,,notes ,,sur ,,la ,,transcription3 --,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 --,on a cons]v l'or?ographie de l'orig9al1 incluant ses v>iantes4 --,les lettres crites au-dessus ont tes repres5tes a9si3 ab et abc4 ,l',,acad,,mie ,,des ,,sci5ces ,,et ,,les ,,acad,,mici5s ,,de #afff ,a #agic ,illu/ration ,l',,acad,,mie ,,des ,,sci5ces ,,et ,,les ,,acad,,mici5s ,,de #afff ,a #agic ,,p> ,,joseph ,,b]tr& ,,membre ,,de ,l',,in/itut ,illu/ration ,,p>is ,j4 ,,hetzel1 ,,libraire-,,diteur #ah1 ,,rue ,,jacob1 #ah #ahfi ,t\s droits rs]vs4 ,,pr,,face4 ,l'hi/oire complte de l',acadmie des sci5ces s]ait une uvre considrable4 ,faire connatre la m>*e de t\tes les sci5ces depuis plus de deux sicles1 dire le temps et l'occasion de leurs progrs en ,france1 assign] le gnie p>ticuli] de plus de deux c5ts membres qui1 avec des mrites div]s1 ont pris "p l'uvre commune1 montr] leur influ5ce au dehors et l'impulsion qu'ils en reoiv5t1 re*]*] le rle croissant de l'illu/re compagnie dans les gr&es que/ions d'utilit publique1 la confiance dont elle se montre digne et qui des p>ticuli]s s't5d au g\v]nem5t1 et mme aux corps les plus jal\x de leurs droits1 tel s]ait le cadre d'un ouvrage dont on tr\v]a ici quelques *apitres4 ,l'hi/oire des sci5ces n'occupe dans ce volume qu'une place trs-re/re9te2 elle aurait pu1 si j'avais adopt un autre cadre1 en =m] la p>tie la plus considrable4 ,les mmoires de l',acadmie sont en effet l'ess5tiel de son uvre2 en y joignant le recueil des savants trang]s et la collection des pices c\ronnes1 on p\rrait aism5t faire natre de leur analyse1 sans dveloppem5ts =cs1 l'hi/oire complte des div]ses sci5ces4 ,une telle t*e exig]ait une rudition laquelle je ne prt5ds ni n'aspire2 mon b e/ plus mode/e et non mo9s utile peut-tre4 ,aprs avoir lu avec un vif intrt les procs-v]baux 9dits des sances et consult les pices (ficielles cons]ves p> l',in/itut1 j'ai cru voir app>atre trs-clairem5t l'organisation de l'anci5ne ,acadmie1 la physionomie des sances1 les proccupations de ses membres1 leurs relations entre eux et avec le g\v]nem5t1 les ress\rces rgulires dont ils disposai5t p\r la sci5ce1 et les appuis extraord9aires qui1 lorsqu'il le fallut1 ne leur fir5t jamais dfaut4 ,ce petit tableau =me une page curieuse de l'hi/oire de la socit polie en ,france4 ,j'ai essay1 l'occasion d'un savant ouvrage de ,m4 ,maury1 de l'indiqu] dans quelques articles du ,j\rnal des ,savants4 ,ce sont ces articles1 soigneusem5t revus1 que je prs5te auj\rd'hui au public avec des dveloppem5ts qui en d\bl5t au mo9s l't5due4 ,l'hi/oire de l',acadmie ne se sp>e gure de celle des acadmici5s1 et j'ai cru intressant d'esquiss]1 ct des c\tumes et des actes de la compagnie1 les traits pr9cipaux de la vie et du c>actre de ses membres4 ,devais-je me born] aux gr&es figures qui dom95t leur poque1 ou m't5dre jusqu'aux soldats les plus obscurs de l'arme de la sci5ce8 ,j'ai rep\ss ces deux p>tis extrmes1 et laissant de ct1 =cm5t p>fois faute de docum5ts prcis1 les acadmici5s dont la trace e/ auj\rd'hui efface1 j'ai essay de reprs5t]1 dans un cadre proportionn leur importance1 t\s ceux qui1 p> leur tal5t ou p> leur c>actre1 ont accru la =ce et le r5om de l',acadmie4 ,tel a t du mo9s mon programme2 mais je m'en suis1 il faut l'av\]1 c>t plus d'une fois4 ,compltem5t trang] aux que/ions de mdec9e1 j'ai d pass] s\s sil5ce les travaux1 quoique considrables1 de la section d'anatomie1 et p> une consqu5ce naturelle1 j'ai nglig l'hi/oire de ses membres4 ,les c\rtes notices consacres aux autres membres de l',acadmie aurai5t d s't5dre ou se ress]r] en raison de l'importance du p]sonnage4 ,dans le plus gr& nombre des cas1 on v]ra qu'il en e/ a9si2 mais il y a des exceptions2 plus de sympa?ie p\r quelques-uns1 mo9s de compt5ce p\r jug] l'uvre de quelques autres1 et peut-tre aussi le has>d de la composition1 ont am5 des disproportions que le lecteur v\dra bi5 me p>donn]4 ,t\tes les figures de ma petite gal]ie sont apprcies avec une fran*ise absolue et une entire lib]t4 ,biographie1 qu& il s'agit d'acadmici5s1 e/1 p\r bi5 des lecteurs1 synonyme d'loge4 ,j'ai trop s\v5t peut-tre oubli cette tradition2 mais un mot de ,voltaire m'a plus d'une fois s\t5u dans l'entreprise peu prilleuse de jug] quitablem5t les hommes du sicle pass3 ,qui l\e t\t n'e/ qu'un flatteur2 celui-l seul sait l\] qui l\e avec re/riction4 ,les gr&s hommes sont r>es1 il faut bi5 le savoir1 et l'on doit1 qu& on les r5contre1 s'incl9] pr(ondm5t devant eux4 ,mais lorsqu'un s\rire ironique accueille t>divem5t le s\v5ir de ceux qui en ont indm5t t5u l'emploi1 il n'y a cela ni inju/ice ni inconvni5t4 ,j'aurais pu s\v5t1 sans infidlit comme sans ef=t1 montr] dans les passions et les ridicules1 les p>tialits et les jal\sies du pass1 des analogies et des leons applicables au temps prs5t4 ,non-seulem5t je me suis ab/5u de *]*] p\r ce livre un tel g5re d'intrt1 mais *aque fois que l'allusion1 s'imposant en quelque sorte1 se prs5tait moi trop facile et trop claire1 je me suis fait une loi inv>iable de quitt] brusquem5t la plume4 ,j4 ,,b]tr&4 ,l',,acad,,mie ,,des ,,sci5ces ,,et ,,les ,,acad,,mici5s ,,de #afff ,a #agic ,i4 ,l',,acad,,mie ,l',,acad,,mie ,,de #afff4 ,lorsqu'en #afff ,colb]t1 heureusem5t inspir p> ,p]rault1 proposa ,l\is ,,xiv la cration de l',acadmie des sci5ces1 il prt5dait =m] une compagnie compt5te1 aussi bi5 sur les que/ions d'rudition1 d'hi/oire1 de littrature et de gt1 que sur les problmes de sci5ce pure4 ,un acadmici5 devait1 suivant lui1 ne f]m] les yeux aucune lumire et cultiv] plus spcialem5t une des bran*es des connaissances huma9es1 sans donn] p\r cela l'exclusion t\tes les autres4 ,l',acadmie des sci5ces runit donc d'abord1 p\r bi5 peu de temps il e/ vrai1 aux gomtres et aux physici5s1 des rudits et des hommes de lettres4 ,p\r ne pas cep5dant p>tag] les esprits entre des p5ses trop contraires1 on assigna des j\rs diffr5ts la runion des diffr5ts gr\pes de la compagnie4 ,les gomtres et les physici5s s'assemblai5t sp>m5t le sam$i1 puis t\s ensemble le m]cr$i2 les hi/ori5s t5ai5t sance le lundi et le jeudi2 et les littrateurs enf9 tai5t runis le m>di et le v5dr$i4 ,t\tes les sections cep5dant composai5t un mme corps qui1 le premi] jeudi de *aque mois dans une runion de t\s ses membres1 ent5dait et discutait1 s'il y avait lieu1 le compte r5du des travaux p>ticuli]s4 ,l'organisation1 on le voit1 tait peu prs celle de notre ,in/itut4 ,l',acadmie franaise et l',acadmie des inscriptions1 reprs5tes dans la compagnie n\velle p> une p>tie seulem5t de leurs membres1 s'mur5t d'une sp>ation qui1 en donnant aux uns une d\ble "p de privilges et de l>gesses1 ne p\vait manqu] d'amo9drir les autres4 ,colb]t obt9t1 leur prire1 que le roi rduist les occupations de l',acadmie des sci5ces aux tudes et aux re*]*es sci5tifiques4 ,dev5ue a9si la sur et non la rivale de ses deux anes1 l',acadmie des sci5ces re/a compose de seize membres1 presque t\s *oisis p> ,colb]t avec un r>e disc]nem5t4 ,dans la section de ma?matiques se tr\vai5t en effet3 ,*ri/ian ,huygh5s1 un des plus gr&s hommes de son temps1 r>e et admirable gnie qui1 p5dant plus de qu9ze ans1 brilla dans l',acadmie et fut le plus illu/re de ses membres4 ,rob]val1 que ,pascal e/imait assez p\r crire3 ,si le pre jsuite connat ,m4 ,rob]val1 il n'e/ pas ncessaire que j'accompagne son nom des loges qui lui sont dus1 et s'il ne le connat pas1 il doit s'ab/5ir de p>l] de ces matires1 puisque c'e/ une preuve indubitable qu'il n'a aucune entre aux hautes connaissances ni de la physique1 ni de la gomtrie4 ,pic>d et ,auz\t1 clbres t\s deux des degrs et des titres 9gaux1 dans l'hi/oire de l'a/ronomie4 ,fr5icle1 dont ,desc>tes et ,f]mat ont l\ la pntration et qui1 presque exclusivem5t appliqu la ?orie des nombres1 avait lutt sans dsavantage contre ces deux gr&s hommes1 lorsqu'ils n'avai5t pas ddaign de le suivre1 quelquefois mme de le provoqu] sur son t]ra94 ,buot1 qui1 d'abord simple ouvri] armuri]1 s'tait in/ruit seul et qu'on s'tonnait de voir si savant sans ent5dre un mot de lat94 ,c>cavy enf91 ami de ,pascal1 et qui sans avoir produit d'inv5tion orig9ale tait alors un savant in/ruit et considrable4 ,les physici5s qui compltai5t l',acadmie sont re/s mo9s clbres4 ,outre ,pecquet1 dont le nom e/ atta* une dc\v]te importante1 l',acadmie comptait3 ,dela*ambre1 mdec9 ord9aire du roi et auteur d'un ouvrage intitul3 ,n\velles conjectures sur la cause de la lumire1 sur les dbordem5ts du ,nil et sur l'am\r d'incl9ation4 ,cet ouvrage a reu de gr&es l\anges2 les mrites1 il faut le croire1 en tai5t aussi v>is que le sujet1 c> il ouvrit son auteur les portes de l',acadmie franaise comme celles de l',acadmie des sci5ces4 ,claude ,p]rault1 le futur ar*itecte du ,l\vre1 mdec9 en mme temps1 comme ,boileau ne l'a laiss ignor] p]sonne1 et de plus naturali/e habile4 ,quoique ,duclos1 ,b\rdel91 ,gayant et ,m>*&1 qui compltai5t la section1 n'ai5t pas laiss de gr&s noms dans la sci5ce1 leur mrite passait alors p\r =t au-dessus du commun4 ,duhamel1 homme trs-docte et d'un esprit f]me et droit1 fut nomm secrtaire4 ,il joignait une gr&e rudition philosophique la politesse et l'lgance de /yle1 en mme temps qu'une excell5te lat9it dont la rputation dcida1 dit-on1 le *oix de ,colb]t4 ,c9q jeunes g5s enf91 ,c\plet1 ,ri*]1 ,niquet1 ,piv]t et ,delannoy1 fur5t adjo9ts aux acadmici5s p\r les aid] dans leurs travaux4 ,le roi assurait p> des p5sions l'exi/5ce des membres de la compagnie n\velle1 en mettant de plus leur disposition les fonds ncessaires p\r excut] les expri5ces et con/ruire les ma*9es juges utiles4 ,l',acadmie se runissait deux fois p> sema9e1 le m]cr$i et le sam$i4 ,quoique t\s les membres fuss5t convoqus1 la sance du m]cr$i tait spcialem5t consacre aux travaux ma?matiques1 et celle du sam$i aux expri5ces de physique1 compr5ant1 d'aprs le langage du temps1 les manipulations de *imie et les travaux d'hi/oire naturelle4 ,les runions ressemblai5t =t peu celles d'auj\rd'hui4 ,l',acadmie1 inconnue au public et peu s\cieuse de se rp&re au dehors1 ne recevait des savants trang]s que de r>es et insignifiantes communications2 une ou deux fois p> an1 t\t au plus1 un inv5teur1 patronn p> quelque gr& p]sonnage1 tait admis lui s\mettre un moy5 de dessal] l'eau de m]1 une solution n\velle du problme des longitudes ou quelque comb9aison *imrique p\r produire de la =ce sans en consomm]444 ,mais les seize acadmici5s1 acc\tums ne compt] que sur eux-mmes1 remplissai5t le plus s\v5t les sances p> leurs propres travaux4 ,les expri5ces1 *oisies et discutes l'avance1 devai5t tre excutes en commun1 dans le laboratoire annex la biblio?que royale1 o se t5ai5t alors les assembles4 ,duclos1 dans le programme des travaux de *imie1 tale t\t d'abord la confiance d'un ignorant qui ne d\te de ri54 ,la *imie1 il ne faut pas l'oubli]1 e/ de cration t\te rc5te1 et les trans=mations des corps n'avai5t jamais t ratta*es1 avant ,/ahl qui v9t qu>ante ans plus t>d1 une ?orie rellem5t sci5tifique4 ,duclos cep5dant n'y ap]oit pas de secrets2 il dcl>e le nombre des lm5ts1 en assigne la nature et le rle et1 sans m>qu] aucun emb>ras1 met et propose comme indubitables les pr9cipes les plus absolus et les plus faux4 ,le s\fre1 le m]cure et le sel ne sont pas1 suivant lui1 des corps simples1 et p> la rsolution des mixtes naturels1 il ne re/e jamais que de l'eau4 ,c'e/ elle qui1 altre p> un effici5t impalpable et spirituel1 produit le m]cure1 le s\fre et le sel4 ,les esprits p>faits et qui ont quelque p>ticipation de la vie conti5n5t un troisime pr9cipe1 nomm ar*e1 en sorte qu'il exi/e en t\t trois pr9cipes3 le corps matriel qui e/ l'eau1 l'esprit altratif et l'me vivifiante ou ar*e4 ,les *imi/es1 on le voit1 avai5t beauc\p dsappr5dre4 ,le plan d'tudes trac p> ,p]rault p\r l'anatomie et la botanique fait p>atre au contraire beauc\p de savoir et de s5s4 ,les re*]*es anatomiques doiv5t compr5dre1 suivant lui1 en mme temps que la description des organes1 la re*]*e de leur usage et le mcanisme de leur action4 ,quelques organes bi5 connus rempliss5t des fonctions encore trs-ca*es et des effets vritables et manife/es1 tels p> exemple que la gnration du lait1 dp5d5t de quelque organe qu'on n'a pas pu dc\vrir4 ,un anatomi/e doit donc employ] la fois les yeux et la raison1 en cons]vant t\tefois quelque avantage aux yeux sur la raison mme4 ,p]rault di/+ue galem5t de l'hi/oire et de la description des plantes l'tude plus philosophique de leur naissance et de leur accroissem5t4 ,beauc\p d'auteurs anci5s ont crit sur ce sujet2 leurs ass]tions sont d\teuses1 il s]ait utile de les vrifi]4 ,e/-il vrai1 p> exemple1 qu'une plante puisse se reproduire p> les sels tirs de sa c5dre8 ,la t]re qui n\rrit la plante peut-elle la produire p> sa propre fcondit sans avoir reu de sem5ce8 ,exi/e-t-il dans la plante1 comme dans les animaux1 une p>tie pr9cipale qui donne l'me et le m\vem5t t\tes les autres1 et cette p>tie n'e/-elle pas la rac9e8 ,que faut-il p5s] enf9 de ce qu'on a nomm les sympa?ies et les antipa?ies des plantes8 ,si le sap9 e/ considr comme l'ami des autres arbres1 cela ne ti5t-il pas seulem5t ce que sa rac9e1 droite et plongeante1 ne gne en ri5 les plantes places dans son vois9age8 ,si l'olivi] passe p\r un arbre peu sociable1 n'e/-ce pas p\r une raison contraire8 ,*aque acadmi5 tait invit propos] son programme1 et il en rsulta une gr&e v>it de projets4 ,un membre de la ,compagnie1 dont le procs-v]bal ne donne pas le nom et qui1 p\r cette raison1 e/ peut-tre ,duhamel qui l'a rdig1 propose de *oisir un tang p\r faire t\rn] l'eau en son milieu1 laquelle communiqu]a le m\vem5t au re/e de l'eau p> diffr5ts degrs de vitesse1 p\r y exam9] le m\vem5t des div]s corps flottants en div]s endroits et 9galem5t loigns du milieu1 p\r faire quelque comp>aison des plantes dans le monde4 ,auz\t1 mieux inspir1 dem&ait que quelques-uns de la ,compagnie euss5t commission de voir les ouvri]s1 leurs outils et leurs in/rum5ts1 la manire de les employ]1 savoir ce qui leur manque et appr5dre leurs secrets et leurs sophi/]ies4 ,c\plet fut *>g de suivre cette ide1 qui devait produire la belle collection des ,arts et mti]s publie un sicle plus t>d p> l',acadmie4 ,huygh5s aussi remit son projet1 et ,m4 ,b\tron en possde l'autographe orig9al avec des notes approbatives crites sans d\te de la ma9 de ,colb]t4 ,sid5ote3 ,bon4 ,faire les expri5ces du vuide p> la ma*9e et autrem5t et dt]m9] la pesanteur de l'air4 ,sid5ote3 ,bon4 ,exam9] la =ce de la p\dre canon en l'enf]mant en petite quantit dans une boite de f] ou de cuivre =t espaisse4 ,sid5ote3 ,bon4 ,exam9] de mme faon la =ce de l'eau r>fie p> le feu4 ,sid5ote3 ,bon4 ,exam9] la =ce et la vitesse du v5t et l'usage qu'on en tire la navigation et aux ma*9es4 ,sid5ote3 ,bon4 ,exam9] la =ce de la p]cussion ou la communication du m\vem5t dans la r5contre des corps1 dont je crois avoir donn le premi] les vritables rgles4 ,p\r l',assemble de ,physique4 ,la pr9cipale occupation de cette ,assemble et la plus utile doibt e/re1 mon avis1 de travaill] l'hi/oire naturelle peu prs suivant le desse9 de ,v]ulamius4 ,cette hi/oire consi/e en expri5ces et en rem>ques et e/ l'unique moy5 p\r p>v5ir la connoissance des causes de t\t ce qu'on voit dans la nature4 ,comme p\r savoir ce que c'e/ que la pesanteur1 le *aud1 le froid1 l'attraction de l'aimant1 la lumire1 les c\leurs1 de quelles p>ties e/ compos l'air1 l'eau1 le feu et t\s les autres corps1 quoy s]t la respiration des animaux1 de quelle faon croiss5t les metaux1 les pi]res et les h]bes1 de t\tes lesquelles *oses on ne sait encore ri5 ou trs peu1 n'y ayant p\rtant ri5 au monde dont la connoissance s]oit tant s\hait] et plus utile4 ,sid5ote3 ,bon4 ,l'on devroit1 suivant les div]ses matires dont j'en vi5s de nomm] quelques-unes1 di/+u] les *apitres de cette hi/oire et y amass] t\tes les rem>ques et expri5ces qui reg>d5t *acune en p>ticuli]1 et de ne se pas tant mettre en pe9e d'y rapport] des expri5ces r>es et difficiles faire1 que celles qui p>oiss5t ess5tielles p\r la dc\v]te de ce que l'on *]*e1 qu& bi5 mme elles s]oi5t =t communes4 ,l'utilit d'une telle hi/oire faite avec fidlit s'e/5d t\t le g5re huma9 et dans t\s les sicles v5ir1 p>ce qu'outre le pr(it qu'on peut tir] des expri5ces p>ticulires p\r div]s usages1 l'assemblage de t\tes e/ t\j\rs un fondem5t assur p\r ba/ir une philosophie naturelle1 dans laquelle il faut ncessairem5t procd] de la connoissance des effets celle des causes4 ,la *imie et la dissection des animaux sont assurm5t ncessaires ce desse91 mais il faudroit que les oprations de l'une ou de l'autre t5diss5t t\j\rs augm5t] cette hi/oire de quelque article important et qui reg>da/ la dc\v]te de quelque *ose qu'on se propose1 sans p]dre de temps plusieurs mesmes rem>ques de quelques circon/ances dont la connoissance ne peut avoir de la suite2 p\r ne pas enc\rir le repro*e que faisoit ,s5eque aux philosophes anci5s3 ,inv5iss5t =sitan necess>ia nisi et sup]flua qusiss5t4 ,il faudroit comm5c] p> les matires que l'on jug]a les plus belles et utiles1 dont on p\rra di/ribu] plusieurs la fois autant de p]sonnes de ceux qui compos5t l'assemble qui t\tes les sema9es y f]ont le rapport et lecture de ce qu'ils auront recueilli1 et ce s]a a9si une occupation rgle1 dont le fruit s]a indubitablem5t trs gr&4 ,,huygh5s4 ,cette note date de #afff1 poque laquelle ,colb]t proposa ,l\is ,,xiv la fondation de l',acadmie des sci5ces4 ,c'e/ cette mme anne que ,huygh5s1 appel p> le gr& m9i/re et dot d'une p5sion considrable1 v9t se fix] ,p>is4 ,pic>d comm5a immdiatem5t avec ,auz\t et ,huygh5s une srie d'obs]vations a/ronomiques1 et1 en proposant de con/ruire p\r les plantes des tables plus compltes que celles de ,kepl]1 il disait ses motifs d'espr] ses succs4 ,on a1 dit-il1 quantit de n\velles obs]vations qui ont t faites trs-exactem5t en div]s lieux1 lesquelles1 jo9tes et comp>es celles des annes prcd5tes1 donn5t une connaissance de l'a/ronomie bi5 plus p>ticulire que celle qu'on a eue p> le pass4 ,la gomtrie n'avait pas encore t p\sse au po9t o elle e/ prs5tem5t2 on a p\r obs]v] des in/rum5ts beauc\p meilleurs que ceux dont se sont s]vis les anci5s4 ,a pe9e avait-on1 du temps de ,kepl]1 de gr&es lunettes de six ou sept pi$s4 ,on en fait auj\rd'hui de soixante pi$s4 ,la m?ode dont lui et ceux qui l'ont prcd se sont s]vis p\r mesur] le temps e/ =t inc]ta9e1 et trs-loigne de la prcision que n\s donn5t les horloges p5dule1 qui m>qu5t les m9utes et mme les secondes avec beauc\p plus d'exactitude que les horloges communes ne m>quai5t les heures et les demi-heures1 et elles sont d'une si gr&e utilit que l'on peut1 p> leur moy51 non-seulem5t rectifi] les heures des toiles fixes sans aucun in/rum5t1 mais encore faire plusieurs obs]vations qui sans cela s]ai5t impossibles4 ,que si1 t\s ces avantages1 on aj\te les sec\rs qu'il plat ,sa ,maje/ de promettre cette sci5ce si ncessaire dans l'usage de la vie1 et p> laquelle on puisse espr] de bons et gr&s in/rum5ts avec un lieu propre et tel qu'on le s\haite p\r obs]v]1 on aura t\t lieu de se promettre de bons rsultats4 ,le ciel sembla favoris] la compagnie naissante3 deux clipses1 aussi rappro*es qu'elles puiss5t l'tre1 se succdr5t qu9ze j\rs d'int]valle4 ,la premire surt\t prs5ta un spectacle curieux et une in/ruction importante4 ,qu& la lune s'clipsa l'horizon1 le soleil lui-mme n'tait pas encore ca*4 ,ce s+uli] phnomne avait t obs]v dj p> ,pl9e et p> ,moe/l91 le matre de ,kepl]4 ,les acadmici5s1 qui ne l'ignorai5t pas1 y prir5t cep5dant un gr& intrt2 en voyant en effet la lune s'obscurcir lorsque ri5 en app>5ce n'int]cepte p\r elle les rayons du soleil1 on demeure assur1 sans rec\rir aucune autre preuve1 que les a/res relevs p> la rfraction ne sont pas o ils sembl5t tre4 ,l',acadmie1 plaant au nombre de ses travaux a/ronomiques l'tude immdiate de la rfraction1 rsolut d'appr(ondir une ?orie aussi indisp5sable l'exactitude de t\tes les autres4 ,huygh5s proposa plusieurs m?odes qui fur5t suivies et p]fectionnes1 et l',acadmie contribua faire disp>atre une erreur grave presque univ]sellem5t admise jusqu'alors4 ,la rfraction1 qui dim9ue avec l'lvation de l'a/re obs]v1 ne devi5t nulle qu'au zni?2 les obs]vateurs1 qui l'avai5t nglige p\r les hauteurs plus gr&es que #de1 s'tai5t tromps p> l de plus d'une m9ute sur la latitude de ,p>is1 base ncessaire de t\s les travaux de l',obs]vatoire4 ,les ma?matici5s eux-mmes entreprir5t une uvre collective4 ,un trait de mcanique1 compos p> eux1 devait tre l'une des premires productions de l',acadmie4 ,*aque gomtre1 t\r de rle1 composait un *apitre et1 comme on disait alors1 tait dput p\r p5s] une "q4 ,plusieurs sances tai5t consacres ensuite lire son travail et le discut]4 ,desc>tes1 que le plus gr& nombre des acadmici5s reconnaissai5t p\r leur matre1 avait dit cep5dant3 ,on voit s\v5t qu'il n'y a pas autant de p]fection dans les ouvrages composs de plusieurs pices et faits de la ma9 de plusieurs matres qu'en ceux auxquels un seul a travaill4 ,le n\veau trait ne dm5tit pas ce jugem5t1 et si le temps qu'on y a consacr lui donne une place dans l'hi/oire de l',acadmie1 il n'en occupe aucune dans celle des progrs de la sci5ce4 ,l',acadmie1 qui devait compos] en mme temps et qui composa en effet un trait sur l'hi/oire des animaux1 en amassait confusm5t les matriaux1 en suivant1 sans ordre rguli] et sans desse9 prmdit1 le seul has>d des occasions3 un r5>d1 un blaireau1 une f\9e1 une civette1 un putois1 une belette1 plusieurs salam&res1 un camlon1 une gazelle1 un sapaj\1 un ours1 un hrisson1 une cigogne1 une tigresse1 un dromadaire1 une *\ette1 un e/urgeon et une oie vivante dont on exam9a les organes respiratoires1 se succdr5t dans les sances du sam$i sur la table de dissection4 ,mais la plus clatante et la plus mmorable de t\tes les dissections fut celle d'un lphant de la mnag]ie de ,v]sailles4 ,le roi y assi/a2 l'opration eut lieu ,v]sailles4 ,elle tait comm5ce depuis quelque temps1 lorsque le roi1 sans s'tre fait annonc]1 entra t\t c\p dans la salle et dem&a o tait l'anatomi/e qu'il ne voyait po9t4 ,duv]ney1 le scalpel la ma91 s'leva alors des flancs de l'animal o il tait engl\ti et fit devant lui l'hi/oire des pr9cipaux organes1 en y mlant sans d\te quelque +nieuse flatt]ie4 ,l'il1 apport ,p>is1 fut tudi avec gr& so92 la trompe occupa deux sances2 la *air1 le c]veau1 l'ivoire et la liqueur du pric>de fur5t analyss p> les *imi/es1 c'e/--dire successivem5t s\mis une di/illation qui dtruit les pr9cipes sans en rvl] la nature4 ,le corps d'une femme supplicie fut livr un j\r l',acadmie2 le procs-v]bal des oprations e/ rdig cette fois avec des dveloppem5ts inusits4 ,on rapporte l'preuve propose p> *acun et presque t\j\rs excute4 ,les acadmici5s1 att5tifs pr(it] d'une occasion trs-r>e alors1 ti5n5t sance extraord9aire plusieurs j\rs de suite et qu& on cessa les travaux1 il tait impossible de les cont9u]4 ,colb]t1 dans son zle p\r la compagnie qu'il avait fonde1 avait autoris les acadmici5s exam9]1 p\r leur in/ruction1 les malades dsesprs de l',htel-,dieu4 ,matre alors de l'adm9i/ration1 il disposait de t\t dans l'tat4 ,cette fois cep5dant1 il ne fut pas obi4 ,les religieuses1 avec une inv9cible f]met1 refusr5t l'entre de l'hpital1 et la ,commission acadmique rev9t1 comme dit son rapporteur ,pecquet1 sans avoir ri5 fait4 ,l',acadmie1 qui publia sur l'hi/oire des animaux deux volumes de gr& intrt et ri*es d'obs]vations orig9ales1 ne produisit sur la botanique qu'un long et inutile travail4 ,guide p> une fausse imag9ation1 elle dem&ait la di/illation des plantes t\t le secret de leurs pr9cipes div]s1 et p5dant plusieurs annes1 elle employa la plus gr&e p>tie de son temps di/ill] avec une p]svrance ob/9e t\tes les espces connues1 sans rem>qu] l'inconvni5t grave d'une telle pratique et la /rilit de la m?ode4 ,les pr9cipes immdiats rellem5t c>actri/iques sont dcomposs en effet dans l'opration1 et les vgtaux les plus dissemblables1 tels que la cigu1 le pavot ou le bl1 donn5t exactem5t le mme produit4 ,les diffr5ces re/5t donc ca*es et t\t ab\tit confondre les problmes sans les claircir4 ,les exemples d'analyse p> di/illation sont nombreux dans l'hi/oire de l',acadmie4 ,un j\r1 la compagnie tant assemble1 on procde la di/illation d'un melon t\t enti] dont on avait seulem5t t les gra9es et dont le poids tait de c9q livres4 ,la liqueur di/ille fut fractionne en neuf p>ties qui se tr\vr5t t\tes1 l'exception de la premire1 mdiocrem5t acides4 ,la neuvime et d]nire avait beauc\p de sel volatil1 et il re/a quatre gra9s de sel lixiviel4 ,un autre exemple confirm]a la trompeuse facilit de ce que l'on nommait analyse *imique la f9 du ,,xviie sicle4 ,la compagnie tant assemble le #ad juillet #affg1 ,m4 ,b\rdel9 a fait voir l'analyse de qu>ante crapauds t\t vivants4 ,il y en avait qui tai5t g>ds depuis dix-huit j\rs dans un pani]1 et ceux-l s5tai5t =t mal2 ils pesai5t deux livres1 onze onces et plus4 ,on en a tir tr5te-c9q onces1 trois gros de liqueur2 les c9q premires onces ont t tires au ba9 vaporeux3 la premire1 claire et limpide1 d'une saveur piquante1 a blan*i l'eau de sublim2 la seconde a r5du laiteuse l'eau de sublim2 la troisime a lgrem5t prcipit l'eau de sublim et tr\bl l'eau de vitriol2 la quatrime a plus prcipit l'eau de sublim2 la c9quime a fait ces effets encore plus =tem5t4 ,il en re/e dix onces =t s*es4 ,tels sont les rsultats visiblem5t in=mes et sans porte dont l',acadmie1 p5dant prs de tr5te ans1 *>gea patiemm5t ses regi/res4 ,les macrations quelquefois v5ai5t en aide la di/illation4 ,je suis d'avis1 disait ,dod>t l',acadmie1 un j\r o elle t5ait conseil p\r dt]m9] et arrang] l'ordre de ses travaux1 je suis d'avis que l'on cont9ue cette anne macr] des plantes4 ,n\s ne sommes pas assurs que cette prp>ation confonde ou altre les pr9cipes1 il e/ probable qu'elle les dmle2 et suppos qu'elle les altre1 il e/ bon de savoir quelle altration elle cause1 et comme il n'y a gure d'app>5ce que les analyses n\s fass5t voir dans les produits ce qu'ils sont et ce qu'ils peuv5t faire1 il faut au mo9s qu'elles n\s fass5t voir ce qu'on peut y faire p> quelque voie que ce soit2 or la macration e/ une de ces voies et des pr9cipales4 ,au lieu de prom5] son att5tion sur des communications trop nombreuses et trop rapides p\r la captiv]1 l',acadmie avait p\r c\tume de consacr] une sance t\t entire l'tude d'une "q qui re/ait l'ordre du j\r p5dant plusieurs sema9es1 quelquefois mme p5dant plusieurs mois de suite2 elle s'arrtait sur *aque difficult1 discutait t\s les po9ts de vue1 jugeait les op9ions opposes et dans les cas demeurs d\teux faisait immdiatem5t appel l'expri5ce4 ,de telles confr5ces1 s\v5t ple9es d'intrt et de vie1 si elles n'accroissai5t pas t\j\rs la sci5ce1 ex]ai5t au mo9s les plus habiles et s]vai5t l'in/ruction de t\s4 ,une des que/ions les plus longuem5t tudies fut celle de la coagulation qui1 p5dant l'anne #affi1 occupa v+t sema9es de suite t\tes les sances du sam$i4 ,des animaux vivants1 un agneau et un *eval entre autres1 fur5t am5s au laboratoire et livrs au scalpel4 ,l'illu/re ,huygh5s1 dont l'esprit vif et t5du embrassait t\tes les que/ions1 proposa cette occasion sur la nature des liquides une op9ion longuem5t motive et rem>quable beauc\p d'g>ds4 ,la liquidit suivant lui ne consi/e pas seulem5t dans le dta*em5t des p>ties du corps1 mais encore dans un m\vem5t cont9uel de ces p>ties4 ,plusieurs raisons1 dit-il1 le r5d5t vraisemblable1 et premirem5t cette proprit des liqueurs de se faire une surface plane et horizontale1 c'e/--dire de faire desc5dre t\te sa masse1 e/ une *ose qu'on ne conoit pas qui se puisse faire p> la seule petitesse et non-cohr5ce des p>ties1 p>ce qu'on voit qu'un tas de bl ou de gra9s de m\t>de ou de sable ne s'aplatit pas1 mais demeure en =me de pyramide2 mais qu& on sec\e longtemps1 quoique p> petit c\ps1 le vaisseau qui les conti5t1 ce qui cause du m\vem5t dans t\s les gra9s1 on voit qu'ils se mett5t de niveau a9si qu'un liquide4 ,huygh5s dans un autre passage1 propos de la coagulation du lait1 p>le de la *aleur qui n'e/1 qu'une agitation plus viol5te des mmes p>ties du lait4 ,cette ide1 auj\rd'hui presque triomphante1 qui fait de la *aleur un m\vem5t des molcules1 a t propose plusieurs fois devant l',acadmie des sci5ces4 ,on lit au procs-v]bal du #bc ju9 #afgg3 ,il y a beauc\p d'app>5ce que la *aleur vi5t du m\vem5t1 la =te d'un m\vem5t trs-vif et la faible d'un m\vem5t assez l5t444 ,en un mot1 je ne sais quel m\vem5t c'e/ que la *aleur1 mais je suppose que c'e/ un m\vem5t4 ,les physici5s auj\rd'hui n'en peuv5t pas dire davantage4 ,m>iotte et ,p]raut invits p>l] sur la coagulation y employr5t *acun une sance entire sans ri5 dire qu'on doive rapport]4 ,p5dant que les sances du sam$i tai5t consacres l'tude de la coagulation1 la discussion d'une ma*9e propose et con/ruite p> ,huygh5s p\r mesur] la =ce de l'air et des liquides en m\vem5t1 occupait celles du m]cr$i4 ,la "q p\r des c>tsi5s tait lie trs-intimem5t la cause et au mcanisme de la pesanteur4 ,huygh5s proposa les conjectures qui devai5t peu de temps aprs lui inspir] le petit crit3 ,de causu gravitatis4 ,elles s\levr5t des contradictions1 et la compagnie fut =t p>tage4 ,rob]val tr\vait la "q trop difficile et trop haute4 ,on ne doit pas1 disait-il sagem5t1 prononc] sur de tels my/res2 le fond en e/ entirem5t impntrable1 et il faudrait1 p\r les claircir1 quelque s5s p>ticuli] et spcial dont n\s manquons4 ,sans s'emb>rass] dans la re*]*e des causes1 il tait d'avis qu'on s'en tnt au fait4 ,l',acadmie cep5dant v\lut rassembl] ses conseils et ses =ces p\r jug] une "q qui surpasse sans d\te l'intellig5ce huma9e et qu'aucune dcision ne saurait tran*]4 ,une premire commission dont le rapporteur fut ,m>iotte proposa des objections auxquelles ,huygh5s rpondit aussitt2 l',acadmie alors *>gea ,pic>d de prononc] df9itivem5t4 ,le prud5t a/ronome1 ennemi des discussions et des inc]titudes1 dcl9a une telle responsabilit1 mais ,duhamel et ,p]raut dcl>r5t longuem5t leurs p5ses4 ,huygh5s ma9t9t les si5nes1 et la discussion qui n'eut ri5 que de faible se prolongea p5dant plusieurs sema9es sans autre effet1 comme on aurait pu le prvoir1 que d'aff]mir *acun dans son op9ion4 ,les travaux a/ronomiques tai5t en mme temps activem5t p\rsuivis4 ,la con/ruction de l',obs]vatoire1 dcide en #affd1 fut comm5ce en #affg4 ,le #ba ju91 une commission d'acadmici5s dt]m9a l'ori5tation de la faade4 ,ri5 n'e/ plus mal ent5du que cet difice4 ,p]raut1 malgr t\t son tal5t1 s'y montra plus curieux de l'h>monie et de la rgul>it des =mes que des beso9s vritables de la sci5ce4 ,des dispositions rclames p> les a/ronomes et dont ,colb]t lui-mme avait reconnu l'utilit fur5t ob/9m5t rep\sses p> lui1 comme incompatibles avec la beaut de l'ensemble4 ,l'art d'obs]v] pr\vait d'ailleurs ce mom5t une vritable rvolution1 et les a/ronomes les plus habiles n'tai5t d'accord eux-mmes ni sur la nature ni sur le *oix des in/rum5ts y in/all]4 ,pic>d et ,auz\t aurai5t v\lu t\t dispos] p\r l'a/ronomie de prcision1 pr5dre j\r p> j\r des mesures rgulires et exactes et au catalogue m9utieux des toiles jo9dre les tables des m\vem5ts plantaires et des positions de la lune2 mais leur influ5ce devait cd] au crdit de ,dom9ique ,cass9i4 ,c'tait ,pic>d lui-mme qui1 sur l'e/ime qu'il avait conue de ses tal5ts1 avait rcemm5t attir les bi5faits de ,colb]t sur ce r$\table rival4 ,homme d'esprit et homme de qualit1 facile et agrable d'humeur1 habitu la reprs5tation et l'clat extrieur1 ,cass9i obt9t aism5t la faveur du roi2 habile la mnag]1 il excellait *>m] son imag9ation1 excit] sa curiosit et la satisfaire quel qu'en ft l'objet avec une m]veilleuse assurance4 ,un j\r1 une comte p>ut dans le ciel4 ,le roi dsira savoir v]s quelle rgion elle se dirigeait4 ,cass9i qui ne l'avait obs]ve qu'une fois1 le lui dit immdiatem5t4 ,la comte suivit une autre r\te1 mais le roi ne s'en in=ma pas et se s\v9t seulem5t que p\r un homme aussi habile que ,m4 ,cass9i les a/res n'avai5t pas de secrets4 ,en dc\vrant deux n\veaux satellites de ,saturne1 ,cass9i put se glorifi] d'avoir port le nombre total des a/res errants au beau *iffre de #ad1 qui avait l'honneur d'tre uni au nom illu/re de ,l\is4 ,la flatt]ie eut un ple9 succs1 et une mdaille1 frappe p> ordre du roi1 en consacra le s\v5ir4 ,pic>d et ,auz\t1 aussi simples que mode/es1 empresss d'ailleurs proclam] le mrite et la sci5ce de ,cass9i1 devai5t p>atre prs de lui de bi5 petits compagnons4 ,cass9i fut donc presque seul consult p> l'ar*itecte de l',obs]vatoire4 ,il n'appr\va pas t\t1 et ses mmoires po/humes donn5t un libre c\rs aux critiques2 mais il accorda publiquem5t de gr&es l\anges ,p]raut1 et les rclamations ne pur5t tre bi5 n]giques contre un monum5t dont le desse91 la gr&eur et la solidit lui p>aissai5t admirables4 ,la solidit1 rsultat de l'paisseur des murs1 tait un gr& inconvni5t2 elle emp*a l'in/allation des deux in/rum5ts les plus utiles aux obs]vateurs mod]nes3 la lunette mridi5ne inv5te p> ,roem] et le c]cle mural d ,pic>d4 ,t\s deux en effet exig5t dans la maonn]ie une ouv]ture cont9ue allant de l'horizon au zni?4 ,cet inconvni5t e/ tel que c5t ans plus t>d un des desc5dants de ,cass9i proposait p\r y remdi] de ras] l'difice au niveau du premi] tage4 ,cass9i1 qui fut le premi] directeur de l',obs]vatoire1 *]*ait surt\t dans la sci5ce des rsultats isols et brillants et semblait peu se s\ci] de prp>] p> d'obscurs travaux les dc\v]tes de ses successeurs4 ,l'imp]fection des in/rum5ts de prcision devait donc le gn] mo9s qu'un autre4 ,mais ,pic>d en s\ffrit beauc\p1 et quoiqu'en re/ant t\j\rs avec ,cass9i dans les meilleures relations1 il n'obt9t que l5tem5t les sec\rs ncessaires p\r ralis] ses projets1 t\j\rs cep5dant utilem5t et l>gem5t conu4 ,les a/ronomes de l',acadmie en att5dant l'a*vem5t de l'uvre de ,p]raut ne demeurai5t pas inactifs4 ,l\is ,,xiv les avait *>gs de mesur] la gr&eur de la t]re4 ,pic>d et ,auz\t1 en excutant ce travail1 introduisir5t dans leurs obs]vations un des p]fectionnem5ts les plus importants qu'ait reu depuis deux sicles l'a/ronomie de prcision4 ,ils appliqur5t p\r la premire fois les lunettes la mesure des angles4 ,cette ide1 propose p> ,huygh5s dans son crit sur le sy/me de ,saturne et p]fectionne p> ,pic>d et p> ,auz\t1 devait assur] aux obs]vations une exactitude presque illimite4 ,les lunettes avai5t rvl dans le ciel ,galile1 ,kepl] et leurs successeurs d'importants dtails invisibles l'il nu1 mais cette reprs5tation sans ralit1 =me p> les rayons lum9eux aprs tant de dviations 9gales et mal connues1 ne semblait pas p\voir indiqu] mme approximativem5t leur direction primitive4 ,la lunette en effet montre la fois une inf9it de po9ts diffr5ts2 v]s lesquels e/-elle prcism5t dirige8 ,lorsqu'on obs]ve avec une lunette un objet =t loign1 une toile p> exemple1 la lunette montre son image =me au foy] du v]re antrieur1 nomm objectif1 et la position de cette image reg>de trav]s une l\pe1 nomme oculaire1 v>ie avec celle de l'il de l'obs]vateur4 ,pic>d p\r prcis] la direction place dans la lunette1 la di/ance mme o peut se =m] l'image1 deux fils trs-f9s qui se crois5t p]p5diculairem5t2 l'obs]vateur1 p> le dplacem5t de l'in/rum5t1 doit am5] le po9t de croisem5t recevoir l'image de l'objet qu'il tudie4 ,mais il faut deux po9ts p\r dt]m9] une direction1 et les deux fils1 p> leur croisem5t1 n'en donn5t qu'un seul4 ,telle fut l'objection qui1 en obscurcissant l'inv5tion de ,pic>d1 emp*a t\j\rs le clbre ,hvlius de l'appliqu] ses in/rum5ts4 ,pic>d1 exact au fond mais confus dans ses explications1 apportait cep5dant une preuve dcisive1 je veux dire l'preuve mme4 ,l'anci5ne m?ode donnait des rsultats d'autant plus rappro*s des si5s qu'on l'appliquait avec plus d'habilet et de so94 ,l'+nieux1 acadmici5 avait en effet compltem5t raison4 ,lorsque les fils conv5ablem5t disposs ca*5t l'image d'un po9t loign1 la ligne dirige v]s l'objet e/ dt]m9e et t\j\rs la mme dans l'intrieur de la lunette dont elle e/ l'axe vritable2 les po9ts situs sur son prolongem5t ne sont pas seuls ap]u p> l'obs]vateur1 mais ils sont seuls viss p> l'in/rum5t4 ,t\s les obs]vateurs auj\rd'hui pr(it5t de cette inv5tion1 et grce elle les plus mdiocres surpass5t ,ty*o en prcision1 autant et plus peut-tre que ,ty*o surpassait ses prdcesseurs4 ,la position de plusieurs villes du royaume1 dt]m9e a/ronomiquem5t p> ,pic>d1 devait s]vir la mesure du mridi54 ,quelques rsultats trs-inatt5dus suggrr5t l',acadmie le desse9 plus va/e de les ratta*] un ensemble en con/ruisant une n\velle c>te de ,france4 ,cette rsolution appr\ve p> ,colb]t fut suivie d'un prompt effet4 ,pic>d et ,lahire comm5cr5t les travaux sans ret>d1 mais ral5tis et int]rompus s\v5t p> la ncessit des affaires1 ils n'tai5t pas =t avancs la mort de ,pic>d4 ,cass9i eut l'honneur de cont9u] ce gr& ouvrage dont la clbre c>te qui porte son nom et qui fut t]m9e p> son arrire-petit-fils devait tre le d]ni] rsultat4 ,lorsqu'une tude entreprise se tr\vait t]m9e ou ab&onne1 l',acadmie1 t\j\rs empresse pass] d'un travail un autre1 avisait aussitt un b n\veau atte9dre et p> des discussions p>fois trs-prolonges s'ef=ait de trac] sa r\te et d'y rgl] sa m>*e l'avance4 ,c'e/ a9si que le #c novembre #affi1 qu9ze sujets d'expri5ce et d'tude fur5t successivem5t proposs4 ,presque t\s sont insignifiants et je cit]ai seulem5t les suivants3 ,faire l'analyse du caf et du ? p\r savoir p\rquoi ils emp*5t de dormir4 ,faire l'analyse de l'ur9e p\r savoir ce qui fait sa v]tu p\r les g\tteux et contre les vapeurs4 ,*]*] des purgatifs agrables au gt4 ,un autre j\r1 l',acadmie n'ayant ri5 de mieux faire1 on proposa d'enlev] la rate des *i5s1 et l'on tr\va p\r t\t rsultat qu'ils tai5t plus gais et ur9ai5t davantage4 ,l',acadmie1 t\j\rs exacte faire une expri5ce au mo9s dans *aque runion du sam$i1 pr5ait s\v5t des *i5s p\r victimes4 ,plus d'un1 piqu p> une vipre1 s]vit d'preuve la v]tu des antidotes rputs efficaces4 ,ils ne m\rai5t pas t\s1 mais l'9gale gravit des morsures et la =ce plus ou mo9s gr&e de l'animal expliquai5t suffisamm5t la diffr5ce des rsultats4 ,l',acadmie1 qui rev9t plus d'une fois sur ces expri5ces1 semblait se plaire v>i] le *oix des victimes4 ,un *at fut mordu au v5tre2 il vivait la f9 de la sance1 mais il m\rut deux j\rs aprs4 ,une gr5\ille mordue p> une vipre m\rut la nuit suivante4 ,deux vipres mordues p> deux autres vipres vivai5t encore la f9 de la sance1 et le procs-v]bal aj\te en po/-scriptum3 ,elles se port5t auj\rd'hui =t bi54 ,un petit s]p5t fut galem5t mordu2 il m\rut le l5dema94 ,trois pigeons enf9 ayant t mordus p> trois vipres1 les deux premi]s m\rur5t1 le troisime survcut et assi/a la sance suivante o l'on put con/at] qu'il s'tait =m une crote sur la plaie4 ,la "q1 on le voit1 ne faisait pas de gr&s progrs4 ,elle fut reprise en #agcg l'occasion d'un remde propos p> un *>latan et qui fit gr& bruit4 ,l',acadmie sacrifia encore neuf pigeons1 v+t-deux p\lets1 deux coqs1 une oie1 deux *ats et huit *i5s1 sans donn] de conclusion c]ta9e4 ,dans l'une des sances o priodiquem5t en quelque sorte1 l',acadmie ayant puis son programme avait se dem&]3 ,qu'allons-n\s entrepr5dre8 ,pic>d1 aprs avoir trac le tableau judicieux des dsid]ata de l'a/ronomie1 proposa qu'en att5dant l'a*vem5t de l',obs]vatoire1 une commission ft envoye ,uranib\rg p\r en dt]m9] exactem5t la position et r5dre possible la comp>aison des tables rudolph9es de ,ty*o ,brah avec les rsultats qu'on obti5drait ,p>is4 ,la rsolution fut appr\ve immdiatem5t p> ,colb]t1 et ,pic>d lui-mme p>tit p\r le ,danem>k4 ,il devait avant t\t dt]m9] la hauteur du ple ,uranib\rg4 ,en r5dant compte des m9utieuses prcautions dont il s'e/ ent\r1 ,pic>d fit connatre1 p\r la premire fois1 les s+uli]s dplacem5ts que qu9ze ans d'obs]vations lui avai5t rvl dans la position de l'toile polaire et qui l'ont fait t\*] de bi5 prs l'une des gr&es dc\v]tes de l'a/ronomie mod]ne4 ,ces 9galits qui lui semblai5t inexplicables n'ont plus auj\rd'hui ri5 de my/rieux4 ,bradley en rvlant leur cause a expliqu leur loi4 ,elles dp5d5t1 en p>tie au mo9s1 comme il l'a montr avec vid5ce1 de la vitesse de la t]re qui1 comp>able celle de la lumire1 altre 9galem5t aux div]ses poques de l'anne la direction app>5te suivant laquelle n\s p>vi5n5t les rayons issus d'une mme toile4 ,si ,pic>d1 qui ne l'a pas mme s\ponn1 n'a aucun droit cette gr&e dc\v]te1 on en doit peut-tre admir] davantage la p]fection jusque-l in\e des obs]vations qui1 en dehors de t\te ide prconue1 lui ont rvl d'aussi m9utieux dtails4 ,la mridi5ne d',uranib\rg fut l'occasion d'un gr& tonnem5t4 ,la direction assigne p> ,ty*o prs5tait dix-huit m9utes d'erreur4 ,devait-on accus] l'habilet ou le so9 du gr& a/ronome ou voir dans le dplacem5t de la mridi5ne une preuve de la v>iation du ple8 ,un trop gr& nombre d'obs]vations s'accord5t pr\v] le contraire1 et il fallut bi5 admettre *ez l'exact et consci5cieux ,ty*o une erreur r5due inexplicable p> son vid5ce mme4 ,n\s osons promettre la po/rit1 aj\te ,pic>d avec une lgitime confiance1 que si1 dans la suite des temps1 on tr\ve qu'il faille *ang] de plus d'une m9ute ce que n\s avons tabli sur ce sujet1 ce s]a p\r lors que l'on p\rra s'assur] de l'in/abilit de la ligne mridi5ne4 ,le voyage d',uranib\rg donna l',acadmie une =ce et une gloire n\velles4 ,le jeune ,roem]1 ram5 en ,france p> ,pic>d et introduit dans l',acadmie1 fut d'abord un de ses membres les plus actifs et bi5tt un des plus illu/res4 ,roem] en effet a mesur le premi] la vitesse de la lumire1 laquelle ,pic>d p> une voie t\te diffr5te avait t\* de si prs4 ,les satellites de ,jupit]1 en circulant aut\r de la plante1 trav]s5t priodiquem5t le cne d'ombre projet p> elle l'oppos du soleil4 ,si leur m\vem5t tait uni=me aussi bi5 que celui de ,jupit]1 les entres ou imm]sions dans le cne d'ombre se succd]ai5t int]valles gaux1 et il en s]ait de mme des sorties ou m]sions2 si la lumire se propage in/antanm5t1 la rgul>it des obs]vations reproduira fidlem5t celle des phnomnes1 mais si au contraire les rayons lum9eux emploi5t un c]ta9 temps p>c\rir la di/ance v>iable qui n\s sp>e de ,jupit]1 l'obs]vation 9galem5t ret>de accus]a dans les int]valles des diffr5ces qui n'ont ri5 de rel et dont la loi e/ vid5te4 ,lorsque la t]re s'loigne de ,jupit]1 n\s fuyons p\r a9si dire devant les rayons qu'il n\s envoie1 le ret>d va en augm5tant1 et les int]valles app>5ts sont plus gr&s que les int]valles rels4 ,l'effet e/ contraire lorsqu'en n\s rappro*ant de la plante1 n\s allons au-devant de ses rayons4 ,or un exam5 facile de la position des a/res montre que1 dans le premi] cas1 ,jupit] ca*ant ses satellites au mom5t de l'imm]sion1 l'm]sion e/ seule visible de la t]re2 les imm]sions au contraire le sont seules dans le second cas4 ,si donc la propagation de la lumire n'e/ pas in/antane1 l'int]valle entre deux imm]sions conscutives obs]ves doit sembl] plus c\rt que celui de deux m]sions1 et la diffr5ce s]a d'autant plus gr&e que la lumire m>*e mo9s vite4 ,c'e/ p> ces considrations +nieuses que ,roem] osa fix] v+t-deux m9utes le temps employ p> la lumire trav]s] le diamtre de l'orbite t]re/re4 ,un p>adoxe aussi h>di heurtait non-seulem5t l'op9ion commune mais l'une des ass]tions les plus rsolues et les plus tran*antes de ,desc>tes2 les savants devai5t y rsi/]4 ,encore que la loi de ,roem] p>aisse nettem5t dans les moy5nes1 lorsqu'en appr(ondissant la matire on veut *]*] dans le dtail des obs]vations une preuve plus prcise et plus c]ta9e1 l'ordre fait place la confusion1 et de cont9uelles anomalies en altrant les rsultats prvus sembl5t les conva9cre d'erreur4 ,cass9i1 qui entrant dans la p5se de ,roem] en avait vant d'abord la n\veaut et la =ce1 allguait contre elles des objections considrables4 ,p5dant que la t]re en effet s'loigne de ,jupit]1 le premi] satellite s'clipse plus de c5t fois2 et si1 comme l'affirmait ,roem]1 la vue de la d]nire clipse e/ ret>de de v+t-deux m9utes p> rapport celle de la premire1 l'accroissem5t moy5 de l'int]valle qui sp>e deux clipses e/ de treize secondes environ4 ,de si petites diffr5ces ne sont pas crites dans les phnomnes en c>actres assez visibles1 et sans p>l] des erreurs d'obs]vation d'autres 9galits peuv5t1 on le compr5d1 les effac] compltem5t et en r5v]s] le s5s4 ,roem] cep5dant se df5dait avec vigueur et succs4 ,on lit dans l'extrait des regi/res remis ,colb]t en #afgh3 ,m4 ,roem] a confirm p> de n\velles obs]vations ses s5tim5ts t\*ant la vitesse de la lumire1 prt5dant que son m\vem5t ne se fait pas en un in/ant4 ,comme ce problme e/ un des plus beaux que l'on ait encore proposs sur ce sujet et que ,m4 ,cass9i y a tr\v quelques difficults1 on l'a exam9 s\v5t dans l'assemble4 ,la compagnie a tr\v que cette m?ode p\r tr\v] le temps que la lumire des a/res emploie son m\vem5t e/ la meilleure et la plus +nieuse dont on se soit avis jusqu' prs5t4 ,mais dans l'hi/oire rdige p> lui des travaux a/ronomiques de l',acadmie1 ,cass9i ti5t un t\t autre langage et se prononce h>dim5t dans un s5s oppos4 ,on a comp>1 dit-il1 le temps de deux m]sions pro*a9es du premi] satellite dans une des quadratures avec le temps de deux imm]sions pro*a9es dans la quadrature oppose de cette plante1 et bi5 que la lumire d'un satellite la f9 de sa rvolution dans la premire quadrature fasse mo9s de *em9 p\r v5ir la t]re dont ,jupit] s'appro*e qu' la f9 de sa rvolution dans la seconde1 qu& ,jupit] s'loigne de la t]re et que cette diffr5ce monte t\t au mo9s trois c5t mille lieues de *em9 dans un temps de plus que dans l'autre1 on n'a pas tr\v de diffr5ce s5sible entre les deux espaces de temps4 ,ce n'e/ pas1 aj\te ,cass9i1 que l',acadmie ne se soit ap]ue1 dans la suite de ses obs]vations1 que le temps d'un nombre considrable d'imm]sions d'un mme satellite e/ s5siblem5t plus c\rt que celui d'un p>eil nombre d'm]sions1 ce qui peut en effet s'expliqu] p> le m\vem5t successif de la lumire1 mais elle ne lui a pas p>u suffisante p\r conva9cre que le m\vem5t e/ en effet successif4 ,la dc\v]te de ,roem]1 auj\rd'hui solide et inattaquable1 a t confirme p> t\s les progrs de la sci5ce2 les objections p\vai5t cep5dant et devai5t tre faites1 et ,cass9i1 en susp5dant son jugem5t1 ne fait p>atre aucun esprit de dnigrem5t ou de jal\sie4 ,la "q v+t ans plus t>d semblait encore d\teuse1 et ,font5elle en analysant un travail de ,m>aldi concluait avec lui ou bi5 peu s'en faut en faveur de la propagation in/antane4 ,il p>at1 dit-il1 qu'il faut r5onc]1 quoique peut-tre avec regret1 l'+nieuse et sduisante hypo?se de la propagation successive de la lumire1 ou du mo9s l'unique preuve c]ta9e que l'on crt en avoir2 c> une preuve manque ne r5d pas une *ose impossible4 ,une autre expdition plus clbre encore que celle de ,pic>d fut celle de ,ri*] envoy ,cay5ne p\r y faire1 s\s un ciel et dans un climat n\veaux1 d'importantes obs]vations a/ronomiques4 ,plusieurs que/ions lui tai5t p>ticulirem5t signales1 p>mi lesquelles l'obs]vation de la plante ,m>s excitait au plus haut po9t l'impati5te curiosit des savants4 ,l',acadmie1 dit ,font5elle1 att5dait le ret\r de ses missionnaires comme l'arrt d'un juge appel prononc] sur les difficults qui divis5t les a/ronomes4 ,il s'agissait en effet de dt]m9] la di/ance de ,m>s la t]re p\r en conclure le rayon encore inconnu de l'orbite t]re/re4 ,les a/ronomes ne connaissai5t que des rapports4 ,ils savai5t trs-exactem5t que la di/ance de ,m>s au soleil e/ une fois et demie celle de la t]re au soleil1 mais on n'avait sur la gr&eur absolue de l'une d'elles que d'insignifiantes conjectures4 ,anaxagore1 en supposant le soleil aussi gr& que le ,ploponse1 valuait sa di/ance la t]re mille ou d\ze c5ts lieues t\t au plus4 ,ari/>que1 p> des mesures +nieuses mais =t grossires1 l'avait porte d\ze c5ts rayons t]re/res2 ,desc>tes n'en supposait que sept huit c5ts2 ,kepl] au contraire avait tripl le nombre d',ari/>que4 ,les obs]vations de ,ri*] devai5t sextupl] celui de ,kepl]4 ,m>s alors appro*ait autant que possible de la t]re1 et l'on esprait p\voir mesur] l'angle =m p> deux rayons visuels dirigs v]s lui au mme in/ant1 l'un de ,p>is1 l'autre de ,cay5ne4 ,ri5 de plus facile en ?orie que la dt]m9ation d'un tel angle4 ,les difficults sont t\tes d'excution1 mais elles sont considrables4 ,devant la di/ance des toiles1 le diamtre de la t]re disp>at en quelque sorte et s'van\it2 les rayons dirigs v]s l'une d'elles p> deux obs]vateurs loigns sont rig\reusem5t p>allles1 et l'on peut p> suite rapport] une mme direction et comp>] p> l l'un l'autre deux rayons dirigs v]s ,m>s de deux po9ts loigns du globe4 ,malheureusem5t la t]re t\rne et se dplace4 ,m>s lui-mme n'e/ pas immobile1 et une seconde de ret>d dans une obs]vation peut dvi] de plus de qu9ze secondes le rayon dirig v]s lui2 si l'on songe qu'un angle de v+t-c9q secondes fait t\t le dnom5t du problme1 on p]d l'espoir d'obt5ir1 deux mille lieues de di/ance1 deux obs]vations rellem5t simultanes4 ,il faut s'affran*ir de cette condition1 et la m>*e rgulire de la plante1 s\mise des lois bi5 connues1 p]met de calcul] d'aprs la position obs]ve celles qui la prcd5t ou qui la suiv5t2 on doit enf9 dans une re*]*e aussi dlicate prvoir t\tes les causes d'erreur et en corrig] les effets4 ,l'vnem5t trompa d'abord t\tes les esprances4 ,les erreurs d'obs]vation1 en comp5sant =tuitem5t les diffr5ces de direction1 assignr5t une valeur nulle l'angle qu'on v\lait mesur]2 mais ,cass9i1 en re*]*ant jusqu' la s\rce la cause possible d'un rsultat aussi inacceptable1 fut conduit s\ponn] un qu>t de m9ute d'erreur1 en assignant l'angle une valeur de v+t-c9q secondes que donnai5t ses propres obs]vations et qui e/ exacte4 ,cass9i en effet avait rsolu le problme sans employ] les obs]vations de ,cay5ne4 ,le pr9cipe de sa m?ode e/ +nieux2 puisque la comp>aison des obs]vations n'exige pas qu'elles soi5t simultanes1 on peut *oisir p\r les comp>] deux obs]vations faites six heures de di/ance dans un seul et mme obs]vatoire4 ,la t]re1 dans son m\vem5t bi5 connu1 emporte l'obs]vateur plus lo9 de sa position primitive que ,p>is ne l'e/ de ,cay5ne1 et la diffr5ce de temps peut remplac] la di/ance des lieux4 ,c'e/ l'obs]vation du p5dule qui devait immortalis] surt\t le nom de ,ri*] et le s\v5ir de son expdition4 ,le p5dule qui bat les secondes e/ plus c\rt l'quateur qu' ,p>is1 et ce fait bi5 obs]v n\s montre p> une consqu5ce trs assure que la pesanteur y e/ mo9dre4 ,huygh5s1 en valuant la =ce c5trifuge produite p> la rotation de la t]re1 fit connatre une cause considrable mais non pas unique de cette dim9ution qui se ratta*e avec c]titude la =me aplatie de la t]re4 ,mais la suite de ces dductions e/ accessible aux seuls gomtres1 et les autres savants n'y vir5t p5dant bi5 des annes qu'une +nieuse conjecture qu'ils discutai5t sans s'ent5dre4 ,il re/ait donc beauc\p faire p\r fix] les esprits et r5dre la dmon/ration conva9cante4 ,c9quante ans plus t>d les deux p>tis jugeai5t ncessaire une n\velle expdition acadmique qui1 p\r les mettre d'accord1 dut *]*] des preuves vid5tes et irrfragables dans des mesures directes et prcises4 ,le roi ,jacques ,,ii1 dans une visite l',obs]vatoire de ,p>is le #bg avril #afij1 avait rapport l'op9ion de ,newton sur l'aplatissem5t de la t]re4 ,les acadmici5s dans leur rponse invoqu5t assez s+ulirem5t les obs]vations de ,ri*] p\r rep\ss] une ?orie dont elle f\rnit la preuve la plus assure4 ,on rpondit1 dit le procs-v]bal1 que cette ide tait v5ue quelques-uns l'occasion de quelques obs]vations de ,jupit] qui a p>u quelquefois n'tre pas p>faitem5t sphrique1 mais que la p>tie de l'ombre de la t]re qui tombe sur la lune p>aissait assez circulaire p\r p]suad] que la figure de la t]re ne s'loigne pas s5siblem5t de la sphrique1 que cette conjecture avait t assez =tifie p> les obs]vations de la longueur des p5dules faites p> les p]sonnes envoyes p> l',acadmie des sci5ces ,cay5ne1 au cap ,v]t et aux ,antilles1 o le p5dule secondes s'e/ tr\v con/amm5t s5siblem5t plus c\rt que dans notre climat1 mais que cette diffr5ce p\vait tre attribue aux tempratures de l'air1 puisque dans un mme lieu n\s tr\vons une petite diffr5ce entre l't et l'hiv]4 ,cette explication e/ inacceptable1 et une temprature de #bjj degrs au mo9s s]ait ncessaire p\r produire les effets obs]vs4 ,les expri5ces sur la transfusion du sang faisai5t gr& bruit en ,anglet]re4 ,l',acadmie prit so9 de les reproduire et de les v>i]4 ,les ,anglais remplaai5t h>dim5t le sang d'un homme p> celui d'un sujet plus robu/e ou mieux portant1 en esprant p> l *ang] non-seulem5t le tempram5t mais le c>actre du pati5t4 ,le sang d'un lion p> exemple devait enflamm] l'homme le plus timide et lui donn] avec une noble fi]t un c\rage inv9cible4 ,les savants de ,londres p\r gurir un f\ avai5t remplac la plus gr&e p>tie de son sang p> celui d'un homme sa9 d'esprit2 mais le malade1 cont9uant draisonn] sur t\s les po9ts sauf sur un seul peut-tre1 c\rait les rues de ,londres en se disant le m>tyr de la ,socit royale4 ,les acadmici5s franais oprr5t seulem5t sur des *i5s4 ,ils ne fur5t pas heureux4 ,l'animal qui donnait son sang se rtablissait assez bi51 l'autre languissait et m\rait presque t\j\rs4 ,le p>lem5t in=m de ces rsultats df5dit p> arrt la transfusion comme inutile et dang]euse4 ,la ma*9e pneumatique1 inv5te ,magdeb\rg p> ,otto de ,guricke et apporte p> ,huygh5s devant l',acadmie1 fut aussi p\r elle un sujet d'tudes et l'in/rum5t d'expri5ces trs nombreuses4 ,p>mi les s+ul>its obs]ves on peut signal] l'effet produit sur un poisson qui1 plac s\s le rcipi5t dans un vaisseau ple9 d'eau1 tomba au fond sans p\voir remont]1 mme aprs la r5tre de l'air4 ,sa vessie natatoire s'tait vide d'air et ne fonctionnait plus4 ,c'e/ ,huygh5s galem5t qui annona le premi] l',acadmie la =ce expansive de la glace1 en pr(itant p\r la r5dre s5sible du rude hiv] de #affh4 ,le phosphore de l'ur9e1 dc\v]t p> ,br&t1 fut galem5t mis s\s les yeux de l',acadmie et prp> p> ,homb]g dans le laboratoire4 ,l',acadmie ces j\rs-l dev5ait une cole1 et l'un de ses membres trans=m en pr(esseur donnait l'enseignem5t t\s les autres4 ,colb]t p5dant t\te sa vie se montra favorable la compagnie qu'il avait fonde4 ,ple9 de mnagem5ts et de prv5ances p\r elle1 soigneux de ses intrts comme de sa dignit1 facile ses projets et ses entreprises1 il se plaisait lui r5dre de bons (fices4 ,in=m des travaux comm5cs1 att5tif en mme temps aux re*]*es p>ticulires et animant *acun dans ses propres desse9s1 il savait s\t5ir sans dirig]2 habile jug] les hommes et les pr\vant au beso91 il se faisait le protecteur et l'appui1 non le guide de ceux qu'il avait apprcis et *oisis4 ,sa mort fut un gr& malheur p\r les savants4 ,l'imprieux ,l\vois1 second protecteur de l',acadmie1 s'occupa =t peu d'elle et =t mal4 ,l'esprit qui l'animait n'tait pas celui de la sci5ce4 ,les intrts du roi tai5t p\r lui la loi suprme1 et le so9 de sa gr&eur la seule affaire de consqu5ce4 ,les bi5faits et la faveur dont il daignait les honor] imposai5t aux acadmici5s l'obligation de se t5ir t\j\rs s\s sa ma9 prts s]vir ses projets en s'y appliquant t\t enti]s4 ,le #af fvri] #afhf un ,m4 de ,la ,*apelle1 dlgu p> ,l\vois et int]prte de ses volonts1 v9t propos] l',acadmie une di/9ction fausse et grossire entre les re*]*es utiles et la sci5ce de pure curiosit1 comme s'il exi/ait deux lumires1 l'une p\r guid] les hommes1 l'autre p\r *>m] leurs yeux4 ,j'ai dj eu l'honneur de dire l',acadmie1 dit ,m4 de la ,*apelle1 que ,mgr de ,l\vois dem&e ce que l'on peut faire au laboratoire2 il m'a ordonn d'en p>l] encore4 ,ne peut-on pas considr] ce travail ou comme une re*]*e curieuse ou comme une re*]*e utile8 ,j'appelle re*]*e curieuse ce qui n'e/ qu'une pure curiosit ou qui e/ p\r a9si dire un amusem5t des *imi/es2 cette compagnie e/ trop illu/re et a des applications trop srieuses p\r ne s'atta*] ici qu' une simple curiosit4 ,j'ent5ds une re*]*e utile celle qui peut avoir rapport au s]vice du roi et de l'tat4 ,le n\veau protecteur prt5dait1 on le voit1 retran*] les curiosits inutiles et les amusem5ts de l'esprit2 o la curiosit n'e/ pas admise p\r elle-mme1 il ne faut pas espr] cep5dant que la sci5ce se dveloppe et re/e en honneur4 ,mais l',acadmie1 acc\tume s'incl9] au mo9dre signe v5u de si haut1 n'avait pas discut] avec un m9i/re t\t-puissant4 ,m4 de ,la ,*apelle avait fait connatre quelques-uns des problmes utiles dont on dsirait la solution4 ,ne s]ait-il pas p]mis1 disait-il1 d'exam9] les effets du m]cure1 de l'antimo9e1 du qu9qu9a1 du laudanum et du pavot selon les diffr5tes prp>ations1 et de faire des analyses exactes du ?1 du caf et du cacao dont l'usage se r5d si commun1 soit comme remde1 soit comme alim5t8 ,m4 ,b\rdel91 qui nagure di/illait des crapauds1 se di/+ua p> son empressem5t4 ,quelques sema9es aprs la visite de ,m4 de ,la ,*apelle1 il apportait l',acadmie l'analyse de trois livres d'excell5t caf4 ,ces #c livres ont donn1 dit-il1 #bj onces #g gros de liqueur qu'on a tire p> la cornue4 ,la premire1 de #d onces un peu au/re a r\gi le t\rnesol4 ,la seconde1 avec un peu d'acidit1 a fait c\leur de v9 de ,*blis avec le vitriol4 ,la troisime a fait c\leur de m9ium en mettant une portion de vitriol sur sept de cette liqueur4 ,la quatrime1 d'odeur de cum9 au/re et amre1 a r5du laiteuse la solution du sublim4 ,une p>tie de vitriol sur deux a fait c\leur de m9ium4 ,la c9quime p>tie =t acide et mle de sulfur1 a prcipit le sublim4 ,une p>tie de cette liqueur avec deux de vitriol a fait c\leur de m9ium =t fonce4 ,la sixime de #c onces a fait eff]vesc5ce avec l'esprit de sel1 et il re/e #h onces #b gros figs4 ,la tte morte avait plus de volume que le caf4 ,une telle analyse *appe la classification de ,l\vois2 elle n'e/ ni curieuse ni utile4 ,b\rdel91 dit ,font5elle1 aimait tant le caf que sur la f9 de sa vie qu& les mdec9s le lui int]dir5t1 il se flatta longtemps d'tre dsespr p\r p\voir sans scrupule en pr5dre tant qu'il v\drait4 ,son analyse1 s'il en e/ a9si1 ne peut suggr] qu'une rflexion3 puisque le caf tait excell5t1 il aurait mieux fait de le boire4 ,l',acadmie reprit plus d'une fois sans succs l'tude du caf4 ,dans un mmoire lu en #agae1 on y signale des pr9cipes sal9s et sulfureux1 en t]m9ant p> quelques indications plus pratiques4 ,l'expri5ce1 dit l'auteur qui n'e/ autre que le premi] acadmici5 de la clbre famille de ,jussieu1 a introduit quelques prcautions que je ne saurais blm] t\*ant la manire de pr5dre cette infusion4 ,telles sont celles de boire un v]re d'eau aup>avant de pr5dre le caf1 de corrig] p> le sucre l'am]tume qui p\rrait le r5dre dsagrable1 et de le ml] de lait ou de crme p\r en t5dre le s\fre1 emb>rass] les pr9cipes sal9s et le r5dre n\rrissant4 ,m4 ,purgon n'aurait pas mieux dit4 ,p]raut affecta plus de dfr5ce encore aux vues de ,l\vois en apportant l',acadmie une inv5tion =t biz>re p\r d\bl] la vitesse d'un b\let de canon4 ,le projectile ord9aire1 dans le projet de ,p]raut1 s]ait remplac p> un second canon qui doit lanc] le b\let p5dant son trajet dans l'intrieur de la gr&e pice1 en lui imprimant outre sa vitesse propre celle que lui communique l'action de la p\dre4 ,p\r ne ri5 p]dre enf91 on doit dispos] petite di/ance un anneau assez =t p\r ret5ir le petit canon au passage1 sans tre endommag p> le *oc4 ,malgr la ju/e considration qui ent\rait ,p]raut dans l',acadmie1 on n'ordonna pas la ralisation d'un projet dont la nave h>diesse1 en faisant s\rire plus d'un homme de gu]re1 dut montr] ,l\vois que les acadmici5s ne sont pas des artilleurs et que le mieux e/ de laiss] *acun ses travaux naturels4 ,le d"p d',huygh5s aprs la rvocation de l'dit de ,nantes1 la mort de ,pic>d et la retraite de ,rm] en ,danem>k fur5t p\r l',acadmie des p]tes irrp>ables4 ,elle se tr\va prive t\t c\p de ses lumires les plus prcieuses4 ,quoique p\r la *imie la /rile abondance de ,duclos et t heureusem5t remplace p> l'activit plus fructueuse de ,homb]g1 le zle des autres membres s'affaiblissait2 le travail en commun dev5u une gne p\r t\s tait ab&onn peu peu1 et l'on avait pe9e bi5 s\v5t occup] les deux heures de la sance4 ,les procs-v]baux qui nagure remplissai5t *aque anne deux volumes1 l'un p\r les sam$is1 l'autre p\r les m]cr$is1 se rduisir5t au po9t que les comptes r5dus des annes #afhh #afia1 t\j\rs crits p> ,duhamel avec la mme exactitude1 n'occup5t plus ensemble qu'un seul volume qui les runit sans di/9ction4 ,l'activit r5at ensuite1 il e/ vrai1 mais elle se dplace2 *acun veut us] de son initiative et ds]te les r\tes traces l'avance4 ,la lutte entre les deux sy/mes1 comm5ce ds les premires annes de l',acadmie1 s'tait r5\vele plusieurs reprises et se dcl>ait de plus en plus4 ,l',acadmie1 dans l'int5tion des fondateurs1 devait absorb] compltem5t en elle l'individualit de ses membres1 produire l'unit des esprits dans la sci5ce et dans la doctr9e et p>atre seule au dehors1 non-seulem5t p\r pr5dre "p aux dc\v]tes de *acun et s'en glorifi]1 mais en se les appropriant sans cit] aucun nom4 ,avant de publi] p\r la premire fois ses travaux1 la ,compagnie se dem&a si elle devait nomm] dans la prface les p>ticuli]s qui avai5t fait quelques dc\v]tes2 on fut d'avis de ne les po9t nomm]1 et il fut dcid qu'on se cont5t]ait de dire que les dc\v]tes ont t faites dans l',acadmie4 ,cette trange galit1 dcrte mais non obt5ue1 n'tait pas sans prcd5t1 et les expri5ces des acadmici5s del ,cim5to ,flor5ce sont re/es leur proprit commune4 ,l',acadmie de ,p>is1 en s'appropriant a9si les travaux de ses membres1 dniait *acun d'eux le droit de les inscrire dans ses propres ouvrages4 ,on lit au procs-v]bal du #ah aot #afhh3 ,la ,compagnie1 p\r vit] que dornavant les p]sonnes qui la compos5t n'insr5t dans leurs ouvrages p>ticuli]s les obs]vations et les n\velles dc\v]tes qui sont faites dans les assembles1 a /atu d'un commun cons5tem5t qu' l'av5ir *acun de ceux qui v\dront faire imprim] de leurs ouvrages s]a oblig d'en donn] avis la ,compagnie et d'y apport] son manuscrit p\r y tre exam91 ou p> l',acadmie en corps1 ou p> les commissions qu'elle nomme p\r cet effet4 ,a l'g>d des ouvrages qui ont t imprims p> ceux qui la compos5t1 la ,compagnie a rsolu de rev5diqu] ce qui lui app>ti5t t\tefois et qu& l'occasion s'en prs5t]a4 ,la compagnie a pri ,m4 de ,la ,*apelle de savoir la volont de ,mgr de ,l\vois1 protecteur de l',acadmie1 avant que d'insr] le prs5t rglem5t dans les regi/res4 ,ce passage e/ trs-rem>quable4 ,on y voit clairem5t l'tat intrieur de l',acadmie et les causes d'un affaiblissem5t qui frappait t\s les yeux4 ,les ma?matici5s empitai5t peu peu sur t\t le re/e4 ,cass9i1 l',hpital1 ,v>ignon1 ,la ,hire et ,homb]g1 sans s'a/re9dre plus longtemps *]*] la vrit en commun1 produis5t isolm5t et sans gr& clat1 d'in/ructifs et nombreux travaux2 mais ils ont pe9e remplir les sances4 ,les sci5ces d'obs]vation n'y occup5t plus qu'une trs-petite place2 t\t semble all] l'ab&on4 ,le laboratoire e/ dlaiss1 l',acadmie n'a plus de rgle1 et l'assiduit de ses membres dim9ue s5siblem5t4 ,un gr& *angem5t tait ncessaire2 l'abb ,bignon1 neveu du troisime protecteur ,pont*>tra91 eut le mrite de le compr5dre4 ,aprs s'tre fait donn] p> son oncle la direction de l',acadmie1 il obt9t de la r5\vel] p> un rglem5t qui1 en accroissant le nombre de ses membres et lui donnant le droit de se recrut] elle-mme1 la r5dit la fois plus =te et plus libre1 plus florissante et plus fconde4 ,l',,organisation ,,de #afii4 ,l',acadmie des sci5ces1 en #afii1 reut un gr& accroissem5t2 l'organisation n\velle levait de seize c9quante le nombre de ses membres et les p>tageait en trois classes3 celles des honoraires1 des p5sionnaires et des associs2 la premire compose de dix membres et les deux autres *acune de v+t4 ,a *aque p5sionnaire enf9 tait atta* un lve qui1 =m p> lui et in/ruit prs de l',acadmie laquelle il app>t5ait p> avance1 devait en s'y dv\ant t\t enti] mrit] successivem5t le titre d'associ et les avantages des p5sionnaires4 ,les membres honoraires tai5t en quelque sorte les mdiateurs de l',acadmie auprs du roi et de ses m9i/res2 ils devai5t aid] leurs confrres de leur crdit1 les honor] p> leur prs5ce et les enc\rag] p> leur att5tion4 ,les plus gr&s seigneurs re*]*r5t ce rle et t9r5t s\v5t honneur d'aj\t] leurs titres celui d'acadmici54 ,le rglem5t affirmait leur intellig5ce et leur savoir dans les ma?matiques et dans la physique1 mais une gr&e bi5veillance p\r les savants et le dsir exprim d'entr] en comm]ce famili] avec eux tai5t s\v5t la plus gr&e preuve qu'on leur en dem&t et la seule m>que qu'ils en puss5t f\rnir4 ,la prm95ce leur app>t5ait de droit dans l',acadmie1 et le roi *aque anne *oisissait p\r prsid5t et p\r vice-prsid5t deux des membres honoraires4 ,les anci5s acadmici5s fur5t presque t\s admis dans la classe des p5sionnaires4 ,on les p>tagea en six sections de trois membres *acune3 celles de gomtrie1 d'a/ronomie1 de mcanique1 de *imie1 d'anatomie et de botanique4 ,le secrtaire et le trsori] compltai5t le nombre de v+t4 ,d\ze des associs tai5t ,franais et habitai5t ,p>is4 ,rp>tis comme les p5sionnaires entre les six sections1 ils portai5t c9q le nombre de leurs membres4 ,l',acadmie1 p\r attir] elle t\tes les gloires1 p\vait *oisir les huit autres associs p>mi les savants trang]s4 ,on dcida p> un trs-sage conseil que1 dsigns p> l'clat non p> la nature de leurs travaux1 ils n'app>ti5drai5t aucune section4 ,en cas de vacance p>mi les honoraires1 l',acadmie devait propos] un c&idat l'agrm5t du roi4 ,p\r les places de p5sionnaires1 elle en prs5tait trois p>mi lesquels deux au mo9s dj associs ou lves4 ,la nom9ation des associs se faisait comme celle des p5sionnaires1 et sur les trois c&idats prs5ts1 deux au mo9s devai5t tre *oisis p>mi les lves2 mais la rgle fut r5v]se1 et en #agaf1 un rglem5t n\veau imposa au contraire l'obligation d'inscrire sur la li/e prs5te au roi un c&idat au mo9s trang] l',acadmie1 af9 que ,sa ,maje/ pt *aque lection si elle le jugeait utile rajeunir et =tifi] l',acadmie p> l'adjonction d'un membre n\veau4 ,les associs pr5ai5t "p t\s les travaux de l',acadmie1 mais ils n'op9ai5t que sur les que/ions de sci5ce4 ,en cas de d\te sur un de leurs droits1 les honoraires et les p5sionnaires en dcidai5t en d]ni] ressort la majorit des suffrages4 ,*aque p5sionnaire *oisissait son lve et le faisait agrer p> la ,compagnie1 qui le proposait la nom9ation du roi4 ,plusieurs *oix se portr5t1 comme on devait s'y att5dre1 sur des fils1 des neveux ou des frres qui fur5t admis sans opposition4 ,les lves ne votai5t jamais2 ils ne devai5t p>l] que sur l'invitation du prsid5t et ne p>tageai5t dans les premires annes aucun des droits des acadmici5s2 mais l'appr5tissage peu peu dev9t un surnumr>iat accept et brigu p> des c&idats d'une sci5ce dj pr\ve4 ,galois proposa ,ozanam plus que sexagnaire qui cons]va1 jusqu' l'ge de soixante-qu9ze ans1 avec le titre d'lve1 la situation presque humiliante qu'il lui attribuait dans la compagnie2 plusieurs autres1 en se di/+uant p> leurs dc\v]tes1 prir5t dans l',acadmie une lgitime influ5ce4 ,le titre d'lve mettait une trop gr&e diffr5ce entre des savants gaux s\v5t p> le tal5t comme p> la r5omme2 on le supprima en #agaf en crant d\ze adjo9ts auxquels une plus gr&e "p fut accorde dans les dlibrations et dans les travaux4 ,l'in/itution des associs libres e/ de mme date2 sans app>t5ir aucune section et sans cultiv] spcialem5t une des bran*es de la sci5ce1 ils devai5t p> leurs lumires gnrales prt] l',acadmie un prcieux conc\rs4 ,c'e/ cette classe qu'ont app>t5u le *irurgi5 ,lapeyronie1 l'+nieur ,belidor1 le magi/rat a/ronome ,dionis du ,sj\r et l'illu/re ,turgot1 qui cep5dant aurait si bi5 t5u sa place p>mi les honoraires4 ,l',acadmie r5\vele et agr&ie fut sol5nellem5t in/alle au ,l\vre1 et un logem5t spacieux et magnifique remplaa la petite salle de la biblio?que du roi4 ,les sances1 comme p> le pass1 fur5t fixes au m]cr$i et au sam$i1 mais aux re*]*es en commun condamnes p> tr5te annes d'preuves mdiocrem5t fructueuses devai5t succd] les ef=ts individuels1 et la libre inspiration de *acun remplac] les programmes qui1 trop exactem5t suivis1 avai5t rompu s\v5t les ides orig9ales4 ,plusieurs fois dj1 il e/ vrai1 l'anci5ne ,acadmie avait runi en un seul volume les re*]*es p]sonnelles et isoles de quelques acadmici5s1 en s'excusant alors en quelque sorte d'une drogation aux vrais pr9cipes4 ,quelque application que l'on ait aux desse9s pr9cipaux que l'on a entrepris1 il e/ difficile1 disait ,font5elle1 de ne s'en pas laiss] dt\rn] de temps en temps p\r travaill] d'autres petits ouvrages1 selon que l'occasion en f\rnit de n\veaux sujets et que l'on y e/ port p> son incl9ation p>ticulire4 ,ces int]ruptions de peu de dure sont t\j\rs p]mises lorsqu'on s'e/ occup de desse9s de longue hale9e1 et il e/ mme important de ne pas laiss] *app] les conjonctures favorables p\r tr\v] c]ta9es *oses qu'il s]ait impossible de dc\vrir en d'autres temps4 ,il arrive s\v5t ceux qui compos5t l',acadmie des sci5ces de faire de ces petites pices1 p\r pr(it] des occasions qui se prs5t5t et p\r se dlass] des longs ouvrages qui ils sont assidm5t appliqus4 ,ces petites pices1 rassembles dans le dsordre de leur production1 =m5t la collection des mmoires1 monum5t durable et uvre p> excell5ce de l',acadmie4 ,*aque acadmici51 m>*ant librem5t dans sa voie s\s la seule inspiration de son propre gnie1 signait son crit1 comme il tait ju/e1 et en demeurait responsable4 ,t\t tait p]mis except le repos2 l',acadmie1 dpt non-seulem5t mais foy] de la sci5ce1 avait p\r maxime que vivant p\r elle seule1 un savant doit1 sans jamais s'en di/raire1 inv5t] et p]fectionn] incessamm5t et sans f9 ni rel*e faire p>atre au mo9s de n\veaux ef=ts4 ,t\t p5sionnaire1 associ ou lve qui s'loignait p\r un temps de l'tude et du travail1 cessait p> cela mme d'tre acadmici54 ,*acun devait communiqu] j\rs fixes et t\r de rle le rsultat de ses re*]*es et de ses essais2 le prsid5t av]tissait et pressait les ret>dataires en les privant en cas de rcidive d'une p>tie de leurs droits acadmiques4 ,sans prvoir ni admettre aucune excuse1 le rglem5t1 plus d'une fois appliqu dans sa rig\reuse duret1 excluait mme jamais comme infidles la sci5ce les membres assidus ou non aux sances1 qui re/ai5t trop longtemps sans y pr5dre la p>ole4 ,cette loi svre et aveugle1 g>di5ne du nombre et non de la qualit des productions1 semblait dni] aux acadmici5s le droit de se dv\] une uvre de longue hale9e et de suivre de gr&s desse9s4 ,on devait heureusem5t s'en rel*] bi5 vite1 mais plus d'une exclusion fut prononce et ma9t5ue4 ,on lit p> exemple au procs-v]bal du #ag fvri] #agad3 ,le roi ayant t in=m que quelques-uns d'entre les associs et les lves de l',acadmie ne faisai5t aucune fonction d'acadmici51 que mme ils n'assi/ai5t presque po9t aux assembles et que1 malgr les div]s avis qui leur avai5t t donns1 ils ne se corrigeai5t pas de leur nglig5ce1 elle p\vait dev5ir d'un dang]eux exemple4 ,sa ,maje/ a cru devoir ne pas diffr] davantage prononc] leur exclusion4 ,v\s aurez donc so9 au plus tt de dcl>] vacante la place d'associ anatomi/e du sieur ,duv]ney le jeune1 celle d'lve anatomi/e du sieur ,aub]1 celle d'lve gomtre du sieur du ,t5or4 ,et le #ae dcembre #agbc3 ,m4 de ,camus1 adjo9t mcanici51 n'ayant satisfait aucun t\r de rle ordonn p> les rglem5ts1 ni assi/ aucune assemble depuis deux ans1 le roi a ordonn que sa place soit dcl>e vacante et qu'on procdt la remplir d'un autre sujet4 ,un autre acadmici5 ray de la li/e p> dcision du rg5t fut le f9anci] ,law4 ,l',acadmie1 qui aurait pu faire un meilleur *oix1 l'avait propos comme c&idat unique une place d'honoraire4 ,il fut agr et sigea plusieurs fois1 mais son impopul>it rapidem5t croissante faisant regrett] sans d\te cette dt]m9ation1 on s'avisa que1 n'tant pas ,franais1 il ne p\vait tre membre honoraire et que son lection tait nulle4 ,l',acadmie eut la dignit et le bon gt de rclam] et de ma9t5ir son *oix4 ,on lui envoya la note suivante1 qui ne porte aucune signature3 ,des jurisconsultes1 plus esclairez que ,,mm4 de l',acadmie des sci5ces en fait de lois et de =malitez1 ont donn avis qu'en nommant ,m4 ,law p\r acadmici5 honoraire1 l'lection e/oit nulle4 ,ces jurisconsultes se fond5t sur ce que l'art4 #c du rglem5t de cette ,acadmie porte en t]mes =mels que les acadmici5s honoraires s]ont t\s rgnicoles2 or c'e/ une qualit qu'on ne scaurait donn] audit sieur ,law qui1 la vrit1 avait obt5u des lettres de naturalit1 mais qui1 ne les ayant pas fait enregi/r] la ,*ambre des comptes e/ t\j\rs rput trang]1 suivant le s5tim5t des au!urs et la jurisprud5ce des arrts4 ,a la loi d'exactitude impose aux acadmici5s s'aj\tait1 dans l'obligation d'exam9] les mmoires prs5ts p> les trang]s1 une fatigue laquelle les =ces des p5sionnaires gs ne suffisai5t pas t\j\rs4 ,p> une faveur r>em5t refuse1 ils obt5ai5t alors le titre de vtrans4 ,saur91 ,jacques ,cass9i1 ,m>aldi1 ,font5elle1 ,leym]y1 ,mairan1 ,la ,condam9e et ,gr&jean-,f\*y l'obt9r5t successivem5t4 ,le p5sionnaire nomm vtran dev5ait libre de t\t travail2 il p]dait1 il e/ vrai1 ses droits la p5sion1 mais l',acadmie1 p> une faveur *aque fois r5\vele1 lui assignait sur les fonds de/9s ses travaux une indemnit quival5te4 ,l',acadmie avait int]dit ses membres de pr5dre sur le titre d'un ouvrage la qualit d'acadmici5 sans s'y tre fait autoris] p> le jugem5t d'une commission4 ,les approbations de ce g5re sont extrmem5t nombreuses dans l'hi/oire de l',acadmie4 ,la fran*ise des commissaires1 sans all] dans aucun cas jusqu' dcl>] l'uvre d'un confrre indigne de l'impression1 v>ie et gradue les l\anges avec une lib]t dont la h>diesse surpr5d quelquefois4 ,d',alemb]t1 p> exemple1 *>g d'exam9] le quatrime volume du trait de physique de l'abb de ,molire1 se borne spirituellem5t et sans comm5taires1 le dcl>] digne de faire suite aux trois premi]s4 ,lorsqu'il s'agissait d'un crit de polmique1 la loi tait surt\t troitem5t obs]ve1 et nul ne p\vait s'y s\/raire sans enc\rir le blme svre de ses confrres4 ,on lit p> exemple au procs-v]bal du #ac dcembre #aghj3 ,j'ai dnonc1 c'e/ ,condorcet qui p>le1 un crit de ,m4 ,sage1 imprim sans l'aveu de l',acadmie1 dans lequel il se tr\ve plusieurs passages qui peuv5t tre dsagrables ,m4 ,tillet4 ,m4 ,sage crit la sance suivante p\r donn] des explications1 mais l',acadmie dcide1 aprs avoir ent5du lecture de sa lettre1 qu'il n'y s]a pas fait de rponse4 ,quelle que ft la contr>it des op9ions1 les discussions entre confrres devai5t tre c\rtoises4 ,l',acadmie le rappela plus d'une fois svrem5t ceux qui semblai5t l'oubli]4 ,l'a/ronome ,lefvre1 possesseur d'un privilge p\r la ,connaissance des temps1 ayant t repris d'erreur p> ,lahire1 l'avait violemm5t attaqu et invectiv dans la prface de l'un de ses volumes4 ,je ne puis me disp5s]1 disait-il1 de rpondre aux invectives d'un petit novice1 auteur suppos d'une anne d'phmrides imprimes depuis peu de temps4 ,ce n\vel auteur1 rempli d'un esprit de vanit de prsomption et de m5songe1 dit dans la prface de ses phmrides que le gr& nombre d'oprations et de calculs dans lesquels il n'e/ pas possible qu'il ne se glisse quelque erreur lui fait cra9dre de ne p\voir pas rpondre l'att5te du public1 mais qu'il espre au mo9s que l'on n'y tr\v]a pas les loignem5ts du ciel aussi gr&s qu'on le voit dans des phmrides qui sont =t e/imes1 et dans lesquelles l'auteur se trompe d'une demi-heure sur l'poque de l'clipse du #ae m>s #afii4 ,on rpond ce jeune novice que l'clipse a t bi5 calcule1 mais qu'on s'e/ tromp en pr5ant un log>i?me4 ,la punition fut prompte et svre4 ,m4 le prsid5t1 dit le procs-v]bal du #ag septembre #agjj1 a dit que dans la prface de la ,connaissance des temps p\r #agja1 compose p> ,m4 ,lefvre1 il y avait des *oses dures et (f5santes p\r ,,mm4 de ,lahire pre et fils qui tai5t suffisamm5t dsigns1 quoiqu'ils ne fuss5t pas nomms4 ,m4 le comte de ,pont*>tra91 qui avait tr\v cette conduite entirem5t contraire au rglem5t1 avait v\lu d'abord que ,m4 ,lefvre ft exclu de l',acadmie1 et cep5dant la prire de ,m4 le prsid5t1 il s'tait rel* p]mettre qu'il cont9ut d'y pr5dre sance l'av5ir1 condition qu'il retir]ait aussitt t\s les exemplaires de son livre qui tai5t *ez l'imprimeur p\r en *ang] la prface1 qu'il en f]ait une autre o il rtract]ait t\t ce qu'il avait dit de ,,mm4 de ,lahire et que de plus il leur dem&]ait p>don en ple9e assemble4 ,m4 le prsid5t a aj\t que ,m4 le *anceli] retir]ait le privilge qui avait t accord ,m4 ,lefvre p\r la ,connaissance des temps1 p>ce qu'il en avait abus4 ,l'heure de la sp>ation de l'assemble ayant sonn avant que ,m4 le prsid5t et entirem5t a*ev de p>l]1 ,m4 ,lefvre n'a ri5 rpondu et on s'e/ sp>4 ,qu9ze j\rs aprs on lit au procs-v]bal3 ,m4 le prsid5t m'a donn lire une lettre qui lui a t crite p> ,m4 ,lefvre4 ,il lui m&e que sa sant ne lui a pas p]mis de se tr\v] l'assemble prcd5te ni la suivante1 mais qu'il se s\mettra plutt que de r5onc] l',acadmie et qu'il vi5dra au premi] j\r faire telle rp>ation qu'on lui ordonn]a4 ,comme l'assemble se sp>ait1 ,,mm4 de ,lahire et t\s les autres acadmici5s ont t de leur propre m\vem5t pri] ,m4 le prsid5t de v\loir bi5 disp5s] ,m4 ,lefvre de dem&] p>don en ple9e assemble4 ,m4 le prsid5t s'e/ laiss fl*ir4 ,lefvre cep5dant ne rep>ut plus l',acadmie1 et ds l'anne suivante on lui appliquait rig\reusem5t le rglem5t qui prononce l'exclusion de t\t membre abs5t plus d'un an sans cong4 ,les mdec9s et les *irurgi5s portr5t aussi plus d'une fois dans l',acadmie l'esprit de ha9e1 de diss5sion et d'envie dont leurs corporations ont t si longtemps affaiblies et tr\bles4 ,le triomphe des mdec9s depuis le milieu du ,,xviie sicle p>aissait df9itif et complet4 ,ddaigneux autrefois de ce qu'ils appelai5t la petite *irurgie1 les matres *irurgi5s1 qui dans leurs exam5s de l'cole de ,sa9t-,cme avai5t acquis le droit de se dire *irurgi5s de robe longue1 ab&onnai5t aux b>bi]s le so9 de saign]1 d'appliqu] les vsicatoires et les v5t\ses1 de pans] les plaies lgres1 et de soign] enf9 les bosses1 apo/umes et contusions4 ,il n'tait beso9 p\r cela ni d'une sci5ce pr(onde1 ni de culture littraire1 mais les limites tai5t vagues et les frat]s1 plus respectueux et plus s\mis aux mdec9s1 tai5t s\v5t aids p> eux les fran*ir4 ,on put bi5tt malgr les rglem5ts et les matrises confondre1 sans trop d'affectation1 les matres en *irurgie pratici5s de robe longue avec les tuvi/es et les b>bi]s4 ,ce fut la ru9e de la *irurgie qui1 t5ue p\r une pr(ession manuelle1 tomba dans une dure et humiliante sujtion4 ,l',univ]sit1 t\j\rs favorable aux mdec9s1 voyait en eux les matres et les arbitres de la *irurgie et le pr\vait p> un argum5t sans rplique3 ,la *irurgie ne fait p>tie d'aucune facult2 elle ne peut donc j\ir des droits rs]vs dans l',univ]sit aux facults qui en dp5d5t4 ,la ,facult de mdec9e s'arrogeait le droit d'tre reprs5te aux exam5s des *irurgi5s l'cole de ,sa9t-,cme et1 ce qui env5imait =t la qu]elle1 int]disait aux c&idats la robe et le bonnet4 ,ses prt5tions allai5t plus lo9 encore2 lorsque ,lapeyronie1 premi] *irurgi5 de ,l\is ,,xv1 obt9t p\r l'cole de *irurgie la cration de c9q dmon/rateurs rtribus p> le roi1 il importe1 disait-il1 de =tifi] l'intellig5ce des lves et de ne ri5 omettre p\r clair] leur esprit4 ,la ,facult de mdec9e1 lo9 d'en demeur] d'accord1 s'y opposait ouv]tem5t et avec n]gie2 elle allguait dans l'intrt mme des *irurgi5s1 que3 le mrite ne consi/e pas savoir plusieurs *oses1 mais excell] dans une2 elle les rappelait aux sages rglem5ts1 aux arrts mme du p>lem5t qui df5dai5t de ri5 enseign] aux *irurgi5s en dehors de leur pr(ession3 qui *irurgos doc5t1 hirurgica tantum doceant4 ,e/-il ncessaire en effet p\r bi5 saign] de connatre la nature du sang8 ,avec une in/ruction trop t5due et trop leve les *irurgi5s s]ai5t exposs mpris] leur art et le dlaiss] p\r des tudes spculatives4 ,la *irurgie d'ailleurs e/ une pr(ession manuelle1 et la raison en e/ vid5te3 *irurgie tire son orig9e d'un mot de la langue grecque qui signifie la ma91 et celui qui ne travaille que de la ma9 ne doit aussi ex]c] que la ma94 ,sans s'arrt] de tels argum5ts et malgr les contradictions les plus op9itres1 le roi autorisa l',acadmie de *irurgie publi] ses mmoires1 et1 ce que la facult de mdec9e tr\va plus insupportable encore1 l'cole de ,sa9t-,cme exig] de ses lves la matrise s arts1 que n\s nommons auj\rd'hui baccalaurat s lettres4 ,depuis longtemps dj la *irurgie p\vait cit] des hommes de gr& mrite4 ,plusieurs *irurgi5s avai5t sig l',acadmie des sci5ces1 et leurs confrres en tirai5t avantage4 ,on dem&e1 disai5t-ils dans leur judicieuse et =te df5se1 on dem&e la ,facult de ,p>is et t\s les mdec9s1 si les mmoires de ,,mm4 ,mry1 ,rohault1 ,lapeyronie1 ,j4-,l4 ,petit et ,mor&1 imprims p>mi ceux de l',acadmie des sci5ces1 ne sont pas en aussi gr& nombre que ceux que les mdec9s ont f\rnis8 ,les *irurgi5s et les mdec9s1 diviss p> leur humeur discordante et incompatibles ailleurs p> leurs incessantes ho/ilits1 sigeai5t en effet ensemble l',acadmie des sci5ces qui1 sans se faire l'arbitre de leurs diss5sions ni les am5] une paix s9cre1 sut t\j\rs les apais] s9on les unir1 en modrant l'aigreur de leurs qu]elles et leur imposant au dehors1 avec le titre de confrre1 les bons procds qui doiv5t en tre la suite4 ,le mdec9 ,hunault tait l'auteur connu et av\ d'un pamphlet anonyme o1 non cont5t de trait] avec le d]ni] mpris la corporation entire des *irurgi5s1 il s'ef=ait de dcri] et de ridiculis] le c>actre et les travaux du clbre ,j4-,l4 ,petit1 son confrre l',acadmie4 ,quelques p]sonnes1 dit-il dans sa prface1 tr\v5t mauvais que j'aie critiqu des mmoires qui sont p>mi ceux de l',acadmie des sci5ces4 ,je sais que dans les temples des dieux les crim9els tai5t c\v]t des p\rsuites de la ju/ice1 mais je n'ai pas cru que l'erreur et de tels privilges4 ,a l'inconv5ance d'une telle publication1 ,hunault avait aj\t le tort beauc\p plus grave d'en (frir ,petit la suppression prix d'arg5t4 ,l',acadmie1 non mo9s mue p> la viol5ce des attaques que p> le rcit de ce procd malhonnte1 v\lut inflig] ,hunault un blme public et svre en lui enjoignant de n'avoir plus l'av5ir aucun procd semblable contre ,m4 ,petit ni aucun acadmici51 et elle a cru en cela1 dit le prsid5t1 v\s trait] favorablem5t4 ,l',acadmie1 dans une autre r5contre1 pr5d au contraire p>ti p\r ,hunault et rpr\ve la conduite d'un confrre qui1 g>di5 trop zl des privilges de sa corporation1 avait assi/ la saisie de div]s objets d'tude et d'enseignem5t dont la rigueur des rglem5ts lui int]disait la possession et l'usage4 ,on a p>l1 dit le procs-v]bal du '' m>s #agcc1 de l'affaire de ,m4 ,hunault1 *ez qui les prvts des *irurgi5s1 du nombre desquels tait ,m4 ,r\hault1 membre de cette ,acadmie1 ont saisi le #i de ce mois plusieurs cadavres1 des squelettes et des in/rum5ts d'anatomie4 ,on a pri ,m4 ,bignon1 prsid5t1 d'envoy] *]*] ,m4 ,r\hault p\r lui dire le mcont5tem5t que l',acadmie avait de sa conduite en cette occasion l'g>d d'un confrre4 ,,les ,,lections4 ,le droit de se recrut] elle-mme1 malgr t\tes les divisions dont il devait agit] et tr\bl] l',acadmie1 fut une des suites les plus heureuses de l'organisation de #afii4 ,indcise d'abord dans ses *oix et comme tonne qu'on v\lt bi5 la consult]1 l',acadmie ds le comm5cem5t se montra cep5dant assez bi5 inspire2 l'honneur d'obt5ir ses premi]s suffrages *ut au mdec9 ,fagon4 ,on ne p5se pas1 dit le procs-v]bal1 qu'il puisse v5ir aux assembles1 mais on a v\lu donn] cette di/9ction son mrite et sa p]sonne4 ,le db tait bon et la di/9ction ju/ifie4 ,fagon1 sans tre un inv5teur1 connaissait fond la botanique et la *imie de l'poque4 ,directeur du ,j>d9 des plantes o sans discussion et sans contrle il nommait t\s les emplois1 il s'y montra t\j\rs exact1 ds9tress et honorable t\s g>ds1 et en remplissant sa *>ge la satisfaction de t\s1 il sut mrit]1 obt5ir et atta*] son nom la sympa?ie et la reconnaissance durable des naturali/es4 ,l'abb de ,l\vois et ,vauban1 lus t\s deux aprs ,fagon1 compltr5t la li/e des honoraires4 ,si le temps a affaibli l'clat emprunt de l'un des deux noms1 l'autre1 dj gr& p>-dessus ses dignits et ses titres1 devait tre la lois p\r la ,compagnie naissante1 une =ce1 un appui et un ornem5t4 ,sur les huit associs trang]s in/itus p> le rglem5t1 trois seulem5t1 ,leibnitz1 ,t*irnauss et ,gulhiem9i1 app>t5ant l'anci5ne ,acadmie1 tai5t re/s membres de la n\velle4 ,on leur adjoignit p> lection ,h>tsck]1 les deux frres ,b]n\lli1 ,rm] et ,isaac ,newton4 ,viviani complta la li/e sur laquelle ne figura jamais le nom de ,d5is ,pap91 ballott dans la d]nire lection avec celui du disciple de ,galile4 ,deux ans plus t>d1 l',acadmie prfrait ,pap9 l'obscur *>latan ,m>t9o ,poli4 ,font5elle1 dans un loge trs-laconique1 excuse un tel *oix en l'expliquant4 ,p\r rcomp5s] une inv5tion re/e secrte et p> consqu5t /rile1 ,l\is ,,xiv1 avec une =te p5sion1 avait accord ,poli le titre d'associ honoraire de l',acadmie4 ,la volont du roi tait alors la rgle suprme s\s laquelle t\t devait pli]1 et l',acadmie1 incapable d'opposition ou de rsi/ance1 se prta avec empressem5t la =malit d'une lection dev5ue inutile4 ,m>t9o ,poli1 p5dant deux ans assidu aux sances1 n'y apporta que les creuses imag9ations des al*imi/es4 ,attaquant la ?orie des c\leurs de ,newton comme inexacte et mal fonde1 il allgue qu' quatre lm5ts qui compos5t t\s les corps doiv5t correspondre quatre c\leurs seulem5t3 le r\ge1 c\leur du feu2 le bleu1 c\leur de l'air2 le v]t et le blanc enf91 c\leur de l'eau et de la t]re4 ,l'une des places d'associ dev9t presque immdiatem5t vacante4 ,sauveur1 rsidant ,v]sailles1 dut aux t]mes du rglem5t r5onc] l',acadmie1 en cons]vant t\tefois1 avec le titre de vtran1 le droit d'assi/] aux sances et d'y pr5dre la p>ole4 ,la place qu'avait ,m4 ,sauveur d'associ mcanici5 tant vacante1 dit le procs-v]bal1 ,m4 le prsid5t a reprs5t qu'elle convi5drait ,m4 de ,lagny1 qui e/ actuellem5t un port de m] o il s'atta*e =t t\t ce qui reg>de la mcanique de la m>9e4 ,la ,compagnie a donc rsolu de propos] au roi ,m4 de ,lagny p\r la place de ,m4 ,sauveur4 ,telle tait1 aux premi]s temps de l',acadmie1 l'influ5ce considrable du prsid5t4 lev au-dessus de ses confrres p> son rang1 p> sa naissance et p> le *oix direct du roi1 il ne p\vait manqu] d'tre =t c\t2 mais il s'abs5tait s\v5t1 et le vice-prsid5t1 homme de c\r comme lui1 se montrait encore mo9s exact4 ,l',acadmie1 ds la premire anne1 pria en consqu5ce l'abb ,bignon de v\loir bi5 dlgu] l'un de ses membres le droit de prsid] en son abs5ce4 ,sur son refus gracieusem5t motiv1 elle nomma elle-mme ,gallois et ,duhamel1 qui prir5t le titre de directeur et de s\s-directeur2 mais cette h>diesse ne dura que deux ans1 et ds l'anne #agjb1 le roi nomma le directeur et le s\s-directeur qui tai5t lectifs et ne le s]ont plus1 dit laconiquem5t le procs-v]bal4 ,l',acadmie a v>i plusieurs fois dans son mode d'lection4 ,les procs-v]baux des sances1 sans rapport] aucun dtail1 ne donn5t pas mme le dnombrem5t des suffrages4 ,les acadmici5s eux-mmes devai5t l'ignor]2 le prsid5t et le vice-prsid5t se retirai5t en effet avec le secrtaire p\r dp\ill] le scrut9 en prs5ce d'un seul membre p5sionnaire dsign p> le sort et qui1 *>g d'annonc] le rsultat1 pr5ait le nom d'vangli/e4 ,deux fois seulem5t1 des difficults imprvues s\mises la dcision de l',acadmie =c5t1 p\r faire connatre le po9t dbattu1 montr] di/9ctem5t p> des *iffres prcis t\t le mcanisme de l'lection4 ,le #bh m>s #agcc1 l',acadmie ayant t invite nomm] un associ dans la section de mcanique1 on lit au procs-v]bal3 ,la pluralit a t p\r ,,mm4 ,camus et ,fonta9e4 ,mais sur des rclamations1 au mo9s plausibles sans d\te1 leves p> un troisime c&idat1 on aj\te huit j\rs aprs3 ,on a fait rflexion qu'il p\vait y avoir eu erreur dans le calcul p> lequel ,m4 ,camus a eu la pluralit des voix le j\r prcd5t et qu'en ce cas ,m4 ,clairaut aurait eu l'galit2 la ,compagnie1 p\r faire cess] t\te difficult1 a rsolu de dem&] trs-humblem5t au roi s'il v\drait les nomm] t\s deux ensemble4 ,le titre d'associ n'tant pas rtribu1 l'expdi5t fut aism5t accept1 et sans av\] ou ni] l'erreur de calcul on sauva t\s les droits et t\s les intrts4 ,mais l'int]prtation du passage cit re/e emb>rasse de deux difficults3 ,que signifie une erreur de calcul dans le dp\illem5t d'un vote8 ,comm5t cette erreur1 en faisant p]dre ,clairaut le premi] rang1 ne lui laisse-t-elle pas mme le second8 ,le rglem5t de #agaf explique t\t d'abord ce d]ni] po9t3 *aque li/e de prs5tation devait cont5ir le nom au mo9s d'un c&idat trang] jusque-l l',acadmie2 ,clairaut et ,camus dj adjo9ts l'un et l'autre ne p\vai5t donc pas compos] la li/e4 ,quant l'inc]titude sur le dnombrem5t des suffrages compts *aque c&idat1 le rcit dtaill d'une autre lection en fait p>atre une cause vraisemblable3 ,le #ai janvi] #agfc1 ,,mm4 les p5sionnaires et associs a/ronomes ayant propos l',acadmie p\r la place d'adjo9t dans la mme classe vacante p> la promotion de ,m4 ,leg5til celle d'associ1 ,,mm4 ,messi]1 ,bailly1 ,jeaurat et ,?uilli]1 on a procd suivant la =me ord9aire l'lection1 o il s'e/ tr\v1 en comptant les billets1 que ,m4 ,bailly avait eu quatorze voix et ,,mm4 ,messi] et ,jeaurat *acun treize1 mais qu'il y avait un billet qui se tr\vait nul p>ce qu'il ne portait que le seul nom de ,m4 ,jeaurat au lieu de deux qu'il devait cont5ir suivant le rglem5t4 ,sur quoi ,,mm4 les (fici]s et l'vangli/e1 ayant fait rflexion que si ce billet avait port les deux noms de ,,mm4 ,jeaurat et ,messi]1 eux et ,m4 ,bailly aurai5t eu p>faite galit de voix1 et que si le billet avait t bon1 qu& mme on aurait nomm ,m4 ,?uilli] avec ,m4 ,jeaurat1 ce d]ni] aurait t\j\rs eu l'galit des suffrages avec ,m4 ,bailly1 ,m4 le prsid5t e/ entr dans l'assemble p\r y propos] le cas1 sans dsign] aucun de ceux qui y avai5t t nomms et p\r faire dcid] si l'on recomm5c]ait totalem5t l'lection ou si l'on se cont5t]ait de dcid] entre les deux seconds1 sur quoi il a t dcid que celui qui avait eu la pluralit des suffrages devait tre reg>d comme nomm et tre prs5t le premi]1 quel que pt tre le nombre des voix qu'aurait celui des deux seconds entre lesquels on allait *oisir2 en consqu5ce de quoi on a prononc p> scrut9 entre ,,mm4 ,jeaurat et ,messi]1 et la pluralit des voix a t p\r ,m4 ,jeaurat4 ,la fran*ise confiante du patronage ex]c p>fois sur des c&idatures p> les gr&s seigneurs et les m9i/res tonn]ait peut-tre auj\rd'hui4 ,indp5damm5t des sollicitations individuelles et des discrtes recomm&ations qui sont de t\s les temps1 on procdait p>fois ouv]tem5t et publiquem5t p> lettres collectives (ficiellem5t adresses l',acadmie et qu'elle recevait =t bi5 en ne se df5dant nullem5t d'y avoir g>d4 ,on lit p> exemple au procs-v]bal du #bg ju9 #aggj3 ,je v\s donne avis que le roi appr\ve que l',acadmie procde la nom9ation d'un p5sionnaire surnumraire dans la classe de gomtrie et que ,sa ,maje/ v]rait avec plaisir les voix de l',acadmie se runir en faveur de ,m4 ,d>cy4 ,m4 ,d>cy1 cela va sans dire1 obt9t l'unanimit des suffrages4 ,m4 de ,sa9t-,flor5t9 avait crit le #d avril #agfj3 ,le pr9ce ,jablon[ski dem&e d'tre admis l',acadmie en qualit d'associ trang]2 l'honneur qu'il a d'app>t5ir la re9e et le so9 qu'il a t\j\rs pris de protg] et de cultiv] lui-mme les lettres et les arts p>aiss5t mrit] qu'on anticipe en sa faveur le mom5t d'une place vacante dans la classe des associs trang]s p\r l'y admettre4 ,sa ,maje/ dsire qu'il soit dlibr sur sa dem&e2 l',acadmie e/ unanimem5t d'avis qu'il n'y a pas d'inconvni5t accord] cette place condition que la premire qui vaqu]a dans cette classe s]a c5se remplie p> la nom9ation de ,m4 le pr9ce ,jablon[ski4 ,huit j\rs aprs1 ,sa ,maje/ fait savoir qu'elle agre la nom9ation du pr9ce qui se tr\ve a9si prfr d'avance ,l9n dont l'lection fut p> l ret>de de plusieurs annes4 ,le #cj avril #ageh1 on lit enf93 ,m4 de ,*ab]t1 lieut5ant des vaisseaux du roi1 dsire tre admis l',acadmie en qualit d'associ libre2 l'intrt de la m>9e et celui de l',acadmie conc\r5t anticip] le mom5t d'une place vacante dans la classe des associs libres1 p\r y admettre un (fici] de m>9e1 n'y en ayant po9t prs5t4 ,outre qu'il y a plusieurs exemples de p>eilles expectations1 les approbations que l',acadmie donne depuis si longtemps aux travaux de ,m4 de ,*ab]t p\r le progrs de la gographie et de la navigation le r5d5t encore plus favorable4 ,sa ,maje/ dsire qu'il soit dlibr sur sa dem&e le plus tt possible4 ,l',acadmie e/ unanimem5t d'avis qu'il n'y a aucun inconvni5t4 ,il y en avait au contraire de trs-srieux1 et l',acadmie ne les ignorait pas4 ,on lit en effet au procs-v]bal du #ah m>s #aggh1 et l'occasion d'une anticipation de ce g5re3 ,,mm4 les (fici]s de l',acadmie ont r5du compte des reprs5tations qu'ils ont faites ,m4 ,amelot en v]tu de la dlibration prise la sance prcd5te et de la rponse de ce m9i/re portant qu' l'av5ir il ne s]ait plus nomm de surnumraires et qu'il en donnait sa p>ole4 ,on n'en lit pas mo9s au procs-v]bal du #e ju9 #aggi3 ,le roi tant in=m que dans le nombre actuel des honoraires de l',acadmie des sci5ces1 il y en a plusieurs que leurs affaires p]sonnelles et celles qui exig5t d'eux des so9s plus p>ticuli]s emp*5t d'assi/] aux assembles de l',acadmie1 ,sa ,maje/ a p5s qu'il y aurait un avantage rel dans la nom9ation d'un honoraire surnumraire4 ,sa ,maje/1 in/ruite d'ailleurs du dsir qu'avait l',acadmie de p\voir compt] p>mi ses membres ,m4 le prsid5t de ,s>ron1 dont elle a t s\v5t dans le cas de jug] les lumires et les connaissances1 a cru faire un *oix qui lui s]ait agrable en le nommant cette place4 ,une lettre crite p> ,m4 de ,breteuil1 le #bd avril #aghd1 nonce des pr9cipes assez s+uli]s sur les cas dans lesquels on peut faire ce que la rgle ne p]met pas3 ,a ce sujet1 dit ,m4 de ,breteuil1 je vais v\s crire une lettre p>ticulire au sujet de la nom9ation de ,m4 ,d>cet une place d'associ surnumraire dans la classe de *imie2 je sais que le vu gnral de l',acadmie tait de se l'associ]1 et je ne v\s rpt]ai pas les motifs qui ont dt]m9 ,sa ,maje/ lui accord] la qualit de surnumraire plutt que celle de vtran2 mais je dois cette occasion v\s prv5ir que p> la suite1 lorsqu'il se prs5t]a des circon/ances o l'on croira devoir s'c>t] des rgles et des usages de l',acadmie1 en faveur d'un sujet di/+u et vraim5t utile1 tel que ,m4 ,d>cet1 et qu'il s]a "q de le nomm] soit adjo9t1 soit associ ou p5sionnaire surnumraire1 je compte ne le propos] au roi qu'autant que le vu de l',acadmie cet g>d s]a exprim p> une dlibration qui runira les deux ti]s des suffrages2 je v\s prie d'en in=m] l',acadmie et de v\loir bi5 lui rappel] qu'il faut en gnral se r5dre trs-circonspect sur ces sortes de grces1 qui ne sont pas mo9s contraires aux pr9cipes du roi qu'aux /atuts de la ,compagnie et qui entre autres inconvni5ts ont celui de dtruire l'mulation et de dc\rag] les p]sonnes qui s'occup5t de telle ou telle p>tie des sci5ces1 avec le projet et l'espoir de se r5dre dignes d'tre acadmici5s4 ,je dois v\s aj\t] qu'il me p>at trs-conv5able que la condition des deux ti]s des suffrages soit l'av5ir reg>de comme ncessaire1 non-seulem5t p\r les places des surnumraires1 mais encore p\r t\tes les dlibrations qui ne sont pas prises en v]tu des rglem5ts de l',acadmie4 ,l',acadmie1 on doit le rem>qu]1 avait trs-rgulirem5t dem& p\r ,d>cet une place d'associ vtran1 et la transgression contre la rgle dont se pla9t ,m4 de ,breteuil n'tait commise que p> lui4 ,quoique les lettres et les sollicitations adresses l',acadmie p> les plus gr&s p]sonnages m>qu5t en atte/ant son indp5dance une gr&e dfr5ce p\r ses suffrages1 le roi1 consultant p>fois le tmoignage de la voix publique1 ne se fit jamais scrupule de *oisir librem5t sur la li/e de prs5tation2 mais lo9 de donn] sa dcision l'app>5ce d'une faveur gracieusem5t accorde au c&idat prfr1 il invoque1 alors non sans raison quelquefois1 sa volont d'tre ju/e et de protg] le mrite4 ,le #cj janvi] #agji p> exemple1 l',acadmie propose p\r successeur de ,t\rne=t1 ,r5eaume1 ,*omel et ,magnol4 ,le roi *oisit ,magnol cause de sa gr&e rputation dans la botanique4 ,de telles dcisions t\j\rs acceptes sans murmure ont t plus d'une fois l'quitable tempram5t des p>tialits et des inju/ices qu'aucun mode d'lection ne saurait prv5ir4 ,p>mi les c&idats assez nombreux prfrs p> le roi1 non p> l',acadmie1 il ne s'e/ tr\v que le seul gomtre ,lagny1 qui n'ayant pas1 dit-il1 assez de temps libre1 osa refus] une faveur accepte avant et aprs lui p> des savants plus considrables1 tels que ,magnol1 ,vaillant1 ,clairaut1 ,la ,condam9e et l'abb ,nollet4 ,si l'influ5ce des gr&s seigneurs ou la volont du roi lui-mme t5ait lieu quelquefois de titres sci5tifiques1 il arrivait aussi que p> un s5tim5t contraire1 une situation trop humble ou trop dp5dante dev9t p\r quelques-uns une cause d'exclusion4 ,la lettre suivante1 crite p> l'horlog] ,l]oy 7neveu et c\s9 des clbres ,juli5 et ,pi]re ,l]oy7 le j\r mme de son lection dans la classe de ma?matiques1 e/ videmm5t de/9e faire disp>atre des objections de ce g5re3 ,monsieur1 dsirant faire connatre l',acadmie mes int5tions sur l'horlog]ie l'occasion de la place d'adjo9t p\r la gomtrie que je sollicite1 je me flatte que v\s ne tr\v]ez pas mauvais que j'aie rec\rs v\s p\r v\s pri] de me r5dre ce s]vice2 v\s1 ,monsieur1 qui tes le doy5 de cette classe et un des plus respectables membres de cette ,compagnie4 ,p]mettez donc que je v\s expose s9crem5t mes s5tim5ts sur ce sujet4 ,ds l'in/ant que j'eus song sollicit] une place dans l',acadmie1 je songeai r5onc] au comm]ce et la pratique de l'horlog]ie1 rsolution1 que j'ai pri ,,mm4 ,clairaut et ,d>cy de dcl>] qu& ils en tr\v]ai5t l'occasion et dont j'ai prv5u moi-mme la plup>t des acadmici5s que j'ai eu l'honneur de voir2 mais comme je s]ais trs-f* d'entr] dans une ,compagnie en pr(essant un art qui1 quoique trs-beau en lui-mme1 p\rrait dplaire quelques-uns de ses membres et que je le s]ais encore davantage si1 lorsque j'aurai l'honneur d'y tre admis1 on p\rrait s'imag9] ou s\ponn] que je fusse t5t de le pr(ess] de n\veau1 j'ai cru que je ne p\rrais m'expliqu] d'une manire trop prcise sur ce sujet2 c'e/ p\rquoi1 ,monsieur1 je v\s dcl>e p> la prs5te que je r5once ple9em5t1 entirem5t et de la manire la plus sol5nelle au comm]ce et la pratique de l'horlog]ie4 ,si j'tais matre horlog] ou que j'eusse quelque autre qualit1 je v\s env]rais p> la mme occasion un acte de r5onciation1 mais je ne le puis n'en ayant aucune4 ,tels sont mes s5tim5ts et tels ils s]ont t\j\rs4 ,dans la sance mme o ,mairan donna lecture de cette lettre1 ,l]oy fut nomm adjo9t de la section de gomtrie4 ,fidle sa promesse1 il r5ona l'horlog]ie mais ne s'occupa gure de ma?matiques1 et l',acadmie n'eut en lui ni un horlog] qui lui aurait t s\v5t utile ni un gomtre4 ,dsireuse d'assur] l'quit des lections1 l',acadmie s'y appliqua plus d'une fois4 ,mcont5te de ses propres faiblesses1 on la voit plusieurs reprises p\r en re*]*] les causes et p\r les rprim]1 retrac] en va9 dans des rapports soigneusem5t travaills les maximes et les pr9cipes d'imp>tialit et d'exacte droiture qui n'appr5ai5t ri5 p]sonne1 et s'lev] contre des abus qui r5aissai5t aussitt4 ,le #a;er avril #aggh1 ,d>cy1 ,montigny et d',alemb]t font le rapport suivant3 ,n\s avons obs]v deux sortes d'abus dans les lections3 l'intrigue et l'autorit4 ,t\tes deux peuv5t remplir l',acadmie de sujets mdiocres1 si elle n'y met ordre4 ,le plus sr moy5 de bannir l'intrigue e/ de ne pas laiss] le temps d'intrigu] et de dim9u] le nombre des intrigants1 c'e/--dire ceux qui doiv5t tre proposs4 ,le seul moy5 de prv5ir les abus d'autorit e/ de ne prs5t] jamais au ,m9i/re que les sujets dont les tal5ts soi5t bi5 connus et qui puiss5t faire honneur l',acadmie4 ,il e/ trs-r>e que quatre sujets ai5t en mme temps le mme droit aux places vacantes dans l',acadmie4 ,en consqu5ce de ces pr9cipes1 n\s proposons le rglem5t qui suit p\r le *oix des associs libres et p\r le *oix des associs trang]s qui peuv5t app>t5ir indi/9ctem5t aux diffr5tes classes3 ,le j\r mme qui aura t indiqu p\r l'lection1 l',acadmie f]a tir] au sort les noms de six acadmici5s p5sionnaires ou associs1 un de *aque classe3 trois ma?matici5s et trois physici5s1 lesquels s'assembl]ont aussitt p\r propos] l',acadmie quatre sujets bi5 connus p\r la supriorit de leurs tal5ts s'ils sont rgnicoles et p> une gr&e clbrit s'ils sont trang]s4 ,de ces quatre sujets1 l',acadmie en lira deux au scrut9 p\r les prs5t] au roi en la manire acc\tume4 ,r>em5t on prs5t]ait l',acadmie un plus gr& nombre de concurr5ts sans mettre des sujets mdiocres ct des bons4 ,au moy5 de ce rglem5t1 s'il e/ rgnicole1 p]sonne n'aura le temps de faire crire les m9i/res1 les g5s puissants1 de faire agir ses amis1 les amis de ses amis1 les femmes mmes auprs des acadmici5s qui se croi5t s\v5t obligs de donn] leur voix contre leur avis p\r ne pas manqu] soit leurs protecteurs1 soit leurs amis4 ,entre la plup>t des c&idats1 le temps1 il faut le dire1 efface p\r n\s t\te diffr5ce1 et des hommes considrables alors et de gr&e rputation tombs depuis longtemps dans la f\le et dans l'obscurit sont dev5us les gaux les plus humbles devant l'oubli commun de la po/rit4 ,presque t\j\rs d'ailleurs1 on voit l',acadmie favorable et sympa?ique aux vritablem5t gr&s hommes1 applaudir leurs premi]s essais1 leur ouvrir ses rangs au plus vite et les lev] sans trop t>d] au plus haut degr de sa hir>*ie4 ,de regrettables exceptions exi/5t cep5dant et p\r n'en cit] qu'une seule1 je rapport]ai simplem5t et sans comm5taires l'hi/oire des c&idatures acadmiques de ,laplace4 ,laplace1 qui brilla plus t>d dans la premire classe de l',in/itut comme le reprs5tant le plus illu/re et le plus respect de l'anci5ne ,acadmie des sci5ces1 n'avait pas r5contr d'abord autant d'empressem5t et de bi5veillante ju/ice que ses prdcesseurs d',alemb]t et ,clairaut1 et les l\anges sont mesures ses premi]s et excell5ts travaux avec une circonspection presque dfiante4 ,laplace1 g de v+t ans1 inspir p> la lecture de ,lagrange et d',eul]1 avait v\lu dans une premire communication l',acadmie expliqu]1 confirm] et p]fectionn]1 p\r les fondre dans un ensemble n\veau1 plusieurs beaux mmoires de ceux qu'il devait bi5tt gal]4 ,les rapporteurs de l',acadmie signal5t le mrite d'un tel travail sans en dissimul] les dfauts4 ,il n\s p>at1 dis5t-ils1 que le mmoire de ,m4 ,laplace annonce plus de connaissances ma?matiques et plus d'intellig5ce dans l'usage du calcul qu'on n'en r5contre ord9airem5t cet ge dans ceux qui n'ont pas un vrai tal5t4 ,n\s jugeons que les rem>ques n\velles dont n\s avons p>l mrit5t l'approbation de l',acadmie et qu'a9si le mmoire doit tre imprim dans le recueil des savants trang]s1 en priant seulem5t ,m4 ,laplace d'abrg] ce qui n'e/ pas lui et de se s]vir des notations plus communes et plus commodes de ,m4 ,eul] et de ,m4 ,lagrange4 ,dans un rapport sur un second mmoire1 ,condorcet et ,bossut1 sans produire aucune objection ni lui imput] aucune erreur prcise1 affaibliss5t leurs l\anges p> un d\te =mel sur l'exactitude de sa m?ode4 ,ce mmoire1 dis5t-ils1 pr\ve que ,m4 de ,laplace runit des tal5ts beauc\p de connaissances1 qu'il a appr(ondi les matires les plus p9euses de l'a/ronomie physique1 et l'on doit l'exhort] cont9u] le travail qu'il a annonc et o il donn]a les rsultats de celui-ci4 ,n\s craignons cep5dant que sa m?ode ne soit pas suffisante p\r rs\dre compltem5t et srem5t p> la ?orie de la gravitation le problme de la v>iation de l'obliquit de l'cliptique et p\r dcid] irrvocablem5t cette gr&e "q4 ,mais malgr ce qui peut re/] d'inc]titude1 son mmoire n\s p>at mrit] l'approbation de l',acadmie4 ,et l'occasion des mmoires suivants o se rvle clairem5t dj la gr&eur et l'excell5ce de la f9 qu'il se propose3 ,l'impression du mmoire de ,m4 de ,laplace s]a trs-agrable aux gomtres1 mais le temps et la runion de leurs suffrages p\rront seuls appr5dre quel po9t de prcision ,m4 de ,laplace a port la solution de ces problmes4 ,ces trois rapports sont signs de ,condorcet et de ,bossut4 ,d',alemb]t1 son t\r1 l'occasion d'un beau et gr& travail1 mle froidem5t de ju/es l\anges des tmoignages de d\te et de dfiance4 ,comm5ant p> applaudir aux ef=ts du jeune gomtre1 il le l\e d'avoir montr une con/ance peu commune dans le travail et un gr& savoir dans l'analyse inf9itsimale et dans l'a/ronomie physique1 mais il aj\te un peu s*em5t3 ,quant aux po9ts sur lesquels il n'e/ pas d'accord avec les gomtres qui l'ont prcd1 n\s ne p\vons pas prononc] s'il a raison ou tort2 il faudrait1 p\r jug] le procs1 vrifi] une longue suite de calculs1 discut] les m?odes d'approximation qu'on a employes jusqu'ici dans cette ?orie1 pes] le degr de prfr5ce qu'elles peuv5t mrit] les unes sur les autres1 ce qui dem&]ait un travail que n\s ne croyons pas que l',acadmie veuille exig] de n\s4 ,le moy5 le plus simple que ,m4 de ,laplace puisse employ] p\r ju/ifi] l'exactitude de sa m?ode e/ de n\s donn]1 d'aprs elle1 de bonnes tables a/ronomiques4 ,il le promet et l',acadmie le v]ra avec intrt4 ,lors mme que1 sans desc5dre des hauteurs de la sci5ce1 ,laplace1 comme p\r se dlass] des calculs approximatifs1 mle ses f]mes bau*es de mcanique cle/e la solution rig\reuse et p>faite de problmes d'analyse pure1 ou se j\e avec l'aisance la plus subtile dans les +nieuses ?ories du calcul des *ances1 l',acadmie1 p> ses l\anges emb>rasses et ambigus1 p]si/e le trait] comme un appr5ti qui n'a pas encore donn le c\p de matre4 ,n\s n\s bornons obs]v] et conclure1 dis5t les commissaires de l',acadmie en r5dant compte de l'une de ses dc\v]tes1 que ce mmoire e/ savant1 que l'auteur rs\t p> une m?ode uni=me plusieurs quations difficiles et que ces re*]*es ne peuv5t que t5dre p]fectionn] la ?orie des suites et cette bran*e de l'analyse4 ,malgr t\tes ces rs]ves et ces attnuations1 ce n'e/ pas sans tonnem5t qu'on lit au procs-v]bal du #af janvi] #agge3 ,l',acadmie ayant procd l'lection de deux sujets p\r remplir la place d'adjo9t vacante p> la promotion de ,m4 de ,condorcet celle d'associ1 la classe a propos ,,mm4 ,desm>e/1 ,ro*on1 de ,laplace1 ,v&]monde et ,gir>d de la ,*apelle4 ,l',acadmie ayant t aux voix1 les premires ont t p\r ,m4 ,desm>e/1 les secondes p\r ,m4 de ,la ,*apelle4 ,six mois aprs1 l',acadmie procde de n\veau l'lection d'un membre adjo9t dans la classe des gomtres et vote unanimem5t p\r ,v&]monde4 ,d\ze votants seulem5t sur dix-sept1 en prfrant ,laplace un inconnu nomm ,mauduit1 lui accord5t le second rang4 ,le #ad m>s #aggf1 l',acadmie1 sur un rapport de la section compt5te1 lui prfre dans une lection n\velle le trs-honorable mais trs-mdiocre ,c\s94 ,l'ennui de ces *ecs et les dm>*es ncessaires de cont9uelles c&idatures ne ral5tiss5t pas l'ardeur de ,laplace4 ,t\j\rs anim la p\rsuite de son uvre1 sans dpit app>5t1 sans am]tume et sans se s\ci] des contradictions1 il fait p>atre incessamm5t dans de n\veaux mmoires cette abondance d'expdi5ts et cette =ce presque irrsi/ible qui1 lorsqu'elle e/ impuissante surmont] ou t\rn] un ob/acle1 le heurte de front et le brise en l'arra*ant p> morceaux4 mule de d',alemb]t et de ,clairaut1 il se montre dj seul capable en ,france de succd] leur rputation1 lorsque l',acadmie1 dcl>ant dans un n\veau rapport qu'il a acquis ds prs5t un rang di/+u p>mi les gomtres1 le nomme enf9 adjo9t dans la section de gomtrie1 en accordant la seconde place sur la li/e de prs5tation au nomm ,m>gu]et1 qu'elle prfre ,monge et ,leg5dre4 ,membre de la ,compagnie et assidu ses sances1 ,laplace y pr5dra-t-il le rang d son gnie8 ,fran*ira-t-il rapidem5t les deux degrs infrieurs de la hir>*ie acadmique8 ,non1 il lui faut encore avec de longs ret>ds essuy] d'injurieux *ecs4 ,en #aghj il e/ encore adjo9t1 et l',acadmie prs5te p\r une place d'associ dans la section de gomtrie ,v&]monde en premire ligne et ,monge en seconde ligne1 plaant a9si les c&idats1 en supposant qu'elle accordt le troisime rang ,laplace1 dans l'ordre prcism5t inv]se de celui que leur assigne la po/rit4 ,c'e/ en #aghc seulem5t que ,laplace1 g de tr5te-quatre ans1 e/ nomm associ dans la section de mcanique1 o l',acadmie avait appel dj de prfr5ce lui1 ,ro*on et ,jeaurat2 ,jeaurat qui n'e/ connu p> aucune dc\v]te et dont on ne cite qu'un seul trait3 ,qu& il r5contrait un confrre gomtre1 il lui disait du plus lo9 en faisant allusion la ?orie des quations3 ,eh bi56 c'e/-il gal zro8 ,des prfr5ces aussi aveugles si elles tai5t mo9s r>es condamn]ai5t jamais le recrutem5t p> lection1 en enlevant t\te autorit aux jugem5ts acadmiques4 ,leur explication la plus app>5te e/1 si je ne me trompe1 dans les dispositions de d',alemb]t1 dont l'influ5ce considrable alors au plus haut po9t ne s'ex]a jamais en faveur de ,laplace4 ,bon1 gnreux1 loyal et ami de t\tes les gloires1 d',alemb]t ignora t\j\rs les s5tim5ts d'une mesqu9e jal\sie2 sa droiture cep5dant1 il e/ p]mis de le rappel]1 n'allait pas jusqu' l'imp>tialit4 ,la belle intellig5ce et l'honorable c>actre du futur m>quis de ,laplace imposai5t plus le respect qu'ils n'attirai5t l'amiti1 et l'esprit hauta91 qui dans la suite de sa vie acceptait si bi5 et exigeait presque la flatt]ie1 devait plaire difficilem5t l'obs]vateur s>donique et l'imitateur ple9 de v]ve des gr&s airs de ,m4 de ,buffon2 d',alemb]t enf91 qui s'y connaissait1 p\vait entrevoir *ez ce jeune homme gravem5t respectueux env]s lui quelques-uns des traits de l'illu/re orgueilleux1 qu'il aimait nomm] le comte de ,tufires4 ,,les ,,f9ances ,,de ,l',,acad,,mie4 ,la somme totale all\e aux v+t p5sionnaires de l',acadmie avait t fixe #cj1jjj livres1 mais la rp>tition en tait irrgulire et semblait s\v5t inju/e4 ,la lettre suivante1 crite en #agaf et signe p> quatorze p5sionnaires sur dix-huit1 donne ce sujet de curieux r5seignem5ts3 ,conva9cus1 comme n\s sommes1 que v\s n'avez ri5 plus cur que le bi5 de l',acadmie1 n\s v\s suplions avec une vraye confiance de v\loir bi5 reprs5t] ,s4 ,a4 ,r41 notre augu/e protecteur1 que1 dans le r5\vellem5t de l',acadmie1 il y eut un fond de #cj1jjj livres de/9 p\r les p5sions2 que ce fond ne put tre alors di/ribu galem5t1 p>ce que la p5sion considrable qu'avait feu ,m4 ,cass9i en faisait p>tie1 mais qu'on fit espr] et qu'on a t\j\rs fait espr] depuis1 qu'aprs la mort de ,m4 ,cass9i *aque acadmici5 aurait #a1ejj livres2 cep5dant cette mort tant arrive1 il plut ,m4 de ,pont*>tra9 de pr5dre un autre arr5gem5t4 ,des #cj1jjj livres1 il n'en employa que #bj1jjj en p5sions fixes et di/ribua les #aj1jjj livres re/antes s\s le nom de gratifications p\r le travail de l'anne4 ,n\s ne v\s f]ons po9t rem>qu]1 monsieur1 que ces gratifications ne fur5t ri5 mo9s que donnes proportionnellem5t au travail2 v\s scavez le dc\ragem5t o cela jetta la plus gr&e p>tie de la ,compagnie4 ,mais n\s v\s supplions in/amm5t de v\loir bi5 reprs5t] ,s4 ,a4 ,r43 #a que le fonds de #cj1jjj livres a t\j\rs t reg>d comme affect aux p5sions de l',acadmie p\r tre di/ribu galem5t2 #b que #a1ejj livres de r5te ne suffis5t pas1 ,p>is1 p\r mettre un homme en tat de se livr] entirem5t aux sci5ces2 que leurs progrs dem&]ai5t que les p5sions fuss5t plus considrables et plus sres1 et que les rduire #a1jjj livres1 c'e/ mettre les acadmici5s hors d'tat de travaill]2 #c que l',acadmie des inscriptions a t traite bi5 plus favorablem5t4 ,les p5sions y sont sur le pi$ de #b1jjj livres1 puisqu'elle a #bj1jjj livres p\r dix p5sionnaires2 #d que la libralit de ,s4 ,a4 ,r4 peut bi5 s't5dre jusqu' donn] des gratifications ceux qui les auront mrites p> leur travail1 mais il ne semble pas qu'elles doiv5t tre prises sur ce qui e/ de/9 p\r la subsi/ance des acadmici5s et qui y peut pe9e suffire4 ,comme v\s v\s intressez autant nos beso9s que n\s-mmes1 n\s osons n\s promettre que v\s v\drez bi5 donn] encore plus de =ce nos raisons en les reprs5tant4 ,cette lettre1 crite v]s la f9 de #agaf1 e/ de/9e videmm5t tre mise s\s les yeux du rg5t4 ,on a crit en m>ge3 ,s4 ,a4 ,r4 l\e le zle des acadmici5s et entre assez dans leur p5se4 ,mais1 comme elle ne veut ri5 dim9u] ce que *aqu'un a t\* jusqu'ici1 on ne saurait song] au *angem5t propos qu'en donnant des gratifications sp>es1 tant p\r indemnis] les quatre p5sionnaires 7,ces quatre p5sionnaires tai5t3 ,j4 ,cass9i1 ,m>aldi1 de,lahire et ,duv]ney1 qui seuls n'ont pas sign la requte47 qui p]drai5t suivant ce n\veau projet1 que p\r rcomp5s] ceux qui se di/+u]ont p> leur travail4 ,p\r cela il faudrait1 outre le fonds ord9aire de #cj1jjj livres1 en de/9] un n\veau de #f1jjj livres au mo9s3 c'e/ ce que ,s4 ,a4 ,r4 ne croit pas devoir faire dans le temps qu'il dim9ue t\tes les p5sions1 tant de la c\r que des (fici]s1 et le pr9ce remet donc cette libralit l'e/at qui s]a expdi p\r l'anne pro*a9e4 ,le rg5t en effet augm5ta de #f1jjj livres l'allocation de/9e aux p5sionnaires et crut avoir dgag sa p>ole2 mais les abus cont9ur5t ou se reproduisir5t1 c> c9quante ans plus t>d une dcision de ,male%]bes1 appr\ve p> le roi1 fut juge ncessaire p\r dim9u] l'9galit en la rglem5tant4 ,sur le compte que j'ai1 dit-il1 r5du au roy du mmoire qu'on m'a remis1 p> lequel l',acadmie dem&e unanimem5t qu'il soit tabli une n\velle =me de di/ribution des p5sions qui lui sont accordes1 et o elle expose1 ce sujet1 le plan qu'elle dsir]ait qu'on suivt1 ,sa ,maje/ a bi5 v\lu appr\v] le projet de di/ribution et agrer les vues qui ont engag l',acadmie le propos]4 ,le roy a dcid en consqu5ce que *acune des six classes de l',acadmie j\irait1 l'av5ir1 de la somme fixe de #f1jjj livres1 qui s]a p>tage entre les trois p5sionnaires atta*s *acune d'elles1 et que1 p> une suite de l'excution complte de ce projet1 il s]a accord #c1jjj livres au premi] p5sionnaire1 #a1hjj livres au second et #a1bjj livres au troisime4 ,indp5damm5t des p5sionnaires1 =t peu rtribus comme on voit1 l',acadmie comptait v+t associs et adjo9ts1 qui n'avai5t aucune "p ses rev5us et que les travaux les plus excell5ts n'levai5t que bi5 l5tem5t dans la hir>*ie acadmique4 ,d',alemb]t1 nomm adjo9t en #agdb1 ne dev9t p5sionnaire que v+t-trois ans aprs1 et ,lacaille1 qui fut p5dant dix ans une des gloires de l',acadmie1 m\rut avec le titre d'associ4 ,l'auteur d'un mmoire cons]v dans les ar*ives semble lev] la voix au nom de l',acadmie t\t entire p\r signal] en t]mes =mels la situation difficile et la misre mme d'un gr& nombre d'acadmici5s4 ,des corrections faites de la ma9 de ,raumur p]mett5t de lui attribu] la rdaction de cet crit1 qui e/ sans signature4 ,aprs avoir vant l'utilit des sci5ces et dit quel avantage elles procur5t l'tat1 l'auteur attire l'att5tion sur la situation prcaire de l',acadmie des sci5ces4 ,l',acadmie1 dit-il1 dans l'tat o elle e/ auj\rd'huy1 fait beauc\p d'honneur au royaume4 ,les trang]s en ont une gr&e ide1 aussy a-t-elle dc\v]t nombre de *oses curieuses et utiles4 ,mais n\s osons av\] qu'il s'en faut bi5 que le royaume n'ayt retir de cette compagnie t\s les avantages qu'il aurait pu en tir]4 ,n\s osons dire plus1 c'e/ que cette ,acadmie1 en si gr&e rputation p>my les trang]s1 semble prs de sa *ute1 si elle n'e/ s\t5ue p> quelque gr& *angem5t fait en sa faveur1 p>eil ceux qui ont t faits p\r d'autres p>ties de l'tat4 ,on a *]* ranim] sa langueur p> de n\veaux rglem5ts dont elle avoit beso91 mais la vraye s\rce du mal n'toit pas seullem5t dans le deffaut des rglem5ts4 ,il ne la faut *]*]1 la vraye s\rce du mal1 que dans la propre con/itution de l',acadmie2 une gr&e moiti de ceux qui la compos5t ne peuv5t pr5dre les occupations acadmiques que comme des amusem5ts2 ils ont des pr(essions qui les oblig5t de donn] leurs so9s t\tte autre *ose que ce qui fait l'objet de l',acadmie4 ,les uns sont obligs d'tre mdec9s1 les autres *irurgi5s1 les autres apoticaires4 ,quels ouvrages peut-on att5dre de savants contra9ts pass] sur le pav de ,p>is des j\rs qu'ils devrai5t employ] dans leurs cab9ets8 ,un homme qui arrive *ez soy las et di/rait e/-il en tat de travaill] ce qui le dem&e t\t enti]8 ,employ]a-t-il les nuits des expri5ces8 ,malgr p\rtant cette div]sion1 plusieurs acadmici5s de ces classes ont donn des *oses excell5tes1 mais qui doiv5t n\s faire regrett] celles que n\s eussions eues1 s'il leur eu/ t p]mis de se livr] aux re*]*es o leur incl9ation les portoit4 ,de l'autre moiti des acadmici5s1 une p>tie e/ oblige enseign] les ma?matiques p\r subsi/]4 ,enf91 il en re/e trs-peu qui soi5t en tat de faire des expri5ces et de vivre avec cette aysance qui met l'esprit en repos et en tat de se livr] des re*]*es utilles4 ,entre qu>ante-huit acadmici5s de/9s au travail1 l',acadmie ne sauroit compt] qu'un petit nombre de travailleurs4 ,le seul remde apport] s]oit d'oblig] t\s les acadmici5s1 ou au mo9s le plus gr& nombre1 n'tre qu'acadmici5s1 de les mettre en tat de n'avoir d'autres occupations que celles qui ont un rapport direct aux objets de l',acadmie4 ,une autre cause de la dcad5ce de l',acadmie1 qui ti5t celle dont n\s v5ons de p>l]1 c'e/ qu'il ne se =me plus de sujets2 on en fait l'expri5ce t\tes les fois qu'on a des places vaccantes remplir4 ,il faut tre n avec des tal5ts r>es p\r russir dans les sci5ces1 et1 p>my ceux qui naiss5t avec ces tal5ts1 combi5 y en a-t-il qui en puiss5t pr(it]8 ,un jeune homme qui veut suivre ses heureuses dispositions se tr\ve arre/ p> les clameurs de t\tte sa famille et de t\s ses amis2 on ne veut po9t cons5tir qu'il s'ab&onne des re*]*es qui peut-e/re luy donn]oi5t quelque gloire en le conduisant m\rir de faim4 ,l',acadmie f\rnit des exemples de cette nature3 un de ses membres1 habile anatomi/e1 m\rut il y a quelques annes l',ho/el-,dieu4 ,si l',acadmie a pu1 p5dant quelque temps1 se f\rnir de sujets1 elle le devoit la protection que l'illu/re ,m4 ,colb]t avoit donne aux sci5ces2 qu& elle e/ v5ue manqu]1 on ne s'e/ plus t\rn de leur co/2 la pp9ire s'e/ puise et il ne s'en =me po9t de n\velle4 ,a la vrit1 ,m4 l'abb ,bignon a fait1 p\r l',acadmie et p\r les sci5ces en gnral1 t\t ce qu'on peut att5dre du zelle le plus ecclair1 mais les trsors n'toi5t pas entre ses ma9s4 ,il y a peu d'app>5ce aussy que le royaume puisse se repeupl] de vrays savants1 tant que la condition1 de t\ttes la plus laborieuse1 ne mn]a ri54 ,y a-t-il de la ju/ice que celui qui s'applique des re*]*es importantes au bi5 de l'tat1 ne puisse espr] de p>v5ir quelque =tune8 ,l'homme de gu]re1 le magi/rat1 le m>*&1 peuv5t se promettre des rcomp5ses de leurs travaux2 le savant seul n'a ri5 en espr]2 peut-e/re que le cas que les ,*9ois font des lettrs n'e/ pas la gloire de la ,france4 ,l'auteur1 qui bi5 vraisemblablem5t e/ ,raumur1 *]*e ensuite les moy5s de relev] l',acadmie suivant lui prte prir2 il propose d'appliqu] le savoir et l'esprit inv5tif des acadmici5s au p]fectionnem5t des arts et mti]s et de l'agriculture1 et1 desc5dant mme au dtail des que/ions que l'on p\rrait propos] *acun3 ,qu'on se fasse1 p> exemple1 dit-il1 une loy de donn] t\j\rs des acadmici5s la direction des monnoyes1 comme le clbre ,m4 ,newton l'a en ,anglet]re1 et qu'on leur donne les inspections des diffr5tes manufactures1 les inspections gnralles des *em9s1 ponts et *ausses4 ,croiroit-on trop faire1 si on accordoit des entres dans le conseil du comm]ce ou dans ceux des compagnies qui l'ont p\r objet1 aux savants qui ont fait des tudes p>ticulires des matires que les arts et la mdec9e n\s engag5t tir] des pays trang]s2 ceux qui se sont appliqus s'in/ruire fond des manufactures du royaume1 de ses productions qui se sont ngliges et qu'on p\rroit mettre pr(fit8 ,un g\v]nem5t qui a les eaux p\r objet1 tel qu'e/ celuy de la ,sam>ita9e1 ne devroit-il pas entr] dans le p>tage des acadmici5s8 ,ce s]oit une rcomp5se p\r un de ceux qui se s]oit le plus appliqu aux hydrauliques2 un p>eil g\v]nem5t l'engag]oit faire une tude p>ticulire de t\t ce qui a rapport la conduitte des eaux2 ce mme g\v]nem5t s]oit un appas qui excitt]oit un gr& nombre d'autres sujets travaill] sur la mme matire2 au mo9s semble-t-il qu'il s]oit mieux dans les ma9s d'un savant que dans celles d'un vallet de *ambre d'un gr& seigneur2 la ,pp9ire1 il y a une place de quelque rev5u qui convi5droit un botani/e4 ,on p\rroit mme donn] l',acadmie une espce d'inspection sur t\s les arts mcaniques qui1 sans leur tre *>ge1 contribu]oit extrmem5t leur progrez2 un expdi5t assez simple r5droit nos ouvri]s incomp>ablem5t plus habiles qu'ils ne sont1 leur donn]oit de l'mulation p\r la p]fection de leurs arts et augm5t]oit p> consqu5t le dbit de t\s nos ouvrages d'indu/rie1 c> on se f\rnit des ouvrages de *acque espce dans les pays o les ouvri]s sont en rputation de mieux travaill]2 de l e/ v5u le gr& dbit des montres d',anglet]re4 ,l'expdi5t s]oit que l',acadmie proposa/ *aque anne des prix p\r ceux des ouvri]s de *aque pr(ession qui auroi5t inv5t ou mieux f9i quelque ouvrage2 que ces prix fuss5t di/ribus aux arts mesmes qui sembl5t les plus grossi]s1 comme c\telli]s1 taill&i]s1 s]ruri]s2 on propos]oit p> exemple aux taill&i]s de *]*] la manire la plus simple de faire une excell5te faulx et bon m>*4 ,le succez de ce prix n\s emp*]oit peut-e/re d'avoir beso9 l'av5ir des faulx d',allemagne4 ,le royaume se tr\v]oit bi5 indemnis de ce qu'il luy en cot]oit p\r le prix4 99 99 99 99 99 ,mais1 vray dire1 aj\te-t-il1 on ne sauroit att5dre l'excution de si gr&s projets d'une compagnie qui n'a que #cj1jjj livres di/ribu] entre plus de v+t p>ticuli]s1 et qui en a une tr5ta9e d'autres s\t5ir seullem5t p> l'esprance d'entr] un j\r en p>tage de cette petite somme4 ,les p5sions n'toi5t gures plus =tes du temps de ,m4 ,colb]t2 communm5t1 elles toi5t de #a1ejj livres2 mais #a1ejj livres alors valloi5t plus que quatre ou c9q mille auj\rd'huy4 ,celle de feu ,m4 ,cass9i tait de #i1jjj livres1 et a seulle produit bi5 des savants2 des gratifications v9r5t s\v5t au sec\rs de la modicit des p5sions2 si ce gr& m9i/re eu/ t plus longtemps cons]v la ,france1 il eu/ app>emm5t mis sur un autre pi$ l',acadmie dont il toit le pre2 depuis qu'elle l'a p]du1 elle a eu le temps d'appr5dre combi5 on doit peu compt] sur de petittes p5sions1 dont les payem5ts peuv5t e/re susp5dus p> une inf9it d'vnem5ts4 ,p\r faire fleurir l',acadmie1 il faudroit donc luy donn] des fondem5ts 9branslables1 luy assign] des fonds l'preuve de t\tte rvolution1 comme sont les fonds en t]re possds p> l'univ]sit d',ox=t et de ,cambridge2 que ces fonds fuss5t suffisans p\r faire vivre les acadmici5s d'une manire commode1 leurs montr] des places di/+ues o ils puss5t se promettre d'arriv]4 ,quelques considrables que fuss5t les fonds assigns1 l',acadmie ne s]oit peut-e/re pas un an ou deux en ddommag] le royaume4 ,une seulle dc\v]te p\rroit les remplac]4 ,ce plaidoy] habile et s9cre re/a sans rsultat4 ,l',acadmie n'en vcut pas mo9s en se recrutant s\v5t =t heureusem5t1 en dpit des s9i/res prdictions de son df5seur2 elle fut mme un in/ant m5ace de la concurr5ce d'une compagnie rivale1 dont les membres p>aissai5t assez considrables p\r lui port] srieusem5t ombrage4 ,v]s l'anne #agbf1 ,juli5 et ,pi]re ,l]oy et ,h5ri ,sulli1 clbres t\s trois dans l'hi/oire de l'horlog]ie1 in/itur5t des confr5ces rgles sur les moy5s de p]fectionn] leur art4 ,ils s'associr5t ,clairaut pre et fils et un fabricant d'in/rum5ts ma?matiques1 nomm ,jacques ,lemaire1 et conv9r5t de se runir t\s les diman*es dans le j>d9 du ,luxemb\rg2 t\t m>*a bi5 p5dant l't2 mais1 la mauvaise saison1 il fallut *]*] un autre asile2 on le tr\va dans la c\r du ,dragon1 *ez un ,m4 ,puisieux1 qui dev9t membre de la socit1 laquelle ,degua1 ,nollet1 ,la ,condam9e1 ,gr& ,jean ,f\*y1 ,r5>d du ,to/a directeur de la ,monnaie1 le clbre orfvre ,g]ma9 et le compositeur ,rameau1 se joignir5t bi5tt en l'engageant t5dre ses tudes et ses travaux la totalit des arts et augm5t] encore le nombre des associs4 ,la compagnie1 selon les habitudes du temps1 devait avoir un protecteur2 on s'adressa au comte de ,cl]mont1 qui1 flatt de ce rle1 (frit p\r les sances une salle de son palais et obt9t la p]mission royale1 qui fut donne en #agcj4 ,la socit1 dev5ue de plus en plus importante et honore des frqu5tes visites du pr9ce de ,cl]mont1 se p>tagea1 comme l',acadmie1 en honoraires et en associs1 =ma comme elle des sections1 et nomma mme des correspondants4 ,l'un d'eux fut l'a/ronome danois ,horreb[ qui1 dans son livre intitul ,basis a/ronomi1 imprim en #agce1 ,cop5hague1 pr5d le titre de membre de la ,socit des arts de ,p>is4 ,raumur et ,dufay1 inquiets des succs et de l'influ5ce d'une compagnie n\velle1 proposr5t au pr9ce de ,cl]mont1 dont ils tai5t connus1 que l',acadmie s'engaget *oisir1 autant qu'il se p\rrait1 ses sujets p>mi les ?orici5s de la socit1 la condition de les possd] t\t enti]s en les autorisant seulem5t g>d] dans l'autre compagnie le titre de vtran4 ,un tel arrangem5t n'tait pas acceptable et fut rejet2 les deux acadmici5s dcl>r5t alors nettem5t qu'ils f]ai5t tomb] la socit4 ,leur moy5 fut trs-simple3 ,l',acadmie s'adjoignit successivem5t ,la ,condam9e1 ,clairaut1 ,f\*y1 ,nollet et ,degua en leur imposant l'obligation d'opt]4 ,l'effet ne se fit pas att5dre1 et la ,socit des arts1 prive de ses membres les plus actifs1 ne t>da pas s'affaiblir et tomb] compltem5t1 sans avoir produit aucune uvre qui en p]ptut le s\v5ir4 ,l',acadmie1 outre les #cf1jjj livres de/9es aux p5sions1 recevait1 *aque anne1 sur le trsor royal une allocation de #ab1jjj livres attribue aux dp5ses gnrales et aux expri5ces juges utiles mais employe1 en gr&e p>tie1 aid] ou sec\rir les p5sionnaires ou les associs les plus pauvres ou les plus en faveur4 ,ces fonds bi5 insuffisants p>aiss5t d'ailleurs avoir t1 p5dant longtemps au mo9s1 adm9i/rs avec beauc\p de dsordre4 ,une fois1 p> exception1 en #agbe1 le m>*al de ,tall>d1 prsid5t de l',acadmie1 avant d'appr\v] les dp5ses1 v\lut en connatre le dtail2 peu satisfait d'un premi] exam51 il nomma une commission dans laquelle sigeai5t l'abb ,bignon1 ,raumur et ,cass9i2 leur rapport e/ rellem5t curieux3 ,les regi/res du sieur ,c\plet1 trsori] de l',acadmie1 dis5t les commissaires1 n'ont aucune =me de livre de comptable4 ,il rapporte uniquem5t les articles de dp5se1 sans faire aucune m5tion de la recette1 et c'e/ ou une ignorance inexcusable de sa "p1 ou une affectation trs-suspecte p\r vit] l'exam5 de ses comptes2 mais1 outre ce dfaut ess5tiel dans la =me1 il y a si peu de rgle dans la dp5se1 qu'il p>oi/ que l$it sieur ,c\plet a dispos entirem5t sa fantaisie de la plusp>t des fonds qu'il a reu1 comme si 'et t son propre bi52 il a augm5t de sa propre au?orit les gages de son dome/ique1 qu'il a ports de #cfd #ejj livres4 ,l'entreti5 de la salle des ma*9es1 qui1 du temps du feu sieur ,c\plet pre et prdcesseur1 n'alloit qu' #e livres1 il le porte #ej livres p> qu>ti]2 p\r l'entreti5 d'un miroir ard5t1 il fait mont] la dp5se1 dans une anne1 environ #ejj livres1 et l'on ne peut s'emp*] de rem>qu]1 cette occasion1 une *ose honteuse p\r l',acadmie et p\rtant de notorit publique3 c'e/ l'arg5t qu'il s\ffre que son me/ique exige de t\s ceux qui vont voir cette salle des ma*9es4 ,presque t\s les articles de dp5se en gnral sont si excessivem5t enfls1 qu'il y en a qu'il porte au del de tr5te et qu>ante fois leur ju/e valeur1 comme p\r le papi]1 plumes et ancre1 etc4 ,on peut assur] qu'il n'y a jamais eu de regi/re aussi mal t5u p\r la =me et si deffectueux dans le fond4 ,on peut rduire quatre pr9cipaux *efs les obs]vations des commissaires4 ,le premi] reg>de l'employ des d5i]s du roy1 fait p\r le propre usage du sieur ,c\plet1 sans qu'il puisse produire aucun ordre qui l'au?orise4 ,cet article seul monte la somme de d\ze mil quatre c5t dix sept livres dix sols2 laquelle somme il a employe en batim5s1 remises1 gr5i]1 mur de j>d91 remuage de t]re faits l'obs]vatoire p\r son usage p>ticuli]4 ,le t\t sans qu'il produise aucun ordre p\r cette dp5se entirem5t inutile1 d'autant plus qu'il a encore t\t le logem5t qu'avoit feu son pre1 lequel s'en e/ cont5t p5dant tr5te annes quoy qu'il eut une nombreuse famille1 au lieu que le sieur ,c\plet e/ seul4 ,d'ailleurs1 cette dp5se reg>de le sur9t5dant des btim5s du roy et nullem5t l',acadmie4 ,il e/ rem>qu] que ces dp5ses en btim5s ont t faites dans un tems o les acadmici5s qui occup5t l'obs]vatoire ne p\voi5t obt5ir qu'on leur ft les rp>ations les plus pressantes1 comme des vitres1 c\v]tures1 etc4 ,le second *ef reg>de les dp5ses faites s\s le titre de dp5ses extraord9aires1 sans qu'il en fasse aucun dtail1 ny qu'il rapporte aucune preuve ju/ificative2 elles mont5t la somme de sept mil dix-sept livres qu9ze sols2 on ne sauroit imag9] en quoy consi/5t ces dp5ses extraord9aires1 d'autant plus que1 dans des mmoires que l'on a tr\v excessifs et enfls1 il a employ en dp5se et bi5 en dtail1 le papi]1 les plumes1 l'ancre1 les ports de lettres1 le remuage des poesles1 les petites gratifications faites aux suisses dans les assembles publiques de l',acadmie2 en un mot1 il entre dans une inf9it de petits dtails et ensuitte il y aj\te cette somme exhorbitante de #g1jag livres #ae sols4 ,le troisime *ef r5f]me les faux ou d\bles employs dont on rapport]a icy deux articles3 l'un de #a1caj livres p\r l'envoy du caff aux ,indes et l'autre de #ajj livres p\r le cong d'un soldat2 ces deux sommes luy ont t f\rnies en #agah1 et1 lorsque les commissaires luy ont dem& les preuves de l'envoy de ces sommes1 il leur a av\ qu'il n'en avoit po9t fait d'employ4 ,on p\rroit encore mettre au rang des faux employs une somme de #afj livres qu'il dit dans son compte avoir t employe p\r faire gobt] le mur du ct de l'ori5t de son n\veau logem5t1 laquelle somme il a av\ depuis n'avoir po9t employe4 ,le quatrime *ef reg>de les dim9utions d'espces dont il dem&e le remb\rsem5t et qu'il fait mont] la somme de six mil c9q c5t tr5te-quatre livres1 dont il ne rapporte ny ne peut rapport] aucun procs-v]bal1 ne t5ant aucun regi/re p> recette et dp5se2 ce qui a emp* les commissaires de p\voir /atu] sur ce qui p\voit luy tre vritablem5t deu2 l'on peut aussi rem>qu] qu'il passe dans son compte les dim9utions1 mais qu'il ne p>le po9t des augm5tations qui sont arrives depuis #agah jusqu'en #agbb1 lesquelles mritai5t bi5 qu'on y fit quelque att5tion1 puisqu'il y en a eu qui ont port les espces au triple de leur anci5ne valeur1 c'e/--dire depuis #dj livres le m>c d'arg5t monnoy jusqu' #abj livres et l'or proportion4 ,il rsulte de t\s les articles prcd5s que le sieur ,c\plet e/ r$evable de v+t-deux mil six c5t soixante-trois livres c9q sols p\r sommes non payes et qu'il a reues ou payes non vallablem5t4 ,la df5se de ,c\plet1 sans tre concluante1 attnue beauc\p1 il faut le dire1 la porte du rapport en prs5tant les irrgul>its signales comme une consqu5ce t\te naturelle de l'abs5ce de contrle et de rgle4 ,c\plet1 t\*ant =t irrgulirem5t les fonds de l',acadmie et faisant p\r elle de =tes avances1 *]*ait dim9u] le ret>d des r5tres en portant en compte les dp5ses prvues2 il arrivait p>fois que les circon/ances v5ant *ang]1 la somme t\*e se tr\vait sans emploi2 mais ,c\plet1 il le prt5d au mo9s1 l'appliquait alors d'autres beso9s de l',acadmie4 ,il ne faut donc pas trop s'tonn] de voir le sieur ,c\plet sig] v+t ans encore prs de ceux qui ont sign le rapport et gr] les affaires de l',acadmie sans que les discussions relatives sa comptabilit se soi5t r5\veles4 ,la somme de #ab1jjj livres annuellem5t accorde l',acadmie aurait d tre d\ble en #ageg4 ,le rg5t1 en #agba1 avait en effet accord ,raumur une p5sion de #ab1jjj livres qui1 p> lettres pat5tes et p> arrt du conseil1 avait t dcl>e rev]sible sur l',acadmie4 ,raumur m\rut en #ageg2 de n\velles lettres pat5tes confirmr5t les premires1 et la r5te fut transfre l',acadmie mais p\r lui *app] aussitt1 c> p> une subtilit laquelle on ne devait pas s'att5dre1 on la reg>da comme t5ant lieu de la somme gale assure jusque-l *aque anne sur le trsor royal et qui ds lors dev5ait inutile4 ,dans une lettre date du #ca janvi] #agei1 le duc de la ,vrillire dcl>e1 il e/ vrai1 que1 si les beso9s de l',acadmie exigeai5t que le fonds ft excd1 il y avait lieu d'espr] que ,sa ,maje/ v\drait bi5 y avoir g>d sur les propositions qu'en f]ai5t ,,mm4 les (fici]s de l',acadmie et dont il aurait l'honneur de r5dre compte ,sa ,maje/4 ,l',acadmie se plaignit1 il n'en faut pas d\t]1 et ses ef=ts fur5t p]svrants1 c>1 dix-sept ans aprs1 en #agge1 on voit ses reprs5tations favorablem5t accueillies p> ,turgot et ,male%]bes4 ,les ngociations durr5t cep5dant trois annes encore1 et c'e/ en #aggh seulem5t1 v+t ans aprs la mort de ,raumur1 que l',acadmie obt9t enf9 ju/ice4 ,la correspondance relative cette affaire n\s appr5d que #h1jjj livres sur les #ab1jjj qui =mai5t la premire allocation tai5t alors affectes des augm5tations de p5sions3 #d1jjj livres re/ai5t donc disponibles seulem5t p\r les frais gnraux1 les expri5ces et les allocations dem&es s\v5t p> le libraire lorsque les volumes publis cont5ai5t un trop gr& nombre de plan*es4 ,c'e/ donc avec gr&e raison que le roi1 en accordant enf9 une subv5tion dont le refus avait t un dni de ju/ice1 en rs]vait expressm5t l'emploi aux expri5ces sci5tifiques et autres travaux de l',acadmie4 'er juillet #aggh4 ,c'e/ avec bi5 du plaisir1 crit ,m4 ,amelot l',acadmie1 que j'ai l'honneur de v\s annonc] que ,sa ,maje/ a bi5 v\lu rtablir cette somme compt] du #a;er du mois pro*a94 ,mais son int5tion e/ que la totalit des #ab1jjj livres soit employe faire des expri5ces1 sans qu'il puisse jamais en tre ri5 di/rait p\r quelque autre objet que ce soit4 ,l',acadmie dlibra immdiatem5t sur le meilleur *oix des expri5ces faire4 ,lavoisi]1 dont les conclusions fur5t adoptes1 fait p>atre1 en posant d'excell5ts pr9cipes1 des vues aussi sages qu'leves3 ,les travaux acadmiques me p>aiss5t1 dit-il1 dans la circon/ance actuelle1 devoir tre di/+us en deux classes3 les uns1 relatifs des dc\v]tes p>ticulires que l'auteur a intrt g>d] secrtes1 dem&5t tre suivis dans le sil5ce du laboratoire et du cab9et4 ,les travaux de cette sorte app>ti5n5t plutt aux p>ticuli]s qu'au corps1 et l',acadmie ne p\rrait s'engag] en faire les frais sur la simple p>ole des auteurs sans s'expos] p>tag] l'en?\siasme naturel *acun p\r les dc\v]tes qu'il a faites ou qu'il croit avoir faites1 favoris] la suite d'une inf9it de *imres qu'on aurait prises p\r des ralits1 enf9 autoris] un emploi secret de fonds qui aurait les plus gr&s inconvni5ts4 ,on p5se1 d'aprs cela1 que t\t acadmici5 qui v\dra t5ir ses expri5ces secrtes ne doit prt5dre aucune rcomp5se qu' la gloire mme atta*e une dc\v]te importante4 ,non pas que l',acadmie doive s't] le droit de remb\rs] les frais de ces sortes d'expri5ces1 si elle le juge propos1 mais elle ne doit /atu] que lorsqu'elle en aura pris connaissance et dans la supposition o il se tr\v]a des fonds libres et qui n'auront pas t de/9s des objets plus importants4 ,il e/ d'autres g5res de travaux qui1 lo9 de dem&] du my/re1 exig5t1 au contraire1 une sorte de publicit et le conc\rs de plusieurs ag5ts4 ,ces travaux1 qui sont vraim5t acadmiques et que le g\v]nem5t a eus pr9cipalem5t en vue lors de l'in/itution de cette compagnie1 consi/5t rpt] t\s les faits pr9cipaux qui s]v5t de base *aque sci5ce1 con/at] t\tes les dc\v]tes importantes qui se font j\rnellem5t p> les savants de t\tes les nations1 entrepr5dre de ces gr&es suites d'expri5ces qui sont au-dessus des =ces des p>ticuli]s1 mais qui font poque dans les sci5ces et qui en tabliss5t les masses4 ,l',acadmie1 en repr5ant ce plan1 qui tait celui des premi]s acadmici5s1 p>vi5drait =m] un dpt de faits d'autant plus prcieux1 que t\s aurai5t un b relativem5t l'avancem5t des sci5ces1 qu'elle p\rrait espr] de remplir des lacunes imm5ses que laiss5t dans ce mom5t la plup>t des sci5ces physiques1 enf9 qu'elle p>vi5drait mettre en uvre une inf9it de matriaux qui se multipli5t de j\r en j\r1 mais dont la place et l'arrangem5t sont absolum5t inconnus4 ,ce plan1 qui ne peut tre adopt que p\r un corps et p> un corps aid et appuy p> le g\v]nem5t1 ne conduira pas t\j\rs des dc\v]tes brillantes2 mais il s]vira assur] en peu de temps la m>*e des sci5ces1 dissip] le pre/ige des sy/mes n\veaux qui ne sont po9t appuys sur des preuves1 rduire t\tes les *oses leur ju/e valeur1 enf9 faire m>*] les sci5ces en quelque faon t\t d'une pice1 semblables ces phalanges r$\tables dont la m>*e l5te mais sre ne connaissait pas d'ob/acles inv9cibles4 ,telles sont les vues d'aprs lesquelles on a rdig le projet de rglem5t4 ,c9q ans aprs1 en #aghc1 lorsque le bruit se rp&it qu'aux applaudissem5ts des tats du ,viv>ais assembls ,joseph ,montgolfi] avait enlev1 sur la place publique d',annonay1 un ballon de c5t pi$s de diamtre1 l'op9ion publique en dem&ant l',acadmie la confirmation d'une dc\v]te aussi prodigieuse semblait att5dre d'elle des applications sans limite et la ralisation des plus *imriques esprances4 ,l',acadmie fut invite de la "p du roi s'occup] des expri5ces n\velles en associant ses re*]*es l'inv5teur ,montgolfi] et ,*>les1 pr(esseur habile de physique qui1 sub/ituant l'air inflammable l'air *aud1 s'tait audacieusem5t lev la vue des ,p>isi5s effrays et *>ms jusqu' #g1jjj pi$s au-dessus du sol4 ,la dp5se1 aj\tait la lettre de ,m4 d',ormesson1 p\rrait tre prise sur les #ab1jjj livres all\es p\r les expri5ces de l',acadmie4 ,l',acadmie fut d\blem5t *oque4 ,montgolfi] et ,*>les malgr leur mrite m95t lui tai5t jusque-l re/s trang]s1 et ses habitudes n'tai5t pas d'associ] ses travaux des savants pris hors de son se94 ,la d]nire phrase de la lettre de d',ormesson semblait en outre une atte9te porte la libre disposition de ses rev5us4 ,des obs]vations fur5t adresses au m9i/re1 qui rpondit =t gracieusem5t3 ,je n'ai pas eu l'int5tion de propos] ri5 qui pt gn] l',acadmie ou contr>i] ses usages ou ses /atuts4 ,le roi1 qui connat le zle de l',acadmie et ses dispositions r5dre utile une dc\v]te aussi importante1 s'en rapporte p>faitem5t elle sur ce qu'elle croit devoir des hommes e/imables1 dont l'un e/ inv5teur de la ma*9e et dont les autres ont fait avec succs les premires t5tatives propres en indiqu] et en p]fectionn] les proprits4 ,,les ,,exp,,ditions ,,sci5tifiques4 ,la somme rgulirem5t all\e l',acadmie tait trop faible p\r subv5ir aux frais de voyages ou d'expditions juges utiles au progrs de la sci5ce4 ,la gnrosit du m9i/re et celle du s\v]a9 lui-mme tai5t donc invoques dans t\tes les occasions importantes et elles faisai5t r>em5t dfaut4 ,les voyages sci5tifiques entrepris la dem&e de l',acadmie tai5t dfrays p> une allocation spciale accorde *aque fois p\r un b dt]m9 et au membre mme dsign p> elle4 ,presque t\s eur5t p\r b le progrs de l'a/ronomie et de la gographie2 quelques-uns cep5dant fur5t consacrs aux tudes d'hi/oire naturelle4 ,c'e/ a9si que l'on tr\ve dans les c>tons de l',acadmie une lettre non signe et date du #ac juillet #agag1 qui comm5ce a9si3 ,j'ai l'honneur de v\s envoy] la notte p\r une ordonnance de #d1jjj livres p> rapport un voyage de ,m4 de ,jussieu4 ,je v\s av\]ay que j'aurais s\hait le delay d'un voyage de cette nature jusqu' l'anne pro*a9e1 les affaires s]ont en meilleur e/at4 ,s4 ,a4 ,r4 a tr\v l'objet trop mdiocre p\r att5dre2 p\r moy je pr5dray seulem5t la lib]t de v\s faire rem>qu] que1 ds que c'e/ l son int5tion1 cette ordonnance e/ presse1 p>ce qu'il faut que ,m4 de ,jussieu p>te la f9 de ce mois ou les premi]s j\rs de l'autre t\t au plus t>d4 ,m4 de ,jussieu tait ,anto9e1 le premi] des acadmici5s de sa glorieuse famille4 ,son frre ,b]n>d1 g alors de dix-sept ans1 devait l'accompagn] dans ce voyage1 le seul qu'il ait entrepris p5dant sa belle et mode/e c>rire4 ,sa famille ne songeait nullem5t alors en faire un savant et le de/9ait au comm]ce2 lui-mme au ret\r1 attri/ de ne p\voir s'arrt] aucun p>ti1 fit une retraite au c\v5t de ,sa9t-,laz>e p\r y mdit] t\t son aise et sortit dcid p\r la ph>macie laquelle succda bi5tt la mdec9e1 mais il rev9t heureusem5t la botanique en s'associant son frre qu'il ne quitta plus4 ,si le s\v5ir du voyage d',espagne dcida sa dt]m9ation1 on peut assur] qu'en accordant les #d1jjj livres malgr le mauvais tat des affaires1 le rg5t1 dont la ma9 s'ouvrit si s\v5t p\r favoris] la sci5ce1 lui r5dit ce j\r-l l'un des plus gr&s s]vices dont elle doive rem]ci] sa mmoire4 ,la mission de ,t\rne=t1 antrieure celle de ,jussieu1 eut aussi p\r b l'hi/oire naturelle4 ,t\rne=t savait voyag]4 ,la n>ration de ses av5tures e/ ple9e de dtails intressants raconts navem5t et non sans esprit quelquefois4 ,obs]vateur curieux et sagace des murs et des c\tumes1 trs-v]s dans la lecture des auteurs anci5s1 ,t\rne=t a compos deux volumes qui1 s\s =me de lettres ,m4 de ,pont*>tra91 rapport5t les incid5ts de son voyage1 les s+ul>its obs]ves1 les op9ions recueillies et les s\v5irs veills p> les lieux qu'il p>c\rt4 ,l'hi/oire naturelle n'occupe pas tellem5t son esprit que d'autres tudes n'y puiss5t tr\v] place1 et sa n>ration peut satisfaire1 en mme temps que la curiosit du savant1 celle de l'homme politique1 de l'hi/ori5 et du gographe4 ,les apprciations t\j\rs s9cres de ,t\rne=t sont p>fois s+ulires4 ,il recueille les r5seignem5ts et les traditions et les rapporte sans les contrl]2 jamais dans l'int]prtation des monum5ts anci5s il ne semble ap]cevoir de difficults1 ou ce qui revi5t presque au mme1 il ne s\ponne pas qu'on puisse les claircir4 ,l'le de ,crte et le mont ,ida lui rappell5t la naissance et le rgne de ,jupit]2 quelques ru9es d'orig9e d\teuse p\rrai5t tre suivant lui le temple o ,mnlas sacrifia lorsqu'il eut appris l'enlvem5t de sa femme ,hlne2 l'excell5t v9 de ,c&ie1 qui lorsqu'on en a gt fait mpris] t\s les autres1 devait tre le nect> que buvait autrefois ,jupit]4 ,ces traits d'rudition nave ne dim9u5t ni l'intrt ni l'au!nticit du rcit des faits obs]vs4 ,les murs et les sup]/itions des ,grecs et des ,turcs1 l'animosit qui sp>e les deux races1 sont mis en relief p> une gr&e abondance de dtails recueillis t\te occasion4 ,les sympa?ies de ,t\rne=t p\r les *rti5s vont jusqu' l'horreur des infidles auxquels il r5d p>fois ju/ice cep5dant1 et lorsque sa bonne foi triomphe de ses prv5tions et de ses prjugs1 ses rcits sont lo9 de confirm] ses apprciations gnrales4 ,les ,turcs1 dit-il en p>lant de l'le de ,milo1 font t\j\rs quelque n\velle avanie p\r ranonn] les pauvres ,grecs1 et d'ailleurs il faut leur faire des prs5ts si l'on veut vit] la *ane ou les c\ps de btons4 ,les ,turcs sont plus insol5ts que jamais dans les les depuis la retraite des corsaires franais2 a9si les ,grecs ne sav5t qui s\hait]4 ,les corsaires t5ai5t les ,turcs en raison et mangeai5t le pr(it de leurs prises dans le pays2 mais aussi les corsaires tai5t p>fois des htes incommodes1 avec lesquels il n'tait pas trop ais de vivre4 ,les plus habiles d'entre les ,grecs1 aprs la p]te de la capitale de leur empire1 se retirr5t en div]s endroits de la *rti5t2 ils emportr5t avec eux t\tes les sci5ces de leur pays et p> consqu5t t\tes les v]tus4 ,voil donc1 suivant ,t\rne=t1 ,con/ant9ople prive de t\tes les v]tus et p\r longtemps sans d\te1 c> les sci5ces1 cela e/ notoire1 n'y ont pas encore fait ret\r4 ,comm5t concili] cep5dant cette apprciation avec les lignes suivantes3 ,comme la *>it et l'am\r du pro*a9 sont les po9ts les plus ess5tiels de la religion mahomtane1 les gr&s *em9s sont ord9airem5t bi5 entret5us et l'on y tr\ve assez frquemm5t des s\rces1 p>ce qu'ils en ont beso9 p\r les ablutions2 les pauvres g5s pr5n5t so9 de la conduite des eaux1 et ceux qui sont dans une =tune mdiocre tabliss5t des *ausses4 ,ils s'associ5t avec leurs vois9s p\r btir des ponts sur les gr&es r\tes et contribu5t au bi5 public suivant leurs facults4 ,les ouvri]s pay5t de leur p]sonne3 ils s]v5t gratuitem5t de maons et de manuvres p\r ces sortes d'ouvrages4 ,on voit dans les villages1 aux portes des maisons1 des cru*es d'eau p\r l'usage des passants4 ,quelques bons musulmans se log5t s\s des espces de b>rires qu'ils font con/ruire sur les gr&s *em9s1 et l ils ne sont occups p5dant les gr&es *aleurs qu' faire repos] et rafra*ir ceux qui sont fatigus4 ,l'esprit de *>it e/ si gnralem5t rp&u p>mi les ,turcs1 que les m5diants mmes1 quoiqu'on en voie trs-peu *ez eux1 se croi5t obligs de donn] leur sup]flu d'autres pauvres4 ,les pages que ,t\rne=t consacre la sci5ce sont s\v5t des plus curieuses p\r l'hi/oire de ses progrs et rvl5t plus d'une erreur s+ulire accepte alors sans difficult p> les hommes les plus clairs4 ,r5contrant ,c&ie une s\rce !rmale1 il y plonge des ufs qui ne cuis5t pas2 mais au lieu d'en conclure simplem5t que la temprature n'e/ pas suffisante1 il y voit un c>actre spcifique de cette eau et se rappelle qu'en ,france il a vu des soldats faire cuire une p\le dans les eaux !rmales du =t des ,ba9s dans le ,r\ssillon4 ,t\tes les s\rces d'eaux b\illantes que j'ai obs]ves dans les div]s pays m'ont p>u1 dit-il1 galem5t *audes1 p>ce que je n'avais d'autre !rmomtre que ma ma91 et c]ta9em5t je n'en ai r5contr aucune de celles qu'on appelle b\illantes1 o j'aie pu tremp] les doigts sans me brl]4 ,t\tes ces s\rces fum5t galem5t1 cep5dant on tr\ve entre elles cette diffr5ce p> rapport aux ufs que1 dans les unes1 ils ne s'y cuis5t pas dans l'espace de deux heures1 et dans quelques autres1 ils se cuis5t en quatre ou c9q m9utes4 ,l'vaporation cont9uelle des eaux de la m] semble d'aprs une autre lettre compltem5t inconnue ,t\rne=t1 et il s'tonne de voir la m] ,noire recevoir1 p> les div]ses rivires qui s'y d*>g5t1 plus d'eau que le ,bosphore n'en peut r5dre la ,mdit]rane4 ,que p\vai5t1 dit-il1 dev5ir les eaux qui se ramassai5t ensemble j\r et nuit dans le mme bass9 sans qu'elles euss5t leur d*>ge4 ,la d*>ge de la ,mdit]rane dans l',ocan e/ au dtroit de ,gibralt>1 o heureusem5t les eaux tr\v5t plus de facilit creus] un canal que de se rp&re sur la t]re d',afrique4 ,le ,seigneur avait laiss cette ouv]ture entre les monts ,atlas et celui de ,gads2 il ne fallait que db\*] les digues4 ,les travaux relatifs la =me de la t]re et la con/ruction de la c>te de ,france1 incessamm5t discuts et repris depuis prs d'un sicle1 tr\vr5t dans ,l\is ,,xv et dans son successeur des protecteurs aussi zls et aussi gnreux que l'avai5t t ,l\is ,,xiv et le rg5t4 ,le problme dont l',acadmie avait confi la solution ,pic>d semblait d'abord des plus simples4 ,la t]re tait p\r elle une sphre dont il s'agissait de dt]m9] le rayon en valuant l'arc d'un degr sur l'un de ses gr&s c]cles4 ,les a/ronomes de l'antiquit et ceux du moy5 ge avai5t sans plus de preuves adopt l'op9ion d'une sphricit p>faite1 et le mme problme s'tait prs5t eux1 mais leurs dt]m9ations 9gales et p> consqu5t inc]ta9es se ress5tai5t trop videmm5t de la grossiret des in/rum5ts employs4 ,le degr t]re/re1 si l'on en croit ,ari/ote qui l'accepte des a/ronomes de son temps1 aurait #a1aaa /ades de longueur4 rato/hne1 qui v9t aprs1 n'en comptait plus que #gjj1 ,posidonius #fff1 et enf9 ,ptolme #ejj seulem5t4 ,les ,arabes dim9ur5t encore l'valuation de ,ptolme4 ,les a/ronomes assembls p> ordre d',almam\n ayant pris la hauteur du ple se sp>r5t en deux tr\pes1 les uns s'avanant v]s le sept5trion et les autres v]s le midi1 allant le plus droit qu'il leur ft possible1 jusqu' ce que l'une des tr\pes et tr\v le ple plus lev d'un degr1 et que l'autre au contraire l'et tr\v abaiss d'un degr4 ,ils rev9r5t leur premire /ation p\r comp>] leurs obs]vations1 et l'on tr\va que l'une des tr\pes avait compt sur son *em9 #ef milles et l'autre #ef milles ju/e2 mais ils demeurr5t d'accord de compt] le degr de #ef milles 1 ce qui revi5t dim9u] de #aj milles environ ou de plus d'un dixime l'valuation reue p> ,ptolme4 ,la comp>aison de ces div]ses mesures avec les ntres semble d'ailleurs =t difficile cause de l'inc]titude sur la valeur du /ade anci5 ou du mille des ,arabes4 ,f]nel et ,snellius1 sans se cont5t] d'une tradition inc]ta9e1 ont v\lu leur t\r et *acun de son ct dduire de leurs obs]vations la longueur du degr t]re/re4 ,f]nel1 suivant prcism5t la m?ode des ,arabes1 p>tit de ,p>is et m>*a v]s le nord jusqu' ce que la hauteur du ple et augm5t d'un degr4 ,p\r savoir alors quelle di/ance il avait p>c\rue1 il monta dans un co*e et compta les t\rs de r\es jusqu' ,p>is1 en e/imant p\r les corrig] de son mieux les erreurs causes p> les 9galits et les dt\rs de la r\te4 ,il tr\va a9si1 p\r la longueur du degr1 #ef1gdf toises de ,p>is1 auxquelles il eut la h>diesse presque risible d'aj\t] #d pi$s4 ,snellius peu prs la mme poque ne tr\vait que #ee1jaa toises1 et ,norwood p> une m?ode t\te diffr5te en obt5ait #eg1ddb4 ,pic>d1 *>g p> l',acadmie d'obt5ir une valuation df9itive1 employa la m?ode suivie encore auj\rd'hui dans les oprations de mme nature4 ,son premi] so9 fut de mesur] avec une extrme prcision1 sur une r\te pave et p>faitem5t droite1 la di/ance de #e1ffb toises qui sp>e ,villejuif de ,juvisy4 ,ce fut la premire base d'une srie de triangles en*ans dans la direction du nord au sud1 et que le premi] ct connu p]mettait de rs\dre en ne mesurant plus sur le t]ra9 que des angles seulem5t1 p\r lesquels l'emploi des lunettes1 adoptes p\r la premire fois1 assurait une exactitude inconnue jusque-l aux obs]vateurs les plus habiles4 ,l'ori5tation connue du rseau p]mettait d'ailleurs de calcul] la portion de mridi5ne comprise dans l'intrieur de *aque triangle et enf91 p> la mesure directe des latitudes extrmes1 la longueur d'un arc d'un nombre connu de degrs1 m9utes et secondes4 ,un arc de #a #bb #ee ayant t tr\v a9si de #gg1hej toises1 il en rsulta p> une proportion facile la longueur de degr #eg1jfj toises1 et l'on fixa en consqu5ce la longueur de la lieue #b1bhc toises1 af9 qu'il y en et #i1jjj ju/e dans la circonfr5ce de la t]re4 ,les oprations de ,pic>d n'tai5t que le prp>atif et le fondem5t d'un travail plus considrable4 ,la con/ruction a/ronomique d'une c>te du royaume fut propose ,colb]t et accueillie avec gr&e faveur2 mais la vie d'un a/ronome1 si habile et si actif qu'il ft1 ne p\vait suffire l'accomplissem5t d'une telle t*e4 ,l'entreprise1 plusieurs fois int]rompue p> des difficults f9ancires1 fut aprs la mort de ,pic>d confie ,cass9i1 qui devait la lgu] aux hriti]s de son nom1 de ses fonctions et de son ardeur p\r la sci5ce4 ,sept degrs fur5t successivem5t mesurs sur un mme mridi5 entre ,p>is et ,p]pignan et puis entre ,p>is et ,dunk]que4 ,les oprations1 comm5ces en #agja1 reprises en #agac et t]m9es en #agah seulem5t1 s'accordai5t montr] les degrs 9gaux1 en assignant con/amm5t la plus gr&e longueur aux plus rappro*s de l'quateur et p> consqu5t la t]re une =me allonge dans le s5s des ples4 ,ce rsultat =t imprvu tait confirm p> d'autres oprations4 ,cass9i de ,?ury1 le petit-fils de ,dom9ique1 ayant mesur en #agcc l'arc de p>allle qui sp>e ,sa9t-,malo de ,/rasb\rg et *]* en mme temps l'c>tem5t de ce p>allle avec le gr& c]cle p]p5diculaire au mridi51 fut p> cette voie trs-diffr5te conduit une conclusion que le clbre d',anville v9t appuy] et =tifi] son t\r p> des considrations purem5t gographiques4 ,il ne s'agissait de ri5 mo9s1 suivant lui1 que d't] #cjj lieues la circonfr5ce de l'quateur en faisant son diamtre plus petit d'un tr5time environ que celui qui runit les ples4 ,la conviction de d',anville rsultait d'une comp>aison att5tive des c>tes les plus exactes avec les docum5ts anci5s et mod]nes4 ,les c>tes con/ruites gomtriquem5t et en supposant la t]re sphrique assign5t t\j\rs1 suivant lui1 aux lieux loigns une trop gr&e diffr5ce de longitude1 et l'c>t rel de deux mridi5s e/ p> consqu5t plus petit que si la t]re tait sphrique4 ,les travaux de la c>te de ,france1 l'tude des c>tes de ,pale/9e et les oprations des missionnaires en ,*9e s'accordai5t confirm] cette op9ion1 en faveur de laquelle tant d'preuves concordantes semblai5t prvaloir sur t\s les raisonnem5ts4 ,les gomtres cep5dant ne cessr5t jamais de d\t] et de rclam] de n\velles mesures4 ,la ?orie de ,newton1 qui ne s'tait pas encore impose l',acadmie t\t entire1 assignait l',ocan la =me ncessaire d'un sphrode aplati1 et si1 con=mm5t l'hypo?se au mo9s vraisemblable qu'il adoptait en mme temps qu',huygh5s1 notre globe primitivem5t fluide a cons]v sa =me en se refroidissant1 la p>tie solide elle-mme ne peut manqu] d'tre aplatie aux ples4 ,huygh5s et ,newton1 en signalant cet effet ncessaire de la =ce c5trifuge1 avai5t t5t d'en calcul] la gr&eur4 ,la m?ode d',huygh5s repose sur une supposition qui ne peut plus auj\rd'hui compt] de p>tisans1 et celle de ,newton mle ses pr9cipes solides et 9branlables une hypo?se trop d\teuse p\r qu'on puisse tax] d'inexactitude ncessaire les oprations qui vi5drai5t la dm5tir et la dsav\]4 ,la "q de droit tait donc inc]ta9e aussi bi5 que celle de fait1 et l',acadmie p>tage agitait l'op9ion publique sans la dirig]4 ,les degrs du mridi5 augm5t5t-ils ou dim9u5t-ils de l'quateur au ple8 ,la seule m?ode infaillible p\r le dcid] tait de pr5dre des mesures prcises et rappro*es des po9ts extrmes4 ,avant de propos] dans ce b des expditions lo9ta9es et coteuses1 l',acadmie c\ta sur la "q un gr& nombre de mmoires qui1 sans avanc] beauc\p la solution1 russir5t au mo9s /imul] la curiosit des m9i/res et du roi et les faire cons5tir avec empressem5t aux dp5ses considrables qui leur fur5t dem&es ensuite4 ,deux commissions fur5t envoyes1 l'une en ,laponie1 l'autre au ,pr\1 p\r mesur] les degrs dont la comp>aison devait t\t dcid]4 ,maup]tuis1 ,clairaut1 ,lemonni] et l'abb ,ou?i] p>tir5t p\r le nord4 ,la ,condam9e1 ,b\gu] et ,god91 accompagns de ,joseph de ,jussieu et de ,c\plet1 neveu du trsori] de l',acadmie1 s'tai5t emb>qus six mois avant p\r le ,pr\4 ,l'expdition du nord fut heureuse4 ,t\s les missionnaires rev9r5t aprs avoir t]m9 rapidem5t leur travail dont les rsultats inconte/s tran*r5t la "q4 ,aucune rivalit ne tr\bla leurs relations4 ,maup]tuis1 le plus anci5 des trois acadmici5s et *ef reconnu de l'expdition1 s'attribua le mrite et recueillit l'honneur du succs2 les autres le laissr5t faire sans que l'amiti cim5te p> les fatigues et p> les travaux communs en p>t un in/ant altre4 ,l'expdition de l'quateur trav]se p> de plus gr&s ob/acles dev9t fune/e au contraire plusieurs de ceux qui y prir5t "p4 ,bi5 peu d'entre eux devai5t revoir la ,france4 ,c\plet en arrivant ,quito fut emport p> une fivre maligne2 ,s5i]gues1 *irurgi5 de l'expdition1 la suite de qu]elles trangres la sci5ce fut assass9 au milieu d'une fte p> la populace de ,cu5a4 ,l'a/ronome ,god9 accepta ,lima une *aire de ma?matiques que1 suivant le vice-roi1 il n'avait pas le droit de refus]4 ,en promettant sur son passeport de r5dre au g\v]nem5t espagnol t\s les s]vices qui s]ai5t en son p\voir1 ne s'tait-il pas engag in/ruire en cas de beso9 les tudiants de ,lima8 ,un des aides-dess9ateurs1 nomm ,moranval1 re/a au ,pr\ p\r y ex]c] la pr(ession d'ar*itecte et tombant d'un *afaudage m\rut des suites de sa *ute4 ,l'horlog] ,hugot et ,god9 des ,odonais p>tis p\r tudi] les langues d',amrique1 se m>ir5t ,rio-,bomba et re/r5t au ,pr\1 a9si que ,joseph de ,jussieu qui y ex]a la pr(ession de mdec94 ,god9 quitta le ,pr\ tr5te-huit ans aprs seulem5t p\r t]m9] pauvrem5t sa c>rire dans une petite ville de ,norm&ie4 ,de ,jussieu infirme et priv de mmoire fut r5voy peu prs la mme poque4 ,ses deux frres l'ent\rr5t des so9s les plus affectueux1 mais ils n'osr5t jamais le conduire l',acadmie qui l'avait lu p5dant son abs5ce2 c'e/ le seul acadmici5 qui n'ait jamais sig4 ,b\gu] et ,la ,condam9e rapportr5t donc seuls en ,france les rsultats de l'expdition qui1 ret>de p> des difficults de t\t g5re1 ne dura pas mo9s de sept annes4 ,b\gu] rev9t en #agdb4 ,la ,condam9e1 qui fit de son ret\r un voyage d'exploration trav]s l',amrique du ,sud1 ne rep>ut l',acadmie qu'une anne plus t>d4 ,b\gu]1 ds son arrive1 s'tait empress de confirm] p> le tmoignage de ses rsultats les conclusions dj anci5nes et presque dcisives de ,maup]tuis et de ,clairaut4 ,cass9i1 aprs avoir avec l'aide de ,lacaille revu les mesures prises en ,france et tr\v la cause de leur dsaccord1 s'tait r5du lui-mme la vrit dsormais bi5 con/ante1 en sorte que ,la ,condam9e arrivant le d]ni] tr\va la curiosit du public puise et peut-tre lasse sur cette "q1 nagure encore si ardemm5t dbattue4 ,les discussions et les *icanes p> lesquelles ,b\gu] et lui agitr5t si longtemps l',acadmie naquir5t peut-tre de la mauvaise humeur qu'il en conut4 ,b\gu] tait sans contr$it le plus in/ruit des trois acadmici5s envoys au ,pr\4 ,sa connaissance pr(onde des ma?matiques et son habilet depuis longtemps acquise mani] les in/rum5ts en avai5t fait le *ef vritable et l'me de t\s les travaux4 ,infrieur ,b\gu] p> la sci5ce1 ,la ,condam9e1 esprit prompt et ais1 h>di t\t entrepr5dre1 ple9 d'intellig5ce1 de curiosit et d'ardeur mais incapable d'une =te application1 ne devait se prp>] que l5tem5t la discussion appr(ondie des m?odes employes4 ,consultant s\v5t son savant confrre il s'adressait lui1 disait-il1 dans le comm5cem5t surt\t1 comme on ouvrirait un livre qu'on a s\s la ma9 ou comme on dem&e l'heure au compagnon dont la montre e/ bi5 rgle2 mais les s]vices qu'il reut a9si sont de ceux que deux collaborateurs doiv5t se r5dre sans les compt] et sans en pr5dre avantage4 ,plus habitu d'ailleurs que ses confrres aux relations du monde1 ,la ,condam9e fut dans les circon/ances difficiles le ngociateur de l'expdition et son reprs5tant auprs de l'adm9i/ration espagnole4 ,ins9uant et f]me t\r t\r il sut1 p> n]gie ou p> adresse1 c>t] les difficults de t\tes sortes qui lui fur5t suscites2 possesseur enf9 d'une =tune considrable1 il mettait sans hsit] sa b\rse et son crdit au s]vice de l'entreprise1 p\r laquelle plus de c5t mille livres fur5t prleves sur son patrimo9e4 ,dv\s t\s deux la sci5ce et d'un c>actre galem5t honorable1 ,la ,condam9e et ,b\gu] tai5t dignes de se r5dre mutuellem5t ju/ice en rev5ant jamais unis comme ,maup]tuis et ,clairaut p> la longue communaut de leurs travaux1 de leurs fatigues et de leurs inquitudes4 ,il n'en fut ri5 p\rtant4 ,de longues discussions1 qui dgnrr5t en ho/ilits dcl>es1 avai5t tr\bl leur trop longue collaboration et rompu leur socit1 en ne leur laissant l'un p\r l'autre que jal\sie1 dfiance et implacable ress5tim5t4 ,b\gu]1 ds son ret\r1 avait loyalem5t fait connatre les rsultats sans se les appropri] et sans s'attribu] une "p exagre du travail commun4 ,la ,condam9e cep5dant comm5a se pla9dre avant mme d'avoir vu les communications encore 9dites de son confrre4 ,avec la curiosit impati5te et l'humeur dom9atrice qui =mai5t le trait saillant de son c>actre il rclamait la communication de ces pices1 et sans s'adress] ,b\gu] avec lequel depuis longtemps il n'avait plus de relations directes1 les rev5diquait comme un droit prs de l',acadmie4 ,les procs-v]baux des sances sont remplis p5dant plusieurs annes p> les pla9tes1 les *icanes et les prote/ations sol5nelles de ,la ,condam9e1 suivies s\v5t de rpliques non mo9s =tes dans lesquelles ,b\gu] ne re/e en arrire ni de rcrim9ations1 ni d'ins9uations blessantes4 ,sans v\loir les suivre sur ce t]ra9 qui n'e/ pas celui de la sci5ce1 ni remont] la s\rce de leurs mutuels griefs p\r en faire le disc]nem5t et en racont] l'int]m9able suite1 il suffira de cit] les lignes suivantes extraites du procs-v]bal du #aa juillet #agej1 o ,la ,condam9e dc\vre assez visiblem5t1 si je sais le compr5dre1 le vrai motif de son mcont5tem5t et de l'aigreur de ses repro*es3 ,m4 ,b\gu]1 en publiant son ouvrage avant le mi5 et sans v\loir me communiqu] ce qu'il avait lu en ple9e ,acadmie en mon abs5ce1 s'e/ mis en ple9e possession de ce qu'il a dit le premi] sur notre travail commun4 ,j'ai dj reconnu que ri5 ne peut m'app>t5ir videmm5t que ce qu'il m'a peut-tre laiss dire1 en sorte que1 s'il n'a ri5 oubli1 il m'e/ comme impossible de ri5 dire de n\veau4 ,mais ,la ,condam9e v\lait absolum5t p>l]4 ,aprs tant de fatigues supportes1 de dang]s affronts et d'ob/acles pniblem5t surmonts1 il n'ent5dait cd] p]sonne le droit de les racont] au public4 ,il prit alors le p>ti s+uli] de ne pas lire l'ouvrage dont il avait avec tant d'insi/ance dem& la communication3 ,je sais1 dit-il1 que le trait de ,m4 ,b\gu] ayant p>u depuis longtemps1 j'ai t le matre de le lire et que je ne puis donn] la preuve que je ne l'ai pas lu1 mais j'ai la satisfaction de p5s] que ceux qui me connaiss5t m'en croiront sur ma p>ole4 ,avec de l'esprit1 dit ,la ,bruyre1 on peut entr] dans le ridicule1 mais on en sort2 c'e/ ce que fit cette fois ,la ,condam9e4 ,son esprit quoique trop cont5tieux e/ vif et brillant jusque dans ses colres1 sa vanit e/ t\j\rs enj\e et ses invectives mmes ne sont pas sans gaiet2 il sut se faire lire1 et l'op9ion publique1 contre laquelle son savant compagnon eut quelque droit de s'irrit]1 lui accorda la plus gr&e "p dans l'expdition dont son nom encore auj\rd'hui veille surt\t le s\v5ir4 ,les travaux de la c>te de ,france n'tai5t pas encore t]m9s1 et la solution df9itive en app>5ce de la "q de la =me du globe n'y s]vait que =t peu1 s9on po9t du t\t4 ,le canevas cep5dant tait fait et un rseau de gr&s triangles reliait les pr9cipales villes de la ,france en fixant leur position avec c]titude2 mais il fallait dc\p] *aque triangle en d'autres plus petits en pr5ant p\r sommets t\tes les villes1 les villages et mme les clo*]s int]mdiaires4 ,cette seconde opration tait de beauc\p la plus longue4 ,cass9i de ,?ury1 en comm5ant en #agej cette n\velle srie de travaux1 proposa d'y consacr] une somme annuelle de #dj1jjj livres1 que le roi aurait libralem5t augm5te s'il et t possible de tr\v] un assez gr& nombre d'+nieurs et de graveurs capables d'une telle t*e2 on en =ma peu peu1 et la dp5se annuelle s'accrut graduellem5t jusqu' la somme de #ij1jjj livres4 ,l\is ,,xv se lassa bi5 vite4 ,ds #agee1 ,cass9i de ,?ury fut prv5u que les beso9s de la gu]re ne p]mettai5t plus la di/raction d'aucun fonds et que les conomies du roi allai5t supprim] t\tes les dp5ses d'agrm5t4 ,l'une d'elles tait la c>te de ,france p\r laquelle t\te subv5tion cessait a9si brusquem5t4 ,tant de travaux et de so9s allai5t tre p]dus sans ret\r4 ,les collaborateurs =ms gr&'pe9e et dont le plus gr& nombre n'avait plus d'autre moy5 d'exi/5ce tai5t m5acs d'une ru9e complte4 ,le roi tait alors ,compigne4 ,cass9i alla l'y tr\v] en lui s\mettant le plan t]m9 de la =t dont la prcision et l'exactitude le *>mr5t4 ,je v\drais1 dit-il1 cont9u] un aussi bel ouvrage1 mais mon contrleur gnral ne le veut pas4 ,c'tait s\s une =me gracieuse le plus =mel des refus4 ,cass9i cep5dant ne p\vait r5onc] son uvre1 et trois j\rs aprs il prs5tait au roi un projet d'association p>ticulire qui1 s\s la protection royale1 s\ti5drait ses frais et t]m9]ait l'entreprise4 ,appr\vs et enc\rags p> ,l\is ,,xv1 le pr9ce de ,s\bise1 le duc de ,b\illon1 ,m4 de ,sa9t-,flor5t9 et ,mme de ,pompad\r s'inscrivir5t en tte de la li/e qui1 peu de j\rs aprs1 comptait c9quante noms t\s considrables la c\r1 dans le p>lem5t ou dans l',acadmie4 ,*acun des s\scripteurs devait p5dant dix ans contribu] *aque anne p\r une somme de #a1fjj livres1 en s'engageant mme p>-devant notaire f\rnir1 quelle qu'elle dt tre1 la dp5se ncessaire l'excution de l'ouvrage4 ,le sacrifice en ralit fut beauc\p mo9dre et *aque s\scripteur ne donna en t\t que #b1jjj livres4 ,les pays d'tats contribur5t p\r une somme importante et la v5te des feuilles tires p]mit d'allg] la dp5se4 ,sur #ahb feuilles qui devai5t compos] la c>te #aff tai5t livres au public en #agij4 ,la situation re/a la mme jusqu'au mom5t o1 en #agic1 ,fabre d'glant9e reprs5ta la ,conv5tion que la c>te de ,france1 ouvrage de la ci-devant ,acadmie des sci5ces et app>t5ant au g\v]nem5t1 tait tombe entre les ma9s d'un p>ticuli] qui la v5dait un prix excessif1 de sorte qu'on ne p\vait plus se la procur]2 et sans plus ample exam51 on dcida que dans les v+t-quatre heures la c>te et les plan*es s]ai5t enleves et transportes au dpt de la gu]re4 ,un rapport fait au conseil des ,c9q-,c5ts en #agig rtablit1 il e/ vrai1 et reconnat compltem5t les droits de la compagnie p\r laquelle il propose une quitable indemnit1 et un arrt consulaire du #be fvri] #ahja ordonna en effet que la somme de #i1jfj francs ft remb\rse *aque porteur d'actions2 mais la crance1 datant de l'an ,,ii1 se tr\va bi5tt aprs frappe p> la loi sur l'arrir1 et la spoliation fut irrvocablem5t consomme4 ,le trac de la c>te de ,france1 quoique dirig p> des membres de l',acadmie des sci5ces1 tait depuis #agee une entreprise t\te spciale laquelle la compagnie comme corps re/ait compltem5t trangre4 ,plusieurs expditions dem&es et diriges p> elle fur5t1 comme celles de ,la ,condam9e et de ,clairaut1 accomplies avec gr& succs p> les membres qu'elle avait dsigns4 ,les gr&s traits du sy/me du monde tant connus et les lois1 des m\vem5ts mises hors de d\te1 ce sont les irrgul>its d'abord ngliges dont l'tude m9utieuse p\rra dsormais conduire de vritables dc\v]tes4 ,p\r qui veut pntr] le secret d'un mcanisme1 aucun dtail n'e/ en effet sans importance1 et telle oscillation imp]ceptible des toiles e/ lie aux my/res les plus ca*s de l'optique ou aux consqu5ces les plus pr(ondes de l'attraction newtoni5ne4 ,les toiles1 on le sait depuis longtemps1 ne sont pas fixes dans le ciel2 la suite des obs]vations les montre s\mises un l5t mais cont9uel dplacem5t1 qui leur fait accomplir en v+t-six mille ans la rvolution complte connue s\s le nom de prcession des qu9oxes4 ,mais des app>5ces illusoires et des 9galits v>iables se ml5t ce m\vem5t p\r en masqu] la con/ance et en tr\bl] la rgul>it2 l'ab]ration due la comb9aison du m\vem5t qui n\s entrane avec celui que n\s apporte la lumire et la nutation de l'axe t]re/re1 dc\v]ts t\s deux p> ,bradley1 la v>iation de l'obliquit de l'cliptique enf91 en dplaant cont9uellem5t les toiles que n\s nommons fixes1 r5dai5t les tables anci5nes con/amm5t inexactes et insuffisantes aux travaux de prcision4 ,proccup de cette lacune dans la sci5ce1 ,lacaille employa qu9ze annes d'obs]vations et de calculs assidus dt]m9] les positions prcises de t\tes les toiles1 en ayant g>d leurs dplacem5ts app>5ts ou rels4 ,le dsir de complt] son uvre le conduisit au cap de ,bonne-,esprance4 ,son desse9 pr9cipal tait d'enri*ir son catalogue en y inscrivant les toiles de ce n\veau ciel et de le p]fectionn] en obs]vant dans des conditions plus favorables celles qui s'lv5t peu sur l'horizon de ,p>is4 ,mais lo9 de se rduire l'excution d'un desse9 si fructueux p\r l'a/ronomie1 sa curiosit active et infatigable prtait t\s les problmes sci5tifiques autant d'att5tion que de pati5ce4 ,lacaille1 qui fut peut-tre le plus exact comme le plus dilig5t des a/ronomes1 rapporta d'un voyage de qu9ze mois un nombre imm5se d'obs]vations1 dont l'abondance aurait sembl impossible t\t autre et que l'excell5ce et la m9utie de ses prcautions portai5t au plus haut degr d'exactitude compatible avec les in/rum5ts imp>faits dont il disposait4 ,s'int]disant t\t comm]ce inutile ou banal1 ,lacaille consacrait t\t son temps la sci5ce4 ,son premi] projet avait t de dt]m9] les toiles des quatre premires gr&eurs2 non-seulem5t cette t*e ne p\vait suffire son activit1 mais p> sa facilit mme elle lui sembla surpass] ses =ces4 ,trop s\v5t inoccup p5dant la nuit1 il craignait de se rel*] et de dormir1 et c'e/ p\r se t5ir =cm5t en hale9e qu'il v\lut dcupl] son travail4 ,la russite de telles oprations dp5d beauc\p1 on le compr5d1 de la puret du ciel1 et il n'y a pas de pays peut-tre o l'air soit en mme temps plus tempr et le ciel aussi clair qu'au cap de ,bonne-,esprance1 mais il s'en faut de beauc\p que le ciel le plus clair soit le plus propre aux obs]vations4 ,cette puret e/ due en effet au ,cap un v5t du sud-e/ extrmem5t viol5t et qui r5d impossible t\te obs]vation prcise avec les gr&s in/rum5ts2 les a/res p>aiss5t confusm5t t]m9s et dans une agitation d'autant plus vive que la lunette grossit davantage3 ,on peut jug]1 dit ,lacaille1 quel doit tre le dplaisir d'un a/ronome de voir c\l] tant de nuits d'un si beau ciel sans en p\voir pr(it]4 ,lacaille t\t enti] ses travaux n'avait pas le temps d'crire de longues lettres ses confrres4 ,sa correspondance avec l',acadmie1 =t intressante cep5dant quoique trs-laconique1 rvle la r>e et nave bont de cet homme m95t et rellem5t mode/e4 ,l'une de ses gr&es proccupations e/ de ne pas r5dre son voyage trop onreux au g\v]nem5t qui en fait les frais3 ,j'ai t\j\rs1 crit-il1 mnag la dp5se depuis que je suis ici1 et si je n'avais pas avec moi un ouvri] qui dp5se plus que moi1 quoique jamais mal propos1 je n'aurais pas dp5s c9quante pia/res p>-dessus ma p5sion4 ,non cont5t d'avoir dt]m9 la position de prs de dix mille toiles et runi en mme temps des obs]vations prcieuses p\r la p>allaxe de la lune et des plantes1 la longueur du p5dule seconde et les coordonnes gographiques de plusieurs po9ts importants1 ,lacaille tr\va le temps de mesur] un degr t]re/re3 ,je m'occupe1 dit-il dans une lettre du #bf aot #ageb1 de la mesure d'un degr t]re/re4 ,j'ai dj fait1 du #e au #bb aot1 un voyage p\r visit] les po9ts de /ation o je dois obs]v] et p\r y plac] les signaux ncessaires4 ,jamais pays ne fut plus propre de p>eilles oprations2 des pla9es trs-t5dues bordes de montagnes mdiocrem5t hautes1 nues et bi5 dta*es les unes des autres1 ne laiss5t d'emb>ras que dans le *oix de la meilleure disposition2 mais il ne faudrait pas tre trang] dans ce pays-ci p\r pr(it] de ces avantages2 c> comme il n'y a pas ici de r\tes rgles1 ni d'aub]ges1 que la p>tie du nord du ,cap e/ t\te sablonneuse et peu cultive1 il faut ncessairem5t se rfugi] dans les habitations disp]ses au lo9 dans la campagne et se cont5t] de la rception qu'on veut bi5 v\s faire4 ,heureusem5t p\r moi1 ,m4 ,pe/hi] a la complaisance de me conduire p>t\t1 et comme il e/ connu et trs-e/im dans le pays1 je ne manque avec lui d'aucun sec\rs4 ,on p\rrait s'att5dre1 dit ,lacaille dans le compte r5du de son voyage1 que je fisse ici quelque description de ce fameux cap de ,bonne-,esprance et que j'exposasse les murs des naturels du pays connus s\s le nom de ,hott5tots1 et que je p>lasse des productions de la t]re et des m]s vois9es2 mais1 outre qu'on peut jug] que je n'ai eu gure de loisirs p\r faire des re*]*es sur ce que je vi5s de dire1 je dois av\] que mes connaissances sont trop bornes p\r tre en tat de satisfaire les curieux et les physici5s sur cette p>tie de l'hi/oire naturelle4 ,ce qu'il y a encore de plus f*eux1 c'e/ que l'intrt de la vrit m'oblige dcl>] que ri5 n'e/ mo9s exact que ce qu'on lit sur ce sujet dans un gros livre crit en allem& p> ,pi]re ,kolbe et dont n\s avons en franais un extrait en trois volumes4 ,kolbe tait un ,prussi51 envoy au ,cap p> feu ,m4 le b>on de ,kronick p\r y faire t\tes les obs]vations possibles de physique1 d'a/ronomie et d'hi/oire naturelle2 il y sj\rna sept annes environ1 mais t\s ceux qui l'ont connu dans le pays assur5t con/amm5t qu'il ne s'e/ po9t occup remplir l'objet de sa mission1 et que1 quoi qu'il en dise1 il n'a fait aucun voyage dans l'intrieur du pays4 ,malgr les travaux de ,ri*]1 de ,cass9i et de ,pic>d et les obs]vations plus rc5tes de ,lacaille1 la di/ance du soleil la t]re tait encore inc]ta9e4 ,un phnomne qui se r5\velle deux fois seulem5t dans un sicle et huit annes d'int]valle1 le passage de ,vnus sur le disque du soleil1 tait annonc depuis plus d'un sicle p\r l'anne #agfa1 et les dtails du phnomne soigneusem5t obs]vs de diffr5ts po9ts du globe devai5t f\rnir1 comme l'avait montr ,halley1 cette di/ance inconnue quoique tant de fois calcule4 ,sans propos] di/9ctem5t le dtail d'une m?ode hrisse de calculs1 je *]*]ai seulem5t mettre dans son j\r le pr9cipe trs-simple et l'esprit gnral de la ?orie4 ,les c]cles diviss et les horloges sont les in/rum5ts habituels des a/ronomes qui dans leurs obs]vations ne mesur5t que des temps et des angles2 mais une longueur ne peut se dt]m9] que p> une autre longueur laquelle1 d'une manire plus ou mo9s directe1 on p>vi5t la comp>]4 ,la raison en e/ vid5te2 quelle que soit une figure gomtrique1 il en exi/e une inf9it d'autres qui lui sont semblables1 dans lesquelles les longueurs homologues sont augm5tes ou dim9ues dans tel rapport que l'on v\dra1 sans qu'il y ait aucune diffr5ce dans les angles1 dont la mesure seule ne peut p> consqu5t s]vir di/+u] ces deux figures semblables1 si simples ou si compliques qu'on les suppose4 ,tant que l'on n'aura pas mesur une premire ligne1 les dim5sions absolues re/]ont indt]m9es4 ,on a donc pu1 p> de simples mesures d'angles1 tr\v] la =me de l'orbite dcrite p> la t]re aut\r du soleil1 la figure des ellipses dans lesquelles se meuv5t ,vnus1 ,m]cure1 ,m>s1 ,jupit] et ,saturne1 les rapports prcis des axes de ces div]ses c\rbes et les incl9aisons mutuelles de leurs plans2 mais en connaissant a9si les proportions exactes de l'univ]s1 on en ignore cep5dant encore la vritable gr&eur4 ,ce sy/me1 si bi5 connu dans ses dtails comme dans son ensemble1 p\rrait tre amplifi ou dim9u2 les plantes p\rrai5t1 sans que ri5 ft *ang dans les app>5ces1 r\l] d'un m\vem5t t\t semblable dans les orbites mille fois plus gr&es ou mille fois plus petites4 ,la di/ance de la t]re au soleil e/-elle de dix mille lieues ou de mille millions de lieues8 ,les travaux de ,cop]nic et de ,kepl] sur la =me des orbites plantaires ne p]mett5t pas de le dcid] mais ne laiss5t subsi/] que cette seule inconnue1 en sorte que la dt]m9ation d'une seule di/ance entran]a celle de t\tes les autres4 ,cette dt]m9ation prs5te malheureusem5t des difficults considrables et exceptionnelles4 ,la base qu'il faut ncessairem5t *oisir la surface de la t]re ne peut pas en dpass] le diamtre2 les lignes qui de ses extrmits vont se runir au c5tre du soleil ou sur l'une quelconque des plantes1 =m5t un angle de quelques secondes seulem5t1 et la plus lgre erreur peut videmm5t r5v]s] l'difice qui repose sur un fondem5t aussi dlicat4 ,la m?ode indirecte de ,halley lude mieux qu'aucune autre cette grave difficult4 ,lorsque ,vnus se plaant entre la t]re et le soleil vi5t se projet] sur son disque1 les a/ronomes prv5us longtemps l'avance peuv5t aism5t obs]v] dans leur lunette une ta*e noire qui1 passant d'un bord l'autre1 accuse nettem5t p5dant quelques heures la position des deux a/res p> rapport la t]re2 mais si exacte qu'elle soit1 une obs]vation isole ne f\rnit aucune consqu5ce4 ,les dim5sions du sy/me du monde p\rrai5t tre dix mille fois plus gr&es ou dix mille fois mo9dres1 sans que cela *anget une seule seconde de temps la dure du passage ou une seule seconde d'angle la longueur de la corde que p>c\rt la plante4 ,l'a/ronome peut calcul] c5t ans d'avance1 une seconde prs1 si les m?odes sont assez p]fectionnes1 l'in/ant de l'entre de ,vnus et celui de la sortie1 p\r un obs]vateur plac au c5tre de la t]re2 mais il lui e/ impossible de dire si1 p\r deux obs]vateurs placs ,p>is et au cap de ,bonne-,esprance1 les dures des passages diffr5t d'une m9ute ou de dix4 ,t\t dp5d du rapport inconnu du rayon de la t]re la di/ance du soleil1 et c'e/ p\r cela que la comp>aison des deux obs]vations p]met de le calcul]4 ,la m?ode fait connatre en outre les po9ts du globe p\r lesquels les diffr5ces plus nettem5t accuses doiv5t donn] les plus gr&es *ances de succs2 ri5 n'emp*e d'ailleurs de contrl] p> des obs]vations multiplies le rsultat t\j\rs d\teux d'une preuve qu'il e/ impossible de recomm5c]4 ,le #f ju9 #agfa c9quante-c9q obs]vateurs1 rp>tis sur diffr5ts po9ts du globe1 pur5t obs]v] le passage et en dt]m9] les circon/ances4 ,p+r en *oisissant l'le ,rodrigues p\r /ation avait fait preuve de c\rage et de dv\em5t4 ,n\s sommes in/ruits1 avai5t dit les commissaires de l',acadmie1 que dans t\te cette p>tie de l',afrique l'air1 cause de ses intempries p5dant la saison des pluies1 e/ trs-dang]eux p\r les trang]s4 ,on p\rrait croire que1 p\r vit] de tels dang]s un confrre1 ils vont propos] un autre po/e4 ,nullem5t3 ,la cra9te du drangem5t que la sant de ,m4 ,p+r p\rrait pr\v] leur fait dsir] seulem5t qu'il ait un compagnon capable de le suppler au beso94 ,p+r ne tr\va l'le ,rodrigues aucun sec\rs p\r ses obs]vations4 ,sans ouvri]s p\r con/ruire un obs]vatoire1 il dut obs]v] en ple9 air4 ,des mesures avai5t t prises p\r lui assur] des conditions plus favorables1 mais la gu]re qui rgnait alors dans les deux hmisphres les avait dj\es en plaant ,p+r dans une position dont il se plaignit =t4 ,muni d'un passeport dlivr p> le g\v]nem5t anglais qui enjoignait t\s les ag5ts et (fici]s de respect] les a/ronomes franais et de les aid] au beso91 ,p+r se croyait inviolable a9si que le petit navire1 nomm la ,mignonne1 qui l'avait conduit l'le ,rodrigues et qui l'y att5dait2 mais la veille prcism5t du j\r fix p\r le d"p on vit p>atre un vaisseau anglais1 sur lequel la ,mignonne comm5a p> l*] une borde4 ,le vaisseau1 beauc\p mieux arm qu'on ne l'avait cru1 s'appro*a aussitt et sans c\p frir fit compr5dre que la lutte tait impossible4 ,la ,mignonne1 dcl>e de bonne prise1 fut malgr les rclamations de ,p+r conduite ,pondi*ry4 ,p> une dt]m9ation presque cruelle1 dit-il1 on le laissa ,rodrigues avec son aide1 rduits t\s deux au /rict ncessaire4 ,*ano9e rguli] de ,sa9te-,g5evive1 ,p+r n'tait habitu ni aux privations ni aux incommodits de la vie de voyageur1 et il les supportait =t mal4 ,j'ai t entre autres1 crit-il l',acadmie en r5dant compte de sa msav5ture1 rduit l'ignoble breuvage de l'eau1 et il dem&ait une rp>ation qu'il n'obt9t pas4 ,le ,g5til avait *oisi p\r /ation ,pondi*ry o le phnomne s'accomplissait au zni?4 ,mais plus prud5t que celui de la ,mignonne1 le capita9e qui le conduisait1 tr\vant les ,anglais matres de la place1 ret\rna bi5 vite l'le de ,france4 ,le j\r du passage ,le ,g5til tait encore en m]2 il vit le phnomne sans p\voir l'obs]v]4 ,un second passage devait avoir lieu en #agfi2 ,le ,g5til rsolut de l'att5dre4 ,la physique du globe et l'a/ronomie l'occupr5t utilem5t p5dant huit annes1 en lui laissant le loisir de se livr] quelques entreprises comm]ciales dont le rsultat fut heureux p\r sa =tune4 ,en #agfi ,pondi*ry tait r5tr s\s la dom9ation franaise4 ,le #d ju9 ,le ,g5til muni d'excell5ts in/rum5ts att5dait le passage dans un obs]vatoire solide et bi5 dispos qui semblait donn] t\te g>antie d'exactitude2 le temps des j\rnes prcd5tes promettait une obs]vation facile1 la mat9e tait belle encore1 mais t\t c\p le v5t s'leva1 et un nuage lg] d'abord droba ,le ,g5til l'important spectacle qu'il att5dait depuis huit ans et qu'aucun contempora9 ne devait voir r5atre4 ,lorsque le soleil p]a les nuages1 ,vnus tait sortie de son disque4 ,l'entreprise tait df9itivem5t manque3 ,je ne p\vais1 dit-il1 rev5ir de mon tonnem5t1 j'avais pe9e me figur] que le passage de ,vnus ft enf9 pass4 ,d'autres fois je p5sais que quelque contre-temps p>eil avait fait imag9] ,mans son sy/me 7ridicule la vrit7 des deux pr9cipes1 en songeant au beau temps qu'il avait fait le mat92 p5dant prs d'un mois encore aprs1 on et t t5t de p5s] que la mat9e du #d ju9 avait t faite exprs p\r mortifi] les obs]vateurs placs le long de cette cte4 ,enf91 aj\te ,le ,g5til1 je fus plus de qu9ze j\rs dans un abattem5t s+uli]1 n'avoir presque pas le c\rage de pr5dre la plume p\r cont9u] mon j\rnal1 et elle me tomba plusieurs fois des ma9s lorsque le mom5t v9t d'annonc] en ,france le sort de mon opration4 ,ce j\rnal1 qui devait tre le seul rsultat du voyage de ,le ,g5til n'e/ nullem5t ddaign]4 ,de nombreuses obs]vations d'a/ronomie et de mtorologie1 la dt]m9ation exacte de plusieurs latitudes importantes1 l'ori5tation vrifie d'un gr& nombre de monum5ts1 un tableau trs-simplem5t trac des murs de l',inde obs]ves loisir p> un esprit sage et clair1 rempliss5t deux volumes d'un gr& intrt1 dont la publication occupa ,le ,g5til plusieurs annes aprs son ret\r en ,france4 ,l'hi/oire de l'a/ronomie indi5ne en f\rnit un des *apitres les plus curieux4 ,le calcul des clipses tait un secret transmis et cons]v dans la ca/e des brames2 des jsuites autrefois l'avai5t envoy1 disait-on1 de ,la ,hire qui avait tr\v les calculs exacts en se disant trop g p\r en exam9] la ?orie2 mais ,le ,g5til qui raconte cette anecdote ne la ti5t pas p\r vraie4 ,le ,g5til que/ionnait sur ces m?odes les ,indi5s les plus in/ruits sans russir en obt5ir communication4 ,un j\r un brame1 nomm ,nana ,m\ton1 v9t le voir en lui faisant dire p> un int]prte qu'il p\rrait satisfaire sa curiosit4 ,le ,g5til l'ayant pri de calcul] devant lui l'clipse du mois de dcembre #agfh1 l',indi5 rev9t le l5dema9 avec un petit paquet de feuilles de palmi] et un sac de coquillages2 il s'assit p> t]re1 et t\t en maniant les coquillages avec une vitesse s+ulire1 il consultait de temps en temps son petit livret2 il obt9t a9si t\tes les phases de l'clipse en mo9s de trois qu>ts d'heure4 ,il les tr\va assez ju/es p\r r$\bl] *ez ,le ,g5til le dsir de connatre sa m?ode4 ,l',indi5 cons5tit la lui enseign]1 en faisant espr] qu'avec des dispositions et beauc\p de travail1 il p\rrait1 en quatre mois appr5dre calcul] une clipse de lune4 ,il fallait de plus s'engag] au secret1 c> un ,malab> indiscret1 en abusant de la sci5ce qu'il lui avait enseigne1 avait r5du ,nana ,m\ton extrmem5t prud5t4 ,le ,g5til promit ce qu'on v\lut1 et les leons comm5cr5t4 ,t\t alla bi5 p5dant quelques j\rs1 cela prs que ni le pr(esseur ni l'int]prte ne p\vai5t donn] l'explication d'aucun t]me1 et ,le ,g5til bi5tt ne compr5ait plus ri54 ,on *angea trois fois d'int]prte1 mais sans plus de succs2 =ce et t de r5onc] l'entreprise sans le sec\rs d'un tam\l *rti51 anci5 lve lui-mme de ,nana-,m\ton1 qui savait le franais4 ,les progrs fur5t alors rapides1 mais plus l'lve se montrait capable et dsireux d'appr5dre1 plus le matre multipliait les difficults4 ,le brame videmm5t v\lait ret5ir son secret4 ,il dictait patiemm5t les nombres1 les repassait et les collationnait tant qu'on v\lait1 sans se ratta*] aucune doctr9e et sans satisfaire aux que/ions que leur emploi faisait natre4 ,aprs un mois de pati5ce ,le ,g5til le congdia en t5ant sa mauvaise foi p\r c]ta9e1 mais il avait pntr le pr9cipe de la m?ode1 et aid du tam\l qui la connaissait un peu1 il p>v9t s'en s]vir sans jamais la tr\v] commode4 ,cette m?ode1 dit-il1 m'a p>u avoir son avantage2 elle e/ bi5 plus prompte et plus expditive que la ntre1 mais en mme temps elle a un gr& inconvni5t2 il n'y a pas moy5 de rev5ir sur ses calculs1 encore mo9s de les g>d]2 on efface mesure qu'on avance2 si l'on s'e/ p> malheur tromp dans le rsultat1 il faut recomm5c] sur de n\veaux frais1 mais il e/ bi5 r>e que les ,indi5s se tromp5t4 ,ils travaill5t avec un calme s+uli]1 un flegme et une tranquillit dont n\s sommes incapables et qui les mett5t c\v]t des mprises que n\s autres ,europens ne manqu]ions pas de faire leur place4 ,il p>at donc que n\s devons les uns et les autres g>d] *acun notre m?ode2 il semble que la leur ait t faite uniquem5t p\r eux4 ,l'abb ,*appe lors du passage de #agfa s'tait r5du en ,sibrie ,tobolsk4 ,le rcit de son voyage publi avec gr& luxe remplit deux gros volumes 9-#d1 o la sci5ce n'a pas la plus gr&e "p4 ,l'abb ,*appe1 dit ,ca!r9e ,voltaire1 a t\t vu en ,russie en c\rant la po/e dans un traneau bi5 f]m4 ,le pauvre abb qui n'avait ri5 vu en beau devait sc&alis] les amis de ,ca!r9e1 en leur f\rnissant de nombreux prtextes p\r le qu]ell]4 ,il n'y a qu'une tte franaise1 dit ,grimm1 qui le ciel accorde de t\t savoir sans appr5dre1 de t\t voir sans reg>d]1 de t\t dev9] sans tre sorci]1 de t\t appr(ondir en c\rant la po/e de ,p>is ,tobolsk et de t\t tran*] sans tre ,alex&re1 fils de ,philippe de ,macdo9e4 ,il s]ait difficile1 aj\te-t-il1 de runir dans le mme sujet au mme degr1 autant d'ignorance1 de lgret1 de gt p\r les purilits les plus m9utieuses et d'indiffr5ce p\r la vrit4 ,t\t cela e/ inju/e et dpasse le b2 l'abb acadmici51 un peu trop dsireux1 il e/ vrai1 d'intress] le lecteur et se vantant de connatre ce qu'il a entrevu1 aborde t\s les sujets au has>d et sans ordre avec plus de prt5tion que de compt5ce et de tal5t4 ,on e/ surpris p> exemple de le voir dcrire m9utieusem5t les div]tissem5ts auxquels il a pris "p et les danses o il semble fi] de s'tre fait rem>qu]2 mais la s9crit brutale des rcits donne d'autres pages de son livre un vritable intrt1 et sans prt5dre y dml] le vrai d'avec le faux1 on peut croire que ,ca!r9e1 qui a pris la pe9e d'y rpondre1 y voyait plus d'un rayon incommode de la vrit4 ,ri5 t\tefois ne tr\ve grce devant ,grimm dont l'aveuglem5t1 complaisant ou s9cre1 l'emporte jusqu' la mo9s vraisemblable calomnie4 ,l',acadmie des sci5ces balance elle-mme1 dit-il1 si elle doit aj\t] foi l'obs]vation a/ronomique p\r laquelle l'abb ,*appe a t envoy en ,sibrie2 plusieurs de nos acadmici5s prt5d5t avoir de gr&s motifs de d\t] et de l'exactitude de l'obs]vation et de la vracit de l'obs]vateur4 ,ils suppos5t1 avec assez de vraisemblance1 en comp>ant ses rsultats avec ceux des autres a/ronomes disp]ss sur les diffr5ts po9ts de la surface du globe1 que le temps tant c\v]t ,tobolsk p5dant t\t le passage de ,vnus1 l'abb ,*appe n'a pas v\lu p]dre les frais de son voyage et a calcul dans son cab9et peu prs comm5t ce passage a d avoir lieu en l'obs]vant ,tobolsk1 et a donn l',acadmie l'approximation de ses calculs p\r le rsultat de ses obs]vations4 ,cette odieuse allgation n'a pas le mo9dre fondem5t1 et l',acadmie1 qui n'leva aucun d\te sur la s9crit de l'abb ,*appe1 lui confia huit ans aprs l'une des obs]vations importantes du passage de #agfi4 ,*appe fut envoy p> elle en ,cali=nie4 ,il ne devait pas revoir la ,france4 ,une maladie contagieuse envahit le village o il avait obs]v2 t\s ses compagnons fur5t frapps1 et lorsqu'il tomba malade le d]ni]1 aucun d'eux n'tait en tat de lui r5dre les sec\rs qu'ils avai5t reu de lui4 ,priv de mdec9s et sur les indications d'un livre1 il prit deux purgatifs qui le s\lagr5t2 il se crut sauv et v\lut obs]v] une clipse de lune1 mais il avait trop prsum de ses =ces1 et il m\rut peu de j\rs aprs1 victime sans d\te de son dv\em5t la sci5ce4 ,,les ,,rapports4 ,l',acadmie ne pr5ait de dcisions sur les pr9cipes de la sci5ce qu' regret en quelque sorte et dans de r>es occasions4 ,la m?ode inf9itsimale p> exemple et la ?orie de l'attraction1 adoptes p> les uns et contr$ites p> les autres1 ne fur5t jamais juges rgulirem5t p> une s5t5ce expresse2 tant que ses membres p>tags cont9ur5t en disput]1 l',acadmie1 sans se dcl>] indiffr5te1 demeura sagem5t indcise1 et l'on p\rrait seulem5t la blm] de prolong] la prud5ce bi5 au del des d\tes qui l'ont fait natre4 ,on lit p> exemple au procs-v]bal du #bb aot #agei3 ,l'hypo?se du pre ,b]?i] e/ t\t fait oppose la philosophie newtoni5ne1 presque univ]sellem5t adopte auj\rd'hui2 mais n\s croyons que cette hypo?se peut se s\t5ir dans l'hypo?se du ple9 et des t\rbillons2 s\s ce po9t de vue l',acadmie1 qui p]si/e n'adopt] aucun sy/me1 n\s p>at p\voir recevoir l'hommage que lui (fre de son livre le pre ,b]?i] et p]mettre que cet ouvrage soit imprim s\s son privilge4 ,dix-sept ans plus t>d l',acadmie1 t\j\rs dans les mmes pr9cipes1 se refusant de n\veau tudi] les causes dans les effets1 c>te ob/9m5t la re*]*e des lois primordiales comme une *imre indigne d'enc\ragem5t4 ,t\t le re/e de l'crit de ,m4 ,dolomieu1 dit le rapporteur d'une commission1 e/ purem5t sy/matique1 et l',acadmie n'tant pas dans l'usage de prononc] sur les sy/mes1 n\s pass]ons s\s sil5ce les raisonnem5ts de l'auteur1 quelque bi5 crits qu'ils n\s p>aiss5t1 p>ce que cela entran]ait dans de trop gr&es discussions et que t\s les raisonnem5ts possibles dans l'art de trait] les m9es ne val5t pas un fait dcrit avec cl>t4 ,l'empressem5t des savants lui s\mettre leurs projets et leurs travaux1 comme la matresse de la sci5ce dans t\t le royaume1 trans=mait peu peu l',acadmie en une sorte de conseil rgl dont la confiance publique faisait l'autorit et la =ce4 ,d'aprs ses rglem5ts et suivant les desse9s de son fondateur1 l',acadmie tait t5ue de prononc] sur le mrite des ma*9es et sur les dem&es de privilge2 c'e/ p> l que ses jugem5ts prir5t leur comm5cem5t1 mais on lui s\mit bi5 vite des dc\v]tes1 des inv5tions et des projets de t\te sorte4 ,les commissaires dsigns tai5t exacts et dilig5ts1 dans les premires annes surt\t1 prs5t] en quelques p>oles un rapport trop concis p\r que n\s ayons beauc\p y appr5dre1 et qui1 plus assur dans le blme que dans la l\ange1 semble plus propre s\v5t rebut] ou irrit] les inv5teurs qu' les enseign] et les s\t5ir4 ,tels sont ceux-ci p> exemple3 ,,mm4 ,p>5t et ,r5au n'ont ri5 tr\v d'utile dans le livre qu'ils avai5t exam9] et p\r la ?orie elle e/ ple9e d'erreurs4 ,n\s avons exam9 p> ordre de l',acadmie la manire que ,m4 ,besson lui a propose p\r relev] un vaisseau subm]g en lui atta*ant de t\s cts des tonneaux vides1 ce qui1 suivant la manire dont l'auteur l'emploie1 n\s a p>u impraticable4 ,raumur *>g d'exam9] un taille-plumes mcanique le dcrit m9utieusem5t et aj\te3 ,il p\rra tre un outil commode la plup>t des g5s qui criv5t peu4 ,le succs d'une autre inv5tion lui p>at plus utile qu'assur et l se borne son approbation4 ,on lit ailleurs au procs-v]bal3 ,m4 ,lemonni] a p>l a9si sur le mmoire de ,m4 ,desauss$ats3 ,l'auteur n'ent5d pas l'tat de la "q4 ,quelquefois plus svre encore1 le rapporteur engage l',acadmie refus] les communications n\velles du mme auteur4 ,n\s avons lu p> ordre de l',acadmie1 dit une fois le *imi/e ,hellot1 la lettre de ,m44444 ,je crois qu'on f]a bi5 de lui rpondre qu'il e/ inutile qu'il crive davantage l',acadmie ou quelques acadmici5s2 on ne doit pas tablir de correspondance avec un homme sans lettres1 sans pr9cipes et qui d'ailleurs e/ trs-importun4 ,c]ta9es que/ions1 telles que la quadrature du c]cle1 aprs avoir t faussem5t rsolues un trop gr& nombre de fois1 fur5t elles-mmes rejetes du c]cle des travaux acadmiques1 en mme temps que la re*]*e reconnue impossible du m\vem5t p]ptuel4 ,ce problme de la quadrature du c]cle se tr\ve plac en quelque sorte au seuil de la sci5ce comme un appt p\r les dbutants incapables de compr5dre dans quel s5s on le ti5t p\r si difficile4 ,d'aprs un bruit populaire qui n'e/ pas absolum5t oubli auj\rd'hui1 les g\v]nem5ts aurai5t promis p\r sa solution des rcomp5ses considrables1 et un ef=t heureux aprs quelques mois d'tude aurait pu1 suivant cette fausse op9ion1 procur] la fois la gloire et la =tune4 ,un des inv5teurs osa mme assign] d',alemb]t devant le ,p>lem5t1 comme le fru/rant1 p> son refus d'exam9] sa solution1 de la rcomp5se de #aej1jjj livres1 qu'il croyait ob/9m5t promise et qu'il prt5dait mrit]4 ,l',acadmie1 sans tre jamais nglig5te1 se montrait s\v5t svre et impati5te et non sans raison quelquefois4 ,la plup>t des inv5tions qu'on lui propose dans les premires annes sont indignes d'un jugem5t srieux et au-dess\s de t\te critique2 c'e/ elle-mme qui le dcl>e (ficiellem5t1 en quelque sorte1 dans la prface du premi] volume du ,recueil des savants trang]s publi en #agej4 ,ds les premi]s temps de l'in/itution de l',acadmie1 dit le secrtaire ,gr&jean ,f\*y1 plusieurs savants tant trang]s que rgnicoles s'empressr5t de pr5dre "p ses travaux en lui adressant des mmoires et des diss]tations sur diffr5ts sujets4 ,n\s ne p\vons dissimul] que1 surt\t dans les comm5cem5ts1 l',acadmie n'ait eu plus s\v5t l\] la bonne volont des auteurs d'un gr& nombre de ces pices que l'excell5ce de leurs ouvrages4 ,le nombre des mmoires prs5ts s'augm5tait cep5dant t\s les j\rs1 et l',acadmie a plus d'une fois l'occasion d'accord] judicieusem5t des ides +nieuses et utiles un prcieux tmoignage d'exactitude et de n\veaut2 mais plus d'une fois aussi1 il faut le dire1 elle dc\rage p> sa prud5ce et son incrdulit les inv5teurs qu'il aurait fallu dirig] ou mettre en lumire4 ,ceux qui se ml5t de donn] des prceptes et des conseils1 dit ,desc>tes1 se doiv5t e/im] plus habiles que ceux auxquels il les donn5t1 et s'ils manqu5t en la mo9dre *ose1 ils en sont blmables4 ,l',acadmie le fut plus d'une fois4 ,on lit p> exemple au procs-v]bal du #ba ju9 #agjd3 ,on a lu un crit de ,m4 ,brunet qui propose des ma*9es li?otritiques qui doiv5t1 la faveur d'une sonde dans laquelle elles s]ont comme plies1 entr] dans la vessie1 l se dploy] p> des lamelles ressort et articules1 pr5dre la pi]re et la t5ir f]me1 aprs quoi une espce de lance comprise dans la ma*9e la bris]a1 ce qui la mettra en tat de sortir p> les ur9es comme du simple gravi]4 ,la composition et la difficult du jeu de ces ma*9es et le long temps que l'opration dur]ait ont fait rejet] cette ide p> t\te la compagnie4 ,l'abb ,nollet1 en r5dant compte d'un mmoire sur les moy5s de prs]v] les difices de la f\dre1 a l'imprud5ce d'aj\t]3 ,ce mmoire n\s p>at propre dissip]1 si tant e/ qu'elle subsi/e encore1 l'esprance que quelques p]sonnes 7c'e/ de ,frankl9 qu'il s'agit7 avai5t conue de prs]v] les difices des fune/es effets du tonn]re1 en puisant la matire fulm9ante de la nue et la dt\rnant leur gr p> le moy5 des conducteurs mtalliques dresss en l'air et prolongs jusqu' t]re4 ,n\s croyons qu'il mrite t\s g>ds d'tre imprim avec l'approbation de l',acadmie4 ,les regi/res de l',acadmie conti5n5t prs de dix mille rapports aussi div]s p> la =me que p> la nature et p> l'importance des que/ions discutes et dont le dtail s]ait inf9i4 ,n\s avons dit et montr la s9crit un peu rude du plus gr& nombre2 l'indulg5ce de quelques autres prodigue p>fois au contraire des l\anges exagres4 ,c]ta9s rapporteurs1 entrant dans la p5se qu'ils devrai5t discut] et jug]1 accept5t t\tes les ass]tions sans s't5dre dvelopp] le dtail des preuves p\r les exam9] et les pes]2 d'autres enf91 avec plus d'assurance et plus d'autorit1 contrl5t et =tifi5t les raisonnem5ts1 vrifi5t et int]prt5t les faits et1 les ratta*ant aux ?ories dont ils sont l'occasion ou la preuve1 les illum95t de n\velles cl>ts4 ,on aime surt\t retr\v] l'accueil fait p> l',acadmie aux premi]s essais des gr&s hommes qui font auj\rd'hui sa gloire4 ,le #bf avril #agbf1 ,,mm4 ,nicole et ,pitot r5d5t compte du premi] mmoire prs5t p> ,clairaut l'ge de d\ze ans4 ,ces productions1 dis5t-ils1 qui aurai5t autrefois fait honneur aux plus habiles gomtres1 devi5n5t encore auj\rd'hui surpr5antes lorsqu'on sait qu'elles sont l'ouvrage d'un jeune homme de d\ze ans et quelques mois1 ce qui montre les progrs qu'on doit att5dre de lui et combi5 il e/ e/imable d'avoir acquis cet ge tant de connaissances dans la gomtrie et le calcul diffr5tiel4 ,il e/ bi5 r>e1 e/-il dit deux ans plus t>d dans un autre rapport1 de voir un jeune homme de quatorze ans ent5dre les dc\v]tes faites p> ,,mm4 de l',hopital1 ,wallis et ,t*irnauss1 et plus r>e encore de voir le mme jeune homme r5*rir et aj\t] de n\veau aux dc\v]tes de ces gr&s gomtres4 ,font5elle dans les mmoires de l',acadmie exprime la mme p5se avec plus d'lgance3 ,autrefois1 dit-il1 de p>eilles productions aurai5t fait honneur aux plus habiles gomtres2 la l\ange auj\rd'hui e/ p>tag] entre l'excell5ce des n\velles m?odes et le gnie s+uli] d'un enfant4 ,les premi]s essais de d',alemb]t sont qu9ze ans plus t>d dignem5t l\s et apprcis p> ,clairaut lui-mme4 ,aprs avoir analys avec bi5veillance un mmoire dans lequel le jeune dbutant rectifie une ass]tion inexacte du pre ,gu9e1 le rapporteur aj\te3 ,ces rem>ques pr\v5t sa capacit1 son exactitude et son am\r p\r la vrit4 ,en r5dant compte quelques mois aprs d'un travail de plus gr&e porte mais imp>fait encore1 c> d',alemb]t s'e/ ab/5u de le faire imprim]1 ,clairaut t]m9e en disant3 ,il s]ait trop long de le suivre dans t\tes les considrations qu'il a faites sur cette matire2 il suffit de dire qu'elles n\s ont p>u montr] bi5 de la sci5ce et de l'indu/rie dans l'auteur4 ,lavoisi] galem5t fut s\t5u et enc\rag ds ses dbuts2 ,duhamel et ,jussieu dis5t de son premi] travail3 ,ce mmoire e/ rempli de faits bi5 obs]vs1 d'obs]vations de *imie exactem5t excutes1 de rflexions physiques trs-judicieuses qui jett5t un gr& j\r sur la sub/ance gypseuse1 sur sa nature et mme sur la =mation des fossiles1 qui sont une p>tie considrable de l'hi/oire naturelle4 ,citons encore ces lignes extraites du rapport sur le premi] mmoire de ,c\lomb3 ,tel e/ le prcis des re*]*es que ,m4 ,c\lomb a prs5tes l',acadmie4 ,n\s avons rem>qu p>t\t dans ses re*]*es une pr(onde sci5ce de l'analyse inf9itsimale1 beauc\p de sagacit dans le *oix des hypo?ses physiques qui s]v5t de base aux calculs de l'auteur et dans les applications qu'il en a faites4 ,maup]tuis et ,clairaut1 en r5dant compte du premi] mmoire de ,buffon relatif au calcul des probabilits1 t]m95t leur rapport en disant3 ,t\t cela fait voir1 outre beauc\p de savoir en gomtrie1 beauc\p d'inv5tion dans l'auteur4 ,les trang]s emb>rasss p> un problme ou arrts dans une entreprise difficile consultai5t s\v5t l',acadmie qui1 flatte de leur confiance1 rpondait de son mieux et sans ret>d4 ,c'e/ a9si qu'en #agje1 le clbre a/ronome et antiquaire ,bian*9i dem&a des conseils sur un projet qui fit gr& bruit alors1 quoique son insuccs l'ait condamn l'oubli4 ,on avait dc\v]t ,rome1 dans les vieilles con/ructions du ,monte ,citorio1 non lo9 de la gr&e colonne triomphale de ,m>c ,aurle1 les re/es d'une autre colonne monoli! en granit r\ge d'gypte ddie l'emp]eur ,anton9 le ,pieux4 ,c'tait un des monum5ts funraires qui dans la ,rome impriale ornai5t et encombrai5t le ,*amp de ,m>s4 ,le pape ,b5ot ,,xiv1 trs-ami des arts et des sci5ces1 avait *>g ,bian*9i1 son camri] d'honneur1 de re/aur] cette colonne et de la transport] vis--vis la ,curia innoc5ziana situe peu de di/ance4 ,c'e/ aprs plusieurs essais inutiles que ,bian*9i consulta l',acadmie en lui envoyant un rapport dtaill des procds employs et proposs jusque-l4 ,les m*anici5s de l',acadmie1 dit le procs-v]bal du #f mai #agje1 f]ont rflexion sur le transport de ce gr& f>deau et en donn]ont leur avis4 ,les rflexions fur5t faites avec gr&e dilig5ce2 ds le sam$i #i mai1 les mcanici5s apportr5t une rponse et des conseils un peu vagues qui ne fur5t pas de gr&e utilit4 ,la colonne se rompit et les dbris s]vir5t rp>] l'oblisque d',augu/e sur la place du ,monte ,citorio2 le pide/al reprs5tant l'apo?ose d',anton9 orne auj\rd'hui les j>d9s du ,vatican1 et il ne re/e d'autre trace de l'opration qu'un mmoire lat9 =t r>e compos p> ,bian*9i et la m5tion qui en e/ faite dans les regi/res de l',acadmie4 ,le p>lem5t lui-mme dans c]ta9s cas pr5ait directem5t l',acadmie p\r arbitre des difficults relatives la sci5ce qui emb>rassai5t ses dcisions4 ,le #bf janvi] #agcb1 avant d'enregi/r] un privilge dem& p> le sieur ,texi] fabricant de soi]ies1 il dem&e l'avis de l',acadmie sur la n\veaut1 l'utilit et les consqu5ces de ses ouvrages4 ,le sieur ,texi] avait inv5t un n\veau m\l9 f\lon2 les opposants son privilge prt5dai5t qu'ils p\vai5t donn] aux t(fes de soie des apprts semblables ceux du sieur ,texi] et mme meilleurs1 seulem5t ils avanc5t qu'ils ne se s]v5t pas du m\l9 f\lon dont l'usage ne peut tre qu'inutile et nuisible4 ,a une "q a9si pose la rponse semblait bi5 simple3 p\rquoi ne pas autoris] le sieur ,texi] employ] son m\l9 qu'il tr\ve bon et les opposants qui le jug5t mauvais ne s'en pas s]vir8 ,la commission fut mo9s h>die et p> le refus du sieur ,texi] de se s\mettre aux preuves proposes p> elle1 elle se dcl>a +num5t hors d'tat de donn] son avis4 ,une telle rponse d'ailleurs n'tait pas r>e1 et l',acadmie1 en dcl>ant s9crem5t ses inc]titudes1 avait s\v5t l'excell5t esprit de s'ab/5ir4 ,consulte p> le m9i/re de la m>9e sur la valeur d'un procd propos p\r relev] les vaisseaux subm]gs1 elle rpond sur le rapport de ,raumur et ,c\plet3 ,p\r tre en tat de port] un jugem5t sur la russite d'une telle entreprise1 il faudrait avoir exam9 soi-mme sur les lieux l'tat o sont les vaisseaux *\s1 leur pr(ondeur1 la quantit dont ils sont envass1 la qualit de la vase1 etc41 etc42 n\s ne sommes pas en tat de ri5 prononc] sur ce sujet4 ,dsigne dans une autre occasion p> le tribunal consulaire comme arbitre de la conte/ation surv5ue entre l'horlog] de la ,sam>ita9e et le fondeur de timbres1 l',acadmie dcide qu'il ne lui convi5t pas d'accept] cette commission4 ,ceux qui s'adressai5t l',acadmie1 m9i/res1 magi/rats ou p>ticuli]s1 la tr\vai5t cep5dant presque t\j\rs prte jug]1 et lorsque l'quit le dem&ait1 elle n'hsitait pas r5dre tmoignage contre elle-mme p\r a9si dire1 en proclamant la vrit t>divem5t reconnue4--,le propritaire des eaux m9rales de ,passy1 nomm ,levieill>d1 expose en #agfc l',acadmie1 que dans un ouvrage imprim en son nom1 une analyse inexacte des eaux dont il e/ propritaire conduit les dcl>] peu utiles et nuit ses intrts4 ,t\t considr1 dir5t les rapporteurs de l',acadmie1 n\s jugeons que la pla9te de ,m4 ,levieill>d e/ ju/e444 c'e/ p\rquoi n\s sommes d'avis qu'ayant g>d la pla9te de ,m4 ,levieill>d1 et p\r l'utilit du public on peut imprim] ce rapport en =me d'av]tissem5t au comm5cem5t de la suite de l',art des =ges4 ,mais si l',acadmie tait prte jug] sur t\tes les que/ions et sur t\s les mrites1 elle ne p]mettait pas qu'on lui r5dt la p>eille et s'(f5sait des mo9dres critiques4 ,le procs-v]bal du #a;er avril #agcj1 qui le laisse voir avec beauc\p de navet1 montre que dans plus d'une r5contre la lib]t des j\rnali/es de notre poque aurait t prise p\r de la lic5ce au ,,xviiie sicle4 ,le prsid5t ,desmaisons1 dit le procs-v]bal1 a dit que ,m4 le duc du ,ma9e1 s\s l'autorit duquel s'imprime le j\rnal de ,trv\x1 ayant su que dans quelques-uns des d]ni]s tomes de ce j\rnal les ouvrages de l',acadmie avai5t t traits t\t autrem5t qu'ils aurai5t d l'tre1 ,son ,altesse srnissime avait ordonn qu'il en s]ait fait une satisfaction au!ntique l',acadmie dans le tome pro*a9 et que l'emploi de travaill] ce j\rnal s]ait t celui qui avait fait les mauvais extraits4 ,on a dit que c'tait le pre ,ca/el4 ,en lisant ces articles qui1 sans appel et sans dbats contradictoires1 ont attir une punition si svre1 on demeure aussi afflig que surpris4 ,les comptes r5dus du pre ,ca/el conti5n5t en effet plus d'une page entirem5t consacre la l\ange des acadmici5s1 et les critiques les plus svres1 bi5 lo9 de pass] au del des bornes1 sembl5t la plup>t d'une p>faite ju/esse4 ,m4 ,pitot1 dit-il1 a qu>r la moiti d'une c\rbe qu'il appelle la compagne de la cyclode4 ,il y a mille c\rbes p>ticulires qu>res de la sorte lorsqu'on veut se donn] la pe9e d'y appliqu] la m?ode et les =mules ord9aires du calcul4 ,m4 ,nicole travaille t\j\rs aux diffr5ces f9ies2 la suite des temps p\rra en faire voir l'utilit4 ,le jaugeage sur lequel ,m4 de ,mairan travaille s]ait plus utile si l'usage n'avait dj peu prs t\te la p]fection qu'il peut avoir4 ,m4 le *evali] de ,l\ville considre les corps cle/es peu prs comme les b\les de bill>d qui vont l'une contre l'autre1 se r5contr5t1 se *oqu5t4 ,c'e/ une fiction +nieuse du mo9s si elle n'e/ solide1 et qui fait voir que les a/ronomes de ce sicle sont assez habiles dans leur art p\r avoir bi5 du temps p]dre dans des spculations qui n'y ont aucun rapport4 ,en r5dant compte d'une hypo?se de ,maup]tuis sur la /ructure des in/rum5ts de musique3 ,c'e/ dommage1 dit avec gr&e raison le pre ,ca/el1 que la preuve manque une si jolie conjecture4 ,p>lant enf9 de trois loges de ,font5elle insrs dans le volume qu'il analyse1 il accorde l'lgance et la f9esse du /yle des l\anges srieuses et mrites1 mais il le repr5d d'avoir blm ,h>tsoeck] p\r la rudesse de sa polmique4 ,cette manire fran*e et ouv]te de rfut] les s5tim5ts qu'on ne peut gt] e/ prfrable1 dit le pre ,ca/el1 t\tes ces critiques1 satires et invectives secrtes qui ne sont que trop ord9aires ce qu'on appelle les savants polis et d'un /yle prcieusem5t rad\ci l'g>d de ceux qui ne sont pas de leur avis ou de leur cabale4 ,ces extraits1 qu'on ne l'oublie pas1 ne donn5t pas mme une ide exacte du ton de l'article1 o plus d'une apprciation logieuse ne peut laiss] suppos] aucune ho/ilit sy/matique4 ,le j\rnali/e1 p>lant de que/ions qu'il semble compr5dre1 blmant quelques acadmici5s sans imp]t95ce et l\ant les autres sans emphase1 ne songeait obt5ir p> reconnaissance ou p> cra9te aucune des rcomp5ses qu'ils dc]nai5t1 et il semble ici un =t honnte homme qui1 dans cette tri/e affaire1 a eu le beau rle4 ,l'ombrageuse compagnie n'ent5dait pas qu'on discutt ses arrts1 et le ,j\rnal des savants lui-mme1 t\j\rs rdig p> ses membres1 n'avait pas le droit de la critiqu]4 ,en r5dant compte d'un n\veau volume de la ,connaissance des temps1 le rdacteur qui1 il e/ vrai1 tait ,lal&e lui-mme1 s'tait p]mis de dsir] c]ta9es innovations en regrettant les dcisions contraires prises p> l',acadmie *>ge de dirig] l'impression du recueil4 ,n\s avons r5du compte plusieurs fois de la ,connaissance des temps1 disait-il1 depuis que ,m4 ,lal&e en e/ *>g1 p>ce qu'elle conti5t *aque anne des articles n\veaux4 ,quoique p5dant six ans elle ait port le titre de ,connaissance des m\vem5ts cle/es1 l',acadmie a jug que celui de ,connaissance des temps tait assez anci5 p\r devoir tre cons]v1 et ,m4 ,lal&e l'a rtabli1 quoiqu'il ft p]suad1 avec beauc\p d'autres1 que le titre de ,connaissance des m\vem5ts cle/es tait bi5 plus conv5able la nature de cet ouvrage et sa de/9ation4 ,il y a fait entre autres jusqu'ici l'abrg de ce qui s'e/ fait de plus intressant p\r l'a/ronomie et la navigation en ,france ou ailleurs1 mais il avait supprim p\r cet effet diffr5tes tables qu'on s'tait acc\tum d'y tr\v] p\r l'usage ord9aire de la navigation et de l'a/ronomie et que l',acadmie a cru devoir y tre rtablies4 ,m4 ,lal&e p>at se pla9dre de la ncessit o il s'e/ tr\v de supprim] beauc\p de *oses n\velles1 qu'il se proposait d'insr] dans ce volume1 et les a/ronomes v]ront aussi avec pe9e qu'on les prive de l'agrm5t qu'ils tr\vai5t *aque anne avoir dans cet ouvrage de n\veaux sec\rs p\r leurs calculs1 des obs]vations n\velles et une notice intressante de ce qui se faisait de n\veau p>mi les a/ronomes4 ,l',acadmie ma9t5ant ses dcisions tr\va mauvais qu'on ne se bornt pas s'y s\mettre sans les discut]4 ,lecture faite de l'article1 dit le procs-v]bal1 l',acadmie a t d'avis de pri] ,m4 de ,mairan1 prsid5t du j\rnal 7qui a dcl> n'avoir po9t t prs5t la lecture de cet article7 de veill] p>ticulirem5t ce qu' l'av5ir il ne ft ri5 insr qui reg>dt l',acadmie ou les acadmici5s sans son aveu4 ,cette susceptibilit d'ailleurs tait dans l'esprit du temps1 et *acun veillait soigneusem5t ne ri5 laiss] entrepr5dre contre ses privilges et ses droits4 ,c'e/ a9si que l',acadmie des sci5ces1 ayant sur le rapport de ,lagny et de ,mairan appr\v un n\veau sy/me d'criture1 reut une rclamation de l',acadmie royale d'criture dans laquelle e/ cit un arrt du #bf fvri] #afcc1 qui assujettit les matres d'criture des =mes de c>actres1 lettres et alphabets dt]m9s1 p>ce qu'il fallait1 comme l'arrt l'explique1 apport] un remde l'criture que l'on faisait alors de trs-difficile lecture4 ,l',acadmie royale d'criture tant1 sans conte/ation1 la g>di5ne (ficielle de ces alphabets et =mes de c>actres1 le rapport de l',acadmie usurpait sur ses droits et enc\rageait la dsobissance2 l',acadmie le ma9t9t cep5dant1 et le public crivit comme il v\lut4 ,les jugem5ts de l',acadmie1 dem&s et reu avec un cont9uel empressem5t1 s\levr5t plus d'une fois1 malgr leur autorit croissante1 les prote/ations de ceux qui se croyai5t au-dessus de t\t contrle4 ,en #aghc1 le sieur ,def]1 ar*itecte1 avait conte/ dans un mmoire sur la ?orie des votes la solidit du pont de ,neuilly1 *ef-d'uvre rc5t de ,p]ronet4 ,l',acadmie sans dcl>] son op9ion r5voya suivant l'usage ce travail des commissaires4 ,on en p>la dans la ville1 et les ennemis de ,p]ronet en prir5t occasion p\r annonc] la ru9e c]ta9e du pont et l'cr\lem5t reconnu imm95t1 disai5t-ils1 p> l',acadmie des sci5ces4 ,des curieux1 *aque j\r1 se r5dai5t ,neuilly p\r j\ir du spectacle4 ,l'adm9i/ration des ponts et *ausses s'en plaignit1 et les lettres *anges cette occasion font p>atre la =ce morale acquise p> la savante compagnie qui1 sans esprit d'opposition mais sans cra9dre de dplaire1 rep\sse les repro*es qu'elle ne mrite pas et ma9ti5t avec f]met ses traditions et ses droits4 ,m4 ,joly de ,fleury lui avait crit le #ae fvri] #aghc3 ,je vi5s d'tre in=m qu'il a t prs5t l',acadmie des sci5ces un mmoire au sujet du pont de ,neuilly et j'en ai r5du compte au roi4 ,sa ,maje/ a gr&e confiance dans les lumires de ,messieurs de l',acadmie2 mais comme ils n'ont aucune inspection sur les ponts et *ausses1 ,sa ,maje/ n'a po9t appr\v qu'ils ai5t nomm des commissaires p\r visit] un pont qui a t con/ruit p> ses ordres4 ,l',acadmie cep5dant en ret5ant le mmoire de ,def] tait re/e dans ses limites1 sans manqu] en ri5 de discrtion ou de prud5ce4 ,j'ai r5du compte l',acadmie1 crit ,condorcet1 de la lettre que v\s m'avez fait l'honneur de m'adress]1 et elle m'a *>g d'avoir celui de v\s faire un expos fidle de sa conduite relativem5t au mmoire de ,m4 ,def]4 ,elle se flatte que cette conduite mieux connue ne p\rra que mrit] l'approbation du roi4 ,le mmoire de ,m4 ,def] traite de plusieurs sujets2 un des plus importants e/ l'exam5 de la m?ode de con/ruire les ponts1 connue s\s le nom de sy/me des p\sses horizontales2 c'e/ une "q importante de /atique et de mcanique pratique1 et l',acadmie p\vait1 devait mme1 en v]tu de ses rglem5ts1 nomm] des commissaires p\r l'exam9]4 ,m4 ,def] cite dans son mmoire plusieurs exemples qui lui p>aiss5t pr\v] le dang] de ce sy/me1 et les m\vem5ts qu'il a obs]vs dans le pont de ,neuilly sont un de ces exemples4 ,comme ce pont a t con/ruit p> ,m4 ,p]ronet1 membre de l',acadmie1 les commissaires se proposai5t1 suivant l'usage1 de communiqu] le mmoire cet acadmici5 p\r avoir sa rponse aux objections1 et1 dans le cas o ils aurai5t jug la visite du pont ncessaire1 ils ne l'aurai5t faite qu'aprs y avoir t autoriss p> l'adm9i/ration4 ,l',acadmie dsir]ait1 la vrit1 qu'un exam5 qui intresse la rputation d'un de ses membres ft fait avec l'att5tion la plus scrupuleuse1 et ,m4 ,p]ronet dsir]ait d'avoir l',acadmie p\r juge1 et p\r exam9ateurs de son ouvrage des confrres dont il connat l'quit et les lumires4 ,v\s avez dsir1 monsieur1 que le mmoire de ,m4 ,def] ft remis entre vos ma9s4 ,l',acadmie e/ dans l'usage de ne remettre qu'aux auteurs mmes les ouvrages qui lui ont t confis1 et seulem5t dans quelques circon/ances4 ,c'e/ en p>tie cet usage inv>iablem5t obs]v1 qu'elle doit la confiance de ceux qui lui prs5t5t des dc\v]tes ou des travaux utiles2 confiance qui l'honore et que l'utilit publique dem&e qu'elle cons]ve sans aucune atte9te4 ,d'ailleurs comme ce qui reg>de le pont de ,neuilly ne =me qu'une petite p>tie du mmoire de ,m4 ,def]1 l',acadmie dsir]ait connatre si c'e/ le mmoire en enti] ou seulem5t cette p>tie dont v\s lui dem&ez communication1 et elle m'a p]mis1 lorsque v\s aurez bi5 v\lu me faire savoir vos int5tions1 d'avoir l'honneur de v\s adress] une copie c]tifie1 soit du mmoire en enti]1 soit des obs]vations faites sur le pont de ,neuilly4 ,m4 ,joly de ,fleury rpond la sance suivante3 ,je mettrai1 monsieur1 votre lettre s\s les yeux du roi4 ,je suis trs-p]suad que ,messieurs de l',acadmie n'ont eu ni l'int5tion d'entrepr5dre sur le dp>tem5t des ponts et *ausses1 ni de donn] des inquitudes au public1 mais il e/ cep5dant trs-vrai que l'un et l'autre ont eu lieu contre leur int5tion4 ,p> rapport au mmoire du sieur ,def]1 quoiqu'il n'y ait ri5 de secret p\r le roi1 il suffit que v\s m'adressiez un extrait de ce qui conc]ne le pont de ,neuilly444 ,l',acadmie ne fit pas de rapport et sans ri5 rel*] de ses droits1 vita sagem5t un conflit inutile4 ,les cra9tes de ,def] tai5t d'ailleurs sans fondem5t1 et le pont de ,neuilly e/ cit depuis un sicle comme un des monum5ts les plus irrpro*ables du tal5t de ,p]ronet4 ,t\t en dniant l',acadmie le droit d'exam9] et de jug] ses travaux1 l'adm9i/ration vi5t s\v5t elle-mme lui commettre l'exam5 d'un gr& nombre de projets trang]s ses attributions4 ,c'e/ l',acadmie p> exemple que fut r5voy1 en #aggf1 le projet de ,p]ri] p\r la di/ribution des eaux dans ,p>is4 ,je v\s ai adress1 crit ,m4 de ,male%]bes au secrtaire de l',acadmie1 le #c fvri] #aggf1 un projet p\r di/ribu] l'eau dans ,p>is1 v\s m>quant de le mettre s\s les yeux de l',acadmie1 af9 qu'elle pt nomm] des commissaires p\r l'exam9]3 en voici un n\veau qui vi5t de m'tre remis4 ,le sieur ,p]ri]1 qui le propose1 j\it d'une trs-bonne rputation1 et son expri5ce dans l'art mcanique e/ connue4 ,ce projet peut tre remis aux mmes commissaires *>gs d'exam9] le premi]4 ,comme le sieur ,p]ri] (fre de faire t\tes les avances des travaux1 c'e/ un objet qui mrite considration1 en supposant t\tefois que son projet puisse remplir les vues que le g\v]nem5t se propose4 ,l',acadmie connaissait depuis longtemps un excell5t projet de ,dep>cieux p\r am5] ,p>is les eaux de l',yvette mles sur le trajet celles de la ,bivre4 ,p]ronet1 aprs la mort de ,dep>cieux1 l'avait discut et l\ plus d'une fois devant ses confrres2 c'e/ p\r lui que conclut sans rs]ve le rapport de l',acadmie4 ,on devait le prvoir1 mais on re/e surpris de voir le rapporteur ,condorcet ml] aux tudes te*niques qui devrai5t faire t\t le sujet de son jugem5t1 des attaques sans mesure1 dont la ha9euse emphase semble un prsage anticip de la rvolution dj m5aante4 ,m4 ,dep>cieux1 dit ,condorcet1 esprait que1 quoique la pr9cipale utilit de son projet ft p\r le peuple1 nanmo9s comme il importe t\t le monde de boire de bonne eau1 de respir] un air pur1 d'habit] un pays o les pidmies sont plus r>es1 les g5s ri*es s'intress]ai5t son projet2 mais malheureusem5t la classe d'hommes qui il s'adressait ne tr\ve malsa9 que le pays o il n'y a ni =tune1 ni faveur espr]4 ,de telles lignes sont heureusem5t =t r>es dans les recueils de l',acadmie qui1 fidle sa tradition et m>*ant con/amm5t dans la droite voie de la sci5ce1 n'y r5contre et n'y *]*e1 mme dans les plus mauvais j\rs1 aucune trace des passions politiques4 ,l',acadmie e/ mme quelquefois consulte dans des cas o sa compt5ce peut sembl] =t d\teuse4 ,v\s tr\v]ez ci-jo9t1 crit le b>on de ,breteuil l',acadmie le #ad aot #aghg1 un projet qui conc]ne l'embellissem5t de la ville de ,p>is et qui m'a t remis p> le sieur de ,wailly1 membre de l',acadmie d'ar*itecture4 ,je p5se depuis longtemps qu'il s]ait trs-important p\r l'adm9i/ration d'avoir un plan gnral arrt et appr\v p> le roi1 et qui comprt autant qu'il s]ait possible t\s les embellissem5ts dont la ville de ,p>is e/ susceptible4 ,je conois qu'un p>eil plan ne p\rrait tre l'ouvrage d'un seul arti/e4 ,je conois encore que les circon/ances peuv5t tre longtemps un ob/acle l'excution de ces embellissem5ts jugs dignes d'tre excuts2 mais il me semble qu'on peut t\j\rs s'occup] de l'exam5 des projets des diffr5ts arti/es qui prs5t]ont des vues utiles et des ides heureuses1 et les faire appr\v] et dt]m9] p> ,sa ,maje/ lorsqu'ils le mrit]ont1 sauf ne les ralis] que dans le temps o il s]a possible d'en support] la dp5se4 ,le projet du sieur de ,wailly m'a p>u tre du nombre de ceux qui doiv5t fix] l'att5tion et qu'il p\rra tre bon d'exam9]4 ,le projet de de ,wailly consi/ait combl] le bras de rivire qui sp>e l'le ,sa9t-,l\is de la ,cit en c\pant les deux les sur t\te leur longueur p> une rue n\velle qui en aurait fait un des plus beaux qu>ti]s de ,p>is4 ,l',acadmie1 dans son rapport1 p>at pris] trs-haut le mrite un peu banal auj\rd'hui d'une rue trs-longue et trs-droite4 ,un effet heureux et agrable1 dit ,p]ronet dans son rapport1 tant du local que des dispositions du projet du sieur de ,wailly1 e/ que la grille du palais se tr\ve dans le prolongem5t de la rue ,sa9t-,l\is1 en sorte qu'en *angeant la direction des rues de la ,vieille-,drap]ie et des ,m>m\sets on a une longue rue qui1 p>tant de la place et du pont tablis l'extrmit de l'le ,sa9t-,l\is1 trav]se t\te cette le1 l'le de la ,cit1 et vi5t ab\tir la grille neuve du palais1 et mme1 si on p]ait cet difice1 elle trav]s]ait la place ,dauph9e et se t]m9]ait la /atue ,h5ri ,,iv4 ,on a dit1 aj\te le rapporteur1 qu'une compagnie se *>g]ait de cette entreprise qui ne cot]a ri5 au g\v]nem5t2 c'e/ cette compagnie s'assur] p> un exam5 plus dtaill que n\s ne p\vons le faire du montant des dp5ses et de la valeur du produit4 ,les assembles prov9ciales s'adressai5t aussi l',acadmie1 soit p\r s'clair] sur des projets d'utilit publique1 soit p\r autoris] de son jugem5t leur rsi/ance des dcisions qu'elles combattai5t4 ,la matrise des eaux et =ts de ,p>is1 dans un intrt de salubrit1 avait int]dit en #aghd le r\issage du *anvre dans t\s les c\rs d'eau de l',ile de ,france et cr p> l de gr&es difficults aux agriculteurs4 ,l',acadmie1 consulte p> l'assemble prov9ciale de l',ile de ,france1 blma =mellem5t la mesure4 ,n\s ne craignons pas de dire1 dis5t les commissaires ,lavoisi] et ,daub5ton1 que les *angem5ts apports aux anci5s usages de la prov9ce n\s p>aiss5t avoir t ordonns prmaturm5t et avant que la "q ait t suffisamm5t claircie4 ,n\s p5sons qu'il s]ait s\hait] que les *oses fuss5t provisoirem5t remises l'tat o elles tai5t avant le #d avril #aghd4 ,en #agge dj1 la "q avait t s\mise une premire fois l',acadmie1 et le rapport trs-c\rt de ,duhamel se t]m9ait a9si3 ,il vaut mieux faire l'aveu de son ignorance que de has>d] une op9ion inconsidre4 ,les tats de ,bretagne s'adressr5t plusieurs reprises l',acadmie des sci5ces et obt9r5t d'elle des consultations importantes sur de gr&s projets s\mis leur dlibration4 ,les mmoires de l',acadmie conti5n5t un rapport de ,c\lomb sur un projet de canalisation de plusieurs rivires de ,bretagne4 ,l',acadmie fut aussi consulte sur l'endiguem5t des grves du mont ,sa9t-,mi*el2 mais1 faute de docum5ts prcis1 elle refusa de se prononc] =mellem5t4 ,on lui dem&a enf9 des in/ructions sur la meilleure manire d'ar] la salle des tats ,r5nes1 et les commissaires conseillr5t de faire une ouv]ture au plafond en augm5tant le tirage1 s'il tait ncessaire1 p> le moy5 d'un petit pole4 ,un des projets les plus importants s\mis l',acadmie fut sans contr$it celui de la translation de l',htel-,dieu et de la rorganisation des hpitaux de ,p>is4 ,dj1 en #aghd1 une commission acadmique1 dans un rapport sur le rgime intrieur des prisons1 avait signal =tem5t l'tat horrible des infirm]ies4 ,l',htel-,dieu p5dant longtemps avait t *>g des prisonni]s malades2 mais leur translation tait un moy5 s\v5t t5t d'vasion1 et l'ordre fut donn de les soign] dans la prison mme1 o la place manquait aussi bi5 que les ress\rces les plus ncessaires4 ,au ,=-l'vque p> exemple1 dans une *ambre troite1 obscure et mal are1 seize malades p>fois devai5t se p>tag] quatre lits4 ,les prisonni]s p\r dettes1 les pres dt5us faute de p\voir pay] les mois de n\rrice de leurs enfants1 y gisai5t cte cte avec les crim9els de la pire espce4 ,l',htel-,dieu prs5tait des tri/esses non mo9s gr&es et la mortalit y tait plus =te qu'en aucun autre hpital de l',europe4 ,l',acadmie1 consulte sur les r=mes y introduire1 v\lut runir t\tes ses lumires p\r donn] sur une telle "q un rapport digne d'elle et de sa r5omme4 ,les plus illu/res de ses membres1 ,lavoisi]1 de ,jussieu1 ,bailly et ,laplace fur5t *>gs1 avec le *irurgi5 ,t5on1 d'tudi] le projet de translation4 ,les adm9i/rateurs de l',htel-,dieu1 sans allgu] leurs motifs faciles dev9]1 avai5t refus non-seulem5t d'aid] la commission acadmique1 mais de l'introduire dans les salles2 c'e/ sur le tmoignage de ,t5on que la commission rcite l'intolrable tat des *oses4 ,non-seulem5t quatre malades1 mais six dans le mme lit2 les morts mls aux vivants1 les maladies contagieuses ou non soignes ple-mle et se compliquant les unes les autres2 la gale et la petite vrole svissant avec fureur1 et les malades emportant de l'hpital au lieu de gurison le n\veau mal qu'ils ont contract2 les f\s pr(rant leurs cris jusqu' la porte de la salle des oprs2 des lits de paille p\r ceux qui gtai5t leurs matelas1 et l *aque mat9 exposs p5dant plusieurs heures au contact des malades les plus dgtants1 les n\veaux arrivants que l'on ne sait o plac]3 telle e/ une faible p>tie des misres qui1 dans le rapport de ,bailly dont la m9utieuse prcision ne dim9ue ni l'clat ni la =ce1 ti5n5t d'un b\t l'autre le lecteur dans une longue et pnible angoisse4 ,bailly se piquait =t de littrature1 mais la d\l\reuse loqu5ce des faits le disp5sait cette fois de t\t artifice de /yle4 ,on l'a l\ s\v5t de l'avoir compris en montrant la vrit dc\v]t sans l'exagr] ni l'apprt]2 il se laisse all] cep5dant dvelopp] des preuves videmm5t sup]flues4 ,lorsqu'il a dit p> exemple que d\ze c5ts lits reoiv5t trois mille malades1 *acun imag9e ce que peuv5t espr] de sommeil et de repos les in=tuns qu'on y entasse2 que s]t-il d'aj\t] froidem5t3 ,qu'e/-ce qu'un lit en gnral1 et surt\t un lit de malade8 ,c'e/ un lieu de repos p\r la nature s\ffrante et un moy5 de sommeil p\r la nature que les s\ffrances ont fatigue2 l'homme n'a qu'une manire de repos] son corps1 c'e/ de mettre t\s les muscles de/9s au m\vem5t volontaire dans un tat de rel*em5t2 un homme deb\t ne se repose pas1 p>ce que444 etc41 etc4 ,aprs avoir dit dans un autre passage l'effrayante mortalit des blesss et des femmes en c\*e1 il aj\te avec bi5 peu de dlicatesse de gt et de s5tim5t3 ,l'tat a le plus gr& intrt cons]v] les blesss et les mres dans la fleur de l'ge1 qui r5\vell5t la population4 ,quoi qu'il en soit le rapport de ,bailly1 *o fidle du cri des plus extrmes misres1 eut un imm5se ret5tissem5t2 le roi1 pr(ondm5t mu p> les rvlations de l',acadmie1 ne se p>donnait pas de les avoir si longtemps ignores4 ,une s\scription1 ouv]te s\s ses auspices1 produisit aussitt plus de deux millions de livres2 mais il n'tait plus "q d'amlior]1 il fallait dtruire et refaire ailleurs4 ,on avait dj1 disait ,t5on1 apport l',htel-,dieu t\tes les amliorations possibles1 sauf la seule efficace qui et t de le jet] bas4 ,deux millions ne suffisai5t pas une telle uvre1 et le g\v]nem5t1 rduit bi5tt aux d]ni]s expdi5ts1 porta la ma9 sur le dpt sacr qu'il avait implor lui-mme4 ,p>mi t\tes les fautes qui prp>ai5t de si cruelles cata/rophes celle-l sans contr$it fut une des plus honteuses4 ,la ville de ,bordeaux1 in/ruite des tudes faites p> l',acadmie des sci5ces1 lui s\mit son t\r les projets d'un n\vel ,htel-,dieu p\r ses malades4 ,c'e/ une preuve1 disai5t avec raison les commissaires1 de l'op9ion avantageuse que l'on a des lumires de l',acadmie1 et elle les doit t\s ceux qui les rclam5t4 ,l',acadmie1 en effet1 ne refusait p]sonne ses jugem5ts et ses conseils2 prs de dix mille rapports1 composs de #afii #agij1 se tr\v5t encore dans ses ar*ives1 et c'e/ une gr&e preuve de disc]nem5t1 de savoir et d'activit1 que d'avoir pu a9si1 p5dant prs d'un sicle1 accrotre sans cesse la confiance de t\s en la mritant de mieux en mieux4 ,,les ,,prix4 ,les prix1 rgulirem5t dc]ns p>tir de l'anne #agba1 devai5t accrotre l'autorit de l',acadmie et lui donn] en quelque sorte une vie n\velle en lui dem&ant des jugem5ts plus sol5nels sur des travaux s\v5t considrables4 ,r\ill de ,meslay1 conseill] au ,p>lem5t1 avait lgu l',acadmie une r5te de quatre mille livres1 au pr9cipal de c5t mille livres1 con/itue son pr(it p> les prvts des m>*&s et *ev9s de la ville de ,p>is1 condition que ,messieurs de l',acadmie des sci5ces propos]ai5t t\s les ans un prix de la moiti de ladite somme p\r tre donn p> eux qui aurait le mieux russi p> raison et non p> loqu5ce1 mais en quelque langue et /yle que ce soit1 au jugem5t de ,messieurs de l',acadmie1 p>tie d'icelle1 ou des commissaires p> elle nomms1 sur un trait philosophique ou diss]tation t\*ant ce qui conti5t1 s\ti5t et fait m\voir en son ordre les plantes et autres sub/ances cont5ues dans l'univ]s1 le fond premi] et pr9cipal de leurs productions et =mations1 le pr9cipe de la lumire et du m\vem5t4 ,mes mditations1 aj\tait-il1 m'ont ce me semble1 conduit cette importante dc\v]te et appro* les yeux de mon ent5dem5t de la connaissance de l't]nel et premi] tre4 ,mais n'ayant les tal5ts de mettre au j\r mes consqu5ces1 je m'en remets aux savants1 et j'espre qu'en suivant ces re*]*es1 ils dvoil]ont des vrits autant ess5tielles que manife/es et qui augm5t]ont l'admiration qu'on doit ,dieu4 ,et sur l'autre moiti de ladite r5te1 il en s]a employ le qu>t p\r les rtributions ou pices de ,,mm4 les juges1 l'autre qu>t ,m4 le secrtaire de l',acadmie1 p\r les frais des annonces et publications et copies des traits qui s]ont faits1 et d'en f\rnir deux exemplaires du plus pris avec extrait des pr9cipaux3 un p\r le *teau de ,meslay-le-,vidame1 aux seigneurs1 comtes et leurs successeurs2 l'autre p\r les propritaires de ma maison rue du ,temple et de ,meslay1 ,p>is1 y adresse4 ,en cas de remb\rsem5t de ladite r5te1 l'emploi s]a fait en fonds sujet aux mmes *>ges2 et si cela manquait d'tre excut p5dant quelques annes1 le rev5u accumul grossirait autant le prix et rtribution jusqu'au d\ble et triple2 mais si quatre annes se passai5t sans effet desdites conditions1 le contrat de c5t mille livres1 ou le fonds qui lui aurait s]vi de remploi1 ret\rn]ait mes hriti]s en ligne directe4 99 99 99 99 99 ,item1 je donne et lgue l',acadmie des sci5ces de ,p>is la r5te de mille livres1 au pr9cipal de v+t-c9q mille livres1 con/itue mon pr(it p> messieurs les m>*&s et *ev9s de la ville de ,p>is1 condition que ,messieurs de l',acadmie propos]ont t\s les ans un prix de la moiti de ladite r5te1 p\r tre p> eux donn t\s les ans celui qui aura le mieux russi en une m?ode c\rte et facile p\r pr5dre plus exactem5t les hauteurs et degrs de longitude en m] et en les dc\v]tes utiles la navigation et gr&s voyages4 ,et en cas que ces matires se tr\vass5t puises ou p\sses leur p]fection1 il s]a propos de faire p> cantons comm5cs au *oix de ,messieurs de l',acadmie1 des c>tes topographiques m>quant le niveau des t]ra9s et c\rs des eaux p> rapport la m] mi-m>e et lit ord9aire1 en sorte que ces c>tes rassembles dans la suite des temps1 on puisse s'en s]vir p\r les desse9s de canaux et communications de navigation1 mnage et utilit de torr5ts p]dus ou nuisibles1 et autres avantages que le bi5 public fait t5t]1 dont les succs ou projets peuv5t avoir beso9 de ce pr9cipe des niveaux qui peuv5t dirig] le *oix des entreprises4 ,le niveau des puits ou s\rces vives n'tant pas suffisant1 je sub/itue dans ce legs plusieurs sujets3 celui des longitudes m'a occup en va91 p> rapport la sphre cle/e2 les con/ellations1 les hauteurs et les phnomnes p>aiss5t les mmes p>eilles heures1 sur t\te la longitude1 qu& on ne *ange pas de latitude4 ,les savants peuv5t all] plus lo92 mais je me trompe =t si le has>d mis pr(it1 ne f\rnit plus p\r cette dc\v]te que l'a/ronomie ou rgles de ma?matiques4 ,peut-tre que ce globe donn]a quelque aimant avec cette proprit4 ,j'avais cru qu'il se p\rrait qu'un coq p> exemple de ,portugal1 acc\tum de *ant] m9uit1 ne *ant]ait en ,france qu' une heure du mat9 et quelques preuves de re*]*e me p]suadai5t de la div]sit que je n'ai pu appr(ondir avec les expri5ces requises4 ,le fils de ,meslay1 plus s\cieux de sa ri*esse que de l'honneur de sa famille1 osa rsi/] aux d]nires volonts de son pre et disput] avec a*>nem5t la "p trop gnreusem5t faite p> son te/am5t des uvres bonnes et utiles4 ,l'exagration1 la s+ul>it ou l'extravagance de c]ta9es clauses fur5t injurieusem5t invoques comme preuves premptoires de l'insanit de son esprit4 ,le procs dura plusieurs annes4 ,je supplie la div9e ,provid5ce1 avait dit ,m4 de ,meslay1 qu'il me soit accord d'ordonn] ou de dispos] que d'une manire qui soit agrable sa div9e sagesse et que je meure plutt que de faire aucune *ose qui lui dplaise1 et je dsire ne respir] l'av5ir que p\r faire le bi5 et mon devoir4 ,plaise ,dieu que les d\leurs longues et aigus dont je suis afflig depuis tant d'annes me soi5t utiles p\r implor] l'effet de sa misricorde4 ,a ces lignes1 qui montr5t tant d'ardeur p\r le bi51 le fils de ,meslay ne tr\vait ri5 r$ire1 mais la suite tait livre l'ironie de son avocat3 ,je veux1 avait crit ,meslay1 tre inhum sans bire ni crmonie1 ordonnant que t\s les frais mortuaires et s]vices s]ont faits l'in/> des pauvres sauf le salaire d aux porteurs qu'on pay]a au quadruple de la taxe ord9aire4 ,une telle p>cimonie tait-elle d'un homme sa9 d'esprit8 ,on allguait encore un gr& nombre de libralits et legs peu considrables des dome/iques1 f]mi]s ou pauvres du vois9age1 s\s la condition qu'ils promettrai5t de s'ab/5ir de vi&e et de poisson p5dant le re/e de leur vie4 ,je regrette1 disait-il1 de n'avoir pas g>d cette ab/95ce t\te ma vie4 ,une condition aussi ins5se devait suffire1 disait-on1 p\r invalid] t\t le te/am5t4 ,mais l'avocat de ,m4 ,meslay fils insi/ait surt\t sur le *oix des que/ions indiques l',acadmie4 ,n'e/-il pas absurde de dem&] une diss]tation sur ce qui conti5t les plantes8 ,ce sont1 disait-il1 les espaces imag9aires sur lesquels ni l',acadmie ni p]sonne ne saurai5t ri5 n\s appr5dre4 ,la re*]*e des pr9cipes de la lumire et du m\vem5t lui semblait non mo9s ridicule1 c'e/ ,dieu1 disait-il1 et il dfiait l',acadmie d'en propos] une autre4 ,me ,*evali] plaidant p\r l',acadmie ne le conte/ait pas3 ,dieu1 disait-il1 e/ la cause univ]selle de t\t ce qui e/2 c'e/ lui qui a fait la lumire1 mais e/-il int]dit p\r cela de *]*] s'en faire une ide plus claire et plus di/9cte8 ,l'espoir enf9 d'e/im] les longitudes l'aide du *ant d'un coq attirait les s>casmes et y prtait un peu2 mais ,me ,*evali]1 que ri5 ne dconc]te1 triomphe au contraire sur ce po9t en invoquant l'autorit imposante de ,desc>tes4 ,t\t le monde sait1 disait-il1 que suivant les pr9cipes de la n\velle philosophie t\s les animaux sont des automates ou des ma*9es dont la /ructure e/ d'autant plus p>faite que leur auteur surpasse inf9im5t t\s les hommes dans la connaissance des vritables pr9cipes de la mcanique4 ,cela suppos1 si la /ructure de ce coq e/ telle qu'il doit *ant] la mme heure qu'il *ante dans le lieu o il e/ n1 dans quelque p>tie du monde qu'il soit transport1 on aurait dans ce cas1 cette montre ou p5dule que l'on *]*e avec tant de so9 p\r reconnatre en m] l'heure qu'il e/ au lieu de d"p4 ,le ,p>lem5t1 ple9 de c\rtoisie p\r l',acadmie1 la pria de s'expliqu] sur les ass]tions de son adv]saire p\r en conv5ir ou en disconv5ir4 ,l',acadmie se dcl>a1 avec beauc\p de raison1 prte propos] *aque anne les deux sujets dem&s p> ,m4 ,meslay qui p\vai5t t\s deux donn] lieu des diss]tations utiles et intressantes4 ,le clbre axiome1 ab actu ad posse valet consequ5tia1 tait d'ailleurs une preuve conva9cante4 ,les travaux de ,desc>tes1 de ,malebran*e et de ,newton ne p\vai5t tre le d]ni] ef=t de la philosophie2 p\rquoi les dc\v]tes de ces gr&s hommes ne s]ai5t-elles pas imites ou accrues8 ,et quant au second legs relatif aux longitudes1 il suffisait de faire rem>qu] que depuis longtemps dj l',anglet]re proposait #ejj1jjj fr41 la ,holl&e presque autant1 et le rg5t de ,france #ajj1jjj livres p\r cette prcieuse dc\v]te2 il faudrait donc1 si elle e/ impossible1 associ] ces noms respectables aux visions et la biz>r]ie que l'on osait imput] au te/ateur4 ,le procs dura quatre ans2 l',acadmie le gagna sur t\s les po9ts4 ,le ,p>lem5t1 p> une s5t5ce immdiatem5t excutoire1 lui accorda le capital et les arrrages qui portr5t le rev5u total #f1jjj livres4 ,me ,*evali] n'accepta p\r honoraires qu'un exemplaire des ouvrages publis p> l',acadmie et le droit d'assi/] ses sances4 ,le ,p>lem5t avait bi5 jug4 ,utile l',acadmie comme la sci5ce1 l'inspiration de ,m4 de ,meslay fut des plus heureuses2 le *amp de re*]*es que les hriti]s prs5tai5t comme troit et /rile se tr\va au contraire aussi va/e que fcond2 et quoique les p>oles du fondateur ne port5t pas t\j\rs jusqu'o t5d son esprit1 l',acadmie1 fidle sans explication =ce ses volonts vid5tes1 eut1 grce lui p5dant plus d'un demi-sicle1 l'honneur de dirig] les gomtres v]s les plus gr&es voies de la sci5ce en rcomp5sant d'admirables dc\v]tes qu'elle avait s\v5t provoques4 ,le *oix judicieux des que/ions proposes1 l'excell5ce des mmoires c\ronns et la ju/e clbrit des concurr5ts1 devai5t accrotre1 avec l't5due de son influ5ce1 le r5om de l',acadmie des sci5ces de ,p>is4 ,entrant en comm]ce cont9u avec les savants les plus illu/res de l',europe1 et montrant le s5ti] qu'ils cons5tai5t suivre1 elle semblait m>*] en quelque sorte devant eux1 et p>tag] leur gloire en la proclamant4 ,ses dcisions un peu timides d'abord mais presque t\j\rs reues dans la suite avec applaudissem5t1 devai5t au db donn] prise de svres critiques et caus] bi5 des murmures4 ,nulle autorit en matire de sci5ce ne prvaut contre la vrit1 et les concurr5ts tai5t en droit de jug] leurs juges4 ,on peut croire qu'ils n'y manqur5t pas4 ,le db1 il faut en conv5ir1 ne fut pas heureux4 ,les concurr5ts devai5t trait] du pr9cipe1 de la nature et de la communication du m\vem5t4 ,jean ,b]n\lli conc\rut2 l',acadmie1 sans compr5dre la porte de son excell5t mmoire1 c\ronna le disc\rs sup]ficiel et insignifiant d'un ,m4 de ,cr\sas4 ,l'inju/ice tait flagrante1 ou plutt la mprise4 ,l',acadmie1 en effet1 ne possdait alors aucun gomtre de m>que2 les mcanici5s1 plus habiles dans la pratique que dans la sci5ce spculative1 croyai5t s'assur] sur les ?ories de ,desc>tes4 ,leur esprit1 proccup de ses ass]tions tran*antes et obscurci p> ses erreurs respectes1 aurait eu beauc\p dsappr5dre p\r prononc] avec exactitude sur des pr9cipes qu'ils ent5dai5t =t mal4 ,b]n\lli1 irrit et bless1 prote/a de t\tes ses =ces contre une dcision qu'il ne devait oubli] ni p>donn]4 ,il faut1 crivait-il ,mairan1 en p>lant de son concurr5t1 que son sy/me erron et contre la raison tombe de lui-mme4 ,cela tant1 dites-moi avec quelle ju/ice peut-on avoir c\ronn son mmoire en le prfrant un autre1 o je dfie qui qu'il soit de montr] le mo9dre faux raisonnem5t4 ,n'e/-ce pas favoris] l'erreur au prjudice de la vrit8 ,quelle honte6 ,qui e/-ce qui v\dra travaill] dsormais sur vos que/ions1 s'il ne peut plus compt] ni sur la clairvoyance ni sur l'quit de la plup>t des commissaires8 ,sa colre1 v+t ans aprs1 dans une lettre ,eul]1 s'exhale avec la mme n]gie1 et sans se s\ci] du pr9cipe de la *ose juge1 il se croirait fond rev5diqu] ses droits devant les successeurs des juges qui les ont mconnus4 ,aprs avoir dc]n quatre prix1 l',acadmie r5contra un emb>ras imprvu3 une mesure f9ancire1 qu'il e/ p]mis de nomm] une banqu]\te1 rduisit #c1gjj livres la r5te de #f1jjj livres con/itue p>-devant notaire sur les rev5us de la ville de ,p>is1 et il s'leva une "q difficile rs\dre2 l',acadmie ne p\vait plus satisfaire aux obligations =mellem5t imposes p> le te/am5t de ,m4 de ,meslay4 ,quel usage devait-elle faire du rev5u qui lui tait laiss8 ,le ,p>lem5t consult1 sans dcl9] sa compt5ce1 dcl>a s'en rapport] la sagesse de ,,mm4 les acadmici5s1 dont les avis fur5t =t p>tags4 ,fallait-il rduire proportionnellem5t la somme all\e p\r *aque prix ou dim9u] le nombre des rcomp5ses8 ,l'ab&on des pices attribus aux juges aurait t\t arrang1 mais l'ide n'en v9t alors l'esprit de p]sonne4 ,il fut dcid1 aprs longues discussions1 que l',acadmie dc]n]ait *aque anne1 et alt]nativem5t1 un prix de #b1ejj livres sur une "q relative au sy/me gnral du monde1 et l'autre de #b1jjj sur un sujet t\*ant la navigation4 ,les savants les plus illu/res tr\vai5t alors ces rcomp5ses =t considrables et les disputai5t avec ardeur4 ,les familles d',eul] et de ,b]n\lli se p>tagr5t prs de la moiti des prix dc]ns p> l'anci5ne ,acadmie4 ,lagrange1 qui leur succda1 fut c\ronn p\r trois de ses plus beaux mmoires de mcanique cle/e4 ,l'orgueilleux ,jean ,b]n\lli lui-mme r5tra s\v5t dans la lice2 il tait =t s5sible la gloire2 mais v\s savez1 crivait-il ,mairan1 qu'il faut quelque *ose de plus solide p\r faire b\illir la m>mite4 ,aussi1 lorsqu'il recevait le prix1 ne ngligeait-il aucun so9 p\r recevoir la somme due p> la voie la plus avantageuse4 ,depuis ma d]nire lettre1 crit-il ,mairan 7#bg mai #agcd71 n\s att5dions t\j\rs1 moi et mon fils1 d'appr5dre la proclamation de nos pices victorieuses1 avant que de dispos] de la somme du prix4 ,n\s voyons prs5tem5t p> l'honneur de la vtre1 du #ai mai1 que la proclamation se fit la r5tre publique1 suivant la c\tume1 quoique n\s ne sa*ions pas encore si elle a t annonce au public dans la ,gazette de ,p>is1 comme cela se pratiquait les autres fois1 ce qui m'appr5ait d'abord le nom de celui qui avait remport le prix p> l'extrait que l'on faisait t\j\rs de votre ,gazette mettre dans la ntre4 ,quoi qu'il en soit1 il n'y a ri5 de p]du1 la somme qui n\s a t adjuge tant en bonne sret1 soit *ez v\s1 soit encore *ez le trsori]4 ,n\s croyons aussi que mon seul rcpiss que je v\s ai envoy suffira p\r t\te la somme1 mais il en faudra p>l] ,m4 de ,maup]tuis1 qui mon fils crivit la sema9e passe p\r lui donn] ple9 p\voir de retir] sa "p af9 que ,m4 de ,maup]tuis puisse se remb\rs] d'une petite dette que mon fils lui doit4 ,le re/e et ma portion ensemble p\rrai5t n\s tre remis p> une lettre de *ange qui s]ait tire sur un banqui] d',am/]dam et que n\s p\rrions ngoci] ici avec plus d'avantage que si elle s'adressait immdiatem5t quelque m>*& ou banqui] d'ici4 ,t\t en veillant de son mieux ses intrts1 ,b]n\lli mettait l'honneur du succs un plus haut prix encore4 ,je v\s av\e1 dit-il1 que l'vnem5t du prix *u moi et mon fils n\s e/ inf9im5t glorieux1 aussi e/-ce l'honneur que n\s e/imons beauc\p plus que l'intrt pcuniaire1 quelque considrable qu'il soit4 ,c'e/ p\r cette raison que n\s dsirons savoir si cet vnem5t a t r5du public dans votre ,gazette1 suivant la c\tume4 ,l',acadmie dut l'in/itution de ses prix l'honneur de j\] un gr& rle dans l'hi/oire du clbre problme des longitudes4 ,presque t\s les g\v]nem5ts de l',europe avai5t depuis longtemps1 p> des promesses considrables1 dirig les re*]*es des inv5teurs v]s ce difficile et important problme4 ,philippe ,,iii d',espagne avait promis #ajj1jjj cus2 les tats de ,holl&e #ajj1jjj flor9s1 et l',anglet]re #bj1jjj livres /]l+ qui p\rrait dt]m9] la longitude en m] avec l'exactitude ncessaire aux m>9s2 une somme de #b1jjj livres 7#ej1jjj fr47 tait mise en mme temps la disposition de la ,commission p]man5te *>ge de jug] les inv5tions de t\te sorte que l'espoir d'une telle rcomp5se faisait natre presque *aque j\r4 ,l'emploi du lo* et de la b\ssole lude la "q et ne la rs\t pas2 il consi/e dt]m9] d'heure en heure la position du navire p> la gr&eur et la direction du *em9 p>c\ru4 ,un flotteur nomm lo* e/ dans ce b jet la m]1 et l'on suppose qu'il y re/e immobile2 l'c>t du navire p5dant tr5te secondes tant alors multipli p> #abj e/ considr comme le *em9 p>c\ru p5dant une heure dans la direction indique p> la b\ssole4 ,les erreurs d'une telle m?ode peuv5t dans une c\rte trav]se s'lev] plusieurs degrs4 ,l'heure tant la mme sur t\s les po9ts d'un mme mridi51 il suffirait p\r connatre la longitude d'obt5ir1 directem5t ou indirectem5t1 l'heure exacte du lieu d'o l'on e/ p>ti2 mais si l'on songe que quatre m9utes d'erreur correspond5t un degr1 c'e/ l en pratique une trs-gr&e difficult2 con/ruire une horloge qui1 aprs plusieurs mois de trav]se1 ne laisse pas cra9dre d'erreur de cet ordre1 semblait au ,,xviie sicle une entreprise impossible1 et ,jean-,bapti/e ,mor91 qui le premi] proposa une solution raisonnable du problme1 d\tait qu'une crature mcanique1 ft-elle l'uvre du diable1 pt atte9dre une telle prcision idv]o1 dit-il1 an ipsi dmonio possibile sit1 nescio4 ,pr(esseur d'a/ronomie au ,collge de ,france1 ,mor91 quoique inv5tif et h>di1 rep\ssait le sy/me de ,cop]nic1 contre lequel1 en #afdc1 l'anne mme de la mort de ,galile1 il publiait s\s ce titre triomphant3 ,al telluris fract1 une diss]tation dev5ue =t r>e4 ,mor9 de plus tait a/rologue1 et1 s'il faut en croire ses disciples1 s\v5t heureux dans ses prdictions4 ,quoi qu'il en soit1 on lui doit une ide excell5te et ple9e d'av5ir4 ,les horloges ne p\vant donn] l'heure exacte et c]ta9e1 c'e/ aux a/res qu'il la dem&e1 et sans rec\rir1 comme ,galile1 aux m\vem5ts mal connus des satellites invisibles de ,jupit]1 il rs\t le problme en obs]vant la di/ance de la lune aux toiles vois9es4 ,malgr le rapport dfavorable de la commission nomme qui dcl>ait avec raison la m?ode impraticable dans l'tat actuel de la sci5ce1 une p5sion plus que triple de ses appo9tem5ts au collge royal1 rcomp5sa ju/em5t l'excell5te ide de ,mor94 ,le clbre gologue et ?ologi5 ,:i/on proposa au contraire un projet absolum5t ridicule dont on fit gr& bruit cep5dant2 il fut l'occasion de la rcomp5se si considrable promise p> le ,p>lem5t britannique1 et que plusieurs commissions exam9r5t trs-m9utieusem5t4 ,:i/on proposait simplem5t de plac] sur les r\tes que peuv5t t5ir les vaisseaux une srie de navires atta*s p> leurs ancres1 sorte d'les flottantes de position fixe et connue1 sur *acune desquelles1 m9uit prcis1 heure de ,londres1 on lanc]ait *aque j\r une fuse qui1 en clatant #f1jjj pi$s de hauteur1 montr]ait l'heure exacte ou la f]ait ent5dre plusieurs c5ta9es de milles la ronde4 ,on fit aussi beauc\p de bruit1 en ,france1 d'une m?ode propose ,l\is ,,xiv p> un av5turi] sudois nomm ,reussn] ,ney/adt4 ,l'inv5teur ne v\lait la livr] qu'en *ange d'une ri*e rcomp5se4 ,il cons5tit nanmo9s en expliqu] le pr9cipe devant une commission dans laquelle sigeai5t1 s\s la prsid5ce de ,colb]t1 ,huygh5s1 ,duquesne1 de ,c>cavy1 ,rob]val1 ,pic>d et ,auz\t4 ,les explications =t confuses de ,reussn] tai5t donnes en allem& et traduites immdiatem5t p> ,huygh5s qui1 dans la commission1 p\vait seul les ent5dre4 ,l'approbation de son projet devait faire accord] ,reussn] une somme de #fj1jjj livres laquelle se s]ait aj\t p]ptuit un droit de quatre sols p> tonneau p\r *aque voyage des vaissaux qui emploi]ai5t sa m?ode4 ,mais le projet1 qu'il e/ inutile de rapport] ici1 se tr\va impraticable et fond sur des pr9cipes inexacts2 les commissaires fur5t unanimes le rejet]4 ,h5ri ,sully1 clbre horlog] tabli en ,france1 prs5ta en #agbd l',acadmie1 une horloge m>9e qui ne donna pas de bons rsultats2 cette manire d'abord] la "q sembla cep5dant repr5dre faveur1 et plusieurs arti/es habiles s'illu/rr5t en s'y appliquant4 ,sully1 dc\rag1 p>aissait cep5dant pass] condamnation4 ,puisque1 dit-il1 le p5dule lui-mme a manqu de russir p\r donn] avec c]titude la connaissance des longitudes en m] et cela seulem5t cause des *angem5ts auxquels les mtaux sont sujets p> la *aleur1 le froid1 les autres causes physiques1 p> l'9galit de la =ce la/ique1 p> l'9galit de l'action de la pesanteur des corps et p> les m\vem5ts viol5ts des vaisseaux sur la m]1 quelle app>5ce y a-t-il qu'on tr\ve jamais de remde t\s ces inconvni5ts8 ,peut-on *ang] la nature des corps8 ,un simple *>p5ti] anglais1 ,jean ,h>rison1 m]veilleusem5t d\ du gnie de la mcanique1 entreprit son t\r de mrit] la ri*e rcomp5se promise p> le p>lem5t4 ,ses premi]s essais dat5t de #agbf4 ,il p>v9t cette poque con/ruire deux p5dules dont l'c>t n'tait pas d'une seconde en un mois4 ,en #agcf1 une horloge prs5te p> lui supporta sans drangem5t un voyage ,lisbonne4 ,la ,socit royale de ,londres lui accorda en #agcg la mdaille de ,copley qui1 *aque anne depuis c5t c9quante ans1 rcomp5se l'uvre sci5tifique juge p> elle la plus rem>quable et la plus mritante4 ,v+t-c9q ans plus t>d1 en #agfb1 ,h>rison1 avanant t\j\rs dans la mme voie1 s\mettait l'amiraut anglaise une horloge pr\ve p> deux voyages successifs la ,jamaque2 elle fut dcl>e =t utile et lui valut une rcomp5se de #b1ejj livres 7#fe1jjj francs74 ,le succs1 sans tre jug complet et df9itif1 produisit une gr&e s5sation4 ,le #af avril #agfc1 ,m4 ,sa9t-,flor5t9 communiquait l',acadmie des sci5ces la lettre suivante1 crite ,m4 de ,*oiseul p> l'ambassadeur de ,france en ,anglet]re4 ,je crois devoir avoir l'honneur de v\s in=m] qu'un ,anglais1 nomm ,h>rison1 a tr\v un in/rum5t propre1 ce qu'on croit p> sa ju/esse1 fix] la longitude4 ,c'e/ une espce de p5dule qui1 dans le voyage de la ,jamaque1 l'all] et le ret\r pris ensemble1 n'a s\ff]t qu'une m9ute c9quante-quatre secondes de v>iation4 ,cette ma*9e va tre exam9e publiquem5t et en mme temps on donn]a environ #ajj1jjj francs l'auteur4 ,ces #ajj1jjj francs s]ont -compte du prix total promis la dc\v]te des longitudes1 et la somme entire du ,prmium ne s]a adjuge au sieur ,h>rison qu'aprs une n\velle preuve dans un voyage aux les qu'il f]a encore cet t4 ,les savants ou arti/es qui v\drai5t assi/] l'exam5 de l'in/rum5t devront donn] incessamm5t leurs noms p\r tre enregi/rs et doiv5t se r5dre ici de leur p]sonne4 ,on m'a *>g de v\s dem&] si v\s v\driez envoy] ici un ,franais p\r tre tmo9 et p>tie de l'exam51 et on m'a dit qu'il faudrait que ce ft un habile et savant horlog] comme sans d\te n\s en avons4 ,l',acadmie1 en confiant cette mission l'un de ses membres1 eut le bon esprit de lui adjo9dre ,f]d9& ,b]?\d2 c'tait p\r l'illu/re horlog] franais l'invitation la plus pressante gal]1 surpass] peut-tre un j\r l'uvre excell5te qu'il tait capable de jug] et digne d'admir] sans rs]ve4 ,malheureusem5t ,h>rison1 mcont5t de ses juges1 refusa de montr] les dtails de son horloge1 et le voyage fut inutile ,b]?\d4 ,les commissaires1 presque t\s a/ronomes1 t\t en jugeant l'horloge d',h>rison excell5te et utile1 refusr5t de la dcl>] p>faitem5t sre4 ,les obs]vations de la lune re/ai5t indisp5sables suivant eux p\r corrig] les biz>res 9galits qui survi5n5t p>fois dans les meilleurs in/rum5ts4 ,l'horloge n'obt9t donc que la moiti de la rcomp5se promise1 et ,may] de ,gott+ue reut p\r ses tables de la lune la plus gr&e p>tie de l'autre moiti4 ,c'e/ dix ans plus t>d seulem5t1 qu'un n\vel acte du p>lem5t complta p\r ,h>rison la rcomp5se de #bj1jjj livres2 il tait g de soixante-dix ans4 ,l',acadmie des sci5ces1 qui bi5 des fois dj1 p> le programme de ses prix1 avait rappel l'att5tion des savants le problme des longitudes1 proposa de n\veau1 en #agfe1 la re*]*e du meilleur moy5 de dt]m9] la longitude en m]4 ,le succs d',h>rison et la connaissance sommaire de ses procds avai5t dj enc\rag et /imul le zle de ,b]?\d qui1 s'adressant directem5t au m9i/re de la m>9e1 lui avait propos plusieurs horloges dont sa gr&e r5omme exigeait un srieux exam54 ,le m9i/re organisa une expdition dont le plan trac p> les (fici]s de m>9e fut appr\v p> l',acadmie4 ,mais elle avait en mme temps jug] les pices du conc\rs auquel ,b]?\d refusait de pr5dre "p3 p> l'organe de son prsid5t le m>quis de ,c\rtanvaux1 elle dem&a au m9i/re la disposition d'un btim5t p\r y faire ses tudes4 ,m4 de ,sa9t-,flor5t9 rpondit1 comme on aurait pu s'y att5dre1 qu'un btim5t tant frt p\r pr\v] les horloges de ,m4 ,b]?\d1 il tait trs-facile d'y emb>qu] celles des concurr5ts1 et que ,,mm4 les acadmici5s qui v\drai5t les accompagn] tr\v]ai5t bord t\tes les facilits et t\s les g>ds dsirables4 ,peu satisfait de cette rponse1 ,m4 de ,c\rtanvaux1 prsid5t de l',acadmie1 se dcida faire con/ruire ses frais une corvette approprie p> son peu de tirant d'eau aux nombreuses rel*es qu'il convi5drait de faire1 et1 pr5ant ,p+r son bord1 il p>tit du ,havre le #ad mai #agfg1 emportant deux montres prs5tes au conc\rs p> ,p4 ,l]oy1 qui v\lut les suivre lui-mme et faire p>tie de l'expdition4 ,craignant que l'exactitude vrifie au ret\r ne rsultt d'une comp5sation d'erreurs1 il plaa sur son it9raire un gr& nombre de po9ts dont la longitude bi5 connue devait f\rnir des vrifications4 ,comme il s'agissait d'pr\v] les montres1 non de s'en s]vir1 elles fur5t places dans le lieu le plus dfavorable1 c'e/--dire le plus agit du navire4 ,les deux montres ralisr5t les promesses de ,l]oy2 l'une d'elles1 il e/ vrai1 avait v>i de #b1 #cd dans les tr5te-c9q premi]s j\rs1 mais rgles de n\veau ,am/]dam1 la premire v>ia de #cf seulem5t1 et l'autre de #g p5dant qu>ante-huit j\rs de trav]se4 ,elles fur5t juges dignes du prix1 et ,l]oy le reut dans la sance publique de #agfi4 ,b]?\d n'avait pas conc\ru1 mais sur le rapport trs-favorable des commissaires nomms p> le m9i/re1 il obt9t une p5sion de #c1jjj livres avec le titre d'horlog] de la ,m>9e et d'inspecteur de ses horloges4 ,l',acadmie1 malgr la p]fection des pices prs5tes p> ,l]oy1 ne reg>dait pas le problme comme df9itivem5t rsolu1 et malgr les ju/es l\anges qu'il lui accorda1 son rapporteur l'engageait mieux faire encore4 ,la mme "q fut propose en #agga et le prix n'tant pas dc]n fut d\bl et remis #aggc4 ,cette fois1 p\r pr\v] les montres prs5tes au conc\rs1 le m9i/re mit la disposition de l',acadmie une frgate comm&e p> ,m4 de ,v]dun et sur laquelle ,borda1 lieut5ant de vaisseau et membre lui-mme de l',acadmie1 s'emb>qua avec l'infatigable et dv\ ,p+r4 ,outre les montres des concurr5ts1 les commissaires emportai5t celles de ,b]?\d qui1 t\t en cont9uant refus] le conc\rs se prtait loyalem5t la comp>aison4 ,on se r5dit successivem5t sur la cte d',afrique1 aux ,antilles1 ,t]re-,neuve1 en ,isl&e et en ,danem>k4 ,la longitude f\rnie p> les montres fut comp>e *aque /ation avec les rsultats a/ronomiques les plus prcis4 ,les montres de ,l]oy et celles de ,b]?\d ju/ifir5t cette fois encore t\te la rputation de leurs auteurs3 malgr le froid de l',isl&e1 la *aleur de la cte d',afrique et les agitations de la m]1 on n'obt9t qu'un demi-degr d'erreur en moy5ne p\r six sema9es de trav]se4 ,le prix fut une seconde fois dc]n ,l]oy4 ,ces horloges n'tai5t pas portatives1 et c'tait un grave inconvni5t2 s\v5t mme les pices les plus p>faites tai5t gtes p5dant le transport au navire4 ,l',acadmie1 t\j\rs proccupe des progrs de l'horlog]ie1 appela une fois encore sur ce sujet l'att5tion des savants et des arti/es4 ,le d]ni] programme de prix1 publi p> elle en #agic1 tait a9si conu3 ,le prix s]a dc]n la meilleure montre de po*e propre dt]m9] les longitudes en m]1 en obs]vant que les divisions indiqu5t les p>ties dcimales du j\r1 le j\r tant divis en dix heures1 l'heure en c5t m9utes1 et la m9ute en c5t secondes4 ,le prix devait tre dc]n en #agie1 mais l',acadmie n'exi/ait plus alors et le conc\rs se tr\va annul4 ,la premire classe de l',in/itut l'ouvrit de n\veau et c\ronna le neveu de ,b]?\d4 ,m4 de ,meslay eut des imitateurs4 ,montyon d'abord1 en ca*ant son nom qui devait tre tant de fois rpt depuis1 fit don l',acadmie en #aggi1 d'une r5te de #a1jhj livres1 p\r rcomp5s] *aque anne un mmoire s\t5u d'expri5ces t5dant simplifi] les procds de quelque art mcanique4 ,montigny1 mort en #aghb1 lgua une r5te de #fjj livres1 de/9e tablir un prix annuel dont l'objet s]ait de quelque art dp5dant de la *imie4 ,l'abb ,raynal enf91 clbre1 dis5t les programmes de #agij #agic1 p> ses ouvrages1 p> son patriotisme et p> son zle p\r les droits et le bonheur des hommes1 fit don l',acadmie d'une r5te de #a1bjj livres1 p\r fond] un prix dont le sujet tait laiss son *oix4 ,l',acadmie elle-mme r5onant en #aggg1 sur la proposition de d',alemb]t1 aux honoraires all\s p\r le jugem5t des prix1 les consacra fond] un prix d'hi/oire naturelle qui1 s\s le nom de prix de physique1 devait tre dc]n t\s les deux ans4 ,m4 d',alemb]t a lu l'crit suivant3 ,l',acadmie n\s ayant fait l'honneur de n\s nomm] commissaires du prix1 ,,mm4 ,cass9i1 ,lemonni]1 de ,condorcet1 l'abb ,bossut et moi1 n\s avons une proposition lui faire que n\s dsirons =t de voir accepte1 p>ce qu'elle a p\r objet le bi5 et le progrs des sci5ces4 ,les c9q commissaires du prix ont1 comme on sait1 un honoraire trs-modique p\r *acun d'eux1 puisqu'il n'e/ que de #abe francs une anne et de #age francs l'autre2 ces honoraires runis =m5t en deux ans une somme de #a1ejj francs2 n\s proposons de n\s dsi/] de ce trs-modique honoraire et n\s invitons nos confrres1 qui sans d\te p5s]ont comme n\s1 s'en dsi/] de mme p\r l'av5ir2 il suffirait p\r cela que *aque acadmici5 v\lt bi5 y r5onc] ds ce mom5t1 ou peut-tre mme qu'il n'y et sur cet objet aucune rclamation1 comme n\s avons lieu de le croire4 ,en ce cas1 n\s proposons d'employ] t\s les deux ans la somme de #a1ejj francs1 qui provi5drait de cette r5onciation1 un prix de physique qui s]ait propos p> l',acadmie4 ,n\s disons un prix de physique1 p>ce que le sujet du prix annuel ord9aire tant presque t\j\rs de ma?matiques ou physico-ma?matique1 les classes de physique de l',acadmie1 c'e/--dire les trois classes d'anatomie1 de *imie et de botanique p>tag]ai5t avec les classes de ma?matiques l'avantage d'avoir aussi un sujet de prix propos] qui p\rrait aussi avoir p\r objet ces diffr5tes sci5ces4 ,un autre somme1 qui e/ aussi de #a1ejj francs en deux ans1 e/ affecte au secrt>iat de l',acadmie p> l'in/itution du prix4 ,cette somme a t accorde ,m4 de ,f\*y1 comme un ddommagem5t ncessaire des sacrifices qu'il a faits p> sa retraite et comme la rcomp5se trs-ju/e de ses s]vices4 ,m4 le m>quis de ,condorcet1 secrtaire actuel1 dcl>e qu'il r5once ds prs5t au droit qu'il p\rrait avoir un j\r sur cette somme1 qui s]virait alors augm5t] ou d\bl] ce prix que n\s proposons4 ,sans tre aussi v]s que ,condorcet dans la ?orie des probabilits1 *acun p\vait compr5dre que l'importance de sa r5onciation dp5dait de la vie probable du vieux ,gr&-,jean ,f\*y1 et il et t de meilleur gt de ne pas provoqu] aussi nettem5t en faire le calcul4 ,les propositions cep5dant fur5t adoptes l'unanimit4 ,indp5damm5t de ces in/itutions rgulires1 l',acadmie reut plusieurs reprises1 tant des p>ticuli]s que du g\v]nem5t1 des sommes p>fois considrables de/9es enc\rag] l'tude d'une "q dsigne4 ,sans re*]*] exactem5t t\tes celles qui fur5t successivem5t (f]tes et acceptes1 citons seulem5t quelques-unes des donations les plus rem>quables3 ,d',alemb]t1 en #ageh1 apporta l',acadmie1 de la "p d'un donateur anonyme1 une somme de #ejj livres de/9e l'auteur du meilleur travail sur la fabrication du v]re1 dont la savante compagnie tait prie d'accept] le jugem5t1 af9 que l'honneur de recevoir le prix de ses ma9s lui donnt une valeur capable d'excit] les bons esprits le mrit]4 ,dj1 sans se nomm]1 un membre de l',acadmie avait propos un prix de #a1bjj livres qui tr\v]ait le moy5 de fabriqu] srem5t des pices de fl9t-glass sans dfaut1 propres la con/ruction des l5tilles a*romatiques4 ,en #agff1 un citoy5 zl p\r l'utilit publique consigna au trsori] de l',acadmie une somme de #a1jjj livres1 qui fut d\ble l'anne suivante1 p\r l'auteur du meilleur travail sur la manire d'clair] une gr&e ville p5dant la nuit4 ,le prix fut p>tag entre trois concurr5ts3 ,lavoisi]1 dont le mmoire a t rcemm5t publi1 conc\rut et obt9t une mdaille d'or4 ,l',acadmie1 fidle obs]vatrice des conditions du conc\rs1 laissa les noms des autres concurr5ts s\s les plis ca*ets qui les r5f]m5t encore auj\rd'hui4 ,plusieurs p>ticuli]s de la ville d',ami5s proposr5t1 en #aggf1 un prix de #a1bjj livres p\r l'auteur du meilleur ouvrage sur la te9ture4 ,l',acadmie1 jugeant sagem5t la "q trop t5due1 n'accepta la mission qu'en rduisant le programme l'tude et l'analyse de l'indigo4 ,le sujet propos fut une autre fois compltem5t refus p> l',acadmie4 ,le prix de #ejj livres1 dont ,la ,condam9e avait v\lu faire les frais1 r\lait sur deux que/ions proposes et publies l'avance p> les j\rnaux1 sans que l',acadmie et t consulte2 l'une d'elles tait purile et fut cause du refus4 ,on dem&e1 disait le programme1 les vritables causes des diffr5ces qu'on obs]ve dans les div]ses espces d'animaux entre les mles et les femelles1 surt\t p> rapport au poil et la plume p>mi les quadrupdes et les oiseaux4 ,mais la seconde "q1 rellem5t belle et importante1 p\vait ht] les progrs de la sci5ce et faire honneur l',acadmie4 ,le roi lui-mme1 plusieurs reprises1 fit p>atre son e/ime p\r l',acadmie1 en la *>geant de dc]n] des prix considrables sur des que/ions dont la solution importait au bi5 public4 ,citons entre beauc\p d'autres3 ,un prix de #b1djj livres1 propos en #aggd1 p\r tre dc]n l'arti/e qui prs5t]a les in/rum5ts ma?matiques les plus p>faits4 ,un prix de #ab1jjj livres1 p>tag] 9galem5t entre ceux des concurr5ts qui auront propos la meilleure manire de rtablir ou de p]fectionn] la ma*9e de ,m>ly4 ,un prix de #d1jjj livres1 port #h1jjj1 puis #ab1jjj1 qui tr\v]a le moy5 d'accrotre1 en ,france1 la rcolte du salptre1 et de disp5s] surt\t des re*]*es que les salptri]s ont le droit de faire dans les caves des p>ticuli]s4 ,de telles rcomp5ses1 considrables p\r l'poque1 accroissai5t l'importance de l',acadmie qui1 prud5te et digne en t\te circon/ance1 sut1 p> sa con/ante imp>tialit1 aj\t] la valeur de ses prix l'honneur envi de t\s d'tre di/+u p> elle4 ,,ii4 ,,les ,,acad,,mici5s4 ,,les ,,secr,,taires ,,p]p,,tuels4 ,le premi] secrtaire de l',acadmie fut un mode/e et savant ecclsia/ique *oisi p> ,colb]t cause de sa belle lat9it et habile expos] les op9ions rc5tes ou anci5nes qu'il aimait connatre plus encore qu' jug]4 ,le rle de ,duhamel dans l',acadmie fut presque born la rdaction des procs-v]baux rsums v]s la f9 de sa vie s\s le titre de ,regi sci5ci>um ,academi ,hi/oria dans un ouvrage intressant qu'une traduction lgante de ,font5elle devait bi5tt condamn] l'oubli4 ,lorsque l'organisation n\velle de l',acadmie lui imposa le devoir de la reprs5t] *aque anne dans les sances publiques et sol5nelles1 ,duhamel se hta de rsign] ses fonctions celui que depuis longtemps dj il avait *oisi p\r aide et p\r successeur4 ,duhamel a donn ,font5elle l',acadmie1 c'e/ un titre sa reconnaissance4 ,prolixe et dis]t sans tre fcond1 ,duhamel a crit un gr& nombre de volumes que l'hi/ori5 des sci5ces1 aussi bi5 que celui de la philosophie1 peut sans inju/ice pass] s\s sil5ce4 ,duhamel1 en effet1 expose les ides d'autrui1 non les si5nes2 sur aucun sujet il n'a t inv5teur ou novateur1 mais il avait beauc\p lu et bi5 lu4 ,soigneux de s'enqurir de t\tes les op9ions1 il analyse les s5tim5ts de *aque philosophe1 et sans se s\mettre aucune cole1 les apprcie t\j\rs avec lib]t1 p>fois avec bon s5s4 ,ari/ote e/ le guide qu'il prfre1 il ne s'en ca*e pas1 mais il admet le progrs4 ,galile1 ,desc>tes et ,bacon sont cits plus d'une fois avec ses savants confrres de l',acadmie1 ,huygh5s1 ,cass9i et ,m>iotte1 dans son livre un in/ant clbre3 ,philosophia vetus et nova4 ,lorsque le matre de philosophie numre ,m4 ,j\rda9 les trois oprations de l'esprit3 la premire1 la seconde et la troisime1 en lui appr5ant que la premire e/ de bi5 concevoir1 la seconde de bi5 jug] p> le moy5 des catgories et la troisime de bi5 tir] les consqu5ces p> le moy5 des figures1 c'e/ le trait de ,duhamel qu'il comm5ce lui enseign]4 ,de telles di/9ctions ne sont plus p\r n\s qu'un va9 et ridicule jeu de p>oles2 on y voit cep5dant avec intrt de quelles entraves1 qu>ante ans aprs la mort de ,desc>tes1 l'esprit huma9 re/ait emb>rass1 et l'on en salue avec plus de respect encore la m?ode rellem5t sci5tifique1 qui ds le db dirige inv>iablem5t les re*]*es1 mme les mo9s heureuses1 de l'acadmie n\velle4 ,le livre de ,duhamel dict p5dant longtemps dans les coles tait lui-mme un gr& progrs sur la dialectique du moy5 ge4 ,les que/ions y sont poses avec cl>t2 l'expri5ce1 qu& elle int]vi5t1 e/ accepte comme un juge sans appel1 et jamais un texte n'y e/ oppos une raison4 ,non cont5t d'tudi] les phnomnes1 ,duhamel veut malheureusem5t en pntr] le premi] pr9cipe1 et au milieu des rv]ies qui y occup5t la plus gr&e place1 la sci5ce vritable1 dans son livre1 semble t\ffe et ca*e la fois au mtaphysici5 peu curieux des faits qu'il accorde avec t\s les sy/mes1 et au lecteur mod]ne1 impati5t des vagues subtilits qui en sembl5t insp>ables4 ,deux fois p> an le secrtaire de l',acadmie devait1 dans une sance publique1 prononc] l'loge des acadmici5s morts depuis la d]nire runion4 ,les loges fur5t composs d'abord p> ,font5elle avec un inimitable tal5t et une exactitude relative1 qui1 malgr quelques concessions aux conv5ances et aux ncessits du g5re1 a r>em5t t surpasse dans les crits analogues4 ,font5elle ne fut jamais =t savant4 ,neveu des deux ,corneille1 dont sa mre tait sur1 il v\lut d'abord imit] ses oncles et compos] des tragdies dont l'insuccs fut complet2 son esprit ju/e et sans passion comprit la leon et s'y rsigna2 jamais auteur en effet ne sembla mo9s n p\r la scne tragique4 ,les lettrs se passionnai5t alors p\r ou contre la supriorit des anci5s sur les mod]nes4 ,font5elle1 dans un ouvrage o il faisait p>l] quelques morts illu/res de l'antiquit1 se rangea sans gr& bruit1 mais trs-clairem5t p\rtant1 dans le camp de leurs adv]saires4 sope s'adressant ,homre lui repro*e l'invraisemblance de ses pomes et reoit cette rponse s+ulirem5t place dans la b\*e du plus vrai des potes3 ,v\s v\s imag9ez que l'esprit huma9 ne *]*e que le vrai2 dtrompez-v\s1 l'esprit huma9 et le faux sympa?is5t extrmem5t4 ,le nom que ses premi]s essais lui avai5t acquis fut gr&i jusqu' la clbrit p> l'ouvrage re/ ju/em5t classique qu'il publia deux ans aprs sur la ,pluralit des mondes4 ,malgr les hrsies sci5tifiques que doit ncessairem5t cont5ir l'uvre a/ronomique d'un disciple de ,desc>tes1 cet ouvrage donne dans un /yle excell5t1 avec l'+nieuse f9esse dont le nom de ,font5elle veille le s\v5ir1 une exposition trs-exacte et trs-claire des traits les plus saillants du sy/me du monde4 ,le spirituel causeur1 =t l'aise d'ailleurs avec la sci5ce1 rve s\v5t plus encore qu'il n'enseigne4 ,il ne faut rs]v]1 dit-il1 qu'une moiti de son esprit aux *oses de cette espce et en rs]v] une autre moiti libre o le contraire puisse tre admis4 ,tel e/1 en effet1 l'tat dans lequel les uvres sci5tifiques qu'il devait expos] plus t>d laissr5t con/amm5t l'esprit de ,font5elle4 ,croyant t\t inc]ta91 il croit t\t possible4 ,s\s la mode/ie du savant qui sait ce qu'il ignore1 susp5d son jugem5t et ne cra9t pas d'en faire l'aveu1 on voit p]c] le secret orgueil du philosophe qui m>que son indp5dance4 ,t\j\rs clair et jamais lum9eux1 ses affirmations1 qu& il ose en faire1 ne sont ni vives ni pressantes2 il ne connat pas l'en?\siasme et l\e presque du mme ton l'excell5t et le mdiocre2 non qu'il *]*e gr&ir outre mesure les petites *oses1 mais il ne prise pas t\j\rs assez haut les gr&es1 et l't]nel s\rire qu'il promne avec grce sur la sci5ce s'adresse mo9s aux gr&es vrits qu'il contemple1 qu'aux f9es p5ses dont elles sont l'occasion et aux +nieux rappro*em5ts qu'il croit1 =ce d'art1 r5dre naturels et simples4 ,sceptique d'ailleurs avec p>ti pris1 s\s la =ce des plus gr&s gnies1 il se plat montr] la faiblesse de l'esprit huma91 et s'il lui arrive de dire d'une ?orie3 cela e/ quelque *ose de plus que vraisemblable1 il atte9t ces j\rs-l la limite de son dogmatisme4 ,font5elle1 dans ses loges1 semble s'impos] la loi de n'tre ni pr(ond ni sublime2 son me1 qui ne s'*auffe jamais1 n'a pas p\r cela gr& ef=t faire1 et sans s'tonn] des plus gr&es conqutes de la sci5ce1 il les raconte du mme ton dgag dont il expose les sy/mes les plus arbitraires4 ,ami des tudes faciles il ca*e habilem5t qu'il en exi/e d'autres2 il montre ceux qu'il pe9t plus dignes d'e/ime que d'admiration1 en en faisant d'honntes g5s qu'il rduit leur ju/e gr&eur et non des hros inimitables et plus gr&s que nature4 ,sa voix qui ne s'enfle jamais s'lve quelquefois1 mais un d\te f9em5t exprim ou une locution familire font alors rep>atre bi5 vite son acc5t habituel4 ,on a le droit de se dem&] si ,font5elle a t\j\rs eu la ple9e comprh5sion des dc\v]tes qui1 s\s sa plume1 sembl5t si simples1 et s'il a pntr jusqu'au fond des ?ories si v>ies qu'il effleure avec tant d'aisance4 ,aprs avoir relu ses loges et une gr&e p>tie des mmoires qu'il y l\e1 j'os]ai sur ce po9t dire fran*em5t mon op9ion3 ,font5elle sans t\t savoir p\vait t\t compr5dre4 ,il connaissait1 sans s'y s\mettre t\j\rs1 les rgles d'un raisonnem5t exact et svre4 ,int]prte de t\s ses confrres1 il ent5d la langue de *acun et sait la p>l] avec esprit4 ,il peut s\lev]1 sans tre accabl s\s leur poids1 les ?ories les plus leves1 et suivre jusqu'au b\t1 dans un srieux exam51 l'en*anem5t des dductions les plus subtiles2 mais une telle application n'tait ni dans ses gts ni dans ses habitudes1 et l'on peut1 dans ses loges1 relev] plus d'une page o son /yle1 habituellem5t si prcis et si ju/e1 devi5t inexact et obscur sans tre jamais nglig1 en trahissant plus encore le vague et la confusion des ides que l'inc]titude et la rs]ve de l'esprit4 ,si ,font5elle d'ailleurs p\vait compr5dre t\tes les dc\v]tes1 sa sci5ce n'tait pas assez assure p\r en embrass] t\te l't5due1 tir] de son fonds un jugem5t sur leur importance1 pes] dans une ju/e balance le vrai et le faux d'une ?orie1 et prononc] avec disc]nem5t sur le degr de vraisemblance d'un sy/me4 ,une telle entreprise1 t5due l'imm5se v>it des sujets qu'il aborde1 s]ait d'ailleurs trop prilleuse mme p\r les plus habiles1 et elle n'tait pas dans son rle4 ,font5elle n'eut donc pas dans la sci5ce assez d'autorit p]sonnelle p\r y pr5dre le rle d'hi/ori5 et de juge4 ,il en a t l'incomp>able n\velli/e4 ,nul mieux que lui n'a su indiqu] les vrits sci5tifiques sans les expliqu] m?odiquem5t1 et en les r5dant accessibles t\s il a gr&em5t contribu la clbrit s9on la gloire de l',acadmie4 ,prtant aux travaux de ses confrres la f9esse de ses ap]u et la vivacit +nieuse de son /yle1 il a su dans leurs portraits qui sont des *efs-d'uvre1 plus encore que dans l'analyse de leurs dc\v]tes1 donn] aux plus humbles et aux plus obscurs une clbrit imprvue et durable1 et le ju/e et srieux hommage qu'il r5d au vrai mrite fait aim] et respect] t\t la fois les savants et la sci5ce1 c> l'admiration s'accepte aism5t de la b\*e d'un homme de tant d'esprit1 qui ne l'impose jamais et la tempre p> de si f9s s\rires4 ,le /yle +nieux de ,font5elle se retr\ve avec t\te son lgance dans les analyses annuelles des travaux de l',acadmie1 jusqu'en #agci4 ,mairan lui succda dans cette *>ge de premi] m9i/re de la philosophie1 comme l'appelait ,voltaire1 qui la dsira un in/ant et l'aurait porte sans fatigue4 ,n ,bzi]s en #afgh1 ,mairan fut n\rri aux lettres ds son enfance2 on citait son savoir prcoce et la vivacit de son esprit4 ,v]s dans les langues anci5nes et habile disc\rir sur t\s les sujets1 il conc\rut trois annes de suite p\r le prix de l',acadmie de ,bordeaux et fut trois fois c\ronn4 ,l',acadmie l'adoptant alors comme membre titulaire motiva gracieusem5t son *oix sur le dsir d'c>t] de ses conc\rs1 en le plaant p>mi les juges1 un j\teur tel que lui4 ,l',acadmie des sci5ces de ,p>is1 p> une di/9ction jusque-l unique et que n'obt9r5t depuis ni ,raumur1 ni ,buffon1 ni ,clairaut1 ni d',alemb]t1 ni ,laplace1 ni ,lavoisi]1 ni ,hay1 ni ,laur5t de ,jussieu1 le nomma peu aprs p5sionnaire sans qu'il et t associ ou adjo9t4 ,l',acadmie franaise enf9 l'lut en #agdc1 la place de ,sa9t-,aulaire4 ,les ouvrages =t nombreux de ,mairan ne ju/ifi5t ni ses succs1 ni le titre d'illu/re que les j\rnaux du temps lui dc]n5t t\te occasion4 ,atta* en physique aux ides de ,desc>tes1 et fidle la doctr9e des t\rbillons1 ,mairan1 de mme que ,font5elle1 demeura t\j\rs f]me rep\ss] l'attraction4 ,gnralisant la ?orie des c\leurs1 il v\lait que les rayons sonores plus ou mo9s graves fuss5t propags simultanm5t p> des molcules de nature div]se1 *aque note de la gamme correspondant dans l'atmosphre un fluide spcial uniquem5t propre la transmettre et que les autres peuv5t battre va9em5t sans l'branl]4 ,voltaire1 dans le ,dictionnaire philosophique1 admet cette ?orie comme la seule qui puisse faire concevoir la propagation du son dans l'air1 et p> une dduction difficile saisir1 en conclut que l'air n'exi/e pas1 et l'affirme p> une concid5ce malheureuse au mom5t mme o ,prie/ley et ,lavoisi] en faisai5t l'analyse4 ,mairan ne prt5dait cep5dant1 dit ,font5elle1 donn] en cela que des conjectures1 mais c'e/ beauc\p en p>eille matire1 aj\tait-il1 que des conjectures heureuses4 ,il e/ malheureusem5t difficile d'accord] ce nom ces rv]ies sans consi/ance qui1 sans ri5 fond] ni ri5 rs\dre1 et n'ayant pu faire l'objet d'aucune tude srieuse1 n'ont pas vcu un seul in/ant dans la sci5ce4 ,mairan1 dans un autre travail1 re*]*e la raison p\r laquelle les j\rs d't sont plus *auds que ceux d'hiv]4 ,suivant ses calculs plus que d\teux1 le soleil midi envoie dix-sept fois plus de *aleur en juillet qu'en dcembre4 ,le !rmomtre dm5t ses prvisions sans le tr\bl] un in/ant1 et il en conclut h>dim5t qu'un feu c5tral p]man5t j\e dans le phnomne le rle pr9cipal4 ,trop loign des montagnes1 le feu n'*auffe pas leurs sommets1 dont les neiges p]ptuelles sont p> l expliques4 ,mairan1 qui ne s'effrayait d'aucun problme1 a crit sur la "q des =ces vives1 sur la figure de la t]re1 sur les aurores borales1 sur la =mation de la glace1 sur le m\vem5t de la lune1 etc4 ,son esprit sup]ficiel1 mais audacieux et flexible1 s't5d et se p>tage entre les tudes les plus div]ses4 ,donnant un libre essor sa curiosit1 il effleure avec une p]ptuelle incon/ance t\tes les sci5ces la fois1 et son imag9ation h>die mais /rile1 en croyant s\lev] les voiles les plus secrets1 s'agite sans ri5 produire et sans ri5 fcond]4 ,laborieux et actif jusqu' la plus extrme vieillesse1 ,mairan vit le respect s9cre d'une gnration n\velle succd] aux applaudissem5ts qui avai5t salu sa jeunesse4 ,homme d'esprit s9on de gr& jugem5t et de gnie1 il se faisait aim]1 admir] quelquefois1 des plus honntes g5s de son poque1 et il n'e/ pas un savant dont ses contempora9s ai5t dit plus de bi5 et plus hautem5t4 ,il faut t5ir gr& compte d'un tmoignage aussi unanime1 en n'oubliant pas que si les ?ories de ,mairan n\s sembl5t ridicules auj\rd'hui1 c'e/ que les progrs de la sci5ce1 en dm5tant t\tes ses hypo?ses1 ont ru9 t\s ses raisonnem5ts4 ,voltaire1 qui les l\anges1 il e/ vrai1 ne cot5t gure1 a crit de ,mairan3 ,il me semble avoir en pr(ondeur ce que ,font5elle avait en sup]ficie4 ,il s]ait plus exact de dire que dans t\te sa c>rire1 dsireux de cont9u] son illu/re et aimable prdcesseur1 et le pr5ant con/amm5t p\r modle1 ,mairan1 sans l'gal] jamais1 savait dans ses crits comme dans sa conv]sation que l'on tr\vait *>mante1 rappel] p>fois son s\v5ir4 ,plus entt de la sci5ce1 mais non plus passionn p\r elle1 il se montre infrieur en cela surt\t1 qu'en effleurant comme lui t\tes les vrits il croyait en pntr] le fond et en voir l'en*anem5t vritable1 et t&is que le sceptique et prud5t ,font5elle1 satisfait d'ignor] le pr9cipe et la f9 des *oses1 n'en diss]tait que plus l'aise1 t\j\rs tranquille dans son d\te univ]sel1 l'illu/re et prsomptueux ,mairan1 non mo9s tranquille ses cts1 croyait y repos] dans la vrit4 ,mairan fut secrtaire de l',acadmie p5dant trois ans seulem5t4 ,gr&jean de ,f\*y lui succda en #agdc1 et cet honneur combla son ambition4 ,l'exacte prcision de ses analyses et la froide sagesse de ses loges aurai5t pu satisfaire1 s9on *>m]1 un auditoire mo9s rempli du s\v5ir de ,font5elle1 et ,grimm semble non-seulem5t svre mais inju/e qu& il dit3 ,les assembles publiques de l',acadmie sont de/9es aux loges des acadmici5s dcds dans le c\rs du seme/re et la lecture de quelques mmoires peu amusants1 s\v5t peu in/ructifs2 c'e/ l'ennui qui y prside ord9airem5t4 ,on dirait que le membre de l',acadmie qui fait les loges e/ ses gages4 ,les loges de de ,f\*y sont lo9 cep5dant d'tre mprisables4 ,il expose les dc\v]tes de ses confrres avec assez d'exactitude et de cl>t p\r faire dsir] de les voir dans un plus gr& j\r1 et sans tr\v] t\j\rs le trait c>actri/ique de *aque esprit1 il se fait c\t] comme un tmo9 prcieux1 s\v5t unique auj\rd'hui1 de plus d'un c>actre honorable et lev dans une vie mode/e et utile4 ,gr&jean de ,f\*y1 malgr son extrme mode/ie1 ex]a dignem5t et avec f]met1 p5dant plus de tr5te ans1 les laborieuses et dlicates fonctions de secrtaire4 ,t\j\rs vigilant et actif1 exactem5t s\mis la rgle et soigneux de l'impos] t\s1 il savait exig] des plus illu/res comme des plus humbles les g>ds et la c\rtoisie que son affable confrat]nit accordait indi/9ctem5t t\s4 ,on lit au procs-v]bal du #g dcembre #agef3 ,m4 d',alemb]t s'tant pla9t que1 dans l'hi/oire de #ageb1 je n'avais fait qu'une simple m5tion de son ouvrage intitul3 ,essai d'une ?orie n\velle de la rsi/ance des fluides2 et ayant dem& que l',acadmie m'obliget faire l'extrait dans l'hi/oire de #agec1 j'ai rpondu que j'avais agi en ce po9t con=mm5t la dlibration du comit de librairie que j'avais consult sur ce sujet et que voici telle qu'elle se tr\ve au regi/re du comit3 ,j'ai dem& si le secrtaire de l',acadmie tait oblig de faire dans l'hi/oire l'extrait de l'ouvrage d'un acadmici5 qui s'e/ cont5t d'en mettre un exemplaire dans la biblio?que sans lui faire la politesse de lui en donn] un2 j'ai reprs5t qu'il tait inju/e plusieurs g>ds et s\v5t impossible lui d'y satisfaire2 sur quoi il a t dcid que le secrtaire n'tait t5u1 dans ce cas1 qu' une simple m5tion sans aucun extrait4 ,la *ose ayant t discute1 il a t dit que je ne p\vais tre contra9t faire l'extrait dem& et que l'on ne p\vait que m'y exhort]2 quoi j'ai rpondu qu'il me suffisait que l'extrait en "q p>t faire plaisir l',acadmie p\r que je le fisse1 mais que ce s]ait uniquem5t p\r lui m>qu] mon atta*em5t et sans prjudice au droit qu'a le secrtaire de faire ou de ne pas faire l'extrait d'un ouvrage1 selon qu'il le juge propos2 suppliant l',acadmie de recevoir la dcl>ation que je faisais que cet ouvrage s]ait le d]ni] dans ce cas dont je f]ais l'extrait1 me proposant de n'en faire dans la suite aucun de ceux dont les auteurs aurai5t manqu un devoir de politesse consacr p> un usage non int]rompu jusqu' prs5t et duquel je dois tre d'autant plus jal\x1 que je le reg>de comme une m>que de l'e/ime et de l'amiti de mes confrres4 ,d',alemb]t1 on le voit1 n'aimait pas ,gr&jean de ,f\*y4 ,c'e/ cep5dant l'ami dv\1 l'admirateur de d',alemb]t1 et son protg en t\te circon/ance1 que ,gr&jean de ,f\*y v\lut associ] ses travaux p\r lui assur] sa succession4 ,une portion considrable de l',acadmie1 ,buffon et ses amis entre autres1 aurai5t prfr ,bailly p\r secrtaire2 on s'arrangea p\r ne pas les consult]4 ,dans le desse9 qu'il avait depuis longtemps de brigu] ces importantes fonctions1 ,condorcet1 p\r s'y prp>] et s'en montr] digne1 avait complt la srie des loges de ,font5elle en publiant ceux des membres de l'anci5ne ,acadmie morts avant #afii4 ,d',alemb]t1 en proposant l'approbation l',acadmie et l'autorisation d'imprim] s\s son privilge1 en avait dit3 ,cet ouvrage s]vira faire connatre p> de n\veaux exemples combi5 les sci5ces sont utiles et respectables2 il e/ d'ailleurs crit avec le gt sage et l'lgance noble qui doit faire le c>actre des loges acadmiques1 les matires les plus difficiles y sont exposes avec t\te la cl>t dont elles sont susceptibles1 et les rflexions philosophiques que l'auteur a jo9tes cet expos prcis et fidle donn5t l'ensemble t\t l'intrt qu'on peut y dsir]4 ,n\s croyons en consqu5ce que cet ouvrage e/ trs-digne de l'impression et qu'il mrite non-seulem5t l'approbation de l',acadmie1 mais la reconnaissance de ceux qui s'intress5t au progrs des sci5ces4 ,quelques sema9es aprs1 le #bg fvri] #aggc1 le duc de la ,vrillire crivit l',acadmie3 ,m4 de ,f\*y1 secrtaire de l',acadmie depuis tr5te ans1 dsire d'avoir un adjo9t qui puisse le second] dans ses travaux actuels1 se mettre au fait s\s ses yeux des difficults de dtail qui conc]n5t l',acadmie et lui succd] un j\r dans cette place4 ,j'ai mis s\s les yeux du ,roi la lettre que ,m4 de ,f\*y m'a crite sur cet objet1 il p>at ju/e ,sa ,maje/ de ne donn]1 p\r adjo9t au titulaire d'une place1 qu'une p]sonne qui lui convi5ne1 et les longs s]vices de ,m4 de ,f\*y sembl5t mrit] t\s les g>ds possibles ce qu'il peut dsir] p> rapport cette adjonction2 il a jet les yeux sur ,m4 le m>quis de ,condorcet1 associ mcanici51 dont il a dj pr\v les tal5ts en lui confiant quelques articles de l'hi/oire de l',acadmie1 qu'on imprime actuellem5t et dont il connat d'ailleurs le c>actre d\x et imp>tial1 ncessaire au secrtaire d'une socit savante2 d'ailleurs le *oix de ,m4 de ,f\*y p>at confirm p> la rputation que les ouvrages de ,m4 de ,condorcet lui ont faite dans l',europe littraire et p> le suffrage unanime que le public a accord aux loges de plusieurs anci5s acadmici5s que ,m4 le m>quis de ,condorcet vi5t de faire p>atre4 ,le ,roi a donc jug1 ,monsieur1 et d'aprs les desse9s de ,m4 de ,f\*y et d'aprs la connaissance qu'il a lui-mme du mrite de ,m4 de ,condorcet1 qu'il e/ propre remplir la place dont il s'agit2 cep5dant comme ,sa ,maje/ dsire d'avoir sur cet objet l'avis de l',acadmie1 elle lui ordonne de dlibr] huita9e si ,m4 de ,condorcet e/ en effet capable de cette place4 ,comme l'affaire dont il e/ "q intresse le secrtaire1 c'e/ v\s1 ,monsieur1 et non lui que ,sa ,maje/ m'a ordonn d'adress] cette lettre4 ,sur quoi il a t rsolu de faire des obs]vations ,m4 de la ,vrillire1 et ,m4 ,l]oy a lu un projet de lettre qui fut appr\v4 ,la copie de ce projet manque au procs-v]bal1 a9si qu'une lettre adresse p> ,condorcet ses confrres qui1 dans la sance suivante1 dlibrant sur sa capacit1 mir5t un vote o ,condorcet v\lut voir l'expression libre et spontane de leur *oix4 ,trois ans aprs cep5dant1 lorsque ,gr&jean de ,f\*y quitta df9itivem5t ses fonctions1 ,condorcet1 un peu t>divem5t scrupuleux1 dcl9a p> crit t\te prt5tion rclam] sa place comme un droit acquis4 ,aprs la lecture de sa lettre1 il a pri l',acadmie1 dit le procs-v]bal1 d'engag] ,m4 ,amelot faire ordonn] p> le ,roi qu'il soit procd l'lection pure et simple1 sans avoir g>d son adjonction1 et j'ai t *>g1 dit ,gr&jean de ,f\*y1 d'enregi/r] l'crit qu'il avait lu1 qu'elle a cru devoir cons]v] comme un tmoignage de l'atta*em5t et de l'honntet de ,m4 de ,condorcet4 ,la lutte dans ces circon/ances tait videmm5t impossible et la c&idature de ,bailly ne fut pas mme produite4 ,les crits ma?matiques de ,condorcet doiv5t tre lus avec prcaution2 quels qu'ai5t t p\r eux les suffrages et les applaudissem5ts des contempora9s les plus illu/res1 la po/rit imp>tiale et sympa?ique sa mmoire cons]ve cep5dant le droit de les jug]4 ,aucun d'eux ne s'lve au-dessus du mdiocre1 presque compltem5t oublis auj\rd'hui ils pr\v5t seulem5t1 avec l'ouv]ture de son esprit1 la solidit de ses premires tudes4 ,l'ouvrage de ,condorcet sur la ,probabilit des jugem5ts a seul cons]v quelque clbrit4 ,laplace1 ,poisson et plus rcemm5t ,m4 ,c\rnot se sont has>ds aprs lui sur ce t]ra91 le plus glissant peut-tre o puisse se plac] un gomtre1 et ni le gnie de l'un ni l'habilet des autres ne leur a p]mis de s'y tablir solidem5t4 ,lorsqu'une urne conti5t des b\les blan*es et des b\les noires en nombre et en proportion connus1 on peut aism5t calcul] quelle e/1 dans un nombre donn de tirages1 la probabilit d'obt5ir un rsultat dsign l'avance4 ,p> des pr9cipes mo9s vid5ts mais t\t aussi c]ta9s1 le rsultat obs]v du tirage rvle la composition probable de l'urne et les *ances d'erreurs dim9u5t indf9im5t qu& on accrot le nombre des preuves4 ,si l'on a vu p> exemple1 sur trois millions de tirages1 une urne qui conti5t trois b\les donn] #b1jjj1age fois une b\le blan*e et #iii1hbe fois une noire1 il e/ extrmem5t probable1 c]ta9 p\r a9si dire1 que deux des b\les sont blan*es et la troisime noire4 ,p\r ,condorcet1 *aque tribunal e/ assimil une telle urne dont les b\les blan*es ou noires reprs5t5t les jugem5ts quitables ou iniques4 ,mais comm5t1 dans *aque cas1 connatre la c\leur de la b\le8 comm5t compt] les erreurs du tribunal et en t5ir tat8 ,le problme e/ difficile1 ,condorcet ne le croit pas insoluble4 ,je suppose1 dit-il1 que l'on connaisse un c]ta9 nombre de dcisions =mes p> des votants dont la voix a la mme probabilit que celle des votants sur la vrit des dcisions futures desquels on veut acqurir une c]ta9e assurance4 ,je suppose de plus1 c'e/ t\j\rs ,condorcet qui p>le1 que l'on ait *oisi un nombre assez gr& d'hommes vraim5t clairs et qu'ils soi5t *>gs d'exam9] une suite de dcisions dont la pluralit e/ dj connue1 et qu'ils prononc5t sur la vrit ou la fausset de ces dcisions4 ,si1 p>mi les jugem5ts de cette espce de tribunal d'exam51 on n'a g>d qu' ceux qui ont une c]ta9e pluralit1 il e/ ais de voir qu'on peut sans erreur s5sible1 ou les reg>d] comme c]ta9s1 ou suppos] la voix de *acun des votants de ce tribunal une c]ta9e probabilit un peu mo9dre de celle qu'elle doit rellem5t avoir et dt]m9] d'aprs cette supposition la probabilit de ces jugem5ts4 ,il y a beauc\p repr5dre dans cette ?orie qui r5f]me plusieurs erreurs3 ,la m?ode1 dit cep5dant ,condorcet un peu navem5t1 ne peut avoir dans la pratique qu'un seul inconvni5t3 la difficult de compos] le tribunal d'exam54 ,sans se cont5t] p\rtant de sa premire m?ode1 ,condorcet se hte d'en propos] une seconde qui1 p\r tre plus +nieuse1 n'en e/ pas mo9s inacceptable4 ,condorcet1 sans le dcl>] expressm5t1 cont9ue la fiction d'une urne de composition con/ante remplaant les div]s tribunaux1 comme si t\s les juges du royaume1 assimils un homme t\j\rs semblable lui-mme1 prononai5t sur t\tes les causes avec un gal disc]nem5t1 une att5tion inv>iable et la mme indiffr5ce l'loqu5ce 9gale comme la conviction affecte ou s9cre des avocats qui les obscurciss5t4 ,l'intgrit et le savoir des magi/rats s]ont t\j\rs rebelles aux =mules des gomtres1 et en ngligeant de les considr] comme la seule base solide de la ju/ice des arrts1 ils s'expos5t dm5tir ces p>oles de ,laplace qui1 dans cette ?orie1 devrai5t tre leur rgle et leur loi3 ,le calcul des probabilits n'e/ au fond que le bon s5s mis en =mules4 ,les loges des acadmici5s composs p> ,condorcet eur5t dans leur temps un gr& succs4 ,d',alemb]t les signale t\t d'abord comme excell5ts4 ,voltaire a appel gracieusem5t leur auteur monsieur plus que ,font5elle en n'y voyant qu'une *ose f*euse1 c'e/ que le public1 lui disait-il1 dsir]a qu'il meure un acadmici5 p> sema9e p\r v\s en ent5dre p>l]4 ,condorcet1 en effet jo9t la nettet du langage l'intellig5ce complte1 et quelquefois pr(onde des que/ions les plus difficiles2 il e/ lo9 cep5dant d'tre sans dfauts1 et le titre de plus que ,font5elle e/ une des exagrations habituelles ,voltaire qu'il s]ait inju/e de discut] srieusem5t4 ,lo9 d'aim]1 comme ,font5elle1 s'abaiss] p> un disc\rs simple et de pe9dre avec un seul trait en disant beauc\p en peu de mots1 p\r laiss] dev9] davantage encore1 ,condorcet1 p> sa =me trop oratoire1 veille t\t d'abord la dfiance4 ,le lecteur le ti5t p\r suspect1 et lors mme qu'il se montre ju/e1 on r$\te l'exagration4 ,impati5t de la mditation des *oses de la sci5ce et incapable de s'y enf]m] t\t enti]1 il ne sait pas ca*] et semble mme montr] volonti]s t\t ce qui occupe son esprit4 ,conduit p> exemple dans l'loge de ,blondel blm] en passant les mod]nes qui ont la mode/ie de croire qu'il e/ impossible d'gal] les anci5s surt\t dans la posie1 ce prjug1 dit-il1 tait excusable en quelque sorte au temps de ,blondel1 o l'on ne p\vait oppos] aux zlateurs de l'antiquit cet homme illu/re p\r qui seul la reconnaissance et l'admiration de son sicle ont prv5u le culte des races futures1 et qui1 semblable ces enfants du ciel adors dans les temps hroques1 unit la gloire d'tre un gnie sublime la gloire bi5 plus t\*ante d'tre compt p>mi les bi5faiteurs de l'humanit4 ,l'illu/re patri>*e1 dont ,condorcet avait l'honneur d'tre connu et aim1 lui et t\t au mo9s conseill1 s'il et t consult1 de plac] sa tirade ailleurs4 ,les pr(essions de foi de civisme1 de v]tu et de s5sibilit s'lv5t dans les loges de ,condorcet un peu trop l'improvi/e4 ,le jeune ,vaucanson inv5te un *appem5t d'horlog]ie1 ,condorcet le raconte et aj\te3 ,il pr\va p\r la premire fois ce plaisir si vif et si pur qui s]ait le premi] de t\s si la nature n'avait atta* aux bonnes actions des *>mes encore plus t\*ants4 ,cette rflexion1 il faut le rem>qu]1 n'e/ pas mme une +nieuse transition et n'annonce nullem5t1 comme on p\rrait le croire1 le rcit d'une action v]tueuse ou t\*ante4 ,ne s5t-on pas plus de prt5tion que de vraie s5sibilit dans ces lignes de l'loge de ,bez\t1 o ,condorcet sans d\te croit imit] ,font5elle en adoptant un t\r qui lui e/ habituel3 ,m4 ,bez\t s'tait m>i trs-jeune1 et comme il tait sans =tune il avait pu suivre le *oix de son cur4 ,cette union fut heureuse1 il fut trs-bon pre1 non-seulem5t p>ce que c'e/ un devoir1 mais p>ce qu'il aimait vivre au milieu de sa famille4 ,a ct de ces traits trop frqu5ts dans les loges de ,condorcet1 un plus gr& nombre de pages solides et crites de bonne ma9 n\s montr5t le savant pr(ond1 le philosophe gnreux et l'esprit exact et s9cre1 qui plaisait ,voltaire sans le flatt] t\j\rs1 et tr\vait p>fois l'loqu5ce dans sa ha9e contre les prjugs et son ardeur impati5te p\r le progrs4 ,mais ,condorcet1 de plus en plus dta* de la sci5ce1 d]rire l'approbation et les suffrages des savants et des lettrs1 *]*ait s\v5t les applaudissem5ts et la faveur du peuple4 ,n\s avons dit1 en p>lant des rapports de l',acadmie1 avec quelle pret de mauvais gt et quelle ha9euse emphase le secrtaire p]ptuel avait1 dans un rapport sur un projet de di/ribution des eaux1 mis en opposition ceux qu'il nommait les g5s ri*es avec les citoy5s qu'il appelait le peuple4 ,font5elle1 dans un cas t\t semblable1 s'tait cont5t de dire3 ,mais comme il arrive bi5 s\v5t qu& il ne s'agit que du public1 on n'alla pas plus lo9 que le projet4 ,condorcet1 on le voit1 t5ait se montr] monsieur plus que ,font5elle4 ,lorsque la politique le prit enf9 t\t enti]1 ,condorcet dem&a1 comme ,gr&jean de ,f\*y1 un auxiliaire et un adjo9t4 ,l',acadmie n'accepta qu'un supplant temporaire1 r5\vel t\s les trois mois4 ,f\rcroy1 de ,jussieu1 ,sage et ,bovy le remplacr5t successivem5t1 sans qu'aucun d'eux plus t>d ait pu rclam] comme un droit acquis le titre de secrtaire si heureusem5t confi ,cuvi]4 ,membre de l',acadmie franaise en mme temps que de l',acadmie des sci5ces1 ,condorcet tait bi5 lo9 cep5dant d'puis] dans ses travaux acadmiques t\te l'activit de son esprit4 ,d',alemb]t et ,voltaire1 aprs avoir t les protecteurs admirs de sa jeunesse1 re/r5t jusqu' leur d]ni] j\r ses amis et ses guides4 ,ami comme lui de ces deux gr&s hommes1 ,turgot lui accorda une gr&e "p de sa confiance4 ,son dv\em5t f\gueux la lib]t prcda l'explosion de la t\rm5te rvolutionnaire4 ,ml la politique p> de vhm5ts pamphlets et d'innombrables articles de j\rnaux1 il fut membre de la municipalit de ,p>is1 de l',assemble lgislative et de la ,conv5tion nationale4 ,mais les illusions gnreuses de ,condorcet et ses erreurs cruellem5t expies n'app>ti5n5t pas mon sujet1 et je n'ai pas la t*e d\l\reuse de les racont] ici et de les jug]4 ,,les ,g,,om,,tres4 ,*ri/ian ,huygh5s1 esprit r>e et excell5t plus d'un titre1 a gal les savants et les inv5teurs les plus illu/res4 ,jamais enfant plus heureusem5t n ne r5contra ds son premi] j\r1 avec des so9s plus assidus1 un milieu plus vivifiant et plus favorable4 ,son pre1 ,con/ant9 ,huygh5s1 homme de gr& jugem5t1 habile dans les arts1 v]s dans les lettres et dans les sci5ces1 avait su mrit] p> lui-mme la haute position et la confiance publique dont sa famille tait depuis longtemps inve/ie4 ,plusieurs missions diplomatiques habilem5t accomplies p\r les tats de ,holl&e lui avai5t fait en ,france1 en ,anglet]re et en ,italie de nombreux amis1 empresss plus t>d s]vir son fils et heureux d'applaudir ses succs4 ,le roi ,l\is ,,xiii lui-mme1 p\r lui pr\v] son e/ime et rcomp5s] son mrite1 avait aj\t aux armoiries de ,con/ant9 une fleur de lis d'or que ses desc5dants tai5t autoriss y plac] comme lui4 ,pre de c9q enfants t\s rem>quables p> l'intellig5ce1 ,con/ant9 appela orn] et clair] leur esprit les matres les plus excell5ts d'un pays illu/re entre t\s p> la culture intellectuelle4 ,en mme temps que les langues anci5nes1 le jeune ,*ri/ian apprit les langues trangres1 et t&is que dans les sci5ces il dpassait rapidem5t ses matres1 il russissait dans la musique et dans le dess9 assez p\r p\voir1 s'il l'et v\lu1 suivre la c>rire d'un arti/e2 il tr\vait enf9 le temps d'tudi] en droit l'univ]sit de ,leyde et d'y pr5dre le diplme de docteur4 ,con/ant91 p\r le dirig]1 n'eut d'ailleurs qu' imit] et recomm5c] ce que son pre avait fait p\r lui3 ,et m9us hic ovo non discrepat ovum1 dit-il avec orgueil1 dans un pome lat9 sur sa propre vie4 ,aimable1 spirituel1 de figure agrable1 adroit t\s les ex]cices du corps1 aussi curieux de l'tude qu'ard5t au plaisir et salu du nom de jeune ,ar*imde1 ,huygh5s v9t ,p>is dans t\t l'clat d'une jeunesse dj illu/re1 sans autre ambition que de polir son esprit et d't5dre ses ides p> la socit des honntes g5s et le comm]ce des plus habiles4 ,l'acadmici5 ,conr>d1 en annonant ,con/ant9 ,huygh5s l'accueil fait son aimable fils1 lui laisse dev9] que le jeune ,ar*imde ne voyageait pas seulem5t en philosophe4 ,je m'en rapporte1 dit ,conr>d1 p>lant d'une "q insignifiante et de pure politesse1 je m'en rapporte votre excell5t ,ar*imde qu& il v\dra p>l] s9crem5t1 comme il f]a sans d\te lorsque la m] n\s aura sp>s et qu'il s]a tte tte avec v\s dans votre p>adis t]re/re dont il m'a fait une si belle description4 ,je ne cra9s plus tant qu'il se tr\ve auprs de v\s que je le craignais il y a quelque temps1 c> il fait ici tant de bonnes et agrables connaissances1 que je ne le vois gure plus que s'il tait la ,haye ou ,zuli*em4 ,au lieu donc que je v\s conjurais au comm5cem5t de ne n\s le r$em&] pas sitt1 je v\s av]tis auj\rd'hui1 mais en gr& secret1 que si v\s n'y pr5ez g>de1 on l'arrt]a ici p\r t\j\rs et peut-tre mme de son cons5tem5t1 c> il tr\ve tant de g5s et tant de compagnies son gr1 que s'il se p\vait p>tag] en v+t ou tr5te p>ts t\s les j\rs1 il ne cont5t]ait pas encore t\s ceux qui le dsir5t4 ,il y a trois mois qu'il a fait espr] une visite une dame de trs-gr& mrite1 avec laquelle je lui ai fait faire connaissance1 et il n'a pu encore tr\v] moy5 de la lui r5dre1 quoiqu'il ne le dsire pas mo9s qu'elle et qu'il ne leur faille qu'une aprs-dne p\r les satisfaire t\s deux4 ,jugez d'aprs cela1 monsieur1 ce que peut att5dre de lui un misrable comme moi1 qui n'e/ bon ri54 ,sans oubli] ni nglig] la sci5ce1 ,huygh5s tr\vait le temps de se li] avec la clbre ,n9on de ,l5clos1 et de lui adress] quelques v]s1 que ,voltaire1 qui elle a eu la malice de les montr]1 aurait mieux fait de ne pas imprim]4 ,on p\rrait aism5t p>donn] ,huygh5s de n'tre pas pote et de mal rim] dans une langue trangre2 il p5sait cep5dant1 comme ,pascal1 qu'un honnte homme1 sans se piqu] de ri51 doit savoir jug] de t\t1 mme de la posie1 et ne se montr] incapable d'aucun ex]cice de l'esprit4 ,quelques v]s1 composs comme pitaphe de ,desc>tes1 et publis p\r la premire fois p> ,m4 le comte ,f\*] de ,c>eil1 pr\v5t que la prt5tion n'tait pas excessive3 ,s\s le climat gel de ces t]res *agr9es ,o l'hyv] e/ suivy de l'arrire-saison1 ,te voicy sur le lieu qui c\vre les ru9es ,d'un fameux btim5t qu'habita la raison4 ,p> la rigueur du sort et de la ,p>que infme ,cy-gi/ ,desc>tes au regret de l'univ]s2 ,ce qui s]voit jadis d'int]prte son me ,s]t de matire aux pleurs et de pture aux v]s4 ,cette me1 qui t\j\rs en sagesse fconde ,faisoit voir aux esprits ce qui se ca*e aux yeux1 ,aprs avoir produit le modelle du monde1 ,s'in=me dsormais du my/re des cieux4 ,nature1 pr5ds le deuil1 vi5s pla9dre la premire ,le gr& ,desc>tes et montr] ton dsespoir4 ,qu& il p]dit le j\r1 tu p]dis la lumire2 ,ce n'e/ qu' ce flambeau que n\s t'avons pu voir4 ,huygh5s1 comme ,conr>d le faisait cra9dre son pre1 tr\va en ,france une seconde patrie4 ,inscrit le premi] sur la li/e des membres de l',acadmie des sci5ces1 il en fut l'ornem5t et la gloire jusqu' la rvocation de l'dit de ,nantes4 ,rsi/ant alors t\tes les in/ances et refusant la tolrance exceptionnelle qu'on lui et volonti]s accorde1 il ret\rna en ,holl&e1 o il m\rut dix ans aprs1 puis de =ces et eng\rdi1 l'ge de soixante-six ans1 p> la vieillesse prmature de l'esprit et du corps4 ,t\tes les uvres d',huygh5s font p>atre la lueur et s\v5t l'clat de son gnie2 aucune n'e/ de mdiocre importance4 ,en mcanique1 en gomtrie1 en physique1 il a des gaux2 il ne peut avoir de suprieurs4 ,deux de ses crits surt\t1 le ,trait sur le p5dule et la ,?orie de la lumire1 vivront t]nellem5t p>mi les *efs-d'uvre de l'esprit huma94 ,plac p> sa date entre les dialogues de ,galile sur le m\vem5t et le livre des pr9cipes de ,newton1 l',horologium oscillatorium d',huygh5s s'appuie sur les premi]s et a s]vi videmm5t avec ses ?ormes sur la =ce c5trifuge la prp>ation du second4 ,c'e/ dans ces trois *efs-d'uvre que l'on peut tr\v]1 sans ri5 *]*] ailleurs1 la base f]me et solide de la sci5ce du m\vem5t4 ,peu d'ouvrages d'ailleurs1 indp5damm5t des fruits qu'il devait produire et p\r n'en exam9] que les dtails1 font p>atre dans une plus gr&e abondance d'inv5tions orig9ales une plus gr&e puissance gomtrique4 ,l'expri5ce avait appris ,galile l'iso*ronisme des petites oscillations du p5dule1 c'e/--dire l'gale dure des oscillations plus ou mo9s amples d'un p5dule de longueur donne4 ,mais cette galit n'e/ qu'appro*e1 et les petites oscillations1 l'expri5ce l'a dmontr1 s'accompliss5t plus rapidem5t que les plus amples4 ,huygh5s1 proccup des applications l'horlog]ie1 *]*a d'abord =m] un p5dule rig\reusem5t iso*rone4 ,dans la solution de ce beau problme1 o les pr9cipes physiques tai5t crer aussi bi5 que les m?odes gomtriques1 ,huygh5s1 comme en passant et en guise de lemme1 rvle la ?orie des dveloppes1 exemple et modle entirem5t n\veaux de l'tude gnrale des c\rbes4 ,la ?orie imp>faite1 mais dj lum9euse et exacte du p5dule compos1 complte ce beau livre1 dont une note f9ale rvle sans dmon/ration1 dans la ?orie de la =ce c5trifuge1 les pr9cipes jusque-l inap]u1 dont la loi des attractions plantaires aurait pu tre le corollaire immdiat4 ,si l',horologium oscillatorium e/ la plus accomplie des uvres d',huygh5s1 le ,trait sur la lumire montre peut-tre un plus tonnant gnie4 ,la voie ouv]te p> ,galile devait tre suivie1 et si ,huygh5s avait t refus la sci5ce1 les progrs de la dynamique ret>ds p\r un temps n'aurai5t pas manqu1 cela p>at c]ta91 de se produire assez rapidem5t s\s une =me quival5te4 ,newton et ,leibnitz1 ,jean et ,jacques ,b]n\lli1 d',alemb]t et ,clairaut1 aurai5t peut-tre accru leur gloire en se p>tageant une portion de la si5ne4 ,le ,trait sur la lumire re/e au contraire entirem5t orig9al4 ,p5dant un sicle et demi1 les pr9cipes auj\rd'hui indubitables en sont rejets comme obscurs et sans fondem5t4 ,plusieurs gnrations successives1 en relguant ce petit *ef-d'uvre p>mi les *imres d'un gr& esprit1 ne lui accord5t pas d'autre att5tion qu'aux conjectures sur la cause de la pesanteur4 ,c'e/ l p\rtant peut-tre sa plus admirable conception4 ,huygh5s s'y montre non-seulem5t le prcurseur1 mais le seul guide et le matre de ,?omas ,"y1 et la ?orie triomphante de ,fresnel devait lui emprunt]1 avec ses premi]s pr9cipes1 quelques-uns de ses plus clairs rayons4 ,les dc\v]tes d',huygh5s sur les ma?matiques pures aurai5t suffi la gloire d'un autre nom4 ,la ?orie des dveloppes et celle des fractions cont9ues sont re/es classiques dans la sci5ce4 ,ses crits sur la quadrature de l'hyp]bole1 sur les proprits de la log>i?mique et sur la *anette1 et sur d'autres que/ions d'importance secondaire1 montr5t que le tal5t de l'auteur bi5 plus que le sujet mesure l'importance d'un ouvrage1 et qu'un gr& gnie1 sur quelque t]ra9 qu'il se place1 n'y p>at jamais l'troit4 ,aussi bi5 que le gomtre de ,syracuse1 dont ses amis lui donnai5t le nom1 ,huygh5s joignait la pratique la ?orie avec une incomp>able indu/rie2 aussi adroit que pati5t1 il con/ruisait de ses ma9s les in/rum5ts les plus dlicats et les plus p>faits4 ,c'e/ avec une lunette fabrique p> lui-mme qu'il a dc\v]t l'anneau et l'un des satellites de ,saturne4 ,aprs avoir vu ,londres une ma*9e pneumatique1 il s'empressa de la reproduire en la p]fectionnant1 p\r en montr] le premi] l',acadmie des sci5ces de ,p>is les effets s+uli]s et +nieusem5t v>is4 ,ses expri5ces enf9 sur la rfraction du spa? d',isl&e ont rvl les lois les plus complexes et les plus exactes en mme temps que puisse cit] la physique4 ,quoique la gloire d',huygh5s1 comme l'clat des noms de ,f]mat1 de ,pascal et de ,desc>tes1 obscurcisse et semble effac] t\t ce qui les ent\re1 ,rob]val plus d'une fois cit dans l'hi/oire de ces gr&s hommes e/ re/ ju/em5t clbre4 ,+nieux propos] de beaux problmes et habile les rs\dre1 il a mrit l'e/ime de ,pascal et celle de ,f]mat4 ,m]s5ne et ,c>cavy1 mls t\s deux t\tes les discussions sur la sci5ce1 ont p>l de lui avec autant d'g>d que d'affection1 et le savant vque d',avran*es1 ,huet1 le nomme dans ses ,mmoires p>mi ses amis les plus *]s4 ,n'en e/-ce pas assez p\r balanc] les jugem5ts plus que svres prononcs sans hsitation p> les ,c>tsi5s contre le contradicteur importun et passionn de leur matre8 ,de nos j\rs encore1 plus d'un philosophe p\sant la qu]elle de ,desc>tes1 g>de p\r ,rob]val un inju/e dda94 ,un j\r1 dans une biblio?que publique1 ,m4 ,c\s91 trav]sant la salle1 voit les uvres de ,rob]val entre les ma9s d'un lecteur2 il s'arrte un in/ant1 reg>de la date de l'dition et s'loigne en disant3 ,rob]val6 ce n'tait pas un bon homme1 j'en sais long sur son compte6 ,j'ai *]* depuis et n'ai ri5 appris1 s9on qu' la campagne1 *ez ses p>5ts pauvres cultivateurs1 il n'avait pu dans son enfance acqurir beauc\p d'urbanit4 ,pr(esseur au collge de matre ,g]vais et *>g en mme temps de deux *aires au ,collge ,royal1 il tait plus acc\tum au comm]ce des livres et la socit des coli]s1 qu' la conv]sation des g5s du monde4 ,appliqu aux mmes problmes ma?matiques que ,f]mat1 ,desc>tes et ,pascal1 s'il les galait presque p> son savoir en gomtrie1 son esprit trop roide et trop cont5tieux avait mo9s d't5due et de v]ve1 et il n'tait pas comme eux au-dessus de ces matires4 ,rob]val tait en outre =t infrieur p> l'ducation ses trois mules4 ,desc>tes p>ut seul le rem>qu]1 et l'on vit son orgueil s'lev] plus d'une fois contre un homme de si petite condition qui osait le contr$ire avec tant d'pret1 mconnatre sa m?ode et lui refus] t\t applaudissem5t4 ,rob]val a compos plusieurs crits rellem5t di/+us4 ,la ,cyclode a t p5dant plusieurs annes le sujet de ses tudes et l'occasion de ses succs4 ,sa m?ode p\r en tr\v] l'aire e/ orig9ale et de premire ma94 ,m]s5ne avait inutilem5t dem& le rsultat ,galile1 qui y avait *\4 ,f]mat et ,desc>tes1 sur l'nonc connu1 en tr\vr5t la dmon/ration1 mais leurs m?odes sont diffr5tes l'une de l'autre et encore de celle de ,rob]val1 de telle sorte qu'en les voyant t\tes il n'e/ pas difficile1 c'e/ le s5tim5t de ,pascal1 de reconnatre quelle e/ celle de l'auteur2 c> il e/ vrai1 dit-il1 qu'elle a un c>actre p>ticuli] et qu'elle e/ prise p> une voie si belle et si simple1 qu'on connat bi5 que c'e/ la naturelle4 ,rob]val a tr\v aussi1 le premi]1 le volume eng5dr p> la ,cyclode t\rnant aut\r de son axe1 ce qui tait alors1 au jugem5t de ,pascal1 un problme de haute1 longue et pnible re*]*e4 ,rob]val1 lors de la fondation de l',acadmie1 tait g de soixante-quatre ans2 il en fut un membre assidu et actif4 ,adv]saire dcl> des hypo?ses et des sy/mes en physique1 il a contribu ma9t5ir la compagnie dans la voie excell5te de l'obs]vation et de l'expri5ce2 et s'il eut avec ,huygh5s et avec ,m>iotte des discussions quelquefois trs-vives1 ils s\riai5t de ses emportem5ts sans en g>d] rancune4 ,le m>quis de ,l',hpital1 lors de la rorganisation de l',acadmie en #afii1 et t digne de t5ir le premi] rang dans la section de gomtrie4 ,mais ses titres de m>quis de ,sa9te-,mesme1 comte d',entremont1 seigneur d',ouques1 la ,*aise1 le ,brau et autres lieux1 lui assurai5t une primaut d'autre sorte2 on le nomma honoraire4 ,initi le premi] peut-tre p>mi les savants franais la gomtrie n\velle de ,leibnitz et de ,newton1 nul ne travailla plus que lui la rp&re ni avec plus de fruit3 correspondant assidu d',huygh5s et de ,leibnitz1 il *angeait avec ces deux gr&s hommes d'+nieux et difficiles problmes dans lesquels1 avec un mo9dre gnie d'inv5tion1 il montre dans les dtails une p]spicacit s\v5t gale la leur4 ,c'e/ ,l',hpital surt\t qui1 p> ses communications1 a fait compr5dre ,huygh5s vieillissant l'importance du calcul diffr5tiel4 ,disciple de ,jean ,b]n\lli et t\j\rs respectueux p\r ,leibnitz dont il propageait les ides et les pr9cipes1 il arrta au calcul diffr5tiel son excell5t ouvrage sur l',analyse des inf9im5t petits1 sans v\loir devanc]1 en abordant le calcul intgral1 le livre sur l',inf9i que l'illu/re inv5teur avait promis et ne donna jamais4 ,newton1 avec lequel ,l',hpital n'eut pas de relations directes1 tait l'objet de t\te son admiration4 ,aimant que/ionn] ceux qui avai5t eu l'honneur de voir un si gr& homme1 il s'tonnait1 dit-on1 dans son naf en?\siasme1 que1 s\mis aux lois de l'humanit1 l'auteur du livre des ,pr9cipes pt mang]1 boire et dormir comme les autres hommes4 ,l',hpital m\rut jeune encore1 g de qu>ante ans pe9e1 sans avoir entirem5t ralis la prdiction de ,leibnitz1 qui att5dait de lui de gr&es lumires4 ,il avait s]vi1 dit ,font5elle1 il tait d'une naissance qui l'engageait un gr& nombre de devoirs4 ,il avait une famille1 des so9s dome/iques1 un bi5 trs-considrable conduire et p> consqu5t beauc\p d'affaires4 ,il tait dans le comm]ce du monde et il y vivait peu prs comme ceux dont cette occupation oisive e/ la seule occupation2 il n'tait pas mme ennemi des plaisirs4 ,n'en e/-ce pas assez p\r qu'on doive admir] la pr(ondeur de ses travaux sans s'tonn] de leur petit nombre8 ,trs-infrieur au m>quis de ,l',hpital1 ,v>ignon dev9t cep5dant1 p> sa mort1 le plus clbre et aussi le plus habile des gomtres franais2 acceptant comme lui les ?ories inf9itsimales1 il contribua les rp&re1 s9on les accrotre et les aff]mir4 ,lorsque1 dans le se9 de l',acadmie1 l'anci5ne gomtrie1 reprs5te p> ,rolle et ,galois1 v\lut t5t] un d]ni] ef=t contre les n\velles m?odes1 il les df5dit aussitt1 mais avec plus de conviction et de =ce que de vritable tal5t1 et la discussion fut plus longue qu'il ne convi5t4 ,la gomtrie en effet1 dans les que/ions les plus subtiles1 devrait ret5ir la prcision qui fait son c>actre propre1 et ne s\ffrant pas l'quivoque1 elle ne doit laiss] aucun refuge l'erreur4 ,quoiqu'en atta*ant son nom un ?orme dev5u classique1 ,rolle ait acquis p>mi les coli]s une sorte de notorit de has>d1 sa passion p\r la sci5ce1 qui fut con/ante et s9cre1 tait satisfaite bi5 peu de frais4 ,anci5 matre d'criture et de calcul1 il s'tait in/ruit seul4 ,en pntrant avec ardeur dans la sci5ce des nombres1 il r5contra l'algbre et s'imag9a avoir fait de m]veilleux progrs4 ,mais les ?ories plus leves lui re/r5t inaccessibles4 ,il les crut inexactes et traita de sophismes les m?odes qu'il ne compr5ait pas4 ,infatigable discut] et crire1 c'e/ aux dc\v]tes de ,leibnitz et de ,newton qu'il s'attaquait surt\t avec une sorte de colre4 ,affectant de confondre ce que les inv5teurs avai5t soigneusem5t di/+u1 il prt5dait p> quelques exemples mal compris r5v]s] l'analyse n\velle4 ,sans entr] dans le dtail et sans ri5 oppos] la vrit des dmon/rations1 il repro*ait vaguem5t et mal propos aux n\veaux calculs de suppos] l'inf9i en le compr5ant dans les rsultats aussi frquemm5t et aussi h>dim5t que le f9i1 et d'admettre des gr&eurs inf9im5t petites qui cep5dant peuv5t se rs\dre en d'autres gr&eurs inf9im5t plus petites1 et a9si de suite l'inf9i4 ,l',hpital jugea inutile de rpondre1 et laissa ,v>ignon t\t le poids de la discussion qui fran*it bi5tt les bornes de l',acadmie4 ,p>mi les gomtres trang]s la compagnie1 ,rolle tr\va des adv]saires aussi conva9cus et mo9s pati5ts1 et ,saur91 qui peu de temps aprs devait recevoir le titre d'associ1 le combattit de t\tes ses =ces4 ,joseph ,saur91 mo9s clbre p> ses travaux sci5tifiques que p> les vicissitudes de son exi/5ce1 tait fils d'un m9i/re prote/ant de ,gr5oble1 dont il avait1 =t jeune encore1 v\lu suivre la c>rire4 ,orateur vhm5t et =t applaudi dans son p>ti1 ,saur9 s'tait compromis p> trop de h>diesse1 et plusieurs annes avant la rvocation de l'dit de ,nantes1 il avait d se rfugi] en ,suisse4 ,il y fut reu avec gr&e di/9ction et obt9t une cure considrable dans le bailliage d',yv]dun2 mais ,saur9 n'tait pas calv9i/e1 sa doctr9e sur la grce tait celle de ,lu!r4 ,on tait ju/ifi1 suivant lui1 ds qu'on croyait l'tre avec c]titude1 et sans cette c]titude il n'y avait pas de salut4 ,les ?ologi5s calv9i/es obt9r5t1 sur cette "q et sur quelques autres1 un =mulaire que les m9i/res fur5t obligs de sign] s\s pe9e d'tre exclus de t\te fonction lucrative4 ,les ,franais rfugis s'y refusr5t d'abord2 mais le premi] emportem5t se calma peu peu1 et t\s les j\rs il s'en dta*ait quelqu'un qui1 cdant la ncessit1 se rsignait sign]2 ,saur9 ne fut pas de ce nombre1 et sans refus] avec clat1 il luda la signature1 dit ,font5elle1 p> t\tes les *icanes peu prs raisonnables qu'il put imag9] p\r gagn] du temps4 ,un ami cep5dant arrangea t\t p> une signature qu'il avait le droit de donn] et dont on se cont5ta4 ,saur91 rassur sur sa position1 s'allia peu de temps aprs en p\sant ,mlle de ,cr\zas1 une des premires familles du pays4 ,t\j\rs imprud5t1 il se compromit de n\veau p> ses s]mons1 et les p]scutions le m5acr5t une troisime fois4 ,ses diss5tim5ts avec ses confrres fir5t natre des d\tes dans son esprit2 il dem&a p\r les claircir un entreti5 ,bossuet1 qu'il ne connaissait pas4 ,les sauf-conduits ncessaires lui fur5t expdis4 ,aprs de longues discussions1 il se dcl>a satisfait sur t\s les po9ts1 et abjura sans contra9te1 mais non sans esprance1 se faisant p\r t\j\rs de ,bossuet un puissant et zl protecteur4 ,mme ,saur91 retire alors dans sa famille1 avait t\t ignor jusque-l2 les inspirations qu'elle reut d'abord tai5t lo9 d'tre favorables son m>i4 ,la t5dresse cep5dant f9it p> l'emport]1 et aprs bi5 des luttes et des difficults1 qui am5r5t mme des dang]s srieux et une dt5tion dont on ne p\vait prvoir l'issue1 ,saur91 =t dcri en ,suisse p\r son apo/asie1 t\j\rs protg p> ,bossuet1 put enf9 s'tablir ,p>is en t]m9ant p> l cette priode agite de son exi/5ce1 qu'il appelait plus t>d le roman de sa vie4 ,=c de *oisir une occupation1 il se dcida p\r les ma?matiques qui depuis longtemps l'attirai5t2 avant mme d'y tre de premire =ce1 il comm5a les enseign]4 ,c'e/ au milieu de ses tudes et dans l'ardeur d'une initiation t\te rc5te qu'il r5contra les objections de ,rolle et t9t honneur d'y rpondre2 la lutte entre eux ne fut pas c\rtoise1 et si l'avantage re/e ,saur9 qui df5dait la bonne cause1 la vivacit de ses attaques put s]vir d'excuse l'aigreur de son adv]saire4 ,las enf9 de lutt] contre des objections sans cesse r5aissantes1 il s'adressa l',acadmie p\r lui dem&] une dcision1 dcl>ant que1 si elle ne jugeait pas dans un c]ta9 temps1 il ti5drait ,m4 ,rolle p\r condamn1 puisque t\te la faveur de la compagnie devait tre p\r lui4 ,mais l',acadmie1 plus proccupe de la =me que du fond1 blma galem5t les deux adv]saires1 en rappelant ,m4 ,rolle aux /atuts de l',acadmie dont il avait l'honneur d'tre membre1 et ,m4 ,saur9 son propre cur4 ,peu de temps aprs cep5dant1 ,saur9 tait nomm membre associ de l',acadmie4 ,ses nombreux mmoires1 insrs de #agjg #agca1 montr5t1 avec la connaissance des ma?matiques pures1 la proccupation con/ante de faire triomph] les ?ories physiques de ,desc>tes4 ,les t\rbillons tai5t p\r lui une ralit et l'attraction newtoni5ne une *imre4 ,en ab&onnant les traces du matre1 c'e/ ,desc>tes qu'il v\lait dire1 on se tr\vait1 suivant lui1 replong dans les anci5nes tnbres du pripattisme1 dont il conjurait le ciel de n\s prs]v]4 ,on ent5d assez1 dit ,font5elle1 qui rapporte cette phrase1 qu'il p>le des attractions newtoni5nes2 et-on cru1 aj\te-t-il1 qu'il fallt jamais pri] le ciel de prs]v] des ,franais d'une prv5tion trop favorable p\r un sy/me incomprh5sible1 eux qui aim5t tant la cl>t1 et p\r un sy/me n en pays trang]1 eux qu'on accuse tant de ne gt] que ce qui leur app>ti5t4 ,lo9 des agitations qui avai5t tr\bl sa jeunesse1 ,saur9 p\vait se croire assur d'une paisible et d\ce exi/5ce2 un c\p trange et imprvu devait cep5dant le frapp] encore4 ,il frqu5tait un caf1 celui de la ,laur5t1 dont les habitus1 presque t\s rudits ou g5s de lettres1 tai5t diviss p> des rivalits et des ha9es viol5tes4 ,quelques c\plets satiriques et injurieux c\rur5t dans le caf4 ,j4-,b4 ,r\sseau s'en av\a l'auteur1 et ils lui attirr5t de telles m5aces1 qu'il s'ab/9t de rev5ir4 ,plusieurs annes aprs1 d'autres c\plets sans /yle et sans esprit1 et qui sembl5t1 la grossiret prs1 l'uvre d'un enfant qui s'ex]ce c\dre des rimes1 fur5t remis my/rieusem5t l'un des habitus du caf3 on s\ponna ,r\sseau4 ,sans plus ample preuve1 l'un des p]sonnages insults lui adm9i/ra des c\ps de bton en ple9e rue4 ,ne p\vant obt5ir ni ju/ice ni rp>ation1 ,r\sseau *]*a l'auteur des c\plets1 et sur des indices vraisemblables1 crut le tr\v] dans ,saur9 qui fut emprisonn4 ,on produisit un exemplaire des c\plets crit de sa ma92 l'accusation y vit un br\illon2 suivant ,saur9 c'tait une copie4 ,il composa p\r sa df5se un mmoire considr p> ,voltaire1 malheureusem5t =t p>tial1 comme un des ouvrages de cette nature les plus adroits et les plus vritablem5t loqu5ts4 ,aprs une dt5tion prv5tive de plus d'une anne1 ,saur9 fut acquitt faute de preuves1 et il s]ait bi5 plus difficile encore d'en tr\v] auj\rd'hui dans un s5s ou dans l'autre4 ,quant ,j4-,b4 ,r\sseau1 il aurait pu se born]1 comme ,clm5t ,m>ot1 dans une circon/ance semblable1 rpondre ses accusateurs3 ,si m5tez v\s bi5 p> la gorge4 99 99 99 99 99 ,il ne sortit oncq de ma =ge ,un ouvraige si mal lim4 ,les d]nires annes de ,saur9 fur5t consacres la sci5ce et au dveloppem5t des ides de ,desc>tes sur la physique2 mais quoique de/9es disp>atre bi5tt sans ret\r1 p]sonne ne les attaquait dans le se9 de l',acadmie1 o elles n'avai5t pas beso9 de df5seur4 ,il m\rut en #agcg1 l'ge de soixante et dix-huit ans1 aprs avoir obt5u depuis six ans le titre de vtran1 qui le disp5sait des travaux rguli]s imposs aux p5sionnaires4 ,les travaux nombreux et v>is de de ,lahire1 aurai5t pu faire la clbrit d'un nom que son pre1 pe9tre habile1 avait dj port avec honneur4 ,de ,lahire tait un savant univ]sel1 gomtre1 a/ronome1 physici51 mcanici51 +nieur1 anatomi/e et naturali/e p>fois1 en mme temps que trs-habile arti/e2 capable des spculations les plus hautes comme de la pratique la plus dlicate1 et curieux de t\tes les sci5ces1 il a fait preuve dans t\tes d'un esprit di/+u1 mais n'a excell dans aucune4 ,p5dant c9quante ans il s'associa avec une inconcevable activit t\s les travaux de l',acadmie4 ,orphel9 l'ge de dix-sept ans1 il se r5dit en ,italie p\r y complt] ses tudes d'arti/e2 quatre ans aprs il rev9t gomtre4 ,l'tude de la p]spective1 en l'initiant aux ma?matiques1 lui avait montr sa vritable voie3 il ne cessa plus de la suivre4 ,quelques crits rdigs la manire des anci5s sur les sections coniques et la cyclode1 et qui1 sans apport] un gr& progrs la sci5ce1 rvlr5t son secret au public1 lui ouvrir5t les portes de l',acadmie4 ,atta* bi5tt avec ,pic>d aux travaux de la c>te de ,france1 il dirigea v]s les applications ses connaissances ?oriques dj trs-pr(ondes1 et vit avec une sorte d'indiffr5ce la face des ma?matiques se rajeunir et se r5\vel] p> les dc\v]tes de ,leibnitz et de ,newton1 qu'il n'ent5dit jamais bi5 p>faitem5t2 t\j\rs passionn p\r la gomtrie des anci5s1 il en re/a un des reprs5tants les plus habiles4 ,son ,trait sur les picyclodes1 publi en #afib dans les ,mmoires de l',acadmie1 lui assure un rang e/imable p>mi les gomtres1 et l'application +nieuse qu'il en fit la con/ruction des r\es d'engr5age e/ auj\rd'hui dev5ue classique4 ,l'uni=mit de m\vem5t1 ncessaire dans un gr& nombre de ma*9es1 e/ prcieuse dans t\tes1 p>ce qu'elle dim9ue la fatigue des organes4 ,les v>iations de vitesse exig5t des ef=ts proportionns leur rapidit et la gr&eur des masses en m\vem5t2 il convi5t donc d'aju/] un engr5age de telle sorte que le m\vem5t uni=me de l'une des r\es assure l'autre une vitesse diffr5te mais t\j\rs con/ante1 malgr le *angem5t cont9uel des po9ts de contact p> lesquels les d5ts se p\ss5t4 ,tel e/ le problme dont de ,lahire1 en le ratta*ant1 il e/ vrai1 des pr9cipes mo9s simples et mo9s clairs1 a donn plusieurs solutions lgantes1 que les con/ructeurs soigneux adopt5t encore auj\rd'hui4 ,de ,lahire fut1 l',obs]vatoire1 le fondateur des obs]vations mtorologiques2 de #afhi jusqu' sa mort en #agah1 les ,mmoires de l',acadmie conti5n5t1 *aque anne1 le rsum de ses obs]vations sur la temprature et sur la quantit de pluie tombe m5suellem5t ,p>is4 ,son seul b e/ d'ailleurs de satisfaire ceux qui1 comme lui1 ont de la curiosit p\r connatre les v>its qui se r5contr5t dans les saisons4 ,ce travail =t pnible1 qu'il ne discont9ua jamais1 l'obligeait s'occup] de physique2 mais quoiqu'il y ait appliqu1 plusieurs reprises1 l'activit incessante de son esprit1 ses ides sur plusieurs po9ts ne peuv5t tre cites que comme une preuve frappante de l'inc]titude des esprits les plus di/+us de l'poque4 ,de ,lahire reg>da t\j\rs comme impossible la con/ruction de deux !rmomtres comp>ables en des lieux diffr5ts4 ,les po9ts fixes qu'il adoptait tai5t en effet les tempratures extrmes des saisons exceptionnelles et celles des caves de l',obs]vatoire1 et il ne fallait pas song] les retr\v] dans d'autres climats4 ,amontons ayant reconnu1 aprs ,hooke et ,newton1 que la temprature de l'eau b\illante ne s'lve jamais au-dessus d'une c]ta9e limite1 de ,lahire1 en voyant plusieurs annes de suite la temprature maxima de l't correspondre au mme degr de son !rmomtre1 se dem&a si l'air n'a pas comme l'eau une temprature maxima1 qui s]ait prcism5t celle laquelle il s'arrte p5dant les ts les plus *auds8 ,on e/ surpris galem5t de voir de ,lahire contr$ire1 dans les ,mmoires de l',acadmie1 une op9ion mise p> ,m>iotte1 dont la vrit semble auj\rd'hui trop vid5te p\r que l'on ose en faire honneur aucun savant en p>ticuli]4 ,d'o provi5t l'eau qui c\le dans les rivires8 ,exclusivem5t de la pluie et de la fonte des neiges4 ,telle tait la rponse de ,m>iotte1 dont de ,lahire conte/e l'exactitude p\r suppos] de gr&s rs]voirs intrieurs dont la *aleur t]re/re lve les vapeurs1 qui se cond5s5t prs de sa surface et c\l5t sur le premi] lit de tuf ou de glaise qu'elles tr\v5t jusqu' ce qu'une ouv]ture les jette hors du se9 de la t]re4 ,en signalant les lacunes des connaissances de de ,lahire sur la physique1 qui presque t\tes sont1 il ne faut pas l'oubli]1 celles de son poque1 il n'e/ pas hors de propos de m5tionn] un curieux travail sur la rfraction1 dans lequel il croit dmontr] que les rayons lum9eux dcriv5t dans l'atmosphre des arcs de cyclode4 ,admettant p\r la compression de l'air une loi trs-diffr5te de celle de ,m>iotte et dduite de raisonnem5ts =t vagues1 fonds sur l'analogie avec les ressorts d'aci]1 il croit la d5sit de l'air proportionnelle la rac9e c>re de la di/ance la limite suprieure de l'atmosphre4 ,cette loi de dcroissem5t impos]ait en effet aux molcules lum9euses une trajectoire cyclodale2 mais de ,lahire le dmontre p> des considrations inf9itsimales dont la =me trange1 incomprh5sible p\r le lecteur le plus famili] avec les m?odes de ,leibnitz et de ,newton1 peut s]vir d'excuse1 s9on de ju/ification1 ceux qui1 comme ,rolle et ,galois1 s'ob/9ai5t en ni] la rigueur4 ,citons enf91 p\r donn] une faible ide de la v>it des travaux de de ,lahire1 un mmoire sur la cause p\r laquelle les tiges des plantes s'lv5t v]ticalem5t1 lors mme que les gra9es sont t\rnes contre-s5s1 et p\rquoi les rac9es se ret\rn5t d'elles-mmes p\r s'enfonc] dans la t]re4 ,il conoit que1 dans les plantes1 la rac9e tire un suc plus grossi] et plus pesant1 et la tige au contraire un suc plus f9 et plus volatil4 ,en effet1 dit-il1 la rac9e passe1 *ez t\s les physici5s1 p\r l'e/omac de la plante o les sucs t]re/res se digr5t et se subtilis5t au po9t de p\voir ensuite s'lev] jusqu'aux extrmits des bran*es2 et il admet a9si que1 ds les premi]s j\rs de la vie de la plante1 celle-ci se ret\rne et se ma9ti5t v]ticale1 comme le fait1 dans c]ta9s j\ets d'enfant1 un morceau de lige le/ de plomb sa p>tie infrieure4 ,tel e/ en abrg le sy/me1 dont suivant ,font5elle1 la simplicit seule e/ une preuve4 ,la physiologie vgtale tait peu avance1 on le voit1 au comm5cem5t du ,,xviiie sicle4 ,sauveur1 nomm d'abord adjo9t p\r les ma?matiques1 entra l',acadmie avec des titres sci5tifiques =t mode/es4 ,absolum5t muet jusqu' l'ge de sept ans1 il cons]va t\te sa vie une gr&e difficult d'locution4 ,ses tudes *ez les ,jsuites de la ,fl*e ne fur5t nullem5t brillantes1 et ,font5elle1 t\j\rs bi5veillant1 sans os] blm] les pr(esseurs qui dsesprai5t de lui1 l\e beauc\p la p]spicacit de celui qui sut prvoir ce qu'il vaudrait un j\r4 ,sauveur1 que les crits de ,cicron et de ,virgile avai5t laiss =t indiffr5t1 fut *>m p> l'ari?mtique de ,pelleti] du ,mans4 ,t\t en tudiant les ma?matiques avec ardeur1 il se prp>ait obt5ir le titre de mdec91 mais on le dissuada de suivre cette c>rire2 ce fut ,bossuet1 qui on l'avait recomm& qui1 le jugeant peu propre y russir1 n'hsita pas le lui dire et sut le lui p]suad]2 il jugea qu'il allait trop directem5t au b en supprimant trop les p>oles1 et que le peu qui en re/ait tait dnu de grce4 ,sauveur1 faute de tr\v] d'autres ress\rces1 dev9t pr(esseur de ma?matiques1 et malgr sa difficult d'locution1 les enseigna avec gr& succs4 ,les gomtres1 dans ce temps-l1 tai5t r>es1 et vivai5t1 dit ,font5elle1 sque/rs du monde2 ,sauveur1 au contraire1 s'y livrait compltem5t2 quelques dames mme aidr5t sa rputation1 et il dev9t bi5tt le gomtre la mode et le pr(esseur des plus gr&s p]sonnages2 les enfants de ,france fur5t au nombre de ses lves4 ,ple9 de c&eur et de fran*ise1 il sut plaire t\t le monde1 et on put se dem&]1 en le voyant si bi5 russir mme la c\r1 si ,bossuet ne s'tait pas trop ht de tr\v] dans ses manires un ob/acle insurmontable ses succs comme mdec94 ,sauveur calcula p\r ,dangeau1 l'avantage du banqui] contre les pontes au jeu de la bassette1 qui tant =t la mode1 contribua l'y mettre lui-mme et lui fut plus utile qu'aux j\eurs les plus heureux4 ,malgr la haute position qu'il avait su se crer1 il dsira longtemps1 sans os] la dem&] lorsqu'elle se tr\va vacante1 la *aire de ma?matiques du ,collge royal1 occupe d'abord p> ,ramus et qui alors se donnait au conc\rs2 il fallait1 suivant le rglem5t1 comm5c] les preuves p> une h>angue1 et cette ncessit1 dont il s'effrayait =t1 c>tait ,sauveur de la lice4 ,c'e/ en #afhf seulem5t qu'il osa se prs5t]1 mais dev5u clbre alors il lut sa h>angue et l'on s'en cont5ta4 ,sauveur1 qui malgr ses succs comme pr(esseur1 re/a t\j\rs un gomtre mdiocre t\s g>ds1 devait cep5dant laiss] un gr& nom dans la sci5ce1 et ses re*]*es sur l'ac\/ique le plac5t sans contr$it au nombre des membres illu/res de l',acadmie4 ,t&is que les disciples immdiats de ,leibnitz et de ,newton1 les frres ,b]n\lli1 ,moivre1 ,/irl+1 ,taylor et ,mac,laurin suivai5t les voies n\velles en les l>gissant1 les excell5ts crits de ,l',hpital ne portai5t en ,france aucun fruit4 ,les ma?matici5s dev5ai5t r>es1 mme l',acadmie1 et t\t l'usage des n\velles m?odes tait p\r les compatriotes de leurs crateurs4 ,sans gr& succs comme sans gr& tal5t1 ,camus1 ,nicole et ,lagny apportai5t de temps autre l',acadmie quelques faciles problmes de gomtrie ou d'algbre1 et si les frres ,b]n\lli n'avai5t rpondu p> plusieurs pices excell5tes et s+ulires l'honneur d'avoir t inscrits les premi]s sur la li/e des membres associs trang]s1 la collection des ,mmoires antrieurs l'lection de ,clairaut mrit]ait pe9e une m5tion dans l'hi/oire des ma?matiques4 ,on voit p> exemple p5dant plus de v+t ans1 les gomtres de l',acadmie1 non-seulem5t p>tags1 mais susp5dus dans une inc]titude cont9uelle1 affirm] et ni] t\r t\r des vrits dmontres depuis longtemps p> ,huygh5s et re/es obscures p\r eux dans le gr& j\r o il les avait cep5dant places4 ,huygh5s avait tr\v trs-exactem5t le temps d'une petite oscillation sur un c]cle de rayon donn4 ,galile d'autre "p1 en tudiant les lois de la *ute1 non sur le c]cle mais sur une de ses cordes1 avait tr\v1 comme il le devait1 un temps t\t diffr5t et p>faitem5t exact aussi4 ,p>5t1 dans un j\rnal sci5tifique qu'il publiait1 s'avisa de signal] ces rsultats comme contradictoires4 ,m>iotte dj1 dans une lettre ,huygh5s1 avait fait la mme confusion et commis la mme erreur4 ,saur91 prv5u1 dit-il plus t>d1 en faveur d',huygh5s1 rfuta l'objection en ma9t5ant l'exactitude des deux ?ories4 ,p>5t l-dessus av\e qu'il s'e/ tromp1 mais rclame l'honneur de l'avoir reconnu seul avant les dmon/rations de ,saur94 ,c'e/ le sujet d'une discussion =t aigre p5dant laquelle1 *angeant d'avis une seconde fois1 il affirme1 t\tes rflexions faites1 que la =mule d',huygh5s e/ inexacte comme il l'avait p5s d'abord4 ,saur9 se laisse conva9cre1 e/ lu membre de l',acadmie1 et le *evali] de ,l\ville1 s'appliquant la mme "q et dconc]t p> les raisons contraires1 suivant lui irrsi/ibles1 les numre sans os] conclure4 ,saur91 plus h>di1 dmontre qu'il n'y a aucun d\te et qu',huygh5s s'e/ tromp4 ,aucun acadmici5 ne rclame1 et c'e/ dix-huit ans aprs la premire objection de ,p>5t que la difficult e/ enf9 tran*e1 mais non p> la voie la plus c\rte1 et que le *evali] de ,l\ville1 accordant enf9 ,huygh5s avec ,galile1 les dcl>e t\s deux irrpro*ables4 ,mais p> comp5sation1 ,l\ville la mme poque1 rfutait une erreur prt5due de ,leibnitz4 ,la raison qui le dt]m9e mrite qu'on la rapporte3 ,tant que cette erreur1 dit-il1 n'a t que celle de ,m4 ,leibnitz1 je n'ai pas jug propos d'y rpondre2 mais le livre de ma?matiques de ,wolfius m'tant tomb entre les ma9s o j'y ai tr\v le mme pr9cipe1 j'ai cru qu'il tait propos de combattre ce faux prjug4 ,e/-il beso9 d'aj\t] que ,leibnitz n'avait commis aucune erreur1 et que le faux prjug e/ t\t enti] *ez ,l\ville qui suit en mcanique les pr9cipes de ,desc>tes8 ,dans ces discussions1 qui font si peu honneur leur savoir1 ,saur91 ,l\ville et ,p>5t1 sans mconnatre l'vid5ce des pr9cipes1 s'emb>rass5t dans la seule discussion des consqu5ces4 ,l'abb de ,molires1 pr(esseur de philosophie au ,collge royal et membre de la section de gomtrie l',acadmie1 tait mo9s avanc encore4 ,son esprit c\rt et confus refusait t\te att5tion aux ?ories n\velles1 et p\r expliqu] la nature se cont5tait des t\rbillons4 c\t et gt mme des coli]s1 il fit plus d'une fois s\rire ses confrres2 l',acadmie refusa d'insr] dans ses ,mmoires une expri5ce ple9e d'illusion qui devait1 suivant lui1 rduire ses adv]saires au sil5ce4 ,l'abb rclama sans ri5 obt5ir1 et l',acadmie1 en ma9t5ant sa dcision1 lui causa un tel accs d'impati5ce et de rage1 que la fivre le prit et qu'il en m\rut sans avoir cons5ti recevoir ,maup]tuis *>g p> ses confrres de lui exprim] t\t leur intrt4 ,l'abb de ,gua1 membre comme lui de la section de gomtrie1 lui succda dans la *aire du ,collge royal4 ,de ,gua semble l',acadmie le cont9uateur de ,rolle4 ,atta* aux ?ories lm5taires de l'algbre et de la gomtrie analytique1 il les a cultives avec un esprit exact1 mais peu inv5tif4 ,les ma?matiques d'ailleurs ne l'occupai5t pas t\t enti]2 il s'tait =m une ?orie sur les phnomnes atmosphriques1 en laquelle la tmrit de ses prdictions rvle une 9branlable confiance4 ,il avait annonc du tonn]re p\r le #ah juillet #agef et de l'orage p\r le #bb2 la j\rne du #ah s'tant passe sans tonn]re1 de ,gua ne se montre nullem5t dconc]t4 ,on lit au procs-v]bal du #ai juillet3 ,m4 l'abb de ,gua a dit qu'il fallait recul] de treize heures sur les vnem5ts prdits1 et que comme le tonn]re prdit p\r hi] s'e/ pass en v5t1 le v5t prdit p\r m>di se pass]a en tonn]re4 ,n\s ignorons l'vnem5t du m>di1 mais l'abb1 p\r s'expliqu]1 crut ncessaire d'crire une n\velle lettre4 ,clairaut et d',alemb]t1 admis l',acadmie1 l'un en #agca1 l'autre en #agdj1 sont au nombre de ses membres vritablem5t illu/res1 et la gomtrie leur doit1 aussi bi5 que la mcanique cle/e1 quelques-uns de ses plus gr&s progrs4 ,j'ai essay ailleurs1 en esquissant les traits pr9cipaux de leur c>actre1 d'indiqu] le sujet et l'occasion de leurs pr9cipales dc\v]tes4 ,ces tudes1 quoique =t c\rtes1 dpass]ai5t ici notre cadre1 et je me born]ai en extraire quelques pages o leur rle e/ surt\t celui de membres de l',acadmie des sci5ces4 ,alexis ,clairaut fut un enfant m]veilleusem5t prcoce4 ,son pre1 pauvre pr(esseur de ma?matiques1 *>g d'une nombreuse famille et =c une gr&e conomie1 in/ruisait lui-mme ses enfants4 ,t\t naturellem5t il leur enseignait de prfr5ce ce qu'il savait le mieux1 et la gomtrie occupait une gr&e place dans leurs tudes4 ,les lm5ts d',euclide s]vir5t de premi] alphabet ,clairaut2 il se tr\va bi5tt capable de les ent5dre et d'en raisonn]4 ,attir p> le *>me des dmon/rations ab/raites qui lui semblai5t claires et faciles1 il avait lu et compris l'ge de dix ans le trait des sections coniques du m>quis de ,l',hpital4 ,v]s le milieu de sa treizime anne1 il composa un mmoire sur les proprits de quelques c\rbes n\velles qui1 prs5t l',acadmie des sci5ces et appr\v p> elle1 fut imprim la suite d'un mmoire de son pre dans le recueil intitul3 ,miscellanea ,b]ol95sia4 ,le jeune frre de ,clairaut ne donnait pas de mo9s prcieuses esprances et semblait m>*] sur ses traces4 ,il prs5ta comme lui l',acadmie un mmoire de ma?matiques qui1 de mme que celui d',alexis1 semble comp>able aux bons devoirs que font dans nos lyces les lves de seize dix-huit ans4 ,l'in/ruction prmaturm5t donne p> leur pre avait donc avanc les deux enfants de quatre c9q ans t\t au plus1 et si comme l'a crit avec un peu d'exagration le gomtre ,fonta9e1 l'esprit de ,clairaut1 capable de rflexion ds les premi]s mom5ts de sa vie1 avait vcu1 l'ge de sept ans1 sept annes de plus que celui des autres hommes1 il avait cette poque p]du une p>tie de son avance4 ,malgr la brillante c>rire d',alexis1 l'exemple d'ailleurs n'e/ pas enc\rageant1 et de si gr&s ef=ts d'esprit ne sont pas sans dang] p\r ceux qui en sont capables4 ,son frre n'a*eva pas sa seizime anne1 et ,alexis1 atte9t peu de temps aprs d'une fivre crbrale1 donna lui-mme de vives inquitudes4 ,a l'ge de seize ans1 ,clairaut avait crit un trait sur les c\rbes d\ble c\rbure que l',acadmie accueillit avec faveur4 ,elle prs5ta peu de temps aprs le jeune auteur comme second c&idat la place de membre-adjo9t p\r la mcanique2 on plaait avant lui ,saur9 le fils1 =t peu connu dans la sci5ce et qui depuis n'a ri5 fait p\r elle4 ,b\gu]1 auteur d'un ouvrage excell5t et orig9al sur la lumire1 ne fut prs5t qu'au troisime rang4 ,la place re/a vacante p5dant deux ans enti]s1 et lorsque ,clairaut eut atte9t l'ge de dix-huit ans1 il fut *oisi p> le roi et disp5s de la rgle qui fixait v+t ans la limite d'ge des acadmici5s4 ,p5dant les annes qui suivir5t sa nom9ation1 ,clairaut1 satisfaisant rgulirem5t ses devoirs d'acadmici51 insra dans les ,mmoires de l',acadmie plusieurs crits1 dans lesquels il se montre la hauteur de ses confrres1 sans s'lev] nettem5t au-dessus d'eux4 ,son j\r n'tait pas encore v5u4 ,lorsque p\r t]m9] p> une dcision c]ta9e la "q encore d\teuse de l'aplatissem5t de la t]re1 l',acadmie1 aide p> le m9i/re ,maurepas1 envoya deux expditions1 l'une l'quateur1 l'autre au c]cle polaire1 ,clairaut1 g de v+t-trois ans1 acceptant ,maup]tuis p\r *ef1 cons5tit p>tir p\r la ,laponie4 ,malgr la supriorit de son gnie1 ,clairaut ne j\a pas le premi] rle dans l'expdition4 ,maup]tuis1 prsomptueux et va91 mais entrepr5ant et actif1 avait t le *ef et le guide de la commission2 il attira lui la gloire du succs que ,clairaut ne *]*a pas lui disput]4 ,c'e/ ,maup]tuis qui r5dit compte du travail commun et qui s\t9t les discussions auxquelles il donna lieu2 ce fut lui qui se fit pe9dre et grav]1 la tte affuble d'un bonnet d'ours1 et aplatissant le globe de ses ma9s2 c'e/ lui enf9 qui ,voltaire1 dans des v]s =t amp\ls1 promettait l'immortalit4 ,clairaut1 qui ne re*]*a pas les l\anges de ,voltaire1 n'enc\rut jamais non plus sa r$\table inimiti4 ,il obt9t une des p5sions de l',acadmie2 le roi en augm5ta le *iffre en sa faveur1 et assur d'une mode/e aisance1 il reprit tranquillem5t ses travaux4 ,proccup t\t naturellem5t de l'tude ?orique de la =me de la t]re1 ,clairaut1 dans un premi] crit insr dans les ,transactions philosophiques1 repr5d1 p\r la p]fectionn]1 sans t\tefois la r5dre irrpro*able1 la m?ode un peu has>de p> laquelle ,newton avait dt]m91 dans le ,livre des pr9cipes1 la valeur numrique de l'aplatissem5t du globe4 ,le raisonnem5t de l'illu/re gomtre1 fond seulem5t sur un calcul appro*1 supposait1 sans essai de preuve1 que la =me de la t]re doit tre celle d'un ellipsode de rvolution4 ,clairaut le dmontre1 ou croit le dmontr]1 en sacrifiant lui-mme1 sur bi5 des po9ts1 la rigueur et l'exactitude gomtriques4 ,dans ce premi] essai encore1 on reconnat plus d'habilet t\rn] les difficults que de =ce p\r les surmont]4 ,le beau problme de l'attraction des ellipsodes se prs5te lui comme il s'tait prs5t ,newton2 mais ,clairaut1 comme lui1 pr(ite de ce que la t]re diffre peu d'une sphre1 p\r sub/itu] des calculs exacts des rsultats appro*s seulem5t1 et bi5 plus faciles obt5ir4 ,l'ouvrage qu'il rdigea ensuite sur la mme "q e/ galem5t le rsultat de ses mditations sur les causes de l'aplatissem5t qu'il avait con/at au ple4 ,rejetant cep5dant la gne des *iffres1 t\j\rs inexacts et s\v5t contradictoires1 il fait peu d'usage des mesures si pniblem5t obt5ues et *]*e la =me gomtrique et pure d'une plante liquide1 s\/raite aux agitations accid5telles et la v>iation incessante des =ces p]turbatrices1 s\s l'influ5ce desquelles aucun ordre ne peut subsi/]4 ,en ,laponie1 p5dant les longues nuits d'hiv] et les longues j\rnes d't1 ,clairaut avait pu bi5 s\v5t bau*] ses beaux ?ormes et en mdit] loisir la dmon/ration2 mais s'il arriva mme que1 confiant dans l'habilet de ses compagnons1 il leur ait quelquefois ab&onn l'honneur et le so9 de mettre l'il la lunette1 ce fut une fructueuse p>esse1 qu'il ne faut pas regrett]4 ,l'ouvrage de ,clairaut sur la =me de la t]re vaut plus lui seul que l'expdition t\t entire4 ,ce *ef-d'uvre1 digne de dev5ir classique1 suprieur1 comme l'a crit d',alemb]t1 t\t ce qui avait t fait jusque-l sur cette matire1 n'a pas t surpass depuis4 ,c'e/ peut-tre1 de t\s les crits ma?matiques composs depuis deux sicles1 celui qui1 p> la =me svre et la pr(ondeur +nieuse des dmon/rations1 p\rrait le mieux tre comp>1 gal mme1 aux plus beaux *apitres du ,livre des pr9cipes4 ,clairaut videmm5t a lu et mdit pr(ondm5t l'uvre admirable de ,newton4 ,il s'e/ pntr de sa m?ode de re*]*e et de dmon/ration1 et1 de ce comm]ce intime avec un gnie plus gr& que le si51 mais de mme famille1 e/ sorti un gomtre t\t n\veau4 ,les premi]s travaux de ,clairaut avai5t donn de gr&es esprances2 le trait sur la figure de la t]re les dpasse t\tes1 et de bi5 lo94 ,la collection des ,mmoires de l',acadmie des sci5ces p\r #agdb conti5t un important mmoire de ,clairaut sur quelques problmes de mcanique4 ,les que/ions sur lesquelles il s'ex]ce sont les mmes1 p\r la plup>t1 qui devai5t se retr\v] dans le trait de mcanique1 compos alors1 mais publi l'anne suivante seulem5t p> d',alemb]t4 ,la m?ode suivie p> ,clairaut1 mo9s gnrale et mo9s complte dans son nonc que celle de d',alemb]t1 n'en diffre pas ess5tiellem5t dans l'application *aque "q2 et l'on compr5d1 en lisant son mmoire1 que mis en prs5ce d'un mme problme1 les deux illu/res gomtres ai5t pu l'abord] avec la mme confiance et combattre armes gales4 ,l'ouvrage de ,clairaut sur la ?orie de la lune et sur le problme des trois corps1 prs5t en #agdg l',acadmie des sci5ces de ,p>is1 et c\ronn en #agej p> celle de ,sa9t-,pt]sb\rg1 (fre1 avec non mo9s d'art que la ?orie de la =me de la t]re1 mais mo9s de puret et de rigueur dans l'tude d'une "q peut-tre insoluble1 une habilet et une lgance analytique qui montr5t le tal5t de ,clairaut s\s un j\r entirem5t n\veau4 ,ce n'e/ plus le disciple de ,newton1 c'e/ le rival de d',alemb]t4 ,les premi]s calculs de ,clairaut indiquai5t1 p\r le m\vem5t de l'apoge lunaire1 une vitesse deux fois trop petite4 ,au lieu d'attribu] l'imp]fection de sa m?ode ce dsaccord avec les obs]vations1 galem5t r5contr p> d',alemb]t et p> ,eul]1 ,clairaut prfra accus] l'insuffisance de la loi d'attraction1 et branlant lui-mme t\t son difice1 crut avoir contra9t les gomtres aj\t] un t]me n\veau au t]me simple donn p> ,newton4 ,le calcul dont ,clairaut faisait son =t1 n'tant pas p\ss b\t1 p\vait pe9e motiv] un d\te4 ,buffon refusa avec raison de corrompre1 p> l'ab&on si prcipit du pr9cipe1 la simplicit d'une ?orie si gr&e et si belle4 ,en tudiant d'ailleurs de n\veau la "q avec autant de pati5ce que de bonne foi1 ,clairaut1 p\r reconnatre son erreur1 n'eut pas beso9 de rectifi] son calcul1 mais de le cont9u]4 ,l'inspiration de ,buffon fut donc des plus heureuses2 mais malgr t\te la =ce que donne la vrit1 il n'eut pas l'avantage dans la discussion1 et en s'ef=ant de fond] une loi ma?matique sur un prjug mtaphysique1 le gr& criva9 ne retr\va ni son loqu5ce1 ni sa cl>t acc\tume4 ,il e/ bon peut-tre de montr]1 p> quelques passages de son mmoire1 jusqu'o peut all] l'g>em5t d'un homme de gr& tal5t1 lorsque1 *]*ant ses lumires en lui-mme1 il ose s'av5tur] dans des rgions qu'il ne connat pas4 ,l'attraction1 dit-il1 croyant allgu] un pr9cipe qu'il croit inconte/able1 doit se mesur]1 comme t\tes les qualits qui p>t5t d'un c5tre1 p> la raison inv]se du c>r de la di/ance1 comme on mesure en effet la quantit de lumire1 l'odeur et t\tes les autres qualits qui se propag5t en ligne droite et se rapport5t un c5tre4 ,or il e/ bi5 vid5t que l'attraction se propage en ligne droite1 p>ce qu'il n'y a ri5 de plus droit qu'un fil plomb4 ,la conclusion lui semble rig\reuse et indubitable1 et ,buffon lui tr\ve1 p\r sa "p1 la =ce et l'vid5ce d'une dmon/ration ma?matique2 ,mais1 comme il e/1 dit-il1 des g5s rebelles aux analogies1 ,newton a cru qu'il valait mieux tablir la loi de l'attraction p> les phnomnes mmes que p> t\te autre voie4 ,non-seulem5t ces argum5ts ne sont ni clairs ni p]suasifs1 mais placs1 comme dit ,montaigne1 en dehors des limites et d]nires cltures de la sci5ce1 ils ne t\*5t pas mme la "q4 ,clairaut rpondit cep5dant1 et cette discussion eut ce c>actre s+uli] et sans exemple1 que la vrit y fut df5due p> des argum5ts qu'il a fallu cit] textuellem5t p\r en faire connatre l'insignificance et la faiblesse1 t&is que celui des adv]saires qui1 en somme1 se trompe1 raisonne cep5dant avec autant de f9esse que de rigueur4 ,quoique lo9 de prt5dre la p]fection ?orique1 ,clairaut et simplem5t prs5t ses rsultats comme des approximations successives1 on lui repro*a d'avoir ab&onn la rigueur traditionnelle des m?odes ma?matiques4 ,fonta9e tait habitu la rectitude inflexible du gomtre qui1 ne s\ffrant ri5 d'imp>fait1 atte9t1 p> une voie t\j\rs droite1 la vrit t\t entire4 ,en voyant cette m>*e timide1 p> laquelle de cont9uelles et croissantes approximations font t\rn]1 p\r a9si dire1 aut\r d'une difficult qui re/e inv9cible1 et ces calculs qui1 n'tant jamais a*evs et ne p\vant jamais l'tre1 ne prt5d5t jamais non plus la d]nire p]fection1 il cria au p>alogisme1 presque la trahison4 ,mais1 non cont5t de prote/] contre cette drogation ncessaire la svre rigueur d',euclide1 il affirma que les pr9cipes de ,clairaut1 exactem5t et rgulirem5t suivis1 assignai5t la lune une orbite circulaire4 ,la "q tait facile claircir1 et l'erreur de ,fonta9e bi5 aise dmontr]4 ,clairaut1 sans abus] de son avantage1 rpondit avec autant de modration que de =ce4 ,un seul po9t1 dit-il1 l'a *oqu dans les critiques de ,m4 ,fonta9e et lui semble rvoltant4 ,le mot n'e/ pas trop =t1 c> non cont5t d'indiqu] les calculs faire1 ,clairaut les avait effectus2 et conte/] ses rsultats1 presque t\s con=mes aux obs]vations1 c'tait l'accus] t\t ensemble d'erreur et d'impo/ure4 ,press p> l'vid5ce de la vrit1 ,fonta9e n'avait ri5 rpondre2 il se tut en effet4 ,mais aprs la mort de ,clairaut1 il crivit son loge1 dans lequel on lit les lignes suivantes3 ,newton n'a pu t\t faire dans le ,sy/me du monde444 sa ,?orie de la lune n'tait qu'bau*e4 ,m4 ,clairaut a trac la ligne qu'elle doit suivre en obissant la triple action qui matrise son c\rs et qui la reti5t susp5due entre le soleil et la t]re1 il n\s a montr dans des tables exactes t\s les pas qu'elle fait dans les cieux4 ,il e/ impossible1 on le voit1 de faire plus compltem5t am5de honorable4 ,v]s la f9 de l'anne #ageg1 les savants comm5cr5t se proccup] du ret\r de la comte de #afhb1 h>dim5t annonc1 soixante-seize ans l'avance1 p> l'a/ronome anglais ,halley4 ,l'orbite de cette comte1 calcule p> lui1 se rappro*ait assez en effet de celles des comtes de #afjg et de #aeca p\r faire croire l'id5tit des trois a/res4 ,il y avait t\tefois cette diffr5ce qu'il s'tait c\l plus de soixante-seize ans entre les deux premires app>itions1 et un peu mo9s de soixante-qu9ze entre la seconde et la troisime4 ,mais ,halley expliquait cette irrgul>it p> l'action des plantes r5contres p5dant ce long circuit4 ,il avait mme aj\t que l'action de ,jupit] devant vraisemblablem5t augm5t] le temps de la rvolution n\velle1 ses successeurs v]rai5t sans d\te l'a/re errant v]s la f9 de #ageh ou le comm5cem5t de #agei4 ,une telle prdiction n'tait pas sans prcd5t4 ,jacques ,b]n\lli en avait has>d une plus prcise encore1 en annonant le ret\r de la comte de #afhj p\r le #ag ju9 #agje4 ,mais l'a/re ne p>ut pas1 et t\s les a/ronomes de l',europe re/r5t en obs]vation p5dant la nuit entire et en fur5t p\r leur pe9e4 ,clairaut1 acceptant l'hypo?se de ,halley1 v\lut conv]tir en une apprciation exacte et prcise les vagues indications de l'a/ronome anglais4 ,l'excution d'un tel projet devait tre immdiate1 et aprs l'vnem5t accompli1 ses rsultats euss5t sembl sans valeur4 ,ab&onnant t\t autre travail1 il comm5a d'imm5ses calculs1 dont le plus gr& mrite e/ cep5dant l'art avec lequel il sut les abrg]2 c> une heureuse av>ice en p>eille matire e/1 comme l'a dit ,font5elle1 la meilleure m>que de la ri*esse1 et il faut bi5 connatre le pays p\r suivre les petits s5ti]s qui p>gn5t tant de pe9e au voyageur4 ,t\t tait t]m9 le #ad novembre #ageh1 et ,clairaut annonait l',acadmie que la comte1 ret>de de #ajj j\rs p> l'action de ,saturne1 et de #aah p> celle de ,jupit]1 pass]ait au prihlie v]s le #ac avril #agei4 ,on s5t1 aj\tait-il1 avec quel mnagem5t je prs5te une telle annonce1 puisque tant de petites quantits1 ngliges ncessairem5t p> les m?odes d'approximation p\rrai5t bi5 en altr] le t]me d'un mois4 ,cette prdiction fut ponctuellem5t accomplie4 ,la comte se montrant au temps prfix1 passa au prihlie le #ac m>s #agei4 ,l'admiration fut univ]selle1 mais elle ne fit pas taire l'envie1 et l'applaudissem5t ne fut pas t\t enti] p\r ,clairaut4 ,ceux qui1 n'ayant pas cru l'exactitude de la prdiction1 s'apprtai5t rire de sa dconv5ue1 fur5t les plus ard5ts rapport] ,halley t\t l'honneur du succs4 ,qui os]a prt5dre aprs cela1 dit spirituellem5t ,clairaut1 que l'app>ition d'une comte soit sans influ5ce sur l'esprit huma98 ,le ,m]cure du mois d'avril1 en annonant la gr&e n\velle1 p>le1 sans nomm] ,clairaut1 de la prdiction heureusem5t accomplie de ,halley4 ,dans une lettre adresse au j\rnal encyclopdique de juillet1 l'acadmici5 ,lemonni] qui1 sur les glaces de la ,torna1 avait p>tag les travaux de ,clairaut1 p\sse encore plus lo9 le mauvais v\loir et l'inju/ice4 ,halley1 suivant ,lemonni]1 a t\t fait et doit seul tre l\2 ceux qui cit5t1 dit-il1 un mmoire lu la r5tre publique de l',acadmie en novembre #ageh1 n'ont jamais cit qu'un disc\rs sans analyse1 lequel n'a pas mme t relu et exam91 selon l'usage1 dans les sances p>ticulires de l',acadmie1 et il aj\te1 avec une int5tion blessante la fois p\r ,clairaut et p\r d',alemb]t3 ,on ne d\te pas que les m?odes d'approximation n'ai5t fait dans ces d]ni]s temps un progrs considrable1 ou du mo9s que dans un temps o ,m4 ,eul] publie successivem5t tant de m?odes analytiques dont il e/ l'inv5teur1 on ne puisse produire auj\rd'hui des calculs d'approximation plus satisfaisants que n'ont fait quelques a/ronomes anglais contempora9s de ,newton4 ,l'inju/ice et l'esprit de dnigrem5t se montr5t avec tant d'vid5ce1 que le public mme ne dut pas s'y mpr5dre4 ,clairaut fut cep5dant pr(ondm5t bless et bi5 des ennuis se mlr5t p\r lui la joie du triomphe4 ,une objection plus fonde fut adresse aux admirateurs trop exalts de ,clairaut4 ,les calculs sont tellem5t exacts1 avait-on dit1 que sur une priode de soixante-seize ans1 l'erreur e/ d'un mois pe9e1 c'e/--dire #a_/ijj environ du t\t4 ,on rpondait1 et non sans raison1 que l'inconnue calcul] n'tait pas la dure de la rvolution1 et que la diffr5ce des deux priodes conscutives tait seule en "q4 ,cette apprciation1 sans tre inju/e1 t5d dim9u] le mrite de ,clairaut1 et d',alemb]t1 qui lui prta1 en la dveloppant1 t\te l'autorit de son nom1 aurait mieux fait de laiss] ce so9 d'autres4 ,clairaut rpondit ses adv]saires1 d',alemb]t surt\t1 avec beauc\p de s9crit1 de modration1 de d\ceur mme1 et1 p\r t\t dire enf91 avec la droiture d'un gomtre4 ,il ti5t tablir d'abord qu'il n'e/ pas l'agresseur3 ,les fautes de procd1 dit-il1 m'ont t\j\rs en effet p>u plus importantes que celles que l'on peut commettre dans les calculs4 ,clairaut m\rut1 le #ag mai #agfe1 l'ge de c9quante-deux ans1 aprs une c\rte maladie4 ,son pre1 qui lui survcut1 avait p]du avant lui dix-neuf autres enfants2 il lui re/ait une fille1 laquelle le roi accorda immdiatem5t une p5sion1 en mmoire des s]vices r5dus la sci5ce p> son illu/re frre4 ,jean ,l]ond d',alemb]t1 n ,p>is le #af novembre #agag1 fut expos immdiatem5t aprs sa naissance sur les m>*es de l'glise ,sa9t-,jean-,l]ond1 situe prs de ,notre-,dame4 ,le commissaire de police du qu>ti]1 t\* de sa *tive app>5ce1 n'osa pas l'envoy] aux enfants tr\vs1 et le confia une pauvre et honnte vitrire p> laquelle il fut bi5tt adopt compltem5t4 ,sans se faire connatre1 le pre de d',alemb]t lui assura une p5sion de #a1bjj livres qui1 en apportant un peu d'aisance dans la maison de sa mre d'adoption1 p]mit de dvelopp] p> l'ducation les r>es facults du pauvre enfant ab&onn4 ,plac l'ge de quatre ans dans une petite p5sion1 il y re/a jusqu' d\ze2 mais son matre1 ds sa dixime anne1 dcl>ait n'avoir plus ri5 lui appr5dre et proposait de le faire entr] au collge dans la classe de seconde4 ,la sant encore languissante du jeune coli] ne p]mit pas de suivre ce conseil1 et ce fut deux ans aprs seulem5t qu'on le plaa au collge ,maz>91 o s\s la rgle du plus au/re jansnisme1 il t]m9a brillamm5t ses tudes4 ,la philosophie qu'on lui enseigna fut celle de ,desc>tes3 les ides innes1 la prmotion physique et les t\rbillons *oqur5t son esprit rig\reux et prcis sans y apport] aucune lumire4 ,les seules leons fructueuses qu'il reut1 dit-il1 p5dant ses deux annes de philosophie1 fur5t celles de ,m4 ,c>on1 pr(esseur de ma?matiques qui1 sans tre pr(ond gomtre1 enseignait avec cl>t et prcision4 ,il ne fit que lui ouvrir la voie1 d',alemb]t la suivit seul4 ,cdant son incl9ation naturelle1 il allait1 t\t en faisant ses tudes de droit1 s'in/ruire sommairem5t dans les biblio?ques des ?ories ma?matiques les plus difficiles1 dont il s'ex]ait ensuite retr\v] les dtails dans sa tte4 ,celui qui peut suivre une telle m?ode e/ bi5 prs de dev5ir inv5teur3 d',alemb]t s'lanait en effet avec tant d'ardeur v]s les rgions encore inconnues que1 devanant quelquefois ses livres1 il croyait dc\vrir des vrits et des m?odes n\velles1 qu'il r5contrait ensuite1 avec un dpit ml de plaisir1 dans quelque auteur plus avanc4 ,les amis de d',alemb]t le dt\rnai5t des travaux ma?matiques1 qu'ils reg>dai5t1 non sans quelque raison1 comme un mauvais moy5 d'arriv] la =tune4 ,il se dcida1 suivant leurs sages conseils1 tudi] la mdec9e1 et bi5 rsolu de s'y livr] t\t enti]1 eut le c\rage de port] *ez un ami t\s ses livres de sci5ce1 dont la sduction p\rrait mettre ob/acle ses projets2 mais son esprit heureusem5t tait mo9s s\mis que sa volont3 la gomtrie le p\rsuivait au milieu de ses n\velles tudes4 ,lorsqu'un problme v5ait tr\bl] son repos1 d',alemb]t1 impati5t de t\te contra9te mme volontaire1 allait *]*] un des volumes qui1 peu peu1 et presque sans qu'il s'en ft ap]u1 rev9r5t *ez lui l'un aprs l'autre4 ,reconnaissant alors que la lutte tait inutile et la maladie sans remde1 il en prit joyeusem5t son p>ti2 les travaux comm5cs timidem5t et comme regret fur5t cont9us sans scrupule et avec ardeur4 ,rassemblant bi5tt ses =ces1 inutilem5t disp]ses jusque-l1 d',alemb]t composa deux mmoires de ma?matiques qui1 l'ge de v+t-trois ans1 lui ouvrir5t les portes de l',acadmie des sci5ces2 il ne fut plus ds lors "q de mdec9e4 ,trois ans aprs son entre l',acadmie1 d',alemb]t publiait le clbre ,trait de ,mcanique dont le pr9cipe1 entirem5t n\veau1 devait r5\vel] et *ang] la sci5ce du m\vem5t4 ,la ,?orie de la prcession des qu9oxes1 publie en #agdi1 m>que un n\veau progrs dans le tal5t de d',alemb]t4 ,le phnomne de la prcession des qu9oxes1 signal p> ,hipp>que1 #acj ans avant notre re1 consi/e dans le dplacem5t cont9u des po9ts qu9oxiaux o le plan de l'quateur r5contre celui de l'cliptique4 ,l'un de ces plans au mo9s *ange donc avec le temps2 la comp>aison de *acun d'eux avec les toiles montre avec vid5ce1 dans le dplacem5t de l'quateur et p> suite de l'axe t]re/re1 la cause du phnomne4 ,la t]re1 ,cop]nic a os l'affirm]1 ne t\rne donc pas t\j\rs aut\r du mme axe2 mais quelle peut tre la cause de cette rotation si rgulire et si l5te1 et la signification des v+t-six mille ans ncessaires p\r en accomplir la p]fection8 ,cette re*]*e avait occup et dc\rag l'imag9ation si h>die de ,kpl]1 et l'honneur d'en rvl] le secret tait rs]v ,newton4 ,la t]re n'tant ni homogne ni p>faitem5t sphrique1 les =ces d'attraction de la lune et du soleil qui dt]m95t et tr\bl5t son m\vem5t elliptique ne passant pas rig\reusem5t p> son c5tre1 il en rsulte qu'en la dplaant dans l'espace1 elles t5d5t en mme temps lui imprim] un m\vem5t de rotation qui1 se comb9ant avec celui qu'elle possde dj1 altre incessamm5t la direction de l'axe aut\r duquel elle t\rne4 ,p\r calcul] avec prcision les lois d'un tel phnomne1 il fallait crer la ?orie du m\vem5t d'un corps solide sollicit p> des =ces connues2 cette ?orie manquait ,newton1 et les considrations p> lesquelles il t5te d'y suppler sont sans rigueur comme sans exactitude4 ,d',alemb]t vit dans ce n\veau problme une belle application de son pr9cipe de dynamique1 et aprs avoir fait connatre la m?ode exacte relative au cas gnral1 en dduisit habilem5t non-seulem5t les lois de la prcession1 mais celles de la nutation1 rcemm5t rvles p> les obs]vations de ,bradley4 ,en #agdg1 d',alemb]t avait prs5t l',acadmie des sci5ces de ,p>is un mmoire sur le problme des trois corps dont l'app>ition m>que p\r la mcanique cle/e le comm5cem5t d'une priode n\velle de dc\v]tes et de progrs4 ,la ?orie de la gravitation1 qui depuis la publication du livre des ,pr9cipes n'avait subi aucun p]fectionnem5t srieux1 tait reprise p\r la premire fois aprs c9quante ans1 l'aide de m?odes n\velles et plus puissantes4 ,p> une concid5ce s+ulire1 ,clairaut1 dans la mme sance1 prs5tait un mmoire sur le mme sujet1 dont ,eul]1 alors ,b]l91 s'occupait activem5t1 sans en avoir t\tefois ri5 communiqu au public4 ,en ralit1 l'illu/re auteur du livre des ,pr9cipes n'avait fait1 suivant d',alemb]t1 qu'bau*] les premi]s traits de la matire4 ,quelque lumire qu'il ait porte dans l'ordre de l'univ]s1 il n'a pu manqu]1 aj\te-t-il1 de s5tir qu'il laiss]ait beauc\p faire ceux qui le suivrai5t1 et c'e/ le sort des p5ses des gr&s hommes d'tre fcondes non-seulem5t dans leurs ma9s1 mais dans celles des autres4 ,l'analyse ma?matique a heureusem5t acquis depuis ,newton1--c'e/ t\j\rs d',alemb]t qui p>le1--diffr5ts degrs d'accroissem5t2 elle e/ dev5ue d'un usage plus t5du et plus commode1 et n\s met en tat de p]fectionn] l'ouvrage comm5c p> ce gr& philosophe4 ,il suffit sa gloire que plus d'un demi-sicle se soit c\l sans qu'on ait presque ri5 aj\t sa ?orie de la lune1 et il y a peut-tre plus lo9 du po9t d'o il e/ p>ti celui o il e/ p>v5u1 que du po9t o il e/ re/ celui auquel n\s p\vons ma9t5ant atte9dre4 ,d',alemb]t1 g de tr5te-deux ans et membre des ,acadmies de ,p>is et de ,b]l91 ne s'tait fait connatre que comme gomtre2 il tr\vait s\s le toit de celle qui lui s]vait de mre t\te la tranquillit ncessaire ses pr(ondes re*]*es4 ,le monde1 je veux dire les socits brillantes dans lesquelles d',alemb]t devait tre bi5tt re*]* et admir1 tait alors p\r lui sans attrait2 il ne le connaissait ni ne le dsirait4 ,quelques amis dv\s1 dont plusieurs dev9r5t illu/res1 =mai5t sa socit habituelle1 et le pr(ond gomtre tait cit comme le plus gai1 le plus plaisant et le plus aimable de t\s4 ,l'un d'eux1 ,did]ot1 ex]a sur d',alemb]t une gr&e influ5ce1 et leurs noms1 atta*s une uvre clbre et gr&iose1 sont p\r bi5 des g5s dev5us insp>ables4 ,le disc\rs prlim9aire de l',encyclopdie1 crit en enti] p> d',alemb]t1 conti5t1 dit-il1 la qu9tess5ce des connaissances ma?matiques1 philosophiques et littraires1 acquises p> v+t annes d'tudes4 ,il fut reu avec applaudissem5t et considr comme une uvre de premi] ordre4 ,l'admiration de ,voltaire et de ,montesquieu1 les l\anges sans re/riction du roi ,frdric1 celles enf9 de ,condorcet1 ne p]mett5t pas de trait] lgrem5t cette clbre prface1 auj\rd'hui bi5 oublie4 ,la classification des connaissances huma9es p> laquelle il dbute e/ cep5dant incomplte et arbitraire1 et la manire plus +nieuse que naturelle dont il croit les faire natre les unes des autres semble s+ulirem5t *oisie comme introduction un dictionnaire1 o l'ordre alphabtique seul rgle la succession des articles4 ,d',alemb]t1 peu de temps aprs1 fut nomm membre de l',acadmie franaise4 ,v]s la mme poque1 la rputation croissante du philosophe gomtre dcida celle qui l'avait ab&onn lors de sa naissance rclam] les droits dont elle tait dev5ue fire4 ,mme de ,t5c9 lui fit savoir qu'elle tait sa mre2 mais d',alemb]t1 la rep\ssant son t\r1 n'en v\lut jamais reconnatre d'autre que la pauvre vitrire1 dont il re/a jusqu'au d]ni] j\r le fils affectueux et dv\4 ,malgr ses occupations littraires1 d',alemb]t ne cessa jamais d'accord] une gr&e place dans ses travaux la haute gomtrie4 galem5t attir p> la re*]*e des vrits utiles et p> le plaisir de va9cre les difficults de la sci5ce1 il publia1 de #agfa #aghb1 huit volumes d'opuscules ma?matiques1 cont5ant de nombreux mmoires relatifs aux sujets les plus levs et les plus difficiles de la mcanique cle/e1 de l'analyse pure et de la physique4 ,la division des =ces de d',alemb]t ne semble pas les avoir affaiblies1 et ces crits suffirai5t p\r plac] l'auteur au nombre des gr&s gomtres4 ,il s]ait malais d'en faire ici le dnombrem5t4 ,p>mi les que/ions traites p> d',alemb]t1 n\s en cit]ons une seulem5t sur laquelle il e/ rev5u plusieurs reprises1 aprs en avoir fait le sujet de l'une de ces lectures c\tes avec tant d'empressem5t p> les g5s du monde4 ,malgr les travaux de ,pascal1 d',huygh5s et de ,jacques ,b]n\lli1 d',alemb]t refuse d'accept] leurs pr9cipes sur la ?orie des *ances1 et de voir dans le calcul des probabilits une bran*e lgitime des ma?matiques4 ,le problme qui fut le po9t de d"p de ses d\tes et l'occasion de ses critiques e/ re/ clbre dans l'hi/oire de la sci5ce s\s le nom de problme de ,sa9t-,pt]sb\rg4 ,on suppose qu'un j\eur1 ,pi]re1 jette une pice en l'air autant de fois qu'il faut p\r am5] face4 ,le jeu s'arrte alors1 et il paye son adv]saire1 ,paul1 un franc s'il a suffi de jet] la pice une fois1 deux francs s'il a fallu la jet] deux fois1 quatre francs s'il y a eu trois c\ps1 puis huit francs1 et a9si de suite en d\blant la somme *aque fois que l'arrive de face e/ ret>de d'un c\p4 ,on dem&e combi5 ,paul doit pay] quitablem5t en *ange d'un tel engagem5t8 ,le calcul fait p> ,daniel ,b]n\lli1 qui avait propos le problme1 et con=me aux pr9cipes admis p> t\s les gomtres1 l'exception du seul d',alemb]t1 exige que l'enjeu de ,paul soit inf9i4 ,quelque somme qu'il paye ,pi]re avant de comm5c] le jeu1 l'avantage s]a de son ct2 tel e/ dans ce cas le s5s du mot inf9i4 ,ce rsultat1 quoique trs-vritable1 semble trange et difficile concili] avec les indications du bon s5s1 d'aprs lesquelles aucun homme raisonnable ne v\drait risqu] un tel jeu une somme un peu =te1 #a1jjj francs p> exemple4 ,l'esprit de d',alemb]t1 emb>rass dans ce p>adoxe1 ne craignit pas de condamn] les pr9cipes1 indubitables p\rtant1 qui y conduis5t1 en proposant1 p\r en ni] la rigueur et en conte/] l'vid5ce1 les raisonnem5ts les mo9s fonds et les plus s+ulires objections4 ,il refuse1 p> exemple1 aux gomtres le droit d'assimil] dans leurs dductions c5t preuves faites successivem5t avec la mme pice c5t autres faites simultanm5t avec c5t pices diffr5tes4 ,les *ances1 dit-il1 ne sont pas les mmes dans les deux cas1 et la raison qu'il en donne e/ fonde sur un s+uli] sophisme3 ,il e/ trs-possible1 dit-il1 et mme facile de produire le mme vnem5t en un seul c\p autant de fois qu'on le v\dra1 et il e/ au contraire trs-difficile de le produire en plusieurs c\ps successifs1 et peut-tre impossible1 si le nombre des c\ps e/ trs-gr&4--,si j'ai1 aj\te d',alemb]t1 deux c5ts pices dans la ma91 et que je les jette en l'air la fois1 il e/ c]ta9 que l'un des c\ps croix ou pile se tr\v]a au mo9s c5t fois dans les pices jetes1 au lieu que si l'on jetait une pice successivem5t en l'air c5t fois1 on j\]ait peut-tre t\te l't]nit avant de produire croix ou pile c5t fois de suite4 ,e/-il ncessaire de faire rem>qu] que les deux cas assimils sont entirem5t di/9cts1 et que jet] deux c5ts pices en l'air p\r *oisir celles qui t\rn5t la mme face1 c'e/ absolum5t comme si l'on jetait en l'air une pice deux c5ts fois de suite1 en *oisissant aprs1 p\r les compt] seules1 les preuves qui ont f\rni le rsultat dsir8 ,dans cette discussion1 qui d'ailleurs n'occupe qu'une bi5 faible place p>mi ses opuscules1 d',alemb]t se trompe compltem5t et sur t\s les po9ts4 ,son esprit1 t\j\rs prt s'arrt]1 en dcl>ant impntrable t\t ce qui lui semble obscur1 tait plus qu'un autre expos au pril de condamn] lgrem5t les raisonnem5ts si glissants et si f9s du calcul des *ances4 ,quant au p>adoxe du problme de ,sa9t-,pt]sb\rg1 il disp>at entirem5t lorsqu'on int]prte exactem5t le s5s du rsultat f\rni p> le calcul3 une conv5tion quitable n'e/ pas une conv5tion indiffr5te p\r les p>ties2 cette di/9ction claircit t\t4 ,un jeu peut tre la fois trs-ju/e et trs-draisonnable p\r les j\eurs4 ,supposons1 p\r mettre cette vrit dans t\t son j\r1 que l'on propose mille p]sonnes possdant *acune un million de =m] en commun un capital d'un milli>d1 qui s]a ab&onn l'une d'elles dsigne p> le sort1 t\tes les autres re/ant ru9es4 ,le jeu s]a quitable1 et p\rtant aucun homme s5s n'y v\dra pr5dre "p4 ,en t]mes plus simples et plus vid5ts encore1 le jeu1 lors mme qu'il n'e/ pas inique1 devi5t imprud5t et ins5s p\r le j\eur dont la mise e/ trop considrable4 ,le problme de ,sa9t-,pt]sb\rg (fre1 s\s l'app>5ce d'un jeu trs-modr1 dans lequel on doit vraisemblablem5t pay] quelques francs seulem5t1 des conv5tions qui peuv5t1 dans des cas qui n'ont ri5 d'impossible1 =c] l'un des j\eurs pay] une somme imm5se1 et la rpugnance in/9ctive qu'un homme de bon s5s pr\ve admettre les conditions f\rnies p> le calcul n'e/ autre *ose au fond que la cra9te trs-fonde d'expos] un jeu de has>d1 mme quitable1 une somme de gr&e importance avec la presque c]titude de la p]dre4 ,honnte homme et homme de bi51 d',alemb]t fut aim et e/im de t\s ceux qui l'ont connu4 ,ses contempora9s ont exalt l'envi sa bont et sa gnrosit1 t\j\rs prte1 sans o/5tation de v]tu4 ,admir et vant1 jeune encore1 p> les juges les plus illu/res1 il n'excita l'envie de p]sonne4 ,il s'ex]a dans les g5res les plus div]s1 et1 sans avoir produit dans t\s d'immortels *efs-d'uvre1 il fut plac p> l'op9ion au premi] rang des savants1 des littrateurs et des philosophes4 ,sans =tune1 sans dignits1 malgr le malheur de sa naissance et l'humble simplicit de sa vie1 il fut gr& entre ses contempora9s p> l't5due de son influ5ce4 ,l'lvation de son c>actre gala celle de son esprit4 ,dans son comm]ce famili] et intime avec les plus gr&s p]sonnages de son sicle1 il sut cons]v] sans froideur t\te la dignit de ses manires et obt5ir sans l'exig] autant de dfr5ce au mo9s qu'il en accordait2 mais quoique s5sible la gloire et aux satisfactions de l'am\r-propre1 il ne cessa jamais1 au milieu de ses succs1 si nombreux et si con/ants1 de *]*] en va9 le bonheur1 qu'il n'entrevit qu'un in/ant2 celui d'une affection pr(onde1 dv\e1 exclusive1 et p\r t\t dire enf91 gale celle dont il se s5tait capable4 ,les j\rnali/es contempora9s ont s\v5t affect de plac] ,fonta9e ct et au-dessus de d',alemb]t et de ,clairaut4 ,il n'e/ pas responsable d'un tel rappro*em5t4 ,il tait rellem5t inv5tif et habile1 et quoiqu'il n'ait pas laiss de traces pr(ondes dans la sci5ce1 son passage y mrite au mo9s un s\v5ir4 ,les r>es relations de ,fonta9e avec ses confrres montr5t un c>actre difficile et biz>re4 ,sa prt5tion d'tudi] les vanits des hommes p\r les bless] dans l'occasion aurait d lui impos] p\r lui-mme une mode/ie qui lui manque trop s\v5t4 ,lorsque j'entrai l',acadmie1 dit-il dans un de ses mmoires1 l'ouvrage que ,m4 ,jean ,b]n\lli avait envoy en #agcj1 qui e/ un *ef-d'uvre1 v5ait de p>atre2 cet ouvrage avait t\rn l'esprit de t\s les gomtres de ce ct-l1 on ne p>lait que du problme des tauto*rones1 j'en donnai la solution que voici1 et on n'en p>la plus4 ,ce t\r presque sublime et ces p>oles plus gr&es que le sujet p\rrai5t faire s\rire ceux mmes qui ignor5t l'hi/oire vritable du problme4 ,la vrit e/ qu'on en a s\v5t p>l depuis sans m5tionn] la solution1 exacte d'ailleurs1 de ,fonta9e4 ,l'empressem5t de l',acadmie s'adjo9dre ,maup]tuis semble rvl] de puissantes protections4 ,on lit au procs-v]bal du #g dcembre #agbc3 ,m4 de ,maup]tuis e/ entr et a prs5t deux mmoires de lui sur des matires d'hi/oire naturelle4 ,ag alors de v+t-trois ans1 il s'adressait p\r la premire fois l',acadmie4 ,huit j\rs aprs1 ,m4 de ,maurepas fait savoir l',acadmie que ,m4 de ,camus s'tant montr inexact1 sa place e/ dcl>e vacante1 et l',acadmie1 sans lev] la mo9dre objection1 y nomme ,maup]tuis4 ,le #bg dcembre suivant1 on lit au procs-v]bal3 ,le roi a autoris ,m4 de ,beau=t1 adjo9t-gomtre1 pr5dre le titre d'adjo9t-mcanici51 actuellem5t vacant1 et ,m4 de ,maup]tuis e/ nomm la place d'adjo9t-gomtre qui lui convi5t mieux4 ,ses seuls titres tai5t alors deux mmoires 9dits d'hi/oire naturelle dont le titre mme n\s e/ inconnu4 ,maup]tuis1 acadmici5 v+t-quatre ans1 sans avoir fait ses preuves en aucun g5re1 sembla d'abord pr5dre p>ti p\r la gomtrie1 et ses premi]s mmoires1 sans ri5 appr5dre aux gomtres habiles de l'poque1 montr5t la connaissance exacte des m?odes et des raisonnem5ts ma?matiques4 ,ds les premires annes cep5dant1 on voit app>atre le philosophe tmraire et sup]ficiel prt tran*] t\tes les que/ions sans s'tre prp> en appr(ondir aucune4 ,int]rompant ses tudes de gomtrie p\r des re*]*es que sa manire de raisonn] lui r5dait plus faciles1 ,maup]tuis1 sans donn] ombre de preuves1 propose une ?orie gnrale des in/rum5ts de musique3 les tables1 qui dans *aque cas accompagn5t le corps sonore sont1 suivant lui1 composes de fibres qui1 semblables des cordes isoles1 peuv5t vibr] 9galem5t et s'unir *acune la note qui lui convi5t p\r en accrotre la rsonnance4 ,c'e/ cette ?orie dont le pre ,ca/el avait os se moqu] dans quelques lignes p>faitem5t ju/es1 qui fur5t cep5dant tr\ves insupportables4 ,l',acadmie1 *oque1 il e/ vrai1 p> les critiques adresses t\s les mmoires de l'anne1 prluda avec mo9s de ret5tissem5t et de rigueur mais autant d'inju/ice1 aux inqualifiables svrits ex]ces plus t>d ,b]l9 contre un autre contradicteur de ,maup]tuis4 ,on raconte qu'un j\r1 mollem5t t5du dans un fauteuil1 ,maup]tuis disait3 ,je v\drais bi5 avoir rs\dre un beau problme qui ne s]ait pas difficile4 ,cette p>ole le pe9t t\t enti]4 ,esprit agit sans consi/ance1 remuant sans tre actif1 incapable de cont5tion et d'ef=t1 il a cons]v p5dant t\te sa vie la sci5ce incomplte et sup]ficielle qui lui valut ses premi]s succs4 ,rp&ant son esprit en p>oles et en conjectures1 il se piqua de littrature et de philosophie2 malgr leurs va/es prt5tions1 ses crits1 aussi pauvres p> le fond que mdiocres p> le /yle1 n'app>ti5n5t plus ds lors l'hi/oire de la sci5ce1 et le bi5veillant et timide ,gr&jean de ,f\*y1 en les m5tionnant dans l'loge de ,maup]tuis1 dcl9e avec raison sa compt5ce4 ,prompt saisir la faveur des gr&s et la mnag]1 ,maup]tuis fit de sa rputation sci5tifique l'in/rum5t de sa =tune4 ,au milieu de l'applaudissem5t et de la faveur dont le succs de l'expdition du ,nord l'avait ent\r1 ,frdric crut faire m]veille en lui donnant1 avec des avantages extraord9aires1 la direction de l',acadmie de ,b]l94 ,il y brilla d'un clat passag] jusqu'au j\r o l'impitoyable ju/ice de ,voltaire v9t *ang] en un ridicule immortel le va9 bruit qui avait ent\r son nom4 ,au nombre des gomtres de l',acadmie1 il s]ait inju/e de ne pas cit] ,dep>cieux qui1 sans avoir pntr les pr(ondeurs de la sci5ce1 a su jo9dre un esprit ju/e une p]si/ance infatigable dans l'tude des applications utiles4 ,c'e/ de lui que ,voltaire a dit dans l',homme aux qu>ante cus3 ,mon gomtre tait un citoy5 philosophe444--,je lui dis3 ,monsieur1 v\s avez t* d'clair] les badauds de ,p>is sur le plus gr& intrt des hommes1 la dure de la vie huma9e4 ,le m9i/re a connu p> v\s seul ce qu'il doit donn] aux r5ti]s viag]s1 selon leurs diffr5ts ges2 v\s avez propos de donn] aux maisons de la ville l'eau qui leur manque444 ,dep>cieux1 en effet1 a publi des tables qui p5dant longtemps fur5t les seules sur les probabilits de la vie huma9e en ,france1 et un projet trs-m9utieusem5t tudi p\r am5] ,p>is les eaux de la rivire de l',ivette4 ,le db du livre de ,dep>cieux ne semble promettre que des calculs et des *iffres exacts1 et les premires lignes sont crites p\r c>t] quiconque n'e/ pas gomtre4 ,soit ,b1 dit-il sans autre exorde1 l'intrt que rapporte un c]ta9 fonds ,a2 ,p1 l'arg5t qu'on prte annuellem5t4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,ce db donn]ait d'ailleurs une ide trs-inexacte de la =me de l'ouvrage et de son esprit2 c]ta9s passages p\rrai5t au contraire mrit] le repro*e de s'loign] un peu trop du sujet4 ,dep>cieux1 p> exemple1 en blmant mo9s loquemm5t que ,r\sseau1 mais v+t ans avant lui1 l'habitude de confi] les enfants des n\rrices trangres1 ne semble pas loign d'y voir la cause pr9cipale de t\tes les enfances maladives en y ratta*ant1 p> une consqu5ce arbitraire1 t\tes les maladies et les incommodits v5ir4 ,telle p]sonne1 dit-il1 qui1 confie dans son enfance une n\rrice trangre1 a vcu soixante-dix ou quatre-v+ts ans1 aurait vcu quatre-v+t-dix ou c5t ans si elle avait tet t\t le lait que la nature lui a de/93 aussi voit-on bi5 plus de g5s gs dans les prov9ces loignes qu'aux environs de ,p>is4 ,p\rsuivant sa ?se jusqu'aux consqu5ces les plus extrmes1 ,dep>cieux va jusqu' dsir] qu'une exacte police contraigne les mres remplir le premi] et le plus *] de t\s les devoirs4 ,le successeur le plus illu/re de ,clairaut et de d',alemb]t dans l',acadmie fut sans contr$it ,laplace4 ,m>quant1 ds ses dbuts1 la gr&eur de ses vues et la h>diesse de son esprit1 il r5contra p\rtant =t peu d'enc\ragem5t et la place d'adjo9t dans la section de gomtrie1 si aism5t accorde autrefois ,maup]tuis p\r deux mmoires d'hi/oire naturelle1 lui fut1 n\s l'avons dit1 bi5 longtemps refuse4 ,l'uvre de ,laplace comme gomtre e/ imm5se3 il a t\* aux que/ions les plus difficiles et saisi =tem5t1 p\r les s\mettre l'analyse1 les phnomnes et les que/ions en app>5ce les plus rebelles4 ,le c>actre de son tal5t n'e/ pas la p]fection1 et c'e/ p> l qu'il e/ infrieur ,lagrange1 mais il dploie s\v5t p\r atte9dre son b une puissance sans gale4 ,qu& un problme e/ pos1 il lui faut la solution1 dt-il1 comme le disait ,po9sot1 qui et mdit p5dant v+t ans plutt que d'accept] une telle extrmit1 l'arra*] avec ses ongles1 ou mme avec ses d5ts4 ,lagrange1 membre de l',acadmie de ,tur91 fut appel ,b]l9 p\r y remplac] ,eul]4 ,d',alemb]t1 qui l'avait dsign ,frdric1 ne cessait de le s]vir prs de lui en galant ses l\anges la vrit4 ,je pr5ds la lib]t1 crivait-il1 de dem&] ,votre ,maje/ ses bonts p>ticulires p\r cet homme vritablem5t r>e et aussi e/imable p> ses s5tim5ts que p> son gnie suprieur444 ,je ne cra9s pas d'affirm] que sa rputation dj gr&e ira t\j\rs croissant et que les sci5ces1 ,sire1 v\s auront une t]nelle obligation de l'tat aussi honorable qu'avantageux que v\s v\lez bi5 lui donn]444 ,il n\s effac]a t\s1 ou du mo9s emp*]a1 qu'on n\s regrette4 ,le gnie droit et lev de ,lagrange1 sans avoir produit ses plus beaux fruits1 s'tait rvl clairem5t1 on le voit1 la gnreuse p]spicacit de d',alemb]t4 ,quoique l',acadmie des sci5ces de ,p>is ne l'ait appel dans son se9 qu' la veille de la rvolution1 en #aghf1 elle a eu la bonne =tune de le faire ,franais p\r t\j\rs et de le lgu] l',in/itut1 o p5dant plus de qu9ze ans il a sig avec ,laplace4 ,plus mode/e1 mais non mo9s pr(ond que son illu/re mule1 il s'e/ lev aussi haut d'un vol plus facile et plus f]me1 et ses uvres ma?matiques1 dont un sicle de progrs n'et pas affaibli l'clat1 sont1 auj\rd'hui encore1 (f]tes aux jeunes gomtres p> un excell5t juge1 comme le guide le plus sr en mme temps que le modle le plus accompli qu'ils puiss5t *oisir leur db dans la sci5ce et cons]v] avec gr& pr(it1 quelque hauteur qu'ils s'y lv5t4 ,l',acadmie comptait en mme temps que ,laplace1 et avant de s'adjo9dre ,lagrange1 deux gomtres =t illu/res aussi1 mais d'ordre mo9s lev p\rtant3 ,monge et ,leg5dre4 ,quoique fils d'un pauvre m>*& ambulant1 ,monge fut lev avec gr& so9 p> les oratori5s de la ville de ,beaune4 ,aprs de brillantes tudes1 il fut *>g1 l'ge de v+t ans1 d'un c\rs de physique et inspira ses matres le dsir de le g>d] avec eux4 ,mais1 peu dispos la c>rire ecclsia/ique1 il entra l'cole du gnie de ,mzires1 en sa*ant bi5 p\rtant que son humble orig9e le condamnait p\r t\j\rs aux grades infrieurs celui de lieut5ant4 ,c'e/ en tudiant les =tifications et la c\pe des pi]res qu'il conut le premi] l'ide des m?odes rgulires et gnrales1 auj\rd'hui classiques1 o t\t l'art du trait e/ compris2 mais1 p\r tre r5dues plus faciles et plus simples1 ces pratiques1 jusque-l secrtes1 enseignes aux (fici]s du gnie1 n'en devai5t tre que plus soigneusem5t ca*es1 et c'e/ p> des mmoires sur le calcul intgral que ,monge se fit d'abord connatre de l',acadmie1 o il fut accueilli avec gr&e faveur4 ,c'e/ en #aghc seulem5t1 l'ge de tr5te-quatre ans1 que ,monge1 appel ,p>is comme pr(esseur d'une cole fonde p> ,turgot1 put dev5ir acadmici54 ,les ,mmoires de l',acadmie conti5n5t de lui des travaux non mo9s importants que v>is et son nom1 plac entre ceux d',eul] et de ,gauss1 dans l',hi/oire de la ?orie gnrale des surfaces ne saurait tre omis dans la li/e des gomtres illu/res1 quelque c\rte qu'on veuille la faire4 ,la ?orie auj\rd'hui classique et lm5taire en quelque sorte des lignes de c\rbure lui e/ due t\t entire1 et ,lagrange1 en regrettant de n'en pas tre l'auteur1 lui a dc]n un loge qui disp5se de ri5 aj\t]4 ,leg5dre enf91 nomm membre adjo9t de la section de gomtrie en #aghe1 fut le d]ni] gomtre de gr&e rputation introduit dans l'anci5ne ,acadmie des sci5ces4 ,laborieux et sagace1 il a eu le bonheur d'atta*] son nom la gr&e ?orie des fonctions elliptiques4 ,cre p> ,eul] et p> ,lagrange1 p]fectionne depuis p> les gomtres les plus illu/res1 c'e/ encore auj\rd'hui le nom de ,leg5dre dont son lude veille t\t d'abord le s\v5ir4 ,les dbuts de ,leg5dre avai5t attir l'att5tion4 ,ag de dix-sept ans et lve encore du collge ,maz>91 le seul o l'on enseignt les hautes ma?matiques1 il eut la h>diesse de ddi] l',acadmie des sci5ces les ?ses imprimes qu'il devait s\t5ir p\r obt5ir le grade de docteur4 ,les acadmici5s1 acceptant l'hommage du jeune c&idat1 cons5tir5t dirig] les preuves dont l'ensemble mrita les l\anges de d',alemb]t4 ,sans propos] aucune m?ode n\velle1 ,leg5dre1 dans ses ?ses1 trace le rsum rapide de ses tudes ma?matiques dont elles montr5t l't5due et la =ce4 ,la prs5ce inacc\tume de l',acadmie ne contribua pas mo9s que la jeunesse du c&idat l'intrt de ce brillant ex]cice d'coli]4 ,les gazettes en p>lr5t et le pr(esseur d'loqu5ce du collge1 le sieur ,cosson1 clbra l'vnem5t dans une longue et faible pice de v]s franais4 ,leg5dre lui-mme1 comme p\r se montr] capable de p>l] une autre langue que l'algbre1 adressa aux acadmici5s quelques phrases respectueuses et mode/es1 prononces avec grce et sans aucun tr\ble4 ,excit et enc\rag p> ce premi] succs1 ,leg5dre cont9ua p5dant trois ans ses tudes et ses re*]*es sans en publi] les rsultats4 ,son premi] mmoire l',acadmie date de #aggc4 ,n\s n\s rappelons t\s1 dis5t les commissaires1 la ?se brillante que ce jeune gomtre a ddie l',acadmie et les esprances qu'elle a conues de ses tal5ts4 ,on v]ra avec plaisir que ces esprances se sont ralises et qu'aprs avoir expos avec autant d'ordre que de prcision les dc\v]tes des autres gomtres1 ,m4 ,leg5dre e/ fait p\r enri*ir la gomtrie de ses propres dc\v]tes4 ,lagrange1 ,laplace1 ,leg5dre et ,monge1 ont t connus de nos contempora9s1 et il m'a t donn plus d'une fois de les ent5dre jug] p> ceux dont ils avai5t enc\rag la jeunesse4 ,m4 ,po9sot1 dans quelques lignes f9em5t travailles1 s'tait plu m>qu] les traits pr9cipaux de leur c>actre et de leur tal5t1 et1 malgr l'inju/ice trs-app>5te env]s l'un des plus illu/res1 il avait assez bi5 russi p\r que ds la premire lecture on n'hsitt pas un in/ant sur le vritable nom des gomtres ,a1 ,b1 ,c1 ,d4 ,a4 ,va d'un air simple la vrit qu'il aime3 la vrit lui s\rit et quitte volonti]s sa retraite p\r se laiss] produire au gr& j\r p> un homme aussi mode/e4 ,b4 ,ne l'a jamais vue que p> surprise4 ,elle se ca*e cet homme va9 qui n'en p>le que d'une manire obscure4 ,mais v\s le voyez qui *]*e t\rn] cette obscurit en pr(ondeur et son emb>ras en un air noble de contra9te et de pe9e comme un homme qui cra9t d'en trop dire et de divulgu] un comm]ce secret qu'il n'a jamais eu avec elle4 ,c4 ,il faut bi51 se dit-il1 qu'elle soit en quelque lieu4 ,or il va laborieusem5t dans t\s ceux o elle n'e/ po9t1 et comme il n'en re/e plus qu'un seul qu'il n'a pas visit1 il dit qu'elle y e/1 qu'il en e/ bi5 sr1 et il s'essuie le front4 ,d4 ,d'un tempram5t *aud1 la dsire avec ardeur1 la voit1 la p\rsuit en satyre1 l'atte9t et la viole4 ,,les ,,a/ronomes4 ,l'a/ronomie1 comme les ma?matiques1 a compt presque con/amm5t dans l',acadmie d'utiles et illu/res reprs5tants1 et les noms des ,cass9i1 de ,m>aldi1 de ,lacaille1 de ,lemonni]1 de ,delisle1 de ,leg5til1 de ,p+r1 de ,lal&e et de ,messi] sont re/s clbres dans l'hi/oire de la sci5ce4 ,lal&e1 dont la ju/ice tait rig\reuse et svre1 a pu crire en #agff3 ,la collection des mmoires de l',acadmie des sci5ces r5f]me le plus ri*e trsor que n\s ayons en fait d'a/ronomie2 la dc\v]te des satellites de ,saturne1 l'tude consci5cieuse et prolonge de la gr&eur et de la figure de la t]re1 l'application du p5dule aux horloges1 celle des lunettes aux qu>ts de c]cles et des micromtres aux lunettes1 des discussions cont9uelles et savantes sur la ?orie du soleil et de la lune1 leurs 9galits1 les rfractions1 l'obliquit de l'cliptique1 la ?orie des satellites de ,jupit]1 t\t cela se tr\ve longuem5t dvelopp et trait bi5 des reprises dans cette collection dont l'analyse =m]ait1 si on le v\lait1 un trait complet d'a/ronomie4 ,n\s avons dit quelle a t1 ds la cration de l',acadmie1 l'ardeur et le succs de ses premi]s membres dans la p\rsuite des travaux a/ronomiques4 ,l'obs]vatoire royal1 con/ruit p\r l',acadmie1 tait considr comme une de ses dp5dances1 et la ,connaissance des temps1 con/amm5t rdige p> ses membres1 le fut depuis #agjb s\s la direction mme et au nom de la compagnie t\t entire4 ,m4 le prsid5t1 dit le procs-v]bal du #g janvi] #agjb1 a nomm cette anne1 p\r travaill] la ,connaissance des temps1 le pre ,g\ye1 ,,mm4 ,sauveur1 ,homb]g et ,lieutaud4 ,ce fut en ralit ,lieutaud qui fit t\s les calculs et qui en re/a *>g jusqu'en #agbi4 ,god91 ,m>aldi1 ,lal&e et ,jeaurat lui succdr5t successivem5t4 ,lefvre1 qui le privilge de la ,connaissance des temps fut brutalem5t retir au pr(it de l',acadmie1 tait un calculateur habile1 *oisi p> ,pic>d et =m son cole4 ,simple tiss]& ,lisieux1 il avait appris seul assez d'a/ronomie p\r calcul] les clipses et les annonc] exactem5t4 ,pic>d en fut in=m1 et lui fit obt5ir avec une petite p5sion le droit de publi] *aque anne la connaissance des m\vem5ts cle/es4 ,lefvre v9t ,p>is et r5ona au mti] de tiss]&1 jusqu'au j\r o l'inconv5ance de ses attaques contre de ,la ,hire lui fit p]dre la fois son privilge et le titre d'acadmici54 ,la ville de ,p>is1 p5dant le ,,xviiie sicle1 compta presque con/amm5t huit dix obs]vatoires srieusem5t organiss p\r l'tude du ciel1 et occups p> des obs]vateurs ex]cs1 app>t5ant presque t\s l',acadmie4 ,l'obs]vatoire royal1 que l'on nommait aussi obs]vatoire de l',acadmie des sci5ces1 logeait habituellem5t trois ou quatre a/ronomes4 ,b]n\lli1 qui le visita en #agfg1 n'y vit que ,cass9i de ,?ury1 ,m>aldi2 leurs collaborateurs1 ,leg5til et ,*appe1 tai5t p>tis alors p\r obs]v]1 l'un dans l',inde1 l'autre en ,sibrie1 le passage de ,vnus sur le soleil4 ,le titre d'a/ronome du roi mettait ,lemonni]1 la mme poque1 en possession d'excell5ts in/rum5ts transports presque t\s sa t]re1 situe en ,bretagne4 ,il cons]vait cep5dant et utilisait p>fois *ez lui1 rue ,sa9t-,honor1 les in/rum5ts de l'expdition faite en ,laponie avec ,maup]tuis et ,clairaut4 ,lal&e obs]vait au ,luxemb\rg2 mais le mauvais tat des btim5ts le =a de se retir] au collge ,maz>91 dans l'obs]vatoire con/ruit p\r ,la ,caille1 et o l'abb ,m>ie1 alors pr(esseur du collge1 lui (frit la plus l>ge hospitalit4 ,l'cole militaire possdait aussi un lgant obs]vatoire1 occup en #agfg p> l'acadmici5 ,jeaurat2 celui de la m>9e1 l'htel de ,cluny1 tait confi ,messi]1 et la confrrie de ,sa9te-,g5evive f\rnissait son biblio?caire1 ,p+r1 t\s les moy5s d'tudi] le ciel4 ,il tait in/all dans les btim5ts actuels du lyce ,napolon4 ,a ,colombes enf91 le ri*e m>quis de ,c\rtanvaux1 acadmici5 honoraire1 avait in/all un obs]vatoire lgant et ri*em5t p\rvu4 ,traitant les sci5ces comme un amusem5t1 ,c\rtanvaux les pr5ait et les quittait t\r t\r1 en v>iant con/amm5t ses travaux1 t\j\rs intellig5ts et s\v5t utiles4 ,mais p]sonne n'obs]vait ,colombes1 et le *>mant obs]vatoire1 en tmoignant du gt d'un gr& seigneur p\r la sci5ce1 ne lui r5dit jamais de vritables s]vices4 ,jacques ,cass9i et ,cass9i de ,?ury1 directeurs hrditaires en quelque sorte de l'obs]vatoire1 portr5t avec honneur un nom illu/re4 ,l'a*vem5t1 de la c>te de ,france fut l'uvre capitale de leur vie1 mais leurs noms1 honorablem5t cits p\r d'autres travaux1 doiv5t tre associs ceux de leurs c\s9s ,dom9ique et ,jacques ,m>aldi qui1 attirs p> eux l',obs]vatoire1 app>t9r5t t\s deux aussi l',acadmie des sci5ces1 o ils prs5tr5t1 dfaut de ?ories pr(ondes et n\velles1 un nombre imm5se d'obs]vations exactes4 ,lemonni]1 appel trs-jeune encore l',acadmie1 ju/ifia p> une vie laborieuse et utile cette m>que de confiance qui1 trs-frqu5te alors1 fut presque t\j\rs heureusem5t et dignem5t place4 ,compagnon de ,maup]tuis et de ,clairaut dans leur voyage en ,laponie1 il fut l'obs]vateur le plus actif et le plus ex]c sans d\te de l'expdition4 ,oblig1 dit ,bailly1 de *oisir un tat1 ,la ,caille *oisit1 ou plutt on *oisit p\r lui l'tat ecclsia/ique1 comme (frant plus de ress\rces4 ,l'int5tion pigrammatique de cette phrase e/ une concession aux ides du temps et de la socit dont ,bailly dsirait les applaudissem5ts1 c> l'abb ,la ,caille fut p5dant t\te sa vie un modle de ds9tressem5t1 de probit et d'au/re abngation4 ,son pre1 autrefois dans l'aisance1 ne lui avait lgu que des dettes4 ,la ,caille les accepta1 et grce des privations qui durr5t t\te sa vie1 n'eut beso9 p\r les acquitt] que des mode/es appo9tem5ts de pr(esseur de collge1 honorable et faible salaire d'un travail assidu que la clbrit croissante de son nom ne lui fit jamais ddaign]4 ,cass9i1 sa*ant apprci] les premi]s essais sci5tifiques de ,la ,caille1 le prit *ez lui l',obs]vatoire1 p\r en faire l'mule et le modle de ses fils4 ,la ,caille dev9t bi5 vite un a/ronome consomm4 ,il fut *>g avec ,m>aldi neveu1 de lev] gomtriquem5t le cont\r des ctes de ,france1 puis avec ,cass9i de ,?ury1 de dt]m9] la suite des po9ts situs sur la mridi5ne de l',obs]vatoire de ,p>is4 ,le succs de ce d\ble travail lui valut une *aire de ma?matiques au collge ,maz>9 et la disposition d'un obs]vatoire cr p\r lui dans le collge mme2 l',acadmie des sci5ces enf91 en le *oisissant de prfr5ce au jeune d',alemb]t1 combla ses esprances et sa mode/e ambition4 ,la ,caille tait alors g de v+t-huit ans2 il ne vcut depuis que p\r la sci5ce du ciel1 dont ses travaux ont abord et p]fectionn successivem5t t\tes les p>ties4 ,bailly1 fils d'un g>di5 des tableaux du roi1 naquit au ,l\vre1 la porte1 p\r a9si dire1 de l',acadmie4 ,in/9ctivem5t s\mis la rgle et au devoir1 il montra t\j\rs un gr& loignem5t p\r la vie lgre et dissipe dont son ent\rage lui donnait plus d'un exemple4 ,son pre1 homme de plaisir plus que d'tude1 tait peu capable de le dirig] et peu dsireux d'en faire un savant4 ,bailly aborda seul les lm5ts des sci5ces et s'y avana assez lo9 p\r mrit] l'att5tion de ,la ,caille1 qu'un has>d heureux lui fit r5contr]4 ,non cont5t de lui m>qu] sa voie1 ,la ,caille1 p>tir de ce j\r1 v\lut le dirig] et le suivre1 et le r5dant tmo9 de t\s ses travaux1 lui fit quelquefois l'honneur de l'y associ]4 ,les premi]s mmoires de ,bailly1 sans fran*ir l'application des m?odes connues1 dont ils montr5t seulem5t la ple9e intellig5ce1 lui ouvrir5t1 v+t-sept ans1 les portes de l',acadmie4 ,bailly sut pr5dre rang p>mi ses confrres les plus illu/res4 ,l'uvre capitale de cette priode de sa vie e/ la ?orie des satellites de ,jupit] dans laquelle la gomtrie la plus haute s'claire et s'appuie d'obs]vations dlicates +nieusem5t discutes et int]prtes4 ,mais les travaux de sci5ce pure devai5t l'occup] de mo9s en mo9s4 ,trs-dsireux de s'lev] et de j\] un rle1 ,bailly1 avec plus de sci5ce acquise que ,la ,condam9e et plus de tal5t que ,maup]tuis1 mais avec mo9s d'clat que ,buffon1 ambitionna comme eux la rputation d'criva94 ,enc\rag d'abord p> d',alemb]t1 il aspira longtemps1 avant qu'elle ft vacante1 la place de secrtaire de l',acadmie des sci5ces1 et comme ,condorcet1 qui devait l'emport] sur lui1 il v\lut se crer des titres en composant plusieurs loges1 dans la plup>t desquels la sci5ce n'a aucune "p4 ,ceux de ,*>les ,v1 de ,molire et de ,corneille lui valur5t des accessits l',acadmie franaise et celle de ,r\52 il fut plus heureux ,b]l9 o son loge de ,leibnitz emporta le prix4 ,un ouvrage de plus gr&e valeur1 en donnant ,bailly l'occasion d'ex]c] et de dploy] son /yle1 le ram5a v]s ses premires tudes4 ,l',hi/oire de l',a/ronomie =me en t\t c9q volumes d'une sci5ce exacte et srieuse1 et d'une lecture agrable et facile4 ,l'auteur trop s\v5t1 l'exemple et l'imitation de son ami ,buffon1 *]*e relev] la s*]esse des faits p> quelques pages1 crites de gnie o se montre une imag9ation un peu trop h>die4 ,aprs un succs brillant1 mais peu durable1 les ides de ,bailly sur la sci5ce avance d'un peuple anci5 qui1 disait spirituellem5t d',alemb]t1 n\s aurait t\t appris except son nom1 ont t peu peu ab&onnes de t\s4 ,les tables indi5nes1 crivait plus t>d ,laplace1 suppos5t une a/ronomie assez avance1 mais t\t porte croire qu'elles ne sont pas d'une haute antiquit4 ,ici1 je m'loigne avec pe9e de l'op9ion d'un illu/re et malheureux ami dont la mort1 t]nel sujet de regrets1 e/ une preuve affreuse de l'incon/ance de la faveur populaire4 ,aprs avoir honor sa vie p> des travaux utiles aux sci5ces et l'humanit1 p> ses v]tus et p> un noble c>actre1 il prit victime de la plus sangu9aire des tyrannies1 opposant le calme et la dignit du ju/e aux outrages d'un peuple dont il avait t l'idole4 ,ces lignes de l'auteur de la ,mcanique cle/e sont p\r la mmoire de ,bailly le plus prcieux des hommages4 ,n\s n'avons pas les expliqu] en racontant l'clat phmre de son rle honorable et trop c\rt au db de la rvolution1 les ennuis1 les tri/esses qui l'ont suivi1 ni r$ire enf9 aprs tant d'autres l'hi/oire de son assass9at juridique et la dignit calme de ses d]ni]s mom5ts au milieu des injures /oquem5t supportes4 ,la famille de ,lal&e le de/9ait au b>reau4 ,aprs de bonnes tudes faites ,gr5oble1 son pre l'envoya dem&] l',univ]sit de ,p>is de plus =tes leons sur la sci5ce du droit1 mais le ,collge royal l'attira t\t d'abord2 les leons de ,delisle et de ,lemonni] lui rvlr5t sa vocation2 il fut reu avocat1 mais dev9t a/ronome4 ,favoriss en mme temps p> deux matres qui semblai5t p\r lui oubli] leurs inimitis1 les dbuts de ,lal&e fur5t brillants et faciles4 ,ag de v+t ans pe9e1 il fut *>g1 grce aux vives recomm&ations de ,lemonni]1 d'all] faire ,b]l91 sur le mridi5 du cap de ,bonne-,esprance1 les obs]vations que ,la ,caille devait comb9] aux si5nes p\r en dduire la p>allaxe de la lune4 ,la c\r de ,frdric tait ouv]te t\s les acadmici5s et leur jeune missionnaire fut trait comme eux4 ,dans un bal d'app>at1 ,lal&e1 qui ne savait pas dans]1 invita sans faon une pr9cesse royale et br\illa t\tes les figures4 ,malgr les vifs repro*es de ,maup]tuis1 il ne comprit jamais t\te la gravit d'une faute o se rvle1 au db de sa c>rire1 un des traits c>actri/iques de son esprit2 dans le danseur maladroit qui1 l'ge de v+t ans1 bravait si tranquillem5t l'tiquette1 on reconnat assez bi51 en effet1 le vieil a/ronome qui devait1 c9quante ans plus t>d1 faire annonc] dans la gazette l'heure laquelle il montr]ait sur le ,pont-,neuf l'anneau de ,saturne et les satellites de ,jupit]4 ,l'activit de ,lal&e ne s\ffrait aucun repos et la prodigieuse div]sit de ses travaux a tonn ses contempora9s4 ,ses obs]vations et ses calculs a/ronomiques1 la rdaction de la ,connaissance des temps1 de nombreux articles du ,j\rnal des savants1 un trait complet d'a/ronomie o se tr\ve rsum1 dit-il1 t\t ce qui a t fait en a/ronomie depuis #b1ejj ans1 une bibliographie a/ronomique1 vritable trsor d'rudition o ,lal&e1 qui a lu t\s les ouvrages anci5s et mod]nes relatifs la sci5ce du ciel1 rapporte1 trs-librem5t quelquefois1 l'impression qu'il en a g>de4 ,c5t c9quante mmoires orig9aux publis enf9 dans le recueil de l',acadmie des sci5ces1 p\rrai5t tre le fruit complet d'une ardeur cont9ue p5dant le c\rs d'une longue vie1 mais ,lal&e avait beso9 d'crire comme quelques-uns ont beso9 de p>l]2 on le voit dans t\s ses ouvrages int]rompre frquemm5t son disc\rs p\r conv]s] en quelque sorte avec le lecteur1 et ,lemonni] s'e/ montr piquant1 sans tre inju/e1 en nommant son trait d'a/ronomie la ,gr&e ,gazette4 ,lal&e1 dont la curiosit s't5dait t\t1 a compos1 je dirais presque improvis1 un trait sur les canaux1 un voyage en ,italie o il n'e/ nullem5t "q d'a/ronomie1 la description de sept arts diffr5ts1 un disc\rs sur la d\ceur1 un autre sur l'esprit de ju/ice1 gloire et sret des empires1 un troisime enf9 sur les avantages de la royaut4 ,il a compos de nombreux loges1 entre autres celui du m>*al de ,saxe4 ,c'e/ pe9e1 dit ,delambre1 si l'on p\rrait cit] un p]sonnage clbre dont ,lal&e n'ait pas crit l'loge4 ,mais s'il aimait l\] les morts1 il disait t\te la vrit aux vivants4 ,on l'a repris1 non sans raison1 d'avoir rempli la bibliographie a/ronomique de dcisions trop rudes et trop =melles1 telle que celle-ci adresse un livre contempora93 ,c'e/ une suite d'absurdits4 ,a l'occasion d'expri5ces s+ulires mais d\teuses1 il crit en note3 ,ces expri5ces tai5t supposes1 n\s avons su que c'tait p> le pre ,b]?i] oratori51 le ,jsuite avait plus d'esprit4 ,a propos de l',hi/oire de l',a/ronomie de ,weidl]1 il dit3 ,c'e/ la seule hi/oire complte de l'a/ronomie qu'on ait eue jusqu' prs5t2 elle e/ remplie d'rudition et de re*]*es4 ,delisle seul aurait eu dans ses manuscrits de quoi la p]fectionn] p\r les dtails et les re*]*es d'rudition4 ,bailly en a donn une plus t5due1 en c9q volumes1 mais celle de ,weidl] e/ prcieuse p> le gr& nombre de faits1 et celle de ,bailly conti5t beauc\p de phrases1 d'hypo?ses et de diss]tations4 ,je lui reprs5tai ds le comm5cem5t qu'il p\rrait employ] son temps plus utilem5t p\r l'a/ronomie4 ,l'ardeur de ,lal&e et la s9crit de ses impressions clat5t dans ses crits1 s\v5t =t ngligs1 p> des expressions vives et naturelles4 ,ds #agfh1 dit-il dans le prambule de l'un de ses ouvrages1 le citoy5 ,jeaurat ayant obt5u du duc de ,*oiseul1 m9i/re de la gu]re1 la con/ruction d'un obs]vatoire l'cole militaire1 je l'engageai y faire un gros mur propre recevoir un gr& qu>t de c]cle mural qui manquait l'tablissem5t et qui tait ncessaire p\r l'entreprise que je mditais4 ,n\s n'avions pas alors l'in/rum5t1 mais je disais ce que la loi des s]vitudes dit de la pi]re d'att5te1 p]petuo clamans2 et je ne me suis pas tromp4 ,aprs avoir fait des ef=ts inutiles auprs des m9i/res les plus clbres et les plus savants1 ,male%]bes et ,turgot1 p\r obt5ir un mural1 je l'obt9s en #aggd de ,beg]et1 receveur gnral des f9ances4 ,on voit dans l'vangile que le publica9 fit honte au ph>isi54 ,ces lignes n'ont pas beso9 d'tre signes1 et t\t lecteur famili] avec les crits des a/ronomes y reconnatra le ca*et trs-m>qu de ,lal&e4 ,s\s des =mes brusques et pres p>fois1 ,lal&e ca*ait d'excell5tes et solides qualits4 ,mcont5t s\v5t de lui-mme et s9cre env]s lui comme env]s les autres1 il av\ait de bonne foi ses dfauts et son impuissance les va9cre4 ,en p>lant d'une femme rellem5t di/+ue1 ,mme ,lepaute1 qui l'aida s\v5t1 a9si que ,clairaut1 dans ses calculs a/ronomiques1 il dit avec motion3 ,elle supporta mes dfauts et contribua les dim9u]4 ,si cdant son premi] m\vem5t et p\ssant b\t ses avantages1 il accueillit plus d'une fois trop irrespectueusem5t les inju/es critiques de son matre et premi] protecteur ,lemonni]1 c'e/ qu'irrvr5cieux p> nature1 et discutant avec rudesse1 il p\vait s'emport] jusqu' la colre sans imag9] mettre en pril une amiti *ez lui s9cre et 9branlable1 et lorsqu'un j\r l'irascible vieill>d lui df5dit de rep>atre *ez lui p5dant une demi-rvolution des nuds de la lune1 c'e/--dire neuf ans1 il lui rpondit comme ,anti/hnes ,diogne3 ,v\s ne tr\v]ez pas de bton assez =t p\r m'loign] de v\s4 ,incrdule enf9 et irrligieux avec passion1 il n'hsita pas p5dant la ,t]reur ca*] dans son obs]vatoire plusieurs prtres dont la vie tait m5ace4 ,si l'on vi5t faire des re*]*es1 leur dit-il1 n\s v\s f]ons pass] p\r a/ronomes4 ,et comme ils hsitai5t3 ,ce ne s]a pas un m5songe1 reprit-il2 v\s v\s occupez du ciel autrem5t1 mais t\t autant que moi4 ,p+r1 religieux gnovfa9 et entr de bonne heure dans la congrgation des ,pres qui l'avai5t lev1 fut p5dant sa jeunesse trang] la sci5ce2 la ?ologie l'occupait t\t enti]4 ,accus de jansnisme et relgu comme pr(esseur de grammaire au collge de ,r\51 il apprit que l',acadmie des sci5ces et belles-lettres de la ville ne comptait pas un seul a/ronome1 et voyant une position honorable et utile pr5dre1 il aborda c\rageusem5t1 l'ge de tr5te-huit ans1 les premires tudes sci5tifiques4 ,l'obs]vation trs-exacte d'une clipse lui valut le titre de correspondant de l',acadmie des sci5ces de ,p>is4 ,nomm peu de temps aprs biblio?caire de ,sa9te-,g5evive1 il obt9t en mme temps le titre d'associ libre de l',acadmie1 le seul que d'aprs les rglem5ts pt alors obt5ir un religieux rguli]4 ,obs]vateur exact et calculateur infatigable1 ,p+r accepta1 p\r s]vir la sci5ce1 les missions les plus pnibles1 et son nom e/ s\v5t cit dans l'hi/oire des expditions de l',acadmie4 ,dans cette rapide numration des acadmici5s a/ronomes1 il s]ait inju/e d'omettre le nom de ,messi]4 ,messi] ne fut jamais =t savant dans la connaissance des ?ories a/ronomiques4 lve de ,delisle1 qui l'avait pris *ez lui et en quelque sorte adopt1 il faisait prs de lui non-seulem5t avec zle1 mais avec passion1 les obs]vations p\r lesquelles il n'tait pas beso9 d'une gr&e tude4 ,ses yeux de lynx1 piant *aque nuit la vote cle/e1 n'y laissai5t ri5 pass] inap]u4 ,il obs]va dix-sept comtes sur lesquelles treize dc\v]tes p> lui1 fur5t cep5dant t\j\rs calcules p> d'autres4 ,l'utilit et l'exactitude de ces travaux faciles et subalt]nes mritr5t leur auteur une clbrit europenne1 et l',acadmie1 aprs l'avoir longtemps c>t comme con/amm5t trang] aux ?ories et aux m?odes ma?matiques1 fut entrane enf9 p> l'op9ion des a/ronomes lui confr] le titre d'adjo9t4 ,la rvolution tr\va ,messi] son obs]vatoire de l'htel de ,cluny et ne l'y drangea pas4 ,priv de ses mode/es appo9tem5ts1 il supporta /oquem5t la misre4 ,delambre l'a vu plus d'une fois v5ir *]*] de l'huile *ez ,lal&e p\r ses obs]vations de la nuit4 ,au plus =t de la ,t]reur il dc\vrit une comte4 ,les a/ronomes disp]ss ne p\vai5t lui en calcul] l'orbite2 il songea au prsid5t de ,s>on qui1 condamn dj p> le tribunal rvolutionnaire1 reut les obs]vations de ,messi] et employa les d]nires heures de sa vie en dduire les lm5ts de l'orbite4 ,passionn p\r les calculs numriques1 ,bo*>d de ,s>on1 depuis longtemps1 se *>geait avec joie des plus difficiles et r5dait de vritables s]vices aux a/ronomes4 ,ri*e et gnreux1 il n'p>gnait aucune dp5se p\r se procur] les meilleurs in/rum5ts et les meilleurs *ronomtres4 ,c'e/ lui qui fit imprim] ses frais1 en #aghd1 le premi] ouvrage de ,laplace1 fragm5t important dj de la ,mcanique cle/e1 dont il avait dev9 la haute porte4 ,de ,s>on1 p5dant la ,t]reur1 vcut dans une gr&e retraite1 en ne *]*ant qu' se faire oubli]4 ,mais il avait sign une prote/ation contre la dissolution du p>lem5t2 ce fut le crime qui le conduisit l'*afaud4 ,dionis du ,sj\r1 magi/rat comme ,s>on1 montra comme lui1 et avec de plus hautes aspirations sci5tifiques1 un dv\em5t s9cre et con/ant aux tudes a/ronomiques4 ,membre trs-actif et trs-influ5t du ,p>lem5t1 il sut1 sans nglig] aucun devoir1 j\] en mme temps dans la sci5ce un rle srieux et important4 ,abordant dans t\te leur complication les problmes les plus difficiles de l'a/ronomie physique1 il s'avanait dans les voies inexplores avec une pati5ce sans gale1 et si ses m?odes n'ont pu dev5ir classiques et df9itives1 elles re/5t nanmo9s comme d'+nieux ex]cices1 tmoignages inconte/ables du savoir le plus assur4 ,dionis du ,sj\r1 t\t en se faisant un nom considrable dans la sci5ce1 avait la bont1 dit quelque "p ,voltaire1 d'tre en mme temps conseill] au ,p>lem5t1 o l'on citait son savoir et sa droiture2 il tonnait ses confrres p> le nombre et la nettet des rapports qu'il p\vait faire sans fatigue4 ,libral et s5s1 il porta l',assemble nationale l'autorit de ses tal5ts et d'une rputation trs-mrite de puret et de ju/ice4 ,on l'avait beauc\p l\ s\s la mon>*ie d'avoir su1 malgr le texte =mel de la loi1 sauv] la vie d'un malheureux prtre c\pable de sacrilge4 ,ce pauvre homme1 =t grossi] de langage1 ayant eu de la pe9e faire entr] l'ho/ie dans l'o/5soir1 l'avait p\sse avec impati5ce en s'criant3 ,entre donc444 et aj\tant un mot que ,lal&e1 qui p\rtant se gne peu1 n'a pas os imprim]1 il fut ent5du1 dnonc1 et condamn mort4 ,heureusem5t il y avait appel1 et du ,sj\r tait de ,t\rnelle4 ,le jugem5t fut cass et l'accus1 r5voy devant l'autorit ecclsia/ique1 en fut quitte p\r une anne de retraite4 ,,les ,m,,canici5s ,,et ,,les ,,physici5s4 ,d',alemb]t et ,clairaut s]ont illu/res jamais dans l'hi/oire de la mcanique2 mais1 proccups seulem5t des pr9cipes et des gr&es lois de la sci5ce1 ils ont nglig et ignor peut-tre les secrets plus nombreux et non mo9s dlicats des applications pratiques et du dtail des mcanismes4 ,d'autres acadmici5s1 inv5teurs d'un autre g5re et diffremm5t +nieux1 reprs5tr5t con/amm5t cette bran*e de la sci5ce laquelle1 ds les premires annes de l',acadmie1 s'appliqur5t ,p]raut et de ,lahire4 ,amontons1 nomm lve l'ge de qu>ante ans1 et demeur tel jusqu' sa mort1 devait contribu]1 p> l'clat de ses dc\v]tes1 faire abolir ce titre qui1 en #agaf1 p> une dcision du ,rg5t1 fut remplac p> celui d'adjo9t4 ,amontons fut en effet1 p5dant sa c\rte c>rire1 un des acadmici5s les plus actifs1 et il sut se plac] p> l'importance des travaux accomplis1 comme p> la gr&eur de ceux qu'il mditait1 au nombre des plus considrables4 ,trs-curieux de t\tes les comb9aisons mcaniques1 et afflig d'une surdit presque complte qui1 en le sque/rant du comm]ce des hommes1 le laissait t\t enti] ses p5ses1 il avait comm5c bi5 jeune encore p> *]*] le m\vem5t p]ptuel2 il apprit1 en y travaillant1 les pr9cipes qui en dmontr5t l'impossibilit1 et ne t>da pas tudi] srieusem5t t\tes les sci5ces spculatives et exprim5tales4 ,ses premires relations avec l',acadmie dat5t de l'anne #afhd2 g alors de v+t-quatre ans1 il lui prs5ta un n\vel hygromtre qui fut appr\v4 ,il proposa plus t>d un !rmomtre et une clepsydre d'une con/ruction complique et dont le pr9cipe n'avait ri5 de n\veau4 ,ses travaux les plus importants sont po/rieurs sa nom9ation comme lve4 ,amontons avait eu1 aprs ,huygh5s et ,pap91 l'ide d'emprunt] l'action du feu la =ce motrice des ma*9es4 ,on aurait1 disait-il1 l'avantage de p\voir cess] et int]rompre le travail qu& on veut1 sans demeur] *>g du so9 et de la n\rriture des *evaux et de n'en pas support] la p]te et le dprissem5t4 ,huygh5s proposait d'employ] la =ce de la p\dre1 et ,pap9 faisait agir la vapeur d'eau4 ,amontons eut rec\rs la =ce la/ique de l'air *auff1 dont les lois alors trs-n\velles fur5t1 en p>tie au mo9s1 nonces p> lui s\s une =me lgante et exacte4 ,il con/ata d'abord que la *aleur de l'eau b\illante peut accrotre la t5sion de l'air jusqu' un c]ta9 degr1 qui ne peut ensuite tre dpass2 il en conclut que la temprature de l'bullition e/ con/ante4 ,c'tait un fait considrable1 dont l'tude devait avoir les plus importantes consqu5ces1 mais qui1 mal int]prt d'abord1 causa de gr&s emb>ras aux physici5s4 ,amontons a obs]v1 comme il e/ vrai1 que l'accroissem5t de pression d'un volume donn d'air *auff la temprature de l'eau b\illante e/ proportionnel la pression primitive1 dont elle e/ environ le ti]s4 ,cette loi e/ exacte1 t5due t\tes les tempratures1 et comb9e avec celle de ,m>iotte1 elle quivaudrait la loi de la dilatation des gaz s\s pression con/ante1 dmontre de nos j\rs p> les expri5ces plus exactes de ,gay-,lussac et p> celles de ,,mm4 ,rudb]g et ,regnault4 ,amontons utilise1 dans sa ma*9e1 l'ef=t de l'air *auff1 p\r lev] de l'eau dont le poids fait ensuite t\rn] la r\e4 ,p\r exam9] le travail que l'on peut a9si produire1 il comm5ce p> dt]m9] celui dont un *eval e/ capable1 et qui e/1 suivant lui1 une =ce de soixante livres dveloppe avec une vitesse d'une lieue l'heure4 ,c'e/ d'aprs cette df9ition qu'il assigne sa ma*9e une =ce de dix *evaux1 sans song] qu'une autre apprciation1 celle du combu/ible consomm1 s]ait indisp5sable p\r en faire jug] la valeur4 ,amontons s'e/ occup aussi de la ?orie du frottem5t2 il a tr\v que cette rsi/ance e/ proportionnelle la pression et indp5dante de l't5due des surfaces en contact4 ,il le pr\vait p> une expri5ce aussi simple qu'+nieuse3 que l'on place sur un mme plan incl9 diffr5ts corps de poids 9gaux reposant sur des surfaces de mme nature1 mais d't5due diffr5te1 si l'incl9aison du plan e/ faible1 ils re/]ont t\s immobiles2 mais1 que l'on vi5ne l'accrotre en abaissant le plan aut\r d'une *>nire horizontale1 comme on fait au c\v]cle d'un pupitre que l'on f]me1 les corps gr&s ou petits1 *>gs ou non de poids trang]s1 se mettront t\t c\p et t\s ensemble gliss]1 surmontant en mme temps la rsi/ance du frottem5t1 gale p\r *acun d'eux1 cet in/ant1 la composante de la pesanteur qui les p\sse et qui1 proportionnelle la pression1 ne dp5d en ri5 de l't5due des surfaces4 ,cette loi si simple tait contraire aux ides reues p> t\s les mcanici5s4 ,de ,lahire l'accepta1 et p\r en donn] une preuve plus nette encore1 s9on plus c]ta9e1 il opra1 comme ,c\lomb devait le faire plus t>d1 sur de petits *>iots 9galem5t *>gs et entrans le long d'un plan horizontal p> l'int]mdiaire d'une p\lie et l'aide d'un poids qui1 lors du d"p1 se tr\vait t\j\rs exactem5t proportionnel la pression4 ,malgr ces deux dmon/rations1 dont l'accord n'aurait d lui laiss] aucun d\te1 l',acadmie ne fut pas conva9cue1 et ,amontons ne russit pas satisfaire ses contradicteurs4 ,si l'on opre1 lui disait-on1 sur un gr& nombre de feuilles de papi] sup]poses horizontalem5t1 et dont la d]nire supporte un lg] poids qui la presse sur les autres1 on p\rra1 sans gr& ef=t1 retir] une des feuilles sans t\*] aux autres en surmontant le frottem5t des feuilles vois9es2 mais1 si l'on pr5d la fois un gr& nombre de feuilles non conscutives1 on pr\v]a1 en v\lant les retir] t\tes ensemble1 une rsi/ance beauc\p plus gr&e2 la pression1 disait-on1 e/ cep5dant t\j\rs la mme1 et la surface totale sur laquelle elle s'ex]ce a seule *ang4 ,quoique l'objection repose sur une ass]tion inexacte et que la pression totale1 gale la somme des pressions supportes p> *aque feuille1 croisse videmm5t avec leur nombre1 ,amontons ne rpondit pas trs-nettem5t1 et l',acadmie1 habituellem5t mo9s timide1 laissa son excell5t travail dans les procs-v]baux manuscrits1 o il se tr\ve encore1 sans lui accord] place dans les mmoires imprims4 ,malgr t\tes les preuves et les rem>ques de ,m4 ,amontons qui avai5t1 dit ,font5elle1 dans le volume de #agjc1 mis son sy/me dans un assez beau j\r1 n\s sommes obligs d'av\] ici au public que l',acadmie n'e/ pas ple9em5t p]suade2 elle conv5ait bi5 que la pression tait considr] dans les frottem5ts et s\v5t seule considr]1 mais elle n'en p\vait absolum5t exclure1 comme ,m4 ,amontons1 la considration des surfaces4 ,on v\lut1 aj\te ,font5elle1 f9em5t son ord9aire1 p\ss] cette matire jusqu' la mtaphysique et all] *]*] dans les premires notions ce qu'il en fallait p5s]4 ,la mtaphysique1 en p>eille matire1 e/ faite p\r t\t embr\ill] et p\r pr\v] t\t ce qu'on veut4 ,ses conclusions1 favorables ,amontons1 ne p]suadr5t pas1 bi5 ent5du1 ceux que l'expri5ce n'avait pu conva9cre4 ,amontons enf9 et c'e/ un titre considrable1 a eu la premire ide du tlgraphe ari52 son inv5tion1 sur laquelle il n'a ri5 crit1 e/ raconte a9si p> ,font5elle3 ,peut-tre ne pr5dra-t-on que p\r un jeu d'esprit1 mais du mo9s trs-+nieux1 un moy5 qu'il inv5ta de faire savoir t\t ce qu'on v\drait une trs-gr&e di/ance1 p> exemple de ,p>is ,rome1 en trs-peu de temps1 comme en trois ou quatre heures1 et mme sans que la n\velle ft sue dans t\t l'espace d'entre-deux4 ,cette proposition1 si p>adoxale et si *imrique en app>5ce1 fut excute dans une petite t5due de pays1 une fois en prs5ce de ,monseigneur et une autre en prs5ce de ,madame2 le secret consi/ait dispos] dans plusieurs po/es conscutifs des g5s qui1 p> des lunettes de longue vue1 ayant ap]u c]ta9s signaux du po/e prcd5t1 les transmiss5t au suivant1 et t\j\rs a9si de suite2 et ces diffr5ts signaux tai5t autant de lettres d'un alphabet dont on n'avait le *iffre qu' ,p>is et ,rome4 ,la plus gr&e porte des lunettes faisait la di/ance des po/es dont le nombre devait tre le mo9dre qu'il ft possible2 et comme le second po/e faisait des signaux au troisime mesure qu'il les voyait faire au premi]1 la n\velle se tr\vait porte de ,p>is ,rome1 presque en aussi peu de temps qu'il en fallait p\r faire les signaux ,p>is4 ,le pre ,sba/i5 ,tru*et fut l'un des honoraires nomm en #afii4 ,son humble naissance et sa qualit de frre d'un ordre m5diant ne semblai5t pas l'appel] figur] dans cette classe rs]ve aux gr&s seigneurs1 mais son gnie p\r la mcanique le r5dait ncessaire l',acadmie4 ,on lui avait donn1 en le faisant membre honoraire1 la seule place qu'il pt occup]1 c> le rglem5t1 on ne sait trop dans quel b1 int]disait l'entre des sections aux religieux rguli]s4 ,c'e/ surt\t dans la con/ruction de ma*9es curieuses1 et en quelque sorte d'amusem5ts mcaniques1 que le gnie crateur du pre ,sba/i5 fit p>atre ses plus belles inv5tions4 ,son habilet dans l'horlog]ie l'avait fait connatre de ,colb]t4 ,*>les ,,ii d',anglet]re ayant envoy ,l\is ,,xiv les deux premires montres rptition que l'on et vues en ,france1 les ouvri]s anglais1 p\r ca*] le secret de leur con/ruction1 les avai5t f]mes sans laiss] le moy5 de les ouvrir2 elles eur5t beso9 de rp>ation1 et l'horlog] du roi1 craignant de les gt]1 refusa de s'en *>g]1 en indiquant un jeune homme de sa connaissance =t habile dans la mcanique1 et qui s]ait peut-tre plus h>di4 ,c'tait le pre ,sba/i51 qui les montres fur5t confies2 il les ouvrit en effet et les rp>a sans savoir qui elles app>t5ai5t4 ,colb]t v\lut le lui appr5dre lui-mme2 il le fit m&] un mat91 et aprs lui avoir conseill d'tudi] l'hydraulique1 dont les applications dev5ai5t ncessaires la magnific5ce du roi1 il lui accorda une p5sion de #fjj livres2 la premire anne1 suivant la c\tume du temps1 lui fut paye le mme j\r4 ,le pre ,sba/i51 p]suad que la mcanique ti5t t\tes les sci5ces1 ou p\r p>l] mieux1 que t\tes les sci5ces sont unies1 s'occupa de gomtrie1 d'anatomie et de *imie1 et dev9t un digne membre de l',acadmie des sci5ces1 mais il n'crivit ri5 sur ses inv5tions2 cont5t de les excut] et t\j\rs prt donn] ses conseils *aque fois qu'on les lui dem&ait1 il ne cessa jamais de s'appliqu] aux comb9aisons +nieuses qui avai5t p\r lui tant de *>mes1 et fut mme admis plusieurs fois l'honneur de faire admir] au roi les amusantes m]veilles de son gnie inv5tif4 ,le gnie de ,vaucanson ressemblait =t celui du pre ,sba/i54 ,passionn p\r les amusem5ts mcaniques1 il y appliqua avec un art accompli et une adresse jusque-l inconnue t\tes les ress\rces de la sci5ce la plus exacte4 ,fcond ds son jeune ge en inv5tions de t\te sorte1 t\t tait p\r lui occasion de con/ruire des app>eils mcaniques ou d'en p]fectionn]4 ,son ardeur1 pe9e rprime un in/ant p> la volont pat]nelle1 rsi/a la m5ace d'une lettre de ca*et1 et ds l'ge de v+t ans1 rompant ouv]tem5t t\tes les entraves1 il prs5tait l',acadmie son automate j\eur de flte4 ,la popul>it rapidem5t acquise p> les m]veilleuses inutilits o s'tait rvl son gnie fut lo9 d'tre accrue p> de plus utiles et plus srieux travaux4 ,vaucanson a p]fectionn et t5du l'usage des ma*9es fabriqu] la soie4 ,les ouvri]s de ,lyon1 inquiets des consqu5ces de son inv5tion1 le p\rsuivir5t un j\r c\ps de pi]res4 ,sa v5geance fut +nieuse et digne de lui4 ,consult sur le ma9ti5 de c]ta9s privilges ju/ifis1 disait-on1 p> l'intellig5ce et l'habilet ncessaires aux ouvri]s en soie1 il montra p\r rponse une ma*9e avec laquelle un ne1 qu& on l'y attelait1 avait l'indu/rie ncessaire p\r fabriqu] une t(fe aux plus ri*es dess9s4 ,passionn jusqu' son d]ni] j\r p\r l'tude des ma*9es1 ,vaucanson avait =m *ez lui et ses frais un vritable muse de mcanique qui1 lgu l'tat1 a t l'orig9e et le premi] fonds de la ri*e collection des arts et mti]s4 ,pitot-,delauney avait compris les vrais pr9cipes de la ?orie des ma*9es et savait les oppos] avec dcision aux inv5teurs *imriques qui sollicitai5t sans cesse l'approbation de l',acadmie4 ,sans avoir pntr les ?ories les plus difficiles de l'analyse1 il avait acquis p> ses lectures une in/ruction ma?matique trs-solide1 s9on trs-t5due1 et ses re*]*es longtemps classiques sur les lois du m\vem5t des eaux et sur la rsi/ance des fluides ont t considres comme fondam5tales4 ,pitot s'tait in/ruit seul2 absolum5t rebelle dans son enfance aux tudes littraires1 il avait russi1 malgr les so9s de ses p>5ts1 ne ri5 appr5dre jusqu' l'ge de v+t ans4 ,un livre de gomtrie r5contr p> has>d1 et dont les figures piqur5t sa curiosit1 lui rvla sa vocation4 ,il tudia les sci5ces avec ardeur1 dev9t a/ronome et mcanici51 sut mrit] l'e/ime et la protection de ,raumur1 qui l'employa dans son laboratoire de *imie et dont l'influ5ce lui fit obt5ir l',acadmie une place d'adjo9t p\r la mcanique4 ,de nombreux travaux insrs *aque anne dans les recueils de l',acadmie ju/ifi5t ple9em5t ce *oix1 sans donn] la sci5ce un notable accroissem5t4 ,mais ,pitot tait un homme de pratique et d'action1 et qu& l'ge de qu>ante-c9q ans1 sur la lecture de l'un de ses mmoires1 les tats de ,langu$oc l'appelr5t ralis] les projets qu'il y nonait1 ,pitot se tr\va t\t c\p un +nieur de premi] ordre1 dont les uvres cites encore auj\rd'hui sont montres comme des modles4 ,p]ronnet a pris peu de "p aux travaux de l',acadmie des sci5ces4 ,c'e/ ailleurs surt\t que son nom e/ re/ illu/re et vnr4 ,il fut le fondateur de l'cole des ponts et *ausses1 et le li5 vritable entre les membres d'un corps dont l'esprit qu'il a inspir lui a survcu sans s'affaiblir4 ,il apporta nanmo9s l',acadmie1 avec l'autorit de son nom1 une =ce relle dans l'tude des que/ions relatives aux travaux publics4 ,s\s le titre de directeur du bureau des gographes et dess9ateurs des plans1 des gr&es r\tes et *em9s du royaume1 ,p]ronnet avait pris peu peu la direction de t\t le p]sonnel subalt]ne des ponts et *ausses1 en rp&ant dans t\t le royaume1 p> des exam5s et des conc\rs imposs t\s1 l'esprit et les tudes de son cole de ,p>is4 ,les tudiants de prov9ce p\vai5t alors1 plus aism5t qu'auj\rd'hui1 lutt] sans dsavantage contre les concurr5ts de ,p>is4 ,on ne recevait pas l'cole des ponts et *ausses de leons proprem5t dites2 les lves les plus habiles in/ruisai5t les autres1 et p\r les y aid]1 ,p]ronnet leur all\ait la trs-petite somme ncessaire p\r pay] un rptiteur *oisi p> eux1 dont ils r$isai5t les leons leurs cam>ades4 ,un membre honoraire de l',acadmie1 ,truda9e1 tait alors le *ef (ficiel du corps des ponts et *ausses4 ,les confr5ces qu'il in/itua *ez lui dev9r5t peu peu un conseil rguli]4 ,p]ronnet1 t\j\rs occup de son cole1 y tr\va la meilleure occasion d'en vivifi] l'enseignem5t1 en *>geant les lves de lire et de vrifi] les projets des +nieurs de prov9ce1 et jugeant p> leurs obs]vations la rectitude et la porte de leur esprit1 il rmunrait1 suivant leur importance1 les rem>ques utiles et judicieuses4 ,lorsque l'influ5ce acquise dans ce conseil l'leva au plus haut grade de son corps1 celui de premi] +nieur1 il v\lut cons]v] jusqu' la f9 de sa c>rire la direction de l'cole qu'il avait fonde4 ,il e/ peu de membres dans l'anci5ne ,acadmie1 au nom desquels s'atta*e une clbrit mieux mrite que celle de ,c\lomb4 ,esprit clair et vig\reux1 habile suivre sans aucun dt\r la trace simple et droite de la vrit1 t\s ses travaux1 excell5ts et df9itifs1 sont rem>quables la fois p> l'importance du b1 la solide simplicit des moy5s employs et la nettet des rsultats jamais acquis la sci5ce4 ,employ d'abord aux travaux de la ,m>t9ique1 puis ceux du port de ,ro*e=t1 comme (fici] du gnie1 ,c\lomb re/a longtemps loign de l',acadmie4 ,a l'ge de tr5te ans1 il n'avait pas tr\v une seule fois la tranquillit ncessaire de gr&s travaux sci5tifiques1 mais il avait beauc\p vu et bi5 vu4 ,son gnie1 mri p> la rflexion1 p\vait1 en abordant les que/ions les plus difficiles1 les suivre lo9 et les trait] de haut4 ,le savoir de ,c\lomb1 qui n'app>at que qu& il le faut1 se tr\ve la hauteur de *aque preuve et dans l'application du calcul ma?matique l'art de l'+nieur1 ses dmon/rations1 p\r tre simples et lm5taires1 n'en p>aiss5t que plus pntrantes et plus =tes4 ,un mmoire sur le vol des oiseaux1 insr dans le ,recueil des ,savants trang]s1 prs5te des rsultats curieux et importants1 dont la dmon/ration =t lm5taire ne p]met pas d'objections srieuses4 ,l'objet de l'auteur1 dis5t les commissaires ,monge et ,bossut1 e/ de pr\v] que non-seulem5t les =ces des hommes sont insuffisantes p\r imit] le vol des oiseaux et s\t5ir ce travail p5dant un c]ta9 temps1 mais mme qu'il e/ impossible qu'un homme puisse s'lev] dans l'air p> la raction de ce fluide contre des ailes4 ,ce mmoire1 dis5t en t]m9ant les commissaires1 conti5t des re*]*es trs-+nieuses1 les rsultats qu'on y tr\ve sont trs-curieux en eux-mmes et peuv5t tre utiles en ce qu'ils sont p>ticulirem5t propres dt\rn] d'entreprises non-seulem5t va9es mais mme prilleuses2 n\s croyons qu'il mrite l'approbation de l',acadmie et d'tre imprim dans le recueil des mmoires des savants trang]s4 ,l'auteur e/ conduit conclure que ce ne s]ait qu'avec des ailes de tr5te ou qu>ante mille pi$s c>rs que l'on p\rrait imit] le vol des oiseaux et qu'on peut le reg>d] comme physiquem5t impossible4 ,les travaux qui suivir5t sont de plus haute porte1 et la balance de torsion1 comm5cem5t et modle des app>eils de prcision en physique1 fut l'in/rum5t1 presque p>fait ds sa naissance1 de la dc\v]te des lois physiques les plus importantes4 ,les lois de la torsion des fils et leur application la mesure des plus petites =ces e/ l'une des gr&es dc\v]tes de ,c\lomb4 ,il ne t>da pas en dduire la loi jusque-l ca*e des attractions lectriques et magntiques1 et p> des procds admirablem5t prcis1 le mode de di/ribution de l'lectricit la surface des corps1 dont tr5te ans plus t>d les travaux de ,poisson devai5t confirm] l'exactitude en en d\blant l'importance4 ,borda1 d'abord (fici] du gnie comme ,c\lomb1 mrita p> plusieurs bons travaux une place d'associ dans la section de mcanique4 ,autoris1 malgr les rglem5ts et l'opposition trs-vive du corps1 entr] dans la m>9e l'ge de tr5te-quatre ans1 il y fut *>g de comm&em5ts importants1 et sut associ] sans rel*e les travaux sci5tifiques aux devoirs de sa pr(ession4 ,borda tait le reprs5tant naturel de l',acadmie dans les expditions de/9es l'preuve des montres m>9es4 ,il fit dans ce b1 avec ,m4 de ,v]dun et ,p+r1 un voyage dans lequel1 l>gissant leurs programmes1 les savants collaborateurs t5dir5t leurs re*]*es l'tude de t\s les in/rum5ts sci5tifiques utiles la navigation4 ,borda avait comme ,c\lomb un esprit sagace et gomtrique1 qui1 proccup surt\t des applications1 se s]vait comme lui des ?ories les plus hautes p\r y pntr] plus srem5t et plus lo94 ,trs-habile dans l'usage et la con/ruction des in/rum5ts1 il a inv5t le c]cle rptiteur qui1 p> un artifice aussi simple qu'+nieux1 peut1 mme avec des limbes imp>faitem5t gradus1 port] la mesure des angles la d]nire prcision4 ,huygh5s *ez qui1 p> une m]veilleuse exception1 t\s les tal5ts semblai5t runis et dont le nom re/e uni une loi fondam5tale et classique1 reprs5tait dignem5t dans l'anci5ne ,acadmie l'tude exprim5tale de la physique4 ,la rputation dj considrable de ,m>iotte le fit appel] l',acadmie =t peu de temps aprs sa fondation2 il savait s'incl9] devant le gnie d',huygh5s1 sans jamais s\mettre son jugem5t et sacrifi] son orig9alit4 ,capable de jug] p> lui-mme et d'en appel] l'expri5ce1 s'il ne *oisit pas t\j\rs le meilleur p>ti1 il se dcide dans les que/ions les plus difficiles1 p> des raisons t\j\rs +nieuses1 s\v5t concluantes et n\velles4 ,le trait de ,m>iotte sur la nature de l'air e/ un *ef-d'uvre3 vritablem5t inv5teur1 il sait tre trs-n\veau1 sans cess] d'tre simple1 dans ces que/ions que trois hommes illu/res1 ,toricelli1 ,pascal et ,boyle1 semblai5t avoir rcemm5t puises4 ,dans un crit sur la p]cussion des corps1 ,m>iotte propose aussi des vues +nieuses et exactes sur les actions successives de plusieurs billes en contact *oques p> une ou plusieurs b\les de mme dim5sion1 et plus d'un pr(esseur auj\rd'hui encore p\rrait tudi] avec pr(it l'excell5te analyse qu'il en a donne4 ,des erreurs =t graves se tr\v5t1 l comme ailleurs1 mles1 il e/ vrai1 la vrit1 et l'on n\s p>donn]a de pr\v]1 p> une citation1 l'ignorance de ,m>iotte en ma?matiques4 ,les lois de la *ute des corps1 si bi5 dmontres p> ,galile1 ne lui p>aiss5t ni exactes ni possibles2 et aprs en avoir propos d'autres1 suivant lesquelles un corps ab&onn lui-mme pr5d in/antanm5t une vitesse f9ie1 ,m>iotte aj\te3 ,galile a fait quelques raisonnem5ts assez vraisemblables p\r pr\v] qu'au premi] mom5t qu'un poids comm5ce tomb] sa vitesse e/ plus petite qu'aucune qu'on puisse dt]m9]2 mais ses raisonnem5ts sont fonds sur les divisions l'inf9i tant des vitesses que des espaces passs et des temps des *utes1 qui sont des raisonnem5ts trs-suspects1 comme celui que les anci5s faisai5t p\r pr\v] qu',a*ille ne p\rrait jamais attrap] une tortue1 auquel raisonnem5t il e/ difficile de rpondre et d'en donn] la solution2 mais on en dmontre la fausset p> l'expri5ce et p> d'autres raisons plus faciles concevoir4 ,a9si l'on object]a ,galile que les raisonnem5ts ci-dessus1 qui sont faciles concevoir et qui sont beauc\p plus clairs que les si5s1 qu'il a fonds sur les divisions l'inf9i1 qui sont inconcevables1 et sur c]ta9es rgles de l'acclration de la vitesse des corps1 qui sont d\teuses1 c> on ne peut savoir si le corps tombant ne passe pas p> un petit espace sans acclr] son premi] m\vem5t cause qu'il faut du temps p\r produire la plup>t des effets naturels1 comme il p>at qu& on fait pass] du papi] au trav]s d'une gr&e flamme avec une gr&e vitesse sans qu'il s'allume1 et p> consqu5t on doit prfr] les raisonnem5ts ci-dessus ceux de ,galile4 ,m>iotte ignorait1 on le voit assez1 l'ess5tiel de la gomtrie1 et le /yle prcis et s]r de la langue algbrique lui semble obscur et incomprh5sible4 ,mais dans t\s ses crits1 on peut le dire1 le s5s le plus droit et le plus f9 remplace1 avec succs s\v5t1 p>fois avec gnie1 cet in/rum5t puissant qui lui manque1 et dont t\tes les rgles de la logique sur lesquelles ,m>iotte a crit un trait1 ne sont1 p\r qui le possde1 qu'un comm5taire intuitif et sans v]tu4 ,malgr les beaux travaux de ,sauveur sur l'ac\/ique et plusieurs expri5ces d',amontons sur le frottem5t et sur la *aleur1 les savants1 dans les premires annes du ,,xviiie sicle1 semblai5t r5onc] l'espoir de pntr] plus avant dans les secrets du monde physique4 ,le clbre ,montesquieu disait1 en #agag1 la sance de r5tre de l',acadmie de ,bordeaux3 ,les dc\v]tes sont dev5ues bi5 r>es et il semble qu'il y ait une sorte d'puisem5t dans les obs]vations et dans les obs]vateurs4444 ,la nature1 aprs s'tre ca*e p5dant tant d'annes1 se montra t\t c\p dans le sicle pass1 mom5t bi5 favorable p\r les savants d'alors1 qui vir5t ce que p]sonne avant eux n'avait vu4 ,on fit dans ce sicle tant de dc\v]tes qu'on peut le reg>d] non-seulem5t comme le plus florissant1 mais encore comme le premi] ge de la philosophie qui1 dans les sicles prcd5ts1 n'tait pas mme dans son enfance4 ,c'e/ alors qu'on mit au j\r des sy/mes1 qu'on dveloppa des pr9cipes1 qu'on dc\vrit ces m?odes si fcondes et si gnrales4 ,n\s ne travaillons plus que d'aprs ces gr&s philosophes2 il semble que les dc\v]tes d' prs5t ne soi5t qu'un hommage que n\s leur r5dons et un humble aveu que n\s t5ons t\t d'eux4 ,n\s sommes presque rduits pleur]1 comme ,alex&re1 de ce que nos pres ai5t t\t fait et n'ont ri5 laiss notre gloire4 ,ils avai5t beauc\p laiss au contraire4 ,l'ass\pissem5t dont se pla9t ,montesquieu devait tre suivi du plus brillant rveil1 et l'arbre immortel qu'il croyait dess* n'avait pas encore donn ses plus beaux fruits4 ,gomtre et a/ronome en mme temps que physici51 *ef vritable d'une expdition clbre dans laquelle1 sans s'c>t] jamais du b1 il s'e/ montr obs]vateur att5tif et sagace de t\s les phnomnes de la nature1 ,b\gu] doit tre compt p>mi les membres illu/res de l',acadmie des sci5ces4 ,le pre de ,b\gu]1 pr(esseur de ma?matiques et de navigation au ,croisic1 le de/9ait la mme c>rire et lui enseigna la gomtrie ds sa premire enfance4 ,le jeune ,b\gu]1 pr(esseur l'ge de seize ans1 cont9ua au ,croisic1 puis au ,havre1 de pr(ondes tudes sur t\tes les p>ties de la sci5ce4 ,les prix fonds p> ,m4 de ,meslay excitr5t son ardeur et l',acadmie c\ronna successivem5t trois de ses mmoires1 sur la mture des vaisseaux1 sur les obs]vations en m] et sur l'aiguille aimante4 ,dans un ouvrage considrable de ,b\gu]1 publi la mme poque1 sur la gradation de la lumire1 la sci5ce ma?matique la plus pr(onde et la plus sage dirige et int]prte les expri5ces les plus dlicates4 ,b\gu]1 dans cet ouvrage1 a cr une des bran*es de la physique3 la photomtrie4 ,b\gu] a propos un micromtre fond sur un pr9cipe extrmem5t n\veau et que son emploi commode p\r dt]m9] le diamtre app>5t du soleil a fait nomm] hliomtre4 ,le livre de ,b\gu] sur la figure de la t]re e/ re/ cep5dant son uvre capitale4 l>gissant la t*e que l',acadmie lui avait confie1 ,b\gu] montre1 sur les sujets les plus div]s1 la solidit de son savoir et l'indu/rie de son esprit4 ,cet excell5t ouvrage1 excita d'inju/es rclamations qui1 rep\sses avec aigreur1 eng5drr5t d'int]m9ables qu]elles dont ,lacondam9e et ,b\gu] fatigur5t p5dant plus de dix ans l',acadmie et le public4 ,b\gu] avait raison au fond2 mais les attaques enj\es et les f9es raill]ies de son irrconciliable adv]saire attirai5t assez l'att5tion et tr\vai5t assez de crance p\r attri/] srieusem5t les d]nires annes de l'illu/re et excell5t physici54 ,curieux comme ,b\gu] des vrits de la physique et aussi exact qu'+nieux obs]v]1 ,dufay fut un acadmici5 ple9 de zle et vritablem5t digne de ce nom4 ,v\ d'abord la c>rire des armes1 il y r5ona jeune encore en emportant1 avec l'e/ime de t\s1 de puissantes et *audes protections4 ,les premi]s travaux de ,dufay excuts p5dant les loisirs de sa vie militaire ne se ress5t5t pas d'un tel p>tage1 et qu&1 au sortir du camp1 l',acadmie lui ouvrit immdiatem5t ses portes1 il t5ait rang dj p>mi les hommes considrables de la sci5ce4 ,curieux de t\tes les sci5ces la fois1 il a laiss1 dans presque t\tes1 la trace d'un esprit droit et clair4 ,dufay a donn d'excell5ts mmoires sur les sujets les plus div]s4 ,l'lectricit lui doit l'hypo?se des deux fluides lectriques4 ,il a tudi la d\ble rfraction avec plus de so9 et de prcision que ses devanci]s4 ,son mmoire sur la phosphoresc5ce1 prcd d'une introduction hi/orique aussi savante que judicieuse1 a acquis rcemm5t une importance inatt5due4 ,m4 ,e4 ,becqu]el1 en t5dant excellemm5t et au del de t\te limite prvue les faits s+uli]s qu'il rapporte1 y a montr une loi gnrale de la nature dont l'hi/oire devra m5tionn] jamais le nom de ,dufay4 ,si des expri5ces trs-exactes n'ont pas rvl ,dufay l'explication vritable de la rose1 c'e/ que1 mal pos p> ses devanci]s1 le problme aurait exig la connaissance anticipe de la ?orie des vapeurs4 ,quelle e/ l'orig9e de la rose8 ,e/-ce le ciel qui la v]se ou le sol qui la produit8 ,ces deux hypo?ses sont les seules possibles et c'e/ entre elles qu'il faut *oisir4 ,tel e/ le dilemme inexact qui1 p5dant plus d'un sicle1 a g> les physici5s1 et dont ,dufay lui-mme n'a pas su se dgag]4 ,aprs avoir pr\v que la rose ne tombe pas du ciel1 ,dufay se montra trop prompt en conclure qu'elle s'lve p> consqu5t de la t]re4 ,la consqu5ce n'e/ pas rig\reuse1 autant vaudrait dire que1 dans les j\rs d'hiv]1 le givre qui se dpose l'intrieur de nos app>tem5ts1 sur les vitres des f5tres1 s'lve ncessairem5t du plan*] de la *ambre p>ce qu'il ne desc5d pas du plafond4 ,la rose nat dans l'air1 t\te hauteur et p>t\t o un corps suffisamm5t refroidi fait cond5s] la vapeur qui s'y tr\ve dissm9e4 ,dufay obt9t en #agcb1 avec le titre de sur9t5dant du ,j>d9 des ,plantes1 t\tes les prrogatives de ses prdcesseurs4 ,son adm9i/ration bi5veillante sans p>tialit et att5tive aux intrts de la sci5ce1 releva bi5tt l'tablissem5t =t amo9dri entre les ma9s nglig5tes1 et despotiques p\rtant1 du successeur de ,fagon4 ,*irac1 premi] mdec9 du roi1 avait reu la direction du ,j>d9 comme une dp5dance de sa *>ge4 ,infrieur ,fagon p> la sci5ce1 il l'tait surt\t en dv\em5t et en zle4 ,jal\x de t\s ses droits et imprieusem5t att5tif aux dtails1 il v\lait tran*] les que/ions p> lui-mme1 jusque-l qu'aucune plante ou gra9e ne p\vait tre donne ou reue que p> lui2 dev5u a9si le pr9cipe et le c5tre de t\tes les affaires du ,j>d91 il se laissa absorb] p> une cli5tle t\j\rs croissante et son incurie laissait t\t prir1 lorsque =t heureusem5t ,dufay lui succda4 ,l'tude de l'hi/oire naturelle dev5ait p\r l'habile physici5 une sorte de devoir1 mais curieux de cont5t] son esprit1 non de dirig] celui des autres1 il laissait *acun t\te sa lib]t4 ,on lui doit plusieurs obs]vations sur la salam&re et sur la s5sitive4 ,un prjug =t anci5 attribue la salam&re la facult de vivre dans le feu4 ,maup]tuis1 p\r en faire ju/ice1 avait jug utile de jet] plusieurs salam&res au milieu d'un brasi] ard5t1 il les vit s'y consum] et se rduire en c5dres4 ,la dmon/ration tait suffisante2 ,dufay cep5dant crut la mettre dans un plus gr& j\r en pr\vant1 ce sont ses propres p>oles1 que non-seulem5t les salam&res ne viv5t pas dans le feu1 mais que t\t au contraire elles viv5t dans l'eau glace p> le froid o elles ont gel4 ,la salam&re emprisonne dans un bloc de glace peut y demeur] plusieurs j\rs et survivre au dgel4 ,les deux frres de ,jussieu dev9r5t les amis de ,dufay et il suivit leurs sages conseils sans avoir l'ide cep5dant de propos] ,b]n>d p\r son successeur4 ,le titre d'int5dant1 dans les ides du temps1 ne p\vait conv5ir un homme aussi mode/e et si peu dispos frqu5t] les gr&s4 ,atte9t subitem5t p> la petite vrole et dans la prvision d'une mort pro*a9e1 ,dufay recomm&a au roi le jeune ,buffon1 qui n'avait alors aucun titre un tel *oix4 ,on sait assez qu'il en acquit depuis et que la sci5ce n'eut pas regrett] la d]nire inspiration de ,dufay4 ,l'abb ,nollet1 disciple de ,dufay comme physici51 a beauc\p contribu1 sans tre un inv5teur1 rp&re le gt des tudes et des expri5ces sci5tifiques4 ,dmon/rateur trs-adroit en mme temps que pr(esseur habile1 l'abb ,nollet1 p5dant plus de tr5te ans1 a enseign la physique avec un succs t\j\rs croissant4 ,c'e/ malheureusem5t p> une discussion dans laquelle il df5dait la mauvaise cause1 que son nom e/ surt\t re/ clbre4 ,l'influ5ce que lui donnait une rputation =t gr&e alors1 fut employe combattre l'emploi des p>atonn]res1 lorsqu'ils fur5t proposs p> ,frankl94 ,voici dans quels t]mes il en r5d compte dans un ouvrage qui1 lors de son app>ition1 en #ageb1 ne laissa pas de faire quelque bruit et qui a eu depuis plusieurs ditions3 ,un ,anglais1 nomm ,b5jam9 ,frankl91 habitant la ,p5sylvanie1 s'tant occup depuis quelques annes rpt] avec ses amis des expri5ces d'lectricit1 s'e/ =m sur cette matire des ides assez s+ulires1 la plup>t +nieuses et sduisantes au premi] abord2 il a *]* les appuy] sur des expri5ces et du t\t ensemble il a fait plusieurs crits qu'il a fait pass] ,londres en diss]tations4 ,aprs avoir rem>qu que la matire qui "p d'un corps lectris enfile plus aism5t et de plus lo9 la po9te d'une aiguille qu'un p>eil corps qui s]ait arrondi p> le b\t1 et reconnaissant d'ailleurs une c]ta9e analogie entre le tonn]re et l'lectricit1 il ose assur] que des v]ges de f] po9tues dresses en l'air s\s un nuage orageux tir]ai5t elles la matire de la f\dre et la f]ai5t pass] sans clat et sans dang] jusque dans le corps imm5se de la t]re o elle re/]ait comme absorbe4 ,la nature lectrique de la f\dre fut con/ate p\r la premire fois en ,france p> ,dalib>d et ,buffon1 qui obt9r5t d'un nuage orageux des effets extraord9aires et prodigieux1 mais ,frankl9 tait leur guide1 c'e/ lui qu'ils rapportai5t t\t l'honneur de la dc\v]te1 et ils invitai5t les curieux et les savants assi/] aux expri5ces de ,philadelphie4 ,ce s+uli] phnomne1 dit ,nollet1 ne fut pas plutt obs]v et vrifi1 que l'admiration monta jusqu' l'en?\siasme4 ,la plup>t de ceux qui l'apprir5t1 en se dissimulant l'norme di/ance qu'il y a entre le fait et les consqu5ces qu'on en v\lait tir]1 crur5t de bonne foi1 sur les p>oles de ceux qui le leur disai5t1 que les fluides du ciel s]ai5t dsormais en la puissance des hommes et que p\r se g>antir du tonn]re il suffirait de dress] des po9tes sur le sommet des difices4 ,quelques p]sonnes assurai5t d'un ton s9cre qu'un voyageur en rase campagne p\rrait s'en df5dre en mettant l'pe la ma9 contre la nue4 ,les g5s d'glise1 qui n'en port5t pas1 comm5ai5t se pla9dre de ne pas avoir cet avantage1 mais on leur a montr dans le livre de ,m4 ,frankl91 qui tait comme l'vangile du j\r1 qu'on p\vait suppler au p\voir des po9tes en laissant bi5 m\ill] ses habits1 ce qui e/ extrmem5t facile en temps d'orage4 ,l'opposition trs-loyale d'ailleurs de ,nollet ne p\vait t\ff] la gr&e dc\v]te de ,frankl94 ,l',acadmie des sci5ces1 quelque temps p>tage1 se rangea bi5tt du ct de la vrit et nomma ,frankl9 un de ses huit associs trang]s4 ,p5dant son sj\r ,p>is1 l'illu/re reprs5tant du n\veau monde assi/a plus d'une fois ses sances et prit mme "p ses travaux4 ,un rapport de lui sur l'tablissem5t d'un p>atonn]re p\r la fl*e de ,/rasb\rg se tr\ve encore dans les procs-v]baux4 ,,les ,,*imi/es4 ,la *imie1 p> une de/9e s+ulire1 a pass presque t\t c\p des tnbres au gr& j\r1 et son avnem5t subit au rang des sci5ces exactes fut peut-tre le plus gr& vnem5t sci5tifique du ,,xviiie sicle4 ,les membres de l',acadmie des sci5ces l'avai5t cultive sans int]ruption1 mais longtemps sans clat4 ,n\s avons dit ce qu'tait une analyse *imique la f9 du ,,xviie sicle et quelles oprations /riles1 s\v5t ridicules1 on r5contre s\s ce nom dans les premi]s regi/res de l',acadmie2 ct cep5dant de ces t5tatives ob/9es dans une mauvaise voie se plac5t des obs]vations importantes et des preuves relles de p]spicacit4 ,homb]g1 aprs la rorganisation de #afii1 fut1 p>mi les p5sionnaires1 le reprs5tant le plus m95t de la *imie4 ,n ,batavia1 o son pre1 g5tilhomme saxon ru9 p> la gu]re de ,tr5te ans1 tait all t5t] de relev] sa =tune1 il fut am5 jeune encore en ,europe et tudia avec gr& succs dans les univ]sits de ,holl&e et d',allemagne4 ,jurisconsulte1 a/ronome1 mcanici51 botani/e et mdec9 en mme temps que *imi/e1 ,homb]g excellait galem5t dans t\tes les tudes1 et celle de l'hbreu avait mme excit sa curiosit4 ,ses p>5ts1 *>ms p> tant de sci5ce et fi] de sa prcoce clbrit1 le pressr5t d'en tir] pr(it1 et de pr5dre p>ti p\r une position lucrative2 mais1 lo9 de suivre leurs conseils1 ,homb]g ne songeait qu' voyag] p\r s'in/ruire davantage4 ,il visita ,otto de ,gu]icke1 ,magdeb\rg2 vit les univ]sits de ,pad\e1 de ,bologne et de ,rome2 s'arrta en ,france2 en ,anglet]re1 o il travailla dans le laboratoire de ,boyle2 en ,holl&e1 o il tudia l'anatomie avec ,graff4 ,la div]sit de ses projets galait celle de ses tudes2 aprs plusieurs annes de voyage1 il prit ,wittemb]g le titre de docteur en mdec9e2 mais1 lo9 d'ex]c] sa pr(ession n\velle1 il p>tit bi5tt p\r visit] les m9es mtalliques de la ,bohme et de la ,hongrie2 il v\lut tudi] ensuite celles de ,sude1 et se r5dit ,/ockholm4 ,ces voyages n'tai5t pas /riles1 et les travaux de ,homb]g1 dats des contres les plus div]ses1 remplissai5t les j\rnaux sci5tifiques de l',europe4 ,colb]t1 t\j\rs dsireux d'accrotre l'clat de l',acadmie des sci5ces1 lui fit des (fres avantageuses2 il les accepta malgr sa famille et dev9t bi5tt le membre le plus actif de l',acadmie4 ,sa rputation d'habile *imi/e1 peut-tre aussi celle d'al*imi/e1 qu'il ne rep\ssait pas absolum5t1 le mir5t en relations avec le duc d',orlans1 qui1 lui aussi1 comme le dit ,sa9t-,simon1 aimait s\ffl]1 non p\r *]*] faire de l'or1 dont il se moqua t\j\rs1 mais p\r s'amus] des curieuses oprations de la *imie2 il se fit un laboratoire le mieux f\rni et le plus beau que la *imie et jamais vu1 et y attira ,homb]g1 auquel il donna le titre =t lucratif et =t envi de son mdec91 que celui-ci1 prfrant l',acadmie ses intrts1 n'accepta p\rtant qu' la condition d'tre disp5s du rglem5t qui1 cause de la rsid5ce ,v]sailles1 devait l'exclure de la compagnie4 ,entret5ant avec lui le comm]ce le plus intime1 il se plaisait suivre ses oprations et y pr5dre "p2 t\t cela trs-publiquem5t1 et il en raisonnait trs-volonti]s avec qui p\vait y pr5dre intrt4 ,homb]g1 de plus1 n\s dit ,sa9t-,simon1 tait un homme de gr&e rputation1 et n'en avait pas mo9s en probit et en v]tu qu'en capacit p\r son mti]2 la calomnie se fit p\rtant une arme t]rible de ces relations2 aprs la mort rapide et my/rieuse du ,dauph9 d'abord1 puis de la du*esse et du duc de ,b\rgogne1 on p>la de poison et non sans vraisemblance4 ,les s\pons s'levr5t jusqu'au duc d',orlans1 qui publiquem5t et grossirem5t outrag p> la populace1 supplia le roi de le faire entr] la ,ba/ille et d'y enf]m] ,homb]g avec lui1 en att5dant que t\t ft clairci2 le roi p]mit seulem5t1 aprs beauc\p d'in/ances1 qu',homb]g ft reu la ,ba/ille1 s'il allait s'y prs5t] lui-mme2 mais l'ordre ne fut pas donn1 et ,homb]g1 que ,voltaire appelle cette occasion1 et un peu au has>d sans d\te1 v]tueux philosophe et d'une c&eur extrme1 ne fut pas admis se ju/ifi]4 ,l'hi/oire ne m5tionne auj\rd'hui ces atroces s\pons que p\r les c>t] avec dda92 mais ils planr5t tri/em5t sur ,homb]g p5dant les quelques annes qu'il vcut encore4 ,les ,mmoires de l',acadmie conti5n5t un gr& nombre de travaux de ,homb]g1 presque t\s sur des po9ts de dtail4 ,il tait exprim5tateur +nieux et habile1 et la *imie lui doit un gr& nombre de faits n\veaux et bi5 obs]vs1 dont la ?orie devait lui *app] compltem5t1 comme ses contempora9s et ses successeurs immdiats4 ,le duc d',orlans possdait un miroir convexe d'une gr&e puissance1 c'e/--dire une l5tille1 avec laquelle ,homb]g fit de nombreuses expri5ces4 ,l'or mtallique1 la *aleur de ce miroir1 ne t>dait pas se fondre et se volatilis]1 il croyait mme le trans=m] en p>tie en un v]re violet1 f\rni1 sans d\te1 p> la matire du vase dans lequel il oprait et cont5ant peut-tre une petite quantit de silicate d'or4 ,la *aleur du soleil lui semble de nature autre que celle de nos foy]s4 ,c'e/1 suivant lui1 une matire simple1 dont les p>ties sont inf9im5t plus petites que celles du feu ord9aire1 et qui peut s'introduire dans les int]/ices o celui-ci ne peut pas entr]1 et avec lequel il a une autre diffr5ce1 c'e/ que l'air1 tant plus pesant que la flamme1 p\sse celle-ci1 selon les lois de l'quilibre des liqueurs1 sans quoi la flamme n'aurait aucun m\vem5t1 au lieu que le rayon du soleil e/ p\ss p> le soleil sans que l'air contribue en aucune manire son action4 ,les ,mmoires de l',acadmie conti5n5t de s+ulires ides de ,homb]g sur la nature de la *aleur4 ,on a dem&1 dit-il1 p\rquoi le fond d'un bass9 o l'eau b\t n'e/ po9t *aud du ct du feu1 au lieu qu'il s]ait *aud s'il n'y avait po9t d'eau3 cela ti5t ce que la matire de la lumire qui fait la *aleur a deux m\vem5ts1 l'un de t\s cts sphrique1 qui lui e/ naturel1 l'autre de bas en haut caus p> la pesanteur de l'air2 que1 p> le premi] m\vem5t1 elle pntre et enfle les corps en t\s s5s1 que1 p> le second1 elle hrisse leur surface en un s5s seulem5t1 que1 qu& l'eau e/ dans un bass9 sur le feu1 elle rprime et arrte en p>tie le m\vem5t sphrique de la matire subtile et l'te9t jusqu' un c]ta9 po9t1 mais qu'elle n'emp*e pas la direction de bas en haut et le hrissem5t de la surface1 et que1 p> consqu5t1 la surface ent\re demeure froide et p> consqu5t peu *aude4 ,ce passage1 qui semble une p>odie de la physique de ,desc>tes1 e/ un curieux spcim5 des ides ?oriques des hommes les plus m95ts de l'poque4 ,un autre mmoire de ,homb]g donn]a une ide assez exacte des m?odes employes alors p> les *imi/es et de la nature des problmes qu'ils *]*ai5t rs\dre4 ,il y a environ tr5te ans1 dit-il1 qu'une p]sonne de considration me dem&a avec beauc\p d'in/ances d'essay] si1 de la matire fcale1 je ne p\rrais pas tir] une huile di/ille1 sans mauvaise odeur1 qui ft claire et sans c\leur comme de l'eau de fonta9e1 p>ce qu'elle en avait vu1 comme elle le croyait1 un effet surpr5ant1 qui tait de fix] le m]cure commun en arg5t f94 ,on croit aism5t ce que l'on v\drait qui ft vrai2 aussi me laissai-je p]suad] sans beauc\p de pe9e d'entrepr5dre cette re*]*e et de travaill] un ouvrage qui devait n\s enri*ir t\s deux4 ,p\r ne pas travaill] sur une matire ramasse au has>d et dont je ne connusse pas les +rdi5ts1 j'ai l\1 dit-il1 quatre hommes robu/es et en bonne sant2 je les ai enf]ms avec moi p5dant trois mois en une maison qui avait un gr& j>d9 p\r les prom5]1 et1 p\r tre assur qu'ils ne priss5t autre n\rriture que celle que je leur donn]ais1 j'tais conv5u avec eux qu'ils ne mang]ai5t autre *ose que du meilleur pa9 de ,gonesse que je leur f\rnirais frais t\s les j\rs1 et qu'ils boirai5t tant qu'ils v\drai5t du meilleur v9 de ,*ampagne4 ,homb]g comm5a p> dess*] la matire1 qui se rduisit au dixime de son poids2 mais1 en la di/illant dans une cornue de v]re1 div]s degrs de feu1 il n'en tirait que de l'huile r\ge ou noire1 t\j\rs puante1 qui ne rpondait nullem5t au dsir de son associ4 ,il *]*e alors sp>] p> la solution t\t ce que la sub/ance tudie conti5t de matires grossires et t]reuses2 il la dlaye cet effet dans de l'eau *aude1 puis1 aprs avoir dcant et filtr en vaporant jusqu' siccit1 il obti5t des cri/aux bi5 dt]m9s1 qui ressembl5t du salptre et fus5t au feu en donnant une flamme r\ge4 ,en di/illant ce sel p> degrs1 il obti5t une liqueur cre et acide1 suivie d'un peu d'huile r\sse et ftide2 celle qu'il fallait tr\v] tait blan*e et sans odeur2 il ab&onne encore cette m>*e p\r recomm5c] opr] sur la matire simplem5t dess*e au ba9-m>ie1 en y aj\tant ce qu'il nomme diffr5ts int]mdes1 c'e/--dire en la mlant tantt avec de la *aux vive ou te9te1 tantt avec de l'alun1 du colco?>1 de la p\dre de brique1 etc41 mais1 au lieu d'huile blan*e1 qui tait le b de son travail1 il n'obti5t cette fois encore que des huiles div]sem5t colores et cons]vant la mme fteur4 ,homb]g alors *ange encore une fois de m?ode et t5te la voie de la f]m5tation1 qui e/1 dit-il1 une voie d\ce1 o la viol5ce du feu n'a pas de "p4 ,il sp>e d'abord le flegme sup]flu de la matire p> le ba9-m>ie1 p\r p\voir g>d] commodm5t la matire dess*e et se db>rass] des quatre hommes que1 depuis trois mois1 il entret5ait consci5cieusem5t p\r la f\rnir2 p\r faire f]m5t] la matire1 il la mit en p\dre en v]sant dessus six fois autant de flegme qu'il en avait t sp> p> la di/illation1 puis le t\t fut *auff en vase clos au ba9-m>ie1 p5dant six sema9es1 une d\ce *aleur2 en di/illant ensuite1 la p>tie aqueuse avait p]du presque t\te son odeur4 ,homb]g put en donn] quelques p]sonnes dont le te9t tait gt1 et qui1 en s'en db>b\illant une fois p> j\r1 ont ad\ci1 dit-il1 et blan*i considrablem5t leur peau4 ,le rsidu donna enf9 p> la di/illation une huile incolore presque sans odeur1 et le peu qu'elle en avait tait lgrem5t aromatique4 ,lm]y1 qui1 p5dant plus de tr5te ans1 p>tagea avec ,homb]g l'honneur de reprs5t] la *imie dans l',acadmie des sci5ces1 tait lve d'un apo?icaire de ,r\51 puis d'un *imi/e nomm ,glaz]1 dmon/rateur au ,j>d9 du ,roi1 et =t av>e cep5dant des ides obscures qu'il avait sur la sci5ce4 ,lm]y le quitta bi5tt p\r se plac]1 p5dant prs de trois ans1 *ez un apo?icaire de ,montpelli] nomm ,v]*aut1 dont les leons l'aurai5t encore laiss =t ignorant1 s'il n'avait tr\v moy5 de s'in/ruire lui-mme en s'aidant des livres et du laboratoire de son matre4 ,il ne t>da pas ouvrir des c\rs qui attirr5t *ez matre ,v]*aut t\s les curieux de ,montpelli]1 p>mi lesquels se tr\vai5t1 au gr& honneur du jeune lve1 des pr(esseurs mme de la facult4 ,bi5 diffr5t de ses premi]s matres1 ,lm]y ne se plaisait pas mo9s rvl] les secrets de la sci5ce qu' en tal] les m]veilles2 il avait le don et la passion de l'enseignem5t1 et ses c\rs1 qui ne cessr5t qu'avec sa vie1 ont s]vi1 autant au mo9s que ses livres1 rp&re dans t\te l',europe le gt et la pratique des oprations *imiques4 ,il dev9t apo?icaire ,p>is et pr(essa *ez lui dans la rue ,gal&e4 ,son laboratoire1 dit ,font5elle1 tait mo9s une *ambre qu'une cave et presque un antre magique clair de la seule lueur des f\rneaux2 l'afflu5ce y tait si gr&e1 qu' pe9e y avait-il de place p\r les oprations2 les dames mmes1 entranes p> la mode1 ne craignai5t pas de s'y montr]4 ,ses leons1 comme celles de ,duv]ney sur l'anatomie1 dev9r5t bi5tt clbres dans t\te l',europe2 les jeunes trang]s v5ai5t ,p>is p> c5ta9es dans le seul b d'ent5dre ces deux matres1 dont ils rapportai5t au lo9 la rputation d'loqu5ce et de p>faite cl>t4 ,le trait de *imie de ,lm]y1 qui de #afge #agac1 a eu dix ditions1 et qui fut traduit dans t\tes les langues de l',europe1 ne n\s aide pas1 il faut l'av\]1 compr5dre cette cl>t si vante des contempora9s2 il faudrait1 sans d\te1 p\r s'en r5dre compte1 le comp>] aux crits my/rieux et nigmatiques des *]*eurs du gr& uvre4 ,le premi] pr9cipe que l'on peut admettre p\r la composition des mixtes e/1 dit-il immdiatem5t aprs avoir pos ses df9itions1 un esprit univ]sel qui1 tant rp&u p>t\t1 produit div]ses *oses1 suivant les div]ses matrices1 ou pores de la t]re1 dans lesquelles il se tr\ve emb>rass2 mais1 comme ce pr9cipe e/ un peu mtaphysique et qu'il ne tombe pas s\s le s5s1 il e/ bon1 aj\te-t-il1 d'en tablir de s5sibles1 et je rapport]ai ceux dont on se s]t communm5t4 ,les *imi/es1 en faisant l'analyse des mixtes1 ont tr\v1 dit-il1 c9q sortes de sub/ances1 l'eau1 l'esprit1 l'huile et le sel1 et la t]re2 de ces c9q1 il y en a trois actifs1 l'esprit1 l'huile et le sel1 et deux passifs1 l'eau et la t]re4 ,ils les ont appels actifs1 p>ce qu'tant dans un gr& m\vem5t ils font t\te l'action du mixte3 ils ont nomm les autres passifs p>ce qu'tant en repos ils ne s]v5t qu' arrt] la vivacit des actifs4 ,t\tes ces di/9ctions fausses ou insignifiantes1 sont l'uvre de ses prdcesseurs1 et ,lm]y n'en e/ pas responsable2 mais c'e/ lui-mme qui p>le1 et avec beauc\p de s5s1 lorsqu'il aj\te3 ,le nom de pr9cipe1 en *imie1 ne doit pas tre pris dans une signification t\t fait exacte1 c> les sub/ances qui l'on a donn ce nom ne sont pr9cipes qu' notre g>d et qu'en tant que n\s ne p\vons po9t all] plus avant dans la division des corps2 mais on compr5d bi5 que ces pr9cipes sont encore divisibles en une inf9it de p>ties qui p\rrai5t1 plus ju/e titre1 tre appeles pr9cipes4 ,le trait de *imie e/ la reprs5tation exacte de la sci5ce positive cette poque3 t\tes les oprations y sont clairem5t expliques et dcrites p\r la pratique2 les ides ?oriques y ti5n5t peu de place1 et1 quoiqu'il df9isse la *imie la sci5ce de l'analyse1 la prp>ation des div]s composs le remplit presque t\t enti]4 ,il se v5dit1 dit ,font5elle1 comme un ouvrage de galant]ie ou de satire2 on le traduisit en lat91 en allem&1 en anglais et en espagnol2 et les traducteurs1 presque t\s lves de l'auteur1 se plaisai5t vant] dans leurs prfaces l'habilet et la gloire de leur matre4 ,l'autorit du gr& ,lm]y1 en matire de *imie1 dit le traducteur espagnol1 e/ plutt unique que considrable4 ,les p]scutions religieuses v9r5t tr\bl] la vie de ,lm]y4 ,au milieu de sa plus gr&e prosprit1 il reut1 comme prote/ant1 ordre de quitt] sa *>ge d'apo?icaire4 ,croyant tre plus tranquille en dev5ant mdec91 il prit ,ca5 le bonnet de docteur1 mais la rvocation de l'dit de ,nantes lui enleva bi5tt aussi le droit d'ex]c] la mdec9e4 ,c'e/ alors1 dit ,font5elle1 que1 voyant sa =tune plutt r5v]se que drange1 l'esprit con/amm5t occup des *agr9s du prs5t et des cra9tes de l'av5ir1 il v9t enf9 cra9dre un plus gr& mal1 celui de s\ffrir p\r une mauvaise cause en pure p]te2 il s'appliqua davantage aux preuves de la religion ca?olique et se runit l'glise avec t\te sa famille4 ,les j\rs de prosprit rev9r5t p\r lui2 on ne p\vait plus lui r5dre le titre d'apo?icaire1 mais1 grce son mrite et un peu aussi celui de sa conv]sion1 on lui p]mit de prp>] et de v5dre des drogues3 ses confrres rclamr5t inutilem5t1 et il retr\va ses coli]s1 ses malades et le gr& dbit de ses prp>ations4 ,e/i5ne-,franois ,ge(froy1 entr =t jeune l',acadmie comme lve1 devait y f\rnir une longue et trs-honorable c>rire4 ,son pre1 ri*e apo?icaire1 n'p>gna ri5 p\r lui donn] la plus excell5te ducation2 il eut les plus gr&s matres en t\s g5res4 ,des savants illu/res1 ,cass9i1 le pre ,sba/i51 ,duv]ney et ,homb]g1 t5ai5t *ez lui des confr5ces rgles1 o les jeunes g5s des plus gr&es familles briguai5t la faveur d'assi/]1 et qui fur5t1 dit-on1 l'orig9e de l'tablissem5t des expri5ces de physique dans les collges4 ,l'ducation du jeune ,ge(froy fut complte p> de nombreux voyages entrepris en compagnie de plusieurs gr&s p]sonnages qui1 avant mme qu'il et pris le grade de docteur1 l'emm5ai5t avec eux p\r soign] leur sant et le traitai5t plus en ami qu'en mdec94 ,la cli5tle de ,ge(froy1 qui dev9t bi5tt des plus brillantes1 ne lui fit jamais nglig] la sci5ce4 ,il avait pris au srieux la ?se qu'il s\t9t devant la ,facult p\r obt5ir son premi] grade3 ,un mdec91 disait-il1 e/ en mme temps un mcanici5 *imi/e4 ,en cultivant la sci5ce pure1 il croyait f]mem5t contribu] au progrs de son art4 ,un de ses travaux1 qui attira vivem5t l'att5tion1 mrite une place importante dans l'hi/oire des ?ories *imiques4 ,en disposant dans une table =t c\rte les div]ses sub/ances que la *imie considre1 ,ge(froy croyait p\voir indiqu] l'ordre de leurs prfr5ces les unes p\r les autres et1 dans *aque cas1 dduire l'avance d'une rgle sans exception les dcompositions et compositions qui doiv5t se produire4 ,lorsque deux sub/ances sont unies1 il admet qu'une troisime qui survi5t1 et qui a plus d'aff9it p\r l'une1 met l'autre en lib]t et lui fait l*] prise4 ,si1 p> exemple1 l'huile de vitriol dcompose le salptre1 c'e/ qu'elle *asse l'acide nitrique dont l'aff9it p\r la potasse e/ mo9dre que la si5ne4 ,malgr bi5 des difficults et des inc]titudes qui suivir5t1 ce travail e/ considrable2 on y voit p>atre p\r la premire fois une ?orie plausible des phnomnes *imiques4 ,les aff9its de ,ge(froy1 dit cep5dant ,font5elle1 fir5t de la pe9e quelques-uns1 qui craignir5t que ce ne fuss5t des attractions dguises1 d'autant plus dang]euses que d'habiles g5s ont dj su leur donn] des =mes sduisantes4 ,la table de ,ge(froy1 gnralem5t admise1 a s]vi p5dant longtemps de base l'enseignem5t de la *imie4 ,les progrs de la sci5ce sembl5t donn] raison t\tefois1 dans ce cas au mo9s1 aux adv]saires de l'attraction1 et les ?ories de ,b]?ollet devai5t montr]1 prs d'un sicle plus t>d1 que1 dans ces luttes engages entre les corps1 la victoire n'e/ pas due une plus gr&e aff9it1 mais aux conditions extrieures de la lutte4 ,les corps lim9s sont ceux qui1 p> leur nature1 doiv5t disp>atre aussitt qu'ils sont =ms1 et les lm5ts qui les compos5t sont va9cus1 p>ce que1 ress]rs en quelque sorte sur un t]ra9 trop troit1 il n'en peuv5t p]dre la mo9dre p>celle sans tre rejets du *amp de bataille4 ,aprs ,homb]g1 ,leym]y et ,ge(froy1 ,r\elle1 ,macqu]1 ,sage et ,beaum rp&ir5t p> leur enseignem5t comme p> leurs crits la connaissance des vrits de pratique que leurs ?ories confuses et emb>rasses ne saurai5t ni prvoir ni expliqu]4 ,r\elle1 dont ,jean-,jacques ,r\sseau suivit les leons au ,j>d9 du roi1 joignait une infatigable ardeur1 un s9cre et naf en?\siasme p\r le rsultat de ses travaux4 ,on lui doit1 a crit ,lavoisi]1 la plus gr&e dc\v]te qui ait t faite en *imie depuis ,/ahl1 celle des proportions div]ses dans lesquelles un mme acide et une mme base peuv5t s'unir p\r =m] des sels4 ,la correspondance de ,grimm donne de ,r\elle un portrait vois9 p>fois de la c>icature1 mais trac de ma9 de matre3 ,c'e/ lui qui introduisit la *imie de ,/ahl1 et fit connatre ici cette sci5ce dont on ne se d\tait po9t1 et qu'une f\le de gr&s hommes ont porte en ,allemagne un haut degr de p]fection4 ,r\elle ne les savait pas t\s lire2 mais son in/9ct tait ord9airem5t aussi =t que leur sci5ce4 ,il doit donc tre reg>d comme le fondateur de la *imie en ,france2 et cep5dant son nom pass]a p>ce qu'il n'a jamais ri5 crit1 et que ceux qui ont crit de notre temps des ouvrages e/imables sur cette sci5ce1 et qui sont t\s sortis de son cole1 n'ont jamais r5du leur matre l'hommage qu'ils lui devai5t2 ils ont tr\v plus c\rt de pr5dre1 sur le compte de leur propre sagacit1 les pr9cipes et les dc\v]tes qu'ils t5ai5t de leur matre2 aussi ,r\elle tait-il br\ill avec t\s ceux de ses disciples qui ont crit sur la *imie4 ,il se v5geait de leur +ratitude p> les injures dont il les accablait dans les c\rs publics et p>ticuli]s1 et l'on savait d'avance qu' telle leon il y aurait le portrait de ,mal\91 telle autre le portrait de ,macqu]1 habills de t\tes pices4 ,c'tai5t suivant lui1 des ignorant9s1 des plagiaires4 ,ce d]ni] t]me avait pris dans son esprit une signification si odieuse qu'il l'appliquait aux plus gr&s crim9els2 et p\r exprim]1 p> exemple1 l'horreur que lui faisait ,dami5s1 il disait que c'tait un plagiaire4 ,l'indignation des plagiats qu'il avait s\ff]ts dgnra enf9 en manie2 il se voyait t\j\rs pill2 et lorsqu'on traduisait les ouvrages de ,pott ou de ,lehman1 ou de quelque autre gr& *imi/e d',allemagne et qu'il y tr\vait des ides analogues aux si5nes1 il prt5dait avoir t vol p> ces g5s-l4 ,r\elle tait d'une ptulance extrme2 ses ides tai5t embr\illes et sans nettet1 et il fallait un bon esprit p\r le suivre et p\r mettre dans ses leons de l'ordre et de la prcision4 ,il ne savait pas crire2 il p>lait avec la plus gr&e vhm5ce1 mais sans correction ni cl>t1 et il avait c\tume de dire qu'il n'tait pas de l'acadmie du beau langage4 ,avec t\s ces dfauts1 ses vues tai5t t\j\rs pr(ondes et d'un homme de gnie2 mais il *]*ait les drob] la connaissance de ses auditeurs autant que son naturel ptulant p\vait le comport]4 ,ord9airem5t il expliquait ses ides =t au long2 et qu& il avait t\t dit1 il aj\tait3 ,mais ceci e/ un de mes arcanes que je ne dis p]sonne4 ,s\v5t un de ses lves se levait et lui disait l'oreille ce qu'il v5ait de dire t\t haut3 alors ,r\elle croyait que l'lve avait dc\v]t son arcane p> sa propre sagacit1 et le priait de ne pas divulgu] ce qu'il v5ait de dire deux c5ts p]sonnes4 ,il avait une si gr&e habitude de s'alin] la tte que les objets extrieurs n'exi/ai5t pas p\r lui4 ,il se dm5ait comme un n]gumne en p>lant sur sa *aise1 se r5v]sait1 se cognait1 donnait des c\ps de pi$ son vois91 lui d*irait ses man*ettes1 sans en ri5 savoir4 ,un j\r1 se tr\vant dans un c]cle o il y avait plusieurs dames1 et p>lant avec sa vivacit ord9aire1 il dfait ses j>retires1 tire son bas sur son s\li]1 se gratte la jambe p5dant quelque temps de ses deux ma9s1 remet ensuite son bas et sa j>retire1 et cont9ue sa conv]sation sans avoir le mo9dre s\pon de ce qu'il v5ait de faire4 ,dans ses c\rs1 il avait ord9airem5t p\r aides son frre et son neveu p\r faire les expri5ces s\s les yeux de ses auditeurs3 ces aides ne s'y tr\vai5t pas t\j\rs2 ,r\elle criait3 ,neveu1 t]nel neveu6 et l't]nel neveu ne v5ant po9t1 il s'en allait lui-mme dans les arrire-pices de son laboratoire *]*] les vases dont il avait beso94 ,p5dant cette opration1 il cont9uait t\j\rs sa leon comme s'il tait en prs5ce de ses auditeurs1 et son ret\r il avait ord9airem5t a*ev la dmon/ration comm5ce et r5trait en disant3 ,oui1 messieurs2 alors on le priait de recomm5c]4 ,un j\r1 tant ab&onn de son frre et de son neveu1 il dit ses auditeurs3 ,v\s voyez bi51 messieurs1 ce *audron sur le brasi]8 eh bi51 si je cessais de remu] un seul in/ant1 il s'ensuivrait une explosion qui n\s f]ait t\s saut] en l'air4 ,en disant ces p>oles1 il ne manqua pas d'oubli] de remu]1 et sa prdiction fut accomplie3 l'explosion se fit avec un fracas p\vantable1 cassa t\tes les vitres du laboratoire et en un in/ant deux c5ts auditeurs fur5t p>pills dans le j>d92 heureusem5t p]sonne ne fut bless1 p>ce que le plus gr& ef=t de l'explosion avait port p> l'ouv]ture de la *em9e4 ,m4 le dmon/rateur en fut quitte p\r cette *em9e et une p]ruque444 ,r\elle tait honnte homme2 mais avec un c>actre si brut1 il ne p\vait connatre ni obs]v] les g>ds tablis dans la socit1 et comme il tait ais de le prv5ir contre quelqu'un1 et impossible de le faire rev5ir d'une prv5tion1 il d*irait s\v5t dans ses c\rs tort et trav]s3 a9si il ne faut pas s'tonn] qu'il se soit fait beauc\p d'ennemis4 ,il ne p\vait pas e/im] la physique1 ni les sy/mes de ,m4 de ,buffon2 il tait peu t\* de son beau p>lage1 et quelques leons de ses c\rs tai5t rgulirem5t employes injuri] cet illu/re acadmici54 ,il avait pris en grippe le docteur ,bordeu1 mdec9 de beauc\p d'esprit4 ,oui1 messieurs1 disait-il t\s les ans un c]ta9 endroit de son c\rs1 c'e/ un de nos g5s1 un plagiaire1 un frat]1 qui a tu mon frre que voil4 ,il v\lait dire que ,bordeu avait mal trait son frre dans une maladie4 ,r\elle tait dmon/rateur aux leons publiques au ,j>d9 du ,roi4 ,le docteur ,b\rdel9 tait pr(esseur et f9issait ord9airem5t ses leons p> ces mots3 ,comme ,m4 le dmon/rateur va v\s le pr\v] p> ses expri5ces4 ,r\elle1 pr5ant alors la p>ole1 au lieu de faire les expri5ces annonces disait3 ,messieurs1 t\t ce que ,m4 le pr(esseur vi5t de v\s dire e/ absurde1 comme je vais v\s le pr\v]4 ,macqu]1 l'un des meilleurs lves de ,r\elle1 sigea avec lui l',acadmie et y re/a longtemps aprs la mort de son matre4 ,son ,dictionnaire de *imie conti5t1 avec des faits n\veaux et bi5 obs]vs1 un tableau trs-clair et trs-complet de la sci5ce son poque4 ,la ?orie tant vante de ,/ahl y e/ trs-nettem5t expose4 ,le phlogi/ique e/ la pure sub/ance du feu1 c'e/ la matire subtile et pntrante qui1 s\s =me de flamme1 s'*appe d'un corps en combu/ion4 ,il e/ commun t\s les corps combu/ibles1 le *>bon entre autres le r5f]me en proportion considrable4 ,p\r rgnr] un corps brl qui a p]du son phlogi/ique1 il faut le lui r5dre1 et p\r cela s\v5t il suffit de le *auff] dans un creuset ple9 de *>bon4 ,cette int]prtation telle quelle du phnomne de la combu/ion prp>ait la voie4 ,satisfaits de son app>5ce plausible1 les *imi/es1 sans discut] ni appr(ondir1 crur5t avoir t\* le b2 et t\s1 p5dant un demi-sicle1 suivant sans s'en c>t] le *em9 battu1 acceptr5t la ?orie de ,/ahl comme exacte et indubitable4 ,pntrant plus avant dans l'exam5 de ces matires1 en app>5ce si ca*es1 et dsireux de voir1 non de dev9]1 l'esprit dlicat et puissant de ,lavoisi] v9t leur montr] p\r la premire fois la faiblesse de leurs preuves et les contradictions de leur doctr9e4 ,les applaudissem5ts si s\v5t recueillis en enseignant la ?orie de ,/ahl tai5t p\r ,macqu] une atta*e qu'il ne p\vait rompre4 ,m4 ,lavoisi]1 crit-il dans une lettre date de #aggb1 m'effrayait depuis longtemps d'une gr&e dc\v]te qu'il rs]vait 9 petto1 et qui n'allait ri5 mo9s qu' r5v]s] t\te la ?orie du phlogi/ique4 ,o en aurions-n\s t avec notre vieille *imie1 s'il avait fallu rebtir un difice t\t diffr5t8 ,p\r moi1 je v\s av\e que j'aurais quitt la p>tie4 ,heureusem5t ,m4 ,lavoisi] vi5t de mettre sa dc\v]te au gr& j\r1 dans un mmoire lu la d]nire assemble publique de l',acadmie1 et je v\s assure que depuis ce temps j'ai un gr& poids de mo9s sur l'e/omac4 ,la volont de ,macqu]1 cette lettre le m>que assez1 tait aussi oppose aux ides n\velles que son esprit mal prp> les accueillir2 mais il avait le s5s trop droit p\r n'tre pas enf9 dsabus4 ,va9cu sans v\loir se r5dre1 il prit le plus mauvais de t\s les p>tis4 ,g>di5 volontaire d'un difice branlant1 il t5ta sans le quitt] d'en *ang] la /ructure1 et cont9uant p>l] comme ,/ahl1 accepta sans le dire plus d'une ide de ,lavoisi]4 ,c'tait1 p\r l'illu/re novateur le prsage assur d'une victoire complte4 ,c'e/ de l'tude des gaz que sortit surt\t la lumire1 et les *imi/es franais1 qui en comprir5t trop t>d l'importance1 ont laiss ,boyle1 ,hales et ,black l'honneur d'tre les prcurseurs de ,lavoisi]1 comme ,prie/ley1 ,cav5di% et ,s*eele celui d'tre sur c]ta9s po9ts ses mules4 ,les *imi/es auj\rd'hui compt5t des c5ta9es de gaz p>faitem5t df9is1 et aussi diffr5ts les uns des autres que le f] l'e/ du cuivre1 le m>bre du cri/al de ro*e et l'eau de l'alcool ou du m]cure4 ,ces gaz ne produis5t pas seulem5t c]ta9s effets extraord9aires et exceptionnels1 mais il n'e/ pas de raction *imique1 p\r a9si dire1 dans laquelle ils ne j\5t un rle actif1 soit en se dgageant d'une comb9aison qui cont5ait leurs lm5ts1 soit en s'incorporant une sub/ance n\velle4 ,tant qu'on ne vit en eux qu'une va9e et insignifiante fume1 la sci5ce1 impuissante ri5 appr(ondir1 tait condamne aux contradictions4 ,l'tude des div]s gaz et la dc\v]te des moy5s de les recueillir devait donc tre le signal d'un gr& progrs4 ,l'hi/oire de la *imie aurait ici cit] avec honneur les noms de van ,helmont1 de ,hales1 de ,bo]have et de ,cav5di%2 mais quoique po/rieurs1 les travaux de ,prie/ley mrit5t un rang "p4 ,inv5teur de l'app>eil employ encore auj\rd'hui p\r recueillir les gaz1 il a dc\v]t et tudi un gr& nombre d'entre eux en con/atant leurs proprits trop div]ses et trop tran*es p\r que la confusion re/t possible4 ,les travaux de ,prie/ley ont ex]c sur les re*]*es de ,lavoisi] une influ5ce loyalem5t reconnue2 mais en reproduisant les phnomnes si rem>quables et si n\veaux dc\v]ts p> le *imi/e anglais1 ,lavoisi]1 qui les tudie la balance la ma91 passe de bi5 lo9 son rival p> l'int]prtation qu'il en donne4 ,il compr5d le premi] que les ractions sont des *anges dans lesquels ri5 ne peut se gagn] ou se p]dre1 et que le poids des produits solides1 liquides ou gazeux d'une opration *imique e/ gal1 gra9 p\r gra91 celui des ag5ts qui leur donn5t naissance4 ,lavoisi]1 ds son premi] travail sur la nature de l'eau1 r5contre et invoque ce pr9cipe s\s une =me aussi nette que saisissante4 ,van ,helmont rapporte qu'ayant mis dans un vase d'argile deux c5ts livres de t]re s*e au f\r1 et l'ayant ensuite humecte avec de l'eau de pluie1 il y avait plant un tronc de saule du poids de c5t livres2 au b\t de c9q ans ce mme arbre pesait c5t soixante-neuf livres1 et l'on ne s'tait s]vi p\r l'arros] que d'eau de pluie ou d'eau di/ille2 on avait mme p\ss la prcaution jusqu' c\vrir le pot d'une lame d'ta9 p]ce de plusieurs tr\s1 p\r emp*] la p\ssire de s'y dpos]4 ,la t]re1 au b\t des c9q ans1 n'avait p]du que deux onces de son poids2 c'e/ donc l'eau1 aj\tait-il1 qui a seule f\rni l'accroissem5t du saule et qui s'e/ conv]tie en bois1 en corce1 en rac9es1 peut-tre mme en c5dres4 ,l'expri5ce1 rpte et v>ie de bi5 des faons depuis un sicle1 avait t\j\rs donn le mme rsultat1 dont la conclusion semblait =t vid5te4 ,lavoisi] en juge autrem5t3 ,il e/1 dit-il1 une autre s\rce dont les vgtaux tir5t sans d\te la plus gr&e p>tie des pr9cipes qu'on y dc\vre p> l'analyse4 ,on sait1 p> les expri5ces de ,,mm4 ,hales1 ,guett>d1 ,duhamel et ,bonnet1 qu'il s'ex]ce non-seulem5t dans les plantes une transpiration considrable1 mais qu'elles ex]c5t encore p> la surface de leurs feuilles une vritable succion au moy5 de laquelle elles absorb5t les vapeurs rp&ues dans l'atmosphre4 ,sans entr] p\r cette fois dans un plus gr& dtail et sans pntr] t\t le secret1 ,lavoisi] montre dj1 en suivant la bonne voie1 une m?ode aussi sre que svre4 ,la trans=mation de l'eau en t]re1 annonce et montre p> plusieurs auteurs1 e/ une illusion dont il dnonce les causes1 et leur eau solidifie n'e/ autre1 comme il le montre trs-di/9ctem5t1 que le v]re du vase diss\s en p>tie p> l'bullition prolonge4 ,l'tude d'un phnomne =t anci5nem5t connu et trs-analogue au fond l'expri5ce du vase de van ,helmont1 devait conduire ,lavoisi] la gr&e dc\v]te dont il fut l'occasion et la preuve4 ,presque t\s les mtaux1 le f]1 le plomb1 l'ta91 le m]cure1 augm5t5t de poids p> leur calc9ation l'air3 c'tait depuis longtemps un fait inconte/ et dont la vrification e/ trop facile p\r laiss] place aucune objection srieuse4 ,une livre de plomb1 p> exemple1 calc9e un temps suffisant au contact de l'air1 se brle compltem5t1 comme n\s disons auj\rd'hui1 et se trans=me en *aux de plomb ou li?>ge1 qui1 mlange du *>bon en p\dre et *auffe de n\veau1 reproduit une livre de plomb4 ,quelle e/ la cause de l'augm5tation du poids8 ,le mtal1 en brlant1 p]d1 suivant ,/ahl1 du phlogi/ique1 il devi5t plus l\rd cep5dant4 ,il y a donc l une contradiction visible4 ,/ahl ne s'en explique ni ne s'en proccupe1 et ses successeurs1 prv5us p> le mme prjug1 avai5t laiss tomb] ce fait dans un oubli si complet que ,lavoisi] le crut entirem5t n\veau4 ,p\r pr5dre le temps d'aff]mir les preuves en s'assurant la priorit de la dc\v]te1 il dposa l',acadmie un crit ca*et conu en ces t]mes3 ,il y a environ huit j\rs que j'ai dc\v]t que le s\fre en brlant1 lo9 de p]dre de son poids1 en acqurait au contraire1 c'e/--dire que d'une livre de s\fre on p\vait retir] beauc\p plus d'une livre d'acide vitriolique1 ab/raction faite de l'humidit de l'air4 ,il en e/ de mme du phosphore4 ,cette augm5tation de poids vi5t d'une quantit prodigieuse d'air qui se fixe p5dant la combu/ion et qui se comb9e avec les vapeurs4 ,cette dc\v]te1 que j'ai con/ate p> des expri5ces que je reg>de comme dcisives1 m'a fait p5s] que ce qui s'obs]vait dans la combu/ion du s\fre et du phosphore p\vait bi5 avoir lieu l'g>d de t\s les corps1 qui acquir5t du poids p> la combu/ion et la calc9ation1 et je me suis p]suad que l'augm5tation du poids des *aux mtalliques t5ait la mme cause4 ,l'expri5ce a compltem5t confirm mes conjectures2 j'ai fait la rduction de la li?>ge dans des vaisseaux f]ms1 avec l'app>eil de ,hales1 et j'ai obs]v qu'il se dgageait1 au mom5t du passage de la *aux en mtal1 une quantit considrable d'air et que cet air =mait un volume mille fois plus gr& que la quantit de li?>ge employe4 ,cette dc\v]te me p>at une des plus intressantes de celles qui ai5t t faites depuis ,/ahl2 j'ai cru devoir m'en assur] la proprit en faisant le prs5t dpt entre les ma9s du secrtaire de l',acadmie p\r demeur] secret jusqu'au mom5t o je publi]ai mes expri5ces4 ,l'ass]tion de ,lavoisi] eut le sort commun de presque t\tes les dc\v]tes rellem5t capitales2 on la rep\ssa comme contraire aux pr9cipes connus1 et ses adv]saires1 anims la combattre1 conte/r5t successivem5t t\tes les preuves1 jusqu'au j\r o1 conva9cus sur ce po9t1 ils dc\vrir5t qu'elle n'tait pas n\velle4 ,on lit dans un rapport fait six ans aprs l',acadmie1 sur la seconde dition du ,dictionnaire de *imie de ,macqu]3 ,c'e/ surt\t en lisant les articles1 ,aff9it1 ,pesanteur1 ,cau/icit1 ,feu1 ,phlogi/ique1 ,combu/ion1 ,gaz et autres1 qu'on e/ conva9cu de la diffr5ce qui exi/e entre une ?orie sage1 exacte1 fonde sur un gr& nombre d'expri5ces et un sy/me has>d1 fruit prcoce d'une imag9ation plus *auffe que brillante et plus curieuse d'obt5ir les suffrages que de les mrit]4 ,l'allusion e/ vid5te2 les commissaires1 malheureusem5t p\r eux1 ont v\lu la r5dre claire4 ,la "q de priorit ne t>da pas aussi tre s\leve2 on produisit un livre de ,jean ,rey1 imprim en #afcj o1 aprs avoir c>t les div]ses explications proposes p\r l'accroissem5t de poids des *aux mtalliques1 l'auteur aj\tait3 ,a cette dem&e donc1 appuy sur les fondem5ts juxtaposs1 je rponds et s\ti5s glorieusem5t que le surcrot de poids vi5t de l'air qui dans le vase a t espessi1 appesanti et r5du aucunem5t adhsif1 p> la vhm5te et longuem5t cont9ue *aleur du f\rneau1 lequel air se mle avec la *aux 7 ce aidant l'agitation frqu5te7 et s'atta*e ses plus m5ues p>ties1 non autrem5t que l'eau appesantit le sable que v\s jetez en icelle p\r s'atta*] et adhr] ses mo9dres gra9s4 ,ce passage d'un livre compltem5t oubli dcl>e le secret de la combu/ion avec tant de =ce et en t]mes si exacts et si clairs1 que ,lavoisi] y s\ponna d'abord l'int]calation frauduleuse d'un texte n\veau2 mais le d\te n'tait pas possible4 ,a dfaut du livre de ,jean ,rey on aurait pu cit] les regi/res de l',acadmie elle-mme et une expri5ce concluante exactem5t int]prte p> ,duclos en #affg4 ,lavoisi] ne *]*a pas conte/]4 ,ses adv]saires aurai5t d conv5ir en mme temps que1 plus t5due et plus haute1 sa gloire d'inv5teur n'avait ri5 y p]dre4 ,il ne s'agit pas en effet ici d'un clair brillant de la p5se1 notre admiration p\r ,lavoisi] ne s'atta*e que p\r une faible "p l'ide trs-simple qu'un gnie mo9dre aurait pu concevoir et produire2 mais ,lavoisi] seul p\vait apport] p\r la fcond] et la mettre en lumire tant d'art et de sobrit dans le *oix des expri5ces1 tant de ju/esse dans leur discussion1 tant de prud5ce et de gnie enf9 dans les hypo?ses accessoires4 ,c'e/ p> l qu'en se montrant inimitable1 il a gal les inv5teurs les plus illu/res4 ,p5dant plus de v+t ans1 passant sans repos d'un travail un autre1 il ram5a peu peu les esprits p> la v>it p]svrante de ses preuves et la cl>t de ses explications3 aprs avoir dmontr dans l'air atmosphrique l'ag5t ncessaire de la combu/ion et pr\v qu'elle e/ impossible p>t\t o il ne pntre pas2 aprs avoir tabli qu'en s'associant au corps qu'il brle1 il y demeure cond5s1 dans la proportion quelquefois de mille volumes p\r un1 il fallait *]*]1 en pntrant plus en dtail1 si l'air t\t enti] int]vi5t dans le phnomne1 ou s'il agit p> une de ses p>ties seulem5t4 ,la dc\v]te de l'oxygne tait le complm5t ncessaire de la ?orie n\velle3 ,prie/ley1 sur ce po9t1 a devanc le *imi/e franais4 ,avec des tal5ts t\t autres et un gnie mo9s lev1 il a j\ dans la sci5ce un rle presque gal4 ,un heureux et s+uli] in/9ct semblait lui rvl] incessamm5t les faits les plus importants et les plus n\veaux1 mais ils re/ai5t /riles entre ses ma9s1 et la ?orie qui les rassemble et les utilise p\r en montr] la conv5ance et le vritable rapport e/ due t\t entire ,lavoisi]4 ,en comm5ant un mmoire trs-c\rt et trs-simple1 ple9 d'un gr& s5s et de raisonnem5ts rig\reux et prud5ts1 ,lavoisi] dit loyalem5t3 ,je dois prv5ir le public qu'une p>tie des expri5ces cont5ues dans ce mmoire ne m'app>ti5t pas en propre2 peut-tre mme1 rig\reusem5t p>lant1 n'en e/-il aucune dont ,m4 ,prie/ley ne puisse rclam] la premire ide2 mais comme les mmes faits n\s ont conduits des consqu5ces diamtralem5t opposes1 j'espre que si on a me repro*] d'avoir emprunt des preuves des ouvrages de ce clbre physici51 on ne me conte/]a pas au mo9s la proprit des consqu5ces4 ,t\s les faits1 en effet1 cadr5t et s'aju/5t p\r ,lavoisi]1 qui les ordonne1 les int]prte et les prvoit4 ,prie/ley1 au contraire1 affectant d'opr] au has>d et l'av5ture1 semble non-seulem5t en respect] mais en accrotre la confusion2 et p\r n'en pas cit] d'autre exemple1 disons seulem5t que l'analyse de l'air1 si nettem5t tablie p> ,lavoisi]1 repose sur des faits qui1 connus de ,prie/ley1 lui montrai5t dans notre atmosphre un mlange de t]re et d'acide nitreux4 ,p>l] plus amplem5t des travaux de ,lavoisi] s]ait entrepr5dre l'exposition des pr9cipes de la *imie mod]ne1 dont auj\rd'hui encore ils =m5t la p>tie la plus solide et la mo9s conte/e4 ,malgr l'abondance des preuves r5\veles avec pr(usion1 les habitudes de la plup>t des *imi/es leur en drobai5t l'vid5ce2 mais1 t&is qu'ils rsi/ai5t encore1 ,lavoisi] eut la joie de voir1 dans leur admiration1 les reprs5tants les plus illu/res des autres sci5ces int]rompre leurs propres dc\v]tes p\r t5dre et =tifi] les si5nes4 ,monge et ,laplace1 dev5us ses disciples1 puis ses collaborateurs1 lui apportr5t avec l'autorit de leurs noms la puissance d'inv5tion de leur gnie va/e et facile et la rigueur de leurs premires tudes4 ,monge1 le premi] peut-tre1 produisit p> syn?se une quantit d'eau assez gr&e p\r dissip] t\s les d\tes s9cres1 et ,laplace1 associ ,lavoisi] lui-mme1 donna dans un admirable mmoire1 avec les vrais pr9cipes de la ?orie des *aleurs spcifiques1 la m?ode la plus assure p\r en obt5ir la mesure4 ,indp5damm5t du mrite de ses travaux1 ,lavoisi] avait su se crer une autorit p]sonnelle considrable3 membre oblig et t\j\rs utile des commissions les plus importantes1 conseill] judicieux et =t c\t de ses confrres1 nul n'eut plus de "p que lui aux affaires de l',acadmie4 ,ri*e1 de plus1 aimant runir les savants et guid] leurs premi]s pas1 ,lavoisi]1 p5dant plus d'un qu>t de sicle1 sut se faire un des plus beaux rles et des plus enviables que raconte l'hi/oire de la sci5ce4 ,la ,rvolution n'int]rompit pas ses travaux1 et t&is que plus ambitieux ou plus confiants1 d'autres acadmici5s s'empressai5t dans le tumulte des affaires publiques1 le fondateur de la *imie mod]ne1 dlivr au contraire de l'emb>ras de sa f]me gnrale1 et peu s\cieux des problmes que nul jamais ne saura rs\dre1 suivait tranquillem5t ses =tes p5ses et communiquait l',acadmie la suite de ses dc\v]tes4 galem5t loign des s5tim5ts extrmes1 contemplant la ,rvolution sans ho/ilit et la s]vant sans affect] de zle1 ri5 ne semblait le commettre la fureur ou le dsign] mme l'att5tion des puissants du j\r4 ,malheureusem5t il tait ri*e1 il avait t f]mi] gnral1 il n'en fallait pas davantage4 ,on l'accusa d'avoir s\ill le tabac du peuple en l'arrosant p\r le faire f]m5t]4 ,lavoisi] ne se df5dit pas4 ,ses amis les plus *]s1 quoique cruellem5t av]tis dj1 ne prir5t pas au srieux une accusation aussi absurde2 ils apprir5t cep5dant sa condamnation1 et quelques m9utes suffir5t1 suivant l'exclamation prcieusem5t recueillie de ,lagrange1 p\r faire tomb] une de ces ttes que la nature produit pe9e une fois en plusieurs sicles4 ,b]?ollet1 qui doit compt] p>mi les *imi/es les plus illu/res1 avait appris de ses matres la ?orie dj bi5 branle du phlogi/ique4 ,n ,annecy1 il fit ses premires tudes ,*ambry et ,tur94 ,ses p>5ts1 le de/9ant la c>rire de mdec91 l'envoyr5t *]*]1 prs de la ,facult de ,p>is1 l'enseignem5t le plus clbre qui ft alors4 ,le pr(esseur de *imie1 ds ses premires leons1 lui fit oubli] ses projets4 ,on ne le vit plus aux autres c\rs2 mais ses faibles ress\rces s'puisr5t bi5 vite1 et l'aide amicale et gnreuse du clbre ,tron*9 lui p]mit seule de prolong] son sj\r en ,france4 ,introduit p> lui prs de la famille d',orlans1 il tr\va dans le ri*e laboratoire con/ruit p\r ,homb]g p> le ,rg5t1 t\s les moy5s d'tude et de re*]*es dont il pr(ita sans ret>d4 ,b]?ollet1 dans ses premi]s travaux1 adopte sur t\s les po9ts la langue de ,/ahl et la ?orie du phlogi/ique sans m5tionn]1 mme p> voie d'allusion1 les objections qui l'ont branle4 ,aussi p]spicace que gnreux1 ,lavoisi]1 *>g s\v5t de jug] les travaux du jeune inv5teur1 l'lve et le s\ti5t en l\ant sans rs]ve ses belles expri5ces2 applaudissant sans faiblesse l'esprit sagace qui le dirige1 il lui signale les cueils inap]u1 et l'av]tissant p\r l'in/ruire non p\r triomph] de lui1 il le ramne p>fois des dc\v]tes importantes dont ses premires vues l'aurai5t c>t4 ,la doctr9e du phlogi/ique1 aux yeux de ,b]?ollet1 tait alors plus que vraisemblable1 et sa conv]sion complte ne date que de #aghe4 ,il a donc fallu prs de dix ans ,lavoisi] p\r drac9] t\s ses d\tes2 mais leurs relations n'eur5t jamais s\ffrir d'une rsi/ance t\j\rs loyale et t5ace sans ob/9ation4 ,a p>tir de cette poque1 on voit les deux amis compltem5t d'accord1 et la p>ole brillante de ,f\rcroy rp&re dans la *aire du ,j>d9 des ,plantes la doctr9e dev5ue commune2 la trace de leur union devait tre ineffaable4 ,unis ,guyton de ,morveau1 enc\rags d'abord et applaudis bi5tt p> les *imi/es les plus illu/res de l',europe1 ils osr5t propos] et faire accept] p> l'asc5dant de leur r5omme1 une r=me complte de la langue des *imi/es4 ,un esprit alors trs-admir1 ,condillac1 avait exagr s+ulirem5t l'influ5ce possible des signes de la p5se sur la =mation et la comb9aison des ides4 ,ses pr9cipes1 adopts ou peu s'en faut p> les p5seurs les plus illu/res1 n'avai5t pas jusque-l port de fruits bi5 positifs4 ,on crut faire m]veille en dotant les *imi/es de t\s les avantages promis une langue bi5 faite4 ,quoique la r=me de la nom5clature ait t labore en dehors de l',acadmie1 ,lavoisi]1 ,b]?ollet et ,f\rcroy1 qui s'associr5t ,guyton de ,morveau p\r gal] la simplicit du langage celle de la ?orie n\velle1 ne prt5dai5t nullem5t se s\/raire la rgle4 ,la section de *imie fut *>ge d'exam9] leur travail1 et en autorisa l'impression s\s le privilge de l',acadmie1 en essayant t\tefois en faveur des ides anci5nes une d]nire et impuissante prote/ation4 ,cette ?orie n\velle1 dit l',acadmie1 ce tableau1 sont l'ouvrage de quatre hommes ju/em5t clbres dans les sci5ces et qui s'en occup5t depuis longtemps2 ils ne l'ont =m qu'aprs avoir bi5 comp> sans d\te les bases de la ?orie anci5ne avec les bases de la ?orie n\velle2 ils fond5t celle-ci sur des expri5ces belles et imposantes4 ,mais quelle ?orie doit jamais donn] naissance des hommes d\s de plus de gnie1 un travail plus s\t5u1 plus op9itre1 quelle autre runit jamais les savants p> un conc]t de plus belles expri5ces1 p> une masse de faits plus brillants que la doctr9e du phlogi/ique8 ,ce n'e/ pas encore en un j\r qu'on r=me1 qu'on anantit presque une langue dj ent5due1 dj familire mme dans t\te l',europe1 et qu'on lui en sub/itue une n\velle d'aprs des tymologies ou trangres son gnie1 ou prises s\v5t dans une langue anci5ne dj presque ignore des savants et dans laquelle il ne peut y avoir ni trace ni notion quelconque des *oses ni des ides qu'on doit lui faire signifi]4 ,l',acadmie1 on le voit1 faisait plus que des rs]ves4 ,me p]mettra-t-on de dire que1 sur la "q spciale du langage1 je ne puis absolum5t la blm]2 la *imie subissait1 cela e/ vrai1 une complte et brillante trans=mation dont les mots n\veaux1 soigneusem5t assortis aux ides1 proclamai5t le triomphe df9itif et complet4 ,mais cet avantage1 t\t enti] de circon/ance1 on p\vait oppos] plus d'un inconvni5t4 ,croit-on srieusem5t qu'en cont9uant appel] l'alcali volatil1 ammoniaque au lieu d'azoture d'hydrogne1 on ait compromis les progrs de la sci5ce ou la simplicit de son enseignem5t8 ,l'impuissance de cette nom5clature1 qui croyait avoir t\t prvu1 dnomm] seulem5t les comb9aisons du c>bone et de l'hydrogne1 n'a-t-elle pas ret>d les progrs de la *imie organique1 qui1 p\r y avoir =cm5t r5onc1 a t longtemps considre comme une sci5ce di/9cte et s\mise de t\t autres pr9cipes8 ,si l'hi/oire de la *imie1 enf91 e/ si mal et si peu connue1 n'en faut-il pas accus] ce *angem5t complet des mots qui1 indp5damm5t du progrs dans les ides1 int]dit mme des *imi/es ex]cs1 la lecture c\rante et facile des premi]s matres de la sci5ce8 ,mais l'poque tait favorable aux rvolutions4 ,celle-ci1 sans ret>d comme sans rsi/ance1 s'tablit dans t\te l',europe2 elle n'a pas vu encore de raction4 ,,les ,,naturali/es4 ,l'hi/oire naturelle1 dsigne s\s le nom de physique1 occupait1 avec la *imie1 une moiti des sances de l'anci5ne ,acadmie des sci5ces4 ,lors de la rorganisation en #afii1 elle y fut reprs5te p> les sections de botanique et d'anatomie1 dont les membres1 t\j\rs actifs1 contribur5t con/amm5t et p\r une gr&e "p la r5omme et la =ce de la compagnie4 ,raumur1 qui devait tre une des gloires de l',acadmie1 y entra1 comme ,amontons1 avec le titre d'lve2 il tait g de v+t-trois ans2 ri*e et indp5dant comme ,buffon1 il ne dem&ait comme lui la sci5ce d'autres avantages que le plaisir d'appr5dre et la gloire de dc\vrir4 ,quoique plus pntrant1 plus pati5t dans ses obs]vations et plus rig\reux dans ses raisonnem5ts1 il lui fut =t infrieur p> le /yle et e/ re/ beauc\p mo9s clbre4 ,raumur se fit connatre d'abord de l',acadmie p> deux mmoires de gomtrie qui montr5t la ple9e intellig5ce de la m?ode de ,desc>tes et des ?ories inf9itsimales1 que quelques membres de l',acadmie rep\ssai5t encore4 ,quoique son gnie ne soit pas celui d'un gomtre1 il a =tifi son esprit p> la discipl9e des raisonnem5ts rig\reux1 en p\ssant ses tudes ma?matiques assez lo9 p\r p\voir prononc] p> lui-mme1 en t\te circon/ance1 sur la possibilit et la lgitimit de leur application2 mais il les ab&onna bi5 vite p\r l'hi/oire naturelle1 v]s laquelle le portai5t ses gts et ses aptitudes4 ,curieux de t\s les secrets de la nature1 ,raumur se plat l'int]rog] avec un sage et excell5t esprit1 en tudiant les moy5s p> lesquels elle arrive son b et l'usage des in/rum5ts qu'elle y emploie2 les phnomnes eux-mmes1 qu'il aime suivre et faire natre1 lui en appr5n5t plus que les disc\rs et que les livres4 ,ses mmoires1 dans la collection de l',acadmie1 sont au nombre des plus clbres2 m>qus presque t\s au mme co91 ils n'exig5t1 p\r tre lus et compris1 aucune tude pralable4 ,plus clair qu'rudit1 ,raumur ne fait aucun talage de sa sci5ce1 qui1 t\j\rs cep5dant1 sur t\tes les que/ions1 re/a la hauteur de son poque4 ,raumur1 en effet1 s'occupait de t\tes les sci5ces en mme temps2 se proposant1 avec une infatigable ardeur1 les problmes les plus div]s1 qu'il v\lait et qu'il savait le plus s\v5t rs\dre p> lui-mme1 il n'avait pas le temps d'acqurir une rudition bi5 pr(onde2 son activit dans les mmoires de l',acadmie s't5d t\s les sujets1 qu'il traite t\s1 s9on avec la mme compt5ce1 t\t au mo9s avec la mme sagacit4 ,l'tude des div]s mti]s occupait l',acadmie2 elle se proposait d'en publi] successivem5t la description4 ,raumur1 jeune encore1 t\j\rs de loisir1 curieux de t\t voir et de t\t connatre1 tait dsign t\t naturellem5t p\r pr5dre une "p importante ce travail4 ,la p]spicacit inv5tive de ,raumur ne p>ut en aucun de ses ouvrages plus videmm5t que dans son trait sur la fabrication de l'aci]4 ,on emploie depuis longtemps1 on le sait1 dans les usages de la vie1 trois sortes de f] trs-di/9ctes3 le f] proprem5t dit1 l'aci] et la fonte1 dont les proprits diffr5t bi5 plus encore que l'aspect2 la fonte e/ en effet fusible1 dure et cassante2 l'aci]1 difficilem5t fusible1 dur et mallable2 le f]1 enf91 rfractaire au feu1 dur la lime1 cdant au m>teau et plus mallable encore que l'aci]4 ,le f]1 on l'ignorait alors1 e/ un mtal presque pur1 l'aci] conti5t #d #g millimes de *>bon1 et la fonte en conti5t le plus s\v5t de #bj #cj millimes2 entre le f] et la fonte1 on peut obt5ir d'ailleurs t\s les int]mdiaires1 qui p>ticip5t1 suivant leur composition1 des proprits du type le plus vois94 ,l'aci] se trempe1 c'e/--dire qu'aprs avoir t *auff au r\ge1 puis plong dans l'eau froide1 il devi5t dur et cassant2 la fonte se trempe aussi1 en se trans=mant en fonte blan*e2 le f] ne se trempe jamais4 ,ces c>actres tai5t bi5 connus avant ,raumur1 mais on ignorait que le pr9cipe acirant e/ le *>bon pur4 ,la *imie tait trop peu avance alors1 et ,raumur1 d'ailleurs1 tait trop peu *imi/e p\r qu'une telle dc\v]te lui ft possible4 ,la matire acirante e/ p\r lui une espce de s\fre4 ,mais les *imi/es alors1 il ne faut pas l'oubli]1 enveloppai5t dans ce mot les sub/ances les plus div]ses et l'appliquai5t entre autres t\t corps rducteur4 ,le livre de ,raumur1 qui lors de son app>ition produisit un gr& effet1 et fut p\r lui1 de la "p du rg5t1 l'occasion des plus ri*es rcomp5ses1 e/ intitul3 ,l'art de conv]tir le f] en aci] et l'art d'ad\cir le f] dur4 ,p\r acir] le f] p> la cm5tation1 on le *auffe en vase clos et p5dant plusieurs sema9es1 au milieu des sub/ances propres opr] la trans=mation et lui f\rnir1 suivant ,raumur1 le s\fre qui lui manque1 et qui1 n\s le savons auj\rd'hui1 n'e/ autre *ose que du *>bon2 qu& l'aci] a pris trop de ce s\fre 7traduisez *>bon71 il devi5t d'abord un mtal intraitable1 cassant et dur1 puis de la fonte1 comme le dit ,raumur en plusieurs endroits de son livre2 et il enseigne corrig] cet aci] intraitable en le plaant une haute temprature en contact avec de la craie2 mais1 ne connaissant ni la composition de la craie ni les proprits de l'acide c>bonique et de l'oxyde de c>bone1 et la trans=mation si facile et si frqu5te de l'un de ces gaz dans l'autre1 il ne p\vait voir les *oses bi5 fond1 ni en donn] une ?orie bi5 prcise4 ,ses explications val5t peu prs cep5dant t\tes celles que l'on donnait alors des ractions *imiques1 et on conclut de ses ides que la fonte peut1 en p]dant t\t ou p>tie de ce qu'il nomme les s\fres1 se *ang] en aci] et mme en f] d\x1 et il a tr\v le beau procd de dc>buration1 qui1 bi5 peu p]fectionn depuis1 n\s f\rnit auj\rd'hui la fonte mallable4 ,une p>tie de son ouvrage e/ consacre la description de cet art n\veau3 il enseigne c\l] la fonte de/9e l'opration2 il donne la composition des meilleurs mlanges1 p>mi lesquels il cite l'oxyde de f] et mme la limaille et les rognures de f] exclusivem5t employes auj\rd'hui2 il dsigne enf9 les objets qu'il convi5t de fabriqu] a9si et qui n'ont *ang ni de nom ni de nature2 quelques-uns seulem5t1 comme les heurtoirs de porte1 ne sont plus employs auj\rd'hui4 ,la p>tie conomique du livre de ,raumur n'e/ pas mo9s rem>quable3 ,il y avait1 dit-il dans sa prface1 deux p>tis *oisir p\r r5dre les arts1 et surt\t celui d'ad\cir le f] fondu1 utiles au royaume3 ou d'accord] des privilges des compagnies1 qui1 comme celles des glaces1 euss5t eu seules le droit de faire de ces sortes d'ouvrages1 ou de donn] une lib]t gnrale t\s les ouvri]s d'y travaill]4 ,le premi] p>ti et plutt fait p>atre des manufactures considrables et le public et eu plutt *oisir des ouvrages de ce g5re4 ,ds que la lib]t e/ gnrale1 les artisans se *>g]ont de ce travail1 mais leur peu de =tune ne leur p]mettant pas de faire les avances ncessaires p\r f\rnir une gr&e quantit d'ouvrages trs-v>is1 p>ce que les premi]s modles cot5t *]1 les ouvrages s'en multipli]ont plus l5tem5t2 les compagnies qui p\rrai5t entrepr5dre de plus gr&s tablissem5ts n'os]ont peut-tre pas les risqu]1 dans la cra9te de voir bi5tt leurs ouvrages copis p> t\s les petits ouvri]s2 mais1 outre qu'un am\r de la lib]t porte s\hait] qu'il soit p]mis aux hommes de faire ce sur quoi ils ont naturellem5t autant de droit que les autres1 c'e/ que1 si les tablissem5ts se font de la sorte plus l5tem5t1 d'une manire mo9s brillante1 ils se =m5t d'une manire plus utile au public4 ,comm5t s'assur] d'une socit qui ne soit pas trop avide de ga98 ,c'e/ le gr& inconvni5t des privilges1 qui d'ailleurs li5t les ma9s ceux qui n'en ont pas obt5u de p>eils et qui aurai5t t en tat d'en faire de meilleurs usages1 qui aurai5t eu plus de tal5ts p\r p]fectionn] les n\velles inv5tions4 ,ce n'e/ pas que les p>ticuli]s n'ai5t p\r le pr(it une ardeur gale celle des compagnies1 mais la cra9te que leurs vois9s ne v5d5t plus qu'eux1 l'envie d'attir] le m>*&1 leur fait donn] meilleur m>*4 ,j'ai eu la preuve de cette ncessit de faire multipli] le dbit3 j'avais p]mis quelques ouvri]s1 qui avai5t travaill s\s nos yeux dans le laboratoire de l',acadmie1 de faire des ouvrages de f] fondu4 ,malgr moi ils v\lai5t les t5ir un prix excessif2 qu& ils (frai5t p\r #bjj livres1 en f] fondu1 ce qui1 en f] =g1 en et cot #a1bjj ou #a1ejj1 ils croyai5t faire assez1 quoiqu'ils euss5t d le donn] p\r #d ou #e pi/oles4 ,il n'y a donc d'autre manire de v5dre les *oses bon m>* que de mettre les ouvri]s dans la ncessit de dbit] l'envi4 ,ces excell5tes p>oles1 que ,turgot n'et pas dsav\es1 sont crites1 il ne faut pas l'oubli]1 en #agcb1 et s]v5t de prface un ouvrage que le duc d',orlans1 alors rg5t du royaume et =t compt5t sur les que/ions de sci5ce1 rcomp5sa p> une p5sion de #ab1jjj livres4 ,quelques rflexions gnreuses sur le devoir des inv5teurs env]s l'humanit t\t entire mrit5t galem5t d'tre rapportes4 ,il s'e/ tr\v des g5s1 dit ,raumur1 qui n'ont pas appr\v que les dc\v]tes qui font l'objet de ces mmoires ai5t t r5dues publiques4 ,ils aurai5t v\lu qu'elles euss5t t cons]ves au royaume1 que n\s eussions imit les exemples du my/re1 peu l\ables mon s5s1 que n\s donn5t quelques-uns de nos vois9s4 ,n\s n\s devons premirem5t notre patrie1 mais n\s n\s devons aussi au re/e du monde2 ceux qui travaill5t p\r p]fectionn] les sci5ces et les arts doiv5t mme se reg>d] comme les citoy5s du monde enti]4 ,l'vnem5t ne rpondit pas1 il faut l'av\]1 aux esprances de ,raumur1 et les progrs qu'il avait promis ne se ralisr5t que l5tem5t4 ,une compagnie fut tablie s\s sa haute direction avec le nom de ,manufacture royale d',orlans p\r conv]tir le f] en aci] et p\r faire des ouvrages de f] et d'aci] fondu4 ,le prospectus insr dans les j\rnaux du temps cont5ait de magnifiques promesses4 ,on s'engage1 disait-on1 ne livr] que des produits d'excell5te qualit1 et1 s'il y en avait qui ne p>uss5t pas tels ceux qui les ont a*ets1 on s'engage r5dre l'arg5t qu& on les rapport]a4 ,peu d'annes aprs1 cep5dant1 la compagnie dut se diss\dre aprs avoir puis son capital1 et l'us9e fut ab&onne4 ,c'e/ p> ses tudes sur les animaux infrieurs que ,raumur a mrit un nom immortel4 ,obs]vateur pntrant et att5tif de la nature1 nul autre n'a eu un s5tim5t plus vif et plus prcis des ress\rces simples et v>ies t\t ensemble dont elle dispose p\r l'excution de ses desse9s1 et de l'admirable ju/esse avec laquelle elle accorde1 mme aux tres infrieurs1 les organes ncessaires leurs beso9s et con=mes leurs conv5ances comme leurs in/9cts4 ,l'anatomie ne j\e1 *ez lui1 qu'un rle secondaire2 c'e/ en piant les m\vem5ts et les actes de l'animal vivant qu'il se r5d compte des =ces mises sa disposition et de l'usage qu'il en sait faire4 ,le rle que l'hi/oire de la sci5ce lui attribue e/ d'avoir dc\v]t et rvl les m]veilleux secrets de la vie extrieure d'un gr& nombre d'animaux *oisis surt\t p>mi les plus humbles4 ,p> quel mcanisme un mollusque s'avance-t-il sur le sable8 ,comm5t peut-il s'accro*] au ro*]8 ,p> quels moy5s p>vi5t-il saisir sa proie et la df5dre contre ses ennemis8 ,comm5t l'insecte *oisit-il son habitation8 ,quels matriaux emploie-t-il p\r l'amnag]8 ,quels sont ses artifices p\r n\rrir ses petits8 ,comm5t prp>e-t-il les ress\rces ncessaires leur dveloppem5t8 ,telles sont les que/ions que traite le plus volonti]s ,raumur et qu'il rs\t l'aide des obs]vations les plus intressantes1 accumules et recueillies avec un r>e bonheur et une infatigable pati5ce4 ,dans un *>mant mmoire sur les gupes1 dont la rpublique1 trop nglige des naturali/es p\r celle des abeilles1 lui ressemble p\rtant un peu1 dit-il1 peut-tre comme ,sp>te ressemblait ,a?nes1 ,raumur indique trs-bi5 le b qu'il se propose et l'ordre des que/ions qu'il veut abord]3 ,si je m'tais propos1 dit-il1 de faire connatre les diffr5tes espces de gupes dont les naturali/es font m5tion1 de donn] la description exacte de leur figure et de c>actris] les espces p> les diffr5ces les plus m>ques1 un mmoire enti] y suffirait pe9e1 mais je crois qu'on me saura gr de ce que j'p>gn]ai ici les dtails secs p\r ne m'arrt] p\r a9si dire qu' leurs murs4 ,tel e/ le programme de ,raumur dans ses belles et intressantes re*]*es sur les insectes1 dont la runion =me six gros volumes1 d'une lecture aussi agrable que facile1 et auxquels il ne manqu]ait peut-tre qu'un peu de concision p\r tre compts p>mi les ouvrages classiques les plus atta*ants4 ,raumur entra l',acadmie en #agjh et m\rut en #ageg1 aprs avoir vu son influ5ce1 =t gr&e d'abord1 s'effac] peu peu devant celle de ,buffon4 ,lorsque ,buffon1 g de v+t-sept ans seulem5t1 fut nomm p> l',acadmie membre adjo9t de la section de botanique1 ri5 ne faisait prvoir encore la clbrit rs]ve son nom4 ,comme ,bossuet1 comme ,crbillon et comme l'aimable prsid5t ,de ,brosses1 il tait lve des jsuites de ,dijon4 ,le s\v5ir de ses succs d'coli] n'e/ pas p>v5u jusqu' n\s4 ,fils d'un magi/rat =t considr et =t ri*e1 ,buffon1 ds sa jeunesse1 put rgl] sa vie sa guise et satisfaire librem5t t\s ses gts2 il voyagea en ,france et en ,italie1 en compagnie d'un jeune seigneur anglais dont le prcepteur1 homme =t in/ruit1 p>at avoir dirig ses premires tudes sur la sci5ce de la nature4 ,buffon1 de mme que ,raumur1 dont il devait bi5tt dev5ir le rival1 dbuta p> la gomtrie1 et un mmoire +nieux sur quelques problmes de probabilit1 le montre capable de russir dans cette voie2 mais sa sci5ce encore imp>faite devait s'affaiblir et se p]dre dans la pratique des travaux d'un autre ordre2 et une discussion clbre avec ,clairaut1 dans laquelle v+t ans plus t>d il mconnat les pr9cipes les plus lm5taires1 montre que ,buffon1 en quittant la gomtrie1 n'y avait pas fait assez de progrs p\r en arm] jamais son esprit4 ,la traduction d'un ouvrage ma?matique de ,newton et de la /atique des vgtaux de ,hales1 l'tude ?orique et exprim5tale des miroirs ard5ts attribus ,ar*imde1 et des expri5ces faites en gr& sur la manire de durcir les bois en les corant sur pi$1 ne semblai5t pas indiqu] bi5 nettem5t sa voie1 lorsque sur la proposition de ,dufay m\rant il fut nomm l'ge de tr5te-deux ans directeur et int5dant du ,j>d9 du ,roi4 ,oblig p> devoir de favoris] les tudes d'hi/oire naturelle et d'y prsid] en quelque sorte1 il t\rna dsormais v]s elles l'activit de son esprit en y appliquant avec un zle con/ant t\s ses so9s1 ses travaux1 son crdit et ses =ces4 ,l'obs]vation m9utieuse des faits n'tait ni dans ses gts ni dans ses aptitudes4 ,son gnie1 acceptant les dtails de t\te ma91 avait beso9 d'un plus gr& vol4 ,buffon1 p\r pe9dre la nature entire1 prt5dait d'un premi] c\p d'il saisir t\t d'abord les pr9cipes et trac] gr&s traits un tableau d'ensemble3 c'e/ p> l que comm5ce et que f9it son gr& ouvrage4 ,dans deux de ses livres les plus admirs1 la ,?orie de la t]re et les poques de la nature1 ,buffon excit et s\t5u p> la gr&eur de son sujet1 semble dbr\ill] le *aos3 aucune difficult ne l'tonne1 et l'on voit son loqu5ce1 t\j\rs maje/ueuse mais p>fois trop orne1 devanc] t\r t\r la sci5ce de son temps1 la ddaign]1 ou y contr$ire4 ,quoiqu'il et succd ,c\plet comme trsori] de l',acadmie1 ,buffon1 presque t\j\rs abs5t de ,p>is1 assi/ait r>em5t aux sances4 ,peu s\cieux des travaux de ses confrres1 il communiquait r>em5t les si5s l',acadmie et re*]*ait peu l'influ5ce qu'il y ex]ait cep5dant4 ,l',acadmie franaise1 dans sa correspondance1 l'occupe plus s\v5t et semble l'intress] plus vivem5t que l',acadmie des sci5ces4 ,l'criva9 *ez ,buffon a en effet clips le savant2 dans ses crits sur la sci5ce1 qui val5t surt\t p> l'exacte conv5ance et l'h>monieuse prcision du /yle1 on ne tr\ve qu'un bi5 petit nombre d'obs]vations n\velles ou d'expri5ces dcisives sur des po9ts jusque-l d\teux4 ,et s'il e/ p]mis de rappel] une plaisant]ie contre celui dont le long ouvrage n'en conti5t pas une seule1 lorsque l'affectueuse e/ime de ,l\is ,,xvi fit lev] au ,j>d9 des ,plantes une /atue ,buffon encore vivant1 l'irrvr5cieux passant qui1 lisant sur le socle3 ,naturam amplectitur omnem1 s'cria1 dit-on3 ,qui trop embrasse mal tre9t1 ne manqua ni de ju/ice ni d'-propos4 ,les noms de ,daub5ton et de ,buffon sont insp>ables dans l'hi/oire de la sci5ce4 ,compagnon de son enfance et collaborateur trs-utile de son gr& ouvrage1 ,daub5ton1 satisfait de la "p qui lui tait faite et dv\ sans arrire-p5se l'uvre commune1 y apportait p> des tudes srieuses et orig9ales un lm5t prcieux de =ce1 de solidit et de dure2 un j\r cep5dant ,buffon1 dans un intrt de librairie1 fit disp>atre d'une dition n\velle les *apitres crits p> son ami1 dont la sci5ce plus pr(onde mais plus s*e que la si5ne1 avait mo9s d'attrait p\r le public4 ,les intrts de ,daub5ton tai5t sacrifis aussi bi5 que sa ju/e susceptibilit d'obs]vateur et de savant1 et cette cruelle blessure v5ait d'un compagnon d'enfance1 d'un collaborateur admir et aim1 et d'un protecteur gnreux qui l'avait d'avance ds>m et en*an p> les li5s de la reconnaissance6 ,ces s\v5irs dirigr5t la conduite de ,daub5ton et l'expliqu5t3 attri/ plus encore qu'irrit1 il se plaignit avec d\ceur et modration2 et1 sans rompre des relations dsormais froides et pnibles1 il r$\bla d'ardeur p\r la =mation du cab9et d'hi/oire naturelle1 qui dev9t t\te sa consolation4 ,malgr d'excell5ts et nombreux travaux1 la cration de ce beau muse re/e l'uvre saillante de ,daub5ton4 ,on n'y tr\vait gure avant lui que les coquilles recueillies p> ,t\rne=t4 ,c'e/ ,daub5ton qui1 p5dant plus de qu>ante ans1 y embrassant avec ardeur t\tes les productions de la nature1 les recueillit de t\tes p>ts et s\v5t gr&s frais1 p\r les gr\p] dans un ordre commode la fois p\r l'tude et sduisant p\r les ignorants4 ,daub5ton a donn l',acadmie un gr& nombre de mmoires sur des po9ts p>ticuli]s d'hi/oire naturelle4 ,on lui doit la description de plusieurs espces rellem5t n\velles1 des tudes sur le dveloppem5t des arbres qui1 comme le palmi]1 ne croiss5t pas p> c\*es extrieures et conc5triques2 des ides +nieuses sur les albtres et les /alactites1 et les h]borisations des pi]res4 ,daub5ton enf91 en appliquant la palontologie sa connaissance pr(onde des animaux vivants1 a t le prcurseur immdiat de ,cuvi]4 ,ces travaux incessants et v>is occupr5t ,daub5ton sans le captiv] entirem5t1 et la ju/e clbrit de son nom s'atta*e en gr&e p>tie une uvre t\te pratique et de gr&e utilit p\r le pays4 ,ses crits sur l'levage des m\tons et sur l'amlioration des la9es le plac5t au nombre des bi5faiteurs de l'agriculture franaise4 ,mettre dans t\t son j\r l'utilit du p>cage cont9uel1 dmontr] les suites p]nicieuses de l'usage de r5f]m] les m\tons dans les tables p5dant l'hiv]1 essay] les div]s moy5s d'en amlior] la race1 tr\v] ceux de dt]m9] avec prcision le degr de f9esse de la la9e1 reconnatre le vritable mcanisme de la rum9ation1 en dduire des conclusions utiles sur le tempram5t des btes la9e et sur la manire de les n\rrir et de les trait]1 dissm9] les produits de sa b]g]ie dans t\tes les prov9ces1 di/ribu] ses bli]s t\s les propritaires de tr\peaux1 faire fabriqu] des draps avec ses la9es p\r en dmontr] aux plus prv5us la supriorit1 =m] des b]g]s in/ruits p\r propag] la pratique de sa m?ode1 rdig] des in/ructions la porte de t\tes les classes d'agriculteurs1 tel e/1 dit ,cuvi]1 l'expos rapide des travaux de ,daub5ton sur cet important sujet4 ,leur auteur1 on en convi5dra1 n'avait pas beso9 de patre lui-mme ses tr\peaux p\r se faire dlivr] sans scrupule1 p5dant les mauvais j\rs de la ,t]reur1 un c]tificat de civisme s\s le nom du b]g] ,daub5ton4 ,la direction du ,j>d9 des ,plantes1 lorsqu'elle fut confie ,buffon1 tait promise depuis longtemps un naturali/e =t m95t1 ri*e propritaire1 non mo9s recomm&able p> son c>actre que p> l't5due de son esprit4 ,si ,duhamel du ,monceau n'a pas laiss comme ,buffon un nom illu/re1 c'e/ que ses crits1 rem>quables p> le fond beauc\p plus que p> la =me1 ont s]vi surt\t dans la sci5ce comme de prcieux et solides matriaux utiliss p> ses successeurs4 ,ami intime de ,b]n>d de ,jussieu et de ,dufay1 ,duhamel1 en tudiant s\s leurs yeux l'hi/oire naturelle1 sut l'ge de v+t ans leur inspir] assez de confiance p\r que l',acadmie1 conseille p> eux1 lui confit la mission d'tudi] dans le ,gt9ais les causes d'une maladie du safran qui al>mait alors les propritaires du pays4 ,sa mission eut un ple9 succs1 et la section de botanique l'appela peu aprs une place d'adjo9t4 ,lo9 d'entr] fond et p> ordre dans le dtail des travaux trs-nombreux de ,duhamel1 n\s ne p\vons pas mme1 dans cette revue rapide et sup]ficielle1 cit] t\s ceux qui1 ju/em5t clbres p>mi les naturali/es1 mrit5t encore auj\rd'hui une srieuse att5tion4 ,les expri5ces de ,duhamel sur la =mation des os sont trs-lgantes et trs-nettes4 ,la g>ance1 mle p5dant quelque temps la n\rriture d'un animal1 pntre dans les os et les colore en r\ge4 ,ce fait1 obs]v p> des savants anglais1 lui donna l'ide de faire alt]n] la n\rriture *>ge de g>ance avec la n\rriture ord9aire1 p\r obs]v]1 sur diffr5ts animaux bi5 ent5du1 le progrs de la coloration en r\ge et le ret\r l'tat normal4 ,l',acadmie1 qui a compt p>mi ses membres ,t\rne=t1 ,magnol1 ,ge(froy1 ,vaillant1 ,duhamel1 ,anto9e1 ,b]n>d et ,laur5t de ,jussieu1 et qui a inscrit le nom de ,l9ne sur la li/e de ses associs trang]s1 n'a pu manqu] de pr5dre une gr&e et glorieuse "p au progrs1 on p\rrait presque dire la cration de la sci5ce des plantes4 ,magnol1 qui le premi] a prononc en botanique le nom de famille1 tait pr(esseur et pr(esseur trs-illu/re la ,facult de ,montpelli]4 ,le roi1 sur sa gr&e rputation1 le nomma successeur de ,t\rne=t l',acadmie1 quoiqu'il ne ft propos qu'au troisime rang4 ,flatt d'un tel honneur1 et r5onant l'ge de soixante-d\ze ans aux habitudes de t\te sa vie1 il v9t rsid] ,p>is2 mais le sacrifice tait au-dessus de ses =ces1 et il n'assi/a que p5dant un an pe9e aux sances de l',acadmie4 ,vaillant fut un des lves les plus illu/res de ,t\rne=t4 ,fagon1 sur9t5dant du roi1 l'avait appel1 quoique =t jeune encore1 la direction des cultures du j>d91 de prfr5ce ,t\rne=t lui-mme1 qui s'en montra =t bless4 ,le mauvais v\loir dev9t rapidem5t mutuel1 et les mmoires sci5tifiques de ,vaillant en cons]v5t la trace2 des critiques trop amres1 quoique s\v5t fondes1 y remplac5t dans plus d'une page les applaudissem5ts qui p>t\t ailleurs saluai5t les ouvrages de son matre4 ,ge(froy1 le frre du *imi/e1 fut un botani/e m95t4 ,on lui doit une gr&e dc\v]te1 celle du sexe des plantes1 qui1 accepte et mise dans un plus gr& j\r p> ,vaillant1 lui a t s\v5t attribue4 ,anto9e de ,jussieu1 lve de ,magnol ,montpelli]1 et docteur dj de la clbre facult1 s'tait r5du ,p>is l'ge de v+t-deux ans dans l'espoir surt\t d'y suivre les leons de ,t\rne=t sur les plantes et de se p]fectionn] dans leur tude4 ,victime d'un accid5t qui devait tre mortel1 ,t\rne=t ne pr(essait plus1 et peu de temps avant sa mort le jeune lve1 rapidem5t di/+u p> ,fagon1 se tr\va plac l'ge de v+t-trois ans dans la *aire mme dont la rputation l'avait attir4 ,anto9e de ,jussieu tait un savant m95t et un excell5t homme4 ,obs]vateur +nieux et sagace1 il a compos d'excell5ts mmoires sur les div]ses bran*es de l'hi/oire naturelle3 frre gnreux et dv\1 il a lev et in/ruit le jeune ,b]n>d1 et en lui faisant p>tag] la mode/e aisance due ses succs comme mdec91 lui a p]mis de dv\] sa vie entire la mditation op9itre d'une uvre immortelle4 ,l'esprit de famille et d'union e/ un des traits saillants du c>actre des ,jussieu2 leur frre ,joseph1 compagnon de ,lacondam9e au ,pr\1 retr\va aprs tr5te-huit ans d'abs5ce sa place au foy] frat]nel1 o il ne p\vait apport] qu'emb>ras et tri/esse4 puis p> de longues fatigues1 il en avait oubli jusqu' la tri/e hi/oire4 ,on n'osa pas le conduire l',acadmie1 qui l'avait lu p5dant son abs5ce1 mais jusqu' sa mort il tr\va dans la petite maison de la rue des ,b]n>d9s les so9s les plus intellig5ts et les plus affectueux4 ,b]n>d survcut longtemps ,anto9e3 sil5cieux et ca* p> gt et p> mode/ie1 il n'tait ni inconnu ni ab&onn1 et sa pr(onde d\leur1 en al>mant ses amis1 accrut l'assiduit et l'empressem5t des meilleurs d'entre eux2 *aque m]cr$i et *aque sam$i1 son confrre ,duhamel v5ait le pr5dre dans son c>rosse et le conduire au ,l\vre1 la sance de l',acadmie2 il le ram5ait ensuite et p>tageait son mode/e repas4 ,sa maison reut en #agfe un hte n\veau et un peu dpays d'abord4 ,laur5t de ,jussieu1 le clbre auteur du ,g5]a plant>um1 dev9t1 l'ge de dix-sept ans1 le comm5sal et le compagnon d'un vieill>d tri/e et srieux1 que p5dant son enfance il n'avait pas appro* une seule fois4 ,*acun cep5dant y mit du si53 les so9s et les leons de ,b]n>d inspirr5t ,laur5t1 avec la dfr5ce d'un disciple1 une affection rellem5t filiale4 ,la vie au/re de ,b]n>d1 consacre la sci5ce et l'amiti1 n'avait jamais ouv]t son cur d'autres joies2 mais la nature de ,laur5t diffrait de la si5ne2 son oncle le comprit1 et p\rvu qu'il se montrt exact l'heure du s\p]1 le jeune homme n'tait jamais que/ionn sur les sorties qui p\vai5t le prcd] ou le suivre4 ,l'affection et la vnration de ,laur5t mritr5t t\te l'e/ime de ,b]n>d1 qui le traita bi5tt comme un ami avec qui on peut t\t p5s]1 t\t dire et t\t ent5dre2 la sci5ce eut t\j\rs la plus gr&e mais non la seule place dans leurs entreti5s1 qui p>fois mme mo9s graves que de c\tume1 les am5ai5t lire ensemble quelques pages de ,rabelais4 ,le vieil oncle confia bi5tt son neveu t\te l'adm9i/ration de la maison en lui disant3 ,t\t ce qui e/ moi e/ toi4 ,cette p>ole tait vraie la lettre et s't5dait son trsor le plus intime1 l'uvre et la proccupation de t\te sa vie1 sa m?ode de classification des plantes1 dont il le fit l'hriti]1 le dpositaire et le cont9uateur4 ,longtemps aprs la mort de son frre1 ,b]n>d ayant une dp5se considrable faire1 ouvrit un vieux c(fre o ,anto9e dposait ses conomies et y prit #dj1jjj francs2 mais le c(fre s]vit t\j\rs au mme usage1 et au mom5t de la mort de ,b]n>d1 il tait rempli de n\veau4 ,mon gr&-oncle1 disait ,adri5 de ,jussieu1 le digne fils de ,laur5t1 traita ses ides sci5tifiques comme ses cus4 ,il les empila sans daign] s'en s]vir1 ouvrit son c(fre une seule fois et le lgua son hriti] encore moiti ple94 ,le mode/e ,b]n>d1 depuis longtemps gr&-matre dans la sci5ce des plantes1 et connu p\r tel de t\s les botani/es de l',europe1 avait con/amm5t refus de faire des leons publiques2 il craignait d'ignor] l'art de bi5 dire4 ,ce fut l'acadmici5 ,lemonni]1 frre de l'a/ronome1 qui succda ,anto9e dans la *aire du ,j>d9 du ,roi4 ,=c bi5tt comme mdec9 des enfants de ,france de rsid] ,v]sailles1 il dut se faire suppler ,p>is4 ,buffon1 sur la prs5tation de ,b]n>d1 fit mont] ,laur5t de ,jussieu1 g de v+t-deux ans1 dans la *aire o le digne vieill>d1 non mo9s mu que lui1 lui prs5tait sil5cieusem5t1 comme ses prdcesseurs1 les plantes soigneusem5t *oisies et que s\v5t la veille il lui avait appris connatre4 ,b]n>d n'a presque ri5 crit3 quatre mmoires publis p> l',acadmie des sci5ces =m5t ses uvres compltes2 ils n'expliqu]ai5t pas1 malgr leur mrite rel1 son imm5se et ju/e r5omme4 ,mditant sans cesse sur les c>actres des plantes p\r en pes] l'importance1 obs]vant t\tes les analogies1 e/imant t\tes les diffr5ces1 et dans la div]sit des dtails contemplant l'h>monie de l'ensemble1 ,b]n>d ne *]*ait p\r elles ni un dnombrem5t ni mme une nom5clature ou une ordonnance1 mais un en*anem5t4 ,lorsque ,l\is ,,xv1 inspir p> ,lemonni]1 le *>gea d'tablir ,trianon1 dans un j>d9 des plantes1 une cole pratique de botanique1 ,b]n>d1 =c de donn] une direction1 dut fix] enf9 son esprit t\j\rs en susp5s1 et l'ordonnance gnrale de ses plantations1 t\t en trahissant quelques inc]titudes1 rvlait clairem5t le pr9cipe dj tr\v de la m?ode naturelle4 ,le catalogue des plantes de ,trianon tait l'esquisse d'un gr& ouvrage4 ,laur5t de ,jussieu1 dpositaire et hriti] des rsultats de son oncle1 le fut aussi de ses pr9cipes2 et en publiant1 qu9ze ans aprs la mort de ,b]n>d1 le clbre ,g5]a plant>um1 il v9t a*ev] et accomplir pieusem5t le desse9 de celui qu'il nomma jusqu'au b\t son guide et son matre4 ,hay1 trang] aux sci5ces jusqu' l'ge de qu>ante ans1 am5 p> un heureux in/9ct de son gnie runir et tudi] des m9raux1 dev9t le crateur d'une sci5ce n\velle et l'une des gloires les mo9s conte/es de l',acadmie4 ,fils d'une pauvre famille1 lev p> *>it au collge de ,nav>re et satisfait d'un mode/e emploi de rg5t1 il enseignait le lat9 aux lves de sixime1 puis successivem5t ceux de quatrime et de seconde4 ,ami intime du grammairi5 ,lhomond1 il avait pris prs de lui le gt de la botanique1 qui le conduisit au ,j>d9 des ,plantes1 o le c\rs de ,daub5ton sur la m9ralogie l'introduisit dans l'tude des cri/aux4 ,le c>actre fondam5tal de l'espce1 qui dans les plantes et les animaux e/ tir de la reproduction1 manque compltem5t dans les m9raux2 c'e/ l une difficult qui a longtemps ret>d les progrs de la sci5ce4 ,la composition *imique f\rnit1 il e/ vrai1 une base prcise de classification1 mais cette composition d'une "p n'e/ pas t\j\rs facile connatre1 et les m9ralogi/es d'ailleurs se refus5t non sans raison aux consqu5ces d'un pr9cipe exclusif qui les oblig]ait1 p> exemple1 confondre la craie avec les cri/aux transp>5ts de spa? d',isl&e1 ou le *>bon avec le diamant4 ,t\t en accordant la composition *imique une importance considrable1 une classification rellem5t naturelle doit faire ncessairem5t int]v5ir les proprits physiques des corps4 ,hay t\t d'abord s'atta*a curieusem5t aux cri/aux1 qui1 bi5 diffr5ts des fleurs auxquelles on les a comp>s1 prs5t5t pe9e1 p\r une mme espce1 quelques analogies vagues et d\teuses1 et qu'app>emm5t au mo9s aucune loi ne rgit4 ,un has>d heureux v9t bi5tt l'clair]3 dans un cri/al de spa? calcaire bris devant lui p> accid5t1 ,hay rem>qua des faces n\velles1 non mo9s nettes que celles du dehors1 et =mant un polydre id5tique p> sa =me1 comme il l'e/ p> sa composition1 aux cri/aux de spa? d',isl&e trs-diffr5ts p\rtant de ceux du spa? calcaire4 ,sans remont] aux causes relles et sans d\te t]nellem5t inconnues qui le dom95t et le ncessit5t1 ,hay frapp d'une lumire subite1 entrevit dans ce fait la rvlation d'un pr9cipe et une s\rce n\velle et assure de dc\v]tes qu'il devait1 quoique fconde puis] presque t\t entire4 ,les cri/aux si div]s d'une mme sub/ance naiss5t de l'arrangem5t des mmes molcules1 dont les div]s modes de gr\pem5t produis5t t\te la v>it des =mes4 ,la petite collection d',hay1 livre immdiatem5t au m>teau1 confirma cette premire vue4 ,le gr5at1 le spa? fluor1 la pyrite1 le gypse1 incessamm5t briss et rduits en fragm5ts imp]ceptibles1 prs5t5t *acun un polydre con/ant qui les di/+ue1 et suivant ,hay les c>actrise4 ,une voie n\velle tait ouv]te1 mais glissante1 troite et accessible aux seuls gomtres1 ,hay1 sans peut-tre s\ponn] t\te la difficult de l'entreprise1 v\lut la suivre jusqu'au b\t4 ,ag alors de plus de qu>ante ans1 le pr(esseur de lat9 avait depuis longtemps oubli ,euclide2 mais il avait l'esprit gomtrique4 ,il reprit ses vieux cahi]s1 dem&a quelques leons des collgues plus habiles1 et un petit nombre de ?ormes exactem5t tudis et compris lui rvlr5t les d]nires consqu5ces des lois simples qu'il avait dev9es1 en lui donnant p\r plusieurs espces1 avec la valeur prcise des angles1 la connaissance trs-di/9cte de t\tes les v>iations de la =me gnrale1 de la disposition des facettes et de la dp5dance des truncatures4 ,quoique t\j\rs timide et mode/e1 il apporta bi5 vite l',acadmie la gr&e dc\v]te qui1 plus =tem5t annonce dans un second mmoire et porte la d]nire vid5ce1 leva aussitt le nom d',hay au rang des plus gr&s et des plus illu/res4 ,hay1 inconnu jusque-l dans la sci5ce et compltem5t loign des savants1 apportait son premi] mmoire le #aj janvi] #agha2 treize mois aprs1 le #ae fvri] #aghb1 l',acadmie1 dans son empressem5t le possd]1 le nommait presque l'unanimit membre adjo9t de la section de botanique4 ,lagrange et ,lavoisi]1 ,b]?ollet et ,laplace1 comprir5t que ce prtre1 hi] encore ignorant et obscur1 dev5ait t\t c\p leur gal p> la gloire comme il l'tait p> l'esprit d'inv5tion1 et le collge du c>d9al ,lemo9e les vit plus d'une fois runis aut\r du mode/e rg5t de seconde qui1 humblem5t confus de captiv] et d'tonn] de tels gnies1 leur dmontrait dans les suites d'un seul pr9cipe t\tes les ri*esses et t\tes les h>monies de la gomtrie des cri/aux4 ,hay1 de mme que ,lavoisi]1 eut s\t5ir plus d'une controv]se4 ,on l'accusa d'avoir fait revivre une ?orie anci5ne et ju/em5t dlaisse4 ,rom de ,lisle1 le plus clbre alors des m9ralogi/es1 et peut-tre le seul savant franais rellem5t considrable au ,,xviiie sicle qui n'ait pas app>t5u l',acadmie1 appelait plaisamm5t la ?orie n\velle l'hrsie des cri/allocla/es4 ,mais heureusem5t1 dit ,cuvi]1 n\s ne connaissons d'hrtiques dans la sci5ce que ceux qui ne veul5t pas suivre les progrs de leur sicle2 et ce sont auj\rd'hui ,rom de ,lisle et ceux qui lui ont succd dans leur petite jal\sie qu'atte9t avec ju/ice cette qualification4 ,,iii4 ,,la ,,f9 ,,de ,l',,acad,,mie4 ,l',,acad,,mie ,,de #aghi ,a #agic4 ,l',acadmie des sci5ces1 p> l'importance croissante de ses travaux1 comme p> la ju/e clbrit de ses membres1 avait acquis la f9 du ,,xviiie sicle une haute et univ]selle influ5ce4 ,sans tre mle la conduite des affaires1 elle tait consulte sur les que/ions les plus difficiles et les plus importantes4 ,non-seulem5t les savants et les inv5teurs1 mais les adm9i/rateurs de prov9ce1 les assembles d'tats1 le p>lem5t1 le lieut5ant de police1 les m9i/res eux-mmes1 pr5ai5t s\v5t son avis et le suivai5t quelquefois4 ,les membres1 nomms p> le roi1 tai5t dsigns en ralit p> les suffrages des acadmici5s1 dirigs s\v5t1 mais non contra9ts1 dans l'ex]cice de leur lib]t2 les *oix tai5t d'ailleurs ce qu'ils sont et s]ont t\j\rs1 bons dans l'ensemble1 appelant tt ou t>d t\s ceux qu' un sicle de di/ance l'hi/ori5 des sci5ces s'tonn]ait de voir c>t]1 et leur associant1 dans une proportion un peu trop =te peut-tre1 des hommes obscurs auj\rd'hui1 g5s de bi5 et de savoir1 connus alors p\r tels1 il faut le suppos]1 mais dont les ouvrages n\s sembl5t insignifiants1 qu& ils ne sont pas intr\vables4 ,la sci5ce1 dans les procs-v]baux1 e/ mle aux seules affaires acadmiques1 et1 depuis le comm5cem5t du sicle1 on n'y r5contr]ait pas peut-tre une seule allusion aux vnem5ts politiques4 ,l'anne #aghi fait pe9e exception4 ,les p5sionnaires sont exacts1 aussi bi5 que les associs1 aux runions du m]cr$i et du sam$i4 ,les membres honoraires seuls font dfaut2 mais c'e/ *ez eux dj une =t anci5ne habitude3 depuis plus de v+t ans1 la colonne rs]ve leurs signatures recevait un nom ou deux t\t au plus sur *aque feuille de prs5ce1 et re/ait blan*e quelquefois p5dant des mois enti]s4 ,plus levs et plus nombreux depuis plusieurs annes1 les travaux de sci5ce pure sembl5t s'augm5t] et s't5dre encore4 ,laplace1 ,leg5dre1 ,borda et ,c\lomb reprs5t5t glorieusem5t l'a/ronomie1 les ma?matiques1 la mcanique et la physique4 ,le ,g5]a ,plant>um1 qui devait mrit] et recevoir tant de l\anges1 vi5t accrotre encore le gr& nom des ,jussieu1 et ,lavoisi] enf91 m>*ant d'un pas assur dans la voie qu'il a ouv]te1 fait imprim] avec le privilge de l',acadmie l'immortel ouvrage qui1 levant la *imie au rang des sci5ces exactes1 la r5d1 suivant l'expression de ,lagrange1 presque aussi facile que l'algbre4 ,la date seule des procs-v]baux entrane p>fois la p5se bi5 lo9 des paisibles discussions qu'ils rsum5t4 ,le m]cr$i #ae juillet #aghi1 l',acadmie ti5t sance comme de c\tume et semble ignor] le gr& vnem5t de la veille4 ,en prs5ce de v+t-trois membres1 un peu di/raits peut-tre1 ,d>cet communique un mmoire de *imie2 ,tillet et ,br\ssonet r5d5t compte d'une ma*9e p\r enlev] la c>ie du bl2 un auteur trang] propose un moy5 de cons]v] l'eau d\ce la m]2 ,*>les1 enf91 lit un travail sur la graduation des aromtres4 ,trois j\rs aprs1 le #ah juillet1 ,laplace tudie l'obliquit de l'cliptique4 ,c'e/ le #d juillet #aghi que le ret5tissem5t des vnem5ts du dehors int]rompit p\r la premire fois1 et un in/ant seulem5t1 les travaux de la petite salle du ,l\vre4 ,on lit au procs-v]bal3 ,il e/ dcid de tmoign] ,m4 ,bailly1 de la "p de l',acadmie1 sa satisfaction de la manire dont il a rempli les fonctions de prsid5t de l',assemble nationale4 ,repr5ant immdiatem5t son ordre du j\r1 l',acadmie ent5d ensuite une lecture de ,c\lomb sur le frottem5t des pivots1 et un mmoire sur la culture de l'indigo4 ,le m]cr$i #bb juillet1 l'heure mme o ,bailly1 dev5u maire de ,p>is1 faisait l',htel de ,ville d'inutiles et timides ef=ts p\r s\/raire ,f\lon et ,b]?i] la fureur de leurs assass9s1 l',acadmie1 runie au ,l\vre1 invitait t\s ses membres se r5dre sa maison de ,*aillot p\r lui port] de n\velles flicitations4 ,bailly1 ds la sance suivante1 vi5t rem]ci] ses confrres de l'intrt qu'ils ont pris t\t ce qui lui e/ arriv d'heureux4 ,que ces p>oles soi5t de ,condorcet1 qui les a crites au procs-v]bal1 ou de ,bailly1 qui il les prte1 elles rvl5t t\t un c>actre4 ,les vnem5ts se prcipit5t2 entrane p> le s\ffle du dehors1 l',acadmie1 sans se roidir contre l'esprit de *angem5t1 n'en semble ni pntre ni bl\ie4 ,c'e/ le #ah novembre #aghi seulem5t1 plus de trois mois aprs la nuit du #d aot1 que1 donnant satisfaction aux ides du j\r1 un membre honoraire1 l'excell5t et v]tueux duc de ,la ,ro*ef\cauld1 propose d'abolir t\te di/9ction entre les acadmici5s4 ,qui ne croirait qu'accueillie avec applaudissem5t1 une telle motion1 une telle date1 s]a vote p> acclamation8 ,lo9 de l3 s\mise la rgle qui prescrit une seconde lecture1 l',acadmie pr5d huit j\rs p\r se rs\dre4 ,le #be novembre1 contrairem5t la c\tume qui p\r cela n'e/ pas abolie1 on confre sur cette "q le droit de suffrage aux membres associs4 ,la sema9e suivante1 on dcide que1 p\r exam9] les anci5s /atuts et en propos] de n\veaux1 il s]a nomm des commissaires2 puis1 dans une autre sance1 qu'ils s]ont au nombre de c9q1 et c'e/ aprs un mois de dlais et de remises successives que ,condorcet1 ,laplace1 ,borda1 ,tillet et ,bossut sont *>gs de prp>] un n\veau rglem5t qu'ils mett5t six mois rdig] et dont la discussion occupe v+t-quatre sances4 ,le pr9cipe cep5dant tait accept1 et l',acadmie1 sans att5dre la f9 de la discussion1 saisit avec empressem5t1 fit natre mme1 on peut le dire1 l'occasion de le proclam] sol5nellem5t4 ,l',assemble nationale1 dans la sance du #h mai #agij1 avait dcid que le so9 de *oisir et de dt]m9] le sy/me des n\velles mesures s]ait confi l',acadmie des sci5ces4 ,l',assemble nationale1 tait-il dit1 dsirant faire j\ir la ,france entire de l'avantage qui doit rsult] de l'uni=mit des poids et mesures1 et v\lant que le rapport des anci5nes mesures avec les n\velles soit clairem5t dt]m9 et facilem5t saisi1 dcrte que ,sa ,maje/ s]a supplie de donn] des ordres aux adm9i/rations des div]s dp>tem5ts du royaume1 af9 qu'elles se procur5t1 qu'elles se fass5t remettre p> *acune des municipalits comprises dans *aque dp>tem5t1 et qu'elles envoi5t ,p>is1 p\r tre remis au secrtaire de l',acadmie des sci5ces1 un modle p>faitem5t exact des diffr5ts poids et mesures lm5taires qui y sont en usage4 ,dcrte en outre que le roi s]a galem5t suppli d'crire ,sa ,maje/ ,britannique1 et de la pri] d'engag] le p>lem5t britannique conc\rir avec l',assemble nationale la fixation de l'unit des mesures et des poids4 ,qu'en consqu5ce1 s\s les auspices des deux nations1 des commissaires de l',acadmie des sci5ces de ,p>is p\rront se runir en nombre gal avec des membres *oisis de la socit de ,londres dans le lieu qui s]a jug respectivem5t le plus conv5able444 ,qu'aprs l'opration faite avec t\te la sol5nit qui s]a ncessaire1 ,sa ,maje/ s]a supplie de *>g] l',acadmie des sci5ces de faire avec prcision1 p\r *aque municipalit du royaume1 le rapport de leurs anci5s poids et mesures avec le n\veau modle1 et de compos] ensuite p\r les mo9s capables des livres usuels et lm5taires o s]ont indiques avec cl>t t\tes les proportions4 ,c'e/ cette occasion que1 reue la b>re de l',assemble1 l',acadmie1 p> l'organe de ,condorcet1 s'empressa d'affi*] son am\r p\r l'galit4 ,l',acadmie des sci5ces1 dit son secrtaire1 dsirait depuis longtemps voir rgn] dans son se9 cette entire galit dont v\s avez fait le bi5 le plus prcieux des citoy5s1 et que n\s reg>dons comme le plus digne enc\ragem5t de nos travaux4 ,malgr l'galit dont elle se vante1 plus d'une page des procs-v]baux montre encore dans l',acadmie trois classes sp>es1 dont *acune avec son nom cons]ve son rang et ses droits1 et dont la subord9ation1 ma9t5ue p> habitude1 e/ accepte sans lutte et sans murmure4 ,c'e/ le #ag fvri] #agia seulem5t1 neuf mois aprs leur rception la b>re de l',assemble1 que les acadmici5s1 inscrits sans di/9ction sur la feuille de prs5ce1 comm5c5t la sign] dans l'ordre de leur arrive2 trois colonnes di/9ctes sont jusque-l attribues aux trois classes de la compagnie4 ,il e/ assez curieux d'y voir les signatures se con=m] peu peu la mode du j\r1 et le m>quis de ,condorcet1 p> exemple1 comme s'il triomphait l5tem5t d'une mauvaise habitude1 sign] de ,condorcet1 p\r repr5dre le titre de m>quis1 le quitt] encore1 r5onc] la p>ticule p\r la rtablir de temps en temps1 et ne dev5ir le citoy5 ,condorcet que sur les bancs de la ,conv5tion4 ,mais1 p\r ml] les signatures de leurs membres1 les trois classes ne sont pas confondues4 ,la primaut re/e aux honoraires4 ,le roi1 suivant t\j\rs la premire in/itution1 cont9ue *oisir p>mi eux le prsid5t et le vice-prsid5t4 ,les p5sionnaires1 dont ils ont t longtemps les protecteurs et les patrons librem5t *oisis1 ne sembl5t ni s'en m\voir ni s'en tonn]4 ,mais1 usant leur t\r de leur anci5ne prrogative1 ils refus5t s\v5t le droit de suffrage aux associs1 sans qu'aucun d'eux le rclame au nom de l'galit si hautem5t proclame4 ,le #f septembre #agia1 p> exemple1 le secrtaire crit au procs-v]bal3 ,j'ai annonc que le conc\rs du prix sur les satellites de ,jupit] tait f]m1 et qu'il y avait une pice 7elle tait de ,delambre et fut c\ronne74 ,on a t aux voix p\r savoir si les anci5s commissaires p\r le jugem5t de ce prix s]ai5t cont9us1 oui ou non4 ,la pluralit a t d'en lire au scrut93 on a ret\rn aux voix p\r savoir si les p5sionnaires vot]ai5t seuls ou si t\te l',acadmie aurait droit de suffrage2 mais les p5sionnaires1 se faisant juges en leur propre cause1 et plus nombreux d'ailleurs que les associs1 dcid5t d'abord que l'anci5 usage ne p\rra tre *ang que p> une majorit des deux ti]s1 qui ne fut pas obt5ue1 en sorte que les associs1 p>mi lesquels se tr\vai5t ,hay1 ,c\lomb1 ,p+r1 ,vicq d',azyr et ,f\rcroy1 ne pr5n5t pas "p au scrut94 ,avant d'annonc] la b>re de l',assemble l'tablissem5t de l'galit dans son se91 l',acadmie1 reue aux ,tuil]ies1 avait t admise prs5t] ses rem]cm5ts au roi4 ,sire1 avait dit ,condorcet1 l',acadmie s'e/ ab&onne aux s5tim5ts d'une respectueuse reconnaissance en voyant que ,votre ,maje/ l'avait juge digne de contribu] p> ses travaux quelques p>ties du gr& ouvrage qui doit illu/r] son rgne2 elle n'oubli]a jamais que le mon>que proclam p> la nation le re/aurateur de la lib]t franaise avait bi5 v\lu aj\t] depuis longtemps la lib]t acadmique et se montr] p\r n\s ce qu'il vi5t de se montr] aux yeux de l',europe4 ,l',acadmie1 il faut le dire1 ne dp\illant jamais ses s5tim5ts de dfr5ce et de respect p\r le roi1 se montra t\j\rs empresse et p>fois +nieuse les lui tmoign]4 ,on lit au procs-v]bal du #ai dcembre #aghi3 ,m4 ,sage r5d compte de ce qui a t fait dans le cab9et de l',acadmie4 ,m4 le dauph9 et ,madame royale sont v5us1 dit-il1 voir le cab9et de l',acadmie2 les dix petits tableaux m\vants qui s'y tr\vai5t ayant p>u fix] leur att5tion1 il a pris sur lui d'en (frir un ,m4 le dauph9 et un autre ,madame4 ,l',acadmie a appr\v ce qu'avait fait ,m4 ,sage4 ,trois mois aprs1 le #bb m>s #agij3 ,m4 ,tillet a dit que le dauph91 en v5ant voir le cab9et de l',acadmie1 avait rem>qu une petite pompe en cuivre et manife/ le dsir de la possd]2 la compagnie a dcid unanimem5t que le trsori] s]ait autoris ne ri5 refus] de t\t ce qui p\rrait flatt] ,m4 le dauph9 qu& il lui faisait l'honneur de visit] son cab9et4 ,le #ba avril #agij enf91 l',acadmie1 dit encore le procs-v]bal rdig p> ,condorcet1 a eu l'honneur de recevoir ,m4 le dauph9 et de l'accompagn] dans son cab9et4 ,la nom9ation des membres de l',acadmie tait au nombre des attributions laisses au roi1 qui en fait1 dans ces circon/ances1 ne p\vait se disp5s] de confirm] purem5t et simplem5t le *oix qui lui tait propos2 mcont5t peut-tre d'un tel rle1 il v\lut une fois s'y s\/raire4 ,le #ab dcembre #agij1 le m9i/re de ,sa9t-,prie/1 in=m p> l',acadmie qu'elle prs5te ,saussure et ,maskel9e p\r une place d'associ trang]1 rpondit immdiatem5t3 que ,sa ,maje/ lui a ordonn de m>qu] l',acadmie qu'elle laisse elle-mme le so9 de faire le *oix et de l'annonc] celui qu'elle prfr]a4 ,le refus du roi1 lo9 d'tre accueilli comme une occasion de t\rn] en habitude et en droit acquis une lib]t gracieusem5t (f]te1 semble afflig] au contraire et emb>rass] l',acadmie4 ,m4 ,meusni]1 dit le procs-v]bal1 a lu la motion suivante3 ,reprs5t] au roi que1 suivant la loi1 ,sa ,maje/ peut seule nomm] aux places d'acadmici5 entre les sujets prs5ts2 que l',acadmie ne peut ex]c] cette fonction4 ,qu'elle ne peut en consqu5ce reg>d] la lettre que le m9i/re lui a crite p> ordre du roi que comme une m>que de la confiance de ,sa ,maje/1 qui veut bi5 la consult] sur la nom9ation qu'elle a faire4 ,que l',acadmie ne peut rpondre cette confiance autrem5t qu'en exposant qu'elle a dj indiqu p> l'ordre de la prs5tation celui qui elle donn]ait la prfr5ce2 qu'elle supplie ,sa ,maje/ de confirm] cette nom9ation et de v\loir bi5 l'annonc] au sujet lu4 ,a cette motion respectueuse1 ,condorcet opposa la suivante3 ,dcid] la pluralit des voix de la totalit des acadmici5s si le *oix faire entre les deux sujets prs5ts s]a confi ou non aux seuls acadmici5s honoraires et p5sionnaires4 ,on a t aux voix p\r savoir laquelle des deux motions aurait la priorit2 la pluralit a t de l'accord] celle de ,m4 ,meusni]4 ,on pria1 en consqu5ce1 le m9i/re de suppli] le roi de v\loir bi5 nomm]1 comme il avait t\j\rs fait jusque-l1 un des deux savants prs5ts1 et de faire annonc] son *oix celui sur qui il s]a tomb4 ,le roi nomma ,saussure et le fit av]tir4 ,sans se rajeunir p> l'adjonction d'aucune gloire n\velle1 l',acadmie re/e gr&e et =te4 ,tr\bls et entrans au dehors p> le gr& et tri/e spectacle qui effraye dj les plus confiants1 les uns1 quoi qu'il arrive1 y veul5t j\] leur rle2 les autres1 sans se dgag] de la sci5ce1 qui a t jusque-l leur vie t\t entire1 n'y appliqu5t plus qu'un esprit di/rait4 ,l',acadmie1 de mo9s en mo9s fconde1 produit donc peu de travaux2 mais ce peu e/ excell5t et digne encore des noms qui1 jusqu'au d]ni] j\r1 se liront sur la feuille de prs5ce4 ,les ?ories nettes et solides de ,lavoisi]1 pr\ves p> les expri5ces dcisives de ,f\rcroy et de ,guyton de ,morveau1 =tifies et accrues p> les re*]*es orig9ales de ,b]?ollet1 gtes1 admires et pr(ondm5t comprises p> ,c\lomb et p> ,monge1 p> ,laplace et p> ,lagrange1 sont conte/es1 sans en tre affaiblies1 p> les *imi/es ob/9s de la vieille cole1 dont l'opposition impuissante vi5t p>fois anim] les sances4 ,en va9 l',acadmie runit les adv]saires dans les mmes commissions1 ils ne peuv5t s'accord] dans une uvre commune4 ,non cont5ts de rejet] les dmon/rations dont ils mconnaiss5t la =ce1 ,d>cet et ,beaum f]m5t les yeux aux faits les plus vid5ts3 tmo9 le rapport de ,laplace et de ,lavoisi] sur la combu/ion de l'hydrogne et sa trans=mation en eau1 qu'ils refus5t de sign]1 aprs avoir vu p\rtant t\tes les expri5ces et assi/ leur ple9 succs4 ,de ,lal&e1 ,leg5til1 ,lemonni]1 ,m*a9 et ,delambre1 sans discont9u] leurs tudes plus pr(ondes1 signal5t rgulirem5t l',acadmie les phnomnes surv5us dans le ciel1 exactem5t obs]vs et calculs4 ,p+r publie les ,annales cle/es1 prcieux recueil annonc et impatiemm5t att5du p> les a/ronomes depuis l'anne #agef4 ,laplace lit de temps autre un mmoire de mcanique cle/e1 fragm5t anticip de l'uvre immortelle dont sa p5se a dj conu le plan1 et qui n'e/ pas de celles qu'on puisse fondre d'un seul jet4 ,lagrange1 assez clairvoyant p\r tre t\j\rs tri/e1 et regrettant le paisible sj\r de ,b]l91 n'apporte ses n\veaux confrres qu'une att5tion con/ante leurs travaux et sa collaboration quelques rapports4 ,mais ,leg5dre1 ple9 d'activit1 allie ses re*]*es sur les fonctions elliptiques les oprations godsiques qui doiv5t fix] avec prcision la longitude de ,londres p> rapport ,p>is1 t&is que ,prony1 *]*ant encore sa voie1 dbute p> quelques mmoires d'analyse et de mcanique1 accueillis avec bi5veillance p> ,lagrange et p> ,laplace1 t\s deux lo9 de prvoir p\rtant la clbrit rs]ve son nom4 ,adanson1 ,vicq d',azyr et ,jussieu1 en accordant de ju/es l\anges des voyageurs comme ,ri*>d et ,cusson de ,labill>dire1 signal5t l'importance des collections pniblem5t recueillies au lo91 et1 rclamant p>fois l'excution de promesses oublies1 en prolong5t malheureusem5t sans rsultat la pnible illusion4 ,notre pauvre voyageur1 dit ,cuvi] dans l'loge de ,ri*>d1 un rapport de l',acadmie la ma9 qui con/atait l't5due et l'importance de ses travaux1 frappa t\tes les portes2 mais les m9i/res et jusqu'aux mo9dres commis1 t\t tait *ang2 p]sonne ne se s\v5ait qu'on lui avait fait des promesses2 il n'importait gure des g5s qui voyai5t *aque j\r leur tte m5ace1 qu'il ft v5u un peu plus de gir(les de ,cay5ne1 ou qu'on et propag des fu*sias ou des eugnias3 des dc\v]tes purem5t sci5tifiques les t\*ai5t encore bi5 mo9s4 ,a9si1 ,m4 ,ri*>d se tr\va avoir employ son temps1 altr sa sant et sacrifi sa petite =tune1 sans que p]sonne daignt seulem5t lui laiss] entrevoir quelque esprance d'assur] son av5ir4 ,c'tait alors l'hi/oire de bi5 d'autres4 ,citons encore1 p>mi les travaux de l',acadmie cette poque1 un excell5t rapport de ,monge et de ,borda sur un modle de ma*9e vapeur d\ble effet1 con/ruit p> le mcanici5 ,pri]1 dont l'esprit +nieux1 aprs un c\p d'il furtivem5t jet ,londres sur les app>eils de ,watt1 avait pntr le pr9cipe et le secret de l'inv5tion n\velle4 ,acc\tume t5ir p\r fait t\t ce qu'elle dcrte1 l',assemble nationale s'tonne s\v5t que le gr& ouvrage sur le sy/me mtrique ne s'excute pas aussi rapidem5t que ses dcisions prcipites de *aque j\r4 ,l',acadmie1 cep5dant1 y travaille avec un gr& zle1 et c9q commissions1 nommes dans la sance du #bc avril #agia1 p\rsuiv5t simultanm5t leurs travaux4 ,cass9i1 ,m*a9 et ,leg5dre sont *>gs des mesures a/ronomiques2 ,meusni] et ,monge s'occup5t de mesur] les bases avec une m9utieuse prcision2 ,borda et ,c\lomb dt]m95t la longueur du p5dule qui bat les secondes2 ,lavoisi] et ,hay tudi5t le poids de l'eau di/ille2 ,tillet1 ,brisson et ,v&]monde1 enf91 dress5t l'inextricable tableau des mesures anci5nes4 ,p\r qu'aucun ob/acle ne ret>de les voyages ou les expri5ces juges ncessaires1 l',assemble vote une premire somme de #ajj1jjj livres1 et ordonne qu'elle soit immdiatem5t paye4 ,l',acadmie des sci5ces avait t *>ge de dc]n] *aque anne1 au nom de la ,france1 un prix de #a1bjj livres l'auteur franais ou trang] de la dc\v]te sci5tifique juge p> elle la plus considrable et la plus importante4 ,l',acadmie1 qui avait elle-mme exclu ses membres du conc\rs1 discuta longuem5t les travaux a/ronomiques d',h]s*ell et de ,maskelyne1 de l'anatomi/e ,mascagni1 du botani/e ,gu]?n]1 auxquels on opposa la ma*9e de ,watt1 que l'on peut reg>d]1 disait la section de mcanique1 comme tant de t\tes les dc\v]tes rc5tes la plus +nieuse et la plus utile2 elle arrta ses suffrages sur le tlescope rcemm5t con/ruit p> ,h]s*ell1 et1 comme un an dj tait c\l depuis le dcret de l',assemble1 on accorda immdiatem5t un autre prix l'ouvrage de ,mascagni intitul3 ,vasorum lymphaticorum hi/oria4 ,lavoisi]1 dont l'esprit gnreux et actif animait alors l',acadmie et en inspirait s\v5t les dm>*es1 prit la p>ole aprs ce d\ble vote4 ,aprs avoir1 dit-il1 r5du hommage ,m4 ,h]s*ell1 l',acadmie en a un autre r5dre la sci5ce elle-mme1 et qui consi/e faire con/ruire un tlescope d'aprs les pr9cipes de ,m4 ,h]s*ell4 ,p\r subv5ir la dp5se1 value #ajj1jjj livres1 il proposait d'employ] #cf1jjj livres disponibles prov5ant des sommes de/9es des prix non dc]ns1 en y aj\tant le produit de la v5te d'une ppite d'or pesant plus de dix livres app>t5ant au cab9et de l',acadmie1 et de dem&] le re/e l',assemble nationale4 ,les commissaires nomms p> l',assemble1 ,lacpde1 ,pa/oret et ,romme1 dv\s t\s trois la sci5ce1 se montrr5t en va9 favorables2 regrettant mme la de/ruction d'un objet r>e et curieux comme la ppite d'or1 ils promir5t en va9 ,lavoisi] d'en vit] le sacrifice l',acadmie4 ,le tlescope ne fut pas con/ruit1 et le seul rsultat du projet fut d'appel] l'att5tion sur la petite =tune que l',acadmie1 prudemm5t conseille1 (frit peu de temps aprs la nation4 ,l',assemble nationale tait dev5ue la s\rce de t\tes les faveurs et le c5tre de t\tes les affaires4 ,t\te-puissante1 h>die dcid] de t\t1 et condamne une sci5ce univ]selle1 elle allge s\v5t sa t*e en dfrant l',acadmie quelques-unes des dem&es et des (fres de t\te sorte dont elle e/ *aque j\r accable4 ,t\t en s'appliquant de son mieux ces tudes n\velles1 l',acadmie ne laisse pas d'c>t]1 avec une simplicit s9cre et une prud5ce quelquefois h>die1 les que/ions qu'elle ne peut exactem5t rs\dre2 allguant dans c]ta9s cas son incompt5ce1 se dcl>ant dans d'autres trop peu r5seigne1 elle se retran*e tant qu'elle peut dans son rle purem5t sci5tifique4 ,on p\rrait cit] de nombreux exemples4 ,un dcret de l',assemble1 en supprimant c]ta9s droits sur les cuirs1 avait r5du inutile l'outillage +nieux du mcanici5 *>g de fabriqu] les presses et les po9ons s]vant les m>qu]4 ,l',acadmie1 consulte sur ses droits une indemnit et sur le *iffre quitable auquel elle doit tre fixe1 exam9e volonti]s les app>eils du sieur ,m]ckle91 et1 en l\ant leur disposition1 con/ate l'impossibilit de les adapt] une de/9ation n\velle2 mais1 en envoyant au m9i/re le rapport de ,tillet1 ,l]oy1 ,monge et ,v&]monde1 l',acadmie dcide qu'on lui m&]a les raisons p\r lesquelles elle dsire ne plus tre consulte l'av5ir sur des indemnits accord] des p>ticuli]s4 ,*>ge d'exam9] le projet d'un canal qui ddommag]ait la ville de ,ri*elieu des avantages p]dus p> suite de la rvolution1 les commissaires1 ,bossut1 ,c\lomb et ,meusni]1 ne font pas att5dre leur rapport3 ,mais1 dis5t-ils en le t]m9ant1 n\s p5sons que les propositions ne saurai5t tre apprcies que d'aprs une reconnaissance des nivellem5ts et autres oprations faites sur les lieux1 p\r con/at] la possibilit d'tablir la communication projete1 la dp5se qu'elle exige et surt\t les proportions de cette dp5se avec les avantages qui en p\rrai5t rsult] p\r le pays2 que c'e/ l',assemble nationale ordonn] les dp5ses prlim9aires1 aprs avoir1 si elle le juge propos1 r5voy la dem&e dont il s'agit au directeur du dp>tem5t2 qu'enf91 les fonctions de l',acadmie se rduisant ncessairem5t exam9] les rsultats de cette opration lorsqu'elle aurait eu lieu1 elle ne peut p\r le prs5t prononc] aucune op9ion4 ,consulte dans des circon/ances =t graves sur le nombre de pa9s de quatre livres que l'on peut retir] d'un sac de f>9e1 elle s'en rfre1 en exposant ses motifs1 un rapport antrieur de #aghc1 auquel elle r5voie la municipalit de ,p>is1 p>ce qu'il r5d absolum5t sup]flues des expri5ces n\velles4 ,a l'occasion d'un projet de c>t\*e inc5diaire3 ,n\s croyons devoir obs]v]1 sans entr] dans le dtail1 dis5t les commissaires de l',acadmie1 que1 si cette c>t\*e p>v5ait t\j\rs son b1 elle produirait l'effet que son auteur promet2 il en rsult]ait une gr&e de/ruction d'hommes1 p>ce que le feu mis p5dant un combat dans les voiles d'un vaisseau1 lo9 de s'te9dre aussi promptem5t que le prt5d l'auteur1 le mettrait dans le dang] le plus imm95t de brl] sans p\voir recevoir de sec\rs1 et peut-tre sans qu'on pt p>v5ir sauv] l'quipage1 qui s]ait alors la proie des flammes4 ,ceci mne naturellem5t la discussion d'une gr&e "q politique3 ,doit-on adopt] un moy5 inc5diaire dont le succs dtruirait promptem5t une arme navale1 mais entran]ait en mme temps une gr&e p]te d'hommes8 ,l',acadmie1 dont le b e/ le p]fectionnem5t des sci5ces et arts1 ne veut pas sans d\te s'occup] de cette "q politique et morale2 mais elle n\s p]mettra de lui rappel] qu'en #agei1 lorsque1 p5dant la gu]re de sept ans1 on proposa ,l\is ,,xv de pr(it] de la dc\v]te qu'un joailli] de ,p>is v5ait de faire d'un feu inext+uible1 mme dans l'eau1 ce mon>que v\lut que le secret ft enseveli dans le plus pr(ond oubli4 ,d'aprs ces considrations1 n\s concluons que l',acadmie1 fidle ses pr9cipes et ceux de l'humanit1 ne peut1 sans un ordre exprs du g\v]nem5t1 faire des expri5ces sur la c>t\*e propose4 ,l',acadmie1 peu empresse se produire au dehors1 vite les manife/ations bruyantes dont ,p>is s'enivre peu peu4 ,elle ne veut pas se dessaisir1 en s'associant d'autres compagnies1 de son rle inconte/ jusque-l d'arbitre unique et de juge sans appel des que/ions de son ressort qui lui sont s\mises4 ,on lit p> exemple dans le procs-v]bal du #aj m>s #agij3 ,m4 ,tillet a lu une dlibration du di/rict de ,sa9t-,jacques-l',hpital1 p> laquelle il invite l',acadmie assi/] une sance des ex]cices des enfants aveugles l',htel de ,ville1 dirige p> ,m4 ,hay1 p\r faire un rapport de cette sance1 conjo9tem5t avec ,messieurs de l',univ]sit1 ,messieurs de l',acadmie de musique et ,messieurs du corps des imprimeurs1 dont copie s]a remise ,messieurs du di/rict4 ,il a t dcid que l',acadmie ne nomm]ait pas de commissaires1 mais que ceux de ,messieurs les acadmici5s qui v\drai5t se r5dre l'invitation de ,messieurs du di/rict en s]ai5t les matres4 ,quelques-uns des travaux dem&s l',acadmie inspir5t aux membres qui en sont *>gs une rpugnance vid5te1 qu'ils n'exprim5t t\tefois qu'avec une gr&e circonspection4 ,lorsque1 p> exemple1 le #ac avril #agia1 l',acadmie e/ invite faire l'essai des mtaux prcieux prov5ant des glises juges inutiles au culte1 l'un des commissaires tr\ve que ce sont des oprations trs-dlicates1 tant p> rapport aux circon/ances que p\r avoir des rsultats satisfaisants1 et dem&e que l'on =tifie la commission p> l'adjonction de n\veaux membres4 ,cette timidit ou ce scrupule ne se retr\ve pas1 il faut l'av\]1 *ez t\s les acadmici5s4 ,p5dant que ,beaum et ,f\rcroy tudi5t sans hsitation la composition du mtal des clo*es et *]*5t sans rpugnance le moy5 d'en sp>] les lm5ts p\r les conv]tir en pices de deux s\s1 ou de les pli] d'autres usages1 ,lagrange et ,borda accept5t trs-librem5t l'exam5 d'un mmoire de l'abb ,mongs1 sur les moy5s d'utilis] p\r la sci5ce la pro*a9e de/ruction des clo*]s4 ,il s]a bon1 dit l'abb1 appr\v en cela p> les commissaires1 d'exam9] avec so9 l'ori5tation de la croix de f] qui surmonte s\v5t l'difice1 de not] si elle e/ incl9e p> l'action du temps et si1 con=mm5t une croyance populaire1 elle l'e/ t\j\rs dans le mme s5s2 on devra aussi tudi] avec so9 de quels bois sont faites les vieilles *>p5tes et si l'ess5ce1 comme on le croit gnralem5t1 a disp>u de nos =ts4 ,les ,acadmies1 en temps de rvolution surt\t1 sont1 comme leurs membres1 ple9es de contradictions1 et les travaux sci5tifiques relatifs la suppression des glises n'emp*5t pas l',acadmie des sci5ces de se runir le j\r de la ,sa9t-,l\is l',acadmie des belles-lettres1 p\r ent5dre la messe la *apelle du ,l\vre4 ,le #bd aot #agia1 on lit au procs-v]bal3 ,m4 ,sage a lu la lettre suivante de ,m4 ,desess>t3 ,le ,roi donne son agrm5t p\r que l',acadmie1 de conc]t avec celle des belles-lettres1 fasse clbr] une messe dans la *apelle du ,l\vre1 le j\r de la ,sa9t-,l\is4 ,sur la dem&e de ,m4 ,lavoisi]1 on a t aux voix si l'on dem&]ait ,m4 le cur de la p>oisse un prtre p\r dire la messe le j\r de la ,sa9t-,l\is1 oui ou non4 ,la pluralit a t p\r que ,m4 le directeur s'adresst ,m4 le cur4 ,v+t-c9q acadmici5s assi/r5t la messe1 et une dputation alla rem]ci] le cur de l'avoir clbre lui-mme4 ,le #aa aot #agib1 le l5dema9 de l'invasion des ,tuil]ies1 tait un m]cr$i4 ,v+t-deux acadmici5s assi/5t la sance2 mais1 p\r la premire fois depuis le comm5cem5t de la ,rvolution1 aucune communication sci5tifique ne se tr\ve l'ordre du j\r4 ,aprs la nom9ation de quelques correspondants1 un membre dem&e qu'on lise la li/e des acadmici5s p\r y effectu] des radiations4 ,l',acadmie1 tonne d'avoir c>t] une telle motion1 dcide que les seuls *angem5ts faire la li/e sont ceux de quelques domiciles2 le procs-v]bal1 discrtem5t rdig1 ne dsigne p]sonne2 c'e/ huit j\rs aprs qu'une n\velle insi/ance =ce le secrtaire n\s livr] le nom d',anto9e-,franois ,f\rcroy1 futur comte de l'empire1 dont la proposition trois fois reproduite e/ lude enf91 non sans emb>ras et sans tr\ble1 p> le vote unanime de ses confrres attri/s4 ,m4 ,f\rcroy1 dit le procs-v]bal du #be aot #agib1 annonce l',acadmie que la ,socit de mdec9e a ray plusieurs de ses membres migrs et notoirem5t connus p\r contre-rvolutionnaires2 il propose l',acadmie d'en us] p>eillem5t env]s c]ta9s de ses membres connus p\r leur incivisme1 et qu'en consqu5ce lecture soit faite de la li/e de l',acadmie p\r prononc] leur radiation4 ,plusieurs p]sonnes obs]v5t que l',acadmie n'a le droit d'exclure aucun de ses membres1 qu'elle ne doit pas pr5dre connaissance de leurs pr9cipes et de leurs op9ions politiques1 le progrs des sci5ces tant son unique occupation2 que d'ailleurs1 l',assemble nationale se tr\vant la veille de donn] une n\velle organisation l',acadmie1 elle ex]c]a le droit qu'elle seule peut avoir de ray] de la li/e de l',acadmie les membres qu'elle jug]a devoir en tre exclus4 ,mal accueilli sur ce po9t1 ,f\rcroy1 dans le raff9em5t de son zle1 invoque +nieusem5t l'excution du rglem5t relatif aux acadmici5s abs5ts plus de deux mois sans cong4 ,lecture faite du rglem5t1 dit le procs-v]bal1 il a t rem>qu qu'il ne s't5dait que sur les p5sionnaires et que son excution n'app>ti5t pas l',acadmie4 ,les diffr5ts avis ayant t longuem5t discuts1 on a arrt df9itivem5t que la lecture de la li/e de l',acadmie et la dlibration relative la susdite motion s]ai5t remises la sance pro*a9e4 ,dans la sance suivante1 un membre 7c'e/ le gomtre ,c\s97 s'explique avec autant d'habilet que de modration sur la dlibration qui e/ l'ordre du j\r4 ,il rappelle qu'anci5nem5t et de t\t temps l',acadmie1 uniquem5t occupe de l'objet de sa con/itution1 du progrs des sci5ces1 avait c\tume p\r t\t le re/e d'en rfr] au m9i/re1 avec lequel elle entret5ait une correspondance et une communication frqu5tes sur t\t ce qui reg>dait son rgime p>ticuli]2 il s'tonne que1 dans un mom5t o le m9i/re de l'intrieur1 appel p> le vu de la nation1 mrite plus que jamais la confiance de l',acadmie1 elle n'en use pas env]s lui comme elle le faisait autrefois env]s ses prdcesseurs1 et il propose de *>g] les (fici]s de l',acadmie de confr] avec le m9i/re sur l'objet propos1 t&is qu'elle se livr]a des occupations plus intressantes4 ,cette *appatoire vid5te e/ adopte p> l',acadmie1 et l'incid5t t\rne la confusion de celui qui l'a s\lev4 ,il n'e/ pas t]m9 p\rtant4 ,le #e septembre #agib1 lorsque les prisons1 ruisselant du sang des victimes1 g>dai5t encore l'acadmici5 ,desm>ets1 p>gn p> une sorte de miracle2 lorsque le zle de ses amis tremblants avait p> un bonheur in\ dlivr l'illu/re et excell5t ,hay1 la veille seulem5t du massacre2 lorsque signal] un suspect1 c'tait dsign] une victime1 la s9i/re motion e/ p\rsuivie avec une inqualifiable op9itret4 ,on lit au procs-v]bal3 ,le secrtaire e/ int]pell s'il avait reu la lettre du m9i/re1 qui avait promis d'crire l',acadmie au sujet de la radiation qui devait tre faite de ses membres migrs4 ,le secrtaire ayant rpondu qu'il n'avait reu aucune lettre du m9i/re1 l',acadmie a arrt que1 le m9i/re n'ayant po9t rpondu1 le secrtaire ne p\rrait dlivr] aucune li/e de l',acadmie ni en faire imprim] aucune jusqu' ce que cette rponse soit p>v5ue4 ,malgr la t]reur qui s'augm5te *aque j\r1 l',acadmie1 tonne de subsi/] encore et matrisant ses trop ju/es cra9tes1 s'assemble une fois p> dcade avec une app>5te tranquillit2 elle ti5t1 suivant la c\tume1 la sance publique du mois de novembre4 ,le #d novembre #agib1 dans le palais du ,l\vre1 dev5u ,musum national1 ,l]oy lit un mmoire sur le frottem5t1 ,borda r5d compte des travaux relatifs aux poids et mesures1 ,lavoisi] fait une lecture sur la hauteur des montagnes qui ent\r5t ,p>is1 ,sage p>le de la nature et de la classification des m>bres1 et ,desm>ets enf9 entreti5t l',assemble de l'tude et du dnombrem5t des t]res vgtales4 ,quelques auteurs apport5t encore de r>es mmoires sci5tifiques1 r5voys suivant l'usage des commissions4 ,l'un deux1 oublieux des progrs accomplis1 dem&e mme un privilge p\r faire imprim] son crit4 ,on lui obs]v]a1 dit le procs-v]bal1 que l',acadmie n'a plus et ne donne plus de privilges4 ,l',acadmie1 dj1 e/ en gr& pril2 l'irrsi/ible torr5t1 qui r5v]se t\t ce qui s'lve1 drac9e t\t ce qui rsi/e4 ,les plus prvoyants et les plus sages des acadmici5s veul5t se taire et se faire oubli]4 ,ils ne peuv5t rprim] le zle des confrres qui1 empresss r5dre compte des oprations bi5 languissantes p\rtant sur le sy/me mtrique1 tr\v5t la b>re de la ,conv5tion l'occasion de vant] leur civisme et l'utilit de leurs travaux4 ,depuis longtemps1 e/imables savants1 leur rpond le prsid5t dans la sance du #ah novembre #agib1 les philosophes plaai5t au nombre de leurs vux celui d'affran*ir les hommes de cette diffr5ce de poids et mesures qui entrave les transactions sociales et trave/it la rgle elle-mme en un objet de comm]ce4 ,mais le g\v]nem5t ne se prtait po9t cette ide des philosophes2 jamais il n'aurait cons5ti r5onc] un moy5 de dsunion2 enf9 le gnie de la lib]t a p>u1 il a dem& au gnie des sci5ces quelle e/ l'unit fixe et inv>iable1 indp5dante de t\t arbitraire1 telle en un mot qu'elle n'ait pas beso9 d'tre dplace p\r tre connue1 et qu'il soit possible de la vrifi] dans t\s les temps et dans t\s les lieux4 ,e/imables savants1 c'e/ p> v\s que l'univ]s devra ce bi5fait la ,france4 ,p> une r5contre =tuite1 mais s+ulire1 un dcret qui susp5d la nom9ation aux places vacantes dans les ,acadmies e/ adopt dans la mme sance4 ,l',acadmie1 condamne dsormais1 reoit encore p\rtant les dem&es et les missions incessantes du g\v]nem5t4 ,on la consulte sur les voitures c\v]tes de/9es au transport des malades1 sur les p]fectionnem5ts apport] au rgime des hpitaux et des hospices1 sur le sy/me montaire4 ,il suffira1 dit le comit des assignats et monnaies en p>lant du sy/me n\veau1 d'annonc] aux nations que l',acadmie des sci5ces en a jet les fondem5ts p\r mrit] leur confiance4 ,l',acadmie e/ encore consulte sur la manire d'accord] l're de la ,rpublique avec l're vulgaire1 sur une ma*9e de gu]re1 sur une n\velle inv5tion de b\lets1 sur un taffetas huil propre faire des manteaux p\r les tr\pes1 sur l'ide d'tablir plusieurs ranges de canons sur un mme afft1 sur la cons]vation des eaux bord des navires de la ,rpublique1 sur l'adm9i/ration nationale des conomies du peuple1 sur la cons]vation des biscuits et des lgumes la m]4 ,l',acadmie rpond de son mieux1 et reoit avec des rem]cm5ts de frqu5ts tmoignages de confiance et d'e/ime4 ,l'excell5t ,lakanal1 qui s'tait fait dans le comit d'in/ruction publique le protecteur et l'ami (ficieux de la sci5ce et des arts1 honorait sa jeunesse1 suivant sa noble expression1 en dt\rnant ou ad\cissant les c\ps qui les m5aai5t4 ,sur sa proposition1 le #ag mai #agic1 l',acadmie e/ autorise remplir les places vacantes dans son se94 ,elle put s'en rj\ir1 mais non en pr(it]4 ,l'ordre de se diss\dre suivit de prs la p]mission de se complt]4 ,lakanal cep5dant veillait encore sur elle4 ,les membres de la ci-devant ,acadmie des sci5ces1 dit un dcret r5du sur sa proposition1 cont9u]ont de s'assembl] dans le lieu ord9aire de leurs sances1 p\r s'occup] spcialem5t des objets qui leur ont t et p\rrai5t leur tre envoys p> la ,conv5tion nationale4 ,en consqu5ce1 les scells1 si aucuns ont t mis sur leurs regi/res1 papi]s et autres objets app>t5ant la ci-devant ,acadmie1 s]ont levs1 et les attributions annuelles faites aux savants qui la composai5t leur s]ont payes comme p> le pass et jusqu' ce qu'il en ait t autrem5t ordonn4 ,l',acadmie p\vait se croire rtablie2 meilleur juge que n\s ne p\vons l'tre1 ,lavoisi] ne le p5se pas2 il crivit ,lakanal3 ,j'ai reu avec une reconnaissance qu'il me s]ait difficile de v\s exprim] l'expdition du dcret que v\s avez fait r5dre et que v\s avez bi5 v\lu m'adress]3 j'en ai donn communication quelques-uns de mes anci5s confrres1 qui p>tag5t mes s5tim5ts2 malheureusem5t les circon/ances ne p>aiss5t pas p]mettre de se s]vir de ce dcret1 et1 quelque important qu'il soit p\r le travail des poids et mesures et p\r la suite des autres objets dont l',acadmie avait t *>ge1 elle ne p\rrait pas s'en s]vir dans ce mom5t sans p>atre lutt] contre l'op9ion dom9ante du comit d'in/ruction publique et de la p>tie prpondrante de l',assemble4 ,il e/ tonnant de voir que les sci5ces1 qui faisai5t en ,france des progrs si rapides et qui p\rrai5t contribu] d'une manire si efficace la gloire et la prpondrance de la ,rpublique1 soi5t sacrifies des op9ions exagres1 sur le dang] desquelles on s'clair]a plus t>d4 ,n\s sommes dans une position o il e/ galem5t dang]eux de faire quelque *ose et de ne ri5 faire4 ,recevez1 je v\s prie1 l'assurance de l'atta*em5t que je v\s ai v\ p\r longtemps4 ,s]viteurs inutiles de la sci5ce1 les acadmici5s disp]ss *]*5t la plup>t une prud5te retraite4 ,les uns1 suspects d'incivisme1 comme ,borda1 ,lavoisi] et ,laplace1 et jugs trop tides dans leur ha9e p\r les rois1 sont exclus p\r ce motif de la commission des poids et mesures1 t&is que d'autres1 comme ,b]?ollet1 exposs peut-tre des preuves plus prilleuses et plus rudes1 cons]v5t la confiance du ,comit du salut public1 sans jamais trahir1 p\r la mnag]1 la vrit1 t\j\rs loyalem5t dite et ma9t5ue inv>iablem5t4 ,quelques j\rs avant le #i !rmidor1 un dpt sableux e/ tr\v dans une b>rique d'eau-de-vie de/9e l'arme2 les f\rnisseurs1 suspects d'empoisonnem5t1 sont aussitt arrts et l'*afaud dj semble se dress] p\r eux4 ,b]?ollet cep5dant exam9e l'eau-de-vie1 et la dcl>e pure de t\t mlange4 ,tu oses s\t5ir1 lui dit ,robespi]re1 que cette eau-de-vie ne conti5t pas de poison8 ,p\r t\te rponse1 ,b]?ollet en avale un v]re en disant3 ,je n'en ai jamais tant bu6--,tu z bi5 du c\rage6 s'crie ,robespi]re4--,j'en ai eu davantage qu& j'ai sign mon rapport4 ,et l'affaire n'eut pas d'autres suites4 ,l',acadmie devait r5atre s\s un autre nom2 la premire classe de l',in/itut fut compose de ses anci5s membres dans lesquels1 e/-il beso9 de le dire8 il fallut combl] bi5 des vides4 ,lorsque1 le #bc mai #agif1 la compagnie re/aure v9t p\r la premire fois propos] aux savants un sujet de prix1 elle reproduisit purem5t et simplem5t le d]ni] programme de l',acadmie des sci5ces1 comme p\r proclam] qu'en acceptant t\t son hritage elle g>d]ait t\tes ses traditions4 ,,f94 ,,table ,,des ,,mati,,res4 ,i4 ,l',,acad,,mie4 ,pages4 ,l',,acad,,mie ,,de #afff #a ,l',,organisation ,,de #afii #dg ,,les ,,lections #fc ,,les ,,f9ances ,,de ,l',,acad,,mie #he ,,les ,,exp,,ditions ,,sci5tifiques #ajh ,,les ,,rapports #adf ,,les ,,prix #agf ,,ii4 ,,les ,,acad,,mici5s4 ,,les ,,secr,,taires ,,p]p,,tuels #bje ,,les ,g,,om,,tres #bbi ,,les ,,a/ronomes #bif ,,les ,m,,canici5s ,,et ,,les ,,physici5s #cac ,,les ,,*imi/es #cdj ,,les ,,naturali/es #cgf ,,iii4 ,,la ,,f9 ,,de ,l',,acad,,mie4 ,l',,acad,,mie ,,de #aghi ,a #agif #djc ,,p>is4--,j4 ,,claye1 ,,imprimeur1 #g1 ,,rue ,,sa9t-,,b5oit4--#gij