu9oxe de pr9temps1 e/ ma9t5ant #aja degrs4 ,ce dplacem5t sculaire de la ligne des apsides apporte une sixime complication aux m\vem5ts de notre sj\r4 ,en voici ma9t5ant une septime4 ,n\s avons dit t\t l'heure que l'axe de rotation de notre globe e/ incl91 et *acun sait que le prolongem5t idal de cet axe ab\tit v]s l'toile polaire4 ,cet axe lui-mme n'e/ pas fixe3 il t\rne en #be #gfe ans1 en g>dant son incl9aison de #bb #bd degrs2 de sorte que son prolongem5t dcrit sur la sphre cle/e1 aut\r du ple de l'cliptique1 un c]cle de #dd #dh degrs de diamtre1 suivant les poques4 ,c'e/ p> suite de ce dplacem5t du ple que ,vga devi5dra toile polaire dans d\ze mille ans1 comme elle l'a t il y a quatorze mille ans4 ,septime g5re de m\vem5t4 ,un huitime m\vem5t1 d l'action de la ,lune sur le r5flem5t quatorial de la ,t]re1 celui de la nutation1 fait dcrire au ple de l'quateur une petite ellipse en #ah ans et #h mois4 ,un neuvime1 d galem5t l'attraction de notre satellite1 *ange incessamm5t la position du c5tre de gravit du globe et la place de la ,t]re dans l'espace3 qu& la ,lune e/ en avant de n\s1 elle acclre la m>*e du globe2 qu& elle e/ en arrire1 elle n\s ret>de1 au contraire1 comme un fre93 complication m5suelle qui vi5t encore s'aj\t] t\tes les prcd5tes4 ,lorsque la ,t]re passe entre le ,soleil et ,jupit]1 l'attraction de celui-ci1 malgr sa di/ance de #aee millions de lieues1 la fait dvi] de #baj au del de son orbite absolue4 ,l'attraction de ,vnus la fait dvi] de #abe en de4 ,saturne et ,m>s agiss5t aussi1 mais plus faiblem5t4 ,ce sont l des p]turbations extrieures qui con/itu5t un dixime g5re de corrections aj\t] aux m\vem5ts de notre esquif cle/e4 ,l'ensemble des plantes pesant environ la sept c5time p>tie du poids du ,soleil1 le c5tre de gravit aut\r duquel la ,t]re circule annuellem5t n'e/ jamais au c5tre mme du ,soleil1 mais lo9 de ce c5tre et s\v5t mme en dehors du globe solaire4 ,or1 absolum5t p>lant1 la ,t]re ne t\rne pas aut\r du ,soleil1 mais les deux a/res1 ,soleil et ,t]re1 t\rn5t aut\r de leur c5tre commun de gravit4 ,le c5tre du m\vem5t annuel de notre plante *ange donc con/amm5t de place1 et n\s p\vons aj\t] cette onzime complication t\tes les prcd5tes4 ,n\s p\rrions mme en aj\t] beauc\p d'autres encore2 mais ce qui prcde suffit p\r faire apprci] le degr de lgret1 de subtilit1 de notre le flottante1 s\mise1 comme on le voit1 t\tes les fluctuations des influ5ces cle/es4 ,l'analyse ma?matique pntre =t lo9 au del de cet expos sommaire3 la ,lune seule1 qui semble t\rn] si tranquillem5t aut\r de n\s1 elle a dc\v]t plus de soixante causes di/9ctes de m\vem5ts diffr5ts6 ,l'expression n'e/ donc pas exagre3 notre plante n'e/ qu'un j\et p\r les =ces cosmiques qui la conduis5t dans les *amps du ciel1 et il en e/ de mme de t\s les mondes et de t\t ce qui exi/e dans l'univ]s4 ,la matire obx docilem5t la =ce4 ,o donc e/ le po9t fixe sur lequel n\s ambitionnons de n\s appuy]8 ,en fait1 notre plante1 autrefois suppose la base du monde1 e/ s\t5ue di/ance p> le ,soleil1 qui la fait gravit] aut\r de lui avec une vitesse correspondante cette di/ance4 ,cette vitesse1 cause p> la masse solaire elle-mme1 ma9ti5t notre plante la mme di/ance moy5ne de l'a/re c5tral3 une vitesse mo9dre f]ait dom9] la pesanteur et amn]ait la *ute de la ,t]re dans le ,soleil2 une vitesse plus gr&e1 au contraire1 loign]ait progressivem5t et inf9im5t notre plante du foy] qui la fait vivre4 ,mais p> la vitesse rsultant de la gravitation1 notre sj\r errant demeure s\t5u dans une /abilit p]man5te4 ,de mme la ,lune e/ s\t5ue dans l'espace p> la =ce de gravit de la ,t]re1 qui la fait circul] aut\r d'elle avec la vitesse requise p\r la ma9t5ir con/amm5t la mme di/ance moy5ne4 ,la ,t]re et la ,lune =m5t a9si dans l'espace un c\ple plantaire qui se s\ti5t dans un quilibre p]ptuel s\s la dom9ation suprme de l'attraction solaire4 ,si la ,t]re exi/ait seule au monde1 elle demeur]ait t]nellem5t immobile au po9t du vide inf9i o elle aurait t place1 sans jamais p\voir ni desc5dre1 ni mont]1 ni *ang] de position de quelque faon que ce ft1 ces expressions mmes1 desc5dre1 mont]1 gau*e ou droite n'ayant aucun s5s absolu4 ,si cette mme ,t]re1 t\t en exi/ant seule1 avait reu une impulsion quelconque1 avait t lance avec une vitesse quelconque dans une direction quelconque1 elle fuirait t]nellem5t en ligne droite dans cette direction1 sans jamais p\voir ni s'arrt]1 ni se ral5tir1 ni *ang] de m\vem5t4 ,il en s]ait encore de mme si la ,lune exi/ait seule avec elle3 elles t\rn]ai5t t\tes deux aut\r de leur c5tre commun de gravit1 accomplissant leur de/9e dans le mme lieu de l'espace1 en fuyant ensemble suivant la direction v]s laquelle elles aurai5t t projetes4 ,le ,soleil exi/ant et tant le c5tre de son sy/me1 la ,t]re1 t\tes les plantes et t\s leurs satellites dp5d5t de lui et ont leur de/9e irrvocablem5t lie la si5ne4 ,le po9t fixe que n\s *]*ons1 la base solide que n\s semblons dsir] p\r assur] la /abilit de l'univ]s1 e/-ce donc dans ce globe si colossal et si l\rd du ,soleil que n\s les tr\v]ons8 ,assurm5t non1 puisque le ,soleil lui-mme n'e/ pas en repos1 puisqu'il n\s emporte avec t\t son sy/me v]s la con/ellation d',h]cule4 ,notre soleil gravite-t-il aut\r d'un soleil imm5se dont l'attraction s't5drait jusqu' lui et rgirait ses de/9es comme il rgit celle des plantes8 ,les inve/igations de l',a/ronomie sidrale conduis5t-elles p5s] que1 dans une direction situe angle droit de notre m>*e v]s ,h]cule1 puisse exi/] un a/re d'une telle puissance8 ,non4 ,notre soleil subit les attractions sidrales2 mais aucune ne p>at dom9] t\tes les autres et rgn] en s\v]a9e sur notre a/re c5tral4 ,quoiqu'il soit p>faitem5t admissible1 ou p\r mieux dire c]ta91 que le soleil le plus pro*e du ntre1 l'toile ,alpha du ,c5taure1 et notre propre soleil1 ress5t5t leur attraction mutuelle1 cep5dant on ne saurait considr] ces deux a/res comme =mant un c\ple analogue ceux des toiles d\bles1 d'abord p>ce que t\s les sy/mes d'toiles d\bles connus sont composs d'toiles beauc\p plus pro*es l'une de l'autre1 ensuite p>ce que1 dans l'imm5sit de l'orbite dcrite suivant cette hypo?se1 les attractions des toiles vois9es ne saurai5t tre considres comme demeurant sans influ5ce1 enf9 p>ce que les vitesses relles dont ces deux soleils sont anims sont beauc\p plus gr&es que celles qui rsult]ai5t de leur attraction mutuelle4 ,la petite con/ellation de ,p]se1 notamm5t1 p\rrait bi5 ex]c] une action plus puissante que celle des ,pliades ou que t\t autre assemblage d'toiles et tre le po9t fixe1 le c5tre de gravit des m\vem5ts de notre soleil1 de ,alpha du ,c5taure et des toiles vois9es1 att5du que les amas de ,p]se se tr\v5t non seulem5t angle droit avec la tang5te de notre translation v]s ,h]cule1 mais encore dans le gr& c]cle des toiles pr9cipales1 et prcism5t l'int]section de ce c]cle avec la ,voie lacte4 ,mais ici int]vi5t un autre facteur1 plus important que t\s les prcd5ts1 cette ,voie lacte1 avec ses dix-huit millions de soleils1 dont il s]ait assurm5t audacieux de *]*] le c5tre de gravit4 ,mais qu'e/-ce encore que la ,voie lacte t\t entire devant les milli>ds d'toiles que notre p5se contemple au se9 de l'univ]s sidral8 ,cette ,voie lacte ne se dplace-t-elle pas elle-mme comme un ar*ipel d'les flottantes8 ,*aque nbuleuse rsoluble1 *aque amas d'toiles n'e/-il pas une ,voie lacte en m\vem5t s\s l'action de la gravitation des autres univ]s qui l'appell5t et la sollicit5t trav]s la nuit inf9ie8 ,d'toiles en toiles1 de sy/mes en sy/mes1 de plages en plages1 notre p5se se tr\ve transporte en prs5ce des gr&eurs insondables1 en face des m\vem5ts cle/es dont on a comm5c valu] la vitesse1 mais qui surpass5t dj t\te conception4 ,le m\vem5t propre annuel du soleil ,alpha du ,c5taure surpasse #ahh millions de lieues p> an4 ,le m\vem5t propre de la #fa;e du ,cygne 7second soleil dans l'ordre des di/ances7 quivaut #cgj millions de lieues p> an ou #a million de lieues p> j\r environ4 ,l'toile ,alpha du ,cygne arrive sur n\s en droite ligne avec une vitesse de #ejj millions de lieues p> an4 ,le m\vem5t propre de l'toile #ahcj du ,catalogue de ,groombridge s'lve #beij millions de lieues p> an1 ce qui reprs5te #g millions de lieues p> j\r1 #aae #jjj kilomtres l'heure ou #cbj #jjj mtres p> seconde6444 ,ce sont l des e/imations m9ima1 att5du que n\s ne voyons c]ta9em5t pas de face1 mais obliquem5t1 les dplacem5ts /ellaires a9si mesurs4 ,quels projectiles6 ,ce sont des soleils1 des milli]s et des millions de fois plus l\rds que la ,t]re1 lancs trav]s les vides insondables avec des vitesses ultra-v]tig9euses1 circulant dans l'imm5sit s\s l'influ5ce de la gravitation de t\s les a/res de l'univ]s4 ,et ces millions1 et ces milli>ds de soleils1 de plantes1 d'amas d'toiles1 de nbuleuses1 de mondes qui comm5c5t1 de mondes qui f9iss5t1 se prcipit5t avec des vitesses analogues1 v]s des buts qu'ils ignor5t1 avec une n]gie1 une int5sit d'action devant lesquelles la p\dre et la dynamite sont des s\ffles d'enfants au b]ceau4 ,et a9si1 t\s ils c\r5t1 p\r l't]nit peut-tre1 sans jamais p\voir se rappro*] des limites inexi/antes de l'inf9i4444 ,p>t\t le m\vem5t1 l'activit1 la lumire et la vie4 ,heureusem5t1 sans d\te4 ,si t\s ces innombrables soleils1 plantes1 t]res1 lunes1 comtes1 tai5t fixes1 immobiles1 rois ptrifis dans leurs t]nels tombeaux1 combi5 plus =midable encore1 mais plus lam5table1 s]ait l'aspect d'un tel univ]s6 ,voyez-v\s t\te la ,cration arrte1 fige1 momifie6 ,une telle ide n'e/-elle pas ins\t5able1 et n'a-t-elle pas quelque *ose de funbre8 ,et qui cause ces m\vem5ts8 qui les entreti5t8 qui les rgit8 ,la gravitation univ]selle1 la =ce invisible1 laquelle l'univ]s visible 7ce que n\s appelons matire7 obx4 ,un corps attir de l'inf9i p> la ,t]re atte9drait une vitesse de #aa #cjj mtres p> seconde2 de mme un corps lanc de la ,t]re avec cette vitesse ne retomb]ait jamais4 ,un corps attir de l'inf9i p> le ,soleil atte9drait une vitesse de #fjh #jjj mtres2 de mme un corps lanc p> le ,soleil avec cette vitesse ne revi5drait jamais son po9t de d"p4 ,des amas d'toiles peuv5t dt]m9] des vitesses beauc\p plus considrables encore1 mais qui s'expliqu5t p> la ?orie de la gravitation4 ,il suffit de jet] les yeux sur une c>te des m\vem5ts propres des toiles p\r se r5dre compte de la v>it de ces m\vem5ts et de leur gr&eur4 ,a9si1 les toiles1 les soleils1 les plantes1 les mondes1 les comtes1 les toiles filantes1 les uranoli!s1 en un mot t\s les corps con/itutifs de ce va/e univ]s repos5t non sur des bases solides1 comme semblait l'exig] la conception primitive et enfant9e de nos pres1 mais sur les =ces invisibles et immatrielles qui rgiss5t leurs m\vem5ts4 ,ces milli>ds de corps cle/es ont leurs m\vem5ts respectifs p\r cause de /abilit et s'appui5t mutuellem5t les uns sur les autres trav]s le vide qui les sp>e4 ,l'esprit qui saurait faire ab/raction du temps et de l'espace v]rait la ,t]re1 les plantes1 le ,soleil1 les toiles1 pleuvoir d'un ciel sans limites1 dans t\tes les directions imag9ables1 comme des g\ttes emportes p> les t\rbillons d'une gigantesque tempte et attires non p> une base1 mais p> l'attraction de *acune et de t\tes2 *acune de ces g\ttes cosmiques1 *acun de ces mondes1 *acun de ces soleils e/ emport p> une vitesse si rapide que le vol des b\lets de canon n'e/ que repos en comp>aison3 ce n'e/ ni c5t1 ni c9q c5ts1 ni mille mtres p> seconde1 c'e/ dix mille1 v+t mille1 c9quante mille1 c5t mille et mme deux ou trois c5t mille mtres p> seconde6 ,comm5t des r5contres n'arriv5t-elles pas au milieu de p>eils m\vem5ts8 ,peut-tre s'en produit-il3 les toiles temporaires qui sembl5t r5atre de leurs c5dres1 p>atrai5t l'indiqu]4 ,mais1 en fait1 des r5contres ne p\rrai5t que difficilem5t se produire1 p>ce que l'espace e/ imm5se relativem5t aux dim5sions des corps cle/es1 et p>ce que le m\vem5t dont *aque corps e/ anim l'emp*e prcism5t de subir passivem5t l'attraction d'un autre corps et de tomb] sur lui3 il g>de son m\vem5t propre1 qui ne peut tre dtruit1 et glisse aut\r du foy] qui l'attire comme un papillon qui obirait l'attraction d'une flamme sans s'y brl]4 ,d'ailleurs1 absolum5t p>lant1 ces m\vem5ts ne sont pas rapides4 ,en effet1 t\t cela c\rt1 vole1 tombe1 r\le1 se prcipite trav]s le vide1 mais de telles di/ances respectives que t\t p>at en repos6 ,si n\s v\lions plac] en un cadre de la dim5sion de ,p>is les a/res dont la di/ance a t mesure jusqu' ce j\r1 l'toile la plus pro*e s]ait place #b kilomtres du ,soleil1 dont la ,t]re s]ait loigne #a c5timtre1 ,jupit] #e c5timtres et ,neptune #cj4 ,la #fa;e du ,cygne s]ait #d kilomtres1 ,sirius #aj kilomtres1 l'toile polaire #bg kilomtres1 etc41 et l'imm5se majorit des toiles re/]ait au del du dp>tem5t de la ,se9e4 ,eh bi51 en animant t\s ces projectiles de leurs m\vem5ts relatifs1 la ,t]re devrait employ] une anne p>c\rir son orbite d'un c5timtre de rayon1 ,jupit] d\ze ans p>c\rir la si5ne de c9q c5timtres1 et ,neptune1 c5t soixante-c9q ans4 ,les m\vem5ts propres du ,soleil et des toiles s]ai5t du mme ordre4 ,c'e/ dire que t\t p>atrait en repos1 mme au microscope4 ,uranie rgne avec calme et srnit dans l'imm5sit de l'univ]s4 ,or1 la con/itution de l'univ]s sidral e/ l'image de celle des corps que n\s appelons matriels4 ,t\t corps1 organique ou inorganique1 homme1 animal1 plante1 pi]re1 f]1 bronze1 e/ compos de molcules en m\vem5t p]ptuel et qui ne se t\*5t pas4 ,ces molcules sont elles-mmes composes d'atomes qui ne se t\*5t pas4 ,*acun de ces atomes e/ inf9im5t petit et invisible1 non seulem5t aux yeux1 non seulem5t au microscope1 mais mme la p5se1 puisqu'il e/ possible que ces atomes ne soi5t que des c5tres de =ces4 ,on a calcul que dans une tte d'p+le il n'y a pas mo9s de huit sextillions d'atomes1 soit huit mille milli>ds de milli>ds1 et que dans #a c5timtre cube d'air il n'y a pas mo9s d'un sextillion de molcules4 ,t\s ces atomes1 t\tes ces molcules sont en m\vem5t s\s l'influ5ce des =ces qui les rgiss5t1 et1 relativem5t leurs dim5sions1 de gr&es di/ances les sp>5t4 ,n\s p\vons mme p5s] qu'il n'y a en pr9cipe qu'un g5re d'atomes1 et que c'e/ le nombre des atomes primitifs1 ess5tiellem5t simples et homognes1 leurs modes d'arrangem5ts et leurs m\vem5ts qui con/itu5t la div]sit des molcules3 une molcule d'or1 de f]1 ne diffr]ait d'une molcule de s\fre1 d'oxygne1 d'hydrogne1 etc41 que p> le nombre1 la disposition et le m\vem5t des atomes primitifs qui la compos5t2 *aque molcule s]ait un sy/me1 un microcosme4 ,mais1 quelle que soit l'ide que l'on se fasse de la con/itution intime des corps1 la vrit auj\rd'hui reconnue et dsormais inconte/able e/ que le po9t fixe *]* p> notre imag9ation n'exi/e nulle "p4 ,ar*imde peut rclam] en va9 un po9t d'appui p\r s\lev] le monde4 ,les mondes comme les atomes repos5t sur l'invisible1 sur la =ce immatrielle2 t\t se meut1 sollicit p> l'attraction et comme la re*]*e de ce po9t fixe qui se drobe mesure qu'on le p\rsuit1 et qui n'exi/e pas1 puisque dans l'inf9i le c5tre e/ p>t\t et nulle "p4 ,les esprits prt5dus positifs1 qui affirm5t avec tant d'assurance que la matire rgne seule avec ses proprits1 et qui s\ri5t ddaigneusem5t des re*]*es des p5seurs1 devrai5t d'abord n\s dire ce qu'ils ent5d5t p> ce fameux mot de matire4 ,s'ils ne s'arrtai5t pas la sup]ficie des *oses1 s'ils s\ponnai5t que les app>5ces ca*5t des ralits intangibles1 ils s]ai5t sans d\te un peu plus mode/es4 ,p\r n\s1 qui *]*ons la vrit sans ides prconues et sans esprit de sy/me1 il n\s semble que l'ess5ce de la matire re/e aussi my/rieuse que l'ess5ce de la =ce1 l'univ]s visible n'tant po9t du t\t ce qu'il p>at tre nos s5s4 ,en fait1 cet univ]s visible e/ compos d'atomes invisibles2 il repose sur le vide1 et les =ces qui le rgiss5t sont en elles-mmes immatrielles et invisibles4 ,il s]ait mo9s h>di de p5s] que la matire n'exi/e pas1 que t\t e/ dynamisme1 que de prt5dre affirm] l'exi/5ce d'un univ]s exclusivem5t matriel4 ,quant au s\ti5 matriel du monde1 il a disp>u1 rem>que assez piquante1 prcism5t avec les conqutes de la ,mcanique1 qui proclam5t le triomphe de l'invisible4 ,le po9t fixe s'van\it dans l'univ]selle pondration des p\voirs1 dans l'idale h>monie des vibrations de l'!r2 plus on le *]*e1 mo9s on le tr\ve2 et le d]ni] ef=t de notre p5se a p\r d]ni] appui1 p\r suprme ralit1 l',,inf9i4 ,illu/ration ,illu/ration ,v ,,ame ,,vetue ,d',,air ,elle se t5ait deb\t1 dans sa *a/e nudit1 les bras levs v]s sa *evelure dont elle tordait les masses s\ples et opul5tes1 qu'elle s'ef=ait d'assujettir au sommet de sa tte4 ,c'tait une beaut juvnile1 qui n'avait pas encore atte9t la p]fection et l'ampleur des =mes df9itives1 mais qui en appro*ait1 rayonnant dans l'aurole de sa dix-septime anne4 ,enfant de ,v5ise1 sa c>nation1 d'une blan*eur lgrem5t rose1 laissait dev9] s\s sa transp>5ce1 la circulation d'une sve ard5te et =te2 ses yeux brillai5t d'un clat my/rieux et tr\blant1 et la r\geur vel\te de ses lvres lgrem5t entr'ouv]tes faisait dj song] au fruit autant qu' la fleur4 ,elle tait m]veilleusem5t belle a9si1 et si quelque n\veau ,pris avait reu mission de lui dc]n] la palme1 je ne sais s'il et mis ses pi$s celle de la grce1 de l'lgance ou de la beaut1 tant elle semblait runir le *>me vivant de la sduction mod]ne aux calmes p]fections de la beaut classique4 ,le plus heureux1 le plus inatt5du des has>ds n\s avait am5s devant elle1 le pe9tre ,fal]o et moi4 ,p> un lum9eux aprs-midi du pr9temps d]ni]1 n\s prom5ant sur les bords de la m]1 n\s avions trav]s l'un de ces bois d'olivi]s au tri/e feuillage que l'on r5contre entre ,nice et ,monaco1 et1 sans n\s en ap]cevoir1 n\s avions pntr dans une proprit p>ticulire ouv]te du ct de la plage4 ,un s5ti] pittoresque montait en s]p5tant v]s la coll9e4 ,n\s v5ions de pass] au-dessus d'un bosquet d'orang]s dont les pommes d'or rappelai5t le j>d9 des ,hesprides2 l'air tait p>fum1 le ciel d'un bleu pr(ond1 et n\s disc\rions sur un p>allle entre l'art et la sci5ce lorsque mon compagnon1 arrt t\t c\p comme p> une fasc9ation irrsi/ible1 me fit signe de me taire et de reg>d]4 ,d]rire les massifs de cactus et de figui]s de ,b>b>ie1 quelques pas devant n\s1 une salle de ba9 somptueuse1 ayant sa f5tre ouv]te du ct du soleil1 n\s laissait voir1 non lo9 d'une vasque de m>bre dans laquelle un jet d'eau retombait avec un d\x murmure1 la jeune fille inconnue1 deb\t devant une colossale psy* qui1 de la tte aux pi$s1 refltait son image4 ,sans d\te le bruit du jet d'eau l'emp*a-t-il d'ent5dre notre appro*e4 ,discrtem5t--ou plutt indiscrtem5t--n\s re/mes d]rire les cactus1 reg>dant1 muets1 immobiles4 ,elle tait belle1 semblant s'ignor] elle-mme4 ,les pi$s sur une peau de tigre1 elle ne se pressait po9t4 ,tr\vant sa longue *evelure encore trop humide1 elle la laissa retomb] sur son corps1 se ret\rna de notre ct et v9t cueillir une rose sur une table vois9e de la f5tre2 puis1 rev5ant v]s l'imm5se miroir1 elle se remit sa coiffure1 la complta tranquillem5t1 plaa la petite rose entre deux torsades et1 t\rnant le dos au soleil1 se p5*a1 sans d\te p\r pr5dre son premi] vtem5t4 ,mais s\da9 elle se releva1 p\ssa un cri p]ant et se ca*a la tte dans les ma9s1 en se mettant c\rir v]s un co9 sombre4 ,n\s avons t\j\rs p5s1 depuis1 qu'un m\vem5t de nos ttes avait trahi notre prs5ce1 ou que1 p> un jeu du miroir1 elle n\s avait ap]u4 ,quoi qu'il en soit1 n\s crmes prud5t de rev5ir sur nos pas1 et1 p> le mme s5ti]1 n\s r$esc5dmes v]s la m]4 ,ah6 fit mon compagnon1 je v\s av\e que1 de t\s mes modles1 je n'en ai pas vu de plus p>fait1 mme p\r mon tableau des toiles d\bles et p\r celui de ,clia4 ,qu'en p5sez-v\s v\s-mme8 ,cette app>ition n'e/-elle pas arrive ju/e po9t p\r me donn] raison8 ,v\s avez beau clbr] avec loqu5ce les dlices de la sci5ce1 conv5ez que l'art1 lui aussi1 a ses *>mes4 ,les toiles de la ,t]re ne rivalis5t-elles pas avantageusem5t avec les beauts du ,ciel8 ,n'admirez-v\s pas comme n\s l'lgance de ces =mes8 ,quels tons ravissants6 ,quelles *airs6 --,je n'aurais pas le mauvais gt de ne po9t admir] ce qui e/ vraim5t beau1 rpliquai-je1 et j'admets que la beaut huma9e 7et je v\s le concde sans hsitation1 la beaut fm99e en p>ticuli]7 reprs5te vraim5t ce que la nature a produit de plus p>fait sur notre plante4 ,mais savez-v\s ce que j'admire le plus dans cet tre8 ,ce n'e/ po9t son aspect arti/ique ou e/htique1 c'e/ le tmoignage sci5tifique qu'il n\s donne d'un fait t\t simplem5t m]veilleux4 ,dans ce corps *>mant je vois une me vtue d'air4 --,oh6 v\s aimez le p>adoxe4 ,une me vtue d'air6 ,c'e/ bi5 idali/e p\r un corps aussi rel4 ,que cette *>mante p]sonne ait une me1 je n'en d\te pas2 mais p]mettez l'arti/e d'admir] son corps1 sa vie1 sa solidit1 sa c\leur4444 ,je dirais volonti]s1 avec le pote des ,ori5tales3 ,c> c'e/ un a/re qui brille ,qu'une fille ,qui sort d'un ba9 au flot clair1 ,*]*e s'il ne vi5t p]sonne1 ,et frissonne1 ,t\te m\ille1 au gr& air6 --,je ne v\s l'int]dis po9t4 ,mais c'e/ prcism5t cette beaut physique qui me fait admir] en elle l'me1 la =ce invisible qui l'a =me4 --,comm5t l'ent5dez-v\s8 ,on a srem5t un corps4 ,l'exi/5ce de l'me e/ mo9s palpable4 --,p\r les s5s1 oui4 ,p\r l'esprit1 non4 ,or1 les s5s n\s tromp5t absolum5t1 sur le m\vem5t de la ,t]re1 sur la nature du ,ciel1 sur la solidit app>5te des corps1 sur les tres et sur les *oses4 ,v\lez-v\s suivre un in/ant mon raisonnem5t8 ,illu/ration ,lorsque je respire le p>fum d'une rose1 lorsque j'admire la beaut de =me1 la suavit de coloris1 l'lgance de cette fleur en son premi] pan\issem5t1 ce qui me frappe le plus1 c'e/ l'uvre de la =ce ca*e1 inconnue1 my/rieuse1 qui prside la vie de la plante1 qui sait la dirig] dans l'entreti5 de son exi/5ce1 qui *oisit les molcules de l'air1 de l'eau1 de la t]re conv5ables p\r son alim5tation1 et surt\t qui sait assimil] ces molcules et les gr\p] dlicatem5t au po9t d'en =m] cette tige lgante1 ces petites feuilles v]tes si f9es1 ces ptales d'un rose si t5dre1 ces nuances exquises et ces dlicieux p>fums4 ,cette =ce my/rieuse1 c'e/ le pr9cipe animique de la plante4 ,mettez dans la t]re1 ct les uns des autres1 une gra9e de lis1 un gl& de *ne1 un gra9 de bl et un noyau de p*e1 *aque g]me se con/ruira son organisme4 ,j'ai connu un rable qui se m\rait sur les dcombres d'un vieux mur1 quelques mtres de la bonne t]re du foss1 et qui1 dsespr1 lana une rac9e av5tureuse1 atteignit le sol de sa convoitise1 s'y enfona1 y prit un pi$ solide1 si bi5 qu'ins5siblem5t1 lui1 l'immobile1 se dplaa1 laissa m\rir ses rac9es primitives1 quitta les pi]res et vcut ressuscit1 trans=m1 sur l'organe librateur4 ,j'ai connu des ormes qui allai5t mang] la t]re s\s un *amp f]tile1 auxquels on c\pa les vivres p> un l>ge foss1 et qui prir5t la dcision de faire pass] p>-dess\s le foss leurs rac9es non c\pes3 elles y russir5t et ret\rnr5t leur table p]man5te1 au gr& tonnem5t de l'horticulteur4 ,j'ai connu un jasm9 hroque qui trav]sa huit fois une plan*e tr\e qui le sp>ait de la lumire1 et qu'un obs]vateur taqu9 ret\rnait v]s l'obscurit dans l'esprance de lass] la f9 l'n]gie de cette fleur3 il n'y p>v9t pas4 ,illu/ration ,la plante respire1 boit1 mange1 *oisit1 refuse1 *]*e1 travaille1 vit1 agit suivant ses in/9cts2 celle-ci se porte comme un *>me1 celle-l e/ s\ffrante1 cette autre e/ n]veuse1 agite4 ,la s5sitive frissonne et tombe pme au mo9dre att\*em5t4 ,en c]ta9es heures de bi5-tre1 l'arum e/ *aud1 l'illet phosphoresc5t1 la vallisnrie fconde desc5d au fond des eaux mrir le fruit de ses am\rs4 ,s\s ces manife/ations d'une vie inconnue1 le philosophe ne peut s'emp*] de reconnatre dans le monde des plantes un *ant du *ur univ]sel4 ,je ne vais pas plus lo9 en ce mom5t p\r l'me huma9e1 quoiqu'elle soit incomp>ablem5t suprieure l'me de la plante et quoiqu'elle ait cr un monde intellectuel autant lev au-dessus du re/e de la vie t]re/re que les toiles sont leves au-dessus de la ,t]re4 ,ce n'e/ pas au po9t de vue de ses facults spirituelles que je l'envisage ici1 mais seulem5t comme =ce animant l'tre huma94 ,eh bi56 j'admire que cette =ce gr\pe les atomes que n\s respirons1 ou que n\s n\s assimilons p> la nutrition1 au po9t d'en con/itu] cet tre *>mant4 ,revoyez cette jeune fille le j\r de sa naissance et suivez p> la p5se le dveloppem5t graduel de ce petit corps1 trav]s les annes de l'ge +rat1 jusqu'aux premires grces de l'adolesc5ce et jusqu'aux =mes de la nubilit4 ,comm5t l'organisme huma9 s'entreti5t-il1 se dveloppe-t-il1 se compose-t-il8 ,v\s le savez3 p> la respiration et p> la nutrition4 ,dj1 p> la respiration1 l'air n\s n\rrit aux trois qu>ts4 ,l'oxygne de l'air entreti5t le feu de la vie1 et le corps e/ comp>able une flamme incessamm5t r5\vele p> les pr9cipes de la combu/ion4 ,le manque d'oxygne te9t la vie comme il te9t la lampe4 ,p> la respiration1 le sang ve9eux brun se trans=me en sang artriel r\ge et se rgnre4 ,les p\mons sont un f9 tissu cribl de qu>ante c9quante millions de petits tr\s1 ju/e trop petits p\r laiss] filtr] le sang et assez gr&s p\r laiss] pntr] l'air4 ,un p]ptuel *ange de gaz se fait entre l'air et le sang1 le premi] f\rnissant au second l'oxygne1 le second lim9ant l'acide c>bonique4 ,d'une "p1 l'oxygne atmosphrique brle dans le p\mon du c>bone2 d'autre "p1 le p\mon exhale de l'acide c>bonique1 de l'azote et de la vapeur d'eau4 ,les plantes respir5t 7de j\r7 p> un procd contraire1 absorb5t du c>bone et exhal5t de l'acide c>bonique1 entret5ant p> ce contra/e une p>tie de l'quilibre gnral de la vie t]re/re4 ,de quoi se compose le corps huma98 ,l'homme adulte pse1 en moy5ne1 #gj kilogrammes4 ,sur cette quantit1 il y a prs de #eb kilogrammes d'eau1 dans le sang et dans la *air4 ,analysez la sub/ance de notre corps1 v\s y tr\vez l'album9e1 la fibr9e1 la casine et la glat9e1 c'e/--dire des sub/ances organiques composes orig9airem5t p> les quatre gaz ess5tiels3 l'oxygne1 l'azote1 l'hydrogne et l'acide c>bonique4 ,v\s y tr\vez aussi des sub/ances dp\rvues d'azote1 telles que la gomme1 le sucre1 l'amidon1 les corps gras2 ces matires pass5t galem5t p> notre organisme1 leur c>bone et l'hydrogne sont consums p> l'oxygne aspir p5dant la respiration1 et ensuite exhals s\s =me d'acide c>bonique et d'eau4 ,l'eau1 v\s ne l'ignorez pas1 e/ une comb9aison de deux gaz1 l'oxygne et l'hydrogne2 l'air1 un mlange de deux gaz1 l'oxygne et l'azote1 auxquels s'aj\t5t1 en proportions plus faibles1 l'eau s\s =me de vapeur1 l'acide c>bonique1 l'ammoniaque1 l'ozone1 qui n'e/1 du re/e1 que de l'oxygne cond5s1 etc4 ,a9si1 notre corps n'e/ compos que de gaz trans=ms4 --,mais1 int]rompit mon compagnon1 n\s ne vivons pas seulem5t de l'air du temps4 ,il n\s faut1 en c]ta9es heures indiques p> notre e/omac1 y aj\t] quelques supplm5ts qui ont bi5 leur valeur1 tels qu'une aile de faisan1 un filet de sole1 un v]re de *teau-laffitte ou de *ampagne1 ou1 suivant vos gts1 des asp]ges1 des rais9s1 des p*es4444 --,oui1 t\t cela passe trav]s notre organisme et en r5\velle les tissus1 assez rapidem5t mme1 c> en quelques mois 7non plus en sept ans1 comme on le croyait autrefois7 notre corps e/ entirem5t r5\vel4 ,je revi5s encore cet tre ravissant qui posa devant n\s1 t\t l'heure4 ,eh bi56 t\te cette *air que n\s admirions n'exi/ait pas il y a trois ou quatre mois3 ces paules1 ce visage1 ces yeux1 cette b\*e1 ces bras1 cette *evelure1 et jusqu'aux ongles mme1 t\t cet organisme n'e/ autre *ose qu'un c\rant de molcules1 une flamme sans cesse r5\vele1 une rivire que l'on contemple p5dant la vie entire1 mais o l'on n'a jamais revu la mme eau4 ,or1 t\t cela c'e/ encore du gaz assimil1 cond5s1 modifi1 et c'e/ surt\t de l'air4 ,ces os eux-mmes1 auj\rd'hui solides1 se sont =ms et solidifis ins5siblem5t4 ,n'oubliez pas que notre corps t\t enti] e/ compos de molcules invisibles1 qui ne se t\*5t pas1 et qui se r5\vell5t sans cesse4 ,en effet1 notre table e/-elle s]vie de lgumes ou de fruits1 sommes-n\s vgt>i5s1 n\s absorbons des sub/ances puises presque entirem5t dans l'air3 cette p*e1 c'e/ de l'eau et de l'air2 cette poire1 ce rais91 cette am&e sont galem5t de l'air1 de l'eau1 quelques lm5ts gazeux ou liquides appels l p> la sve1 p> la *aleur solaire1 p> la pluie4 ,asp]ge ou salade1 petits pois ou arti*auts1 laitue ou *icore1 c]ises1 fraises ou framboises1 t\t cela vit dans l'air et p> l'air4 ,ce que donne la t]re1 ce que va *]*] la sve1 ce sont encore des gaz1 et les mmes1 azote1 oxygne1 hydrogne1 c>bone1 etc4 ,s'agit-il d'un bifteck1 d'un p\let ou de quelque autre vi&e1 la diffr5ce n'e/ pas considrable4 ,le m\ton1 le buf se sont n\rris d'h]be4 ,que n\s gtions d'une p]drix aux *\x1 d'une caille rtie1 d'une d9de truffe ou d'un civet de livre1 t\tes ces sub/ances1 en app>5ce si div]ses1 ne sont que du vgtal trans=m1 lequel n'e/ lui-mme qu'un gr\pem5t de molcules puises dans les gaz dont n\s v5ons de p>l]1 air1 lm5ts de l'eau1 molcules et atomes1 en eux-mmes presque impondrables1 et d'ailleurs absolum5t invisibles l'il nu4 ,a9si1 quel que soit notre g5re de n\rriture1 notre corps1 =m1 entret5u1 dvelopp p> l'absorption des molcules acquises p> la respiration et l'alim5tation1 n'e/ en df9itive qu'un c\rant incessamm5t r5\vel en v]tu de cette assimilation1 dirig1 rgi1 organis p> la =ce immatrielle qui n\s anime4 ,cette =ce1 n\s p\vons assurm5t lui accord] le nom d'me4 ,elle gr\pe les atomes qui lui convi5n5t1 lim9e ceux qui lui sont inutiles1 et1 p>tant d'un po9t imp]ceptible1 d'un g]me insaisissable1 arrive con/ruire ici l',apollon du ,belvdre1 ct la ,vnus du ,capitole4 ,phidias n'e/ qu'un imitateur grossi]1 comp>ativem5t cette =ce intime et my/rieuse4 ,pygmalion dev9t amant de la /atue dont il fut pre1 disait la my?ologie4 ,erreur6 ,pygmalion1 ,praxitle1 ,mi*el-,ange1 ,b5v5uto1 ,canova n'ont cr que des /atues4 ,plus sublime e/ la =ce qui sait con/ruire le corps vivant de l'homme et de la femme4 ,mais cette =ce e/ immatrielle1 invisible1 intangible1 impondrable1 comme l'attraction qui b]ce les mondes dans l'univ]selle mlodie1 et le corps1 quelque matriel qu'il n\s p>aisse1 n'e/ pas autre *ose lui-mme qu'un h>monieux gr\pem5t =m p> l'attraction de cette =ce intrieure4 ,v\s voyez donc que je re/e /rictem5t dans les limites de la sci5ce positive en qualifiant cette jeune fille du titre d'me vtue d'air1 comme v\s et moi1 d'ailleurs1 ni plus ni mo9s4 ,depuis les orig9es de l'humanit jusqu'en ces d]ni]s sicles1 on a cru que la s5sation tait p]ue au po9t mme o on l'pr\vait4 ,une d\leur ress5tie au doigt tait considre comme ayant son sige dans le doigt mme4 ,les enfants et beauc\p de p]sonnes le croi5t encore4 ,la physiologie a dmontr que l'impression e/ transmise depuis le b\t du doigt jusqu'au c]veau p> l'int]mdiaire du sy/me n]veux4 ,si l'on c\pe le n]f1 on peut se brl] le doigt impunm5t1 la p>alysie e/ complte4 ,on a mme dj pu dt]m9] le temps que l'impression emploie p\r se transmettre d'un po9t quelconque du corps au c]veau1 et l'on sait que la vitesse de cette transmission e/ d'environ v+t-huit mtres p> seconde4 ,ds lors on a rapport la s5sation au c]veau4 ,mais on s'e/ arrt en *em94 ,le c]veau e/ matire comme le doigt1 et nullem5t une matire /able et fixe4 ,c'e/ une matire ess5tiellem5t *angeante1 rapidem5t v>iable1 ne =mant po9t une id5tit4 ,il n'exi/e1 il ne peut exi/] dans t\te la masse encphalique un seul lobe1 une seule cellule1 une seule molcule qui ne *ange pas4 ,un arrt de m\vem5t1 de circulation1 de trans=mation1 s]ait un arrt de mort4 ,le c]veau ne subsi/e et ne s5t qu' la condition de subir1 comme t\t le re/e du corps1 les trans=mations incessantes de la matire organique qui con/itu5t le circuit vital4 ,ce n'e/ donc pas1 ce ne peut donc pas tre dans une c]ta9e matire crbrale1 dans un c]ta9 gr\pem5t de molcules que rside notre p]sonnalit1 notre id5tit1 notre moi individuel1 notre moi qui acqui]t et cons]ve une valeur p]sonnelle1 sci5tifique et morale1 gr&issante avec l'tude1 notre moi qui e/ et se s5t responsable de ses actes accomplis il y a un mois1 un an1 dix ans1 v+t ans1 c9quante ans1 dure p5dant laquelle le gr\pem5t molculaire le plus intime a t *ang plusieurs fois4 ,les physiologi/es qui affirm5t que l'me n'exi/e pas ressembl5t leurs anctres qui affirmai5t ress5tir la d\leur au doigt ou au pi$4 ,ils sont un peu mo9s lo9 de la vrit1 mais en s'arrtant au c]veau et en faisant rsid] l'tre huma9 dans les impressions crbrales1 ils s'arrt5t sur la r\te4 ,cette hypo?se e/ d'autant mo9s excusable que ces mmes physiologi/es sav5t p>faitem5t que la s5sation p]sonnelle e/ t\j\rs accompagne d'une modification de la sub/ance4 ,en d'autres t]mes1 le moi de l'individu ne p]si/e que si l'id5tit de sa matire ne p]si/e pas4 ,notre pr9cipe de s5sibilit ne peut donc tre un objet matriel2 il e/ mis en relation avec l'univ]s p> les impressions crbrales1 p> les =ces *imiques dgages dans l'encphale la suite de comb9aisons matrielles4 ,mais il e/ autre4 ,et p]ptuellem5t se trans=me notre con/itution organique s\s la direction d'un pr9cipe psy*ique4 ,telle molcule1 qui e/ ma9t5ant incorpore dans notre organisme1 va s'en *app] p> l'expiration1 la transpiration1 etc41 app>t5ir l'atmosphre p5dant un temps plus ou mo9s long1 puis tre incorpore dans un autre organisme1 plante1 animal ou homme4 ,les molcules qui con/itu5t actuellem5t votre corps n'tai5t pas t\tes hi] intgres votre p]sonne1 et aucune n'y tait il y a quelques mois4 ,o tai5t-elles8--,soit dans l'air1 soit dans un autre corps4 ,t\tes les molcules qui =m5t ma9t5ant vos tissus organiques1 vos p\mons1 vos yeux1 votre c]veau1 vos jambes1 etc41 ont dj s]vi =m] d'autres tissus organiques4444 ,n\s sommes t\s des morts ressuscits1 fabriqus de la p\ssire de nos anctres4 ,si t\s les hommes qui ont vcu jusqu' cette poque ressuscitai5t1 il y en aurait c9q p> pi$ c>r sur t\te la surface des cont95ts1 et obligs p\r se t5ir de mont] sur les paules des uns des autres2 mais ils ne p\rrai5t ressuscit] t\s intgralem5t1 c> bi5 des molcules ont successivem5t s]vi plusieurs corps4 ,de mme1 nos organes actuels1 diviss un j\r en leurs d]nires p>ticules1 se tr\v]ont incorpors dans nos successeurs4 ,*aque molcule d'air passe donc t]nellem5t de vie en vie et s'en *appe de mort en mort3 t\r t\r v5t1 flot1 t]re1 animal ou fleur1 elle e/ successivem5t incorpore la sub/ance des innombrables organismes4 ,s\rce 9puisable o t\t ce qui vit pr5d son hale9e1 l'air e/ encore un rs]voir imm5se o t\t ce qui meurt v]se son d]ni] s\ffle3 s\s son absorption1 vgtaux et animaux1 organismes div]s naiss5t1 puis dpriss5t4 ,la vie et la mort sont galem5t dans l'air que n\s respirons et se succd5t p]ptuellem5t l'une l'autre p> l'*ange des molcules gazeuses2 la molcule d'oxygne qui s'exhale de ce vieux *ne va s'envol] aux p\mons de l'enfant au b]ceau2 les d]ni]s s\pirs d'un m\rant vont tiss] la brillante corolle de la fleur ou se rp&re comme un s\rire sur la v]doyante prairie2 et a9si1 p> un en*anem5t inf9i de morts p>tielles1 l'atmosphre alim5te incessamm5t la vie univ]selle dploye la surface du monde4 ,et si v\s imag9iez encore quelque objection1 j'irais plus lo9 et j'aj\t]ais que nos vtem5ts eux-mmes sont1 aussi bi5 que nos corps1 composs de sub/ances qui1 primitivem5t1 ont t\tes t gazeuses4 ,pr5ez ce fil1 tirez-le1 quelle rsi/ance6 ,que de tissus1 de bati/e1 de soie1 de toile1 de coton1 de la9e1 l'indu/rie a =ms l'aide de ces trames et de ces *anes6 ,p\rtant1 qu'e/-ce que ce fil de l91 de *anvre ou de coton8 des globules d'air juxtaposs et qui ne se ti5n5t que p> leur =ce molculaire4 ,qu'e/-ce que ce fil de soie ou de la9e8 une autre juxtaposition de molcules4 ,conv5ez-en donc1 nos vtem5ts eux-mmes1 c'e/ encore de l'air1 du gaz1 des sub/ances puises en pr9cipe dans l'atmosphre1 oxygne1 azote1 c>bone1 vapeur d'eau1 etc4 --,je vois avec bonheur1 reprit le pe9tre1 que l'art n'e/ pas aussi lo9 de la sci5ce qu'on le suppose dans c]ta9es sphres4 ,si votre ?orie e/1 p\r v\s1 purem5t sci5tifique1 p\r moi c'e/ de l'art1 et du meilleur4 ,et puis1 d'ailleurs1 e/-ce que dans la nature t\tes ces di/9ctions exi/5t8 ,non3 il n'y a dans la nature ni art1 ni sci5ce1 ni sculpture1 ni pe9ture1 ni dcoration1 ni musique1 ni physique1 ni *imie1 ni mtorologie1 ni a/ronomie1 ni mcanique4 ,voyez ce ciel1 cette m]1 ces contre=ts des ,alpes1 ces nuages roses du soir1 ces p]spectives lum9euses v]s l',italie3 t\t cela e/ un4 ,t\t e/ un4 ,et puisque la physique molculaire n\s dmontre qu'il n'y a plus de corps1 que dans une b>re d'aci] ou de plat9e mme les atomes ne se t\*5t pas1 au mo9s que les mes n\s re/5t3 p]sonne n'y p]dra4 --,oui1 c'e/ un fait contre lequel aucun prjug ne saurait prvaloir3 les tres vivants sont des mes vtues d'air4444 ,je pla9s les mondes dp\rvus d'atmosphre4 ,n\s tions rev5us1 aprs une longue prom5ade au bord de la m]1 non lo9 de notre po9t de d"p1 et n\s passions devant le mur crnel d'une villa1 n\s dirigeant de ,beaulieu v]s le cap ,f]rat1 lorsque deux dames =t lgantes n\s croisr5t4 ,c'tai5t la du*esse de ,v444 et sa fille1 que n\s avions r5contres le jeudi prcd5t au bal de la ,prfecture4 ,n\s les salumes1 puis disp>mes s\s les olivi]s4 ,inconsci5te fille d've1 la jeune fille se ret\rna v]s n\s1 et il me sembla qu'une r\geur subite avait emp\rpr son visage2 c'tait sans d\te le reflet des rayons du soleil c\*ant4 ,v\s croyez peut-tre1 fit l'arti/e en se ret\rnant aussi1 avoir dim9u mon admiration p\r la beaut8 ,eh bi56 je l'apprcie mieux encore1 je salue en elle l'h>monie1 et1 v\s l'av\]ai-je8 le corps huma91 considr a9si comme la manife/ation s5sible d'une me directrice1 me p>at acqurir p> l plus de noblesse1 plus de beaut et plus de lumire4 ,illu/ration ,illu/ration ,,vi ,,ad ,,v]itatem ,,p] ,,sci5tiam ,je travaillais1 dans ma biblio?que1 une tude sur les conditions de la vie la surface des mondes g\v]ns et illum9s p> plusieurs soleils de gr&eurs diffr5tes1 lorsqu'en levant les yeux v]s la *em9e je fus frapp de l'expression1 je dirais presque de l'animation1 du visage de ma *re ,uranie4 ,c'tait la mme expression gracieuse et vivante qui jadis--oh6 que la ,t]re t\rne vite et qu'un qu>t de sicle dure peu6--qui jadis--et il me semble que c'tait hi]6--qui jadis1 en ces j\rs d'adolesc5ce si rapidem5t envols1 avait sduit ma p5se et enflamm mon cur4 ,je ne pus me df5dre de la reg>d] encore et d'y repos] mes yeux4 ,vraim5t1 elle tait t\j\rs aussi belle1 et mes impressions n'avai5t pas *ang4 ,elle m'attirait1 comme la lumire attire l'insecte4 ,je me levai de ma table p\r m'appro*] d'elle et revoir ce s+uli] effet de l'illum9ation du j\r sur sa *angeante physionomie1 et je me surpris deb\t devant elle1 oublieux de mon travail4 ,son reg>d semblait flott] au lo91 mais p\rtant il s'animait1 il se fixait4 ,sur quoi8 ,sur qui8 ,j'eus l'impression intime qu'elle voyait vraim5t1 et suivant la direction de ce reg>d fixe1 immobile1 sol5nel1 quoique non svre1 mes yeux r5contrr5t le portrait de ,sp]o1 susp5du l1 entre deux biblio?ques4 ,en vrit1 ,uranie le reg>dait fixem5t6 ,t\t d'un c\p1 le portrait se dta*a du mur et tomba en brisant son cadre4 ,je me prcipitai4 ,le portrait gisait sur le tapis1 et la d\ce figure de ,sp]o tait t\rne v]s moi4 ,en le relevant1 je tr\vai un gr& papi] jauni1 qui occupait t\te l't5due du tableau1 et qui tait crit1 des deux cts1 de l'criture de ,sp]o4 ,comm5t n'avais-je jamais rem>qu ce papi]8 ,il e/ vrai qu'il avait pu re/] ca* s\s la g>niture de l'encadrem5t1 dissimul s\s le c>ton protecteur4 ,en effet1 lorsque je rapportai cette aqu>elle de ,*ri/iania1 je n'eus po9t la p5se d'en exam9] l'ag5cem5t4 ,mais qui donc avait eu l'ide biz>re de plac] a9si cette feuille8 ,ce n'e/ pas sans une vive /upfaction que je reconnus l'criture de mon ami et que je p>c\rus ces deux pages4 ,selon t\te app>5ce1 elles avai5t t crites le d]ni] j\r de la vie t]re/re du jeune p5seur1 le j\r de son asc5sion v]s l'aurore borale1 et sans d\te1 le pre d',icla avait-il v\lu cons]v] plus srem5t ces d]nires et suprmes p5ses en les encadrant avec le portrait de ,sp]o4 ,il avait oubli de m'en p>l] lorsqu'il m'(frit ensuite comme s\v5ir cette image si *re1 lors de mon pl]9age la tombe des deux amants4 ,quoi qu'il en soit1 t\t en plaant avec prcaution l'aqu>elle sur ma table1 j'pr\vai la plus vive motion en reconnaissant *aque dtail de cette figure aime3 c'tai5t bi5 ces yeux si d\x et si pr(onds1 t\j\rs nigmatiques1 ce front va/e1 si calme en app>5ce1 cette b\*e f9e et d'une s5sualit rs]ve1 cette coloration claire du visage1 du c\ et des ma9s2 ses reg>ds me suivai5t1 de quelque ct ft t\rn le portrait1 et ils se dirigeai5t aussi v]s ,uranie1 et ils tai5t dirigs en mme temps v]s t\tes les directions4 trange ide de l'arti/e6 ,je ne pus m'emp*] alors de p5s] aux yeux de la desse1 qui m'avai5t p>u c>ess] d\l\reusem5t l'image de son jeune adorateur4 ,comme le crpuscule vi5t assombrir un j\r s]e91 une tri/esse div9e s'p&ait sur le noble visage4 ,mais je songeai au feuillet my/rieux4 ,il tait crit d'une criture nette1 prcise1 sans aucune rature4 ,je le transcris ici tel que je l'ai tr\v et sans y modifi] un mot1 une virgule1 c> il semble tre la conclusion t\te naturelle des rcits qui font l'objet de cet ouvrage4 ,le voici1 textuellem5t4 ,ceci e/ le te/am5t sci5tifique d'un esprit qui1 sur la ,t]re mme1 a fait t\s ses ef=ts p\r re/] dgag du poids de la matire et qui espre en tre affran*i4 ,je v\drais laiss]1 s\s =me d'aphorismes1 le rsultat de mes re*]*es4 ,il me semble qu'on ne peut arriv] la ,vrit que p> l'tude de la nature1 c'e/--dire p> la sci5ce4 ,voici les inductions qui me p>aiss5t fondes sur cette m?ode d'obs]vation4 ,i ,l'univ]s visible1 tangible1 pondrable1 et en m\vem5t incessant1 e/ compos d'atomes invisibles1 intangibles1 impondrables et in]tes4 ,,ii ,p\r con/itu] les corps et organis] les tres1 ces atomes sont rgis p> des =ces4 ,,iii ,la ,=ce e/ l'entit ess5tielle4 ,,iv ,la visibilit1 la tangibilit1 la solidit1 la duret1 le poids1 sont des proprits relatives1 et non des ralits absolues4 ,v ,l'inf9im5t petit3 ,les expri5ces faites sur le lam9age des feuilles d'or montr5t que dix mille de ces feuilles ti5n5t dans une paisseur d'un millimtre4--,on e/ arriv divis] un millimtre1 sur une lame de v]re1 en mille p>ties gales1 et il exi/e des infusoires si petits que leur corps t\t enti]1 plac entre deux de ces divisions1 ne les t\*e pas2 les membres1 les organes de ces tres sont composs de cellules1 celles-ci de molcules1 celles-ci d'atomes4--,v+t c5timtres cubes d'huile t5due sur un lac arriv5t c\vrir #djjj mtres c>rs1 de sorte que la c\*e d'huile a9si rp&ue ne mesure qu'un deux-c5t-millime de millimtre d'paisseur4--,l'analyse spectrale de la lumire dcle la prs5ce d'un millionime de milligramme de sodium dans une flamme4--,les ondes de la lumire sont comprises entre #d et #h dix-millimes de millimtre1 du violet au r\ge4 ,il faut #bcjj ondes de lumire p\r emplir un millimtre4 ,p5dant la dure d'une seconde1 l'!r1 qui transmet la lumire1 excute sept c5t mille milli>ds d'oscillations1 dont *acune e/ ma?matiquem5t df9ie4--,l'odorat p]oit #a_/fd #jjj #jjj de milligramme de m]captan dans l'air respir4--,la dim5sion des atomes doit tre infrieure un millionime de millimtre de diamtre4 ,,vi ,l'atome1 intangible1 invisible1 pe9e concevable p\r notre esprit acc\tum aux jugem5ts sup]ficiels1 con/itue la seule vraie matire1 et ce que n\s appelons matire n'e/ qu'un effet produit sur nos s5s p> les m\vem5ts des atomes1 c'e/--dire une possibilit incessante de s5sations4 ,il en rsulte que la matire1 comme les manife/ations de l'n]gie1 n'e/ qu'un mode de m\vem5t4 ,si le m\vem5t s'arrtait1 si la =ce p\vait tre anantie1 si la temprature des corps tait rduite au zro absolu1 la matire telle que n\s la connaissons cess]ait d'exi/]4 ,,vii ,l'univ]s visible e/ compos de corps invisibles4 ,ce que l'on voit e/ fait de *oses qui ne se voi5t pas4 ,il n'y a qu'une seule sorte d'atomes primitifs2 les molcules con/itutives des diffr5ts corps1 f]1 or1 oxygne1 hydrogne1 etc41 ne diffr5t que p> le nombre1 le gr\pem5t et les m\vem5ts des atomes qui les compos5t4 ,,viii ,ce que n\s appelons matire s'van\it lorsque l'analyse sci5tifique croit le saisir4 ,mais n\s tr\vons comme s\ti5 de l'univ]s et pr9cipe de t\tes les =mes1 la =ce1 l'lm5t dynamique4 ,p> ma volont1 je puis drang] la ,lune dans son c\rs4 ,les m\vem5ts de t\t atome1 sur notre ,t]re1 sont la rsultante ma?matique de t\tes les ondulations ?res qui lui arriv5t1 avec le temps1 des abmes de l'espace inf9i4 ,,ix ,l'tre huma9 a p\r pr9cipe ess5tiel l'me4 ,le corps e/ app>5t et transitoire4 ,x ,les atomes sont inde/ructibles4 ,l'n]gie qui meut les atomes et rgit l'univ]s e/ inde/ructible4 ,l'me huma9e e/ inde/ructible4 ,,xi ,l'individualit de l'me e/ rc5te dans l'hi/oire de la ,t]re4--,notre plante a t nbuleuse1 puis soleil1 puis *aos3 alors aucun tre t]re/re n'exi/ait4 ,la vie a comm5c p> les organismes les plus rudim5taires2 elle a progress de sicle en sicle p\r atte9dre son tat actuel1 qui n'e/ pas le d]ni]4 ,l'intellig5ce1 la raison1 la consci5ce1 ce que n\s appelons les facults de l'me1 sont mod]nes4 ,l'esprit s'e/ graduellem5t dgag de la matire2 comme--si la comp>aison n'tait pas grossire--le gaz se dgage de la h\ille1 le p>fum de la fleur1 la flamme du foy]4 ,,xii ,la =ce psy*ique comm5ce s'affirm]1 depuis tr5te ou qu>ante sicles1 dans les sphres suprieures de l'humanit t]re/re2 son action n'e/ qu' son aurore4 ,les mes1 consci5tes de leur individualit ou encore inconsci5tes1 sont1 p> leur nature mme1 en dehors des conditions d'espace et de temps4 ,aprs la mort des corps comme p5dant la vie1 elles n'occup5t aucune place4 ,quelques-unes vont peut-tre habit] d'autres mondes4 ,n'ont consci5ce de leur exi/5ce extra-corporelle et de leur immortalit que celles qui sont dgages des li5s matriels4 ,,xiii ,la ,t]re n'e/ qu'une prov9ce de la patrie t]nelle2 elle fait p>tie du ,ciel2 le ,ciel e/ inf9i2 t\s les mondes font p>tie du ,ciel4 ,,xiv ,les sy/mes plantaires et sidraux qui con/itu5t l'univ]s sont des degrs div]s d'organisation et d'avancem5t4 ,l't5due de leur div]sit e/ inf9ie2 les tres sont p>t\t en rapport avec les mondes4 ,,xv ,t\s les mondes ne sont pas actuellem5t habits4 ,l'poque actuelle n'a pas une importance plus gr&e que celles qui l'ont prcde et celles qui la suivront4 ,tels mondes ont t habits dans le pass1 il y a des milli>ds de sicles2 tels autres le s]ont dans l'av5ir1 dans des milli>ds de sicles4 ,un j\r il ne re/]a ri5 de la ,t]re1 et ses ru9es mmes s]ont ru9es4 ,,xvi ,la vie t]re/re n'e/ pas le type des autres vies4 ,une div]sit illimite rgne dans l'univ]s4 ,il e/ des sj\rs o la pesanteur e/ int5se1 o la lumire e/ inconnue1 o le t\*]1 l'odorat et l'oue sont les seuls s5s1 o le n]f optique ne s'tant pas =m1 t\s les tres sont aveugles4 ,il en e/ d'autres o la pesanteur e/ pe9e s5sible1 o les tres sont si lg]s et si tnus qu'ils s]ai5t invisibles p\r des yeux t]re/res1 o des s5s d'une dlicatesse exquise rvl5t des esprits privilgis des s5sations int]dites l'humanit t]re/re4 ,,xvii ,l'espace qui exi/e entre les mondes rp&us dans l'imm5se univ]s ne les isole pas les uns des autres4 ,ils sont t\s en communication p]ptuelle les uns avec les autres p> l'attraction1 qui s'ex]ce in/antanm5t trav]s t\tes les di/ances et qui tablit un li5 indissoluble entre t\s les mondes4 ,,xviii ,l',univ]s =me une seule unit4 ,,xix ,le sy/me du monde physique e/ la base matrielle1 l'habitat du sy/me du monde moral ou spirituel4 ,l'a/ronomie doit donc tre la base de t\te croyance philosophique et religieuse4 ,t\t tre p5sant porte en soi le s5tim5t1 mais l'inc]titude de l'immortalit4 ,c'e/ p>ce que n\s sommes les r\ages microscopiques d'un mcanisme inconnu4 ,,xx ,l'homme fait lui-mme sa de/9e4 ,il s'lve ou il tombe suivant ses uvres4 ,les tres atta*s aux intrts matriels1 les av>es1 les ambitieux1 les hypocrites1 les m5teurs1 les fils de ,t>tufe1 demeur5t1 comme les p]v]s1 dans les zones infrieures4 ,mais une loi primordiale et absolue rgit la ,cration3 la loi du ,progrs4 ,t\t s'lve dans l'inf9i4 ,les fautes sont des *utes4 ,,xxi ,dans l'asc5sion des mes1 les qualits morales n'ont pas mo9s de valeur que les qualits intellectuelles4 ,la bont1 le dv\em5t1 l'abngation1 le sacrifice pur5t l'me et l'lv5t1 comme l'tude et la sci5ce4 ,,xxii ,la cration univ]selle e/ une imm5se h>monie dont la ,t]re n'e/ qu'un fragm5t insignifiant1 assez l\rd et incompris4 ,,xxiii ,la nature e/ un p]ptuel dev5ir4 ,le ,progrs e/ la loi4 ,la progression e/ t]nelle4 ,,xxiv ,l't]nit d'une me ne s]ait pas suffisante p\r visit] l'inf9i et t\t connatre4 ,,xxv ,la de/9e de l'me e/ de se dgag] de plus en plus du monde matriel1 et d'app>t5ir df9itivem5t la vie uranique suprieure1 d'o elle dom9e la matire et ne s\ffre plus4 ,la f9 suprme des tres e/ l'appro*e p]ptuelle de la p]fection absolue et du bonheur div94 ,tel tait le te/am5t sci5tifique et philosophique de ,sp]o4 ,ne semble-t-il pas avoir t dict p> ,uranie elle-mme8 ,les neuf ,muses de l'antique my?ologie tai5t surs4 ,les conceptions sci5tifiques mod]nes t5d5t leur t\r l'unit4 ,l'a/ronomie ou la connaissance du monde1 et la psy*ologie ou la connaissance de l'tre1 s'uniss5t auj\rd'hui p\r tablir la seule base sur laquelle puisse tre difie la philosophie df9itive4 99 99 99 ,p4 ,s4--,les pisodes qui prcd5t1 les re*]*es et les rflexions qui les accompagn5t1 se tr\v5t runis ici dans une sorte d',essai dont le b e/ d'apport] quelques jalons la solution du plus gr& des problmes qui puiss5t intress] l'esprit huma94 ,c'e/ ce titre que le prs5t ouvrage s'(fre l'att5tion de ceux qui1 quelquefois au mo9s au milieu du *em9 de la vie dont p>le ,dante1 s'arrt5t1 se dem&5t o ils sont et ce qu'ils sont1 *]*5t1 p5s5t et rv5t4 ,illu/ration ,,table ,,des ,,mati]es ,,premi,,re ,,p>tie ,,la ,,muse ,,du ,,ciel ,i4 ,rve d',adolesc5ce4 #a ,,ii4 ,la ,muse du ,ciel4 ,voyage p>mi les ,univ]s et les ,mondes4 ,les humanits inconnues4 #i ,,iii4 ,v>it inf9ie des tres4 ,les mtamorphoses4 #be ,,iv4 ,l',inf9i et l't]nit4 ,le ,temps1 l',espace et la ,vie4 ,les horizons cle/es4 #cc ,v4 ,la lumire du pass4 ,les rvlations de la ,muse4 #de ,,deuxi,,me ,,p>tie ,,georges ,,sp]o ,i4 ,la ,vie4 ,la ,re*]*e4 ,l'tude4 #eg ,,ii4 ,l',app>ition4 ,voyage en ,norvge4 ,l',an?lie4 ,une r5contre dans le ciel4 #ga ,,iii4 ,to be or n to be4 ,qu'e/-ce que l'tre huma98 ,la ,nature1 l',univ]s4 #he ,,iv4 ,amor4 ,icla4 ,l'attraction4 #aje ,v4 ,l',aurore borale4 ,asc5sion aro/atique4 ,en ple9 ciel4 ,cata/rophe4 #abc ,,vi4 ,le ,progrs t]nel4 ,sance magntique4 #acc ,,troisi,,me ,,p>tie ,,ciel ,,et ,,t]re ,i4 ,tlpa?ie4 ,l',inconnu d'hi]4 ,le ,sci5tifique4 ,les app>itions4 ,phnomnes inexpliqus4 ,les facults psy*iques4 ,l'me et le c]veau4 #ada ,,ii4 ,it] extaticum cle/e4 #ahg ,,iii4 ,la plante ,m>s4 ,app>ition de ,sp]o4 ,les communications psy*iques4 ,les habitants de ,m>s4 #bje ,,iv4 ,le po9t fixe dans l'univ]s4 ,le dynamisme4 #bcc ,v4 ,ame vtue d'air4 #bee ,,vi4 ,ad ,v]itatem p] sci5tiam4 ,le ,te/am5t sci5tifique de ,sp]o4 #bge ,illu/ration ,p>is4--,imp4 ,lahure1 rue de ,fleurus1 #i4 ,illu/ration