,this e,book was produced by ,carlo ,traverso4 ,title3 ,le ,monde comme il va1 vision de ,babouc ,author3 ,voltaire 7,jean-,marie ,arouet7 #afid-aggh ,language3 ,french ,we thank the ,bibliotheque ,nationale de ,france that has made available the image files at www3_/_/gallica4bnf4fr1 authorizing the preparation of the etext through ,,ocr4 ,nous remercions la ,bibliothque ,nationale de ,france qui a mis disposition les images dans www3_/_/gallica4bnf4fr1 et a donn l'autorisation de les utiliser pour prparer ce texte4 ,,oeuvres ,,de ,,voltaire4 ,,tome ,,xxxiii ,,de ,l' ,,imprimerie ,,de ,a4 ,,firmin ,,didot1 ,,rue ,,jacob1 ,n #bd4 ,,oeuvres ,,de ,,voltaire ,,pr,,faces1 ,,avertissements1 ,,notes1 ,,etc4 ,,par ,m4 ,,beuchot4 ,,tome ,,xxxiii4 ,,romans4 ,,tome ,i4 ,a ,,paris1 ,,chez ,,lef,,vre1 ,,libraire1 ,,rue ,,de ,l',,peron1 ,k #f4 ,,werdet ,,et ,,lequien ,,fils1 ,,rue ,,du ,,battoir1 ,n #b,o4 ,,mdcccxxix4 ,,le ,,monde ,,comme ,,il ,,va ,,vision ,,de ,,babouc #agdf ,prface de l'diteur ,longchamp1 secrtaire de ,voltaire de #agdf #aged1 dit dans ses ,mmoires99 que ,babouc1 ou le ,monde comme il va1 fut compos en #agdf1 pendant la retraite de ,voltaire ,sceaux 2 et je n'ai rien trouv qui contredise ,longchamp4 ,la plus ancienne dition que je connaisse est celle de #agdh1 dans le tome ,,viii de l'dition faite ,dresde des ,oeuvres de ,voltaire4 ,ce conte fait aussi partie du ,recueil de pices en vers et en prose1 par l'auteur de la tragdie de ,smiramis1 #agej1 in-#ab4 99 ,mmoires sur ,voltaire1 etc41 #ahbf1 #b vol4 in-#h2 voyez tom4 ,,ii1 p4 #bdj4 ,c'est une imitation de ,babouc1 ou du moins de son titre1 qu'a faite l'auteur inconnu d'une brochure intitule3 ,la ,lune comme elle va1 ,,mdcclxxxi1 in-#h1 de trente-six pages2 brochure au-dessous de la critique1 et relative aux discussions entre ,joseph ,,ii et les ,hollandais pour l'ouverture de l',escaut4 ,la rvolution franaise a fait natre trois imitations de ,babouc 3 ,i4 ,le ,retour de ,babouc ,perspolis1 ou la suite du ,monde comme il va1 #aghi1 in-#h1 a eu deux ditions2 c'est un opuscule de trente pages3 je n'ai pu en dcouvrir l'auteur4 ,,ii4 ,le ,fils de ,babouc ,perspolis1 ou le ,monde nouveau1 ,paris1 dcembre1 #agij1 in-#h1 de cent vingt-quatre pages4 ,,iii4 ,nouvelle ,vision de ,babouc1 ou la ,perse comme elle va1 #agif1 in-#h1 de cent douze pages1 contenant seulement la premire partie1 et l'annonce de la seconde4 ,je ne crois pas que la seconde partie ait paru4 ,l'auteur s'appelait ,bunel4 ------ ,les notes sans signature1 et qui sont indiques par des lettres1 sont de ,voltaire4 ,les notes signes d'un ,k sont des diteurs de ,kehl1 ,,mm4 ,condorcet et ,decroix4 ,il est impossible de faire rigoureusement la part de chacun4 ,les additions que j'ai faites aux notes de ,voltaire ou aux notes des diteurs de ,kehl1 en sont spares par un --1 et sont1 comme mes notes1 signes de l'initiale de mon nom4 ,,beuchot4 #d octobre #ahbi4 ,,le ,,monde ,,comme ,,il ,,va1 ,,vision ,,de ,,babouc4 ,i4 ,parmi les gnies qui prsident aux empires du monde1 ,ituriel tient un des premiers rangs1 et il a le dpartement de la ,haute-,asie4 ,il descendit un matin dans la demeure du ,scythe ,babouc1 sur le rivage de l',oxus1 et lui dit3 ,babouc1 les folies et les excs des ,perses ont attir notre colre3 il s'est tenu hier une assemble des gnies de la ,haute-,asie pour savoir si on chtierait ,perspolis1 ou si on la dtruirait4 ,va dans cette ville1 examine tout2 tu reviendras m'en rendre un compte fidle1 et je me dterminerai sur ton rapport corriger la ville1 ou l'exterminer4 ,mais1 seigneur1 dit humblement ,babouc1 je n'ai jamais t en ,perse2 je n'y connais personne4 ,tant mieux1 dit l'ange1 tu ne seras point partial2 tu as reu du ciel le discernement#a1 et j'y ajoute le don d'inspirer la confiance2 marche1 regarde1 coute1 observe1 et ne crains rien2 tu seras partout bien reu4 #a ,l'dition de #agej1 dont j'ai parl dans ma prface1 porte de plus ces mots3 ,c'est un assez beau prsent4 ,b4 ,babouc monta sur son chameau1 et partit avec ses serviteurs4 ,au bout de quelques journes1 il rencontra vers les plaines de ,sennaar l'arme persane1 qui allait combattre l'arme indienne4 ,il s'adressa d'abord un soldat qu'il trouva cart4 ,il lui parla1 et lui demanda quel tait le sujet de la guerre4 ,par tous les dieux1 dit le soldat1 je n'en sais rien2 ce n'est pas mon affaire2 mon mtier est de tuer et d'tre tu pour gagner ma vie2 il n'importe qui je serve4 ,je pourrais bien mme ds demain passer dans le camp des ,indiens2 car on dit qu'ils donnent prs d'une demi-drachme de cuivre par jour leurs soldats de plus que nous n'en avons dans ce maudit service de ,perse4 ,si vous voulez savoir pourquoi on se bat1 parlez mon capitaine4 ,babouc ayant fait un petit prsent au soldat entra dans le camp4 ,il fit bientt connaissance avec le capitaine1 et lui demanda le sujet de la guerre4 ,comment voulez-vous que je le sache8 dit le capitaine1 et que m'importe ce beau sujet8 ,j'habite deux cents lieues de ,perspolis2 j'entends dire que la guerre est dclare2 j'abandonne aussitt ma famille1 et je vais chercher1 selon notre coutume1 la fortune ou la mort1 attendu que je n'ai rien faire4 ,mais vos camarades1 dit ,babouc1 ne sont-ils pas un peu plus instruits que vous8 ,non1 dit l'officier2 il n'y a gure que nos principaux satrapes qui savent bien prcisment pourquoi on s'gorge4 ,babouc tonn s'introduisit chez les gnraux2 il entra dans leur familiarit4 ,l'un d'eux lui dit enfin3 ,la cause de cette guerre1 qui dsole depuis vingt ans l',asie1 vient originairement d'une querelle entre un eunuque d'une femme du grand roi de ,perse1 et un commis d'un bureau du grand roi des ,indes4 ,il s'agissait d'un droit qui revenait peu prs la trentime partie d'une darique#b4 ,le premier ministre des ,indes et le ntre soutinrent dignement les droits de leurs matres4 ,la querelle s'chauffa4 ,on mit de part et d'autre en campagne une arme d'un million de soldats4 ,il faut recruter cette arme tous les ans de plus de quatre cent mille hommes4 ,les meurtres1 les incendies1 les ruines1 les dvastations se multiplient1 l'univers souffre1 et l'acharnement continue4 ,notre premier ministre et celui des ,indes protestent souvent qu'ils n'agissent que pour le bonheur du genre humain2 et chaque protestation il y a toujours quelques villes dtruites et quelque province ravage4 #b ,la darique vaut vingt-quatre francs3 vojez tome ,,xxxii1 page #did4 ,b4 ,le lendemain1 sur un bruit qui se rpandit que la paix allait tre conclue1 le gnral persan et le gnral indien s'empressrent de donner bataille2 elle fut sanglante4 ,babouc en vit toutes les fautes et toutes les abominations2 il fut tmoin des manoeuvres des principaux satrapes1 qui firent ce qu'ils purent pour faire battre leur chef4 ,il vit des officiers tus par leurs propres troupes2 il vit des soldats qui achevaient d'gorger leurs camarades expirants1 pour leur arracher quelques lambeaux sanglants1 dchirs et couverts de fange4 ,il entra dans les hpitaux o l'on transportait les blesss1 dont la plupart expiraient par la ngligence inhumaine de ceux mmes que le roi de ,perse payait chrement pour les secourir4 ,sont-ce l des hommes1 s'cria ,babouc1 ou des btes froces8 ,ah6 je vois bien que ,perspolis sera dtruite4 ,occup de cette pense1 il passa dans le camp des ,indiens2 il y fut aussi bien reu que dans celui des ,perses1 selon ce qui lui avait t prdit2 mais il y vit tous les mmes excs qui l'avaient saisi d'horreur4 ,oh1 oh6 dit-il en lui-mme1 si l'ange ,ituriel veut exterminer les ,persans1 il faut donc que l'ange des ,indes dtruise aussi les ,indiens4 ,s'tant ensuite inform plus en dtail de ce qui s'tait pass dans l'une et l'autre arme1 il apprit des actions de gnrosit1 de grandeur d'me1 d'humanit1 qui l'tonnrent et le ravirent4 ,inexplicables humains1 s'cria-t-il1 comment pouvez-vous runir tant de bassesse et de grandeur1 tant de vertus et de crimes8 ,cependant la paix fut dclare4 ,les chefs des deux armes1 dont aucun n'avait remport la victoire1 mais qui1 pour leur seul intrt1 avaient fait verser le sang de tant d'hommes1 leurs semblables1 allrent briguer dans leurs cours des rcompenses4 ,on clbra la paix dans des crits publics1 qui n'annonaient que le retour de la vertu et de la flicit sur la terre4 ,dieu soit lou6 dit ,babouc2 ,perspolis sera le sjour de l'innocence pure2 elle ne sera point dtruite1 comme le voulaient ces vilains gnies3 courons sans tarder dans cette capitale de l',asie4 ,,ii4 ,il arriva dans cette ville immense par l'ancienne entre1 qui tait toute barbare1 et dont la rusticit dgotante offensait les yeux#c4 ,toute cette partie de la ville se ressentait du temps o elle avait t btie2 car1 malgr l'opinitret des hommes louer l'antique aux dpens du moderne1 il faut avouer qu'en tout genre les premiers essais sont toujours grossiers4 #c ,perspolis tant ,paris1 l'entre toute barbare est celle du faubourg ,saint-,marceau3 voyez le chapitre ,,xxii de ,candide4 ,b4 ,babouc se mla dans la foule d'un peuple compos de ce qu'il y avait de plus sale et de plus laid dans les deux sexes4 ,cette foule se prcipitait d'un air hbt dans un enclos vaste et sombre4 ,au bourdonnement continuel1 au mouvement qu'il remarqua1 l'argent que quelques personnes donnaient d'autres pour avoir droit de s'asseoir1 il crut tre dans un march o l'on vendait des chaises de paille2 mais bientt1 voyant que plusieurs femmes se mettaient genoux1 en fesant semblant de regarder fixement devant elles1 et en regardant les hommes de ct1 il s'aperut qu'il tait dans un temple4 ,des voix aigres1 rauques1 sauvages1 discordantes1 fesaient retentir la vote de sons mal articuls1 qui fesaient le mme effet que les voix des onagres quand elles rpondent1 dans les plaines des ,pictaves#d1 au cornet bouquin qui les appelle4 ,il se bouchait les oreilles2 mais il fut prs de se boucher encore les yeux et le nez1 quand il vit entrer dans ce temple des ouvriers avec des pinces et des pelles4 ,ils remurent une large pierre1 et jetrent droite et gauche une terre dont s'exhalait une odeur empeste2 ensuite on vint poser un mort dans cette ouverture1 et on remit la pierre par-dessus4 ,quoi6 s'cria ,babouc1 ces peuples enterrent leurs morts dans les mmes lieux o ils adorent la ,divinit6 ,quoi6 leurs temples sont pavs de cadavres6 ,je ne m'tonne plus de ces maladies pestilentielles qui dsolent souvent ,perspolis4 ,la pourriture des morts1 et celle de tant de vivants rassembls et presss dans le mme lieu1 est capable d'empoisonner le globe terrestre4 ,ah6 la vilaine ville que ,perspolis6 ,apparemment que les anges veulent la dtruire pour en rebtir une plus belle1 et la peupler d'habitants moins malpropres1 et qui chantent mieux4 ,la ,providence peut avoir ses raisons2 laissons-la faire4 #d ,les ,pietaves sont les ,poitevins1 habitants du ,poitou4 ,b4 ,,iii4 ,cependant le soleil approchait du haut de sa carrire4 ,babouc devait aller dner l'autre bout de la ville1 chez une dame pour laquelle son mari1 officier de l'arme1 lui avait donn des lettres4 ,il fit d'abord plusieurs tours dans ,perspolis2 il vit d'autres temples mieux btis et mieux orns1 remplis d'un peuple poli1 et retentissant d'une musique harmonieuse2 il remarqua des fontaines publiques1 lesquelles1 quoique mal places#e1 frappaient les yeux par leur beaut2 des places o semblaient respirer en bronze les meilleurs rois#f qui avaient gouvern la ,perse2 d'autres places o il entendait le peuple s'crier3 ,quand verrons-nous ici le matre que nous chrissons8 ,il admira les ponts magnifiques levs sur le fleuve1 les quais superbes et commodes1 les palais btis droite et gauche1 une maison immense#g o des milliers de vieux soldats blesss et vainqueurs rendaient chaque jour grces au ,dieu des armes4 ,il entra enfin chez la dame1 qui l'attendait dner avec une compagnie d'honntes gens4 ,la maison tait propre et orne1 le repas dlicieux1 la dame jeune1 belle1 spirituelle1 engageante1 la compagnie digne d'elle2 et ,babouc disait en lui-mme tout moment3 ,l'ange ,ituriel se moque du monde de vouloir dtruire une ville si charmante4 #e ,c'est de ,paris que ,voltaire parle1 sous le nom de ,perspolis3 les fontaines mal places sont la fontaine de la rue de ,grenelle1 faubourg ,saint ,germain1 et la fontaine des ,innocents1 qui tait alors au coin des rues aux ,fers et de ,saint-,denis4 ,c'est de #aghh que date la construction de cette dernire fontaine telle qu'elle est aujourd'hui4 ,voyez1 dans le tome ,,xix1 la liste des ,artistes clbres du ,sicle de ,louis ,,xiv 7aprs l'article ,,mansard74 ,b4 #f ,les seuls rois qui eussent des statues taient ,henri ,,iv1 ,louis ,,xiii1 ,louis ,,xiv4 ,la statue de ,louis ,,xv ne ,fut rige que beaucoup plus tard1 en #agfc2 elle avait t vote1 en #agdh1 par le prvt des marchands et les chevins de la ville de ,paris4 ,b4 #g ,l',htel des ,invalides4 ,b4 ,,iv4 ,cependant il s'aperut que la dame1 qui avait commenc par lui demander tendrement des nouvelles de son mari1 parlait plus tendrement encore1 sur la fin du repas1 un jeune mage4 ,il vit un magistrat qui1 en prsence de sa femme1 pressait avec vivacit une veuve2 et cette veuve indulgente#g avait une main passe autour du cou du magistrat1 tandis qu'elle tendait l'autre un jeune citoyen trs beau et trs modeste4 ,la femme du magistrat se leva de table la premire1 pour aller entretenir dans un cabinet voisin son directeur qui arrivait trop tard1 et qu'on avait attendu dner2 et le directeur1 homme loquent1 lui parla dans ce cabinet avec tant de vhmence et d'onction1 que la dame avait quand elle revint les yeux humides1 les joues enflammes1 la dmarche mal assure1 la parole tremblante4 #h ,l'dition de #agej porte3 ,cette veuve indulgente lorgnait vivement le magistrat tandis qu'elle tendait la main un jeune citoyen1 etc4 ,b4 ,alors ,babouc commena craindre que le gnie ,ituriel n'et raison4 ,le talent qu'il avait d'attirer la confiance le mit ds le jour mme dans les secrets de la dame3 elle lui confia son got pour le jeune mage1 l'assura que dans toutes les maisons de ,perspolis il trouverait l'quivalent de ce qu'il avait vu dans la sienne4 ,babouc conclut qu'une telle socit ne pouvait subsister2 que la jalousie1 la discorde1 la vengeance1 devaient dsoler toutes les maisons2 que les larmes et le sang devaient couler tous les jours2 que certainement les maris tueraient les galants de leurs femmes1 ou en seraient tus2 et qu'enfin ,ituriel ferait fort bien de dtruire tout d'un coup une ville abandonne de continuels dsordres4 ,v4 ,il tait plong dans ces ides funestes1 quand il se prsenta la porte un homme grave1 en manteau noir1 qui demanda humblement parler au jeune magistrat4 ,celui-ci1 sans se lever1 sans le regarder1 lui donna firement1 et d'un air distrait1 quelques papiers1 et le congdia4 ,babouc demanda quel tait cet homme4 ,la matresse de la maison lui dit tout bas3 ,c'est un des meilleurs avocats de la ville2 il y a cinquante ans qu'il tudie les lois4 ,monsieur1 qui n'a que vingt-cinq ans1 et qui est satrape#i de loi depuis deux jours1 lui donne faire l'extrait d'un procs qu'il doit juger demain2 et qu'il n'a pas encore examin4 ,ce jeune tourdi fait sagement1 dit ,babouc1 de demander conseil un vieillard2 mais pourquoi n'est-ce pas ce vieillard qui est juge8 ,vous vous moquez1 lui dit-on2 jamais ceux qui ont vieilli dans les emplois laborieux et subalternes ne parviennent aux dignits4 ,ce jeune homme a une grande charge1 parceque son pre est riche1 et qu'ici le droit de rendre la justice s'achte comme une mtairie#aj4 ,o moeurs6 malheureuse ville6 s'cria ,babouc2 voil le comble du dsordre2 sans doute1 ceux qui ont ainsi achet le droit de juger vendent leurs jugements3 je ne vois ici que des abmes d'iniquit4 #i ,satrape de loi signifie ici conseiller au parlement4 ,il arrivait souvent aux conseillers-rapporteurs de charger quelque avocat de faire les extraits dos procs juger4 ,b4 #aj ,voltaire n'a cess de s'lever contre la vnalit des offices de judicature2 et c'est la suppression de la vnalit qui l'avait rendu partisan des mesures prises eu #agga4 ,voyez l',histoire du parlement1 chapitre ,,lxix1 tome ,,xxii1 pages #cff-fg1 dans les ,mlanges1 anne #agga1 diffrentes pices relatives au parlement ,maupeou2 dans la ,correspondance1 la lettre madame de ,florian1 du #a;er avril #agga1 et autres lettres4 ,b4 ,comme il marquait ainsi sa douleur et sa surprise1 un jeune guerrier1 qui tait revenu ce jour mme de l'arme1 lui dit3 ,pourquoi ne voulez-vous pas qu'on achte les emplois de la robe8 j'ai bien achet1 moi1 le droit d'affronter la mort la tte de deux mille hommes que je commande2 il m'en a cot quarante mille dariques d'or cette anne1 pour coucher sur la terre trente nuits de suite en habit rouge1 et pour recevoir ensuite deux bons coups de flches dont je me sens encore4 ,si je me ruine pour servir l'empereur persan que je n'ai jamais vu1 ,m4 le satrape de robe peut bien payer quelque chose pour avoir le plaisir de donner audience des plaideurs4 ,babouc indign ne put s'empcher de condamner dans son coeur un pays o l'on mettait l'encan les dignits de la paix et de la guerre2 il conclut prcipitamment que l'on y devait ignorer absolument la guerre et les lois1 et que1 quand mme ,ituriel n'exterminerait pas ces peuples1 ils priraient par leur dtestable administration4 ,sa mauvaise opinion augmenta encore l'arrive d'un gros homme1 qui1 ayant salu trs familirement toute la compagnie1 s'approcha du jeune officier1 et lui dit3 ,je ne peux vous prter que cinquante mille dariques d'or2 car1 en vrit1 les douanes de l'empire ne m'en ont rapport que trois cent mille cette anne4 ,babouc s'informa quel tait cet homme qui se plaignait de gagner si peu2 il apprit qu'il y avait dans ,perspolis quarante#aa rois plbiens qui tenaient bail l'empire de ,perse1 et qui en rendaient quelque chose au monarque4 #aa ,quarante est ce qu'on lit dans les ditions depuis #agef4 ,les ditions de #agdh et #agej portent1 soixante et douze4 ,le nombre des fermiers-gnraux a vari4 ,louis ,,xv1 en #agfe1 avait cr vingt nouvelles places4 ,voyez1 tome ,,xxi1 le chapitre ,,xxxi du ,prcis du ,sicle de ,louis ,,xv4 ,b4 ,,vi4 ,aprs dner il alla dans un des plus superbes temples de la ville2 il s'assit au milieu d'une troupe de femmes et d'hommes qui taient venus l pour passer le temps4 ,un mage parut dans une machine leve1 qui parla long-temps du vice et de la vertu4 ,ce mage divisa en plusieurs parties ce qui n'avait pas besoin d'tre divis2 il prouva mthodiquement tout ce qui tait clair2 il enseigna tout ce qu'on savait4 ,il se passionna froidement1 et sortit suant et hors d'haleine4 ,toute l'assemble alors se rveilla1 et crut avoir assist une instruction4 ,babouc dit3 ,voil un homme qui a fait de son mieux pour ennuyer deux ou trois cents de ses concitoyens2 mais son intention tait bonne3 il n'y a pas l de quoi dtruire ,perspolis4 ,au sortir de cette assemble1 on le mena voir une fte publique qu'on donnait tous les jours de l'anne2 c'tait dans une espce de basilique1 au fond de laquelle on voyait un palais4 ,les plus belles citoyennes de ,perspolis1 les plus considrables satrapes rangs avec ordre formaient un spectacle si beau1 que ,babouc crut d'abord que c'tait l toute la fte4 ,deux ou trois personnes1 qui paraissaient des rois et des reines1 parurent bientt dans le vestibule de ce palais2 leur langage tait trs diffrent de celui du peuple2 il tait mesur1 harmonieux1 et sublime4 ,personne ne dormait1 on coutait dans un profond silence1 qui n'tait interrompu que par les tmoignages de la sensibilit et de l'admiration publique4 ,le devoir des rois1 l'amour de la vertu1 les dangers des passions taient exprims par des traits si vifs et si touchants1 que ,babouc versa des larmes4 ,il ne douta pas que ces hros et ces hrones1 ces rois et ces reines qu'il venait d'entendre1 ne fussent les prdicateurs de l'empire4 ,il se proposa mme d'engager ,ituriel les venir entendre2 bien sr qu'un tel spectacle le rconcilierait pour jamais avec la ville4 ,ds que cette fte fut finie1 il voulut voir la principale reine qui avait dbit dans ce beau palais une morale si noble et si pure2 il se fit introduire chez sa majest2 on le mena par un petit escalier1 au second tage1 dans un appartement mal meubl1 o il trouva une femme mal vtue1 qui lui dit d'un air noble et pathtique3 ,ce mtier-ci ne me donne pas de quoi vivre2 un des princes que vous avez vus m'a fait un enfant2 j'accoucherai bientt2 je manque d'argent1 et sans argent on n'accouche point4 ,babouc lui donna cent dariques d'or1 en disant3 ,s'il n'y avait que ce mal-l dans la ville1 ,ituriel aurait tort de se tant fcher4 ,de l il alla passer sa soire chez des marchands de magnificences inutiles4 ,un homme intelligent1 avec lequel il avait fait connaissance1 l'y mena2 il acheta ce qui lui plut1 et on le lui vendit avec politesse beaucoup plus qu'il ne valait4 ,son ami1 de retour chez lui1 lui fit voir combien on le trompait4 ,babouc mit sur ses tablettes le nom du marchand1 pour le faire distinguer par ,ituriel au jour de la punition de la ville4 ,comme il crivait1 on frappa sa porte2 c'tait le marchand lui-mme qui venait lui rapporter sa bourse1 que ,babouc avait laisse par mgarde sur son comptoir4 ,comment se peut-il1 s'cria ,babouc1 que vous soyez si fidle et si gnreux1 aprs n'avoir pas eu honte#ab de me vendre des colifichets quatre fois au-dessus de leur valeur8 ,il n'y a aucun ngociant un peu connu dans cette ville1 lui rpondit le marchand1 qui ne ft venu vous rapporter votre bourse2 mais on vous a tromp quand on vous a dit que je vous avais vendu ce que vous avez pris chez moi quatre fois plus qu'il ne vaut1 je vous l'ai vendu dix fois davantage3 et cela est si vrai1 que si dans un mois vous voulez le revendre1 vous n'en aurez pas mme ce dixime4 ,mais rien n'est plus juste2 c'est la fantaisie passagre#ac des hommes qui met le prix ces choses frivoles2 c'est cette fantaisie qui fait vivre cent ouvriers que j'emploie2 c'est elle qui me donne une belle maison1 un char commode1 des chevaux2 c'est elle qui excite l'industrie1 qui entretient le got1 la circulation1 et l'abondance4 #ab ,on lit de honte dans l'dition de #agdh1 faite ,dresde2 mais l'dition de #agej1 faite probablement sous les yeux de l'auteur1 quoique portant l'adresse d',amslerdam1 porte seulement3 eu honte4 ,b4 #ac ,c'est d'aprs l'dition de #agej que j'ai ajout le mot passagre4 ,b4 ,je vends aux nations voisines les mmes bagatelles plus chrement qu' vous1 et par l je suis utile l'empire4 ,babouc1 aprs avoir un peu rv1 le raya de ses tablettes#ad2 car enfin1 disait-il1 les arts du luxe ne sont en grand nombre dans un empire que quand tous les arts ncessaires sont exercs1 et que la nation est nombreuse et opulente4 ,ituriel me parat un peu svre4 #ad ,c'est aussi d'aprs l'dition de #agej que je rtablis la fin de cet alina4 ,b4 ,,vii4 ,babouc1 fort incertain sur ce qu'il devait penser de ,perspolis1 rsolut de voir les mages et les lettrs2 car les uns tudient la sagesse1 et les autres la religion2 et il se flatta que ceux-l obtiendraient grce pour le reste du peuple4 ,ds le lendemain matin il se transporta dans un collge de mages4 ,l'archimandrite lui avoua qu'il avait cent mille cus de rente pour avoir fait voeu de pauvret1 et qu'il exerait un empire assez tendu en vertu de son voeu d'humilit2 aprs quoi il laissa ,babouc entre les mains d'un petit frre qui lui fit les honneurs4 ,tandis que ce frre lui montrait les magnificences de cette maison de pnitence1 un bruit se rpandit qu'il tait venu pour rformer toutes ces maisons4 ,aussitt il reut des mmoires de chacune d'elles2 et les mmoires disaient tous en substance3 ,conservez-nous1 et dtruisez toutes les autres4 ,a entendre leurs apologies1 ces socits taient toutes ncessaires2 entendre leurs accusations rciproques1 elles mritaient toutes d'tre ananties4 ,il admirait comme il n'y avait aucune d'elles qui1 pour difier l'univers1 ne voult en avoir l'empire4 ,alors il se prsenta un petit homme qui tait un demi-mage1 et qui lui dit3 ,je vois bien que l'oeuvre va s'accomplir2 car ,zerdust est revenu sur la terre2 les petites filles prophtisent1 en se fesant donner des coups de pincettes par-devant et le fouet par-derrire#ae4 ,ainsi nous vous demandons votre protection contre le grand-lama4 ,comment6 dit ,babouc1 contre ce pontife-roi qui rside au ,thibet8--,contre lui-mme4--,vous lui faites donc la guerre1 et vous levez contre lui des armes8--,non2 mais il dit que l'homme est libre2 et nous n'en croyons rien2 nous crivons contre lui de petits livres qu'il ne lit pas2 peine a-t-il entendu parler de nous1 il nous a seulement fait condamner1 comme un matre ordonne qu'on chenille les arbres de ses jardins4 ,babouc frmit de la folie de ces hommes qui fesaient profession de sagesse1 des intrigues de ceux qui avaient renonc au monde1 de l'ambition et de la convoitise orgueilleuse de ceux qui enseignaient l'humilit et le dsintressement2 il conclut qu',ituriel avait de bonnes raisons pour dtruire toute cette engeance #ae ,tel est le texte de #agdh et de toutes les autres ditions4 ,mais l'dition de #agej1 que j'aurais peut-tre d suivre1 porte3 444 par-derrire4 ,il est vident que le monde va finir3 ne pourriez-vous point1 avant cette belle poque1 nous protger contre le grand-lama8--,quel galimatias1 dit ,babouc1 contre le grand-lama8 contre ce pontife-roi qui rside au ,thibet8--,oui1 dit le petit demi-mage avec un air opinitre1 contre lui-mme4--,vous lui faites donc la guerre1 vous avez donc des armes8 dit ,babouc4--,non1 dit l'autre1 mais nous avons crit contre lui trois on quatre mille gros livres qu'on ne lit point1 et autant de brochures1 que nous fesons lire par des femmes3 peine a-t-il entendu1 etc4 ,b4 ,,viii4 ,retir chez lui1 il envoya chercher des livres nouveaux pour adoucir son chagrin1 et il pria quelques lettrs dner pour se rjouir4 ,il en vint deux fois plus qu'il n'en avait demand1 comme les gupes que le miel attire4 ,ces parasites se pressaient de manger et de parler2 ils louaient deux sortes de personnes1 les morts et eux-mmes1 et jamais leurs contemporains1 except le matre de la maison4 ,si quelqu'un d'eux disait un bon mot1 les autres baissaient les yeux et se mordaient les lvres de douleur de ne l'avoir pas dit4 ,ils avaient moins de dissimulation que les mages1 parcequ'ils n'avaient pas de si grands objets d'ambition4 ,chacun d'eux briguait une place de valet et une rputation de grand homme2 ils se disaient en face des choses insultantes1 qu'ils croyaient des traits d'esprit4 #af;,ils avaient eu quelque connaissance de la mission de ,babouc4 ,l'un d'eux le pria tout bas d'exterminer un auteur qui ne l'avait pas assez lou il y avait cinq ans2 un autre demanda la perte d'un citoyen qui n'avait jamais ri ses comdies2 un troisime demanda l'extinction de l'acadmie1 parcequ'il n'avait jamais pu parvenir y tre admis4 ,le repas fini1 chacun d'eux s'en alla seul1 car il n'y avait pas dans toute la troupe deux hommes qui pussent se souffrir1 ni mme se parler ailleurs que chez les riches qui les invitaient leur table4 ,babouc jugea qu'il n'y aurait pas grand mal quand cette vermine prirait dans la destruction gnrale4 #af ,cette phrase et la suivante furent ajoutes en #agef4 ,les ditions de #agdh et #agej portent3 traits d'esprit4 ,le repas fini1 etc4 ,b4 ,,ix4 ,ds qu'il se fut dfait d'eux1 il se mit lire quelques livres nouveaux4 ,il y reconnut l'esprit de ses convives4 ,il vit surtout avec indignation ces gazettes de la mdisance1 ces archives du mauvais got1 que l'envie1 la bassesse et la faim ont dictes2 ces lches satires o l'on mnage le vautour1 et o l'on dchire la colombe2 ces romans dnus d'imagination1 o l'on voit tant de portraits de femmes que l'auteur ne connat pas4 ,il jeta au feu tous ces dtestables crits1 et sortit pour aller le soir la promenade4 ,on le prsenta un vieux lettr qui n'tait point venu grossir le nombre de ses parasites4 ,ce lettr fuyait toujours la foule1 connaissait les hommes1 en fesait usage1 et se communiquait avec discrtion4 ,babouc lui parla avec douleur de ce qu'il avait lu et de ce qu'il avait vu4 ,vous avez lu des choses bien mprisables1 lui dit le sage lettr2 mais dans tous les temps1 dans tous les pays1 et dans tous les genres1 le mauvais fourmille1 et le bon est rare4 ,vous avez reu chez vous le rebut de la pdanterie1 parceque1 dans toutes les professions1 ce qu'il y a de plus indigne de paratre est toujours ce qui se prsente avec le plus d'impudence4 ,les vritables sages vivent entre eux retirs et tranquilles2 il y a encore parmi nous des hommes et des livres dignes de votre attention4 ,dans le temps qu'il parlait ainsi1 un autre lettr les joignit2 leurs discours furent si agrables et si instructifs1 si levs au-dessus des prjugs et si conformes la vertu1 que ,babouc avoua n'avoir jamais rien entendu de pareil4 ,voil des hommes1 disait-il tout bas1 qui l'ange ,ituriel n'osera toucher1 ou il sera bien impitoyable4 ,raccommod avec les lettrs1 il tait toujours en colre contre le reste de la nation4 ,vous tes tranger1 lui dit l'homme judicieux qui lui parlait2 les abus se prsentent vos yeux en foule1 et le bien qui est cach1 et qui rsulte quelquefois de ces abus mmes1 vous chappe4#ag ,alors il apprit que parmi les lettrs il y en avait quelques uns qui n'taient pas envieux1 et que parmi les mages mme il y en avait de vertueux4 ,il conut la fin que ces grands corps1 qui semblaient en se choquant prparer leurs communes ruines1 taient au fond des institutions salutaires2 que chaque socit de mages tait un frein ses rivales2 que si ces mules diffraient dans quelques opinions1 ils enseignaient tous la mme morale1 qu'ils instruisaient le peuple1 et qu'ils vivaient soumis aux lois2 semblables aux prcepteurs qui veillent sur le fils de la maison1 tandis que le matre veille sur eux-mmes4 ,il en pratiqua plusieurs1 et vit des mes clestes4 ,il apprit mme que parmi les fous #ah qui prtendaient faire la guerre au grand-lama1 il y avait eu de trs grands hommes4 ,il souponna enfin qu'il pourrait bien en tre des moeurs de ,perspolis comme des difices1 dont les uns lui avaient paru dignes de piti1 et les autres l'avaient ravi en admiration4 #ag ,ce texte est de #agea4 ,dans les ditions de #agdh et #agej1 on lit3 444vous chappe4 ,alors ils le menrent chez le principal mage1 qu'on appelait le surveillant1 ,babouc vit dans ce mage un homme digne d'tre la tte des justes2 il sut qu'il y en avait beaucoup qui lui ressemblaient4 ,il conut mme que ces grands corps1 etc4 ,le mot vque1 en latin episcopus1 vient du grec episcopos1 qui veut dire inspecteur4 ,en #agdh et #agej l'archevque de ,paris tait ,christophe de ,beaumont1 alors rcemment nomm1 mais qui se rendit bientt ridicule et odieux tout ,paris 7voyez tome ,,xxii1 page #cci74 ,beaumont1 vingt-cinq ans aprs1 ne permit pas qu' la mort de ,voltaire on ft le service d'usage jusque-l pour chaque membre de l'acadmie franaise4 ,b4 #ah ,les jansnistes4 ,b4 ,x4 ,il dit son lettr3 ,je conois trs bien que ces mages1 que j'avais crus si dangereux1 sont en effet trs utiles1 surtout quand un gouvernement sage les empche de se rendre trop ncessaires2 mais vous m'avouerez au moins que vos jeunes magistrats1 qui achtent une charge de juge ds qu'ils ont appris monter cheval1 doivent taler dans les#ai tribunaux tout ce que l'impertinence a de plus ridicule1 et tout ce que l'iniquit a de plus pervers2 il vaudrait mieux sans doute donner ces places gratuitement ces vieux jurisconsultes qui ont pass toute leur vie peser le pour et le contre4 #ai ,l'dition de #agej porte3 leurs4 ,b4 ,le lettr lui rpliqua3 ,vous avez vu notre arme avant d'arriver ,perspolis2 vous savez que nos jeunes officiers se battent trs bien1 quoiqu'ils aient achet leurs charges3 peut-tre verrez-vous que nos jeunes magistrats ne jugent pas mal1 quoiqu'ils aient pay pour juger4 ,il le mena le lendemain au grand tribunal1 o l'on devait rendre un arrt important4 ,la cause tait connue de tout le monde4 ,tous ces vieux avocats qui en parlaient taient flottants dans leurs opinions2 ils allguaient cent lois1 dont aucune n'tait applicable au fond de la question2 ils regardaient l'affaire par cent cts1 dont aucun n'tait dans son vrai jour3 les juges dcidrent plus vite que les avocats ne doutrent4 ,leur jugement fut presque unanime2 ils jugrent bien1 parcequ'ils suivaient les lumires de la raison2 et les autres avaient opin mal1 parcequ'ils n'avaient consult que leurs livres4 ,babouc conclut qu'il y avait souvent de trs bonnes choses dans les abus4 ,il vit ds le jour mme que les richesses des financiers1 qui l'avaient tant rvolt1 pouvaient produire un effet excellent1 car l'empereur ayant eu besoin d'argent1 il trouva en une heure1 par leur moyen1 ce qu'il n'aurait pas eu en six mois par les voies ordinaires2 il vit que ces gros nuages1 enfls de la rose de la terre1 lui rendaient en pluie ce qu'ils en recevaient#bj4 ,d'ailleurs les enfants de ces hommes nouveaux1 souvent mieux levs que ceux des familles plus anciennes1 valaient quelquefois beaucoup mieux2 car rien n'empche qu'on ne soit un bon juge1 un brave guerrier1 un homme d'tat habile1 quand on a eu un pre bon calculateur4 #bj ,voyez daus les ,mlanges1 anne #agdi1 le morceau intitul3 ,embellissements de ,paris4 ,b4 ,,xi4 ,insensiblement ,babouc fesait grce l'avidit du financier1 qui n'est pas au fond plus avide que les autres hommes1 et qui est ncessaire#ba4 ,il excusait la folie de se ruiner pour juger et pour se battre1 folie qui produit de grands magistrats et des hros4 ,il pardonnait l'envie des lettrs1 parmi lesquels il se trouvait des hommes qui clairaient le monde2 il se rconciliait avec les mages ambitieux et intrigants1 chez lesquels il y avait plus de grandes vertus encore que de petits vices2 mais il lui restait bien des griefs1 et surtout les galanteries des dames2 et les dsolations qui en devaient tre la suite le remplissaient d'inquitude et d'effroi4 #ba #agej porte3 trs ncessaire4 ,b4 ,comme il voulait pntrer dans toutes les conditions humaines1 il se fit mener chez un ministre2 mais il tremblait toujours en chemin que quelque femme ne ft assassine en sa prsence par son mari4 ,arriv chez l'homme d'tat1 il resta deux heures dans l'antichambre sans tre annonc1 et deux heures encore aprs l'avoir t4 ,il se promettait bien dans cet intervalle de recommander l'ange ,ituriel et le ministre et ses insolents huissiers4 ,l'antichambre tait remplie de dames de tout tage1 de mages de toutes couleurs1 de juges1 de marchands1 d'officiers1 de pdants2 tous se plaignaient du ministre4 ,l'avare et l'usurier disaient3 ,sans doute cet homme-l pille les provinces2 le capricieux lui reprochait d'tre bizarre2 le voluptueux disait3 ,il ne songe qu' ses plaisirs2 l'intrigant se flattait de le voir bientt perdu par une cabale2 les femmes espraient qu'on leur donnerait bientt un ministre plus jeune4 ,babouc entendait leurs discours2 il ne put s'empcher de dire3 ,voil un homme bien heureux1 il a tous ses ennemis dans son antichambre2 il crase de son pouvoir ceux qui l'envient2 il voit ses pieds ceux qui le dtestent4 ,il entra enfin2 il vit un petit vieillard courb sous le poids des annes et des affaires1 mais encore vif et plein d'esprit4#bb #bb ,c'est le cardinal de ,fleuri que ,voltaire dsigne ici2 il en fait encore l'loge dans le ,pangyrique de ,louis ,,xv 7voyez les ,mlanges1 anne #agdh74 ,b4 ,babouc lui plut1 et il parut ,babouc un homme estimable4 ,la conversation devint intressante4 ,le ministre lui avoua qu'il tait un homme trs malheureux1 qu'il passait pour riche1 et qu'il tait pauvre2 qu'on le croyait tout puissant1 et qu'il tait toujours contredit2 qu'il n'avait gure oblig que des ingrats1 et que dans un travail continuel de quarante annes il avait eu peine un moment de consolation4 ,babouc en fut touch1 et pensa que1 si cet homme avait fait des fautes1 et si l'ange ,ituriel voulait le punir1 il ne fallait pas l'exterminer1 mais seulement lui laisser sa place4 ,,xii4 ,tandis qu'il parlait au ministre entre brusquement la belle dame chez qui ,babouc avait dn2 on voyait dans ses yeux et sur son front les symptmes de la douleur et de la colre4 ,elle clata en reproches contre l'homme d'tat1 elle versa des larmes2 elle se plaignit avec amertume de ce qu'on avait refus son mari une place o sa naissance lui permettait d'aspirer1 et que ses services et ses blessures mritaient2 elle s'exprima avec tant de force1 elle mit tant de grces dans ses plaintes1 elle dtruisit les objections avec tant d'adresse1 elle fit valoir les raisons avec tant d'loquence1 qu'elle ne sortit point de la chambre sans avoir fait la fortune de son mari4 ,babouc lui donna la main3 ,est-il possible1 madame1 lui dit-il1 que vous vous soyez donn toute cette peine pour un homme que vous n'aimez point1 et dont vous avez tout craindre8 ,un homme que je n'aime point6 s'cria-t-elle3 sachez que mon mari est le meilleur ami que j'aie au monde1 qu'il n'y a rien que je ne lui sacrifie1 hors mon amant2 et qu'il ferait tout pour moi1 hors de quitter sa matresse4 ,je veux vous la faire connatre2 c'est une femme charmante1 pleine d'esprit1 et du meilleur caractre du monde2 nous soupons ensemble ce soir avec mon mari et mon petit mage2 venez partager notre joie4 ,la dame mena ,babouc chez elle4 ,le mari1 qui tait enfin arriv plong dans la douleur1 revit sa femme avec des transports d'allgresse et de reconnaissance3 il embrassait tour--tour sa femme1 sa matresse1 le petit mage1 et ,babouc4 ,l'union1 la gaiet1 l'esprit1 et les grces1 furent l'me de ce repas4 ,apprenez1 lui dit la belle dame chez laquelle il soupait1 que celles qu'on appelle quelquefois de malhonntes femmes ont presque toujours le mrite d'un trs honnte homme2 et pour vous en convaincre1 venez demain dner avec moi chez la belle ,tone#bc4 ,il y a quelques vieilles vestales qui la dchirent2 mais elle fait plus de bien qu'elles toutes ensemble4 ,elle ne commettrait pas une lgre injustice pour le plus grand intrt2 elle ne donne son amant que des conseils gnreux2 elle n'est occupe que de sa gloire3 il rougirait devant elle1 s'il avait laiss chapper une occasion de faire du bien2 car rien n'encourage plus aux actions vertueuses que d'avoir pour tmoin et pour juge de sa conduite une matresse dont on veut mriter l'estime4 #bc ,on a prtendu que sous le nom de ,tone ,voltaire dsignait madame du ,chtelet2 ce serait plutt la marquise de ,pompadour4 ,b4 ,babouc ne manqua pas au rendez-vous4 ,il vit une maison o rgnaient tous les plaisirs4 ,tone rgnait sur eux2 elle savait parler chacun son langage4 ,son esprit naturel mettait son aise celui des autres2 elle plaisait sans presque le vouloir2 elle tait aussi aimable que bienfesante2 et1 ce qui augmentait le prix de toutes ses bonnes qualits1 elle tait belle4 ,babouc1 tout ,scythe et tout envoy qu'il tait d'un gnie1 s'aperut que1 s'il restait encore ,perspolis1 il oublierait ,ituriel pour ,tone4 ,il s'affectionnait la ville1 dont le peuple tait poli1 doux1 et bienfesant1 quoique lger1 mdisant1 et plein de vanit4 ,il craignait que ,perspolis ne ft condamne2 il craignait mme le compte qu'il allait rendre4 ,voici comme il s'y prit pour rendre ce compte4 ,il fit faire par le meilleur fondeur de la ville une petite statue compose de tous les mtaux1 des terres et des pierres les plus prcieuses et les plus viles2 il la porta ,ituriel3 ,casserez-vous1 dit-il1 cette jolie statue1 parceque tout n'y est pas or et diamants8 ,ituriel entendit demi-mot2 il rsolut de ne pas mme songer corriger ,perspolis1 et de laisser aller le monde comme il va2 car1 dit-il1 si tout n'est pas bien1 tout est passable#bd4 ,on laissa donc subsister ,perspolis1 et ,babouc fut bien loin de se plaindre1 comme ,jonas1 qui se fcha de ce qu'on ne dtruisait pas ,ninive#be4 ,mais quand on a t trois jours dans le corps d'une baleine1 on n'est pas de si bonne humeur que quand on a t l'opra1 la comdie1 et qu'on a soup en bonne compagnie4 #bd ,fin du chapitre en #agdh et #agej4 ,le reste fut ajout en #agef4 ,b4 #be ,voyez1 dans la ,bible1 le chapitre ,,iv de ,jonas4 ,b4