,,notes ,,sur ,,la ,,transcription3 --,les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges4 --,on a conserv l'orthographie de l'original1 incluant ses variantes4 --,les mots crites en gras ont tes representes ainsi3 mot gras4 --,les lettres crites au-dessus ont tes representes ainsi3 ab et abc4 ,,les ,,questions ,,esth,,tiques ,,contemporaines ,,ouvrages ,,du ,m,,me ,,auteur ,,publi,s ,,par ,,la ,,librairie ,,hachette ,,et ,cie ,la ,peinture anglaise contemporaine4 #c;e dition4 ,ruskin et la ,religion de la ,beaut4 #e;e dition4 ,le ,miroir de la ,vie4 ,essais sur l'volution esthtique4 #cd grav4 #are srie3 ,i4 ,l'esthtique des batailles4--,,ii4 ,la caricature4--,,iii4 ,la modernit de l'vangile4--,,iv4 ,les portraits d'enfants4 #accj-jc4--;,coulommiers4 ,imp4 ,,paul ,,brodard4--#a-jd4 ,,les ,,questions ,,esth,,tiques ,,contemporaines ,,par ,,robert ,,de ,,la ,,sizeranne ,i4--,l',,esth,,tique ,,du ,,fer4 ,,ii4--,,le ,,bilan ,,de ,l',,impressionnisme4 ,,iii4--,,le ,v,,tement ,,moderne ,,dans ,,la ,,statuaire4 ,,iv4--,,la ,,photographie ,,est-,,elle ,,un ,,art8 ,v4--,,les ,,prisons ,,de ,l',,art4 ,,paris ,,librairie ,,hachette ,,et ,cie #gi1 ,,boulevard ,,saint-,,germain1 #gi #aijd ,droits de traduction et de reproduction rservs4 ,,introduction ,ce ne sont pas toutes les questions esthtiques contemporaines qui sont traites ici1 mais quelques-unes peut-tre des principales et assurment des plus nouvelles4 ,qu'esprer de l'emploi du fer en architecture8 ,comment rendre1 en sculpture1 le vtement moderne8 ,quelle place faire la photographie dans les ,arts8 ,en voil trois1 par exemple1 qu'aucune poque avant la ntre n'avait eu rsoudre4 ,et si d'autres1 comme la relgation de l',art dans les muses ou les recherches de couleur connues sous le nom d',impressionnisme1 ont pu1 en d'autres temps1 inquiter les artistes1 il suffit cependant qu'en aucun temps on n'ait vu se fonder tant de muses1 ni qu'aucune cole coloriste n'ait soulev tant de scandale1 pour que les problmes discuts hier soient devenus plus pressants aujourd'hui4 ,ce sont ces questions poses ou imposes notre attention par la vie moderne qu'on trouvera tudies dans les pages qui vont suivre2 non avec la prtention de les rsoudre1 mais avec l'espoir de les claircir4 ,selon quelle mthode ou dans quel sentiment8 ,le plus simplement possible4 ,ouvrir les yeux sur le monde et la vie et s'abandonner l'impression de joie ou de rpulsion que produit en soi chaque chose3 naturelle ou artificielle1 spontane ou voulue4 ,s'exalter aux qualits sensorielles des formes dans l'air et sur la terre1 vivantes ou inanimes3 lignes1 couleurs1 valeurs1 souplesse1 clat1 quilibre1 harmonie2 parcourir avec sa sensibilit les innombrables nuances colores ou tactiles dont l'esprit ne peut se faire une ide et que les arts intellectuels3 la parole1 la description littraire1 l'analyse philosophique1 la posie ne peuvent rendre ou ne rendent que bien grossirement au regard des arts plastiques2 et ainsi1 juger de l',art plastique pour la qualit d'motion que1 seul1 il apporte et que rien autre1 ni posie1 ni philosophie1 ni histoire ne peuvent nous apporter2 l'aimer pour lui et non pour elles1 pour l'enthousiasme tout sensible qu'il nous fait prouver1 pour la sensation d'une vie plus ardente et plus complte qu'il veille1 et non pour les souvenirs ou les associations d'ides qu'il nous procure1--telle est la mthode employe ici4 ,tel est le sentiment esthtique4 ,elle diffre ce point des habitudes prises ou des principes adopts par les philosophes modernes1 qu'il faut bien1 pour son intelligence1 ou au moins pour son excuse1 dire ce qu'elle n'est pas1 ce qu'elle est1--et ce qui l'a fait adopter4 ,i ,pendant longtemps1 la critique d',art s'est crue en possession de lois esthtiques formelles et inluctables avec lesquelles il suffisait de confronter les uvres nouvelles pour en juger4 ,on ne devait reprsenter que certains sujets1 non tels autres1 certaines rgions1 gnralement situes dans le ,midi1 non tous les pays4 ,le tableau d'histoire tait la seule matire chefs-d'uvre4 ,la vie contemporaine pouvait peine tre mise en un petit tableautin4 ,l'activit ouvrire ou rurale1 le travail quotidien n'avaient point de beaut4 ,si on les voulait figurer1 il fallait le faire par des allgories1 c'est--dire par des femmes vtues de chitons et de diplos4 ,ces femmes elles-mmes devaient ressembler un type grec ou y tre le plus possible ramenes4 ,le nez et le front devaient tre sur la mme ligne et tous les traits mis en ordre selon des canons que dtenait ,winckelmann4 ,on savait ce que c'tait que la ,beaut4 ,a ct de ces lois gnrales1 une foule de lois techniques4 ,le premier plan de tout paysage devait tre noir1 afin de repousser la lumire au second4 ,un portrait devait s'enlever en clair sur un fond sombre1 d'un ct2 en sombre sur un fond clair1 de l'autre4 ,une composition devait tre en forme de pyramide1 et chaque figure se dvelopper entirement dans son plan1 sans tre obstrue par une figure de premier plan4 ,les nuages rentraient dans deux ou trois types de cumuli hors desquels il tait interdit de s'aventurer4 ,il y avait des arbres nobles4 ,les lumires devaient tre chaudes1 c'est--dire dores et les ombres brunes1 en imitation la plus proche possible des vieux tableaux de l'cole italienne et de la ,renaissance1 non pas tels qu'ils avaient t peints1 mais tels que la patine et les annes les ont faits4 ,il ne fallait pas voir du vert dans une prairie2 mais du brun4 ,ces lois et bien d'autres taient drives de principes de ,beaut dduits eux-mmes1 aprs beaucoup d'abstractions1 de l'tude des ,anciens4 ,a la vrit1 on ne les avait pas trs attentivement observs1 car beaucoup eussent dmenti cet enseignement4 ,mais moins on le vrifiait1 plus on avait pour lui de respect4 ,quand parurent les peintres et les sculpteurs de l'poque romantique1 puis les naturalistes de ,barbizon1 puis les ralistes1 la critique1 arme de ces principes1 dclara que les nouvelles uvres ne pouvaient tre belles1 car elles violaient manifestement ces lois4 ,elle condamna les romantiques pour leurs excs de couleur et de mouvement1 les ralistes pour leurs sujets et leurs laideurs1 les indpendants de toutes sortes pour leur ddain des sujets admis1 des costumes adopts1 des sites composs1 des gestes nobles ou des tons locaux depuis longtemps observs4 ,cette critique1 jugeant tout par analogie avec les anciens matres1 repoussa tout ce qui en tait diffrent4 ,elle repoussa ,delacroix1 ,rude1 ,david d',angers1 ,barye1 ,corot1 ,rousseau1 ,millet1 plus tard ,courbet1 ,puvis de ,chavannes1 ,bastien-,lepage1 au nom de lois qu'elle croyait infaillibles4 ,au mme moment1 en musique et pour des raisons parfois semblables1 elle condamnait ,wagner4 ,elle se trompa lourdement4 ,ces hommes taient des matres4 ,avec le temps1 ils triomphrent et la critique d',art base sur l'admiration des matres anciens1 des formes reconnues belles et des lois dduites d'un ,beau idal1 se tut misrablement4 ,aujourd'hui1 une raction totale s'est produite4 ,l'ide qui domine la critique contemporaine1 avertie des erreurs de sa devancire et fermement rsolue n'y pas retomber1 est qu'il n'y a pas de beau1 pas de laid1 dans la nature ni dans l'homme1 ni dans les objets crs par l'homme1 qu'il n'y a que des formes plus ou moins expressives de la vie1 caractristiques d'une civilisation1 et qu'ainsi tout dpend de la pense ou du sentiment que l'artiste veut exprimer4 ,celui-ci n'a pas suivre telle ou telle loi4 ,il n'y a pas de loi4 ,pourvu qu'il exprime sincrement une motion1 une pense1 une vrit1 cela suffit4 ,et il y arrive1 surtout1 s'il les exprime selon sa race1 son poque1 son milieu4 ,tout est beau qui est expressif4 ,tout s'impose qui est personnel1 quelles que soient l'absence ou la pauvret des formes employes4 ,rien n'est beau de ce qui ne l'est pas1 quelle que soit la perfection des formes4 ,il n'y a donc pas de canon de la ,beaut4 ,d'ailleurs les races1 les poques en ont connu de fort dissemblables4 ,la nature mme ne peut tre qu'un substratum ou qu'un prtexte l',art3 elle ne vaut que si elle est vue travers un temprament4 ,ce que l'artiste nous doit montrer1 ce n'est pas elle1 mais sa pense sur elle4 ,le critique n'a donc pas s'occuper de la ,nature1 ni de la tradition1 ni de la technique4 ,il n'a qu'une chose faire3 remettre l'artiste dans son poque1 sa race1 son milieu2 observer s'il les exprime d'une faon personnelle2 dcrire les liens qui l'y rattachent2 non pas confronter son uvre avec la nature1 ni avec les anciens1 ni avec des rgles quelconques1 mais la comparer l'auteur mme1 la vie o il se meut1 au peuple d'o il est sorti4 ,si elle l'exprime1 l'acclamer et en faire un objet de joie2 s'il ne l'exprime pas1 la mpriser4 ,tel est le point de vue contemporain4 ,on n'en avait jamais connu jusqu'ici1 je ne dis pas seulement de plus faux1 mais de moins esthtique dans le vrai sens du mot1 c'est--dire de moins orient vers les qualits sensorielles d'un objet de nature ou d',art1--de ces qualits qui frappent les sens et qui ne frappent que les sens3 formes1 couleurs1 ombres1 lumires1 densit1--ni de moins spcifique1 c'est--dire de moins orient vers une certaine exactitude d'imitation et une certaine perfection de matire4 ,dornavant1 ce sont les qualits qui frappent l'esprit et qui n'ont pas besoin1 pour le frapper1 de l'intermdiaire du sens de la vue1 ni du secours des arts plastiques qu'on prise par-dessus tout4 ,c'est l'expression1 c'est la suggestion qui sont requises4 ,et1 encore1 expression de quoi8 suggestion de quoi8 ,de formes8--ce que peut suggrer un trait l'eau-forte de ,rembrandt8 ,de profondeurs et de reliefs8--ce que peut suggrer une touche de ,corot8--,non1 mais de sentiments ou d'ides1 c'est--dire de choses qui peuvent tre exprimes ou suggres tout aussi bien1 et qui le sont tous les jours1 par d'autres moyens3 l'analyse psychologique1 la synthse potique1 et par un tout autre intermdiaire que les sens de la vue ou du toucher3 par l'oue4 ,jusqu'ici1 les mthodes esthtiques avaient pu tomber dans de grandes erreurs1 mettre la base de nos impressions et de nos jugements une qualit technique fausse ou insuffisante1 proscrire injustement des formes ou des expressions trs lgitimes2 mais toujours il tait rest1 au fond de ces erreurs1 le dsir d'une qualit spcifique1 d'une dlectation1 comme on disait1 ou d'une joie des sens4 ,dans les ,esthtiques actuelles1 les impressions requises de l',art sont toujours des impressions intellectuelles1 que l',art non plastique peut aussi bien et mme beaucoup mieux nous donner4 ,de l1 deux tendances dominantes dans nos jugements esthtiques sur les choses de la vie et jusque dans les moindres considrants de la critique quotidienne4 ,le critique d'art moderne se dfie de son impression physique1 spontane1 sensorielle1 parce qu'il a peur qu'elle ne soit une rsultante de son accoutumance aux anciens chefs-d'uvre1 un rflexe de la routine2--et1 au contraire1 il acclame toute tentative qui exprime un sentiment ou un tat de choses rcent1 quelque peu de charme qu'il en prouve1 de peur de repousser1 sans le savoir1 un chef-d'uvre nouveau4 ,dans le premier cas1 il proscrit avec une extrme svrit2 dans le second1 il accueille avec une extrme candeur2 dans les deux1 il fait violence son got intime et son impression esthtique1 bien plus qu'il ne les suit4 ,la premire de ces tendances est singulire4 ,cette indiffrence aux qualits purement sensorielles de l',art nous pousse condamner toute uvre qui1 belle de facture1 de matire1 de couleur1 ne nous apporte pas une motion nouvelle1 mais qui aurait pu tre faite en d'autres temps1 par une autre gnration et semble inspire des anciens3 les figures de ,m4 ,bail ou de ,m4 ,roybet1 par exemple1 ou le ,sacr-,cur de ,montmartre1 ou les acadmies de ,m4 ,henner1 ou les paysages de ,m4 ,harpignies4 ,de pareilles choses seront toujours admires par un artiste1 non intellectuel1 par tout tre d'une sensibilit frmissante aux qualits de vie colore1 de belle matire1 de lignes harmonieuses1 parce qu'un sensitif en jouit toujours1--qu'elles soient expressives ou non d'une ide moderne4 ,un beau rouge est toujours un beau rouge1 un beau passage de lumire sur un ton d'opale ou d'aigue marine est toujours une belle transition et1 s'il est vrai que cet os dcrit par le ,matre ancien soit trs beau1 quand bien mme il n'exprimerait rien autre que lui-mme1 il sera toujours trs beau4 ,mais si1 comme le critique d'art moderne1 l'on met la base de tout jugement ce postulat que l',art n'existe pas1 s'il n'exprime spcialement une ide1 une poque1 une race1--quelle que soit la beaut1 le frisson de joie que peut donner un beau rapport de couleurs1--on sera oblig de mpriser ces choses parce qu'elles n'apportent pas une motion nouvelle4 ,la seconde tendance n'est pas moins trange4 ,quelle que soit sa rpulsion en face des crations de l',industrialisme moderne--machines1 btiments gomtriques1 engins informes1--le critique1 lorsqu'elles sont modernes1 adaptes notre vie1 se croit tenu de les trouver belles1 ou1 au moins1 gnratrices de beaut4 ,quelle que soit la rvolte de son sens instinctif1 il fait taire cette rvolte1 en se souvenant qu'on a proscrit1 en d'autres temps1 d'autres formes qui1 devenues habituelles1 n'ont plus paru si laides et se sont trouves belles1 un jour4 ,il est domin par la peur de proscrire aujourd'hui des choses qui demain seront qualifies chefs-d'uvre1 comme longtemps les fournisseurs de ,barbizon n'osrent plus refuser du crdit un artiste1 dans la crainte d'affamer un nouveau ,millet4 ,il faut tout comprendre6 s'crie-t-il avec une candeur touchante et1 d'effort en effort1 il arrive comprendre ce que les auteurs eux-mmes ne comprennent pas4 ,comme ce pharmacien de vaudeville1 qui lit couramment le nom de savantes drogues dans un gribouillage involontaire qu'un pseudo-mdecin a griffonn1 le critique dcouvre1 maintenant1 un sens profond et une vision d'humanit dans les essais dsesprs que fait tout jeune artiste pour enchsser un peu de talent dans beaucoup de saugrenuit4 ,n'ayons pas la ngation irraisonne du temps prsent6 ne proscrivons aucune tentative6 tel est le mot d'ordre des modernistes4 ,alors1 de peur de manquer1 au passage1 le chef-d'uvre de demain1 ils admirent tout1 du moins tout ce qui leur parat nouveau4 ,et comme ils reconnaissent la nouveaut ce qu'elle les choque1 ils admirent tout ce qui les choque4 ,tout ce qui a soulev les protestations de la foule1 jadis1 tait beau4 ,or ceci3--l',olympia1 le ,balzac1 la ,porte ,monumentale1--soulvent les protestations de la foule1 donc c'est beau4 ,ce raisonnement par analogie s'applique tout4 ,protestons-nous contre l'haussmannisation de ,paris8 ,on nous rpond3 ,les ,parisiens se plaignaient dj des travaux de ,philippe-,auguste6 ,trouvons-nous qu'il faut simplement voir l'chec d'un grand artiste dans l'uvre intitule ,balzac1 on nous rpond3 ,vous avez dit la mme chose de ,wagner6 ,hasardons-nous que la vote de verre du ,grand-,palais est un dsastre pour la beaut de ,paris1 on nous dit3 ,les ,grecs eussent parl ainsi devant le gothique6 ,telle est la grande mthode de la critique d'art contemporaine3 le raisonnement par analogie4 ,autrefois1 on jugeait par analogie de sensations devant les uvres2 aujourd'hui1 on juge par analogie de faits et de circonstances extrieures qui les ont accompagnes1 et voici que de la ressemblance de deux mouvements d',art1 en un point1 on en conclut hardiment leur ressemblance en tous les autres4 ,aux poques traditionnalistes1 on admirait les nouvelles uvres d'autant qu'elles ressemblaient aux anciennes et qu'on pouvait les en rapprocher4 ,aujourd'hui1 on les admire d'autant qu'elles en diffrent et qu'on peut les leur opposer4 ,mais les deux mthodes sont aussi peu esthtiques l'une que l'autre4 ,ni l'une ni l'autre ne font appel au tmoignage des sens4 ,ni l'une ni l'autre ne comparent l'uvre avec la ,nature1 qui n'est ni ancienne ni nouvelle1 qui ne songe pas l'institut non plus qu'elle ne prend ses mots d'ordre aux ,indpendants1 qui ne songe ni diffrer d'elle-mme1 ni se ressembler1 ni se rajeunir1 mais qui1 infiniment changeante1 et complexe1 et semblable1 et toujours belle qui sait l'aimer1 contient tous les aspects rvls par toutes les coles1 et une multitude d'autres qu'aucune cole n'a jamais rvls1 a des flots pour toutes les nefs1 des couleurs pour tous les rves et pour tous les pas en avant1--de quelque ct qu'on marche1--des horizons4 ,,ii ,que valent ces postulats de la critique d'art contemporaine ou ces axiomes1 ou ces dogmes poss par les esthticiens modernes1 sans aucune dmonstration pralable1 que dans toute forme1 mme artificielle1 il y a de la ,beaut1 ou que tout ce qui exprime l'ide ou le besoin d'une poque est beau1 ou encore que tout ce qui soulve des protestations et dtermine des rsistances dans la foule est beau8--,ne seraient-ce pas l des demi-vrits1 presque des erreurs1 ou des gnralisations htives succdant d'un peu superficielles observations1--et toute l',histoire de l',art et l'exprience personnelle de chacun de nous les confirment-elles ou bien plutt1 ne les infirmeraient-elles pas tout instant8 ,on ne discute que ce qui est fort4 ,voil1 par exemple1 un axiome trs rpandu dans la mentalit contemporaine4 ,mais pour tre trs rpandu et mme banal1 et pour servir en toute occasion et tous les esprits1 il n'en est pas moins faux4 ,l'usure d'une pice ne prouve pas toujours qu'elle est bonne4 ,elle peut prouver simplement qu'on ne l'a pas regarde4 ,la vrit est qu'on discute tout ce qui choque et que1 pour choquer1 la force n'est pas ncessaire3 l'ingniosit suffit4 ,tout ce qui s'offre la discussion avec violence1 avec provocation1--que ce soit puissant ou non1--est discut4 ,et nous avons vu trs discutes1 il y a quinze ans1 il y a dix ans des uvres trs faibles dont on a dj perdu le souvenir4 ,prault a t plus discut que ,rude1 ,mallarm plus que ,m4 ,sully-,prudhomme1 les ,rose-,croix plus que ,corot4 ,tout le monde a encore dans les oreilles le bruit soulev1 il y a quelque vingt ans1 par les ,dcadents ou les ,symbolistes1 mais nul n'a devant les yeux un chef-d'uvre qui en soit sorti4 ,sans doute1 cette observation que tout ce qui fait scandale est puissant contient une part de vrit1 mais il faut1 pour l'en dgager1 tenir compte de la diversit des causes1 et de la diversit des temps4 ,oui1 ce qui fit scandale1 autrefois1 fut le plus souvent original1 quand on ne savait pas encore que le scandale ou l'originalit seraient des lments de succs2 quand les novateurs taient originaux presque malgr eux1 ne connaissant l'tre que des risques courir1 et1 l'tant cependant1 malgr tout1 par un irrsistible besoin d'exprimer quelque beaut particulire qu'ils dcouvraient dans la ,nature et voulant1 s'ils ne satisfaisaient point les autres1 du moins se satisfaire eux-mmes4 ,il en est de l'originalit comme de l'abngation1 qui n'est vritable que si elle est sans savoir qu'il y a un prix institu pour qu'elle soit4 ,du jour o l'on sait que ce prix existe1 il n'y a plus de vritable vertu tre vertueux1 ni de vritable originalit tre original1 ni de vritable sincrit tre sincre4 ,du jour o l'on crie3 ,venez voir comme je suis attaqu1 condamn par l',art officiel1 proscrit par l',institut1 incompris de la foule6 ,comptez combien de pierres et de quel calibre me jette la critique pdante et autorise6 ,songez tous ceux qui furent lapids avant moi6 ,n'oubliez pas que ,millet le fut1 et ,rousseau1 et ,delacroix1 et ,wagner6 ,et ne manquez pas de faire entre eux et moi tel rapprochement que vous inspirera votre esprit d'analyse et d'quit6 ,de ce jour-l1 le sens du scandale n'est plus le mme4 ,car on peut craindre que le novateur ne heurte le sentiment public non tant parce qu'il exprime le sien que parce qu'il a choisi laborieusement quelque chose qui le puisse heurter1 et1 par contre-coup1 lui susciter le secours des raffins aux yeux de qui1 d'tre d'un sentiment incomprhensible la foule passa toujours pour le signe du gnie4 ,est-il plus vrai de dire que notre rpulsion en face des formes nouvelles vient ncessairement de nos habitudes de vision ou1 en d'autres termes1 que notre habitude commande imprativement notre got1--et que les costumes1 les gestes1 les formes monumentales1 les engins de la vie1 enfin les uvres d'art que nous admirons le plus sont toujours ceux qui existent depuis le plus longtemps8--,nous voyons le contraire toute heure4 ,nos yeux sont infiniment plus habitus aux formes de la redingote qu' celles du burnous des ,arabes et au geste du cocher de fiacre qui fouette son cheval qu' celui de l'archer qui ajuste son arme4 ,nous sommes plus accoutums l'arc bomb rpt des milliers de fois sur nos portes cochres de ,paris qu' l'arc outrepass des palais mauresques4 ,cependant1 si le hasard1 en voyage1 ou dans une de nos expositions exotiques1 fait apparatre nos yeux cette draperie1 ce geste1 cette forme architecturale1 nous prouvons une joie esthtique tout fait absente devant le costume1 le geste et le cintre accoutums4 ,l'habitude ne commande donc pas imprativement notre got4 ,a cela1 que peut-on dire8 ,que nous sommes enseigns par l',art dgager des formes anciennes ce qu'elles ont d'esthtique1 et que l',art ne nous l'a pas encore appris des nouvelles8 ,quel pauvre argument1 si l'on songe que1 depuis trente ans et plus1 nos ,salons regorgent de scnes contemporaines1 de portraits1 de machines1 et que par un singulier phnomne1 plus on les voit1 moins on les aime et plus l',art s'acharne substituer la redingote la draperie1 la locomotive au cheval1 la chemine d'usine la flche gothique1 moins il produit de chefs-d'uvre et moins il attire notre attention6 ,car1 bien loin que l'habitude conditionne absolument notre got1 la satit est prcisment la cause principale de toutes les ractions artistiques4 ,et de la beaut de certaines uvres comme de la vertu d',aristide on pourrait dire que le dfaut fut seulement qu'on la vantait depuis trop longtemps4 ,on a dnonc maintes et maintes fois l'influence de l'habitude3 on ne dnonce jamais le got du nouveau4 ,il expose autant d'erreurs et est la cause d'autant d'injustices4 ,on se passionne pour un aspect de nature ou d'humanit1 parce qu'il nous apporte une impression nouvelle4 ,plus tard1 quand le nouveau est devenu vieux1 quand l'indit se rdite1 quand l'inattendu est l'invitable et1 pour ainsi dire1 le protocolaire1 on s'aperoit qu'il ne lui suffisait pas d'tre autre pour tre meilleur1 ni d'tre plus rcent pour tre plus durable que les uvres consacres des anciens4 ,il ne reste alors de ces uvres jadis nouvelles que ce que leurs qualits spcifiques en ont maintenu4 ,si le tableau est matriellement bien peint1 si la statue est bien modele1 si l'ouvrage est fait de main d'ouvrier1 il reste admir1 quel que soit son degr de nouveaut--ou de pastiche4 ,si ces visions dmocratiques de faubourgs1 de grves1 de mineurs avec leurs lampes1 de chiffonniers1 de gares de chemins de fer et de laminoirs1 de ,christs anachroniques eurent un si merveilleux succs1 il y a vingt ans1 c'est qu'on n'avait gure os1 auparavant1 les figurer dans l'art4 ,on leur attribua mille mrites1 dont le seul vritable tait leur nouveaut4 ,aujourd'hui qu'ils n'excitent plus de surprise1 ils n'excitent plus d'admiration4 ,ce qui montre assez que le succs tient de nos jours non pas ncessairement l'habitude1 mais souvent1 au contraire1 la stupfaction4 ,d'o vient1 encore1 cet autre postulat que tout ce qui est rel peut devenir beau ou qu'il n'est pas de forme qui ne recle une beaut secrte et dissimule au vulgaire1 et qu'ainsi l',art doit adopter docilement1 pour les reproduire1 toutes les formes du machinisme actuel8--,il vient d'une confusion perptuelle1 chez les philosophes1 entre la qualit plastique ou pittoresque des formes ou des couleurs et leur signification morale ou intellectuelle4 ,cette confusion n'est jamais faite par ,delacroix1 ni par ,topffer1 ni par ,fromentin1 mais depuis les ,esthtiques allemandes jusque dans les thses sur l',art1 soutenues1 chaque anne1 la ,sorbonne1 elle se glisse quelque moment et dans quelque phrase1 et aussitt le dbat dvie4 ,constamment1 le philosophe rclame pour les engins que fabrique l'industrie moderne le droit de figurer dans le grand ,art2 il annonce qu'il va montrer en quoi consiste la beaut plastique1 pittoresque1 de cet engin et1 tout de suite1 il oublie qu'il s'agit de plastique et de pittoresque1 pour n'en montrer que l'intrt intellectuel ou potique1--c'est--dire ce qui chappe au sens de la vue ou ce qui peut nous toucher sans lui4 ,les argumentations de ,guyau en sont un parfait exemple et la confusion y est d'autant plus dangereuse qu'elle mane d'un plus puissant esprit et d'un plus loquent crivain4 ,une page typique est celle qu'il consacre la dfense esthtique du cuirass moderne oppos au bateau voiles4 ,les artistes regrettent la tartane1 le lougre1 la caravelle1 le bateau qui s'inclinait sous le vent domin par une immense voilure aux formes aigus et glissait sur les vagues comme un oiseau4 ,le philosophe leur rpond que les bateaux vapeur ont eux-mmes leur beaut1 bien plus1 leur grce1 et il se met en devoir de la leur montrer4--,fort bien1 pensons-nous1 il va louer la forme monumentale du cuirass vu de face1 au repos1 tendant autour de lui toutes sortes de choses pointues ou recourbes comme des antennes1 le contraste des chaloupes blanches et de sa robe noire1 les jeux du soleil sur les aciers1 peut-tre sur les linges qui1 parfois1 schent par milliers1 ces torchons radieux qu'exalte la lumire4 ,c'est peu opposer aux bateaux voiles immortaliss par ,van de ,velde1 par ,ziem et par ,turner1 mais c'est quelque chose4444 ,nous lisons la page du philosophe3 rien de tout cela1 mais des impressions dont aucune ne peut tre plastiquement rendue3 l'normit du cuirass se meut avec tant d'aisance qu'elle effraye peine2 tout alentour l'eau bouillonne--et ceci c'est la beaut de l'eau--refoule1 ajoute-t-il1 par une hlice invisible qui1 par consquent1 chappe au peintre4 ,il loue encore les sifflets1 les cris1 les hurlements1 les rugissements 7comme ceux de la sirne7 qui semblent les clats de joie d'un monstre pouvantable et pourtant docile1--ce qui peut tre peru par l'oue et ensuite par le raisonnement1 mais nullement par la vue4 ,enfin1 le pote qui est en lui clbre la flotte de guerre moderne1 troupe d'tres gigantesques dont chacun cache au dedans de lui des milliers de volonts distinctes1 soumises la mme rgle1 se confondant dans le mme corps monstrueux1 se manifestant par un seul mouvement d'ensemble1 une socit humaine personnifie qui passe sur la mer en marche vers des dominations lointaines4444 ,la page est magnifique et il faut la lire tout entire4 ,mais quand on est au bout1 l'on n'a point aperu1 dans le cuirass1 telle beaut de lignes1 de formes ou de couleurs que le sens de la vue puisse prouver1 ni que l',art plastique1 s'adressant la vue1 puisse rendre4 ,d'o peut venir1 chez un aussi pntrant esprit1 une telle erreur8 ,elle vient de ce que le philosophe1 si artiste qu'on le suppose1 est psychologue1 ou sociologue1 ou pote avant d'tre artiste4 ,ouvert aux jouissances de l'intelligence beaucoup plus qu' celles de la sensibilit1 attentif aux conditions des arts non plastiques beaucoup plus qu' celles de l'art tout matriel du peintre ou du modeleur1 songeant continuellement au drame ou au pome lyrique lors mme qu'il parle peinture ou sculpture2 posant ainsi pour les arts plastiques des lois qu'il ne dmontrera que par des exemples emprunts aux arts littraires1 tel est le philosophe contemporain#a4 ,il va se promener dans un vieux quartier de sa ville3 il voit des rues tortueuses1 sales1 des loques pendantes au soleil1 un chaudron dans une cuisine1 une touffe de paritaire sur un vieux mur1 un tal de boucher1 une flaque d'eau ou un ruisseau ou un peu d'ocan au bout de la ruelle1--choses admirables et prcieuses pour tout artiste et devant lesquelles1 peut-tre1 si la lumire est glorieuse1 on s'arrterait une heure en des joies infinies4 ,il ne trouve l rien de beau4 ,il passe4 ,au bout de cette vieille ville est un muse4 ,dans ce muse1 il retrouve peints par ,chardin1 par ,rembrandt1 par ,vollon1 par ,bonvin1 par ,m4 ,thaulow1 quoi donc8 ,le mme chaudron1 le mme tal1 le mme mur1 la mme flaque d'eau qu'il a tout l'heure mpriss4 ,et ici1 il admire1 parce que l'espce de splendeur qui tait dans le chaudron3 ces beaux reflets de cuivre profonds et nuancs1 clatants comme un coucher de soleil ou pleins de choses adverses comme un miroir noir1 tout cela est ici dgag1 soulign1--moindre des yeux d'artiste que la splendeur de l'original1 mais plus perceptible aux yeux du philosophe4 ,il se dit3 l',art peut transfigurer ce chaudron2 me faire admirer cette flaque d'eau que je n'admirais pas avant3 l',art est grand4 ,jusque-l1 le raisonneur a raison4 ,il ne fait qu'enregistrer une observation qu'il a faite4 ,mais1 aussitt1 press d'tablir un principe1 il gnralise4 ,l',art peut tout transfigurer1 dit-il2 et1 ds lors1 il va bien au del des limites de son observation4 ,le voici sorti du muse et entr dans l'usine4 ,il voit des roues1 des bielles1 des cylindres1 des tuyaux1 des lignes gomtriques rigoureuses1 des tons gaux1 rpandus sur des surfaces dures et plates4 ,il y a l1 dans ces engins1 des forces mystrieuses et inoues emmagasines4 ,il y a l de quoi renouveler la matire1 la circulation1 les conditions sociales peut-tre1 la vie4 ,l'imagination du philosophe s'exalte3 elle voque tout ce que le monde en transformation doit cet engin1 ce cylindre1 cette roue1 ces cheveaux de fils tordus et rouls autour de ce fer cheval4 ,il pense tout cela en sociologue1 en pote1 et1 sans songer aux diffrents moyens d'expression qu'emploient les arts intellectuels et les arts plastiques1 il dit3 ,voil un sujet pour l',art4 ,a la vrit1 ce cylindre1 cette roue1 il ne les trouve pas beaux1 mais il n'a pas trouv beaux non plus la loque1 le chaudron1 l'eau dormante4 ,puisque l',art en a fait des lments de beaut1 pourquoi n'en ferait-il pas de ces bielles1 de ces roues qui lui procurent des sujets de mditation1 de rverie humanitaire et sociale qu'il n'a pas trouvs devant le chaudron8 ,il n'a pas vu la beaut du chaudron2 il voit l'intrt de la machine4 ,or l'artiste a fait une belle uvre du chaudron4 ,donc1 plus forte raison1 il peut transfigurer cette machine4 ,et le syllogisme est fait4 ,pour le philosophe1 il est excellent4 ,pour un artiste1 il ne vaut rien4 ,il repose sur une confusion entre la prtendue laideur du chaudron1 ou du vieux mur1 ou de la loque1 ou de l'tal1 et la nullit esthtique de la mcanique4 ,car le chaudron avait dj une infinie beaut pittoresque4 ,si le philosophe ne l'a pas vue1 l'artiste1 lui1 ne manquera jamais de la voir4 ,tandis que toute cette posie1 cette signification que le philosophe dcouvre dans la machine n'est pas du tout d'ordre plastique ou pittoresque4 ,l'artiste souvent ne la voit pas et1 dans tous les cas1 ne peut pas la faire voir4 ,enfin1 le troisime postulat de la critique contemporaine1 infiniment moins arbitraire que les prcdents1 est que le got change selon les races1 les poques1 les milieux et que les joies esthtiques ne sont point dtermines par les mmes formes dans tous les temps et dans tous les pays4 ,de l suit qu'on ne saurait tablir de lois gnrales du ,beau4 ,et l'on aurait tout fait raison si l'on disait qu'il y en a fort peu et surtout fort peu de gnrales4 ,il est vrai1 par exemple1 que les lois poses par ,david et son cole pour la figure humaine en raction contre les nez retrousss1 les visages chiffonns du ,,xviiie sicle1 taient bien arbitraires et1 d'ailleurs1 elles ne se vrifiaient ni chez la plupart des anciens matres3 ,rubens1 ,vlazquez1 ,franz ,hals1 ni chez ,david lui-mme en ses uvres ralistes les meilleures1 ni chez les grands artistes qui l'avaient immdiatement prcd4 ,elles ne se vrifiaient que dans la statuaire1 et encore dans une certaine statuaire3 la grecque2 et encore que dans une poque de la grecque3 celle de ,phidias4 ,mais quand1 en raction de l'cole de ,david1 on a dcid qu'un visage1 pour tre esthtique1 devait reflter une passion1 ou une pense1 ou une race1 ou un tat social1 on a pos l une loi qui ne se vrifie par rien du tout4 ,pareillement1 si l'on enseigna1 jadis1 que le nu seul tait beau et que le grand ,art ne pourrait jamais s'affirmer dans le traitement des costumes vulgaires et habituels1 ou encore que le seul vritable artiste tait celui qui pouvait traiter le nu--principe toujours adopt1 pour les concours de ,rome dans notre cole des ,beaux-,arts1--on a mis l une vidente erreur et que l'exemple de bien des chefs-d'uvre dcle premire vue4 ,mais si1 pour ragir contre ce principe1 on nous vient dire que tout paletot invent par un tailleur vaut le nu et le drap parce qu'il reflte un tat social ou un got contemporain1 et que le grand ,art tient dans l'expression de cet tat et non dans l'expression d'une forme elle-mme varie et harmonieuse1 comme celle du corps humain1 ou1 encore1 qu'il y a autant de puissance dans la peinture d'un veston1 d'un fauteuil1 d'un rideau1 d'un chapeau que dans une acadmie de ,rubens1 et qu'ainsi l'tude du nu ou de l'acadmie ne sert de rien au peintre1 on met1 l1 une contre-vrit artistique4 ,ou si quelque artiste l'a jamais exprime1 dans une boutade d'atelier1 il a simplement voulu se divertir ou voir jusqu'o pourrait aller la crdulit des philosophes4 ,enfin1 si en dgot de l'talage myologique des imitateurs de la ,renaissance1 de ces grands dentels1 grands obliques1 ces muscles saillants1 ces boules1 ces sacs de noix qu'on a trop longtemps exhibs dans les tableaux d'acadmies1 on prche la simplification et la synthse1 on a raison1 d'autant que1 dans la ,nature1 ces rouages du corps humain sont peine visibles4 ,mais donner des fautes de dessin le nom de simplifications ou des indigences de couleurs le nom de synthses1 admettre que le model ne soit mme pas indiqu1 sous prtexte d'vocation et de vision personnelle1 c'est seulement revtir de vocables philosophiques les ignorances techniques les plus communes et signer sagesse ce que l'impuissance a crit4 ,de ce que telles lois du ,beau reues autrefois l'cole fussent arbitraires1 exagres ou nfastes1 il ne s'ensuit pas ncessairement qu'il n'y ait pas de conditions de vie particulires l',art plastique ou1 si l'on veut1 des ncessits4 ,ces conditions1 on les retrouve respectes dans toute la suite des chefs-d'uvre4 ,quelle que soit la diversit des coles1 des arts1 des races et des idals1 certaines uvres ont une perfection technique qui les sauve et qui runit1 autour d'elles1 peu peu1 avec le temps1 tous les suffrages4 ,cela n'arrive pas du premier coup4 ,ce qui s'impose du premier coup1 c'est la ,mode1 non la ,beaut3 la ,mode dont le double et prcis caractre est d'tre imprative et d'tre phmre1 de s'imposer tous et de ne s'imposer que pour peu de temps1 tandis que le ,beau est facultatif et ternel2 il ne s'impose d'abord qu' quelques-uns1 mais il continue s'imposer toujours4 ,il est vrai que la mode1 le got d'une poque et surtout chez ceux qui ne sont pas artistes et qui cherchent dans l'art autre chose que ses qualits spcifiques1 peut faire ddaigner1 momentanment1 telle ou telle uvre1 telle ou telle beaut4 ,la constatation qu'il en a t souvent ainsi1 dans l',histoire de l',art1 la surprise et la dcouverte de certaines poques et coles primitives trop mprises jadis--et1 en vrit1 trop admires aujourd'hui1--dominent la critique d'art contemporaine4 ,elle en tire des dductions htives4 ,mais un fait beaucoup plus constant s'observe dans l',histoire de l',art3 c'est le retour de l'admiration vers les uvres jadis admires2 c'est la conscration lente mais sre de certaines uvres1 les mmes1 et leur universalit4 ,tandis que les uvres mdiocres au point de vue spcifique ont disparu par milliers1 celles o il y avait quelque qualit de matire3 justesse de dessin1 puissance de couleur ou harmonie1--ont survcu4 ,notre jugement varie beaucoup sur l'esprit d'un tableau1 trs peu sur sa matire4 ,si peu que nous considrions1 en ce moment1 les ,carrache1 ou le ,bernin1 ou le ,guide1 ou le ,caravage1 quel est l'artiste qui1 en toute sincrit1 nierait leur puissance et leur beaut8 ,et bien qu'on soutienne que ,cimabu1 ou ,giotto1 ou les sculpteurs franais du ,,xve sicle sont suprieurs toute la ,renaissance1 qui voudrait sacrifier la ,renaissance cet engouement passager8 ,quant certains matres comme ,velazquez1 comme ,rembrandt1 comme le ,titien1 comme ,lonard1 comme ,rubens1 comme ,van ,dyck1 comme ,franz ,hals1 quant aux grandes uvres comme celles de la statuaire grecque1 est-il vraiment des artistes1 aucune poque1 qui sincrement les aient tout fait mpriss8 ,il faut se dfier extrmement1 en un pareil dbat1 des excommunications prononces ou des tiquettes adoptes par les artistes1 dans un moment de lutte1 ou des boutades d'atelier enregistres par les biographes4 ,nous n'avons jamais ni au fond1 crivaient les ,prraphalites1 qu'il y et un art grand et sain chez ,raphal1 et chez ses successeurs4 ,un lve d',ingres lui ayant demand ce qu'il pensait de ,delacroix1 le matre lui dit3 ,c'est un homme de gnie1 mais n'en parlez pas1 et ,m4 ,bordes-,lassalle ayant rapport ce propos ,delacroix1 en lui demandant ce qu'il pensait d',ingres1 le matre lui rpondit en riant3 ,c'est un homme de talent1 mais n'en dites rien4 ,exacte ou controuve1 cette anecdote peint le vrai sentiment des artistes1 pour les plus puissants d'entre eux1 tel qu'il s'exprime1 dans la solitude de l'atelier1 lorsque nul thurifraire n'coute aux portes4 ,sans doute1 ,velazquez n'tait pas1 il y a cinquante ans1 dans les ateliers1 le dieu qu'il est aujourd'hui et qu'il ne sera peut-tre plus demain1 et longtemps le ,laocoon1 clbr par ,lessing1 a t prfr l'uvre prsum de ,phidias4 ,ces matres ont eu des hauts et des bas extraordinaires4 ,dans ce crible que secoue la ,mode aux mains puissantes1 ils sont fort ballotts4 ,mais l'important n'est pas l4 ,l'important est qu'ils restent tous du bon ct du crible1--tandis que le fretin passe au travers1 devient poussire et se disperse au vent4 ,il y a donc des beauts sur lesquelles le sentiment des diffrentes gnrations concorde et des matres sur lesquels il s'accorde1 et de la sorte1 s'il est vrai de dire que le got change1 il l'est tout autant d'affirmer que le mme instinct du beau se perptue4 ,en le niant1 la raction contre les anciennes lois esthtiques est alle trop loin4 ,elle a dpass de beaucoup les limites de ses observations et de ses expriences4 ,on avait affirm sans preuves3 elle a ni sans contre-preuves4 ,on avait embarrass l',art de routines2 elle a contest qu'il y et des conditions vitales et des expriences respecter4 ,enfin1 tout en soutenant qu'il n'y a pas de lois en ,art1 elle en a promulgu de trs svres et de trs impratives4 ,ces lois de l',esthtique contemporaine1 ou1 si l'on veut1 ces tendances ou ces postulats n'ont jamais fait l'objet d'une dmonstration positive4 ,on peut1 sans trop de tmrit1 refuser d'y sacrifier son got personnel1 la lumire qui claire chacun de nous4 ,comment donc juger des faits et des uvres de la vie actuelle8 ,peut-tre le pourrions-nous avec beaucoup moins de philosophie et de sociologie et un peu plus de confiance en notre got instinctif4 ,,iii ,juger avec son got instinctif1 cela veut-il dire aborder l'uvre d'un matre sans aucune prparation1 sans rien savoir de ce matre1 de sa vie1 de son milieu1 de son poque1 ni rien avoir vu de ses autres uvres1 ni de celles qui l'ont inspire8 ,cela veut-il dire que l'uvre doive tre prise intrinsquement1 sans aucune considration de son sujet1 de sa signification historique1 ou morale1 ou lgendaire1 ou sociale8 ,ici1 nous devons nous garder de confondre deux choses3 la jouissance qu'on peut prendre une uvre d'art et le jugement qu'on doit en porter4 ,pour en jouir1 un grand nombre d'ides n'est jamais nuisible et il se peut qu'il soit utile2 pour en juger1 une seule suffit ou plutt un seul sentiment2 le sentiment esthtique et tout le reste3 rapprochements historiques1 significations morales ou sociales1 non seulement n'aide pas en juger1 mais peut1 jusqu' un certain point1 entraver la libert du got et garer le jugement4 ,par l1 on voit combien il faut se dfier de la critique d'art dite littraire1 qui remplace la dlicatesse des sensations par la subtilit des ides1 la posie des formes et des nuances par la posie des mots et qui les confond de telle sorte qu'un philosophe parat avoir des sensations dlicates lorsqu'en ralit ce sont ses ides qui sont subtiles1 et qu'habile diffrencier les moindres nuances d'une pense1 il embrouille les divers tons d'une couleur ou les diffrentes phases d'un geste4 ,je dis qu'il faut s'en dfier1 non pas quand on veut jouir d'une uvre d'art1 mais quand on veut en juger4 ,quant on veut en jouir1 en effet1 quoi de plus naturel1 quoi mme de plus ncessaire que d'en saisir les moindres affinits1 les plus subtiles intentions1 que d'appeler et de rassembler autour d'elle toutes les ides1 tous les souvenirs qui peuvent nous y attacher8 ,aussi1 quand il arrive quelque philosophe de trouver de belles significations et de profonds symboles aux uvres des peintres ou des sculpteurs1 comment pourrait-on le lui reprocher8 ,on dit que ceux-ci ne les y ont pas mis8 ,mais qu'importe1 si on les trouve8 ,et qui a jamais reproch ,mose d'avoir fait jaillir une source l o il n'y avait qu'une terre aride et dessche8 ,mais si le philosophe fait de son interprtation lui la qualit de l'uvre qu'il interprte1 s'il lve son impression toute subjective la dignit de caractre objectif de l'uvre1 si1 en un mot1 il estime l'uvre plus ou moins1 en raison du plus ou moins de penses qu'elle lui a inspires1 c'est alors qu'il nous gare et qu'il faut nous dfier de lui4 ,car un ingnieux philosophe1 un exquis pote peuvent tirer de trs belles inspirations d'une uvre trs mdiocre1 tandis qu'une trs belle matire peut ne rien leur inspirer du tout4 ,giotto ou ,cimabu ont inspir plus de belles pages que ,franz ,hals ou ,velazquez4 ,la beaut d'une description ou d'un commentaire n'est nullement en raison directe de la beaut de l'objet dcrit ou expliqu4 ,on peut mme dire1 en thse gnrale1 que plus un motif1 plus un sentiment1 plus une pense est rendue avec loquence par la littrature1 moins elle peut l'tre par l',art plastique4 ,la langue qui parle aux yeux1 a dit ,fromentin1 n'est point celle qui parle l'esprit4 ,et qu'ainsi1 demander l',art les mmes impressions qu' la littrature1 c'est proprement lui demander ce qu'il ne peut pas donner ou ce qu'il ne peut donner sans contrainte1 sans affectation ou absurdit4 ,un jour1 raconte ,stendhal1 un grand seigneur russe pria le peintre de la cour de lui faire le portrait d'un serin qu'il aimait beaucoup4 ,cet oiseau chri devait tre reprsent donnant un baiser son matre1 qui avait un morceau de sucre la main3 mais on devait voir dans les yeux du serin qu'il donnait un baiser son matre1 par amour1 et non point par le dsir d'obtenir le morceau de sucre4 ,voil de l',art suggestif1 de l'art intentionniste4--,suggestif d'une sottise ou d'un enfantillage8 ,soit4 ,mais l'enfantillage tient moins encore dans la chose suggrer que dans le dsir de suggrer par l',art une chose que dix mots expliquent beaucoup mieux4 ,et il faut prendre garde que ce dsir ne soit aussi vain lorsqu'il s'agit de signifier le bienfait de la mort ou la fraternit humaine que lorsqu'il s'agit de montrer le dvouement dsintress d'un serin4 ,envisageons un sentiment plus haut3 celui de l'amiti et qui a inspir un de nos plus grands suggestifs3 ,poussin4 ,prenons le ,testament d',eudamidas4 ,eudamidas1 vieux soldat de ,corinthe1 allait mourir laissant aprs lui sa mre et sa fille1--et point de fortune4 ,mais si ,eudamidas n'avait point d'argent1 il avait deux amis3 ,charixne et ,art4 ,confiant en leur amiti1 il imagina de lguer sa mre au premier et sa fille au second1 avec mission de nourrir l'une et de marier l'autre avec une aussi grosse dot qu'on pourrait lui donner4 ,poussin lut ce trait chez ,lucien1 le trouva beau et1 comme il pensait que la peinture doit exprimer de fortes penses1 il en fit un tableau3 le ,testament d',eudamidas4 ,dans ce tableau1 le soldat de ,corinthe est reprsent tendu sur son lit4 ,le mdecin1 la main sur le cur du malade1 est l1 observant les approches de la mort4 ,la mre et la fille pleurent3 c'est trs touchant1 mais cela ne nous montre qu'une mort et non pas la confiance en l'amiti4444 ,alors1 pour l'exprimer1 ,poussin a introduit une cinquime figure1 essentielle1 la figure symbolique3 un notaire4 ,il crit les dernires volonts4 ,et c'est l'expression de ce notaire que nous devons de comprendre le legs du mourant4 ,et1 encore1 devons-nous saisir ce trait4--,que si l'un des deux amis1 ,charixne ou ,art1 vient mourir1 le confiant ,eudamidas dispose que le legs qu'il lui fait--c'est--dire la charge dont il l'honore1--revient au survivant4 ,et il faut que nous voyons sur toutes ces figures que le guerrier ne doute pas un instant que sa confiance soit bien place4 ,que de choses dans l'expression d'un notaire6 ,moins encore1 cependant1 ou moins contradictoires que celles admires par les philosophes dans la fameuse ,mde de ,timmomaque4 ,timmomaque1 raconte ,pline1 avait peint une ,mde massacrant ses enfants4 ,ce qu'il y avait d'admirable dans ce tableau1 c'est que l'artiste avait exprim1 dans le mme visage1 la fois la fureur de la femme qui tuait ses enfants et la tendresse de la mre qui les regrettait4 ,et comment y tait-il parvenu8 ,il y tait parvenu1 dit l',histoire1 en donnant la figure un il froce et un il attendri2 en sorte1 ajoute l'historien1 que la fureur paraissait dans la piti et la piti dans la fureur4444 ,c'est l'exagration1 pensera-t-on peut-tre1 qui nous choque ici4--,mais l'exagration d'une vertu1 en ,art1 ne nous choquerait pas6--,peut-tre1 dira-t-on qu'il n'est rien qui1 pouss l'extrme1 ne puisse devenir absurde8444 ,mais si6 ,il y a les qualits spcifiques de cet ,art4 ,un tableau ne peut jamais tre trop harmonieux1 une statue trop bien proportionne1 un monument trop bien quilibr ou trop imposant2 une succession de couleurs ne peut jamais tre trop dlicate1 un passage de lumire jamais trop subtil1 une synthse de traits jamais trop sobre1 ni trop juste1 et s'il y a exagration en quelqu'une de ces qualits esthtiques1 cette exagration deviendra facilement une caractristique et une beaut4 ,qu'il y ait exagration dans la force myologique1--tant mieux1 ce sera ,michel ,ange6 dans la fracheur et la beaut du sang1--tant mieux1 ce sera ,rubens6 dans le mystre du clair-obscur1--tant mieux1 ce sera ,rembrandt6 exagration dans l'analyse subtile1 inquite des moindres frmissements d'indfinissables teintes rompues sous la lumire1--tant mieux ce sera ,watteau6 exagration dans l'importance donne au trait sobre et juste1--tant mieux1 ce sera ,ingres6 exagration dans les jeux splendides mais fugitifs du soleil et de l'atmosphre charge de vapeurs humides1--tant mieux1 ce sera ,turner6 ,et dans chacune de ces qualits spcifiques1 mme exagres1 de ces expressions esthtiques1 mme outres1 il y aura une source de beaut4 ,car plus on dveloppe et l'on pousse l'extrme une vertu propre l',art1 plus on fait un chef-d'uvre dans cet ,art4 ,on voit donc bien la diffrence3 insistance dans le symbolisme1 dans la suggestion1 c'est--dire dans les qualits morales ou sociales de l',art1--source de ridicule4 ,insistance dans l'harmonie1 la prcision1 la dlicatesse1 le mouvement1 qualits spcifiques de l',art1--source de beaut4 ,qu'est-ce dire1 sinon que nous possdons l1 le signe1 la pierre de touche ncessaire pour juger les uvres d'art et que les qualits considrer1 avant tout1 dans l',art1 sont videmment celles qui ne peuvent jamais y tre trop marques1 tre trop puissantes1 tre trop ressenties4 ,celles1 au contraire1 qui deviennent facilement des dfauts3 symboles1 prdictions morales et sociales1 enseignements historiques1 sont des qualits purement accessoires1 ou ne sont pas des qualits du tout4 ,envisageons1 maintenant1 les deux hypothses les plus simples3 une uvre d'art nous plat1 une uvre d'art nous dplat4 ,ceci nous plat4444 ,oui1 mais pour combien de temps8 ,ne vous est-il jamais arriv de changer de sentiment sur un difice1 sur un tableau1 sur un costume1 sur un opra8 ,une toilette qui plaisait il y a vingt ans1 plat-elle autant aujourd'hui8 ,une symphonie1 une romance qui vous parut pntrante la premire fois que vous l'entendtes1 n'a-t-elle pas un peu perdu de charme la centime fois que la meilleure diva l'a restitue vos oreilles8 ,et1 cependant1 si vous avez aim les ,plerins d',emmas de ,rembrandt1 il y a vingt ans1 il y a trente ans1 les aimerez-vous moins aujourd'hui que vous les connaissez mieux8 ,vous les aimerez davantage et davantage vous aimerez une belle symphonie de ,beethoven6 ,il y a donc des gots dont on change et il y a des gots dont on ne change pas4 ,il y a donc des uvres qui plaisent du premier coup et qui dplaisent la longue et il y en a d'autres qui1 la longue1 plaisent davantage et dont le charme se dgage indfiniment4 ,ce n'est donc pas tout de savoir si une uvre d'art nous plat3 il faut encore savoir quoi elle plat en nous3 si c'est un got passager fait de curiosits phmres1 ou bien si elle rpond ce qu'il y a de plus profond en nous et de plus sincre1 de plus naf dans notre admiration et de plus permanent dans notre humanit4 ,or qu'est-ce qui peut nous garer un instant et nous tromper sur la spontanit de notre joie et sur la fidlit ou la dure de notre adhsion8--,bien des choses1 et les plus sages d'entre nous1 les mieux avertis1 les plus artistes peuvent s'y tromper4 ,voici ,ingres1 par exemple4 ,un jour1 raconte un de ses biographes1--c'tait l'poque de son premier voyage en ,italie1--,ingres s'tait pris1 avec la passion qu'il apportait en toutes choses1 des fresques de ,luca ,signorelli1 dans la cathdrale d',orvieto4 ,malgr les incorrections de dtail et les bizarreries d'un style aussi peu conforme encore au style des chefs-d'uvre prochains de la ,renaissance1 que dpourvu de la beaut antique1 ces peintures1 qu'il voyait pour la premire fois1 lui apparaissaient comme de vrais modles1 dignes de la plus minutieuse tude4 ,il voulait se les approprier tous1 s'installer dans l'glise1 au moins pour une semaine1 avec l'lve qui l'accompagnait alors1 et ne quitter la place que lorsqu'il aurait dessin jusqu' la dernire figure1 recueilli jusqu'au moindre lment d'information4 ,le lendemain1 en effet1 il accourt arm de son portefeuille et de ses crayons1 et le voil au travail4444 ,au bout d'une heure1 l'enthousiasme de ses paroles et de ses regards avait cess4 ,il ne disait plus mot1 dtournait la tte1 s'agitait tout moment sur sa chaise et comme son lve1 tonn de ces distractions et de ce silence1 lui demandait s'il admirait moins ce qu'il avait sous les yeux4444 ,oh6 si fait6 rpondit ,ingres3 c'est beau1 c'est trs beau1 mais444 c'est laid1 c'est trs laid6 ,et puis1 tenez1 moi1 je suis un ,grec4444 ,allons-nous-en6--,quelques instants aprs1 il quittait ,orvieto1 oubliant aussi volontiers ,luca ,signorelli1 qu'il s'tait passionn pour lui1 la veille4 ,qu'est-ce dire8 ,qu',ingres ne ft pas sincre8 ,il tait sincre4 ,qu'il ft domin par l'habitude8 ,son premier mouvement avait t1 au contraire1 le got de la nouveaut4 ,que1 sincre et libre1 il n'eut pas une connaissance suffisante de son mtier8 ,qui l'aura8444 ,ou cela ne veut-il pas dire plutt qu'il n'avait pas prouv assez son impression et qu'il ne suffit pas d'avoir bon got1 d'tre libre1 de savoir le mtier3 il faut encore prouver son impression4 ,il faut1 d'abord1 se demander si l'enthousiasme que nous ressentons est un enthousiasme positif ou s'il est ngatif1 c'est--dire si nous aimons une uvre d',art1 une mode1 une apparition vivante pour la vision qu'elle nous apporte ou pour celle dont elle nous dbarrasse1 pour sa beaut nouvelle que nous admirons ou bien simplement pour sa raction contre un idal vieilli que nous n'admirons plus4 ,celui qui a dit3 ,qui nous dlivrera des ,grecs et des ,romains8 tait videmment prt admirer une uvre d'art pour cela seul qu'elle chapperait l'obsession de l',antiquit4 ,constamment1 en effet1 un succs n'est d qu' un besoin de raction4 ,par raction contre le ,ralisme1 on se jette dans le ,symbolisme le plus suggestif4 ,par raction contre le ,symbolisme qui signifie trop de choses1 on se jette dans l',impressionnisme qui n'en signifie plus assez4 ,par raction contre l',impressionnisme1 o nous allons nous jeter8 ,assurment dans quelque manire1 dont la premire qualit sera de restituer une chose que l',impressionnisme aura proscrite4 ,c'est l le secret de certains engouements qui1 autrement1 seraient inexplicables4 ,les femmes1 l'glise1 a crit ,mme de ,girardin1 ont toujours l'air de prier contre quelqu'un4 ,on peut dire1 qu'en ,art1 les grands succs qu'on fait1 passagrement1 une cole sont faits contre une autre cole1 dont on est fatigu4 ,plus tard1 lorsque le besoin de raction est satisfait1 on revient un sentiment plus juste2 le got s'exerce plus librement4 ,or ces besoins de raction1 qui influencent notre jugement1 ne sont pas les mmes selon les gnrations4 ,ils sont contradictoires4 ,ils font osciller la balance tantt trop d'un ct1 tantt trop de l'autre4 ,ce n'est qu' la longue que la moyenne s'tablit3 la ,moyenne1--c'est--dire le jugement du got personnel1 de votre got1 seulement de votre got libr de la ,mode1 de votre got sans raction1 de votre got positif1 universel et permanent4 ,c'est vers cette moyenne qu'il faut tendre si l'on veut juger1 fond et pour l'avenir1 d'une uvre d',art4 ,de mme qu'il faut prendre garde que le sentiment soit trop passager1 il faut prendre garde qu'il soit trop personnel1 trop individuel1 comme1 par exemple1 le souvenir d'un pays que l'on a vu sous une impression de joie intrieure1 la figuration d'une ide qu'on a faite la compagne de sa vie ou d'un fait qui est entr dans notre destine4 ,de ce nombre1 sont la plupart des sujets historiques passionnants pour les gens d'un seul pays1 d'une seule poque et souvent d'une seule opinion1 mais indiffrents tous les autres4 ,un sujet1 par exemple1 qui intresse vivement certains ,anglais est celui de ,john ,knox prchant devant les ,lords de la ,congrgation le #aj juin #aeej4 ,toutes les fois qu'on peindra ce sujet1 en ,angleterre1 on est sr de soulever un vif enthousiasme4 ,c'est que de cette prdication date une re de rformes et de perscutions pour l'glise anglicane4 ,pour nous1 qui n'avons pas les mmes raisons d'tre mus1 si nous allons la ,national ,gallery et si nous voyons le ,john ,knox de ,wilkie1 nous ne prenons garde qu' la faon dont il est peint1 et comme il l'est fort mal1 nous n'prouvons aucune motion4 ,les autres1 un ,turc1 un ,russe1 feront de mme4 ,et1 mme en ,angleterre1 lorsque ,john ,knox sera tout fait oubli1 ce tableau ne fera plus d'impression personne4--,tandis que les galeries de ,florence1 de ,venise1 de ,cologne1 de ,bruges1 d',amsterdam1 sont pleines de tableaux dont les sujets sont oublis depuis longtemps3 scnes d'histoire1 dont le rcit est indchiffrable2 lgendes1 dont l'intention nous chappe2 mythes1 dont le sens est perdu2 miracles1 dont on ne trouve pas trace dans les vies des ,saints2 portraits enfin1 portraits de femmes inconnues dont le nom a dur moins que le sourire1 portraits d'enfants dont on n'a jamais su le nom1 comme ceux de ,murillo ,munich1 et qui1 cependant1 aprs trois sicles couls1 oublis de tous et de tous inconnus1 enchantent encore les imaginations les plus diverses et les plus lointaines4 ,il peut donc y avoir notre impression des causes trs diffrentes et assez faciles dmler3 les unes toutes personnelles1 toutes locales1 qui tiennent seulement au sujet1 les autres universelles qui ne tiennent qu' la manire dont le sujet est trait4 ,ce sont ces dernires seules qui comptent1--non pas quand il s'agit de prendre du plaisir l',art1 mais quand on veut en juger4 ,assurment s'il s'agit d'y prendre du plaisir1 rien ne nous en donnera un si subtil ni si particulier que ce que nous croirons y dcouvrir tout seuls ou ce qui nous semblera y avoir t mis pour nous seuls4 ,mais s'il s'agit de porter sur cette uvre un jugement qui soit compris par les autres1 ou de comprendre celui que les autres ont port1 alors il faut laisser tomber ce qui dans notre impression est le plus individuel1 le plus personnel1 et1 au contraire1 en recueillir ce qu'il y a en elle de plus altruiste1 de plus universel4 ,qu'est-ce donc qui est le plus universel8 ,qu'est-ce qui meut toutes les mes artistes8 ,c'est la beaut spcifique de l',art3 c'est ou la qualit de la sensation colore1 ou celle de la ligne1 ou celle de la densit ou du relief1 ou celle de la puissance et de la souplesse de mouvement4 ,il n'est pas besoin pour les ressentir d'tre de tel pays1 de telle poque1 de telle condition sociale4 ,c'est la langue universelle parle par tous1 entendue par tous4 ,si ces qualits-l y sont1 l'uvre qui nous a plu est belle4 ,envisageons maintenant la seconde hypothse3 l'uvre nous dplat4 ,cela suffit1 pensez-vous peut-tre comme ,william ,morris qui disait3 ,ce qui est laid1 c'est ce qu'on n'aime pas4 ,non1 cela ne suffit pas4 ,encore faut-il savoir quoi elle dplat en nous1 si c'est rellement notre got1 notre sentiment esthtique3 si elle contrarie notre vision directe de la nature ou de la vie1 ou bien si ce ne serait pas une ide prtablie1 une habitude prise1 une ducation reue1 une formule1 un type que nous avons accoutum d'admirer et auquel nous rapportons1 inconsciemment1 tout ce que nous voyons de nouveau4 ,par exemple1 sir ,george ,beaumont entre un jour dans l'atelier de ,constable1 qui venait d'achever un paysage1 le regarde en connaisseur qu'il tait et lui dit3 ,oui1 c'est trs bien1444 mais je ne vois pas votre petit arbre brun4444 ,o allez-vous mettre votre petit arbre brun8 ,or il n'y avait pas de petit arbre brun dans le coin de nature interprt par ,constable1 mais1 cette poque1 il tait entendu qu'il fallait toujours1 au premier plan1 un petit arbre brun1 ou une souche1 ou une racine noire4 ,c'tait une habitude entre tellement dans la vision des amateurs1 que s'ils ne voyaient pas le premier plan pourvu de ce sombre appendice1 ils ne reconnaissaient pas un signe des tableaux de matres1 et ils taient choqus4 ,c'est cette habitude1 cette intoxication1 pourrait-on dire1 du brun1 du noirtre1 de la couleur ambre qui a fait repousser les impressionnistes quand ils ont paru4 ,on s'est cri3 ,qu'est-ce que ces ombres violettes8 ,les ombres ne sont pas violettes6 ,les ombres sont brunes4 ,sans entrer1 pour le moment1 dans l'examen des thories impressionnistes1 on peut dire que les ombres ne sont certainement pas1 au moins en plein air1 brunes comme on les peignait avant eux4 ,ce n'tait nullement une loi de nature3 c'tait une simple habitude prise regarder les tableaux jaunis et noircis des matres4 ,et1 alors1 devant des essais beaucoup plus justes1 on tait choqu1 on criait au scandale4 ,le terreux et l'olive1 dit ,delacroix1 ont tellement domin leur couleur que la nature est discordante leurs yeux avec ses tons vifs et hardis4 ,comment donc s'y prendre1 quand une uvre imprvue1 une technique nouvelle vient tonner la vision que les uvres anciennes nous ont donne de la nature8 ,comment discerner si c'est une tentative lgitime1 une vision juste1--ou une gageure1 une erreur ou une folie8 ,tout simplement en le demandant au modle lui-mme1 la grande inspiratrice3 en consultant la ,nature et en lui comparant1 en collationnant1 pour ainsi dire1 avec elle1 l'interprtation nouvelle qu'on veut nous en imposer4 ,on dit3 ,tous les gots sont dans la ,nature4 ,soit4 ,mais toutes les nouveauts y sont aussi4 ,le ralisme1 dit ,delacroix1 est la grande ressource des novateurs1 dans les temps o les coles alanguies1 pour rveiller les gots blass du public1 en sont venues tourner dans le cercle de leurs inventions4 ,le retour la ,nature est proclam1 un matin1 par un homme qui se donne pour inspir4 ,c'est la loi de toutes les rvolutions esthtiques4 ,il faut donc y retourner aussi pour juger d'un nouvel effort4 ,d'ailleurs1 quand parat un mot nouveau1 une expression inconnue1 que faisons-nous pour en juger8 ,par exemple1 le mot3 ensoleiller1 le mot3 papillonner1 le mot3 mondial8 ,irons-nous comparer l'expression nouvelle celles qui existent dj et voir si elle leur ressemble8 ,ou n'irons-nous pas plutt la comparer la pense et voir si elle la rend8 ,devrons-nous chercher dans un dictionnaire et1 si nous ne l'y trouvons pas1 dire3 c'est une expression mauvaise2 il ne faut pas l'accepter6 ,ou ne devrons-nous pas chercher dans la pense si la nuance que rend le mot y existe1 et si cette nuance existe et si l'on n'a pour la rendre encore aucun mot1 ne dirons-nous pas qu'il est lgitime de l'employer8 ,or comparer l'expression nouvelle la pense1 en littrature1 c'est1 en ,art1 comparer la vision nouvelle la ,nature1--qui est peut-tre une pense infinie4 ,ainsi1 pour juger d'une uvre d'art1 d'une forme nouvelle dans la vie1 un seul guide3 le got4 ,mais le got libr des associations d'ides et de l'habitude4 ,or le got ne se libre des ides que s'il s'attache aux qualits spcifiques de l'art1 parce que1 seul1 il peut les sentir4 ,il ne se libre de l'habitude que s'il se retrempe dans la contemplation de la ,nature parce que1 seule1 elle contient toute nouveaut4 ,juger avec son got2 le got s'exerant sur les qualits spcifiques2 ces qualits tant considres dans leur rapport avec la ,nature2--toute la mthode pour juger d'une uvre d'art ne serait-elle pas l8 ,,iv ,telle est la mthode applique dans les essais qui vont suivre4 ,dans aucun d'eux1 l'auteur ne prend parti contre le got instinctif de la foule2 mais dans tous1 il essaie de librer ce got des habitudes de la vision et de le mettre en garde contre les sophismes du raisonnement4 ,si l'on condamne1 de prime abord1 la forme grle des ponts mtalliques1 il demande un second examen4 ,il examine si ce n'est point l'accoutumance aux formes massives de la pierre qui nous empche d'admirer la fine trajectoire du fer4 ,si l'on refuse de voir dans les meilleures uvres de ,monet ou de ,sisley des effets justes rendus avec puissance1 le lecteur est simplement sollicit d'observer s'il ne s'est point fait les yeux aux tonalits chaudes et cuites des anciens paysagistes1--et si1 en s'efforant de voir la nature avec des yeux neufs1 en considrant les champs par le plein soleil1 il ne retrouve pas plutt les tons de ,claude ,monet que ceux de ,claude ,lorrain4 ,et1 ainsi1 la beaut de certaines choses nouvelles apparat1 pour peu qu'on laisse dcider le got1 sans l'obsession des modles anciens et des souvenirs4 ,mais1 d'autre part1 l'auteur ne pousse pas si loin la mfiance de cette obsession ou de ces souvenirs qu'elle le dtourne de son instinct1 lorsqu'il s'lve avec persistance contre une chose nouvelle4 ,si donc1 sacrifiant son got instinctif et son impression sensorielle quelque raisonnement1 le lecteur se croit tenu d'admirer le vtement gomtrique moderne ou les maisons de rapport de vingt tages1 parce qu'il n'y a pas de formes laides en soi et dont l',art ne puisse tirer parti1--ou s'il condamne1 malgr qu'il les trouve belles1 certaines photographies de tout point semblables des mezzo-tintes ou des fusains1 parce que la nature n'y est pas vue travers un temprament1--l'auteur demande la permission d'examiner ce que valent ces deux propositions philosophiques3--s'il est bien vrai que l',art ait jamais tir parti de la laideur gomtrique ou s'il est bien sr qu'il n'y ait point1 dans certaines photographies1 intervention d'un temprament4 ,car ce sont l des arrts justiciables de la critique la plus rationnelle1 puisque le got1 l'instinct naturel y est plutt contrari que suivi et que1 seule1 une opration de la raison en a dcid4 ,quant au reste1 quant ce qui ne relve pas de la critique historique1 c'est la ,nature seule qu'il faut consulter4 ,elle seule est toujours belle1 ou1--si le mot de beaut veille une ide de perfection plastique trop restreinte et trop anthropomorphe1--elle seule est toujours1 en tous ses dtails1 et toutes ses heures1 une joie pour le sentiment profond qui veille en nous4 ,a ce sentiment esthtique1 ou cette sensation1 qui ne se dfinit gure que parce qu'il n'est pas et qui ne s'explique pas plus celui qui l'ignore que les sensations de la faim ou de la soif qui ne les a jamais ressenties1 constamment il faut en appeler4 ,il est juge suprme de l',art1 parce qu'il en jouit et en souffre suprmement4 ,combien l'prouvent1 je ne pourrais le dire1 mais comme un culte commun1 il unit travers l'espace1 devant les mmes uvres1 des tres qui s'ignorent et1 travers le temps1 des tres qui se succdent1 par les mmes motions subtiles ressenties et les mmes colres1 et les mmes douleurs et les mmes joies prouves4 ,s'il est des questions esthtiques contemporaines1 c'est pour ceux-l seulement d'entre nous1 pour qui il y a des joies et des douleurs esthtiques1 et toute la science ou la raison du monde ne nous servirait de rien sans cette joie ou cette douleur1 pour les claircir1 ou seulement pour les prouver4 ,,premi,,re ,,partie ,l',,esth,,tique ,,du ,,fer ,l',,esth,,tique ,,du ,,fer ,rssuscitons par la pense le printemps de l'anne #aijj4 ,c'est l'anne de l',exposition universelle4 ,les oiseaux migrateurs qui passent en cette saison sur ,paris voient le long du fleuve qu'ils connaissent un spectacle qu'ils ne connaissaient pas4 ,l'ensemble de la ville n'a pas chang4 ,c'est bien toujours la mme mer grise de pierres o tranent des vapeurs1 o s'enfoncent des paquets d'herbes1 o mergent et l les nefs des cathdrales et les boues noires et dores des dmes dans le flottement des ombres violettes qui suivent la course des nuages4 ,mais ce qui est nouveau1 c'est l'entassement d'une multitude de toits1 sur des rives ordinairement vides1 et ce qui est trange1 c'est leur diversit4 ,la plupart de ces toits1 l'oiseau migrateur les connat et1 s'il est de ceux qui y suspendent leur nid1 il en sait le degr d'hospitalit4 ,mais il ne les a jamais vus ensemble4 ,il est accoutum trouver1 aprs les toits pointus en bois ou en ardoises des rgions pluvieuses1 le toit de tuiles des climats temprs1 puis le dme et la terrasse des pays chauds1 mais non pas avant d'avoir travers les montagnes qui partagent les bassins1 ni suivi les valles o s'tagent les vignes1 ni pass la mosaque bleue et or de la mer et des les et vu se presser les ttes rondes des orangers et la garde montante des cyprs4 ,ici1 en planant1 dans un coup d'ailes1 il aperoit1 aussi serrs les uns contre les autres que des chapeaux dans une foule1 tous les toits que sparent d'ordinaire de longues journes de voyage travers les climats changeants3 chapeaux plats1 chapeaux ronds1 chapeaux de paille1 casques d'or1 pyramides cailles de bois disposes pour le glissement des neiges2 terrasses faites pour goter la fracheur des soirs1 dmes d',orient1 piles d'abat-jour1 toits relevs leurs bouts comme des souliers la poulaine1 pigeonniers du moyen ge1 taillis de couteaux du ,soudan1 tas de grosses bches des toupas ou des isbas2 tous les jets des flches et tous les bouillonnements des coupoles1 depuis la pomme byzantine jusqu' la poire d'or moscovite4 ,voil ce qu'un migrateur au printemps de l'anne #aijj pouvait voir en passant4 ,mais pendant l'hiver qui prcda l',exposition1 ce qu'il et aperu tait plus trange encore4 ,au premier abord1 en voyant la fourmilire des ouvriers s'acharner ces constructions hmisphriques tout au bord de l'eau et avec des matriaux qui1 de haut1 ressemblaient beaucoup de fines bches1 il les et pris pour un peuple de castors au travail4 ,au bout de quelques instants1 mieux considrer ces difices1 il les aurait crus construits par des oiseaux4 ,on et dit en effet des nids gigantesques poss sur les deux bords d'un ruisseau3 nids forms d'un inextricable fouillis de baguettes entremles avec une incomparable adresse1 que peut seule surpasser celle du loriot ou de la rousserole2 nids feutrs sinon du coton des fleurs de peuplier1 de toiles d'araignes ou de mousse1 du moins de chanvre ou d'toupe mls du pltre1 c'est--dire de staff2 nids tresss de tiges de fer comme ce nid qu'on peut voir ,soleure1 pays d'horlogers1 et que les oiseaux ont construit avec des ressorts de montres4 ,l'armature fine1 dlicate1 nouvelle de tous ces monuments1 l'ingniosit de ces nids ou de ces treillis de fer1 impondrables l'il quand ils taient nus1 insouponnables ds qu'ils furent revtus1 armature commune de tous ces organismes si diffrents1 tel fut assurment le plus grand prodige de l',exposition de #aijj4 ,devant cette vgtation de fer de plus en plus touffue et envahissante1 nous reconnaissons la marche sre et les fortes prises de la science4 ,et quand1 par hasard1 cette armature1 dbarrasse de tous les matriaux qui la cachent1 veut se suffire elle-mme et apparat seule nos regards1 comme dans l'intrieur de quelques palais et dans le nouveau pont jet sur la ,seine1 quand nous voyons se raliser au seuil du sicle nouveau le vu de ce pote du ,,xvie sicle3 ,une maison d'archal compose en rseaux1 ce n'est plus seulement de l'admiration pour la ,science1 mais ce sont des inquitudes pour l',art4 ,inquitudes mles d'esprances1 car1 dans l'agglomration de toutes ces formules de bois1 de pierre1 ou reproduisant exactement les formes du bois et de la pierre1 le seul rameau nouveau1 qui s'ajoute au vieil arbre touffu et confus de l'architecture universelle1 est un rameau de fer4 ,que faut-il partager de ces inquitudes8 ,jusqu'o faut-il aller de ces esprances8 ,c'est ce que les exemples mis depuis quelques annes sous nos yeux nous permettent peut-tre de dterminer4 ,,chapitre ,i ,comment juger d'une architecture nouvelle8 #a4 ,comment en jugerons-nous8 ,avec notre got4 ,car1 pour juger d'une forme nouvelle1 nous devons nous garer de deux suggestions3 l'une que nous fournit la pure habitude1 l'autre que nous inspire le raisonnement pur2 la premire ayant faonn notre got1 jusqu' le rendre hostile toute forme nouvelle1 et le second nous faisant dfier de cette habitude1 jusqu' l'abdication complte de notre got4 ,les deux manires de juger sont fatales1 car elles entravent galement l'indpendance du seul sentiment qui nous permette d'prouver la beaut3 le sentiment esthtique1 alors que la raison ne doit servir qu' carter du sujet les entreprises de la raison mme et assurer le libre exercice du got4 ,en effet1 parce qu'une forme imprvue veille en nous d'autres ides que l'usage du monument auquel l'artiste vient de l'employer1 il ne faut pas la condamner comme laide4 ,et1 par exemple1 ce n'est point parce qu'un muse ressemblerait de loin un chapiteau d'alambic ou une porte monumentale un appareil de chauffage1 qu'il faudrait1 ds l'instant1 les condamner4 ,ce n'est point davantage parce que de minces piliers1 faits d'une matire nouvelle et supportant une norme vote1 ne nous fourniront plus l'impression de stabilit que nous donnaient les larges assises de pierre1 qu'il faudrait dire que toute beaut est perdue4 ,l'habitude n'est pas une loi4 ,mais1 d'autre part1 parce qu'une forme1 bien que laide1 nous paratrait s'approprier exactement aux besoins de la vie moderne1 comme fait une gare de chemin de fer1 il ne faudrait pas en conclure ncessairement qu'elle est belle4 ,une forme peut tre nouvelle la fois et belle4 ,mais elle peut tre nouvelle1 exactement approprie un besoin moderne1 reprsentative d'une foules d'ides sociologiques1--et laide sans plus4 ,dans les deux cas1 ce dont il faut se mfier1 c'est l'abus du raisonnement4 ,ce qu'il faut suivre1 c'est l'impression esthtique1 et non pas ce que cette impression a de surtout intellectuel1 comme l'association des ides dans notre tte1 mais ce qu'elle a surtout de sensible1 comme l'association des formes devant nos yeux4 ,ce qu'il faut en croire surtout1 c'est notre impression4 ,or1 ce qui provoque d'abord l'impression des yeux1 ce n'est pas une notion intellectuelle1 ce n'est pas l'ide de l'appropriation un usage1 ce n'est pas l'ide de signification structurale1 ce n'est pas mme l'ide de stabilit3 c'est l'lgance1 le rythme1 la silhouette totale1 apparue2 c'est1 si l'on peut ainsi dire1 la tache heureuse que fait un monument sur la ville et sur le ciel4 ,si cette tache n'est pas heureuse1 si1 aux yeux1 les lignes dcisives sont lourdes ou triques1 ou monotones1 vainement prouvera-t-on que l'difice est solide1 appropri sa destination1 rvlateur de sa fonction1 suggestif d'ides2 il pourra plaire l'esprit1 il ne plaira pas au sentiment esthtique4 ,a l'inverse1 si la tache est heureuse1 le monument peut tre archaque1 exotique1 mal appropri au sol et au ciel2 il peut1 vu de son pied1 n'offrir que des profils tristes1 des reliefs masqus les uns par les autres1 et pourtant1 s'il est contempl de loin1 produire sur la ville et dans le ciel une tache heureuse1 une apparition rvlatrice4 ,le ,sacr-,cur de ,montmartre est un exemple4 ,peu de projets furent assaillis de critiques plus vives1 plus unanimes1 plus lgitimes4 ,d'abord1 cette glise n'tait gure qu'une coupole1 sans nef qui y conduist4 ,d'en bas1 on ne pouvait apercevoir sa faade1 mais seulement son porche1--ce qui ne donnait l'ide que d'une grande chapelle4 ,il n'y avait point de lumire au dedans1 et point d'ombres1 accusant les reliefs1 au dehors4 ,d'ailleurs1 pourquoi cet art exotique et vieillot du ,bas-,empire8 ,pourquoi1 sur la ,ville ,lumire1 ce pastiche norme d'une obscure btisse de ,prigueux8 ,toutes ces critiques semblaient trs justes1 et si l'on va regarder le colosse de prs ou du bas de la ,butte1 elles n'ont rien perdu de leur vrit4 ,mais puisqu'on le voit de tant de points diffrents de ,paris1 de l'avenue ,montaigne comme de la rue ,solfrino1 des boulevards comme du haut de ,meudon1 c'est sans doute son effet lointain et total qu'il faut considrer4 ,or1 cet effet est une rvlation4 ,on ne voit plus1 au-dessus de la montagne de maisons grises1 qu'un lger nuage blanc et violet1 nuage d'o ne tombe nul orage1 mais1 seul et rare1 le grondement d'une cloche4 ,le critique ne peroit1 si bien qu'il regarde1 qu'un floconnement de coupoles qui assaillent le ciel1 l'une montant sur l'autre1 la dernire enfin atteignant son but1 et recouvrant tout de sa splendeur4 ,bien au-dessus des coupoles de la contemplation et de la guerre1 au-dessus des observatoires fixs sur les terres1 et des tourelles errantes sur les mers o s'embusquent les plus prodigieux appareils d'observation ou de destruction qu'ait produits le gnie humain1 s'lve maintenant la coupole du ,salut4 ,et l'on sent que cette forme est bien celle qui convenait ici4 ,au sommet d'une ville qui pyramide1 ce n'est point un nouvel lan qu'il faut1 mais une couronne4 ,des plaines1 il est bon que les flches s'lancent vers le ciel comme une prire4 ,mais des hauteurs il est mieux que les coupoles s'abaissent comme une bndiction4 ,de mme1 la tache heureuse1 c'est le mrite du ,petit ,palais et de la perspective entire des ,champs-lyses aux ,invalides4 ,certes1 il n'y a rien dans ces monuments de nouveau1 ni de puissant4 ,le ,grand ,palais se prolonge1 et l1 dans un dveloppement si peu comprhensible qu'il parat des deux le plus petit4 ,sa colonnade se juche sur un soubassement si haut et se tapit sous une masse de verre si norme1 que les colonnes1 rduites un rle purement ornemental1 ne jouent plus le rle de supports o leur lgance se dploierait4 ,le style est tellement composite1 que tout en satisfaisant l'il peu prs partout1 il ne frappe et ne s'impose nulle part4 ,quelques ornements se dressent inutilement1 telles ces fioles gigantesques et inexplicables qu'on voit plantes deux par deux1 et l1 sur le haut de l'difice4 ,ds qu'on s'loigne1 l'norme ballon de verre1 allong sur la pierre comme un arostat1 plus pesant aux yeux qu'un toit de pierre ou d'ardoises1 crase1 opprime et aplatit jusqu' terre le pauvre difice4 ,et des chevaux froces1 projets en ventail sur chacune des portes latrales1 s'puisent en efforts dsesprs pour quitter ce monument auquel un sort inexplicable les a1 momentanment1 attachs4 ,mais1 quand on aura fait ces critiques et cent autres1 il n'en restera pas moins que1 vus des ,champs-lyses1 les deux palais sont ce qu'il fallait qu'on vt4 ,ils forment l'alle ncessaire1 plante de colonnes ioniques1 qui conduit l'il aux pylones qui marquent les limites du fleuve4 ,ce sont les jalons indispensables pour creuser l'horizon vers le dme4 ,la tache que fait chacun de ces deux palais est si heureuse qu'on ne la remarque dj plus4 ,il semble qu'ils aient toujours t l4 ,quand on entre dans le ,petit ,palais de ,m4 ,girault1 on prouve cette impression de paix4 ,on l'prouve aussi sous la colonnade intrieure qui gaie l'hmicycle1 devant les trois miroirs o se refltent les marbres neufs1 et o l'on voit1 quand un souffle ride l'eau1 les gnies qui se tiennent sur le portique1 remuer1 au gr des reflets1 leurs ailes d'or4444 ,le succs du ,petit ,palais1 c'est le triomphe de l'clectisme1 mais c'est aussi le signe vident que notre architecture n'excelle qu'aux recommencements et1 qu'au milieu de tant de choses neuves1 il n'y a pas une nouveaut4 ,la pierre n'aura-t-elle donc rien fourni d'imprvu dans cette immense pousse architecturale8 ,n'y a-t-il rien qui donne une physionomie nouvelle au ,paris de #aijj8--,si4 ,mais ce n'est pas un legs de l',exposition4 ,regardez plus loin vers le ,sud et regardez plus haut vers le ,nord4 ,deux monuments dont personne ne parlait plus et qu'on n'avait point invits la fte1 deux intrus gigantesques surgissent brusquement l'un dans la plaine1 l'autre sur la colline et1 ensemble1 aux deux cts de l'horizon1 donnent ,paris un couronnement que nous ne lui connaissions pas4 ,l'un est le dme des ,invalides1 l'autre est le ,sacr-,cur de ,montmartre4 ,entre les deux rives qu'ils ponctuent1 la science a jet le pont de la ,paix4 ,ce dme1 ce faisceau de coupoles1 ce pont qui permet d'aller des unes l'autre1 voil ce que ,paris n'avait pas encore vu et ce que le monde entier dcouvre aujourd'hui comme une vision nouvelle dans ,paris4 ,l'un nous tait cach par les chafaudages1 l'autre par le palais de l',industrie4 ,les nuages se sont dissips4 ,le palais o l'on vit tant de mauvaises peintures est tomb comme un mauvais rve4 ,a son dernier jour seulement1 rduit sa porte monumentale sous la pioche du dmolisseur1 il revtit un instant la dignit d'une ruine4 ,il eut l'aspect d'un vieil arc de triomphe1 tandis que dans l'atmosphre de fvrier mle de pluie et de soleil1 l'aiguille d'or des ,invalides1 soudain apparue1 tourne vers les nuages derrire les dcombres1 droite1 tincelante1 sembla marquer une heure invisible1 dans le ciel incertain de la patrie4444 ,en bas1 ,gallia ,victrix1 en haut1 ,gallia pnitens et devota3 la vision est singulirement antithtique et saisissante4 ,certes ces deux monuments furent assaillis de bien des colres philosophiques1 le plus ancien1 pour son souvenir qu'on trouvait insolent1 le plus jeune1 pour sa devise qu'on trouvait trop humble1 comme s'il y avait quelque honte faire1 aprs les preuves que l'on sait1 un examen de conscience nationale et comme si1 d'ailleurs1 la foi qui poussa tant de millions de ,franais dans cette uvre dsintresse1 patiente1 profonde1 dans cet difice dont la hauteur souterraine gale exactement la hauteur visible1 n'tait pas1 quelque opinion qu'on puisse avoir sur son objet1 une preuve de vie1 et1 autant que nos formidables exhibitions industrielles1 un signe de force au manomtre d'une nation6 ,et1 d'autre part1 est-il mauvais que l'apparition du dme de ,mansart nous rappelle ce qu' ce manomtre la gloire jadis a marqu8 ,les choses ont leurs ironies plus encore que leurs larmes1 et dans la hte o nous sommes de leur donner des significations ternelles1 nous courons le risque des prdictions d'almanach4 ,on a construit ce pont l'honneur de la ,paix et le voici qui mne tout droit au ,dieu de la ,guerre4 ,on a ouvert ce chemin pour aller commodment jusqu' ce congrs pacifique des peuples1 entre les mille drapeaux des nations flottant sur diverses pices1 et il se trouve que c'est une troue vers le casque flambant au soleil qui recouvre les mmes drapeaux trangers1 seulement dchirs1 ceux-l1 et conquis dans les batailles4 ,de son antre de vieilles pierres franaises tailles par les maons du grand sicle1 au fond de la cour d'honneur1 ayant sous ses pieds le bronze histori de ,wurtemberg et sur sa tte les tendards suspendus dans le sanctuaire1 le petit homme444 tout habill de gris regarde droit travers l',exposition jusqu'au cur de la ville qui lui tait masqu4 ,on savait qu'il existait1 sans doute1 mais on avait oubli qu'il ft l1 si prs dans ces ,champs-lyses cosmopolites o tous les peuples du ,nouveau-,monde pouvaient passer et repasser sans le voir4 ,mais1 tout d'un coup1 il parat4 ,et comme une foule qui se range sur le passage d'un souverain1 voici que tous ces palais de carton3 palais des arts dcoratifs et palais des manufactures nationales1 palais des peuples nouveaux comme palais des peuples jadis vaincus1 palais aigretts comme des casques et chamarrs comme des chambellans1 se sont rangs des deux cts pour laisser voir au loin1 tout au bout du sillon creus par le respect1 le dme or et noir1 le monument solide et hautain d'une gloire qui n'est plus4 ,et il semble qu'on entende retentir tout coup1 dans les ,champs-lyses inutilement affairs et gravement frivoles1 le cri qui faisait ranger tous les courtisans dans les salles des ,tuileries ou de ,saint-,cloud3 l',empereur6 #b4 ,ce don d'une architecture nouvelle que la pierre nous refuse1 le fer nous le promet-il8 ,on s'en flatte d'ordinaire et l'on a crit l-dessus de trs belles pages4 ,jadis ,boileau et ,labrouste en fournirent de fort bonnes raisons et de fort mauvais exemples4 ,a cette opinion ,viollet-le-,duc se rangea aussi4 ,depuis eux1 cette ide s'est rpandue qu'une civilisation nouvelle1 servie par de nouveaux matriaux1 ne pouvait manquer de produire un style d'architecture nouveau4 ,et puisque le fer tait d'hier1 il devait donner des courbes1 des votes1 des lignes que l',antiquit ni le ,moyen ,age n'avaient connues4 ,dans ces inoubliables pages simplement dfinies par leur auteur1 les ,cahiers d'un tudiant l',exposition de #ahhi1 o ,melchior de ,vog dcouvrit tant d'mes curieuses1 inquites1 la signification de l'volution matrielle laquelle nous assistions1 l'loge du fer retentit comme la diane et nous rjouit comme une aurore4 ,beaucoup de nos impressions confuses semblaient le corroborer4 ,comme les monuments les plus simples que nous devions son emploi dans les usages utiles de la vie nous paraissaient infiniment moins laids que nos prtentions architecturales2 comme la ,galerie des machines de ,paris ou l',ames ,building de ,boston taient moins offensants pour la vue que le casino de ,monte-,carlo ou que le ,trocadro1 nous en tirions tous cette conclusion que le fer possdait par lui-mme quelque vertu de beaut abstraite et algbrique1 que1 dans tous les cas1 la force du besoin clairement manifeste tait sans doute un principe de beaut4 ,c'tait partir d'une observation trs juste1 mais incomplte pour en tirer une dduction trs contestable4 ,car1 s'il est assez difficile1 en architecture comme ailleurs1 de dterminer quel est le vrai principe de beaut1 il ne l'est pas d'apercevoir qu'il ne tient ni dans la force de l'algbre1 ni dans la force du besoin4 ,on n'a jamais observ qu'une chose ft belle par cela seul qu'elle tait ncessaire4 ,ce qu'on a observ maintes fois1 c'est qu'une chose ne du besoin et neutre au point de vue esthtique devenait laide1 quand on la parait d'un ornement n de la fantaisie4 ,ce n'est pas la force du besoin qui est un principe de beaut3 c'est la faiblesse du superflu qui est une raison de laideur4 ,l o le besoin se manifeste seul1 il n'y a le plus souvent ni laideur1 ni beaut4 ,il y a une sorte de neutralit esthtique4 ,de grands murs nus ou quadrills de briques apparentes et cribls de fentres gales peuvent tre tristes3 ils ne sont pas irritants comme des faades de petits thtres chargs de tous les dsordres grecs ou de toutes les intemprances de l',orient4 ,on vivra tristement devant ces maisons simples1 mais non dans la colre4 ,elles sont comme de longues plaines endormies sous les neiges1 qu'aucun accident ne trouble1 que nul ornement n'gaie4 ,mais elles ne sont pas de mauvais got4 ,le mauvais got ne se rvle qu'avec l'accident1 l'ornement1 la prtention architecturale4 ,le mauvais got suppose l'exercice d'un got4 ,le laid ne commence qu'avec la recherche du beau4 ,quand vous passez devant un monument agressivement inesthtique1 supprimez par la pense tous les ornements inutiles sa solidit et indpendants de sa fonction1 redressez toutes les courbes que rien ne suggre1 abattez toutes les moulures que rien ne ncessite et le monument cessera d'tre laid4 ,mais il ne deviendra pas ncessairement beau4 ,en supprimant l'inutile1 en serrant de prs la logique de la construction1 vous aurez certainement t la laideur4 ,mais vous n'aurez pas ncessairement confr la beaut4 ,et1 d'autre part1 que de belles lignes monumentales ou dcoratives ne sont pas logiques le moins du monde et ne satisfont nullement notre raison1 mais seulement notre got1 notre instinct tout physique1 et sensoriel d'harmonie1 de souplesse et de vigueur6 ,que de chefs-d'uvre o l'ornement n'est pas une mise en vidence de la structure interne1 mais une dissimulation6 ,que de riches courbes qui ne sont pas drives des qualits spcifiques des matriaux employs1 mais imites de formes cres pour d'autres matires1 en d'autres temps et sous d'autres cieux6 ,voici le ,baptistre de ,florence3 la forme ronde et cintre de sa structure interne est-elle rvle au dehors par une construction circulaire8 ,point du tout2 les murs sont plats et la figure hexagone1 en sorte qu'on croit entrer dans une salle rectangulaire1 et on trouve une rotonde4 ,voici le ,saint-,marc de ,venise3 l'ossature est-elle visible8 ,non1 elle est dissimule sous un revtement clatant de mosaque l'aspect de mtal4 ,voici l'architecture arabe3 les arcs1 les ogives dcoups profusion ne nous laissent pas de doute4 ,nous voyons bien que le poids est rejet tout entier sur les cts4444 ,c'est faux6 ,il repose sur les poutres horizontales demeures invisibles4 ,prenons la colonne dorique4 ,faut-il blmer la forme du ft renfle mi-hauteur1 parce qu'elle est inspire de l'crasement des faisceaux de cannes primitivement employs1 ou n'est-elle pas un charme de plus8 ,faut-il blmer les plus anciens monuments de l',inde1 parce qu'ils reproduisent en pierre les poutres et les balustrades de bois et en imitent jusqu'aux joints8 ,ou les meubles du ,moyen ,age et de la ,renaissance1 parce que le bois y reproduit les formes architectoniques de la pierre8 ,o est la logique en tout cela8 o l'appropriation de la forme la matire8 o l'expression de la structure intime par l'ornement8 ,que de beaux difices1 enfin1 dont l'aspect ne rvle nullement la fonction6 ,et quand1 d'aventure1 l'un de ceux qui la rvlaient ne remplit plus la fonction pour laquelle il fut conu1 cesse-t-il pour cela d'tre beau8 ,la faade de l'htel des ,invalides est-elle devenue moins belle depuis qu'elle recouvre des comits techniques d'inventions la place de l'hospice hroque qu'elle tait cense annoncer aux yeux8 ,le palais des papes d',avignon est-il moins beau depuis qu'il ne contient plus de papes1 les pyramides moins belles depuis qu'elles n'ont plus leurs morts8 ,qui a jamais compris1 en les voyant1 quoi peuvent servir les gopuras ou les terrasses superposes de l',inde1 et qui a hsit les admirer8 ,quand s'lve1 l'horizon ou dans la fort1 une belle harmonie de pierre1 ou de bois1 ou de mtal1 qu'importe qu'elle serve une glise ou un hpital1 une caserne ou un chteau1 une forteresse ou un concert8 ce n'en est pas moins une belle harmonie4 ,dire que1 pour tre belle1 une forme doit annoncer et exprimer la fonction qu'elle remplit1 c'est noncer une de ces propositions respectueusement admises par la critique contemporaine pour leur aspect rigoureux1 mais que rien ne vrifie et qu'on se passe de main en main comme une pice fausse1 de confiance1 faute de l'avoir jamais regarde4 ,quand donc nous aurons tabli que le fer est utile1 qu'il est logique1 qu'il est nouveau1 qu'il est appropri nos besoins et notre tat social1 et qu'il rvle immdiatement au dehors sa structure interne1 nous n'aurons pas montr qu'il confrera ncessairement nos monuments quelque nouvelle beaut4 ,il faudra encore qu'il ait certaines qualits que la raison peroit moins clairement peut-tre1 mais que le sentiment prouve et que les yeux dmlent3 la grce1 l'lgance des courbes1 la sre et facile harmonie des droites1 le jeu des ombres sous les reliefs1 le balancement des pleins et des vides1 l'ordre qui repose la vue parce qu'il est facile percevoir1 et la varit qui la sollicite parce qu'elle lui offre des multitudes de sensations prouver4 ,,chapitre ,,ii ,le triomphe du fer3 le ,pont et son chec1 la ,maison4 ,or1 les prouvons-nous8 ,non4 ,quand on fait l'apologie des monuments de fer1 les motifs qu'on nous en donne sont surtout de raison raisonnante4 ,on ne dit pas3 ce monument est admirable parce qu'il plat au sens obscur de l'ordre dans les formes matrielles et au got de leur varit1 de leurs tours et de leurs retours capricieux o l'harmonie se devine1 mais se dissimule sous la complication1 mais on dit3 il faut de toute ncessit qu'il le soit1 puisqu'il rpond au temps o nous vivons et aux instincts du peuple que nous sommes4 trange postulat6 ,comme si toutes les fois qu'un peuple et qu'un temps avaient des besoins nouveaux1 ils craient ncessairement un beau style d'architecture pour les exprimer8 ,quoi de plus nouveau1 de plus puissant et de plus genuine que la jeune civilisation amricaine1 et quoi de plus banal que ses palais1--chteau de ,blois sur la face1 ,parthnon sur le revers1--qui empruntent tous les styles et ne rendent pas1 en intrt1 ce qu'ils ont emprunt8 ,on a voulu faire un sort1 en esthtique1 aux maisons hautes des tats-,unis comme aux premiers phares dresss pour clairer les novateurs des deux mondes4 ,mais les bien considrer1 les styles de ces gigantesques accroche-nuages ne sont que des multiplications de styles dj fort connus et fort anciens4 ,ce n'est point parce que le ,monadnock ,building entassera treize bow-windows les uns sur les autres qu'il aura ralis un style de bow-window nouveau1 ni parce que l',union ,trust ,company de ,missouri portera plus haut qu'aucun monument gyptien la gorge gyptienne1 qu'il aura en quelque manire enrichi ce mode de couronner un sommet4 ,ces maisons hautes romanes par leur porte1 grecques par leurs colonnes1 gyptiennes ou plus souvent gothiques par leur couronnement1 sont tout ce qu'une maison peut tre3 hors amricaines4 ,par leur masse compacte et solide1 elles rappellent surtout les vieux monuments romans ou anglo-saxons de l'poque carolingienne1 comme la tour d',earl's ,barton1 par exemple1 et rien n'est moins nouveau-monde4 ,et en quoi l'arc de triomphe lev en l'honneur de l'amiral ,dewey sur la cinquime avenue diffre-t-il des arcs de ,titus et de ,constantin8 ,pareillement1 est-il un peuple plus particulier1 plus puissamment original et depuis plus longtemps que les rpubliques ,sud-,africaines1 et les glises et les palais de ,johannesburg ou de ,pretoria diffrent-ils de ceux de ,londres ou de ,chicago8 ,l'exemple des ,bors dfendant des palais ordres grecs1 et celui des ,amricains faisant passer leurs troupes victorieuses sous l'arc de triomphe de ,constantin nous montrent assez que l'art ne suit pas ncessairement la marche d'une civilisation1 et qu' certaines poques il est plus facile de crer une patrie qu'un style ou de la dfendre que de l'embellir4 ,sans donc nous attarder aux postulats1 jugeons donc le fait4 ,interrogeons l'impression produite chez nous tous1 dans tous les pays1 par les monuments de fer aperus durant ces dernires annes3 aux expositions1 dans les villes1 dans la campagne1 sur les fleuves4 ,comme nous nous sommes gards soigneusement des suggestions intellectuelles1 gardons-nous des prjugs d'une habitude de vision1 et nous avouerons qu'on ne peut carter1 d'un mot1 toute l',esthtique du fer4 ,il y a tout un ordre de monuments o nous reconnatrons la ,beaut4 ,elle est dans ces fermes admirables du pont ,mirabeau ou du pont ,alexandre ,,iii1--dans ces branches de fer qu'une main puissante a courbes d'une rive l'autre pour donner passage des peuples entiers en qute de merveilles4 ,rien n'est plus nouveau1 mais rien n'est plus heureux que cette substitution d'une fine trajectoire de fer au lourd et massif tablissement des ponts anciens1 que nous tions accoutums d'admirer4 ,rien n'a chang davantage dans l'architecture que l'aspect d'un pont4 ,mais rien n'a chang plus heureusement4 ,au temps o1 dans les villes ceintures par leurs remparts1 les maisons se serraient1 sans perdre un pouce de terrain1 les unes contre les autres1 comme un troupeau qui a peur1 le pont de pierre tait une rue qui se continuait sur l'eau4 ,mais1 dans les temps modernes1 les populations se desserrent1 dbordent leurs murailles et1 les dbordant1 les renversent4 ,elles descendent des tours1 elles font cercle autour de leurs monuments et laissent la nature renatre1 et l1 en de carres oasis4 ,elles ont donc abandonn les ponts1 qui ne sont plus qu'un lieu de passage4 ,les anciens taient en pierre1 comme les maisons construites sur leurs piles4 ,les nouveaux sont en fer1 comme les trains qui filent sur leurs voies4 ,le pont tait une ville1 entre les deux villes2 on y btissait des boutiques1 on y difiait des chapelles3 on s'arrtait pour y danser1 pour y loger1 pour y coucher1 pour y prier1 pour mourir4 ,on y enfermait mme les prisonniers et il n'est rien de plus banal dans l'histoire que l'exemple du pont des ,soupirs4 ,aujourd'hui l'on n'entend plus trop parler de gens demeurant sur les ponts et1 si la locution populaire coucher sous les ponts subsiste1 ce n'est pas pour porter tmoignage d'un got contemporain1 mais d'une fcheuse ncessit4 ,l'aspect du pont ancien tmoignait de ses fonctions diverses4 ,il ressemblait la fois une forteresse et une range de navires3 forteresse contre les hommes1 navires contre les flots4 ,forteresse de si troite ouverture1 que1 sur le pont ,sublicius1 un hros suffisait la dfendre contre une arme1 forteresse munie de portes et de crneaux1 comme on l'aperoit encore au pont ,nomentane1 quand on va rver dans la campagne romaine4 ,tellement forteresse et tel signe de puissance1 qu'on reprsentait un pont dans les armes de certaines villes1 comme dans celles de ,cordoue4 ,navire contre les flots1 chaque pile tant construite comme un bateau tournant son avant l'amont de la rivire1 portant parfois des figures1 pour fendre la nappe d'eau contraire4 ,arrondi en aval comme une poupe1 creus de fentres des deux cts comme une dunette1 observatoire s'ouvrant d'un ct vers la source et de l'autre vers la mer--tel tait le pont d'autrefois4 ,aujourd'hui1 la fonction d'un pont est simplement de relier deux rives l'une l'autre4 ,aucun pont n'est tenu de faire plus que cela pour nous1 mais aucun ne doit faire moins4 ,c'est peu qu'il soit un beau monument1 comme le pont ruin de ,saint-,bnzet sur le ,rhne1 s'il nous laisse mi-traverse1 pic sur le fleuve4 ,il faut qu'il aille d'un bout l'autre4 ,mais1 d'ailleurs1 il suffit que nous y puissions passer4 ,et1 comme nous avons passer vite1 il est inutile qu'il porte sur son dos des maisons4 ,regardez le pont ,mirabeau1 le pont ,alexandre ,,iii et comparez-les l'ancien pont de pierres4 ,l'ancien tait un monument oblong qui barrait l'horizon1 terminant une tendue d'eau4 ,on et dit une maison perce de gros caniveaux4 ,on percevait sans doute dans les fondations quelques votes claires1 par o passait le courant1 mais l'ensemble du monument clturait l'horizon d'eau et ne rvlait rien de la venue empresse ou de la fuite majestueuse du fleuve4 ,qui dira1 si l'on s'en tient uniquement l'impression des yeux1 que le pont de fer n'est pas aussi beau8 ,d'abord1 il est plus lger4 ,certes on ne doit pas juger de la lgret d'un monument par la seule considration de ses dimensions totales3 une arche de #ajg mtres n'est pas ncessairement plus svelte qu'une arche de #cj1 non plus qu'un dme de #cj mtres n'est ncessairement plus imposant qu'un dme de #ae4 ,les qualits de lgret ou de grandeur ne sont pas des qualits absolues1 mais naissent des proportions relatives de l'difice1 parce qu'il n'y a pas entre les divers difices du monde1 mme d'une ville1 une commune chelle de grandeur4 ,seulement1 il se trouve qu'ici il y a une chelle commune3 la ,seine1 dont la largeur est sensiblement la mme partout1 et le pont qui la traverse d'un bond1 comme un cheval1 parat ncessairement plus svelte que celui qui1 peu de distance1 la traverse pas pas comme un lphant4 ,ce n'est pas seulement l un triomphe pour l'ingnieur3 c'est une joie pour l'artiste4 ,aucun des sept ponts dont la ,rome impriale tait si fire1 peut-tre aucun des cent douze ponts de toutes formes qui coupent la ,tamise n'ont cette lgret4 voquez un instant le grand dessin trac dans l'espace par les manieurs de fer1 depuis le puissant mammouth du ,forth1 jusqu' la suspension arienne de ,brooklyn1 les merveilles de ces rseaux1 depuis les consoles du ,niagara jusqu'au double viaduc du ,douro et aux ,cantilevers d'cosse4 ,voyez1 d'une rive l'autre d'un fleuve1 les ingnieurs lancer un pont comme un train rigide1 ou bien des profondeurs de l'abme1 se soulever un un vers le ciel1 comme attirs par un aimant invisible1 des tronons de mtal qui1 s'arrtant tout coup dans leur ascension pour se souder les uns aux autres1 font apparatre entre les deux montagnes un arc-en-ciel de fer6444 ,et admirez qu'ici l'effort de la science1 en diminuant la matire1 ait servi la cause de l'art et que1 loin d'opprimer ou de cacher la nature1 il ait fait apparatre nos yeux1 tout en remplissant la mme fonction utile qu'autrefois1 plus de paysage1 plus d'eau1 plus de ciel4 ,on a donc trouv le pont moderne en fer1 mais ce n'est pas tout de passer3 il faudrait demeurer4 ,a-t-on trouv la demeure moderne8 ,ici1 quoi que proteste notre esprance1 il faut bien que la franchise rponde3 ,non4 ,l'impression naturelle1 spontane1 constamment renouvele de notre instinct esthtique tous1 nous dit qu'on n'a encore trouv ni la maison1 ni le palais1 ni la tour de fer1 ou que1 si on les a trouvs1 on n'en a point trouv la ,beaut4 ,elle nous dit aussi que les grandes prtentions architecturales du fer en #ahhi ont paru dplaisantes et que quatorze annes passes les considrer n'ont gure rconcili personne avec elles4 ,et enfin1 que1 depuis #ahhi1 le mouvement en faveur du fer apparent semble arrt net1 et qu' certains de ces monuments1 on n'a encore trouv ni leur emploi1 ni mme leur couleur4 ,voil l'impression4 ,que dira-t-on contre elle8 ,qu'elle tient une habitude de nos yeux qui ne retrouvent pas dans les minces supports de fer les conditions d'quilibre et de stabilit auxquelles ils taient habitus8 ,et qu'une longue ducation nouvelle du regard sera ncessaire1 comme l'affirme ,m4 ,sully-,prudhomme1 pour que la jouissance perdue soit recouvre#b8 ,sans doute1 l'habitude est pour quelque chose dans nos impressions4 ,a premire vue1 la forme pyramidale1 qui est la forme stable par excellence1 nous plat mieux que son contraire et il est rare que nous aimions1 si nous la trouvons1 dans l'architecture1 la forme de la pyramide renverse4 ,mais cette exigence de notre vue1 due l'habitude1 est-elle inamovible8 ,non1 car parfois la nature nous fournit la forme pyramidale renverse sans nous choquer4 ,dans les arbres1 la partie la plus large se trouve suspendue sur la partie la plus grle4 ,le tronc ne rtablit pas toujours par sa largeur la base l'quilibre compromis par son fate3 le tronc du palmier1 par exemple1 diminue en s'approchant du sol et1 de toute faon1 nous apparat comme une pyramide renverse4 ,pourtant1 nous n'avons aucun doute sur sa stabilit4 ,non plus sur celle d'un homme1 vu de face1 debout1 les pieds joints1 la tte incline sur la poitrine1 qui lui aussi repose sur une base grle1 eu gard la largeur de son entablement4 ,dans l'architecture mme1 nous ne sommes pas inquits par le profil d'un chalet encorbellements4 ,et qui de nous a jamais t choqu par le palais des ,doges8 ,ainsi donc1 bien avant le fer1 notre surprise de voir de frles supports soutenir un immense appareil n'tait pas telle qu'elle commandt imprativement notre got4 ,quand1 en #ahhi1 ont surgi de terre les piliers de la galerie des ,machines1 nous ne nous sommes pas scandaliss parce qu'ils s'amincissaient en s'approchant du sol1 comme des troncs de palmiers4 ,car nous ne mettions pas en doute leur stabilit4 ,mais tandis que l'ide de solidit change selon que notre esprit est plus ou moins averti des conditions de cette solidit1 l'impression d'lgance d'une ligne1 elle1 ne change gure4 ,et l'on aura beau nous dire qu'une vote de verre est plus lgre qu'une vote de pierre1 nos yeux la verront toujours plus lourde1 plus massive et plus monotone dans sa convexit4 ,ce qui importe donc plus que toutes les notions purement intellectuelles1 c'est l'impression esthtique en face d'une ligne ou d'une couleur1 et quand nous repoussons1 dans l'ensemble du monument vu du dehors1 les calottes de verre1 c'est--dire la matire la plus lourde l'il et la plus sombre qu'on puisse imaginer1 et1 dans le dtail des poutres1 les entretoises et les croisillons1 les ,n et les croix de ,saint-,andr1 dont se compose l'ornementation architectonique du fer1 ce n'est point une notion intellectuelle et qu'un raisonnement peut modifier1 mais une impression purement sensorielle et qu'aucun raisonnement ne changera4 ,ce n'est point l une impression subtile d'rudit ou d'archologue4 ,c'est l'impression naturelle et spontane du plus ignorant des hommes1 qui a des yeux1 qui les ouvre1 non sur des livres1 mais sur la nature1 et qui aime mieux voir une amphore qu'une cloche melon6 ,contre cette impression que dit-on encore8 ,qu'elle est fausse parce qu'elle est nouvelle4 ,qu'elle passera avec l'habitude4 ,que tous les partisans d'un art tabli l'prouvrent en face de l'art qui allait le remplacer et que nous sommes devant ces hautes carcasses de fer1 comme les ,grecs eussent t devant les barbares chefs-d'uvre de l'art ogival4 ,on ajoute que le fer n'est dplaisant que l o1 abandonnant ses qualits propres et dissimulant sa nature pour simuler celle de la pierre1 il emprunte celle-ci son aspect dcoratif1 mais que s'il osait se dployer sans modle1 s'aventurer sans guide1 s'affirmer sans peur1 il trouverait de lui-mme le caractre de beaut qui lui convient1 et que1 pour le trouver1 l'architecte n'a qu' suivre les suggestions de la matire nouvelle qu'il emploie et qu' donner1 comme caractristiques aux palais nouveaux1 les caractristiques mmes du fer8 ,que valent ces deux arguments8 ,,chapitre ,,iii ,pourquoi le fer permet tout et n'ordonne rien4 ,tout d'abord1 est-il vrai que la rvolution apporte par le fer dans les formes constructives est de la mme nature et d'une nature aussi importante que celle apporte par l'ogive et l'ensemble des nervures succdant au plein cintre ou bien par le plein cintre succdant au linteau8 ,ensuite peut-on comparer le remplacement de la pierre par le fer celui du bois par la pierre8 ,enfin1 y a-t-il dans toute l'histoire des rvolutions de l'architecture quelque chose de comparable celle-ci1 qui nous permette de dire3 les anciennes furent des sources de vie1 la dernire doit en tre une nouvelle et pour les mmes raisons4 ,or c'est trs douteux4--,rduite ses termes les plus simples1 l'architecture est l'art d'abord de cacher le ciel et la terre1 le ciel par le toit1 la terre par les murs1 et cela1 non pour les cacher1 mais pour se prserver de leurs intempries4 ,ensuite1 une fois que le plus ncessaire est fait1 l'architecture est l'art de laisser apercevoir au dedans le plus de choses possible de la terre et du ciel1 par les fentres ou par l'atrium4 ,ainsi1 avant tout1 l'architecture est un toit et un mur3 aprs seulement1 c'est une fentre4 ,le progrs des temps a t de donner cette fentre1 sans nuire la solidit du reste1 le plus d'ouverture et le plus d'agrment possible4 'a t aussi d'tendre ce trou et d'largir ces murs1 de faon que1 sans empcher qu'ils protgent1 on oublie qu'ils emprisonnent4 ,mais si grand que ft ce progrs1 il ne parvenait pas et il ne serait jamais parvenu1 avec les matriaux anciens1 renverser absolument la proportion des pleins et des vides4 ,si hardis que fussent les arceaux gothiques dans leurs ascensions1 et si envahissantes que fussent les rosaces dans leur floraison1 ce qui donnait son caractre l'difice1 c'tait encore le toit opaque et les parois pleines4 ,sur elles et en elles1 toute l'ornementation reposait et s'accumulait4 ,or1 dans son dernier tat1 rduite des fils de fer et des lames de verre1 l'architecture ne nous cache plus rien4 ,de la galerie des ,machines au palais du ,gnie civil1 des palais de l',horticulture aux halls des chemins de fer1 c'est la leon inscrite sur tous ces fers ,t4 ,le fer est un support1 ce n'est pas une surface4 ,de l1 plusieurs grandes consquences4 ,avec la pierre1 tout l'effort de l'artiste tend vider sans dtruire3 avec le fer1 remplir sans incommoder4 ,avec la pierre1 toute son industrie consiste pratiquer des vides pour plaire l'il sans nuire la stabilit3 avec le fer1 construire des pleins pour plaire l'il et qui sont inutiles4 ,autrefois1 on faisait des pleins par ncessit et des vides par lgance4 ,aujourd'hui1 on fait des vides par ncessit et des pleins par lgance4 ,en sorte qu'on peut bien parler d',architecture de fer1 mais1 si l'on admet cette dfinition que les pleins sont les parties essentielles de l'architecture1 il faut avouer que le fer fait bien mieux que de modifier l'architecture3 il la supprime4 ,il ne laisse plus que les vides4 ,on peut assurment remplir ces vides avec de la pierre1 de la brique1 et peut-tre avec du cramo-cristal ou de la terre cuite4 ,mais alors1 ce n'est plus de l'architecture de fer4 ,rduit sa matire ncessaire et apparente1 le fer1 en supprimant l'obstacle la vue1 supprime l'objet de la vue1 c'est--dire apparemment quelque chose de considrable en esthtique4 ,c'est la dernire volution de cet art autrefois si riche1 si touffu1 si fleuri4 ,la vote1 semblable celle d'une fort1 parvenue l'hiver de l'architecture1 laisse tomber ses feuilles4 ,les caissons1 les moulures de la ,renaissance sont tombs3 tombes les floraisons du ,moyen ,age1 tombs les amours1 les carquois1 les babioles mythologiques du rococo1 l'ge des choses recroquevilles comme des feuilles mortes4 ,aujourd'hui1 de ces forts vivantes1 il ne reste plus que les branches toutes nues3 les branches du fer se profilant seules sur le ciel lumineux et changeant4 ,aussi ne peut-on pas dire que1 dans la substitution du fer la pierre1 il n'y ait qu'une rvolution semblable la substitution de l'ogive au plein cintre ou de la pierre au bois4 ,il y a1 la fois1 plus et moins4 ,il y a plus1 car1 avec les anciens matriaux1 les supports comme les frises taient de la mme famille4 ,dans la pierre1 tous ces matriaux--os1 muscles et peau--sont mme substance4 ,dans la maison de fer1 les os seuls sont de la mme substance4 ,or1 il faut au monument autre chose que des os3 il faut des muscles1 il faut un piderme4 ,a ce moment-l donc1 ds que l'ossature est termine1 il faut1 de toute ncessit1 changer de matire1 ce qu'il ne fallait pas ncessairement avec la pierre ou le bois4 ,admirable pour supporter quelque chose d'autre que lui-mme1 le fer ne peut recouvrir ce qu'il protge4 ,c'est un bras1 le plus fort de tous les bras1 ce n'est pas un corps organis4 ,la nature1 qui construit les montagnes1--ses monuments elle1--en pierre et les dcorations superficielles de ses montagnes en bois1 ne construit pas avec du fer4 ,elle contient le fer ou la matire du fer1 mais comme une armature profonde et cache4 ,mais que le fer ne soit pas monumental1 au sens que nous donnions autrefois ce mot1 qu'importe1 s'il est esthtique8 ,et que la rvolution qu'il annonce soit plus grande que toutes celles que l'architecture a dj vues1 qu'importe1 si elle est fconde8 ,telle est la pense des novateurs4 ,et ils se flicitent de voir le nouveau venu bouleverser si fort les habitudes de l'ancienne architecture1 comme d'un gage vident d'une plus complte rnovation4 ,car le mal de notre art1 disent-ils1 est prcisment dans cet attachement aux anciennes formules4 ,il est dans cet enttement vouloir faire dire au fer ce qu'il n'est pas fait pour exprimer et repousser1 comme trop inattendu1 ce que naturellement il exprime4 ,saisissons1 au contraire1 l'enseignement qu'il nous donne4 ,conformons-nous sa nature1 suivons sa direction4 ,modelons nos conceptions d'aprs ses proprits nouvelles1 et drivons les formes monumentales nouvelles de son emploi judicieux4 ,mais1 ici1 nous allons trouver que la rvolution produite par l'emploi du fer1 si elle est immense au point de vue des services rendus1 est beaucoup moins importante au point de vue des formes ou des lignes accuses4 ,et que le fer1 bien loin qu'il bouleverse trop ces formes ou ces lignes1 ne les bouleverse point assez pour les rnover et qu'il prend de lui-mme1 d'aprs le calcul des forces et la rigueur des courbes ou des angles qu'il indique1 les mmes courbes que donnait la pierre4 ,il suffit1 pour s'en assurer1 d'aller avenue de ,la ,bourdonnais et d'entrer dans la galerie des ,machines4 ,voici une vote qui couvre #dh #jjj mtres carrs1 porte par des fermes de #aae mtres1 sans une colonne1 sans un tirant4 ,c'est l plus qu'un monument3 c'est une vote cleste sous laquelle on peut difier cent monuments et1 de fait1 en #aijj1 nous y avons vu les toits de toute une ville4 ,certes1 ni la substitution de l'ogive au plein cintre1 ni la substitution du plein cintre au linteau1 n'ont donn au constructeur une puissance aussi formidable4 ,bien4 ,maintenant1 considrez la forme de cette vote1 de ces fermes1 o l'architecte n'a voulu imiter aucune forme ancienne1 mais a suivi simplement les indications du calcul4 ,il vous semble bien que vous l'avez dj vue3 c'est l'ogive surbaisse4 ,elle est1 sans doute1 gigantesque4 ,c'est la plus grande ogive surbaisse qu'on ait jamais dessine4 ,mais le chiffre ne fait rien l'affaire et une forme n'est point nouvelle pour tre trace sur une chelle plus grande que par le pass4 ,rappelez-vous1 maintenant1 ou considrez toutes les courbes ncessites1 fournies naturellement1 sans dsir d'esthtique et sans prtention reproduire ni inventer1 par les auteurs des principaux monuments de fer3 le palais des ,arts libraux en #ahhi1 et celui du ,gnie civil en #aijj2 le pavillon de la ,rpublique du ,chili en #ahhi1 les palais de l',exposition de ,chicago1 l'glise de la ,trinit1 la bibliothque ,nationale et la bibliothque ,sainte-,genevive1 la gare ,saint-,pancrace ,londres1 le hall de l'htel ,terminus ,paris1 la gare de ,cologne1 et vous verrez que1 dans toutes ces courbes que donne le fer pour soutenir un toit1--ce qui est la principale fonction et le nud de toute architecture1--on retrouve3 ,l'ogive surbaisse1 ,l'arc en anse de panier1 ,l'arc bomb1 ,le plein cintre bris1 toutes formes que la pierre a fortement exprimes depuis des centaines d'annes1--ou bien le fronton arbaltriers droits qui rpte exactement le dessin fourni par les poutres de bois dans les plus humbles maisons de nos villages et dans les plus anciennes ,adorations des bergers de nos muses4 ,quelle est donc cette nature nouvelle1 qu'on affirme qu'il faut respecter1 et quel est cet enseignement essentiel qu'on prtend qu'il faut suivre8 ,il est bientt dit que le fer ne doit pas imiter la pierre1 mais ce qu'on devrait nous indiquer1 c'est ce qu'il nous suggre au point de vue des formes1 qui ne soit contenu dans la pierre et qu'elle ne signifie pas mieux que lui8 ,il est bientt dit qu'il faut accepter franchement les formes nouvelles qu'il ncessite1 mais ce qu'on ne nous dit pas1 c'est ce qu'il ncessite de formes nouvelles1 car nous avons bien vu ce que le fer supprime d'une construction1 mais non pas ce qu'il y apporte2 et enfin1 c'est une opinion laquelle nous souscrivons volontiers1 que1 pour dgager sa beaut1 il faut laisser agir librement sa nature1 mais1 encore un coup1 que fait sa nature1 quand on la laisse agir librement8 ,or1 il le faut avouer3 elle ne fait rien1 car le fer n'a pas de nature1 ou plutt sa caractristique mme1 ou1 si l'on veut1 sa nature1 c'est prcisment de n'en point avoir6 ,oh6 ce n'est point qu'il oppose l'artiste plus d'obstacles que la pierre6 ,c'est prcisment l'inverse6 ,avec le fer1 l'artiste modle son monument sur la forme qu'il veut1 car le plus rsistant des matriaux est aussi le plus souple4 ,il peut btir un hall avec plus de colonnes qu'une fort n'a de fts1 une basilique avec autant de coupoles qu'une framboise a de graines3 ,zara ou ,sainte-,sophie ne sont qu'un jeu pour lui4 ,sous ses doigts le fer se tresse comme1 sous les doigts du vannier1 la paille4 ,quand on voit les charpentes des maisons mtalliques1 on songe aux lento444 alvearia vimine texta1 que dcrit le pote4 ,et1 en effet1 ce sont bien des ruches et des corbeilles renverses qui semblent poses sur les bords de la ,seine1 dans les palais de l',horticulture et de l',arboriculture1 des nasses d'osier tires hors de l'eau sur les bords du fleuve1 o elles paraissent guetter un poisson monstrueux4 ,le fer peut se prter plus de fantaisies encore4 ,avec lui et avec les autres progrs qu'il rend possibles1 n'importe qui peut1 n'importe o1 btir n'importe quoi4 ,il triomphe donc de toutes les lois historiques de l'architecture et les renverse4 ,longtemps l'architecture1 comme la plante1 naissait du sol et s'accommodait au ciel du pays o on l'avait conue4 ,le ciel influait et pesait sur la forme de ses toits1 pendant que1 de la terre qui en fournissait les matriaux1 jaillissaient ses murs4 ,ainsi1 la nature du sol en dictait jusqu' un certain point la forme et l'ornementation4 ,la possession du ,greek3 leukos lithos par les ,grecs fut la premire condition de leur art2 de mme1 l'existence des carrires de marbre color1 prs de ,vrone1 et de marbre blanc et de serpentine verte1 entre ,pise et ,gnes1 a influenc toute l'architecture gothique dans le nord de l',italie1 comme l'argile de la terre d',iran est la condition premire des admirables terres cuites des monuments de ,susiane4 ,le quid quque ferat regio et quid quque recuset de ,virgile tait1 jadis1 une formule aussi juste en architecture qu'en agronomie4 ,aujourd'hui1 tout est chang4 ,dj1 le toit a perdu son caractre indicatif du climat4 ,dans toutes les villes modernes de toutes les rgions du globe1 il se rduit et s'galise selon la coupe uniforme des brisis4 ,et le mur ne nat plus de la terre1 ne reproduit plus les carrires de sa rgion1 du jour o le fer1 qui est quasi le mme partout1 l'a remplac4 ,plus puissant que le tailleur de pierre sur ce point1 le manieur de fer l'est encore sur d'autres4 ,la lutte entre la pesanteur et la rsistance1 qui constitue1 comme l'a trs bien vu ,schopenhauer#c1 l'intrt esthtique de la belle architecture1 n'est pour lui qu'un jeu4 ,seulement1 s'il est vrai que la tche de l'artiste soit de faire ressortir cette lutte d'une manire complexe et parfaitement claire1 plus le jeu est facile pour lui1 et plus l'expression d'un effort qu'il ne fait pas lui est malaise4 ,a mesure que l'acier se perfectionne1 sa proprit ou sa facult et1 par consquent1 la tendance logique de son employeur est de rduire de plus en plus les formes de la construction4 ,non qu'on puisse amincir indfiniment les fermes d'un difice4 ,il est un point au del duquel un support ne peut plus tre rduit1 de quelque matire perfectionne qu'on l'imagine1 car il ne se supporterait plus lui-mme4 ,mais parce qu'aujourd'hui1 avec des fermes de mme paisseur qu'autrefois1 mais de meilleur acier et de plus d'homognit1 on peut allonger davantage des courbes1 recouvrir des espaces beaucoup plus grands3 l'paisseur n'augmentant pas quand la porte s'tend1 cela quivaut1 pour l'il1 en somme1 rduire l'aspect de la construction4 ,toute la nature du fer consiste donc accuser moins les formes qu'accusait la pierre1 sans en accuser de nouvelles que la pierre n'accusait pas4 ,il remplit la mme fonction que la pierre1 mais il ne montre pas aux yeux qu'il la remplit4 ,pour qu'on l'aperoive1 pour qu'on distingue o porte l'effort1 l'architecte est oblig d'exagrer1 artificiellement et sans ncessit1 les dimensions4 ,il faut qu'il renfle le dessin de sa ferme l o elle a le principal poids visible soutenir1 et qu'il marque1 par quelque ornement voulu1 le point o se trouve la rotule4 ,mais ni ce renflement1 ni cet ornement ne sont indiqus par le fer1 comme l'importance et l'ornementation de la clef de vote1 par exemple1 l'taient par la pierre4 ,l'architecte les choisit sa guise4 ,le fer ne lui dicte rien1 parce qu'il n'oblige par lui-mme aucun style particulier de construction4 ,il peut les reproduire tous et il n'en produit spcialement aucun4 ,il a le dfaut des esprits assimilateurs l'excs3 il n'est pas crateur4 ,c'est le ,prote des matriaux4 ,admirable pour supporter quelque chose d'autre1 il ne se manifeste point aux yeux par lui-mme4 ,prcisment parce qu'il permet tout1 il n'ordonne rien4 ,et pourquoi le fer n'a-t-il pas de caractres esthtiques lui8 ,pourquoi n'a-t-il pas de nature8 ,nous touchons la raison et la cause profondes qui distinguent le fer de tous les matriaux employs jusqu'ici4 ,ceux-l taient naturels2 celui-ci est artificiel4 ,la pierre1 comme le bois1 est une matire directement tire de la nature4 ,l'architecte peut en changer la forme1 non la substance4 ,il peut poser la pierre en dlit2 il peut la polir2 il peut l'vider4 ,mais la mme me continue d'habiter cette matire et de lui donner sa vie3 me forme lentement1 avant les premires mes humaines4 ,le fer1 lui1 est form d'hier4 ,il est une transformation faite sous la main de l'homme4 ,il est un mlange de minerais divers1 tirs de diverses rgions4 ,il a t fondu1 coul1 converti1 lamin4 ,il ne tient plus la nature4 ,le fil qui le reliait elle est coup4 ,il lui est devenu tranger4 ,vous ne pouvez plus compter sur les forces et les beauts naturelles pour l'animer encore4 ,il n'y a plus1 dans le fer1 les nuds du bois1 qui sont des obstacles1 ni la direction des fibres1 qui sont des entraves1 mais qui sont des guides4 ,ici1 tout est gal1 tout est uniforme1 docile1 prt prendre n'importe quelle figure4 ,rien n'indique une figure plutt qu'une autre1 rien ne la suggre1 rien ne l'appelle1 rien ne la fuit4 ,c'est la fois le triomphe du progrs scientifique et son chtiment4 ,car1 en mme temps que vous avez domin les rsistances de la nature1 vous avez perdu son enseignement4 ,en art1 comme ailleurs1 on ne s'appuie que sur ce qui rsiste4 ,oh6 sans doute1 maintes fois dans l',art1 on s'est servi de matriaux qui n'avaient point de nature propre plus que le fer3 la brique ou le stuc1 par exemple1 et l'on a fait des chefs-d'uvre4 ,mais des chefs-d'uvre de fantaisie et non de logique4 ,jamais on ne leur a demand de dicter des formes spcifiques1 et bien au contraire ce sont les formes les plus artificielles issues de l'imagination humaine qu'on leur a imposes4 ,et les dentelles ou les nids d'abeilles de l'architecture arabe1 pour ne citer qu'un exemple1 sont les choses les moins logiques du monde1 puisque1 sous des poutres horizontales1 on a dessin des arcs fictifs qui n'ont rien porter1 puisque la vote et l'arcade qui semblent les soutenir ne sont que des superfluits ornementales1 des mensonges architecturaux1 drivs de matires toutes diffrentes3 l'ogive inspire de la pierre et les dentelures1 du bois1 et qu'enfin1 l'artiste a jou de la matire mallable qu'il maniait sans aucun souci de la nature particulire de cette matire et n'coutant que sa fantaisie6 ,puis donc que vous ne pouvez plus compter sur les forces et les beauts naturelles du fer pour l'animer encore--et la preuve1 c'est que les ruines du fer ne sont que des dtritus1 quand les ruines de la pierre--regardez les gravures de ,piranese--sont encore des monuments1--c'est vous de lui donner une me en change de l'me naturelle qu'il a perdue4 ,il faut1 puisque toute sa substance a t forme par l'homme1 que l'homme aussi se charge de sa beaut4 ,vous astreindre ou vous restreindre aux formes strictement ncessites par le calcul des forces1 c'est retourner aux formes de la pierre ou bien vous rsigner ne plus montrer de formes du tout6 ,vous borner l'utile pouvait tre bon avec les matires anciennes3 avec la nouvelle1 vous devez viser au superflu4 ,que seraient les admirables grilles de ,jean ,lamour1 s'il s'tait laiss conduire par la logique8 ,avec le fer1 il n'y a de salut que dans l'exubrance1 dans la vgtation mme parasite1 mme folle1 que dans la richesse6 ,pourquoi ne pas quadrupler1 par exemple1 les pieds-droits qui supportent les arbaltriers1 les vider davantage et en multiplier les lignes ornementales sur quatre faces plates1 mais ajoures2 pourquoi ne pas suspendre des dentelles et des forts de fer aux votes4 ,pourquoi ne pas dployer les fleurs et les feuilles1 les branches et les rameaux qu'on ne pouvait projeter au loin avec la pierre ni1 sur une grande dimension1 avec le bois8 ,pourquoi1 en un mot1 quand on manie du fer ne pas tenter de la ferronnerie8 ,que les artistes saisissent donc l'outil gant et qu'ils le plient la colossale besogne6 ,qu'ils rvent et qu'ils osent6 ,mais qu'ils ne comptent donc pas sur sa logique4 ,qu'ils ne comptent que sur leur propre enthousiasme4 ,si les poutrelles1 les mailles1 les treillis1 les entretoises de fer ne sont qu'une ossature1 si ce n'est qu'une pile d'ossements inertes1 c'est l'artiste qui doit dire1 comme zchiel dans le cantique fameux3 ,je vais envoyer un esprit en vous1 et vous vivrez4 ,j'tendrai sur vous des nerfs1 j'y formerai des chairs et des muscles1 je les revtirai de peau1 je vous donnerai un esprit1 et vous vivrez4 ,esprits1 accourez des quatre points de l'horizon1 soufflez sur ces morts1 et faites qu'ils revivent6444 ,,deuxi,,me ,,partie ,,le ,,bilan ,,de ,l',,impressionnisme ,,le ,,bilan ,,de ,l',,impressionnisme ,l',impressionnisme a dpos son bilan4 ,vous le trouverez1 au ,luxembourg1 dans la salle ,caillebotte4 ,il a aussi figur l',exposition de #aijj1 et dans les multiples occasions o ,m4 ,durand-,ruel rassembla1 pour notre dification1 des meules mmorables et de surprenantes cathdrales4 ,plusieurs muses trangers1 ,berlin1 ,amsterdam1 en contiennent des morceaux1 des chapitres ou des justifications1 et des collections particulires runissent assez d'uvres des matres impressionnistes pour qu'on puisse porter maintenant un jugement prcis sur ce mouvement d'art contemporain4 ,ce serait une injustice de juger tout l'impressionnisme par quelques exemples1 si bien choisis soient-ils4 ,mais c'est peut-tre une injustice aussi que de laisser plus longtemps les partisans de cette cole couvrir de mpris les matres d'hier1 sans nous aviser de regarder ce qu' leur tour ils ont produit et sans nous demander si ce mouvement1 qui fit tant de bruit1 a fait aussi quelque besogne4 ,c'est notre droit de ne plus permettre1 aprs trente ans couls1 que l',impressionnisme se borne1 pour affirmer son existence1 montrer les dfaillances des coles anciennes1 et1 pour lever son monument1 entreprendre des dmolitions4444 ,c'est pourquoi1 sans le juger uniquement d'aprs la salle ,caillebotte1 mais en y prenant la plupart de nos exemples1 nous allons rechercher ce que ce mouvement a produit3 quel fut son point de dpart et quel est son point d'arrive1 si ce fut une fantaisie et une gageure de quelque ambitieux1 ou1 au contraire1 s'il rpondait un ensemble de conditions nouvelles du pittoresque dans la nature et dans la vie1 si ce fut un mouvement mprisable ou un effort vaillant1 si cet effort a conduit un succs ou un avortement1 s'il a russi1 quoi8 et s'il a avort1 pourquoi8--en un mot1 dresser son bilan4 ,,chapitre ,i ,ses causes4 ,lorsqu'un matin de #ahgg clata1 rue ,lepeletier1 la premire grande rvolte impressionniste1 ce fut1 dans le public1 un clat de rire1 ml de cris d'horreur4 ,on avait vu1 et l1 des tentatives collectives de ces rvolutionnaires et l'on en avait dj discut1 mais ils ne s'taient pas rvls encore avec cet ensemble1 cette audace et cette discipline qui1 d'une foule1 faisait une arme4 ,les vieux peintres1 eux1 ne riaient pas4 ,beaucoup considraient ce spectacle1 avec le dsespoir morne1 l'abattement profond qu'ont les patriciens romains devant leurs villas envahies par les ,huns1 dans le tableau de ,m4 ,rochegrosse4 ,que va-t-il advenir1 se disaient-ils1 des meubles prcieux qui ornaient nos paysages acadmiques1 des couleurs dlicates qui les embellissaient1 de la vie douce qui s'coulait sous les arbres de ,m4 ,paul ,flandrin1 dans la compagnie des pasteurs de ,m4 ,grome8 ,quelques-uns1 aussi vieux1 mais plus sages1 considraient ces paysages inconnus1 l'un aprs l'autre1 avec d'obscures vellits de voyage et d'mancipation1 comme on se figure les ,espagnols du ,,xvie sicle regardant les vlins que dployaient devant leurs yeux les ,juan de la ,cosa et les ,hojeda1 rvlation d'un autre hmisphre1 terres nouvelles1 terres de soleil et d'or4444 ,mais la plupart de ceux qui visitrent cette exposition n'y virent qu'une gageure d'artistes affams de bruit et qu'une fantaisie de jeunes gens presss de se divertir aux dpens de l',institut4 ,ce n'tait cependant pas une gageure4 ,rien1 au contraire1 de plus logique1 rien de mieux prpar1 presque rien de plus invitable que cette apparente fantaisie4 ,c'tait en ralit une raction et--en dpit des sujets qui cachaient son sens profond--c'tait une raction idaliste4 ,elle tait amene par deux choses3 par le dsir de peindre la vie moderne et par l'impossibilit d'en faire une reprsentation raliste4 ,elle naissait forcment des conditions pittoresques nouvelles de la nature telle que nous l'avons dforme4 ,elle s'alliait par d'obscures affinits aux tendances analytiques de l'esprit contemporain et rpondait fort exactement1 quoique inconsciemment1 aux nouvelles conceptions panthistes4 ,ce serait une profonde injustice que de comparer ces chercheurs aucun de ceux qui1 depuis1 se sont disput le succs d'une saison3 les symbolistes1 les inquiets1 les rose-croix ou les peintres de l'me1 c'est--dire proprement de rien4 ,l',impressionnisme apportait aux artistes pris de ralisme et de modernit le seul moyen d'idaliser ce ralisme et de sauver cette modernit4 ,en effet1 l'ide qui dominait toute la critique1 il y a trente ans1 l'poque du ralisme1 tait que l'artiste devait peindre son temps4 ,notre temps1 disait-on1 est aussi digne d'tre reprsent par l'art que celui des hros et des dieux4 ,il n'offre pas des spectacles moins intressants1 ni des formes moins belles4 ,d'ailleurs1 il n'y a pas de formes belles en soi3 il n'y a que des formes plus ou moins rvlatrices de la vie1 de la civilisation1 du caractre1 de la pense4 ,si nous trouvons plus beau le peplum que la redingote et plus pittoresque le lampion que le haut de forme1 c'est habitude des yeux et mirage du pass4 ,l'usine vaut le temple1 l'habit vaut le pourpoint1 et la locomotive1 le cheval de ,phidias4 ,il n'y a pas de hirarchie dans les sites4 ,a quoi bon faire le voyage d',italie1 mme de ,bretagne8 ,pourquoi ces peuples8 ,le beau est nos portes3 ,chatou1 ,ville-d',avray1 ,clamart1 valent tous les horizons de l',oberland ou de ,taormine4 ,il n'est mme pas besoin d'aller si loin3 les fortifications1 la banlieue1 les couches1 les gazomtres1 un train de ceinture qui passe1 un chiffonnier qui songe en son gte1 un petit bourgeois qui peint sa porte en vert4 ,voil ce que l'art vraiment vivant doit reprsenter4 ,les artistes ont cout ces thories4 ,ils sont alls regarder les couches1 le train qui passait1 le petit bourgeois qui peignait sa porte en vert1--et ils les ont trouvs fort laids4 ,mais tout enflamms par les suggestions de la littrature1 ils ont proclam que c'taient l des sujets trs sortables1 et qu'il fallait dornavant s'y dvouer4 ,seulement1 comme ils taient rellement artistes1 voici que1 tout en peignant ces formes1 ils se sont mis en devoir de les transformer entirement4 ,a la vrit1 la transformation n'tait pas facile4 ,puisqu'on ne voulait plus ni composition1 ni arrangement1 ni symboles1 ni stylisation1 puisqu'il fallait que l'art reprsentt des choses laides en soi1 des lignes monotones ou prtentieuses1 comment modifier l'aspect absurde et le dcor trivial8 ,un seul moyen restait aux ralistes pour s'vader du laid rel3 la couleur4 ,la couleur1 en effet1 demeure dans le dcor de la vie moderne aussi belle1 aussi varie1 aussi riche d'effets qu'aux plus grandes poques du pass4 ,le paysage d'aujourd'hui est aussi color que celui d'autrefois4 ,il l'est peut-tre davantage1 car l'industrialisme et le progrs1 qui ont dtruit tant de belles lignes dans nos campagnes1 ont rarement supprim de belles couleurs4 ,le plus souvent1 au contraire1 ils ont ajout la varit des teintes4 ,si vous observez1 dans la nature1 quelque paysage poussinesque1 dont les maisons1 les vide-bouteilles1 les usines1 un pont1 un tramway1 sont venus dtruire l'harmonie linaire1 vous trouverez toujours que ces nouveauts ont accru la varit et l'clat de son harmonie coloriste3 les rouges des tuiles1 les noirs fins des ardoises1 les jaunes frais de la terre frachement releve en talus ou les sections saignantes des terres rougetres1 les verts beaucoup plus riches et plus varis des cultures marachres succdant la monotonie de la grande culture1 les blancs crus des viaducs neufs1 les dos noirs des usines et mme les tremblantes colonnes de leurs grises fumes1 ajoutent un paysage dvast par l'industrialisme des colorations gaies que ce paysage1 sans lui1 n'aurait pas connues4 ,quand le peintre du moyen ge s'en allait la campagne1 il trouvait de plus belles ordonnances de lignes que nous1 mais non pas autant de couleurs4 ,il n'apercevait1 parmi le vert toujours semblable du mme arbre1 ni assurment les plantes exotiques et d'agrment qui gayent nos jardins1 ni mme une foule d'arbres comme le vernis du ,japon1 l'acacia1 le platane1 le marronnier ou le mrier1 qui font partie intgrante de nos paysages modernes4 ,la maison de chaume1 qu'on voit encore dans les paysanneries des ,le ,nain1 tait moins colore que la ferme couverte de tuiles que peint ,m4 ,sisley4 ,en mer1 une boue rouge avive un vert glauque d'eau4 ,il n'est pas jusqu'aux affiches1 aux criteaux de couleur crue1 dont la rclame gte les lignes de nos paysages qui1 vus de loin1 ne fournissent des touches piquantes pour relever la monotonie des verts4 ,plus la civilisation s'empare d'un coin de la nature1 plus elle le colore4 ,la campagne du ,,xviie sicle tait monochrome comme une botte de foin2 celle du ,,xxe sicle sera varie comme un bouquet de fleurs4444 ,dans nos villes1 le phnomne est moins vident4 ,tant que dure le jour1 nos rues1 attristes par la foule noire des peuples modernes toujours en deuil1 ne fournissent pas au peintre plus de couleurs que les rues barioles de jadis4 ,mais quand vient la nuit1 clate une floraison inconnue de nos pres4 ,quand1 un soir d'hiver1 avec la pluie1 on passe sur la place du ,carrousel1 on voit une orgie de diverses lumires se traner et s'parpiller dans l'eau o se mle le sang des lanternes d'omnibus1 qui clabousse le pav1 l'or des becs de gaz1 qui se liqufie dans les flaques1 la neige des lampes lectriques qui fond et se dilue sur toute la surface humide1 les vers luisants des fiacres1 qui sautillent de flaque en flaque1 et sous cette clart fade1 les carapaces des coups vernis qui font reluire1 et l1 des artes d'argent4 ,la nature et la vie de nos cits pouvaient donc servir de thme de vrais artistes1 pourvu qu'en dissimulant la ligne1 ils exasprassent la couleur4 ,c'est ce qu'ont fait les impressionnistes4 ,ils ont bien reprsent1 selon la formule raliste1 les spectacles de la vie moderne1 mais en les claboussant de tant de couleur1 qu'on ne les reconnat plus4 ,quand la nature tait laide1 ils ont tch de la dissimuler l'aide de la nature mme4 ,ils ont demand au soleil d'effacer les lignes disgracieuses1 comme autrefois on l'aurait demand l'ombre4 ,et quant notre vtement noir1 uniforme1 aux inexplicables lytres1 quant ce chapeau que ,mallarm appelait quelque chose de sombre et surnaturel1 les impressionnistes les ont bien reprsents1 puisqu'il tait entendu que toute forme est galement noble et toute couleur galement plaisante1 mais ils les ont mis sous un soleil si ardent avec ,m4 ,renoir ou de si fantasques clarts de rampe et de herse1 avec ,m4 ,degas1 que l'habit tout violac de coups de soleil1 le chapeau tout caboss de reflets artificiels1 ne conservent plus ni leur ingrate forme primitive1 ni leur monotone couleur4 ,ce point a t trs clairement aperu par ,m4 ,henry ,naegely1 tandis qu'il burinait la grande figure de ,millet d'un trait plus profond et plus sr que les sculpteurs du monument de ,barbizon3 ,sans doute1 dit-il1 une nouvelle et trs intressante perception des effets du rayon solaire est le trait le plus frappant de la peinture moderne1 perception base sur l'observation1 mais base1 je crois1 plus encore sur le dsir inn1 violent1 quoique seulement demi conscient1 de donner quelque splendeur lgitime aux choses sordides et vulgaires qui nous entourent aujourd'hui#d444 ,parmi ces choses1 est la locomotive dont on nous avait dit1 en prose et en vers1 qu'il n'y avait pas de raison pour qu'elle ft exclue de l'art1 car elle reprsentait la civilisation en marche4 ,et1 en effet1 il n'y avait pas d'autre raison que celle-ci1--qu'elle tait inesthtique4 ,les impressionnistes se sont attaqus ce problme et l'ont rsolu de la faon la plus simple4 ,sous prtexte de mieux montrer les lumires refltes par le monstre1 ils ont cach le monstre4 ,dj ,turner1 dans son fameux ,grand chemin de fer de l',ouest1 avait trouv ce moyen de faire entrer dans l'art les formes de l'industrie moderne4 ,les impressionnistes l'ont suivi4 ,il n'est besoin que de voir la salle ,caillebotte1 au ,luxembourg1 la ,gare ,saint-,lazare de ,m4 ,monet ou son ,pont de l',europe1 pour constater cette loi4 ,pas une ligne n'est ici visible1 pas un engin industriel n'y est reprsent dans sa forme4 ,tout n'y est que couleurs1 sous un soleil blouissant qui les surexcite1 sous des fumes qui les mlangent et dans un mouvement qui les fait vibrer4 ,les tirants des combles de la gare sont d'or1 les locomotives de saphir1 les wagons d'meraude4 ,en sorte que la thorie moderniste voulant que toute forme moderne soit esthtique1 du moment qu'elle reproduit les besoins et les aspirations de la vie1 s'est rduite pratiquement cacher cette forme sous d'clatantes couleurs4 ,et aprs avoir dmontr1 par de beaux syllogismes1 qu'une gare de chemin de fer tait aussi digne d'tre reprsente que les ruines de ,tivoli ou que le temple de ,vesta1 les modernistes n'en ont pu faire un beau tableau qu' la condition d'en brouiller toutes les lignes sous des flots d'une vapeur lumineuse1 qui1 elle1 n'a rien de plus moderne que le soleil lui-mme d'o elle tire toute sa beaut4 ,de l1 leur nom d'impressionnistes4 ,ils le prirent1 dit-on1 pour relever une injure qui leur tait adresse par leurs dtracteurs et dont ils se firent leur titre de gloire1 comme les rvolts des ,pays-,bas s'en firent un de l'injure de gueux4 ,on la leur jeta comme une pierre3 ils s'en parrent comme d'un joyau4 ,il se peut que cette histoire soit vraie1 mais elle n'est nullement indicative de leur rle4 ,si ces peintres mritent le nom d'impressionnistes1 c'est1 qu'en effet1 ce qu'ils cherchrent reproduire de la nature c'tait non pas la substance qu'elle annonce1 mais le rayonnement4 ,ils ne prtendaient qu'aux qualits que donne la vision juste1 mais htive d'un effet clatant1 mais fugitif4 ,ils ne se chargeaient point de nous fournir tout le dtail1 tout l'agencement1 toute la raison d'tre des choses1 mais seulement l'impression4 ,par l1 ils se rservaient un avantage que connaissent bien tous ceux qui ont fait des tudes d'aprs nature et qui1 ensuite1 ont voulu les transformer en tableaux4 ,ce que l'analyse de l'atelier n'arrive pas dbrouiller1 la hte de la pochade le synthtise2 ce que le souvenir ne fournit plus1 la couleur prise sur le vif1 devant la nature1 le donne4 ,l',impression est une admirable metteuse en scne et ce n'est pas sans raison que ,delacroix dans son ,journal1 en #ahei1 ,champrosay1 #i janvier1 se promettait de rflchir3 ,sur la difficult de conserver l'impression du croquis dfinitif4444 ,inspirs par une ide juste de leur poque1 inconsciemment pntrs du dsir de l'idaliser1 servis par des organes trs pntrants et trs sensibles1 enfin munis d'une retentissante tiquette1 les impressionnistes1 les ,renoir1 les ,monet1 les ,pissarro1 les ,czanne1 les ,sisley1 pouvaient accomplir dans notre art du ,,xixe sicle un rle utile4 ,,chapitre ,,ii ,ses vrits4 ,ce fameux ,beau que quelques-uns voient dans la ligne serpentine1 les autres dans la ligne droite1 ils ne le voient tous que dans les lignes4 ,je suis ma fentre et je vois le plus beau paysage4 ,l'ide d'une ligne ne me vient pas l'esprit4 ,l'alouette chante1 la rivire rflchit mille diamants1 le feuillage murmure4444 ,ainsi parle ,delacroix dans une de ses lettres et cette rflexion nous rvle quel point l'ide du dessin l'emportait1 autour de lui1 sur l'ide de la couleur4 ,le mot3 ,je mettrai sur ma porte3 cole de ,dessin1 et je formerai des peintres1 dit par ,ingres1 rsumait peu prs tout l'esprit de l'enseignement4 ,mme dans le paysage1 sous le fouillis des branches ou les averses du soleil1 on cherchait d'abord la ligne1 l'exacte dlimitation d'un plan par un autre1 la construction anatomique d'un arbre1 le beau feuill4 ,par l-dessus1 se posait la couleur gnralement forte1 mais sagement contenue par le dessin1 respectant les limites poses par la ligne1 les exagrant parfois encore par ses contrastes1 ne se permettant pas un clat qui et brouill l'ordonnance1 comme un vers qui sur le suivant n'ose se permettre le moindre enjambement4 ,la rvolution1 commence par ,corot et par les paysagistes de ,barbizon1 n'tait point encore arrive au point o semblait le souhaiter ,delacroix1 car l'ide d'une ligne venait encore tous les esprits4 ,c'est alors que parut ,claude ,monet4 ,regardez son glise de ,varangeville1 son ,champ de tulipes ,sassenheim1 son ,antibes1 regardez les toiles de ,m4 ,renoir1 de ,m4 ,pissarro4 ,on n'y voit pas plus de lignes que ,delacroix n'en apercevait de sa fentre4 ,et en plein soleil1 il en est souvent ainsi4 ,dans le miroitement des eaux1 des feuilles1 des rayons1 lorsqu'il n'y a ni solennelles constructions de beaux arbres au premier plan1 ni grands dcoupages de montagnes l'horizon1 dans les sites mdiocres explors par nos modernistes1 on ne peroit rien autre chose qu'une harmonie de tons4 ,la nature est couleur plus que lignes3 voici la premire dcouverte de l',impressionnisme4 ,la seconde est que les ombres mmes sont des couleurs4 ,assurment les coloristes1 les ,titien1 les ,rubens s'en taient bien douts4 ,mais la foule des peintres l'avait oubli et l'cole ne l'enseignait point4 ,or il suffit du plus rapide coup d'il pour le reconnatre4 ,si quelque objet color1 plac prs de votre fentre sous un rayon de soleil1 vous parat divis en deux rgions1 l'une lumineuse1 l'autre ombre1 vous tes tent de reprsenter ce ct ombr par un ton de charbon4 ,mais ne vous htez pas de le faire4 ,placez devant le ct sombre quelque chose de vraiment noir1 le morceau de fusain1 par exemple1 avec lequel vous alliez le dessiner3 voici que1 par comparaison1 vous verrez briller dans cette ombre1 que vous pensiez noire1 une couleur que votre fusain sera impuissant donner4 ,vous alliez peindre cela en noir et vous auriez fait une ombre morte2 dans la nature1 pourquoi vit-elle8 c'est parce qu'elle est une couleur4 ,ceci est fort simple voir1 si1 pour voir1 on ne fait usage que de ses yeux1 mais l'ducation nous y met des lunettes1 qui nous empchent de voir1 comme elles sont1 les choses les plus simples et1 force d'avoir entendu faire des associations de mots comme3 l'ombre noire1 nous nous sommes accoutums prendre du noir pour exprimer l'ombre4 ,mme aux meilleurs artistes1 il a fallu de longues rflexions pour distinguer1 avec leurs yeux1 ce que l'ducation les empchait de sentir4 ,ce n'est pas en travaillant dans son atelier1 mais en regardant au dehors1 que ,delacroix crivait1 le #g septembre #ahef1 dans son ,journal1 ces mots qu'on ne saurait trop mditer3 ,je vois de ma fentre un parqueteur qui travaille nu jusqu' la ceinture1 dans la galerie4 ,je remarque1 en comparant sa couleur celle de la muraille extrieure1 combien les demi-teintes de la chair sont colores en comparaison des matires inertes4 ,j'ai observ la mme chose1 hier1 sur la place ,saint-,sulpice1 o un polisson tait mont sur les statues de la fontaine1 au soleil1 l'orang mat dans les chairs1 les violets les plus vifs pour le passage de l'ombre et des reflets dors dans les ombres qui s'opposaient au sol4 ,l'orang et le violet dominaient alternativement ou se mlaient4 ,le ton dor tenait du vert4 ,la chair n'a sa vraie couleur qu'en plein air et surtout au soleil4 ,qu'un homme mette la tte la fentre3 il est tout autre qu' l'intrieur3 de l1 la sottise des tudes d'ateliers1 qui s'appliquent rendre cette couleur fausse#e4 ,en mme temps que ,delacroix1 au hasard de ses flneries1 dcouvrait cette loi1 voici que1 loin de lui1 un inconnu1 un ,anglais1 la dcouvrait aussi et l'enseignait1 selon son habitude1 imprieusement3 ,toutes les ombres ordinaires devraient tre de quelque couleur1 jamais noires1 ni approchant du noir1 elles devraient tre videmment et toujours d'une lumineuse nature1 et le noir devrait apparatre trange parmi elles1 comme1 parmi une foule joyeuse et bigarre1 un moine#f4 ,et1 quelques annes plus tard1 ce mme ,anglais qui enseignait ,oxford1 et qu'il faut bien me permettre de citer encore1 puisque nul avant lui n'avait prvu1 et nul depuis lui n'a si clairement expos la thse impressionniste1 disait encore3 ,tenez pour certain le fait que les ombres1 quoique naturellement plus sombres que les lumires1 vis--vis desquelles elles jouent le rle d'ombres1 ne sont pas ncessairement des couleurs moins vigoureuses1 mais peut-tre de plus vigoureuses couleurs4 ,quelques-uns des plus beaux bleus et des plus beaux pourpres dans la nature1 par exemple1 sont ceux des montagnes vus dans l'ombre1 contre le ciel couleur d'ambre1 et l'obscurit du creux dans le centre d'une rose sauvage est un clat de feux orang d la quantit de ses tamines jaunes4 ,or les ,vnitiens virent toujours cela1 et tous les grands coloristes le voient et se sparent ainsi des non-coloristes ou coles de pur clair-obscur1 non par une diffrence de style seulement1 mais parce qu'ils sont dans la vrit1 tandis que les autres sont dans l'erreur4 ,c'est un fait absolu que les ombres sont des couleurs autant que les lumires#g4 ,les impressionnistes l'ont compris4 ,rompant bruyamment avec les habitudes de l'cole1 ils ont fait les ombres non pas noires1 non pas grises1 non pas jauntres1 mais colores1 et comme la complmentaire du ton le voulait souvent1 ils les firent souvent violettes4 ,ce fut un cri de stupeur4 ,personne1 d'abord1 ne voulut reconnatre l un effet observ dans la nature4 ,on parla de gageure1 de puffisme et de coups de pistolet4 ,ds savants vinrent gravement expliquer qu'il n'y avait1 au fond de tout ceci1 qu'une maladie de l'il et1 la vrit1 le violet impressionniste tait bien un peu surprenant2 mais si l'on regarde la ,campagne de ,rome de ,paul ,flandrin1 on se demandera en quoi les jaunes par o le paysage classique exprimait les plantes vertes de ses premiers plans taient plus naturels8 ,et1 s'il y avait maladie de l'il chez ces jeunes gens qui voyaient tout en violet1 combien les savants physiologistes n'auraient-ils pas rendu de services en dcouvrant la maladie qui avait permis au public pendant si longtemps de voir le vert des prairies tout noir6 ,combien surtout cette dcouverte fut vaine1 puisque loin de gurir cette maladie chez ceux qui en taient dj affects1 elle n'a pu l'empcher de gagner l'immense foule des peintres4 ,aujourd'hui1 si vous vous promenez travers les ,salons des pays un peu arrirs ou les collections particulires de nos amateurs1 vous en verrez les traces1 non seulement chez les quasi-impressionnistes1 comme ,m4 ,besnard1 mais chez les travailleurs les plus assagis1 comme ,m4 ,henri ,martin1 chez ,duez1 dans son ,djeuner sur la terrasse1 chez les ,romantiques attards1 non seulement en ,france1 mais au del des ,alpes1 mais dans la scession d',autriche1 mais en ,hongrie1 mais dans les tableaux qu'on fait ,christiania ou ,stockholm4 ,de plus1 ces ombres qui sont une couleur1 sont-elles toujours de la mme couleur8 ,y a-t-il une couleur d'ombre comme ,perrault pensait qu'il y avait une couleur de temps8 ,non1 car elles varient au gr des objets lumineux qu'elles refltent4 ,vous tes dans une chambre o le soleil qui dcline claire presque horizontalement et embrase d'un ton chaud tout un coin de la pice4 ,votre interlocuteur oppose au rayon lumineux son profil1 de faon qu'une moiti de sa figure se trouve dans l'ombre4 ,analysez cette ombre1 vous y dcouvrirez une foule de tons que n'a pas la chair3 la couleur de la tapisserie claire par le soleil4 ,placez sur cette tapisserie un livre rouge3 la joue s'enflammera comme auprs d'un brasier2 vert1 elle deviendra livide2 bleue1 et elle se teindra d'une blancheur trange4 ,dans les intrieurs d'appartements1 toute surface rflchissante s'impressionne de mme4 ,le marbre de la table d'un coiffeur est vert sous le flacon de violette1 rouge sous le flacon de quinine1 et blanc sous le flacon d'eau de ,cologne4 ,en plein soleil1 sous les arbres1 sur les eaux1 les reflets sont plus tyranniques encore4 ,l'aile des mouettes qui se balancent sur les eaux bleues se teint par-dessous des couleurs qui se balancent au-dessous d'elles4 ,il y a1 sur les bateaux qui font le service des lacs en ,suisse1 un porte-voix de cuivre jaune qui se recourbe lgrement comme une houlette au-dessus de l'eau bleue4 ,par un chaud soleil1 quand le lac est absolument bleu1 si l'on considre le dessous de ce porte-voix1 on trouve qu'il est d'un vert criard1 quand le dessus est d'un jaune d'or3 c'est le reflet des vagues4--,une vive lumire peut teindre la couleur propre d'un objet et lui en donner une autre4 ,le #i mai de l'anne #aijj1 les passants qui considraient la ,seine et l'horizon dentel de l',exposition vers six heures et demie du soir1 de la place de la ,concorde1 n'apercevaient qu'un brouillard lumineux et l piqu de points d'or4 ,dans la splendeur du couchant toute forme avait disparu2 seulement le haut des deux mts de la porte monumentale brillaient droite comme des torches qui commencent prendre feu4 ,de l'autre ct de la ,seine1 deux dmes brillaient d'un clat exactement pareil3 l'un appartenait au palais de l',italie1 qui tait tout dor1 l'autre celui des tats-,unis1 qui tait blanc avec de simples filets d'or1--et le soleil les confondait dans le mme clat4 ,enfin1 au-dessus d'eux1 une cloche d'or suspendue dans un campanile d'argent lui-mme1 soutenu en l'air par des forces invisibles1 voil tout ce qui restait de la tour ,eiffel4444 ,ainsi de la figure humaine4 ,ds qu'elle est plonge dans un milieu compos de couleurs clatantes et diverses1 elle en reflte les clats et les diversits4 ,mille silhouettes sont formes sur elle par les ombres des branches1 par les lentilles de lumire3 telles des arabesques et des ramages sur un vtement4 ,si vous regardez avec attention la petite ,paysanne assise de ,m4 ,pissarro1 vous apercevrez que si la silhouette suivait les limites de la couleur1 vous pourriez rduire son bras presque rien1 car toute une moiti n'en est que la continuation du ton de l'herbe4 ,et partout le paysage l'envahit et la tatoue tel point qu'elle est prs de se dissoudre dans le vert ambiant1 selon la formule fameuse des ,dliquescences3 ,ah6 verte1 verte1 combien verte tait mon me ce jour-l6 ,c'est de la peinture camlonne4 ,les objets prennent les teintes des milieux o ils sont plongs et1 pour l'impressionniste1 nous sommes comme ces poissons qui changent de couleur selon les eaux qui les reoivent4 ,est-ce l une vue plus fausse de la nature8 ,est-il une couleur immuable approprie une chose8 ,est-il un sentiment qui colore d'une faon indlbile une me8 ,le flot bleu1 en arrivant contre un rcif1 s'lve1 se brise et devient blanc3 c'est pourtant la mme eau2444 l'angle d'une table noire1 touch par le jour de la fentre1 se sertit de blanc bleutre3 c'est pourtant le mme bois2444 un homme d'un esprit sceptique1 d'une volont inactive1 est saisi par l'amour ou par la douleur et devient un pote ou un aptre3 c'est pourtant la mme me4444 ,que la mme substance se colore suivant le milieu de faons diffrentes et que chaque couleur diffrente de ce milieu agisse en mme temps sur elle de faon la partager1 la barioler1 la tatouer si l'on veut1 selon les mille hasards de l'ombre1 du rayon1 du reflet1 du nuage et de l'air1 voil qui n'est pas seulement une fantaisie impressionniste dans l'art1 mais une vrit profonde la fois dans la nature et dans la vie4 ,mais ce n'est pas tout4 ,les taches des reflets ne sparent pas seulement une mme figure en morceaux de diffrentes couleurs sur le mme plan1 comme une mosaque3 elles en creusent aussi les surfaces planes1 et les sculptent en profondeur comme des bas-reliefs4 ,elles varient les plans de cette surface plane de telle sorte qu'elles en modifient compltement aux yeux la nature et la composition4 ,regardez ,la ,loge de ,m4 ,renoir et vous verrez le plastron empes du lorgneur1 qui est apparemment d'une matire dure1 creus par les taches d'ombre1 et repouss par les reflets de lumire1 de faon prsenter l'aspect d'un agglomrat de coton4 ,parfois1 donc1 la lumire trompe absolument sur la nature de l'objet reprsent4 ,pour le reconstituer1 il faut faire appel au sens du toucher4 ,il faut que la main se porte sur l'objet et1 le palpant1 nous rende la notion que sa forme primitive subsiste sous les reflets contraires et les diverses couleurs4 ,maintenant1 ces jeux de la lumire1 ces actions et ces ractions infinies des reflets1 comment les analyser avec assez de finesse pour les surprendre et les fixer avec assez d'clat pour les retenir8 ,cette atmosphre lumineuse1 qui bouleverse les formes1 interchange les couleurs1 par quel moyen subtil l'exprimer8 ,puisque ce n'est plus la figure qu'il s'agit de dlimiter dans l'espace1 ni les arbres dont il s'agit d'indiquer l'essence1 puisque c'est la lumire qui devient le principal personnage du tableau1 comment peindre cette lumire qui remplace dornavant le sujet1 l'action1 la figure1 le caractre1 et ptrissant son gr tous les corps1 enveloppant tous les plans1 reliant toutes les silhouettes1 fondant toutes les couleurs1 ,semble l'me de ,tout qui va sur chaque chose ,se poser tour tour8444 ,c'est ici qu'intervient l'effort le plus audacieux1 la trouvaille la plus prcieuse de l',impressionnisme3 la division de la couleur4 ,cette division1 beaucoup de coloristes l'avaient indique4 ,ils avaient dj morcel la touche4 ,vous trouverez la touche trs morcele avec les reflets trs papillotants chez ,watteau1 dans l',embarquement pour ,cythre4 ,elle est morcele aussi chez ,chardin4 ,elle est balafre1 strie1 et parfois tourbillonnante chez ,turner4 ,taine cite avec raison le ,caf ,turc de ,decamps et spcialement le mur de face1 gauche1 pour montrer que1 pour les yeux de l'artiste1 la tache est en mouvement1 car il s'y fait des flageollements1 des stries4 ,m4 ,paul ,signac a parfaitement tabli1 dans son vigoureux plaidoyer en faveur des no-impressionnistes#h1 que le peintre du ,massacre de ,scio1 lui aussi1 se proccupa des moyens d'aviver la couleur par le morcellement de la touche4 ,mais si l'on obtient ainsi plus de mouvement et plus d'air dans la couleur1 on n'en augmente pas l'clat4 ,et1 cependant1 chacune des couleurs dont on se sert est d'un clat gal1 sinon suprieur l'clat de la couleur correspondante dans la nature2 le vert sur la palette est aussi tincelant que sur l'herbe4 ,pourquoi donc1 une fois mlanges et passes sur la toile1 les couleurs baissent-elles de ton8 ,mlanges1444 c'est qu'elles sont mlanges6 ,et1 apparemment1 c'est une inexorable loi de la peinture4 ,elles ne peuvent pas ne pas l'tre4444 ,claude ,monet et ,pissarro en taient l de leurs rflexions1 lorsqu'en #ahgj1 ils allrent ,londres et y passrent de longues journes tudier les ,matres anglais1 ,watts1 ,rossetti1 ,turner4 ,en observant que1 dans certains tableaux de ,turner vus de prs1 les couleurs apparaissent presque pures1 et que1 de loin1 cependant1 l'ensemble des touches composait une combinaison harmonieuse1 les impressionnistes comprirent pourquoi ces tableaux avaient un tel clat3 c'est que la couleur y tait pose par tons crus2 et pourquoi ils avaient1 malgr cette crudit1 une telle harmonie3 c'est qu'elle tait pose par tout petits fragments ou par lignes trs minces qui1 de loin1 n'apparaissaient pas seuls1 mais se mlangeaient pour la vue avec les lignes voisines4 ,le mlange n'avait pas eu lieu sur la palette1 ni mme sur la toile3 il avait lieu sur la rtine du spectateur4 ,c'est ce qu'on appela le mlange optique4 ,de ce procd1 qui n'est point constant ni mme habituel chez ,turner1 mais qui s'y trouve suffisamment indiqu1 les impressionnistes dgagrent et rapportrent toute une thorie4 ,d'abord1 ils proscrivirent de leur palette les couleurs neutres et dj rompues comme les bruns1 ne gardant que des couleurs vives3 des jaunes1 des orangs1 des vermillons1 des laques1 des rouges1 des violets1 des bleus1 des verts intenses comme le vronse et l'meraude4 ,rduits ces couleurs clatantes qui se rapprochent de celles du spectre solaire1 ils s'interdirent encore d'en ternir l'clat par des mlanges sur la palette4 ,enfin1 dans leur dernire volution ils cherchrent viter non seulement le mlange sur la palette et dans la brosse1 mais mme1 jusqu' un certain point1 le mlange sur la toile1 composant les tons1 le plus qu'ils pouvaient1 par petits fragments purs1 les uns ct des autres4 ,pour composer un violet1 par exemple1 la thorie divisionniste enseigne qu'il ne faut point prendre le violet sur la palette1 ni mme mler sur la toile du rouge et du bleu1 mais bien poser une touche de rouge1 puis une de bleu1 ct1 sans les mler1 mais si prs l'une de l'autre1 qu' une certaine distance l'il recompose le ton violet4 ,c'est l'application exacte de la thorie enseigne en #ahef par ,ruskin et que ,m4 ,paul ,signac a rsume1 en #ahii1 en ces trois articles3 #ao ,palette compose uniquement de couleurs pures se rapprochant de celles du spectre solaire2 #bo ,mlange sur la palette et mlange optique2 #co ,touches en virgules ou balayes4 ,assurment1 ce programme1 en passant de la thorie la pratique1 a subi bien des accommodements4 ,ni ,claude ,monet1 ni mme ,m4 ,pissarro ne l'ont absolument appliqu4 ,d'ailleurs1 ils n'avaient jamais prtendu l'appliquer et ce n'tait l qu'une suggestion pour l'avenir ou1 si l'on veut1 un idal4 ,mais si nous regardons la ,vue de ,rouen de ,m4 ,camille ,pissarro ou l',argenteuil de ,claude ,monet1 nous verrons qu'autant qu'une suggestion peut tre suivie1 celle-l le fut par ces peintres1 et devant ces deux exemples1 les plus prvenus conviendront qu'elle a conduit un admirable rsultat4 ,l'clat de ces eaux1 la vibration de cette lumire1 la palpitation de ces reflets1 la lgret de cette atmosphre fine1 l'harmonie douce de ces tons dont chacun est violent1 tout prouve que l',impressionnisme a apport ici une affirmation vraie4 ,la ,danseuse de ,m4 ,renoir est une merveille d'harmonie4 ,regardez1 au ,luxembourg1 les ,bords de la ,seine de ,sisley1 les ,toits rouges et la ,brouette de ,m4 ,pissarro1 la gare ,saint ,lazare et l',eglise de ,vtheuil de ,monet1 qui sont de petits chefs-d'uvre1 vous reconnatrez l les plus prcieuses dcouvertes de l'art dans les secrets de la vie4 ,seulement1 la thorie divisionniste1 si elle tait applique partout et dans toute sa rigueur1 conduirait proscrire beaucoup des facilits de la peinture l'huile1 car prcisment ce qui distingue la peinture l'huile d'autres procds de coloration1 du pastel par exemple1 c'est le pouvoir de mlanger les couleurs1 et c'est1 pour parler comme ,delacroix1 l'infernale commodit de la brosse4 ,l'absolue division de la couleur1 plus tard dgnre en pointillisme1 rend le mtier de peintre extrmement difficile4 ,en vain1 des artistes d'un talent indniable et d'une rare pntration d'esprit1 les ,seurat1 les ,signac1 les ,h4-,e4 ,cross cherchrent rallier les peintres la technique nouvelle1 pousse son extrme svrit4 ,ils chourent4 ,,chapitre ,,iii ,ses lacunes4 ,le cycle impressionniste tant clos1 on peut le juger maintenant aussi clairement qu'on juge l'cole romantique ou celle de ,david4 ,tant que les jeunes s'en inspirrent1 tant qu'ils y prirent leur point de dpart1 le jugement dut tre suspendu4 ,car on ne savait pas si1 parmi ces jeunes1 il ne s'en trouverait point qui ferait sortir de l',impressionnisme quelque uvre plus complte et plus puissante que celles ralises jusque-l4 ,on nous disait3 ,ne vous pressez pas de conclure1 car ce mouvement ne date que d'hier et s'il n'a pas donn encore tout ce qu'on en peut attendre1 qui sait si ces tentatives ne va pas succder quelque chef-d'uvre8 ,qui sait si le matre impressionniste ne va pas paratre8 ,mais1 aujourd'hui1 on ne peut plus parler ainsi4 ,car voici plusieurs annes dj que les jeunes ont abandonn la route de l',impressionnisme et bifurqu sur des chemins qui les ramnent tout doucement aux coles du pass4 ,on nous disait3 ,dsormais la peinture sera claire1 dfinitivement dbarrasse de la litharge1 du bitume1 du chocolat1 du jus de chique1 du graillon et du gratin#i4 ,demain les jeunes gens ne verront la figure humaine qu'enveloppe de soleil2 les ombres seront mises en fuite1 les murailles qui conservent l'ombre renverses1 les clarts triomphantes dans tous les coins et recoins de la toile1 et l'tre humain1 mancip par la peinture1 se tiendra debout1 joyeux1 dans une aprs-midi qui n'aura pas de fin4 ,attendez1 et vous allez voir arriver la lumire4 ,nous avons attendu1 et nous avons vu arriver ,m4 ,cottet4444 ,on nous disait enfin3 ,regardez s'laborer le paysage de l'avenir4 ,il ne sera qu'une harmonie en blanc majeur1 qu'un inter-change de lueurs entre les eaux1 les herbes1 les feuilles1 les rayons et les fleurs4 ,et1 l1 il puisera toute sa posie4 ,plus d'effets mlodramatiques1 plus de ruines savantes1 plus de fabriques1 plus d'arbres composant leurs silhouettes comme des modles d'acadmie1 plus d'effet thtral1 plus d'orages6 ,seulement le clair sceptre de midi roi des ts1 des maisons neuves avec du rouge de tuile ou du noir d'ardoise1 travers les feuilles tendres d'arbres sans prtentions1 d'humbles lgumes1 des eaux sans cascades ni artifices1 de petites nues libres sans architecture4 ,ayez confiance1 et vous allez voir apporter dans nos salons des morceaux de nature clatants de lumire et de modernit4 ,nous avons eu confiance1 et nous avons vu apporter les ,terres antiques de ,m4 ,mnard4444 ,regardez le paysage de ,m4 ,mnard1 qui se trouve prcisment au ,luxembourg1 pas trs loin de la salle ,caillebotte4 ,non seulement ,claude ,lorrain n'y est plus mpris1 mais les recettes du vieux clair-obscur y sont soigneusement remises en honneur4444 ,combien n'a-t-on pas raill jadis le procd qui consiste opposer1 dans un tableau1 le point le plus lumineux son point le plus sombre pour obtenir un effet de contraste1 ce procd sans cesse employ par ,gustave ,dor dans ses grandes planches8 ,or1 il se retrouve exactement dans les deux paysages de ,m4 ,mnard1 o des bestiaux bnvoles sont venus mettre leur tte rousse et sombre1 juste au point o le soleil dardait son reflet le plus clair4 ,et pourtant l'uvre de ,m4 ,mnard n'en arrte pas moins tous les regards1 et n'en retient pas moins toutes les penses4 ,pareillement1 dans cette touchante ,nuit de la ,saint-,jean de ,m4 ,cottet1 o les membres d'une famille bretonne se sont groups autour du feu commmoratif1 posant et l des pierres pour tenir parmi les vivants la place des enfants morts1 on observe que le point le plus sombre s'oppose au centre lumineux1 et nul n'en est scandalis4 ,de mme dans l'admirable ,troupeau de ,m4 ,dauchez4 ,qu'on regarde enfin la ,procession de ,m4 ,simon3 ces ttes nues sous la brise de mer1 ces traits fortement appuys dans la chair des visages1 ces oppositions tranches d'ombre et de lumire1 ces arabesques de draps noirs sur les surplis blancs1 et que l'on dise ce qui reste l des thories du plein air et des reflets1 de la proscription du brun et du noir8 ,et ce n'est pas une individualit ou deux qui abandonnent le sentier de l',impressionnisme3 c'est une foule4 ,quand on s'arrte devant les toiles de ,m4 ,jacques ,blanche1 de ,m4 ,le ,sidaner1 de ,m4 ,morisset1 de ,m4 ,guignard1 de ,m4 ,albert ,moull1 de ,m4 ,georges ,griveau1 de ,m4 ,garrido1 de ,m4 ,feliu1 de ,mlle ,rderstein1 de ,m4 ,sarlius1 il est difficile d'y voir cette peinture claire1 cet blouissement de tons purs1 cette proscription des ocres et des bruns1 que les thoriciens de l',impressionnisme ont toujours donns comme les caractristiques de l'art nouveau#aj4 ,vainement chercherait-on rattacher tous ces tnbreux1 qui triomphent en ce moment1 aux luministes d'hier4 ,ils en diffrent du tout au tout4 ,on peut1 la vrit1 parler de leur commune motion et de leur semblable sincrit2 proclamer que les uns et les autres se livrent un pareil travail philosophique au cours duquel les contingences s'laguent1 et qu'ils sont1 aujourd'hui comme hier1 les vocateurs savants des forces en exercice2444 propositions qui s'appliquent d'autant mieux plusieurs coles qu'elles n'en dfinissent aucune4 ,on peut1 en dfinissant l',impressionnisme une peinture qui va vers le phnomnisme1 vers l'apparition et la signification des choses dans l'espace1 et qui veut faire tenir la synthse de ces choses dans l'apparition d'un moment#aa1 y rattacher tout tableau moderniste1 comme1 d'ailleurs1 tout tableau quelconque et1 en effet1 quel est le peintre qui ne se propose pas l'apparition des choses dans l'espace1 et quel moyen pourrait-il bien prendre de les montrer autrement que dans l'apparition d'un moment8 ,mais ds qu'on quitte cette logomachie pour prciser les caractres picturaux des jeunes de talent1 on est oblig de constater la raction qui s'est faite4 ,car le ralisme tait l'absence de composition1 et l',impressionnisme l'absence d'effet par les masses d'ombre4 ,or1 chez tous les jeunes artistes que le succs accueille aujourd'hui1 on constate nettement une composition voulue et un parti pris d'ombres vident4 ,il y a huit annes1 dj1 cette raction tait note par ,m4 ,andr ,michel4 ,sa consciencieuse observation et son impartiale clairvoyance en relevaient les premiers symptmes#ab4 ,aujourd'hui1 personne ne pourrait s'y tromper3 l',impressionnisme appartient bien au pass4 ,on peut donc1 sans injustice1 le comparer toutes les coles du pass4 ,or1 il faut bien l'avouer1 si nous comparons les portraits que nous ont laisss ses meilleurs matres avec ceux d',ingres ou de ,m4 ,dagnan1 si nous rapprochons ses paysages1 dans leur ensemble1 des pages que nous ont laisses les ,rousseau1 les ,corot et les ,daubigny1 si ce mouvement qui dura trente ans1 c'est--dire aussi longtemps que le mouvement romantique et qui fit beaucoup plus de bruit que l'cole de ,barbizon1 nous demandons l'quivalent de ce qu'ont produit l'un ou l'autre de ces groupes1 l'une ou l'autre de ces coles1 nous ne le trouverons pas4 ,ni ces portraitistes n'ont immortalis1 ni ces paysagistes n'ont exprim1 ni ces fantaisistes n'ont conu1 quelque figure humaine1 quelque aspect de nature1 quelque type d'humanit tel que le ,portrait de ,m4 ,bertin1 la ,danse des ,nymphes ou l',homme la ,houe4 ,en sorte que vouloir comparer l',impressionnisme aux grandes poques de la peinture franaise1 l'opposer ces coles1 le dresser contre leur enseignement1 comme l'ont fait la plupart de ses pangyristes1 ce serait tout simplement conclure son avortement4 ,le matre impressionniste n'a pas paru4 ,car cette rvolution1 si rvolution il y a1 fut faite par beaucoup de pygmes et non par un gant4 ,c'est la grande diffrence1 en ,art1 entre les rvolutions d'autrefois et celles d'aujourd'hui4 ,autrefois1 ce qui tait la mode1 ce qui tait encourag par la critique1 ce qui tait par consquent le lot de la foule des artistes1 du troupeau des suiveurs1 c'tait la routine2 aujourd'hui1 c'est l'innovation4 ,autrefois1 par consquent1 il fallait1 pour oser une rforme1 un artiste vigoureux et puissant1 rompu toutes les pratiques antrieures de son art4 ,le got tant essentiellement hostile toute rforme1 on n'osait point la tenter aussi longtemps qu'on n'avait pas en main tous les lments pour la faire triompher4 ,tant qu'on ne savait pas peu prs tout ce que savaient ses prdcesseurs1 on ne s'aventurait pas leur rompre en visire ni leur donner des leons4 ,aujourd'hui1 rien n'est plus facile4 tonner les matres suffit faire penser qu'on est un matre soi-mme2 dire du mal de l',institut dispense d'avoir du talent4 ,le got tant aux innovations1 l'agitation et l'oscillement perptuel1 la presse dcernant la matrise n'importe quel pseudo-novateur1 beaucoup innovent quand ils devraient copier encore et enseignent un mtier nouveau quand ils agiraient sagement en apprenant l'ancien4 ,il en rsulte parfois des tentatives curieuses1 intressantes pour le progrs d'une technique1 mais point assez compltes pour la ralisation d'une uvre et1 au bout de quelques annes1 le mouvement avorte ou se perd en excentricits1 pour avoir t entrepris trop tt1 par des bras trop faibles et dans un sentiment trop troit4 ,l',impressionnisme avait un sentiment trop troit4 ,il niait trop de vrits essentielles dans une uvre d'art et celle qu'il apportait1 si importante qu'elle ft1 n'tait pas suffisante pour tenir lieu de toutes les autres4 ,ce qu'il affirmait c'tait la ncessit de la couleur vive1 ce qu'il niait c'tait l'utilit de la ligne4 ,il la niait1 et il ne sert de rien1 pour le contester1 de prtendre que ,m4 ,degas admire ,ingres ou que ,m4 ,renoir sait dessiner et qu'ils taient tous deux capables de tracer une ligne impeccable2 toute la question est de savoir s'ils taient capables de donner l'clat nouveau et le mouvement imprvu de leurs couleurs tout en conservant leurs lignes4 ,il est vident que les impressionnistes pouvaient d'une part dessiner trs correctement et d'autre part obtenir des vibrations de couleurs inaccoutumes4 ,mais la question est de savoir s'ils pouvaient la fois donner ces vibrations et conserver cette ligne1 profiter de leurs recherches et ne rien perdre de leur acquis1 appliquer leurs thories sans dtruire un enseignement essentiel et1 en un mot1 superposer leurs progrs tous les progrs que la peinture avait faits avant eux4 ,or les exemples de la salle ,caillebotte rpondent assez clairement cette question3 ils ne le pouvaient pas4 ,ils n'ont pu raliser leurs vibrations de couleurs qu'en sacrifiant la ligne2 ils n'ont pu montrer les reflets sur les figures qu'en dtruisant la silhouette des figures2 ils n'ont pu peindre l'atmosphre qui enveloppe1 qu'en dnaturant la substance qui est enveloppe et1 en un mot1 faire chanter la couleur qu'en faisant taire le dessin4 ,dans la plupart des tableaux impressionnistes1 il n'y en a plus et1 si ce dfaut est moins sensible ou plus excusable quand il s'agit d'un paysage1 surtout des paysages amorphes des environs de ,paris o nulle montagne ne donne un intressant profil1 il n'en va pas de mme avec la peinture de figure et surtout avec le portrait4 ,le but du portrait est de nous montrer ce qu'un tre humain a de plus personnel1 de plus intime1 de plus lui4 ,en le peignant en plein air1 sous bois1 tatou par l'ombre des branches1 bariol par les reflets1 l'impressionniste nous montre ce qu'il a de plus superficiel1 de plus influenc par son milieu1 de plus autre4 ,le but du portraitiste est d'abstraire le modle de son milieu1 afin de montrer en quoi il diffre de son milieu4 ,la thse impressionniste oblige le replonger au contraire dans ce milieu comme dans un bain multicolore1 parpiller son me parmi les mes diverses des choses1 touffer sa voix sous le murmure des tres1 clipser son regard par le rayonnement des fleurs1 en un mot le faire s'vanouir dans le grand ,tout4 ,l'homme n'est plus que le produit du milieu o on l'a mis et du moment o on l'observe4 ,aussi ne trouve-t-on gure de bons portraits dans toute l'cole impressionniste1 et parmi eux1 il n'en est pas un qui puisse tre compar1 je ne dis pas ceux d',ingres ou de ,reynolds1 mais tout simplement ceux de ,m4 ,dagnan ou de ,m4 ,benjamin-,constant4 ,la facture en est uniforme4 ,c'tait un axiome autrefois chez les artistes que chaque objet diffrent devait tre peint d'une faon diffrente1 qu'une maison1 par exemple1 devait se distinguer par sa facture d'un arbre et un mouton d'une pice d'eau ou d'une locomotive2 qu'il n'y avait pas seulement un ton local1 mais que la facture mme devait varier selon l'objet qu'elle tait cense raliser4 ,on n'appliquait pas la couleur pour figurer un mur comme pour figurer des feuilles d'arbre ni pour un visage comme pour un parquet de bois4 ,la matire reprsentante devait varier comme la matire reprsente4 ,la touche tait pose plat ou en virgule1 ou plus sche ou plus humide1 par longues tranes ou par points1 par raies verticales ou par traits horizontaux ou en coups de sabre1 en banderoles1 ou bien blaireaute en fourchette1 ou encore appuye comme une pression sur un bouton lectrique1 ou lgre comme des passes magntiques1 selon qu'il s'agissait de signifier la ronde bosse d'un rocher ou la plate paisseur d'une muraille1 ou l'chevellement d'un arbre dans le vent4 ,l',impressionnisme a chang tout cela4 ,son principe tant de peindre l'enveloppe lumineuse des objets plutt que les objets mmes1 il a tout fait vibrer dans un gal scintillement4 ,dans ses uvres les plus fameuses1 tout est peint de la mme manire4 ,une locomotive parat floconneuse comme un nuage2 une maison frissonnante comme un arbre et un bonhomme tient la fois du nuage et de la maison4 ,une touche partout gale1 que l'objet soit liquide1 solide ou arien1 le calfeutre d'une sorte de ouate colore4 ,fatal la figure1 le sentiment impressionniste est-il favorable au paysage8 ,oui1 sans doute1 mais non tous les paysages1 ni dans tous les moments4 ,ce que l',impressionnisme rend merveilleusement1 c'est le plein soleil1 c'est l'heure o tout ce qui vit danse dans la lumire1 o1 voyant tout1 l'on voit mal4 ,c'est l'accablement de la chaleur1 c'est midi1 l'heure de la sieste et des bras lasss par le travail4 ,c'est de toutes les heures du jour celle que le rural connat le moins4 ,car c'est celle o il repose4 ,mais en mme temps c'est l'heure que l'artiste citadin connat le mieux et qui reprsente pour lui l'instant typique de la ,nature4 ,il est parti de ,paris par le train du matin1 il y rentrera par le train du soir1 il ne voit la campagne qu'en plein midi4 ,il a un blouissement4 ,l'impressionniste mieux qu'aucun autre lui peint cet blouissement1 il le retrouvera rue ,lepeletier4 ,il est gris1 enivr comme les hros de ,maupassant dans sa ,partie de campagne4 ,cela1 l'impressionniste le montre bien4 ,dans sa toile1 le citadin dchan parmi les moissons a des visions extraordinaires4 ,le printemps ouvre sa guinguette444 ,le bourdon aux excs enclin1 ,entre en chiffonnant sa chemise2444 ,un illet est un verre plein1 ,un lys est une nappe mise1 ,la mouche boit le vermillon ,et l'or dans les fleurs demi-closes1 ,et l'ivrogne est le papillon1 ,et les cabarets sont les roses4 ,ces impressions superficielles1 ces ,bucoliques de banlieue1 l'impressionniste les chante comme ,victor ,hugo lui-mme4 ,quant aux impressions de nature longuement ressenties1 comme la ressentent ceux qui vivent sur la montagne ou sous la fort1 quant aux souvenirs qui s'enfoncent au plus profond de notre tre1 ce n'est plus ,claude ,monet ou ,victor ,hugo qui sont capables de les rendre3 c'est ,lamartine1 c'est mme ,laprade ou ,brizeux4 ,et si nous les voulons retrouver en peinture1 quittons la salle ,caillebotte1 quittons le ,luxembourg et montons au dernier tage du ,louvre1 revoir les ,corot1 les ,rousseau et les ,daubigny de la collection ,thomy-,thierry4 ,incapable de dgager le caractre de la figure humaine1 capable seulement de dgager l'apparence de la nature dans une seule rgion une seule heure et trs superficiellement1 l',impressionnisme pouvait produire1 a et l1 quelques excellentes uvres1 comme les ,toits rouges ou l'glise de ,vtheuil1 mais il tait1 si on le compare aux grandes coles d'art1 destin un avortement4 ,,chapitre ,,iv ,son erreur4 ,et pourquoi a-t-il avort8 ,pourquoi a-t-il affich un sentiment d'art si troit1 et l'ensemble de ses ngations inutiles a-t-il de beaucoup dpass son affirmation ncessaire8--,c'est parce qu'il portait en lui1 avec des germes de vie1 un germe de mort1 une certaine humeur fatale tous ceux qui en furent affligs1 commune beaucoup d'coles contemporaines1 et qu'il faut dnoncer comme la pire des maladies de notre temps3 la recherche de l'originalit4 ,chercher l'originalit est un mal qui1 s'il ne date pas d'hier1 date du moins des temps modernes4 ,les anciens artistes l'ont peu connu4 ,on cite bien ,grco qui1 exaspr d'entendre dire qu'il imitait le ,titien1 chercha dans des procds un peu semblables aux procds impressionnistes une phmre originalit4 ,mais ,grco fut une exception4 ,ce que l'artiste ancien cherchait d'ordinaire1 c'tait l'assentiment de ses pairs et l'applaudissement des honntes gens en continuant ses matres1 en dveloppant quelque ct de leur manire1 sans qu'on vt tout de suite la transition et en les transformant sans bruit4 ,il cherchait non l'originalit1 mais la puissance4 ,il ne niait rien de ce qu'on trouvait ncessaire avant lui1 mais il y ajoutait quelque chose qui lui semblait utile4 ,chercher l'originalit1 c'est le signe vident qu'on veut s'carter de sa voie naturelle1 de soi-mme1 de son origine1 bref1 de tout ce qu'on peut avoir d'originalit4 ,si l'on a en soi quelque originalit1 parmi toutes ses qualits natives1 c'est en les dveloppant toutes qu'on peut la faire apparatre1 mais ce n'est jamais en commenant par supprimer l'emploi des autres4 ,ce n'est donc pas en supprimant les qualits reconnues comme ncessaires dans une uvre d'art3 la composition1 le dessin1 le ct substantiel des choses1 qu'on ralisera l'originalit de la couleur4 ,c'est en les gardant toutes1 en les cultivant soigneusement1 qu'clatera1 parmi elles1 celle qui est destine les faire oublier1 presque l'insu de l'artiste qui n'a cherch rien autre chose que la puissance4 ,pour tre elle-mme1 l'originalit doit tre non pas voulue1 mais subie4 ,considrons1 par exemple1 les deux matres dont se rclament parfois les impressionnistes3 ,turner et ,watteau4 ,certes1 tous les deux furent des novateurs et firent de plus grandes rvolutions dans l'art que les modernistes ne peuvent se flatter d'en avoir mme indiqu4 ,comme l'a dit ,hamerton3 ,la critique du ,,xviiie sicle et t incapable d'imaginer un ,turner4 ,d'autre part1 quand on se rappelle que ,watteau1 ce reprsentant prsum du ,,xviiie sicle1 fit son ducation en ralit au ,,xviie1 qu'il mourut l'anne o naquit ,mme de ,pompadour1 qu'il n'eut pour modles que ,le ,brun et ,mignard1 ,poussin et ,le ,sueur1 on mesure assez le pas gant qu'il fit faire l'art pour l'amener des tristes bords du ,tibre o languissait le ,poussin jusqu'au parc jaseur et rieur o s'en vont rvant masques et bergamasques4 ,or1 ces deux grands novateurs surent peine qu'ils innovaient4 ,en tout cas1 ils ne le proclamrent point3 ils s'en seraient dfendus plutt1 et telle tait leur dfrence envers les matres et leur peu de scandale que tous deux furent lus1 fort jeunes1 membres l'un de l',acadmie royale de ,france1 l'autre de l',acadmie royale d',angleterre1 sans mme l'avoir sollicit4 tait-ce un rvolutionnaire1 un contempteur des matres anciens1 ce ,turner qui1 constamment hant par le souvenir de ,claude1 dessinait un ,liber ,studiorum pour tre compar au ,liber ,veritatis de son prdcesseur et qui mrita que ,p4 ,g4 ,hamerton crivt de lui3 ,jamais artiste n'a tudi ses prdcesseurs avec autant d'assiduit pour montrer autant d'indpendance dans la suite8 tait-ce un chercheur d'originalit que ,watteau8 ,au tmoignage de ,caylus1 il copiait et tudiait avec avidit les plus beaux ouvrages du matre d',anvers2 il coutait les conseils de matres comme ,mtayer1 comme ,gillot1 comme ,claude ,audran1 peintre et concierge1 plus concierge que peintre3 il demandait1 en grce1 aux membres de l',acadmie les moyens d'aller tudier ,rome4 ,prtendait-il dtruire les rgles tablies1 cet esprit timide et inquiet qui avait toujours1 disent ses biographes1 le dgot de ses propres ouvrages et trouvait toujours qu'ils taient pays beaucoup plus qu'ils ne valaient8 ce client qui donnait son coiffeur deux tableaux pour une perruque et craignait encore1 en conscience1 que ce ne ft pas assez8 ,tous les deux1 enfin1 ,turner et ,watteau1 ressemblaient-ils aux bruyants rvolutionnaires modernistes1 eux qui1 aussi jaloux de cacher leur personne que de perfectionner leur art1 changeaient constamment de logement pour chapper aux curiosits indiscrtes1 qui1 pendant tout le cours de leur vie1 taient hants par les modles laisss par les matres1 tous deux impatients1 inquiets1 doutant de leur mrite et ne souffrant gure qu'on attaqut celui de leurs prdcesseurs1 tous deux mourant isols1 non comme des chefs d'cole1 mais bien comme de vritables originaux1 grands inconscients qu'ils taient3 l'un dplorant qu'on et si mal sculpt le crucifix que le prtre lui donnait embrasser1 l'autre tournant1 dans la mansarde de ,chelsea1 ses derniers regards vers les derniers rayons du couchant en murmurant3 ,le soleil est ,dieu6 ,tel fut ,watteau1 tel fut ,turner1 ces gauches constructeurs d'ombres charmantes1 ces inconscients casseurs de vitres et ces prodigieux appelants de rve4 ,l',embarquement pour ,cythre tait bien le dpart pour une terre nouvelle d'art et de posie4 ,les ,funrailles en mer du peintre ,wilkie taient bien l'ensevelissement de toute une peinture vieillie et d'un idal mort4 ,mais ceux qui firent ces rvolutions ne se doutaient pas qu'ils les faisaient4 ,ils croyaient de bonne foi suivre la grande route quand ils frayaient des troues nouvelles4 ,ils ne croyaient qu'agrandir un ancien domaine quand ils dcouvraient des mondes4444 ,leur exemple est un enseignement4 ,la contre-preuve qui nous est fournie par les modernistes le confirme4 ,c'est que1 chez les jeunes1 le mpris est un mauvais vhicule1 non seulement pour tout talent1 mais pour tout progrs8 ,une rforme1 qui se prsente avec plus de ngation que d'affirmation1 n'est qu'une ombre de rforme4 ,les vrais rvolutionnaires sont ceux qui renouvellent les formes d',art par lente substitution1 la faon de la vie1 et non par suppression rapide1 la faon de la mort4 ,les rvolutions htives sont les rvolutions phmres4 ,le champignon modifie vite l'aspect d'un sous-bois1 mais il ne le modifie qu'un jour1 et le chne qui1 pendant ce temps1 pousse lentement dans la nuit ses racines invisibles1 transformera l'aspect de la fort et sera1 dans des sicles1 pour les ailes des oiseaux et pour les yeux des hommes1 un lieu de repos1 de rafrachissement et de paix4 ,quant l'affirmation que1 parmi tant de ngations1 nous apporta l',impressionnisme3 l'affirmation des droits de la couleur1 elle restera sans doute l'actif des dcouvertes de l'art4 ,d'abord1 l'importance des lumires refltes1 ensuite la vive coloration des ombres1 enfin et surtout la division du ton1 si elles ne sont pas tout dans l'art de peindre1 sont cependant de cet art une partie assez importante pour qu'on soit reconnaissant l'cole qui les a le mieux indiques4 ,prcisment parce que les uvres impressionnistes manquent des autres qualits qui font la bonne peinture1 on voit ces qualits particulires y ressortir avec plus de crudit et une clart plus favorable l'enseignement4 ,c'est ainsi qu'un corch1 par exemple1 prcisment parce qu'il ne cherche pas rendre tout le charme et toute la beaut du corps humain1 nous fait comprendre le jeu des muscles beaucoup mieux qu'une complte acadmie4 ,quand les amateurs1 aujourd'hui imbus d'ides modernistes1 se lasseront de voir dans leurs salons ces curiosits de palettes1 elles n'iront point1 du moins1 comme les mauvais tableaux1 au grenier4 ,elles s'arrteront dans les ateliers des peintres1 qui les suspendront avec honneur entre les tableaux des complmentaires de ,chevreul et les corchs de ,bandinelli4 ,l1 ces choses seront leur place et rendront des services4 ,n d'un srieux effort1 d des causes profondes1 assez fortement ralis pour avoir beaucoup appris1 mme ceux qui s'en dfendent le plus1 l',impressionnisme est une dcouverte3 ce n'est pas une peinture4 ,,troisi,,me ,,partie ,,le ,v,,tement ,,moderne ,,dans ,,la ,,statuaire ,,le ,v,,tement ,,moderne ,,dans ,,la ,,statuaire ,quand les premiers chrtiens dbarquaient pour la premire fois dans les villes de la civilisation paenne1 ils demeuraient stupfaits du nombre des statues qu'ils y voyaient4 ,les hros1 les anctres1 les dieux1 le monde antique tout entier1 taient l1 dresss1 en bronze ou en marbre1 en apparence indestructibles4 ,et les pieux missionnaires n'taient pas loin de croire que1 dans chacune de ces statues1 il y avait un dmon4 ,c'est1 aujourd'hui1 un sentiment semblable de stupeur qui saisit le rural quand il entre dans nos villes ou lorsque1 errant sur le balcon du grand hall des ,champs-lyses1 il jette un regard sur cette foule de marbre4 ,depuis le temps de ,lysippe1 on n'avait jamais tant vu de statues embarrasser les places publiques4 ,jamais n'avait pass sur ce pays un tel souffle commmoratif4 ,plus de cent quinze statues furent riges en ,france de #ahgj #ahhe4 ,un idal inexpliqu d'hommages coteux et d'inaugurations rparatrices hante les ateliers de ,montrouge ou de ,montmartre4 ,une fatale mulation les tient de ne pas laisser dans ,paris un square1 une place1 un carrefour1 un rond-point1 un refuge inoccup4 ,la sculpture a horreur du vide4 ,devant qu'une rue soit perce ou un square plant1 un monument s'y destine et l'on sait dj quel hros y sera honor1 quand on ignore si les maisons auront des locataires4 ,les espaces actuellement ouverts sont insuffisants4 ,on a mis des grands hommes partout3 on a insinu des acteurs jusque dans des squares suburbains1 des encyclopdistes jusque parmi des bureaux d'omnibus1 des rformateurs sociaux jusqu' la porte des hippo-palaces et sur les boulevards extrieurs4 ,toute place tant occupe1 mais la patrie se rsignant de moins en moins ne point honorer ses grands hommes1 on les juxtapose comme dans une revue4 ,au carrefour de l',observatoire1 un explorateur dispute la place au marchal ,ney et l'horizon aux ,quatre parties du monde4 ,la longue perspective de la fontaine du ,luxembourg est close4 ,l'uvre de ,m4 ,puech offusque celle de ,carpeaux4 ,il y a saturation4 ,et cependant1 chaque ,salon1 des files nouvelles de grands hommes rangs sous le vitrage attendent1 dans les limbes du pltre1 le moment d'entrer1 leur tour1 dans l'immortalit4 ,en mme temps que ce phnomne1 si favorable au sculpteur1 il s'en produit un autre1 qui lui est fort contraire4 ,si jamais on n'leva tant de statues des contemporains1 jamais non plus les contemporains ne se vtirent d'une faon si peu statuaire4 ,le vtement moderne1 depuis ,henri ,,iv1 mais surtout depuis un sicle1 est ce que l'histoire nous offre de plus impropre figurer dans une uvre de plastique4 ,le naf rural1 qui se promne dans nos cits1 n'est pas moins indign que le premier chrtien dbarquant dans la cit antique4 ,si ce ne sont pas de faux dieux qui se dressent devant lui1 ce sont du moins de faux hommes1 et il a peine se persuader que des gens si laids aient pu tre si grands4 ,il y a dsaccord absolu entre la prtention que nous avons d'honorer nos hros et les moyens que leur aspect extrieur nous en fournit4 ,le problme du vtement contemporain dans la statuaire est donc pos par les faits4 ,,chapitre ,i ,pourquoi les sculpteurs ont tent de reprsenter le vtement moderne4 ,sans doute1 il y a longtemps qu'on a senti ce dsaccord4 ,mais on le rsolvait jadis en sacrifiant hardiment un des termes du problme4 ,on sacrifiait le vtement4 ,on osait habiller d'une toge ou ne pas habiller du tout les hros4 ,l'habit de nature1 c'est la peau1 disait ,diderot1 plus on s'loigne de ce vtement1 plus on pche contre le got4 ,canova1 ,thorwaldsen et leurs successeurs l'avaient tabli en principe4 ,de mme1 quand ,rude sculptait1 au flanc de l',arc de ,triomphe1 son hroque ,dpart1 il dpouillait le feutre emplum1 l'habit la franaise1 toute la dfroque de #agib1 et ne retenait des combattants que la passion qui les inspirait4 ,et c'tait excellent4 ,mais1 si fconde que soit une tradition d'art1 ds l'instant qu'elle est applique dans sa lettre et non dans son esprit par une foule de mdiocres lves1 elle devient insupportable aux esprits indpendants et insuffisante aux dlicats4 ,tel fut le sort du nu et du drap4 ,les innombrables effigies funraires de ,thorwaldsen en donnrent le dgot4 ,on chercha un renouvellement dans la silhouette sculpturale du contemporain4 ,on se demanda si le nu tait bien une loi inluctable1--et si d'ailleurs il y avait en art des lois que des novateurs hardis ne pussent enfreindre ou tourner4 ,on chercha1 de droite et de gauche1 des exemples4 ,on remarqua que le ,mose n'tait point selon le canon de ,polyclte1 que le ,coleone portait un autre costume que la toge et que les figures enthousiastes de ,rude ne respectaient point les principes que ,lessing avait cru dcouvrir dans le ,laocoon4 ,en mme temps on montrait les ,hollandais tirant un parti merveilleux de leurs sombres vtements noirs4 ,on citait ,chardin pntrant d'une posie d'intimit les plus humbles recoins et outils de la vie familire4 ,dans toutes les rgions de l'art1 on apercevait que de prtendues lois n'taient que des conventions4 ,on avait cru ces lois de l'art absolues4 ,or1 elles ne l'taient pas4 ,donc1 il n'y avait pas de lois absolues en art4 ,c'tait une conclusion prcipite4 ,autant et valu dire3 on a cru que tel corps tait simple2 or1 on a dcouvert qu'il tait compos2 donc1 il n'y a pas de corps simple4 ,mais elle rpondait si bien au besoin de raction contre le pdantisme de l'cole qu'on l'adopta d'enthousiasme et qu'on somma les artistes de s'y rallier4 ,croyez-vous1 crivait ,planche1 que si ,rubens et ,van ,dyck revenaient1 ils ne sauraient pas tirer parti du costume franais en #ahca8 ,nous renvoyons ceux qui en douteraient tous les portraits parlementaires de ,lawrence que nous connaissons par les gravures de ,reynolds1 ,cousins et ,maile4 ,l'art1 quoi qu'on en dise1 trouve se loger partout1 tout lui obit1 tout lui cde quand il commande imprieusement#ac4 ,et ,planche avait raison1 s'il voulait dire que jamais un costume svre1 noir1 monochrome1 n'a t rejet par un grand artiste comme inesthtique1 mais il s'avanait beaucoup s'il en tirait argument pour le costume moderne4 ,car ce n'est point la couleur monochrome qui est inesthtique dans notre vtement3 c'est la ligne gomtrique4 ,ds qu'on ne s'en tient pas aux analogies superficielles et qu'on cherche serrer de prs la question1 en soumettant chaque terme une attentive preuve1 on s'aperoit que les prtendues drogations cette loi n'en sont point et que chacune1 au contraire1 de celles signales par la critique moderniste confirme la vieille opinion des artistes ou1--pour parler plus simplement1--s'accorde avec leur instinct4 ,delacroix1 qui avait pratiquement tout entrepris et qui1 thoriquement1 passait sa vie creuser ces problmes1 le dit en termes plus forts qu'aucun classique n'en a jamais employ3 ,il y a des lignes qui sont des monstres1 et il ajoute lesquelles3 la droite1 la serpentine rgulire1 surtout deux parallles4 ,quand l'homme les tablit1 les lments les rongent4 ,les mousses1 les accidents rompent les lignes droites de ses monuments4 ,chez les anciens1 les lignes rigoureuses corriges par la main de l'ouvrier4 ,comparer des arcs antiques avec ceux de ,percier et ,fontaine4444 ,jamais de parallles dans la nature1 soit droites1 soit courbes#ad4 ,et ces lignes1 qui sont des monstres1 ne le sont cependant point en peinture au mme degr qu'en sculpture4 ,car1 dans l'une1 elles sont dissimules par l'ombre ou par la couleur et1 dans l'autre1 elles apparaissent dans toute leur beaut ou dans toute leur laideur4 ,le chapeau dit haut de forme1 par exemple1 n'a jamais t un bien agrable accessoire pour les peintres et l'on ne peut gure citer que ,delacroix dans sa ,libert1 ,journe du #bh juillet #ahcj1 ou ,goya dans quelques portraits qui en aient fait tat4 ,partout o un grand artiste a tir un parti satisfaisant du haut de forme3 le ,portrait du grand btard de ,bourgogne1 de ,roger ,van der ,weyden1 le ,mdecin ou le ,charlatan de ,steen1 le ,portrait de ,m4 ,leblanc1 d',ingres1 on trouve que les lignes de la coiffe nullement parallles n'offrent plus du tout l'aspect gomtrique pur du chapeau actuel4 ,encore est-il beaucoup moins incommode manier pour le peintre que pour le sculpteur4 ,le peintre peut le mettre dans l'ombre1 il peut projeter sur lui des reflets qui en varient la silhouette1 dployer son profit toutes les magies de la couleur4 ,en tout tat de cause1 comme il ne le montre que sur un plan1 il peut tordre ses lignes dans le sursaut des raccourcis4 ,ainsi l'a fait ,delacroix4 ,le sculpteur1 lui1 est tenu de le prendre tel qu'il est et de l'introduire dans son monument tel qu'il sort de chez le chapelier4 ,il ne peut ni le colorer1 ni le dissimuler1 ni le montrer sous un seul angle4 ,en tournant autour du monument1 le spectateur dcouvrira toujours le point o sa forme la plus fcheuse apparat4 ,par consquent tel engin inesthtique peut tre interprt par le peintre1 sans qu'on puisse en tirer le moindre argument pour le sculpteur4 ,cette diffrence essentielle n'a pas arrt les thoriciens4 ,tenant pour tabli comme ,guyau que l'utilit constitue toujours comme telle une certaine beaut et que tout ce qui est rel et vivant peut1 dans certaines conditions1 devenir beau1--ils en sont venus proclamer l'galit devant l',art de toutes les formes naturelles4 ,le corps ft-il moins fort et moins beau que celui des athltes de ,polyclte ou des gants charnus de ,rubens1 dclare le philosophe1 la tte aurait acquis une beaut suprieure4 ,n'est-ce donc rien1 mme au point de vue plastique1 qu'un front sous lequel on sent la pense vivre1 des yeux o clate une me8 ,mme dans le corps entier1 l'intelligence peut finir par imprimer sa marque4 ,moins bien quilibr peut-tre pour la lutte ou la course1 un corps fait en quelque sorte pour penser possderait encore une beaut lui4 ,la beaut doit s'intellectualiser pour ainsi dire#ae4 ,ce sont l des affirmations que rien1 ni dans l'histoire de l'art ancien1 ni surtout dans les tentatives de l'art moderne1 aucun degr1 ne vient vrifier4 ,il est impossible d'en trouver un seul exemple qui rsiste l'examen4 ,quelle beaut un cerveau pensant peut-il bien imprimer dans un corps djet8 ,voil ce que jamais aucun philosophe n'a pu nous dire et que jamais aucun artiste ne nous a fait voir4444 ,une beaut perceptible notre me1 une force accessible notre intelligence1 oh6 sans doute6 ,nous le voyons assez1 et les arts qui s'adressent directement notre entendement1 comme la posie1 comme le drame1 pourront nous rvler cette force dans un corps contrefait4 ,au thtre1 l'oreille entend les paroles qui nous rvlent la grandeur de l'me loge dans une enveloppe dbile4 ,l'histoire ou le roman peuvent entourer l'avorton de tels prodiges que nous en venions l'admirer4 ,mais le sculpteur1 ne pouvant ni nous parler comme l'historien1 ni nous faire voir une suite d'actions comme l'auteur dramatique1 ne s'adressant qu' nos yeux1 ne peut rendre tmoignage que de l'espce de grandeur et de beaut que peroivent les yeux4 ,c'est l'historien qu'il appartient de nous montrer le prestige d'un saint ,paul petit1 laid1 maladif1 chassieux4 ,c'est du pote que nous attendons la beaut d'un chimiste luttant contre la mort et lui arrachant1 en mme temps que son secret1 la vie de plusieurs millions d'tres humains4 ,pour le sculpteur1 il ne peut nous montrer saint ,paul athlte de la foi qu'en lui donnant des muscles d'athlte4 ,il ne peut nous figurer le chimiste terrassant la mort qu'en le douant d'une assez forte musculature pour triompher de ce prodigieux ennemi4 ,car1 encore un coup1 ces figures ne parlent pas et ne se prtent pas une srie d'actions successives4 ,ce sont leurs proportions grles ou puissantes1 leurs attitudes languides ou contractes qui nous les rvlent4 ,si elles parlent1 c'est seulement par le langage puissant1 mais lmentaire1 des formes que l'art peut leur donner4 ,si commune et si connue que ft cette vrit1 les philosophes de notre temps l'ont oublie4 ,la confiance qu'ils ont dans les destines intellectuelles de l'art leur a fait gnralement adopter le point de vue de ,guyau4 ,ils ont tenu pour tabli d'abord qu'il n'y avait pas de loi restrictive en art et que1 par consquent1 aucune forme ne devait tre proscrite de la statuaire contemporaine2 ensuite1 que tout ce qui est utile peut devenir beau et qu'ainsi tous les outils invents par l'industrie moderne1 tous les vtements ncessits par le confort contemporain1 avaient droit la mme place dans l'art que le cheval de ,phidias ou que la toge de ,dcius4 ,on dcida de les immortaliser4 ,les sculpteurs devinrent les copistes des tailleurs4 ,montrouge et ,montmartre reurent des modles du quartier de l',opra4 ,c'est ce que l'on appelle se librer de la tyrannie de l'cole4 ,les places publiques d',europe1 depuis ,glascow jusqu' ,naples1 se couvrirent de bronzes fixant pour l'ternit la coupe de la redingote1 et1 au ,campo-,santo de ,gnes1 les artistes italiens1 prenant leur revanche sur ,canova1 firent clater1 dans le marbre fouill par leurs ciseaux insidieux1 la gloire des vestons carreaux1 des bottines vernies1 des chapeaux mous1 des cravates ,lavallire1 des breloques1 des dentelles et des volants sems des larmes de gens fashionables rcitant les prires des agonisants4 ,ce que la beaut des villes put gagner cette exhibition ou cette solidification des modes modernes1 il suffit1 pour en juger1 de suivre1 ,paris1 d'un bout l'autre1 le boulevard ,saint-,germain4 ,mais ce parti rpondait si bien au dsir moderne d'intellectualiser la sculpture1 que nos meilleurs esprits et les plus dlicats ne voulurent point en sentir la monstruosit4 ,les vieilles timidits sont dcidment surmontes1 s'criait ,m4 ,larroumet4 ,nos sculpteurs ne croient plus qu'il soit ncessaire de draper l'antique des personnages qui ont port le costume moderne2 ils estiment que celui-ci peut avoir sa posie4 ,cette victoire du ralisme dans la sculpture est en train d'aller fort loin4 ,elle a commenc par le costume militaire1 d'assez bonne heure2 on a renonc dshabiller les hros1 sous prtexte de noblesse sculpturale4 ,puis on a os conserver leurs costumes des personnages civils ,on n'aurait plus aujourd'hui l'ide bizarre de reprsenter ,napolon ,ier les jambes nues1 comme l'a fait ,chaudet pour la colonne ,vendme1 et ,racine envelopp d'un drap de laine1 comme celui de ,david d',angers la ,fert-,milon#af4444 ,cela paraissait dfinitif4 ,,chapitre ,,ii ,les rsultats de la tentative4 ,maintenant regardons les principales uvres de sculpture parues dans ces dernires annes4 ,la premire chose que nous constaterons1 c'est que ,m4 ,rodin a dpouill ,victor ,hugo de ses vtements modernes1 comme ,chaudet avait fait ,napolon1 et que l'ide bizarre de reprsenter un contemporain les jambes nues non seulement a survcu ,chaudet ou ,david d',angers1 mais s'est revivifie dans le plus puissant des novateurs4 ,il y aurait beaucoup dire du ,victor ,hugo de ,m4 ,rodin1 et le moins que la critique puisse suggrer devant lui1 c'est qu'une belle bauche n'est pas un chef-d'uvre1 ni mme toujours la promesse d'un chef-d'uvre4 ,car1 s'il est une vrit acquise en art1 c'est que les qualits essentielles d'une prestigieuse esquisse se conservent difficilement quand l'uvre1 avec tous ses plans1 est acheve4 ,conserver la synthse naturelle de l'bauche tout en dveloppant l'analyse1 garder l'enveloppe du monument en assurant la multiplicit des plans1 les varits d'aspects qui font la statue1 c'est assurment la difficile preuve1 mais c'est aussi la tche expresse de l'artiste4 ,on ne gte pas en finissant1 quand on est grand artiste1 a crit ,delacroix#ag4 ,et lorsque1 pour s'en dispenser1 on laisse entendre que le grand art consiste raliser seulement les qualits de l'bauche1 on ne fait que remplacer par une thorie ingnieuse l'absence de russite et qu'ajouter un dfaut de ralisation une erreur de raisonnement4 ,on pourra donc regretter les ingalits du ,victor ,hugo1 depuis la tte admirable et puissante qui rappelle invinciblement celle du ,soir1 que tous les visiteurs de ,florence ont vue dans la froide sacristie de ,san ,lorenzo1 jusqu'aux pieds mous et ronds1 perdus en une agglomration de contours flottants et nuageux4 ,on s'tonnera du model singulier des omoplates4 ,on se demandera ce qu'un prochain avenir pensera des enthousiasmes qui entourrent le ,balzac1 qui entourent le ,victor ,hugo1 si ces enthousiasmes ne paratront pas dans quelques annes parfaitement inexplicables lorsque auront disparu nos idiosyncrasies passagres avec cet art et nos sentiments de raction contre l'art habile1 correct1 photographique1 impeccable1 inutile et justement excr de nos praticiens4 ,on craindra1 enfin1 que les uvres incompltes de ,m4 ,rodin ne conservent pas dans l'avenir la place o nous les avons juches et que1 vantes par une littrature phmre l'gal de celles de ,prault1 elles ne tombent devant le got permanent au mme niveau o les uvres de ,prault sont tombes4 ,mais1 quand tout cela serait entendu1 il n'en reste pas moins que le ,victor ,hugo tmoigne1 par toute son attitude et son geste la fois puissant et contenu1 d'une grande intention d'artiste4 ,les marbres de ,m4 ,rodin sont un peu comme ces montagnes o les guides vous avertissent qu'on peut dmler la ressemblance d'une figure humaine4 ,mais cela mme est une vertu4 ,a peine dtach de sa gangue de pierre1 apparu comme une force mme de la nature1 le ,victor ,hugo est vraiment monumental4 ,c'est une impression que les statuaires contemporains nous donnent si rarement1 qu'il faut bien passer sur quelques surprises1 quand il nous arrive de la ressentir4 ,un des bras1 en se repliant et en se rtractant vers le front1 ramasse toutes les nergies musculaires vers le centre o l'on imagine que sige la pense1 et c'est le geste du contemplateur4 ,l'autre1 tendu comme pour montrer1 ou pour affirmer1 ou pour imposer silence1 se dveloppant en longueur avec tout le reste du corps1 semble indiquer une volont agissante1 et c'est le geste du tribun4 ,quiconque a des yeux1 sans rien connatre de ,victor ,hugo1 de sa vie1 ni de son uvre1 sentira confusment qu'il se trouve en prsence d'un homme mditatif et imprieux2--et c'est bien assez pour une uvre de plastique4 ,de plus1 autant qu'il est monumental1 ce marbre est vivant4 ,il offre des effets picturaux d'ombre et de lumire trs prononcs4 ,on ne comprend pas assez souvent1 crivait ,ruskin en #ahdi1 que sculpter n'est pas simplement tailler la forme d'une chose dans la pierre1 mais que c'est y tailler l'effet de cette chose4 ,trs souvent1 la vraie forme1 mise en marbre1 ne ressemblerait plus du tout ce qu'elle est en ralit4 ,le sculpteur doit peindre avec son ciseau4 ,la moiti de ses touches doivent servir non raliser la forme1 mais la mettre dans le marbre en puissance4 ,ce sont des touches de lumire et d'ombre4 ,elles font saillir une crte ou s'enfoncer un creux1 non pas pour reprsenter une saillie ou un creux qui existent actuellement dans la ralit1 mais pour susciter une ligne de lumire ou une tache d'ombre4 ,en un mode grossier1 cette sorte d'excution est trs marque dans l'ancienne sculpture franaise sur bois#ah4 ,c'est presque une dfinition de ,m4 ,rodin1 et c'est bien la dfinition d'un artiste1 comme1 d'ailleurs1 c'tait bien d'une intention d'artiste qu'tait sortie l'bauche du ,balzac4 ,et c'est ce mme homme1 si peu timide1 si prompt aux innovations1 qui1 aujourd'hui1 ayant reprsenter deux contemporains1 bien loin de chercher l'impossible dans le vtement moderne1 a envelopp l'un1 le ,balzac1 d'une draperie1 et a dpouill l'autre1 le ,victor ,hugo1 de tout vtement4 ,si nous considrons les plus rcents monuments imagins par des matres la gloire de nos contemporains1 l'admirable ,lamoricire et le ,duc d',aumale1 de ,m4 ,paul ,dubois1 le ,balzac1 de ,m4 ,falguire1 l',alphonse ,daudet1 le ,prsident ,faure et l',alexandre ,dumas fils1 de ,m4 de ,saint-,marceaux1 nous voyons qu'au lieu d'affirmer les lignes particulires du vtement contemporain1 l'artiste les a dissimules4 ,une large couverture drape les jambes jusqu'au torse2 la tte merge seule clairement1 le col rabattu suit l'inflexion du buste4 ,partout un model trs doux attnue1 mousse la gomtrie des lignes et enveloppe comme d'un nuage le peu qu'il en laisse apercevoir4 ,il l'est encore dans la pierre tombale du prsident ,faure1 par le mme artiste4 ,l1 ce sont les drapeaux russe et franais unis par la main du mort qui ont servi draper plus amplement la figure1 bien que les lignes insupportables de l'habit se laissent voir trop nettement4 ,au salon de #aija1 ,m4 ,dalou a drap le plus qu'il tait possible sa statuette de ,lavoisier4 ,plus loin1 dans un projet en pltre d'un monument deux industriels1 il n'est pas jusqu' un plan d'ingnieur dpli sur les genoux qui ne serve un peu cet objet1 bien que1 l encore1 toute l'ingniosit du sculpteur1 son don du mouvement1 du pittoresque et de l'observation n'aient pas suffi rendre sculptural un costume qui ne l'est pas4 ,dans le monument de ,pasteur1 la nouvelle ,sorbonne1 o l'on voit le savant assis1 maniant le ballon de verre o son regard scrute le secret de la mort1 ,m4 ,hugues a masqu la plus grande partie du costume par une couverture4 ,le ,victor ,hugo assis de ,m4 ,marqueste est hardiment anachronique4 ,il se carre dans une chaise romaine1 envelopp quasi tout entier d'un manteau qui dissimule son habit4 ,le peu qu'on voit du pantalon et de la manche libre colle au corps1 enroul1 tordu1 autour du bras ou du jarret4 ,le gilet bille1 un bouton est cras1 le col et les manches ont perdu leur aspect4 ,c'est un minimum de vtement contemporain4 ,si l'on veut faire la contre-preuve1 que l'on regarde les habits ajusts3 par exemple1 le ,baudin en redingote1 debout sur la barricade4 ,il manie ce chapeau haut de forme qui1 figurant dj sur la tombe de ,victor ,noir1 par ,m4 ,dalou1 parat dfinitivement li au sort de tous les grands agitateurs de notre temps4 ,peut-tre les archologues venir1 lorsqu'ils le trouveront accompagnant toutes les statues de rvolutionnaires1 et qu'ils en chercheront la signification1 incapables d'imaginer qu'il ait jamais pu servir coiffer une tte humaine1 seront-ils tents d'y voir un dangereux engin de destruction4 ,eh bien1 ce n'est assurment pas le mouvement qui a embarrass l'auteur du ,baudin1 ni le sujet3 c'est le costume4 ,c'est le costume aussi qui a rendu insurmontable la tche entreprise par un autre de rendre pique le personnage du prsident ,krger4 ,enfin1 ds qu'un souci de ressemblance ne les lie pas absolument1 nos artistes cartent tout costume moderne4 ,rappelez-vous ce que vous avez admir dans les ,salons depuis dix ou douze ans1 vous trouverez que tous les beaux ouvrages plastiques de pierre ont reprsent le nu ou des vtements qui serrent de prs la forme humaine1 et sans rien d'essentiellement contemporain1--les ,mineurs de ,m4 ,constantin ,meunier1 comme les ,ouvriers de la frise du ,travail de ,m4 ,guillot ou le ,secret de ,m4 ,bartholom4 ,au ,salon de #ahii1 il y avait une telle abondance de draperies imprvues1 enveloppant des figures contemporaines1 qu'on avait surnomm toute une rgion de la ,galerie des ,machines3 le coin des robes de chambre4 ,les uvres les plus puissantes de la sculpture contemporaine1 les ,bourgeois de ,calais de ,m4 ,rodin et le ,monument aux morts de ,m4 ,bartholom1 sont prcisment celles o n'apparat que le nu et que le drap4 ,plutt que de figurer un ,guillaumet en veston et en chapeau melon1 ,m4 ,barrias a voqu sur sa tombe une jeune fille de ,bou-,saada que le peintre avait peinte au cours de ses voyages4 ,tout ce qu'on peut dcouvrir de draperie dans les accessoires de la vie moderne est utilis pour masquer notre costume4 ,le drapeau a servi nagure ,m4 ,paul ,dubois1 non pas seulement pour rvler ce qu'il y avait de patriote dans l'me du ,duc d',aumale1 mais surtout pour dissimuler ce qu'il y avait de fcheux dans la coupe de son habit1 et1 si le matre avait pu tendre les plis glorieux jusqu'aux pieds1 comme fit ,rude avec le linceul de son ,cavaignac1 de faon cacher le bout des bottes du gnral1 il est permis de croire que son monument y et encore infiniment gagn4 ,il semble1 d'ailleurs1 que beaucoup d'crivains1 tout en professant l'excellence du costume moderne1 aient tent1 par un instinct plus sr que leurs thories1 de s'en librer un peu pendant leur vie et de fournir leurs statuaires le prtexte d'en librer tout fait leur image aprs leur mort4 ,tel1 ,balzac avec sa robe de moine4 ,tel ,alexandre ,dumas fils1 dictant ainsi1 dans son testament1 le thme sculptural dont ,m4 de ,saint-,marceaux a tir un si beau parti3 ,aprs ma mort1 je serai revtu d'un de mes costumes de travail1 les pieds nus4441 ce costume de travail tant une robe4 ,en sorte que rien1 dans la ralit1 n'est venu confirmer les hypothses favorables au vtement contemporain depuis le jour1 en #ahdf1 o ,gustave ,planche flicitait ,maindron d'avoir reprsent1 en redingote1 ,senefelder1 l'inventeur de la lithographie4 ,dans ces cinquante ou soixante ans1 l'exprience a t maintes fois tente4 ,elle l'a t par des matres4 ,les rsultats en couvrent nos places publiques4 ,l'opinion unanime a jug4 ,aujourd'hui1 les matres ne la tentent mme plus4 ,l'chec est dcisif4 ,,chapitre ,,iii ,pourquoi le vtement moderne n'est pas sculptural4 ,et pourquoi8 ,pourquoi le vtement contemporain est-il si peu sculptural8 ,pour en trouver les raisons1 il suffit de le considrer4 ,d'abord1 il est uniforme2 il offre de grands espaces dnus d'ombre et de lumire4 ,l o le buste de l'homme se creuse1 se renfle1 se plie et se cambre au gr des muscles grand pectoral1 grand dentel1 grand oblique1 la redingote n'a qu'un plan4 ,l o le corps dit3 relief1 profondeur1 polydre1 ligne ondule1 accent d'ombre1 rouages souples de la machine humaine affleurant la peau1 la redingote dit3 cylindre4 ,le tailleur rectifie le buste de l'homme et apprend la nature comment elle aurait d construire les jambes3 rectilignes4 ,car autant qu'il est uniforme1 le vtement moderne est artificiel4 ,non seulement il cache la forme humaine1 mais il la contrefait4 ,la toge ou le pallium1 prts se modeler sur l'athlte ou l'orateur1 ne sont rien sitt tombs de ses paules1 tandis que notre costume est une caricature complte de l'homme2 il a comme lui des jambes1 des bras1 un cou4 ,c'est un anthropode4 ,uniforme et artificiel1 il est encore immuable4 ,tandis que les grandes lignes de la toge1 diversement ondulantes ou serres1 changeaient de physionomie1--selon que le prtre ramenait un peu de draperie sur sa tte1 ou que le lutteur l'enroulait autour de son bras1 ou que l'orateur la laissait tomber dgageant son buste1 ou que le magistrat disposait par longs traits les bords contenant les bandes de pourpre1--le veston1 lui1 ou bien l'habit1 reste identique lui-mme1 que ce soit un homme d'tat1 un mdecin1 un chimiste1 un escrimeur ou un pote qui entre dedans4 ,sa gloire est dans son indiffrence pour le personnage qu'il recouvre et dans son imperturbabilit4 ,ce contraste apparat jusque dans le geste de l'homme pour se vtir4 ,comparez un ,arabe qui se drape avec un ,europen qui entre dans son paletot4 ,l'un fait un beau geste circulaire1 souple1 simple1 conforme la dignit du corps humain4 ,l'autre est tenu une srie d'efforts lamentables et ridicules4 ,d'abord1 il lance un bras en l'air1 puis l'autre1 afin de se jeter dsesprment dans ses manches4 ,ensuite1 courbant l'chine et imprimant tout son tre une secousse de bas en haut1 il n'offre aucune diffrence avec un oiseau lourd qui s'essaie prendre son vol ou un nageur inexpriment qui se noie4 ,ce dtail marque nettement la diffrence entre les deux costumes4 ,l'homme antique dispose son vtement sur lui4 ,l'homme moderne est oblig de se disposer lui-mme au gr de son vtement4 ,quoi d'tonnant si celui-ci est si peu vivant8 ,sans doute1 il le devient1 avec beaucoup de stratagmes4 ,m4 ,paris a russi faire vivre les lignes de l'habit de son ,danton1 du boulevard ,saint-,germain1 mais ce n'a t qu'en exagrant formidablement le geste du tribun4 ,encore maniait-il un habit plus souple que le ntre4 ,avec la redingote ou le veston1 il et d renchrir sur l'agitation du ,danton4 ,de par la rigidit de son enveloppe1 le grand homme moderne est tenu1 pour l'assouplir1 de se livrer de violentes pantomimes aussi peu conciliables avec le vrai caractre de la statuaire qu'avec celui de ses pacifiques occupations4 ,monotone1 immuable1 artificiel1 le vtement contemporain est donc quelque chose de trs particulier dans les annales du costume4 ,avant lui1 tous les costumes dont l'art sculptural s'est servi suivaient d'assez prs les proportions du corps humain1 comme l'armure du ,coleone de ,verocchio ou celle du ,saint ,georges de ,donatello1 ou bien ils n'avaient pas de proportions du tout4 ,ce que le costume moderne a de particulier1 c'est qu'il n'est ni model sur la forme humaine comme le costume de la ,renaissance1 ni dpourvu de forme comme le voile antique1 et que1 n'tant pas ajust au corps1 n'tant pas un juste-au-corps1 il est cependant anthropomorphe sa manire1 et que1 s'il ne donne pas du tout l'ide d'un homme fait par la nature1 il donne cependant celle d'un bonhomme dessin par un couturier4 ,sans doute1 on a vu de beaux vtements qui n'taient pas construits selon la forme du corps humain4 ,tel est le cas du plus beau de tous3 le vtement antique4 ,seulement1 c'taient des vtements sans forme aucune4 ,la draperie antique est amorphe4 ,elle n'est rien par elle-mme et doit tout l'tre qu'elle recouvre4 ,un voile lger1 une calyptre jete terre est sans forme comme une nappe d'eau1 mais1 pose sur la tte d'une femme1 tombant sur les paules1 sur les seins et jusqu'aux pieds1 elle devient plastique4 ,comme cette mme nappe d'eau tombant du haut d'un rocher1 rebondissant en lignes courbes1 s'talant en vagues1 se rduisant en longs filets liquides1 se nouant et se dnouant comme deux cordes qu'un mouvement concentrique rapproche et spare1 se rejoignant comme des ils de plis1 descendant par larges nappes1 puis tombant droit aux pieds comme une averse de plis parallles et se rpandant en gros bouillons tout autour de la desse1 enfin1 lorsqu'elle a trouv son quilibre1 demeurant toute plane sur le sol comme une eau tranquille qui ne bouge plus3 telle est la draperie antique4 tant amorphe1 elle peut devenir plastique2 tant une1 elle est infiniment variable4 ,le corps ne fait pas la plus lgre inflexion sans que le reflet en tressaille dans tous les plis4 ,toute statue antique1 si elle ne porte pas dans le pli de sa toge la paix et la guerre1 y porte du moins le souvenir du corps humain4 ,ce ne sont pas seulement les expressions prvues par ,quintilien qu'elle donne3 qu'un homme en toge lve doucement le bras1 ce mouvement crera derrire lui une multitude de plis1--tel1 le mouvement du vaisseau cre le sillage4 ,qu'au contraire1 un homme en redingote le lve deux fois plus haut3 la ligne infrieure de la jupe n'oscillera mme pas4 ,a peine1 autour de l'paule1 se fera-t-il une lgre grimace1 une patte d'oie4 ,le mouvement sous une draperie1 c'est une pierre jete dans l'eau3 jusqu'aux extrmits1 des frmissements concentriques la surface indiquent le geste qui s'est produit4 ,le mouvement dans un vtement ajust1 c'est une pierre tombant dans du sable4 ,l o il se produit1 il y a une lgre perturbation1 peut-tre un froncement d'toffe3 c'est tout4 ,un artiste ingnieux peut exagrer ce froncement4 ,il peut coller le tissu au corps pour le mouler comme a fait ,m4 ,marqueste dans son ,victor ,hugo1 ou1 au contraire1 en faire flotter les extrmits pour l'animer2 il peut imposer son hros--pote1 historien1 chimiste1--une lgance ou bien une agitation qu'un modeste ou paisible savant n'a jamais connues3 il n'arrivera pas traduire les inflexions dlicates et subtiles du corps4 ,il ne trouvera pas dans l'enveloppe moderne les lments ncessaires son uvre4 ,l'artiste qui veut traduire le corps humain par la redingote1 c'est un crivain qui l'on donnerait pour traduire du ,bossuet le code des signaux maritimes ou l',esperanto4 ,nous touchons ici la loi esthtique fondamentale du vtement humain4 ,il est esthtique dans la mesure o il est rvlateur4 ,la draperie1 elle1 rvle trois choses3 ou bien la forme du corps1--quand elle adhre au corps sous la pression de l'air ou qu'elle est serre par un nud1 comme dans les trois ,parques du ,parthnon2--ou bien son mouvement1 quand elle flotte et suit le geste qui l'anime1 comme dans les combattants du sarcophage de ,sidon2--ou bien1 la fois1 sa forme et son mouvement1 quand elle adhre au corps et se droule en le suivant1 comme dans la ,victoire de ,samothrace4 ,le pli tombant est galement indicateur de grandes lois naturelles4 ,s'il tombe droit1 comme dans les figures des portails de nos cathdrales1 il marque la loi de gravitation4 ,s'il ne tombe pas droit1 mais par sursauts1 il marque la fois la loi de gravitation et la forme du corps humain1 c'est--dire la lutte infiniment complexe entre la pesanteur qui veut des lignes verticales et la rsistance qui veut des lignes horizontales4 ,s'il ne tombe pas du tout1 s'il flotte1 il marque le mouvement de ce corps et la force de l'air4 ,en regard de ces indications subtiles1 mais prcises1 perues par l'esprit inconsciemment1 en regard de ces phnomnes ternels--les plus hautains individualistes nous permettront-ils de dire de ces lois ternelles qui rgissent la vie8--examinons ce que marque la redingote1 c'est--dire le vtement ajust8 ,il ne marque rien4 ,il ne rvle pas le corps1 puisqu'il le cache sous une carapace de mme diamtre1 l o la nature a model des paisseurs de proportions trs variables4 ,il ne rvle pas le mouvement1 puisqu'il est construit prcisment en vue d'viter les plis1 qu'on appelle tous des faux plis et qu'il faudrait un dsordre inou dans l'me d'un homme pour qu'il s'en manifestt un quelconque dans sa toilette4 ,il ne marque pas la marche1 trop lourd pour flotter et d'ailleurs retenu par les boutons1 qui sont les gendarmes du costume moderne4 ,aux jarrets1 il est rectificatif de la nature et--jambes de coq ou mollets d',hercule1 jarrets du montagnard ou jambes du danseur--il confond tout dans le mme cylindre galitaire1 imperturbable et prvu4 ,puisqu'il ne marque rien de rel ni de voulu par la nature1 que marque donc l'habit ajust8 ,eh6 c'est fort simple6 il marque un idal3 l'idal du tailleur qui l'a fait4 ,quel est-il donc1 cet idal1 pour avoir produit un costume uniforme1 artificiel et inexpressif8 ,voici le dernier terme de la question4 ,croit-on que ce soit le hasard qui ait produit et qui maintienne1 malgr tous ses dfauts1 ce vtement contemporain8 ,ne voit-on pas que ce sont ses dfauts mmes qui le rendent populaire et que c'est prcisment parce qu'il est uniforme et inexpressif1 c'est--dire galitaire1 qu'il est contemporain8 ,c'est prcisment parce qu'il confond1 sous la mme apparence1 le torse muscl et la poitrine trique1 les paules larges et les paules fuyantes1 le bras vigoureux1 le jarret nerveux et les membres djets1 les genoux cagneux1 c'est expressment parce qu'il revt les tres les plus dissemblables d'une semblable laideur1 que ce vtement s'impose notre temps et notre socit4 ,ce dfaut lui est consubstantiel1 c'est sa raison d'tre2 c'est1 aux yeux des contemporains1 sa qualit4 ,la fiction de l'galit des hommes devient ralit dans les costumes4 ,tout essai de rendre plus plastique le costume ferait apparatre l'ingalit physique des individus3 aussi est-il repouss4 ,notre costume contemporain aurait bien manqu son but1 s'il pouvait s'allier la ,beaut4 ,il a t construit contre la ,beaut4 ,il est donc bien1 lui-mme1 une mauvaise uvre d'art4 ,il ne faut donc plus parler d'un fait rel et vivant interprter par l'art comme un arbre1 un visage1 un lgume1 un monstre naturel1 un serpent ou un rocher4 ,non4 ,il s'agit d'une mauvaise uvre d'art reproduire en fac-simil4 ,voil o dvie la thorie que tout ce qui est rel et vivant peut devenir beau4 ,elle conduit1 pratiquement1 introduire dans l'art une forme qui n'est ni relle1 ni vivante1 qui est artificielle et morte1 et subordonner l'uvre du statuaire aux lois poses par un tailleur1--lois d'ailleurs trs prcises1 trs impratives1 texte impossible interprter1 tourner4 ,le tailleur est le statuaire de l'habit ajust1 comme le statuaire tait le tailleur de la draperie4 ,c'est donc le tailleur qui dicte la statue4 ,prtendre qu'on peut interprter son uvre1 c'est proprement dire qu'on peut interprter la forme d'un pole ,choubersky4 ,devant une forme aussi mathmatiquement dfinie1 il n'y a que deux partis prendre3 la surmouler ou la supprimer4 ,si on la surmoule1 c'est le tailleur qui fait la statue4 ,si on la supprime1 il n'y a plus de vtement contemporain4 ,rien de tout cela n'est assurment une dcouverte4 ,et les esprits peu compliqus1 pour qui ces lois n'ont jamais cess d'tre videntes1 trouveront sans doute superflu le soin qui est pris ici de les rappeler4 ,mais il suffit de parcourir quelques pages de critique d'art contemporaine pour sentir que1 bien loin d'tre superflu1 ce soin est le plus ncessaire dans un moment o la simplicit des impressions est si fort mprise et la recherche de l'originalit si commune et si vulgaire1 que le moindre rappel d'une vrit claire parat un paradoxe ou une nouveaut4 ,les artistes1 heureusement1 s'en sont souvenus mieux que les critiques4 ,un instant gars par le dsir tout intellectuel et non esthtique d'exprimer les murs de leur temps par le vtement contemporain1 ils abandonnent cette voie fausse1 guids par un instinct plus sr que les plus brillantes thories4 ,s'il tait permis au passant attrist de faire entendre un seul mot1 parmi tant de conseils qui leur sont journellement prodigus1 ce serait un mot de dfiance l'gard de ces conseils et de confiance en eux-mmes4--,ne vous inquitez pas1 leur dirions-nous1 de reprsenter les murs de votre temps1 ni ses aspirations sociologiques2 inquitez-vous de reprsenter ce que vous trouvez beau dans tous les temps1 selon les aspirations qui sont les vtres1 qu'elles soient ou non celles du monde o vous vivez6 ,soyez sincres1 c'est--dire soyez artistes1 et soyez de votre art avant d'tre de votre temps6 ,ne vous laissez pas dtourner de votre chemin par ceux qui vous diront que les anciens furent grands parce qu'ils exprimrent leur race1 leur morale1 leurs costumes1 leur vie4 ,peut-tre est-ce vrai1 mais rien n'est moins prouv1 et en toute hypothse1 cela ne peut vous servir de rien4 ,allez tout simplement ce qui vous parat beau1 comme le fleuve va la mer1 comme l'oiseau vole l'pi charg de grain4 ,si la draperie vous plat mieux que la redingote1 jetez la draperie sur les paules de vos hros4 ,on en sourira pendant trois jours1 mais les annes le garderont1 car votre hros ne sera tenu pour grand que si vous l'avez fait beau4 ,osez toutes les inconsquences si elles servent votre dessein4 ,repoussez toute logique si elle se rsout en une forme sans grce4 ,et croyez qu'il n'est pas une lumire intellectuelle qui tienne devant le galbe d'un beau bras dress pour assurer l'quilibre de l'amphore1--ni une intention qui vaille un pli souple tombant de l'paule aux pieds de la plus humble statuette de ,tanagra6 ,,chapitre ,,iv ,comment reprsenter un grand homme contemporain4 ,n'est-il donc aucun moyen pour le sculpteur de figurer l'homme moderne et doit-il ncessairement1 s'il veut rendre honneur un contemporain3 chimiste1 ingnieur ou psychologue1 lui donner les muscles du ,discobole et la pose de l',apollon8 ,ce n'est assurment pas ncessaire1 ni mme dsirable4 ,mais autre chose est la conformation1 le geste1 l'attitude1 les inflexions d'un savant moderne1 qui lui sont imposs par ses proccupations1 par ses travaux1 par ses motions1 autre chose sont ses cols1 ses cravates1 ses vestons1 ses pantalons1 ses bottines1 qui pourraient tre tout autres1 quand l'homme aurait les mmes travaux1 les mmes soucis1 les mmes motions1 et qui ne lui sont imposes que par son tailleur4 ,il ne faut pas confondre les caractristiques de la vie moderne avec les artifices inutiles et incommodes qui concident avec la vie moderne4 ,celles-l sont invitables et influent sur la musculature mme de l'homme3 c'est--dire sur ce qui est sculptural en lui4 ,ceux-ci sont tout arbitraires et n'influent que sur son aspect le plus superficiel4 ,s'il tait vrai que le costume moderne est suffisant et ncessaire rvler ce qu'a de particulirement sensible1 affin1 nerveux1 inquiet1 mditatif1 notre contemporain devant les grands problmes de la vie1 sans doute faudrait-il dire que le peuple de statues endimanches qu'on voit au ,campo-,santo de ,gnes donne une ide plus juste de l'homme moderne que les figures sans vtements et sans date de l'admirable ,monument aux ,morts de ,m4 ,bartholom4444 ,personne ne le dira4 ,il y a1 dans ces figures rampantes ou suppliantes1 dresses ou prosternes3 ,a l'entre du ,mystre1 au ,pre-,lachaise1 une anatomie particulire1 des inflexions1 des gestes que difficilement l',antiquit ou la ,renaissance eussent imagins4 ,tout y est oubli de ces pompeux dsespoirs o les statuaires funraires du ,,xviiie sicle dployaient la gloire des draperies1 la dlicatesse des dentelles1 la science du squelette2 tout y a disparu de ces honneurs auxquels il ne manque que celui qui on les rend4 ,au contraire1 tout y tmoigne bien de la mditation de l'homme moderne devant cette porte1 soit qu'elle s'ouvre sur ce que le chrtien a tant de fois rv1 soit qu'elle mne ce nant tranquille de la mort o l'homme se reposera du nant troubl de la vie4 ,ces figures1 une autre poque ne les et ni inspires ni comprises4 ,sans costumes qui leur assignent une date1 les figures de ,m4 ,bartholom appartiennent clairement notre temps1 un moment de l'humanit4 ,ce que ,m4 ,bartholom a su faire dans son ,monument aux ,morts1 nos statuaires ne peuvent-ils donc le tenter1 lorsqu'ils glorifient la vie8 ,ne peuvent-ils trouver des gestes1 des attitudes qui tmoignent particulirement des travaux1 des motions de l'homme moderne8 ,faut-il donc un uniforme pour distinguer un mdecin d'un orateur1 comme il en faut un pour distinguer un artilleur d'un cuirassier8 ,et nos grands hommes contemporains n'ont-ils pas de gestes et d'attitudes qui leur soient propres1 par o la sculpture puisse exprimer leur modernit8 ,la rponse dicte le parti prendre4 ,s'ils en ont1 que le statuaire l'exprime1 et s'ils n'en ont pas1 qu'avons-nous besoin de statuaire8 ,qu'on fasse leur biographie1 mais non leur statue6 ,qu'on dresse un monument leur idal1 la chimre de leur vie1 quitte imprimer1 au pidestal de ce monument symbolique1 un mdaillon reprsentant leurs traits#ai6 ,le mdaillon grav par ,m4 ,roty suffirait1 par exemple1 dans un monument ,pasteur1 tandis que1 sur le pidestal1 l'artiste dresserait la figure de ce que rva ou ce qu'accomplit ,pasteur4 ,quelle figure8 dira-t-on4 ,c'est l'artiste de la concevoir4 ,et peut-tre n'est-ce point une chose facile que de montrer1 par exemple1 la ,science luttant avec la ,mort1 mais assurment le rsultat en serait moins incertain et moindres les chances de ridicule que de vouloir ennoblir la redingote ou rendre pique le haut de forme du savant4 ,considrons les figures symboliques de ,puvis au grand amphithtre de la ,sorbonne1 par exemple1 la philosophie spiritualiste et la philosophie matrialiste3 il serait facile de mettre sous ces figures des noms de philosophes contemporains4 ,pourquoi le sculpteur n'obirait-il pas une mme inspiration et1 lorsqu'il a quelque philosophe contemporain1 un ,renan ou un ,jules ,simon1 immortaliser1 ne dresserait-il pas sur son monument une de ces figures qui sont sculpturales1 la place du savant qui ne l'est pas8 ,l'honneur serait-il moindre pour le grand homme parce qu'on ne verrait pas son gilet8 ,ce qui est prcieux chez un savant ou un philosophe1 c'est sa dcouverte ou sa pense4 ,ce n'est pas la coupe de ses habits4 ,c'est le rsultat de ses veilles et de ses travaux connu du monde entier1 et c'est leur souvenir exprim par le marbre que le monde entier reconnatra4 ,ce n'est pas le rsultat des travaux et les veilles de son costumier4 ,si1 comme on le prtend1 c'est le visage qui reflte toute la grandeur de l'homme moderne1 c'est son visage seul qu'il faut immortaliser4 ,si c'est son corps tout entier1 le costume y est indiffrent4 ,si ce n'est ni l'un ni l'autre1 et si toute sa grandeur consiste dans sa pense1 c'est donc bien sa pense qu'il faut figurer sur son monument4444 ,et si l'on objecte que1 pour figurer la pense d'un politique1 il faudrait qu'il en et une1 ou l'action d'un ministre1 il faudrait qu'il et fait quelque chose1 et que1 si les milliers de clbrits qu'on rige en marbre ont possd chacune un visage qu'on peut reproduire1 il serait fort difficile de leur trouver toutes un rve ou une pense qu'on pt symboliser1 nous dirons qu'en ce cas on serait quitte pour ne rien figurer du tout4444 ,et l'on ne voit pas ce qu'y perdraient l',art1 l',histoire1 la chose publique4444 ,il n'est pas ncessaire que tout grand homme ait une statue1 mais il est ncessaire que le got ne soit point perverti par les apparitions grotesques et immuables qui s'entassent dans nos cits4 ,il n'est pas indispensable d'enseigner l'avenir des centaines de noms inconnus au prsent1 mais il ne faut pas qu'un mme signe voque1 chez nos descendants1 les meilleurs de nos contemporains avec les pires des formes esthtiques1 ni que le souvenir de l'hrosme ou du gnie se confonde1 dans leurs imaginations1 avec celui de la laideur4 ,enfin1 il n'est pas dmontr que la statuaire ne doive reprsenter que le drap ou le nu1 mais il semble bien tabli qu'il est des formes artificielles dont l'art ne peut tirer aucun parti1 et que1 s'il n'y a pas autant de lois esthtiques1 peut-tre1 qu'on l'a quelquefois profess1 il y en a tout de mme quelques-unes qu'il faut suivre1--et non point parce qu'elles drivent d'un code et qu'elles sont admises par l',institut1 mais simplement parce qu'elles drivent de la nature mme des choses et qu'elles sont des ncessits4 ,,quatri,,me ,,partie ,,la ,,photographie ,,est-,,elle ,,un ,,art8 ,,la ,,photographie ,,est-,,elle ,,un ,,art8 ,quelque chose a chang dans l',esthtique du noir et du blanc4 ,un mouvement nouveau entrane les photographes hors et rebours des voies o ils avaient accoutum de cheminer jusqu'ici4 ,ce mouvement est international4 ,tant ,vienne qu' ,bruxelles1 et ,londres qu' ,paris1 aussi bien sur les terrasses de ,taormine en ,sicile qu'en ,nouvelle-,zlande sur la cte d'or de ,coromandel1 partout o il y a des photographes1 ils semblent proccups de recherches que les chimistes ignorent1 et agits d'inquitudes que leurs devanciers n'avaient pas connues4 ,ils flnent plus volontiers en plein air1 par les bois1 les plaines et les grves1 mme dans les lieux sans monuments et des heures sans soleil4 ,que cherchent-ils8 ,si un vieux professionnel de la chambre noire les suit et les observe1 il s'tonne et se scandalise4 ,il les voit s'arrter devant un espace vide de site1 un nant2 quelque lande aux bruyres fleuries1 quelque bord d'tang o les joncs agits font un ternel murmure4 ,l1 il aperoit avec horreur que ces jeunes confrres violent toutes les rgles de la profession4 ,ils se placent contre-jour1 en face du soleil4 ,ils ne mettent pas rigoureusement au point4 ,chose incroyable1 il arrive qu'ils ne se servent pas toujours du systme de lentilles qu'on nomme l'objectif6 ,s'il pntre dans leur atelier1 l'tonnement n'est pas moindre4 ,o est le vitrage en manire d'aquarium1 et le jeu de rideaux1 et la lumire crue indispensable un bon clich8 ,o est le carcan de fer pour maintenir la tte du patient1 et le banc rustique1 et la colonne torse1 et le balustre8 ,o sont ces botes de carton1 en polydres1 simulant des rochers1 et la cascade peinte sur la toile de fond1 toutes choses qui1 dans nos vieux albums de photographie1 environnent d'un travestissement uniforme et lamentable les figures disparues que nous avons aimes8444 ,rien de tout cela1 mais une simple chambre1 oriente au hasard1 parfois au midi1 des tapisseries effaces1 et1 parses et l1 des choses gaies1 fines1 surannes1 des pplums1 des calyptres1 des tuniques1 des vertugadins1 des anaboles1 des collerettes pierrot1 des chapeaux de nos mres-grands1 des ridicules qui merveillaient les merveilleux du ,directoire1 et des mouchoirs qui salurent la rentre des vainqueurs d',austerlitz1444 ou bien1 moins encore1 de simples bandes1 des ls de mousseline et de gaze1 de satinette et de velours de coton1 des choses amorphes et changeantes1 comme le cabriolet de ,miss ,helyett et le feutre de ,tabarin1 des buissons de rubans1 des brasses de fleurs1 dans un dsordre d'archologue ou de couturier4444 ,l'homme qui manie ces choses est-il un photographe8 ,il n'a point le ton svre et impratif de l'ancien oprateur qui glaa1 du mot de ,gorgone1 tant de gnrations d'enfants au brassard frang ou de jeunes maris aux mains prises dans des gants trop troits3 ,ne bougeons plus6 ,non1 ceux-ci aiment tout ce qui bouge3 le nuage et la feuille1 et l'eau1 et le regard1 et le sourire4444 ,le voile noir qui couvrait leurs paules est tomb1 et ils apparaissent la foule moins magiciens1 mais plus hommes4 ,ils ne parlent plus par ,c#ab;,h#f,o#d1 mais par versets de potes ou d'esthticiens4 ,ils citent moins ,herschel que ,stendhal et moins ,janssen que ,fromentin4 ,ils ne fuient pas les artistes4 ,ils causent volontiers avec eux1 et non plus en pdagogues1 l'index en l'air1 avec la prtention de leur enseigner les vraies attitudes de l'homme en marche ou du cheval au trot1 mais1 au contraire1 en disciples1 avec le dsir de profiter de l'exprience des matres et d'carter de la ralit tout ce qui n'est pas conforme l'idal4444 ,enfin1 ils travaillent1 au jour1 une seule preuve un temps infini4 ,c'est alors que l'indignation du vieux professionnel ne connatrait plus de bornes4 ,car il les verrait penchs sur une plaque semblable celle du graveur1 durant plus d'une heure pour chaque preuve1 se livrant des besognes que ne dsavouerait pas un aquarelliste4444 ,ne serait-ce pas des retouches8 ,encore une fois1 que cherchent-ils8 ,ce qu'ils ont trouv est plus surprenant encore4 ,quiconque est entr dans une des plus rcentes expositions du ,photo-,club1 ,paris1 ou du ,link ,ring1 ,londres1 du ,camera ,club1 ,vienne1 ou de la ,socit belge de photographie1 ,bruxelles1 en est sorti stupfait qu'un procd vieux de soixante ans et qu'on pouvait croire puis semblt se renouveler jusqu' une renaissance4 ,n'y avait-il pas l un art modeste1 sans tapage1 sans manifeste1 mais demi cr1 balbutiant les premiers mots d'une langue inconnue8 ,la foule1 sans chercher de raisons1 a tt fait de dire son avis3 devant les uvres de ,,mm4 ,robert ,demachy1 ,constant ,puyo1 ,maurice ,bucquet1 ,maurice ,brmard1 ,alfred ,boissonnas1 ,h4 ,erfurth ,steichen1 ,miss ,mathilde ,weil1 ,miss ,ema ,spencer1 ,,mm4 ,guido ,rey1 ,murchison1 ,arning1 ,p4 ,bourgeois1 da ,cunha1 ,coste1 ,naudot1 ,jacquin1 ,horsley-,hinton1 ,holland ,day1 ,mme ,binder-,mestro1 ,mlle ,laguarde1 ,alfred ,maskell1 ,frederick ,hollyer1 ,craig-,annan1 ,le ,bgue1 ,bergon1 ,colard1 ,calland1 ,watzek1 ,sollet1 ,alexandre1 la foule a admir1 tout uniment4 ,pourtant1 et l1 apparaissent des figures inquites4444 ,des artistes1 peut-tre1 troubls comme des gens qui auraient aperu1 se profilant sur l'horizon1 aux confins de leur domaine1 la silhouette des fourriers d'une invasion8444 ,des critiques d'art1 qui1 toute leur vie1 montrrent1 par des syllogismes fort bien ordonns1 que jamais la photographie ne pourrait donner des rsultats quivalents ceux de l'eau-forte ou du fusain1 et qui n'entendent autour d'eux que ces mots3 ,on dirait une eau-forte6444 ,on dirait un fusain6 ,des idalistes enfin1 qui se demandent1 attrists par cette intrusion nouvelle de la science1 ce que va devenir1 parmi tout cet appareil chimique d'mulsions et de rvlateurs1 dans toute cette gomme bichromate ou dans ce paramidophnol1 les traditions fines et nobles du grand art1 l'inspiration personnelle et inne1 la part de l'me1 l'ide8444 ,avec eux et avec tous ceux qui aiment le ,beau1 abordons ce problme4 ,demandons-nous pourquoi la photographie1 jadis unanimement mprise par les artistes1 se trouve aujourd'hui sur les confins mmes de l'art4 ,cherchons si l'oprateur prend une part nouvelle dans le phnomne chimique et mcanique qui s'accomplit4 ,examinons si cette part est suffisante pour qu'elle lui permette d'y imprimer sa personnalit4 ,enfin1 tchons de dterminer quoi tend ce mouvement1 et s'il marque un nouveau progrs du naturalisme sur les traditions idalistes et classiques de l'ancienne cole franaise2 ou bien si1 au contraire1 il ne serait point1 par une volution singulire et inattendue1 un tmoignage clatant de leur vitalit4 ,,chapitre ,i ,les dfauts de la photographie4 ,on a dit beaucoup trop de mal de la photographie1 et pas assez des photographes4 ,il est trs vrai que la photographie1 telle que nous la connaissons d'habitude1 a mille dfauts qui sont la ngation mme de l'art1 sans tre le moins du monde l'affirmation de la ,nature4 ,elle n'est pas plus prs de la vrit que de la beaut4 ,elle exagre la perspective ce point qu'une grande route1 prise de face1 fuyant droit vers l'horizon1 ressemble une pyramide1 qu'une table carre vue de la mme faon parat quasi triangulaire1 et qu'une main tendue vers vous est plus grosse que la tte de l'ami qui vous la tend4 ,elle traduit si malencontreusement les couleurs les plus ncessaires1 qu'un toit rouge clair devient noir1 pendant que le ciel bleu fonc devient blanc4 ,elle supprime ainsi le ciel et la mer du ,midi1 et ds qu'un ton aussi important vient manquer1 toute la gamme est fausse4 ,les caps sacrs1 qui se profilaient doucement sur le ciel1 se dcoupent comme des crans devant le feu2 les bateaux noirs1 qui s'harmonisaient avec le flot bleu sombre1 semblent des mouches tombes dans du lait4 ,les feuilles dores de l'automne et les raisins blancs bien mrs deviennent quelque chose de noir comme des gouttes d'encre sur du papier4 ,un effet de soleil apparat si clatant1 qu'on le prend pour un effet de neige4 ,un arbre vu contre-jour est si furieusement sombre1 qu'on ne distingue rien de son model et qu'il parat une plaque de tle1 plate et enfume4 ,puis1 ayant nglig ainsi la vrit sur les points capitaux1 la photographie devient d'une exactitude indiscrte et cancanire sur les dtails dont on n'a que faire4 ,comme l',intim des ,plaideurs1 elle passe sur le principal de la scne esthtique1 seul objet o vont les yeux et le cur1 et s'tend longuement et complaisamment sur les brindilles1 les ftus1 les faits trangers la cause4 ,elle compte sottement tous les cailloux de la grve1 quand elle fut incapable de donner des eaux du torrent une ide autre que celle d'une chevelure grise qui tranerait par terre4 ,prcise et stupide comme une statistique1 elle dnombre les feuilles des arbres en les dcoupant lourdement sur le ciel comme si elles taient de fer4 ,aussi bien1 ne peut-on trop mpriser la scheresse de son trait2 le brillant de ses noirs et de ses blancs extrmes1 plaqus les uns contre les autres1 sans change de reflets1 sans intervention de clairs-obscurs2 enfin la monotonie de son rendu1 partout le mme1 sans un accent1 sans une vibration des mortalia corda o se montre une impatience1 une joie1 une dfaillance2 cette lamentable perfection1 gale dans mille preuves1 o tout ce qui est mcanique se retrouve et qui tout ce qui est humain semble tranger4444 ,ces reproches sont justes2 mais qui les mrite8 ,la photographie ou les photographes8 ,le soleil1 ou le laboratoire obscur8 ,les photographes ont-ils bien fait tout ce qu'il fallait pour viter ces erreurs8 ,un court examen suffit pour voir qu'au lieu de les fuir1 ils les ont recherches4 ,pour eux1 la sche dfinition du trait1 non seulement n'est pas un dfaut1 mais une qualit4 ,c'est ce qu'ils appellent faire net1 et ce qu'ils ont1 au contraire1 toujours considr comme un dfaut1 c'est le flou1 terme de mpris qui1 dans leur langage1 voue l'excration publique la grce1 l'indcision1 la fracheur1 ce que les artistes recherchent d'abord4 ,quand1 ds #ahec1 sir ,william ,newton et plus tard ,,mm4 ,john ,leighton et ,buss soutinrent devant les socits de photographie de leur pays que tous les plans ne devaient pas tre galement nets et que certaines lignes devaient se profiler peine sur le fond1 ils soulevrent une tempte de protestations4 ,sacrifier une herbe1 un cheveu1 un caillou1 jamais6 ,l'ide directrice des photographes tait alors1 comme hier encore1 que plus une preuve montre de dtails1 plus elle est belle1 et plus nettement elle les montre1 mieux son but est rempli4 ,il faut que1 devant la photographie d'une ville1 on puisse compter toutes les maisons1 et dans chaque maison toutes les fentres1 et dire3 ,voici la mienne1 et le contrevent est demi ferm6 ,tous les perfectionnements de diaphragmes1 de plaques1 de rvlateurs et de papiers lisses et brillants ont t faits pour obtenir un dtail plus minutieux1 une opposition de noir et de blanc plus tranche1 des silhouettes plus dcoupes1 une documentation plus rigoureuse2--toutes choses qu'en effet la science rclame pour ses enqutes1 mais que l'art proscrit4 ,quoi d'tonnant si tant d'efforts pour le laid ont t couronns de succs6 ,la mme tendance s'observe pour les exagrations de perspective4 ,on a beaucoup parl des dfauts de l'objectif et de l'aberration de sphricit2 mais quand donc parlera-t-on de l'aberration des oprateurs8 ,il est trs vrai que certains instruments distordent les lignes droites dans les coins de l'image1 mais pourquoi choisir ces instruments8 ,si l'on remarque des exagrations de perspective dans les objectifs grand angle1 pourquoi ne pas choisir des objectifs petit angle qui1 eux1 ne donneront pas ce rsultat monstrueux8 ,et si l'objectif est grand angle1 pourquoi le placer si prs de la chose photographier que les lignes principales partent du bas mme de l'preuve1 et soient agrandies ainsi l'excs au bord infrieur de l'image1 puis diminues l'excs mesure qu'elles montent et fuient vers l'horizon8--,pourquoi8 ,simplement parce que le photographe a voulu comprendre le plus de choses possible dans le champ de l'appareil1 afin de voir la fois ce qu'il y a ses pieds et ce qui plane au-dessus de sa ligne d'horizon4 ,parce que1 dans son dsir d'enregistrer un grand nombre de dtails1 et dans son ignorance profonde de la loi des sacrifices ncessaires1 il veut embrasser avec l'il de son objectif plus qu'il ne peut le faire d'un seul regard de ses propres yeux4 ,c'est ainsi que1 dans les preuves dont la perspective nous choque1 la photographie a t force d'enregistrer plusieurs plans que le photographe n'apercevait pas d'ensemble1 et qu'il n'aurait jamais d runir dans son image1 ne les runissant pas dans la ralit4 ,l est le dfaut1 mais il ne tient pas l'objectif3 il tient1 au contraire1 ce qu'il y a de plus subjectif dans l'oprateur3 son sentiment faux de la beaut4 ,donnez ce photographe un crayon3 il fera1 en dessinant1 les mmes erreurs4 ,donnez un artiste cet objectif3 il ne les fera pas4 ,ce qu'il ne fera pas non plus1 c'est un paysage sans ciel1 comme ce fut jusqu' nos jours la rgle de tout bon manieur de collodion ou de glatino-bromure4 ,et1 l encore1 est-ce bien l'appareil qu'il faut accuser de cette trange suppression du ton local le plus ncessaire8 ,assurment oui1 quand il s'agit d'un ciel bleu1 car cette couleur impressionne si fortement la plaque qu'il ne reste rien sur cette plaque pour donner un ton l'preuve1 et qu'ainsi tout ce qui tait bleu dans la nature devient1 dans l'image1 blanc4 ,mais on a plusieurs moyens de parer cet inconvnient4 ,on a les verres de diverses couleurs1 permettant de faire poser longtemps devant la plaque les couleurs qui viennent trop lentement1 sans laisser passer un seul rayon de celles qui viennent trop vite4 ,on a encore la ressource de dvelopper plus ou moins toute une partie du clich4 ,on peut enfin1 si l'on se sert de papiers charbon-velours ou de papier la gomme bichromate1 rserver1 dans le dpouillement1 un ton pour tout le ciel4 ,et1 bien avant qu'on parlt d'crans orthochromatiques ou de gomme bichromate1 un ,anglais1 ,m4 ,h4 ,p4 ,robinson1 tendait des ciels d'un ton trs ferme et nuanc sur tous ses paysages4 ,on voit donc que l'absence du ton du ciel1 chez les photographes d'autrefois1 n'tait pas uniquement due l'imperfection de la photographie1 mais leur ngligence4 ,de mme1 s'ils s'interdisaient les grands effets de lumire1 les effets la ,turner et la ,claude ,lorrain1 en enseignant qu'il faut toujours tourner le dos au soleil1 ce n'tait point qu'ils craignissent le halo ou des accidents semblables4 ,c'tait qu'ils se souciaient aussi peu d'effets la ,turner que d'un ton juste pour le ciel4 ,et ils s'en souciaient peu1 parce que ces effets artistiques ne s'obtiennent en gnral qu'aux dpens de la minutieuse et scientifique dfinition des dtails4 ,frappes de face par les rayons du soleil1 les veines d'un caillou1 les brindilles d'un buisson reluisent plus exactement4 ,et dans la reprsentation de la figure humaine1 ce n'est pas un effet caractristique et vigoureux qui permet de tout apercevoir1 c'est un clairage gal1 tendre et mou4 ,pour les photographes1 non seulement l'accent n'est pas ncessaire1 mais il est nuisible1 et s'ils aperoivent dans le clich1 sur le masque humain1 un trait un peu vif1 une ride un peu souligne1 un relief un peu bossu1 ils l'enlvent d'une retouche savante1 afin que l'piderme s'arrondisse galement la ressemblance d'une baudruche gonfle et que l'ombre se dgrade sur l'ovale d'une joue comme sur la panse d'un ballon4 ,tout cela tenait au photographe au moins autant qu' la photographie4 ,c'est pourquoi les artistes n'avaient point tort en condamnant les preuves qu'on leur mettait sous les yeux2 mais ils allaient peut-tre un peu vite en dclarant que le procd ne pouvait en donner d'autres4 ,le jour o des hommes d'un got sr sont venus et ont laiss l les dogmes photographiques1 des uvres fines1 dlicates1 harmonieuses ont paru4 ,on ne retrouve plus aucune perspective exagre dans les scnes d'intrieur de ,m4 ,puyo1 ni de noirs bouchs dans celles de ,m4 ,demachy1 ni de dtails inutiles dans les paysages de ,m4 ,bucquet1 ni de chairs molles et rondes dans les figures de ,m4 ,maskell1 de ,m4 ,kuhn1 de ,m4 ,holland ,day ou de ,m4 ,hollyer4 ,les ciels de ,,mm4 ,henneberg et ,horsley ,hinton sont anims1 vigoureux1 plafonnants4 ,l mme o le ciel est bleu dans la ,nature1 son image est traduite dans l'image par un ton assez fort pour que les maisons1 blanches1 s'enlvent1 en clair1 sur le ciel1 comme dans le ,brompton ,road de ,m4 ,calland4 ,la manie de l'inventaire et le got du procs-verbal ont disparu4 ,les artistes ont cherch1 non plus le dtail1 mais l'ensemble1 non plus l'accumulation des faits1 mais la simplification de l'ide4 ,ils ont choisi1 non les heures ensoleilles o tout se voit1 mais celles voisines du crpuscule o quelque chose se laisse deviner4 ,ils se sont rappel que c'est une erreur1 en art1 que de vouloir tout dfinir1 parce que1 devant une chose dfinie1 il ne reste plus rien faire pour l'imagination4 ,l'indfini1 au contraire1 est le chemin de l'infini4 ,telle valle1 tel coteau1 telle jete sur la mer1 objet banal si l'on en saisit tous les contours et si l'on en apprcie toute l'conomie1 devient1 demi voil par la brume1 une chose dsirable parce qu'elle est moins possde1 curieuse parce qu'elle est moins connue4 ,le flou est justement au net ce que l'espoir est la satit4 ,il est l'quivalent1 en art1 d'une des choses les plus aimes de la vie3 cette dlicieuse incertitude d'une me o dj pntra l'espoir et o l'assurance n'est pas entre encore2 o le dsir qui commence d'apparatre comme ralisable n'a pas cess d'tre aviv par les obstacles sa ralisation2 o tout se promet et o rien ne se donne1 o tout se devine et o rien ne s'avoue2 o les figures et les paysages1 et le ciel et la terre1 et l'amour mme apparaissent selon les incertaines suggestions de l'aube1 et non selon la sche dfinition des midis4444 ,,chapitre ,,ii ,la triple intervention de l'artiste4 ,cela suffit-il pour constituer un art8 ,supprimer certains dfauts de l'image photographique est bien2 mais1 pour que cette image soit une uvre d'art1 il ne suffit pas que certains dfauts soient supprims1 encore faut-il la prsence de certaines qualits4 ,et avant toutes1 la prsence pressentie ou reconnue1 non d'une machine1 mais d'une main d'ouvrier4 ,l'art devra tre ici l'homme ajout la machine1 pour parodier ,bacon4 ,mais1 dj1 nous venons de voir que l'homme n'en tait pas si absent qu'on le voulait bien dire1 puisqu'une foule de dfauts venaient moins encore de son instrument que de sa volont1 et moins de son absence que de son intervention mal dirige4 ,cette intervention1 pense-t-on au premier abord1 se rduit fort peu de chose4 ,choisir le site1 placer l'appareil1 conseiller des attitudes1 graduer le jour1 et c'est tout4 ,ce que la plaque a enregistr1 on est oblig de le garder1 et ce qu'elle n'a pas enregistr1 on ne peut l'y mettre4 ,tout ce que le photographe peut faire ensuite1 c'est de verser plus ou moins d'acide dans son rvlateur4 ,son gnie peut se hausser remplacer le pyrogallol par le fer1 ou le papier aristotype par le papier gros grains4 ,qu'y a-t-il de personnel dans ce travail8 ,o est le sentiment1 l'motion1 l'accent qui signe l'uvre et fait reconnatre l'ouvrier8 ,o est le trait qui1 dirig par la main elle-mme1 rsume1 synthtise une silhouette1 une expression1 une attitude1 en caractrisant toute une race ou une poque comme le crayon de ,gavarni ou de ,m4 ,forain8 ,o est l'esprit de composition qui rapporte dans la mme uvre des documents pris en des lieux diffrents8 ,o1 l'imagination qui cre l'incr1 ralise l'irrel8 ,o est cette vision personnelle qui fait que ,corot1 ,rousseau et ,millet1 devant le mme paysage1 auraient rapport trois tableaux aussi diffrents que des vues de trois diffrentes plantes1 tandis que dix plaques1 parfaitement ajustes devant le mme site1 donneront1 entre les mains de dix oprateurs diffrents1 dix images semblables8 ,tout cela n'est-il pas absent d'une photographie1 si belle soit-elle1 comme en sont absentes les couleurs qui1 seules1 donnent aux choses tout leur relief et toute leur forme1 leur distance et leur clat8 ,ces objections sont fortes2 mais elles le seraient davantage si elles taient fondes2--et elles ne le sont pas4 ,d'abord1 il va de soi qu'on ne peut demander la photographie les qualits brillantes et savoureuses de la peinture1 non plus que celles de l'architecture1 ou de la musique1 ou de l'art des jardins4444 ,on ne peut la comparer qu' des choses comparables3 au crayon1 au lavis l'encre de ,chine ou la spia1 au fusain ou la sanguine1 voire au camaeu1 c'est--dire toute image en noir et blanc ou en une seule couleur gradue de son ton le plus sombre1 presque noir1 jusqu' son ton le plus ple1 presque blanc4 ,ensuite1 on peut bien lui permettre d'tre autre chose que la mine de plomb ou la lithographie1 sans pour cela lui refuser le nom d'art4 ,sans quoi1 il faudrait le refuser aux uvres de ,m4 ,allong1 ou aux dessins de ,m4 ,lhermitte1 qui n'ont aucun rapport avec un crayon d',ingres4 ,enfin1 on peut admirer au plus haut point la probit d',ingres1 et la profondeur de ,gavarni1 et la synthse de ,m4 ,forain1 et l'analyse de ,m4 ,caran d',ache1 sans pour cela dire que tout l'art du noir et du blanc tient entre le portrait de ,thomas ,vireloque et les silhouettes de ,doux ,pays4 ,la question n'est donc point de savoir si la photographie possde les mmes qualits que les autres procds1 mais si elle en possde quelconques1 dignes de leur tre compares2 si le rle de l'artiste y est assez important pour modifier l'aspect d'une uvre1 c'est--dire s'il intervient assez souvent pour qu'il y ait de sa part production et non simplement reproduction1 et qu' la beaut du site qui est tout le monde1 il ajoute celle d'une ide ou d'un sentiment qui ne sont qu' lui4 ,or1 en examinant les oprations photographiques1 nous trouvons qu'il intervient1 trois moments diffrents1 d'une faon assez dcisive4 #a4 ,premire intervention de l'artiste4 ,d'abord1 il choisit dans la nature l'objet reprsenter4 ,ceci a l'air trs simple1 et ne l'est pas du tout4 ,dans la nature1 disait ,corot1 il n'y a jamais deux choses pareilles1 et ses compagnons d'tude d'aprs nature1 ,bertin et ,aligny1 lui faisaient un grand mrite de savoir s'asseoir mieux que personne4 ,c'est donc une science que de trouver le point juste d'o l'objet doit tre regard1 et non seulement le point1 mais la saison1 l'heure1 le temps1 la raison d'tre du motif3 ,quis1 quid1 ubi1 quibus auxiliis1 cur1 quomodo1 quando8 ,car1 d'une part1 le plus bel objet du monde peut tre un mdiocre sujet de tableau s'il n'est pas vu sous l'angle voulu1 au moment esthtique1 et1 d'autre part1 combien d'admirables sujets dans les plus humbles choses qui nous entourent1 si le cur et les yeux savent les dcouvrir6 ,un chemin courbe1 une barrire droite1 un toit qui fume1 un tronc qui se crispe1 une tige qui se penche1 une flaque d'eau o le ciel renvers se reflte et tremble avec tout son empanachement de nuages1444 c'est assez4 ,tout autour de nous1 la nature1 incessamment1 peint des tableaux fugitifs1 mais dlicieux4 ,il faut non les crer1--ils existent1--mais les voir4 ,il est des bonheurs fortuits1 dit ,m4 ,jules ,breton1 o la nature fait apparatre un tableau tout fait1 et ,frdric ,walker1 l'admirable peintre de ,harbour of ,refuge3 ,la composition n'est que l'art de conserver un heureux effet aperu par hasard4 ,il ne faut pas croire suffisant ni ncessaire d'aller se mettre devant la falaise d'tretat1 ou le chteau de ,chillon1 ou la tour carre de ,saint-,honorat1 aux les de ,lrins1 pour faire un chef-d'uvre4 ,le pays le plus pittoresque ne fournit aucun sujet celui qui ne sait pas en dcouvrir dans les variations incessantes du pays le plus monotone4 ,savoir voir1 c'est un grand point1 peut-tre le principal4 ,mais1 hlas6 combien d'amateurs peintres passent1 dans le paysage1 ct du tableau1 comme les ambitieux1 dans la vie1 ct du bonheur1--sans le voir6 ,et ils s'en vont gravement1 les uns et les autres1 leur bote couleurs ou leur hotte illusions sur le dos1 la recherche de merveilles lointaines qui ne vaudront point ce qui les attendait1 ce qu'ils n'ont pas su voir1 la porte de leur maison4444 ,s'agit-il de figures8 ,il en va de mme4 ,s'il est vrai de dire qu'un problme bien pos est moiti rsolu1 il l'est plus encore d'affirmer qu'une figure bien pose est demi dessine4 ,le reste est affaire de sret de main et de sret d'il4 ,mais la composition est affaire de sret d'me et d'initiative originale4 ,or1 le photographe compose4 ,il dispose1 sinon l'image1 du moins la ralit4 ,il ordonne1 non les lignes graves sur les planches1 mais les lignes vivantes devant ses yeux4 ,pour faire la ,source1 il ne fallait pas seulement dessiner comme ,ingres3 il fallait composer comme ,ingres4 ,le modle qu'il a employ n'a point pris tout seul cette attitude simple1 fine et noble1 ou1 s'il l'a prise1 ce n'a t que par un hasard qu'il a fallu prparer et saisir4 ,le photographe ne fait-il pas la mme chose8 ,la similitude entre le photographe et l'artiste se voit jusque dans les conseils qu'ils donnent leurs modles4 ,on connat l'horreur habituelle des portraitistes pour les toffes sans cassures1 sans ils de plis4 ,la premire photographe artiste d',angleterre1 ,mme ,cameron1 raconte1 dans ses ,mmoires1 une anecdote qui montre que cette horreur tait la mme chez elle4 ,les succs de ses portraits de femmes lui valurent un jour la lettre suivante3 ,miss ,lydia ,louisa ,summerhouse ,donkins informe ,mrs ,cameron qu'elle dsire poser pour son portrait4 ,miss ,lydia ,louisa ,summerhouse ,donkins est une personne qui possde quipage et1 par consquent1 elle peut affirmer ,mrs ,cameron qu'elle arrivera dans une toilette exempte de tout chiffonnage4 ,si ,miss ,lydia ,louisa ,summerhouse ,donkins tait satisfaite de son portrait1 ,miss ,lydia ,louisa ,summerhouse ,donkins a une amie qui possde galement un quipage et dsirerait aussi avoir son portrait4 ,je rpondis ,miss ,lydia ,louisa ,summerhouse ,donkins que1 ,mrs ,cameron n'tant pas un photographe de profession1 regrettait beaucoup de ne pouvoir faire son portrait1 mais que si ,mrs ,cameron avait pu le faire1 elle aurait beaucoup prfr voir cette toilette chiffonne#bj4 ,on se tromperait1 si l'on croyait que la composition photographique se borne au portrait ou une petite scne de genre moderne1 vus au jour d'atelier4 ,on a des photographies de scnes historiques1 de personnages fabuleux1 et dans un clair-obscur saisissant2 on a des sainte ,ccile1 des docteurs ,faust dans leurs laboratoires1 des ,judith entr'ouvrant le rideau d'o filtre la lumire1 des ,christs morts1 tendus sur la pierre4 ,nous ne disons point que ce soient des chefs-d'uvre de tact esthtique1 mais ce ne sont point des uvres ddaigner4 ,on admire beaucoup au palais ,doria1 ,rome1 deux petits tableaux de ,van ,hontorst1 dit della ,notte1 qui ne dpassent nullement en audace et en vrit d'effet les photographies nocturnes de ,m4 ,puyo3 ,vengeance et la ,lampe file#ba4 ,les premiers essais de compositions historiques photographies furent tents en ,angleterre2 et il faut lire1 pour se convaincre de l'enthousiasme qui les inspira1 les pages o ,mme ,cameron les a raconts3 ,je fis de ma cave charbon mon laboratoire1 et une sorte de poulailler vitr que j'avais donn mes enfants devint mon atelier4 ,je mis en libert les poules1 j'espre et je crois qu'elles ne furent pas manges1 et les profits que mes fils tiraient des ufs frais furent supprims4 ,mais tout le monde fut sympathique mon nouveau travail1 depuis que la socit des poulets et des poules avait t remplace par celle des potes1 des prophtes1 des peintres et de charmantes jeunes filles1 qui tous1 chacun leur tour1 ont immortalis l'humble petite ferme4 ,un de nos amis intimes se prta trs obligeamment mes premiers essais4 ,sans s'arrter cette crainte possible que1 en posant souvent ma fantaisie1 cela pourrait le rendre ridicule1 il consentit1 grce cette grandeur d'me qui n'appartient qu' l'amiti dsintresse1 tre tour tour ,frre ,laurence avec ,juliette1 ,prospero avec ,miranda1 ,assurus avec la reine ,esther1 tenir un tisonnier comme sceptre et faire compltement tout ce que je dsirais4 ,il n'en rsulta pas seulement des uvres pour moi1 mais de ,prospero et ,miranda1 il advint un mariage qui a1 je l'espre1 ciment le bonheur et le bien-tre d'un vrai roi ,cophetua1 qui1 dans ,miranda1 avait vu le prix1 le joyau de la couronne du monarque4 ,la vue de mon uvre fut la cause dterminante de ce que la rsolution fut traduite en paroles3 il s'ensuivit une des plus douces idylles de la vie relle que l'on puisse concevoir1 et1 ce qui a beaucoup plus d'importance1 il en rsulta un mariage d'inclination avec des enfants dignes d'tre photographis1 comme leur mre l'avait t1 pour leur beaut4444 ,ce dernier trait est bien d'une artiste1 et le suivant est digne d'une prraphalite3 ,ensuite1 je fus ,little ,holland ,house1 o j'avais transport mon appareil pour faire le portrait du grand ,carlyle4 ,lorsque j'avais des hommes comme cela devant mon appareil1 toute mon me essayait de faire son devoir vis--vis du modle1 en s'efforant de retracer fidlement la grandeur de l'homme intrieur aussi bien que les traits de l'homme extrieur4 ,la photographie prise de cette manire a t presque la personnification d'une prire#bb4444 ,on se tromperait encore si l'on pensait que les grandes scnes de nature et d'acadmie1 comme la ,vision antique1 sont interdites la photographie4 ,qu'est-ce que c'est que cette voiture ferme qui s'arrte au bord d'une grve dserte1 devant un horizon nu1 born par la mer claire o s'allongent de sombres presqu'les8 ,il en descend d'tranges touristes6 ,des femmes en chiton et en diplos1 qu'on dirait tombes des fresques de la maison des ,vettii1 ou sorties des stucs des ,thermes de ,diocltien1 puis un homme portant une bote trois pieds1 puis un brigadier de gendarmerie4444 ,tout ce monde marche dans les herbes hautes et s'attarde cueillir des fleurs4 ,le brigadier de gendarmerie est l pour protger l'art des curiosits indiscrtes ou des zles intempestifs des gardes champtres1 des gardes-ctes ou des douaniers4 ,mais peut-tre n'est-il pas absolument esthtique4 ,il ne figurera pas dans le tableau4 ,cependant la troupe des figurantes s'avance1 ,l'une emportant son masque et l'autre son couteau1 sous les oliviers1 le long des flots1 parmi les plantes salifres4 ,c'est un singulier spectacle4 ,pour la premire fois depuis des temps immmoriaux1 les pplums sortent des magasins d'accessoires et flottent l'air libre4 ,les calyptres lgres ne balayent plus les planchers des thtres1 mais s'accrochent aux lentisques et se gonflent sous les brises marines4 ,les eaux des bassins rapprennent reflter les plis nobles des anaboles et le vent s'insinuer dans les tuyaux des fltes4 ,mieux que les vieux miroirs de bronze verdi1 qu'on conserve sous les vitrines des muses1 ces bassins diront aux nouvelles canphores si elles ajustent gracieusement leurs corbeilles4 ,ce n'est pas anachronique4 ,en conduisant la figure drape en plein air1 les photographes ont retrouv la vie antique4 ,car ce paysage nous a conserv le milieu o se mouvaient les contemporains de ,tibulle4 ,un piano serait tonn d'tre touch par un homme vtu d'un himation2 mais ds que cet homme va sur la grve ou dans les bois1 aucun costume ne s'harmonise mieux avec les lignes de la nature4 ,le cadre reconnat la figure et lui sourit4 ,sous l'olivier tarde crescens1 au pays du ver assiduum1 on ne s'tonne plus de voir revivre les jeux et les ftes sculpts sur les bas-reliefs4 ,les potiers de ,vallauris font encore des lcythes et des cratres4 ,l'eau1 dans les vasques1 chante les mmes airs qu'autrefois4 ,puisqu'il y a encore des pins1 voici des thyrses2 puisqu'il y a encore des tortues1 voici des lyres2 et puisqu'il y a encore des roseaux1 voici des syringes4 ,la ,vision antique va passer4444 ,le subtil photographe a choisi le lieu1 l'heure1 les visages et les costumes3 il sait les poses qu'il veut reproduire1 le groupe qu'il veut former4 ,il les a dits ses modles1 et1 dans sa tte1 le tableau est fait4 ,il copiera la ralit1 quand la ralit lui donnera sa vision1 pas avant4 ,il a calcul la hauteur des ttes sur la ligne d'horizon1 la longueur des ombres sur l'herbe1 l'angle des rayons du soleil dclinant1 le passage de la lumire sur le coude et l'paule1 et les plis que creusera le vent1 lorsque s'levant1 il fera flotter le voile et toute la tunique1 selon le rythme qu'on observe dans la ,victoire de ,samothrace4 ,on va1 on vient le long des rochers4 ,vingt fois1 l'attitude a t prise1 puis quitte4 ,non1 ce n'tait pas ,ariane6 ,on va abandonner la place1 quand1 tout d'un coup1 sans le vouloir1 dans un geste spontan1 le modle a ralis l'idal4 ,durant une seconde1 ,ariane a t visible1 aux rochers contant ses infortunes6 ,rapide comme l'clair1 le photographe a enregistr sur la plaque sensible ce qu'il a voulu1 cherch1 prpar depuis des mois1 parfois des annes4444 ,dira-t-on qu'il n'y a pas eu composition1 intervention de l'artiste8 ,cette intervention ne va gure loin1 objectent les critiques4 ,elle tient toute dans le choix du sujet pour le paysage et une espce de groupement pour les figures1 analogue la mise en scne d'un tableau vivant4 ,et quand ce ne serait que cela1 serait-ce peu de chose8 ,ce ddain est plaisant dans la bouche des critiques d'art1 qui1 d'ordinaire1 ne jugent tableaux et statues qu'au point de vue du choix du sujet et de la disposition des personnages1 et jamais au point de vue de la facture6 ,que l'on compte1 dans tel compte rendu de ,salon qu'on voudra1 les pages consacres l'anatomie1 la myologie1 la perspective1 la concordance des passages de lumire1 la nature des mlanges pigmentaires1 au rle des dessous1 et qu'on les compare au nombre dix fois plus considrable des pages consacres la disposition du sujet1 et l'on verra si les critiques ont quelque bonne grce tenir pour peu de chose1 en thorie1 la seule chose1 en pratique1 dont ils s'occupent1 quand ils ont examiner une uvre d'art8 #b4 ,seconde intervention de l'artiste4 ,mais le photographe intervient une seconde fois1 et alors pour la facture mme4 ,c'est dans le dveloppement du clich4 ,comme il a choisi1 dans la nature1 l'heure et l'effet1 il choisit1 pour le clich1 la gamme ou le ton gnral dans lequel se gradueront les valeurs4 ,tout le monde sait ce que c'est que dvelopper un clich3 c'est le plonger dans un liquide qui fait apparatre1 peu peu1 l'image que contient1 en puissance1 la plaque sensible4 ,selon la composition de ce liquide1 modifie pendant l'immersion1 on obtient une image plus ou moins dure1 o les ombres et les lumires se diffrencient avec plus ou moins de contraste4 ,le photographe peut graduer ce contraste et ainsi modifier1 dans un sens dtermin1 l'effet donn par la nature4 ,mieux encore1 il peut--bien que ceci soit plus difficile1--rendre telle partie de l'image plus apparente que telle autre1 le ciel1 par exemple1 plus que le terrain1 et lui donner ainsi la force et la solidit ncessaires4 ,a cela1 d'ailleurs1 se borne l'action de l'artiste sur le clich4 ,il n'y fait pas de retouches4 ,mais son rle n'est pas fini quand le clich est dvelopp4 ,a ce moment1 le photographe professionnel a termin son uvre3 il s'en va se laver les mains1 et des serviteurs1 au besoin1 tireront les preuves4 ,l'artiste1 lui1 prend son clich et le considre avec attention1 mais comme une simple bauche1 que1 sous sa direction1 l'instrument a esquisse4 ,a lui1 maintenant1 de faire1 de cette tude1 un tableau4 ,le professionnel estime que sa tche est termine2 l'artiste1 que la sienne recommence4 #c4 ,troisime intervention de l'artiste4 ,car c'est dans le tirage de l'preuve que le sentiment et l'adresse de l'homme vont surtout intervenir et que la puissance directrice prendra sa revanche sur la puissance automatique4 ,le clich est d la machine2 mais l'preuve1 comme le style1 c'est l'homme4 ,ce l'est tel point que1 parfois1 on ne reconnat pas le clich dur et plat dans l'image frissonnante de lueurs et de models que l'artiste en a tire4 ,il existe deux photographies dont l'une s'appelle tude1 l'autre ,matin argent3 ce sont deux paysages de roseaux et d'eaux1 et de bois et de nues4 ,on les regarde2 on trouve la seconde incomparablement plus belle que la premire1 et l'on passe1--quand on est averti qu'elles sont du mme auteur1 ,m4 ,j4 ,h4 ,gear1--cela tonne4 ,bien mieux1 elles reprsentent le mme paysage3 est-ce possible8 ,bien mieux1 c'est le mme clich6 ,et en effet1 c'est le mme clich2 mais--agrandissement1 changement de papier1 mise en cadre diffrente1 transposition de valeurs--ce n'est pas la mme preuve4 ,c'est le mme canevas1 ce n'est pas la mme trame2 ce sont les mmes paroles1 mais avec un autre chant4 ,qu'y a-t-il donc de nouveau8--,un acide8--,non1 un sentiment4--,un corps8--,non1 une me4444 ,le seul progrs matriel et technique est l'emploi du papier dpouillement4 ,on sait que les papiers sur lesquels s'impriment les preuves photographiques sont de trois sortes3 d'abord1 les papiers blancs1 comme le papier albumin1 qui noircissent spontanment sous l'action de la lumire sans qu'on puisse intervenir autrement que pour arrter cette action4--,secondement1 les papiers au bromure1 qu'on commence dvelopper faiblement dans un bain1 puis o l'on intervient pour activer l'apparition de l'image avec des pinceaux pleins du liquide rvlateur4--,enfin le papier charbon-velours ou la gomme bichromate1 qui est un papier color1 par exemple en brun van ,dyck ou en terre de ,sienne brle1 et d'o l'on enlve lentement avec l'eau et le pinceau tout ce que la lumire n'a pas fortement fix1 en laissant tout ce qu'on dsire garder sur l'preuve4 ,l'image vient peu peu ainsi par dpouillement4 ,ces derniers papiers se prtent un travail trs lent4 ,la venue de l'image s'y trouve subordonne l'intervention directe de la main de l'oprateur et est ainsi dirige par une volont changeante1 au lieu de l'tre par des lois naturelles et immuables4 ,on aperoit tout de suite combien le rle de l'homme a grandi4 ,quel tre faible1 et quelles humiliantes fonctions tait rduit le photographe autrefois6 ,a partir du moment o le clich de verre tait plong dans le bain1 tout chappait ses prises4 ,pench sur ces cuvettes pleines de vnneux liquides1 il attendait1 dsarm1 impuissant1 inactif1 que les acides mortels eussent fait leur uvre4 ,c'tait la fois comique et solennel4 ,cela s'accomplissait dans la solitude1 comme le crime et dans l'ombre1 comme la trahison4 ,a peine la lanterne jetait-elle sur les linges pars des taches rouges qui semblaient de sang4 ,l'homme tournait autour de ses cuvettes1 de ses rcipients plats1 comme on en voit dans les salles de chirurgie1 et rangeait des bocaux blancs1 gris1 bleus1 vert ple1 roses1 o l'on hsitait reconnatre l'attirail d'un coiffeur ou celui d'un apothicaire4 ,ses yeux ne pouvaient percer l'effrayant mystre o s'laborait1 sans lui1 l'image naissante d'un front1 d'une joue1 d'une prairie1 d'eaux1 d'insectes1 de tiges et de fleurs4 ,aujourd'hui1 les fentres sont entr'ouvertes4 ,l'preuve ne gt plus dans un bain d'argent ou dans un bain d'or4 ,elle a t pose sur une planchette1 comme une aquarelle4 ,de l'ponge presse coulent sur elle des gouttes brillantes d'une eau naturelle2 sous cette pluie intelligente et radieuse1 un visage nat1 grandit et s'claire4 ,voici l'paule nue1 voici le col onduleux1 voici les cheveux qui se dmlent1 voici la ligne du sourcil qui s'arque et le contour des joues qui s'enfle et s'insinue dans le clair-obscur4 ,lentement1 paresseusement1 comme un petit enfant qui s'veille1 l'image ouvre la bouche1 puis les yeux4444 ,l'ombre se dcharne et dit son mot2 elle a souri3 elle va tout dire1 quand l'artiste s'arrte4 ,il se rappelle le mot si vrai de ,m4 ,jules ,breton1 qu'en art il ne faut pas tout dire4 ,la posie est faite d'inconnu4 ,et ce qui donne aux images leur charme1 c'est justement qu'elles ne dtruisent point par la parole--comme1 hlas6 le font trop souvent les figures relles--l'illusion cause par leur beaut1 et qu'elles nous laissent croire1 en demeurant jamais silencieuses1 que leur lumire intrieure vaut leur rayonnement4 ,l'artiste sort de son atelier2 le grand jour tombe sur l'preuve1 et aussitt l'on aperoit tout ce que l'homme y a mis de lui4 ,elle n'est pas fille du hasard et de la matire4 ,l'esprit a fait plus que la matire1 la volont plus que le hasard4 ,il y eut collaboration de l'intelligence et du cur2 et parce qu'ainsi il a pu y avoir erreur ou folie1 il peut y avoir vrit et amour4 ,et s'il est arriv que cette image est belle1 de quel nom l'appellerons-nous8 ,dirons-nous que ce n'est pas l une uvre d'art1 parce que le vocabulaire la nomme photographie au lieu de la qualifier fusain1 lithographie ou sanguine1 et parce qu'au lieu de tenir entre ses doigts un petit morceau de bois carbonis1 l'artiste a en quelque sorte mani un rayon de soleil8 ,,chapitre ,,iii ,nouvelles uvres et ides nouvelles4 ,les images que voil ont bien t faites au moyen de la photographie1 mais elles n'voquent pas plus l'ide de glatino-bromure qu'une eau-forte n'voque l'ide d'un acide1 une spia l'ide d'un mollusque1 ou un fusain l'ide d'une branche d'arbre de la famille des clastrines4444 ,il y a une vue de ,hollande1 prise par ,m4 ,robert ,demachy1 qui emmne la pense bien loin de la ville qui l'inspira et de la machine qui aida la fixer4 ,cela s'appelle ,eaux ,mortes4 ,une double range de maisons aux trap-gerels pointus et dentels trempent leur vieilles murailles dans un canal4 ,pas un monument n'ennoblit ce canal1 pas une figure ne l'anime4 ,cela est si triste1 que l'eau semble faite de toutes les larmes que les gnrations qui vcurent l ont rpandues4 ,les fentres sont closes ou vides comme des yeux qui ne voient pas4 ,une barque flotte avec une apparence de cercueil4 ,un escalier descend profondment dans le tranquille abme1 comme un chemin favorable au suicide4 ,les pointes aigus des toits reflts et renverss s'enfoncent dans les eaux1 qui ne frmissent mme pas1 comme des aiguilles sombres dans des chairs inertes4 ,voil bien des ,eaux ,mortes6 ,eaux qu'aucune pente n'attire1 qu'aucun penchant n'entrane6 ,eaux striles comme est strile la terre des briques qu'elles baignent6 ,eaux figes en une forme dfinitive1 comme l'eau d'un miroir1 en leur cadre de pierres2 eaux qui ne se changeront plus en perles pour ruisseler des vasques1 ni en filets et rayons pour se dvider de cascatelles en cascatelles6 ,eaux muettes qui ne chantent1 ni ne pleurent1 ni ne grondent1 comme celles des fontaines1 des bassins ou des torrents6 ,eaux sans formes et sans images elles1 qui ne savent que rpter les contours et les couleurs des maisons qui se penchent sur elles1 les redire avec le balbutiement des reflets1 incapables d'entraner notre rve vers des rives meilleures1 puisqu'elles nous renvoient impitoyablement notre propre image1 l'image de nos rides1 de nos ombres1 de nos tristesses1 et ainsi les doublent au lieu de les dissiper6 ,et1 au rebours1 quelle vocation de vie trouverait-on plus vivante qu'une certaine petite preuve de ,m4 ,craig-,annan1 intitule ,frres blancs8 ,deux moines marchent au soleil1 d'un mouvement vif et prcipit1 vers le mme but1 sous l'empire des mmes ides et l'ombre des mmes chapeaux1 leurs cagoules flottantes et ballottantes sous la mme pousse d'air1 leurs pieds levs1 semelles dehors1 selon le mme rythme1 hts vers l'glise1 vers l'cole ou vers le rfectoire4 ,pas un dtail ne distrait l'attention et1 des pieds la tte1 on ne sent qu'une ligne de vitesse1 qu'un effet de lumire chaude et brutale1 et qu'une volont ttue4 ,quelques-unes de ces uvres ressemblent des dessins de matres presque s'y mprendre4 ,il existe un ,effet de soir1 de ,m4 ,brmard1 qui rappelle fort ,j4-,f4 ,millet1 et o les taches noires et blanches paraissent reproduire des taches de couleurs4 ,il y a une ,sombre clart1 de ,m4 ,wilms1 qui voque ,turner1 et un ,soir ramne le silence1 de ,m4 ,colard1 qui est un ,corot4 ,ceux qui ont vu les femmes drapes du peintre anglais ,albert ,moore1 en reconnatront un saisissant souvenir dans les photographies de ,m4 ,ren ,le ,bgue1 et ceux1 plus nombreux1 qui admirent1 au ,louvre1 la finesse indcise et le fuyant charme du ,portrait de ,jeune fille1 de ,flandrin1 seront heureux de les retrouver dans un ,profil perdu1 de ,m4 ,brmard4 ,dans beaucoup de ces uvres1 on hsite reconnatre la marque de la photographie4 ,un portrait de ,jeune ,hollandaise1 de ,m4 ,alfred ,maskell1 une ,communiante1 de ,m4 ,robert ,demachy1 sont des prodiges d'interprtation1 en mme temps que de vrit4 ,si l'on disait que ce sont des fusains1 personne n'affirmerait le contraire4 ,une vue de la ,loire ,saint-,denis-,hors1 de ,m4 ,henry ,ballif1 a l'air d'une sanguine1 et un ,septembre en ,normandie1 de ,m4 da ,cunha1 d'une encre de ,chine4 ,les qualits de finesse et d'accent qui caractrisent l'uvre d'art en noir et blanc se voient encore dans un ,brouillard1 de ,m4 ,sutcliffe2 dans des ,soldats passant un dfil1 de ,m4 ,alexandre2 dans un paysage1 ,aprs le coucher de soleil1 de ,m4 ,bucquet1 le prsident du ,photo-,club2 dans des paysages de ,,mm4 ,hannon et ,watzeck2 dans les effets de sable de ,mare basse1 de ,m4 de ,vdrines2 dans une ,paix d'or sur la contre1 de ,m4 ,smedley ,aston4 ,feuilletez l',esthtique de la photographie publie par le ,photo-,club de ,paris1 et considrez ,dans la valle1 de ,m4-,f4 ,coste1 vaporeux comme un ,corot1 ,premiers sillons de ,m4 da ,cunha1 ,sur la route par ,m4 ,darnis1 l',ile heureuse par ,m4 ,puyo et dites si1 non prvenu1 vous ne verriez pas l des reproductions de tableaux et d'excellents tableaux8 ,une autre uvre1 curieuse par sa vrit poignante et sa tranquille ironie1 est cette rue perdue dans la brume et l'eau1 dserte1 ponctue en son milieu d'un cab noir1 intitule ,beau temps ,londres1 de ,m4 ,colard4 ,il est difficile de donner1 en raccourci1 une impression plus profonde de cette ville des fumes de l'usine et des fumes du cerveau1 de cette ville triste1 de cette ville mystique et manufacturire1 la ville des assommoirs discrets1 des tabagies occultes1 des lentes consomptions1 o seules la vertu et la rforme sortent avec fracas1 affirmant la morale par des coups de trombones et des roulements de tambours4444 ,si ces photographies nouvelles ont fait au public l'impression que lui font les sanguines ou les fusains1 si elles n'ont pu tre obtenues que grce l'intervention trois fois rpte d'un homme dou de got et de doigt1 quelles sont donc les raisons qui s'opposent ce que nous les appelions des uvres d'art8 ,nous avouons1 pour notre part1 ne point les apercevoir trs clairement4444 ,il est vrai que cette intervention n'est point aussi longue ni aussi dcisive que celle de l'artiste1 oblig de dessiner et d'ombrer de sa main sa toile ou son papier d'un bout l'autre4 ,dans la photographie1 toute une partie de son travail est faite par la machine et simplifie par le procd4 ,mais depuis quand juge-t-on de la valeur artistique d'une uvre par la difficult du procd8 ,parce que le pinceau tremp dans l'encre de ,chine nous fournit plus vite le ton du ciel ou du terrain que le fusain1 faut-il dire que1 ncessairement1 le premier procd est moins artistique que le second8 ,et parce que le fusain1 aid de l'estompe1 simplifie cent fois1 pour tonaliser un ciel ou ombrer et masser des arbres1 le travail sec et dur de la mine de plomb1 faut-il dire qu'un beau fusain est moins une uvre d'art qu'un papier noirci de hachures pour le ciel et de beau feuill la mine de plomb8 ,a quelle trange conclusion ainsi l'on arrive6 ,et mieux encore1 parce que le dessinateur1 comme tait ,m4 ,bertin1 obtient plus vite son effet sur un papier bleut qui lui fournit un ton gnral tout prpar1 faut-il dire qu'il est moins un artiste que celui qui passe des heures couvrir tout un papier blanc du fin rseau de ses pattes de mouches8--,eh bien1 ce que le papier teint1 le fusain et l'estompe font pour simplifier le travail de l'artiste1 l'objectif le fait dans une beaucoup plus large mesure4 ,voil tout4 ,l'intervention du photographe1 la vrit1 n'est point souveraine4 ,il ne peut qu'influer sur les lignes et les tons1 non les crer4 ,il lui faut compter avec un agent chimique1 qui joue un rle prpondrant dans le dveloppement du clich et la venue de l'image4 ,mais l'acide n'en joue-t-il pas un trs grand aussi dans la prparation d'une eau-forte8 ,est-ce que1 l aussi1 il n'y a pas collaboration d'un agent chimique et inconscient6 ,le graveur1 aquafortiste ou autre1 sait-il exactement l'image que donnera son uvre quand ce collaborateur y aura pass8 coutons plutt ,m4 ,bracquemond3 ,lorsqu'un graveur creuse des tailles sur une planche mtallique1 avec un burin ou l'aide d'un acide4444 il ne connatra la profondeur et1 par suite1 la valeur de sa taille que par l'tat que lui fournira l'impression de sa planche4--,regardez le ,portrait d'un graveur par ,m4 ,mathey1 qui est au ,luxembourg1 considrant la large feuille humide encore4 ,quel regard inquiet1 attentif1 scrutateur1 il attache son papier courb1 tenu au bout de ses bras nus1 tandis que sur un coin de la machine1 gt sa cigarette oublie1 teinte6444 ,il semble satisfait1 mais il a eu peur6 ,c'est qu'il y a des hasards1 des imprvus1 comme il y en a1 d'ailleurs1 en aquarelle bien plus que les aquarellistes ne veulent le dire1 et jamais cependant la collaboration de ces acides1 ou cet imprvu de la tache aqueuse--si utile parfois et si savoureuse6--n'ont empch d'appeler ces hommes des artistes6 ,on dira encore3 ,une uvre d'art est un exemplaire unique de la pense ou du sentiment d'un artiste4 ,du moment qu'on en peut tirer des reproductions l'infini1 comme on fait les preuves d'un mme clich1 elle perd cette qualit prcieuse et devient un objet de confection4 ,mais croire qu'on peut tirer un nombre indfini d'preuves artistiques d'un mme clich1 c'est une erreur de fait4 ,en ralit1 chaque preuve que l'artiste obtient par dpouillement sur un papier teint la gomme bichromate est une preuve unique4 ,il choue plusieurs fois4 ,quand il en a obtenu une bonne1 il est rare qu'il recommence4 ,s'il recommence1 il obtient autre chose que l'exemplaire dj produit4 ,c'est une rplique1 si l'on veut3 ce n'est pas un duplicata4 ,bien plus qu'une gravure l'eau-forte1 une photographie de ,m4 ,demachy est un exemplaire original4 ,enfin1 c'est galement une erreur de croire que1 devant la mme ralit1 les artistes que voici sont contraints par leurs machines produire les mmes images4 ,l'empreinte personnelle qu'ils mettent leurs uvres est telle que1 la plupart du temps1 elle dispense de lire la signature2 et1 aprs quelques visites leurs expositions1 on ne confond pas plus une photographie de ,m4 ,demachy avec une autre de ,m4 ,puyo1 ou une troisime de ,m4 ,craig-,annan avec une quatrime de ,m4 ,le ,bgue1 qu'on n'est tent d'attribuer un paysage de ,m4 ,montenard ,m4 ,harpignies1 ou une nymphe de ,m4 ,bouguereau ,burne-,jones4 ,cette empreinte personnelle est mme le grief le plus vif des professionnels de la photographie contre les amateurs4 ,ce n'est point l1 disent-ils avec mpris1 de la photographie pure3 il y a des retouches6 ,mais1 quand ce reproche serait mrit1 il ne saurait influer sur le jugement qu'au point de vue artistique on doit porter4 ,l'impression est-elle esthtique8 qu'importe comment elle est obtenue8 ,tous1 nous avons horreur de la gouache en aquarelle4 ,mais la raison est que la gouache alourdit ce qu'elle touche1 et qu'en fin de compte1 elle est moins artistique que l'aquarelle franche4 ,si1 par hasard1 on nous montre une gouache plus lgre qu'une aquarelle1 nous n'hsiterons pas l'admirer1 sans reprocher l'artiste le blanc dont il s'est servi4 ,pareillement1 d'o vient l'horreur trs justifie de certains amateurs pour les retouches en photographie8 ,de cette observation trs juste que les retouches alourdissent l'preuve1 emptent les contours1 tranchent violemment sur tout le reste des tons francs1 et ainsi rompent l'homognit de la facture photographique4 ,mais s'il arrive que les retouches n'emptent point1 ne tranchent point1 et s'harmonisent si parfaitement avec le reste qu'il soit impossible de dire o1 au juste1 la retouche a port1 la raison de l'horreur qu'on en avait disparat1 et la retouche est lgitime4 ,en fait1 dans les uvres nouvelles1 il n'y a pas de retouches1 si l'on entend par ce mot la peinture sur le verre du clich1 ou le coup de crayon sur la glatine2 procds trs usits par les professionnels de la photographie1 et auxquels nous devons ces blancs mats et pesants1 ces peaux parchemines que la foule admire tant de vitrines de nos boulevards4 ,ce qu'il y a1 dans les uvres nouvelles1 c'est le travail de l'preuve4 ,or1 ce travail ne produit aucun des heurts de la retouche2 il est aussi harmonieux et homogne1 dans sa facture1 que le travail du lavis1 de l'encre de ,chine1 de la spia2 et1 comme on ne saurait reprocher ces uvres-l des retouches1 attendu que tout y est retouches en effet1 on ne peut les reprocher1 non plus1 aux nouveaux essais de photographie4 ,mais s'ils ressemblent tant d'autres procds d'art1 dira-t-on encore1 quoi bon un procd nouveau8 ,on devrait1 en effet1 parler de la sorte si la photographie n'avait pas certaines qualits qui lui sont propres4 ,mais elle en a4 ,d'abord1 lorsqu'elle est dirige par un got prudent et une fine entente des altitudes1 elle dessine admirablement4 ,la fidlit de l'objectif1 qui tait un dfaut avec des modles vus de trop prs1 ou trop galement clairs1 ou noys dans les accessoires1 devient une qualit1 quand le champ de la vision est bien dlimit1 l'effet large1 les lignes longues1 souples1 simples1 peine profiles sur le fond et bien suivies4 ,il y a une photographie de ,m4 ,puyo1 reprsentant une ,pnlope penche sur sa tapisserie1 o la courbe des cheveux1 de la nuque1 des paules et de la ligne dorsale est telle qu',ingres n'et pu l'inflchir d'un crayon plus sobre et plus sr4 ,certaines acadmies photographies en plein air1 sous le soleil de ,sicile1 ct de bas-reliefs o sont sculpts des hros et des dieux1 se profilent selon un rythme si pur qu'on hsite entre le galbe du hros sculpt et celui du berger vivant venu1 deux mille ans aprs1 s'asseoir sur le sarcophage vide o l'art les runit4 ,ensuite1 la photographie est capable d'un model infiniment nuanc1 souple et caressant4 ,l'estompe1 seule1 parmi les procds de noir et de blanc1 peut approximativement l'indiquer4 ,il ne s'agit point ici de nier la supriorit d'une nerveuse eau-forte ou d'une fine gravure2 mais n'y a-t-il pas certaines transitions insensibles de lumire ombre1 voluant sur les plans inclins des figures1 sur des polydres de chair1 certaines ombres dolce e sfumose1 comme dirait ,lonard1 exhales sur le papier1 selon le mot de ,ruskin1 o la photographie est sans rivale8 ,pour rendre en blanc et noir ce qui1 dans la nature1 se rapproche des figures du ,vinci1 combien il est difficile un autre procd de rivaliser avec la photographie6 ,l o le burin et le crayon procdent par petits traits diffrents1 et par consquent dsunis et heurts1 elle agit par teintes lies1 continues1 uniformes de texture1 mais gradues l'infini2 elle unit les mplats de la chair par sa facture1 en mme temps qu'elle les distingue par ses tonalits1--comme la nature le fait elle-mme4 ,prcisment parce qu'elle ne peut donner un accent1 c'est--dire un arrt brusque1 elle est suprieure au crayon quand il faut passer1 sans heurt1 du grave au doux et de la nuit au jour4 ,le trait a de grandes qualits idographiques4 ,on donne l'ide d'un corps par sa silhouette et sa dlimitation dans l'espace3 on ne le montre pas dans son essence4 ,ds que le dessinateur veut remplir l'espace dlimit1 la silhouette1 il sent l'imperfection de son outil4 ,c'est une boutade d',ingres1 que de dire que la fume mme doit s'exprimer par le trait4 ,en ralit1 la fume ne peut s'exprimer que par le ton4 ,et toute ombre est plus ou moins fume4 ,ce n'est donc pas avec le trait seul qu'on peut ombrer une figure2 et1 tant pour la dlicate gradation du ton que pour l'impeccabilit du contour1 il faut bien reconnatre la supriorit de la photographie4 ,enfin1 la photographie1 mieux que le plus agile crayon au monde1 surprend certains effets prcieux1 mais insaisissables1 soit par leur multitude1 soit par leur brivet3 un nuage qui passe dans le ciel1 un troupeau qui passe sur la terre1 une arme ondulante au gr des reliefs et des creux des vallons1 le fouillis mouvant d'une bataille de fleurs1 la complexe furie d'une meute coiffant un sanglier1 le dferlement des vagues sur un rcif ou encore le cumulus des vagues qui roulent lourdement vers le rivage1 le stratus des courants qui se forment dans la mer et le fin cirrus des traces que chaque flot1 sculpteur habile et patient1 laisse au sable des grves qu'il a habites4444 ,et le multiple flchissement des ailes des colombes qui viennent1 d'un tournoiement souple1 se poser terre1 comme ces mes que ,dante vit attires par son cri misricordieux1 et le fugitif plissement des fossettes d'une femme rieuse1 et le rapide serrement des muscles d'un homme surpris1 et les remous d'une foule1--tout ce que le vent1 l'orage1 la gravitation1 le feu1 l'espoir1 la colre1 le plaisir1 font flchir1 agiter1 tomber1 flamber1 secouer1 contracter ou sourire6444 ,combien souvent le dessinateur a regrett de ne pouvoir saisir l'envole subtile d'un geste1 l'agencement indit d'un groupe1 le miroitement rare d'un coup de lumire6 ,il y a donc des raisons pour qu'un artiste1 devant certains effets1 prenne parfois l'objectif1 au lieu de prendre le crayon ou le pinceau lavis4 ,moins souple sous certains rapports1 c'est un instrument plus dlicat sous d'autres et toujours plus rapide4 ,on ne saurait pas plus le taxer d'inutile que d'impropre rendre une pense4 ,il ne peut remplacer les autres procds1 mais les autres ne le remplacent pas4 ,,chapitre ,,iv ,une prtention excessive de la photographie4 ,o tend ce mouvement d'art en photographie et quelle crainte ou quel espoir pour l'idalisme doit-il nous donner8 ,pour le bien dmler1 et quelle volution singulire il marque dans l'esprit de ses auteurs1 il faut se rappeler ce qui l'a immdiatement prcd4 ,il y a quelques annes1 nous avons vu de savants photographes1 arms d'une grande quantit de documents1 venir vers nos artistes et leur enseigner leur mtier4 ,ils avaient invent1 pour surprendre la nature1 des instruments trs astucieux et trs prompts3 des disques percs de fentres qui tournaient trs vite et vous prenaient des centaines de vues successives d'un homme avant qu'il et dit3 ouf6 puis des botes o ils enfermaient des gupes dont ils avaient dor le bout des ailes pour enregistrer la trajectoire qu'elles dcrivaient en volant2 des revolvers et des fusils objectif qu'ils braquaient sur les oiseaux1--ils l'eussent fait sur des anges6--non pour les tuer1 mais pour savoir quels mouvements disgracieux ils faisaient dans les airs et pour ter ainsi leurs images plus que la vie3 la beaut6 ,en guise de gibecire1 ces tranges chasseurs portaient1 en bandoulire1 une bote escamoter1 contenant des plaques de rechange4--,dj1 un mdecin de ,boulogne avait imagin de photographier les manifestations des divers sentiments humains qu'il obtenait artificiellement par des applications lectriques sur la face insensible d'un malheureux malade d'hpital1 et il avait ainsi dmontr que le ,laocoon du ,vatican ne remuait point du tout les muscles qu'il fallait pour exprimer la douleur4--,nos chronophotographes1 eux1 dmontrrent de mme que1 chez les grands matres1 les chevaux n'avaient jamais galop congrment1 ni les hommes couru avec vrit1 ni les femmes dans avec sincrit1 et certainement pas une colombe venant vers l'arche1 ni un ,saint-,esprit planant sur ,dieu le pre1 ni un archange1 ni un sraphin1 ni un chrubin voletant dans nos vieilles peintures ne pouvait rsister leurs redoutables investigations4 ,l'art avait ignor le mouvement3 la science allait le lui expliquer4 ,quelques artistes coutrent ces suggestions1 et aussitt tout s'arrta4 ,on ne vit plus que des chevaux dans des attitudes d'immobilit absolue et un peu ridicule1 des hommes plants sur un pied1 des oiseaux en plomb1 encapuchonns dans leurs plumes4 ,rien de plus faux ne parut sur les toiles ou sur les socles que cette scientifique et photographique vrit4 ,on s'tonna1 on s'indigna1 on discuta longuement4 ,enfin1 on s'avisa d'une ide assez simple3 c'est que la science est une chose et que l'art en est une autre2 et que1 s'il y a une vrit pour l'esprit1 il y en a une autre pour les yeux qui n'est point la mme et qui1 en art1 importe seule4 ,fromentin et bien d'autres l'avaient dit1 mais il parat qu'il est des vidences qu'il faut qu'on dcouvre et des portes ouvertes qu'il faut qu'on enfonce4 ,en effet1 dans le cas prsent1 la vrit de la science est une vrit de dtail2 la vrit de l'art est une vrit d'ensemble4 ,quand le chronophotographe nous apporte une preuve o il a not l'une des mille phases dont se compose un mouvement1 nous lui rpondons3 ,ceci est une partie du mouvement1--ce n'est pas le mouvement4 ,il est trs vrai que1 dans un mouvement1 il y a l'attitude que vous avez dcouverte1 mais il est non moins vrai qu'il y en a des centaines d'autres et que c'est la rsultante de toutes ces attitudes1--chacune immobile durant un instant de raison1--qui forme ce qu'on appelle le mouvement4 ,mes yeux ne peroivent qu'un ensemble2 votre appareil ne peroit qu'une partie4 ,qui dcidera qu'il peroit la vrit1 et que ce sont mes yeux qui sont dans l'erreur8 ,qui dcidera que la vrit d'ensemble ne signifie rien et que rien ne vaut hors la vrit du dtail8 ,dire qu'on voit mal parce que1 dans un mouvement1 on voit un ensemble d'attitudes1 cela revient dire qu'on entend mal parce que1 dans un orchestre ou dans un chur1 on n'entend qu'un ensemble de sons8 ,mais le plan du musicien a t que vous entendissiez l'ensemble des sonorits4 ,pourquoi le plan de la nature ne serait-il pas que vous voyiez l'ensemble du mouvement8 ,que penseriez-vous d'un savant venant1 au moment o nous coutons un chur1 l',opra1 nous dire3 ,voici un instrument trs prcieux qui va vous permettre d'entendre1 non plus l'ensemble de cette musique1 mais chaque voix et chaque instrument l'un aprs l'autre4 ,entendez cette voix1 elle fait3 ah6 ah6 ah6 et celle-ci3 oh6 oh6 oh6 et cette autre1 un son fil4444 ,maintenant vous connaissez ce chur4 ,vous n'en aviez1 auparavant1 qu'une ide confuse et errone4 ,c'est la grossiret de votre oue qui fait que ces sons se confondaient en un tout que les ignorants appellent harmonie4 ,dissociez chaque partie et vous aurez le vrai sens de cet opra4444 ,ainsi du mouvement4 ,l'il de l'objectif instantan est comme une oreille qui n'entendrait qu'une partie la fois dans un orchestre4 ,il voit trs bien une des attitudes successives dont se compose un geste1 mais il ignore le geste et accomplit ce prodige de saisir1 dans le mouvement1 l'immobilit6 ,une preuve topique nous est donne par la photographie instantane d'une roue de voiture4 ,l'il humain1 en voyant une roue1 s'aperoit fort bien si elle tourne ou non4 ,l'instantan1 lui1 n'en sait rien4 ,que la roue tourne avec la vitesse d'un phaton tran par un cheval au grand trot1 ou bien qu'elle soit immobile dans la remise1 l'appareil instantan nous en donne exactement la mme image4 ,comme il va aussi vite1 plus vite mme que la roue1 elle lui semble toujours immobile4 ,ce tremblement1 cette confusion des lignes des rais qui avertissent nos yeux n'existe point pour lui4 ,il n'en compte que mieux les rais de la roue1 mais il oublie qu'elle tourne4 ,il peroit bien une vrit1 mais il y a une autre vrit qu'il ne peroit pas2--et c'est justement celle dont l',art a besoin4 ,si nous allons en chemin de fer paralllement un autre train qui marche beaucoup moins vite que nous1 cet autre train nous semble immobile4 ,pour qui est dou d'un mouvement plus rapide1 tout ce qui est dou d'un mouvement moins rapide semble immobile4 ,nous appelons immobiles dans le monde et dans la vie1 les choses dont le mouvement ou dont le changement sont si lents que nous ne les percevons pas dans le cours de notre vie4 ,cela ne veut pas dire qu'elles ne soient pas doues de mouvement2 cela veut dire que ce mouvement nous chappe4 ,or1 si l'il de l'objectif ne reste ouvert qu'un cinq-millime de seconde1 il est clair qu'un mouvement de cheval qui dure un quart de seconde lui chappe tout fait4 ,donc1 en allant plus vite que le cheval1 l'objectif transforme le mouvement en immobilit4 ,ce n'est pas la seule circonstance ou l'objectif voit autrement que notre il4 ,il est tantt plus et tantt moins perspicace1 il dtaille parfois mieux et confond parfois bien davantage4 ,il dcouvre1 avant le mdecin1 des taches d'ruption sur un visage qui parat sain1 mais il commet les plus lourdes bvues sur la qualit des toffes4 ,comme le dit trs bien ,m4 ,puyo3 ,son analyse implacable reste superficielle et s'en tient aux apparences2 bien plus1 ces apparences mmes1 l'objectif tend naturellement les magnifier1 et bonnement1 il se laisse blouir par l'clat faux des strass1 par les reflets trompeurs des satinettes et des velours de coton4444 ,c'est ainsi que1 par une runion patiente de laisss pour compte et de coupons avaris1 le photographe peut rassembler sans grands frais des dcors et des costumes qui prennent sur ses preuves un aspect vritablement somptueux4 ,admirable pour dterminer les inflexions de l'aile d'un macroglosse ou de la nageoire d'un hippocampe1 la plaque photographique ne peut nous renseigner1 aussi bien que l'il1 sur la tonalit de l'air o vole cet insecte1 ni de la mer o vit ce poisson4 ,et c'est prcisment parce qu'elle est1 selon le mot de ,janssen1 la rtine du savant qu'elle n'est pas celle de l'artiste4 ,,chapitre ,v ,une raction idaliste4 ,aujourd'hui les photographes l'ont compris4 ,m4 ,puyo avoue1 propos de la mise au point1 que l'il a une facult d'accommodation trs suprieure celle de l'objectif4 ,ces novateurs abandonnent les prtentions des chronophotographes4 ,ils ne veulent plus que la machine enseigne l'il4 ,ils contrlent les rsultats de la machine avec l'il et repoussent ceux que l'il n'approuve pas4 ,ils ne prtendent plus rformer les lois de l'esththique3 ils ambitionnent de s'y soumettre4 ,m4 ,alfred ,maskell1 qui est le chef de la jeune cole en ,angleterre1 le dit expressment3 ,notre mouvement peut tre considr comme une tendance traiter les sujets en concordance avec la pratique des autres arts graphiques4--,il ne faut pas1 dclare ,m4 ,robert ,demachy1 avoir une esthtique particulire pour la photographie et une autre pour la gravure et le dessin4--,,mm4 ,bergon et ,le ,bgue ajoutent3 ,il nous parat que l'tude de l'esthtique est la prparation indispensable tout travail4 ,le photographe va composer comme s'il devait dessiner ou peindre au lieu de photographier4 ,en ce qui concerne les attitudes fournies par la chronophotographie1 ,m4 ,puyo ne parle de retenir que celles qui sont doues de qualits esthtiques4 ,cela nous montre assez quelle volution s'est faite chez les photographes et dans quel sens le mouvement nouveau est dirig4 ,c'est dans un sens idaliste4 ,on ne peut en douter quand on lit les crits des novateurs4 ,on le peut encore moins quand on regarde leurs uvres4 ,avoir introduit le sentiment et la pense dans une opration autrefois automatique2 avoir transform en un art ce qui tait une industrie2 avoir dcid que l'esprit devait diriger la matire1 au lieu de se laisser enseigner par elle2 avoir invent la photographie dirigeable1 c'est dj une entreprise idaliste4 ,mais les novateurs sont alls plus loin dans ce sens4 ,ils ont vu que leurs uvres valaient surtout par ce qu'ils y avaient mis d'eux4 ,ils ont compris le mot de ,ruskin3 ,si ce n'est pas un plan humain que vous cherchez1 il y a plus de beaut dans l'herbe le long de la route que dans tout le papier noirci par le soleil que vous rassemblerez durant toute la dure de votre vie4 ,ils ont hardiment soumis leur vision un plan trs caractris4 ,dans leur effort pour se dgager de l'imitation servile1 ils ont retrouv l'audace des partis pris d'ombre et de lumire1 la volont des effets d'ensemble1 qui manquent nos impressionnistes4 ,beaucoup de leurs paysages sont traits par grandes masses1 le premier plan largement ombr1 la lumire repousse au second1 et toutes les petites lueurs refltes1 dlibrment noyes dans l'ensemble1 afin d'obtenir un effet franc et gnral4 ,il existe un ,potier1 de ,m4 ,declercq1 que1 par son violent parti pris d'ombre diffuse et de saisissante clart ramasse en un seul point1 on dirait une eau-forte de ,rembrandt4 ,le magnifique portrait de ,ruskin par ,m4 ,frdrick ,hollyer1 o seul l'extrme profil de l'esthticien est tir de l'ombre par la lueur de la fentre1 accuse1 chez le photographe1 un plan prconu d'clairage caractristique4 ,le papillotement impressionniste est proscrit1 ,m4 ,puyo l'avoue3 ,la direction des faisceaux de lumire qui clairent une figure peut tre quelconque1 mais leur intensit relative doit obir une loi3 il faut que l'un des faisceaux employs soit nettement dominant en intensit et que tous les autres lui soient nettement subordonns4 ,avec la dispersion de l'effet1 l'cole naturaliste enseignait l'inutilit ou l'indiffrence du sujet4 ,l1 encore1 les nouveaux photographes sont amens1 par les conditions mmes de leur art1 une raction dans le sens classique4 ,ne pouvant compter autant que les peintres sur leur imagination1 ils en viennent chercher la beaut dans la nature elle-mme4 ,ne pouvant esprer l'atteindre uniquement par l'interprtation1 ils la veulent d'abord dans l'objet interprt4 ,c'est non plus seulement leurs rves1 mais la ralit1 qu'ils demandent d'tre une chose belle4 ,le sujet redevient alors tout de suite digne de considration4 ,il ne s'agit pas ici du sujet tant mpris par les novateurs d'il y a vingt ans1 et mpris avec raison1 si l'on entend par l l'histoire bouffonne ou sentimentale1 le site numrot par les guides1 o d'ingnieux industriels tiennent la disposition des touristes une chaise1 une lorgnette et du soda4 ,il s'agit de ce que ,m4 ,jules ,breton appelle trs justement le sujet esthtique1 une puissante ordonnance de nuages sur la mer1 comme dans une photographie de ,m4 ,origet1 une symphonie de branches emmles pour rsister au vent et tendues vers le ciel pour prendre dans l'air leur nourriture1 comme on en a vu dans les photographies de ,m4 ,dardonville1 tang du parc de ,rambouillet1 et de ,mme ,dansaert1 ,at ,home2 un groupement gracieux de jeunes filles et de jeunes fleurs1 tel que le tableau de ,mme ,farnsworth expos jadis sous ce titre3 ,quand le printemps arrive souriant dans le vallon et sur la colline4 ,ce sujet1 ils le veulent nettement dtermin1 congruent en toutes ses parties et1 pour ainsi dire1 organique4 ,comme ils pourront bien retrancher l'inutile dans ce que leur fournit la nature1 mais non pas y ajouter le ncessaire1 il faut que cette nature soit plutt trop riche en intrt que trop pauvre4 ,d'ailleurs1 si ce sujet riche est touffu1 ils marquent leur intervention d'artistes en le simplifiant4 ,m4 ,puyo parle de l'unit du motif1 et se courrouce contre les dtails qui sollicitent le regard en dehors du centre d'intrt4 ,il traite de l'quilibre des lignes1 des rappels ncessaires4 ,on croirait entendre un pur classique de l'cole de ,winckelmann4 ,l'tude prolonge1 non des livres1 mais de la nature1 ramne ces photographes aux lois gnrales qui rgirent jadis l'cole1 et non point parce que ce sont des rgles1 mais simplement parce que ce sont des ncessits4 ,ces lois de la composition1 disent-ils1 n'ont rien d'arbitraire2 quand nous songeons aux conditions que doit remplir toute uvre d'art et que nous apparaissent aussitt les ides d'unit1 d'ordonnance1 de subordination1 n'est-ce pas le rationalisme grec et notre conception unitaire du monde qui nous imposent ces lois gnrales8 ,pareillement1 l'ide d'quilibre1 qui la fait natre1 sinon le sentiment intime que tout obit la loi de la gravitation8 ,d'o l'emploi gnral1 dans la composition1 de la forme triangulaire1 le triangle tant de toutes les figures celle dont le centre de gravit est le plus bas4 ,enfin1 les rgles qui prsident l'harmonie des tons et leurs liaisons et imposent l'usage des rappels dcoulent de l'ide de relation et de l'impuissance des organes juger autrement que par comparaisons successives4 ,ainsi1 tout doucement1 tout silencieusement1 ces hommes arms d'une machine conspirent pour l'idal classique des anciens jours4 ,ils n'ont point fait de hardis manifestes1 ni proclam la dchance d'aucun art4 ,leur affiche reprsentait seulement une femme laissant tomber de ples fleurs de tournesol4 ,nous ne rclamons nullement le titre d'artistes1 disaient-ils en #ahif2 le public1 habitu aux choses d'art1 saura bien nous le dcerner de lui-mme1 s'il trouve que nous sommes arrivs le mriter4 ,dans leurs longues et laborieuses contemplations en face de la nature1 ils n'ont pas rv les grandes jouissances de la gloire4 ,ils n'ont pas cherch l'argent4 ,ils n'ont cherch que le plaisir2 et le plaisir1 rappelons-nous-le bien1 a donn plus de belles uvres l'art que l'ambition1--le plaisir modeste1 intime et muet1 que cherchaient les ,millet et les ,rousseau dans les sentiers de ,barbizon4 ,ils aiment la nature3 ils coutent ce qu'elle dit1 et elle leur dit parfois ce qu'elle ne dit pas d'autres4 ,aprs la grande moisson faite par les paysagistes du sicle1 ils viennent1 se courbant et ramassant des glanes4 ,mais1 des glanes des champs1 on peut encore se nourrir1 et mieux que des fleurs artificielles1 quattrocentistes ou cinquocentistes cueillies dans les muses4444 ,ces artistes n'ont rien de mystrieux3 ils dvoilent et jettent la foule tous leurs secrets et toutes leurs recettes4 ,les prend qui veut6 ,mais peu les prennent1 et moins encore en profitent4 ,car ce n'est pas leurs papiers et leurs ingrdients chimiques1 et leurs crans et leurs lampes au magnsium qui font leur supriorit1 c'est leur ducation esthtique et c'est leur got4 ,pas plus en art qu'en armes1 il n'est de botte secrte4 ,ce sont les procds les plus simples et les plus connus qui mnent le mieux au but qu'on veut atteindre2 le secret n'est point dans une combinaison de recettes soigneusement tues et dont on peut donner ou ne pas donner la formule3 il est dans la tte1 il est dans l'il1 il est dans la main1 il est dans le cur4 ,et s'il fallait une preuve de plus que ce ne sont nullement des procds nouveaux1 mais bien de nouvelles intentions qui crent ces belles uvres photographiques1 on la trouverait dans ce fait que1 parmi tant de milliers de photographes qui arpentent la surface de la terre1 il n'en est gure plus de dix ou douze en ,france et d'une trentaine l'tranger qui aient1 jusqu'ici1 produit des preuves comparables des uvres d'art4 ,et combien chacun en produit-il8 ,a peine1 par an1 une ou deux qui vaillent la peine d'tre cites4 ,voil qui doit rassurer les artistes2 et ceux-ci feraient sagement en ouvrant les portes de leurs expositions de blanc et de noir aux chercheurs modestes et enthousiastes qui s'acheminent1 par des voies diffrentes1 au mme idal4 ,quand on se promne dans la longue galerie des ,candlabres du muse des ,antiques1 au ,vatican1 si on lve les yeux au-dessus des ttes d',herms et des ,furies1 des ,silnes et du ,mercure psychopompe1 et de la ,diane d'phse aux seize mamelles1 et du ,satyre enlevant une pine du pied d'un ,faune1 et si l'on regarde les plafonds peints durant le prcdant pontificat1 on aperoit une allgorie singulire4 ,les sciences et les arts1 reprsents par des figures ornes d'attributs1 font hommage de leurs progrs la ,religion4 ,et parmi ces figures1 en bonne place1 est la ,photographie tenant son horrible machine1 appele objectif4 ,on reste un peu surpris1 non seulement qu'un ,torti ait succd pour dcorer les plafonds du ,vatican un ,raphal et un ,michel-,ange1 mais que la desse allgorique du collodion ou du glatino-bromure se carre la mme place o l'on a vu1 dans la ,sixtine1 les ,sibylles et les ,prophtes4 ,puis on se souvient des vers de ,lon ,,xiii1 adresss la princesse ,isabelle de ,bavire1 sur l',ars photographica3 ,imaginem ,natur ,appelles mulus ,non pulchriorem pingeret2 et l'on se demande si ce qui parat une hyperbole aujourd'hui ne sera pas une vrit demain4 ,ce que nous avons vu1 dans les expositions1 n'est peut-tre pas encore suffisant pour le prdire1 mais c'est plus qu'il ne faut pour l'esprer4 ,,cinqui,,me ,,partie ,,les ,,prisons ,,de ,l',,art ,,les ,,prisons ,,de ,l',,art ,ce sont les muses4 ,jamais on n'en vit tant btir1 pour tant d'objets1 ni de tant de sortes4 ,on en fait d'immenses pour y dresser des moulages de cathdrales et on en fait de tout petits pour y aligner des poupes4 ,on en fait pour y mettre des tableaux contemporains1 comme la ,tate ,gallery1 et on en fait pour y mettre des bronzes d'il y a deux mille ans1 comme le muse ,cernuschi4 ,on en fait pour y mettre des ustensiles1 comme le ,muse des ,arts dcoratifs1 et on en fait pour y mettre des dieux1 comme le ,muse ,guimet4 ,on en fait pour y mettre des panetires provenales1 comme le ,museon ,arlaten1 et on en fait pour y loger des porcelaines de la famille verte1 comme le ,muse d',ennery4 ,on y trouve des vertugadins1 comme dans le ,muse des ,passions humaines1 ,florence1 et on y trouve de vnrables affiches ou des tlgraphes suranns1 comme dans le ,muse du vieux ,montmartre1 ,paris4 ,on fait encore des ,muses pour y mettre de vieux habits hroques et des canons dmods1 comme le ,muse de l',arme1 et on en fait pour y mettre des tableaux statistiques comme le ,muse social4 ,on en fait mme pour ne rien ou presque rien y mettre1 comme le ,muse ,galliera4--,mais1 d'ordinaire1 ce sont les uvres d'art qu'on y renferme1 les plus belles et les plus dignes d'tre vues qu'on peut trouver4 ,tout le monde s'y prte4 ,jamais les collectionneurs n'ont plus volontiers regard leurs propres galeries comme de futurs muses4 ,jamais on n'a lgu l'tat ou aux villes tant de maisons qui1 du vivant mme de leurs htes1 avaient pris la forme d'un temple du ,beau4 ,on btit un muse aujourd'hui dans le mme esprit qu'autrefois un hpital1 une glise ou un monastre4 ,lorsque1 au soir de la vie1 les vainqueurs de l'pre lutte industrielle et sociale se demandent par quoi ils embelliront leur victoire et en rpandront quelques effets sur la foule1 ce qui se dresse devant eux1 c'est la vision d'un muse4 ,ici1 au parc ,monceau1 il a suffi d'ter le lit du mort1 pour que sa demeure ft un muse4 ,l1 lorsqu'il y a quelques annes1 le vieux prince sans enfants1 sans trne et sans pe1 debout sur la terrasse de sa demeure1 cherchait ce qui pouvait le mieux perptuer sa mmoire1 il trouvait que c'tait de changer son chteau en muse4 ,et voici que partout les chteaux sont devenus des muses4 ,le ,louvre est un muse4 ,versailles est un muse4 ,fontainebleau est un muse4 ,chantilly est un muse4 ,cette ide hante aussi les mes collectives4 ,les municipalits qui ont trop d'argent1--et mme celles qui n'en ont point assez1--rvent de muses gigantesques accaparant tous les trsors d'art d'une province1--comme le ,palais des ,papes ,avignon1--et vers o se dirigeraient1 en plerinage1 les foules du sicle nouveau4 ,les villes montrent aux trangers leurs muses avec autant d'orgueil que leurs hpitaux ou leurs hospices4 ,et1 de mme qu'en btissant des hospices1 elles croient avoir rsolu le problme de la justice sociale1 de mme1 en btissant des muses1 elles croient avoir sauv la beaut dans le monde4 ,voil une tendance bien caractristique de l'esprit contemporain4 ,en voici une seconde3 ,pendant qu'on btit des muses1 on dtruit des uvres d'art4 ,on jette bas des monuments1 parfois des quartiers entiers dans les cits qui furent contemporaines des sicles de beaut4 ,on dnoue leur ceinture1 comme ,avignon4 ,on ventre leurs remparts1 comme ,antibes4 ,on menace leurs ponts1 comme ,lucerne4 ,on disperse les nymphes de leurs fontaines1 comme ,nuremberg4 ,on complote de combler leurs canaux1 et1 en attendant1 on enfume leurs ponts1 comme ,venise4 ,on brise leurs mosques1 comme en gypte4 ,on renverse leurs palais et l'on dfonce leurs jardins1 comme ,rome4 ,on mutile leurs couvents1 comme ,toulouse4 ,on empite jusque sur leurs tombeaux1 comme ,arles4 ,florence mme1 ,florence qui consolait de tant d'attentats gomtriques les artistes des deux hmisphres1 ,florence voit tout un plan de ,riordinamento et de ,sventramento s'taler sur les tables de ses conseils6444 ,l1 une voie1 droite comme une pe1 traverse le cur mme de la ville1 trouant les palais de guingois1 coupant les vieilles artres vitales du moyen ge1 secouant ou brchant1 sur son passage1 les loggie1 les crneaux de la place ,san ,biagio1 de la maison des ,giandonati1 du palais di ,parte ,guelfa1 fauchant les tours#bc4444 ,a ces nouvelles1 la dmocratie bat des mains4 ,cela sonne ses oreilles comme une victoire4 ,c'est une victoire1 en effet1 sur le respect1 sur le pass1 sur tout ce qu'elle ne peut empcher d'avoir t avant elle1 mais ce qu'elle peut du moins empcher de lui survivre2 victoire sur les hommes qu'elle n'a pas lus et les choses qu'elle n'a pas votes4 ,pendant la nuit1 fameuse en ,avignon1 o tomba la porte l',imbert1 la lueur des torches1 en toute hte1 quelques heures seulement aprs l'arrt du maire dcrtant sa ruine1 une foule enthousiaste acclama les ouvriers de cette destruction et le chef lu qui venait y prsider4 ,ce ne sont l que quelques exemples1 et pris dans quelques pays4 ,mais le courant de ,sventramento est universel4 ,a chaque heure qui sonne1 on peut dire qu'il s'accomplit ou qu'il se trame1 sur quelque point du globe1 quelque chose contre sa beaut4 ,et si l'on a pu calculer1 de certains grands capitalistes1 que1 chaque matin1 ils se rveillent plus riches en capital1 sans avoir rien fait que de durer une nuit de plus1 on peut dire1 au rebours1 que par le mouvement naturel du progrs1 chaque soir1 le soleil se couche sur des cits moins belles que les cits qu'il a le matin mme claires4 ,deux courants traversent donc le monde3 l'un pour la beaut dans les muses1 l'autre pour la laideur dans la vie4 ,au fond1 c'est le mme et il n'y a entre les deux aucune contradiction4 ,ils coexistent dans les mmes mes4 ,ils vont au mme but1 comme ils sont ns de la mme ide sur le rle de l'art4 ,et cette ide1 toute-puissante en ce moment1 est telle qu'il faut la dnoncer hautement1 s'il en est temps encore1 comme la plus fausse qui soit dans son principe et la plus funeste dans ses applications4 ,,chapitre ,i ,l'art proscrit de la vie et intern dans les muses4 ,ces deux tendances sont surs4 ,un jour1 au mois de septembre #ahie1 on vit1 dans la mme ville d',avignon1 le mme conseil municipal1 prsid par le mme maire1 prendre1 presque dans la mme sance1 deux rsolutions en apparence contradictoires3 il rsolut1 d'abord1 de dmolir les pittoresques remparts de la ville1 du ct sud1 et ensuite de chercher six millions pour transformer le ,palais des ,papes en un muse de la chrtient4 ,l'un de ces projets tait mesquin et facile1 l'autre grandiose et ardu4 ,un seul fut excut3 ce ne fut pas le grandiose1 mais le grandiose fut sincrement dsir4 ,il l'est encore4 ,car les mmes hommes qui trouvent ncessaire d'abattre ces belles pierres jaunes1 poses par les ,papes et clbres par ,stendhal1 n'estiment pas superflu de fonder un muse nouveau4 ,les mmes conomistes qui reprochent l'art d'touffer la ville en lui gardant sa couronne de mchicoulis1 sont prts l'endetter de six millions pour lui faire une collection de vieilles chasubles4 ,et1 dans ces deux rsolutions1 en apparence contradictoires1 ils sont anims par une mme ide d'ordre1--qui est de ne pas laisser l'art encombrer la rue1 mais de le mettre sa place1 o iront le chercher les gens qui croient en avoir absolument besoin3 au muse4 ,le mme souci tient tous les destructeurs de beaut1 quelque part qu'ils travaillent4 ,a ,arles1 on a dtruit les maisons qui plongeaient dans le fleuve1 afin de tracer des quais rectilignes4 ,on y a encore dtruit1 par les bruits de la terre et par les fumes du ciel1 le charme des tombeaux vides des antiques ,alyscamps4 ,mais1 en revanche1 on y fonde un ,museon ,arlaten pour y renfermer les choses pittoresques de la vie populaire4 ,a ,florence1 en #ahhh1 la commission de ,riordinamento del centro della citt1 aprs qu'elle eut visit les maisons de la rue des ,apothicaires et dcid leur disparition1 dcrta toutefois qu'on enrichirait de leurs photographies les archives communales4 ,aujourd'hui1 lorsqu'un parti florentin demande qu'on rase le vieux et bizarre palais dell',arte della ,lana1 qu'un arc-boutant joint mystrieusement ,or ,san ,michele1 que dit-il pour nous consoler8 ,il dit qu'on en fera une reproduction dans une autre partie de la ville6 ,quand on a dtruit le ,mercato ,vecchio et tout ce qui avoisinait la vieille glise de ,saint-,andr1 on a pompeusement cr1 au muse de ,saint-,marc1 une salle de souvenirs1 de fresques1 de plafonds1 de chemines1 d'cussons tirs des maisons du ,,xve sicle4 ,de mme qu' ,bruxelles1 si l'on a ras1 autrefois1 l'ancien palais des ducs de ,brabant1 on en a tent1 deux cents ans aprs1 une restitution1 de mme on a soin1 aujourd'hui1 de reproduire huis clos ce qu'on a supprim dans la rue4 ,en ,suisse1 les htels expulsent les chalets1 mais1 quand on a ruin les chalets de la montagne1 on en reconstruit tout un quartier l',exposition de ,genve4 ,a ,paris1 aprs avoir renvers1 au sicle dernier1 la ,bastille et la rue ,saint-,antoine1 on a cru devoir en restituer des effigies au ,champ de ,mars1 en #ahhh1 et1 en #aijj1 on a difi1 sur les berges de la ,seine1 une parodie du vieux ,paris jadis dmoli avec enthousiasme4 ,ainsi1 dtruisons-nous nos vieilles demeures sculaires1 quittes1 cent ans aprs1 en tenter quelque incertaine et coteuse restitution1 pour que les foules viennent goter des apritifs trs nouveaux sur des escabeaux trs rtrospectifs4 ,sans doute1 on entend1 et l1 des protestations4 ,a ,florence1 notamment1 une clameur1 grossie par la clameur des artistes du monde entier1 a retenti contre les projets en cours d'embellissement destructif4 ,une ligue s'est forme de ,florentins passionns pour la beaut de la fleur du val d',arno1 sous le titre d',associazione per la difesa di ,firenze antica#bd4 ,mais ces protestataires on rpond quelque chose d'apparence trs logique3 ou ces vieilleries sont dignes d'tre conserves1 leur dit-on1 ou elles ne le sont pas4 ,si elles ne le sont pas1 qu'importe qu'on les dtruise8 ,et si elles le sont1 quoi de mieux que de les abriter dans un muse8 ,d'ailleurs1 qu'est-ce qui est menac dans cette ,florence que vous prtendez dfendre1 et pourquoi tout ce bruit8 ,pourquoi ces dix mille signatures de princes1 d'vques1 de romanciers et de tribuns1 protestant contre notre voirie municipale et que vous tes alls chercher jusqu'aux confins de la civilisation1 depuis les autorits du ,massachusetts jusqu' celles de la ,tasmanie8444 ,est-ce qu'il est question de dtruire un seul des monuments qui font la gloire de notre ville l'tranger8 ,est-ce qu'on touche au ,palais ,vieux1 au ,palais ,pitti1 ,sainte-,marie-,nouvelle1 au ,dme8 ,regardez donc le plan que vous attaquez4444 ,il ne touche mme pas au ,ponte ,vecchio1 pourtant si troit et si incommode6 ,il respecte tout ce que les guides montrent aux touristes1 et1 quand il sera excut1 non seulement l'itinraire des ,cook's tours ne sera pas entrav par les dmolitions ncessaires1 mais1 en traant des voies plus droites et plus larges d'un monument l'autre1 nous permettrons aux trangers de tout voir en moins de temps4444 ,que prtendez-vous encore8 ,qu'il y a de jolis dtails architecturaux dans les maisons de la place ,san ,biagio4444 ,quoi donc8 ,cet cusson sur le palazzo dei ,canacci1 ces moulures8444 ,et l-bas1 au palazzo di ,parte ,guelfa1 cette colonnette de la loggetta del ,vasari8444 ,et1 dans le borgo ,san ,jacopo1 quelques mchicoulis8444 ,eh bien6 on les sauvera6 ,on tirera de la masse informe de ces vieilles btisses du ,,xive ou du ,,xve sicle1 les rares morceaux dignes d'tre vus et on les mettra dans un muse4 ,tout le monde y gagnera1 mme les esthtes1 puisqu'ils trouveront rassembls dans une mme salle et qu'ils verront1 en dix minutes1 tous ces dtails qui1 disperss sur des murs sans intrt et dans des ruelles impraticables1 leur auraient demand cinq ou six heures pour tre grand'peine dcouverts6 ,en travaillant pour les utilitaires1 nous travaillons aussi pour vous4 ,en face des gracieux spectacles mnags par la ,nature1 on a pris le mme parti4 ,dans ce ,paris1 qui n'est pas un lieu de plerinage esthtique1 mais qui serait cependant si beau sans ses embellissements1 on conserve et on dtruit avec un semblable acharnement4 ,les trangers artistes en sont stupfaits4 ,quiconque1 dit ,ouida1 revient ,paris1 aprs une absence de quelques saisons1 trouve la splendeur de sa vie plus obscurcie tous les dix ans par l'empoisonnement de l'atmosphre que cause le nombre toujours plus grand de fabriques1 de chemins de fer et d'autres travaux et par l'extension de la ville parmi les jardins1 les vergers et les bois qui lui formaient autrefois une admirable ceinture4 ,mais1 en revanche1 le moindre morceau badigeonn de couleurs est rentr1 tiquet1 conserv1 forclos4 ,on a supprim du ciel parisien cette dlicate harmonie de ruines noires et de vertes frondaisons1 dont vingt-huit annes avaient effac l'cre souvenir et soulign la triste beaut1--pour y difier1 entre deux horloges1 une gare de chemin de fer4 ,mais on a retir prcieusement quelques mdiocres vestiges des fresques d'un des plus mdiocres dcorateurs du second ,empire et l'on va leur consacrer pompeusement quelque salle de muse4 ,dans ces prisons1 la vie moderne renferme mme les oiseaux et les fleurs4 ,dans toute l',europe mridionale on dpeuple les bois de leurs petits oiseaux1 qu'on tue1 qu'on empoisonne1 qu'on crase dans les nids1 qu'on prend par millions aux roccoli4 ,bientt l'on pourra mettre au ,musum les derniers exemplaires de certains oiseaux que1 nos pres et nous1 aurons1 pour la dernire fois1 entendus chanter4 ,si l'on veut en garder la forme et la voix1 qu'on les fasse chanter devant le phonographe et qu'on appelle ensuite le taxidermiste6--car les temps sont proches o l'espce entire aura pri4 ,mais les cages de nos jardins zoologiques sont pleines4 ,les oiseaux ainsi catalogus1 il arrivera un jour o l'on mettra aussi les fleurs dans des muses ferms1 afin de les soustraire la vie dvastatrice4 ,que dis-je8 ,cela est arriv4 ,on dtruit tant de fleurs sur les ,alpes qu'on a d crer pour elles des refuges comme la ,chanousia du petit ,saint-,bernard1 laquelle on a donn le nom de jardin-muse4 ,un jardin-muse6 ce nom seul ne dfinit-il pas une poque1 une tendance et une ide8 ,et n'est-ce pas la mme ide qui anime les diles de ,florence1 et ceux de ,paris1 et ceux de ,venise1 et ceux de ,rome3 parquer le pittoresque1 l'loigner de la vie1 ter des pas de la foule cette chose encombrante1 distrayante qu'est le ,beau1 le ramasser1 l'emporter au loin1 comme ce que ramassent et ce qu'emportent1 aux heures frileuses de l'aube parisienne1 les charrettes des balayeurs et des chiffonniers6 ,dans une ville bien ordonne pour les affaires1 il ne faut pas1 semble-t-il1 que les passants s'arrtent considrer des architectures1 non plus que les flots d'un fleuve considrer les quais4 ,que les uns et les autres passent vite1 portant leurs fardeaux multiples1 courant vers leur commune fin6 ,que le mot d'ordre soit1 pour l'conomie de nos cits modernes1 celui-ci3 ,l'utile en libert1 l'art en prison4 ,,chapitre ,,ii ,ce que devient l'art en prison4 ,que devient l'art en prison8 ,rassemblons1 pour le comprendre1 les impressions qu' travers l',europe1 nous avons tous ressenties4 ,il ne s'agit point1 ici1 de ces uvres d'art qui forment toutes seules un ensemble esthtique et qui sont faites pour apporter une vision du dehors dans l'intrieur d'une maison1 loin de la vie qu'elles reprsentent1 au fond d'un salon4 ,cette uvre-l1 d'ailleurs isole de son milieu par son cadre d'or1 peut tre gote indiffremment partout4 ,il ne s'agit donc pas des tableaux de chevalet4 ,pour eux1 un muse vaut peu prs un autre milieu et l'on n'imagine rien1 non seulement de plus prilleux1 mais de moins plaisant que les expositions en plein air du ,,xviie et du ,,xviiie sicles1 soit que ,le ,brun accrocht1 dans la cour de l'htel de ,richelieu1 son ,passage du ,granique1 soit que l',acadmie de ,saint-,luc suspendt ses chefs-d'uvre1 place ,dauphine1 sur le parcours de la procession de la ,fte-,dieu4 ,certes1 la manire de prsenter les tableaux devant le public ou de se prsenter devant eux n'est pas chose indiffrente4 ,la disposition des toiles historiques dans les salles qui virent leur histoire et un bel quilibre de nuances dans des appartements sobrement meubls--comme ce qu'a commenc de raliser ,m4 de ,nolhac ,versailles1--ajoutent fort la valeur intrinsque des tableaux4 ,le recueillement1 la solitude y ajoutent aussi4 ,combien de toiles pieusement vnres dans les collections particulires souffriraient d'tre vues dans l'immense promiscuit de la ,galerie du bord de l'eau6 ,et si l'on va1 au loin1 tudier une seule uvre demi cache au public1 combien la distance franchie1 le blocus forc1 la concentration des forces admiratives toutes fraches sur un seul point1 n'ajoutent-ils pas l'impression qu'on ressent de sa beaut6 ,bien plus1 si l'uvre est reste l o elle fut cre1 dans le milieu qui l'a rendue possible et qu'elle a rendu clbre1 n'arrive-t-il pas qu'elle ramasse et rflchit tous les souvenirs pars autour d'elle1 comme une lentille fait les rayons8 ,fra ,angelico ne se dcouvre-t-il pas mieux dans la plus mdiocre des cellules de son couvent que dans l'admirable ,couronnement de la ,vierge expos1 par le malheur des circonstances1 deux pas de la rue de ,rivoli8 ,combien de portraits de ,rembrandt n'a-t-on pas vus dans les muses d',europe1 sans jamais ressentir l'impression que donnent les figures du bourgmestre ,six et de sa femme1 conserves dans la mme famille depuis deux cent quarante ans1 dans le vieux et petit salon de la ,heerengracht1 au bord de ce canal aux eaux gales comme ces mes de bourgeois et ponctues de feuilles fanes qui tombent en silence comme sont tombes jadis les heures sur ces vies1 sans rien agiter1 ni ternir6444 ,lorsqu'on descend des lacs glacs du haut ,dauphin dans la valle du ,graisivaudan et qu'au hasard de la route on entre1 faute d'autre spectacle1 dans la petite glise1 cerne de treilles et de luzernes1 du village de la ,tronche1 combien la ,vierge orientale qu'on aperoit au coin d'une chapelle avec son grave enfant songeur1 le doigt sur la bouche1 pntre davantage dans l'imagination que des centaines de madones ranges dans les galeries ,doria1 ,borghse1 ou ,pitti6 ,et que n'ajoutent pas l'humilit de ce dcor et l'imprvu de cette rencontre au chef-d'uvre d',hbert1 pieusement dpos en ex-voto1 l o le vu fut fait et l o il fut exauc1 l o il fut promis par le patriotisme et ralis par le gnie6 ,mais ce n'est pas de tableaux qu'il s'agit ici4 ,car1 quand on met un tableau dans un muse1 on n'en prive ni la rue1 ni le jardin1 ni l'glise1 ni la pice d'eau4 ,il peut gagner beaucoup certaines dispositions dans un salon1 dans un chteau ou dans une chapelle4 ,il ne perd pas tout son charme dans un muse4 ,il s'agit ici des uvres cres dans une intention dcorative et pour un ensemble dtermin4 ,il s'agit de ce qui est fait pour subir les rvolutions de l'ombre et du jour1 pour baigner dans la vie ambiante et dans la foule1 pour les colorer1 pour y imprimer son effigie1 pour donner1 en un mot1 une figure la cit4 ,il s'agit des portes1 des faades1 des bas-reliefs1 des fontaines1 des ponts1 des stles1 des autels ou des tombeaux4 ,il s'agit de ces figures tailles pour se pencher dans le vide1 comme les gargouilles1 pour humaniser l'horizon1 comme les statues1 pour borner les champs1 comme les ,termes1 pour commmorer une victoire1 comme les colonnes1 ou un prodige1 comme les chapelles1 ou pour dominer la ville et faire lever les regards des citoyens1 comme jadis les mtopes du ,parthnon ou ses ,panathnes4 ,voil les uvres qui1 conues en dehors des muses et avant les muses1 ont une fonction dans l'empreinte quotidienne que fait l'imagination la vie4 ,prenons l'exemple le plus clbre3 celui des ,panathnes1 et imaginons-les au moment de leur gloire4 ,tandis que la ville vaque ses affaires1 son lucre1 sa politique1 ses plaisirs1 cette procession qui ne se fait qu'une fois tous les trois ans1 se poursuit sur les frises du temple et tout ,athnien levant les yeux vers l',acropole y devine la prsence de son image1 qui ne quitte point le sanctuaire4 ,il se dit que l'image survivra la ralit1 la statue l'homme1 et peut-tre le chef-d'uvre au culte1 l'adorateur la ,divinit4 ,sa figure de marbre1 taille l-haut dans le pentlique1 ne changera point4 ,ces genoux qui pointent en avant1 treignant le cheval cabr1 ne flchiront point1 ces joues demeureront pleines1 ces torses garderont leur souplesse1 ces cheveux ne tomberont jamais1 et1 ainsi1 les gnrations successives ignoreront si les hommes reprsents l-haut souffrirent jamais de la dcrpitude4 ,sans doute1 cette vie qu'on prte au marbre n'est qu'illusoire1 mais la vie plus intense qu'on prouve leur vue est relle4 ,sans doute1 ce n'est l qu'une ombre d'humanit1 mais l'humanit passe et cette ombre fixe sur ce mur rivalise de dure avec les montagnes qui environnent l'horizon et avec ces toiles vers lesquelles1 chaque angle1 les figures de pierre semblent s'acheminer1 le soir4444 ,retirez ces figures de la vie et de la vue de la foule1 et mettez-les dans un muse1 que deviennent-elles8 ,pour le savoir1 allons observer ce que deviennent les ,elgin marbles1 dans leur somptueuse demeure de ,londres4 ,morne comme une prison1 plant de colonnes comme un temple1 couronn de brouillards et peine dgag des maisons qui l'avoisinent1 voici le massif noir du ,british ,museum4 ,c'est l que sont dtenus les demi-dieux4 ,un gazon humide et quelques pigeons qui s'envolent mettent seuls du vert et du blanc dans ce paysage sinistre1 frott de suie4 ,lorsque les anciens btissaient un temple pour y loger les idoles drobes l'ennemi1 c'tait du moins dans quelque site riant o elles pussent s'acclimater1 se plaire et devenir enclines protger leurs geliers4 ,ici1 rien de tel4 ,on imagine aussitt ce qu'est l-bas la radieuse ,acropole rose et dore tage dans l'air bleu1 avec ses horizons de montagnes immortelles par leur miel et leur marbre1 et de golfes qui ont des noms de victoires4 ,on se figure des plaines de pins verts et d'oliviers blanchissant sous les brises1 avec de petits chemins serrs entre des poivriers1 des cactus et des alos1 propres conduire les esthtes vers les ,immortels paisibles4 ,ici1 sur le trottoir brillant de pluie1 de ,great ,russell street1 tout manque de ce qui peut induire l'me en joie admirative1 rien de ce qui peut y verser la tristesse4 ,sur des tables de marbre noir gisent les restes des colosses qui sigeaient autrefois sur les frontons du ,parthnon3 ,hlios1 ,thse1 ,crs1 ,proserpine1 ,iris1 ,sln1 les ,parques1 la ,victoire1 ,promthe1 ,minerve1 ,neptune1 ,amphitrite1 ,leucotha1 ,ccrops1 ,mercure4444 ,la vue de ces pauvres figures1 mutiles comme des morceaux de corps froids sur les dalles des ,morgues1 serre le cur4 ,car ces dieux1 s'ils ne rgnent plus sur une poigne de croyants par leur puissance1 dominent encore le genre humain par leur beaut4 ,or1 ils portent ici les traces d'un inexplicable et perfide abandon1 d'une immmoriale impit4 ,tous sont dcapits1 hors le ,thse qui dresse ses quatre horribles moignons comme un monstre mendiant dans un carrefour4 ,leurs ttes ont roul terre1 et de ces visages augustes faits pour les baisers des desses1 quelques-uns peut-tre1 jets dans les eaux du ,pire1 sont encore en proie aux infects suoirs de quelque ponge perforante6444 ,on les a dpouills de leurs parures et des objets qu'ils tenaient la main1 comme signes de leurs fonctions clestes4 et l1 aux hanches1 aux cuisses1 des trous1 que les voleurs n'ont pu boucher et que les gardiens du muse lavent pieusement1 racontent le sacrilge1 avec l'loquence d'une serrure brise sur un tabernacle ouvert4 ,si nous regardons le long des murs1 nous y voyons les figures des ,panathnes mises sous verre comme des ossements de saints1 comme de petits coloptres morts ou des fleurs sches4 ,par endroits1 on a restaur4 ,ainsi1 dans le morceau de frise qui reprsente les divinits fminines1 la partie infrieure et le bras gauche de plusieurs figures n'ont t reconstitus que par des moulages pris il y a cent ans1 et ces pltres mal faits ont t insrs dans le marbre primitif4 ,c'est ainsi qu'avec beaucoup de peine on a serti quelques fausses pierres dans un encadrement de pierres prcieuses4 ,ailleurs1 se presse une grotesque et lamentable arme1 compose des restes de beaux vieux monstres barbe de fleuve et corps de cheval et de jeunes hros culs-de-jatte1 se livrant1 deux par deux1 des pugilats chimriques4 ,un ,lapithe qui n'a point de mains veut trangler un ,centaure qui n'a pas de gorge4 ,certains brandissent des pes absentes4 ,un homme-cheval sent quelque chose sur sa croupe1 il se retourne pour dvisager l'agresseur1 et il n'a point d'yeux4 ,un cul-de-jatte cherche pitiner son adversaire terrass et lever au ciel ses bras coups afin de clbrer sa victoire4 ,la peau de lion qui pend son bras semble vouloir dvorer le ,lapithe mort4 ,tel autre n'a sur ses paules que du pltre3 sa tte est ,copenhague4 ,cet homme-cheval boite3 une de ses jambes est reste en ,grce4 ,ce jeune ,grec n'a pas d'yeux pour voir le ,centaure sur lequel il s'lance fougueusement3 son visage est au ,louvre4 ,l1 le ,lapithe a grimp sur les flancs du ,centaure qu'il fait plier1 a saisi le monstre par la barbe4 ,on s'imagine que c'est sa propre tte qu'il porte ainsi la main4 ,ici1 le ,centaure n'a plus de buste1 n'est plus qu'un cheval et1 ainsi1 le ,lapithe1 tomb terre1 n'est plus qu'un cavalier maladroit4444 ,au milieu de la galerie1 sur un pidestal1 se tient une femme aux mains coupes1 la coiffure gante1 l'aspect architectural d'une colonne humaine4 ,c'est la ,cariatide4 ,pendant plus de deux mille ans1 elle a soutenu le portique de la tribune des jeunes filles1 avec ses cinq belles compagnes demeures dans la patrie4 ,maintenant1 il n'y a plus l-bas que son sosie de pltre travers par une barre de fer et que la pluie et le soleil ont noirci misrablement4 ,il n'y a plus ici qu'une exile1 qu'une inutile figure dpayse1 surprise1 honteuse de ne plus servir rien et comme lasse par l'absence de son glorieux fardeau4444 ,cette tristesse1 qui se sent plus vivement peut-tre au ,british ,museum1 on l'prouve partout o sont renfermes des uvres faites pour demeurer en plein air et partout o des figures cres pour jouer un rle prcis dans un ensemble dcoratif1 se trouvent dsaffectes4 ,parcourons les salles du ,vatican1 du ,louvre1 de la ,glyptothque4 ,combien d'annes ont pass depuis que ces marbres ou ces bronzes n'ont pas accus par leurs ombres la rvolution du soleil6 ,il faut1 en vrit1 qu'une longue habitude ait endormi notre critique et ferm nos yeux pour qu'au ,louvre1 par exemple1 nous supportions ces entassements de pierres sous des votes1 ces lignes chevauchant les unes sur les autres1 ces bras1 ces ttes1 ces draperies s'offusquant mutuellement1 se doublant par le jeu des glaces ou s'teignant par l'clat des dorures6 ,et il faut une extraordinaire docilit d'imagination pour s'expliquer les attitudes et les gestes de ces ,dianes saisissant leur carquois en marchant vers des fentres1 de cette ,victoire naviguant sur un escalier1 de ces ,atlantes crass sous un poids qui n'existe pas1 de ces ,apollons inspirs ou de ces ,niobs plores scrutant du regard les moulures d'un plafond4444 ,qui a jamais vu les dieux ou les hros jets dans la ,salle du sarcophage de ,mde au ,louvre1 ou bien dans la salle de sculpture au ,luxembourg1 comme des marchandises dans un dpt8 ,quoi6 on met ces marbres ici1 pour qu'on les admire mieux1 et on les entasse de telle sorte qu'aucun ne se profile sur son voisin et que l'il brouille ensemble toutes leurs lignes6 ,on dirait une assemble o tout le monde parlerait la fois6 ,le but est de rvler leur beaut1 et on leur te le plein soleil qui sculpterait nouveau leur relief1 et les ombres du plein air qui1 changeantes comme est changeante la lumire du jour1 donneraient tour tour sa valeur chaque muscle1 chaque mplat1 chaque ride1 chaque pli6 ,dans les muses1 nombre de statues n'ont jamais t vues tout entires1 dresses sur un fond neutre et dbrouilles des lignes de leurs voisines4 ,la plupart n'ont jamais reu la lumire que d'un seul ct4 ,mme celles qu'on expose au milieu d'une salle1 comme le ,torse1 au ,vatican1 ne sont pas dgages des lignes adjacentes4 ,on peroit mieux leur ensemble dans une bonne photographie1 dont le fond a t unifi1 que dans le muse1 parmi le papillotement des couleurs4 ,beaucoup de chefs-d'uvre nous sont ainsi mieux connus par leurs photographies que par la vue que nous en avons4 ,ils ne sont que l'encaisse esthtique dont les reprsentations fiduciaires courent l',europe4 ,on sait qu'ils existent1 mais1 en ralit1 on ne les a jamais vus4 ,et on les verrait si bien ailleurs6 ,c'est en pleine campagne1 en pleine fort1 que le sens esthtique veill par la joie de la ,nature1 l'il repos par la monotonie du dcor1 l'esprit avide et rendu curieux de rythme par l'indiscipline des mouvements de la vie vgtale1 percevraient avec enthousiasme le moindre vestige du travail et de la volont1 la moindre ligne voulue et suivie4 ,c'est un phnomne bien connu que l'obscur besoin de la symtrie l o tout semble chapper ses rgles et d'un plan rationnel et humain l o les fantaisies de la ,nature triomphent en libert4 ,nous sommes plus reconnaissants l'art pour une ,madone frustement peinte sur la blanche glise de quelque pauvre village de l',engadine que pour la centime ,vierge au ,bambino dans un muse de ,florence1 quand nous en avons vu dj quatre-vingt-dix-neuf4 ,que nous fait un sarcophage aprs cent sarcophages1 ou un nocho1 s'il est le centime nocho8 ,mais si1 au pli d'un vallon1 travers quelque campagne virgilienne1 nous rencontrons le simple monument o le ,poussin arrta ses bergers d',arcadie1 nous faisons halte comme eux1 sensibles la solidit de ses lignes et l'quilibre de ses proportions4 ,et si1 aux approches d'une ville ancienne1 parmi les vignes ou les potagers1 nous trouvons le reste d'un taurobole oubli par les archologues1 nous comparons le pampre sculpt aux feuilles vivantes qui y jettent leur ombre et le bucrne hiratis aux bufs qui cheminent le long du labour2 nous comprenons alors1 bien mieux que dans un muse1 l'effort de l'art pour fixer le plus capricieux des rameaux en un rgulier entrelacs et la plus disgracieuse des ttes en un svelte ornement4 ,les flneries dans les vieux quartiers de ,rome ou travers les villages toscans ont-elles un autre but8 ,on possde1 au milieu de la ville1 tous les chefs-d'uvre qu'on peut souhaiter4 ,si l'on va au hasard des chemins1 c'est qu'on trouve plus de plaisir la courbe de la ,navicella imprvue rencontre au portail de la villa ,mattei1 qu' toutes les vasques et les cuves dont s'encombrent la ,salle ronde ou la ,galerie des candlabres4 ,on sait plus de gr l'artiste pour avoir trac la forme d'un lcythe sur une stle du clotre de ,san ,saba ou des croix sur le puits du clotre du ,latran que pour avoir creus les pierres entasses au ,capitole4 ,et toute la ferronnerie ornementale de l',architectural ,court du ,south-,kensington ,museum ne se profile pas dans la mmoire aussi nettement que le couronnement du puits de la ,chartreuse d'ma1 quand on l'a vu1 par un beau soir rouge1 arrondir1 sur les ttes chauves des derniers moines1 sa noire arabesque de fer4444 ,voil pourquoi l'expdient1 imagin par les ,florentins pour satisfaire les admirateurs de leur vieille ville1 tout en la dtruisant1 est le signe de la plus profonde erreur esthtique4 ,ce que les trangers aiment ,florence ce n'est point seulement l'clat de quelques monuments1 mais l'atmosphre d'art1 qu'on respire1 presque sans s'en apercevoir1 dans les plus humbles coins de la ville4 ,or vouloir retirer de la ville tout ce qui constitue cette atmosphre1 pour l'enfermer au ,muse de ,saint-,marc et l'y accumuler1 c'est proprement dtruire le charme des flneries florentines3 l'imprvu de la rencontre d'un fragment d'art1 la joie de la dcouverte4 ,les mmes choses1 dlicieuses si on les trouve isoles1 une une1 deviennent fastidieuses par leur rapprochement4 ,quoi de plus divin qu'un chant d'oiseau1 et l1 dans la fort8 ,quoi de plus dplaisant qu'une volire8 ,et1 lorsque l'uvre est telle qu'elle emprunte son caractre ou son culte un pays dtermin1 qu'est-ce donc qu'il en reste dans un muse8 ,que signifient ces idoles dpayses1 ces vases sacrs o l'on voit la place des doigts des prtres et qu'aucun prtre ne soulve plus8 ,c'est du plain-chant dans un casino4 ,lorsqu'on regarde1 dans le hall du ,muse ,cernuschi1 au parc ,monceau1 le ,bouddha qui y est captif1 on se rappelle1 sans rire1 la douleur des ,japonais qui le vnraient comme une beaut tutlaire1 dans les jardins de ,megouro4 ,un jour ces pauvres jardiniers vinrent ,tokio demander qu'on leur rendt leur statue enleve furtivement1 par morceaux4 ,ce jour-l1 ces paysans firent plus qu'un acte de pit3 ils firent une manifestation esthtique4 ,inconsciemment1 ils dfendirent l'ide juste de l'art en place et sa place4 ,ce bronze est bien amnag dans le ,muse ,cernuschi1 mais rien peut-il valoir1 pour les yeux1 le grand dcor changeant de la nature1 pour le cur1 le regard suppliant de quelque dvot passant devant son ,dieu8 ,et si les choses d'art avaient l'obscur sentiment de ce que gagne ou perd leur beaut1 selon les milieux qu'elles traversent1 nul doute que le ,bouddha ne regrettt1 dans sa somptueuse demeure parisienne1 les voix qui chantaient1 les parfums qui passaient1 et le soleil qui l'clairait librement1 aux temps de son abandon dans les pauvres jardins de ,megouro4444 ,les uvres d'art1 surtout les uvres d'art religieux1 sont des fleurs dlicates1 dont il faut respirer le parfum sur plante4 ,coupez-les2 vous avez encore la forme1 vous n'avez plus le parfum4 ,,chapitre ,,iii ,ce que la nature fait pour l'uvre d'art ,mais les ruines8 dira-t-on1 ne convient-il pas de les mettre l'abri8 ,bien plus encore que les monuments intacts1 les ruines doivent tre laisses in situ4 ,c'est surtout ces uvres en partie dtruites1 incompltes1 qu'il faut un milieu qui les explique1 qui les supple ou qui les justifie4 ,car un monument complet s'explique de lui-mme4 ,un temple1 par exemple1 est un organisme o tout s'enchane1 se commande et se soutient4 ,tant qu'il est intact1 tant qu'il remplit son but1 tant que les colonnes font leur office1 qui est de supporter les architraves1 et les antfixes1 le leur1 qui est de boucher le creux des tuiles1 on peut le mettre o l'on voudra4 ,a lui seul1 il exprimera son rythme et son ide4 ,mais1 s'il est ruin1 transport par morceaux sous un hall1 que nous dira-t-il8 ,qu'est-ce que des colonnes sans la frise qui unissait leur tte8 ,qu'est-ce que des acrotres sans le fronton dont elles relevaient les bouts8 ,qu'est-ce qu'un arc-boutant sans la vote qu'il bute1 ou un pinacle sans le pilier qu'il surmonte8 ,qu'est-ce qu'une cariatide sans son architrave1 une canphore sans sa corbeille1 une ,victoire sans ses ailes1 une ,esprance sans sa fleur8 ,mettre une colonne dans un muse6 ,autant mettre un tronc d'arbre dans un salon6 ,ce n'est plus qu'un organisme dissoci1 bris2 ce n'est plus qu'un cadavre4 ,il faut donc le laisser en plein air1 en plein ciel1 dans la nature qui1 de ses cadavres elle1 de ses rocs fendus par l'eau ou de ses arbres foudroys par le feu1 fait des autels1 des vasques1 des corbeilles ou des nids4 ,la statue une fois mise dehors1 tout change4 ,les gestes grandissent et soutiennent le ciel4 ,la mousse emplit les mains auparavant oisives4 ,le lichen met sur les blessures du marbre son baume dor4 ,les graines des fleurs1 qui vont par l'air cherchant un gte1 s'arrtent aux creux des urnes penches par la main des ,fleuves ou des cornes d'abondance soutenues par le bras des ,pomones1 et1 parfois1 une eau de pluie vient taler sous les pieds des ,narcisses son humide et fugitif miroir4 ,je sais1 sur les terrasses de la villa ,pamphili1 une statue de femme qui lve le bras4 ,sa main tant casse1 elle ne dresse qu'un moignon qui serait horrible voir4 ,mais un arbre est auprs4 ,il abaisse sur le marbre mutil ses branches4 ,il noie le poignet sous les petites vagues vertes de ses feuilles1 et la statue1 ds lors explique1 semble cueillir1 d'une main qu'elle n'a plus1 des fruits l'arbre qui n'en a jamais4 ,ce sont ces fortuites rencontres qui donnent leur prix aux ruines vues par ,hubert ,robert3 le marbre1 auguste et ternel1 prte son appui aux contadines phmres qui y suspendent leurs hardes clatantes4 ,dans l'entre-colonnement dcrpit1 mais hautain encore1 ,bien que les ,salvucci ni les ,ardinghelli ,n'abritent plus que l'humble choppe et l'tabli ,sous leurs arcades colossales#be1 le lazzarone grignote sa polenta1 l'enfant grne son raisin et le moine son chapelet1 tandis que sur leurs ttes1 une plante sauvage jette l'ombre de ses feuilles1 le galbe de ses branches1 l'aumne de ses fleurs4444 ,ainsi1 presque toujours1 la nature et le temps savent restituer la pierre l'me qui l'avait quitte quand elle s'tait brise4 ,sans doute1 ils ne peuvent refaire entirement ce que l'homme a dtruit1 ni combler tout fait le vide que l'accident a creus4 ,ils ne rendent pas aux formes mutiles leur beaut plastique4 ,seulement ils leur confrent une nouvelle beaut pittoresque4 ,ils les font entrer dans la grande communion du paysage4 ,un jour mme arrive o la ruine fait partie si intgrante de son milieu qu'on n'imagine pas avec plaisir le monument intact4 ,quel artiste prfrerait la correcte spirale d'un escalier en colimaon cette description de ,tennyson dans ,enide3 ,bien haut1 au-dessus1 un morceau de l'escalier d'une tourelle1 use par des pieds qui1 maintenant1 taient silencieux1 tournait1 nu1 au soleil1 et de monstrueuses touffes de lierre serraient le mur gris de leurs bras fibreux2 elles suaient les jointures des pierres et semblaient1 en bas1 un nud de serpents1 en haut1 un bosquet4444 ,cet escalier qui ne conduit rien et qui est dpouill de son alvole devient ici le centre d'un thme dcoratif qui n'est plus architectural1 mais qui est encore pittoresque1 thme voulu par la ,nature et ralis au gr des semences1 des vents et des annes4 ,mais pour que ces choses s'accomplissent1 il faut confier la nature mme les dbris que nous voulons ennoblir1 et ne point troubler1 par d'inutiles soins1 l'uvre mystrieuse de cette prtendue martre4 ,le mot laissez faire1 laissez passer de l'conomiste doit tre notre mot d'ordre vis--vis d'elle4 ,laissez le lichen faire des taches la robe de la desse2 laissez le lierre passer aux joints du pidestal4 ,ne soyez pas le ,pharisien ,qui croit son mur gt lorsqu'une fleur y pousse4 ,si la plante a jailli1 c'est que la terre tait bonne et1 si le lichen a pouss1 c'est que l'air tait pur6 ,il y a un muse o on l'a compris1 et ce muse nous donne un admirable exemple4 ,rien n'est plus frappant que de l'voquer ct du ,british ,museum4 ,il est situ l'autre bout de l',europe1 ,rome4 ,sa porte monumentale s'ouvre dans une grande stratification curviligne de monuments millnaires et de pauvres btisses3 ple-mle de souvenirs1 d'ides et de masures disparates1 o furent les ,thermes de ,diocltien1 o fut une chartreuse1 o est encore un asile d'infirmes errants et tremblants4 ,c'est de tous les muses de ,rome le moins connu1 comme le ,british ,museum est du monde entier le plus clbre4 ,son budget est un des plus faibles1 comme celui du ,british ,museum est un des plus puissants4 ,il ne contient que ce que la jeune ,italie a trouv sur son sol depuis le ,risorgimento4 ,et1 en face de noms comme ,phidias1 ce muse ne peut citer aucun nom4444 ,il ne fut mme pas construit pour y mettre des uvres d'art4 ,un clotre1 une cour carre au milieu1 entoure d'arcades1 une range de petites cellules1 de romitorii s'ouvrant sur des jardins de poupes avec autant de loggie1 quelques salles au premier tage tapisses de nattes sches o joue le soleil1 c'est tout4 ,mais le crateur de ce muse n'est pas seulement un archologue1 c'est un artiste4 ,il ne conserve pas seulement les uvres d'art3 il les regarde4 ,il ne songe pas seulement les dterrer au bord du ,tibre1 ou ,subiaco1 mais aussi les replanter et leur redonner des racines4 ,a chaque uvre1 il cherche longuement l'orientation qui lui convient pour remplacer1 le plus qu'il se peut1 l'ancienne demeure ignore ou l'ancien milieu perdu4 ,il l'isole1 et1 en l'isolant1 la grandit4 ,il l'claire1 et1 l'clairant1 la ranime4 ,et1 quand ce ne sont que de simples dbris1 auxquels nul artifice ne pourrait rendre la vie1 il ne craint pas de les exposer en plein air4 ,le long du clotre ouvert et dans le jardin que bordent les arcades de travertin1 sous le ciel1 sous la pluie1 il a jet tout ce qui1 dbris de statues1 sarcophages1 colonnes1 masques de pierre1 peut tre sans trop de pril expos aux injures du temps1 et il a laiss faire la nature4444 ,ce qu'elle a fait1 une simple promenade suffit pour en juger4 ,un des plus beaux matins de la vie est celui qu'on passe1 au mois d'avril ou de mai1 dans la cour de ce clotre reconquis par le ,paganisme4 ,ce n'est plus le lourd silence de la prison4 ,ce sont les voix tranquilles du jardin4 ,ce n'est plus ce carr de lueur blafarde qui tombe de la fentre d'un muse et que les prisonniers appellent ciel3 c'est la splendeur du soleil qui1 tournant autour des marbres1 leur prte la vie lente des ombres et des clarts4 ,au milieu du carr1 sur un bassin qui murmure1 un jet d'eau monte comme une tige de lis et retombe comme une poigne de perles4 ,on dirait une chre illusion qui s'est brise en s'levant trop haut1 mais dont les dbris sont encore de petites choses prcieuses4 ,autour d'un vieux cyprs foudroy1 cume la mousse des rosiers banks4 ,quatre ttes d'animaux de pierre1 comme de gigantesques rhytons1 sortent des godrons verts de quatre touffes de lierre4 ,aux coins extrmes du quadrilatre1 le printemps allume des flammes roses sur les branches des amandiers1 et le vent agite ces lueurs sans les teindre4 ,en l'air1 l'extrmit de deux hautes colonnes1 grimacent deux masques de pierre o la bouche et les yeux sont figurs par des trous4 ,dans un muse1 on verrait de l'ombre par ces trous4 ,ici1 on voit de la lumire4 ,pour le moindre de ces dbris1 la nature a des attentions infinies4 ,sur les touffes sucres nes dans les fentes du marbre1 plane la couronne de ces insectes pesants et sonores qui ne savent ni s'lever ni se taire4 ,dans un coin1 est une statue de femme dont la tte fut brise4 ,un glantier a pos des branches sur ses paules2 il a masqu la coupure du col1 et1 la place des seins absents1 fleurissent des roses4 ,les sarcophages1 qui se boursouflent extrieurement de figures d',amours grimpant aux chelles pour vendanger les treilles1 sont pleins1 intrieurement1 non d'ossements1 mais de ronces et de fleurs1 comme celui qu'on voit dans l',amour sacr et l',amour profane4 ,dans un angle1 un dlicat pied blanc1 sur une dalle rouge1 semble une apparition qui commence1 et parat alors moins un dbris qu'une promesse4444 ,sans bras pour nous les donner1 sans yeux pour nous voir1 sans pieds pour nous fuir1 une ,fortune tient ses fruits4 ,la pluie et le soleil ont noirci par endroits les robes des desses1 et1 quand vient l'automne1 leurs draperies de marbre s'obstruant de feuilles et de fleurs mortes1 elles paraissent d'inconscientes ,ophlies4 ,sur les savantes inscriptions latines se penchent les ignorantes herbes3 les mystrieuses euphorbes1 et les pelotes d'aiguilles vertes des pins1 et les bras poilus des lierres1 et les redondantes aristoloches1 et les fins myrtes4 ,aux bouches demi-ouvertes des bustes1 les insectes1 rdant1 prtent leur long murmure4 ,de la ,victoire brise1 l'oiseau1 en s'envolant1 achve le coup d'aile4 ,et le grand rosier1 qui tincelle sur le sarcophage ouvert1 vient ajouter encore d'impondrables ptales aux lourdes guirlandes de pierre1 que1 de leurs paules hausses1 soulvent pniblement les petits ,amours4444 ,ainsi1 l'heure de notre course1 o toutes les figures que nous nous tions faites du ,bonheur nous paraissent joncher le sol comme des statues brises1 il n'est pas bon de les renfermer avec nous dans le muse de nos souvenirs1 ni de mditer seuls devant leurs ruines4 ,il faut1 au contraire1 les porter en pleine nature1 les jeter en pleine humanit et appeler notre secours1 pour les embellir1 toutes les influences secrtes et mdiatrices de la terre et du ciel4 ,alors la blessure s'adoucit1 s'agrandit1 s'pure4 ,nous sentons l'envahissement des choses4 ,bientt1 dans le murmure des vies vgtales et profondes s'assourdit le murmure de notre vie nous4 ,l'ombre tombe sur nos souvenirs4 ,la lumire veille nos penses4 ,la nature dont on dit tant de mal nous offre cependant l'oubli dont elle est pleine4 ,et peu peu pntre en nous1 par la plaie entr'ouverte1 quelque chose de sa douceur1 de son sourire1 et de son insensibilit4444 ,,chapitre ,,iv ,le paradoxe de la conservation des uvres d'art4 ,je ne suis tranquille que quand je sais mes fils en prison1 disait la mre des deux ,reybaud1 fameux l'un et l'autre1 au milieu du sicle1 par leurs polmiques et leurs dmls avec tout le monde4 ,quand on observe quel sentiment pousse nos amateurs enfermer dans les muses les uvres qu'il faudrait voir ailleurs1 on trouve que c'est une proccupation semblable qui les domine et que le mot de ,mme ,reybaud pourrait tre leur mot d'ordre4 ,car ds qu'on mle la vie quelques belles choses1 ds qu'on les tire des ncropoles o elles gisaient1 aussitt la presse retentit de leurs cris4 ,ceux-ci se lamentent1 si deux groupes en marbre1 d'un marbre friable et dj us1 dus ,tassaert ou ,guyard1 et attribus ,beaujon1 demeurent devant le perron de l'lyse3 ils rclament qu'on les enlve du jardin1 et qu'on les mette--o cela8--naturellement dans un muse4444 ,ceux-l s'avisent que des tapisseries du garde-meuble1 dessines par ,audran et tisses d'or1 sont converties en portires1 et se doublent1 se cassent et exigent1 par suite de leur poids1 un effort pour les soulever qui1 la longue1 les dtruira4 ,o faut-il les mettre8 ,naturellement aux ,gobelins1 o ,bdeker vous dit que vous pourrez les voir les mercredis et samedis1 de une heure trois heures4 ,d'autres1 ayant dcouvert qu'un beau ,christ en ,croix de ,jordaens se trouve encore dans la cathdrale de ,bordeaux1 n'ont pu supporter plus longtemps de voir un ,christ dans une glise4 ,ils le veulent mettre sa place1--qui est le muse4 ,que fait ce menhir au milieu de sa lande bretonne8 se sont demand les pourvoyeurs d'exposition1 et ils ont propos d'apporter et de renfermer dans le ,champ de ,mars1 en #aijj1 la pierre fameuse de ,locmariaker4 ,ailleurs1 enfin1 on se plaint que quelques-unes des merveilles de la ,suite des chteaux soient envoyes1 et l1 en ,europe1 pour garnir nos palais d'ambassade4 ,on demande o elles pourraient tre mieux1 et l'on rpond3 aux ,gobelins ou au ,louvre4 ,ce sont l les signes de la plus grande erreur esthtique qui fut jamais4 ,car1 prcisment1 de les envoyer garnir nos palais d'ambassade1 c'est la seule manire que nous ayons d'en jouir4 ,quelques-uns d'entre nous1 seulement1 dira-t-on4444 ,oui1 quelques-uns4 ,mais1 dans un muse1 qui peut jouir d'une tapisserie8 ,personne6 ,car l'esthtique d'un ameublement ne s'insinue pas aussi vite dans l'esprit que celle d'un tableau ou d'une statue4 ,de mme qu'un paysage frappe moins vite qu'une scne de genre1 de mme les couleurs peu bruyantes et les lignes peu crites de la dcoration veulent des heures pour tre gotes4 ,il faut demeurer longtemps devant une aiguire ou une crdence pour que leur rythme s'associe nos penses4 ,il faut vivre au milieu des objets de bon style pour qu'ils vivent en nous4 ,c'est mme l prcisment ce qui donne l'art dcoratif une physionomie bien diffrente de l'art imitatif4 ,il ne faut pas qu'il frappe1 il faut qu'il s'insinue4 ,et1 pour qu'il s'insinue1 il faut qu'on vive avec lui familirement1 comme on vit avec la tapisserie de sa chambre1 non pas le mettre dans un muse o l'on va lui rendre une visite rare1 solennelle et presse4 ,mais c'est le seul moyen de faire durer les uvres1 dira-t-on4--,de les faire durer1 oui1 mais comment8 ,mortes ou en vie8 ,agissantes ou neutres8 ,tout est l4 ,la momie dure plus que l'homme4 ,la pice d'or1 renferme dans un coffre ou dans une tombe1 dure plus que la monnaie qui roule de main en main1 usant son cordon et ses empreintes1 mais activant les changes1 soulageant les misres4 ,il est de toute vidence que1 moins une uvre d'art sera expose au soleil1 la poussire1 au vent1 et la vue1 plus elle durera4 ,mais elle durera sans remplir son but4 ,son but1 c'est de vivre de notre vie et de prir1 s'il le faut1 de notre mort4 ,a ce prix1 elle enseigne1 elle charme1 elle console4 ,autrement1 elle ne fait que durer4 ,quand j'entends les cris des pourvoyeurs de muses1 il me semble entendre des gens qui chercheraient les grains de bl que le semeur a mis dans les champs et qui les rentreraient au plus tt dans le grenier de peur qu'ils ne pourrissent4 ,et1 en effet1 ils ont empch la pourriture1 mais ils ont empch la germination4 ,ils ont empch la mort1 mais ils ont empch la vie6 ,les projets clos de toutes parts empcheront la vie4 ,si jamais ,avignon trouve les millions ncessaires pour expulser les soldats qui sont dans son chteau fort et y introduire les scribes1 custodes et porte-clefs qu'on rve d'y voir1 tout le ,palais des ,papes deviendra muet et morne4 ,les milliers d'objets rassembls ne parleront plus aux yeux des populations lointaines d'o ils auront t tirs4 ,la visite de ce ,muse de la chrtient ne sera que la visite d'un trsor4 ,car les arts du culte ne forment point par eux-mmes un ensemble qui se suffise4 ,ils ne sont que pour que d'autres choses soient4 ,ces objets n'existent que pour servir d'autres desseins3 pour tre ports1 agits1 pour resplendir parmi des foules1 pour vtir1 pour renfermer1 pour apparatre sous le pinceau des soleils sincres ou des vitraux mensongers ou bien dans la voie lacte des cierges et parmi les torsades de l'encens bleu4 ,l1 au contraire1 que verra-t-on8--,des chaires vides1 des retables sans autels1 des lampes sans flammes1 des clochettes sans voix1 des chapes sans vivants1 des reliquaires sans morts3 offrandes sans doute trop belles pour le ,dieu qui les reut et mieux appropries ce culte nouveau d'un esthtisme municipal1 dont les gardiens tricornes seront les prtres ennuys6 ,a cette transformation qu'aura gagn le ,palais des ,papes8 ,c'tait une caserne3 ce sera une prison4 ,ce sera quelque chose encore de pire4 ,ce sera le palliatif ou l'apologie des destructions et des embellissements de nos villes modernes4 ,ce sera l'excuse invoque par les dmolisseurs chacun de leurs attentats4 ,ce l'est dj1 et il suffit d'couter les voix qui s'lvent dans les rgions officielles pour ne plus douter que l',art sert aujourd'hui de prtexte contre l',art et que les crations les plus factices sont triomphalement opposes aux beauts spontanes de nos vieilles cits4 ,vous paraissez mus de certaines transformations qui risquent de modifier l'aspect de ,paris1 disait1 en #ahig1 le ministre des ,beaux-,arts1 la runion solennelle des ,artistes franais4 ,vous voyez dans le progrs industriel l'ternel rival de l',art2 pourquoi refuser de reconnatre en lui1 ce qui est tout aussi vrai1 son ternel alli8 ,les gares de chemin de fer au cur de notre capitale vous apparaissent comme la plus fcheuse de ces transformations4 ,mais pensez-vous que celles qui s'accomplirent dans l'aspect de ,paris travers les ges n'ont pas soulev chez nos pres les mmes inquitudes et peut-tre les mmes protestations8444 ,nous avons encore dans l'oreille les rcriminations qui s'levrent contre certain baron1 dont le nom est insparable de la rvolution topographique de ,paris et qui1 travers les ddales des ruelles et des anciennes cours des miracles1 lanait ces grandes voies rectilignes1 comme les sillons de quelque colossal projectile4444 ,l'art a-t-il tant souffert de ces bouleversements8 ,n'a-t-il pas1 dans chacun des quartiers nouveaux1 plant son drapeau1 install ses muses1 depuis le ,carnavalet jusqu'au ,galliera1 dress un peuple de statues sur les places et les boulevards spacieux qu'a laisss derrire lui le cataclysme haussmannien#bf8444 ,ainsi1 selon cette thse1 la plus extraordinaire qu'on ait tent de soutenir sur l'esthtique des villes1 ce n'est point l'hygine1 ou le confort1 ou l'activit de ,paris qui sont invoqus contre son pittoresque1 c'est son pittoresque mme4444 ,ce n'est pas au nom de l',utile qu'on approuve sa transformation1 c'est au nom du ,beau4444 ,ce n'est pas des ncessits et des conomies de la vie moderne qu'on se prvaut1 mais des monuments qui lui cotent le plus cher et qui lui sont le plus superflus1 lors mme que ces monuments1 dresss profusion dans nos rues1 en sont non pas seulement le plus inutile spectacle1 mais encore et de beaucoup le plus dplaisant6 ,et ainsi1 par une ptition de principes1 la plus audacieuse dont on se soit jamais avis1 les statues de ,shakspeare1 de ,chappe ou de ,dolet1 que rprouve le got universel1 et que rien en soi ne pourrait excuser1 se trouvent1 tout d'un coup1 servir elles-mmes d'excuses aux perspectives monotones du quartier ,haussmann et du boulevard ,saint-,germain6444 ,or1 la vie moderne n'a pas besoin d'excuse1 mais le mauvais art moderne1 lui1 ne peut tre excus4 ,on ne saurait sacrifier le progrs l'art1 mais on doit se faire une ide plus juste de l'art1 et ne pas ajouter aux ruines subies des erreurs voulues4 ,on ne peut pas toujours conserver1 dans sa fantaisie ornementale1 le vieux dcor de la vie1 mais on peut ne pas en dpouiller soi-mme la scne du monde pour le mettre dans ces froids magasins d'accessoires o il ne remplit plus sa mission4 ,il ne s'agit nullement1 ici1 d'opposer au mouvement naturel du progrs des rcriminations qui seraient vaines1 ni ses bienfaits des ddains qui seraient injustes4 ,la vie moderne a ses harmonies que nous ne mconnaissons pas4 ,les cits de fer et de fume ont leur loquence barbare4 ,elles disent par toutes les voix de leurs roues et de leurs bielles3 ,nous sommes les grandes pourvoyeuses des foules et les grandes niveleuses des conditions4 ,si nos fentres1 rouges et blanches dans la nuit1 attirent comme des papillons les pagani rpandus dans les campagnes1 c'est que nous sommes pour eux le symbole et l'instrument d'un meilleur devenir4 ,chaque tour de chacune de nos roues loigne l'homme de l'esclavage antique4 ,chaque machine relve d'un degr sa taille autrefois plie sur le sillon4 ,chaque perfectionnement te quelques minutes au travail mcanique et ajoute un instant aux heures ennoblies par la pense4 ,si aujourd'hui sa pense s'pure1 se libre des soucis matriels1 se tourne vers les beauts perdues des cits d'autrefois1 si elle les gote et les regrette1 c'est que nous lui en avons donn le loisir4 ,et si vous avez le temps aujourd'hui de nous maudire1 c'est que nous avons travaill pour vous6 coutons ces voix et aussi le cri de ,walt ,whitman3 ,la plus grande cit n'est pas l'endroit des plus hauts et des plus prcieux difices4 ,marchons avec les multitudes dans les perces largement ouvertes de nos villes renouveles1 et dtruisons1 s'il le faut1 pour la marche de ce peuple1 les choses pittoresques et surannes qui donnaient sa figure la cit4 ,soit4 ,dans la barbarie avoue1 il y a de la grandeur4 ,mais n'invoquons pas1 pour le faire1 l'intrt sacr de l'art4 ,avouons hardiment que c'est la richesse d'une ville qui nous tente1 non sa beaut4 ,en frappant ainsi l'art dans ce qu'il a de plus vital et de plus consolateur1 ne prtendons point que nous le sauvons4 ,ne demandons pas la nation1 en son nom1 des subsides qui ne servent qu' rendre sa dchance plus visible4 ,n'ajoutons pas des actes de ,barbares des raisonnements de ,byzantins4 ,et s'il se trouve1 et l1 par le monde1 une ville qui n'ait pas mis tout son art en prison et qui en ait1 dans ses rues1 gard quelques libres vestiges1 puissent les hommes debout sur les seuils de ses maisons ou assis dans ses assembles rflchir longuement avant de prononcer l'irrmdiable arrt6 ,qu'ils pensent non pas seulement ceux qui habitent cette ville aujourd'hui1 mais aussi ceux qui l'habitrent et dont elle est bien un peu la continuation1 et ceux qui l'habiteront et dont elle est bien un peu l'hritage6--,la cathdrale d',avranches appartenait-elle ceux qui la dtruisirent plus qu'elle ne nous appartenait nous qui nous promenons maintenant tristement sur ses fondations8--,avant de dtruire1 pensons ceux qui ont bti4 ,avant d'anantir1 pensons ceux qui sont morts4 ,mais surtout1 avant de construire1 pensons ceux qui vont natre et ne nous htons pas de modeler le corps de ces villes durables selon la forme de nos mes phmres4 ,que savons-nous des mes de nos successeurs1 de leurs gots1 de leurs affinits1 de leurs dsirs8 ,nous voulons activer la circulation humaine au cur de nos villes4444 ,qui peut dire qu'ils n'abandonneront pas le cur de nos villes1 comme nous abandonnons aujourd'hui le fond de nos campagnes8 ,qui peut mme affirmer qu' ,florence1 comme ,paris1 le reflux vers la banlieue n'ait pas dj commenc et qu'un jour1 les centres de nos cits demi dpeuples ne puissent redevenir1 si nous sauvons leurs vieilles architectures1 les asiles de l'esthtique1 les oasis de l'idal et de la paix8 ,ne croyons pas que le type unique et ncessaire de la cit moderne soit l'chiquier ou la roue de carrosse6 ,s'il y a plusieurs demeures diverses dans le palais du ,pre1 il y a peut-tre bien des types possibles de grandes cits dans ce monde4 ,ne croyons pas une ville dshonore parce que la marche y est lente4 ,il restera toujours assez de villes o la marche sera rapide4 ,il est bon d'ailleurs quelquefois de ralentir le pas dans la vie4 ,et le fameux mot3 ,je prendrai par le plus long444 du ,fabuliste1 voulait dire sans doute3 ,je prendrai par le plus beau4444 ,jamais nous n'emes plus besoin de ces asiles4 ,aujourd'hui1 toute la vitalit est concentre dans les palpitantes artres des villes2 la campagne est traverse comme une mer verte par des ponts troits et nous sommes jets en foule toujours plus paisse contre les portes de la ville4 ,la seule influence qui puisse sagement prendre la place des bois et des champs est le pouvoir de l'ancienne architecture4 ,ne vous en dessaisissez pas pour l'amour du square rgulier1 de la promenade garnie de haies et d'arbres1 ni pour la rue correcte ou le quai ouvert4 ,la gloire d'une cit n'est pas en ces choses6 ,laissez-les la foule1 mais souvenez-vous qu'il y aura srement quelqu'un dans le circuit des murailles troubles1 quelqu'un qui aspire conduire ses pas dans d'autres endroits que ceux-ci1 rencontrer d'autres formes en leur aspect familier1--comme celui qui s'assit si souvent cette place que frappait le soleil couchant pour contempler les lignes du dme de ,florence1 ou comme ceux de ses htes qui pouvaient soutenir des chambres de leur palais la contemplation journalire de cette place o leurs pres taient couchs dans la mort1 au carrefour des rues sombres de ,vrone#bg4444 ,ainsi parlait ,ruskin1 il y a cinquante ans4 ,le pril alors dnonc est plus grand qu'alors1 parce qu'il se cache sous le sophisme de la conservation de l'art dans les muses4 ,ne laissons pas ce sophisme davantage se rpandre4 ,quand on aime l'art1 ce qu'il faut1 ce n'est pas le recueillir dans les muses3 c'est ne pas le chasser de la vie4 ,,index ,,alphab,,tique ,,des ,,sujets ,,tudi,s ,,et ,,des ,,noms ,d',,artistes ,,et ,d',,uvres ,d',,art ,,cit,s ,,dans ,,ce ,,volume ,a ,acropole1 p4 #bcd4 ,alexandre 7,m474 ,soldats passant un dfil1 p4 #ahf4 ,aligny1 p4 #afg4 ,allong1 p4 #aff4 ,ames ,building1 de ,boston1 p4 #ag4 ,apollon1 p4 #ada4 ,arabe 7,l',architecture73 ,belle sans tre logique1 ni rvlatrice de sa structure interne1 pp4 #bj et #dh4 ,arbres inconnus au moyen ge et rpandus dans le paysage contemporain1 p4 #fj4 ,arc de ,triomphe de ,constantin1 p4 #be4 ,arcs 7,les7 de l'architecture de fer semblables aux arcs de la pierre1 p4 #dj4 ,l'arc bomb1 l'ogive surbaiss1 le plein-cintre bris1 l'arc en anse de panier1 p4 #da4 ,architectural ,court du ,south ,kensington ,musum1 p4 #bda4 ,arning 7,m471 p4 #aeb4 ,audran1 pp4 #ih et #bed4 ,avignon 7,les remparts d'71 p4 #bag4 ,avranches 7,cathdrale d'71 p4 #bfb4 ,b ,bacon1 p4 #afd4 ,ballif 7,henri74 ,vue de la ,loire ,saint-,denis-,hors1 p4 #ahf4 ,balzac4 ,sa statue par ,rodin1 p4 #aba4 ,bandinelli1 p4 #ajc4 ,baptistre de ,florence1 p4 #ai4 ,barbizon 7cole de71 pp4 #fg et #hi4 ,barrias4 ,tombeau de ,guillaumet1 p4 #abg4 ,bartholom4 ,le secret1 p4 #abg4 ,monument aux ,morts1 pp4 #abg et #adc4 ,beaujon1 p4 #bec4 ,beaut plastique ne peut tre exprime que par la statuaire1 pp4 #aac et #aad4 ,benjamin ,constant1 p4 #ic4 ,bergon 7,m471 p4 #aec4 ,bertin1 pp4 #afg et #ahh4 ,besnard1 p4 #ga4 ,binder-,mestro 7,mme71 p4 #aec4 ,blanche 7,jacques71 p4 #hf4 ,boileau1 architecte1 p4 #af4 ,boissonnas 7,m4 ,alfred71 p4 #aeb4 ,bouddha1 p4 #bdc4 ,bouguereau1 p4 #aia4 ,bourgeois 7,p471 p4 #aeb4 ,bracquemond 7,m471 p4 #ahi4 ,brmard 7,m4 ,maurice71 p4 #aeb4 --,effet de soir1 p4 #ahe4 --,profil perdu1 p4 #ahf4 ,breton 7,jules71 p4 #afh et #aha4 ,british ,musum1 p4 #bcd4 ,bucquet 7,m4 ,maurice71 p4 #aeb4 --,aprs le coucher du soleil1 p4 #ahf4 ,burne-,jones1 p4 #aia4 ,c ,caillebotte 7,salle71 au ,muse du ,luxembourg1 p4 #ec4 ,calland 7,m471 p4 #aec4 ,brompton ,road4 ,cameron 7,mme74 ,annals of my glass house1 p4 #agj4 ,campo ,santo de ,gnes1 pp4 #aah et #adb4 ,canova1 p4 #aaj4 ,caran d',ache1 p4 #aff4 ,cariatide 7,la7 de l',erechtheion ,londres1 p4 #bcg4 ,carpeaux et la ,fontaine des ,quatre ,parties du monde au ,luxembourg1 p4 #ajh4 ,castagnary1 p4 #hg4 ,czanne1 p4 #fe4 ,chantilly1 p4 #bag4 ,chapeau haut de forme4 ,sa reprsentation en peinture4 ,impossibilit reprsenter en sculpture1 p4 #aac4 --,sa figuration dans les monuments de ,baudin et de ,victor ,noir1 p4 #abf4 ,chappe4 ,sa statue1 p4 #bei4 ,chardin1 pp4 #gg et #aaa4 ,chartreuse d',ema1 son puits1 p4 #bdb4 ,chaudet1 pp4 #aai et #abj4 ,claude ,lorrain1 p4 #he4 ,clich4 ,amoindrissement de son rle dans la photographie artistique1 p4 #agh4 ,clotre de ,san ,saba1 sa stle1 p4 #bda4 ,clotre du ,latran1 son puits1 p4 #bda4 ,colard 7,m474 ,le soir ramne le silence1 p4 #ahe4 --,beau temps ,londres1 p4 #ahg4 ,coleone 7,le7 de ,verocchio1 pp4 #aaa et #acb4 ,conservation des uvres d'art 7,la74 ,inutile si elle empche les uvres de jouer leur rle1 p4 #bef4 ,corot1 pp4 #fg1 #afe1 #afg4 ,coste 7,m4-,f474 ,dans la ,valle1 p4 #ahf4 ,cottet1 p4 #hd4 ,nuit de la ,st-,jean1 p4 #hf4 ,couleur 7,la74 ,sa richesse1 sa beaut1 p4 #eh4 --,la nature est couleur plus que lignes1 p4 #fg4 --,la division du ton augmente sa vivacit1 p4 #gi4 --,thorie de ,ruskin ralise par les impressionnistes1 p4 #hj4 ,courbes donnes naturellement par le fer1 p4 #bi4 ,cousins1 p4 #aab4 ,craig-,annan 7,m474 ,frres blancs1 p4 #ahe4 ,cross 7,h4-,e471 p4 #hb4 ,cunha 7,m4 da74 ,septembre en ,normandie4 ,premiers sillons1 p4 #ahf4 ,d ,dagnan1 pp4 #hh et #ic4 ,dalou4 ,statuette de ,lavoisier1 p4 #abe4 --,monument de ,victor ,noir1 p4 #abf4 ,dansaert 7,mme74 ,at home1 p4 #bjg4 ,danse des ,nymphes1 p4 #hi4 ,dardonville4 tang du parc de ,rambouillet1 p4 #bjg4 ,darnis 7,m474 ,sur la route1 p4 #ahf4 ,daubigny1 p4 #hh4 ,dauchez4 ,troupeau1 p4 #hf4 ,david d',angers1 p4 #aai4 ,decamps4 ,caf turc1 p4 #gg4 ,declercq4 ,potier1 p4 #bjf4 ,dcouvertes de l'impressionnisme4 #ao ,la nature est couleur plus que lignes1 p4 #fg4 --#bo ,les ombres mmes sont des couleurs1 pp4 #fg1 #fh1 #fi1 #gj4 --#co ,le tongagne tre divis1 pp4 #gg1 #gh1 #gi1 #hj4 ,degas1 p4 #fa4 ,delacroix1 p4 #ff4 --,son journal1 pp4 #fd et #fi1 #aba4 ,libert4 ,journe du #bh juillet #ahcj1 p4 #aac4 ,demachy 7,m4 ,robert74 ,eaux mortes1 p4 #ahc4 --,communiante1 p4 #ahf4 ,discobole 7,le71 p4 #ada4 ,division des couleurs1 enseigne par ,ruskin en #ahef et applique par les ,impressionnistes1 pp4 #hj et #ha4 ,dolet 7tienne74 ,sa statue1 p4 #bei4 ,dme des ,invalides4 ,son aspect en regard du ,sacr-,cur de ,montmartre1 p4 #ac4 ,dor 7,gustave71 p4 #he4 ,drap 7,le7 antique4 ,plus esthtique que le vtement ajust1 pp4 #abi et #acj4 --,pourquoi1 pp4 #abi et #acj4 --,les trois grandes lois naturelles qu'il exprime1 pp4 #acd et #ace4 ,dubois 7,paul74 ,le ,duc d',aumale1 le tombeau de ,lamoricire1 p4 #abd4 ,duez4 ,djeuner sur la terrasse1 p4 #gb4 ,duret 7,th471 p4 #hd et #hg4 ,e ,earl's ,barton 7,tour d'71 p4 #bd4 ,egypte1 ses mosques1 p4 #bah4 ,elgin marbles1 p4 #bcd4 ,ema ,spencer 7,miss71 p4 #aeb4 ,epreuve 7,travail de l'71 dans la ,photographie moderne1 p4 #ahj4 ,erfurth ,steichen 7,h471 p4 #aeb4 ,esthtique de la ,photographie1 p4 #ahf4 ,f ,falguire4 ,balzac1 p4 #abd4 ,farnsworth 7,mme74 ,quand le printemps arrive souriant dans le vallon et sur la colline1 p4 #bjh4 ,feliu1 p4 #hf4 ,fer 7,le74 ,esprances qu'il a fait concevoir1 p4 #ag4 --,nature de la rvolution qu'il permet1 p4 #cg4 --,immense au point de vue constructif1 p4 #dj4 --,nulle au point de vue esthtique1 p4 #db4 --,les formes qu'il donne naturellement1 identiques celles de la vote de pierre1 p4 #dj4 --,son aptitude tout imiter1 p4 #df4 --,son impuissance rien suggrer1 p4 #df4 --,il est une matire artificielle1 p4 #dg4 ,flandrin 7,paul71 p4 #ee4 --,portrait de ,jeune ,fille1 p4 #ahe4 --,la ,campagne de ,rome1 p4 #ga4 ,florence4 ,associazione per la difesa di ,firenze antica1 p4 #bah4 --,plan ,san ,biagio1 p4 #bah4 --,ponte ,vecchio1 p4 #bbe4 --,palazzo dei ,canacci1 p4 #bbe4 --,palazzo di ,parte ,guelfa1 pp4 #bah1 #bbe4 --,logetta del ,vasari1 p4 #bbe4 --,borgo ,san ,jacopo1 p4 #bbe4 ,flou 7,le71 en photographie1 p4 #afc4 ,forain1 p4 #afe4 --,doux ,pays1 p4 #aff4 ,fra ,angelico4 ,couronnement de la ,vierge1 p4 #bca4 ,fromentin1 pp4 #aea1 #aii4 ,g ,galerie des ,machines 7,absence de courbes nouvelles dans la ----71 p4 #ag4 ,garrido1 p4 #hf4 ,gavarni1 pp4 #afe1 #aff4 ,gear 7,j4-,h474 tude4 ,matin argent1 p4 #agi4 ,geffroy 7,gustave74 ,la ,vie artistique1 p4 #hg4 ,grme1 p4 #ef4 ,geste moderne 7,le7 oppos aux attitudes de la statuaire antique1 ,bartholom et le ,monument aux ,morts1 p4 #adb4 ,girault1 p4 #ab4 ,gomme bichromate1 en photographie1 permet l'artiste d'exprimer sa vision particulire de l'objet1 p4 #ahj4 ,goya1 p4 #aac4 ,grand ,palais4 ,son style composite1 p4 #aa4 ,grco1 p4 #ig4 ,griveau 7,georges71 p4 #hf4 ,guido ,rey 7,m471 p4 #aeb4 ,guignard1 p4 #hf4 ,guillot4 ,les ,ouvriers1 p4 #abg4 ,guyard1 p4 #bec4 ,guyau1 pp4 ,,xxiii1 ,,xxiv1 ,,xxv1 ,,xxvi et #aad4 ,h ,hamerton1 p4 #ii4 ,hannon 7,m471 p4 #ahf4 ,harpignies1 p4 #aia4 ,hbert4 ,vierge de ,la ,tronche1 p4 #bca4 ,henneberg 7,m471 p4 #afb4 ,herschell1 p4 #aea4 ,holland ,day 7,m471 pp4 #aec1 #afb4 ,hollyer 7,frdric71 p4 #afb4 --,portrait de ,ruskin1 p4 #bjf4 ,homme la ,houe 7,l'71 p4 #hi4 ,horsley-,hinton 7,m471 p4 #aec4 ,hubert ,robert1 p4 #bdf4 ,hugues4 ,monument de ,pasteur la ,nouvelle-,sorbonne1 p4 #abe4 ,i ,impressionnisme1 p4 #fd4 ,inde 7,les anciens monuments de l'71 p4 #ba4 ,ingres4 ,son sentiment sur la peinture1 p4 #ff4 --,portrait de ,m4 ,leblanc1 p4 #aad4 --,la ,source1 p4 #afi4 ,instantan 7,l'objectif7 ne voit pas le mouvement1 p4 #bja4 ,intervention de l'artiste en photographie1 p4 #afg4 --,choix du sujet1 p4 #afh4 --,dveloppement du clich1 p4 #agg4 --,dveloppement de l'preuve1 p4 #agi4 ,j ,jacquin 7,m471 p4 #aec4 ,janssen1 p4 #aea4 ,jardin du ,clotre aux ,thermes de ,diocltien4 ,description1 p4 #bej4 ,jordaens4 ,christ en croix1 p4 #bed4 ,k ,kuhn 7,m471 p4 #afb4 ,l ,labrouste1 p4 #af4 ,laguarde 7,mlle71 p4 #aec4 ,lamour 7,jean71 p4 #di4 ,laocoon du ,vatican1 p4 #aih4 ,larroumet4 ,l',art et l'tat en ,france1 p4 #aai4 ,lawrence1 p4 #aab4 ,le ,bgue 7,m4 ,ren71 p4 #ahe4 ,le ,brun1 pp4 #ig1 #bbi4 ,lecomte4 ,l',art impressionniste1 p4 #hg4 ,le ,nain1 p4 #fj4 ,le ,sidaner1 p4 #hf4 ,le ,sueur1 p4 #ii4 ,lhermitte1 p4 #aff4 ,logique 7,la7 dans la construction4 ,n'est pas ncessaire la beaut1 pp4 #ah1 #ai et #bj4 ,lumire 7,la74 ,ses jeux1 son influence sur les couleurs1 p4 #gb4 ,elle transfigure et idalise la vie moderne1 p4 #gc4 ,lucerne4 ,ses ponts1 p4 #bag4 ,m ,maile1 p4 #aab4 ,maindron4 ,statue de ,senefelder1 p4 #abh4 ,maisons hautes des tats-,unis 7,les7 n'ont rien d'original1 p4 #bd4 --,leur style composite1 p4 #bd4 ,mallarm1 p4 #fa4 ,marqueste4 ,statue de ,victor ,hugo assis1 pp4 #abe1 #acd4 ,martin 7,h471 p4 #gb4 ,maskell 7,m4 ,alfred74 ,jeune ,hollandaise4 pp4 #ahf1 #bjd4 ,massacre de ,scio1 p4 #gh4 ,mathey4 ,portrait d'un graveur1 p4 #ahi4 ,mlange optique des couleurs 7,le71 p4 #gi4 ,mnard4 ,les ,terres antiques1 p4 #he4 ,mtayer1 p4 #ajj4 ,meunier 7,constantin74 ,les ,mineurs1 p4 #abg4 ,michel 7,andr71 p4 #hh4 ,millet 7,j4-,f471 p4 #afe4 ,monet 7,claude71 p4 #fg4 --,argenteuil1 p4 #hj4 --,antibes1 p4 #fg4 --,champ de ,tulipes ,sassenheim1 p4 #fg4 --glise de ,varengeville1 p4 #fg4 --,gare ,saint-,lazare1 pp4 #fc1 #ha4 --,pont de l',europe1 p4 #fc4 --glise de ,vetheuil1 pp4 #ha1 #if4 ,montenard1 p4 #aia4 ,moore 7,albert71 p4 #ahe4 ,morisset1 p4 #hf4 ,moull 7,albert71 p4 #hf4 ,mouvement 7le74 ,sa dfinition3 un ensemble d'attitudes1 p4 #bja4 ,murchison 7,m471 p4 #aeb4 ,muses 7,les74 ,muse des ,antiques1 au ,vatican1 p4 #baa4 --,le ,british ,museum1 p4 #bdh4 --,national ,gallery4 --,cernuschi1 pp4 #bae1 #bdc4 --des ,thermes de ,diocltien1 p4 #bdh4 ,n ,naegely 7,henri71 p4 #fb4 ,napolon4 ,sa reprsentation sur la colonne ,vendme1 p4 #aai4 ,naudot 7,m471 p4 #aec4 ,net 7,le7 en photographie1 p4 #aeg4 ,nolhac 7,m4 de71 p4 #bcj4 ,nuremberg4 ,ses fontaines1 p4 #bag4 ,o ,objectif 7,l'7 voit autrement que notre il3 instantan1 il transforme le mouvement en immobilit1 p4 #bja4 ,ombres 7,les7 sont des couleurs4 ,thorie de ,ruskin1 prcurseur des impressionnistes1 p4 #gj4 ,origet 7,m471 p4 #bjg4 ,originalit 7,la recherche de l'71 le plus grand mal de l'art contemporain1 pp4 #ig et #ih4 --,les vrais originaux n'ont pas recherch l'originalit1 p4 #ii4 ,p ,palais des papes1 ,avignon1 pp4 #ba et #beg4 ,palais 7,le grand71 l'effet qu'il produit1 vu des ,champs-lyses1 p4 #aa4 ,palais 7,le petit71 p4 #aa4 --,sa beaut intrieure1 p4 #ab4 --,son succs1 p4 #ac4 ,pamphili 7,une statue la villa71 p4 #bdg4 ,panathnes 7,les71 pp4 #bcb et #bcc4 ,paris4 ,statue de ,danton1 p4 #aca4 ,parques 7,les trois7 du ,parthnon1 p4 #ace4 ,parthnon1 p4 #bcb4 ,paysage moderne 7,le71 moins beau comme lignes1 mais plus beau comme couleurs que le paysage d'autrefois1 p4 #fg4 ,percier et ,fontaine1 p4 #aac4 ,perspective4 ,son exagration par la photographie1 imputable au photographe1 p4 #aeh4 ,phidias 7,cheval de71 pp4 #eg et #aag4 ,pissarro1 p4 #fe4 --,paysanne assise1 p4 #gd4 --,vue de ,rouen1 p4 #hj4 --,la brouette1 p4 #ha4 --,les toits rouges1 pp4 #ha et #if4 ,planche 7,gustave74 tudes sur l'cole franaise1 p4 #aab4 ,plein-air 7,thorie de ,delacroix sur les couleurs vues en71 p4 #fi4 ,pointillisme4 ,ses inconvnients1 p4 #ha4 ,polyclte1 p4 #aaa4 ,ponts 7,les anciens71 p4 #bg4 --,leur rle dans les villes du moyen ge4 ,leur aspect1 p4 #bh4 --,ponts de fer1 p4 #bh4 --,leur beaut1 p4 #cj4 ,portrait 7,le7 dans l'cole impressionniste1 p4 #ib4 ,poussin1 p4 #ii4 ,prault4 ,comparaison avec ,m4 ,rodin1 p4 #abb4 ,puech1 p4 #ajh4 ,puvis de ,chavannes1 p4 #add4 ,puyo 7,m4 ,constant74 ,vengeance4 ,la lampe file1 p4 #aga4 --,l'le heureuse1 p4 #ahf4 --,pnlope1 p4 #aic4 ,r ,racine4 ,sa statue la ,fert-,milon1 p4 #aai4 ,rambaud 7,alfred71 p4 #bei4 ,redingote 7,la74 ,pourquoi elle est inesthtique1 p4 #abi4 --,comparaison avec la toge1 p4 #aca4 ,rembrandt4 ,portrait du bourgmestre ,six et de sa femme1 p4 #bca4 ,renoir1 pp4 #fa et #fe4 --,danseuse1 p4 #ha4 --,la loge1 p4 #gf4 ,retouche 7,la71 en photographie1 doit tre proscrite1 p4 #agh4 --,pourquoi les artistes ne l'emploient pas4 ,reynolds1 pp4 #ic et #aab4 ,robinson 7,h4-,p474 ,premier photographe artiste1 p4 #afa4 ,rochegrosse1 p4 #ee4 ,rodin4 ,le monument de ,victor-,hugo1 pp4 #abj et #aba4 --de ,balzac1 pp4 #aba et #abd4 --,les bourgeois de ,calais1 p4 #abg4 ,rderstein 7,mlle71 p4 #hf4 ,rome4 ,ses palais1 ses jardins1 p4 #bah4 ,rosa ,bonheur4 ,son monument ,fontainebleau1 type de la reprsentation d'un monument lev la gloire d'un contemporain1 p4 #add4 ,rossetti1 p4 #gh4 ,rousseau1 pp4 #ie et #afe4 ,rubens1 p4 #aab4 ,rude4 ,le ,dpart1 p4 #aaj4 --,tombeau de ,cavaignac1 p4 #abg4 ,ruines 7,les7 doivent tre laisses dans la nature1 leur beaut pittoresque1 pp4 #bdb et #bdc4 ,ruskin1 prcurseur de l'impressionnisme1 p4 #gj4 --,son opinion sur les villes modernes1 p4 #bfd4 --,elements of ,drawing1 p4 #gj4 --,lectures on art1 p4 #ga4 --,the ,seven ,lamps of architecture1 p4 #abd4 ,s ,sacr-,cur de ,montmartre 7,le71 p4 #i4 --,critiques sur ----1 pp4 #i et #aj4 --,son aspect vu de ,paris1 pp4 #aj1 #aa et #ac4 ,saint-,georges de ,donatello1 p4 #acb4 ,saint-,marceaux4 ,monuments de3 ,alphonse ,daudet1 ,flix ,faure1 ,alexandre ,dumas fils1 p4 #abd4 ,saint-,marc ,venise1 p4 #bj4 ,sarcophage de ,sidon1 p4 #ace4 ,sarlius1 p4 #hf4 ,schopenhauer1 p4 #dd4 ,seurat1 p4 #hb4 ,signac 7,paul71 pp4 #gh1 #hj et #hb4 ,simon4 ,procession1 p4 #hf4 ,sisley1 p4 #fc4 --,bords de la ,seine1 p4 #ha4 ,smedley ,aston 7,m474 ,paix d'or sur la contre1 p4 #ahf4 ,sollet 7,m471 p4 #aec4 ,statues 7,la manie contemporaine des71 p4 #ajg4 ,steen4 ,le ,mdecin4 ,le ,charlatan1 p4 #aad4 ,stendhal1 p4 #aea4 ,suite des ,chteaux 7,la71 p4 #bed4 ,sujet 7,le choix du7 en art et en photographie1 p4 #afg4 ,sully-,prudhomme4 ,son opinion sur l',architecture de fer1 p4 #ca4 ,sutcliffe 7,m474 ,brouillard1 p4 #ahf4 ,t ,tache 7,thorie de la7 en architecture1 p4 #aa4 --,principale chose considrer dans un monument au point de vue esthtique4 ,taine1 p4 #gg4 ,tassaert1 p4 #bec4 ,thermes de ,diocltien 7,le muse des74 ,exemple d'un muse qui n'est pas une prison de l'art1 p4 #bdh4 ,thomy-,thiry 7,collection7 au ,louvre1 p4 #ie4 ,thorwaldsen1 p4 #aaa4 ,titien 7,le71 pp4 #fg1 #ig4 ,toge 7,la74 ,diffrentes manires qu'avaient les anciens de la draper1 en opposition avec la forme immuable de la redingote1 p4 #acj4 ,torse 7,le71 au ,vatican1 p4 #bci4 ,torti1 p4 #bab4 ,toulouse1 ses ,couvents1 p4 #bah4 ,trocadro1 p4 #ag4 ,turner1 prcurseur de l'impressionnisme4 --,grand chemin de fer de l',ouest1 p4 #fc4 --,les ,funrailles en mer du peintre ,wilkie1 p4 #aja4 ,v ,van der ,weyden 7,roger74 ,portrait du ,grand ,btard de ,bourgogne1 p4 #aad4 ,van ,dyck1 p4 #aab4 ,van ,honthorst1 p4 #aga4 ,vdrines 7,m4 de74 ,mare ,basse1 p4 #ahf4 ,venise1 ses ponts1 p4 #bah4 ,vtement contemporain 7,le7 n'est pas sculptural1 p4 #abi4 ,c'est un anthropode1 p4 #acj4 --,il exprime la passion de l'galit physique1 p4 #acg4 --,il est une mauvaise uvre d'art1 p4 #acg4 ,vettii 7,fresque de la maison des71 p4 #agd4 ,victoire 7,la7 de ,samothrace1 pp4 #ace1 #agf4 ,villa ,matti1 son portail4 ,navicella1 p4 #bda4 ,viollet-le-,duc1 p4 #af4 ,vog 7,melchior de74 ,son opinion sur l'architecture du fer1 p4 #ag4 ,w ,walker 7,frdric71 p4 #afh4 ,watteau4 ,l',embarquement pour ,cythre4 pp4 #gg1 #aja4 --,son respect pour la tradition1 p4 #ajj4 ,watts1 prcurseur de l'impressionnisme1 p4 #gh4 ,watzek 7,m471 p4 #ahf4 ,weil 7,miss ,mathilde71 p4 #aeb4 ,wilms 7,m474 ,sombre ,clart1 p4 #ahe4 ,winckelmann 7,l'cole de71 p4 #bjh4 ,wynford ,dewhurst1 p4 #hg4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,introduction v ,,premi,,re ,,partie ,l',,esth,,tique ,,du ,,fer #a ,,chap4 ,i4--,comment juger d'une architecture nouvelle #g ---- ,,ii4--,le triomphe du fer3 le ,pont et son chec3 la ,maison #bc ---- ,,iii4--,pourquoi le fer permet tout et n'ordonne rien #ce ,,deuxi,,me ,,partie ,,le ,,bilan ,,de ,l',,impressionnisme #ea ,,chap4 ,i4--,ses causes #ee ---- ,,ii4--,ses vrits #ff ---- ,,iii4--,ses lacunes #hc ---- ,,iv4--,son erreur #ig ,,troisi,,me ,,partie ,,le ,v,,tement ,,moderne ,,dans ,,la ,,statuaire #aje ,,chap4 ,i4--,pourquoi les sculpteurs ont tent de reprsenter le vtement moderne #aaj ---- ,,ii4--,les rsultats de la tentative #abj ---- ,,iii4--,pourquoi le vtement moderne n'est pas sculptural #abi ---- ,,iv4--,comment reprsenter un grand homme contemporain #ada ,,quatri,,me ,,partie ,,la ,,photographie ,,est-,,elle ,,un ,,art8 #adg ,,chap4 ,i4--,les dfauts de la photographie #aee ---- ,,ii4--,la triple intervention de l'artiste #afd ---- ,,iii4--,nouvelles uvres et ides nouvelles #ahc ---- ,,iv4--,une prtention excessive de la photographie #aig ---- ,v4--,une raction idaliste #bjd ,,cinqui,,me ,,partie ,,les ,,prisons ,,de ,l',,art #bac ,,chap4 ,i4--,l'art proscrit de la vie et intern dans les muses #bba ---- ,,ii4--,ce que devient l'art en prison #bbi ---- ,,iii4--,ce que la nature fait pour l'uvre d'art #bdd ---- ,,iv4--,le paradoxe de la conservation des uvres d'art #bec ,,index #bfe #accj-jb4--;,coulommiers4 ,imp4 ,,paul ,,brodard4--#a-jd4 ,libraire ,hachette et ,cie1 boulevard ,saint-,germain1 #gi1 ,paris4 ,,biblioth,,que ,,vari,e1 ,,in-#af1 #c ,,fr4 #ej ,,le ,,volume1 ,,broch tudes sur les littratures franaise et trangres ,,albert 7,paul73 ,la posie2 #aa;e dit4 #a vol4 ---- ,la prose2 #h;e dition4 #a vol4 ---- ,la littrature franaise1 des origines la fin du ,,xvie sicle2 #h;e dition4 #a vol4 ---- ,la littrature franaise au ,,xviie sicle2 #aj;e dition1 #a vol4 ---- ,la littrature franaise au ,,xviiie sicle2 #i;e dition4 #a vol4 ---- ,la littrature franaise au ,,xixe sicle2 les origines du romantisme2 #g;e dit4 #b vol4 ---- ,varits morales et littraires4 #a vol4 ---- ,potes et posies2 #c;e dition4 #a vol4 ,,albert 7,maurice73 ,les thtres de la foire 7#afaj-aghi74 #a vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ,,bertrand 7,l473 ,la fin du classicisme et le retour l'antique4 #a vol4 ,,bossert 7,a473 ,la littrature allemande au moyen ge et les origines de l'pope germanique2 #c;e dition4 #a vol4 ---- ,gthe et ,schiller2 #e;e dition4 #a vol4 ---- ,gthe1 ses prcurseurs et ses contemporains2 #d;e dition4 #a vol4 ---- ,la lgende chevaleresque de ,tristan et ,iseult4 #a vol4 ---- ,schopenhauer4 #a vol4 ,,bruneti,,re1 de l',acadmie franaise3 ,etudes critiques sur l'histoire de la littrature franaise4 #g vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ---- ,l'volution des genres dans l'histoire de la littrature2 #c;e dit4 #a vol4 ---- ,l'volution de la posie lyrique en ,france au ,,xixe sicle2 #b;e dit4 #b vol4 ---- ,les poques du thtre franais4 #a vol4 ---- ,victor ,hugo4 #b vol4 ,,despois 7,e473 ,le thtre franais sous ,louis ,,xiv2 #d;e dition4 #a vol4 ,,filon 7,aug473 ,mrime et ses amis4 #a vol4 ---- ,la caricature en ,angleterre4 #a vol4 ,,giraud 7,victor73 ,essai sur ,taine4 #a vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ,,glachant 7,p4 et ,v473 ,papiers d'autrefois4 #a vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ---- ,essai critique sur le thtre de ,victor ,hugo4 #b vol4 ,,greard 7,oct471 de l',acadmie franaise3 ,edmond ,scherer2 #b;e dit4 #a vol ---- ,prvost-,paradol2 #b;e dit4 #a vol4 ,,jusserand 7,j4-,j473 ,les ,anglais au moyen ge4 #b vol43 ,la vie nomade et les routes d',angleterre au ,,xive sicle4 #a vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ,l'pope mystique de ,william ,langland4 ,,lafoscade 7,l473 ,le thtre d',alfred de ,musset4 #a vol4 ,,langlois 7,ch4-,v473 ,la socit franaise au ,,xiiie sicle4 #a vol4 ,,larroumet 7,g471 de l'institut3 ,marivaux1 sa vie et ses uvres2 #c;e dition4 #a vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ---- ,la comdie de ,molire2 #f;e dit4 #a vol4 ---- ,etudes d'histoire et de critique dramatiques2 #b;e dition4 #b vol4 ---- ,etudes de littrature et d'art4 #d vol4 ---- ,l'art et l'tat en ,france4 #a vol4 ---- ,petits portraits et notes d'art4 #b vol4 ---- ,derniers portraits4 #a vol4 ---- ,vers ,athnes et ,jrusalem1 #a vol4 ,,lenient3 ,la satire en ,france au moyen ge2 #d;e dition4 #a vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ---- ,la satire en ,france au ,,xvie sicle2 #c;e dition4 #b vol4 ---- ,la comdie en ,france au ,,xviiie et au ,,xixe sicles4 #d vol4 ---- ,la posie patriotique en ,france au moyen ge et dans les temps modernes4 #b v4 ,,lichtenberger3 ,etude sur les posies lyriques de ,gthe2 #b;e dition4 #a vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ,m,,zi,,res 7,a471 de l',acadmie franaise3 ,ptrarque1 #a vol4 ---- ,shakespeare1 ses uvres et ses critiques2 #f;e dit4 #a vol4 ---- ,prdcesseurs et contemporains de ,shakespeare2 #d;e dition4 #a vol4 ---- ,contemporains et successeurs de ,shakespeare4 #d;e dition4 #a vol4 ,ouvrages couronns par l',acadmie franaise4 ---- ,hors de ,france3 ,italie1 ,espagne1 ,angleterre1 ,grce moderne2 #b;e d4 #a vol4 ---- ,vie de ,mirabeau4 #a vol4 ---- ,gthe4 les uvres expliques par la vie4 #b vol4 ---- ,morts et ,vivants4 #a vol4 ,,michel 7,henri73 ,le quarantime fauteuil4 #a vol4 ,,paris 7,g471 de l',acadmie franaise3 ,la posie du moyen ge4 #b vol4 ,,pellissier3 ,le mouvement littraire au ,,xixe sicle2 #f;e dit4 #a vol4 ,,pomairols 7de73 ,lamartine4 #a vol4 ,,pr,,vost-,,paradol3 tudes sur les moralistes franais1 #i;e dition4 #a vol4 ,,ricardou 7,a473 ,la critique littraire4 #a vol4 ,,rigal 7,e473 ,le thtre franais avant la priode classique4 #a vol4 ,,ritter 7,e473 ,la famille et la jeunesse de ,j4-,j4 ,rousseau4 #a vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ,,spencer 7,h473 ,faits et commentaires1 trad4 de l'anglais4 #a vol4 ,,stael 7,mme de73 ,lettres indites ,henri ,meister4 #a vol4 ,,stapfer 7,p473 ,molire et ,shakespeare4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 ---- ,des rputations littraires4 #a vol4 ---- ,la famille et les amis de ,montaigne4 ,,taine 7,h473 ,histoire de la littrature anglaise2 #aa;e d4 #e vol4 ---- ,la ,fontaine et ses fables2 #af;e dit4 #a vol4 ---- ,essais de critique et d'histoire2 #i;e dit4 ---- ,nouveaux ,essais de critique et d'histoire2 #g;e dit4 #a vol4 ---- ,derniers essais de critique et d'histoire4 ,,texte 7,j473 ,j4-,j4 ,rousseau et les origines du cosmopolitisme littraire4 #a vol4 ,ouvrage couronn par l',acadmie franaise4 #accj-jb4--;,coulommiers4 ,imp4 ,,paul ,,brodard4--#a-jd4 ,,footnotes3 #a ,m4 ,guyau4 ,les ,problmes de l',esthtique contemporaine4 ,ch4 ,,iii4 ,l'art et l',industrie moderne1 pp4 #abj1 #aba1 #abb4 #b ,de l',expression dans les ,beaux-,arts4 #c ,le monde comme volont et reprsentation1 livre ,,iii4 #d ,henry ,naegely1 ,j4 ,f4 ,millet and rustic life1 ,londres1 #ahih4 #e ,journal d',eugne ,delacroix1 t4 ,,iii4 #f ,ruskin1 lments of ,drawing1 crits en #ahef4 #g ,ruskin1 ,lectures on ,art1 #ahgj4 #h ,paul ,signac1 ,d',eugne ,delacroix au ,no-,impressionnisme1 #ahii4 #i ,th4 ,duret1 ,critique d'avant-garde4 ,les ,impressionistes1 #ahhe4 #aj ,cf4 ,lecomte1 l',art impressionniste4--,th4 ,duret1 ,critique d'avant-garde4--,castagnary1 ,salons1 anne #ahgf4--;,gustave ,geffroy1 ,la ,vie artistique1 troisime srie1 ,histoire de l',impressionnisme1 #ahid4--,wynford ,dewhurst1 ,la ,peinture impressionniste1 ,studio1 #aijc4 #aa ,gustave ,geoffroy1 ,la vie artistique1 srie ,,iii1 #b4 ,dfinition de l',impressionnisme4 #ab ,andr ,michel1 ,notes sur l',art moderne4 #ac ,gustave ,planche1 tudes sur l'cole franaise1 t4 ,i1 ,salon de #ahca1 et ,salon de #ahdf4 #ad ,journal d',eugne ,delacroix1 t4 ,i1 #ahdc4 #ae ,m4 ,guyau1 ,problmes de l',esthtique contemporaine4 #af ,gustave ,larroumet1 ,l',art et l'tat en ,france1 #ahie4 #ag ,journal d',eugne ,delacroix1 t4 ,,iii1 anne #ahei4 #ah ,ruskin1 ,the ,seven ,lamps of ,architecture1 chap4 v1 #ba4 #ai ,depuis que ces lignes ont paru pour la premire fois dans la ,revue des ,deux ,mondes1 le vu qu'elles exprimaient a t ralis4 ,le monument de ,rosa ,bonheur1 rig ,fontainebleau en #aija1 reprsente non ,rosa ,bonheur elle-mme1 mais le sujet habituel de ses tableaux1 un taureau1 et le mdaillon du peintre est un bas-relief appliqu sur un des cts du pidestal4--,la mme pense a inspir ,m4 ,peynot1 l'auteur du monument de ,franais ,plombires1 et ,m4 ,marqueste1 l'auteur du monument de ,ferdinand ,fabre au ,luxembourg4 ,la personne de l'crivain ou de l'artiste n'est reprsente que par son buste1--son uvre par des personnages1 qui forment rellement le monument4 #bj ,mme ,cameron1 ,annals of my glass-house4 #ba ,puyo1 ,notes sur la ,photographie artistique1 #ahif4 #bb ,annals of my glass-house4 #bc ,voir les plans du ,bolletino dell',associazione per la difesa di ,firenze antica1 second fascicule1 ,florence1 mars #aijj4 #bd ,depuis que ces lignes ont paru pour la premire fois1 dans la ,revue des ,deux-,mondes1 une ligue semblable s'est fonde en ,france pour la protection des paysages et une campagne trs ardente a t mene par ,m4 ,andr ,hallays1 qu'il est juste de ne pas oublier1 pour l'honneur du got franais4 #be ,pierre de ,nolhac1 ,paysages de ,france et d',italie4 #bf ,alfred ,rambaud1 ministre de l',instruction publique et des ,beaux-,arts1 ,discours l'assemble annuelle des membres de la ,socit des ,artistes franais4 #bg ,john ,ruskin1 ,the ,seven ,lamps of ,architecture4