,we ?ank ! ,biblio!que ,nationale de ,france t has made available ! image files at www3_/_/gallica4bnf4fr1 au?oriz+ ! prep>ation ( ! etext ?r\gh ,,ocr4 ,n\s rem]cions la ,biblio?que ,nationale de ,france qui a mis disposition les images dans www3_/_/gallica4bnf4fr1 et a donn l'autorisation de les utilis] p\r prp>] ce texte4 ,anatole ,france ,le ,j>d9 ,d'picure ,n\s avons pe9e n\s figur] l'tat d'esprit d'un homme d'autrefois qui croyait f]mem5t que la t]re tait le c5tre du monde et que t\s les a/res t\rnai5t aut\r d'elle4 ,il s5tait s\s ses pi$s s'agit] les damns dans les flammes1 et peut-tre avait-il vu de ses yeux et s5ti p> ses n>9es la fume sulfureuse de l'enf]1 s'*appant p> quelque fissure de ro*]4 ,en levant la tte1 il contemplait les d\ze sphres1 celle des lm5ts1 qui r5f]me l'air et le feu1 puis les sphres de la ,lune1 de ,m]cure1 de ,vnus1 que visita ,dante1 le v5dr$i sa9t de l'anne #acjj1 puis celles du ,soleil1 de ,m>s1 de ,jupit] et de ,saturne1 puis le firmam5t incorruptible auquel les toiles tai5t susp5dues comme des lampes4 ,la p5se prolongeant cette contemplation1 il dc\vrait p> del1 avec les yeux de l'esprit1 le neuvime ciel o des sa9ts fur5t ravis1 le primum mobile ou cri/all91 et enf9 l',empyre1 sj\r des bi5heureux v]s lequel1 aprs la mort1 deux anges vtus de blanc 7il en avait la f]me esprance7 port]ai5t comme un petit enfant son me lave p> le baptme et p>fume p> l'huile des d]ni]s sacrem5ts4 ,en ce temps-l1 ,dieu n'avait pas d'autres enfants que les hommes1 et t\te sa cration tait amnage d'une faon la fois purile et potique1 comme une imm5se ca?drale4 ,a9si conu1 l'univ]s tait si simple1 qu'on le reprs5tait au complet1 avec sa vraie figure et son m\vem5t1 dans c]ta9es gr&es horloges ma*9es et pe9tes4 ,c'en e/ fait des d\ze cieux et des plantes s\s lesquelles on naissait heureux ou malheureux1 jovial ou saturni54 ,la vote solide du firmam5t e/ brise4 ,notre oeil et notre p5se se plong5t dans les abmes inf9is du ciel4 ,au del des plantes1 n\s dc\vrons1 non plus l',empyre des lus et des anges1 mais c5t millions de soleils r\lant1 escorts de leur cortge d'obscurs satellites1 invisibles p\r n\s4 ,au milieu de cette inf9it de mondes1 notre soleil n\s n'e/ qu'une bulle de gaz et la t]re une g\tte de b\e4 ,notre imag9ation s'irrite et s'tonne qu& on n\s dit que le rayon lum9eux qui n\s vi5t de l'toile polaire tait en *em9 depuis un demi-sicle et que p\rtant cette belle toile e/ notre vois9e et qu'elle e/1 avec ,sirius et ,arcturus1 une des plus pro*es soeurs de notre soleil4 ,il e/ des toiles que n\s voyons encore dans le *amp du tlescope et qui sont peut-tre te9tes depuis trois mille ans4 ,les mondes meur5t1 puisqu'ils naiss5t4 ,il en nat1 il en meurt sans cesse4 ,et la cration1 t\j\rs imp>faite1 se p\rsuit dans d'incessantes mtamorphoses4 ,les toiles s'teign5t sans que n\s puissions dire si ces filles de lumire1 en m\rant a9si1 ne comm5c5t po9t comme plantes une exi/5ce fconde1 et si les plantes elles-mmes ne se dissolv5t pas p\r r$ev5ir des toiles4 ,n\s savons seulem5t qu'il n'e/ pas plus de repos dans les espaces cle/es que sur la t]re1 et que la loi du travail et de l'ef=t rgit l'inf9it des mondes4 ,il y a des toiles qui se sont te9tes s\s nos yeux1 d'autres vacill5t comme la flamme m\rante d'une b\gie4 ,les cieux1 qu'on croyait incorruptibles1 ne connaiss5t d't]nel que l't]nel c\lem5t des *oses4 ,que la vie organique soit rp&ue dans t\s les univ]s1 c'e/ ce dont il e/ difficile de d\t]1 mo9s p\rtant que la vie organique ne soit qu'un accid5t1 un malheureux has>d1 surv5u dplorablem5t dans la g\tte de b\e o n\s sommes4 ,mais on croira plutt que la vie s'e/ produite sur les plantes de notre sy/me1 soeurs de la t]re et filles comme elle du soleil1 et qu'elle s'y e/ produite dans des conditions assez analogues celles dans lesquelles elle se manife/e ici1 s\s les =mes animale et vgtale4 ,un bolide n\s e/ v5u du ciel1 cont5ant du c>bone4 ,p\r n\s conva9cre avec plus de grce1 il faudrait que les anges1 qui apportr5t sa9te ,doro?e des fleurs du ,p>adis1 rev9ss5t avec leurs cle/es guirl&es4 ,m>s selon t\te app>5ce e/ habitable p\r des espces d'tres comp>ables aux animaux et aux plantes t]re/res4 ,il e/ probable qu'tant habitable1 il e/ habit4 ,t5ez p\r assur qu'on s'y entre-dvore l'heure qu'il e/4 ,l'unit de composition des toiles e/ ma9t5ant tablie p> l'analyse spectrale4 ,c'e/ p\rquoi il faut p5s] que les causes qui ont fait sortir la vie de notre nbuleuse l'eng5dr5t dans t\tes les autres4 ,qu& n\s disons la vie1 n\s ent5dons l'activit de la sub/ance organise1 dans les conditions o n\s voyons qu'elle se manife/e sur la t]re4 ,mais il se peut que la vie se produise aussi dans des milieux diffr5ts1 des tempratures trs hautes ou trs basses1 s\s des =mes inconcevables4 ,il se peut mme qu'elle se produise s\s une =me ?re1 t\t prs de n\s1 dans notre atmosphre1 et que n\s soyons a9si ent\rs d'anges1 que n\s ne p\rrons jamais connatre1 p>ce que la connaissance suppose un rapport1 et que d'eux n\s il ne saurait en exi/] aucun4 ,il se peut aussi que ces millions de soleils1 jo9ts des milli>ds que n\s ne voyons pas1 ne =m5t t\s ensemble qu'un globule de sang ou de lymphe dans le corps d'un animal1 d'un insecte imp]ceptible1 clos dans un monde dont n\s ne p\vons concevoir la gr&eur et qui p\rtant ne s]ait lui-mme1 en proportion de tel autre monde1 qu'un gra9 de p\ssire4 ,il n'e/ pas absurde non plus de suppos] que des sicles de p5se et d'intellig5ce viv5t et meur5t devant n\s en une m9ute dans un atome4 ,les *oses en elles-mmes ne sont ni gr&es ni petites1 et qu& n\s tr\vons que l'univ]s e/ va/e1 c'e/ l une ide t\t huma9e4 ,s'il tait t\t c\p rduit la dim5sion d'une noisette1 t\tes *oses g>dant leurs proportions1 n\s ne p\rrions n\s ap]cevoir en ri5 de ce *angem5t4 ,la polaire1 r5f]me avec n\s dans la noisette1 mettrait1 comme p> le pass1 c9quante ans n\s envoy] sa lumire4 ,et la t]re1 dev5ue mo9s qu'un atome1 s]ait arrose de la mme quantit de l>mes et de sang qui l'abreuve auj\rd'hui4 ,ce qui e/ admirable1 ce n'e/ pas que le *amp des toiles soit si va/e1 c'e/ que l'homme l'ait mesur4 99 99 99 ,le *ri/ianisme a beauc\p fait p\r l'am\r en en faisant un p*4 ,il exclut la femme du sac]doce4 ,il la r$\te4 ,il montre combi5 elle e/ dang]euse4 ,il rpte avec l',ecclsia/e3 ,les bras de la femme sont semblables aux filets des *asseurs1 laqueus v5atorum4 ,il n\s av]tit de ne po9t mettre notre espoir en elle3 ,ne v\s appuyez po9t sur un roseau qu'agite le v5t1 et n'y mettez pas votre confiance1 c> t\te *air e/ comme l'h]be1 et sa gloire passe comme la fleur des *amps4 ,il cra9t les ruses de celle qui p]dit le g5re huma93 ,t\te malice e/ petite1 comp>e la malice de la femme4 ,brevis omnis malitia sup] malitiam muli]is4 ,mais1 p> la cra9te qu'il en fait p>atre1 il la r5d puissante et r$\table4 ,p\r compr5dre t\t le s5s de ces maximes1 il faut avoir frqu5t les my/iques4 ,il faut avoir c\l son enfance dans une atmosphre religieuse4 ,il faut avoir suivi les retraites1 obs]v les pratiques du culte4 ,il faut avoir lu1 d\ze ans1 ces petits livres difiants qui ouvr5t le monde surnaturel aux mes naves4 ,il faut avoir su l'hi/oire de sa9t ,franois de ,borgia contemplant le c]cueil ouv]t de la re9e ,isabelle1 ou l'app>ition de l'abbesse de ,v]mont ses filles4 ,cette abbesse tait morte en odeur de sa9tet et les religieuses qui avai5t p>tag ses travaux angliques1 la croyant au ciel1 l'invoquai5t dans leurs oraisons4 ,mais elle leur app>ut un j\r1 ple1 avec des flammes atta*es sa robe3 ,priez p\r moi1 leur dit-elle4 ,du temps que j'tais vivante1 joignant un j\r mes ma9s p\r la prire1 je songeai qu'elles tai5t belles4 ,auj\rd'hui1 j'expie cette mauvaise p5se dans les t\rm5ts du purgatoire4 ,reconnaissez1 mes filles1 l'adorable bont de ,dieu1 et priez p\r moi4 ,il y a dans ces m9ces ouvrages de ?ologie enfant9e mille contes de cette sorte qui donn5t trop de prix la puret p\r ne pas r5dre en mme temps la volupt inf9im5t prcieuse4 ,en considration de leur beaut1 l'glise fit d',aspasie1 de ,las et de ,cloptre des dmons1 des dames de l'enf]4 ,quelle gloire6 ,une sa9te mme n'y s]ait pas ins5sible4 ,la femme la plus mode/e et la plus au/re1 qui ne veut t] le repos aucun homme1 v\drait p\voir l't] t\s les hommes4 ,son orgueil s'accommode des prcautions que l'glise pr5d contre elle4 ,qu& le pauvre sa9t ,anto9e lui crie3 ,va-t'en1 bte6 cet effroi la flatte4 ,elle e/ ravie d'tre plus dang]euse qu'elle ne l'et s\ponn4 ,mais ne v\s flattez po9t1 mes soeurs2 v\s n'avez pas p>u en ce monde p>faites et armes4 ,v\s ftes humbles votre orig9e4 ,vos aeules du temps du mamm\? et du gr& ours ne p\vai5t po9t sur les *asseurs des cav]nes ce que v\s p\vez sur n\s4 ,v\s tiez utiles alors1 v\s tiez ncessaires2 v\s n'tiez pas inv9cibles4 ,a dire vrai1 dans ces vieux ges1 et p\r longtemps encore1 il v\s manquait le *>me4 ,alors v\s ressembliez aux hommes et les hommes ressemblai5t aux btes4 ,p\r faire de v\s la t]rible m]veille que v\s tes auj\rd'hui1 p\r dev5ir la cause indiffr5te et s\v]a9e des sacrifices et des crimes1 il v\s a fallu deux *oses3 la civilisation qui v\s donna des voiles et la religion qui n\s donna des scrupules4 ,depuis lors1 c'e/ p>fait3 v\s tes un secret et v\s tes un p*4 ,on rve de v\s et l'on se damne p\r v\s4 ,v\s inspirez le dsir et la peur2 la folie d'am\r e/ entre dans le monde4 ,c'e/ un infaillible in/9ct qui v\s incl9e la pit4 ,v\s avez bi5 raison d'aim] le *ri/ianisme4 ,il a dcupl votre puissance4 ,connaissez-v\s sa9t ,jrme8 ,a ,rome et en ,asie1 v\s lui ftes une telle peur qu'il alla v\s fuir dans un affreux ds]t4 ,l1 n\rri de rac9es crues et si brl p> le soleil qu'il n'avait plus qu'une peau noire et colle aux os1 il v\s retr\vait encore4 ,sa solitude tait ple9e de vos images1 plus belles encore que v\s-mmes4 ,c> c'e/ une vrit trop pr\ve des asctes que les rves que v\s donnez sont plus sduisants1 s'il e/ possible1 que les ralits que v\s p\vez (frir4 ,jrme rep\ssait avec une gale horreur votre s\v5ir et votre prs5ce4 ,mais il se livrait en va9 aux jenes et aux prires2 v\s emplissiez d'illusions sa vie dont il v\s avait *asses4 ,voil la puissance de la femme sur un sa9t4 ,je d\te qu'elle soit aussi gr&e sur un habitu du ,m\l9-,r\ge4 ,pr5ez g>de qu'un peu de votre p\voir ne s'en aille avec la foi et que v\s ne p]diez quelque *ose ne plus tre un p*4 ,fran*em5t1 je ne crois pas que le rationalisme soit bon p\r v\s4 ,a votre place1 je n'aim]ais gure les physiologi/es qui sont indiscrets1 qui v\s expliqu5t beauc\p trop1 qui dis5t que v\s tes malades qu& n\s v\s croyons inspires et qui appell5t prdom9ance des m\vem5ts rflexes votre facult sublime d'aim] et de s\ffrir4 ,ce n'e/ po9t de ce ton qu'on p>le de v\s dans la ,lg5de dore3 on v\s y nomme blan*e colombe1 lis de puret1 rose d'am\r4 ,cela e/ plus agrable que d'tre appele hy/rique1 halluc9e et cataleptique1 comme on v\s appelle j\rnellem5t depuis que la sci5ce a triomph4 ,enf9 si j'tais de v\s1 j'aurais en av]sion t\s les mancipateurs qui veul5t faire de v\s les gales de l'homme4 ,ils v\s p\ss5t d*oir4 ,la belle affaire p\r v\s d'gal] un avocat ou un ph>maci56 ,pr5ez g>de3 dj v\s avez dp\ill quelques p>celles de votre my/re et de votre *>me4 ,t\t n'e/ pas p]du3 on se bat1 on se ru9e1 on se suicide encore p\r v\s2 mais les jeunes g5s assis dans les tramways v\s laiss5t deb\t sur la plate-=me4 ,votre culte se meurt avec les vieux cultes4 99 99 99 ,les j\eurs j\5t comme les am\reux aim5t1 comme les ivrognes boiv5t1 ncessairem5t1 aveuglm5t1 s\s l'empire d'une =ce irrsi/ible4 ,il e/ des tres v\s au jeu1 comme il e/ des tres v\s l'am\r4 ,qui donc a inv5t l'hi/oire de ces deux matelots possds de la fureur du jeu8 ,ils fir5t naufrage et n'*appr5t la mort1 aprs les plus t]ribles av5tures1 qu'en sautant sur le dos d'une bale9e4 ,aussitt qu'ils y fur5t1 ils tirr5t de leur po*e leurs ds et leurs cornets et se mir5t j\]4 ,voil une hi/oire plus vraie que la vrit4 ,*aque j\eur e/ un de ces matelots-l4 ,et c]tes1 il y a dans le jeu quelque *ose qui remue t]riblem5t t\tes les fibres des audacieux4 ,ce n'e/ pas une volupt mdiocre que de t5t] le sort4 ,ce n'e/ pas un plaisir sans ivresse que de gt] en une seconde des mois1 des annes1 t\te une vie de cra9te et d'esprance4 ,je n'avais pas dix ans qu& ,m4 ,grp9et1 mon pr(esseur de neuvime1 n\s lut en classe la fable de l',homme et le ,gnie4 ,p\rtant je me la rappelle mieux que si je l'avais ent5due hi]4 ,un gnie donne un enfant un peloton de fil et lui dit3 ,ce fil e/ celui de tes j\rs4 ,pr5ds-le4 ,qu& tu v\dras que le temps s'c\le p\r toi1 tire le fil3 tes j\rs se pass]ont rapides ou l5ts selon que tu auras dvid le peloton vite ou longuem5t4 ,tant que tu ne t\*]as pas au fil1 tu re/]as la mme heure de ton exi/5ce4 ,l'enfant prit le fil2 il le tira d'abord p\r dev5ir un homme1 puis p\r p\s] la fiance qu'il aimait1 puis p\r voir gr&ir ses enfants1 p\r atte9dre les emplois1 le ga91 les honneurs1 p\r fran*ir les s\cis1 vit] les *agr9s1 les maladies v5ues avec l'ge1 enf91 hlas6 p\r a*ev] une vieillesse importune4 ,il avait vcu quatre mois et six j\rs depuis la visite du gnie4 ,eh bi56 le jeu1 qu'e/-ce donc s9on l'art d'am5] en une seconde les *angem5ts que la de/9e ne produit d'ord9aire qu'en beauc\p d'heures et mme en beauc\p d'annes1 l'art de ramass] en un seul in/ant les motions p>ses dans la l5te exi/5ce des autres hommes1 le secret de vivre t\te une vie en quelques m9utes1 enf9 le peloton de fil du gnie8 ,le jeu1 c'e/ un corps--corps avec le de/94 ,c'e/ le combat de ,jacob avec l'ange1 c'e/ le pacte du docteur ,fau/ avec le diable4 ,on j\e de l'arg5t1--de l'arg5t1 c'e/--dire la possibilit immdiate1 inf9ie4 ,peut-tre la c>te qu'on va ret\rn]1 la bille qui c\rt donn]a au j\eur des p>cs et des j>d9s1 des *amps et de va/es bois1 des *teaux levant dans le ciel leurs t\relles po9tues4 ,oui1 cette petite bille qui r\le conti5t en elle des hect>es de bonne t]re et des toits d'ardoise dont les *em9es sculptes se reflt5t dans la ,loire2 elle r5f]me les trsors de l'art1 les m]veilles du gt1 des bij\x prodigieux1 les plus beaux corps du monde1 des mes1 mme1 qu'on ne croyait pas vnales1 t\tes les dcorations1 t\s les honneurs1 t\te la grce et t\te la puissance de la t]re4 ,que dis-je8 elle r5f]me mieux que cela2 elle en r5f]me le rve4 ,et v\s v\lez qu'on ne j\e pas8 ,si encore le jeu ne faisait que donn] des esprances inf9ies1 s'il ne montrait que le s\rire de ses yeux v]ts on l'aim]ait avec mo9s de rage4 ,mais il a des ongles de diamant1 il e/ t]rible1 il donne1 qu& il lui plat1 la misre et la honte2 c'e/ p\rquoi on l'adore4 ,l'attrait du dang] e/ au fond de t\tes les gr&es passions4 ,il n'y a pas de volupt sans v]tige4 ,le plaisir ml de peur enivre4 ,et quoi de plus t]rible que le jeu8 ,il donne1 il pr5d2 ses raisons ne sont po9t nos raisons4 ,il e/ muet1 aveugle et s\rd4 ,il peut t\t4 ,c'e/ un dieu4 ,c'e/ un dieu4 ,il a ses dvots et ses sa9ts qui l'aim5t p\r lui-mme1 non p\r ce qu'il promet1 et qui l'ador5t qu& il les frappe4 ,s'il les dp\ille cruellem5t1 ils en imput5t la faute eux-mmes1 non lui3 ,j'ai mal j\1 dis5t-ils4 ,ils s'accus5t et ne blasphm5t pas4 99 99 99 ,l'espce huma9e n'e/ pas susceptible d'un progrs indf9i4 ,il a fallu p\r qu'elle se dveloppt que la t]re ft dans de c]ta9es conditions physiques et *imiques qui ne sont po9t /ables4 ,il fut un temps o notre plante ne conv5ait pas l'homme3 elle tait trop *aude et trop humide4 ,il vi5dra un temps o elle ne lui convi5dra plus3 elle s]a trop froide et trop s*e4 ,qu& le soleil s'te9dra1 ce qui ne peut manqu]1 les hommes auront disp>u depuis longtemps4 ,les d]ni]s s]ont aussi dnus et /upides qu'tai5t les premi]s4 ,ils auront oubli t\s les arts et t\tes les sci5ces1 ils s't5dront misrablem5t dans des cav]nes1 au bord des glaci]s qui r\l]ont alors leurs blocs transp>5ts sur les ru9es effaces des villes o ma9t5ant on p5se1 on aime1 on s\ffre1 on espre4 ,t\s les ormes1 t\s les tilleuls s]ont morts de froid2 et les sap9s rgn]ont seuls sur la t]re glace4 ,ces d]ni]s hommes1 dsesprs sans mme le savoir1 ne connatront ri5 de n\s1 ri5 de notre gnie1 ri5 de notre am\r1 et p\rtant ils s]ont nos enfants n\veau-ns et le sang de notre sang4 ,un faible re/e de royale intellig5ce1 hsitant dans leur crne paissi1 leur cons]v]a quelque temps encore l'empire sur les ours multiplis aut\r de leurs cav]nes4 ,peuples et tribus auront disp>u s\s la neige et les glaces1 avec les villes1 les r\tes1 les j>d9s du vieux monde4 ,quelques familles pe9e subsi/]ont4 ,femmes1 enfants1 vieill>ds1 eng\rdis ple-mle1 v]ront p> les f5tes de leurs cav]nes mont] tri/em5t sur leur tte un soleil sombre o1 comme sur un tison qui s'te9t1 c\rront des lueurs fauves1 t&is qu'une neige bl\issante d'toiles cont9u]a de brill] t\t le j\r dans le ciel noir1 trav]s l'air glacial4 ,voil ce qu'ils v]ront2 mais1 dans leur /upidit1 ils ne sauront mme pas qu'ils voi5t quelque *ose4 ,un j\r1 le d]ni] d'entre eux exhal]a sans ha9e et sans am\r dans le ciel ennemi le d]ni] s\ffle huma94 ,et la t]re cont9u]a de r\l]1 emportant trav]s les espaces sil5cieux les c5dres de l'humanit1 les pomes d',homre et les augu/es dbris des m>bres grecs1 atta*s ses flancs glacs4 ,et aucune p5se ne s'lanc]a plus v]s l'inf9i1 du se9 de ce globe o l'me a tant os1 au mo9s aucune p5se d'homme4 ,c> qui peut dire si alors une autre p5se ne pr5dra pas consci5ce d'elle-mme et si ce tombeau o n\s dormirons t\s ne s]a pas le b]ceau d'une me n\velle8 ,de quelle me1 je ne sais4 ,de l'me de l'insecte1 peut-tre4 ,a ct de l'homme1 malgr l'homme1 les insectes1 les abeilles1 p> exemple1 et les f\rmis ont dj fait des m]veilles4 ,il e/ vrai que les f\rmis et les abeilles veul5t comme n\s de la lumire et de la *aleur4 ,mais il y a des inv]tbrs mo9s frileux4 ,qui connat l'av5ir rs]v leur travail et leur pati5ce8 ,qui sait si la t]re ne devi5dra pas bonne p\r eux qu& elle aura cess de l'tre p\r n\s8 ,qui sait s'ils ne pr5dront pas un j\r consci5ce d'eux et du monde8 ,qui sait si leur t\r ils ne l\]ont pas ,dieu8 99 99 99 ,a ,luci5 ,muhlfeld4 ,n\s ne p\vons n\s reprs5t] avec exactitude ce qui n'exi/e plus4 ,ce que n\s appelons la c\leur locale e/ une rv]ie4 ,qu& on voit qu'un pe9tre a t\tes les pe9es du monde reproduire d'une manire peu prs vraisemblable une scne du temps de ,l\is-,philippe1 on dsespre qu'il n\s r5de jamais la mo9dre ide d'un vnem5t contempora9 de sa9t ,l\is ou d',augu/e4 ,n\s n\s donnons bi5 du mal p\r copi] de vieilles armes et de vieux c(fres4 ,les arti/es d'autrefois ne s'emb>rassai5t po9t de cette va9e exactitude4 ,ils prtai5t aux hros de la lg5de ou de l'hi/oire le co/ume et la figure de leurs contempora9s4 ,a9si n\s peignir5t-ils naturellem5t leur me et leur sicle4 ,un arti/e peut-il mieux faire8 ,*acun de leurs p]sonnages tait quelqu'un d'entre eux4 ,ces p]sonnages1 anims de leur vie et de leur p5se1 re/5t jamais t\*ants4 ,ils port5t l'av5ir tmoignage de s5tim5ts pr\vs et d'motion vritables4 ,des pe9tures ar*ologiques ne tmoign5t que de la ri*esse de nos muses4 ,si v\s v\lez gt] l'art vrai et ress5tir devant un tableau une impression l>ge et pr(onde1 reg>dez les fresques de ,ghirl&ajo1 ,santa-,m>ia-,novella de ,flor5ce1 la ,naissance de la ,vi]ge4 ,le vieux pe9tre n\s montre la *ambre de l'acc\*e4 ,anne1 s\leve sur son lit1 n'e/ ni belle ni jeune2 mais on voit t\t de suite que c'e/ une bonne mnagre4 ,elle a rang au *evet de son lit un pot de confitures et deux gr5ades4 ,une s]vante1 deb\t la ruelle1 lui prs5te un vase sur un plateau4 ,on vi5t de lav] l'enfant1 et le bass9 de cuivre e/ encore au milieu de la *ambre4 ,ma9t5ant la petite ,m>ie boit le lait d'une belle n\rrice4 ,c'e/ une dame de la ville1 une jeune mre qui a v\lu gracieusem5t (frir le se9 l'enfant de son amie1 af9 que cet enfant et le si51 ayant bu la vie aux mmes s\rces1 en g>d5t le mme gt et1 p> la =ce de leur sang1 s'aim5t frat]nellem5t4 ,prs d'elle1 une jeune femme qui lut ressemble1 ou plutt une jeune fille1 sa soeur peut-tre1 ri*em5t vtue1 le front dc\v]t et portant des nattes sur les tempes comme milia ,pia1 t5d les deux bras v]s le petit enfant1 avec un ge/e *>mant o se trahit l'veil de l'in/9ct mat]nel4 ,deux nobles visiteuses1 habilles la mode de ,flor5ce1 entr5t dans la *ambre4 ,elles sont suivies d'une s]vante qui porte sur la tte des pa/ques et des rais9s1 et cette figure d'une ample beaut1 drape l'antique1 ce9te d'une *>pe flottante1 app>at dans cette scne dome/ique et pieuse comme je ne sais quel rve paen4 ,eh bi56 dans cette *ambre tide1 sur ces d\x visages de femme1 je vois t\te la belle vie flor5t9e et la fleur de la premire ,r5aissance4 ,le fils de l'orfvre1 le matre des premires heures1 a dans sa pe9ture1 claire comme l'aube d'un j\r d't1 rvl t\t le secret de cet ge c\rtois dans lequel il eut le bonheur de vivre et dont le *>me tait si gr& que ses contempora9s eux-mmes s'criai5t3 ,dieux bons6 le bi5heureux sicle6 ,l'arti/e doit aim] la vie et n\s montr] qu'elle e/ belle4 ,sans lui1 n\s en d\t]ions4 99 99 99 ,l'ignorance e/ la condition ncessaire1 je ne dis pas du bonheur1 mais de l'exi/5ce mme4 ,si n\s savions t\t1 n\s ne p\rrions pas support] la vie une heure4 ,les s5tim5ts qui n\s la r5d5t ou d\ce1 ou du mo9s tolrable1 naiss5t d'un m5songe et se n\rriss5t d'illusions4 ,si possdant1 comme ,dieu1 la vrit1 l'unique vrit1 un homme la laissait tomb] de ses ma9s1 le monde en s]ait ananti sur le c\p et l'univ]s se dissip]ait aussitt comme une ombre4 ,la vrit div9e1 a9si qu'un jugem5t d]ni]1 le rduirait en p\dre4 99 99 99 ,au vrai jal\x1 t\t porte ombrage1 t\t e/ sujet d'inquitude4 ,une femme le trahit dj seulem5t p>ce qu'elle vit et qu'elle respire4 ,il r$\te ces travaux de la vie intrieure1 ces m\vem5ts div]s de la *air et de l'me qui font de cette femme une crature di/9cte de lui-mme1 indp5dante1 in/9ctive1 d\teuse et p>fois inconcevable4 ,il s\ffre de ce qu'elle fleurit d'elle-mme comme une belle plante1 sans qu'aucune puissance d'am\r puisse ret5ir et pr5dre t\t ce qu'elle rp& au monde de p>fum dans ce mom5t agit qui e/ la jeunesse et la vie4 ,au fond1 il ne lui repro*e ri51 s9on qu'elle e/4 ,c'e/ l ce qu'il ne saurait support] paisiblem5t4 ,elle e/1 elle vit1 elle e/ belle1 elle songe4 ,quel sujet d'inquitude mortelle6 ,il veut t\te cette *air4 ,il la veut plus et mieux que n'a p]mis la nature1 et t\te4 ,la femme n'a pas cette imag9ation4 ,le plus s\v5t1 ce qu'on pr5d *ez elle p\r de la jal\sie1 c'e/ la rivalit4 ,mais1 quant cette torture des s5s1 cette hantise des app>itions odieuses1 cette fureur imbcile et lam5table1 cette rage physique1 elle ne la connat po9t ou ne la connat gure4 ,son s5tim5t1 dans ce cas1 e/ mo9s prcis que le ntre4 ,une sorte d'imag9ation n'e/ pas trs dveloppe en elle1 mme dans l'am\r1 et dans l'am\r s5suel3 c'e/ l'imag9ation pla/ique1 le s5s prcis des figures4 ,un gr& vague enveloppe ses impressions1 et t\tes ses n]gies re/5t t5dues p\r la lutte4 ,jal\se1 elle combat avec une op9itret1 mle de viol5ce et de ruse1 dont l'homme e/ incapable4 ,ce mme aiguillon qui n\s d*ire les entrailles l'excite la c\rse4 ,dpossde1 elle lutte p\r l'empire et p\r la dom9ation4 ,aussi la jal\sie1 qui *ez l'homme e/ une faiblesse1 e/ une =ce *ez la femme et la p\sse aux entreprises4 ,elle en tire mo9s de dgt que d'audace4 ,voyez l',h]mione de ,rac9e4 ,sa jal\sie ne s'exhale pas en noires fumes2 elle a peu d'imag9ation2 elle ne fait po9t de ses t\rm5ts un pome ple9 d'images cruelles4 ,elle ne rve pas1 et qu'e/-ce que la jal\sie sans le rve8 qu'e/-ce que la jal\sie sans l'obsession et sans une espce de monomanie furieuse8 ,h]mione n'e/ pas jal\se4 ,elle s'occupe d'emp*] un m>iage4 ,elle veut l'emp*] t\t prix1 et repr5dre un homme1 ri5 de plus4 ,et qu& cet homme e/ tu p\r elle1 p> elle1 elle e/ tonne2 elle e/ surt\t attrape4 ,c'e/ un m>iage manqu4 ,un homme sa place se fut cri3 ,tant mieux6 cette femme que j'aimais1 p]sonne ne l'aura4 99 99 99 ,le monde e/ frivole et va91 tant qu'il v\s plaira4 ,p\rtant1 ce n'e/ po9t une mauvaise cole p\r un homme politique4 ,et l'on peut regrett] qu'on en ait si peu l'usage auj\rd'hui dans nos p>lem5ts4 ,ce qui fait le monde1 c'e/ la femme4 ,elle y e/ s\v]a9e3 ri5 ne s'y fait que p> elle et p\r elle4 ,or la femme e/ la gr&e ducatrice de l'homme2 elle lui enseigne les v]tus *>mantes1 la politesse1 la discrtion et cette fi]t qui cra9t d'tre importune4 ,elle montre quelques-uns l'art de plaire1 t\s l'art utile de ne pas dplaire4 ,on appr5d d'elle que la socit e/ plus complexe et d'une ordonnance plus dlicate qu'on ne l'imag9e communm5t dans les cafs politiques4 ,enf9 on se pntre prs d'elle de cette ide que les rves du s5tim5t et les ombres de la foi sont inv9cibles1 et que ce n'e/ pas la raison qui g\v]ne les hommes4 99 99 99 ,le comique e/ vite d\l\reux qu& il e/ huma94 ,e/-ce que don ,qui*otte ne v\s fait pas quelquefois pleur]8 ,je gte beauc\p p\r ma "p quelques livres d'une s]e9e et riante dsolation1 comme cet incomp>able ,don ,qui*otte ou comme ,c&ide1 qui sont1 les bi5 pr5dre1 des manuels d'indulg5ce et de piti1 des bibles de bi5veillance4 99 99 99 ,l'art n'a pas la vrit p\r objet4 ,il faut dem&] la vrit aux sci5ces1 p>ce qu'elle e/ leur objet2 il ne faut pas la dem&] la littrature1 qui n'a et ne peut avoir d'objet que le beau4 ,la ,*lo du roman grec ne fut jamais une vraie b]gre1 et son ,daphnis ne fut jamais un vrai *evri]2 p\rtant ils n\s plais5t encore4 ,le ,grec subtil qui n\s conta leur hi/oire ne se s\ciait po9t d'tables ni de b\cs4 ,il n'avait s\ci que de posie et d'am\r4 ,et comme il v\lait montr]1 p\r le plaisir des citad9s1 un am\r s5suel et gracieux1 il mit cet am\r dans les *amps o ses lecteurs n'allai5t po9t1 c> c'tai5t de vieux ,byzant9s blan*is au fond de leur palais1 au milieu de froces mosaques ou d]rire le comptoir sur lequel ils avai5t amass de gr&es ri*esses4 ,af9 d'gay] ces vieill>ds mornes1 le conteur leur montra deux beaux enfants4 ,et p\r qu'on ne confondit po9t son ,daphnis et sa ,*lo avec les petits polissons et les fillettes vicieuses qui foisonn5t sur le pav des gr&es villes1 il prit so9 de dire3 ,ceux dont je v\s p>le vivai5t autrefois ,lesbos1 et leur hi/oire fut pe9te dans un bois consacr aux ,nymphes4 ,il pr5ait l'utile prcaution que t\tes les bonnes femmes ne manqu5t jamais de pr5dre avant de faire un conte1 qu& elles dis5t3 ,au temps que ,b]! filait4 ou3 ,qu& les btes p>lai5t4 ,si l'on veut n\s dire une belle hi/oire1 il faut bi5 sortir un peu de l'expri5ce et de l'usage4 99 99 99 ,n\s mettons l'inf9i dans l'am\r4 ,ce n'e/ pas la faute des femmes4 99 99 99 ,je ne crois pas que d\ze c5ts p]sonnes assembles p\r ent5dre une pice de ?tre =m5t un concile inspir p> la sagesse t]nelle2 mais le public1 ce me semble1 apporte ord9airem5t au spectacle une navet de coeur et une s9crit d'esprit qui donn5t quelque valeur au s5tim5t qu'il pr\ve4 ,bi5 des g5s qui il e/ impossible de se faire une ide de ce qu'ils ont lu sont en tat de r5dre un compte assez exact de ce qu'ils ont vu reprs5t4 ,qu& on lit un livre1 on le lit comme on veut1 on en lit ou plutt on y lit ce qu'on veut4 ,le livre laisse t\t faire l'imag9ation4 ,aussi les esprits rudes et communs n'y pr5n5t-ils p\r la plup>t qu'un ple et froid plaisir4 ,le ?tre au contraire fait t\t voir et disp5se de ri5 imag9]4 ,c'e/ p\rquoi il cont5te le plus gr& nombre4 ,c'e/ aussi p\rquoi il plat mdiocrem5t aux esprits rveurs et mditatifs4 ,ceux-l n'aim5t les ides que p\r le prolongem5t qu'ils leur donn5t et p\r l'*o mlodieux qu'elles veill5t en eux-mmes4 ,ils n'ont que faire dans un ?tre et prfr5t au plaisir passif du spectacle la joie active de la lecture4 ,qu'e/-ce qu'un livre8 ,une suite de petits signes4 ,ri5 de plus4 ,c'e/ au lecteur tir] lui-mme les =mes1 les c\leurs et les s5tim5ts auxquels ces signes correspond5t4 ,il dp5dra de lui que ce livre soit t]ne ou brillant1 ard5t ou glac4 ,je dirai1 si v\s prfrez1 que *aque mot d'un livre e/ un doigt my/rieux1 qui effleure une fibre de notre c]veau comme la corde d'une h>pe et veille a9si une note dans notre me sonore4 ,en va9 la ma9 de l'arti/e s]a inspire et savante4 ,le son qu'elle r5dra dp5d de la qualit de nos cordes intimes4 ,il n'en e/ pas t\t fait de mme du ?tre4 ,les petits signes noirs y sont remplacs p> des images vivantes4 ,aux f9s c>actres d'imprim]ie qui laiss5t tant dev9] sont sub/itus des hommes et des femmes1 qui n'ont ri5 de vague ni de my/rieux4 ,le t\t e/ exactem5t dt]m94 ,il en rsulte que les impressions reues p> les spectateurs sont aussi peu dissemblables que possible1 en g>d la fatale div]sit des s5tim5ts huma9s4 ,aussi voit-on1 dans t\tes les reprs5tations 7que des qu]elles littraires ou politiques ne tr\bl5t po9t71 une vritable sympa?ie s'tablir entre t\s les assi/ants4 ,si l'on considre1 d'ailleurs1 que le ?tre e/ l'art qui s'loigne le mo9s de la vie1 on reconnatra qu'il e/ le plus facile compr5dre et s5tir et l'on en conclura que c'e/ celui sur lequel le public e/ le mieux d'accord et se trompe le mo9s4 99 99 99 ,que la mort n\s fasse prir t\t enti]s1 je n'y contr$is po9t4 ,cela e/ =t possible4 ,en ce cas1 il ne faut pas la cra9dre3 ,je suis1 elle n'e/ pas2 elle e/1 je ne suis plus4 ,mais si1 t\t en n\s frappant1 elle n\s laisse subsi/]1 soyez bi5 srs que n\s n\s retr\v]ons au del du tombeau tels absolum5t que n\s tions sur la t]re4 ,n\s en s]ons sans d\te =t p5auds4 ,cette ide e/ de nature n\s gt] p> avance le p>adis et l'enf]4 ,elle n\s te t\te esprance1 c> ce que n\s s\haitons le plus1 c'e/ de dev5ir t\t autres que n\s ne sommes4 ,mais cela n\s e/ bi5 df5du4 99 99 99 ,il y a un petit livre allem& qui s'appelle3 ,notes aj\t] au livre de la vie1 et qui e/ sign ,g]h>d d',amyntor1 livre assez vrai et p> consqu5t assez tri/e1 o l'on voit dcrite la condition ord9aire des femmes4 ,c'e/ dans les s\cis quotidi5s que la mre de famille p]d sa fra*eur et sa =ce et se consume jusqu' la moelle de ses os4 ,l't]nel ret\r de la "q3 ,que faut-il faire cuire auj\rd'hui8 l'incessante ncessit de balay] le plan*]1 de battre1 de bross] les habits1 d'p\sset]1 t\t cela1 c'e/ la g\tte d'eau dont la *ute con/ante f9it p> rong] l5tem5t1 mais srem5t1 l'esprit aussi bi5 que le corps4 ,c'e/ devant le f\rneau de cuis9e que1 p> une magie vulgaire1 la petite crature blan*e et rose1 au rire de cri/al1 se *ange en une momie noire et d\l\reuse4 ,sur l'autel fumeux o mijote le pot-au-feu1 sont sacrifies jeunesse1 lib]t1 beaut1 joie4 ,a9si s'exprime peu prs ,g]h>d d',amyntor4 ,tel e/ le sort1 en effet1 de l'imm5se majorit des femmes4 ,l'exi/5ce e/ dure p\r elles comme p\r l'homme4 ,et si l'on re*]*e auj\rd'hui p\rquoi elle e/ si pnible1 on reconnat qu'il n'en peut tre autrem5t sur une plante o les *oses indisp5sables la vie sont r>es1 d'une production difficile ou d'une extraction laborieuse4 ,des causes si pr(ondes et qui dp5d5t de la figure mme de la t]re1 de sa con/itution1 de sa flore et de sa faune1 sont malheureusem5t durables et ncessaires4 ,le travail1 avec quelque quit qu'on le puisse rp>tir1 ps]a t\j\rs sur la plup>t des hommes et sur la plup>t des femmes1 et peu d'entre elles auront le loisir de dvelopp] leur beaut et leur intellig5ce dans des conditions e/htiques4 ,la faute en e/ la nature4 ,cep5dant1 que devi5t l'am\r8 ,il devi5t ce qu'il peut4 ,la faim e/ sa gr&e ennemie4 ,et c'e/ un fait inconte/able que les femmes ont faim4 ,il e/ probable qu'au ,,xx sicle comme au ,,xix elles f]ont la cuis9e1 mo9s que le socialisme ne ramne l'ge o les *asseurs dvorai5t leur proie encore *aude et o ,vnus dans les =ts unissait les amants4 ,alors la femme tait libre4 ,je vais v\s dire3 ,si j'avais cr l'homme et la femme1 je les aurais =ms sur un type trs diffr5t de celui qui a prvalu et qui e/ celui des mammifres suprieurs4 ,j'aurais fait les hommes et les femmes1 non po9t la ressemblance des gr&s s+es comme ils sont en effet1 mais l'image des insectes qui1 aprs avoir vcu *5illes1 se trans=m5t en papillons et n'ont1 au t]me de leur vie1 d'autre s\ci que d'aim] et d'tre beaux4 ,j'aurais mis la jeunesse la f9 de l'exi/5ce huma9e4 ,c]ta9s insectes ont1 dans leur d]nire mtamorphose1 des ailes et pas d'e/omac4 ,ils ne r5aiss5t s\s cette =me pure que p\r aim] une heure et m\rir4 ,si j'tais un dieu1 ou plutt un dmiurge1--c> la philosophie alex&r9e n\s enseigne que ces m9imes ouvrages sont plutt l'affaire du dmiurge1 ou simplem5t de quelque dmon con/ructeur1--si donc j'tais dmiurge ou dmon1 ce sont ces insectes que j'aurais pris p\r modles de l'homme4 ,j'aurais v\lu que1 comme eux1 l'homme accomplt d'abord1 l'tat de l>ve1 les travaux dgtants p> lesquels il se n\rrit4 ,en cette phase1 il n'y aurait po9t eu de sexes1 et la faim n'aurait po9t avili l'am\r4 ,puis j'aurais fait en sorte que1 dans une trans=mation d]nire1 l'homme et la femme1 dployant des ailes t9celantes1 vcuss5t de rose et de dsir et m\russ5t dans un bais]4 ,j'aurais de la sorte donn leur exi/5ce mortelle l'am\r en rcomp5se et p\r c\ronne4 ,et cela aurait t mieux a9si4 ,mais je n'ai pas cr le monde1 et le dmiurge qui s'en e/ *>g n'a pas pris mes avis4 ,je d\te1 entre n\s1 qu'il ait consult les philosophes et les g5s d'esprit4 99 99 99 ,c'e/ une gr&e erreur de croire que les vrits sci5tifiques diffr5t ess5tiellem5t des vrits vulgaires4 ,elles n'en diffr5t que p> l't5due et la prcision4 ,au po9t de vue pratique1 c'e/ l une diffr5ce considrable4 ,mais il ne faut pas oubli] que l'obs]vation du savant s'arrte l'app>5ce et au phnomne1 sans jamais p\voir pntr] la sub/ance ni ri5 savoir de la vritable nature des *oses4 ,un oeil arm du microscope n'en e/ pas mo9s un oeil huma94 ,il voit plus que les autres yeux1 il ne voit pas autrem5t4 ,le savant multiplie les rapports de l'homme avec la nature1 mais il lui e/ impossible de modifi] en ri5 le c>actre ess5tiel de ces rapports4 ,il voit comm5t se produis5t c]ta9s phnomnes qui n\s *app5t1 mais il lui e/ int]dit1 aussi bi5 qu' n\s1 de re*]*] p\rquoi ils se produis5t4 ,dem&] une morale la sci5ce1 c'e/ s'expos] de cruels mcomptes4 ,on croyait1 il y a trois c5ts ans1 que la t]re tait le c5tre de la cration4 ,n\s savons auj\rd'hui qu'elle n'e/ qu'une g\tte fige du soleil4 ,n\s savons quels gaz brl5t la surface des plus lo9ta9es toiles4 ,n\s savons que l'univ]s1 dans lequel n\s sommes une p\ssire errante1 enfante et dvore dans un p]ptuel travail2 n\s savons qu'il nat sans cesse et qu'il meurt des a/res4 ,mais en quoi notre morale a-t-elle t *ange p> de si prodigieuses dc\v]tes8 ,les mres en ont-elles mieux ou mo9s bi5 aim leurs petits enfants8 ,en s5tons-n\s plus ou mo9s la beaut des femmes8 ,le coeur en bat-il autrem5t dans la poitr9e des hros8 ,non6 non6 que la t]re soit gr&e ou petite1 il n'importe l'homme4 ,elle e/ assez gr&e p\rvu qu'on y s\ffre1 p\rvu qu'on y aime4 ,la s\ffrance et l'am\r1 voil les deux s\rces jumelles de son 9puisable beaut4 ,la s\ffrance6 quelle div9e mconnue6 ,n\s lui devons t\t ce qu'il y a de bon en n\s1 t\t ce qui donne du prix la vie2 n\s lui devons la piti1 n\s lui devons le c\rage1 n\s lui devons t\tes les v]tus4 ,la t]re n'e/ qu'un gra9 de sable dans le ds]t inf9i des mondes4 ,mais1 si l'on ne s\ffre que sur la t]re1 elle e/ plus gr&e que t\t le re/e du monde4 ,que dis-je8 elle e/ t\t1 et le re/e n'e/ ri54 ,c>1 ailleurs1 il n'y a ni v]tu ni gnie4 ,qu'e/-ce que le gnie1 s9on l'art de *>m] la s\ffrance8 ,c'e/ sur le s5tim5t seul que la morale repose naturellem5t4 ,de trs gr&s esprits ont n\rri1 je le sais1 d'autres esprances4 ,r5an s'ab&onnait volonti]s en s\riant au rve d'une morale sci5tifique4 ,il avait dans la sci5ce une confiance peu prs illimite4 ,il croyait qu'elle *ang]ait le monde1 p>ce qu'elle p]ce les montagnes4 ,je ne crois pas1 comme lui1 qu'elle puisse n\s div9is]4 ,a vrai dire1 je n'en ai gure l'envie4 ,je ne s5s pas en moi l't(fe d'un dieu1 si petit qu'il soit4 ,ma faiblesse m'e/ *re4 ,je ti5s mon imp]fection comme ma raison d'tre4 99 99 99 ,il y a une petite toile de ,jean ,braud qui m'intresse trangem5t4 ,c'e/ la salle ,graff>d2 une runion publique o l'on voit fum] les c]veaux avec les pipes et les lampes4 ,la scne sans d\te t\rne au comique4 ,mais combi5 ce comique e/ pr(ond et vrai6 ,combi5 il e/ mlancolique6 ,il y a dans cet tonnant tableau une figure qui me fait mieux compr5dre elle seule l'ouvri] sociali/e que v+t volumes d'hi/oire et de doctr9e1 celle de ce petit homme *auve1 t\t en crne1 sans paules1 qui sige au bureau dans son ca*e-nez1 un ouvri] d'art sans d\te1 et un homme ides1 maladif et sans in/9cts1 l'ascte du prolt>iat1 le sa9t de l'ateli]1 *a/e et fanatique comme les sa9ts de l'glise1 aux premi]s ges4 ,c]tes1 celui-l e/ un aptre et on s5t le voir qu'une religion n\velle e/ ne dans le peuple4 99 99 99 ,un gologue anglais1 de l'esprit le plus ri*e et le plus ouv]t1 sir ,*>les ,lyell1 a tabli1 il y a qu>ante ans environ1 ce qu'on nomme la ?orie des causes actuelles4 ,il a dmontr que les *angem5ts surv5us dans le c\rs des ges sur la face de la t]re n'tai5t pas dus1 comme on le croyait1 des cataclysmes s\da9s1 qu'ils tai5t l'effet de causes ins5sibles et l5tes qui ne cess5t po9t d'agir encore auj\rd'hui4 le suivre1 on voit que ces gr&s *angem5ts1 dont les ve/iges tonn5t1 ne sembl5t si t]ribles que p> le racc\rci des ges et qu'en ralit ils s'accomplir5t trs d\cem5t4 ,c'e/ sans fureur que les m]s *angr5t de lit et que les glaci]s desc5dir5t dans les pla9es1 c\v]tes autrefois de f\gres arboresc5tes4 ,des trans=mations semblables s'accompliss5t s\s nos yeux1 sans que n\s puissions mme n\s en ap]cevoir4 ,l1 enf91 o ,cuvi] voyait d'p\vantables b\lev]sem5ts1 ,*>les ,lyell n\s montre la l5teur clm5te des =ces naturelles4 ,on s5t combi5 cette ?orie des causes actuelles s]ait bi5faisante si on p\vait la transport] du monde physique au monde moral et en tir] des rgles de conduite4 ,l'esprit cons]vateur et l'esprit rvolutionnaire1 y tr\v]ai5t un t]ra9 de conciliation4 ,p]suad qu'ils re/5t ins5sibles qu& ils s'opr5t d'une manire cont9ue1 le cons]vateur ne s'oppos]ait plus aux *angem5ts ncessaires1 de peur d'accumul] des =ces de/ructives l'endroit mme o il aurait plac l'ob/acle4 ,et le rvolutionnaire1 de son ct1 r5onc]ait sollicit] imprudemm5t des n]gies qu'il saurait tre t\j\rs actives4 ,plus j'y songe et plus je me p]suade que1 si la ?orie morale des causes actuelles pntrait dans la consci5ce de l'humanit1 elle trans=m]ait t\s les peuples de la t]re en une rpublique de sages4 ,la seule difficult e/ de l'y introduire1 et il faut conv5ir qu'elle e/ gr&e4 99 99 99 ,je vi5s de lire un livre dans lequel un pote philosophe n\s montre des hommes exempts de joie1 de d\leur et de curiosit4 ,au sortir de cette n\velle t]re d',utopie qu&1 de ret\r sur la t]re1 on voit aut\r de soi des hommes lutt]1 aim]1 s\ffrir1 comme on se pr5d les aim] et comme on e/ cont5t de s\ffrir avec eux6 ,comme on s5t bi5 que l seulem5t e/ la vritable joie6 ,elle e/ dans la s\ffrance comme le baume e/ dans la blessure de l'arbre gnreux4 ,ils ont tu la passion1 et du mme c\p ils ont t\t tu1 joie et d\leur1 s\ffrance et volupt1 bi51 mal1 beaut1 t\t enf9 et surt\t la v]tu4 ,ils sont sages et p\rtant ils ne val5t plus ri51 c> on ne vaut que p> l'ef=t4 ,qu'importe que leur vie soit longue1 s'ils ne l'empliss5t pas1 s'ils ne la viv5t pas8 ,ce livre fait beauc\p p\r me r5dre *re p> rflexion cette condition d'homme qui cep5dant e/ dure1 p\r me rconcili] avec cette d\l\reuse vie1 p\r me ram5] enf9 l'e/ime de mes semblables et la gr&e sympa?ie huma9e4 ,ce livre a cela d'excell5t qu'il fait aim] la ralit et met en g>de contre l'esprit de *imre et d'illusion4 ,en n\s montrant des tres exempts de maux1 il n\s fait compr5dre que ces tri/es bi5heureux ne n\s gal5t pas et que ce s]ait une gr&e folie que de quitt] 7 suppos] que cela ft possible7 notre condition p\r la leur4 ,oh6 le misrable bonheur que celui-l6 ,n'ayant plus de passions1 ils n'ont pas d'art4 ,et comm5t aurai5t-ils des potes8 ,ils ne saurai5t gt] ni la muse pique qui s'inspire des fureurs de la ha9e et de l'am\r1 ni la muse comique qui rit en cad5ce des vices et des ridicules des hommes4 ,ils ne peuv5t plus imag9] les ,didon et les ,phdre1 les malheureux6 ils ne voi5t plus ces ombres div9es qui pass5t en frissonnant s\s les myrtes immortels4 ,ils sont aveugles et s\rds aux miracles de cette posie qui div9ise la t]re des hommes4 ,ils n'ont pas ,virgile1 et on les dit heureux1 p>ce qu'ils ont des asc5seurs4 ,p\rtant un seul beau v]s a fait plus de bi5 au monde que t\s les *efs-d'oeuvre de la mtallurgie4 ,inexorable progrs6 ce peuple d'+nieurs n'a plus ni passions1 ni posie1 ni am\r4 ,hlas6 comm5t saurai5t-ils aim]1 puisqu'ils sont heureux8 ,l'am\r ne fleurit que dans la d\leur4 ,qu'e/-ce que les aveux des amants1 s9on des cris de dtresse8 ,qu'un ,dieu s]ait misrable ma place6 s'crie1 dans un lan d'am\r1 le hros d'un pote anglais4 ,un dieu1 ma bi5-aime1 ne p\rrait pas s\ffrir1 ne p\rrait pas m\rir p\r toi6 ,p>donnons la d\leur et sa*ons bi5 qu'il e/ impossible d'imag9] un bonheur plus gr& que celui que n\s possdons en cette vie huma9e1 si d\ce et si amre1 si mauvaise et si bonne1 la fois idale et relle1 et qui conti5t t\tes *oses et concilie t\s les contra/es4 ,l e/ notre j>d91 qu'il faut b*] avec zle4 99 99 99 ,c'e/ la =ce et la bont des religions d'enseign] l'homme sa raison d'tre et ses f9s d]nires4 ,qu& on a rep\ss les dogmes de la ?ologie morale1 comme n\s l'avons fait presque t\s en cet ge de sci5ce et de lib]t intellectuelle1 il ne re/e plus aucun moy5 de savoir p\rquoi on e/ sur ce monde et ce qu'on y e/ v5u faire4 ,le my/re de la de/9e n\s enveloppe t\t enti]s dans ses puissants arcanes1 et il faut vraim5t ne p5s] ri5 p\r ne pas ress5tir cruellem5t la tragique absurdit de vivre4 ,c'e/ l1 c'e/ dans l'absolue ignorance de notre raison d'tre qu'e/ la rac9e de notre tri/esse et de nos dgts4 ,le mal physique et le mal moral1 les misres de l'me et des s5s1 le bonheur des m*ants1 l'humiliation du ju/e1 t\t cela s]ait encore supportable si l'on en concevait l'ordre et l'conomie et si l'on y dev9ait une provid5ce4 ,le croyant se rj\it de ses ulcres2 il a p\r agrables les inju/ices et les viol5ces de ses ennemis2 ses fautes mme et ses crimes ne lui t5t pas l'esprance4 ,mais1 dans un monde o t\te illum9ation de la foi e/ te9te1 le mal et la d\leur p]d5t jusqu' leur signification et n'app>aiss5t plus que comme des plaisant]ies odieuses et des f>ces s9i/res4 99 99 99 ,il y a t\j\rs un mom5t o la curiosit devi5t un p*1 et le diable s'e/ t\j\rs mis du ct des savants4 99 99 99 ,me tr\vant ,sa9t-,l1 il y a une diza9e d'annes1 je r5contrai1 *ez un ami qui habite cette petite ville montueuse1 un prtre in/ruit et loqu5t avec lequel je pris plaisir caus]4 ,ins5siblem5t1 je gagnai sa confiance et n\s emes sur de graves sujets des entreti5s o il montrait la fois la subtilit pntrante de son esprit et la div9e c&eur de son me4 ,c'tait un sage et c'tait un sa9t4 ,gr& casui/e et gr& ?ologi51 il s'exprimait avec tant de puissance et de *>me que ri51 dans cette petite ville1 ne m'tait si *] que de l'ent5dre4 ,p\rtant je demeurai plusieurs j\rs sans os] le reg>d]4 ,p\r la taille1 la =me et l'app>5ce1 c'tait un mon/re4 ,figurez-v\s un na9 bancal et tors1 agit d'une sorte de danse de ,sa9t-,guy et sautillant dans sa s\tane comme dans un sac4 ,sur son front des b\cles blondes de *eveux1 en rvlant sa jeunesse1 le r5dai5t plus p\vantable encore4 ,mais enf91 ayant excit mon c\rage le voir en face1 je pris sa laideur une sorte d'intrt puissant4 ,je la contemplais et je la mditais4 ,t&is que ses lvres dc\vrai5t dans un s\rire sraphique les re/es noirs de trois d5ts et que ses yeux1 qui *]*ai5t le ciel1 r\lai5t entre des paupires sanglantes1 je l'admirais et1 lo9 de le pla9dre1 j'enviais un tre si m]veilleusem5t prs]v1 p> la d=mation p>faite de son corps1 des tr\bles de la *air1 des faiblesses des s5s et des t5tations que la nuit apporte dans ses ombres4 ,je l'e/imais heureux entre les hommes4 ,or1 un j\r1 comme t\s deux n\s desc5dions au soleil la rampe des coll9es1 en disputant de la grce1 ce prtre s'arrta t\t c\p1 posa l\rdem5t sa ma9 sur mon bras et me dit d'une voix vibrante que j'ent5ds encore3 --,je l'affirme1 je le sais3 la *a/et e/ une v]tu qui ne peut tre g>de sans un sec\rs spcial de ,dieu4 ,cette p>ole me dc\vrit l'abme insondable des p*s de la *air4 ,quel ju/e n'e/ po9t t5t si celui-l qui n'avait de corps1 ce semble1 que p\r la s\ffrance et le dgt1 s5tait aussi les aiguillons du dsir8 99 99 99 ,les p]sonnes trs pieuses ou trs arti/es mett5t dans la religion ou dans l'art un s5sualisme raff94 ,or1 on n'e/ pas s5suel sans tre un peu fti*i/e4 ,le pote a le fti*isme des mots et des sons4 ,il prte des v]tus m]veilleuses c]ta9es comb9aisons de syllabes et t5d1 comme les dvots1 croire l'efficacit des =mules consacres4 ,il y a dans la v]sification plus de liturgie qu'on ne croit4 ,et1 p\r un pote blan*i dans la potique1 faire des v]s1 c'e/ accomplir les rites sacrs4 ,cet tat d'esprit e/ ess5tiellem5t cons]vateur1 et il ne faut po9t s'tonn] de l'intolrance qui en e/ le naturel effet4 ,a pe9e a-t-on le droit de s\rire en voyant que ceux qui1 tort ou raison1 prt5d5t avoir le plus innov sont ceux-l mmes qui rep\ss5t les n\veauts avec le plus de colre ou de dgt4 ,c'e/ l le t\r ord9aire de l'esprit huma91 et l'hi/oire de la ,r=me en a fait p>atre des exemples tragiques4 ,on a vu un ,h5ry ,e/i5ne qui1 contra9t de fuir p\r *app] au b*]1 du fond de sa retraite dnonait au b\rreau ses propres amis qui ne p5sai5t pas comme lui4 ,on a vu ,calv91 et l'on sait que l'intolrance des rvolutionnaires n'e/ pas mdiocre4 ,j'ai connu jadis un vieux snateur de la ,rpublique qui1 dans sa jeunesse1 avait conspir avec t\tes les socits secrtes contre ,*>les ,x1 fom5t soixante meutes s\s le g\v]nem5t de ,juillet1 tram1 dj vieux1 des complots p\r r5v]s] l',empire et pris sa l>ge "p de trois rvolutions4 ,c'tait un vieill>d paisible1 qui g>dait dans les dbats des assembles une d\ceur s\riante4 ,il semblait que ri5 ne dt tr\bl] dsormais son repos1 a*et p> tant de fatigues4 ,il ne respirait plus que la paix et le cont5tem5t4 ,un j\r p\rtant1 je le vis indign4 ,un feu qu'on croyait depuis longtemps te9t brillait dans ses yeux4 ,il reg>dait p> une f5tre du palais un monme d'tudiants qui dr\lait sa queue dans le j>d9 du ,luxemb\rg4 ,la vue de cette innoc5te meute lui inspirait une sorte de fureur4 --,un tel dsordre sur la voie publique6 s'cria-t-il d'une voix trangle p> la colre et l'p\vante4 ,et il appelait la police4 ,c'tait un brave homme4 ,mais1 aprs avoir fait des meutes1 il en craignait l'ombre4 ,ceux qui ont fait des rvolutions ne s\ffr5t pas qu'on en veuille faire aprs eux4 ,semblablem5t1 les vieux potes qui ont m>qu dans quelque *angem5t potique ne veul5t plus qu'on *ange ri54 ,en cela1 ils sont hommes4 ,il e/ pnible1 qu& on n'e/ po9t un gr& sage1 de voir la vie cont9u] aprs soi et de se s5tir noy dans l'c\lem5t des *oses4 ,pote1 snateur ou cordonni]1 on se rsigne mal n'tre pas la f9 df9itive des mondes et la raison suprme de l'univ]s4 99 99 99 ,on peut dire que1 la plup>t du temps1 les potes ne connaiss5t pas les lois sci5tifiques auxquelles ils obiss5t qu& ils font des v]s excell5ts4 ,en matire de prosodie1 ils s'en ti5n5t2 avec raison1 a l'empirisme le plus naf4 ,il s]ait bi5 peu intellig5t de les en blm]4 ,en art comme en am\r1 l'in/9ct suffit1 et la sci5ce n'y porte qu'une lumire importune4 ,bi5 que la beaut rlve de la gomtrie1 c'e/ p> le s5tim5t seul qu'il e/ possible d'en saisir les =mes dlicates4 ,les potes sont heureux3 une "p de leur =ce e/ dans leur ignorance mme4 ,seulem5t1 il ne faut pas qu'ils disput5t trop vivem5t des lois de leur art3 ils y p]d5t leur grce avec leur innoc5ce et1 comme les poissons tirs hors de l'eau1 ils se dbatt5t va9em5t dans les rgions arides de la ?orie4 99 99 99 ,c'e/ une gr&e niais]ie que le connais-toi toi-mme de la philosophie grecque4 ,n\s ne connatrons jamais ni n\s ni autrui4 ,il s'agit bi5 de cela6 ,crer le monde e/ mo9s impossible que de le compr5dre4 ,hegel en eut quelque s\pon4 ,il se peut que l'intellig5ce n\s s]ve un j\r fabriqu] un univ]s4 ,a concevoir celui-ci1 jamais6 ,aussi bi5 e/-ce faire un abus vraim5t inique de l'intellig5ce que de l'employ] re*]*] la vrit4 ,encore mo9s peut-elle n\s s]vir jug]1 selon la ju/ice1 les hommes et leurs oeuvres4 ,elle s'emploie proprem5t ces jeux1 plus compliqus que la m>elle ou les *ecs1 qu'on appelle mtaphysique1 ?ique1 e/htique4 ,mais o elle s]t le mieux et donne le plus d'agrm5t1 c'e/ saisir a et l quelque saillie ou cl>t des *oses et en j\ir1 sans gt] cette joie innoc5te p> esprit de sy/me et manie de jug]4 99 99 99 ,v\s dites que l'tat mditatif e/ la cause de t\s nos maux4 ,p\r croire cet tat si fune/e il en faut beauc\p exagr] la gr&eur et la puissance4 ,en ralit1 l'intellig5ce usurpe bi5 mo9s qu'on ne croit sur les in/9cts et les s5tim5ts naturels1 mme *ez les hommes dont l'intellig5ce a le plus de =ce et qui sont g/es1 av>es et s5suels comme les autres hommes4 ,on ne v]ra jamais un physiologi/e s\mettre au raisonnem5t les battem5ts de son coeur et le ry?me de sa respiration4 ,dans la civilisation la plus savante1 les oprations auxquelles l'homme se livre avec une m?ode philosophique demeur5t peu nombreuses et peu importantes au reg>d de celles que l'in/9ct et le s5s commun accompliss5t seuls2 et n\s ragissons si peu contre les m\vem5ts rflexes que je n'ose pas dire qu'il y a dans les socits huma9es un tat intellectuel en opposition avec l'tat de nature4 ,a t\t considr]1 un mtaphysici5 ne diffre pas du re/e des hommes autant qu'on croit et qu'il veut qu'on croie4 ,et qu'e/-ce que p5s]8 ,et comm5t p5se-t-on8 ,n\s p5sons avec des mots2 cela seul e/ s5suel et ramne la nature4 ,songez-y1 un mtaphysici5 n'a1 p\r con/itu] le sy/me du monde1 que le cri p]fectionn des s+es et des *i5s4 ,ce qu'il appelle spculation pr(onde et m?ode transc5dante1 c'e/ de mettre b\t b\t1 dans un ordre arbitraire1 les onomatopes qui criai5t la faim1 la peur et l'am\r dans les =ts primitives et auxquelles se sont atta*es peu peu des significations qu'on croit ab/raites qu& elles sont seulem5t rel*es4 ,n'ayez pas peur que cette suite de petits cris te9ts et affaiblis qui compos5t un livre de philosophie n\s en appr5ne trop sur l'univ]s p\r que n\s ne puissions plus y vivre4 ,dans la nuit o n\s sommes t\s1 le savant se cogne au mur1 t&is que l'ignorant re/e2 tranquillem5t au milieu de la *ambre4 99 99 99 ,a ,gabriel ,sailles4 ,je ne sais si ce monde e/ le pire des mondes possible4 ,c'e/ le flatt]1 je crois1 que de lui accord] quelque excell5ce1 ft-ce celle du mal4 ,ce que n\s p\vons imag9] des autres mondes e/ peu de *ose1 et l'a/ronomie physique ne n\s r5seigne pas bi5 exactem5t sur les conditions de la vie la surface des plantes mme les plus vois9es de la ntre4 ,n\s savons seulem5t que ,vnus et ,m>s ressembl5t beauc\p la t]re4 ,cette seule ressemblance n\s p]met de croire que le mal y rgne comme ici et que la t]re n'e/ qu'une des prov9ces de son va/e empire4 ,n\s n'avons aucune raison de suppos] que la vie e/ meilleure la surface des mondes gants1 ,jupit]1 ,saturne1 ,uranus et ,neptune1 qui gliss5t en sil5ce dans des espaces o le soleil comm5ce d'puis] sa *aleur et sa lumire4 ,qui sait ce que sont les tres sur ces globes envelopps de nues paisses et rapides8 ,n\s ne p\vons n\s emp*] de p5s]1 p> analogie1 que notre sy/me solaire t\t enti] e/ une gh5ne o l'animal nat p\r la s\ffrance et p\r la mort4 ,et il ne n\s re/e pas l'illusion de concevoir que les toiles clair5t des plantes plus heureuses4 ,les toiles ressembl5t trop notre soleil4 ,la sci5ce a dcompos le faible rayon qu'elles mett5t des annes1 des sicles n\s envoy]2 l'analyse de leur lumire n\s a fait connatre que les sub/ances qui brl5t leur surface sont celles-l mme qui s'agit5t sur la sphre de l'a/re qui1 depuis qu'il e/ des hommes1 claire et r*auffe leurs misres1 leurs folies1 leurs d\leurs4 ,cette analogie suffirait seule me dgt] de l'univ]s4 ,l'unit de sa composition *imique me fait assez press5tir la monotonie rig\reuse des tats d'me et de *air qui se produis5t dans son inconcevable t5due et je cra9s raisonnablem5t que t\s les tres p5sants ne soi5t aussi misrables dans le monde de ,sirius et dans le sy/me d',altar qu'ils le sont1 notre connaissance1 sur la t]re4--,mais1 dites-v\s1 t\t cela n'e/ pas l'univ]s4--,j'en ai bi5 aussi quelque s\pon1 et je s5s que ces imm5sits ne sont ri5 et qu'enf91 s'il y a quelque *ose1 ce quelque *ose n'e/ pas ce que n\s voyons4 ,je s5s que n\s sommes dans une fantasmagorie et que notre vue de l'univ]s e/ purem5t l'effet du cau*em> de ce mauvais sommeil qui e/ la vie4 ,et c'e/ cela le pis4 ,c> il e/ clair que n\s ne p\vons ri5 savoir1 que t\t n\s trompe1 et que la nature se j\e cruellem5t de notre ignorance et de notre imbcillit4 99 99 99 ,a ,paul ,h]vieu4 ,je suis p]suad que l'humanit a de t\t temps la mme somme de folie et de btise dp5s]4 ,c'e/ un capital qui doit fructifi] d'une manire ou d'une autre4 ,la "q e/ de savoir si1 aprs t\t1 les insanits consacres p> le temps ne con/itu5t pas le placem5t le plus sage qu'un homme puisse faire de sa btise4 ,lo9 de me rj\ir qu& je vois s'en all] quelque vieille erreur1 je songe l'erreur n\velle qui vi5dra la remplac]1 et je me dem&e avec inquitude si elle ne s]a pas plus incommode ou plus dang]euse que l'autre4 ,a t\t bi5 considr]1 les vieux prjugs sont mo9s fune/es que les n\veaux3 le temps1 en les usant1 les a polis et r5dus presque innoc5ts4 99 99 99 ,ceux qui ont le s5tim5t et le gt de l'action font1 dans les desse9s les mieux conc]ts1 la "p de la =tune1 sa*ant que t\tes les gr&es entreprises sont inc]ta9es4 ,la gu]re et le jeu enseign5t ces calculs de probabilits qui font saisir les *ances sans s'us] les att5dre t\tes4 99 99 99 ,qu& on dit que la vie e/ bonne et qu& on dit qu'elle e/ mauvaise1 on dit une *ose qui n'a po9t de s5s4 ,il faut dire qu'elle e/ bonne et mauvaise la fois1 c> c'e/ p> elle1 et p> elle seule1 que n\s avons l'ide du bon et du mauvais4 ,la vrit e/ que la vie e/ dlicieuse1 horrible1 *>mante1 affreuse1 d\ce1 amre1 et qu'elle e/ t\t4 ,il en e/ d'elle comme de l'arlequ9 du bon ,florian3 l'un la voit r\ge1 l'autre la voit bleue1 et t\s les deux la voi5t comme elle e/1 puisqu'elle e/ r\ge et bleue et de t\tes les c\leurs4 ,voil de quoi n\s mettre t\s d'accord et rconcili] les philosophes qui se d*ir5t entre eux4 ,mais n\s sommes a9si faits que n\s v\lons =c] les autres a s5tir et p5s] comme n\s et que n\s ne p]mettons pas notre vois9 d'tre gai qu& n\s sommes tri/es4 99 99 99 ,le mal e/ ncessaire4 ,s'il n'exi/ait pas1 le bi5 n'exi/]ait pas non plus4 ,le mal e/ l'unique raison d'tre du bi54 ,que s]ait le c\rage lo9 du pril et la piti sans la d\leur8 ,que devi5drai5t le dv\em5t et le sacrifice an milieu du bonheur univ]sel8 ,peut-on concevoir la v]tu sans le vice1 l'am\r sans la ha9e1 la beaut sans la laideur8 ,c'e/ grce au mal et la s\ffrance que la t]re peut tre habite et que la vie vaut la pe9e d'tre vcue4 ,aussi ne faut-il pas trop se pla9dre du diable4 ,c'e/ un gr& arti/e et un gr& savant2 il a fabriqu p\r le mo9s la moiti du monde4 ,et cette moiti e/ si bi5 embote dans l'autre qu'il e/ impossible d'entam] la premire sans caus] du mme c\p un semblable dommage la seconde4 *aque vice qu'on dtruit correspondait une v]tu qui prit avec lui4 ,j'ai eu le plaisir de voir un j\r1 une foire de village1 la vie du gr& ,sa9t-,anto9e reprs5te p> des m>ionnettes4 ,c'e/ un spectacle qui passe en philosophie les tragdies de ,%akespe>e et les drames de ,m4 d',enn]y1 ,oh6 qu'on apprcie bi5 l t\t ensemble la grce de ,dieu et celle du diable6 ,le ?tre reprs5te une solitude affreuse1 mais qui s]a bi5tt peuple d'anges et de dmons4 ,l'action1 en se dr\lant1 imprime dans les coeurs une t]rible impression de fatalit1 qui rsulte de l'int]v5tion symtrique des dmons et des anges1 a9si que de l'allure des p]sonnages1 qui sont conduits p> des fils que ti5t une ma9 invisible4 ,p\rtant1 qu&1 aprs avoir fait sa prire1 le gr& ,sa9t-,anto9e1 encore ag5\ill s\lve son front dev5u calleux comme le g5\ des *ameaux1 p\r avoir t longtemps pro/]n sur la pi]re1 et1 levant ses yeux brls de l>mes1 voit devant lui la re9e de ,saba1 qui les bras ouv]ts1 lui s\rit dans sa robe d'or1 on frmit1 on tremble qu'il ne succombe1 on suit avec angoisse le spectacle de son tr\ble et de sa dtresse4 ,n\s n\s reconnaissons t\s en lui et1 qu& il a triomph1 n\s n\s associons t\s son triomphe4 ,c'e/ celui de l'humanit t\t entire dans sa lutte t]nelle4 ,sa9t-,anto9e n'e/ un gr& sa9t que p>ce qu'il a rsi/ la re9e de ,saba4 ,or1 il faut bi5 le reconnatre1 en lui envoyant cette belle dame qui ca*e son pi$ f\r*u s\s une longue robe brode de p]les1 le diable fit une besogne ncessaire la sa9tet de l'ermite4 ,a9si le spectacle des m>ionnettes m'a confirm dans cette ide que le mal e/ indisp5sable au bi5 et le diable ncessaire la beaut morale du monde4 99 99 99 ,j'ai tr\v *ez des savants la c&eur des enfants1 et l'on voit t\s les j\rs des ignorants qui se croi5t l'axe du monde4 ,hlas6 *acun de n\s se voit le c5tre de l'univ]s4 ,c'e/ la commune illusion4 ,le balayeur de la rue n'y *appe pas4 ,elle lui vi5t de ses yeux dont les reg>ds1 arrondissant aut\r de lui la vote cle/e1 le mett5t au beau milieu du ciel et de la t]re4 ,peut-tre cette erreur e/-elle un peu branle *ez celui qui a beauc\p mdit4 ,l'humilit r>e *ez les doctes1 l'e/ encore plus *ez les ign>es4 99 99 99 ,une ?orie philosophique du monde ressemble au monde comme une sphre sur laquelle on trac]ait seulem5t les degrs de longitude et de latitude ressembl]ait la t]re4 ,la mtaphysique a cela d'admirable qu'elle te au monde t\t ce qu'il a et qu'elle lui donne ce qu'il n'avait pas1 travail m]veilleux sans d\te1 et jeu plus beau1 plus illu/re incomp>ablem5t que les dames et que les *ecs1 mais1 t\t pr5dre1 de mme nature4 ,le monde p5s se rduit des lignes gomtriques dont l'arrangem5t amuse4 ,un sy/me comme celui de ,kant ou de ,hegel ne diffre pas ess5tiellem5t de ces russites p> lesquelles les femmes tromp5t1 avec des c>tes1 l'ennui de vivre4 99 99 99 ,peut-on1 me dis-je1 en lisant ce livre1 n\s *>m] a9si1 non po9t avec des =mes et des c\leurs1 comme fait la nature en ses bons mom5ts1 qui sont r>es1 mais avec de petits signes emprunts au langage6 ,ces signes veill5t en n\s des images div9es4 ,c'e/ l le miracle6 ,un beau v]s e/ comme un ar*et prom5 sur nos fibres sonores4 ,ce ne sont pas ses p5ses1 ce sont les ntres que la pote fait *ant] en n\s4 ,qu& il n\s p>la d'une femme qu'il aime1 ce sont nos am\rs et nos d\leurs qu'il veille dlicieusem5t en notre me4 ,il e/ un vocateur4 ,qu& n\s le compr5ons1 n\s sommes aussi potes que lui4 ,n\s avons en n\s1 t\s tant que n\s sommes1 un exemplaire de *acun de nos potes que p]sonne ne connat1 et qui prira jamais avec t\tes ses v>iantes lorsque n\s ne s5tirons plus ri54 ,et croyez-v\s que n\s aim]ions tant nos lyriques s'ils n\s p>lai5t d'autre *ose que de n\s8 ,quel heureux mal5t5du6 ,les meilleurs d'entre eux sont des g/es4 ,ils ne p5s5t qu' eux4 ,ils n'ont mis qu'eux dans leurs v]s et n\s n'y tr\vons que n\s4 ,les potes n\s aid5t aim]3 ils ne s]v5t qu' cela1 ,et c'e/ un assez bel emploi de leur vanit dlicieuse4 ,aussi en e/-il de leurs /rophes comme des femmes2 ri5 n'e/ plus va9 que de les l\]3 la mieux aime s]a t\j\rs la plus belle4 ,quant faire confess] au public que celle qu'on a *oisie e/ incomp>able1 cela e/ plutt d'un *evali] errant que d'un homme sage4 99 99 99 ,je ne sais si1 comme la ?ologie l'enseigne1 la vie e/ une preuve2 en t\t cas1 ce n'e/ pas une preuve laquelle n\s soyons s\mis volontairem5t4 ,les conditions n'en sont pas rgles avec une cl>t suffisant4 ,enf9 elle n'e/ po9t gale p\r t\s4 ,qu'e/-ce que l'preuve de la vie p\r les enfants qui meur5t sitt ns1 p\r les idiots et les f\s8 ,voil des objections auxquelles on a dj rpondu4--,on y rpond t\j\rs1 et il faut que la rponse ne soit pas trs bonne1 p\r qu'on soit oblig de la fuire tant de fois4 ,la vie n'a pas l'air d'une salle d'exam54 ,elle ressemble plutt un va/e ateli] de pot]ie o l'on fabrique t\tes sortes de vases p\r des de/9ations inconnues et dont plusieurs1 rompus dans le m\le1 sont rejets comme de vils tessons sans avoir jamais s]vi4 ,les autres ne sont employs qu' des usages absurdes ou dgtants4 ,ces pots1 c'e/ n\s4 99 99 99 ,pi]re ,vb]4 ,la de/9e du ,judas de ,k]io? n\s plonge dans un abme d'tonnem5t4 ,c> enf9 cet homme e/ v5u p\r accomplir les prophties2 il fallait qu'il v5dit le fils de ,dieu p\r tr5te d5i]s4 ,et le bais] du tratre e/1 comme la lance et les cl\s vnrs1 un des in/rum5ts ncessaires de la ,passion4 ,sans ,judas1 le my/re ne s'accomplissait po9t et le g5re huma9 n'tait po9t sauv4 ,et p\rtant c'e/ une op9ion con/ante p>mi les ?ologi5s que ,judas e/ damn4 ,ils la fond5t sur cette p>ole du ,*ri/3 ,il et mieux valu p\r lui n'tre pas n4 ,cette ide que ,judas a p]du son me en travaillant au salut du monde a t\rm5t plusieurs *rti5s my/iques et entre autres l'abb ,oegg]1 premi] vicaire de la ca?drale de ,p>is4 ,ce prtre1 qui avait l'ame ple9e de piti1 ne p\vait tolr] l'ide que ,judas s\ffrait dans l'enf] les t\rm5ts t]nels4 ,il y songeait sans cesse et son tr\ble croissait dans ses p]ptuelles mditations1 il en v9t p5s] que le ra*at de cette malheureuse me intressait la misricorde div9e et qu'en dpit de la p>ole obscure de l'vangile et de la tradition de l'glise1 l'homme de ,k]io? devait tre sauv4 ,ses d\tes lui tai5t insupportables2 il v\lut en tre clairci4 ,une nuit1 comme il ne p\vait dormir1 il se leva et entra p> la sacri/ie dans l'glise ds]te o les lampes p]ptuelles brlai5t s\s d'paisses tnbres4 ,l1 s'tant pro/]n au pi$ du matre autel1 il lit cette prire3 ,mon ,dieu1 ,dieu de clm5ce et d'am\r1 s'il e/ vrai que tu z reu dans ta gloire le plus malheureux de tes disciples2 s'il e/ vrai1 comme je l'espre et le veux croire1 que ,judas ,isc>io? e/ assis ta droite1 ordonne qu'il desc5de v]s moi et qu'il m'annonce lui-mme le *ef-d'oeuvre de ta misricorde4 ,et toi qu'on maudit depuis dix-huit sicles et que je vnre p>ce que tu sembles avoir pris l'enf] p\r toi seul af9 de n\s laiss] le ciel1 b\c missaire des tratres et des infmes1 ,judas1 vi5s m'impos] les ma9s p\r le sac]doce de la misricorde et de l'am\r6 ,aprs avoir fait cette prire1 le prtre pro/]n s5tit deux ma9s se pos] sur sa tte comme celles de l'vque le j\r de l'ord9ation4 ,le l5dema91 il annonait sa vocation l'ar*evque4--,je suis lui dit-il1 prtre de la ,misricorde1 selon l'ordre de ,judas1 secundnm ord9em ,judas4 ,et1 ds ce j\r mme1 ,m4 ,oegg] alla pr*] p> le monde l'vangile de la piti inf9ie1 au nom de ,judas ra*et4 ,son apo/olat s'enfona dans la misre et dans la folie4 ,m4 ,oegg] dev9t sw$5borgi5 et m\rut ,muni*4 ,c'e/ le d]ni] et le plus d\x des canites4 99 99 99 ,m4 ,ari/ide1 qui e/ gr& *asseur tir et c\rre1 a sauv une nite de *>donn]ets frais clos dans un rosi]1 s\s sa f5tre4 ,un *at grimpait dans le rosi]4 ,il e/ bon1 dans l'action1 de croire aux causes f9ales et de p5s] que les *ats sont faits p\r dtruire les s\ris ou p\r recevoir du plomb dans les ctes4 ,m4 ,ari/ide prit son revolv] et tira sur le *at4 ,on e/ cont5t d'abord de voir les *>donn]ets sauvs et leur ennemi puni4 ,mais il en e/ de ce c\p de revolv] comme de t\tes les actions huma9es3 on n'en voit plus la ju/ice qu& on y reg>de de trop prs4 ,c>1 si l'on y rfl*it1 ce *at1 qui tait un *asseur1 comme ,m4 ,ari/ide1 p\vait bi51 comme lui1 croire aux causes f9ales1 et1 dans ce cas1 il ne d\tait po9t que les *>donn]ets ne fuss5t pondus p\r lui4 ,c'e/ une illusion bi5 naturelle4 ,le c\p de revolv] lui apprit un peu t>d qu'il se trompait sur la cause f9ale des petits oiseaux qui piaill5t dans les rosi]s4 ,quel tre ne se croit pas la f9 de l'univ]s et n'agit pas comme s'il l'tait8 ,c'e/ la condition mme de la vie4 ,*acun de n\s p5se que le monde ab\tit lui4 ,qu& je p>le de n\s1 je n'oublie pas les btes4 ,il n'e/ pas un animal qui ne se s5te la f9 suprme o t5dait la nature4 ,nos vois9s1 comme le revolv] de ,m4 ,ari/ide1 ne manqu5t po9t de n\s dtromp] un j\r ou l'autre1 nos vois9s1 ou seulem5t un *i51 un *eval1 un microbe1 un gra9 de sable4 99 99 99 ,t\t ce qui ne vaut que p> la n\veaut du t\r et p> un c]ta9 gt d'art vieillit vite4 ,la mode arti/e passe comme t\tes les autres modes4 ,il en e/ des phrases affrtes et qui veul5t tre neuves comme des robes qui sort5t de *ez les gr&s c\turi]s3 elles ne dur5t qu'une saison4 ,a ,rome1 au dcl9 de l'art1 les /atues des impratrices tai5t coiffes la d]nire mode4 ,ces coiffures dev5ai5t bi5tt ridicules2 il fallait les *ang]1 et l'on mettait aux /atues des p]ruques de m>bre4 ,il convi5drait qu'un /yle peign comme ces /atues ft recoiffs t\s les ans4 ,et il se tr\ve qu'en ces temps-ci1 o n\s vivons trs vite1 les coles littraires ne subsi/5t que peu d'annes1 et p>fois que peu de mois4 ,je sais des jeunes g5s dont le /yle date dj de deux ou trois gnrations1 et semble ar*aque4 ,c'e/ sans d\te l'effet de ce progrs m]veilleux de l'indu/rie et des ma*9es qui emporte les socits tonnes4 ,au temps de ,,mm4 de ,gonc\rt et des *em9s de f]1 on p\vait vivre encore assez longtemps sur une criture arti/e4 ,mais depuis le tlphone1 la littrature1 qui dp5d des moeurs1 r5\velle ses =mules avec une rapidit dc\rageante4 ,n\s dirons donc avec ,m4 ,ludovic ,halvy que la =me simple e/ la seule faite p\r trav]s] paisiblem5t1 non pas les sicles ce qui e/ trop dire1 mais les annes4 ,la seule difficult e/ de df9ir la =me simple1 et il faut1 conv5ir que cette difficult e/ gr&e4 ,la nature1 telle du mo9s que n\s p\vons la connatre et dans les milieux appropris la vie1 ne n\s prs5te ri5 de simple1 et l'art ne peut prt5dre plus de simplicit que la nature4 ,p\rtant n\s n\s ent5dons assez bi51 qu& n\s disons que tel /yle e/ simple et que tel autre ne l'e/ pas4 ,je dirai donc1 que1 s'il n'y a pas proprem5t de /yle simple1 il y a des /yles qui p>aiss5t simples1 et que c'e/ prcism5t ceux-l que sembl5t atta*s la jeunesse et la dure4 ,il ne re/e plus qu' re*]*] d'o leur vi5t cette app>5ce heureuse4 ,et l'on p5s]a sans d\te qu'ils la doiv5t1 non pas ce qu'ils sont mo9s ri*es que les autres en lm5ts div]s1 mais bi5 ce qu'ils =m5t un ensemble o t\tes les p>ties sont si bi5 fondues qu'on ne les di/+ue plus4 ,un bon /yle1 enf91 e/ comme ce rayon de lumire qui entre p> ma f5tre au mom5t o j'cris et qui doit sa cl>t pure l'union intime des sept c\leurs dont il e/ compos4 ,le /yle simple e/ semblable la cl>t blan*e4 ,il e/ complexe mais il n'y p>ait pas4 ,ce n'e/ l qu'une image1 et l'on sait le peu que val5t les images qu& ce n'e/ pas un pote qui les assemble4 ,mais j'ai v\lu donn] ent5dre que1 dans le langage1 la simplicit belle et dsirable n'e/ qu'une app>5ce et qu'elle rsulte uniquem5t du bon ordre et de l'conomie s\v]a9e des p>ties du disc\rs4 99 99 99 ,ne p\vant concevoir la beaut indp5dante du temps et de l'espace1 je ne comm5ce me plaire aux oeuvres de l'esprit qu'au mom5t o j'en dc\vre les atta*es avec la vie1 et c'e/ le po9t de jo9ture qui m'attire4 ,les grossires pot]ies d',hiss>lik m'ont fait mieux aim] l',iliade et je gte mieux la ,div9e ,comdie p\r ce que je sais de la vie flor5t9e au xiiie sicle4 ,c'e/ l'homme1 et l'homme seulem5t1 que je *]*e dans l'arti/e4 ,le pome le plus beau e/-il autre *ose qu'une relique8 ,goe! a dit une p>ole pr(onde3 ,les seules oeuvres durables sont des oeuvres de circon/ance4 ,mais il n'y a1 t\t pr5dre1 que des oeuvres de circon/ance1 c> t\tes dp5d5t du lieu et du mom5t o elles fur5t cres4 ,on ne peut les compr5dre ni les aim] d'un am\r intellig5t1 si l'on ne connat le lieu1 le temps et les circon/ances de leur orig9e4 ,c'e/ le fait d'une imbcillit orgueilleuse de croire qu'on a produit une oeuvre qui se suffit elle-mme4 ,la plus haute n'a de prix que p\r ses rapports avec la vie4 ,mieux je saisis ces rapports1 plus je m'intresse l'oeuvre4 99 99 99 ,on peut1 on doit t\t dire1 qu& ou sait t\t dire4 ,il y aurait tant d'intrt ent5dre une confession absolum5t s9cre6 ,et depuis qu'il y a des hommes ri5 de p>eil n'a encore t ent5du4 ,aucun n'a t\t dit1 pas mme cet ard5t ,augu/91 plus occup de confondre les mani*ens que de mettre son me nu1 non pas mme ce pauvre gr& ,r\sseau que sa folie portait se calomni] lui-mme4 99 99 99 ,les influ5ces secrtes du j\r et de l'air1 ces mille s\ffrances manant de t\te la nature1 sont la ranon des tres s5suels1 encl9s *]*] leur joie dans les =mes et dans les c\leurs4 99 99 99 ,l'intolrance e/ de t\s les temps4 ,il n'e/ po9t de religion qui n'ait eu ses fanatiques4 ,n\s sommes t\s encl9s l'adoration4 ,t\t n\s semble excell5t dans ce que n\s aimons1 et cela n\s f*e qu& on n\s montre le dfaut de nos idoles4 ,les hommes ont gr&'pe9e mettre un peu de critique dans les s\rces de leurs croyances et dans l'orig9e de leur foi4 ,aussi bi51 si l'on reg>dait trop aux pr9cipes1 on ne croirait jamais4 99 99 99 ,beauc\p de g5s1 auj\rd'hui1 sont p]suads que n\s sommes p>v5us l'arrire-f9 des civilisations et qu'aprs n\s le monde prira4 ,ils sont millnaires comme les sa9ts des premi]s ges *rti5s2 mais ce sont des millnaires raisonnables1 au gt du j\r4 ,c'e/1 peut-tre1 une sorte de consolation de se dire que l'univ]s ne n\s survivra pas4 ,p\r ma "p1 je ne dc\vre dans l'humanit aucun signe de dcl94 ,j'ai beau ent5dre p>l] de la dcad5ce4 ,je n'y crois pas4 ,je ne crois pas mme que n\s soyons p>v5us au plus haut po9t de civilisation4 ,je crois que l'volution de l'humanit e/ extrmem5t l5te et que les diffr5ces qui se produis5t d'un sicle l'autre dans les moeurs sont1 les bi5 mesur]1 plus petites qu'on ne s'imag9e4 ,mais elles n\s frapp5t4 ,et les innombrables ressemblances que n\s avons avec nos pres1 n\s ne les rem>quons pas4 ,le tra9 du monde e/ l5t4 ,l'homme a le gnie de l'imitation4 ,il n'inv5te gure4 ,il y a1 en psy*ologie comme en physique1 une loi de la pesanteur qui n\s atta*e au vieux sol4 ,?ophile ,gauti]1 qui tait sa faon un philosophe1 avec quelque *ose de turc dans sa sagesse1 rem>quait1 non sans mlancolie1 que les hommes n'tai5t pas mme p>v5us inv5t] un huitime p* capital4 ,ce mat91 en passant dans la rue1 j'ai vu des maons qui btissai5t une maison et qui s\levai5t des pi]res comme les esclaves de ,?bes et de ,n9ive4 ,j'ai vu des m>is qui sortai5t de l'glise p\r all] au cab>et1 suivis de leur cortge1 et qui accomplissai5t sans mlancolie les rites tant de fois sculaires4 ,j'ai r5contr un pote lyrique qui m'a rcit ses v]s1 qu'il croit immortels2 et1 p5dant ce temps1 des cavali]s passai5t sur la *ausse1 portant un casque1 le casque des lgionnaires et des hoplites1 le casque en bronze clair des gu]ri]s homriques1 d'o p5dait encore1 p\r t]rifi] l'ennemi1 la cr9ire m\vante qui effraya l'enfant ,a/yanax dans les bras de sa n\rrice la belle ce9ture4 ,ces cavali]s tai5t des g>des rpublica9s4 cette vue et songeant que les b\lang]s de ,p>is cuis5t le pa9 dans des f\rs1 comme aux temps d',abraham et de ,g\da1 j'ai murmur la p>ole du ,livre3 ,ri5 de n\veau s\s le soleil4 ,et je ne m'tonnai plus de subir des lois civiles qui tai5t dj vieilles qu& ,cs> ,ju/9i5 en =ma un corps vnrable4 99 99 99 ,une *ose surt\t donne de l'attrait la p5se des hommes3 c'e/ l'inquitude4 ,un esprit qui n'e/ po9t anxieux m'irrite ou m'ennuie4 99 99 99 ,n\s appelons dang]eux ceux qui ont l'esprit fait autrem5t que le ntre et immoraux ceux qui n'ont po9t notre morale4 ,n\s appelons sceptiques ceux qui n'ont po9t nos propres illusions1 sans mme n\s inquit] s'ils en ont d'autres4 99 99 99 ,augu/e ,comte e/ auj\rd'hui mis son rang1 cot de ,desc>tes et de ,leibnitz4 ,la p>tie de sa philosophie qui traite des rapports des sci5ces entre elles et de leur subord9ation1 celle encore o il dgage de l'amas des faits hi/oriques une con/itution positive de la sociologie font dsormais p>tie des plus prcieuses ri*esses de la p5se huma9e4 ,au contraire1 le plan trac p> ce gr& homme1 la f9 de sa vie1 en vue d'une organisation n\velle de la socit1 n'a tr\v aucune faveur en dehors de l'glise positivi/e3 c'e/ la p>tie religieuse de l'oeuvre4 ,augu/e ,comte la conut s\s l'influ5ce d'un am\r my/ique et *a/e4 ,celle qui l'inspira1 ,clotilde de ,vaux1 m\rut un an aprs sa premire r5contre avec le philosophe1 qui v\a a la mmoire de cette jeune femme un culte cont9u p> les disciples fidles4 ,la religion d',augu/e ,comte fut inspire p> l'am\r4 ,p\rtant elle e/ tri/e et tyrannique4 ,t\s les actes de la vie et de la p5se y sont troitem5t rgls4 ,elle donne l'exi/5ce une figure gomtrique4 ,t\te curiosit de l'esprit y e/ svrem5t rprime4 ,elle ne s\ffre que les connaissances utiles et subordonne entirem5t l'intellig5ce au s5tim5t4 ,*ose digne de rem>que6 ,p> cela mme que cette doctr9e e/ fonde sur la sci5ce1 elle suppose la sci5ce df9itivem5t con/itue et1 lo9 d'enc\rag] les re*]*es ultrieures1 elle les dconseille et blme mme celles qui n'ont pas p\r objet le bi5 des hommes4 ,cela seul m'emp*]ait d'all] frapp]1 en habit blanc de nophyte1 aux portes du temple de la rue ,monsieur-le-,pr9ce4 ,bannir le caprice et la curiosit1 que cela e/ cruel6 ,ce dont je me pla9s1 ce n'e/ pas que les positivi/es veuill5t n\s int]dire t\te re*]*e sur l'ess5ce1 l'orig9e et la f9 des *oses4 ,je suis bi5 rsign ne connatre jamais la cause des causes et la f9 des f9s4 ,il y a beau temps que je lis les traits de mtaphisique comme des romans plus amusants que les autres1 non plus vritables4 ,mais ce qui r5d le positivisme am] et dsolant1 c'e/ la svrit avec laquelle il int]dit les sci5ces inutiles1 qui sont les plus aimables4 ,vivre sans elles s]ait-ce encore vivre8 ,il ne n\s laisse pas j\] en lib]t avec les phnomnes et n\s enivr] des va9es app>5ces4 ,il condamne la folie dlicieuse d'explor] les pr(ondeurs du ciel4 ,augu/e ,comte1 qui pr(essa v+t ans l'a/ronomie1 v\lait born] l'tude de cette sci5ce aux plantes visibles de notre sy/me1 les seuls corps1 disait-il1 qui puss5t avoir une influ5ce apprciable sur le ,gr&-,fti*e4 ,c'e/ la t]re qu'il appelait a9si4 ,mais le ,gr&-,fti*e ne s]ait plus habitable c]ta9s esprits si la vie y tait rgle heure p> heure et si l'on n'y p\vait faire des *oses inutiles1 comme1 p> exemple1 rv] aux toiles d\bles4 99 99 99 ,il faut que j'agisse puisque je vis1 dit l'homunculus sorti de l'alambic du docteur ,wagn]4 ,et1 dans le fait1 vivre c'e/ agir4 ,malheureusem5t1 l'esprit spculatif r5d l'homme impropre l'action4 ,l'empire n'e/ pas ceux qui veul5t t\t compr5dre4 ,c'e/ une infirmit que de voir au del du b pro*a94 ,il n'y a pas que les *evaux et les mulets qui il faille des oeillres p\r m>*] sans c>t4 ,les philosophes s'arrt5t en r\te et *ang5t la c\rse en prom5ade4 ,l'hi/oire du petit ,*ap]on-,r\ge e/ une gr&e leon aux hommes d'tat qui port5t le petit pot de beurre et ne doiv5t pas savoir s'il e/ des noisettes dans les s5ti]s du bois4 99 99 99 ,plus je songe la vie huma9e1 plus je crois qu'il faut lui donn] p\r tmo9s et p\r juges l',ironie et la ,piti1 comme les gypti5s appelai5t sur leurs morts la desse ,isis et la desse ,nephtys4 ,l',ironie et la ,piti sont deux bonnes conseillres2 l'une1 en s\riant1 n\s r5d la vie aimable2 l'autre1 qui pleure1 n\s la r5d sacre4 ,l',ironie que j'invoque n'e/ po9t cruelle4 ,elle ne raille ni l'am\r1 ni la beaut4 ,elle e/ d\ce et bi5veillante4 ,son rire calme la colre1 et c'e/ elle qui n\s enseigne n\s moqu] des m*ants et des sors1 que n\s p\vions1 sans elle1 avoir la faiblesse de har4 99 99 99 ,cet homme aura t\j\rs la f\le p\r lui4 ,il e/ sr de lui comme de l'univ]s4 ,c'e/ ce qui plat la f\le2 elle dem&e des affirmations et non des preuves4 ,les preuves la tr\bl5t et l'emb>rass5t4 ,elle e/ simple et ne compr5d que la simplicit4 ,il ne faut lui dire ni comm5t ni de quelle manire1 mais seulem5t oui ou non4 99 99 99 ,les morts se prt5t aux rconciliations avec une extrme facilit4 ,c'e/ un bon in/9ct que de confondre dans la gloire et dans l'am\r les ouvri]s qui1 bi5 qu'ennemis1 travaillr5t en commun quelque gr&e oeuvre morale ou sociale4 ,la lg5de opre ces runions po/humes qui cont5t5t t\t un peuple4 ,elle a des ress\rces m]veilleuses p\r mettre ,pi]re et ,paul et t\t le monde d'accord4 ,mais la lg5de de la ,rvolution a bi5 de la pe9e se faire4 99 99 99 ,le gt des livres e/ vraim5t un gt l\able4 ,on a raill les bibliophiles1 et peut-tre1 aprs t\t1 prt5t-ils la raill]ie2 c'e/ le cas de t\s les am\reux4 ,mais il faudrait plutt les envi] puisqu'ils ont orns leur vie d'une longue et paisible volupt4 ,on croit les confondre en disant qu'ils ne lis5t po9t leurs livres4 ,mais l'un d'eux a rpondu sans emb>ras3 ,et v\s1 mangez-v\s dans votre vieille faence8 ,que peut-on faire de plus honnte que de mettre des livres dans une armoire8 ,cela rappelle beauc\p1 la vrit1 la t*e que se donn5t les enfants1 qu& ils font des tas de sable au bord de la m]4 ,ils travaill5t en va91 et t\t ce qu'ils lv5t s]a b5 tt r5v]s4 ,sans d\te1 il en e/ a9si des collections de livres et de tableaux4 ,mais il n'en faut accus] que les vicissitudes de l'exi/5ce et la brivet de la vie4 ,la m] emporte les tas de sable1 le commissaire-priseur disp]se les collections4 ,et p\rtant on n'a ri5 de mieux faire que des tas de sable dix ans et des collections soixante4 ,ri5 ne re/]a de t\t ce que n\s levons1 et l'am\r des bibelots n'e/ pas plus va9 que t\s les autres am\rs4 99 99 99 ,p\r peu qu'on ait pratiqu les savants1 on s'ap]oit qu'ils sont les mo9s curieux des hommes4 tant1 il y a quelques annes1 dans une gr&e ville d',europe que je ne nomm]ai pas1 je visitai les gal]ies d'hi/oire naturelle en compagnie d'un des cons]vateurs qui me dcrivait les zooli!s avec une extrme complaisance4 ,il m'in/ruisit beauc\p jusqu'aux t]ra9s pliocnes4 ,mais1 lorsque n\s n\s tr\vmes devant les premi]s ve/iges de l'homme1 il dt\rna la tte et rpondit mes que/ions que ce n'tait po9t sa vitr9e4 ,je s5tis mon indiscrtion4 ,il ne faut jamais dem&] un savant les secrets de l'univ]s qui ne sont po9t dans sa vitr9e4 ,cela ne l'intresse po9t4 99 99 99 ,le temps1 dans sa fuite1 blesse ou tue nos s5tim5ts les plus ard5ts et les plus t5dres4 ,il affaiblit l'admiration en lui tant ses alim5ts naturels3 la surprise et l'tonnem5t2 il anantit l'am\r et ses belles folies1 il branle la foi et l'esprance1 il dfleurit1 il effeuille t\tes les innoc5ces4 ,du mo9s1 qu'il n\s laisse la piti1 af9 que n\s ne soyons pas enf]ms dans la vieillesse comme dans un spulcre4 ,c'e/ p> la piti qu'on demeure vraim5t homme4 ,ne n\s *angeons pas en pi]re comme les gr&es impies des vieux my!s4 ,ayons piti des faibles p>ce qu'ils s\ffr5t la p]scution et des heureux de ce monde p>ce qu'il e/ crit3 ,malheur v\s qui riez6 ,pr5ons la bonne "p1 qui e/ de s\ffrir avec ceux qui s\ffr5t1 et disons des lvres et du coeur1 au malheureux1 comme le *rti5 ,m>ie3 ,fac me tecum plang]e4 99 99 99 ,ne craignons pas trop de prt] aux arti/es d'autrefois un idal qu'ils n'eur5t jamais4 ,on n'admire po9t sans quelque illusion1 et compr5dre un *ef-d'oeuvre c'e/1 en somme1 le crer en soi-mme n\veau4 ,les mmes oeuvres se reflt5t div]sem5t dans les mes qui les contempl5t4 ,*aque gnration d'hommes *]*e une motion n\velle devant les ouvrages des vieux matres4 ,le spectateur le mieux d\ e/ celui qui tr\ve1 au prix de quelque heureux contres5s1 l'motion la plus pure et la plus =te4 ,aussi l'humanit ne s'atta*e-t-elle gure avec passion qu'aux oeuvres d'art ou de posie dont quelques p>ties sont obscures et susceptibles d'int]prtations div]ses4 99 99 99 ,on annonce1 on att5d1 on voit dj de gr&s *angem5ts dans la socit4 ,c'e/ l't]nelle erreur de l'esprit prophtique4 ,l'in/abilit1 sans d\te1 e/ la condition premire de la vie2 t\t ce qui vit se modifie sans cesse1 mais ins5siblem5t et presque notre insu4 ,t\t progrs1 le meilleur comme le pire1 e/ l5t et rguli]4 ,il n'y aura pas de gr&s *angem5ts1 il n'y en eut jamais1 j'ent5ds de prompts ou de s\da9s4 ,t\tes les trans=mations conomiques s'opr5t avec la l5teur clm5te des =ces naturelles4 ,bonnes ou mauvaises notre s5s1 les *oses sont t\j\rs ce qu'il fallait qu'elles fuss5t4 ,notre tat social e/ reflet des tats qui l'ont prcd1 comme il e/ la cause des tats qui le suivront4 ,il ti5t des premi]s1 comme les suivants ti5dront de lui4 ,et cet en*anem5t fixe p\r longtemps la p]si/ance d'un mme type2 cet ordre assure la tranquillit de la vie4 ,il e/ vrai qu'il ne cont5te ni les esprits curieux de n\veauts1 ni les coeurs altrs de *>it4 ,mais c'e/ l'ordre univ]sel4 ,il faut s'y s\mettre4 ,ayons le zle du coeur et les illusions ncessaires2 travaillons ce que n\s croyons utile et bon1 mais non po9t dans l'espoir d'un succs subit et m]veilleux1 non po9t au milieu des imag9ations d'une apocalypse sociale3 t\tes les apocalypses bl\iss5t et doiv5t4 ,n'att5dons po9t de miracle4 ,rsignons-n\s a prp>]1 p\r notre inp]ceptible "p1 l'av5ir meilleur ou pire que n\s ne v]rons pus4 99 99 99 ,il faut1 dans la vie1 faire la "p du has>d4 ,le has>d1 en df9itive1 c'e/ ,dieu4 99 99 99 ,les philosophies sont intressantes seulem5t comme des monum5ts psy*iques propres a clair] le savant sur les div]s tats qu'a trav]ss l'esprit huma94 ,prcieuses p\r la connaissance de l'homme1 elles ne saurai5t n\s in/ruire en ri5 de ce qui n'e/ pas l'homme4 ,les sy/mes sont comme ces m9ces fils de plat9e qu'on met dans les lunettes a/ronomiques p\r en divis] le *amp en p>ties gales4 ,ces fils sont utiles l'obs]vation exacte des a/res1 mais ils sont de l'homme et non du ciel4 ,il e/ bon qu'il y ait des fils de plat9e dans les lunettes4 ,mais il ne faut pas oubli] que c'e/ l'optici5 qui les a mis4 99 99 99 ,a dix-sept ans1 je vis1 un j\r1 ,alfr$ de ,vigny dans un cab9et de lecture de la rue de l',arcade4 ,je n'oubli]ai jamais qu'il portait une paisse cravate de sat9 noir atta*e au c\ p> un came et sur laquelle se rabattait un col aux bords arrondis4 ,il t5ait la ma9 une m9ce canne de jonc pomme d'or4 ,j'tais bi5 jeune1 et p\rtant il ne me p>ut pas vieux4 ,son visage tait paisible et d\x4 ,ses *eveux dcolors1 mais soyeux encore et lg]s1 tombai5t en b\cles sur ses j\es rondes4 ,il se t5ait trs droit1 m>*ait petits pas et p>lait voix basse4 ,aprs son d"p1 je feuilletai avec une motion respectueuse le livre qu'il avait rapport4 ,c'tait un tome de la collection ,petitot1 les ,mmoires de ,la ,n\e1 je crois4 ,j'y tr\vai un signet oubli1 une troite b&e de papi] sur laquelle1 de sa gr&e criture allonge et po9tue1 qui rappelait celle de madame de ,svign1 le pote avait trac au crayon un seul mot1 un nom3 ,bellrophon4 ,hros fabuleux ou navire hi/orique1 que signifiait ce nom8 ,vigny songeait-il1 en l'crivant1 ,napolon tr\vant les bornes des gr&eurs de *air1 ou bi5 se disait-il3 ,le cavali] mlancolique port p> ,pgase n'a po9t1 quoi qu'en ai5t dit les ,grecs1 tu le mon/re t]rible et *>mant que1 la sueur au front1 la gorge brlante et les pi$s en sang1 n\s p\rsuivons p]dum5t1 la ,*imre8 99 99 99 ,la tri/esse philosophique s'e/ plus d'une fois exprime avec une morne magnific5ce4 ,comme les croyants p>v5us un haut degr de beaut morale gt5t les joies du r5oncem5t1 le savant1 p]suad que t\t aut\r de n\s n'e/ qu'app>5ce et dup]ie1 s'enivre de cette mlancolie philosophique et s'oublie dans les dlices d'un calme dsespoir4 ,d\leur pr(onde et belle1 que ceux qui l'ont gte n'*ang]ai5t pas contre les gaiets frivoles et les va9es esprances du vulgaire4 ,et les contradicteurs qui1 malgr la beaut e/htique de ces p5ses1 les tr\v]ai5t fune/es l'homme et aux nations1 susp5dront peut-tre l'ana?me qu& on leur montr]a la doctr9e de l'illusion univ]selle et de l'c\lem5t des *oses unissant l'ge d'or de la philosophie grecque avec ,xnophane et se p]ptuant trav]s l'humanit polie1 dans les intellig5ces les plus hautes1 les plus s]e9es1 les plus d\ces1 un ,dmocrite1 un picure1 un ,gass5di4 99 99 99 ,je sais une petite fille de neuf ans plus sage que les sages4 ,elle me disait t\t l'heure3 ,on voit dans les livres ce qu'on ne peut pas voir en ralit1 p>ce que c'e/ trop lo9 ou p>ce que c'e/ pass4 ,mais ce qu'on voit dans les livres1 on le voit mal1 et tri/em5t4 ,et les petits enfants ne doiv5t pas lire des livres4 ,il y a tant de *oses bonnes voir1 et qu'ils n'ont pas vues3 les lacs1 les montagnes1 les rivires1 les villes et les campagnes1 la m] et les bateaux1 le ciel et les toiles6 ,je suis bi5 de son avis4 ,n\s avons une heure vivre1 p\rquoi n\s *>g] de tant de *oses8 ,p\rquoi tant appr5dre1 puisque n\s savons que n\s ne saurons jamais ri58 ,n\s vivons trop dans les livres et pas assez dans la nature1 et n\s ressemblons ce niais de ,pl9e le ,jeune qui tudiait un orateur grec p5dant que s\s ses yeux le ,vsuve engl\tissait c9q villes s\s la c5dre4 99 99 99 ,y a-t-il une hi/oire imp>tiale8 ,et qu'e/-ce que l'hi/oire8 ,la reprs5tation crite des vnem5ts passs4 ,mais qu'e/-ce qu'un vnem5t8 ,e/-ce un fait quelconque8 ,non pas6 c'e/ un fait notable4 ,or1 comm5t l'hi/ori5 juge-t-il qu'un fait e/ notable ou non8 ,il en juge arbitrairem5t1 selon son gt et son c>actre1 son ide1 en arti/e enf94 ,c> les faits ne se divis5t pas1 de leur propre nature1 en faits hi/oriques et en faits non hi/oriques4 ,un fait e/ quelque *ose d'inf9im5t complexe4 ,l'hi/ori5 prs5t]a-t-il les faits dans leur complexit8 ,cela e/ impossible4 ,il les reprs5t]a dnus de presque t\tes les p>ticul>its qui les con/itu5t1 p> consqu5t tronqus1 mutils1 diffr5ts de ce qu'ils fur5t4 ,quant aux rapports des faits entre eux1 n'en p>lons pas4 ,si un fait dit hi/orique e/ am51 ce qui e/ possible1 ce qui e/ probable1 p> un ou plusieurs faits non hi/oriques1 et p> cela mme inconnus1 comm5t l'hi/ori5 p\rra-t-il m>qu] la relation de ces faits et leur en*anem5t8 ,et je suppose dans t\t ce que je dis l que l'hi/ori5 a s\s les yeux des tmoignages c]ta9s1 t&is qu'en ralit on le trompe et qu'il n'accorde sa confiance tel ou tel tmo9 que p> des raisons de s5tim5t4 ,l'hi/oire n'e/ pas une sci5ce1 c'e/ un art4 ,on n'y russit que p> l'imag9ation4 99 99 99 ,c'e/ beau1 un beau crime6 s'cria un j\r ,j4-,j4 ,weiss dans un gr& j\rnal4 ,le mot fit sc&ale p>mi les lecteurs ord9aires4 ,je sais un digne homme de magi/rat1 un bon vieill>d1 qui r5dit le l5dema9 la feuille au porteur4 ,c'tait un abonn de plus de tr5te annes1 et il tait dans l'ge o l'on n'aime pas *ang] ses habitudes4 ,mais il n'hsita pas faire ce sacrifice la morale pr(essionnelle4 ,c'e/1 je crois1 l'affaire ,fualds qui avait inspir ,j4-,j4 ,weiss une si gnreuse admiration4 ,je ne veux sc&alis] p]sonne4 ,je ne saurais4 ,il y faut une grce audacieuse que je n'ai po9t4 ,p\rtant je confesse que le matre avait raison et que c'e/ beau1 un beau crime4 ,les causes clbres ont sur *acun de n\s un attrait irrsi/ible4 ,ce n'e/ pas trop de dire que le sang rp&u e/ p\r moiti dans la posie de l'humanit4 ,macbe? et ,*op>t dit l',aimable sont les rois de la scne4 ,le gt des lg5des sclrates e/ inn dans l'homme4 ,int]rogez les petits enfants3 ils v\s diront t\s que si ,b>be-,bleue n'avait pas tu ses femmes1 son hi/oire en s]ait mo9s jolie4 ,en face d'une tnbreuse affaire d'assass9at1 l'esprit ress5t une curiosit tonne4 ,il s'tonne1 p>ce que le crime e/ de soi-mme trange1 my/rieux et mon/rueux2 il s'intresse1 p>ce qu'il retr\ve dans t\s les crimes ce vieux fonds de faim et d'am\r sur lequel1 bons ou mauvais1 n\s vivons t\s4 ,le crim9el semble v5u de trs lo94 ,il n\s rapporte une image p\vantable de l'humanit des bois et des cav]nes4 ,le gnie des races primitives revit en lui4 ,il g>de des in/9cts qu'on croyait p]dus2 il a des ruses que notre sagesse ignore4 ,il e/ p\ss p> des apptits qui sommeill5t en n\s autres4 ,il e/ encore une bte et dj un homme4 ,de l l'admiration indigne qu'il n\s inspire4 ,le spectacle du crime e/ la fois dramatique et philosophique4 ,il e/ pittoresque aussi1 il sduit p> des gr\pem5ts biz>res1 des ombres f>\*es entrevues sur les murs1 qu& t\t dort1 des haillons tragiques1 des expressions de visage dont le secret irrite4 ,ru/ique et rampant sur la t]re n\rricire qu'il abreuve depuis tant de sicles1 le crime s'associe aux noires magies de la nuit1 au sil5ce amical de la lune1 aux t]reurs p>ses dans la nature1 aux mlancolies des *amps et des rivires4 ,faub\ri5 et ca* dans la f\le1 il pr5d les n]fs p> une odeur de b\ge et d'alcool1 un gt de p\rriture et des acc5ts in\s d'infamie4 ,dans le monde1 je veux dire dans la socit b\rgeoise1 o il e/ r>e1 il s'habille comme n\s1 il p>le comme n\s1 et c'e/ peut-tre sons cette figure quivoque et vulgaire qu'il occupe le plus =tem5t les imag9ations4 ,le crime en habit noir e/ celui que le peuple prfre4 99 99 99 ,le *>me qui t\*e le plus les mes e/ le *>me du my/re4 ,il n'y a pas de beaut sans voiles1 et ce que n\s prfrons1 c'e/ encore l'inconnu4 ,l'exi/5ce s]ait intolrable si l'on ne rvait jamais4 ,ce que la vie a de meilleur1 c'e/ l'ide qu'elle n\s donne de je ne sais quoi qui n'e/ po9t en elle4 ,le rel n\s s]t fabriqu] tant bi5 que mal un peu d'idal4 ,c'e/ peut-tre sa plus gr&e utilit4 99 99 99 ,cela e/ un signe du temps1 dit-on *aque in/ant4 ,mais il e/ trs difficile de dc\vrir les vrais signes du temps4 ,il y faut une connaissance du prs5t a9si que du pass et une philosophie gnrale que n\s n'avons ni les uns ni les autres4 ,il m'e/ arriv plusieurs fois de saisir c]ta9s petits faits qui se passai5t s\s mes yeux et de leur tr\v] une physionomie orig9ale dans laquelle je me plaisais disc]n] l'esprit de cette poque4 ,ceci1 me disais-je1 devait se produire auj\rd'hui et ne p\vait tre autrefois4 ,c'e/ un signe du temps4 ,or1 j'ai retr\v neuf fois sur dix le mme fait avec des circon/ances analogues dans du vieux mmoires ou dans de vieilles hi/oires4 ,il y a en n\s un fonds d'humanit qui *ange mo9s qu'on ne croit4 ,n\s diffrons trs peu1 en somme1 de nos gr&s-pres4 ,p\r que nos gts et nos s5tim5ts se trans=m5t1 il e/ ncessaire que les organes qui les produis5t se trans=m5t eux-mmes4 ,c'e/ l'ouvrage des sicles4 ,il faut des c5ta9es et des milli]s d'annes p\r altr] s5siblem5t quelques-uns de nos c>actres4 99 99 99 ,n\s n'enf]mons plus notre croyance dans les vieux dogmes4 ,p\r n\s1 le ,v]be ne s'e/ pas rvl seulem5t sur la sa9te montagne dont p>le l'criture4 ,le ciel des ?ologi5s n\s app>at dsormais peupl de va9s fantmes4 ,n\s savons que la vie e/ brve1 et1 p\r la prolong]1 n\s y mettons le s\v5ir des temps qui ne sont plus4 ,n\s n'esprons plus en l'immortalit de la p]sonne huma9e2 p\r n\s consol] de cette croyance morte1 n\s n'avons que le rve d'une autre immortalit1 insaisissable celle-l1 p>se1 qu'on ne peut gt] que p> avance1 et qui1 d'ailleurs1 n'e/ promise qu' bi5 peu d'entre n\s1 l'immortalit des mes dans la mmoire des hommes4 99 99 99 ,n\s n'avons ri5 faire en ce monde qu' n\s rsign]4 ,mais les nobles cratures sav5t donn] la rsignation le beau nom de cont5tem5t4 ,les gr&es mes se rsign5t avec une sa9te joie4 ,dans l'am]tume du d\te1 au milieu du mal univ]sel1 s\s le ciel vide1 elles sav5t g>d] intactes les antiques v]tus des fidles4 ,elles croi5t1 elles veul5t croire4 ,la *>it du g5re huma9 les *auffe4 ,c'e/ peu encore4 ,elles cons]v5t pieusem5t cette v]tu que la ?ologie *rti5ne mettait dans sa sagesse au-dessus de t\tes les autres1 p>ce qu'elle les suppose ou les remplace3 l'esprance4 ,esprons1 non po9t en l'humanit qui1 malgr d'augu/es ef=ts1 n'a pas dtruit le mal en ce monde1 esprons dans ces tres inconcevables qui sortiront un j\r de l'homme1 comme l'homme e/ sorti de la brute4 ,saluons ces gnies futurs4 ,esprons en cette univ]selle angoisse dont le trans=misme e/ la loi matrielle4 ,cette angoisse fconde1 n\s la s5tons crotre en n\s2 elle n\s fait m>*] v]s un b 9vitable et div94 99 99 99 ,les vieill>ds ti5n5t beauc\p trop leurs ides4 ,c'e/ p\rquoi les naturels des les ,fidji tu5t leurs p>5ts qu& ils sont vieux4 ,ils facilit5t a9si l'volution1 t&is que n\s en ret>dons la m>*e en faisant des acadmies4 99 99 99 ,l'ennui des potes e/ un ennui dor1 ne les plaignez pas trop2 ceux qui *ant5t sav5t *>m] leur dsespoir2 il n'e/ telle magie que la magie des mots4 ,les potes se consol5t1 comme les enfants1 avec des images4 99 99 99 ,en am\r1 il faut aux hommes des =mes et des c\leurs2 ils veul5t des images4 ,les femmes ne veul5t que des s5sations4 ,elles aim5t mieux que n\s1 elles sont aveugles4 ,et si v\s p5sez a la lampe de ,psy*1 la g\tte d'huile1 je v\s dirai que ,psy* n'e/ pas la femme1 ,psy* e/ l'me4 ,ce n'e/ pas la mme *ose4 ,c'e/ mme le contraire4 ,psy* tait curieuse de voir1 et les femmes ne sont curieuses que de s5tir4 ,psy* *]*ait l'inconnu4 ,qu& les femmes *]*5t1 ce n'e/ pas l'inconnu qu'elles *]*5t4 ,elles veul5t retr\v]1 voil t\t1 retr\v] leur rve ou leur s\v5ir1 la s5sation pure4 ,si elles avai5t des yeux1 comm5t p>vi5drait-on s'expliqu] leurs am\rs8 99 99 99 ,a d\>d ,rod4 ,,sur ,,les ,,c\v5ts ,,de ,,femmes ,il e/ pnible de voir une jeune fille m\rir volontairem5t au monde4 ,le c\v5t effraye t\t ce qui n'y entre pas4 ,au milieu du ,x,i,ve sicle de l're *rti5ne1 une jeune ,roma9e nomme ,blsilla fit dans un mona/re de tels jenes qu'elle en m\rut4 ,le peuple furieux1 suivit le c]cueil en criant3 ,*assons1 *assons de la ville cette dte/able race des mo9es6 ,p\rquoi ne les lapide-t-on pas8 ,p\rquoi ne les jette-t-on pas dans la rivire8 ,et lorsque1 quatorze c5ts ans plus t>d1 ,*ateaubri& exalta1 p> la b\*e du pre ,aubry1 les filles qui ont sanctifi leur beaut aux *efs-d'oeuvre de la pnit5ce et mutil cette *air rvolte dont les plaisirs ne sont que des d\leurs1 l'abb ,morellet1 qui tait un vieux philosophe1 ent5dit avec impati5ce ces l\anges de la vie cnobitique et s'cria3 ,si ce n'e/ pas l du fanatisme1 je dem&e l'auteur de me donn] sa df9ition6 ,que n\s enseign5t ces int]m9ables qu]elles1 s9on que la vie religieuse fait peur la nature et que cep5dant elle a des raisons d'tre et de dur]8 ,le peuple et les philosophes n'entr5t pas t\j\rs dans ces raisons4 ,elles sont pr(ondes et t\*5t aux plus gr&s my/res de la nature huma9e4 ,le clotre a t pris d'assaut et r5v]s4 ,ses ru9es ds]tes se sont repeuples4 ,c]ta9es mes y vont p> une p5te naturelle2 ce sont des mes clau/rales4 ,p>ce qu'elles sont inhuma9es et pacifiques1 elles quitt5t le monde et desc5d5t avec joie dans le sil5ce et la paix4 ,plusieurs sont nes lasses2 elles n'ont po9t de curiosit4 ,elles se tran5t in]tes et sans dsir4 ,ne sa*ant ni vivre ni m\rir1 elles embrass5t la vie religieuse comme une mo9dre vie et comme une mo9dre mort4 ,d'autres sont am5es au clotre p> des raisons dt\rnes4 ,elles ne prvoyai5t pas le b4 ,innoc5tes blesses1 une dception prcoce1 un deuil secret du coeur1 leur a gt l'univ]s4 ,leur vie ne port]a po9t de fruits2 le froid en a s* la fleur4 ,elles ont eu trop tt le s5tim5t du mal univ]sel4 ,elles se ca*5t p\r pleur]4 ,elles veul5t qu'on les oublie4 ,elles veul5t oubli]444 ,ou plutt1 elles aim5t leur d\leur et elles la mett5t l'abri des hommes et des *oses4 ,il en e/ d'autres enf9 qu'attire au c\v5t le zle du sacrifice et qui veul5t se donn] t\t entires1 dans un ab&on plus gr& encore que celui de l'am\r4 ,celles-l1 plus r>es1 sont les vraies p\ses de ,jsus-,*ri/4 ,l'glise leur prodigue les d\x noms de lis et de rose1 de colombe et d'agneau3 elle leur promet1 p> la b\*e de la ,re9e des ,vi]ges1 la c\ronne d'toiles et le trne de c&eur4 ,mais pr5ons g>de de r5*rir sur les ?ologi5s4 ,aux poques de foi1 on ne s'*auffait gure sur les v]tus my/iques des religieuses4 ,je ne p>le pas du peuple1 qui les nonnes ont t\j\rs t suspectes et qui a fait sur elles des contes joyeux4 ,je p>le du cl]g sculi]1 dont les jugem5ts tai5t =t mlangs4 ,n'oublions pas que la posie des clotres date de ,*ateaubri& et de ,montalemb]t4 ,il faut aussi considr] que les communauts diffr5t t\t fait selon les temps et les pays et qu'on ne peut les runir t\tes dans un mme jugem5t4 ,le c\v5t fut longtemps en ,occid5t la f]me1 l'cole1 l'hpital et la biblio?que4 ,il y eut des c\v5ts p\r cons]v] la sci5ce1 d'autres p\r cons]v] l'ignorance4 ,il y en eut p\r le travail comme p\r l'oisivet4 ,j'ai visit1 il y a quelques annes1 la montagne sur laquelle sa9te ,odile1 fille d'un duc d',alsace1 leva au milieu du ,x,i,ie sicle un mona/re dont la mmoire e/ re/e dans l'me du peuple alsaci54 ,cette fille =te *]*a et tr\va les moy5s d'ad\cir aut\r d'elle le gr& mal de vivre dont s\ffrai5t alors les pauvres g5s4 ,aide p> d'habiles collaboratrices et s]vie p> des s]fs nombreux1 elle dfri*a1 cultiva les t]res1 leva des be/iaux1 mit les rcoltes l'abri des pill>ds4 ,elle fut prvoyante p\r les imprvoyants4 ,elle enseigna la sobrit aux buveurs de c]voise1 la d\ceur aux viol5ts1 une bonne conomie t\s4 ,e/-il possible de dc\vrir une ressemblance entra ces vi]ges robu/es et pures des temps b>b>es1 ces royales mtayres1 et les abbesses qui1 s\s ,l\is ,,xv1 mettai5t des m\*es p\r all] l'(fice et p>fumai5t de p\dre la m>*ale les lvres des abbs qui leur baisai5t les doigts8 ,et mme alors1 mme en ces j\rs de sc&ale1 qu& la noblesse jetait dans les abbayes des cadettes rvoltes1 il y avait de bonnes mes s\s les grilles des maisons conv5tuelles4 ,j'ai surpris les secrets de l'une d'elles4 ,qu'elle me p>donne6 ,c'e/ l'an pass1 *ez ,leg\b91 libraire sur le quai ,malaquais4 ,je tr\vai un vieux manuel de confession l'usage des religieuses4 ,une inscription mise sur le titre1 ma9 repose1 m'apprit qu'en #aggi ce livre app>t5ait soeur ,anne1 religieuse s\mise la rgle des ,feuillant9es4 ,il tait rdig en franais et avait ceci de rem>quable que *aque p* tait imprim sur une petite fi*e colle au feuillet p> le bord seulem5t4 ,p5dant l'exam5 de consci5ce1 dans la *apelle1 la pnit5te n'avait beso9 ni de plume ni de crayon p\r not] ses fautes graves ou lgres4 ,il lui suffisait de corn] la petite b&e portant m5tion d'un p* qu'elle avait commis4 ,et dans le confessionnal1 aide de son livre1 qu'elle suivait de corne en corne1 soeur ,anne ne risquait pas d'oubli] quelque manquem5t aux comm&em5ts de ,dieu ou ceux de l'glise4 ,or1 dans le mom5t que je tr\vai ce petit livre *ez mon ami ,leg\b91 je vis que plusieurs c\lpes y tai5t m>ques d'un pli unique4 ,c'tai5t les c\lpes extraord9aires de soeur ,anne4 ,d'autres avai5t t cornes bi5 des fois et les angles du papi] tai5t t\t us4 ,c'tai5t l les p*s mignons de soeur ,anne4 ,comm5t en d\t]8 ,le livre n'avait pas s]vi depuis la disp]sion des religieuses en #agij4 ,il tait encore ple9 des pieuses images et des prires hi/ories que la bonne fille avait glisses entre les pages4 ,je connus de la sorte l'me de soeur ,anne4 ,je n'y tr\vai que des p*s innoc5ts s'il en fut1 et j'ai gr& espoir que soeur ,anne e/ assise auj\rd'hui la droite du ,pre4 ,jamais coeur plus pur n'a battu s\s la robe blan*e des ,feuillant9es4 ,je me figure cette sa9te fille d'aspect c&ide1 un peu grasse1 se prom5ant pas l5ts entre les c>rs de *\x du j>d9 conv5tuel1 et m>quant sans tr\ble1 de son doigt blanc1 sur le livre1 ses p*s aussi rguli]s que sa vie3 p>oles va9es1 di/ractions dans les assembles1 di/ractions aux (fices1 dsobissances lgres et s5sualit dans les repas4 ,ce d]ni] trait me t\*e jusqu'aux l>mes4 ,soeur ,anne mangeait avec s5sualit des rac9es cuites l'eau4 ,elle n'tait po9t tri/e4 ,elle ne d\tait po9t4 ,elle ne t5ta jamais ,dieu4 ,ces p*s-l n'ont po9t de corne dans le petit livre4 ,religieuse1 elle avait le coeur mona/ique4 ,sa de/9e tait con=me sa nature4 ,voil le secret de la sagesse de soeur ,anne4 ,je ne sais1 mais je crois bi5 qu'il y a beauc\p de soeurs ,anne auj\rd'hui dans les c\v5ts de femmes4 ,j'aurais plusieurs repro*es faire aux mo9es2 j'aime mieux dire t\t de suite que je ne les aime pas beauc\p4 ,quant aux religieuses1 je crois qu'elles ont p\r la plup>t1 comme soeur ,anne1 un coeur mona/ique1 dans lequel abond5t les grces de leur tat4 ,et p\rquoi sans cela s]ai5t-elles entres an c\v5t8 ,auj\rd'hui1 elles n'y sont plus jetes p> l'orgueil et l'av>ice de leur famille4 ,elles pr5n5t le voile p>ce qu'il leur convi5t de le pr5dre4 ,elles le quitt]ai5t s'il leur plaisait de le quitt]1 et v\s voyez qu'elles le g>d5t4 ,les dragons philosophes1 qu'on voit =ant les cltures dans les vaudevilles de la ,rvolution1 avai5t vite fait d'invoqu] la nature et de m>i] les nonnes4 ,la nature e/ plus va/e que ne croi5t les dragons philosophes2 elle runit le s5sualisme et l'asctisme dans son se9 imm5se2 et quant aux c\v5ts1 il faut bi5 que le mon/re soit aimable1 puisqu'il e/ aim et qu'il ne dvore plus que des victimes volontaires4 ,le c\v5t a ses *>mes4 ,la *apelle1 avec ses vases dors et ses roses en papi]1 une sa9te ,vi]ge pe9te de c\leurs naturelles et claire p> une lumire ple et my/rieuse comme le clair de lune1 les *ants et l'enc5s et la voix du prtre1 voil les premires sductions du clotre2 elles l'emport5t quelquefois sur celles du monde4 ,c'e/ que ces *oses ont une me et qu'elles conti5n5t t\te la somme de posie accessible c]ta9es natures4 ,sd5taire et faite p\r une vie discrte1 humble1 ca*e1 la femme se tr\ve t\t d'abord son aise au c\v5t4 ,l'atmosphre en e/ tide1 un peu l\rde2 elle procure aux bonnes filles les dlices d'une l5te asphyxie4 ,on y gte un demi-sommeil4 ,on y p]d la p5se4 ,c'e/ un gr& db>ras4 ,en *ange1 on y gagne la c]titude4 ,n'e/-ce pas1 au po9t de vue pratique1 une excell5te affaire8 ,je compte p\r peu les titres d'p\se my/ique de ,jsus1 de vase d'lection et de colombe immacule4 ,on n'a gure d'exaltation dans les communauts4 ,les v]tus y vont leur petit tra94 ,t\t1 jusqu'au s5tim5t du div91 y g>de un prud5t t]re--t]re4 ,pas d'envole4 ,le spiritualisme1 dans sa sagesse1 s'y matrialise autant qu'il peut1 et il le peut beauc\p plus qu'on ne p5se communm5t4 ,la gr&e affaire de la vie y e/ si bi5 divise en une suite de petites affaires que l'exactitude supple t\t4 ,ri5 ne rompt jamais la trame gale de l'exi/5ce4 ,le devoir y e/ trs simple4 ,la rgle le trace4 ,il y a l de quoi satisfaire les mes timides1 d\ces et obissantes4 ,une telle vie tue l'imag9ation et non pas la gaiet4 ,il e/ r>e de r5contr] l'expression d'une tri/esse pr(onde sur le visage d'une religieuse4 ,a l'heure qu'il e/1 on *]*]ait va9em5t dans les c\v5ts de ,france une ,virg9ie de ,leyva ou une ,giulia ,c>raciolo1 victimes rvoltes1 respirant avec ivresse trav]s les grilles du clotre les p>fums de la nature et du monde4 ,on n'y tr\v]ait pas non plus1 je crois1 une sa9te ,?rse ou une sa9te ,ca!r9e de ,si5ne4 ,l'ge hroque des c\v5ts e/ jamais pass4 ,l'ardeur my/ique s'te9t4 ,les causes qui jetai5t tant d'hommes et de femmes dans les mona/res n'exi/5t plus4 ,aux temps de viol5ce1 qu& l'homme1 mal assur de gt] les fruits de son travail1 se rveillait sans cesse aux cris de mort1 aux lueurs de l'inc5die1 qu& la vie tait un cau*em>1 les plus d\ces mes s'en allai5t rv] du ciel dans des maisons qui s'levai5t comme de gr&s navires au-dessus des flots de la ha9e et du mal4 ,ces temps ne sont plus4 ,le monde e/ dev5u peu prs supportable4 ,on y re/e plus volonti]s4 ,mais ceux qui le tr\v5t encore trop rude et trop peu sr sont libres1 aprs t\t1 de s'en retir]4 ,l',assemble con/ituante avait eu tort de le conte/]1 et n\s avons eu raison de l'admettre en pr9cipe4 ,j'ai l'honneur de connatre la suprieure d'une communaut dont la maison-mre e/ ,p>is4 ,c'e/ une femme de bi5 et qui m'inspire un s9cre respect4 ,elle me contait1 il y a peu de temps1 les d]ni]s mom5ts d'une de ses religieuses1 que j'avais connue dans le monde rieuse et jolie1 et qui tait alle s'te9dre de phtisie au c\v5t4 ,elle a fait une sa9te mort1 me dit la suprieure4 ,elle se levait de son lit t\s les j\rs de sa longue maladie1 et deux soeurs conv]ses la portai5t la *apelle4 ,elle y priait encore le mat9 de sa dlivrance4 ,un ci]ge allum devant l'image de sa9t ,joseph s'g\ttait sur le p>quet4 ,elle donna l'ordre une des soeurs conv]ses de r$ress] ce ci]ge4 ,puis elle se r5v]sa en arrire1 p\ssa un gr& s\pir et entra en agonie4 ,on l'adm9i/ra4 ,elle ne put tmoign] que p> le m\vem5t de ses yeux de la pit avec laquelle elle recevait les sacrem5ts des morts4 ,ce petit rcit me fut fait avec une admirable simplicit4 ,la mort e/ l'acte le plus important de la vie religieuse4 ,mais l'exi/5ce cnobitique y prp>e si bi5 qu'il ne re/e pas plus faire en ce mom5t-l qu'en t\t autre4 ,on r$resse un ci]ge qui s'g\ttait et l'on meurt4 ,il n'en fallait pas plus p\r complt] une sa9tet m9utieuse4 99 99 99 ,,de ,l',,entreti5 ,,que ,j',,eus ,,cette ,,nuit ,,avec ,,un ,,fant,,me ,,sur ,,les ,,orig9es ,,de ,l',,alphabet ,dans le sil5ce de la nuit1 j'crivais1 j'crivais depuis longtemps4 ,r5voyant sur ma table la lumire de la lampe1 l'abat-j\r laissait dans l'ombre les livres qui mont5t en tages sur les quatre faces du cab9et de travail4 ,le feu m\rant semait dans les c5dres ses d]ni]s rubis4 ,les acres vapeurs du tabac paississai5t l'air2 devant moi1 dans une c\pe1 sur un monceau de c5dres1 une d]nire cig>ette levait t\t droit sa m9ce fume bleue4 ,et les tnbres de cette *ambre tai5t my/rieuses1 p>ce qu'on y s5tait confusm5t l'me de t\s les livres endormis4 ,ma plume sommeillait entre mes doigts et je songeais des *oses trs anci5nes1 qu& de la fume de ma cig>ette1 comme des vapeurs d'une h]be magique1 sortit un p]sonnage trange3 ses *eveux b\cls1 ses yeux longs et luisants1 son nez busqu1 ses lvres paisses1 sa b>be noire1 frise la mode assyri5ne1 son te9t de bronze clair1 l'expression de ruse et de s5sualit cruelle empre9te sur son visage1 les =mes trapues de son corps et ses ri*es vtem5ts rvlai5t un de ces ,asiatiques appels b>b>es p> les ,hellnes4 ,il tait coiff d'un bonnet bleu fait comme une tte de poisson et sem d'toiles4 ,il portait une robe p\rpre1 brode de figures d'animaux1 et t5ait d'une ma9 un aviron1 de l'autre des tablettes4 ,je ne me tr\blai po9t sa vue4 ,que des fantmes app>aiss5t dans une biblio?que1 ri5 de plus naturel4 ,o se montr]ai5t les ombres des morts1 s9on au milieu des signes qui g>d5t leur s\v5ir8 ,j'invitai l'trang] s'asseoir4 ,il n'en fit ri54 --,laissez1 me dit-il1 et faites comme si je n'tais pas l1 je v\s prie4 ,je suis v5u reg>d] ce que v\s criviez sur ce mauvais papi]4 ,j'y pr5ds plaisir2 non que je me s\cie en aucune faon des ides que v\s p\vez exprim]4 ,mais les c>actres que v\s tracez m'intress5t inf9im5t4 ,en dpit des altrations qu'elles ont subies en v+t-huit sicles d'usage1 les lettres qui sort5t de votre plume ne me sont po9t trangres4 ,je reconnais ce ,b qui1 de mon temps1 s'appelait be?1 c'e/--dire maison4 ,voici l',l1 que n\s nommions lam$1 p>ce qu'il tait en =me d'aiguillon4 ,ce ,g vi5t de notre gimel1 au c\ de *ameau1 et cet ,a1 sort de notre aleph1 en tte de boeuf4 ,quant au ,d que je vois l1 il reprs5t]ait aussi fidlem5t que le dale?1 qui lui a donn naissance1 l'entre triangulaire de la t5te plante dans le sable du ds]t1 si p> un trait cursif v\s n'aviez arrondi les cont\rs de ce signe d'une vie antique et nomade4 ,v\s avez altr le dale? a9si que t\tes les lettres de mon alphabet4 ,mais je ne v\s le repro*e pas4 ,c'tait p\r all] plus vite4 ,le temps e/ prcieux4 ,le temps1 c'e/ de la p\dre d'or1 des d5ts d'lphant et des plumes d'autru*e4 ,la vie e/ c\rte4 ,il faut1 sans p]dre un mom5t1 ngoci] et navigu]1 af9 de gagn] des ri*esses1 p\r vieillir heureux et respect4 --,monsieur1 lui dis-je1 votre aspect comme vos disc\rs1 je v\s reconnais p\r un vieux ,phnici54 ,il me rpondit simplem5t3 --,je suis ,cadmus1 l'ombre de ,cadmus4 --,en ce cas1 rpliquai-je1 v\s n'exi/ez pas proprem5t4 ,t\s tes my?ique et allgorique4 ,c> il e/ impossible de donn] crance t\t ce que les ,grecs ont dit de v\s4 ,ils cont5t que v\s avez tu1 au bord de la fonta9e d',ares1 un dragon dont la gueule vomissait des flammes1 et qu'ayant arra* les d5ts du mon/re v\s les avez semes dans la t]re o elles se *angr5t en hommes4 ,ce sont des contes1 et v\s-mme1 monsieur1 v\s tes fabuleux4 --,que je le sois dev5u dans la suite des ges1 il se peut1 et que ces gr&s enfants que v\s nommez les ,grecs ai5t ml des fables ma mmoire1 je le crois1 mais je n'en ai nul s\ci4 ,je ne me suis jamais inquit de ce qu'on p5s]ait de moi aprs ma mort2 mes cra9tes et mes esprances n'allai5t po9t au del de cette vie dont on j\it sur la t]re1 et qui e/ la seule que je connaisse encore auj\rd'hui4 ,c> je n'appelle pas vivre flott] comme une va9e ombre dans la p\ssire des biblio?ques et app>atre vaguem5t ,m4 ,erne/ ,r5an ou ,m4 ,philippe ,b]g]4 ,et cet tat de fantme me semble d'autant plus tri/e que j'ai m51 de mon vivant1 l'exi/5ce la plus active et la mieux remplie4 ,je ne m'amusais po9t sem] dans les *amps boti5s des d5ts de s]p5t1 mo9s que ces d5ts ne fuss5t les ha9es et l'envie que faisai5t natre dans l'me des ptres du ,cy?ron ma ri*esse et ma puissance4 ,j'ai navigu t\te ma vie4 ,dans mon vaisseau noir1 qui portait sa pr\e un na9 r\ge et mon/rueux1 g>di5 de mes trsors1 obs]vant les sept ,cabires qui vogu5t p> le ciel en leur b>que t9celante1 guidant ma r\te sur cette toile immobile que les ,grecs nommai5t1 cause de moi1 la ,phnici5ne1 j'ai sillonn t\tes les m]s et abord t\s les rivages2 je suis all *]*] l'or de la ,col*ide1 l'aci] des ,*alybes1 les p]les d',ophir1 l'arg5t de ,t>tesse2 j'ai pris en ,btique le f]1 le plomb1 le c9abre1 le miel1 la cire et la poix1 et1 fran*issant les bornes du monde1 j'ai c\ru s\s les brumes de l',ocan jusqu' l'le sombre des ,bretons1 dont je suis rev5u vieux1 les *eveux blancs1 ri*e de l'ta9 que les gypti5s1 les ,hellnes et les ,italiotes m'a*etr5t au poids de l'or4 ,la ,mdit]rane tait alors mon lac4 ,j'ai fond sur ses ctes encore sauvages des c5ta9es de comptoirs1 et cette fameuse ,?bes n'e/ qu'une citadelle o je g>dais de l'or4 ,j'ai tr\v en ,grce des sauvages arms de bois de c]f et de pi]res clates4 ,je leur ai donn le bronze1 et c'e/ p> moi qu'ils ont connu t\s les arts4 ,on s5tait dans son reg>d et dans ses p>oles une duret blessante1 je lui rpondis sans amiti3 --,oh6 v\s tiez un ngociant actif et intellig5t4 ,mais v\s n'aviez po9t de scrupules1 et v\s v\s conduisiez1 l'occasion1 en vrai pirate4 ,qu& v\s abordiez sur une cte de la ,grce ou des les1 v\s aviez so9 d'tal] sur le rivage des p>ures et de ri*es t(fes1 et si les filles de la cte1 conduites p> un inv9cible attrait1 v5ai5t seules1 l'insu de leurs p>5ts1 contempl] les *oses dsires1 vos m>9s enlevai5t ces vi]ges qui criai5t et pleurai5t en va91 et ils les jetai5t1 lies et frmissantes1 dans le fond de vos vaisseaux1 la g>de du na9 r\ge4 ,n'avez-v\s po9t a9si1 v\s et les vtres1 vol la jeune ,io1 fille du roi ,ina*os1 p\r la v5dre en ,egypte8 --,c'e/ bi5 probable4 ,ce roi ,ina*os tait le *ef d'une petite tribu sauvage4 ,sa fille tait blan*e1 avec des traits f9s et purs4 ,les relations entre les sauvages et les hommes civiliss ont t les mmes de t\t temps4 --,il e/ vrai2 mais vos ,phnici5s ont commis des vols in\s dans le monde4 ,ils n'ont pas cra9t de drob] des s>cophages et de dp\ill] les hypoges gypti5s p\r enri*ir leurs ncropoles de ,gbal4 --,de bonne foi1 monsieur1 sont-ce l des repro*es faire un homme trs anci51 celui que ,sophocle appelait dj l'antique ,cadmus8 ,il y a c9q m9utes pe9e que n\s causons ensemble dans votre cab9et et v\s oubliez t\t fait que je suis votre an de v+t-huit sicles4 ,reconnaissez en moi1 *] monsieur1 un vieux ,*ananen qu'il ne faut pas *ican] sur quelques caisses de momies et quelques filles de sauvages voles en ,egypte ou en ,grce4 ,admirez plutt la =ce de mon intellig5ce et la beaut de mon indu/rie4 ,je v\s ai p>l de mes navires4 ,je p\rrais v\s montr] mes c>avanes allant *]*] dans le ,yem5 l'enc5s et la myrrhe1 dans le ,h>ran les pi]r]ies et les pices1 en ,e?iopie l'ivoire et l'bne4 ,mais mon activit ne s'ex]ait pas seulem5t dans l'*ange et le ngoce4 ,j'tais un manufacturi] habile1 alors que le monde aut\r de moi sommeillait dans la b>b>ie4 ,mtallurgi/e1 te9turi]1 v]ri]1 joailli]1 j'ex]ais mon gnie dans ces arts du feu1 si m]veilleux qu'ils sembl5t magiques4 ,reg>dez les c\pes que j'ai ciseles et admirez le gt dlicat du vieux bij\ti] de ,*anaan6 ,et je n'tais pas mo9s admirable dans les travaux agricoles4 ,de cette troite b&e de t]re ress]re entre le ,liban et la m]1 j'ai fait un j>d9 dlicieux4 ,on y retr\ve encore les cit]nes que j'ai creuses4 ,un de vos matres a dit3 ,seul l'homme de ,*anaan p\vait btir des pressoirs p\r l't]nit4 ,connaissez mieux le vieux ,cadmus4 ,j'ai fait pass] t\s les peuples mdit]ranens de l'ge de pi]re l'ge de bronze4 ,j'ai appris vos ,grecs les pr9cipes de t\s les arts4 ,en *ange du bl1 du v9 et des peaux de bte qu'ils m'apportai5t1 je leur ai donn des c\pes o se baisai5t des colombes et des figur9es de t]re1 qu'ils ont copies depuis1 en les arrangeant leur gt4 ,enf91 je leur ai donn un alphabet sans lequel ils n'aurai5t pu ni fix] ni mme prcis] leurs p5ses que v\s admirez4 ,voil ce qu'a fait le vieux ,cadmus4 ,il l'a fait non p> la *>it du g5re huma9 ni p> dsir d'une va9e gloire1 mais p\r l'am\r du lucre et en vue d'un pr(it tangible et c]ta94 ,il l'a fait p\r s'enri*ir et avec l'envie de boire p5dant sa vieillesse du v9 dans des c\pes d'or1 sur une table d'arg5t1 au milieu de femmes blan*es dansant des danses voluptueuses et j\ant de la h>pe4 ,c> le vieux ,cadmus ne croit ni la bont ni la v]tu4 ,il sait que les hommes sont mauvais et que1 plus puissants que les hommes1 les dieux sont pires4 ,il les cra9t2 il s'ef=ce de les apais] p> des sacrifices sanglants4 ,il ne les aime po9t4 ,il n'aime que lui-mme4 ,je me pe9s tel que je suis4 ,mais considrez que1 si je n'avais pas re*]* les viol5ts plaisirs des s5s1 je n'aurais pas travaill p\r m'enri*ir1 je n'aurais pas inv5t les arts dont v\s j\issez encore auj\rd'hui4 ,et puisqu'enf91 *] monsieur1 n'ayant pas assez d'esprit p\r dev5ir m>*&1 v\s tes scribe et faites des critures la manire des ,grecs1 v\s devriez m'honor] l'gal d'un dieu1 moi1 qui v\s devez l'alphabet4 ,j'en suis l'inv5teur4 ,v\s p5sez bi5 que je ne l'ai cr que p\r la commodit de mon comm]ce et sans prvoir le mo9s du monde l'usage qu'en f]ai5t plus t>d les peuples littraires4 ,il me fallait un sy/me de notation simple et rapide4 ,je l'eusse volonti]s pris mes vois9s1 ayant l'habitude de tir] d'eux t\t ce qui p\vait me conv5ir4 ,je ne me pique pas d'orig9alit1 ma langue e/ celle des smites2 ma sculpture e/ tantt gypti5ne et tantt babyloni5ne4 ,si j'avais eu une bonne criture s\s la ma91 je ne me s]ais pas mis en frais d'inv5tion sur cette matire4 ,mais ni les hiroglyphes des peuples que v\s nommez auj\rd'hui1 sans les connatre1 ,hittites ou ,helens9999991 ni l'criture sacre des ,egypti5s ne rpondai5t mes beso9s4 ,c'tai5t l des critures compliques et l5tes1 mieux faites p\r s't5dre sur les murailles des temples et des tombeaux que p\r se press] sur les tablettes d'un ngociant4 ,mme abrge et cursive1 l'criture des scribes gypti5s g>dait encore1 de son type premi]1 la l\rdeur1 l'emb>ras et l'indcision4 ,le sy/me t\t enti] tait mauvais4 ,l'hiroglyphe simplifi re/ait encore l'hiroglyphe1 c'e/--dire quelque *ose de t]riblem5t confus4 ,v\s savez comm5t les gypti5s mlai5t dans leurs hiroglyphes1 tant p>faits qu'abrgs1 les signes reprs5tant des ides aux signes reprs5tant des sons4 ,p> un c\p de gnie1 je pris v+t-deux de ces signes innombrables et j'en fis les v+t-deux lettres de mon alphabet4 ,des lettres1 c'e/--dire des signes correspondant *acun un son unique1 et f\rnissant p> leur association prompte et facile le moy5 de pe9dre fidlem5t t\s les sons6 ,n'tait-ce po9t +nieux8 --,oui1 sans d\te1 c'tait +nieux1 et plus encore que v\s ne croyez4 ,et n\s v\s devons un prs5t ine/imable4 ,c> sans l'alphabet po9t de notation exacte du disc\rs1 po9t de /yle1 p>tant po9t de p5se un peu dlicate1 po9t d'ab/ractions1 po9t de philosophie subtile4 ,il s]ait aussi absurde d'imag9] ,pascal crivant les ,prov9ciales en c>actres cuni=mes que de croire que le ,zeus d',olympie a t sculpt p> un phoque4 ,inv5t p\r t5ir des livres de comm]ce1 l'alphabet phnici5 e/ dev5u dans le monde enti] l'in/rum5t ncessaire et p>fait de la p5se1 et l'hi/oire de ses trans=mations e/ intimem5t lie celle du dveloppem5t de l'esprit huma94 ,votre inv5tion e/ inf9im5t belle et prcieuse1 encore qu'imp>faite4 ,c> v\s n'avez pas song aux voyelles1 et ce sont les ,grecs +nieux qui les ont tr\ves4 ,leur "p en ce monde tait de port] t\tes *oses la p]fection4 --,les voyelles1 je vais v\s dire j'ai t\j\rs eu la mauvaise habitude de les br\ill] et de les confondre4 ,v\s v\s en tes peut-tre ap]u ce soir3 le vieux ,cadmus p>le un peu de la gorge4 --,je le lui p>donne1 je lui p>donn]ais presque le rapt de la vi]ge ,io1 puisque enf9 son pre ,ina*os n'tait qu'un *ef de sauvages portant p\r sceptre un bois de c]f1 sculpt la po9te du silex4 ,je lui p>donn]ais mme d'avoir fait connatre aux ,boti5s pauvres et v]tueux les danses frntiques des ,bac*antes1 je lui p>donn]ais t\t1 p\r avoir donn la ,grce et au monde le plus prcieux des talismans1 les v+t-deux lettres de l'alphabet phnici54 ,de ces v+t-deux lettres sont sortis t\s les alphabets de l'univ]s4 ,il n'e/ po9t de p5se sur cette t]re qu'ils ne fix5t et ne g>d5t4 ,de votre alphabet1 div9 ,cadmus1 sont sorties les critures grecques et italiotes1 qui ont donn naissance t\tes les critures europennes4 ,de votre alphabet encore sont issues t\tes les critures smitiques1 depuis l'aramen et l'hbreu jusqu'au syriaque et l'arabe4 ,et ce mme alphabet phnici5 e/ le pre des alphabets hymi>ite et ?iopi5 et de t\s les alphabets du c5tre de l',asie1 z5d et pehlvi1 et mme de l'alphabet indi51 qui a donn naissance au devang>i et t\s les alphabets de l',asie mridionale4 ,quelle =tune6 ,quel succs univ]sel6 ,il n'y a pas1 l'heure qu'il e/1 sur t\te la surface de la t]re une seule criture qui ne drive de l'criture cadmenne4 ,quiconque en ce monde crit un mot e/ tributaire des vieux m>*&s *ananens4 ,a cette p5se1 je suis t5t de v\s r5dre les plus gr&s honneurs1 soigneur ,cadmus1 et je ne suis comm5t reconnatre la faveur que v\s m'avez faite en passant une petite heure de nuit dans mon cab9et1 v\s1 ,baal ,cadmus1 inv5teur de l'alphabet4 --,*] monsieur1 modrez votre en?\siasme4 ,je suis assez cont5t de ma petite inv5tion4 ,mais ma visite n'a ri5 qui puisse v\s flatt] p>ticulirem5t4 ,je m'ennuie mort depuis que1 dev5u une ombre va9e1 je ne v5ds plus ni ta91 ni p\dre d'or1 ni d5ts d'lphant et que1 sur cette t]re o ,m4 ,/anley suit de lo9 mon exemple1 je suis rduit conv]s]1 de temps autre1 avec quelques savants ou curieux qui veul5t bi5 s'intress] moi4 ,je crois ent5dre le *ant du coq1 adieu et ta*ez de v\s enri*ir3 les seuls bi5 de ce monde sont la ri*esse et la puissance4 ,il dit et disp>ut4 ,mon feu s'tait te9t1 la fra*eur de la nuit comm5ait me saisir et j'avais trs mal la tte4 99 99 99 ,je ne p>tage pas du t\t les mauvais s5tim5ts des vaudevilli/es l'endroit des doctoresses4 ,si une femme a la vocation de la sci5ce1 de quel droit lui repro*]ons-n\s d'avoir suivi sa voie8 ,comm5t blm] cette noble et d\ce et sage ,sophie ,g]ma9 qui1 aux so9s du mnage et de la famille1 prfra les mditations sil5cieuses de l'algbre et de la mtaphysique8 ,la sci5ce ne peut-elle avoir1 comme la religion1 ses vi]ges et ses diaconesses8 ,s'il e/ peu raisonnable de v\loir in/ruire t\tes les femmes1 l'e/-il davantage de v\loir int]dire t\tes les hautes spculations de la p5se8 ,et1 un po9t de vue t\t pratique1 la sci5ce n'e/-elle pas1 dans c]ta9s cas1 p\r une femme1 une ress\rce prcieuse8 ,p>ce qu'il y a auj\rd'hui plus d'in/itutrices qu'il n'en faut1 devons-n\s blm] les jeunes filles qui se v\5t l'enseignem5t1 malgr l'ineptie cruelle des programmes et la ju/ice inique des conc\rs8 ,puisqu'on a t\j\rs reconnu aux femmes une exquise habilet soign] les malades1 puisqu'elles fur5t de t\t temps des consolatrices et des gurisseuses1 puisqu'elles f\rniss5t la socit des infirmires et des sages-femmes1 comm5t ne pas l\] celles qui1 non cont5tes de l'appr5tissage ncessaire1 p\ss5t jusqu'au doctorat leurs tudes mdicales et s'accroiss5t a9si en dignit et en autorit8 ,il ne faut po9t se laiss] emport] p> la ha9e des prcieuses et des pdantes4 ,il e/ de fait que ri5 n'e/ odieux comme une pdante4 ,p\r ce qui e/ des prcieuses1 il faudrait di/+u]4 ,le bel air ne messi$ pas t\j\rs1 et un c]ta9 gt de bi5 dire ne gte pas une femme4 ,si madame de ,lafayette e/ une prcieuse 7de son temps1 elle passait p\r telle71 je ne harai po9t les prcieuses4 ,t\te affectation e/ dte/able1 celle du tor*on comme celle de la plume1 et il y aurait peu d'agrm5t vivre dans la socit que rvait ,pr\dhon1 o t\tes les femmes s]ai5t cuis9ires et ravaudeuses4 ,je veux bi5 qu'il soit mo9s naturel et1 p>tant1 mo9s gracieux aux femmes de compos] un livre que de j\] la comdie1 mais une femme qui sait crire aurait tort de ne po9t le faire1 si cela n'emb>rasse pas sa vie4 ,sans compt] que l'encri] p\rra lui dev5ir un ami qu& il lui faudra fran*ir le pas d\l\reux p\r entr] dans l'ge des s\v5irs4 ,il e/ c]ta9 que1 si les femmes n'criv5t pas mieux que les hommes1 elles criv5t autrem5t et laiss5t tran] sur le papi] un peu de leur grce div9e4 ,p\r ma "p1 je suis trs reconnaissant madame de ,caylus et madame de ,/aal-,delaunay d'avoir laiss des pattes de m\*e immortelles4 ,ce s]ait la mo9s philosophique des ides que de se figur] la sci5ce entrant dans le sy/me moral d'une femme ou d'une fille comme un corps trang]1 comme un lm5t p]turbateur d'une puissance incalculable4 ,mais1 s'il tait naturel et lgitime de v\loir in/ruire les jeunes filles1 il e/ c]ta9 qu'on s'y e/ trs mal pris4 ,on comm5ce heureusem5t le reconnatre4 ,la sci5ce e/ le li5 de l'homme avec la nature4 ,elles ont beso9 comme n\s d'une "p de connaissance4 ,a la faon dont on a v\lu les in/ruire1 bi5 lo9 de multipli] leurs rapports avec l',univ]s1 on les a sp>es et comme retran*es de la nature4 ,on leur a enseign des mots et non des *oses1 et on leur a mis dans la tte de longues nom5clatures d'hi/oire1 de gographie et de zoologie qui n'ont p> elles-mmes aucune signification4 ,ces innoc5tes cratures ont port leur faix et plus que leur faix de ces programmes iniques que l'orgueil dmocratique et le patriotisme b\rgeois levr5t comme les ,babels de la cui/r]ie4 ,on tait p>ti de l'ide absurde qu'un peuple e/ savant qu& t\t le monde y sait les mmes *oses1 comme si la div]sit des fonctions n'entranait pas la div]sit des connaissances1 et comme s'il tait pr(itable qu'un m>*& st ce que sait un mdec96 ,cette ide se tr\va fconde en erreurs2 notamm5t1 elle en enfanta une autre encore plus m*ante qu'elle4 ,on s'imag9a que les lm5ts des sci5ces spciales sont utiles aux p]sonnes de/9es n'en p\rsuivre ni les applications ni la ?orie4 ,on s'imag9a que la t]m9ologie avait en anatomie1 p> exemple1 ou en *imie1 une valeur propre1 et qu'on tait intress la connatre1 indp5damm5t de l'usage qu'en font les *irurgi5s et les *imi/es4 ,cette sup]/ition e/ aussi folle que celle des vieux ,sc&9aves qui crivai5t en c>actres runiques et s'imag9ai5t qu'il y a des mots assez puissants1 si on les prononait jamais1 p\r te9dre le soleil et rduire la t]re en p\dre4 ,on s\rit de piti en songeant ces pdagogues qui enseign5t aux enfants les mots d'une langue que ceux-ci n'ent5dront ni ne p>l]ont jamais4 ,ils dis5t1 ces b>bacoles1 qu'ils enseign5t a9si les lm5ts des sci5ces et donn5t aux filles des cl>ts de t\t4 ,mais qui ne voit qu'ils leur donn5t seulem5t des tnbres de t\t et que1 p\r mettre des ides dans ces jeunes ttes1 molles et lgres1 il faudrait us] d'une t\t autre m?ode8 ,montrez en peu de mots les gr&s objets d'une sci5ce1 m>quez-en les rsultats p> quelques exemples frappants4 ,soyez des gnralisateurs1 soyez des philosophes et ca*ez si bi5 votre philosophie qu'on v\s croie aussi simples que les esprits auxquels v\s p>lez4 ,exposez sans j>gon1 dans la langue vulgaire et commune t\s1 un petit1 nombre de faits qui frapp5t l'imag9ation et cont5t5t l'intellig5ce4 ,que votre p>ole soit nave1 gr&e et gnreuse4 ,ne v\s flattez pas d'enseign] un gr& nombre de *oses4 ,excitez seulem5t la curiosit4 ,cont5ts d'ouvrir les esprits1 ne les sur*>gez po9t4 ,mettez-y l't9celle4 ,d'eux-mmes1 ils s'pr5dront p> l'endroit o ils sont inflammables4 ,et si l't9celle s'te9t1 si c]ta9es intellig5ces re/5t obscures1 du mo9s v\s ne les aurez po9t brles4 ,il y aura t\j\rs des ignorants p>mi n\s4 ,il faut respect] t\tes les natures et laiss] la simplicit celles qui y sont v\es4 ,cela e/ p>ticulirem5t ncessaire p\r les filles qui1 la plup>t1 font leur temps sur la t]re dans des emplois o on leur dem&e t\t autre *ose que des ides gnrales et des connaissances te*niques4 ,je v\drais que l'enseignem5t qu'on donne aux filles ft surt\t une discrte et d\ce sollicitation4 99 99 99 ,,sur ,,le ,,miracle ,il ne faut pas dire3 ,le miracle n'e/ pas1 p>ce qu'il n'a pas t dmontr4 ,les or?odoxes p\rrai5t t\j\rs en appel] une in/ruction plus complte4 ,la vrit c'e/ que le miracle ne saurait tre con/at ni auj\rd'hui ni dema91 p>ce que con/at] le miracle1 ce s]a t\j\rs apport] une conclusion prmature4 ,un in/9ct pr(ond n\s dit que t\t ce que la nature r5f]me dans son se9 e/ con=me ses lois ou connues ou my/rieuses4 ,mais1 qu& bi5 mme il f]ait taire son press5tim5t1 l'homme ne p\rra jamais dire3 ,tel fait e/ au del des frontires de la nature4 ,nos explorations ne p\ss]ont jamais jusque-l4 ,et1 s'il e/ de l'ess5ce du miracle d'*app] la connaissance1 t\t dogme qui l'atte/e invoque un tmo9 insaisissable1 qui se drob]a jusqu' la f9 des sicles4 ,le miracle e/ une conception enfant9e qui ne peut subsi/] ds que l'esprit comm5ce se faire une reprs5tation sy/matique de la nature4 ,la sagesse grecque n'en supportait po9t l'ide4 ,hippocrate disait1 en p>lant de l'pilepsie3 ,ce mal e/ nomm div92 mais t\tes les maladies sont div9es et vi5n5t galem5t des dieux4 ,il p>lait en philosophe naturali/e4 ,la raison huma9e e/ mo9s f]me auj\rd'hui4 ,ce qui me f*e surt\t1 c'e/ qu'on dise3 ,n\s ne croyons pas aux miracles1 p>ce que aucun n'e/ pr\v4 tant ,l\rdes1 au mois d'aot1 je visitai la grotte o d'innombrables bquilles tai5t susp5dues1 en signe de gurison4 ,mon compagnon me montra du doigt ces trophes d'infirm]ie et murmura mon oreille3 --,une seule jambe de bois en dirait bi5 davantage4 ,c'e/ une p>ole de bon s5s2 mais philosophiquem5t la jambe de bois n'aurait pas plus de valeur qu'une bquille4 ,si un obs]vateur d'un esprit vraim5t sci5tifique tait appel con/at] que la jambe c\pe d'un homme s'e/ recon/itue subitem5t dans une pisc9e ou ailleurs1 il ne dirait po9t3 ,voil un miracle6 ,il dirait3 ,une obs]vation jusqu' prs5t unique t5d faire croire qu'en des circon/ances encore indt]m9es les tissus d'une jambe huma9e ont la proprit de se recon/itu] comme les p9ces des hom>ds1 les pattes des crevisses et la queue des lz>ds1 mais beauc\p plus rapidem5t4 ,c'e/ l un fait de nature en contradiction app>5te avec plusieurs autres faits de nature4 ,celle contradiction rsulte de notre ignorance1 et n\s voyons clairem5t que la physiologie des animaux e/ refaire1 ou1 p\r mieux dire1 qu'elle n'a jamais t faite4 ,il n'y a gure plus de deux c5ts ans que n\s avons une ide de la circulation du sang4 ,il y a un sicle pe9e que n\s savons ce que c'e/ que de respir]4 ,il y aurait1 j'en convi5s1 quelque f]met p>l] de la sorte4 ,mais le savant ne doit s'tonn] de ri54 ,disons que1 d'ailleurs1 aucun d'eux n'a jamais t mis p>eille preuve et que ri5 ne fait cra9dre un prodige de ce g5re4 ,les gurisons miraculeuses que les mdec9s ont pu con/at] s'accord5t t\tes trs bi5 avec la physiologie4 ,jusqu'ici les spultures des sa9ts1 les fonta9es et les grottes sacres n'ont jamais agi que sur des malades atte9ts d'affections ou curables ou susceptibles de rmission in/antane4 ,mais vit-on un mort ressuscit]1 le miracle ne s]ait pr\v que si n\s savions ce que c'e/ que la vie et que la mort1 et n\s ne le saurons jamais4 ,on n\s df9it le miracle3 une drogation aux lois de la nature4 ,n\s ne les connaissons pas2 comm5t saurions-n\s qu'un fait y droge8 --,mais n\s connaissons quelques-unes de ces lois8 --,oui1 n\s avons surpris quelque rapport des *oses4 ,mais1 ne saisissant pas t\tes les lois naturelles1 n\s n'en saisissons aucune1 puisqu'elles s'en*an5t4 --,encore p\rrions-n\s con/at] le miracle dans ces sries de rapports que n\s avons surpris4 --,n\s ne le p\rrions pas avec une c]titude philosophique4 ,d'ailleurs1 c'e/ prcism5t les sries qui n\s app>aiss5t comme les plus fixes et les mieux dt]m9es que le miracle int]rompt le mo9s4 ,le miracle n'entrepr5d ri51 p> exemple1 contre la mcanique cle/e4 ,il ne s'ex]ce po9t sur le c\rs des a/res et jamais il n'avance ni ne ret>de une clipse calcule4 ,il se j\e volonti]s1 au contraire1 dans les tnbres de la pa?ologie int]ne et se plat surt\t aux maladies n]veuses4 ,mais ne mlons po9t une "q de fait la "q de pr9cipe4 ,en pr9cipe1 le savant e/ inhabile con/at] un fait surnaturel4 ,cette con/atation suppose une connaissance totale et absolue de la nature qu'il n'a po9t et n'aura jamais1 et que p]sonne n'eut au monde4 ,c'e/ p>ce que je n'en croirais pas nos plus habiles oculi/es sur la gurison miraculeuse d'un aveugle1 qu' plus =te raison je n'en crois pas non plus sa9t ,ma?ieu et sa9t ,m>c qui n'tai5t pas oculi/es4 ,le miracle e/ p> df9ition mconnaissable et inconnaissable4 ,les savants ne peuv5t en aucun cas atte/] qu'un fait e/ en contradiction avec l'ordre univ]sel1 c'e/--dire avec l'inconnu div94 ,dieu mme ne le p\rrait qu'en tablissant une pitoyable di/9ction entre les manife/ations gnrales et les manife/ations p>ticulires de son activit1 en reconnaissant qu'il fait de temps en temps des ret\*es timides son oeuvre1 et en laissant *app] cet aveu humiliant que la l\rde ma*9e qu'il a monte a beso9 t\te heure1 p\r m>*] cah9-caha1 d'un c\p de ma9 du fabricant4 ,la sci5ce e/ habile1 au contraire1 ram5] aux donnes de la sci5ce positive des faits qui semblai5t s'en c>t]4 ,elle russit p>fois trs heureusem5t expliqu] p> des causes physiques c]ta9s phnomnes qui passr5t longtemps p\r m]veilleux4 ,des gurisons de la moelle fur5t con/ates sur le tombeau du diacre ,p>is et dans d'autres lieux sa9ts4 ,ces gurisons n'tonn5t plus depuis qu'on sait que l'hy/rie simula p>fois les lsions de la moelle p9ire4 ,qu'une toile n\velle ait app>u ces p]sonnages my/rieux que l'vangile appelle les ,mages 7je suppose le fait hi/oriquem5t tabli71 c'tait1 c]tes1 un miracle p\r les a/rologues du moy5 ge1 qui croyai5t que le firmam5t1 cl\ d'toiles1 n'tait sujet aucune vicissitude4 ,mais1 relle ou fictive1 l'toile des ,mages n'e/ plus miraculeuse p\r n\s qui savons que le ciel e/ incessamm5t agit p> la naissance et p> la mort des univ]s1 et qui avons vu1 en #ahff1 une toile s'allum] t\t c\p dans la ,c\ronne borale1 brill] p5dant un mois1 puis s'te9dre4 ,cette toile n'annonait po9t le ,messie2 elle atte/ait seulem5t qu' une di/ance inf9ie de n\s une conflagration effroyable dvorait un monde en quelques j\rs1 ou plutt l'avait autrefois dvor1 c> le rayon qui n\s apportait la n\velle de ce dsa/re cle/e tait en *em9 depuis c9q sicles1 et peut-tre depuis plus longtemps4 ,on connat le miracle de ,bolsne1 immortalis p> une des ,/anze de ,raphal4 ,un prtre incrdule clbrait la messe2 l'ho/ie1 qu& il la brisa p\r la communion1 p>ut c\v]te de sang4 ,les ,acadmies1 il y a seulem5t dix ans1 euss5t t =t emb>rasses d'expliqu] un fait si trange4 ,on n'e/ mme pas t5t de le ni] depuis la dc\v]te d'un *ampignon microscopique dont les colonies1 tablies dans la f>9e ou dans la pte1 ont l'aspect du sang coagul4 ,le savant qui l'a tr\v1 p5sant avec raison que c'tai5t l les ta*es r\ges de l'ho/ie de ,bolsne1 appela le *ampignon micrococcus prodigiosus4 ,il y aura t\j\rs un *ampignon1 une toile ou une maladie que la sci5ce huma9e ne connatra pas1 et c'e/ p\r cela qu'elle devra t\j\rs1 au nom de l't]nelle ignorance1 ni] t\t miracle et dire des plus gr&es m]veilles1 comme de l'ho/ie de ,bolsne1 comme de l'toile des ,mages1 comme du p>alytique guri3 ,ou cela n'e/ pas1 ou cela e/1 et1 si cela e/1 cela e/ dans la nature et p> consqu5t naturel4 99 99 99 ,,*,,teaux ,,de ,,c>tes ,ce qui r5d dfiant en matire d'e/htique1 c'e/ que t\t se dmontre p> le raisonnem5t4 ,znon d',ele a dmontr que la fl*e qui vole e/ immobile4 ,on p\rrait aussi dmontr] le contraire1 bi5 qu' vrai dire ce soit plus malais4 ,c> le raisonnem5t s'tonne devant l'vid5ce1 et l'on peut dire que t\t se dmontre1 hors ce que n\s s5tons vritable4 ,une argum5tation suivie sur un sujet complexe ne pr\v]a jamais que l'habilet de l'esprit qui l'a conduite4 ,il faut bi5 que les hommes ai5t quelque s\pon de cette gr&e vrit1 puisqu'ils ne se g\v]n5t jamais p> le raisonnem5t4 ,l'in/9ct et le s5tim5t les mn5t4 ,ils obiss5t leurs passions1 l'am\r1 la ha9e et surt\t la peur salutaire4 ,ils prfr5t les religions aux philosophies et ne raisonn5t que p\r se ju/ifi] de leurs mauvais p5*ants et de leurs m*antes actions1 ce qui e/ risible1 mais p>donnable4 ,les oprations les plus in/9ctives sont gnralem5t celles o ils russiss5t le mieux1 et la nature a fond sur celles-l seules la cons]vation de la vie et la p]ptuit de l'espce4 ,les sy/mes philosophiques ont russi en raison du gnie de leurs auteurs1 sans qu'on ait jamais pu reconnatre en l'un d'eux des c>actres de vrit qui le fiss5t prvaloir4 ,en morale1 t\tes les op9ions ont t s\t5ues1 et si plusieurs sembl5t s'accord]1 c'e/ que les morali/es eur5t s\ci1 p\r la plup>t1 de ne pas se br\ill] avec le s5tim5t vulgaire et l'in/9ct commun4 ,la raison pure1 s'ils n'avai5t c\t qu'elle1 les et conduits p> div]s *em9s aux conclusions les plus mon/rueuses1 comme il se voit en c]ta9es sectes religieuses et en c]ta9es hrsies dont les auteurs1 exalts p> la solitude ont mpris le cons5tem5t irrfl*i des hommes4 ,il semble qu'elle raisonnt trs bi51 cette docte canite qui1 jugeant la cration mauvaise1 enseignait aux fidles (f5s] les lois physique et morales du monde1 sur l'exemple des crim9els et prfrablem5t l'imitation de ,can et ,judas4 ,elle raisonnait bi51 p\rtant sa morale tait abom9able4 ,cette vrit sa9te et salutaire se tr\ve an fond de t\tes les religions1 qu'il e/ p\r l'homme un guide plus sur que le raisonnem5t et qu'il faut c\t] le coeur4 ,en e/htique1 c'e/--dire dans les nuages1 on peut argum5t] plus et mieux qu'en aucun autre sujet4 ,c'e/ en cet endroit qu'il faut tre mfiant4 ,c'e/ l qu'il faut t\t cra9dre3 l'indiffr5ce comme la p>tialit1 la froideur comme la passion1 le savoir comme l'ignorance1 l'art1 l'esprit1 la subtilit et l'innoc5ce plus dang]euse que la ruse4 ,en matire d'e/htique1 tu r$\t]as les sophismes1 surt\t qu& ils s]ont beaux1 et il s'en tr\va d'admirables4 ,tu n'en croiras pas mme l'esprit ma?matique1 si p>fait1 si sublime1 mais d'une telle dlicatesse que cette ma*9e ne peut travaill] que dans le vide et qu'un gra9 de sable dans les r\ages suffit les fauss]4 ,on frmit en songeant jusqu'o ce gra9 de sable peut entran] une c]velle ma?matique4 ,p5sez ,pascal4 ,l'e/htique ne repose sur ri5 de solide4 ,c'e/ un *teau en l'air4 ,on l'appuie sur l'?ique4 ,mais il n'y a pas d'?ique4 ,il n'y a pas de sociologie4 ,il n'y a pas non plus de biologie4 ,l'a*vem5t des sci5ces n'a jamais exi/ que dans la tte de ,m4 ,augu/e ,comte1 dont l'oeuvre e/ une prophtie4 ,qu& la biologie s]a con/itue1 c'e/--dire dans quelques millions d'annes1 un p\rra peut-tre con/ruire une sociologie4 ,ce s]a l'affaire d'un gr& nombre de sicles2 aprs quoi1 il s]a loisible de crer sur des bases solides une sci5ce e/htique4 ,mais alors notre plante s]a bi5 vieille et t\*]a aux t]mes de ses de/9s4 ,le soleil1 dont les ta*es n\s inquit5t dj1 non sans raison1 ne montr]a plus la t]re qu'une face d'un r\ge sombre et fulig9eux demi c\v]te de scories opaques1 et les d]ni]s huma9s1 retirs au fond des m9es1 s]ont mo9s s\cieux de diss]t] sur l'ess5ce du beau que de brl] dans les tnbres leurs d]ni]s morceaux de h\ille1 avant de s'abm] dans les glaces t]nelles4 ,p\r fond] la critique1 on p>le de tradition et de cons5tem5t univ]sel4 ,il n'y en a pas4 ,l'op9ion presque gnrale1 il e/ vrai1 favorise c]ta9es oeuvres4 ,mais c'e/ en v]tu d'un prjug1 et nullem5t p> *oix et p> l'effet d'une prfr5ce spontane4 ,les oeuvres que t\t le monde admire sont celles que p]sonne n'exam9e4 ,on les reoit comme un f>deau prcieux1 qu'on passe d'autres sans y reg>d]4 ,croyez-v\s vraim5t qu'il y ait beauc\p de lib]t dans l'approbation que n\s donnons aux classiques grecs1 lat9s1 et mme aux classiques franais8 ,le gt aussi qui n\s porte v]s tel ouvrage contempora9 et n\s loigne de tel autre e/-il bi5 libre8 ,n'e/-il pas dt]m9 p> beauc\p de circon/ances trangres au cont5u de cet ouvrage1 dont la pr9cipale e/ l'esprit d'imitation1 si puissant *ez l'homme et *ez l'animal8 ,cet esprit d'imitation n\s e/ ncessaire p\r vivre sans trop d'g>em5t2 n\s le portons dans t\tes nos actions et il dom9e notre s5s e/htique4 ,sans lui les op9ions s]ai5t en matire d'art beauc\p plus div]ses encore qu'elles ne sont4 ,c'e/ p> lui qu'un ouvrage qui1 p\r quelque raison que ce soit1 a tr\v d'abord quelques suffrages1 en recueille ensuite un plus gr& nombre4 ,les premi]s seuls tai5t libres2 t\s les autres ne font qu'obir4 ,ils n'ont ni spontanx1 ni s5s1 ni valeur1 ni c>actre aucun4 ,et p> leur nombre ils font la gloire4 ,t\t dp5d d'un trs petit comm5cem5t4 ,aussi voit-on que les ouvrages mpriss leur naissance ont peu de *ance de plaire un j\r1 et qu'au contraire les ouvrages clbres ds le db g>d5t longtemps leur rputation et sont e/ims encore aprs tre dev5us in9telligibles4 ,ce qui pr\ve bi5 que l'accord e/ le pur effet du prjug1 c'e/ qu'il cesse avec lui4 ,on en p\rrait donn] de nombreux exemples4 ,je n'en rapport]ai qu'un seul4 ,il y a une qu9za9e d'annes1 dans l'exam5 d'admission au volont>iat d'un an1 les exam9ateurs militaires donnr5t p\r dicte aux c&idats une page sans signature qui1 cite dans div]s j\rnaux1 y fut raille avec beauc\p de v]ve et excita la gaiet de lecteurs trs lettrs4--,o ces militaires1 dem&ait-on1 tai5t-ils alls *]*e des phrases si b>oques et si ridicules8 ,ils les avai5t prises p\rtant dans un trs beau livre4 ,c'tait du ,mi*elet1 et du meilleur1 du ,mi*elet du plus beau temps4 ,messieurs les (fici]s avai5t tir le texte de leur dicte de cette clatante description de la ,france p> laquelle le gr& criva9 t]m9e le premi] volume de son ,hi/oire et qui en e/ un des morceaux les plus e/ims4 ,en latitude1 les zones de la ,france se m>qu5t aism5t p> leurs produits4 ,au ,nord1 les grasses et basses pla9es de ,belgique et de ,fl&re avec leurs *amps de l9 et de colza1 et le h\blon1 leur vigne amre du nord1 etc41 etc4 ,j'ai vu des connaisseurs rire de ce /yle1 qu'ils croyai5t celui de quelque vieux capita9e4 ,le plaisant qui riait le plus =t tait un gr& zlateur de ,mi*elet4 ,cette page e/ admirable1 mais1 p\r tre admire d'un cons5tem5t unanime1 faut-il encore qu'elle soit signe4 ,il en va de mme de t\te page crite de ma9 d'homme4 ,p> contre1 ce qu'un gr& nom recomm&e a *ance d'tre l\ aveuglm5t4 ,victor ,c\s9 dc\vrait dans ,pascal des sublimits qu'on a reconnu tre des fautes du copi/e4 ,il s'extasiait p> exemple sur c]ta9s racc\rcis d'abme qui provi5n5t d'une mauvaise lecture4 ,on n'imag9e pas ,m4 ,victor ,c\s9 admirant des racc\rcis d'abme *ez un de ses contempora9s1 ,les rhapsodies d'un ,vra9 ,lucas fur5t favorablem5t accueillies de l',acadmie des sci5ces s\s les noms de ,pascal et de ,desc>tes4 ,ossian semblait l'gal d',homre qu& on le croyait anci54 ,on le mprise depuis qu'on sait que c'e/ ,mac-,ph]son4 ,lorsque les hommes ont des admirations communes et qu'ils en donn5t *acun la raison1 la concorde se *ange en discorde4 ,dans un mme livre ils appr\v5t des *oses contraires qui ne peuv5t s'y tr\v] ensemble4 ,ce s]ait un ouvrage bi5 intressant que l'hi/oire des v>iations de la critique sur une des oeuvres dont l'humanit s'e/ le plus occupe1 ,hamlet1 la ,div9e ,comdie ou l',iliade4 ,l',iliade n\s *>me auj\rd'hui p> un c>actre b>b>e et primitif que n\s y dc\vrons de bonne foi4 ,au xviie sicle1 on l\ait ,homre d'avoir obs]v les rgles de l'pope4 ,soyez assur1 disait ,boileau1 que si ,homre a employ le mot *i51 c'e/ que le mot e/ noble en grec4 ,ces ides n\s sembl5t ridicules4 ,les ntres p>atront peut-tre aussi ridicules dans deux c5ts ans1 c> enf9 on ne peut mettre au rang des vrits t]nelles qu',homre e/ b>b>e et que la b>b>ie e/ admirable4 ,il n'e/ pas en matire de littrature une seule op9ion qu'on ne combatte aism5t p> l'op9ion contraire4 ,qui saurait t]m9] les disputes des j\eurs de flte8 ,faut-il donc ne faire ni e/htique ni critique8 ,je ne dis pas cela4 ,mais il faut savoir que c'e/ un art et y mettre la passion et l'agrm5t sans lesquels il n'y a po9t d'art4 99 99 99 ,a ,monsieur ,l4 ,b\rdeau4 ,,aux ,,*amps-,,lys,,es ,je fus t\t c\p emport dans de muettes tnbres au milieu desquelles p>aissai5t vaguem5t des =mes inconnues qui me remplissai5t d'horreur4 ,mes yeux s'acc\tumant peu peu l'obscurit1 je di/+uai1 au bord d'un fleuve qui r\lait des eaux l\rdes1 l'ombre effrayante d'un homme coiff d'un bonnet asiatique et portant une rame sur l'paule4 ,je reconnus l'+nieux ,ulysse4 ,de ses j\es creuses p5dait une b>be dcolore4 ,je l'ent5dis s\pir] d'une voix te9te3 ,j'ai faim4 ,je ne vois plus clair et mon me e/ comme une l\rde fume errant dans les tnbres4 ,qui me f]a boire du sang noir1 p\r qu'il me s\vi5ne encore de mes navires pe9ts de v]millon1 de ma femme irrpro*able et de ma mre8 ,en ent5dant ce disc\rs1 je compris que j'tais transport dans les ,enf]s4 ,je t*ai de m'y dirig] de mon mieux1 d'aprs les descriptions des potes1 et je m'a*em9ai v]s une prairie o luisait une faible et d\ce lumire4 ,aprs une demi-heure de m>*e1 je r5contrai des ombres qui1 assembles sur un *amp d'asphodles1 disc\rai5t ensemble4 ,il s'y tr\vait des mes de t\s les temps et de t\s les pays1 et j'y reconnus de gr&s philosophes mls de pauvres sauvages4 ,ca* dans l'ombre d'un myrte1 j'c\tai leur conv]sation4 ,j'ent5dis d'abord ,pyrrhon dem&]1 avec un air de d\ceur1 les ma9s sur sa b*e comme un bon j>d9i]3 --,qu'e/-ce que l'me8 ,les ombres qui l'ent\rai5t rpondir5t presque la fois4 ,le div9 ,platon dit avec subtilit3 --,l'me e/ triple4 ,n\s avons une me trs grossire dans le v5tre1 une me affectueuse dans la poitr9e et une me raisonnable dans la tte4 ,l'me e/ immortelle4 ,les femmes n'ont que deux mes4 ,il leur manque la raisonnable4 ,un pre du concile de ,mcon lui rpondit3 --,platon1 v\s p>lez comme un idoltre4 ,le concile de ,mcon1 la majorit des voix1 accorda1 en #ehe1 une me immortelle la femme4 ,d'ailleurs1 la femme e/ un homme1 puisque ,jsus-,*ri/1 n d'une vi]ge1 e/ appel dans l'vangile le fils de l',homme4 ,ari/ote haussa les paules et rpondit son matre ,platon1 avec une respectueuse f]met3 --,a mon compte1 ,platon1 je tr\ve c9q mes *ez l'homme et *ez les animaux3 #a;e la nutritive2 #b;e la s5sitive2 #c;e la motrice2 #d;e l'apptitive2 #e;e la raisonnable4 ,l'me e/ la =me du corps4 ,elle le fait prir en prissant elle-mme4 ,les op9ions s'opposai5t les unes aux autres4 ,,orig,,ne4 ,l'me e/ matrielle et figure4 ,,sa9t ,,augu/94 ,l'me e/ incorporelle et immortelle4 ,,hegel ,l'me e/ un phnomne cont+5t4 ,,s*op5hau]4 ,l'me e/ une manife/ation temporaire de la volont4 ,,un ,,polyn,,si54 ,l'me e/ un s\ffle1 et qu& je me suis vu sur le po9t d'expir]1 je me suis p9c le nez p\r ret5ir mon me dans mon corps4 ,mais je n'ai pas s]r avec assez de =ce4 ,et je suis mort4 ,,une ,,floridi5ne ,moi je m\rus en c\*es4 ,on mit sur mes lvres la ma9 de mon petit enfant p\r qu'il y ret9t le s\ffle de sa mre4 ,mais il tait trop t>d1 mon me glissa entre les doigts du pauvre innoc5t4 ,,desc>tes4 ,j'ai tabli solidem5t que l'me tait spirituelle4 ,quant savoir ce qu'elle devi5t1 je m'en rapporte ,m4 ,digby1 qui en a trait4 ,,lamettrie4 ,o e/ ce ,m4 ,digby8 ,qu'on n\s l'amne6 ,,m9os4 ,messieurs1 je le f]ai re*]*] soigneusem5t dans t\s les ,enf]s4 ,,le ,,gr& ,,alb]t4 ,il y a tr5te argum5ts contre l'immortalit de l'me et tr5te-six p\r1 soit une majorit de six argum5ts en faveur de l'affirmative4 ,,bas-,,de-,,cuir4 ,l'esprit d'un *ef c\rageux ne meurt po9t1 ni sa ha*e ni sa pipe4 ,,le ,,rabb9 ,,maimonide4 ,il e/ crit3 ,le m*ant s]a dtruit et il ne re/]a ri5 de lui4 ,,sa9t ,,augu/94 ,tu te trompes1 rabb9 ,maimonide4 ,il e/ crit3 ,les maudits iront au feu t]nel4 ,,orig,,ne4 ,oui1 ,maimonide se trompe4 ,le m*ant ne s]a pas dtruit1 mais il s]a dim9u2 il devi5dra t\t petit et mme imp]ceptible4 ,c'e/ ce qu'il faut ent5dre des damns4 ,et les mes sa9tes s'abm5t en ,dieu4 ,,jean ,,scott4 ,la mort fait r5tr] les tres en ,dieu comme un son qui s'van\it dans l'air4 ,,bossuet4 ,origne et ,jean ,scott ti5n5t ici des disc\rs t\s dg\ttants des poisons de l'erreur4 ,ce qui e/ dit aux livres sa9ts des t\rm5ts de l'enf] doit tre ent5du au s5s prcis et littral4 ,t\j\rs vivants et t\j\rs m\rants1 immortels p\r leurs pe9es1 trop =ts p\r m\rir1 trop faibles p\r support]1 les damns gmiront t]nellem5t sur des lits de flammes1 outrs de furieuses et irrmdiables d\leurs4 ,,sa9t-,,augu/94 ,oui1 ces vrits doiv5t tre prises au s5s littral4 ,c'e/ la vraie *air des damns qui s\ffrira dans les sicles des sicles4 ,les enfants morts sitt le j\r ou dans le v5tre de leur mre ne s]ont po9t exempts de ces supplices4 ,a9si le veut la ju/ice div9e4 ,si l'on a pe9e croire que des corps plongs dans les flammes ne s'y consum5t jamais1 c'e/ un pur effet de l'ignorance1 et p>ce qu'on ne sait pas qu'il y a des *airs qui sa cons]v5t dans le feu4 ,telles sont celles du faisan4 ,j'en fis l'expri5ce ,hippone1 o mon cuis9i]1 ayant apprt un de ces oiseaux m'en s]vit une moiti4 ,au b\t de qu9ze j\rs1 je r$em&ai l'autre moiti1 qui se tr\va encore bonne mang]4 ,p> quoi il app>ut que le feu l'avait cons]ve comme il cons]v]a les corps des damns4 ,,sumangala4 ,t\t ce que je vi5s d'ent5dre e/ noir des tnbres de l'occid5t4 ,la vrit e/ que les mes pass5t dans div]s corps avant de p>v5ir au bi5heureux nirvana qui met f9 t\s les maux de l'tre4 ,gautama trav]sa c9q c5t c9quante inc>nations avant de dev5ir ,b\ddha2 il fut roi1 esclave1 s+e1 lphant1 corbeau1 gr5\ille1 platane1 etc4 ,l',,eccl,,sia/e4 ,les hommes meur5t comme les btes1 et leur sort e/ gal4 ,comme l'homme meurt1 les btes meur5t aussi4 ,les uns et les autres respir5t de mme1 et l'homme n'a ri5 de plus que la bte4 ,,tacite4 ,ce disc\rs e/ concevable dans la b\*e d'un juif1 faonn la s]vitude4 ,p\r moi1 je p>l]ai en roma93 ,l'me des gr&s citoy5s n'e/ po9t prissable4 ,voil ce qu'il e/ p]mis de croire4 ,mais on (f5se la maje/ des dieux en supposant qu'ils accord5t l'immortalit aux mes des esclaves et des affran*is4 ,,cic,,ron4 ,hlas6 mon fils1 t\t ce qu'on dit des enf]s e/ un tissu de m5songes4 ,je me dem&e si moi-mme je suis immortel1 autrem5t que p> la mmoire de mon consulat qui dur]a t\j\rs4 ,,socrate4 ,p\r moi1 je crois l'immortalit de l'me4 ,c'e/ un beau risque c\rir1 une esprance dont il faut s'en*ant] soi-mme4 ,,victor ,,c\s94 ,*] ,socrate1 l'immortalit de l'me1 que j'ai dmontre avec loqu5ce1 e/ pr9cipalem5t une ncessit morale4 ,c> la v]tu e/ un beau sujet de rhtorique et si l'me n'e/ pas immortelle la v]tu ne s]a pas rcomp5se4 ,et ,dieu ne s]ait pas ,dieu s'il ne pr5ait pas so9 de mes sujets de disc\rs franais4 ,s,n,,que4 ,sont-ce l les maximes d'un sage8 ,considre1 philosophe des ,gaules1 que la rcomp5se des bonnes actions1 c'e/ de les avoir faites1 et qu'aucun prix digne de la v]tu ne se tr\ve hors d'elle-mme4 ,,platon4 ,il e/ p\rtant des pe9es et des rcomp5ses div9es4 la mort1 l'me du m*ant va habit] le corps d'un animal infrieur1 *eval1 hippopotame ou femme4 ,l'me du sage se mle au *oeur des dieux4 ,,pap9i54 ,platon prt5d que dans la vie future la ju/ice des dieux corrige la ju/ice huma9e4 ,il e/ bon1 au contraire1 que les individus qui fur5t frapps sur la t]re de *tim5t qu'ils ne mritai5t pas et qui leur fur5t infligs p> des magi/rats sujets l'erreur1 mais rguli]s et prononant en t\te compt5ce1 cont9u5t de subir leurs pe9es dans les ,enf]s2 la ju/ice huma9e y e/ intresse et ce s]ait l'affaiblir que de proclam] que ses arrts peuv5t tre casss p> la sagesse div9e4 ,,un ,,esquimau4 ,dieu e/ trs bon p\r les ri*es et trs m*ant p\r les pauvres1 ,c'e/ donc qu'il aime les ri*es et qu'il n'aime pas les pauvres4 ,et puisqu'il aime les ri*es il les recevra dans le p>adis1 et puisqu'il n'aime pas les pauvres il les mettra en enf]4 ,,un ,,b\ddhi/e ,,*9ois4 ,sa*ez que t\t homme a deux mes1 l'une bonne qui se runira ,dieu1 l'autre mauvaise1 qui s]a t\rm5te4 ,,le ,,vieill>d ,,de ,,t>5te4 #j sages1 rpondez un vieill>d ami des j>d9s3 ,les animaux ont-ils une me8 ,,desc>tes ,,et ,,malebran*e4 ,non pas4 ,ce sont des ma*9es4 ,,ari/ote4 ,ils sont des animaux et ont une me comme n\s4 ,cette me e/ en rapport avec leurs organes4 ,,picure4 #j ,ari/ote1 p\r leur bonheur1 cette me e/ comme la ntre1 prissable et sujette la mort4 ,*res ombres1 att5dez patiemm5t dans ces j>d9s le temps o v\s p]drez t\t fait1 avec la volont cruelle de vivre1 la vie elle-mme et ses misres4 ,reposez-v\s p> avance dans la paix que ri5 ne tr\ble4 ,,pyrrhon4 ,qu'e/-ce que la vie8 ,,claude ,,b]n>d4 ,la vie1 c'e/ la mort4 --,qu'e/-ce que la mort8 dem&a encore ,pyrrhon4 ,p]sonne ne lui rpondit1 et la tr\pe des ombres s'loigna sans bruit comme une nue *asse p> le v5t4 ,je me croyais seul dans la prairie d'asphodles1 qu& je reconnus ,mnippe son air de gaiet cynique4 --,comm5t1 lui dis-je1 ces morts1 ,mnippe1 p>l5t-ils de la mort comme s'ils ne la connaissai5t pas1 et p\rquoi se montr5t-ils aussi inc]ta9s des de/9es huma9es que s'ils tai5t encore sur la t]re8 --,c'e/ sans d\te1 me rpondit ,mnippe1 qu'ils demeur5t encore huma9s et mortels en quelque manire4 ,qu& ils s]ont entrs dans l'immortalit1 ils ne p>l]ont ni ne p5s]ont plus4 ,il s]ont semblables aux dieux4 99 99 99 ,a ,monsieur ,horace de ,l&au1 ,,ari/e ,,et ,,polyphile ,,ou ,,le ,,langage ,m,,taphysique ,,ari/e4 ,bonj\r1 ,polyphile4 ,quel e/ ce livre o v\s semblez plong t\t enti]8 ,,polyphile4 ,c'e/ un manuel de philosophie1 *] ,ari/e1 un de ces petits ouvrages qui v\s mett5t dans la ma9 la sagesse univ]selle4 ,il fait le t\r des sy/mes p>tir des vieux ,elates jusques aux d]ni]s clectiques1 et il ab\tit ,m4 ,la*eli]4 ,j'en lus d'abord la table des matires2 puis1 l'ayant ouv]t au milieu1 ou environ1 je tombai sur la phrase que voici3 ,l'me possde ,dieu dans la mesure o elle p>ticipe de l'absolu4 ,,ari/e4 ,t\t donne croire que cette p5se fait p>tie d'une argum5tation solide4 ,il n'y aurait pas de bon s5s la considr] isolm5t4 ,,polyphile4 ,aussi ne pris-je po9t g>de ce qu'elle p\vait signifi]4 ,je ne *]*ai pas dc\vrir ce qu'elle cont5ait de vrit4 ,je m'atta*ai uniquem5t la =me v]bale1 qui n'e/ pas s+ulire1 sans d\te1 ni trange en aucune faon et qui n'(fre un connaisseur tel que v\s ri51 je p5se1 de prcieux ou de r>e4 ,du mo9s peut-on dire qu'elle e/ mtaphysique4 ,et c'e/ quoi je songeais qu& v\s tes v5u4 ,,ari/e4 ,p\vez-v\s me communiqu] les rflexions que j'ai malheureusem5t int]rompues8 ,,polyphile4 ,ce n'tait qu'une rv]ie4 ,je songeais que les mtaphysici5s1 qu& ils se font un langage1 ressembl5t des rem\leurs qui pass]ai5t1 au lieu de c\teaux et de ciseaux1 des mdailles et des monnaies la meule1 p\r en effac] l'ex]gue1 le millsime et l'effigie4 ,qu& ils ont tant fait qu'on ne voit plus sur leurs pices de c5t s\s ni ,victoria1 ni ,guillaume1 ni la ,rpublique1 ils dis5t3 ,ces pices n'ont ri5 d'anglais1 ni d'allem&1 ni de franais2 n\s les avons tires hors du temps et de l'espace2 elles ne val5t plus c9q francs3 elles sont d'un prix ine/imable1 et leur c\rs e/ t5du inf9im5t4 ,ils ont raison de p>l] a9si4 ,p> cette indu/rie de gagne-petit1 les mots sont mis du physique au mtaphysique4 ,on voit d'abord ce qu'ils y p]d5t2 on ne voit pas t\t de suite ce qu'ils y gagn5t4 ,,ari/e4 ,mais comm5t1 ,polyphile1 dc\vrirez-v\s premire vue ce qui assur]a dans l'av5ir le ga9 ou la p]te8 ,,polyphile4 ,je reconnais1 ,ari/e1 qu'il ne s]ait dc5t de n\s s]vir ici de la balance o le ,lomb>d du ,pont-au-,*ange pesait ses aignels et ses ducats4 ,obs]vons d'abord que le rem\leur spirituel a beauc\p pass la meule les v]bes possd] et p>ticip]1 qui se tr\v5t dans la phrase du petit ,manuel1 o ils luis5t t\s dgags de leur impuret premire4 ,,ari/e4 ,en effet1 ,polyphile1 on ne leur a ri5 laiss de cont+5t4 ,,polyphile4 ,et l'on a poli de mme le mot absolu qui f9it la phrase4 ,qu& v\s tes entr je faisais deux petites rflexions l'endroit de ce mot d'absolu4 ,la premire e/ que les mtaphysici5s montrr5t de t\t temps une s5sible prfr5ce p\r les t]mes ngatifs comme non-tre1 9-tangible1 9-consci5t4 ,ils ne sont jamais si l'aise que lorsqu'ils s't5d5t sur l'9-f9i et sur l'9-df9i1 ou s'atta*5t l'9-connaissable4 ,en trois pages de ,hegel1 prises au has>d1 dans sa ,phnomnologie1 sur v+t-six mots1 sujets de phrases considrables1 j'ai tr\v dix-neuf t]mes ngatifs p\r sept t]mes affirmatifs1 je veux dire sept t]mes dont le s5s ne se tr\vait pas dtruit l'avance p> quelque prfixe d'esprit contr>iant4 ,je ne prt5ds pas que la proportion se ma9ti5ne dans le re/e de l'ouvrage4 ,je n'en sais ri54 ,mais cet exemple vi5t illu/r] une rem>que dont l'exactitude peut tre vrifie aism5t4 ,tel e/1 autant que je l'ai su voir1 l'usage des mtaphysici5s ou1 p\r mieux dire1 des mtataphysici5s1 c> c'e/ une m]veille jo9dre aux autres que votre sci5ce ait elle-mme un nom ngatif1 tir de l'ordre o fur5t rangs les livres d',ari/ote1 et que v\s v\s intituliez3 ceux qui vont aprs les physici5s4 ,j'ent5ds bi5 que v\s supposez que ceux-ci sont en pile et que1 pr5dre place aprs1 c'e/ mont] dessus4 ,v\s n'en av\ez pas mo9s que v\s tes hors nature4 ,,ari/e4 ,p\rsuivez une ide1 de grce1 *] ,polyphile4 ,si v\s sautez sans cesse de l'une l'autre1 j'aurai pe9e v\s suivre4 ,,polyphile4 ,je m'en ti5s donc la prdilection qui attire les di/illateurs d'ides v]s les t]mes qui exprim5t la ngation d'une affirmation4 ,et cette prdilection1 j'en convi5s1 n'a p> elle-mme ri5 de biz>re ni de fantasque4 ,ce n'e/ po9t *ez eux drglem5t1 dpravation1 manie2 elle rpond aux beso9s naturels des mes ab/rayantes4 ,les ab1 les 91 les non agiss5t plus n]giquem5t encore que la meule4 ,ils v\s effac5t d'un c\p les mots les plus saillants4 ,p>fois1 vrai dire1 ils v\s les ret\rn5t seulem5t1 et v\s les mett5t s5s dessus dess\s4 ,ou bi5 encore ils leur communiqu5t une =ce my/rieuse et sacre1 comme on voit dans absolu1 qui e/ beauc\p plus que solu4 ,absolutus1 c'e/ l'ampleur patrici5ne de solutus1 et un gr& tmoignage de la maje/ lat9e4 ,voil ma premire rem>que4 ,la seconde e/ que les sages qui1 comme v\s1 ,ari/e1 p>l5t mtaphysique1 pr5n5t so9 d'effac] de prfr5ce les t]mes dont l'effigie avait dj p]du avant eux sa nettet orig9elle4 ,c> il faut av\] qu' n\s aussi1 g5s du commun1 il arrive de lim] les mots et de les dfigur] peu peu4 ,en quoi n\s sommes sans le savoir des mtaphysici5s4 ,,ari/e4 ,ce que v\s dites l1 ,polyphile1 e/ bon ret5ir p\r que v\s ne soyez pas t5t plus t>d de prt5dre que les oprations mtaphysiques ne sont pas naturelles l'homme1 lgitimes1 et en quelque sorte ncessaires4 ,mais p\rsuivez4 ,,polyphile4 ,j'obs]ve1 ,ari/e1 que beauc\p d'expressions1 en passant de b\*e en b\*e dans la suite des gnrations pr5n5t du poli1 et1 comme on dit en t]me d'art1 du fl\4 ,surt\t ne p5sez po9t1 ,ari/e1 que je blme les mtaphysici5s s'ils *oisiss5t volonti]s1 p\r les polir1 les mots qui leur arriv5t un peu fru/es4 ,de la sorte ils s'p>gn5t une bonne moiti de la besogne4 ,p>fois1 plus heureux encore1 ils mett5t la ma9 sur des mots qui1 p> un long et univ]sel usage1 ont p]du1 de temps immmorial1 t\te trace d'effigie4 ,la phrase du petit ,manuel en conti5t jusqu' deux de cette sorte4 ,,ari/e4 ,v\s v\lez p>l]1 je suis sr1 des mots ,dieu et me4 ,,polyphile4 ,c'e/ v\s qui les avez nomms1 ,ari/e4 ,ces deux mots-l1 frotts durant des sicles1 n'ont plus trace de figure4 ,avant la mtaphysique1 ils tai5t dj p>faitem5t mtaphysicis4 ,jugez v\s-mme si l'ab/racteur de pr(ession peut laiss] *app] ces sortes de mots1 qui sembl5t apprts p\r son usage1 et qui le sont en effet1 c> les f\les inconnues les ont travaills sans consci5ce1 il e/ vrai1 mais avec un in/9ct philosophique4 ,enf91 p\r le cas o ils croi5t p5s] ce qui n'avait po9t t p5s et concevoir ce qui n'avait po9t t conu1 les philosophes frapp5t des mots4 ,ceux-l1 c]tes1 sort5t du balanci] lisses comme des jetons4 ,mais il a bi5 fallu employ] leur fabrication le vieux mtal commun4 ,et cela1 comme le re/e1 e/ considr]4 ,,ari/e4 ,v\s v5ez de dire1 si je v\s ai bi5 ent5du1 ,polyphile1 que les mtaphysici5s p>l5t une langue compose de t]mes les uns emprunts au langage vulgaire dans ce qu'il a de plus ab/rait1 ou de plus gnral1 ou de plus ngatif1 les autres crs artificiellem5t avec des lm5ts emprunts au langage vulgaire4 ,o v\lez-v\s en v5ir8 ,,polyphile4 ,accordez-moi d'abord1 ,ari/e1 que t\s les mots du langage huma9 fur5t frapps l'orig9e d'une figure matrielle et que t\s reprs5tr5t dans leur n\veaut quelque image s5sible4 ,il n'e/ po9t de t]me qui primitivem5t n'ait t le signe d'un objet app>t5ant ce monde des =mes et des c\leurs1 des sons et des odeurs et de t\tes les illusions o les s5s sont amuss impitoyablem5t4 ,c'e/ en nommant le *em9 droit et le s5ti] tortueux qu'on exprima les premires ides morales4 ,le vocabulaire des hommes naquit s5suel et cette s5sualit e/ si bi5 atta*e sa nature qu'elle se retr\ve encore dans les t]mes auxquels le s5tim5t commun a prt p> la suite un vague spirituel1 et jusque dans les dnom9ations fabriques p> l'art des mtaphysici5s p\r exprim] l'ab/raction sa plus haute puissance4 ,celles-l mme n'*app5t pas au matrialisme fatal du vocabulaire2 elles ti5n5t encore p> quelque rac9e l'antique imag]ie de la p>ole huma9e4 ,,ari/e4 ,j'en convi5s4 ,,polyphile4 ,t\s ces mots1 ou dfigurs p> l'usage ou polis ou mme =gs en vue de quelque con/ruction m5tale1 n\s p\vons n\s reprs5t] leur figure orig9elle4 ,les *imi/es obti5n5t des ractifs qui font p>atre sur le papyrus ou sur le p>*em9 l'encre efface4 ,c'e/ l'aide de ces ractifs qu'on lit les palimpse/es4 ,si l'on appliquait un procd analogue aux crits des mtaphysici5s1 si l'on mettait en lumire le s5s primitif et concret qui demeure invisible et prs5t s\s le s5s ab/rait et n\veau1 on tr\v]ait des ides bi5 tranges et p>fois peut-tre in/ructives4 ,essayons1 si v\s v\lez1 ,ari/e1 de r5dre la =me et la c\leur1 la vie premire aux mots qui compos5t la phrase de mon petit ,manuel3 ,l'me possde ,dieu dans la mesure o elle p>ticipe de l'absolu1 ,en cette t5tative1 la grammaire comp>e n\s port]a le mme sec\rs que le ractif *imique (fre aux d*iffreurs de palimpse/es4 ,elle n\s f]a voir le s5s que prs5tait cette diza9e de mots1 non po9t sans d\te l'orig9e du langage1 qui se p]d dans les ombres du pass1 mais du mo9s une poque bi5 antrieure t\t s\v5ir hi/orique4 me1 ,dieu1 mesure1 possd]1 p>ticip]1 peuv5t tre ram5s leur signification ary5ne4 ,absolu se laisse dcompos] en ses lm5ts antiques4 ,or1 en r$onnant ces mots leur jeune et clair visage1 voici1 sauf erreur1 ce que n\s obt5ons3 ,le s\ffle e/ assis sur celui qui brille1 au boisseau du don qu'il reoit en ce qui e/ t\t dli4 ,,ari/e4 ,p5sez-v\s1 ,polyphile1 qu'il y ait de gr&es consqu5ces tir] de cela8 ,,polyphile4 ,il y a du mo9s celle-ci que les mtaphysici5s con/ruis5t leurs sy/mes avec les dbris mconnaissables des signes p> lesquels les sauvages exprimai5t leurs joies1 leurs dsirs et leurs cra9tes4 ,,ari/e4 ,ils subiss5t en cela les conditions ncessaires du langage4 ,,polyphile4 ,sans *]*] si cette fatalit commune e/ p\r eux un sujet d'humiliation ou d'orgueil1 je songe aux av5tures extraord9aires p> lesquelles les t]mes qu'ils emploi5t ont pass du p>ticuli] au gnral1 du concret l'ab/rait2 comm5t1 p> exemple1 me qui tait le s\ffle *aud du corps a *ang d'ess5ce au po9t qu'on peut dire3 ,cet animal n'a po9t d'me4 ,ce qui signifie proprem5t3 ,celui-ci qui s\ffle n'a pas de s\ffle2 et comm5t encore le mme nom a t donn successivem5t un mtore1 un fti*e1 une idole et la cause premire des *oses4 ,ce sont l1 p\r de pauvres syllabes1 des =tunes m]veilleuses qui m'effrai5t4 ,en les rapportant avec exactitude1 on travaill]ait l'hi/oire naturelle des ides mtaphysiques4 ,il faudrait suivre les modifications successives qu'a subies le s5s de mots tels qu'me ou esprit et dc\vrir comm5t peu peu se sont =mes les significations actuelles4 ,on jett]ait a9si une lumire t]rible sur l'espce de ralit que ces mots exprim5t4 ,,ari/e4 ,v\s p>lez1 ,polyphile1 comme si les ides qu'on atta*e un mot1 dp5dantes de ce mot1 naissai5t1 *angeai5t et m\rai5t avec lui2 et p>ce qu'un nom1 comme ,dieu1 me ou esprit a t successivem5t le signe de plusieurs ides dissemblables entre elles1 v\s croyez saisir dans l'hi/oire de ce nom la vie et la mort de ces ides4 ,enf91 v\s r5dez la p5se mtaphysique sujette de son langage et s\mise t\tes les infirmits hrditaires des t]mes qu'elle emploie4 ,cette entreprise e/ si ins5se que v\s n'avez os l'av\] qu' mots c\v]ts et avec inquitude4 ,,polyphile4 ,mon inquitude e/ seulem5t de savoir jusqu'o n'iront po9t les difficults que je s\lve4 ,t\t mot e/ l'image d'une image1 le signe d'une illusion4 ,pas autre *ose4 ,et si je connais que c'e/ avec les re/es effacs et dnaturs d'images antiques et d'illusions grossires1 qu'on reprs5te l'ab/rait1 aussitt l'ab/rait cesse de m'tre reprs5t1 je ne vois plus que des c5dres de concret et1 au lieu d'une ide pure1 les p\ssires subtiles des fti*es1 des amulettes et des idoles qu'on a broys4 ,,ari/e4 ,mais ne disiez-v\s pas t\t l'heure que le langage mtaphysique tait t\t enti] poli et comme pass la meule8 ,et qu'ent5diez-v\s p> l1 s9on que les t]mes y sont dp\ills et ab/raits8 ,et cette meule dont v\s p>liez1 qu'e/-elle1 s9on la df9ition qu'on leur donne8 ,v\s oubliez prs5t que1 dans l'expos de t\te doctr9e mtaphysique les t]mes sont exactem5t df9is1 et que1 ab/raits p> df9ition1 ils ne g>d5t ri5 du concret qu'ils t5ai5t d'une acception antrieure4 ,,polyphile4 ,oui1 v\s df9issez les mots p> d'autres mots4 ,en sont-ils mo9s des mots huma9s1 c'e/--dire de vieux cris de dsir ou d'p\vante1 jets p> des malheureux devant les ombres et les lumires qui leur ca*ai5t le monde4 ,comme nos pauvres anctres des =ts et des cav]nes1 n\s sommes enf]ms dans nos s5s qui n\s born5t l'univ]s4 ,n\s croyons que nos yeux n\s le dc\vr5t1 et c'e/ un reflet de n\s-mmes qu'ils n\s r5voi5t4 ,et n\s n'avons encore p\r exprim] les motions de notre ignorance que la voix du sauvage1 ses bgaiem5ts un peu mieux articuls et ses hurlem5ts ad\cis4 ,ari/e1 voil t\t le langage huma94 ,,ari/e4 ,si v\s le mprisez *ez le philosophe1 mprisez-le donc dans le re/e des hommes4 ,ceux qui trait5t des sci5ces exactes emploi5t de mme un vocabulaire qui comm5a de se =m] dans les premi]s balbutiem5ts des hommes1 et qui p\rtant ne manque pas d'exactitude4 ,et les ma?matici5s qui1 comme n\s1 spcul5t sur des ab/ractions1 p>l5t une langue qui p\rrait1 comme la ntre1 tre ram5e au concret1 puisque c'e/ une langue huma9e4 ,v\s auriez beau jeu1 ,polyphile1 s'il v\s plaisait de matrialis] un axiome de gomtrie ou une =mule algbrique4 ,mais v\s ne dtruirez pas p\r cela l'idal qui y e/4 ,v\s montr]iez1 au contraire1 en l'tant1 qu'il y avait t mis4 ,,polyphile4 ,sans d\te4 ,mais ni le physici51 ni le gomtre ne se tr\v5t dans le cas du mtaphysici54 ,dans les sci5ces physiques et dans les sci5ces ma?matiques1 l'exactitude du vocabulaire dp5d uniquem5t des rapports du nom avec l'objet ou le phnomne qu'il dsigne4 ,c'e/ l une mesure qui ne trompe pas4 ,et comme le nom et la *ose sont p>eillem5t s5sibles1 n\s approprions srem5t l'un l'autre4 ,ici le s5s tymologique1 la valeur intime du t]me n'e/ d'aucune importance4 ,la signification du mot e/ dt]m9e trop exactem5t p> l'objet s5sible qu'il reprs5te p\r que t\te autre exactitude ne soit pas sup]flue4 ,qui song]ait r5dre plus prcises les ides que n\s procur5t les t]mes acide et base1 dans l'acception que leur donne le *imi/e8 ,c'e/ p\rquoi l'on n'aurait pas le s5s commun re*]*] l'hi/oire des dnom9ations qui entr5t dans la t]m9ologie des sci5ces4 ,un mot de *imie1 une fois in/all dans le =mulaire1 n'a pas n\s rvl] les av5tures qui lui arrivr5t du temps de sa folle jeunesse1 qu& il c\rait les bois et les montagnes4 ,il ne s'amuse plus4 ,son objet et lui peuv5t tre embrasss du mme reg>d et sans cesse confronts4 ,v\s me p>lez aussi du gomtre4 ,le gomtre spcule sur des ab/ractions1 sans d\te4 ,mais1 bi5 diffr5tes des ab/ractions mtaphysiques1 celles de la ma?matique sont extraites des proprits s5sibles et mesurables des corps2 elles con/itu5t une philosophie physique4 ,il en rsulte que les vrits ma?matiques1 bi5 qu'intangibles p> elles-mmes1 peuv5t tre comp>es sans cesse la nature qui1 sans jamais les dgag] entirem5t1 laisse p>atre qu'elles sont t\tes en elles4 ,leur expression n'e/ pas dans le langage2 elle e/ dans la nature des *oses2 elle e/ prcism5t dans les catgories du nombre et de l'espace s\s lesquelles la nature se manife/e l'homme4 ,aussi le langage de la ma?matique n'a-t-il beso91 p\r tre excell5t1 que d'tre s\mis des conv5tions /ables4 ,si *aque t]me concret y dsigne une ab/raction1 cette ab/raction a dans la nature sa reprs5tation concrte4 ,c'e/1 si v\s v\lez1 une figure grossire1 une sorte d'paisse et de rude c>icature2 ce n'en e/ pas mo9s une image s5sible4 ,le mot s'applique directem5t elle1 p>ce qu'il e/ dans son plan1 et1 de l1 il se transporte sans difficult sur l'ide purem5t intelligible qui correspond l'ide s5sible4 ,il n'en va pas de mme de la mtaphysique o l'ab/raction e/ non plus le rsultat visible de l'expri5ce1 comme dans la physique1 non plus l'effet d'une spculation sur la nature s5sible1 comme dans la ma?matique1 mais uniquem5t le produit d'une opration de l'esprit qui tire d'une *ose c]ta9es qualits p\r lui seul intelligibles et concevables1 dont on sait seulem5t qu'il a l'ide qu'il ne fait connatre que p> le disc\rs qu'il en ti5t1 qui1 p> consqu5t1 n'ont d'autre caution que la p>ole4 ,si ces ab/ractions exi/5t vritablem5t et p> elles-mmes1 elles rsid5t dans un lieu accessible la seule intellig5ce1 elles habit5t un monde que v\s appelez l'absolu p> opposition celui-ci1 dont je dirai seulem5t qu' votre s5s1 il n'e/ pas absolu4 ,et si ces deux mondes sont l'un dans l'autre1 c'e/ leur affaire et non la mi5ne4 ,il me suffit de connatre que l'un e/ s5sible et que l'autre ne l'e/ pas2 que le s5sible n'e/ pas intelligible et que l'intelligible n'e/ pas s5sible4 ,ds lors1 le mot et la *ose ne peuv5t s'appliqu] l'un l'autre1 n'tant pas dans le mme lieu2 ils ne saurai5t se connatre l'un l'autre1 puisqu'ils ne sont pas dans le mme monde4 ,mtaphysiquem5t1 ou le mot e/ t\te la *ose1 ou il ne sait ri5 de la *ose4 ,p\r qu'il en ft autrem5t il faudrait qu'il y et des mots absolum5t ab/raits de t\t s5sualisme2 et il n'y en a pas4 ,les mots qu'on dit ab/raits ne le sont que p> de/9ation4 ,ils j\5t le rle de l'ab/rait1 comme un comdi5 reprs5te le fantme1 dans ,hamlet4 ,,ari/e4 ,v\s mettez des difficults o il n'y en eut jamais4 ,a mesure que l'esprit a ab/rait ou1 si v\s v\lez1 dcompos1 et1 comme v\s disiez t\t l'heure1 di/ill la nature p\r en tir] l'ess5ce1 il a de mme ab/rait1 dcompos1 di/ill des mots1 af9 de reprs5t] le produit de ses oprations transc5dantes4 ,d'o il rsulte que le signe e/ exactem5t appliqu l'objet4 ,,polyphile4 ,mais1 ,ari/e1 je v\s ai assez fait voir1 et s\s div]s aspects1 que l'ab/rait dans les mots n'e/ qu'un mo9dre concret4 ,le concret1 am9ci et extnu1 e/ encore le concret4 ,il ne faut pas tomb] dans le trav]s de ces femmes qui1 p>ce qu'elles sont maigres1 veul5t pass] p\r de purs esprits4 ,v\s imitez les enfants qui d'une bran*e de sureau ne g>d5t que la moelle p\r en faire des m>m\sets4 ,ces m>m\sets sont lg]s1 mais ce sont des m>m\sets de sureau4 ,de mme1 vos t]mes qu'on dit ab/raits1 sont seulem5t dev5us mo9s concrets4 ,et si v\s les t5ez p\r absolum5t ab/raits et t\t tirs hors de leur propre et vritable nature1 c'e/ pure conv5tion4 ,mais1 si les ides que reprs5t5t ces mots ne sont pas1 elles1 des conv5tions pures2 si elles sont ralises autre "p qu'en v\s-mme1 si elles exi/5t dans l'absolu1 ou en t\t autre imag9aire lieu qu'il v\s plaira dsign]1 si elles sont enf91 elles ne peuv5t tre nonces1 elles demeur5t ineffables4 ,les dire1 c'e/ les ni]2 les exprim]1 c'e/ les dtruire4 ,c>1 le mot concret tant le signe de l'ide ab/raite1 celle-ci1 aussitt signifie1 devi5t concrte1 et voil t\te la qu9tess5ce p]due4 ,,ari/e4 ,mais si je v\s dis que1 p\r l'ide comme p\r le mot1 l'ab/rait n'e/ qu'un mo9dre concret1 votre raisonnem5t tombe p> t]re4 ,,polyphile4 ,v\s ne direz pas cela4 ,ce s]ait ru9] t\te la mtaphysique et faire trop de tort l'me1 ,dieu et subsquemm5t ses pr(esseurs4 ,je sais bi5 que ,hegel a dit que le concret tait l'ab/rait et que l'ab/rait tait le concret4 ,mais aussi cet homme p5sif a mis votre sci5ce l'env]s4 ,v\s convi5drez1 ,ari/e1 ne ft-ce que p\r re/] dans les rgles du jeu1 que l'ab/rait e/ oppos au concret4 ,or1 le mot concret ne peut tre le signe de l'ide ab/raite4 ,il n'en saurait tre que le symbole1 et1 p\r mieux dire1 l'allgorie4 ,le signe m>que l'objet et le rappelle4 ,il n'a pas de valeur propre4 ,le symbole ti5t lieu de l'objet4 ,il ne le montre pas1 il le reprs5te4 ,il ne le rappelle pas1 il l'imite4 ,il e/ une figure4 ,il a p> lui-mme une ralit et une signification4 ,aussi tais-je dans la vrit en re*]*ant les s5s cont5us dans les mots me1 ,dieu1 absolu1 qui sont des symboles et non pas des signes4 ,l'me possde ,dieu dans la mesure o elle p>ticipe de l'absolu4 ,qu'e/-ce que cela1 s9on un assemblage de petits symboles qu'on a beauc\p effacs1 j'en convi5s1 qui ont p]du leur brillant et leur pittoresque1 mais qui demeur5t encore des symboles p> =ce de nature8 ,l'image y e/ rduite au s*ma4 ,mais le s*ma c'e/ l'image encore4 ,et j'ai pu1 sans infidlit1 sub/itu] celle-ci l'autre4 ,c'e/ a9si que j'ai obt5u3 ,le s\ffle e/ assis sur celui qui brille au boisseau du don qu'il reoit en ce qui e/ t\t dli 7ou subtil71 d'o n\s tirons sans pe9e3 ,celui dont le s\ffle e/ un signe de vie1 l'homme1 pr5dra place 7sans d\te aprs que le s\ffle s]a exhal7 dans le feu div91 s\rce et foy] de la vie1 et cette place lui s]a mesure sur la v]tu qui lui a t donne 7p> les dmons1 j'imag9e7 d't5dre ce s\ffle *aud1 cette petite me invisible1 trav]s l'espace libre 7le bleu du ciel1 probablem5t74 ,et rem>quez que cela v\s a l'air d'un fragm5t d'hymne vdique1 que cela s5t la vieille my?ologie ori5tale4 ,je ne rponds pas d'avoir rtabli ce my! primitif dans t\te la rigueur des lois qui rgiss5t le langage4 ,peu importe4 ,il suffit qu'on voie que n\s avons tr\v des symboles et un my! dans une phrase qui tait ess5tiellem5t symbolique et my?ique1 puisqu'elle tait mtaphysique4 ,je crois v\s l'avoir assez fait s5tir1 ,ari/e3 t\te expression d'une ide ab/raite ne saurait tre qu'une allgorie4 ,p> un sort biz>re1 ces mtaphysici5s1 qui croi5t *app] au monde des app>5ces1 sont contra9ts de vivre p]ptuellem5t dans l'allgorie4 ,potes tri/es1 ils dcolor5t les fables antiques1 et ils ne sont que des assembleurs de fables4 ,ils font de la my?ologie blan*e4 ,,ari/e4 ,adieu1 *] ,polyphile4 ,je sors non p]suad4 ,si v\s aviez raisonn dans les rgles1 il m'aurait t facile de rfut] vos argum5ts4 99 99 99 ,a ,teodor de ,wyzewa4 ,,le ,,prieur ,je tr\vai mon ami ,jean dans le vieux prieur dont il habite les ru9es depuis dix ans4 ,il me reut avec la joie tranquille d'un ermite dlivr de nos cra9tes et de nos esprances et me fit desc5dre au v]g] inculte o1 *aque mat91 il fume sa pipe de t]re entre ses pruni]s c\v]ts de m\sse4 ,l1 n\s n\s assmes1 en att5dant le djeun]1 sur un banc1 devant une table boiteuse1 au pi$ d'un mur cr\l o la saponaire balance les grappes roses de ses fleurs en mme temps fltries et fra*es4 ,la lumire humide du ciel tremblait aux feuilles des peupli]s qui murmurai5t sur le bord du *em94 ,une tri/esse inf9ie et d\ce passait sur nos ttes avec des nuages d'un g999999 ple4 ,aprs m'avoir dem&1 p> un re/e de politesse1 des n\velles de ma sant et de mes affaires1 ,jean me dit d'une voix l5te1 le front s\rcilleux3 --,bi5 que je ne lise jamais1 mon ignorance n'e/ pas si bi5 g>de qu'il ne me soit p>v5u dans mon ermitage1 que v\s avez nagure contr$it1 la deuxime page d'un j\rnal1 un prophte assez ami des hommes p\r enseign] que la sci5ce et l'intellig5ce sont la s\rce et la fonta9e1 le puits et la cit]ne de t\s les maux dont s\ffr5t les hommes4 ,ce prophte1 si j'ai de bons avis1 s\t5ait que1 p\r r5dre la vie innoc5te et mme aimable1 il suffit de r5onc] la p5se et la connaissance et qu'il n'e/ de bonheur au monde que dans une aveugle et d\ce *>it4 ,sages prceptes1 maximes salutaires1 qu'il eut seulem5t le tort d'exprim] et la faiblesse de mettre en beau langage1 sans s'ap]cevoir que combattre l'art avec art et l'esprit avec esprit1 c'e/ se condamn] ne va9cre que p\r l'esprit et p\r l'art4 ,v\s me r5drez cette ju/ice1 mon ami1 que je ne suis pas tomb dans cette pitoyable contradiction et que j'ai r5onc p5s] et crire ds que j'ai reconnu que la p5se e/ mauvaise et l'criture fune/e4 ,cette sagesse m'e/ v5ue1 v\s le savez1 en #ahhb1 aprs la publication d'un petit livre de philosophie qui m'avait cot mille pe9es et que les philosophes mprisr5t p>ce qu'il tait crit avec lgance4 ,j'y dmontrais que le monde e/ in9telligible1 et je me f*ai qu& on me rpondit qu'en effet je ne l'avais pas compris4 ,je v\lus alors df5dre mon livre2 mais1 l'ayant relu1 je ne p>v9s pas en retr\v] le s5s exact4 ,je m'ap]u que j'tais aussi obscur que les plus gr&s mtaphysici5s et qu'on me faisait tort en ne m'accordant pas une "p de l'admiration qu'ils inspir5t4 ,c'e/ ce qui me dta*a t\t fait des spculations transc5dantes4 ,je me t\rnai v]s les sci5ces d'obs]vation et j'tudiai la physiologie4 ,les pr9cipes en sont assez /ables depuis une tr5ta9e d'annes4 ,ils consi/5t fix] proprem5t une gr5\ille avec des p+les sur une plan*e de lige et l'ouvrir p\r obs]v] les n]fs et le coeur1 qui e/ d\ble4 ,mais je reconnus t\t de suite que1 p> cette m?ode1 il faudrait beauc\p plus de temps que n'en assure la vie p\r dc\vrir le secret pr(ond des tres4 ,je s5tis la vanit de la sci5ce pure1 qui1 n'embrassant qu'une p>celle inf9im5t petite des phnomnes1 surpr5d des rapports trop peu nombreux p\r =m] un sy/me s\t5able4 ,je p5sai un mom5t me jet] dans l'indu/rie4 ,ma d\ceur naturelle m'arrta4 ,il n'y a pas d'entreprise dont on puisse dire d'avance si elle f]a plus de bi5 que de mal4 ,*ri/ophe ,colomb1 qui vcut et m\rut comme un sa9t et porta l'habit du bon sa9t ,franois1 n'aurait pas *]*1 sans d\te1 le *em9 des ,indes s'il avait prvu que sa dc\v]te caus]ait le massacre de tant de peuples r\ges1 a la vrit vicieux et cruels1 mais s5sibles la s\ffrance1 et qu'il apport]ait dans la vieille ,europe1 avec l'or du ,n\veau-,monde1 des maladies et des crimes inconnus4 ,je frissonnai qu& de =t honntes g5s p>lr5t de m'intress] dans des affaires de canons1 de fusils et d'explosifs o ils avai5t gagn de l'arg5t et des honneurs4 ,je ne d\tai plus que la civilisation1 comme on la nomme1 ne ft une b>b>ie savante et je rsolus de dev5ir un sauvage4 ,il ne me fut pas difficile d'excut] ce desse9 tr5te lieues de ,p>is1 dans ce petit pays qui se dpeuple t\s les j\rs4 ,v\s avez vu sur la rue du village des maisons en ru9e4 ,t\s les fils des paysans quitt5t p\r la ville une t]re trop morcele1 qui ne peut plus les n\rrir4 ,on prvoit le j\r o un habile homme1 a*etant t\s ces *amps1 recon/itu]a la gr&e proprit1 et n\s v]rons peut-tre le petit cultivateur disp>atre de la campagne1 comme dj le petit comm]ant t5d disp>atre des gr&es villes4 ,il en s]a ce qu'il p\rra4 ,je n'en pr5ds nul s\ci4 ,j'ai a*et p\r six mille francs les re/es d'un anci5 prieur1 avec un bel escali] de pi]re dans une t\r et ce v]g] que je ne cultive pas4 ,j'y passe le temps reg>d] les nuages dans le ciel ou1 sur l'h]be1 les fuses blan*es de la c>otte sauvage4 ,cela vaut mieux1 sans d\te1 que d'ouvrir des gr5\illes ou que de crer un n\veau type de torpilleur4 ,qu& la nuit e/ belle1 si je ne dors pas1 je reg>de les toiles1 qui me font plaisir voir depuis que j'ai oubli leurs noms4 ,je ne reois p]sonne1 je ne p5se ri54 ,je n'ai pris so9 ni de v\s attir] dans ma retraite ni de v\s en c>t]4 ,je suis heureux de v\s (frir une omelette1 du v9 et du tabac4 ,mais je ne v\s ca*e pas qu'il m'e/ encore plus agrable de donn] mon *i51 mes lap9s et mes pigeons le pa9 quotidi51 qui rp>e leurs =ces1 dont ils ne se s]viront pas mal propos p\r crire des romans qui tr\bl5t les coeurs ou des traits de physiologie qui empoisonn5t l'exi/5ce4 ,a ce mom5t1 une belle fille1 aux j\es r\ges1 avec des yeux d'un bleu ple1 apporta des oeufs et une b\teille de v9 gris4 ,je dem&ai mon ami ,jeun s'il hassait les arts et les lettres l'gal des sci5ces4 --,non pas1 me dit-il3 il y a dans les arts une purilit qui ds>me la ha9e4 ,ce sont des jeux d'enfants4 ,les pe9tres1 les sculpteurs b>b\ill5t des images et font des p\pes4 ,voil t\t6 ,il n'y aurait pas gr& mal cela4 ,il faudrait mme savoir gr aux potes de n'employ] les mots qu'aprs les avoir dp\ills de t\te signification si les malheureux qui se livr5t cet amusem5t ne le pr5ai5t po9t au srieux et s'ils n'y dv\ai5t po9t odieusem5t g/es1 irritables1 jal\x1 envieux1 maniaques et dm5ts4 ,ils atta*5t ces niais]ies des ides de gloire4 ,ce qui pr\ve leur dlire4 ,c> de t\tes les illusions qui peuv5t natre dans un c]veau malade1 la gloire e/ bi5 la plus ridicule et la plus fune/e4 ,c'e/ ce qui me fait piti4 ,ici1 les lab\reurs *ant5t dans le sillon les *ansons des aeux2 les b]g]s1 assis au p5*ant des coll9es1 taill5t avec leur c\teau des figures dans des rac9es de buis1 et les mnagres ptriss5t1 p\r les ftes religieuses1 des pa9s en =me de colombes4 ,ce sont l des arts innoc5ts1 que l'orgueil n'empoisonna pas4 ,ils sont faciles et proportionns la faiblesse huma9e4 ,au contraire1 les arts des villes exig5t un ef=t1 et t\t ef=t produit la s\ffrance4 ,mais ce qui afflige1 enlaidit et d=me excessivem5t les hommes1 c'e/ la sci5ce1 qui les met en rapport avec des objets auxquels ils sont disproportionns et altre les conditions vritables de leur comm]ce avec la nature4 ,elle les excite compr5dre1 qu& il e/ vid5t qu'un animal e/ fait p\r s5tir et ne pas compr5dre2 elle dveloppe le c]veau1 qui e/ un organe inutile aux dp5s des organes utiles1 que n\s avons en commun avec les btes2 elle n\s dt\rne de la j\issance1 dont n\s s5tons le beso9 in/9ctif2 elle n\s t\rm5te p> d'affreuses illusions1 en n\s reprs5tant des mon/res qui n'exi/5t que p> elle2 elle cre notre petitesse en mesurant les a/res1 la brivet de la vie en valuant l'ge de la t]re1 notre infirmit en n\s faisant s\ponn] ce que n\s ne p\vons ni voir ni atte9dre1 notre ignorance en n\s cognant sans cesse l'inconnaissable et notre misre en multipliant nos curiosits sans les satisfaire4 ,je ne p>le que de ses spculations pures4 ,qu& elle passe l'application1 elle n'inv5te que des app>eils de torture et des ma*9es dans lesquelles les malheureux huma9s sont supplicis4 ,visitez quelque cit indu/rielle ou desc5dez dans une m9e1 et dites si ce que v\s voyez ne passe pas t\t ce que les ?ologi5s les plus froces ont imag9 de l'enf]4 ,p\rtant1 on d\te1 a la rflexion1 si les produits de l'indu/rie ne sont pas mo9s nuisibles aux pauvres qui les fabriqu5t qu'aux ri*es qui s'en s]v5t et si1 de t\s les maux de la vie1 le luxe n'e/ po9t le pire4 ,j'ai connu des tres de t\tes les conditions3 je n'en ai po9t r5contr de si misrables qu'une femme du monde1 jeune et jolie1 qui dp5se1 ,p>is1 *aque anne1 c9quante mille francs p\r ses robes4 ,c'e/ un tat qui conduit la nvrose incurable4 ,la belle fille aux yeux clairs n\s v]sa le caf avec un air de /upidit heureuse4 ,mon ami ,jean me la dsigna du b\t de sa pipe qu'il v5ait de b\rr]3 --,voyez1 me dit-il1 cette fille qui ne mange que du l>d et du pa9 et qui portait1 hi]1 au b\t d'une f\r*e les bottes de paille dont elle a encore des br9s dans les *eveux4 ,elle e/ heureuse et1 quoi qu'elle fasse1 innoc5te4 ,c> c'e/ la sci5ce et la civilisation qui ont cr le mal moral avec le mal physique4 ,je suis presque aussi heureux qu'elle1 tant presque aussi /upide4 ,ne p5sant ri51 je ne me t\rm5te plus4 ,n'agissant pas1 je ne cra9s pas de mal faire4 ,je ne cultive pas mme mon j>d91 de peur d'accomplir un acte dont je ne p\rrais pas calcul] les consqu5ces4 ,de la sorte1 je suis p>faitem5t tranquille4 --,a votre place1 lui dis-je1 je n'aurai pas cette quitude4 ,v\s n'avez pas supprim assez compltem5t en v\s la connaissance1 la p5se et l'action p\r gt] une paix lgitime4 ,pr5ez-y g>de3 ,quoi qu'on fasse1 vivre1 c'e/ agir4 ,les suites d'une dc\v]te sci5tifique ou d'une inv5tion v\s effrai5t p>ce qu'elles sont incalculables4 ,mais la p5se la plus simple1 l'acte le plus in/9ctif a aussi des consqu5ces incalculables4 ,v\s faites bi5 de l'honneur l'intellig5ce1 la sci5ce et l'indu/rie en croyant qu'elles tiss5t seules de leurs ma9s le filet des de/9es4 ,les =ces inconsci5tes en f]m5t aussi plus d'une maille4 ,peut-on prvoir l'effet d'un petit caill\ qui tombe d'une montagne8 ,cet effet peut tre plus considrable p\r le sort de l'humanit que la publication du ,novum ,organum ou que la dc\v]te de l'lectricit4 --,ce n'tait un acte ni bi5 orig9al1 ni bi5 rfl*i1 ni1 c\p sr1 d'ordre sci5tifique que celui auquel ,alex&re ou ,napolon dut de natre4 ,t\tefois des millions de de/9es en fur5t trav]ses4 ,sait-on jamais la valeur et le vritable s5s de ce que l'on fait8 ,il y a dans les ,mille et une ,nuits un conte auquel je ne puis me df5dre d'atta*] une signification philosophique4 ,c'e/ l'hi/oire de ce m>*& arabe qui1 au ret\r d'un pl]9age la ,mecque1 s'assi$ au bord1 d'une fonta9e p\r mang] des dattes1 dont il jette les noyaux en l'air4 ,un de ces noyaux tue le fils invisible d'un ,gnie4 ,le pauvre homme ne croyait pas tant faire avec un noyau1 et1 qu& on l'in/ruisit de son crime1 il en demeura /upide4 ,il n'avait pas assez mdit sur les consqu5ces possibles de t\te action4 ,savons-n\s jamais si1 qu& n\s levons les bras1 n\s ne frappons pas1 comme fit ce m>*&1 un gnie de l'air8 votre place je ne s]ais pas tranquille4 ,qui v\s dit1 mon ami1 que votre repos dans ce prieur c\v]t de li]re et de saxifrages n'e/ pas un acte d'une importance plus gr&e p\r l'humanit que les dc\v]tes de t\s les savants1 et d'un effet vritablem5t dsa/reux dans l'av5ir8 --,ce n'e/ pas probable4 --,ce n'e/ pas impossible4 ,v\s m5ez une vie s+ulire4 ,v\s t5ez des propos tranges qui peuv5t tre recueillis et publis4 ,il n'en faudrait pas plus1 dans c]ta9es circon/ances1 p\r dev5ir1 malgr v\s1 et mme votre insu1 le fondateur d'une religion qui s]ait embrasse p> des millions d'hommes1 qu'elle r5drait malheureux et m*ants et qui massacr]ai5t en votre nom des milli]s d'autres hommes4 --,il faudrait donc m\rir p\r tre innoc5t et tranquille8 --,pr5ez-y g>de encore3 m\rir1 c'e/ accomplir un acte d'une porte incalculable4 ,,f9