,au lecteur4 ,ce livre lectronique reproduit intgralem5t le texte orig9al4 ,quelques erreurs vid5tes de typographie ou d'impression ont t corriges2 la li/e de ces corrections se tr\ve la f9 du texte4 ,la ponctuation a t tacitem5t corrige p> endroits4 ,les notes de bas de page ont t r5umrotes de #a #ch et places s\s le p>agraphe auquel elles se rapport5t4 ,,c\rs ,,de ,,philosophie ,,positive4 ,,se ,,tr\ve ,,aussi3 ,a ,,t\l\se1 *ez ,*>p5ti]4 ,a ,,leipzig1 *ez ,mi*els51 ,a ,,londres1 *ez ,duleau et ,cie1 ,a ,,vi5ne1 *ez ,rohrmann1 ,a ,,tur91 *ez ,pic1 ,bocca1 ,a ,,sa9t-,p,,t]sb\rg1 *ez ,graff4 ,,imprim]ie ,,de ,,ba*eli]1 rue du ,j>d9et1 n #ab4 ,,c\rs ,,de ,,philosophie ,,positive1 ,,p> ,m4 ,,augu/e ,,comte1 ,,anci5 ,l,,ve ,,de ,l',,cole ,,polyte*nique1 ,r,p,,titeur ,d',,analyse ,,transc5dante ,,et ,,de ,m,,canique ,,rationnelle ,a ,,cette ,,cole1 ,,et ,,exam9ateur ,,des ,,c&idats ,,qui ,s',y ,,de/95t4 ,,tome ,,c9qui,,me1 ,,cont5ant ,,la ,,p>tie ,,hi/orique ,,de ,,la ,,philosophie ,,sociale1 ,,en ,,t\t ,,ce ,,qui ,,conc]ne ,l',,tat ,,?,,ologique ,,et ,l',,tat ,m,,taphysique ,,p>is1 ,,ba*eli]1 ,,imprimeur-,,libraire ,,p\r ,,les ,,sci5ces1 ,,quai ,,des ,,augu/9s1 ,n #ee4 #ahda ,,avis ,,de ,l',,diteur4 ,ce c9quime volume avait t primitivem5t annonc comme de/9 =m] la seconde p>tie du tome quatrime1 p> lequel l'ouvrage devait d'abord se t]m9]4 ,dans un sujet aussi neuf1 aussi va/e1 et aussi difficile1 le public compr5dra aism5t que1 sans apport] la mo9dre altration relle au plan primordial c>actris p> le tableau synoptique annex1 en #ahcj1 au premi] volume de ce ,trait1 l'auteur ait nanmo9s t graduellem5t =c1 surt\t p\r l'laboration hi/orique de la philosophie sociale1 de dpass] notablem5t les limites prvues lors de la publication du quatrime volume en #ahci4 ,malgr une inv>iable t5dance ma9t5ir t\te la conc5tration d'ides et d'expressions compatible avec une suffisante cl>t de l'exposition pr9cipale1 le volume actuel n'a pas mme pu suffire cont5ir intgralem5t ce gr& travail relatif l'apprciation fondam5tale de l'ensemble du pass huma94 ,quoique regrettant beauc\p de ne p\voir immdiatem5t s\mettre au public le complm5t total d'une telle ?orie hi/orique1 qui n'e/ ple9em5t jugeable que dans son ensemble1 l'auteur se voit contra9t1 p> l'ext5sion des matires1 d'en r5voy] les deux *apitres extrmes un sixime et d]ni] volume1 cont5ant ensuite les conclusions f9ales du ,trait gnral de philosophie positive1 et qui p>atra probablem5t au comm5cem5t de #ahdb4 ,p>is1 le #ae mai #ahda4 ,,c\rs ,,de ,,philosophie ,,positive4 ,,c9quante-,,deuxi,,me ,,le,,on4 ,re/riction pralable de l'ensemble de l'opration hi/orique4--,considrations gnrales sur le premi] tat ?ologique de l'humanit3 ge du fti*isme4 bau*e spontane du rgime ?ologique et militaire4 ,l'apprciation hi/orique qui me re/e ma9t5ant effectu] sommairem5t ne saurait avoir ici1 p> la nature propre de ce ,trait1 d'autre de/9ation ess5tielle que de mieux c>actris]1 d'aprs une application l>ge et dcisive1 l'intime ralit et la fcondit spontane de la ?orie fondam5tale du dveloppem5t social1 directem5t tablie dans la leon prcd5te4 ,quoique la dmon/ration a9si expose ne puisse plus1 ce me semble1 laiss] dsormais subsi/] aucun d\te lgitime sur l'exactitude et l'importance de la loi gnrale d'volution que j'ai dc\v]te1 cep5dant l'extrme n\veaut d'un sujet aussi pr(ondm5t difficile1 et l'irrationnalit radicale des habitudes intellectuelles qui prsid5t encore presque t\j\rs de telles tudes1 me f]ai5t cra9dre que mme les meilleurs esprits ne puss5t auj\rd'hui conv5ablem5t entrevoir la rnovation f9ale de la sci5ce sociale l'aide de ce gr& pr9cipe1 si son aptitude ncessaire con/itu] enf9 une vraie philosophie de l'hi/oire n'tait pas1 ds ce mom5t1 irrcusablem5t confirme p> une premire bau*e de coord9ation de l'ensemble du pass huma91 considr seulem5t quant ses pr9cipales phases4 ,l'9vitable imp]fection que doit actuellem5t (frir une aussi neuve laboration1 ne saurait en altr] l'utilit capitale1 soit p\r faire s5tir la porte effective de notre conception sociologique1 soit p\r p]mettre d'apprci] nettem5t le mode gnral de son application graduelle2 en sorte que les esprits compt5s et bi5 prp>s puiss5t ds lors t5dre spontanm5t cette ?orie de n\velles analyses du m\vem5t huma91 ultrieurem5t envisag s\s des aspects de plus en plus spciaux1 con=mm5t aux conditions logiques de la dynamique sociale1 expliques dans la qu>ante-huitime leon4 ,mais1 af9 que cette importante opration ne dgnre po9t intempe/ivem5t en une digression contraire la nature propre de cet ouvrage1 ess5tiellem5t consacr au sy/me gnral de la philosophie positive1 je dois ici la rduire soigneusem5t ce qu'elle prs5te1 s\s ces deux rapports1 de vraim5t indisp5sable1 en aj\rnant t\te discussion trop t5due et t\t claircissem5t trop dtaill jusqu' la publication du trait p>ticuli] de philosophie politique que j'ai dj plusieurs fois annonc4 ,c'e/ p\rquoi je suis =c d'arrt] pralablem5t l'att5tion du lecteur sur l'indication sommaire des pr9cipales conditions de/9es circonscrire a9si1 autant que possible1 l'ensemble de cette premire apprciation hi/orique1 sans nuire d'ailleurs aucunem5t sa haute efficacit philosophique4 ,la plus importante de ces re/rictions logiques1 et qui compr5d implicitem5t t\tes les autres1 consi/e conc5tr] ess5tiellem5t notre analyse sci5tifique sur une seule srie sociale1 c'e/--dire1 considr] exclusivem5t le dveloppem5t effectif des populations les plus avances1 en c>tant1 avec une scrupuleuse p]svrance1 t\te va9e et irrationnelle digression sur les div]s autres c5tres de civilisation indp5dante1 dont l'volution a t1 p> des causes quelconques1 arrte jusqu'ici un tat plus imp>fait2 mo9s que l'exam5 comp>atif de ces sries accessoires ne puisse utilem5t clair] le sujet pr9cipal1 comme je l'ai expliqu en traitant de la m?ode sociologique4 ,notre exploration hi/orique devra donc tre presque uniquem5t rduite l'lite ou l'avant-g>de de l'humanit1 compr5ant la majeure p>tie de la race blan*e ou les nations europennes1 en n\s bornant mme1 p\r plus de prcision1 surt\t dans les temps mod]nes1 aux peuples de l',europe occid5tale4 ,a une poque quelconque1 notre apprciation rationnelle devra tre pr9cipalem5t relative aux vritables anctres politiques de cette population privilgie1 quelle que soit d'ailleurs leur patrie4 ,en un mot1 n\s ne devons compr5dre1 p>mi les matriaux hi/oriques de cette premire coord9ation philosophique du pass huma91 que des phnomnes sociaux ayant videmm5t ex]c une influ5ce relle1 au mo9s indirecte ou lo9ta9e1 sur l'en*anem5t graduel des phases successives qui ont effectivem5t am5 l'tat prs5t des nations les plus avances4 ,on ne peut c]ta9em5t espr] de reconnatre d'abord la vritable m>*e fondam5tale des socits huma9es que p> la considration exclusive de l'volution la plus complte et la mieux c>actrise1 l'claircissem5t de laquelle doiv5t tre con/amm5t subordonnes t\tes les obs]vations collatrales relatives des progressions plus imp>faites et mo9s prononces4 ,quelque intrt propre que celles-ci puiss5t d'ailleurs (frir1 leur apprciation spciale doit tre sy/matiquem5t aj\rne jusqu'au mom5t o1 les lois pr9cipales du m\vem5t social ayant t a9si apprcies dans le cas le plus favorable leur ple9e manife/ation1 il devi5dra possible1 et mme utile1 de procd] l'explication rationnelle des modifications plus ou mo9s importantes qu'elles ont d subir *ez les populations qui1 div]s titres1 sont re/es plus ou mo9s en arrire d'un tel type de dveloppem5t4 ,jusqu'alors1 ce puril et inopportun talage d'une rudition /rile et mal dirige1 qui t5d auj\rd'hui entrav] l'tude de notre volution sociale p> le vicieux mlange de l'hi/oire des populations qui1 telles que celles de l',inde1 de la ,*9e1 etc41 n'ont pu ex]c] sur notre pass aucune vritable influ5ce1 devra tre hautem5t signal comme une s\rce inextricable de confusion radicale dans la re*]*e des lois relles de la sociabilit huma9e1 dont la m>*e fondam5tale et t\tes les modifications div]ses devrai5t tre a9si simultanm5t considres1 ce qui1 mon gr1 r5drait le problme ess5tiellem5t insoluble4 ,s\s ce rapport1 le gnie du gr& ,bossuet1 quoique seulem5t guid sans d\te p> le pr9cipe purem5t littraire de l'unit de composition1 me p>at avoir d'avance s5ti in/9ctivem5t les conditions logiques imposes p> la nature du sujet1 lorsqu'il a spontanm5t circonscrit son apprciation hi/orique l'unique exam5 d'une srie homogne et cont9ue1 et nanmo9s ju/em5t qualifie d'univ]selle2 re/riction m9emm5t judicieuse1 qui lui a t si trangem5t repro*e p> tant d'esprits anti-philosophiques1 et v]s laquelle n\s ramne auj\rd'hui ess5tiellem5t l'analyse appr(ondie de la m>*e intellectuelle propre de telles tudes4 ,une p>eille manire de procd] doit sembl] d'autant plus indisp5sable que1 si on la considre en outre s\s le po9t de vue pratique1 on y reconnat sa p>ticipation ncessaire t\te sage rgul>isation d'un ordre important de relations politiques1 celles qui conc]n5t l'action gnrale des nations les plus avances p\r ht] le dveloppem5t naturel des civilisations infrieures4 ,la politique mtaphysique1 et mme la politique ?ologique1 p> le c>actre ess5tiellem5t absolu de leurs conceptions pr9cipales1 conduis5t1 cet g>d1 p\rsuivre aveuglm5t l'uni=me ralisation immdiate de leurs types immuables1 malgr la div]sit quelconque des conditions propres *aque cas3 ce qui quivaut1 vrai dire1 une sorte de conscration sy/matique de cet empirisme spontan qui dispose si navem5t t\s les hommes civiliss transport] p>t\t indi/9ctem5t1 et s\v5t si indiscrtem5t1 leurs ides1 leurs usages et leurs in/itutions4 ,il s]ait sup]flu de signal] expressm5t ici le dang] vid5t d'une p>eille t5dance p\r suscit] ou entret5ir de graves p]turbations politiques4 ,plus on mdit]a sur ce sujet1 mieux on s5tira que la pratique n'exige pas mo9s imprieusem5t que la ?orie une considration d'abord exclusive1 ou du mo9s directem5t prpondrante1 de l'volution sociale la plus avance1 sans s'occup] simultanm5t des autres progressions mo9s compltes4 ,c'e/ seulem5t aprs avoir a9si dt]m9 ce qui convi5t l'lite de l'humanit1 qu'on p\rra utilem5t rgl] son int]v5tion rationnelle dans le dveloppem5t ultrieur des populations plus ou mo9s arrires1 en v]tu de l'univ]salit ncessaire de l'volution fondam5tale1 sauf l'apprciation conv5able des circon/ances c>actri/iques de *aque application spciale4 ,p> une telle rnovation de l'esprit gnral des relations int]nationales1 la politique positive t5dra f9alem5t sub/itu] de plus en plus1 une action trop s\v5t p]turbatrice ou mme oppressive1 une sage et bi5veillante protection1 dont l'utilit rciproque ne saurait tre d\teuse1 et qui s]ait presque t\j\rs favorablem5t accueillie1 comme ne proposant jamais que des modifications en h>monie relle avec l'tat p>ticuli] des peuples correspondans1 et sa*ant d'ailleurs v>i] judicieusem5t leur accomplissem5t graduel suivant les conv5ances ess5tielles de *aque cas4 ,sans insi/] davantage ici sur un semblable ap]u1 qui se reproduira naturellem5t dans la c9quante-septime leon1 il suffit de not] que cette importante trans=mation ne p\rrait videmm5t s'obt5ir1 si l'on p]si/ait considr] simultanm5t t\tes les div]ses volutions politiques1 malgr leur 9galit ncessaire3 ce qui confirme hautem5t la prescription sci5tifique1 dj directem5t motive ci-dessus1 de conc5tr] d'abord sy/matiquem5t l'analyse sociologique sur la seule apprciation hi/orique du dveloppem5t social le plus complet4 ,cette re/riction rationnelle1 si clairem5t impose p> la nature du sujet1 concide trs heureusem5t avec l'indisp5sable rapidit de notre opration actuelle1 ds lors spontanm5t rduite la coord9ation philosophique des faits les plus connus1 qu'il s]ait presque t\j\rs sup]flu d'indiqu] expressm5t4 ,il me suffira donc d'expliqu] ici comm5t l'ensemble du pass social1 *ez les peuples les plus avancs1 consi/e ess5tiellem5t dans le dveloppem5t graduel du triple dualisme successif qui1 d'aprs le *apitre prcd5t1 con/itue l'volution fondam5tale de l'humanit4 ,p> sa nature1 cette gr&e loi n\s (fre dj immdiatem5t une premire coord9ation du pass huma9 considr dans sa plus haute gnralit1 et rduit ses phases les plus tran*es4 ,en procdant t\j\rs une apprciation de plus en plus spciale1 comme l'exige l'esprit d'une telle sci5ce1 il ne n\s re/e ma9t5ant qu' conduire cette coord9ation fondam5tale son second degr de prcision1 en indiquant la manire de ratta*] les pr9cipaux tats int]mdiaires de l'humanit aux subdivisions correspondantes de ma loi d'volution3 ce que je devrai d'ailleurs accomplir ici le plus succ9ctem5t possible1 s\s la rs]ve ultrieure du trait p>ticuli] prcdemm5t annonc4 ,la physiologie sociale tant a9si directem5t fonde1 je devrai laiss] mes successeurs r5dre de plus en plus prcise cette conception primordiale1 en tudiant1 p\r l'explication rationnelle du pass huma91 l'en*anem5t m?odique d'int]valles t\j\rs dcroissans1 dont le d]ni] t]me naturel1 qui sans d\te ne s]a jamais ple9em5t atte9t1 consi/]ait dans la vraie filiation des progrs en t\s g5res d'une gnration la suivante1 la *ronologie sociologique ne p\vant utilem5t exig] la considration relle d'aucune mo9dre unit de dure1 p5dant laquelle le dveloppem5t politique doit tre le plus s\v5t presque imp]ceptible4 ,a9si circonscrit1 le vritable *amp conv5able notre analyse hi/orique doit seulem5t embrass] les rsultats les plus gnraux de l'exploration ord9aire du pass1 en c>tant avec so9 t\te apprciation trop dtaille4 ,si ma conception sociologique peut effectivem5t p>v5ir1 dans l'tude de la srie sociale la plus complte1 in/itu] enf9 une vraie liaison sci5tifique entre les faits hi/oriques qui1 cet g>d1 sont auj\rd'hui famili]s t\s les hommes clairs1 j'ose avanc]1 que p> cela seul1 elle aura dj suffisamm5t ralis ce que la nature d'un tel sujet (fre la fois de plus difficile et de plus important1 soit p\r la ?orie1 soit mme p\r la pratique2 outre que d'ailleurs elle aura ds lors irrcusablem5t con/at son aptitude spontane f\rnir1 p> une laboration ultrieure1 t\tes les explications plus spciales et plus prcises qui devi5dront graduellem5t ncessaires4 ,*acune des p>ties antrieures de ce ,trait n\s a prs5t de n\velles occasions de reconnatre que1 en gnral1 les phnomnes les plus communs sont t\j\rs aussi les plus ess5tiels considr] p\r la sci5ce relle4 ,or1 cette rflexion1 dj si frappante en a/ronomie1 en physique1 en *imie et en biologie1 doit tre1 p> sa nature1 encore plus ple9em5t applicable aux tudes sociologiques1 puisqu'elle devi5t videmm5t de plus en plus conv5able mesure que l'ordre des phnomnes se complique et se spcialise davantage4 ,dans la re*]*e des vritables lois de la sociabilit1 t\s les vnem5s exceptionnels ou t\s les dtails trop m9utieux1 si purilem5t re*]*s p> la curiosit irrationnelle des aveugles compilateurs d'anecdotes /riles1 doiv5t tre presque t\j\rs lagus comme ess5tiellem5t insignifians2 t&is que la sci5ce doit surt\t s'atta*] aux phnomnes les plus vulgaires1 que *acun de ceux qui y p>ticip5t p\rrait spontanm5t ap]cevoir aut\r de soi1 comme con/ituant le fonds pr9cipal de la vie sociale habituelle4 ,il e/ vrai que1 p> cela mme1 de tels phnomnes sont ncessairem5t beauc\p plus difficiles obs]v]1 de manire p\voir s]vir de base relle aux sa9es spculations sci5tifiques4 ,les prjugs et les usages qui1 cet g>d1 prval5t encore presque univ]sellem5t en philosophie politique1 mme *ez les meilleurs esprits1 ne con/itu5t vritablem5t qu'une n\velle confirmation de l'tat d'enfance plus prolong de cette p>tie f9ale de la philosophie naturelle3 ils doiv5t spontanm5t rappel] les temps1 trop peu loigns1 o1 en physique1 on ne jugeait dignes d'att5tion que les effets extraord9aires du tonn]re ou des volcans1 etc42 en biologie1 que l'tude des mon/ruosits1 etc4 ,on ne saurait d\t] que la r=mation totale de ces premires habitudes intellectuelles ne soit bi5 plus indisp5sable la sci5ce sociale qu'elle ne l'a dj t env]s t\tes les autres sci5ces fondam5tales4 ,en gnralisant autant que possible l'ensemble des considrations prcd5tes sur la circonscription ncessaire de notre analyse hi/orique1 on peut aism5t faire acqurir cette importante prescription logique le d]ni] degr de consi/ance philosophique dont elle soit susceptible1 si l'on reconnat ma9t5ant que1 lo9 d'tre p>ticulire la sociologie1 elle ne con/itue au fond qu'une n\velle application d'un pr9cipe ess5tiel de philosophie positive1 dont p]sonne auj\rd'hui ne conte/e plus la ju/esse l'g>d de t\s les autres ordres de phnomnes1 et que j'ai soigneusem5t =mul ds le db de ce ,trait 7voyez la deuxime leon74 ,c> on peut facilem5t s5tir qu'une telle re/riction quivaut f9alem5t t5dre aussi l'tude des phnomnes sociaux la di/9ction capitale que j'ai tablie1 p\r un sujet quelconque1 entre la sci5ce ab/raite et la sci5ce concrte2 di/9ction auj\rd'hui nonce habituellem5t1 faute d'expressions mieux appropries1 p> le contra/e intellectuel entre le doma9e gnral de la physique et celui de l'hi/oire naturelle proprem5t dite1 dont le premi] con/itue seul jusqu'ici le *amp pr9cipal de la philosophie positive1 et devra d'ailleurs tre t\j\rs considr comme la base vraim5t fondam5tale du sy/me enti] des spculations huma9es1 a9si que je l'ai expliqu en son lieu4 ,une telle division1 qui ne doit c]ta9em5t pas dev5ir mo9s indisp5sable mesure que l'ordre des phnomnes devi5t plus spcial et plus compliqu1 a la proprit1 en effet1 de fix]1 de la manire la plus nette et la plus prcise1 le vritable (fice fondam5tal des obs]vations hi/oriques dans l'tude rationnelle de la dynamique sociale4 ,quoique la dt]m9ation ab/raite des lois gnrales de la vie individuelle repose ncessairem5t1 suivant la ju/e rem>que de ,bacon1 sur des faits emprunts l'hi/oire effective des diffr5s tres vivans1 t\s les bons esprits sci5tifiques n'en sont pas mo9s habitus auj\rd'hui sp>] pr(ondm5t les conceptions physiologiques ou anatomiques de leur application ultrieure l'apprciation concrte du mode rel d'exi/5ce totale propre *aque organisme naturel4 ,or1 des motifs ess5tiellem5t semblables doiv5t dsormais emp*] soigneusem5t de confondre la re*]*e ab/raite des lois fondam5tales de la sociabilit avec l'hi/oire concrte des div]ses socits huma9es1 dont l'explication satisfaisante ne peut videmm5t rsult] que d'une connaissance dj trs avance de l'ensemble de ces lois4 ,a9si1 quelque indisp5sable fonction que doive remplir l'hi/oire en sociologie1 comme je l'ai suffisamm5t expliqu au qu>ante-huitime *apitre1 p\r alim5t] et p\r dirig] ses pr9cipales spculations1 on voit que son emploi y doit re/] ess5tiellem5t ab/rait3 ce n'y saurait tre1 en quelque sorte1 que de l'hi/oire sans noms d'hommes1 ou mme sans noms de peuples1 si l'on ne devait vit] avec so9 t\te purile affectation philosophique se priv] sy/matiquem5t de l'usage de dnom9ations qui peuv5t beauc\p contribu] clair] l'exposition ou mme facilit] et consolid] la p5se1 surt\t dans cette premire laboration de la sci5ce sociologique4 ,mais les motifs de cette importante di/9ction logique sont d'ailleurs encore plus puissans dans l'tude de la vie collective de l'humanit que p\r la biologie individuelle4 ,af9 de mieux appuy] ce gr& prcepte de philosophie positive1 j'ai tabli1 en gnral1 ds la deuxime leon1 que *aque bran*e rationnelle de l'hi/oire naturelle1 outre qu'elle exige directem5t la connaissance pralable d'un ordre correspondant de lois fondam5tales1 suppose t\j\rs aussi plus ou mo9s une application comb9e de l'ensemble des lois relatives t\s les diffr5s ordres de phnomnes ess5tiels4 ,cette solid>it ncessaire se vrifie1 d'une manire encore plus prononce1 dans le cas actuel2 puisqu'il s]ait1 p> exemple1 impossible de concevoir l'hi/oire effective de l'humanit isolm5t de l'hi/oire relle du globe t]re/re1 ?tre 9vitable de son activit progressive1 et dont les div]s tats successifs ont d c]ta9em5t ex]c] une haute influ5ce sur la production graduelle des vnem5s huma9s1 mme depuis l'poque o les conditions physiques et *imiques de notre plante ont comm5c y p]mettre l'exi/5ce cont9ue de l'homme4 ,il n'e/ pas mo9s c]ta91 en s5s inv]se1 que t\te vritable hi/oire de la t]re exige ncessairem5t1 un degr quelconque1 la considration simultane de l'hi/oire de l'humanit1 cause de la puissante raction1 d'ailleurs incessamm5t croissante1 que le dveloppem5t de notre activit a d ex]c]1 dans t\s les ges de la vie sociale1 p\r modifi]1 tant d'g>ds1 l'tat gnral de la surface t]re/re4 ,plus on appr(ondira ce gr& sujet de mditations1 mieux on s5tira que l'hi/oire naturelle proprem5t dite1 t\j\rs ess5tiellem5t syn?tique1 ne saurait acqurir une vritable rationnalit tant que t\s les ordres lm5taires de phnomnes n'y s]ont po9t simultanm5t considrs2 t&is que1 au contraire1 la philosophie naturelle proprem5t dite doit cons]v] un c>actre m9emm5t analytique1 sans lequel il n'y aurait aucun espoir de p>v5ir jamais dvoil] nettem5t les lois fondam5tales correspondantes *acune de ces div]ses catgories gnrales4 ,une telle opposition de vues et de m?odes entre les deux gr&es sections du sy/me total des spculations huma9es1 doit faire hautem5t ressortir combi5 il importe de respect] scrupuleusem5t et de r5dre de plus en plus s5sible cette indisp5sable division sci5tifique1 sans laquelle on peut assur] que l'tude de la nature ne saurait vraim5t sortir de sa confusion primitive1 surt\t env]s les phnomnes les plus complexes4 ,a9si1 l'hi/oire vraim5t rationnelle des diffr5s tres exi/ants1 individuels ou collectifs1 ne p\rra comm5c]1 s\s aucun rapport1 dev5ir rgulirem5t possible que lorsque enf9 le sy/me enti] des sci5ces fondam5tales aura t pralablem5t complt p> la cration de la sociologie1 comme je l'ai s\v5t expliqu dans cet ouvrage4 ,jusque alors1 t\s les div]s r5seignem5s hi/oriques que l'on cont9u]a recueillir1 l'g>d d'un ordre quelconque de phnomnes1 devront tre ess5tiellem5t rs]vs comme des matriaux ultrieurs p\r la vritable hi/oire1 au temps de sa maturit propre3 leur pr9cipal (fice immdiat1 dans l'laboration de la sci5ce relle1 se rduit seulem5t f\rnir1 aux bran*es correspondantes de la philosophie naturelle1 des faits de/9s manife/] ou confirm] les lois ab/raites et gnrales dont elle p\rsuit la re*]*e4 ,cette subord9ation ncessaire et con/ate ne peut c]tes prs5t] aucune exception env]s les phnomnes sociaux1 o elle e/1 au contraire1 bi5 plus pr(ondm5t indisp5sable4 ,si t\s les naturali/es convi5n5t auj\rd'hui que la vritable hi/oire de la t]re ne saurait tre encore suffisamm5t conue1 non-seulem5t faute de docum5s assez complets1 mais surt\t p>ce que les div]ses lois naturelles dont elle dp5d sont jusqu'ici trop peu connues1 combi5 plus =te raison doit-on reg>d] comme *imrique t\te t5tative actuelle p\r con/itu] directem5t l'hi/oire beauc\p plus complexe des socits huma9es6 ,il e/ donc s5sible que la sociologie doit seulem5t emprunt]1 l'incohr5te compilation de faits dj improprem5t qualifie d'hi/oire1 les r5seignem5s susceptibles de mettre en vid5ce1 d'aprs les pr9cipes de la ?orie biologique de l'homme1 les lois fondam5tales de la sociabilit3 ce qui exige presque t\j\rs1 l'g>d de *aque donne a9si obt5ue1 une prp>ation indisp5sable1 et quelquefois =t dlicate1 af9 de la faire pass] de l'tat concret l'tat ab/rait1 en la dp\illant des circon/ances purem5t p>ticulires et secondaires de climat1 de localit1 etc41 sans y altr] cep5dant la p>tie vraim5t ess5tielle et gnrale de l'obs]vation2 et1 quoique cette puration pralable ne puisse tre ici sans d\te qu'une simple imitation de ce que les a/ronomes1 les physici5s1 les *imi/es et les biologi/es pratiqu5t ma9t5ant d'ord9aire env]s leurs phnomnes respectifs1 la complication suprieure des phnomnes sociaux y devra con/amm5t r5dre plus difficile cette laboration prlim9aire1 lors mme que la positivit de leur tude s]a enf9 unanimem5t reconnue4 ,quant la raction capitale que l'in/itution de la dynamique sociale devra ncessairem5t ex]c] sur le p]fectionnem5t de l'hi/oire proprem5t dite1 et que la suite de ce volume comm5c]a1 j'espre1 manife/] d'une manire inconte/able1 elle consi/]a surt\t dispos]1 dans l'ensemble du pass huma91 une suite rationnelle de jalons fondam5taux1 propres ralli] et dirig] t\tes les obs]vations ultrieures2 ces jalons devant tre d'ailleurs d'autant plus rappro*s que n\s avanc]ons davantage v]s les temps actuels1 vu l'acclration t\j\rs croissante du m\vem5t social4 ,l'opration hi/orique que n\s allons ici entrepr5dre sommairem5t1 p\r con/itu] la sociologie dynamique1 devant a9si avoir1 p> sa nature1 et con=mm5t sa de/9ation1 un c>actre ess5tiellem5t ab/rait1 une concid5ce heureuse et ncessaire l'affran*it ds lors spontanm5t d'une f\le de difficults accessoires ou prlim9aires1 dont elle et t1 du po9t de vue ord9aire1 radicalem5t entrave1 et que l'extrme imp]fection actuelle de nos connaissances relles n'aurait pas p]mis de surmont] suffisamm5t1 mme aprs avoir svrem5t c>t t\tes les que/ions inaccessibles ou *imriques sur les div]ses orig9es sociales1 qu'entreti5t encore l'enfance trop prolonge d'une telle tude *ez la plup>t des philosophes contempora9s4 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 que1 s'il fallait ma9t5ant con/itu] une vritable hi/oire concrte de l'humanit1 on pr\v]ait c]ta9em5t beauc\p d'emb>ras comb9] conv5ablem5t les conceptions sociologiques avec les considrations gologiques3 c>1 quelque indisp5sable que ft alors1 cet effet1 une p>eille comb9aison1 on ne p\rrait cep5dant l'in/itu] auj\rd'hui avec succs1 cause de l'tat beauc\p trop imp>fait1 non-seulem5t de la sociologie1 ce qui e/ vid5t1 mais aussi1 au fond1 de la gologie elle-mme1 quoique1 en app>5ce1 =t avance4 ,il en s]ait de mme env]s les div]ses influ5ces plus ou mo9s accessoires de climat1 de race1 etc41 qui se prs5t]ai5t1 de t\te ncessit1 dans l'tude concrte du dveloppem5t huma91 et qui1 sans aucun d\te1 ne saurai5t tre ma9t5ant apprcies d'une manire vraim5t rationnelle1 puisqu'elles ne p\rront dev5ir sci5tifiquem5t jugeables qu'aprs une laboration suffisante des lois sociologiques1 comme je l'ai dmontr au qu>ante-huitime *apitre4 ,la di/9ction fondam5tale entre les deux po9ts de vue ab/rait et concret dissipe heureusem5t1 ici comme ailleurs1 de la manire la plus directe1 t\s ces emb>ras autrem5t insurmontables2 ce qui doit faire hautem5t ressortir l'extrme importance d'une telle division philosophique1 dont je ne saurais trop recomm&] l'exam51 p>ce que1 sans tre auj\rd'hui jamais conte/e en pr9cipe p> les bons esprits1 elle re/e en effet trs imp>faitem5t apprcie1 mme *ez les plus m95tes intellig5ces4 ,n\s devrons donc appr5dre rs]v] sy/matiquem5t p\r une poque sci5tifique plus avance un gr& nombre de que/ions incid5tes de sociologie concrte1 dont la considration immdiate entrav]ait radicalem5t le dveloppem5t naissant de la sociologie ab/raite1 quelque pr(ond intrt que puiss5t s\v5t prs5t] de semblables re*]*es4 ,l'esprit huma91 ma9t5ant habitu ces aj\rnem5s rationnels1 l'g>d des plus simples phnomnes1 ne saurait1 sans d\te1 se disp5s] de la mme sagesse env]s les phnomnes les plus complexes que notre intellig5ce puisse jamais abord]4 ,p\r mieux prcis]1 p> un d]ni] claircissem5t pralable1 ce gr& prcepte logique1 sans lequel j'ose assur] que la dynamique sociale re/]ait ncessairem5t impossible1 il me suffira d'indiqu] ici un seul exemple important de ces que/ions intressantes1 qu'il faut auj\rd'hui savoir s\mettre un indisp5sable aj\rnem5t1 motiv sur leur nature ess5tiellem5t concrte4 ,je *oisis1 cet effet1 att5du sa haute importance1 l'explication spciale de l'ag5t et du ?tre de l'volution sociale la plus complte1 de celle qui1 d'aprs les motifs prcdemm5t indiqus1 doit tre le sujet presque exclusif de notre opration hi/orique4 ,p\rquoi la race blan*e possde-t-elle1 d'une manire si prononce1 le privilge effectif du pr9cipal dveloppem5t social1 et p\rquoi l',europe a-t-elle t le lieu ess5tiel de cette civilisation prpondrante8 ,ce d\ble sujet de mditations co-relatives a d sans d\te vivem5t /imul] plus d'une fois l'intellig5te curiosit des philosophes1 et mme des hommes d'tat4 ,mais1 quelque intrt et quelque importance que prs5te videmm5t une semblable re*]*e1 il faut avoir la sagesse de la rs]v] jusque aprs la premire laboration ab/raite des lois fondam5tales du dveloppem5t social1 sans lesquelles cette "q s]ait t\j\rs ess5tiellem5t prmature1 malgr les plus +nieuses t5tatives1 qui ne saurai5t procur]1 cet g>d1 que des ap]u p>tiels et isols1 ncessairem5t insuffisans4 ,sans d\te1 on ap]oit dj1 s\s le premi] aspect1 dans l'organisation c>actri/ique de la race blan*e1 et surt\t1 quant l'app>eil crbral1 quelques g]mes positifs de sa supriorit relle2 encore t\s les naturali/es sont-ils auj\rd'hui =t loigns de s'accord] conv5ablem5t cet g>d4 ,de mme1 s\s le second po9t de vue1 on peut entrevoir1 d'une manire un peu plus satisfaisante1 div]ses conditions physiques1 *imiques1 et mme biologiques1 qui ont d c]ta9em5t influ]1 un degr quelconque1 sur l'm95te proprit des contres europennes de s]vir jusqu'ici de ?tre ess5tiel cette volution prpondrante de l'humanit#a4 ,l'esprit radicalem5t vague de la philosophie ?ologico-mtaphysique1 qui dom9e encore dans t\tes les tudes sociales1 a d s\v5t port] reg>d] comme trs satisfaisantes1 l'un ou l'autre titre1 les explications a9si has>des jusqu'ici sur une telle "q1 que cette philosophie e/ d'ailleurs trs peu porte d'ord9aire se pos] srieusem5t4 ,mais1 si une intellig5ce quelconque1 conv5ablem5t prp>e p> l'habitude des spculations positives env]s les autres phnomnes naturels1 mettait auj\rd'hui en reg>d l'ensemble des vrais docum5s dj obt5us ce sujet avec une apprciation relle de la difficult qu'on prt5d a9si rs\dre1 elle ne manqu]ait pas de reconnatre aussitt leur pr(onde insuffisance4 ,or1 cette insuffisance ncessaire ne ti5t pas seulem5t1 comme on p\rrait d'abord le croire1 ce que1 s\s l'un ou l'autre aspect1 ces r5seignem5s sont jusqu'ici trop peu multiplis et trop imp>faits3 il faut surt\t l'attribu] une cause plus intime et plus puissante1 l'abs5ce de t\te sa9e ?orie sociologique1 propre mesur] la vraie porte sci5tifique de *aque ap]u1 et mme dirig] leur laboration ultrieure2 sans cette lumire gnrale et pralable1 il e/ clair qu'on ne saurait jamais si mme on e/ p>v5u runir enf9 t\s les lm5s indisp5sables une dcision vraim5t rationnelle4 ,il e/ donc impossible ici de mconnatre la haute ncessit logique d'aj\rn] sy/matiquem5t cette gr&e discussion de sociologie concrte jusqu' ce que les lois fondam5tales de la sociabilit ai5t t ab/raitem5t tablies1 au mo9s dans leur pr9cipal ensemble3 et je ne d\te pas que cette seule indication1 relative un cas aussi c>actri/ique1 ne dispose le lecteur apprci] spcialem5t1 sur *acune des que/ions analogues que la suite des ides p\rra prs5t] ou suscit]1 l'indisp5sable rs]ve philosophique dont j'ai prcdemm5t pos1 d'une manire directe1 le vrai pr9cipe gnral4 ,l'extrme n\veaut et la difficult suprieure de la sci5ce que je m'ef=ce de crer1 ne me p]mettront pas t\j\rs peut-tre de re/] moi-mme /rictem5t fidle cet important prcepte de logique positive3 mais j'aurai du mo9s suffisamm5t av]ti le lecteur1 qui p\rra a9si rectifi] spontanm5t les dviations involontaires auxquelles je me laiss]ais ins5siblem5t entran]4 ,note #a3 ,telles sont1 p> exemple1 s\s le rapport physique1 outre la situation1 !rmologiquem5t si avantageuse1 s\s la zone tempre1 l'exi/5ce de l'admirable bass9 de la ,mdit]rane1 aut\r duquel a d surt\t s'effectu] d'abord le plus rapide dveloppem5t social1 ds que l'art nautique e/ dev5u assez avanc p\r p]mettre d'utilis] ce prcieux int]mdiaire1 (frant1 l'ensemble des nations riv]a9es1 la fois la contiguit propre facilit] des relations suivies1 et la div]sit qui les r5d importantes une rciproque /imulation sociale4 ,p>eillem5t1 s\s le po9t de vue *imique1 l'abondance plus prononce du f] et de la h\ille dans ces contres privilgies1 a d c]ta9em5t y contribu] beauc\p acclr] l'volution huma9e4 ,enf91 s\s l'aspect biologique1 soit phytologique1 soit zoologique1 il e/ clair que ce mme milieu ayant t plus favorable1 d'une "p aux pr9cipales cultures alim5taires1 d'une autre "p au dveloppem5t des plus prcieux animaux dome/iques1 la civilisation a d s'y tr\v] aussi1 p> cela seul1 spcialem5t enc\rage4 ,mais1 quelque importance relle qu'on puisse dj atta*] ces div]s ap]u1 de telles bau*es sont videmm5t bi5 lo9 de suffire encore l'explication vraim5t positive du phnomne propos3 et lorsque la =mation conv5able de la dynamique sociale aura ultrieurem5t p]mis de t5t] directem5t une telle explication1 il e/ mme vid5t que *acune des indications prcd5tes aura pralablem5t beso9 d'tre s\mise une scrupuleuse rvision sci5tifique1 fonde sur l'ensemble de la philosophie naturelle4 ,ayant dsormais conv5ablem5t c>actris1 p> l'ensemble des considrations prcd5tes1 le vritable esprit qui doit ici ncessairem5t prsid] l'emploi rationnel des obs]vations hi/oriques1 il ne me re/e plus1 avant de procd] directem5t l'apprciation sommaire du dveloppem5t social1 qu' a*ev]1 p\r mieux prv5ir t\te confusion ess5tielle1 de dt]m9]1 avec plus de prcision que je n'ai pu le faire au *apitre prcd5t1 le mode rguli] de df9ition des poques successives que n\s devrons ensuite exam9]4 ,ma loi fondam5tale d'volution fixe sans d\te spontanm5t1 l'abri de t\t arbitraire1 le pr9cipal attribut et la coord9ation gnrale de ces div]ses phases1 en les ratta*ant t\j\rs l'tat correspondant1 ?ologique1 mtaphysique1 ou positif du sy/me philosophique lm5taire des conceptions huma9es4 ,nanmo9s1 il re/e encore ce sujet une inc]titude secondaire1 que je dois d'abord dissip] rapidem5t1 et prov5ant de la progression ncessairem5t 9gale de ces diffr5s ordres de p5ses1 qui1 n'ayant pu m>*] du mme pas1 suivant la loi hir>*ique tablie au db de ce ,trait1 ont d faire jusqu'ici frquemm5t co-exi/]1 p> exemple1 l'tat mtaphysique d'une c]ta9e catgorie intellectuelle1 avec l'tat ?ologique d'une catgorie po/rieure1 mo9s gnrale et plus arrire1 ou avec l'tat positif d'une autre antrieure1 mo9s complexe et plus avance1 malgr la t5dance cont9ue de l'esprit huma9 l'unit de m?ode et l'homognx de doctr9e4 ,cette app>5te confusion doit1 en effet1 d'abord produire1 *ez ceux qui n'en ont pas bi5 saisi le pr9cipe1 une f*euse hsitation sur le vrai c>actre philosophique des temps correspondans4 ,mais1 af9 de la prv5ir ou de la dissip] entirem5t1 il suffit ici de disc]n]1 en gnral1 d'aprs quelle catgorie intellectuelle doit tre surt\t jug le vritable tat spculatif d'une poque quelconque4 ,or1 t\s les motifs ess5tiels conc\r5t spontanm5t1 cet g>d1 p\r indiqu]1 avec une ple9e vid5ce1 l'ordre de notions fondam5tales le plus spcial et le plus compliqu1 c'e/--dire celui des ides morales et sociales1 comme devant t\j\rs f\rnir la base prpondrante d'un telle dcision2 non-seulem5t en v]tu de leur propre importance1 ncessairem5t trs suprieure dans le sy/me m5tal de presque t\s les hommes1 mais aussi1 *ez les philosophes eux-mmes1 p> suite de leur position rationnelle l'extrmit de la vraie hir>*ie encyclopdique1 tablie au db de ce ,trait4 ,p> cette d\ble influ5ce1 le c>actre intellectuel de *aque poque doit1 en effet1 se tr\v] con/amm5t dom9 p> celui d'un tel g5re de spculations huma9es4 ,c'e/ seulem5t qu& un n\veau rgime m5tal a pu s't5dre jusqu' cette extrme catgorie1 que l'on peut reg>d] l'volution correspondante comme ple9em5t ralise1 sans qu'il puisse alors re/] aucune cra9te ou espoir quelconques de ret\r l'tat antrieur3 l'avancem5t plus rapide des catgories plus gnrales et mo9s compliques ne peut ess5tiellem5t s]vir jusque-l qu' con/at]1 dans *aque phase1 les g]mes indisp5sables de la suivante1 sans que son c>actre propre en puisse tre pr9cipalem5t affect2 ces considrations accessoires ne p\rrai5t du mo9s tre autrem5t employes que p\r subdivis] les poques1 un degr dont il s]ait ma9t5ant trop prmatur de s'occup] spcialem5t4 ,a9si1 n\s devrons reg>d]1 p> exemple1 l'poque ?ologique comme subsi/ant encore1 tant que les ides morales et politiques auront cons]v un c>actre ess5tiellem5t ?ologique1 malgr le passage d'autres catgories intellectuelles l'tat purem5t mtaphysique1 et qu& mme l'tat vraim5t positif aurait dj comm5c p\r les plus simples d'entre elles3 p>eillem5t1 il faudra prolong] l'poque mtaphysique proprem5t dite jusqu' la positivit naissante de cet ordre prpondrant de conceptions huma9es4 ,p> cette manire de procd]1 l'aspect ess5tiel de *aque poque demeur]a aussi prononc que possible1 t\t en laissant nettem5t ressortir la prp>ation spontane de l'poque suivante4 ,cet ensemble indisp5sable d'explications pralables tant ma9t5ant complt1 comm5ons directem5t l'tude sommaire du dveloppem5t social1 d'aprs la loi fondam5tale d'volution tablie au *apitre prcd5t2 mais sans remont] t\tefois jusqu' cet ge prlim9aire1 dont la biologie doit f\rnir la sociologie la dt]m9ation ess5tielle1 que je puis1 p> consqu5t1 suppos] ici suffisamm5t effectue auj\rd'hui1 af9 de ne po9t ral5tir1 contrairem5t la pr9cipale de/9ation de cet ouvrage1 la m>*e ncessairem5t trs rapide de notre opration hi/orique1 et en rs]vant1 comme je l'ai dj indiqu1 p\r le trait spcial1 une analyse philosophique trs importante1 qui1 vrai dire1 n'a jamais t conv5ablem5t in/itue4 ,n\s devons1 en gnral1 n\s atta*]1 d'une "p1 l'apprciation rationnelle du vritable c>actre propre *aque phase successive2 et1 d'une autre "p1 y con/at] nettem5t sa filiation ncessaire env]s la prcd5te1 a9si que sa t5dance non mo9s 9vitable prp>] graduellem5t la suivante2 de faon ralis] peu peu l'en*anem5t positif dont j'ai dj tabli le pr9cipe4 ,les mmes motifs fondam5taux qui ont dmontr1 avec tant d'vid5ce1 au *apitre prcd5t1 l'9vitable spontanx gnrale d'un tat intellectuel ple9em5t ?ologique1 n'aurai5t ici beso9 que d'tre exam9s avec plus de prcision p\r pr\v]1 au mo9s aussi clairem5t1 que t\j\rs et p>t\t ce premi] rgime m5tal de l'humanit a d ncessairem5t comm5c] p> un tat complet1 plus ou mo9s prononc mais ord9airem5t trs durable1 de pur fti*isme1 con/amm5t c>actris p> l'essor libre et direct de notre t5dance primitive concevoir t\s les corps extrieurs quelconques1 naturels ou artificiels1 comme anims d'une vie ess5tiellem5t analogue la ntre1 avec de simples diffr5ces mutuelles d'int5sit4 ,cette con/itution orig9aire des spculations huma9es s]ait sans d\te difficile mconnatre auj\rd'hui1 soit qu'on l'exam9t priori du po9t de vue rationnel o n\s place l'ensemble de la ?orie biologique de l'homme1 soit en l'tudiant po/]iori d'aprs t\s les r5seignem5s exacts que l'on peut comb9] sur ce premi] ge social3 enf91 l'apprciation judicieuse du dveloppem5t individuel confirm]ait videmm5t1 cet g>d1 l'analyse immdiate de l'volution collective4 ,beauc\p de philosophes sont nanmo9s p>v5us1 d'aprs des m?odes vagues et vicieuses1 obscurcir pr(ondm5t des notions aussi irrcusables1 en s'ef=ant d'tablir1 au contraire1 que le po9t de d"p intellectuel a d consi/] dans le poly?isme proprem5t dit1 c'e/--dire dans la croyance spontane des tres surnaturels1 di/9cts et indp5dants de la matire1 passivem5t s\mise1 p\r t\s ses phnomnes1 leurs volonts suprmes4 ,quelques-uns mme1 qui1 malgr leur prt5due rsolution pralable de t\t exam9] librem5t1 subissai5t1 leur insu1 l'empire1 si r>em5t vitable1 des op9ions vulgairem5t consacres1 sont alls jusqu' int]v]tir entirem5t la progression naturelle des ides ?ologiques1 en v\lant reprs5t] le mono?isme rig\reux comme la vritable s\rce primordiale1 d'o s]ai5t ensuite issus1 p> corruption graduelle1 le fti*isme aprs le poly?isme#b4 ,il s]ait c]ta9em5t sup]flu de s'arrt] ici discut] aucunem5t ces div]ses ab]rations1 si manife/em5t contraires1 non-seulem5t l'ensemble des obs]vations les plus dcisives sur l'homme et sur la socit1 mais encore t\tes les lois les mieux tablies sur la m>*e ncessairem5t t\j\rs graduelle de notre intellig5ce1 jusque dans ses plus simples ex]cices4 ,a t\s g>ds1 notre vrai po9t de d"p1 intellectuel ou moral1 e/ 9vitablem5t beauc\p plus humble que ne l'indiqu5t ces fanta/iques suppositions3 l'homme a p>t\t comm5c p> le fti*isme le plus grossi]1 comme p> l'an?ropophagie la mieux c>actrise2 malgr l'horreur et le dgt que n\s pr\vons ju/em5t auj\rd'hui au seul s\v5ir d'une semblable orig9e1 notre pr9cipal orgueil collectif doit consi/] prcism5t1 non mconnatre va9em5t un tel db1 mais n\s glorifi] de l'admirable volution dans laquelle la supriorit1 graduellem5t dveloppe1 de notre organisation spciale1 n\s a enf9 tant levs au-dessus de cette misrable situation primitive1 o aurait sans d\te indf9im5t vgt t\te espce mo9s heureusem5t d\e4 ,note #b3 ,une telle hypo?se ne saurait tre vraim5t s\t5able que p\r ceux qui admett5t1 cet g>d1 une rvlation directe et spciale1 suivant l'esprit du sy/me ca?olique4 ,encore faudrait-il1 mme alors1 concevoir cette rvlation comme presque cont9ue1 ou du mo9s frquemm5t r5\vele1 af9 de combattre sans cesse le ret\r t\j\rs imm95t la m>*e vraim5t naturelle3 a9si que le vrifie clairem5t le cas des ,hbreux1 malgr leur div9 enseignem5t1 =tifi des prcautions les plus puissantes et les mieux s\t5ues1 incapables nanmo9s1 en tant d'occasions1 d'y cont5ir suffisamm5t l'in/9ct spontan v]s l'idoltrie primitive4 ,d'autres philosophes1 plus rappro*s1 ce sujet1 du vritable esprit sci5tifique1 t\t en admettant cette progression vid5te et ncessaire du fti*isme au poly?isme et ensuite au mono?isme1 sans laquelle la m>*e gnrale de l'humanit s]ait ess5tiellem5t in9telligible1 sont tombs1 leur t\r1 dans une erreur inv]se de la prcd5te1 et qui1 beauc\p mo9s grave1 mrite cep5dant d'tre ici sommairem5t signale1 af9 de prv5ir1 autant que possible1 t\te dviation quelconque relativem5t ce t]me primordial1 dont l'altration rejaillirait naturellem5t sur t\t le re/e de la srie sociale4 ,cette erreur secondaire consi/e reg>d] le fti*isme comme n'ayant po9t /rictem5t c>actris le rgime m5tal primitif1 en ce s5s que ce premi] tat1 quelque grossi] qu'il soit en effet1 aurait t nanmo9s t\j\rs prcd lui-mme p> une enfance encore plus imp>faite1 o l'homme1 exclusivem5t occup d'une cons]vation trop entrave1 ne prs5t]ait qu'une exi/5ce t\te matrielle1 sans aucun s\ci d'op9ions spculatives quelconques1 rduites mme au degr le plus lm5taire et le plus spontan3 tels s]ai5t1 p> exemple1 encore auj\rd'hui1 les malheureux habitans de la ,t]re de ,feu1 de div]ses p>ties de l',ocanie1 de quelques p>ties de la cte nord-oue/ d',amrique1 etc4 ,une semblable hypo?se n'altr]ait po9t ess5tiellem5t1 la manire des prcd5tes1 notre progression fondam5tale2 elle n'aurait videmm5t d'autre effet que d'y sup]pos] un t]me prlim9aire1 dont la considration propre p\rrait tre presque t\j\rs c>te dans l'usage ultrieur de la srie sociale4 ,mais la rectification de cette illusion1 d'ailleurs aism5t explicable1 n'en (fre pas mo9s1 s\s un autre aspect philosophique1 une vritable importance1 af9 de ma9t5ir scrupuleusem5t l'unit et l'inv>iabilit ncessaires de la con/itution fondam5tale de l'homme1 si indisp5sable1 comme je l'ai montr1 au sy/me rationnel de la sociologie positive4 ,on voit1 en effet1 que1 d'aprs cette hypo?se1 les beso9s purem5t intellectuels n'aurai5t pas t\j\rs exi/1 s\s une =me quelconque1 dans l'humanit1 et qu'il faudrait y admettre une poque o ils aurai5t absolum5t pris naissance1 sans aucune autre manife/ation antrieure3 ce qui s]ait directem5t contraire ce gr& pr9cipe1 f\rni la sociologie p> la biologie1 que1 t\j\rs et p>t\t1 l'organisme huma9 a d prs5t]1 t\s g>ds1 les mmes beso9s ess5tiels1 qui n'ont pu successivem5t diffr]1 en aucun cas1 que p> leur degr de dveloppem5t et leur mode correspondant de satisfaction4 ,une telle position de la "q suffit c]ta9em5t p\r la rs\dre1 et montre aussitt que cette op9ion doit ncessairem5t rsult] d'une fausse apprciation des faits4 ,dans l'tat mme d'idiotisme et de dm5ce1 o l'homme p>at rabaiss au-dess\s d'un gr& nombre d'animaux suprieurs1 on p\rrait encore con/at]1 avec les prcautions conv5ables1 l'exi/5ce d'un c]ta9 degr d'activit purem5t spculative1 qui se satisfait alors p> un fti*isme trs grossi]4 ,combi5 s]ait-il donc irrationnel1 plus =te raison1 de p5s] que1 aucun ge de l'enfance sociale1 l'homme normal1 et d\1 au mo9s implicitem5t1 de t\tes ses facults1 ait pu jamais tre livr1 d'une manire rig\reusem5t exclusive1 une vie purem5t matrielle de gu]re ou de *asse1 sans aucune manife/ation quelconque des beso9s intellectuels1 quelque oppressive qu'on veuille alors suppos] la puissance d'un milieu dfavorable4 ,en pr9cipe1 cette hypo?se s]ait videmm5t ins\t5able4 ,mais je puis d'ailleurs facilem5t indiqu] la s\rce trs naturelle d'une p>eille illusion1 que me sembl5t p>tag] encore presque t\s les obs]vateurs1 mme les plus judicieux et les plus sagaces1 qui ont tudi1 p> une exploration directe1 les premi]s degrs de la vie sauvage2 ce qui doit faire mieux ressortir l'utilit de cette rectification4 ,il suffit de rem>qu]1 cet effet1 que1 dans ces diffr5s cas1 l'abs5ce relle d'ides ?ologiques quelconques a t ess5tiellem5t conclue1 non d'une confr5ce directe1 qui n'et pu mme tre conv5ablem5t tablie1 mais du seul dfaut de t\t culte organis1 sac]doce plus ou mo9s di/9ct4 ,or1 comme je l'expliqu]ai ci-aprs1 le fti*isme1 de sa nature1 peut se dvelopp] beauc\p avant de donn] lieu aucun vritable sac]doce1 jusqu' ce qu'il ait atte9t l'tat d'a/roltrie1 ce qui arrive s\v5t =t t>d1 et t\t prs de sa trans=mation f9ale en poly?isme proprem5t dit4 ,telle e/ la simple orig9e de cette illusion1 qui1 malgr sa gravit1 e/1 au fond1 trs excusable1 *ez des explorateurs qui ne p\vai5t tre dirigs p> aucune ?orie positive1 propre prv5ir ou rp>] t\te vicieuse int]prtation des faits4 ,on a dit1 il e/ vrai1 l'appui d'une telle hypo?se1 que l'homme a d ess5tiellem5t comm5c] la manire des animaux4 ,je l'admets en effet1 sauf la supriorit d'organisation1 mais en niant l'induction qu'on en veut tir]1 et qui repose1 mes yeux1 sur une fausse apprciation de l'tat m5tal des animaux eux-mmes4 ,c> je suis conva9cu que les animaux assez levs p\r manife/]1 en cas de loisir suffisant1 une c]ta9e activit spculative 7et beauc\p d'espces en sont assurm5t susceptibles71 p>vi5n5t spontanm5t1 de la mme manire que n\s1 une sorte de fti*isme grossi]1 consi/ant t\j\rs suppos] les corps extrieurs1 mme les plus in]tes1 anims de passions et de volonts plus ou mo9s analogues aux impressions p]sonnelles du spectateur4 ,une judicieuse exploration de l'intellig5ce des animaux ne laisse aucun d\te sur la ralit de cette similitude ess5tielle1 sauf la diffr5ce fondam5tale que prs5te l'inconte/able aptitude de l'ent5dem5t huma9 se dgag] graduellem5t de ces tnbres primitives1 qui1 p\r les autres organismes1 mme les plus m95s1 doiv5t1 au contraire1 indf9im5t p]si/]2 except peut-tre1 *ez quelques animaux *oisis1 un faible comm5cem5t de poly?isme1 qu'il faudrait d'ailleurs attribu] surt\t au contact huma94 ,que1 p> exemple1 un enfant ou un sauvage1 d'une "p1 et1 d'une autre "p1 un *i5 ou un s+e1 contempl5t une montre p\r la premire fois3 il n'y aura1 sans d\te1 si ce n'e/ quant la manire de =mul]1 aucune pr(onde div]sit immdiate dans la conception spontane qui1 aux uns et aux autres1 reprs5t]a cet admirable produit de l'indu/rie huma9e comme une sorte d'animal vritable1 ayant ses gts et ses incl9ations propres3 d'o rsulte1 p> consqu5t1 s\s ce rapport1 un fti*isme radicalem5t commun1 les premi]s ayant seulem5t le privilge exclusif d'en p\voir ultrieurem5t sortir4 ,a9si1 l'apprciation rationnelle du vritable degr de similitude ncessaire entre le dveloppem5t m5tal de l'homme et celui des autres animaux suprieurs1 d'aprs la similitude correspondante de leurs organismes crbraux1 n'ab\tit rellem5t qu' confirm] de n\veau1 bi5 lo9 de l'altr]1 notre proposition gnrale sur le vrai po9t de d"p intellectuel de l'humanit4 ,exclusivem5t habitus ds long-temps une ?ologie m9emm5t mtaphysique1 n\s devons pr\v] auj\rd'hui beauc\p d'emb>ras compr5dre rellem5t cette grossire orig9e1 qui a d frquemm5t donn] lieu de graves mprises involontaires4 ,c'e/ a9si surt\t que le fti*isme a mme t le plus s\v5t confondu avec le poly?isme1 lorsqu'on a indm5t appliqu celui-ci la dnom9ation usuelle d'idoltrie1 qui ne convi5t c]ta9em5t qu'au premi]2 puisque les prtres de ,jupit] ou de ,m9]ve aurai5t pu sans d\te aussi lgitimem5t rep\ss] le repro*e banal d'adoration des images que le font auj\rd'hui nos docteurs ca?oliques quant l'inju/e accusation des prote/ans4 ,mais1 quoique n\s soyons heureusem5t assez loigns du fti*isme p\r ne plus le concevoir aism5t1 *acun de n\s n'a qu' remont] suffisamm5t dans sa propre hi/oire individuelle1 p\r y retr\v] la fidle reprs5tation d'un tel tat initial4 ,t\s les philosophes qui sauront auj\rd'hui se dgag] conv5ablem5t des op9ions vulgaires1 s5tiront aussitt que le fti*isme con/itue ncessairem5t le vrai fond primordial de l'esprit ?ologique1 envisag dans sa plus pure navet lm5taire1 et nanmo9s dans sa plus entire plnitude intellectuelle3 c'e/ l que convi5drait m9emm5t la clbre =mule de ,bossuet3 ,t\t tait dieu1 except ,dieu mme1 p\rvu qu'on l'appliqut un po9t de d"p1 et non une *imrique dgnration2 c> on peut /rictem5t dire1 en effet1 que1 depuis cette premire poque1 le nombre des dieux a t sans cesse en dcroissant1 comme je l'expliqu]ai bi5tt4 ,lorsque1 mme auj\rd'hui1 les plus m95s p5seurs se laiss5t involontairem5t entran]1 s\s l'influ5ce imp>faitem5t rectifie de notre vicieuse ducation1 t5t] de pntr] le my/re de la production ess5tielle de phnomnes quelconques1 simples ou compliqus1 dont ils ignor5t les lois naturelles1 ils peuv5t alors p]sonnellem5t con/at] cette inv>iable t5dance in/9ctive concevoir la gnration des effets inconnus d'aprs les passions et les affections de l'tre correspondant1 t\j\rs envisag comme vivant1 ce qui n'e/ rellem5t autre *ose que le pr9cipe philosophique du fti*isme proprem5t dit4 ,ceux qui1 p> exemple1 auront s\ri avec le plus de dda9 la navet du sauvage animant spontanm5t la montre dont il admire le jeu1 p\rrai5t1 leur t\r1 se surpr5dre eux-mmes plus d'une fois dans une disposition m5tale bi5 peu suprieure1 malgr leur habitude d'un tel spectacle1 qu& ils contempl5t1 entirem5t trang]s l'horlog]ie1 les accid5s imprvus1 et s\v5t inexplicables1 dus quelque drangem5t inap]u de cet +nieux app>eil4 ,il n\s s]ait1 sans d\te1 trs difficile de cont5ir alors suffisamm5t la disposition naturelle qui n\s entrane reg>d] ces altrations comme autant d'indices des affections ou des caprices d'un tre *imrique1 si la puissance1 enf9 prpondrante1 d'une analogie antrieure dj =t t5due1 ne n\s conduisait ma9t5ant calm] notre inquitude intellectuelle p> l'immdiate supposition gnrale d'une c]ta9e lsion mcanique1 ultrieurem5t assignable1 comme en beauc\p d'autres cas semblables pralablem5t analyss notre entire satisfaction4 ,a9si1 la philosophie ?ologique1 conv5ablem5t appr(ondie1 a t\j\rs videmm5t p\r base ncessaire le pur fti*isme1 qui div9ise in/antanm5t *aque corps ou *aque phnomne susceptibles d'attir] avec quelque n]gie la faible att5tion de l'humanit naissante4 ,quelques trans=mations ess5tielles que cette philosophie primitive puisse ensuite subir graduellem5t1 une judicieuse analyse sociologique y p\rra t\j\rs mettre nu ce fond primordial1 jamais entirem5t dissimul1 mme dans l'tat religieux le plus loign du po9t de d"p4 ,non-seulem5t1 p> exemple1 la ?ocratie gypti5ne1 dont celle des ,juifs fut c]ta9em5t une simple drivation1 a d prs5t]1 aux temps de sa plus gr&e spl5deur1 la co-exi/5ce rgulire et trs prolonge1 dans les diffr5tes ca/es de sa hir>*ie sac]dotale1 de nos trois ges religieux1 puisque les rangs infrieurs tai5t encore re/s au simple fti*isme1 t&is que les premi]s rangs tai5t en ple9e possession d'un poly?isme trs c>actris1 et que les degrs suprmes s'tai5t mme dj levs trs probablem5t une c]ta9e bau*e du mono?isme2 mais1 en scrutant plus pr(ondm5t l'esprit ?ologique1 on peut1 en outre1 y reconnatre1 en t\t temps1 p> une analyse plus directe et plus dcisive1 des traces actuelles trs prononces du fti*isme fondam5tal1 malgr les =mes les plus mtaphysiques qu'il ait pu affect] *ez les plus subtiles intellig5ces4 ,qu'e/-ce1 en effet1 au fond1 que cette clbre conception de l'me du monde *ez les anci5s1 ou cette assimilation plus mod]ne de la t]re un imm5se animal vivant1 et tant d'autres doctr9es analogues1 s9on un vritable fti*isme1 va9em5t dguis s\s un pompeux v]biage philosophique8 ,il n'y a l1 sans d\te1 comp>ativem5t au fti*isme spontan des temps primitifs1 d'autre diffr5ce ess5tielle que de se rapport] des tres collectifs et ab/raits au lieu d'tres purem5t individuels et concrets4 ,de nos j\rs mme1 qu'e/-ce rellem5t1 p\r un esprit positif1 que ce tnbreux pan?isme dont se glorifi5t si trangem5t1 surt\t en ,allemagne1 tant de pr(onds mtaphysici5s1 s9on le fti*isme gnralis et sy/matis1 envelopp d'un app>eil doctoral propre donn] le *ange au vulgaire8 ,p> d'aussi dcisives confirmations d'un pr9cipe dj directem5t tabli1 il devi5t donc irrcusable que le pur fti*isme1 lo9 de con/itu] une simple ab]ration de l'esprit ?ologique1 en indique ncessairem5t la s\rce fondam5tale1 et dt]m9e son vrai c>actre primordial1 jusqu'aux temps beauc\p plus rc5s o1 comme je l'expliqu]ai bi5tt1 son mlange de plus en plus intime avec l'esprit mtaphysique proprem5t dit en altre pr(ondm5t la nature orig9elle1 nanmo9s t\j\rs reconnaissable une sa9e exploration sci5tifique4 ,telle e/ donc notre ?ologie vraim5t primitive1 celle qui prs5te le plus compltem5t cette rig\reuse spontanx1 o rside1 d'aprs le *apitre prcd5t1 le privilge ess5tiel de t\te philosophie ?ologique1 et qu'aucun autre ge religieux n'a pu c]ta9em5t (frir un degr aussi p>faitem5t appropri la torpeur initiale de l'ent5dem5t huma91 alors a9si disp5s mme de crer la fiction facile des div]s ag5s surnaturels1 et se bornant cd] presque passivem5t la p5te naturelle qui n\s entrane transport] au dehors ce s5tim5t d'exi/5ce dont n\s sommes intrieurem5t pntrs1 lequel1 n\s semblant d'abord expliqu] suffisamm5t nos propres phnomnes1 n\s s]t immdiatem5t de base uni=me l'int]prtation absolue de t\s les phnomnes extrieurs4 ,cette premire philosophie a d re/]1 comme t\te autre1 borne d'abord au monde inanim1 considr dans t\s ses phnomnes de quelque importance1 et sans except] mme les phnomnes purem5t ngatifs1 p> exemple ceux des ombres1 qui ont sans d\te long-temps produit sur l'humanit naissante la mme impression fondam5tale de t]reur sup]/itieuse qu'ils dt]m95t encore si s\v5t dans notre enfance individuelle1 comme *ez tant d'animaux4 ,mais cette ?ologie spontane n'a pas d t>d] tre p>eillem5t t5due l'tude de l'animalit1 jusqu' produire frquemm5t l'adoration#c =melle des animaux1 qu& ils (frai5t l'homme1 s\s un aspect quelconque1 un spectacle plus ou mo9s my/rieux1 c'e/--dire dont il ne retr\vait pas en lui l'quival5t ess5tiel1 soit que l'exquise supriorit de l'odorat1 ou de t\t autre s5s1 leur procurt immdiatem5t des notions dont l'orig9e1 en beauc\p de cas1 n\s *appe encore auj\rd'hui1 soit qu'une plus gr&e susceptibilit organique leur ft1 c]ta9s g>ds1 s5tir avant n\s div]ses v>iations pr9cipales de l'atmosphre1 etc4 ,note #c3 ,ce g5re d'idoltrie a d t\tefois tre bi5 mo9s commun qu'on ne l'a cru1 p>ce qu'on a s\v5t confondu sans d\te1 avec une vritable adoration directe1 le respect spcial p\r des animaux consacrs quelque div9it extrieure1 suivant un usage long-temps pratiqu *ez les ,grecs et mme *ez les ,roma9s1 indp5damm5t d'ailleurs de c]ta9s animaux habituellem5t entret5us comme in/rum5s de div9ation4 ,une telle manire de philosoph] n'e/ pas mo9s p>faitem5t adapte1 p> sa nature1 au vrai c>actre moral de l'humanit naissante qu' sa premire situation m5tale4 ,n\s avons reconnu1 au *apitre prcd5t1 que le s5s gnral de l'volution huma9e consi/e surt\t dim9u] de plus en plus l'9vitable prpondrance1 ncessairem5t t\j\rs fondam5tale1 mais d'abord excessive1 de la vie affective sur la vie intellectuelle1 ou1 suivant la =mule anatomique1 de la rgion po/rieure du c]veau sur la rgion frontale2 d'une manire d'ailleurs ess5tiellem5t commune au dveloppem5t de l'espce et celui de l'individu4 ,or1 cet empire1 videmm5t plus prononc l'orig9e1 des passions sur la raison1 et qui doit alors1 comme je l'ai montr1 n\s dispos] spcialem5t la philosophie ?ologique1 e/ c]ta9em5t plus favorable encore la ?ologie fti*i/e qu' aucune autre4 ,t\s les corps obs]vables tant a9si immdiatem5t p]sonnifis1 et d\s de passions ord9airem5t trs puissantes1 selon l'n]gie de leurs phnomnes1 le monde extrieur se prs5te spontanm5t1 env]s le spectateur1 dans une p>faite h>monie1 qui n'a pu jamais se retr\v] ensuite au mme degr1 et qui doit produire en lui un s5tim5t spcial de ple9e satisfaction1 que n\s ne p\vons gure qualifi] auj\rd'hui conv5ablem5t1 faute de p\voir suffisamm5t l'pr\v]1 mme en n\s reportant1 p> la mditation la plus int5se et la mieux dirige1 ce b]ceau de l'humanit4 ,on conoit aism5t combi5 cette exacte correspondance intime entre le monde et l'homme doit n\s atta*] pr(ondm5t au fti*isme1 qui rciproquem5t t5d aussi1 de t\te ncessit1 prolong] spcialem5t un tel tat moral4 ,cette co-relation spontane peut encore se vrifi]1 mme qu& l'volution huma9e e/ la plus avance1 en considrant les organisations ou les situations1 ds lors plus ou mo9s exceptionnelles1 o la vie affective acqui]t1 un titre quelconque1le plus spcialem5t une prdom9ance trs rappro*e de l'irrsi/ibilit4 ,malgr la plus gr&e culture intellectuelle1 les hommes qui1 p\r a9si dire1 p5s5t naturellem5t p> le d]rire de la tte1 ou ceux qui se tr\v5t mom5tanm5t dans une disposition semblable 7dont p]sonne peut-tre1 mme p>mi les meilleurs esprits1 n'a jamais t entirem5t prs]v71 ont beso9 d'ex]c] presque incessamm5t sur leurs propres p5ses une trs active surveillance1 p\r ne pas se laiss] ess5tiellem5t entran]1 dans l'tat trs prononc de cra9te ou d'esprance dt]m9 p> un passion quelconque1 une sorte de re*ute aigu v]s le fti*isme fondam5tal1 en p]sonnifiant1 et ensuite div9isant1 jusqu'aux objets les plus in]tes qui peuv5t intress] leurs affections actuelles4 ,ces t5dances p>tielles ou passagres peuv5t n\s suggr] auj\rd'hui une faible ide de la puissance primordiale d'un tel tat moral1 lorsque1 la fois complet et normal1 il tait d'ailleurs p]man5t et commun4 ,la con/itution1 encore si mtaphorique1 du langage huma91 dans les idiomes mme les plus p]fectionns1 en (fre aussi1 mes yeux1 un tmoignage univ]sel et prolong1 irrcusable quoique indirect4 ,on ne saurait d\t]1 en effet1 que la =mation du fond ess5tiel de ce langage ne remonte1 en gr&e p>tie1 jusqu' cet ge du fti*isme proprem5t dit1 qui a d p]si/] plus long-temps qu'aucun autre peut-tre1 p> la l5teur plus spciale des progrs qu'il comportait1 comme je vais l'expliqu]4 ,en second lieu1 l'op9ion ord9aire1 qui attribue surt\t le frqu5t usage des expressions figures la seule disette de signes directs1 e/ sans d\te trop rationnelle p\r dev5ir suffisamm5t admissible1 autrem5t qu'env]s une poque trs avance de l'volution intellectuelle4 ,jusque alors1 et prcism5t p5dant les temps qui ont d le plus influ] sur la =mation ou plutt le dveloppem5t de la langue huma9e#d1 l'excessive surabondance des figures a d t5ir bi5 davantage au rgime philosophique alors dom9ant1 qui1 surt\t l'tat de fti*isme1 assimilant directem5t t\s les phnomnes possibles aux actes huma9s1 devait faire introduire1 comme ess5tiellem5t fidles1 des expressions qui ne peuv5t plus n\s sembl] que mtaphoriques1 depuis que n\s avons compltem5t dpass l'tat m5tal qui en motivait le s5s littral4 ,cet ap]u sci5tifique s]ait1 au beso91 suffisamm5t confirm p> une rem>que intressante1 dj faite depuis long-temps1 sur le dcroissem5t graduel d'une telle t5dance mesure que l'esprit huma9 se dveloppe3 ce qui1 t\tefois1 n'en r5drait po9t sup]flue l'ultrieure vrification spciale1 d'aprs un ensemble suffisant d'analyses philologiques conv5ablem5t in/itues4 ,p\r facilit] la conception d'un tel travail1 je me born]ai aj\t] ici une indication c>actri/ique1 relative aux temps mod]nes1 o la nature des mtaphores se trans=me ins5siblem5t de plus en plus1 en ce que1 au lieu de transport]1 comme dans l'tat primitif1 au monde extrieur les expressions propres aux actes huma9s1 la rvolution fondam5tale qui s'accomplit graduellem5t dans notre manire de philosoph] n\s conduit1 au contraire1 appliqu] t\j\rs davantage aux div]s phnomnes de la vie des t]mes primitivem5t de/9s la nature in]te1 dont la considration prpondrante con/itue1 comme je l'ai tant tabli1 la base ncessaire du vritable esprit sci5tifique1 qui ex]c]a dsormais sur la con/itution du langage huma9 une influ5ce de plus en plus pr(onde4 ,note #d3 ,j'emploie ici desse9 le s+uli]1 af9 d'indiqu] ma conviction bi5 arrte sur l'unit fondam5tale du langage huma91 quoique la nature et la de/9ation de cet ouvrage ne me p]mett5t pas d'y exam9]1 mme sommairem5t1 cet important sujet4 ,dans le ,trait spcial que j'ai annonc1 je p\rrai ultrieurem5t ju/ifi] ce lum9eux pr9cipe1 qui peut seul conduire con/itu]1 en temps opportun1 une vraie philosophie du langage1 et que l'esprit positif doit envisag]1 ce me semble1 comme l'une des gr&es donnes pralables f\rnies la sociologie p> la biologie4 ,c> *aque espce d'animaux suprieurs tant t\j\rs d\e1 en v]tu de son organisation1 d'un c]ta9 langage propre1 dont l'id5tit ncessaire se fait p>t\t s5tir trav]s les div]ses modifications quelconques1 s\v5t trs notables1 de climat et mme de race1 une va9e et fallacieuse mtaphysique me p>at seule p\voir conduire concevoir irrationnellem5t notre espce comme arbitrairem5t s\/raite cette loi univ]selle du rgne animal1 sans que ri51 dans notre organisme1 pt c]tes motiv] cette trange anomalie4 ,qu& les hautes re*]*es philologiques1 qui1 du re/e1 comm5c5t dj spontanm5t conv]g] avec vid5ce v]s une telle t5dance1 p\rront tre enf9 conv5ablem5t in/itues1 p> l'indisp5sable conc\rs p]man5t d'une plus sa9e ducation prlim9aire avec l'usage rguli] d'une ?orie sociologique vraim5t directrice1 je ne d\te pas qu'elles ne fass5t alors de rapides progrs dans la manife/ation irrcusable des vrais lm5s fondam5taux de la langue huma9e4 ,aprs avoir a9si directem5t tabli1 s\s le po9t de vue gnral propre cet ouvrage1 l'9vitable ncessit de ce premi] ge ?ologique1 et suffisamm5t expliqu son vrai c>actre fondam5tal1 il n\s re/e apprci] sommairem5t son influ5ce propre sur l'ensemble de l'volution huma9e1 et ensuite1 plus spcialem5t1 la trans=mation graduelle qui en fait spontanm5t driv] le second ge naturel de la philosophie ?ologique4 ,lorsque1 sans s'arrt] aux premires impressions1 on comp>e1 d'une manire conv5ablem5t appr(ondie1 t\tes les gr&es phases religieuses de l'humanit1 il n'e/ plus d\teux1 comme je l'ai ci-dessus indiqu1 que le fti*isme ne con/itue rellem5t1 du mo9s quant l'exi/5ce individuelle1 l'tat ?ologique le plus int5se1 c'e/--dire celui o cet ordre d'ides ex]ce la plus va/e et la plus intime prpondrance dans t\t notre sy/me m5tal4 ,quelque mon/rueux que n\s semble auj\rd'hui1 *ez les auteurs anci5s1 l'9puisable dnombrem5t des div9its du paganisme1 n\s tr\v]ions un rsultat bi5 plus trange encore s'il tait possible d'excut] suffisamm5t une telle revue env]s les dieux des purs fti*i/es1 a9si que j'aurai lieu ci-aprs d'en signal] le pr9cipal motif4 ,cette multiplicit suprieure devait1 en effet1 rsult] du c>actre ess5tiellem5t individuel et concret des croyances fti*iques1 o *aque corps obs]vable devi5t spontanm5t le sujet propre d'une sup]/ition di/9cte4 ,mais indp5damm5t d'une telle complication numrique1 cette liaison immdiate et cont9ue doit alors donn] une bi5 plus gr&e influ5ce m5tale aux conceptions ?ologiques1 trav]s lesquelles1 p\r a9si dire1 s'effectu5t ncessairem5t t\tes les obs]vations2 sauf quelques r>es notions pratiques sur les div]s ordres de phnomnes naturels1 9vitablem5t f\rnies p> l'expri5ce involontaire1 et qui1 dans l'orig9e1 sont peu suprieures aux connaissances relles que les plus m95s animaux acquir5t d'une manire analogue4 ,a aucun autre ge religieux1 les ides ?ologiques n'ont c]ta9em5t pu tre aussi directem5t ni aussi compltem5t adhr5tes aux s5sations elles-mmes1 qui alors les rappelai5t presque sans dlai et sans discont9uit2 en sorte qu'il devait tre presque impossible l'intellig5ce d'en faire ess5tiellem5t ab/raction1 mme d'une manire p>tielle et mom5tane4 ,l'imm5se progrs qui n\s sp>e heureusem5t de cette premire enfance1 doit en r5dre ma9t5ant trs difficile l'exacte apprciation1 outre l'emb>ras croissant des explorations directes de plus en plus r>es4 ,mais1 en se plaant au po9t de vue conv5able#e1 je ne d\te pas que la plup>t des juges compt5s ne reconnaiss5t enf9 la ju/esse de cette importante obs]vation sur la prpondrance intellectuelle de l'esprit ?ologique1 beauc\p plus prononce au temps du fti*isme que s\s aucun autre rgime religieux3 ce qui t5d confirm]1 ds le po9t de d"p1 ma proposition gnrale sur le dcroissem5t cont9u d'un tel esprit mesure que l'volution intellectuelle s'accomplit1 suivant ma ?orie fondam5tale du dveloppem5t huma94 ,t\tefois1 la confusion trop ord9aire o tomb5t presque t\s les philosophes entre l'empire m5tal des croyances religieuses et leur influ5ce sociale1 emp*e ess5tiellem5t1 cet g>d1 t\te sa9e apprciation gnrale1 p>ce que ce n'e/ po9t alors en effet que la philosophie ?ologique a pu obt5ir son plus gr&1 et surt\t son plus heureux asc5dant politique1 dont le dveloppem5t propre a d tre plutt en s5s inv]se1 p> une rem>quable concid5ce1 que la suite de notre opration hi/orique expliqu]a spontanm5t4 ,af9 de dissip] ici1 ce sujet1 t\te inc]titude ess5tielle1 il faut donc ma9t5ant c>actris] le motif pr9cipal de la mo9dre puissance du fti*isme comme moy5 de civilisation1 malgr son ext5sion intellectuelle c]ta9em5t suprieure2 d'o rsult]a ensuite aism5t la dt]m9ation sommaire de sa vritable influ5ce sociale4 ,note #e3 ,c'e/ uniquem5t au trs petit nombre d'esprits ple9em5t philosophiques qui ont pu ess5tiellem5t accomplir dj la gr&e volution m5tale1 qu'il app>ti5t auj\rd'hui d'entrepr5dre avec succs de telles comp>aisons1 cause de l'heureuse facult que leur procure exclusivem5t une entire mancipation p]sonnelle1 de transport] presque indiffremm5t leurs p5ses t\s les degrs de l'*elle ?ologique1 sans aucune prdilection p]turbatrice4 ,j'aurai plus d'une occasion naturelle de faire nettem5t s5tir1 dans les deux *apitres suivans1 que ce n'e/ po9t des philosophes religieux qu'on doit f9alem5t att5dre une hi/oire vraim5t rationnelle de la religion1 conue et excute d'une manire imp>tiale et lum9euse4 ,a la vrit1 l'esprit de dnigrem5t sy/matique qui c>actrisait1 cet g>d1 les encyclopdi/es du sicle d]ni]1 devait c]ta9em5t les r5dre encore mo9s propres cette haute apprciation philosophique4 ,elle ne saurait conv5ir qu' des intellig5ces aussi ple9em5t affran*ies des prv5tions mtaphysiques que des prjugs ?ologiques1 et p\r lesquelles ces deux ordres d'ides antagoni/es soi5t dsormais p>eillem5t ensevelis dans un irrvocable pass1 o la "p ncessaire de *acun d'eux devi5t exactem5t assignable1 d'aprs la vraie ?orie gnrale du dveloppem5t huma94 ,on doit1 cet effet1 rem>qu] d'abord que1 malgr les rcrim9ations mod]nes contre l'autorit sac]dotale1 une telle autorit e/ nanmo9s /rictem5t indisp5sable p\r utilis] rellem5t la proprit civilisatrice de la philosophie ?ologique4 ,non-seulem5t t\te doctr9e quelconque exige videmm5t des organes spciaux1 qui puiss5t t\j\rs en dirig] et en surveill] l'application sociale4 ,mais1 en outre1 les croyances religieuses sont1 p> leur nature1 beauc\p plus compltem5t assujties que t\tes les autres cette ncessit commune1 cause du vague indf9i qui les c>actrise spontanm5t1 et qui ne peut tre suffisamm5t cont5u que p> l'ex]cice p]man5t d'une trs active discipl9e1 conv5ablem5t organise4 ,sans cette indisp5sable condition1 les ides ?ologiques peuv5t avoir beauc\p d'ext5sion et d'n]gie1 au po9t mme d'occup] presque exclusivem5t l'intellig5ce1 et ne comport] nanmo9s qu'une trs faible consi/ance politique1 en suscitant plutt des div]g5ces que des conv]g5ces3 comme n\s le confirme m9emm5t la gr&e expri5ce des trois d]ni]s sicles1 o1 p> la dsorganisation gnrale de l'anci5ne autorit ?ologique1 les croyances religieuses sont dev5ues bi5 plus un puissant pr9cipe de discorde qu'un vritable li5 social1 contrairem5t leur de/9ation ess5tielle1 que l'tymologie semble auj\rd'hui rappel] avec une sorte d'ironie4 ,or1 en ayant conv5ablem5t g>d cette considration fondam5tale1 il e/ facile d'expliqu] la mo9dre influ5ce sociale de la philosophie ?ologique l'poque du fti*isme1 malgr qu'elle occupt c]ta9em5t alors beauc\p plus de place dans l'ensemble de l'ent5dem5t huma94 ,cette concid5ce ncessaire ti5t1 en effet1 ce que le fti*isme comportait inf9im5t mo9s que le poly?isme et le mono?isme le dveloppem5t propre d'une autorit sac]dotale di/9ctem5t organise en classe spciale1 p> une suite ncessaire du c>actre ess5tiel des croyances correspondantes4 ,presque t\s les dieux du fti*isme sont m9emm5t individuels1 et *acun d'eux a sa rsid5ce 9vitable et p]man5te dans un objet p>ticulirem5t dt]m92 t&is que ceux du poly?isme ont1 de leur nature1 une bi5 plus gr&e gnralit1 un dp>tem5t beauc\p plus t5du quoique t\j\rs propre1 et enf9 un sige inf9im5t mo9s circonscrit4 ,cette diffr5ce fondam5tale con/itue sans d\te1 p\r le fti*isme1 une aptitude plus prononce correspondre spontanm5t1 avec une exacte h>monie1 l'tat primitif de l'esprit huma91 o t\tes les ides sont ncessairem5t1 au plus haut degr1 p>ticulires et concrtes2 et de l rsulte1 comme je l'ai ci-dessus n1 la multiplicit trs suprieure des div9its de cette premire enfance4 ,mais1 s\s le po9t de vue social1 il e/ p>eillem5t vid5t que de telles croyances (fr5t1 p> leur nature1 beauc\p mo9s de ress\rces1 soit p\r runir les hommes1 soit p\r les g\v]n]4 ,quoiqu'il exi/e1 sans d\te1 des fti*es de tribu1 et mme de nation1 la plup>t nanmo9s sont ess5tiellem5t dome/iques1 ou mme p]sonnels1 ce qui (fre bi5 peu de sec\rs au dveloppem5t spontan de p5ses suffisamm5t communes4 ,en second lieu1 le sige immdiat de *aque div9it dans un objet matriel nettem5t dt]m91 doit r5dre le sac]doce proprem5t dit presque inutile1 et1 p> suite1 t5d emp*] directem5t l'essor d'une classe spculative1 vraim5t di/9cte et influ5te4 ,ce n'e/ pas que le culte ne soit alors =t t5du1 c> il ti5t1 au contraire1 bi5 plus de place1 qu' aucune poque ?ologique plus avance1 dans l'ensemble de la vie huma9e1 qui en e/ plus intimem5t pntre1 *aque acte p>ticuli] de l'homme ayant p\r a9si dire son propre aspect religieux4 ,mais c'e/ presque t\j\rs un culte ess5tiellem5t p]sonnel et direct1 dont *aque croyant peut tre le m9i/re immdiat1 sans aucune int]position =ce env]s ses div9its spciales1 con/amm5t accessibles p> leur nature4 ,c'e/ surt\t la croyance ultrieure des dieux habituellem5t invisibles1 plus ou mo9s gnraux1 et ess5tiellem5t di/9cts des corps s\mis leur arbitraire discipl9e1 qui a d dt]m9]1 l'ge du poly?isme1 le dveloppem5t rapide et prononc d'un vrai sac]doce1 susceptible d'une haute prpondrance sociale1 comme con/ituant1 d'une manire rgulire et p]man5te1 un int]mdiaire indisp5sable entre l'adorateur et sa div9it4 ,le fti*isme1 au contraire1 n'exigeait po9t videmm5t cette 9vitable int]v5tion1 et t5dait a9si prolong] extrmem5t l'enfance de l'organisation sociale1 dont le premi] essor1 comme je l'ai tabli au *apitre prcd5t1 devait c]ta9em5t dp5dre de la =mation di/9cte d'une classe spculative1 c'e/--dire alors sac]dotale4 ,dans l'analyse1 beauc\p mieux connue1 des ges ?ologiques ultrieurs1 on peut obs]v] encore des traces trs m>ques de ce c>actre ncessaire des cultes primitifs1 aux temps mme de la plus entire ext5sion intellectuelle et sociale du poly?isme grec ou roma91 en considrant le mode spcial1 trs prcieux rem>qu] s\s ce rapport1 qui y di/+uait l'adoration des dieux l>es et pnates1 div9its ess5tiellem5t dome/iques1 o l'on doit1 mon gr1 reconnatre de purs fti*es1 dont le culte1 p>ticulirem5t modifi *ez les div]ses familles1 s'y clbrait t\j\rs directem5t1 sans int]v5tion sac]dotale1 *aque fidle1 ou du mo9s *aque *ef de famille1 tant re/1 cet g>d1 une sorte de prtre spontan4 ,t\tefois1 l'obs]vation plus complte et plus v>ie des populations fti*i/es semble indiqu] que ce premi] ge religieux n'e/ po9t entirem5t incompatible avec la =mation bau*e d'une c]ta9e classe sac]dotale1 comm5ant se dta*] assez di/9ctem5t de la masse sociale1 comme l'indiqu5t div]s cas relatifs des pr(essions spciales de dev9s1 de jongleurs1 etc41 *ez plusieurs peuplades ngres1 qui ne sont po9t cep5dant sorties entirem5t du vrai fti*isme4 ,mais1 p> un exam5 plus appr(ondi de ces degrs de l'*elle sociale1 soit dans l'antiquit1 soit de nos j\rs1 on reconnatra t\j\rs1 ce me semble1 que le fti*isme e/ alors ess5tiellem5t p>v5u l'tat d'a/roltrie1 qui con/itue son plus haut p]fectionnem5t propre1 et s\s lequel s'effectue1 comme je l'expliqu]ai bi5tt1 sa transition gnrale au poly?isme proprem5t dit4 ,or1 cette phase plus m95te1 mais aussi beauc\p plus t>dive1 du fti*isme fondam5tal1 t5d1 en effet1 p> sa nature spciale1 provoqu] directem5t le dveloppem5t di/9ct d'un vrai sac]doce4 ,d'abord1 la considration des a/res porte en elle-mme un c>actre d'vid5te gnralit1 qui les r5d immdiatem5t aptes dev5ir des fti*es vraim5t communs2 et c'e/ t\j\rs aussi de cette s\rce exclusive que l'analyse sociologique n\s les montre ess5tiellem5t tirs *ez des populations un peu t5dues4 ,en second lieu1 qu& leur situation ple9em5t inaccessible a t suffisamm5t reconnue1 ce qui a d tre beauc\p mo9s immdiat qu'on ne le croit d'ord9aire1 le beso9 d'int]mdiaires spciaux a d se faire s5tir1 leur g>d1 d'une manire irrcusable4 ,tels sont les deux c>actres ess5tiels1 gnralit suprieure1 et accs plus difficile1 qui1 sans altr] directem5t la nature fondam5tale du fti*isme univ]sel1 ont d y r5dre l'adoration des a/res p>ticulirem5t propre dt]m9] la =mation d'un culte vraim5t organis et d'un sac]doce ple9em5t di/9ct1 sans lesquels le dveloppem5t politique s]ait demeur ess5tiellem5t impossible4 ,on conoit a9si combi5 sont radicalem5t vicieuses les t5dances vagues et absolues de la philosophie politique actuelle1 qui n\s font1 p> exemple1 condamn] aveuglm5t le culte des a/res comme un pr9cipe univ]sel de dgradation huma9e2 t&is que l'avnem5t de l'a/roltrie con/itue rellem5t1 au contraire1 non-seulem5t un symptme ess5tiel1 mais aussi un puissant moy51 de progrs social1 p\r les temps correspondans1 quoique sa prolongation dmesure ait d ultrieurem5t dev5ir une s\rce d'entraves4 ,mais il a d s'c\l] un temps =t considrable avant que l'adoration des a/res ait pu pr5dre un asc5dant prononc sur les autres bran*es du fti*isme1 de manire imprim] l'ensemble du culte les c>actres ess5tiels d'une vritable a/roltrie4 ,c>1 l'esprit huma91 d'abord proccup des considrations les plus directes et les plus p>ticulires1 ne p\vait alors nullem5t plac] les corps cle/es au premi] rang des sub/ances extrieures4 ,ils ont d long-temps avoir p\r lui beauc\p mo9s d'importance qu'un gr& nombre de phnomnes t]re/res2 tels1 p> exemple1 que les pr9cipaux effets mtorologiques1 qui1 un ge bi5 plus avanc1 et p5dant presque t\t le rgne ?ologique1 ont ess5tiellem5t f\rni les attributs c>actri/iques du suprme p\voir surnaturel4 ,t&is qu'on reconnaissait alors si gnralem5t t\s les magici5s habiles une autorit =t t5due sur la lune et les toiles1 p]sonne n'aurait os leur suppos] aucune p>ticipation quelconque au g\v]nem5t du tonn]re4 ,il a donc fallu pralablem5t une suite trs prolonge de modifications graduelles dans les conceptions huma9es1 p\r int]v]tir en quelque sorte l'ordre primordial1 en plaant enf9 les a/res la tte des corps naturels1 quoique t\j\rs ncessairem5t subordonns la t]re et l'homme1 suivant l'esprit fondam5tal de la philosophie ?ologique1 p>v5ue mme son plus haut p]fectionnem5t total4 ,or1 c'e/ seulem5t qu& le fti*isme s'e/ a9si lev enf9 l'tat d'a/roltrie1 qu'il a pu ex]c]1 d'une manire p]man5te et rgulire1 une influ5ce politique vraim5t capitale1 p> le d\ble motif ci-dessus indiqu4 ,telle e/ donc1 dsormais1 en gnral1 l'explication rationnelle de ce s+uli] c>actre1 s\rce inextricable de confusion dans les jugem5s ord9aires sur ces degrs infrieurs de l'*elle sociale1 qui fait alors concid] ess5tiellem5t une plus gr&e ext5sion intellectuelle de l'esprit ?ologique avec une mo9dre influ5ce sociale4 ,a9si1 non-seulem5t le fti*isme1 comme t\te autre philosophie quelconque1 n'a pu s't5dre aux considrations morales et sociales qu'aprs avoir d'abord suffisamm5t dirig t\tes les spculations mo9s compliques3 mais1 en outre1 des motifs spciaux trs puissans ont d1 comme on le voit1 ret>d] extrmem5t l'poque o il a pu acqurir une vritable consi/ance politique1 malgr son imm5se ext5sion intellectuelle pralable4 ,en t]m9ant cette apprciation sommaire1 je ne puis m'emp*] de signal] une importante rflexion qu'elle suggre naturellem5t sur l'ensemble du rgne ?ologique1 et qui e/ dj trs propre r5dre =t d\teuse cette aptitude c>actri/ique s]vir indf9im5t de base aux li5s sociaux1 qu'on attribue encore vulgairem5t aux croyances religieuses1 l'exclusion de t\t autre ordre quelconque de conceptions communes4 ,il rsulte spontanm5t1 en effet1 des considrations prcd5tes1 que cette proprit politique e/ bi5 lo9 de leur app>t5ir d'une manire aussi intime et aussi absolue qu'on le suppose1 puisqu'elle n'a pu se dvelopp] librem5t au temps mme de la plus gr&e ext5sion m5tale du sy/me religieux4 ,cette obs]vation dcisive ne f]a que se complt] davantage p> la suite de notre opration hi/orique1 en reconnaissant1 dans le poly?isme1 et surt\t dans le mono?isme1 la co-relation vid5te et ncessaire du dcroissem5t intellectuel de l'esprit ?ologique avec une plus p>faite ralisation de sa facult civilisatrice2 ce qui confirm]a naturellem5t de plus en plus que cette gr&e de/9ation sociale1 t\t comme l'efficacit purem5t philosophique1 ne p\vait lui tre attribue que provisoirem5t1 et jusqu' l'avnem5t de pr9cipes la fois plus directs et plus /ables1 suivant la ?orie fondam5tale expose la f9 du volume prcd5t4 ,d'aprs l'ensemble de ces explications1 ce s]a donc surt\t aux deux leons suivantes que n\s devrons naturellem5t rs]v] la ju/e apprciation gnrale des plus importans effets du sy/me ?ologique dans la gr&e volution huma9e4 ,mais1 quoique le fti*isme ait d tre a9si ncessairem5t beauc\p mo9s propre1 si ce n'e/ dans sa d]nire phase1 au pr9cipal dveloppem5t de la politique ?ologique1 son influ5ce sociale n'en a pas mo9s t trs t5due1 et mme indisp5sable1 comme n\s allons ma9t5ant l'apprci] sommairem5t4 ,s\s le po9t de vue purem5t philosophique1 o1 en tant que de/9e dirig] alors le sy/me gnral des spculations huma9es1 cette premire =me de l'esprit religieux ne prs5te que simplem5t au mo9dre degr possible la proprit fondam5tale que n\s avons reconnue1 en pr9cipe1 rig\reusem5t inhr5te t\te philosophie ?ologique1 de p\voir seule branl] la torpeur initiale de notre intellig5ce1 en f\rnissant spontanm5t nos conceptions un alim5t et un li5 quelconques4 ,mais1 si le fti*isme lui-mme a c]ta9em5t p>ticip1 s\s ce rapport1 ce gr& c>actre de la philosophie primitive1 son action ultrieure1 aprs la production gnrale du premi] veil m5tal1 a d t5dre videmm5t1 avec beauc\p d'n]gie1 emp*] l'essor des connaissances relles4 ,jamais1 en effet1 l'esprit religieux n'a pu tre aussi directem5t oppos que dans ce premi] ge t\t vritable esprit sci5tifique1 l'g>d mme des plus simples phnomnes4 ,t\te ide de lois naturelles inv>iables devrait alors p>atre m9emm5t *imrique1 et s]ait d'ailleurs1 si elle p\vait di/9ctem5t surgir1 aussitt rep\sse comme radicalem5t contraire au mode consacr1 qui ratta*e immdiatem5t l'explication dtaille de *aque phnomne aux volonts arbitraires du fti*e correspondant4 ,l'esprit sci5tifique e/ sans d\te bi5 peu favoris encore p> le poly?isme1 comme n\s le reconnatrons au *apitre suivant2 mais il y e/ c]ta9em5t beauc\p mo9s comprim que s\s le fti*isme1 qu& on les comp>e1 cet g>d1 d'une manire suffisamm5t appr(ondie4 ,dans cette premire enfance intellectuelle1 que n\s p\vons ma9t5ant si peu compr5dre1 les faits *imriques l'emport5t inf9im5t sur les faits rels2 ou1 plutt1 il n'y a1 p\r a9si dire1 aucun phnomne qui puisse tre alors nettem5t ap]u s\s son aspect vritable4 ,s\s le fti*isme1 et mme p5dant presque t\t le rgne du poly?isme1 l'esprit huma9 e/ ncessairem5t1 env]s le monde extrieur1 en un tat habituel de vague proccupation qui1 quoique alors normal et univ]sel1 n'en produit pas mo9s l'quival5t effectif d'une sorte d'halluc9ation p]man5te et commune1 o1 p> l'empire exagr de la vie affective sur la vie intellectuelle1 les plus absurdes croyances peuv5t altr] pr(ondm5t l'obs]vation directe de presque t\s les phnomnes naturels4 ,n\s sommes auj\rd'hui trop disposs trait] d'impo/ures des s5sations exceptionnelles1 que n\s avons heureusem5t cess de p\voir directem5t compr5dre1 et qui ont t nanmo9s1 t\j\rs et p>t\t1 trs familires aux magici5s1 dev9s1 sorci]s1 etc41 de cette gr&e phase sociale4 ,mais1 en rev5ant1 autant que possible1 l'image d'une telle enfance1 o l'abs5ce totale des notions mme les plus simples sur les lois de la nature doit faire indiffremm5t admettre les plus *imriques rcits avec les plus communes obs]vations1 sans que ri5 p\r a9si dire puisse alors sembl] spcialem5t mon/rueux1 on p\rra reconnatre aism5t la facilit trop relle avec laquelle l'homme voyait si s\v5t t\t ce qu'il tait dispos voir1 p> des illusions qui me sembl5t =t analogues celles que le grossi] fti*isme des animaux p>at leur procur] trs frquemm5t4 ,quelque familire que doive n\s tre auj\rd'hui l'op9ion fondam5tale de la con/ance des vnem5s naturels1 sur laquelle repose ncessairem5t t\t notre sy/me m5tal1 elle ne n\s e/ c]ta9em5t po9t inne1 puisqu'on peut presque assign]1 dans l'ducation individuelle1 l'poque vritable de sa ple9e manife/ation4 ,la philosophie positive1 qui exclut p>t\t l'absolu1 et qui e/1 p> sa nature1 /rictem5t assujtie la condition1 s\v5t pnible1 de t\t compr5dre af9 de t\t coordonn]1 doit1 cet g>d1 dispos] dsormais les p5seurs reconnatre1 au contraire1 que cette inv>iabilit des lois naturelles e/1 p\r l'esprit huma91 le laborieux rsultat gnral d'une acquisition l5te et graduelle1 aussi bi5 *ez l'espce que *ez l'individu4 ,or1 le s5tim5t de cette rig\reuse con/ance ne p\vait se dvelopp] directem5t tant que l'esprit purem5t ?ologique cons]vait son plus gr& asc5dant m5tal1 s\s le rgime du fti*isme1 si videmm5t c>actris p> l'ext5sion immdiate et absolue des ides de vie1 tires du type huma91 t\s les phnomnes extrieurs4 ,en apprciant conv5ablem5t une telle situation1 on cesse de tr\v] tranges les frqu5tes halluc9ations que p\vait produire1 *ez des hommes n]giques1 une activit intellectuelle aussi imp>faitem5t rgle1 la mo9dre surexcitation dt]m9e p> le jeu spontan des passions huma9es1 ou quelquefois provoque volontairem5t p> div]ses /imulations spciales1 que plusieurs biologi/es ont dj assez judicieusem5t signales1 comme la pratique de c]ta9s m\vem5s graduellem5t convulsifs1 l'usage de quelques boissons ou vapeurs =tem5t enivrantes1 l'emploi de frictions susceptibles d'effets analogues1 etc4 ,sans rec\rir mme ces moy5s p>ticuli]s1 dont l'hi/oire n\s montre cep5dant la frqu5te influ5ce1 les causes naturelles d'ab]ration commune sont alors tellem5t prononces1 que1 p> une conv5able apprciation1 on devra1 ce me semble1 flicit] bi5 plutt l'esprit huma9 de ce que sa rectitude fondam5tale a si s\v5t cont5u1 p5dant cette premire enfance1 la direction illusoire que les seules ?ories alors possibles t5dai5t lui imprim] presque indf9im5t4 ,considre quant aux beaux-arts1 l'action gnrale du fti*isme sur l'intellig5ce huma9e n'e/ po9t c]ta9em5t aussi oppressive1 beauc\p prs1 que s\s l'aspect sci5tifique4 ,il e/ mme vid5t qu'une philosophie qui animait directem5t la nature entire1 devait t5dre favoris] m9emm5t l'essor spontan de notre imag9ation1 alors ncessairem5t inve/ie d'une haute prpondrance m5tale4 ,aussi les premi]s essais de t\s les beaux-arts1 sans en except] la posie1 remont5t-ils inconte/ablem5t jusqu' l'ge du fti*isme4 ,mais le poly?isme ayant d /imul] bi5 davantage encore leur dveloppem5t propre1 il convi5t1 p\r abrg]1 de remettre au *apitre suivant l'ensemble des considrations trs sommaires que n\s devrons indiqu] ce sujet4 ,il s'agira alors ess5tiellem5t d'expliqu] comm5t1 dans la vie collective comme dans la vie individuelle1 l'essor positif des facults huma9es a d s'opr] d'abord p> les facults d'expression1 de manire acclr] graduellem5t l'volution plus t>dive des facults suprieures et mo9s prononces1 d'aprs la liaison gnrale que notre organisation tablit entre elles4 ,quant au dveloppem5t indu/riel1 philosophiquem5t df9i1 c'e/--dire embrassant l'ensemble total de l'action de l'homme sur le monde extrieur1 il remonte1 inconte/ablem5t1 jusqu' ce premi] ge social1 o l'humanit1 s\s les plus importans aspects1 a jet les bases lm5taires de sa conqute gnrale du globe t]re/re4 ,trop disposs ma9t5ant mconnatre les s]vices indisp5sables de ces temps primitifs1 n\s oublions que l'indu/rie huma9e leur doit surt\t la premire bau*e de ses ress\rces les plus puissantes1 l'association de l'homme avec les animaux discipl9ables1 l'usage p]man5t du feu1 et l'emploi des =ces mcaniques2 et1 mme le comm]ce proprem5t dit y tr\ve son premi] essor di/9ct1 p> la naissante in/itution des monnaies4 ,en un mot1 presque t\s les arts et procds indu/riels y ont ncessairem5t leur orig9e fondam5tale4 ,mais1 en outre1 l'ex]cice effectif de l'activit huma9e accomplit alors spontanm5t une fonction prlim9aire d'une haute importance p\r l'ensemble de notre volution1 en prp>ant1 p\r a9si dire1 le ?tre ultrieur de la civilisation1 comme l'loqu5te apprciation de ,buffon e/ si propre le faire s5tir1 dans son admirable p>allle entre la nature brute et la nature p]fectionne p> l'homme4 ,l'action de/ructive que les peuplades primitives de *asseurs se plais5t dvelopp] avec tant d'n]gie1 n'e/ pas seulem5t utile au g5re huma9 comme (frant s\v5t un motif immdiat de liaison1 quelquefois =t t5due1 entre les div]ses familles1 en un temps o il e/ difficile d'ap]cevoir1 s9on p\r la gu]re1 d'autres motifs quival5s4 ,mais une telle de/ruction e/ surt\t directem5t indisp5sable au dveloppem5t social ultrieur1 dont la scne ncessaire se tr\ve d'abord videmm5t encombre p> la multiplicit suprieure des animaux de t\te espce4 ,aussi cette n]gie de/ructive e/-elle alors tellem5t prononce1 qu'on a pu quelquefois y voir1 sans trop d'invraisemblance1 une cause secondaire susceptible de conc\rir1 avec les puissances prpondrantes considres en gologie1 l'entire disp>ition de c]ta9es races1 surt\t p>mi les plus gr&es4 ,on peut faire des rem>ques ess5tiellem5t analogues sur les dva/ations ex]ces ensuite p> les peuples pa/eurs1 et qui affect5t plus spcialem5t la vgtation sup]flue4 ,mais1 si l'on ne peut mconnatre1 s\s ces div]s aspects1 la p>ticipation ess5tielle de cet ge primitif l'volution indu/rielle de l'humanit1 il e/ difficile auj\rd'hui d'apprci] exactem5t la vritable influ5ce du fti*isme sur ce g5re de dveloppem5s#f4 ,au premi] abord1 la conscration directe de la plup>t des corps extrieurs semble mme devoir t5dre int]dire l'homme t\te grave modification du monde environnant4 ,il n'e/ pas d\teux1 en effet1 que l'influ5ce prolonge du fti*isme ne con/itue1 s\s ce rapport1 de vritables et puissans ob/acles1 qui devi5drai5t presque insurmontables si l'esprit huma9 p\vait jamais tre1 surt\t alors1 ple9em5t consqu5t1 et si ces croyances ne p\vai5t tre1 cet g>d1 suffisamm5t neutralises p> l'opposition mutuelle que leur nature comporte si aism5t1 qu& quelque in/9ct puissant s'y tr\ve intress4 ,t\tefois1 outre cet important antagonisme spontan1 le fti*isme prs5te dj1 un haut degr1 cette prcieuse proprit gnrale que j'ai signale1 en pr9cipe1 au *apitre prcd5t1 comme inhr5te au rgime ?ologique1 de favoris] le premi] essor de l'activit huma9e1 p> les illusions fondam5tales qu'il inspire sur la prpondrance de l'homme1 auquel le monde enti] doit sembl] subordonn1 tant que l'inv>iabilit des lois naturelles n'e/ po9t encore reconnue4 ,quoique cette suprmatie ne soit alors ralisable que p> l'irrsi/ible int]v5tion des ag5s div9s1 il n'e/ pas mo9s vid5t que le s5tim5t cont9u de cette protection suprme doit tre1 cette poque1 m9emm5t propre excit] et s\t5ir l'n]gie active de l'homme1 malgr d'imm5ses ob/acles extrieurs1 qu'il ne p\rrait sans d\te os] autrem5t brav]4 ,a9si1 quelque imp>faite1 et mme prcaire1 que soit ncessairem5t une telle /imulation1 il y faut voir une indisp5sable ress\rce1 jusqu'aux temps trs rc5s o la connaissance des lois de la nature e/ assez avance p\r s]vir de base rationnelle et solide l'action1 la fois sage et h>die1 de l'humanit sur le monde extrieur4 ,or1 cette fonction provisoire convi5t alors d'autant mieux au fti*isme1 qu'il prs5te l'homme1 de la manire la plus directe et la plus complte1 le naf espoir d'un empire presque illimit1 obt5ir p> la voie religieuse activem5t suivie4 ,plus on mdit]a sur ces temps primitifs1 plus on s5tira que le pas pr9cipal y devait consi/]1 au physique comme au moral1 retir] l'esprit huma9 de sa torpeur animale3 et c'et t aussi1 l'un et l'autre g>d1 le pas le plus difficile1 si l'essor spontan de la philosophie ?ologique1 l'tat initial de fti*isme1 n'et ouv]t df9itivem5t la seule issue qui ft alors possible4 ,qu& on exam9e conv5ablem5t les illusions c>actri/iques de ce premi] ge1 sur la facult my/rieuse d'obs]v] immdiatem5t les vnem5s les plus lo9ta9s et les plus ca*s1 sur le p\voir de modifi] le c\rs des a/res1 d'apais] ou d'excit] les temptes1 etc41 le s\rire spontan d'un dda9 peu philosophique fait place l'apprciation rationnelle qui n\s y montre les symptmes ncessaires de l'veil primordial de notre intellig5ce et de notre activit4 ,note #f3 ,quoique le po9t de vue concret doive tre ici soigneusem5t c>t1 d'aprs les explications pralables de cette leon1 je crois cep5dant1 af9 de prv5ir1 autant que possible1 t\te confusion dans les vrifications spciales1 devoir av]tir1 ce sujet1 que je n'ent5ds pas a9si tablir une correspondance ncessaire entre le fti*isme et l'un seulem5t des trois modes gnraux d'exi/5ce matrielle qu'on a c\tume de di/+u] p>mi les peuples primitifs1 successivem5t *asseurs1 pa/eurs et agriculteurs4 ,je sais qu'on peut cit] plusieurs exemples de nations pa/orales dj p>v5ues au poly?isme1 et d'autres de nations agricoles re/es fti*i/es4 ,mais1 malgr cette div]sit effective1 je cont9ue l'apprciation ab/raite en supposant les deux transitions matrielles t\j\rs accomplies avant la cessation du fti*isme2 p>ce qu'il exi/e1 en effet1 comme on va le voir1 un motif fondam5tal p\r qu'il en soit a9si1 quoique cette t5dance spontane puisse tre1 en c]ta9s cas p>ticuli]s que je n'ai po9t analys]1 surmonte p> des influ5ces contraires4 ,enf91 s\s le po9t de vue social proprem5t dit1 le fti*isme1 quoique ayant d tre1 d'aprs nos explications antrieures1 mo9s efficace1 en gnral1 que les autres modes ultrieurs de l'esprit ?ologique1 (fre cep5dant des proprits relles d'une haute importance p\r l'ensemble du dveloppem5t huma94 ,n\s sommes ma9t5ant1 surt\t cet g>d1 trop disposs mconnatre les imm5ses bi5faits des influ5ces religieuses1 auxquelles ceux mme qui s'en croi5t encore le plus intimem5t pntrs sont dj =t loigns d'attribu] suffisamm5t t\s les progrs qu'elles ont rellem5t dt]m9s1 qu& ils ont dp5du de croyances actuellem5t te9tes4 ,aussi bi5 s\s le rapport social que s\s le rapport intellectuel1 la philosophie positive1 quelque p>adoxale que semble d'abord *ez elle une semblable proprit1 peut seule1 au fond1 faire enf9 dignem5t apprci] t\te la haute p>ticipation ncessaire de l'esprit religieux l'ensemble de la gr&e volution4 ,or1 ici n'e/-il pas directem5t vid5t que les ef=ts moraux devant1 p> une inv9cible ncessit organique1 presque t\j\rs combattre1 un degr quelconque1 les plus n]giques impulsions de notre nature1 l'esprit ?ologique avait beso9 de f\rnir la discipl9e sociale une base gnrale indisp5sable1 en un temps o la prvoyance1 soit collective1 soit individuelle1 tait c]ta9em5t beauc\p trop limite p\r (frir un po9t d'appui suffisant aux influ5ces purem5t rationnelles8 ,mme des poques bi5 mo9s arrires1 les in/itutions qui devi5n5t ensuite le mieux susceptibles d'tre habituellem5t ratta*es de simples motifs huma9s1 doiv5t long-temps repos] sur de tels fondem5s1 jusqu' ce que notre raison soit assez aff]mie3 c'e/ a9si1 p> exemple1 que n\s voyons mme les mo9dres prceptes hyginiques ne p\voir d'abord s'tablir1 d'une manire fixe et commune1 que s\s la haute autorit des prescriptions religieuses4 ,une irrsi/ible induction doit donc n\s faire s5tir la ncessit primitive de la conscration ?ologique dans les modifications sociales o l'on e/ auj\rd'hui le mo9s dispos concevoir son int]v5tion4 ,a9si1 on la reg>de d'ord9aire comme ess5tiellem5t trangre l'essor graduel et rguli] de l'esprit de proprit inhr5t l'homme2 et1 cep5dant1 l'analyse appr(ondie de c]ta9es phases rem>quables de la sociabilit me semble indiqu] clairem5t1 cet g>d1 un indisp5sable conc\rs de l'influ5ce religieuse3 telle e/1 entre autres1 cette clbre in/itution du ,tab\1 si importante *ez les peuples les plus avancs de l',ocanie1 et qui1 mon gr1 con/itue auj\rd'hui1 p\r le philosophe1 une prcieuse trace de l'univ]selle p>ticipation spciale des croyances ?ologiques la consolidation primitive de la proprit t]ritoriale1 lorsque les peuples *asseurs ou pa/eurs pass5t f9alem5t l'tat agricole4 ,quoique les liaisons d'ides propres ces ges primitifs soi5t auj\rd'hui trs difficilem5t saisissables1 mme d'aprs une sa9e ?orie1 cause du po9t de vue trop diffr5t o n\s sommes =cm5t placs1 il e/ p>eillem5t trs vraisemblable que l'influ5ce religieuse a beauc\p contribu d'abord tablir1 et surt\t rgul>is]1 l'usage cont9u des vtem5s1 ju/em5t reg>d comme l'un des pr9cipaux indices de la civilisation naissante1 non-seulem5t p> l'vid5te impulsion qu'en doiv5t con/amm5t recevoir nos aptitudes indu/rielles1 mais bi5 plus encore s\s le rapport moral1 o il con/itue le premi] gr& tmoignage de l'admirable srie des ef=ts graduels de l'homme p\r amlior]1 autant que possible1 sa propre nature1 en y dveloppant de plus en plus la haute discipl9e p]man5te que notre raison doit ex]c] sur nos p5*ans1 af9 de faire conv5ablem5t clat] la supriorit implicite de notre organisation propre4 ,outre l'apprciation beauc\p trop troite de l'anci5ne int]v5tion sociale de l'esprit ?ologique1 on se =me trop s\v5t une trs fausse ide de ce puissant moy51 mme dans la plup>t des cas o l'on n'en saurait mconnatre l'efficacit1 en le concevant surt\t comme un simple artifice1 appliqu1 p> les hommes suprieurs1 sans aucune conviction p]sonnelle1 au g\v]nem5t usuel de la multitude4 ,bi5 peu de philosophes1 y compris les plus religieux1 sont auj\rd'hui exempts de cette irrationnelle disposition1 quant t\tes les div]ses phases antrieures de l'humanit4 ,c'e/ p\rquoi il convi5t ici de prs5t] directem5t ce sujet quelques indications sommaires1 qui1 applicables l'ensemble de notre opration hi/orique1 y devront prv5ir ou rectifi]1 autant que possible1 de vicieuses apprciations1 aussi radicalem5t contraires t\te sa9e explication des faits sociaux qu'injurieuses au c>actre moral de l'homme4 ,malgr la va9e rputation de haute habilet politique qu'on a si trangem5t t5t de faire la dissimulation et mme l'hypocrisie1 il e/ heureusem5t inconte/able1 soit d'aprs l'expri5ce univ]selle1 soit p> l'tude appr(ondie de la nature huma9e1 qu'un homme vraim5t suprieur n'a jamais pu ex]c] aucune gr&e action sur ses semblables sans tre d'abord lui-mme intimem5t conva9cu4 ,cette condition pralable ne ti5t pas seulem5t ce qu'il ne saurait exi/] d'action morale l o il n'y aurait po9t une suffisante h>monie mutuelle de s5tim5s et de p5ses4 ,de plus1 cette *imrique duplicit m5tale1 laquelle on n'a pas cra9t a9si d'attribu] s\v5t d'importans effets1 t5drait ncessairem5t1 au contraire1 p>alys] directem5t les pr9cipales facults de ceux qui se s]ai5t ds lors impos la t*e1 videmm5t impossible1 de conduire simultanm5t leurs p5ses p> deux voies opposes1 l'une relle1 l'autre affecte1 dont *acune et d'ord9aire dj suffisamm5t emb>rass notre faible intellig5ce4 ,on n'a pu se laiss] communm5t entran] cette absurde supposition1 que d'aprs une difficult presque insurmontable compr5dre la vraie nature d'un tat m5tal trop loign1 p> une suite fune/e1 mais r>em5t vitable1 du c>actre absolu qui vicie encore si radicalem5t la plup>t des op9ions philosophiques1 et que la prpondrance gnrale de l'esprit positif p\rra seule entirem5t rectifi]4 ,en reconnaissant1 comme on ne peut plus l'vit]1 que les ?ories ?ologiques ont d long-temps dirig] l'ex]cice de notre intellig5ce dans ses plus simples spculations1 ce s]ait sans d\te une trange inconsqu5ce que de p]si/] mconnatre leur prpondrance relle dans les mditations sociales et politiques1 dont la complication suprieure devait d'abord exig] bi5 davantage cette puissante int]v5tion4 ,s]ait-il possible que les esprits *ez lesquels un tel rgime con/itue directem5t la base ncessaire de t\t le sy/me m5tal1 ne l't5diss5t po9t spontanm5t leurs re*]*es les plus importantes et les plus difficiles8 ,les lgislateurs de ces temps primitifs tai5t donc1 9vitablem5t1 aussi s9cres1 en gnral1 dans leurs conceptions ?ologiques sur la socit que dans celles qui se rapportai5t au monde extrieur3 les ab]rations pratiques1 quelquefois si horribles1 auxquelles ils fur5t trop s\v5t conduits p> ces imp>faites ?ories1 con/itu5t elles-mmes presque t\j\rs d'irrcusables tmoignages de cette s9crit fondam5tale4 ,p\r rectifi] compltem5t la grave erreur philosophique que n\s exam9ons1 et qui s'oppose m9emm5t t\te sa9e apprciation du pass huma91 il me re/e seulem5t expliqu] ici la t5dance spontane de cette politique ess5tiellem5t ?ologique des temps primitifs f\rnir des inspirations qui devai5t concid]1 dans la plup>t des cas ord9aires1 avec les pr9cipales ncessits sociales correspondantes4 ,cette concid5ce habituelle devait rsult] naturellem5t de deux proprits importantes1 mutuellem5t supplm5taires1 l'une commune t\tes les phases religieuses1 l'autre spciale *acune d'elles1 et qu'il suffira d'indiqu] trs brivem5t4 ,la premire consi/e en ce que1 p> le vague presque indf9i qui les c>actrise t\j\rs plus ou mo9s1 les croyances religieuses sont m9emm5t susceptibles de se modifi] spontanm5t selon les exig5ces div]ses de *aque application politique1 de manire sanctionn] f9alem5t1 sans aucun artifice volontaire1 les inspirations mme qui n'en s]ai5t pas d'abord manes1 p\r peu qu'elles correspond5t au s5tim5t intime d'un beso9 vritable1 individuel ou social4 ,tel e/ surt\t le motif gnral qui r5d si ncessaire1 env]s de semblables op9ions1 une organisation sy/matique1 s\s l'adm9i/ration cont9ue d'un sac]doce conv5able1 af9 de prv5ir ou de rectifi] les dang]euses consqu5ces pratiques de leur libre essor *ez les esprits vulgaires1 comme je l'expliqu]ai directem5t dans la c9quante-quatrime leon4 ,mais cette aptitude univ]selle consacr] et =tifi] nos s5tim5s et nos p5ses quelconques1 quoique p\vant a9si s't5dre trop s\v5t des applications nuisibles1 doit avoir sans d\te encore plus d'n]gie et d'activit naturelles qu& elle se dirige v]s des inspirations d'utilit sociale1 (frant1 son ple9 dveloppem5t1 un *amp plus va/e et mo9s gn4 ,en second lieu1 les c>actres qui di/+u5t les croyances propres *aque phase religieuse devant tre1 de t\te ncessit1 dt]m9s1 en gnral1 p> les div]ses modifications ess5tielles de la socit1 il s]ait impossible que ces op9ions n'(friss5t po9t spontanm5t1 dans la vie relle1 c]ta9s attributs en h>monie spciale avec les situations correspondantes2 sans quoi leur empire prolong devi5drait in9telligible4 ,a9si1 outre l'importante conscration commune qu'elles doiv5t f\rnir t\tes les inspirations utiles1 les ?ories ?ologiques sont d'ailleurs susceptibles1 p> elles-mmes1 de suggr] s\v5t des notions ess5tiellem5t conv5ables l'tat social contempora94 ,la premire proprit correspond ce qu'il y a de ncessairem5t vague et indiscipl9able dans *aque sy/me religieux1 la seconde ce qu'il (fre de dt]m9 et de rgul>isable2 en sorte que l'action de l'une peut suppler naturellem5t celle de l'autre4 ,a mesure que les croyances se simplifi5t et s'organis5t1 dans l'ensemble de l'volution ?ologique de l'humanit1 leur influ5ce sociale dcrot ncessairem5t s\s le premi] aspect1 vu la mo9dre lib]t spculative qui en rsulte3 mais elle augm5te1 non mo9s 9vitablem5t1 s\s le second po9t de vue1 a9si que n\s le reconnatrons bi5tt2 ce qui doit tre reg>d1 au fond1 comme une trs heureuse trans=mation1 p]mettant de plus en plus aux esprits suprieurs d'utilis] spontanm5t1 dans t\te sa plnitude1 la v]tu civilisatrice de cette philosophie primitive4 ,d'aprs ces explications gnrales sur les deux modes fondam5taux relatifs l'action sociale d'une ?ologie quelconque1 on conoit que le premi] doit spontanm5t prvaloir dans le fti*isme1 beauc\p plus qu'en aucun autre cas3 ce qui e/ alors directem5t con=me nos rem>ques antrieures sur l'abs5ce ou l'imp]fection de l'organisation religieuse proprem5t dite4 ,mais1 p> cela mme1 l'analyse rationnelle de cette influ5ce y doit dev5ir auj\rd'hui plus spcialem5t inextricable1 d'aprs la difficult1 presque t\j\rs insurmontable1 de disc]n] avec exactitude1 dans la trame pr(ondm5t confuse d'une vie aussi loigne de la ntre1 l'lm5t religieux qui s'y tr\ve intimem5t incorpor4 ,on doit donc1 cet g>d1 se cont5t] ess5tiellem5t d'y vrifi]1 sur quelques exemples dcisifs1 comme *acun peut aism5t le faire1 la ralit ncessaire de notre ?orie4 ,quant au second mode1 quoique son dveloppem5t ait d tre inf9im5t mo9dre s\s le rgime du fti*isme1 sa nature plus prcise et mieux saisissable p]met nanmo9s de l'y apprci] d'une manire plus di/9cte et plus directe3 ce qui1 p> une vid5te raction logique1 doit rationnellem5t confirm]1 =tiori1 l'exi/5ce implicite de l'autre influ5ce1 mme dans les cas nombreux o l'imp]fection ncessaire de l'analyse sociologique n'aura pu la faire conv5ablem5t ressortir4 ,il me suffira de signal] ici deux exemples importans et irrcusables de cette action spciale1 spontanm5t mane du fti*isme1 sur l'ensemble de l'volution sociale4 ,le premi] consi/e dans la p>ticipation inconte/able1 quoique inap]ue jusqu'ici1 de cette religion primitive p\r la transition fondam5tale la vie agricole4 ,assez de philosophes ont dj fait ressortir l'extrme importance sociale de ce *angem5t capital du rgime matriel1 sans lequel les plus gr&s progrs ultrieurs de l'humanit s]ai5t demeurs ess5tiellem5t impossibles4 ,qu'il me suffise d'aj\t]1 ce sujet1 que la gu]re1 pr9cipal in/rum5t temporel de la civilisation naissante1 comme je l'ai tabli1 en pr9cipe1 au *apitre prcd5t1 et comme je l'expliqu]ai surt\t au suivant1 re/e presque entirem5t prive de sa plus importante de/9ation politique1 tant que dure l'tat nomade4 ,les gu]res a*>nes que se font habituellem5t les peuplades de *asseurs1 ou mme de pa/eurs1 la manire1 p\r a9si dire1 des autres animaux c>nassi]s1 ne peuv5t gure s]vir qu' entret5ir1 p> un indisp5sable ex]cice1 leur activit cont9ue1 et prp>] les lm5s d'un p]fectionnem5t ultrieur2 mais elles sont ncessairem5t peu prs /riles en rsultats politiques immdiats4 ,il s]ait donc sup]flu de n\s arrt] ici faire expressm5t ressortir la haute porte sociale de cette gr&e rvolution temporelle1 qui assujtit inv>iablem5t l'homme une rsid5ce dt]m9e4 ,n\s n'avons pas plus beso9 de signal]1 d'un autre ct1 l'extrme difficult que devait videmm5t (frir un *angem5t aussi peu compatible1 c]ta9s g>ds1 avec le c>actre ess5tiel de l'humanit naissante4 ,on ne saurait d\t]1 en effet1 que le vagabondage ne soit1 au fond1 trs naturel l'homme1 dans les plus communes organisations2 comme le confirme1 *ez les socits mme les plus avances1 l'exemple des individus les mo9s cultivs4 ,cette apprciation doit faire compr5dre1 en gnral1 que le pas dont il s'agit a d exig] l'int]v5tion fondam5tale des influ5ces spirituelles1 ess5tiellem5t di/9ctes et indp5dantes des causes purem5t temporelles1 auxquelles on a c\tume d'attribu] exclusivem5t ce gr& progrs4 ,on y a1 sans d\te1 ju/em5t indiqu la cond5sation croissante de la population huma9e1 comme ayant d naturellem5t exig] une fcondit proportionnelle dans les moy5s habituels d'alim5tation1 et conduire a9si l'tat agricole1 de mme que jadis l'tat pa/oral4 ,mais1 malgr son inconte/able ralit1 cette explication e/ radicalem5t insuffisante1 faute d'un lm5t indisp5sable et pr9cipal4 ,les philosophes ne s'en cont5t5t ord9airem5t que p> suite de la prpondrance trop prolonge que cons]ve encore1 malgr les lum9eux travaux de ,gall1 cette vicieuse ?orie mtaphysique de la nature huma9e o l'on fait ess5tiellem5t driv] les facults des beso9s1 comme je l'ai expliqu au troisime volume 7voyez la qu>ante-c9quime leon74 ,quelque importante que puisse dev5ir1 en gnral1 une exigeance sociale quelconque1 cette condition ne suffit c]ta9em5t po9t la produire1 si l'humanit n'y e/ d'abord conv5ablem5t dispose3 comme le confirm5t tant d'clatans exemples de graves inconvni5s supports p5dant des sicles p> des populations encore trop peu prp>es s'en affran*ir4 ,va9em5t augm5t]ait-on l'int5sit et l'urg5ce du beso91 l'homme prfr]a1 en gnral1 palli] isolm5t *aque rsultat1 ce qui sembl]a presque t\j\rs possible1 plutt que de se dcid] un *angem5t total de situation1 encore antipa?ique sa nature4 ,a9si1 dans le cas actuel1 l'homme t5t]ait alors de remdi] mesure l'excs de population p> l'emploi plus frqu5t des horribles expdi5s auxquels il n'a que trop rec\rs des poques mme plus avances1 plutt que de r5onc] la vie nomade p\r la vie agricole1 tant que son dveloppem5t intellectuel et moral ne l'y a po9t suffisamm5t prp>4 ,cette volution pralable con/itue donc1 en ralit1 la pr9cipale cause de ce gr& *angem5t1 quoique l'poque prcise de son accomplissem5t ait d ensuite dp5dre des exig5ces extrieures1 et surt\t de celle dont il s'agit4 ,or il e/ vid5t que1 ce n\veau mode d'exi/5ce matrielle s'tant presque t\j\rs tabli avant la cessation du fti*isme1 il faut bi5 que l'influ5ce gnrale de ce premi] rgime ?ologique t5de spontanm5t1 s\s un aspect quelconque1 dispos] graduellem5t l'homme une telle rvolution1 qu& mme n\s n'ap]cevrions pas en quoi consi/e exactem5t cette proprit ncessaire4 ,mais1 en outre1 il e/ ais d'en assign] directem5t le vrai pr9cipe ess5tiel4 ,c>1 l'adoration immdiate du monde extrieur1 plus spcialem5t dirige1 p> sa nature1 v]s les objets les plus rappro*s et les plus usuels1 doit c]ta9em5t dvelopp]1 un haut degr1 cette portion1 d'abord trs faible1 des p5*ans huma9s qui n\s atta*e in/9ctivem5t au sol natal4 ,la t\*ante d\leur1 si s\v5t exprime dans les gu]res antiques1 qu'exhalait le va9cu oblig de quitt] ses dieux tutlaires1 ne portait po9t pr9cipalem5t sur des tres ab/raits et gnraux1 qu'il et pu retr\v] p>t\t1 comme ,jupit]1 ,m9]ve1 etc43 elle conc]nait bi5 davantage ce qu'on nommait si ju/em5t les dieux dome/iques1 et surt\t ceux du foy]1 c'e/--dire1 de purs fti*es2 telles sont les div9its spciales dont sa pla9te nave dplorait alors l'ab&on fatal1 avec presque autant d'am]tume qu'env]s la tombe sacre de ses pres1 d'ailleurs incorpore elle-mme dans le fti*isme univ]sel4 ,a9si1 mme p\r les nations dj p>v5ues au poly?isme avant de pass] l'tat agricole1 l'influ5ce religieuse indisp5sable cette transition1 y doit tre attribue1 en majeure p>tie1 aux re/es de fti*isme =t prononcs qui ont d subsi/] dans le poly?isme jusqu' des temps trs avancs1 comme je l'ai n ci-dessus4 ,une telle influ5ce con/itue donc une proprit ess5tielle de notre premire phase ?ologique1 et n'aurait pu sans d\te app>t5ir suffisamm5t aux religions ultrieures1 si cette rvolution matrielle1 dj ple9em5t ralise1 ne s'tait spontanm5t ratta*e un ensemble de motifs plus durables1 ce qui a p]mis de r5onc] enf9 sans dang] sa vritable orig9e lm5taire4 ,il faut d'ailleurs rem>qu]1 p\r complt] cette indication1 l'importante raction ex]ce ncessairem5t p> une semblable rvolution sur le p]fectionnem5t gnral du sy/me ?ologique4 ,c>1 c'e/ ess5tiellem5t alors que le fti*isme comm5ce pr5dre rgulirem5t sa =me la plus m95te1 en passant l'tat d'a/roltrie bi5 c>actrise1 qui con/itue1 comme je vais l'expliqu]1 sa transition normale au poly?isme proprem5t dit4 ,on conoit1 en effet1 que la vie sd5taire des peuples agricoles doit attir] bi5 davantage leur att5tion spculative v]s les corps cle/es1 p5dant que leurs travaux propres en manife/5t beauc\p plus spcialem5t l'influ5ce4 ,quelle suite spontane d'obs]vations a/ronomiques1 mme trs grossires1 p\rrait-on att5dre d'une population vagabonde1 si ce n'e/ celle de l'toile polaire dirigeant ses c\rses nocturnes8 ,il exi/e donc c]ta9em5t une d\ble relation fondam5tale entre le dveloppem5t gnral du fti*isme et l'tablissem5t f9al de la vie agricole4 ,en t]m9ant cette explication sommaire1 je ne saurais vit]1 dans l'intrt1 t\j\rs prpondrant1 de la sa9e m?ode philosophique1 d'utilis] l'occasion1 vraim5t c>actri/ique1 qui s'(fre ici trs spontanm5t de signal]1 s\s deux rapports importans1 l'extrme imp]fection actuelle de la philosophie politique1 *ez les esprits mme les plus avancs4 ,on vi5t de reconnatre combi5 e/ sup]ficielle et errone la ?orie ord9aire sur le passage l'tat agricole2 la satisfaction qu'elle inspire encore gnralem5t con/itue sans d\te un symptme trs dcisif de l'irrationnel esprit qui a prsid jusqu'ici ces difficiles tudes1 si exclusivem5t ab&onnes des intellig5ces presque trangres t\te in/itution vraim5t sci5tifique des re*]*es huma9es4 ,cet exemple e/ cep5dant l'un des plus favorables que puisse prs5t] auj\rd'hui la philosophie dom9ante1 cause de l'obs]vation1 ju/e quoique p>tielle1 qui y s]t de base l'argum5tation4 ,que s]ait-ce donc si n\s tions conduits en apprci] tant d'autres trs vants1 comme *aque lecteur peut aism5t le faire1 en cas de loisir6 ,en second lieu1 n\s tr\vons ici vrifi] clairem5t l'irrcusable ralit du prcepte fondam5tal1 tabli au qu>ante-huitime *apitre1 sur la ncessit d'tudi] simultanm5t les div]s aspects sociaux1 t\s ncessairem5t solidaires1 et surt\t de ne po9t isol] l'apprciation du dveloppem5t matriel de celle du dveloppem5t spirituel4 ,la grave erreur de philosophie hi/orique que n\s v5ons de rectifi]1 rsulte videmm5t1 en effet1 d'une proccupation exorbitante1 et presque exclusive1 du po9t de vue temporel dans t\s les vnem5s huma9s1 l'un des pr9cipaux c>actres philosophiques de notre tat rvolutionnaire1 comme je l'ai montr au db de ce volume4 ,quant au second exemple ess5tiel1 et bi5 mo9s inconte/able encore1 que je dois signal] ici de l'influ5ce spciale du fti*isme sur l'ensemble de l'volution sociale1 il consi/e dans l'importante fonction si spontanm5t remplie p> cette religion primitive p\r la cons]vation sy/matique des animaux utiles1 a9si que des vgtaux4 ,n\s avons reconnu ci-dessus que l'action relle de l'homme sur le monde extrieur a d ncessairem5t comm5c] p> la dva/ation1 comme1 sur sa propre espce1 p> la gu]re4 ,son aptitude spontane la de/ruction1 alors si prpondrante et presque exclusive1 e/ long-temps en exacte h>monie avec l'indisp5sable ncessit orig9aire de dblay] le ?tre gnral de la civilisation future4 ,or un p5*ant aussi prononc1 dvelopp1 avec une telle plnitude1 *ez des hommes non mo9s grossi]s qu'n]giques1 m5aait indi/9ctem5t t\tes les races quelconques1 mme les plus susceptibles de r5dre ultrieurem5t l'homme d'importans (fices1 dont il ne p\vait d'abord s\ponn] assez l'utilit4 ,les plus prcieuses espces organiques1 surt\t dans le rgne animal1 ncessairem5t beauc\p plus expos1 devrai5t donc sembl] alors v\es une de/ruction presque 9vitable1 si la premire volution intellectuelle et morale de l'humanit ne ft v5ue spontanm5t1 d'un autre ct1 impos] un fre9 gnral cette aveugle ardeur de dva/ation univ]selle4 ,telle e/1 videmm5t1 l'une des proprits les plus directes du fti*isme primordial1 indp5damm5t de la t5dance gnrale qu'il inspire v]s la vie agricole1 comme je vi5s de l'expliqu]4 ,si ce premi] sy/me religieux n'a pu remplir un (fice aussi capital que p> l'adoration =melle des animaux1 ultrieurem5t trop dgradante1 il faut se dem&] p> quelle autre voie cet important rsultat aurait t alors suffisamm5t ralisable4 ,quels qu'ai5t pu tre ensuite les imm5ses inconvni5s du fti*isme1 ils ne doiv5t nullem5t n\s dissimul] son aptitude ess5tielle facilit]1 au plus haut degr1 la cons]vation1 la fois difficile et indisp5sable1 des animaux utiles1 des vgtaux prcieux1 et1 en gnral1 de t\s les objets matriels exigeant une protection spciale4 ,le poly?isme a d ultrieurem5t remplir la mme fonction d'une manire un peu diffr5te1 mais non mo9s spontane1 en plaant ces div]s tres s\s la protection p>ticulire des div9its correspondantes2 procd assurm5t trs n]gique1 mais t\tefois mo9s direct que le prcd5t1 et qui sans d\te n'aurait pas t d'abord assez int5se p\r obt5ir alors1 comme celui-ci1 une ple9e efficacit gnrale4 ,il exi/]ait1 cet g>d1 dans le mono?isme proprem5t dit1 une lacune ess5tielle1 puisqu'il n'a po9t organis spcialem5t cette importante attribution1 si l'ducation huma9e n'avait alors t assez avance dj p\r ne plus exig]1 s\s ce rapport1 d'tre pr9cipalem5t guide p> la voie ?ologique4 ,t\tefois1 il n'e/ pas d\teux1 mme auj\rd'hui1 que le dfaut presque absolu de discipl9e rgulire env]s cet ordre de relations ne prs5te de graves inconvni5s1 =t imp>faitem5t rp>s p> les mesures purem5t temporelles1 auxquelles on e/ a9si oblig de rec\rir peu prs exclusivem5t4 ,p\r mieux apprci] t\te l'importance sociale de cette aptitude spciale du fti*isme g>antir la cons]vation des animaux utiles1 il faut d'ailleurs considr] aussi cette protection p]man5te s\s le rapport moral1 comme ayant puissamm5t contribu l'ad\cissem5t fondam5tal du c>actre huma94 ,sans d\te1 l'organisation c>nivore de l'homme con/itue l'une des pr9cipales causes qui limit5t ncessairem5t le degr rel de d\ceur dont cet animal e/ susceptible2 quoique la spcialisation croissante des occupations huma9es t5de spontanm5t dim9u] de plus en plus cet 9vitable essor de l'in/9ct sangu9aire1 en le conc5trant t\j\rs davantage *ez une mo9dre portion de la socit gnrale1 o il peut d'ailleurs tre directem5t attnu p> suite mme du c>actre d'utilit publique qu'y pr5d alors une telle attribution4 ,quelque honorable que doive t\j\rs tre1 au gnie avanc du gr& ,py?agore1 sa sublime utopie sur nos relations avec les animaux1 conue en un temps o l'esprit de de/ruction tait encore si prpondrant dans l'lite de l'humanit1 elle n'en e/ pas mo9s radicalem5t contraire la de/9e fondam5tale de l'homme1 qui l'oblige dvelopp] sans cesse1 t\s g>ds1 son asc5dant naturel sur l'ensemble du rgne animal4 ,mais1 raison mme de cette indisp5sable dom9ation1 et af9 qu'elle ne dgnre po9t en une aveugle tyrannie de/ructive1 directem5t oppose au b pr9cipal1 elle a beso91 comme t\t autre empire1 d'tre assujtie1 d'une manire p]man5te et rgulire1 c]ta9es lois ess5tielles1 qui t5d5t prv5ir et rectifi]1 autant que possible1 les dviations spontanes4 ,on peut donc1 s\s cet aspect1 envisag] le fti*isme comme ayant primitivem5t bau*1 p> la seule voie alors praticable1 un ordre trs lev1 et trop peu s5ti encore1 d'in/itutions huma9es1 de/9 rgl] conv5ablem5t les relations politiques les plus gnrales1 celles de l'humanit env]s le monde1 et surt\t vis--vis des autres animaux2 relations o l'gsme d'espce ne saurait1 sans d\te1 exclusivem5t prsid] sans de graves dang]s1 et o sa prpondrance doit s'attnu] d'autant plus qu'il s'agit d'organismes plus m95s et ds lors mo9s dissemblables au ntre4 ,dans le g\v]nem5t rationnel de l'humanit rgnre p> le vrai positivisme1 on peut prsum] que l'adm9i/ration sy/matique et cont9ue de cet ordre intressant de rapports collectifs1 conduira un j\r con/itu] rgulirem5t un va/e dp>tem5t spcial du monde extrieur1 propre coordonn] ou mme dirig] des ef=ts individuels trop s\v5t incohr5s ou aveugles1 s\s les inspirations morales d'une philosophie plus relle1 alors suffisamm5t prpondrante1 qui aura pralablem5t vulg>is la sa9e apprciation de notre position naturelle1 et p> suite le ju/e s5tim5t de notre vritable correspondance avec les diffr5s degrs de l'*elle zoologique dont n\s =mons le type fondam5tal4 ,aprs avoir1 p> l'ensemble des considrations prcd5tes1 conv5ablem5t c>actris la "p ncessaire du fti*isme l'volution totale de l'humanit1 il ne me re/e plus1 p\r complt] cette apprciation sommaire1 qu' exam9] ici le mode gnral suivant lequel a d s'opr] graduellem5t l'9vitable transition de cette premire gr&e phase religieuse celle1 immdiatem5t suivante1 qui con/itue le poly?isme proprem5t dit1 pr9cipale =me de l'tat ?ologique4 ,que le poly?isme ait t\j\rs et p>t\t driv =cm5t du fti*isme1 c'e/ ma9t5ant1 mes yeux1 une proposition hi/orique inconte/able1 que p\rrait seule obscurcir une tnbreuse rudition1 galem5t propre s]vir les op9ions les plus contradictoires1 au gr d'une imag9ation vagabonde1 g>e p> une fausse et impuissante philosophie4 ,outre que l'analyse att5tive du dveloppem5t individuel dmontre1 avec une ple9e vid5ce1 cette succession con/ante1 l'exploration directe des degrs correspondans de l'*elle sociale l'a dsormais suffisamm5t confirme sur t\s les po9ts du globe4 ,l'tude mme de la haute antiquit1 qu& elle s]a enf9 conv5ablem5t claire p> les sa9es ?ories sociologiques1 la vrifi]a1 j'ose l'assur]1 d'une manire irrcusable4 ,on peut dj clairem5t reconnatre1 dans la plup>t des ?ogonies1 que le poly?isme qu'elles dcriv5t ne con/ituait nullem5t la religion primitive2 la con/ante antriorit du fti*isme y s]t1 en effet1 de base ess5tielle p\r expliqu] la =mation des dieux1 c'e/--dire1 au fond1 l'poque o leur exi/5ce di/9cte a t admise4 ,n'e/-ce po9t l1 p> exemple1 ce que signifi5t1 *ez les ,grecs1 ces dieux primitivem5t issus de l',ocan et de la ,t]re1 c'e/--dire des deux pr9cipaux fti*es8 ,le poly?isme n'a-t-il pas d'ailleurs cons]v1 comme je l'ai dj n1 jusque dans son plus gr& dveloppem5t1 div]ses traces trs prononces du fti*isme primordial8 ,il e/ vraim5t honteux1 p\r l'tat prs5t de la philosophie1 qu'il faille encore discut] un cas aussi vid5t2 puisque la premire manife/ation de l'esprit ?ologique doit c]ta9em5t consi/] anim] directem5t *aque corps extrieur1 avant de p\voir remplac] cette vie immdiate p> l'action correspondante de quelque tre purem5t fictif4 ,spculativem5t envisage1 cette gr&e trans=mation de l'esprit religieux e/ peut-tre la plus fondam5tale qu'il ait pu jamais subir1 quoique n\s en soyons auj\rd'hui trop loigns p\r en s5tir habituellem5t l't5due et la difficult4 ,l'intellig5ce huma9e a d1 ce me semble1 fran*ir ultrieurem5t un mo9dre int]valle m5tal1 dans son passage si vant du poly?isme au mono?isme1 dont l'accomplissem5t plus rc5t et l'hi/oire mieux connue doiv5t naturellem5t n\s faire exagr] l'importance1 qui ne fut extrme que s\s le po9t de vue social1 comme je l'expliqu]ai en son lieu4 ,qu& on rfl*it que le fti*isme supposait la matire m9emm5t active1 au po9t d'en tre vraim5t vivante1 t&is que le poly?isme la condamnait1 au contraire1 ncessairem5t une in]tie presque absolue1 t\j\rs passivem5t s\mise aux volonts arbitraires de l'ag5t div92 il doit sembl] d'abord impossible1 en apprciant la porte intellectuelle de cette diffr5ce capitale1 de compr5dre le mode rel de transition graduelle de l'un l'autre rgime religieux4 ,t\s deux1 sans d\te1 p>aiss5t presque galem5t loigns de notre tat positif1 c>actris p> la subord9ation fondam5tale des phnomnes d'inv>iables lois naturelles1 auxquelles *acun de ces modes sub/itue p>eillem5t des volonts1 soit qu'elles rsid5t dans les corps mmes ou dans leurs matres surnaturels1 ce qui e/1 en app>5ce1 presque quival5t4 ,mais1 p> un exam5 plus appr(ondi1 ce passage de l'activit l'in]tie de la matire se prs5te1 au contraire1 comme une sorte de saut brusque1 qui doit avoir beauc\p cot l'esprit huma94 ,il e/ donc d'un haut intrt philosophique d'expliqu]1 d'une manire satisfaisante1 le mode spontan de cette mmorable transition4 ,t\tes les gr&es modifications successives de l'esprit religieux ont t ess5tiellem5t dt]m9es1 au fond1 p> le dveloppem5t cont9u de l'esprit sci5tifique1 quoique son int]v5tion ncessaire n'ait pu tre1 presque jusqu' nos j\rs1 suffisamm5t directe et explicite4 ,si l'homme n'et pas t susceptible de comp>]1 d'ab/raire1 de gnralis]1 et de prvoir1 un plus haut degr que ne le sont les s+es1 les c>nassi]s1 etc41 il aurait sans d\te indf9im5t p]si/ dans le fti*isme plus ou mo9s grossi] o les reti5t irrvocablem5t leur imp>faite organisation4 ,mais son intellig5ce e/ propre apprci] la similitude des phnomnes et reconnatre leur succession4 ,quoique ces facults1 m9emm5t c>actri/iques1 doiv5t tre d'abord trs comprimes1 comme je l'ai tabli1 p> le d\ble dfaut d'alim5tation et de direction vraim5t conv5ables1 elles ne cess5t de s'ex]c]1 avec une n]gie croissante1 depuis le premi] veil m5tal man de l'impulsion ?ologique1 et leur ex]cice dim9ue t\j\rs de plus en plus la prpondrance initiale de la philosophie religieuse4 ,or1 l'important passage du fti*isme au poly?isme con/itue1 mes yeux1 le premi] rsultat gnral de cet essor naissant de l'esprit d'obs]vation et d'induction1 dvelopp1 comme cela doit tre p\r t\te volution sociale1 d'abord *ez les hommes suprieurs1 et1 leur suite1 dans la multitude4 ,p\r le dmontr]1 qu'on se reprs5te pralablem5t1 d'aprs nos explications antrieures1 le c>actre1 ncessairem5t individuel et concret1 inhr5t t\te croyance fti*ique1 t\j\rs relative un objet dt]m9 et unique4 ,cet attribut ess5tiel correspond exactem5t la nature p>ticulire et incohr5te des obs]vations1 grossirem5t matrielles1 propres l'enfance de l'humanit3 en sorte qu'il exi/e alors cette exacte h>monie entre la conception et l'exploration1 v]s laquelle t5d t\j\rs notre intellig5ce1 dans l'une quelconque de ses phases4 ,or1 l'essor mme que cette premire ?orie1 quelque imp>faite qu'elle soit1 imprime l'esprit naissant d'obs]vation1 doit altr] graduellem5t cet quilibre primitif1 qui f9it p> ne p\voir plus subsi/] qu'avec une modification fondam5tale de la philosophie orig9aire4 ,a9si conue1 la gr&e rvolution qui a conduit jadis l'intellig5ce huma9e du fti*isme au poly?isme s]ait1 au fond1 quoique beauc\p plus prononce1 ess5tiellem5t due aux mmes causes m5tales que n\s voyons j\rnellem5t produire les div]ses rvolutions sci5tifiques1 t\j\rs p> suite d'une insuffisante concordance entre les faits et les pr9cipes4 ,p\r t\t vrai philosophe1 cette rem>quable con=mit tablirait dj une prsomption trs puissante en faveur de ma ?orie fondam5tale2 c>1 les lois logiques1 qui f9alem5t g\v]n5t le monde intellectuel1 sont1 de leur nature1 ess5tiellem5t inv>iables1 et communes1 non-seulem5t t\s les temps et t\s les lieux1 mais aussi t\s les sujets quelconques1 sans aucune di/9ction mme entre ceux que n\s appelons rels et *imriques3 elles s'obs]v5t1 au fond1 jusque dans les songes1 sauf la seule div]sit des circon/ances1 intrieures ou extrieures4 ,la similitude radicale dans le mode gnral d'accomplissem5t des diffr5tes transitions intellectuelles1 malgr la div]sit des poques et des situations1 con/itue donc le pr9cipal symptme de la ju/esse de nos explications philosophiques1 et la premire s\rce de leur ple9e efficacit4 ,de mme que t\s les naturali/es raisonnables s'accord5t spontanm5t auj\rd'hui rep\ss] t\tes les hypo?ses gologiques qui font procd] d'abord les ag5s naturels selon d'autres lois que celles qu'ils n\s manife/5t dans les phnomnes actuels1 p>eillem5t les philosophes devrai5t unanimem5t bannir l'usage1 beauc\p plus dang]eux1 de t\te ?orie qui =ce suppos]1 dans l'hi/oire de l'esprit huma91 d'autres diffr5ces relles que celles de la maturit et de l'expri5ce graduellem5t dveloppes4 ,on ne p\rra jamais ri5 tablir de solide en sociologie1 tant qu'on ne s'impos]a po9t rig\reusem5t cette indisp5sable condition pralable1 comme je l'ai expliqu au qu>ante-huitime *apitre4 ,rev5ant notre dmon/ration actuelle1 il e/ donc vid5t que la gnralisation ins5siblem5t croissante des div]ses obs]vations huma9es a d f9ir p> en ncessit] d'analogues dans les conceptions ?ologiques correspondantes1 et dt]m9] a9si l'9vitable trans=mation du fti*isme en un simple poly?isme4 ,c>1 les dieux proprem5t dits diffr5t ess5tiellem5t des purs fti*es p> un c>actre plus gnral et plus ab/rait1 inhr5t leur rsid5ce indt]m9e4 ,ils adm9i/r5t *acun un ordre spcial de phnomnes1 mais la fois dans un gr& nombre de corps1 en sorte qu'ils ont t\s un dp>tem5t plus ou mo9s t5du2 t&is que l'humble fti*e ne g\v]ne qu'un objet unique1 dont il e/ insp>able4 ,a9si1 mesure qu'on a reconnu la similitude ess5tielle de c]ta9s phnomnes *ez div]ses sub/ances1 il a bi5 fallu rappro*] les fti*es correspondans1 et les rduire enf9 au pr9cipal d'entre eux1 qui ds lors s'e/ lev au rang de dieu1 c'e/--dire d'ag5t idal et habituellem5t invisible1 dont la rsid5ce n'e/ plus rig\reusem5t fixe4 ,il ne saurait exi/]1 proprem5t p>l]1 de fti*e vraim5t commun entre plusieurs corps3 cela s]ait contradictoire1 t\t fti*e tant ncessairem5t d\ d'une individualit matrielle4 ,lorsque1 p> exemple1 la vgtation semblable des diffr5s arbres d'une =t de *nes a d conduire enf9 reprs5t]1 dans les conceptions ?ologiques1 ce que leurs phnomnes (frai5t de commun1 cet tre ab/rait n'a plus t le fti*e propre d'aucun arbre1 il e/ dev5u le dieu de la =t4 ,voil donc le passage intellectuel du fti*isme au poly?isme rduit ess5tiellem5t l'9vitable prpondrance des ides spcifiques sur les ides individuelles1 au second ge de notre enfance1 aussi bi5 sociale que p]sonnelle4 ,de ce po9t de vue1 la modification1 quoique assurm5t trs prononce1 a pu s'opr] d'autant plus aism5t que1 suivant notre gr& aphorisme sur la prexi/5ce ncessaire1 s\s =me plus ou mo9s lat5te1 de t\te disposition vraim5t fondam5tale1 en un tat quelconque de l'humanit1 l'opration tait dj spontanm5t accomplie ds l'orig9e p\r c]ta9s cas1 qu'il a donc suffi d'imit] ou d't5dre4 ,c>1 quoique l'homme1 plus s5sible que raisonnable1 soit1 en gnral1 bi5 plus frapp d'abord des diffr5ces que des ressemblances1 p> suite sans d\te de notre organisation crbrale1 il exi/e nanmo9s videmm5t1 p\r l'espce comme p\r l'individu1 c]ta9s cas usuels o les qualits communes sont d'abord ab/raitem5t saisies p> la mo9dre intellig5ce1 qu& les objets comp>ables sont la fois assez simples et assez uni=mes4 ,dans ces div]ses occasions1 le poly?isme doit donc tre spontanm5t primitif2 et c'e/ l sans d\te ce qui aura pu donn] lieu l'ab]ration philosophique1 signale ci-dessus1 sur sa prt5due antriorit4 ,mais cette exception1 si aism5t explicable1 n'altre nullem5t notre ?orie1 puisque les cas de ce g5re sont c]ta9em5t1 p\r l'ensemble de l'ducation huma9e1 soit individuelle1 soit sociale1 les mo9s nombreux et les mo9s importans1 mme en ayant g>d aux 9galits p]sonnelles4 ,leur considration n\s s]t alors seulem5t faire compr5dre1 de la manire la plus naturelle1 le procd fondam5tal suivant lequel l'esprit huma9 a d opr] cette gr&e transition philosophique1 qu& elle e/ dev5ue suffisamm5t mre4 ,c'e/ donc a9si que la nature purem5t ?ologique de la philosophie primitive a t ess5tiellem5t ma9t5ue1 puisque les phnomnes ont cont9u tre rgis p> des volonts et non p> des lois2 et t\tefois pr(ondm5t modifie1 en ce que1 le corps lui-mme n'tant plus vivant1 mais in]te1 et recevant t\te son activit d'un tre fictif extrieur1 le po9t de vue primordial s'e/ tr\v1 au fond1 notablem5t p]fectionn4 ,la leon suivante f]a spcialem5t ressortir les plus importantes consqu5ces1 intellectuelles et sociales1 d'une telle rvolution4 ,qu'il me suffise ici d'y signal] l'vid5te vrification de la proposition gnrale rappele ci-dessus sur le cont9uel dcroissem5t m5tal de l'esprit religieux1 quoique son influ5ce politique n'ait pas d suivre la mme m>*e4 ,a mesure que *aque corps individuel p]dait a9si son premi] c>actre directem5t div9 ou vivant1 il dev5ait mieux accessible l'esprit purem5t sci5tifique1 dont le doma9e comm5ait ds lors s't5dre1 quoique bi5 humblem5t encore1 sans que l'explication ?ologique int]vnt aussi compltem5t que jadis dans les dtails des phnomnes1 p> suite mme de sa gnralisation graduelle4 ,cette diffr5ce fondam5tale se traduit nettem5t1 comme je l'ai rem>qu aup>avant1 p> la dim9ution correspondante que subit1 d'une manire cont9ue1 le nombre des tres div9s1 p5dant que leur nature devi5t plus ab/raite1 et leur dom9ation propre plus t5due3 on voit ma9t5ant que cette consqu5ce ncessaire ne prs5te ri5 de p>adoxal4 ,il e/ clair1 en effet1 que *aque dieu a9si introduit remplace t\te une tr\pe de fti*es1 dsormais lic5cis1 p\r a9si dire1 ou du mo9s rduits lui s]vir d'escorte4 ,la transition f9ale du poly?isme au mono?isme n\s donn]a lieu1 son t\r1 de faire une rem>que ess5tiellem5t analogue4 ,d'aprs le pr9cipe prcd5t1 on peut aism5t complt] cette explication sommaire1 en dt]m9ant mme p> quelle bran*e pr9cipale du fti*isme a d plus spcialem5t s'opr] le passage au poly?isme4 ,c> la trans=mation devait videmm5t comm5c] sur les phnomnes les plus gnraux1 les plus indp5dans1 et dont l'influ5ce semblait spontanm5t la plus univ]selle4 ,or1 tel tait c]ta9em5t1 t\s ces titres1 le cas des a/res1 dont l'exi/5ce isole et inaccessible a d bi5tt imprim] un c>actre p>ticuli] la portion correspondante du fti*isme univ]sel1 qu& cette p>tie a comm5c fix] suffisamm5t l'att5tion1 d'abord trop conc5tre v]s des corps plus famili]s4 ,la diffr5ce gnrale1 ci-dessus c>actrise1 entre la notion du fti*e et celle du dieu1 devait tre1 videmm5t1 beauc\p mo9dre l'g>d d'un a/re qu'en aucun autre sujet quelconque3 ce qui r5dait l'a/roltrie1 comme je l'ai dj indiqu1 propre s]vir d'int]mdiaire entre le pur fti*isme primordial et le vrai poly?isme4 ,en d'autres t]mes1 le culte des a/res e/ la seule gr&e bran*e du fti*isme qui ait pu s'incorpor] spontanm5t au poly?isme1 sans exig] immdiatem5t aucune pr(onde modification2 *aque fti*e sidrique1 en v]tu de sa puissance et de son loignem5t naturels1 ne p\vant diffr] du dieu correspondant que p> des nuances presque ins5sibles1 surt\t en un temps o l'on ne p\vait gure t5ir la prcision4 ,il suffisait donc1 p\r effac] le c>actre individuel et concret p> lequel le fti*isme s'y m>quait encore1 de ne plus assujtir cette quivoque div9it une attribution et une rsid5ce exclusives1 et de li] sa conception1 p> quelque analogie relle ou app>5te1 celle d'autres fonctions plus ou mo9s gnrales1 dj confies un dieu proprem5t dit1 p\r lequel l'a/re n'aurait t ds lors qu'une sorte de sj\r prfr4 ,cette d]nire trans=mation tait si peu indisp5sable1 que1 p5dant presque t\t le rgne du poly?isme1 on n'y a ess5tiellem5t assujti que les plantes1 raison de leurs v>iations spciales3 les toiles1 p> suite de l'inv>iabilit de leur c\rs1 sont re/es de vrais fti*es1 c'e/--dire des div9its directem5t corporelles1 insp>ables de l'individu correspondant1 jusqu'au mom5t o1 enveloppes1 comme t\tes les autres1 dans le mono?isme univ]sel1 ces conceptions ?ologiques ont d ncessairem5t p]dre leur spcialit primitive1 non t\tefois sans en laiss] quelques ve/iges1 encore apprciables une scrupuleuse analyse4 ,on peut donc a9si nettem5t concevoir comm5t l'a/roltrie1 con/ituant l'tat le plus avanc du fti*isme1 a t si propre facilit] spontanm5t son 9vitable transition au poly?isme3 et1 p> suite1 on peut mme expliqu] ds lors1 d'aprs une relation dj signale1 l'influ5ce indirecte qu'a d ex]c] la prpondrance f9ale de la vie agricole sur cette gr&e trans=mation de la philosophie ?ologique4 ,af9 d'utilis]1 autant que possible1 p\r l'tude rationnelle de l'volution huma9e1 l'apprciation gnrale d'un tel *angem5t1 en y con/atant1 ds l'orig9e1 l'exi/5ce de t\s les div]s pr9cipes intellectuels des rvolutions ultrieures1 il importe enf9 d'y rem>qu] aussi la premire manife/ation capitale de l'esprit mtaphysique proprem5t dit4 ,si t\tes les modifications relles qu'pr\ve successivem5t l'esprit ?ologique sont1 au fond1 ncessairem5t dt]m9es p> le dveloppem5t cont9u de l'esprit sci5tifique1 elles s'opr5t t\j\rs nanmo9s p> l'9vitable int]v5tion directe de l'esprit mtaphysique1 l'accroissem5t immdiat duquel ab\tiss5t d'abord les dcroissem5s graduels du premi]1 jusqu' ce que la positivit comm5ce prvaloir irrvocablem5t sur t\s deux1 suivant la ?orie fondam5tale tablie au *apitre prcd5t4 ,l'influ5ce et l'ext5sion inconte/ables de la mtaphysique dans le passage gnral du poly?isme au mono?isme ne doiv5t p>atre aussi spcialem5t prononces que p>ce que cette seconde gr&e rvolution religieuse n\s e/ auj\rd'hui beauc\p mieux connue et bi5 plus intelligible que la premire4 ,mais la trans=mation antrieure du fti*isme en poly?isme n'en con/itue pas mo9s la vritable orig9e hi/orique de la philosophie mtaphysique1 comme nuance di/9cte de la philosophie purem5t ?ologique2 et cette p>ticipation primitive de l'esprit mtaphysique l'ensemble de nos rvolutions intellectuelles s]ait peut-tre juge la plus considrable de t\tes1 vu la plus gr&e importance m5tale d'un tel *angem5t d'aprs l'apprciation prcd5te1 s'il tait possible auj\rd'hui de l'analys] suffisamm5t1 ce que l'abs5ce presque totale des docum5s conv5ables ne saurait jamais p]mettre4 ,quoi qu'il en soit1 l'introduction lm5taire d'un tel esprit e/ alors inconte/able2 c>1 cette gr&e modification l'exigeait videmm5t1 p> sa nature mme4 ,la trans=mation des fti*es en dieux proprem5t dits1 d'aprs une premire conc5tration du po9t de vue ?ologique1 a fait ncessairem5t considr]1 dans *aque corps p>ticuli]1 au lieu de la vie propre et directe qu'on lui attribuait d'abord1 une proprit ab/raite qui le r5dait susceptible de recevoir my/rieusem5t l'impulsion de l'ag5t surnaturel correspondant1 dont le dp>tem5t plus ou mo9s t5du et la rsid5ce plus ou mo9s indt]m9e ne p\vai5t p]mettre de concevoir habituellem5t l'action comme immdiate1 si ce n'e/ dans les cas exceptionnels de mtamorphose spciale1 t\j\rs facultative1 mais r>em5t opre4 ,outre cette suite naturelle de la modification propose1 on voit mme1 p5dant qu'une telle conv]sion s'accomplit1 une pralable p>ticipation indisp5sable de l'esprit mtaphysique2 puisque1 *aque dieu remplaant1 d'une manire plus ou mo9s gnrale1 un plus ou mo9s gr& nombre de fti*es individuels1 dsormais envisags surt\t en ce qu'ils ont de commun1 sans que cette orig9e ab/raite tt l'tre div9 une vie vritable et trs prononce1 il e/ clair qu'une telle notion suppose une opration purem5t mtaphysique1 en tant qu'on y reconnat des ab/ractions p]sonnifies4 ,c>1 en un sujet quelconque1 l'tat mtaphysique proprem5t dit1 considr comme une situation transitoire de notre intellig5ce1 e/ t\j\rs ess5tiellem5t c>actris p> une confusion radicale entre le po9t de vue ab/rait et le po9t de vue concret1 alt]nativem5t sub/itus l'un l'autre p\r modifi] successivem5t les conceptions purem5t ?ologiques1 soit en y r5dant ab/rait ce qui aup>avant tait concret1 qu& *aque gnralisation e/ accomplie1 soit en y prp>ant1 p\r une conc5tration n\velle1 la conception relle d'tres plus gnraux1 qui n'ont d'abord qu'une exi/5ce ab/raite4 ,telle e/ la d\ble fonction indisp5sable de rduction et sy/matisation simultanes que l'esprit mtaphysique ex]ce graduellem5t env]s la philosophie ?ologique1 qui seule1 jusqu' l'avnem5t propre de la philosophie positive1 peut avoir un c>actre nettem5t intelligible1 p>ce que ses fictions1 *imriques mais saisissables1 rsult5t fran*em5t d'un transport direct t\s les phnomnes quelconques de notre s5tim5t fondam5tal d'exi/5ce active4 ,di/9cte de *aque sub/ance1 quoiqu'elle en soit insp>able1 l'entit mtaphysique e/ aussi plus subtile et mo9s df9ie que l'action surnaturelle correspondante1 quoiqu'elle en mane ncessairem5t3 d'o rsulte son aptitude ess5tielle opr] des transitions1 qui con/itu5t sans cesse un dcroissem5t1 au mo9s intellectuel1 de la philosophie ?ologique4 ,aussi le mode gnral d'action de l'esprit mtaphysique e/-il proprem5t t\j\rs critique1 puisqu'il cons]ve la ?ologie1 t\t en dtruisant radicalem5t sa pr9cipale consi/ance m5tale3 son influ5ce ne peut sembl] organique qu'autant qu'elle n'e/ po9t trop prpondrante1 et en tant qu'elle contribue aux modifications graduelles de la philosophie ?ologique1 laquelle doit tre con/amm5t rapport1 surt\t s\s le po9t de vue social1 t\t ce que p>aiss5t cont5ir de vraim5t organique les ?ories mtaphysiques proprem5t dites2 comme la suite de notre apprciation hi/orique le f]a spontanm5t ressortir de plus en plus4 ,sans insi/] davantage ici sur de telles explications1 dont la premire obscurit doit t5ir la nature tnbreuse d'un semblable sujet1 mais qu'une application graduellem5t dveloppe r5dra ultrieurem5t irrcusables1 il tait indisp5sable d'y signal] la vritable orig9e gnrale de l'influ5ce mtaphysique1 a9si manife/e p> une l>ge et inconte/able p>ticipation cette gr&e transition du fti*isme au poly?isme1 dsormais suffisamm5t c>actrise dans son pr9cipe intellectuel4 ,outre le beso9 sci5tifique immdiat1 il n'tait c]ta9em5t pas inutile1 mme p\r une plus pr(onde apprciation du gr& problme social de nos temps1 de con/at]1 ds le b]ceau de l'humanit1 cette rivalit spontane et cont9ue1 d'abord m5tale1 puis politique1 entre l'esprit ?ologique et l'esprit mtaphysique1 dont la lutte1 auj\rd'hui va9em5t prolonge1 puisque l'volution prp>atoire e/ ess5tiellem5t accomplie1 con/itue la s\rce premire de notre intime p]turbation4 ,l'extrme importance et la difficult suprieure de ce po9t de d"p gnral1 dont l'irrationnalit et ncessairem5t altr l'ensemble ultrieur de notre opration hi/orique1 f]ont1 j'espre1 excus] l't5due et la complication des div]ses discussions auxquelles n\s a entrans1 dans ce long mais indisp5sable *apitre1 l'exam5 fondam5tal d'une poque aussi peu connue et aussi confusm5t juge4 ,n\s en avons conduit l'explication ess5tielle jusqu' l'avnem5t ncessaire du second ge religieux1 dont le vrai c>actre1 intellectuel ou social1 devra tre1 dans la leon suivante1 plus aism5t apprciable1 vu sa nature mieux explore et mo9s loigne de notre con/itution mod]ne1 dont la s5sation prpondrante doit t\j\rs t5dre1 malgr les plus sa9es prcautions sci5tifiques1 tr\bl] extrmem5t de telles analyses4 ,t\tefois1 cette premire application gnrale de ma philosophie hi/orique aura dj1 s\s ce d]ni] aspect1 manife/ nettem5t l'aptitude spontane de l'esprit positif n\s transport] successivem5t1 beauc\p mieux qu'aucun autre1 aux diffr5s po9ts de vue d'o l'on peut sagem5t jug] les div]s tats antrieurs de l'humanit et les rvolutions correspondantes1 sans altr] cep5dant1 en aucune manire1 ni l'homognx ni l'indp5dance des dcisions rationnelles4 ,cette importante proprit1 qu'on peut reg>d] comme vraim5t c>actri/ique1 puisqu'elle rsulte directem5t de l'esprit ncessairem5t relatif de la philosophie n\velle1 oppos l'esprit 9vitablem5t absolu de l'anci5ne philosophie1 se dvelopp]a graduellem5t dans t\t le c\rs de notre apprciation sommaire1 et p]mettra seule de compr5dre enf9 l'ensemble du pass huma9 sans jamais suppos] l'homme une organisation intellectuelle et morale ess5tiellem5t di/9cte de celle qui le dirige auj\rd'hui1 ce qui1 au fond1 e/ demeur jusqu'ici radicalem5t impossible4 ,si j'ai pu1 dans ce *apitre1 inspir] une sorte de sympa?ie intellectuelle en faveur du fti*isme1 qui con/itua cep5dant1 de t\te ncessit1 l'tat le plus imp>fait de la philosophie ?ologique1 plus =te raison n\s s]a-t-il ais1 dans les *apitres suivans1 de con/at] clairem5t que le gnie propre de *aque gr&e poque1 s\s quelque aspect pr9cipal qu'on l'envisage1 a t\j\rs t1 non-seulem5t le plus conv5able la situation correspondante1 mais aussi en intime h>monie avec l'accomplissem5t spcial d'une opration dt]m9e1 indisp5sable la m>*e fondam5tale de l'volution huma9e4 ,,c9quante-,,troisi,,me ,,le,,on4 ,apprciation gnrale du pr9cipal tat ?ologique de l'humanit3 ge du poly?isme4 ,dveloppem5t graduel du rgime ?ologique et militaire4 ,des habitudes exclusives pr(ondm5t enrac9es t5d5t ncessairem5t1 *ez les esprits mod]nes1 procur] au mono?isme un asc5dant presque irrsi/ible1 qui doit s'y oppos] m9emm5t t\te sa9e apprciation des div]s autres modes gnraux de l'tat ?ologique4 ,mais les philosophes1 assez dgags1 cet g>d1 de t\tes proccupations p]sonnelles p\r comp>]1 avec une imp>tiale lvation1 les diffr5s ges religieux1 p\rront auj\rd'hui reconnatre aism5t1 aprs une analyse appr(ondie1 et malgr de spcieuses app>5ces1 que le poly?isme a d1 p> sa nature1 con/itu] la pr9cipale =me du sy/me ?ologique1 considr dans l'ensemble de sa dure4 ,quelle que soit1 s\s le rapport social1 l'm95te de/9ation rs]ve au mono?isme1 comme je l'expliqu]ai soigneusem5t au *apitre suivant1 la leon actuelle r5dra1 j'espre1 inconte/able1 mme ce titre1 l'aptitude encore plus complte et plus spciale du poly?isme satisfaire spontanm5t aux beso9s politiques de l'poque correspondante4 ,enf91 l'ensemble de ce d\ble exam5 f]a implicitem5t s5tir que1 malgr le c>actre provisoire plus ou mo9s inhr5t1 selon notre ?orie1 t\te philosophie ?ologique1 l'exi/5ce du poly?isme a d tre plus durable que celle d'aucune autre phase religieuse2 t&is que le mono?isme1 plus vois9 d'une entire cessation de l'tat ?ologique1 devait surt\t s]vir dirig] l'humanit civilise p5dant sa transition fondam5tale du sy/me anci5 au sy/me mod]ne4 ,p\r mieux claircir notre apprciation gnrale du poly?isme1 il convi5t ici d'exam9] d'abord ab/raitem5t *acune de ses div]ses proprits ess5tielles1 intellectuelles ou sociales1 et de considr] ensuite les diffr5tes =mes ncessaires du rgime correspondant2 de manire c>actris] exactem5t l'indisp5sable p>ticipation de ce second ge religieux la gr&e volution huma9e3 en vitant d'ailleurs1 autant que possible1 t\te discussion vraim5t concrte1 suivant les explications pralables indiques au db du *apitre prcd5t4 ,avant t\t1 je crois devoir av]tir que j'envisag]ai t\j\rs le poly?isme dans l'acception publique qui lui tait communm5t attribue1 sans m'arrt] aucune des nombreuses et incohr5tes t5tatives p> lesquelles1 *ez les mod]nes surt\t1 une irrationnelle rudition s'e/ va9em5t ef=ce1 l'aide d'une vague int]prtation symbolique1 dont les pr9cipes sont presque t\j\rs radicalem5t arbitraires1 de ratta*] ces croyances un prt5du mono?isme antrieur1 ou mme1 ce qui s]ait encore plus trange1 quelque sy/me purem5t physique4 ,si jamais ces tnbreuses hypo?ses p\vai5t dev5ir mo9s contradictoires et mieux dt]m9es1 elles ne mrit]ai5t gure plus l'att5tion du vrai sociologi/e2 puisque t\te religion1 surt\t popul>it trs prononce1 doit videmm5t s'apprci]1 en dynamique sociale1 suivant la manire dont elle tait habituellem5t ent5due p> les masses1 et non d'aprs le s5s plus raff9 qu'ont pu y atta*] secrtem5t quelques initis3 d'autant plus que ces my/rieuses explications n'ont jamais d tre1 au fond1 qu'une sorte d'anticipation gnrale des esprits les plus cultivs sur la phase religieuse immdiatem5t suivante4 ,cette purile ob/9ation obscurcir1 s\s d'in9telligibles subtilits1 le poly?isme1 m9emm5t clair et expressif1 que les admirables *ants d',homre1 p> exemple1 n\s dcriv5t avec tant de navet1 ne provi5t1 sans d\te1 ess5tiellem5t1 dans la plup>t des cas1 que d'une impuissance philosophique se reprs5t] suffisamm5t un tat m5tal trop loign1 surt\t en v]tu des dispositions trop exclusives que doit inspir] la prpondrance totale du pur mono?isme4 ,aux yeux de t\t vrai philosophe1 si l'enfance de la raison huma9e exige pralablem5t1 de t\te ncessit1 le rgime ?ologique1 il n'y e/ c]tes pas mo9s naturel d'admettre d'abord un trs gr& nombre de dieux1 ple9em5t di/9cts et indp5dans les uns des autres1 et dont les attributions spciales correspond5t l'inf9ie v>it des phnomnes2 comme l'indique videmm5t l'analyse att5tive du dveloppem5t spontan de l'individu1 directem5t confirme1 p\r l'espce1 p> l'exploration judicieuse des div]s sauvages contempora9s1 *ez lesquels nos docteurs ne saurai5t assurm5t transport] cette nbuleuse symbolisation4 ,s\s le po9t de vue purem5t intellectuel1 n\s avons reconnu1 au *apitre prcd5t1 que le fti*isme tait ncessairem5t c>actris p> l'incorporation la plus intime et la plus t5due possible de l'esprit religieux au sy/me total des p5ses huma9es3 en sorte que sa trans=mation en poly?isme con/itue rellem5t un premi] dcroissem5t gnral de l'influ5ce m5tale propre la philosophie ?ologique4 ,mais1 malgr la haute importance sci5tifique d'une telle apprciation p\r confirm] notre ?orie fondam5tale de l'volution huma9e1 et qu& mme cet ge primitif s]ait mo9s loign et mo9s inconnu1 l'admirable essor spontanm5t imprim p> le poly?isme l'imag9ation de l'homme1 aussi bi5 que sa haute efficacit sociale1 doiv5t f9alem5t n\s dt]m9] reg>d] ce second ge comme le vritable temps du plus int5se dveloppem5t propre de l'esprit religieux1 quoique son n]gie lm5taire et dj subi a9si1 au fond1 un c]ta9 comm5cem5t d'altration4 ,jamais1 en effet1 depuis cette poque1 un tel esprit n'a pu retr\v] la fois un *amp aussi va/e et un aussi libre ex]cice que s\s ce pur rgime d'une ?ologie directe et nave1 pe9e modifie encore p> la mtaphysique1 et nullem5t cont5ue p> les conceptions positives1 dont les premi]s rudim5s1 alors imp]ceptibles1 si ce n'e/ l'aide d'une scrupuleuse analyse1 ne p\vai5t se rapport] qu' quelques obs]vations incohr5tes et empiriques sur les plus simples cas de *aque ordre de phnomnes naturels4 ,t\s les vnem5s quelconques1 t\j\rs troitem5t ratta*s la de/9e huma9e1 tant immdiatem5t attribus l'int]v5tion cont9ue d'une f\le d'ag5s surnaturels plus ou mo9s spciaux1 dont les volonts arbitraires n'tai5t presque aucunem5t assujties des lois inv>iables1 il e/ clair que les ides ?ologiques devai5t a9si ex]c] une dom9ation m5tale beauc\p plus v>ie1 mieux dt]m9e1 et mo9s conte/e1 que s\s aucun rgime ultrieur1 comme n\s le reconnatrons expressm5t au *apitre suivant4 ,en comp>ant auj\rd'hui1 p> la p5se1 dans le c\rs j\rnali] de la vie active1 l'exi/5ce habituelle d'un poly?i/e s9cre celle du plus dvot mono?i/e1 une sa9e apprciation gnrale f]a aussitt ressortir1 contrairem5t aux prjugs ord9aires1 la prpondrance plus intime et plus prononce de l'esprit religieux *ez le premi]1 dont l'intellig5ce demeure t\j\rs assaillie1 presqu' *aque occasion1 s\s les =mes les plus v>ies1 d'une f\le d'explications ?ologiques trs dtailles2 en sorte que ses actions mme les plus communes con/itu5t1 p\r a9si dire1 autant d'actes spontans d'une adoration spciale1 sans cesse ranime1 autant que possible1 p> un r5\vellem5t cont9u de =me et mme de de/9ation4 ,le monde imag9aire occupe alors c]ta9em5t1 eu g>d au monde rel1 beauc\p plus de place dans le sy/me intellectuel de l'homme1 que s\s le rgime mono?ique3 a9si que le confirm5t clairem5t1 p> exemple1 tant d'loqu5tes pla9tes des pr9cipaux docteurs *rti5s sur la difficult radicale de ma9t5ir le fidle au vrai po9t de vue religieux2 difficult qui devait tre c]ta9em5t beauc\p mo9dre1 et mme presque nulle1 s\s l'empire1 plus famili] et mo9s ab/rait1 des croyances poly?iques4 ,comme le contra/e gnral avec la doctr9e de l'inv>iabilit des lois naturelles con/itue ncessairem5t le meilleur critrium m5tal de t\te philosophie ?ologique1 il suffirait d'ailleurs d'indiqu] ici1 af9 de dissip] ce sujet t\te inc]titude1 combi5 l'opposition du poly?isme e/1 s\s ce rapport1 plus pr(onde et plus int5se que celle du mono?isme2 ce que le *apitre suivant f]a spontanm5t ressortir1 en y considrant l'imm5se dcroissem5t dt]m91 avec tant d'vid5ce1 dans les miracles et les oracles1 p> la prpondrance f9ale du mono?isme1 mme musulman4 ,en se bornant1 p> exemple1 au seul cas des visions ou app>itions1 on voit que1 d'aprs la ?ologie mod]ne1 elles sont m9emm5t exceptionnelles1 et rs]ves1 de lo9 en lo91 quelques individus privilgis1 *ez lesquels elles ont presque t\j\rs une importante de/9ation2 t&is que1 s\s le paganisme1 au contraire1 t\t p]sonnage un peu qualifi avait eu1 mme p\r de lg]s sujets1 de frqu5tes relations p]sonnelles avec div]ses div9its1 auxquelles l'unissait s\v5t une p>5t plus ou mo9s directe4 ,la seule objection vraim5t spcieuse qui puisse tre faite1 ma connaissance1 contre un tel jugem5t comp>atif1 consi/]ait reg>d] l'influ5ce m5tale du poly?isme comme infrieure celle du mono?isme1 d'aprs le mo9dre dv\em5t qu'il semble p\voir inspir]4 ,mais cette objection qui1 lors mme qu'elle re/]ait sans rponse1 ne saurait c]ta9em5t altr] l'irrsi/ible vid5ce des considrations prcd5tes et de celles non mo9s dcisives que la suite de notre opration suggr]a naturellem5t au lecteur att5tif1 repose d'abord sur une confusion radicale entre la puissance intellectuelle des croyances religieuses et leur puissance sociale1 et ensuite sur une vicieuse apprciation de celle-ci1 faute d'avoir suffisamm5t c>t du po9t de vue anci5 les habitudes mod]nes4 ,en v]tu mme de l'incorporation plus intime du poly?isme au sy/me enti] de l'exi/5ce huma9e1 on doit pr\v] plus de difficult dt]m9] avec prcision sa p>ticipation propre *aque action sociale2 t&is que1 s\s le mono?isme1 cette coopration1 quoique1 au fond1 beauc\p mo9dre1 doit cep5dant sembl] mieux tran*e1 d'aprs la division plus nette qui s'tablit alors entre la vie active et la vie spculative1 comme je l'expliqu]ai au *apitre suivant4 ,il s]ait d'ailleurs peu rationnel de *]*] dans le poly?isme le g5re spcial de proslytisme1 et p> suite de fanatisme1 qui doit naturellem5t app>t5ir surt\t au mono?isme1 dont l'esprit1 ncessairem5t bi5 plus exclusif1 inspire1 env]s t\te autre croyance1 cette pr(onde rpugnance que ne saurai5t pr\v] au mme degr ceux qui1 admettant dj un trs gr& nombre de dieux1 doiv5t tre peu loigns d'y en adjo9dre de n\veaux1 aussitt que la conciliation devi5t possible4 ,on ne peut sa9em5t apprci] l'efficacit morale et sociale du poly?isme qu'en la comp>ant au pr9cipal (fice qui lui tait de/9 dans l'ensemble de l'volution huma9e1 et qui devait ess5tiellem5t diffr] de celui du mono?isme3 or1 de ce po9t de vue1 n\s reconnatrons bi5tt que l'influ5ce politique de l'un n'a c]tes t ni mo9s t5due ni mo9s indisp5sable que celle de l'autre2 en sorte que cette considration ne saurait aucunem5t affaiblir l'irrcusable conc\rs de preuves v>ies qui reprs5te le poly?isme comme le plus gr& dveloppem5t possible de l'esprit religieux1 dont le mono?isme a rellem5t comm5c la dcad5ce directe et croissante4 ,af9 de mieux apprci] la vraie p>ticipation gnrale du poly?isme l'volution fondam5tale de l'intellig5ce huma9e1 il faut l'exam9] sp>m5t1 d'abord s\s le po9t de vue sci5tifique1 ensuite s\s le po9t de vue potique ou arti/ique1 et enf9 s\s le po9t de vue indu/riel4 ,s\s le premi] aspect1 on doit auj\rd'hui tre d'abord frapp surt\t des ob/acles ess5tiels qu'une telle philosophie ?ologique devait1 p> sa nature1 directem5t oppos] l'essor de t\t vritable esprit sci5tifique1 alors oblig de lutt]1 presqu' *aque pas1 contre des explications religieuses trs dtailles de la plup>t des phnomnes1 t5dant spontanm5t rep\ss] comme impie t\te ide d'inv>iabilit des lois physiques4 ,les graves inconvni5s du poly?isme sont1 cet g>d1 assez vid5s et assez connus p\r n'exig] ici aucun exam5 =mel1 auquel supplerait d'ailleurs1 dans la leon suivante1 l'apprciation gnrale de l'influ5ce contraire si heureusem5t inhr5te au mono?isme4 ,mais1 quelle que soit1 s\s ce rapport1 l'admirable supriorit du mono?isme1 et quoique la pr9cipale ducation sci5tifique de l'humanit ait d s'accomplir s\s sa tutelle1 il faut bi5 cep5dant1 puisque cette ducation a videmm5t comm5c s\s l'empire du poly?isme1 qu'il ne lui ait pas t absolum5t antipa?ique1 et qu'il ait mme primitivem5t t5du1 div]s titres1 la second] directem5t1 suivant un c]ta9 mode ncessaire1 que je dois ma9t5ant c>actris] sommairem5t4 ,d'abord1 les philosophes ont presque t\j\rs apprci beauc\p trop faiblem5t l'importance capitale du pas vraim5t dcisif fran*i p> l'intellig5ce huma9e1 qu& elle s'e/ enf9 leve du fti*isme au poly?isme proprem5t dit4 ,quelque simple que doive n\s p>atre auj\rd'hui ce premi] progrs1 il tait peut-tre plus fondam5tal qu'aucun autre p]fectionnem5t ultrieur2 c> cette gr&e cration des dieux con/itue c]ta9em5t1 p> sa nature1 le premi] essor gnral de l'activit purem5t spculative propre notre intellig5ce1 qui jusque-l n'avait fait ess5tiellem5t que suivre sans ef=t1 la manire des animaux1 une t5dance spontane anim] directem5t t\s les corps extrieurs1 proportionnellem5t l'int5sit effective de leurs phnomnes#g4 ,mais1 outre que notre vie intellectuelle a a9si comm5c immdiatem5t pr5dre un c>actre di/9ct1 p> le seul ex]cice provisoire qui pt alors exi/]1 cette gr&e rvolution ?ologique a con/itu1 s\s un autre aspect1 p\r l'tat m5tal df9itif1 une premire et indisp5sable prp>ation1 sans laquelle la conception ultrieure des lois naturelles inv>iables ft demeure indf9im5t impossible4 ,a la vrit1 le poly?isme1 quoique reprs5tant dsormais la matire comme ess5tiellem5t in]te1 subordonnait t\s les phnomnes une multitude de volonts m9emm5t arbitraires1 incompatibles avec t\te gr&e ide de rgles con/antes4 ,nanmo9s1 p> cela mme que *aque corps n'tait plus directem5t div9is1 les dtails secondaires des phnomnes comm5ai5t dev5ir accessibles au premi] essor lm5taire de l'esprit sci5tifique1 puisqu'on p\vait les contempl]1 un c]ta9 degr1 sans rappel] immdiatem5t la notion ?ologique correspondante1 ds lors relative un tre di/9ct du corps et rsidant presque t\j\rs au lo92 t&is que1 s\s le fti*isme1 cette indisp5sable sp>ation tait ncessairem5t impossible1 d'aprs les explications cont5ues au *apitre prcd5t4 ,d'ailleurs1 le poly?isme1 ple9em5t dvelopp1 introduit spontanm5t1 s\s le nom de de/9 ou de fatalit1 une conception gnrale m9emm5t propre f\rnir un po9t d'appui primordial au pr9cipe fondam5tal de l'inv>iabilit des lois naturelles4 ,quoique les div]s phnomnes doiv5t1 sans d\te1 p>atre1 dans l'enfance de la raison huma9e1 inf9im5t plus irrguli]s que notre rgime m5tal ne n\s p]met auj\rd'hui de le suppos]1 il e/ clair cep5dant que le poly?isme1 p> la multiplicit et l'incohr5ce de ses indiscipl9ables div9its1 avait1 cet g>d1 ncessairem5t dpass le b1 au po9t de dev5ir directem5t contraire ce degr de rgul>it qu'a d bi5tt manife/] l'exam5 att5tif du monde extrieur4 ,af9 de t\t concili]1 sans dnatur] une telle philosophie1 il a donc fallu aj\t] au sy/me un indisp5sable complm5t gnral1 en crant un dieu p>ticuli] p\r l'immuabilit1 dont t\s les autres dieux1 malgr leur indp5dance propre1 devai5t1 c]ta9s g>ds1 reconnatre la prpondrance4 ,c'e/ a9si que la notion du de/9 con/itue le correctif ncessaire du poly?isme1 dont elle e/1 p> sa nature1 insp>able2 sans p>l] encore de l'(fice capital qu'elle a d remplir1 comme on le v]ra plus lo91 dans la transition f9ale du poly?isme au mono?isme4 ,p>-l1 le poly?isme avait donc spcialem5t mnag un premi] accs au pr9cipe ultrieur de l'inv>iabilit des lois naturelles1 en subordonnant quelques rgles con/antes1 quoique pr(ondm5t obscures1 les nombreuses volonts qu'il introduisait habituellem5t4 ,il a mme consacr1 c]ta9s g>ds1 cette rgul>it naissante1 env]s le monde moral1 qui lui s]vait1 comme t\te autre ?ologie1 de po9t de d"p univ]sel p\r l'explication du monde physique3 c>1 au milieu des caprices les plus dsordonns1 il importe de not] que *aque div9it cons]ve t\j\rs1 au fond1 son c>actre propre1 jusque dans les plus libres lans de la posie antique1 qui1 sans cela1 ne p\rrait videmm5t n\s inspir] aucun intrt s\t5u4 ,note #g3 ,s\s ce po9t de vue1 on doit reconnatre la pr(onde ju/esse de l'anci5ne maxime vulgaire qui reprs5tait la croyance aux dieux comme l'apanage exclusif de l'ent5dem5t huma93 puisque1 en effet1 les animaux suprieurs p>vi5n5t bi5 un c]ta9 fti*isme1 plus ou mo9s analogue au ntre1 quoique plus grossi] et mo9s t5du2 t&is que les plus intellig5s ne p>aiss5t jamais susceptibles de s'lev]1 du mo9s spontanm5t1 jusqu' la mo9dre bau*e du poly?isme proprem5t dit1 qui exig]ait de leur "p une activit d'imag9ation suprieure leur vraie porte m5tale4 ,p5dant que le poly?isme1 aprs avoir veill l'activit spculative1 p]mettait a9si l'esprit sci5tifique un faible essor rudim5taire1 il t5dait m9emm5t1 d'une autre "p1 excit] directem5t les mditations philosophiques1 en tablissant1 entre t\tes nos ides quelconques1 une premire liaison fondam5tale1 qui1 malgr sa nature ess5tiellem5t *imrique1 n'en tait pas mo9s alors inf9im5t prcieuse4 ,jamais1 depuis cette poque1 les conceptions huma9es n'ont pu retr\v]1 un degr aucunem5t comp>able1 ce gr& c>actre d'unit de m?ode et d'homognx de doctr9e1 qui con/itue l'tat ple9em5t normal de notre intellig5ce1 et qu'elle avait alors spontanm5t acquis s\s la dom9ation fran*e et uni=me du sy/me ?ologique4 ,c'e/ seulem5t la prpondrance1 plus pure encore et plus univ]selle1 de la philosophie positive1 qu'il app>ti5dra1 dans un 9vitable et pro*a9 av5ir1 de ralis]1 d'une manire beauc\p plus p>faite et surt\t plus durable1 cette proprit fondam5tale4 ,le mono?isme lui-mme1 quoique rsultant d'une sy/matisation plus avance1 n'a pu satisfaire autant que le poly?isme une telle condition1 p>ce que1 dans l'tat m5tal correspondant1 une p>tie des spculations huma9es avait dj comm5c *app] irrvocablem5t la philosophie ?ologique proprem5t dite1 de manire en altr] s5siblem5t la nature primitive1 comme on le v]ra au *apitre suivant4 ,il e/ donc ais de concevoir p\rquoi l'esprit d'ensemble1 auj\rd'hui si r>e1 devait1 au contraire1 se r5contr] frquemm5t en un temps o1 non-seulem5t la faible t5due des div]ses notions p]mettait *acun de les embrass] t\tes1 mais o surt\t leur commune subord9ation une mme philosophie ?ologique les r5dait t\j\rs immdiatem5t comp>ables entre elles4 ,quoique ces rappro*em5s duss5t alors tre le plus s\v5t *imriques1 cep5dant leur usage spontan et cont9u devait c]ta9em5t con/itu]1 la longue1 un tat plus normal que l'an>*ie philosophique qui c>actrise la situation transitoire des mod]nes1 et que tant d'esprits faux ou troits s'ef=c5t ma9t5ant d't]nis]4 ,aussi ne suis-je po9t surpris que d'm95s p5seurs1 app>t5ant surt\t l'cole ca?olique1 ai5t1 de nos j\rs1 expressm5t dplor1 comme une sorte de dgradation fondam5tale de notre intellig5ce1 l'irrvocable dcad5ce de cette philosophie antique1 qui1 se plaant directem5t la s\rce de t\t1 ne laissait ri5 sans liaison et sans explication quelconques1 p> l'uni=me application de ses conceptions ?ologiques4 ,t\s ceux qui1 dans ce sicle1 ont pr(ondm5t s5ti la ncessit sociale de l'esprit d'ensemble1 mais sans apprci] les vraies conditions ess5tielles qui lui sont dsormais imposes1 ont pu tre conduits une telle ab]ration1 dont l'illu/re de ,mai/re a (f]t un exemple si mmorable1 surt\t p> son p>allle gnral1 admirable beauc\p d'g>ds1 entre le pr9cipal c>actre de la sci5ce antique et celui de la sci5ce mod]ne4 ,sans se laiss] entran] ces regrets /riles1 et mme irrationnels1 o l'on mconnat directem5t la de/9ation purem5t provisoire de la philosophie ?ologique1 il e/ c]ta9em5t impossible de ne po9t admir] son aptitude spciale1 non-seulem5t dt]m9]1 comme je l'ai tant pr\v1 le premi] essor fondam5tal de notre intellig5ce1 mais encore favoris] long-temps son dveloppem5t graduel1 en f\rnissant spontanm5t son activit cont9ue un alim5t et une direction galem5t indisp5sables1 jusqu' ce que le progrs des connaissances relles ait pu enf9 p]mettre un meilleur rgime m5tal4 ,en considrant mme la dt]m9ation de l'av5ir comme le b f9al de t\tes les spculations philosophiques quelconques1 on doit reconnatre1 en gnral1 que la div9ation ?ologique a vritablem5t ouv]t la voie notre prvision sci5tifique1 malgr l'9vitable antagonisme qui a d ultrieurem5t s'tablir entre elles1 et qui a surt\t manife/ l'irrcusable supriorit propre la philosophie positive1 s\s la seule condition1 encore inaccomplie1 d'une gnralisation suffisante4 ,s\s un rapport plus spcial et plus direct1 on peut enf9 reconnatre que cette philosophie religieuse1 surt\t l'tat de poly?isme1 quoique t\te de fiction et d'inspiration1 t5dait immdiatem5t excit] un c]ta9 dveloppem5t lm5taire de l'esprit d'obs]vation et d'induction4 ,malgr qu'elle ne dt lui assign] qu'un (fice purem5t subalt]ne1 t\j\rs subordonn aux beso9s et aux indications ?ologiques1 elle lui (frait cep5dant un *amp trs va/e et un b =t attrayant1 qui n'aurai5t pu alors autrem5t exi/]1 en liant pr(ondm5t t\s les phnomnes quelconques la de/9e de l'homme1 pr9cipal objet du g\v]nem5t div94 ,les sup]/itions mme qui n\s p>aiss5t auj\rd'hui les plus absurdes1 telles que la div9ation p> le vol des oiseaux1 p> les entrailles des victimes1 etc41 ont eu primitivem5t1 outre leur haute importance politique1 un c>actre philosophique vraim5t progressif1 comme entret5ant habituellem5t une n]gique /imulation obs]v] avec con/ance des phnomnes dont l'exploration ne p\vait1 cette poque1 inspir] directem5t aucun intrt s\t5u4 ,a quelque *imrique emploi que l'on de/9t a9si les obs]vations de t\s g5res1 elles ne s'en tr\vai5t pas mo9s recueillies d'avance p\r un meilleur usage ultrieur1 et n'aurai5t pu1 sans d\te1 alors tre autrem5t obt5ues4 ,il e/1 p> exemple1 inconte/able1 suivant la ju/e rem>que de ,kepl]1 que les *imres a/rologiques ont long-temps s]vi ma9t5ir le gt habituel des obs]vations a/ronomiques1 aprs l'avoir primitivem5t inspir4 ,c'e/ a9si p>eillem5t que l'anatomie doit1 ce me semble1 avoir ncessairem5t puis ses premi]s matriaux dans les explorations spontanm5t rsultes de l'art des aruspices1 sur la dt]m9ation de l'av5ir p> l'exam5 att5tif du foie1 du cur1 du p\mon1 etc41 des animaux sacrifis4 ,il exi/e1 mme auj\rd'hui1 des phnomnes qui1 n'ayant pu tre s\mis jusqu'ici aucune ?orie vraim5t sci5tifique1 laiss5t en quelque sorte regrett] encore que cette in/itution primordiale des obs]vations1 malgr ses imm5ses dang]s1 ait t dtruite avant de p\voir tre conv5ablem5t remplace1 et sans g>antir seulem5t la cons]vation des r5seignem5s dj obt5us4 ,tels sont surt\t1 p\r la physique concrte1 la plup>t des phnomnes mtorologiques1 et pr9cipalem5t ceux de la f\dre1 qui1 dans l'antiquit1 tai5t le sujet spcial d'une exploration scrupuleuse et cont9ue1 relativem5t l'art des augures4 ,quiconque saura s'affran*ir aussi bi5 des prjugs mod]nes que des anci5s1 dplor]a sans d\te la p]te totale des nombreuses obs]vations que les augures trusques1 p> exemple1 avai5t d recueillir ce sujet p5dant une longue suite de sicles1 et que la sa9e philosophie p\rrait utilis] auj\rd'hui1 d'une manire mme plus fructueuse1 j'ose l'avanc]1 que nos puriles compilations mtorologiques1 dp\rvues de t\te direction rationnelle4 ,on a beau ma9t5ant vant] outre mesure l'abs5ce totale de prdispositions et d'int5tions quelconques2 il n'y a c]ta9em5t d'efficacit durable1 p\r les progrs de nos vraies connaissances1 que dans les obs]vations in/itues avec un b dt]m91 dt-il tre ess5tiellem5t *imrique1 dfaut d'une sage impulsion ?orique4 ,aucun autre exemple ne p\rrait mieux manife/] cette inv>iable ncessit m5tale1 que celui de l'exploration vague et insignifiante de nos prt5dus mtorologi/es1 qui1 malgr le va9 talage d'une exactitude m9utieuse1 dress5t habituellem5t des tableaux assez infidles p\r ne pas mme rappel] *aque spectateur le vritable c>actre atmosphrique de la j\rne prcd5te3 il s]ait difficile1 sans d\te1 que les regi/res des augures#h euss5t t plus mal t5us4 ,en t5dant t\s les cas possibles la mme apprciation1 *acun p\rra mettre en ple9e vid5ce1 env]s t\s les phnomnes quelconques1 l'indisp5sable (fice du poly?isme quant au premi] essor de l'esprit d'obs]vation2 sans except] mme les phnomnes intellectuels et moraux1 dont l'en*anem5t fondam5tal avait d tre alors1 p\r l'int]prtation des songes1 le sujet 9vitable d'obs]vations trs dlicates1 j\rnellem5t p\rsuivies avec une scrupuleuse p]svrance1 qui ne p\rra se retr\v] plus conv5ablem5t que s\s l'influ5ce ultrieure d'un dveloppem5t plus avanc de la philosophie positive4 ,note #h3 ,la manire mme dont ces antiques obs]vations ont t irrvocablem5t p]dues e/ m9emm5t propre confirm] l'indisp5sable ncessit de dirig] t\te exploration relle d'aprs une ?orie quelconque1 ?ologique ou positive1 af9 d'assur]1 outre son efficacit primitive1 la cons]vation de ses rsultats4 ,c>1 l'hi/oire ne n\s indique aucune cause spciale de de/ruction p\r les recueils d'obs]vations augurales1 qui ne saurai5t d'ailleurs avoir si compltem5t disp>u p> de simples accid5ts1 ni p> suite des luttes religieuses4 ,il e/ clair ici que l'influ5ce la plus de/ructive a surt\t consi/ dans la pr(onde indiffr5ce de l'esprit huma9 p\r un tel ordre d'obs]vations1 d'aprs le *angem5t gnral des croyances ?ologiques1 et avant que le dveloppem5t de la sci5ce relle ait pu suffisamm5t inspir] leur g>d une autre sorte d'intrt spculatif4 ,telles sont1 en pr9cipe1 les m95tes proprits intellectuelles du poly?isme s\s le seul po9t de vue sci5tifique1 qui devait nanmo9s lui tre plus dfavorable qu'aucun autre4 ,quoique son influ5ce ait t ncessairem5t beauc\p plus intime et plus dcisive env]s les beaux-arts1 elle doit tre ici bi5 plus aism5t apprciable1 comme plus vid5te et mo9s conte/e1 notre exam5 devant surt\t consi/] en c>actris] nettem5t la vraie s\rce gnrale1 bi5 plus que les rsultats effectifs4 ,il importe d'abord de rectifi]1 ce sujet1 une irrationnelle exagration1 encore trop commune1 qui attribue aux beaux-arts un (fice tellem5t fondam5tal dans la socit antique1 que son conomie gnrale n'aurait pas eu rellem5t d'autre base intellectuelle4 ,c'e/ abusivem5t confondre la philosophie et la posie1 qui1 en t\t temps1 ont d tre pr(ondm5t di/9ctes1 avant mme d'avoir pu recevoir leurs dnom9ations propres1 et sans except] l'poque1 d'ailleurs bi5 mo9s prolonge qu'on n'a c\tume de le suppos]1 o elles tai5t galem5t cultives p> les mmes esprits2 mo9s t\tefois qu'on ne prt srieusem5t p\r de la posie l'artifice mnmonique d'aprs lequel on v]sifie les =mules religieuses1 morales1 sci5tifiques1 etc41 af9 d'en facilit] la transmission p]man5te4 ,dans t\s les degrs de la vie sauvage1 il e/ ais de reconnatre que la puissance sociale de la posie et des autres beaux-arts1 quelque considrable qu'elle puisse tre1 demeure t\j\rs ncessairem5t secondaire env]s l'influ5ce ?ologique1 qu'elle peut utilem5t aid]1 et dont elle doit tre hautem5t protge1 mais sans jamais p\voir la dom9]4 ,le gr& ,homre1 quoi qu'on en ait dit1 n'tait c]ta9em5t po9t un philosophe ou un sage1 encore mo9s un pontife ou un lgislateur3 seulem5t sa haute intellig5ce s'tait pr(ondm5t imbue de t\t ce que la p5se huma9e avait produit jusque alors de plus avanc en t\s g5res1 comme l'ont t\j\rs fait ensuite t\s les gnies potiques ou arti/iques1 dont il demeur]a sans cesse le type le plus m95t#i4 ,platon1 qui1 sans d\te1 a d compr5dre le vritable esprit de l'antiquit1 n'aurait c]ta9em5t po9t exclu de sa clbre utopie le plus gnral des beaux-arts1 si une telle influ5ce tait rellem5t aussi fondam5tale qu'on le suppose dans l'conomie des socits anci5nes4 ,aux temps du poly?isme1 comme t\t autre ge de l'humanit1 l'essor et l'action des div]s beaux-arts ont t\j\rs repos1 de t\te ncessit1 sur une philosophie prexi/ante et unanimem5t admise1 qui seulem5t1 cette premire poque1 devait leur tre plus spcialem5t favorable1 a9si que je vais l'expliqu]4 ,quoique1 p> une raction 9vitable1 l'influ5ce potique ait d alors contribu] beauc\p t5dre et consolid] l'empire ?ologique1 elle n'a pu c]ta9em5t l'tablir4 ,soit p\r l'individu1 soit p\r l'espce1 jamais les facults d'expression n'ont pu dom9] directem5t les facults de conception1 auxquelles leur nature propre les subordonne t\j\rs ncessairem5t1 quel qu'ait pu tre le dveloppem5t respectif des unes et des autres4 ,t\te inv]sion relle de cette relation lm5taire t5drait directem5t la dsorganisation fondam5tale de l'conomie huma9e1 individuelle ou sociale1 en ab&onnant la conduite gnrale de notre vie ce qui ne peut que l'embellir et l'ad\cir3 d'o rsult]ait une sorte d'alination *ronique4 ,or1 quoique la philosophie directrice dt avoir alors un t\t autre c>actre qu'auj\rd'hui1 l'tat moral de l'humanit1 aussi ple9em5t normal que de nos j\rs1 n'en tait pas mo9s s\mis aux mmes lois ess5tielles4 ,au fond1 ce qui tait alors accessoire a d rellem5t demeur] tel1 aussi bi5 que ce qui tait pr9cipal1 les =mes seules ayant *ang1 d'aprs le degr de dveloppem5t4 ,combi5 d'm95s p]sonnages l'antiquit ne n\s (fre-t-elle po9t presque ins5sibles aux *>mes de la posie et des autres beaux-arts1 sans cess] nanmo9s de reprs5t] avec n]gie l'tat social correspondant1 ce qui et t videmm5t impossible dans l'hypo?se exagre que n\s exam9ons6 ,p>eillem5t1 en s5s inv]se1 les peuples mod]nes sont auj\rd'hui bi5 lo9 de se rappro*] du vrai c>actre antique1 quoique le gt de la posie1 de la musique1 de la pe9ture1 etc41 s'y purifie et s'y propage t\j\rs davantage1 et y soit probablem5t dj plus rp&u1 surt\t en ,italie1 qu'il n'a jamais pu l'tre *ez aucune socit anci5ne1 du mo9s eu g>d aux esclaves1 qui en =mai5t t\j\rs la masse pr9cipale4 ,note #i3 ,c'tait une ab]ration rs]ve notre sicle que celle de prt5dus potes se glorifiant sy/matiquem5t de leur ignorance sci5tifique et philosophique1 qu'ils t5t5t va9em5t d'rig] en g>antie d'orig9alit4 ,il ne s]ait cep5dant po9t ncessaire de remont] jusqu' l'exemple fondam5tal d',homre1 et ensuite de ,virgile1 et en gnral de t\s les gr&s potes de l'antiquit1 p\r faire ressortir hautem5t cette condition pralable du dveloppem5t normal de t\t vritable gnie potique1 de s'tre d'abord intimem5t famili>is avec t\tes les m95tes conceptions contempora9es4 ,l'obs]vation mme des temps mod]nes la manife/e spontanm5t de t\tes p>ts1 quoique une telle obligation ait d y dev5ir plus pnible1 p> suite d'un dveloppem5t plus avanc4 ,dante1 ,ario/e1 ,%akespe>e1 etc41 tai5t c]ta9em5t au niveau gnral des connaissances huma9es correspondantes1 aussi bi5 que ,corneille1 ,milton1 ,molire1 etc43 t\s avai5t d'abord tremp leur gnie dans la philosophie contempora9e la plus avance1 avant de l'appliqu] la plus m95te posie4 ,il en e/ ess5tiellem5t de mme env]s les autres beaux-arts1 comme le montr5t1 p\r la pe9ture1 les exemples si dcisifs de ,lon>d de ,v9ci1 de ,mi*el-,ange1 de ,p\ss91 etc4 ,de telles confirmations d'une maxime d'ailleurs vid5te1 peuv5t faite conv5ablem5t apprci] le /upide orgueil de ces v]sificateurs qui s'applaudiss5t auj\rd'hui d'en tre re/s encore la physique de ,lucrce et d'picure1 etc4 ,aprs cet indisp5sable claircissem5t prlim9aire1 sans lequel cette gr&e "q ne saurait tre conv5ablem5t pose1 n\s p\rrons exactem5t apprci] l'admirable essor gnral que le poly?isme a d spontanm5t imprim] l'ensemble des beaux-arts1 et qui les a levs alors un degr de puissance sociale1 dont l'quival5t n'a pu se reproduire ultrieurem5t1 faute de conditions suffisamm5t favorables3 ab/raction faite d'ailleurs de la haute p>ticipation que leur rs]ve notre pro*a9 av5ir1 et que je c>actris]ai sommairem5t la f9 de cet ouvrage4 ,la =me initiale de la philosophie ?ologique l'tat de fti*isme1 t5dait dj1 d'une manire vid5te et directe1 favoris] le dveloppem5t potique et arti/ique de l'humanit1 en transportant immdiatem5t t\s les corps extrieurs notre s5tim5t fondam5tal de la vie1 comme je l'ai indiqu au *apitre prcd5t4 ,af9 de compr5dre suffisamm5t la porte de cette premire apprciation1 il faut considr] que1 p> leur nature1 les facults e/htiques se rapport5t surt\t la vie affective1 bi5 plus qu' la vie intellectuelle1 habituellem5t trop peu prononce1 dans l'organisme huma91 p\r comport] aucune vritable expression ou imitation1 susceptible d'tre communm5t s5tie avec n]gie et juge avec ju/esse1 soit p> l'int]prte1 soit p> le spectateur4 ,or1 n\s avons reconnu combi5 cette philosophie primitive e/ en h>monie gnrale avec cette prpondrance fondam5tale de la vie affective1 qui n'a jamais pu tre1 aucune poque ultrieure1 aussi ple9em5t consacre4 ,telle e/ donc1 en pr9cipe1 la t5dance ncessaire du fti*isme favoris] directem5t l'essor spontan des beaux-arts1 et surt\t de la posie et de la musique1 p> lesquelles a d pr9cipalem5t comm5c] le dveloppem5t e/htique de l'humanit4 ,jamais l'ensemble du monde extrieur n'a pu tre conu depuis dans un tat aussi p>fait de correspondance intime et familire avec l'me du spectateur1 qu'il l'tait naturellem5t s\s ce naf rgime de notre premire enfance1 individuelle et sociale1 o le d\ble c>actre ess5tiel de la philosophie ?ologique se prononait le plus compltem5t possible1 soit quant l'immdiate vitalit de t\s les corps quelconques1 soit en ce qui conc]ne l'troite subord9ation de t\s les phnomnes la de/9e huma9e4 ,les trop r>es fragm5s de posie fti*ique1 anci5ne ou contempora9e1 que n\s p\vons ma9t5ant apprci]1 manife/5t surt\t cette supriorit c>actri/ique relativem5t aux tres inanims1 dont la description a t\j\rs t ensuite beauc\p mo9s favorable l'art potique1 et1 plus =te raison1 l'art musical1 mme s\s le rgne du poly?isme1 qui1 malgr ses ress\rces spciales cet g>d1 n'en avait pas mo9s dj cess de vivifi] directem5t la matire4 ,t\tefois1 le poly?isme comp5sait1 en p>tie1 ce g5re d'infriorit e/htique p> l'+nieux expdi5t spontan des mtamorphoses1 qui du mo9s cons]vait l'int]v5tion du s5tim5t et de la passion dans *acune des pr9cipales orig9es inorganiques1 quoique ce re/e indirect de vie affective1 ds lors born la premire =mation de l'individu1 ou mme de l'espce1 ft lo9 d'ailleurs d'quivaloir1 en n]gie potique1 la conception primitive d'une vitalit directe1 p]sonnelle1 et cont9ue4 ,mais1 les beaux-arts devant1 p> leur nature1 avoir surt\t p\r objet le monde moral1 cette inconte/able supriorit potique du fti*isme l'g>d du monde physique n'avait videmm5t qu'une trs faible importance1 en comp>aison des imm5ses avantages que1 s\s t\t autre aspect1 le poly?isme prs5tait spontanm5t p\r second] l'volution e/htique de l'humanit3 ce qui doit ma9t5ant n\s conduire considr] a9si exclusivem5t ce second ge religieux1 aprs avoir suffisamm5t rempli l'indisp5sable obligation de ratta*] l'ensemble de cette explication son vrai po9t de d"p1 sans lequel sa rationnalit et t gravem5t altre4 ,on doit d'abord reg>d] comme m9emm5t favorable l'essor gnral des beaux-arts la proprit fondam5tale du poly?isme1 ci-dessus ne1 d'veill] ncessairem5t1 de la manire la plus spontane et la plus directe1 le plus libre et le plus actif dveloppem5t de l'imag9ation huma9e1 a9si rige en pr9cipal arbitre de la philosophie primitive1 en tant qu'immdiatem5t inve/ie de la dt]m9ation spciale des div]s tres fictifs auxquels on attribuait alors la production de t\s les phnomnes quelconques4 ,p\r l'espce1 comme p\r l'individu1 ce second ge m5tal con/itue videmm5t la prpondrance fran*e et explicite de l'imag9ation sur la raison2 t&is que1 s\s le pur fti*isme1 la dom9ation intellectuelle app>t5ait surt\t au s5tim5t1 bi5 plus qu' l'imag9ation proprem5t dite1 encore peu excite4 ,c'e/ a9si que le poly?isme1 en /imulant t\tes nos facults1 a d plus p>ticulirem5t et plus =tem5t second] l'lan de celles d'o dp5d pr9cipalem5t l'volution e/htique de l'humanit4 ,telle e/1 sans d\te1 la premire cause de cette confusion philosophique1 prcdemm5t rectifie1 qui a fait envisag]1 p> une dang]euse exagration1 le poly?isme t\t enti] comme une vraie cration potique1 p>ce que sa =mation avait naturellem5t exig le mme g5re ess5tiel d'activit m5tale qui a prsid ensuite au dveloppem5t des beaux-arts1 qu& ce sy/me gnral de conceptions a t suffisamm5t tabli4 ,mais1 quoique ce sy/me ait d1 au contraire1 videmm5t s]vir de base pralable ce dveloppem5t1 il faut reconnatre1 en second lieu1 que1 s\s un semblable rgime1 la fonction1 soit intellectuelle1 soit sociale1 de la posie et des autres beaux-arts1 sans jamais avoir pu1 mme alors1 dev5ir rellem5t prpondrante1 devait tre cep5dant1 de t\te ncessit1 beauc\p mo9s secondaire qu' aucun ge ultrieur de l'humanit4 ,en effet1 une telle con/itution religieuse attribuait spontanm5t aux facults e/htiques une p>ticipation accessoire1 et p\rtant directe1 aux oprations ?ologiques fondam5tales2 t&is que1 s\s le mono?isme1 les beaux-arts ont t ncessairem5t rduits un (fice de culte1 et1 t\t au plus1 de propagation1 sans avoir dsormais aucune "p quelconque l'laboration dogmatique1 comme je l'expliqu]ai au *apitre suivant4 ,s\s le poly?isme1 qu& la philosophie avait introduit1 p\r l'explication des phnomnes physiques ou moraux1 une div9it n\velle1 la posie devait videmm5t s'en emp>] af9 d'a*ev] l'opration en donnant1 cet tre d'abord ab/rait et peu dt]m91 un co/ume et des murs conv5ables sa de/9ation1 a9si qu'une hi/oire suffisamm5t dtaille2 de manire lui imprim] nettem5t ce c>actre concret1 si indisp5sable1 surt\t alors1 la ple9e efficacit1 sociale et mme m5tale1 d'une semblable conception4 ,or1 cette importante attribution1 que le fti*isme n'avait pu admettre1 puisque les div9its s'y tr\vai5t spontanm5t concrtes1 a d c]ta9em5t conc\rir avec n]gie l'essor gnral des beaux-arts1 a9si inve/is1 d'une manire cont9ue et rgulire1 d'une sorte de fonction dogmatique1 m9emm5t propre leur procur] une autorit et une considration que l'tat ultrieur de la philosophie ?ologique n'a pu comport] au mme degr4 ,en troisime lieu1 le fti*isme ne p\vait1 p> sa nature1 s't5dre que =t t>d et trs imp>faitem5t l'explication du monde moral1 dont l'intuition immdiate lui s]vait1 au contraire1 directem5t de base gnrale p\r la conception du monde physique3 t&is que le poly?isme1 sans p]dre un tel c>actre fondam5tal1 plus ou mo9s inhr5t1 de t\te ncessit1 comme je l'ai tabli1 une ?ologie quelconque1 possdait spontanm5t la proprit capitale d'tre ess5tiellem5t applicable aux div]s phnomnes moraux et mme sociaux4 ,aussi e/-ce surt\t dans ce second ge religieux que la philosophie ?ologique e/ dev5ue vraim5t univ]selle1 en recevant ce gr& et indisp5sable complm5t1 qui ds lors a con/itu de plus en plus1 et encore davantage s\s le mono?isme1 sa pr9cipale attribution1 et la seule mme qu'elle s'ef=ce va9em5t de cons]v] auj\rd'hui4 ,il s]ait assurm5t sup]flu de faire ici expressm5t ressortir l'vid5te importance e/htique de cette ext5sion spontane de la philosophie1 l'tat poly?ique1 au monde moral et social1 si clairem5t apte f\rnir aux beaux-arts leur *amp pr9cipal et presque exclusif4 ,enf91 leur dveloppem5t gnral a t directem5t favoris p> le poly?isme1 s\s un quatrime et d]ni] aspect fondam5tal1 d'aprs la base m9emm5t populaire qu'une telle religion assurait si l>gem5t l'action e/htique4 ,les beaux-arts1 de/9s surt\t aux masses1 doiv5t1 en effet1 p> leur nature1 pr\v] l'indisp5sable beso9 de s'appuy] sur un sy/me conv5able d'op9ions familires et communes1 dont la prpondrance pralable e/ galem5t indisp5sable p\r produire et p\r gt]1 af9 de prp>] suffisamm5t entre l'int]prte actif et le spectateur passif cette h>monie morale qui d'avance dispose l'un second] spontanm5t les moy5s d'expression employs p> l'autre1 et sans laquelle aucune uvre d'art ne saurait tre ple9em5t efficace1 mme s\s le po9t de vue individuel1 et1 plus =te raison1 s\s l'aspect social4 ,c'e/ le dfaut d'une telle condition1 trop r>em5t accomplie dans l'art mod]ne1 qui p]met d'y expliqu] le peu d'effet rel de tant de *efs-d'uvre1 conu sans foi et apprcis sans conviction1 et qui1 malgr leur m95t mrite1 ne peuv5t excit] en n\s que les impressions gnrales inhr5tes aux lois fondam5tales de la nature huma9e2 en sorte qu'il en rsulte presque t\j\rs une influ5ce trop ab/raite1 et p> suite peu populaire4 ,or1 la supriorit e/htique du poly?isme e/1 cet g>d1 encore plus irrcusable qu' t\t autre2 c> aucune philosophie quelconque n'a pu1 videmm5t1 jamais obt5ir depuis une plnitude de popul>it comp>able celle du poly?isme au temps de sa prpondrance4 ,le mono?isme lui-mme1 au mom5t de sa plus gr&e spl5deur1 ne fut pas c]ta9em5t aussi populaire que cette antique religion1 dont les hautes imp]fections morales ne devai5t d'ailleurs que trop second] et propag] l'influ5ce primitive4 ,une rgnration fondam5tale1 encore trop confusm5t apprciable1 surt\t s\s ce rapport1 p\rra seule ultrieurem5t tablir1 p> l'asc5dant univ]sel de la philosophie positive1 un sy/me d'op9ions fixes et unanimes aussi susceptible de f\rnir une base vraim5t populaire au l>ge dveloppem5t des beaux-arts1 p\rvu que leur essor soit enf9 conu dans un esprit rellem5t con=me la nature c>actri/ique de la civilisation mod]ne1 comme je l'indiqu]ai au soixantime *apitre4 ,p> cet ensemble de motifs1 l'aptitude ncessaire du poly?isme second] spcialem5t l'volution e/htique de l'humanit1 se tr\ve donc ici suffisamm5t explique4 ,or1 n'et-il r5du que cet m95t s]vice1 il aurait c]ta9em5t conc\ru1 suivant un mode indisp5sable1 au dveloppem5t fondam5tal de notre espce1 dont une telle volution devait con/itu]1 p> sa nature1 l'un des pr9cipaux lm5s4 ,dans le vrai sy/me de l'conomie huma9e1 individuelle ou sociale1 les facults e/htiques sont1 en quelque sorte1 int]mdiaires entre les facults purem5t morales et les facults proprem5t intellectuelles3 leur b les ratta*e aux unes1 leur moy5 aux autres4 ,aussi leur dveloppem5t conv5able peut-il trs heureusem5t ragir la fois sur l'esprit et sur le cur1 con/ituant a9si spontanm5t l'un des plus puissans procds gnraux d'ducation1 soit intellectuelle1 soit morale1 que n\s puissions concevoir4 ,*ez le trs petit nombre d'organisations m95tes1 o la vie m5tale devi5t prpondrante1 surt\t la suite d'un long ex]cice cont9u et presque exclusif1 l'influ5ce des beaux-arts t5d rappel] la vie morale1 alors trop s\v5t oublie ou ddaigne4 ,mais1 dans l'imm5se majorit de notre espce1 o1 au contraire1 l'activit intellectuelle1 spontanm5t eng\rdie1 doit tre ess5tiellem5t absorbe p> l'activit affective1 le dveloppem5t e/htique s]t habituellem5t de prambule indisp5sable au vrai dveloppem5t m5tal1 outre son importance propre et p]man5te1 trop inconte/able p\r qu'il faille la signal] ici4 ,telle e/ la gr&e phase spciale que l'humanit devait accomplir s\s la direction du poly?isme1 si m9emm5t propre1 d'aprs les explications prcd5tes1 cette heureuse de/9ation4 ,c'e/ a9si qu'il a indirectem5t t5du excit]1 non-seulem5t *ez quelques hommes *oisis1 mais surt\t dans la masse entire1 un premi] degr de vie intellectuelle p]man5te1 p> une d\ce et irrsi/ible influ5ce1 que *acun alors subissait avec dlices1 indp5damm5t d'ailleurs de son action m5tale proprem5t dite1 ci-dessus analyse4 ,l'obs]vation j\rnalire du dveloppem5t individuel des hommes ord9aires suffirait seule faire apprci] t\te la valeur de cet indisp5sable (fice1 en vrifiant clairem5t qu'il n'y a presque jamais d'autre moy5 d'veill]1 ou mme d'entret5ir1 une c]ta9e activit purem5t spculative1 di/9cte de l'ex]cice =c que les ncessits huma9es impos5t habituellem5t notre *tive intellig5ce3 tmoign] quelque intrt p\r les beaux-arts1 s]a c]ta9em5t1 en t\t temps1 le symptme le plus commun d'une vraie naissance la vie spirituelle4 ,sans d\te1 un tel progrs e/ encore lo9 du t]me naturel de l'ducation huma9e1 individuelle ou collective1 comme je l'ai indiqu au c9quantime *apitre4 ,c>1 le b ess5tiel1 dans l'un et l'autre cas1 consi/e f9alem5t transfr]1 autant que possible1 l'influ5ce directrice la raison1 et non l'imag9ation4 ,mais1 si le c>actre propre de l'humanit a comm5c se prononc]1 ds sa premire enfance1 p> l'asc5dant du s5tim5t sur l'in/9ct animal1 ce qui a t ess5tiellem5t le rsultat spontan du fti*isme1 il n'e/ pas d\teux que cette prpondrance de l'imag9ation sur le s5tim5t1 con/itue p> l'volution e/htique accomplie s\s le poly?isme1 n'ait dt]m9 un gr& pas gnral v]s l'tat df9itif et ple9em5t normal1 o la raison pr5d enf9 directem5t et ouv]tem5t les rnes du g\v]nem5t huma92 situation f9ale1 dont le mono?isme a puissamm5t t5du n\s rappro*]1 comme l'expliqu]a la leon suivante1 mais qui ne saurait tre suffisamm5t ralise que s\s l'empire univ]sel de la philosophie positive4 ,a9si1 la phase philosophique que n\s apprcions dans le poly?isme ne p\vait1 p> sa nature1 con/itu] qu'un degr int]mdiaire1 qu'il s]ait trs dang]eux de prt5dre rig] en t]me vritable de l'ducation huma9e2 mais c'tait1 non mo9s videmm5t1 un int]mdiaire /rictem5t indisp5sable1 qui n'tait pas susceptible d'tre fran*i1 et sans lequel l'essor ultrieur des plus hautes facults de l'homme s]ait re/ ess5tiellem5t impossible4 ,quoique l'esprit e/htique et l'esprit sci5tifique diffr5t c]ta9em5t beauc\p1 cep5dant ils emploi5t rellem5t1 *acun sa manire1 les mmes =ces fondam5tales du c]veau1 en sorte que le premi] g5re d'activit intellectuelle peut s]vir1 un c]ta9 degr1 de prambule ou d'introduction au second1 sans disp5s] aucunem5t t\tefois d'une autre prp>ation plus spciale1 que n\s apprci]ons en son lieu1 et laquelle devait surt\t prsid] le mono?isme4 ,sans d\te1 le gnie1 m9emm5t analytique et ab/rait1 de la pr9cipale obs]vation sci5tifique proprem5t dite1 env]s le monde extrieur1 e/ radicalem5t di/9ct du gnie1 ess5tiellem5t syn?tique et concret1 de l'obs]vation e/htique1 qui1 dans t\s les phnomnes quelconques1 s'atta*e saisir presque exclusivem5t le ct huma91 en y tudiant leur influ5ce effective sur l'homme1 spcialem5t envisag quant au moral4 ,nanmo9s1 il y a videmm5t entre eux quelque *ose de pr(ondm5t commun1 la disposition1 galem5t ncessaire1 obs]v] avec ju/esse1 qui exige ou suggre des prcautions m5tales =t analogues p\r prv5ir et rectifi] les ab]rations dans l'un ou l'autre cas4 ,l'analogie e/ beauc\p plus complte en ce qui conc]ne l'tude de l'homme lui-mme1 o le savant et l'arti/e ont galem5t beso9 de c]ta9es notions id5tiques1 quoiqu'ils n'en doiv5t pas faire le mme usage4 ,on ne saurait donc mconnatre la secrte aff9it directe qui exi/e1 div]s titres1 entre l'un et l'autre esprit1 malgr leurs pr(ondes diffr5ces c>actri/iques1 et qui1 p> suite1 doit r5dre le dveloppem5t plus rapide du premi] susceptible de prp>] utilem5t l'essor plus t>dif du second4 ,si cette relation a lieu ncessairem5t *ez ceux d'abord qui1 l'un ou l'autre g>d1 p>ticip5t activem5t la culture intellectuelle1 une influ5ce analogue doit s'ex]c] aussi1 un mo9dre degr1 sur la masse passive4 ,p\r plus de cl>t1 je me suis born1 dans une telle apprciation1 considr] seulem5t1 de "p et d'autre1 ce qui conc]ne la simple laboration pralable1 de/9e procur] les matriaux conv5ables4 ,or1 le rappro*em5t s]ait jug bi5 plus intime si je p\vais ici comp>] galem5t la comb9aison f9ale de ces premi]s lm5s1 9vitablem5t s\mise aux mmes lois ess5tielles1 soit qu'il s'agisse d'une uvre e/htique ou sci5tifique4 ,mais les notions ord9aires sur la m>*e gnrale des compositions intellectuelles1 surt\t quant aux beaux-arts1 sont encore beauc\p trop vagues et trop obscures p\r qu'un semblable p>allle pt avoir t\te son utilit philosophique1 mo9s d'entran] dans des explications =t t5dues1 entirem5t incompatibles avec la nature et la de/9ation de cet ouvrage4 ,quoi qu'il en soit1 les indications prcd5tes suffis5t1 sans d\te1 r5dre inconte/able l'influ5ce spciale que l'essor primitif du gnie e/htique a d ex]c]1 s\s le poly?isme1 sur l'tat m5tal de l'humanit1 p\r y prp>]1 s\s le mono?isme1 la naissance conscutive du vrai gnie sci5tifique1 indp5damm5t de son (fice gnral1 ci-dessus apprci1 quant au premi] veil de l'activit spculative1 dans le seul mode qui ft d'abord possible4 ,les limites ncessaires de ce trait m'ont prescrit aussi de ne faire ici aucune di/9ction =melle entre les div]s beaux-arts1 soit en ce qui conc]ne leur relation au poly?isme1 soit relativem5t la liaison de leur dveloppem5t avec l'volution fondam5tale de l'humanit4 ,mais1 si je p\vais ici plus spcialem5t exam9] cet intressant sujet1 il me s]ait ais d't5dre la ?orie que je vi5s d'esquiss] jusqu' la dt]m9ation rig\reuse de l'ordre spontan suivant lequel ces diffr5s arts ont d hi/oriquem5t surgir et crotre1 en t\t temps et en t\t lieu1 sauf les p]turbations exceptionnelles1 o la succession ess5tielle devi5drait encore apprciable une scrupuleuse analyse4 ,ne devant po9t insi/] davantage sur les considrations e/htiques1 je me borne donc nonc] cet ordre1 que t\t lecteur famili>is avec la vraie philosophie des beaux-arts p\rra facilem5t exam9]4 ,il consi/e en ce que *aque art a d se dvelopp] d'autant plus tt1 qu'il tait1 p> sa nature1 plus gnral1 c'e/--dire susceptible de l'expression la plus v>ie et la plus complte1 qui n'e/ po9t t\j\rs1 beauc\p prs1 la plus nette ni la plus n]gique3 d'o rsulte1 comme srie e/htique fondam5tale1 la posie1 la musique1 la pe9ture1 la sculpture1 et enf9 l'ar*itecture1 en tant que moralem5t expressive#aj4 ,note #aj3 ,la /ricte exactitude hi/orique1 et mme philosophique1 exig]ait peut-tre que l'on ft comm5c] une telle srie p> cet art1 plus spontan et plus primitif qu'aucun autre1 qui1 intimem5t li au langage mimique1 dont il ne con/itue qu'une sorte d'exagration naturelle1 peu prs comme la musique env]s la p>ole1 (fre1 avec tant d'vid5ce1 dans les mo9dres degrs de la vie sauvage1 le premi] moy5 d'expression anime1 et jusqu' un c]ta9 po9t idalisable1 de nos s5tim5s individuels ou sociaux1 et surt\t de nos passions les plus n]giques4 ,mais un tel art1 ess5tiellem5t tomb en dsutude1 depuis que le langage d'action a d p]dre graduellem5t presque t\te son importance initiale1 doit tre de plus en plus envisag comme te9t1 si ce n'e/ titre de simple auxiliaire subalt]ne de la plup>t des autres2 a9si que le tmoigne clairem5t1 malgr tant d'enc\ragem5s sy/matiques1 sa misrable rduction1 *ez les mod]nes1 une froide et /rile comb9aison de signes ess5tiellem5t conv5tionnels1 dev5us presque in9telligibles p\r ceux mme qui les assembl5t1 et o les c]velets m\sss tr\v5t seuls habituellem5t une /imulation relle1 bi5 qu'accessoire4 ,il y a long-temps1 sans d\te1 que l'idalisation des s5tim5s huma9s ne s'exprime plus que p> des moy5s plus p>faits et plus nobles2 quoique leur dveloppem5t ait d tre1 en effet1 po/rieur1 cette circon/ance ne saurait dsormais tre prise en considration que dans un trait t\t spcial sur l'ensemble de rvolution e/htique de l'humanit4 ,en t]m9ant cette apprciation capitale1 propre n\s disp5s] ess5tiellem5t de t\te explication analogue dans presque t\t le re/e de notre opration hi/orique1 il importe d'y signal] son aptitude spciale rs\dre spontanm5t la gr&e et clbre objection que les beaux-arts sembl5t (frir ncessairem5t la ?orie gnrale du progrs cont9u de l'humanit1 p> le seul fait de leur inconte/able prm95ce en un temps qui1 t\t autre titre1 ne reprs5te videmm5t que l'enfance de notre espce4 ,on voit ma9t5ant1 en effet1 comme je l'avais annonc au qu>ante-huitime *apitre1 quoi ti5t ce p>adoxe app>5t1 en reconnaissant a9si p> quel conc\rs ncessaire de causes naturelles le pr9cipal essor des beaux-arts devait avoir lieu s\s l'empire du poly?isme1 sans qu'une telle correspondance puisse rationnellem5t indiqu] aucune vraie dim9ution ultrieure dans l'ensemble de nos facults e/htiques1 qui seulem5t1 malgr leur dveloppem5t t\j\rs cont9u1 n'ont pu retr\v] depuis ni une /imulation aussi directe et aussi n]gique1 ni d'aussi importantes attributions1 ni des dispositions aussi favorables1 t\tes circon/ances entirem5t indp5dantes de leur activit intr9sque et du mrite propre de leurs productions4 ,sans r5\vel] la fameuse discussion sur les anci5s et les mod]nes1 il e/ impossible de mconnatre les nombreux et clatans tmoignages qui pr\v5t1 avec une irrsi/ible vid5ce1 que le gnie huma9 n'a nullem5t baiss au fond1 mme p5dant la prt5due nuit du moy5-ge1 surt\t en ce qui conc]ne le premi] des beaux-arts1 dont le progrs gnral e/1 au contraire1 inconte/able4 ,mme dans le g5re pique1 quoique le mode ess5tiel de conception en ait t jusqu'ici le mo9s adapt la nature de la civilisation mod]ne1 on ne saurait c]ta9em5t cit]1 en aucun temps1 un gnie potique plus =tem5t organis que celui de ,dante ou de ,milton1 ni une imag9ation aussi puissante que celle d',ario/e4 ,quant la posie dramatique1 l'n]gie spontane de ,%akespe>e1 l'admirable lvation de ,corneille1 l'exquise dlicatesse de ,rac9e1 et l'incomp>able orig9alit de ,molire1 ne r$\t5t c]ta9em5t aucun p>allle antique4 ,a l'g>d des autres beaux-arts1 on ne peut plus conte/] auj\rd'hui la haute prm95ce de la musique mod]ne1 soit itali5ne1 soit allem&e1 malgr une mo9dre influ5ce sociale dans un milieu mo9s favorable1 sur la musique des anci5s1 ess5tiellem5t dnue d'h>monie1 et rduite1 comme celle de t\tes les socits peu avances1 des mlodies extrmem5t simples et uni=mes1 o la seule mesure con/ituait le pr9cipal moy5 d'expression4 ,il en e/ sans d\te de mme relativem5t la pe9ture1 considre non-seulem5t dans sa p>tie te*nique1 dont le progrs cont9u e/ vid5t1 mais dans sa plus haute expression morale1 p\r laquelle n\s n'avons c]tes aucun sujet de p5s] que l'antiquit et ri5 produit d'quival5t1 p> exemple1 aux *efs-d'uvre de ,raphal1 ni beauc\p d'autres ouvrages mod]nes4 ,l'exception app>5te relative la sculpture s'expliqu]ait aism5t1 si elle e/ suffisamm5t relle1 comme ess5tiellem5t due aux murs et la manire de vivre des anci5s1 qui devai5t naturellem5t leur procur] une connaissance plus intime et plus familire des =mes huma9es4 ,enf91 p\r l'ar*itecture1 indp5damm5t des imm5ses progrs qu'a videmm5t reu1 *ez les mod]nes1 sa p>tie indu/rielle la plus usuelle1 on ne saurait mconnatre1 ce me semble1 s\s le seul po9t de vue e/htique1 l'm95te supriorit de tant d'admirables ca?drales du moy5-ge1 o la puissance morale d'un tel art e/ c]ta9em5t p\sse un degr de sublime p]fection1 que ne p\vai5t (frir1 malgr leur rgul>it1 les plus beaux temples antiques1 comme j'aurai lieu de l'expliqu] sommairem5t au *apitre suivant4 ,aprs avoir judicieusem5t opr ces div]ses comp>aisons directes1 il faudrait ensuite1 p\r p>v5ir une apprciation vraim5t rationnelle1 pr5dre1 d'une autre "p1 en haute considration la /imulation e/htique ncessairem5t beauc\p mo9dre inhr5te jusqu'ici au c>actre ess5tiel de la civilisation mod]ne1 malgr de plus gr&s enc\ragem5s p]sonnels1 dus surt\t la vulg>isation croissante du gt4 ,les beaux-arts tant1 en gnral1 de/9s retrac] avec n]gie notre exi/5ce morale et sociale1 il e/ clair que1 quoique spontanm5t conv5ables t\tes les phases de l'humanit1 ils doiv5t ncessairem5t s'adapt] de prfr5ce une sociabilit plus homogne et plus fixe1 dont le c>actre1 plus complet et plus prononc1 comporte une reprs5tation plus nette et mieux df9ie2 ce qui avait m9emm5t lieu dans l'antiquit1 s\s l'empire du poly?isme4 ,or1 n\s reconnatrons1 au contraire1 que1 depuis le comm5cem5t du moy5-ge1 l'tat social mod]ne n'a1 p\r a9si dire1 con/itu jusqu'ici qu'une imm5se transition1 ess5tiellem5t accomplie1 sans une physionomie assez /able et assez tran*e1 s\s la prsid5ce indisp5sable du mono?isme1 qui1 p> sa nature1 devait mo9s enc\rag] le dveloppem5t e/htique1 et second] davantage l'essor sci5tifique4 ,t\tes les causes pr9cipales devai5t donc conc\rir y ral5tir notablem5t la m>*e des beaux-arts2 et1 cep5dant1 lo9 d'avoir subi aucune dgnration relle1 les faits tmoign5t1 avec une clatante vid5ce1 que leur gnie s'e/ lev1 dans presque t\s les g5res dj crs1 au niveau et mme au-dessus des plus m95tes productions antiques1 indp5damm5t des n\velles issues qu'il e/ p>v5u s'ouvrir p> beauc\p d'admirables *efs-d'uvre1 p> exemple1 dans ces compositions1 m9emm5t mod]nes1 qualifies du nom impropre de romans3 il n'y a eu de dim9ution relle que dans l'influ5ce sociale correspondante1 d'aprs les motifs prcdemm5t expliqus4 ,a9si1 l'accomplissem5t1 mme en ce g5re1 d'un vritable progrs1 malgr des conditions peu favorables1 montre clairem5t que les facults e/htiques de l'humanit1 lo9 de dcrotre1 sont assujties1 comme t\tes les autres1 un dveloppem5t cont9u3 aux yeux du mo9s de t\s les vrais philosophes qui1 cet g>d1 sauront se prs]v] suffisamm5t de la t5dance vulgaire jug] les beaux-arts uniquem5t sur l'effet produit2 d'o il rsult]ait1 p> exemple1 si l'on p\vait tre ple9em5t consqu5t cet trange pr9cipe1 qu'il faudrait accord] le premi] rang la composition d'une danse ngre1 susceptible1 en cas opportun1 de dt]m9] un entranem5t plus irrsi/ible que celui d la plus puissante posie anci5ne ou mod]ne4 ,qu&1 aprs une longue et pnible prp>ation1 la civilisation mod]ne aura f9alem5t dvelopp1 avec la prpondrance suffisante1 son vrai c>actre propre1 ce qui s]ait impossible sans l'asc5dant gnral de la philosophie positive1 l'humanit s'lv]a un tat social m9emm5t progressif1 et nanmo9s plus homogne et plus /able que celui de l'antiquit poly?i/e1 o les beaux-arts tr\v]ont la fois un n\veau *amp et des attributions n\velles1 aussitt que leur gnie ess5tiel se s]a conv5ablem5t adapt au n\veau rgime intellectuel1 comme je l'indiqu]ai sommairem5t la f9 du volume4 ,c'e/ alors seulem5t que p\rra tre directem5t utilise1 dans t\te sa plnitude1 p\r le bonheur commun de notre espce1 cette admirable ducation graduelle de nos facults e/htiques1 qui1 cont9ue1 avec tant de succs1 *ez les mod]nes1 malgr tant d'entraves1 y tmoigne si clairem5t de leur irrsi/ible spontanx3 c'e/ alors enf9 que se manife/]a familirem5t1 aux yeux de t\s1 cette irrcusable aff9it fondam5tale qui1 d'aprs les lois ncessaires de l'organisation huma9e1 unit spontanm5t le s5tim5t du beau1 d'une "p1 au gt du vrai1 et1 d'une autre "p1 l'am\r du bon4 ,aprs avoir a9si suffisamm5t accompli l'apprciation intellectuelle du poly?isme1 d'abord s\s le po9t de vue sci5tifique1 et ensuite s\s l'aspect e/htique1 il n'y a pas lieu de s'arrt] ici c>actris] expressm5t son influ5ce gnrale sur le dveloppem5t cont9u des aptitudes indu/rielles de l'humanit4 ,cette d]nire dt]m9ation s'effectu]a d'ailleurs spontanm5t ci-dess\s1 en ce qu'elle peut (frir d'utile notre pr9cipale opration1 qu& n\s considr]ons celle des trois =mes ess5tielles du poly?isme qui devait surt\t prsid] un tel dveloppem5t1 rsultat complexe de l'essor m5tal et de l'essor social4 ,n\s avons1 en outre1 dj reconnu1 au *apitre prcd5t1 l'importance initiale de la philosophie ?ologique1 mme l'tat de simple fti*isme1 p\r excit] et s\t5ir d'abord l'activit huma9e dans sa premire conqute du monde extrieur4 ,or1 il suffit ma9t5ant d'aj\t]1 ce sujet1 que le poly?isme devait ncessairem5t ex]c]1 s\s ce rapport1 une influ5ce plus directe et plus t5due que celle du pur fti*isme4 ,celui-ci1 en effet1 en div9isant la matire1 ne p\vait videmm5t1 sans une sorte d'inconsqu5ce sacrilge1 en tolr] l'altration j\rnalire2 du mo9s jusqu' ce que la naissance d'un vrai sac]doce1 s\s l'a/roltrie1 et p]mis1 comme je l'ai expliqu1 de comm5c] discipl9] cette logique spontane de l'esprit religieux4 ,le poly?isme1 au contraire1 isolant nettem5t *aque div9it des corps s\mis son empire1 n'int]disait plus1 p> sa nature1 la modification volontaire du monde extrieur1 et y provoquait mme s\v5t div]s titres2 outre qu'il ralisait directem5t1 au plus haut degr1 la proprit /imulante inhr5te t\te philosophie ?ologique1 en mlant l'action surnaturelle la plup>t des entreprises huma9es1 d'une manire bi5 plus spciale et plus intime qu'on n'a pu la concevoir depuis3 en sorte que1 p\r peu que l'action devnt importante1 *acun p\vait s'y s5tir familirem5t appuy de quelque div9e assi/ance4 ,en mme temps1 l'9vitable organisation d'un puissant sac]doce t5dait rgul>is] ces vagues influ5ces1 qui1 livres leur jeu naturel1 devai5t produire tant d'inc]titudes ou d'ab]rations4 ,on conoit1 enf91 que la multiplicit des dieux f\rnissait1 cet g>d1 de prcieuses ress\rces spciales1 p\r neutralis] spontanm5t1 d'aprs leur opposition mutuelle1 cette disposition anti-indu/rielle plus ou mo9s atta*e1 de t\te ncessit1 la nature intime de l'esprit religieux1 a9si que je l'ai expliqu la f9 du volume prcd5t4 ,sans un tel expdi5t1 sagem5t appliqu p> l'autorit sac]dotale1 il e/ vid5t que le dogme gnral du fatalisme1 prcdemm5t signal comme indisp5sable au poly?isme1 aurait t5du directem5t arrt] l'essor naissant de l'activit huma9e4 ,aussi le mono?isme1 o ce dogme pr5d surt\t la =me1 non mo9s oppressive1 d'un optimisme absolu1 et qui e/ radicalem5t priv de ce puissant correctif d au croisem5t immdiat des volonts directrices1 s]ait-il1 p> sa nature1 mo9s favorable que le poly?isme l'action progressive de l'humanit sur le monde1 si l'poque mme de son avnem5t spontan ne concidait po9t ncessairem5t1 comme je l'expliqu]ai au *apitre suivant1 avec cet tat plus avanc de l'volution huma9e qui1 malgr les app>5ces vulgaires1 dim9ue au fond l'influ5ce et le beso9 de l'esprit religieux dans la vie relle4 ,qu& cette indisp5sable concid5ce n'a pas lieu suffisamm5t1 p> suite d'un passage prmatur l'tat mono?ique1 d'aprs une aveugle imitation1 cette t5dance dltre se fait nettem5t s5tir3 a9si que l'hi/oire ne le tmoigne que trop1 env]s plusieurs nations dont les progrs ultrieurs euss5t t c]ta9em5t plus f]mes et plus rapides1 si elles fuss5t re/es plus long-temps s\s le rgime poly?ique1 au lieu de s'lev] trop brusquem5t au mono?isme1 avant d'y tre encore conv5ablem5t prp>es1 et uniquem5t entranes p> une indiscrte ardeur1 prov5ue d'exemples htrognes4 ,on ne saurait donc mconnatre les proprits spciales du poly?isme p\r enc\rag] le dveloppem5t spontan de notre activit indu/rielle1 jusqu' ce que1 p> le progrs cont9u de l'tude de la nature1 elle puisse comm5c] pr5dre son vrai c>actre rationnel1 s\s l'influ5ce correspondante de l'esprit positif1 qui1 en lui ouvrant le plus va/e *amp1 lui imprime directem5t le m\vem5t la fois le plus sage et le plus h>di4 ,du re/e1 af9 qu'une telle apprciation soit suffisamm5t exacte1 il ne faut jamais oubli] que la gu]re con/ituait alors1 de t\te ncessit1 la pr9cipale occupation de l'homme1 et que1 p> consqu5t1 on jug]ait trs mal l'indu/rie anci5ne si1 comme nos habitudes doiv5t n\s y port] auj\rd'hui1 on y ngligeait les arts dont la de/9ation tait ess5tiellem5t militaire4 ,ces arts ont d tre long-temps prpondrans1 en v]tu de leur importance suprieure1 et aussi d'aprs la plus gr&e facilit intr9sque de leur p]fectionnem5t propre4 ,les premi]s outils de l'homme ont t\j\rs t ncessairem5t des armes1 soit contre les animaux1 soit contre ses comptiteurs4 ,p5dant une longue suite de sicles1 son adresse et sa sagacit pratique ont d tre pr9cipalem5t occupes1 p> un ex]cice n]gique et cont9u1 in/itu] et amlior] les app>eils militaires1 (f5sifs ou df5sifs2 et ces ef=ts1 outre leur indisp5sable utilit primitive1 n'ont pas d'ailleurs t entirem5t sup]flus p\r le progrs ultrieur de l'indu/rie proprem5t dite1 qui1 p> d'heureuses trans=mations1 en a s\v5t tir des indications importantes4 ,s\s cet aspect1 il faut con/amm5t reg>d] l'tat social de l'antiquit comme radicalem5t inv]se de notre tat mod]ne1 o la gu]re e/ dev5ue enf9 purem5t accessoire1 t&is que1 *ez les anci5s1 elle devait avoir habituellem5t une haute prpondrance4 ,aussi dans l'antiquit1 de mme que p>mi les sauvages actuels1 les plus gr&s ef=ts de l'indu/rie huma9e se rapportai5t-ils ess5tiellem5t la gu]re1 qui y donna lieu tant de crations vraim5t prodigieuses1 surt\t p\r l'art des siges4 ,*ez les mod]nes1 au contraire1 quoique l'imm5se progrs des arts mcaniques et *imiques ait d accessoirem5t y dt]m9] d'importantes innovations militaires1 dont t\tefois on s'exagre beauc\p la valeur1 il e/ nanmo9s c]ta9 que le sy/me des armes se prs5te comme beauc\p mo9s p]fectionn1 relativem5t l'ensemble actuel des moy5s huma9s1 qu'il ne l'tait1 *ez les ,grecs et les ,roma9s1 eu g>d l'tat indu/riel correspondant#aa4 ,il e/ donc indisp5sable de considr] aussi cet art prpondrant1 si l'on veut conv5ablem5t c>actris] l'influ5ce gnrale du poly?isme sur le dveloppem5t indu/riel de l'humanit4 ,note #aa3 ,j'ai s\v5t ent5du un m>9 di/+u 7mon malheureux ami feu le capita9e ,montgry71 qui avait embrass1 avec une m95te rationnalit relative1 le sy/me enti] de l'art de la gu]re1 la fois t]re/re et navale1 conception extrmem5t r>e auj\rd'hui1 dplor] amrem5t1 p\r c>actris] la faible consommation intellectuelle exige p> la gu]re mod]ne1 que l'art de dtruire1 quoique1 p> sa nature1 le plus facile de t\s1 se tr\vt beauc\p mo9s p]fectionn ma9t5ant que l'art de produire1 malgr la difficult suprieure de celui-ci4 ,mais1 si ce militaire vraim5t philosophe et suffisamm5t complt son intressante obs]vation1 comme son rudition spciale1 aussi judicieuse qu't5due1 le lui et aism5t p]mis1 en reconnaissant que1 *ez les anci5s1 la relation tait ess5tiellem5t inv]se1 il y et ap]u une n\velle confirmation de cette heureuse trans=mation sociale qui1 *ez les mod]nes1 faisant de plus en plus de la gu]re une affaire habituellem5t accessoire1 ne dt\rne ord9airem5t cet usage que la mo9dre p>tie des ef=ts intellectuels1 comme je l'expliqu]ai ailleurs4 ,p\r complt] l'apprciation ab/raite du poly?isme1 il n\s re/e ma9t5ant jug] directem5t son aptitude sociale proprem5t dite1 analyse d'abord s\s le po9t de vue politique1 alors ncessairem5t prpondrant1 et ensuite s\s l'aspect purem5t moral1 qui manife/e plus qu'aucun autre l'imp]fection radicale d'un tel rgime ?ologique4 ,l'ensemble des explications dj cont5ues dans ce volume et dans le d]ni] *apitre du prcd5t1 a d faire d'avance apprci] hautem5t l'importance fondam5tale de cette premire proprit du poly?isme qui consi/e dta*] enf9 nettem5t de la masse sociale une classe m9emm5t spculative1 galem5t affran*ie des so9s militaires et indu/riels1 et susceptible1 p> son asc5dant spontan1 de donn] graduellem5t la socit huma9e une consi/ance durable et une organisation rgulire4 ,t&is que le fti*isme1 a9si que n\s l'avons reconnu1 ne dt]m9ait po9t ncessairem5t l'in/itution d'un vrai sac]doce1 si ce n'e/ dans sa d]nire phase1 l'tat d'a/roltrie1 d'o il a pass au poly?isme1 il e/ vid5t que celui-ci1 au contraire1 devait tre1 de sa nature1 m9emm5t favorable un tel tablissem5t1 p> cela seul qu'il introduisait des div9its ple9em5t indp5dantes de la matire1 et qui1 habituellem5t inaccessibles1 ne p\vai5t communiqu] avec l'humanit que p> l'int]mdiaire indisp5sable de m9i/res spciaux1 prde/9s en quelque sorte cette my/rieuse fonction4 ,la multiplicit des dieux tait mme trs propre faire d'abord s5tir avec plus d'n]gie cette urg5te ncessit sociale1 aussi bi5 qu' t5dre et acclr] le dveloppem5t de la classe sacre1 quoiqu'elle ait d ensuite beauc\p contribu]1 p> l'9vitable disp]sion de l'autorit sac]dotale1 dim9u] sa consi/ance et altr] son indp5dance1 comme je l'expliqu]ai ci-dess\s4 ,c'e/ a9si que le poly?isme1 p5dant qu'il con/ituait la seule philosophie alors susceptible d'imprim] l'esprit huma9 un premi] essor1 soit sci5tifique1 soit surt\t e/htique1 soit mme indu/riel1 in/ituait1 d'une autre "p1 non mo9s spontanm5t1 la seule corporation sociale qui pt alors acqurir assez de loisir et de dignit p\r se livr] avec succs cette triple culture intellectuelle1 v]s laquelle son ambition spciale devait d'abord la p\ss] autant que sa vocation naturelle4 ,mais j'ai dj suffisamm5t signal1 quoique d'une manire implicite1 les heureuses consqu5ces sociales de cette in/itution vraim5t fondam5tale1 organe ncessaire1 en un g5re quelconque1 de ce progrs primitif1 dont n\s v5ons d'apprci] le pr9cipe ess5tiel et la m>*e gnrale4 ,il s'agit ma9t5ant d'exam9] surt\t les consqu5ces directem5t politiques d'un tel tablissem5t1 en dt]m9ant son influ5ce ncessaire sur l'conomie c>actri/ique des socits anci5nes1 considres quant la haute de/9ation politique qui devait leur app>t5ir spcialem5t dans l'ensemble de l'volution huma9e4 ,en quelque tat d'enfance que l'humanit soit considre1 elle manife/e t\j\rs spontanm5t c]ta9s g]mes primordiaux des pr9cipaux p\voirs politiques1 soit temporels ou pratiques1 soit mme spirituels ou ?oriques4 ,s\s le premi] po9t de vue1 les qualits purem5t militaires1 d'abord la =ce et le c\rage1 plus t>d la prud5ce et la ruse1 y devi5n5t habituellem5t1 dans les expditions de *asse ou de gu]re1 la base immdiate d'une autorit active1 au mo9s temporaire4 ,de mme1 s\s le second aspect1 quoique mo9s connu1 p> une simple ext5sion naturelle du g\v]nem5t dome/ique1 la sagesse des vieill>ds1 ncessairem5t *>gs de transmettre l'expri5ce et les traditions de la tribu1 y acqui]t bi5tt une c]ta9e puissance consultative1 sans except] les peuplades o les moy5s de subsi/ance sont re/s encore assez prcaires et assez incomplets p\r exig] rgulirem5t le d\l\reux sacrifice des p>5s trop caduques4 ,a cette autorit naturelle1 on voit aussi comm5c] l'adjonction spontane d'une autre influ5ce lm5taire1 celle des femmes1 qui1 en t\t temps1 a d con/itu]1 env]s un p\voir spirituel quelconque1 un important auxiliaire dome/ique1 t5dant modifi] p> le s5tim5t1 comme celui-ci p> l'intellig5ce1 l'ex]cice direct de la prpondrance matrielle4 ,c'e/ a9si que1 mme s\s le plus grossi] fti*isme1 la socit huma9e n\s prs5te 9vitablem5t1 d'aprs une judicieuse analyse1 les g]mes spontans de t\s les plus gr&s tablissem5s ultrieurs4 ,mais ces div]s rudim5s primitifs d'un sy/me politique re/]ai5t borns1 de t\te ncessit1 une exi/5ce =t prcaire et trs imp>faite1 la fois ess5tiellem5t temporaire et locale1 si le poly?isme ne v5ait po9t les ratta*] graduellem5t la d\ble in/itution fondam5tale d'un culte rguli] et d'un sac]doce di/9ct1 qui peut seule p]mettre1 entre les diffr5tes familles1 l'tablissem5t naissant d'une vritable organisation sociale1 susceptible de consi/ance et de dure4 ,telle e/ d'abord la pr9cipale de/9ation politique de la philosophie ?ologique1 a9si p>v5ue son second ge naturel4 ,c'e/ alors surt\t qu'on peut nettem5t reconnatre que cette gr&e attribution sociale rsulte directem5t de cet essor d'op9ions communes sur les sujets qui intress5t le plus l'esprit huma91 et de cette =mation spontane de la classe spculative gnralem5t respecte qui en devi5t spcialem5t l'organe indisp5sable2 beauc\p plus que des cra9tes ou des esprances relatives la vie future1 auxquelles on a si abusivem5t rapport de nos j\rs t\te l'efficacit sociale des doctr9es religieuses1 et qui1 cette poque1 n'avai5t encore c]ta9em5t qu'une trs faible influ5ce4 ,d'abord1 en aucun temps1 cette d]nire =ce ?ologique n'a pu ex]c] une puissante action s\s le po9t de vue purem5t politique1 seul actuellem5t considr2 sa pr9cipale application a d tre ess5tiellem5t morale1 quoique1 mme ce titre1 on ait trop s\v5t confondu avec elle1 comme je le montr]ai1 le p\voir1 rpressif ou directeur1 inhr5t l'exi/5ce d'un sy/me quelconque d'op9ions communes4 ,en outre1 il e/ inconte/able qu'une telle =ce n'a pu acqurir que =t t>divem5t une haute importance sociale1 qu& le poly?isme trs dvelopp avait dj ralis son pr9cipal (fice2 ou1 plus exactem5t1 c'e/ s\s le rgime mono?ique qu'elle a d seulem5t obt5ir sa plus gr&e efficacit1 a9si que je l'expliqu]ai au *apitre suivant4 ,ce n'e/ pas que1 ds les premi]s temps1 l'homme n'ait d involontairem5t obir cette t5dance spontane1 la fois m5tale et morale1 si aism5t explicable1 qui l'entrane desir] et mme suppos] l't]nit d'exi/5ce1 soit passe1 soit surt\t future4 ,mais cette croyance naturelle1 laquelle on attribue une influ5ce si exagre1 subsi/e c]ta9em5t trs long-temps avant de comport] aucune vritable application politique ou mme morale3 d'abord p>ce que les ?ories ?ologiques ne s't5d5t que l5tem5t1 comme on l'a vu1 aux phnomnes de l'homme et de la socit2 et ensuite p> ce motif plus spcial que1 aprs avoir t a9si compltes1 et lorsque la direction immdiate des affaires huma9es e/ enf9 dev5ue la pr9cipale fonction des dieux1 ce n'e/ po9t ess5tiellem5t sur la vie future que port5t encore les plus puissantes motions de cra9te et d'esprance1 alors conc5tres surt\t dans la vie prs5te1 seule susceptible de t\*] suffisamm5t des esprits aussi grossi]s#ab4 ,indp5damm5t d'un tel auxiliaire1 l'indisp5sable (fice politique du poly?isme1 p\r gnralis] et consolid] l'organisation naissante des socits huma9es1 a donc directem5t rsult1 surt\t l'orig9e1 de son in/itution spontane d'un c]ta9 sy/me d'op9ions communes et d'une autorit spculative correspondante1 que le fti*isme n'avait pu suffisamm5t tablir1 et qui1 videmm5t1 ne p\vai5t prov5ir encore d'aucun autre pr9cipe quelconque4 ,dans cette phase sociale1 la nature du culte1 admirablem5t adapte l'tat corelatif de l'humanit1 consi/e ess5tiellem5t en ftes nombreuses et v>ies1 o l'essor primitif des beaux-arts tr\ve j\rnellem5t un heureux ex]cice1 et qui con/itu5t s\v5t1 *ez des populations de quelque t5due1 dj lies p> une langue commune1 le pr9cipal motif des runions habituelles2 comme le montre si clairem5t l'exemple de la ,grce1 dont les ftes gnrales cons]vr5t long-temps une haute importance1 jusqu' l'poque de l'absorption roma9e1 p\r en runir les diffr5tes nations1 malgr leurs frqu5tes luttes intrieures4 ,puis donc que1 mme env]s de simples div]tissem5s1 la philosophie ?ologique et l'autorit qui en drive (fr5t alors le seul moy5 rel d'organis] entre les hommes une conv]g5ce quelconque1 la fois t5due et durable1 il n'e/ pas tonnant que t\s les p\voirs naturels1 quelle que soit leur orig9e propre1 vi5n5t spontanm5t puis] cette s\rce commune une indisp5sable conscration1 sans laquelle leur influ5ce sociale re/]ait trop borne et trop fugitive1 et dont l'9vitable ncessit explique assez le c>actre ess5tiellem5t ?ocratique que la plup>t des philosophes ont ju/em5t reconnu t\t g\v]nem5t primitif4 ,note #ab3 ,les pomes d',homre (fr5t1 ce me semble1 de frqu5tes occasions de reconnatre1 d'une manire nettem5t irrcusable1 combi5 tai5t encore rc5tes1 de son temps1 les ?ories morales du poly?isme sur les pe9es et les rcomp5ses rs]ves la vie future1 puisque les plus m95s esprits p>aiss5t alors pr9cipalem5t occups propag] ces salutaires croyances1 videmm5t peu rp&ues encore *ez les nations mme les plus avances4 ,cette obs]vation n'e/ pas mo9s dcisive d'aprs la lecture des livres de ,mose1 o1 malgr l'tat de mono?isme prmatur qu'ils n\s reprs5t5t1 l'on voit clairem5t que cette grossire population1 peu s5sible encore la ju/ice t]nelle1 ne craignait ess5tiellem5t que la colre temporelle et directe de sa r$\table div9it4 ,af9 que l'aptitude politique du poly?isme puisse tre conv5ablem5t c>actrise1 il importe ma9t5ant1 aprs y avoir a9si ratta* l'tablissem5t passif d'une vritable organisation sociale1 de considr] surt\t cette organisation d'une manire active1 c'e/--dire quant au b gnral de la pr9cipale action politique propre ce degr fondam5tal de l'volution huma9e3 ce qui f]a spcialem5t ressortir combi5 le poly?isme tait pr(ondm5t en h>monie politique avec l'tat et les beso9s correspondans de l'humanit aussi bi5 qu'avec la vraie nature du rgime qui devait alors prvaloir4 ,sans rappel] ici les motifs indiqus1 la f9 du volume prcd5t1 p\r tablir que l'activit sociale devait tre d'abord ess5tiellem5t militaire1 il suffit de not] que la vie gu]rire tait alors1 d'une "p1 /rictem5t 9vitable1 comme seule con=me la nature des p5*ans prpondrans p5dant cette phase de notre dveloppem5t1 soit individuel1 soit collectif1 et1 d'une autre "p1 non mo9s indisp5sable1 en tant que seule susceptible d'imprim] l'organisme politique un c>actre dt]m91 la fois /able et progressif4 ,mais1 outre cette proprit immdiate et spciale1 trop vid5te p\r exig] aucune explication1 ce premi] mode d'exi/5ce a une de/9ation plus leve et plus gnrale1 en ce qu'il remplit1 dans l'ensemble de l'volution huma9e1 un (fice fondam5tal1 quoique prp>atoire1 qui n'aurait pu tre autrem5t ralis4 ,il consi/e procur] graduellem5t aux associations huma9es une gr&e ext5sion1 et1 en mme temps1 y dt]m9] spontanm5t1 *ez les classes les plus nombreuses1 la prpondrance rgulire et cont9ue de la vie indu/rielle3 d\ble rsultat ncessaire v]s lequel t5d alors le dveloppem5t naturel de l'activit militaire1 du mo9s qu& elle peut suffisamm5t atte9dre son b p]man5t1 la conqute1 suivant les conditions gnrales qui s]ont expliques ci-aprs4 ,lorsque1 de nos j\rs1 on cont9ue prconis] sy/matiquem5t les proprits civilisatrices de la gu]re1 comme si elles avai5t pu cons]v] encore la mme valeur1 ce n'e/ sans d\te ess5tiellem5t que p> une aveugle imitation1 dang]euse quoique /rile1 de la politique qui a d prvaloir dans l'antiquit1 et dont la prpondrance se fait a9si s5tir1 malgr l'esprit du *ri/ianisme qui la rep\sse1 en v]tu du p]nicieux absolutisme de notre philosophie politique4 ,mais1 re/re9te l'tat social des anci5s1 ou t\te phase analogue du dveloppem5t huma91 cette apprciation e/1 au contraire1 d'une pr(onde ju/esse1 et manque seulem5t de t\te la plnitude n]gique qui convi5drait une telle situation4 ,si1 *ez les mod]nes1 la gu]re1 radicalem5t exceptionnelle1 e/ dev5ue plutt fune/e que favorable l'ext5sion des relations sociales1 il e/ clair que1 *ez les anci5s1 l'adjonction successive1 p> voie de conqute1 de div]ses nations secondaires un seul peuple prpondrant1 con/ituait ncessairem5t l'unique moy5 primitif d'agr&ir la socit huma9e4 ,en mme temps1 cette dom9ation ne p\vait s'tablir et dur] sans comprim] 9vitablem5t1 p>mi t\tes les populations a9si subordonnes1 l'essor spontan de leur propre activit militaire1 de manire in/itu] entre elles une paix p]man5te1 et les conduire p> suite la vie purem5t indu/rielle1 dont l'avnem5t initial s]ait autrem5t in9telligible1 tant cette vie e/ peu con=me au vrai c>actre de l'homme primitif1 comme n\s p\vons *aque j\r le vrifi] aism5t p> l'exam5 att5tif du dveloppem5t individuel4 ,telle e/ donc l'admirable proprit fondam5tale suivant laquelle l'essor libre et naf de l'activit militaire1 spontanm5t issue1 avec une irrsi/ible n]gie1 du premi] tat de l'humanit1 t5d ncessairem5t1 de la manire la plus directe1 discipl9]1 t5dre1 et r=m] les socits huma9es1 ds lors graduellem5t conduites1 p> cette indisp5sable prp>ation1 leur mode f9al d'exi/5ce4 ,c'e/ a9si que1 p> une heureuse consqu5ce de sa supriorit intellectuelle et morale1 l'homme a naturellem5t conv]ti en un puissant moy5 de civilisation cette n]gique impulsion qui1 *ez t\t autre c>nassi]1 re/e borne au brutal dveloppem5t de l'in/9ct de/ructeur4 ,l'apprciation sommaire d'une semblable ncessit prlim9aire1 suffit p\r faire s5tir l'aptitude gnrale du poly?isme second] et mme dirig] conv5ablem5t cet essor graduel de l'activit militaire4 ,qu& on a cru que1 *ez les anci5s1 les gu]res n'tai5t po9t religieuses1 c'e/ p> suite d'une ext5sion abusive du po9t de vue social propre aux nations mod]nes1 *ez lesquelles le spirituel et le temporel sont nettem5t sp>s1 t&is qu'ils tai5t intimem5t confondus dans l'antiquit4 ,si l'on peut dire1 en un s5s1 que les anci5s ne connur5t presque jamais les gu]res spcialem5t dites de religion1 c'e/ prcism5t p>ce que t\tes leurs gu]res quelconques avai5t ncessairem5t un c]ta9 c>actre religieux1 comme n\s le voyons encore dans les phases sociales analogues2 puisque1 les dieux tant alors ess5tiellem5t nationaux1 leurs luttes se mlai5t 9vitablem5t celles des peuples1 dont ils p>tageai5t t\j\rs galem5t les triomphes et les rev]s4 ,ce c>actre se manife/ait dj s\s le fti*isme1 p5dant les gu]res a*>nes1 quoique presque /riles1 auxquelles il devait prsid]1 mais1 p> suite mme de la trop gr&e spcialit des div9its correspondantes1 alors p\r a9si dire p>ticulires *aque famille1 les luttes militaires ne p\vai5t comport] aucune gr&e efficacit politique4 ,les dieux du poly?isme (frai5t ess5tiellem5t ce ju/e degr de gnralit qui p]mettait de ralli] s\s leurs drapeaux des populations suffisamm5t t5dues1 et1 en mme temps1 cette mesure de nationalit qui les r5dait propres /imul] davantage l'essor spontan de l'esprit gu]ri]4 ,en un tel sy/me religieux1 qui comportait l'adjonction presque indf9ie de n\velles div9its1 le proslytisme ne p\vait consi/] qu' subordonn] les dieux du va9cu ceux du va9queur3 mais1 s\s cette =me c>actri/ique1 il a c]ta9em5t t\j\rs exi/1 un degr quelconque1 dans t\tes les gu]res anci5nes1 o il devait naturellem5t contribu] beauc\p dvelopp] l'ardeur mutuelle1 mme *ez les peuples dont les cultes tai5t les plus analogues1 et qui cep5dant adorai5t *acun1 d'une manire plus prononce1 quelque div9it m9emm5t nationale1 familirem5t mle l'ensemble de leur hi/oire spciale4 ,or1 en mme temps que le poly?isme /imulait a9si directem5t l'esprit de conqute1 il en assurait1 non mo9s spontanm5t1 la pr9cipale de/9ation sociale1 en facilitant l'adjonction graduelle des populations s\mises1 qui p\vai5t alors s'incorpor] la nation prpondrante1 sans r5onc] aux croyances et aux pratiques religieuses qui leur tai5t *res1 la seule condition de reconnatre l'9vitable supriorit des div9its victorieuses1 ce qui1 s\s un tel rgime ?ologique1 n'exigeait po9t la subv]sion radicale de la premire conomie religieuse4 ,telles sont1 en gnral1 les proprits militaires fondam5tales qui c>actris5t le poly?isme1 et qui devai5t le r5dre1 cet g>d1 trs suprieur1 non-seulem5t au fti*isme1 mais au mono?isme lui-mme1 dont la de/9ation politique e/1 en effet1 d'une t\t autre nature1 comme je l'expliqu]ai au *apitre suivant4 ,le mono?isme1 ess5tiellem5t adapt l'exi/5ce plus pacifique des socits plus avances1 ne p\sse po9t spontanm5t la gu]re1 ou plutt en dt\rne ncessairem5t1 *ez les peuples galem5t p>v5us cette phase plus m95te du dveloppem5t social4 ,env]s les nations re/es en arrire1 le fanatisme mono?ique n'inspire pas la passion de conqute proprem5t dite1 p>ce qu'une telle religion ne saurait comport] l'adjonction relle des autres croyances3 son gnie exclusif doit naturellem5t provoqu] l'entire ext]m9ation des va9cus idoltres1 ou leur avilissem5t cont9u1 mo9s d'une immdiate conv]sion totale2 a9si que l'hi/oire en (fre tant d'exemples dcisifs1 *ez les peuples prmaturm5t passs un mono?isme avort1 avant d'avoir accompli suffisamm5t les div]ses prp>ations sociales indisp5sables p\r assur] l'efficacit d'une telle trans=mation1 comme les ,juifs1 les ,musulmans1 etc4 ,on ne peut donc mconnatre cette d\ble h>monie fondam5tale qui r5dait le poly?isme spcialem5t apte dirig] le dveloppem5t militaire des socits anci5nes4 ,af9 de mieux c>actris] le pr9cipe de cette importante attribution1 je me suis expressm5t atta* l'apprciation exclusive et directe de l'influ5ce la plus intime et la plus gnrale1 sans m'arrt] aucunem5t aux considrations accessoires1 quelle qu'en soit l'importance relle1 et sur lesquelles d'ailleurs aucune indication ess5tielle n'e/ ici ncessaire4 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 qu'il s]ait inutile d'expliqu] la proprit1 ma9t5ant trs connue1 suivant laquelle le poly?isme devait spontanm5t (frir les plus puissantes ress\rces spciales p\r facilit] l'tablissem5t et le ma9ti5 d'une rig\reuse discipl9e militaire1 dont les div]ses prescriptions quelconques p\vai5t alors tre places1 avec tant d'aisance1 s\s une protection div9e t\j\rs conv5ablem5t *oisie1 p> la voie des oracles1 des augures1 etc41 presque con/amm5t disponibles1 d'aprs le sy/me rguli] de communications surnaturelles que le poly?isme avait organis1 et que le mono?isme a d ess5tiellem5t supprim]4 ,on doit seulem5t appliqu]1 cet g>d1 les rflexions gnrales indiques au *apitre prcd5t sur la s9crit spontane qui devait ord9airem5t prsid] l'emploi de tels moy5s1 que n\s sommes trop disposs qualifi] auj\rd'hui de jongl]ies1 faute de n\s report] suffisamm5t un tel tat intellectuel1 o les conceptions ?ologiques1 pr(ondm5t incorpores t\s les actes huma9s1 un degr qui n'a plus exi/ ensuite1 et dont1 p> suite1 n\s n'avons pas une ju/e ide1 devai5t si aism5t dispos] dcor] naturellem5t d'une conscration religieuse les plus simples inspirations directes de la raison huma9e#ac4 ,qu& l'hi/oire anci5ne n\s (fre quelques r>es exemples d'oracles sciemm5t faux rp&us desse9 dans des vues politiques1 elle ne manque jamais de n\s montr] aussi le peu de succs rel de ces misrables expdi5s1 p> suite de cette solid>it fondam5tale des div]s esprits1 qui doit ess5tiellem5t emp*] les uns de croire1 avec une pr(onde conviction1 ce qui a pu tre arbitrairem5t =g p> les autres4 ,sans insi/] davantage sur un sujet aussi aism5t apprciable1 je dois enf9 plus spcialem5t signal]1 dans le poly?isme1 une autre proprit politique secondaire1 qui lui app>ti5t d'une manire directe et exclusive1 et dont les mod]nes n'ont po9t assez compris la haute porte4 ,je veux p>l] de cette facult d'apo?ose1 videmm5t p>ticulire ce second ge religieux1 et qui devait y tant conc\rir exalt]1 au plus m95t degr1 *ez les hommes suprieurs1 t\te espce d'en?\siasme actif1 et surt\t l'en?\siasme militaire4 ,l'immortelle batification que le mono?isme a d sub/itu] ensuite cette div9isation relle1 n'en aurait pu (frir1 p> sa nature1 qu'un trs faible quival5t3 puisque1 l'apo?ose1 t\t en satisfaisant aussi ple9em5t au desir univ]sel d'une vie indf9ie1 avait1 en outre1 le privilge spcial de promettre aux mes vig\reuses l't]nelle activit de ces in/9cts d'orgueil et d'ambition dont le dveloppem5t con/ituait p\r elles le pr9cipal attrait de l'exi/5ce4 ,qu& n\s jugeons ma9t5ant cette gr&e in/itution d'aprs le pr(ond avilissem5t o elle tait graduellem5t tombe p5dant la caducit du poly?isme1 o elle s'tait rduite une sorte de =malit mortuaire1 uni=mm5t applique1 mme aux plus indignes emp]eurs1 n\s ne saurions concevoir une ide conv5able de la puissante /imulation qu'elle devait imprim]1 aux temps antrieurs de foi et d'n]gie1 lorsque les plus m95s p]sonnages p\vai5t espr]1 p> un digne accomplissem5t de leur de/9ation sociale1 de s'lev] un j\r au rang des dieux ou des demi-dieux1 l'exemple des ,bac*us1 des ,h]cule1 etc4 ,ri5 n'e/ plus propre qu'une telle considration faire nettem5t compr5dre que t\s les pr9cipaux ressorts politiques de l'esprit religieux avai5t t rellem5t t5dus p> le poly?isme autant que leur nature puisse le comport]1 en sorte que leur int5sit n'a pu pr\v] ensuite qu'un 9vitable dcroissem5t4 ,cette inconte/able dim9ution1 alors tant dplore p> div]s philosophes arrirs1 qui voyai5t a9si l'humanit jamais prive de l'un de ses plus puissans levi]s1 sans que t\tefois le dveloppem5t social en ait c]tes aucunem5t s\ff]t1 peut d'ailleurs n\s dispos] auj\rd'hui1 p> un rappro*em5t spontan1 press5tir1 en gnral1 le peu de solidit relle des cra9tes analogues sur la prt5due dgnration sociale qui m5ac]ait dsormais de succd] l'ext9ction totale du rgime ?ologique1 dont notre espce a graduellem5t appris se pass]4 ,note #ac3 ,qu& on voit1 presque de nos j\rs1 un aussi m95t esprit que l'illu/re ,frankl91 croire navem5t1 suivant le prcieux et irrcusable tmoignage de ,cabanis1 avoir t s\v5t av]ti en songe de la vritable issue des affaires qu'il p\rsuivait1 on doit aism5t compr5dre1 plus =te raison1 comm5t les gr&s hommes de l'antiquit p\vai5t tre s9crem5t conva9cus de la ralit des explications surnaturelles qu'ils proposai5t habituellem5t au vulgaire4 ,je dois recomm&]1 cet g>d1 la rem>que gnrale1 indique au *apitre prcd5t1 sur l'inconsqu5ce vid5te des philosophes actuels qui1 aprs avoir reconnu que les anci5s ne p\vai5t j\rnellem5t se disp5s] de telles explications sur les mo9dres sujets de la philosophie naturelle proprem5t dite1 croi5t devoir suspect] leur bonne foi dans l'ext5sion trs spontane du mme procd logique aux dt]m9ations beauc\p plus complexes de la philosophie morale et sociale4 ,p\r complt] cette apprciation ab/raite des proprits politiques du poly?isme1 il ne n\s re/e plus ma9t5ant qu' considr]1 s\s un po9t de vue plus spcial1 les conditions fondam5tales du rgime correspondant1 dont n\s v5ons de dt]m9] le b ess5tiel et l'esprit gnral3 en d'autres t]mes1 n\s devons exam9] enf9 les c>actres pr9cipaux1 qui1 t\j\rs communs aux div]ses =mes relles d'un tel rgime1 se montr5t directem5t indisp5sables son organisation effective4 ,ils consi/5t surt\t dans l'in/itution ncessaire de l'esclavage1 et dans l'9vitable confusion entre le p\voir spirituel et le p\voir temporel2 d\ble diffr5ce capitale de l'organisme poly?ique des socits anci5nes l'organisme mono?ique de la socit mod]ne4 ,quoique p]sonne n'ignore auj\rd'hui combi5 l'esclavage tait radicalem5t indisp5sable l'conomie sociale de l'antiquit1 cep5dant le pr9cipe gnral d'une telle relation n'a pas encore t conv5ablem5t appr(ondi4 ,il n\s suffira ess5tiellem5t1 cet g>d1 d't5dre jusqu'au po9t de vue individuel1 notre explication fondam5tale1 ci-dessus limite au po9t de vue national1 sur la de/9ation ncessairem5t gu]rire des socits anci5nes1 considre comme une fonction prlim9aire sans laquelle l'ensemble de l'volution huma9e n'aurait pu s'accomplir4 ,on conoit d'abord aism5t comm5t la gu]re eng5dre spontanm5t l'esclavage1 qui y tr\ve sa pr9cipale s\rce1 et qui con/itue son premi] correctif gnral4 ,la ju/e horreur que n\s inspire auj\rd'hui cette in/itution primitive1 n\s emp*e d'apprci] l'imm5se progrs qui dut immdiatem5t rsult] de son tablissem5t orig9aire1 puisqu'elle succda p>t\t l'an?ropophagie ou l'immolation des prisonni]s1 aussitt que l'humanit fut assez avance p\r que le va9queur1 matrisant ses passions ha9euses1 pt compr5dre l'utilit f9ale qu'il retir]ait des s]vices du va9cu1 en l'agrgeant1 titre d'auxiliaire subalt]ne1 la famille qu'il comm&ait3 progrs qui suppose un dveloppem5t indu/riel et moral bi5 plus t5du qu'on ne le croit d'ord9aire4 ,suivant la lum9euse rem>que de ,bossuet1 la seule tymologie devrait encore suffire p\r n\s rappel] con/amm5t1 d'une manire irrcusable1 que l'esclave n'tait primitivem5t qu'un prisonni] de gu]re dont on avait p>gn la vie1 au lieu de le dvor] ou de le sacrifi]1 selon l'usage le plus anci54 ,il e/ =t probable que1 sans une telle trans=mation1 l'aveugle passion gu]rire du premi] ge social aurait dt]m9 depuis long-temps la de/ruction presque entire de notre espce4 ,les s]vices immdiats d'une semblable in/itution n'ont donc beso9 d'aucune explication1 non plus que son 9vitable spontanx4 ,mais son (fice capital p\r l'volution ultrieure de l'humanit n'e/ pas mo9s inconte/able1 quoique plus mal apprci4 ,d'une "p1 en effet1 elle tait videmm5t indisp5sable ce libre essor militaire de l'antiquit1 dont n\s avons ci-dessus reconnu la de/9ation vraim5t fondam5tale1 et qui et t c]ta9em5t impossible1 au degr conv5able d'int5sit et de cont9uit1 si t\s les travaux pacifiques n'avai5t pas t confis des esclaves1 soit individuels1 soit collectifs3 en sorte que l'esclavage1 d'abord rsult de la gu]re1 s]vait ensuite l'entret5ir1 non-seulem5t comme pr9cipale rcomp5se du triomphe1 mais aussi comme condition p]man5te de la lutte4 ,en second lieu1 s\s un aspect ess5tiellem5t mconnu1 mais non mo9s capital1 l'esclavage antique n'avait pas une mo9dre importance relativem5t au va9cu1 a9si =cm5t conduit la vie indu/rielle1 malgr son antipa?ie primitive4 ,a cet g>d1 l'esclavage a eu1 p\r les individus1 la mme de/9ation gnrale que celle ci-dessus attribue1 p\r les nations1 la conqute4 ,plus on mdit]a sur l'av]sion pr(onde que le travail rguli] et s\t5u inspire d'abord notre dfectueuse nature1 que l'ardeur gu]rire peut seule arra*] primitivem5t son oisivet *rie1 mieux on compr5dra que l'esclavage (frait alors la seule issue gnrale au dveloppem5t indu/riel de l'humanit4 ,cet loignem5t primordial p\r la vie laborieuse ne p\vait tre1 en effet1 radicalem5t surmont1 *ez la masse des hommes1 que p> l'action comb9e et long-temps ma9t5ue des plus n]giques /imulans2 ce qui a d spontanm5t rsult] d'une p>eille in/itution1 o le travail1 d'abord accept comme gage de la vie1 dev5ait ensuite le pr9cipe de l'affran*issem5t4 ,tel e/ le mode fondam5tal suivant lequel l'esclavage antique devait con/itu]1 dans l'ensemble de l'volution huma9e1 un indisp5sable moy5 d'ducation gnrale1 qui ne p\vait tre autrem5t suppl1 en mme temps qu'une condition ncessaire de dveloppem5t spcial4 ,les mod]nes doiv5t pr\v]1 comme je l'ai indiqu ailleurs1 des difficults presque insurmontables jug] sa9em5t une telle conomie sociale1 p>ce qu'ils ne s'en =m5t ord9airem5t l'image que d'aprs notre esclavage colonial1 vritable mon/ruosit politique1 qui ne peut donn] aucune ide ju/e de la nature de l'esclavage anci54 ,cette ab]ration p>tielle et mom5tane1 si d%onorante p\r notre civilisation1 t5d ncessairem5t la compression commune de l'activit du matre et de celle de l'esclave1 p> suite de leur c>actre galem5t indu/riel1 qui fait envisag] le repos de l'un comme une consqu5ce spontane du travail de l'autre1 et qui cep5dant doit inspir] t\j\rs l'inquite jal\sie du premi] une intime rpugnance contre l'essor graduel du second4 ,t\t au contraire1 dans l'esclavage antique1 le va9queur et le va9cu se secondai5t mutuellem5t p\r le dveloppem5t simultan de leurs activits htrognes mais co-relatives1 militaire *ez l'un1 indu/rielle *ez l'autre1 qui1 lo9 d'tre alors rivales1 se prs5tai5t comme rciproquem5t indisp5sables1 de faon p]mettre fran*em5t1 des deux p>ts1 et mme facilit] directem5t1 jusqu' un degr dt]m91 cette d\ble volution prlim9aire1 dont le t]me naturel s]a pos au *apitre suivant4 ,le ma9ti5 des in/itutions devant tre d'autant mo9s pnible qu'elles sont mieux adaptes l'tat social correspondant1 ri5 n'e/ plus propre1 assurm5t1 vrifi] cette apprciation comp>ative1 que le contra/e c>actri/ique entre la cons]vation presque spontane1 p5dant une longue suite de sicles1 de l'esclavage anci51 sans occasionn] de crises dang]euses1 si ce n'e/ en quelques cas extrmem5t r>es1 quoique les esclaves fuss5t habituellem5t beauc\p plus nombreux que les matres1 et les imm5ses ef=ts cont9us des mod]nes p\r procur]1 sur quelques po9ts secondaires du monde civilis1 une *tive exi/5ce de trois sicles cette anomalie factice1 au milieu d'horribles dang]s t\j\rs imm95s1 malgr la prpondrance matrielle des matres1 puissamm5t assi/s d'ailleurs de la civilisation mtropolita9e1 qu'ils t5dai5t aveuglm5t faire a9si dgnr] en une inqualifiable b>b>ie1 entirem5t trangre l'volution fondam5tale de l'humanit4 ,s\s quelque aspect qu'on l'exam9e1 l'esclavage anci5 prs5te t\s les c>actres ess5tiels d'une in/itution ple9em5t normale1 puisque1 n de la gu]re1 on le voit cep5dant se produire alors1 sans aucune irrsi/ible contra9te1 p> une f\le de voies secondaires1 comme la v5te volontaire des enfans1 l'assujtissem5t des insolvables1 etc42 outre que la possibilit con/ante1 et frquemm5t ralise1 d'une telle in=tune1 *ez les hommes mme les plus libres et les plus puissans1 y compris les rois1 p> suite de l'int5sit et de la cont9uit des gu]res anci5nes1 devait ncessairem5t inspir] une rpugnance beauc\p mo9dre p\r un semblable *angem5t de situation1 dont nul ne p\vait jamais se croire suffisamm5t prs]v4 ,dans la phase sociale analogue que n\s p\vons explor] auj\rd'hui1 ne voit-on pas s\v5t des sauvages spontanm5t am5s1 p> la fureur graduelle du jeu1 propos] mme leur r5onciation volontaire la lib]t comme une sorte d'extrme enjeu8 ,ce n'e/ pas sans une pr(onde raison que t\s les philosophes de l'antiquit1 et notamm5t ,ari/ote1 reg>dai5t beauc\p d'hommes comme ess5tiellem5t ns p\r la s]vitude2 p\rvu que1 au lieu du s5s absolu alors faussem5t atta* cette maxime1 on la re/reigne con/amm5t l'tat d'enfance sociale qui l'avait rellem5t inspire1 et env]s lequel elle n'(fre ri5 de rvoltant3 puisque l'ins\ciante scurit et l'irresponsabilit totale propres l'exi/5ce s]vile doiv5t long-temps la r5dre supportable1 et quelquefois mme desirable1 aux mes peu leves1 o la nature c>actri/ique de l'humanit n'e/ pas encore suffisamm5t dveloppe2 comme les socits les plus avances ne cess5t po9t d'en (frir auj\rd'hui des exemples irrcusables1 quoique heureusem5t exceptionnels4 ,au premi] aspect1 on ne saisit pas nettem5t la corelation naturelle du poly?isme l'in/itution de l'esclavage1 malgr l'clatant tmoignage que n\s prs5te1 cet g>d1 l'ensemble de l'analyse hi/orique4 ,mais1 puisque n\s avons reconnu ci-dessus l'aptitude ncessaire du poly?isme second] directem5t le dveloppem5t spontan de l'esprit de conqute1 il faut bi51 p> un prolongem5t plus spcial des mmes motifs1 que cet tat ?ologique soit ess5tiellem5t en h>monie avec une telle condition sociale1 spontanm5t insp>able de la vie gu]rire4 ,une apprciation immdiate montre1 en effet1 que le poly?isme doit1 cet g>d1 correspondre gnralem5t l'esclavage1 comme1 d'une "p1 le fti*isme l'ext]m9ation habituelle des prisonni]s1 et1 d'une autre "p1 le mono?isme l'affran*issem5t f9al des s]fs1 a9si que je l'expliqu]ai plus spcialem5t au *apitre suivant4 ,c>1 le fti*isme e/ une religion trop individuelle et trop locale p\r tablir1 entre le va9queur et le va9cu1 aucun li5 spirituel1 susceptible de cont5ir suffisamm5t1 l'issue du combat1 la frocit naturelle2 t&is que le mono?isme e/1 au contraire1 tellem5t univ]sel1 qu'il t5d int]dire1 entre les adorateurs du mme vrai dieu1 une aussi pr(onde 9galit1 sans leur p]mettre nanmo9s une aussi intime famili>it avec les p>tisans d'une autre croyance4 ,en un mot1 l'un et l'autre1 quoique en s5s inv]se1 sont galem5t contraires l'esclavage1 p> suite des mmes c>actres ess5tiels qui les r5d5t impropres la conqute1 sauf les p]turbations accid5telles1 qui1 bi5 analyses1 confirm]ont t\j\rs la relation pr9cipale4 ,sans d\te1 le mono?isme n'e/ po9t1 de sa nature1 absolum5t incompatible avec l'esclavage1 pas plus qu'avec la conqute3 mais il n'en a pas mo9s sans cesse t5du en dt\rn] p>eillem5t l'humanit2 et cette influ5ce s'e/ ple9em5t manife/e dans t\s les cas o le rgime mono?ique1 vritablem5t spontan et opportun1 a pu succd] conv5ablem5t aux prp>ations sociales indisp5sables1 comme le montr]a la leon suivante4 ,les deux ges extrmes de la vie religieuse tant a9si gnralem5t exclus d'une telle explication1 il faut bi5 que l'ge moy5 et pr9cipal1 c>actris p> le poly?isme1 f\rnisse la base spirituelle de cette gr&e in/itution1 qui1 sans d\te1 n'a pas d se pass] d'un p>eil appui plus que tant d'autres mo9s importantes4 ,or1 on reconnat directem5t1 en effet1 quant l'esclavage comme env]s la conqute1 que le poly?isme avait1 p> sa nature1 la fois assez de gnralit p\r s]vir de li51 et assez de spcialit p\r ma9t5ir les di/ances3 le va9queur et le va9cu1 quoique cons]vant *acun ses dieux propres1 avai5t assez de religion commune p\r comport] entre eux une c]ta9e h>monie habituelle1 p5dant que1 d'un autre ct1 la pr(onde subord9ation de l'un l'autre tait consacre p> celle des div9its correspondantes4 ,c'e/ a9si que le poly?isme1 en gnral1 s'opposait spontanm5t1 presque au mme degr1 d'une "p l'immolation j\rnalire des prisonni]s1 d'une autre "p leur affran*issem5t rguli]1 et conduisait immdiatem5t sanctionn] et consolid] leur esclavage habituel4 ,exam9ons ma9t5ant le second c>actre ess5tiel de l'anci5ne conomie sociale1 c'e/--dire1 la confusion pr(onde qui s'y manife/e1 t\s g>ds1 entre le p\voir spirituel et le p\voir temporel1 habituellem5t conc5trs *ez les mmes *efs2 t&is que leur sp>ation rgulire con/itue l'un des pr9cipaux attributs politiques de la civilisation mod]ne1 comme je l'expliqu]ai spcialem5t au *apitre suivant4 ,l'autorit spculative1 alors purem5t sac]dotale1 et la puissance active1 ess5tiellem5t militaire1 fur5t t\j\rs intimem5t unies s\s le rgime poly?ique de l'antiquit2 et cette comb9aison 9vitable tait en relation ncessaire avec la de/9ation gnrale que n\s avons reconnue ci-dessus devoir tre propre ce rgime p\r l'ensemble de l'volution huma9e2 telle e/ l'importante explication qui n\s re/e tablir sommairem5t1 af9 que le sy/me fondam5tal de la politique anci5ne soit ici suffisamm5t analys4 ,n\s n'avons pas d'ailleurs di/+u] encore entre les deux modes trs diffr5s qu'a d (frir ncessairem5t cette conc5tration c>actri/ique1 suivant que les attributions militaires tai5t subordonnes aux fonctions sac]dotales1 ou que1 au contraire1 le c>actre militaire avait absorb1 p> un dveloppem5t plus spcial1 l'esprit sac]dotal4 ,quoique n\s devions bi5tt considr] ces deux modes comme ncessairem5t relatifs1 l'un l'orig9e du poly?isme1 l'autre sa de/9ation pr9cipale1 cette di/9ction1 ici prmature1 compliqu]ait inutilem5t notre apprciation ab/raite et gnrale1 qui en s]a d'ailleurs ultrieurem5t confirme4 ,l'antiquit ne p\vait ni ne devait aucunem5t connatre cette admirable sp>ation1 spontanm5t tablie1 au moy5-ge1 s\s l'heureux asc5dant du ca?olicisme1 entre le p\voir purem5t moral1 ess5tiellem5t de/9 rgl] les p5ses et les incl9ations1 et le p\voir proprem5t politique1 directem5t appliqu aux actes et aux rsultats4 ,cette division capitale suppose ncessairem5t1 comme je l'expliqu]ai au *apitre suivant1 un dveloppem5t pralable dans l'organisme social1 qui tait c]ta9em5t impossible une telle poque1 o la simplicit et la confusion primitives des ides politiques n'euss5t mme pas p]mis de compr5dre la di/9ction rgulire du ma9ti5 des pr9cipes gnraux de la sociabilit d'avec leur usage spcial et j\rnali]4 ,outre ces conditions intellectuelles1 une p>eille sp>ation ne p\vait se ralis] qu'autant que *acun des deux p\voirs aurait dj spontanm5t tabli son exi/5ce propre1 d'aprs une orig9e indp5dante1 t&is que1 *ez les anci5s1 ils drivai5t t\j\rs ncessairem5t l'un de l'autre1 soit que le comm&em5t militaire ne con/itut qu'un simple accessoire de l'autorit sac]dotale1 soit1 au contraire1 que celle-ci ft rduite s]vir d'in/rum5t habituel la dom9ation des *efs de gu]re4 ,enf91 la nature ncessairem5t troite et locale de la politique anci5ne1 ess5tiellem5t borne une ville prpondrante1 lors mme que son empire a d ensuite s't5dre progressivem5t des populations trs considrables1 s'opposait videmm5t1 d'une manire spciale1 t\te ide d'une semblable division1 dont le pr9cipal motif immdiat1 au moy5-ge1 e/ prcism5t rsult du beso9 de ratta*] un p\voir spirituel commun des nations trop loignes et trop div]ses p\r que leurs g\v]nem5s temporels ne fuss5t pas 9vitablem5t di/9cts4 ,aussi ri5 ne c>actrise-t-il mieux le vrai gnie politique de l'antiquit que cette confusion fondam5tale et cont9ue entre les murs et les lois1 ou les op9ions et les actions2 les mmes autorits y tant t\j\rs occupes rgl] indiffremm5t l'un et l'autre1 quelle que ft d'ailleurs la =me effective du g\v]nem5t4 ,jusque dans les cas qui1 p> leur nature1 semblai5t devoir indiqu] spontanm5t la possibilit d'un p\voir spirituel1 di/9ct et indp5dant du p\voir temporel1 ce mlange intime se reproduit encore au plus haut degr3 comme le tmoign5t clairem5t ces mmorables occasions1 alors assez frqu5tes1 o une ville confiait expressm5t la puissance con/ituante un citoy5 sans magi/rature active1 et qui1 a9si dev5u mom5tanm5t lgislateur suprme1 ne p5sait nanmo9s jamais organis] aucune sp>ation p]man5te entre le p\voir moral et le p\voir politique1 quoique sa propre position dt t5dre videmm5t lui en suggr] l'ide4 ,les philosophes eux-mmes1 dans leurs utopies les plus has>des1 (frant t\j\rs un 9vitable reflet du gnie dom9ant de la socit contempora9e1 ne di/+uai5t pas davantage entre le rglem5t des op9ions et celui des actions1 galem5t confis une seule autorit fondam5tale2 et1 cep5dant1 l'exi/5ce rgulire de cette classe d'hommes spculatifs1 *ez les pr9cipales nations grecques1 doit tre reg>de comme le premi] g]me vritable de cette gr&e division sociale1 a9si que je l'expliqu]ai ci-dess\s4 ,ceux d'entre eux qui avai5t le plus exagr le *imrique espoir ultrieur d'une socit f9alem5t rgie p> des philosophes1 ne concevai5t a9si qu'une p>eille conc5tration de t\s les p\voirs ess5tiels en de telles ma9s2 ce qui1 d'ailleurs1 bi5 lo9 de con/itu]1 suivant leur p5se1 un vrai p]fectionnem5t politique1 n'aurait pu rellem5t ab\tir qu' une rtrogradation capitale1 mme comp>ativem5t l'ordre social trs imp>fait qu'ils prt5dai5t amlior]1 comme j'aurai lieu de le faire bi5tt s5tir4 ,envisage s\s un autre aspect gnral1 cette confusion fondam5tale1 *ez les anci5s1 entre les deux gr&s p\voirs sociaux1 s]a aism5t juge1 non-seulem5t 9vitable d'aprs les div]ses indications prcd5tes1 mais1 en outre1 /rictem5t indisp5sable l'entire ralisation de la haute de/9ation politique que n\s avons reconnue ci-dessus devoir app>t5ir cet ge prp>atoire de l'humanit4 ,il e/ clair1 en effet1 que l'activit militaire n'aurait pu alors se dvelopp] conv5ablem5t1 de manire remplir suffisamm5t sa mission pr9cipale1 si l'autorit spirituelle et la dom9ation temporelle n'euss5t pas t habituellem5t conc5tres *ez une mme classe dirigeante4 ,ce d\ble c>actre j\rnali] des *efs militaires1 la fois pontifes et gu]ri]s1 con/ituait le plus puissant appui de la rig\reuse discipl9e intrieure que devai5t exig]1 cette poque1 la nature et la cont9uit des gu]res1 et qui n'aurait pu autrem5t acqurir l'n]gie et la /abilit ncessaires4 ,de mme1 l'action collective de *aque nation arme sur les socits extrieures et t radicalem5t entrave p> t\te sp>ation ess5tielle entre les deux autorits fondam5tales1 dont les 9vitables conflits euss5t alors t5du presque t\j\rs tr\bl] la direction gnrale des gu]res et gn] la ralisation f9ale de leurs pr9cipaux rsultats4 ,a9si1 soit au d$ans1 soit au dehors1 le dveloppem5t cont9u de l'esprit de conqute exigeait1 dans l'antiquit1 une plnitude d'obissance et une unit de conception et d'excution1 galem5t incompatibles avec nos ides mod]nes sur la division lm5taire des deux gr&s p\voirs sociaux4 ,le *apitre suivant expliqu]a directem5t1 en effet1 d'une manire irrcusable1 la liaison intime et rciproque qui a d exi/] entre l'tablissem5t d'une telle division et le dcroissem5t gnral du sy/me militaire1 ds lors dev5u ess5tiellem5t df5sif1 con=mm5t la nature propre du mono?isme4 ,dans les cas exceptionnels1 ci-dessus indiqus1 o le mono?isme s'e/ montr favorable l'essor int5se et prolong de l'esprit de conqute1 comme *ez les ,musulmans surt\t1 on doit not] que cette anomalie a con/amm5t concid avec la cons]vation1 aussi peu normale1 s\s cette n\velle phase religieuse1 de l'anci5ne confusion des p\voirs3 tant une telle conc5tration e/ ncessairem5t insp>able du libre et ple9 dveloppem5t de l'activit militaire4 ,aprs avoir a9si reconnu combi5 cette intime comb9aison tait la fois 9vitable et indisp5sable dans la politique gnrale de l'antiquit1 il e/ ais de concevoir ma9t5ant sa corelation fondam5tale avec la nature propre du poly?isme correspondant4 ,n\s con/at]ons spcialem5t1 au *apitre suivant1 la t5dance ncessaire du mono?isme sp>] le p\voir spirituel du p\voir temporel1 du mo9s qu& il s'tablit spontanm5t1 *ez une population conv5ablem5t prp>e1 o1 sans une telle sp>ation1 il ne saurait ralis] sa pr9cipale de/9ation sociale4 ,il suffit ici de reconnatre1 en s5s inv]se1 combi5 le poly?isme e/ radicalem5t incompatible avec t\te semblable division4 ,or1 il e/ vid5t que la multiplicit des dieux1 p> l'9vitable disp]sion qui en rsulte dans l'action ?ologique1 s'oppose directem5t ce que le sac]doce acquire spontanm5t une homognx et une consi/ance qui lui soi5t propres1 et sans lesquelles nanmo9s son indp5dance env]s le p\voir temporel ne saurait tre aucunem5t assure4 ,trop loigns dsormais d'un p>eil rgime1 nos esprits mod]nes mconnaiss5t ou nglig5t la rivalit fondam5tale qui devait habituellem5t rgn] entre les div]s ordres de prtres antiques1 p> suite de l'9vitable concurr5ce de leurs nombreuses div9its1 dont les attributions respectives1 quoique soigneusem5t rgles1 ne p\vai5t manqu] d'eng5dr] de frqu5s conflits2 ce qui1 malgr l'in/9ct commun du sac]doce1 t5dait ncessairem5t prv5ir ou diss\dre t\te gr&e coalition sac]dotale1 p\r peu que le p\voir temporel v\lt srieusem5t l'emp*]4 ,*ez les nations poly?i/es les mieux connues1 les diffr5t sac]doces1 quoique ayant t5t de s'unir p> plusieurs li5s1 soit o/5sibles1 soit secrets1 se prs5t5t1 en effet1 comme ess5tiellem5t isols dans leur exi/5ce propre et indp5dante1 et ne se tr\v5t f9alem5t rappro*s que p> leur uni=me assujtissem5t l'autorit temporelle1 aism5t p>v5ue s'emp>] directem5t des pr9cipales fonctions religieuses4 ,le p\voir ?ologique n'a pu alors vit] une telle subalt]nit que dans les cas o il a d1 au contraire1 dev5ir1 ou plutt re/]1 absolum5t prpondrant1 p> suite d'un essor trs rapide de la premire volution intellectuelle1 concidant avec un dveloppem5t encore peu prononc de l'activit militaire1 comme je l'expliqu]ai ci-aprs4 ,en aucune occasion1 la nature du poly?isme n'a pu comport] l'exi/5ce d'un vritable p\voir spirituel1 ple9em5t di/9ct et indp5dant du p\voir temporel correspondant1 sans que l'un des deux ft rduit ne con/itu] habituellem5t qu'un simple app5dice de l'autre ou son in/rum5t gnral4 ,cette explication sommaire a*ve de faire conv5ablem5t ressortir l'm95te aptitude du poly?isme correspondre spontanm5t aux pr9cipaux beso9s politiques de l'antiquit2 puisque1 aprs avoir prcdemm5t con/at sa t5dance directe second] le dveloppem5t naturel de l'esprit de conqute1 n\s reconnaissons ma9t5ant son influ5ce spciale p\r tablir ncessairem5t la conc5tration fondam5tale des p\voirs sociaux1 indisp5sable la plnitude de ce dveloppem5t4 ,telle e/1 du mo9s1 le jugem5t ess5tiel qu'il faut port] de cette gr&e corelation1 qui doit tre surt\t apprcie d'aprs la de/9ation gnrale1 si capitale quoique purem5t provisoire1 qui devait c>actris] cet ge social1 dans l'ensemble de l'volution huma9e1 suivant nos dmon/rations antrieures4 ,on mconnatrait radicalem5t1 cet g>d1 le vritable esprit de l'hi/oire1 si1 selon des habitudes encore trop dom9antes1 au lieu de considr] pr9cipalem5t le poly?isme dans sa priode active et progressive1 on p]si/ait1 au contraire1 y faire prvaloir l'exam5 de son poque de dcomposition1 o il e/ inconte/able1 en effet1 que le ma9ti5 trop prolong de cette conc5tration c>actri/ique1 si long-temps ncessaire1 dev9t1 *ez tant d'indignes emp]eurs1 le pr9cipe du plus dgradant despotisme que l'humanit ait pu jamais subir4 ,mais n'e/-il pas vid5t que le sy/me de conqute1 alors suffisamm5t dvelopp1 avait dj ple9em5t atte9t sa pr9cipale de/9ation sociale2 ce qui1 en dissipant jamais l'utilit provisoire de cette confusion spontanm5t tablie1 p> le poly?isme1 entre le p\voir spirituel et le p\voir temporel1 n'en laissait plus subsi/] que les 9vitables dang]s1 jusque-l cont5us ou dissimuls8 ,qu'y a-t-il1 en ce cas1 qui ne soit ess5tiellem5t commun t\te vicieuse prpondrance d'une in/itution quelconque1 survivant mal propos l'accomplissem5t total de son (fice provisoire8 ,en t]m9ant cette importante apprciation1 je crois d'ailleurs ne devoir pas nglig] ici l'occasion trs naturelle qu'elle m'(fre de signal] clairem5t1 s\s un rapport capital1 l'inconsqu5ce radicale qui c>actrise auj\rd'hui notre philosophie politique1 considre en ce qu'elle a de commun t\s les p>tis et t\tes les coles4 ,j'ai rem>qu1 au comm5cem5t du volume prcd5t1 avec quelle dplorable unanimit on rep\sse ma9t5ant1 les uns en ha9e du ca?olicisme1 les autres p> dsutude de son vritable esprit1 t\te division relle entre les deux p\voirs1 mais en cont9uant cep5dant rv] le mono?isme comme base ncessaire de l'ordre social4 ,or1 il e/ dsormais vid5t que l'on s'ef=ce a9si de concili] deux conditions ess5tiellem5t incompatibles2 et le *apitre suivant a*v]a de dissip] implicitem5t t\te inc]titude ce sujet1 en r5dant irrcusable la corelation spontane du mono?isme avec une telle division4 ,ceux qui1 de nos j\rs1 dans leurs tranges p5ses de progrs1 dictes p> une aveugle imitation de l'antiquit1 prt5drai5t rtablir cette conc5tration primordiale1 alors aussi fondam5tale qu'elle s]ait ma9t5ant dang]euse et heureusem5t impossible1 devrai5t donc1 d'aprs les explications prcd5tes1 p\r tre suffisamm5t consqu5s leurs va9s projets1 ne pas s'arrt] au mono?isme1 naturellem5t antipa?ique un tel rgime1 et rtrograd] de ple9 saut jusqu'au poly?isme proprem5t dit1 qui en con/ituait c]ta9em5t l'indisp5sable fondem5t4 ,telles sont1 en gnral1 les relations ncessaires du poly?isme avec les deux pr9cipales conditions c>actri/iques de la politique de l'antiquit4 ,aprs les avoir a9si sp>m5t apprcies1 il suffit ici1 en les rappro*ant1 de signal] d'ailleurs leur intime et con/ante aff9it4 ,or1 il faut bi5 que l'in/itution de l'esclavage et la confusion lm5taire des deux p\voirs soi5t1 en ralit1 troitem5t lies1 puisque l'abolition de l'une a t\j\rs hi/oriquem5t concid avec la cessation de l'autre1 comme je l'expliqu]ai spcialem5t au *apitre suivant4 ,il e/ clair directem5t1 en effet1 que l'esclavage anci5 tait ncessairem5t en h>monie avec cette runion fondam5tale de l'autorit spirituelle l'autorit temporelle1 qui donnait spontanm5t l'empire du matre une c]ta9e conscration religieuse1 et qui1 en mme temps1 affran*issait cette subord9ation dome/ique de t\te int]position sac]dotale di/9cte1 propre cont5ir cet asc5dant absolu4 ,les pr9cipales proprits politiques du poly?isme tant dsormais assez nettem5t c>actrises1 il ne n\s re/e plus ici1 p\r en avoir conv5ablem5t accompli l'apprciation ab/raite1 qu' l'exam9] enf9 s\s le po9t de vue moral proprem5t dit4 ,outre que l'analyse politique devait avoir1 env]s un tel rgime1 une importance beauc\p plus capitale1 en mme temps que les difficults propres en devai5t tre bi5 suprieures1 l'influ5ce morale du poly?isme1 d'ailleurs plus aism5t jugeable et ord9airem5t mieux connue1 p\rra ma9t5ant tre dt]m9e d'une manire trs sommaire1 et nanmo9s suffisante notre b ess5tiel1 d'aprs sa correspondance ncessaire avec l'ensemble des explications prcd5tes1 et surt\t avec le d\ble jugem5t que n\s v5ons d'tablir sur la corelation fondam5tale du poly?isme l'in/itution de l'esclavage antique et la conc5tration des deux p\voirs sociaux4 ,c>1 ces deux c>actres ess5tiels du rgime poly?ique sont l'un et l'autre m9emm5t propres1 comme n\s l'allons voir1 expliqu] directem5t cette pr(onde infriorit morale que t\s les philosophes imp>tiaux se sont accords reconnatre dans le poly?isme comp> au mono?isme4 ,s\s quelque aspect lm5taire qu'on envisage la morale1 p]sonnelle1 dome/ique ou sociale1 suivant la coord9ation fondam5tale tablie au c9quantime *apitre1 on ne saurait mconnatre1 en effet1 combi5 elle devait tre1 *ez les anci5s1 pr(ondm5t vicie p> la seule exi/5ce de l'esclavage4 ,il s]ait d'abord sup]flu de s'arrt] ici faire expressm5t ressortir la pr(onde dgradation qui en rsultait directem5t p\r la majeure p>tie de notre espce1 dont le dveloppem5t moral1 a9si radicalem5t nglig1 tait ess5tiellem5t priv de ce s5tim5t habituel de la dignit huma9e qui en con/itue la pr9cipale base1 et re/ait entirem5t livr la seule action spontane d'un tel rgime1 o la s]vilit devait tant altr] l'heureuse influ5ce du travail4 ,quoiqu'une telle apprciation doive1 p> sa nature1 avoir une extrme importance1 puisqu'on ne peut se dissimul] que le fond pr9cipal des nations mod]nes e/ surt\t issu de cette malheureuse classe1 et qu'il cons]ve encore1 mme *ez les populations les plus avances1 quelques traces morales trop irrcusables d'une p>eille orig9e1 cep5dant la haute vid5ce de ce sujet1 l'g>d duquel les jugem5s ord9aires n'exig5t aucune rectification capitale1 doit c]ta9em5t n\s disp5s] d'y insi/] davantage4 ,considrons donc seulem5t l'influ5ce morale de l'esclavage anci5 sur les hommes libres ou matres1 dont le dveloppem5t propre1 malgr leur m9orit numrique1 e/ alors le plus ess5tiel suivre1 comme ayant d ultrieurem5t s]vir de type ncessaire au dveloppem5t univ]sel4 ,s\s ce po9t de vue1 il e/ ais de s5tir que cette in/itution1 malgr son indisp5sable ncessit1 ci-dessus explique1 p\r l'volution politique de l'humanit1 devait pr(ondm5t entrav] l'volution morale proprem5t dite4 ,en ce qui conc]ne mme la morale purem5t p]sonnelle1 quoique la mieux connue des anci5s1 il e/ vid5t que l'habitude intime d'un comm&em5t absolu env]s des esclaves plus ou mo9s nombreux1 l'g>d desquels *acun p\vait d'ord9aire suivre presque aveuglm5t t\s ses caprices quelconques1 t5dait 9vitablem5t altr] cet empire de l'homme sur lui-mme qui con/itue le premi] pr9cipe du dveloppem5t moral1 sans p>l] d'ailleurs des dang]s trop vid5s de la flatt]ie1 auxquels *aque homme libre se tr\vait a9si cont9uellem5t expos4 ,relativem5t la morale dome/ique surt\t1 on ne saurait d\t]1 suivant la judicieuse obs]vation de ,de ,mai/re1 que l'esclavage n'y corrompt directem5t1 en gnral1 un degr s\v5t trs prononc1 les plus importantes relations de famille1 p> les dsa/reuses facilits qu'il (frait spontanm5t au lib]t9age1 au po9t de r5dre d'abord presque illusoire l'tablissem5t mme de la monogamie4 ,quant la morale sociale enf91 dont l'am\r gnral de l'humanit doit con/itu] le pr9cipal c>actre1 il e/ trop ais de s5tir combi5 les habitudes univ]selles de cruaut1 si frquemm5t gratuite ou arbitraire1 alors familirem5t contractes env]s d'in=tuns esclaves1 ess5tiellem5t s\/raits t\te protection relle1 devai5t t5dre dvelopp] ces s5tim5s de duret1 et mme de frocit1 qui1 tant d'g>ds1 c>actrisai5t d'ord9aire les murs anci5nes1 o l'on peut ap]cevoir leur influ5ce 9vitable jusque *ez les meilleurs naturels4 ,en considrant de la mme manire l'autre condition politique fondam5tale des socits anci5nes1 on peut reconnatre1 avec non mo9s d'vid5ce1 la fune/e influ5ce qui devait1 en gnral1 directem5t rsult] de la confusion lm5taire entre le p\voir spirituel et le p\voir temporel1 p\r entrav] pr(ondm5t1 cette poque1 le dveloppem5t moral de l'humanit4 ,c'e/ p> suite1 en effet1 d'une telle confusion que la morale devait tre1 *ez les anci5s1 ess5tiellem5t subordonne la politique2 t&is que1 *ez les mod]nes1 au contraire1 surt\t s\s le rgne du ca?olicisme proprem5t dit1 la morale1 radicalem5t indp5dante de la politique1 a t5du de plus en plus la dirig]1 comme je l'expliqu]ai au *apitre suivant4 ,un assujtissem5t aussi vicieux du po9t de vue gnral et p]man5t de la morale au po9t de vue spcial et mobile de la politique1 devait c]ta9em5t altr] beauc\p la consi/ance des prescriptions morales1 et mme corrompre s\v5t leur puret1 en faisant trop frquemm5t nglig] l'apprciation des moy5s p\r celle du b pro*a9 et p>ticuli]1 et en disposant ddaign] les qualits les plus fondam5tales de l'humanit comp>ativem5t celles qu'exigeai5t immdiatem5t les beso9s actuels d'une politique ncessairem5t v>iable4 ,quelque 9vitable que dt tre alors une telle imp]fection1 elle n'en e/ pas mo9s relle1 ni mo9s dplorable4 ,il e/ clair1 en un mot1 que la morale des anci5s tait1 en gnral1 comme leur politique1 m9emm5t militaire2 c'e/--dire1 ess5tiellem5t subordonne la de/9ation gu]rire qui devait surt\t c>actris] cet ge de l'humanit4 ,plus les nations y tai5t =tem5t con/itues p\r ce b pr9cipal1 plus il dev5ait la rgle suprme dans l'apprciation habituelle des div]ses dispositions morales1 t\j\rs e/imes et enc\rages en raison de leur aptitude fondam5tale second] la ralisation graduelle de ce gr& desse9 politique1 soit l'g>d du comm&em5t ou de l'obissance4 ,ce c>actre moral propre au rgime poly?ique de l'antiquit peut1 encore auj\rd'hui1 tre directem5t tudi dans les phases analogues de sociabilit1 *ez div]ses nations sauvages1 p>eillem5t organises p\r la gu]re1 et avec une semblable conc5tration des deux p\voirs gnraux4 ,en second lieu1 il rsultait ncessairem5t d'un tel rgime l'abs5ce ord9aire de t\te ducation morale proprem5t dite1 dfaut de t\t p\voir spcial susceptible de la dirig] conv5ablem5t1 et que le mono?isme devait seul ultrieurem5t in/itu]4 ,l'int]v5tion arbitraire1 trop s\v5t purile et tracassire1 p> laquelle le magi/rat1 *ez les ,grecs et les ,roma9s1 t5tait directem5t d'assujtir la vie prive de m9utieux rglem5s presque t\j\rs illusoires1 ne p\vait1 sans d\te1 t5ir aucunem5t lieu de cette gr&e fonction lm5taire4 ,aussi s'ef=ait-on alors de suppler1 quoique trs imp>faitem5t1 cette imm5se lacune sociale1 en utilisant avec sagesse les occasions spontanes de faire indirectem5t pntr]1 dans la masse des hommes libres1 un c]ta9 enseignem5t moral1 p> la voie des ftes et des spectacles1 qui n'a pu cons]v] *ez les mod]nes une gale importance1 en v]tu mme du mode bi5 suprieur suivant lequel cette attribution capitale y a t enf9 remplie4 ,l'action sociale des philosophes1 surt\t *ez les ,grecs1 et accessoirem5t *ez les ,roma9s1 n'avait po9t1 vrai dire1 s\s le rapport moral1 d'autre de/9ation ess5tielle3 et cette manire1 si peu satisfaisante1 d'ab&onn] une telle fonction la libre int]v5tion d'un (fice priv1 en dehors de t\te organisation lgale1 n'ab\tissait immdiatem5t qu' manife/]1 s\s ce rapport1 la pr(onde imp]fection de ce rgime1 sans p\voir d'ailleurs la rp>] jamais suffisamm5t2 puisqu'une telle influ5ce devait presque t\j\rs se rduire de pures dclamations1 ess5tiellem5t impuissantes et s\v5t dang]euses1 quelle qu'ait t1 du re/e1 son utilit provisoire p\r prp>] une rgnration ultrieure1 comme je l'indiqu]ai plus lo94 ,telles sont1 en ap]u1 les deux causes pr9cipales qui expliqu5t conv5ablem5t la pr(onde infriorit ju/em5t signale1 s\s le rapport moral1 dans l'organisme poly?ique de l'antiquit4 ,en apprciant la morale gnrale des anci5s suivant leur propre esprit1 c'e/--dire relativem5t leur politique1 on doit la tr\v] trs satisfaisante1 p> son admirable aptitude second]1 d'une manire directe et complte1 le dveloppem5t c>actri/ique de leur activit militaire3 et1 en ce s5s1 elle a p>eillem5t p>ticip l'ensemble de l'volution huma9e1 qui n'aurait pu d'abord tr\v] d'issue sans cette voie naturelle4 ,mais elle e/1 au contraire1 trs imp>faite1 qu& on y considre une phase ncessaire de l'ducation purem5t morale de l'humanit4 ,on voit ici que cette imp]fection ne ti5t po9t ess5tiellem5t l'immdiate conscration des passions quelconques1 autorise ou facilite p> la nature du poly?isme4 ,quoique cette d]nire influ5ce soit1 c]ta9s g>ds1 inconte/able1 il n'e/ pas d\teux nanmo9s que les philosophes *rti5s s'en sont =ms1 en gnral1 une notion =t exagre2 puisque1 les en croire1 on ne saurait compr5dre qu'aucune moralit ait pu rsi/] alors un tel dissolvant4 ,cep5dant1 cet 9vitable inconvni5t du poly?isme n'a pu videmm5t dtruire ni l'in/9ct moral de l'homme1 ni la puissance graduelle des obs]vations spontanes que le bon s5s a d bi5tt runir sur les div]ses qualits de notre nature1 et sur leurs consqu5ces ord9aires1 individuelles ou sociales4 ,d'un autre ct1 le mono?isme1 malgr sa supriorit c>actri/ique cet g>d1 n'a po9t c]ta9em5t ralis1 un degr plus m95t1 sa moralit intr9sque1 dans les cas exceptionnels o il e/ re/ compatible avec l'esclavage et avec la confusion des deux p\voirs1 comme on le v]ra au *apitre suivant4 ,enf91 il n'e/ peut-tre pas inutile1 ce sujet1 de not] ici que cette t5dance1 tant repro*e1 d'une manire absolue1 au poly?isme antique1 et qui tait d'ailleurs une suite alors ncessaire de l'ext5sion des explications ?ologiques l'tude du monde moral1 a pu contribu] facilit] d'abord1 aux div]s s5tim5s huma9s1 un essor libre et naf1 dont la trop =te compression orig9aire et emp* ensuite1 qu& la vraie morale e/ dev5ue possible1 de bi5 disc]n] le degr d'enc\ragem5t ou de neutralisation qu'ils doiv5t habituellem5t recevoir4 ,a9si1 l'm95te supriorit ncessaire du mono?isme s\s ce rapport capital1 ne doit pas faire mconnatre l'irrcusable p>ticipation du poly?isme aux proprits ess5tielles de la philosophie ?ologique dans l'enfance de l'humanit1 soit p\r s]vir d'organe indisp5sable l'unanime tablissem5t de c]ta9es op9ions morales1 qu'une telle univ]salit doit r5dre ensuite presque irrsi/ibles1 soit mme p\r sanctionn] ultrieurem5t ces rgles p> la p]spective de la vie future1 dont l'entire indt]m9ation naturelle p]met aism5t au gnie ?ologique1 heureusem5t assi/ du gnie e/htique1 d'y con/ruire librem5t son type idal de ju/ice et de p]fection1 de manire conv]tir enf9 en un puissant auxiliaire de la morale ce qui ne fut long-temps qu'une croyance spontane de notre enfance1 rvant navem5t1 ab/raction faite de t\te moralit1 l't]nelle prolongation de ses plus *res j\issances4 ,un c\p d'il rapide conduit1 en effet1 reconnatre directem5t que1 s\s t\s les aspects importans1 le poly?isme devait dj bau*] le dveloppem5t moral de l'humanit1 indp5damm5t de son aptitude spciale second] l'essor des qualits les plus conv5ables la de/9ation c>actri/ique de ce premi] ge social4 ,son efficacit e/ surt\t prononce relativem5t aux deux t]mes extrmes de la morale gnrale1 d'abord p]sonnelle1 et f9alem5t sociale4 ,quant la premire1 dont les anci5s avai5t1 en gnral1 dignem5t reconnu l'importance vraim5t fondam5tale comme seule preuve dcisive de nos =ces morales1 son application militaire tait trop capitale et trop directe p\r qu'ils ne se fuss5t po9t occups1 de trs bonne heure1 la dvelopp] soigneusem5t1 en ce qui conc]ne pr9cipalem5t l'n]gie1 soit active1 soit passive1 qui1 dans la vie sauvage1 con/itue la v]tu dom9ante4 ,comm5c s\s le fti*isme1 ce dveloppem5t a d tre extrmem5t p]fectionn p> le poly?isme4 ,s\s ce rapport moral1 quoique le plus lm5taire de t\s1 les prescriptions les plus simples et les plus vid5tes ne p\vai5t d'abord s'tablir unanimem5t que d'aprs cette heureuse int]v5tion spontane de l'esprit religieux3 on n'en saurait d\t] l'g>d mme des habitudes de purification physique1 si ess5tielles1 outre leur de/9ation immdiate1 comme le premi] exemple de cette surveillance cont9ue que l'homme doit ncessairem5t ex]c] sur sa p]sonne1 soit p\r agir1 soit p\r rsi/]4 ,en second lieu1 relativem5t la morale sociale proprem5t dite1 il e/ clair que le poly?isme a directem5t dvelopp1 au plus m95t degr1 cet am\r de la patrie que n\s avons vu1 au *apitre prcd5t1 spontanm5t bau* p> le fti*isme1 secondant dj1 de la manire la plus naturelle1 l'atta*em5t naf p\r le sol natal4 ,consacre et /imule p> le poly?isme1 en v]tu de son c>actre m9emm5t national1 cette affection primitive s'tait leve1 *ez les anci5s1 comme *ez t\s les peuples analogues1 la dignit du patriotisme le plus pr(ond et le plus n]gique1 s\v5t exalt jusqu'au fanatisme le plus prononc1 et qui devait alors con/itu] le b pr9cipal et presque exclusif de l'ensemble de l'ducation morale4 ,il s]ait sup]flu d'insi/] ici sur l'admirable relation d'un tel s5tim5t prpondrant1 la de/9ation spciale de ce second ge social1 ni sur l'int5sit spontane qu'il devait recevoir1 soit du peu d't5due des nations anci5nes1 soit de la nature mme des gu]res1 qui devait1 aux yeux de *acun1 prs5t] sans cesse comme imm95ts la mort ou l'esclavage1 dont le plus enti] dv\em5t la patrie p\vait seul habituellem5t prs]v]4 ,quelque frocit que dt ncessairem5t entret5ir alors une telle disposition1 o la ha9e de t\s les trang]s quelconques tait t\j\rs insp>able de l'atta*em5t au petit nombre des compatriotes1 elle a c]ta9em5t conc\ru1 outre son application immdiate1 au dveloppem5t fondam5tal de notre volution morale1 o elle con/itue un indisp5sable degr1 qui1 p> sa nature1 ne saurait jamais tre impunm5t fran*i1 malgr l'inconte/able prm95ce du t]me f9al si heureusem5t tabli ensuite p> le *ri/ianisme dans l'am\r univ]sel de l'humanit1 dont l'introduction trop prmature et 9vitablem5t entrav l'indisp5sable essor militaire de l'antiquit4 ,on doit aussi1 s\s le mme aspect1 rapport] au poly?isme la premire organisation rgulire d'un ordre trs ess5tiel1 et auj\rd'hui trop sup]ficiellem5t apprci1 de relations morales lm5taires1 dj bau*es p> le fti*isme1 et que le ca?olicisme a1 comme je l'expliqu]ai1 admirablem5t cultives4 ,il s'agit des usages1 publics ou privs1 qui1 p> le respect gnral des vieill>ds1 et l'habituelle commmoration des anctres1 t5d5t entret5ir ce s5tim5t fondam5tal de la p]ptuit sociale1 si indisp5sable t\s les ges de l'humanit1 et qui doit dsormais dev5ir encore plus ncessaire mesure que les esprances ?ologiques relatives la vie v5ir p]d5t irrvocablem5t leur anci5 asc5dant2 en mme temps que la philosophie positive t5d heureusem5t1 a9si que je l'tablirai en son lieu1 le dvelopp] beauc\p plus qu'il n'a pu l'tre jusqu'ici1 en faisant spontanm5t ressortir1 t\s g>ds1 l'intime liaison de l'individu avec l'ensemble de l'espce1 actuelle1 passe1 ou future4 ,la plus gr&e imp]fection morale du poly?isme conc]ne la morale dome/ique1 dont l'antiquit n'avait pu dignem5t s5tir l'9vitable int]position naturelle entre la morale p]sonnelle et la morale sociale1 alors trop directem5t ratta*es l'une l'autre1 p> suite de la prpondrance ncessaire de la politique4 ,c'e/ l surt\t1 comme le *apitre suivant n\s l'expliqu]a1 le titre le plus spcial du ca?olicisme l't]nelle reconnaissance de l'humanit1 p\r avoir enf9 organis la morale sur ses vrais fondem5s1 en s'atta*ant pr9cipalem5t con/itu] la famille1 et faire dp5dre les v]tus sociales des v]tus dome/iques4 ,t\tefois1 on ne saurait mconnatre l'influ5ce pralable du poly?isme dans le premi] essor de la morale dome/ique4 ,en se bornant l'indiqu] ici s\s le rapport le plus fondam5tal1 c'e/--dire1 quant aux relations conjugales1 c'e/1 videmm5t1 p5dant le rgne du poly?isme que l'humanit s'e/ irrvocablem5t leve la vie vraim5t monogame4 ,quoiqu'on ait faussem5t reprs5t la polygamie comme un inv>iable rsultat du climat1 *acun sait auj\rd'hui que1 en remontant suffisamm5t l'*elle sociale1 elle a p>t\t con/itu1 au ,nord aussi bi5 qu'au ,midi1 un attribut ncessaire du premi] ge de l'humanit1 aussitt que la pnurie des subsi/ances n'emp*e plus la brutale satisfaction de l'in/9ct reproducteur4 ,mais1 malgr cette prexi/5ce ncessaire et con/ante de l'tat polygame1 il n'en re/e pas mo9s vrai que1 dans notre espce1 encore plus que *ez tant d'autres1 en v]tu mme de sa supriorit c>actri/ique1 l'tat purem5t monogame e/ le plus favorable1 p\r *aque sexe1 au plus complet dveloppem5t de nos plus heureuses dispositions de t\s g5res2 ce qu'il s]ait ici sup]flu de dmontr] expressm5t1 quelles que soi5t1 cet g>d1 les dplorables ab]rations mom5tanes de notre an>*ique situation m5tale4 ,aussi le s5tim5t graduellem5t manife/ de cette gr&e condition sociale a-t-il dt]m9 bi5tt1 presque ds l'orig9e du poly?isme1 le premi] tablissem5t de la monogamie1 promptem5t suivi des plus indisp5sables prohibitions sur les cas d'ince/e4 ,les div]ses phases pr9cipales du rgime poly?ique ont mme t t\j\rs accompagnes1 comme on le v]ra ci-aprs1 de modifications croissantes dans ce m>iage primitif1 dont le p]fectionnem5t graduel a con/amm5t t5du mieux dvelopp]1 au pr(it commun de l'humanit1 la nature propre de *aque sexe4 ,t\tefois1 le vrai c>actre social de la femme tait encore lo9 d'tre suffisamm5t prononc1 en mme temps que sa dp5dance 9vitable env]s l'homme re/ait trop affecte de la brutalit primordiale4 ,cet essor trs imp>fait du vrai gnie fm99 se manife/e mme1 s\s le poly?isme1 p> un indice qu'il importe de not] ici1 p>ce qu'il doit sembl] d'abord prs5t]1 au contraire1 un symptme spcial de l'importance politique des femmes2 je veux p>l] de cette p>ticipation con/ante1 quoique secondaire1 l'autorit sac]dotale1 qui leur e/ alors directem5t accorde1 et que le mono?isme leur a irrvocablem5t enleve4 ,la civilisation dveloppe ess5tiellem5t t\tes les diffr5ces intellectuelles et morales1 celles des sexes aussi bi5 que t\tes les autres quelconques3 en sorte que ces sac]doces fm99s propres au poly?isme ne con/itu5t pas plus une prsomption favorable p\r la condition correspondante des femmes1 que celles qu'on p\rrait galem5t induire de cette exi/5ce presque contempora9e de femmes *ass]esses et gu]rires1 t\j\rs et p>t\t trop inhr5te un tel ge social p\r p\voir tre entirem5t fabuleuse1 quelque trange qu'elle doive ma9t5ant p>atre4 ,du re/e1 il s]ait c]ta9em5t inutile de signal] ici l'ensemble dcisif des preuves irrcusables qui1 suivant la belle obs]vation de ,rob]tson1 tabliss5t1 avec une entire vid5ce1 combi5 l'tat social des femmes tait radicalem5t infrieur1 s\s le rgime poly?ique de l'antiquit1 ce qu'il e/ dev5u ensuite s\s l'empire du *ri/ianisme4 ,il suffirait1 au beso91 de rappel]1 ce sujet1 ces am\rs infmes1 si ju/em5t rpr\vs p> le ca?olicisme1 et qui ont t\j\rs fait la honte morale de l'antiquit t\t entire1 mme *ez ses plus m95s p]sonnages3 c> on ne saurait concevoir un symptme plus prononc du peu de considration alors accorde aux femmes que cette mon/rueuse prdilection qui faisait *]*] ailleurs le dveloppem5t des plus pures motions sympa?iques1 en rs]vant ess5tiellem5t l'union sexuelle p\r son indisp5sable de/9ation physique1 comme l'ont sy/matiquem5t expos1 avec une si rvoltante navet1 dans la ,grce et ,rome1 tant d'illu/res philosophes et hommes d'tat1 t\s autres g>ds trs recomm&ables4 ,l'intime corelation de cette gr&e ab]ration primitive avec la vie habituellem5t trop isole du sexe mle *ez les peuples *asseurs ou mme pa/eurs1 et ensuite1 malgr l'tat agricole1 *ez les nations con/amm5t en gu]re1 e/ d'ailleurs trop vid5te p\r exig] aucune explication1 qu& on p5se l'heureuse influ5ce qu'ex]ce1 cet g>d1 dans notre vie mod]ne1 la socit presque cont9uelle des deux sexes4 ,j'ai1 en outre1 dj suffisamm5t signal ci-dessus l'influ5ce ncessaire de l'esclavage dans l'anci5ne conomie sociale1 comme t5dant altr] gravem5t l'in/itution mme de la monogamie4 ,mais1 quelque fonds que soi5t rellem5t t\s ces div]s repro*es ess5tiels1 ils ne saurai5t annul] l'indisp5sable p>ticipation du poly?isme bau*] aussi1 t\s g>ds1 le dveloppem5t fondam5tal de la morale dome/ique1 quoique avec mo9s d'efficacit qu'env]s la morale p]sonnelle et la morale sociale1 p> une impulsion spontane qui n'aurait pu alors prov5ir d'aucune autre s\rce spirituelle4 ,n\s avons enf9 suffisamm5t complt a9si1 p\r notre b pr9cipal1 l'importante apprciation ab/raite des diffr5tes proprits gnrales1 intellectuelles ou sociales1 qui c>actris5t le poly?isme1 auj\rd'hui si peu compris4 ,l'ensemble de cet exam5 appr(ondi doit1 ce me semble1 laiss]1 *ez t\t vrai philosophe1 aprs les comp>aisons conv5ables1 cette impression f9ale que1 malgr d'imm5ses lacunes et de pr(ondes imp]fections1 un tel rgime1 p> l'homognx suprieure et la connexit plus intime de ses div]s lm5s ess5tiels1 t5dait spontanm5t dvelopp] des hommes bi5 plus consi/ans et plus complets qu'il n'a pu en exi/] depuis1 lorsque l'tat de l'humanit fut dev5u mo9s uni=mm5t et mo9s purem5t ?ologique1 sans tre jusqu'ici assez fran*em5t positif4 ,mais1 quoi qu'il en soit1 il n\s re/e ma9t5ant1 p\r avoir conv5ablem5t ralis l'apprciation fondam5tale de ce gr& ge religieux1 le considr] encore s\s un aspect plus spcial1 sans t\tefois desc5dre jusqu'aux considrations concrtes incompatibles avec la nature de cet ouvrage1 en exam9ant sommairem5t les div]ses =mes ess5tielles qu'a d successivem5t affect] un tel rgime1 relativem5t au mode dt]m9 suivant lequel *acune d'elles devait 9vitablem5t p>ticip] la de/9ation gnrale prcdemm5t attribue au poly?isme dans l'volution totale de l'humanit4 ,on doit1 cet effet1 di/+u] d'abord entre le poly?isme ess5tiellem5t ?ocratique et le poly?isme m9emm5t militaire1 suivant que la conc5tration lm5taire des deux p\voirs y affectait davantage le c>actre spirituel ou le c>actre temporel2 il faut ensuite1 p> une analyse plus prcise1 et cep5dant aussi indisp5sable1 di/+u]1 dans le d]ni] sy/me1 le cas o l'activit militaire1 quoique cont9ue1 n'a pu encore suffisamm5t atte9dre son b pr9cipal1 et celui o l'esprit de conqute a pu enf9 recevoir conv5ablem5t t\t son dveloppem5t graduel3 ce qui1 en rsultat df9itif1 conduit dcompos] l'ensemble du rgime poly?ique en trois modes ncessaires1 qui1 dfaut de dnom9ations plus rationnelles1 peuv5t tre provisoirem5t dsigns p> les qualifications purem5t hi/oriques de mode gypti51 mode grec1 et f9alem5t mode roma91 dont n\s allons reconnatre l'attribution propre et l'inv>iable succession4 ,un sy/me politique c>actris pr9cipalem5t p> la dom9ation presque absolue de la classe sac]dotale1 a p>t\t prsid ncessairem5t la civilisation orig9aire1 dont seul il p\vait alors bau*] rellem5t t\s les div]s lm5s ess5tiels1 intellectuels ou sociaux4 ,dj prp> p> le fti*isme1 p>v5u l'tat d'a/roltrie1 et peut-tre mme un peu avant l'entire transition de la vie pa/orale la vie agricole1 ce sy/me n'a pu tre conv5ablem5t dvelopp que s\s l'asc5dant du poly?isme proprem5t dit4 ,son vritable esprit gnral1 aussi rappro* que possible de celui qui app>ti5t spontanm5t au g\v]nem5t dome/ique1 consi/e1 en pr5ant l'imitation p\r pr9cipe fondam5tal d'ducation1 consolid] la civilisation naissante p> l'hrdit univ]selle des div]ses fonctions ou pr(essions quelconques1 sans aucune di/9ction de celles qu'on a ultrieurem5t qualifies de prives ou publiques3 d'o rsulte le pur rgime des ca/es1 hir>*iquem5t subordonnes l'une l'autre suivant l'importance de leurs attributions respectives1 s\s la commune direction suprme de la ca/e sac]dotale1 qui1 seule dpositaire de t\tes les conceptions huma9es1 e/ alors exclusivem5t propre tablir rellem5t un li5 cont9u entre ces corporations htrognes1 primitivem5t issues d'autant de familles4 ,cette antique organisation n'ayant pas t =me ess5tiellem5t p\r la gu]re1 qui a simplem5t contribu l't5dre et la propag]1 la ca/e la plus infrieure et la plus nombreuse n'y e/ po9t ncessairem5t dans l'tat d'esclavage proprem5t dit1 c>actris p> la sujtion individuelle1 mais dans un tat de pr(ond assujtissem5t collectif1 qui con/itue1 vrai dire1 une condition encore plus dgradante et mo9s favorable un affran*issem5t ultrieur4 ,on doit1 mon gr1 reg>d] comme une loi gnrale de dynamique sociale la t5dance 9vitable de t\te civilisation indigne1 dans son dveloppem5t spontan1 v]s un tel rgime initial1 dont les traces se retr\v5t p>t\t1 mme au se9 des socits les plus avances1 et qui dom9e encore ess5tiellem5t *ez la majeure p>tie de la population asiatique1 au po9t de sembl] auj\rd'hui p>ticulirem5t propre la race jaune1 quoique la race blan*e n'en ait c]tes pas t d'abord plus exempte1 et s'en soit seulem5t plus rapidem5t et plus ple9em5t dgage1 ou en v]tu de sa supriorit effective1 ou p> suite de circon/ances plus favorables4 ,mais ce rgime1 que l'essor prpondrant de l'activit militaire devait radicalem5t altr]1 n'a pu dev5ir pr(ondm5t c>actri/ique que s\s l'influ5ce p]man5te1 suffisamm5t prononce1 des conditions extrieures qui p\vai5t la fois entrav] le plus l'lan de l'esprit gu]ri] et le mieux favoris] celui de l'esprit sac]dotal4 ,ces causes locales1 qui n'ont jamais pu ex]c] ensuite une action sociale aussi capitale1 ont surt\t consi/ dans la runion d'un heureux climat avec un sol fcond1 qui devait facilit] le dveloppem5t intellectuel1 en assurant aism5t les subsi/ances1 p\rvu d'ailleurs que la population1 conv5ablem5t t5due1 occupt un t]ritoire propre tablir spontanm5t des communications intrieures1 et enf9 que le pays ft nanmo9s1 p> sa nature1 assez ple9em5t isol p\r tre prs]v des envahissem5s extrieurs sans p\ss] =tem5t la vie gu]rire3 ri5 ne peut mieux satisfaire cet ensemble d'indications que la valle d'un gr& fleuve1 sp>e d'un ct p> la m]1 et1 d'un autre1 p> d'imm5ses ds]ts ou des montagnes inaccessibles4 ,aussi ce gr& sy/me ?ocratique des ca/es s'e/-il jadis ple9em5t ralis en gypte1 dans la ,*alde1 dans la ,p]se1 etc42 il s'e/ prolong jusqu' nos j\rs dans la p>tie de l',ori5t la mo9s expose au contact graduel de la race blan*e1 la ,*9e1 au ,japon1 au ,?ibet1 dans l',indo/an1 etc43 p> suite d'influ5ces analogues1 on l'a de mme ess5tiellem5t retr\v au ,mexique et au ,pr\1 l'poque de la conqute1 sans qu'une telle similitude puisse1 du re/e1 y motiv] aucune induction raisonnable sur des communications peu compatibles avec l'esprit de ce rgime4 ,outre cette multiplicit d'exemples dcisifs1 qui suffirait con/at] directem5t la spontanx fondam5tale d'une semblable organisation1 on en peut signal] des traces plus ou mo9s c>actri/iques dans t\s les cas de civilisation indigne2 comme1 p> exemple1 p\r notre ,europe occid5tale1 *ez les ,gaulois et *ez les trusques4 ,p>mi les nations dont le dveloppem5t propre a t surt\t ht p> d'heureuses colonisations1 on en reconnat encore l'influ5ce primordiale2 l'empre9te gnrale s'en fait t\j\rs s5tir dans les div]ses in/itutions ultrieures1 et n'e/ pas mme auj\rd'hui compltem5t efface1 au se9 des socits les plus avances4 ,en un mot1 ce rgime con/itue p>t\t le fond ncessaire de l'anci5ne civilisation4 ,cette univ]salit plus ou mo9s prononce et la pr(onde tnacit qui c>actris5t un tel sy/me1 doiv5t faire p5s]1 quels qu'en puiss5t tre les vrais inconvni5s1 qu'il tait1 aux temps de sa spl5deur1 en h>monie intime avec les beso9s ess5tiels de l'humanit4 ,il e/ facile1 en effet1 de reconnatre qu'il a t primitivem5t indisp5sable p\r bau*]1 t\s g>ds1 l'volution fondam5tale1 intellectuelle ou sociale4 ,d'abord1 sa spontanx e/ videmm5t irrcusable2 c> ri5 n'e/ c]tes plus naturel1 l'orig9e1 que l'hrdit gnrale des pr(essions1 qui f\rnit aussitt1 p> la simple imitation dome/ique1 le plus facile et le plus puissant moy5 d'ducation1 le seul mme alors praticable1 tant que la tradition orale doit con/itu] encore le pr9cipal mode de transmission univ]selle1 soit dfaut d'aucun autre procd suffisant1 soit surt\t en v]tu du peu de rationnalit des conceptions quelconques4 ,a quelque p]fectionnem5t mme que puisse jamais p>v5ir la civilisation huma9e1 il e/ clair que cette t5dance primitive l'hrdit s'y f]a 9vitablem5t t\j\rs s5tir1 quoiqu' un degr con/amm5t dcroissant1 puisque la plup>t des hommes n'ayant po9t1 vrai dire1 de vocations spciales trs prononces1 *acun doit ord9airem5t se s5tir dispos embrass] volonti]s la pr(ession pat]nelle1 p\r peu que la socit se tr\ve normalem5t classe2 ce qui d'ailleurs n'emp*e po9t1 aux poques de transition1 l'ardeur mom5tane mais unanime un dclassem5t gnral1 alors plus ou mo9s ncessaire4 ,malgr que cette hrdit volontaire1 ou seulem5t impose p> les murs1 doive heureusem5t avoir1 *ez les mod]nes1 un t\t autre c>actre que l'hrdit =ce1 tyranniquem5t prescrite aux anci5s p> les lois1 suivant l'esprit de t\te leur conomie sociale1 elle n'en procde pas mo9s1 au fond1 du mme pr9cipe lm5taire1 d'aprs les g>anties pr(ondes que doit t\j\rs (frir au bonheur1 soit priv1 soit public1 la plus complte prp>ation possible de *acun sa vraie de/9ation sociale4 ,le seul moy5 de dim9u]1 sans aucun dang] rel1 individuel ou social1 la ncessit de ce mode spontan1 consi/e rationnalis] de plus en plus l'ducation huma9e1 en faisant pass]1 autant que le comporte l'volution intellectuelle1 dans l'enseignem5t public1 ab/rait et sy/matique1 ce qui aup>avant exigeait un appr5tissage dome/ique1 concret et empirique4 ,c'e/ a9si surt\t que le ca?olicisme a fait irrvocablem5t cess] l'hrdit des fonctions sac]dotales1 aussi univ]selle1 dans t\te l'antiquit1 que celle des autres attributions quelconques1 prives ou publiques4 ,en second lieu1 les proprits fondam5tales de ce rgime initial ne sont pas mo9s inconte/ables1 t\s g>ds1 que son vid5te spontanx4 ,l'volution intellectuelle lui devra t\j\rs la premire division p]man5te entre la ?orie et la pratique1 alors suffisamm5t bau*e p> le dveloppem5t spcial d'une ca/e spculative1 naturellem5t inve/ie1 mme un degr exorbitant1 de la dignit et du loisir indisp5sables la plnitude et la cont9uit de ses travaux4 ,aussi1 en t\s g5res1 les lm5s primitifs de nos connaissances relles remont5t-ils ncessairem5t jusqu' cette gr&e poque1 o l'esprit huma9 a enf9 comm5c rgul>is] sa m>*e gnrale4 ,la mme obs]vation doit s't5dre aux beaux-arts1 alors soigneusem5t cultivs1 indp5damm5t de leur *>me direct1 p> la ca/e dirigeante1 soit comme accessoire du dogme et du culte1 soit comme moy5 d'enseignem5t et de propagation4 ,nanmo9s c'e/ surt\t le dveloppem5t indu/riel qui1 n'exigeant pas d'aussi r>es vocations intellectuelles1 et ne p\vant inspir] aucune inquitude politique la classe prpondrante1 a d tre plus spcialem5t second p> un tel rgime1 s\s lequel d'ailleurs l'tat de paix habituelle p]mettait d'employ] les masses infrieures des oprations vraim5t colossales1 o la =ce supple presque t\j\rs au gnie1 mais qui n'en eur5t pas mo9s alors une vritable importance4 ,on ne saurait d\t] que t\s les arts usuels ne doiv5t y *]*] leur premi] essor1 long-temps suprieur au grossi] lan des socits ess5tiellem5t militaires4 ,la p]te ncessairem5t frqu5te de div]ses inv5tions utiles avant que cette organisation cons]vatrice pt tre conv5ablem5t tablie1 avait d1 sans d\te1 en faire d'abord ressortir le beso9 fondam5tal1 et devait ensuite faire habituellem5t apprci] ce puissant moy5 de consolid] le degr de division du travail o notre espce tait dj p>v5ue4 ,jamais1 aucune autre poque1 l'aptitude fondam5tale du poly?isme f\rnir1 p> sa nature1 des moy5s gnraux d'honor] les div]s tal5s1 n'a t plus ple9em5t ralise que s\s cette premire organisation1 qui a si s\v5t p\ss jusqu' l'apo?ose proprem5t dite la glorieuse commmoration des pr9cipaux inv5teurs1 a9si proposs l'adoration habituelle des ca/es respectives4 ,s\s le po9t de vue social1 la conv5ance primordiale d'un tel rgime n'e/ pas mo9s prononce4 ,dans l'ordre politique proprem5t dit1 la /abilit con/itue videmm5t son pr9cipal attribut4 ,t\tes les prcautions capitales s'y tr\vai5t spontanm5t in/itues1 avec la plus gr&e n]gie possible1 p\r le prs]v] de t\te grave atte9te1 intrieure ou extrieure4 ,au d$ans1 les div]ses ca/es p>tielles1 ess5tiellem5t isoles entre elles1 n'tai5t habituellem5t lies que p> leur commune subord9ation la ca/e sac]dotale1 dont *acune d'elles devait sans cesse pr\v] le beso9 fondam5tal1 puisqu'elle y tr\vait exclusivem5t les lumires spciales et l'impulsion propre qui lui tai5t j\rnellem5t indisp5sables t\s g>ds4 ,jamais il n'a pu exi/] ensuite une aussi int5se conc5tration1 rgulire et p]man5te1 des p\voirs huma9s1 que celle alors naturellem5t tablie *ez cette ca/e suprme1 dont *aque membre1 du mo9s dans les rangs suprieurs de la hir>*ie pontificale1 tait la fois1 non-seulem5t prtre et magi/rat1 mais aussi savant1 arti/e1 +nieur et mdec94 ,les hommes d'tat de la ,grce et de ,rome1 dont la plnitude et la gnralit tai5t si suprieures ce qu'a pu comport] jusqu'ici l'tat mod]ne1 p>aiss5t1 leur t\r1 des p]sonnages =t incomplets1 comp>ativem5t ces admirables natures ?ocratiques de la premire antiquit1 dont ,mose con/itue p\r n\s le type1 s9on le plus fidle1 du mo9s le mieux connu4 ,relativem5t l'extrieur1 ce rgime ne p\vait c\rir immdiatem5t de graves dang]s que p> le dveloppem5t t\j\rs imm95t de l'activit militaire1 dont la politique sac]dotale prv5ait1 autant que possible1 les suites plus ou mo9s p]turbatrices1 en ouvrant1 de temps autre1 une issue conv5able l'inquitude des gu]ri]s1 p> de l>ges expditions lo9ta9es et p> des colonisations irrvocables4 ,enf91 s\s l'aspect purem5t moral1 on ne peut mconnatre la t5dance ncessaire de ce rgime dvelopp] soigneusem5t1 p> une premire culture1 la fois spontane et sy/matique1 la morale p]sonnelle en ce qu'elle (fre de plus fondam5tal1 mais surt\t la morale dome/ique1 trop nglige ensuite p> le poly?isme militaire1 comme je l'ai expliqu ci-dessus1 et qui1 dans ces ?ocraties1 devait naturellem5t dev5ir prpondrante1 l'esprit de ca/e n'tant qu'une ext5sion directe de l'esprit de famille1 et l'ducation y reposant t\j\rs sur le pr9cipe d'imitation4 ,quoique la polygamie y ft encore ess5tiellem5t prpondrante1 sauf quelques cas exceptionnels de monogamie =t imp>faite et trs prcaire1 la condition sociale des femmes recevait p\rtant alors sa premire amlioration fondam5tale1 depuis l'ge de b>b>ie o le sexe le plus faible re/ait communm5t assujti aux travaux pnibles ddaigns p> le sexe prpondrant3 leur rclusion habituelle1 suite d'ailleurs 9vitable de la polygamie1 con/ituait dj1 en ralit1 un premi] hommage gnral1 et un tmoignage involontaire de considration1 t5dant ds lors leur attribu]1 dans l'ordre lm5taire de la socit1 une position de plus en plus con=me leur vraie nature c>actri/ique4 ,quant la morale sociale1 il e/ vid5t que l'esprit de ce rgime devait directem5t dvelopp]1 au plus haut degr1 le respect des vieill>ds1 et le culte gnral des anctres4 ,le gr& s5tim5t du patriotisme n'y tait encore1 *ez les masses1 sauf l'atta*em5t in/9ctif au sol natal1 qu' son bau*e la plus lm5taire1 l'am\r de la ca/e1 qui1 quelque troit qu'il doive n\s p>atre1 con/itue un int]mdiaire indisp5sable dans l'essor graduel de la moralit huma9e1 surt\t cette poque1 et peut-tre t\j\rs s\s de n\velles =mes4 ,du re/e1 la pr(onde av]sion sup]/itieuse qu'un tel sy/me devait inspir] p\r t\te relation avec l'trang]1 et qui contribuait beauc\p augm5t] son immuable consi/ance1 doit tre soigneusem5t di/+ue de l'actif dda9 ultrieurem5t entret5u p> le poly?isme militaire4 ,malgr tant d'm95tes proprits1 il e/ nanmo9s c]ta9 que ce gr& sy/me ?ocratique1 aprs avoir bau*1 s\s t\s les rapports1 l'volution huma9e1 devait dev5ir ensuite radicalem5t antipa?ique aux pr9cipaux progrs ultrieurs1 intellectuels ou sociaux1 en v]tu mme de l'excessive /abilit qui le c>actrisait1 et qui t5dait graduellem5t se conv]tir en une immobilit op9itre1 qu& les n\veaux dveloppem5s ont f9i p> exig] un autre classem5t social#ad4 ,ce n'e/ pas que cette immuabilit soit1 comme on le p5se1 absolue3 puisque ce rgime n'e/ po9t1 beauc\p prs1 id5tique au ,?ibet ce qu'il e/ dans l',inde1 ni l surt\t ce qu'il e/ dev5u la ,*9e1 o l'introduction des exam5s graduels a tant modifi l'in/itution des ca/es1 sans t\tefois la dtruire rellem5t2 ce qui pr\ve clairem5t qu'un tel sy/me n'e/ pas immodifiable4 ,mais1 quoique l'humanit dt sans d\te spontanm5t p>v5ir s'y ouvrir enf9 une issue quelconque1 cep5dant notre dveloppem5t europen a heureusem5t dp5du d'une t\te autre m>*e1 inf9im5t plus rapide1 comme n\s le reconnatrons ci-aprs3 en sorte qu'il e/ oiseux d'insi/] davantage sur l'essor hypo?tique compatible avec la seule ?ocratie1 le premi] gr& progrs gnral ayant d prcism5t consi/] pass] une autre organisation1 dans les pays o celle-l n'avait pu s'enrac9] suffisamm5t4 ,on conoit aism5t1 en effet1 combi5 ce rgime purem5t cons]vateur doit bi5tt pr5dre un c>actre ho/ile t\t p]fectionnem5t considrable1 intellectuel ou social1 p> la t5dance de la ca/e prpondrante consacr] ses imm5ses ress\rces de t\s g5res au ma9ti5 gnral de sa dom9ation presque absolue1 lorsque elle-mme a dj p]du ncessairem5t1 s\s l'influ5ce prolonge de cette suprmatie1 la pr9cipale /imulation de son propre dveloppem5t4 ,au premi] aspect1 ce sy/me politique semble rationnellem5t trs satisfaisant1 en ce qu'il p>at con/itu] le rgne de l'esprit1 quoique ce soit1 au fond1 encore davantage celui de la peur1 puisqu'il repose bi5tt sur l'usage cont9u des t]reurs sup]/itieuses1 et mme des div]s pre/iges suggrs p> une grossire bau*e des connaissances physiques2 peu prs comme si la population tait s\mise des conqurans mieux arms4 ,mais1 p> une apprciation plus appr(ondie1 il importe d'ailleurs de reconnatre fran*em5t1 ds cette premire poque1 une haute ncessit sociale1 suite 9vitable de l'conomie fondam5tale de la nature huma9e1 et qui condamne directem5t la dom9ation politique de l'intellig5ce1 comme radicalem5t ho/ile l'accomplissem5t graduel de notre vritable volution4 ,quoique l'esprit doive spontanm5t t5dre de plus en plus la suprme direction des affaires huma9es1 il ne saurait c]ta9em5t y p>v5ir jamais1 p> suite de l'extrme imp]fection de notre organisme1 o la vie intellectuelle e/ ord9airem5t si peu n]gique3 en sorte que1 dans l'ordre rel1 individuel ou social1 l'esprit e/ seulem5t de/9 modifi] ess5tiellem5t la prpondrance matrielle1 p> un indisp5sable (fice consultatif1 mais sans p\voir habituellem5t donn] l'impulsion4 ,or1 cette mme int5sit trop peu prononce1 qui1 quoi qu'on puisse faire1 ne peut aucunem5t p]mettre le rgne rel de l'intellig5ce1 r5drait1 d'une autre "p1 cet empire trs dang]eux1 et bi5tt ho/ile au progrs1 si on t5tait de l'tablir2 faute de la /imulation cont9ue dont sa faiblesse native a tant beso91 et dont cette *imrique dom9ation f]ait ncessairem5t cess] la pr9cipale puissance3 l'esprit1 n p\r modifi] et non p\r comm&]1 s]ait alors ess5tiellem5t employ ma9t5ir son mon/rueux asc5dant1 au lieu de suivre noblem5t sa gr&e de/9ation au p]fectionnem5t4 ,je me borne indiqu] ici cette considration capitale1 qui s]a naturellem5t reprise1 au *apitre suivant1 d'une manire plus directe et plus spciale4 ,mais elle e/ a9si assez signale dj p\r n\s faire actuellem5t compr5dre1 dans sa plus intime pr(ondeur1 le vrai pr9cipe lm5taire de cette t5dance radicalem5t /ationnaire si ju/em5t repro*e1 en gnral1 au sy/me ?ocratique1 p> ceux-l mme qui1 d'un autre ct1 ne p\vai5t s'emp*] d'admir] pr(ondm5t son app>5te rationnalit4 ,en considrant ensuite1 d'un tel po9t de vue1 les div]s lm5s ess5tiels de ce rgime initial1 *acun p\rra aism5t y vrifi] que cette excessive conc5tration des div]s p\voirs1 premire cause de sa consi/ance c>actri/ique1 dev5ait bi5tt un ob/acle ncessaire t\t p]fectionnem5t notable1 aucune p>tie ne p\vant tre isolm5t amliore sans compromettre l'ensemble d'un sy/me o rgnait une semblable solid>it4 ,s\s le po9t de vue sci5tifique1 p> exemple1 si va9em5t prs5t comme m9emm5t favorable aux ?ocraties antiques1 il e/ clair que l'esprit huma9 n'a pu1 au contraire1 y dpass] jamais les plus simples progrs1 non-seulem5t faute d'une /imulation suffisante1 mais aussi p>ce que l'action critique qui s]ait naturellem5t rsulte1 contre le poly?isme dom9ant1 d'un dveloppem5t plus avanc1 aurait directem5t t5du b\lev]s] ds lors t\te l'conomie sociale4 ,p]sonne ne saurait ignor] auj\rd'hui que1 aprs le premi] branlem5t m5tal1 les sci5ces ne p\vai5t fleurir que cultives p\r elles-mmes1 et non comme in/rum5s de dom9ation politique4 ,t\te autre p>tie quelconque du sy/me social p\rrait donn] lieu une apprciation ess5tiellem5t analogue1 que je dois ma9t5ant laiss] au lecteur4 ,a9si1 en rsum1 on ne peut pas plus conte/] l'aptitude fondam5tale du poly?isme ?ocratique bau*]1 t\s g>ds1 p> une indisp5sable p>ticipation1 l'ensemble de l'volution huma9e1 qu'on ne doit1 d'un autre ct1 mconnatre son 9vitable t5dance ultrieure entrav] directem5t le dveloppem5t gnral4 ,les peuples *ez lesquels la ca/e militaire n'a pu p>v5ir subalt]nis] enf9 la ca/e sac]dotale1 n'ont donc j\i d'abord d'une mmorable prm95ce1 que p\r se voir ensuite condamns une immobilit presque incurable1 laquelle la conqute mme peut difficilem5t apport] un assez puissant correctif1 puisque1 dans les ?ocraties les plus =tem5t con/itues1 les va9cus ont spontanm5t absorb les va9queurs1 comme l'hi/oire n\s le montre p> tant d'clatans exemples1 o l'on voit le conqurant trang] se trans=m] ins5siblem5t en *ef du sac]doce dirigeant1 sans que la nature primitive du rgime en reoive presque jamais aucune altration capitale3 il en tait ess5tiellem5t a9si lorsque1 dans les rvolutions intrieures1 les gu]ri]s ayant pu pr5dre mom5tanm5t le dessus sur les pontifes1 f9issai5t bi5tt eux-mmes p> acqurir involontairem5t le c>actre ?ocratique1 ce qui ma9t5ait t\j\rs l'esprit gnral du sy/me1 sauf un simple *angem5t de p]sonnes ou de dyna/ies4 ,note #ad3 ,plusieurs philosophes1 s\s l'inspiration des va9es ?ories mtaphysiques qui ont tant exagr1 au sicle d]ni]1 l'influ5ce des signes1 ont p5s1 surt\t env]s les ,*9ois1 que cette immobilit dp5dait pr9cipalem5t de l'usage univ]sel de l'criture hiroglyphique1 sans rfl*ir que d'autres ?ocraties vois9es1 et c]tes non mo9s immobiles1 n'tai5t po9t assujties cette prt5due cause prpondrante4 ,quels que soi5t les graves inconvni5s sociaux d'une telle criture1 il e/ clair que cette sup]ficielle apprciation1 d'abord spcieuse1 pr5d rellem5t un symptme p\r un pr9cipe1 puisque cet usage cont9ue1 depuis l'tablissem5t des ,tat>s1 subsi/] conjo9tem5t avec la dsutude de l'criture alphabtique de ces conqurans4 ,l'ensemble du sy/me ?ocratique explique c]tes assez directem5t son esprit anti-progressif1 p\r qu'on doive se disp5s] de rec\rir des considrations accessoires et p>tielles1 hors de t\te proportion raisonnable avec les effets qu'on veut a9si leur attribu]4 ,en considrant de plus prs le passage gnral du poly?isme ?ocratique au poly?isme militaire1 on reconnat aism5t qu'il n'a pu s'effectu] que *ez les peuples o l'ensemble des conditions extrieures avait emp* le dveloppem5t de la ?ocratie1 en favorisant celui de la gu]re1 et dont la civilisation avait t hte p> d'heureuses colonisations qui1 ess5tiellem5t prov5ues de pays s\mis au pur rgime des ca/es1 ne p\vai5t cep5dant l'enrac9] de n\veau sur un sol mal dispos1 un tel transport devant1 en effet1 neutralis] beauc\p les dang]s politiques de ce sy/me1 sans nuire s5siblem5t ses qualits intellectuelles et morales4 ,l'importante rvolution a9si accomplie communm5t dans cette organisation primitive1 a p>t\t ma9t5u1 au fond1 le pr9cipe des ca/es1 qui se retr\ve *ez t\te l'antiquit1 o la naissance a t\j\rs ex]c une influ5ce politique prpondrante1 dcidant d'abord habituellem5t de la lib]t ou de l'esclavage1 et dt]m9ant ensuite1 en majeure p>tie1 surt\t l'orig9e1 la nature des attributions de *acun4 ,mais le pr9cipe d'hrdit s'e/ tr\v ds lors ess5tiellem5t modifi p> l'introduction rgulire et p]man5te d'une c]ta9e facult de *oix d'aprs une apprciation p]sonnelle et directe1 facult n\velle qui1 quoique d'abord troitem5t subordonne la naissance1 a d ensuite acqurir une ext5sion et une indp5dance t\j\rs croissantes4 ,l'quilibre politique qui a pu s'tablir entre ces deux t5dances opposes devait surt\t dp5dre du dveloppem5t plus ou mo9s p>fait de l'activit militaire1 si propre1 p> sa nature1 mettre en ple9e vid5ce la supriorit des vraies vocations correspondantes4 ,c'e/ a9si que1 *ez les ,roma9s1 cet quilibre a t bi5tt suffisamm5t in/itu1 et spontanm5t ma9t5u p5dant plusieurs sicles1 p> une suite ncessaire1 quoique indirecte1 de l'essor graduel et cont9u du sy/me de conqute3 t&is que1 *ez les ,grecs1 p> une cause inv]se1 les lgislateurs et les philosophes avai5t t t\j\rs occups organis] laborieusem5t1 entre ce qu'ils nommai5t l'olig>*ie et la dmocratie1 une conciliation durable1 sans p\voir jamais y p>v5ir assez4 ,a p>tir du poly?isme militaire1 l'tude gnrale de l'volution huma9e doit tre ncessairem5t dcompose1 jusqu'aux temps mod]nes1 en deux p>ties ess5tielles1 intimem5t mles aup>avant s\s le poly?isme ?ocratique3 c>1 malgr la corelation lm5taire qui exi/e t\j\rs plus ou mo9s entre la m>*e de l'esprit huma9 et celle de la socit1 il e/ c]ta9 que ds lors la pr9cipale volution intellectuelle et la pr9cipale volution sociale ont t1 dans le dveloppem5t fondam5tal de l'humanit1 pr(ondm5t sp>es1 et produites1 en des temps trs di/9cts1 s\s des rgimes =t diffr5s1 quoique radicalem5t analogues4 ,telle e/ l'orig9e ess5tielle de la division hi/orique ci-dessus annonce entre le mode grec et le mode roma91 laquelle notre apprciation doit ma9t5ant se subordonn]4 ,c'e/ aussi p\rquoi1 env]s *acun de ces deux modes galem5t indisp5sables1 n\s devrons surt\t n\s rduire y exam9] le dveloppem5t qui lui tait spcialem5t rs]v1 en comm5ant p> le rgime grec4 ,p> cela mme que ce premi] rgime e/1 t\s g>ds1 int]mdiaire entre le rgime gypti5 et le rgime roma91 plus intellectuel que l'un et mo9s social que l'autre1 il sembl]ait1 d'aprs un pr9cipe logique dj heureusem5t employ dans plusieurs p>ties antrieures de ce ,trait1 que son apprciation rationnelle dt tre plus nettem5t conue la suite de celle des deux t]mes extrmes4 ,mais1 comme le t]me initial vi5t d'tre assez c>actris1 et que le lecteur a dj sans d\te une suffisante connaissance provisoire du t]me f9al1 il e/ clair que l'avantage philosophique inhr5t un tel ordre d'exposition ne saurait assez comp5s] le grave inconvni5t qu'il y aurait altr] a9si1 quoique seulem5t dans la =me1 la conception de filiation graduelle1 qui doit c]ta9em5t prdom9] en t\te opration hi/orique3 ce qui n'emp*e pas t\tefois que cette inv]sion ne puisse ensuite tre accessoirem5t recomm&e au lecteur1 titre d'un utile ex]cice4 ,un c\p d'il philosophique sur l'ensemble de l'hi/oire grecque1 suffit p\r montr] directem5t que1 dans cette socit1 l'activit militaire1 quoique fondam5tale et cont9ue1 tait t\j\rs rduite un essor ess5tiellem5t vague et incohr5t1 sans p\voir encore ab\tir sa gr&e de/9ation sociale1 p> le dveloppem5t graduel d'un sy/me de conqutes durables1 fonction politique m9emm5t rs]ve au rgime roma94 ,suivant l'heureuse expression de ,de ,mai/re1 on peut dire en quelque sorte que la ,grce tait ne divise3 puisque cet tat c>actri/ique de luttes intrieures1 non mo9s /riles que cont9ues1 entre des peuplades aussi analogues1 a comm5c ds la premire orig9e di/9cte de cette mmorable population1 et n'a cess que p> l'univ]selle prpondrance de la dom9ation roma9e2 si tant e/ d'ailleurs qu'il n'en re/e po9t1 encore auj\rd'hui1 des traces trs s5sibles4 ,la con/itution gographique de la ,grce explique1 en p>tie1 cette division radicale1 p> l'excessive dissm9ation qui di/+ue un tel t]ritoire1 non-seulem5t dans l',ar*ipel1 mais mme sur le cont95t1 naturellem5t dcompos en un gr& nombre de portions indp5dantes1 en v]tu des golfes1 des i/hmes1 des *anes1 etc41 dont il e/ tant trav]s4 ,a cette condition extrieure1 il faut jo9dre1 p\r complt] suffisamm5t une telle explication1 une cause sociale non mo9s ess5tielle1 consi/ant dans l'id5tit rem>quable de ces div]ses populations1 civilises1 presque simultanm5t1 s\s l'influ5ce d'une langue peu prs commune1 p> des colonies dont l'orig9e tait semblable et la sociabilit =t analogue#ae4 ,de ce d\ble c>actre fondam5tal1 il e/ ncessairem5t rsult que *acun de ces peuples1 d'abord aussi dispos sans d\te que le peuple roma9#af p\rsuivre graduellem5t la conqute univ]selle1 n'a jamais pu1 malgr des ef=ts t\j\rs r5\vels1 subjugu] f9alem5t ses plus pro*es vois9s1 et a t ds lors =c d'all] surt\t dploy] au lo9 son ardeur belliqueuse1 suivant une m>*e entirem5t inv]se celle de ,rome1 et radicalem5t incompatible avec l'tablissem5t progressif d'une dom9ation la fois t5due et durable1 susceptible de f\rnir un po9t d'appui vraim5t solide au dveloppem5t ultrieur de l'humanit4 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 que la peuplade a?ni5ne1 au mom5t de sa plus clatante prpondrance1 dans l',ar*ipel1 en ,asie1 en ,?race1 etc41 tait rduite un t]ritoire c5tral pe9e quival5t un moy5 dp>tem5t franais1 et t\t aut\r duquel campai5t de nombreux rivaux1 dont l'assujtissem5t rel tait alors ju/em5t rput impraticable3 ,a?nes p\vait plus raisonnablem5t projet] la conqute1 p> exemple1 de l'gypte ou de l',asie m9eure1 que celle1 non-seulem5t de ,sp>te1 mais mme de ,?bes ou de ,cor9!1 ou peut-tre de la petite rpublique adjac5te de ,mg>e2 quelque p>adoxale que doive d'abord p>atre1 nos esprits mod]nes1 une telle apprciation1 elle n'tonn]a po9t sans d\te ceux qui ont vraim5t appr(ondi l'tude de cette situation politique4 ,note #ae3 ,le pr9cipe de la colonisation a ex]c une influ5ce tellem5t capitale sur la de/9ation1 ess5tiellem5t intellectuelle1 de la civilisation grecque1 que l'on peut not] les colonisations r$\bles1 ou p\sses mme au troisime degr1 comme ayant le plus heureusem5t conc\ru l'ensemble du m\vem5t spirituel1 soit philosophique1 sci5tifique ou e/htique3 a9si que le tmoign5t si clairem5t tant d'm95s exemples analogues ceux d',homre1 de ,?als1 de ,py?agore1 d',ari/ote mme1 d',ar*imde1 d',hipp>que1 etc4 ,on conoit aism5t1 en effet1 que les proprits c>actri/iques du rgime grec p\r excit] l'volution intellectuelle1 dev5ai5t naturellem5t d'autant plus prononces1 dans ces drivations successives1 qu'on s'loignait davantage de la s\rce ?ocratique primordiale1 sans cep5dant que l'esprit de conqute pt acqurir un plus libre dveloppem5t3 p\rvu t\tefois que les altrations ne fuss5t pas a9si p\sses au po9t de dnatur] le sy/me orig9aire1 ce qui ne p\vait gure arriv] tant qu'il y re/ait quelques rapports suivis avec la mtropole1 dont l'asc5dant1 politique ou moral1 devait y tempr] spcialem5t l'essor militaire4 ,note #af3 ,il e/ clair1 p> exemple1 que les ,sp>tiates n'tai5t ess5tiellem5t1 p\r a9si dire1 que des ,roma9s avorts1 faute d'un milieu conv5able1 admirablem5t organiss p\r la gu]re1 et ne p\vant nanmo9s conqurir avec fruit4 ,mais cette peuplade n'en a pas mo9s rempli une indisp5sable fonction dans le sy/me total de la civilisation grecque1 comme propre con/itu] le pr9cipal noyau militaire1 dans les occasions capitales o la ,grce devait agir1 et surt\t rsi/]1 collectivem5t2 quoique son aveugle antipa?ie contre ,a?nes l'ait trop s\v5t conduite1 en ses temps mme de plus gr&e spl5deur1 second] honteusem5t les projets ho/iles de la ?ocratie p]sane1 qu'elle avait1 en d'autres cas1 si noblem5t combattue4 ,p> suite d'une telle position fondam5tale1 l'activit militaire avait donc1 *ez ces peuples1 t\te l'int5sit conv5able p\r emp*] le dveloppem5t1 long-temps imm95t1 du rgime ?ocratique1 auquel l'expulsion ou l'abaissem5t des rois opposait p>t\t une puissante b>rire politique1 en h>monie avec une antipa?ie morale trs prononce3 mais1 en mme temps1 ces div]ses nations antagoni/es1 presque quival5tes en puissance gu]rire1 devai5t se neutralis] ess5tiellem5t1 de manire emp*] cette inquite activit d'accomplir progressivem5t sa gr&e mission politique4 ,a9si1 p5dant que l'humanit s'y tr\vait prs]ve de cette torpeur intellectuelle et morale que t5d ncessairem5t produire la prolongation dmesure du rgime ?ocratique1 la vie gu]rire ne p\vait cep5dant y acqurir habituellem5t assez de prpondrance p\r absorb] radicalem5t1 comme ,rome1 les pr9cipales facults des hommes m95s1 auxquels ces va9es luttes ne p\vai5t sans d\te1 malgr les prjugs dom9ans1 inspir] t\j\rs un intrt exclusif4 ,telle e/ la gr&e cause qui a rejet1 en quelque sorte1 dans la vie intellectuelle1 une n]gie crbrale cont9uellem5t excite1 et que la de/9ation politique ne p\vait suffisamm5t satisfaire3 la mme influ5ce agissant aussi sur les masses1 quoiqu' un degr beauc\p mo9dre1 les disposait galem5t gt] conv5ablem5t cette n\velle culture1 surt\t quant aux beaux-arts4 ,cep5dant1 cette t5dance fondam5tale n'aurait pu spontanm5t dt]m9] le rapide dveloppem5t de l'volution intellectuelle1 soit sci5tifique1 soit e/htique1 si les premi]s g]mes n'en euss5t t1 d'un autre ct1 pralablem5t emprunts aux socits ?ocratiques1 p> une suite naturelle des colonisations orig9aires4 ,voil donc p> quel conc\rs de conditions ess5tielles il a enf9 surgi1 dans la ,grce1 une classe libre entirem5t n\velle1 qui devait alors s]vir d'inapprciable organe au pr9cipal essor m5tal de l'lite de l'humanit1 comme tant la fois m9emm5t spculative1 sans avoir le c>actre sac]dotal1 et ess5tiellem5t active1 sans tre absorbe p> la gu]re4 ,en altrant de quelques degrs1 en l'un ou l'autre s5s1 cet admirable antagonisme1 qui n'a jamais t nettem5t conu1 les philosophes1 les savans et les arti/es demeurai5t de simples pontifes1 plus ou mo9s levs dans la hir>*ie sac]dotale1 ou dev5ai5t d'humbles esclaves *>gs des so9s pdagogiques dans les gr&es familles militaires4 ,mon illu/re prdcesseur1 ,condorcet1 semble avoir entrevu le vrai pr9cipe de cette mmorable situation1 mais sans avoir pu l'apprci] suffisamm5t1 faute d'une sa9e ?orie fondam5tale de l'ensemble de l'volution huma9e4 ,on voit a9si quel s]vice capital a ds lors indirectem5t r5du l'humanit l'essor cont9u de l'activit militaire1 quoique politiquem5t /rile3 sans p>l] d'ailleurs de son importance spciale assez connue p\r s\/raire1 l'envahissem5t t\j\rs imm95t des imm5ses armes ?ocratiques1 ce petit noyau de libres p5seurs1 alors *>gs1 en quelque sorte1 des de/9es intellectuelles de notre espce1 qui peut-tre1 sans les sublimes j\rnes des ,!rmopyles1 de ,m>a?on1 et de ,salam9e1 ultrieurem5t compltes p> l'immortelle expdition du gr& ,alex&re1 re/]ait encore1 mme auj\rd'hui1 p>t\t plonge dans l'avilissem5t ?ocratique4 ,n\s aurons ma9t5ant assez apprci cette gr&e de/9ation m5tale du rgime grec1 si n\s n\s rduisons ici la considration sommaire du dveloppem5t le plus important1 c'e/--dire1 de l'volution philosophique et sci5tifique1 puisque l'volution e/htique a dj t ci-dessus conv5ablem5t c>actrise4 ,p\r plus de cl>t1 j'envisag]ai d'abord l'essor sci5tifique1 comme le plus capital en lui-mme1 titre de manife/ation primordiale d'un n\vel lm5t intellectuel1 ultrieurem5t rs]v une prpondrance df9itive1 et comme ayant d'ailleurs pr(ondm5t influ ds lors sur l'essor simultan de la philosophie proprem5t dite4 ,env]s l'une et l'autre volution1 le po9t de d"p commun rsultait donc de la =mation spontane1 il y a mo9s de tr5te sicles1 d'une classe m9emm5t contemplative1 compose1 en dehors de l'ordre lgal1 d'hommes libres1 d\s d'une haute intellig5ce et p\rvus du loisir suffisant1 sans aucune attribution sociale dt]m9e1 et1 p> suite1 bi5 plus purem5t spculatifs que les dignitaires ?ocratiques1 dont l'esprit devait tre pr9cipalem5t occup cons]v] ou appliqu] leur m95t p\voir4 ,ces sages ou philosophes dur5t d'ailleurs long-temps cultiv] simultanm5t1 l'imitation de leurs prcurseurs sac]dotaux1 t\tes les p>ties quelconques du doma9e intellectuel1 sauf t\tefois l'importante sp>ation1 presque immdiate1 de la posie et des autres beaux-arts1 en v]tu d'un essor plus rapide4 ,mais cette activit cont9ue dut t5dre ensuite dt]m9] graduellem5t une division n\velle1 premire base directe de notre propre dveloppem5t sci5tifique1 lorsque l'esprit positif put enf9 comm5c] s'y manife/] nettem5t1 avec t\s les vrais c>actres qui lui app>ti5n5t1 malgr la philosophie1 d'abord purem5t ?ologique et puis de plus en plus mtaphysique1 qui cont9ua ncessairem5t prsid] t\tes les spculations de l'antiquit4 ,cette app>ition dcisive du vritable esprit sci5tifique1 s'opra alors1 comme c'tait 9vitable1 p> l'laboration des ides les plus simples1 les plus gnrales et les plus ab/raites1 c'e/--dire les ides ma?matiques1 b]ceau ncessaire de la positivit rationnelle1 et que ces mmes c>actres devai5t d'ailleurs spontanm5t s\/raire la juridiction spciale de la ?ologie dom9ante1 qui ne p\vait desc5dre de tels dtails1 seulem5t envelopps implicitem5t s\s son univ]selle suprmatie intellectuelle4 ,il e/ mme c]ta9 que les ides purem5t ari?mtiques1 o ces trois attributs corelatifs sont encore plus prononcs1 fur5t d'abord le sujet de c]ta9es re*]*es ma?matiques1 quelque temps avant que la gomtrie comm5t se dgag] de l'art de l'arp5tage1 auquel elle adhrait ess5tiellem5t dans les spculations ?ocratiques4 ,nanmo9s1 le nom c>actri/ique de la sci5ce1 qui1 depuis cette poque1 n'a jamais cess d'tre tir de cette p>tie pr9cipale1 comme il cont9u]a ncessairem5t l'tre t\j\rs1 cause de sa prpondrance rationnelle1 suffirait uniquem5t en con/at] la culture presque aussi anci5ne1 la gomtrie proprem5t dite devant d'ailleurs seule spontanm5t f\rnir un *amp suffisant l'esprit ari?mtique1 et surt\t l'esprit algbrique1 qui n'en p\vait d'abord tre sp>4 ,telle fut1 *ez le gr& ,?als1 l'orig9e de la vraie gomtrie1 surt\t p> la =mation de la ?orie fondam5tale des figures rectilignes1 bi5tt agr&ie p> l'immortelle dc\v]te de ,py?agore1 qui procda d'un pr9cipe di/9ct1 d'aprs la considration directe des aires1 quoiqu'elle et pu1 sans d\te1 dj rsult] des ?ormes de ,?als sur les lignes proportionnelles1 si la facult de dduction ab/raite avait pu tre alors assez avance4 ,le fait clbre de ,?als enseignant aux prtres gypti5s mesur] la hauteur de leurs pyramides p> la longueur des ombres1 con/itue1 p\r quiconque en saisit bi5 t\te la porte1 un imm5se symptme intellectuel1 p]mettant d'apprci] exactem5t1 de "p et d'autre1 le vritable tat de la sci5ce1 quelquefois si ridiculem5t exagr encore en l'honneur des ?ocraties antiques2 en mme temps qu'il tmoigne du progrs fondam5tal dj accompli alors dans la raison huma9e1 a9si p>v5ue considr] enf91 s\s un simple aspect d'utilit sci5tifique1 un ordre de phnomnes o elle n'avait si long-temps envisag qu'un sujet de t]reurs sup]/itieuses4 ,a p>tir de cette gr&e poque1 l'esprit gomtrique1 bi5tt alim5t p> l'heureuse inv5tion des sections coniques1 s'lve rapidem5t jusqu' l'm95te p]fection qu'il acqui]t dans le sublime gnie d',ar*imde1 type t]nel1 t\s g>ds1 du vrai gomtre1 et premi] crateur de t\tes les m?odes fondam5tales1 d'o devai5t dc\l] les imm5ses progrs ultrieurs1 quoiqu'elles ne puss5t alors avoir que ce c>actre de p>ticul>it1 ncessairem5t inhr5t la gomtrie anci5ne4 ,il ne faut pas d'ailleurs oubli] la voie entirem5t n\velle ouv]te1 en outre1 p> ,ar*imde l'esprit ma?matique1 comm5ant embrass] aussi un ordre de phnomnes plus compliqu1 en bau*ant la cration de la ?orie rationnelle de l'quilibre des solides1 et mme1 quelques g>ds1 des fluides4 ,enf91 en s'arrtant encore un peu plus un si gr& nom1 bi5 digne d'une telle exception1 il ne s]ait pas inutile1 notre b philosophique1 de signal] ici avec quelle plnitude l'esprit sci5tifique s'tait alors dvelopp1 *ez son plus pur et plus p>fait organe1 en notant aussi l'admirable fcondit de ses applications pratiques1 et surt\t la dignit vraim5t c>actri/ique si noblem5t manife/e p> ,ar*imde1 lorsqu'il cons5tit se dt\rn] mom5tanm5t de ses m95s travaux p\r s'occup]1 dans un grave beso9 public1 d'un ordre de conceptions aussi secondaire1 o il s\t9t si hautem5t sa supriorit1 premire indication dcisive des imm5ses s]vices que la sci5ce devait r5dre un j\r l'indu/rie4 ,aprs lui1 et sauf peut-tre ,apollonius1 il n'y a plus rellem5t considr]1 dans l'antiquit1 s\s le po9t de vue purem5t sci5tifique1 comme gnie ma?matique vraim5t crateur1 que le gr& ,hipp>que1 trop peu apprci1 fondateur de la trigonomtrie1 spontanm5t prp>e p> ,ar*imde1 a9si que je l'ai expliqu au premi] volume1 et auquel sont dues t\tes les pr9cipales m?odes de la gomtrie cle/e1 dont il avait ess5tiellem5t conu le vritable ensemble1 et d'avance con/itu mme les relations pratiques fondam5tales1 soit la connaissance des temps1 ou celle des lieux4 ,hors des div]ses spculations ma?matiques1 il ne p\vait alors c]ta9em5t exi/] aucune sphre d'activit conv5ablem5t prp>e p\r le vritable esprit sci5tifique1 comme l'ensemble de ce ,trait l'a dj surabondamm5t dmontr1 et comme l'indique d'ailleurs spontanm5t le nom mme dj impos cette sci5ce primordiale1 et qui rappelle si navem5t son exclusive positivit cette poque4 ,quel que soit1 en ralit1 l'm95t mrite individuel manife/1 s\s ce rapport1 p> les travaux d',ari/ote sur les animaux1 et mme antrieurem5t p> les clairs du gnie mdical d',hippocrate sur l'tude gnrale de la vie1 la situation fondam5tale de l'esprit huma9 n'en p\vait tre ess5tiellem5t *ange1 au po9t de r5dre dj vraim5t possibles des sci5ces aussi pr(ondm5t compliques1 dont la cration sy/matique devait tre si videmm5t rs]ve un av5ir alors extrmem5t lo9ta94 ,bi5 que la nature de notre opration doive ncessairem5t int]dire ici t\te p\rsuite ultrieure d'un tel dveloppem5t spcial1 j'ai cep5dant jug indisp5sable d'insi/] sur ce premi] essor c>actri/ique de la positivit rationnelle1 p\r y m>qu] l'introduction spontane de ce gr& modificateur graduel de la philosophie primitive1 avec son d\ble attribut1 spculatif et ab/rait1 indisp5sable son volution ultrieure1 et dj si purem5t prononc dans cet essai dcisif4 ,il importe aussi de not]1 ce sujet1 le gnie m9emm5t spcial qui1 ds l'orig9e1 comm5ce 9vitablem5t di/+u] ce n\vel ordre de spculations1 p> opposition aux contemplations indt]m9es de l'anci5ne philosophie4 ,quoique la spcialit1 dev5ue auj\rd'hui exorbitante et exclusive1 puisse tre ma9t5ant1 div]s g>ds1 trs dang]euse p\r l'ordre social1 depuis que le beso9 de gnralits n\velles e/ directem5t prpondrant1 il n'en p\vait tre aucunem5t a9si en un temps o1 ex]ce en dehors d'un sy/me de sociabilit1 qui devait1 long-temps encore1 repos] sur d'autres bases1 elle n'tait videmm5t susceptible d'aucun grave inconvni5t politique1 et con/ituait1 au contraire1 l'unique moy5 qui1 indp5damm5t de la commune ncessit de la rp>tition des travaux1 pt enf9 appr5dre l'esprit huma91 d'abord dans les cas les plus simples1 appr(ondir conv5ablem5t un sujet quelconque1 ce qui jusque-l tait re/ radicalem5t impossible4 ,en un mot1 l'esprit sci5tifique1 alors nullem5t con/ituant1 et de/9 seulem5t prp>] de trs lo91 s\s le rgime ?ologique1 le pr9cipal lm5t ultrieur du rgime positif1 devait tre1 sans aucun dang] social1 m9emm5t spcial1 s\s pe9e d'avortem5t 9vitable3 ce qui ne saurait signifi] d'ailleurs que la mme disposition doive re/] indf9im5t prpondrante1 qu& les beso9s et la situation ont radicalem5t *ang1 comme le croi5t1 avec une si aveugle ob/9ation1 presque t\s les savans actuels4 ,on ne peut d\t]1 en effet1 que les savans proprem5t dits n'ai5t comm5c p>atre1 dj nettem5t sp>s des philosophes1 et avec leurs pr9cipaux attributs mod]nes1 p>tir de cette mmorable poque1 si hautem5t c>actrise1 s\s ce rapport1 p> l'admirable fondation du muse d',alex&rie1 directem5t de/9e satisfaire ce n\veau beso9 intellectuel1 aprs le triomphe irrvocable du poly?isme progressif sur le poly?isme /ationnaire4 ,quant l'volution purem5t philosophique1 elle prs5te1 surt\t avant cette indisp5sable sp>ation1 des traces trs s5sibles de l'influ5ce secrte de cette positivit naissante p\r modifi] dj radicalem5t1 p> l'int]v5tion prononce de la mtaphysique1 le sy/me gnral de la philosophie ?ologique1 suivant la m>*e lm5taire indique au *apitre prcd5t1 d'aprs ma ?orie fondam5tale du dveloppem5t m5tal4 ,avant mme que les tudes a/ronomiques puss5t comm5c] dvoil]1 sur des phnomnes unanimem5t obs]vs1 l'exi/5ce directe des lois naturelles proprem5t dites1 on voit l'esprit huma91 impati5t d'*app] prmaturm5t au rgime fran*em5t ?ologique1 s'ef=c] d'all] puis]1 dans l'essor rudim5taire des conceptions ma?matiques1 des ides univ]selles d'ordre et de conv5ance1 qui1 malgr leur c>actre pr(ondm5t confus et ncessairem5t *imrique1 con/itu5t rellem5t un vague press5tim5t initial de la subord9ation ultrieure de t\s les phnomnes des lois naturelles4 ,cet emprunt fondam5tal de la philosophie la sci5ce1 premire base vritable de t\te la mtaphysique grecque1 a d'ailleurs suivi1 ds cette poque1 la m>*e ncessaire de l'esprit ma?matique1 passant de l'ari?mtique la gomtrie2 puisque ces my/res philosophiques1 d'abord exclusivem5t relatifs aux nombres1 s't5dir5t ensuite aux figures1 sans cess] t\tefois1 jusqu'aux d]ni]s ef=ts de la subtilit grecque1 d'embrass] simultanm5t ces deux ordres d'ides3 ce qui me semble m9emm5t propre ju/ifi] cette n\velle apprciation hi/orique d'une telle philosophie1 dont l'uvre imm5se du gr& ,ari/ote con/itu]a t\j\rs le plus admirable monum5t1 t]nel tmoignage de la puissance intr9sque de la raison huma9e1 l'tat mme d'extrme imp]fection spculative1 apprciant la fois1 avec une pr(onde sagacit1 autant que l'poque le comportait1 les sci5ces et les beaux-arts1 et n'exceptant1 de sa va/e conception encyclopdique1 que les seuls arts indu/riels1 alors crus indignes des hommes libres4 ,aprs la sp>ation dcisive opre p> l'tablissem5t alex&r91 cette philosophie1 irrvocablem5t divise en naturelle et morale1 passe1 de l'essor purem5t spculatif1 une exi/5ce sociale de plus en plus active1 en s'ef=ant d'influ] dsormais t\j\rs davantage sur le g\v]nem5t de l'humanit1 dont la suprme direction future n'arrte mme po9t ses ambitieuses utopies4 ,quelques tranges ab]rations qu'ait d produire cette n\velle phase1 elle n'tait pas1 au fond1 mo9s ncessaire que la premire la prp>ation gnrale du rgime mono?ique1 non-seulem5t en acclrant l'univ]selle dcad5ce du poly?isme1 mais aussi comme in/ituant1 l'insu mme de t\s les philosophes1 un g]me indisp5sable de rorganisation spirituelle1 comme je l'expliqu]ai bi5tt4 ,on peut mme ap]cevoir ds lors1 p> une exploration trs appr(ondie de cette suite v>ie de spculations mtaphysiques sur le s\v]a9 bi5 moral et politique1 une c]ta9e t5dance vague concevoir l'conomie sociale d'une manire indp5dante de t\te philosophie ?ologique quelconque4 ,mais un espoir aussi prmatur1 qui n'ab\tissait rellem5t qu'au rgne *imrique d'une impuissante mtaphysique1 ne p\vait avoir1 en effet1 qu'une influ5ce purem5t critique1 comme l'tait immdiatem5t1 vrai dire1 t\te celle d'une semblable philosophie1 alors organe actif d'une an>*ie intellectuelle et morale =t analogue la ntre1 s\s div]s aspects importans4 ,l'incapacit radicale de la mtaphysique1 comme base d'organisation1 mme simplem5t m5tale1 et1 plus =te raison1 sociale1 devi5t irrcusable cette poque de sa pr9cipale activit spirituelle1 dont ri5 ne gnait gravem5t l'essor1 qu& on voit le progrs cont9u du d\te univ]sel et sy/matique1 conduisant1 avec une effrayante rapidit1 d'cole en cole1 p>tir de ,socrate jusqu' ,pyrrhon et picure1 ni] f9alem5t t\te exi/5ce extrieure4 ,cette trange issue1 directem5t incompatible avec aucune ide de vritable loi naturelle1 dcle dj l'antipa?ie fondam5tale1 ultrieurem5t dveloppable1 entre l'esprit mtaphysique et l'esprit positif1 ds l'poque de cette sp>ation de la philosophie d'avec la sci5ce1 dont le bon s5s de ,socrate avait d'avance bi5 compris la ncessit pro*a9e1 mais sans en s\ponn] aucunem5t les limites ni les dang]s4 ,l'action sociale1 de plus en plus dissolvante1 ncessairem5t ex]ce p> ce dveloppem5t graduel de la mtaphysique grecque1 doit lui faire mrit]1 au tribunal suprme de la po/rit1 la ju/e rprobation qu'elle a univ]sellem5t enc\rue1 et qui1 ds l'orig9e1 avait t dj si judicieusem5t =mule1 p> la rectitude politique du noble ,fabricius1 lorsque1 au sujet de l'picurisme1 il regrettait1 avec une si amre ironie1 qu'une semblable philosophie morale ne rgnt po9t aussi *ez les ,samnites et les autres ennemis de ,rome1 qui en et ds lors aism5t triomph4 ,quant l'apprciation intellectuelle1 elle ne saurait tre f9alem5t gure plus favorable1 lorsqu'on voit la sp>ation entre la philosophie et la sci5ce rapidem5t conduire ce po9t que les plus clbres philosophes devi5n5t grossirem5t trang]s aux connaissances relles dj vulg>ises dans l'cole d',alex&rie3 comme le tmoign5t surt\t ces tranges absurdits a/ronomiques qui dom9ai5t la philosophie si vante d'picure1 et que rptait encore pieusem5t1 un demi-sicle aprs ,hipp>que1 l'illu/re pote ,lucrce4 ,en un mot1 il e/ clair a9si que la mtaphysique avait alors p\ss ses rves d'indp5dance absolue et de va9e suprmatie1 jusqu' v\loir s'affran*ir galem5t de la ?ologie et de la sci5ce1 seules aptes organis]4 ,j'ai cru devoir insi/] autant sur cette explication neuve et difficile du vrai c>actre ess5tiel de l'ensemble de la civilisation grecque1 af9 de faire conv5ablem5t ressortir l'apprciation trs dlicate d'une situation aussi complexe1 ord9airem5t si mal juge1 quoique si connue4 ,mais il s]ait c]ta9em5t sup]flu d'exam9] ici avec la mme prcision le second mode fondam5tal di/+u ci-dessus dans le poly?isme militaire1 c'e/--dire le sy/me roma91 dont la vraie nature gnrale1 beauc\p plus simple et mieux tran*e1 doit tre bi5 plus nettem5t saisissable1 et dont l'influ5ce ncessaire sur la socit mod]ne e/ d'ailleurs plus complte et plus s5sible4 ,en outre1 je ne saurais avoir la tmrit de repr5dre l'apprciation sommaire de la politique roma9e aprs d'aussi m95s p5seurs que ,bossuet et ,montesquieu1 trop heureux de p\voir1 dans cette p>tie de mon opration sociologique1 m'appuy] sur une telle laboration1 et regrettant seulem5t de ne tr\v]1 en aucun autre cas1 une aussi prcieuse prp>ation4 ,quoique ces admirables travaux1 et surt\t celui de ,montesquieu1 ai5t t 9vitablem5t conu dans un esprit la fois trop absolu et trop isol1 je puis donc me born] ici y r5voy] ess5tiellem5t le lecteur1 qui1 d'aprs ma ?orie fondam5tale de l'volution sociale1 p\rra aism5t1 suivant les indications directes de l'ensemble de ce *apitre1 y rectifi] suffisamm5t1 en gnral1 les plus graves dviations du vrai po9t de vue hi/orique1 dont ,bossuet s'e/ d'ailleurs1 mon gr1 bi5 mo9s c>t1 spontanm5t rappel l'unit et la cont9uit p> la nature mme de son gr& desse94 ,du re/e1 l'en*anem5t ncessaire de ce sy/me avec le prcd5t et avec le suivant se tr\v]a naturellem5t c>actris ci-dess\s1 surt\t en considrant la transition f9ale du rgime poly?ique au rgime mono?ique1 dans laquelle le gnie de ,bossuet a si bi5 entrevu la haute et indisp5sable p>ticipation de la dom9ation roma9e4 ,env]s les deux modes ess5tiels1 l'un intellectuel1 l'autre social1 du poly?isme militaire1 j'ai jug conv5able1 p\r plus de cl>t1 de me rappro*] davantage des =mes de l'apprciation concrte4 ,mais il importe notre b pr9cipal de reconnatre directem5t que je ne me suis a9si nullem5t c>t1 au fond1 du c>actre ab/rait indisp5sable une telle opration1 suivant les explications prlim9aires du *apitre prcd5t4 ,c>1 ces dnom9ations de grec et roma9 ne dsign5t po9t ici ess5tiellem5t des socits accid5telles et p>ticulires2 elles se rapport5t surt\t des situations ncessaires et gnrales1 qu'on ne p\rrait qualifi] ab/raitem5t que p> des locutions trop compliques4 ,l'antiquit ayant d naturellem5t (frir une gr&e v>it de peuplades militaires o1 p> suite des motifs prcdemm5t indiqus1 le vrai rgime ?ocratique n'avait pu s'enrac9] suffisamm5t1 il fallait bi51 de t\te ncessit1 que1 en c]ta9s cas1 l'esprit militaire1 quoique dom9ant1 ne pt ab\tir un vritable sy/me de conqute1 de manire favoris] l'essor intellectuel1 en v]tu des causes1 locales et sociales1 ci-dessus apprcies2 t&is que1 en d'autres1 l'aide d'influ5ces analogues mais inv]ses1 ce sy/me a pu1 au contraire1 se dvelopp] conv5ablem5t4 ,or1 *acune de ces deux volutions extrmes1 p\sse un haut degr1 dev5ait spontanm5t exclusive1 aussi bi5 la m5tale que la politique3 s'il e/ vid5t que1 p> sa nature1 le sy/me de conqute ne p\vait tre ple9em5t suivi que *ez une seule population prpondrante1 il n'e/ pas1 au fond1 mo9s c]ta91 d'autre "p1 que le m\vem5t spirituel dt]m91 compatible avec un tel ge social1 ne p\vait aussi s'opr] suffisamm5t que dans un c5tre unique1 sauf la simple propagation ultrieure1 trop s\v5t confondue avec la production pr9cipale4 ,plus on mdit]a sur l'ensemble de ce gr& spectacle1 mieux on s5tira que1 dans ce d\ble essor de l'lite de l'humanit1 ri5 de capital n'a t1 en ralit1 ess5tiellem5t =tuit1 pas mme les lieux ni les temps1 que les noms rsum5t4 ,quant aux lieux1 j'ai dj considr ci-dessus leur influ5ce gnrale sur le c>actre propre de la civilisation grecque3 elle n'a pas t mo9dre1 quoique inv]se1 p\r l'autre volution4 ,il fallait videmm5t que les deux m\vem5s1 politique et intellectuel1 s'oprass5t sur des scnes suffisamm5t loignes1 sans t\tefois l'tre trop1 af9 que1 dans l'orig9e1 l'un ne ft po9t absorb ou dnatur p> l'autre1 et que cep5dant ils fuss5t susceptibles1 aprs un assez gr& essor respectif1 de se pntr] mutuellem5t1 de manire conv]g] galem5t v]s le rgime mono?ique du moy5-ge1 que n\s allons voir sortir ncessairem5t de cette mmorable comb9aison4 ,relativem5t aux temps1 il e/ ais de s5tir que l'volution m5tale de la ,grce devait indisp5sablem5t prcd]1 de quelques sicles1 l'ext5sion de la dom9ation roma9e1 dont l'tablissem5t prmatur l'aurait radicalem5t emp*e1 p> la compression 9vitable de l'activit indp5dante d'o elle devait rsult]3 et1 si d'ailleurs l'int]valle et t trop long1 l'(fice de propagation univ]selle et d'application sociale1 a9si naturellem5t rs]v la conqute1 aurait ess5tiellem5t avort1 puisque ce m\vem5t orig9al1 dont la dure devait tre alors =t limite1 se s]ait tr\v trop amorti l'poque mme de la communication#ag4 ,d'un autre ct1 qu& le premi] ,caton insi/ait sur l'expulsion des philosophes1 le dang] politique inhr5t la contagion mtaphysique tait sans d\te dj pass ess5tiellem5t1 puisque l'impulsion roma9e tait alors trop prononce p\r tre rellem5t altrable p> un tel mlange3 mais si1 au contraire1 ce contact p]man5t avait t suffisamm5t possible deux ou trois sicles aup>avant1 il et c]ta9em5t t incompatible avec le libre et pur essor de l'esprit de conqute4 ,note #ag3 ,si je p\vais ici insi/] davantage sur un tel exam51 comme le p]mettra ultrieurem5t le trait spcial annonc au volume prcd5t1 il s]ait possible d'expliqu]1 p\r a9si dire1 quelques sicles et quelques degrs prs1 l'poque et la scne de ce d\ble m\vem5t huma94 ,on dmontr]ait1 p> exemple1 env]s la position des deux c5tres pr9cipaux1 l'un intellectuel1 l'autre politique1 l'influ5ce ncessaire de la situation m>itime1 qui devait tre favorable au premi] et contraire au second1 p> suite mme des ob/acles qu'elle oppose directem5t l'essor purem5t militaire1 surt\t ds l'orig9e1 et des facilits qu'elle prs5te p\r les communications /imulantes1 aussi bi5 m5tales qu'indu/rielles4 ,d'un autre ct1 le sige de la prpondrance militaire ne devait pas tre trop loign de la m]1 puisque le sy/me de conqute ne p\vait videmm5t se complt] que p> la suprmatie m>itime1 quoiqu'il n'et pu d'abord se dvelopp] conv5ablem5t1 c'e/--dire p> degrs sagem5t en*ans1 que p> l'agr&issem5t cont95tal1 seul assez cont9u4 ,en comb9ant rationnellem5t cette importante donne avec d'autres conditions analogues1 les unes locales1 les autres sociales1 on ne s]ait c]ta9em5t pas =t loign de p\voir1 en quelque sorte1 con/ruire priori l'ensemble des de/9es respectives d',a?nes1 de ,rome1 et mme de ,c>?age4 ,mais ces dt]m9ations trop spciales1 dev5ues alors ess5tiellem5t concrtes1 nuirai5t ici notre opration fondam5tale1 outre les dveloppem5s t5dus qu'elles exig]ai5t1 =t au-del de t\te conv5ance actuelle4 ,plus on appr(ondit l'tude gnrale de la nation roma9e1 plus on compr5d qu'elle tait vraim5t de/9e1 comme l'a si bi5 exprim son pote1 l'empire univ]sel1 b con/ant et exclusif de ses longs ef=ts graduels4 ,issue1 la manire des autres peuplades militaires1 d'une orig9e ncessairem5t ?ocratique1 elle s'e/1 leur exemple1 dgage f9alem5t de ce rgime initial p> la mmorable expulsion de ses rois1 mais en ret5ant assez de ce premi] esprit politique p\r cons]v] son organisation propre une consi/ance ailleurs impossible1 et nanmo9s ple9em5t compatible avec le m\vem5t gu]ri]1 p> la prpondrance fondam5tale de la ca/e snatoriale1 base de cet admirable difice1 o le p\voir sac]dotal s'tait intimem5t subordonn au p\voir militaire4 ,quoique cette corporation de capita9es hrditaires1 galem5t sage et n]gique1 n'ait pas t\j\rs spontanm5t cd son peuple ou arme t\te la ju/e influ5ce qui p\vait l'atta*] suffisamm5t1 p> un dv\em5t actif1 au dveloppem5t cont9u du sy/me de conqute1 elle y a t ord9airem5t bi5tt am5e p> la m>*e naturelle des vnem5s4 ,en gnral1 la =mation et le p]fectionnem5t de la con/itution intrieure1 aussi bi5 que l'ext5sion graduelle de la dom9ation extrieure1 ont alors ess5tiellem5t dp5du1 t\r t\r1 l'un de l'autre1 beauc\p plus que d'une my/rieuse supriorit de desse9s et de conduite dans les *efs p]sonnels ou collectifs1 quelle qu'ait d tre1 sans d\te1 la haute influ5ce des individualits politiques1 auxquelles tait a9si naturellem5t ouv]t un imm5se av5ir4 ,le succs a surt\t t5u1 en premi] lieu1 l'exacte conv]g5ce de t\s les moy5s fondam5taux d'ducation1 de direction1 et d'excution1 v]s un seul b homogne et cont9u1 mieux accessible qu'aucun autre t\s les esprits1 et mme t\s les curs3 en second lieu1 il e/ rsult de la m>*e sagem5t graduelle de la progression2 c>1 en voyant cette noble rpublique employ] trois ou quatre sicles tablir solidem5t sa puissance dans un rayon de v+t ou tr5te lieues1 v]s l'poque mme o ,alex&re dveloppait1 en quelques annes1 sa m]veilleuse dom9ation1 on peut aism5t s\ponn] le sort ultrieur de *acun des deux empires1 quoique l'un ait d'ailleurs utilem5t prp>1 en ce qui conc]ne l',ori5t1 le futur avnem5t de l'autre4 ,enf91 le sy/me gnral de conduite1 bi5tt tabli1 et t\j\rs scrupuleusem5t suivi1 env]s les nations successivem5t subjugues1 n'a pas eu mo9s de "p ce gr& rsultat1 cause de l'admirable pr9cipe d'incorporation progressive qui le c>actrisait1 au lieu de cette av]sion in/9ctive p\r l'trang] qui accompagnait p>t\t ailleurs l'esprit militaire4 ,si le monde1 qui a rsi/ tant d'autres puissances1 s'e/ laiss s\mettre la dom9ation roma9e1 au-devant de laquelle il a mme s\v5t c\ru1 sans t5t] frquemm5t de gr&s ef=ts p\r s'en dgag]1 il faut bi5 que cela ti5ne au n\vel esprit d'agrgation l>ge et complte qui la di/+uait m9emm5t4 ,qu& on comp>e la conduite ord9aire de ,rome env]s les peuples conquis1 ou plutt incorpors1 avec les horribles vexations et les caprices insultans que les ,a?ni5s1 d'ailleurs si aimables1 prodiguai5t si frquemm5t leurs tributaires de l',ar*ipel1 et quelquefois mme leurs allis1 on s5t bi5 que cette seconde nation se hte d'exploit]1 t\t prix1 une prpondrance qui n'a ri5 de /able1 t&is que la premire m>*e assurm5t la suprmatie univ]selle4 ,jamais1 depuis cette gr&e poque1 l'ensemble de l'volution politique n'a pu se manife/] avec autant de plnitude et d'unit1 la fois dans la masse et dans les *efs1 eu g>d au b correspondant4 ,quant l'volution morale1 son progrs gnral y tait en exacte h>monie1 s\s t\s les aspects importans1 avec une telle de/9ation4 ,cela e/ trs s5sible p\r la morale p]sonnelle1 alors si soigneusem5t cultive1 suivant le gnie fondam5tal de t\te l'antiquit1 en t\t ce qui peut r5dre l'homme mieux propre la vie gu]rire4 ,dans la morale dome/ique1 l'amlioration1 quoique mo9s saillante1 n'e/ pas mo9s relle1 comp>ativem5t aux socits grecques1 o les plus m95s p]sonnages p]dai5t si frquemm5t la majeure p>tie de leur loisir au milieu des c\rtisanes2 t&is que1 *ez les ,roma9s1 la considration sociale des femmes et leur lgitime influ5ce tai5t c]ta9em5t =t augm5tes1 quoique leur exi/5ce morale ft1 en mme temps1 plus svrem5t rduite1 qu' ,sp>te p> exemple1 ce qu'exige leur vraie de/9ation1 les diffr5ces c>actri/iques des deux sexes1 bi5 lo9 de s'effac]1 tant t\j\rs progressivem5t dveloppes1 suivant la loi propre d'volution cet g>d3 d'ailleurs1 la simple introduction usuelle des noms de famille1 inconnus aux ,grecs1 suffirait tmoign] clairem5t que l'esprit dome/ique n'avait pas dcru4 ,enf91 p\r la morale sociale elle-mme1 malgr la cruaut et la duret trop ord9aires l'g>d des esclaves1 si froidem5t assimils aux animaux dans la vie usuelle1 comme l'expose si navem5t le prud5t ,caton1 malgr d'ailleurs l'in/9ct froce manife/ et entret5u p> l'horrible nature des div]tissem5s habituels1 on ne peut cep5dant mconnatre1 d'aprs les indications prcd5tes1 qu'elle ait alors reu un p]fectionnem5t capital1 quant au s5tim5t fondam5tal du patriotisme1 a9si modifi et ennobli p> les meilleures dispositions env]s les va9cus1 et se rappro*ant bi5 davantage de la *>it univ]selle1 bi5tt rige p> le mono?isme en t]me vritable de l'essor moral4 ,en un mot1 *ez cette mmorable nation1 plus encore qu'en aucun autre cas de l'antiquit1 la morale a t rellem5t1 t\s g>ds1 dom9e p> la politique1 dont la considration directe p\rrait presque la faire exactem5t dev9]4 ,n p\r comm&] af9 d'assimil]1 de/9 te9dre irrvocablem5t1 p> son univ]sel asc5dant1 cette /rile activit gu]rire qui m5aait de prolong] indf9im5t la dcomposition de l'humanit en peuplades antipa?iques1 ne s'accordant qu' rep\ss] l'essor commun de la civilisation fondam5tale1 ce noble peuple1 malgr ses imm5ses imp]fections1 a manife/ c]ta9em5t1 un haut degr1 l'ensemble des qualits les plus conv5ables une telle mission1 qui1 ne p\vant plus se reproduire1 ni p> consqu5t p]mettre un n\vel clat analogue1 t]nis]a ncessairem5t son nom1 quelque ge que se prolonge la vie politique de notre espce4 ,mme quant l'volution intellectuelle1 quoiqu'elle n'y dt tre qu'accessoire1 il n'a pas manqu sa vocation propre1 qu& le temps e/ v5u de la dvelopp] s\s ce n\vel aspect2 elle ne p\vait alors consi/]1 en effet1 qu' cont9u] et propag] le m\vem5t m5tal imprim p> la civilisation grecque3 or1 dans cet (fice secondaire1 mais indisp5sable1 il a montr bi5tt un empressem5t trs l\able1 =t suprieur aux puriles jal\sies qui1 jusqu' cet g>d1 compltai5t l'esprit de division des ,grecs2 quelle qu'ait t d'ailleurs l'9vitable infriorit de ses propres imitations1 sauf un trs petit nombre d'exceptions m95tes1 dont la mieux c>actrise se rapporte au g5re hi/orique1 auquel l'ensemble de sa situation devait plus spcialem5t l'appel]4 ,la dcad5ce mme de cette nation confirme1 de la manire la plus dcisive1 une telle apprciation1 c> elle a ess5tiellem5t suivi l'accomplissem5t pr9cipal de son (fice c>actri/ique4 ,qu& la dom9ation roma9e a reu enf9 t\te l'ext5sion dont elle tait susceptible1 ce va/e organisme1 ayant p]du le seul m\vem5t qui l'animt1 n'a pas t>d se diss\dre graduellem5t1 en produisant une dgradation morale jamais sans gale1 p>ce que jamais il ne saurait exi/] une p>eille abs5ce de b et de pr9cipe1 comb9e avec une semblable cond5sation de moy5s1 soit de p\voir ou de ri*esse4 ,le passage simultan de la rpublique l'empire1 quoique videmm5t comm& p> cette n\velle situation1 qui *angeait dsormais l'ext5sion en cons]vation1 ne con/ituait po9t rellem5t une rorganisation1 mais seulem5t un mode graduel de de/ruction *ronique d'un sy/me qui1 si =tem5t comb9 p\r la conqute1 ne p\vait sans d\te *ang] subitem5t de de/9ation1 et devait prir au lieu de se rgnr]4 ,il e/ clair1 en effet1 que les emp]eurs1 vritables *efs du p>ti populaire1 n'apportai5t aucun n\veau pr9cipe d'ordre1 et ne faisai5t que complt] l'9vitable abaissem5t cont9u de la ca/e snatoriale1 sur laquelle t\t reposait1 mais dont la puissance tait irrvocablem5t p]due1 comme n'ayant plus de b p]man5t4 ,qu& le gr& ,cs>1 l'un des hommes les plus m95s dont notre espce puisse s'honor]1 succomba s\s le conc\rs spontan du fanatisme mtaphysique avec la rage ari/ocratique1 ce meurtre clbre1 aussi ins5s qu'odieux1 ne *angea rellem5t ri5 d'ess5tiel la situation fondam5tale3 seulem5t ses horribles consqu5ces immdiates ab\tir5t lev]1 comme *efs du peuple contre le snat1 des hommes bi5 mo9s propres l'empire du monde2 sans que les div]s *angem5s ultrieurs1 si frquemm5t rxrs jusqu' l'entire ext9ction du sy/me1 ai5t jamais p]mis1 mme aprs les plus indignes emp]eurs1 le ret\r mom5tan de l'organisation vraim5t roma9e1 tant son exi/5ce tait intimem5t lie au dveloppem5t graduel de la conqute4 ,aprs avoir a9si c>actris suffisamm5t les trois modes ess5tiels du rgime poly?ique de l'antiquit1 et dt]m9 sommairem5t la p>ticipation ncessaire et successive de *acun d'eux l'opration fondam5tale que le poly?isme devait accomplir p\r l'ensemble de l'volution huma9e1 n\s n'avons plus uniquem5t1 af9 de complt] entirem5t cette gr&e apprciation intellectuelle et sociale1 qu' expliqu] rapidem5t la t5dance spontane de t\t ce sy/me produire f9alem5t l'ordre mono?ique du moy5-ge3 ce qui1 outre l'indisp5sable transition l'poque suivante1 a*v]a de faire mieux connatre ce second tat ?ologique1 en mettant directem5t en vid5ce le b df9itif v]s lequel devai5t conv]g]1 *acune sa manire1 ses div]ses phases1 et sans la considration p]man5te duquel sa notion gnrale demeure ncessairem5t vague et confuse un c]ta9 degr1 en un mot re/e absolue au lieu de dev5ir relative4 ,s\s l'aspect purem5t intellectuel1 la filiation e/ vid5te1 et peu conte/e1 d'aprs la de/9ation ncessaire et cont9ue de la philosophie grecque s]vir graduellem5t1 ds sa premire orig9e1 d'organe actif la dcad5ce irrvocable du poly?isme1 af9 de prp>] spontanm5t de plus en plus l'9vitable avnem5t du mono?isme4 ,la seule rectification fondam5tale qu'exig5t1 cet g>d1 les op9ions reues auj\rd'hui de t\s les esprits clairs1 consi/e reconnatre1 dans cette importante rvolution spculative1 l'influ5ce1 lat5te mais indisp5sable1 du dveloppem5t1 c>actri/ique quoique naissant1 de l'esprit positif1 dont j'ai ci-dessus expliqu l'intime p>ticipation p\r imprim] pr(ondm5t cette philosophie1 s\v5t l'insu mme de ses promoteurs1 cette nature int]mdiaire qui1 v\lant cess] d'tre purem5t ?ologique sans p\voir encore dev5ir rellem5t sci5tifique1 con/itue l'tat mtaphysique1 envisag comme une sorte de maladie *ronique transitoire1 propre cette phase infran*issable de notre volution m5tale1 individuelle ou collective2 c> le s5tim5t1 d'abord vague et confus1 de l'exi/5ce ncessaire des lois naturelles1 alors suscit p> la premire bau*e rationnelle des vrits gomtriques et a/ronomiques1 uniques connaissances relles dj accessibles1 a pu seul donn] enf9 une vraie consi/ance philosophique la disposition univ]selle au mono?isme1 spontanm5t produite p> le progrs cont9u de l'esprit d'obs]vation1 dont le dveloppem5t propre1 quoique empirique1 devait involontairem5t manife/] t\s les yeux assez de similitudes et de relations entre les phnomnes p\r t5dre y re/re9dre de plus en plus l'actualit et la spcialit de l'int]v5tion surnaturelle1 qui1 a9si graduellem5t conc5tre1 se rappro*ait t\j\rs davantage de la simplification mono?ique1 jusque-l trop antipa?ique au c>actre incohr5t des conceptions primitives4 ,une premire gnralisation des conceptions ?ologiques1 d'aprs le premi] ex]cice spontan de l'esprit d'obs]vation *ez la masse des hommes1 avait d'abord dt]m9 le passage fondam5tal du fti*isme au poly?isme1 comme je l'ai expliqu au *apitre prcd5t3 une gnralisation n\velle1 la suite d'un essor plus t5du1 devait p>eillem5t conduire1 en temps opportun1 et mme plus irrsi/iblem5t encore1 vu la mo9dre difficult du *angem5t1 conc5tr] graduellem5t1 et rduire enf91 autant que possible1 l'action surnaturelle1 p> la transition analogue de celui-ci au mono?isme proprem5t dit4 ,si l'in/abilit1 l'isolem5t1 et la discordance1 ncessairem5t propres aux obs]vations primordiales1 ne comportai5t nullem5t1 l'orig9e1 l'unit ?ologique1 qui devait alors sembl] absurde1 il tait galem5t impossible que l'intellig5ce1 suffisamm5t cultive1 ne f9t po9t p> tre rvolte de la contradiction directe et gnrale que devait de plus en plus lui prs5t] la multitude dsordonne de ces capricieuses div9its1 comp>e au spectacle1 de j\r en j\r plus fixe et plus rguli]1 que l'homme comm5ait ap]cevoir peu peu dans l'ensemble du monde extrieur4 ,n\s avons prcdemm5t rem>qu1 titre d'lm5t ess5tiel du poly?isme conv5ablem5t labor1 un dogme gnral1 m9emm5t apte facilit] directem5t cette gr&e transition1 la croyance indisp5sable au de/91 envisag comme le dieu propre de l'inv>iabilit1 et dont le dp>tem5t effectif devait1 p> consqu5t1 s'augm5t] sans cesse1 aux dp5s de ceux de t\tes les autres div9its1 ds lors dev5ues de plus en plus subalt]nes1 mesure que l'expri5ce accumule dvoilait progressivem5t la raison huma9e cette p]man5ce fondam5tale des rapports naturels1 qui1 d'abord ncessairem5t inap]ue p> une exploration trop isole et trop concrte1 devait 9vitablem5t f9ir p> dt]m9] une irrsi/ible conviction1 base primordiale et unanime d'un n\veau rgime m5tal1 entirem5t mr auj\rd'hui p\r l'lite de l'humanit1 a9si que le dmontr]a la suite de notre opration hi/orique4 ,on ne peut mconnatre un tel mode pr9cipal de transition1 si l'on rfl*it que la provid5ce des mono?i/es n'e/ rellem5t autre *ose que le de/9 des poly?i/es1 ayant hrit peu peu des div]ses attributions prpondrantes des autres div9its1 et auquel on n'a eu ess5tiellem5t qu' donn] spontanm5t un c>actre plus dt]m9 et plus concret1 en h>monie avec cette ext5sion dsormais plus active1 au lieu du c>actre trop ab/rait et trop vague qu'il avait d cons]v] jusque alors1 suivant la ?orie indique la f9 du *apitre prcd5t4 ,c>1 le mono?isme absolu1 tel que l'ent5d5t nos di/es mtaphysici5s1 depuis la dcad5ce radicale de t\te philosophie ?ologique1 c'e/--dire1 rig\reusem5t rduit un seul tre surnaturel1 sans aucun int]mdiaire de lui l'homme1 con/itue c]ta9em5t une pure utopie1 nullem5t praticable1 et incapable de f\rnir jamais la base d'un vritable sy/me religieux1 susceptible d'une efficacit relle1 mme intellectuelle1 surt\t morale1 et1 plus =te raison1 sociale4 ,t\te la trans=mation ess5tielle a donc vraim5t consi/1 en gnral1 discipl9] et moralis] l'innombrable multitude des dieux1 en la subordonnant directem5t1 d'une manire rgulire et p]man5te1 la suprme prpondrance d'une volont unique1 assignant1 son gr1 l'(fice de *aque ag5t plus ou mo9s subalt]ne3 c'e/ a9si que les masses compr5n5t le mono?isme2 et elles doiv5t sans d\te mieux s5tir que ne peut le faire la subtilit doctorale1 env]s une conception pr9cipalem5t de/9e leur usage1 qu& leur in/9ct rep\sse ju/e titre comme radicalem5t /rile l'ide d'un dieu sans m9i/res quelconques4 ,or1 a9si envisag1 le passage s'e/ videmm5t opr d'aprs le dogme pralable du de/91 graduellem5t trans=m en provid5ce1 suivant l'explication prcd5te1 s\s l'influ5ce croissante de l'esprit mtaphysique4 ,indp5damm5t des motifs pr9cipaux1 ci-dessus expliqus1 qui assignai5t naturellem5t la philosophie grecque l'initiative ess5tielle d'une telle laboration1 quoique p>t\t plus ou mo9s prp>e1 on peut aj\t] accessoirem5t l'h>monie spontane de cet esprit mtaphysique1 t\j\rs c>actris p> le d\te sy/matique et l'indcision des vues1 avec la t5dance gnrale de l'tat social correspondant4 ,p> suite des conditions fondam5tales prcdemm5t exam9es env]s le rgime grec1 l'ducation1 ess5tiellem5t militaire1 n'y tant po9t conv5ablem5t adapte une exi/5ce relle qui ne p\vait l'tre assez1 la nature1 ncessairem5t vague et flottante1 de la politique habituelle1 la t5dance cont5tieuse qui divisait sans cesse ces populations la fois semblables et antipa?iques1 t\t cet ensemble de dispositions cont9ues devait r5dre l'esprit grec m9emm5t accessible la mtaphysique1 qui1 ds que le temps en e/ v5u1 lui a ouv]t la c>rire la plus con=me ses gts dom9ans4 ,s'il et t possible1 au contraire1 que le dveloppem5t mtaphysique s'effectut d'abord ,rome1 il y et ncessairem5t r5contr cette rpugnance univ]selle que devait1 cet g>d1 spontanm5t inspir] la pr(onde influ5ce lm5taire produite p> la considration p]man5te d'un gr& b commun1 nettem5t dt]m9 et t\j\rs homogne2 influ5ce qui a long-temps survcu aux causes qui l'avai5t fait natre1 puisque ,rome1 une fois matresse du monde1 et n'ayant plus qu' propag] et dissm9] l'volution gnrale1 n'a rellem5t jamais p>ticip activem5t l'laboration mtaphysique1 malgr les sollicitations cont9uelles des rhteurs et des sophi/es grecs1 dont les luttes n'y pur5t le plus s\v5t dt]m9] qu'une sorte d'intrt ?tral4 ,dans son essor orig9aire1 cette philosophie1 comme je l'ai n ci-dessus1 p>at s'tre graduellem5t dveloppe jusqu'au po9t mme d'os] directem5t concevoir1 quoique d'une manire trs vague et =t obscure1 p\r la rgnration ultrieure de l'humanit1 une sorte de g\v]nem5t purem5t rationnel1 s\s la direction suprme de telle ou telle mtaphysique2 a9si que le tmoign5t alors tant d'utopies1 d'ailleurs plus ou mo9s *imriques1 qui1 p5dant plusieurs sicles1 conv]g5t t\tes v]s un tel b1 malgr leur discordance fondam5tale4 ,mais1 mesure qu'on s'occupait davantage d'appliqu] la philosophie morale la conduite relle de la socit1 l'impuissance organique1 si radicalem5t propre l'esprit purem5t mtaphysique1 devait spontanm5t se manife/] de plus en plus1 de manire faire unanimem5t ressortir la ncessit de se ralli] ess5tiellem5t au mono?isme1 aut\r duquel circulai5t presque t\tes les spculations pr9cipales1 et qui devait in/9ctivem5t con/itu]1 aux yeux des div]ses coles1 la seule base alors possible d'une conv]g5ce ardemm5t *]*e1 en mme temps que l'unique po9t d'appui d'une vritable autorit spirituelle1 objet de tant d'ef=ts4 ,aussi peut-on voir1 v]s l'poque mme o la dom9ation roma9e avait enf9 reu sa pr9cipale ext5sion1 les div]ses sectes philosophiques1 animes d'une f]veur plus purem5t ?ologique que dans les deux ou trois sicles antrieurs1 s'atta*] unanimem5t1 quoique sans conc]t1 dvelopp] et propag] la doctr9e du mono?isme1 comme fondem5t intellectuel de la sociabilit univ]selle4 ,la sci5ce relle naissant pe9e env]s les plus simples sujets de spculation ab/raite1 et la mtaphysique ne p\vant1 l'preuve1 ri5 organis] que le d\te le plus absolu1 il fallait bi5 en rev5ir la ?ologie1 dont on avait va9em5t espr l'lim9ation prmature1 p\r en cultiv] enf9 sy/matiquem5t1 d'aprs le pr9cipe du mono?isme1 les proprits m9emm5t sociales3 disposition v]s laquelle dur5t alors conv]g] spontanm5t t\s les bons esprits et t\tes les mes leves1 mais qui c]tes n'indique pas que la mme solution doive tre auj\rd'hui reproduite p\r une situation1 intellectuelle et sociale1 radicalem5t diffr5te1 quoique semblablem5t an>*ique4 ,il s]ait d'ailleurs inutile d'expliqu] =mellem5t1 cet g>d1 l'extrme influ5ce si heureusem5t ex]ce p> la seule ext5sion effective de la dom9ation roma9e1 soit en organisant spontanm5t de l>ges communications intellectuelles1 soit surt\t en faisant directem5t ressortir1 p> le contra/e /rile des div]s cultes a9si rappro*s1 la ncessit de plus en plus vid5te de leur sub/itu] une religion homogne1 qui ne p\vait rsult] que d'un mono?isme plus ou mo9s prononc1 seul dogme assez gnral p\r conv5ir simultanm5t t\s les lm5s de cette imm5se agglomration de peuples4 ,cette mmorable rvolution1 la plus gr&e que notre espce pt pr\v] jusqu' celle au milieu de laquelle n\s vivons1 doit aussi p>atre1 et plus clairem5t encore1 s\s le po9t de vue directem5t social1 un rsultat non mo9s ncessaire de la comb9aison spontane entre l'influ5ce grecque et l'influ5ce roma9e1 l'poque dt]m9e de leur suffisante pntration mutuelle1 laquelle ,caton s'tait si va9em5t oppos4 ,en considrant ce titre l'ensemble de cette 9vitable comb9aison1 l'analyse sociologique explique aism5t la t5dance commune1 si p>adoxale en app>5ce1 des div]s lm5s de ce gr& dualisme hi/orique v]s l'introduction fondam5tale d'un p\voir spirituel di/9ct et indp5dant du p\voir temporel1 quoique aucun d'eux n'en et c]ta9em5t la p5se1 et que *acun p\rsuivt surt\t l'essor ou le ma9ti5 de sa propre dom9ation exclusive3 en sorte que la solution a naturellem5t dp5du de leur antagonisme ncessaire4 ,il e/ inconte/able1 en effet1 que la tmraire ambition spculative des sectes mtaphysiques1 comme je l'ai indiqu ci-dessus1 avait os rv] une dom9ation absolue1 aussi bi5 temporelle que spirituelle1 qui et remis la direction habituelle et immdiate1 non-seulem5t des op9ions et des murs1 mais galem5t des actes et des affaires pratiques1 entre les ma9s des philosophes1 dev5us1 t\s g>ds1 *efs suprmes4 ,la conception d'une division rgulire entre le g\v]nem5t moral et le g\v]nem5t politique et t alors m9emm5t prmature1 et n'e/ dev5ue possible que beauc\p plus t>d1 qu& la m>*e naturelle des vnem5s l'avait dj suffisamm5t bau*e3 l'orig9e1 les philosophes n'y p5sai5t pas plus que les emp]eurs2 et peut-tre cette gr&e illusion1 quoique m9emm5t *imrique1 tait-elle encore indisp5sable p\r entret5ir conv5ablem5t leur ardeur spculative1 t\j\rs si prcaire dans notre faible nature intellectuelle1 surt\t en un temps o1 trop rappro*e de son b]ceau p\r tre assez pr(ondm5t enrac9e1 elle ne p\vait d'ailleurs tr\v] aut\r d'elle qu'une alim5tation propre trop peu satisfaisante3 quoi qu'il en soit1 le fait n'e/ po9t d\teux1 et il suffit ici4 ,a9si1 l'influ5ce philosophique tait alors1 p> sa nature1 ncessairem5t con/itue en insurrection1 lat5te mais cont9ue1 contre un sy/me politique o t\s les p\voirs sociaux tai5t ess5tiellem5t conc5trs aux ma9s des *efs militaires4 ,bi5 que les philosophes n'aspirass5t rellem5t qu' une sorte de ?ocratie mtaphysique1 aussi *imrique que dang]euse1 cep5dant il e/ naturel que leurs ef=ts p]svrans1 sans avoir heureusem5t pu p>v5ir un tel b1 ai5t conc\ru directem5t la cration ultrieure du p\voir spirituel mono?ique4 ,la seule exi/5ce p]man5te1 librem5t tolre1 au milieu des populations grecques1 d'une classe de p5seurs indp5dans1 qui1 sans aucune mission rgulire1 se proposai5t spontanm5t1 aux yeux tonns mais satisfaits du public et des magi/rats1 p\r s]vir habituellem5t de guides intellectuels et moraux1 soit dans la vie individuelle1 soit dans la vie collective1 dev5ait videmm5t un g]me effectif de p\voir spirituel futur1 ple9em5t sp> du p\voir temporel4 ,tel e/1 s\s l'aspect social1 le mode propre de p>ticipation de la civilisation grecque cette gr&e fondation ultrieure1 indp5damm5t de l'influ5ce intellectuelle que n\s v5ons d'apprci]4 ,d'un autre ct1 qu& ,rome conqurait graduellem5t le monde1 elle ne comptait nullem5t r5onc] ce rgime *ri1 pr9cipale base de sa gr&eur successive1 qui r5dait la corporation des *efs militaires directem5t matresse de t\t le p\voir sac]dotal3 et cep5dant elle conc\rait a9si spontanm5t1 de la manire la plus dcisive1 prp>] la =mation1 bi5tt imm95te1 d'une puissance spirituelle entirem5t indp5dante de l'empire temporel2 c> l'ext5sion mme d'une telle dom9ation devait mettre de plus en plus en ple9e vid5ce l'impossibilit d'en ma9t5ir suffisamm5t solidaires les p>ties si div]ses et si lo9ta9es1 p> une simple c5tralisation temporelle1 quelque tyrannique int5sit qu'elle ft p\sse4 ,en outre1 la ralisation ess5tielle du sy/me de conqute1 faisant dsormais pass] ncessairem5t l'activit militaire du c>actre (f5sif au c>actre df5sif1 cette imm5se organisation temporelle ne p\vait plus avoir d'objet suffisant1 et t5dait ds lors se dcompos] en nombreuses pr9cipauts indp5dantes1 plus ou mo9s t5dues1 qui n'euss5t plus laiss aucun li5 pr(ond et durable entre les diffr5tes sections1 si leur union n'et pas t entret5ue ou r5\vele p> l'avnem5t spontan du p\voir spirituel1 seul ds-lors susceptible de dev5ir vraim5t commun1 sans une mon/rueuse autocratie4 ,telle e/1 vrai dire1 comme je l'expliqu]ai directem5t au *apitre suivant1 l'orig9e ess5tielle de la fodalit du moy5-ge1 trop sup]ficiellem5t attribue l'invasion g]manique4 ,enf91 il rsultait encore1 videmm5t1 de l'heureux essor de la dom9ation roma9e1 le beso91 de plus en plus s5ti1 d'une morale vraim5t univ]selle1 susceptible de li] conv5ablem5t des peuples qui1 a9si =cs une vie commune1 tai5t nanmo9s p\sss se har p> leur propre morale poly?ique3 or1 cet imm95t beso9 tait1 d'une autre "p1 aussi spontanm5t accompagn1 d'aprs nos explications antrieures1 de la disposition1 soit intellectuelle1 soit morale1 indisp5sable sa satisfaction ultrieure1 puisque les s5tim5s et les vues de ces nobles conqurans avai5t d graduellem5t s'lev] et se gnralis]1 mesure de leurs succs4 ,p> cette triple influ5ce1 le m\vem5t politique n'avait donc pas ncessairem5t mo9s conc\ru que le m\vem5t philosophique faire sortir spontanm5t de l'ensemble de l'volution poly?ique de l'antiquit cette organisation spirituelle qui con/itue le pr9cipal c>actre du moy5-ge1 et dont l'un t5dait faire surt\t ressortir l'attribut de gnralit1 aussi bi5 que l'autre l'attribut de moralit4 ,il s]ait sup]flu d'exam9] ici la corelation vid5te de ces deux t5dances fondam5tales1 c'e/--dire l'aptitude exclusive du mono?isme s]vir de base une telle organisation3 ce qui n\s re/e considr] ce sujet1 aprs l'ensemble des explications1 immdiatem5t suffisantes1 du *apitre actuel1 app>ti5dra naturellem5t la leon suivante4 ,mais1 p\r a*ev] de montr] que1 contre l'op9ion vulgaire de nos philosophes1 ri5 de capital n'e/ =tuit dans cette admirable rvolution1 dont l'poque et l'issue p\rrai5t tre rationnellem5t prvues p> une sage comb9aison des div]s ap]u prcd5s1 j'aj\t]ai seulem5t que la considration spciale de cette correspondance peut tre aism5t p\sse jusqu' dt]m9] p> quelle prov9ce roma9e devait 9vitablem5t comm5c] l'essor directem5t organique1 rsult1 en temps opportun1 de ce gr& dualisme1 qu& il a pu tre assez labor1 p> la pntration mutuelle de ses div]s lm5s4 ,c>1 cette initiative immdiate et dcisive devait ncessairem5t app>t5ir de prfr5ce la portion de l'empire qui1 d'une "p1 tait la plus spcialem5t prp>e au mono?isme1 a9si qu' l'exi/5ce habituelle d'un p\voir spirituel indp5dant1 et qui1 d'une autre "p1 en v]tu d'une nationalit plus int5se et plus op9itre1 devait pr\v] plus vivem5t1 depuis sa runion1 les inconvni5s de l'isolem5t1 et mieux s5tir la ncessit de le faire cess]1 sans r5onc] cep5dant sa foi c>actri/ique1 et en t5dant1 au contraire1 son univ]selle propagation4 ,or1 t\s ces attributs1 il e/ c]tes impossible de mconnatre la vocation1 galem5t spciale et spontane1 de la petite ?ocratie juive1 drivation accessoire de la ?ocratie gypti5ne1 et peut-tre aussi *aldenne1 d'o elle manait trs probablem5t p> une sorte de colonisation exceptionnelle de la ca/e sac]dotale1 dont les classes suprieures1 ds long-temps p>v5ues au mono?isme p> leur propre dveloppem5t m5tal1 ont pu tre conduites in/itu]1 titre d'asile ou d'essai1 une colonie ple9em5t mono?ique#ah1 o1 malgr l'antipa?ie p]man5te de la population infrieure contre un tablissem5t aussi prmatur1 le mono?isme a d cep5dant cons]v] une exi/5ce pnible1 mais pure et av\e1 du mo9s aprs avoir cons5ti p]dre la majeure p>tie de ces lus p> la clbre sp>ation des dix tribus4 ,jusqu'au temps de la gr&e assimilation roma9e1 cette p>ticul>it c>actri/ique n'avait ess5tiellem5t ab\ti qu' isol] plus pr(ondm5t cette population anomale1 raison mme du va9 orgueil qui1 d'aprs la supriorit de sa croyance1 y exaltait davantage l'esprit sup]/itieux de nationalit exclusive que n\s avons reconnu propre t\tes les ?ocraties4 ,mais cette spcialit se tr\ve alors heureusem5t utilise1 en faisant spontanm5t sortir1 de cette *tive portion de l'empire1 conc\rant1 sa manire1 au m\vem5t total1 les premi]s organes directs de la rgnration univ]selle4 ,quoique j'aie cru1 p\r mieux manife/] la porte de ma ?orie fondam5tale1 devoir a9si c>actris] rationnellem5t jusqu' une telle initiative1 on ne doit pas cep5dant oubli] que cette apprciation secondaire1 ft-elle mme aussi conte/e qu'elle me p>at vid5te1 n'affecte nullem5t le fond ess5tiel du sujet1 dj suffisamm5t expliqu4 ,d'aprs l'ensemble de causes1 intellectuelles et sociales1 que n\s avons vu dom9] ce gr& m\vem5t commun de l'lite de l'humanit1 on conoit aism5t que1 dfaut de l'initiative hbraque1 l'volution gnrale n'aurait pas manqu d'autres organes1 qui lui euss5t ncessairem5t imprim une direction radicalem5t id5tique1 en transportant seulem5t c]ta9s livres1 auj\rd'hui p]dus peut-tre1 la conscration qui s'e/ applique d'autres4 ,note #ah3 ,au se9 mme de la ?ocratie poly?ique la plus complte1 les hommes suprieurs1 outre leur t5dance intellectuelle au mono?isme1 ci-dessus explique1 doiv5t pr\v]1 p\r ce d]ni] tat de la philosophie ?ologique1 une sorte de prdilection in/9ctive1 cause des puissantes ress\rces qui lui sont propres1 comme on le v]ra bi5tt1 p\r assur] l'indp5dance de la classe sac]dotale env]s la classe militaire2 t&is que celle-ci doit1 au contraire1 p> des motifs semblables mais inv]ses1 prfr] involontairem5t le poly?isme1 bi5 plus compatible avec sa propre suprmatie1 suivant la ?orie ci-dessus tablie4 ,p> la secrte influ5ce1 long-temps prolonge1 de ces intimes dispositions mutuelles1 il e/ donc ais de concevoir que les prtres gypti5s1 et ensuite *aldens1 ont pu tre engags1 ou mme obligs1 une telle t5tative de colonisation mono?ique1 dans le d\ble espoir d'y mieux dvelopp] la civilisation sac]dotale p> la plus complte subalt]nisation des gu]ri]s1 et de mnag] un refuge assur ceux de leur ca/e qui se tr\v]ai5t m5acs p> les frqu5tes rvolutions intrieures de la mre-patrie4 ,quoique la nature de mes travaux propres ne me p]mette po9t le dveloppem5t conv5able d'une telle explication spciale du judasme1 je ne d\te pas que cette n\velle ouv]ture hi/orique1 rsulte1 dans mon esprit1 d'une tude directe et appr(ondie de l'ensemble du sujet1 d'aprs ma ?orie fondam5tale de l'volution huma9e1 ne puisse tre ensuite suffisamm5t vrifie p> son application dtaille l'analyse gnrale de cette trange anomalie1 si une telle apprciation e/ un j\r rellem5t opre p> un philosophe conv5ablem5t plac d'abord ce n\veau po9t de vue rationnel4 ,enf91 on peut encore expliqu] facilem5t l'extrme l5teur de cette imm5se rvolution1 malgr l'int5sit et la v>it des influ5ces fondam5tales1 en considrant la pr(onde conc5tration des div]s p\voirs sociaux qui c>actrise si m9emm5t le rgime poly?ique de l'antiquit1 o il fallait a9si t\t *ang] presque la fois4 ,ce que le sy/me roma9 r5f]mait de ?ocratique se retr\ve alors en premire ligne1 depuis que l'accomplissem5t mme de la conqute avait d t5dre dissip] ess5tiellem5t les conditions primordiales de la physionomie n]giquem5t tran*e qui avait tant di/+u sa priode active4 ,on peut1 s\s ce rapport1 envisag] les c9q ou six sicles qui sp>5t les emp]eurs des rois1 comme con/ituant1 dans l'ensemble de la dure1 beauc\p plus longue1 ord9airem5t propre aux ?ocraties antiques1 une sorte d'imm5se pisode militaire1 o le c>actre gu]ri] avait d effac]1 *ez la ca/e dom9ante1 le c>actre sac]dotal1 et aprs l'accomplissem5t duquel celui-ci a d repr5dre son asc5dant orig9aire1 jusqu' l'entire dissolution du sy/me4 ,mais l'opration mme excute p5dant cette gr&e int]mitt5ce avait alors ncessairem5t dvelopp des g]mes d'une de/ruction pro*a9e1 suivie d'une 9vitable rgnration2 ce qui n'a po9t eu lieu en d'autres ?ocraties1 o des int]valles analogues1 bi5 que mo9s t5dus1 peuv5t tre obs]vs4 ,quoi qu'il en soit1 on conoit ma9t5ant que cette sorte de rtablissem5t spontan du premi] rgime ?ocratique1 la vrit radicalem5t n]v1 ait d naturellem5t reproduire l'op9itre in/9ct cons]vateur qui lui e/ propre1 malgr le peu de /abilit p]sonnelle des p\voirs effectifs1 p> suite de l'9vitable abaissem5t de la ca/e snatoriale env]s le *ef1 ess5tiellem5t lectif1 du p>ti populaire4 ,cette confusion intime et cont9ue entre le p\voir spirituel et le p\voir temporel1 qui con/ituait l'esprit fondam5tal du sy/me1 explique aism5t p\rquoi les emp]eurs roma9s1 mme les plus sages et les plus gnreux1 n'ont jamais pu compr5dre1 pas plus que ne le f]ai5t auj\rd'hui les emp]eurs *9ois1 la r5onciation volontaire au poly?isme1 p> laquelle ils aurai5t ju/em5t cra9t de conc\rir eux-mmes la dmolition imm95te de t\t leur g\v]nem5t1 tant que la conv]sion graduelle de la population au mono?isme *rti5 n'y avait po9t encore con/itu spontanm5t une n\velle influ5ce politique1 p]mettant1 et ensuite exigeant mme1 la conv]sion f9ale des *efs1 qui t]m9ait l'volution prp>atoire1 et bau*ait immdiatem5t le rgime n\veau1 p> un symptme dcisif de la puissance relle et indp5dante du n\veau p\voir spirituel1 qui en devait tre le pr9cipal ressort4 ,telle e/ l'apprciation fondam5tale de l'ensemble du poly?isme antique1 successivem5t considr1 d'une manire rationnelle quoique sommaire1 dans les proprits ess5tielles1 intellectuelles ou sociales1 qui le c>actris5t ab/raitem5t1 et ensuite dans les div]s modes ncessaires du rgime correspondant2 de manire dt]m9] enf9 sa t5dance totale produire spontanm5t la n\velle phase ?ologique qui1 au moy5-ge1 aprs avoir ess5tiellem5t ralis t\te l'admirable efficacit sociale dont une telle philosophie tait susceptible1 a r5du possible1 et mme indisp5sable1 l'avnem5t ultrieur de la philosophie positive1 comme il s'agit ma9t5ant de l'expliqu]4 ,dans cette va/e et difficile laboration1 plus encore qu'en t\t le re/e de mon opration hi/orique1 j'ai d rduire autant que possible une exposition dont le dveloppem5t propre m'tait int]dit1 en la bornant pr9cipalem5t de simples ass]tions m?odiques1 assez compltes et surt\t assez lies p\r que ma p5se ne ft jamais quivoque1 sans p\voir m'arrt] aucune dmon/ration =melle1 dont la mo9dre et exig un app>eil de preuves entirem5t incompatible avec la nature de ce ,trait1 aussi bi5 qu'avec ses limites ncessaires4 videmm5t =c de cont9u] procd] a9si1 il faut donc1 une fois p\r t\tes1 av]tir directem5t le lecteur que je dois ici me cont5t] de la simple proposition explicite du n\veau sy/me de vues hi/oriques qui rsult5t de ma ?orie fondam5tale de l'volution huma9e1 af9 que cette ?orie devi5ne ple9em5t jugeable2 mais sans qu'il m'app>ti5ne d'en faire aussi la confrontation gnrale avec l'ensemble des faits connus1 comp>aison que je dois ess5tiellem5t rs]v] au lecteur1 et d'aprs laquelle seule il p\rra conv5ablem5t prononc] sur la pr9cipale valeur relle de cette n\velle philosophie hi/orique4 ,,c9quante-,,quatri,,me ,,le,,on4 ,apprciation gnrale du d]ni] tat ?ologique de l'humanit3 ge du mono?isme4 ,modification radicale du rgime ?ologique et militaire4 ,aprs l'indisp5sable assimilation prlim9aire suffisamm5t opre p> l'ext5sion graduelle de la dom9ation roma9e1 suivant les explications du *apitre prcd5t1 le rgime mono?ique tait ncessairem5t de/9 complt] l'volution provisoire de l'lite de l'humanit1 en faisant directem5t produire la philosophie ?ologique1 dont le dcl9 intellectuel allait comm5c]1 t\te l'efficacit relle que comportait sa nature1 p\r prp>] enf9 l'homme une n\velle vie sociale1 de plus en plus con=me notre vocation c>actri/ique4 ,c'e/ p\rquoi1 quelles que soi5t effectivem5t les m95tes proprits m5tales du mono?isme1 n\s devons ici en faire prcd] l'exam5 p> l'apprciation rationnelle de son influ5ce sociale1 qui le di/+ue encore plus pr(ondm5t1 selon une m>*e inv]se de celle qui a d prsid] ci-dessus l'analyse fondam5tale du sy/me poly?ique4 ,or1 quoique la de/9ation sociale du mono?isme se rapporte surt\t la morale bi5 plus mme qu' la politique1 nanmo9s sa pr9cipale efficacit morale a t\j\rs 9vitablem5t dp5du de son exi/5ce politique2 en sorte que n\s devons d'abord dt]m9] conv5ablem5t les vrais attributs politiques de ce d]ni] rgime ?ologique4 ,dans cette importante dt]m9ation1 comme en t\t le re/e d'un tel exam5 hi/orique1 n\s sommes spontanm5t disp5ss de la di/9ction gnrale qu'il a fallu tablir1 au *apitre prcd5t1 entre l'apprciation ab/raite des div]ses proprits ess5tielles du sy/me correspondant et l'analyse successive des diffr5s modes ncessaires de sa ralisation effective2 ce qui doit ici heureusem5t p]mettre d'abrg] beauc\p notre opration actuelle1 sans nuire aucunem5t notre b pr9cipal4 ,c>1 malgr la con=mit rem>quable de t\tes les =mes du mono?isme1 comp>es1 non-seulem5t quant aux dogmes ?ologiques1 mais mme quant aux prceptes moraux1 sans except] ni le mahomtisme1 ni ce qu'on appelle si mal propos le ca?olicisme grec1 c'e/ uniquem5t au vrai ca?olicisme1 ju/em5t qualifi de roma91 que devait app>t5ir l'accomplissem5t suffisant1 en ,europe occid5tale1 des proprits c>actri/iques du rgime mono?ique1 dont n\s n'aurons a9si exam9] spcialem5t aucun autre mode rel#ai4 ,enf91 comme l'introduction fondam5tale d'un p\voir spirituel entirem5t di/9ct et ple9em5t indp5dant du p\voir temporel a c]ta9em5t con/itu1 au moy5-ge1 le pr9cipal attribut d'un tel sy/me politique1 n\s devons procd]1 avant t\t1 l'apprciation sommaire de cette gr&e cration sociale1 d'o n\s pass]ons ensuite aism5t au vrai jugem5t gnral de l'organisation temporelle correspondante4 ,note #ai3 ,la dnom9ation de ca?olicisme me semble1 t\s g>ds1 prfrable celle de *ri/ianisme1 non-seulem5t comme bi5 plus expressive1 p\r di/+u] nettem5t le vrai rgime mono?ique de t\tes les organisations vagues1 socialem5t impuissantes ou mme dang]euses1 avec lesquelles on l'a trop s\v5t confondu1 mais surt\t comme beauc\p plus rationnelle1 en ce que1 sans rappel]1 a9si que les noms de mahomtisme1 de b\dhisme1 etc41 aucun fondateur individuel1 elle se rapporte directem5t ce gr& attribut d'univ]salit qui c>actrise ess5tiellem5t l'organisation spirituelle1 quoiqu'il n'ait pu t\tefois tre ralis que trs imp>faitem5t p> le ca?olicisme proprem5t dit1 dont l'exacte apprciation ne saurait tre mieux dirige que d'aprs un tel pr9cipe gnral4 ,*acun sait c]ta9em5t encore ce que c'e/ qu'un ca?olique1 t&is qu'aucun bon esprit ne saurait auj\rd'hui se flatt] de compr5dre ce que c'e/ qu'un *rti51 qui p\rrait indiffremm5t app>t5ir l'une quelconque des mille nuances incohr5tes qui sp>5t le lu?ri5 primitif du pur di/e actuel4 ,le mono?isme doit1 p> sa nature1 t\j\rs t5dre ncessairem5t provoqu] cette modification radicale de l'anci5 organisme social1 en p]mettant1 et mme dt]m9ant1 une suffisante uni=mit de croyances1 susceptible de comport] l'ext5sion d'un mme sy/me ?ologique des populations assez considrables p\r ne p\voir tre long-temps runies s\s un seul g\v]nem5t temporel2 d'o rsulte1 *ez la classe sac]dotale1 un accroissem5t simultan de consi/ance et de dignit1 susceptible de s]vir de fondem5t son indp5dance politique1 qui tait incompatible avec l'9vitable disp]sion des influ5ces religieuses s\s le rgime poly?ique1 comme je l'ai dj n au *apitre prcd5t4 ,mais1 malgr cette t5dance c>actri/ique1 il a fallu une longue et pnible laboration de conditions div]ses p\r que le mono?isme pt enf9 ralis]1 dans une socit conv5ablem5t prp>e1 un tel p]fectionnem5t de l'organisation primitive1 qui n'a vraim5t comm5c dev5ir immdiatem5t possible1 a9si que je l'ai expliqu1 que p> le conc\rs fondam5tal du dveloppem5t graduel de la puissance roma9e avec celui de la philosophie grecque4 ,n\s avons mme reconnu que cette philosophie ne se fit jamais une ju/e ide du vritable b social v]s lequel1 son insu1 t5dait f9alem5t son essor spontan1 puisque1 dans ses ef=ts op9itres p\r con/itu] une puissance spirituelle1 elle n'avait aucunem5t en vue d'tablir1 entre les deux p\voirs1 une division rationnelle1 encore trop incompatible avec le gnie politique de l'antiquit2 mais elle p\rsuivait ess5tiellem5t une pure utopie1 aussi dang]euse que *imrique1 en prconisant1 comme type social1 une sorte de ?ocratie mtaphysique1 qui et transport aux philosophes la conc5tration gnrale des affaires huma9es4 ,cep5dant1 t\tes les utopies quelconques1 surt\t qu& elles rsult5t d'un conc\rs aussi unanime et aussi cont9u1 non-seulem5t indiqu5t ncessairem5t un c]ta9 beso9 social1 plus ou mo9s confusm5t apprci1 mais aussi l'imm95ce plus ou mo9s pro*a9e d'une c]ta9e modification politique de/9e y satisfaire3 c>1 dans ses rves mme les plus h>dis1 l'esprit huma9 ne saurait s'c>t] indf9im5t de la ralit1 et ses libres spculations sont mme effectivem5t encore plus limites dans l'ordre politique que dans aucun autre1 vu la complication suprieure des phnomnes2 en sorte que1 aprs l'accomplissem5t de *aque phase sociale1 on peut ord9airem5t reconnatre l'anticipation con/ante de conceptions utopiques long-temps accrdites1 qui en prs5tai5t d'avance le pr9cipal c>actre1 quoique pr(ondm5t dguis1 et mme altr1 p> son 9vitable mlange avec des notions plus ou mo9s contraires aux lois fondam5tales de notre nature1 individuelle ou sociale4 ,aussi peut-on aism5t con/at] ici que l'in/itution du ca?olicisme a ess5tiellem5t ralis1 au moy5-ge1 autant que le p]mettait alors l'tat m5tal de l'humanit1 ce qu'il y avait1 au fond1 de ple9em5t utile et la fois vraim5t praticable dans l'ensemble des conceptions politiques des div]ses coles philosophiques1 en adoptant de *acune d'elles1 avec une m95te sagesse1 les attributs trop exclusifs dont elle s'honorait1 et en rep\ssant spontanm5t t\s les projets absurdes ou nuisibles qui dnaturai5t radicalem5t leur application sociale2 malgr l'inju/e accusation1 encore trop s\v5t adresse au sy/me ca?olique1 d'avoir galem5t t5du con/itu] une pure ?ocratie1 dont n\s reconnatrons bi5tt1 sans la mo9dre inc]titude1 l'incompatibilit ncessaire avec le vritable esprit fondam5tal d'un tel rgime4 ,quoique l'intellig5ce doive ncessairem5t ex]c] une influ5ce de plus en plus prononce sur la conduite gnrale des affaires huma9es1 individuelles ou sociales1 sa suprmatie politique1 rve p> les philosophes grecs1 n'en con/itue pas mo9s une pure utopie1 directem5t contraire1 comme je l'ai dj n au *apitre prcd5t1 l'conomie relle de notre nature crbrale1 o la vie m5tale e/ habituellem5t si peu n]gique comp>ativem5t la vie affective4 ,nul p\voir huma91 mme le plus grossi] et le mo9s t5du1 ne saurait1 sans d\te1 entirem5t se pass] d'appui spirituel1 puisque ce qu'on nomme1 en politique1 une =ce proprem5t dite1 ne peut rsult] que d'un c]ta9 conc\rs d'individualits1 dont la =mation spontane suppose 9vitablem5t l'exi/5ce pralable1 non-seulem5t de quelques s5tim5s communs1 mais aussi d'op9ions suffisamm5t conv]g5tes1 sans lesquelles la mo9dre association ne p\rrait p]si/]1 repost-elle mme sur une suffisante con=mit d'intrts4 ,cep5dant1 il n'en re/e pas mo9s inconte/able que le pr9cipal asc5dant social ne saurait jamais app>t5ir la plus haute supriorit m5tale1 la fois trop peu comprise et trop mal apprcie p\r obt5ir ord9airem5t du vulgaire un ju/e degr d'admiration et de reconnaissance4 ,la masse des hommes1 ess5tiellem5t de/9e l'action1 sympa?ise ncessairem5t bi5 davantage avec les organisations mdiocrem5t intellig5tes1 mais m9emm5t actives1 qu'avec les natures purem5t spculatives1 malgr leur intime prm95ce spirituelle1 d'ailleurs habituellem5t mconnue1 raison mme de sa trop gr&e lvation4 ,en outre1 la reconnaissance univ]selle doit spontanm5t prfr] les s]vices immdiatem5t susceptibles de satisfaire l'ensemble des beso9s huma9s1 p>mi lesquels ceux de l'intellig5ce1 quelle que soit leur inconte/able ralit1 sont c]tes =t lo9 d'occup] communm5t le premi] rang1 comme je l'ai tabli au troisime volume de ce ,trait4 ,il n'e/ pas d\teux que les plus gr&s succs pratiques1 militaires ou indu/riels1 exig5t1 p> leur nature1 beauc\p mo9s de =ce intellectuelle que la plup>t des travaux ?oriques d'une c]ta9e importance1 sans all] mme jusqu'aux plus m95tes spculations1 e/htiques1 sci5tifiques1 ou philosophiques2 et cep5dant ils inspir]ont t\j\rs1 non-seulem5t un intrt plus vif et une plus p>faite gratitude1 mais aussi une e/ime mieux s5tie et une plus pr(onde admiration4 ,quels que soi5t1 en ralit1 dans la vie huma9e1 individuelle et surt\t sociale1 les imm5ses bi5faits de l'intellig5ce1 dont dp5d ess5tiellem5t1 en d]ni] ressort1 le progrs cont9u de l'humanit1 cep5dant la p>ticipation spirituelle e/1 en *aque rsultat ord9aire1 trop indirecte1 trop lo9ta9e et trop ab/raite1 p\r jamais tre conv5ablem5t apprcie1 si ce n'e/ d'aprs une analyse plus ou mo9s difficile1 que l'imm5se majorit des hommes1 mme clairs1 ne saurait spontanm5t opr] avec assez de nettet et de promptitude p\r laiss] natre une s\da9e impression d'en?\siasme1 aucunem5t comp>able l'n]gique saisissem5t dt]m9 si s\v5t p> les s]vices spciaux et immdiats de l'activit pratique1 quoique mo9s importans1 au fond1 comme mo9s difficiles4 ,jusqu'au se9 de la sci5ce et de la philosophie1 les conceptions les plus gnrales1 surt\t celles qui se rapport5t directem5t la m?ode1 malgr leur supriorit f9ale1 non-seulem5t quant au mrite intr9sque1 mais aussi quant l'utilit effective1 lors mme qu'elles ne sont po9t long-temps ddaignes1 n'attir5t presque jamais leurs sublimes crateurs autant de considration p]sonnelle que les dc\v]tes d'un ordre infrieur2 comme l'ont si d\l\reusem5t pr\v1 t\s les ges de l'humanit1 les pr9cipaux organes de la gr&e volution m5tale1 les ,ari/ote1 les ,desc>tes1 les ,leibnitz1 etc4 ,ri5 n'e/ plus propre1 sans d\te1 qu'une telle apprciation vrifi] directem5t l'absurdit radicale de ce prt5du rgne absolu de l'esprit1 tant p\rsuivi p> les philosophes grecs et p> leurs imitateurs mod]nes2 puisqu'on peut a9si clairem5t s5tir que1 s\s l'influ5ce relle d'un tel pr9cipe social1 en app>5ce si sduisant1 la plus gr&e autorit politique1 alors trop aism5t usurpe p> de mdiocres mais prud5tes intellig5ces1 ne p\rrait aucunem5t app>t5ir aux plus m95s p5seurs1 dont la supriorit c>actri/ique n'e/ presque jamais conv5ablem5t apprciable qu'aprs l'entire cessation de leur noble mission1 et qui ne peuv5t tre habituellem5t s\t5us1 dans l'n]gique p]svrance de leur admirable dv\em5t spontan1 que p> la conviction1 pr(onde mais p]sonnelle1 de leur intime prm95ce1 et p> le s5tim5t 9branlable de leur 9vitable influ5ce ultrieure sur les de/9es gnrales de l'humanit4 ,ces notions1 capitales quoique lm5taires1 de /atique sociale1 directem5t dduites d'une exacte connaissance de notre nature fondam5tale1 peuv5t tre d'ailleurs accessoirem5t corrobores1 avec une vritable utilit1 p> la considration spciale de l'extrme brivet de notre vie1 dont j'ai dj signal1 au c9quante-unime *apitre1 l'influ5ce gnrale sur l'imp]fection ncessaire de notre organisme politique4 ,on conoit aism5t1 en effet1 qu'une plus gr&e longvit1 sans remdi] aucunem5t l'infirmit radicale de notre conomie1 t5drait c]ta9em5t p]mettre1 dans l'hypo?se que n\s exam9ons1 un meilleur classem5t social des intellig5ces1 en multipliant davantage les cas1 rellem5t si r>es1 o les p5seurs du premi] ordre peuv5t1 aprs un dveloppem5t suffisant1 tre conv5ablem5t apprcis p5dant leur vie1 et avant que leur gnie soit ess5tiellem5t te9t4 ,au premi] aspect1 l'exi/5ce gnrale des ?ocraties antiques semble directem5t con/itu] une exception1 unique mais capitale1 la ncessit fondam5tale que n\s v5ons d'tablir1 puisque la supriorit intellectuelle y p>at =m] immdiatem5t1 du mo9s l'orig9e1 la s\rce gnrale de la pr9cipale autorit politique4 ,t\tefois1 sans rev5ir1 ce sujet1 sur les explications spciales du *apitre prcd5t1 il e/ vid5t que cette sorte d'anomalie1 au fond beauc\p plus app>5te que relle1 a ncessairem5t dp5du d'un conc\rs s+uli] d'influ5ces div]ses1 dont la reproduction n'a plus t possible aucun ge ultrieur de l'volution huma9e4 ,c>1 outre la plus int5se p>ticipation des t]reurs religieuses1 on peut voir aism5t que ce qui1 en cette organisation primordiale1 se rapportait vritablem5t la suprmatie politique de l'intellig5ce1 a pr9cipalem5t t5u1 d'abord l'impression t\te puissante1 non susceptible de r5\vellem5t1 que devait alors produire le spectacle habituel des premi]s rsultats utiles de l'essor spirituel1 et surt\t ensuite la t5dance m9emm5t pratique des oprations m5tales correspondantes1 en v]tu de cette conc5tration fondam5tale des div]ses fonctions sociales que n\s avons vue c>actris] si di/9ctem5t l'empire de la ca/e sac]dotale1 dont les travaux spculatifs1 /rictem5t rduits d'ord9aire au peu qu'exigeait le ma9ti5 j\rnali] de son autorit1 tai5t ess5tiellem5t absorbs p> le dveloppem5t habituel de son activit usuelle1 soit mdicale1 soit adm9i/rative1 soit mme indu/rielle1 etc41 laquelle cette ca/e se faisait gloire de subordonn] directem5t t\te autre occupation plus ab/raite4 ,a9si1 le mrite purem5t intellectuel y tait c]ta9em5t =t lo9 de con/itu]1 en ralit1 le fondem5t ess5tiel de la prm95ce sociale2 ce qui d'ailleurs s]ait immdiatem5t contraire la nature d'un rgime o t\tes les fonctions quelconques tai5t ncessairem5t hrditaires1 bi5 que cette hrdit n'et pas encore les inconvni5s radicaux qu'elle a d entran] depuis1 comme je l'ai expliqu au *apitre prcd5t4 ,qu& le c>actre vraim5t spculatif a comm5c dev5ir nettem5t prononc1 ce qui n'a pu d'abord se dvelopp] que *ez les philosophes grecs1 *acun sait si la classe m9emm5t p5sante a jamais possd en effet la prpondrance politique1 t\j\rs si va9em5t p\rsuivie p> ses ef=ts p]svrans4 ,il e/ donc vid5t que1 bi5 lo9 de p\voir directem5t dom9] la conduite relle de la vie huma9e1 individuelle ou sociale1 l'esprit e/ seulem5t de/91 dans la vritable conomie de notre inv>iable nature1 modifi] plus ou mo9s pr(ondm5t1 p> une influ5ce consultative ou prp>atoire1 le rgne spontan de la puissance matrielle ou pratique1 soit militaire1 soit indu/rielle4 ,or1 en considrant s\s un autre aspect cette irrcusable ncessit1 on la tr\v]a c]ta9em5t beauc\p mo9s f*euse que ne doit d'abord le faire suppos] un exam5 peu appr(ondi2 c>1 les mmes causes gnrales qui l'impos5t comme 9vitable1 la mett5t aussi en suffisante h>monie p]man5te avec l'ensemble de nos vrais beso9s ess5tiels4 ,en premi] lieu1 la ju/ice s\ffre rellem5t bi5 mo9s d'un tel arrangem5t gnral que ne le font communm5t prsum] les pla9tes exagres1 trop s\v5t amres et mme dclamatoires1 de la plup>t des philosophes sur la prt5due imp]fection radicale du classem5t social1 qui1 d'ord9aire1 e/ ess5tiellem5t con=me aux plus imprieuses prescriptions de notre immuable nature4 ,les mmorables rflexions de ,pascal ce sujet1 quoique attribues vulgairem5t une int5tion pr(ondm5t ironique1 ne con/itu5t au fond qu'une exacte apprciation gnrale de l'indisp5sable ncessit d'une semblable disposition lm5taire p\r le ma9ti5 j\rnali] de l'h>monie sociale1 qui s]ait cont9uellem5t tr\ble p> d'inconciliables prt5tions1 dont le jugem5t1 trop l5t et trop difficile1 s]ait trs frquemm5t illusoire1 comme n\s v5ons de le voir1 si le pr9cipe spcieux de la supriorit m5tale p\vait seul dt]m9] s\v]a9em5t les rangs effectifs4 ,cet ordre rel tant dcri revi5t1 au fond1 pr5dre p\r base habituelle d'e/imation politique la considration directe de l'utilit spciale et immdiate1 individuelle ou sociale4 ,or1 quoiqu'un tel pr9cipe soit c]ta9em5t =t troit1 et bi5 que sa prpondrance exclusive doive tre ju/em5t reg>de comme trs oppressive et m9emm5t dang]euse1 il n'en con/itue pas mo9s1 p> sa nature1 le seul fondem5t solide de t\t vritable classem5t huma94 ,dans la vie sociale1 en effet1 presque autant que dans la vie individuelle1 la raison e/ ord9airem5t beauc\p plus ncessaire que le gnie2 except en quelques occasions capitales1 mais extrmem5t r>es1 o la masse gnrale des ides usuelles a beso9 d'une laboration n\velle ou d'une impulsion spciale1 qui1 une fois accomplies p> l'int]v5tion dt]m9e de quelques m95s p5seurs1 suffiront long-temps aux exigeances j\rnalires de l'application relle3 comme le montre clairem5t l'exam5 att5tif de *acune des phases importantes de notre dveloppem5t1 o1 aprs une susp5sion1 mom5tane mais indisp5sable1 de sa prpondrance habituelle1 le simple bon s5s repr5d spontanm5t les rnes du g\v]nem5t huma94 ,autant le gnie spculatif e/ seul capable de prp>] conv5ablem5t1 p> ses mditations ab/raites1 les div]s *angem5s ess5tiels qui doiv5t successivem5t s'opr]1 autant il e/1 de sa nature1 radicalem5t impropre la direction j\rnalire des affaires communes3 en sorte que le mot clbre du gr& ,frdric sur l'incapacit politique des philosophes1 bi5 lo9 de devoir tre reg>d comme une inju/e drision1 n'indique rellem5t qu'une pr(onde apprciation1 aussi judicieuse qu'n]gique1 des vraies conditions lm5taires de t\te conomie sociale4 ,les considrations spculatives sont et doiv5t tre1 p> leur nature1 trop ab/raites1 trop indirectes1 et trop lo9ta9es p\r que les esprits vraim5t contemplatifs puiss5t jamais dev5ir les plus propres au g\v]nem5t usuel1 o1 presque t\j\rs1 il s'agit surt\t d'oprations spciales1 immdiates1 et actuelles2 et1 cet g>d1 les dispositions morales conc\r5t ple9em5t avec les conditions m5tales1 puisque le c>actre m9emm5t p5seur e/ et doit tre1 de t\te ncessit1 peu s\cieux de la ralit prs5te et dtaille1 ce qui1 au contraire1 con/itu]ait c]ta9em5t une t5dance trs vicieuse dans la conduite ord9aire des affaires huma9es1 individuelles ou sociales3 or1 d'un autre ct1 les intellig5ces ess5tiellem5t philosophiques ne saurai5t tre condamnes se t5ir con/amm5t au po9t de vue pratique1 sans que leur essor propre ne devnt1 p> cela seul1 au gr& prjudice de l'humanit1 radicalem5t impossible1 comme il arrive spontanm5t s\s le rgime purem5t ?ocratique4 ,on peut1 d'ailleurs1 accessoirem5t aj\t]1 titre de motif intellectuel secondaire1 que les philosophes1 mme p>mi les plus levs1 ont t jusqu'ici trop s\v5t entrans s'c>t] involontairem5t de l'esprit d'ensemble1 pr9cipal attribut du vrai gnie politique3 malgr leurs ef=ts ord9aires p\r assur] la plnitude et la gnralit de vues dont ils se glorifi5t pr9cipalem5t1 ils sont frquemm5t sujets un g5re p>ticuli] de rtrcissem5t m5tal1 qui consi/e p\rsuivre trs lo9 l'exam5 ab/rait d'un seul aspect social1 en ngligeant ess5tiellem5t presque t\s les autres1 dans les cas mmes o la sa9e dcision doit directem5t dp5dre de leur sage pondration mutuelle2 disposition qui1 dj trs nuisible dans l'ordre ?orique1 peut dev5ir extrmem5t dang]euse dans l'ordre pratique4 ,quant au trs petit nombre de ceux qui1 selon la vocation c>actri/ique de la vraie philosophie1 ne p]d5t jamais de vue1 dans leurs spculations div]ses1 la considration conv5able de l'ensemble rel1 ceux-l1 que la philosophie positive devra spontanm5t r5dre un j\r beauc\p mo9s r>es1 ne se plaign5t po9t que la suprme dom9ation des affaires huma9es n'app>ti5ne pas la philosophie1 p>ce qu'ils sav5t s'expliqu] ple9em5t l'impossibilit1 et mme le dang]1 de cette utopie grecque1 dont l'int]rgne intellectuel a p]mis le r5\vellem5t mod]ne1 en r\vrant le c\rs des divagations politiques1 comme je l'indiqu]ai au *apitre suivant4 ,a9si1 l'humanit ne saurait c]ta9em5t trop honor]1 en tant que premi]s organes ncessaires de ses pr9cipaux progrs1 ces intellig5ces exceptionnelles qui1 entranes p> une imprieuse de/9ation spculative1 e/htique1 sci5tifique1 ou philosophique1 consacr5t noblem5t leur vie p5s] p\r l'espce entire2 elle ne peut sans d\te ent\r] de trop de sollicitude ces prcieuses exi/5ces1 si difficiles remplac]1 et qui con/itu5t1 p\r t\te notre race1 la plus importante ri*esse2 elle ne saurait enf9 trop s'empress] de second] leurs m95tes fonctions1 soit en (frant leurs travaux t\tes les facilits conv5ables1 soit en se disposant elle-mme subir ple9em5t leur vivifiante influ5ce3 mais elle doit nanmo9s vit] soigneusem5t de leur confi] jamais la direction s\v]a9e de ses affaires j\rnalires1 laquelle leur nature c>actri/ique les r5d1 de t\te ncessit1 ess5tiellem5t impropres4 ,telles s]ai5t donc1 cet g>d1 les indications fondam5tales de la sa9e raison1 ne considr] mme que les simples motifs d'aptitude1 et en supposant d'abord que ce prt5du rgne de l'esprit pt re/] suffisamm5t compatible avec l'essor rel de l'activit intellectuelle4 ,or1 il e/ ma9t5ant ais de reconnatre que1 p> une suite ncessaire de notre extrme imp]fection m5tale1 cette *imrique dom9ation1 outre ses consqu5ces directem5t p]turbatrices p\r la vie pratique de l'humanit1 t5drait 9vitablem5t t>ir1 jusque dans sa s\rce la plus pure1 le c\rs gnral de nos progrs1 en atrophiant de plus en plus ce mme dveloppem5t spculatif1 auquel on aurait a9si imprudemm5t t5t de t\t subordonn]4 ,en effet1 il n'y a po9t1 dans l'ensemble de la philosophie naturelle1 de pr9cipe plus gnral et plus vid5t que celui qui n\s indique1 au moral comme au physique1 et mme encore davantage1 l'indisp5sable beso9 des ob/acles conv5ables p\r p]mettre l'essor rel de =ces quelconques4 ,cette insurmontable ncessit doit tre1 dans l'ordre social1 d'autant plus prononce qu'il s'agit de =ces spontanm5t d\es d'une mo9dre n]gie propre2 et p> consqu5t cet important pr9cipe doit dev5ir m9emm5t applicable la =ce intellectuelle1 la mo9s int5se1 sans aucun d\te1 de t\tes nos facults c>actri/iques1 et qui1 *ez la plup>t des hommes1 ne sollicite1 p> elle-mme1 presque aucun dveloppem5t direct1 aspirant le plus s\v5t1 au contraire1 une sorte de repos absolu1 aussitt aprs le mo9dre ex]cice s\t5u4 ,l'exam5 j\rnali] de la vie individuelle confirme clairem5t que l'activit m5tale n'y e/ habituellem5t entret5ue que p> l'exig5ce cont9ue des div]s beso9s huma9s1 dont l'immdiate satisfaction n'e/ po9t heureusem5t possible sans ef=ts durables2 et cette activit s'amortit ess5tiellem5t s\s l'influ5ce1 suffisamm5t prolonge1 de circon/ances trop favorables2 ou1 du mo9s1 elle dgnre alors en un vague et /rile ex]cice1 dont l'utilit relle e/ =t d\teuse1 et qui n'e/ ord9airem5t /imul que p> les frivoles excitations d'une vanit purile4 ,*ez les esprits vraim5t spculatifs1 l'essor m5tal p]si/e m9emm5t1 et mme avec beauc\p plus d'efficacit1 soit individuelle1 soit sociale1 aprs que ce grossi] aiguillon primordial a cess de se faire s5tir2 mais c'e/ surt\t p>ce que l'conomie effective de la socit vi5t y sub/itu] spontanm5t une plus noble impulsion habituelle1 en leur inspirant 9vitablem5t une lgitime t5dance v]s un asc5dant social1 qui1 de t\te ncessit1 se drobe sans cesse leur infatigable p\rsuite3 et telle e/1 en effet1 la vraie s\rce gnrale des plus admirables ef=ts intellectuels4 ,or1 il e/ vid5t que cette s\rce prcieuse s]ait directem5t m5ace d'un pro*a9 et irrp>able puisem5t1 si l'intellig5ce p\vait rellem5t p>v5ir cette va9e suprmatie politique dont n\s considrons ici le pr9cipe idal4 ,de/9 lutt]1 et non rgn]1 l'esprit n'e/ po9t spontanm5t assez n]gique1 mme *ez les plus heureux organismes1 p\r rsi/] long-temps l'influ5ce dltre d'un semblable triomphe3 il t5drait ncessairem5t v]s une fune/e atrophie graduelle1 comme manquant la fois de b et d'impulsion1 aussitt que1 lo9 d'avoir modifi] un ordre indp5dant de lui1 et rsi/ant sans cesse son action1 il n'aurait plus ess5tiellem5t qu' contempl] avec admiration l'ordre dont il s]ait le crateur et l'arbitre4 ,a9si radicalem5t dt\rne de son vritable (fice1 l'intellig5ce1 au lieu de s'occup] noblem5t1 selon sa nature1 prp>] conv5ablem5t la satisfaction gnrale des div]s beso9s individuels ou sociaux1 ne cons]v]ait bi5tt qu'une activit ess5tiellem5t corruptrice1 uniquem5t v\e raff]mir1 contre les plus ju/es attaques1 le ma9ti5 cont9u de cette mon/rueuse dom9ation1 suivant la m>*e f9ale de t\tes les ?ocraties proprem5t dites4 ,cette dplorable issue gnrale devi5drait naturellem5t d'autant plus imm95te1 que1 dans une telle hypo?se1 n\s avons dj reconnu que le pr9cipal p\voir s]ait ncessairem5t lo9 d'app>t5ir d'ord9aire aux plus m95tes intellig5ces3 or1 l'esprit1 dnu de bi5veillance et de moralit1 comme il l'e/ si s\v5t *ez les p5seurs mdiocres1 n'e/ c]ta9em5t que trop encl9 utilis] ses facults p\r un simple b d'gsme sy/matique1 lors mme qu'il n'a po9t ma9t5ir t\t prix sa propre suprmatie sociale4 ,l'antipa?ie pr(onde et l'infatigable envie1 qui ont tant p\rsuivi presque t\s les m95s gnies spculatifs dont notre espce s'honor]a sans cesse1 n'ont po9t ess5tiellem5t man de la masse vulgaire1 spontanm5t dispose1 au contraire1 env]s eux une admiration s9cre quoique /rile3 elles ne sont pas mme prov5ues le plus s\v5t des p\voirs politiques proprem5t dits1 qui1 en t\t temps1 malgr la cra9te naturelle d'une c]ta9e rivalit d'asc5dant social1 se sont si frquemm5t glorifis d'avoir protg leur essor m5tal3 c'e/ surt\t du se9 mme de la classe contemplative qu'ont habituellem5t surgi ces ignobles et odieuses entraves1 suscites in/9ctivem5t au gnie p> la jal\se mdiocrit d'impuissans concurr5s1 qui ne peuv5t concevoir d'autre moy5 efficace de ma9t5ir une prpondrance usurpe que d'emp*]1 l'aide d'ob/acles quelconques1 le ple9 dveloppem5t de t\te supriorit relle1 dont eux seuls se s5t5t d'ord9aire intimem5t blesss4 ,ri5 n'e/ plus propre1 sans d\te1 que cette tri/e mais irrcusable obs]vation vrifi] directem5t combi5 s]ait1 de t\te ncessit1 m9emm5t fatale au libre lan de l'intellig5ce huma9e cette *imrique utopie du rgne de l'esprit1 si follem5t p\rsuivie p> la plup>t des philosophes grecs1 la seule exception capitale du gr& ,ari/ote1 et si irrationnellem5t reproduite p> tant d'imitateurs mod]nes1 qui ne saurai5t avoir1 comme eux1 l'excuse fondam5tale d'un tat social t\j\rs c>actris p> la confusion lm5taire de t\s les div]s p\voirs4 ,c>1 il e/ vid5t que1 bi5 lo9 d'avoir a9si vraim5t con/itu la suprmatie sociale de l'intellig5ce1 on n'aurait ds lors ralis qu'un rgime o t\s les ef=ts pr9cipaux de la classe s\v]a9e s]ai5t bi5tt conc5trs spontanm5t1 la manire des ?ocraties dgnres1 v]s la plus int5se compression possible de t\t dveloppem5t m5tal *ez la masse des sujets1 af9 que leur abrutissem5t gnral pt p]mettre le ma9ti5 indf9i d'une autorit spirituelle1 qui1 prive de /imulation suffisante1 se s]ait 9vitablem5t ab&onne l'imm95te apa?ie que notre faible nature spculative t5d sans cesse produire et enrac9] de plus en plus4 ,si1 malgr d'inju/es accusations1 les p\voirs n'ont po9t ord9airem5t t5du1 en ralit1 emp*] sy/matiquem5t l'essor intellectuel1 c'e/ prcism5t1 entre autres motifs1 p>ce que la vraie prpondrance politique n'tait po9t conue comme susceptible d'app>t5ir jamais la supriorit m5tale1 dont ils ne p\vai5t cra9dre1 p> suite1 d'enc\rag] directem5t l'essor univ]sel4 ,j'ai cru devoir ici spcialem5t insi/] sur cette importante explication prlim9aire1 que j'aurai encore naturellem5t lieu de considr] subsidiairem5t dans un autre *apitre1 cause de l'extrme dang] politique que prs5te auj\rd'hui le spcieux sophisme gnral relatif au rgne absolu de la capacit intellectuelle1 depuis que la gr&e notion rvolutionnaire de la confusion fondam5tale des deux p\voirs ess5tiels a d provisoirem5t dom9]1 avec une si dplorable unanimit1 l'ensemble rel de la philosophie politique usite auj\rd'hui1 en supprimant a9si directem5t t\te ide spontane du seul moy5 rguli] qui puisse1 comme je vais l'tablir1 ouvrir une issue gnrale entre deux voies1 galem5t p]nicieuses1 qui conduirai5t1 l'une la compression effective de l'intellig5ce1 l'autre sa *imrique suprmatie politique4 ,t\t vrai philosophe devrait ma9t5ant s5tir dignem5t combi5 il importe enf9 de dissip] ou de prv5ir autant que possible ces ab]rations1 que leur aspect plausible doit r5dre encore plus fune/es1 et qui t5d5t immdiatem5t rig] en pr9cipe univ]sel de p]turbation sociale cette mme puissance m5tale qui peut seule prsid] dsormais la rgnration radicale de l'humanit4 ,aussi l'indisp5sable digression /atique que n\s v5ons de t]m9]1 malgr qu'elle semble d'abord n\s c>t] mom5tanm5t de notre b ess5tiel1 doit-elle con/itu]1 p\r la suite entire de notre travail dynamique1 une lum9euse prp>ation1 propre n\s y vit] le plus s\v5t la longue et pnible considration spciale de nombreux et importans claircissem5s3 outre l'utilit1 inconte/able quoique accessoire1 qu'elle n\s (fre dj de calm] spontanm5t les cra9tes1 puriles mais trop naturelles1 de despotisme ?ocratique1 que doit 9vitablem5t inspir] aux esprits actuels t\te p5se quelconque de rorganisation spirituelle dans le sy/me politique des socits mod]nes4 ,p\rsuivant ma9t5ant1 d'une manire directe1 le c\rs gnral de notre opration hi/orique1 n\s devons concevoir la diss]tation prcd5te comme tant ici de/9e surt\t faire d'avance apprci] exactem5t l'ensemble de la difficult fondam5tale que le rgime mono?ique avait surmont]1 au moy5-ge1 en bau*ant la n\velle con/itution sociale de l'lite de l'humanit4 ,le gr& problme politique consi/ait alors1 en effet1 t\t en c>tant radicalem5t ces dang]euses rv]ies de la philosophie grecque sur la s\v]a9et de l'intellig5ce1 donn] cep5dant une ju/e satisfaction rgulire cet irrsi/ible desir spontan d'asc5dant social1 si n]giquem5t manife/ p> l'activit spculative1 p5dant la suite de sicles qui v5ait de s'c\l] depuis l'orig9e de son essor di/9ct4 ,c>1 une fois dveloppe1 cette n\velle puissance ne p\vait manqu] de t5dre in/9ctivem5t1 avec une =ce croissante1 au g\v]nem5t gnral de l'humanit2 et cep5dant elle avait t\j\rs t1 ds sa naissance1 ncessairem5t t5ue en dehors de t\t ordre lgal1 env]s lequel elle se tr\vait a9si con/itue 9vitablem5t en tat d'insurrection lat5te1 mais intime et cont9ue1 soit s\s le rgime grec1 soit1 d'une manire encore plus m>que1 s\s le rgime roma94 ,il fallait donc1 au lieu d't]nis]1 entre les hommes d'action et les hommes de p5se1 une lutte dplorable1 qui devait de plus en plus consum]1 en majeure p>tie1 p> une fune/e neutralisation mutuelle1 les plus prcieux lm5s de la civilisation huma9e1 organis] suffisamm5t entre eux une heureuse conciliation p]man5te1 qui pt conv]tir ce vicieux antagonisme en une utile rivalit1 uni=mm5t t\rne v]s la meilleure satisfaction des pr9cipaux beso9s sociaux1 en assignant1 autant que possible1 *acune des deux gr&es =ces1 dans l'ensemble du sy/me politique1 une p>ticipation rgulire1 ple9em5t di/9cte et indp5dante quoique ncessairem5t conv]g5te1 p> des attributions habituelles ess5tiellem5t con=mes sa nature c>actri/ique4 ,telle e/ l'imm5se difficult1 trop peu comprise auj\rd'hui1 que le ca?olicisme a spontanm5t surmonte1 au moy5-ge1 de la manire la plus admirable1 en in/ituant enf91 trav]s tant d'ob/acles1 cette division fondam5tale entre le p\voir spirituel et le p\voir temporel1 que la sa9e philosophie f]a de plus en plus reconnatre1 malgr les prjugs actuels1 comme le plus gr& p]fectionnem5t qu'ait pu recevoir jusqu'ici la vraie ?orie gnrale de l'organisme social1 et comme la pr9cipale cause de la supriorit ncessaire de la politique mod]ne sur celle de l'antiquit4 ,sans d\te1 cette mmorable solution a t d'abord ess5tiellem5t empirique1 en rsultat ncessaire de l'quilibre lm5taire que j'ai c>actris au *apitre prcd5t2 et sa vritable conception philosophique n'a pu natre que long-temps aprs1 de l'exam5 mme des faits accomplis3 mais il n'y a ri5 l qui ne doive tre jusqu'ici radicalem5t commun t\tes les gr&es solutions politiques relles1 puisque la politique vraim5t rationnelle1 utilem5t susceptible de dirig] ou d'clair] le c\rs graduel des oprations actives1 n'a pu encore1 comme je l'ai expliqu1 nullem5t exi/]4 ,en outre1 la nature1 9vitablem5t ?ologique1 de la seule philosophie qui pt alors s]vir de pr9cipe une telle in/itution1 a d en altr] pr(ondm5t le c>actre1 et mme en dim9u] beauc\p l'efficacit1 en la faisant p>ticip]1 de t\te ncessit1 la de/9e purem5t provisoire d'une semblable philosophie1 dont l'antique suprmatie intellectuelle devait de plus en plus dcrotre irrvocablem5t1 surt\t p>tir mme de cette poque1 a9si que n\s le reconnatrons bi5tt3 cette corelation gnrale con/itue1 en effet1 la pr9cipale cause de la rpugnance1 passagre mais n]gique1 qu'pr\v5t nos esprits mod]nes p\r cette prcieuse cration du gnie politique de l'humanit1 qui cep5dant1 une fois accomplie s\s une =me quelconque1 ne p\vait plus tre entirem5t p]due1 quel que ft le sort ultrieur de sa premire base philosophique1 et devait implicitem5t pntr] les murs et les ides de ceux mme qui la rep\ssai5t le plus sy/matiquem5t1 jusqu' ce que1 rationnellem5t recon/ruite d'aprs une philosophie plus p>faite et plus durable1 elle puisse dsormais con/itu]1 dans un pro*a9 av5ir1 le pr9cipal fondem5t de la rorganisation mod]ne1 comme je l'expliqu]ai au c9quante-septime *apitre4 ,il e/ clair d'ailleurs que les attributions religieuses de la classe spculative1 vu l'importance prpondrante qui devait naturellem5t leur app>t5ir tant que les croyances ont suffisamm5t p]si/1 t5dai5t directem5t dissimul]1 et mme absorb]1 ses fonctions intellectuelles1 et mme morales3 la direction sociale des esprits et des curs ne p\vait1 p> elle-mme1 inspir]1 si ce n'e/ titre de moy51 qu'un intrt =t accessoire1 en comp>aison du salut t]nel des mes2 en sorte que le b *imrique devait1 beauc\p d'g>ds1 nuire gravem5t l'(fice rel4 ,enf91 l'autorit presque indf9ie dont la foi armait spontanm5t1 de t\te ncessit1 les int]prtes exclusifs des volonts et des dcisions div9es1 ne p\vait manqu] d'enc\rag] cont9uellem5t1 *ez la puissance ecclsia/ique1 les exagrations abusives1 et mme les vicieuses usurpations1 auxquelles son ambition naturelle ne devait tre dj que trop spcialem5t dispose1 p> suite du c>actre ess5tiellem5t vague et absolu de ses doctr9es fondam5tales1 qui n'tait mme cont5u p> aucune conception rationnelle sur la circonscription gnrale des diffr5s p\voirs huma9s4 ,nanmo9s1 t\s ces div]s inconvni5s majeurs1 videmm5t 9vitables en un tel temps et avec de tels moy5s1 n'ont pr(ondm5t influ que sur la dcad5ce m9emm5t pro*a9e et rapide d'une telle con/itution1 comme on le s5tira ci-dess\s3 ils ont beauc\p tr\bl l'opration pr9cipale1 mais sans la faire rellem5t avort]1 soit quant son immdiate de/9ation gnrale p\r le progrs correspondant de l'volution huma9e1 soit quant l'influ5ce inde/ructible d'un semblable prcd5t p\r le p]fectionnem5t ultrieur de l'organisme social2 d\ble aspect s\s lequel ma9t5ant n\s devons procd] directem5t son apprciation sommaire4 ,la de/9ation et les limites de cet ouvrage ne saurai5t ici me p]mettre1 cet g>d1 qu'une bau*e trs imp>faite1 o je n'espre po9t de p\voir faire conv5ablem5t pass] dans l'esprit du lecteur la pr(onde admiration dont l'ensemble de mes mditations philosophiques m'a depuis long-temps pntr env]s cette conomie gnrale du sy/me ca?olique au moy5-ge1 que l'on devra concevoir de plus en plus comme =mant jusqu'ici le *ef-d'uvre politique de la sagesse huma9e#bj2 mais je suis videmm5t contra9t de r5voy]1 sur ce gr& sujet1 t\s les dveloppem5s pr9cipaux au ,trait spcial de philosophie politique que j'ai dj plusieurs fois annonc1 en me bornant actuellem5t1 p\r a9si dire1 de simples ass]tions m?odiques1 que *aque lecteur devra lui-mme vrifi]1 suivant l'avis univ]sel plac la f9 du *apitre prcd5t#ba4 ,on peut vraim5t dire auj\rd'hui1 sans aucune exagration1 que le ca?olicisme n'a pu tre encore philosophiquem5t jug1 puisqu'il n'a jamais d tre exam9 que p> d'absolus pangyriques1 plus ou mo9s condamns son g>d une sorte de fanatisme 9vitable1 ou p> d'aveugles dtracteurs1 qui n'en p\vai5t nullem5t ap]cevoir la haute de/9ation sociale4 ,c'e/ l'cole positive proprem5t dite1 quelque trange que cette qualit puisse d'abord sembl] en elle1 qu'il devait exclusivem5t app>t5ir de port] enf9 sur le ca?olicisme un jugem5t quitable et df9itif1 en apprciant dignem5t1 d'aprs une sa9e ?orie gnrale1 son indisp5sable p>ticipation relle l'volution fondam5tale de l'humanit4 ,aussi dgage p]sonnellem5t des croyances mono?iques que des croyances poly?iques ou fti*iques1 cette cole p\rra seule apport] une imp>tialit claire dans l'exacte dt]m9ation de leurs div]ses influ5ces successives sur l'ensemble de nos de/9es2 puisque les in/itutions capitales1 comme les hommes suprieurs1 et mme1 bi5 davantage1 ne saurai5t dev5ir ple9em5t jugeables qu'aprs l'enti] accomplissem5t de leur pr9cipale mission4 ,note #bj3 ,je suis n dans le ca?olicisme3 mais ma philosophie e/ c]tes assez c>actrise dsormais p\r que p]sonne ne puisse attribu] un tel accid5t ma prdilection sy/matique p\r le p]fectionnem5t gnral que l'organisme social a reu1 au moy5-ge1 s\s l'asc5dant politique de la philosophie ca?olique4 ,a vrai dire1 il y aurait1 je crois1 d'importans avantages conc5tr] auj\rd'hui les discussions sociales entre l'esprit ca?olique et l'esprit positif1 les seuls qui puiss5t ma9t5ant lutt] avec fruit1 comme t5dant t\s deux tablir1 sur des bases diffr5tes1 une vritable organisation2 en lim9ant1 d'un commun accord1 la mtaphysique prote/ante1 dont l'int]v5tion ne s]t plus qu' eng5dr] de /riles et int]m9ables controv]ses1 radicalem5t contraires t\te sa9e conception politique4 ,mais l'univ]selle infiltration1 mme *ez les meilleurs esprits actuels1 de cette va9e et v]satile philosophie1 et aussi la manire beauc\p trop troite dont le ca?olicisme e/ ma9t5ant compris p> ses plus m95s p>tisans1 ne me p]mett5t gure d'espr] une telle amlioration relle1 lors mme que l'cole positive1 jusqu'ici ess5tiellem5t rduite moi seul1 s]ait dj1 en politique1 suffisamm5t =me4 ,note #ba3 ,en att5dant cette publication ultrieure1 les lecteurs qui desir]ai5t immdiatem5t1 ce sujet1 des explications plus directes et plus t5dues1 que je ne puis indiqu] ici1 p\rront utilem5t consult] mon travail1 dj cit1 sur le p\voir spirituel1 insr1 au comm5cem5t de #ahbf1 dans un recueil hebdomadaire intitul le ,producteur1 et spcialem5t la d]nire p>tie de ce travail1 app>t5ant au n #ba de ce recueil4 ,quoique j'y eusse surt\t en vue le p\voir spirituel mod]ne1 et non celui du moy5-ge1 on y tr\ve cep5dant une analyse rationnelle des div]ses attributions fondam5tales d'un tel p\voir1 qui peut contribu] claircir1 s\s ce rapport1 l'ensemble actuel de notre apprciation hi/orique4 ,le gnie1 m9emm5t social1 du ca?olicisme a surt\t consi/1 en con/ituant un p\voir purem5t moral di/9ct et indp5dant du p\voir politique proprem5t dit1 faire graduellem5t pntr]1 autant que possible1 la morale dans la politique1 laquelle jusque alors la morale avait t\j\rs t1 au contraire1 comme je l'ai expliqu au *apitre prcd5t1 ess5tiellem5t subordonne3 et cette t5dance fondam5tale1 la fois rsultat et ag5t du progrs cont9u de la sociabilit huma9e1 a ncessairem5t survcu l'9vitable dcad5ce du sy/me qui en avait d tre le premi] organe gnral1 de manire c>actris]1 avec une n]gie incessamm5t croissante1 malgr les div]ses p]turbations accessoires ou passagres1 plus pr(ondm5t qu'aucune autre diffr5ce pr9cipale1 la supriorit radicale de la civilisation mod]ne sur celle de l'antiquit4 ,ds sa naissance1 et long-temps avant que sa con/itution propre pt tre suffisamm5t =me1 la puissance ca?olique avait pris spontanm5t une attitude sociale aussi loigne des folles prt5tions politiques de la philosophie grecque que de la dgradante s]vilit de l'esprit ?ocratique1 en prescrivant directem5t1 de son autorit sacre1 la s\mission con/ante env]s t\s les g\v]nem5s tablis1 p5dant que1 non mo9s hautem5t1 elles les assujtissait eux-mmes de plus en plus aux rig\reuses maximes de la morale univ]selle1 dont l'active cons]vation devait spcialem5t lui app>t5ir4 ,soit d'abord s\s la prpondrance roma9e1 soit ensuite auprs des gu]ri]s du ,nord1 cette puissance n\velle1 quelque ambition qu'on lui suppost1 ne p\vait c]ta9em5t vis] qu' modifi] graduellem5t1 p> l'influ5ce morale1 un ordre politique prexi/ant et ple9em5t indp5dant1 sans p\voir jamais rellem5t t5dre en absorb] la dom9ation exclusive1 ab/raction faite d'ailleurs des ab]rations accid5telles1 qui ne saurai5t avoir aucune gr&e importance hi/orique4 ,qu& on exam9e auj\rd'hui1 avec une imp>tialit vraim5t philosophique1 l'ensemble de ces gr&es conte/ations si frqu5tes1 au moy5-ge1 entre les deux puissances1 on ne t>de pas reconnatre qu'elles fur5t1 presque t\j\rs1 ess5tiellem5t df5sives de la "p du p\voir spirituel1 qui1 lors mme qu'il rec\rait ses armes les plus r$\tables1 ne faisait le plus s\v5t que lutt] noblem5t p\r le ma9ti5 conv5able de la ju/e indp5dance qu'exigeait en lui l'accomplissem5t rel de sa pr9cipale mission1 et sans p\voir1 en la plup>t des cas1 y p>v5ir enf9 suffisamm5t4 ,la tragique de/9e de l'illu/re ar*evque de ,cantorb]y1 et une f\le d'autres cas t\t aussi c>actri/iques quoique mo9s clbres1 pr\v5t clairem5t que1 dans ces combats si mal jugs1 le cl]g n'avait alors d'autre b ess5tiel que de g>antir de t\te usurpation temporelle le libre *oix normal de ses propres fonctionnaires2 ce qui c]tes devrait sembl] ma9t5ant la prt5tion la plus lgitime1 et mme la plus mode/e1 laquelle cep5dant l'glise a t f9alem5t p>t\t oblige de r5onc] ess5tiellem5t1 mme avant l'poque de sa dcad5ce =melle4 ,t\te ?orie vraim5t rationnelle sur la dm>cation fondam5tale des deux puissances devra1 ce me semble1 tre directem5t dduite de ce pr9cipe gnral1 indiqu p> la nature mme d'un tel sujet1 et v]s lequel a t\j\rs conv]g1 en effet1 d'une manire plus ou mo9s apprciable1 la m>*e spontane de l'ensemble des vnem5s huma9s1 mais qui p\rtant n'a jamais t jusqu'ici nettem5t saisi p> p]sonne3 le p\voir spirituel tant ess5tiellem5t relatif l'ducation1 et le p\voir temporel l'action1 en pr5ant ces t]mes dans leur entire acception sociale1 l'influ5ce de *acun des deux p\voirs doit tre1 en t\t sy/me o ils sont rellem5t sp>ables1 ple9em5t s\v]a9e en ce qui conc]ne sa propre de/9ation1 et seulem5t consultative env]s la mission spciale de l'autre1 con=mm5t la coord9ation naturelle des fonctions correspondantes1 comme je l'expliqu]ai plus =mellem5t1 au c9quante-septime *apitre1 l'g>d du n\vel ordre social1 en t]m9ant notre opration hi/orique4 ,on aura1 sans d\te1 une ide suffisamm5t complte des pr9cipaux (fices ord9aires du p\voir spirituel1 dans l'intrieur de *aque nation1 si1 cette gr&e attribution lm5taire de l'ducation proprem5t dite1 premire base ncessaire de sa puissance totale1 on aj\te cette influ5ce1 indirecte mais cont9ue1 sur la vie active1 qui en con/itue la fois l'9vitable suite et le complm5t indisp5sable1 et qui consi/e rappel] conv5ablem5t1 dans la pratique sociale1 soit aux individus1 soit aux classes1 les pr9cipes que l'ducation avait prp>s p\r la direction ultrieure de leur conduite relle1 en prv5ant ou rectifiant leurs div]ses dviations1 autant du mo9s que le comporte le seul emploi de cette =ce morale4 ,quant ses fonctions sociales les plus gnrales1 et p> lesquelles il a t1 au moy5-ge1 pr9cipalem5t c>actris1 p\r le rglem5t moral des relations int]nationales1 elles se rduis5t encore ess5tiellem5t une sorte de prolongem5t spontan de la mme de/9ation primordiale1 puisqu'elles rsult5t naturellem5t de l'ext5sion graduelle d'un sy/me uni=me d'ducation des populations trop loignes et trop div]ses p\r ne pas exig] autant de g\v]nem5s temporels di/9cts et indp5dans les uns des autres3 ce qui les laiss]ait habituellem5t sans aucun li5 politique rguli]1 si1 d'aprs cet (fice commun1 qui le r5d simultanm5t concitoy5 de t\s ces diffr5s peuples1 le p\voir spirituel ne devait1 mme involontairem5t1 acqurir auprs d'eux ce ju/e crdit univ]sel qui lui p]met de se con/itu] au beso9 le mdiateur le plus conv5able et l'arbitre le plus lgitime de leurs conte/ations quelconques1 ou mme1 en c]ta9s cas1 le promoteur rationnel de leur activit collective4 ,or1 t\tes les attributions spirituelles tant a9si judicieusem5t sy/matises l'aide de l'unique pr9cipe de l'ducation1 ce qui doit n\s p]mettre dsormais d'embrass] aism5t d'un seul reg>d philosophique l'ensemble de ce va/e organisme1 le lecteur p\rra facilem5t reconnatre1 sans n\s arrt] ici aucune discussion spciale1 que1 comme je l'ai ci-dessus annonc1 la puissance ca?olique1 bi5 lo9 de devoir tre le plus s\v5t accuse d'usurpations graves sur les autorits temporelles1 n'a pu1 au contraire1 ord9airem5t obt5ir d'elles1 beauc\p prs1 t\te la plnitude de libre ex]cice qu'et exig le suffisant accomplissem5t j\rnali] de son noble (fice1 aux temps mme de sa plus gr&e spl5deur politique1 depuis le milieu environ du onzime sicle jusque v]s la f9 du treizime3 ce qui devait t5ir1 soit ce qu'il y avait de prmatur1 p\r une telle poque1 dans une aussi m95te innovation sociale1 soit surt\t la nature trop imp>faite de la doctr9e vague et *ancelante qui en con/ituait le premi] fondem5t4 ,aussi je crois p\voir assur] que1 de nos j\rs1 les philosophes ca?oliques1 leur insu trop affects eux-mmes de nos prjugs rvolutionnaires1 qui dispos5t ju/ifi] d'avance t\tes les mesures quelconques du p\voir temporel contre le p\voir spirituel1 ont t1 en gnral1 beauc\p trop timides1 sans except] mme le plus n]gique de t\s1 dans leur ju/e df5se hi/orique d'une telle in/itution2 p>ce que leur position vicieuse leur imposait ncessairem5t l'obligation1 p\r eux ma9t5ant aussi impossible remplir qu' vit]1 de prconis]1 d'une manire absolue1 comme indf9im5t applicable1 une politique qui n'avait pu et d tre que temporaire et relative1 et dont aucun d'eux n'et os propos] auj\rd'hui la re/auration totale1 prescrite cep5dant1 avec une ple9e vid5ce logique1 p> leurs propres pr9cipes4 ,quoi qu'il en soit1 l'action relle de ces div]s ob/acles ess5tiels n'a pu entirem5t emp*] le ca?olicisme d'accomplir immdiatem5t1 au moy5-ge1 sa plus gr&e mission provisoire p\r l'volution fondam5tale de l'humanit1 a9si que je l'expliqu]ai ci-dess\s2 ni de donn] enf9 au monde1 p> sa seule exi/5ce1 l'ineffaable exemple1 suffisamm5t c>actri/ique malgr sa c\rte priode d'efficacit1 de l'heureuse influ5ce capitale que peut ex]c]1 sur le p]fectionnem5t gnral de notre sociabilit1 l'introduction conv5able d'un vrai p\voir spirituel1 dont t\s les philosophes devrai5t auj\rd'hui s5tir qu'il s'agit surt\t de rorganis] dsormais l'indisp5sable in/itution1 d'aprs des bases intellectuelles la fois plus directes1 plus t5dues1 et plus durables4 ,la classe spculative1 sans p\voir absorb] entirem5t l'asc5dant politique1 comme dans les ?ocraties1 et sans devoir re/] ess5tiellem5t extrieure l'ordre social1 comme s\s le rgime grec1 a comm5c alors pr5dre le c>actre gnral qui lui e/ radicalem5t propre1 d'aprs les lois immuables de la nature huma9e1 et qu'elle doit ultrieurem5t dvelopp] de plus en plus1 suivant le d\ble progrs cont9u de l'intellig5ce et de la sociabilit2 c> elle s'e/ ds lors con/itue1 au milieu de la socit1 en tat p]man5t d'obs]vation calme et claire1 et t\tefois nullem5t indiffr5te1 d'un m\vem5t pratique j\rnali] auquel elle ne p\vait p>ticip] p]sonnellem5t que d'une manire indirecte1 p> sa seule influ5ce morale2 en sorte que1 t\j\rs directem5t place1 de sa nature1 au vrai po9t de vue de l'conomie gnrale1 dont les beso9s rels ne p\vai5t avoir ord9airem5t d'organe plus spontan ni plus fidle1 comme de plus conv5able conseill]1 elle se tr\vait m9emm5t apte1 en p>lant *acun au nom de t\s1 rappel] avec n]gie1 dans la vie active1 soit aux individus1 soit aux classes1 et mme aux nations1 la considration ab/raite du bi5 commun1 graduellem5t efface s\s les innombrables div]g5ces1 la fois morales et intellectuelles1 eng5dres p> l'essor1 de plus en plus discordant1 des oprations p>tielles4 ,ds cette mmorable poque1 une premire bau*e de division rgulire entre la ?orie et l'application a comm5c se ralis] enf91 dans l'ordre des ides sociales1 comme elle l'tait dj1 plus ou mo9s heureusem5t1 env]s t\tes les autres notions mo9s compliques2 les pr9cipes politiques ont pu cess] d'tre empiriquem5t con/ruits mesure que la pratique v5ait l'exig]2 les ncessits sociales ont pu tre1 un c]ta9 degr1 sagem5t considres d'avance1 de manire leur prp>] en sil5ce une satisfaction mo9s orageuse1 sans qu'une telle proccupation dt cep5dant tr\bl] immdiatem5t l'ordre effectif2 enf91 un c]ta9 essor lgitime a t a9si habituellem5t imprim l'esprit d'amlioration sociale1 et mme de p]fectionnem5t politique3 en un mot1 l'ensemble de la vraie politique a comm5c pr5dre ds lors1 s\s le rapport intellectuel1 un c>actre de sagesse1 d't5due1 et mme de rationnalit1 qui n'avait pu encore exi/]1 et qui1 sans d\te1 et t dj plus m>qu1 d'aprs l'esprit fondam5tal de cette gr&e in/itution1 si la philosophie1 malheureusem5t ?ologique1 qu'elle tait videmm5t contra9te d'employ]1 n'avait d beauc\p re/re9dre1 et mme gravem5t altr]1 une telle proprit4 ,moralem5t envisage1 on ne saurait d\t] que cette admirable modification de l'organisme social n'ait directem5t t5du dvelopp]1 jusque dans les d]ni]s rangs des populations qui ont pu en subir suffisamm5t la salutaire influ5ce1 un pr(ond s5tim5t de dignit et d'lvation1 jusque alors presque inconnu2 p> cela seul que la morale univ]selle1 a9si con/itue1 d'un aveu unanime1 en dehors et au-dessus de la politique proprem5t dite1 autorisait spontanm5t1 un c]ta9 degr1 le plus *tif *rti5 rappel] =mellem5t1 en cas opportun1 au plus puissant seigneur les inflexibles prescriptions de la doctr9e commune1 base premire de l'obissance et du respect1 ds-lors susceptibles d'tre limits la fonction1 au lieu de se rapport] uniquem5t la p]sonne3 comme je le disais dans mon travail de #ahbf1 la s\mission a pu alors cess] d'tre s]vile1 et la remontrance d'tre ho/ile2 ce qui tait ess5tiellem5t impossible1 p\r les classes infrieures1 dans l'anci5ne conomie sociale1 o la rgle morale manait ncessairem5t1 du mo9s en pr9cipe1 de la mme autorit active qui en devait recevoir l'application1 p> une suite 9vitable de la confusion radicale des deux p\voirs lm5taires4 ,enf91 s\s l'aspect purem5t politique1 il e/ surt\t vid5t d'abord que cette heureuse rgnration sociale a ess5tiellem5t ralis la gr&e utopie des philosophes grecs1 en ce qu'elle cont5ait d'utile et de raisonnable1 t\t en c>tant n]giquem5t ses folles et dang]euses ab]rations1 puisqu'elle a con/itu1 autant que possible1 au milieu d'un ordre entirem5t fond sur la naissance1 la =tune1 ou la valeur militaire1 une classe imm5se et puissante1 o la supriorit intellectuelle et morale tait ouv]tem5t consacre comme le premi] titre l'asc5dant rel1 et n'a po9t cess1 en effet1 de conduire s\v5t aux plus m95tes positions d'une telle hir>*ie1 tant que le sy/me a pu vraim5t cons]v] une ple9e vigueur3 en sorte que cette mme capacit qui1 d'aprs nos explications prlim9aires1 et t1 de t\te ncessit1 pr(ondm5t p]turbatrice ou oppressive si la socit lui avait t entirem5t livre1 suivant le rve ins5s des ,grecs1 p\vait dev5ir ds lors1 au contraire1 p> cette l>ge issue p>tielle1 si m9emm5t con=me sa nature1 l'indisp5sable guide rguli] du progrs commun2 solution ess5tiellem5t satisfaisante1 que n\s n'avons1 en quelque sorte1 qu' imit] auj\rd'hui1 en la recon/ruisant sur de meilleurs fondem5s4 ,il s]ait d'ailleurs sup]flu d'insi/] ici sur les avantages trop manife/es que devait spontanm5t (frir la division fondam5tale des deux p\voirs p\r prs5t]1 sans an>*ie1 un n]gique po9t d'appui gnral t\tes les rclamations lgitimes1 auxquelles se tr\vait a9si ncessairem5t intresse d'avance la corporation spculative1 dont le pr9cipal p\voir rsultait 9vitablem5t de la seule considration que p\vai5t lui mrit]1 dans l'ensemble de la population1 ses s]vices cont9us de protection sociale1 et qui1 en effet1 a rapidem5t d*u1 mme indp5damm5t de l'ext9ction des croyances1 ds que le cl]g1 ayant p]du son indp5dance1 a eu bi5 plus beso9 d'tre protg lui-mme1 et a cess rellem5t1 auprs des masses1 le mmorable patronage qu'il avait si utilem5t ex]c1 au temps de sa maturit politique4 ,dans l'ordre int]national1 aucun philosophe ne saurait auj\rd'hui mconnatre1 en pr9cipe1 l'vid5te aptitude c>actri/ique de l'organisation spirituelle une ext5sion t]ritoriale presque indf9ie1 p>t\t o il exi/e une suffisante similitude de civilisation1 susceptible de comport] la rgul>isation des rapports cont9us ou habituels2 t&is que l'organisation temporelle ne peut excd]1 p> sa nature1 des limites beauc\p plus troites1 sans une intolrable tyrannie1 dont la /abilit e/ impossible3 il n'e/ pas mo9s irrcusable1 en fait1 que la hir>*ie papale a con/itu1 au moy5-ge1 le pr9cipal li5 ord9aire des div]ses nations europennes1 depuis que la dom9ation roma9e avait cess de p\voir les runir suffisamm5t2 et1 s\s ce rapport1 l'influ5ce ca?olique doit tre juge1 comme le rem>que trs ju/em5t ,de ,mai/re1 non-seulem5t p> le bi5 o/5sible qu'elle a produit1 mais surt\t p> le mal imm95t qu'elle a secrtem5t prv5u1 et qui1 ce titre mme1 doit tre plus difficilem5t apprciable2 mais je puis heureusem5t1 ce sujet1 me born] r5voy] simplem5t le lecteur au mmorable ouvrage de cet illu/re p5seur4 ,si1 af9 d'abrg]1 n\s mesurons ici la valeur politique d'une telle organisation d'aprs cette seule proprit1 assez dcisive1 en effet1 p\r que le nom spcial du sy/me en ait t spontanm5t dduit1 n\s tr\v]ons qu'elle p]met1 mieux qu'aucune autre1 d'e/im] exactem5t la fois la supriorit et l'imp]fection du ca?olicisme1 comp>1 en gnral1 soit au rgime qu'il a remplac1 soit celui qui doit le suivre4 ,c>1 d'un ct1 l'organisation ca?olique a pu embrass] une t5due de t]ritoire et de population beauc\p plus considrable que n'avait pu le faire le sy/me roma91 qui1 primitivem5t de/9 une cit unique1 n'a pu agr&ir progressivem5t son doma9e que p> voie d'adoption =ce1 en exigeant une compression graduellem5t croissante1 et f9alem5t intolrable1 qu& les extrmits sont dev5ues trop loignes du c5tre1 o t\s les p\voirs tai5t radicalem5t cond5ss4 ,quoique le ca?olicisme comm5t dj se tr\v] en ple9e dcad5ce lorsque l',inde et l',amrique ont t colonises1 il s'y e/ nanmo9s t5du spontanm5t sans ef=t1 t&is qu'une telle adjonction et c]ta9em5t con/itu1 aux yeux des plus ambitieux ,roma9s1 une gigantesque rv]ie1 si elle et pu leur tre propose4 ,mais1 d'une autre "p1 il e/ s5sible que le ca?olicisme1 malgr sa ju/e t5dance l'univ]salit1 n'a pu rellem5t s'assimil]1 aux temps mme de sa plus gr&e spl5deur1 que la mo9dre p>tie du monde civilis3 puisque1 avant mme que sa con/itution propre ft suffisamm5t mre1 le mono?isme musulman lui avait enlev d'avance une portion trs notable1 et jamais p]due1 de la race blan*e1 et que1 quelques sicles aprs1 le mono?isme byzant9 qui1 s\s une va9e con=mit de dogmes1 en e/1 au fond1 presque aussi diffr5t que le mahomtisme1 lui avait irrvocablem5t alin la moiti du monde roma94 ,lo9 d'(frir ri5 d'accid5tel1 ces re/rictions1 pr(ondm5t ncessaires1 doiv5t tre vraim5t reg>des1 du po9t de vue philosophique1 comme une consqu5ce directe et 9vitable de la nature m9emm5t vague et arbitraire des croyances ?ologiques1 qui1 mme en organisant1 p> de laborieux artifices1 une dang]euse compression intellectuelle1 dont le prolongem5t rel e/ d'ailleurs trs limit1 ne peuv5t jamais dt]m9] une suffisante conv]g5ce m5tale entre des populations trop nombreuses et trop di/antes1 qu'une philosophie purem5t positive p\rra seule un j\r solidem5t rappro*] en une communion durable1 quelque degr que puisse p>v5ir l'expansion de notre race1 comme l'ensemble de notre analyse hi/orique le r5dra1 j'espre1 ple9em5t inconte/able4 ,aprs avoir a9si sommairem5t c>actris la gr&e de/9ation sociale du p\voir ca?olique1 il e/ indisp5sable1 p\r complt] suffisamm5t cette apprciation politique du ca?olicisme1 de considr] ma9t5ant1 d'un c\p d'il rapide1 les pr9cipales conditions d'exi/5ce1 sans lesquelles il et t ess5tiellem5t incapable1 la manire des autres mono?ismes1 de ralis] assez cet (fice politique1 non plus que sa mission purem5t morale1 que n\s devrons ultrieurem5t exam9]1 et qui con/itue1 sans aucun d\te1 son plus utile et plus admirable ouvrage1 dont l'heureuse influ5ce sur la de/9e totale de notre espce e/ ncessairem5t jamais imprissable1 malgr l'9vitable dcad5ce de sa premire base intellectuelle4 ,quelque re/re9te que doive tre ici l'analyse gnrale de ces indisp5sables conditions de l'exi/5ce sociale du ca?olicisme1 j'y crois cep5dant devoir expressm5t signal] leur di/9ction rationnelle en deux classes ess5tielles1 suivant leur nature /atique ou dynamique1 les unes relatives l'organisation propre de la hir>*ie ca?olique1 les autres se rapportant l'accomplissem5t mme de sa de/9ation fondam5tale4 ,considrons d'abord et surt\t les premires1 dont le vrai c>actre1 quoique spontanm5t trs prononc1 et1 p> suite1 facile apprci] avec ju/esse1 a t1 dans les trois d]ni]s sicles1 pr(ondm5t obscurci p> l'irrationnelle critique1 d'abord des prote/ans1 et ensuite des di/es1 s'ob/9ant1 d'une manire si purile1 t\j\rs ram5] exclusivem5t le type de l'organisme *rti5 au temps de sa primitive bau*e1 comme si les in/itutions huma9es devai5t indf9im5t re/] l'tat ftal1 et ne devai5t pas tre1 au contraire1 pr9cipalem5t jugeables d'aprs leur ple9e maturit1 quoique leur essor initial doive con/amm5t r5f]m] le g]me1 plus ou mo9s s5sible1 de t\s les dveloppem5s ultrieurs1 a9si que les philosophes ca?oliques l'ont nettem5t dmontr p\r le cas actuel4 ,en exam9ant1 mme sommairem5t1 d'un po9t de vue vraim5t philosophique1 l'ensemble de la con/itution ecclsia/ique1 on ne saurait tre surpris de l'n]gique asc5dant politique qu'a d pr5dre univ]sellem5t1 au moy5-ge1 une puissance aussi =tem5t organise1 galem5t suprieure t\t ce qui l'ent\rait et t\t ce qui l'avait prcde4 ,directem5t fonde sur le mrite intellectuel et moral1 qui si long-temps y fut le pr9cipe habituel de la plus m95te lvation1 la fois mobile et /able dans la plus ju/e mesure gnrale1 liant pr(ondm5t t\tes ses div]ses p>ties sans trop comprim] leur propre activit1 du mo9s tant que le sy/me a pu ma9t5ir sa prpondrance1 cette admirable hir>*ie devait alors inspir] spontanm5t1 mme ses mo9dres membres1 qu& leur c>actre p]sonnel tait au niveau de leur mission sociale1 un ju/e s5tim5t de supriorit1 quelquefois trop ddaigneuse1 env]s les organismes grossi]s dont ils faisai5t temporellem5t p>tie1 et o t\t reposait1 au contraire1 pr9cipalem5t sur la naissance1 modifie1 soit p> la =tune1 soit p> l'aptitude militaire4 ,qu& elle a pu se dgag] suffisamm5t des =mes trop imp>faites propres sa premire enfance1 l'organisation ca?olique a1 d'une "p1 attribu graduellem5t au pr9cipe lectif une plnitude d'ext5sion jusque alors entirem5t inconnue1 puisque les *oix1 t\j\rs re/re9ts1 dans les anci5nes rpubliques1 une ca/e dt]m9e1 ont pu ds lors embrass] ord9airem5t l'ensemble de la socit1 sans en except] les mo9dres rangs1 qui ont alors tant f\rni de c>d9aux et mme de papes3 d'une autre "p1 s\s un aspect mo9s apprci mais non mo9s capital1 elle a radicalem5t p]fectionn la nature de ce pr9cipe politique1 en le r5dant plus rationnel1 p> cela seul qu'elle sub/ituait ess5tiellem5t dsormais le *oix rel des infrieurs p> les suprieurs la disposition inv]se1 jusque alors exclusive1 quoique seulem5t conv5able l'ordre temporel2 sans t\tefois que cette con/itution n\velle mconnt ess5tiellem5t la ju/e influ5ce consultative que devai5t1 p\r le bi5 commun1 cons]v]1 en de tels cas1 les lgitimes rclamations des subordonns4 ,le mode c>actri/ique d'lection habituelle la suprme dignit spirituelle1 devra t\j\rs tre reg>d1 ce me semble1 comme un vritable *ef-d'uvre de sagesse politique1 o les g>anties gnrales de /abilit relle et de conv5able prp>ation se tr\vai5t encore mieux assures que n'et pu le p]mettre l'empirique expdi5t de l'hrdit1 t&is que la bont et la maturit des *oix1 en tant qu'elles peuv5t dp5dre de la nature du procd1 y devai5t tre spontanm5t favorises1 soit p> la haute sagesse des lecteurs les mieux appropris1 soit p> la facult1 soigneusem5t mnage1 de laiss] surgir1 de t\s les rangs de la hir>*ie1 la capacit la plus propre prsid] au g\v]nem5t ecclsia/ique1 aprs un indisp5sable noviciat actif3 ensemble de prcautions successives vraim5t admirable1 et ple9em5t en h>monie avec l'extrme importance de cette m95te fonction1 o les philosophes ca?oliques ont si ju/em5t plac le nud fondam5tal de t\t le sy/me ecclsia/ique4 ,on doit galem5t reconnatre la haute porte politique1 jusqu'au dcl9 du sy/me1 de ces in/itutions mona/iques qui1 outre leurs inconte/ables s]vices intellectuels1 con/ituai5t c]ta9em5t l'un des lm5s les plus indisp5sables de cet imm5se organisme4 ,spontanm5t nes du pressant beso9 que devai5t pr\v]1 l'orig9e du ca?olicisme1 les esprits les plus contemplatifs de se dgag]1 autant que possible1 de l'exorbitante dissipation et de la corruption excessive du monde contempora91 ces in/itutions spciales1 ma9t5ant connues p> les seuls abus des temps de dcad5ce1 fur5t1 en gnral1 le b]ceau ncessaire o s'laborr5t1 long-temps l'avance1 les pr9cipales conceptions *rti5nes1 soit dogmatiques1 soit mme pratiques4 ,leur rgime fondam5tal dev9t ensuite l'appr5tissage p]man5t de la classe spculative1 dont les membres les plus actifs v5ai5t s\v5t retremp] a9si l'n]gie et la puret de leur c>actre1 trop susceptible d'altration p> les contacts temporels j\rnali]s2 et la fondation ou la r=mation des ordres (frai5t d'ailleurs directem5t1 p\r une telle poque1 au gnie politique1 une heureuse issue lm5taire1 et un utile ex]cice cont9u1 qui ne saurai5t plus tre conv5ablem5t apprcis1 depuis l'9vitable dsorganisation de ce va/e sy/me provisoire d'organisation spirituelle4 ,enf91 s\s l'aspect politique le plus t5du1 il e/ clair que1 sans une p>eille influ5ce1 ce sy/me n'et pu acqurir1 et encore mo9s cons]v]1 dans les relations europennes1 cet attribut de gnralit qui lui tait indisp5sable1 et qui et t rapidem5t absorb p> l'esprit de nationalit v]s lequel devait t5dre *aque cl]g local1 si cette milice contemplative1 bi5 mieux place1 p> sa nature1 au po9t de vue vraim5t univ]sel1 n'en et t\j\rs reproduit spontanm5t la p5se directe1 en donnant aussi1 au beso91 l'exemple d'une indp5dance qui lui devait tre plus facile4 ,la pr9cipale condition d'efficacit commune t\tes les div]ses proprits politiques que je vi5s de signal] dans la con/itution ca?olique1 consi/ait surt\t en cette puissante ducation spciale du cl]g1 qui devait alors r5dre le gnie ecclsia/ique habituellem5t si suprieur t\t autre1 non-seulem5t en lumires de t\s g5res1 mais1 au mo9s autant1 en aptitude politique4 ,c>1 les mod]nes df5seurs du ca?olicisme1 en faisant ju/em5t valoir1 s\s le po9t de vue intellectuel1 une telle ducation comme tant1 cette poque1 ess5tiellem5t au niveau de l'tat le plus avanc de la philosophie gnrale1 encore m9emm5t mtaphysique1 n'ont po9t eux-mmes assez apprci la haute porte relle d'un n\vel lm5t capital qui devait spontanm5t c>actris] la de/9ation sociale de cette ducation1 mme sans donn] lieu un enseignem5t =mul1 c'e/--dire l'hi/oire1 alors ncessairem5t introduite dans les hautes tudes ecclsia/iques1 au mo9s comme hi/oire de l'glise4 ,si l'on considre l'inconte/able filiation gnrale qui1 surt\t aux premi]s temps1 ratta*ait intimem5t le ca?olicisme1 d'une "p1 au rgime roma91 d'une autre1 la philosophie grecque1 et mme1 p> le judasme1 aux plus antiques ?ocraties2 si l'on p5se l'int]v5tion cont9ue1 de plus en plus importante1 que1 ds sa naissance1 il avait 9vitablem5t ex]ce dans t\tes les pr9cipales affaires huma9es1 on concevra sans pe9e que1 depuis sa plus m95te maturit s\s le gr& ,hildebr&1 l'hi/oire de l'glise t5dait1 au fond1 con/itu] spontanm5t1 p\r cette poque1 une sorte d'hi/oire fondam5tale de l'humanit1 ess5tiellem5t envisage s\s l'aspect social2 et ce qu'un semblable po9t de vue devait videmm5t (frir d'troit1 se tr\vait alors trs heureusem5t comp5s p> l'unit de conception et de composition qui en rsultait naturellem5t1 et qui ne p\vait1 sans d\te1 tre encore autrem5t obt5ue2 en sorte que l'on doit cess] d'tre surpris que l'orig9e philosophique des spculations hi/oriques vraim5t univ]selles soit due au plus noble gnie du ca?olicisme mod]ne4 ,il s]ait1 sans d\te1 inutile de faire ici expressm5t ressortir l'vid5te supriorit politique que l'habitude rgulire d'un tel ordre d'tudes et de mditations devait ncessairem5t procur] aux p5seurs ecclsia/iques1 au milieu d'une ignorante ari/ocratie temporelle1 dont la plup>t des membres n'atta*ai5t gure d'importance hi/orique qu' la gnalogie de leur maison1 sauf l'intrt accessoire qu'ils p\vai5t pr5dre quelques incohr5tes *roniques1 prov9ciales ou1 t\t au plus1 nationales4 ,quelque avance que soit rellem5t auj\rd'hui l'irrvocable dcad5ce1 intellectuelle et sociale1 du ca?olicisme1 ce privilge c>actri/ique doit encore s'y faire s5tir un c]ta9 degr1 p>ce qu'aucune classe ne s'e/ dispose jusqu'ici mieux remplir cette gr&e attribution philosophique2 il e/ probable1 en effet1 que1 dans les rangs levs de sa hir>*ie1 on cont9ue tr\v] plus qu'ailleurs des esprits di/+us spontanm5t susceptibles de se plac] conv5ablem5t au vrai po9t de vue de l'ensemble des affaires huma9es1 quoique la d*ance politique de leur corporation ne leur p]mette plus de manife/] suffisamm5t1 ni mme peut-tre de cultiv] assez1 une telle proprit4 ,enf91 quelque rapide que doive tre cette apprciation1 je ne nglig]ai po9t d'y signal]1 p\r la premire fois1 un d]ni] c>actre de haute philosophie politique1 que les plus illu/res df5seurs du sy/me ca?olique ne p\vai5t y saisir nettem5t1 et qui1 p> suite1 me semble tre re/ ess5tiellem5t inap]u jusqu'ici4 ,il s'agit de l'heureuse discipl9e fondam5tale p> laquelle le ca?olicisme1 aux temps de sa gr&eur1 a directem5t t5t avec succs de dim9u]1 autant que possible1 les dang]s politiques de l'esprit religieux1 en re/reignant de plus en plus le droit d'inspiration surnaturelle1 qu'aucune dom9ation spirituelle fonde sur les doctr9es ?ologiques ne saurait d'ailleurs se disp5s] entirem5t de consacr] en pr9cipe1 mais que l'organisation ca?olique a notablem5t rduit et entrav p> de sages et puissantes prescriptions habituelles1 dont l'importance ne saurait tre comprise que p> comp>aison l'tat prcd5t1 et mme1 en quelque sorte1 l'tat suivant4 ,cette 9vitable t5dance ?ologique de vagues et arbitraires p]turbations1 individuelles ou sociales1 se tr\vait ncessairem5t enc\rage1 au plus haut degr1 s\s le rgime poly?ique1 qui1 p\r a9si dire1 (frait t\j\rs directem5t quelque div9it dispose protg] spcialem5t une inspiration quelconque4 ,malgr que le mono?isme1 en gnral1 ait d spontanm5t en rduire aussitt l'ext5sion1 et en modifi] radicalem5t l'ex]cice1 il a pu cep5dant lui laiss] encore un trs dang]eux essor1 comme le tmoigne clairem5t l'exemple des juifs1 habituellem5t inonds de prophtes et d'illum9s1 qui d'ailleurs y avai5t1 jusqu' un c]ta9 po9t1 leur (fice reconnu1 quoique irrguli]4 ,digne organe ncessaire d'un tat m5tal plus avanc1 le ca?olicisme a graduellem5t re/re9t1 avec une sagesse trop peu apprcie1 le droit direct d'inspiration surnaturelle1 en le reprs5tant comme m9emm5t exceptionnel1 en le bornant des cas de plus en plus graves1 des lus de plus en plus r>es1 et des temps de mo9s en mo9s rappro*s1 en l'assujtissant enf9 des vrifications d'au!nticit de plus en plus svres1 soit *ez les laques1 soit *ez les cl]cs eux-mmes1 habituellem5t cont5us1 en outre1 cet g>d comme t\t autre1 p> l'organisation hir>*ique3 son usage rguli] et cont9u a t ess5tiellem5t rduit ce que la nature du sy/me r5dait /rictem5t indisp5sable1 aussitt que t\tes les communications div9es ont t1 en pr9cipe1 exclusivem5t rs]ves d'ord9aire la suprme autorit ecclsia/ique4 ,cette infaillibilit papale1 si amrem5t repro*e au ca?olicisme1 con/ituait donc1 vrai dire1 s\s un tel po9t de vue1 un trs gr& progrs intellectuel et social1 outre son vid5te ncessit p\r l'ensemble du rgime ?ologique1 o1 selon la judicieuse ?orie de ,de ,mai/re1 elle ne =mait rellem5t que la condition religieuse de la juridiction f9ale1 sans laquelle les 9puisables conte/ations1 j\rnellem5t suscites p> d'aussi vagues doctr9es1 euss5t indf9im5t tr\bl la socit4 ,en tant au s\v]a9 pontife cette indisp5sable prrogative1 l'esprit d'inconsqu5ce1 qui c>actrise le prote/antisme1 bi5 lo9 de supprim] le droit d'inspiration div9e1 t5dait directem5t1 au contraire1 l'augm5t] beauc\p1 et p> suite faire rtrograd]1 ce titre comme tant d'autres1 le dveloppem5t graduel de l'humanit1 a9si que je l'expliqu]ai spcialem5t au *apitre suivant2 puisque sa prt5due r=mation consi/ait entirem5t1 s\s ce rapport1 vulg>is] de plus en plus cette my/ique facult1 et f9alem5t l'individualis]3 ce qui n'et pu manqu] de produire d'imm5ses dsordres1 d'abord intellectuels1 et ensuite sociaux1 si la dcad5ce simultane de t\te ?ologie quelconque n'en et alors ncessairem5t prv5u l'essor spontan1 dont les traces rudim5taires sont nanmo9s =t apprciables4 ,du re/e1 en reconnaissant ici cette importante proprit gnrale du mono?isme ca?olique1 le lecteur judicieux aura1 sans d\te1 naturellem5t rem>qu l'clatante confirmation qu'elle prs5te directem5t la proposition capitale de philosophie hi/orique1 tablie au *apitre prcd5t1 que1 dans le passage du poly?isme au mono?isme1 l'esprit religieux a rellem5t subi un 9vitable dcroissem5t intellectuel3 c>1 n\s voyons a9si le ca?olicisme con/amm5t occup1 dans la vie relle1 p]sonnelle ou collective1 augm5t] graduellem5t le doma9e habituel de la sagesse huma9e aux dp5s de celui1 jusque alors si t5du1 de l'inspiration div9e4 ,aprs avoir suffisamm5t indiqu les vrais pr9cipes philosophiques qui doiv5t prsid] un exam5 appr(ondi des conditions gnrales de l'exi/5ce sociale du ca?olicisme1 je ne saurais m'arrt] aucunem5t la considration des in/itutions spciales1 quelle qu'en ait d tre l'efficacit relle p\r le dveloppem5t et le ma9ti5 de ce gr& organisme4 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 que je ne dois pas dt]m9] ici l'importance trs grave qu'a prs5t1 s\s ce rapport1 l'usage spontan d'une sorte de langue sacre1 p> la cons]vation du lat9 dans la corporation sac]dotale1 qu& il eut cess de re/] vulgaire3 et1 cep5dant1 il n'e/ pas d\teux qu'un tel moy51 sy/matiquem5t rgl1 a con/itu naturellem5t1 div]s titres ess5tiels1 un utile auxiliaire p]man5t de la puissance ca?olique1 soit au d$ans1 soit au dehors1 en facilitant la fois sa communication et sa conc5tration1 et mme en ret>dant notablem5t l'9vitable poque o l'esprit de critique individuelle vi5drait graduellem5t dmolir ce noble difice social1 dont les bases intellectuelles tai5t si prcaires4 ,mais1 videmm5t =c de r5voy] au ,trait spcial dj promis une telle apprciation1 et beauc\p d'autres analogues1 quel qu'en puisse tre l'intrt rel1 je ne dois pas nanmo9s vit] de signal] encore deux conditions capitales1 l'une morale1 l'autre politique1 qui1 sans tre1 p> leur nature1 aussi fondam5tales que celles ci-dessus c>actrises1 ont t\tefois t vraim5t indisp5sables1 *acune sa manire1 au ple9 dveloppem5t du ca?olicisme1 et devai5t1 en mme temps1 rsult] spontanm5t de son entire maturit4 ,t\tes deux tai5t imprieusem5t prescrites p> la nature spciale d'une telle poque et d'un tel sy/me1 beauc\p plus que p> la nature gnrale de l'organisation spirituelle2 di/9ction importante1 qui doit dom9] leur apprciation philosophique1 autrem5t confuse et incohr5te4 ,la premire consi/e dans l'in/itution1 vraim5t capitale1 du clibat ecclsia/ique1 dont le dveloppem5t1 long-temps entrav1 et enf9 complt p> le puissant ,hildebr&1 a t ensuite ju/em5t reg>d comme l'une des bases les plus ess5tielles de la discipl9e sac]dotale4 ,il s]ait entirem5t sup]flu de rappel] ici les motifs assez connus qui1 puiss dans la sa9e apprciation gnrale de la nature huma9e1 expliqu5t son influ5ce ncessaire sur le meilleur accomplissem5t1 intellectuel ou social1 des fonctions spirituelles3 n\s devons mme vit] soigneusem5t d'entam]1 d'une manire directe ou indirecte1 l'exam5 de la conv5ance de cette in/itution p\r le n\veau p\voir spirituel1 ultrieurem5t de/9 rorganis] les socits mod]nes2 cette "q dlicate1 auj\rd'hui trop prmature1 s]ait c]ta9em5t oiseuse agit]1 et peut-tre dang]euse2 elle ne saurait tre dcide conv5ablem5t1 d'aprs une expri5ce graduelle suffisamm5t appr(ondie1 que p> ce p\voir lui-mme1 dj presque con/itu1 l'exemple du ca?olicisme1 quoique beauc\p mo9s t>d4 ,mais1 quant l'indisp5sable ncessit relative de cette importante disposition l'g>d du ca?olicisme1 il e/ ais de la reconnatre1 avec une ple9e et irrsi/ible vid5ce1 malgr tant de sophismes prote/ans ou philosophiques1 mme indp5damm5t des conditions trop manife/es qu'imposait1 s\s ce rapport1 l'excution j\rnalire des pr9cipales fonctions morales du cl]g1 et surt\t de la confession4 ,il suffit p\r cela1 en se bornant aux seules considrations politiques1 nationales ou europennes1 de se reprs5t] conv5ablem5t le vritable tat gnral d'une telle socit1 o1 sans le clibat1 la hir>*ie ca?olique n'aurait pu c]ta9em5t obt5ir ou cons]v]1 aux temps mmes de sa plus gr&e spl5deur1 ni l'indp5dance sociale ni la lib]t d'esprit ncessaires l'accomplissem5t suffisant de sa gr&e mission provisoire4 ,la t5dance univ]selle1 encore si prpondrante1 l'9vitable hrdit de t\tes les fonctions quelconques1 s\s la seule exception capitale des fonctions ecclsia/iques1 et alors1 sans aucun d\te1 irrsi/iblem5t entran le cl]g l'imitation cont9ue d'aussi puissants exemples1 comme le montre clairem5t l'analyse judicieuse des dispositions contempora9es1 si l'heureuse in/itution du clibat ne l'en et radicalem5t prs]v1 quelle qu'ait pu y tre d'ailleurs l'influ5ce relle du npotisme1 t\j\rs ncessairem5t exceptionnel1 et dont la sa9e apprciation ne fait1 au re/e1 que mieux ressortir le beso9 de lutt]1 avec une cont9uelle n]gie1 contre une telle disposition spontane1 qui1 si elle et prvalu1 aurait c]ta9em5t f9i p> annul] ess5tiellem5t la division fondam5tale des deux p\voirs lm5taires1 d'aprs l'imm95te trans=mation graduelle1 que les papes ont alors si pniblem5t cont5ue1 des vques en b>ons et des prtres en *evali]s4 ,on n'a po9t assez apprci l'innovation h>die et vraim5t fondam5tale que le ca?olicisme a radicalem5t opre dans l'organisme social1 en supprimant a9si jamais l'hrdit sac]dotale1 pr(ondm5t inhr5te l'conomie de t\te l'antiquit1 non-seulem5t s\s le rgime ?ocratique proprem5t dit1 mais aussi *ez les ,grecs1 et mme *ez les ,roma9s1 o les div]s (fices pontificaux de quelque importance con/ituai5t ess5tiellem5t le patrimo9e exclusif de quelques familles privilgies1 ou1 t\t au mo9s1 d'une c]ta9e ca/e2 l'lection1 d'ailleurs trs circonscrite1 n'y ayant obt5u que =t t>d une "p purem5t accessoire1 p> une simple concession graduelle1 t\j\rs plus app>5te que relle4 ,si l'on et mieux compris de tels antcd5s1 on et la fois s5ti l'importance et la difficult de l'imm5se s]vice politique r5du p> le ca?olicisme1 lorsque1 en tablissant le pr9cipe du clibat ecclsia/ique1 il a pos enf9 une insurmontable b>rire cette disposition univ]selle1 dont l'irrvocable abolition1 env]s des fonctions aussi m95tes1 a con/itu rellem5t l'ef=t le plus dcisif contre le sy/me des ca/es1 ultrieurem5t m5ac d'ailleurs dans t\tes ses autres p>ties1 d'aprs la seule influ5ce graduelle de cette gr&e modification spontane3 nulle autre apprciation spciale n'e/ aussi propre peut-tre vrifi] combi5 le sy/me ca?olique tait en avant de la socit sur laquelle il devait agir4 ,je ne saurais m'ab/5ir1 ce sujet1 de signal] incidemm5t l'inconsqu5ce et la lgret des aveugles adv]saires habituels du ca?olicisme1 qui1 en confondant1 d'une "p1 le rgime ca?olique avec celui1 si radicalem5t di/9ct1 des vraies ?ocraties antiques1 lui ont1 d'une autre "p1 simultanm5t adress d'am]s repro*es sur cette in/itution gnrale du clibat ecclsia/ique1 ess5tiellem5t de/9e1 au contraire1 p> sa nature c>actri/ique1 r5dre la pure ?ocratie radicalem5t impossible1 en g>antissant1 d'une manire plus spciale1 t\s les rangs sociaux1 le lgitime accs des dignits sac]dotales4 ,quant l'autre condition spciale subsidiaire de l'exi/5ce politique du ca?olicisme au moy5-ge1 elle consi/e dans la ncessit1 f*euse mais indisp5sable1 d'une pr9cipaut temporelle suffisamm5t t5due1 directem5t annexe jamais au *ef-lieu gnral de l'autorit spirituelle1 af9 de mieux g>antir sa ple9e indp5dance europenne4 ,env]s le n\veau p\voir intellectuel et moral de/9 dirig] la mod]ne rorganisation sociale1 l'exam5 d'une telle condition s]ait c]ta9em5t encore plus oiseux a9si que plus prmatur1 et f9alem5t plus dplac1 que celui de la prcd5te4 ,mais1 l'g>d du ca?olicisme1 un p>eil beso9 ne saurait tre d\teux1 en considrant la nature propre de cet organisme et sa pr9cipale de/9ation1 aussi bi5 que d'aprs sa vraie relation politique avec les puissances au se9 desquelles il a d surgir et vivre4 ,n1 comme on l'oublie trop auj\rd'hui1 dans un tat social o les deux p\voirs lm5taires tai5t radicalem5t confondus1 le sy/me ca?olique et t alors rapidem5t absorb1 ou plutt politiquem5t annul p> la prpondrance temporelle1 si le sige de son autorit c5trale se ft tr\v enclav dans quelque juridiction p>ticulire1 dont le *ef n'et pas t>d1 suivant la p5te primitive v]s la conc5tration de t\s les p\voirs1 s'assujtir le pape comme une sorte de *apela92 mo9s de compt] navem5t sur la miraculeuse cont9uit indf9ie d'une suite de s\v]a9s comp>ables au gr& ,*>lemagne1 c'e/--dire1 compr5ant assez le vritable esprit de l'organisation europenne au moy5-ge1 p\r tre spontanm5t disposs t\j\rs respect] conv5ablem5t et protg] dignem5t la haute indp5dance pontificale4 ,quoique la philosophie ?ologique1 une fois p>v5ue l'tat de mono?isme1 t5de naturellem5t1 d'aprs nos explications antrieures1 dt]m9] la sp>ation des deux puissances1 elle e/ ncessairem5t bi5 lo9 de p\voir le faire avec l'n]gie1 la spontanx1 et la prcision qui devront c]ta9em5t c>actris]1 ce sujet1 la philosophie positive1 a9si que je l'indiqu]ai plus t>d3 en sorte que son influ5ce1 puissante mais vague1 ne p\vait1 cet g>d1 nullem5t disp5s]1 comme tant d'autres exemples d'un va9 mono?isme l'ont clairem5t vrifi1 du sec\rs cont9u des conditions purem5t politiques1 p>mi lesquelles devait1 sans d\te1 m9emm5t surgir l'obligation d'une c]ta9e s\v]a9et t]ritoriale1 embrassant une population assez t5due p\r1 au beso91 se suffire provisoirem5t elle-mme2 de manire (frir un refuge assur t\s les div]s membres de cette imm5se hir>*ie1 en cas de collision1 p>tielle mais int5se1 avec les =ces temporelles1 qui1 sans cette imm95te ress\rce extrme1 les aurai5t t\j\rs t5us dans une trop troite dp5dance locale4 ,le sige spcial de cette pr9cipaut exceptionnelle tait d'ailleurs nettem5t dt]m9 p> l'ensemble de sa de/9ation1 puisque le c5tre de l'autorit la plus gnrale1 seule de/9e dsormais agir simultanm5t sur t\s les po9ts du monde civilis1 devait videmm5t rsid] dans cette cit unique1 si exclusivem5t propre li]1 p> une admirable cont9uit active1 l'ordre anci5 l'ordre n\veau1 d'aprs les habitudes pr(ondm5t enrac9es qui1 depuis plusieurs sicles1 y ratta*ai5t1 de t\tes p>ts1 les p5ses et les esprances sociales3 ,de ,mai/re a fait trs bi5 s5tir que1 dans la clbre translation ,byzance1 ,con/ant9 ne fuyait pas mo9s moralem5t devant l'glise que politiquem5t devant les ,b>b>es4 ,mais1 du re/e1 l'irrcusable ncessit de cette adjonction temporelle la suprme dignit ecclsia/ique n'en doit pas faire oubli] les graves inconvni5s1 ess5tiellem5t 9vitables1 soit env]s l'autorit sac]dotale elle-mme1 soit p\r la p>tie de l',europe a9si rs]ve cette sorte d'anomalie politique4 ,la puret1 et mme la dignit1 du c>actre pontifical se tr\vai5t ds-lors exposes sans cesse une imm95te altration directe1 p> le mlange p]man5t des hautes attributions propres la papaut1 avec les oprations secondaires d'un g\v]nem5t prov9cial2 quoique1 p> suite mme1 du mo9s en p>tie1 d'une telle discordance1 le pape ait rellem5t t\j\rs assez peu rgn ,rome1 sans except] les plus belles poques du ca?olicisme1 p\r n'y p\voir seulem5t comprim] suffisamm5t les factions des pr9cipales familles1 dont les misrables luttes ont si s\v5t brav et compromis son autorit temporelle3 l'indisp5sable lvation de ce gr& c>actre politique1 et sa gnralit c>actri/ique1 n'en ont pas mo9s s\ff]t sans d\te1 p> suite de l'asc5dant trop exclusif que devai5t a9si obt5ir graduellem5t les ambitions itali5nes1 et qui1 aprs avoir favoris d'abord le dveloppem5t du sy/me1 n'a pas peu contribu ensuite acclr] sa dsorganisation1 p> les inflexibles rivalits qu'il a d s\lev] au lo93 s\s l'un et l'autre aspect1 le *ef spirituel de l',europe a f9i p> se trans=m] auj\rd'hui en un petit pr9ce itali51 lectif1 t&is que t\s ses vois9s sont hrditaires1 mais d'ailleurs ess5tiellem5t proccup1 comme *acun d'eux1 et peut-tre mme davantage1 du ma9ti5 prcaire de sa dom9ation locale4 ,quant l',italie1 quoique son essor intellectuel1 et mme moral1 ait t beauc\p ht p> cet 9vitable privilge1 elle a d y p]dre ess5tiellem5t sa nationalit politique3 c> les papes ne p\vai5t1 sans se dnatur] totalem5t1 t5dre sur l',italie entire leur dom9ation temporelle1 que l',europe et d'ailleurs unanimem5t emp*e2 et cep5dant la papaut ne devait po9t1 sans compromettre gravem5t son indisp5sable indp5dance1 laiss] =m]1 aut\r de son t]ritoire spcial1 aucune autre gr&e s\v]a9et itali5ne3 la d\l\reuse fatalit dt]m9e p> ce conflit fondam5tal1 con/itue c]ta9em5t l'une des plus dplorables consqu5ces de la condition d'exi/5ce que n\s v5ons d'exam9]1 et qui a a9si exig1 en quelque sorte1 s\s un aspect capital1 le sacrifice politique d'une p>tie aussi prcieuse et aussi intressante de la communaut europenne1 t\j\rs agite1 depuis dix sicles1 p> d'impuissans ef=ts p\r con/itu] une unit nationale1 ncessairem5t incompatible1 d'aprs cette explication1 jusqu' prs5t inap]ue1 avec l'ensemble du sy/me politique fond sur le ca?olicisme4 ,je devais ici c>actris] di/9ctem5t les pr9cipales conditions d'exi/5ce politique du ca?olicisme1 qui1 de nature ess5tiellem5t /atique1 conc]n5t directem5t son organisation propre2 p>ce qu'elles doiv5t tre auj\rd'hui plus pr(ondm5t mconnues p> t\tes nos div]ses coles dom9antes1 qui1 dans leur inanit philosophique1 ne sav5t rv] la solution sociale que d'aprs l'anci5ne base ?ologique1 et qui cep5dant refus5t radicalem5t une telle conomie les moy5s fondam5taux les plus indisp5sables son efficacit relle2 comme je l'ai indiqu au volume prcd5t1 et comme la suite de notre analyse hi/orique l'expliqu]a spontanm5t4 ,les conditions vraim5t dynamiques1 relatives la puissance 9vitable que devait procur] au ca?olicisme l'accomplissem5t cont9u de son (fice social1 sont1 p> leur nature1 trop manife/es1 et1 en effet1 trop peu conte/es d'ord9aire1 p\r exig] un exam5 aussi t5du4 ,n\s p\rrons donc1 en ce qui les conc]ne1 n\s born]1 ce sujet1 l'apprciation sommaire de la gr&e attribution lm5taire de l'ducation gnrale1 qui1 d'aprs un claircissem5t antrieur1 con/itue ncessairem5t la plus importante fonction du p\voir spirituel1 et le fondem5t primitif de t\tes ses autres oprations1 p>mi lesquelles il suffira de considr] ensuite celle qui1 dans la vie active1 en devait dev5ir le prolongem5t le plus naturel et la plus irrsi/ible consqu5ce1 p\r la direction morale de la conduite prive4 ,quelque intrt philosophique que duss5t c]ta9em5t (frir beauc\p d'autres considrations analogues1 comme1 p> exemple1 l'exam5 de l'influ5ce politique que devait spcialem5t procur] la hir>*ie ca?olique l'ex]cice j\rnali] de ses relations naturelles avec t\tes les p>ties simultanes du monde civilis1 en un temps surt\t o les div]ses puissances temporelles vivai5t ess5tiellem5t isoles1 je suis videmm5t =c1 p> l'indisp5sable re/riction de notre apprciation hi/orique1 de laiss] au lecteur t\s les dveloppem5s de ce g5re4 ,la plup>t des philosophes1 mme ca?oliques1 faute d'une comp>aison assez leve1 ont trop peu apprci l'imm5se et heureuse innovation sociale graduellem5t accomplie p> le ca?olicisme1 qu& il a directem5t organis un sy/me fondam5tal d'ducation gnrale1 intellectuelle et surt\t morale1 s't5dant rig\reusem5t t\tes les classes de la population europenne1 sans aucune exception quelconque1 mme env]s le s]vage4 ,si une intime habitude ne devait ess5tiellem5t blas] nos esprits sur cette admirable in/itution1 o l'on n'e/ plus frapp que du c>actre rtrograde qu'elle (fre inconte/ablem5t auj\rd'hui s\s le rapport m5tal2 si on la jugeait du po9t de vue vraim5t philosophique conv5able l'tude rationnelle des rvolutions successives de l'humanit1 *acun s5tirait aism5t l'm95te valeur sociale d'une telle amlioration p]man5te1 en p>tant du rgime poly?ique1 qui condamnait inv>iablem5t la masse de la population un 9vitable abrutissem5t1 non-seulem5t l'g>d des esclaves1 dont la prdom9ance numrique e/ d'ailleurs bi5 connue1 mais encore p\r la majeure p>tie des hommes libres1 ess5tiellem5t privs de t\te in/ruction rgle1 sauf l'influ5ce spontane t5ant au dveloppem5t des beaux-arts1 et celle que devait produire aussi le sy/me des ftes publiques1 complt p> les jeux scniques3 il e/ clair1 en effet1 que1 dans l'antiquit1 l'ducation purem5t militaire1 exclusivem5t borne1 p> sa nature1 aux hommes libres1 p\vait seule tre conv5ablem5t organise1 et l'tait rellem5t de la manire la plus p>faite4 ,de tels antcd5s1 judicieusem5t apprcis1 emp*]ai5t1 sans d\te1 de mconnatre le gr& progrs lm5taire ralis p> le ca?olicisme1 imposant spontanm5t *aque croyant1 avec une irrsi/ible autorit1 le devoir rig\reux de recevoir1 et aussi de procur] autant que possible1 le bi5fait de cette in/ruction religieuse1 qui1 saisissant l'individu ds ses premi]s pas1 et1 aprs l'avoir prp> sa de/9ation sociale1 le suivait d'ailleurs assidm5t dans t\t le c\rs de sa vie active1 p\r le ram5] sans cesse la ju/e application de ses pr9cipes fondam5taux1 p> un ensemble admirablem5t comb9 d'exhortations directes1 gnrales ou spciales1 d'ex]cices individuels ou communs1 et de signes matriels conv]geant trs bi5 v]s l'unit d'impression4 ,en se reportant conv5ablem5t ce temps1 on ne t>d]a po9t s5tir que1 mme s\s l'aspect intellectuel1 ces mode/es *efs-d'uvre de philosophie usuelle qui =mai5t le fond des cat*ismes vulgaires1 tai5t alors1 en ralit1 t\t ce qu'ils p\vai5t tre ess5tiellem5t1 quelque arrirs qu'ils doiv5t ma9t5ant n\s sembl] cet g>d2 c> ils cont5ai5t ce que la philosophie ?ologique proprem5t dite1 p>v5ue l'tat de mono?isme1 p\vait (frir de plus p>fait1 mo9s de sortir radicalem5t d'un tel rgime m5tal1 ce qui c]tes tait encore m9emm5t *imrique3 la seule philosophie un peu plus avance1 cet g>d1 qui exi/t dj1 tait1 comme on l'a vu1 purem5t mtaphysique1 et1 ce titre1 ncessairem5t impropre1 p> sa nature anti-organique1 pass] utilem5t dans la circulation gnrale1 o1 d'aprs l'expri5ce ple9em5t dcisive des sicles antrieurs1 elle n'aurait1 videmm5t1 pu in/itu] f9alem5t qu'un fune/e scepticisme univ]sel1 incompatible avec t\t vrai g\v]nem5t spirituel de l'humanit2 quant aux prcieux rudim5s sci5tifiques graduellem5t labors dans l'immortelle cole d',alex&rie1 ils tai5t1 sans aucun d\te1 beauc\p trop faibles1 trop isols1 et trop ab/raits1 p\r devoir pntr]1 un degr quelconque1 dans une telle ducation commune1 qu& mme l'esprit fondam5tal du sy/me ne les et pas implicitem5t rep\sss4 ,mieux on scrut]a l'ensemble de cette mmorable organisation1 plus on s]a *oqu de l'irrationnelle et pr(onde inju/ice que prs5te l'aveugle accusation absolue1 tant rpte contre le ca?olicisme1 d'avoir1 sans di/9ction d'poques1 t\j\rs t5du t\ff] le dveloppem5t populaire de l'intellig5ce huma9e1 dont il fut si long-temps1 au contraire1 le promoteur le plus efficace3 le repro*e banal du prote/antisme1 quant la sage prohibition de l'glise roma9e relativem5t la lecture indiscrte et vulgaire des livres sacrs emprunts au judasme1 ne devrait pas tre s]vilem5t reproduit p> les philosophes imp>tiaux1 qui1 n'tant po9t ret5us1 comme les docteurs ca?oliques1 p> un respect =c p\r cette dang]euse habitude1 p\rrai5t fran*em5t proclam] les graves inconvni5s1 intellectuels et sociaux1 radicalem5t inhr5s une telle pratique1 qui1 rsulte du beso9 logique de con/itu] au mono?isme une cont9uit indf9ie1 t5dait1 *ez la plup>t des esprits ord9aires1 rig] en type social la notion rtrograde d'une antique ?ocratie1 si antipa?ique aux vraies ncessits ess5tielles du moy5-ge4 ,l'exacte int]prtation gnrale des faits montre alors1 au contraire1 dans le cl]g ca?olique1 une disposition con/ante faire univ]sellem5t pntr] t\tes les lumires quelconques qu'il avait lui-mme reues1 bi5 lo9 d'imit]1 cet g>d1 la conc5tration sy/matique propre au rgime vraim5t ?ocratique3 et c'tait l une suite 9vitable de la division fondam5tale des deux p\voirs lm5taires1 qui1 dans l'intrt mme de sa lgitime dom9ation1 conduisait cette hir>*ie excit] p>t\t un c]ta9 degr de dveloppem5t intellectuel1 sans lequel sa puissance gnrale n'aurait pu tr\v] un po9t d'appui suffisant4 ,au re/e1 il ne s'agit po9t directem5t1 en ce mom5t1 de l'apprciation m5tale1 ni mme morale1 naturellem5t exam9e ci-aprs1 de ce sy/me gnral de l'ducation ca?olique1 o n\s ne devons ma9t5ant considr] surt\t que la haute influ5ce politique qu'il procurait ncessairem5t la hir>*ie sac]dotale1 et qui devait videmm5t rsult] de l'asc5dant spontan que t5d5t cons]v] indf9im5t les directeurs primitifs de t\te ducation relle1 qu& elle n'e/ po9t borne la simple in/ruction2 asc5dant immdiat et gnral1 inhr5t cette gr&e attribution sociale1 ab/raction faite d'ailleurs du c>actre spcialem5t sacr de l'autorit spirituelle au moy5-ge1 et des t]reurs sup]/itieuses qui s'y ratta*ai5t4 ,simultanm5t hriti]1 ds l'orig9e1 de l'empirique sagesse des ?ocraties ori5tales1 et des +nieuses tudes de la philosophie grecque1 le cl]g ca?olique a d ensuite s'appliqu] 9vitablem5t1 avec une op9itre p]svrance1 l'exacte inve/igation de la nature huma9e1 individuelle ou sociale1 qu'il a rellem5t appr(ondie autant que peuv5t le comport] des obs]vations irrationnelles1 diriges ou int]prtes p> de va9es conceptions ?ologiques ou mtaphysiques4 ,or1 une telle connaissance1 o sa supriorit gnrale tait hautem5t irrcusable1 devait m9emm5t favoris] son asc5dant politique1 puisque1 dans un tat quelconque de la socit1 elle con/itue naturellem5t1 de t\te ncessit1 la premire base intellectuelle directe d'un p\voir spirituel2 les autres sci5ces ne p\vant obt5ir1 cet g>d1 d'efficacit relle que p> leur indisp5sable influ5ce rationnelle sur l'ext5sion et l'amlioration de ces spculations1 politiquem5t prpondrantes1 relatives l'homme et la socit4 ,on doit enf9 concevoir l'in/itution1 vraim5t capitale1 de la confession ca?olique1 comme de/9e rgul>is] une importante fonction lm5taire du p\voir spirituel1 la fois suite 9vitable et complm5t ncessaire de cette attribution fondam5tale que n\s v5ons de considr]3 c> il e/1 d'une "p1 impossible que les directeurs rels de la jeunesse ne devi5n5t po9t spontanm5t1 un degr quelconque1 les conseill]s habituels de la vie active2 et1 d'une autre "p1 sans un tel prolongem5t d'influ5ce morale1 l'efficacit sociale de leurs oprations primitives ne saurait tre suffisamm5t g>antie1 en v]tu de leur aptitude exclusive surveill] l'excution j\rnalire des pr9cipes de conduite qu'ils ont a9si enseigns3 il et t d'ailleurs videmm5t absurde que cette in/itution cons]vt indf9im5t les =mes puriles1 et mme dang]euses1 rappeles p> l'tymologie d'une telle dnom9ation1 et qui avai5t d subsi/] jusqu' ce que la hir>*ie pt tre suffisamm5t con/itue4 ,ri5 ne peut1 sans d\te1 mieux c>actris] l'irrvocable dcad5ce de l'anci5ne organisation spirituelle1 que la dngation sy/matique1 si ardemm5t propage depuis trois sicles1 d'une condition d'exi/5ce aussi simple et aussi vid5te1 ou la dsutude spontane1 non mo9s significative1 d'un usage aussi bi5 adapt aux beso9s lm5taires de notre nature morale1 l'pan*em5t et la direction1 qui1 en pr9cipe1 ne p\vai5t c]tes tre plus conv5ablem5t satisfaits que p> la subord9ation volontaire de *aque croyant un guide spirituel1 librem5t *oisi dans une va/e et m95te corporation1 la fois apte d'ord9aire donn] d'utiles avis et presque t\j\rs incapable1 p> son heureuse position spciale1 ds9tresse sans tre indiffr5te1 d'abus] d'une confiance qui con/ituait la seule base1 con/amm5t facultative1 d'une telle autorit p]sonnelle4 ,si l'on refuse1 en effet1 au p\voir spirituel une semblable influ5ce consultative sur la vie huma9e1 quelle vritable attribution sociale p\rrait-il lui re/]1 qui ne puisse tre encore plus ju/em5t conte/e8 ,les puissans effets moraux de cette belle in/itution p\r purifi] p> l'aveu et rectifi] p> le rep5tir1 ont t si bi5 apprcis des philosophes ca?oliques1 que n\s sommes ici heureusem5t disp5ss1 cet g>d1 de t\te explication spciale1 au sujet d'une fonction qui a si utilem5t remplac la discipl9e grossire et insuffisante1 galem5t prcaire et tracassire1 d'aprs laquelle1 s\s le rgime poly?ique1 le magi/rat s'ef=ait si va9em5t de rgl] les murs p> d'arbitraires prescriptions1 en v]tu de la confusion fondam5tale des deux ordres des p\voirs huma9s4 ,n\s n'avons l'envisag] ma9t5ant que comme une indisp5sable condition d'exi/5ce politique inhr5te au g\v]nem5t spirituel1 quels qu'en soi5t la nature et le pr9cipe1 et sans laquelle il ne p\rrait suffisamm5t remplir son (fice c>actri/ique1 qui doit y tr\v] simultanm5t ses in=mations lm5taires et ses premi]s moy5s moraux4 ,les graves abus qu'elle a produits1 mme aux plus beaux temps du ca?olicisme1 doiv5t tre bi5 mo9s rapports l'in/itution elle-mme1 ab/raitem5t conue1 qu' la nature vague et absolue de la philosophie ?ologique1 seule susceptible1 de t\te ncessit1 de con/itu] alors la base trs imp>faite1 soit moralem5t ou m5talem5t1 de l'organisation spirituelle4 ,il rsultait =cm5t1 en effet1 d'une telle situation1 l'9vitable obligation de ce droit1 en ralit presque arbitraire malgr les meilleurs rglem5s1 d'absolution religieuse1 au sujet duquel les plus lgitimes rclamations ne saurai5t emp*] l'irrsi/ible beso9 pratique de cette facult cont9ue1 sans laquelle1 l'imm95t pril de l'individu et de la socit1 une seule faute capitale aurait con/amm5t dt]m9 un irrvocable dsespoir1 dont les suites habituelles aurai5t t5du conv]tir bi5tt cette salutaire discipl9e en un pr9cipe ncessaire d'incalculables p]turbations4 ,aprs avoir1 p> l'ensemble des considrations prcd5tes1 suffisamm5t bau* dsormais l'apprciation politique du ca?olicisme1 en ce qui conc]ne les conditions fondam5tales du g\v]nem5t spirituel1 celles qui1 p> leur nature1 doiv5t t\j\rs se manife/]1 un degr et s\s une =me d'ailleurs v>iables1 dans une vritable organisation morale di/9cte1 quel qu'en puisse tre le pr9cipe1 il n\s re/e encore1 p\r a*ev] de connatre assez ce gr& organisme du moy5-ge1 de manire bi5 compr5dre les exig5ces relles1 soit de son exi/5ce passe1 soit de sa va9e re/auration ultrieure1 signal] aussi1 p> l'indication rapide mais c>actri/ique d'un po9t de vue plus spcial1 ses pr9cipales conditions purem5t dogmatiques1 af9 de faire s5tir que des croyances ?ologiques secondaires1 auj\rd'hui communm5t reg>des comme socialem5t indiffr5tes1 tai5t cep5dant indisp5sables la ple9e efficacit politique de ce sy/me factice et complexe1 dont l'admirable mais passagre unit rsultait pniblem5t de la laborieuse conv]g5ce d'une multitude d'influ5ces htrognes1 en sorte qu'une seule d'entre elles1 pr(ondm5t ru9e1 t5dait entran] spontanm5t une 9vitable dsorganisation1 totale quoique graduelle4 ,n\s avons dj reconnu1 ce sujet1 la f9 du *apitre prcd5t1 que le /rict mono?isme1 tel que le rv5t nos di/es1 s]ait la fois d'un usage impraticable et d'une application /rile3 et t\t philosophe imp>tial qui t5t]a conv5ablem5t de mesur]1 p\r a9si dire1 la dose fondam5tale de poly?isme que le ca?olicisme a d ncessairem5t cons]v] en la rgul>isant d'aprs son pr9cipe propre1 reconnatra qu'elle fut1 en gnral1 aussi rduite que le comport5t ess5tiellem5t les beso9s 9vitables1 intellectuels ou sociaux1 du vritable esprit ?ologique4 ,mais n\s devons1 en outre1 considr] ma9t5ant1 dans le ca?olicisme1 les plus importans des div]s dogmes accessoires1 qui1 drivs1 plus ou mo9s spontanm5t1 de la conception ?ologique c>actri/ique1 en ont con/itu surt\t des dveloppem5s plus ou mo9s indisp5sables l'enti] accomplissem5t de sa gr&e de/9ation provisoire p\r l'volution sociale de l'humanit4 ,la t5dance1 m9emm5t vague et mobile1 qui c>actrise spontanm5t1 mme l'tat de mono?isme1 les conceptions ?ologiques1 devrait pr(ondm5t compromettre1 de t\te ncessit1 leur efficacit sociale1 en exposant1 d'une manire presque indf9ie1 dans la vie relle1 les prceptes pratiques dont elles sont la base des modifications ess5tiellem5t arbitraires1 dt]m9es p> les div]ses passions huma9es1 si cet imm95t pril cont9u n'tait rgulirem5t conjur p> une active surveillance fondam5tale du p\voir spirituel correspondant4 ,c'e/ p\rquoi la s\mission d'esprit1 videmm5t indisp5sable1 un c]ta9 degr1 t\te organisation quelconque du g\v]nem5t moral de l'humanit1 avait beso9 d'tre beauc\p plus int5se s\s le rgime ?ologique1 qu'elle ne devra le dev5ir1 comme je l'indiqu]ai plus t>d1 s\s le rgime positif1 o la nature des doctr9es p\sse d'elle-mme une conv]g5ce presque suffisante1 et n'exige1 p> suite1 qu'un rec\rs bi5 mo9s spcial et mo9s frqu5t l'autorit int]prtative ou directrice4 ,a9si1 le ca?olicisme1 af9 de con/itu] et de ma9t5ir l'unit ncessaire sa de/9ation sociale1 a d cont5ir autant que possible le libre essor individuel1 9vitablem5t discordant1 de l'esprit religieux1 en rigeant directem5t la foi la plus absolue en premi] devoir du *rti52 puisque1 en effet1 sans une telle base1 t\tes les autres obligations morales p]dai5t aussitt leur seul po9t d'appui4 ,si cette vid5te ncessit du sy/me ca?olique t5dait rellem5t1 suivant l'accusation banale1 fond] l'empire du cl]g bi5 plus que celui de la religion1 l'cole positive1 avec la ple9e indp5dance qui la c>actrise1 et que ne p\vai5t manife/] les philosophes ca?oliques au sujet des vices radicaux de leurs propres doctr9es1 ne doit pas cra9dre auj\rd'hui de reconnatre hautem5t que cette sub/itution tant repro*e avait d tre1 au fond1 ess5tiellem5t avantageuse la socit2 c> la pr9cipale utilit pratique de la religion a d alors consi/] rellem5t p]mettre l'lvation provisoire d'une noble corporation spculative1 m9emm5t apte1 comme je l'ai expliqu1 p> la nature de son organisation1 dirig] heureusem5t1 p5dant sa priode asc5sionnelle1 les op9ions et les murs1 quoique condamne ensuite une irrvocable dcad5ce1 non p> les dfauts ess5tiels de sa con/itution propre1 mais prcism5t1 au contraire1 p> l'9vitable imp]fection d'une telle philosophie1 dont l'asc5dant m5tal et social devait tre purem5t provisoire1 comme le re/e de ce volume le r5dra1 j'espre1 de plus en plus inconte/able4 ,cette indisp5sable considration gnrale doit t\j\rs dom9] dsormais t\te apprciation vraim5t rationnelle du ca?olicisme1 aussi bi5 s\s l'aspect purem5t dogmatique que s\s le po9t de vue directem5t politique2 elle peut seule conduire saisir le vritable c>actre de c]ta9es croyances1 dang]euses sans d\te1 mais imposes p> la nature ou les beso9s du sy/me1 et qui n'ont jamais pu tre jusqu'ici philosophiquem5t juges2 elle doit enf9 faire spontanm5t compr5dre l'importance capitale que tant d'esprits suprieurs ont jadis atta*e c]ta9s dogmes spciaux1 qu'un exam5 sup]ficiel dispose ma9t5ant proclam] inutiles la de/9ation f9ale1 mais qui1 au fond1 tai5t d'ord9aire intimem5t lis aux exig5ces relles soit de l'unit ecclsia/ique1 soit de l'efficacit sociale4 ,dans le ,trait spcial dj promis1 un tel esprit philosophique expliqu]a facilem5t plus t>d l'irrcusable ncessit relative1 intellectuelle ou sociale1 des dogmes les plus amrem5t repro*s au ca?olicisme1 et qui1 raison mme de cette intime obligation1 ont d1 en effet1 puissamm5t contribu] ensuite sa dcad5ce1 en s\levant p>t\t contre lui d'n]giques rpugnances1 la fois m5tales et morales4 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 que l'on peut aism5t concevoir l'arrt fondam5tal1 aussi indisp5sable que d\l\reux1 qui imposait directem5t la foi ca?olique comme une condition rig\reuse du salut t]nel1 et sans lequel1 en effet1 il e/ vid5t que ri5 ne p\vait plus cont5ir la div]g5ce spontane des croyances ?ologiques1 mo9s de rec\rir sans cesse une int]v5tion temporelle bi5tt illusoire3 et1 nanmo9s1 cette fatale prescription1 qui conduit 9vitablem5t la damnation de t\s les htrodoxes quelconques1 mme involontaires1 a d sans d\te1 ju/em5t excit]1 plus qu'aucune autre1 au temps de l'mancipation1 une pr(onde indignation unanime2 c> ri5 peut-tre n'e/ aussi propre confirm]1 s\s le rapport moral1 cette de/9ation purem5t provisoire si clairem5t inhr5te1 s\s l'aspect m5tal1 t\tes les doctr9es religieuses1 alors graduellem5t am5es conv]tir un anci5 pr9cipe d'am\r en un motif f9al de ha9e insurmontable1 comme on le v]rait dsormais de plus en plus1 depuis la disp]sion des croyances1 si leur activit sociale ne t5dait enf9 v]s une ext9ction totale et commune4 ,le fameux dogme de la condamnation orig9elle de l'humanit t\t entire1 qui1 moralem5t1 e/ encore plus radicalem5t rvoltant que le prcd5t1 con/ituait aussi un lm5t ncessaire de la philosophie ca?olique1 non-seulem5t p> sa relation spontane l'explication ?ologique des misres huma9es1 qui en a reproduit1 en tant d'autres sy/mes religieux1 le g]me ess5tiel1 mais aussi1 d'une manire plus spciale1 p\r motiv] conv5ablem5t la ncessit gnrale d'une rdemption univ]selle1 sur laquelle repose t\te l'conomie de la foi ca?olique4 ,de mme1 il s]ait facile de reconnatre que l'in/itution1 si amrem5t critique1 du purgatoire fut1 au contraire1 trs heureusem5t introduite dans la pratique sociale du ca?olicisme1 titre d'indisp5sable correctif fondam5tal de l't]nit des pe9es futures3 c>1 autrem5t1 cette t]nit1 sans laquelle les prescriptions religieuses ne p\vai5t tre efficaces1 et videmm5t dt]m9 s\v5t ou un rel*em5t fune/e ou un effroyable dsespoir1 galem5t dang]eux l'un et autre p\r l'individu et p\r la socit1 et entre lesquels le gnie ca?olique e/ p>v5u organis] cette +nieuse issue1 qui p]mettait de gradu] immdiatem5t1 avec une scrupuleuse prcision1 l'application effective du procd religieux aux conv5ances de *aque cas rel2 quels qu'ai5t d tre d'ailleurs les abus ultrieurs d'un expdi5t aussi arbitraire1 on n'y doit pas mo9s voir l'une des conditions usuelles imposes p> la nature du sy/me1 comme je l'ai indiqu ci-dessus quant au droit d'absolution4 ,p>mi les dogmes plus spciaux1 un exam5 analogue mettrait en ple9e vid5ce la ncessit politique du c>actre intimem5t div9 attribu au premi] fondateur1 rel ou idal1 de ce gr& sy/me religieux1 p> suite de la relation pr(onde1 inconte/able quoique jusqu'ici mal dmle1 d'une telle conception avec l'indp5dance radicale du p\voir spirituel1 a9si spontanm5t plac s\s une inviolable autorit propre1 invisible mais directe2 t&is que1 dans l'hypo?se ari5ne1 le p\voir temporel1 en s'adressant immdiatem5t la provid5ce commune1 devait tre bi5 mo9s dispos respect] la libre int]v5tion du corps sac]dotal1 dont le *ef my/ique tait alors bi5 mo9s m95t4 ,on ne peut auj\rd'hui se =m] une ju/e ide des imm5ses difficults de t\t g5re qu'a d si long-temps combattre le ca?olicisme p\r organis] enf9 la sp>ation fondam5tale des deux p\voirs lm5taires2 et1 p> suite1 on apprcie trs imp>faitem5t les ress\rces div]ses que cette gr&e lutte a exiges1 et entre lesquelles figure1 au premi] rang1 une telle apo?ose1 qui t5dait relev] extrmem5t la dignit de l'glise aux yeux des rois1 p5dant que1 d'un autre ct1 une rig\reuse unit div9e aurait trop favoris1 en s5s inv]se1 la conc5tration de l'asc5dant social3 aussi l'hi/oire n\s manife/e-t-elle alors1 d'une manire trs v>ie et =t dcisive1 la secrte prdilection op9itre de la plup>t des rois p\r l'hrsie d',arius1 o leur in/9ct de dom9ation s5tait confusm5t un puissant moy5 de dim9u] l'indp5dance pontificale et de favoris] la prpondrance sociale de l'autorit temporelle4 ,le dogme clbre de la prs5ce relle1 qui1 malgr son tranget m5tale1 ne con/ituait1 au fond1 qu'une sorte de prolongem5t spontan du dogme prcd5t1 comportait videmm5t1 au plus haut degr1 la mme efficacit politique1 en attribuant au mo9dre prtre un p\voir j\rnali] de miraculeuse conscration1 qui devait le r5dre m9emm5t respectable des *efs dont la puissance matrielle1 quelle qu'en fut l't5due1 ne p\vait jamais aspir] d'aussi sublimes oprations3 en un mot1 outre l'excitation t\j\rs n\velle que la foi devait en recevoir cont9uellem5t1 une telle croyance r5dait le m9i/re ecclsia/ique plus irrcusablem5t indisp5sable2 t&is qu'avec des conceptions plus simples et un culte mo9s spcial1 les magi/rats temporels1 t5dant sans cesse la suprmatie1 aurai5t aism5t conu la p5se de se pass] ess5tiellem5t de l'int]v5tion sac]dotale1 s\s la seule condition d'une va9e or?odoxie1 comme la dcomposition graduelle du *ri/ianisme l'a montr de plus en plus dans le c\rs des trois d]ni]s sicles4 ,si1 aprs avoir a9si considr l'ensemble dogmatique du ca?olicisme1 on s\mettait une apprciation analogue le culte proprem5t dit1 qui n'en tait qu'une consqu5ce ncessaire et une 9vitable manife/ation p]man5te1 on y vrifi]ait1 d'une manire plus ou mo9s prononce1 outre d'importans moy5s moraux d'action individuelle et d'union sociale1 une semblable de/9ation politique1 qu'il suffira d'indiqu] ici rapidem5t p\r la pratique la plus capitale2 sans p>l] mme de ces mmorables sacrem5s1 dont la succession graduelle1 trs rationnellem5t comb9e1 devait sol5nellem5t rappel] *aque croyant1 aux plus gr&es poques de sa vie1 et dans t\t son c\rs rguli]1 l'esprit fondam5tal du sy/me univ]sel1 p> des signes spcialem5t adapts au vrai c>actre de *aque situation4 ,m5talem5t envisage1 la messe ca?olique (fre1 sans d\te1 un aspect trs peu satisfaisant1 puisque la raison huma9e n'y saurait voir1 vrai dire1 qu'une sorte d'opration magique1 t]m9e p> l'accomplissem5t d'une pure vocation1 relle quoique my/ique3 mais1 au contraire1 du po9t de vue social1 on y doit reconnatre1 mon gr1 une trs heureuse inv5tion de l'esprit ?ologique1 de/9e ralis] la suppression univ]selle et irrvocable des sanglans ou atroces sacrifices du poly?isme1 en donnant le *ange1 p> un sublime subt]fuge1 ce beso9 in/9ctif du sacrifice1 qui e/ ncessairem5t inhr5t t\t rgime religieux1 et que satisfaisait a9si *aque j\r1 au-del de t\te possibilit antrieure1 l'immolation volontaire de la plus prcieuse victime imag9able4 ,quelque imp>faites que doiv5t tre ncessairem5t d'aussi sommaires indications sur les div]s articles ess5tiels du dogme et du culte ca?oliques1 dont l'apprciation plus dveloppe s]ait ici dplace1 elles suffiront1 j'espre1 p\r faire dj s5tir1 t\s les vrais philosophes1 la nature et l'importance d'un tel ordre de considrations1 en att5dant l'exam5 ultrieur ci-dessus annonc4 ,plus on appr(ondira1 dans cet esprit positif1 l'tude gnrale du ca?olicisme au moy5-ge1 mieux on s'expliqu]a l'imm5se intrt1 non mo9s social que m5tal1 qu'inspirai5t alors univ]sellem5t tant de mmorables controv]ses1 au milieu desquelles d'm95s gnies ont su faire graduellem5t surgir l'admirable organisation ca?olique1 quoique une sup]ficielle critique les fasse auj\rd'hui gnralem5t reg>d] comme ayant d t\j\rs tre aussi indiffr5tes qu'elles le sont spontanm5t dev5ues depuis l'9vitable dcad5ce du sy/me correspondant4 ,les infatigables ef=ts de tant d'illu/res docteurs ou pontifes p\r combattre l'arianisme1 qui t5dait ncessairem5t ru9] l'indp5dance sac]dotale1 leurs luttes1 non mo9s capitales1 contre le mani*isme1 qui m5aait directem5t l'conomie fondam5tale du ca?olicisme1 en v\lant y sub/itu] le dualisme l'unit1 et beauc\p d'autres dbats ju/em5t clbres1 n'tai5t c]tes po9t alors plus dp\rvus de de/9ation srieuse et pr(onde1 mme politique1 que les conte/ations les plus agites de nos j\rs1 et qui p>atrai5t peut-tre1 dans un av5ir mo9s lo9ta91 t\t aussi tranges1 des philosophes incapables de disc]n] les graves intrts sociaux dissimuls p> les ?ses mal conues dont notre sicle e/ inond4 ,une mdiocre connaissance de l'hi/oire ecclsia/ique devrait assurm5t confirm] cette maxime vid5te de la sa9e philosophie1 qui tablit directem5t la haute impossibilit que de telles controv]ses1 ardemm5t p\rsuivies1 p5dant plusieurs sicles1 p> les meilleurs esprits contempora9s1 et inspirant la plus vive sollicitude t\tes les nations civilises1 fuss5t radicalem5t dnues de signification relle1 m5tale ou sociale3 et1 en effet1 les hi/ori5s ca?oliques ont ju/em5t n que t\tes les hrsies de quelque importance se tr\vai5t habituellem5t accompagnes de graves ab]rations morales ou politiques1 dont la filiation logique s]ait presque t\j\rs facile tablir1 d'aprs des considrations analogues celles que je vi5s d'indiqu] p\r les cas pr9cipaux4 ,telle e/ donc la faible bau*e1 laquelle je suis oblig de me born] ici1 p\r la ju/e apprciation politique de cet imm5se et admirable organisme1 m95t *ef-d'uvre politique de la sagesse huma9e1 graduellem5t labor1 p5dant dix sicles1 s\s des modes trs v>is mais t\s solidaires1 depuis le gr& sa9t ,paul1 qui en a d'abord conu l'esprit gnral1 jusqu' l'n]gique ,hildebr&1 qui en a coordonn enf9 l'entire con/itution sociale2 les dveloppem5s int]mdiaires ayant d'ailleurs exig1 dans ce va/e int]valle1 le puissant conc\rs1 intellectuel et moral1 si div]s et si actif1 de t\s les hommes suprieurs dont notre espce p\vait alors s'honor]1 les ,augu/91 les ,ambroise1 les ,jrme1 les ,grgoire1 etc41 dont l'unanime t5dance v]s la fondation d'une telle unit gnrale1 quoique s\v5t entrave p> l'ombrageuse mdiocrit du vulgaire des rois1 fut presque t\j\rs hautem5t seconde p> t\s les s\v]a9s d\s d'un vrai gnie politique1 comme l'immortel ,*>lemagne1 l'illu/re ,alfr$1 etc4 ,aprs avoir a9si c>actris le rgime mono?ique du moy5-ge relativem5t l'organisation spirituelle qui en con/ituait le pr9cipal fondem5t1 il devi5t facile de procd] ma9t5ant1 d'une manire trs sommaire mais ple9em5t suffisante1 l'exam5 philosophique de l'organisation temporelle correspondante1 af9 que1 l'analyse politique d'un tel rgime tant ds-lors complte1 n\s puissions ensuite le considr] surt\t s\s le rapport purem5t moral1 et enf9 s\s l'aspect m5tal4 ,les nombreuses t5tatives d'apprciation philosophique auxquelles a donn lieu jusqu'ici l'ordre temporel du moy5-ge1 lui ont t\j\rs laiss un c>actre ess5tiellem5t =tuit1 en y attribuant une influ5ce dmesure aux invasions g]maniques1 d'o il sembl]ait a9si exclusivem5t man4 ,il importe beauc\p la sa9e philosophie politique de rectifi] totalem5t cette irrationnelle conception1 qui t5d int]rompre radicalem5t1 dans l'un de ses t]mes les plus rem>quables1 l'indisp5sable cont9uit de la gr&e srie sociale4 ,or1 cette rectification capitale rsulte directem5t1 avec une heureuse spontanx1 comme je vais l'indiqu]1 de notre ?orie fondam5tale du dveloppem5t social1 suivant laquelle on p\rrait presque con/ruire priori les pr9cipaux attributs di/9ctifs d'un tel rgime1 d'aprs le sy/me roma91 modifi p> l'influ5ce ca?olique1 dont l'avnem5t graduel1 dsormais ple9em5t motiv p> l'ensemble de nos explications antrieures1 ne doit plus c]tes cons]v] ma9t5ant ri5 d'accid5tel3 on peut1 du mo9s1 a9si reconnatre aism5t que1 sans les invasions1 le seul poids des div]s antcd5s et naturellem5t con/itu1 en occid5t1 v]s cette poque1 un sy/me politique ess5tiellem5t analogue au sy/me fodal proprem5t dit4 ,a la vrit1 une rationnalit mo9s exigeante p\rrait suggr] la p5se d't] ce gr& spectacle hi/orique ce c>actre =tuit qui le dnature dans les conceptions actuelles1 en se bornant1 p> un procd bi5 plus facile1 mais beauc\p mo9s satisfaisant1 montr] seulem5t que ces mmorables invasions successives1 lo9 d'tre aucunem5t accid5telles1 devai5t ncessairem5t rsult] de l'ext5sion f9ale de la dom9ation roma9e4 ,quoique une telle considration ne puisse1 en elle-mme1 nullem5t suffire ici notre b pr9cipal1 il convi5t cep5dant de la signal] d'abord1 titre d'claircissem5t accessoire et prlim9aire p\r l'ensemble temporel du moy5-ge4 ,or1 en appliquant conv5ablem5t les pr9cipes tablis1 dans le *apitre prcd5t1 sur les limites ncessairem5t poses l'agr&issem5t progressif de l'empire roma91 il e/ ais de reconnatre1 en gnral1 que cet empire devait tre 9vitablem5t born1 d'un ct1 p> les gr&es ?ocraties ori5tales1 trop loignes1 et surt\t trop peu susceptibles1 p> leur nature1 d'une vritable incorporation2 d'un autre ct1 en occid5t surt\t1 p> les peuples1 *asseurs ou pa/eurs1 qui1 n'tant po9t encore vraim5t domicilis1 ne p\vai5t tre proprem5t conquis3 en sorte que1 v]s le temps de ,trajan ou des ,anton9s1 ce sy/me avait ess5tiellem5t acquis t\te l't5due relle qu'il p\vait comport]1 et que devait bi5tt suivre une irrsi/ible raction4 ,s\s le second aspect1 qui doit naturellem5t prvaloir au sujet de cette raction1 il e/ clair1 en effet1 que l'tat ple9em5t agricole et sd5taire n'e/ pas mo9s indisp5sable *ez les va9cus que *ez les va9queurs p\r l'entire efficacit de t\t vrai sy/me de conqute1 auquel *appe spontanm5t1 mo9s d'une de/ruction radicale1 t\te population nomade1 t\j\rs dispose1 dans ses dfaites1 *]*] ailleurs un refuge assur1 d'o elle doit t5dre ensuite rev5ir son po9t de d"p1 avec d'autant plus d'int5sit qu'elle aura t graduellem5t plus ref\le4 ,d'aprs un tel mcanisme ncessaire1 si bi5 expliqu p> ,montesquieu1 les invasions1 quoique mo9s sy/matiques1 ne fur5t po9t1 en ralit1 plus accid5telles que les conqutes qui les avai5t provoques2 puisque ce ref\lem5t graduel1 en gnant de plus en plus les conditions d'exi/5ce des peuples nomades1 devait f9ir p> ht] beauc\p leur transition spontane la vie agricole2 et alors le mode d'excution le plus naturel devait tre1 sans d\te1 au lieu des pnibles travaux qu'et exigs ce n\vel tablissem5t dans leurs retraites si peu conv5ables1 de s'emp>]1 dans les p>ties adjac5tes de l'empire1 de t]ritoires trs favorables et dj prp>s1 dont les possesseurs1 de plus en plus n]vs p> l'ext5sion mme de cette dom9ation1 dev5ai5t de plus en plus incapables de rsi/] cette n]gique t5dance4 ,le dveloppem5t effectif de cette 9vitable raction ne fut pas1 vrai dire1 mo9s graduel que celui de l'action pr9cipale2 et l'on n'en juge d'ord9aire autrem5t que p> suite d'une disposition irrationnelle ne considr] que les invasions ple9em5t heureuses3 une judicieuse exploration montre1 au contraire1 que ces envahissem5s avai5t rellem5t comm5c1 sur une gr&e *elle1 plusieurs sicles avant que ,rome et acquis son pr9cipal asc5dant europen2 seulem5t ils ne sont dev5us susceptibles de succs p]man5s que p> l'puisem5t croissant de l'n]gie roma9e1 aprs que l'empire eut t suffisamm5t agr&i4 ,cette t5dance progressive tait alors un rsultat tellem5t spontan de la situation gnrale du monde politique1 qu'elle avait donn lieu1 long-temps avant le c9quime sicle1 d'irrsi/ibles concessions1 de plus en plus importantes1 soit p> l'incorporation directe des b>b>es aux armes roma9es1 soit p> l'ab&on volontaire de c]ta9es prov9ces1 s\s la condition naturelle de cont5ir les n\veaux prt5dans4 ,quoique notre att5tion philosophique doive re/] conc5tre sur l'lite de l'humanit1 comme je l'ai motiv au db de ce volume1 il tait cep5dant ncessaire d'apprci] ici sommairem5t cette imm5se raction fondam5tale1 qui1 bi5 plus va/e et plus durable qu'on ne le conoit communm5t1 a suscit1 au moy5-ge1 le pr9cipal essor p]man5t de l'activit militaire1 a9si que je vais l'expliqu]4 ,en comp>ant1 dans leur ensemble1 l'ordre fodal et l'ordre roma91 on reconnat aism5t que1 malgr l'9vitable prolongation gnrale du rgime ess5tiellem5t militaire1 ce sy/me avait p>t\t subi1 au moy5-ge1 une trans=mation capitale1 suite spontane de la n\velle situation du monde civilis1 et pr9cipe temporel des modifications univ]selles de la con/itution sociale4 ,on voit a9si1 en effet1 que l'activit militaire1 quoique t\j\rs trs dveloppe1 t5dait p]dre de plus en plus le c>actre m9emm5t (f5sif qu'elle avait jusque alors cons]v1 p\r se rduire graduellem5t un c>actre purem5t df5sif2 comme peuv5t dj le faire prsum] les rem>ques habituelles de t\s les hi/ori5s judicieux sur le contra/e frappant1 propre l'organisation fodale1 entre son aptitude df5sive trs prononce et son peu d'efficacit (f5sive4 ,sans d\te1 le ca?olicisme a puissamm5t influ sur cette heureuse trans=mation1 o je signal]ai bi5tt sa p>ticipation gnrale3 mais il n'et pu la dt]m9] entirem5t1 si elle n'et d'abord rsult spontanm5t de l'ensemble des antcd5s1 aussi bi5 que le ca?olicisme lui-mme1 l'essor duquel elle tait d'ailleurs indisp5sable un c]ta9 degr4 ,or1 on ne saurait d\t] que cette modification radicale ne dt tre ncessairem5t produite enf9 p> l'ext5sion mme de la dom9ation roma9e2 puisque1 qu& une fois le sy/me de conqute eut acquis t\te la plnitude dont il tait susceptible1 il fallait bi5 que les pr9cipaux ef=ts militaires se t\rnass5t habituellem5t v]s une cons]vation1 dev5ue leur seul objet capital1 et de plus en plus m5ace p> l'n]gie croissante des nations qui n'avai5t pu tre conquises1 comme je vi5s de l'expliqu]3 il s]ait difficile de concevoir une plus irrcusable ncessit4 ,telle e/ donc la s\rce1 m9emm5t naturelle1 du n\veau c>actre gnral que doit alors pr5dre l'organisation temporelle1 et qui1 d'aprs ce pr9cipe vid5t1 cesse assurm5t de p\voir prs5t] ri5 d'accid5tel4 ,il rsulte1 en effet1 de cette diffr5ce fondam5tale1 que la con/itution sociale1 t\j\rs ess5tiellem5t militaire1 ayant d s'adapt] cette n\velle de/9ation1 a d graduellem5t subir la trans=mation qui di/+ue le mieux1 dans l'op9ion commune1 le rgime fodal proprem5t dit1 en faisant de plus en plus prvaloir la disp]sion politique sur une conc5tration dont le ma9ti5 dev5ait cont9uellem5t plus difficile1 en mme temps que son b pr9cipal avait rellem5t cess d'exi/]3 c>1 l'une de ces t5dances n'e/ pas mo9s conv5able la df5se1 o *acun doit ex]c] une p>ticipation directe1 spciale1 et actuelle1 que l'autre ne l'e/ la conqute1 qui exige1 au contraire1 la subord9ation pr(onde et cont9ue de t\tes les oprations p>tielles l'impulsion directrice4 ,c'e/ a9si que *aque *ef militaire1 se t5ant con/amm5t disponible p\r la df5se t]ritoriale1 qui ne p\vait cep5dant impos] habituellem5t une activit s\t5ue1 a t5du spontanm5t rig] un p\voir presque indp5dant1 sur la portion de pays qu'il tait capable de protg] suffisamm5t1 l'aide des gu]ri]s qui s'atta*ai5t sa =tune1 et dont le g\v]nem5t j\rnali] devait =m] sa pr9cipale occupation sd5taire1 mo9s que l'ext5sion de sa puissance ne lui et dj p]mis de les rcomp5s] eux-mmes p> de mo9dres concessions de mme espce1 quelquefois susceptibles1 leur t\r1 d'tre ultrieurem5t subdivises1 suivant l'esprit gnral du sy/me4 ,ab/raction faite des invasions g]maniques1 on peut aism5t reconnatre1 dans le sy/me purem5t roma91 depuis l'enti] agr&issem5t de l'empire1 cette t5dance lm5taire au dmembrem5t univ]sel de l'anci5 p\voir1 p> les ef=ts trs prononcs de la plup>t des g\v]neurs p\r la cons]vation indp5dante de leurs (fices t]ritoriaux1 et mme p\r s'assur] directem5t une hrdit qui con/ituait le prolongem5t naturel et le gage le plus c]ta9 d'une telle indp5dance4 ,une semblable t5dance se fait nettem5t s5tir jusque dans l'empire d',ori5t1 quoique si long-temps prs]v de t\te invasion srieuse4 ,la mmorable c5tralisation passagre1 dont ,*>lemagne fut si ju/em5t de/9 dev5ir le noble organe1 devait tre le rsultat naturel1 mais fugitif1 de la prpondrance gnrale des murs fodales1 consommant1 p> l'acte le plus dcisif1 la sp>ation politique de l',occid5t env]s l'empire1 ds-lors irrvocablem5t relgu en ,ori5t1 et prp>ant directem5t l'uni=me propagation ultrieure du sy/me de fodalit1 sans p\voir d'ailleurs nullem5t cont5ir ensuite la t5dance disp]sive qui en con/ituait l'esprit4 ,enf91 le d]ni] attribut c>actri/ique de l'ordre fodal1 celui qui conc]ne la modification radicale du sort des esclaves1 rsulte aussi ncessairem5t1 avec non mo9s d'vid5ce1 de ce *angem5t fondam5tal dans la situation militaire1 qui devait spontanm5t provoqu] la trans=mation graduelle de l'esclavage antique en s]vage proprem5t dit1 d'ailleurs si heureusem5t consolide et p]fectionne p> l'influ5ce ca?olique1 comme je l'indiqu]ai ci-aprs4 ,dj1 ,m4 ,dunoy]1 dans l'utile et consci5cieux ouvrage qu'il a publi en #ahbe1 a trs judicieusem5t apprci1 le premi]1 d'aprs une belle obs]vation hi/orique1 l'importante amlioration que la condition gnrale des esclaves avait d indirectem5t pr\v]1 p> une suite naturelle de l'ext5sion de la dom9ation roma9e1 qui1 ress]rant et reculant de plus en plus le *amp fondam5tal de la traite1 t\j\rs ess5tiellem5t extrieure l'empire1 devait la r5dre graduellem5t plus r>e et plus difficile1 et f9alem5t presque impossible4 ,or1 il e/ vid5t que cette abolition cont9ue de la pr9cipale traite1 en rduisant le comm]ce des esclaves au seul m\vem5t intrieur1 devait ncessairem5t t5dre peu peu dt]m9] la trans=mation univ]selle de l'esclavage en s]vage1 *aque famille se tr\vant ds-lors involontairem5t conduite atta*] bi5 plus de prix la cons]vation indf9ie de ses propres esclaves hrditaires1 dont le r5\vellem5t habituel ne p\vait plus tre ple9em5t facultatif3 en un mot1 la cessation de la traite extrieure devait entran] bi5tt celle de la v5te intrieure2 et1 p> suite1 les esclaves1 dsormais inv>iablem5t atta*s la maison ou la t]re1 dev5ai5t de vritables s]fs1 sauf l'indisp5sable complm5t moral d'une telle modification p> l'9vitable int]v5tion du ca?olicisme4 ,quelque sommaires que doiv5t tre ici de semblables indications1 leur nature e/ si simple et si claire qu'elles suffiront1 j'espre1 p\r r5dre irrcusable t\s les bons esprits cette proposition vraim5t capitale de philosophie hi/orique que1 s\s les trois aspects ess5tiels d'aprs lesquels l'organisation temporelle du moy5-ge peut tre le mieux c>actrise1 elle devait1 de t\te ncessit1 rsult] spontanm5t1 indp5damm5t des invasions1 de la n\velle situation gnrale dt]m9e1 dans le monde roma91 p> l'entire ext5sion du sy/me de conqute1 enf9 p>v5u son t]me insurmontable3 en sorte que le rgime fodal en et galem5t surgi1 sans aucune diffr5ce radicale1 qu& mme les invasions n'euss5t pas eu lieu1 ce qui d'ailleurs tait hautem5t impossible4 ,leur influ5ce relle n'a donc pu se faire pr9cipalem5t s5tir que sur l'in/itution plus ou mo9s htive de ce rgime 9vitable2 or1 s\s ce po9t de vue trs secondaire1 il e/ difficile de l'apprci] suffisamm5t1 p>ce qu'elle a d tre la fois favorable et contraire1 les b>b>es tant1 d'une "p1 mieux disposs sans d\te que les ,roma9s cette n\velle politique1 dont leurs gu]res cont9uelles devai5t1 d'une autre "p1 gn] le dveloppem5t3 en sorte que je n'os]ais f9alem5t dcid] si l'essor initial a t a9si acclr ou ret>d2 "q1 au re/e1 en elle-mme =t peu importante1 et presque oiseuse1 ds qu'on a reconnu la spontanx fondam5tale du n\vel ordre temporel1 et1 en outre1 la ncessit d'une telle cause accessoire1 ce qui suffit videmm5t p\r dissip] dj t\te cette app>5ce accid5telle et =tuite qui dissimule encore aux meilleurs esprits le vrai c>actre de cette gr&e trans=mation sociale4 ,af9 de mieux manife/] une telle spontanx1 je devais d'abord apprci] ces pr9cipaux attributs temporels du sy/me politique propre au moy5-ge1 en y faisant ab/raction totale des influ5ces spirituelles correspondantes1 et me bornant con/at]1 env]s *acun d'eux1 sa filiation directe et ncessaire1 d'aprs la seule t5dance naturelle des antcd5s gnraux4 ,mais1 p\r complt] suffisamm5t cette conception lm5taire1 il faut ma9t5ant y rtablir cette int]v5tion fondam5tale du ca?olicisme1 qui1 alors pr(ondm5t incorpore aux murs et mme aux in/itutions1 a tant contribu imprim] l'organisation fodale le c>actre qui la di/+ue1 en y dveloppant et p]fectionnant les pr9cipes ess5tiels qui rsultai5t de la n\velle situation sociale4 ,cette p>ticipation complm5taire tait1 videmm5t1 encore mo9s accid5telle que la t5dance pr9cipale3 ce qui a d'ailleurs conduit quelquefois en exagr] l'influ5ce relle1 en y rapportant presque exclusivem5t la =mation d'un tel rgime1 indp5damm5t de t\t m\vem5t temporel2 t&is que1 en gnral1 l'action spirituelle ne saurait1 p> sa nature1 jamais obt5ir d'efficacit que sur des lm5s prexi/ans1 et d'aprs des dispositions antrieures et spontanes4 ,les rsultats ess5tiels ne peuv5t1 s\s ce second aspect1 tre pr9cipalem5t attribus aux invasions g]maniques1 puisque cette 9vitable influ5ce les avait c]ta9em5t prcdes2 ds son orig9e purem5t roma9e1 elle t5dait ncessairem5t modifi] de plus en plus la con/itution sociale con=mm5t la n\velle situation de l'empire4 m9emm5t place1 p> sa nature1 au po9t de vue d'o l'on p\vait alors le mieux saisir l'ensemble des vnem5s1 la corporation spirituelle1 quoique son organisation propre ft encore peu avance1 avait trs bi5 prvu d'ailleurs l'irrsi/ible ncessit de tels envahissem5s1 et s'tait depuis long-temps noblem5t prp>e en modr]1 aux j\rs du *oc1 la sauvage imptuosit1 en s'ef=ant1 p> de c\rageuses missions1 d'am5] d'avance la foi commune ces n]giques populations1 *ez lesquelles t\tefois le ca?olicisme s'tait le plus s\v5t arrt l'tat d'arianisme1 en v]tu des motifs politiques prcdemm5t signals4 ,malgr cette frqu5te imp]fection1 si difficile vit]1 et qui fut alors une s\rce fconde de graves emb>ras1 l'hi/oire manife/e hautem5t1 en beauc\p d'occasions capitales1 l'heureuse influ5ce habituelle de l'int]v5tion ca?olique p\r prv5ir ou attnu] les dang]s des irruptions successives2 indp5damm5t de l'appui vid5t que devai5t ensuite tr\v] ord9airem5t les va9cus1 aprs la conqute1 dans un puissant cl]g qui1 p5dant plusieurs sicles1 dut tre p>t\t ess5tiellem5t recrut p>mi eux1 et qui surt\t devait tre presque t\j\rs intimem5t dispos1 soit p> l'esprit de son in/itution1 soit p> l'intrt mme d'une dom9ation t\te morale1 cont5ir1 autant que possible1 la brutale autorit des va9queurs4 ,s\s ce rapport1 comme s\s le prcd5t1 il s]ait difficile1 vrai dire1 de dt]m9] exactem5t si l'invasion a rellem5t acclr ou ret>d l'9vitable essor naturel du rgime fodal3 c>1 d'un ct1 l'n]gie morale et la rectitude intellectuelle de ces nations grossires tai5t c]ta9em5t plus favorables1 au fond1 l'action de l'glise1 une fois surmonts les premi]s ob/acles1 que l'esprit sophi/ique et les murs corrompues des ,roma9s n]vs2 mais1 d'une autre "p1 leur tat m5tal trop loign d'abord du mono?isme1 et leur pr(ond mpris p\r la race conquise1 devai5t con/itu] d'importantes entraves l'efficacit civilisatrice du ca?olicisme4 ,quoi qu'il en soit1 cet g>d aussi bi5 qu' l'autre1 de cette "q secondaire1 ess5tiellem5t insoluble1 et heureusem5t =t oiseuse1 n\s devons ma9t5ant analys] la p>ticipation fondam5tale de l'influ5ce ca?olique au dveloppem5t graduel de l'organisation fodale1 successivem5t envisage s\s *acun des trois aspects ess5tiels ci-dessus c>actriss1 et env]s lesquels les pr9cipales t5dances temporelles sont dsormais suffisamm5t apprcies1 ab/raction faite d'ailleurs de t\te p]turbation quelconque4 ,relativem5t au premi] de ces trois attributs gnraux1 n\s avons dj reconnu1 au *apitre prcd5t1 l'aptitude ncessaire du mono?isme second] directem5t la trans=mation graduelle du sy/me primitif de conqute en sy/me ess5tiellem5t df5sif1 surt\t qu& l'heureuse sp>ation des deux p\voirs lm5taires p]met d'y ralis] suffisamm5t une telle proprit1 ailleurs cont5ue et dissimule p> leur vicieuse conc5tration4 ,il s]ait inutile de s'arrt] ici con/at] cette t5dance p]man5te dans le ca?olicisme1 o elle devait naturellem5t exi/] au plus haut degr1 puisque l'esprit de son in/itution1 l'ensemble de sa propre organisation1 et mme son ambition spciale1 le p\ssai5t directem5t runir autant que possible les div]ses nations *rti5nes en une seule famille politique1 s\s la conduite habituelle de l'glise4 ,quoique cette noble influ5ce ait t entrave p> les murs belliqueuses de cette poque1 il e/ probable1 suivant la ju/e rem>que de ,de ,mai/re1 qu'elle y a prv5u beauc\p de gu]res1 dont la sage mdiation du cl]g t\ffait d'abord le g]me2 on conoit d'ailleurs aism5t1 indp5damm5t de t\te opposition de pr9cipes et de s5tim5s1 que l'glise devait1 en gnral1 considr] la gu]re comme dim9uant son asc5dant ord9aire sur les *efs temporels3 si la discont9uit priodique qu'elle tait alors p>v5ue impos]1 en pr9cipe1 aux oprations militaires1 avait pu tre suffisamm5t respecte1 elle et pr(ondm5t cont5u l'essor gu]ri]1 incompatible avec de telles int]mitt5ces4 ,t\tes les gr&es expditions1 ess5tiellem5t communes t\s les peuples ca?oliques1 malgr qu'un seul en et pris ord9airem5t l'initiative1 fur5t1 au fond1 rellem5t df5sives1 et t\j\rs de/9es mettre un t]me1 rpressif ou prv5tif1 aux invasions successives1 qui t5dai5t dev5ir habituelles3 telles fur5t surt\t les gu]res de ,*>lemagne1 d'abord contre les ,saxons1 et ensuite contre les ,s>ras9s2 et1 plus t>d1 les croisades elles-mmes1 unique moy5 dcisif d'arrt] l'envahissem5t du mahomtisme1 et qui1 envisages s\s cet important po9t de vue1 ont1 en gnral1 ple9em5t russi1 comme ,de ,mai/re l'a judicieusem5t rem>qu4 ,le second c>actre ess5tiel de l'organisation fodale1 c'e/--dire1 l'esprit gnral de dcomposition primitive de l'autorit temporelle en petites s\v]a9ets t]ritoriales hir>*iquem5t subordonnes entre elles1 a t puissamm5t second p> le ca?olicisme1 qui a tant influ1 d'une "p1 sur la trans=mation univ]selle des bnfices viag]s en fiefs hrditaires1 et1 d'une autre "p1 sur la coord9ation df9itive des pr9cipes corelatifs d'obissance et de protection1 base ess5tielle d'une telle discipl9e sociale4 ,s\s le premi] aspect1 il e/ vid5t que le ca?olicisme1 qui avait radicalem5t exclu de son se9 t\te hrdit de fonctions1 n'a pu1 au contraire1 favoris] cette hrdit temporelle ni p> pure r\t9e1 ni p> esprit de ca/e2 il a d tre ess5tiellem5t guid p> un s5tim5t pr(ond1 quoique confus1 des vraies ncessits sociales au moy5-ge4 ,la con/itution de l'glise avait fait1 comme je l'ai expliqu1 une l>ge "p politique aux droits lgitimes de la capacit3 il fallait1 en mme temps1 que les conditions de la /abilit fuss5t conv5ablem5t g>anties1 dans l'intrt f9al de la de/9ation totale du sy/me4 ,or1 tel fut alors m9emm5t l'effet pr9cipal de l'hrdit fodale1 quelque oppressive qu'elle ait d dev5ir ultrieurem5t4 ,p> suite la fois de la sp>ation fondam5tale des deux p\voirs1 qui rs]vait au cl]g les comb9aisons politiques les plus difficiles1 et de la gr&e trans=mation militaire ci-dessus explique1 qui simplifiait beauc\p la plup>t des oprations gu]rires1 *aque *ef de famille fodale devait ord9airem5t tre assez capable p\r dirig] suffisamm5t1 aprs une ducation spciale1 alors ess5tiellem5t dome/ique1 l'ex]cice de son autorit t]ritoriale3 ce qui importait pr9cipalem5t c'tait1 sans d\te1 de l'atta*] au sol1 de lui transmettre1 avec une ple9e efficacit1 les traditions politiques1 surt\t locales2 de lui inspir] de bonne heure les s5tim5s et les murs correspondans sa position future2 de l'intress] spontanm5t1 de la manire la plus intime1 au sort de ses infrieurs1 vassaux ou s]fs2 ri5 de t\t cela ne p\vait tre encore aucunem5t ralis sans l'hrdit1 dont la proprit ess5tielle1 s5sible1 mme auj\rd'hui1 malgr la div]sit des beso9s et des situations1 consi/e c]ta9em5t dans la prp>ation morale de *acun sa de/9ation sociale4 ,c'e/ a9si que le ca?olicisme a d tre conduit favoris] sy/matiquem5t l'esprit de ca/e p> une d]nire conscration p>tielle1 nettem5t limite l'ordre temporel1 et dont la nature purem5t provisoire rsultait ncessairem5t de sa contradiction radicale avec l'ensemble de la con/itution ca?olique1 comme je l'ai dj indiqu4 ,quant la sage rgul>isation gnrale des obligations rciproques de la t5ure fodale1 la haute p>ticipation du ca?olicisme y e/ assurm5t trop vid5te p\r que n\s devions n\s y arrt] dans une aussi rapide indication3 quelque intrt que dt d'ailleurs (frir la ju/e apprciation philosophique de cette admirable comb9aison1 trop peu comprise auj\rd'hui1 entre l'in/9ct d'indp5dance et le s5tim5t de dv\em5t2 qui1 ess5tiellem5t inconnue t\te l'antiquit1 suffirait seule con/at] la supriorit sociale du moy5-ge1 o elle a tant contribu lev] la dignit morale de la nature huma9e1 la vrit *ez un petit nombre de familles privilgies1 mais de/9es cep5dant s]vir ensuite de type spontan t\tes les autres classes1 mesure que devait s'accomplir leur mancipation graduelle4 ,enf91 l'influ5ce ncessaire du ca?olicisme n'e/ pas mo9s irrcusable sur la trans=mation univ]selle de l'esclavage en s]vage1 qui con/itue le d]ni] attribut ess5tiel de l'organisation fodale4 ,la t5dance gnrale du mono?isme modifi] pr(ondm5t l'esclavage1 au mo9s en ad\cissant la conduite des matres1 e/ s5sible jusque dans le mahomtisme1 malgr la confusion fondam5tale qui y p]si/e encore entre les deux gr&s p\voirs sociaux4 ,elle devait donc tre extrmem5t prononce dans le sy/me ca?olique1 qui1 ne se bornant pas une simple prescription morale1 quelle qu'en ft l'imposante recomm&ation1 int]posait directem5t1 entre le matre et l'esclave ou entre le seigneur et le s]f1 une salutaire autorit spirituelle1 galem5t respecte de t\s deux1 et cont9uellem5t dispose les ram5] leurs devoirs mutuels4 ,malgr la dcad5ce actuelle du ca?olicisme1 on peut encore obs]v]1 mme auj\rd'hui1 des traces inconte/ables de cette 9vitable proprit1 en comp>ant le sort gnral des esclaves ngres1 de l',amrique prote/ante l',amrique ca?olique1 puisque la supriorit de celle-ci e/1 cet g>d1 hautem5t reconnue de t\s les explorateurs imp>tiaux2 quoique d'ailleurs le cl]g roma9 ne soit malheureusem5t pas trang] la ralisation primitive de cette gr&e ab]ration mod]ne1 si contraire l'ensemble de sa doctr9e et de sa con/itution4 ,ds son premi] essor social1 la puissance ca?olique n'a cess de t5dre1 t\j\rs et p>t\t1 avec une infatigable p]svrance1 l'entire abolition de l'esclavage1 qui1 depuis l'accomplissem5t du sy/me de conqute1 avait cess de =m] une indisp5sable condition d'exi/5ce politique1 et n'ab\tissait plus qu' entrav] radicalem5t t\t dveloppem5t social3 on conoit1 du re/e1 aism5t que cette t5dance lm5taire ait d quelquefois tre dissimule et presque annule p> suite d'ob/acles p>ticuli]s c]ta9s peuples ca?oliques4 ,il faut1 en d]ni] lieu1 concevoir ici la gr&e in/itution de la *eval]ie comme ayant1 p> sa nature1 spontanm5t ralis un admirable rsum p]man5t des trois c>actres ess5tiels dont n\s v5ons a9si de complt] l'apprciation sommaire dans l'organisation temporelle du moy5-ge4 ,de quelques abus qu'elle ait d tre habituellem5t ent\re1 il e/ impossible de mconnatre son m95te utilit sociale1 tant que le p\voir c5tral n'a pas pu assez prvaloir p\r rgul>is] directem5t l'ordre intrieur de la n\velle socit4 ,quoique le mono?isme musulman n'ait pas t trang]1 mme avant les croisades1 au dveloppem5t graduel de ces nobles associations1 correctif naturel d'une insuffisante protection individuelle1 il e/ nanmo9s vid5t que leur libre essor e/ un produit spontan de l'esprit gnral du moy5-ge1 o l'on ne saurait mconnatre surt\t la salutaire influ5ce1 o/5sible ou secrte1 du ca?olicisme1 t5dant conv]tir enf9 un simple moy5 d'ducation militaire en un puissant in/rum5t de sociabilit4 ,l'organisation c>actri/ique de ces mmorables affiliations1 o1 jusqu' l'ext9ction totale du sy/me fodal1 le mrite l'emportait sur la naissance et mme sur la plus haute autorit1 a t puissamm5t seconde p> cette con=mit gnrale avec l'esprit du ca?olicisme1 quoique elle ait eu d'abord1 comme t\s les autres lm5s de ce rgime1 une orig9e purem5t temporelle4 ,t\tefois1 malgr que la *eval]ie con/itue l'une des plus clatantes manife/ations gnrales de l'9vitable supriorit sociale du moy5-ge sur l'antiquit1 il ne faut pas nglig] de signal] rapidem5t le dang] capital que l'une de ses pr9cipales bran*es a d faire natre contre l'ensemble de ce gr& difice politique1 et surt\t contre l'admirable division fondam5tale des deux p\voirs sociaux4 ,ce dang] a comm5c surgir lorsque les beso9s spciaux des croisades ont dt]m9 la =mation rgulire de ces ordres exceptionnels de *eval]ie europenne1 o le c>actre mona/ique tait intimem5t uni au c>actre militaire1 af9 de mieux s'adapt] aux ncessits propres de cette importante de/9ation4 ,on conoit1 en effet1 que1 *ez de tels *evali]s1 une comb9aison aussi contraire l'esprit et aux conditions du sy/me total devait t5dre directem5t1 aussitt que le b p>ticuli] de cette cration anomale aurait t suffisamm5t ralis1 dvelopp] m9emm5t une mon/rueuse ambition1 en leur faisant rv] une n\velle conc5tration des deux puissances lm5taires4 ,telle fut1 en pr9cipe1 la clbre hi/oire des ,templi]s1 dont notre ?orie fait a9si spontanm5t dc\vrir enf9 la vritable explication gnrale3 c>1 cet ordre fameux doit tre f9alem5t reg>d comme in/9ctivem5t con/itu1 p> sa nature1 en une sorte de conjuration p]man5te1 m5aant la fois la royaut et la papaut1 qui1 malgr leurs dmls habituels1 ont su se runir enf9 p\r sa de/ruction3 c'e/ l1 ce me semble1 le seul grave dang] politique qu'ait d r5contr] l'ordre social du moy5-ge1 qui1 p> sa rem>quable correspondance avec la civilisation contempora9e1 s'e/ en quelque sorte ma9t5u presque t\j\rs p> son propre poids1 tant que cette con=mit fondam5tale a suffisamm5t p]si/4 ,quelque rapide que dt tre ici l'apprciation sommaire dont je vi5s de t]m9] l'indication1 elle suffira1 j'espre1 p\r montr]1 en d]ni] rsultat gnral1 le sy/me fodal comme le b]ceau ncessaire des socits mod]nes1 considres s\s le seul aspect temporel4 ,c'e/ l1 en effet1 qu'a directem5t comm5c la trans=mation graduelle de la vie militaire en vie indu/rielle1 qui con/itue1 cet g>d1 le pr9cipal c>actre lm5taire de la civilisation mod]ne1 et qui fut c]ta9em5t le b social v]s lequel t5dit l'ensemble de la politique europenne1 intrieure ou extrieure1 p5dant t\t le moy5-ge3 peu importe d'ailleurs que cette consqu5ce univ]selle ait t ou non s5tie p> ceux-l mme qui ont le plus contribu la dt]m9]2 puisque1 d'aprs la complication suprieure des phnomnes politiques1 la plup>t de ceux qui y p>ticip5t ne saurai5t avoir consci5ce de leur efficacit relle1 si s\v5t contraire aux desse9s les mieux conc]ts1 surt\t mesure que la socit huma9e s't5d et se gnralise4 ,dans l'ordre europen1 il e/ clair que la pr9cipale activit militaire fut de/9e1 au moy5-ge1 pos] d'insurmontables b>rires l'esprit d'invasion1 dont la prolongation indf9ie m5aait d'arrt] le dveloppem5t social3 et cet indisp5sable rsultat n'a t suffisamm5t obt5u que lorsque les peuples du ,nord et de l',e/ ont t enf9 =cs1 p> la difficult de tr\v] ailleurs de n\veaux tablissem5s1 d'excut]1 dans leur propre pays1 quelque dfavorable qu'il pt tre1 leur transition f9ale la vie agricole et sd5taire1 moralem5t g>antie1 en outre1 p> leur conv]sion gnrale au ca?olicisme4 ,a9si1 ce que l'opration roma9e avait comm5c1 p\r la gr&e volution prlim9aire de l'humanit1 en assimilant les peuples civiliss1 l'opration fodale l'a dignem5t complt1 en consolidant jamais cette indisp5sable assimilation1 p> cela seul qu'il p\ssait irrsi/iblem5t les b>b>es se civilis] aussi4 ,envisag dans l'ensemble de sa dure1 le sy/me fodal a pris la gu]re l'tat df5sif1 et1 aprs l'avoir1 s\s cette n\velle nature1 suffisamm5t dveloppe1 il a ncessairem5t t5du son extirpation radicale1 sauf les ncessits exceptionnelles1 en la laissant a9si sans alim5t habituel1 p> suite mme de la manire ple9em5t satisfaisante dont il avait rempli son noble m&at social4 ,dans l'ordre purem5t national1 son influ5ce ncessaire a conc\ru ess5tiellem5t un semblable rsultat gnral1 soit en conc5trant l'activit militaire *ez une ca/e de plus en plus re/re9te1 dont l'autorit protectrice dev5ait compatible avec l'essor indu/riel de la population laborieuse1 quelque *tive que dt tre d'abord l'exi/5ce subalt]ne de celle-ci2 soit en modifiant aussi de plus en plus1 *ez les *efs eux-mmes1 le c>actre gu]ri]1 qui1 ds l'orig9e1 radicalem5t df5sif1 devait ensuite1 faute d'emploi suffisant1 se trans=m] peu peu en celui de gr& propritaire t]ritorial1 t5dant dev5ir le simple directeur suprme d'une va/e exploitation agricole1 du mo9s qu& il ne dgnrait pas en c\rtisan4 ,la gr&e conclusion univ]selle1 qui devait ncessairem5t c>actris]1 t\s g>ds1 une telle conomie1 tait donc1 en un mot1 l'9vitable abolition f9ale de l'esclavage et du s]vage1 et ensuite l'mancipation civile de la classe indu/rielle1 qu& son dveloppem5t propre a pu tre assez prononc1 comme je l'indiqu]ai spcialem5t ci-aprs4 ,ayant a9si conv5ablem5t opr1 p\r notre b pr9cipal1 l'importante et difficile apprciation politique1 d'abord spirituelle1 puis temporelle1 de l'ensemble du rgime mono?ique du moy5-ge1 dont le vrai c>actre a t\j\rs t si mconnu jusqu'ici1 il ne n\s re/e plus ma9t5ant qu' en complt] l'analyse fondam5tale1 en exam9ant sommairem5t son admirable influ5ce morale1 et enf9 son efficacit intellectuelle trop peu comprise4 ,l'tablissem5t social de la morale univ]selle ayant con/itu1 sans aucun d\te1 la pr9cipale de/9ation f9ale du ca?olicisme1 il sembl]ait d'abord que l'exam5 de cette gr&e attribution devait ici suivre immdiatem5t celui de l'organisation ca?olique1 sans att5dre que l'ordre temporel correspondant et t directem5t considr4 ,mais1 malgr cette inconte/able relation1 en ret>dant desse9 une telle apprciation morale jusqu' ce que l'ensemble de l'apprciation politique pt tre conv5ablem5t t]m91 j'ai v\lu la mieux plac] s\s son vrai j\r hi/orique1 en faisant a9si s5tir qu'elle doit tre surt\t ratta*e au sy/me total de l'organisation politique propre au moy5-ge1 et non pas exclusivem5t l'un de ses deux lm5s ess5tiels1 quelque fondam5tale1 ou mme prpondrante1 qu'ait d d'ailleurs tre1 s\s ce rapport1 son indisp5sable p>ticipation4 ,si le ca?olicisme e/ v5u1 p\r la premire fois1 rgul>is] enf9 la vritable con/itution morale de l'humanit1 en attribuant directem5t la morale1 avec une irrsi/ible autorit1 l'asc5dant social conv5able sa nature1 il n'e/ pas d\teux1 d'un autre ct1 que l'ordre fodal1 envisag comme un simple rsultat spontan de la n\velle situation sociale1 suivant les explications prcd5tes1 a immdiatem5t introduit de prcieux g]mes lm5taires d'une haute moralit1 qui lui tai5t entirem5t propres1 et sans lesquels l'opration ca?olique ne p\vait suffisamm5t russir1 quoique le ca?olicisme les ait ensuite admirablem5t dvelopps et p]fectionns4 ,en n'oubliant jamais que le ca?olicisme lui-mme1 d'aprs notre ?orie1 tait1 aussi bi5 que la fodalit1 une suite ncessaire de l'ensemble des antcd5s1 l'heureuse h>monie qui a rgn1 cet g>d1 entre ces deux gr&s lm5s sociaux1 ne f]a po9t exagr]1 au dtrim5t de l'un1 l'influ5ce de l'autre1 en attribuant uniquem5t au ca?olicisme une rgnration morale1 o il n'a d tre ess5tiellem5t que l'organe actif et rationnel d'un progrs naturellem5t am5 p> la n\velle phase gnrale qu'avait alors atte9te l'volution sociale de l'humanit4 ,il e/ clair1 en effet1 que la morale purem5t militaire et nationale1 t\j\rs subordonne la politique1 qui avait d c>actris]1 comme je l'ai tabli1 l'conomie sociale de t\te l'antiquit1 af9 que son indisp5sable de/9ation provisoire pt tre suffisamm5t accomplie1 devait ncessairem5t t5dre ensuite se trans=m] spontanm5t en une morale de plus en plus pacifique et univ]selle1 dont l'asc5dant politique devi5drait de plus en plus prononc1 depuis que cette opration prlim9aire avait t conv5ablem5t ralise1 p> l'entire ext5sion f9ale du sy/me de conqute1 dsormais radicalem5t *ang en sy/me df5sif4 ,or1 la gloire sociale du ca?olicisme1 celle qui lui mrit]a la reconnaissance t]nelle de l'humanit1 lorsque les croyances ?ologiques quelconques n'exi/]ont plus que dans les s\v5irs hi/oriques1 a surt\t consi/ alors dvelopp] et rgul>is]1 autant que possible1 cette heureuse t5dance naturelle1 qu'il n'et pas t en son p\voir de crer3 ce s]ait exagr]1 de la manire la plus vicieuse1 l'influ5ce gnrale1 malheureusem5t si faible1 des doctr9es quelconques sur la vie relle1 individuelle ou sociale1 que de leur attribu] a9si la proprit de modifi] un tel degr le mode ess5tiel de l'exi/5ce huma9e4 ,qu'on suppose le ca?olicisme intempe/ivem5t transplant1 p> un aveugle proslytisme ou p> une irrationnelle imitation1 *ez des peuples qui n'ai5t po9t encore a*ev une telle volution prp>atoire2 et1 prive de cet indisp5sable fondem5t1 son influ5ce sociale y re/]a ess5tiellem5t dp\rvue de cette gr&e efficacit morale que n\s admirons si ju/em5t au moy5-ge3 le mahomtisme en (fre un exemple ple9em5t dcisif2 puisque sa morale1 quoique t\t aussi pure1 en pr9cipe1 que celle du *ri/ianisme1 d'o elle a t surt\t tire1 e/ bi5 lo9 d'avoir produit les mmes rsultats effectifs1 sur une population trop peu avance1 qui n'avait pu conv5ablem5t subir cette prp>ation temporelle fondam5tale1 et qui se tr\vait a9si prmaturm5t appele1 sans spontanx suffisante1 un mono?isme encore inopportun4 ,il demeure donc inconte/able que l'apprciation morale du moy5-ge ne doit pas tre philosophiquem5t dirige d'aprs la considration unique de l'ordre spirituel1 l'exclusion de l'ordre temporel2 mais il faut d'ailleurs vit] soigneusem5t t\te oiseuse discussion de va9e prsance entre ces deux lm5s sociaux1 aussi insp>ables qu'indisp5sables1 dont *acun a1 s\s cet aspect capital1 une influ5ce propre1 nettem5t dt]m9e en pr9cipe1 quoique trop intimem5t mle l'autre p\r comport] t\j\rs une ju/e rp>tition effective4 ,une erreur beauc\p plus fondam5tale1 dont les consqu5ces relles1 mme auj\rd'hui1 sont inf9im5t plus graves1 et qui malheureusem5t e/ la fois plus commune et plus enrac9e1 rsulte1 ce sujet1 d'une irrationnelle t5dance1 dt]m9e ou entret5ue p> l'cole mtaphysique1 soit prote/ante1 soit di/e1 attribu] ess5tiellem5t l'efficacit morale du ca?olicisme sa seule doctr9e1 ab/raction faite de son organisation propre1 que l'on s'ef=ce1 au contraire1 de reprs5t] comme ess5tiellem5t oppose1 p> sa nature1 une telle de/9ation4 ,les div]s motifs sociaux d'aprs lesquels j'ai expliqu ci-dessus les pr9cipales conditions gnrales de cette organisation1 doiv5t videmm5t n\s disp5s] ici de rev5ir directem5t sur cette fausse et dang]euse op9ion1 a9si radicalem5t rfute d'avance1 puisque ces motifs tai5t surt\t tirs de la ralisation de ce b moral3 d'ailleurs les exemples ple9em5t dcisifs ne manqu]ai5t pas p\r ju/ifi] irrcusablem5t cette rectification pralable1 sans p>l] mme du mahomtisme1 que je vi5s de cit]1 et o l'abs5ce d'une conv5able organisation spirituelle se complique trop avec l'inaptitude lm5taire d'une population mal prp>e3 il suffirait1 cet effet1 de m5tionn] le prt5du ca?olicisme grec1 ou plutt byzant91 qui1 p> l'excessive prolongation de l'empire1 n'ayant pu comport] une vraie con/itution di/9cte et spciale du p\voir spirituel1 s'e/ tr\v1 malgr la plus gr&e con=mit de doctr9es1 ?ologiques et morales1 avec le ca?olicisme rel1 et malgr d'ailleurs la similitude primitive des populations correspondantes1 con/amm5t frapp d'une pr(onde /rilit morale1 dont l'exacte apprciation philosophique1 si elle tait possible ici1 confirm]ait m9emm5t1 p> un lum9eux contra/e1 la ju/esse ncessaire des pr9cipes prcdemm5t poss4 ,plus on mdit]a sur ce gr& sujet1 mieux on se conva9cra1 j'ose l'assur]1 que la gr&e efficacit morale du ca?olicisme a ess5tiellem5t dp5du de sa con/itution sociale1 et trs accessoirem5t t5u l'influ5ce propre et directe de sa seule doctr9e1 ab/raitem5t envisage1 quoi qu'en dise la critique mtaphysique4 ,quelque pure que pt tre sa morale 7et qui pr*a jamais directem5t avec succs une morale vraim5t impure871 elle n'et gure ab\ti1 dans la vie relle1 qu' d'impuissantes =mules1 accompagnes de sup]/itieuses pratiques1 sans l'active int]v5tion cont9ue d'un p\voir spirituel conv5ablem5t organis et suffisamm5t indp5dant1 o consi/ait ncessairem5t la pr9cipale valeur sociale d'un tel sy/me religieux4 ,le faible asc5dant naturel de notre intellig5ce sur nos passions r5d ce dang] fondam5tal ncessairem5t commun1 un degr plus ou mo9s prononc1 t\te doctr9e quelconque2 et ri5 ne dmontre mieux1 en gnral1 l'indisp5sable beso9 moral d'une vritable organisation spirituelle3 mais ce beso9 doit plus spcialem5t app>t5ir1 comme je l'ai tabli1 aux doctr9es ?ologiques1 cause du vague et de l'incohr5ce qui les c>actris5t spontanm5t1 et qui1 lo9 de leur p]mettre d'inspir] directem5t une conduite dt]m9e1 les r5d5t1 l'usage1 presque indf9im5t modifiables au gr de p5*ans n]giques1 jusqu' p\voir mme sanctionn] f9alem5t les plus mon/rueuses ab]rations pratiques1 a9si que l'ont pr\v tant d'clatans exemples1 depuis que l'mancipation religieuse e/ assez avance4 ,avant de procd] immdiatem5t la sa9e apprciation de la haute influ5ce morale propre au rgime mono?ique du moy5-ge1 il tait indisp5sable de rappel] di/9ctem5t ces notions prlim9aires1 af9 que cette influ5ce pt tre ensuite rapporte sans ef=t sa vraie s\rce pr9cipale1 en prv5ant1 autant que possible1 une dviation philosophique1 trop commune auj\rd'hui4 ,c'e/ p\rquoi je dois1 en outre1 p]fectionn]1 ou plutt complt]1 cette importante analyse pralable1 en faisant encore prcd] une telle apprciation directe p> l'exacte dt]m9ation spciale du mode ess5tiel d'efficacit morale qui a rellem5t app>t5u aux doctr9es ca?oliques1 ab/raction faite dsormais de l'organisation correspondante1 dont l'int]v5tion cont9ue1 ma9t5ant inconte/able1 s]a t\j\rs implicitem5t suppose en t\t ce qui va suivre4 ,a cet g>d1 la discussion pr9cipale1 immdiatem5t lie auj\rd'hui aux plus gr&s intrts de l'humanit1 consi/e dcid]1 en gnral1 si l'action morale du ca?olicisme au moy5-ge t5ait surt\t la proprit1 alors exclusivem5t inhr5te ses doctr9es1 de s]vir d'organes indisp5sables la con/itution rgulire de c]ta9es op9ions spontanm5t communes1 dont la puissance publique1 une fois tablie1 tait ncessairem5t d\e1 p> sa seule univ]salit1 d'un irrsi/ible asc5dant moral3 ou bi5 si1 selon l'hypo?se vulgaire1 les rsultats effectifs ont ess5tiellem5t dp5du de ces pr(ondes impressions p]sonnelles d'espoir1 et encore plus de cra9te1 relatives la vie future1 que le ca?olicisme s'tait atta* coordonn] et =tifi] avec plus de so9 et d'habilet qu'aucune autre religion1 soit antrieure1 soit mme po/rieure2 prcism5t p>ce qu'il avait judicieusem5t vit de ri5 =mul] dogmatiquem5t ce sujet1 laissant l'imag9ation intresse de *aque croyant dtaill] librem5t les pe9es et les rcomp5ses promises1 d'une manire bi5 autrem5t n]gique1 et bi5 mieux approprie aux conv5ances individuelles1 que ne l'et p]mis1 comme dans la foi musulmane1 p> exemple1 l'immuable contemplation d'une p]spective banale1 quelque heureusem5t qu'elle et d'abord t *oisie4 ,cette gr&e "q1 qui1 j'ose le dire1 n'a jamais t conv5ablem5t pose1 ne saurait tre nettem5t rsolue p> l'exam5 des cas ord9aires1 o les deux influ5ces ont d videmm5t coexi/] t\j\rs1 p5dant t\t le rgne du ca?olicisme2 ce qui doit conduire1 mo9s d'une analyse trs v>ie et s\v5t =t difficile1 attribu] frquemm5t l'une ce qui app>ti5t vraim5t l'autre1 suivant la prdisposition dom9ante de notre intellig5ce2 comme le tmoign5t1 en tant d'exemples1 les discussions sci5tifiques1 sur des sujets mme inf9im5t plus simples4 ,la sa9e logique indique donc ici la ncessit de prononc] surt\t d'aprs ces cas1 plus ou mo9s exceptionnels1 o les deux gr&es influ5ces qu'il s'agit de comp>] se sont tr\ves en opposition mutuelle1 p> une discordance anomale trs c>actrise entre les prjugs publics et les prescriptions religieuses1 ord9airem5t d'accord3 ce doiv5t tre videmm5t les seules circon/ances o l'obs]vation directe puisse tre ple9em5t dcisive1 mo9s de contradiction =melle avec un pr9cipe dj bi5 tabli4 ,or1 quoique de telles occasions doiv5t1 p> leur nature1 tre =t r>es1 surt\t p\r des sujets suffisamm5t importans1 une judicieuse exploration sociologique en f]a aism5t disc]n]1 aux div]s ges du ca?olicisme1 plusieurs ple9em5t irrcusables1 et remplissant spontanm5t1 au degr conv5able1 t\tes les conditions indisp5sables la dmon/ration hi/orique de cet aphorisme vraim5t capital de /atique sociale3 les prjugs publics sont habituellem5t plus puissans que les prceptes religieux1 dans t\t antagonisme qui vi5t s'tablir entre ces deux =ces morales1 jusqu'ici le plus s\v5t conv]g5tes4 ,mon illu/re prcurseur1 l'in=tun ,condorcet1 qui me p>at avoir seul compris dignem5t une telle discussion1 a cit surt\t un exemple m9emm5t dcisif1 que je crois devoir indiqu] ici1 soit raison de sa haute importance sociale1 soit p>ce que l'opposition des deux =ces s'y tr\vait trs m>que3 c'e/ le cas gnral du duel1 qui1 aux plus beaux temps du ca?olicisme1 impos p> les murs militaires1 conduisait si frquemm5t tant de pieux *evali]s brav] directem5t les plus n]giques condamnations religieuses2 t&is que 7af9 de complt]1 p> un contra/e non mo9s significatif1 cette lum9euse obs]vation71 on voit auj\rd'hui le duel spontanm5t disp>atre peu peu1 s\s la seule prpondrance graduelle des murs indu/rielles1 malgr l'entire dcad5ce pratique des prohibitions ?ologiques4 ,cette seule indication capitale1 laquelle je dois ici me rduire1 suffira1 j'espre1 p\r suggr] au lecteur beauc\p d'autres vrifications analogues1 plus ou mo9s prononces1 d'un pr9cipe d'ailleurs en ple9e h>monie avec la connaissance relle de la nature huma9e1 qui n\s dt]m9]a t\j\rs1 dans les cas suffisamm5t graves1 brav] un pril lo9ta91 quelque int5se qu'il puisse tre1 plutt que d'enc\rir immdiatem5t l'9vitable fltrissure d'une op9ion publique trs arrte et trs unanime4 ,quoique ri51 au premi] aspect1 ne semble p\voir contrebalanc] la puissance des t]reurs religieuses1 directem5t relatives un av5ir indf9i1 il n'e/ pas d\teux cep5dant que1 p> une suite ncessaire de cette t]nit mme1 des mes assez n]giques1 comme il en a t\j\rs exi/1 et surt\t au moy5-ge1 sans conte/] aucunem5t la ralit d'une telle p]spective future1 ont pu se la r5dre secrtem5t assez familire p\r n'en plus tre arrtes dans leurs impulsions dom9antes3 c>1 l't]nit de d\leur1 aussi in9telligible que l't]nit de plaisir1 ne saurait se concili]1 dans notre imag9ation1 avec cette aptitude vid5te de t\te vie animale conv]tir en indiffr5ce t\t s5tim5t cont9u4 ,milton a beau consum] son admirable gnie potique n\s pe9dre les damns alt]nativem5t transports1 p> un inf]nal raff9em5t1 du lac de feu sur l'tang glac1 l'ide des ba9s russes fait bi5tt succd] le s\rire ce premi] effroi1 et rappel] que la puissance de l'habitude peut atte9dre aussi le *angem5t mme1 quelque brusque qu'il puisse tre1 ds qu'il devi5t assez frqu5t4 ,on s5tira t\te la porte relle d'une semblable apprciation1 malgr son app>5ce p>adoxale1 si l'on considre que la mme n]gie qui p\sse aux gr&s crimes peut galem5t conduire brav] de tels arrts1 env]s lesquels le temps ne saurait d'ailleurs manqu] p\r se prp>] graduellem5t leur excution lo9ta9e1 dt-elle n'tre jamais affecte d'aucune grave inc]titude1 ce qui e/ c]ta9em5t impossible4 ,quant aux mes ord9aires1 il e/ clair que l'espoir1 t\j\rs rs]v1 d'une absolution f9ale1 qui con/ituait1 comme je l'ai expliqu1 une indisp5sable condition gnrale de l'exi/5ce pratique du ca?olicisme1 devait s\v5t suffire1 dans les circon/ances1 naturellem5t mo9s critiques1 o elles se tr\vai5t communm5t1 leur inspir] le facile c\rage de viol] mom5tanm5t les prceptes religieux2 t&is qu'elles n'aurai5t pu1 sans des ef=ts bi5 plus puissans1 affront] directem5t les prjugs publics1 dans les cas d'antagonisme trs prononcs4 ,sans insi/] ici davantage sur un tel sujet1 ma9t5ant assez clairci p\r notre b pr9cipal1 n\s devrons donc reg>d] dsormais la =ce morale du ca?olicisme comme ayant d t5ir ess5tiellem5t1 aux poques mme de sa plus gr&e int5sit1 son aptitude ncessaire1 tant qu'il a pu suffisamm5t rgn]1 se con/itu] spontanm5t en organe rguli] des op9ions communes1 dont l'irrsi/ible univ]salit devait naturellem5t tir] une n\velle n]gie cont9ue de leur active reproduction sy/matique p> un cl]g indp5dant et respect3 les considrations purem5t relatives la vie future n'ont pu avoir comp>ativem5t1 en aucun temps1 qu'une influ5ce trs accessoire sur la conduite relle4 ,outre l'utilit hi/orique de cette analyse pralable dans la sa9e apprciation gnrale de l'influ5ce morale propre au ca?olicisme1 le lecteur doit1 sans d\te1 dj press5tir l'extrme intrt philosophique qu'elle devra bi5tt acqurir1 qu& n\s s]ons graduellem5t p>v5us l'exam5 direct de l'tat prs5t de l'humanit1 o1 d'aprs un tel prambule1 n\s devrons immdiatem5t expliqu] comm5t l'volution intellectuelle1 quoique f9issant p> dissip] sans ret\r t\tes ces motions ?ologiques1 e/ lo9 cep5dant de dim9u]1 en ralit1 les g>anties morales de l'ordre social1 p>ce qu'elle doit dvelopp] m9emm5t la =ce insurmontable de l'op9ion publique1 p> un inconte/able privilge de la philosophie positive1 qui s]a alors conv5ablem5t c>actris4 ,l'admirable rgnration graduelle que1 au moy5-ge1 le ca?olicisme a suffisamm5t accomplie1 ou du mo9s conv5ablem5t bau*e1 dans la morale huma9e1 a surt\t consi/1 d'aprs nos indications antrieures1 transport] enf91 autant que possible1 la morale la suprmatie sociale jusque alors t\j\rs demeure la politique1 en faisant ju/em5t prvaloir dsormais les beso9s les plus gnraux et les plus fixes sur les ncessits p>ticulires et v>iables1 p> la considration1 directem5t prpondrante1 des conditions lm5taires de l'exi/5ce huma9e1 de celles qui1 immuables dans leur nature et seulem5t de plus en plus dveloppes1 sont 9vitablem5t communes t\s les tats sociaux et t\tes les situations individuelles1 et dont les exig5ces fondam5tales1 =mules p> une doctr9e univ]selle1 dt]m9ai5t a9si la mission spciale du p\voir spirituel1 ess5tiellem5t de/9 les faire cont9uellem5t respect] dans la vie relle1 individuelle et sociale1 ce qui supposait d'abord son entire indp5dance du p\voir politique proprem5t dit4 ,sans d\te1 comme je l'expliqu]ai plus t>d1 la philosophie1 m9emm5t ?ologique1 sur laquelle devait alors exclusivem5t repos] cette sublime opration sociale1 en a1 s\s div]s aspects importans1 beauc\p altr la puret1 et mme gravem5t compromis l'efficacit2 soit p>ce que le vague de cette philosophie affectait =cm5t1 malgr t\tes les prcautions de la sagesse sac]dotale1 les prescriptions morales qui s'y ratta*ai5t2 soit aussi cause de l'empire moral trop arbitraire qui en devait rsult] p\r la corporation directrice1 et sans lequel nanmo9s l'absolu inhr5t aux prceptes religieux les et r5dus rellem5t impraticables2 soit enf9 p> suite de la sorte de contradiction intime qui devait implicitem5t entrav] une doctr9e o l'on se proposait de cultiv] surt\t le s5tim5t social1 mais en dveloppant d'abord un gsme exorbitant1 quoique idal1 ne concevant jamais le mo9dre bi5 qu'en vue de rcomp5ses inf9ies1 en sorte que la proccupation cont9ue du salut individuel devait directem5t neutralis]1 un haut degr1 ce qu'il y avait de vraim5t sympa?ique dans l'heureuse et t\*ante affection unanime de l'am\r de ,dieu4 ,mais1 quelque inconte/ables que soi5t ces div]s inconvni5s capitaux1 ils tai5t videmm5t 9vitables1 et ils n'ont po9t emp* alors la ralisation suffisante d'une rgnration qui ne p\vait autrem5t comm5c]1 quoiqu'elle doive ma9t5ant tre p\rsuivie et p]fectionne d'aprs de meilleures bases intellectuelles4 ,c'e/ a9si que1 p> une ju/e apprciation comp>ative des diffr5s beso9s de l'humanit1 la morale a t enf9 dignem5t place la tte des ncessits sociales1 en concevant t\tes les facults quelconques de notre nature comme ne devant jamais con/itu] que des moy5s plus ou mo9s efficaces1 t\j\rs subordonns ce gr& b fondam5tal de la vie huma9e1 directem5t consacr p> une doctr9e univ]selle1 conv5ablem5t rige en type ncessaire de t\s les actes rels1 individuels ou sociaux4 ,on doit1 la vrit1 reconnatre qu'il y avait1 au fond1 a9si que je l'expliqu]ai ci-aprs1 quelque *ose d'intimem5t ho/ile au dveloppem5t intellectuel dans la manire dont l'esprit *rti5 concevait la suprmatie sociale de la morale1 quoique cette opposition ait t =t exagre2 mais le ca?olicisme1 son ge de prpondrance1 a spontanm5t cont5u une telle t5dance1 p> cela mme qu'il pr5ait le pr9cipe de la capacit p\r base directe de sa propre con/itution ecclsia/ique3 cette disposition lm5taire1 dont le dang] philosophique ne devait se manife/] qu'au temps de la dcad5ce du sy/me ca?olique1 n'emp*ait nullem5t la ju/esse radicale de cette sage dcision sociale qui subordonnait ncessairem5t l'esprit lui-mme la moralit4 ,les intellig5ces1 de plus en plus multiplies1 qui1 sans tre vraim5t m95tes1 ont atte9t1 surt\t p> la culture1 un degr moy5 d'lvation1 se sont t\j\rs1 et pr9cipalem5t auj\rd'hui1 secrtem5t insurges contre cet arrt salutaire1 qui gne leur ambition dmesure3 mais il s]a t]nellem5t confirm1 avec une pr(onde reconnaissance1 malgr les p]turbations prov5ues d'une telle antipa?ie mal dissimule1 soit p> la masse sociale1 au pr(it de laquelle il e/ directem5t conu1 soit p> le vrai gnie philosophique1 qui en peut analys] dignem5t l'immuable ncessit4 ,quoique la vritable supriorit m5tale soit c]ta9em5t la plus r>e et la plus prcieuse de t\tes1 il e/ nanmo9s irrcusable que1 mme *ez les organismes exceptionnels o elle e/ conv5ablem5t prononce1 elle ne peut ralis] suffisamm5t son pr9cipal essor qu& elle n'e/ po9t subordonne une haute moralit1 p> suite du peu d'n]gie relative des facults spirituelles dans l'ensemble de la nature huma9e4 ,sans cette indisp5sable condition p]man5te1 le gnie1 en supposant qu'il puisse tre alors entirem5t dvelopp1 ce qui s]ait bi5 difficile1 dgnr]a promptem5t en in/rum5t secondaire d'une troite satisfaction p]sonnelle1 au lieu de p\rsuivre directem5t cette l>ge de/9ation sociale qui peut seule lui (frir un *amp et un alim5t dignes de lui3 ds-lors1 s'il e/ philosophique1 il ne s'occup]a que de sy/matis] la socit au pr(it de ses propres p5*ans2 s'il e/ sci5tifique1 il se born]a des conceptions sup]ficielles1 susceptibles de procur] bi5tt des succs faciles et productifs2 s'il e/ e/htique1 il produira des uvres sans consci5ce1 aspirant1 presque t\t prix1 une rapide et phmre popul>it2 enf91 s'il e/ indu/riel1 il ne *]*]a po9t des inv5tions capitales1 mais des modifications lucratives4 ,ces dplorables rsultats ncessaires de l'esprit dp\rvu de direction morale1 qui1 du mo9s1 malgr qu'ils neutralis5t radicalem5t la valeur sociale du gnie lui-mme1 ne saurai5t entirem5t l'annul]1 doiv5t tre videmm5t encore plus vicieux *ez les hommes secondaires ou mdiocres1 spontanx peu n]gique3 alors l'intellig5ce1 qui ne devrait s]vir ess5tiellem5t qu' p]fectionn] la prvision1 l'apprciation1 et la satisfaction des vrais beso9s pr9cipaux de l'individu et de la socit1 n'ab\tit le plus s\v5t1 dans sa va9e suprmatie1 qu' suscit] une insociable vanit1 ou =tifi] d'absurdes prt5tions dom9] le monde au nom de la capacit1 qui1 a9si moralem5t affran*ie de t\te condition d'utilit gnrale1 f9it p> dev5ir d'ord9aire galem5t nuisible au bonheur priv et au bi5 public1 comme on ne l'pr\ve que trop auj\rd'hui4 ,p\r quiconque a conv5ablem5t appr(ondi la vritable tude fondam5tale de l'humanit1 l'am\r univ]sel1 tel que l'a conu le ca?olicisme1 importe c]ta9em5t encore davantage que l'intellig5ce elle-mme1 dans l'conomie usuelle de notre exi/5ce1 individuelle ou sociale1 p>ce que l'am\r utilise spontanm5t1 au pr(it de *acun et de t\s1 jusqu'aux mo9dres facults m5tales2 t&is que l'gsme dnature ou p>alyse les plus m95tes dispositions1 ds-lors s\v5t bi5 plus p]turbatrices qu'efficaces1 quant au bonheur rel1 soit priv1 soit public4 ,la pr(onde sagesse du ca?olicisme1 en con/ituant enf9 la morale au-dessus de t\te l'exi/5ce huma9e1 af9 d'en dirig] et contrl] sans cesse les div]s actes quelconques1 a donc c]ta9em5t tabli le pr9cipe le plus fondam5tal de la vie sociale1 et qui1 quoique mom5tanm5t branl ou obscurci p> de dang]eux sophismes1 surgira t\j\rs f9alem5t1 avec une vid5ce croissante1 d'une tude de plus en plus appr(ondie de notre vritable nature1 surt\t qu& le positivisme rationnel aura spontanm5t dissip1 ce sujet1 les tnbres mtaphysiques4 ,du re/e1 en considrant1 cet g>d1 aussi bi5 que s\s t\t autre aspect plus dt]m91 l'apprciation morale du ca?olicisme1 il ne faut jamais oubli] que1 p> suite mme de l'indp5dance lm5taire de la morale env]s la politique1 organise p> la sp>ation gnrale entre le p\voir spirituel et le p\voir temporel1 la doctr9e morale a d ds lors se compos] ess5tiellem5t d'une suite de types1 de/9s surt\t1 non =mul] immdiatem5t la pratique relle1 mais c>actris] conv5ablem5t la limite1 t\j\rs plus ou mo9s idale1 dont notre conduite devait t5dre sans cesse se rappro*] de plus en plus4 ,la nature et la de/9ation de ces types moraux sont entirem5t analogues celles des types sci5tifiques ou e/htiques1 qui1 dans t\te uvre rationnellem5t dirige1 s]v5t de guide indisp5sable nos div]ses conceptions1 et dont le beso9 se fait s5tir jusque dans les plus simples oprations huma9es1 mme indu/rielles4 ,on a radicalem5t mconnu1 s\s ce rapport1 l'esprit gnral de la morale ca?olique1 de manire n'en p\voir port] que de faux jugem5s philosophiques1 lorsqu'on lui a irrationnellem5t repro* la prt5due exagration de ses pr9cipaux prceptes3 il s]ait aussi judicieux de critiqu] les pe9tres1 p> exemple1 sur la p]fection *imrique de leurs modles intrieurs4 ,il e/ clair1 en gnral1 que des types quelconques doiv5t ncessairem5t dpass] les ralits correspondantes1 puisqu'ils en doiv5t con/itu] les limites idales1 au-dess\s desquelles la pratique ne re/]a c]ta9em5t que trop1 encore plus dans l'ordre moral que dans l'ordre intellectuel3 ce qui n'emp*e nullem5t1 en l'un et l'autre cas1 leur utilit fondam5tale1 p\rvu qu'ils soi5t conv5ablem5t con/ruits2 condition que l'ide mme de limite1 telle que les gomtres l'ont rgul>ise1 e/ m9emm5t propre df9ir exactem5t auj\rd'hui4 ,l'in/9ct philosophique du ca?olicisme lui a fait remplir spontanm5t1 de la manire la plus heureuse1 cette condition indisp5sable1 en le conduisant faire pass]1 p\r plus d'efficacit pratique1 ses types moraux de l'tat ab/rait l'tat concret1 preuve vraim5t dcisive qui1 en un sujet quelconque1 manife/]ait aussitt l'exagration effective des conceptions initiales3 c'e/ a9si que les premi]s philosophes qui ont bau* le ca?olicisme se sont complu naturellem5t dans l'application de leur gnie social conc5tr] graduellem5t1 sur celui auquel ils rapportai5t la fondation primordiale du sy/me1 t\te la p]fection qu'ils p\vai5t concevoir dans la nature huma9e2 de manire l'rig] ensuite en type univ]sel et actif1 alors admirablem5t adapt la direction morale de l'humanit1 et dans lequel1 en un cas quelconque1 les plus *tifs et les plus m95s p\vai5t galem5t tr\v] des modles gnraux de conduite relle2 ce type sublime ayant d'ailleurs t admirablem5t complt p> la conception1 encore plus idale1 qui reprs5te1 p\r la femme1 la plus heureuse conciliation my/ique de la puret avec la mat]nit4 ,t\tes les div]ses bran*es ess5tielles de la morale univ]selle ont reu du ca?olicisme des amliorations capitales1 qui ne saurai5t tre ici spcialem5t m5tionnes1 et p\r la ju/e apprciation desquelles je puis d'ailleurs r5voy] provisoirem5t aux philosophes ca?oliques1 surt\t ,bossuet et ,de ,mai/re1 qui les ont1 en gnral1 sa9em5t juges4 ,je dois me born] ma9t5ant l'indication rapide des plus importans progrs1 dans les trois p>ties successives qui compos5t l'ensemble de la morale1 d'abord p]sonnelle1 puis dome/ique1 et enf9 sociale1 suivant la division tablie au c9quantime *apitre4 ,consacrant l'op9ion unanime des philosophes antrieurs1 le ca?olicisme a dignem5t envisag les v]tus individuelles comme la premire base de t\tes les autres1 en ce qu'elles (fr5t l'ex]cice le plus naturel et le plus dcisif cet asc5dant n]gique de la raison sur la passion1 d'o dp5d t\t le p]fectionnem5t moral4 ,aussi ne doit-on pas mme croire dp\rvues d'efficacit sociale1 surt\t au moy5-ge1 ces pratiques artificielles o l'homme tait p\ss s'impos] volontairem5t des privations sy/matiques1 qui1 malgr leur inutilit app>5te1 ont pu con/itu] d'heureux auxiliaires p]man5s de l'ducation morale#bb4 ,du re/e1 les v]tus simplem5t p]sonnelles ont comm5c alors tre conues directem5t dans leur de/9ation sociale1 t&is que les anci5s les recomm&ai5t surt\t titre de prud5ce purem5t relative l'individu1 isolm5t considr3 la philosophie positive p\rsuivra de plus en plus cette importante trans=mation1 qui t5d t] l'arbitrage de la sagesse prive des habitudes o l'individu e/ lo9 c]tes d'tre seul intress4 ,l'humilit1 tant repro*e cette p>tie lm5taire de la morale ca?olique1 con/itue1 au contraire1 une prescription capitale1 dont la valeur relle n'e/ pas seulem5t borne ces temps d'orgueilleuse oppression qui en ont mieux manife/ la ncessit1 mais se rapporte1 en gnral1 aux vrais beso9s moraux de la nature huma9e1 o il n'e/ pas cra9dre1 sans d\te1 que l'orgueil et la vanit soi5t effectivem5t jamais trop abaisss3 la n\velle philosophie sociale confirm]a et mme p]fectionn]a ncessairem5t1 un haut degr1 cet important prcepte1 en l't5dant spontanm5t jusqu'aux supriorits intellectuelles1 quoiqu'elle leur ouvre le plus va/e *amp2 c>1 ri5 n'e/ assurm5t plus propre que les tudes positives1 p\r peu1 du mo9s1 qu'elles soi5t conv5ablem5t appr(ondies et philosophiquem5t conues1 faire cont9uellem5t apprci]1 en t\s s5s1 la faible porte de notre intellig5ce1 quelque noble fi]t rationnelle que doive d'ailleurs n\s inspir] une satisfaisante dc\v]te de la vrit4 ,mais je dois surt\t signal]1 au sujet de ce premi] ordre de prescriptions morales1 une d]nire innovation ess5tielle1 heureusem5t accomplie p> le ca?olicisme1 et dont la philosophie mtaphysique a fait mconnatre l'm95te valeur sociale3 je veux dire la rprobation gnrale du suicide1 dont les anci5s1 aussi ddaigneux de leur propre vie que de celle d'autrui1 s'tai5t si s\v5t fait un mon/rueux honneur1 ou du mo9s une trop frqu5te ress\rce1 plus d'une fois imite p> leurs philosophes1 lo9 d'en tre blme4 ,cette pratique antisociale devait1 sans d\te1 spontanm5t dcrotre avec la prdom9ance des murs militaires2 mais c'e/ c]ta9em5t une des gloires morales du ca?olicisme d'en avoir conv5ablem5t organis l'n]gique condamnation1 dont l'importance1 mom5tanm5t oublie auj\rd'hui cause de notre an>*ie intellectuelle1 s]a c]ta9em5t t\j\rs confirme p> une exacte analyse des vrais beso9s moraux de la socit huma9e4 ,plus la vie future p]d ncessairem5t de son efficacit morale1 plus il importe1 videmm5t1 que t\s les individus soi5t1 autant que possible1 inv9ciblem5t atta*s la vie relle1 sans p\voir en lud] les d\l\reuses consqu5ces p> une cata/rophe inop9e1 qui laisse *acun la dang]euse facult d'annul]1 son gr1 la raction indisp5sable que la socit a compt ex]c] sur lui3 en sorte que1 d'aprs des motifs purem5t huma9s1 le suicide s]a un j\r non mo9s ple9em5t rpr\v s\s le rgime positif1 comme directem5t contraire aux bases gnrales de la moralit huma9e4 ,note #bb3 ,les pratiques hyginiques imposes p> le ca?olicisme1 outre leur utilit indirecte p\r entret5ir de salutaires habitudes de s\mission morale et de contra9te volontaire1 se rapportai5t directem5t l'action gnrale du rgime sur l'ensemble de notre nature1 dont la haute importance n'e/ plus d\teuse aux yeux des bons esprits1 et que la sa9e philosophie devra s\mettre un j\r une sage discipl9e rationnelle1 de/9e ralis]1 s\s l'ass5tim5t clair de la raison publique1 l'entire efficacit1 physique et morale1 de ce puissant moy5 de p]fectionnem5t huma94 ,l'aptitude morale du ca?olicisme s'e/ surt\t manife/e dans l'heureuse organisation de la morale dome/ique1 enf9 place son rang vritable1 au lieu d'tre absorbe p> la politique1 suivant le gnie de t\te l'antiquit4 ,p> la sp>ation fondam5tale entre l'ordre spirituel et l'ordre temporel1 et p> l'ensemble du rgime correspondant1 on a t conduit1 au moy5-ge1 s5tir que la vie dome/ique devait tre dsormais la plus importante p\r la masse des hommes1 sauf le petit nombre de ceux que leur nature exceptionnelle et les beso9s de la socit devai5t appel] pr9cipalem5t la vie politique1 laquelle les anci5s avai5t t\t sacrifi1 p>ce qu'ils ne considrai5t que les hommes libres dans des populations surt\t composes d'esclaves4 ,ce so9 prpondrant du ca?olicisme p\r la morale dome/ique a eu tant d'admirables rsultats1 que leur analyse sommaire ne saurait tre indique ici4 ,je ne m'arrte donc pas considr] l'heureux p]fectionnem5t gnral de la famille huma9e1 s\s l'int]v5tion cont9ue de l'influ5ce ca?olique1 pntrant spontanm5t dans les plus intimes relations1 o1 sans tyrannie1 elle dveloppait graduellem5t un ju/e s5tim5t des devoirs mutuels3 et cep5dant il s]ait1 p> exemple1 d'un haut intrt de mieux apprci] qu'on ne l'a fait encore comm5t le ca?olicisme1 t\t en consacrant1 de la manire la plus sol5nelle1 l'autorit pat]nelle1 a totalem5t aboli le despotisme presque absolu qui la c>actrisait *ez les anci5s1 et qui1 ds la naissance1 tait si frquemm5t manife/ p> le meurtre ou l'ab&on des n\veaux-ns1 encore ess5tiellem5t lgitimes hors de la sphre t]ritoriale du mono?isme4 ,re/re9t ici p> d'9vitables limites1 j'indiqu]ai seulem5t ce qui se rapporte au li5 le plus fondam5tal1 env]s lequel1 aprs une pr(onde apprciation1 t\s les vrais philosophes f9iront1 mon gr1 p> reconnatre bi5tt1 malgr nos graves ab]rations actuelles1 qu'il ne re/e vraim5t faire ri5 d'ess5tiel1 si ce n'e/ de consolid] et de complt] ce que le ca?olicisme a si heureusem5t organis4 ,nul ne conte/e plus ma9t5ant qu'il n'ait ess5tiellem5t amlior la condition sociale des femmes1 et cep5dant p]sonne n'a rem>qu qu'il leur a radicalem5t enlev t\te p>ticipation quelconque aux fonctions sac]dotales1 mme dans la con/itution des ordres mona/iques o il les a admises4 ,on doit aj\t]1 en outre1 p\r =tifi] cette importante obs]vation1 qu'il leur a1 autant que possible1 p>eillem5t int]dit la royaut1 dans t\s les pays o son influ5ce politique a pu tre suffisamm5t ralise1 en modifiant1 dans des vues d'aptitude1 l'hrdit purem5t ?ocratique1 o la ca/e dom9ait d'abord absolum5t4 ,ces inconte/ables re/rictions doiv5t faire compr5dre que le p]fectionnem5t opr p> le ca?olicisme a surt\t consi/1 quant aux femmes1 en les conc5trant davantage dans leur exi/5ce ess5tiellem5t dome/ique1 g>antir la ju/e lib]t de leur vie intrieure1 et consolid] leur situation1 en consacrant l'indissolubilit fondam5tale du m>iage2 t&is que1 mme *ez les ,roma9s1 la rpudiation facultative altrait gravem5t1 au dtrim5t des femmes1 l'tat de ple9e monogamie4 ,va9em5t argu-t-on de quelques dang]s exceptionnels ou secondaires1 dont la ralit e/ trop inconte/able1 p\r dprci] auj\rd'hui cette indisp5sable fixit1 si heureusem5t adapte1 en gnral1 aux vrais beso9s de notre nature1 o la v]satilit n'e/ pas mo9s p]nicieuse aux s5tim5s qu'aux ides1 et sans laquelle notre c\rte exi/5ce se consum]ait en une suite int]m9able et illusoire de dplorables essais1 o l'aptitude c>actri/ique de l'homme se modifi] con=mm5t t\te situation vraim5t immuable s]ait radicalem5t mconnue1 malgr son importance extrme *ez les organismes peu prononcs1 qui compos5t l'imm5se majorit4 ,l'obligation de con=m] sa vie une insurmontable ncessit1 lo9 d'tre rellem5t nuisible au bonheur de l'homme1 en con/itue ord9airem5t1 au contraire1 p\r peu que cette ncessit soit tolrable1 l'une des plus indisp5sables conditions1 en prv5ant ou cont5ant l'incon/ance de nos vues et l'hsitation de nos desse9s2 la plup>t des individus tant bi5 plus propres p\rsuivre l'excution d'une conduite dont les donnes fondam5tales sont indp5dantes de leur volont1 qu' *oisir conv5ablem5t celle qu'ils doiv5t t5ir3 on reconnat aism5t1 en effet1 que notre pr9cipale flicit morale se rapporte des situations qui n'ont pu tre *oisies1 comme celles1 p> exemple1 de fils et de pre4 ,en indiquant1 au *apitre suivant1 les graves atte9tes que le prote/antisme a t5t d'apport] l'in/itution fondam5tale du m>iage ca?olique1 j'aurai lieu de faire plus directem5t s5tir que la dang]euse facult du divorce1 lo9 de p]fectionn] une telle in/itution1 au pr(it rel d'aucun sexe1 t5drait1 au contraire1 si elle p\vait s'introduire rellem5t dans les murs mod]nes1 con/itu] une imm95te rtrogradation morale1 en donnant une trop libre c>rire aux apptits les plus n]giques1 dont la rpression cont9ue1 comb9e avec une lgitime satisfaction1 doit ncessairem5t augm5t] mesure que l'volution huma9e s'accomplit1 comme je l'ai tabli1 en pr9cipe1 la f9 du volume prcd5t4 ,r5f]mant jamais les femmes dans la vie dome/ique1 le ca?olicisme a d'ailleurs si intimem5t li les deux sexes1 que1 d'aprs les murs d'abord organises s\s son influ5ce1 l'p\se acqui]t ncessairem5t un droit imprescriptible1 et mme indp5dant de sa conduite propre1 p>ticip]1 sans aucune condition active1 non-seulem5t t\s les avantages sociaux de celui qui l'a une fois *oisie1 mais aussi1 autant que possible1 la considration dont il j\it3 il s]ait c]tes difficile d'imag9] une disposition praticable qui favorist davantage le sexe ncessairem5t dp5dant4 ,lo9 de t5dre la *imrique mancipation1 et l'galit non mo9s va9e1 qu'on rve auj\rd'hui p\r lui1 la civilisation1 dveloppant1 au contraire1 les diffr5ces ess5tielles des sexes aussi bi5 que t\tes les autres1 comme je l'ai dj indiqu au *apitre prcd5t1 enlve de plus en plus aux femmes t\tes les fonctions qui peuv5t les dt\rn] de leur vocation dome/ique4 ,on ne peut1 sans d\te1 mieux jug]1 cet g>d1 de la vraie t5dance univ]selle qu'en exam9ant ce qui se passe dans les classes leves de la socit1 o les femmes ont pu suivre plus aism5t leur vritable de/9e1 et qui doiv5t1 p> consqu5t1 (frir1 cet g>d1 une sorte de type spontan1 v]s lequel conv]g]ont ultrieurem5t1 autant que possible1 t\s les autres modes d'exi/5ce3 or1 on saisit a9si directem5t la loi gnrale de l'volution sociale en ce qui conc]ne les sexes1 et qui consi/e dgag] de plus en plus les femmes de t\te occupation trangre leurs fonctions dome/iques1 de manire1 p> exemple1 faire un j\r rep\ss]1 comme honteuse p\r l'homme1 dans t\s les rangs sociaux1 a9si qu'on le voit dj *ez les plus avancs1 la pratique des travaux pnibles p> les femmes1 ds-lors p>t\t rs]ves1 d'une manire de plus en plus exclusive1 leurs nobles attributions c>actri/iques d'p\se et de mre4 ,quoique je ne puisse pas mme bau*] ici la srie spciale d'obs]vations sociales propre confirm] irrcusablem5t ce pr9cipe gnral1 d'ailleurs si con=me la vraie connaissance de notre nature1 mais qui ne saurait tre conv5ablem5t tabli que dans mon trait p>ticuli] de philosophie politique1 j'espre cep5dant que cette rapide indication1 quelque imp>faite qu'elle doive tre1 suffira p\r faire dj s5tir aux meilleurs esprits que1 hors d'une telle t5dance lm5taire1 qui re/e dsormais consolid] et complt] *ez t\tes les classes quelconques de la socit mod]ne1 il ne peut exi/]1 en ralit1 de moy5s efficaces d'amlior] la condition actuelle des femmes que ceux qui rsult]ont spontanm5t de la rgnration rationnelle de l'ducation huma9e1 *ez l'un et l'autre sexe1 s\s l'asc5dant ultrieur de la philosophie positive4 ,considrant enf9 la morale sociale proprem5t dite1 il s]ait c]tes sup]flu de con/at] expressm5t ici l'influ5ce capitale du ca?olicisme p\r modifi] le patriotisme1 n]gique mais sauvage1 qui animait seul les anci5s1 p> le s5tim5t plus lev de l'humanit ou de la frat]nit univ]selle1 si heureusem5t vulg>is p> lui s\s la d\ce dnom9ation de *>it4 ,sans d\te1 la nature des doctr9es1 et les antipa?ies religieuses qui en rsultai5t1 re/reignai5t beauc\p1 en ralit1 cette hypo?tique univ]salit d'affection1 ess5tiellem5t limite d'ord9aire aux populations *rti5nes2 mais1 entre ces limites1 les s5tim5s de frat]nit des diffr5s peuples tai5t puissamm5t dvelopps1 outre la foi commune qui en tait le pr9cipe1 p> leur uni=me subord9ation habituelle un mme p\voir spirituel1 dont les membres1 malgr leur nationalit propre1 se s5tai5t spontanm5t concitoy5s de t\te la *rti5t3 on a ju/em5t rem>qu que l'amlioration des relations europennes1 le p]fectionnem5t du droit int]national1 et les conditions d'humanit de plus en plus imposes la gu]re elle-mme1 remont5t1 en effet1 jusqu' cette poque o l'influ5ce ca?olique liait directem5t t\tes les p>ties de l',europe4 ,dans l'ordre intrieur de *aque nation1 les devoirs gnraux qui se ratta*5t ce gr& pr9cipe ca?olique de la frat]nit ou de la *>it univ]selles1 et qui n'ont auj\rd'hui p]du mom5tanm5t leur pr9cipale efficacit que p> suite de l'9vitable dcad5ce du sy/me ?ologique qui les imposait1 ont graduellem5t t5du con/itu]1 p> leur nature1 le moy5 le mo9s imp>fait de remdi]1 autant que possible1 surt\t en ce qui conc]ne la rp>tition des ri*esses1 aux inconvni5s insp>ables de l'tat social1 et dont1 l'aveugle imitation des anci5s1 on *]*e auj\rd'hui la va9e solution dans des mesures purem5t matrielles ou politiques1 aussi impuissantes que tyranniques1 et susceptibles de conduire aux plus graves p]turbations sociales4 ,il e/ clair1 en pr9cipe1 que la seule sp>ation rationnelle des deux p\voirs1 organisant la haute indp5dance de la morale env]s la politique1 peut p]mettre1 dans l'av5ir1 comme dans le pass1 d'impos] *acun1 sans dang] p\r l'conomie temporelle de la socit1 l'obligation imprieuse1 mais purem5t morale1 d'employ] directem5t sa =tune1 et t\s ses autres avantages quelconques1 en raison de sa position1 au s\lagem5t de ses semblables2 t&is que la philan?ropie mtaphysique n'a pu ralis] jusqu'ici1 cet g>d1 d'autre solution pratique que d'in/itu] des ca*ots p\r ceux qui dem&5t du pa94 ,telle fut l'heureuse s\rce de tant d'admirables fondations1 de/9es l'ad\cissem5t v>i des misres huma9es1 et que la politique mtaphysique a eu l'trange c\rage de condamn]1 au nom de la prt5due sci5ce de l'conomie politique1 t&is qu'il re/e1 au contraire1 auj\rd'hui1 en les rorganisant1 les t5dre et les complt]2 in/itutions totalem5t inconnues l'antiquit1 et d'autant plus m]veilleuses1 qu'elles prov9r5t presque t\j\rs des dons volontaires d'une munific5ce prive1 laquelle la coopration publique se joignait r>em5t4 ,en dveloppant1 au plus haut degr compatible avec l'imp]fection radicale de la philosophie ?ologique1 le s5tim5t univ]sel de la solid>it sociale1 le ca?olicisme n'a pas nglig celui de la p]ptuit1 qui en con/itue1 p> sa nature1 l'indisp5sable complm5t1 en liant t\s les temps aussi bi5 que t\s les lieux1 comme je l'ai indiqu ailleurs4 ,telle tait la de/9ation gnrale de ce gr& sy/me de commmoration usuelle1 si heureusem5t con/ruit p> le ca?olicisme1 l'imitation judicieuse du poly?isme4 ,si un semblable sujet p\vait ici tre suffisamm5t exam91 il s]ait ais de faire admir] les sages prcautions introduites p> le ca?olicisme1 et ord9airem5t respectes1 p\r que la batification1 remplaant a9si l'apo?ose1 atteignt plus compltem5t encore sa pr9cipale de/9ation sociale1 en vitant les honteuses dgnrations o la confusion radicale des deux p\voirs lm5taires avait entran1 cet g>d1 aux temps de dcad5ce1 les ,grecs et surt\t les ,roma9s2 en sorte que cette noble rcomp5se n'a t1 en effet1 presque jamais dc]ne1 p5dant la majeure p>tie de l'poque ca?olique1 qu' des hommes plus ou mo9s dignes1 m95s ou utiles1 soit moralem5t1 soit mme intellectuellem5t1 t\j\rs *oisis1 avec une entire imp>tialit1 p>mi t\tes les classes sociales1 depuis les plus m95tes jusqu'aux plus infrieures4 ,il e/ d'ailleurs vid5t que le rgime positif remplira spontanm5t cette attribution capitale avec bi5 plus de p]fection et de lib]t encore1 puisqu'il p\rra l't5dre habituellem5t1 non-seulem5t t\s les modes possibles de l'activit huma9e1 mais aussi t\s les temps et t\s les lieux1 sans tre arrt p> aucune troite dissid5ce de doctr9e1 p>ce que1 seule susceptible d'envelopp] rellem5t l'ensemble cont9u de l'humanit totale dans sa va/e unit1 aussi complte qu'irrcusable1 sa philosophie e/ exclusivem5t propre reconnatre et glorifi] t\te vraie p>ticipation quelconque la gr&e volution de notre espce4 ,l'obligation de damn] ,homre1 ,ari/ote1 ,ar*imde1 etc41 devait tre c]tes bi5 d\l\reuse t\t philosophe ca?olique2 et nanmo9s elle tait /rictem5t impose p> l'imp>faite nature du sy/me3 il n'y a que le positivisme qui puisse t\t apprci]1 sans cep5dant ri5 compromettre4 ,telle e/ la faible indication sommaire qui doit dispos] le lecteur compr5dre1 d'aprs les pr9cipes que j'ai tablis1 l'imm5se rgnration morale que le ca?olicisme a accomplie1 au moy5-ge1 autant que le p]mettai5t le c>actre de cette phase sociale et la philosophie qu'il a t =c d'employ]3 en sorte que son immortelle bau*e a suffisamm5t manife/ la vraie nature de cette gr&e opration1 a9si que l'esprit gnral qui doit y prsid]1 et les pr9cipales conditions remplir1 laissant seulem5t recon/ruire dsormais1 d'aprs une philosophie plus relle et plus /able1 l'ensemble fondam5tal de cet admirable difice4 ,il ne n\s re/e plus ma9t5ant1 af9 d'avoir conv5ablem5t apprci le rgime mono?ique1 dont l'analyse sociale1 d'abord politique1 ensuite morale1 e/ a9si t]m9e1 qu' jug] enf91 d'une manire gnrale1 ses vrais attributs intellectuels1 dont les deux *apitres suivans devront ensuite manife/] les gr&es consqu5ces sociales1 qui1 prolonges jusqu' notre poque1 la ratta*5t directem5t ce b]ceau ncessaire de t\te la civilisation mod]ne4 ,on doit aism5t concevoir1 en effet1 d'aprs l'ensemble des considrations dj exposes dans ce *apitre1 que l'importance prpondrante de la mission sociale que n\s v5ons de reconnatre ce rgime a d long-temps cont5ir le dveloppem5t direct de ses proprits m5tales1 qui n'ont pu se manife/] ple9em5t que p> leurs suites ultrieures1 qu& ce sy/me1 m9emm5t transitoire1 tait dj en ple9e dcomposition politique2 ce qui a d emp*] la ju/e dt]m9ation gnrale de ces c>actres intellectuels1 dont la vraie s\rce primitive tait a9si trop peu m>que1 quoique t\t le m\vem5t spirituel des temps mod]nes remonte inconte/ablem5t1 comme je l'expliqu]ai1 jusqu' ces temps mmorables1 si irrationnellem5t qualifis de tnbreux p> une va9e critique mtaphysique1 dont le prote/antisme fut le premi] organe4 ,notre ?orie explique facilem5t le ret>d considrable du m\vem5t intellectuel correspondant au sy/me mono?ique du moy5-ge1 sans exig] que1 mconnaissant1 cet g>d1 les vrais attributs c>actri/iques d'un tel sy/me1 on lui suppose1 env]s les progrs de l'esprit huma91 une antipa?ie radicale1 peu compatible avec sa nature1 et qui n'a pu exi/]1 mme un degr beauc\p mo9dre qu'on ne le croit communm5t1 que dans son ge de dcad5ce prononce1 lorsque1 attaqu de t\tes p>ts1 il devait tre presque uniquem5t occup du so9 difficile de sa propre cons]vation1 comme je l'indiqu]ai au *apitre suivant4 ,il e/ d'ailleurs vid5t qu'on a =t exagr1 s\s ce rapport1 l'influ5ce des invasions g]maniques1 en leur attribuant surt\t ce mmorable ral5tissem5t de l'volution intellectuelle p5dant la majeure p>tie du moy5-ge1 puisqu'il avait c]ta9em5t prcd de plusieurs sicles ces b\lev]sem5s politiques4 ,deux obs]vations hi/oriques1 galem5t dcisives1 l'une de temps1 l'autre de lieu1 dont l'exactitude e/ aussi inconte/able que l'importance1 doiv5t mettre sur la voie de la vritable explication de ce phnomne rem>quable1 jusqu' prs5t si mal compris3 c>1 d'un ct1 le prt5du rveil d'une intellig5ce qui1 quoique ayant d *ang] la direction de son activit1 ne s'tait jamais eng\rdie1 c'e/--dire1 en ralit1 l'acclration du m\vem5t m5tal1 suivit immdiatem5t l'poque de la ple9e maturit du rgime ca?olique1 au onzime sicle1 et s'accomplit d'abord p5dant son pr9cipal asc5dant social2 d'une autre "p1 ce fut au c5tre mme de cet asc5dant1 et presque s\s les yeux de la suprme autorit sac]dotale1 que se manife/a d'abord une telle acclration1 puisqu'il e/ impossible de mconnatre1 au moy5-ge1 l'clatante supriorit de l',italie1 s\s quelque aspect intellectuel qu'on l'envisage1 philosophique1 sci5tifique1 e/htique1 et mme indu/riel3 d\ble indice irrcusable de l'aptitude ncessaire du ca?olicisme second] alors l'essor gnral de l'esprit huma94 ,une tude appr(ondie du ral5tissem5t antrieur montre avec vid5ce qu'il avait t ess5tiellem5t d l'importance prpondrante de l'opration fondam5tale qui avait consi/ organis] graduellem5t le rgime mono?ique du moy5-ge1 dont la longue et difficile laboration devait c]ta9em5t1 jusqu' ce qu'elle ft suffisamm5t accomplie1 absorb]1 d'une manire peu prs exclusive1 les plus gr&es =ces intellectuelles1 et comm&]1 plus qu'aucun autre sujet quelconque1 l'att5tion et l'e/ime publiques3 de faon laiss] la direction provisoire du m\vem5t m5tal proprem5t dit des esprits peu m95s1 excits p> de mo9dres enc\ragem5s habituels1 en un temps o d'ailleurs l'tat gnral de notre volution spirituelle ne p\vait gure comport]1 en aucun g5re1 des progrs immdiats d'une haute porte1 et ne p]mettait que la cons]vation ess5tielle1 accompagne d'amliorations secondaires1 des rsultats dj obt5us4 ,telle e/ l'explication simple et rationnelle de cette app>5te anomalie1 qui ne suppose1 comme on le voit1 ni dans les hommes ni dans les in/itutions1 ni mme dans les vnem5s1 aucune t5dance radicale1 sy/matique ou involontaire1 la compression de l'esprit huma91 et qui en ratta*e directem5t le pr9cipe spontan l'9vitable obligation d'appliqu] t\j\rs les plus hautes capacits aux oprations exiges1 *aque poque1 p> les plus gr&s beso9s de l'humanit1 qui c]tes ne p\vait alors ri5 (frir de plus digne de l'intrt capital de t\s les p5seurs que le dveloppem5t progressif des in/itutions ca?oliques4 ,qu& le sy/me e/ enf9 p>v5u1 s\s ,hildebr&1 sa ple9e maturit sociale1 et aprs que les pr9cipales difficults relatives son application politique eur5t t surmontes1 autant du mo9s que le comportait la nature des temps et celle des doctr9es1 le m\vem5t intellectuel1 qui1 quoiqu'on en ait dit1 n'avait jamais t un seul in/ant int]rompu1 reprit spontanm5t une activit n\velle2 et1 appelant1 son t\r1 d'une manire de plus en plus prononce1 l'emploi des capacits prpondrantes1 a9si que l'att5tion univ]selle1 il ralisa graduellem5t les imm5ses progrs que n\s devrons apprci] dans la c9quante-sixime leon4 ,l'influ5ce que l'on attribue communm5t aux ,arabes sur cette mmorable recrudesc5ce1 a t c]ta9em5t trs exagre1 quoiqu'elle ait d rellem5t ht] un peu l'essor spontan qui devait alors se manife/]4 ,du re/e1 cette influ5ce secondaire1 conv5ablem5t tudie1 p]d le c>actre ess5tiellem5t accid5tel qu'elle cons]ve encore *ez les meilleurs esprits1 qu& on envisage directem5t les pr9cipaux c>actres de l'volution arabe4 ,quoique ,mahomet#bc ait t5t1 p> une imitation trop peu rationnelle1 d'organis] le mono?isme *ez une nation qui n'y tait pas1 beauc\p prs1 conv5ablem5t prp>e1 ni au spirituel1 ni au temporel1 et que1 p> suite1 cette t5tative n'ait pu suffisamm5t produire les pr9cipaux rsultats sociaux propres une telle trans=mation1 et surt\t cette division fondam5tale des deux p\voirs lm5taires qui doit la c>actris] dans les cas vraim5t favorables2 quoique ce mmorable branlem5t n'ait pu a9si ab\tir directem5t qu' la plus mon/rueuse conc5tration politique1 p> la con/itution d'une sorte de ?ocratie militaire2 cep5dant1 les proprits m5tales inhr5tes au mono?isme n'ont pu y tre entirem5t annules1 et ont d mme s'y dvelopp] d'abord avec d'autant plus de rapidit que cette imp]fection radicale du rgime correspondant en a r5du l'essor trs facile1 sans exig] la longue et pnible laboration qui a t ncessaire au ca?olicisme1 et en laissant ds-lors naturellem5t disponibles1 presque ds l'orig9e1 les pr9cipales capacits spirituelles p\r la culture purem5t intellectuelle1 dont les g]mes y tai5t dj spontanm5t dposs1 d'aprs la t5dance antrieure du m\vem5t philosophique v]s l',ori5t1 depuis que l',occid5t tait absorb p> le dveloppem5t du sy/me ca?olique4 ,c'e/ a9si que les ,arabes se sont tr\vs propres figur] honorablem5t dans cette sorte d'int]rgne occid5tal1 sans que leur int]v5tion ait t t\tefois radicalem5t indisp5sable p\r opr]1 cet g>d1 la transition gnrale1 ess5tiellem5t spontane1 de l'volution grecque notre volution mod]ne4 ,l'ensemble de ces considrations explique donc1 d'une manire ple9em5t satisfaisante1 p\rquoi le rgime mono?ique du moy5-ge devait dvelopp] aussi t>divem5t ses pr9cipales proprits intellectuelles1 dont cet 9vitable dlai naturel ne saurait faire conte/] la ralit ni l'importance4 ,mais il pr\ve1 en mme temps1 que1 p> une concid5ce ncessaire1 ci-aprs spcialem5t motive1 cette d]nire influ5ce fondam5tale n'a pu dev5ir ess5tiellem5t efficace que lorsque la dcad5ce gnrale de ce sy/me avait dj vritablem5t comm5c4 ,a9si1 son apprciation directe doit tre naturellem5t r5voye aux deux *apitres suivans1 de/9s exam9] soit cette dsorganisation graduelle1 soit l'laboration progressive des n\veaux lm5ts sociaux2 d\ble gr&e srie des rsultats ncessaires de l'action gnrale d'un tel sy/me1 quoique la s\rce relle en soit trop mconnue4 ,tels sont les motifs vid5s qui n\s oblig5t ici indiqu] seulem5t1 de la manire la plus sommaire1 le pr9cipe gnral de cette influ5ce m5tale1 s\s *acun des quatre aspects ess5tiels qui lui sont propres4 ,note #bc3 ,suivant les prescriptions logiques pralablem5t tablies au db de ce volume1 n\s ne p\vons ici considr] le mahomtisme que relativem5t la pr9cipale volution sociale1 ds-lors ess5tiellem5t accomplie en ,occid5t4 ,l'action capitale qu'il a ex]ce sur l',ori5t e/ d'une t\te autre nature1 et1 le plus s\v5t1 trs favorable l'essor des civilisations correspondantes1 surt\t dans l',inde1 et encore plus dans les gr&es les malaises4 ,s\s le po9t de vue philosophique proprem5t dit1 l'aptitude intellectuelle du ca?olicisme e/ aussi m95te que mal apprcie4 ,n\s avons dj considr l'extrme importance sociale du mmorable sy/me d'ducation univ]selle qu'il p>v9t organis] jusque *ez les classes les plus infrieures des populations europennes2 comme l'a d'ailleurs honorablem5t t5t1 son exemple1 le mono?isme de ,mahomet4 ,or1 quelque imp>faite que doive sembl] auj\rd'hui la philosophie purem5t ?ologique qui se tr\vait a9si vulg>ise1 elle a1 dans l'ordre m5tal1 long-temps ex]c une trs heureuse influ5ce sur le dveloppem5t intellectuel de la masse des nations civilises1 ds-lors rgulirem5t assujties1 d'une manire cont9ue ou frquemm5t priodique1 un c]ta9 ex]cice spirituel1 ple9em5t adapt leur situation1 et aussi propre lev] leurs ides au-dessus du c]cle born de leur vie matrielle qu' pur] leurs s5tim5s habituels2 on ne peut conv5ablem5t s5tir l'utilit d'une telle action que p> l'apprciation comp>ative des cas o elle n'exi/e po9t1 sans tre autrem5t remplace4 ,l'efficacit de cet enseignem5t lm5taire devait tre alors d'autant plus gr&e qu'il rp&ait des notions sa9es1 quoique empiriques1 sur la nature morale de l'homme1 et mme une c]ta9e bau*e1 vague et troite1 mais relle quelques g>ds1 de l'apprciation hi/orique de l'humanit1 spontanm5t ratta*e l'hi/oire gnrale de l'glise4 ,il e/ mme vid5t que c'e/ a9si que la gr&e notion philosophique du progrs huma9 a comm5c surgir univ]sellem5t1 quelque insuffisante ou vicieuse qu'elle dt tre alors1 p> suite des ef=ts naturels du ca?olicisme p\r dmontr] sa supriorit fondam5tale sur les div]s sy/mes antrieurs1 qui d'ailleurs ne p\vai5t a9si manqu] d'tre le plus s\v5t trs mal apprcis3 t\s ceux qui sav5t conv5ablem5t mesur] les difficults et les conditions d'une premire bau*e1 surt\t en un tel temps et p\r un tel sujet1 s5tiront1 j'espre1 la valeur de cet heureux ap]u primitif1 malgr son extrme imp]fection 9vitable4 ,enf91 on ne peut d\t] que l'influ5ce de cette ducation ca?olique1 f\rnissant *aque individu le moy51 et1 c]ta9s g>ds1 le droit de jug] t\s les actes huma9s1 p]sonnels ou collectifs1 d'aprs une doctr9e fondam5tale1 en h>monie avec la division gnrale des deux p\voirs lm5taires1 n'ait ultrieurem5t conc\ru dvelopp] l'esprit univ]sel de discussion sociale qui c>actrise les peuples mod]nes1 et qui ne p\vait habituellem5t exi/] *ez les subordonns tant qu'a dur la confusion des deux puissances2 quoique cet esprit1 dont on a trop inju/em5t oubli la premire s\rce1 dt d'ailleurs tre long-temps cont5u p> l'indisp5sable discipl9e intellectuelle que prescrivait imprieusem5t la nature vague et arbitraire de la philosophie ?ologique4 ,a ces m95s attributs1 pr9cipalem5t relatifs aux masses1 il faut d'abord jo9dre1 p\r les esprits cultivs1 le libre dveloppem5t que le rgime ca?olique a presque t\j\rs p]mis1 sauf quelques luttes passagres1 la philosophie mtaphysique1 habituellem5t m5ace p> le rgime poly?ique1 et que le ca?olicisme a tant protge1 malgr la t5dance qu'elle devait bi5tt manife/] l'branlem5t radical de ce sy/me1 s\s lequel son ext5sion directe aux que/ions morales et sociales a c]ta9em5t comm5c1 comme je l'expliqu]ai3 p\r r5dre ple9em5t inconte/able cette disposition librale du ca?olicisme1 il suffirait de rappel] l'admirable accueil1 d'ailleurs si ju/em5t mrit1 que sut faire ce moy5-ge tant dcri la p>tie de beauc\p la plus avance de la philosophie grecque1 c'e/--dire la doctr9e du gr& ,ari/ote1 qui c]tes avait d tre jusque alors inf9im5t mo9s gte1 mme *ez les ,grecs4 ,on doit1 en second lieu1 not] aussi l'imm5se s]vice philosophique spontanm5t r5du p> le sy/me ca?olique la raison huma9e1 en v]tu de sa division fondam5tale des deux p\voirs sociaux1 qui1 m5talem5t envisage1 con/ituait une indisp5sable condition pralable de la =mation ultrieure d'une vritable sci5ce sociale1 p> l'heureuse sp>ation rationnelle qui en devait rsult] entre la ?orie et la pratique politiques1 et sans laquelle les spculations sociales n'aurai5t jamais pu pr5dre un essor indp5dant1 si ce n'e/ s\s la va9e =me d'utopies plus ou mo9s *imriques3 quoique cette d]nire proprit ne puisse comm5c] que de nos j\rs recevoir sa ralisation df9itive1 je n'en devais pas mo9s signal] avec reconnaissance la vraie s\rce primitive1 dont les produits trop dt\rns et trop lo9ta9s ne sont presque jamais rapports leur vritable orig9e1 p> ceux mme qui les utilis5t le plus4 ,l'influ5ce purem5t sci5tifique du ca?olicisme ne fut c]ta9em5t pas mo9s salutaire que son action philosophique4 ,sans d\te le mono?isme lui-mme ne saurait tre ple9em5t compatible avec le s5tim5t rationnel de l'inv>iabilit fondam5tale des lois naturelles1 t\j\rs compromise ncessairem5t1 d'une manire s9on relle1 au mo9s virtuelle1 p> t\te subord9ation ?ologique des div]s phnomnes des volonts s\v]a9es1 quelque rgulires qu'on soit conduit les suppos] p> les progrs croissans de la vritable sci5ce3 et en effet1 un c]ta9 degr du dveloppem5t huma91 la doctr9e mono?ique con/itue le seul ob/acle ess5tiel l'irrsi/ible conviction qu'une expri5ce trs prolonge t5d produire univ]sellem5t cet g>d1 comme on a d le con/at] frquemm5t dans les div]ses p>ties de ce ,trait1 et comme j'aurai lieu bi5tt de l'expliqu] hi/oriquem5t4 ,mais1 au moy5-ge1 notre intellig5ce tant c]ta9em5t =t loigne encore d'une telle situation1 le rgime mono?ique1 lo9 de comprim] l'essor sci5tifique correspondant1 devait1 au contraire1 l'enc\rag] trs heureusem5t1 en le dgageant enf9 spontanm5t des imm5ses entraves que le poly?isme lui prs5tait de t\tes p>ts2 puisque les t5tatives sci5tifiques n'avai5t pu tre jusque alors p\rsuivies1 sauf l'essor initial des simples spculations ma?matiques1 sans *oqu] presque cont9uellem5t1 d'une manire plus ou mo9s dang]euse1 des explications ?ologiques qui s't5dai5t1 p\r a9si dire1 aux mo9dres dtails de t\s les phnomnes3 t&is que le mono?isme1 en conc5trant l'action surnaturelle1 ouvrait enf9 l'esprit sci5tifique un accs beauc\p plus libre dans cette tude secondaire1 o il n'avait plus lutt] contre une doctr9e sacre spciale1 p\rvu qu'il respectt les =mules1 ds-lors vagues et gnrales1 qui s'y rapportai5t2 et il p\vait mme tre directem5t s\t5u p> une disposition religieuse la s9cre admiration p>ticulire de la sagesse provid5tielle1 qui n'a d ex]c] que beauc\p plus t>d une influ5ce vraim5t rtrograde ou /ationnaire4 ,au po9t dj atte9t p> notre gr&e dmon/ration hi/orique1 je croirais sup]flu d'tablir expressm5t que le rgime mono?ique1 comp> au prcd5t1 con/itue une dim9ution intellectuelle trs prononce de l'esprit religieux1 comme le rgime poly?ique l'avait opr1 en son temps1 env]s le rgime fti*ique3 cette progression e/ ma9t5ant vid5te4 ,outre les re/rictions capitales1 prcdemm5t c>actrises une autre f91 auxquelles le ca?olicisme a soigneusem5t assujti l'esprit d'inspiration div9e1 on voit galem5t1 p> la suppression spontane des oracles et des prophties1 dont l'antiquit tait inonde1 et p> le c>actre1 de plus en plus exceptionnel1 imprim aux app>itions et aux miracles1 que le ca?olicisme1 au temps de sa prpondrance1 s'e/ noblem5t ef=c d'agr&ir1 aux dp5s de l'esprit ?ologique1 le doma9e d'abord si troit de la raison huma9e1 autant que p\vait le p]mettre la nature mme de la doctr9e qui s]vait de base sa dom9ation sociale4 ,d'aprs ces div]ses proprits inconte/ables1 et sans p>l] d'ailleurs des vid5tes facilits que l'exi/5ce sac]dotale devait alors (frir la culture intellectuelle1 il e/ ais de concevoir l'heureuse influ5ce que le rgime mono?ique du moy5-ge a d ex]c] sur l'essor correspondant des pr9cipales sci5ces naturelles1 qui s]a spcialem5t apprci dans la c9quante-sixime leon3 soit p> la cration de la *imie1 fonde sur la conception pralable d',ari/ote relative aux quatre lm5s1 et s\t5ue p> les n]giques *imres qui p\vai5t seules alors /imul] suffisamm5t l'exprim5tation naissante2 soit p> les notables progrs de l'anatomie1 si entrave dans t\te l'antiquit1 malgr les premi]s enc\ragem5s spontans que j'ai signals au *apitre prcd5t2 soit aussi p> le dveloppem5t cont9u des spculations ma?matiques antrieures et des connaissances a/ronomiques qui s'y ratta*ai5t1 dveloppem5t alors aussi m>qu que le comportait ess5tiellem5t l'tat de la sci5ce1 comme j'aurai lieu de l'expliqu]1 et que c>actris5t1 d'une manire si mmorable1 deux gr&s p]fectionnem5s corelatifs1 l'essor de l'algbre1 titre de bran*e di/9cte de l'anci5ne ari?mtique#bd1 et celui de la trigonomtrie1 trop imp>faite et trop borne *ez les ,grecs p\r les beso9s croissans de l'a/ronomie4 ,note #bd3 ,p]sonne n'ignore ni l'heureuse innovation ralise1 au moy5-ge1 dans les notations numriques1 ni la "p inconte/able de l'influ5ce ca?olique cet important progrs de l'ari?mtique4 ,un gomtre di/+u1 qui s'occupe1 avec autant de succs que de mode/ie1 de la vritable hi/oire ma?matique 7,m4 ,*asles71 a trs utilem5t confirm1 dans ces d]ni]s temps1 p> une sage discussion spciale1 au sujet de ce mmorable p]fectionnem5t1 l'ap]u rationnel que devait naturellem5t inspir] la sa9e ?orie du dveloppem5t huma91 en pr\vant qu'on y doit voir surt\t1 non une importation de l',inde p> les ,arabes1 mais un simple rsultat spontan du m\vem5t sci5tifique antrieur1 dont on peut suivre aism5t la t5dance graduelle v]s une telle issue p> des modifications successives1 en p>tant des notations primitives d',ar*imde et des a/ronomes grecs4 ,quant l'influ5ce e/htique propre au rgime mono?ique du moy5-ge1 quoiqu'elle n'ait d1 a9si que les deux prcd5tes1 se dvelopp] surt\t que dans la priode immdiatem5t suivante il e/ nanmo9s impossible d'en mconnatre l'm95te porte1 en p5sant au progrs capital de la musique et de l'ar*itecture p5dant cette mmorable poque4 ,c'e/ alors1 en effet1 que l'art du *ant pr5d un n\veau c>actre fondam5tal1 p> l'introduction des notations musicales1 et surt\t p> le dveloppem5t de l'h>monie1 qui s'y tr\ve d'ailleurs directem5t li2 il en e/ de mme1 et d'une manire encore plus s5sible1 p\r la musique in/rum5tale1 qui1 en ces temps de prt5due b>b>ie1 acquit une admirable ext5sion1 p> la cration de son organe le plus puissant et le plus complet3 il s]ait c]tes sup]flu de signal] expressm5t1 dans ce d\ble p]fectionnem5t1 l'vid5te p>ticipation de l'influ5ce ca?olique4 ,son efficacit n'e/ pas mo9s prononce dans le progrs gnral de l'ar*itecture1 e/htiquem5t envisage1 indp5damm5t de la n\velle direction imprime aux con/ructions usuelles1 en v]tu du *angem5t qu'pr\vait graduellem5t l'exi/5ce sociale1 o d'habituelles relations prives succdant1 avec les murs ca?oliques et fodales1 l'isolem5t c>actri/ique de la vie intrieure *ez les anci5s1 devai5t spontanm5t dt]m9] un sy/me d'habitations plus propre facilit] les communications individuelles4 ,jamais les p5ses et les s5tim5s de notre nature morale n'ont pu obt5ir une aussi p>faite expression monum5tale que celle alors ralise p> tant d'admirables difices religieux1 qui1 malgr l'irrvocable ext9ction des croyances correspondantes1 inspir]ont t\j\rs1 t\s les vrais philosophes1 une dlicieuse motion de pr(onde sympa?ie sociale4 ,le poly?isme1 dont le culte tait t\t extrieur aux temples1 ne p\vait videmm5t comport] une telle p]fection1 ncessairem5t rs]ve au sy/me qui organisait un enseignem5t univ]sel1 complt p> une habitude cont9ue de mditations p]sonnelles3 on a c]ta9em5t =t exagr1 ce sujet1 comme env]s les sci5ces1 l'influ5ce des importations arabes1 qui d'ailleurs e/ ici1 comme l1 aism5t explicable2 puisque le mono?isme musulman ayant d pr\v] naturellem5t les mmes beso9s ess5tiels1 a d spontanm5t dt]m9] de semblables t5dances2 quoique son dfaut radical d'orig9alit doive r5dre1 en gnral1 trs suspecte1 l'un et l'autre titre1 sa prt5due antriorit de p]fectionnem5t1 du re/e galem5t motive1 p\r les deux cas1 en ce qu'elle a de rel1 p> la plus gr&e facilit de son essor m5tal1 ci-dessus c>actrise dans sa pr9cipale cause politique4 ,relativem5t la posie1 il suffirait de nomm] le sublime ,dante p\r con/at] avec clat l'aptitude immdiate du rgime que n\s considrons1 malgr le ral5tissem5t notable qu'a d spcialem5t produire1 cet g>d1 la longue et pnible laboration des langues mod]nes2 d'ailleurs le c>actre trop quivoque et trop peu /able de l'tat social correspondant prs5tait alors de puissans ob/acles l'essor des plus pr(ondes impressions potiques1 qui n'y p\vai5t suffisamm5t tr\v] une inspiration directe et spontane3 n\s avons dj hautem5t reconnu1 dans le *apitre prcd5t1 l'aptitude suprieure qui1 s\s ce rapport1 c>actrise jusqu' prs5t le poly?isme1 dont les plus puissants gnies n'ont pu encore conv5ablem5t affran*ir la posie mod]ne2 du re/e1 l'apprciation de l'poque suivante1 qui1 en ce s5s1 aussi bi5 qu'en t\s les autres1 n'a fait que dvelopp] graduellem5t les g]mes introduits au moy5-ge1 a*v]a de dissip] spcialem5t t\s les d\tes qui p\rrai5t encore subsi/] ce sujet4 ,envisageant enf9 le m\vem5t m5tal imprim p> ce sy/me social s\s l'aspect le mo9s lev et le plus univ]sel1 c'e/--dire quant l'essor indu/riel1 n\s devons encore davantage aj\rn] son exam5 propre1 si videmm5t rs]v aux temps ultrieurs1 p>tir de l'mancipation p]sonnelle4 ,mais on ne saurait d\t]1 en pr9cipe1 que le plus gr& p]fectionnem5t ralisable dans l'indu/rie huma9e devait consi/] en une sage abolition graduelle du s]vage1 accompagne de l'affran*issem5t progressif des communes proprem5t dites1 alors accomplis s\s l'heureuse tutelle d'un tel rgime1 comme je l'expliqu]ai plus t>d1 et qui con/itur5t la base ncessaire de t\s les imm5ses succs po/rieurs4 ,n\s devrons surt\t rem>qu]1 qu& notre m>*e rationnelle n\s conduira directem5t une telle analyse1 le n\veau c>actre gnral1 dj utile signal] ici1 que dut ds-lors pr5dre de plus en plus l'indu/rie huma9e1 et qui fut en h>monie fondam5tale avec une telle orig9e2 c'e/--dire la t5dance progressive l'conomie des ef=ts huma9s1 de plus en plus remplacs p> les =ces extrieures1 dont les anci5s faisai5t rellem5t si peu d'usage4 ,cette sub/itution c>actri/ique1 pr9cipale s\rce de l'admirable essor de l'indu/rie mod]ne1 remonte c]ta9em5t cette mmorable poque1 o elle ne fut pas seulem5t inspire p> l'influ5ce1 encore trop imp>faite1 de l'tude rationnelle de la nature1 dev5ue ensuite si importante cet g>d4 ,elle dut alors pr9cipalem5t rsult] de la n\velle /imulation sociale1 non mo9s directe qu'n]gique1 que devait produire1 s\s ce rapport1 la situation fondam5tale1 jusque alors in\e1 o le monde ca?olique et fodal se plaait de plus en plus p> suite de l'mancipation p]sonnelle des travailleurs immdiats1 qui devait t5dre videmm5t impos]1 avec un asc5dant croissant1 l'imprieuse obligation gnrale d'p>gn] les moteurs huma9s1 en utilisant t\j\rs davantage les div]s ag5s physiques1 soit anims1 soit mme inorganiques3 cette t5dance e/ trs nettem5t m>que1 ds l'orig9e1 p> plusieurs inv5tions mcaniques dont l'hi/oire e/ ma9t5ant trop oublie1 et entre autres p> les m\l9s eau1 et surt\t v5t4 ,il n'e/ pas d\teux que l'exi/5ce gnrale de l'esclavage con/ituait1 *ez les anci5s1 encore plus que l'extrme imp]fection de leurs connaissances relles1 le pr9cipal ob/acle l'emploi t5du des ma*9es1 dont la ncessit ne p\vait tre suffisamm5t comprise tant qu'on p\vait a9si dispos]1 p\r l'excution des div]s travaux matriels1 d'une provision presque indf9ie de =ces musculaires intellig5tes4 ,c'e/ a9si que la solid>it ncessaire qui lie pr(ondm5t l'un l'autre t\s les div]s aspects de l'exi/5ce huma9e1 individuelle ou sociale1 r5drait impossible t\te hi/oire purem5t indu/rielle de l'humanit1 conue isolm5t de son hi/oire univ]selle1 comme je l'ai tabli1 en gnral1 au qu>ante-huitime *apitre4 ,du re/e1 il e/ ais de s5tir ce sujet1 aussi bi5 qu' tant d'autres titres dj signals1 combi5 tait alors indisp5sable l'active int]v5tion cont9ue de la discipl9e ca?olique p\r cont5ir ou corrig] l'action dltre de la doctr9e ?ologique qui1 surt\t l'tat mono?ique1 doit t5dre spontanm5t proscrire t\te gr&e modification indu/rielle du monde extrieur1 en y faisant voir une sorte d'att5tat sacrilge l'optimisme provid5tiel1 remplaant le fatalisme poly?ique3 cette fune/e consqu5ce naturelle de l'esprit religieux et1 cette poque1 pr(ondm5t entrav l'essor indu/riel1 sans la p]svrante sagesse du sac]doce ca?olique4 ,tels sont les rapides ap]u qui suffis5t ici c>actris] sommairem5t les m95tes proprits intellectuelles du rgime mono?ique du moy5-ge1 en att5dant que leurs pr9cipaux rsultats ultrieurs puiss5t tre conv5ablem5t apprcis1 et qui dj doiv5t1 sans d\te1 faire spontanm5t ressortir l'+rate inju/ice de cette frivole philosophie qui conduit1 p> exemple1 qualifi] irrationnellem5t de b>b>e et tnbreux le sicle mmorable o brillr5t simultanm5t1 sur les div]s po9ts pr9cipaux du monde ca?olique et fodal1 sa9t ,?omas d',aqu91 ,alb]t-le-,gr&1 ,rog] ,bacon1 ,dante1 etc4 ,l'analyse fondam5tale de ce rgime1 d'abord conv5ablem5t opre quant aux attributs sociaux1 soit politiques1 soit moraux1 qui le c>actris5t surt\t1 ayant a9si reu dsormais l'indisp5sable complm5t gnral qui lui manquait encore1 il ne n\s re/e donc plus ma9t5ant1 p\r avoir entirem5t t]m9 ce gr& et difficile exam51 qu' montr] enf9 directem5t le pr9cipe ess5tiel de l'irrvocable dcad5ce de ce sy/me m9emm5t transitoire1 dont la de/9ation ncessaire1 dans l'ensemble de l'volution huma9e1 devait tre de prp>]1 s\s sa bi5faisante tutelle1 la dcomposition graduelle de l'tat purem5t ?ologique et militaire1 et l'essor progressif des n\veaux lm5s de l'ordre df9itif1 comme l'expliqu]ont respectivem5t ensuite les deux *apitres suivans4 ,en quelque s5s qu'on exam9e l'organisation propre au moy5-ge1 une tude suffisamm5t appr(ondie f]a t\j\rs ressortir sa nature purem5t provisoire1 en reprs5tant les dveloppem5s mme qu'elle avait p\r mission de second] comme les premires causes radicales de sa *ute 9vitable et pro*a9e4 ,dans la con/itution ca?olique et fodale1 le rgime ?ologique et militaire tait ess5tiellem5t aussi modifi que p\vai5t le comport] son esprit c>actri/ique et ses vraies conditions d'exi/5ce1 de manire p\voir protg] et facilit] l'essor univ]sel1 lm5taire mais ds-lors direct1 de la vie positive et indu/rielle3 les modifications gnrales ne p\vai5t tre p\sses plus lo9 sans t5dre ncessairem5t l'ab&on df9itif de ce premi] sy/me social4 ,il suffira de con/at] sommairem5t ici cette irrsi/ible ncessit env]s les pr9cipales dispositions1 spirituelles ou temporelles1 d'une telle con/itution4 ,quant l'ordre spirituel1 le c>actre simplem5t provisoire que n\s savons1 d'aprs ma ?orie fondam5tale de l'volution huma9e1 devoir 9vitablem5t app>t5ir t\te philosophie ?ologique1 devait tre c]ta9em5t plus prononc dans le mono?isme que dans aucune autre phase religieuse1 p> cela mme que cette gr&e conc5tration y avait1 comme je l'ai pr\v1 rduit autant que possible l'esprit ?ologique proprem5t dit1 qui ne p\vait plus subir aucune importante modification n\velle sans se dnatur] entirem5t1 et sans p]dre1 peu peu mais irrvocablem5t1 son asc5dant social3 t&is que1 d'un autre ct1 l'essor plus rapide et plus t5du que ce d]ni] tat ?ologique de l'humanit p]mettait spcialem5t l'esprit positif1 non-seulem5t *ez les hommes cultivs1 mais aussi dans la masse des populations civilises1 ne p\vait manqu] de dt]m9] bi5tt de telles modifications4 ,une va9e et sup]ficielle apprciation fait p5s] auj\rd'hui1 p> suite mme de la dcad5ce du sy/me religieux1 dont les exig5ces relles ne sont plus suffisamm5t comprises1 que le mono?isme aurait pu ou p\rrait encore subsi/]1 de manire mme t\j\rs s]vir de base morale l'ordre social1 dans l'tat d'extrme simplification ab/raite o1 depuis le moy5-ge1 l'influ5ce mtaphysique l'a graduellem5t am53 mais cette *imre philosophique e/ ici rfute d'avance p> l'ensemble de notre exam5 de l'organisation ca?olique1 o n\s avons reconnu combi5 tait vraim5t indisp5sable son efficacit sociale *acune de ces nombreuses conditions d'exi/5ce tellem5t solidaires que l'abs5ce d'une seule devait entran] la *ute ultrieure de t\t l'difice1 en mme temps que n\s avons implicitem5t tabli la nature prcaire et transitoire de la plup>t d'entre elles4 ,lo9 d'tre radicalem5t ho/ile au dveloppem5t intellectuel1 comme on l'a trop proclam1 s\s l'unique impression1 d'ailleurs exagre1 des temps de dcad5ce1 le ca?olicisme l'a1 au contraire1 m9emm5t second1 a9si que je l'ai expliqu2 mais il n'a pu ni d se l'incorpor] rellem5t3 or1 si cet essor extrieur1 s\s la simple tutelle ca?olique1 a t effectivem5t trs favorable l'volution m5tale1 et mme indisp5sable alors ses progrs1 il a d dt]m9] ensuite1 p>v5u un c]ta9 degr1 une t5dance ncessaire sortir graduellem5t de ce rgime provisoire1 dont la de/9ation pr9cipale tait a9si suffisamm5t accomplie4 ,tel a donc t1 au fond1 le gr& (fice intellectuel1 videmm5t transitoire1 propre au ca?olicisme3 prp>]1 s\s le rgime ?ologique1 les lm5s du rgime positif4 ,il en e/ de mme1 en ralit1 dans l'ordre moral proprem5t dit1 d'ailleurs intimem5t li au premi]3 c>1 en con/ituant une doctr9e morale1 ple9em5t indp5dante de la politique1 et place mme au-dessus d'elle1 le ca?olicisme a f\rni directem5t t\s les individus un pr9cipe fondam5tal d'apprciation sociale des actes huma9s1 qui1 malgr la sanction purem5t ?ologique qui p\vait seule en p]mettre l'introduction primitive1 devait t5dre ncessairem5t se ratta*] de plus en plus l'autorit prpondrante de la simple raison huma9e1 mesure que l'usage mme de cette doctr9e faisait graduellem5t pntr] les vrais motifs de ses pr9cipaux prceptes2 ce qui ne p\vait videmm5t manqu] d'avoir lieu bi5tt1 s9on p>mi les masses vulgaires1 du mo9s *ez les esprits cultivs1 puisque ri5 n'e/ assurm5t mieux susceptible1 p> sa nature1 que les prescriptions morales d'tre f9alem5t apprci d'aprs une expri5ce suffisante3 en sorte que l'influ5ce ?ologique1 d'abord indisp5sable cet g>d1 devait peu peu dev5ir ess5tiellem5t inutile1 une fois que sa mission primordiale tait assez accomplie2 et mme ensuite f9alem5t antipa?ique1 ab/raction faite de t\te rpugnance m5tale1 en v]tu des graves atte9tes1 ds lors s5ties avec une n]gie croissante1 que les pr9cipales conditions d'exi/5ce d'un tel rgime devai5t ncessairem5t port] aux plus nobles s5tim5s de notre nature1 ceux-l mme que le ca?olicisme s'ef=ait si heureusem5t de faire prvaloir1 comme je l'ai directem5t indiqu div]s titres importans4 ,af9 de prcis] conv5ablem5t le vrai pr9cipe gnral de l'irrvocable dcad5ce1 d'abord intellectuelle et enf9 sociale1 du mono?isme ca?olique1 il faut ma9t5ant reconnatre que le g]me primordial de cette 9vitable dissolution ultrieure avait mme prcd le dveloppem5t initial du ca?olicisme1 puisqu'il remonte directem5t la gr&e division hi/orique apprcie au *apitre prcd5t1 de l'ensemble de nos conceptions fondam5tales en philosophie naturelle et philosophie morale1 relatives l'une au monde inorganique1 l'autre l'homme moral et social4 ,cette division capitale1 organise p> les philosophes grecs un peu avant la fondation du muse d',alex&rie o elle fut ouv]tem5t consacre1 a con/itu1 comme je l'ai expliqu1 la premire condition logique de t\s les progrs ultrieurs1 en p]mettant l'essor indp5dant de la philosophie inorganique1 alors p>v5ue l'tat mtaphysique proprem5t dit1 et dont les spculations plus simples devai5t tre plus rapidem5t p]fectibles1 sans nuire t\tefois l'opration sociale excute simultanm5t p> la philosophie morale1 qui1 re/e encore1 d'aprs la complication suprieure de son sujet propre1 l'tat purem5t ?ologique1 devait bi5 mo9s s'occup] du p]fectionnem5t ab/rait de ses doctr9es que de ralis]1 autant que possible1 p> le rgime mono?ique1 l'aptitude des conceptions ?ologiques civilis] le g5re huma94 ,auj\rd'hui mme1 malgr plus de v+t sicles c\ls1 cette mmorable sp>ation n'a pas encore entirem5t puis son efficacit philosophique et sociale1 quoiqu'elle doive bi5tt ess5tiellem5t cess]1 p>ce qu'elle ne con/itue pas1 en elle-mme1 une rp>tition assez ple9em5t rationnelle p\r survivre df9itivem5t cette de/9ation provisoire1 qui s]a pro*a9em5t complte2 si du mo9s le gr& travail que j'ai os entrepr5dre atte9t suffisamm5t son b pr9cipal1 en conduisant la philosophie naturelle dev5ir enf9 morale et politique1 p\r s]vir de base intellectuelle la rorganisation sociale2 ce qui a*v]ait c]ta9em5t le gr& sy/me de travaux philosophiques d'abord bau* p> ,ari/ote en opposition radicale avec le sy/me platonici51 comme je l'expliqu]ai en son lieu4 ,quoi qu'il en soit de cette issue f9ale1 encore prmature1 il e/ inconte/able que cette division1 hi/oriquem5t envisage1 se manife/a directem5t1 ds son orig9e1 p> une rivalit c>actri/ique1 de plus en plus prononce1 promptem5t transporte des doctr9es aux p]sonnes1 entre l'esprit mtaphysique1 a9si inve/i du doma9e de la philosophie naturelle1 auquel se ratta*ai5t ncessairem5t les rudim5s sci5tifiques dont l'influ5ce naissante avait d'abord dt]m91 d'aprs le *apitre prcd5t1 une telle sp>ation1 et l'esprit ?ologique1 qui1 seul susceptible de dirig] alors une vritable organisation1 re/ait suprme arbitre du monde moral et social3 cette rivalit1 mme avant l'essor du ca?olicisme1 avait produit des luttes mmorables1 o l'asc5dant social de la philosophie morale avait s\v5t comprim les t5tatives de progrs intellectuel de la philosophie naturelle1 et dt]m9 la premire cause du ral5tissem5t sci5tifique ci-dessus expliqu4 ,aucun exemple ne saurait tre plus propre1 sans d\te1 c>actris] conv5ablem5t un tel conflit fondam5tal dans le sy/me de cet ge intellectuel1 que celui des tranges ef=ts va9em5t t5ts p> un esprit aussi m95t et aussi cultiv que sa9t ,augu/9 p\r combattre les raisonnem5s ma?matiques1 dj vulgaires alors p>mi les sectateurs de la philosophie naturelle1 des a/ronomes d',alex&rie sur la sphricit de la t]re et l'exi/5ce ncessaire des antipodes1 contre lesquels l'un des plus illu/res fondateurs de la philosophie ca?olique s\lve a9si op9itrem5t les plus puriles objections1 auj\rd'hui ab&onnes aux ent5dem5s les plus arrirs3 qu'on rappro*e ce cas dcisif de celui que j'ai signal1 au *apitre prcd5t1 l'g>d des ab]rations a/ronomiques d'picure1 et l'on s5tira combi5 tait intime et complte cette mmorable sp>ation1 trs vois9e de l'antipa?ie1 entre la philosophie naturelle et la philosophie morale4 ,tant que la pnible et l5te laboration graduelle du sy/me ca?olique n'a pas t suffisamm5t avance1 l'impuissance organique1 que n\s avons reconnue tre radicalem5t propre l'esprit mtaphysique1 ne lui a pas p]mis1 malgr son essor cont9u1 de lutt] avec avantage contre la dom9ation ncessaire de l'esprit ?ologique1 spculativem5t mo9s avanc4 ,mais1 quoique le ca?olicisme ait honorablem5t t5t d't]nis] ensuite une *imrique conciliation entre deux philosophies aussi vaguem5t c>actrises1 il e/ vid5t que l'esprit mtaphysique1 qui1 vrai dire1 avait d'abord prsid1 d'aprs le c9quante-deuxime *apitre1 la gr&e trans=mation du fti*isme en poly?isme1 et qui surt\t v5ait de dirig] le passage du poly?isme en mono?isme1 ne p\vait cess] l'influ5ce modificatrice qui lui e/ propre au mom5t mme o il avait acquis le plus d't5due et d'int5sit3 t\tefois1 comme il n'y avait plus ri5 au-del du mono?isme1 mo9s de sortir entirem5t de l'tat ?ologique1 ce qui alors et t m9emm5t impraticable1 l'action mtaphysique e/ ds-lors dev5ue1 et de plus en plus1 ess5tiellem5t dissolvante1 en t5dant ru9]1 p> ses analyses antisociales l'insu d'ailleurs de la plup>t de ses propagateurs1 les pr9cipales conditions d'exi/5ce du rgime mono?ique4 ,ce rsultat ncessaire a d se ralis] d'autant plus vite et plus srem5t1 qu& l'organisation ca?olique a t enf9 complte1 que cette organisation acclrait davantage1 suivant nos explications antrieures1 l'ensemble du m\vem5t intellectuel1 dont les div]s progrs1 mme sci5tifiques1 devai5t alors t\rn] surt\t l'honneur et au pr(it de l'esprit mtaphysique qui p>aissait les dirig]1 quoiqu'il n'en pt tre que le simple organe philosophique1 jusqu' ce que l'esprit positif pt dev5ir f9alem5t assez c>actris p> ces succs graduels p\r lutt] directem5t contre le sy/me enti] de la philosophie primitive1 d'abord dans l'tude des plus simples phnomnes1 et ensuite peu peu env]s t\s les autres1 eu g>d leur complication croissante1 ce qui n'a t possible qu'en un temps trs po/rieur celui que n\s considrons1 comme je l'expliqu]ai plus t>d4 ,il tait donc 9vitable que le ca?olicisme1 qui1 ds sa naissance1 et mme1 en quelque sorte aup>avant1 avait a9si laiss ncessairem5t en dehors de son propre sy/me1 quoique s\s sa tutelle gnrale1 l'essor intellectuel le plus avanc1 ft atte9t graduellem5t p> un antagonisme de/ructeur1 aussitt que1 p> le suffisant accomplissem5t1 au mo9s provisoire1 des conditions purem5t sociales1 les conditions simplem5t m5tales devai5t1 leur t\r1 dev5ir directem5t les plus importantes au dveloppem5t cont9u de l'volution huma9e3 cause radicale d'une insurmontable dcad5ce1 dont n\s p\vons assur]1 p> anticipation1 que le rgime positif s]a spontanm5t prs]v1 comme reposant t\j\rs1 p> sa nature1 sur l'ensemble du m\vem5t spirituel4 ,quoique cette irrsi/ible dissolution de la philosophie mono?ique ait d d'abord faire seulem5t prvaloir l'asc5dant mtaphysique1 une telle rvolution n'a pu f9alem5t ab\tir qu' l'avnem5t ncessaire de l'esprit positif1 suivant la ?orie fondam5tale tablie la f9 du volume prcd5t3 c>1 les voies philosophiques lui ont t p>-l directem5t ouv]tes1 d'aprs ce premi] triomphe capital de la philosophie naturelle sur la philosophie morale4 ,j'ai dmontr1 en effet1 en div]ses p>ties de ce ,trait1 que1 du po9t de vue sci5tifique le plus lev1 et1 p> suite1 con=mm5t aussi aux plus m95tes considrations hi/oriques1 la philosophie positive e/ surt\t c>actrise p> sa t5dance con/ante procd] de l'tude gnrale du monde extrieur celle de l'homme lui-mme1 t&is que la m>*e inv]se e/ ncessairem5t propre la philosophie ?ologique 7voyez pr9cipalem5t1 ce sujet1 la qu>antime leon et la c9quante-unime73 a9si1 t\t m\vem5t philosophique qui1 d'abord dvelopp dans les spculations inorganiques1 p>v5ait directem5t modifi] d'aprs elles le sy/me primitif des spculations morales et sociales1 prp>ait rellem5t1 p> une inv9cible fatalit1 l'empire ultrieur de la positivit rationnelle1 quelles que puss5t tre d'abord les va9es prt5tions la dom9ation indf9ie de l'intellig5ce huma9e1 alors naturellem5t conues p> les organes provisoires d'un tel progrs4 ,c'e/ a9si que les beso9s ess5tiels de l'esprit positif ont d long-temps concid] avec les pr9cipaux intrts de l'esprit mtaphysique1 malgr leur antagonisme radical1 in/9ctivem5t cont5u1 tant que le rgime mono?ique n'a pas t suffisamm5t branl4 ,la cause gnrale de l'9vitable dissolution m5tale du ca?olicisme consi/e donc1 d'aprs cette dmon/ration1 con=mm5t notre premi] nonc1 en ce que1 n'ayant pu ni d s'incorpor] intimem5t le m\vem5t intellectuel1 il en a t1 de t\te ncessit1 f9alem5t dpass2 il n'a pu ds-lors ma9t5ir son empire qu'en p]dant le c>actre progressif1 propre t\t sy/me quelconque l'ge d'asc5sion1 p\r acqurir de plus en plus le c>actre pr(ondm5t /ationnaire1 et mme m9emm5t rtrograde1 qui le di/+ue si dplorablem5t auj\rd'hui4 ,une sup]ficielle apprciation de l'conomie spirituelle des socits huma9es a pu d'abord1 la vrit1 faire p5s] que cette dcad5ce m5tale p\vait se concili] avec une prolongation indf9ie de la prpondrance morale1 laquelle le ca?olicisme devait se croire des droits spciaux en v]tu de l'excell5ce gnralem5t reconnue de sa propre morale1 dont les prceptes s]ont1 en effet1 t\j\rs pr(ondm5t respects de t\s les vrais philosophes1 malgr l'entranem5t passag] de nos an>*iques ab]rations4 ,mais un exam5 appr(ondi doit bi5tt dissip] une telle illusion1 en faisant compr5dre1 en pr9cipe1 que l'influ5ce morale s'atta*e ncessairem5t la supriorit intellectuelle1 sans laquelle elle ne saurait exi/] solidem5t3 c>1 ce ne peut tre videmm5t que p> une pure transition trs prcaire que les hommes accord5t habituellem5t leur pr9cipale confiance1 dans les plus *]s intrts de leur vie relle1 des esprits dont il ne font plus assez de cas p\r les consult] l'g>d des plus simples que/ions spculatives4 ,la morale univ]selle1 dont le ca?olicisme a d tre d'abord l'indisp5sable organe1 ne peut c]ta9em5t lui con/itu] une exclusive proprit1 s'il a f9alem5t p]du l'aptitude gnrale la faire prvaloir dans l'conomie sociale3 elle =me ncessairem5t un prcieux patrimo9e transmis p> nos anctres l'ensemble de l'humanit2 son influ5ce app>ti5dra dsormais ceux qui sauront le mieux la consolid]1 la complt] et l'appliqu]1 quels que puiss5t tre leurs pr9cipes intellectuels4 ,quoique la raison huma9e ait d faire d'heureux emprunts l'a/rologie1 p> exemple1 a9si qu' l'al*imie1 elle n'a pu sans d\te1 p> de telles acquisitions1 se croire lie irrvocablem5t leur sort1 ds qu'elle a pu ratta*] de meilleures bases ces importans rsultats3 il en s]a ess5tiellem5t de mme p\r t\s les progrs quelconques1 moraux ou politiques1 d'abord raliss p> la philosophie ?ologique1 et qui ne saurai5t prir avec elle1 p\rvu t\tefois que l'on s'occupe enf9 conv5ablem5t de les incorpor] une autre organisation spirituelle1 s\s la direction gnrale de la philosophie positive1 comme je l'expliqu]ai plus t>d4 ,temporellem5t envisage1 la dcad5ce ncessaire du rgime propre au moy5-ge rsulte directem5t d'un pr9cipe tellem5t vid5t1 qu'il ne saurait exig] ici des explications aussi t5dues que celles que je vi5s de t]m9] p\r l'ordre spirituel1 sauf le dveloppem5t spcial que devra prs5t]1 ce sujet1 le *apitre suivant4 ,s\s quelque aspect qu'on envisage1 en effet1 le rgime fodal1 dont les trois c>actres gnraux ont t prcdemm5t tablis1 sa nature ess5tiellem5t transitoire se manife/e aussitt de la manire la mo9s quivoque4 ,quant son b pr9cipal1 l'organisation df5sive des socits mod]nes1 il ne p\vait cons]v] d'importance que jusqu' ce que les invasions fuss5t suffisamm5t cont5ues1 p> la transition f9ale des b>b>es la vie agricole et sd5taire dans leurs propres contres1 sanctionne et consolide1 p\r les cas les plus favorables1 p> leur conv]sion graduelle au ca?olicisme1 qui les incorporait de plus en plus au sy/me univ]sel4 ,a mesure que ce gr& rsultat tait conv5ablem5t ralis1 l'activit militaire devait ncessairem5t p]dre1 faute d'une l>ge application sociale1 la prpondrance 9vitable qu'elle avait jusque alors cons]ve1 d'abord p5dant la conqute roma9e1 et ensuite s\s la df5se fodale2 la gu]re devait1 de j\r en j\r1 dev5ir plus exceptionnelle1 et t5dre f9alem5t disp>atre *ez l'lite de l'humanit1 o la vie indu/rielle1 primitivem5t si subalt]ne1 devait acqurir simultanm5t une ext5sion et une int5sit t\j\rs croissantes1 sans p\voir t\tefois encore dev5ir politiquem5t dom9ante1 comme je l'expliqu]ai bi5tt4 ,la de/9ation purem5t provisoire de t\t sy/me militaire avait d tre beauc\p mo9s prononce s\s le rgime prcd5t1 quoiqu'elle y soit c]tes inconte/able1 p> la l5teur ncessaire qu'avait exige1 de t\te ncessit1 l'essor graduel de la dom9ation roma9e3 le sy/me simplem5t df5sif ne p\vait videmm5t comport] ensuite une aussi longue dure4 ,cette nature transitoire e/ encore plus irrcusable p\r cette dcomposition gnrale du p\voir temporel en s\v]a9ets p>tielles1 que n\s avons apprcie comme le second c>actre ess5tiel de l'ordre fodal1 et qui ne p\vait assurm5t vit] d'tre pro*a9em5t remplace p> une c5tralisation n\velle1 v]s laquelle t\t devait t5dre1 a9si qu'on le v]ra au *apitre suivant1 aussitt que le b propre d'un tel rgime aurait t suffisamm5t accompli4 ,il en e/ de mme1 enf91 p\r le d]ni] trait c>actri/ique1 la trans=mation de l'esclavage en s]vage1 puisque l'esclavage con/itue naturellem5t un tat susceptible de dure s\s les conditions conv5ables2 t&is que le s]vage proprem5t dit ne p\vait tre1 dans le sy/me gnral de la civilisation mod]ne1 qu'une situation simplem5t passagre1 promptem5t modifie p> l'tablissem5t presque simultan des communes indu/rielles1 et qui n'avait d'autre de/9ation sociale que de conduire graduellem5t les travailleurs immdiats l'entire mancipation p]sonnelle4 ,a t\s ces div]s titres1 on peut assur]1 sans exagration1 que mieux le rgime fodal remplissait son (fice propre1 capital quoique passag]1 p\r l'ensemble de l'volution huma9e1 et plus il r5dait imm95te sa dsorganisation pro*a9e1 peu prs comme n\s l'avons ci-dessus reconnu env]s le ca?olicisme4 ,t\tefois1 les circon/ances extrieures1 qui d'ailleurs n'tai5t nullem5t accid5telles1 ont trs 9galem5t prolong1 *ez les div]ses nations europennes1 la dure ncessaire d'un tel sy/me1 dont la prpondrance politique a d surt\t p]si/] davantage aux div]ses frontires sociales de la civilisation ca?olico-fodale1 c'e/--dire1 en ,pologne1 en ,hongrie1 etc41 quant aux invasions purem5t t>t>es et sc&9aves1 et mme1 c]ta9s g>ds1 en ,espagne1 et dans les gr&es les de la ,mdit]rane1 en ,sicile surt\t1 p\r les envahissem5s arabes3 di/9ction trs utile not] ici dans son g]me1 et qui tr\v]a1 en p\rsuivant notre apprciation hi/orique1 une intressante application1 d'ailleurs presque t\j\rs implicite1 suivant les conditions logiques de notre travail4 ,l'explication prcd5te1 quelque sommaire qu'elle ait d tre1 se complte1 au re/e1 naturellem5t1 en indiquant1 de mme qu'env]s l'ordre spirituel1 la classe spcialem5t de/9e dirig] immdiatem5t la dcomposition cont9ue du rgime fodal1 qui ne p\vait ni ne devait d'abord s'accomplir p> l'int]v5tion politique de la classe indu/rielle1 quoique son avnem5t social con/itut cep5dant l'issue f9ale d'une semblable progression4 ,a l'orig9e1 cette classe devait tre la fois trop subalt]ne et trop exclusivem5t proccupe de son propre essor intrieur p\r se livr] directem5t cette gr&e lutte temporelle1 qui dut a9si tre ncessairem5t dirige p> les lgi/es1 dont le sy/me fodal avait spontanm5t dvelopp de plus en plus l'influ5ce politique1 p> une suite ncessaire du dcroissem5t graduel de l'activit militaire1 comme je l'expliqu]ai au *apitre suivant4 ,ils sont1 en effet1 re/s jusqu'ici les organes immdiats du m\vem5t temporel1 malgr que sa pr9cipale de/9ation ait ess5tiellem5t *ang de nature depuis que cette mission provisoire e/ suffisamm5t accomplie1 de manire mettre ple9em5t dsormais en vid5ce croissante l'incapacit organique qui c>actrise les lgi/es aussi bi5 que les mtaphysici5s1 galem5t rs]vs1 en politique et en philosophie1 opr] de simples modifications critiques1 sans p\voir jamais ri5 fond]4 ,en t]m9ant enf9 cette longue et difficile apprciation fondam5tale du rgime mono?ique propre au moy5-ge1 je ne crois pas devoir m'ab/5ir de signal]1 ds ce mom5t1 une importante rflexion philosophique1 ultrieurem5t dveloppable1 naturellem5t suggre p> l'ensemble de notre exam5 hi/orique du sy/me ca?olique1 qui =mait la pr9cipale base de cette mmorable organisation4 ,si l'on envisage conv5ablem5t la dure totale du ca?olicisme1 on e/1 en effet1 aussitt frapp de la disproportion1 ess5tiellem5t anomale1 que prs5te le temps excessif de sa l5te laboration politique1 comp> la c\rte prolongation de son entire prpondrance sociale1 promptem5t suivie d'une rapide et irrvocable dcad5ce2 puisque une con/itution1 dont l'essor a exig dix sicles1 ne s'e/1 en ralit1 suffisamm5t ma9t5ue la tte du sy/me europen que p5dant deux sicles environ1 de ,grgoire ,,vii1 qui l'a complte1 ,boniface ,,viii1 s\s lequel son dcl9 politique a hautem5t comm5c1 les c9q sicles suivans n'ayant ess5tiellem5t (f]t1 cet g>d1 qu'une sorte d'agonie *ronique1 de mo9s en mo9s active3 ce qui doit c]ta9em5t sembl] t\t--fait contraire soit aux lois gnrales de la longvit ord9aire des organismes sociaux1 o la dure de la vie1 comme dans les organismes individuels1 doit tre relative celle du dveloppem5t2 soit l'admirable supriorit intr9sque qui di/+uait une telle conomie1 dont j'ai fait ressortir1 tant de titres1 les m95s attributs4 ,la seule solution possible de ce gr& problme hi/orique1 qui n'a jamais pu tre philosophiquem5t pos jusqu'ici1 consi/e concevoir1 en s5s radicalem5t inv]se des notions habituelles1 que ce qui devait ncessairem5t prir a9si1 dans le ca?olicisme1 c'tait la doctr9e1 et non l'organisation1 qui n'a t passagrem5t ru9e que p> suite de son 9vitable adhr5ce lm5taire la philosophie ?ologique1 de/9e succomb] graduellem5t s\s l'irrsi/ible mancipation de la raison huma9e2 t&is qu'une telle con/itution1 conv5ablem5t recon/ruite sur des bases intellectuelles la fois plus t5dues et plus /ables1 devra f9alem5t prsid] l'indisp5sable rorganisation spirituelle des socits mod]nes1 sauf les diffr5ces ess5tielles spontanm5t correspondantes l'extrme div]sit des doctr9es fondam5tales2 mo9s de suppos]1 ce qui s]ait c]ta9em5t contradictoire l'ensemble des lois de notre nature1 que les imm5ses ef=ts de tant de gr&s hommes1 seconds p> la p]svrante sollicitude des nations civilises1 dans la fondation sculaire de ce *ef-d'uvre politique de la sagesse huma9e1 doiv5t tre enf9 irrvocablem5t p]dus p\r l'lite de l'humanit1 sauf les rsultats1 capitaux mais provisoires1 qui s'y rapportai5t immdiatem5t4 ,cette explication gnrale1 dj videmm5t motive p> la suite des considrations propres ce *apitre1 s]a de plus en plus confirme p> t\t le re/e de notre opration hi/orique1 dont elle con/itu]a spontanm5t la pr9cipale conclusion politique4 ,,c9quante-,,c9qui,,me ,,le,,on4 ,apprciation gnrale de l'tat mtaphysique des socits mod]nes3 poque critique1 ou ge de transition rvolutionnaire4 ,dsorganisation croissante1 d'abord spontane et ensuite de plus en plus sy/matique1 de l'ensemble du rgime ?ologique et militaire4 ,p> une judicieuse comp>aison d'ensemble entre les deux *apitres prcd5s1 le lecteur att5tif a d dsormais vrifi] spontanm5t1 de la manire la mo9s quivoque1 que1 con=mm5t notre ?orie fondam5tale de l'volution huma9e1 le rgime poly?ique de l'antiquit avait rellem5t con/itu1 t\s g>ds1 la phase la plus complte et la plus durable du sy/me ?ologique et militaire envisag dans sa dure totale2 t&is que le rgime mono?ique du moy5 ge1 quoique ncessairem5t am5 p> le dveloppem5t mme de la situation antrieure1 devait naturellem5t c>actris] la d]nire poque ess5tielle et la =me la mo9s /able d'un tel sy/me1 dont il tait surt\t de/9 prp>] graduellem5t l'9vitable dcad5ce et le remplacem5t f9al4 ,malgr l'imm5se asc5dant que l'esprit ?ologique semble d'abord cons]v] dans l'organisation ca?olique1 qu& on la considre isolm5t1 n\s avons nanmo9s dmontr1 avec une ple9e vid5ce1 qu'il y avait effectivem5t subi1 s\s un aspect quelconque1 un dcroissem5t capital et irrp>able1 non-seulem5t p> rapport son irrcusable prpondrance dans les pures ?ocraties primitives1 mais mme comp>ativem5t sa suprmatie habituelle dans le poly?isme grec ou roma94 ,l'admirable t5dance du ca?olicisme dvelopp]1 autant que possible1 les proprits civilisatrices du mono?isme1 ne p\vait nullem5t emp*] cette 9vitable dim9ution1 la fois m5tale et sociale1 ds lors spontanm5t consacre p> une disposition involontaire et cont9ue agr&ir progressivem5t le doma9e1 jadis si re/re9t1 de la raison huma9e1 en dgageant de plus en plus de la tutelle ?ologique1 soit nos conceptions1 soit nos habitudes1 d'abord uni=mm5t s\mises1 jusque dans leurs mo9dres dtails1 sa dom9ation presque exclusive4 ,de mme1 s\s le po9t de vue temporel1 quelque puissante que doive sembl]1 au moy5-ge1 l'activit militaire1 p> comp>aison aux temps po/rieurs1 n\s avons cep5dant reconnu que1 en passant de l'tat roma9 l'tat fodal1 l'esprit gu]ri] avait ncessairem5t pr\v une altration radicale dans sa d\ble influ5ce morale et politique1 dont la prpondrance orig9aire devait dsormais rapidem5t dcl9]1 tant p> suite des entraves cont9ues que lui imposait ncessairem5t la nature gnrale du sy/me mono?ique1 qu'en v]tu de l'importance videmm5t passagre et graduellem5t dcroissante de la de/9ation ess5tiellem5t df5sive qui seule lui re/ait ds lors4 ,c'e/ donc uniquem5t dans l'antiquit qu'il faut plac] la vritable poque du ple9 asc5dant et du libre essor1 soit de la philosophie purem5t ?ologique1 soit de l'activit fran*em5t militaire1 au dveloppem5t desquelles t\t conc\rait alors spontanm5t3 l'une et l'autre reur5t c]ta9em5t1 p5dant t\t le c\rs du moy5-ge1 une pr(onde atte9te1 que devait bi5tt suivre une irrvocable dcad5ce4 ,n\s avons mme con/at1 au *apitre prcd5t1 que la plus exacte apprciation de l'ensemble du rgime mono?ique propre cette phase transitoire de l'volution sociale consi/e f9alem5t le concevoir comme le rsultat d'une premire gr&e t5tative de l'humanit1 p\r l'tablissem5t direct et gnral d'un sy/me rationnel et pacifique4 ,quoique cette t5tative trop prmature ait d ess5tiellem5t manqu] son b pr9cipal1 soit cause d'une situation encore m9emm5t dfavorable1 soit surt\t p> suite de l'insuffisance radicale de la seule philosophie qui pt alors dirig] une telle opration1 elle n'en a pas mo9s1 en ralit1 heureusem5t guid l'lite de l'humanit dans sa gr&e transition f9ale1 soit en acclrant la dcomposition spontane du sy/me ?ologique et militaire1 soit en secondant l'essor naturel des pr9cipaux lm5s d'un sy/me n\veau1 de manire p]mettre enf9 de repr5dre directem5t avec succs l'uvre imm5se de la rorganisation fondam5tale1 qu& cette d\ble prp>ation aurait t conv5ablem5t accomplie1 comme n\s reconnatrons clairem5t qu'elle comm5ce l'tre auj\rd'hui *ez les peuples les plus avancs4 ,a p>tir du po9t m9emm5t notable o se tr\ve ma9t5ant p>v5ue notre laboration hi/orique1 l'tude gnrale d'une telle transition doit donc con/itu] dsormais l'objet ess5tiel de t\t le re/e de notre analyse1 af9 d'apprci] exactem5t1 s\s l'un et l'autre aspect1 les div]ses consqu5ces ncessaires de l'impulsion univ]selle spontanm5t produite1 au moy5-ge1 p> l'ensemble du rgime ca?olique et fodal1 v]s la rgnration totale des socits huma9es4 ,cette p>tie f9ale de notre gr&e dmon/ration me semble /rictem5t exig]1 p> sa nature1 la dcomposition rationnelle d'une p>eille exposition en deux sries htrognes1 trs nettem5t di/9ctes p\r quiconque aura conv5ablem5t saisi l'esprit de notre travail antrieur1 quoique d'ailleurs ncessairem5t coexi/antes et mme pr(ondm5t solidaires3 l'une1 ess5tiellem5t critique ou ngative1 de/9e c>actris] la dmolition graduelle du sy/me ?ologique et militaire1 s\s l'asc5dant croissant de l'esprit mtaphysique2 l'autre1 directem5t organique1 relative l'volution progressive des div]s lm5s pr9cipaux du sy/me positif3 la leon actuelle s]a spcialem5t consacre la premire apprciation1 et la suivante la seconde4 ,malgr l'intime connexit vid5te de ces deux m\vem5s simultans de dcomposition et de recomposition sociales1 on vit]ait difficilem5t une confusion presque inextricable1 trs prjudiciable l'analyse df9itive de la situation actuelle1 en p]si/ant m5] de front deux ordres de considrations dsormais assez radicalem5t diffr5s p\r que je n'hsite po9t1 aprs une scrupuleuse dlibration1 reg>d] leur sp>ation m?odique comme un artifice sci5tifique vraim5t indisp5sable au ple9 succs f9al de la suite entire de notre opration hi/orique3 c> ces deux sortes de dveloppem5s1 dont la liaison ncessaire ne p\vait nullem5t altr] l'indp5dance spontane1 ne fur5t d'ailleurs1 en ralit1 ni habituellem5t conu dans le mme esprit et p\r le mme b1 ni communm5t dirigs p> les mmes organes4 ,env]s les div]ses phases antrieures de l'humanit1 il n'et t1 au contraire1 ni ncessaire1 ni conv5able1 d'tudi] a9si sp>m5t les deux m\vem5s lm5taires1 opposs mais t\j\rs conv]g5s1 dont l'organisme social1 comme l'organisme individuel1 e/1 p> sa nature1 con/amm5t agit3 puisque les div]s *angem5s successivem5t accomplis jusque alors ne p\vai5t tre assez pr(onds p\r exig] ou comport] l'in/itution d'un semblable artifice1 dont l'emploi et1 p> consqu5t1 ab\ti surt\t dissimul] la vraie filiation des vnem5s4 ,les rvolutions prcd5tes1 sans mme except] la plus importante de t\tes1 le passage du rgime poly?ique au rgime mono?ique1 n'avai5t pu consi/] qu'en modifications plus ou mo9s graves du sy/me ?ologique fondam5tal1 dont la nature c>actri/ique re/ait ess5tiellem5t ma9t5ue2 le m\vem5t critique et le m\vem5t organique1 quoique rellem5t diffr5s1 ne p\vai5t donc tre1 d'ord9aire1 assez di/9cts et assez indp5dans p\r dev5ir rationnellem5t sp>ables1 mo9s de p\ss] l'analyse sociologique jusqu' un degr de prcision qui s]ait auj\rd'hui dplac1 suivant les prescriptions logiques du quatrime volume4 ,dans la transition graduelle de *aque =me ?ologique la suivante1 non-seulem5t l'esprit huma9 p\vait aism5t comb9] la de/ruction de l'une avec l'laboration de l'autre1 mais il devait mme y tre spontanm5t conduit1 sauf la t5dance individuelle cultiv] plus spcialem5t l'une ou l'autre p>tie de cette d\ble opration philosophique4 ,mais il en devait tre t\t autrem5t p\r sortir entirem5t du sy/me ?ologique et pass] au sy/me fran*em5t positif1 ce qui con/itue ncessairem5t la plus pr(onde rvolution1 d'abord m5tale1 et f9alem5t sociale1 que notre espce puisse subir dans l'ensemble de sa c>rire4 ,p> la nature propre de cette gr&e transition1 le m\vem5t critique1 dev5u1 p5dant plusieurs sicles1 extrmem5t prononc1 s'y di/+ue tellem5t du m\vem5t organique1 long-temps pe9e apprciable1 que1 malgr leur liaison fondam5tale1 *acun d'eux ne peut tre sa9em5t jug que d'aprs une tude spciale et directe4 ,l't5due et la difficult d'une semblable trans=mation ont alors1 p\r la premire fois1 graduellem5t conduit l'esprit huma9 dirig] son essor rvolutionnaire d'aprs une doctr9e absolue de ngation sy/matique1 dont l'9vitable asc5dant t5d faire pr(ondm5t mconnatre la vritable issue f9ale de l'ensemble de la crise1 qui p>at a9si consi/] dans l'application totale et la prpondrance cont9ue de cette doctr9e ncessairem5t passagre1 comme la plup>t des philosophes mod]nes l'ont si vicieusem5t p5s4 ,il s]ait donc presque impossible d'vit] que la notion du m\vem5t organique ne re/t ess5tiellem5t absorbe p> la considration1 jusqu'ici beauc\p plus s5sible et mieux c>actrise1 du m\vem5t critique1 si1 dans l'apprciation rationnelle des c9q d]ni]s sicles de notre civilisation1 on n'in/ituait po9t1 entre deux tudes aussi di/9ctes1 une sp>ation m?odique4 ,ce qui r5d ici rellem5t facultatif l'emploi rationnel d'un semblable artifice sociologique1 c'e/ la nature m9emm5t ab/raite de notre laboration hi/orique1 d'aprs les explications gnrales places au db de ce volume3 c>1 dans un travail hi/orique qui aurait vritablem5t le c>actre concret1 cette division idale entre des phnomnes simultans et solidaires ne saurait tre lgitime2 t&is qu'elle e/1 au contraire1 ple9em5t compatible avec une analyse ab/raite de l'volution sociale1 si d'ailleurs on l'y reconnat utile l'claircissem5t du sujet1 ce qui1 p\r le cas actuel1 me semble hautem5t inconte/able2 on ne fait a9si qu't5dre l'tude de la vie collective un droit sci5tifique ds long-temps usuel dans l'tude de la vie individuelle4 ,un ret\r suffisant la sa9e apprciation logique de la diffr5ce fondam5tale entre l'hi/oire ab/raite et l'hi/oire concrte conduira spontanm5t le lecteur dissip] sans difficult l'inc]titude qui p\rrait lui re/] cet g>d4 ,du re/e1 l'esprit philosophique de ce ,trait e/1 sans d\te1 assez prononc ma9t5ant p\r que l'emploi s\t5u de cet indisp5sable artifice sociologique ne conduise jamais le lecteur mconnatre la solid>it ncessaire de ces deux m\vem5s simultans1 dont l'vid5te connexit1 dj rige en pr9cipe p> l'ensemble des conceptions1 soit sci5tifiques1 soit logiques1 du quatrime volume1 se tr\ve d'ailleurs directem5t tablie d'avance d'aprs nos explications hi/oriques1 et surt\t rsulte spontanm5t de la leon prcd5te1 qui a f9alem5t montr le rgime mono?ique du moy5-ge comme la commune s\rce immdiate de l'une et l'autre impulsion4 ,t\tefois1 af9 de prv5ir1 autant que possible1 les dviations involontaires que p\rrait1 ce sujet1 suscit] mom5tanm5t un tel mode d'apprciation1 il n'e/ pas ici inutile de rappel] d'abord1 en gnral1 l'obligation fondam5tale d'avoir t\j\rs en vue l'intime corelation effective de ces deux ordres de phnomnes sociaux1 t\t en procdant1 p\r plus de nettet1 l'analyse sp>e de *acun d'eux4 ,or1 il e/ c]ta9em5t vid5t que ces deux m\vem5s htrognes1 malgr leur spontanx ncessaire1 ont d con/amm5t ex]c] l'un sur l'autre une raction trs puissante p\r se consolid] et s'acclr] mutuellem5t4 ,la dcomposition croissante1 spirituelle ou temporelle1 de l'anci5 sy/me social ne p\vait successivem5t s'accomplir sans facilit] aussitt l'essor graduel des lm5s correspondans du n\veau sy/me1 en dim9uant les pr9cipaux ob/acles qui le ret>dai5t2 de mme1 en s5s inv]se1 le dveloppem5t progressif des n\veaux lm5s sociaux devait1 non mo9s naturellem5t1 imprim] un important surcrot d'n]gie l'action rvolutionnaire1 et surt\t r5dre ses rsultats plus expressm5t irrvocables4 ,cette d\ble relation p]man5te n'e/ pas seulem5t inconte/able depuis que l'antagonisme des deux sy/mes a comm5c dev5ir direct et ple9em5t c>actri/ique3 elle tait1 au fond1 t\t aussi relle1 quoique plus difficilem5t apprciable1 p5dant que la lutte re/ait encore indirecte et vaguem5t df9ie1 s\s la conduite immdiate et exclusive de l'esprit mtaphysique proprem5t dit4 ,p]sonne auj\rd'hui ne saurait mconnatre la gr&e influ5ce de la dsorganisation successive du rgime ?ologique et militaire depuis le moy5-ge p\r second] le dveloppem5t sci5tifique et indu/riel de la civilisation mod]ne1 dont la spontanx fondam5tale a mme t s\v5t mal apprcie en attribuant cette considration indisp5sable une irrationnelle exagration4 ,mais la raction inv]se1 quoique beauc\p mo9s connue jusqu'ici1 n'e/ pas1 en effet1 mo9s c]ta9e1 ni mo9s importante4 ,la suite de ce travail doit bi5tt f\rnir au lecteur plusieurs occasions capitales de s5tir spontanm5t que le dveloppem5t de l'esprit positif1 avant mme que son int]v5tion devnt explicite1 a pu seul donn] une vritable consi/ance l'asc5dant graduel de l'esprit mtaphysique sur l'esprit ?ologique3 sans une telle influ5ce1 cette lutte cont9ue1 au lieu de t5dre v]s une vraie rnovation philosophique1 n'et pu conduire qu' de va9es et int]m9ables discussions2 puisque1 l'esprit mtaphysique ne p\vant1 p> sa nature1 accomplir la dmolition successive de la philosophie ?ologique que d'aprs sa disposition c>actri/ique dtruire les consqu5ces au nom des pr9cipes1 il devait ncessairem5t consacr] t\j\rs les bases intellectuelles1 au mo9s les plus gnrales1 de cette mme philosophie dont il ru9ait ess5tiellem5t l'efficacit sociale1 et dont la dcad5ce m5tale ne p\vait a9si jamais sembl] ple9em5t irrvocable4 ,auj\rd'hui surt\t1 c'e/ p>ce qu'on n'a pas communm5t assez apprci l'influ5ce philosophique propre l'esprit positif que l'on cons]ve encore trop s\v5t des illusions si dsa/reuses sur la p]ptuit indf9ie du rgime ?ologique conv5ablem5t modifi1 comme j'aurai lieu de l'expliqu] ultrieurem5t4 ,on peut faire1 dans l'ordre temporel1 des rem>ques ess5tiellem5t quival5tes1 et c]tes non mo9s vid5tes1 sur la raction capitale que l'essor graduel de l'esprit indu/riel a d ex]c] de plus en plus p\r r5dre hautem5t irrvocable1 *ez les mod]nes1 le dcroissem5t spontan de l'esprit militaire1 quoique leur antagonisme n'ait t jusqu'ici presque jamais direct3 faute d'une telle base gnrale1 la rivalit politique des lgi/es env]s les militaires aurait pu se prolong] indf9im5t sans jamais p\voir ab\tir un vritable *angem5t de sy/me2 c'e/ la prpondrance univ]selle de la vie indu/rielle qui seule fait ma9t5ant s5tir in/9ctivem5t t\s les hommes judicieux l'incompatibilit radicale de t\t rgime militaire avec la nature c>actri/ique de la civilisation actuelle4 ,ces indications sommaires suffis5t ici1 sans d\te1 p\r faire d'avance conv5ablem5t ressortir1 en gnral1 l'en*anem5t ncessaire et cont9u des deux m\vem5s1 htrognes mais conv]g5s1 l'un critique1 l'autre organique1 que n\s devons dsormais analys] sp>m5t1 en prv5ant a9si le seul grave inconvni5t philosophique de cette indisp5sable dcomposition m?odique1 c'e/--dire la t5dance dissimul] l'intime connexit des deux sries de phnomnes sociaux4 ,n\s p\vons donc entrepr5dre directem5t l'exam5 qui con/itue l'objet propre de ce *apitre1 en procdant d'abord l'apprciation rationnelle de la dsorganisation croissante du sy/me ?ologique et militaire p5dant le c\rs des c9q d]ni]s sicles4 ,quoique le c>actre ess5tiellem5t ngatif de cette gr&e opration rvolutionnaire doive naturellem5t inspir]1 env]s une telle priode1 une sorte de rpugnance philosophique1 cep5dant l'esprit gnral de ma ?orie fondam5tale de l'volution huma9e1 et spcialem5t l'ensemble des explications cont5ues au *apitre prcd5t1 ont d d'avance dissip] spontanm5t ce qu'il p\rrait y avoir d'anti-sci5tifique dans une semblable disposition1 en faisant press5tir que1 malgr les pr(ondes ab]rations et les dsordres dplorables qui devai5t la di/+u]1 cette mmorable phase sociale con/itue nanmo9s1 sa manire1 un int]mdiaire aussi indisp5sable qu'9vitable dans la m>*e l5te et pnible du dveloppem5t huma94 ,a l'tat ca?olique et fodal1 le sy/me ?ologique et militaire tait dj1 au fond1 comme n\s l'avons reconnu1 en dcad5ce imm95te1 sans que ri5 pt ds lors le prs]v] d'une pro*a9e et rapide dcomposition radicale2 or1 d'un autre ct1 l'volution propre et directe des n\veaux lm5s sociaux comm5ait pe9e alors tre di/9ctem5t bau*e1 sans que leur t5dance politique f9ale pt tre encore aucunem5t s\ponne1 jusqu' ce qu'une longue laboration ultrieure leur et p]mis de manife/] graduellem5t leur aptitude ncessaire1 si mal apprcie1 mme auj\rd'hui1 des meilleurs esprits1 f\rnir les bases solides d'une vraie rorganisation4 ,il tait donc videmm5t contradictoire aux lois naturelles du m\vem5t social que le passage d'un sy/me l'autre s'oprt p> sub/itution immdiate1 en prv5ant t\te discont9uit organique1 qu& mme t\s les p\voirs huma9s aurai5t pu alors gnreusem5t cons5tir au *imrique sacrifice de leurs dispositions les plus naturelles et de leurs intrts les plus lgitimes4 ,a9si1 les socits mod]nes ne p\vai5t aucunem5t vit] de se tr\v]1 p5dant plusieurs sicles1 d'une manire de plus en plus prononce1 dans cette situation pr(ondm5t exceptionnelle1 mais ncessairem5t transitoire1 o le pr9cipal progrs politique s]ait1 au fond1 p> une ncessit t\j\rs croissante1 ess5tiellem5t ngatif1 t&is que l'ordre public s]ait surt\t ma9t5u p> une rsi/ance de plus en plus rtrograde2 d\ble c>actre p>v5u auj\rd'hui sa plus haute int5sit4 ,quant l'indisp5sable (fice gnral que ce m\vem5t de dcomposition devait accomplir dans l'volution totale des socits mod]nes1 je l'ai d'avance suffisamm5t indiqu en expliquant1 ds le db du volume prcd5t1 la de/9ation ess5tielle de la doctr9e rvolutionnaire1 qui a d f9alem5t dev5ir le pr9cipal organe d'une telle suite d'oprations4 ,outre sa puissante influ5ce1 ci-dessus rappele1 p\r second] l'essor naturel des n\veaux lm5s sociaux1 p> la suppression croissante des entraves primitives1 son efficacit politique1 et mme philosophique1 a surt\t consi/ r5dre non-seulem5t possible mais 9vitable un vrai *angem5t de sy/me1 soit en manife/ant de plus en plus l'insuffisance radicale de l'anci5ne organisation1 soit aussi en dissipant graduellem5t les ob/acles ncessaires qui int]disai5t spontanm5t notre faible intellig5ce jusqu' la simple conception de t\te vritable rgnration1 comme je l'ai tabli au qu>ante-sixime *apitre4 ,sans la salutaire impulsion de cette n]gie critique1 il n'e/ pas d\teux que l'humanit languirait encore s\s ce rgime provisoire qui1 aprs avoir t indisp5sable son enfance1 t5dait ensuite la prolong] indf9im5t1 en cons]vant sa prpondrance malgr le suffisant accomplissem5t de sa pr9cipale de/9ation4 ,on doit mme reconnatre que1 p\r remplir conv5ablem5t son (fice ess5tiel1 le m\vem5t critique avait beso9 d'tre p\ss1 surt\t m5talem5t1 jusqu' son d]ni] t]me naturel3 c>1 sans l'entire suppression des div]s prjugs1 soit religieux1 soit politiques1 relatifs l'anci5ne organisation1 notre apa?ie intellectuelle et sociale se s]ait c]ta9em5t borne *]*] un dn\em5t facile mais illusoire1 en se cont5tant de faire subir au sy/me primitif de va9es modifications1 impuissantes apport] aucune satisfaction suffisante et durable aux n\veaux beso9s de l'humanit4 ,quoique une telle mancipation ne puisse1 sans d\te1 con/itu] qu'une condition purem5t ngative1 il n'en faut pas mo9s l'envisag]1 mme auj\rd'hui1 comme un prambule rig\reusem5t indisp5sable t\te sa9e spculation philosophique sur une vraie rorganisation sociale1 a9si que j'aurai lieu de le faire bi5tt s5tir4 ,il s]ait donc sup]flu d'insi/] ici davantage p\r dissip]1 ce sujet1 la rpugnance naturelle que doit inspir]1 en t\s g5res1 le spectacle de la de/ruction2 *acun peut dj suffisamm5t s5tir d'avance l'importance capitale1 bi5 que transitoire1 de ce gr& m\vem5t critique1 dont l'exacte apprciation se ratta*e d'ailleurs1 d'une manire si directe et si intime1 l'tude gnrale de la situation actuelle de l'lite de l'humanit4 ,cette dsorganisation croissante doit tre di/9ctem5t exam9e p>tir d'une poque plus recule que celle communm5t adopte p> les plus judicieux philosophes1 qui1 d'aprs une analyse mal conue1 ne font presque jamais remont] une telle inve/igation hi/orique au-del du seizime sicle4 ,son vrai po9t de d"p1 dont l'indication e/ ici ncessaire af9 de prv5ir1 autant que possible1 le vague et l'inc]titude des spculations1 devi5t aism5t assignable d'aprs la ?orie fondam5tale tablie au *apitre prcd5t sur la pr9cipale de/9ation propre au rgime mono?ique du moy5-ge1 envisag comme devant con/itu]1 p> sa nature1 la d]nire phase ess5tielle du sy/me ?ologique et militaire4 ,il e/ facile de reconnatre1 en effet1 que1 ds la f9 du treizime sicle1 la con/itution ca?olique et fodale avait suffisamm5t rempli1 s\s les rapports les plus importans1 du mo9s selon sa vritable mesure naturelle1 son (fice1 indisp5sable mais passag]1 p\r l'ensemble de l'volution huma9e2 et que1 en mme temps1 les conditions ncessaires de son exi/5ce politique avai5t dj reu de graves et irrp>ables altrations1 annonant avec vid5ce une imm95te dcomposition3 ce qui conduit report] au comm5cem5t du quatorzime sicle la vritable orig9e hi/orique de cette imm5se laboration rvolutionnaire1 laquelle t\tes les classes de la socit ont1 ds lors1 *acune sa manire1 con/amm5t p>ticip4 ,dans l'ordre spirituel1 le clbre pontificat de ,boniface ,,viii c>actrise hautem5t l'poque 9vitable o le p\voir ca?olique1 aprs avoir noblem5t accompli1 eu g>d aux temps et aux moy5s1 sa gr&e mission sociale relative au premi] tablissem5t politique de la morale univ]selle1 comme je l'ai expliqu1 e/ naturellem5t conduit dpass] trs vicieusem5t le b1 en s'ef=ant dsormais de con/itu]1 p\r un intrt isol1 une *imrique dom9ation absolue1 de manire s\lev] ncessairem5t d'univ]selles rsi/ances1 aussi ju/es que r$\tables1 p5dant que d'ailleurs il avait dj comm5c manife/] hautem5t son impuissance radicale dirig] rellem5t le m\vem5t m5tal1 dont l'importance dev5ait alors graduellem5t prpondrante dans le sy/me gnral de la civilisation mod]ne4 ,l'imm95te dsorganisation spontane du ca?olicisme tait mme indique1 ds l'orig9e du quatorzime sicle1 d'aprs de graves symptmes prcurseurs1 soit p> le rel*em5t presque gnral du vritable esprit sac]dotal1 soit p> l'int5sit croissante des t5dances hrtiques4 ,ce d\ble comm5cem5t de dcomposition intime fut d'abord1 sans d\te1 efficacem5t combattu p> la mmorable in/itution des francisca9s et des dom9ica9s1 si sagem5t adapte1 un sicle aup>avant1 une telle de/9ation1 et qu'il faut reg>d]1 en effet1 comme le plus puissant moy5 de r=mation et de cons]vation qui pt tre vraim5t compatible avec la nature d'un tel sy/me3 mais son influ5ce prs]vatrice devait tre bi5tt puise1 et sa ncessit unanimem5t reconnue ne p\vait f9alem5t que faire mieux ressortir la pro*a9e dcad5ce 9vitable d'un rgime qui avait reu va9em5t une telle rp>ation4 ,en mme temps1 les moy5s viol5s introduits alors1 sur une gr&e *elle1 p\r l'extirpation des hrsies1 con/ituai5t ncessairem5t l'un des signes les mo9s quivoques de cette insurmontable fatalit3 c> aucune dom9ation spirituelle ne p\vant videmm5t repos]1 en d]nire analyse1 que sur l'ass5tim5t volontaire des intellig5ces1 t\t notable rec\rs spontan la =ce matrielle doit tre considr1 son g>d1 comme le plus irrcusable indice d'un dcl9 imm95t et dj s5ti4 ,p> ces div]s motifs1 il e/ donc ais de concevoir que l'branlem5t dcisif du sy/me ca?olique devait1 t\s g>ds1 comm5c] au quatorzime sicle1 surt\t relativem5t ses attributions les plus c5trales4 ,de mme1 dans l'ordre temporel1 c'e/ aussi alors que le dcroissem5t spontan de la con/itution fodale a d dev5ir graduellem5t irrvocable1 p> suite d'un suffisant accomplissem5t de sa pr9cipale de/9ation militaire1 c>actrise au *apitre prcd5t4 ,c>1 l'admirable sy/me d'oprations df5sives1 qui di/+ue l'activit gu]rire propre au moy5-ge1 avait d compr5dre successivem5t deux sries pr9cipales d'ef=ts ess5tiels p\r protg] conv5ablem5t le premi] essor de la civilisation mod]ne1 d'abord contre les irruptions trop prolonges des sauvages poly?i/es du nord1 et ensuite contre l'imm95te invasion du mono?isme musulman4 ,quelque puissans ob/acles qu'ait d long-temps (frir la premire opration1 o le plus gr& homme du moy5-ge tr\va surt\t un si noble emploi de son infatigable n]gie1 la seconde lutte devait tre1 p> sa nature1 beauc\p plus difficile et plus l5te3 puisque le ca?olicisme1 pr9cipal mobile univ]sel de cette mmorable poque1 f\rnissait1 s\s le premi] aspect1 un moy5 capital de consolidation des rsultats militaires1 p> la possibilit des conv]sions nationales *ez les poly?i/es2 t&is que1 au contraire1 cette =ce fondam5tale s'opposait directem5t1 dans le second cas1 t\te conciliation f9ale1 vu l'incompatibilit radicale qui devait videmm5t exi/] entre les deux sortes de mono?isme1 aspirant galem5t1 de t\te ncessit1 l'empire univ]sel1 quoique p> des moy5s et avec des c>actres ess5tiellem5t diffr5s4 ,les croisades1 ab/raction faite de tant d'importans rsultats accessoires ou indirects qu'on y a trop exclusivem5t rem>qus1 et mme indp5damm5t de la haute influ5ce qui leur app>t5ait alors immdiatem5t p\r mieux li] les div]s peuples europens en leur imprimant une activit collective suffisamm5t prolonge1 con/ituai5t surt\t1 p> leur nature1 le seul moy5 dcisif de prs]v] l'volution occid5tale du r$\table proslytisme musulman1 ds lors ess5tiellem5t rduit l'ori5t1 o son action p\vait dev5ir vraim5t progressive4 ,mais un tel procd ne p\vait1 videmm5t1 tre appliqu avec un succs s\t5u qu'aprs l'entire cessation des migrations sept5trionales1 p> suite d'une comb9aison conv5able d'n]giques rsi/ances et de sages concessions3 c'e/ p\rquoi la pr9cipale df5se du ca?olicisme contre l'islamisme a d prcism5t dev5ir le b prpondrant de l'activit militaire p5dant les deux sicles de ple9e maturit du sy/me politique propre au moy5-ge4 ,t\tefois1 malgr les inquitudes1 srieuses mais fugitives1 qu'a pu ultrieurem5t suscit]1 mme jusqu'au dix-septime sicle1 l'ext5sion occid5tale des armes musulmanes1 il e/ clair que cette gr&e opration df5sive tait ess5tiellem5t accomplie ds la f9 du treizime sicle1 et ne t5dait ds-lors se p]ptu] abusivem5t que p> l'aveugle impulsion des habitudes a9si contractes2 sauf l'action rgulire1 long-temps si utile1 d'une admirable in/itution spciale1 heureusem5t consacre la consolidation cont9ue de cet m95t rsultat1 dont le ma9ti5 suffisant cessait dsormais d'exig] l'int]v5tion p]man5te de la masse des populations *rti5nes4 ,l'organisme fodal avait donc1 cette poque1 dj rempli son pr9cipal (fice p\r l'volution gnrale des socits mod]nes3 p> suite1 l'esprit militaire qui le c>actrisait1 graduellem5t priv de sa gr&e de/9ation protectrice et cons]vatrice1 a depuis t5du de plus en plus dev5ir pr(ondm5t p]turbateur1 surt\t mesure que la papaut p]dait son autorit europenne1 comme je l'indiqu]ai ci-dess\s4 ,c'e/ a9si que la dcad5ce temporelle du rgime propre au moy5-ge a d ncessairem5t1 aussi bi5 que sa dcad5ce spirituelle1 et p> des motifs de mme nature1 manife/]1 v]s le db du quatorzime sicle1 un vid5t c>actre d'irrvocabilit1 que son c\rs spontan n'avait pu jusque alors (frir1 tant qu'il re/ait ce rgime quelque fonction indisp5sable remplir dans le sy/me de notre civilisation4 ,son n]gie militaire a1 sans d\te1 r5du long-temps encore d'm95s s]vices p>tiels p\r g>antir la nationalit des pr9cipaux peuples europens3 mais il importe de rem>qu] que ces div]s s]vices n'tai5t plus que relatifs surt\t aux p]turbations mme que la prolongation dmesure d'une telle activit suscitait p>t\t de plus en plus1 et qui aup>avant se tr\vai5t ess5tiellem5t cont5ues p> la prpondrance spontane d'une plus noble de/9ation commune4 ,en assignant a9si le vrai po9t de d"p propre au gr& m\vem5t de dcomposition dont n\s comm5ons l'apprciation philosophique1 on voit donc enf91 soit au spirituel1 soit au temporel1 que la dsorganisation cont9ue de la con/itution ca?olique et fodale1 d]nire phase gnrale du sy/me ?ologique et militaire1 devi5t s5sible l'poque mme o1 aprs le suffisant accomplissem5t de sa mission fondam5tale1 son asc5dant politique devait t5dre dsormais entrav] de plus en plus l'volution f9ale des socits mod]nes2 ce qui g>antit ncessairem5t la ple9e rationnalit d'une telle dt]m9ation4 ,p\r tre ma9t5ant analyse ici d'une manire vraim5t sci5tifique1 cette imm5se laboration rvolutionnaire des c9q d]ni]s sicles doit tre d'abord soigneusem5t divise en deux p>ties successives1 trs nettem5t di/9ctes p> leur nature1 quoique t\j\rs confondues jusqu' prs5t3 l'une1 compr5ant le quatorzime et le qu9zime sicles1 o le m\vem5t critique re/e ess5tiellem5t spontan et involontaire1 sans la p>ticipation rgulire et tran*e d'aucune doctr9e sy/matique2 l'autre1 embrassant les trois sicles suivans1 o la dsorganisation1 dev5ue plus pr(onde et plus dcisive1 s'accomplit surt\t dsormais s\s l'influ5ce croissante d'une philosophie =mellem5t ngative1 graduellem5t t5due t\tes les notions sociales de quelque importance2 de faon indiqu] ds-lors hautem5t la t5dance gnrale des socits mod]nes une entire rnovation1 dont le vrai pr9cipe re/e t\tefois radicalem5t envelopp d'une vague indt]m9ation4 ,cette di/9ction indisp5sable rp&ra1 j'espre1 une vive lumire sur l'ensemble1 encore si mal apprci1 de cette mmorable poque1 qui con/itue le li5 immdiat de notre situation actuelle avec la suite des phases antrieures de l'humanit4 ,quelque puissante qu'ait t hi/oriquem5t l'efficacit de/ructive de la doctr9e critique proprem5t dite1 on lui attribue communm5t une influ5ce trs exagre1 dont la notion devi5t mme pr(ondm5t irrationnelle1 qu& on y rapporte exclusivem5t la dsorganisation totale de l'anci5 sy/me social1 comme s'accord5t le faire habituellem5t auj\rd'hui les df5seurs et les adv]saires de ce sy/me4 ,le vritable esprit philosophique montre clairem5t1 ce me semble1 que1 lo9 d'avoir pu produire p> elle-mme une telle dcomposition1 cette doctr9e a d1 au contraire1 en rsult] ncessairem5t1 qu& la dmolition spontane a atte9t un c]ta9 degr1 qui s]a dt]m9 ci-aprs3 c>1 dans t\te autre hypo?se1 l'orig9e relle de la ?orie rvolutionnaire s]ait videmm5t incomprh5sible2 quoique sa raction 9vitable ait d ensuite dev5ir indisp5sable l'enti] accomplissem5t d'une p>eille phase1 et surt\t l'indication c>actri/ique de son issue f9ale1 a9si que je l'expliqu]ai bi5tt4 ,outre que cette apprciation vulgaire exagre1 videmm5t1 au-del de t\te possibilit1 l'influ5ce politique de l'intellig5ce1 elle con/itue donc ici1 p> sa nature1 une sorte de c]cle vicieux4 ,l'ensemble de l'poque rvolutionnaire ne saurait1 en consqu5ce1 tre rationnellem5t conu qu'autant que la =mation et le dveloppem5t de la doctr9e critique sont reg>ds comme prcds et dt]m9s p> un progrs suffisant dans la dcomposition purem5t spontane que n\s devons d'abord apprci] sommairem5t1 suivant l'ordre ci-dessus indiqu4 ,ri5 ne saurait mieux confirm] la dmon/ration tablie au *apitre prcd5t1 sur la nature m9emm5t transitoire de la con/itution ca?olique et fodale propre au moy5-ge1 que la ru9e irrp>able d'un tel organisme p> le seul conflit mutuel de ses pr9cipaux app>eils1 sans aucune attaque sy/matique1 p5dant les deux sicles qui ont immdiatem5t suivi les temps mme de sa plus gr&e spl5deur4 ,on peut1 en effet1 reconnatre aism5t que cette mmorable conomie cont5ait1 beauc\p d'g>ds1 p> sa /ructure c>actri/ique1 des g]mes ess5tiels de dcomposition intime1 dont les ravages spontans ont t seulem5t susp5dus ou dissimuls tant que la commune de/9ation sociale a d1 con=mm5t nos explications antrieures1 ma9t5ir1 entre les div]ses p>ties1 p> son uni=me prpondrance1 une comb9aison ncessairem5t temporaire4 ,il doit suffire ici d'apprci] les causes les plus univ]selles de cette imm95te dissolution naturelle1 en considrant d'abord1 s\s ce po9t de vue1 la division politique la plus gnrale entre les deux gr&s p\voirs du sy/me1 et ensuite la pr9cipale subdivision propre *acun d'eux4 ,s\s le premi] aspect1 il e/ inconte/able que l'admirable tablissem5t d'un p\voir spirituel di/9ct et indp5dant du p\voir temporel1 quelque indisp5sable qu'il dt tre l'accomplissem5t rel de l'volution spciale rs]ve au moy5-ge1 et quelque imm5se p]fectionnem5t qu'il ait mme apport la ?orie fondam5tale de l'organisme social1 comme je l'ai dj pr\v1 devait ensuite dev5ir un pr9cipe 9vitable de dcomposition active p\r le rgime correspondant1 p> l'incompatibilit ncessaire qui1 ds l'orig9e1 rgnait1 plus ou mo9s explicitem5t1 entre les deux autorits1 soit raison d'un tat de civilisation trop peu con=me un aussi m95t progrs1 soit d'aprs l'inaptitude radicale de la seule philosophie qui pt alors y prsid]4 ,j'ai d'abord tabli1 dans le c\rs des deux *apitres prcd5s1 que le mono?isme e/1 p> sa nature1 en opposition plus ou mo9s prononce avec la prpondrance de l'activit militaire2 mo9s que1 p> une anomalie contraire au vritable c>actre ess5tiel de cette phase ?ologique1 il ne se con/itue1 suivant le mode musulman1 en ma9t5ant la conc5tration primitive des deux p\voirs2 et1 alors mme1 le poly?isme e/-il ncessairem5t beauc\p plus con=me t\t dveloppem5t int5se et s\t5u du sy/me militaire4 ,mais1 s\s le vrai rgime mono?ique1 dont la sp>ation gnrale entre le g\v]nem5t moral et le g\v]nem5t politique devi5t le pr9cipal attribut1 il exi/e 9vitablem5t une sorte de contradiction intime1 directe quoique implicite1 entre une telle disposition et la nature encore militaire de l'organisation temporelle correspondante1 vu la t5dance spontane v]s la plus entire unit de p\voir1 t\j\rs propre l'esprit gu]ri]1 mme aprs l'altration capitale qu'il dut alors subir p> la trans=mation ncessaire du sy/me de conqute en sy/me ess5tiellem5t df5sif4 ,c'e/ surt\t p>-l que cette gr&e sp>ation1 malgr sa haute utilit immdiate1 doit tre reg>de1 cette poque1 comme une t5tative m9emm5t prmature1 dont l'efficacit complte et durable e/ rs]ve au dveloppem5t f9al des socits mod]nes1 puisque l'activit indu/rielle1 dev5ue enf9 prpondrante1 y doit seule tre1 p> sa nature1 ple9em5t compatible avec la consolidation rgulire d'une telle division fondam5tale4 ,en outre1 si l'esprit fodal1 en tant que militaire1 devait tre spontanm5t ho/ile cette in/itution c>actri/ique1 il faut reconnatre que1 d'un autre ct1 l'esprit ca?olique1 en tant que ?ologique1 t5dait aussi1 avec presque autant d'n]gie1 l'altr] radicalem5t en s5s inv]se1 en p\ssant habituellem5t l'autorit sac]dotale dpass] ess5tiellem5t des limites vagues et empiriques1 qui n'avai5t jamais pu tre rellem5t assujties aucun pr9cipe rationnel4 ,une dm>cation vraim5t sy/matique1 dont j'ai dj signal le pr9cipe gnral1 ne p\rra tre un j\r solidem5t tablie entre les deux puissances lm5taires1 sauf les p]turbations secondaires dues l'9vitable conflit des passions huma9es1 que s\s l'asc5dant ultrieur de la philosophie positive1 m9emm5t propre la con/itu] spontanm5t d'aprs l'ensemble des vritables lois de l'organisme social1 comme j'aurai lieu de l'indiqu] spcialem5t dans la suite4 ,tant que l'esprit ?ologique re/e prpondrant1 il e/ clair1 au contraire1 que la triple nature m9emm5t vague1 arbitraire1 et nanmo9s absolue1 qui c>actrise1 de t\te ncessit1 les div]ses conceptions religieuses1 ne saurait p]mettre d'in/itu]1 cet g>d1 aucun fre9 intellectuel et moral1 susceptible de cont5ir suffisamm5t les op9itres /imulations de l'orgueil et les illusions spontanes de la vanit3 en sorte que1 s\s ce rgime1 la sp>ation effective des deux p\voirs a d tre surt\t empirique1 d'aprs l'indp5dance mutuelle propre leurs orig9es respectives1 ma9t5ue ensuite p> leur antagonisme cont9u1 suivant les explications du *apitre prcd5t4 ,la discipl9e m5tale spcialem5t rig\reuse1 et f9alem5t oppressive1 que ces mmes c>actres ess5tiels ont d r5dre de plus en plus indisp5sable1 af9 d'entret5ir1 d'une manire aussi prcaire que pnible1 une conv]g5ce conv5able1 a d d'ailleurs =tifi] beauc\p la t5dance 9vitable du p\voir sac]dotal l'usurpation univ]selle4 ,enf91 quoique la plup>t des philosophes ai5t1 cet g>d1 attribu une influ5ce trs exagre la pr9cipaut temporelle annexe au suprme pontificat1 puisque cette s\v]a9et exceptionnelle n'a pris une gr&e importance qu'au temps mme o le sy/me ca?olique tait dj en ple9e dcomposition politique1 il ne faut pas cep5dant nglig] cette considration secondaire1 qui1 en t\t temps1 a d accessoirem5t conc\rir dvelopp]1 *ez les papes1 leur disposition spontane l'entire confusion des div]s p\voirs sociaux4 ,telle e/ donc1 en rsum1 s\s t\s les aspects ess5tiels1 la s+ulire nature du rgime propre au moy5-ge1 que l'esprit fodal et l'esprit ca?olique1 qui en con/ituai5t les deux lm5ts gnraux1 t5dai5t ncessairem5t1 *acun sa manire1 l'un p> suite d'une civilisation trop imp>faite1 l'autre cause d'une philosophie trop vicieuse1 ru9] radicalem5t la division fondam5tale qui c>actrisait surt\t cette mmorable con/itution1 dont la de/9ation purem5t transitoire ne saurait tre plus videmm5t vrifie que p> un contra/e aussi dcisif4 ,a9si1 ce n'e/ po9t la dcomposition spontane de ce rgime1 p>tir du quatorzime sicle1 qui devrait habituellem5t n\s tonn]2 ce s]ait bi5 plutt sa p]man5ce effective jusqu' cette poque1 si elle n'tait dj suffisamm5t explique1 soit p> le trop faible essor des n\veaux lm5s sociaux1 soit p> la ralisation jusque alors incomplte de son (fice1 fondam5tal quoique temporaire1 p\r l'ensemble de l'volution sociale1 con=mm5t nos dmon/rations antrieures4 ,on obti5dra des conclusions analogues en considrant ma9t5ant la pr9cipale subdivision de *acun des deux gr&s p\voirs1 spirituel ou temporel1 c'e/--dire la relation correspondante entre l'autorit c5trale et les autorits locales4 ,il e/ ais de s5tir1 cet g>d1 que l'h>monie intrieure de *aque p\voir ne p\vait tre plus /able que leur comb9aison mutuelle4 ,dans l'ordre spirituel1 on ne saurait d\t] que la hir>*ie ca?olique1 malgr l'm95te supriorit de son n]gique coord9ation1 ne contnt ncessairem5t1 p> la nature du sy/me1 des g]mes spontans d'une 9vitable dissolution intime1 indp5dante d'aucune ho/ilit directe1 quant aux relations gnrales entre la suprme autorit sac]dotale et les div]s cl]gs nationaux4 ,ces discordances intrieures devai5t c]ta9em5t outrepass] beauc\p ce degr univ]sel de p]turbation lm5taire que l'imp]fection de l'humanit r5d insp>able de t\te con/itution quelconque2 elles avai5t alors un c>actre et une int5sit propres au rgime ?ologique correspondant4 ,les imm5ses ef=ts entrepris1 cette poque1 avec tant de p]svrance1 p> les hommes les plus avancs1 p\r ralis]1 au pr(it de la civilisation mod]ne1 t\s les moy5s d'ordre dont le mono?isme e/ susceptible1 mrit]ont t\j\rs d'autant plus la respectueuse admiration des vrais philosophes1 qu'une telle proprit e/ mo9s con=me la nature des doctr9es ?ologiques1 surt\t depuis la sp>ation1 d'ailleurs si indisp5sable1 entre les deux puissances fondam5tales4 ,quoiqu'on attribue abusivem5t aux op9ions religieuses une t5dance absolue dt]m9] et entret5ir la conv]g5ce intellectuelle et morale1 il e/ c]ta9 que l'esprit ?ologique1 dans la situation m5tale que suppose l'tablissem5t rguli] du mono?isme1 et avant mme que son pr9cipal asc5dant ait pu tre directem5t m5ac1 ne peut rellem5t conduire au degr suffisant d'unit sans la pnible int]v5tion cont9ue d'une discipl9e artificielle trs rig\reuse1 et bi5tt plus ou mo9s oppressive1 dont le ma9ti5 doit graduellem5t dev5ir incompatible1 soit avec les prt5tions excessives de ceux qui la dirig5t1 soit avec les rsi/ances exagres de ceux qui la subiss5t3 c'e/ ce qui rsulte videmm5t du c>actre vague et arbitraire1 et p> suite ncessairem5t discordant1 d'une telle philosophie1 librem5t et activem5t cultive4 ,avant que ce pr9cipe fondam5tal de dissolution ait pu produire1 comme je l'indiqu]ai ci-dess\s1 la dsorganisation f9ale de cette philosophie1 il a d ex]c] d'abord son 9vitable influ5ce en t5dant long-temps tr\bl] pr(ondm5t l'ensemble de la hir>*ie ca?olique1 lorsque les rsi/ances p>tielles p\vai5t acqurir une vritable importance p> leur conc5tration spontane en oppositions nationales1 s\s l'assi/ance naturelle des p\voirs temporels respectifs4 ,les mmes causes fondam5tales qui1 d'aprs le *apitre prcd5t1 avai5t d tant limit]1 en ralit1 l'ext5sion t]ritoriale du ca?olicisme1 agissai5t alors1 s\s cet autre aspect1 p\r ru9] sa con/itution intrieure1 mme indp5damm5t de t\te dissid5ce dogmatique4 ,dans le pays qui1 suivant la ju/e et unanime apprciation des pr9cipaux philosophes ca?oliques1 fut1 p5dant t\t le c\rs du moy5-ge1 le pr9cipal appui du sy/me ecclsia/ique1 le cl]g national s'tait t\j\rs attribu1 presque ds l'orig9e1 env]s la suprme autorit sac]dotale1 des privilges spciaux1 que les papes ont s\v5t proclam1 avec raison mais sans succs1 ess5tiellem5t contraires l'ensemble des conditions de l'exi/5ce politique du ca?olicisme3 et cette opposition ne devait pas1 sans d\te1 tre mo9s relle1 quoique mo9s nettem5t =mule1 *ez les peuples plus loigns du c5tre pontifical4 ,la papaut1 d'une autre "p1 t5dait1 en s5s inv]se1 mais avec autant d'efficacit1 la dissolution spontane de cette indisp5sable subord9ation1 p> sa disposition croissante une exorbitante c5tralisation1 qui1 au pr(it de plus en plus exclusif des ambitions itali5nes1 devait ju/em5t s\lev] p>t\t ailleurs d'n]giques et op9itres susceptibilits nationales4 ,tel e/ le d\ble ef=t cont9u qui1 avant mme t\te scission de doctr9es1 t5dait directem5t diss\dre l'unit intrieure du ca?olicisme1 en le dcomposant1 contre son esprit fondam5tal1 en glises nationales indp5dantes4 ,on voit que ce pr9cipe de dcomposition quivaut ess5tiellem5t1 dans un ordre de relations plus p>ticuli]1 celui prcdemm5t c>actris env]s la comb9aison politique la plus gnrale3 il rsulte1 encore plus clairem5t1 non d'influ5ces plus ou mo9s accid5telles1 mais de la nature mme d'un tel sy/me1 considr surt\t dans ses bases intellectuelles trop imp>faites1 et malgr l'admirable supriorit de sa /ructure propre1 apprcie au *apitre prcd5t4 ,s\s l'un comme s\s l'autre aspect1 cette dsorganisation spontane devait se tr\v] suffisamm5t cont5ue tant que le sy/me n'avait po9t acquis t\t son dveloppem5t pr9cipal1 et conv5ablem5t ralis sa gr&e mission temporaire4 ,mais ri5 ne p\vait ensuite emp*] une imm95te dcomposition qu&1 p> l'accomplissem5t ess5tiel de ces deux conditions1 la considration d'un b d'activit commun a ncessairem5t cess d'tre assez prpondrante p\r dt\rn] ces div]s lm5s de leur discordance naturelle4 ,j'ai cru devoir ici c>actris] directem5t1 d'une manire spciale quoique sommaire1 cette dcomposition intrieure de la hir>*ie ca?olique1 p>ce que la spontanx en e/ jusque ici trs mal apprcie1 p> suite de l'illusion trs excusable qui rsulte1 ce sujet1 d'un s5tim5t exagr de la p]fection de cette admirable conomie1 o p]sonne n'avait pu encore disc]n] conv5ablem5t les m95s attributs dus au beau gnie politique de ses nobles fondateurs d'avec les imp]fections radicales imposes p> la nature d'un tel ge social comb9e avec celle de la philosophie correspondante1 et qui ne p\vai5t p]mettre cette imm5se cration qu'une de/9e fugitive et prcaire4 ,mais n\s sommes heureusem5t disp5ss d'une semblable laboration env]s l'organisation temporelle1 o l'antagonisme fondam5tal entre le p\voir c5tral de la royaut et les p\voirs locaux des div]ses classes de la hir>*ie fodale a t assez bi5 apprci1 en gnral1 p> div]s philosophes et surt\t p> ,montesquieu1 p\r n'exig] ici aucun n\vel exam51 si ce n'e/ ci-dess\s quant ses rsultats pr9cipaux4 ,la conciliation t5te p> l'ordre fodal proprem5t dit1 entre les deux t5dances contradictoires l'isolem5t et la conc5tration1 qui s'y tr\vai5t p>eillem5t consacres1 ne p\vait1 videmm5t1 comport] qu'une exi/5ce imp>faite et passagre1 qui ne p\vait survivre sa de/9ation purem5t temporaire1 et qui devait ncessairem5t entran] la ru9e spontane d'une telle conomie1 soit que l'un ou l'autre des deux lm5s dt acqurir graduellem5t une 9vitable prpondrance1 suivant la di/9ction ci-aprs explique4 ,trois rflexions gnrales mrit5t d'tre ici nes au sujet de cette spontanx de dcomposition qui1 tant d'g>ds1 c>actrise si hautem5t le rgime propre au moy5-ge4 ,la premire1 dj indique1 consi/e y voir une confirmation dcisive de l'apprciation fondam5tale tablie au *apitre prcd5t sur la nature ess5tiellem5t transitoire de cette phase extrme du sy/me ?ologique et militaire4 ,on peut a9si s5tir aism5t que t\t doit sembl] radicalem5t contradictoire et pr(ondm5t incomprh5sible dans l'tude sociale du moy5-ge1 en s'ob/9ant jug] un tel rgime d'aprs l'esprit absolu de la philosophie politique auj\rd'hui dom9ante1 t&is que1 au contraire1 t\t s'y coordonne naturellem5t et s'y explique sans ef=t p> cette conception rationnelle d'un (fice indisp5sable mais ncessairem5t passag] p\r l'ensemble de l'volution huma9e4 ,en second lieu1 l'aptitude spciale de ce rgime second] m9emm5t l'essor direct des n\veaux lm5s sociaux n'e/ pas mo9s clairem5t manife/e p> cette dcomposition spontane1 que sa t5dance c>actri/ique p]mettre graduellem5t la dsorganisation f9ale du sy/me ?ologique et militaire4 ,c>1 les div]s conflits p]man5s ci-dessus apprcis tai5t1 p> leur nature1 extrmem5t propres facilit] et mme /imul] un tel essor1 a9si que je l'indiqu]ai plus expressm5t au *apitre suivant1 en intressant immdiatem5t *acun des diffr5s p\voirs antagoni/es au dveloppem5t cont9u des n\velles =ces sociales p>ticulires la civilisation mod]ne1 p> le beso9 d'y tr\v] d'importans auxiliaires dans leurs conte/ations mutuelles4 ,il faut1 en d]ni] lieu1 reg>d] cette spontanx de dcomposition comme un c>actre vraim5t di/9ctif du rgime ca?olique et fodal1 en ce s5s qu'elle y tait beauc\p plus pr(ondm5t m>que qu'en aucun autre rgime antrieur4 ,dans l'ordre spirituel surt\t1 dont la cohr5ce tait p\rtant bi5 plus p>faite1 il e/ =t rem>quable1 ce me semble1 que les premi]s ag5s de la dsorganisation du ca?olicisme soi5t t\j\rs et p>t\t sortis du se9 mme du cl]g ca?olique2 t&is que le passage du poly?isme au mono?isme n'a jamais prs5t ri5 d'analogue1 p> suite de cette confusion fondam5tale des deux puissances qui c>actrisait le rgime poly?ique de l'antiquit4 ,telle e/1 en gnral1 la de/9e purem5t provisoire de la philosophie ?ologique que1 mesure qu'elle se p]fectionne intellectuellem5t et moralem5t1 elle devi5t t\j\rs mo9s consi/ante et mo9s durable1 comme le tmoigne hautem5t l'exam5 comp>atif de ses pr9cipales phases hi/oriques2 c>1 le fti*isme primitif tait rellem5t encore mieux enrac9 et plus /able que le poly?isme lui-mme1 qui1 son t\r1 a c]ta9em5t surpass le mono?isme soit en vigueur intr9sque1 soit en dure effective3 ce qui1 avec les pr9cipes ord9aires1 doit naturellem5t con/itu] un p>adoxe inexplicable1 que notre ?orie1 au contraire1 rs\t avec facilit1 en reprs5tant spontanm5t le progrs rationnel des conceptions ?ologiques comme ayant d surt\t consi/] en un cont9uel dcroissem5t d'int5sit4 ,une considration trop exclusive de cette rem>quable spontanx de dcomposition qui c>actrise l'ensemble du rgime propre au moy5-ge1 p\rrait d'abord faire p5s] que la dsorganisation ncessaire de ce rgime aurait pu tre a9si entirem5t ab&onne son c\rs naturel1 jusqu' ce que les n\veaux lm5s sociaux fuss5t assez dvelopps p\r entrepr5dre une lutte directe et dcisive1 sans exig] la prilleuse int]v5tion spciale d'une doctr9e critique =mellem5t rige en sy/me de ngation absolue1 et de faon1 p> suite1 vit] ess5tiellem5t les imm5ses emb>ras qui en sont rsults4 ,mais une semblable apprciation s]ait aussi vicieuse1 en s5s inv]se1 que l'hypo?se ord9aire1 ci-dessus rectifie1 qui1 exagrant1 au-del de t\te possibilit1 la vraie puissance de cette philosophie ngative1 en fait uniquem5t driv] t\te la dissolution de la con/itution ca?olique et fodale1 indp5damm5t d'aucune dcomposition spontane4 ,c>1 celle-ci1 quoique ayant d prcd]1 re/ait ncessairem5t insuffisante1 si1 p>v5ue un c]ta9 degr1 ci-aprs dt]m91 sa m>*e n'et enf9 pris graduellem5t un c>actre sy/matique1 rig\reusem5t indisp5sable la vritable issue gnrale d'une telle laboration sociale4 ,non-seulem5t la doctr9e critique ou rvolutionnaire a1 videmm5t1 contribu beauc\p acclr] et propag] la dsorganisation naturelle du rgime propre au moy5-ge1 et p> suite de l'ensemble du sy/me ?ologique et militaire1 dont il con/ituait la d]nire phase ess5tielle3 mais sa pr9cipale de/9ation1 o elle ne p\vait tre aucunem5t supple1 a surt\t consi/ s]vir alors d'organe ncessaire au beso9 croissant d'une entire rorganisation sociale1 en manife/ant l'impuissance de plus en plus complte du sy/me anci5 dirig] le m\vem5t fondam5tal de la civilisation mod]ne1 et en r5dant hautem5t irrvocable cette dissolution spontane1 qui1 sans cela1 et t5du naturellem5t faire concevoir la gr&e solution politique comme t\j\rs rductible une simple re/auration1 quoique celle-ci devnt1 au fond1 de plus en plus *imrique4 ,dans leurs luttes mme les plus int5ses1 les div]ses =ces ca?oliques et fodales cons]vai5t spontanm5t un respect s9cre et pr(ond p\r t\s les pr9cipes ess5tiels de la con/itution gnrale1 sans s\ponn] la porte f9ale des graves atte9tes qu'ils devai5t indirectem5t recevoir de tels dbats3 en sorte que cet antagonisme spontan et pu se prolong] presque indf9im5t sans c>actris] la dcad5ce radicale du rgime correspondant1 tant que ri5 de sy/matique ne v5ait s'y ml] p\r consacr]1 p> une =mule ngative correspondante1 *acune des p]tes successives du rgime anci51 a9si dev5ues irrp>ables4 ,un exam5 sup]ficiel p\rrait d'abord faire confondre1 p> exemple1 l'audacieuse spoliation des glises franaises et g]maniques au pr(it des *evali]s de ,*>les-,m>tel1 avec l'avide usurpation des bi5s ecclsia/iques p> les b>ons anglais du seizime sicle2 et cep5dant l'une n'tait1 au fond1 qu'une p]turbation grave mais mom5tane1 bi5tt suivie d'une l>ge et facile rp>ation1 t&is que l'autre t5dait hautem5t la ru9e irrvocable de l'organisation ca?olique3 or1 cette diffr5ce capitale entre deux mesures matriellem5t analogues rsulte surt\t de ce que la premire1 indp5dante de t\t pr9cipe ho/ile1 ne con/ituait qu'un viol5t expdi5t f9anci]1 d au s5tim5t1 peut-tre exagr1 d'un imm95t beso9 public1 au lieu que la seconde se ratta*ait directem5t une doctr9e =melle de dsorganisation sy/matique de la hir>*ie sac]dotale4 ,c'e/ a9si que1 t\s g>ds1 et dans ses div]s degrs1 la philosophie ngative ou rvolutionnaire des trois d]ni]s sicles1 quoique ne p\vant tre primitivem5t qu'une simple consqu5ce gnrale de la n\velle situation sociale am5e p> la dissolution spontane du rgime anci51 devait ensuite ex]c] une indisp5sable raction p\r imprim] cette m>*e naturelle un c>actre vraim5t dcisif1 propre mettre en vid5ce le beso9 croissant d'une rgnration f9ale3 jusque l1 et tant que la dcomposition1 purem5t politique ou mme morale1 ne s't5dait po9t directem5t aux pr9cipes intellectuels de l'antique con/itution1 les altrations successives1 quelque graves qu'elles puss5t tre1 d'aprs les diffr5s conflits p>tiels1 se prs5tai5t t\j\rs ncessairem5t comme susceptibles de rectifications suffisantes l'issue de conflits inv]ses4 ,sans l'influ5ce ncessaire de cette doctr9e critique1 les peuples mod]nes euss5t consum indf9im5t leur pr9cipale activit politique en une dplorable prolongation1 aussi dang]euse que /rile1 de l'antagonisme propre au moy5-ge1 entre les lm5s d'un sy/me dj ess5tiellem5t branl et t5dant spontanm5t ds lors dev5ir de plus en plus ho/ile au dveloppem5t ultrieur de l'volution sociale4 ,c>1 malgr son impuissance f9ale dirig] dsormais le m\vem5t huma91 ce sy/me devait naturellem5t cons]v] ses prt5tions la suprmatie tant qu'elle ne lui tait pas directem5t dnie2 en sorte qu'aucune vritable rorganisation ne p\vait tre ni t5te1 ni mme conue1 tant qu'un tel dblai n'tait pas d'abord suffisamm5t opr4 ,a quelques orages qu'ait donn lieu cette indisp5sable opration pralable1 il s]ait d'ailleurs inju/e de mconnatre qu'elle a d t\tefois en prv5ir beauc\p d'autres1 ds lors mme difficilem5t apprciables1 en posant seule un t]me rellem5t dcisif la suite presque indf9ie des agitations inte/9es de l'anci5 sy/me social4 ,tel devait donc tre le pr9cipal (fice directem5t propre la doctr9e critique1 que la dcomposition spontane de la con/itution ca?olique et fodale r5dait seulem5t possible1 sans p\voir aucunem5t y suppler4 ,quant l'hypo?se qui reprs5t]ait la dissolution f9ale du rgime mono?ique comme ayant pu s'accomplir1 d'une manire ess5tiellem5t calme1 sans exig] l'int]v5tion active et prolonge d'une semblable doctr9e1 p> la seule opposition naturelle des n\veaux lm5s sociaux1 on n'y saurait voir c]ta9em5t qu'une pure utopie philosophique1 entirem5t inconciliable avec la vritable m>*e de la civilisation mod]ne3 puisque1 aprs leur premi] lan au moy5-ge1 l'esprit sci5tifique et l'activit indu/rielle1 lo9 d'tre immdiatem5t susceptibles d'une de/9ation politique qui n'et alors ab\ti qu' entrav] leur essor c>actri/ique1 ne p\vai5t ensuite se dvelopp] conv5ablem5t que lorsque le sy/me ?ologique et militaire aurait d'abord t suffisamm5t branl1 a9si que je l'expliqu]ai spcialem5t au *apitre suivant1 quoique leur influ5ce sociale ait d dev5ir1 en d]ni] lieu1 et surt\t auj\rd'hui1 la meilleure g>antie contre t\te va9e re/auration du pass4 ,l'9vitable avnem5t de cette philosophie ngative n'e/ pas son t\r1 plus difficile dmontr] que son indisp5sable coopration dans l'volution gnrale des socits mod]nes4 ,en s'arrtant surt\t1 comme n\s p\vons le faire en ce mom5t1 la premire des deux phases ess5tielles que j'y di/+u]ai ci-aprs1 et qui ab\tit la dsorganisation radicale de la con/itution ca?olique p> le prote/antisme proprem5t dit1 il e/ ais de compr5dre qu'elle devait spontanm5t rsult]1 en temps conv5able1 de la nature mme du rgime mono?ique4 ,d'abord1 le mono?isme introduit t\j\rs ncessairem5t1 au se9 de la ?ologie1 un c]ta9 esprit individuel d'exam5 et de discussion1 p> cela seul que les croyances secondaires n'y saurai5t tre spcialises au mme degr que dans le poly?isme1 o les mo9dres dtails tai5t d'avance dogmatiquem5t fixs3 c'e/ a9si que t\t rgime mono?ique doit naturellem5t procur] aux intellig5ces un premi] tat normal de lib]t philosophique1 ne ft-ce que p\r dt]m9] le mode propre d'adm9i/ration de la puissance surnaturelle dans *aque cas p>ticuli]4 ,aussi l'esprit d'hrsie ?ologique1 videmm5t trang] au poly?isme1 fut-il con/amm5t insp>able d'un mono?isme quelconque1 p> suite des 9vitables div]g5ces que doit produire cette libre activit spculative l'g>d de conceptions ess5tiellem5t vagues et arbitraires4 ,mais cette t5dance univ]selle du mono?isme1 que l'islamisme lui-mme laisse di/9ctem5t ap]cevoir1 devait videmm5t recevoir du ca?olicisme son pr9cipal dveloppem5t1 comme je l'ai dj indiqu au *apitre prcd5t1 cause de la division fondam5tale des deux puissances qui en con/ituait le c>actre ess5tiel3 puisqu'une telle sp>ation provoquait directem5t l'ext5sion rgulire des habitudes de libre exam5 depuis les discussions purem5t ?ologiques jusqu'aux que/ions vraim5t sociales1 p\r y con/at] successivem5t les lgitimes applications spciales de la doctr9e commune4 ,quoique cette influ5ce ncessaire se soit fait plus ou mo9s s5tir p5dant t\t le c\rs du moy5-ge1 la dcomposition spontane du rgime correspondant a d surt\t lui procur] un n]gique accroissem5t1 d'aprs l'usage plus cont9u et plus important d'une telle lib]t intellectuelle dans le d\ble conflit gnral1 ci-dessus apprci1 qui a naturellem5t dsorganis le sy/me ca?olique1 soit p> la lutte des div]s p\voirs temporels contre le p\voir spirituel1 soit p> l'opposition des cl]gs nationaux au pontificat c5tral4 ,telle e/1 en ralit1 l'orig9e primitive1 c]tes ple9em5t 9vitable1 de cet appel au libre exam5 individuel1 qui c>actrise ess5tiellem5t le prote/antisme1 premire phase gnrale de la philosophie rvolutionnaire4 ,les docteurs qui s\t9r5t si long-temps contre les papes l'autorit des rois1 ou les rsi/ances correspondantes des glises nationales aux dcisions roma9es1 ne p\vai5t c]ta9em5t vit] de s'attribu]1 d'une manire de plus en plus sy/matique1 un droit p]sonnel d'exam51 qui1 de sa nature1 ne devait pas1 sans d\te1 re/] indf9im5t conc5tr entre de telles intellig5ces ni sur de telles applications2 et qui1 en effet1 spontanm5t t5du ensuite1 p> une inv9cible ncessit1 la fois m5tale et sociale1 t\s les individus et t\tes les que/ions1 a graduellem5t am5 la de/ruction radicale1 d'abord de la discipl9e ca?olique1 ensuite de la hir>*ie1 et enf9 du dogme lui-mme4 ,une aussi vid5te filiation gnrale ne saurait exig] ici de plus amples explications1 sauf celles que son usage ultrieur va bi5tt faire implicitem5t s5tir4 ,quant au c>actre propre de cette philosophie transitoire1 dont l'int]v5tion croissante1 p5dant les trois d]ni]s sicles1 e/ ma9t5ant dmontre1 en pr9cipe1 non mo9s 9vitable qu'indisp5sable1 il e/ clairem5t dt]m9 p> la nature mme de la de/9ation que n\s lui avons reconnue1 et laquelle p\vait seule conv5ablem5t satisfaire une doctr9e sy/matique de ngation absolue1 successivem5t t5due aux pr9cipales que/ions morales et sociales1 comme je l'ai dj suffisamm5t tabli1 quoique une autre int5tion1 ds le db du volume prcd5t4 ,c'e/ ce que la raison publique a depuis long-temps ess5tiellem5t reconnu1 d'une manire implicite mais irrcusable1 en consacrant1 d'un aveu unanime1 la dnom9ation trs expressive de prote/antisme1 qui1 bi5 que re/re9te ord9airem5t au premi] tat d'une telle doctr9e1 ne convi5t pas mo9s1 au fond1 l'ensemble total de la philosophie rvolutionnaire4 ,en effet1 cette philosophie1 depuis le simple lu?ranisme primitif1 jusqu'au disme du sicle d]ni]1 et sans mme except] ce qu'on nomme l'a?isme sy/matique1 qui en con/itue la plus extrme phase#be1 n'a jamais pu tre hi/oriquem5t qu'une prote/ation croissante et de plus en plus m?odique contre les bases intellectuelles de l'anci5 ordre social1 ultrieurem5t t5due1 p> une suite ncessaire de sa nature absolue1 t\te vritable organisation quelconque4 ,a quelques graves dang]s que dt expos] cet esprit radicalem5t ngatif1 il faut y reconnatre une condition fondam5tale de la gr&e transition intellectuelle et sociale que devait f9alem5t dirig] une telle philosophie4 ,c>1 dans les div]ses rvolutions antrieures1 qui n'avai5t jamais pu consi/] qu'en des modifications plus ou mo9s pr(ondes d'un mme sy/me primordial1 l'ent5dem5t huma9 p\vait t\j\rs subordonn] ess5tiellem5t la de/ruction de *aque =me anci5ne l'in/itution d'une =me n\velle dont il ap]cevait plus ou mo9s nettem5t le pr9cipal c>actre1 de manire vit] la situation exclusivem5t critique3 or il n'en p\vait plus tre a9si p\r cette rvolution f9ale1 de/9e accomplir la plus entire rnovation1 non-seulem5t sociale1 mais d'abord et surt\t m5tale1 que puisse (frir l'ensemble total de l'volution huma9e4 ,l'indisp5sable obligation1 ci-dessus c>actrise1 d'excut] ou du mo9s de con/itu] alors l'opration critique long-temps avant que les n\veaux lm5s sociaux puss5t tre assez labors p\r indiqu] spontanm5t1 mme p> une vague approximation gnrale1 la vraie t5dance df9itive de l'humanit1 conduisait videmm5t concevoir la de/ruction de l'ordre anci5 en vue d'un av5ir radicalem5t indt]m94 ,p> une suite ncessaire de cette situation sans exemple1 les pr9cipes critiques ne p\vai5t c]ta9em5t acqurir t\te l'n]gie conv5able leur de/9ation qu'en dev5ant enf9 ess5tiellem5t absolus4 ,si des conditions quelconques avai5t d tre t\j\rs imposes aux droits ngatifs dont ils proclamai5t l'ex]cice sy/matique1 comme elles ne p\vai5t encore se rapport] aucunem5t au n\veau sy/me social1 dont la nature re/e1 mme auj\rd'hui1 trop imp>faitem5t connue1 elles aurai5t t =cm5t inspires p> l'organisation mme qu'il s'agissait de dtruire1 d'o s]ait rsult l'avortem5t total de cette indisp5sable opration rvolutionnaire4 ,je dois me born] ici ratta*] le pr9cipe gnral de cette importante explication l'ensemble de notre apprciation hi/orique3 quant ses dveloppem5ts les plus ess5tiels1 ils ont t dj suffisamm5t indiqus au qu>ante-sixime *apitre1 quoique s\s un aspect un peu diffr5t2 la p>ticipation spciale des div]s dogmes critiques leur de/9ation commune se tr\v]a d'ailleurs hi/oriquem5t dt]m9e ci-dess\s1 au mo9s s\s =me implicite4 ,le pr(ond c>actre d'ho/ilit et de dfiance sy/matiques1 de plus en plus manife/ p> cette philosophie ngative env]s t\t p\voir quelconque1 sa t5dance in/9ctive et absolue au contrle et la rduction des div]ses puissances sociales1 sont dsormais assez motivs1 soit dans leur 9vitable orig9e1 soit dans leur b indisp5sable1 p\r que le lecteur att5tif puisse aism5t suppler aux claircissem5s secondaires que je suis oblig d'c>t] ce sujet4 ,note #be3 ,quoique cette phase f9ale de la philosophie mtaphysique doive tre1 p> cela mme1 suivant notre ?orie1 la plus rappro*e de l'tat positif1 et =m] a9si1 surt\t auj\rd'hui1 une d]nire prp>ation indisp5sable au vrai rgime df9itif de l'ent5dem5t huma91 une apprciation sup]ficielle ou malveillante peut seule faire confondre avec la philosophie positive une doctr9e aussi m9emm5t ngative1 ncessairem5t plus transitoire qu'aucune autre1 qui condamne1 d'une manire dogmatiquem5t absolue1 t\te coopration ess5tielle des croyances religieuses l'volution gnrale de l'humanit1 o la philosophie positive leur assigne rationnellem5t1 au contraire1 d'aprs sa loi la plus fondam5tale1 un (fice initial1 long-temps indisp5sable1 t\s g>ds1 bi5 que ncessairem5t provisoire4 ,la prpondrance d'un tel sy/me ne saurait1 au fond1 ab\tir1 dans la pratique1 en sub/ituant le culte de la nature celui du crateur1 qu' organis] une sorte de pan?isme mtaphysique1 d'o l'esprit p\rrait aism5t rtrograd] v]s les div]ses phases successives du sy/me ?ologique plus ou mo9s modifi1 de manire con/itu] bi5tt une situation encore plus loigne1 en ralit1 que l'tat purem5t ca?olique du vritable rgime positif4 ,j'ai cru conv5able d'indiqu]1 en passant1 cette explication spciale1 qui s'adresse exclusivem5t aux juges de bonne foi3 quant aux autres1 il s]ait videmm5t sup]flu de s'en occup]4 ,af9 de complt] conv5ablem5t cette apprciation ab/raite de la m>*e gnrale propre la doctr9e critique ou rvolutionnaire des trois d]ni]s sicles1 il ne me re/e plus qu' tablir sommairem5t la division ncessaire de son dveloppem5t ess5tiel en deux gr&es phases successives1 qui p>tag5t cette mmorable priode hi/orique en deux portions peu 9gales4 ,dans la premire1 qui compr5d les div]ses =mes pr9cipales du prote/antisme proprem5t dit1 le droit individuel d'exam51 quoique ple9em5t proclam1 re/e nanmo9s t\j\rs cont5u entre les limites plus ou mo9s t5dues de la ?ologie *rti5ne1 et1 p> suite1 l'esprit de discussion dissolvante1 accessoirem5t relatif au dogme1 s'atta*e alors surt\t ru9]1 au nom mme du *ri/ianisme1 l'admirable sy/me de la hir>*ie ca?olique1 qui en con/ituait socialem5t la seule ralisation fondam5tale3 c'e/ l que le c>actre d'inconsqu5ce inhr5t l'ensemble de la philosophie ngative se tr\ve le plus hautem5t prononc1 p> la prt5tion con/ante r=m] le *ri/ianisme en dtruisant radicalem5t les plus indisp5sables conditions de son exi/5ce politique4 ,la seconde phase se rapporte ess5tiellem5t aux div]s projets de disme plus ou mo9s pur propres ce qu'on appelle vulgairem5t la philosophie du ,x,v,i,i,ie sicle1 quoique sa =mation m?odique app>ti5ne rellem5t au milieu du sicle prcd5t2 le droit d'exam5 y e/1 en pr9cipe1 reconnu indf9i1 mais on croit va9em5t p\voir1 en fait1 y cont5ir la discussion mtaphysique entre les limites les plus gnrales du mono?isme1 dont les bases intellectuelles sembl5t d'abord 9branlables1 bi5 qu'elles soi5t leur t\r aism5t r5v]ses avant la f9 de cette priode1 p> un prolongem5t ncessaire de la mme laboration critique1 *ez les esprits dont l'mancipation e/ la plus avance3 l'inconsqu5ce m5tale e/ a9si trs notablem5t dim9ue1 p> suite de l'uni=me ext5sion de l'analyse de/ructive1 mais l'incohr5ce sociale y devi5t peut-tre encore plus s5sible1 d'aprs la t5dance absolue fond] t]nellem5t la rgnration politique sur une srie exclusive de simples ngations1 qui ne p\rrai5t f9alem5t ab\tir qu' une an>*ie univ]selle4 ,on peut d'ailleurs reg>d] le soc9ianisme comme ayant naturellem5t f\rni la pr9cipale transition hi/orique de l'une l'autre phase4 ,du re/e1 la seule apprciation prcd5te fait aussitt ressortir1 ce me semble1 la =mation ncessaire de *acune d'elles a9si que leur filiation spontane3 c>1 si1 d'un ct1 l'esprit d'exam5 ne p\vait videmm5t s'arrog] d'abord un ex]cice indf9i1 et devait pralablem5t s'impos] des bornes qui facilitai5t son admission1 il e/ clair1 d'une autre "p1 que ces limites1 bi5 que t\j\rs proposes comme absolues1 ne p\vai5t tre t]nellem5t respectes1 et que mme le premi] usage du droit de discussion avait d conduire de telles divagations ou p]turbations religieuses que les plus n]giques intellig5ces devai5t enf9 pr\v] un pressant beso91 la fois m5tal et social1 de se dgag] entirem5t d'un ordre d'ides aussi arbitraire et aussi discordant1 a9si dev5u directem5t contraire sa vraie de/9ation primitive4 ,la di/9ction gnrale de ces deux phases e/ tellem5t indisp5sable1 que malgr leur ext5sion naturelle1 s\s des =mes div]ses mais politiquem5t quival5tes1 t\s les peuples de l',europe occid5tale1 elles n'ont pas d avoir cep5dant le mme sige pr9cipal1 comme j'aurai lieu de l'indiqu] ci-dess\s4 ,il a d aussi exi/] entre elles une diffr5ce trs prononce quant la p>ticipation plus ou mo9s importante1 quoique t\j\rs seulem5t accessoire1 des n\veaux lm5s sociaux4 ,c>1 l'esprit positif tait c]ta9em5t trop peu dvelopp d'abord1 conc5tr *ez des intellig5ces trop exceptionnelles et trop isoles1 et en mme temps rduit encore des sujets trop re/re9ts1 p\r tre susceptible d'ex]c] aucune notable influ5ce sur l'avnem5t effectif du prote/antisme1 qui a d1 au contraire1 utilem5t acclr] son propre essor3 t&is que1 dans la seconde phase1 sa puissante int]v5tion1 bi5 que presque t\j\rs indirecte1 se fait di/9ctem5t s5tir1 p\r procur] spontanm5t l'analyse anti-?ologique une consi/ance rationnelle qu'elle ne p\vait autrem5t obt5ir1 et qui doit f9alem5t re/] la pr9cipale base de son efficacit ultrieure4 ,telles sont les div]ses considrations fondam5tales que je devais ici tablir sommairem5t sur la m>*e ncessaire et l'en*anem5t naturel des diffr5s degrs ess5tiels propres au gr& m\vem5t de dcomposition radicale1 d'abord spontan1 et ensuite sy/matique1 qui c>actrise surt\t l'volution politique des socits mod]nes p5dant les c9q d]ni]s sicles1 t5dant l'entire dissolution de la con/itution ca?olique et fodale1 d]ni] tat gnral de l'organisme ?ologique et militaire4 ,a9si se tr\ve dj suffisamm5t expliqu1 en pr9cipe1 le pr(ond intrt de tant d'hommes m95s1 et la sympa?ie in/9ctive des masses populaires1 p\r cette longue et mmorable laboration1 qui1 malgr sa nature ess5tiellem5t rvolutionnaire1 n'en con/ituait pas mo9s un prambule /rictem5t ncessaire la rgnration f9ale de l'humanit4 ,son c\rs graduel n'a d1 en effet1 pr\v] d'opposition vraim5t capitale qu'en v]tu des cra9tes lgitimes d'enti] b\lev]sem5t social naturellem5t inspires p> ses div]s progrs c>actri/iques1 et qui p\vai5t seules procur] une vritable n]gie la rsi/ance des anci5s p\voirs1 eux-mmes d'ailleurs spontanm5t entrans1 leur insu1 p>ticip]1 s\s des =mes plus ou mo9s directes1 l'branlem5t univ]sel4 ,les *efs1 volontaires ou involontaires1 qui dirigr5t successivem5t cet imm5se m\vem5t1 la fois politique et philosophique1 fur5t ncessairem5t presque t\j\rs placs1 surt\t depuis le ,x,v,ie sicle1 dans une situation gnrale extrmem5t difficile1 qui doit faire jug] avec une indulg5ce spciale l'ensemble de leurs oprations1 d'aprs l'obligation1 de plus en plus contradictoire1 et nanmo9s insurmontable1 de satisfaire galem5t aux beso9s simultans d'ordre et de progrs1 qui1 bi5 que p>eillem5t imprieux1 devai5t alors t5dre graduellem5t dev5ir presque inconciliables4 ,p5dant t\te cette priode1 on doit reg>d] la haute capacit politique comme ayant surt\t consi/ p\rsuivre1 avec une infatigable sagesse1 dirige p> une heureuse apprciation in/9ctive de la vraie situation sociale1 la dmolition cont9ue de l'ordre anci51 t\t en vitant1 autant que possible1 les p]turbations an>*iques1 sans cesse imm95tes1 v]s lesquelles t5dai5t spontanm5t les conceptions critiques qui devai5t prsid] cette dsorganisation1 de manire tir] f9alem5t une vritable utilit sociale de ce mme esprit d'inconsqu5ce logique qui les c>actrisait con/amm5t4 ,cette habilet fondam5tale1 dans l'usage politique de la critique mtaphysique1 n'tait c]tes1 eu g>d aux temps1 ni mo9s importante ni mo9s dlicate que celle si ju/em5t admire1 l'poque prcd5te1 quant la salutaire application sociale de la doctr9e ?ologique1 dont l'adm9i/ration mal dirige p\vait dev5ir galem5t fune/e1 quoique suivant d'autres modes4 ,en mme temps1 l'extrme imp]fection logique de cette philosophie ngative1 nanmo9s t\j\rs sortie f9alem5t victorieuse des div]s dbats ess5tiels qu'elle a successivem5t suscits ou s\t5us1 e/ m9emm5t propre vrifi] son intime h>monie spontane avec les pr9cipaux beso9s de la situation sociale correspondante2 puisque1 dans t\te autre hypo?se1 son succs effectif s]ait videmm5t inexplicable1 mo9s de rec\rir l'absurde expdi5t de plusieurs philosophes rtrogrades1 conduits1 p> l'insuffisance radicale de leurs ?ories hi/oriques1 suppos] srieusem5t1 cet g>d1 une sorte de dlire *ronique et univ]sel1 qui aurait a9si miraculeusem5t surgi depuis trois sicles *ez l'lite de l'humanit4 ,n\s ne p\vons donc plus considr] dsormais l'ensemble de ce mmorable m\vem5t critique qu'en y voyant sans cesse1 non une simple p]turbation accid5telle1 mais l'un des degrs ncessaires de la gr&e volution sociale1 quelques graves dang]s qu'entrane d'ailleurs auj\rd'hui son irrationnelle prolongation exclusive4 ,avant de p\ss] plus lo9 l'analyse gnrale d'une telle opration1 p> la sa9e apprciation hi/orique de ses pr9cipaux rsultats df9itifs1 il e/ indisp5sable de dt]m9] ma9t5ant1 d'une manire spciale quoique sommaire1 quels dur5t tre proprem5t ses organes ess5tiels1 dont la nature di/9ctive a d beauc\p influ] sur l'accomplissem5t effectif de la phase rvolutionnaire qui vi5t d'tre ab/raitem5t c>actrise4 ,ces div]s organes ayant d ex]c] leur plus gr&e activit sociale en un temps dont l'absorption croissante du p\voir spirituel p> le p\voir temporel con/itue ncessairem5t le pr9cipal c>actre politique1 la di/9ction gnrale entre ces deux puissances n'y saurait tre =t nettem5t tran*e1 et y semble mme d'abord impossible p\rsuivre1 quoiqu'elle doive1 priori1 se retr\v] t\j\rs1 s\s une =me quelconque1 dans t\s les aspects fondam5taux propres la civilisation mod]ne4 ,mais1 p> une plus pr(onde analyse1 il devi5t ais de reconnatre hi/oriquem5t1 p>mi les diffr5tes =ces sociales qui ont prsid la transition rvolutionnaire des c9q d]ni]s sicles1 une division naturelle en deux classes vraim5t di/9ctes1 malgr leur intime aff9it1 celle des mtaphysici5s et celle des lgi/es1 dont la premire con/itue1 en ralit1 l'lm5t spirituel et la seconde l'lm5t temporel de cette sorte de rgime mixte et quivoque qui devait correspondre cette situation de plus en plus contradictoire et exceptionnelle4 ,t\s deux devai5t1 en temps conv5able1 comme je vais l'indiqu]1 man] spontanm5t des lm5s respectifs de l'anci5 sy/me1 l'un de la puissance ca?olique1 l'autre de l'autorit fodale1 et con/itu] ensuite env]s eux une rivalit graduellem5t ho/ile1 quoique long-temps secondaire4 ,leur commun essor comm5ce dev5ir trs di/9ct dans les temps mme de la plus gr&e spl5deur du rgime mono?ique1 surt\t en ,italie1 qui1 p5dant le c\rs enti] du moy5-ge1 a t\j\rs hautem5t devanc1 s\s t\s les rapports quelconques1 mme sociaux1 t\t le re/e de l'occid5t1 et o l'on rem>que1 en effet1 ds le ,x,i,ie sicle1 l'importance rapidem5t croissante1 non-seulem5t des mtaphysici5s1 mais aussi des lgi/es1 pr9cipalem5t *ez les villes libres de la ,lomb>die et de la ,toscane4 ,mais ces =ces n\velles ne p\vai5t cep5dant dvelopp] leur vrai c>actre propre que dans les gr&es luttes inte/9es1 ci-dessus apprcies1 qui devai5t con/itu] la p>tie spontane du m\vem5t de dcomposition1 et dans lesquelles leur int]v5tion ncessaire devait pos] les fondem5s naturels de cette puissance exceptionnelle qui leur a confr jusqu'ici la direction immdiate de notre progression politique4 ,c'e/ surt\t en ,france qu'un tel dveloppem5t me semble1 au mo9s alors1 devoir tre spcialem5t tudi1 comme y tant plus net et plus complet que p>t\t ailleurs1 vu l'influ5ce bi5 di/9cte et nanmo9s solidaire qu'y acquir5t simultanm5t les univ]sits et les p>lem5s1 pr9cipaux organes p]man5s1 soit de l'action mtaphysique1 soit du p\voir des lgi/es4 ,je dois enf91 p\r plus de cl>t1 av]tir dj que *acune de ces deux classes se subdivise1 p> sa nature1 en deux corporations trs diffr5tes1 l'une ess5tielle et primitive1 l'autre accessoire et secondaire3 c'e/--dire1 les mtaphysici5s en docteurs proprem5t dits et en simples littrateurs1 et les lgi/es en juges et en avocats1 ab/raction faite des g5s de robe plus subalt]nes4 ,p5dant la trs majeure p>tie de l'exi/5ce politique propre cette sorte de rgime transitoire1 la premire section de *aque classe y a t ncessairem5t prpondrante1 sans quoi la commune puissance n'aurait pu acqurir ni cons]v] aucune consi/ance relle2 aussi devons-n\s ici l'avoir presque exclusivem5t en vue1 en considrant l'autre comme une =ce purem5t auxiliaire4 ,c'e/ seulem5t de nos j\rs que1 des deux cts1 cette d]nire a pris1 son t\r1 l'asc5dant1 a9si que je l'expliqu]ai au c9quante-septime *apitre1 de manire annonc] spontanm5t le d]ni] t]me de cette s+ulire anomalie politique4 ,d'aprs ces div]s claircissem5s pralables1 il e/ ma9t5ant facile de concevoir nettem5t l'avnem5t ncessaire et la de/9ation naturelle de ces deux =ces modificatrices1 malgr l'obscurit et la confusion que doit d'abord (frir l'tude gnrale d'un rgime aussi quivoque4 ,quant l'lm5t spirituel1 qui1 mme en ce cas1 demeure le plus c>actri/ique1 nos explications antrieures p]mett5t de compr5dre aism5t la prpondrance sociale que dut graduellem5t acqurir l'esprit mtaphysique aux temps ci-dessus indiqus1 a9si que son (fice spontan dans la gr&e transition rvolutionnaire1 ab/raction faite d'ailleurs en ce mom5t de sa haute influ5ce simultane sur l'essor naissant de l'esprit sci5tifique1 qui s]a conv5ablem5t apprcie au *apitre suivant4 ,depuis cette division vraim5t fondam5tale de la philosophie grecque en philosophie morale et philosophie naturelle1 qui a t\j\rs dom9 jusqu'ici l'ensemble du m\vem5t m5tal de l'lite de l'humanit1 et que j'ai hi/oriquem5t c>actrise dans la c9quante-troisime leon1 l'esprit mtaphysique a prs5t concurremm5t deux =mes extrmem5t diffr5tes et graduellem5t antagoni/es1 en h>monie avec une telle di/9ction3 la premire1 dont ,platon doit tre reg>d comme le pr9cipal organe1 beauc\p plus rappro*e de l'tat ?ologique1 et t5dant d'abord le modifi] plutt qu' le dtruire2 la seconde1 ayant p\r type ,ari/ote1 bi5 plus vois9e1 au contraire1 de l'tat positif1 et t5dant rellem5t dgag] l'ent5dem5t huma9 de t\te tutelle ?ologique proprem5t dite4 ,l'une ne fut1 p> sa nature1 ess5tiellem5t critique qu'env]s le poly?isme1 dont elle p\rsuivit activem5t l'univ]selle d*ance2 elle prsida1 surt\t1 comme je l'ai montr1 l'organisation graduelle du mono?isme1 qui1 une fois con/itu1 dt]m9a spontanm5t la fusion f9ale de ce premi] esprit mtaphysique dans l'esprit purem5t ?ologique propre cette d]nire phase ess5tielle de la philosophie religieuse4 ,au contraire1 l'autre1 d'abord pr9cipalem5t livre l'tude gnrale du monde extrieur1 dut tre1 dans son application1 long-temps accessoire1 aux conceptions sociales1 ncessairem5t et con/amm5t critique1 d'aprs la comb9aison intime et p]man5te de sa t5dance anti-?ologique avec son impuissance radicale produire1 p> elle-mme1 aucune vritable organisation4 ,c'e/ ce d]ni] esprit mtaphysique que devait naturellem5t app>t5ir la direction m5tale du gr& m\vem5t rvolutionnaire que n\s apprcions4 ,spontanm5t c>t p> la prpondrance platonici5ne tant que l'organisation du sy/me ca?olique devait pr9cipalem5t occup] les hautes intellig5ces1 suivant les explications du *apitre prcd5t1 cet esprit ari/otlici51 qui n'avait jamais cess de cultiv] et d'agr&ir en sil5ce son doma9e inorganique1 dut t5dre s'emp>]1 son t\r1 du pr9cipal asc5dant philosophique1 en s't5dant aussi au monde moral et mme social1 aussitt que cette imm5se opration politique1 enf9 suffisamm5t consomme1 laissa naturellem5t prdom9] dsormais le beso9 de l'essor purem5t rationnel4 ,c'e/ a9si que1 ds le d\zime sicle1 s\s la plus m95te suprmatie sociale du rgime mono?ique1 le triomphe croissant de la scola/ique v9t rellem5t con/itu] le premi] ag5t gnral de la dsorganisation radicale de la puissance et de la philosophie ?ologiques1 quelque p>adoxale que puisse d'abord sembl] cette proprit d'mancipation attribue une doctr9e auj\rd'hui si aveuglm5t dcrie4 ,la pr9cipale consi/ance politique de cette n\velle =ce spirituelle1 de plus en plus di/9cte et bi5tt rivale du p\voir ca?olique1 quoiqu'elle en ft primitivem5t mane1 rsultait de son aptitude naturelle s'emp>] graduellem5t de la haute in/ruction publique1 dans les univ]sits qui1 d'abord de/9es presque exclusivem5t l'ducation ecclsia/ique1 devai5t ncessairem5t embrass] ensuite t\s les ordres ess5tiels de culture intellectuelle4 ,en apprciant1 de ce po9t de vue hi/orique1 l'uvre de sa9t ,?omas d',aqu9 et mme le pome de ,dante1 on reconnat aism5t que ce n\vel esprit mtaphysique avait alors ess5tiellem5t envahi t\te l'tude intellectuelle et morale de l'homme individuel1 et comm5ait aussi s't5dre directem5t aux spculations sociales1 de manire tmoign] dj sa t5dance 9vitable affran*ir df9itivem5t la raison huma9e de la tutelle purem5t ?ologique4 ,p> la mmorable canonisation du gr& docteur scola/ique1 d'ailleurs lgitimem5t due ses m95s s]vices politiques1 les papes montrai5t la fois leur propre entranem5t involontaire v]s la n\velle activit m5tale1 et leur admirable prud5ce s'incorpor]1 autant que possible1 t\t ce qui ne leur tait po9t manife/em5t ho/ile4 ,quoi qu'il en soit1 le c>actre anti-?ologique d'une telle mtaphysique ne dut long-temps se manife/] que p> la direction plus subtile et l'n]gie plus prononce qu'elle imprima d'abord l'esprit de s*isme et d'hrsie1 ncessairem5t insp>able1 un degr quelconque1 de t\te philosophie mono?ique1 comme je l'ai n ci-dessus4 ,mais les gr&es luttes dcisives du quatorzime et du qu9zime sicle contre la puissance europenne des papes et contre la suprmatie ecclsia/ique du sige pontifical1 v9r5t enf9 procur] spontanm5t une l>ge et durable application sociale ce n\vel esprit philosophique1 qui1 ayant dj atte9t la ple9e maturit spculative dont il tait susceptible1 dut dsormais t5dre surt\t pr5dre aux dbats politiques une p>ticipation croissante1 qui1 p> sa nature1 ne p\vait tre que de plus en plus ngative env]s l'anci5ne organisation spirituelle1 et mme1 p> une consqu5ce involontaire1 ultrieurem5t dissolvante p\r le p\voir temporel correspondant1 dont elle avait d'abord tant second le sy/me d'envahissem5t univ]sel4 ,telle e/ l'inconte/able filiation hi/orique qui1 jusqu'au sicle d]ni]1 a naturellem5t plac1 dans t\t notre occid5t1 la puissance mtaphysique des univ]sits la tte du m\vem5t de dcomposition1 non-seulem5t tant qu'il e/ surt\t re/ spontan1 mais ensuite qu& il e/ dev5u sy/matique1 suivant nos explications antrieures4 ,il s]ait inutile d'insi/] ici davantage sur ce sujet ma9t5ant assez clairci1 sauf l'apprciation ultrieure des rsultats pr9cipaux de ce gr& m\vem5t1 qui rp&ra indirectem5t un n\veau j\r sur l'ensemble de l'analyse prcd5te4 ,considrant ma9t5ant l'lm5t temporel correspondant1 il devi5t facile de concevoir hi/oriquem5t l'intime corelation naturelle1 la fois quant aux doctr9es et quant aux p]sonnes1 entre la classe des mtaphysici5s scola/iques et celle des lgi/es contempora9s4 ,c>1 en premi] lieu1 c'e/1 videmm5t1 p> l'tude du droit1 et d'abord du droit ecclsia/ique1 que le n\vel esprit philosophique propre la f9 du moy5-ge dut pntr] graduellem5t dans le doma9e des que/ions sociales2 et1 en second lieu1 l'enseignem5t du droit devait ds-lors con/itu] une p>tie capitale des attributions univ]sitaires1 outre que les canoni/es proprem5t dits1 drivation immdiate1 non mo9s que les purs scola/iques1 du sy/me ca?olique1 avai5t d spontanm5t =m]1 surt\t en ,italie1 le premi] ordre de lgi/es assujti une organisation di/9cte et rgulire4 ,l'aff9it mutuelle de ces deux =ces sociales e/ tellem5t prononce1 qu'on p\rrait mme1 p> une apprciation exagre1 tre t5t de reg>d] les lgi/es comme une sorte de mtaphysici5s passs de l'tat spculatif l'tat actif1 ce qui conduirait mconnatre vicieusem5t leur orig9e propre et directe4 ,un exam5 plus complet montre bi5tt leur vritable s\rce hi/orique dans une simple manation spontane de la puissance fodale1 dont ils fur5t p>t\t de/9s primitivem5t facilit] les fonctions judiciaires1 p> une int]v5tion de plus en plus indisp5sable1 quoique long-temps subalt]ne4 ,outre l'influ5ce gnrale de leur ducation ess5tiellem5t mtaphysique1 ils devai5t eux-mmes1 presque ds l'orig9e1 manife/] spcialem5t une t5dance plus ou mo9s ho/ile env]s la puissance ca?olique1 d'aprs l'opposition croissante qui devait naturellem5t surgir *ez les div]ses ju/ices civiles1 soit seigneuriales1 soit surt\t royales1 contre les tribunaux ecclsia/iques1 antrieurem5t en possession reconnue de la plup>t des juridictions importantes4 ,aussi1 quelqu'une des deux gr&es bran*es du p\voir temporel que se soit atta*e cette n\velle =ce auxiliaire1 ce qui a d v>i] suivant les lieux1 comme j'aurai l'occasion de l'expliqu] ci-dess\s1 elle a t p>t\t anime1 mme son insu1 d'une pr(onde et p]svrante antipa?ie1 d'ailleurs plus ou mo9s dissimule1 contre l'ensemble de l'organisation ca?olique1 base pr9cipale1 t\s g>ds1 du sy/me politique propre au moy5-ge4 ,c'e/ a9si que1 au se9 mme d'un tel sy/me1 et au temps de son plus gr& asc5dant1 devait graduellem5t surgir un second lm5t politique1 ple9em5t di/9ct des div]s p\voirs con/ituants1 et qui1 malgr sa nature subalt]ne1 devait bi5tt ex]c] une influ5ce capitale sur la dsorganisation croissante de ce rgime4 ,on se =me vulgairem5t une trs fausse ide de l'exi/5ce politique des lgi/es au moy5-ge et *ez les mod]nes d'aprs une vicieuse assimilation avec celle des lgi/es de l'antiquit1 soit juri/es1 soit orateurs2 c>1 dans l'ordre roma91 mme en dcad5ce1 ces fonctions ne p\vai5t rellem5t donn] lieu la =mation d'une classe di/9cte et secondaire1 puisqu'elles n'y tai5t1 p> leur nature1 qu'un ex]cice plus ou mo9s passag] p\r les hommes d'tat1 ess5tiellem5t militaires1 qui composai5t la ca/e dirigeante ou que leurs s]vices y faisai5t agrg]4 ,dans l'ensemble de l'volution huma9e1 cette s+ulire puissance des lgi/es devait con/itu] un phnomne m9emm5t exceptionnel1 uniquem5t rs]v1 p> sa nature1 l'tat transitoire du moy5-ge1 et de/91 sans d\te1 disp>atre jamais qu& le gr& m\vem5t de dcomposition1 d'o p\vait seule rsult] sa propre de/9ation sociale1 s]a enf9 ple9em5t t]m9 p> la rorganisation f9ale des peuples les plus avancs1 comme je l'tablirai au c9quante-septime *apitre4 ,quoi qu'il en soit1 cette seconde =ce n\velle devait1 de son ct1 aussi bi5 que la =ce mtaphysique1 crotre spontanm5t l'poque mme de la pr9cipale spl5deur du sy/me qu'elle tait bi5tt appele dsorganis] p> des altrions cont9ues4 ,son progrs naturel dut tre alors spcialem5t facilit d'aprs les gr&es oprations df5sives que n\s avons reconnues propres ces temps mmorables1 et surt\t en consqu5ce des croisades1 qui1 loignant les *efs fodaux1 devai5t augm5t] beauc\p l'importance politique des ag5s judiciaires4 ,il e/ nanmo9s c]ta9 que la puissance sociale des lgi/es1 comme celle des mtaphysici5s1 n'aurait pu jamais cess] d'tre ess5tiellem5t subalt]ne1 si les gr&es luttes inte/9es du ,x,i,ve et du ,x,ve sicle n'tai5t ensuite v5ues ncessairem5t (frir leur commune activit dissolvante le *amp le plus va/e et l'ex]cice le plus conv5able4 ,c'e/ l1 *ez les uns et les autres1 le temps rel de leur triomphe1 s9on le plus t5du1 du mo9s le plus satisfaisant et le mieux adapt leur vritable nature1 p>ce que leur ambition politique tait alors en h>monie ncessaire avec leur utile influ5ce sur la m>*e correspondante de l'volution huma9e3 c'e/1 dans les deux classes1 l'ge pr9cipal des hautes intellig5ces et des nobles c>actres4 ,p>mi les ef=ts in/9ctifs que dur5t t5t]1 cette poque1 et surt\t v]s sa f91 les gr&es corporations judiciaires1 et pr9cipalem5t les p>lem5s franais1 p\r consolid] suffisamm5t leur n\velle position politique1 je crois devoir ici signal] spcialem5t la clbre in/itution de la vnalit des (fices1 qui n'a jamais t conv5ablem5t apprcie s\s son vrai j\r hi/orique1 p> suite du c>actre absolu de la philosophie dom9ante4 ,en la jugeant d'aprs nos explications antrieures1 suivant sa relation avec la propre de/9ation gnrale de ce p\voir transitoire1 elle devait alors con/itu]1 videmm5t1 malgr ses imm5ses abus ultrieurs1 l'une des conditions les plus indisp5sables la consi/ance politique de cette puissance judiciaire3 non-seulem5t1 comme ,montesquieu l'a s5ti1 en g>antissant davantage sa lgitime indp5dance env]s la =ce rapidem5t croissante des g\v]nem5s temporels d'o elle manait2 mais surt\t1 p> un motif plus pr(ond et encore ignor1 en t5dant ret>d]1 autant que possible1 son 9vitable dcomposition spontane1 p> cela mme qu'un tel usage s'opposait n]giquem5t cette invasion habituelle des *>ges judiciaires p> les avocats qui devait enf9 diss\dre ess5tiellem5t une telle organisation1 a9si que je l'indiqu]ai au c9quante-septime *apitre1 et qui1 prmaturm5t surv5ue1 l'et c]ta9em5t emp*e de p\rsuivre1 avec une vritable efficacit1 sa pr9cipale mission4 ,au re/e1 qu& ce n\vel lm5t social eut conv5ablem5t second les heureux ef=ts des rois p\r s'affran*ir du contrle europen des papes1 et ensuite les t5tatives non mo9s efficaces des glises nationales contre la suprmatie pontificale1 son exi/5ce politique avait ncessairem5t ralis1 autant que possible1 la gr&e opration temporaire qui lui tait rs]ve dans l'volution fondam5tale des socits mod]nes1 sauf l'indisp5sable surveillance qu'exig]ait la cons]vation p]man5te de ces div]s rsultats contre les ractions t\j\rs imm95tes des dbris de l'anci5ne organisation3 l'importante int]v5tion des lgi/es1 ci-aprs c>actrise1 dans la lutte prolonge entre les deux bran*es du p\voir temporel1 avait d'ailleurs atte9t1 v]s la mme poque1 son b le plus capital1 et ne p\vait galem5t comport] qu'une simple cont9uation4 ,t\tefois1 n\s reconnatrons bi5tt que cette action p>lem5taire a ex]c encore1 sa manire1 une influ5ce trs notable1 mme *ez les peuples ca?oliques1 sur la premire priode1 ci-dessus df9ie1 du m\vem5t de dcomposition dev5u sy/matique3 cette p>ticipation cont9ue se fait mme di/9ctem5t s5tir1 s\s des =mes qui lui sont propres1 jusque dans la priode suivante1 mais avec une int5sit dcroissante1 et en ab&onnant graduellem5t la direction temporelle de l'opration rvolutionnaire1 ds-lors rapidem5t conduite v]s sa de/9ation f9ale1 comme je l'expliqu]ai plus lo94 ,en t]m9ant cette d\ble apprciation gnrale des organes ncessaires de la gr&e transition critique dont n\s p\rsuivons l'tude hi/orique1 je crois devoir sommairem5t signal] ici1 d'aprs notre ?orie fondam5tale1 l'inaptitude radicale de ces deux =ces modificatrices con/itu] aucune organisation durable qui leur app>ti5ne rellem5t1 malgr la t5dance spontane de l'un et l'autre lm5t s'emp>] indf9im5t de la suprmatie sociale1 mesure que leur commune action dissolvante dtruisait l'asc5dant des anci5s p\voirs4 ,cette impuissance c>actri/ique1 d'ailleurs plus ou mo9s s5tie1 qui rduit inv9ciblem5t de telles influ5ces politiques une simple de/9ation rvolutionnaire1 rsulte surt\t de ce que ces deux classes ne p\vai5t apport] rellem5t de pr9cipes qui leur fuss5t propres1 et qui leur p]miss5t de prsid]1 d'une manire un peu durable1 la haute direction rgulire des affaires huma9es4 ,leur esprit commun1 ess5tiellem5t critique1 p> sa nature1 comme n\s l'avons d\blem5t reconnu1 n'e/ apte qu' modifi] un rgime prexi/ant1 d'aprs des altrations graduellem5t de/ructives2 en sorte que leur prpondrance politique ne peut effectivem5t dev5ir complte que p5dant les crises1 ncessairem5t passagres1 relatives aux phases les plus tran*es du m\vem5t dsorganisateur4 ,en t\t autre temps1 leur suprmatie prolonge t5drait 9vitablem5t l'imm95te dissolution de l'tat social3 aussi avons-n\s con/at que si le progrs politique1 en tant que spontanm5t ngatif1 leur e/ ess5tiellem5t dvolu depuis le quatorzime sicle1 le ma9ti5 indisp5sable de l'ordre public doit tre alors rapport surt\t l'action rsi/ante des anci5s p\voirs1 auxquels seuls devait encore app>t5ir habituellem5t la suprme direction sociale1 quoique de plus en plus re/re9te p> des modifications rvolutionnaires4 ,*acune de ces deux =ces transitoires portait1 en quelque sorte1 l'ineffaable empre9te de son orig9e ncessairem5t subalt]ne1 d'aprs son inv>iable s\mission spontane aux pr9cipes les plus fondam5taux de ce mme rgime dont elle dtruisait les plus importantes conditions d'exi/5ce relle4 ,lo9 que cette incohr5ce radicale puisse p]mettre la dom9ation p]man5te des mtaphysici5s et des lgi/es1 elle leur int]dit mme de prsid] l'entire consommation f9ale de l'opration rvolutionnaire1 puisqu'ils sont p>-l t\j\rs conduits consacr]1 p\r a9si dire1 d'une ma9 ce qu'ils ru95t de l'autre4 ,si une telle inconsqu5ce e/ inconte/able quant aux mtaphysici5s env]s la philosophie ?ologique1 dont ils respect5t les pr9cipales bases intellectuelles t\t aussi ncessairem5t qu'ils lui dni5t ses plus puissans moy5s sociaux1 elle n'e/ pas1 au fond1 mo9s prononce dans la relation temporelle des lgi/es au p\voir militaire3 puisque leurs doctr9es1 ne p\vant assign]1 p> elles-mmes1 aucun n\veau b fondam5tal l'activit huma9e1 sanctionn5t 9vitablem5t l'antique prpondrance de l'activit militaire2 mo9s de conv]tir1 p> une ab]ration qui c]tes ne saurait dev5ir ni populaire ni durable1 surt\t dans les socits mod]nes1 l'action mme de g\v]n] en une sorte de commune de/9ation p]man5te4 ,c'e/ d'aprs ces c>actres naturels1 que ces deux =ces secondaires1 qu& elles croi5t avoir con/itu solidem5t1 de la manire la plus exclusive1 leur propre suprmatie politique1 se tr\v5t bi5tt involontairem5t conduites rintgr]1 plus ou mo9s explicitem5t1 l'une l'autorit ?ologique1 l'autre la puissance militaire1 s\s l'asc5dant desquelles elles cons5t5t de n\veau se plac] habituellem5t2 p>ce qu'elles s5t5t1 au fond1 p> suite mme de leurs va9s ef=ts de dom9ation directe1 que cette situation normale1 seule conv5able leur ess5ce1 peut seule prolong] rellem5t leur exi/5ce sociale1 qui cess]a1 en effet1 de t\te ncessit1 aussitt que le sy/me ?ologique et militaire aura enf9 totalem5t p]du1 mme en ide1 son empire primordial1 comme je l'expliqu]ai1 au c9quante-septime *apitre1 en rsultat f9al de l'ensemble de notre laboration hi/orique4 ,ayant dsormais suffisamm5t apprci1 dans la leon actuelle1 l'imm5se m\vem5t rvolutionnaire des socits mod]nes1 d'abord quant sa nature c>actri/ique1 ensuite quant sa m>*e fondam5tale1 et enf9 quant ses organes ncessaires1 n\s devons ma9t5ant procd] l'exam5 direct de son accomplissem5t ess5tiel1 suivant l'en*anem5t rationnel des quatre aspects pr9cipaux que j'ai cru devoir di/+u] en un tel phnomne p\r l'analys] dignem5t2 les trois premi]s ne p\vant tre1 p> leur nature1 que purem5t prlim9aires1 et le d]ni] seul con/ituant ncessairem5t le sujet ess5tiel de ce *apitre4 ,en considrant d'abord la priode de dcomposition spontane1 n\s devons1 videmm5t1 y exam9] avant t\t la dsorganisation spirituelle1 non-seulem5t comme la premire accomplie1 mais surt\t comme tant la fois la plus difficile et la plus dcisive1 celle qui1 p> sa seule influ5ce prolonge1 t5dait 9vitablem5t entran] la dcad5ce f9ale de l'ensemble de ce rgime1 dont la con/itution ca?olique =mait c]ta9em5t1 t\s g>ds1 la base la plus importante1 soit m5tale1 soit sociale4 ,s\s ce po9t de vue pr9cipal1 cette premire priode se divise naturellem5t en deux poques presque gales1 d'aprs les deux gr&es luttes1 ci-dessus df9ies1 qui devai5t conjo9tem5t accomplir une telle dissolution1 premirem5t p> les ef=ts unanimes des rois p\r abolir l'autorit europenne du pape1 et ensuite p> les t5tatives d'insubord9ation des glises nationales env]s la suprmatie roma9e4 ,malgr l'vid5te aff9it mutuelle de ces deux oprations simultanes1 l'une devait1 mes yeux1 pr9cipalem5t c>actris] le quatorzime sicle1 p>tir de l'n]gique raction de ,philippe-le-,bel1 bi5tt suivie de cette mmorable translation du sa9t-sige ,avignon1 qui1 dans presque t\te sa longue dure1 ne fut gure qu'une sorte d'honorable captivit politique2 t&is que la seconde1 son t\r1 e/ dev5ue prpondrante au qu9zime sicle1 d'abord p> suite du fameux s*isme qui rsulta de cet trange dplacem5t1 et surt\t enf9 s\s l'impulsion dcisive du clbre concile de ,con/ance1 o les div]ses glises p>tielles montrr5t si n]giquem5t leur union spontane contre le sac]doce c5tral4 ,on peut aism5t concevoir que la seconde srie d'ef=ts n'tait susceptible d'un succs capital que qu& la premire aurait d'abord t suffisamm5t consomme3 puisque les diffr5s cl]gs ne p\vai5t efficacem5t p\rsuivre leur t5dance in/9ctive la nationalisation1 qu'en se plaant s\s la direction suprme de leurs *efs temporels respectifs2 ce qui exigeait c]ta9em5t que ceux-ci se fuss5t pralablem5t mancips de la tutelle papale4 ,de t\tes les gr&es entreprises rvolutionnaires1 d'ailleurs volontaires ou involontaires 7ce qui1 en politique1 importe assurm5t =t peu71 cette premire d\ble opration doit tre1 mon gr1 reg>de1 mme auj\rd'hui1 comme tant1 au fond1 la plus capitale2 c> elle a directem5t ru9 la pr9cipale base du rgime mono?ique du moy5-ge1 d]nire phase ess5tielle1 je ne saurais trop le rappel]1 du sy/me ?ologique et militaire1 en dt]m9ant ds-lors l'absorption gnrale du p\voir spirituel p> le p\voir temporel4 ,en p\rsuivant1 avec une aveugle avidit1 cette usurpation dcisive1 dans le va9 espoir de consolid] indf9im5t leur propre suprmatie1 les rois n'ont pu s5tir qu'ils en ru9ai5t a9si spontanm5t1 p\r un 9vitable av5ir1 les vrais fondem5s intellectuels et moraux1 p> une telle atte9te radicale la mme autorit spirituelle dont ils att5dir5t ensuite1 d'une manire presque purile1 une conscration dsormais r5due de plus en plus illusoire1 qui n'avait pu jadis obt5ir une haute efficacit qu'en manant d'un p\voir ple9em5t indp5dant4 ,p>eillem5t1 les div]s cl]gs p>tiels1 p\sss se nationalis] af9 d'*app] aux abus de la conc5tration roma9e1 n'ap]cevai5t po9t que1 contre leur gr1 ils conc\rai5t p>-l m9emm5t l'irrvocable dgradation de la dignit ecclsia/ique1 en sub/ituant1 leur unique *ef naturel1 l'autorit htrogne et arbitraire d'une f\le de p\voirs militaires1 qu'ils devai5t1 d'une autre "p1 concevoir cep5dant comme leurs subordonns spirituels1 de manire con/itu] ds-lors *aque glise en un tat de plus en plus oppressif de dp5dance politique1 en rsultat f9al de tant d'ef=ts actifs v]s une irrationnelle indp5dance4 ,au re/e1 la raction ncessaire de cette d\ble srie d'ho/ilits sur le c>actre gnral propre la papaut ne contribua pas mo9s1 sa manire1 l'altration fondam5tale de la con/itution ca?olique4 ,c>1 p>tir du milieu du quatorzime sicle1 o l'mancipation totale des rois dev5ait videmm5t imm95te1 aux yeux clairvoyans des papes1 en ,france1 en ,anglet]re1 etc41 t&is que la nationalisation du cl]g s'y manife/ait nettem5t p> son empressem5t habituel second] les mesures re/rictives env]s le sa9t-sige1 il e/ ais de rem>qu] une t5dance =tem5t prononce de la papaut s'occup] dsormais ess5tiellem5t de sa pr9cipaut temporelle1 qui jusque alors n'avait pu lui inspir] qu'une sollicitude trs accessoire1 mais qui dsormais dev5ait de plus en plus la seule p>tie relle de son p\voir politique4 ,avant la f9 du qu9zime sicle1 l'anci5 *ef suprme du sy/me europen s'tait a9si graduellem5t trans=m en s\v]a9 lectif d'une mdiocre p>tie de l',italie2 il avait ess5tiellem5t r5onc son action gnrale et cont9ue sur les div]s g\v]nem5s temporels1 p\r t5dre pr9cipalem5t son propre agr&issem5t t]ritorial1 qui date surt\t de cette poque1 et mme p\r procur]1 autant que possible1 l'exaltation royale la nombreuse srie des familles pontificales1 de manire y faire presque regrett] l'abs5ce d'hrdit1 jusqu' ce que l'ab]ration du npotisme y pt tre suffisamm5t cont5ue4 ,or1 cette dgnration radicale du gr& c>actre europen propre au p\voir papal en un c>actre purem5t itali5 ne p\vait1 son t\r1 que r5dre plus spcialem5t indisp5sable la dsorganisation totale de la papaut1 qui avait a9si implicitem5t abdiqu1 ds cette poque1 ses plus nobles attributions politiques1 et p]dait1 p> suite1 sa pr9cipale utilit sociale1 de manire dev5ir un lm5t de plus en plus trang] dans la con/itution relle des peuples mod]nes4 ,telle dut tre la premire orig9e hi/orique de l'esprit ess5tiellem5t rtrograde qui s'e/ ensuite dvelopp cont9uellem5t dans la politique du ca?olicisme1 dont la t5dance avait t si long-temps m9emm5t progressive4 ,c'e/ donc a9si que t\s les div]s lm5s ess5tiels du sy/me politique propre au moy5-ge ont spontanm5t conc\ru1 *acun sa manire1 l'irrvocable dcad5ce du p\voir spirituel qui en con/ituait surt\t la =ce et la noblesse4 ,il e/ clair p> l que cette premire dsorganisation dcisive tait1 en ralit1 presque accomplie1 bi5 que s\s =me implicite1 soit p> l'abaissem5t politique des papes1 soit p> la nationalisation conscutive des div]s cl]gs1 lors de l'avnem5t du prote/antisme1 auquel on l'attribue vulgairem5t1 et qui en fut1 au contraire1 le rsultat2 quelle qu'ait d tre ensuite la haute influ5ce1 m5tale et sociale1 de la raction ncessaire que produisit sa sanction sy/matique d'une telle dmolition1 suivant nos explications antrieures4 ,quoique cette gr&e dcomposition ft c]ta9em5t aussi indisp5sable qu'9vitable1 comme je l'ai tabli1 son accomplissem5t n'en a pas mo9s laiss ds-lors une imm5se lacune dans l'ensemble de l'organisme europen1 dont les div]s lm5s1 dev5ant presque trang]s les uns aux autres1 se tr\vr5t dsormais ess5tiellem5t livrs leurs div]g5ces spontanes1 sans autre fre9 habituel que l'insuffisant quilibre matriel dt]m9 naturellem5t p> leur propre antagonisme4 ,aux temps mme que n\s considrons1 cette dissolution croissante de l'anci5 p\voir europen se fait gravem5t s5tir1 ce me semble1 dans les luttes1 aussi frivoles qu'a*>nes1 des pr9cipaux tats1 et surt\t dans la longue et dplorable conte/ation entre la ,france et l',anglet]re1 o dj l'ext9ction de l'autorit conciliatrice des papes e/ tri/em5t m>que p> leurs frqu5s ef=ts1 aussi va9s qu'honorables1 p\r la pacification de l',europe4 ,sans d\te1 la suffisante ralisation du gr& sy/me de gu]res df5sives propre au moy5-ge devait alors1 faute d'un b conv5able1 r5dre de plus en plus p]turbatrice une exubrante activit militaire1 qui1 p> sa nature1 devait long-temps survivre sa pr9cipale de/9ation4 ,l'asc5dant social trop prolong d'une ca/e militaire dsormais ess5tiellem5t sans objet capital1 con/itue1 en effet1 le vrai pr9cipe univ]sel et spontan qui a dt]m91 p5dant ces deux sicles1 l'trange c>actre de la plup>t des expditions gu]rires1 si lo9 d'(frir le haut intrt social des gu]res antrieures1 et mme le puissant intrt moral des gu]res de religion au sicle suivant4 ,mais1 quelque 9vitable que dt tre alors une telle p]turbation europenne1 les consqu5ces immdiates en euss5t t c]ta9em5t bi5 mo9s graves1 si1 p> une fatale concid5ce1 qui ne p\vait d'ailleurs tre entirem5t emp*e1 elle ne s'tait dveloppe s\s l'impuissant dcl9 de l'influ5ce politique qui jusque alors avait rgul>is l'ensemble des relations int]nationales4 ,deux sicles aup>avant1 la papaut et videmm5t lutt1 avec une n]gique efficacit1 contre ce pr9cipe gnral de dsordre2 et1 sans p\voir annul] une suite aussi naturelle de la situation sociale1 elle en et assurm5t dim9u beauc\p les ravages effectifs4 ,ce cas me p>at l'un des plus propres faire s5tir1 aux aveugles p>tisans de l'optimisme politique1 la haute irrationnalit de leur doctr9e mtaphysique3 c>1 on voit a9si l'autorit europenne des papes s'te9dre en un temps o elle aurait pu r5dre encore l'humanit d'm95s s]vices politiques1 ple9em5t con=mes sa de/9ation naturelle1 et seulem5t incompatibles avec sa caducit actuelle4 ,une telle impuissance vrifie d'ailleurs1 de la manire la mo9s quivoque1 le c>actre ess5tiellem5t temporaire inhr5t l'exi/5ce gnrale du p\voir ca?olique1 qui1 si peu loign de son plus bel ge1 se tr\ve nanmo9s =c1 malgr sa s9cre volont1 de manqu] sa pr9cipale vocation politique1 non p> des ob/acles accid5tels1 mais p> une suite p]man5te de sa prcoce dsorganisation4 ,n\s apprci]ons ci-dess\s l'expdi5t provisoire l'aide duquel la politique mod]ne s'e/ ultrieurem5t ef=ce1 autant que possible1 d'apport] cette lacune capitale une insuffisante rp>ation4 ,la dsorganisation spontane de l'ordre temporel propre au moy5-ge1 quoique dj trs active au ,x,i,i,ie sicle1 ne p\vait avoir de rsultats vraim5t dcisifs tant que le p\voir ca?olique1 qui con/ituait le lieu pr9cipal d'un tel rgime1 cons]vait t\te son intgrit sociale4 ,mais1 mesure que s'oprait la dcomposition spirituelle que n\s v5ons d'apprci]1 cette dissolution temporelle pr5ait un c>actre de plus en plus irrvocable2 elle t5dait videmm5t dsormais l'entire subv]sion de la con/itution fodale1 d]nire phase ess5tielle du g\v]nem5t militaire1 en y altrant radicalem5t la pondration c>actri/ique des deux lm5s pr9cipaux1 la =ce c5trale de la royaut1 et la =ce locale de la noblesse1 dont l'une1 avant la f9 du ,x,ve sicle1 avait t1 en ralit1 presque compltem5t absorbe p> l'autre1 p5dant que celle-ci absorbait aussi la puissance spirituelle4 ,cette 9vitable dislocation devait alors rsult] de ce que cette con/itution transitoire avait enf9 suffisamm5t accompli1 comme on l'a vu1 sa pr9cipale de/9ation dans l'volution fondam5tale des socits mod]nes1 dont l'essor indu/riel de plus en plus prononc indiquait dj leur antipa?ie ncessaire contre l'antique prpondrance de l'esprit gu]ri]4 ,quoique les luttes1 si int5ses et si nombreuses1 que je vi5s de c>actris]1 doiv5t d'abord sembl]1 cette poque1 directem5t contradictoires avec ce dcroissem5t spontan du rgime militaire1 la nature mme de ces gu]res1 ess5tiellem5t p]turbatrices1 devait t5dre ru9] la considration sociale de la ca/e dom9ante1 dont l'aveugle ardeur belliqueuse1 ds-lors habituellem5t prive de t\te application utile1 dev5ait de plus en plus contraire au gr& m\vem5t de civilisation qu'elle avait d primitivem5t protg]4 ,c'e/ t\j\rs1 en effet1 p\r t\tes les in/itutions huma9es1 temporelles ou spirituelles1 le signe le mo9s quivoque de leur irrvocable ext9ction1 que de les voir a9si se t\rn] spontanm5t contre leur b primordial3 l'organisme fodal1 de/9 surt\t1 p> sa nature1 cont5ir le sy/me d'invasion1 t\*ait ncessairem5t sa f9 gnrale1 aussitt qu'il s'rigeait p>t\t en pr9cipe d'envahissem5t4 ,aux temps mme que n\s considrons1 la mmorable in/itution des armes p]man5tes1 ne d'abord en ,italie1 o t\t comm5ait alors1 mais bi5tt propage en occid5t1 et pr9cipalem5t dveloppe en ,france1 vi5t con/itu] la fois un tmoignage inconte/able et une puissante g>antie de cette dissolution radicale du rgime temporel propre au moy5-ge1 en manife/ant1 d'une "p1 la rpugnance croissante la prolongation du s]vice fodal *ez des populations dj plus indu/rielles que militaires1 et en brisant1 d'une autre "p1 les li5s univ]sels de la discipl9e fodale1 dsormais remplace p> la subord9ation spciale d'une classe trs circonscrite env]s des *efs qui1 n'tant plus exclusivem5t fodaux1 t5dai5t ncessairem5t priv] peu peu l'anci5ne ca/e militaire de sa plus spciale attribution4 ,je signal]ai d'ailleurs au *apitre suivant l'heureuse influ5ce d'une telle innovation p\r second] directem5t l'essor gnral de la vie indu/rielle4 ,dans le cas le plus naturel et le plus commun1 dont la ,france n\s prs5te le meilleur type1 la dcomposition spontane du p\voir temporel1 d'aprs l'antagonisme exagr de ses deux lm5s ess5tiels1 a d s'opr] ncessairem5t au pr(it de la =ce c5trale contre la =ce locale4 ,l'esprit fondam5tal de la con/itution fodale p]mettait aism5t de prvoir que1 presque p>t\t1 l'quilibre gnral de ces deux puissances se romprait surt\t au prjudice de l'ari/ocratie1 vu les nombreux moy5s1 mme rguli]s1 qu'(frait un tel rgime l'accroissem5t spontan de la royaut4 ,ce po9t de vue e/ auj\rd'hui trop connu p\r que je doive y insi/]4 ,mais je dois1 au contraire1 signal]1 cet g>d1 une importante considration n\velle1 qui rsulte ici d'un rappro*em5t d'ensemble entre les deux dcompositions simultanes du p\voir temporel et du p\voir spirituel4 ,celle-ci1 en effet1 comme n\s l'avons vu1 s'accomplissant1 p> une vid5te ncessit1 contre la puissance c5trale1 sans quoi il n'y et pas eu de rvolution1 il fallait bi51 p> une indisp5sable comp5sation1 que l'autre s'effectut habituellem5t en s5s inv]se1 sans quoi cette rvolution et dgnr en un dmembrem5t univ]sel1 dont l',europe mod]ne a t spcialem5t prs]ve p> cette conc5tration temporelle en faveur de la royaut4 ,en mme temps que l'an>*ie politique1 imm95t pril de la gr&e phase rvolutionnaire1 p\vait a9si tre ess5tiellem5t vite1 on doit reconnatre1 s\s un autre aspect1 que le m\vem5t gnral de dcomposition atteignait p>-l son b pr9cipal d'une manire bi5 plus complte1 et surt\t beauc\p plus c>actri/ique1 que si la dislocation temporelle s'tait1 au contraire1 opre ord9airem5t au pr(it de l'ari/ocratie4 ,quoique *acun des deux lm5s ait naturellem5t d1 comme n\s le v]rons1 irrationnellem5t t5t]1 aprs son triomphe1 de recon/ruire1 s\s son asc5dant1 l'ensemble du rgime anci51 cette entreprise et t cep5dant bi5 plus dang]euse de la "p de l'ari/ocratie qu'elle n'a pu l'tre de la "p de la royaut3 l'ext9ction f9ale du sy/me militaire et ?ologique en et t bi5 autrem5t entrave1 aussi bi5 que l'essor politique des n\velles =ces sociales1 a9si que je l'indiqu]ai plus spcialem5t au c9quante-septime *apitre4 ,on voit1 p> ces explications1 que la t5dance de la dcomposition fodale v]s l'asc5dant politique de l'ari/ocratie sur la royaut a d con/itu]1 dans la dsorganisation univ]selle que n\s apprcions1 un cas m9emm5t exceptionnel1 dont l',anglet]re (fre le pr9cipal exemple4 ,mais la considration en e/ nanmo9s trs importante auj\rd'hui1 p\r faire dj press5tir l'aveugle irrationnalit de ce dang]eux empirisme qui prt5d born] le gr& m\vem5t europen l'uni=me transplantation du rgime transitoire p>ticuli] l'volution anglaise4 ,comp>e celle de presque t\t le re/e de l',europe1 et surt\t de la ,france1 elle prs5te a9si1 ds les d]ni]s sicles du moy5-ge1 une diffr5ce1 aussi capitale qu'vid5te1 qui a ncessairem5t ex]c1 sur l'ensemble total du dveloppem5t ultrieur1 une influ5ce trs prononce1 incompatible avec t\te va9e imitation politique1 comme je l'expliqu]ai dans la suite4 ,il suffit1 en ce mom5t1 de not] cette irrcusable div]sit effective1 qu'atte/e spontanm5t t\te l'hi/oire mod]ne1 et qui con/itue le premi] trait ess5tiel de l'isolem5t c>actri/ique de la politique anglaise4 ,une telle anomalie me semble devoir tre surt\t attribue l'action comb9e de deux conditions spciales1 la situation insulaire1 et la d\ble conqute3 la premire a d1 en gnral1 r5dre le dveloppem5t social de l',anglet]re t\j\rs plus susceptible qu'aucun autre de suivre1 sans p]turbation extrieure1 une m>*e qui lui ft propre2 la seconde devait p>ticulirem5t provoqu] la coalition ari/ocratique contre la royaut1 que la conqute norm&e avait d r5dre d'abord m9emm5t prpondrante1 comme on le voit clairem5t1 p> exemple1 en comp>ant1 au ,x,i,ie sicle1 la puissance royale en ,france et en ,anglet]re2 en outre1 les suites ncessaires de cette conqute exceptionnelle favorisai5t la comb9aison spontane de la ligue ari/ocratique avec les classes indu/rielles1 en con/ituant entre elles1 p> la n\velle position secondaire de la noblesse saxonne1 un prcieux int]mdiaire naturel1 qui ne p\vait exi/] ailleurs#bf4 ,mais n\s devons vit] ici d'engag]1 cet g>d1 aucune discussion spciale1 videmm5t contraire aux prescriptions logiques tablies au db de ce volume contre t\te introduction importante des re*]*es concrtes dans notre laboration hi/orique1 dont le c>actre ess5tiellem5t ab/rait doit tre soigneusem5t ma9t5u4 ,au re/e1 ceux qui v\dront conv5ablem5t entrepr5dre une explication vraim5t rationnelle de cette mmorable anomalie politique1 devront d'abord donn] l'obs]vation mme du phnomne t\te son ext5sion relle1 en cessant de le considr]1 a9si qu'on le fait trop s\v5t1 comme /rictem5t p>ticuli] l',anglet]re3 quoiqu'il y ait t1 sans d\te1 plus spcialem5t prononc1 on voit cep5dant1 p> exemple1 le dveloppem5t politique de la ,sude1 et aup>avant mme celui de ,v5ise1 (frir1 s\s ce rapport1 une m>*e =t analogue4 ,note #bf3 ,la m>*e de l'volution politique en cosse1 si diffr5te de celle propre l',anglet]re1 me semble confirm] spcialem5t cette explication gnrale1 en montrant que l'influ5ce p>ticulire de la d\ble conqute a rellem5t prdom91 cet g>d1 sur celle mme de l'isolem5t insulaire commun aux deux populations4 ,tels sont les div]s rsultats pr9cipaux de la dcad5ce spontane qui conduisit graduellem5t le rgime ca?olique et fodal ce degr de dsorganisation1 p>t\t ess5tiellem5t ralis1 d'une manire plus ou mo9s explicite1 v]s la f9 du ,x,ve sicle2 le p\voir spirituel tant dsormais irrvocablem5t absorb p> le p\voir temporel1 et l'un des deux lm5s gnraux de celui-ci radicalem5t subalt]nis env]s l'autre3 en sorte que l'ensemble de cet imm5se organisme re/ait ds-lors totalem5t conc5tr aut\r d'une seule puissance active1 ord9airem5t la royaut1 sur laquelle reposai5t presque uniquem5t les de/9es ultrieures du sy/me enti]1 dont la dcomposition allait ma9t5ant comm5c] dev5ir ncessairem5t sy/matique4 ,n\s avons ci-dessus rationnellem5t p>tag cette phase df9itive du gr& m\vem5t rvolutionnaire en deux poques pr9cipales1 l'une purem5t prote/ante1 l'autre ess5tiellem5t di/e1 d'aprs le c>actre plus complet et plus dcisif qu'acqui]t graduellem5t la philosophie ngative4 ,considrons successivem5t1 dans la premire1 d'abord ses effets politiques immdiats1 et ensuite son influ5ce philosophique ultrieure4 ,s\s le premi] aspect1 on peut aism5t s5tir que la r=me du ,x,v,ie sicle ne fut rellem5t1 en gnral1 qu'une conscration explicite et irrvocable de la situation des socits mod]nes en rsultat f9al de la dcomposition spontane que n\s v5ons de reconnatre propre aux deux sicles prcd5s1 surt\t en ce qui conc]ne la dsorganisation du p\voir spirituel1 pr9cipale base du rgime anci54 ,on doit concevoir1 en outre1 p\r complt] une telle apprciation1 que cette commune consqu5ce politique s'e/1 au fond1 ncessairem5t ralise1 d'une manire peu prs quival5te1 malgr de graves diffr5ces intellectuelles1 qui n'ont pu dev5ir s5sibles que long-temps aprs1 aussi bi5 *ez les peuples re/s nom9alem5t ca?oliques1 que *ez ceux dev5us o/5siblem5t prote/ans3 les uns et les autres ont alors df9itivem5t pass1 env]s l'ordre social du moy5-ge1 un tat p>eillem5t rvolutionnaire1 sauf la div]sit naturelle des manife/ations4 ,c>1 je ne saurais trop l'expliqu]1 dans la suite entire des dsorganisations opres depuis le db du ,x,i,ve sicle1 la premire et la plus dcisive a c]ta9em5t consi/ dtruire l'indp5dance du p\voir spirituel1 en le subordonnant p>t\t au p\voir temporel3 or1 cette p]turbation capitale1 pr9cipe ess5tiel de t\tes les autres1 a t1 comme n\s l'avons vu1 rellem5t commune t\t l'occid5t europen1 avant la f9 du ,x,ve sicle2 c'e/ p> l que1 sur t\s les po9ts importans de ce gr& ?tre social1 t\tes les =ces quelconques ont ds-lors in/9ctivem5t p>ticip1 comme je l'ai montr1 au c>actre rvolutionnaire des temps mod]nes1 sans except]1 non-seulem5t les rois et les nobles1 mais aussi les prtres1 et les papes eux-mmes3 lorsque ,h5ri ,,viii se sp>a de ,rome1 ,*>les-,qu9t et ,franois ,i] n'en tai5t pas1 vrai dire1 dj mo9s affran*is que lui4 ,en considrant l'ensemble du prote/antisme1 il e/ clair que la suppression de la c5tralisation papale1 et l'assujtissem5t national de l'autorit spirituelle la puissance temporelle1 y con/itu5t les seuls po9ts importans communs t\tes les sectes1 les seuls qui y soi5t re/s t\j\rs intacts au milieu d'innombrables v>iations4 ,la clbre opration de ,lu!r1 malgr son f\gueux clat1 se rduisit immdiatem5t la conscration fondam5tale de ce premi] degr de dcomposition de la con/itution ca?olique1 puisqu'elle n'atteignit d'abord le dogme que d'une manire =t accessoire1 qu'elle respecta mme ess5tiellem5t la hir>*ie1 et qu'elle n'altra gravem5t que la seule discipl9e4 ,or1 si l'on analyse politiquem5t ces d]nires altrations1 vraim5t c>actri/iques1 on voit qu'elles consi/r5t surt\t dans l'abolition comb9e du clibat ecclsia/ique et de la confession univ]selle2 c'e/--dire1 prcism5t dans les mesures qui1 outre l'n]gique adhsion spontane des passions huma9es1 au se9 mme du sac]doce1 tai5t alors les plus propres1 p> leur nature1 consolid] la ru9e antrieure de l'indp5dance sac]dotale1 laquelle ce d\ble appui tait videmm5t indisp5sable4 ,une telle de/9ation primordiale du prote/antisme explique aism5t sa naissance spciale *ez les peuples les plus loigns du c5tre ca?olique1 et auxquels1 p> suite1 la t5dance de plus en plus itali5ne de la papaut p5dant les deux sicles prcd5s devait se faire le plus pniblem5t s5tir4 ,d'aprs cette inconte/able apprciation1 on ne peut d\t] que les peuples ca?oliques n'ai5t t\t aussi rellem5t p>ticip que les prote/ans cette premire trans=mation rvolutionnaire1 sauf la diffr5ce des =mes et la div]sit des moy5s1 qui import5t peu au rsultat#bg4 ,non-seulem5t en ,france1 mais en ,espagne1 en ,autri*e1 etc41 les rois1 sans s'arrog] ouv]tem5t une va9e et ridicule suprmatie spirituelle1 tai5t dj c]ta9em5t1 au temps de ,lu!r1 p\r leurs cl]gs respectifs1 des matres non mo9s absolus1 non mo9s indp5dans1 au fond1 du p\voir papal1 que le dev9r5t alors les div]s pr9ces prote/ans#bh4 ,mais le m\vem5t lu?ri51 surt\t p>v5u la phase calv9i/e1 ex]a bi5tt1 cet g>d1 d'une manire indirecte1 une influ5ce aussi importante qu'9vitable1 en disposant de plus en plus le sac]doce ca?olique l'acceptation volontaire d'un tel assujtissem5t politique1 contre lequel il cons]vait jusque alors1 quoiqu'en va91 son antique rpugnance naturelle1 et o dsormais il devait voir1 au contraire1 la seule g>antie efficace de son exi/5ce sociale1 au milieu de l'imm95t essor de l'esprit univ]sel d'mancipation religieuse4 ,c'e/ seulem5t cette poque de dcad5ce que comm5ce ess5tiellem5t1 entre l'influ5ce ca?olique et le p\voir royal1 cette intime coalition spontane d'intrts sociaux1 dont la t5dance gnrale1 d'abord /ationnaire1 et bi5tt rtrograde1 env]s le dveloppem5t f9al de la civilisation mod]ne1 a t si mal propos attribue1 p> tant d'irrationnels dtracteurs1 aux plus beaux ges du ca?olicisme1 si long-temps c>actris1 d'aprs nos explications antrieures1 p> son noble et n]gique antagonisme l'g>d de t\tes les puissances temporelles4 ,il s]ait d'ailleurs sup]flu de pr\v] que cette opposition croissante au progrs ultrieur de l'volution huma9e1 lo9 d'tre propre au ca?olicisme mod]ne1 soit gallican1 soit espagnol1 etc41 app>ti5t1 d'une manire beauc\p plus radicale et bi5 autrem5t prononce1 au lu?ranisme anglican1 ou sudois1 etc41 qui1 mme en s\v5ir hi/orique1 n'a jamais pu se suppos] en tat d'indp5dance relle1 ayant t1 au contraire1 expressm5t in/itu1 ds sa naissance1 en vue d'une t]nelle sujtion4 ,quoi qu'il en soit1 aprs son univ]sel ass]vissem5t politique1 l'glise ca?olique1 dsormais ncessairem5t impuissante remplir ses plus hautes attributions sociales1 et voyant a9si son *amp moral p>t\t re/re9t la vie individuelle1 sauf un re/e d'influ5ce sur la vie dome/ique1 e/ ds-lors conduite 9vitablem5t s'occup] surt\t1 d'une manire de plus en plus exclusive1 de la seule cons]vation1 de plus en plus difficile1 de sa propre exi/5ce1 en se con/ituant in/9ctivem5t de plus en plus l'indisp5sable auxiliaire p]man5t de la royaut1 aut\r de laquelle devai5t graduellem5t se conc5tr]1 p> une t5dance spontane1 t\s les dbris quelconques du rgime mono?ique du moy5-ge1 comme seul lm5t ma9t5ant susceptible d'une n]gique activit politique4 ,on conoit au re/e aism5t que cette 9vitable coalition devait f9alem5t dev5ir aussi dang]euse p\r le ca?olicisme que p\r le p\voir royal1 env]s *acun desquels elle con/ituait naturellem5t une sorte de c]cle vicieux1 la fois m5tal et social1 en prs5tant comme appui ce qui avait beso9 de s\ti54 ,le ca?olicisme y ru9ait radicalem5t son crdit populaire1 en r5onant videmm5t1 p> cette irrationnelle sujtion1 son anci5 et pr9cipal (fice politique2 sauf la va9e o/5tation de quelques r>es prdications (ficielles1 que la plus sublime loqu5ce ne p\vait jamais emp*] d'tre1 p> leur nature1 ess5tiellem5t dclamatoires1 et surt\t =t in(f5sives au p\voir qu'elles conc]nai5t1 quelque vicieuse que pt dev5ir habituellem5t sa conduite relle4 ,en mme temps1 la royaut tait a9si conduite li]1 d'une manire de plus en plus intime1 l'ensemble de ses de/9es politiques un sy/me de doctr9es et d'in/itutions qui devait graduellem5t excit] de pr(ondes et unanimes rpugnances1 soit intellectuelles1 soit morales1 et qui dj mme tait p>t\t irrvocablem5t v\1 s\s div]ses =mes1 une imm95te dissolution totale4 ,note #bg3 ,un incid5t rem>quable1 auj\rd'hui trop oubli1 me semble trs propre confirm] directem5t ce rappro*em5t fondam5tal indiqu p> ma ?orie hi/orique1 en manife/ant la t5dance spontane des s\v]a9s ca?oliques rec\rir quelquefois aux mmes moy5s ess5tiels que les pr9ces prote/ans p\r g>antir radicalem5t la de/ruction de l'indp5dance politique du cl]g4 ,on voit1 en effet1 l'emp]eur ,f]d9& faire1 quoique sans succs1 expressm5t propos]1 div]ses reprises1 au concile de ,tr5te1 p> des ambassadeurs spciaux1 le m>iage habituel des prtres1 qui et c]ta9em5t conduit1 dans l'application1 abolir aussi la confession4 ,ce d\ble c>actre de la discipl9e lu?ri5ne1 a depuis frquemm5t tr\v1 au se9 mme du ca?olicisme1 de f]v5s apologi/es1 trs conva9cus d'ailleurs qu'ils ne cessai5t po9t a9si d'app>t5ir l'glise univ]selle4 ,note #bh3 ,quoique cette t5dance univ]selle la nationalisation du cl]g ait d naturellem5t tre beauc\p mo9s dveloppe en ,italie que p>t\t ailleurs1 telle tait cep5dant1 cet g>d1 la situation fondam5tale des peuples mod]nes1 qu'on a pu rem>qu] alors une semblable trans=mation rvolutionnaire mme *ez t\tes les populations itali5nes dont l'tat politique a pris un c>actre /able suffisamm5t prononc4 ,la con/itution vniti5ne en (fre surt\t un exemple trs dcisif1 p> l'isolem5t et la dp5dance o elle ma9ti5t le cl]g national env]s la puissance temporelle1 depuis le triomphe df9itif de l'ari/ocratie sur le p\voir ducal au ,x,i,ve sicle2 de manire organis]1 s\s la va9e app>5ce d'une respectueuse or?odoxie1 une sorte de religion d'tat1 encore plus di/9cte peut-tre du vrai ca?olicisme roma9 que ne le fut ensuite notre gallicanisme proprem5t dit4 ,cette longue et dplorable phase de la dsorganisation f9ale du ca?olicisme a t1 ds sa naissance1 pr9cipalem5t sy/matise p> la gr&e in/itution c>actri/ique de la clbre compagnie de ,jsus1 qui1 de nature m9emm5t rtrograde1 fut alors spcialem5t fonde1 avec un admirable in/9ct politique1 p\r s]vir d'organe c5tral la rsi/ance gnrale du ca?olicisme contre la de/ruction univ]selle dont il tait directem5t m5ac p> l'essor croissant de l'mancipation spirituelle4 ,il e/ clair1 en effet1 d'aprs nos indications antrieures1 que la papaut1 de plus en plus absorbe1 depuis le sicle prcd5t1 p> les intrts et les so9s de sa pr9cipaut temporelle1 n'tait mme plus propre1 en ralit1 dirig] conv5ablem5t cette imm5se opposition active1 dont elle et s\v5t sacrifi1 sans d\te1 les beso9s ess5tiels aux seules exig5ces de sa situation p>ticulire4 ,aussi les *efs1 presque t\j\rs m95s1 de cette puissante corporation se sont-ils ds-lors1 s\s un titre mode/e1 spontanm5t sub/itus peu peu aux papes eux-mmes1 p\r organis] une suffisante conv]g5ce cont9ue entre des ef=ts p>tiels que le gr& m\vem5t de dcomposition entranait in/9ctivem5t div]g] de plus en plus4 ,il n'e/ pas d\teux1 ce me semble1 que1 sans une telle c5tralisation1 ord9airem5t aussi habile qu'n]gique1 l'action ou plutt la rsi/ance du ca?olicisme n'aurait pu (frir1 p5dant le c\rs des trois d]ni]s sicles1 aucune vritable consi/ance politique4 ,mais1 malgr d'clatans s]vices p>tiels1 soit au d$ans1 soit au dehors1 on ne peut davantage mconnatre que l'ensemble de cette politique des jsuites1 p> une suite ncessaire de son ho/ilit fondam5tale env]s l'volution f9ale de l'humanit1 devait avoir un c>actre la fois m9emm5t corrupteur et radicalem5t contradictoire4 ,d'une "p1 en effet1 son pr9cipal moy5 de succs consi/ait rellem5t intress] autant que possible t\tes les influ5ces sociales quelconques1 spirituelles ou temporelles1 la cons]vation ou la re/auration de l'organisme ca?olique1 en p]suadant t\s les esprits clairs1 s\s la rs]ve tacite d'une secrte mancipation p]sonnelle1 que la consolidation de leur propre puissance exigeait1 en gnral1 de leur "p1 une c]ta9e p>ticipation p]man5te1 soit active1 soit au mo9s passive1 au sy/me d'ef=ts de t\s g5res de/9s ma9t5ir le vulgaire s\s la tutelle sac]dotale4 ,or1 une telle comb9aison politique ne p\vait1 videmm5t1 comport]1 p> sa nature1 qu'un succs =t prcaire1 limit au seul temps o l'mancipation ?ologique re/ait suffisamm5t conc5tre3 p> son 9vitable diffusion ultrieure1 ce procd1 d'abord odieux1 a f9i p> dev5ir1 de nos j\rs1 ess5tiellem5t ridicule1 en conduisant organis] a9si une sorte de my/ification univ]selle1 o *acun devrait tre la fois1 et p\r le mme desse91 trompeur et tromp4 ,en second lieu1 les ef=ts indisp5sables de cette intellig5te corporation af9 d'acqurir ou de cons]v] la direction1 de plus en plus exclusive1 de l'in/ruction publique1 l'ont p>t\t entrane conc\rir puissamm5t elle-mme la propagation croissante du m\vem5t m5tal1 p> un enseignem5t cont9u qui1 malgr son extrme imp]fection1 n'en devait pas mo9s bi5tt se t\rn] ncessairem5t1 soit *ez les lves1 soit jusque *ez les matres1 contre la de/9ation primitive de ce sy/me contradictoire4 ,les clbres missions extrieures1 si habilem5t diriges1 en gnral1 p> cette compagnie1 et les seules qui ai5t jamais obt5u un vritable succs social1 prs5t5t1 s\s cet aspect1 un contra/e =t analogue1 quoique mo9s tran*1 p> l'hommage involontaire qu'une telle politique tait a9si conduite r5dre1 surt\t quant aux sci5ces1 ce mme dveloppem5t intellectuel des socits mod]nes dont elle s'ef=ait de combattre1 en ,europe1 les consqu5ces ncessaires1 t&is que1 au dehors1 elle s'honorait ju/e titre d'y puis] les pr9cipales bases de son asc5dant spirituel1 utilis ensuite p\r l'introduction des croyances qu'elle se s5tait d'abord =ce d'c>t] ou de dissimul]4 ,il s]ait d'ailleurs sup]flu d'insi/] ici sur les prils vid5s que devait (frir cette in/itution une position aussi exceptionnelle dans l'ensemble de l'organisme ca?olique1 o le s5tim5t naturel de sa supriorit1 en v]tu de sa haute de/9ation spciale1 devait pr(ondm5t /imul] l'active jal\sie p]man5te de t\tes les autres congrgations religieuses1 ds-lors graduellem5t prives de leurs plus importans attributs rels1 et dont l'inv9cible antipa?ie a plus t>d tant neutralis1 comme on sait1 au se9 mme du cl]g ca?olique1 les regrets que devait lui inspir] la *ute irrp>able d'un tel s\ti54 ,tel e/ donc le seul ef=t vraim5t gr& qu'ait pu t5t] le ca?olicisme mod]ne contre l'irrsi/ible progrs du m\vem5t gnral de dcomposition1 en organisant a9si le ma9ti51 et1 autant que possible1 la re/auration1 de la con/itution ca?olique1 s\s la commune direction des jsuites1 et s\s la protection spciale de la mon>*ie espagnole1 dsormais dev5ue le meilleur appui naturel de cette politique1 comme mieux prs]ve qu'aucune autre des contacts hrtiques4 ,le clbre concile de ,tr5te ne p\vait1 en effet1 produire1 s\s ce po9t de vue1 qu'un rsultat purem5t ngatif1 que l'in/9ct des papes semble avoir press5ti1 d'aprs leur pr(onde rpugnance runir et prolong] cette impuissante assemble2 qui1 dans sa longue et consci5cieuse rvision de l'ensemble du sy/me ca?olique1 n'a pu que con/at]1 avec une /rile admiration1 la p>faite solid>it1 la fois m5tale et sociale1 de t\tes ses p>ties importantes1 et a d1 ds-lors1 malgr les dispositions les plus conciliantes1 conclure la d\l\reuse impossibilit de cons5tir aucune des concessions alors juges propres am5] la pacification univ]selle4 ,t\tes les sa9es mditations hi/oriques sur ce sujet capital ab\tiront1 je ne cra9s pas de l'assur]1 reconnatre que1 comme je l'ai indiqu au db de ce *apitre1 t\t l'ef=t ess5tiel de r=mation dont l'organisme ca?olique tait vraim5t susceptible sans se dnatur]1 avait dj t1 trois sicles aup>avant1 conv5ablem5t t5t1 et bi5tt puis1 p> la d\ble in/itution1 intellectuelle et politique1 des francisca9s et des dom9ica9s4 ,aussi la va9e =mule populaire qui1 depuis le comm5cem5t du qu9zime sicle1 indiquait le vu prpondrant de la ca?olicit p\r l'univ]selle rgnration de l'glise1 ne con/ituait-elle1 au fond1 qu'une manife/ation involontaire de l'asc5dant spontan que l'esprit critique acqu]rait alors p>t\t1 d'aprs le progrs cont9u du m\vem5t gnral de dcomposition4 ,dj ncessairem5t entran v]s son entire dissolution1 le sy/me ca?olique ne p\vait plus1 cette poque1 comport] d'autre trans=mation relle que cette organisation1 ici suffisamm5t c>actrise1 de son active rsi/ance p]man5te l'volution ultrieure de l'lite de l'humanit4 ,c'e/ a9si que le ca?olicisme1 dsormais rduit1 en ,europe1 ne plus =m] qu'un vritable p>ti1 a t p>t\t conduit p]dre1 non-seulem5t la facult1 mais mme la simple volont1 de remplir conv5ablem5t son antique de/9ation sociale4 ,absorb ds-lors p> l'intrt1 de plus en plus exclusif1 de sa seule cons]vation1 il s'e/ vu s\v5t entran1 dans son intime solid>it avec la royaut1 inspir] ou sanctionn] les mesures les plus contraires son esprit c>actri/ique2 comme ne le tmoigne que trop1 p> exemple1 l'hi/oire complte du plus excrable att5tat politique qui peut-tre ait jamais t consomm4 ,p> ces dplorables rec\rs la compression matrielle1 dev5us nanmo9s 9vitables depuis l'entire subord9ation de l'influ5ce ca?olique au p\voir royal1 le sy/me de rsi/ance ne faisait que con/at] de plus en plus son impuissance intellectuelle et morale1 et acclrait indirectem5t la dcad5ce qu'il t5tait d'arrt]4 ,en un mot1 l'ensemble de la scne politique a pris1 ds cette poque1 le c>actre ess5tiel qui s'e/ prolong jusqu' nos j\rs2 depuis ,philippe ,,ii jusqu' ,bonap>te1 c'e/ t\j\rs1 sauf la div]sit naturelle des circon/ances et des moy5s1 la mme lutte fondam5tale entre l'in/9ct rtrograde de l'anci5ne organisation1 et l'esprit de progression ngative propre aux n\velles =ces sociales3 il n'y a d'autre diffr5ce ess5tielle1 s9on qu'une telle situation tait alors ple9em5t 9vitable1 t&is qu'elle ne cons]ve vicieusem5t auj\rd'hui la mme physionomie que d'aprs la seule abs5ce d'une philosophie vraim5t approprie la phase actuelle de l'volution gnrale1 comme l'tablira spontanm5t la suite de notre laboration hi/orique4 ,sans d\te1 cette t5dance rtrograde de plus en plus prononce n'a pas emp* la hir>*ie ca?olique de r5f]m]1 depuis le ,x,v,ie sicle1 beauc\p d'hommes m95s1 soit intellectuellem5t1 soit moralem5t1 quoique le nombre en ait d dcrotre avec rapidit1 p> suite des rpugnances in/9ctives a9si frquemm5t excites p>mi les tres suprieurs4 ,mais la dgnration sociale du ca?olicisme se m>que t\j\rs involontairem5t *ez les p]sonnages mme qui l'ont le plus ju/em5t illu/r p5dant cette priode f9ale4 ,dans l'ordre m5tal surt\t1 on ne peut c]tes que pr(ondm5t admir] en ,bossuet l'un des plus sublimes p5seurs qui ai5t honor notre espce1 et peut-tre la plus puissante intellig5ce des temps mod]nes aprs ,desc>tes et ,leibnitz4 ,nanmo9s1 l'ensemble de sa propre vie me semble m9emm5t propre1 t\s g>ds1 con/at]1 de la manire la plus expressive1 l'irrvocable dsorganisation de la con/itution ca?olique2 soit p> la dplorable situation logique d'un tel esprit1 que les exig5ces contempora9es condamn5t1 malgr l'intime rpugnance de son in/9ct pontifical1 df5dre dogmatiquem5t les inconsqu5ces gallicanes1 et ju/ifi] directem5t la mod]ne subord9ation de l'glise la royaut2 soit aussi p> cette exi/5ce politiquem5t subalt]ne1 qui rduit la va9e condition de pangyri/e (ficiel des pr9cipaux ag5s de ,l\is ,,xiv celui qui1 aux temps de ,grgoire ,,vii ou d',innoc5t ,,iii1 et t unanimem5t reg>d comme leur digne successeur dans l'n]gique antagonisme de l'autel env]s le trne4 ,on ne peut donc ju/em5t envisag] le beau gnie philosophique de ,bossuet comme un vritable produit du ca?olicisme1 dont la d*ance politique fut1 au contraire1 ess5tiellem5t dfavorable son libre essor1 qui et t sans d\te1 plus complet p\r l'humanit et plus satisfaisant p\r un tel esprit si sa position sociale avait pu tre celle d'un p5seur indp5dant1 la manire de ,desc>tes ou de ,leibnitz3 t&is que1 au moy5-ge1 le sy/me ca?olique avait1 au contraire1 puissamm5t conc\ru au dveloppem5t normal des hautes intellig5ces qui l'illu/rr5t alors1 en leur f\rnissant la fois un *amp et une situation conv5ables4 ,l'ordre moral comporte aussi1 quoiqu' un degr naturellem5t mo9dre1 une apprciation ess5tiellem5t analogue1 applicable mme aux plus nobles types dont l'glise puisse honor] son dcl9 univ]sel p5dant les trois d]ni]s sicles4 ,quelque ju/e vnration1 p> exemple1 que doive sans cesse inspir] le t\*ant s\v5ir des sublimes v]tus de sa9t ,*>les ,borrome et de sa9t ,v9c5t de ,paule1 leur infatigable *>it1 aussi claire qu'ard5te1 n'avait1 au fond1 aucun c>actre1 soit asctique1 soit politique1 qui dt la ratta*] exclusivem5t au ca?olicisme1 comme dans les ges antrieurs3 sauf le mode de manife/ation1 de telles natures p\vai5t dsormais recevoir un dveloppem5t quival5t p>mi les autres sectes religieuses1 ou mme en dehors de t\te croyance ?ologique4 ,au re/e1 il ne faudrait pas croire que l'esprit gnral de rsi/ance plus ou mo9s active l'mancipation intellectuelle1 et le c>actre correspondant d'hypocrisie plus ou mo9s sy/matique *ez les classes dirigeantes1 ai5t d tre1 depuis le ,x,v,ie sicle1 p>ticuli]s au ca?olicisme3 le prote/antisme les a ncessairem5t prs5ts aussi1 d'une manire non mo9s relle au fond1 quoique s\s d'autres app>5ces1 p>t\t o il a obt5u la prpondrance politique2 c>1 sa proprit progressive ne p\vait lui app>t5ir ess5tiellem5t qu'autant qu'il re/]ait l'tat d'opposition1 seul ple9em5t conv5able sa nature2 pass l'tat de g\v]nem5t1 il a d bi5tt dev5ir radicalem5t ho/ile au dveloppem5t ultrieur de la raison huma9e4 ,cet in/9ct rtrograde du ca?olicisme mod]ne1 videmm5t contraire sa propre con/itution1 n'y ayant pris l'asc5dant que p> une suite 9vitable de la dsorganisation de l'anci5 p\voir spirituel et de son assujtissem5t graduel au p\voir temporel1 comm5t le prote/antisme1 qui rigeait directem5t cette irrationnelle sujtion en une sorte de pr9cipe fondam5tal1 aurait-il pu vit] de telles consqu5ces de son triomphe lgal8 ,l'or?odoxie anglicane1 p> exemple1 nanmo9s si rig\reusem5t exige1 *ez le vulgaire1 p\r les beso9s politiques du sy/me correspondant1 p\vait-elle1 en ralit1 donn] lieu habituellem5t des convictions trs pr(ondes et un respect =t s9cre *ez ces mmes lords dont les dcisions p>lem5taires en avai5t tant de fois altr arbitrairem5t les div]s articles1 et qui devai5t (ficiellem5t concevoir le rglem5t mme de leurs propres croyances comme une des attributions ess5tielles de leur ca/e8 ,quant la compression matrielle env]s t\t essor ultrieur de l'esprit d'mancipation1 elle ne fut1 p\r le ca?olicisme1 qu'une suite 9vitable de sa dsorganisation mod]ne3 t&is que1 p\r le prote/antisme1 elle tait1 au contraire1 ncessairem5t inhr5te sa nature gnrale1 d'aprs l'intime confusion qu'il consacrait entre les deux discipl9es2 et elle devait s'y manife/] aussitt que sa prpondrance effective s]ait suffisamm5t ralise1 comme une longue expri5ce ne l'a que trop pr\v p>t\t4 ,ce d\ble effet ne s'e/ pas seulem5t dvelopp dans la phase primitive du prote/antisme1 considre p> rapport t\tes les =mes po/rieures1 p> l'esprit despotique du lu?ranisme1 soit anglican1 soit g]manique3 il a p>eillem5t c>actris les sectes o la dsorganisation spirituelle tait plus avance#bi1 qu& le p\voir a pass1 mme mom5tanm5t1 entre leurs ma9s1 a9si que le tmoign5t tant de dplorables exemples1 trs propres faire ju/em5t apprci] le prt5du esprit de tolrance des doctr9es qui subordonn5t l'ordre spirituel l'ordre temporel4 ,note #bi3 ,sans anticip] mal propos sur la seconde priode du m\vem5t critique1 je crois utile de not] ici1 ce sujet1 que le di/e ,r\sseau a lui-mme t conduit propos] directem5t1 dans son ouvrage le plus dogmatique1 l'ext]m9ation juridique de t\s les a?es1 comme l'une des conditions ess5tielles de l'ordre politique qu'il avait conu3 ses disciples n'ont quelquefois que trop tmoign leur disposition spontane pratiqu] une telle maxime1 t\j\rs p> suite du dogme de l'ass]vissem5t gnral du p\voir spirituel au p\voir temporel1 pr9cipale s\rce hi/orique1 mes yeux1 de la plup>t des ab]rations ultrieures1 et qui1 s\s ce rapport1 p\sse spontanm5t remplac] la p]suasion p> la viol5ce4 ,relativem5t ce sy/me de rsi/ance qui di/+ue le ca?olicisme mod]ne1 il faut surt\t rem>qu] enf9 que1 lo9 d'avoir t1 comme on le suppose auj\rd'hui1 exclusivem5t nuisible l'volution sociale correspondante1 il a con/itu1 au contraire1 l'un des deux lm5s ess5tiels de l'antagonisme gnral qui devait prsid] la progression politique p5dant t\t le c\rs des trois d]ni]s sicles4 ,je ne p>le pas seulem5t de son (fice cont9u p\r l'indisp5sable ma9ti5 de l'ordre public1 qui1 alors comme auj\rd'hui1 devait ess5tiellem5t app>t5ir la =ce de rsi/ance des anci5s p\voirs1 malgr son c>actre plus ou mo9s rtrograde1 tant que les t5dances progressives ne p\vai5t elles-mmes avoir qu'un c>actre m9emm5t ngatif3 cette importante explication se tr\ve dj suffisamm5t opre dans le premi] *apitre du volume prcd5t1 auquel je puis ici r5voy] le lecteur1 en l'invitant rapport] ce pass1 p> des motifs ple9em5t semblables1 ce qui n'y e/ appliqu qu'au prs5t1 puisque1 s\s cet aspect1 la situation sociale a radicalem5t cons]v jusqu'ici la n\velle nature qu'elle dut manife/] au ,x,v,ie sicle4 ,p> une considration plus spcialem5t propre la premire phase de la doctr9e critique1 je v\drais y faire s5tir aux esprits vraim5t philosophiques les avantages ess5tiels1 la fois intellectuels et politiques1 que l'volution f9ale de l'humanit a retir de cette active opposition du ca?olicisme la propagation spontane du m\vem5t prote/ant4 ,dans l'ordre purem5t m5tal1 il e/ d'abord vid5t que ce premi] essor incomplet de l'esprit d'exam51 en v]tu des demi-satisfactions qu'il procure la raison huma9e1 doit t5dre ret>d] ensuite son entire mancipation1 surt\t *ez le vulgaire1 en flattant directem5t l'in]tie naturelle de notre orgueilleuse intellig5ce4 ,il en e/ peu prs de mme s\s le rapport politique1 o l'on voit le prote/antisme apport] l'anci5ne organisation des modifications qui1 malgr leur insuffisance radicale1 doiv5t long-temps ma9t5ir une fune/e illusion sur la t5dance ncessaire des socits mod]nes v]s une vraie rgnration fondam5tale4 ,aussi les nations prote/antes1 aprs avoir1 div]s titres1 devanc alors1 dans leur progrs social1 les peuples re/s ca?oliques1 sont-elles ensuite1 malgr les app>5ces contraires1 ess5tiellem5t demeures en arrire p\r le dveloppem5t f9al du m\vem5t rvolutionnaire1 comme n\s le reconnatrons ci-dess\s4 ,si ce premi] triomphe du prote/antisme tait dev5u univ]sel1 ce qui tait heureusem5t impossible1 il n'e/ pas d\teux1 ce me semble1 qu'il et encore emp* jusqu'ici l'ext5sion totale du gr& phnomne de dcomposition que n\s tudions3 p> suite1 la situation sociale1 sans tre rellem5t mo9s orageuse qu'elle ne l'e/ de nos j\rs1 se tr\v]ait c]ta9em5t beauc\p plus loigne1 t\s g>ds1 de sa vritable issue gnrale1 qui1 dans une telle hypo?se1 sembl]ait dp5dre de la cons]vation indf9ie de l'anci5 organisme l'tat de demi-putrfaction consacr p> la politique prote/ante4 ,la rsi/ance ncessaire du ca?olicisme a donc involontairem5t ex]c1 en gnral1 une raction trs salutaire sur l'tat df9itif1 soit intellectuel1 soit politique1 de l'ensemble du m\vem5t rvolutionnaire1 en ret>dant spontanm5t son 9vitable essor jusqu' ce qu'il pt dev5ir1 l'un et l'autre titre1 suffisamm5t dcisif4 ,en comp>ant1 s\s cet aspect1 les div]s cas pr9cipaux1 il e/ ais de s5tir que le plus favorable dut tre rellem5t celui de la ,france1 o le leva9 prote/ant avait d'abord assez pntr p\r excit] immdiatem5t l'mancipation spirituelle1 sans p\voir nanmo9s y obt5ir un asc5dant lgal qui en et gravem5t entrav et altr l'enti] dveloppem5t ultrieur3 qu& la rtrogradation ca?olique y fut ensuite p\sse jusqu' l'expulsion viol5te des prote/ans1 une telle mesure dut avoir1 div]s g>ds p>tiels1 de dplorables consqu5ces politiques1 surt\t quant au progrs indu/riel2 mais elle n'y p\vait (frir aucun dang] ess5tiel p\r la pr9cipale volution sociale1 qui1 au po9t qu'elle y avait alors atte9t1 en fut bi5 plus acclre que ral5tie4 ,aprs avoir a9si conv5ablem5t apprci la premire phase gnrale de la doctr9e critique dans sa de/9ation la plus directe et la plus importante1 en ce qui conc]ne la dissolution politique de l'anci5ne con/itution spirituelle1 il e/ ais de c>actris] sommairem5t son influ5ce ncessaire sur la dsorganisation temporelle qui cont9uait alors s'accomplir1 en rsultat cont9u de la dcomposition spontane que n\s avons reconnue propre aux deux sicles prcd5s4 ,dj n\s v5ons de dmontr] implicitem5t1 ce sujet1 la t5dance gnrale de cette poque complt] sy/matiquem5t une telle opration pralable1 p> la conc5tration rgulire de t\s les anci5s p\voirs sociaux aut\r de l'lm5t temporel prpondrant1 soit que1 comme en ,france et presque p>t\t1 ce dt tre la puissance royale1 ou que ce ft1 au contraire1 la =ce ari/ocratique1 p> une anomalie p>ticulire l',anglet]re et quelques autres pays1 a9si que je l'ai expliqu4 ,dans les deux cas1 l'unique lm5t demeur actif s'e/ ds-lors tr\v naturellem5t inve/i d'une sorte de dictature p]man5te extrmem5t rem>quable1 dont l'tablissem5t1 ret>d p> les tr\bles religieux1 n'a pu t\tefois tre ple9em5t c>actris1 de "p et d'autre1 que p5dant la seconde moiti du ,x,v,i,ie sicle1 et qui1 malgr sa con/itution exceptionnelle1 a d se prolong] ess5tiellem5t jusqu' nos j\rs1 en mme temps que la situation sociale correspondante1 af9 de dirig] le sy/me politique durant t\t le re/e de la gr&e transition critique1 vu la pr(onde incapacit organique1 videmm5t propre1 d'aprs nos dmon/rations antrieures1 aux ag5s spciaux de cette transition4 ,on ne peut d\t] que cette longue dictature1 royale ou nobiliaire1 ne ft la fois la suite 9vitable et l'indisp5sable correctif de la dsorganisation spirituelle1 qui1 sans cela1 et c]ta9em5t p\ss au dmembrem5t univ]sel des socits mod]nes3 n\s reconnatrons d'ailleurs1 au *apitre suivant1 son heureuse influ5ce ncessaire p\r ht] simultanm5t l'essor spontan des n\veaux lm5s sociaux1 et mme p\r second]1 un c]ta9 degr1 leur avnem5t politique4 ,en comp>ant conv5ablem5t#cj les deux modes opposs que n\s v5ons d'y di/+u]1 on peut aism5t tablir1 en gnral1 malgr l'anglomanie *ronique de nos publici/es vulgaires1 la supriorit fondam5tale du mode normal ou franais sur le mode exceptionnel ou anglais1 soit quant la dissolution radicale de l'anci5 sy/me social1 soit quant la rorganisation totale qui doit lui succd]2 sans t\tefois mconnatre1 l'un ni l'autre titre1 les avantages rellem5t p>ticuli]s *aque mode4 ,s\s le premi] aspect1 seul conv5able ce *apitre1 il e/ clair1 en effet1 comme je l'ai dj fait press5tir1 que l'ensemble du rgime propre au moy5-ge a t f9alem5t conduit un tat beauc\p plus vois9 de son ext9ction totale en se rsolvant a9si1 p\r la ,france1 en une dictature royale1 qu'en ab\tissant1 p\r l',anglet]re1 la dictature ari/ocratique3 quoique cette d\ble dgnration simultane ait t\j\rs1 p> l'une ou l'autre voie1 irrvocablem5t rompu le gr& quilibre fodal2 outre que l'9vitable contact politique des deux populations devait t5dre ensuite naturellem5t y mettre de niveau ces deux oprations ngatives1 complm5taires l'une de l'autre p\r la de/ruction directe du sy/me enti]4 ,d'abord1 l'lm5t royal tant videmm5t plus indisp5sable un tel sy/me que l'lm5t nobiliaire1 il en e/ rsult que la royaut a pu1 en ,france1 se pass] bi5 davantage de la noblesse que celle-ci de l'autre1 en ,anglet]re2 en sorte que la puissance ari/ocratique a t ncessairem5t plus subalt]nise en ,france que la puissance royale en ,anglet]re4 ,on conoit1 en outre1 que1 malgr la commune prpondrance f9ale1 ci-dessus explique1 de l'esprit rtrograde ou du mo9s /ationnaire dans les deux dictatures1 la =ce de rsi/ance de la royaut franaise1 ds-lors politiquem5t isole au milieu d'une population vivem5t p\sse l'mancipation m5tale et sociale1 a d a9si se tr\v] beauc\p mo9dre1 contre l'volution ultrieure de la civilisation mod]ne1 que l'active opposition de l'ari/ocratie anglaise1 intimem5t comb9e1 p> une longue solid>it antrieure1 avec l'ensemble de la population correspondante4 ,en d]ni] lieu1 le pr9cipe des ca/es1 vritable base temporelle de l'anci5ne con/itution1 a t1 sans d\te1 bi5 autrem5t ru9 qu& son application ess5tielle s'e/ enf9 borne1 en ,france1 une seule famille exceptionnelle1 quelque m95te que ft sa condition1 qu'en re/ant consacr1 en ,anglet]re1 p> un gr& nombre de familles di/9ctes1 dont le r5\vellem5t cont9u devait incessamm5t t5dre le rajeunir1 sans que les plus rcemm5t agrges duss5t tre c]tes les mo9s oppressives4 ,quelque orgueil que doive naturellem5t inspir] l'olig>*ie anglaise son antique attribution hi/orique de faire ou dfaire les rois1 le r>e ex]cice d'un tel privilge ne p\vait assurm5t altr] autant l'esprit gnral de l'organisation temporelle que l'audacieuse facult p]man5te de crer leur gr des nobles1 dont nos rois se sont emp>s non mo9s anci5nem5t1 et qui a d dev5ir inf9im5t plus usuelle1 au po9t mme de r5dre dj la noblesse presque ridicule ds l'orig9e de la phase rvolutionnaire que n\s exam9ons4 ,p\r complt] suffisamm5t une telle apprciation1 il importe de not] ici1 d'aprs l'vid5te indication des faits1 que1 passe de l'tat d'opposition l'tat de g\v]nem5t1 la mtaphysique prote/ante ne s'e/ nulle "p1 et surt\t en ,anglet]re1 montre aucunem5t contraire l'esprit de ca/e1 qu'elle a mme t5du1 p> une opration rtrograde1 re/aur] totalem5t1 en y rintgrant1 autant que possible1 le c>actre sac]dotal que la philosophie ca?olique lui avait radicalem5t s\/rait4 ,en n\s bornant1 ce sujet1 signal] spcialem5t le cas le plus important et le plus c>actri/ique1 on voit1 p> exemple1 le gnie ca?olique1 dans une int5tion videmm5t oppose au pr9cipe des ca/es1 et en vue de c]ta9es conditions de capacit1 t\j\rs rep\ss] directem5t1 surt\t en ,france1 l'avnem5t des femmes aux fonctions royales ou mme fodales2 t&is que le prote/antisme (ficiel1 en ,anglet]re1 en ,sude1 etc41 a ple9em5t consacr l'exi/5ce politique des re9es et mme des pairesses3 cet trange contra/e devait d'ailleurs sembl] d'autant plus dcisif que la politique prote/ante avait p>t\t sol5nellem5t inve/i dj la royaut d'une vritable papaut nationale4 ,note #cj3 ,une irrationnelle apprciation du dveloppem5t social comp>atif de la ,france et de l',anglet]re a s\v5t conduit1 de nos j\rs1 de va9es conceptions hi/oriques1 ess5tiellem5t contraires l'ensemble de ce d\ble pass depuis le moy5-ge4 ,il exi/e1 cet g>d1 entre ces deux peuples1 des diffr5ces tellem5t radicales1 que1 en y tudiant successivem5t les tats successifs de la royaut et de l'ari/ocratie1 la sa9e m?ode comp>ative doit alors t5dre saisir *ez l'un1 non l'analogue1 mais l'inv]se de ce qu'on obs]ve *ez l'autre1 en y remplaant l'lvation ou la dcad5ce de *acun de ces deux lm5s temporels p> celle de son antagoni/e4 ,moy5nant ce contra/e cont9u1 on rem>qu]a t\j\rs une exacte correspondance entre les deux hi/oires1 qui1 p> des voies quival5tes quoique opposes1 m>*5t galem5t1 p5dant t\t le c\rs des c9q d]ni]s sicles1 v]s l'entire dsorganisation du sy/me ?ologique et militaire4 ,a9si conu1 un tel rappro*em5t hi/orique peut dev5ir vraim5t fcond en prcieuses indications politiques2 t&is qu'il n'a1 au contraire1 presque jamais s]vi jusqu'ici1 du mo9s en ,france1 qu'a obscurcir beauc\p la plup>t des que/ions sociales1 d'aprs une vicieuse int]prtation des faits1 t5ant surt\t l'abs5ce pralable de t\te sa9e ?orie fondam5tale sur l'volution gnrale de l'humanit4 ,l'tablissem5t gnral1 d'abord spontan1 et enf9 sy/matique1 de la dictature temporelle que je vi5s de c>actris]1 a d alors tre longtemps entrav p> une premire influ5ce politique du prote/antisme1 qui s'e/ fait galem5t s5tir1 d'une manire inv]se mais quival5te1 aux deux modes ess5tiels que n\s v5ons de comp>]4 ,quoique1 p> l'ensemble de ses consqu5ces1 le prote/antisme ait1 sans d\te1 f9alem5t acclr la dsorganisation totale de l'anci5 sy/me social1 on doit nanmo9s reconnatre1 dans les div]s cas importans1 que son action primitive a t5du spontanm5t ret>d] beauc\p la dcomposition temporelle1 en procurant de n\velles =ces celui des deux lm5s pr9cipaux que la phase antrieure du m\vem5t rvolutionnaire avait dj de/9 succomb]4 ,cet effet a t produit1 de la manire la plus naturelle1 p\r l',anglet]re1 et dans les autres cas analogues1 d'aprs le c>actre pontifical que la royaut v5ait a9si d'y acqurir1 et qui1 sans p\voir inspir] de bi5 srieuses convictions1 tait cep5dant de nature comp5s] d'abord1 auprs des masses1 le dcl9 pralable de cette puissance1 qui ds-lors y p>v9t1 p5dant prs d'un sicle1 une prpondrance exceptionnelle1 s\rce ultrieure des plus graves convulsions politiques1 qu& v9t l'9vitable poque du ret\r spontan la m>*e normale d'une telle socit4 ,le prote/antisme a dt]m9 simultanm5t sur le cont95t1 et mme en cosse1 mais surt\t en ,france1 un rsultat quival5t quoique inv]se1 en y f\rnissant ncessairem5t la noblesse de n\veaux moy5s de rsi/] l'asc5dant croissant de la royaut3 et1 p\r s'adapt] conv5ablem5t cette app>5te v>it de de/9ations temporelles1 il lui a suffi de pr5dre spcialem5t1 en ce second cas1 la =me presbytri5ne ou calv9i/e1 la mieux assortie l'tat d'opposition1 au lieu de la =me piscopale ou lu?ri5ne1 seule correspondante l'tat de g\v]nem5t4 ,de l1 dans les deux cas1 d'abord une viol5te compression ou une agitation convulsive1 produite p> celle des deux =ces qui v\lait a9si rp>] sa dcad5ce antrieure1 et ensuite des consqu5ces prcism5t rciproques qu& l'lm5t antagoni/e t5d rec\vr] son anci5ne prpondrance2 la masse de la population cont9uant d'ailleurs n'y int]v5ir encore1 comme dans les luttes prcd5tes1 qu' titre de simple auxiliaire naturel1 mais dont t\tefois la coopration1 de plus en plus indisp5sable1 annonce dj1 bi5 que confusm5t1 d'imm95tes t5dances p]sonnelles4 ,telles sont1 ce me semble1 la fois l'exacte apprciation et l'explication gnrale des mmorables p]turbations sociales1 d\ble phase ncessaire1 respectivem5t propres1 soit la ,france1 soit l',anglet]re1 et p>eillem5t reprs5tes en t\t le re/e de l'occid5t europen1 depuis le milieu environ du ,x,v,ie sicle jusqu' celui du ,x,v,i,ie4 ,il s]ait1 sans d\te1 sup]flu d'insi/] ici p\r faire s5tir au lecteur clair combi5 l'ensemble des faits hi/oriques confirme rellem5t1 mme en ,france1 cette importante indication spontane de notre ?orie sociologique4 ,on s'explique aism5t a9si l'impopul>it radicale qui1 sauf quelques localits secondaires1 a presque t\j\rs c>actris le calv9isme franais1 d'abord ess5tiellem5t accueilli p> la noblesse comme un puissant moy5 de rec\vr]1 env]s la royaut1 son antique indp5dance fodale1 et p> suite pr(ondm5t rep\ss p> le vieil in/9ct anti-ari/ocratique de la masse de la population2 a9si que le reprs5te alors surt\t l'admirable rsi/ance spontane du bon s5s p>isi5 aux sductions dmocratiques de la doctr9e presbytri5ne4 ,je ne crois pas inutile de signal] ici un app5dice naturel et gnral1 quoique accessoire et passag]1 de la phase temporelle que je vi5s d'apprci]1 en y signalant une t5tative politique directe1 ncessairem5t infructueuse1 de la "p des organes spciaux de la transition critique1 l'issue de cet antagonisme f9al1 contre l'asc5dant1 dsormais absolu en app>5ce1 de l'lm5t temporel qui avait d re/] enf9 prpondrant4 ,on voit alors1 en effet1 les mtaphysici5s et les lgi/es1 qui avai5t t\j\rs si efficacem5t second un tel triomphe1 s'ef=c]1 presqu' la fois1 en ,france et en ,anglet]re1 de re/re9dre1 au pr(it de leur classe1 ce mme p\voir qu'ils v5ai5t a9si de consolid] jamais contre son antique rival1 et dont ils r$\tai5t ju/em5t ds-lors la t5dance 9vitable des envahissem5s indf9is1 aussitt que ce dfaut mme d'adv]saires l'aurait conduit ddaign] l'int]v5tion ultrieure de ses anci5s ag5s1 que cette n\velle situation devait d'ailleurs r5dre plus exigeans4 ,c'e/ p>-l qu'il e/ facile d'expliqu] les ef=ts simultans des p>lem5s franais contre l'autorit royale1 dont ils veul5t rgl] les *oix m9i/riels1 et des pr9cipaux *efs de la ,*ambre des ,communes d',anglet]re p\r lui subordonn] la ,*ambre des ,lords1 soit avant1 soit aprs la mort de ,*>les ,i]4 ,quoique ces t5tatives prmatures1 faute d'assez pr(ondes bases populaires1 n'ai5t pu videmm5t obt5ir aucun succs durable1 ni mme tr\bl] ess5tiellem5t l'avnem5t ncessaire de la dictature correspondante1 si hautem5t am5 p> l'ensemble de la situation sociale1 il tait p\rtant conv5able de les c>actris] ici rapidem5t1 comme m>quant avec prcision l'indication initiale de la t5dance spontane des lgi/es et des mtaphysici5s dirig] dsormais p> eux-mmes le gr& m\vem5t politique1 o ils n'avai5t jusque alors figur qu' titre de simples auxiliaires1 quelque importante ou mme indisp5sable qu'y et t d'ailleurs leur int]v5tion cont9ue4 ,enf91 p\r complt] suffisamm5t l'exacte apprciation hi/orique de la gr&e dictature temporelle que n\s considrons1 il ne me re/e plus qu' indiqu] l'esprit gnral qu'elle a f9alem5t dvelopp p>t\t aprs avoir a9si ple9em5t consolid son asc5dant politique1 sauf les div]sits de mode1 et mme les 9galits de degr1 comm&es p> les situations sociales correspondantes2 cet esprit commun et df9itif devant tre ds-lors jug le plus con=me sa vraie nature fondam5tale4 ,or1 il e/ ais de reconnatre1 ce sujet1 que1 dans les deux cas ess5tiels ci-dessus di/+us1 l'lm5t temporel demeur alors prpondrant a t\j\rs ess5tiellem5t t5du relev] l'exi/5ce sociale de son anci5 antagoni/e1 qui1 de son ct1 acceptait enf91 s\s des =mes plus ou mo9s explicites1 une t]nelle subalt]nit politique4 ,ri5 n'tait plus naturel1 sans d\te1 qu'une telle conv]sion d'aprs la con=mit fondam5tale d'orig9e1 de ca/e1 et d'ducation qui exi/ait spontanm5t entre la royaut et l'ari/ocratie1 et qui devait ncessairem5t am5] leur intime liaison1 aussitt que la rivalit d'asc5dant aurait cess d'en cont5ir l'influ5ce p]man5te4 ,le p\voir prpondrant avait dj p>t\t fait nettem5t press5tir cette t5dance n\velle p> la manire dont il v5ait d'c>t] ses anci5s auxiliaires1 dans la c\rte priode accessoire que je vi5s de signal]1 et qui con/itue a9si hi/oriquem5t une sorte de transition normale entre les d]nires luttes ess5tielles des deux lm5s temporels et le paisible abaissem5t1 volontaire de l'un env]s l'autre1 dsormais dev5u de plus en plus prononc4 ,*acune des deux =ces e/ ds-lors v5ue1 p> suite mme de son triomphe politique1 dvoil] spontanm5t1 de la manire la plus dcisive1 le vrai motif pr9cipal de ses anci5nes concessions dmocratiques1 presque t\j\rs dues surt\t aux seuls intrt de sa propre ambition1 bi5 plus qu' aucune vritable incl9ation populaire1 comme elle le confirmait dornavant d'aprs l'emploi de son asc5dant f9al au pr(it de son anci5 adv]saire contre son inv>iable alli4 ,telle a t1 depuis sa prpondrance df9itive1 l'attitude gnrale de l'ari/ocratie anglaise env]s la royaut1 dsormais place s\s sa tutelle de plus en plus affectueuse3 telle a t rciproquem5t1 p>tir de ,l\is ,,xiv1 la prdilection croissante de la royaut franaise p\r la noblesse enf9 compltem5t ass]vie#ca2 ce second cas ayant d tre1 p> sa nature1 beauc\p plus prononc que le premi]1 en v]tu d'une plus pr(onde dpression antrieure et d'une mo9s dang]euse re/auration actuelle1 con=mm5t nos explications prcd5tes4 ,quoique1 en pr9cipe1 l'esprit de calcul dirige c]ta9em5t encore mo9s la vie politique que la vie prive1 de semblables conv]sions sont trop s\v5t attribues de pr(onds desse9s1 t&is qu'elles fur5t d'abord ess5tiellem5t dues1 de "p et d'autre1 l'involontaire entranem5t des aff9its naturelles1 sauf l'influ5ce ultrieure des rflexions relatives l'utilit de cette n\velle union comme moy5 de rsi/ance au m\vem5t rvolutionnaire1 qui ds-lors devait bi5tt dev5ir ple9em5t sy/matique4 ,on voit a9si se reproduire1 p\r la seconde fois1 et d'une manire beauc\p mo9s excusable sans d\te1 quoique presque galem5t 9vitable1 la fatale illusion qui1 lors de l'absorption du p\voir spirituel p> le p\voir temporel1 avait entran celui-ci confondre une *>ge avec un s\ti52 plus la dcomposition s'accomplissait1 plus cette erreur capitale devait la fois dev5ir dang]euse et grossire4 ,cette d]nire trans=mation mrite ici d'autant plus d'att5tion qu'elle pose rellem5t le vritable t]me naturel de la dsorganisation spontane propre la phase prcd5te1 et ncessairem5t prolonge dans celle-ci jusqu' ce que1 p> le conflit univ]sel des diffr5s lm5s ess5tiels du rgime anci51 les div]s dbris de ce sy/me fuss5t enf9 cond5ss aut\r d'un lm5t unique1 demeur seul actif dsormais1 aprs avoir successivem5t absorb ou subalt]nis t\s les autres2 ce qui n'a t ple9em5t consomm qu' l'poque considre ma9t5ant1 et p>tir de laquelle n\s allons voir la dcomposition1 pr5ant un n\veau c>actre1 t5dre directem5t et de plus en plus v]s une rvolution dcisive1 ess5tiellem5t impossible tant que le conflit dissolvant n'avait pas encore atte9t son b df9itif4 ,enf91 c'e/ a9si que la dictature temporelle1 royale ou ari/ocratique1 p5dant qu'elle se compltait l'issue f9ale du d]ni] antagonisme1 pr5ait aussi ds-lors un c>actre ess5tiellem5t rtrograde1 qui n'avait pu se dvelopp] nettem5t avant qu'elle et a*ev la dfaite d'un lm5t plus directem5t ho/ile l'essor f9al des socits mod]nes4 ,c'e/ donc seulem5t alors qu'il faut reg>d] comme rellem5t accomplie1 autant que possible1 l'entire organisation univ]selle1 s\s des =mes div]ses1 du sy/me de rsi/ance plus ou mo9s rtrograde1 primitivem5t bau* p> ,philippe ,,ii d'aprs l'inspiration cont9ue des jsuites1 et contre l'ensemble duquel allait ma9t5ant se dirig] immdiatem5t l'esprit rvolutionnaire1 bi5tt p>v5u sa ple9e maturit1 surt\t en ,france1 o n\s devrons1 ds ce mom5t1 conc5tr] la pr9cipale tude ultrieure du gr& m\vem5t de dcomposition4 ,note #ca3 ,cette conv]sion f9ale1 si vid5te *ez ,l\is ,,xiv1 des incl9ations de la royaut franaise v]s ses antiques rivaux politiques1 a d'ailleurs spontanm5t conc\ru complt] le m\vem5t antrieur de dcomposition fodale1 p> la dconsidration croissante que devait ncessairem5t rp&re sur la noblesse cette trans=mation df9itive des anci5s *efs fodaux de la population franaise1 a9si volontairem5t rduits dsormais1 aprs tant de luttes1 la condition plus ou mo9s vile de c\rtisan proprem5t dit1 dont si peu d'entre eux cep5dant ont su se prs]v] p> un ju/e s5tim5t de leur dignit ari/ocratique4 ,aprs sa complte in/allation1 la dictature temporelle dont je vi5s de t]m9] l'apprciation fondam5tale a d gravem5t altr]1 au dtrim5t ncessaire de l'anci5 sy/me social1 le c>actre et l'exi/5ce propres au p\voir correspondant1 a9si pass de l'tat primitif de simple lm5t un asc5dant univ]sel qui ne p\vait conv5ir sa vritable nature4 ,les rois1 d'abord simples *efs de gu]re au moy5-ge1 devai5t tre sans d\te de plus en plus incapables d'ex]c] rellem5t les imm5ses attributions qu'ils avai5t graduellem5t conquises sur t\s les autres p\voirs sociaux4 ,c'e/ p\rquoi1 presque ds l'orig9e de cette conc5tration rvolutionnaire1 on voit p>t\t surgir spontanm5t peu peu une n\velle =ce politique1 le p\voir m9i/riel proprem5t dit1 ess5tiellem5t trang] au vrai rgime du moy5-ge1 et qui1 quoique driv et secondaire1 devi5t de plus en plus indisp5sable la n\velle situation de la royaut1 et p> suite t5d acqurir une importance de plus en plus di/9cte et mme indp5dante4 ,l\is ,,xi me p>at tre1 en ,europe#cb1 le d]ni] roi qui ait vraim5t dirig p> lui-mme l'ensemble de ses affaires1 malgr la va9e prt5tion de quelques-uns de ses successeurs3 et1 quelle que ft sa mmorable capacit politique1 il aurait c]ta9em5t pr\v le beso9 de vritables m9i/res au lieu de simples ag5s1 si la dcomposition de l'anci5 sy/me1 et p> suite la =mation de la dictature royale1 avai5t pu tre alors aussi avances qu'elles le dev9r5t deux sicles aprs4 ,une sup]ficielle apprciation peut donc seule1 p> exemple1 faire attribu] surt\t des causes purem5t p]sonnelles l'm95te lvation du gr& ,ri*elieu1 ess5tiellem5t rsulte de cette n\velle disposition politique3 mme avant cet admirable m9i/re1 et pr9cipalem5t aprs lui1 des hommes d'un gnie trs infrieur au si5 ont acquis une autorit non mo9s relle et peut-tre encore plus t5due1 qu& leur c>actre s'e/ tr\v suffisamm5t au niveau de leur position4 ,or1 une telle in/itution con/itue ncessairem5t l'aveu involontaire d'une sorte d'impuissance radicale de la "p d'un p\voir qui1 aprs avoir absorb t\tes les attributions politiques1 e/ a9si conduit en abdiqu] spontanm5t la direction effective1 de manire altr] gravem5t la fois sa dignit sociale et sa propre indp5dance3 j'indiqu]ai d'ailleurs1 au c9quante-septime *apitre1 la de/9ation ultrieure qui e/ probablem5t rs]ve cette s+ulire cration1 comme moy5 rguli] de transition politique v]s la rorganisation f9ale4 ,ce dcroissem5t spontan de la dictature royale1 p> suite mme de son triomphe1 devi5t surt\t c>actri/ique en considrant son ext5sion graduelle jusqu'aux fonctions militaires elles-mmes1 pr9cipal attribut naturel d'une telle autorit4 ,on voit1 en effet1 p>t\t1 et surt\t en ,france1 ds le ,x,v,i,ie sicle1 les rois r5onc] ess5tiellem5t dsormais1 malgr de va9es dmon/rations (ficielles1 au comm&em5t rel des armes1 qui dev5ait videmm5t de plus en plus incompatible avec l'ensemble de leur n\veau c>actre politique4 ,au re/e1 quoique1 p\r plus de nettet1 j'aie cru devoir ici indiqu] spcialem5t ce g5re de dcroissem5t env]s la seule dictature royale1 o il devait tre mieux m>qu1 on doit galem5t reconnatre qu'il n'e/ pas1 au fond1 mo9s applicable1 sauf la div]sit des manife/ations1 la dictature ari/ocratique elle-mme1 en rsultat ncessaire d'une p>eille situation4 ,quelle que soit1 p> exemple1 l'orgueilleuse prt5tion de l'olig>*ie anglaise la haute direction exclusive de son sy/me politique1 elle n'a pas t mo9s entrane que la royaut franaise1 et environ ds la mme poque1 confi] de plus en plus ses attributions pr9cipales des m9i/res pris hors de son se91 et aussi *oisir habituellem5t dans la ca/e infrieure les vritables *efs des oprations militaires1 soit t]re/res1 soit m>itimes3 seulem5t1 elle a pu mieux dissimul] cette d\ble ncessit n\velle1 en s'incorporant avec rsignation1 et quelquefois mme avec habilet1 les organes trang]s qu'elle tait a9si =ce d'emprunt]1 d'aprs le s5tim5t involontaire de sa propre insuffisance4 ,prs d'un sicle aup>avant1 l'ari/ocratie vniti5ne avait dj subi une p>eille dgnration politique1 p> suite d'une situation semblable1 quoique mo9s prononce4 ,note #cb3 ,cette obs]vation gnrale n'admet rellem5t d'exception importante que p> rapport au gr& ,frdric4 ,mais cette unique anomalie1 relative un tat n\vellem5t =m1 et l'homme le plus m95t qui ait rgn depuis ,*>lemagne1 ne saurait videmm5t altr]1 en aucune manire1 la ju/esse fondam5tale d'une telle rem>que sur l'insuffisance croissante de la capacit royale dans les temps mod]nes1 mesure que la gr&e dictature temporelle s'y compltait graduellem5t4 ,de tels symptmes gnraux devai5t directem5t confirm] la de/9ation m9emm5t prcaire de la dictature temporelle1 qui1 dans *acun de ses deux modes pr9cipaux1 ne p\vait tre rellem5t motive que sur l'imm95t beso9 social d'une suffisante rsi/ance c5trale contre le dmembrem5t univ]sel v]s lequel t5dait de plus en plus le dveloppem5t cont9u du gr& m\vem5t de dcomposition que n\s apprcions4 ,envisages s\s un autre aspect1 ces obs]vations conduis5t aussi mesur] le progrs capital que devait faire1 dans cette n\velle phase rvolutionnaire1 la dcad5ce gnrale de l'esprit militaire1 immdiatem5t manife/e1 dans la phase prcd5te1 p> la commune sub/itution des armes p]man5tes aux anci5nes milices fodales1 comme je l'ai ci-dessus indiqu4 ,il e/ clair1 en effet1 que la r5onciation des rois au comm&em5t effectif1 et l'essor simultan du p\voir m9i/riel1 si s\v5t ex]c p> les p]sonnages les plus trang]s la gu]re1 devai5t t5dre =tem5t subalt]nis] de plus en plus la pr(ession des armes1 que sa spcialisation mme avait dj frappe d'une dconsidration croissante1 comp>ativem5t sa suprmatie fodale1 dont les =mules (ficielles ne faisai5t plus que reproduire va9em5t le lo9ta9 s\v5ir1 rpt mme auj\rd'hui p> la r\t9e arrire du vulgaire des dclamateurs politiques1 qui n'ont pas encore compris1 cet g>d1 le pr(ond *angem5t des socits europennes depuis le ,x,i,ve sicle4 ,qu& l'impression trop exclusive des gr&es gu]res mod]nes t5d produire une dang]euse illusion sur la dcad5ce cont9ue du rgime et de l'esprit militaires1 je ne saurais conseill] de meilleur moy5 de la dissip] que d'entrepr5dre1 ce sujet1 un judicieux exam5 comp>atif entre les socits actuelles et celles de l'antiquit1 ou mme du moy5-ge2 ce qui suffira t\j\rs p\r manife/] spontanm5t1 sans la mo9dre inc]titude1 la vraie direction de l'volution huma9e s\s ce rapport4 ,p\r que cette comp>aison devi5ne suffisamm5t dcisive1 il n'e/ pas mme ncessaire de l't5dre l'int5sit1 la multiplicit1 et surt\t la cont9uit des gu]res respectives1 ni la p>ticipation effective de l'ensemble de la population3 on peut se born]1 en la circonscrivant aussi simplem5t que possible1 faire contra/]1 de "p et d'autre1 la position habituelle et la puissance normale des *efs militaires4 ,dj ,ma*iavel1 au db du ,x,v,ie sicle1 avait ju/em5t signal1 quoique dans une int5tion trs peu philosophique1 l'exi/5ce prcaire et dp5dante des gnraux mod]nes1 de plus en plus rduits la condition de simples ag5s d'une autorit civile de plus en plus ombrageuse2 comp>ativem5t l'empire presque absolu et indf9i dont j\issai5t1 surt\t ,rome1 les gnraux anci5s1 p5dant t\te la dure de leurs oprations1 et qui1 en effet1 tait indisp5sable au libre essor du sy/me de conqute4 ,or1 ce que ,ma*iavel croyait alors con/itu] une sorte d'anomalie passagre1 spcialem5t propre aux tats itali5s1 et surt\t ,v5ise1 qui en donnait l'exemple depuis prs d'un sicle1 e/1 au contraire1 dev5u ensuite1 d'une manire de plus en plus prononce1 la situation normale de t\s les tats europens1 sans except] les plus t5dus et les plus puissans1 o1 s\s t\tes les =mes politiques1 les *efs de gu]re1 dsormais pr(ondm5t subordonns au p\voir civil1 ont t habituellem5t assujtis1 malgr les plus m95s s]vices1 une sorte de sy/me cont9u de suspicion et de surveillance1 s\v5t p\ss jusqu' leur ravir aussi la haute direction des div]ses expditions de quelque importance1 soit (f5sives1 soit mme df5sives1 presque t\j\rs rgles a9si1 non-seulem5t dans la conception1 mais dans l'excution pr9cipale1 p> des m9i/res non militaires4 ,les va9es pla9tes de ,ma*iavel ce sujet s]ai5t1 sans d\te1 ju/em5t rptes p> nos gu]ri]s1 si le po9t de vue militaire avait d cons]v] son antique prpondrance politique2 puisqu'une telle con/itution e/ videmm5t trs peu favorable au succs habituel des expditions3 mais ces regrets /riles n'ont cep5dant pas emp* depuis trois sicles1 et emp*]ont probablem5t encore mo9s l'av5ir1 le dveloppem5t p]man5t de ces n\velles habitudes1 naturellem5t dt]m9es p> la rnovation graduelle des op9ions et des murs sociales1 et d'ailleurs tacitem5t ratifies p> la libre adhsion j\rnalire des gnraux eux-mmes1 que d'aussi pnibles conditions ord9aires n'ont jamais emp* jusqu'ici de sollicit] l'envi le comm&em5t des armes mod]nes4 ,ri5 n'e/ donc plus propre qu'un tel *angem5t1 la fois spontan et univ]sel1 faire hautem5t ressortir la nature anti-militaire des socits mod]nes1 p\r lesquelles la gu]re con/itue ncessairem5t un tat de plus en plus exceptionnel1 dont les c\rtes et r>es priodes n'(fr5t1 mme p5dant leur dure1 qu'un intrt social de plus en plus accessoire1 sauf *ez la classe spciale1 de plus en plus circonscrite1 qui s'y livre exclusivem5t4 ,cette irrcusable apprciation e/ clairem5t confirme p> l'tude att5tive des gr&es gu]res qui rempliss5t1 presque sans int]valle1 la mmorable poque que n\s analysons1 quoique leur exi/5ce ait t s\v5t invoque contre la doctr9e hi/orique sur la dcad5ce cont9ue de l'esprit militaire4 ,au re/e1 un exam5 appr(ondi de la vraie nature politique de ces gu]res1 montre clairem5t qu'elles cessr5t alors1 en gnral1 d'tre ess5tiellem5t dues1 comme dans la priode prcd5te1 l'exubrance fodale de l'activit militaire aprs l'abaissem5t de l'autorit europenne des papes4 ,on ne peut rellem5t attribu]1 en pr9cipe1 la prolongation d'une telle impulsion que les fameuses gu]res propres la premire moiti du ,x,v,ie sicle1 p5dant la rivalit de ,franois ,i] et ,*>les-,qu9t1 la suite de l'invasion franaise en ,italie2 l'ext5sion naturelle du sy/me des armes p]man5tes1 et les n\velles ress\rces p>t\t procures p> le dveloppem5t indu/riel1 expliqu5t d'ailleurs spontanm5t l'importance suprieure de ces expditions3 encore faut-il reconnatre1 au fond1 malgr l'illusion due un re/e d'influ5ce des murs *eval]esques1 que la gu]re y dev9t bi5tt ess5tiellem5t df5sive de la "p de la ,france1 qui luttait avec n]gie p\r le ma9ti5 de sa nationalit contre les dang]euses prt5tions de ,*>les-,qu9t une sorte de mon>*ie univ]selle4 ,quoi qu'il en soit1 l'action politique du prote/antisme ne t>da po9t r5dre1 s\s ce rapport1 un s]vice fondam5tal l'volution ultrieure de l'lite de l'humanit1 en emp*ant radicalem5t t\t essor t5du et durable de l'esprit de conqute p> la proccupation des tr\bles intrieurs1 et en donnant naturellem5t un n\veau b et un c\rs diffr5t l'activit militaire1 ds-lors ratta*e la gr&e lutte sociale entre le sy/me de rsi/ance et l'in/9ct progressif3 je nglige d'ailleurs ici la t5dance anti-militaire propre aux murs prote/antes1 en tant que produisant des habitudes de discussion et de libre exam5 individuel videmm5t antipa?iques aux conditions normales de t\te discipl9e gu]rire2 et j'en fais expressm5t ab/raction provisoire1 af9 de ne considr] que les influ5ces les plus gnrales1 ess5tiellem5t communes t\s les tats europens4 ,c'e/ donc cette poque qu'il faut plac] la vritable orig9e des gu]res rvolutionnaires proprem5t dites1 o la gu]re extrieure se complique plus ou mo9s avec la gu]re civile1 dans l'intrt srieux d'un important pr9cipe social1 qui t5d y dt]m9] la p>ticipation plus ou mo9s active de t\s les hommes conva9cus1 quelque pacifiques que soi5t leurs incl9ations habituelles2 en sorte que l'n]gie militaire y peut tre =t int5se et trs s\t5ue1 sans cess] d'y con/itu] un simple moy51 et sans indiqu] rellem5t aucune prdilection gnrale p\r la vie gu]rire4 ,or1 une apprciation suffisamm5t appr(ondie dmontr]a clairem5t1 ce me semble1 que tel ne fut pas seulem5t le n\veau c>actre1 dj unanimem5t reconnu1 des longues gu]res qui ont alors agit l',europe1 depuis le milieu environ du ,x,v,ie sicle jusqu' celui du ,x,v,i,ie1 et sans except] mme la clbre gu]re de tr5te ans2 mais elle f]a voir aussi qu'une p>eille nature app>ti5t ess5tiellem5t1 d'une manire non mo9s relle1 au fond1 quoique mo9s explicite1 aux gu]res1 encore plus t5dues1 qui remplir5t ensuite la seconde moiti de ce d]ni] sicle1 et mme le comm5cem5t du suivant1 jusqu' la paix d',utre*t4 ,dans cette srie ultrieure de gu]res1 l'ambition des conqutes e/1 sans d\te1 int]v5ue1 comme au re/e1 dans la prcd5te1 et peut-tre davantage1 vu l'affaiblissem5t naturel1 de "p et d'autre1 de la premire f]veur religieuse et politique3 mais on lui attribue vulgairem5t1 ce sujet1 une influ5ce capitale qui ne dut tre que purem5t accessoire4 ,t\t autant que les gu]res antrieures1 celles-ci port5t pr(ondm5t1 en ralit1 l'empre9te rvolutionnaire1 en tant que relatives surt\t au prolongem5t de la lutte univ]selle entre le ca?olicisme et le prote/antisme2 lutte alors dev5ue d'abord (f5sive de la "p de la ,france1 o s'tait conc5tre l'action ca?olique depuis l'affaiblissem5t de l',espagne1 jusqu' la crise anglaise de #afhh1 et ensuite df5sive1 qu& l'action prote/ante a pu tre1 son t\r1 suffisamm5t cond5se aut\r de ,guillaume d',orange1 d'aprs l'union spontane de la ,holl&e avec l',anglet]re4 ,p5dant la majeure p>tie du ,x,v,i,i,ie sicle1 les gu]res ont encore *ang de nature1 p> suite de la rsignation unanime des div]s tats europens ma9t5ir enf9 les deux sy/mes antipa?iques dans leur situation effective1 p\r s'occup] concurremm5t dsormais du dveloppem5t indu/riel1 dont l'importance sociale dev5ait de plus en plus prpondrante3 ds-lors1 l'activit militaire a t ess5tiellem5t subordonne aux intrts comm]ciaux1 comme je l'indiqu]ai au *apitre suivant1 jusqu' l'avnem5t de la rvolution franaise1 o1 aprs une gr&e ab]ration gu]rire1 difficile vit]1 l'esprit militaire a comm5c subir une d]nire trans=mation ess5tielle1 que je c>actris]ai au c9quante-septime *apitre1 et qui m>que1 encore plus nettem5t qu'aucune autre1 son 9vitable dcad5ce f9ale4 ,l'accomplissem5t graduel des importantes modifications temporelles que n\s v5ons de ratta*] a9si la dsorganisation radicale du rgime militaire1 a t spcialem5t opr p> une n\velle classe1 peu nombreuse mais trs rem>quable1 qui a naturellem5t surgi1 en ,europe1 presque ds le db du gr& m\vem5t de dcomposition univ]selle1 et qui peu peu y a ju/em5t acquis une haute importance politique1 que je dois sommairem5t expliqu]3 on conoit qu'il s'agit de la classe diplomatique4 ,ess5tiellem5t trangre au vrai rgime du moy5-ge1 cette classe t\te mod]ne e/ d'abord spontanm5t issue de la dcad5ce europenne de la con/itution ca?olique1 qui en a fait natre la ncessit p\r suppler1 autant que possible1 aux li5s politiques que le p\voir commun de la papaut ma9t5ait rgulirem5t jusque l entre les div]s tats1 et qui1 en mme temps1 en a f\rni les premi]s lm5s1 en p]mettant de tr\v] beauc\p d'hommes intellig5s et actifs1 naturellem5t placs1 de la manire la plus rationnelle1 au po9t de vue social le plus lev1 sans t\tefois tre aucunem5t militaires3 on peut not]1 en effet1 que les diplomates ont t long-temps emprunts au cl]g ca?olique1 p>mi les membres qui1 in/9ctivem5t p]suads de la d*ance croissante de leur corporation1 se montrai5t disposs utilis] ailleurs1 d'une manire plus relle quoique plus secondaire1 l'm95te capacit politique qu'ils avai5t pu y cultiv]4 ,depuis que la gr&e dictature temporelle1 mon>*ique ou olig>*ique1 a pris son c>actre df9itif1 cette classe a t1 en app>5ce1 pr9cipalem5t ari/ocratique1 comme le haut sac]doce2 mais cette intrusion nobiliaire n'a pu cep5dant dnatur] son esprit m9emm5t avanc1 o la capacit e/ t\j\rs1 s\s de va9es =mules (ficielles1 rellem5t place au premi] rang des titres p]sonnels3 il n'y a pas eu1 sans d\te1 en ,europe1 p5dant t\t le c\rs des trois d]ni]s sicles1 de classe aussi compltem5t affran*ie de t\s prjugs politiques et peut-tre mme philosophiques1 en v]tu de la supriorit naturelle de son po9t de vue habituel4 ,quoi qu'il en soit1 il e/ clair que cette classe m9emm5t civile1 ne et gr&ie conjo9tem5t avec le p\voir m9i/riel proprem5t dit1 dont elle con/itue une sorte d'app5dice naturel1 a p>t\t t5du directem5t dp\ill] de plus en plus les militaires de leurs anci5nes attributions politiques1 p\r les rduire la simple condition d'in/rum5s plus ou mo9s passifs de desse9s conu et dirigs p> la puissance civile1 dont l'asc5dant f9al a t tant second p> la diplomatie4 ,*acun sait1 en effet1 que dans l'antiquit1 et mme1 beauc\p d'g>ds1 au moy5-ge1 les ngociations de paix ou d'alliance tai5t habituellem5t reg>des comme un complm5t spontan du comm&em5t militaire1 a9si que l'exigeait videmm5t le libre essor normal du sy/me gu]ri]1 surt\t l'tat (f5sif3 p> suite1 on ne peut d\t] que la classe diplomatique n'ait immdiatem5t conc\ru1 avec une spciale efficacit1 la dcad5ce cont9ue du rgime et de l'esprit militaires1 en enlevant ds-lors irrvocablem5t aux gnraux une aussi prcieuse p>tie de leurs fonctions primitives2 ce qui explique aism5t l'antipa?ie in/9ctive qui a t\j\rs exi/ *ez les mod]nes1 s\s des =mes plus ou mo9s expressives1 entre les rangs suprieurs des deux classes4 ,ce d]ni] ordre d'obs]vations n\s conduit naturellem5t complt] enf9 l'apprciation sociologique de la gr&e dictature temporelle qui a entirem5t consomm la dcomposition spontane propre au moy5-ge1 en y considrant les ef=ts qu'elle a d faire1 aprs sa suffisante consolidation1 p\r suppler1 le mo9s imp>faitem5t possible1 l'imm5se lacune qu'avait ncessairem5t laisse1 dans le sy/me politique de l',europe1 l'irrvocable ext9ction croissante de l'autorit univ]selle des papes4 ,un tel beso9 avait d se manife/]1 comme je l'ai expliqu1 ds l'orig9e de la phase rvolutionnaire au quatorzime sicle1 puisque c'e/ prcism5t p> l'abolition de ce p\voir gnral1 suivie d'une disp]sion politique correspondante1 que le m\vem5t de dsorganisation avait d p>t\t comm5c]4 ,mais les gr&es luttes qui absorbr5t ensuite la pr9cipale sollicitude des lm5s temporels de/9s dev5ir prpondrans1 fir5t 9vitablem5t aj\rn] la seule solution que comportait alors cette difficult fondam5tale1 et qui devait repos] sur la rgul>isation sy/matique du simple antagonisme matriel entre les div]s tats europens2 ce qui supposait videmm5t la cessation pralable des diffr5tes agitations intrieures1 et la suffisante ralisation de la dictature temporelle o elles devai5t ab\tir4 ,qu& ces conditions indisp5sables ont pu tre conv5ablem5t remplies selon le c\rs naturel des vnem5s ci-dessus c>actriss1 la diplomatie s'e/ p>t\t aussitt occupe1 avec une infatigable ardeur1 s\t5ue p> un digne s5tim5t de son importante mission1 in/itu] quitablem5t un tel quilibre1 dont la ncessit actuelle dev5ait hautem5t irrcusable1 depuis que le p>tage presque gal de l',europe entre le ca?olicisme et le prote/antisme devait videmm5t int]dire t\te illusion1 s'il en p\vait re/] encore1 sur le rtablissem5t normal d'un vritable organisme europen d'aprs l'entire rintgration de l'anci5 li5 spirituel4 ,c'e/ a9si que la diplomatie m>qua noblem5t1 p> le gr& trait de ,we/phalie1 sa pr9cipale int]v5tion dans le sy/me de la civilisation mod]ne1 d'aprs un gnreux esprit de pacification univ]selle et p]man5te1 dont la mmorable utopie du bon ,h5ri ,,iv avait dj signal les symptmes c>actri/iques4 ,sans d\te1 la solution diplomatique e/1 en pr9cipe1 extrmem5t infrieure1 comme j'aurai lieu de le faire plus t>d s5tir spcialem5t1 l'anci5ne solution ca?olique1 la seule qui1 p> sa nature1 puisse tre vraim5t rationnelle2 puisque l'organisme int]national peut encore mo9s se pass] que l'organisme national d'une base intellectuelle et morale1 et ne saurait1 p> consqu5t1 jamais repos] solidem5t sur le simple antagonisme physique1 qui1 en effet1 au cas que n\s considrons1 n'a pu acqurir aucune consi/ance relle1 et n'a prs5t1 vrai dire1 qu'une utilit =t problmatique1 si mme un tel quilibre n'a s\v5t s]vi de prtexte plausible l'essor p]turbateur des hautes ambitions politiques4 ,mais il s]ait c]ta9em5t inju/e et irrationnel de jug] d'aprs l'tat normal un expdi5t ess5tiellem5t de/9 une situation rvolutionnaire1 et qui1 selon cette apprciation relative1 a du mo9s conc\ru et conc\rt encore1 un c]ta9 degr1 ma9t5ir1 entre les div]s tats europens1 la p5se habituelle d'une organisation quelconque1 quelque vague et insuffisante qu'en soit la notion2 jusqu' ce que la commune rorganisation spirituelle1 qui peut seule t]m9] la gr&e phase rvolutionnaire1 vi5ne f\rnir spontanm5t une base vraim5t gnrale1 sur laquelle une n\velle et plus haute diplomatie puisse ralis] enf9 la con/ruction graduelle de la rpublique europenne1 galem5t press5tie p> l'me du noble roi ,h5ri et p> le gnie du gr& philosophe ,leibnitz1 qui1 p>tis de po9ts si div]s1 et suivant des r\tes si opposes1 ne saurai5t1 sans d\te1 s'tre a9si r5contrs sur une pure *imre sociale1 comme je l'indiqu]ai au c9quante-septime *apitre4 ,tels sont les div]s aspects gnraux s\s lesquels je devais ici considr] sommairem5t1 p5dant la priode prote/ante proprem5t dite1 la m>*e cont9ue de la dsorganisation temporelle1 qui n'a fait ensuite que se prolong] naturellem5t dans la mme direction1 sans aucun c>actre vraim5t n\veau de quelque importance1 p5dant la priode di/e1 jusqu' l'avnem5t de la rvolution franaise1 ce qui n\s disp5s]a ess5tiellem5t d'y rev5ir en t\t le re/e de la leon actuelle4 ,p> l se tr\ve donc complte enf9 l'apprciation1 si difficile et si complexe1 de l'imm5se porte politique propre la premire phase ncessaire de la dcomposition sy/matique de l'anci5 sy/me social1 prcdemm5t analyse en ce qui conc]ne la dissolution spirituelle4 ,je devais1 sans d\te1 s\s ce d\ble aspect1 spcialem5t insi/] ici sur l'tablissem5t rationnel d'un tel po9t de d"p1 qui a tant influ sur la suite entire du gr& m\vem5t rvolutionnaire1 et qui nanmo9s n'a jamais t jusqu'ici conv5ablem5t jug1 malgr les tudes presque innombrables auxquelles il a donn lieu1 p> le triple dfaut de rationnalit1 d'lvation1 et d'imp>tialit que prs5t5t ord9airem5t ces conceptions contradictoires1 soit hi/oriques1 soit politiques1 dont les div]s auteurs1 ca?oliques1 prote/ants1 ou enf9 di/es1 n'ont pu ap]cevoir qu'une seule face du sujet1 ou les ont t\tes enveloppes d'un aveugle dda94 ,mais cette analyse fondam5tale1 dsormais exactem5t ratta*e l'ensemble de notre laboration hi/orique1 va ma9t5ant n\s p]mettre de t]m9]1 avec beauc\p plus de nettet et de rapidit la fois1 l'exam5 gnral de la priode prote/ante proprem5t dite1 en y considrant enf91 suivant l'ordre d'abord indiqu1 sa haute influ5ce intellectuelle4 ,n\s retir]ons d'ailleurs une utilit non mo9s ess5tielle de l'explication capitale que n\s v5ons d'tablir1 en passant ensuite l'apprciation directe de la d]nire phase ncessaire du m\vem5t de dcomposition1 o n\s p\rrons1 d'aprs une telle base1 conc5tr] notre att5tion presque exclusive sur l'branlem5t m5tal qui la c>actrisa surt\t1 sans nuire cep5dant l'intgrit de notre conception f9ale relative au sy/me total des div]ses oprations rvolutionnaires depuis le ,x,i,ve sicle4 ,outre l'action politique propre au prote/antisme1 et qui1 en ralit1 consi/e seulem5t dans les diffr5ts rsultats gnraux1 directs ou indirects1 qui vi5n5t d'tre exam9s1 il a ncessairem5t s]vi de premi] organe sy/matique l'esprit univ]sel d'mancipation1 en prp>ant ess5tiellem5t la dissolution radicale1 d'abord intellectuelle1 et f9alem5t sociale1 que l'anci5 sy/me devait subir p5dant la priode suivante4 ,quoique la =mation effective1 et surt\t le dveloppem5t de la doctr9e critique proprem5t dite ne doiv5t pas lui tre directem5t attribus1 il en a cep5dant tabli d'abord les pr9cipales bases1 sur lesquelles une philosophie ngative plus complte et plus prononce a pu ensuite con/ruire aism5t l'ensemble de la mtaphysique rvolutionnaire1 de/9e c>actris]1 sa manire1 l'issue f9ale du gr& m\vem5t de dcomposition4 ,c'e/ surt\t a9si que l'branlem5t prote/ant a con/itu une situation int]mdiaire rellem5t indisp5sable1 bi5 que trs passagre1 dans l'essor fondam5tal de la raison huma9e4 ,p\r facilit]1 s\s ce d]ni] aspect1 l'apprciation gnrale du prote/antisme1 n\s p\vons reg>d] ici le sy/me enti] de la doctr9e critique comme ess5tiellem5t rductible au dogme absolu et indf9i du libre exam5 individuel1 qui en e/ c]ta9em5t le pr9cipe univ]sel4 ,ds le db du quatrime volume1 j'ai expos1 ce sujet1 des considrations directes1 aussi applicables1 p> leur nature1 au pass qu'au prs5t1 et d'o il rsulte que les autres dogmes ess5tiels de la philosophie rvolutionnaire ne con/itu5t rellem5t que de simples consqu5ces politiques de ce dogme fondam5tal1 qui a graduellem5t rig *aque raison individuelle en suprme arbitre de t\tes les que/ions sociales4 ,il e/ clair1 en effet1 qu'une telle lib]t de p5s] doit naturellem5t conduire *acun la lib]t de p>l]1 d'crire1 et mme d'agir con=mm5t ses convictions p]sonnelles1 sans autres rs]ves sociales que celles relatives l'quilibre p]man5t des div]ses individualits4 ,p>eillem5t1 cette sorte de s\v]a9et morale attribue *acun1 simultanm5t considre *ez t\s les citoy5s1 et n'y p\vant ds-lors admettre d'autre re/riction lgitime que celle du nombre1 ab\tit ncessairem5t la s\v]a9et politique de la multitude1 crant ou dtruisant son gr t\tes les in/itutions quelconques4 ,une telle suprmatie individuelle suppose d'ailleurs videmm5t la conception correspondante de l'galit univ]selle1 a9si spontanm5t proclame dans l'ordre m5tal1 o les hommes1 en ralit1 diffr5t le plus pr(ondm5t les uns des autres4 ,enf91 s\s le po9t de vue int]national1 on ne saurait d\t] qu'un p>eil dogme ne conduise1 encore plus directem5t1 consacr] l'indp5dance absolue1 ou l'enti] isolem5t politique1 de *aque peuple p>ticuli]4 ,on voit donc1 t\s g>ds1 les diffr5tes notions ess5tielles propres la mtaphysique rvolutionnaire ne con/itu] rellem5t que de simples applications sociales1 ou plutt les div]ses manife/ations ncessaires1 de cet unique pr9cipe du libre exam5 individuel1 d'o elles peuv5t t\tes spontanm5t driv]4 ,j'aurai lieu de faire s5tir ci-aprs qu'une telle filiation gnrale e/ aussi hi/orique que logique1 puisque *acune de ces consqu5ces politiques a t effectivem5t dduite aussitt que le c\rs naturel des vnem5s a dirig l'att5tion publique v]s l'aspect social correspondant4 ,d'aprs cette vid5te conc5tration pralable1 que je devais ici rappel] sommairem5t1 on ne peut mconnatre l'aptitude ncessaire du prote/antisme jet] le fondem5t primordial de la philosophie rvolutionnaire1 en proclamant directem5t le droit individuel de *acun au libre exam5 de t\tes les que/ions quelconques1 malgr les re/rictions irrationnelles qu'il s'e/ t\j\rs ef=c d'impos] ce sujet4 ,outre que ces div]ses re/rictions devai5t tre1 p> leur nature1 successivem5t rejetes p> de n\velles sectes1 il faut rem>qu] que leur inconsqu5ce mme a d'abord facilit l'admission univ]selle du pr9cipe gnral1 dont l'entire promulgation immdiate et long-temps rvolt des consci5ces qui1 rassures1 au contraire1 p> la cons]vation primitive des pr9cipales croyances1 ne luttai5t plus contre l'attrait presque irrsi/ible que prs5te spontanm5t notre orgueilleuse intellig5ce la libre int]prtation p]sonnelle de la foi commune4 ,c'e/ surt\t a9si que le prote/antisme devait indirectem5t t5dre son influ5ce m5tale *ez les peuples mme qui ne l'avai5t po9t o/5siblem5t adopt1 et qui nanmo9s ne p\vai5t1 sans d\te1 indf9im5t se jug] mo9s aptes que les autres l'mancipation religieuse1 dont les plus gr&s rsultats philosophiques leur tai5t1 en effet1 spcialem5t rs]vs1 comme on le v]ra bi5tt4 ,or1 l'inoculation univ]selle de l'esprit critique ne p\vait assurm5t s'opr] s\s une =me plus dcisive3 c>1 aprs avoir audacieusem5t discut les op9ions les plus respectes et les p\voirs les plus sacrs1 la raison huma9e p\vait-elle recul] devant aucune maxime ou in/itution sociale1 aussitt que l'analyse dissolvante y s]ait spontanm5t dirige8 ,aussi ce premi] pas e/-il rellem5t le plus capital de t\s ceux relatifs la =mation graduelle de la doctr9e rvolutionnaire1 qui1 si elle p\vait1 p> une rtrogradation *imrique1 tre ram5e cet tat initial1 ne saurait manqu] d'y retr\v] naturellem5t le pr9cipe ncessaire d'une suite quival5te de n\velles consqu5ces analogues4 ,la sa9e apprciation hi/orique de ce fondem5t univ]sel de la philosophie ngative propre la d]nire phase gnrale du gr& m\vem5t de dcomposition consi/e ess5tiellem5t le ratta*]1 t\s g>ds1 la dsorganisation spontane qui l'avait prcd1 suivant nos explications antrieures4 ,s\s cet aspect1 seul vraim5t con=me l'ensemble des faits1 le pr9cipe du libre exam5 n'aurait t d'abord1 au seizime sicle1 qu'un simple rsultat naturel de la n\velle situation sociale graduellem5t am5e p> les deux sicles prcd5s4 ,on conoit1 en effet1 que cette lib]t intellectuelle con/itue1 p> sa nature1 une disposition purem5t ngative1 et ne peut se rapport] rellem5t qu' la conscration sy/matique de l'tat de non-g\v]nem5t1 spontanm5t rsult1 p\r les esprits mod]nes1 de la dissolution croissante de l'anci5ne discipl9e m5tale1 jusqu' l'avnem5t ultrieur de n\veaux li5s spirituels4 ,si ce dogme n'et t primitivem5t la simple proclamation ab/raite d'un tel fait gnral1 son app>ition effective s]ait assurm5t incomprh5sible1 quoiqu'il ait d ensuite ragir m9emm5t sur l'ext5sion de la dcomposition religieuse qui l'avait orig9airem5t produit4 ,le droit d'exam5 individuel a cela d'videmm5t c>actri/ique que ri5 n'en saurait emp*] l'ex]cice spontan qu& une volont suffisante a pu enf9 se =m]1 sauf la difficult des manife/ations extrieures1 bi5tt leve p> une conv5able simultanx de vux4 ,or1 le dveloppem5t1 t\j\rs imm95t1 d'une volont aussi con=me l'ensemble des p5*ans huma9s1 ne peut c]ta9em5t tre cont5u que p> l'influ5ce p]man5te d'n]giques convictions antrieures1 dont sa production suppose t\j\rs l'affaiblissem5t pralable4 ,telle e/1 sans d\te1 la m>*e naturelle propre cette disposition m5tale1 aussi rebelle la provocation qu' l'int]diction hors des conditions normales d'opportunit1 et qui a tant donn lieu de fausses apprciations1 o le symptme e/ pris p\r la cause1 et le rsultat p\r le pr9cipe4 ,dans le cas actuel1 n\s avons dj ple9em5t reconnu que les longues discussions du quatorzime sicle sur le p\voir europen des papes et celles du sicle suivant sur l'indp5dance des glises nationales env]s le c5tre roma9 avai5t spontanm5t suscit1 *ez t\s les peuples *rti5s1 un l>ge ex]cice spontan du droit d'exam5 individuel1 long-temps avant que le dogme en pt tre sy/matiquem5t =mul1 de manire priv] d'avance l'ensemble des anci5nes croyances de leur pr9cipale n]gie sociale4 ,la proclamation lu?ri5ne n'a donc fait1 vrai dire1 qu't5dre sol5nellem5t t\s les croyans un privilge dont les rois et les docteurs avai5t alors amplem5t u1 et qui se propageait naturellem5t de plus en plus *ez t\tes les autres classes4 ,c'e/ a9si que l'esprit gnral de discussion inhr5t t\t mono?isme1 et surt\t au ca?olicisme1 avait hautem5t devanc1 dans t\te l',europe1 l'appel direct du prote/antisme4 ,il e/ d'ailleurs vid5t1 en fait1 que l'branlem5t lu?ri51 soit quant la discipl9e1 ou la hir>*ie1 soit mme quant au dogme1 ne produisit rellem5t aucune innovation qui n'et dj t xrativem5t propose long-temps aup>avant2 en sorte que le succs de ,lu!r1 aprs tant d'autres r=mateurs trop prcoces1 fut ess5tiellem5t d l'opportunit d'un tel ef=t1 enf9 suffisamm5t prp> p> l'univ]selle dsorganisation spontane du sy/me ca?olique1 suivant nos explications antrieures1 que confirme si clairem5t la propagation rapide et facile de cette explosion dcisive4 ,en considrant de plus prs cette n\velle situation gnrale1 il e/ ais de reconnatre que l'irrvocable subalt]nisation du p\voir spirituel env]s le p\voir temporel1 qui en con/ituait p>t\t le c>actre plus ou mo9s explicite1 devait spcialem5t y provoqu] la propagation ncessaire de l'esprit d'mancipation p]sonnelle1 en dgradant radicalem5t1 p> une irrationnelle sujtion1 les seules autorits auxquelles on pt jusque alors reconnatre un droit lgitime de discipl9] les intellig5ces1 et qui se tr\vai5t dsormais conduites une sorte d'abdication spontane de leur anci5ne suprmatie m5tale1 en cons5tant a9si subordonn] leurs dcisions des puissances temporelles videmm5t incompt5tes4 ,une fois rellem5t passes entre les ma9s des rois1 les anci5nes attributions intellectuelles du p\voir ca?olique n'y p\vai5t1 sans d\te1 tre srieusem5t respectes1 et devai5t bi5tt cd] l'essor gnral v]s l'affran*issem5t spirituel1 auquel les *efs temporels devai5t eux-mmes t5dre naturellem5t de plus en plus n'impos] d'autres re/rictions efficaces que celles relatives la cons]vation immdiate de l'ordre matriel4 ,or1 telle tait c]ta9em5t1 d'une manire plus ou mo9s prononce1 la situation commune de t\tes les populations *rti5nes lors de l'app>ition du prote/antisme1 qui1 en =mulant le pr9cipe du libre exam5 individuel1 ne put que consacr] sy/matiquem5t un tat prexi/ant1 la =mation duquel t\tes les influ5ces sociales avai5t spontanm5t conc\ru p5dant les deux sicles prcd5s4 ,cette explication naturelle de l'9vitable avnem5t direct du pr9cipe fondam5tal de la doctr9e critique e/ galem5t propre faire concevoir combi5 son int]v5tion cont9ue dev5ait dsormais indisp5sable l'volution ultrieure de l'lite de l'humanit4 ,p\r jug] sa9em5t une telle de/9ation1 il ne faut po9t la considr] d'une manire absolue1 ni rapport] une situation normale ce qui devait uniquem5t s'appliqu] un tat m9emm5t exceptionnel2 il faut videmm5t la comp>] t\j\rs la phase sociale correspondante1 dont n\s avons dj exactem5t dt]m9 le c>actre ess5tiel3 t\t autre mode d'exam5 ne p\rrait conduire qu' une apprciation inju/e et dclamatoire1 dp\rvue de t\te ralit hi/orique4 ,s\s cet aspect relatif1 le seul qui puisse tre vraim5t con=me l'esprit gnral de la philosophie positive1 l'ensemble de la doctr9e critique doit tre envisag comme con/ituant le correctif ncessaire de l'9vitable dictature temporelle o n\s avons vu ab\tir p>t\t1 sauf la div]sit des manife/ations1 l'univ]selle dcomposition spontane du sy/me ?ologique et militaire4 ,il e/ clair1 en effet1 que1 sans un tel antagonisme1 cette exceptionnelle conc5tration de t\s les anci5s p\voirs aut\r du pr9cipal lm5t temporel et bi5tt dgnr en un tnbreux despotisme1 dont le gnie rtrograde1 ds-lors dev5u hautem5t prpondrant1 aurait directem5t t5du t\ff] t\t essor intellectuel et social1 s\s l'asc5dant oppressif d'une autorit absolue qui1 p> sa nature1 ne p\vait plus concevoir d'autre moy5 de discipl9e m5tale que la seule compression matrielle4 ,a quelques imm5ses dang]s qu'ait pu jamais conduire l'9vitable abus de la doctr9e rvolutionnaire1 on peut donc aism5t expliqu] l'inv9cible atta*em5t in/9ctif qu'elle a d inspir] graduellem5t aux populations europennes mesure que cette gr&e dictature1 mon>*ique ou ari/ocratique1 a*evait de se consolid]1 comme n\s l'avons vu ci-dessus3 c>1 cette doctr9e e/ a9si dev5ue dsormais l'organe ncessaire du pr9cipal progrs social1 qui devait alors re/] ess5tiellem5t ngatif4 ,quoique ce ne soit pas ici le lieu d'apprci] spcialem5t son influ5ce relle p\r second] l'essor direct des n\veaux lm5s sociaux1 il e/ nanmo9s vid5t1 sans anticip]1 cet g>d1 sur le *apitre suivant1 que1 p> l'asc5dant presque absolu dont elle inve/it l'esprit d'individualit1 elle devait se tr\v] m9emm5t adapte cette prp>ation lm5taire1 o le dveloppem5t effectif ne p\vait d'abord rsult] que du libre essor de l'n]gie p]sonnelle1 soit indu/rielle1 soit e/htique1 soit sci5tifique1 d'aprs l'affaiblissem5t correspondant de l'anci5ne discipl9e1 ds-lors impropre dirig] plus long-temps une telle laboration sociale4 ,p> cette adhsion spontane1 s\s des =mes plus ou mo9s explicites1 aux dogmes pr9cipaux de la philosophie ngative1 les peuples europens n'ont donc pas cd uniquem5t1 p5dant les trois d]ni]s sicles1 aux puissantes sductions dmocratiques d'une telle doctr9e1 comme l'cole rtrograde l'a1 de nos j\rs1 si sup]ficiellem5t proclam1 sans p\voir aucunem5t expliqu] p\rquoi cette sduction tant de fois t5te n'avait pu jusque alors obt5ir un p>eil succs4 ,ils ont t surt\t guids1 leur insu1 p> le s5tim5t naturel des conditions fondam5tales propres la n\velle situation des socits mod]nes1 en rsultat ncessaire du gr& m\vem5t rvolutionnaire dj prononc depuis le quatorzime sicle1 et qui v5ait d'ab\tir une imm5se dictature temporelle1 dont un tel antagonisme radical p\vait seul emp*] l'oppressive prpondrance4 ,a la vrit1 p\r que cette importante explication hi/orique ne dgnre po9t en une va9e concession l'esprit de p>ti1 il faut aussi concevoir1 en s5s inv]se1 que la rsi/ance1 plus ou mo9s rtrograde1 inhr5te cette d]nire conc5tration politique1 con/ituait rciproquem5t1 ds-lors comme auj\rd'hui1 outre son 9vitable avnem5t1 un lm5t non mo9s indisp5sable d'une p>eille situation1 titre de seul moy5 efficace de cont5ir suffisamm5t les imm95tes p]turbations an>*iques v]s lesquelles aurait t\j\rs t5du l'asc5dant exagr de l'impulsion rvolutionnaire4 ,en un mot1 ces deux gr&es anomalies1 galem5t propres la phase f9ale du m\vem5t gnral de dcomposition1 sont rellem5t insp>ables l'une de l'autre1 et doiv5t con/amm5t tre apprcies surt\t d'aprs leur mutuelle opposition1 qui con/itue hi/oriquem5t la pr9cipale de/9ation sociale de *acune d'elles4 ,p>eillem5t issues de la dsorganisation spontane1 l'ext5sion de l'une devait ensuite naturellem5t exig] et provoqu] dans l'autre un accroissem5t quival5t3 c>1 si l'n]gie relle des pr9cipes critiques devait videmm5t t5ir surt\t leur c>actre absolu de ngation sy/matique1 un respect non mo9s aveugle p\r t\s les prcd5s quelconques p\vait1 rciproquem5t1 seul f\rnir la puissance rsi/ante un solide po9t d'appui contre des innovations ess5tiellem5t trangres t\te ide d'organisation vritable2 disposition commune ple9em5t con=me d'ailleurs l'esprit galem5t absolu des deux philosophies antagoni/es1 ?ologique ou mtaphysique1 dont l'ext9ction totale ne p\rra tre aussi que simultane4 ,c'e/ a9si que1 p> une re/riction t\j\rs croissante de l'action politique1 les g\v]nem5s mod]nes ont de plus en plus ab&onn la direction effective du m\vem5t social1 et ont graduellem5t t5du rduire leur pr9cipale int]v5tion habituelle au simple ma9ti5 de l'ordre matriel1 ds-lors de plus en plus difficile concili] avec le dveloppem5t cont9u de l'an>*ie m5tale et morale4 ,dans son indisp5sable conscration dogmatique d'une telle situation politique1 la doctr9e rvolutionnaire n'a eu d'autre tort1 d'ailleurs 9vitable1 que d'rig] en tat normal et indf9i une phase ess5tiellem5t exceptionnelle et transitoire1 laquelle de semblables maximes tai5t p>faitem5t adaptes4 ,quoique le prote/antisme ait seul pu d'abord bau*] explicitem5t la =mation ab/raite des pr9cipes critiques1 il importe de not]1 ds l'orig9e1 leur ext5sion spontane1 p> une suite ncessaire d'une p>eille situation fondam5tale1 *ez les nations ca?oliques elles-mmes1 o devait ensuite s'opr] leur laboration la plus dcisive1 comme n\s le reconnatrons bi5tt4 ,sans que le dogme du libre exam5 individuel y ft encore sol5nellem5t proclam1 l'esprit univ]sel de discussion1 soit ?ologique1 soit sociale1 n'y tait pas1 au fond1 mo9s dvelopp1 s\s des =mes di/9ctes mais quival5tes1 d'aprs les luttes propres aux deux sicles prcd5s2 et sa direction gnrale n'y dev5ait pas1 en ralit1 mo9s prononce v]s l'active dissolution intellectuelle de l'anci5 sy/me politique4 ,les pr9cipales diffr5ces qui exi/5t vritablem5t1 cet g>d1 entre les deux sortes de populations europennes1 rsult5t surt\t1 cette poque1 de ce que la dictature temporelle n'tant pas aussi lgalem5t tablie dans les tats ca?oliques1 l'action critique n'y devait pas d'abord tre aussi directe que *ez les peuples prote/ans4 ,mais une apprciation att5tive l'y dmontre dj nanmo9s avec une ple9e vid5ce1 mme avant que cette dictature s'y ft compltem5t organise4 ,non-seulem5t on voit alors le ca?olicisme involontairem5t conduit sanctionn] lui-mme le pr9cipe du libre exam51 en l'invoquant sol5nellem5t en faveur de la foi ca?olique1 violemm5t opprime p>t\t o le prote/antisme avait (ficiellem5t prvalu4 ,il faut de plus reconnatre que1 au se9 mme des cl]gs ca?oliques1 l'usage spontan d'un tel droit tait dj signal effectivem5t p> des hrsies spciales1 non mo9s contraires que les hrsies prote/antes la cons]vation relle de l'anci5 rgime m5tal4 ,n\s p\vons ici n\s born] indiqu] cette n\velle srie d'obs]vations *ez la nation qui1 ds le dix-septime sicle1 con/ituait le pr9cipal appui du sy/me ca?olique contre son imm95te dcrpitude univ]selle4 ,on voit alors1 en effet1 se dvelopp]1 en ,france1 la mmorable hrsie du jansnisme1 qui fut rellem5t presque aussi nuisible que le lu?ranisme lui-mme l'anci5ne con/itution spirituelle4 ,a trav]s d'obscures controv]ses ?ologiques1 cette n\velle hrsie dev5ait pr(ondm5t dang]euse en (frant spontanm5t aux vieilles inconsqu5ces gallicanes un ralliem5t dogmatique1 sans lequel elles n'avai5t pu encore acqurir une consi/ance suffisamm5t dcisive1 mais qui dsormais rigeait vritablem5t une telle dissid5ce en une sorte de prote/antisme franais1 ardemm5t embrass p> une portion puissante et respecte du cl]g national1 et naturellem5t plac1 comme ailleurs1 s\s l'active protection des corporations judiciaires4 ,il n'e/ pas d\teux1 ce me semble1 que cette doctr9e se s]ait (ficiellem5t conv]tie aussi en une vraie religion nationale1 si l'essor pro*a9 de la pure philosophie ngative n'avait ensuite entran les esprits franais =t au-del d'une telle laboration prote/ante4 ,la t5dance anti-ca?olique du jansnisme me p>at hautem5t c>actrise p> son antipa?ie radicale et cont9ue contre la seule corporation qui ds-lors1 comme je l'ai expliqu1 comprt rellem5t et df5dt habilem5t le ca?olicisme1 et dont l'abolition vraim5t c>actri/ique fut surt\t dt]m9e ensuite p> l'esprit jansni/e4 ,d'une autre "p1 l'invasion d'un tel esprit *ez de gr&s philosophes et d'm95s potes1 qu'on ne peut c]tes nullem5t s\ponn] d'incl9ations rvolutionnaires1 indique clairem5t combi5 il tait alors con=me la situation fondam5tale des intellig5ces4 ,je crois devoir aussi c>actris] sommairem5t une autre hrsie spontane du ca?olicisme franais1 qui1 sans comport] la haute importance politique propre la prcd5te1 con/itue cep5dant un tmoignage non mo9s dcisif de l'entire univ]salit des t5dances dissid5tes1 d'aprs un usage naturel du droit individuel de libre exam54 ,on dev9e aism5t qu'il s'agit du quitisme1 dont le c>actre philosophique me semble trs rem>quable1 comme (frant1 c]ta9s g>ds1 une premire prote/ation sol5nelle1 aussi directe que nave1 de notre con/itution morale contre l'ensemble de la doctr9e ?ologique#cc4 ,c'e/1 en effet1 d'une telle prote/ation spciale que cette hrsie a pu seulem5t tir] l'espce de consi/ance qu'elle obt9t alors passagrem5t1 et qu'elle cons]ve peut-tre encore *ez c]ta9es natures1 dont le dveloppem5t m5tal e/ re/ trop en arrire du dveloppem5t moral4 ,t\te discipl9e morale fonde sur une philosophie purem5t ?ologique1 exige ncessairem5t1 sans except] le ca?olicisme lui-mme1 comme je l'ai dj indiqu au *apitre prcd5t1 un appel cont9u et exorbitant l'esprit de pur gsme1 quoique relatif des intrts imag9aires1 dont la proccupation habituelle doit naturellem5t absorb] la pr9cipale sollicitude de *aque vrai croyant1 auprs duquel t\te autre considration quelconque ne saurait assurm5t manqu] de p>atre ord9airem5t trs secondaire4 ,cette suprmatie religieuse du salut p]sonnel con/itue1 sans d\te1 a9si que ,bossuet l'a montr1 une indisp5sable condition gnrale d'efficacit sociale p\r t\te morale ?ologique1 qui autrem5t n'ab\tirait1 en ralit1 qu' consacr] une vague et dang]euse in]tie3 elle e/ ple9em5t adapte cet tat d'enfance de la nature huma9e que suppose m5talem5t l'asc5dant effectif de la philosophie correspondante4 ,mais1 p\r tre 9vitable1 un tel c>actre n'en manife/e pas mo9s1 de la manire la plus directe et la plus irrcusable1 l'un des vices fondam5taux d'une telle philosophie1 qui t5d a9si ncessairem5t atrophi]1 p> dfaut d'ex]cice propre1 la plus noble p>tie de notre organisme moral1 celle d'ailleurs dont la mo9dre n]gie naturelle exige prcism5t la plus active culture sy/matique1 d'aprs un suffisant essor ds9tress des affections purem5t bi5veillantes4 ,or1 tel e/1 vrai dire1 le n\vel aspect capital s\s lequel l'hrsie du quitisme e/ v5ue involontairem5t signal] l'9vitable imp]fection des doctr9es ?ologiques1 et s\lev] immdiatem5t contre elles les plus admirables s5tim5s de l'humanit2 ce qui et assurm5t procur alors une gr&e importance un p>eil branlem5t1 si une semblable prote/ation n'et pas t1 cette poque1 m9emm5t prmature1 et bi5 plus bau*e p> le cur que p> l'esprit de son aimable et immortel organe4 ,en considrant mme l'issue effective de cette mmorable controv]se1 une sa9e apprciation hi/orique ne peut ab\tir qu' confirm]1 auprs des juges imp>tiaux1 l'insurmontable ralit du repro*e capital a9si directem5t adress l'ensemble de la philosophie ?ologique1 en obligeant l'illu/re dissid5t reconnatre sol5nellem5t qu'il avait p>-l attaqu1 contre son gr1 l'une des pr9cipales conditions d'exi/5ce du sy/me religieux2 ce qui f\rnissait d'ailleurs une n\velle confirmation spciale de l'irrvocable dcad5ce gnrale d'un sy/me dj aussi mal compris p> ses plus purs et plus m95s df5seurs4 ,note #cc3 ,la con=mit rem>quable1 au sujet de cette s+ulire hrsie1 de l'apprciation philosophique de ,leibnitz avec la s5t5ce df9itive r5due p> le pape d'aprs la lum9euse discussion de ,bossuet1 (fre d'ailleurs un premi] exemple important de cette conv]g5ce spontane qui1 malgr une entire opposition dogmatique1 t5d ralli] f9alem5t1 dans la plup>t des applications sociales1 le vritable esprit philosophique et le vritable esprit ca?olique1 d'aprs un ju/e s5tim5t commun1 rationnel ou in/9ctif1 des beso9s rels de l'humanit4 ,s\s l'asc5dant croissant de la philosophie positive1 de telles concid5ces devront1 sans d\te1 dev5ir bi5 plus frqu5tes et plus t5dues1 comme je crois l'avoir dj naturellem5t tmoign1 div]s titres ess5tiels1 depuis que je traite ici les que/ions sociales4 ,p\r complt] suffisamm5t cette sommaire apprciation hi/orique de l'univ]selle bau*e prlim9aire de la doctr9e critique proprem5t dite s\s l'impulsion1 directe ou indirecte1 de l'branlem5t prote/ant1 il importe enf9 d'y signal] les hautes attributions provisoires de morale sociale dont cette doctr9e s'e/ alors tr\ve naturellem5t inve/ie1 p> suite de la sorte d'abdication spontane que le ca?olicisme en faisait implicitem5t4 ,depuis que le p\voir spirituel avait irrvocablem5t p]du son anci5ne indp5dance politique1 en se subordonnant de plus en plus l'lm5t temporel prpondrant1 comme je l'ai tabli1 le ca?olicisme t5dait p>t\t dgnr] ess5tiellem5t en s]vile in/rum5t de dom9ation rtrograde1 et ne p\vait plus cons]v] que d'insignifians ve/iges de sa propre dignit sociale4 ,sa doctr9e morale1 en app>5ce id5tique1 mais ds-lors radicalem5t dp\rvue de l'n]gie politique qui en avait con/itu1 au moy5-ge1 la pr9cipale vigueur1 n'avait plus1 au fond1 d'efficacit relle qu'env]s les faibles1 auxquels elle prescrivait habituellem5t une s\mission de plus en plus passive l'g>d des puissances quelconques1 dont elle proclamait hautem5t les droits absolus1 sans avoir dsormais la =ce d'insi/] aussi sur leurs devoirs1 lors mme qu'elle ne mnageait po9t sy/matiquem5t leurs vices dans le simple intrt isol de l'exi/5ce sac]dotale4 ,ce n\vel esprit de s]vile condesc5dance p\r t\tes les gr&eurs temporelles1 qui d'abord conc]nait seulem5t les rois1 devait ensuite s't5dre graduellem5t1 dans les div]s ordres de relations sociales1 des =ces de mo9s en mo9s suprieures1 et p> suite multipli] p>t\t son influ5ce corruptrice1 a9si dev5ue de plus en plus vulgaire1 jusqu' affect] s\v5t la morale dome/ique elle-mme4 ,que1 malgr son admirable p]fection politique1 l'organisme ca?olique1 d'aprs l'insuffisance radicale de la philosophie ?ologique qui en con/ituait la base intellectuelle1 n'ait pu vit]1 suivant la ?orie expose au *apitre prcd5t1 de desc5dre f9alem5t un tel abaissem5t social2 cette explication rationnelle1 en c>tant les va9es considrations p]sonnelles auxquelles on a c\tume de rapport] surt\t cette imm5se dcad5ce1 n'altre nullem5t les consqu5ces ncessaires d'une telle situation effective1 et les r5d1 au contraire1 plus videmm5t insurmontables4 ,or1 il e/ clair que la doctr9e critique a d1 en rsultat gnral de ce n\vel tat de *oses1 hrit] provisoirem5t des m95tes attributions morales auxquelles le ca?olicisme tait a9si conduit r5onc] ess5tiellem5t2 c>1 les pr9cipes critiques tai5t alors les seuls propres rappel]1 avec une suffisante n]gie1 les droits rels de ceux auxquels la morale (ficielle ne savait plus p>l] que de leurs devoirs4 ,telle e/1 en effet1 la t5dance vid5te1 et seulem5t trop exclusive ou absolue1 de *acun de ces div]s pr9cipes1 envisag s\s l'aspect moral2 comme je l'ai dj indiqu1 au qu>ante-sixime *apitre1 en ce qui conc]ne l'poque actuelle1 mais d'une manire galem5t applicable t\t l'ensemble de la seconde phase gnrale du gr& m\vem5t rvolutionnaire que n\s tudions4 ,c'e/ a9si que le dogme fondam5tal de la lib]t de consci5ce rappelait1 sa manire1 la gr&e obligation morale1 d'abord tablie p> le ca?olicisme1 mais qu'il avait alors si hautem5t ab&onne1 de n'employ] que les seules armes spirituelles la consolidation des op9ions quelconques4 ,il en e/ de mme1 p> suite1 dans l'ordre purem5t politique1 o le dogme de la s\v]a9et populaire signalait n]giquem5t la haute subord9ation morale de t\s les p\voirs sociaux la considration p]man5te de l'intrt commun1 trop sacrifi ds-lors p> la doctr9e ca?olique au seul asc5dant des gr&s2 p>eillem5t1 le dogme de l'galit relevait spontanm5t la dignit univ]selle de la nature huma9e1 directem5t mconnue p> un esprit de ca/e1 dj dp\rvu de son anci5ne de/9ation sociale1 et dsormais affran*i de t\t fre9 moral rguli]2 enf91 le dogme de l'indp5dance nationale p\vait seul1 aprs la dissolution des li5s ca?oliques1 inspir] un respect efficace p\r l'exi/5ce des petits tats1 et impos] quelques re/rictions morales l'esprit d'incorporation matrielle4 ,quoique ce gr& (fice moral n'ait pu tre alors que trs imp>faitem5t rempli p> la doctr9e critique1 que son c>actre ncessairem5t ho/ile emp*ait1 dans l'application1 de p\voir dev5ir suffisamm5t habituelle1 son aptitude exclusive ma9t5ir1 p5dant t\t le c\rs des trois d]ni]s sicles1 un c]ta9 s5tim5t rel des pr9cipales conditions morales de l'humanit1 n'en re/e pas mo9s videmm5t inconte/able1 sauf l'irrgul>it du mode1 d'ailleurs imprieusem5t prescrite p> la nature exceptionnelle d'une telle situation sociale4 ,p5dant que la dictature temporelle faisait df9itivem5t repos] le sy/me de rsi/ance sur l'emploi cont9u d'une =ce matrielle conv5ablem5t organise1 il fallait bi5 que l'esprit rvolutionnaire1 seul organe alors possible du progrs social1 rec\rt f9alem5t aux t5dances insurrectionnelles1 af9 d'vit] la fois l'avilissem5t moral et la dgradation politique auxquels cette situation devait expos] les socits mod]nes1 jusqu' l'avnem5t lo9ta9 d'une vraie rorganisation1 seule susceptible de rs\dre enf9 ce dplorable antagonisme4 ,notre apprciation hi/orique de l'ensemble de la doctr9e critique bau*e p> le prote/antisme1 d'aprs son pr9cipe fondam5tal du libre exam5 individuel1 s]ait aism5t confirme p> l'tude spciale1 ici dplace1 des div]ses phases successives qui ont graduellem5t am5 la dissolution sy/matique de l'anci5ne organisation spirituelle3 c> on y rem>que presque t\j\rs que ces dissid5ces ?ologiques1 alors si dcisives1 ne sont ess5tiellem5t que la reproduction1 s\s des =mes n\velles1 des pr9cipales hrsies propres aux premi]s sicles du *ri/ianisme1 et qui avai5t d primitivem5t s'effac] devant l'irrsi/ible asc5dant de l'unit ca?olique4 ,au lieu d'clair] auj\rd'hui les philosophes de l'cole rtrograde1 un tel rappro*em5t1 mal obs]v et mal int]prt1 n'a fait qu'entret5ir leurs va9es illusions sur la re/auration *imrique de l'antique con/itution4 ,mais1 du po9t de vue propre ce ,trait1 il e/1 au contraire1 vid5t que ce mmorable contra/e gnral entre la *ute des hrsies primitives et le succs de leurs mod]nes quival5s1 ne fait que confirm] ess5tiellem5t l'opposition des unes et la con=mit des autres aux pr9cipales t5dances des situations sociales correspondantes1 comme n\s l'avions dj directem5t tabli4 ,t\j\rs et p>t\t1 l'esprit d'hrsie e/ ncessairem5t plus ou mo9s inhr5t au c>actre vague et arbitraire de t\te philosophie ?ologique2 seulem5t cet esprit se tr\ve1 en ralit1 cont5u ou /imul1 suivant les exig5ces v>iables de l'tat social3 telle e/ la seule explication rationnelle que puisse videmm5t comport] cette sorte de gr& p>adoxe hi/orique4 ,quoique n\s devions vit] ici de n\s engag] aucunem5t dans cet exam5 spcial des div]ses phases propres au prote/antisme1 j'y dois cep5dant signal] brivem5t au lecteur le pr9cipe hi/orique d'aprs lequel il p\rra pntr] dans l'apprciation graduelle1 d'abord si confuse et si dsordonne1 de cette multitude de sectes htrognes1 dont *acune pr5ait la prcd5te en piti et la suivante en horreur1 selon la dcomposition plus ou mo9s avance du sy/me ?ologique4 ,il suffit de di/+u]1 cet g>d1 trois degrs ess5tiels1 ncessairem5t successifs1 o l'anci5 organisme religieux a t radicalem5t ru91 d'abord quant la discipl9e1 ensuite quant la hir>*ie1 et enf9 quant au dogme lui-mme1 qui en tait l'me3 c>1 si *aque gr& branlem5t prote/ant devait simultanm5t produire cette triple altration1 il n'en a pas mo9s d affect] surt\t un seul de ces c>actres1 de manire se di/+u] suffisamm5t de l'ef=t prcd5t4 ,on arrive a9si reconnatre trois phases conscutives1 nettem5t reprs5tes p> les noms respectifs de leurs pr9cipaux organes1 ,lu!r1 ,calv9 et ,soc91 qui1 malgr leur faible int]valle *ronologique1 n'ont rellem5t obt5u qu' de notables di/ances leur vritable influ5ce sociale1 et seulem5t qu& la prote/ation antrieure avait t conv5ablem5t ralise4 ,il e/ clair1 en effet1 que l'branlem5t lu?ri5 primitif n'a introduit que d'insignifiantes modifications dogmatiques1 et qu'il a mme ess5tiellem5t respect p>t\t la hir>*ie1 sauf la conscration sol5nelle de cet ass]vissem5t politique du cl]g qui ne devait re/] qu'implicite *ez les peuples ca?oliques3 ,lu!r n'a vraim5t ru9 que la discipl9e ecclsia/ique1 p\r la mieux adapt]1 comme je l'ai expliqu1 cette s]vile trans=mation4 ,aussi cette premire dsorganisation1 o le sy/me ca?olique tait le mo9s altr1 con/itue-t-elle rellem5t la seule =me s\s laquelle le prote/antisme ait jamais pu s'organis] provisoirem5t en une vraie religion d'tat1 au mo9s *ez de gr&es nations indp5dantes4 ,le calv9isme1 d'abord bau* p> le clbre cur de ,zuri*1 e/ v5u ensuite aj\t] cette dmolition initiale celle de l'ensemble de la hir>*ie qui ma9t5ait l'unit sociale du ca?olicisme1 en cont9uant d'ailleurs n'apport] au dogme *rti5 que des modifications simplem5t secondaires1 quoique plus t5dues que les prcd5tes4 ,cette seconde phase1 qui ne peut videmm5t conv5ir qu' l'tat de pure opposition1 sans comport] aucune app>5ce organique durable1 me semble ds-lors con/itu] la vraie situation normale du prote/antisme1 si l'on peut a9si qualifi] une telle anomalie politique3 c>1 l'esprit prote/ant s'y e/ alors dvelopp de la manire la plus conv5able sa nature m9emm5t critique1 qui rpugne l'in]te rgul>it du lu?ranisme (ficiel4 ,enf91 l'explosion anti-tr9itaire1 ou soc9i5ne1 a naturellem5t complt cette d\ble dissolution pralable de la discipl9e et de la hir>*ie1 en y joignant f9alem5t celle des pr9cipales croyances qui di/+uai5t le ca?olicisme de t\t autre mono?isme quelconque3 son orig9e itali5ne1 presque s\s les yeux de la papaut1 annonait dj hautem5t la t5dance ultrieure des esprits ca?oliques p\ss] la dcomposition ?ologique beauc\p plus lo9 que leurs prcurseurs prote/ans1 comme n\s le reconnatrons bi5tt4 ,ce d]ni] branlem5t univ]sel tait videmm5t1 p> sa nature1 le seul ple9em5t dcisif contre t\t espoir de re/auration ca?olique3 mais1 ce titre mme1 le prote/antisme s'y rappro*ait trop du simple disme mod]ne p\r que cette phase extrme pt re/] suffisamm5t c>actri/ique d'une telle transition mtaphysique1 dont le presbytrianisme demeure hi/oriquem5t le plus pur organe spcial4 ,aprs cette filiation pr9cipale1 il n'y a plus rellem5t di/+u]1 p>mi les nombreuses sectes po/rieures1 aucune n\velle diffr5ce importante l'tude rationnelle de l'volution mod]ne1 sauf t\tefois la mmorable prote/ation gnrale que t5tr5t directem5t les quak]s contre l'esprit militaire de l'anci5 rgime social1 lorsque la dsorganisation spirituelle1 enf9 suffisamm5t consomme p> l'accomplissem5t successif des trois oprations prcd5tes1 dut spontanm5t conduire sy/matis] aussi1 son t\r1 la dcomposition temporelle4 ,j'ai dj n ci-dessus l'antipa?ie naturelle du prote/antisme1 un tat quelconque1 env]s t\te con/itution gu]rire1 qu'il n'a pu jamais sanctionn] que mom5tanm5t1 dans les luttes entreprises p\r le ma9ti5 ou le triomphe de ses propres pr9cipes3 mais il e/ clair que la clbre secte des amis1 malgr ses ridicules et mme son *>latanisme1 a d s]vir d'organe spcial une telle manife/ation1 qui la place au-dessus de t\tes les autres sectes prote/antes p\r l'essor plus complet du gr& m\vem5t rvolutionnaire4 ,af9 que notre exposition rationnelle du mode gnral de =mation conv5able cette premire bau*e effective de l'ensemble de la doctr9e critique puisse t\j\rs demeur] suffisamm5t hi/orique1 j'y crois devoir aj\t]1 en d]ni] lieu1 une importante considration supplm5taire1 de/9e prv5ir la disposition trop sy/matique dans laquelle1 contre mon gr1 le lecteur p\rrait envisag] une telle apprciation4 ,c'e/ seulem5t1 en effet1 p> contra/e env]s la phase primitive1 t\j\rs ess5tiellem5t spontane1 du m\vem5t de dcomposition1 que la phase prote/ante peut tre c>actrise comme rellem5t sy/matique1 en tant que dirige surt\t d'aprs des doctr9es r=matrices1 au lieu du simple conflit naturel des anci5s lm5s politiques3 mais la ple9e sy/matisation de la philosophie ngative1 autant du mo9s qu'elle en tait susceptible1 n'a pu vritablem5t s'accomplir que s\s la phase di/e1 ci-aprs exam9e1 dont une telle opration devait con/itu] le pr9cipal attribut4 ,s\s le prote/antisme proprem5t dit1 l'laboration graduelle des pr9cipes critiques a d re/] m9emm5t empirique1 et s'effectu] successivem5t1 au milieu des v>iations religieuses1 d'aprs l'impulsion in/9ctive d'une situation fondam5tale de plus en plus rvolutionnaire1 mesure que le c\rs gnral des vnem5s faisait spcialem5t ressortir *acune des faces ess5tielles du beso9 uni=me de dcomposition radicale1 et p> suite y sollicitait de n\velles applications politiques du dogme univ]sel de libre exam5 individuel1 comme base intellectuelle de t\te cette srie de maximes dissolvantes4 ,en ce s5s1 seul /rictem5t hi/orique1 on ne saurait isol] la considration de ces oprations m5tales de celle des div]ses rvolutions correspondantes1 qui leur ont rellem5t donn lieu1 ou sans lesquelles du mo9s elles n'euss5t jamais pu obt5ir une haute influ5ce sociale1 en v]tu de l'extrme incohr5ce logique que n\s avons reconnue propre de telles conceptions1 o l'on t5dait t\j\rs rgnr] l'anci5ne organisation spirituelle en dtruisant de plus en plus les diffr5tes conditions indisp5sables son exi/5ce effective4 ,mais1 p> suite mme de cet 9vitable c>actre commun1 ces explosions politiques1 quelque int5se ou prolonge qu'ait pu tre leur action successive1 ne devai5t jamais dev5ir ple9em5t dcisives1 de manire con/at] irrvocablem5t la t5dance f9ale des socits mod]nes v]s une entire rnovation1 tant qu'elles n'avai5t po9t t prcdes d'une prp>ation critique vraim5t complte et sy/matique1 ce qui n'a d avoir lieu que s\s la phase suivante4 ,c'e/ p\rquoi n\s devons ici n\s born] signal] sommairem5t ces rvolutions purem5t prote/antes1 qui1 ab/raction faite de leur importance locale ou passagre1 ne p\vai5t con/itu] que de simples prambules au gr& branlem5t f9al de/9 directem5t c>actris] l'issue ncessaire du m\vem5t gnral de l'humanit1 comme je l'expliqu]ai au c9quante-septime *apitre4 ,la premire de ces rvolutions prlim9aires e/ celle qui affran*it compltem5t la ,holl&e du j\g espagnol2 elle re/]a t\j\rs mmorable1 comme une haute manife/ation primitive de l'n]gie propre la doctr9e critique1 dirigeant a9si l'heureuse insurrection d'une petite nation contre la plus puissante mon>*ie europenne4 ,c'e/ cette lutte vraim5t hroque qu'il faut rapport] la premire laboration rgulire de cette doctr9e politique3 mais elle dut s'y born] surt\t bau*] spcialem5t le dogme de la s\v]a9et populaire1 et celui de l'indp5dance nationale1 que les lgi/es coordonnr5t bi5tt leur conception spontane du contrat social2 suivant les exig5ces naturelles d'un tel cas1 o l'organisation intrieure ne devait tre qu'accessoirem5t modifie1 et dont le pr9cipal beso9 rvolutionnaire devait seulem5t consi/] bris] un li5 extrieur dev5u pr(ondm5t oppressif4 ,un c>actre plus gnral1 plus complet1 et mme plus dcisif1 une t5dance mieux prononce v]s la rgnration sociale de l'ensemble de l'humanit1 di/+u5t ensuite noblem5t1 malgr son avortem5t ncessaire1 la gr&e rvolution anglaise1 non la petite rvolution ari/ocratique et anglicane de #afhh1 auj\rd'hui si ridiculem5t prne1 et qui ne devait satisfaire qu' un simple beso9 local1 mais la rvolution dmocratique et presbytri5ne1 dom9e p> l'm95te nature#cd de l'homme d'tat le plus avanc dont le prote/antisme puisse jamais s'honor]4 ,l'bau*e primordiale de l'ensemble de la doctr9e critique y dut recevoir spcialem5t son pr9cipal complm5t naturel p> l'laboration directe du dogme de l'galit1 jusque alors pe9e manife/1 et qui n'avait pu c]tes ressortir suffisamm5t des incl9ations calv9i/es de la noblesse franaise2 t&is qu'on le voit enf9 nettem5t surgir1 s\s cette mmorable impulsion1 de la conception mtaphysique sur l'tat de nature1 anci5ne manation de la ?orie ?ologique relative la con/itution huma9e avant le p* orig9el4 ,on ne peut d\t]1 en effet1 que cette rvolution n'ait surt\t consi/ hi/oriquem5t dans l'ef=t gnreux1 mais trop prmatur1 qui fut alors directem5t t5t1 avec tant d'n]gie1 p\r l'abaissem5t politique de l'ari/ocratie anglaise1 pr9cipal lm5t temporel de l'anci5ne nationalit3 la *ute de la royaut s\s le protectorat n'y fut1 au contraire1 comp>ativem5t l'audacieuse suppression de la ,*ambre des lords1 qu'un incid5t secondaire1 dont les temps antrieurs avai5t s\v5t (f]t l'quival5t1 et qui n'a trop proccup les esprits franais que p> suite des irrationnelles habitudes de vicieux rappro*em5s hi/oriques que j'ai dj suffisamm5t signales4 ,c'e/ ess5tiellem5t a9si qu'un tel branlem5t social1 quoiqu'il n'ait pu russir politiquem5t1 en v]tu de l'insuffisante prp>ation m5tale d'o il manait1 a nanmo9s con/itu1 en ralit1 dans la srie gnrale des oprations rvolutionnaires1 le pr9cipal symptme prcurseur de la gr&e rvolution franaise ou europenne1 seule de/9e dev5ir dcisive1 comme je l'expliqu]ai en son lieu4 ,il faut enf9 ratta*] aussi cette suite prlim9aire d'explosions politiques une troisime rvolution1 dont la vraie nature ne fut pas1 au fond1 mo9s purem5t prote/ante que celle des deux prcd5tes1 quoique son avnem5t *ronologique1 spontanm5t ret>d p> les circon/ances spciales de ce d]ni] cas1 la fasse d'ord9aire rapport] abusivem5t un tat plus avanc du m\vem5t gnral de dcomposition4 ,la rvolution amrica9e1 laquelle aucune importante laboration n\velle de la doctr9e critique ne fut rellem5t due1 n'a pu tre1 en effet1 t\s g>ds1 qu'une simple ext5sion commune des deux autres rvolutions prote/antes1 dont les consqu5ces politiques y ont t ultrieurem5t dveloppes p> un conc\rs spontan de conditions favorables1 les unes locales1 les autres sociales1 p>ticulires une telle application4 ,dans son pr9cipe1 elle se borne videmm5t reproduire1 s\s de n\velles =mes1 la rvolution holl&aise2 dans son essor f9al1 elle prolonge la rvolution anglaise1 qu'elle ralise autant que le prote/antisme puisse le comport]4 ,s\s l'un ni l'autre aspect1 la sa9e philosophie ne p]met po9t d'envisag] comme socialem5t dcisive une rvolution qui1 en dveloppant outre mesure les inconvni5s propres l'ensemble de la doctr9e critique1 n'a pu ab\tir jusqu'ici qu' consacr]1 plus pr(ondm5t que p>t\t ailleurs1 l'entire suprmatie politique des mtaphysici5s et des lgi/es1 *ez une population o d'innombrables cultes incohr5s prlv5t habituellem5t1 sans aucune vraie de/9ation sociale1 un tribut =t suprieur au budget actuel d'aucun cl]g ca?olique4 ,aussi cette colonie univ]selle1 malgr les m95s avantages temporels de sa prs5te situation1 doit-elle tre reg>de1 au fond1 comme tant rellem5t1 t\s les g>ds pr9cipaux1 bi5 plus loigne d'une vritable rorganisation sociale que les peuples d'o elle mane1 et d'o elle devra recevoir1 en temps opportun1 cette rgnration f9ale1 dont l'initiative philosophique ne saurait lui app>t5ir nullem5t2 quelles que soi5t auj\rd'hui les puriles illusions relatives la prt5due supriorit politique d'une socit o les div]s lm5s ess5tiels propres la civilisation mod]ne sont encore si imp>faitem5t dvelopps1 sauf la seule activit indu/rielle1 a9si que je l'indiqu]ai plus spcialem5t au *apitre suivant4 ,note #cd3 ,les admirateurs fanatiques de ,bonap>te ddaign]ai5t auj\rd'hui son anci5ne comp>aison politique avec le gr& ,cromwell1 comme trop infrieure la sublimit de leur hros1 qui leur semble ne p\voir comport] de digne p>allle hi/orique qu'avec ,*>lemagne ou ,cs>4 ,nanmo9s1 avant mme que les influ5ces contempora9es ai5t pu tre aussi effaces p\r l'un qu'elles le sont ma9t5ant p\r l'autre1 la po/rit claire mettra1 sans d\te1 au contraire1 un imm5se int]valle df9itif entre la dictature m9emm5t progressive de ,cromwell1 s'ef=ant d'amlior] l'organisation anglaise =t au-del de ce qui tait alors possible1 et la tyrannie purem5t rtrograde de ,bonap>te1 entrepr5ant1 gr&s frais1 aprs tant d'autres empiriques1 la va9e rsurrection1 en ,france1 du rgime fodal et ?ologique1 sans mme en compr5dre rellem5t l'esprit ni les conditions4 ,quant la comp>aison militaire1 qui n'(fre d'ailleurs qu'un intrt trs secondaire1 ceux qui v\drai5t l'tablir judicieusem5t devrai5t1 avant t\t1 pr5dre en suffisante considration l'exigut des moy5s employs p> ,cromwell1 eu g>d l'importance et la /abilit des rsultats obt5us1 p> opposition la mon/rueuse consommation d'hommes indisp5sable la plup>t des succs de ,bonap>te1 sauf sa premire expdition4 ,notre apprciation gnrale de cette bau*e prlim9aire de la doctr9e rvolutionnaire ne s]ait pas entirem5t suffisante1 si1 aprs avoir a9si jug l'branlem5t m5tal du prote/antisme con=mm5t sa pr9cipale de/9ation sociale1 n\s n'accordions pas enf9 une att5tion sommaire mais di/9cte la considration hi/orique des ab]rations 9vitables qui l'accompagnr5t accessoirem5t4 ,il importe1 en effet1 de concevoir nettem5t la vritable orig9e commune de ces dviations c>actri/iques1 d'abord intellectuelles1 ensuite morales1 qui1 dveloppes surt\t p5dant la priode suivante1 et prolonges ess5tiellem5t jusqu' nos j\rs1 avec un effrayant surcrot de gravit1 pr5n5t t\j\rs leur s\rce relle dans cette dang]euse position spirituelle1 consacre p> le prote/antisme1 o la lib]t spculative e/ proclame p\r t\s sans qu'aucun puisse tablir solidem5t les pr9cipes propres en dirig] conv5ablem5t l'usage4 ,du re/e1 il faut videmm5t rduire ici un tel exam5 aux ab]rations p\r a9si dire1 normales1 c'e/--dire celles qui fur5t une consqu5ce naturelle et univ]selle de la situation gnrale1 en vitant soigneusem5t de s'arrt] aux anomalies locales ou passagres1 signales avec une aveugle p>tialit p> la plup>t des philosophes ca?oliques1 et dont l'quival5t p\rrait se retr\v] aux plus beaux temps du ca?olicisme lui-mme1 d'aprs la t5dance plus ou mo9s 9vitable de t\tes les doctr9es ?ologiques quelconques favoris] spontanm5t le dsordre intellectuel1 et p> suite moral4 ,la plus anci5ne et la plus fune/e1 comme la mieux enrac9e et la plus unanime1 de ces ab]rations ncessaires1 consi/e assurm5t dans le prjug fondam5tal qui1 suivant la m>*e mtaphysique habituelle1 consacrant un tat exceptionnel et transitoire p> un dogme absolu et immuable1 condamne indf9im5t l'exi/5ce politique de t\t p\voir spirituel di/9ct et indp5dant du p\voir temporel4 ,ayant dj conv5ablem5t apprci l'9vitable avnem5t de la dictature temporelle1 qui con/itue le pr9cipal c>actre politique de l'ensemble de l'poque rvolutionnaire1 je n'ai pas beso9 de m'arrt] ici p\r faire de n\veau s5tir combi5 une telle conc5tration1 p> suite de son irrgul>it mme1 tait ple9em5t adapte la nature de cette transition1 qui1 au contraire1 n'aurait pu s'accomplir si la cond5sation politique avait pu avoir lieu au pr(it du p\voir spirituel1 ce qui d'ailleurs tait radicalem5t impossible4 ,mais cette dmon/ration de l'indisp5sable utilit d'une semblable dictature p5dant t\te la priode que n\s considrons1 soit p\r la dsorganisation de l'anci5 sy/me1 soit p\r l'laboration lm5taire du n\veau1 n'altre nullem5t celle du *apitre prcd5t sur l'imm5se p]fectionnem5t apport la ?orie univ]selle de l'organisme social p> la division fondam5tale des deux puissances1 t]nel honneur du ca?olicisme3 elle ne saurait davantage exclure la conclusion gnrale qui rsult]a spontanm5t de l'ensemble des deux *apitres suivans sur la ncessit encore plus prononce de cette gr&e division politique dans l'ordre f9al v]s lequel t5d5t les socits mod]nes4 ,aussi ce prjug rvolutionnaire doit-il tre reg>d comme la plus dplorable consqu5ce1 aussi bi5 que la plus 9vitable1 de ce c>actre absolu1 inhr5t1 en t\s g5res1 aux conceptions mtaphysiques1 qui les p\sse tablir des pr9cipes indf9is d'aprs des faits passag]s2 c> une telle disposition con/itue rellem5t auj\rd'hui l'un des plus puissans ob/acles t\te vraie rorganisation sociale1 qui devra1 sans d\te1 a9si que dut le faire la dsorganisation prcd5te1 comm5c] p> l'ordre spirituel1 comme je l'tablirai ultrieurem5t4 ,ce qui r5d spcialem5t dang]euse cette ab]ration fondam5tale1 s\rce ncessaire de la plup>t des autres1 c'e/ son effrayante univ]salit p5dant les trois d]ni]s sicles1 p> suite de l'uni=mit ess5tielle de la situation sociale correspondante1 suivant nos explications antrieures4 ,p>t\t1 depuis le db du ,x,v,ie sicle1 on peut dire1 sans exagration1 que1 s\s cette premire =me1 l'esprit rvolutionnaire s'e/ spontanm5t propag1 div]s degrs1 dans t\tes les classes de la socit europenne4 ,quoique le prote/antisme ait d se tr\v] naturellem5t inve/i de la conscration sol5nelle d'un tel prjug1 n\s avons reconnu cep5dant qu'il ne l'avait nullem5t cr1 et que1 au contraire1 il lui devait son orig9e di/9cte4 ,s\s des =mes plus implicites1 la mme ab]ration se retr\ve ds lors aussi de plus en plus1 d'une manire mo9s dogmatique1 mais presque quival5te socialem5t1 *ez la majeure p>tie du cl]g ca?olique1 dont la dgradation politique1 subie avec une rsignation croissante1 a graduellem5t entran jusqu' la p]te des s\v5irs de son anci5ne indp5dance4 ,c'e/ a9si que s'e/ successivem5t efface1 en ,europe1 p5dant cette priode1 t\te app>5ce habituelle et directe du gr& pr9cipe de la sp>ation fondam5tale des deux p\voirs1 pr9cipal c>actre politique de la civilisation mod]ne2 en sorte que1 de nos j\rs1 on n'en peut retr\v] une c]ta9e apprciation rationnelle que *ez le cl]g itali51 o elle e/ trop ju/em5t suspecte de p>tialit intresse p\r oppos] aucune rsi/ance efficace l'impulsion univ]selle des habitudes dt]m9es p> l'ensemble de la situation rvolutionnaire4 ,t\tefois1 une telle sp>ation e/ trop pr(ondm5t con=me la nature ess5tielle des socits actuelles1 p\r n'en pas ressortir spontanm5t1 s\s les conditions conv5ables1 malgr t\s les ob/acles quelconques1 qu& l'esprit de rorganisation aura pu enf9 acqurir1 s\s l'asc5dant de la philosophie positive1 sa prpondrance normale1 comme je l'indiqu]ai en son lieu4 ,c'e/ l'influ5ce univ]selle de cette ab]ration fondam5tale qu'il faut rapport]1 ce me semble1 la pr9cipale orig9e hi/orique de cet irrationnel dda9 qui s'e/ alors manife/ p\r le moy5-ge1 s\s l'inspiration directe du prote/antisme1 et qui s'e/ ensuite propag p>t\t1 avec une n]gie t\j\rs croissante1 p> une suite commune de la mme situation fondam5tale1 jusqu' la f9 du sicle d]ni]3 c>1 c'e/ surt\t en ha9e de la con/itution ca?olique que cette gr&e poque sociale a t si inju/em5t fltrie1 avec une dplorable unanimit1 non-seulem5t *ez les prote/ants1 mais aussi *ez les ca?oliques eux-mmes1 o l'indp5dance politique du p\voir spirituel n'tait gure mo9s dcrie4 ,telle e/ la premire s\rce de cette aveugle admiration p\r le rgime poly?ique de l'antiquit1 qui a ex]c une si dplorable influ5ce sociale p5dant t\t le c\rs de la priode rvolutionnaire1 en inspirant une exaltation absolue en faveur d'un sy/me social correspondant une civilisation radicalem5t di/9cte de la ntre1 et que le ca?olicisme avait ju/em5t apprcie1 au temps de sa spl5deur1 comme ess5tiellem5t infrieure4 ,le prote/antisme a d'ailleurs spcialem5t contribu cette dang]euse dviation des esprits1 p> son irrationnelle prdilection exclusive p\r la primitive glise1 et surt\t p> son en?\siasme spontan1 encore mo9s judicieux et plus nuisible1 p\r la ?ocratie hbraque4 ,c'e/ a9si qu'a t presque efface1 p5dant la majeure p>tie des trois d]ni]s sicles1 ou du mo9s pr(ondm5t altre1 la notion fondam5tale du progrs social1 que le ca?olicisme avait d'abord1 comme je l'ai expliqu1 ncessairem5t bau*e1 ne ft-ce que p> la lgitime proclamation cont9ue de la supriorit gnrale de son propre sy/me politique sur les div]s rgimes antrieurs4 ,la ?orie mtaphysique de l'tat de nature e/ v5ue ensuite imprim] une sorte de sanction dogmatique cette ab]ration rtrograde1 en reprs5tant t\t ordre social comme une dgnration croissante de cette *imrique situation1 a9si que la priode suivante l'a surt\t montr hautem5t1 s\s la dang]euse impulsion de l'loqu5t sophi/e prote/ant qui a le plus conc\ru vulg>is] la mtaphysique rvolutionnaire4 ,n\s reconnatrons d'ailleurs1 au *apitre suivant1 comm5t l'laboration simultane des n\veaux lm5s sociaux a spontanm5t emp* que la notion du progrs ne se p]dt alors totalem5t1 et lui a mme imprim de plus en plus une inv9cible rationnalit1 qu'elle ne p\vait d'abord nullem5t avoir4 ,l'ab]ration fondam5tale que n\s apprcions s'e/ concurremm5t manife/e s\s un autre aspect gnral1 la fois politique et philosophique1 qu'il importe aussi de signal] sommairem5t1 cause des imm5ses dang]s qui lui sont propres4 ,p> une suite ncessaire de ce prjug rvolutionnaire sur la confusion p]man5te du p\voir moral avec le p\voir politique1 t\tes les ambitions ont d naturellem5t t5dre1 *acune sa manire1 v]s une telle conc5tration absolue4 ,ds lors1 p5dant que les rois rvai5t le type musulman comme l'idal de la mon>*ie mod]ne1 les prtres1 surt\t prote/ans1 rvai5t1 en s5s inv]se1 une sorte de re/auration de la ?ocratie juive ou gypti5ne1 et les philosophes eux-mmes repr5ai5t1 leur t\r1 s\s de n\velles =mes1 le rve primitif des coles grecques sur l'espce de ?ocratie mtaphysique qui con/itu]ait le prt5du rgne de l'esprit1 discut au *apitre prcd5t4 ,cette d]nire utopie1 relative une situation encore plus *imrique que les deux prcd5tes1 e/ auj\rd'hui la plus p]turbatrice au fond1 p>ce qu'elle t5d sduire indirectem5t1 avec trop de v>it p\r tre ple9em5t vitable1 presque t\tes les intellig5ces actives4 ,p>mi les p5seurs app>t5ant rellem5t l'cole progressive1 dans le c\rs des trois d]ni]s sicles1 et s'tant expressm5t livrs aux spculations sociales1 je ne connais que le gr& ,leibnitz qui ait eu la =ce de rsi/] suffisamm5t ce puissant entranem5t3 ,desc>tes l'et fait sans d\te aussi1 s'il et t conduit =mul] sa p5se ce sujet1 comme le fit jadis le seul ,ari/ote2 mais ,bacon lui-mme a c]ta9em5t p>tag au fond l'illusion commune de l'orgueil philosophique4 ,n\s devrons apprci] ailleurs les graves consqu5ces ultrieures de cette ab]ration capitale1 qui ex]ce auj\rd'hui une si dsa/reuse influ5ce1 l'insu mme de la plup>t de ses sectateurs spontans3 il suffisait1 en ce mom5t1 d'en c>actris] hi/oriquem5t l'orig9e ncessaire1 ou plutt la rsurrection mod]ne1 jusqu'au temps o elle devra s'effac] en v]tu d'un ret\r rationnel la sa9e ?orie gnrale de l'organisme social1 a9si que je l'ai dj indiqu au *apitre prcd5t4 ,il faut1 en d]ni] lieu1 rem>qu] la t5dance gnrale1 9vitablem5t propre au gr& prjug rvolutionnaire que n\s exam9ons1 entret5ir directem5t des habitudes m9emm5t p]turbatrices1 en disposant *]*] exclusivem5t dans l'altration des in/itutions lgales la satisfaction de t\s les div]s beso9s sociaux1 lors mme que1 comme en la plup>t des cas1 et surt\t auj\rd'hui1 elle doit dp5dre bi5 davantage de la pralable r=mation des murs1 et d'abord des pr9cipes4 ,en obissant in/9ctivem5t son aveugle ardeur p\r l'entire conc5tration des p\voirs quelconques1 la dictature temporelle1 soit mon>*ique1 soit ari/ocratique1 n'a pu habituellem5t compr5dre1 depuis le seizime sicle1 l'imm5se responsabilit sociale qu'elle assumait a9si spontanm5t1 p> cela seul que ds lors elle r5dait immdiatem5t politiques t\tes les que/ions qui avai5t pu jusque alors n'tre que morales4 ,si la socit n'en s\ffrait po9t1 le p\voir n'y tr\v]ait qu'une ju/e punition de son insatiable avidit1 comme je l'ai rem>qu au qu>ante-sixime *apitre3 mais1 il e/ malheureusem5t vid5t que cette disposition irrationnelle1 suite ncessaire de l'ab]ration fondam5tale sur la confusion indf9ie du g\v]nem5t moral avec le g\v]nem5t politique1 e/ dev5ue de plus en plus une s\rce cont9ue de dsordres et de dsappo9tem5s =t graves1 aussi bi5 qu'un enc\ragem5t p]man5t p\r les jongleurs et les fanatiques1 a9si p\sss montr] ou voir t\tes les solutions sociales dans de /riles b\lev]sem5s politiques4 ,aux in/ans mme les mo9s orageux1 il en rsulte l'extrme rtrcissem5t habituel des conceptions relatives la satisfaction des beso9s quelconques de la socit1 ds lors rduites de plus en plus la seule considration srieuse des mesures susceptibles d'application immdiate4 ,cette exorbitante prpondrance du po9t de vue matriel et actuel1 qui1 dans la pratique1 conduit tant de rv]ies politiques1 qu& les vraies ncessits sociales rclam5t surt\t l'emploi de moy5s moraux longuem5t prp>s1 a t1 sans d\te1 d'abord manife/e pr9cipalem5t *ez les peuples prote/ans1 o elle re/e1 mme auj\rd'hui1 plus prononce qu'ailleurs1 p> suite d'une sorte de conscration dogmatique d'habitudes invtres3 mais les peuples ca?oliques ne p\vai5t rellem5t en tre gure plus prs]vs1 d'aprs l'uni=mit effective de la situation fondam5tale correspondante1 et du prjug univ]sel qui en e/ man4 ,quelque pr(ondm5t nuisibles que doiv5t tre auj\rd'hui1 soit aux g\v]nem5s1 soit aux socits1 ces irrationnelles dispositions1 ma9t5ant communes t\s les p>tis politiques1 qui proscriv5t p>t\t les spculations leves et lo9ta9es1 seules susceptibles nanmo9s de conduire une vraie solution1 elles ne p\rront s'effac] suffisamm5t que s\s l'asc5dant rationnel de la philosophie positive1 comme je l'indiqu]ai spcialem5t au c9quante-septime *apitre4 ,les ab]rations morales eng5dres p> l'bau*e prote/ante de la doctr9e critique1 sans tre c]tes mo9s graves que ces div]ses ab]rations m5tales1 n'ont pas beso9 d'tre ici c>actrises aussi soigneusem5t1 p>ce que leur filiation e/ plus vid5te1 et leur apprciation plus facile p\r t\s les bons esprits qui se s]ont conv5ablem5t tablis au po9t de vue rsultant de l'ensemble de notre opration hi/orique4 ,il e/ clair1 en effet1 que le libre essor a9si imprim t\tes les intellig5ces quelconques sur les que/ions les plus difficiles et les mo9s ds9tresses1 s\s l'inspiration vague et arbitraire d'une philosophie ?ologique ou mtaphysique dsormais livre sans fre9 son c\rs discordant1 devait produire1 dans l'ordre moral1 les plus graves p]turbations1 et t5dre rapidem5t ne laiss] intacts1 s\s la sup]ficielle apprciation des analyses dissolvantes1 que les seules notions morales relatives aux cas les plus grossirem5t vid5ts4 ,t\t vrai philosophe doit1 ce sujet1 s'tonn] surt\t1 ce me semble1 que les dviations n'ai5t pas t p\sses beauc\p plus lo91 d'aprs de telles influ5ces3 et il en faut r5dre grces1 d'abord la rectitude spontane1 la fois morale et intellectuelle1 de la nature huma9e1 que cette impulsion ne p\vait entirem5t altr]2 et ensuite1 plus spcialem5t1 la prpondrance croissante des habitudes de travail cont9u et unanime *ez les populations mod]nes1 a9si heureusem5t dt\rnes de s'ab&onn] aux divagations sociales avec cette avidit s\t5ue qu'y euss5t c]ta9em5t apporte1 en p>eille situation1 les populations dsuvres de la ,grce et de ,rome4 ,quoique cet ordre d'ab]ration ait d pr9cipalem5t se dvelopp] s\s la phase suivante du m\vem5t rvolutionnaire1 il n'en a pas mo9s pris sa s\rce gnrale1 et mme un essor dj prononc1 s\s la phase purem5t prote/ante1 qui1 div]s titres importans1 a (f]t de graves altrations aux vrais pr9cipes fondam5taux de la morale univ]selle1 non-seulem5t sociale1 mais dome/ique1 que le ca?olicisme avait dignem5t con/itue1 s\s des prescriptions et des prohibitions auxquelles ramn]a ess5tiellem5t de plus en plus t\te discussion rationnelle suffisamm5t appr(ondie#ce4 ,outre la judicieuse obs]vation hi/orique du sage ,hume sur l'appui gnral que l'branlem5t lu?ri5 avait d secrtem5t tr\v] dans les passions des ecclsia/iques fatigus du clibat sac]dotal et dans l'avidit des nobles p\r la spoliation t]ritoriale du cl]g1 il faut surt\t not] ici1 comme une suite plus pr(onde1 plus p]man5te1 et plus univ]selle1 de la situation fondam5tale dont n\s compltons l'apprciation1 que la position sociale de plus en plus subalt]ne du p\voir moral t5dait dsormais lui t] radicalem5t la =ce1 et mme la volont1 de ma9t5ir l'entire inviolabilit des rgles morales les plus lm5taires contre l'n]gie dissolvante1 la fois rationnelle et passionne1 qui s'y appliquait ds lors assidm5t4 ,il suffit ici d'indiqu]1 p> exemple1 la grave altration que le prote/antisme a d sanctionn] p>t\t dans l'in/itution du m>iage1 premire base fondam5tale de l'ordre dome/ique1 et p> suite de l'ordre social1 en p]mettant rgulirem5t l'usage univ]sel du divorce1 contre lequel les murs mod]nes ont heureusem5t t\j\rs lutt spontanm5t1 en rsultat ncessaire de la loi naturelle de l'volution huma9e relativem5t la famille1 dj indique au *apitre prcd5t4 ,quoique cette puissante influ5ce ait ess5tiellem5t neutralis les effets dltres d'une telle altration1 ils n'en ont pas mo9s t bi5tt c>actriss d'une manire trs f*euse *ez les div]ses populations prote/antes4 ,on peut appliqu] le mme jugem5t1 quoique un mo9dre degr1 la re/riction croissante que le prote/antisme a fait subir aux pr9cipaux cas d'ince/e si sagem5t proscrits p> le ca?olicisme1 et dont la rtrograde rhabilitation morale devait tant conc\rir la p]turbation des familles mod]nes3 le lecteur judicieux supplera aism5t1 sur un tel sujet1 aux nombreux dveloppem5s que je ne saurais indiqu] ici4 ,t\tefois1 j'y crois devoir signal] di/9ctem5t1 comme m9emm5t c>actri/ique de l'ordre de consqu5ces que n\s exam9ons1 cette honteuse consultation dogmatique1 si dplorablem5t immortelle1 p> laquelle les pr9cipaux *efs du prote/antisme1 et ,lu!r leur tte1 autorisai5t sol5nellem5t1 d'aprs une longue discussion ?ologique1 la bigamie =melle d'un pr9ce allem&3 les condesc5dances presque simultanes des fondateurs de l'glise anglicane p\r les cruelles faiblesses de leur trange pape national complt5t cette tri/e obs]vation1 mais avec un c>actre mo9s sy/matique4 ,quoique le ca?olicisme1 malgr son abaissem5t politique1 ne se soit jamais aussi ouv]tem5t dgrad1 son impuissance croissante a nanmo9s produit ncessairem5t des effets presque quival5s1 puisque1 depuis l'orig9e de la priode rvolutionnaire1 sa discipl9e morale n'a pu tre assez n]gique p\r rprim] la lic5ce progressive des dclamations ou des satires dont le m>iage dev5ait l'objet1 jusque dans les pr9cipales runions publiques4 ,il faut mme reconnatre1 cet g>d1 af9 d'apprci] compltem5t la nature et l't5due du mal1 que l'av]sion graduelle contre la con/itution ca?olique1 cause de son pr9cipe ?ologique dev5u pr(ondm5t ho/ile l'essor m5tal1 a s\v5t appuy les ab]rations morales#cf1 p> cela mme qu'elles tai5t proscrites p> le ca?olicisme1 contre lequel notre maligne nature se plaisait a9si con/itu] une sorte de purile insurrection4 ,c'e/ a9si que1 p5dant la priode prote/ante dont n\s t]m9ons ici l'exam51 les div]ses doctr9es religieuses ont t spontanm5t conduites con/at] irrcusablem5t1 p> des voies div]ses mais quival5tes1 leur impuissance radicale dirig] dsormais la morale huma9e1 soit en y produisant directem5t des altrations de plus en plus graves1 p> suite des divagations intellectuelles librem5t dveloppes1 soit en p]dant la =ce d'y cont5ir les p]turbations1 et en discrditant des lois inv>iables p> une aveugle ob/9ation les ratta*] exclusivem5t des croyances ds-lors ju/em5t antipa?iques la raison huma9e4 ,la suite de notre laboration hi/orique n\s f\rnira naturellem5t plusieurs occasions importantes de reconnatre sans inc]titude que la morale univ]selle1 lo9 d'avoir r$\t] indf9im5t l'action dissolvante de l'analyse philosophique1 ne peut plus ma9t5ant tr\v] de solides fondem5s intellectuels qu'en dehors de t\te ?ologie quelconque1 en reposant sur une apprciation vraim5t rationnelle et suffisamm5t appr(ondie des div]ses incl9ations1 actions et habitudes1 d'aprs l'ensemble de leurs consqu5ces relles1 prives ou publiques4 ,mais il tait ici ncessaire de c>actris] dj l'poque gnrale p>tir de laquelle les croyances religieuses ont directem5t comm5c p]dre1 soit p> une active an>*ie1 soit p> une passive atonie1 les antiques proprits morales qu'un aveugle empirisme leur suppose encore1 contre l'clatante expri5ce des trois d]ni]s sicles1 qui ont si videmm5t reprs5t t\tes les doctr9es ?ologiques comme con/ituant dsormais1 *ez l'lite de l'humanit1 de puissans motifs p]man5s de ha9e et de p]turbation bi5 plus que d'ordre et d'am\r4 ,on voit a9si1 en rsum1 que cette irrvocable dgnration date ess5tiellem5t de l'univ]selle dgradation politique du p\voir spirituel1 dont la subalt]nit croissante env]s le p\voir temporel devait pr(ondm5t altr] la dignit et la puret des lois morales1 en les subordonnant de plus en plus l'irrationnel asc5dant des passions mme qu'elles devai5t rgl]4 ,note #ce3 ,a l'ordre d'ab]rations morales signal dans le texte1 on p\rrait jo9dre aussi la t5dance directem5t immorale qui c>actrise c]ta9es op9ions ?ologiques propres aux pr9cipaux *efs de l'branlem5t prote/ant1 et consacres mme ultrieurem5t p> leur incorporation plus ou mo9s explicite la doctr9e (ficielle4 ,telles sont surt\t les obscures divagations de la ?ologie lu?ri5ne sur le mrite suffisant de la foi indp5damm5t des uvres1 d'aprs le dogme trange de l'inadmissibilit de la ju/ice1 et p>eillem5t les sophismes1 non mo9s dang]eux1 de la ?ologie calv9i/e sur la prde/9ation des lus4 ,mais j'ai cru devoir me born] considr] spcialem5t les ab]rations morales qui con/ituai5t immdiatem5t la suite ncessaire et univ]selle de la situation fondam5tale1 en c>tant d'ailleurs les innombrables dviations qui ne rsultai5t que de l'espce d'an>*ie intellectuelle consacre p> le prote/antisme4 ,t\tefois1 la direction gnrale de ces d]nires ab]rations1 t5dant presque t\j\rs tempr] la svrit des rgles morales au lieu de l'exagr]1 peut tre ju/em5t ratta*e la n\velle situation sociale1 qui1 en subalt]nisant radicalem5t le p\voir spirituel1 devait l'entran] des concessions incompatibles avec l'inflexible puret des pr9cipes moraux1 et seulem5t dictes p> les beso9s de l'exi/5ce dp5dante propre au sac]doce prote/ant4 ,s\s ce rapport1 l'abaissem5t politique du ca?olicisme l'a ncessairem5t conduit1 dans les trois d]ni]s sicles1 de semblables condesc5dances pratiques1 mais un degr beauc\p mo9s prononc1 et surt\t sans jamais all] directem5t jusqu' l'altration publique des rgles morales elles-mmes1 qu'il n\s a du mo9s transmises p>faitem5t intactes1 p> la sage rsi/ance qu'il a s\v5t oppose1 cet g>d1 de puissantes obsessions temporelles4 ,note #cf3 ,en considrant avec so9 les dplorables discussions de notre sicle au sujet du divorce1 il e/ ais d'y reconnatre encore que1 p\r un gr& nombre d'esprits actuels1 le gr& pr9cipe social de l'indissolubilit du m>iage n'a1 au fond1 d'autre tort ess5tiel que d'avoir t dignem5t consacr p> le ca?olicisme1 dont la morale e/ a9si aveuglm5t enveloppe dans la ju/e antipa?ie qu'inspire depuis long-temps sa ?ologie4 ,sans cette sorte d'in/9ctive rpugnance1 en effet1 la plup>t des hommes s5ss compr5drai5t aism5t auj\rd'hui que l'usage du divorce ne p\rrait con/itu] vritablem5t qu'un premi] pas v]s l'entire abolition du m>iage1 si le dveloppem5t rel p\vait en tre autoris p> nos murs1 dont l'inv9cible rsi/ance1 cet g>d1 ti5t heureusem5t aux conditions fondam5tales de la civilisation mod]ne1 que p]sonne ne saurait *ang]4 ,ce n'e/ po9t c]tes la seule occasion dcisive o l'on puisse nettem5t con/at]1 soit en public1 soit en p>ticuli]1 le grave prjudice pratique qu'apporte ma9t5ant aux div]ses rgles morales leur irrationnelle solid>it app>5te avec les croyances ?ologiques1 qui leur fur5t jadis si utiles1 mais dont l'9vitable discrdit f9al t5d dsormais les compromettre radicalem5t *ez t\tes les natures un peu actives4 ,telle e/ donc1 enf91 l'importante et difficile apprciation hi/orique1 d'abord politique1 puis philosophique1 de la premire priode gnrale1 purem5t prote/ante1 propre la phase sy/matique du gr& m\vem5t rvolutionnaire4 ,il tait ici spcialem5t indisp5sable de c>actris] avec so91 t\s les g>ds ess5tiels1 ce po9t de d"p commun de l'avnem5t f9al de la philosophie ngative et de t\tes les crises sociales correspondantes4 ,la div]sit ncessaire des nombreux aspects s\s lesquels j'ai d faire successivem5t ressortir une poque aussi mal juge jusqu'ici1 explique aism5t l'ext5sion considrable d'une telle discussion1 que j'ai t\j\rs t5du ress]r] autant que possible sans nuire mon b pr9cipal4 ,malgr ces dveloppem5s1 o j'ai t* de n'omettre aucune indication capitale1 je dois cra9dre qu'un po9t de vue aussi n\veau1 dans une "q aussi pr(ondm5t complique1 ne soit pas encore suffisamm5t famili] au lecteur judicieux1 mo9s d'une tude patiemm5t rxre de l'ensemble de cette opration1 confirme ensuite p> une rationnelle vrification hi/orique1 o je ne saurais entr] ici4 ,n\s devons ma9t5ant1 p\r avoir entirem5t apprci les rsultats df9itifs du m\vem5t gnral de dcomposition1 considr] sa phase la plus extrme et la plus dcisive1 o la doctr9e rvolutionnaire a t enf9 directem5t sy/matise avec t\te sa plnitude ncessaire4 ,mais1 malgr l'importance plus immdiate de cette d]nire priode critique1 d'ailleurs presque aussi longue que la prcd5te1 son exam5 p\rra tre ma9t5ant plus aism5t complt1 p>ce qu'elle n'a pu tre1 t\s g>ds1 qu'un prolongem5t gnral de l'autre1 o n\s avons dj soigneusem5t montr les vritables g]mes de t\s les branlem5s ultrieurs4 ,on aura donc ici presque t\j\rs une suffisante notion rationnelle de la m>*e hi/orique propre la mtaphysique rvolutionnaire1 en s'y bornant ess5tiellem5t ratta*]1 dans les cas pr9cipaux1 les consqu5ces di/es aux pr9cipes prote/ans4 ,en outre1 notre att5tion doit re/] dsormais exclusivem5t conc5tre1 jusqu' la f9 de ce *apitre1 sur le progrs de la dsorganisation spirituelle4 ,c>1 la dsorganisation temporelle1 tant que l'branlem5t philosophique n'a pas t ple9em5t consomm1 n'a pu alors prs5t]1 comme je l'ai dj indiqu1 que les c>actres politiques prcdemm5t tablis p\r l'autre priode2 et1 quant l'imm5se explosion f9ale qui a d succd] cette opration1 son importance prpondrante m'en fait r5voy] la ju/e apprciation au c9quante-septime *apitre1 qu& n\s aurons1 dans le c9quante-sixime1 conv5ablem5t analys l'essor croissant du m\vem5t lm5taire de rorganisation1 qui s'tait t\j\rs dvelopp conjo9tem5t avec la dcomposition dont n\s allons t]m9] l'tude gnrale4 ,ce s]ait bi5 peu connatre la m>*e l5te et inc]ta9e de notre faible intellig5ce1 surt\t l'g>d des conceptions sociales1 que de suppos] l'esprit huma9 susceptible de se disp5s] de cette laboration f9ale de la doctr9e critique1 p> cela seul que1 t\s les pr9cipes ess5tiels en ayant t pralablem5t bau*s p> le prote/antisme1 le dveloppem5t graduel de leurs consqu5ces ncessaires aurait pu tre ab&onn son c\rs spontan1 sans exig] aucune srie spciale de travaux sy/matiques p\r la =mation directe de la philosophie ngative4 ,d'abord1 il n'e/ pas d\teux que l'mancipation huma9e et a9si 9vitablem5t subi un imm5se ret>d1 dont on p\rra se faire une ju/e ide en rfl*issant sur la malheureuse aptitude de la plup>t des hommes support]1 avec une rsignation presque indf9ie1 un tat d'inconsqu5ce logique p>eil celui que le prote/antisme avait consacr1 surt\t tant que notre ent5dem5t re/e encore s\mis au rgime ?ologique4 ,auj\rd'hui mme1 dans les pays prote/ans o l'branlem5t philosophique n'a pu suffisamm5t pntr]1 en ,anglet]re1 et encore davantage aux tats-,unis1 ne voit-on pas les soc9i5s1 et les autres sectes avances qui ont rejet presque t\s les dogmes ess5tiels du *ri/ianisme1 s'ob/9] nanmo9s ma9t5ir leur purile re/riction primitive de l'esprit d'exam5 dans le c]cle purem5t biblique1 et n\rrir des ha9es vraim5t ?ologiques contre t\s ceux qui ont p\ss plus lo9 l'affran*issem5t spirituel8 ,mais1 en outre1 p> une apprciation plus spciale et mieux appr(ondie1 on peut aism5t reconnatre1 ce me semble1 que l'indisp5sable essor de la doctr9e rvolutionnaire aurait f9i p> tre ess5tiellem5t t\ff1 sans ce mmorable branlem5t di/e qui a surt\t c>actris le sicle d]ni]1 et qu'on peut ju/em5t qualifi] de voltairi51 du nom de son pr9cipal propagateur4 ,c>1 le prote/antisme1 aprs avoir pris l'initiative des pr9cipes critiques1 les avait implicitem5t ab&onns p>t\t o il avait pu triomph]2 depuis que1 s\s la =me lu?ri5ne1 il s'tait pr(ondm5t comb9 avec le g\v]nem5t temporel1 son gnie n'tait c]tes pas mo9s ho/ile que celui du ca?olicisme lui-mme env]s t\te mancipation ultrieure3 l'lan rvolutionnaire n'tait plus rellem5t reprs5t ds-lors que p> les sectes dissid5tes1 dj presqu'en t\s lieux cruellem5t comprimes1 et que leurs innombrables div]g5ces emp*ai5t d'ailleurs d'acqurir aucun vritable asc5dant m5tal4 ,telle tait1 cet g>d1 la vraie situation gnrale de la *rti5t1 aussi bi5 prote/ante que ca?olique1 v]s la f9 du ,x,v,i,ie sicle1 lorsque la gr&e dictature temporelle1 mon>*ique ou ari/ocratique1 eut pris son c>actre df9itif1 aprs l'expulsion des calv9i/es franais et le triomphe simultan de l'anglicanisme2 d'o date ess5tiellem5t1 p\r l'un et l'autre cas1 l'organisation complte du sy/me de rsi/ance plus ou mo9s rtrograde1 graduellem5t dev5u de plus en plus sy/matique en mme temps que l'esprit rvolutionnaire4 ,cette imm5se conc5tration politique aut\r de p\voirs dj in/9ctivem5t veills sur l'imm95t dang] de t\t prolongem5t ultrieur du m\vem5t de dcomposition1 et l'espce de dfection spontane que v5ait a9si de faire le prote/antisme env]s l'ensemble de la cause rvolutionnaire qu'il avait jusque alors exclusivem5t reprs5te1 t\t ce conc\rs d'ob/acles univ]sels exigeait videmm5t que la dsorganisation spirituelle prt une n\velle m>*e1 et tr\vt des *efs plus consqu5s1 propres la conduire jusqu' son d]ni] t]me ncessaire1 p> des moy5s adapts la nature de l'opration et la difficult des circon/ances4 ,du re/e1 il s]ait c]ta9em5t sup]flu d'insi/] ici davantage sur l'indisp5sable int]v5tion d'une influ5ce philosophique dont l'avnem5t tait ple9em5t 9vitable1 comme n\s l'allons spcialem5t reconnatre4 ,mais il n'tait po9t inutile de vrifi] directem5t1 en cette n\velle occasion capitale1 cette inv>iable correspondance que n\s a jusqu'ici t\j\rs (f]t spontanm5t1 en tant d'autres cas1 l'ensemble du pass1 entre les gr&es exig5ces sociales et leurs modes naturels de satisfaction simultane4 ,il e/ clair1 en gnral1 d'aprs la srie de nos explications antrieures1 que la priode prote/ante avait graduellem5t am5 l'anci5 sy/me social un tat de dcomposition intime o il dev5ait ess5tiellem5t impropre dirig] aucunem5t l'volution ultrieure des socits mod]nes1 env]s laquelle son asc5dant politique dev5ait1 au contraire1 de plus en plus ho/ile4 ,aussi l'imm95ce d'une rvolution univ]selle et dcisive comm5ait-elle alors se faire dj vaguem5t press5tir aux p5seurs suffisamm5t pntrans1 comme le gr& ,leibnitz n\s en (fre surt\t l'exemple4 ,d'une autre "p1 nanmo9s1 ce sy/me et prolong presque indf9im5t1 p> la seule =ce d'in]tie1 son asc5dant oppressif1 malgr cet tat de quasi-putrfaction1 de manire entrav] pr(ondm5t1 mme en ide1 t\te vraie rorganisation sociale1 sans cep5dant p\voir ralis] sa propre utopie rtrograde1 si le f]m5t rvolutionnaire1 acqurant spontanm5t une n\velle et plus complte n]gie1 ne ft v5u1 p> l'importante opration philosophique qui n\s re/e apprci]1 faire hautem5t ressortir enf9 l'9vitable t5dance de l'ensemble du gr& m\vem5t de dcomposition v]s une rgnration totale1 con/ituant sa seule issue ncessaire1 qui1 en t\te autre hypo?se1 s]ait demeure con/amm5t enveloppe s\s la nbuleuse indt]m9ation politique de la mtaphysique prote/ante4 ,il e/ ma9t5ant facile de concevoir la t5dance naturelle de la philosophie ngative v]s cet tat df9itif de ple9e sy/matisation1 en rsultat1 direct ou indirect1 du m\vem5t purem5t hrtique1 ci-dessus apprci4 ,c>1 cette disposition graduelle de l'esprit huma9 l'entire mancipation ?ologique s'tait dj manife/e avant mme que la dcomposition spontane du mono?isme ca?olique comm5t dev5ir s5sible4 ,en remontant autant que possible1 on la v]rait p\r a9si dire prcd] l'organisation du ca?olicisme1 si l'on a conv5ablem5t g>d aux explications de la c9quante-troisime leon sur la t5dance rem>quable de c]ta9es coles grecques1 s\s la dcad5ce du rgime poly?ique1 dpass] spculativem5t les bornes gnrales du simple mono?isme4 ,un ef=t aussi m9emm5t prmatur1 en un temps o t\te sa9e conception de philosophie naturelle tait videmm5t impossible1 ne p\vait1 sans d\te1 ab\tir qu' une sorte de pan?isme mtaphysique1 o la nature tait1 au fond1 ab/raitem5t div9ise3 mais une telle doctr9e diffrait peu1 en ralit1 de ce qu'on a depuis qualifi abusivem5t d'a?isme2 elle s'en rappro*ait surt\t quant l'opposition radicale env]s t\tes les croyances religieuses susceptibles d'une vritable organisation1 ce qui e/ ici le plus important1 puisqu'il s'agit d'ides ess5tiellem5t ngatives4 ,quoique cette disposition anti-?ologique ait d1 a9si que je l'ai expliqu1 s'effac] spontanm5t s\s l'asc5dant ncessaire de l'esprit d'organisation mono?ique1 p5dant la longue priode d'asc5sion sociale du ca?olicisme1 elle n'avait jamais entirem5t disp>u2 et les traces en sont =t s5sibles t\s les ges de la gr&e laboration ca?olique1 ne ft-ce que p> les p]scutions qu'eut alors subir la philosophie d',ari/ote1 raison d'un tel c>actre1 qui1 en effet1 s'y tr\vait implicitem5t consacr4 ,la scola/ique proprem5t dite rsulta ensuite1 comme on l'a vu1 d'une sorte de transaction spontane entre les deux mtaphysiques antagoni/es1 et ouvrit elle-mme une n\velle issue normale l'esprit d'mancipation1 qui1 trav]s la ?ologie (ficielle manife/ait une prdilection croissante p\r les plus libres p5seurs de la ,grce1 dont l'influ5ce indirecte s'tait t\j\rs ma9t5ue1 div]s degrs1 *ez beauc\p d'hommes spculatifs1 et pr9cipalem5t dans le haut cl]g itali51 con/ituant alors la portion la plus p5sante de l'espce huma9e4 ,cette mtaphysique radicalem5t ngative tait dj trs rp&ue1 au treizime sicle1 p>mi les esprits cultivs2 de manire laiss] encore de nombreux s\v5irs1 tels que ceux des deux pr9cipaux amis et prdcesseurs de ,dante1 ou du clbre *anceli] de ,frdric ,,ii1 etc4 ,sans pr5dre une "p trs active aux gr&es luttes inte/9es des deux sicles suivans1 o la dsorganisation spontane du sy/me ca?olique fut surt\t dirige1 comme je l'ai montr1 p> une mtaphysique plus ?ologique1 s\rce immdiate du pur prote/antisme1 cette t5dance irrligieuse y tr\va naturellem5t une n\velle /imulation1 a9si qu'un essor plus facile1 et dut y pr5dre aussi un c>actre plus sy/matique1 en mme temps que plus prononc4 ,au seizime sicle1 elle laisse agir le prote/antisme1 en s'ab/5ant soigneusem5t de conc\rir son laboration1 et pr(ite seulem5t de la demi-lib]t que la discussion philosophique v5ait a9si d'acqurir ncessairem5t p\r comm5c] dvelopp] directem5t sa propre influ5ce m5tale1 soit crite1 soit surt\t orale3 c'e/ ce qu'indiqu5t alors hautem5t les illu/res exemples d'rasme1 de ,c>dan1 de ,ramus1 de ,montaigne1 etc42 et c'e/ ce que confirm5t1 avec encore plus d'vid5ce1 les pla9tes naves de tant de vrais prote/ans sur le dbordem5t croissant d'un esprit anti-?ologique qui m5aait dj de r5dre ess5tiellem5t sup]flue leur r=me naissante1 en faisant enf9 ressortir immdiatem5t l'irrvocable caducit du sy/me qui en tait l'objet4 ,les luttes ard5tes et prolonges alors dt]m9es p> les diss5tim5s religieux1 dur5t puissamm5t contribu] ensuite =tifi] et propag] un tel esprit1 dont l'essor1 cessant dsormais d'tre une simple s\rce de satisfaction p]sonnelle p\r les pr9cipales intellig5ces1 tr\vait ds-lors spontanm5t1 comme je l'ai indiqu1 au se9 mme du vulgaire1 une noble de/9ation sociale1 puisqu'il dev5ait a9si le seul refuge gnral de l'humanit contre les fureurs et les extravagances des div]s sy/mes ?ologiques1 p>t\t dgnrs ma9t5ant en pr9cipes d'oppression ou de p]turbation4 ,aussi reconnatrons-n\s ci-aprs que l'laboration sy/matique de la philosophie ngative s'e/ rellem5t opre1 en t\t ce qu'elle (frait de plus fondam5tal1 v]s le milieu du dix-septime sicle1 malgr qu'elle soit communm5t rapporte au sicle suivant1 rs]v seulem5t son active propagation univ]selle4 ,cet avnem5t naturel d'une telle philosophie a d tre alors puissamm5t second p> un m\vem5t m5tal d'une t\t autre nature et d'une bi5 plus haute de/9ation1 quoique habituellem5t confondu avec le premi] dans les apprciations actuelles4 ,on conoit qu'il s'agit de l'essor direct du vritable esprit positif1 qui1 jusque alors conc5tr en d'obscures re*]*es sci5tifiques1 comm5ait enf91 ds le ,x,v,ie sicle1 et surt\t p5dant la premire moiti du ,x,v,i,ie1 manife/] hautem5t son propre c>actre philosophique1 non mo9s ho/ile au fond la mtaphysique elle-mme qu' la pure ?ologie1 mais qui devait d'abord conc\rir spontanm5t avec l'une p\r l'entire lim9ation de l'autre1 comme je l'indiqu]ai spcialem5t au *apitre suivant4 ,j'ai dj annonc que ce n\vel esprit avait peu aid l'branlem5t prote/ant1 auquel son essor di/9ct e/ rellem5t po/rieur1 et d'ailleurs peu sympa?ique1 t&is qu'il avait d beauc\p facilit] l'mancipation ultrieure2 c'e/ ici le lieu de le signal] sommairem5t4 ,or1 cette 9vitable influ5ce rsultait directem5t1 *ez les intellig5ces suprieures1 de sa t5dance ncessaire favoris] l'empitem5t t\j\rs croissant de la raison sur la foi1 en disposant au rejet sy/matique1 au mo9s provisoire1 de t\te croyance non dmontre4 ,sans suppos] ,bacon et ,desc>tes aucun desse9 =mellem5t irrligieux1 peu compatible en effet avec la mission fondam5tale qui devait absorb] leur active sollicitude1 il e/ nanmo9s impossible de mconnatre que l'tat pralable de ple9 affran*issem5t intellectuel qu'ils prescrivai5t si n]giquem5t la raison huma9e devait dsormais conduire les meilleurs esprits l'entire mancipation ?ologique1 en un temps o dj l'veil m5tal avait t1 cet g>d1 suffisamm5t provoqu4 ,ce rsultat naturel dev5ait a9si d'autant plus difficile vit] qu'il devait d'abord tre mo9s s\ponn1 comme consqu5ce d'une simple prp>ation logique1 dont aucun homme judicieux ne p\vait gure conte/] alors la ncessit ab/raite4 ,tel e/ t\j\rs1 en effet1 l'irrsi/ible asc5dant spirituel des rvolutions purem5t relatives la m?ode1 et dont les dang]s ne peuv5t1 d'ord9aire1 tre ap]u que lorsque leur accomplissem5t e/ assez avanc p\r ne p\voir plus tre rellem5t cont5u4 ,aussi1 dans le cas actuel1 le gr& ,bossuet lui-mme1 malgr son s9cre atta*em5t des croyances caduques1 a-t-il involontairem5t cd la sduction logique du pr9cipe c>tsi51 quoique la t5dance anti-religieuse en et t dj suffisamm5t signale p> le jansni/e ,pascal1 qui1 en sa qualit de n\veau sectaire1 devait avoir une foi plus inquite en mme temps que plus vive4 ,p5dant que cette 9vitable influ5ce s'ex]ait ins5siblem5t *ez les esprits d'lite1 le vulgaire ne p\vait manqu]1 d'une autre "p1 d'tre pr(ondm5t tr\bl1 dans ses convictions *ancelantes1 p> le conflit non mo9s ncessaire qui ds-lors comm5ait s'lev] directem5t1 avec une n]gie croissante1 des dc\v]tes sci5tifiques contre les conceptions ?ologiques4 ,la mmorable p]scution1 si aveuglm5t suscite au gr& ,galile p\r sa dmon/ration du m\vem5t de la ,t]re1 a d faire alors plus d'incrdules que t\tes les intrigues et les prdications jsuitiques n'en p\vai5t conv]tir ou prv5ir2 outre la manife/ation involontaire que le ca?olicisme faisait a9si de son c>actre dsormais ho/ile au plus pur et au plus noble essor du gnie huma92 beauc\p d'autres cas analogues1 quoique mo9s prononcs1 ont d p>eillem5t dvelopp]1 div]s degrs1 cette opposition de plus en plus dcisive1 avant la f9 du ,x,v,i,ie sicle4 ,ce qu'il faut surt\t not] ici l'g>d de cette d\ble influ5ce ncessaire1 la fois ex]ce sur t\s les rangs intellectuels1 c'e/ sa t5dance galem5t contraire aux div]ses croyances qui se disputai5t encore si va9em5t le g\v]nem5t moral de l'humanit1 et p> suite sa conv]g5ce spontane v]s l'ef=t gnral d'mancipation f9ale de la raison huma9e contre t\te ?ologie quelconque1 dont l'incompatibilit radicale avec l'essor total des connaissances relles tait enf9 p>-l directem5t dvoile4 ,a ces div]ses s\rces gnrales de la gr&e impulsion intellectuelle d'o la philosophie ngative devait tir] son pr9cipal asc5dant1 il faut jo9dre1 comme ayant puissamm5t second1 non sa =mation sy/matique1 mais son active propagation1 l'assi/ance naturelle des dispositions morales presque univ]selles qui devai5t ensuite tant influ] d'ailleurs sur son n]gique application sociale4 ,j'ai dj suffisamm5t signal ci-dessus l'intime aff9it ncessaire de l'esprit d'mancipation religieuse avec l'essor lgitime de la libre activit individuelle1 si indisp5sable au dveloppem5t propre de la civilisation mod]ne2 et la leon suivante donn]a spcialem5t lieu de n\velles explications sur cette importante relation mutuelle4 ,on ne peut d\t] davantage que le beso91 de plus en plus imm95t1 de lutt] avec n]gie contre l'asc5dant oppressif de la dictature rtrograde1 n'ait d t5dre s\lev] directem5t1 ds la f9 du ,x,v,i,ie sicle1 t\tes les passions gnreuses en faveur de la doctr9e critique ple9em5t sy/matise1 qui p\vait seule alors s]vir d'organe univ]sel au progrs social4 ,mais1 outre ces nobles influ5ces1 ma9t5ant p>t\t reconnues1 et sur lesquelles leur haute vid5ce doit ici n\s disp5s] d'insi/] plus long-temps1 l'imp>tialit hi/orique exige vritablem5t que1 sans tomb] dans les va9es rcrim9ations dclamatoires des *ampions religieux1 on ose apprci] aussi la puissante /imulation que cette indisp5sable laboration rvolutionnaire a d secrtem5t recevoir1 ds son orig9e1 et p5dant t\t son c\rs1 des vicieuses incl9ations qui prdom95t si malheureusem5t dans l'ensemble de la con/itution fondam5tale de l'homme1 comme on l'a vu au qu>ante-c9quime *apitre1 et qui devai5t accueillir si avidem5t t\te conception purem5t ngative1 soit spculative1 soit surt\t sociale4 ,relativem5t au pr9cipe absolu du libre exam5 individuel1 base commune de t\te la doctr9e critique1 il s]ait sup]flu d'expliqu] la sduction spontane qu'il devait immdiatem5t ex]c] sur la purile vanit de presque t\s les hommes1 dont la raison prive tait a9si rige en s\v]a9 arbitre des plus hautes discussions3 j'ai dj montr1 au qu>ante-sixime *apitre1 comm5t cet irrsi/ible attrait atta*e rellem5t auj\rd'hui cette doctr9e ceux-l mme qui s'en con/itu5t avec le plus d'ardeur les adv]saires sy/matiques4 ,en outre1 quoique les ha9es ?ologiques ai5t s\v5t abus indignem5t de la dnom9ation expressive si long-temps applique aux libres p5seurs1 p\r suscit] contre eux de calomnieuses imputations morales1 l'usage unanime1 et frquemm5t in(f5sif1 d'une telle qualification jusqu'au sicle d]ni]1 ne doit tre d'abord int]prt que comme une nave manife/ation de l'impulsion in/9ctive des passions huma9es v]s une philosophie qui affran*issait notre nature de l'anci5ne discipl9e m5tale1 et p> suite morale1 sans p\voir encore y sub/itu] rellem5t aucun quival5t normal4 ,t\s les autres dogmes ess5tiels de la doctr9e critique comport5t videmm5t de semblables rem>ques1 d'une manire d'autant plus prononce qu'ils intress5t des passions plus n]giques4 ,c'e/ a9si que l'ambition devait naturellem5t accueillir avec ardeur le pr9cipe1 provisoirem5t indisp5sable1 de la s\v]a9et populaire1 qui ouvrait son essor politique une c>rire presque indf9ie1 en r5dant p\r a9si dire cont9ue la p5se de n\veaux b\lev]sem5s1 dont ri5 ne semblait d'avance devoir limit] la porte graduelle4 ,on ne peut davantage se dissimul] que l'orgueil1 et mme l'envie1 n'ai5t t1 beauc\p d'g>ds1 de puissans auxiliaires p]man5s de l'am\r sy/matique de l'galit1 qui1 ab/raction faite de t\te hypocrisie1 d'ailleurs si facile ce sujet1 ne ti5t po9t ess5tiellem5t1 dans les natures peu leves1 un actif s5tim5t gnreux de la frat]nit univ]selle1 mais bi5 plutt une secrte raction du p5*ant la dom9ation1 entranant spontanm5t1 p> suite d'une insuffisante satisfaction effective1 la ha9e in/9ctive de t\te supriorit quelconque1 af9 d'obt5ir au mo9s le niveau4 ,ce n'e/ po9t ici le lieu d'apprci] les p]turbations pratiques qui ont d successivem5t rsult] de cette irrcusable corelation des diffr5s pr9cipes critiques aux div]ses passions prpondrantes de l'organisme huma94 ,je n'ai v\lu ma9t5ant que signal]1 en gnral1 s\s ce rapport1 comm5t les influ5ces m5tales qui p\ssai5t directem5t l'laboration ncessaire d'une telle doctr9e ont t naturellem5t =tifies p> d'n]giques influ5ces morales1 dont la coopration spontane devait se manife/] surt\t dans les crises insurrectionnelles1 o l'on a pu si frquemm5t rem>qu] la t5dance in/9ctive de l'action rvolutionnaire y accueillir sans rpugnance l'active p>ticipation volontaire de ceux-l mme qui support5t impatiemm5t le fre9 habituel des rgles sociales4 ,l'apprciation directe du dveloppem5t gnral propre au sy/me f9al de philosophie ngative dont n\s v5ons de c>actris]1 div]s titres ess5tiels1 l'avnem5t ncessaire1 exige d'abord qu'on y di/+ue soigneusem5t la critique spirituelle et la critique temporelle4 ,quoique celle-ci ait d con/itu] l'indisp5sable complm5t de la doctr9e rvolutionnaire1 qui n'aurait pu autrem5t p>v5ir l'activit politique qu'elle devait ensuite si m9emm5t manife/]1 elle n'a pu cep5dant tre spcialem5t entreprise qu'en d]ni] lieu1 p> suite d'un suffisant accomplissem5t de la premire opration1 dans laquelle devait surt\t consi/] une telle laboration4 ,c>1 l'mancipation philosophique proprem5t dite tait1 p> sa nature1 plus importante1 au fond1 que l'mancipation purem5t politique1 qui ne p\vait manqu] d'en rsult] presque spontanm5t1 t&is que1 au contraire1 elle n'en et aucunem5t disp5s1 qu& mme elle et t immdiatem5t excutable4 ,il e/ impossible1 en effet1 de concevoir1 d'une manire un peu durable1 un respect suffisant p\r les prjugs mon>*iques ou ari/ocratiques *ez des esprits dj ple9em5t affran*is des prjugs ?ologiques1 dont l'empire e/ bi5 plus puissant1 et qui d'ailleurs =mai5t alors la base indisp5sable des autres1 pr9cipalem5t depuis la conc5tration temporelle propre la priode prcd5te3 au lieu que1 rciproquem5t1 les plus audacieuses attaques directes contre les anci5s pr9cipes politiques1 si l'on y et irrationnellem5t ma9t5u les croyances correspondantes1 n'euss5t pu c>actris] suffisamm5t le *angem5t fondam5tal de sy/me social1 t\t en exposant aux plus graves p]turbations4 ,a9si1 la lib]t m5tale tait1 videmm5t1 la plus ess5tielle tablir compltem5t p> un ex]cice conv5able1 af9 d'atte9dre rellem5t la pr9cipale de/9ation d'une telle laboration critique dans l'ensemble de l'volution mod]ne1 c'e/--dire de m>qu] directem5t la t5dance ncessaire v]s une entire rgnration1 et en mme temps d'en facilit] ultrieurem5t l'avnem5t intellectuel2 t&is que l'opration purem5t prote/ante1 quoique ayant1 comme n\s l'avons vu1 am5 le rgime anci5 un tat radical d'impuissance sociale1 en laissait nanmo9s subsi/] indf9im5t la conception gnrale1 de manire entrav] pr(ondm5t t\te p5se de vraie rorganisation4 ,notre att5tion doit donc tre ici dirige surt\t v]s la critique philosophique proprem5t dite1 laquelle n\s ne devrons ensuite jo9dre l'apprciation de la critique purem5t politique qu' titre de d]ni] complm5t ncessaire4 ,en second lieu1 dans le dveloppem5t gnral de la premire laboration1 qui a rempli la majeure p>tie de la phase que n\s considrons1 il importe de di/+u] hi/oriquem5t la =mation orig9ale et sy/matique de la doctr9e ngative d'avec l'ultrieure propagation univ]selle du m\vem5t d'entire mancipation m5tale3 c>1 non-seulem5t ces deux oprations ne devai5t po9t app>t5ir au mme sicle1 mais elles ne devai5t avoir non plus ni les mmes organes ni le mme c5tre d'agitation1 comme n\s l'allons voir4 ,p> la comb9aison naturelle de ces deux divisions1 notre apprciation rationnelle de ce mmorable branlem5t philosophique doit1 en rsum1 se rapport]1 t\r t\r1 trois laborations successives1 dont l'en*anem5t hi/orique e/ inconte/able1 et de/9es l'une sa =mation1 l'autre sa propagation1 et la d]nire son extrme complm5t politique4 ,quoique la premire opration soit encore rapporte communm5t au ,x,v,i,i,ie sicle1 il e/1 ce me semble1 impossible de mconnatre dsormais que1 en t\t ce qu'elle (fre de vraim5t fondam5tal1 elle app>ti5t rellem5t au sicle prcd5t4 ,ncessairem5t mane d'abord du prote/antisme le plus avanc1 elle devait s'labor] en sil5ce dans les pays mme qui1 comme la ,holl&e et l',anglet]re1 avai5t con/itu le pr9cipal sige du m\vem5t prote/ant1 soit p>ce que la lib]t intellectuelle y tait alors spontanm5t plus complte que p>t\t ailleurs1 soit aussi p>ce que l'essor croissant des div]g5ces religieuses y devait plus spcialem5t provoqu] l'entire mancipation ?ologique4 ,ses pr9cipaux organes y dur5t app>t5ir aussi1 comme ceux de l'laboration purem5t prote/ante1 l'cole ess5tiellem5t mtaphysique1 dev5ue graduellem5t prpondrante1 au se9 des univ]sits les plus clbres1 s\s l'impulsion primitive de la plus h>die scola/ique du moy5-ge3 mais c'tai5t nanmo9s de vritables philosophes1 embrassant srieusem5t1 leur manire1 l'ensemble des spculations huma9es1 au lieu des simples littrateurs du sicle suivant4 ,ce gr& branlem5t philosophique1 si ncessaire alors l'volution f9ale de l'humanit1 fut a9si successivem5t accompli surt\t p> trois m95s esprits1 de nature =t diffr5te1 mais dont l'influ5ce1 quoique 9gale1 devait p>eillem5t conc\rir au rsultat gnral3 d'abord ,hobbes1 ensuite ,sp9osa1 et enf9 ,bayle1 qui1 n franais1 ne put ple9em5t travaill] qu'en ,holl&e4 ,le second de ces philosophes1 s\s l'impulsion spciale du pr9cipe c>tsi51 a sans d\te ex]c une influ5ce dcisive sur l'entire mancipation d'un gr& nombre d'esprits sy/matiques1 comme l'indiqu]ait seule la multitude de rfutations s\leves p> son audacieuse mtaphysique3 mais1 outre qu'il e/ po/rieur ,hobbes1 la nature trop ab/raite de son obscure laboration dogmatique ne p]met po9t de voir en lui le pr9cipal fondateur de la philosophie ngative1 laquelle il n'avait attribu aucune de/9ation sociale suffisamm5t c>actrise4 ,d'un autre ct1 c'e/ surt\t au d]ni] qu'une telle doctr9e doit la t5dance directem5t critique conv5able sa nature et son (fice3 cep5dant l'incohr5te dissm9ation de ses attaques p>tielles1 encore plus que l'ordre *ronologique1 doit plutt le faire rang] p>mi les premi]s *efs du m\vem5t de propagation que p>mi les organes propres de l'impulsion orig9ale1 o sa p>ticipation di/9cte e/ cep5dant inconte/able4 ,on arrive a9si1 p> une exclusion graduelle1 reg>d] comme le vritable pre de cette philosophie rvolutionnaire#cg l'illu/re ,hobbes1 que n\s retr\v]ons d'ailleurs1 au *apitre suivant1 s\s un aspect spculatif bi5 plus lev1 au nombre des pr9cipaux prcurseurs de la vraie politique positive4 ,c'e/ surt\t ,hobbes1 en effet1 que remont5t hi/oriquem5t les plus importantes conceptions critiques1 qu'un irrationnel usage attribue encore nos philosophes du ,x,v,i,i,ie sicle1 qui n'en fur5t ess5tiellem5t que les indisp5sables propagateurs4 ,note #cg3 ,la portion la plus avance de l'cole rvolutionnaire1 en ,anglet]re1 t5te auj\rd'hui1 avec la dignit et la gnrosit conv5ables1 une intressante opration nationale1 p\r la sol5nelle rhabilitation univ]selle de cet illu/re philosophe1 dont la mmoire1 comme le dis5t avec raison les *efs de cette noble raction1 a t si inju/em5t fltrie1 d'abord dans sa patrie1 et p> suite au dehors1 p> la coalition spontane des ha9es sac]dotales et des rancunes ari/ocratiques qu'il avait si directem5t braves4 ,quoique un tel ef=t dt tre1 p\r la ,france1 ess5tiellem5t sup]flu1 et ds-lors peu progressif1 il n'en e/ po9t a9si sans d\te p\r l',anglet]re1 o l'mancipation m5tale e/ c]tes beauc\p mo9s avance4 ,il n'e/ pas inutile de not] ici1 ce sujet1 que notre honorable concitoy51 le loyal et judicieux mtaphysici5 ,tracy1 avait depuis long-temps press5ti1 avec la sagacit habituelle de son in/9ct anti-?ologique1 cette ncessit rationnelle de ratta*] ,hobbes la =mation sy/matique de la philosophie rvolutionnaire2 comme l'indiqu5t ses heureux essais p\r faire dignem5t apprci] en ,france un n]gique p5seur qui n'y tait gure connu que de nom avant cette puissante recomm&ation4 ,dans cette laboration fondam5tale1 l'analyse anti-?ologique e/ dj p\sse rellem5t jusqu' la plus extrme mancipation religieuse que puisse comport] l'esprit purem5t mtaphysique4 ,on y peut donc mieux saisir qu'en t\t autre cas les diffr5ces c>actri/iques qui di/+u5t pr(ondm5t une telle situation m5tale du rgime vritablem5t positif1 avec lequel une apprciation sup]ficielle la confond presque t\j\rs1 quoiqu'elle n'en ait d con/itu] qu'un simple prambule1 plus ou mo9s indisp5sable selon la prp>ation sci5tifique plus ou mo9s avance4 ,cette doctr9e1 si improprem5t qualifie d'a?isme1 n'e/1 au fond1 qu'une d]nire phase ess5tielle de l'antique philosophie1 d'abord purem5t ?ologique1 puis de plus en plus mtaphysique1 avec les mmes attributs ess5tiels1 un esprit non mo9s absolu1 t\j\rs =t oppos la vraie positivit rationnelle1 et une t5dance non mo9s prononce trait] surt\t1 sa manire1 les que/ions que la sa9e philosophie c>te directem5t1 au contraire1 comme radicalem5t inaccessibles la raison huma9e4 ,une apprciation conv5ablem5t appr(ondie f]a aism5t reconnatre1 du po9t de vue propre ce ,trait1 que le progrs rel dont cette philosophie ngative fut l'organe sy/matique se rduisait surt\t remplac] totalem5t1 p\r l'explication absolue des div]s phnomnes physiques ou moraux1 l'anci5ne int]v5tion surnaturelle p> le jeu quival5t des entits mtaphysiques1 graduellem5t conc5tres dans la gr&e entit gnrale de la nature1 a9si sub/itue au crateur1 avec un c>actre et un (fice =t analogues1 et p> suite mme avec une espce de culte peu prs semblable3 en sorte que ce prt5du a?isme se rduit presque1 au fond1 inaugur] une desse au lieu d'un dieu1 *ez ceux du mo9s qui conoiv5t comme df9itif cet tat purem5t transitoire4 ,or1 quoique une telle trans=mation suffise c]ta9em5t l'entire dsorganisation effective du sy/me social correspondant l'anci5ne philosophie1 ds-lors frappe d'une radicale impuissance organique1 comme je l'ai tant expliqu1 elle e/ videmm5t bi5 lo9 de suffire aussi l'essor rel1 non-seulem5t social1 mais mme simplem5t m5tal1 d'une philosophie vraim5t n\velle1 dont l'avnem5t n'e/ a9si que prp> p> un d]ni] prambule critique4 ,tant que l'usage philosophique des div9its ou des entits n'a po9t effectivem5t disp>u s\s la considration prpondrante des lois inv>iables propres aux div]s ordres de phnomnes naturels1 et tant que la nature et l't5due des spculations huma9es n'ont pas habituellem5t subi les modifications et les re/rictions correspondantes1 ce qui tait c]ta9em5t impossible en un temps o ces lois tai5t si imp>faitem5t connues1 et surt\t si mal apprcies1 notre ent5dem5t re/e ncessairem5t assujti au rgime ?ologico-mtaphysique1 quels que puiss5t tre ses ef=ts d'affran*issem5t4 ,d'aprs cette explication ncessaire1 qu'il fallait1 une seule fois p\r t\tes1 directem5t indiqu]1 il e/ clair que la philosophie vraim5t positive n'(fre1 de sa nature1 aucune solid>it spciale1 ni dogmatique1 ni hi/orique1 avec la philosophie ple9em5t ngative dont il s'agit en ce mom5t1 et qu'elle ne peut envisag] que comme une d]nire trans=mation prp>atoire de la philosophie primitive1 dj p>eillem5t labore dans une semblable direction p> les passages successifs du fti*isme primordial1 d'abord au simple poly?isme1 ensuite au pur mono?isme1 et enf9 aux div]ses phases graduelles de la ?ologie mtaphysique1 dont cette sorte de pan?isme ontologique con/itue seulem5t la plus extrme modification4 ,malgr son vid5te efficacit dissolvante1 une telle situation m5tale1 envisage comme df9itive1 n'e/ gure plus dcisive que le disme proprem5t dit1 titre de g>antie philosophique1 contre l'entire re/auration intellectuelle des conceptions religieuses1 t\j\rs imm95te1 de t\te ncessit1 jusqu' ce que les notions positives y ai5t t habituellem5t sub/itues4 ,p> l'id5tit fondam5tale propre aux div]ses p5ses ?ologiques1 trav]s leurs innombrables trans=mations1 il e/ ais d'expliqu] cette sorte d'aff9it intime1 si p>adoxale en app>5ce1 que l'on peut rem>qu]1 mme auj\rd'hui1 comme je l'ai dj n au c9quante-deuxime *apitre1 entre le tnbreux pan?isme sy/matique des coles mtaphysiques qui se croi5t les plus avances et le vrai fti*isme spontan des temps primitifs4 ,telle e/1 en rsum1 la sa9e apprciation hi/orique du c>actre purem5t intellectuel de la gr&e laboration que n\s exam9ons4 ,considre ma9t5ant s\s l'aspect moral1 elle n\s (fre la premire coord9ation rationnelle de la fameuse ?orie de l'intrt p]sonnel1 abusivem5t attribue au sicle suivant1 et qui con/itue1 p> sa nature1 le fondem5t ncessaire de la morale purem5t mtaphysique4 ,j'ai dj indiqu1 au qu>ante-c9quime *apitre1 comm5t l'irrationnel esprit d'unit absolue qui c>actrise1 env]s un sujet quelconque1 la philosophie mtaphysique#ch encore plus que la philosophie ?ologique elle-mme1 devait conduire cette 9vitable ab]ration morale1 nullem5t p]sonnelle au subtil criva9 qui dev9t1 au ,x,v,i,i,ie sicle1 l'audacieux propagateur de cette doctr9e de ,hobbes1 ncessairem5t commune1 s\s div]ses =mes1 presque t\tes les coles mtaphysiques4 ,c>1 l'irrcusable prpondrance effective des p5*ans p]sonnels dans l'ensemble de notre organisme moral1 suivant les explications de la c9quantime leon1 entrane naturellem5t rduire au seul gsme t\tes les div]ses impulsions huma9es1 lorsque1 l'exemple des mtaphysici5s1 on s'e/ d'avance impos la condition anti-philosophique d'tablir1 p> un sophi/ique *afaudage de rappro*em5s vicieux1 une va9e unit factice l o rgne ncessairem5t une gr&e multiplicit relle4 ,les pnibles ef=ts t5ts ensuite1 en s5s inv]se1 mais non mo9s irrationnellem5t1 quoique dans une plus noble int5tion1 p\r conc5tr]1 au contraire1 t\te notre nature morale v]s la bi5veillance ou la ju/ice1 n'ont pu avoir f9alem5t aucune efficacit pratique1 si ce n'e/ titre de critique provisoire de la prcd5te ?orie mtaphysique1 p>ce qu'un tel c5tre e/1 en ralit1 bi5 mo9s n]gique que l'autre1 en sorte que cette insuffisante prote/ation n'a pu emp*] le triomphe croissant1 s9on =mel1 du mo9s implicite1 de l'ab]ration primitive1 au gr& dtrim5t de notre volution morale1 que peut seule conv5ablem5t satisfaire la vraie connaissance de la nature huma9e1 comme on l'a vu au qu>ante-c9quime *apitre4 ,on peut mme reg>d] cette d]nire cole mtaphysique1 outre son peu d'asc5dant effectif1 comme tant moralem5t presque aussi dang]euse1 p> l'hypocrisie sy/matique qu'elle t5drait produire habituellem5t1 que l'autre p> l'ignoble cynisme qu'elle a dogmatiquem5t consacr4 ,quoi qu'il en soit1 p\r complt] l'apprciation prcd5te1 il importe d'aj\t] que la ?orie de l'gsme1 bi5 que spculativem5t propre1 suivant cette explication1 la philosophie mtaphysique1 y mana surt\t de la ?ologie elle-mme1 qui1 aprs l'avoir peu prs lude en pr9cipe1 ab\tissait f9alem5t1 dans la pratique1 une quival5te conscration1 p> la prpondrance1 aussi exorbitante qu'9vitable1 que t\te morale religieuse accorde ncessairem5t1 comme je l'ai n au sujet du quitisme1 la proccupation du salut p]sonnel1 dont la considration1 habituellem5t exclusive1 doit naturellem5t dispos] mconnatre l'exi/5ce relle des affections bi5veillantes purem5t ds9tresses1 que la philosophie positive peut seule directem5t sy/matis]1 suivant l'tude vraim5t rationnelle de l'homme intellectuel et moral4 ,c'e/ a9si que la mtaphysique1 sans tre dom9e p> les mmes ncessits politiques1 mais entrane p> le beso9 philosophique de sa va9e unit ontologique1 n'a fait rellem5t1 s\s ce rapport1 que *ang]1 p\r a9si dire1 la de/9ation de l'gsme fondam5tal1 en remplaant les calculs relatifs aux intrts t]nels p> des comb9aisons uniquem5t relatives aux intrts temporels1 sans p\voir non plus s'lev] la conception d'une morale qui ne repos]ait po9t exclusivem5t sur des calculs p]sonnels d'une espce quelconque4 ,aussi le seul dang] capital qui1 cet g>d1 ft entirem5t propre cette mtaphysique ngative1 consi/e-t-il surt\t en ce que1 t\t en confirmant1 et plus dogmatiquem5t encore1 cette grossire apprciation de la nature huma9e1 elle dsorganisait radicalem5t l'indisp5sable antagonisme d'aprs lequel la sagesse sac]dotale avait eu jusque alors la facult d'en neutralis]1 un c]ta9 degr1 l'extrme imp]fection1 p> une heureuse opposition pratique des intrts imag9aires aux intrts rels4 ,mais1 quant au pr9cipe mme de la morale des intrts privs1 il n'e/ pas d\teux que la conscration empirique en a d'abord app>t5u1 de t\te ncessit1 aux doctr9es purem5t religieuses1 qui impos5t directem5t *aque croyant un b p]sonnel d'une telle importance que sa considration cont9ue doit 9vitablem5t absorb] t\te autre affection quelconque1 dont l'essor doit t\j\rs lui re/] ess5tiellem5t subordonn1 en tant du mo9s qu'une semblable philosophie peut entrav] le c\rs spontan de nos s5tim5s naturels4 ,on voit a9si1 en rsum1 que cette imm5se ab]ration morale1 lo9 de con/itu]1 comme on l'a cru1 un simple accid5t isol dans le dveloppem5t gnral de la philosophie mtaphysique1 en a1 au contraire1 immdiatem5t c>actris la =mation normale1 s\s l'influ5ce prolonge des conceptions ?ologiques1 dont les conceptions mtaphysiques1 malgr l'antagonisme le plus app>5t1 ne saurai5t1 au fond1 jamais (frir1 aucun titre1 que de pures modifications dissolvantes4 ,note #ch3 ,malgr d'insolubles difficults logiques suscites p> l'obligation cont9ue de concili] l'asc5dant trop frqu5t du mauvais pr9cipe avec l'absolue suprmatie du bon1 il faut nanmo9s reconnatre que la ?ologie proprem5t dite1 mme l'tat mono?ique1 (frait1 p> sa nature1 p\r reprs5t]1 au mo9s empiriquem5t1 la vraie con/itution morale de l'homme1 des ress\rces spciales1 que n'a pu ensuite galem5t possd] la pure mtaphysique1 dom9e p> la va9e unit ontologique dont elle ne saurait s'affran*ir4 ,c'e/ p\rquoi une telle ab]ration morale doit tre surt\t considre comme propre cette d]nire philosophie1 ou au mo9s comme l'un de ces dang]s fondam5taux qu'une sage discipl9e sac]dotale avait pu jusque alors suffisamm5t cont5ir1 et qui a d surgir ultrieurem5t trav]s la libre divagation des spculations mtaphysiques4 ,apprcie enf9 s\s le rapport politique1 cette sy/matisation fondam5tale de la philosophie ngative e/ surt\t c>actrise p> l'immdiate conscration dogmatique de cette subord9ation radicale du p\voir spirituel au p\voir temporel1 que n\s avons vue p>t\t s'tablir spontanm5t p5dant la phase prcd5te1 et que le prote/antisme avait spcialem5t proclame1 sans t\tefois qu'elle et encore t directem5t sanctionne p> aucune discussion rationnelle avant l'laboration dcisive de ,hobbes4 ,cette conception transitoire1 propre l'ensemble du gr& m\vem5t rvolutionnaire1 et qui ne doit cess] qu'avec lui1 quels que soi5t d'ailleurs les graves inconvni5s1 intellectuels ou sociaux1 inhr5s la nature absolue de l'esprit mtaphysique d'o elle mane1 n'e/1 en elle-mme1 qu'un rsultat ncessaire de la situation provisoire des socits mod]nes1 ci-dessus conv5ablem5t analyse2 ce qui n\s disp5se d'un n\vel exam54 ,il importe seulem5t de rem>qu]1 ce sujet1 que1 p> une telle ju/ification sy/matique de la dictature temporelle qui s'tait alors p>t\t con/itue1 la critique philosophique s'e/ ess5tiellem5t arrte1 ds l'orig9e1 la dsorganisation spirituelle1 en concevant cette dictature comme le seul moy5 efficace de ma9t5ir suffisamm5t un ordre matriel t\j\rs indisp5sable1 jusqu' ce que1 cette dmolition pralable tant ple9em5t consomme1 on pt directem5t travaill] la rorganisation correspondante4 ,tel tait1 sans d\te1 implicitem5t le desse9 pr9cipal de ,hobbes dans une semblable conception3 quoique sa m>*e 9vitablem5t mtaphysique dt malheureusem5t le p\ss] attribu] une de/9ation indf9ie une condition purem5t passagre1 il n'e/ pas probable qu'un esprit aussi philosophique crt rellem5t =mul] a9si l'tat normal df9itivem5t propre aux socits mod]nes1 en un temps si vois9 de celui o les plus m95s p5seurs allai5t dj comm5c] press5tir l'imm95ce d'une rvolution univ]selle4 ,il n'e/ pas vraisemblable non plus que les *efs ultrieurs de la propagation ngative1 plus rappro*s encore de ce t]me f9al1 ai5t pris effectivem5t leur doctr9e ce sujet autrem5t que comme adapte une simple transition3 le pr9cipal d'entre eux1 ,voltaire1 dont la lgret c>actri/ique n'annulait po9t l'admirable sagacit spontane1 me p>at1 au mo9s1 s'tre presque t\j\rs ess5tiellem5t prs]v d'une p>eille illusion4 ,quoi qu'il en soit1 il e/ ais de s5tir les gr&es facilits que ce c>actre ncessaire a d con/amm5t procur] l'ensemble du dveloppem5t de la philosophie ngative1 en rassurant naturellem5t les g\v]nem5s sur les suites immdiates d'un tel branlem5t1 qui1 a9si re/re9t1 en app>5ce1 l'ordre spirituel1 ds-lors de plus en plus nglig p> les hommes d'tat1 prconisait sy/matiquem5t1 comme un *ef-d'uvre de la sagesse huma9e1 cette passagre conc5tration temporelle1 si *re aux p\voirs dom9ans4 ,en considrant1 s\s un aspect plus spcial1 la conception de ,hobbes ce sujet1 il e/1 ce me semble1 trs rem>quable que1 malgr une t5dance nationale videmm5t plus favorable la noblesse qu' la royaut1 comme je l'ai expliqu1 ce philosophe ait pris1 au contraire1 le p\voir mon>*ique p\r c5tre unique de la cond5sation politique1 au lieu du p\voir ari/ocratique3 ce qui a f\rni ensuite l'cole rtrograde1 auj\rd'hui plus puissante1 au fond1 en ,anglet]re que p>t\t ailleurs1 un spcieux prtexte p\r v5g] les prtres et les lords des n]giques attaques d'un esprit aussi progressif1 en le reprs5tant comme un vritable fauteur du despotisme1 de manire gravem5t compromettre jusqu'ici1 p> cette habile calomnie1 sa rputation europenne4 ,suivant une ju/e apprciation de ce mmorable contra/e1 ,hobbes me p>at d'abord avoir implicitem5t compris que la dictature mon>*ique tait rellem5t beauc\p plus propre que la dictature ari/ocratique1 soit facilit] l'entire dsorganisation de l'anci5 sy/me politique1 soit second] l'avnem5t des n\veaux lm5s sociaux1 con=mm5t nos explications antrieures2 et1 en second lieu1 cet illu/re philosophe a1 sans d\te1 a9si press5ti que son laboration fondam5tale1 lo9 d'tre spciale sa patrie1 devait tr\v] son pr9cipal dveloppem5t ultrieur *ez les nations o la conc5tration temporelle s'tait effectivem5t opre aut\r de la royaut3 d\ble ap]u in/9ctif que je ne crois pas suprieur la vraie porte de cet m95t p5seur4 ,tels sont les div]s aspects ess5tiels s\s lesquels je devais ici considr] sommairem5t la sy/matisation primordiale de la philosophie ngative4 ,il faut ma9t5ant pass] l'exam5 quival5t du m\vem5t dcisif qui1 p5dant la majeure p>tie du sicle suivant1 a graduellem5t dt]m9 l'univ]selle propagation de cette indisp5sable mancipation1 jusque alors borne un petit nombre d'esprits *oisis1 et dont la de/9ation f9ale devait cep5dant dp5dre surt\t d'une suffisante vulg>isation4 ,dans cette n\velle phase rvolutionnaire1 n\s devons apprci] avant t\t le *angem5t rem>quable qui s'e/ alors spontanm5t opr quant au c5tre pr9cipal de l'impulsion philosophique1 et aussi quant ses organes p]man5ts4 ,s\s le premi] po9t de vue1 il e/ ais d'expliqu] p\rquoi le sige de l'branlem5t intellectuel1 et p> suite social1 a t ds-lors ess5tiellem5t transport *ez les peuples ca?oliques1 et surt\t en ,france1 p\r y re/] fix jusqu' l'entire consommation de l'opration rvolutionnaire1 et mme de la rorganisation qui doit lui succd]2 t&is que aup>avant la dcomposition sy/matique du rgime ?ologique et militaire avait t directem5t p\rsuivie *ez les nations prote/antes1 d'abord en ,allemagne1 ensuite en ,holl&e1 et enf9 en ,anglet]re1 comme je l'ai montr4 ,ce dplacem5t ncessaire rsultait naturellem5t de ce que1 dans ces div]s pays1 le triomphe politique du prote/antisme avait directem5t neutralis sa t5dance primitive l'mancipation philosophique1 en ratta*ant pr(ondm5t au sy/me gnral de rsi/ance plus ou mo9s rtrograde1 l'espce d'organisation dont le prote/antisme tait susceptible1 con=mm5t nos explications antrieures4 ,t\t affran*issem5t ultrieur de la raison huma9e dev5ait alors beauc\p plus antipa?ique encore au prote/antisme (ficiel qu'au ca?olicisme lui-mme1 malgr la dgnration m5tale dont celui-ci tait irrvocablem5t frapp1 en faisant spontanm5t ressortir l'insuffisance radicale de la va9e r=mation spirituelle qu'on v5ait a9si d'in/itu] gr&s frais4 ,cette rpugnance in/9ctive se fait mme s5tir1 hors de la sphre lgale1 *ez les sectes dissid5tes o la dsorganisation ?ologique e/ la plus avance1 et qui1 fires de leur demi-mancipation1 reti5n5t avec plus d'ardeur les croyances qu'elles ont cons]ves2 d'o rsulte 9vitablem5t une horreur plus spciale env]s l'irrsi/ible concurr5ce des op9ions philosophiques qui1 d'un seul c\p1 disp5s5t immdiatem5t de t\te cette laborieuse transition prote/ante4 ,les peuples ca?oliques1 au contraire1 p\rvu que la compression rtrograde n'y et pas t p\sse jusqu' produire mom5tanm5t une sorte de torpeur intellectuelle1 devai5t tre ess5tiellem5t disposs1 indp5damm5t d'une va9e mulation nationale1 qui p\rtant n'a pas t sans quelque influ5ce1 accueillir l'entire ext5sion sy/matique de la philosophie ngative1 o ils tr\vai5t le seul refuge alors possible contre une oppressive dom9ation1 dev5ue directem5t ho/ile l'essor ultrieur de la raison huma9e4 ,il s]ait assurm5t sup]flu d'expliqu] ici l'vid5te proprit qui1 s\s ce rapport1 devait1 entre t\s les pays ca?oliques1 hautem5t di/+u] la ,france1 si heureusem5t prs]ve du prote/antisme (ficiel1 sans t\tefois avoir p]du les avantages pr9cipaux d'une premire inoculation hrtique1 et o l'esprit de dissid5ce ?ologique v5ait de se manife/] irrcusablem5t s\s de n\velles =mes nationales1 comme on l'a vu ci-dessus4 ,t\tefois1 il importe de not] spcialem5t1 ce sujet1 l'influ5ce ncessaire qu'a d ex]c]1 sur la propagation ultrieure de l'branlem5t philosophique1 l'admirable m\vem5t e/htique1 et surt\t potique1 dont1 au ,x,v,i,ie sicle1 la ,france1 aprs l',italie et l',espagne1 v5ait d'(frir le mmorable dveloppem5t1 qui s]a1 au *apitre suivant1 spcialem5t apprci4 ,au degr dj atte9t p> la dsorganisation spontane de l'anci5ne discipl9e m5tale1 t\t ce qui1 en un s5s quelconque1 t5dait provoqu] p>t\t l'veil intellectuel1 devait alors ncessairem5t t\rn]1 en d]ni] lieu1 au pr(it de l'univ]selle mancipation des esprits4 ,mais1 en outre1 on a ju/em5t signal1 cet g>d1 la t5dance sociale qui1 mme leur insu1 p\ssait immdiatem5t les pr9cipaux potes de cette mmorable poque conc\rir1 leur manire1 la gr&e opration critique3 ce c>actre1 si prononc *ez ,molire et ,lafonta9e1 et dj mme *ez ,corneille1 t\s plus ou mo9s initis aux n\veaux pr9cipes philosophiques1 se fait s5tir aussi jusque *ez ,rac9e et ,boileau1 malgr leur f]veur religieuse1 p> la direction anti-jsuitique de leur foi jansni/e4 ,quoiqu'on ait s\v5t atta* ces div]ses obs]vations une importance =t exagre1 il n'e/ pas d\teux que de telles dispositions1 peu dcisives en elles-mmes1 devai5t nanmo9s acqurir alors une vritable porte rvolutionnaire1 titre d'indication ou mme de prp>ation1 p> suite de la situation fondam5tale o tait dj p>v5u le monde intellectuel4 ,du re/e1 l'ensemble de motifs irrcusables qui1 ds le ,x,v,i,i,ie sicle1 assigne si clairem5t la ,france p\r c5tre f9al du gr& branlem5t philosophique1 et p> suite politique1 ne t5d nullem5t rduire cette opration df9itive une simple de/9ation nationale3 c>1 il e/ vid5t que1 de ce po9t pr9cipal1 la philosophie ngative devait ncessairem5t se propag] d'abord *ez les autres nations ca?oliques1 et ensuite1 quoique avec plus d'ef=ts et de l5teur1 *ez les nations prote/antes elles-mmes1 o s'accomplit sil5cieusem5t auj\rd'hui cette d]nire prp>ation indisp5sable4 ,ab/raction faite de t\te purile nationalit1 dans un m\vem5t ess5tiellem5t commun1 depuis le ,x,i,ve sicle1 l'ensemble de la *rti5t1 il ne s'agit donc ici que d'une simple initiative1 videmm5t rs]ve la ,france p\r l'extrme phase rvolutionnaire1 comme l',allemagne1 la ,holl&e1 et l',anglet]re1 avai5t d la pr5dre t\r t\r aux div]ses poques pr9cipales de la phase purem5t prote/ante4 ,ce mmorable dplacem5t f9al du c5tre d'agitation philosophique a t naturellem5t accompagn d'une trans=mation non mo9s capitale quant aux organes habituels d'une telle laboration1 dsormais passe des docteurs proprem5t dits aux simples littrateurs1 quoique t\j\rs ncessairem5t dirige p> l'esprit purem5t mtaphysique1 dont les =mes dev5ai5t seulem5t a9si mo9s c>actrises1 sans t\tefois dissimul] rellem5t la commune orig9e et l'ducation semblable des anci5s et des n\veaux organes4 ,c'e/ l qu'il faut plac] le vritable avnem5t social de la classe des littrateurs1 qu'une trange de/9e place provisoirem5t la tte de la politique actuelle1 depuis qu'elle s'e/ spontanm5t complte p> l'ultrieure adjonction temporelle de la classe correspondante des avocats1 ds-lors sub/itus aux juges1 comme les premi]s aux docteurs1 dans la direction gnrale de la gr&e transition rvolutionnaire1 a9si que je l'expliqu]ai spcialem5t au c9quante-septime *apitre4 ,une telle modification de l'influ5ce mtaphysique tait dev5ue graduellem5t indisp5sable1 mesure que les corporations univ]sitaires1 premi]s organes du m\vem5t critique1 se ratta*ai5t in/9ctivem5t1 quoique s\s des =mes qui leur re/ai5t propres1 au sy/me gnral de rsi/ance prsid p> la dictature temporelle1 mme indp5damm5t de l'invasion croissante des jsuites4 ,cette sorte de dfection naturelle1 premirem5t opre *ez les nations prote/antes1 o l'anci5ne opposition mtaphysique avait (ficiellem5t prvalu1 s'tait plus t>d ess5tiellem5t t5due aux pays ca?oliques eux-mmes1 o cette =ce avait atte9t un b quival5t1 et se tr\vait p>eillem5t admise aux bnfices de la coalition rtrograde2 comme le tmoigne clairem5t1 en ,france1 ds la f9 du dix-septime sicle1 en div]s cas importans1 la n\velle f]veur des p>lem5s et des univ]sits contre l'essor ultrieur de l'volution m5tale4 ,en mme temps1 la propagation spontane de l'ducation univ]sitaire1 d'abord m9emm5t doctorale1 mais ensuite de plus en plus littraire1 sans que t\tefois le c>actre mtaphysique cesst rellem5t d'y prdom9]1 avait 9vitablem5t multipli p>t\t de plus en plus le nombre de ces esprits qui1 se s5tant la fois trop peu de positivit p\r se livr] la vraie culture sci5tifique alors naissante1 trop peu de rationnalit p\r embrass] la pr(ession philosophique proprem5t dite1 et trop peu d'imag9ation p\r suivre fran*em5t la c>rire purem5t potique1 t\t en s'attribuant nanmo9s une vocation exclusivem5t intellectuelle1 sont a9si conduits con/itu]1 au se9 des socits mod]nes1 cette classe s+ulirem5t quivoque1 o aucune de/9ation m5tale n'e/ hautem5t prononce1 et qu'on e/ ds-lors contra9t de dsign] p> les vagues dnom9ations de littrateurs1 criva9s1 etc41 qui dsign5t leur g5re habituel d'activit1 ab/raction faite d'aucun b effectif4 ,naturellem5t dp\rvue1 comme la classe corelative des avocats1 de t\tes convictions pr(ondes1 mme des obscures convictions mtaphysiques p>ticulires aux anci5s docteurs1 p> l'influ5ce comb9e de son organisation1 de son ducation1 et de ses occupations ord9aires1 cette classe n\velle et t totalem5t impropre l'laboration sy/matique de la philosophie ngative3 mais1 en la recevant dj fonde p> quelques purs philosophes1 comme je vi5s de l'expliqu]1 elle tait1 au contraire1 m9emm5t apte en dirig] avec succs l'indisp5sable propagation univ]selle1 laquelle des esprits plus rationnels euss5t assurm5t p>ticip d'une manire mo9s active1 mo9s v>ie1 et f9alem5t mo9s efficace4 ,son dfaut c>actri/ique de pr9cipes propres a pu mme t\rn] f9alem5t au pr(it de cette importante opration secondaire1 non-seulem5t en procurant spontanm5t ses ef=ts une s\plesse mieux div]sifie1 suivant les conv5ances p>ticulires *aque cas1 mais aussi en emp*ant ses diss]tations critiques de pr5dre un c>actre trop absolu qui et ensuite trop entrav la vraie rorganisation sociale1 au s]vice de laquelle cette heureuse v]satilit p]mettra un j\r de transport] aism5t des tal5s de propagation qui1 au d]ni] sicle1 devai5t tre ess5tiellem5t consacrs au triomphe de la philosophie ngative4 ,c'e/ a9si qu'une telle con/itution intellectuelle1 qui1 de t\tes1 s]ait videmm5t la plus mon/rueuse admettre comme indf9ie1 puisque la conception y e/ directem5t dom9e p> l'expression1 s'e/ alors tr\ve1 au contraire1 ple9em5t adapte la nature de la n\velle laboration provisoire rs]ve cette extrme phase de la dsorganisation spirituelle1 eu g>d surt\t au vritable tat gnral des esprits1 qui n'exigeait plus l'emploi s\t5u des dmon/rations rgulires1 mais pr9cipalem5t la multiplicit cont9ue des /imulations p>tielles1 v>ies avec une suffisante opportunit4 ,au degr d'mancipation m5tale alors ralis1 mme *ez le vulgaire1 d'aprs la m>*e antrieure des intellig5ces1 la seule exi/5ce p]man5te d'une discussion anti-?ologique1 quelle qu'en ft d'ailleurs l'in/itution relle1 devait1 en effet1 presque suffire dt]m9] p>t\t1 s\s l'unique influ5ce de l'exemple1 la propagation spontane d'un branlem5t philosophique dont les pr9cipes ess5tiels exi/ai5t dj1 plus ou mo9s explicitem5t1 *ez des esprits qui n'tai5t plus ret5us surt\t que p> l'horreur morale qu'on leur avait inspire env]s les organes d'un tel affran*issem5t1 avec lequel un semblable spectacle devait ncessairem5t les famili>is] bi5tt4 ,le succs gnral de cette opration rvolutionnaire tait a9si d'autant mieux assur1 que ceux-l mme qui1 en de p>eilles controv]ses1 df5dai5t1 avec un zle plus f]v5t qu'clair1 l'ensemble des anci5nes croyances1 conc\rai5t 9vitablem5t1 leur insu1 rp&re le scepticisme univ]sel1 en sanctionnant de plus en plus1 p> leurs propres travaux1 cette subord9ation fondam5tale de la foi la raison1 vritable g]me primordial de la dsorganisation ?ologique4 ,c>1 telle e/ la nature c>actri/ique des conceptions religieuses1 dont t\te la =ce rsulte ess5tiellem5t de leur spontanx1 que ri5 ne saurait les prs]v] d'une irrvocable dcomposition f9ale1 aussitt qu'elles sont habituellem5t assujties la discussion1 quelque triomphe qu'elles en ai5t d'abord retir4 ,aussi l'esprit de controv]se propre au mono?isme1 surt\t ca?olique1 doit-il tre hi/oriquem5t reg>d comme une manife/ation spciale de ce dcroissem5t cont9u de la philosophie ?ologique dont l'tat mono?ique con/itue l'une des pr9cipales phases1 suivant notre ?orie fondam5tale4 ,non-seulem5t les innombrables dmon/rations de l'exi/5ce de ,dieu1 rp&ues1 avec tant d'clat1 depuis le d\zime sicle1 con/at5t hautem5t l'essor des d\tes h>dis dont ce pr9cipe tait dj l'objet direct2 mais on peut assur] aussi qu'elles ont beauc\p contribu les propag]1 soit en v]tu de l'9vitable discrdit que devait faire rejaillir sur les anci5nes croyances la faiblesse effective de plusieurs de ces argum5tations v>ies1 soit surt\t p>ce que celles mme qui semblai5t les plus dcisives devai5t spontanm5t suggr] d'irrsi/ibles scrupules sur le tort logique qu'on avait eu jusque alors d'admettre les op9ions correspondantes sans p\voir les appuy] de telles preuves victorieuses4 ,ri5 ne peut assurm5t mieux confirm] la de/9e purem5t provisoire propre aux convictions religieuses1 que cette inaptitude f9ale rsi/] la discussion1 comb9e avec l'vid5te impossibilit de s'y s\/raire t\j\rs2 ce qui fait ressortir l'mancipation univ]selle des ef=ts mme que le zle le plus pur t5te1 avec le plus d'habilet app>5te1 p\r ma9t5ir les esprits s\s le j\g ?ologique4 ,pascal e/1 ce me semble1 le seul philosophe de cette cole qui ait rellem5t compris1 ou du mo9s le seul qui ait nettem5t signal1 le dang] radical de ces imprud5tes dmon/rations ?ologiques qu'une f]veur immodre1 /imule p> une vanit =t excusable1 multipliait1 de son temps1 avec une 9puisable fcondit3 et encore cet avis1 beauc\p trop t>dif1 aggravait-il lui-mme le mal p> une impuissante dcl>ation1 qui f\rnissait aux sceptiques un n\veau motif de repro*] la ?ologie qu'elle reculait dsormais devant la raison1 aprs en avoir si long-temps accept le s\v]a9 arbitrage4 ,cet 9vitable inconvni5t tait surt\t s5sible p\r ces clbres argum5tations tires de l'ordre des phnomnes naturels1 que ,pascal reg>dait1 si ju/e titre1 comme spcialem5t indiscrtes1 et auxquelles la ?ologie dogmatique empruntait cep5dant1 depuis plusieurs sicles1 ses pr9cipales preuves2 sans p\voir s\ponn] qu'une tude appr(ondie de la nature dvoil]ait ultrieurem5t1 t\s g>ds1 l'extrme imp]fection relle de cette mme conomie qui avait d inspir] d'abord une aveugle admiration absolue1 avant qu'elle et pu dev5ir1 dans ses diffr5tes p>ties ess5tielles1 le sujet cont9u d'une apprciation positive4 ,l'ensemble des div]ses considrations prcd5tes explique aism5t combi5 t\tes les voies intellectuelles tai5t d'avance spontanm5t aplanies p\r l'indisp5sable opration secondaire spcialem5t rs]ve aux littrateurs franais du ,x,v,i,i,ie sicle1 af9 d'accomplir graduellem5t1 *ez des esprits bi5 prp>s1 l'entire vulg>isation f9ale de la philosophie ngative1 dj conv5ablem5t sy/matise p5dant le sicle prcd5t4 ,nanmo9s1 telle e/1 en t\s g5res1 l'extrme l5teur de notre essor spirituel1 mme dans l'ordre purem5t critique1 que1 entre ces deux sicles1 des fondateurs aux propagateurs de l'mancipation m5tale1 une scrupuleuse apprciation hi/orique signale expressm5t quelques ag5s philosophiques spcialem5t de/9s cette transmission normale de l'branlem5t rationnel4 ,p>mi ces int]mdiaires naturels de ,bayle ,voltaire1 on doit surt\t di/+u] l'illu/re et sage ,font5elle1 vritable philosophe sans en affect] le titre1 qui1 mieux que p]sonne alors1 avait la fois press5ti la haute ncessit1 intellectuelle et sociale1 de cet affran*issem5t df9itif1 et la de/9ation purem5t provisoire d'une telle opration1 dont la t5dance ultrieure v]s l'avnem5t f9al d'une philosophie vraim5t positive n'avait pu entirem5t *app] l'heureuse pntration de son admirable in/9ct philosophique1 comme j'aurai lieu de l'indiqu] directem5t au *apitre suivant4 ,d'une autre "p1 p5dant que la direction gnrale du m\vem5t rvolutionnaire tait a9si transmise des purs p5seurs aux simples criva9s1 les littrateurs s'tai5t graduellem5t prp>s cette n\velle mission1 en se livrant naturellem5t de plus en plus aux diss]tations philosophiques1 depuis que la ple9e ralisation du gr& m\vem5t e/htique propre au sicle prcd5t ne leur p]mettait plus d'espr] d'clatans succs qu'en s'ouvrant une autre issue4 ,on peut reg>d] la mmorable controv]se sur les anci5s et les mod]nes1 au db du ,x,v,i,i,ie sicle1 comme le pr9cipal indice et l'occasion la plus dcisive de cette trans=mation spontane1 outre son importance1 dj signale au qu>ante-septime *apitre1 et qui s]a plus spcialem5t apprcie dans la leon suivante1 p\r c>actris] la premire discussion rationnelle sur la notion fondam5tale du progrs huma94 ,il s]ait donc ma9t5ant impossible de mconnatre combi5 tait1 t\s g>ds1 soigneusem5t prp>e la mission gnrale de ces littrateurs1 si aism5t rigs en philosophes1 depuis que ce titre1 au lieu d'exig] de longues et pnibles mditations1 p\vait s'obt5ir en diss]tant1 avec une spcieuse facilit1 en faveur de quelques ngations sy/matiques1 dogmatiquem5t tablies long-temps d'avance4 ,t\tefois1 l'indisp5sable ncessit1 m5tale et sociale1 d'une telle laboration provisoire1 laiss]a t\j\rs1 dans l'ensemble de l'hi/oire huma9e1 une place importante ses pr9cipaux cooprateurs1 et surt\t leur type le plus m95t1 auquel la po/rit la plus lo9ta9e assur]a une position vraim5t unique2 p>ce que jamais un p>eil (fice n'avait pu jusque alors *oir1 et p\rra dsormais encore mo9s app>t5ir1 un esprit de cette nature1 *ez lequel la plus admirable comb9aison qui ait exi/ jusqu'ici entre les div]ses qualits secondaires de l'intellig5ce prs5tait si s\v5t la sduisante app>5ce de la =ce et du gnie4 ,en passant a9si f9alem5t des p5seurs aux littrateurs1 la philosophie ngative a d manife/] habituellem5t un c>actre mo9s prononc1 soit p\r mieux s'adapt] la rationnalit mo9s n]gique de ces n\veaux organes1 soit aussi af9 de facilit] l'entire propagation de l'branlem5t m5tal4 ,p> ce d\ble motif1 l'cole voltairi5ne fut spontanm5t conduite arrt]1 en gnral1 la doctr9e fondam5tale de ,sp9osa1 de ,hobbes1 et de ,bayle1 au simple disme proprem5t dit1 qui1 en effrayant mo9s les esprits vulgaires1 suffisait d'ailleurs l'entire dsorganisation effective de la con/itution religieuse2 att5du l'vid5te impossibilit de ri5 fond] socialem5t sur ce vague et impuissant sy/me1 s\rce 9puisable de dissid5ces ?ologiques1 et o l'on ne p\vait voir rellem5t qu'une va9e concession extrme provisoirem5t laisse l'anci5 esprit religieux dans son irrvocable dcroissem5t univ]sel3 c'e/ p\rquoi la dnom9ation de di/e me p>at spcialem5t conv5able l'ensemble de cette d]nire phase rvolutionnaire4 ,une telle rduction normale procurait1 en outre1 aux voltairi5s la facult1 si prcieuse leur dbilit logique1 de prolong]1 leur usage1 les avantages d'inconsqu5ce propres l'laboration purem5t prote/ante1 en cont9uant ds-lors dtruire la religion au nom du pr9cipe religieux1 de manire t5dre graduellem5t l'influ5ce dissolvante jusqu'aux plus timides croyans4 ,mais1 quelques facilits que cette m>*e irrationnelle ait d alors (frir l'active propagation gnrale de l'branlem5t philosophique1 elle e/ ultrieurem5t dev5ue la s\rce 9vitable de graves emb>ras intellectuels1 et p> suite sociaux1 qui se font auj\rd'hui dplorablem5t s5tir1 soit p> l'enc\ragem5t vid5t a9si directem5t imprim une commode hypocrisie1 soit surt\t p> la confusion radicale qui en rsulte1 *ez les esprits vulgaires1 sur le vrai c>actre de la t5dance f9ale de l'volution m5tale1 que tant de prt5dus p5seurs croi5t ma9t5ant p\voir indf9im5t born] cette phase purem5t di/e2 comme leurs prdcesseurs avai5t dj cru p\voir aussi l'arrt] successivem5t aux phases soc9i5ne1 calv9i/e et mme d'abord lu?ri5ne1 sans que ces div]s dsappo9tem5s antrieurs ai5t pu encore dissip] suffisamm5t leur dang]euse illusion4 ,j'indiqu]ai spcialem5t1 au c9quante-septime *apitre1 les pr9cipaux inconvni5s actuels de cette absurde utopie1 qui v\drait assign] p\r t]me normal au gr& m\vem5t d'mancipation des socits mod]nes l'tat ?ologique le mo9s consi/ant et le mo9s durable de t\s3 il suffisait ici de c>actris] sommairem5t la vritable s\rce hi/orique d'une telle ab]ration radicale4 ,sans m'arrt] aucune apprciation concrte de l'laboration philosophique dont je vi5s d'expliqu] a9si ab/raitem5t1 d'abord la de/9ation et l'orig9e1 ensuite la m>*e et le c>actre1 je dois cep5dant signal] rapidem5t l'expdi5t spontan l'aide duquel les pr9cipaux directeurs de cette longue et va/e opration ont suffisamm5t cont5u1 jusqu' son entire consommation1 le plus grave dang] qui ft propre sa nature1 et qui p\vait t5dre neutralis] pr(ondm5t les nombreux ef=ts di/9cts dont le conc\rs tait indisp5sable son succs4 ,on conoit1 en effet1 qu'une doctr9e ess5tiellem5t compose de pures ngations devait tre peu propre ralli] rationnellem5t ses div]s p>tisans1 qui d'ailleurs ne p\vai5t tre assujtis1 comme leurs prcurseurs prote/ans1 aucune discipl9e rgulire1 susceptible de modr] l'essor naturel de leurs 9vitables div]g5ces4 ,a la vrit1 la pr9cipale p>tie du travail de propagation ngative fut surt\t accomplie p> un seul homme1 dont la longue vie et l'infatigable activit pur5t heureusem5t suffire cette imm5se t*e4 ,en second lieu1 la nature du rsultat commun tait1 videmm5t1 =t lo9 d'exig] une exacte concordance spculative entre les div]s cooprateurs1 qui1 n'ayant rellem5t qu' dtruire et non con/ruire1 p\vai5t1 sans s'annul] mutuellem5t1 diffr] beauc\p dans leurs utopies philosophiques1 p\rvu qu'ils s'accordass5t ess5tiellem5t sur les dmolitions pralables1 ce qui devait spontanm5t avoir lieu le plus s\v5t4 ,t\tefois1 de pr(ondes dissid5ces m5tales1 env5imes p> d'envieuses rivalits1 euss5t probablem5t beauc\p compromis le succs f9al1 comme elles avai5t jadis tant discrdit le prote/antisme1 si1 au temps de la ple9e maturit de l'opration gnrale1 l'in/9ct clairvoyant de ,did]ot ne ft v5u1 p> l'heureux expdi5t de l'entreprise encyclopdique1 in/itu] provisoirem5t un ralliem5t artificiel aux ef=ts les plus div]g5s1 sans exig] le sacrifice ess5tiel d'aucune indp5dance1 et de manire procur] l'ensemble de ces incohr5tes spculations l'app>5ce extrieure d'une sorte de sy/me philosophique1 la longue dure d'un tel travail tant d'ailleurs ple9em5t suffisante l'entire consommation de t\tes les laborations critiques de quelque importance1 s\s la protection commune de cette va/e compilation4 ,on doit aussi not]1 ce sujet1 la t5dance spontane de ce mode +nieux ratta*] directem5t les div]s dveloppem5s de la philosophie ngative l'essor gnral des n\veaux lm5s sociaux1 de faon rappel] involontairem5t la de/9ation f9ale de cet branlem5t philosophique1 et p> suite1 c>t] naturellem5t1 autant que possible1 les ab]rations rtrogrades auxquelles devait ultrieurem5t donn] lieu son exagration sociale4 ,au re/e1 l'ensemble de ce ,trait n\s disp5se videmm5t de faire ici ressortir la pr(onde inanit philosophique de cette prt5due conception encyclopdique1 alors uniquem5t dirige p> une impuissante mtaphysique1 impropre mme c>actris] l'esprit et les conditions de ce gr& projet primitif de ,bacon1 dont l'excution rationnelle1 encore prmature mme auj\rd'hui1 ne saurait enf9 rsult] que du ple9 asc5dant ultrieur de la philosophie vraim5t positive1 au lieu de se rapport] une philosophie purem5t ngative1 dont la commode laboration collective con/ituait1 au fond1 la seule valeur relle d'une semblable entreprise1 si hautem5t dp\rvue de t\t pr9cipe sy/matique1 mais1 p> l mme1 si bi5 adapte sa vraie de/9ation temporaire4 ,quoique la longue opration rvolutionnaire des littrateurs franais du ,x,v,i,i,ie sicle1 n'ait pu1 sans d\te1 introduire aucune doctr9e vritablem5t n\velle1 dont les fondem5s philosophiques n'euss5t pas t suffisamm5t =muls dans la sy/matisation ngative du sicle prcd5t1 j'y crois cep5dant devoir signal] di/9ctem5t1 cause de sa gr&e influ5ce sociale1 la mmorable ab]ration de l'+nieux ,helvtius sur l'galit ncessaire des div]ses intellig5ces huma9es4 ,une sup]ficielle apprciation hi/orique a fait communm5t envisag] ce sophisme fondam5tal comme d l'ef=t isol d'un esprit exc5trique1 t&is qu'il con/itue rellem5t1 au contraire1 la reprs5tation la plus naturelle et la plus exacte de l'ensemble de la situation philosophique correspondante1 qui r5dait son avnem5t provisoire aussi 9vitable qu'indisp5sable4 ,d'une "p1 en effet1 on ne saurait d\t] qu'un tel p>adoxe ne dt ncessairem5t rsult] de la va9e ?orie mtaphysique de l'ent5dem5t huma91 dj dogmatiquem5t tablie p> ,locke s\s l'impulsion de ,hobbes1 et qui rapporte t\tes les aptitudes intellectuelles la seule activit des s5s extrieurs1 dont les diffr5ces individuelles sont1 en effet1 trop peu prononces p\r devoir eng5dr]1 p> elles-mmes1 aucune pr(onde 9galit m5tale4 ,s\s cet aspect1 la ?se d',helvtius doit sembl] d'autant mo9s p]sonnelle que1 p> une apprciation plus gnrale1 on la voit alors intimem5t ratta*e cette t5dance univ]selle faire t\j\rs prdom9]1 dans le sy/me enti] des spculations biologiques quelconques1 la considration des influ5ces ambiantes sur celle de l'organisme lui-mme1 comme je l'ai dj expliqu dogmatiquem5t dans la c9quime p>tie de ce ,trait1 et comme je le f]ai s5tir hi/oriquem5t au *apitre suivant4 ,en second lieu1 il e/ clair que cette ab]ration provisoire tait logiquem5t ncessaire au ple9 dveloppem5t social de la doctr9e critique1 dont l'ensemble supposait tacitem5t1 en effet1 cette univ]selle galit m5tale1 sans laquelle ni le pr9cipe gnral du libre exam5 individuel1 ni les dogmes absolus de l'galit sociale et de la s\v]a9et populaire n'aurai5t pu c]ta9em5t rsi/] aucune discussion rig\reuse4 ,l'asc5dant illimit que cette ?orie attribuait spontanm5t l'ducation et au g\v]nem5t p\r modifi] arbitrairem5t l'humanit1 tait aussi en p>faite h>monie naturelle avec l'esprit gnral de la politique mtaphysique1 o la socit1 t\j\rs ab/raitem5t conue sans aucunes lois1 /atiques ou dynamiques1 propres ses phnomnes1 p>at indf9im5t modifiable au gr d'un lgislateur suffisamm5t puissant4 ,a t\s ces div]s titres1 il e/ ma9t5ant irrcusable hi/oriquem5t que ce fameux sophisme d',helvtius1 comme celui1 dj apprci1 qu'il avait plus directem5t emprunt ,hobbes sur la ?orie de l'gsme1 con/itue1 en ralit1 une phase ple9em5t normale du dveloppem5t ncessaire de la philosophie ngative1 dont ce clbre criva9 fut c]ta9em5t l'un des pr9cipaux propagateurs4 ,tels sont les diffr5s aspects ess5tiels s\s lesquels je devais ici c>actris] sommairem5t la ju/e apprciation hi/orique de la p>tie la plus dcisive et la plus prolonge du gr& branlem5t philosophique rs]v au dix-huitime sicle4 ,plus on rfl*it sur la nature sup]ficielle ou sophi/ique1 sur la dbilit logique1 et sur l'irrationnelle direction1 propres la plup>t des attaques1 p>tielles ou gnrales1 entreprises alors avec tant de succs contre les bases fondam5tales de l'anci5ne con/itution sociale1 mieux on doit s5tir combi5 une telle efficacit rvolutionnaire1 dont les rsultats pr9cipaux sont dsormais hautem5t irrvocables1 t5ait surt\t la p>faite con=mit spontane d'une p>eille opration avec l'ensemble des beso9s1 alors prpondrans1 f9alem5t dt]m9s p> la n\velle situation des socits mod]nes1 l'issue du m\vem5t gnral de dcomposition qui s'accomplissait graduellem5t depuis le quatorzime sicle4 ,sans cette corelation ncessaire1 un semblable succs s]ait1 mo9s d'un miracle1 videmm5t inexplicable1 p\r des t5tatives dissolvantes qui1 malgr le mrite spcial de leurs auteurs1 n'aurai5t c]ta9em5t obt5u1 quelques sicles aup>avant1 aucune gr&e influ5ce sociale4 ,une telle opportunit se manife/e alors hautem5t p> l'unanime disposition de t\s les gr&s hommes contempora9s second] spontanm5t cet indisp5sable branlem5t philosophique1 qu& ils n'y pr5ai5t po9t une "p active2 comme le tmoign5t si clairem5t1 *acun sa manire1 non-seulem5t d',alemb]t1 mais aussi ,montesquieu1 et mme ,buffon3 en sorte que l'on ne peut cit]1 cette poque1 aucun esprit m95t qui n'ait rellem5t p>ticip1 s\s des =mes et des degrs quelconques1 cette commune laboration ngative1 presque t\j\rs assi/e d'une clatante adhsion *ez les classes mmes contre lesquelles devait f9alem5t t\rn] son asc5dant social4 ,quoique la primitive conscration dogmatique de la dictature temporelle dt heureusem5t dissimul] la t5dance directem5t rvolutionnaire d'une telle doctr9e au vulgaire des hommes d'tat1 incapables de ri5 apprci] au-del d'immdiates consqu5ces matrielles1 on ne peut d\t] qu'un gnie politique aussi pntrant que celui du gr& ,frdric n'et c]ta9em5t saisi la vraie porte sociale de cette agitation m5tale1 bi5 qu'il ne pt en cra9dre p]sonnellem5t les atte9tes ultrieures4 ,la haute protection con/amm5t accorde1 p> un juge aussi compt5t1 l'active propagation univ]selle de l'branlem5t philosophique1 dont les pr9cipaux *efs tai5t presque dev5us ses amis privs1 ne saurait donc t5ir qu' l'intime press5tim5t de l'indisp5sable ncessit provisoire d'une p>eille phase ngative p\r ab\tir enf9 l'avnem5t normal de l'organisation rationnelle et pacifique v]s laquelle avai5t t\j\rs in/9ctivem5t t5du1 s\s des =mes plus ou mo9s nettes1 depuis l'enti] accomplissem5t de la conqute roma9e1 les vux spontans de t\s les hommes vraim5t suprieurs1 quelle que pt tre leur ca/e ou leur condition4 ,a cette apprciation fondam5tale de l'cole philosophique proprem5t dite1 p> laquelle le sicle d]ni] dut tre surt\t c>actris1 il ne n\s re/e plus enf91 suivant la m>*e dj indique1 qu' jo9dre la considration trs sommaire de l'cole spcialem5t politique1 qui en con/itua bi5tt la drivation ncessaire et l'indisp5sable complm5t1 de/9e prp>] immdiatem5t la gr&e explosion rvolutionnaire1 en provoquant directem5t la dsorganisation temporelle1 qu& la dsorganisation spirituelle put tre suffisamm5t accomplie4 ,sans d\te1 cette d]nire cole1 dont ,r\sseau fut le *ef di/9ct1 apportait encore mo9s d'ides vraim5t n\velles1 mme ngatives1 que l'cole pr9cipale dirige p> ,voltaire2 puisque t\s les div]s dogmes politiques propres la mtaphysique rvolutionnaire avai5t d se tr\v] spontanm5t dvelopps1 quoique d'une manire accessoire et s\s des =mes incohr5tes1 dans la plup>t des attaques purem5t philosophiques diriges contre l'anci5 sy/me social p5dant la priode que je vi5s d'exam9]4 ,aussi l'laboration ngative spcialem5t rs]ve ,r\sseau ne put-elle prs5t] d'autre difficult intellectuelle que la coord9ation directe de ces notions prexi/antes mais p>ses1 et dut-elle surt\t tir] son pr9cipal c>actre de cet intime appel l'ensemble des passions huma9es1 vritable s\rce fondam5tale de son n]gie ultrieure2 t&is que l'cole voltairi5ne s'tait1 au contraire1 t\j\rs ess5tiellem5t adresse l'intellig5ce1 quelque frivoles que fuss5t d'ailleurs ses conceptions habituelles4 ,malgr la dsa/reuse influ5ce sociale propre l'cole de ,r\sseau1 laquelle il faut p>ticulirem5t rapport]1 mme auj\rd'hui1 les plus graves ab]rations politiques1 une ju/e apprciation hi/orique conduit reconnatre que non-seulem5t son avnem5t fut 9vitable1 ce qui e/ c]tes assez vid5t1 mais aussi qu'elle dut remplir un d]ni] (fice indisp5sable1 dans le sy/me total de l'branlem5t rvolutionnaire4 ,n\s avons reconnu les avantages ess5tiels que l'cole purem5t philosophique avait t\j\rs retirs de la t5dance fondam5tale que ,hobbes lui avait1 ds l'orig9e1 spontanm5t imprime1 ma9t5ir immdiatem5t intact l'ensemble des in/itutions relatives la dictature temporelle p>t\t tablie depuis le seizime sicle4 ,d'aprs cette disposition naturelle1 quoiqu'un tel respect ne pt tre assurm5t que provisoire1 en v]tu de sa contradiction croissante avec l'essor mme de la philosophie ngative1 cep5dant l'esprit critique1 s'tant p\r a9si dire puis sur la dmolition spirituelle1 et d'ailleurs implicitem5t ret5u p> la cra9te confuse d'une entire an>*ie1 devait pass] sans n]gie l'attaque directe des in/itutions temporelles1 et se montr] peu dcid surmont] avec op9itret des rsi/ances vraim5t srieuses4 ,cette 9vitable influ5ce devait se faire d'autant plus s5tir que1 p> suite de l'asc5dant croissant d'une telle laboration1 la masse philosophique t5dait graduellem5t se compos] surt\t d'esprits de plus en plus vulgaires unis des c>actres de mo9s en mo9s levs1 trs encl9s concili] p]sonnellem5t1 autant que possible1 les honneurs d'une facile mancipation m5tale avec les pr(its d'une indulg5te approbation politique1 l'exemple de beauc\p de leurs prcurseurs prote/ans4 ,or1 d'un autre ct1 il e/ clair que le dveloppem5t simultan de la dictature temporelle devait naturellem5t dev5ir de plus en plus rtrograde et corrupteur1 p> suite de l'incapacit croissante de la royaut qui y prsidait1 et d'aprs la dmoralisation progressive de la ca/e qui y dployait son va9 orgueil1 aprs avoir s]vilem5t abdiqu l'indp5dance politique et la de/9ation sociale sur lesquelles il avait jadis lgitimem5t repos4 ,la situation tait donc telle alors que la critique spcialem5t sociale s]ait prcism5t dev5ue mo9s n]gique mesure qu'elle dev5ait plus urg5te1 si l'ard5te impulsion de ,r\sseau n'et spontanm5t prv5u1 cet g>d1 une torpeur univ]selle1 en rappelant directem5t1 p> les seuls moy5s qui1 dans ce cas1 puss5t obt5ir une suffisante efficacit1 que la rgnration morale et politique con/ituait ncessairem5t le vritable b df9itif de l'branlem5t philosophique1 dsormais t5dant dgnr] en une /rile agitation m5tale4 ,a la vrit1 il faut reconnatre que dj le consci5cieux ,mably s'tait montr suffisamm5t capable de =mul] la sy/matisation politique de la doctr9e rvolutionnaire1 et mme en temprant spontanm5t1 p> une heureuse influ5ce du po9t de vue hi/orique1 les pr9cipales ab]rations qui devai5t s'y ratta*] ensuite3 ce qui ne laisse ess5tiellem5t en propre ,r\sseau que ses sophismes et ses passions1 mutuellem5t solidaires4 ,mais1 quoique cette opration dogmatique disp5st ,r\sseau d'une laboration rationnelle peu conv5able sa nature1 bi5 plus e/htique que philosophique1 cette froide exposition ab/raite1 seulem5t de/9e aux esprits mditatifs1 auxquels les clbres publici/es du sicle prcd5t aurai5t mme pu1 s\s ce rapport1 presque suffire1 tait bi5 lo9 de r5dre sup]flue l'audacieuse explosion de ,r\sseau1 dont le p>adoxe fondam5tal v9t p>t\t s\lev] directem5t l'ensemble des p5*ans huma9s contre les vices gnraux de l'anci5ne organisation sociale1 en mme temps que malheureusem5t il cont5ait aussi le g]me 9vitable de t\tes les p]turbations possibles1 p> cette sauvage ngation de la socit elle-mme1 que l'esprit de dsordre ne saurait sans d\te jamais dpass]1 et d'o dc\l5t1 en effet1 t\tes les utopies an>*iques qu'on croit propres notre sicle4 ,p\r apprci] dignem5t la haute ncessit temporaire de cet n]gique branlem5t1 quelle qu'en ait pu tre la dsa/reuse influ5ce ultrieure1 il faut considr] que1 d'aprs l'extrme imp]fection de la philosophie politique1 les meilleurs esprits tai5t alors conduits voir le t]me f9al de l'volution sociale des peuples mod]nes en de /riles ou *imriques modifications du rgime anci5 priv de ses pr9cipales conditions d'exi/5ce relle1 ce qui t5dait c>t] indf9im5t t\te vraie rorganisation4 ,on sait que le gr& ,montesquieu lui-mme1 malgr sa ju/e av]sion des utopies1 guid p> une impuissante mtaphysique1 comme je l'ai expliqu au qu>ante-septime *apitre1 ne put *app] cette fatale illusion1 qui lui montra la rgnration sociale dans une va9e propagation univ]selle de la con/itution transitoire p>ticulire l',anglet]re1 qu'il appuya si dang]eusem5t de sa puissante recomm&ation4 ,un tel exemple e/ bi5 propre dmontr] que1 sans l'indisp5sable int]v5tion de l'cole an>*ique de ,r\sseau1 l'branlem5t philosophique du d]ni] sicle allait p\r a9si dire avort] au mom5t mme d'atte9dre son b f9al2 mo9s d'une suffisante rnovation pralable de la vraie philosophie politique1 pe9e possible auj\rd'hui1 et qui d'ailleurs s]ait c]ta9em5t t\j\rs re/e *imrique1 suivant les indications du qu>ante-septime *apitre1 sans la crise rvolutionnaire dont cette extrme laboration ngative devait tre suivie3 tant e/ 9vitable1 p> sa nature1 cette d\l\reuse ncessit qui condamne les conceptions sociales n'avanc] que s\s le fune/e antagonisme spontan des div]ses ab]rations empiriques1 jusqu' ce que l'asc5dant gnral de la philosophie positive ait conv5ablem5t rationnalis ce d]ni] ordre fondam5tal de spculations huma9es4 ,p\r a*ev] de c>actris] la m>*e naturelle de la critique temporelle spcialem5t rs]ve ,r\sseau1 il faut considr] la t5dance croissante de cette cole1 mme p>tir de ,mably1 une sorte de rtrogradation spirituelle1 qui la ratta*ait davantage au m\vem5t purem5t prote/ant qu' l'branlem5t philosophique proprem5t dit1 d'o elle tait d'abord issue1 et contre lequel nanmo9s elle levait une n]gique rivalit4 ,dans l'cole voltairi5ne1 qui mnageait ess5tiellem5t l'organisation temporelle1 le disme sy/matique n'tait vraim5t qu'une simple concession provisoire1 qui n'y p\vait acqurir d'importance srieuse1 et laquelle devait bi5tt succd] spontanm5t1 mme *ez le vulgaire1 l'entire mancipation ?ologique2 malgr l'indignation peu pr(onde dont la vieillesse de son *ef se montra anime contre l'a?isme de la n\velle gnration1 bi5 plus p> un in/9ct p]sonnel de rivalit philosophique que d'aprs de vritables convictions religieuses4 ,au contraire1 l'cole de ,r\sseau et de ,mably1 p\ssant jusqu' ses plus extrmes limites la critique temporelle1 et p\rsuivant directem5t la rgnration politique1 devait de plus en plus s'atta*] ess5tiellem5t au disme comme son po9t d'appui fondam5tal1 seule g>antie app>5te contre sa t5dance immdiate l'an>*ie univ]selle1 en mme temps que seule base intellectuelle ultrieure de son utopie sociale4 ,l'influ5ce croissante de cette disposition naturelle t5dait ncessairem5t ram5] cette cole au pur soc9ianisme1 ou mme au calv9isme proprem5t dit1 mesure qu'elle devait spontanm5t s5tir1 quoique confusm5t1 la haute inanit sociale d'une religion sans culte et sans sac]doce4 ,on peut mme rem>qu] ensuite cette t5dance1 surt\t en ,allemagne1 jusque dans la nature propre de la mtaphysique prfre p> une telle cole1 et qui1 bi5 plus rappro*e du platonisme prote/ant que de l'ari/otlisme ca?olique1 pr5d de plus en plus le c>actre ?ologique du prote/antisme (ficiel4 ,c'e/ a9si que les deux pr9cipales coles philosophiques du sicle d]ni] ont t simultanm5t conduites1 s\s l'impulsion oppose de leur in/9ct p>ticuli]1 considr] le disme comme une sorte de /ation temporaire1 de/9e facilit] la m>*e1 des uns en avant1 et des autres en arrire1 dans la dsorganisation mod]ne du sy/me religieux3 ce qui explique aism5t l'impression trs diffr5te que les deux coles1 malgr l'app>5te con=mit de leurs dogmes ?ologiques1 ont d produire1 surt\t de nos j\rs1 sur l'in/9ct sac]dotal4 ,quoique la critique temporelle1 propre la seconde moiti du ,x,v,i,i,ie sicle1 ait d tre ess5tiellem5t dom9e p> l'n]gique asc5dant de ,r\sseau1 il importe cep5dant d'y di/+u] soigneusem5t la p>ticipation spontane d'une autre secte politique1 celle des conomi/es1 que la spcialit de ses attaques a d1 malgr leur subalt]nit philosophique1 graduellem5t inve/ir d'une influ5ce trs favorable l'entire dsorganisation de l'anci5 sy/me social4 ,il s]ait sup]flu d'insi/] ici sur la nature m9emm5t mtaphysique de la prt5due sci5ce con/itue p> cet ordre de philosophes3 je l'ai assez c>actrise au qu>ante-septime *apitre2 et elle e/ d'ailleurs assez prononce auj\rd'hui p\r qu'aucun bon esprit ne puisse plus s'y mpr5dre4 ,d'une autre "p1 je dois r5voy] au *apitre suivant l'apprciation directe de la prp>ation organique1 utile quoique p>tielle1 qui a spontanm5t app>t5u cette cole1 dans l'laboration pralable de la sa9e philosophie politique1 en faisant hautem5t ressortir l'importance sociale de l'indu/rie *ez les peuples mod]nes1 sauf les graves inconvni5s1 hi/oriques et dogmatiques1 inhr5s l'esprit absolu de cette bran*e spciale de la mtaphysique ngative4 ,n\s n'avons ici considr] que son efficacit rvolutionnaire1 qui fut assurm5t inconte/able1 puisqu'elle p>v9t dmontr] aux g\v]nem5s eux-mmes leur inaptitude radicale dirig] l'essor indu/riel2 ce qui1 depuis le dcroissem5t vid5t de l'activit militaire1 leur enlevait radicalem5t leur pr9cipale attribution temporelle1 et t5dait d'ailleurs heureusem5t dissip] le d]ni] prtexte habituel des gu]res1 alors dev5ues ess5tiellem5t comm]ciales4 ,il e/ donc impossible de mconnatre hi/oriquem5t les m95s s]vices r5dus1 au sicle d]ni]1 p> cette bran*e intressante de la critique temporelle1 malgr ses ridicules et ses exagrations4 ,quoique1 s\s ce rapport1 la pr9cipale influ5ce app>ti5ne c]ta9em5t un immortel ouvrage cossais1 ou ne peut ni] que cette doctr9e1 d'abord mane du prote/antisme1 comme t\tes les autres doctr9es critiques1 cause de la prpondrance indu/rielle des nations prote/antes1 ne se soit surt\t dveloppe en ,france1 conjo9tem5t avec l'ensemble de la philosophie ngative4 ,sa t5dance rvolutionnaire e/ videmm5t inconte/able1 d'aprs sa conscration absolue de l'esprit d'individualisme et de l'tat de non-g\v]nem5t4 ,malgr les ef=ts prolongs de ses plus judicieux p>tisans p\r cont5ir cette nature anti-politique dans des limites in(f5sives1 on a vu cep5dant ses plus rig\reux sectateurs all] jusqu' en dduire dogmatiquem5t soit l'entire sup]fluit de t\t enseignem5t moral rguli]1 soit la suppression de t\t enc\ragem5t (ficiel de/9 aux sci5ces ou aux beaux-arts1 etc43 j'ai mme dj n1 au qu>ante-septime *apitre1 que les plus rc5tes ab]rations contre l'in/itution fondam5tale de la proprit ont rellem5t pris leur s\rce dans la mtaphysique conomique1 depuis que1 p> l'accomplissem5t suffisant de sa vraie de/9ation temporaire1 elle a t5du dev5ir directem5t an>*ique1 comme les autres bran*es ess5tielles de la philosophie ngative propre au sicle d]ni]4 ,une telle doctr9e tait d'autant plus dang]euse p\r l'anci5 sy/me politique que son orig9e et sa de/9ation rvolutionnaire tant spontanm5t dissimules s\s des =mes spciales1 devai5t la faire mieux accueillir des p\voirs auxquels elle ne s'(frait qu' titre d'utile in/rum5t adm9i/ratif4 ,aussi e/-ce surt\t le mode suivant lequel l'esprit critique devait se dvelopp] directem5t dans les pays ca?oliques autres que la ,france1 o l'int5sit trop prpondrante de la compression rtrograde emp*ait l'essor immdiat de l'esprit philosophique primordial4 ,il e/ rem>quable1 en effet1 que les premires *aires in/itues p> l'9vitable imprvoyance des g\v]nem5s1 p\r l'enseignem5t (ficiel de cette p>tie de la philosophie ngative1 logiquem5t solidaire avec t\tes les autres1 le fur5t d'abord en ,espagne et *ez les populations les mo9s avances de l',italie2 n\velle vrification vid5te de l'entire univ]salit de cette spontanx fondam5tale qui1 depuis le ,x,i,ve sicle1 p\sse in/9ctivem5t t\te la *rti5t occid5tale l'irrvocable dsorganisation de l'antique con/itution sociale1 dont les plus s9cres p>tisans laiss5t t\j\rs *app] une manife/ation quelconque de leur involontaire p>ticipation active l'branlem5t commun4 ,on peut appliqu] des rem>ques ess5tiellem5t analogues1 qu'il s]ait inutile ici de spcialis] davantage1 une autre cole politique1 pr9cipalem5t itali5ne1 qui1 au d]ni] sicle1 f\rnit au sy/me gnral de critique sociale sa coopration p>ticulire1 p> une mmorable srie d'ef=ts mtaphysiques contre la lgislation proprem5t dite1 surt\t crim9elle1 a9si di/9ctem5t assujtie1 son t\r1 aux mmes ho/ilits absolues que t\t le re/e de l'ordre anci51 d'aprs des pr9cipes non mo9s radicalem5t an>*iques1 dont la dsa/reuse exagration t5drait directem5t auj\rd'hui priv] la socit de ses plus indisp5sables g>anties temporelles contre le libre essor des p]turbations matrielles4 ,cette d]nire bran*e de la mtaphysique rvolutionnaire e/ hi/oriquem5t rem>quable en ce qu'elle a spcialem5t donn lieu complt] l'organisation spontane du m\vem5t transitoire p> l'incorporation directe de la classe de plus en plus puissante des avocats1 jusque alors presque confondue dans l'branlem5t univ]sel1 et dont l'adjonction graduelle la classe primordiale des purs littrateurs1 imprimant dsormais une n\velle n]gie la propagation ngative1 a tant influ ensuite sur la crise f9ale1 comme je l'expliqu]ai au c9quante-septime *apitre4 ,aprs avoir a9si suffisamm5t apprci les trois phases successives de sy/matisation1 de propagation1 et d'application1 propres la m>*e gnrale de la philosophie ngative1 il e/ ais d'en a*ev] entirem5t l'exam5 hi/orique p> la rapide indication des pr9cipales ab]rations ab/raites1 intellectuelles ou morales1 qui en tai5t immdiatem5t insp>ables1 en c>tant d'ailleurs ici celles beauc\p plus graves que n\s v]rons plus t>d rsult] de son asc5dant politique4 ,s\s ce rapport1 les dviations propres aux littrateurs du sicle d]ni] n'tai5t po9t ess5tiellem5t d'une autre espce que celles1 prcdemm5t c>actrises1 de leurs prcurseurs prote/ans1 ds-lors seulem5t aggraves1 soit p> le progrs mme de la dsorganisation1 soit p> la nature encore mo9s normale des n\veaux organes dissolvants4 ,n\s avons reconnu ci-dessus que le dfaut habituel de pr(ondes convictions philosophiques1 qui di/+ue m5talem5t1 p>mi les mtaphysici5s1 les mod]nes littrateurs des anci5s docteurs1 avait d les mieux adapt] la transition df9itive1 en ce que1 mo9s sy/matiquem5t engags dans la commune mtaphysique1 ils ne p\vai5t entrav] autant l'apprciation du b f9al p> l'asc5dant illusoire des moy5s passag]s1 et ils devai5t mme se tr\v] ensuite plus librem5t disposs second] l'avnem5t direct d'une vraie rorganisation sociale4 ,mais ces avantages ultrieurs ne p\vai5t aucunem5t comp5s] les dang]s immdiatem5t atta*s l'irrationnalit plus prononce de ces n\veaux guides spirituels1 dont l'influ5ce provisoire devait spcialem5t augm5t] le dsordre intellectuel et moral4 ,les que/ions les plus importantes et les plus difficiles dev5ant a9si l'apanage presque exclusif des esprits les mo9s propres1 soit p> leur nature1 soit p> l'ensemble de leur ducation1 les trait] conv5ablem5t1 on doit tre assurm5t peu surpris que la haute direction du m\vem5t social ait ds-lors t5du ess5tiellem5t app>t5ir de plus en plus aux sophi/es et aux rhteurs1 dont n\s subissons auj\rd'hui le dplorable asc5dant1 impossible neutralis] suffisamm5t p> aucune autre voie que l'laboration directe de la doctr9e organique4 ,*acune des deux coles opposes1 l'une philosophique1 l'autre politique1 qui ont pr9cipalem5t dirig l'branlem5t spirituel au ,x,v,i,i,ie sicle1 devait prs5t]1 s\s cet aspect1 des inconvni5s qui lui tai5t propres1 sans que d'ailleurs ils fuss5t rellem5t quival5s4 ,quelque dang]eux que soit1 en effet1 le rgime m5tal de l'cole voltairi5ne1 p> sa frivolit c>actri/ique1 et p> l'irrationnel dda9 qu'il inspire p\r t\te pr(onde et consci5cieuse laboration philosophique1 il re/e du mo9s t\j\rs ess5tiellem5t intellectuel3 t&is que l'cole de ,r\sseau1 beauc\p plus radicalem5t subv]sive de t\te sa9e activit spculative1 appelle directem5t les passions tran*] les difficults qui exig5t le plus une pure apprciation rationnelle3 t5dance ncessaire1 o l'on ne doit voir qu'une manife/ation spontane des vagues sympa?ies ?ologiques propres cette d]nire cole2 l'in/9ct ?ologique consi/ant surt\t1 comme je l'ai tabli1 faire con/amm5t int]v5ir les passions dans les conceptions les plus ab/raites4 ,en repr5ant sommairem5t1 l'g>d de l'branlem5t di/e1 *acune des ab]rations spirituelles ci-dessus rem>ques dans l'branlem5t prote/ant1 on vrifi]a facilem5t la n\velle ext5sion qu'elles y devai5t naturellem5t acqurir4 ,cet accroissem5t e/ d'abord vid5t p\r la plus fondam5tale de t\tes1 puisque l'absorption indf9ie du p\voir spirituel p> le p\voir temporel dev9t alors1 comme on l'a vu1 le sujet direct d'une sy/matisation absolue qui n'avait pu aup>avant s'accomplir entirem5t2 elle fut ensuite prconise d'ailleurs avec une antipa?ie plus prononce env]s le rgime ca?olique du moy5-ge4 ,une telle rpugnance dogmatique p\r la division gnrale des deux p\voirs doit sembl] d'autant plus trange qu'elle =me1 au sicle d]ni]1 un contra/e rem>quable avec l'exi/5ce effective de la classe philosophique1 dont la situation extra-lgale1 =t analogue celle des coles grecques1 aurait d lui faire s5tir qu'elle prp>ait l'avnem5t social d'un n\veau p\voir spirituel1 encore plus di/9ct et plus indp5dant que l'anci5 du p\voir temporel correspondant4 ,si l'on considre ensuite les trois pr9cipales dviations philosophiques qui driv5t de cette commune s\rce1 suivant le mme ordre que p\r le prote/antisme1 on tr\ve premirem5t une altration plus pr(onde dans l'apprciation hi/orique du moy5-ge1 et p> suite dans la notion spontane du progrs social1 l'av]sion plus complte env]s le ca?olicisme ayant alors beauc\p dvelopp l'irrationnelle admiration du rgime poly?ique de l'antiquit1 cont5ue aup>avant1 *ez les prote/ans1 p> leur vnration des premi]s temps *rti5s4 ,on sait que ces ha9euses divagations fur5t s\v5t p\sses jusqu'au po9t de faire regrett] presque ouv]tem5t le poly?isme p> des esprits *oqus de la trop gr&e irrationnalit des croyances *rti5nes3 les tranges t5tatives de/9es1 p> exemple1 la rhabilitation politique du rtrograde ,juli5 en ont s\v5t (f]t d'inconte/ables tmoignages4 ,mais1 quels que soi5t1 cet g>d1 les repro*es vid5s que mrit5t p>eillem5t t\tes les sectes philosophiques du sicle d]ni]1 ces torts ont t1 sans d\te1 bi5 plus pr(ondm5t propres l'cole de ,r\sseau1 qui p\ssa1 s\s ce rapport1 l'esprit de rtrogradation jusqu'au plus extravagant dlire1 p> cette sauvage utopie o un brutal isolem5t tait directem5t propos p\r type l'tat social3 t&is que l'cole voltairi5ne1 p> son atta*em5t in/9ctif aux div]s lm5s ess5tiels de la civilisation mod]ne1 comp5sait du mo9s1 un c]ta9 degr1 les dang]s de son inconsqu5te conception du progrs gnral de l'humanit4 ,en second lieu1 c'e/ surt\t alors que1 t\te ide de division normale des deux p\voirs tant provisoirem5t efface1 on voit se dvelopp] librem5t la t5dance spontane de l'ambition philosophique v]s l'espce de ?ocratie mtaphysique rve jadis p> les coles grecques4 ,cette *imrique incl9ation tait1 sans d\te1 dj s5sible s\s le prote/antisme1 o elle con/itue rellem5t le fond pr9cipal des illusions politiques propres div]ses classes d'illum9s sur le prt5du rgne des sa9ts3 mais son essor y tait ncessairem5t cont5u p> cette conscration sol5nelle de la suprmatie temporelle1 qui c>actrisait t\j\rs le prote/antisme (ficiel4 ,le respect provisoire que les voltairi5s pr(essai5t p\r la dictature mon>*ique a1 jusqu' un c]ta9 po9t1 ex]c une influ5ce quival5te p5dant la premire moiti du ,x,v,i,i,ie sicle1 quoique d'une manire beauc\p plus prcaire1 et seulem5t en aj\rnant1 ou1 t\t au plus1 en rduisant les esprances philosophiques4 ,mais l'cole de ,r\sseau1 plus rappro*e de la crise f9ale1 p\rsuivant directem5t la dsorganisation temporelle1 en vue d'une immdiate rgnration politique1 tait spcialem5t de/9e1 s\s ce rapport1 comme s\s presque t\s les autres1 p\ss] jusqu' leurs extrmes limites les ab]rations propres la philosophie ngative4 ,proscrivant plus que jamais t\te division relle entre le p\voir politique et le p\voir moral1 cette secte1 rejetant1 dans l'intrt de l'humanit1 t\te borne quelconque l'ambition philosophique1 tait immdiatem5t entrane1 p> son in/9ct c>actri/ique1 inaugur] f9alem5t une con/itution d'autant plus purem5t ?ocratique qu'un ret\r vid5t v]s une vague prpondrance sociale de l'esprit ?ologique =mait le fond de sa doctr9e propre4 ,la t5dance gnrale de cette cole devait tre1 cet g>d1 d'autant plus p]nicieuse que1 dans ce n\veau rgne des sa9ts1 sa nature la conduisait ncessairem5t concevoir le pr9cipal asc5dant politique comme atta* surt\t1 non la capacit1 suivant le pr9cipe des ?ocraties hi/oriques1 mais ce qu'elle appelait vaguem5t la v]tu1 de manire enc\rag] dogmatiquem5t la plus active et la plus dang]euse hypocrisie4 ,ces fune/es dispositions naturelles1 dont j'indiqu]ai spcialem5t1 au c9quante-septime *apitre1 la haute influ5ce ultrieure sur nos p]turbations rvolutionnaires1 cons]v5t auj\rd'hui1 quoique s\s d'autres =mes1 une gr&e p>tie de leur dplorable asc5dant1 qui ne p\rra cess] que lorsqu'un ret\r rationnel la sa9e ?orie fondam5tale de l'organisme social aura accord aux lgitimes ambitions philosophiques une suffisante satisfaction normale1 en dissipant jamais l'illusion anti-sociale qui leur fait rv] une dom9ation absolue1 plus ho/ile qu'aucune autre au progrs rel de l'humanit1 comme je l'ai expliqu dans la leon prcd5te4 ,p> une d]nire consqu5ce vid5te de l'ab]ration primordiale1 l'branlem5t di/e du ,x,v,i,i,ie sicle devait1 encore davantage que l'branlem5t prote/ant1 p\ss] les socits mod]nes faire graduellem5t prvaloir la considration habituelle du po9t de vue pratique1 et ratta*]1 d'une manire de plus en plus exclusive1 aux seules in/itutions temporelles1 l'uni=me solution de t\tes les difficults politiques1 quelle qu'en pt tre la nature4 ,a dfaut de pr9cipes gnraux1 il a fallu multipli]1 au-del de t\tes les bornes antrieures1 d'arbitraires rglem5s p>ticuli]s1 que l'esprit mtaphysique dcorait va9em5t du nom de lois1 presque t\j\rs c>actriss p> une usurpation1 tantt /rile1 tantt p]turbatrice1 du p\voir politique proprem5t dit sur le doma9e social des murs et des op9ions4 ,n\s reconnatrons plus t>d les fune/es effets de cette irrationnelle t5dance rglem5taire1 qui n'a pu se dvelopp] librem5t que s\s l'enti] asc5dant politique de la mtaphysique rvolutionnaire3 il suffisait ici d'en c>actris] hi/oriquem5t l'invasion progressive4 ,s\s ce d]ni] aspect1 l'cole de ,r\sseau tait encore videmm5t de/9e p\ss] plus lo9 qu'aucune autre les pr9cipales dviations philosophiques1 p> cela mme qu'elle conc5trait directem5t t\te son att5tion sociale sur les mesures purem5t politiques1 d'o une aveugle imitation de l'antiquit l'entranait faire violemm5t dp5dre jusqu' la discipl9e morale3 t&is que les voltairi5s1 placs un po9t de vue plus ab/rait1 et p> suite plus gnral1 avai5t cons]v1 quoique un faible degr1 un s5tim5t confus de l'influ5ce sociale directem5t propre aux ides indp5damm5t des in/itutions1 dont ils s'exagrai5t ord9airem5t beauc\p mo9s la porte effective4 ,quant aux ab]rations morales proprem5t dites1 il s]ait assurm5t sup]flu de s'arrt] ici c>actris] expressm5t les ravages qu'a d ex]c] une mtaphysique qui1 dtruisant t\tes les bases antrieures de la morale publique et mme prive1 sans leur sub/itu] directem5t aucun quival5t rationnel1 livrait dsormais t\tes les rgles de conduite l'apprciation sup]ficielle et p>tiale des consci5ces individuelles1 alors frquemm5t entranes brav] les notions morales en ha9e des conceptions ?ologiques correspondantes4 ,si l'in/9ct naturel de la moralit huma9e et l'influ5ce croissante de la civilisation mod]ne n'avai5t heureusem5t comp5s1 en beauc\p de cas habituels1 cette t5dance dissolvante1 elle n'et c]ta9em5t laiss bi5tt subsi/] que les seules rgles morales1 sociales1 dome/iques1 ou mme p]sonnelles1 directem5t relatives des situations tellem5t simples que l'analyse morale y pt dev5ir suffisamm5t accessible aux esprits les plus grossi]s4 ,les div]s prjugs moraux sagem5t consacrs p> le ca?olicisme1 soit p\r prohib] ou p\r prescrire1 reposai5t1 sans d\te1 en gnral1 sur une connaissance trs relle1 quoique empirique1 de la nature huma9e1 et sur un heureux in/9ct des pr9cipaux beso9s sociaux2 cep5dant ils ne p\vai5t aucunem5t rsi/] au mode irrationnel des discussions mtaphysiques propres au sicle d]ni]1 o l'laboration ngative ab&onnait entirem5t la recon/ruction des lois morales la simple sollicitude spontane de ceux-l mme qui devai5t en subir l'asc5dant1 et auxquels le seul ap]u de quelques inconvni5s1 insp>ables des plus p>faites in/itutions1 inspirait s\v5t des prv5tions absolues contre les plus indisp5sables prceptes1 comme je l'ai indiqu au qu>ante-sixime *apitre4 ,dans des spculations aussi compliques1 o les ractions individuelles et sociales doiv5t tre frquemm5t p\rsuivies jusqu' des effets trs lo9ta9s et =t dt\rns1 lorsque d'ailleurs le jugem5t y e/ presque t\j\rs expos la sduction de nos plus n]giques p5*ans1 il e/ tellem5t impossible de suppler suffisamm5t une ducation rgulire1 que pas une seule notion morale n'a pu demeur] ple9em5t intacte s\s l'influ5ce dissolvante de la mtaphysique ngative1 mme *ez les hommes les plus intellig5s1 surt\t qu& ils pr5ai5t une "p active l'branlem5t philosophique4 ,p>mi les tmoignages inconte/ables qu'on p\rrait aism5t multipli] l'appui de cette tri/e obs]vation1 d'aprs les crits de ceux qui1 p\rsuivant sy/matiquem5t la rgnration sociale1 semblai5t devoir mieux respect] les lois fondam5tales de la sociabilit1 il suffira d'en indiqu] ici un seul trs c>actri/ique env]s *acun des deux *efs pr9cipaux4 ,on a pe9e compr5dre auj\rd'hui1 p> exemple1 comm5t la ha9e aveugle de t\t ce qui se ratta*ait l'influ5ce ca?olique avait pu conduire un esprit aussi m9emm5t franais que celui de ,voltaire oubli] assez t\tes les lois de la moralit huma9e p\r de/9] expressm5t une longue laboration potique fltrir la t\*ante mmoire de cette noble hrone laquelle1 en t\s pays1 t\te me leve consacr]a t\j\rs une respectueuse admiration1 et qu'aucun ,franais ne devrait jamais nomm] sans un hommage spcial de t5dre reconnaissance nationale3 le dplorable succs de cette honteuse production indique quel degr tait dj p>v5ue la dmoralisation univ]selle4 ,une apprciation non mo9s svre doit c]tes s'appliqu] aussi ce p]nicieux ouvrage1 sc&aleuse p>odie d'une immortelle composition *rti5ne1 o1 dans le dlire d'un orgueil sophi/ique1 ,r\sseau1 dvoilant1 avec une cynique complaisance1 les plus ignobles turpitudes de sa vie prive1 ose nanmo9s rig] directem5t l'ensemble de sa conduite en type moral de l'humanit4 ,il faut mme reconnatre que ce d]ni] exemple tait1 p> sa nature1 beauc\p plus dang]eux que le premi]1 o l'on peut voir seulem5t une c\pable dbau*e d'esprit2 t&is que ,r\sseau1 appliquant une captieuse argum5tation la ju/ification sy/matique des plus blmables g>em5s1 t5dait c]ta9em5t p]v]tir jusqu'au g]me des plus simples notions morales3 aussi e/-ce p>ticulirem5t s\s son inspiration1 directe ou indirecte1 qu'on voit clore auj\rd'hui tant de doctorales conscrations1 p]sonnelles ou collectives1 de la plus brutale prpondrance des passions sur la raison4 ,c'e/ a9si que1 soit p> la seule impuissance morale d'une mtaphysique purem5t ngative1 soit p> l'active dpravation d'une doctr9e sophi/ique1 les pr9cipales coles philosophiques du sicle d]ni] tai5t spontanm5t entranes v]s des ab]rations morales =t analogues celles de l'cole d'picure1 dont la rhabilitation sociale e/ alors dev5ue le sujet de tant d'illusoires diss]tations1 qui n'(fr5t ma9t5ant d'intrt rel que comme tmoignage hi/orique de la dplorable situation des esprits mod]nes s\s cet aspect fondam5tal4 ,on voit donc comm5t l'branlem5t di/e a spcialem5t dvelopp les dviations morales d'abord manes de l'branlem5t prote/ant1 en p\ssant jusqu' son d]ni] t]me la dsorganisation spirituelle qui en con/ituait le pr9cipe univ]sel4 ,ri5 n'e/ plus propre assurm5t qu'un tel rsultat f9al con/at] la de/9ation purem5t temporaire de cette prt5due philosophie1 ess5tiellem5t apte dtruire1 sans jamais p\voir organis]1 mme les plus simples relations huma9es4 ,mais cette conclusion gnrale devra ultrieurem5t ressortir1 avec une n]gie plus dcisive1 de l'exam5 direct de la mmorable poque c>actrise p> l'asc5dant politique d'une telle doctr9e1 dont le triomphe complet devait si hautem5t manife/] son entire impuissance organique4 ,nanmo9s1 cette inaptitude radicale de la philosophie mtaphysique ne doit jamais faire oubli] la dcrpitude1 ds long-temps quival5te1 de la philosophie ?ologique3 si l'une a t5du diss\dre la morale1 l'autre n'a pu la prs]v]1 et sa va9e int]v5tion n'a mme ab\ti qu' r5dre cette dissolution plus active1 en faisant rejaillir sur la morale l'irrvocable discrdit m5tal de la ?ologie1 comme je l'ai dj indiqu l'issue de la phase prote/ante4 ,l'accomplissem5t graduel de notre laboration hi/orique fait donc de plus en plus ressortir la proprit c>actri/ique de la philosophie positive1 comme seule base relle auj\rd'hui d'une vraie rorganisation sociale1 aussi bi5 morale qu'intellectuelle1 en tant que seule susceptible de satisfaire simultanm5t aux beso9s opposs d'ordre et de progrs1 auxquels les deux anci5nes doctr9es antagoni/es satisfont si imp>faitem5t1 malgr la proccupation exclusive de *acune d'elles1 ou plutt p> suite de leur commune impuissance concili] deux conditions galem5t insurmontables4 ,n\s avons enf9 t]m91 dans cette longue mais indisp5sable leon1 la difficile apprciation rationnelle de l'imm5se m\vem5t rvolutionnaire qui1 depuis le ,x,i,ve sicle1 entrane de plus en plus l'lite de l'humanit sortir entirem5t du sy/me ?ologique et militaire1 qui1 s\s sa d]nire phase ess5tielle1 avait rempli1 au moy5-ge1 son d]ni] (fice ncessaire p\r l'ensemble de l'volution huma9e4 ,au temps o n\s sommes p>v5us1 la con/itution fondam5tale de ce rgime tait radicalem5t ru9e1 soit dans son pr9cipe1 soit dans ses div]s lm5s1 p> sa rduction f9ale une va9e dictature temporelle1 dj prive de t\t asc5dant spirituel1 et dont l'impuissance croissante suffisait pe9e au ma9ti51 de plus en plus prcaire1 d'un ordre matriel de plus en plus imp>fait1 au milieu d'une imm95te an>*ie m5tale et morale3 en un mot1 l'anci5 sy/me social ne cons]vait plus1 ds-lors presque autant qu'auj\rd'hui1 que cette dbile exi/5ce politique qui lui re/]a ncessairem5t jusqu' l'avnem5t direct d'une rorganisation vritable4 ,il faut donc ma9t5ant1 suivant la m>*e d'abord trace1 consacr] le *apitre suivant l'apprciation1 non mo9s indisp5sable1 du m\vem5t lm5taire de recomposition qui s'tait sil5cieusem5t dvelopp p5dant cette gr&e priode rvolutionnaire1 af9 de p\voir conv5ablem5t t]m9]1 au c9quante-septime *apitre1 l'ensemble de notre opration hi/orique p> l'exam5 spcial d'une poque qui n'a pu jusqu'ici manife/] ple9em5t son vrai c>actre1 p>ce que1 directem5t de/9e la rgnration sociale1 elle n'a po9t encore tr\v la doctr9e qui doit dirig] son laboration propre1 et dont la seule abs5ce y dt]m9e un vicieux prolongem5t de la transition ngative1 ess5tiellem5t accomplie au ,x,v,i,i,ie sicle4 ,,f9 ,,du ,,tome ,,c9qui,,me4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,cont5ues ,,dans ,,le ,,tome ,,c9qui,,me4 ,pages4 ,,avis ,,de ,l',,diteur ,v #eb;e ,leon4 ,rduction pralable de l'ensemble de l'laboration hi/orique4--,considrations gnrales sur le premi] tat ?ologique de l'humanit3 ge du fti*isme4 bau*e spontane du rgime ?ologique et militaire4 #a #ec;e ,leon4 ,apprciation gnrale du pr9cipal tat ?ologique de l'humanit3 ge du poly?isme4 ,dveloppem5t graduel du rgime ?ologique et militaire4 #aae #ed;e ,leon4 ,apprciation gnrale du d]ni] tat ?ologique de l'humanit3 ge du mono?isme4 ,modification radicale du rgime ?ologique et militaire4 #big #ee;e ,leon4 ,apprciation gnrale de l'tat mtaphysique des socits mod]nes3 poque critique1 ou ge de transition rvolutionnaire4 ,dsorganisation croissante1 d'abord spontane et ensuite sy/matique1 de l'ensemble du rgime ?ologique et militaire4 #dib 99 99 99 99 99 ,corrections4 ,page #cb3 antropophagie remplac p> an?ropophagie 7l'an?ropophagie la mieux c>actrise74 ,page #db3 mtaphysi5s remplac p> mtaphysici5s 7tant de pr(onds mtaphysici5s74 ,page #dd3 amosphre remplac p> atmosphre 7v>iations pr9cipales de l'atmosphre74 ,page #df3 le replac p> la 7qu& l'volution huma9e e/ la plus avance74 ,page #df3 un remplac p> une 7dt]m9 p> un passion quelconque74 ,page #hh3 irrationel remplac p> irrationnel 7l'irrationnel esprit74 ,page #abg3 mulplicit remplac p> multiplicit 7p> la multiplicit et l'incohr5ce74 ,page #ach3 ?olo-logique remplac p> ?ologique 7et consolid] l'empire ?ologique74 ,page #age3 mant5ant remplac p> ma9t5ant 7il importe ma9t5ant74 ,page #agf3 prpondance remplac p> prpondrance 7la prpondrance rgulire et cont9ue74 ,page #aha3 on remplac p> ou 7ou plutt en dt\rne ncessairem5t74 ,page #aih3 ensuggr] remplac p> en suggr] 7 lui en suggr] l'ide74 ,page #bdj3 p]fectionem5t remplac p> p]fectionnem5t 7 t\t p]fectionnem5t notable74 ,page #bij3 le remplac p> la 7la plus spcialem5t prp>e au mono?isme74 ,note #bj3 contrev]ses remplac p> controv]ses 7de /riles et int]m9ables controv]ses74 ,page #cci3 p\rvai5t remplac p> p\vai5t 7que p\vai5t lui mrit]74 ,page #cej3 de remplac p> des 7la plup>t des membres74 ,page #cfb3 ,bysance remplac p> ,byzance 7dans la clbre translation ,byzance74 ,page #cfh3 ca?*ismes remplac p> cat*ismes 7le fond des cat*ismes vulgaires74 ,page #cga3 org9e remplac p> orig9e 7,simultanm5t hriti]1 ds l'orig9e74 ,page #dce3 complus remplac p> complu 7se sont complu naturellem5t dans l'application de leur gnie74 ,page #dch3 mon/reux remplac p> mon/rueux 7un mon/rueux honneur74 ,page #eja3 e/ e/ remplac p> e/ 7il e/ c]ta9em5t vid5t74 ,page #eje3 tre tre remplac p> tre 7sans que leur t5dance politique f9ale pt tre encore aucunem5t s\ponne74 ,page #eee3 ,acqu9 remplac p> ,aqu9 7sa9t ,?omas d',aqu974 ,page #eig3 ,liebnitz remplac p> ,leibnitz 7 la manire de ,desc>tes ou de ,leibnitz74 ,note #cc3 insr p> 7la s5t5ce df9itive r5due p> le pape74 ,page #ffe3 spontan remplac p> spontane 7la phase primitive1 t\j\rs ess5tiellem5t spontane74 ,note #ce3 inamissibilit remplac p> inadmissibilit 7l'inadmissibilit de la ju/ice74 ,page #gji3 namo9s remplac p> nanmo9s 7en laissait nanmo9s subsi/]74 ,page #gba3 boration remplac p> laboration 7l'laboration dcisive de ,hobbes74 ,page #gbf3 le remplac p> la 7la plus avance74 ,page #gcf3 applanies remplac p> aplanies 7d'avance spontanm5t aplanies74 ,page #gdb3 un remplac p> une 7une exacte concordance spculative74 ,page #gdb3 annull] remplac p> annul] 7sans s'annul] mutuellem5t74