,,notes ,,sur ,,la ,,transcription3 --,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 --,on a cons]v l'or?ographie de l'orig9al1 incluant ses v>iantes4 --,les lettres crites au-dessus ont tes repres5tes a9si3 ab et abc4 ,ames dormantes ,,ouvrages ,,du ,m,,me ,,auteur ,,romans ,expiation 7sans nom d'auteur74 ,m>! de ,?i5nes 7,s\s le pseudonyme de ,,=san74 ,les ,inc]titudes de ,livia4 ,id4 ,dans la ,vieille rue4 ,id4 ,la ,du*esse ,ghisla9e4 ,id4 ,kyrie ,eleison4 ,id4 ,,autres ,,ouvrages ,j\rnal intime de ,b5jam9 ,con/ant1 et lettres sa famille et ses amis1 avec une ,introduction p> ,dora ,meleg>i4 ,lettres intimes de ,joseph ,mass9i1 avec une ,introduction p> ,dora ,meleg>i4 ,,en ,,pr,,p>ation ,faiseurs de joie et ,faiseurs de pe9e ,,dora ,,meleg>i ,,ames ,,dormantes ,illu/ration3 ,,logo ,,p>is ,,librairie ,,fis*ba*] ,,soci,t ,,anonyme #cc1 ,,rue ,,de ,,se9e1 #cc #aijc ,t\s droits rs]vs ,aux ,,ames ,,croyantes ,,pr,,face ,hab5t sua fata libelli4 ,il y a dix ans que l'ide de ce livre e/ ne dans mon esprit4 ,a mesure que j'y travaillais1 la conviction que la plus gr&e p>tie des maux dont s\ffre l'humanit e/ due l'in]tie des honntes g5s1 s'e/ aff]mie en moi1 *aque j\r davantage4 ,ceux qui port5t le nom de *rti5s1 ceux qui se ratta*5t d'une faon quelconque une croyance spirituali/e1 ceux qui1 en dehors de t\t dogme1 admett5t la ncessit d'une morale individuelle et sociale ne sont-ils pas1 en effet1 les vrais c\pables de l'tat d'an>*ie o se dbat avec angoisse la consci5ce mod]ne8 ,dp\rvus de confiance en eux-mmes1 manquant de foi dans la puissance du bi51 ils ont laiss les c\rants malfaisants pr5dre p>t\t le dessus1 sans essay] de ragir contre eux p> des c\rants plus int5ses4 ,et auj\rd'hui1 devant la masse compacte des =ces p]nicieuses coalises contre la vrit et la ju/ice1 l'p\vante p>alyse leur volont2 le plus gr& nombre prfre dt\rn] la tte1 f]m] les yeux et ne pas voir4 ,on dirait qu'attaqu] le mal1 s'en df5dre1 lui oppos] le bi5 e/ dev5u impossible la p>tie respectable de la socit4 ,la loi p\rvoit peu prs la scurit matrielle des individus3 en dehors d'elle1 il n'y a qu' laiss] faire1 mme si on e/ victime de ce laiss] faire4 ,en quelques pays et en c]ta9s milieux1 des cris d'al>me ont t p\sss contre cet effrayant symptme de l?>gie1 et de gnreuses initiatives ont surgi2 dans d'autres1 il se manife/e avec une vid5ce croissante1 sans provoqu] un m\vem5t quelconque de raction4 ,de quelle cause procde cette anmie des volonts bonnes8 ,il n'y en a qu'une3 la s\rce o elles s'alim5t5t e/ dess*e2 les mes1 eng\rdies presque jusqu' la mort1 ne peuv5t communiqu] la volont des pr9cipes vivifiants4 ,t\t semble avoir progress sur la t]re1 sauf l'me4 ,s]ait-elle seule re/e /ationnaire8 ,depuis l'avnem5t du *ri/ianisme1 n'aurait-elle pas avanc8 ,on dirait qu'oubliant les promesses reues1 les horizons sans limites indiques1 les puissances dont elle tait dpositaire1 elle s'e/ peu peu anantie elle-mme2 aussi1 au t]me du sicle qui vi5t de f9ir1 la voit-on1 vis--vis du monde physique et intellectuel1 dans une position d'infriorit qui f\rnit de r$\tables argum5ts aux ngateurs de son exi/5ce4 ,entre les sci5ces physiques et les sci5ces psy*iques un accord comm5ce s'tablir2 celles-ci pr(it5t dj des dc\v]tes de celles-l et les psy*ologues appliqu5t l'tude de l'me quelques-unes des m?odes exprim5tales4 ,af9 d'acclr] l'heure qui apport]a l'humanit l'h>monie intellectuelle et morale1 t\s ceux qui croi5t possd] l't9celle qui ne meurt pas devrai5t se recueillir dans une mditation sil5cieuse1 appel] leur me endormie jusqu' ce qu'elle se rveille1 et1 une fois qu'elle s]ait rveille1 la laiss] rayonn] aut\r d'eux1 de faon pr\v] au monde que cet lm5t de vie1 ni p> tant d'esprits1 reprs5te une ralit suprieure4 ,quelle que soit la =me religieuse laquelle on app>ti5ne1 la philosophie laquelle on se ratta*e1 t\tes les mes vivantes peuv5t se gr\p] et agir dans une communion invisible et sil5cieuse4 ,mais1 p\r v\loir ressuscit]1 il faut savoir qu'on a t mort2 p\r saisir la vrit1 il faut compr5dre qu'on a t dans l'erreur2 p\r pr5dre la r\te qui conduit la joie1 il faut se r5dre compte que celle du dc\ragem5t m5ait au tombeau4 ,c'e/ ce qu'il e/ ncessaire de dire aux ju/es1 aux bons1 aux purs qui ne sav5t pas l'tre efficacem5t p\r leur bonheur et celui d'autrui4 ,j'adresse ces pages uniquem5t ceux qui admett5t en n\s l'exi/5ce d'un pr9cipe immortel1 c> p\r essay] d'en dmontr] la ralit aux intellig5ces qui le ni5t1 il faudrait une culture ?ologique1 philosophique et sci5tifique dont je suis dp\rvue4 ,ces rflexions trs simples n'ont d'autre mrite que leur s9crit1 et je ti5s aj\t] que je ne prt5ds nullem5t app>t5ir cette lite de ju/es1 de bons et de purs auxquels j'expose le cas de consci5ce4 ,,dora ,,meleg>i4 ,rome1 #ca dcembre #aijj4 ,,ames ,,dormantes ,,*apitre ,i ,,le ,,sommeil ,,des ,,ames ,t\t avance et se dveloppe1 une seule *ose dim9ue1 c'e/ l'me4 7,,mi*elet47 ,t\t dnigrem5t sy/matique d'une poque e/ inju/e3 le ,,xixe sicle a remport des victoires dans le doma9e de la sci5ce1 de la lib]t et de la ju/ice dont il e/ impossible de ne pas t5ir compte2 il a1 en outre1 dvelopp dans la consci5ce huma9e un s5tim5t que les gnrations prcd5tes ne connaissai5t qu' l'tat d'exception3 la piti p\r la s\ffrance8 ,p\rquoi donc1 aprs tant de conqutes1 a-t-il lgu son successeur de si tr\blantes inc]titudes et al\rdi la plup>t des curs s\s un pessimisme morne8 ,ce ne sont pas ses ngations audacieuses1 ses doctr9es p]v]ses1 sa corruption gnralise qui ont am5 la socit mod]ne la crise qu'elle trav]se auj\rd'hui4 ,le mal autrefois se prs5tait s\s des =mes bi5 plus brutales et viol5tes1 les prjugs t\ffai5t dans les consci5ces t\te notion de ju/ice et de droit1 les proccupations humanitaires n'exi/ai5t p\r a9si dire pas4 ,le sicle qui vi5t de tomb] dans l't]nit tait videmm5t en progrs sur les autres1 et p\rtant il a laiss d]rire lui une atmosphre si *>ge que les poitr9es se s\lv5t avec angoisse1 *]*ant en va9 un peu d'air respirable4 ,la /rilit que je tr\ve en moi et *ez les autres me p\rsuit comme une odeur de cadavre4 ,ces mots dta*s d'une lettre intime exprim5t bi5 cet tat d'impuissance et d'infcondit o l'individu s'agite jusqu' la nvrose p\r se donn] l'illusion de la vie4 ,plus de gr&es passions et r>em5t de gr&es ides6 ,jamais1 cep5dant1 elles n'aurai5t d natre1 se dvelopp]1 fleurir comme ma9t5ant au soleil de la lib]t1 du progrs1 de la m5talit l>gie4 ,t\t e/ dev5u po9t d'int]rogation dans les consci5ces2 c'e/ le trait c>actri/ique de l'poque actuelle4 ,les plus s9cres ont p]du le s5tim5t prcis et la vue nette du bi54 ,l'an>*ie morale rgne p>t\t1 dcompose t\t1 et elle a tellem5t pntr les meilleurs esprits qu'ils ont p]du la =ce de la combativit et de la rsi/ance4 ,une sorte d'anmie a affadi les curs2 ce n'e/ pas l'immoralit1 ce n'e/ pas le positivisme qui crase le monde s\s une *ape de plomb1 c'e/ la dim9ution de l'me individuelle4 ,l'expansion des doctr9es matriali/es1 les ?ories utilitaires1 les excs d'une civilisation ultra avance ont pu contribu] au malaise de la consci5ce mod]ne1 mais ils aurai5t t impuissants la tr\bl] compltem5t si les =ces invisibles qui man5t des mes croyantes s'tai5t opposes ce c\rant dltre1 si elles avai5t refus de laiss] corrompre leurs eaux pures p> le torr5t empoisonn de la ngation et de l'gsme4 ,mais ces mes p5dant longtemps n'ont lev aucune digue efficace1 essay d'aucun b>rage2 mme p\r se mettre au niveau de l'op9ion dom9ante1 elles ont abjur leurs dieux1 tabli des limites aux lans nobles qui aurai5t pu les entran] lo9 des r\tes mdiocres4 ,elles ont1 comme les mes incrdules1 vulg>is leur p5se jusqu'au plus mesqu9 utilit>isme1 subissant le pre/ige des r5ommes bruyantes1 des succs rapides1 au po9t de ne plus p\voir disc]n]1 ni jug] de quels lm5ts ils se compos5t4 ,t\t a progress1 disait ,mi*elet1 sauf l'me4 ,en effet1 dans ce gr& dveloppem5t des facults huma9es1 elle seule n'a pas avanc4 ,on dirait un oiseau qui1 aprs s'tre rogn les ailes1 re/e accro* p> les pattes aux b>reaux de sa cage1 t\ffant t\tes ses aspirations d'air libre et de haut vol4 ,or1 il exi/e une loi 9luctable3 ce qui ne s'accrot pas dcrot1 il faut fatalem5t m>*] en avant ou recul]4 ,ri5 en ce monde ne peut longtemps pit9] sur place2 c'e/ ce que l'me a v\lu faire4 ,les reprs5tants des religions et des philosophies ont eu peur de lui dire3 ,m>*e de l'avant1 dveloppe-toi1 agr&is-toi4 ,on a trac aut\r d'elle un c]cle magique1 on l'a crase s\s le s5tim5t de la s\ffrance obligatoire1 de la mdiocrit 9vitable1 de l'impossibilit du p>fait et de l'heureux1 et elle s'e/ rsigne demeur] immobile et tri/e4 ,de gr&es mes ont trav]s l'hi/oire paenne2 celles que le *ri/ianisme avait =mes ont rp&u leurs p>fums et leurs =ces2 elles fur5t la lumire des poques disp>ues4 ,la ntre dem&e des mes en m>*e1 suivant pas pas les progrs de la sci5ce et de la raison et les dpassant p> des intuitions et des esprances suprieures aux puissances actuelles de l'une et de l'autre4 ,mais sur quoi peut compt] l'heure prs5te8 ,les mes de jadis1 ces mes hroques et pures nes des premires promesses1 celles des aptres1 des pres1 des sa9ts ont depuis longtemps cess de fleurir2 les mes des sicles suivants1 mo9s ard5tes1 ont recul puisqu'elles ne progressai5t pas2 celles de notre temps1 dj nes plus faibles1 voyant que t\tes les autres facults huma9es les dpassai5t1 se sont--de peur d'tre subm]ges dans le gr& c\rant des connaissances n\velles--piteusem5t refugies dans une troite prison intrieure d'o elles refus5t de sortir et de se manife/]4 ,c'e/ une lumire qui a cess de rayonn] sur le monde4 ,la plup>t des mes1 surt\t dans la d]nire moiti du ,,xixe sicle1 se sont l\rdem5t endormies dans un sommeil sans rves qui leur a fait p]dre le c\rage du combat et l'ambition de la victoire4 ,quelques-unes vibr5t encore1 d'autres sont en =mation2 des ph>es brill5t d'ici et de l1 mais leur cl>t e/ s\v5t bi5 faible et timide4 ,dans *aque pays1 dans *aque ville1 on peut les compt]2 leur nombre e/ inf9itsimal1 comp> aux c5ta9es de millions d'tres qui prt5d5t possd] une me et croire une immortalit4 ,ces r5gats1 inconsci5ts de leur apo/asie1 viv5t dans un bi5-tre morne s'ils sont ri*es1 dans l'crasem5t s'ils sont pauvres1 dans le dc\ragem5t s'ils app>ti5n5t la catgorie des tres qui rfl*iss5t1 sans se r5dre compte que1 si leur bi5-tre e/ dp\rvu de joie1 leur crasem5t de consolation1 leur dc\ragem5t d'esprance1 c'e/ p>ce qu'ils ne p5s5t pas leur me1 qu'ils ne font ri5 p\r la sec\] de son eng\rdissem5t et la rveill] du sommeil cataleptique o elle e/ tombe4 ,au lieu d'c\t] sa voix qu& elle essayait de p>l]1 ils l'ont t\ffe s\s les raisonnem5ts mdiocres1 les po9ts de vue pratiques1 les misrables calculs de l'gsme qu'ils confond5t avec la sagesse4 ,p>fois1 il e/ vrai1 p\vants p> les inc]titudes de l'heure prs5te et les m5aces de l'av5ir1 ils v\drai5t tr\v] moy5 de ragir contre la m>e montante1 ils t5t5t de vagues ef=ts et retomb5t promptem5t dans l'in]tie4 ,l'explication du fait dc\rageant e/ bi5 simple3 les soi-disant croyants ont *]* des n]gies en dehors de l'me2 leurs inspirations sont sorties de leur c]veau1 de leur cur peut-tre1 elles n'ont pas jailli de ce sanctuaire my/rieux o s'labore la vie spirituelle et qui a reu les promesses de l'immortalit4 ,m'adressant uniquem5t ceux qui croi5t l'exi/5ce de l'me comme un fait indiscutable et admett5t le p>alllisme psy*ophysique1 je ne t5t]ai pas la dmon/ration du phnomne me1 cette p>tie pr(onde de n\s-mmes1 di/9cte du cur et de l'intellig5ce1 de la consci5ce et de la volont1 qui peut seule entr] en communication avec les =ces suprieures4 ,de t\s les corps ensemble1 dit ,pascal1 on ne saurait faire russir une petite p5se4 ,cela e/ impossible et d'un autre ordre4 ,de t\s les corps et esprits1 on ne saurait tir] un m\vem5t de vraie bont4 ,cela e/ impossible et d'un autre ordre4 ,l'me e/ di/9cte videmm5t des autres facults intellectuelles et morales de l'homme1 et p\rtant elle les compr5d t\tes2 elles doiv5t pass] trav]s ce crible1 comme le sang trav]s le cur1 p\r se purifi] et acqurir des pr9cipes de vie2 c'e/ de l'me que procd5t t\te lumire et t\te puissance2 elle seule a le secret de la paix1 de l'h>monie1 du bonheur4 ,un am\r1 une amiti o l'on fait entr] l'me ne peut jamais m\rir compltem5t2 elle communique aux s5tim5ts une =ce subtile qui e/ comme une p>celle d't]nit4 ,il en e/ de mme p\r t\t ef=t auquel l'me p>ticipe2 ce qu'elle accomplit russit presque t\j\rs et ne s'efface jamais1 du mo9s la trace en re/e4 ,ce succs que l'homme re*]*e avec un a*>nem5t et une avidit s\v5t rpugnantes1 il ne sait pas que le plus sr moy5 de l'atte9dre s]ait de le p\rsuivre avec son me4 ,mais cette puissance norme qu'il porte en lui1 qui il devrait remettre la direction et la responsabilit de sa vie1 qui p\rrait transfigur] ses faiblesses en =ces et ses tri/esses en joie1 il ne l'int]roge pas1 il ne l'appelle pas son aide2 il l'a laisse s'endormir1 ne p5se pas la rveill]1 et si elle esquisse un lg] m\vem5t1 vite il t\ffe1 s\s des raisonnem5ts faux1 mdiocres1 g/es et durs1 la voix qu'elle allait peut-tre faire ent5dre4 ,l'me1 alors1 p\vante de cette aridit1 se r5dort ou s'enfuit2 on dirait mme p>fois qu'elle meurt4 ,p\r sauv] le monde il faut le rappel] avec cris1 avec prires1 avec supplications4 99 99 99 99 99 ,il y a peu d'annes seulem5t un p>eil langage aurait p>u absurde et inutile4 ,t\t appel d'ordre moral tombait dans le vide2 nul ne le compr5ait et ne daignait y rpondre4 ,p5dant une priode de temps assez longue1 ri5 n'a sembl remu] dans l'me huma9e4 ,le dt]m9isme dcrtait p> la voix de ,ta9e que la v]tu et le vice tai5t des produits comme le sucre et le vitriol2 les doctr9es matriali/es et positivi/es rgnai5t sans conte/e sur les intellig5ces2 le gr& tr\peau des ignorants et des indiffr5ts les acceptai5t1 yeux f]ms1 sans essay] mme de se r5dre compte quelle "p de vrit elles p\vai5t cont5ir2 simplem5t p>ce qu'elles tai5t mo9s gnantes et que de se dcl>] fils du has>d p>aissait flatteur cette vanit de la ngation qui1 depuis ,voltaire1 a travaill tant d'esprits4 ,dans le camp oppos t\t tait sil5ce2 presqu'aucune manife/ation spirituali/e n'tait signale4 ,les tides subissai5t sans le ralis] le m\vem5t de la consci5ce gnrale et ne ragissai5t pas contre l'eng\rdissem5t envahisseur1 p\vants peut-tre l'ide d'engag] une lutte o leurs pr9cipes p\vai5t sombr]4 ,les ard5ts1 les =ts1 trs dim9us de nombre1 se taisai5t1 eux aussi1 dc\rags4 ,cette torpeur1 il e/ ju/e de le dire1 n'tait pas aussi acc5tue p>t\t4 ,en c]ta9s pays1 les pulsations de la vie morale n'ont jamais cess compltem5t4 ,sans avoir cra9dre de dim9u] sa position littraire ou son autorit intellectuelle1 un criva9 la mode p\vait se risqu] attribu] aux actions huma9es des mobiles qui ne fuss5t pas uniquem5t ceux de l'intrt p]sonnel1 visible et tangible4 ,mais ces manife/ations ne se rp]cutai5t que faiblem5t4 ,dans d'autres pays1 au contraire1 la scission semblait complte entre la vie mod]ne1 ses objectifs et ses victoires et les pr9cipes spirituali/es et *rti5s4 ,mais ,dieu ne p\vait laiss] prir l'me du monde4 ,c'e/ du pays d'o aucun gr& mot n'tait p>ti encore que la premire t9celle a jailli4 ,une voix v5ue du ,nord a jet une p>ole de piti qui a comm5c remu] les consci5ces2 la s\ffrance a pris =me et vie2 elle a cri sa pla9te et les curs ont vibr4 ,une sorte de religion n\velle a surgi qui1 laissant de ct les dogmes1 s'e/ ratta*e au *ri/ianisme primitif et a pris la d\leur p\r drapeau4 ,sa base tait le s\lagem5t des d%rits p> le dp\illem5t spontan de ceux qui possd5t2 p\r dtruire *ez les malheureux le leva9 de l'am]tume1 il fallait non seulem5t allg] leur croix1 mais que les privilgis la relv5t et la p>tag5t volontairem5t4 ,trs probablem5t le ,tol/osme ne dpass]a pas les limites du pays o il e/ n et1 en tant qu'application1 re/]a l'tat d'essai4 ,on ne peut r5onc] aux conqutes de la civilisation1--le b e/1 au contraire1 d'en faire j\ir un nombre croissant d'individus1--mais il e/ c]ta9 que ce mot de sacrifice lanc trav]s le monde p> le gr& romanci] russe a t un facteur efficace du m\vem5t spirituali/e qui se manife/e depuis quelques annes1 imposant le devoir de la valeur morale1 proclamant n\veau les lettres de noblesse de l'me huma9e1 admettant l'esprance d'un av5ir o le d\l\reux contra/e entre les aspirations de l'homme et son exi/5ce quotidi5ne cess]a d'exi/]4 ,ce rveil1--d aussi en p>tie de simples =ces de raction1--remonte en outre des causes multiples et simultanes que la critique morale a re*]*es dj et dont je ne f]ai pas ici l'numration4 ,les rc5tes dc\v]tes sci5tifiques ont contribu facilit] ce c\rant4 ,auj\rd'hui que le matrialisme ne peut plus tre reconnu comme la seule explication rationnelle de l'univ]s et que le dt]m9isme et le positivisme ont t battus en br*e p> les mmes c\ps1 l'antagonisme1 entre la sci5ce et la religion a cess de p>atre absolum5t irrductible4 ,non seulem5t le d\te a pntr dans les rangs de ceux qui df9issai5t hauta9em5t t\tes les manife/ations de la vie1 comme proprit de la matire1 mais cette dbcle de tant d'explications abusives a r5du la lib]t une f\le d'esprits4 ,p> respect p\r des affirmations dont s\v5t elle ignorait la g5se1 la gr&e masse des individus1 ce docile tr\peau dont j'ai p>l dj1 n'osait plus admettre la possibilit d'un monde moral1 dp5dant de =ces suprieures et invisibles1 et dont l'exi/5ce s'affirmait en dehors des faits app>5ts4 ,ma9t5ant que la p5se huma9e a comm5c sec\] dans le doma9e moral1 la tyrannie d'une sci5ce incomplte1 on voit les reg>ds se t\rn] de n\veau v]s ce ciel que la prsomption de l'homme avait dcl> vide4 ,les croyances spirituali/es r5aiss5t4 ,le no-b\dhisme1 le spiritisme1 la ?osophie et autres t5tatives de cultes n\veaux ne sont que la manife/ation du beso9 religieux qui travaille les mes4 ,dans le pays o le scepticisme semblait le plus df9itivem5t tabli et d'o il rayonnait sur la consci5ce gnrale1 ce r5\veau tr\v des voix loqu5tes p\r l'annonc] au monde4 ,le c>actre p>ticuli] de ce m\vem5t fut de ne pas se prs5t] s\s une =me religieuse prcise1 ou au nom d'une cole philosophique spciale4 ,sorti du se9 de la libre-p5se1 il a t ses dbuts absolum5t spontan et individuel1 se bornant rappel] l'homme qu'il tait fait p\r s5tir de gr&es *oses et p\r les vivre4 ,malheureusem5t le petit gr\pe d'criva9s et de p5seurs qui ont m5 la campagne1 s\t5us p> la sympa?ie de quelques consci5ces disp]ses1 reprs5t5t une quantit inf9itsimale comp>e aux f\les innombrables qui considr5t encore l'opportunisme habile comme la suprme sagesse1 et qui ont p\r complices secrets *acune des faiblesses de l'homme et t\s ses vices4 ,c> la dcad5ce actuelle a comme c>actre spcial l't5due4 ,le mal a envahi t\tes les classes2 il ne s'agit plus1 comme la f9 du sicle d]ni]1 de gratt] les premires c\*es du sol p\r tr\v] un t]ra9 f]me et fcond sur lequel btir et plant]4 ,les g]mes de mort ont pntr p>t\t1 il n'y a plus de p>ties sa9es4 ,croire que l'avnem5t du quatrime tat suffirait t\t purifi] e/ une utopie que les faits dm5tiront4 ,la socit e/ probablem5t la veille d'une trans=mation1 mais qu'on l'espre ou qu'on la craigne1 quelle que soit sa =me ou sa dure1 elle n'apport]a ni ju/ice1 ni paix1 ni frat]nit1 si elle n'e/ prcde ou suivie d'une rvolution morale4 ,or cette rvolution e/ d'autant plus difficile provoqu] que l'poque actuelle se donne volonti]s--p> les =mules qu'elle emploie--l'app>5ce hypocrite des lm5ts moraux qui font le plus dfaut l'homme intrieur3 vrit1 ju/ice1 altruisme4 ,ces mots qui rsonn5t encore si creux dans les curs sont dans t\tes les b\*es4 ,auj\rd'hui1 cep5dant1 on devrait connatre les devoirs qu'ils impos5t4 ,les prjugs sont dtruits1 ceux mme qui y re/5t atta*s p> tempram5t1 vanit ou intrt1 ne se tromp5t plus sur la valeur de cette fausse monnaie2 en se rfugiant d]rire ces b>rires de bois p\rri1 ils sav5t p>faitem5t qu'elles manqu5t de bases et que le m5songe seul en s\ti5t les pieux v]m\lus4 ,mais ri5 ne lie l'homme comme le m5songe1 n'entrave sa lib]t1 n'en fait un plus misrable esclave4 ,tant qu'il se m5tira lui-mme1 qu'il se croira un ju/e qu& il n'e/ qu'un b\rgeois g/e et mdiocre1 il ne p\rra se r=m]1 il s]a incapable de disc]n] la beaut1 d'aspir] au bonheur vrai et de rveill] son me4 ,un exam5 de consci5ce rig\reux et s9cre s'impose la socit mod]ne4 ,qu'a-t-elle fait de la loi morale1 comm5t l'int]prte-t-elle et de quelle faon l'applique-t-elle8 ,y a-t-il connexit entre les pr9cipes dont elle se t>gue et les actes qu'elle accomplit1 entre les gr&s mots dont les hommes se s]v5t et les mesqu9es p5ses qui guid5t leur vie8 ,sur quelles =ces ces t5tatives de relvem5t peuv5t-elles compt] p\r combattre l'arme r$\table et si nombreuse encore des matriali/es et des sceptiques8 ,la rponse la d]nire de ces que/ions e/ la plus urg5te puisqu'elle doit fix] la topographie morale de l'poque actuelle et dmontr] quelles sont les causes de la situation prs5te4 99 99 99 99 99 ,de t\t temps les soi-disant honntes g5s ont t en p>tie responsables du mal qui enlaidit le monde2 l'affaiblissem5t de la loi morale a t\j\rs eu p\r raison l'insuffisance de ceux qui pr(essai5t les pr9cipes dont elle dc\le4 ,plus nombreux1 en somme1 que leurs adv]saires et mieux arms1 ils n'ont jamais su df5dre leur drapeau4 ,la mollesse et la l*et1 compagnes trop frqu5tes des qualits d'ordre et de modration qui c>actris5t les rguli]s de la vie1 ont c]ta9em5t circonscrit leur action4 ,on l'a vu dans les rvolutions politiques4 ,si les p>tisans de l'ordre ne s'tai5t pas esquivs ou endormis que d'audacieux c\ps de ma9 aurai5t t vits6 ,mais ceux qu'on appelle les braves g5s se drob5t presque t\j\rs4 ,l'honntet amn]ait-elle fatalem5t la dim9ution des facults agissantes8 ,le repos de la consci5ce produirait-il l'apa?ie8 ,non1 mille fois non6 ,dans la p5se div9e les disciples de la vrit devai5t tre la lumire du monde1 le sel de la t]re444 ,mais si le sel p]d sa saveur1 avec quoi la lui r5dra-t-on8 ,il ne s]t plus qu' tre jet dehors et f\l aux pi$s p> les hommes4 ,les p>oles du ,*ri/ ont t prophtiques4 ,il faudrait les cri] auj\rd'hui au co9 de t\tes les places et de t\s les c>ref\rs p\r rveill] les mes eng\rdies1 p\r leur faire compr5dre qu'ayant manqu aux ordres reu1 elles sont les relles ennemies du vrai1 du beau1 du ju/e1 bi5 plus que les ngateurs audacieux de la loi morale qui1 du mo9s1 ont le mrite de la s9crit4 ,la doctr9e vanglique r5f]mant cet g>d ce qui se tr\ve de meilleur dans les autres religions ou philosophies1 elle doit s]vir de po9t de d"p l'exam5 de consci5ce dont j'affirmais t\t l'heure la ncessit4 ,a cet exam5 de consci5ce sont convies t\tes les mes sans di/9ction de croyances religieuses ou philosophiques qui admett5t une loi morale--l'impratif catgorique de ,kant--comme pr9cipe dirigeant de leur vie4 ,si je semble m'adress] spcialem5t aux *rti5s#a1 c'e/ qu'ils reprs5t5t la catgorie la plus nombreuse et que de leur "p l'tat d'in]tie p>at plus illogique et incomprh5sible4 ,le premi] po9t tablir e/ s'il exi/e de nos j\rs une diffr5ce sub/antielle entre l'attitude1 les jugem5ts1 la conduite d'un *rti5 et celle d'un incrdule4 ,placez les deux individus dans des circon/ances id5tiques de famille1 de situation1 d'ducation et de culture1 d\ez-les des mmes qualits et dfauts naturels1 puis mesurez si le degr de confiance qu'ils mrit5t d'inspir] n'e/ pas peu prs le mme4 ,il y a videmm5t des vies *rti5nes admirables1 la philosophie spirituali/e produit p>fois les c>actres d'lite1 mais ce sont des p]sonnalits isoles et r>es2 la gr&e masse des croyants r5ie *aque j\r dans ses actes les prceptes dont elle se dcl>e dpositaire4 ,en t\t cas elle ne s'lve gure au-dessus de la morale c\rante pratique p> les g5s qui respect5t le code et e/im5t qu'une exi/5ce rgulire e/ encore le meilleure des habilets4 ,p> quelle trange ab]ration d'esprit les p]sonnes religieuses ne se r5d5t-elles pas compte qu'une diffr5ce visible et notable devrait exi/] entre leur manire de voir et d'agir et celle des incrdules ou des matriali/es8 ,tant que cette vrit n'aura pas pntr les curs et les consci5ces1 le *ri/ianisme vivra de ses conqutes passes1 il ne p\rra pas tre la lumire du monde mod]ne4 ,le *rti5 n avec des in/9cts p]v]s ne devrait-il pas avoir une vie suprieure celle de l'a?e d\ des meilleurs in/9cts8 ,il e/ difficile1 je le sais1 de trac] t\j\rs une ligne de dm>cation nette4 ,quelles que soi5t les ngations d'un esprit1 il subit l'influ5ce des milieux et celle des =mules acceptes dans la socit o il a t lev4 ,en outre1 le respect des lois sociales et de l'op9ion publique cre des devoirs dont le pr9cipe intrieur diffre absolum5t1 mais dont les effets extrieurs sont app>emm5t analogues ceux qu'impose la loi morale4 ,cep5dant1 comme =ce de mobile1 aucune comp>aison ne devrait tre possible entre une conviction et une cra9te4 ,la peur du code peut emp*] les culpabilits matrielles1 elle e/ impuissante contribu] au p]fectionnem5t de l'individu4 ,or ce devoir de p]fectionnem5t cont9uel e/ ju/em5t l'un des po9ts sur lesquels la consci5ce *rti5ne s'e/ le plus fausse1 bi5 qu'il soit re/ l'tat de ?orie accepte4 ,de t\t temps l'obligation du dveloppem5t p]sonnel a t nglige dans la pratique1 cause de la faiblesse de l'homme et peut-tre de la trop gr&e tolrance des glises1 cep5dant l'idal atte9dre cons]vait objectivem5t sa gr&eur et sa puret4 ,il tait rs]v la d]nire moiti du ,,xixe sicle de l'amo9drir4 ,elle a fait du *ri/ianisme un g5d>me de/9 assur] aux privilgis la paisible j\issance de leurs plaisirs et de leurs ri*esses4 ,la religion tant un remp>t contre les fauteurs de dsordres et un sec\rs p\r les j\rs difficiles1 dit le *ri/ianisme mdiocre1 il e/ opportun de croire et surt\t de faire croire au bon ,dieu4 ,quant se tr\bl] le c]veau p\r des bagatelles sans importance3 m5songes1 vanit1 av>ice1 gsme1 l'esprit huma9 a fait trop de conqutes p\r subir encore le j\g des prjugs excessifs4 ,la p]fection n'e/ pas de ce monde1 il s]ait prsomptueux d'y aspir]4 ,on sait ma9t5ant qu'il y a des lois physiques imprescriptibles2 ,pascal n'a-t-il pas dit3 ,qui veut faire l'ange fait la bte8 ,p\rvu qu'on obs]ve les gr&es lignes de la morale1 le bon ,dieu n'en dem&e pas davantage4 ,voil plus ou mo9s ce qu'ont dit et p5s la plup>t des consci5ces *rti5nes p5dant une qu>anta9e d'annes4 ,si t\tes ne l'ont pas prcis vis--vis d'elles-mmes1 t\tes ont subi l'abaissem5t gnral4 ,ceux qui tait confie la direction des mes semblai5t admettre aussi cette faon mdiocre de p5s]2 ils se cont5tai5t de ces fruits de la m] ,morte1 obissant la cra9te d'effray]1 p> un idal trop lev1 une socit qui se vante de les avoir r5is t\s4 ,faux calcul en t\t cas1 c> le cur de l'homme ne met de prix qu' ce qui lui cote des sacrifices4 ,une des erreurs fondam5tales des jugem5ts huma9s e/ de se bas] sur les faits extrieurs2 socialem5t ils ont une importance capitale1 moralem5t presque aucune1 les mobiles secrets d'o ils procd5t tant la seule *ose qui compte4 ,t\te apprciation base sur un acte isol manque de valeur2 on ne peut jug] quitablem5t un individu que sur l'ensemble de son c>actre et de ses int5tions4 ,quoique l'affirmation puisse p>atre s+ulire1 il e/ au fond plus important de bi5 p5s] que de bi5 vivre4 ,l'homme qui p5se bi5 p\rra lui aussi commettre des fautes1 il f9ira t\j\rs p> les regrett]1 les rp>]1 les expi] en lui-mme4 ,l'homme qui p5se mal1 ou mdiocrem5t1 ou pas du t\t1 aura beau avoir une exi/5ce rgulire1 il re/]a un tre sans valeur1 incapable d'une action efficace4 ,il y a six c5ts ans1 les lieux pr(onds1 o l'air e/ sans toiles1 tai5t dj peupls de ces malheureux qui ne fur5t jamais vivants#b et que rep\ss5t la fois le ciel et l'enf]4 ,le sicle qui vi5t de f9ir a d augm5t] de faon effrayante la tri/e cohorte4 ,jamais1 en effet1 on n'a autant commis la fune/e erreur de croire que1 p\r rpondre la p5se div9e1 il suffisait de ne pas commettre c]ta9s actes1 comme si le code et la plus mdiocre morale ne suffisai5t pas condamn]1 s9on emp*] les meurtres1 les vols1 les vices de nature compromettre l'ordre social4 ,d'ailleurs1 les crim9els avrs app>ti5n5t p\r la plup>t une catgorie d'individus sur lesquels la cra9te de ,dieu n'a aucune influ5ce2 les crim9els d'occasion se tr\v5t mom5tanm5t dans des circon/ances tragiques ou des tats passionnels et morbides qui obscurciss5t leur m5talit jusqu' la folie1 ils ont p]du t\t contrle sur eux-mmes4 ,malgr la corruption rgnante ce sont l des tres d'exception1 la gr&e masse des individus vit app>emm5t dans l'ordre1 se con=mant aux rgles des lois sociales4 ,mais l'atmosphre en e/-elle plus pure et plus sa9e8 ,s'ab/5ir de c]ta9s dlits ne con/itue pas un c>actre moral2 celui-ci doit s'tablir sur de nobles p5ses que la volont essaye de traduire en faits ou dans cette puissance sil5cieuse de l'me plus efficace et attirante que les meilleures actions4 ,la disp>ition des gr&es passions et le rgne des petites e/ le trait ess5tiel de la dom9ation ex]ce p> la socit b\rgeoise4 ,cette victoire dont elle se vante e/ une dfaite4 ,c]tes1 on ne peut se faire l'aptre des s5tim5ts viol5ts1 ils ont trop ravag le monde1 mais du mo9s ils n'abaissai5t pas les c>actres et ne p]mettai5t pas la prilleuse scurit qui nat de la pauvret et de l'insuffisance morales4 ,le p*ez =tem5t de ,lu!r p\rrait tre utilem5t rpt auj\rd'hui4 ,il y a entre les gr&es passions et les petites la diffr5ce du lion au v]3 le premi] d*ire et tue1 le second ronge et dcompose4 ,une action mesqu9e accomplie p> habitude1 le front s]e91 avilit plus qu'une action c\pable commise avec remord et due un entranem5t puissant2 c> ce remord con/itue dj une expiation qui relve l'me et produit s\v5t sur d'autres po9ts des dveloppem5ts de v]tus1 c> le s5tim5t du ra*at p> le sacrifice e/ in/9ctif l'homme4 ,les gr&s rep5tirs sont une lumire et un enseignem5t1 et on ne se rep5t pas des actions mdiocres2 elles ne creus5t pas l'me une assez gr&e pr(ondeur1 et pass5t sur elle en la dgradant1 sans en tir] ces cris de d\leur et de dsespoir qui ont un p\voir de rgnration p\r qui les p\sse et les ent5d4 ,une morale ngative1 des passions mesqu9es qui ne laiss5t pas de place au rep5tir1 le pre/ige du mal subi p> l'imag9ation1 l'av>ice morale rige en pr9cipe1 jo9t au faux am\r de soi1 obscurciss5t les consci5ces4 ,l'opportunisme sub/itu la droiture1 la vanit et la mauvaise foi dom9ant les vies1 tels sont les traits saillants de la socit actuelle1 le tri/e miroir o se reflt5t les mes de la gr&e masse de ceux qui s'intitul5t honntes g5s4 ,si ces mes demi mortes veul5t r5atre1 elles doiv5t accomplir un d\ble travail3 se r5dre compte de leur pauvret1 des m5songes o elles viv5t1 des bassesses o leur cur se complat et compr5dre enf9 que si elles ne bas5t pas leur vie sur un idal de ju/ice et de vrit1 elles condamn5t irrmdiablem5t les pr9cipes qu'elles prt5d5t pr(ess]4 ,dans la cration ri5 ne re/e /ationnaire et il doit tre dans la p5se div9e d'ordonn] l'homme un dveloppem5t moral incessant4 ,peu importe si le rveil e/ l5t1 s'il n'y a que des mes isoles qui se mett5t en r\te6 ,*acune des gr&es r=mes morales e/ sortie du travail d'une seule consci5ce4 ,il s'agit auj\rd'hui de prp>] des gnrations n\velles plus heureuses que les prcd5tes p>ce qu'elles connatront mieux le prix de la vie1 sauront lim9] les fausses s\ffrances1 s]ont consci5tes de leur p\voir1 auront confiance dans leur volont et possd]ont leur me4 ,la premire impulsion e/ donne1 le bi5 e/ remis en honneur1 il ne re/e qu' se connatre soi-mme et m>*]4 ,,*apitre ,,ii ,,le ,,pre/ige ,,du ,,mal ,la =ce e/ la re9e du monde4 7,,pascal47 ,l'abaissem5t ou l'lvation d'une me peut se mesur] aux objets de son admiration ou de son mpris2 de mme1 p\r jug] d'une poque1 faut-il se r5dre compte des div9its qu'elle adore4 ,or devant quelles puissances s'incl9e la ntre8 ,le h]o-wor%ip que ,?omas ,c>lyle conseillait sa gnration n'e/ c]tes plus la mode du j\r3 des cultes d'un ordre trs diffr5t l'ont remplac4 ,si l'humanit veut suivre les *em9s qui mont5t elle doit comm5c] p> se dt\rn] de ces autels mdiocres2 la r\te sur laquelle elle m>*e auj\rd'hui et qui1 sur c]ta9s po9ts1 lui a fait atte9dre de m]veilleux progrs1 p\rrait la rejet]1 p> la p5te logique de l'abaissem5t graduel des c>actres1 aux priodes d'ignorance et de brutalit1 si un s9cre exam5 de consci5ce#c1 suivi d'un ef=t c\rageux1 ne ramne les curs au culte des vrais dieux4 ,les t5tatives qui ont t faites d]nirem5t p\r remettre le bi5 en honneur sont isoles encore et le dda91 s\s lequel c]ta9es v]tus tai5t tombes1 p]si/e t\j\rs4 ,la bont1 l'oubli des injures1 l'esprit de sacrifice1 la probit scrupuleuse1 le dsir d'tre utile1 cont9u5t tre un objet de raill]ie1 mo9s qu'ils ne soi5t accompagns du pre/ige d'une gr&e situation ou d'une gr&e =tune4 ,si ce correctif leur manque1 on se borne les tolr]1 c> on a cess de leur accord] une valeur intr9sque et de les considr] dans leur application comme un triomphe moral digne de respect4 ,ce biz>re s5tim5t a pntr la gr&e majorit des mes et mme--phnomne incomprh5sible--les mes *rti5nes4 ,on va se rvolt]1 cri] l'exagration et au pessimisme444 ,et1 en ne considrant que la surface des *oses1 ces prote/ations s]ont app>emm5t ju/ifies2 mais1 en exam9ant s9crem5t la "q1 en jetant en soi et aut\r de soi un reg>d att5tif1 on s]a =c d'admettre la vrit de cette affirmation4 ,la plup>t de ceux qui essay5t de pratiqu] le bi5 dans leur propre vie ont cess de l'admir] dans celle d'autrui4 ,ils n'ont pas le s5tim5t de leur illogisme1 mais cette inconsci5ce ne dtruit aucun des effets moraux de l'anomalie4 ,il en a t\j\rs t a9si1 dira-t-on1 la f9 du sicle n'a ri5 inv5t4 ,l'criture affirmait1 il y a des milli]s d'annes1 que le cur huma9 tait dsesprm5t mauvais et qu'il y avait antagonisme entre lui et le bi54 ,les lm5ts obscurs qui s'agit5t dans l'homme se sont sans cesse dresss contre les manife/ations de la lumire2 les p5seurs ont1 de t\t temps1 dplor ce trait de la nature d*ue1 et ,m4 de ,mai/re crivait3 ,j'ignore ce qu'e/ la consci5ce d'un fripon1 mais je sais que celle d'un honnte homme e/ quelque *ose d'p\vantable4 ,la ha9e du bi5 e/ donc aussi vieille que le monde2 p\r vit] que le dc\ragem5t n'accable les curs1 il e/ sage d'accept] les surfaces et les m5songes conv5tionnels2 creus] la p5se1 se mettre rigidem5t en face de la vrit1 c'e/ v\loir arriv] de dsesprantes con/atations4 ,les consci5ces les plus pures ont des reco9s sombres o sommeille une inimiti s\rde contre t\tes les *oses bonnes2 il en a t a9si *ez le premi] ,adam1 il en s]a de mme *ez le d]ni]4 ,la valeur de ces argum5ts e/ conte/able4 ,si aucun g]me n\veau n'a pntr la nature huma9e1 il e/ c]ta9 cep5dant que les t5dances de *aque poque ont plus ou mo9s dvelopp tels ou tels des nombreux in/9cts de l'homme4 ,ce qui c>actrise le temps actuel ce n'e/ pas la ha9e1 c'e/ le dda9 du bi54 ,il ne s'agit plus de ce s5tim5t de colre ou d'envie pr\v p> les anges rebelles1 mais d'une p]v]sion de jugem5t qui fait mpris] avec l'intellig5ce ce que la consci5ce ordonne d'accomplir4 ,les ides d>w9i5nes ont1 dans ce phnomne1 une l>ge "p de responsabilit4 ,la doctr9e de la lutte p\r la vie a envahi t\s les esprits1 mme ceux qui la rep\ss5t comme ?orie ou ne l'accept5t que p>tiellem5t4 ,on en e/ arriv n'e/im] que le va9queur du combat2 s'il re/e matre du *amp de bataille1 peu importe sa valeur ou sa mdiocrit relles6 ,il e/ logique qu' ce po9t de vue les v]tus qui ds>m5t l'homme et risqu5t d'entrav] sa victoire soi5t considres comme des dsavantages1 puisque les possd] c'e/ tre va9cu d'avance4 ,a t\tes les poques1 la dfaite a suscit le mpris des natures vulgaires2 auj\rd'hui ce s5tim5t e/ dev5u presque gnral2 il n'y a plus de raction gnreuse en faveur des va9cus1 les batailles p]dues ne tr\v5t plus de potes p\r les *ant]6 ,manqu] de la puissance de combativit ou ne pas v\loir l'ex]c] p> pr9cipe1 quivaut1 dans l'ordre moral1 tre man*ot dans l'ordre physique3 l'op9ion publique1 sauf d'assez r>es exceptions1 jauge immdiatem5t les malheureux qui en sont dp\rvus1 les range p>mi les quantits ngligeables1 et1 contre ce v]dict1 il n'y a po9t d'appel4 ,quelles sont1 p> exemple1 les consqu5ces du p>don des injures p\r ceux qui le pratiqu5t8 ,l'homme ne peut donn] une plus gr&e preuve de =ce morale1 c> p\r p>donn] vraim5t il faut tre roi de soi-mme4 ,cep5dant aucune v]tu ne nuit davantage la situation p]sonnelle de l'individu4 ,une injure oublie semble en am5] d'autres2 c'e/ une conspiration p\r p\ss] b\t celui qui s'e/ impos le p>don comme rgle de conduite2 on refuse de croire sa s9crit1 on essaye d'attribu] sa mansutude des motifs de l*et ou d'intrt1 et1 lorsqu'enf9 elle e/ dev5ue un fait avr1 une lgre p>celle de mpris1 qui ira t\j\rs gr&issant1 se glisse p\r lui dans les curs4 ,il ne suffit plus de dompt] ses rancunes et de triomph] de ses ress5tim5ts1 il faut se rsign] d'avance support] les effets nuisibles du p>don accord4 ,l'homme *appe ce dda9 lorsque la victoire remporte sur lui-mme se manife/e dans des conditions clatantes1 mais1 dans les circon/ances ord9aires de la vie prive ou publique1 il en s\ffre de mille faons4 ,il faut avoir faire des natures trs gnreuses p\r ne pas tre puni d'une injure oublie4 ,le dsir d'tre utile aux autres et l'esprit de r5oncem5t s\s t\tes ses =mes subiss5t des dnigrem5ts id5tiques4 ,le dploiem5t de ces qualits comm5ce p> provoqu] des abus4 ,dans les familles1 les adm9i/rations1 les uvres de bi5faisance1 le mme phnomne se vrifie sans cesse3 les individus de bonne volont sont sur*>gs sans scrupules de la besogne qui devrait tre rp>tie sur t\s1 et p]sonne ne leur en e/ reconnaissant2 au contraire1 un f]m5t d'irritation s'lve contre eux4 ,cela aussi e/ vieux comme le monde1 l'+ratitude rpondant1 p>at-il1 un in/9ct de la nature huma9e2 ce qui e/ ess5tiellem5t mod]ne1 c'e/ le mpris qui s'y aj\te4 ,mme lorsque l'imag9ation e/ saisie1 qu'il s'agit d'un dv\em5t d'am\r ou d'un acte clatant de gnrosit1 l'admiration e/ froide1 et il s'y mle une po9te d'ironie4 ,si auj\rd'hui ,l&re p\r retr\v] ,hro devait trav]s] l',hellespont la nage1 il tr\v]ait des railleurs sur les deux rives du dtroit1 et les femmes s]ai5t les premires s\rire de cet am\reux trop ard5t4 ,on dirait que l'oubli de sa propre p]sonnalit e/ un aveu d'infriorit2 les curs ne le compr5n5t plus4 ,faire bon m>* de ses intrts1 c'e/ se dconsidr] soi-mme et provoqu] le manque de respect d'autrui4 ,le ds9tressem5t1 cette v]tu si haute1 n'a pas cons]v plus de pre/ige4 ,on s'indigne bi5 encore quelquefois contre les fripons qui s'enri*iss5t au dtrim5t des honntes g5s1 mais l'homme de bi5 pauvre1 ou dev5ant pauvre1 p>ce qu'il n'a v\lu faire de tort p]sonne1 ne tr\ve c]tes pas dans l'e/ime publique l'quival5t de ce qu'il a p]du2 et il entre bi5 du s>casme dissimul dans l'loge qu'on fait de sa probit4 ,dans les circon/ances mme o elle reprs5te une sauveg>de p\r les intrts qui lui sont confis1 cette probit ne s]t gure4 ,y a-t-il une place donn]1 une affaire trait]1 en *>ge-t-on de prfr5ce ceux qui (fr5t comme g>antie leur ds9tressem5t connu8 ,de t\t autres mobiles dt]m95t d'ord9aire les *oix et les rcomp5ses4 ,il e/ admis que la dlicatesse scrupuleuse emp*e le succs2 or le succs e/ le niveau auquel t\t se mesure1 et la socit actuelle n'a pas de place p\r ceux qui la ddaign5t4 ,la dignit mode/e e/ galem5t relgue p>mi les qualits nuisibles4 ,les natures fires et dlicates qui rpugn5t faire du bruit aut\r d'elles1 s5tant la vulg>it de l'aplomb audacieux1 se voi5t ngliges mme p> ceux qui s]ai5t capables de les compr5dre4 ,dans le monde1 la politique1 les affaires1 ne pas essay] de pr5dre insolemm5t les premires places1 v\s fait s\v5t relgu] aux d]nires4 ,cep5dant1 *acun sait--les imbciles seuls l'ignor5t--que la supriorit relle e/ incompatible avec la prt5tion audacieuse4 ,t\t idal lev impose l'humilit4 ,george ,s&1 qui avait le gnie mode/e1 disait que se dc]n] des c\ronnes soi-mme pr\vait une irrmdiable mdiocrit et int]disait t\t espoir de progrs4 ,mais ,george ,s& e/ morte1 et sa gnration a disp>u2 on n'a plus le temps auj\rd'hui1 dans l'agitation fbrile des j\rnes1 de s'occup] des valeurs qui se drob5t4 ,la bont et la pati5ce1 ces g>di5nes du bonheur de l'homme1 sans lesquelles les *oses les plus d\ces de la vie se *ang5t en am]tume1 *app5t-elles du mo9s au dda9 de ceux qui en bnfici5t8 ,elles ont1 hlas6 le mme sort que le dv\em5t et le ds9tressem5t1 et volonti]s l'on manque d'g>ds env]s ceux qui les pratiqu5t4 ,lorsque les circon/ances =c5t sacrifi] quelqu'un1 qu'il s'agisse de la vie publique ou de la vie prive1 le *oix e/ rapide2 il tombe sur les tres que l'on devrait respect] davantage4 ,c'e/ eux que l'on fait tort1 p>ce que l'on sait p\voir compt] sur leur dbonnairet2 l'tre m*ant1 dont il y a quelque *ose cra9dre1 e/ p>gn d'ord9aire4 ,les v]tus qui n'ont pas p\r base l'esprit d'abngation et d'humilit sont cotes mo9s bas sur le m>* de l'op9ion publique4 ,mais elles n'acquir5t cep5dant un rel pre/ige que si elles reprs5t5t des lm5ts de russite3 arg5t ou situation4 ,la h>diesse1 le c\rage1 la f]met1 la p]svrance1 l'n]gie s\s t\tes ses =mes1 inspir5t encore quelque respect4 ,elles rpond5t ce beso9 de la =ce qui dom9e indi/9ctem5t t\tes les mes4 ,la fran*ise1 qu& elle e/ lgrem5t brutale1 le respect de soi-mme lorsqu'il s'y mle un peu d'insol5ce1 russiss5t encore faire leur *em9 dans le monde1 non en tant que v]tus1 mais comme conditions de prpondrance4 ,les qualits ngatives1 telles que l'indulg5ce et la modration1 sont galem5t tolres2 le fonds d'indiffr5ce sur lequel elles se bas5t leur assure mme une c]ta9e e/ime4 ,cet trange dda9 p\r ce qui reprs5te la somme des hauteurs morales1 p\rrait1 la rigueur1 s'expliqu] de la "p des matriali/es et des dt]m9i/es4 ,v\lant une humanit d'o les faibles s]ai5t supprims ds leur naissance1 il e/ logique que c]ta9es v]tus quival5t p\r eux des faiblesses4 ,mais il y a incompatibilit flagrante entre ce dda9 du bi5 et les doctr9es *rti5nes et spirituali/es4 ,reconnatre en ,*ri/ un matre suprme ou un docteur sublime et n'avoir dans la pratique de la vie aucun respect p\r ceux qui essay5t de suivre ses traces1 e/ la plus flagrante des inconsqu5ces4 ,c]tes1 on n'e/ pas arriv encore pr(ess] ouv]tem5t le pr9cipe que la pratique des v]tus e/ une preuve de d*ance intellectuelle1 mais qu'importe la ?orie1 du mom5t que la gr&e majorit des soi-disant croyants agiss5t comme si telle tait rellem5t leur p5se6 ,ils s'att5driront peut-tre la lecture d'un acte de dv\em5t obscur1 accompli lo9 d'eux p> des inconnus qu'ils ne v]ront jamais1 mais si la *ose se passe leur porte1 l'motion disp>at et la raill]ie la remplace4 ,quel intrt ou quelle vnration manife/]ont-ils p\r ces hros de la vie8 ,leur poigne de ma9 ne s]a pas plus cordiale2 elle cont9u]a se mesur] la situation et non la p]sonnalit morale de ceux qu'ils accueill5t4 ,la vue du sacrifice n'aura en ri5 r*auff leur cur ni exalt leur imag9ation4 ,auj\rd'hui dire de quelqu'un qu'il a une belle me1 c'e/ provoqu] le s>casme ou du mo9s le s\rire4 ,ce mpris du bi5 auquel on se heurte *aque pas de la vie morale a eu comme consqu5ce directe la tolrance et mme l'admiration du mal4 ,la plup>t des mes subiss5t ce d\ble c\rant sans le compr5dre1 sans le df9ir1 sans se r5dre compte surt\t du dplacem5t qu'il opre dans les po9ts de vue de notre gnration4 ,essay] de dissip] cet aveuglem5t et de donn] aux hommes la consci5ce de leurs s5tim5ts rels e/1 p\r t\s ceux qui ont entrevu la vrit1 un imprescriptible devoir4 99 99 99 99 99 ,la =ce a t\j\rs ex]c sur les imag9ations un s+uli] pre/ige1 mme lorsque ses manife/ations tai5t inju/es et brutales2 dans t\s les plans de r=me morale1 il faut donc t5ir compte de cet in/9ct qui1 bi5 dirig1 p\rrait conduire l'homme de sublimes conqutes4 ,mais la =ce ne rgne plus exclusivem5t4 ,l'habilet heureuse lui dispute la place1 et les mes amollies1 les esprits trop aiguiss se laiss5t volonti]s sduire p> cette puissance infrieure qui disp5se de l'ef=t et du sacrifice et promet de faciles conqutes4 ,l'affaiblissem5t de la fibre morale et physique1 la scurit des exi/5ces1 l'abs5ce des prils qui trempai5t les mes expliqu5t cette volution de la p5se1 volution qui agit comme un dissolvant sur les consci5ces4 ,ce n'e/ pas que l'attraction de la =ce en soi ait dim9u1 mais les esprits vulg>iss1 avides de succs app>5ts1 sont dev5us empiriques et n'admett5t plus que les rsultats4 ,or1 dans l'ordre de *oses actuel1 il e/ vid5t que le plus gr& nombre de victoires e/ remport p> l'adresse4 ,l'homme habile ex]ce1 p> consqu5t1 sur son pro*a9 une fasc9ation indiscutable qui ressemble presque de la considration4 ,c]ta9es expressions qui appliques aux individus1 avai5t jadis une signification mprisante et l'ont encore dans le s5s absolu des mots1 reprs5t5t de nos j\rs1 c'e/ tacitem5t ent5du1 une exclamation flatteuse4 ,on dirait que les p>oles ont p]du leur valeur primitive4 ,dans les pays lat9s1 en p>ticuli]1 l'admiration p\r la ruse1 la f\rb]ie heureuse1 la comb9aison adroite ne se dissimule mme pas1 et c'e/ pe9e si quelques signes de raction comm5c5t se manife/]4 ,naturellem5t1 en ?orie1 on =mule encore des apprciations svres sur le manque de dlicatesse ou de droiture1 mais les attitudes ou les faons d'agir ont cess de correspondre la rigidit des mots4 ,le succs voit t\tes les portes s'ouvrir l>gem5t devant lui2 les plus honntes et les plus exclusives ne font pas exception4 ,et s\v5t aucun intrt p]sonnel n'entre en jeu1 c'e/ simplem5t p> platitude ou p>ce que le c\rant e/ trop =t et les volonts trop malades p\r rsi/] au flot qui les entrane4 ,cette sorte d'admiration morbide du succs1 surt\t lorsqu'il prsuppose de gr&es dp5ses d'habilet1 e/ peut-tre plus frqu5te encore *ez les femmes que *ez les hommes4 ,le s5tim5t de la probit et de la loyaut tant gnralem5t mo9s dvelopp p> leur ducation1 elles n'pr\v5t pas p\r c]ta9es actions la rpugnance que les hommes d'honneur1 "p t\te ide de morale1 ress5t5t in/9ctivem5t4 ,p\r s'en conva9cre1 il suffit d'obs]v] ce qui se passe dans les familles1 mme les plus honntes4 ,que de fois n'ent5d-on pas les p\ses et les mres repro*] leurs m>is et leurs fils les pr9cipes1 les qualits ou les scrupules qui les emp*5t1 dans telle ou telle circon/ance1 d'atte9dre les premires places ou d'obt5ir les avantages les plus considrables8 ,on p\rrait cit]1 dans un s5s contraire1 de nobles et gr&s exemples1 mais il e/ c]ta9 que la gnralit des femmes mett5t en premire ligne les intrts visibles de ceux qu'elles aim5t et y subordonn5t s\v5t les devoirs de la consci5ce4 ,les femmes ont t\j\rs eu d'ailleurs de secrtes et subtiles indulg5ces p\r ce qui les dom9e sans les froiss] ou les brutalis]4 ,l'adresse les a fasc9es de t\t temps2 les hommes qui ont la r5omme d'avoir tr\bl sciemm5t le plus gr& nombre d'exi/5ces ex]c5t sur leur imag9ation une influ5ce inconte/able1 mme lorsque ni leur cur ni leur vanit ne sont t\*s4 ,on voit les mres et les surs subir1 elles aussi1 l'asc5dant de la ruse lgante1 triomphante4 ,auj\rd'hui que les intrts des femmes se sont l>gis1 qu'elles s'occup5t de t\tes les que/ions et impos5t leurs jugem5ts sur plusieurs po9ts1 cette t5dance de leur esprit admir] l'habilet a l>gem5t contribu dvoy] l'op9ion4 ,une "p de curiosit entre dans cet attrait que les femmes ress5t5t2 leurs amitis en sont la preuve4 ,les plus honntes re*]*5t volonti]s celles dont les av5tures ont t notoires1 mais dont l'adresse a su vit] le sc&ale public2 p>it de situation elles leur donn5t le pas sur les femmes irrpro*ables dont l'hi/oire n'ex]ce pas de pre/ige sur l'imag9ation4 ,l'amie inc]ta9e1 la trahison t\j\rs prte1 a plus d'empire que l'amie loyale sur qui l'on sait p\voir compt]1 tellem5t les *oses mauvaises dgag5t un magntisme auquel on n'a pas scrupule de cd]4 ,ce sont l1 dira-t-on1 des trav]s de femmes du monde qui ne reprs5t5t qu'une trs petite fraction de l'humanit et dont l'influ5ce e/ re/re9te2 trs re/re9te1 en effet1 s'il ne fallait pas compt] sur l'esprit d'imitation qui1 allant de bas en haut1 fait retr\v] le mme c\rant de t5dances t\s les degrs de l'*elle sociale4 ,dans la vie politique1 un phnomne id5tique se manife/e1 en p>ticuli] dans les pays o elle e/ organise sur la base des influ5ces p>lem5taires1 et c'e/ l surt\t qu'on voit l'honntet ds>m] l*em5t devant la friponn]ie4 ,dans ce gr\pem5t d'hommes1 qui devrait reprs5t] l'lite morale des nations1 quelles sont les individualits qu'on mnage8 ,celles qui (fr5t une surface morale et dont la probit reconnue assure la loyaut des transactions8 ,ces voix-l sont r>em5t c\tes et1 p> une conspiration tacite1 l'clat en e/ vite ass\rdi4 ,les recomm&ations qui compt5t1 les p>oles dont l'autorit s'impose man5t presque t\j\rs de ceux dont l'appui e/ inc]ta91 la coopration d\teuse1 ju/em5t p>ce qu'ils sont dp\rvus des qualits capables de ds>m] leur rancune1 si elle tait suscite4 ,on assi/e dans cet ordre d'ides des compromis incroyables1 dont la base e/ t\j\rs1 mme *ez les plus honntes g5s1 la cra9te respectueuse des individus assez habiles et h>dis p\r g>d] en ma9 le man*e du c\teau et s'en s]vir sans scrupules4 ,la moralit politique n'e/ pas cote aussi bas dans t\s les tats de l',europe1 et mme dans ceux qui sembl5t avoir dsappris la signification du mot on compte encore de nombreuses exceptions4 ,mais il s]ait puril de s'illusionn]4 ,la masse des classes dirigeantes a p]du t\te droiture de jugem5t2 elle manife/e une dmoralisante indulg5ce p\r les c>actres sans scrupules1 assez effronts p\r s'impos] au pays qui les connat et p\rtant--inconcevable faiblesse--se laisse g\v]n] p> eux4 ,ce sont l1 object]a-t-on1 des contradictions inhr5tes la politique de t\tes les poques4 ,on a vu1 malgr ses crimes abom9ables1 ,cs> ,borgia inspir] ,ma*iavel un s+uli] en?\siasme1 et l'on p\rrait multipli] les exemples de ce g5re4 ,oui1 mais ,cs> ,borgia tait un crim9el aux gr&es lignes1 et ,ma*iavel avait au mo9s la bonne foi d'rig] ouv]tem5t en pr9cipe la suprmatie de l'habilet sur les lois morales4 ,ensuite1 s\s les anci5s rgimes il n'tait pas facile de ragir2 les prote/ations tai5t =cm5t sil5cieuses et t\t travail de r=me l5t et secret1 t&is qu'auj\rd'hui la p>ole e/ libre1 l'op9ion publique a mille manires de s'affirm]444 ,on n'a plus aucune excuse p\r subir le j\g des coqu9s habiles1 ri5 ne =ce subir leur audace effronte2 il n'y aurait qu' v\loir ragir et il suffirait aux honntes g5s de se mettre d'accord p\r les relgu] dans la catgorie des quantits ngligeables et leur f]m] des situations qu'ils sont indignes d'occup]4 ,mais cet ef=t de volont1 nul ne le fait4 ,et p\rtant les coqu9s sont en m9orit4 ,leur triomphe ne s'explique que p> la complicit des curs vacillants qui1 t\t en se disant honntes1 admir5t *ez autrui le mal qu'ils n'ont pas le c\rage de faire eux-mmes4 ,dans la famille galem5t ces tri/es inconsqu5ces se retr\v5t1 mme dans celles o les sa9es ?ories sont en app>5ce le pr9cipe inspirateur de la vie4 ,on dirait que la ju/ice a ds]t les foy]s2 l aussi l'homme s'incl9e devant le mal4 ,c]ta9s dfauts le dom95t2 l'gsme e/ une arme que sa l*et respecte2 il n'en ap]oit plus la tri/e vulg>it4 ,l'adresse galem5t le g\v]ne1 le sduit et le bi5 n'ex]ce plus intr9squem5t aucun pre/ige sur son me4 ,il y a1 videmm5t1 des exceptions4 ,mais p\r jug] d'une t5dance1 c'e/ la gnralit qu'il faut considr]4 ,or1 dans la gnralit des familles1 aucun hommage n'e/ r5du au bi52 la prpondrance app>ti5t presque t\j\rs la =ce g/e4 ,si l'on desc5dait aux dtails1 il y aurait cit] d'innombrables exemples1 dans lesquels *acun reconnatrait les erreurs d'valuation qu'il a commises env]s les si5s ou dont il a t victime4 ,l'gsme e/ tellem5t respect1 c>ess1 qu'on ent5d de =t religieuses p]sonnes regrett] de ne pas en tre suffisamm5t p\rvues4 ,p>t\t on lui lve un pide/al comme une s\rce c]ta9e d'avantages et de =tune2 il faut1 bi5 ent5du1 que cet am\r immodr de soi ne s'exprime pas trop brutalem5t1 qu'on le dcore et qu'on l'enveloppe de prtextes m5teurs444 ,c'e/ quoi excell5t les femmes2 les hommes1 plus maladroits1 ont une manire crue et dp\ille d'artifices de manife/] leurs exig5ces qui froisse le gt et mle un peu de rvolte aux concessions qu'on leur fait4 ,la viol5ce de c>actre russit galem5t s'impos] comme une =ce dans les rapports intimes4 ,c'e/ une puissance qui mrite des g>ds4 ,si une discussion survi5t1 s'il y a un jugem5t port]1 une situation df9ir1 qui sont d'ord9aire les sacrifis8 ,a qui les p>5ts1 les surs1 les frres donn5t-ils tort la plup>t du temps8 ,presque t\j\rs ceux qui ont raison4 ,avoir raison prsuppose l'exi/5ce de qualits qui emp*]ont leurs possesseurs de ragir dsagrablem5t contre le manque d'quit dont ils sont victimes4 ,cette dmoralisante inju/ice1 qu'on dcore du nom de prud5ce1 a p]du plus d'mes que les conseils corrupteurs de t\s les ,mphi/ophls passs1 prs5ts et futurs4 levs ds l'enfance cette cole d'immoralit pratique1 qu'y a-t-il d'tonnant ce que nos contempora9s ai5t p]du la notion exacte du bi5 et du mal8 ,le docteur ,fau/1 auj\rd'hui1 n'aurait plus beso9 de son matre2 ils se sugge/ionn]ait lui-mme4 ,le mal a cess d'tre la t5tation suprme1 le p* fasc9ant dont p>lai5t nos pres et auquel on cdait p> entranem5t ou p> folie1 c'e/ une arme de combat dont il faut appr5dre se s]vir4 ,on raisonne sur sa ju/esse et sa porte1 et1 lorsqu'elle t\*e ju/e1 *acun s'crie3 ,quel beau c\p6 99 99 99 99 99 ,si un p>eil tat d'esprit devait dur]1 le b\lev]sem5t d'ides qu'il f9irait p> am5] e/ incalculable4 ,les contradictions o l'on vit auj\rd'hui ne peuv5t se prolong] sans avoir p\r consqu5ce fatale la modification des pr9cipes moraux1 puisque ces pr9cipes ne correspond5t plus la ralit des s5tim5ts4 ,cette modification s]ait l'cr\lem5t de l'difice sur lequel la socit *rti5ne e/ fonde4 ,p\r emp*] ce dsa/re1 et avant que les curs et les esprits ne s'g>5t irrmdiablem5t1 ceux qui se ratta*5t encore aux croyances religieuses ou simplem5t ?iques devrai5t se dem&] o la r\te qu'ils suiv5t va logiquem5t les conduire4 ,si l'homme cont9ue contr$ire p> sa vie t\s les pr9cipes qu'il prt5d accept]1 il arriv]a de degr en degr ne plus concevoir comme possible la ralisation du bi51 ce qui quivaudrait la disp>ition df9itive de l'idal et l'tablissem5t d'un seul rgne3 celui de la =ce et de la ruse4 ,or1 quels que puiss5t tre les g>em5ts de la p5se mod]ne1 beauc\p de consci5ces se s5tiront tr\bles devant la possibilit d'un p>eil rsultat4 ,assez de ress\rces exi/5t encore dans les mes p\r qu'elles se rveill5t du long sommeil o elles se sont att>des et repr5n5t la face du monde le rle que le plan div9 leur assignait4 ,le c\rant d'idalisme qui se re=me en ce mom5t aid]a leurs ef=ts4 ,p>t\t1 des hommes qui *]*5t et qui p5s5t1 t5t5t de s\lev] la *ape de plomb s\s laquelle l'humanit ne peut plus se rsign] vivre#d4 ,mais il faut que les croyants se ht5t et ne laiss5t pas s'enfuir l'heure prs5te sans rpondre son appel4 ,la sci5ce de la vie devrait consi/] donn] *aque *ose sa valeur relle2 c'e/ le secret des exi/5ces quilibres4 ,or1 la gnration actuelle a p]du le s5s des apprciations ju/es2 ceux mmes qui ont cons]v subjectivem5t un tact dlicat ne le possd5t plus objectivem5t4 ,l'in/9ct a pu re/] bon1 le jugem5t s'e/ obscurci2 l'intellectualisme trop dvelopp a amorti la puissance des impressions intrieures d'o sortai5t ces impulsions d'en?\siasme ou d'indignation1 qui1 en se cri/allisant1 =mai5t l'ess5ce des apprciations individuelles4 ,le premi] devoir des esprits s9cres et droits1 aprs s'tre mis en face de la vrit et avant de song] aux autres obligations qui leur incomb5t1 e/ donc de rev5ir1 ou1 p\r mieux dire1 d'arriv]--c> les prjugs d'autrefois g>ai5t eux aussi le jugem5t-- la notion exacte des *oses qui mrit5t ou dmrit5t le respect4 ,ce travail ne p\rra tre que l5t2 les op9ions fausses1 une fois absorbes1 sont difficiles drac9]1 mme lorsqu'on en a reconnu l'inanit2 il y a telle habitude intellectuelle qui (fre plus de rsi/ance qu'une conviction4 ,cep5dant les procds suivre sont des plus simples4 ,il suffirait de se pos] soi-mme une "q d'une =mule enfant9e3 ,crois-je au bi5 et au mal8 ,la rponse e/-elle ngative8 ,on app>ti5t une catgorie morale laquelle ces pages ne s'adress5t pas4 ,e/-elle affirmative8 ,on e/ mis en face des contradictions o l'on vit4 ,en effet1 croire au bi51 le considr] en ?orie comme le b suprme de la vie1 le *em9 de l'au-del1 et ne pas l'ador] dans t\tes ses manife/ations1 c'e/ dm5tir et r5i] ses croyances1 c'e/ tre inconsqu5t au d]ni] degr4 ,croire au mal1 voir en lui le p]turbateur des de/9es de l'homme1 la =ce mauvaise qui1 l'loignant de ,dieu1 lui f]me les portes du bonheur et n'avoir p\r ses manife/ations ni rpugnance ni mpris1 e/ t\t aussi pr(ondm5t illogique4 ,un tre p5sant1 qui se croit fait l'image de ,dieu1 a-t-il le droit du r5iem5t1 de l'inconsqu5ce et de l'illogisme8 ,s'il s'arroge ce droit1 il manque t\s ses devoirs3 devoirs vis--vis de son ,crateur1 devoirs vis--vis de lui-mme4 ,et1 ce qui e/ mal p\r lui1 e/ galem5t mauvais p\r autrui4 ,il e/ responsable de l'impression que sa manire d'agir et de jug] produit sur son pro*a91 des bonnes int5tions qu'il dc\rage et des mauvaises actions qu'il protge4 ,plus son autorit p]sonnelle e/ gr&e1 plus son influ5ce dmoralisante e/ considrable4 ,tu] le corps n'e/ ri51 aid] p]dre une me1 voil le crime irrmdiable1 si n\s en croyons le ,livre dans lequel les notions de morale de la socit actuelle sont puises4 ,en refusant aux *oses bonnes l'e/ime laquelle elles ont droit1 on les amo9drit aux yeux de ceux qui essay5t de les ralis]1 on jette dans les esprits un d\te sur l'imprescriptibilit du devoir1 et ce d\te e/ s\v5t mortel dans ses effets2 en assurant au mal1 dans ses plus basses et mdiocres manife/ations1 une impunit qui a t\tes les app>5ces d'une ju/ification1 on s'en r5d complice4 ,les curs timors1 les volonts hsitantes1 qu'un re/e de scrupule aurait peut-tre ram5s dans la voie droite1 s'en loign5t df9itivem5t1 conva9cus qu'on peut m>*] l'aise sur la gr&e r\te battue o le vice tale ses laideurs et obti5t ses victoires4 ,mais1 dira-t-on1 ces causes-l sont secondaires1 l'homme ne relve que de ,dieu et de sa consci5ce2 l'approbation du monde doit lui tre indiffr5te4 ,s'il agit en vue de l'obt5ir1 s'il recule p> peur de la p]dre1 t\t mrite disp>at1 et une honorabilit de conduite fonde sur de p>eilles bases n'aurait aucune valeur intr9sque4 ,ce po9t de vue sonne trs haut1 mais il y a un fait c]ta91 dont il e/ impossible cep5dant de ne pas t5ir compte3 la sympa?ie huma9e e/ indisp5sable l'individu4 ,t\s les hommes n'ont pas la =ce d'tre des solitaires2 l'mulation e/ bonne1 l'enc\ragem5t salutaire1 et l'e/ime d'autrui1 qu& elle e/ due la ralit d'un dveloppem5t moral1 e/ un privilge dont nul n'a le droit de priv] son pro*a94 ,il faut avoir l'me trs =tem5t trempe p\r rsi/] l'am] dc\ragem5t dont les g5s de bonne volont sont saisis devant la ddaigneuse indiffr5ce de leur ent\rage p\r ce qui leur a cot quelquefois de suprmes ef=ts4 ,ne pas avoir p\r le bi5 les g>ds qu'il mrite1 c'e/ se *>g] de l\rdes responsabilits auxquelles *app]ont les matriali/es1 les a?es1 ceux qui ont du mo9s le c\rage de ne pas inscrire hypocritem5t sur leurs drapeaux le nom de ,dieu4 p>gn] le mpris ne suffit pas3 quelque *ose de plus actif e/ dem& aux consci5ces droites et croyantes4 ,elles ont le droit de crer aut\r d'elles une atmosphre de sympa?ie1 d'admiration et de respect p\r ceux qui essay5t de ralis] le bi5 dans leurs p5ses et dans leurs actions4 ,*acune de ses manife/ations devrait tre l'objet d'g>ds spciaux1 suprieurs ceux qui se r5d5t aux autres lm5ts de puissance et de =ce4 ,tant qu'on ne le compr5dra pas1 on s]a dans le faux et on *afaud]a dans le vide4 ,appr5dre donn] *aque *ose sa valeur relle1 c'e/ la leon qu'il faut pel]4 ,t\t ce que la t]re (fre et t\t ce que l'homme possde provi5t de ,dieu2 ddaign] un seul des dons du ,crateur s]ait d=m] la p5se div9e1 mais c]ta9s de ces dons doiv5t avoir la d]nire place1 d'autres mrit5t la premire4 ,l'quitable di/ribution de son e/ime e/ donc un des premi]s devoirs de l'homme2 sa lgret e/ si gr&e qu'il n'y p5se jamais1 et il devrait1 au contraire1 y p5s] t\j\rs et se dem&] dans *aque circon/ance si ses valuations sont ju/es4 ,c'e/ ncessaire p\r lui et p\r les autres2 le cur huma9 e/ si faible1 ses t5tations sont si gr&es1 tant de *utes inatt5dues et incomprh5sibles vi5n5t le tr\bl]1 qu'il lui faudrait s5tir1 du mo9s1 que la conception du bi5 e/ demeure intacte dans les consci5ces *rti5nes1 et qu'elles se rj\iss5t de t\tes les victoires morales4 ,les femmes--si proccupes d'augm5t] leur "p d'influ5ce dans le monde et qui ont l>gem5t contribu dvoy] l'op9ion--p\rrai5t ex]c] auj\rd'hui1 en s5s oppos1 une action efficace4 ,elles ont plus de temps p\r la rflexion que les hommes2 leur g5re d'esprit les porte davantage aux exam5s de consci5ce et aux valuations morales4 ,si celles qui sont animes de bonne volont et possd5t un esprit droit se donnai5t p\r mission de rp>] le faux c\rant d'apprciations dont elles sont en p>tie responsables1 il ne rsi/]ait pas longtemps4 ,*acune1 en son p>ticuli]1 e/ capable de contribu] l'uvre commune1 si re/re9t que soit le c]cle o elle se meut4 ,les femmes que leur p]sonnalit ou leur situation mett5t en vue peuv5t faire davantage que les autres2 mais t\tes doiv5t apport] leur cont+5t ce travail de rp>ation et *oisir la famille p\r premi] *amp d'action4 ,aprs avoir appris leurs enfants honor]1 avant t\te *ose1 la pratique du bi5 et en avoir a9si dvelopp le culte dans leur cur1 il s]a facile aux mres d'enseign] indirectem5t la mme leon au re/e de leur ent\rage4 ,ce s]ait l une leve de b\cli]s devant laquelle les plus froces adv]saires du type amazone1 s\s t\tes ses =mes1 s'incl9]ai5t respectueusem5t4 99 99 99 99 99 ,mais p\r retr\v] et r5dre aux esprits qui l'ont p]due la facult des apprciations logiques et quitables1 il ne suffit pas d'enseign] l'am\r du bi51 il faut en mme temps dsappr5dre l'admiration du mal4 ,ces deux leons s]ont la consqu5ce l'une de l'autre1--le respect d'un lm5t am5ant naturellem5t la rpugnance p\r l'lm5t contraire1--mais il y a malheureusem5t des plis intellectuels qui *app5t longtemps au j\g de la logique4 ,le premi] ef=t doit tre celui d'c>t] de ses jugem5ts t\te proccupation du succs f9al des *oses p\r n'envisag] que la bont ou la lgitimit des moy5s employs2 et lorsque l'on aura acquis la conviction qu'une action ou une manire de p5s] e/ mauvaise1 avoir honte de l'admir]1 mme si elle a s]vi gagn] la bataille4 ,si on respecte le mal1 si on le c>esse1 comm5t prt5dre aim] le bi58 ,il ne s'agit pas ici de l'entranem5t des passions--on peut en subir l'attrait1 t\t en dte/ant dans sa consci5ce les fautes1 les compromis1 les m5songes 9vitables o elles jett5t--mais de cette plate dfr5ce p\r les lm5ts les plus bas de la vie1 qui =me l'ess5ce morale d'un gr& nombre d'esprits du temps prs5t4 ,de mme qu'il faut crer p\r le bi5 une atmosphre de sympa?ie1 il e/ ncessaire de crer contre le mal une atmosphre de mpris o il se s5te mal l'aise4 ,le beso9 d'e/ime e/ l'un des plus puissants qui exi/5t--on le con/ate mme *ez les natures dgrades--et il y a l un moy5 efficace d'action que les honntes g5s ont le devoir d'exploit]4 ,lorsqu'il s]a bi5 ent5du que c]ta9es faons de p5s] et d'agir apport5t impitoyablem5t avec elles le discrdit1 beauc\p d'mes1 plus faibles que mauvaises1 *ang]ont de r\te4 ,ce s]a l peut-tre un rsultat sans lvation vraie1 mais dans la pratique de la vie t\t progrs1 ses dbuts1 e/ relatif4 ,se r5dre compte que l'e/ime n'e/ accorde qu' c]ta9es conditions1 c'e/ comm5c] compr5dre la valeur des lois morales4 ,entre compr5dre une vrit et l'accept]1 le *em9 p>c\rir e/ long1 mais l o l'uvre de l'homme f9it1 celle de ,dieu comm5ce4 ,le devoir de cultiv] en lui la rpugnance p\r t\tes les manife/ations du mal1 ne doit pas trans=m] l'homme en juge implacable de son pro*a94 ,au contraire1 il ne peut avoir assez de piti et de p>don p\r les fautes commises p> passion1 entranem5t ou viol5ce2 c'e/ la corruption vicieuse1 calcule et v\lue qu'il faut condamn] sans rmission4 ,comme contrepoids cette svrit d'apprciation1 et enf9 de la r5dre rellem5t efficace1 une r=me m5tale s'impose2 une place qui lui a t t\j\rs refuse doit tre accorde au rep5tir#e4 ,l'vangile p>le clairem5t ce sujet2 la rectitude in/9ctive ti5t le mme langage4 ,l'homme tomb peut se rhabilit]1 et la socit possde la facult de lui accord] cette rhabilitation4 ,les cieux eux-mmes se rj\iss5t lorsqu'un p*eur se rep5t2 c'e/ le rep5tir qui a ouv]t la ,pri les portes du p>adis2 mais dans le monde cruel o n\s vivons1 les potes seuls ont donn ce s5tim5t la place qui lui revi5t3 ,peut-tre qu'en re/ant bi5 longtemps g5\x1 ,qu& il aura bni t\tes les innoc5ces1 ,puis t\s les rep5tirs1 ,dieu f9ira p> n\s#f4 ,les pages qui prcd5t peuv5t se rsum] en quelques mots3 ,si les v]tus les plus hautes ont subi jusqu' l'am]tume la t5tation du dc\ragem5t1 ceux qui pratiqu5t ces v]tus sont en p>tie responsables de cet attri/ant rsultat4 ,la =ce e/ la re9e du monde2 or1 malheureusem5t1 le trait c>actri/ique des tres bons e/ ju/em5t auj\rd'hui de manqu] de =ce4 ,le sommeil qui s'e/ appesanti sur les mes en a t>i les s\rces vives1 elles subiss5t une mort anticipe qui emp*e t\t magntisme de se dgag] d'elles et de se faire s5tir au dehors1 et1 sans la magie de la =ce1 aucune ide ne s'impose4 ,il ne suffit pas que la puissance soit intrieure1 il faut qu'elle soit app>5te3 le devoir e/ donc non seulem5t d'tre =t1 mais de se montr] =t4 ,c'e/ l s\v5t une qualit naturelle2 ce peut tre aussi une v]tu acquise4 ,cette fasc9ation du mal que l'humanit subit a sa raison secrte2 l'homme a *]* la =ce dans les lm5ts mauvais1 p>ce qu'il ne la tr\vait po9t ailleurs4 ,on ne saurait assez le rpt]1 la faiblesse des g5s de bi5 e/ une des causes du discrdit o les v]tus sont tombes4 ,aucune flamme n'anime ces curs respectables1 aucun s\ffle ne les emporte444 ,c'e/ comme si la rgul>it de leur exi/5ce les avait crass dans un engr5age de ma*9e4 ,la plup>t des honntes g5s1 il y a videmm5t de nombreuses exceptions1 ont peur de t\t1 mme d'exprim] leur op9ion2 il e/ donc naturel que la platitude de leur conduite ait eng5dr le dda9 du monde4 tre bon ne doit pas signifi] tre faible1 le mot dv\ ne doit pas tre le synonyme de dupe2 ri5 de ce qui affaiblit n'e/ salutaire4 ,le bi5 c'e/ la vie1 or la vie ne peut ressembl] la mort4 ,c]ta9es croyances devrai5t donn] l'homme un s5tim5t d'assurance et de calme qui le r5drait fi] et libre vis--vis des autres et f]ait de sa prs5ce un honneur p\r t\s4 ,un peu de fi]t e/ salutaire1 non au po9t de vue des di/9ctions sociales1 mais celui de ce que *acun doit ses s5tim5ts et ses ides4 ,il exi/e des tres r>es qui ne =mul5t jamais de p5ses mdiocres1 dont aucune purilit n'occupe l'esprit2 t\s ne peuv5t plan] comme eux la faon des aigles1 mais t\s peuv5t reg>d] v]s les hauteurs et acqurir ce s5tim5t de dignit et de =ce paisible qui e/ aux autres v]tus ce que le sel e/ aux alim5ts4 ,le j\r o ceux qui croi5t la ralit de =ces suprieures et bi5faisantes compr5dront que dev5ir =t e/ le premi] de leurs devoirs et o ils mettront dans le bi5 cette "p d'orgueil huma9 dont ils ne p\rront jamais se db>rass] compltem5t en ce monde1 ce j\r-l le bi5 pr5dra du pre/ige aux yeux des hommes et leur admiration cess]a de s'g>] sur d'indignes objets4 ,,*apitre ,,iii ,l',,av>ice ,,morale ,ri5 ne ressemble mo9s au *ri/ianisme que les pr9cipes d'aprs lesquels les soi-disant *rti5s dirig5t leur vue4 7,,tol/o47 ,le sicle qui vi5t de f9ir a emport1 dans son d]ni] c\p d'ailes1 plus d'un lm5t de =ce et de bonheur4 ,l'homme a dsappris l'art d'tre heureux3 curs et esprits sembl5t dp\ills de la puissance de j\ir4 ,la gaiet1 cette fille du soleil1 dont les paens aurai5t d faire une desse1 a ds]t la t]re1 dcolorant les vies p> sa disp>ition4 ,les privilgis de ce monde1 eux-mmes1 ne la connaiss5t plus2 ils *em95t l\rdem5t1 accabls s\s un poids de tri/esse1 dont ils ne sav5t ou ne veul5t pas analys] les causes2 et la fivre de m\vem5t qui les emporte ne suffit po9t leur donn] l'illusion du plaisir4 ,l'exi/5ce n'a gure cons]v de pre/ige que p\r les malheureux2 malgr l'am]tume j\rnalire de leur vie de combat1 ils ont le privilge de cette illusion du dsir qui leur fait entrevoir le bonheur dans une ralisation d'exi/5ce hors de leur porte4 ,les causes qui ont t>i *ez l'homme les s\rces de la joie sont complexes1 mais on peut cep5dant les ram5] t\tes une cause unique3 le dveloppem5t de l'av>ice morale1 produit logique du positivisme4 ,l'gsme1 rig en droit1 devait naturellem5t /rilis] les s5tim5ts qui ne rapport5t pas un quival5t immdiat4 ,la peur d'tre dupe1 la cra9te de donn] plus qu'on ne recevait1 a1 en outre1 produit un c\rant de p>cimonie prud5te qui a eu p\r effet l'appauvrissem5t et la vulg>isation de la vie intrieure4 ,les peuples de race lat9e1 *ez lesquels le s5s critique e/ beauc\p plus dvelopp que *ez les autres peuples1 tai5t t\t p>ticulirem5t de/9s se laiss] entran] p> ce c\rant /rilisant4 ,l'cole psy*ologique1 qui a p\r anctres directs ,montaigne et ,la ,ro*ef\cauld1 a cr *ez les mo9s lettrs des habitudes intellectuelles qui ont am5 les esprits au ds5*antem5t de t\tes *oses4 ,qu& d'analyses en analyses1 il a t pr\v l'homme que le cur de ses semblables ne r5f]mait que des passions g/es1 que t\te action app>emm5t gnreuse avait p\r mobile secret un intrt ou une vanit1 un phnomne de repliem5t s'e/ produit3 le pessimisme intellectuel a rduit les curs l'impuissance4 ,le roman e/ responsable p\r une l>ge "p de ce travail de dess*em5t moral4 ,l'aride sagesse qui1 de l',ecclsia/e ,s*op5hau]1 avait t longtemps le p>tage d'un c]cle re/re9t de philosophes et de p5seurs1 a t mise p> cette =me littraire la porte des esprits les mo9s prp>s la recevoir4 ,croyant faire uvre de s9crit et de clairvoyance1 les romanci]s mod]nes ont dissqu et viol les plus secrtes intimits de l'me1 puis ils ont dit l'homme3 ,reg>de-toi et tu compr5dras qu'aucun tre cr n'e/ digne de ton am\r6 ,l'homme a appris la leon2 ces curs1 qu'on mettait nu devant lui1 il en a sond le vide1 compt les dfaillances1 numr les lacunes2 et1 cur1 attri/1 il a f]m son propre cur4 ,mais e/-ce bi5 la vrit t\t entire que ces criva9s pessimi/es ont montre8 ,mme dans l'analyse1 l'esprit lat9 re/e absolu1 il n'a pas le don du relatif2 malgr sa s\plesse1 il fait volonti]s ses p]sonnages t\t d'une pice1 il les r5d trop consqu5ts dans le mal ou le bi51 il syn?tise1 il catgorise444 ,le gnie anglo-saxon a beauc\p mo9s de p>ti pris2 il montre l'homme plus qu'il ne l'analyse1 et son respect de l'me huma9e lui int]dit d'en dc\vrir les nudits4 ,mais s'il a plus de pudeur morale1 si ses types re/5t plus levs1 s'il ma9ti5t le sursum corda et ne tombe pas dans le pessimisme dc\rageant1 il lui manque cette va/e et l>ge comprh5sion du cur de l'homme qui c>actrise le gnie slave4 ,ce d]ni] a t\s les c\rages2 dans l'me d'une c\rtisane il os]a montr] l'closion d'une fleur de blan*eur et de puret1 et n\s v]rons l'assass9 manife/] d'exquises dlicatesses de consci5ce4 ,aucune contradiction1 aucune complexit ne l'effraie4 ,les natures les plus t5dres et les plus dv\es sont capables1 c]ta9es heures1 de p5ses dures et viol5tes2 une vie d'abngation n'emp*e pas l'closion mom5tane d'un crim9el dsir ou d'une honteuse dfaillance4 ,c]tes1 une tri/esse pr(onde se dgage de cette vue imp>tiale des gr&eurs et des faiblesses huma9es1 mais l'affirmation que nul tre n'e/ indigne d'tre aim ne dess*e pas le cur comme la m?ode analytique des criva9s lat9s4 ,la littrature slave ne cre pas le ,h]o wor%ip de la littrature anglaise1 mais l't9celle de vie qu'elle montre brillant dans *aque me pr\ve la noblesse des orig9es de l'homme et emp*e de se t>ir les s\rces de l'am\r4 ,les influ5ces littraires directes tant les seules irrsi/ibles1 les races lat9es ont pr(it l>gem5t des leons de leurs criva9s et n'ont subi que trs faiblem5t l'impulsion des littratures trangres4 ,le pessimisme intellectuel de leurs lectures1 jo9t au s5s utilitaire que l',amrique et l',anglet]re ont rp&u sur le monde1 a eu sur leur p5se un effet rapide d'appauvrissem5t4 ,elles ont t les premires p]dre la facult de l'en?\siasme4 ,il ne s'agit po9t ici de cet en?\siasme populaire1 qui consi/e en acclamations ou en battem5ts de ma9s1--l'expansion naturelle aux peuples du midi leur en cons]v]a t\j\rs l'app>5ce1--mais de cet en?\siasme sil5cieux de l'me qui fait donn] sans p>cimonie son cur1 son temps1 son intellig5ce une p]sonne ou une ide4 ,les ,allem&s ont p\r df9ir ce s5tim5t1 lorsqu'il se rapporte aux individus1 un v]be spcial3 s*wrm51 dont l'quival5t n'exi/e dans aucune autre langue4 ,l'excs de ce s5tim5t ou son application inju/ifie *oque bon droit le gt de la mesure et le s5s du ridicule2 mais il ne faudrait pas exagr] cette satisfaction d'am\r-propre1 c> se s5tir l'abri de p>eilles erreurs e/ mo9s un indice de jugem5t que de pauvret morale4 ,lorsqu'on donne l>gem5t1 sans compt]1 il arrive s\v5t de donn] mal2 t\tefois la valeur iutr9sque des dons n'e/ pas dim9ue p> le manque de disc]nem5t qui a prsid leur di/ribution4 ,aucun des gr&s faits de l'hi/oire ne se s]ait accompli1 si t\tes les impulsions avai5t t calcules et si l'on avait mesur le dv\em5t aux droits6 ,pas une des conqutes dont la socit actuelle pr(ite n'aurait t faite1 si l'on avait cru que les lans1 les ef=ts1 les sacrifices devai5t rapport] un avantage positif et direct6 ,il n'y aurait eu de cette faon ni m>tyrs1 ni hros4 ,or1 cette vue calcule1 pratique et p>cimonieuse des s5tim5ts et des actes de la vie =me auj\rd'hui1 consciemm5t ou inconsciemm5t1 le fond de la p5se mod]ne4 ,si l'on ose montr] p\r quelqu'un ou quelque *ose un peu de sollicitude ou de zle1 vite on essaye de l'expliqu] soi-mme et aux autres p> l'aveu d'un b p\rsuivre ou d'un intrt p>ticuli] sauveg>d]4 ,on ne s5t plus la bassesse du motif p]sonnel1 on en arrive voir le signe d'une dim9ution intellectuelle dans t\t acte rellem5t ds9tress4 ,l'en?\siasme e/ condamn comme une faiblesse de l'esprit2 l'av>ice de l'me passe p\r une supriorit4 ,l'admiration tait de/9e prir des mmes c\ps que l'en?\siasme4 ,p>mi les c\rants qui ont dt]m9 dans l'me huma9e les incapacits qui la dp\ill5t1 le dveloppem5t de l'ide galitaire a t le plus /rilisant4 ,aux poques qui ont prcd la ntre1 quelques p]sonnes seulem5t aspirai5t occup] une situation la c\r ou la ville2 les autres se cont5tai5t placidem5t d'tre ce que le sort les avait faites4 ,auj\rd'hui1 *acun se croit les mmes droits que son vois94 ,se faire une position dans le monde e/ dev5u l'objectif des plus *tifs p]sonnages4 ,ce dsir dvorant a eu p\r consqu5ce logique l'habitude de la dprciation4 ,les mdiocrits se sont a*>nes contre les supriorits2 un ridicule am\r-propre s'e/ veill dans les curs4 ,devant un succs d'arg5t1 de vanit1 d'intellig5ce on ent5d les tres les plus insignifiants s'cri] avec +nuit3 ,p\rquoi n'e/-ce pas moi8 ,ils ont p]du la vue nette de ce qui e/ possible1 ils ne sav5t plus pr5dre la mesure de leurs capacits4 ,t\t homme se croit apte g\v]n] l'tat1 dirig] les entreprises o les millions se gagn5t1 ex]c] sur ses contempora9s l'asc5dant de sa p5se4 ,on ne voit presque plus de disciples aux pi$s de leurs matres4 ,et1 si p>fois1 devant une uvre d'art1 une dc\v]te sci5tifique1 un acte d'hrosme1 l'homme vibre d'motion1 c'e/ un lan passag] que la cra9te de se dim9u]1 p> une reconnaissance trop vive de la supriorit d'autrui1 t\ffe promptem5t4 ,les femmes1 dans le c]cle ncessairem5t plus re/re9t de leurs ambitions1 sont galem5t atte9tes de cette folie de l'galit4 ,combi5 s'imag95t possd] l't(fe des premi]s rles6 ,*acune dans sa sphre aspire la place en vue4 ,la ngation sy/matique de t\t mrite dpassant le leur propre1 e/ *ez elle plus aigu et plus p]svrante que *ez les hommes4 ,et l'admiration leur e/ dev5ue t\t aussi trangre1 mo9s qu'un sage opportunisme ne leur impose mom5tanm5t l'app>5ce d'un en?\siasme conv5tionnel4 ,cette soif de vaniteuse galit1 cette impati5ce de s5tir quelqu'un au-dessus de soi e/ spciale videmm5t aux classes privilgies et surt\t la catgorie monda9e4 ,mais auj\rd'hui1 il ne faut pas l'oubli]1 les c\rants se rp&5t l>gem5t1 ils ne tr\v5t plus de limites devant eux et la plaie p>ticulire devi5t vite la plaie gnrale4 ,depuis la cration du monde1 t\t e/ en g]me dans les mes1 mais ces g]mes1 suivant les poques1 se dvelopp5t en s5s div]s4 ,les faiblesses d'orgueil qui g>5t l'homme mod]ne1 agitai5t dj le premi] homme1 et il e/ c]ta9 que l'envie et la jal\sie sont aussi vieilles que la t]re o n\s vivons2 mais ces deux passions n'avai5t pas russi t>ir dans les curs la facult admirative1 n'tant dans leur bassesse qu'un involontaire hommage r5du des mrites r$\ts4 ,la fureur d'galit qui tr\ble auj\rd'hui les c]veaux e/ seule p>v5ue dtruire un s5tim5t re/ intgral trav]s les tapes successives de la p5se huma9e4 99 99 99 99 99 ,rebelle l'en?\siasme1 dev5u incapable d'admiration1 l'homme s'e/-il du mo9s conc5tr dans les affections exclusives1 leur rs]ve-t-il les facults qu'il ne rp& plus ailleurs8 ,l1 comme p>t\t1 la sve semble t>ie4 ,l'am\r mme1 cette passion si p]sonnelle qu'elle fait p>tie de notre gsme et absorbe jal\sem5t l'un dans l'autre les deux tres1 qu'elle unit1 a cons]v son nom en p]dant sa =ce4 ,lui aussi a subi une volution4 ,lisez les romans de la f9 du sicle3 l'am\r c'e/ le plaisir1 c'e/ le flirt1 c'e/ le vice1444 c'e/ un gt de l'esprit ou des s5s4 ,c'e/ s\v5t un *at\illem5t de vanit4 ,c'e/ quelquefois encore une affection raisonnable1 sa9e1 rgulire1 ce n'e/ plus l'am\r6 ,hrones d'autrefois1 pauvres g>es1 t\*antes figures d'amantes disp>ues1 votre place a cess d'tre m>que dans le monde mod]ne4 ,ret\rnez au pays des ombres1 vos surs d'auj\rd'hui ne v\s compr5drai5t plus1 votre langage leur p>atrait surann2 elles ont inv5t d'autres mots ayant d'autres s5tim5ts exprim]4 ,une femme du sicle pass crivait l'ami de son cur3 ,je v\s aime1 je s\ffre1 je v\s att5ds1 et elle datait ces mots3 de t\s les in/ants de ma vie4 ,dans le t\rbillon o elles viv5t1 les femmes de notre poque aurai5t pe9e tr\v] une heure p> j\r p\r s\ffrir1 att5dre1 aim]444 ,la vie e/ dev5ue srieuse1 dira-t-on1 et le temps peut tre employ plus avantageusem5t qu'en de t5dres rv]ies4 ,oui1 c]tes1 mais le tohu-bohu affair de la j\rne mod]ne1 que reprs5te-t-il comme utilit vritable8 ,le rgime de recueillem5t s5tim5tal laissait du mo9s libre jeu aux puissances affectives4 ,dans cette activit agite o les exi/5ces s'us5t et les c]veaux se vid5t1 le cur a subi un rtrcissem5t qui l'a atrophi4 ,la moralit n'y a pas gagn1 au contraire6 ,la corruption s'e/ t5due1 s'e/ galise4 ,t\t ce qui p\vait s]vir d'excuse l'entranem5t des passions a disp>u2 elles se sont abaisses jusqu' n'tre plus que des fantaisies ou des curiosits4 ,les beso9s du cur et de l'imag9ation tant alls rejo9dre ces vieilles lunes1 dont on amuse l'esprit des enfants1 une tonnante s*]esse prside dsormais t\s les contrats d'am\r4 ,les femmes ont une l>ge "p de responsabilit dans la =mation de ce c\rant d'av>ice morale4 ,on dirait que le dsir de p>atre1 de j\] un rle p]sonnel dans la gr&e foire aux vanits1 a absorb et t>i leurs facults am\reuses4 ,t\s ces beaux mots1 illusoires peut-tre1 mais att5drissants1 qui faisai5t battre le cur de nos aeules1 ne reprs5t5t p\r les oreilles des femmes de v+t tr5te ans que de vieux airs dmods4 ,p\r les j\]1 il faudrait se mettre en trave/i1 comme l'on se p\dre p\r dans] le m5uet6 ,les hommes ont naturellem5t suivi les femmes sur ce t]ra9 n\veau o ils se s5t5t plus l'aise1 mo9s infrieurs444 ,au contraire1 c'e/ eux ma9t5ant qui sont les s9cres en am\r4 ,le ct passionnel1 le seul qui ait survcu au naufrage1 tant *ez l'homme plus imptueux et plus spontan4 ,cette faon pratique et s*e de considr] les rapports rciproques des deux sexes1 sauveg>de mieux1 videmm5t1 la tranquillit app>5te des situations monda9es4 ,il y a mo9s de m>iages imprud5ts2 il e/ plus facile d'vit] les devoirs et les responsabilits que l'honneur int]disait aux hommes de sec\]4 ,l'av>ice morale en am\r1 ayant t tacitem5t reconnue comme la plus sre g>di5ne des intrts d'une socit1--dont le b suprme e/ la tranquille j\issance du bi5-tre acquis1--elle a t accepte comme un dogme p> les deux p>ties contractantes4 ,v5ue de haut1 cette doctr9e a pntr peu peu t\tes les c\*es sociales1 et1 auj\rd'hui1 l'ouvrire n'e/ gure plus s5tim5tale que la femme du monde4 ,si ces calculs av>icieux n'avai5t port atte9te qu' l'am\r1 l'inconvni5t s]ait discutable4 ,il e/ sage1 peut-tre1 de ne pas laiss] ce s5tim5t1 cause de beauc\p d'erreurs et d'inf9im5t de tri/esses1 pr5dre dans la vie une place trop prpondrante4 ,l'homme a de quoi occup] autrem5t son cur4 ,le *amp des affections ds9tresses et pures s't5d l>gem5t devant lui3 ri5 ne le limite1 ni ne le circonscrit4 ,dans ce doma9e1 du mo9s1 la p\sse e/-elle re/e vig\reuse8 ,comm5ons p> l'amiti3 l'amiti des hommes entre eux4 ,hlas6 c'e/ comme p\r l'am\r1 on se s]t encore du mot1 mais la *ose a disp>u2 il y a des cam>ades1 des confrres1 des collgues1 mais des amis1 des amis dans le s5s vrai et l>ge du vocable1 en exi/e-t-il encore8 ,le paganisme1 le judasme1 le *ri/ianisme n\s ont laiss de gr&s exemples d'amiti2 et1 t\tes les poques1 mme aux plus sombres1 jusqu'aux deux ti]s de ce sicle1 on a vu des hommes gr\ps entre eux1 unis p> le li5 puissant de ce s5tim5t viril et ds9tress4 ,mais la sve des curs1 t>ie p> l'gsme utilitaire de la vie b\rgeoise1 n'a plus la vigueur de produire ces =ts atta*em5ts4 ,t\t ce qui ne rapporte pas un avantage immdiat1 visible et tangible a t ray de la vie4 ,les hommes entre eux que sont-ils auj\rd'hui vis--vis les uns des autres8 ,des indiffr5ts plus ou mo9s cordiaux ou polis4 ,lorsqu'ils sort5t de l'indiffr5ce1 c'e/ p\r dev5ir associs dans les mmes intrts1 complices ou concurr5ts4 ,et1 ds lors1 l'me de ,jona?an fut atta*e l'me de ,david1 et ,jona?an l'aima comme son me4 ,ri5 de plus simple1 de plus pr(ond1 de plus t5dre que ces mots p> lesquels l'criture df9it l'atta*em5t qui liait le fils de ,sal au fils d',isae4 ,je suis dans la d\leur cause de toi1 ,jona?an1 mon frre1 tu faisais t\t mon plaisir2 ton am\r p\r moi tait admirable1 au-des-sus de l'am\r des femmes#g6 ,avec qui auj\rd'hui *angeons-n\s nos mes8 ,la "q re/e sans rponse4 ,l'homme mod]ne se s5t dsesprm5t seul1 et p>mi les causes du socialisme il faut plac] la raction naturelle contre cet isolem5t d\l\reux4 ,autrefois1 le li5 commun des mmes croyances emp*ait l'tre huma9 de trop s5tir sa solitude4 ,croire en l'honneur1 en la patrie1 en ,dieu1 =mait entre ceux qui priai5t aux mmes autels des atta*es invisibles4 ,jo9tes aux sympa?ies p>ticulires1 elles crai5t ces li5s puissants qui font accomplir les actions hroques et p\rsuivre jusqu'au sacrifice les objectifs que ces croyances impos5t4 ,qu& on avait s\ff]t ou qu'on se s5tait prt s\ffrir ensemble p\r le mme b1 les curs ne p\vai5t re/] trang]s2 quelque *ose de =t et de d\x s'tablissait entre eux4 ,la p\rsuite a*>ne de l'intrt p>ticuli] devait ncessairem5t tu] les s5tim5ts que la proccupation des intrts gnraux faisait natre et dur]4 ,en disp>aissant des habitudes morales1 l'amiti a laiss un gr& vide dans l'exi/5ce intrieure1 l'homme s'e/ conc5tr de plus en plus dans le c]cle re/re9t des tres dont il p>tage la vie4 ,les affections familiales ont app>emm5t gagn de la =ce ce rtrcissem5t de l'horizon4 ,l'intrt p]sonnel primant t\s les autres1 le bi5-tre commun risque mo9s1 qu'aux poques en?\sia/es1 d'tre sacrifi une cause ou un pr9cipe4 ,mais1 en ralit1 ces affections ont s\ff]t1 elles aussi1 du s\ffle dess*ant qui a pass sur les curs4 ,l'expansion de l'gsme devait am5] la dim9ution des dv\em5ts4 ,*acun a auj\rd'hui consci5ce de ses droits1 et ce s5tim5t du droit cre des exig5ces et r5d rebelle au sacrifice4 ,le ,,xixe sicle s'tait fait de la famille1 et en p>ticuli] de l'am\r mat]nel1 une conception plus leve1 plus t5dre1 plus intime1 plus complte que les sicles prcd5ts4 ,cette conception comm5ce s'affaiblir4 ,la famille a suivi le c\rant gnral et se trans=me peu peu en cole d'gsme collectif4 ,ce pr9cipe de mort qu'elle cultive s'e/ logiquem5t ret\rn contre elle-mme2 les affections filiales et frat]nelles sont dev5ues p>cimonieuses2 et si l'on re/e alli =tem5t dans la df5se des intrts communs1 les amitis de *oix1 entre membres d'un mme foy]1 r5tr5t de plus en plus dans la catgorie des cas r>es4 ,les pr9cipes de frat]nit1 de droit et de ju/ice qui font l'honneur de notre temps1 aurai5t d1 dans cette banqu]\te des s5tim5ts p>ticuli]s1 veill] au fond des mes une *aude sympa?ie altrui/e4 ,mais1 dans cette fivre de m\vem5t qui l'emporte1 o l'homme tr\v]ait-il le temps de s'occup] des autres8 ,la p\rsuite de ce bi5-tre auquel t\s veul5t gt]1 de ces satisfactions d'am\r-propre auxquelles t\s aspir5t1 absorbe *acune des m9utes de sa vie et t\s les ef=ts de sa p5se4 ,on aurait scrupule de di/raire quelques-unes des =ces dont on dispose en faveur d'autres intrts que les si5s propres4 ,lorsque l'homme a suffisamm5t p5s lui-mme et aux agrm5ts de son exi/5ce1 s'il lui re/e une p>celle de temps1 d'arg5t1 d'n]gie1 et s'il e/ bi5 c]ta9 qu'elle fasse p>tie de son sup]flu1 il cons5t p>fois la consacr] son pro*a94 ,et c'e/ ce qu'il appelle la frat]nit6 ,il y a1 il e/ vrai1 quelques exceptions lum9euses2 il exi/e des mes gnreuses qui se rp&5t l>gem5t aut\r d'elles en am\r1 en sympa?ie1 en piti4 ,mais dans l'tude des manife/ations morales d'une poque1 on ne peut t5ir compte que du c\rant gnral4 ,c]tes1 les hommes se r5d5t encore des s]vices entre eux2 l'in/9ct e/ plus =t que la volont1 et s\v5t il re/e bon qu& celle-ci s'e/ p]v]tie4 ,mais il n'en e/ pas mo9s vrai1 qu'intellectuellem5t1 t\t acte o l'intrt p]sonnel ne j\e pas le rle prpondrant e/ considr auj\rd'hui comme une faiblesse1 et l'on voit des g5s s'e/im] suprieurs1 simplem5t p>ce qu'ils se sont ds9tresss de t\t4 ,j\ir tranquillem5t de leur bi5-tre1 lim9] de leur exi/5ce t\tes les causes de tr\ble1 m5] une vie rgulire et sre1 voil leur unique idal de vie1 et ce suprme gsme leur p>at la suprme sagesse4 ,dans ce dess*em5t gnral1 un lm5t n\veau de s5sibilit e/ v5u cep5dant travaill] les curs3 la proccupation du sort des classes pauvres1 d%rites1 c\pables444 ,le ,,xixe sicle1 et c'e/ une de ses gr&eurs1 a os reg>d] en face t\tes les misres et a essay d'y port] remde2 les hpitaux1 les prisons1 les maisons d'alins ont t amliors1 assa9is4 ,aux uvres religieuses1 se sont jo9tes les uvres laques2 de n\velles in/itutions philan?ropiques surgiss5t *aque j\r4 ,la consci5ce huma9e a t remue1 et ma9t5ant1 devant les rev5dications des d%rits de la vie1 un c]ta9 malaise saisit les mes1 mme celles qui tai5t in/9ctivem5t le plus rebelles la religion de la piti4 ,des pas imm5ses ont t faits dans cet ordre d'ides2 cep5dant1 aucun rappro*em5t rel n'a eu lieu entre la classe qui donne et celle qui reoit4 ,au contraire1 *aque j\r le g\ffre entre elles se creuse davantage4 ,on en fait remont] la faute aux doctr9es sociali/es1 au s\ffle de l'esprit du sicle1 mais l'av>ice morale qui prside l'accomplissem5t des actes app>emm5t *>itables1 a1 elle aussi1 une l>ge "p de responsabilit dans la sp>ation gr&issante des bi5faiteurs et des sec\rus4 ,l'homme d'auj\rd'hui ne p>vi5t plus1 comme celui d'autrefois1 f]m] ses oreilles aux cris de la s\ffrance1 mais c'e/ plutt une "q de pr9cipe que de s5tim5t4 ,c]ta9es ides de ju/ice ont pntr les consci5ces1 sans r*auff] les curs4 ,il e/ difficile de gnralis] sur ce po9t1 tant les mobiles de la *>it sont individuels1 secrets1 intimes4441 cep5dant une *ose e/ c]ta9e3 le don matriel1 si l>ge qu'il soit1 n'veill]a jamais aucune reconnaissance1 s'il n'e/ accompagn d'un don moral1 d'une p>celle d'am\r#h4 ,les d%rits du bonheur s5t5t cette lacune avec une intuition m]veilleuse4 ,la *>it n'app>aissait pas aux consci5ces de nos pres comme un devoir social2 elle n'tait pratique que p> une r>e lite4 ,le temps prs5t e/ en progrs1 et il faut l'en l\]4 ,mais cette *>it de jadis1 accomplie seulem5t p> les mes bonnes ou pieuses1 avait une *aleur qui fait dfaut la s*e philan?ropie actuelle3 les uns y mettai5t un peu d'am\r huma91 les autres un peu d'am\r div91 ce qui enlevait l'aumne donne une p>tie de son humiliation et eng5drait une p>celle d'att5drissem5t reconnaissant dans les curs de ceux qui la recevai5t4 ,auj\rd'hui1 les dons sont plus nombreux1 plus abondants1 mais on ex]ce la bi5faisance comme on paie les impts et subit le s]vice militaire obligatoire4 ,s\s cette *>it1 on dev9e la cra9te et on ne s5t plus l'am\r4 99 99 99 99 99 ,a mesure que ces vides se creusai5t dans le cur de l'homme1 l'am\r dsordonn de soi1 cause et effet en mme temps1 s'y dveloppait dans des proportions effrayantes4 ,la satisfaction des beso9s individuels ayant t reconnue p> l'cole conomique librale comme l'unique moteur de l'activit huma9e1 la socit1 g>e p> cette app>5te sagesse1 se crut autorise considr] l'gsme comme un droit et presque comme un devoir3 la sci5ce ne l'appelait-elle pas un lm5t indisp5sable de l'conomie politique1 une des =ces ncessaires la cons]vation de l'espce8 ,la doctr9e de l'altruisme1 proclame p> les sociologues anglais1 comme un contrepoids de/9 ma9t5ir l'quilibre social1 ne tr\va pas la mme complicit dans les in/9cts de l'homme4 ,l'altruisme fut accept en ?orie1 mais il n'ex]a qu'une faible influ5ce sur les habitudes de vie intrieure4 ,la lib]t e/-elle responsable des excs de l'individualisme8 ,t\te une cole l'affirme1 et il e/ c]ta9 que dans l'ordre conomique1 la =mule du laissons faire et du laissons pass] a am5 le ds>roi et le dclassem5t dont notre socit s\ffre4 ,mais1 dans l'ordre moral1 les consci5ces1 =mes p> le *ri/ianisme1 aurai5t d1 semble-t-il1 oppos] un fre9 aux doctr9es du libralisme p]sonnel4 ,elles ne l'ont t5t que faiblem5t2 et1 spectacle illogique et d\l\reux1 on a vu la gnralit des croyants s'appropri] la ?orie du droit de l'gsme et tomb]1 comme les incrdules1 dans la /rilit o jette la re*]*e unique et exclusive de soi4 ,tol/o1 le gr& sonneur de clo*es1 a eu le c\rage d'crire3 ,ri5 ne ressemble mo9s au *ri/ianisme que les pr9cipes d'aprs lesquels les soi-disant *rti5s dirig5t leur vie4 ,le jugem5t e/ peut-tre excessif1 mais il ne manque ni de vrit1 ni de ju/esse4 ,l'esprit de l'vangile a ds]t les curs4 ,les plus /ricts obs]vateurs de la morale sociale et des pratiques religieuses ont une faon1 auj\rd'hui1 d'envisag] les devoirs et les obligations de l'exi/5ce qui ressemble trangem5t celle du matriali/e honnte homme4 ,or1 c'e/ surt\t p> l'esprit des *oses1 que le croyant doit se di/+u] de l'incrdule4 ,quelles que puiss5t tre les dfaillances de sa foi1 les entranem5ts de ses passions1 l'empire des =ces tr\blantes qui *]*5t l'aveugl]1 il faut que sa p5se demeure intacte4 ,croire en ,*ri/1 compr5dre sa doctr9e et commettre des fautes1 des erreurs1 des crimes mme1 cela s'explique4 ,mais considr] l'gsme comme un droit ne s'explique pas1 c> admettre un seul in/ant qu'on e/ autoris f]m] son cur autrui1 c'e/ pr\v] qu'on n'a ri5 compris au *ri/ianisme1 c'e/ en tre sp> p> d'infran*issables b>rires4 ,lorsque l'homme tue1 vole1 s'avilit dans les dsordres1 sa consci5ce1 mo9s qu'elle ne soit compltem5t oblitre1 l'av]tit qu'il transgresse une loi4 ,et ce mme homme se meut l'aise dans le plus froce gsme1 oubliant que ces comm&em5ts devant lesquels il tremble se rsum5t en deux seuls1 dont le second e/3 ,tu aim]as ton pro*a9 comme toi-mme4 ,auj\rd'hui1 p\r df5dre ses erreurs ou ses omissions1 l'tre huma9 ne peut plus plaid] l'ignorance4 ,il a appris mesur] ses facults et ses =ces2 il connat ses obligations politiques et sociales2 il sait qu'il faut respect]1 non seulem5t le texte1 mais l'esprit des lois qui rgiss5t le pays o il habite4 ,p\rquoi ayant appris se r5dre compte de t\t1 n'e/-il aveugl que sur un seul po9t8 ,et sur ce po9t cep5dant1 il y a accord entre la lettre et l'esprit1 et les mots qui les r5d5t ont une prcision et une cl>t qui emp*5t l'quivoque de natre4 ,ces mots ne sont pas n\veaux4 ,depuis presque deux mille ans1 ils sont rpts p> des gnrations qui ne les ont qu'imp>faitem5t compris et plus imp>faitem5t pratiqus4 ,l'cole conomique librale a v\lu dmontr] que l'application absolue de la loi de l'am\r aurait p\r consqu5ce la ru9e de la socit1 la de/ruction de la famille1 l'annihilation des =ces individuelles1 comme si l'in/9ct de la cons]vation n'tait pas assez =t *ez l'homme p\r s]vir de digue efficace l'excs des s5tim5ts altrui/es4 ,d'ailleurs1 ce n'e/ po9t l'anantissem5t de l'individu que l'vangile dem&e4 ,il n'e/ pas dit3 ,cesse de t'aim]1 c'e/--dire cesse de sauveg>d] tes affections1 tes bi5s1 tes intrts1 mais3 l>gis le cadre de tes s5tim5ts1 fais-y entr] le pro*a91 aie p\r lui les sollicitudes que tu z p\r toi-mme#i4 ,il y a dans les critures un quilibre div92 t\t ordre qui1 excut avec excs1 p\rrait dev5ir une cause de dang]s sociaux1 e/ contre-balanc p> un autre comm&em5t4 ,ce qui dans le s]mon sur la montagne semble conduire au quitisme1 e/ corrig p> la p>abole des tal5ts4 ,t\t ce qui1 dans le devoir du r5oncem5t1 p>at re/re9dre l'initiative p]sonnelle1 a p\r contrepoids l'ordre que le ,*ri/ donne ses disciples3 ,soyez le sel de la t]re4 ,mais ce pro*a9 qu'il n\s faut aim]1 qui e/-il8 ,e/-ce le m&>9 de ,pk91 le sauvage du cur de l',afrique1 l'inconnu de la maison vois9e que l'on ne r5contre jamais8 ,ab/raitem5t1 oui4 ,en ralit1 le pro*a9 e/ reprs5t p> les tres que la vie met sur notre r\te4 ,c]tes1 l'homme ne doit pas se ds9tress] des intrts gnraux de l'humanit1 mais1 mo9s d'une situation p>ticulire ou d'une vocation spciale1 il ne peut y travaill] que dans la proportion du gra9 de sable qui conc\rt =m] la montagne4 ,ses devoirs directs sont plus re/re9ts et plus prcis4 ,en dehors de la famille1 de ceux dont il p>tage les pe9es et les joies et qui ne peuv5t s\ffrir sans qu'il en ress5te le contrec\p1 il y a le gr& c]cle des tres avec lesquels il e/ en contact frqu5t1 mais dont les intrts cep5dant ne sont pas les si5s4 ,le po9t e/ l3 le pro*a91 c'e/ l'individu qui se tr\ve ml notre vie1 sans que n\s soyons lis p> des intrts communs4 ,lui r5dre s]vice1 s\lag] ses misres matrielles et morales ne suffit pas1 on n\s ordonne de l'aim]6 ,or1 l'aimons-n\s8 ,la vrit ess5tielle du *ri/ianisme a t1 hlas6 si peu comprise1 que les plus honntes g5s n'ont aucun scrupule de ne pas aim]4 ,on aurait honte de refus] un morceau de pa91 mais j\rnellem5t on refuse son cur4 ,a quelque degr de civilisation qu'ils p>vi5n5t1 il y aura t\j\rs entre les hommes des rancunes1 des jal\sies1 des viol5ces4 ,les meilleurs et les plus s9cres ne p\rront jamais vit] compltem5t les emportem5ts du sang et de l'esprit4 ,ils port5t en eux des pr9cipes +urissables de colre1 mais on peut commettre des durets1 ress5tir des ha9es1 et p\rtant g>d] son me vivante1 c'e/--dire capable de rep5tir et d'am\r4 ,le mal irrp>able1 ce ne sont pas les actes d'gsme1 c'e/ la tranquillit de consci5ce avec laquelle on les accomplit2 l e/ le pr(ond illogisme des mes *rti5nes et leur crime env]s le ,matre qu'elles prt5d5t s]vir4 ,aut\r d'elles1 il e/ vrai1 le c\rant e/ puissant3 t\t conspire t\ff] *ez l'homme les lans gnreux4 ,ceux qui l'aim5t sont les plus a*>ns cette uvre de /rilisation2 on lui fait honte des ef=ts qu'il t5te p\r obir la loi d'am\r2 on le ridiculise affectueusem5t2 on lui rappelle ses intrts bi5 ent5dus2 on dc\rage ses bonnes int5tions3 ,dupe1 pauvre dupe6 dis5t les reg>ds1 s9on les voix4 ,plus on aime1 et mo9s on supporte de voir l'tre aim se donn]1 se sacrifi] quelqu'un ou quelque *ose4 ,l'un des prjugs les plus communm5t admis e/ que les hommes compr5n5t et pratiqu5t l'altruisme mo9s que les femmes4 ,celles-ci se montr5t1 en effet1 plus capables de c]ta9s dv\em5ts3 leurs ma9s soign5t un malade avec une dextrit et une p]svrance que les ma9s mascul9es ignor5t1 et1 lorsque leurs s5tim5ts intimes sont t\*s1 elles ont plus de spontanx que l'homme dans le don de leur p]sonne ou de leur temps4 ,mais en ralit les femmes sont les gr&es prtresses de l'gsme4 ,pr5ons les meilleures1 celles qui s'oubli5t elles-mmes p\r ne p5s] qu' leurs m>is et leurs enfants4 ,que leur enseign5t-elles d'ord9aire8 ,se rj\iss5t-elles de voir leurs fils1 leurs filles1 prts se consacr] une cause gnreuse1 une affection ds9tresse8 ,la plup>t des mres /rilis]ai5t volonti]s1 si elles p\vai5t1 le cur de leurs enfants1 af9 que ri5 d'eux ne soit p]du4 ,ce sont elles qui leur appr5n5t l'av>ice morale1 leur enseignant ne pas se dp5s] inutilem5t1 g>d] p\r eux les dons qu'ils ont reu4 ,leurs p>oles1 leurs c>esses1 leurs actes que dis5t-ils8 ,c]tes pas3 ,aime ton pro*a9 comme toi-mme1 mais plutt3 ,la vie e/ une lutte et je veux que tu sois p>mi les victorieux4 ,aim] c'e/ s\ffrir et je ne veux pas que tu s\ffres#aj6 ,ce mme langage1 les femmes le ti5n5t leurs m>is4 ,au nom des intrts de la famille1 que de fois ne les p\ss5t-elles pas l'+ratitude1 l'inju/ice1 au mpris des droits du pro*a98 ,l'homme obirait p>fois un m\vem5t gnreux2 un s5tim5t d'quit lui indique la ncessit d'un sacrifice1 d'une rp>ation1 d'un p>don accord]4 ,qu'elle soit mre1 sur1 p\se1 la femme l'arrte presque t\j\rs4 ,e/-ce que son c]veau ne p\rrait concevoir l'altruisme hors du c]cle t\j\rs plus re/re9t de ses affections p]sonnelles8 ,d'admirables exemples dm5t5t cette imputation d'infriorit morale4 ,ce qui manque aux femmes croyantes1 aux femmes honntes qui veul5t pratiqu] la morale1 c'e/ la logique et la bonne foi2 leur intellig5ce et leur consci5ce ne sont pas suffisamm5t en ex]cice4 ,si elles appr5ai5t mieux raisonn]1 se r5dre compte des obligations que c]ta9es croyances impos5t1 a9si que des responsabilits qui en dc\l5t1 elles dsir]ai5t p\r ceux qu'elles aim5t les bi5s ess5tiels1 un am\r mal ent5du cess]ait de les p\ss] la mdiocrisation des mes qui leur sont confies4 ,la mat]nit donne aux femmes une "p considrable d'influ5ce sur les gnrations futures1 aussi les erreurs de jugem5t qu'elles commett5t ont-elles une porte considrable4 ,p\r r$onn] la vie aux =mules mortes1 p\r faire refleurir dans les curs dess*s l'am\r naturel et l'am\r *>it on ne peut se pass] de leur coopration4 ,dans cette uvre t\te intime1 la femme a une "p d'action ex]c] plus importante encore que celle de l'homme4 99 99 99 99 99 ,il n'y a pas eu de gnration mo9s gaie que la ntre4 ,l'intrt matriel rig en culte et l'av>ice morale en dignit ont envelopp t\tes les vies d'un morne ennui2 l'pre re*]*e du plaisir p]sonnel a appauvri les imag9ations et leur a ravi la possibilit des j\issances exquises et ard5tes4 ,c]tes1 l'inc]titude de l'av5ir et les m5aces qu'il conti5t p\r ceux qui n'en att5d5t pas l're heureuse1 ont contribu l>gem5t cette croissante tri/esse du sicle qui vi5t de f9ir1 mais le dess*em5t de l'me y a plus de "p encore que la cra9te4 ,les dtraquem5ts de n]fs dont la gnration actuelle s\ffre1--rsultat du m\vem5t fivreux o l'homme s'agite af9 d'arriv] ne plus s5tir le vide de son cur1--p\rrai5t avoir1 en s'acc5tuant1 de dsa/reuses consqu5ces p\r la sant intellectuelle de la race huma9e4 ,il e/ temps de s'arrt] sur cette voie du dp\illem5t intrieur1 o la socit mod]ne a cru orgueilleusem5t tr\v] la scurit et le bi5-tre4 ,mais comm5t f]ont les mes g/es1 dont les c\rants intellectuels de ces d]nires annes ont t>i la sve1 p\r appr5dre vivre et aim]8 ,la t*e de r*auff] le cur de l'humanit et de lui r$onn] la puissance de s5tir la joie incombe ceux qui ont le privilge de croire une bont suprme et une immortalit bi5heureuse4 ,ils n'ont pas le droit d'tre tri/es ceux-l6 ,mais eux aussi1 p\r ne pas tre tri/es1 ont beso9 d'aim]4 ,les *rti5s devrai5t appr5dre l'am\r4 ,qu'ils appliqu5t leurs croyances les m?odes de logique qu'ils appliqu5t aux autres tudes et ils pr\v]ont le beso9 de se mettre enf9 d'accord avec eux-mmes4 ,sur ce po9t spcial de l'am\r1 ils se tr\v]ont dans le dilemme suivant3 ou r5onc] la religion dont ils rep\ss5t le comm&em5t ess5tiel1 ou l'accept] et s5tir plus de remords d'y manqu] que de t\te autre faute commise4 ,au contact de l'am\r *rti51 les affections naturelles repr5drai5t =ce et vie4 ,aprs les mes croyantes1 les mes fires s]ai5t les premires rpudi] l'gsme1 ne ft-ce que p> ha9e de la vulg>it4 ,n'e/-il pas plus noble de donn] que de recevoir8 ,ce qui e/ vrai dans l'ordre matriel l'e/ galem5t dans l'ordre moral4 ,le don cont9uel1 sans m>*&age1 sans p>cimonie1 y a-t-il ri5 de plus gr&8 ,ce qui e/ mesqu91 c'e/ prt5dre en recevoir l'quival5t4 ,l'humiliation ne s]a jamais p\r celui qui donne1 s'il donne avec ds9tressem5t2 on n'e/ pas tromp qu& on n'a ri5 att5du6 ,l'orgueil qui a p\ss l'homme f]m] son cur e/ donc faux dans son ess5ce mme2 au lieu de gr&ir il rapetisse1 au lieu d'p>gn] les s\ffrances1 il t>it la s\rce des joies4 ,ce s]ait tre dupe que de cont9u] suivre ses dcevants conseils4 ,de t\s cts1 en ce mom5t1 des appels d'une r$\table loqu5ce s'adress5t au cur de l'homme4 ,la misre refuse de se taire et crie sa s\ffrance2 la gr&e masse des dclasss1 grossissant *aque j\r1 exhale les gmissem5ts angoisss des malheureux qui ne ti5n5t ri5 et n'app>ti5n5t p]sonne2 la solitude morale dans laquelle tant d'tres1 app>emm5t heureux1 se dbatt5t1 arra*e de leurs yeux des l>mes sil5cieuses et amres4 ,l'homme re/]a-t-il ins5sible t\tes ces d\leurs auxquelles il p>ticipe1 t\tes ces voix qui mont5t v]s lui1 qui en appell5t sa piti1 son am\r8 ,jamais l'occasion d'une plus clatante revan*e sur l'gsme ne s'e/ prs5te p\r le cur huma94 ,saura-t-il la saisir et comme ,laz>e sortir du tombeau8 ,le pr9cipe de r5aissance1 que t\s les my!s anci5s ont admis1 emp*e l'esprance de m\rir4 ,il faut croire cette t9celle immortelle et att5dre l'heure pro*a9e o les hommes1 t\t en cons]vant leur individualit1 se s]ont faits une me collective dans laquelle on ent5dra battre le cur de l'humanit4 ,,*apitre ,,iv ,,le ,,faux ,,am\r ,,de ,,soi ,l'ess5tiel p\r le bonheur de la vie1 c'e/ ce qu'on a en soi-mme4 7,,s*op5hau]47 ,les adv]saires de l'altruisme ont prt5du et prt5d5t que son application dans la vie vcue s]ait de/ructive de t\t progrs civilisateur1 et que la pratique du r5oncem5t p]sonnel priv]ait la socit huma9e des conqutes qu'elle doit aux ef=ts de l'homme4 ,ce que les ordres religieux ont accompli p5dant des sicles pr\ve que la ?orie e/ conte/able4 ,celle du r5oncem5t absolu son propre moi n'e/ pas mo9s fausse1 ds qu'on l'envisage dans ses consqu5ces ultimes4 ,la ha9e de soi-mme aurait des effets t\t aussi f*eux que l'gsme2 elle s]ait1 en outre1 p>faitem5t contraire ce que la nature impose1 ce que la sci5ce et la philosophie enseign5t et mme l'esprit *rti51 c> quel suprme modle d'am\r le ,*ri/ donne-t-il ceux qui l'c\t5t8 ,tu aim]as ton pro*a9 comme toi-mme4 ,l'am\r de soi e/ donc la =me la plus leve de l'am\r4 ,bi5 ent5du1 sa puissance effective ne doit pas tre limite au seul ,ego1--ce qui produirait un rtrcissem5t infcond1--elle doit s't5dre l>gem5t de faon dvelopp] l'inf9i les possibilits de la p]sonnalit huma9e4 ,les df5seurs de la ?orie du moi hassable1 plus b\dhi/es que *rti5s et que ,s*op5hau] a m>qus d'une indlbile empre9te1 s\ti5n5t que t\t le mal s5ti1 p5s et accompli en ce monde provi5t de l'am\r que l'homme ress5t p\r lui-mme2 sduit p> ,maa1 il cde la volont de vivre4 ,sans discut] la porte philosophique de leur ?orie1 ni exam9] si elle p\rrait tre s9crem5t pratique sur cette t]re1 on e/ =c d'av\]1 en con/atant les maux1 les inju/ices1 les ru9es dont l'individualisme e/ responsable1 que leur faon de p5s] peut p>atre ju/e4 ,mais cette impression disp>at si l'on analyse imp>tialem5t les causes relles de cet tat de *oses2 ce n'e/ po9t l'am\r de soi-mme qui le produit1 mais bi5 plutt une fausse ide de ce qu'il e/ bon de *]*]1 d'acqurir ou de cons]v] p\r atte9dre la flicit et la plnitude vitale4 ,l'quilibre huma9 ne peut exi/] en dehors de cette =mule3 l'homme doit s'aim] en aimant les autres2 si le mal semble sortir de cet am\r1 c'e/ que l'homme ne sait pas s'aim]1 n'a pas appris s'aim]1 s'aime mal1 s'aime faussem5t4 ,le faux am\r de soi e/ la raison du moi hassable3 p\r qu'il devi5ne aimable1 il e/ ncessaire que l'homme appr5ne s'aim] vritablem5t et aim] les autres de la mme faon qu'il s'aime lui-mme4 99 99 99 99 99 ,l'ducation de l'tre huma9 se divise en trois p>ts3 celle qu'il reoit de ses p>5ts1 celle que lui enseigne la vie1--connue s\s le nom d'expri5ce1--et celle qu'il se donne lui-mme4 ,il n'a de contrle que sur cette d]nire1 et c'e/ la seule dont il soit responsable p\r ce qui conc]ne son propre dveloppem5t4 ,comme ducateur et comme membre de la socit il a vis--vis d'autrui3 enfants1 lves1 amis et concitoy5s de l\rds comptes r5dre1 mais il e/ absolum5t innoc5t des ides errones que ses p>5ts ont pu lui appr5dre1 des *oses ess5tielles qu'ils ont oubli de lui enseign]2 il e/ galem5t irresponsable des empre9tes dont son milieu et son poque m>qu5t son esprit4 ,dans cette "q si importante et ess5tielle1 d'o dp5d l'ori5tation de son exi/5ce entire1 sa volont n'entre que p\r une troisime "p1 mais c'e/ sur cette "p seulem5t1 c'e/--dire sur l'ducation qu'il se donne lui-mme1 que ses ef=ts peuv5t t5dre et conv]g]4 ,s'aim]1 c'e/ se v\loir du bi54 ,v\loir du bi5 quelqu'un c'e/ s\hait] sa p]fection physique et morale1 c'e/ dsir] qu'il soit aussi beau1 aussi sage1 aussi capable en t\tes *oses que possible4 ,ces trois conditions peuv5t satisfaire compltem5t e/htique et ?ique et avoir p\r consqu5ce le bonheur ou1 du mo9s1 cette h>monie des =ces qui enlve la s\ffrance ses po9tes les plus aigus et son v59 le plus mortel4 ,les affections intellig5tes1 s9cres et ds9tresses ont presque t\tes cet objectif1 mme si dans la pratique elle ne sav5t ou n'essay5t pas de contribu] suffisamm5t l'atte9te de ce rsultat4 ,or1 comm5t se fait-il qu'pr\vant ces dsirs p\r autrui1 l'homme ne les pr\ve pas p\r lui-mme8 ,mais il les pr\ve1 dira-t-on1 *aque individu ne dem&]ait pas mieux que de rsum] en sa p]sonne un tat gnral de p]fection4 ,peut-tre ?oriquem5t2 en ralit1 il essaye de se dtrior] de t\tes les faons possibles1 mme au po9t de vue de la beaut corporelle1 bi5 que notre poque comm5ce rev5ir quelque peu1 p> les so9s d'hygine qu'elle prconise1 aux traditions e/htiques de l'antiquit4 ,mais combi5 la majorit y e/ rebelle encore6 ,les uns1 p> l'exagration de la ?orie du m\vem5t et du ple9 air dtruis5t l'h>monie de la =me et de la c\leur2 d'autres1 p> nglig5ce ou re*]*e in9tellig5te1 gt5t ce que la nature avait fait2 ils ne dvelopp5t aucune de ses int5tions1 et1 esclaves de petites mauvaises habitudes1 dtrior5t leurs visages1 et leurs p]sonnes p> des ge/es re*]*s ou maladroits1 des poses de tte ridicules1 des int5sits v\lues du reg>d1 des grimaces de la b\*e et des yeux4 ,que de ma9s bi5 faites1 mme modeles dlicatem5t1 se trans=m5t en objets dsagrables la vue1 p>ce qu'elles sont mal t5ues1 honteusem5t ngliges2 le temps manque1 prt5d-on1 p\r ces so9s1 mais il manque1 p>ce qu'on le p]d en bav>dages inutiles1 en agitations sans causes1 p>ce qu'on mettra un heure n\] une cravate1 dplac] une g>niture1 discut] de puriles que/ions2 t\tes *oses1 sans influ5ce sur le sort ou la beaut intr9sque des individus4 ,c'e/ mal s'aim] que de nglig] le rel p\r le factice4 ,l'exemple peut p>atre enfant91 mais il s't5d du petit au gr&4 ,la mauvaise t5ue habituelle1 les ge/es grotesques1 le manque de so9s hyginiques1 la re*]*e in9tellig5te ont gt plus de corps que les vices eux-mmes4 ,bi5 s'aim] au po9t de vue physique s]ait travaill] au dveloppem5t1 la cons]vation ou au r$ressem5t de ce que la nature a mis de bon ou de dfectueux dans une p]sonne huma9e4 ,mme de ,gir>d91 si passe de mode auj\rd'hui1 a brillamm5t dvelopp la ?orie que le dsir d'tre jolie p\vait suffire r5dre une femme jolie1 avec un peu d'habilet et de p]svrance4 ,l'affirmation ressemble une b\tade1 mais elle conti5t cep5dant une p>celle de vrit4 ,t\t le monde1 en effet1 presque1 p\rrait dev5ir passable d'aspect p> une bonne hygine1 des so9s p]svrants et une conception intellig5te de la beaut4 ,mais p\r atte9dre ce rsultat1 il faudrait s'aim] et d'ord9aire on ne s'aime pas1 on aime sa p>esse1 ses ides fausses1 ses aises et ses commodits1 ce qui e/ une *ose =t diffr5te4 ,l'poque actuelle e/ en progrs sur les prcd5tes et n\s v]rons sans d\te dans l'av5ir l'tablissem5t d'coles de beaut1 suivant un sy/me hyginique et rationnel4 ,peut-tre mme l'ide e/-elle dj =mule en ,amrique4 ,les matres de danse de l'av5ir n'appr5dront plus1 comme jadis1 leurs lves l'art de s'van\ir avec grce1 mais celui des beaux m\vem5ts h>monieux et tranquilles4 ,la grimace s\s t\tes ses =mes s]a bannie de la physionomie huma9e2 le faux am\r de soi l'a enseigne aux hommes1 le vrai doit la faire disp>atre4 ,les mmes argum5ts s'appliqu5t la voix1 cet in/rum5t d'une influ5ce si considrable sur le cur et les n]fs4 ,une belle voix 7il s'agit de la voix qui p>le et non de la voix qui *ante7 e/ une r>et1 mais que d'organes passables gts p> des modulations ridicules1 des affectations1 des re*]*es1 et que le dsir d'attir] l'att5tion r5d suraigus4 ,il y a des voix discordantes qu'un peu d'att5tion p>vi5drait modifi]1 r5dre mo9s pnibles aux oreilles d'autrui4 ,mais cette modification ncessit]ait des ef=ts p]svrants1 et1 en gnral1 et on ne s'aime po9t assez p\r avoir la =ce de s'y a/re9dre ou l'on s'aime sottem5t1 suivant des conceptions artificielles et absurdes4 ,on dirait p>fois1 tellem5t l'tre huma9 se donne de mal p\r gt] ses organes1 qu'il y a dans son esprit quelque *ose d'irrmdiablem5t fauss qui l'emp*e de disc]n] la vraie beaut et de s5tir le vrai am\r4 ,l'homme si peu intellig5t p\r l'amlioration de son extrieur ne l'e/ pas davantage en ce qui conc]ne sa sant4 ,il passe sa vie gt] ce que la nature a fait en lui de sa9 et de =t4 ,il s'aime si mal que p\r une satisfaction de p>esse ou de g\rm&ise1 il dtriore ou p]d les facults qui lui assur]ai5t la cont9uit de ces j\issances matrielles auxquelles il met tant de prix4 ,et cela dans t\s les ordres d'ides2 t&is qu'avec un peu de jugem5t1 de rflexion et de vraie affection p\r lui-mme il f]ait de sa maturit et de sa vieillesse autre *ose que des priodes de malaises et de privations4 ,mme dans la jeunesse1 que d'tres faibles1 incomplets1 maladifs p> leur propre faute1 p>ce qu'ils ne se sont pas suffisamm5t aims et qu'ils ont prfr eux-mmes d'idiotes tmrits ou de p]nicieuses habitudes d'incurie1 de mollesse1 et pire encore s\v5t4 ,sur ce po9t galem5t l'poque actuelle e/ en progrs sur les prcd5tes4 ,on comm5ce se proccup] srieusem5t de l'hygine des enfants2 les p>5ts essay5t de dvelopp] ou de rp>] l'uvre de la nature4 ,mais que de pays o l'on e/ rebelle encore aux t5tatives de ce g5re6 ,et puis1 dans combi5 de cas1 ds que l'autorit pat]nelle et mat]nelle cesse de s'ex]c]1 ds que l'individu e/ remis sa propre direction1 le manque d'am\r se manife/e immdiatem5t1 la nglig5ce repr5d le dessus4 ,si l'tre huma9 e/ ce degr indiffr5t sa beaut et sa sant--les deux po9ts les plus prcieux l'homme naturel1 puisqu'ils intress5t directem5t sa vanit et ses j\issances1 et que du second surt\t dp5d la cont9uit de la vie1--quelles proportions cette ins\ciance de ses vrais intrts assume-t-elle dans les que/ions intellectuelles et morales8 ,on peut affirm] qu'elle atte9t des proportions incomm5surables4 ,si dans l'ordre physique l'individu se nglige1 dans l'ordre moral on p\rrait presque dire qu'il se hait1 tellem5t il travaille se r5dre malheureux et obscurcir ses r>es joies4 ,l'ducation qu'il reoit de la famille1 de la vie et de lui-mme1 t\t contribue fauss] son jugem5t1 dvelopp] les in/9cts qui peuv5t le faire s\ffrir1 lui f>cir la tte de ?ories gnantes1 d'axiomes que la ralit dm5t1 d'int]prtations errones des prceptes div9s4 ,cette =ce irrsi/ible qui p\sse auj\rd'hui les populations de l',europe v]s les pays sauvages et libres1 n'e/ pas seulem5t un fait conomique1 un beso9 d'expansion provoqu p> une production indu/rielle dpassant la dem&e ou p> une surabondance de b\*es n\rrir1 elle correspond aussi une ncessit morale4 ,c'e/ une raction logique contre le factice gr&issant de l'exi/5ce civilise1 un dsir imprieux de ret\rn] la vie normale et naturelle1 l'aspiration inconsci5te v]s une m5talit n\velle qui rvl]a peut-tre l'homme le secret du vritable am\r dont il doit s'aim]4 99 99 99 99 99 ,l'un des premi]s torts que l'homme commet contre lui-mme e/ de dvelopp] en son me le s5tim5t et le beso9 de l'galit#aa4 ,les aspirations v]s la lib]t peuv5t tre inf9ies1 celles v]s la frat]nit galem5t1 mais la p\rsuite de l'galit e/ =cm5t limite l'esprance d'une ju/ice div9e et au dsir d'une ju/ice huma9e qui ne f]a aucune diffr5ce entre le gr& et le petit4 ,bi5 que la lgislation de la plup>t des pays de l',europe proclame l'galit de t\s devant la loi1 *acun sait combi5 la pratique s'c>te de cette =mule4 ,il se peut que dans une socit1 con/itue sur des bases plus l>ges et plus altrui/es1 le pr9cipe f9isse p> triomph]2 il e/ dsirable qu'il s't5de au-del des tribunaux1 mais l'galit1 quoi qu'on fasse1 ne p\rra jamais s'tablir qu'au po9t de vue lgislatif4 ,ailleurs c'e/ impossible3 l'galit n'e/ pas dans la nature1 elle ne le s]a jamais4 ,elle n'exi/e pas non plus dans l'esprit des *oses1 ni dans les phnomnes rflexes qu'une individualit produit sur une autre4 ,deux br9s d'h]be ne sont pas p>eils1 un enfant le sait1 et p\rtant ds qu'il a l'ge de p5s] et de rfl*ir cet enfant e/ envahi p> le beso9 d'galit2 il ne reg>de pas en bas1 mais en haut2 il s5t qu'il a le droit d'avoir ce que possde l'autre1 celui qui e/ au-dessus de lui4 ,le s5tim5t ne se =mule pas d'une faon aussi prcise1 mais il e/ au fond de t\tes les va9es p\rsuites et de t\tes les s\ffrances vaniteuses et amres qui enlaidiss5t la plup>t des vies4 ,cette passion d'galit e/ vraim5t la maladie dom9ante de notre poque4 ,elle dtruit bi5 des joies2 elle tue s\v5t la facult d'aim] et t\j\rs celle d'admir]2 elle e/ une des causes dt]m9antes de l'av>ice morale4 ,t\s les ef=ts de l'homme devrai5t t5dre l'emp*] de crotre *ez ceux dont l'ducation lui e/ confie et l't\ff] en sa propre me1 c> aucune t5dance n'e/ plus fallacieuse1 plus purile1 plus illogique4 ,elle tue les orig9alits et les valeurs1 elle mdiocrise1 rapetisse et trompe t\j\rs comme rsultat f9al4 ,elle e/ la cause de la dsolante uni=mit des tres1 des habitudes1 des manife/ations p>les4 ,ri5 ne ressort en saillie4 ,l'ignorant ne veut plus reconnatre aucune diffr5ce entre lui et le savant2 il s'irrite de la position diffr5te que l'autre occupe dans l'e/ime publique et le dnigre p\r le ram5] sa propre mesqu9e situation4 ,l'employ de banque ne voit aucune diffr5ce de valeur entre lui et son patron1 et comp>e avec am]tume la diffr5ce de leur traitem5t2 il se ronge a9si le tempram5t et alim5te en son cur une s\rce int>issable de mcont5tem5ts /riles qui tu5t en lui t\te facult de j\issance4 ,la femme laide refuse d'admettre que la femme belle doive attir] une att5tion et des hommages qu'elle-mme n'obti5dra jamais2 de l une pnible et inutile t5sion de t\t son tre p\r arriv] aux mmes effets4 ,la b\rgeoise n'admet plus que sa maison soit infrieure comme allure celle de la gr&e dame dont les tapiss]ies de haute lice ont t rapportes du sige d',arras p> un anctre conntable4 ,le mo9dre dbutant en politique se croit capable de g\v]n] l'tat et s'irrite contre les gr&s conducteurs d'hommes qui lui b>r5t le *em94 ,s'il en e/ a9si p\r les bi5s visibles et intellectuels1 les bi5s invisibles excit5t les mmes dnigrem5ts1 les mmes convoitises1 la mme fureur d'galit4 ,il faut possd] dj une supriorit d'me p\r support] d'ent5dre vant] la gr&eur morale de quelqu'un2 il en faut une plus considrable encore p\r que cette con/atation procure une joie4 ,les meilleurs eux-mmes essay5t de rapetiss] ou de ni] t\t ce qui les dpasse1 t\t ce dont ils se s5t5t incapables1 t\t ce qui con/itue une 9galit entre eux et ce pro*a9 qui ose les dom9] p> sa gnrosit1 son dv\em5t1 son esprit de ju/ice et de vrit4 ,enf91 de la plup>t des curs1 dans n'importe quelle situation sociale ou morale1 s'lve la mme "q purile3 ,p\rquoi lui et pas moi8 ,il y a presque v+t sicles que ,paul de ,t>se y a rpondu p> d'autres que/ions3 ,o homme1 toi plutt qui es-tu p\r conte/] avec ,dieu8 ,le vase d'argile dira-t-il celui qui l'a =m3 ,p\rquoi m'z-tu fait a9si8 ,le poti] n'e/-il pas matre de l'argile p\r faire avec la mme masse un vase d'honneur et un vase d'usage vil8 ,les ,roma9s du temps de ,nron se rvoltai5t dj contre l'9galit v\lue p> ,dieu1 et cette rbellion1 in/9ctive p>at-il l'me huma9e1 n'a fait que crotre depuis lors4 ,cim5te1 dveloppe p> l'ducation sociale et politique1 elle a atte9t auj\rd'hui l'tat aigu et con/itue l'une des causes pr9cipales des multiples s\ffrances qui obscurciss5t sur t]re la vie huma9e4 ,lorsque l'homme aura appris s'aim] rellem5t1 il devra lutt] contre cette t5dance de v\loir grimp] au sommet de l'arbre si l'agilit des membres et la longueur du s\ffle lui font dfaut2 il devra appr5dre disc]n] le div9 dans les mo9dres crations de ,dieu et se cont5t] d'tre p>mi ces mo9dres2 il devra compr5dre l'absurdit de t\te p\rsuite v]s une galit que la nature n'a absolum5t pas v\lue1 puisqu'aucune de ses uvres visibles n'en porte l'empre9te4 ,mais1 dira-t-on1 cette convoitise qui p\sse l'homme v\loir gal] son pro*a9 plus lev que lui1 e/ la base de t\t progrs2 y r5onc] s]ait faire cr\pir l'insecte dans la vase o il e/ n4 ,l'objection e/ fausse4 ,l'homme qui aura appris s'aim] v\dra donn] t\te sa valeur1 il compr5dra que c'e/ son premi] devoir vis--vis de lui-mme4 ,seulem5t il essay]a d'tre et non de p>atre2 d'tre et non de copi]2 d'tre1 sans qu'il soit ncessaire p\r cela de faire dgr+ol] autrui du fate atte9t4 ,la lutte p\r la vie1 cette concurr5ce 9vitable qui jette les individus ple-mle sur les mmes r\tes1 les =ant j\] des c\des p\r arriv] au b1 p]drait a9si de son pret et une c]ta9e ju/ice di/ributive s'tablirait4 ,les honneurs dc]n] risqu]ai5t d'*oir en p>tage aux plus dignes2 le *>latanisme ne p\rrait conc\rir aux prix2 la lice ne s]ait ouv]te qu'aux valeurs relles petites ou gr&es4 ,l'homme qui s'aime doit tre ambitieux1 il doit se v\loir gr&1 non au po9t de vue du p>atre1 mais de l'tre4 ,il doit se v\loir beau1 sa91 intellig5t et sage4 ,il dsir]a la sanction de l'op9ion publique1 oui1 c]tes1 mais pas au-del de ce qu'il s5t mrit]4 ,d'ailleurs1 elle n'aura p\r lui qu'une importance secondaire1 il aspir]a surt\t tre4 ,c'e/ encore le plus sr4 ,mme en ce monde d'inju/ices1 il y a une sorte de ju/ice f9ale4 ,et puis ceux qui croi5t l'immortalit1 comm5t veul5t-ils y arriv]8 ,d=ms1 dtriors1 rapetisss8 ayant gaspill les tal5ts qu'ils avai5t reu en dpt ou les ayant enf\is s\s t]re8 ,le premi] devoir de l'individu vis--vis de lui-mme e/ de donn] t\te sa mesure4 ,ne pas la donn]1 c'e/ tre son propre ennemi4 ,si l'tre huma9 se mettait ce po9t de vue rsolum5t1 pratiquem5t1 une rvolution morale s'accomplirait4 ,quelle saveur pr5drait la vie1 quel gr& s\ffle la trav]s]ait6 l'ennui dprimant en s]ait jamais banni2 il n'y aurait plus d'exi/5ces vides et veules4 ,*acun saurait p\rquoi il doit vivre3 p\r se bi5 aim] et aim] les autres de la mme faon4 ,une autre objection se prs5te4 ,l'ambition de donn] t\te sa valeur1 d'atte9dre la plus haute possibilit de p]fection ne jett]a-t-elle pas l'homme dans de d\l\reux dc\ragem5ts lorsqu'il v]ra que ses ef=ts sont va9s1 qu'il con/at]a des re*utes successives8 ,oui1 c]tes1 mais la re*]*e du p>atre1 la c\rse la =tune et au succs ne lui procur5t-elles pas les mmes dboires1 les mmes dpressions8 ,et elles sont bi5 plus aigus1 plus irritantes1 c> il peut s'en pr5dre aux autres1 en accus] les autres4441 ce qui emp*e et p>alyse l'ef=t1 t&is que de devoir s'en pr5dre soi-mme s'accus] soi-mme peut faire sur la volont l'effet d'un vig\reux et efficace c\p de f\et4 ,si l'homme s'aimait rellem5t1 il appr5drait d'abord dev5ir son matre p\r savoir se guid] dans le *em9 du bonheur ou plutt de l'h>monie1 seule capable de remplac] la flicit passagre ou abs5te dans cette vie t]re/re4 ,en voyant le peu de contrle que la plup>t des tres ont sur eux-mmes1 sur leurs t5dances f*euses1 leurs gts nuisibles1 leurs habitudes antie/htiques1 on se dem&e quelle rsi/ance ils saurai5t oppos] aux gr&es passions si elles v5ai5t les t\*] ou c]ta9es t5tations r$\tables qui p>fois se dress5t devant les consci5ces p\r les attaqu] et les va9cre4 ,heureusem5t ou malheureusem5t les gr&es passions sont r>es et les gr&es t5tations galem5t1 inf9im5t plus r>es qu'on ne le croit et ne le dit4 ,*acun e/ d'une faon ou de l'autre sollicit au mal1 au dsordre1 la rbellion1 au p* s\s quelqu'une de ses =mes1 mais que de g5s se r5gorg5t dans une au/re respectabilit qui n'ont jamais r5contr sur leur r\te l'or s'(frant eux1 s'imposant eux1 s'a*>nant aprs eux6 ,t\s les hommes ont eu des vellxs de =tune1 mais ceux auxquels la =tune e/ v5ue d'elle-mme t5dre la ma91 (frir ses plus all*antes faveurs contre une concession d'app>5ce m9ime ou considrable sont peu nombreux4 ,la r5contre de ,mphi/ophls et de ,fau/ ne se r5\velle pas *aque j\r4 ,de mme p\r les passions de l'orgueil et de la *air3 les ,mose1 les ,david sont assez r>es4 ,t\t le monde s'imag9e avoir aim1 tre capable d'aim]2 ri5 de mo9s commun p\rtant qu'un =t am\r1 un de ces am\rs qui entr5t dans le sang1 allum5t le c]veau et amolliss5t mortellem5t le cur4 ,ri5 de mo9s commun1 mais *aque homme cep5dant peut tre appel r5contr] les dieux sur sa r\te4 ,comm5t les fuir ou les t]rass]1 s'ils sont des mauvais dieux1 des dieux qui entran5t la honte1 la misre1 au dsespoir lorsqu'on n'a pas appris tre son propre matre8 ,dev5ir roi de soi-mme e/ donc le premi] acte de l'am\r4 ,aprs avoir *>g sa ma*9e de ce combu/ible indisp5sable qui e/ la matrise de soi1 il s'agit de savoir dans quelle direction on compte la lanc]4 ,la plup>t des g5s s'aim5t si peu qu'ils ne se dem&5t jamais ce qu'ils aspir5t tre4 ,ils p5s5t amlior] ou cons]v] leur situation f9ancire et sociale1 r>em5t la =me que pr5dra leur moi4 ,c'e/ l une trange indiffr5ce1 que la plup>t des honntes g5s p>tag5t4 ,on dem&e un jeune g>on3 ,que veux-tu dev5ir8 ,il rpondra3 ,m>91 soldat1 prtre1 littrateur4 ,il ne dira jamais3 ,un =t1 un pati5t1 un s9cre1 un hroque1 un sage4 ,il ne le dira pas1 p>ce que la plup>t du temps il n'y a pas p5s4 ,*acun s'occupe de l'tiquette mettre sur sa p]sonne extrieure et r>em5t de la p]sonne intrieure4 ,et p\rtant t\t l'av5ir t]re/re et t]nel dp5d du dveloppem5t de cette p]sonne intrieure4 ,t\t e/ en n\s2 c'e/ vrai dans t\tes les bran*es3 vie s5tim5tale1 vie intellectuelle1 vie arti/ique et mme vie sociale4 ,l'homme e/ appel p> ,dieu la p]fection1 mais la my/rieuse tragdie qui a fait de son me le t]ra9 o des =ces contraires se livr5t une bataille a*>ne1 r5d sans d\te impossible1 du mo9s sur cette plante1 l'a*vem5t de l'uvre p>faite4 ,t\t en t5dant v]s le soleil1 il doit donc1 non pas circonscrire ses aspirations1 mais dirig] ses ef=ts1 employ] ses =ces au dveloppem5t des facults et des dispositions qui lui sont propres4 ,comme dans l'ordre intellectuel1 il se s5t port dev5ir musici51 soldat1 physiologi/e ou ma?matici51 de mme dans l'ordre moral1 il peut et doit *oisir sa p]sonnalit1 une p]sonnalit qu'il aim]a1 non avec cette purile et inju/ifie admiration de soi-mme1 p>tage des sots1 mais avec cet atta*em5t lucide de l'auteur p\r l'uvre mme incomplte qui lui a cot un travail p]svrant1 c\rageusem5t accompli4 ,si la crature huma9e s'aimait comme elle doit s'aim]1 elle donn]ait son propre jugem5t sur elle-mme une valeur extrme et n'en attribu]ait qu'une =t m9ce l'op9ion d'autrui1 c> elle seule connat et le fond de son cur1 et les secrets mobiles de ses actions1 et la puissance de ses ef=ts4 videmm5t l'homme n'e/ pas un tre solitaire1 il a beso9 de la critique et de l'approbation des autres hommes2 seulem5t d'ord9aire il y atta*e une importance exagre1 nuisible son indp5dance morale et sa dignit4 ,et s'il ne s'agissait que de l'op9ion de l'lite6 ,mais il e/ t\t aussi s5sible aux jugem5ts du vulgaire1 incapable de t\te apprciation quitable et intellig5te4 ,on p\rrait cra9dre qu'en appr5ant donn] son jugem5t une valeur suprieure1 l'tre huma9 ne devi5ne d'une insupportable suffisance4 ,mais c'e/ le rsultat contraire qui s]a atte9t4 ,en s'aimant assez p\r v\loir se p>] de t\tes les beauts1 il se s5tira t\j\rs infrieur son idal et s]a a9si ma9t5u dans un tat con/ant d'humilit salutaire4 ,c'e/ l'habitude de reg>d] aux autres et de donn] de l'importance leurs flatt]ies qui le r5d si facilem5t satisfait de ses propres mrites4 ,mme au po9t de vue physique1 l'aspiration la beaut vraie tue la vanit3 qu'une jolie femme se comp>e la ,psy* de ,naples1 elle devi5dra mode/e2 qu'elle tablisse un p>allle avec ses amies mdiocres ou laides1 elle se r5gorg]a vaniteusem5t4 ,et il en e/ de mme dans t\s les ordres d'ides et d'ambitions4 ,l'me morte n'e/ pas celle qui *]*e en elle-mme la s\rce des ri*esses et des joies1 mais bi5 celle qui1 ne p\vant vivre sur son propre fond1 qute *ez les autres l'appui qui lui manque1 pose les bases de sa consci5ce dans la consci5ce des autres1 se cont5te de cette *ose peu /able et peu s9cre s\v5t1 qui s'appelle l'approbation des autres4 ,il e/ curieux de con/at] quel degr l'homme manque d'indp5dance morale4 ,a notre poque1 le phnomne e/ curieux2 les individus rclam5t la lib]t s\s t\tes ses =mes1 ils en ont soif1 ils veul5t s'en enivr]2 les plus petites entraves les irrit5t1 les affol5t1 mais de la seule vraie lib]t ils n'ont cure1 la lib]t intrieure ne les sduit po9t1 ils en ont peur comme de la solitude4 ,t\t le monde s'associe1 se gr\pe1 se syndique1 *acun veut faire p>tie d'un gr\pe de l\ps qui hurle1 on *]*e l'esclavage4 ,la convoitise1 la l*et et la vanit sont s\v5t la base de ce beso9 de j\g1 mais ce qui le dt]m9e surt\t1 c'e/ le manque d'am\r que l'homme a p\r lui-mme et1 p> consqu5t1 le manque d'e/ime4 ,jamais les individus ne se sont mo9s e/ims eux-mmes qu' notre poque4 ,le snobisme rgnant en e/ la preuve2 v\loir t\t prix tre le reflet de quelqu'un ou de quelque *ose1 tir] son rayonnem5t d'autrui1 mettre son ambition se frott] plus haut que soi1 e/ encore plus absurde que rpugnant4 ,ah6 oui1 tre digne1 dev5ir digne de se ml] ce qu'il y a de plus lev en ce monde p\r faire p>tie de l'lite intellectuelle et morale1 le s5tim5t e/ comprh5sible et ju/e1 mais se rduire l'tat p>asitaire1 v\loir t\t prix frqu5t] ce qui e/ gr& sans y avoir aucun droit1 e/-ce l un b digne de l'tre huma91 fait l'image de ,dieu1 de l'homme qui ress5t p\r lui-mme un vrai am\r8 ,*aque matre doit avoir ses disciples 7hlas6 ils n'en ont plus gure de notre temps67 qui se n\rriss5t de ses enseignem5ts1 qui sont les porte-t5d>ds de ses p>oles1 mais1 si ces disciples suiv5t le matre1 simplem5t p>ce qu'ils s'imag95t qu'un reflet de sa gloire tomb]a sur eux et non p> dv\em5t1 respect1 admiration relle1 ils ne mrit5t plus le nom de disciples1 ils sont des snobs1 des pr(iteurs1 des arrivi/es1 des g5s qui se mutil5t eux-mmes1 qui /rilis5t volontairem5t leur c]veau et p> consqu5t ne s'aim5t po9t4 ,la gr&e catgorie des ignorants1 non de ceux auxquels ri5 n'e/ (f]t1 mais des ignorants volontaires qui1 p> sottise1 incurie ou p>esse se refus5t t\t ef=t p\r s'appropri] les connaissances qui leur sont prs5tes de t\s cts1 r5tre galem5t dans le cycle des ennemis d'eux-mmes4 ,auj\rd'hui la culture1 s9on la sci5ce1 e/ aussi indisp5sable l'individu d'une c]ta9e classe que l'ducation elle-mme4 ,p\r obt5ir une place au soleil1 qui ne soit pas un vol1 il faut savoir4 ,c'e/ vrai p\r les hommes et p\r les femmes4 ,et combi5 s'y refus5t ob/9m5t1 p>mi ces d]nires surt\t6 ,elles sacrifi5t cette n\rriture ncessaire1 avec t\s ses avantages matriels et moraux1 aux plus puriles et sottes occupations et proccupations1 des p\rsuites dont il ne re/]a ri5 et qui1 mme innoc5tes1 laiss5t nanmo9s d'humiliants s\v5irs4 ,le gr& dveloppem5t intellectuel n'e/ pas la porte de t\s1 il n'e/ pas dans les gts de t\s4 ,il y a diffr5tes missions remplir1 c'e/ p\rquoi il e/ si indisp5sable de *oisir sa r\te avec rflexion et disc]nem5t4 ,les uns aspir5t la place du gr& lis blanc1 d'autres se cont5t5t d'tre une mode/e fleur des *amps ou une utile plante potagre2 d'autres encore rv5t aux *nes puissants1 aux cdres fi]s1 aux alos la floraison unique et spl5dide1 aux plantes compliques des s]res4 ,t\tes ces uvres de la nature ont leur utilit et leur raison d'tre1 mais dans *aque espce il en e/ de spl5dides1 de mdiocres et de rab\gries4 ,si l'on s'aime1 il faut essay] d'tre p>mi les belles plantes4 ,or1 la plante huma9e dem&e une culture intellectuelle considrable2 t\tes les joies de la vieillesse et de l'ge mr y sont atta*es4 ,le pessimi/e ,s*op5hau] admet qu'une fois les passions amorties1 on peut connatre le bonheur s\s les *eveux blancs1 si l'on a le gt des *oses de l'esprit et que l'intellig5ce soit re/e ouv]te4 ,mais ce gt ne nat pas au dcl9 de la vie1 il faut l'avoir connu et cultiv ds sa jeunesse4 ,j'ai connu quelques belles et heureuses vieillesses1 mais t\tes1 en effet1 tai5t am\reuses de l'ide1 de la mditation1 du livre444 ,9 ,angulo cum libello4 99 99 99 99 99 ,la s5sibilit tant durant t\te la vie active de l'homme la cause pr9cipale de ses joies et de ses d\leurs1 il s]ait utile de se dem&] dans quelle voie il doit la dirig] p\r son propre bonheur et le dveloppem5t normal de ses facults affectives4 ,la s5sibilit n'e/ pas la s5tim5talit2 celle-ci s\s t\tes ses =mes1 mme la =me naturelle1 e/ une s\rce d'erreurs1 de p]nicieuses illusions et d'inutiles s\ffrances4 ,t\t ce qui t5d l'accrotre1 l'aiguis] devrait1 p> consqu5t tre banni1 de l'ducation que n\s recevons des autres et de celle que n\s n\s donnons n\s-mmes4 ,elle reprs5te1 du re/e1 bi5 plus une habitude de l'esprit qu'un beso9 du cur1 et en gnral se dveloppe au dtrim5t des affections vraies et se p]d en phrases vides1 en aspirations vagues4 ,on rv]a l'ami abs5t1 mais on oubli]a d'agir p\r lui4 ,les p]sonnes s5tim5tales sont presque t\j\rs les mo9s altrui/es et ne contribu5t que faiblem5t la flicit de leur ent\rage1 c> elles devi5n5t facilem5t le c5tre de leur s5tim5talisme1 se pos5t vis--vis d'elles-mmes en tres "p1 mconnus du vulgaire1 magnifiant en srieuses preuves les petits dboires de la vie1 se =geant une srie d'imag9aires s\ffrances4 ,en rsum1 tre s5tim5tal vis--vis des autres c'e/ les aim] plus artificiellem5t que rellem5t4 tre s5tim5tal vis--vis de soi-mme c'e/ ne pas s'aim] du t\t1 puisque c'e/ dvelopp] en soi des causes factices et inutiles de d\leur4 ,la vraie s5sibilit1 au contraire1 e/ une s\rce con/ante de joie1 elle produit un rayonnem5t cont9uel de l'me4 ,plus l'homme aim]a aut\r de lui1 mieux il s'aim]a lui-mme1 l'am\r p\r autrui tant l'unique moy5 efficace de contribu] sa propre satisfaction4 ,ceux qui1 p> cra9te de la s\ffrance1 /rilis5t leur cur1 devi5n5t des mes mortes2 l'av>ice morale les tre9t et t>it en elles t\tes les =ces d'expansion et de lumire4 ,ils donn5t le mo9s possible au pro*a9 p\r vit] les dceptions et l'+ratitude1 mais cette prcaution se ret\rne contre eux-mmes4 ,en t\ffant leurs s5tim5ts altrui/es1 ils augm5t5t leur gsme1 ce qui les r5d plus s5sibles ce qui les t\*e et p> consqu5t les fait s\ffrir davantage4 ,aim] les autres1 c'e/ donc s'aim] soi-mme et s'aim] rellem5t1 c> on n'e/ heureux qu'en aimant2 seulem5t1 il faut les aim] p\r eux-mmes et non p\r soi1 il faut les aim] en s'extriorisant p\r leur tre utile1 sans cette exagration morbide qui *ange le dv\em5t en s\ffrance1 en somme il faut les aim] comme n\s-mmes p\r leur bi5 rel4 ,t\t s'en*ane admirablem5t dans cet ordre d'ides1 c> le b de l'am\r p\r soi et les autres e/ d'am5] l'me huma9e l'h>monie4 ,cette mme h>monie dem&e que la s5sibilit soit dom9e p> la raison1 la pati5ce et le c\rage1 sans quoi elle dgnre en s5sibl]ie et devi5t1 plus mme que la s5tim5talit1 une cause de *agr9s p]ptuels et inutiles p\r ceux qui l'pr\v5t et un t\rm5t p\r ceux qui en sont l'objet4 ,p\r re/] salutaire et bonne soi et aux autres1 elle doit se g>] de nombre d'cueils et surt\t de l'excs de p]sonnalit d'o nat la susceptibilit1 cette pi]re d'a*oppem5t de tant de vies4 ,ennemie de t\t bonheur1 de t\te satisfaction et de t\te paix1 la susceptibilit devrait tre considre p> les tres intellig5ts comme une maladie d\l\reuse qu'il faudrait t*] d'enray] ds le premi] symptme4 ,si l'homme savait s'aim] il ne p]mettrait jamais ce s5tim5t morbide de pr5dre rac9e en son me4 ,la susceptibilit a une p]nicieuse sur jumelle qui e/ en mme temps sa cause et son effet2 il e/ r>e que l'une aille sans l'autre4 ,p>fois la susceptibilit n'e/ qu'une s5sibilit exaspre1 mais d'ord9aire elle m>*e pas gal avec la vanit1 la plus p]fide compagne que l'me huma9e puisse abrit]4 ,on ne devrait pas en s\hait] le contact son pire ennemi1 et1 ab]ration s+ulire1 l'homme presque t\j\rs s'empresse de lui ouvrir t\tes gr&es les portes de son cur1 l'abreuve1 l'alim5te1 la *rit4 ,si l'on noircissait d'encre le papi] de plusieurs fabriques on n'arriv]ait pas numr] le mal dont elle a t cause depuis le comm5cem5t du monde4 ,et t\t cela p>ce que l'tre huma9 n'a jamais appris savoir s'aim] et p> consqu5t1 n'a pas compris quelle s\rce de d\leurs il p\rrait s'p>gn] p> une sage direction de lui-mme4 ,on dira que la susceptibilit e/ une =ce de rsi/ance1 que la vanit e/ un levi] puissant1 que sans elles la grossiret s'introduirait dans les murs1 que t\t progrs d'lgance et de culture s'arrt]ait4 ,mais la dignit s5tie et bi5 dveloppe ne suffirait-elle pas ma9t5ir le respect1 s]vir de remp>t contre les (f5ses1 les emp*] mme8 ,et l'am\r-propre ne p\sse-t-il pas l'homme bi5 plus lo9 que la vanit sur la voie du p]fectionnem5t1 de l'a*vem5t1 de la gr&eur8 ,on les confond l'un avec l'autre1 et c'e/ une erreur pr(onde1 c> les bi5 considr] ils s'exclu5t l'un l'autre2 on l>git les mobiles et les aspirations de la vanit1 on trans=me et rapetisse celle de l'am\r-propre4 ,l'am\r-propre c'e/ l'am\r de soi4 ,or l'am\r de soi vraim5t s5ti ne peut faire dsir] que le bon et le gr&1 la ralit et non l'app>5ce1 la vraie gloire et non la fausse gloire1 t&is que la vanit6444 ,qui os]ait dcrire et av\] t\tes les petites et pauvres p5ses1 les mesqu9s dsirs1 les puriles satisfactions dont elle e/ cause8 ,ce qu'inspire l'am\r-propre on ne le raconte pas t\j\rs1 mais on n'en r\git po9t2 il peut induire une action viol5te1 jamais une action basse2 s'il a ses dang]s1 ses maladies1 elles ne sont ni putrides1 ni infectieuses4 ,un des symptmes du vrai et sa9 am\r-propre c'e/ de dvelopp] le dsir de la gloire dans les mes assez =tes p\r le support]4 ,cette gloire peut rvtir div]ses =mes2 ce n'e/ pas t\j\rs celle du gu]ri]1 du pote1 de l'homme d'tat1 du savant ou telle autre p]sonnalit gniale laquelle on e/ habitu atta*] ce nom1 elle peut illum9] de ses rayons des manife/ations plus mode/es4 ,il y a la gloire intime et secrte du dveloppem5t m5tal et moral4 ,em]son1 p> exemple1 n'aurait jamais crit les pages qui lui ont acquis la clbrit1 qu'intrieurem5t1 p\r lui-mme1 il s]ait arriv la gloire p> l'expansion de sa p5se et de son s5tim5t4 ,qu'elle soit de/9e re/] invisible ou revtir une app>5ce clatante1 la gloire e/ le plus salutaire1 le plus efficace1 le plus noble am\r que l'homme puisse concevoir et r*auff] dans son esprit et son cur4 ,il faudrait que sa p\rsuite dom9t t\tes les autres dans les mes pr(ondes et les intellig5ces gniales4 ,ce dsir des hauteurs mme invisibles ne peut tre le p>tage que d'une lite1 mais il re/e aux p]sonnalits plus mode/es un va/e *amp de travail ensem5c] et lab\r]1 lorsqu'elles auront appris quel e/ le vrai am\r de soi4 ,la rcolte leur apport]a des satisfactions inconnues1 donn]a une saveur t\j\rs r5\vele leur exi/5ce1 leur p>gn]a bi5 des s\ffrances inutiles2 elles auront1 en outre1 la joie suprme de voir leur fonds produire *aque j\r davantage ce qu'il e/ capable de donn]4 ,t\s ces bi5faits que la pratique du vrai am\r de soi promet l'homme1 peuv5t tre obscurcis1 gts1 corrompus p> le dveloppem5t d'une seule t5dance1 comme une famille d'insectes presque invisibles suffit p\r que les plus gr&s arbres soi5t rongs dans leur ess5ce mme4 ,cette t5dance1 il vaut mieux dire cette maladie1 e/ le manque de simplicit1 de s9crit1 la pose vis--vis de soi et des autres4 ,ds qu'une proccupation de ce g5re pntre l'esprit1 elle dim9ue immdiatem5t t\t ce qu'elle t\*e4 ,si la re*]*e de p]fectionnem5t1 de la mise en valeur des facults doit am5] sa suite l'orgueil spirituel1 mieux vaut y r5onc]4 ,l'homme dp\rvu d'idal ou d'aspirations leves qui e/1 btem5t1 simplem5t1 dignem5t ce qu'il e/ vaudra t\j\rs mieux que le poseur1 mme s'il a le bon gt de ne pas battre la grosse caisse1 mme s'il e/ peu prs s9cre dans sa re*]*e du bi5 et du bon4 ,la simplicit1 c'e/ la vrit4 ,la pose1 mme si ses attitudes sont belles1 n'e/ que m5songe4 ,l'une peut se comp>] la s\rce d'eau vive1 l'air pur des montagnes1 la saveur des fruits1 l'odeur des fleurs2 l'autre c'e/ le masque1 la fantasmagorie1 les boissons frelates1 les p>fums *imiques4 ,et il suffit d'une p]le fausse dans le colli] p\r faire d\t] de celles qui sont vraies6 ,heureusem5t1 le vritable am\r de soi1 s'il e/ pr(ondm5t s5ti1 dissipe ces puriles vellxs de comdie4 ,aussi longtemps qu'elles se manife/5t s\s une =me quelconque1 l'homme n'a pas appris s'aim]1 ou1 p\r mieux dire1 il s'aime faussem5t1 il e/ son propre ennemi1 l'artisan de ses s\ffrances1 le de/ructeur de ses joies1 la ma9 qui entrave1 le pige qui fait tomb]1 la griffe qui d*ire4 ,au contraire p> le dveloppem5t de ses facults physiques et m5tales et p> l'pan\issem5t de sa nature vraie il peut arriv] r5dre sa vie digne d'tre vcue4 ,en sub/ituant le dsir d'tre celui de p>atre1 l'am\r-propre la vanit1 la s5sibilit la s5tim5talit1 la volont de cultiv] son j>d9 la va9e p\rsuite d'une galit impossible1 l'individu n'aj\t]a pas aux implacables d\leurs qui le guett5t1 telles que la maladie1 la trahison et la mort1 l'imm5se catgorie des am]tumes /riles1 des dboires *]*s1 des dc\ragem5ts vitables1 des dsespoirs inutiles4 ,l'homme doit arriv] au po9t o t\t honneur immrit lui ps]a comme une humiliation4 ,l'individualisme e/ violemm5t attaqu auj\rd'hui2 il e/ cause1 en effet1 des plus gr&s maux1 mais p>ce que c'e/ un individualisme qui *]*e pr5dre aux autres et non dvelopp] en soi4 ,il e/ ncessaire de di/+u]3 l'homme qui soigne son corps p\r le r5dre sa9 et beau ne nuit pas autrui2 il nuit autrui s'il le c\vre de vtem5ts somptueux obt5us p> vice ou fraude1 cause de ru9e p\r sa famille1 objet d'envie p\r le pro*a94 ,mme si une position exceptionnelle le lui p]met1 cet excs de magnific5ce e/ g/e1 c> il dim9ue la possibilit de la *>it4 ,us] de l'intellig5ce des autres sans les rtribu] de faon quitable e/ galm5t g/e1 mais le dveloppem5t de sa propre intellig5ce ne peut faire de tort p]sonne4 ,le dsir d'obt5ir les premires places1 si on e/ rellem5t p>mi les plus dignes comme intellig5ce et savoir1 n'e/ pas nuisible la collectivit2 il devi5t nuisible lorsque ces premires places sont obt5ues1 non p> mrite1 mais p> intrigue1 a/uce1 *>latanisme1 lorsqu'elles sont voles qui elles revi5drai5t de droit4 ,si *aque tre huma9 se disait3 mon unique b doit tre de dvelopp] les =ces et les dons de ma propre nature1 il s]ait la fois enc\rag et limit dans ses ambitions2 le s5tim5t qu'il ne peut all] au-del le sauv]ait de l'envie et de la jal\sie2 ddaignant le faux il ne saurait aspir] ce qui ne lui revi5t pas4 ,l'on object]a que l'individu lanc dans la vie1 tre9t p> la concurr5ce1 devi5t incapable d'tablir con/amm5t une ju/e balance entre ses mrites et ceux d'autrui4 videmm5t1 mais qu& p> la culture de son j>d9 un esprit aurait acquis l'habitude de re/] dans le vrai et de mpris] le faux1 il lui en re/]ait quelque *ose mme l'heure des luttes a*>nes4 ,les habitudes de politesse du sicle d]ni] se retr\vai5t s\s le feu de l'ennemi1 alors que p\r comm&] la *>ge le capita9e de la ,maison-,r\ge saluait son escadron1 disant3 ,messieurs les g5d>mes de la ,maison du ,roi1 veuillez assur] vos *apeaux1 n\s allons avoir l'honneur de *>g]4 ,la socit mod]ne m>*e d'ailleurs1 il faut l'espr]1 v]s une di/ribution plus quitable du pa9 quotidi53 l'volution sociale qui se prp>e1 les lois plus ju/es qui en dc\l]ont1 l'ouv]ture de *amps d'activit f]ms jusqu'ici1 dim9u]ont l'pret du combat4 ,mais p\r que l'homme puisse compr5dre ces conditions n\velles de vie et y p>ticip] dignem5t1 il faut qu'il ait appris s'aim]4 ,le b de cet am\r se rsume en trois propositions pr9cipales3 tre s9crem5t ce qu'on e/2 atte9dre le plus haut dveloppem5t possible2 rp&re la joie aut\r de soi p\r la s5tir en soi4 ,que l'objectif se limite simplem5t l'exi/5ce t]re/re ou compr5ne les esprances immortelles1 la voie suivre e/ la mme1 c> elle compr5d la vrit1 le p]fectionnem5t1 l'altruisme et doit avoir comme rsultat l'h>monie f9ale de l'tre4 ,p\r les vulgaires j\isseurs ou les simples spectateurs de la vie1 t\s les mots qui prcd5t sont vides de s5s1 dp\rvus de saveur et ils ne r5d5t qu'un son creux et va94 ,mais les autres1 ceux qui1 s\s une dnom9ation quelconque1 ont des aspirations plus ou mo9s s9cres et =tes v]s les *oses leves1 qui reconnaiss5t des lois morales1 qui s5t5t la piti et rvr5t la ju/ice1 qui veul5t leur bonheur et le bi5 d'autrui1 sav5t-ils s'aim] beauc\p mieux1 sont-ils disposs appr5dre le vritable am\r et le pratiqu]8 ,il y a des mes scrupuleuses et g>es qui croi5t que cet am\r leur e/ int]dit2 elles ne compr5n5t pas que ne pas s'aim] avec son propre cur quivaut ne pas p5s] avec sa propre p5se1 faire fi de la vie qui leur a t donne1 supprim] les =ces qu'elles ont reues1 refus] de guid] v]s les hauteurs la consci5ce dont ,dieu leur a confr le so94 ,e/im] qu'elles n'ont pas le droit de s'aim] les emp*e de se bi5 aim]1 c'e/--dire de s'aim] suivant le plan div94 ,voil p\rquoi tant de *rti5s ne conoiv5t pas l'am\r de soi d'une faon plus ju/e1 plus sage1 plus normale que les disciples du has>d4 ,puis vi5t la gr&e f\le des mes mortes1 de celles qui ont p]mis la maladie1 la s\ffrance1 aux dceptions1 aux s\cis de dim9u] en elles1 presque jusqu' l'ext9ction1 l'int5sit de la vie morale2 elles ont p]du t\t magntisme1 t\t rayonnem5t1 t\te puissance communicative et s'tiol5t dans une exi/5ce sans *aleur et sans lumire4 ,il ne leur re/e que le regret des *oses div9es qu'elles ont ngliges4 ,leur nom e/ multitude4 ,si elles se ranimai5t1 ce s]ait comme une imm5se arme surgissant t\t c\p et p>tant en gu]re p\r une n\velle croisade1 bannires dployes4 ,et sur ces bannires ces mots s]ai5t crits3 ,appr5ds t'aim] toi-mme et tu auras va9cu une p>tie de la s\ffrance1 appr5ds t'aim] toi-mme et tu aim]as les autres4 ,,*apitre ,v ,l',l,,gance ,,morale ,attelez votre *>rette une toile4 7,,em]son47 ,le mot e/htique fait auj\rd'hui p>tie du langage c\rant1 et on l'ent5d sortir de b\*es pr(anes qui1 il y a quelques annes encore1 en ignorai5t le s5s4 ,des coles se sont =mes s\s ce nom1 et1 si elles ont effleur le ridicule p> des re*]*es puriles et des affectations s+ulires1 elles peuv5t rev5diqu] le mrite d'avoir oppos un contrepoids efficace la t5dance mod]ne de nglig] le beau p\r la re*]*e unique de l'utile4 ,ce dveloppem5t du s5s e/htique n'a peut-tre pas t favorable la puret de l'art2 il l'a vulg>is1 en lui faisant p]dre la simplicit et la spontanx1 s\rces pr9cipales de t\te vraie gr&eur4 ,mais il a eu p\r effet de gnralis] la proccupation de l'h>monie dans les objets extrieurs et d'acc5tu] la rpugnance du banal1 du laid1 du grossi]4 ,il a cr *ez les natures les plus positives des beso9s inconnus aux gnrations prcd5tes3 dsir de lumire1 d'horizons1 de te9tes fondues1 de notes brillantes1 de comb9aisons orig9ales4 ,t\tes les manife/ations arti/iques3 conc]ts1 auditions1 expositions1 sont c\rues comme elles ne l'ont jamais t4 ,l'art1 s\s t\tes ses =mes1 e/ cras s\s les admirations bruyantes d'adorateurs incompt5ts4 ,il e/ tellem5t la mode du j\r que l'loge d'un homme ou d'une femme intellig5te p>at incomplet si l'on n'y aj\te l'exclamation sacram5telle3 ,et avec cela arti/e6 ,mais1 phnomne biz>re et inexplicable1 cette re*]*e d'h>monie et de beaut qui proccupe les classes cultives de t\s les pays ne dpasse pas le doma9e de la =me et de l'intellig5ce4 ,l'lgance morale n'a pas d'autels4 ,on /igmatise bi5 encore une action vulgaire ou basse1 mais il faut que les bornes de la plus va/e indulg5ce ai5t t dpasses4 ,ce n'e/ pas lgant1 dira-t-on4 ,ces mots1 d'ailleurs1 n'indiqu5t aucune dception srieuse1 nul dsir rel de beaut psy*ique2 ils sont simplem5t l'expression trs attnue du blme que les socits civilises ont prononc de t\t temps contre c]ta9s actes indlicats ou l*es4 ,une faute de gt1 un assemblage de c\leurs disp>ates1 le pli disgracieux d'une drap]ie caus5t aux dlicats une s\ffrance la fois relle et fausse1 t&is que l'abs5ce d'h>monie morale ne *oque nullem5t leur s5s e/htique4 ,la t5ue extrieure e/ d'un raff9em5t extrme2 *ez quelques-uns la t5ue intellectuelle e/ galem5t trs surveille4 ,la phrase banale1 sans c\leurs1 sans paillettes1 e/ vite comme une honte4 ,le vulgaire1 le mdiocre1 l'incomplet dans leurs imp]ceptibles nuances1 produis5t de pnibles r\geurs s'ils se rapport5t la =me extrieure des *oses et aux capacits de l'esprit4 ,s'agit-il du c>actre1 ri5 ne *oque2 on admet t\t2 incohr5ces1 petitesses1 compromis et laideurs1 preuve vid5te que notre s5tim5t de l'art e/ la fois incomplet et vieilli4 ,en l't5dant aux manife/ations morales1 on p\rrait l'agr&ir et le rajeunir2 un peu de beaut intrieure ne gt]ait ri5 aux grces visibles dont n\s sommes pris4 ,les contes de fes1 qui1 s\s leur purilit app>5te1 r5f]m5t t\j\rs un fond de sagesse1 racont5t l'hi/oire d'une pr9cesse1 fille de roi1 qui portait des habits somptueux1 brods de pi]r]ies1 mais dont la b\*e vomissait des crapauds et des c\leuvres4 ,c'e/ un peu le cas du raff9em5t mod]ne4 ,mais auj\rd'hui les ,pr9ces ,*>mants ne se laiss5t plus rebut] p> les laideurs intimes1 et il y a dans ce qu'on appelle la ross]ie une sorte de pre/ige que d'assez honntes g5s subiss5t4 ,il e/ impossible de regrett] la socit d'autrefois1 notre m5talit l>gie ne p\rrait plus la support]4 ,il e/ c]ta9 cep5dant qu'elle int]disait l'talage des vulg>its dont on se fait presque un mrite auj\rd'hui4 ,on n'avait pas honte des vices1 mais on r\gissait des petitesses1 et un beso9 de gr&eur enivrait les mes4 ,ce pre/ige qu'il fallait cons]v] aux yeux des f\les s'ex]ait s\v5t p> la hauteur du c>actre4 ,si l'on appr5ait surt\t aux filles du ,,xviiie sicle l'art de mont] en c>rosse et l'obs]vation rig\reuse des prescriptions du bel air1 on leur enseignait galem5t qu'avoir l'me basse tait un d%onneur et que1 si l'on manquait de dlicatesse1 il fallait du mo9s en g>d] l'app>5ce4 ,orgueil et hypocrisie peut-tre1 mais aprs l'humilit *rti5ne l'orgueil n'e/-il pas la plus sre des sauveg>des8 ,il a t remplac p> la vanit qui mdiocrise t\t ce qu'elle t\*e4 ,quant l'hypocrisie1 sait-on t\j\rs o elle f9it et comm5ce8 ,plus odieuse que le cynisme1 ses consqu5ces morales et sociales sont mo9s dang]euses4 ,la ddaigneuse indiffr5ce de l'poque actuelle p\r le raff9em5t des manife/ations psy*iques n'a d'ailleurs produit aucun effet salutaire dans les rapports des hommes au po9t de vue de la s9crit et de la logique4 ,ds que les intrts entr5t en jeu1 le m5songe et les prjugs obscurciss5t la gnralit des esprits auj\rd'hui comme autrefois4 ,p\r ne po9t tre oblig la fatigue d'lev] leurs mes1 beauc\p de g5s tax5t d'hypocrisie t\te re*]*e de beaut morale en dehors d'une vie p>faite4 ,aux sa9ts seuls cette ambition e/ p]mise4 ,la "q se posait dj au ,,xviie sicle4 ,quelqu'un voyant ,mme de ,montespan =t exacte aux rigueurs du c>me1 p>aissait s'en tonn]2 quoi la favorite rpondit avec l'-propos des ,mortem>t3 ,p>ce qu'on commet une faute1 faut-il donc les commettre t\tes8 ,cette rplique humble1 fire et sage e/ le meilleur argum5t et le plus simple contre la ?orie commode de l'ab&on de soi-mme4 ,les faiblesses1 les passions dont on ne russit pas tre t\j\rs matre ne doiv5t pas dt\rn] de la r\te royale de l'me4 ,platon l'indiquait des hommes sujets t\s les entranem5ts4 ,les ,grecs de son temps tai5t des raff9s1 des affams d'art et de beaut pla/ique2 ils avai5t bi5 plus que les mod]nes le s5s des *oses exquises dans l'ordre naturel et physique4 ,cep5dant ces paens qui si longtemps avai5t ignor l'me et auxquels elle ne fut rvle que p> leurs philosophes1 s5tai5t la gr&eur morale des passions belles et =tes et s'incl9ai5t devant les /oci5s4 ,aucun p>allle1 du re/e1 n'e/ possible entre les deux poques4 ,les amants de la beaut ne reprs5tai5t alors qu'une lite4 ,auj\rd'hui l'lite e/ dev5ue f\le et l'art s'e/ vulg>is4 ,le lettr le plus f91 l'arti/e le plus dlicat1 l'homme du monde le plus a?ni5 voi5t leurs gts app>emm5t p>tags p> les mdiocres et les ignorants4 ,l'art e/ dev5u un objet de mode1 le snobisme lui a c\p les ailes4 ,il faut les lui r5dre et re=m] l'lite2 elle ne peut l'tre que p> la re*]*e de ce qui e/ difficile et lev4 ,la p\rsuite la pice r>e ne doit pas se born] aux maux1 aux ivoires1 l'orfvr]ie ,r5aissance1 il faut qu'elle s't5de au-del des *oses visibles et tangibles4 ,l'lgance dans le c>actre complt]ait m]veilleusem5t celle de la =me et de l'esprit4 ,les types en s]ai5t plus v>is que celui du visage huma92 il y aurait des rvlations de grces my/rieuses1 de fasc9ations secrtes444 ,p>] l'tre intrieur1 p\r que ses manife/ations extrieures prs5t5t une surface h>monieuse1 c'e/ encore de l'art et mme du gr& art4 ,le monde e/ vieux et il e/ blas sur bi5 des j\issances4 ,il suit les entranem5ts de la mode en vieill>d aveugle qui n'a plus de passions4 ,p\r rajeunir son imag9ation et son cur1 il faudrait inv5t] des buts n\veaux atte9dre4 ,l'application du beau aux manife/ations du c>actre1--en dehors de t\te proccupation de religion ou de morale1--uniquem5t p> le dveloppem5t plus complet du s5s e/htique1 apport]ait la socit un vig\reux lm5t de vie4 ,dans cette re*]*e du r>e et du prcieux moral1 la concurr5ce des ignorants et des mdiocres ne s]ait pas cra9dre et l'lite se re=m]ait4 ,ce s]ait une ari/ocratie1 dont les privilges ne s]ai5t pas conte/s p> les f\les et qui *app]ait la convoitise du veau d'or que l'on adorait dj1 il y a trois mille ans1 dans les pla9es d',horeb4 ,c]tes1 p\r les fils des hommes1 la beaut de la =me re/]a la sductrice suprme2 les h>monies de la nature cont9u]ont faire la joie des yeux2 les mots loqu5ts ne p]dront pas le p\voir de *>m] et de tr\bl] les mes2 les vibrations mlodieuses des sons entran]ont t\j\rs les curs4 ,mais lorsque les raff9s intellectuels1 les e/htes dlicats auront compris que l'uvre d'art ne peut tre complte si le c>actre n'a pas1 lui aussi1 sa beaut propre1 une corde de plus s]a atta*e la lyre huma9e4 ,et il en sortira des h>monies n\velles qui rp&ront leur en*antem5t sur les rves des potes1 les inspirations des arti/es et les vivifi]ont en les rajeunissant4 99 99 99 99 99 ,en disant que les proccupations de raff9em5t moral tai5t inconnues notre temps1 je n'ai considr que cette p>tie intellig5te et arti/e de la socit mod]ne qui1 t\t en se ratta*ant telle ou telle =me religieuse1 ne prt5d po9t pratiqu] et vivre les pr9cipes *rti5s et moraux4 ,il s'agit de voir ma9t5ant si les hommes de foi essay5t de con=m] l'e/htique morale les manife/ations de leur c>actre et de ralis] en eux-mmes l'idal de beaut auquel ils croi5t4 ,l'glise ca?olique avait m]veilleusem5t compris l'irrsi/ible puissance du beau4 ,ses crmonies1 ses symboles1 ses *ants1 ses apo?oses1 les potiques lg5des dont elle ent\re la vie de ses sa9ts1 les gr&s m\vem5ts collectifs qu'elle a provoqus en sont la preuve manife/e et clatante4 ,en tant qu'glise elle a cons]v la magnific5ce de son culte et la posie de ses symboles1 mais les individus qui la compos5t ont suivi le c\rant utilitaire du sicle4 ,*ez t\s les *rti5s1 quelque confession qu'ils app>ti5n5t1 *ez t\s les adorateurs de la cause inconnue1 la mme t5dance se retr\ve3 celle de ne pas re*]*] la beaut dans la morale4 ,le positivisme qu'ils rep\ss5t comme doctr9e a mis sur eux son empre9te4 ,or l'?ique ne peut tre complte sans e/htique1 ou1 p\r mieux dire1 elles sont confondues l'une dans l'autre2 nglig] l'lgance dans les manife/ations de la v]tu1 c'e/ condamn] la v]tu demeur] imp>faite1 c'e/ lui enlev] son pre/ige et son asc5dant4 ,c> si incohr5t que soit l'homme1 son s5s logique dem&e qu'il y ait h>monie entre les s5tim5ts1 les actes et la faon dont ils se manife/5t et s'accompliss5t4 ,a quoi l'on rpondra que cette proccupation de l'h>monie e/ du sup]flu et de la re*]*e4 ,notre poque e/ pratique1 elle vise avant t\t l'indisp5sable4 ,qu& la maison brle1 le temps manque p\r s'arrt] aux bagatelles de la =me2 les uvres positives1 les v]tus qui se traduis5t en faits sont les seules qui compt5t4 ,ces prote/ations rvl5t un tat d'esprit faux1 mais app>emm5t naturel et logique4 ,la proccupation qu'veille le sort des classes malheureuses1 l'att5te de l'volution sociale devai5t produire comme effet 9vitable l'utilit>isme de la v]tu et dim9u] la re*]*e de la beaut dans les manife/ations morales4 ,les conomi/es1 les savants1 les philosophes positivi/es sont dans le vrai de leur poque et de leurs ?ories en v\lant dvelopp] *ez les individus les t5dances et les qualits aptes rapport] g/em5t ou altrui/em5t un quival5t immdiat d'avantages pratiques4 ,mais ce po9t de vue e/-il galem5t logique de la "p des *rti5s1 rpond-il l'esprit de l'vangile1 des prophtes et des prcurseurs8 ,la littrature imag9e de l',ori5t a dans les critures son expression la plus haute1 et la beaut s'y tr\ve *aque page4 c\tons p>l] le ,*ri/3 ses p>oles sont empre9tes de grce1 de d\ceur1 de maje/4 ,la sombre gr&eur des visions du vieil ,esae atte9t la sublimit tragique4 ,les *ants du roi ,david3 cris d'angoisse arra*s aux pr(ondeurs de l'me1 extases d'am\r1 images suaves1 exprim5t t\te la beaut que la cra9te ou l'esprance peut faire jaillir du cur de l'homme4 ,la voix de l't]nel brise les cdres444 ,la voix de l't]nel fait trembl] le ds]t444 ,tu es le plus beau des fils des hommes1 la grce e/ rp&ue sur tes lvres444 ,dans le palais d'ivoire1 des filles de rois sont p>mi tes bi5s-aimes1 la re9e e/ ta droite1 p>e d'or d',ophir444 ,les mes religieuses d'auj\rd'hui1 absorbes p> les uvres utiles1 ne song5t plus gure se revtir symboliquem5t d'or d',ophir1 et il e/ r>e que la grce soit rp&ue sur leurs lvres4 ,les ,m>! abond5t et les ,m>ie ont disp>u4 ,les p>ures secrtes et intimes p>aiss5t sup]flues aux *rti5s mod]nes2 ils oubli5t qu'il s'en dgage d'irrsi/ibles et subtiles attirances1 c> le visible n'e/ que le reflet des frmissem5ts invisibles de la vie intrieure4 ,a ct des devoirs imprescriptibles que la morale enseigne1 ct de la bi5faisance que la consci5ce impose1 il y a la place de la p5se4 ,mme dans le bi51 elle peut tre mdiocre ou =te1 troite ou gr&e4 ,si elle se dess9e en hauteur et en noblesse1 t\s les actes de la vie1 religieux et autres1 s'en ress5t5t4 ,elle ouvre des horizons1 cre des atmosphres o les *oses hroques1 belles1 t5dres1 gnreuses peuv5t clore et vivre4 ,l'vangile r5f]me une p>ole tonnante4 ,si elle n'avait t prononce p> le ,*ri/ elle p>atrait impie3 ,soyez p>fait1 comme votre pre qui e/ aux cieux e/ p>fait4 ,appel] l'tre huma9 la ressemblance de celui dont les pi$s repos5t sur les toiles1 c'e/ l'appel] vivre de beaut1 c'e/ l'lev] une dignit suprme4 ,or1 p\r les croyants1 la ,bible n'e/ pas seulem5t un livre m]veilleux1 c'e/ la p>ole div9e qui ne peut tromp]4 ,ceci admis1 il n'y a pas de gr&eur transc5dante laquelle le *rti5 n'ait le devoir d'aspir]4 ,l'idal des croyants de nos j\rs e/ bi5 loign de ces hauteurs4 tre probe1 raisonnablem5t philan?rope1 actif p\r la propagation des ides morales1 obs]vateur des =mes et des obligations que la socit impose1 leurs aspirations s'arrt5t ce niveau4 ,l'*elle qu'ils mont5t n'e/ pas celle des anges2 ils oubli5t la sublimit du modle qui leur a t propos1 ils ne song5t po9t imprgn] de beaut et de gr&eur leurs actes et leurs p5ses4 ,l'espce de discrdit o l'on ti5t auj\rd'hui les v]tus *rti5nes e/ d l'abs5ce d'idal e/htique *ez ceux qui les pratiqu5t4 ,qu& on prt5d avoir p\r guide les puissances surnaturelles1 les mdiocrits de p5se et de s5tim5t font dissonance4 ,dans les vies religieuses les plus actives les gr&es lignes manqu5t1 et elles manqu5t p>ce qu'on n'y aspire pas4 ,si les mes pieuses se r5dai5t compte quel po9t leurs 9lgances morales nuis5t la cause div9e1 la consci5ce de leur responsabilit les ramn]ait au culte de la beaut intrieure4 ,elles compr5drai5t que le dveloppem5t de ce qu'il y a d't]nel en n\s e/ plus important peut-tre que les uvres positives auxquels leurs heures sont consacres4 ,en s'emb\rgeoisant dans l'utilit>isme1 l'idal religieux s'e/ ncessairem5t rapetiss et vulg>is2 non seulem5t le s5tim5t de la maje/ *rti5ne n'enivre pas les mes1 mais elles croi5t des laideurs p]mises2 l'abs5ce de d\ceur et de grce semble presque une v]tu c]ta9s esprits rigides2 l'humeur1 la morosit1 la rudesse un privilge inhr5t la pratique des devoirs pieux4 ,faire honneur au matre que l'on proclame1 plaire1 *>m] p\r lui1 bi5 peu y p5s5t6 ,le s5s de l'h>monie des *oses e/ inconnu beauc\p de curs religieux4 ,ils devrai5t se dire cep5dant que ,dieu n'a pas fait la nature aussi belle p\r que l'homme y ft ta*e4 ,dans la cration le beau a une place suprieure l'utile et les deux lm5ts se fond5t l'un dans l'autre2 les palmi]s1 les lis1 les emp\rprem5ts du ciel1 t\tes les spl5deurs du firmam5t et de la t]re doiv5t avoir leur quival5t dans l'ordre moral4 ,il faut que la posie entre dans le bi5 p\r qu'il devi5ne le beau4 ,les curs auj\rd'hui sont las des *oses vila9es et basses2 les mes dem&5t tre mues1 la privation de la beaut les a accables d'une inconsci5te et l\rde tri/esse1 elles sont prtes p\r les envoles my/iques4 ,le r5\veau spirituali/e dont on mne si gr& bruit1 qu'e/-il s9on un dsir de beaut1 un beso9 d'h>monie8 ,l'heure d'une lum9euse revan*e semble avoir sonn p\r les idali/es4 ,t\s les *rti5s devrai5t se ralli] la petite phalange1 compr5dre que le monde fatigu de scepticisme1 dsireux de beaut1 suivra les guides qui le conduiront aux hautes cmes4 ,s'il y a dans l'humanit un pr9cipe +urissable de p*1 de d\leur et de mort1 il y a dans *aque tre une "p d't]nit dont il a le dpt4 ,l'ess5tiel e/ de donn] cette "p t\t le dveloppem5t dont elle e/ susceptible1 de ne pas t\ff] le div9 dans nos mes4 ,les *rti5s1 plus rappro*s de cette grce intime qui e/ le p>fum de l'tre1 mieux arms contre les passions discordantes1 devrai5t sonn] les clo*es au l>ge4 ,l'appel de quelques raff9s intellectuels ne suffit pas1 il faut des voix qui atteign5t t\s les b\ts de la t]re p\r combl] cette lacune de la p5se mod]ne et proclam] le culte du beau en morale4 ,,*apitre ,,vi ,,le ,,culte ,,de ,,la ,v,,rit ,! _w is upheld by ! v]acity ( good m54 7,,em]son47 ,t&is que t\te la cration se t\rnait d'in/9ct v]s la lumire1 l'homme1 seul1 semblait la fuir2 il refusait de reg>d] les hauteurs o elle rayonne1 s'ob/9ant aveuglm5t la croire contraire sa paix et son bonheur4 ,dj1 aux temps fabuleux1 on voyait les masses p\vantes s'enfuir devant l'app>ition de la vrit nue4 ,le phnomne s'e/ r5\vel trav]s les ges1 et les consci5ces l'ont accept sans rvolte1 respirant l'aise les miasmes du factice et de l'artificiel4 ,la re*]*e de la vrit sci5tifique1 laquelle notre poque s'e/ passionnm5t a*>ne1 a prcis enf91 p> le contra/e1 les m5songes sur lesquels s'tablit1 en gr&e p>tie1 l'exi/5ce sociale et p]sonnelle4 ,mais le s5tim5t de ces m5songes n'avait pas jusqu'ici pntr les mes4 ,on v\lait arra*] la t]re ses secrets1 au ciel ses my/res et l'on se cont5tait de l'artificiel dans la vie vcue1 on le v\lait1 on le re*]*ait1 on l'imposait mme socialem5t et moralem5t4 ,de l une m5talit factice1 fausse1 que l'ignorance ne ju/ifiait plus et que l'exagration de la p5se mod]ne m>quait d'une empre9te presque morbide4 ,auj\rd'hui enf9 la vrit semble avoir tr\v des disciples et les effets d'une uvre secrte1 labore dans quelques mes p> des =ces suprieures1 comm5c5t se manife/]4 ,le vrai leur e/ app>u comme une puissance suprme digne de t\s les sacrifices et v]s laquelle la vie huma9e devrait s'ori5t]4 ,mais ce m\vem5t ne doit pas se circonscrire de r>es esprits1 il faut montr] l'homme ce qu'il y a de puril1 d'absurde1 de dang]eux1 de crim9el dans les m5songes o il s'e/ complu4 ,il faut lui p]suad]1 d'autre "p1 que la vrit e/ une amie1 qu' ct d'humiliations pr(ondes elle donne des consolations suprieures1 et que ce n'e/ po9t elle qui b>re la r\te du bonheur4 ,il faut lui dire surt\t que l'heure e/ grave1 qu'un monde n\veau fait tressaillir les entrailles de la t]re1 et que1 p\r se prp>] y vivre1 l'homme doit ce9dre ses re9s et aff]mir ses pas4 ,or1 impossible de les aff]mir sur le sol m\vant du m5songe1 impossible aussi de disc]n] la r\te o le pi$ ne bron*]a pas1 si l'horizon e/ obscurci4 99 99 99 99 99 ,un seul mot ex]ce sur la crature huma9e un inv9cible pre/ige1 et t\s les autres ne sont au fond que ses auxiliaires4 ,ce mot magique v]s lequel t\tes les facults et t\tes les =ces se sont t5dues depuis des milli]s de gnrations re/]a t]nellem5t l'objectif de l'humanit4 ,le gt du bonheur1 que de my/rieuses orig9es lui ont transmis1 e/ si puissant *ez l'homme que1 mme agonisant1 il le s5t encore4 ,qu'il le place dans l'exi/5ce t]re/re ou l'esprance d'un au-del radieux1 peu importe6 la re*]*e re/e id5tique3 l'tre huma91 altrui/em5t ou g/em5t1 aspire et aspir]a t\j\rs la ralisation de la flicit et la disp>ition de la d\leur4 ,le /ocisme de ceux qui1 ne croyant po9t l'immortalit1 n'en att5d5t aucune comp5sation1 e/ un triomphe de la volont sur l'in/9ct4 ,et encore1 ce /ocisme n'e/-il qu'une sorte de cuirasse place entre le cur de l'homme et les s\ffrances qui le guett5t4 ,or1 l'aspiration la non-s\ffrance quivaut presque dans ce monde du relatif o l'homme s'agite une aspiration v]s le bonheur4 ,l'expri5ce des sicles vcus a appris aux habitants de ce monde que s'il y a des mom5ts heureux il n'y a pas de vie heureuse4 ,cette sci5ce acquise n'a po9t ral5ti leur p\rsuite2 et1 auj\rd'hui1 la loi du progrs1 avec ses promesses d'un t]nel dev5ir1 p]met de croire rellem5t une amlioration future d'exi/5ce4 ,les applications m]veilleuses des dc\v]tes sci5tifiques1 le dveloppem5t du s5tim5t de la solid>it huma9e font entrevoir un av5ir o la s\ffrance matrielle s]a allge et o *aque tre p\rra prt5dre sa "p de lumire et de *aleur4 ,ces esprances s't5d5t aussi aux conditions psy*ologiques des individus3 l'l>gissem5t des horizons intellectuels1 la comprh5sion plus ju/e des valeurs1 la dlivrance de ce poids mortel de solitude que la gr&e solid>it huma9e f]a disp>atre1 mettront l'homme en mesure1 non d'*app] la d\leur1 condition ess5tielle de t\t p]fectionnem5t1 mais de la dom9] et de sav\r]1 dans les priodes de rpit1 la joie de vivre4 ,la socit a devant elle une uvre imm5se accomplir1 une uvre de recon/itution1 dont on ne peut saisir encore t\tes les consqu5ces et qui amlior]a sans d\te la de/9e gnrale matriellem5t et lgislativem5t4 ,mais ct du travail collectif1 le travail individuel e/ ncessaire2 la socit ne peut l'accomplir p\r l'homme4 ,elle lui dira3 ,tu te plaignais1 tu v\lais une autre organisation1 d'autres lois1 une di/ribution plus quitable des bi5s1 je t'ai donn t\t cela4 ,va ma9t5ant1 cesse de te pla9dre et sois heureux4 ,mais l'homme ne saura j\ir de cette vie n\velle1 s'il ne s'e/ pas r5\vel lui aussi intrieurem5t4 ,a ces p]fectionnem5ts matriels d'exi/5ce1 des p]fectionnem5ts moraux doiv5t correspondre1 et ceux-l1 l'individu ne peut les acqurir qu' la sueur de sa consci5ce4 ,l'esprit public1 bon ou mauvais1 facilit]a ou entrav]a sa t*e1 le travail n'en re/]a pas mo9s uniquem5t p]sonnel4 ,il faut un acte de volont p\r que l'homme s'engage sur la r\te du bonheur relatif que l'av5ir lui promet4 ,c'e/ une premire initiative2 elle re/]a /rile si une seconde ne la suit pas immdiatem5t3 la rsolution de dblay] le *em9 de l'ob/acle qui en b>re l'entre4 ,cet ob/acle e/ le m5songe s\s t\tes ses =mes1 hideuses ou sduisantes qu'elles soi5t4 ,c'e/ l'ennemi irrconciliable1 celui qui a *ang en tragdie la vie t]re/re4 ,la plus gr&e p>tie des difficults qui emb>rass5t l'homme1 des compromis o sa consci5ce se dprave1 des tri/esses o son exi/5ce s'puise1 ont p\r raison dt]m9ante l'oubli du vrai1 l'usage et l'abus du factice et du faux4 ,les prjugs cruels qui en driv5t1 les inju/ices qu'ils impos5t f9iss5t p> faire p]dre l'esprit huma9 la notion de la ju/ice div9e4 ,on le sait1 on le voit1 on le dplore1 et presque p]sonne n'a le c\rage de s\lev] d'un c\p d'paule la *>ge de plomb qui l'crase4 ,la gangrne du m5songe n\s tue1 dit ,ibs5 dans t\tes ses pices2 mais il semble voir dans ce m5songe une sorte de fatalit 9luctable laquelle la socit condamne l'homme4 ,heureusem5t la socit semble v\loir se trans=m]1 et il faut qu'une lite la prcde dans la rpudiation du m5songe et le culte de la vrit4 ,en disant m5songe1 il s'agit du m5songe vcu1 plus encore que du m5songe p>l4 ,le m5songe vcu e/ t\j\rs un mal1 c]ta9s m5songes p>ls peuv5t p>fois tre un devoir4 ,lorsque p\r sauv] une situation1 vit] un malheur ou un dsagrm5t grave1 la b\*e prononce un non au lieu d'un oui1 l'tre intime n'en e/ po9t contam92 c]tes1 si l'on remonte de l'effet la cause1 un p* quelconque de soi ou d'autrui e/ presque t\j\rs la base de cette dviation indisp5sable de la vrit1 mais l'me qui a d s'y s\mettre n'e/ pas ncessairem5t p\r cela une me de m5songe4 ,il y en a qui pr\v5t devoir dissimul] et tromp] une si cre s\ffrance1 une humiliation si int5se qu'elles expi5t leur m5songe au mom5t mme o elles le prononc5t4 ,les m5songes conv5tionnels ou de politesse qui font affirm] des regrets ou une e/ime qu'on n'pr\ve po9t dans le refus d'un dn] ou la f9 d'une lettre1 ne sont que de mauvaises habitudes sociales4 ,ils n'altr5t pas d'une faon s5sible la s9crit d'une nature et1 d'ailleurs1 ne tromp5t p]sonne4 ,ils devi5n5t p]nicieux lorsqu'en les exagrant inutilem5t on essaye de leur donn] une app>5ce de vrit4 ,il y a encore le m5songe que la *>it impose4 ,c'e/ la c>te =ce4 ,devant c]ta9es que/ions une rponse compltem5t fran*e s]ait s\v5t cruelle1 elle afflig]ait inutilem5t2 les consci5ces les plus droites1 t\t en essayant de re/] le plus vraies possible1 sont obliges de gaz]1 de mitig]1 d'ad\cir la =me et mme la sub/ance de leur p5se4 ,le m5songe de vanit ne fait de mal p]sonne1 il e/ surt\t une vulg>it1 mais il r5tre cep5dant dans la fausset vcue1 et e/ l'indice d'un loignem5t volontaire de la vie vraie4 ,aucune considration suprieure ne l'imposant1 il e/ inexcusable et nuisible qui le prononce4 ,le m5songe de l*et1 qui s]t n\s excus] d'une maladresse commise1 d'un devoir nglig e/ plus grave encore2 il rvle des habitudes de fausset contre lesquelles la consci5ce ne s'insurge plus et une abs5ce totale du s5tim5t de nos responsabilits4 ,les catgories du m5songe p>l sont inf9ies2 elles vont du m5songe de devoir au m5songe crim9el1 du m5songe de *>it au m5songe de calomnie1 elles ont rempli le monde de l>mes1 de hontes1 de ru9es1 mais le m5songe vcu a peut-tre fait plus de mal encore4 ,il a fauss les p5ses et les s5tim5ts1 vici l'atmosphre et il aurait b\lev]s mme les lois naturelles1 si la nature n'avait pas une indomptable =ce de rsi/ance4 ,il a pris t\tes les =mes1 et les plus r$\tables ont t s\v5t les plus insignifiantes1 app>emm5t4 ,la proccupation de p>atre1 sans se s\ci] d'tre rellem5t1 a t le m5songe c>actri/ique de notre poque1 et de ce premi] m5songe t\s les autres ont dc\l1 comme tomb5t une une les p]les d'un colli] lorsque le fil a t rompu4 ,auj\rd'hui que les c\rants bons ou mauvais se rp&5t l>gem5t et ne se limit5t plus c]ta9es ca/es1 ce gt de p>atre s'e/ gnralis avec une effrayante rapidit4 ,le snobisme1 ce t]me ridicule1 expression de la m5talit de t\te une catgorie d'esprits1 indique ce qu'il y a de factice dans les manife/ations du gt et les aspirations individuelles4 ,cette maladie vulgaire1 insignifiante en soi1 a caus dans la consci5ce huma9e des ravages dont on n'a pas assez mesur la gravit et l't5due4 ,elle a pass comme une faulx sur un *amp1 nivelant t\te l'h]be au ras du sol1 dtruisant les orig9alits vraies1 c\pant plus srem5t que la baguette de ,t>qu9 les pavots tte trop leve4 ,les morali/es mod]nes attribu5t une p>tie considrable des erreurs du temps prs5t son am\r excessif de la ri*esse4 ,la c\rse la =tune1 dis5t-ils1 a /rilis les curs et les imag9ations1 la plutocratie a cras l'idal4 ,c]tes1 le beso9 de possd] et de j\ir a dplac dans l'esprit huma9 l'*elle des valeurs1 mais si une balance p\vait s'tablir entre les diffr5tes causes qui ont dt\rn l'homme mod]ne de sa vraie voie1 le gt de p>atre la f]ait p5*]4 ,dsir] tre ri*e1 dsir] une situation importante1 dsir] les j\issances matrielles1 c'e/ dsir] une ralit2 ce dsir peut tre accompagn des plus malsa9es p5ses1 il n'en re/e pas mo9s une aspiration v]s des faits rels1 et la conception de la vrit n'e/ pas altre dans l'esprit huma9 p> cette re*]*e1 elle n'tablit pas la vie sur une base de fausset4 ,mais que devi5t la m5talit de ceux que l'app>5ce rassasie1 que le *atoiem5t des mots et des *oses satisfait1 et qui accept5t1 sans discussion intrieure1 sottises et prjugs1 p\rvu que le reflet en tombe de haut8 ,si cette maladie du snobisme ne s'tait pas si trangem5t rp&ue1 s'attaquant mme aux mes s9cres1 il ne vaudrait pas la pe9e d'en relev] l'exi/5ce1 tellem5t elle e/ mdiocre1 faite p\r les mdiocres et peu intressante en soi4 ,malheureusem5t elle a pntr dans les milieux qui aurai5t d lui oppos] le plus de rsi/ance1 abaissant les c>actres1 oblitrant le jugem5t1 ab\tissant une re*]*e agite de satisfactions vaniteuses1 une pauvret intellectuelle et morale que d'artificiels en?\siasmes rempliss5t seuls4 ,les esprits clairs et indp5dants--il en exi/e encore--ont comm5c p> hauss] les paules devant les ridicules symptmes1 sans s'ap]cevoir que le microbe qui les dt]m9ait app>t5ait une espce dang]euse4 ,lorsque leurs yeux se sont ouv]ts1 la contagion s'tait rp&ue2 quittant les c]cles exclusivem5t monda9s1 elle s'tait attaque l'art1 la littrature1 la sci5ce1 au patriotisme1 la religion mme4 ,elle avait p\ss les hommes aux imitations s]viles1 aux compromis bas1 aux l*ets et aux r5iem5ts2 on connat auj\rd'hui les ravages moraux dont elle e/ responsable1 et l'on compr5d enf9 que le simple quolibet ne suffit pas la combattre4 ,une autre =ce m5songre1 contraire la vrit1 en antagonisme direct avec elle1 e/ l'esprit d'intolrance4 ,il a pu tre utile jadis l'tablissem5t et au dveloppem5t de c]ta9es organisations1 mais son rle hi/orique n'en re/e pas mo9s conte/able au po9t de vue du bi5 gnral4 ,d'ailleurs les gnrations actuelles ne sont pas appeles revivre les sicles passs2 elles doiv5t vivre leur poque1 se con=m] ses beso9s1 ne pas enray] ses progrs4 ,or l'intolrance1 quelque nom qu'elle pr5ne1 de quelque p>ti qu'elle sorte1 e/ absolum5t contraire l'ess5ce de l'esprit mod]ne4 ,il e/ impossible auj\rd'hui de plaid] l'ignorance p\r l'excus]3 t\t se connat1 t\t se discute2 on ne peut plus tre inconsci5t des fautes et des faiblesses de son p>ti1 ni ignor] ce que le p>ti adv]se r5f]me de bon1 de sage1 de ju/e4 ,le manque de tolrance pr5d donc actuellem5t un c>actre de mauvaise foi1 d'aveuglem5t impnit5t qui la dconsidre4 ,l'esprit de lib]t1 l'esprit sci5tifique1 sont en opposition directe avec cette t5dance1 mme lorsqu'elle revt une =me patriotique ou religieuse4 ,t\t se trans=me3 patrie et religion1 et telles que ces =ces sont comprises auj\rd'hui p> les curs gnreux1 elles rpudi5t t\te troitesse4 ,l'homme qui n'aime pas les autres pays ne peut aim] le si5 propre3 son patriotisme n'e/ qu'orgueil et gsme4 ,l'homme qui hait les autres hommes1 au nom de ,dieu1 n'a aucune conception des pr9cipes ess5tiels du *ri/ianisme4 ,il e/ mo9s *rti5 que l'a?e1 il montre que l'esprit de l'vangile lui e/ absolum5t trang]4 ,les habitudes intellectuelles de notre poque ont faonn nos yeux la p]ception de la vrit2 qu& n\s l'avons ap]ue1 l'intolrance devi5t impossible1 elle tombe de n\s comme un vtem5t u4 ,p> consqu5t1 ceux qui la pratiqu5t encore app>ti5n5t la catgorie des aveugles volontaires qui f]m5t leurs yeux p\r vivre en paix leur m5songe et ne pas tre bl\is p> la lumire4 ,les prjugs sont fils de l'intolrance2 il y en a d'utiles1 de ncessaires1 de respectables mme1 tant donn l'ordre social actuel1 mais eux aussi sont m5songes4 ,il en e/ d'ailleurs d'absurdes et de cruels1 fonds sur le nant4 ,et on leur sacrifie g5s et *oses1 t\t en admettant p>faitem5t leur inconsi/ance4 ,oui1 je sais1 ce sont des prjugs1 mais j'aime mes prjugs6 ,et1 sur ce raisonnem5t1 on commet les plus p]fides et basses actions1 la consci5ce l'aise4 ,*rir et c>ess] le prjug reprs5te une m5talit lgante aux yeux de beauc\p de p]sonnes1 et1 mo9s il a de base1 plus on le tr\ve habile et digne d'imitation4 ,seize qu>ti]s de noblesse excus5t c]ta9es troitesses de jugem5t2 mais avoir les troitesses sans les qu>ti]s1 c'e/ le triomphe du factice et du faux4 ,les femmes excell5t en ces jeux4 ,les plus s9cres ont des mom5ts de rvolte1 mais ils ne dur5t pas2 elles prfr5t ces m5songes accepts et vcus une re*]*e de la vrit qui les dclass]ait1 les expos]ait leur t\r aux prjugs des autres femmes4 ,sur cette p5te du snobisme1 de l'intolrance et des prjugs1 les plus honntes g5s se laiss5t gliss] jusqu' une oblitration complte de la consci5ce4 ,ils sont tellem5t imprgns de m5songe qu'ils ne peuv5t plus respir] dans une ambiance pure4 ,ils sav5t au fond d'eux-mmes qu'ils sont dans le faux1 et ils refus5t de s'clair]1 c> une fois clairs1 ils risqu]ai5t de devoir pr5dre une dcision contraire leurs intrts p]sonnels1 leurs prjugs mesqu9s1 leur absurde dsir de p>atre sans tre4 ,p> gsme1 ils en arriv5t se r5dre complices des plus odieuses ma*9ations1 refus] le droit de ju/ice1 admettre des po9ts de vue d'une inqualifiable cruaut4 ,la mauvaise foi qui s]t de base la plup>t des rapports sociaux et qui les dnature n'e/ autre *ose que la suite logique de ces m5songes vcus4 ,je ne p>le pas de cette mauvaise foi que le code se *>ge de punir1 mais de celle que les honntes g5s pratiqu5t l'aise dans leurs actes et leurs discussions4 ,en politique1 en j\rnalisme1 en affaires1 dans t\tes les manife/ations de la vie sociale1 elle s]t de base aux transactions1 aux attaques et aux df5ses4 ,c'e/ une habitude dgradante1 bi5 plus corruptrice que le jeu des passions4 ,elle e/1 en outre1 inutile1 c> tant l'apanage de t\s les p>tis1 elle ne s]t plus aucun4 ,dans la vie prive1 les mmes inconvni5ts se retr\v5t4 ,mme dans la famille1--la mo9s fausse encore des organisations sociales1 p>ce qu'elle s'appuie sur les lois naturelles1--que de mauvaise foi prside s\v5t aux rapports1 aux dlibrations1 aux rsolutions6 ,ces m5songes qu'elle voit vivre p> ceux qu'elle respecte le plus au monde1 ne peut que prp>] la jeunesse l'exi/5ce artificielle et fausse4 ,qu'il s'agisse de c>rire1 de m>iage1 la proccupation de fraud] la vrit p]ce de quelque ct4 ,plutt que de ne tromp] p]sonne on se tromp]ait soi-mme1 et l'habitude e/ tellem5t enrac9e que les plus s9cres croi5t pe9e en eux-mmes et ont cess entirem5t de croire aux autres4 ,la disproportion qui exi/e entre les pr9cipes1 soi-disant directeurs de la socit1 et leur application dans la vie vcue e/ le plus grave m5songe de notre poque4 ,a quoi bon tant de pr9cipes p\r ne pas les appliqu] ou les appliqu] si contradictoirem5t8 ,telle manife/ation du p* mrite le mpris1 telle autre l'admiration2 le mal a cess d'tre le mal d'une faon absolue1 c'e/ une "q d'adresse ou de situation4 ,les =mules prud'hommesques cont9u5t cep5dant s'tal] p>t\t1 et on enseigne en mme temps le moy5 de cont\rn] leurs angles trop droits4 ,on les cont\rn]a t\j\rs1 c'e/ dans la nature huma9e2 le m5songe e/ de manqu] aux pr9cipes en les proclamant1 ce qui tr\ble les ides4 ,tr\bl] les ides1 c'e/ la gr&e arme de notre poque1 le meilleur moy5 d'attaqu]1 le meilleur moy5 de se df5dre4 ,accusations ou loges1 m5songes6 ,t\t se jette dans le t\rbillon1 et ce t\rbillon f9it p> crer une atmosphre4 ,cette mauvaise foi dans les rapports1 dans les p>oles pr5d t\tes les =mes4 ,ceux qui refus5t de se s]vir de l'arme dloyale sont broys p> la vie4 ,m5tez1 il en re/]a t\j\rs quelque *ose1 si v\s m5tez suivant vos intrts ou vos ha9es4 ,l'homme qui veut se s\/raire cette obligation doit dploy] dans l'exi/5ce une n]gie d\ble1 des quantits triples1 et cette lutte titanesque contre le m5songe en fait presque t\j\rs un rvolt4 ,p>t\t o l'on reg>de auj\rd'hui1 on voit le m5songe in/all la place d'honneur1 dom9ant la vie des individus et des tats1 rpt p> des honntes g5s qui en connaiss5t la fausset et s'en font cep5dant les g>di5s et les porte-voix4 ,il semble qu'un mot de vrit f]ait cr\l] l'difice1 et1 p\r le s\t5ir1 vite on accumule les p>oles m5songres1 les affirmations fausses1 les s5tim5ts factices4 ,ma9t5ant t\t s'effrite1 les fondations et la btisse3 p\tres1 cim5t1 b>res de f]1 ri5 ne ti5t plus6 ,c'e/ la p\rriture du d$ans qui r5v]se la maison et non les c\ps du dehors2 l'homme reg>de avec effroi son abri s'effondr] et comm5ce compr5dre qu'il a bas sa vie sociale et morale sur un sol artificiel et que ses rac9es ne plong5t plus dans le se9 fcond de la vieille ,cyble4 99 99 99 99 99 ,les ravages du m5songe n'ont pas atte9t le mme po9t *ez t\s les peuples2 c]ta9es races ont cons]v p\r la vrit une sorte de respect1 hypocrite peut-tre1 mais qui emp*e le dsagrgem5t des molcules et ma9ti5t la cohsion de l'ensemble4 ,d'autres nations1 plus arrires comme civilisation et lib]t1 ne se sont pas ap]ues encore du m5songe sur lequel repose une p>tie des in/itutions et elles accept5t1 sans mme le disc]n]1 le m5songe social2 leur intellig5ce1 ignorante des m?odes sci5tifiques1 ne s'applique po9t la re*]*e des causes dt]m9antes des phnomnes moraux4 ,p> consqu5t1 les att5tats qu'elles commett5t contre la vrit n'ont pas d'aussi r$\tables rsultats p\r les consci5ces2 elles sont1 p\r a9si dire1 irresponsables de leur mauvaise foi4 ,mais les races lat9es1 si f9es1 si clairvoyantes1 si avises1 auxquelles ri5 n'*appe ni en elles1 ni en dehors d'elles1 ne peuv5t plaid] les mmes excuses4 ,et p\rtant le m5songe y a acquis une =ce dissolvante extraord9aire2 d'abord p>ce que sa floraison y a t m]veilleuse d'int5sit1 p\r des raisons hi/oriques1 gographiques1 e?nographiques qu'il s]ait trop long d'numr] ici2 ensuite1 p>ce que la dissimulation y e/ ouv]tem5t considre comme une =ce p]mise l'usage des habiles4 ,cette ide en se gnralisant a envahi non seulem5t les directeurs du tr\peau1 mais le tr\peau enti] et a produit un tat m5tal p>ticuli] qui1 faisant p]dre l'homme le respect de lui-mme1 devait 9vitablem5t t>ir ses =ces vitales et enray] ses progrs4 ,ce qu'il y a de spcial notre poque dans cette habitude du m5songe1 c'e/ que t\s le pratiqu5t ou sont s\ponns de le pratiqu]4 ,dire d'un homme auj\rd'hui qu'il e/ honnte ne signifie po9t qu'on peut se fi] implicitem5t sa p>ole4 ,ceux qui ne m5t5t jamais n'en recueill5t pas plus de considration1 p>ce qu'au fond on ne croit la vracit de p]sonne4 ,les curs religieux eux-mmes se sont tr\vs impuissants contre le c\rant3 ils aurai5t d tre les g>di5s de la vrit1 et ils se sont plis comme les autres t\s les m5songes sociaux3 prjugs1 conv5tions1 inju/ices pat5tes1 acceptation commode des faits accomplis et des =mules t\tes faites1 affirmation de pr9cipes auxquels on n'essaye mme pas de con=m] sa vie4 ,v\loir r=m] le monde d'un seul c\p et espr] battre en br*e rapidem5t le m5songe social e/ *ose impossible4 ,l'uvre collective ne s'accomplira que p> l5tes volutions4 ,elle a ses aptres et ses disciples4 ,t\s ne peuv5t y conc\rir activem5t1 t\s n'ont pas une vocation dt]m9e1 mais le devoir des esprits droits et des intellig5ces f]mes e/ de ne pas s'isol] de ce m\vem5t et de ne pas l'entrav]1 mme s'il comporte des sacrifices graves4 ,ce qui t5d ram5] la vrit dans la vie huma9e1 doit tre enc\rag et s\t5u1 mais il ne s'agit pas de combattre les m\l9s v5t et de p>tir en gu]re contre les usages tablis2 c]ta9es surfaces dem&5t tre supportes et respectes4 ,ce qui e/ m5songe dans les *oses tomb]a de soi-mme lorsque la vrit s]a considre comme une =ce bi5faisante4 ,mais p\r que les ef=ts des aptres de la vrit1 p\r que les s5tim5ts de ceux qui les suiv5t et les enc\rag5t soi5t fconds1 il faut que ces hommes1 ces femmes appr5n5t re*]*] la lumire en eux-mmes1 t\t exam9] s\s ce rayonnem5t implacable1 appliqu] leur propre vie la m?ode1 l'inve/igation rig\reuse1 se s]vir vis--vis d'eux-mmes d'in/rum5ts de prcision4 ,il ne s'agit pas seulem5t de prp>] l'av5ir1 mais de ralis] en soi1 ds auj\rd'hui1 une vrit possible2 cette obligation s'impose1 non seulem5t aux directeurs attitrs de la p5se mod]ne1 mais t\tes les intellig5ces et t\tes les mes capables de concevoir et de ress5tir la beaut du vrai4 ,cette ori5tation n\velle de la vie morale compr5d deux p>ties3 la pratique de la vrit vis--vis de n\s-mmes1 la pratique de la vrit vis--vis des autres4 ,la premire e/ immdiatem5t applicable2 la seconde a beso9 p\r p\voir s'ex]c] de l'ducation que l'habitude de la s9crit p]sonnelle aura donn l'me4 ,sans qu'ils s'en d\t5t1 les tres huma9s viv5t presque t\s dans le faux et dans le rve4 ,dans le faux p>ce qu'ils prt5d5t s5tir1 p5s] et admettre une f\le d'ides et de s5tim5ts dont un exam5 consci5cieux1 mme sup]ficiel dmontr]ait la non-exi/5ce4 ,ne s]ait-il pas plus digne1 plus srieux1 plus pratique de se dgag] de ces =mules vides1 de ces s5sations artificielles1 de ces conceptions errones qui entran5t et g>5t8 ,appr5dre reg>d] les vrits face face1 celles de la vie1 des faits1 des circon/ances1 s]ait se revtir d'une cuirasse prs]vatrice et d'armes de combat efficaces4 ,la plup>t du temps l'homme e/ va9cu dans les luttes1 p>ce qu'il ne se r5d pas un compte exact de ses propres =ces et de celles de ses adv]saires4 ,il prfre f]m] les yeux aux cl>ts qui dc\rag5t ou (fusqu5t4 ,il ne ti5t pas assez compte de la loi des causes et des effets1 ces gr&s *anceli]s de ,dieu1 comme les appelle ,em]son2 il ne veut pas reg>d] les causes1 de peur d'y tr\v] l'explication ou l'augure de ses dfaites passes ou futures4 ,aut\r de lui1 de ses enfants1 de ceux qui l'ent\r5t1 il lve une muraille dont *aque pi]re e/ une ide fausse4 ,les exemples sont inutiles1 il suffit de rfl*ir un in/ant1 et ils arriv5t en f\le4 ,l'homme passe les annes que ,dieu lui donne se =g] des illusions qu'il refuse de pass] au crible de la ralit4 ,le mme phnomne se retr\ve dans sa vie intrieure4 ,l'tre huma9 qui s\met t\tes les manife/ations de sa vie morale la lumire de la vrit e/ une exception4 ,gnralem5t il se m5t lui-mme t\t le temps2 les plus honntes viv5t dans une sorte de rve inconsci5t4 ,p> mom5ts une cl>t s\da9e se fait1 ils voi5t leur misre et recul5t p\vants1 curs1 anantis4 ,mais1 au lieu de faire de cette vision une habitude con/ante1 de l'voqu] c\rageusem5t1 ils s'empress5t d'lev] entre elle et eux un *afaudage d'illusions et de rves1 attribuant leurs /riles aspirations v]s le bi5 le mrite de ralits vcues4 ,se plac] en face de la vrit dans t\tes les circon/ances et dans t\s les mom5ts ne signifie po9t m5] une vie p>faite1 ni mme atte9dre un haut degr de moralit4 ,l'homme s9cre a des passions comme les autres1 il e/ s\mis comme les autres aux lois naturelles1 peut-tre avec plus de =ce mme1 c> l'habitude de la vrit augm5te la =ce vitale4 ,mais1 si la p>faite fran*ise vis--vis de soi-mme ne suffit pas moralis] les individus1 elle e/ cep5dant la condition ess5tielle de t\te moralit2 sans elle1 l'exi/5ce la plus admirable d'app>5ce n'e/ qu'un de ces spulcres blan*is dont p>le l'criture4 ,il y a1 d'ailleurs1 des *ances p\r que la vision nette de ses misres ramne l'homme dans la voie droite4 ,en t\t cas1 ses erreurs1 ses faiblesses1 ses irrgul>its n'auront pas la t>e irrmdiable du m5songe v\lu1 *ri1 c>ess2 ses fautes1 p\r graves qu'elles soi5t1 revtiront une sorte de gr&eur1 et sa consci5ce n'en s]a pas dprave4 ,la fausset rapetisse le bi52 la s9crit1 en une c]ta9e mesure1 purifie le mal4 ,lorsque l'habitude de n'apprci] en t\t que le vrai dom9]a les mes1 l'activit huma9e d\bl]a4 ,l'homme ne p\rra plus support] en lui des aspirations1 des int5tions1 des rves qu'il ne traduira pas en actes4 ,il les t\ff]a s'il ne peut travaill] les ralis]4 ,et le phnomne se produira aussi bi5 dans l'ordre moral que dans l'ordre des faits matriels4 ,t\te la m5talit huma9e *ang]a1 l'*elle des valeurs subira de radicales modifications4 ,le mpris tomb]a sur ce qui reprs5te auj\rd'hui le pre/ige2 l'am\r de la gloire vraie remplac]a les mesqu9]ies vaniteuses2 la c\rse effrne l'arrivage s]a considre comme un aveu d'infriorit2 l'artificiel en littrature et en art s'effondr]a comme un *afaudage de plan*es lgres qu'un c\p de m>teau suffit dtruire4 ,le travail individuel d'une lite1 si peu nombreuse qu'elle soit au db1 suffira r5v]s] plus d'un faux dieu et crer un c\rant favorable l'in/itution d'une religion n\velle1 laquelle t\tes les autres p\rront p>ticip]1 c> t\tes ont le mot de vrit inscrit dans leurs livres4 ,les *rti5s s9cres devrai5t apport] le cont+5t de leurs =ces la =mation de cette lite1 ils ne f]ai5t a9si qu'obir aux injonctions de leur ,dieu qui s'e/ proclam lui-mme vrit et vie1 indiquant que les deux mots ne peuv5t tre disjo9ts4 ,la fran*ise vis--vis de soi-mme1 consci5cieusem5t pratique1 modifi]a 9vitablem5t nos rapports vis--vis d'autrui1 mais le *angem5t ne p\rra s'accomplir que prudemm5t et progressivem5t4 ,l'introduction s\da9e d'une s9crit intempe/ive dans les relations sociales s]ait inutile et dang]euse4 ,le droit du sil5ce1 ce droit indiscutable1 sans lequel la dignit huma9e devi5drait impossible1 e/ le meilleur g>di5 de notre vracit4 ,que de m5songes p>ls son usage n\s vit]ait p\r ce qui conc]ne les autres et n\s conc]ne n\s-mmes6 ,la pratique de la rs]ve morale1 cette pudeur qui emp*e les mes dlicates de livr] leurs secrets1 met l'homme l'abri des inve/igations indiscrtes auxquelles il doit p>] sans cela p> la dissimulation ou l'artifice2 appr5dre se taire sur les sujets o la fran*ise complte ne s]ait pas de mise1 e/ donc une sagesse et une =ce4 ,on re/e a9si dans la vrit vis--vis de ,dieu et de soi-mme1 sans tromp]1 froiss] ou afflig] les autres p> des p>oles fausses1 blessantes ou pnibles4 ,lorsque les habitudes de vracit auront pntr les consci5ces1 l'homme p\rra avoir l'g>d de son pro*a9 des fran*ises1 des s9crits impossibles ou du mo9s difficiles actuellem5t4 ,les rapports n'en s]ont ni plus pres ni mo9s cordiaux1 c> la vision nette de notre tat intrieur n\s r5dra =cm5t indulg5ts et comprh5sifs4 ,le factice et l'artificiel une fois bannis1 les relations ne se fond]ont plus que sur des sympa?ies relles4 ,t\s les mots flatteurs et affectueux qui s'*ang5t auj\rd'hui dans le monde ont p]du leur signification2 ils produis5t un petit *at\illem5t de vanit1 mais l'inspir5t aucune confiance4 ,ils font p>tie du mti] monda9 ou simplem5t social2 ri5 n'en re/e1 et l'homme se tr\ve dgrad p> le seul fait de la non-valeur des mots qu'il prononce abondamm5t4 ,le j\r o1 dans un c]ta9 nombre d'esprits1 ce travail p]sonnel se s]a accompli1 le mpris du m5songe vcu si longtemps mont]a des consci5ces au cur4 ,t\s pr\v]ont une honte de s'tre satisfaits d'un tat moral si infrieur1 si absurde1 si mesqu9444 ,et ce j\r-l1 les plus vridiques compr5dront quelle "p ils ont eue dans la con/ruction du temple que notre poque1 *]*euse de vrit1 a lev au m5songe4 ,cette t]reur qui a de t\s temps loign les hommes de la vrit e/ in/9ctive1 et jusqu' un c]ta9 po9t ju/ifie2 elle procde de ce que les ,eglises appell5t le p* orig9el ou1 p\r mieux dire1 la tragdie my/rieuse qui a creus l'abme entre l'me huma9e et ses orig9es div9es4 ,le m5songe n\s en dissimule la pr(ondeur1 la vrit n\s la montre1 et p\rtant elle seule peut aid] le combl]4 ,mais1 p\r os] t\j\rs la reg>d] face face cette vrit1 une c]ta9e trempe e/ ncessaire1 et on ne peut l'acqurir que l5tem5t1 p> un ef=t con/ant de volont4 ,la t5tation de dt\rn] la tte e/ s\v5t irrsi/ible2 c'e/ un tel repos de s'illusionn]1 de ne pas con/at]1 d'accus] la de/9e et non soi-mme1 de se figur] que l'irrp>able e/ rp>able1 de n\rrir son cur et son esprit de rv]ies qui eng\rdiss5t les d\leurs et voil5t les tats de consci5ce4 ,n\s ne n\s ap]cevons pas qu'elles port5t en elles un g]me de mort4 ,il n'y a *aleur que l o il y a lumire1 il n'y a vie que l o il y a *aleur2 c'e/ a9si dans la nature physique1 et le mme phnomne se rpte id5tiquem5t dans l'ordre moral4 ,c]tes1 se plac] t\j\rs s\s l'il de la vrit1 c'e/ c\rtis] une rude matresse2 c'e/ appr5dre connatre sa propre misre1 con/at] t\t ce qui dfigure notre image2 c'e/ se s\mettre des crises d'anantissem5t vis--vis de ,dieu et de n\s-mmes4 ,s\v5t1 semblables ,mose sur le mont ,s9a1 n\s ne p\vons support] cette lumire1 n\s devons n\s pro/]n] la face contre t]re p\r ne pas tre brls p> elle4 ,mais de ces crises notre tre intrieur sort tremp et r5=c2 si la vrit crase s\v5t1 elle relve1 elle transporte aussi2 les mes1 p> le contact direct avec cette lumire qui e/ ,dieu1 acquir5t le s5tim5t de leur orig9e div9e1 la c]titude de leur lib]t et de leur =ce4 ,ces heures-l comp5s5t les plus rudes humiliations4 ,ils sont r>es sans d\te ces mom5ts3 les passions1 les faiblesses1 les incapacits de notre nature n\s reti5n5t1 n\s entrav5t sur cette r\te lum9euse2 mais une fois gts1 on n'en p]d plus la saveur1 et p\r la retr\v] l'on se replace de bon gr1 s\s la cl>t div9e1 acceptant les brlures p\r connatre les transports1 se s\mettant l'crasem5t salutaire d'o sort le r5\vellem5t des n]gies4 ,intellectuellem5t aussi l'homme ne peut que gagn] au contact de la vrit4 ,sci5tifiquem5t et hi/oriquem5t1 c'e/ indiscutable2 arti/iquem5t1 c'e/ admis en p>tie2 mais le fait doit s't5dre t\tes les manife/ations de l'esprit4 ,on s\ffre auj\rd'hui d'un nivellem5t amo9drissant4 ,le b e/ bi5 d'inv5t] des g5res n\veaux en musique1 en pe9ture1 en littrature2 mais ce sont des g5res1 ce n'e/ pas de l'orig9alit vraie2 lorsque le succs arrive1 la horde des imitateurs surgit4 ,le beso9 de vrit mis en pratique f]ait disp>atre g5re et imitations2 *acun v\drait tre crateur1 et lorsque l'inspiration dsire ne vi5drait pas1 on r5onc]ait la symphonie1 au tableau1 au pome p\r des mti]s plus humbles4 ,l'art et la littrature y gagn]ai5t considrablem5t1 et le nombre des rats dim9u]ait4 ,en politique galem5t1 la vrit simplifi]ait bi5 des *oses4 ,elle e/ contraire t\tes les traditions1 mais l'on peut se dem&] si le sy/me suivi jusqu'ici a produit de trs satisfaisants rsultats p\r le bonheur de l'humanit4 ,le droit du sil5ce suffirait g>antir des indiscrtions dang]euses4 ,un homme d'tat clbre a dit qu'en politique la s9crit tait la plus gr&e des habilits1 mais p]sonne n'a relev la =mule1 et ni rescrit imprial1 ni motion rpublica9e ne suffirai5t l'impos]4 ,l encore1 c'e/ p> le travail individuel des consci5ces qu'on arriv]a *ang] l'ori5tation des esprits *>gs de g\v]n] les nations4 ,lorsque *aque individu se s]a fait une ducation p]sonnelle p> la pratique de la vrit1 il ti5dra honneur d'tre lui-mme et de se montr] tel qu'il e/4 ,ce s]a sa dignit2 il aura honte des attitudes artificielles qui s]v5t aux hommes dissimul] leur individualit vraie4 ,il aim]a ouv]tem5t ce qu'il aime1 hara ce qu'il hait4 ,bi5 ent5du1 c]ta9es surfaces et c]ta9es =mes devront tre respectes2 aucune socit huma9e ne s]ait possible sans cela4 ,mais on ne se croira plus oblig de p>tag] les prjugs1 les admirations1 les po9ts de vue du gr\pe auquel on app>ti5t p> sa famille ou sa situation4 ,*aque tre v\dra tre soi4 ,quel r5\vellem5t de t\tes *oses6 l'humanit en s]a rafra*ie1 rajeunie2 l'ennui qui dvore les classes dirigeantes se dissip]a1 c> leur *amp d'obs]vation s'l>gira trangem5t1 il devi5dra v>i1 multiple1 imm5se4 ,les orig9alits surgiront1 les copies s]viles s]ont ridiculises1 les habitudes m\tonnires ne s]viront plus de rgles inflexibles t\tes les vies2 l'empire de la mode s]a remplac p> la fantaisie individuelle444 ,ce sont l les rsultats secondaires de la rvolution morale que le contact avec la vrit impos]a aux hommes4 ,quelques exi/5ces vivifies suffirai5t la provoqu]2 la =mation de cette lite semble pro*a9e1 mais p\r tre efficace1 elle devrait se recrut] dans t\s les p>tis4 ,qu'importe les dnom9ations6 ,une seule vaut3 l'am\r de la vrit1 c'e/--dire l'am\r du ,dieu de vrit6 ,les uns l'appell5t l't]nel1 les autres le ,pre2 d'autres encore l'honor5t s\s le nom de ju/ice imman5te1 mais t\s peuv5t se r5contr] dans cette communion du vrai4 ,ce qui diffr5cie rellem5t les hommes entre eux1 ce ne sont ni les dnom9ations ni les op9ions politiques2 c'e/ le plus ou mo9s d'empire que la vrit a dans leurs curs4 ,que de ,ph>isi5s respectables hass5t la lumire1 et que de pag]s la *riss5t6 ,malgr leurs dfaillances et leurs *utes1 ils reg>d5t sans cesse v]s elle et l'ador5t4 ,cette adoration du vrai doit tre la base de la socit de l'av5ir1 la religion commune de t\s les esprits s9cres4 ,elle a des adv]saires puissants1 la lutte s]a a*>ne1 les in/9cts de notre nature lui oppos]ont de =midables b>rires1 mais il faut croire en son triomphe f9al1 seule esprance de bonheur que puisse avoir l'humanit4 ,il faut y croire1 mme si n\s la voyons p\rsuivie1 crase1 morte4 ,la vrit ne peut jamais tre ensevelie plus de trois j\rs4 ,le troisime j\r elle ressuscit]a1 malgr t\s les ,ph>isi5s et ,sadducens qui v\drai5t la ret5ir dans sa tombe#ab4 ,,*apitre ,,vii ,,la ,,bont ,soyez bons dans les pr(ondeurs1 et v\s v]rez que ceux qui v\s ent\r5t devi5dront bons jusqu'aux mmes pr(ondeurs4 ,maurice ,,maet]l9ck4 ,maurice ,maet]l9ck a crit dans le ,trsor des humbles un *apitre sur la bont invisible qui e/ peut-tre le plus beau de son livre4 ,la =me symbolique1 un peu obscure1 dont il enveloppe c]ta9es vrits sotriques n'emp*e pas sa p5se1 leve en hauteur1 de se manife/] avec une cl>t suffisante4 ,la bont invisible1 dit-il1 n'e/ pas de ce monde1 et cep5dant se mle la plup>t de nos agitations444 ,elle ne se montre pas444 elle se ca*e comme si elle avait peur d'us] de sa puissance444 ,et l'auteur dcrit les rapports my/rieux1 d\x et =ts qui peuv5t s'tablir d'me me p> la puissance s5tie1 ne ft-ce qu'un in/ant de cette lumire secrte4 ,lorsque ,maet]l9ck p>le de ces rgions suprieures o les dieux viv5t1 de ces contacts imprvus et s\da9s d'o naiss5t les c]titudes in\es1 on croit ap]cevoir un des co9s du voile se s\lev]4 ,mais ce rveil de l'inexplicable1 ce m\vem5t intime qui p\sse c]ta9s esprits se dem&] *aque soir3 ,qu'ai-je fait d'immortel auj\rd'hui8 ne peut se produire que *ez les mes prp>es p> une longue vie intrieure aux rvlations spciales1 aux communications secrtes avec les =ces suprieures4 ,c'e/ le doma9e des consci5ces exceptionnelles4 ,je v\drais p>l] ici d'une bont plus visible1 plus porte de t\s1 qui se r5\velle aux mmes s\rces que la bont invisible1 mais dont les manife/ations r5tr5t dans le doma9e simple de la vie j\rnalire et des rapports con/ants entre les tres que la volont de ,dieu ou le has>d de la de/9e a runis dans un c]cle commun d'exi/5ce4 99 99 99 99 99 ,je ti5s d'abord tablir que1 p> bont1 je n'ent5ds po9t philan?ropie1 ni mme *>it4 ,une p]sonne bonne aura videmm5t compassion de t\tes les s\ffrances et essai]a de les dim9u]1 mais la proposition ne peut tre r5v]se2 les uvres de bi5faisance regorg5t d'individualits dures et acrimonieuses qui ne satisfont gure en s'occupant d'autrui qu'un beso9 d'autorit1 d'agitation1 de mod]nit4 ,quelques-unes trait5t si durem5t les cratures dans leur dp5dance1 que les misrables prfr5t s\v5t se pass] de bi5faits aussi maussadem5t di/ribus4 ,au mo9dre drangem5t1 la mo9dre insi/ance1 ces soi-disant philan?ropes s'n]v5t1 s'irrit5t1 entr5t mme p>fois en fureur1 humiliant p> de mprisantes p>oles les pauvres tres qui les implor5t4 ,les femmes sont les plus irascibles3 qu& une de leurs protges e/ assez h>die p\r se prs5t] devant elles sans y tre autorise1 il faut ent5dre ces anges de la *>it6 ,comme aucune notion de ju/ice n'claire leur intellig5ce1 ce qu'elles font p\r autrui1 leur p>at si imm5se1 si admirable1 qu'il e/ inutile de l'assaisonn] d'un peu de bonne grce4 ,elles ignor5t la compassion2 la sympa?ie n'habite pas leur cur et la bont y e/ trangre4 ,d'autres p]sonnalits--et c'e/ l une seconde catgorie--s5t5t et pratiqu5t rellem5t la *>it vis--vis des indig5ts2 elles ont piti des besoigneux et font p\r les sec\rir de vrais sacrifices de temps1 d'arg5t1 de sant4 ,mais leur cur ne s'ouvre que p\r les misrables1 il re/e dur vis--vis de ceux dont la vie e/ normale1 claire de quelques lueurs de bonheur4 ,leur intrt a beso9 p\r natre et se dvelopp] de l'abaissem5t du pro*a91 de son malheur1 de sa pauvret4 ,la d*ance matrielle e/ le rayon de soleil qui fait g]m] en ces mes les s5tim5ts altrui/es4 ,p\r leurs gaux elles demeur5t froides et implacables2 ils ne sont pas des frres aim]1 mais des rivaux cra9dre1 et il e/ intellig5t de f]m] contre eux les portes du cur4 ,cette *>it unilatrale n'e/ pas la bont1 ou du mo9s c'e/ une bont p>tielle2 elle e/ semblable un arbre dont une bran*e seule port]ait des fruits4 ,dans cette nom5clature des bi5faiteurs humanitaires1 auxquels la bont lum9euse et *aude e/ inconnue1 il ne faut pas oubli] les ju/ici]s1 ceux que dom9e l'orgueil spirituel1 et qui1 se posant en r$resseurs des consci5ces1 di/ribu5t gnreusem5t conseils et c5sures4 ,ils s'intress5t leur pro*a91 oui1 c]tes1 mais en gr&s prtres *>gs de re*]*] et de *ti] le p*eur4 ,leur esprit un peu troit ne voit que la surface des *oses1 ils mett5t des tiquettes1 class5t1 catgoris5t4 ,je p5se t\j\rs que ces g5s-l auront de gr&es surprises qu& ils ent5dront ,dieu prononc] ses jugem5ts dans les demeures cle/es4 ,ils e/im5t le m\le plus que la sub/ance1 trave/iss5t l'hi/oire1 ne compr5n5t pas la v]tu fconde qui se dgage des p>oles s9cres et des tableaux vrais4 ,ils cri5t l'immoralit1 jett5t l'ana?me1 condamn5t et excut]ai5t volonti]s ce pro*a91 au bi5 duquel ils prt5d5t consacr] leurs n]gies et leurs s5tim5ts4 ,philan?ropes l'me dure et v\s bi5faiteurs des pauvres1 dont le cur e/ f]m vos gaux1 et v\s aussi contempteurs orgueilleux des faiblesses huma9es1 v\s ignorez le culte de la bont1 son rayonnem5t ne v\s a po9t pntrs1 l'am\r de cette p]le ca*e1 r>e1 unique1 exquise v\s e/ inconnu444 ,les faits seuls v\s frapp5t2 v\s comptez l'arg5t qui se donne1 voyez les sec\rs qui se di/ribu5t1 c\tez les s5t5ces qui se prononc5t1 mais v\s tes aveugles la fasc9ation pr(onde qu'a le reg>d1 le s\rire1 le ge/e des tres bons4 ,surt\t v\s ne v\lez po9t voir que la bont e/ une *ose en soi comme la beaut4 ,v\s v\s ob/9ez la *]*] uniquem5t--si tant e/ que v\s la *]*iez jamais--*ez les p]sonnalits trs v]tueuses1 comme si la bont tait l'?ique4 ,il ne peut y avoir de vritable ?ique sans bont1 mais la bont e/ avant t\t un s5tim5t1 un s5tim5t qui peut g]m] dans n'importe quel t]ra94 ,j'ai connu de t]ribles p*eurs qui la pratiquai5t avec une inf9ie dlicatesse1 j'ai vu des p*]esses qui en avai5t le cur rempli1 et hlas6 j'ai con/at s\v5t *ez des g5s trs corrects l'abs5ce complte de cet lm5t div94 ,la bont1 on ne saurait assez le rpt]1 e/ donc une *ose en soi comme la beaut1 seulem5t sa =ce e/ t\j\rs bi5faisante2 elle ne sugge/ionne pas les passions1 ne drgle pas la p5se et tant d'ess5ce immortelle ne subit pas les dtriorations du temps4 ,il e/ vid5t que les fruits d'une bont taye de morale et de sagesse ont des saveurs et des aromes suprieurs ceux des plantes dont les rac9es tir5t leur suc d'un sol ravag p> les temptes et o le feu du ciel e/ tomb4 ,la bont donc1 t\t en p\vant crotre dans les m>ais ou sur les ro*]s brls1 ne donne sa floraison complte que dans c]ta9es conditions de climat et de t]ra94 ,l>gem5t cultive1 r*auffe au soleil bi5faisant de la sympa?ie huma9e1 elle p\rrait donn] des fruits d'ess5ce miraculeuse1 aptes apais] la faim et la soif des tres qui priss5t m5talem5t1 faute du morceau de pa9 ou de la g\tte d'eau capables de leur donn] la =ce de vivre4 ,c>1 si le nombre des affams de n\rriture matrielle e/ incalculable1 celui des malheureux affams d'alim5ts spirituels e/ plus considrable encore4 ,t\s ne sont pas consci5ts de ce beso91 quoique t\s plus ou mo9s en s\ffr5t4 ,mais p\r tre efficaces les meilleurs baumes ont beso9 d'inspir] confiance2 celui qui l'ordonne ou l'applique doit tre revtu de pre/ige4 ,or quelle e/ la position faite la bont dans le monde des honntes g5s1 de ceux qui croi5t en ,dieu ou qui du mo9s admett5t une loi morale8 ,hlas1 si la philan?ropie e/ en honneur1 la bont e/ en discrdit4 ,vant] la bont de cur d'un individu ne l'avantage nullem5t dans l'op9ion publique4 ,on y voit un signe de faiblesse1 un symptme d'impuissance1 un indice de non-combativit4 tre bon1 c'e/--dire ex]c] une p>celle d'action div9e1 quivaut aux yeux de la masse une preuve de navet qui fait se pliss] ddaigneusem5t les lvres4 ,a ces mprisants s\rires1 les anges du ciel doiv5t gr9c] des d5ts p\r peu qu'ils soi5t intolrants de la sottise huma9e4 99 99 99 99 99 ,p\r rveill] les mes endormies qui refus5t de s'ag5\ill] devant la bont1--laisse p> ,dieu sur la t]re p\r ad\cir l'homme les durets1 les aridits1 les cruauts de la r\te1--un premi] travail s'impose1 travail de raction et de df5se4 ,avant d'tablir le culte de la bont1 il e/ indisp5sable d'appr5dre har son contraire1 se mettre en g>de contre les manife/ations de cette ho/ilit malveillante que tant de consci5ces1 soi-disant honntes1 os5t se p]mettre impunm5t4 ,la lgislation des pays civiliss conti5t des mesures rpressives contre t\s les g5res de dlits1 att5tant d'une faon quelconque la proprit1 l'homme1 la vie des individus4 ,si les malfaiteurs *app5t au *tim5t1 c'e/ la faute des magi/rats appels les jug] ou celle de leurs victimes qui n'ont pas su les p\rsuivre3 la loi exi/e et ne dem&e qu' tre applique4 ,mais ri5 ne protge l'homme contre le dang] s\v5t mortel des langues v5imeuses4 ,en c]ta9s cas p>ticuli]s1 la tri/e ress\rce du duel exi/e2 celle des procs en dommages-intrts p\r calomnie a1 en ,anglet]re et en ,amrique1 des effets pratiques4 ,ils sont1 p> contre1 hrisss de difficults en pays lat9s et donn5t de m9ces rsultats2 il faut1 d'ailleurs1 p\r y rec\rir une diffamation publique1 un article de j\rnal1 une injure devant tmo9s444 ,contre les p>oles ho/iles1 les mdisances hypocrites1 les calomnies extravagantes1 les ins9uations m5songres qui c\r5t le monde1 insectes de/ructeurs de l'me et de la *air1 l'homme e/ ds>m1 la loi ne lui prte aucune assi/ance et ne lui en prt]a jamais1 c> sur les dnonciations anonymes aucun contrle lgal ne saurait s'ex]c]4 ,mais l o la loi e/ impuissante1 un c\rant d'op9ion publique p\rrait se manife/] et impos] ses v]dicts4 ,que de *oses1 non df5dues p> le code1 et p]sonne n'ose faire p>ce que l'op9ion publique s'y oppose6 ,c'e/ elle qu'il incomb]ait de v\] l'ab&on les tres m*ants4 ,il faudrait s'en c>t] comme de btes malfaisantes et leur enlev] p> l'isolem5t1 les moy5s et la =ce de nuire4 ,en avoir peur1 les mnag] e/ un calcul aussi honteux que faux4 ,l'o/racisme e/ le seul sy/me suivre p\r leur c\p] les griffes2 il e/ appliqu s\v5t des p*s ou des peccadilles1 nuisibles seulem5t ceux qui les commett5t1 et on laisse l'honneur du monde des cratures envieuses1 ha9euses dont les p>oles empoisonnes dtruis5t les bonheurs et les rputations444 ,que d'exi/5ces fltries1 que d'affections p]dues p> ces c\ps de langue impunis6 ,il e/ impossible de se reprs5t] une socit d'o la mdisance1 le dnigrem5t1 la moqu]ie s]ai5t compltem5t bannis4 ,elles sont irrductibles2 l'hum\r veut se satisfaire1 la vanit aussi1 et elle tr\ve plus de plaisir l'abaissem5t qu' l'lvation du pro*a94 ,mais le mal qui rsulte de ces ho/ilits fleur de lvres e/ sans gr&e importance4 ,une bonne1 cordiale ou gnreuse p>ole peut cicatris] la blessure et dissip] l'impression4 ,ce qu'il faut /igmatis] c'e/ la m*ancet v\lue1 p5se1 pratique avec p]svrance et intellig5ce1 qui s'irrite de t\te gr&eur1 s'(fusque de t\t succs1 /rilise t\te initiative4 ,*acun de n\s a connu1 connat o connatra de ces natures malfaisantes et infcondes elles-mmes1 qui1 tantt s\s des =mes de d\ceur hypocrite1 tantt s\s des app>5ces de brusque fran*ise s'emp>5t des rputations1 les t\ff5t1 les s\ill5t1 les m5ac5t1 fltrissant et dtruisant les exi/5ces1 faisant plus de mal que les b&its et les voleurs1 et cela sans remords1 presque inconsciemm5t4 ,la socit1 qui a pris ses prcautions contre la srie des dang]s visibles1 aurait le droit et le devoir de s'arm] contre le pril gr&issant de la calomnie p\r intangible et subtil qu'il soit4 ,il a pris1 dans ces d]nires annes1 des proportions effrayantes4 ,la langue huma9e a cess de recul] devant les accusations les plus extravagantes et les plus =midables4 ,avec une incroyable lgret les adjectifs injurieux s'accol5t au nom du pro*a9 connu ou inconnu4 ,la premire mesure pr5dre p\r r$onn] quelque scurit aux *em9s de la vie1 s]ait de r5dre les mdisants consci5ts du mal qu'ils accompliss5t4 ,les prdicateurs1 les confr5ci]s1 les littrateurs devrai5t entrepr5dre une croisade contre ces corsaires d'un n\veau g5re qui ne combatt5t pas visage dc\v]t1 mais armes empoisonnes1 et sont les vritables fauteurs de l'an>*ie qui n\s p\vante4 ,plusieurs s'am5d]ai5t n'ayant p* que p> lgret2 d'autres devi5drai5t prud5ts1 se s5tant surveills p> l'op9ion publique2 les impnit5ts v]rai5t se trac] aut\r d'eux un rig\reux cordon sanitaire1 qui circonscrirait leur action p]nicieuse et s]virait d'av]tissem5t de possibles imitateurs4 ,les deux p>ties de l'humanit doiv5t faire un srieux mea culpa1 les femmes en p>ticuli]1 c> ce sont elles surt\t les gr&es prtresses de la mdisance et de la calomnie4 ,p\r qu'un homme fasse de la p>ole l'usage lg] ou ha9eux que sait en faire une femme1 il faut qu'il soit tomb trs bas dj dans l'e/ime publique2 il app>ti5t la catgorie des tres sans valeur ou des canailles avres4 ,*ez les femmes1 au contraire1 on en voit d'intellig5tes et de respectables rp&re ins\ciamm5t les plus v5imeuses ins9uations et articul] sans scrupules les plus odieuses calomnies4 ,les trois pr9cipales causes de ce dbordem5t de langage sont *ez elles3 la vanit qui1 l'env]s de celle de l'homme1 a normm5t augm5t avec la civilisation2 le manque de responsabilit sociale et morale1 et l'abs5ce totale du s5tim5t de la ju/ice4 ,il exi/e dans l'esprit de la femme1 dit ,h]b]t ,sp5c]1 un manque visible de la plus ab/raite des motions qui e/ ce s5tim5t de ju/ice qui rgle la conduite1 indp5damm5t des affections ou des antipa?ies qu'inspir5t les individus4 ,la plup>t des femmes jug5t avec leurs n]fs1 avec leur imag9ation1 quelquefois avec leur cur1 presque jamais avec leur intellig5ce et leur consci5ce4 ,p> ce v5t de rev5dications qui tire de t\s les cts auj\rd'hui1 on r5d les hommes responsables des maux qui ps5t sur l'exi/5ce de la femme mod]ne et de t\tes les difficults qui en entrav5t l'essor4 ,sans dim9u] nullem5t la "p de faute d',adam dans les malheurs d've1 je crois que1 si l'on procdait une enqute s9cre1 on v]rait que1 dans la plup>t des cas1 la pire ennemie de la femme e/ la femme elle-mme4 ,et je ne fais po9t allusion ici aux rivalits de l'am\r1 aux reprsailles de la jal\sie1 comprh5sibles t\j\rs1 p>fois excusables et qui r5tr5t dans le droit de lgitime df5se1 je p>le simplem5t du mal p\r le mal qu'elles se font si volonti]s les unes aux autres4 ,dans les m>iages manqus1 presque t\j\rs une action fm99e entre en jeu1 celle d'une mre1 d'une tante1 d'une sur1 d'une amie444 ,ce sont les ennemies indirectes1 bi5 plus nuisibles que les rivales d'am\r4 ,et qu& il s'agit d'entrav] une c>rire de femme1 qui apporte les plus grosses pi]res p\r le lapidem5t8 ,si une rhabilitation e/ t5te1 si une malheureuse *]*e remont] la p5te desc5due1 qui la rep\sse avec le plus de rigueur8 ,ses surs1 t\j\rs ses surs6 ,lorsqu'une femme1 p> son intellig5ce1 son activit1 sa bonne volont1 a russi se crer une place "p dans l'op9ion publique1 qui essaye de t]nir l'image que les hommes s'en font dans le sanctuaire de leur cur8 ,la femme1 t\j\rs la femme6 ,et p\r dcapit] ce pavot dont la hauteur les gne1 elles se s]v5t du m5songe comme le buf se s]t de ses cornes avec une dextrit m]veilleuse4 ,auj\rd'hui encore1 dans les luttes qui se combatt5t p\r leur indp5dance et leur dignit1 ce sont les femmes qui se montr5t les pires adv]saires du progrs et du m\vem5t gnreux t5t en leur faveur4 ,elles essay5t de l'cras] s\s le ridicule1 en ha9e des *ampions de leur sexe4 ,et mme *ez ces *ampions e/-il bi5 c]ta9 qu'un vritable s5tim5t de solid>it exi/e8 ,en t\t cas1 il n'e/ pas gnral4 ,or1 ce s5tim5t de solid>it e/ la pi]re angulaire de t\t r5\vellem5t4 ,tant que la ma9 de la femme1 dans les heures de joie ou de d\leur1 ne se t5dra pas in/9ctivem5t v]s celles des autres femmes1 tant que le succs d'une compagne ne la remplira pas de joie1 tant que la frat]nit ne s]a pas ne dans son cur1 sa situation morale et sociale ne s'amlior]a po9t4 ,elle n'aura ri5 gagn et ri5 appris4 ,la solid>it des hommes entre eux n'e/ pas m]veilleuse2 elle manque de *aleur et de loyaut et se manife/e surt\t p\r la df5se de leurs droits au vice2 cep5dant sa puissance e/ gr&e4 ,p\rquoi les femmes n'arriv]ai5t-elles pas elles aussi se syndiqu] moralem5t1 oh6 pas contre l'homme1 mais entre elles1 p\r leur df5se mutuelle8 ,des socits se =m5t auj\rd'hui1 un peu p>t\t en ce s5s1 et1 il y a trois ans1 lady ,ab]de5 ouvrait ,londres le gr& ,congrs int]national des femmes p> ces mots qui rsum5t t\t un programme3 ,fais aux autres ce que tu v\drais qu'on te fasse toi-mme4 ,mais ce m\vem5t ne donn]a des fruits prcieux que si l'uvre devi5t intrieure1 si elle pntre le cur et la consci5ce1 si les femmes ne cont9u5t pas dte/] et envi] sans remords les femmes de leur ent\rage4 ,telle excell5te fille1 p\se1 mre se montr]a dure et implacable p\r les autres p]sonnes de son sexe1 essay]a de leur nuire de t\te la puissance de sa langue et de son esprit4 ,dans les que/ions de m>iage1 on ent5d les propos les plus cyniques sortir de b\*es honntes4 ,un homme dans une belle position rem>que une jeune fille ses dbuts dans le monde4 ,il s'occupe d'elle2 on le con/ate et un moi dsagrable agite immdiatem5t t\tes les autres femmes1 mme celles qui ne sont pas p\sables et qui n'ont pas de fille m>i]3 ,feu de paille6 s'crie l'une d'elles1 cela ne dur]a pas6 ,laissez-moi faire2 la pro*a9e occasion je la dflor]ai ses yeux de faon ce qu'il n'y p5se plus4 ,t\t cela dit le plus naturellem5t du monde et c\t de mme4 ,p]sonne n'avait consci5ce de l'normit =mule et ent5due2 le vol moral qu'on s'apprtait commettre n'veillait pas le plus lg] scrupule4 ,la p]sonne qui avait p>l tait irrpro*able1 aucun c>t de conduite dans sa vie6 ,elle n'aurait pas drob son pro*a9 une aiguille de soie1 mais elle allait t\ff] sans remords1 p> simple ho/ilit de sexe1 le g]me d'un bonheur444 ,et les autres femmes tr\vai5t l'int5tion naturelle1 p]sonne ne p5sait s'indign]1 se rvolt]1 prote/]444 ,p>mi les anecdotes hi/oriques1 il en e/ une sur lisabe? de ,russie qui rsume t\s les raff9em5ts que peut atte9dre la m*ancet fm99e4 ,trahie p> son amant1 la cz>9e se v5gea1 raconte la *ronique1 en l'obligeant p\s] une na9e dif=me et pass] la premire nuit de ses noces dans un palais de glace avec des meubles en glace4 ,le l5dema91 l'impratrice v9t avec t\te sa c\r (frir un b\quet aux m>is bleuis sur leur lit p> le froid4 ,la fille de ,pi]re le ,gr& envoya ensuite sa rivale en ,sibrie1 pi$1 aprs lui avoir fait c\p] le nez et les oreilles4 ,ces fantaisies b>b>es d'une autocrate femelle ne s]ai5t plus possibles auj\rd'hui en pays europen1 mais1 si le fait ne peut se r5\vel]1 l'atroce cruaut qui le dicta a-t-elle entirem5t disp>u des curs mod]nes8 ,n'y a-t-il pas telles de nos contempora9es qui rp&5t aut\r d'elles une atmosphre angoissante1 l\rde de volonts p]v]ses1 de dsirs malfaisants1 de m*ancets calcules4 ,les n>9es dlicates p]oiv5t leur appro*e une vague odeur de s\fre2 au moy5 ge1 on aurait conclu la possession diabolique1 et l'exorcisme se s]ait impos4 ,mais on n'en use plus de notre temps2 il e/ pass de mode comme les procs de sorcell]ie2 les maisons de sant p\r nvross ont remplac les *ambres ard5tes et ri5 ne s'oppose la viol5ce des torr5ts de fiel que rp&5t les b\*es ha9euses4 ,la socit qui ne pr5d aucune mesure efficace p\r se df5dre rec\rt l*em5t aux (fr&es propitiatoires4 ,c'e/ le culte de ,molo* r5\vel1 mais le calcul e/ aussi erron que vil1 la div9it malfaisante ne s'apaise po9t4 ,cette complaisance honteuse vis--vis des mdisants et des calomniateurs e/ non seulem5t inutile dans ses effets et dplorable en elle mme1 elle reprs5te une injure vis--vis de la bont1 c> le r5iem5t n'e/-il pas la pire des injures4 ,or c'e/ r5i] tacitem5t une =ce que de ne pas har son contraire4 ,on ne saurait en mme temps ador] le c\rage et s'incl9] devant la l*et4 ,la =mule vanglique sur l'impossibilit de s]vir deux matres s'impose en ce cas comme vrit irrcusable4 ,p\r les mes capables de s5tir la bont1 la m*ancet devrait tre traite en reptile devant lequel on recule4 ,l'am\r des animaux1 p\ss ses limites les plus exagres1 n'a jamais inspir la philoviprie4 ,p> quelle ab]ration de notre m5talit la vipre huma9e e/-elle supporte1 flatte1 c>esse mme8 ,dans ce phnomne morbide la femme a une l>ge "p de responsabilit directe et indirecte4 ,cre p\r la bont plus que l'homme1 elle a davantage que lui manqu sa mission p> ses av]sions viol5tes1 sa langue ac]be1 ses calculs mesqu9s4 ,elle se refuse plus encore que son compagnon l'adoration de la bont2 la pratiquant s\v5t1 elle ne l'admire pas et mprise cette =ce o elle s'ob/9e voir une faiblesse4 ,l'homme p>fois s'att5drit devant un acte de bont1 la femme r>em5t1 surt\t s'il e/ accompli p> l'une de ses p>eilles4 ,cette ho/ilit contre son propre sexe la rapetisse1 la /rilise et f]me son cur4 ,si elle veut dev5ir ce qu'elle aspire tre dans la socit1 elle doit comm5c] p> abjur] cette ho/ilit qui r5drait infcondes ses initiatives4 ,le ret\r sa mission naturelle e/ auj\rd'hui d'accord avec ses intrts4 ,a elle incombe le devoir de prp>] le travail de raction contre les mdisants et les calomniateurs1 et1 ce travail accompli1 d'lev] un temple la ,bont1 cette plus haute =me de la psy* huma9e1 qui s]t de ra*at t\tes les fautes et reprs5te le seul li5 entre la t]re et le ciel4 99 99 99 99 99 ,p> son tempram5t plus paisible1 son c>actre plus d\x1 l'loignem5t o elle tait ma9t5ue des viol5ces et des luttes1 la femme1 dans le plan div91 avait t videmm5t de/9e tre le c5tre et le foy] des v]tus bi5faisantes4 ,d'elle devai5t man] les indulg5ces1 les pati5ces1 les enc\ragem5ts1 les consolations1 preuve en soit le rayonnem5t rp&u p> c]ta9es bonts fm99es4 ,lorsqu'une femme aime rellem5t son pro*a91 elle atte9t des hauteurs1 arrive des dv\em5ts1 pratique des dlicatesses que les hommes ne saurai5t mme imag9] et qui les entrav]ai5t1 du re/e1 dans l'accomplissem5t des devoirs plus rudes qui sont leur lot dans la di/ribution des t*es4 ,si ces radieux exemples sont r>es1 ce n'e/ po9t incapacit de nature1 mais p>ce que le cur d've e/ f]m ses surs2 la /rilit d'une bran*e f9it p> s't5dre l'arbre enti]4 ,le j\r doit v5ir o1 en c\tant racont] un acte de bont accompli p> une femme1 les autres femmes v]s]ont des l>mes de joie1 capables d'effac] t\tes les rancunes qui les ont divises4 ,j'avais une amie--dans le s5s c\rant du mot--qui s'e/ dta*e de moi p\r des raisons ignores2 mme elle a *]* me nuire p> des p>oles inju/es et malfaisantes4 ,je lui en v\lais un peu et sa prs5ce m'tait dev5ue plus pnible qu'agrable4 ,rcemm5t1 p> has>d1 une hi/oire m'a t raconte1 rvlant de la "p de cette femme de gr&s traits de bont2 j'en ai pr\v une joie subite1 inexplicable1 l'ombre de rancune qui obscurcissait mon esprit s'e/ dissipe4 ,aucune explication n'aura lieu entre n\s1 et probablem5t n\s re/]ons sp>es1 mais qu& je la r5contr]ai ce s]a avec plaisir1 c> je saurai qu'il y a dans son cur1 malgr ses torts vis--vis de moi1 une belle place sa9e4 ,si l'on entrait dans cet ordre de s5tim5ts que de magnifiques joies on y tr\v]ait6 ,on m'object]a qu'elles s]ai5t dpasses p> les d\leurs et les dceptions4 ,mais n'en avons-n\s pas dj8 ,il n'e/ pas beso9 d'aim] les autres1 il suffit de s'aim] soi-mme p\r s5tir cruellem5t les torts qui n\s sont faits1 p\r s\ffrir des mo9dres dsillusions4 ,le dveloppem5t de la s5sibilit altrui/e n'augm5te pas les s\ffrances et les tempre1 au contraire1 en opposant la lumire l'ombre4 ,en cultivant la bont comme un attribut qui lui e/ propre1 en la mettant au sommet de ses admirations1 en hassant la malveillance comme une laideur1 la femme r5tr]ait dans le plan div94 ,la colre1 l'indignation peut p>fois ennoblir la physionomie de l'homme1 t&is que t\t s5tim5t de viol5ce1 de ha9e1 de rancune enlaidit la femme et la r5d facilem5t grotesque4 ,sa =ce rside dans la d\ceur1 et la d\ceur sans bont e/ une v5imeuse peau de s]p5t dont il faut se dfi] plus que d'un fusil *>g4 ,la bont relle e/ un f>d m]veilleux1 elle imprgne de *>me celles qui la s5t5t et la pratiqu5t4 ,ri5 ne reti5t le cur des hommes comme la bont1 les plus sceptiques n'y rsi/5t po9t1 lors-qu'ils la s5t5t *aleureuse et vraie4 ,des femmes laides ont t passionnm5t aimes p>ce qu'elles tai5t bonnes2 des p*]esses ont t honores dans leur vieillesse p>ce qu'elles tai5t bonnes2 de gr&es c\pables sont p>donnes p>ce qu'elles tai5t bonnes4 ,l'impratrice ,?odora1 la femme de ,ju/9i51 laquelle la tradition prte un pass de dbau*es et un rgne de crimes1 avait1 p>at-il1 un r$eem+ po9t4 ,le m]veilleux manteau dont les mosaques de ,rav5ne cons]v5t le fa/ueux dess91 ca*ait un cur rempli de piti p\r les autres femmes4 ,t\j\rs elle les df5dit1 t\j\rs elle leur t5dit une ma9 sec\rable1 t\j\rs elle se mit entre elles et les dang]s1 les *tim5ts et les d\leurs4 ,et c]tes1 ,?odora n'tait pas une faible2 elle aimait la dom9ation et l'ex]ait2 elle aimait sa beaut et n'aurait pas s\ff]t de rivales4 ,son esprit tait viril2 elle avait un c]veau d'homme d'tat et p\r assur] sa puissance ne reculait pas devant le crime4 ,mais1 malgr sa supriorit intellectuelle inconte/able et sa nature imprieuse1 elle s5tait sa frat]nit avec les autres femmes4 ,elle les aimait1 les plaignait1 les protgeait4 ,ce que l'impratrice byzant9e savait pr\v]1 la femme actuelle f9ira-t-elle p> le connatre et l'appr5dre8 ,cette bont de femme femme la vie mod]ne la p]met et mme l'impose4 ,jadis la compagne de l'homme vivait presque exclusivem5t enf]me dans le c]cle de la famille1 n'ayant gure que des contacts monda9s avec son pro*a9 du mme sexe4 ,auj\rd'hui ces contacts se multipli5t4 ,l'heure de la frat]nit a sonn4 ,la bont rayonnante et t5dre doit dev5ir l'aspiration des mes4 ,cette bont sembl]a beauc\p de femmes contraire la position de combat qu'elles ont prise4 ,elles croi5t que p\r tre mod]ne il faut t5ir p]ptuellem5t la lance au po+4 ,or c'e/ ju/e le contraire2 la mod]nit e/ la frat]nit1 et il n'e/ po9t de frat]nit fconde sans bont4 ,il e/ des pays comme l',anglet]re o la =ce t5d dev5ir le seul idal et o la dang]euse ?orie du sup]homme semble pr5dre pi$ mme dans les coles primaires4 ,la s5sibilit y e/ raille et l'gsme et l'+ratitude y sont rigs en div9its4 ,mais ce sont l des vgtations sup]ficielles1 nes d'un excs d'orgueil2 tant contraires la vrit et l'humanit1 elles ne p\rront p\ss] de =tes rac9es4 ,il ne faut pas que la ?orie philosophique de p]svr] en son tre qui e/ la plus fausse des doctr9es et la plus contraire au progrs vi5ne entrav] ce m\vem5t de frat]nit4 ,il ne s'agit pas p\r l'homme de p]svr] en son tre1 mais de le dvelopp] jusqu' son plus haut degr d'pan\issem5t4 ,p>mi les =ces morales il en e/ de belles1 de gr&es1 d'utiles4 ,quelques tres privilgis ont pu les ex]c] avec puissance et la po/rit leur en r5d honneur4 ,mais ce qui n\s meut en lisant la vie de ces cratures exceptionnelles1 ce n'e/ pas le s\v5ir des batailles qu'elles ont gagnes1 des traits qu'elles ont conclus2 si n\s n\s att5drissons1 c'e/ au rcit d'un acte de bont1 d'une preuve de s5sibilit1 d'un lan de frat]nit4 ,l'impratrice ,m>ie-,?rse a laiss sur la t]re une =te empre9te1 mais p>mi les gloires de la desc5dante de ,habsb\rg1 une des plus rayonnantes e/ cont5ue dans le petit fait suivant que l'hi/oire n'a mme pas enregi/r4 ,l'impratrice pr\vait p\r le pr9ce lorra91 dont elle avait fait un emp]eur1 un atta*em5t trs vif1 et leur mnage p\vait tre cit comme un modle p>mi les mnages s\v]a9s d',europe4 ,l'on racontait cep5dant que l'emp]eur ,franois reg>dait avec trop de bi5veillance l'une des dames de la c\r impriale4 ,l'impratrice1 =t jal\se1 n'osait ragir1 mais elle ne ca*ait ni son mcont5tem5t de cette amiti trop t5dre1 ni son ho/ilit contre sa rivale4 ,l'emp]eur m\rut1 et t\te la c\r s'att5dit une excution4 ,a la crmonie des funrailles1 lorsque p\r la premire fois la malheureuse femme que ,franois de ,lorra9e avait aime1 se retr\va en prs5ce de ,m>ie-,?rse1 t\s les c\rtisans t5dir5t la tte avec une curiosit avide4 ,mais l'impratrice1 allant au devant de celle que jusqu'alors elle avait hae1 l'attira dans ses bras4 ,n\s avons beauc\p p]du1 ,madame1 dit-elle en l'embrassant4 ,le s\v5ir du c\ronnem5t de ,pe/h et des gu]res de ,silsie s]a depuis longtemps tomb dans l'oubli que ces p>oles de victorieuse bont rsonn]ont encore dans les rgions my/rieuses o se cons]v5t les r>es actes div9s accomplis p> l'homme sur la t]re4 ,l'me de la femme subit une crise dang]euse4 ,d'un ct1 il e/ vrai1 un cri de resc\sse a trav]s le monde1 le mot de solid>it fm99e a t prononc1 mais ne risque-t-il pas de se *ang] en cri de gu]re lorsque les femmes ayant russi t5dre leurs droits1 les limites de leurs ambitions s'l>giront8 ,implacables les unes env]s les autres tant qu'il ne s'agissait que de la conqute du mle1 quelles proportions pr5dra cette ho/ilit1 qu& elles auront d'autres victoires remport]8 ,comm5t support]ont-elles la concurr5ce qui1 dans l'implacable lutte p\r la vie1 e/ l'occasion p\r les hommes de tant de discordes et de cruauts8 ,au lieu d'difi] la bont un temple magnifique1 au lieu de mettre son culte en honneur1 les v]ra-t-on r5v]s] les d]nires pi]res du pauvre autel qui lui re/ait encore et laiss] libre passage la horde malfaisante des dnigreurs1 des dtracteurs1 des calomniateurs8 ,ces an>*i/es anonymes qui sap5t t\s les respects1 dtruis5t t\tes les confiances et infiltr5t dans les mes le d\te univ]sel sont les rels dmolisseurs de la socit4 ,ils ne tu5t pas eux-mmes1 mais ils ont prp> les armes dont les ennemis se s]v5t4 ,la responsabilit des femmes e/ effrayante en ce mom5t4 ,si le m\vem5t fm9i/e t\rne la ha9e1 au lieu de t\rn] la bont1 t\te la joie s]a bannie de la t]re4 ,les yeux doiv5t s'ouvrir enf94 ,il ne s'agit ni de religion1 ni mme de morale1 c'e/ une "q de vie ou de mort4 ,les plus incrdules devrai5t le compr5dre4 ,il n'y a de bonheur que dans la bont2 la bont seule le donne4 ,une femme dont la mat]nit s't5d t\s1 il faudrait s'ag5\ill] devant elle *aque m9ute p>ce qu'elle reflte le div94 ,ce qu'une crature semblable fait de bi51 qui p\rra jamais le mesur]1 mme si elle ne sort pas du c]cle re/re9t de la famille et des amis8 ,une gr&e lumire mane d'elle1 une lumire de vie et de joie qui provoque *ez t\s ceux qui l'appro*5t un pan\issem5t de l'me4 ,elle e/ l'amie1 le repos1 la consolation4 ,comp>ez son influ5ce celle des femmes dont les p>oles s*es1 les critiques ac]bes1 les ins9uations p]fides dc\rag5t t\tes les manife/ations nobles ou t5dres4 ,leur s\rire sceptique abattrait le zle d'un aptre4 ,mme en n'employant que la m?ode empirique le d\te n'e/ pas p]mis4 ,d'un ct le j\r *aud et radieux1 de l'autre la nuit froide1 sombre1 sans toiles444 ,des deux c\rants qui triomph]a8 ,le triomphe complet e/ impossible1 il y a dans l'humanit des in/9cts qui ne s'anantiss5t jamais compltem5t1 mais l'un des c\rants peut rduire l'autre4 ,de gr&es et magnifiques =ces f9iront p> dom9] le monde1 mais quoi s]virait l'homme d'lev] des autels la vrit et la ju/ice1 si la bont re/ait sans tab]nacle4 ,elle e/ semblable cette *>it dont p>le sa9t ,paul1 sans laquelle t\tes les sci5ces et t\tes les v]tus rsonn5t et ret5tiss5t va9em5t comme l'aira9 et la cymbale4 ,la bont n'a pas de sexe4 ,elle e/ aussi ncessaire une portion de l'humanit qu' l'autre1 c> elle seule p\rra sauv] le monde de l'an>*ie morale dont il e/ m5ac comme il y a dix-neuf sicles4 ,cette fois le salut peut v5ir de la femme4 ,un prov]be lomb>d dit3 ,la femme a sept mes et une petite me4 ,c'e/ peut-tre dans cette petite me oublie qu'elle doit reg>d] auj\rd'hui p\r y tr\v] la vision de ce que l'humanit att5d d'elle4 ,y puis]a-t-elle la =ce d'arra*] de son cur la plante v5imeuse qui la dtriore8 ,saura-t-elle compr5dre et pratiqu] la mission de mat]nit l>gie qui doit tre la revan*e de son sexe8 ,,*apitre ,,viii ,,le ,,respect ,,du ,,rep5tir ,il y a plus de joie au ciel p\r un p*eur qui se rep5t que p\r quatre-v+t-dix-neuf ju/es4 7,,luc41 #ae-g47 ,dans une socit plus quitablem5t et gnreusem5t organise que la ntre le respect du rep5tir entr]a =cm5t dans les c\tumes morales4 ,mais1 ds auj\rd'hui1 les esprits *]*eurs de vrit1 ennemis des va9es =mules et sur lesquels les app>5ces ph>isaques n'ex]c5t aucun pre/ige1 devrai5t r5dre ce phnomne de la consci5ce1 une fois sa s9crit con/ate1 l'honneur qui lui e/ d4 ,malheureusem5t1 jusqu'ici1 semblables en cela aux esclaves des prjugs et des =mes1 ils ont refus de s'incl9] devant le p*eur rep5tant4 ,c]ta9s curs sav5t p>donn] t\tes les fautes2 le monde1 sans les p>donn]1 e/ indulg5t celles qui ne tr\bl5t pas son quilibre1 et les vices eux-mmes ne le rebut5t po9t1 s'ils ne sont pas l'objet de sc&ales clatants4 ,mais t\tes les mes1 mes mdiocres ou mes d'lite1 sont peu prs d'accord p\r refus] l'homme qui regrette ses crimes1 ses fautes ou ses insuffisances1 le respect auquel ce regret s9crem5t s5ti lui donn]ait droit4 ,bi5 au contraire1 la manife/ation ou mme la simple con/atation de ce rep5tir dim9ue sa situation morale2 tant qu'il n'av\ait pas ses erreurs1 on p\vait les ignor]2 v\loir les rp>]1 c'e/ affirm] qu'elles exi/5t4 ,on lui p]mettra peut-tre1--pas t\j\rs1--de travaill] au bi51 d'accomplir le bi51 d'effac] le v]millon qui ta*ait ses vtem5ts1 et de le remplac] p> la blan*eur des neiges4 ,mais il occup]a p> le fait mme de cet ef=t une position infrieure1 l'op9ion publique s'exprim]a sur son compte avec une piti ddaigneuse et sa =ce s]a traite en faiblesse4 ,aussi longtemps qu'il vivait dans l'erreur ou l'inutilit1 nul ne se croyait autoris lui rappel] ses c>ts de conduite1 ses inaptitudes ou ses p>esses2 on acceptait t\tes les surfaces1 mme si elles tai5t p]ces j\r6 ,du mom5t qu'il a av\1 ft-ce simplem5t p> une modification de sa manire d'tre1 qu'il rpr\vait sa vie prcd5te1 *acun s'imag9e avoir le droit1 presque le devoir de lanc] contre lui sa petite ou sa grosse pi]re et d'assum] son g>d une attitude de supriorit ou de condesc5dance4 ,cette inconsqu5ce morale e/ commune presque t\s les hommes1 quelles que soi5t les croyances qui dirig5t leurs vies4 ,comm5t peut-elle s'expliqu] et se ju/ifi]8 ,tr\ve-t-elle un appui dans la religion8 ,de quels argum5ts la logique peut-elle la s\t5ir8 ,en *]*ant dt]m9] les causes d'o elle procde1 on arriv]a peut-tre en saisir l'irrationalisme et l'inju/ice pr(onde4 99 99 99 99 99 ,les mes religieuses1 app>t5ant aux diffr5tes confessions *rti5nes1 appeles se prononc] ce sujet1 dcl>]ai5t videmm5t qu'elles reconnaiss5t l'utilit du rep5tir puisque le salut t]nel dp5d1 p\r la "p qui conc]ne l'homme1 de ce fait mme4 ,mais si elles proclam5t ce devoir en pr9cipe1 elles le dm5t5t en pratique1 et les cas o elles viv5t cette vrit sont des plus r>es4 ,tel pa/eur m?odi/e ne pr5dra comme s]vantes que des prisonnires libres1 tel prtre ca?olique montr]a au =at vad la sublime confiance du cur ,myriel p\r ,jean ,valjean2 mais on se meut ici dans un monde spcial1 =m de situations exceptionnelles1 de consci5ces exceptionnelles1 de curs exceptionnels1 et dont les excs de confiance p\rrai5t avoir1 du re/e1 s'ils tai5t trop l>gem5t appliqus1 des consqu5ces dang]euses p\r la scurit et mme la morale sociale4 ,le r>a avis ne compte pas qu& il s'agit d'un exam5 d'ensemble2 ce qu'il importe de connatre c'e/ la m5talit gnrale de ceux qui s'intitul5t *rti5s4 ,quelle e/ leur attitude vis--vis du rep5tir8 ,la rponse n'e/ pas d\teuse3 presque t\s manife/5t une dfiance plus ou mo9s acc5tue l'g>d de l'homme qui1 reconnaissant ses erreurs1 fait volte-face en les av\ant4 ,il cesse d'occup] leurs yeux1--comme ceux des simples monda9s1--sa position primitive2 p\r blmble et blme qu'ait t sa conduite passe1 il bnficiait du d\te1 et le d\te p>at t\j\rs prfrable la c]titude de la faute1 mme si cette faute e/ suivie d'une expiation volontaire4 ,on peut all] jusqu' affirm] que les exemples de rep5tir agrs p> ,dieu reprs5t5t p\r beauc\p de consci5ces une pi]re d'a*oppem5t4 ,les p>oles de mansutude que le ,*ri/ adresse aux p*]esses1 la place qu'il p]met ,madele9e d'occup] prs de lui1 le fait qu'aprs la crucifixion c'e/ elle qu'il app>at en premi]1 ont tr\bl plus d'une *rti5ne rigide4 ,t\tes ne l'av\5t pas1 mais combi5 s'en s5t5t blesses6 ,aprs avoir pass leur vie rsi/]1 p> am\r de ,dieu ou p> cra9te de l'enf]1 aux sollicitations de leur imag9ation et aux fivres de leur cur1 la misricorde att5drie de ,jsus1 les dconc]te1 les al>me1 les aigrit et elles s]ai5t prtes jug] leur ,dieu4 ,qu'il ait p>donn1 passe encore6 ,mais jo9dre jamais son nom celui de ces cratures de honte et de luxure leur p>at incomprh5sible et dur p\r les femmes *a/es1 auxquelles si peu de gloire dj e/ rs]ve en ce monde4 ,le p>don accord l'abom9able r5iem5t de ,pi]re1 aux p]scutions de ,sal de ,t>se ne les blesse pas au mme degr4 ,quant aux hommes1 mo9s subtils et peut-tre plus gnreux1 ils ne s'arrt5t gure ces contradictions app>5tes de la p5se div9e1 et c'e/ p\rquoi1 sans d\te1 ils n'appr5n5t pas1 eux non plus1 la leon sublime qu'elles conti5n5t4 ,la lg5de raconte que le corps de sa9te ,ca!r9e de ,si5ne a t rduit en p\ssire2 dans son c]cueil on n'a tr\v que des ossem5ts4 ,celui de sa9te ,m>gu]ite de ,cortone1 au contraire1 tait dans un tat de cons]vation p>faite et exhalait des p>fums dlicieux4 ,or1 la premire1 cette gr&e figure de sa9te politique qui ram5a ,grgoire ,,xi d',avignon1 n'avait jamais failli1 ni connu d'autre passion que son ,dieu et la gloire de l'glise1 t&is que la seconde n'tait rev5ue la religion qu'aprs une srie d'ard5tes am\rs4 ,j'ai ent5du de bonnes *rti5nes s\pir] amrem5t ce rcit4 ,ces mmes femmes1 encl9es presque conte/] ,dieu la facult du p>don vis--vis de la p*]esse rep5tante1 s]r5t contre leur cur1 avec la plus gr&e cordialit1 des femmes de rputation plus qu'quivoque1 de c>actre d\teux1 mais enveloppes d'un suffisant manteau d'hypocrisie4 ,il e/ trange quel degr1 en ce g5re d'erreurs1 ce qui e/ bas et mdiocre obti5t d'indulg5ce4 ,les gr&es passions1 qui port5t en elles-mmes leur excuse1 r5contr5t une bi5 autre svrit2 si celles qui les pr\v5t essay5t de ra*et] leurs faiblesses p> la pratique d'autres v]tus1 on leur en conte/e volonti]s le droit4 ,c'e/ le rep5tir l'tat de regret1 c'e/ le premi] *elon1 et dj les ho/ilits se m>qu5t4 ,si les scrupules s'acc5tu5t1 si la consci5ce arrive dom9] le cur1 comprim] les passions1 ordonn] le r5oncem5t1 t\tes les v]tueuses indignations clat5t1 et *acun de cri]3 ,h>o sur le baudet6 ,il p\vait son aise tondre de ce pr la l>geur de sa langue1 et br\t] mme sur d'autres prs1 peu importait6 ,mais confess] sa faute ou avoir l'air de la confess]1 ou1 ce qui e/ pire encore1 essay] de la ra*et]1 voil le crime aux yeux de beauc\p de ju/es4 ,et s'il en e/ a9si p\r ce qui conc]ne les femmes dans la vie s5tim5tale et passionnelle1 la mme intransigeance1 la mme inconsqu5ce se r5contr5t *ez les hommes dans les que/ions d'honneur1 de probit1 de droiture4 ,je p>le des hommes qui ont la prt5tion de con=m] leur vie aux doctr9es *rti5nes1 sans tre p\r cela des sa9ts ou des exalts4 ,ils frqu5t]ont des g5s t>s1 concluront des affaires avec eux1 re*]*]ont leur appui s'ils sont puissants1 rec\rront leurs conseils s'ils sont habiles4 ,dans leur me et consci5ce ils n'ont aucune e/ime p\r ces associs mom5tans1 ils sav5t p>faitem5t quoi s'en t5ir sur leur compte1 mais tant que la surface re/e conv5able1 ils les trait5t en membres honors de la socit4 ,qu'elle s'caille de quelque ct1 cette surface1 que les malheureux veuill5t ra*et]1 expi]1 qu'ils essay5t de recomm5c] une exi/5ce n\velle1 halte-l6 ,les portes se f]m5t1 les ma9s se retir5t1 les yeux se dt\rn5t4 ,on supportait t\t du c\pable1 tant qu'il ne s'tait pas dnonc lui-mme en se rep5tant4 ,il ne p*]a plus1 c'e/ =t bi54 ,mais il a tacitem5t av\ avoir p* et les ,ph>isi5s1 dont le nombre e/ lgion1 se voil5t le visage cette vue4 ,on ne peut s'emp*] de p5s] ,t>tufe1 et si la citation n'tait irrvr5cieuse on cit]ait la scne du m\*oir4 ,cette faon d'agir e/ huma9e1 c> elle e/ gnrale et ceux qui la dnonc5t ont peut-tre en c]ta9es circon/ances p5s et s5ti de mme1 *acun tant plus ou mo9s esclave d'un faux respect huma94 ,l'homme e/ s\v5t comme un enfant1 les mots l'effray5t plus que les faits2 il se b\*e les oreilles p\r ne pas les ent5dre et en veut celui qui pr5d un porte-voix p\r les faire pntr] dans son tympan4 ,seulem5t on peut se dem&]1 au moy5 de quel subt]fuge moral1 les *rti5s p>vi5n5t excus] vis--vis d'eux-mmes cette manire d'tre et de voir si absolum5t contraire la doctr9e vanglique4 ,le po9t n'e/ pas discutable1 cette doctr9e place le rep5tir au-dessus de la v]tu4 ,ce n'e/ pas p>mi les ju/es que le ,*ri/ *]*e ses disciples2 et1 entre ses disciples ce n'e/ pas ceux qui n'ont plus jamais failli aprs leur adoption qu'il donne le plus gr& p\voir1 ce n'e/ pas eux qu'il *>ge de patre en brebis4 ,l'exemple de ,pi]re e/ l p\r l'atte/]4 ,on sait qu'il a *oisi ,paul p>mi ses p]scuteurs4 ,donc1 non seulem5t il admet et accepte le rep5tir1 mais il l'honore2 ceux qui ont s5ti pass] sur leurs consci5ces ce gr& flot purificateur1 il promet et il donne une c\ronne de gloire4 ,il atta*e leurs pleurs une v]tu rdemptrice4 ,et tes l>mes1 ,madele9e1 t]nellem5t1 sur t\t am\r de femme1 comme un v5t de neige1 jett]ont la blan*eur#ac4 ,le respect du rep5tir e/ donc impos p> la religion *rti5ne4 ,il ne faut pas mpris] celui qui regrette ses erreurs1 mo9s que ce ne soit pas une l*e peur du *tim5t1 il faut l'honor]1 lui donn] dans l'e/ime une place suprieure la place du ju/e1 admettre et croire qu'il aura dans les vies futures1 prs de ,dieu1 une situation privilgie et que mme1 sur cette plante1 les ttes de ses frondaisons dom9]ont peut-tre celles des lis4 ,mais alors quoi bon rsi/] ses entranem5ts et pratiqu] les v]tus difficiles1 si les p*eurs doiv5t occup] les trnes et les ju/es se cont5t] de mode/es escabeaux8 ,l'objection1 plausible d'app>5ce1 manque absolum5t de fonds1 c> ne se rep5t pas qui veut et ri5 n'e/ plus r>e que ce m\vem5t de consci5ce3 les gr&es mes seules en sont capables4 ,les mdiocres peuv5t pr\v] elles aussi p>fois des lueurs de regret qu'elles pr5n5t p\r de la rep5tance1 mais ces lueurs s'effac5t vite4 ,le rep5tir qui rgnre e/ d'ess5ce div9e2 il ne s'labore que dans des alambics d'or pur et m>que d'un f] r\ge les curs trav]s lesquels il passe4 ,ceux qui en support5t les brlures app>ti5n5t la race des =ts1 des rsi/ants1 des m>tyrs4 ,c'e/ ces natures exceptionnelles que ,dieu a disc]nes s\s les hontes1 les r5iem5ts1 les p]scutions des ,madele9e1 des ,pi]re et des ,paul4 ,p\rquoi le *rti5 n'essaye-t-il pas de disc]n] lui aussi ces gr&eurs ca*es1 et l'exemple de celui qu'il prt5d reconnatre p\r matre1 ne *]*e-t-il pas p>mi les p*eurs rep5tants les s]viteurs en?\sia/es1 pati5ts et f]mes1 ncessaires aux causes gnreuses qu'il veut df5dre ou faire triomph]8 ,p\rquoi8 hlas6 p\rquoi8 ,p>ce que l'orgueil spirituel l'aveugle1 p>ce que sa propre ju/ice le r5d s\rd1 p>ce que le ph>isianisme veille encore aux portes des temples1 et que si le ,fils de ,m>ie rev5ait sur la t]re1 aprs dix-neuf sicles de *ri/ianisme1 la mme race de vipres se dress]ait devant lui1 les mmes dnonciations devrai5t sortir de ses lvres4 ,p\r refus] le respect au rep5tir1 c'e/--dire p\r ne pas y croire1 p\r ne pas l'accept]1 p\r ne pas s'incl9] devant lui1 l'homme religieux ne tr\ve dans ses croyances aucun motif et aucune excuse4 ,au contraire1 l'esprit mme du *ri/ianisme lui enjo9t premptoirem5t de t5dre la ma9 l'me rep5tante et de la conduire la place d'honneur2 on a beau ret\rn] t\tes les p>oles de ,jsus1 une autre conclusion e/ impossible3 ,il y a plus de joie au ciel p\r un p*eur qui se rep5t que p\r quatre-v+t-dix-neuf ju/es4 ,quelques *rti5s1 t\t p>ticulirem5t vangliques dans leurs vues1 ont c\t cette leon et essay5t de la pratiqu]1 mais ce sont les exalts2 les sages1 les raisonnables refus5t de l'ent5dre2 la masse y e/ rsolum5t contraire4 ,les potes seuls sembl5t l'avoir comprise4 99 99 99 99 99 ,les manife/ations du rep5tir sont t\t aussi mal accueillies p> la classe de ceux qui1 t\t en portant (ficiellem5t le nom de *rti5s1 ne prt5d5t po9t agir en disciples du ,*ri/1 mais qui1 di/es1 spirituali/es1 agno/iques1 positivi/es mme1 reconnaiss5t une loi morale ncessaire et essay5t1 plus ou mo9s1 d'y con=m] leur conduite4 ,la rpugnance qu'ils pr\v5t l'g>d du p*eur rep5tant e/ inf9im5t plus excusable et comprh5sible que celle des p]sonnes religieuses1 c> le s5tim5t de sa propre ju/ice n'a au fond ri5 de moralem5t *oquant *ez un positivi/e4 ,t\t au plus indique-t-elle de sa "p une lacune d'intellig5ce1 une ignorance de la nature huma9e1 un manque de pr(ondeur dans la comprh5sion4 ,pntr de sa v]tu1 il pr\ve une sorte de dda9 naturel p\r ceux qui1 levs comme lui et placs au mme degr social1 ont desc5du la p5te2 il n'a qu'une mdiocre confiance dans leurs ef=ts p\r la remont]1 et mme s'il a confiance1 il ne se s5t po9t port leur reconnatre de ce *ef une supriorit2 ses yeux leur position morale re/e infrieure irrmdiablem5t4 ,mais ce qu'il peut y avoir de naturel dans leurs rpugnances et leurs prjugs n'emp*e po9t ces df5seurs de la socit et de la morale d'tre imprud5ts et illogiques en ne pas enc\rageant le rep5tir4 ,comme on ne peut lim9] le mal qui ronge1 dtruit et tue1 il faut essay] d'en corrig] les effets dsa/reux4 ,or1 p\r cela il n'exi/e qu'un seul moy53 conv]tir le mal en bi51 et p\r le conv]tir en bi5 il faut am5] ceux qui ont l'habitude de le commettre en reconnatre l'inutilit1 la laideur et les dsavantages4 ,cette conviction1 naissant dans un esprit1 en dehors mme de t\t s5tim5t religieux1 ou de t\t m\vem5t de consci5ces1 port]ait celui qui en e/ saisi une modification de conduite dont les effets s]ai5t favorables son ent\rage et dont la socit entire bnfici]ait indirectem5t4 ,ne pas provoqu] et facilit] ces volte-faces1 quelle que soit la s\rce d'o ils procd5t e/1 p> consqu5t1 maladroit1 draisonnable et antisocial4 ,t\s les hommes presque commett5t dans leur jugem5t la s+ulire erreur d'apprci] les individus sur des faits isols de leur vie1 oubliant que la seule indication vritable de valeur ou de non-valeur e/ l'ensemble du c>actre4 ,il y a des tres dont l'exi/5ce n'e/ m>que p> aucune faute app>5te de conduite et qui n'ont jamais accompli le mo9dre bi5 en ce monde1 dont la nature troite1 agite1 g/e1 l'esprit faux1 l'in/9ct d'intrigue ont t cause de beauc\p de mal4 ,ils j\iss5t cep5dant de l'e/ime gnrale1 on leur confie des missions importantes1 on rec\rt leurs conseils1 on leur laisse la direction des intrts d'autrui4 ,si l'on se donnait la pe9e d'exam9] de prs leur vritable nature1 si un peu de raisonnem5t et de psy*ologie exprim5tale clairait le jugem5t gnral1 on s'empress]ait de les dlivr] de t\tes responsabilits1 les tr\vant indignes et incapables d'en port] le poids4 ,c'e/ en s5s inv]se que ce travail m5tal devrait s'accomplir p\r d'autres p]sonnalits2 tel individu qu'on c>te de t\tes les *>ges p>ce qu'il a commis1 un mom5t donn de sa vie1 un acte c\pable de g5re quelconque1 qu'il n'a pas eu l'hypocrisie ou la sagesse de dissimul]1 possde une nature gr&e1 gnreuse1 altrui/e1 droite2 il a dploy p\r le bi5 de l'n]gie et de l'intellig5ce4 ,si on lui confiait une t*e remplir1 il ne mnag]ait ni fatigues ni ef=ts6 ,p\rquoi ne pas rec\rir lui8 ,p>ce qu'un acte incorrect ta*e son exi/5ce et qu'il e/ connu4 ,s'il tait re/ ca* ou l'tat de s\pon1 il p\vait le multipli] p> dix1 et l'op9ion publique ne se s]ait pas mue4 ,mais1 crime irrmissible1 l'acte c\pable a t avr1 confess1 regrett1 mieux vaut donc s'adress] l'tre sans valeur1 sans consci5ce1 sans gnrosit3 il remplira sa t*e mal ou insuffisamm5t1 peu importe1 l'tiquette re/e conv5able4 ,et malheureusem5t1 la plup>t de ceux qui port5t ces jugem5ts inconsqu5ts1 bass sur des faits isols1 sans se s\ci] d'exam9] l'esprit intime des *oses1 d'tudi] les causes secrtes et les responsabilits vraies1 d'arriv] la nature intr9sque des tres p\r tre en mesure d'apprci] leurs capacits et leurs possibilits1 croi5t de bonne foi accomplir une uvre de df5se sociale4 ,p> ce sy/me1 ils tabliss5t le rgne des mdiocrits1 risqu5t d'c>t] les valeurs et de plac] la t]re dont ils ont *>ge dans les ma9s de cultivateurs incapables et p>esseux4 ,si les hommes appr5ai5t tablir leur op9ion les uns des autres sur des bases suprieures celles des conv5tions et des app>5ces1 une bonne "p d'inju/ice disp>atrait de ce monde1 et l'on v]rait plus s\v5t ! "r man 9 ! "r place4 ,ceux qui croi5t et espr5t travaill] la prp>ation d'une socit n\velle1 o une humanit n\velle e/ de/9e s'pan\ir1 devrai5t comm5c] modifi] leur m?ode d'apprciation4 ,les conducteurs d'hommes1 les di/ributeurs de travail1 doiv5t voir au-del des surfaces1 di/+u] dans les f\les1 les =ces1 les aptitudes1 les capacits4 ,*acun peut avoir droit une "p de soleil1 mais *acun n'e/ pas apte dirig] une c>avane1 con/ruire une =t]esse1 organis] une colonie4 ,une psy*ologie plus l>ge1 plus pr(onde1 p]mettra une rp>tition plus ju/e4 ,t\t progrs social qui ne s]ait pas fond sur ce pr9cipe1 manqu]ait d'assises solides4 ,d'ailleurs1 il n'e/ po9t ncessaire d'att5dre que l'volution sociale se soit accomplie p\r que *acun en son p>ticuli] appr5ne modifi] son sy/me de psy*ologie4 ,t\t naturellem5t1 lorsqu'on jug]a sur l'ensemble et non sur le fait p>ticuli]1 on arriv]a disc]n] s\s les fautes les =ces bi5faisantes1 et la con/atation de ces =ces1 amn]a les esprits accept] la possibilit du rep5tir *ez ceux qui les ont commises et mme av\es4 ,l'acceptation p\ss]a l'enc\ragem5t2 et de l'enc\ragem5t au respect *ez les mes quitables1 le pas s]a vite fran*i4 ,le s5tim5t de df5se sociale qui a p\ss et p\sse encore tant d'esprits honntes f]m] rigidem5t les portes t\s ceux qui d'une faon connue1 se sont c>ts mom5tanm5t de la voie droite1 devrait leur conseill]1 au contraire1 la provocation et la culture du rep5tir s\s t\tes ses =mes4 ,et non seulem5t p\r les erreurs et les fautes que la loi ne punit po9t1 mais plus encore peut-tre p\r la catgorie des crim9els1 des ennemis positifs de l'ordre et de la scurit4 ,ce rep5tir1 il faudrait le facilit] de t\tes faons1 presque lui (frir des primes1 avec disc]nem5t bi5 ent5du1 et en pr5ant des prcautions contre l'hypocrisie et les rcidives possibles4 ,on s]ait dupe quelquefois1 c'e/ 9vitable1 mais qu'importe6 ,d'ailleurs1 n'e/-on pas dupe t\j\rs p> quelque ct1 ds qu'on t5te une amlioration ou qu'on p\sse au progrs1 mme en faveur des honntes g5s8 ,la r$\table "q des prisonni]s librs n'a po9t encore dans les proccupations publiques la place qu'elle mrite d'occup]1 bi5 qu'elle ait mu en t\s pays quelques consci5ces d'lite4 ,ces tres qu'on r5d la socit p>ce que leurs dlits ne mritai5t pas la rclusion p]ptuelle et que1 d'ailleurs1 il faut faire place d'autres1 que vont-ils dev5ir8 ,se rp&ront-ils en sem5ce corruptrice8 ,augm5t]ont-ils l'arme du crime p\r retomb] de n\veau s\s la s5t5ce du *tim5t8 ,devi5dront-ils1 aprs avoir expi leurs fautes et en avoir compris l'horreur1 des citoy5s utiles et honntes8 ,il faudrait r5dre cette troisime alt]native possible4 ,l'e/-elle en nos pays d',europe8 ,le prisonni] libr et rep5tant re/e p>t\t un p>ia2 il peut m5] p5dant v+t ans une exi/5ce impeccable1 le j\r o son pass e/ connu1 l'e/ime publique se retire de lui1 les portes se f]m5t1 on oublie ses v]tus1 on se rappelle uniquem5t de l'acte c\pable p\r expi et rp> qu'il ait pu tre4 ,les exemples cit] s]ai5t innombrables4 ,ceux qui ont pu se rhabilit] mom5tanm5t en laissant ignor] leur p]sonnalit juridique sont1 du re/e1 p>mi les exceptions heureuses4 ,d'autres sombr5t ds leurs premi]s pas4 ,le ret\r la vie libre1 que signifie-t-il p\r eux8 ,rep\sss de t\s les milieux respectables1 sollicits p> leurs anci5s compagnons1 ils v\drai5t tre honntes qu'ils ne le p\rrai5t pas6 ,les femmes surt\t se voi5t presque t\j\rs =ces de retomb] dans le vice1 s9on dans le crime4 ,des associations se sont =mes dans plusieurs pays p\r recueillir et aid] ces malheureuses1 mais elles dispos5t de trop faibles moy5s p\r v5ir efficacem5t en aide l'imm5se arme que les prisons rev]s5t de temps autre sur la socit et qu'il vaudrait mieux g>d] enf]me si aucun travail honorable n'e/ prp> p\r ces ma9s dont on a dta* les *anes4 ,cette "q e/ si importante et si grave p\r la moralit et la scurit gnrales1 qu'hommes d'tat et sociologues devrai5t la faire entr] au premi] rang de leurs proccupations et de leurs tudes4 ,mais aucune mesure lgale ou adm9i/rative ne peut avoir son ple9 effet1 si elle ne tr\ve un appui dans l'op9ion publique1 si la r=me qu'elle veut accomplir ne correspond pas un travail de la p5se huma9e4 ,lorsque t\s les membres de la socit1 *efs d'us9es1 comm]ants1 employeurs d'hommes en t\t g5re1 auront compris qu'ils n'ont pas le droit de refus] du travail l'individu1 qui1 condamn l'expiation d'une faute1 a purg sa pe9e et essaye de repr5dre sa place dans le consortium huma91 l'uvre de l'tat et de la philan?ropie s]a s+ulirem5t facilite4 ,mais si la p5se que le devoir et l'intrt de *acun e/ de dim9u] le nombre des malfaiteurs1 en (frant la *ance aux prisonni]s librs de r$ev5ir honntes g5s1 ne pntre pas la gnralit des esprits1 les ef=ts t5ts re/]ont en gr&e p>tie /riles4 ,p>mi les uvres difficiles de civilisation et de ju/ice t5tes p> l'poque prs5te1 aucune n'e/ plus ardue et plus malaise accomplir1 c> elle se heurte d'in/9ctives et app>emm5t lgitimes rpugnances4 ,il faut un haut degr d'altruisme et de discipl9e morale p\r ne pas pr\v] un s5tim5t d'av]sion1 de cra9te ou d'angoisse au contact d'un crim9el sortant de prison1 mme si ses notes sont bonnes1 son rep5tir avr4 ,le ca*ot laisse aprs lui une impression de lpre morale qu'on ne p>vi5t pas t\j\rs dom9]1 que beauc\p s]ont jamais incapables de dom9] quelle que soit leur ardeur de *>it1 leur =ce de sympa?ie et leur l>geur de vues4 ,mais t\s ne sont pas appels lab\r] le mme *amp2 un c]ta9 nombre d'ouvri]s e/ seul ncessaire la culture de cette vigne-l4 ,t\tefois p\r tr\v]1 ralli]1 gr\p] ces ouvri]s1 il e/ ncessaire qu'une atmosphre se soit cre aut\r d'eux1 favorable au travail auquel on les convie4 ,s'ils ne sont pas imits p> t\s1 ils doiv5t s5tir du mo9s que l'op9ion publique les enc\rage et les appr\ve4 ,or1 comm5t cette op9ion favorable la r5tre des crim9els dans la socit p\rra-t-elle se =m]1 si la m5talit huma9e ne se modifie pas1 si le respect du rep5tir ne pntre pas les mes1 si l'e/ime se dt\rne des p*eurs rep5tants1 dont les fautes n'ont pas t un pril p\r la scurit du pro*a91 ni p\r sa b\rse ni p\r sa vie4 ,avant d'arriv] ce que la ju/ice et la df5se sociale dem&5t1 c'e/--dire la rhabilitation du c\pable qui a huma9em5t expi sa pe9e1 l'lite morale de la socit doit atte9dre cette quit et cette srnit d'apprciation qui f]a jug] les individus sur l'ensemble de leur vie et de leur c>actre1 et non sur un acte isol commis peut-tre dans une heure d'g>em5t ou d'entranem5t irrsi/ible4 ,elle doit galem5t avoir appris que les natures suprieures et gnreuses sont seules capables d'un rep5tir s9cre et que ces natures possd5t d'9puisables ress\rces4 ,ceux qui ont commis le mal sont s\v5t plus capables d'accomplir le bi5 que les natures trop pondres1 /rilises s\v5t p> le s5tim5t de leur propre ju/ice1 cette t>e des exi/5ces correctes4 ,accueillir le rep5tir1 l'enc\rag]1 le glorifi] mme1 c'e/ recrut] p\r l'arme du bi5 des soldats c\rageux1 ard5ts1 agu]ris p> l'expri5ce et capables s\v5t de prodigieux ef=ts1 le dsir de rp>] tant l'un des plus puissants levi]s des curs4 ,le mal s]ait-il donc dans l'ordre moral la f\rnaise dont doit sortir le bi5 comme la p\rriture qui s'infiltre dans le t]ra9 s]t l'closion plus spl5dide de la fleur8 ,la "q se pose et ne saurait tre rsolue dans l'tat encore infrieur de notre dveloppem5t m5tal3 le problme re/e irrsolu4 ,mais p\rquoi se tr\bl]8 ,si le bi5 e/ le produit du mal1 po9t n'e/ ncessaire d'y p>ticip] soi-mme directem5t ou indirectem5t2 sa vue1 sa con/atation1 les d\leurs dont il e/ cause suffis5t faire g]m] le dsir de la rp>ation dans les mes1 en crer le beso91 en dt]m9] les manife/ations4 ,les purs eux-mmes peuv5t puis] cette s\rce4 ,la prface de ,m4 ti5ne ,lamy l',hi/oire des ,missions ca?oliques au ,,xixe sicle comm5ce p> ces mots3 ,la plus gr&e misre de l'homme n'e/ pas la pauvret1 ni la maladie1 ni l'ho/ilit des vnem5ts1 ni les dceptions du cur1 ni la mort2 c'e/ le malheur d'ignor] p\rquoi il nat1 s\ffre et passe4 ,a cette ignorance tr\blante de sa de/9e1 l'homme doit aj\t] une autre cause d'angoisse3 le problme du mal tel qu'il se prs5te aux esprits trop *]*eurs p\r se cont5t] de la vague explication que les ?ologi5s en donn5t4 ,ce mal p\r lequel un ,dieu a d m\rir et qui en mme temps e/ l'alambic o le bi5 s'labore1 ce mal qui dtruit l'h>monie p\r laquelle n\s sommes crs et qui1 en mme temps1 p> les expiations volontaires qu'il provoque1 ramne dans l'me cette h>monie p]due1 quelle r$\table et angoissante nigme6 nigme insoluble p\r l'esprit et que la consci5ce int]roge ne peut rs\dre elle non plus4 ,les gnrations futures arriv]ont peut-tre connatre p> quelle my/rieuse tragdie un incomm5surable abme s'e/ creus entre les aspirations de l'homme et la ralit de sa vie1 entre ses dsirs et ses capacits4 ,ceux qui viv5t auj\rd'hui l'ignor]ont t\j\rs1 et s'ils arriv5t des c]titudes morales1 elles s]ont /rictem5t p]sonnelles4 ,ils ne peuv5t donc p5s]1 s5tir1 agir qu'en aveugles1 des aveugles dont les yeux cep5dant p]oiv5t encore des lueurs4 ,la plus vive et la plus claire e/ le beso9 qui les t\rm5te de ram5] l'h>monie leurs p5ses et leurs s5tim5ts1 de crer en leurs mes un refuge o ils puiss5t s'abrit]1 d't\ff] ou1 du mo9s1 d'ad\cir les notes discordantes qui mont5t des bas-fonds moraux o les curs que le mal dtriore1 avilit1 env5ime1 exhal5t leurs pla9tes dsespres4 ,p\r ne plus ent5dre ces sons d'angoisse1 ces cris de rvolte1 p\r en dim9u] le nombre et la =ce1 un seul moy5 exi/e3 *ang] ces voix fausses et ac]bes en voix ju/es et d\ces1 capables de se jo9dre la gr&e symphonie des mes s]e9es2 t5dre les ma9s et les bras p\r les aid] dans leurs premi]s ef=ts2 ouvrir les curs t\t gr&s p\r la rcomp5se de ces ef=ts4 ,jusqu'ici1 sauf de r>es exceptions devant lesquelles il faut s'incl9]1 le sy/me suivi a t fautif2 ceux mmes qui consacr5t leur temps et leurs =ces au ra*at des exi/5ces p]dues1 ne compr5n5t pas qu'ils suiv5t un faux c\rant d'ides en exigeant de ceux qu'ils recueill5t moralem5t ou matriellem5t des attitudes humbles et pnit5tes4 ,ca*ant leurs fronts dans la p\ssire1 prts t\tes les obissances et t\s les r5oncem5ts1 n'osant pr5dre aucune initiative1 les malheureux doiv5t accept] l'ombre1 le sil5ce1 la dcoloration s\s t\tes ses =mes4 ,c'e/ que ces mes d'lite1 dont le dv\em5t ne saurait tre assez admir1 commett5t presque t\j\rs l'irrp>able erreur d'tablir entre elles et ceux qu'elles relv5t une infran*issable b>rire4 ,elles sont les anges purificateurs1 et un abme les sp>e des p*eurs rep5tants1 abme qu'ils ne p\rront jamais fran*ir et qui les condamne ncessairem5t une vie d'expiation1 de tri/esse1 de r5oncem5t4 ,p\r eux dsormais1 grisaille1 t\j\rs grisaille6 ,cette ide e/ la base de t\tes les uvres de relvem5t1 et il n'en e/ pas de plus dure1 de plus inju/e1 de plus fausse1 de plus contraire cet esprit *rti5 dont ces uvres prt5d5t s'inspir]4 ,si ,dieu a fait l'homme son image1 l'homme le lui a bi5 r5du4 ,la b\tade s'applique m]veilleusem5t ce d\ble phnomne moral3 le rep5tir dconsidrant plus que le vice2 le ju/e n'acceptant le rep5tir qu'avec l'crasem5t df9itif du p*eur4 ,le ju/e aurait enf]m ,madele9e au c\v5t1 envoy ,pi]re aux ,trappi/es et employ les n]gies de ,paul dans quelques tri/es fonctions de g>di5 de prison4 ,avant que l'homme le meilleur n'arrive la comprh5sion du vrai rep5tir et des pr(ondeurs dont il sort1 avant qu'il ne se r5de compte qu'il faut le trait] p> la lumire et non p> les tnbres1 avant qu'il ne s5te la supriorit de la rep5tance sur la simple ju/ice1 il devra va9cre beauc\p de rpugnances1 b\lev]s] t\te une p>tie de sa m5talit1 desc5dre dans les abmes de sa propre consci5ce et les exam9] au microscope de la vrit4 ,il n'y a pas un tre huma91 mme p>mi les altrui/es et les quitables1 qui soit prt auj\rd'hui trait] le rep5tir comme l'enseigne l'vangile et comme l'enseign]a cette ju/ice n\velle qui1 p\r prononc] ses v]dicts1 s'atta*]a l'esprit et non la lettre des *oses4 ,jusqu'ici les potes seuls ont compris le rep5tir et ce qu'il reprs5tait p\r ,dieu4 ,les uns1 comme ,victor ,hugo1 l'ont mis avant la v]tu et aprs l'innoc5ce4 ,d'autres1 comme ,moore1 lui ont donn la premire place dans la p5se div9e4 ,les l>mes du p*eur rep5tant p>vi5n5t seules ra*et] l'me de la ,pri1 lui ouvrir les portes du ciel4 ,!re fell a light m lovely f> ,?an ev] came f sun or />1 ,^u t te> t1 w>m & meek1 ,dew'd t rep5tant s9n]'s *eek4 ,aux yeux des mortels cette lumire peut p>atre un rayon ou un simple mtore1 mais la ,pri savait qu'elle prov5ait du s\rire des anges4 ,les hommes ne devi5dront-ils jamais curieux ou dsireux de provoqu] ce s\rire8 ,,*apitre ,,ix ,,la ,n,,cessit ,,de ,l',,ef=t ,le suprme bi5 des fils de la t]re e/ seulem5t la p]sonnalit4 7,g,,!47 ,la nature e/ un ef=t cont9uel2 l'ef=t e/ la condition ess5tielle de la vie4 ,les plantes1 les mo9dres insectes1 les animaux suprieurs1 l'homme lui-mme sont1 qu'il s'agisse de crotre ou de m\rir1 dans un tat incessant de travail physique4 ,le phnomne se vrifie-t-il au mme degr p\r le dveloppem5t intellectuel et moral8 ,oui1 de faon complte1 en ce qui conc]ne l'uvre de la nature2 trs imp>faitem5t p\r la "p d'ef=t qui dp5d de la volont individuelle4 ,le c]veau et le c>actre de l'enfant se trans=m5t en c]veau et en c>actre d'homme1 et dans les organismes normaux cette volution s'accomplit t\j\rs4 ,mais c'e/ la simple prp>ation du t]ra92 il re/e l'ensem5c]1 l'arros]1 le cultiv] de t\tes faons p\r qu'il produise from5t et plantes2 ce po9t comm5ce le rle actif de l'tre huma94 ,tant que dure la priode ducative1 le jeune homme subit les rgles auxquelles l'assujettiss5t p>5ts et pr(esseurs2 il les seconde avec plus ou mo9s de zle et de bonne volont1 quelquefois refusant d'acqurir l'in/ruction qui lui e/ (f]te1 se rebellant contre les pr9cipes moraux qu'on essaye de lui inculqu]2 mais c'e/ l'exception3 en gnral1 jusqu' l'ge de v+t ans et mme plus1 il suit la voie battue et s\met sa m5talit aux ex]cices qu'impos5t les lois scolaires de son poque4 ,la =ce de l'usage e/ si puissante qu'elle t\ffe presque t\j\rs les vellxs de rvolte4 ,il ne retr\ve le s5tim5t de son libre arbitre que plus t>d1 lorsque dlivr des contacts qui le t5ai5t prisonni]1 il comm5ce sa vraie vie et pr5d seul la direction de sa de/9e4 ,c'e/ le mom5t o1 suivant les conditions de =tune o il se tr\ve1 l'homme e/ jet1 soit dans la lutte p\r l'exi/5ce1 soit dans la re*]*e du plaisir4 ,quelle "p ces deux t\rbillons qui l'emport5t laiss5t-ils *ez lui l'ef=t intellectuel et moral1 au progrs v\lu1 p\rsuivi1 dsir de l'esprit et de l'me8 99 99 99 99 99 ,au po9t de vue sci5tifique1 l'ef=t crbral n'a jamais t aussi int5se qu' l'poque actuelle2 les m]veilleuses dc\v]tes du sicle qui vi5t de f9ir en sont l'indniable preuve4 ,le c]cle des connaissances s'e/ t5du1 l'application de n\velles =ces t\s les r\ages de l'exi/5ce a r5du indisp5sable l'l>gissem5t des programmes scolaires1 mais cep5dant la culture gnrale de l'lite intellectuelle e/ mo9s complte1 mo9s f9e1 mo9s pr(onde4 ,la t5dance e/ de limit] /rictem5t tudes et lectures ce qui peut s]vir la pr(ession ou la c>rire de *acun2 le re/e e/ nglig4 ,ces hommes di/+us dans leur p>tie1 clbres mme p>fois1 sont d'une ignorance enfant9e s\s d'autres rapports2 ils font des dc\v]tes qui trans=m5t le monde et ne suiv5t pas le m\vem5t gnral des ides4 ,cette limitation un sujet unique e/ peut-tre indisp5sable aux *]*eurs des secrets de la vie2 la sci5ce veut tre aime seule1 elle n'admet pas de rivales1 elle dem&e mme que les =ces de ses f]v5ts soi5t appliques une bran*e spciale et non l'arbre enti]4 ,mais la catgorie des p]sonnalits sci5tifiques e/ =t re/re9te2 la plup>t des pr(essions librales et des c>rires de l'tat n'exig5t po9t semblable absorption m5tale1 et une culture plus l>ge ne p\rrait que les avantag]4 ,cep5dant dans cette classe aussi on se limite de plus en plus l'indisp5sable1 on ne veut pas sortir de l'troit rayon visuel de l'occupation immdiate et de l'intrt g/e4 ,le dsir du progrs intellig5t ne t\rm5te que faiblem5t la majorit des hommes1 mme ceux qui ont fait de bonnes tudes4 ,sauf exception1 ils n'pr\v5t aucun dsir de savoir p\r savoir2 ils p>c\r5t quelques j\rnaux1 t\t au plus quelques revues1 et cet ex]cice suffit amplem5t satisfaire les beso9s de leur esprit4 ,l'excuse de cette indiffr5ce et de cette p>esse m5tale rside en p>tie dans les lanc9antes proccupations conomiques qui attri/5t la plup>t des vies2 t\tes les n]gies sont absorbes p> la lutte p\r le pa9 quotidi5 s\s t\tes ses =mes4 ,mais l'explication ne s]t po9t la classe nombreuse des p]sonnes nes dans l'aisance1 ni celle des oisifs ri*es1 dans lesquelles devrait se recrut] l'lite intellectuelle du monde1 non celle qui produit mais celle qui absorbe1 gte et juge4 ,qu& on n'a pas p5s] avec angoisse au l5dema91 qu& l'av5ir de ceux dont on e/ responsable semble peu prs assur1 l'esprit re/e plus libre1 plus clair1 plus apte recevoir le bon gra91 le faire g]m] et fleurir4 ,ne ri5 sem]1 ne ri5 plant] dans ces conditions-l e/ inexplicable et mme lgrem5t honteux4 ,eng\rdis p> le bi5-tre1 ceux qu'on appelle les heureux de ce monde ne s5t5t que faiblem5t la vie intellectuelle4 ,ce qui flatte le t\*] et le reg>d3 tra9 de maison1 mobili]1 toilettes p]sonnelles1 t\t doit tre re*]*1 p>fait1 exquis2 des dc\v]tes rc5tes se rapportant au con=t et l'lgance1 aucune n'e/ ignore6 ,on les applique avec promptitude1 c> il s]ait humiliant de ne pas tre au c\rant de ce qui a t inv5t p\r le te9t1 les *eveux1 le s]vice de table1 la dcoration des app>tem5ts444 ,mais nulle curiosit1 nul am\r-propre ne p\ss5t la gnralit des individus s'appropri] les manife/ations de l'esprit4 ,le dsir de progrs et de p]fectionnem5t qui les agite p\r leur vie matrielle ne s't5d pas au dveloppem5t de leur intellig5ce4 ,a cet g>d1 l'indiffr5ce e/ tonnante2 non seulem5t1 la plup>t des g5s ne s5t5t pas la honte de l'ignorance1 mais leur j>d9 intrieur ne les occupe nullem5t4 ,aussi1 lorsque l'ge des passions e/ pass1 s'tiol5t-ils dans un ennui morne1 dont ils f9iss5t p> m\rir4 ,p\r la di/raction et le relvem5t de leur esprit1 des trsors de connaissances s't5d5t en va9 devant eux2 ils sont impuissants les saisir1 les absorb]1 s'en enri*ir l'intellig5ce et l'me4 ,le fonds de culture leur manque1 l'habitude du travail crbral leur fait dfaut2 ils ne peuv5t plus assimil] ni mdit]2 ils ne sav5t mme plus j\ir1 c> comme dit ,s*op5hau]3 ,t\te spl5deur1 t\tes j\issances sont pauvres refltes dans la consci5ce d'un b5t4 ,l'imm5se catgorie des femmes dont la ri*esse ou le travail d'un m>i assure l'aisance et les loisirs1 se refuse1 elle aussi1 davantage encore que les hommes1 l'ef=t intellectuel4 ,leurs tudes t]m9es1 elles jett5t leurs livres p> la f5tre et s'empress5t d'en oubli] le cont5u4 ,*ez quelques peuples1 la lecture ti5t une assez gr&e place dans les habitudes fm99es2 il en e/ d'autres o elle p>at sup]flue1 s9on pire4 ,exam9ez en ces pays-l le budget d'une femme1 v\s ne v]rez figur] le compte du libraire dans aucune de ses colonnes6 ,l'ide du progrs intellectuel1 considr comme un devoir1 n'a pas pntr encore les c]veaux fm99s de c]ta9es races2 c'e/ une inconnue1 et une inconnue laquelle l'entre de la maison e/ f]me de p>ti pris4 ,essayez de dmontr] la plup>t des femmes ri*es et aises l'utilit du dveloppem5t intellectuel1 elles v\s riront au nez6 ,essayez d'en faire un cas de consci5ce1 elles hauss]ont les paules6 ,en gnral1 pas la mo9dre curiosit ne les possde p\r ce qui =me la nature et le b de la c>rire ou de la pr(ession de leurs m>is et de leurs fils4 ,aucune honte d'tre ignorantes ne c\rbe leurs fronts2 elles se croi5t des tres complets et s]ai5t emb>rasses1 sauf exception1 de subir un exam5 d'cole lm5taire6 ,tant qu'elles ont v+t-c9q ans1 la lacune ne se fait pas trop s5tir1 mais1 lorsque la jeunesse e/ passe1 que les enfants ont gr&i1 que le rle de p\pe devi5t ridicule1 que tr\v5t-elles dans leur c]veau p\r intress] leur vie1 remplir leur temps1 donn] de salutaires conseils leurs fils et filles dev5us des hommes et des femmes8 ,ri51 absolum5t ri56 ,et elles en sont rduites au morne ennui1 ou la mdiocre ress\rce des plats commrages ou1 ce qui e/ pire encore1 au piteux et immoral drivatif des caprices1 des agitations1 des exig5ces p> lesquelles elles se donn5t l'illusion de la vie et de la puissance en t\rm5tant famille1 ent\rage1 dp5dants444 ,si la ,provid5ce les a d\es d'un gr& disc]nem5t1 d'in/9cts dlicats1 d'intuitions trs f9es1 les femmes1 dont il e/ "q ici1 peuv5t suppler p> ces qualits naturelles aux lacunes dp5dant de leur culture insignifiante1 de leur ducation illogique1 de leur p>esse m5tale4 ,mais plus elles ont reu de dons1 plus elles sont c\pables de les avoir ngligs2 au lieu de faire fructifi] le tal5t qui leur avait t confi1 elles l'ont enf\i s\s t]re1 et1 ne p\vant le r5dre d\bl ou tripl au ,crateur des *oses1 r5tr5t dans la catgorie des mauvais s]viteurs4 ,elles aurai5t pu donn] une floraison sup]be et re/5t l'tat de maigres b\rgeons6 ,le manque d'ef=t intellectuel1 effet d'atavisme1 ou abs5ce de volont1 les condamne une pauvret d'esprit dont elles s\ffr5t1 sans peut-tre s'en r5dre compte elles-mmes4 ,se cont5tant d'horizons re/re9ts1 se figurant qu'on ne peut en recul] les bornes1 elles emploi5t leurs n]gies crbrales1 non essay] de compr5dre le m\vem5t de la vie univ]selle1--ce qui e/ le premi] devoir de t\t tre p5sant1--mais t5t] de prim] sur les autres femmes en de vaniteuses p\rsuites4 ,a ce tableau lgrem5t *>g1 on peut oppos] de nombreuses exceptions1 mais mme dans les pays les plus avancs cet g>d1 la p>esse intellectuelle re/e la pr9cipale ennemie de la femme1 comme elle e/ l'ennemie de l'homme oisif1 qui1 ju/em5t p>ce qu'il *appe l'a*>nante p\rsuite du pa9 quotidi51 devrait s5tir l'obligation d'augm5t] p> la mditation et la lecture le fonds commun de la ri*esse intellectuelle4 ,les femmes1 capables de suppler p> la f9esse de leurs in/9cts aux connaissances qui leur manqu5t1 sont d'ailleurs une r>et4 ,en gnral1 la nature e/ av>e de ce don spcial2 beauc\p de femmes1 mme intellig5tes1 ne sont pas intuitives2 elles se tr\v5t dsemp>es et impuissantes devant une situation difficile1 et ne sav5t ni comm5t la jug]1 ni comm5t en sortir4 ,quels conseils p\rront sortir de leurs lvres si leurs enfants les int]rog5t1 si leur m>i les consulte1 qu& elles n'ont p\r les inspir] qu'un esprit faible et frivole8 ,leur viol5ce d'apprciation1 leur abs5ce d'quilibre naiss5t de leur ignorance4 ,les qualits de d\ceur1 de tolrance1 de pati5ce que l'homme1 m>i ou fils1 dsire r5contr] *ez sa compagne ou sa mre ne p\rront se dvelopp] et se ma9t5ir que p> l'l>gissem5t de la m5talit fm99e4 ,tant que la femme n'aura pas appris tre objective1 qu'elle jug]a t\j\rs trav]s elle-mme1 qu'elle compr5dra imp>faitem5t ce qu'elle ent5d et de quoi elle p>le1 comm5t p\rra-t-elle tre logique et quitable dans ses jugem5ts8 ,au lieu d'entrav] ce dveloppem5t1 l'homme1 dans son propre intrt1 devrait y contribu] de t\t son p\voir1 l'exig] de celle qu'il p\se au lieu d'y mettre ob/acle et de raill] les r>es ef=ts qu'elle fait en ce s5s4 ,de nos j\rs1 on p>le beauc\p et avec raison des c>rires qu'il faut ouvrir aux femmes pauvres des classes in/ruites p\r les mettre en mesure de p\voir gagn] honntem5t leur vie1 sans faire m>* de leur corps1 qu'elles soi5t clibataires1 veuves ou prives de s\ti5 p> l'ab&on d'un m>i4 ,et l'op9ion publique comm5ce admettre1 mme en pays lat91 que p\r cette catgorie de femmes1 l'in/ruction intgrale devi5t ncessaire1 mais la t5dance s]ait d'exclure de ce m\vem5t t\tes celles que leur situation de =tune semble de/9] au m>iage1 dont le pa9 quotidi5 e/ prp> et qui n'auront qu' en di/ribu] les tran*es4 ,or1 il ne saurait y avoir de plus f*euse erreur4 ,l'ef=t intellectuel e/ encore plus indisp5sable aux p\ses et aux mres qu'aux femmes isoles4 ,jusqu'ici on n'a pas suffisamm5t rfl*i leur responsabilit crasante4 ,en effet1 t\t dp5d d'elles1 l'organisation de la famille1 l'ducation des enfants1 le niveau du mnage444 ,que de maisons o ce niveau e/ excessivem5t bas et vulgaire1 cause de l'ignorance de la femme1 de sa p>esse m5tale1 de ses po9ts de vue purils4 ,son c]veau atrophi p> la p>esse e/ dev5u impuissant2 avec la meilleure volont du monde1 elle ne peut plus saisir1 compr5dre1 s'assimil] les =ces qui donn]ai5t l'quilibre son esprit4 ,que de jeunes filles intellig5tes1 /udieuses mme1 se trans=m5t en femmes mdiocres1 p>ce qu' pe9e sortie des coles elles r5onc5t l'ef=t intellectuel6 ,leur mre1 en gnral1 e/ la premire les en dt\rn]1 d'abord p> son propre exemple1 ensuite p> son manque d'intrt p\r ce qui e/ in/ruction et lecture1 sans compt] les proccupations vaniteuses et monda9es qu'elle s'empresse de communiqu] son enfant4 ,j'ai vu des mres s'afflig]1 gmir1 pleur]1 p>ce que leurs filles n'aimai5t pas suffisamm5t le bal444 ,l'ex]cice rguli] e/ t\t aussi ncessaire l'esprit qu'au corps4 ,la gymna/ique intellectuelle e/ indisp5sable4 ,comm5t ceux qui croi5t une vie t]nelle ne le compr5n5t-ils pas8 ,cette "p d'eux-mmes qu'ils suppos5t immortelle1 ils la laiss5t en fri*e1 ils ne s'occup5t pas de la cultiv]1 de l'amlior]1 de la r5dre un peu mo9s indigne de l'exi/5ce suprieure qui =me leur esprance4 ,aucune consci5ce *rti5ne1 aucune me croyant l'au-del ne devrait se drob] ce devoir1 du mo9s comme int5tion1 c> que peut-on exig] d'individus ballots comme l'tre huma9 p> tant de =ces contraires1 s9on des int5tions srieuses suivies d'ef=ts s9cres4 ,les matriali/es eux-mmes1 ceux p\r lesquels t\t f9it avec la mort et qui n'ont que cette exi/5ce p\r appr5dre et connatre1 devrai5t s5tir1 p> des mobiles diffr5ts peut-tre1 mais puissants aussi1 cette soif de savoir qui r5d l'homme1 le roseau p5sant1 suprieur l'univ]s6 ,ce sicle a m>qu un gr& progrs dans l'in/ruction gnrale1 mais le s5tim5t du devoir de l'ef=t intellectuel p\r *aque individu n'a pas encore suffisamm5t clair les consci5ces4 ,sans scrupule1 les tres les plus honntes et les plus droits laiss5t leur c]veau inculte1 ne p5s5t nullem5t1--ce qui e/ plus important encore que l'in/ruction-- en dvelopp] les facults comprh5sives4 ,l'op9ion publique1 cette royne et imp]i]e du monde1 comme l'appelait ,montaigne1 devrait se ml] de la "q et trait] en quantit ngligeable t\s les individus des classes aises1 intellectuellem5t bi5 d\s et app>t5ant la jeune gnration1 qui cr\piss5t volontairem5t dans l'ignorance4 ,on ne peut les dpossd] de leur intellig5ce comme la loi en c]ta9s pays dpossde les propritaires de t]res non cultives1 puisque ce bi5-l e/ intangible1 mais l'e/ime devrait se retir] d'eux1 c> ils manqu5t1 non seulem5t leur devoir vis--vis d'eux-mmes qui e/ de se prp>] une p]sonnalit digne d'une vie suprieure1 mais au devoir social1 *aque tre tant oblig de contribu] au progrs de l'humanit p> le dveloppem5t de ses facults p]sonnelles4 99 99 99 99 99 ,au po9t de vue moral la ncessit de l'ef=t e/ plus indisp5sable encore1 c> si n\s ne sommes pas les matres1 dit ju/em5t ,lubbock1 n\s sommes presque les crateurs de nos mes4 ,mais la p>esse qui recule devant cet ef=t e/ autrem5t enrac9e que la p>esse intellectuelle4 ,l'me e/ plus eng\rdie que l'esprit4 ,l'homme laisse con/amm5t son me m\rir en lui1 et sans l'aide de l'me t\te t5tative de p]fectionnem5t1 suggre p> la raison ou les influ5ces extrieures1 re/e /rile4 ,l'homme ne peut p>v5ir la victoire que p> elle2 seule1 elle le met en communication avec ,dieu1 avec les =ces suprieures1 avec les bonnes1 ju/es et gr&es p5ses qui =m5t l'atmosphre morale dont le monde vit1 bi5 qu'il se plaise ni] les lm5ts qui la compos5t4 ,le premi] ef=t de t\t individu devrait tre1 p> consqu5t1 de g>d] son me vivante2 de ne jamais la p]dre de vue pas plus qu'il ne p]d de vue la scurit de sa p]sonne4 ,c'e/ le bi5 prcieux p> excell5ce1 la seule *ose qui ne puisse lui tre enleve1 puisqu'il la crot d'ess5ce t]nelle4 ,les /oci5s eux-mmes1 t\t en n'admettant pas l'immortalit et surt\t l'immortalit individuelle1 mettai5t un prix inf9i l'me4 c\tez pictte et ,m>c-,aurle4 ,d'ailleurs1 que ce soit en p]spective de l'au-del ou p\r cette vie seulem5t1 ri5 de moralem5t bon ne s'accomplit sans son conc\rs4 ,il faut la faire entr] dans t\tes les rsolutions1 c> elle e/ semblable l't9celle qui communique la flamme1 et la flamme c'e/ la vie4 ,t\t progrs dem&e un ef=t2 t\t ef=t p\r tre efficace doit tre s\t5u p> la volont1 mais si la *aleur de l'me ne pntre pas la volont1 celle-ci re/e impuissante4 ,l'homme qui p5se et dont la consci5ce compr5d la ncessit de l'ef=t1 appelle la volont son aide et leur premi] acte e/ de rveill] l'me1 sans le conc\rs de laquelle ri5 ne vit spirituellem5t4 ,mais la difficult e/ ju/em5t de faire compr5dre l'homme cette ncessit4 ,la plup>t des g5s honntes ont la consci5ce p>faitem5t tranquille s'ils ne fris5t pas le code pnal1 s'ils sont corrects dans leur conduite extrieure1 s'ils rempliss5t peu prs les devoirs imposs p> les lois huma9es4 ,ils ne p5s5t que r>em5t lav] leurs curs comme ils lav5t leurs visages1 re*]*] la vraie propret morale1 raff9] leur vie intrieure1 y lev] un temple la beaut444 ,ils ne s5t5t pas avec ,keats que3 ,a ?+ ( beauty is a joy = ev]#ad4 ,le plus gr& nombre de ceux qui se dis5t *rti5s1--p>mi lesquels d'admirables exceptions se dress5t1--ne sembl5t gure saisir mieux que la gnralit des p]sonnes irrligieuses le devoir de l'ef=t incessant v]s la p]fection1 seul capable de remplir ce s5tim5t de vide dont tant d'exi/5ces s\ffr5t4 ,les gr&s p*s traditionnels les proccup5t uniquem5t3 les vit]1 c'e/ le salut1 et p\rvu qu'ils n'y tomb5t pas leur me peut tre h>gneuse1 mesqu9e1 g/e1 ces ju/es n'en pr\v5t aucun scrupule1 ne se s5t5t pas le mo9s du monde responsables des c\rants ho/iles1 mdiocres1 dc\rageants qu'ils rp&5t dans le monde1 ne s'effray5t nullem5t de la contribution qu'ils apport5t aux =ces mauvaises contre lesquelles les =ces bi5faisantes ont s\t5ir *aque j\r un si a*>n combat4 ,or1 le dveloppem5t de ces =ces bi5faisantes devrait tre considr au contraire1 p> les tres p5sants comme le premi] des devoirs3 devoir spirituel et devoir social4 ,augm5t] le patrimo9e de ri*esse morale1 c'e/ enlev] aux puissances malfaisantes une p>tie de leur empire1 c'e/ dim9u] les prils de t\t g5re qui ent\r5t l'exi/5ce des bons et des ju/es1 c'e/ communiqu] ceux-ci un accroissem5t d'n]gie1 c'e/ leur facilit]1 p> consqu5t1 la voie du travail et du succs4 ,l'am\r de lui-mme suffirait enseign] cette leon l'homme#ae si de plus hauts mobiles ne devai5t la lui impos]1 en la trans=mant p\r t\te consci5ce droite en ordre imprescriptible4 ,les esprits *ez lesquels le =malisme religieux n'a pas t>i les s\rces de la vie1 et ceux auxquels l'habitude de la mauvaise foi n'a pas enlev la vue nette des *oses ne peuv5t f]m] les yeux cette vrit3 le devoir individuel du progrs moral4 ,a une poque o t\t volue en progressant1 l'me seule devrait-elle re/] /ationnaire8 ,c]ta9s le p5s5t1 le s\hait5t1 v\drai5t mme qu'elle recult1 tellem5t son immixtion dans l'exi/5ce huma9e leur p>at inutile1 gnante1 dang]euse4 ,entrez dans un endroit public1 exam9ez les physionomies1 scrutez les reg>ds1 et dites o v\s disc]nez d'entre eux le rayonnem5t d'une me vivante8 ,t5dez les oreilles1 c\tez les p>oles1 qu'ent5dez-v\s8 les mots prononcs que rvl5t-ils8 ,les visages sont moroses p\r la plup>t2 l'ambition de p>atre1 l'avidit de l'arg5t1 d'crasantes proccupations matrielles ou de puriles p5ses se reflt5t sur les masques huma9s4 ,ils sont bi5 r>es ceux o se dev95t les battem5ts d'une vie plus haute4 ,quelle tri/esse dans cette con/atation6 ,on se s5t comme ent\r de condamns mort qui n'ont mme plus la =ce d'essay] de se df5dre4 ,p>mi eux1 il y a1 sans d\te1 des tres bons1 honntes1 droits1 mais qui n'ont jamais compris la ncessit de l'ef=t1 s5ti le devoir de t5dre avec t\tes leurs n]gies v]s le p]fectionnem5t intrieur2 ils ont des mes eng\rdies qui n'envoi5t plus de lumire leurs visages4 ,la prt5tion de l'homme de v\loir t\t amlior]1 t\t agr&ir1 t\t embellir1 sauf lui-mme e/ un phnomne dont la s+ul>it devrait frapp] les esprits logiques4 ,que p5s]ait-on d'un individu qui emploi]ait ses ri*esses l'ornem5tation extrieure de son palais et laiss]ait les app>tem5ts qu'il habite dans un tat de nudit1 de misre1 de malpropret8 ,on le trait]ait d'idiot ou de f\1 et c'e/ cep5dant l'hi/oire de la plup>t des hommes4 ,dans sa maison on ne veut recevoir que des visiteurs de *oix1 t&is que l'on ouvre les portes de son cur aux htes les plus mesqu9s1 les plus bas1 les plus abom9ables mme4 ,et l'on n'en r\git pas1 on s'habitue cette mauvaise compagnie1 on se dit3 ,c'e/ la nature huma9e6 et l'on ne se croit pas oblig ragir4 ,la nature huma9e8 videmm5t elle e/ faible1 elle subit des passions et des entranem5ts auxquels elle ne peut t\j\rs rsi/]2 *aque tre a eu et aura des heures de dfaillance2 mais ce n'e/ pas cela qui importe1 ce qui importe1 c'e/ de compr5dre ce qu'il faut dev5ir et d'y aspir] de t\tes ses =ces4 ,qu& l'homme aura compris cette vrit1 il p\rra tomb] et retomb] encore1 il se relv]a t\j\rs2 tant qu'il ne l'aura pas comprise1 la respectabilit extrieure de son exi/5ce s]a impuissante lui donn] de la joie et crer aut\r de lui une atmosphre vivifiante p\r les autres mes4 ,c> ce devoir qui incombe l'homme de l'ef=t cont9uel e/ m9emm5t altrui/e1 on ne saurait assez le rpt]4 ,en travaillant au dveloppem5t de sa vie intrieure1 il travaill]a au dveloppem5t des autres vies4 ,la beaut morale r5f]me un irrsi/ible magntisme2 il se fait s5tir non seulem5t dans l'ent\rage direct de *aque individu1 mais1 augm5tant la somme des =ces bi5faisantes rp&ues sur la t]re1 il vi5t en aide t\s les tres et combat efficacem5t les c\rants p]nicieux que dgag5t les mes m*antes4 ,la socit europenne actuelle e/ arrive une scurit matrielle relative3 s\s la protection des lois1 la vie1 la =tune des individus sont peu prs l'abri d'audacieux c\ps de ma94 ,la scurit morale ne s'tablira-t-elle pas aussi quelque j\r8 ,le code pnal e/ impuissant l'assur]1 mais l'op9ion publique1 je le rpte1 p\rrait accomplir beauc\p en ce s5s puisque1 selon ,pascal1 elle dispose de t\t1 fait la beaut1 la ju/ice#af444 ,et plus encore que l'op9ion publique1 si tr\ble auj\rd'hui1 la communion sil5cieuse des mes vivantes4 ,cette communion1 une fois tablie1 produirait des vibrations puissantes qui1 galvanisant les mes1 les s\lv]ai5t au-dessus des m>ais o elles sommeill5t tri/em5t4 ,aim] les *oses en soi1 les aim] p\r ce qu'elles sont et non p\r ce qu'elles rapport5t4 ,v\loir tre gr&1 gnreux1 loyal p\r l'am\r de ces =ces#ag et non p\r les port] en criteau sur la poitr9e1 quelle sagesse et quelle habilit6 ,ce s]ait non seulem5t vivre dans la vrit1 mais travaill] efficacem5t s'assur] p\voir et succs4 ,c>1 quoique prt5d5t les esprits *agr9s1 le rel f9it t\j\rs p> triomph] de l'app>5t1 il y a une ju/ice imman5te et des lois 9luctables2 mais l'intrt ne doit pas tre le b de l'ef=t3 on ne tri*e pas avec les =ces div9es6 ,l'homme a t cr p\r la vie heureuse1 une my/rieuse tragdie le lui en a fait p]dre la possibilit2 il doit la retr\v] p> ses propres ef=ts4 ,sur cette t]re1 ce bonheur s]a videmm5t relatif1 puisque la mort exi/e et que les yeux mortels ne sav5t disc]n] nettem5t l'av5ir immortel1 mais quelle radieuse exi/5ce l'tre huma9 p\rrait vivre encore s'il compr5ait enf9 qu'il doit t5dre de t\tes ses n]gies v]s la bont et la vrit4 ,que de =ces inconnues il dc\vrirait en lui1 que de puissants moy5s d'action dont il n'a pu se s]vir encore6 ,les ress\rces du monde psy*ique gal5t ou dpass5t mme1 sans d\te1 celles du monde physique4 ,ce t]ra9 e/ presque vi]ge encore1 l'me huma9e tant re/e /ationnaire depuis environ deux mille ans4 ,on dirait qu'on a eu peur d'y t\*]1 et p\rtant la n\velle religion n'en limitait pas l'essor3 le ,*ri/ avait t l>ge de promesses1 inve/issant ses disciples d'une puissance illimite p\vant all] jusqu' la prophtie et au miracle4 ,mais trs vite l'idal s'e/ abaiss4 ,la p]fection div9e laquelle elle avait t convie a p\vant l'me huma9e2 effraye de ce qu'on lui dem&ait1 elle s'e/ rfugie dans le =malisme1 et celui-ci l'a t\ffe4 ,les doctr9es matriali/es et positivi/es de ce sicle ne l'ont pas dlivre de l'esclavage2 au contraire1 elles ont contribu paissir la *ape de plomb qui l'crasait et provoqu] une longue priode d'eng\rdissem5t semblable la mort4 ,auj\rd'hui la clo*e du rveil s'ent5d de t\s cts1 et1 bi5 que les sons en soi5t faibles encore1 les manife/ations d'une vie morale r5aissante se succd5t un peu p>t\t s\s des =mes div]ses4 ,quelques-unes proclam5t des ?ories conte/ables1 dang]euses mme peut-tre1--l'erreur entrant t\j\rs p\r une "p dans t\tes les *oses huma9es1--mais qu'importe6 ,ce qui importe1 c'e/ le rveil1 c> l'ef=t le suivra4 ,ceux qui en compr5n5t la ncessit doiv5t le cri] t\s les b\ts de la t]re1 af9 que ceux qui ne dorm5t plus se lv5t1 m>*5t et donn5t t\te leur mesure4 ,si1 depuis que le monde exi/e1 *aque tre huma9 avait f\rni son maximum d'ef=ts1 que s]ait auj\rd'hui la t]re8 ,dans l'ordre sci5tifique1 les progrs atte9ts le s]ai5t depuis longtemps et aurai5t t dpasss2 on se tr\v]ait en avance de plusieurs sicles4 ,dans l'ordre moral1 la ju/ice aurait comm5c son rgne et une srie de s\ffrances inutiles s]ai5t lim9es des curs4 ,bi5 ent5du1 l'ef=t doit tre accompli avec disc]nem5t et t5dre v]s ce qui e/ digne d'tre p\rsuivi4 ,donn] aux *oses leur vraie valeur e/ une des premires leons appr5dre p\r guid] sa vie et us] efficacem5t de ses =ces4 ,l'intellig5ce1 le/e de disc]nem5t et de logique1 la consci5ce al]te1 la p5se haute1 l'me vivante1 l'homme p\rrait connatre au moral la satisfaction que lui donne au physique le l>ge dploiem5t de ses =ces4 ,p> son aspiration con/ante v]s la beaut1 il se s5tirait dev5ir une p>celle de ,dieu4 ,plus d'ge mr aride1 plus de vieillesse ds5*ante6 ,t\t ce qui semble s\v5t insupportable dans les obligations j\rnalires se tr\v]ait allg4 ,l'individu1 que l'affaiblissem5t de ses =ces physiques retire de la lutte1 p\rrait cont9u] agir sur l'me du monde p> l'ef=t de sa p5se4 ,les vieill>ds devi5drai5t a9si les gr&s prtres de la p5se huma9e1 des gr&s-prtres muets presque t\j\rs1 sans =mules1 sans rites1 sans habits sac]dotaux4 ,les *rti5s n'ont qu' relire l'vangile1 et ils v]ront qu'il leur promet une puissance presque sans limites4 ,si les philosophes rfl*iss5t aux m]veilleuses dc\v]tes de la sci5ce1 comm5t ni]ai5t-ils que le *amp inexplor de l'me peut r5f]m] galem5t des possibilits in\es8 ,les humanitaires1 s\s pe9e de se r5i]1 sont =cs de croire la possibilit d'un progrs social incessant4 ,la petite cohorte e/ donc assez nombreuse p\r se mettre en m>*e et livr] bataille aux c\rants p]nicieux qui dess*5t ou dcompos5t4 ,mais elle doit se s\v5ir que1 dans l'ordre moral comme dans l'ordre physique1 l'appt mdiocre provoque des ef=ts mdiocres1 et que1 p\r appel] efficacem5t les mes la resc\sse1 il faut leur montr] un prix trs haut3 la possibilit d'atte9dre1 ds cette t]re1 une p>celle du div94 ,,*apitre ,x ,l',,h>monie ,,f9ale ,les mes qui att5d5t sont nombreuses sur la t]re4 7,p4 ,,sabati]47 ,lorsque les mes1 sorties de leur ass\pissem5t1 auront appris aux hommes croyants et honntes ne plus admir] le mal1 ne plus /rilis] leur cur1 ne plus s'aim] faussem5t1 lorsqu'elles auront tabli le culte de la bont1 de la vrit1 de la beaut et impos aux consci5ces le respect du rep5tir1 lorsqu'elles auront enseign la ncessit de l'ef=t con/ant v]s la p]fection radieuse1 alors seulem5t l'homme comm5c]a compr5dre de quel p\voir il dispose et il essay]a de l'ex]c]4 ,durant son long eng\rdissem5t1 l'me huma9e a recul2 elle e/ dev5ue sil5cieuse1 et les communications entre elles et la volont se sont int]rompues4 ,les mes qui n'ont pas recul sont re/es /ationnaires et1 p\r atte9dre les progrs accomplis dans le monde physique1 elles auront une longue r\te p>c\rir4 ,il faut qu'elles-mmes se dvelopp5t p\r dvelopp] la volont huma9e1 p\r tablir entre les deux lm5ts des relations con/antes1 et1 p> ces relations con/antes1 arriv] communiqu] avec les puissances suprieures1 avec les =ces bonnes rp&ues dans l'univ]s4 ,le j\r o l'homme s]a arriv se dp\ill] de t\tes les d\leurs artificielles que lui crent l'illogisme et le faux am\r de soi1 un pr(ond s\pir de s\lagem5t s\lv]a le cur du monde4 ,le j\r o l'me rveille1 unie la volont dans la re*]*e de l'h>monie et du bonheur1 mettra en uvre les facults qu'elle a reues de ,dieu1 l'tre huma9 s]a bl\i du p\voir qu'il possde sur sa propre de/9e1 mme si ce p\voir e/ limit p> un c]ta9 dt]m9isme4 ,n'importe l'heure laquelle cette rvlation lui arrive1 l'homme l'accueille avec une joie pr(onde1 mme s'il a dj atte9t la maturit de la vie et si l'imm5se regret des annes p]dues se mle sa satisfaction4 ,il se s5t1 s\da91 le matre de lui-mme1 capable dans une mesure relative de dirig] les vnem5ts1 d'tablir entre son me et les autres mes des relations invisibles et sil5cieuses1 et il arrive peu peu la c]titude qu'agir et p>l] sont ses mo9dres moy5s d'action1 et qu'il en possde d'autrem5t efficaces et puissants4 ,que l'homme prte l'oreille et c\te aut\r de lui les voix qui se font ent5dre4 ,le gr& *ur des dsesprs les dom9e t\tes1 ml aux rires des m*ants1 aux cris de triomphe du m5songe qui insulte la vrit1 de la mauvaise foi qui s\fflette la droiture1 du vice qui pit9e la puret4 ,des sons ass\rdis et faibles rpond5t seuls ces tumultueuses manife/ations4 ,mais ils ne vibr5t po9t1 l'oue ne les saisit pas1 les mots prononcs sembl5t sortir de lvres mortes1 de gosi]s p>alyss4 ,et p\rtant ils p>t5t d'une f\le compacte1 bi5 plus nombreuse que la masse qui remplit le monde de ses clameurs4 ,ces colonnes d'tres mornes et presque muets doit ne "p aucune vig\reuse prote/ation1 aucun appel joyeux1 aucun cri d'esprance1 sont =mes p> les honntes g5s qui respect5t le code1 mais ont laiss m\rir leurs mes4 ,quelques-uns sort5t des rangs1 agit5t les bras1 lv5t leur tte v]s le ciel1 essay5t de =mul] des mots1 mais leurs compagnons se prcipit5t p\r les immobilis]1 f]m] leur b\*e1 c\rb] leur visage v]s la t]re1 et1 trop peu nombreux1 dc\rags1 incapables de ragir contre l'atmosphre qui les ent\re1 ils r5tr5t dans les files immobiles et ne b\g5t plus1 laissant la cohorte des m*ants se rp&re sur le monde en torr5ts envahisseurs4 ,au ,,xiiie sicle dj ,dante s'tait crois avec cette f\le morne1 et ,virgile l'avait ddaigneusem5t /igmatise3 ,non ragionam di loro1 ma gu>da e passa4 ,le conseil du ,cygne de ,mant\e n'a t que trop suivi4 ,les sicles ne se sont pas proccups de ces incapables et de ces timides1 on les a laisss vivre sans blme1 ni l\ange1 et1 dans cette paix honteuse1 ils se sont multiplis l'inf9i1 abaissant peu peu leur niveau mdiocre une gr&e p>tie des curs que l'esprit actif du mal ne dom9e pas4 ,auj\rd'hui1 il ne faudrait plus leur p]mettre de vivre et de crotre4 ,t\tes les mes vivantes devrai5t se dress] contre cette masse in]te qui e/ la pire ennemie de l'esprit et du p\voir de l'esprit4 ,il dp5d des hommes1 qui ont uni leur volont leur me1 de crer des c\rants irrsi/ibles4 ,qu'ils laiss5t de ct p\r le mom5t le vice1 le mal s\s ses =mes clatantes1 ce n'e/ pas l'adv]saire le plus r$\table4 ,au contraire1 l o les passions vibr5t1 l exi/e s\v5t aussi la capacit du rveil4 ,les bataillons qu'il s'agit avant t\t de combattre et d'anantir1 s'ils refus5t de se r5dre1 sont =ms p> les membres soi-disant respectables de la socit qui ont p]du t\te =ce d'action et de raction1 *ez lesquels la vie intrieure a cess d'exi/]1 et qui dans *aque occasion de luttes jett5t leur pe avant mme de l'avoir sortie du f\rreau4 ,p>mi eux sans d\te1 il y a des mes qui att5d5t peut-tre avec angoisse un cri d'appel qui leur donne la possibilit de revivre1 de se manife/]1 de dvelopp] leur puissance4 ,aprs1 lorsqu'un frmissem5t aura p>c\ru la masse in]te1 il s]a temps de donn] l'assaut au mal1 d'oppos] les c\rants bi5faisants aux c\rants dltres4 ,mais en cela aussi la m5talit huma9e doit se modifi]2 jusqu'ici les gr&s p*s traditionnels l'ont seule occupe4 ,p\r la socit1 il y a1 en effet1 de gr&s et de petits p*s2 p\r ,dieu1 il ne peut y en avoir4 ,t\t ce qui obscurcit son image dans le cur de l'homme e/ mal ses yeux1 quelles qu'en soi5t les consqu5ces ou les non-consqu5ces app>5tes4 ,un m\vem5t de colre m*ante1 mme sans rsultats1 contam9e l'me autant que s'il avait t cause de blessures et de mort4 ,la loi a raison de punir dans un cas et aurait tort de punir dans l'autre1 mais aux yeux de l't]nel la ta*e e/ la mme4 ,l'av>e qui g>de son or avec un am\r ddonn se croit un p>fait honnte homme et mprise celui qu'entrane la *air et le sang1 mais l'vangile ne fait aucune diffr5ce entre lui et le dbau*1 pas plus qu'entre le m5teur et le voleur2 t\s ont p* contre la p]fection div9e1 t\s se sont loigns de ,dieu4 ,telle a t l'erreur fondam5tale3 l'homme a trait son me comme si elle reprs5tait un fait sociologique1 au lieu de voir en elle le miroir o la div9it se reflte4 ,a ce po9t de vue il n'y a pas de petites fautes1 t\tes saliss5t1 mme les plus insignifiantes1 c> la consci5ce ne se proccupant pas de les effac]1 elles f9iss5t p> =m] une c\*e paisse qui t]nit le cri/al et emp*e t\te lumire d'y tomb] et t\t rayonnem5t rflexe d'en sortir4 ,l'tre huma9 doit appr5dre respect] son me2 qu& on vnre son me on veut l'ent\r] de beaut2 qu& on dsire la beaut on proscrit la laideur4 ,il n'y aurait plus beso9 alors de p>l] de v]tu1 la beaut tant suprieure la v]tu1 c'e/--dire la cont5ant en elle4 ,contre t\tes les =ces bonnes1 les =ces mauvaises combatt5t2 s'il y a l'n]gie du bi51 celle du mal exi/e galem5t4 ,mo9s puissante1 sa de/9e f9ale e/ d'tre dtruite1 mais les honntes g5s peuv5t en prolong] indf9im5t le rgne p> leur l*et4 ,que s'e/-il pass en ce d]ni] sicle8 ,comm5c dans un m\vem5t de frat]nit et de ju/ice il f9it dans l'apo?ose de l'arg5t et de la viol5ce brutale4 ,la responsabilit de ce tri/e phnomne remonte t\t entire aux membres respectables1 la p>tie correcte de la socit1 aux soi-disant *rti5s4 ,ils sont c5t contre un1 mais ils ne se s]v5t pas de leurs armes1 ils les laiss5t tomb] de leurs ma9s affaiblies1 t&is que les adv]saires ont la poigne solide1 le j>ret f]me1 le c\p d'il ju/e2 ils tir5t droit et bless5t t\j\rs4 ,un sicle n\veau comm5ce2 l'anci5 e/ retomb dans le pass4 ,la m5talit huma9e devrait se r5\vel] elle aussi et rejet] p>mi les *oses disp>ues les erreurs dont elle a s\ff]t4 ,une des pr9cipales a t la rsignation au malheur4 ,l'homme e/ cr p\r tre heureux3 le bonheur p]sonnel et celui d'autrui1 tel devrait tre le mot d'ordre du v+time sicle1 la =mule de sa religion4 ,mais ce bonheur il faut le conqurir1 compr5dre qu'il rside dans l'h>monie avec ,dieu1 et cette h>monie ne peut tre atte9te que p> le culte de la beaut en n\s-mmes4 ,le *tim5t de ceux qui auront manqu leur mission ne s]a pas probablem5t le feu t]nel1 mais de re/] infrieurs1 en ayant la vue nette de leur infriorit et la p]ception plus exacte encore de ce qu'ils aurai5t pu tre4 ,qu'il soit subi dans ce corps mortel ou dans d'autres exi/5ces1 il ne saurait y avoir de supplice plus raff94 ,p\r vit] cette torture1 mme si elle e/ passagre1 l'homme ne devrait-il pas accomplir un suprme ef=t8 ,le regret e/ s\v5t pire que le remords4 ,avoir reu des facults illimites p\r tre heureux1 rp&re le bonheur1 combattre les lm5ts p]nicieux qui ru95t et m5ac5t le monde1 et ne pas s'en tre s]vi1 et avoir t sa propre victime1 n'y a-t-il pas de quoi cogn] de dsespoir sa tte contre les murailles8 ,t\s ceux qui admett5t la possibilit de communications entre l'homme et l'esprit div9 ont volontairem5t r5onc la satisfaction donne p> le s5tim5t et l'ex]cice de la puissance2 leurs mes1 si elles avai5t t vivantes1 les aurai5t av]tis de ce qu'ils ngligeai5t4 ,de la "p des *rti5s1 cet oubli de leurs privilges e/ absolum5t inexplicable4 ,ces vangiles qu'ils prt5d5t inspirs p>l5t clairem5t3 puissance et joie sont promises1 ds cette t]re1 ceux qui viv5t de l'esprit4 ,le monde a assez pleur1 a assez s\ff]t1 s'e/ assez abaiss4 ,il a non seulem5t soif de bonheur1 il a soif de sublime4 ,qu'on ne lui dise plus3 ,les affections dont tu j\is1 elles sont passagres1 t\t e/ c5dre et se rs\t en c5dre4 ,la loi de r5\vellem5t n'exi/e-t-elle pas dans le cur comme dans la nature8 ,si l'homme mettait un peu de son me dans ses atta*em5ts1 ils devi5drai5t t]nels en se trans=mant4 ,qu'on ne lui dise plus3 ,la jeunesse va s'van\ir1 tu connatras les ds5*antem5ts de la maturit1 les incapacits de la vieillesse4 ,si la maturit e/ ds5*ante1 c'e/ qu'elle ne connat pas la porte des facults qu'elle possde4 ,c'e/ le mom5t de leur vraie puissance3 les passions tr\bl5t mo9s cette priode de la vie1 les annes vcues ont dvelopp la clairvoyance et la matrise du soi4 ,p\r ceux qui aurai5t pratiqu1 ds leur jeunesse1 la sage culture d'eux-mmes1 ce s]ait l'heure de la rcolte4 ,p\r ceux qui ont compris la vrit t>divem5t1 quelle abondance de travail intrieur se prs5te eux6 ,ils doiv5t cond5s] en peu d'annes ce qu'ils n'ont pas accompli jusqu'alors avec leur volont et leur me4 ,le ds5*antem5t de la maturit8 ,elle succombe plutt s\s l'amas des ri*esses4 ,quant la vieillesse elle devrait tre le fate lum9eux de la vie4 ,la rcolte a eu lieu1 les gr5i]s sont remplis1 il ne re/e qu' sav\r] et j\ir4 ,on ne peut plus1 rpondra-t-on4 ,mais p\rquoi ne peut-on plus8 ,p>ce que l'me dort1 e/ eng\rdie ou p>alyse4 ,si elle vivait1 comme les annes ne la t\*5t pas et qu'elle re/e jeune t]nellem5t1 le cur et l'intellig5ce cons]v]ai5t1 trav]s elle1 leurs =ces et leurs facults de s5tim5t et de j\issance4 ,s*op5hau] lui-mme1 le gr& pessimi/e1 dans ses ,aphorismes sur la sagesse dans la vie dcl>e que ce qu'un homme e/ en soi-mme1 ce qui l'accompagne dans la solitude et ce que nul ne saurait lui donn] ni lui pr5dre1 e/ videmm5t plus ess5tiel p\r lui que t\t ce qu'il peut possd] ou ce qu'il peut tre aux yeux d'autrui4 ,si le temps ex]ce son droit sur le corps et p>fois sur l'intellig5ce1 le c>actre moral1 lui1 demeure inaccessible l'usure2 p> consqu5t1 le vieill>d peut cons]v] t\te la p]sonnalit de son me1 et les occupations du dehors ayant1 en p>tie1 cess p\r lui1 il e/ en mesure de se consacr] entirem5t la culture de son j>d9 intrieur4 ,en quoi le c\*] du soleil e/-il infrieur l'aurore8 ,t\te la vie3 jeunesse1 maturit1 vieillesse1 peut tre une beaut1 p\rvu que l'homme vive trav]s son me4 ,or1 la beaut c'e/ le bonheur2 en t\t cas1 c'e/ l'h>monie1 et l'h>monie1 c'e/ la communion de l'huma9 avec le div94 ,le ,,xxe sicle doit s'a*em9] v]s la vie heureuse4 ,une lite comm5c]a2 consci5te de ses responsabilits1 p]suade que le rgne e/ aux =ts1 elle p>l]a voix haute1 rp&ra la bonne n\velle1 et1 dev5ant de j\r en j\r plus nombreuse1 p\rra travaill] efficacem5t l'amlioration des conditions gnrales4 ,elle dlivr]a l'homme de t\te la srie des fausses d\leurs1 lui enseign]a le vritable am\r de soi1 dim9u]a l'influ5ce des c\rants mdiocres et contribu]a l'rection du ,temple o l'humanit de l'av5ir vi5dra ador] le ,dieu de vrit et de ju/ice1 le suprme p\voir du bi51 avec lequel elle aura appris entr] en communication intime et p]man5te4 ,,f9 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,*apitres ,pages4 ,,pr,,face ,i ,i4--,le sommeil des mes #a ,,ii4--,le pre/ige du mal #bg ,,iii4--,l'av>ice morale #fa ,,iv4--,le faux am\r de soi #id ,v4--,l'lgance morale #acb ,,vi4--,le culte de la vrit #adh ,,vii4--,la bont #aha ,,viii4--,le respect du rep5tir #baa ,,ix4--,la ncessit de l'ef=t #bci ,x4--,l'h>monie f9ale #bfd ,,t\rs1 ,,imp4 ,,deslis ,,fr,,res1 ,,rue ,,gambetta1 #f4 ,,notes3 #a ,c'e/ le *ri/ianisme qui f\rnit encore quatre c5t millions de cratures huma9es des ailes p\r les conduire au-del des horizons borns1 p\r les s\lev] p> la puret et la bont au-del du sacrifice4 7,hippolyte ,ta9e47 #b ,que/i sciagurati *e mai non fur vivi 7,dante1 ,inf]no1 canto ,,iii74 #c ,voir le *apitre3 ,le ,sommeil des mes4 #d ,c4 ,wagn]4 #e ,voir le *apitre3 le ,respect du ,rep5tir4 #f ,victor ,hugo4 #g ,i ,samuel1 ,,xviii1 ,i1 #bf4 #h ,voir le *apitre3 ,la bont4 #i ,voir le *apitre3 le ,faux am\r de ,soi4 #aj ,un enfant des classes aises tait assis en tramway avec sa mre3 une vieille femme entre1 l'enfant veut se lev] p\r lui cd] sa place1 la mre le reti5t et le =ce se rasseoir3 ,imbcile6 dit-elle4 #aa ,voir le *apitre3 ,l'av>ice morale4 #ab ,pr(esseur ,b>?4 #ac ,mi/ral1 ,mireille4 #ad ,voir le *apitre sur l'lgance morale4 #ae ,voir le *apitre sur le ,faux am\r de soi4 #af ,voir le *apitre3 le ,faux am\r de soi4 #ag ,id4