,au lecteur ,cette v]sion lectronique reproduit dans son intgralit la v]sion orig9ale4 ,la ponctuation n'a pas t modifie hormis quelques corrections m9eures4 ,les mots ent\rs de sont en gras dans l'orig9al4 ,l'or?ographe a t cons]ve4 ,seuls quelques mots ont t modifis4 ,la li/e des modifications se tr\ve la f9 du texte4 ,l',,autre ,,monde ou ,hi/oire ,comique des ,etats et ,empires de la ,lune ,il a t tir "p #ajj exemplaires numrots sur papi] v]g spcialem5t fabriqu p> les us9es d',ar*es t\s s\scrits p> ,monsieur ,luci5 ,dorbon #f1 ,rue de ,se9e4 ,p>is ,,de ,,cyrano ,,b]g]ac ,l',,autre ,,monde ou ,hi/oire ,comique des ,etats et ,empires de la ,lune ,,illu/rations ,,de ,,robida ,,librairie ,,mod]ne ,,maurice ,,bau*e1 diteur #e1 ,rue des ,filles-,sa9t-,?omas1 ,,p>is ,,mcmx ,t\s droits de reproduction et de traduction rs]vs p\r t\s pays en ce qui conc]ne les ,etudes et les ,dess9s4 ,illu/ration3 ,,sav9i5 ,,de ,,cyrano ,,b]g]ac ,ce portrait peut tre considr comme au!ntique1 ayant t fait p> ordre et s\s les yeux de ses amis ,le ,bret et de ,prade1 comme l'indique l'inscription suivante3 ,,sav9ianus ,,de ,,cirano ,,de ,,b]g]ac1 nobilis gallus ex icon apud ,nobiles ,dom9os ,,le ,,bret ,,et ,,de ,,prade amicos ipsius antiquissimos depicto4 ,c'e/ une eau-=te avec ces indications3 ,z4 ,h4 p9xit4 ,m del et sculpsit4 ,la m>que ,z4 ,h4 e/ c]ta9em5t celle de ,za*>ie ,he9ce1 pe9tre d'hi/oire et graveur franais1 n en #afaa1 mort en #affi4 ,il en exi/e un autre portant la d\ble signature ,he9ce del4 et ,l$oy5 sc4 ,celui-l n\s f\rnit le dess9 des armes de ,cyrano1 qui portait de4444 au *evron de4444 accompagn en *ef de deux pattes de lion et en po9te d'une m]lette de4444 au *ef de444 ,aucun mail n'e/ indiqu4 ,,pr,,face ,,de ,l',,diteur ,dans l'av]tissem5t de l',editeur de l'dition des uvres de ,cyrano de ,b]g]ac1 publie p> ,paul ,lacroix1 celui-ci s'excuse de ne p\voir publi] l'uvre intgrale de ,cyrano3 ,en publiant une n\velle dition des uvres de ,cyrano de ,b]g]ac1 n\s aurions v\lu p\voir remplir les dplorables lacunes qui exi/5t dans l',hi/oire comique des ,etats et ,empires de la ,lune4 ,mais le savant ,m4 de ,monm]qu1 qui possde un manuscrit complet de cet ouvrage1 se propose de le publi] lui-mme4 ,il y a plus de v+t ans1 n\s crit-il ce sujet1 que j'ai acquis un manuscrit des ,etats et ,empires de la ,lune1 du s+uli] ,cyrano de ,b]g]ac1 dans lequel les passages retran*s1 et dont l'abs5ce e/ indique p> des po9ts1 se tr\v5t1 sans que le s5s pr\ve d'int]ruption4 ,je le publi]ai1 ds que j'aurai a*ev de pay] mon tribut ,madame de ,svign444 ,publiez donc votre dition sans moi et sans mes manuscrits2 je vi5drai aprs v\s et je pr(it]ai de vos re*]*es4 ,t\t ce que je puis v\s dire1 c'e/ que les passages retran*s dans les ,etats de la ,lune1 outre c]ta9es biz>r]ies propres ,cyrano1 sont les avant-c\reurs de la philosophie du dix-huitime sicle4 ,mon manuscrit e/ du temps de ,b]g]ac2 je ne s]ais pas loign de croire qu'il e/ de sa ma92 mais je n'ai jamais vu une lettre crite et signe p> lui4 ,qu& je le publi]ai1 les morceaux 9dits s]ont1 je p5se1 imprims en c>actres italiques1 p\r les faire mieux di/+u] des autres1 sauf les obs]vations de mon diteur1 qui p\rrait dem&] de simples guillemets4 ,les indications que n\s f\rnit la lettre de ,m4 de ,monm]qu sont de nature n\s faire regrett] davantage de n'avoir pu faire usage de son manuscrit4 ,une rapide inve/igation la ,biblio?que ,nationale me p]mit de con/at] que t\tes les ditions du ,voyage aux ,etats et ,empires de la ,lune reproduisai5t mot mot l'dition pr9ceps1 publie p> ,le ,bret1 l'ami et l'excuteur te/am5taire de ,cyrano4 ,nanmo9s je tr\vais dans la premire dition des uvres compltes de ,cyrano 7,lyon #affc7 un passage de #bg lignes1 n'exi/ant que dans cette dition4 ,les suivantes1 et mme celles publies de nos j\rs1 remplac5t ce passage p> une ligne de po9ts1 n'oubliant pas de mettre en note3 ,il y a ici une lacune qui provi5t videmm5t de la p]te ou de la suppression d'un ou deux feuillets du manuscrit6 ,au dp>tem5t des ,manuscrits1 je fus plus heureux1 c> je tr\vai catalogu dans les ,n\velles acquisitions1 deux manuscrits de ,cyrano1 l'un n #deeg1 cont5ant les lettres et le ,pdant j\1 l'autre #deeh1 cont5ant ,l'autre ,monde1 ou l',hi/oire ,comique des ,etats et ,empires de la ,lune4 ,sur la feuille de g>de1 des notes manuscrites1 que je transcris ci-dess\s3 ,en haut1 d'une criture trs f9e3 ,livre r>e #ba d444 ,il y a trois exemplaires en ,france4 ,pay fr4 #ff #gj4 ,v5te ,monm]qu n #chea4 ,au dess\s1 d'une criture plus grasse3 ,ce livre a t crit s\s ,l\ys ,,xiii4 ,il y e/ fait m5tion de ,tri/an l',h]mite1 pote atta* ,ga/on4 ,il e/ de ,cyrano de ,b]g]ac1 mais je s]ais tonn qu'il et t imprim tel qu'il e/ ici1 c> il y a des passages bi5 h>dis p\r le temps4 ,il a t imprim dans les uvres de ,cyrano de ,b]g]ac ,t4 #a1 page #bhh1 d4 d',am/]dam #agaj1 mais avec des gr&s retran*em5ts que la h>diesse du livre1 et plus s\v5t son imp]t95ce ncessitr5t4 ,cette circon/ance donne de la curiosit ce petit manuscrit4 ,j'indiqu]ai1 en les s\lignant1 les passages retran*s l'impression4 ,le manuscrit de la ,biblio?que ,nationale n'e/ autre1 en effet1 que celui dc\v]t p> ,m4 de ,monm]qu aux environs de ,sa9t-,sulpice en #ahcc et qui fut (f]t en #ahij la ,biblio?que ,nationale p> ,m4 ,deull9 d',ep]nay4 ,je vais donc p\voir1 p\r la premire fois1 publi] cet ouvrage dans son intgralit4 ,t\s les passages supprims p> ,le ,bret s'y retr\v5t4 ,je les ai imprims en italique4 ,j'ai rem>qu quelques diffr5ces entre le mot mot de ce manuscrit et le texte publi p> ,le ,bret4 ,mais il m'a sembl inutile de publi] ces v>iantes2 en effet1 ,le ,bret1 possesseur des manuscrits de ,cyrano1 a d publi] un texte exact4 ,n'oublions pas en effet que les copies manuscrites du ,voyage dans la ,lune c\rai5t s\s le manteau1 du vivant de ,cyrano4 ,c'e/ vraisemblablem5t l'un de ces manuscrits que possde la ,biblio?que ,nationale4 ,j'e/ime donc que n\s ne devons lui emprunt] que les passages supprims1 et cons]v] comme texte gnral1 celui de l'dition pr9ceps de #afef4 ,voici d'ailleurs1 titre docum5taire1 le db du manuscrit et de l',edition de ,le ,bret4 ,,edition ,,le ,,bret ,,manuscrit ,la ,lune tait en son ple91 le ,la ,lune tait en son ple91 le ,ciel ,ciel tait dc\v]t et neuf heures tait dc\v]t1 et neuf heures du du soir tai5t sonnes1 lorsque1 soir tai5t sonnes1 lorsque n\s rev5ant de ,clam>t1 prs ,p>is 7o rev5ions d'une maison pro*e de ,m4 de ,guigy le fils1 qui en e/ ,p>is1 quatre de mes amis et moi4 ,seigneur1 n\s avait rgal1 plusieurs,les div]ses p5ses que n\s donna de mes amis et moi71 les div]ses la vue de cette b\le de safran p5ses que n\s donna cette b\le n\s dfrayr5t sur le *em92 les de safran n\s dfrayr5t sur le yeux noys dans ce gr& a/re1 *em93 de sorte que1 les yeux tantt l'un le pr5ait p\r une noys dans ce gr& a/re1 tantt luc>ne du ,ciel1 p> o on entrevoyait l'un le pr5ait p\r une luc>ne du la gloire des ,bi5heureux1 tantt ,ciel3 tantt un autre assurait que l'autre assurait que c'tait la plat9e c'tait la plat9e o ,diane dresse leso ,diane dresse les rabats d',apollon2 rabats d',apollon3 un autre que ce tantt un autre s'criait que p\vait bi5 tre le ,soleil lui-mme ce p\vait bi5 tre le ,soleil lui-mme qui1 s'tant au soir dp\ill de ses qui s'tant au soir dp\ill rayons1 reg>dait p> un tr\ ce de ses rayons1 reg>dait p> un tr\ qu'on faisait au monde qu& il n'y ce qu'on faisait au monde qu& il tait pas4 n'y tait plus4 ,j'ai d'ailleurs collationn p> la suite de nombreuses pages sans tr\v] un mot diffr5t4 99 99 99 ,l',hi/oire ,comique ou ,voyage dans la ,lune1 p>ut d'abord sans lieu1 ni date1 ni privilge4 ,on e/ime gnralem5t que cette dition remonte #afej et fut imprime ,t\l\se ou ,montauban4 ,l'dition vritable date de #afef1 elle p>ut un an aprs la mort de ,cyrano1 s\s la direction de son ami ,le ,bret1 =mat 9-#ab4 ,le privilge e/ du #bc dcembre #afef1 et donn ,*>les de ,s]cy p\r c9q annes4 ,cet ouvrage fut rimprim en #afei et #affc4 ,les uvres compltes fur5t publies p\r la premire fois ,lyon en #affc en deux volumes 9-#ab *ez ,*ri/ophe ,f\rmy4 ,elles p>ur5t1 enri*ies de figures en taille-d\ce ,am/]dam en #agji4 99 99 99 ,tel e/ l'hi/orique de la publication des uvres de ,sav9i5 de ,cyrano ,b]g]ac4 ,m4 ,augu/e ,vitu lors d'une confr5ce faite au ?tre de la ,gaiet1 le #aj novembre #ahgb1 avant la reprs5tation de la ,mort d',agripp9e1 traa de notre auteur un portrait df9itif#a4 ,son fils1 ,m4 ,maxime ,vitu1 m'a trs aimablem5t autoris reproduire ici les passages relatifs la vie de notre hros4 ,c'e/ un pur *ef-d'uvre4 ,il n'y a ri5 y aj\t]4 #a ,j\au/4--,la ,mort d',agripp9e1 #ahge4 99 99 99 ,tallemant des ,raux1 ce ,sa9t-,simon b\rgeois du ,x,v,i,ie sicle1 aurait pu connatre notre auteur4 ,il ne lui a cep5dant consacr que dix lignes1 et quelles lignes6 ,en voici le db3 ,un f\1 nomm ,cyrano1 fit une pice de ?tre intitule ,agripp9e4 ,la pice tait un vrai galimatias4 ,un f\1 voil p\r le pote2 un galimatias1 voil p\r le pome4 ,jugem5t sommaire1 excution sans phrases4 ,boileau1 le svre ,boileau1 ne fut pas aussi dur que le lic5cieux n>rateur des ,hi/oriettes3 ,j'aime mieux ,b]g]ac et sa burlesque audace ,que les v]s o ,mot9 se morfond et n\s glace4 ,t\tefois1 la comp>aison n'e/ pas extrmem5t flatteuse2 ,cyrano e/ ici le cl\ qui fixe ,mot9 au gibet dress p> le ju/ici] du ,p>nasse4 ,le glacial ,mot9 et l'audacieux ,b]g]ac1 l'un portant l'autre1 sont prcipits dans l'immortalit comme ,jupit] lana ,vulca9 sur la t]re1 p> un furieux c\p de pi$4 ,de nos j\rs ,b]g]ac r5contre enf9 un juge non prv5u1 un esprit ouv]t1 orig9al1 s5sible lui-mme t\tes les orig9alits4--,ah6 messieurs1 je me refuse va9em5t cette int]ruption dans le c\rs de mes ides1 mais j'ai sur les lvres et dans le cur le nom de celui que n\s v5ons de p]dre1 de notre illu/re ,?ophile ,gauti]2 je ne puis l'omettre en p>lant du ,cyrano qu'il a t\* d'un rayon de sa gloire1 et je ne puis pas le prononc] sans pay] une *re mmoire ce d]ni] tribut de regrets et de d\leurs444 ,?ophile ,gauti] a r5du sur ,b]g]ac un jugem5t quitable1 j'y revi5drai t\t l'heure2 d'ailleurs le livre e/ dans t\tes les ma9s4 ,mais enf91 ce livre e/ intitul les ,grotesques2 mais enf91 p\r ,?ophile ,gauti] lui-mme1 le pote gr&iose de la ,mort d',agripp9e1 l'humori/ique et pr(ond p5seur qui crivit le ,voyage la ,lune1 un demi-sicle avant les ,mondes de ,font5elle et les ,voyages de ,gulliv]1 un sicle avant ,micromgas1 ,cyrano e/ un grotesque4 ,f\1 burlesque1 grotesque1 voil quelle =midable tr9it d'pi?tes mprisantes le nom de ,cyrano trane aprs lui devant la po/rit indiffr5te1 qui a bi5 d'autres s\cis plus pressants que de revis] des jugem5ts littraires4 ,mon ,dieu1 je ne vi5s pas m'inscrire en faux4 ,cyrano fut un f\1 un burlesque1 un audacieux1 un grotesque1 j'en convi5s2 mais il fut aussi quelque *ose de trs diffr5t4 ,dans cette op9ion gnrale sur ,cyrano1 il faut faire la "p de deux influ5ces1 celle de sa vie et celle de ses uvres4 ,p>lons de sa vie d'abord4 ,ici encore il faut subdivis]1 c> il y a sa vie relle1 qui e/ peu connue1 et sa lg5de1 qui e/ populaire4 ,la lg5de1 c'e/ le ,cyrano fi]--bras1 le ,cyrano duelli/e1 tran*e-montagne1 le matamore au nez imm5se t\t balafr de c\ps de sabre1 et qui df5d aux passants d'en rire s\s pe9e de mort2 le dbau*1 le lib]t91 l'impie2 ce sont surt\t les contes ridicules accrdits p> le ,m5agiana et dont la critique littraire avait dj fait ju/ice au ,x,v,i,i,ie sicle4 ,ce qu'il y a de vrai1 c'e/ que ,cyrano fut trs brave1 c'e/ qu'il s]vit de second en ma9tes r5contres1 mais sans avoir jamais suscit ou s\t5u une qu]elle p\r son compte p]sonnel2 c'e/ qu' l'ge de dix-neuf ans1 simple cadet aux g>des1 il se battait comme un lion contre les ,espagnols et tombait p]c d'une balle au sige de ,m\zon2 l'anne suivante1 en #afdj1 au sige d',arras1 dans un combat corps corps1 un c\p d'pe lui trav]sait la gorge4 ,cyrano fut c]ta9em5t un duelli/e1 ce dont on le blme1 mais ce fut avant t\t un hroque soldat1 ce dont on ne l'a jamais l\4 ,de mme p\r ses uvres3 ,cyrano cdait au gt du temps4 ,ses lettres descriptives1 satiriques1 burlesques1 am\reuses1 (fr5t le plus p>fait modle de ce qu'on appelait alors le bel esprit2 en littrature comme en fait d'armes1 on ne re*]*ait que les r5contres extraord9aires4 ,l'ide d'tre naturel tait la seule qui ne se prs5tt jamais ces con/ructeurs de rbus4 ,mais1 si extravagantes qu'on juge les pr\esses de ,cyrano en ce g5re1 il faut av\] qu'elles re/5t gaies1 spirituelles et bi5 franaises2 ce sont1 comme il l'a dit lui-mme1 des imag9ations po9tues dont on *at\ille le temps p\r le faire m>*] plus vite4 ,et que d'inv5tion comique en ce g5re dont ,voiture e/ le roi6 ,je ne rappelle votre mmoire que la ,lettre un gros homme1 c'e/--dire ,montfleury1 ce roi de ?tre1 si prodigieusem5t entripaill1 p\r me s]vir de l'expression de ,molire3 ,enf91 gros homme1 je v\s ai vu1 mes prunelles ont a*ev sur v\s de gr&s voyages1 et le j\r que v\s b\ltes corporellem5t jusqu' moi1 j'eus le temps de p>c\rir votre hmisphre ou1 p\r p>l] plus vritablem5t1 d'en dc\vrir quelques cantons444 ,p5sez-v\s donc1 cause qu'un homme ne v\s sauroit battre t\t enti] en v+t-quatre heures et qu'il ne sauroit en un j\r *9] qu'une de vos omoplates444 ,si les c\ps de bton s'envoyoi5t p> crit1 v\s liriez ma lettre des paules444 ,une longe de veau qui m>*e sur ses l>dons444 ,ces folles et robu/es gaiets s5t5t la gasconnade1 je le sais2 la littrature entire tait gasconne1 c'e/--dire espagnole2 le capitan1 ce type oblig des comdies la mode1 aurait pu desc5dre du ?tre dans le p>t]re sans s'y tr\v] dpays4 ,cyrano1 que des hommes qui s'y connaissai5t avai5t surnomm le dmon de la brav\re1 t9t honneur de se montr] plus gascon lui seul que la ,gascogne entire1 et il y p>v9t aism5t1 c> ce gascon fieff tait444 un ,p>isi5444 ,oui1 ,messieurs1 un ,p>isi52 j'en suis f* p\r les biographes qui1 sur la foi de son nom1 l'ont fait compatriote de l'illu/re b>on de ,crac1 et p>ticulirem5t p\r l'e/imable rudit qui1 en #ahef1 crivit une vie de ,cyrano en l'honneur de la jolie ville de ,b]g]ac en ,prigord2 mais notre ,cyrano fut un ,p>isi5 c]ta91 au!ntique1 fils de ,p>isi51 petit-fils de ,p>isi54 ,cela e/ atte/ p> l'acte de son baptme1 retr\v dans les regi/res de la p>oisse ,sa9t-,sauveur p> un travailleur infatigable1 un vritable savant celui-l1 p> le vnrable ,m4 ,jal1 *>g de la g>de de nos ar*ives municipales1 qui ne sont plus hlas6 qu'un peu de c5dres4 ,donc1 ,sav9i5 de ,cyrano fut baptis ,p>is1 sur la p>oisse ,sa9t-,sauveur1 le #f m>s #afai4 ,il tait le c9quime fils d',abel de ,cyrano1 cuy]1 seigneur de ,mauvires1 et de demoiselle ,esprance ,bellang]4 ,en #afab1 poque de leur m>iage1 ,m4 et ,mme de ,mauvires habitai5t rue des ,pr\vaires1 sur la p>oisse ,sa9t-,eu/a*e1 deux pas de la maison o naquit ,molire4 ,je tr\ve que le gr&-pre de notre pote1 nomm ,sav9i5 comme lui1 tait secrtaire du roi en #aegj et auditeur de la *ambre des comptes de ,p>is en #aegc1 s\s ,*>les ,,ix4 ,v\s le voyez1 c'e/ bi5 n\s ,p>isi5s qu'app>ti5t ,cyrano1 vritable enfant de ,p>is4 ,il l'avait bi5 dit lui-mme dans son ,voyage la ,lune2 mais nul n'y avait pris g>de3 si peu de g5s lis5t les livres dont t\t le monde p>le6 ,la vie de ,cyrano fut c\rte et peut se cond5s] en peu de faits4 ,aprs une ducation classique rapidem5t bau*e p> un prtre de campagne1 ,sav9i5 rev9t ,p>is avec l'autorisation de son pre et y battit le pav1 p\rsuivant tant bi5 que mal ses tudes sur les bancs du collge de ,beauvais4 ,je ne veux pas faire le pdant avec v\s1 ,messieurs2 p]mettez-moi cep5dant de v\s rappel] que le collge de ,beauvais tait tabli ,p>is1 dans la rue qui a ret5u son nom1 la rue ,sa9t-,jean-de-,beauvais1 et non pas ,beauvais en ,pic>die1 comme l'a cru1 dans un mom5t d'oubli1 un rudit quelque peu di/rait4 ,molire1 plus jeune que ,cyrano de trois ans1 tudiait peu prs dans le mme temps au collge de ,cl]mont1 non pas au collge de ,cl]mont en ,beauvoisis1 ni de ,cl]mont en ,auv]gne1 mais au collge de ,cl]mont t5u p> les ,jsuites1 rue ,sa9t-,jacques ,p>is1 et qui e/ dev5u en #afhb le collge ,l\is-le-,gr&4 ,lorsque ,cyrano eut atte9t l'ge de #ai ans 7#afdj71 se con=mant au conseil et l'exemple d'un de ses amis1 ,m4 ,le ,bret1 qui fut depuis son excuteur te/am5taire1 et qui n\s devons le peu que n\s savons de lui1 il s'enrla dans les cadets du rgim5t des ,g>des et fut admis dans la compagnie comm&e p> ,m4 de ,c>bon ,ca/el-,jal\x1 presque entirem5t compose de ,gascons4 ,c'e/ alors1 ce que je suppose1 qu'il prit un nom de gu]re1 celui de ,b]g]ac1 et il signa t\j\rs de ,cyrano ,b]g]ac4 ,si l'on v\lait t\te =ce que ce ft un nom de t]re1 je n'irais pas en *]*] l'orig9e au milieu de la ,loire1 mais plutt du ct de la ,bretagne4 ,le premi] et le plus au!ntique des quatre portraits gravs que possde le cab9et des e/ampes1 prs5te l'il le mo9s ex]c le type saisissant du ,kymri breton4 ,d'ailleurs1 il y a eu des fiefs du nom de ,b]g]ac en ,bretagne et la seigneurie de ,mauvires app>t5ant au pre de notre ,cyrano1 tait situe dans l',oue/ de la ,france4 ,je n'insi/e pas sur ces dtails4 ,cyrano1 pe9e soldat1 fit un rude appr5tissage sur les *amps de bataille1 et se rebuta promptem5t du mti]4 ,les deux blessures qu'il reut aux siges de ,m\zon et d',arras ne lui avai5t pas donn d'avancem5t4 ,le dgt des s]vices inutiles1 jo9t l'attrait qu'il ress5tait p\r les sci5ces1 l'arra*r5t sans ret\r la c>rire des armes4 ,le potique soldat1 qui rimait de t5dres lgies dans le tumulte d'un corps de g>de1 r$ev9t un tudiant ple9 de zle et d'ardeur4 ,il cultiva l'a/ronomie1 la physique1 la philosophie avec ,rohault et ,gass5di4 ,conva9cu p> l'vid5ce des ides de ,cop]nic1 il aida p> l'attrait de l'esprit le plus aiguis et le plus al]te la propagation des doctr9es n\velles4 ,il y avait cela quelque c\rage1 c>1 en ple9 sicle de ,l\is ,,xiv1 il n'tait pas admis p> t\t le monde que la t]re t\rnt aut\r du soleil2 ,le ,bret1 l'ami et l'diteur de ,cyrano1 invoque au pr(it de son illu/re ami1 le bnfice des circon/ances attnuantes et s'excuse1 quant soi1 de pr5dre p>ti dans ces matires dlicates4 ,voil o l'on en tait en #affc1 ,cyrano exposa avec une rem>quable nettet la ?orie trs explicite de l'attraction plantaire1 comme pr9cipe du sy/me du monde1 et cela #cd ans avant les premires publications de ,newton4 ,je ne me has>d]ai pas lui faire honneur de cette gr&e p5se et je n'ai pas eu le loisir de re*]*] auquel de ses matres cet honneur app>ti5t4 ,mais je ne puis lui refus] la gloire d'avoir fait p\r la sci5ce n\velle de son temps1 ce que ,voltaire fit au sicle suivant1 avec plus de bonheur et d'clat1 p\r les doctr9es sci5tifiques de ,locke et de ,newton4 ,admirable spectacle que donne le gnie littraire se faisant le messag] et le df5seur du progrs des sci5ces6 ,ce qui app>ti5t bi5 en propre ,cyrano1 c'e/ d'avoir conu clairem5t la premire ide de l'aro/ation4 ,il indique l'emploi de globes creux remplis d'un gaz dilatable1 plus lg] que l'air atmosphrique2 il va mme jusqu' calcul] le moy5 de r$esc5dre en laissant *app] du gaz1 lorsqu'on s'e/ lev trop haut4 ,cet homme-l n'tait pas un homme ord9aire2 et s'il faut absolum5t que ce soit un f\1 av\ez que ce n'tait pas l un f\ mpris]4 ,il avait d'ailleurs con=m la conduite de sa vie aux doctr9es qu'il avait embrasses4 ,en mme temps qu'il se r5dait savant1 il se fit mode/e1 frugal et *a/e comme un vrai py?agorici54 ,sa =tune tait lo9 d'gal] son mrite4 ,il tait le c9quime enfant d'un g5tilhomme assez pauvre lui-mme4 ,aprs avoir rep\ss les uvres flatteuses du m>*al de ,gassion1 un des gr&s hommes de gu]re de ce temps-l et l'ami de ,gu/ave-,adolphe1 qui v\lait se l'atta*] p> e/ime p\r ses tal5ts et p\r ses connaissances1 ,cyrano avait f9i p> accept] le patronage d'un p]sonnage d'une valeur non mo9s clatante et non mo9s pr\ve1 je veux p>l] du duc d',arpajon1 m>quis de ,sev]ac1 qui ,la ,mort d',agripp9e e/ ddie4 ,il r5trait un soir l'htel de ce seigneur1 lorsqu'il fut atte9t la tte p> la *ute d'une pice de bois4 ,il languit quelque temps et m\rut en #afee1 l'ge de tr5te-six ans4 ,ses d]ni]s mom5ts1 ad\cis p> l'amiti de sa c\s9e ,mme de ,neufvillette1 et de sa vnrable tante1 ,ca!r9e de ,cyrano1 prieure du c\v5t des ,filles-de-la-,croix1 rue de ,*>onne1 fur5t ceux d'un *rti54 ,ca!r9e de ,cyrano rclama sa dp\ille mortelle qui fut ensevelie s\s les dalles de l'glise4 ,augu/e ,,vitu ,,pi,,ces ,,ju/ificatives ,m>iage d',abel ,i] de ,cyrano avec ,esprance ,br5g] 7#afab74 ,le troisiesme septembre mil six c5t d\ze ont receu la b5$iction nuptiale1 apres la publication de trois bans et veu une lettre de trois autres de ,/-,eu/a*e1 noble homme ,abel de ,cyrano1 de la p>oisse de ,/-,eu/a*e1 et damoiselle ,esp]ance ,b]5g]1 de cette p>oisse4 7,anci5nes ar*ives de la ,ville de ,p>is1 auj\rd'hui brles1 regi/re ,sa9t-,g]vais47 ,baptme de ,d5ys de ,cyrano 7#afad74 ,le treiziesme de m>s mil six c5t quatorze a t baptis ,d5ys1 fils de noble homme ,abel de ,cyrano1 escuy]1 sieur de ,mauvi]es1 et de damoiselle ,esp]ance ,bellang] 7sic71 sa femme demeurant rue des ,pr\vaires ,p>is2 le p>9 ,d5ys ,f$eau1 conseill] et secretaire du roy2 la m>9e dame ,anne ,le ,maire1 femme du feu noble homme messire ,sav9i5 de ,cyrano1 vivant conseill] et secretaire du ,roy1 maison et c\ronne de ,france4 7,reg4 de ,sa9t-,eu/a*e47 ,baptme de ,sav9i5 ,,ii de ,cyrano 7#afai74 ,le sixiesme m>s mil six c5s disneuf1 ,sav9i51 fils d',abel de ,cyrano1 escui]1 sieur de ,mauvi]es1 et de damoiselle ,esp]ance de ,bell5g] 7sic72 le p>ra9 noble homme ,anto9e ,fanny1 conceill] du ,roy et auditeur en sa ,*ambre des comptes1 de cette p>oisse2 la m>ra9e damoiselle ,m>ie ,f$eau1 femme de noble homme ,me ,l\is ,p]rot1 conceill] et secretaire du ,roy1 maison et c\ronne de ,france1 de la p>oisse de ,/ ,g]ma9 l',aux]rois4 7,reg4 de ,sa9t-,sauveur47 ,illu/ration3 ,reproduction du titre de l',edition de #affc4 7,gr&eur ,naturelle7 ,a ,,messire ,,tanneguy ,,r5ault ,,des ,,boisclairs ,*evali]1 ,conseill] du ,roy en ses ,conseils1 et ,gr& ,prvt de ,b\rgogne et ,bresse ,,monsieur1 ,je satisfais la d]nire volont d'un ,mort que v\s obligetes d'un signal bi5fait p5dant sa vie4 ,comme il tait connu d'une inf9it de g5s d'esprit1 p> le beau feu du si51 il fut absolum5t impossible que beauc\p de p]sonnes ne suss5t la disgrce qu'une dang]euse blessure1 suivie d'une viol5te fivre1 lui causa quelques mois devant sa mort4 ,plusieurs ont ignor p> quel bon ,dmon il y avait t sec\ru2 mais il a cru que le nom n'en devait pas tre mo9s public que l'action lui en fut avantageuse4 ,v\s tiez son ami1 v\s l'en aviez s\v5t assur1 et mme v\s le lui aviez tmoign en plusieurs r5contres o v\s saviez le beso9 qu'il en avait2 mais qu'tait-ce faire1 que quelques autres hommes n'euss5t fait comme v\s8 qu'tait-ce p>atre env]s notre ami1 que ce que v\s p>aissiez env]s c5t autres qui n'tai5t po9t de sa trempe8 ,il fallait donc le tir] de la presse1 et que votre gnrosit le di/+uant du gr& nombre de ceux que v\s obligiez1 fit voir non seulem5t1 comme p>le ,ari/ote1 qu'elle n'avait pas dgnr1 mais qu'elle avait en*ri sur soi-mme en faveur d'un si digne sujet4 ,de sorte que qu& v\s etes la bont de lui r5dre des preuves de votre protection et de votre amiti dans sa maladie1 dont v\s arrttes le c\rs p> vos so9s et les assi/ances gnreuses que v\s lui r5dtes en l'extrmit de ses maux les plus viol5ts1 ce fut d'une si puissante protection p\r lui1 qu'il espra de v\s encore celle qu'un peu devant sa mort il me pria de v\s dem&] p\r cet ouvrage2 et ce s]a aussi de cette gr&e confiance et de ce d]ni] s5tim5t que v\s jug]ez de ceux qu'il doit avoir eus de votre amiti1 puisque c'e/ dans ce mom5t fatal que la b\*e p>le comme le cur3 ,nam v] voces tum domum pectore ab imo ,eliciuntur444 ,et je me suis r5du l'int]prte du si5 d'autant plus volonti]s1 que je pr5ais "p galem5t ses disgrces1 comme au bi5 qu'on lui faisait2 et que1 p> cette raison1 comme p> mon incl9ation p>ticulire1 je suis1 en vrit1 ,monsieur1 ,votre trs-humble et trs-affectionn s]viteur1 ,,le ,,bret4 ,a ,l',,auteur ,,des ,,etats ,,et ,,empires ,,de ,,la ,,lune ,,epigramme ,accepte ces six m*ants v]s ,que ma ma9 crit de trav]s ,tant en moi la frayeur abonde ,et p]mets qu'auj\rd'hui j'vite ton abord ,c> autant qu'une affreuse mort ,je cra9s les g5s de l'autre monde4 ,,sonnet 7du mme au mme7#b ,ton esprit1 qu'en son vol nul ob/acle n'arrte1 ,dc\vre un autre monde nos ambitieux1 ,qui t\s galem5t respir5t sa conqute ,comme un noble *em9 p\r arriv] aux cieux4 ,mais ce n'e/ po9t p\r eux que la palme s'apprte4 ,si j'tois du conseil des de/9s et des ,dieux1 ,p\r prix de ton audace1 on *>g]oit ta tte ,des c\ronnes des rois qui g\v]n5t ces lieux4 ,mais non1 je m'en ddis2 l'incon/ante =tune ,semble avoir trop d'empire en celui de la ,lune3 ,son p\voir n'y p>ot que p\r t\t r5v]s]4 ,peut-tre v]rois-tu1 dans ces demeures mornes1 ,ds le premi] in/ant ton ,etat s'clips] ,et du mo9s *aque mois en rtrcir les bornes4 ,,de ,,prade4 #b ,ce sonnet1 se tr\ve dans les uvres potiques du sieur de ,p4 7,prade71 publies en #afej 7,p>is1 ,nicolas et ,jean de la ,co/e1 9-#d74 ,il pr\ve que le ,voyage dans la ,lune tait compos longtemps avant la mort de ,cyrano1 auquel il causa de graves ennuis1 comme lui-mme n\s l'appr5d dans l',hi/oire des ,etats et ,empires du ,soleil4 ,,preface ,,lecteur1 je te donne l'ouvrage d'un mort1 qui m'a *>g de ce so91 p\r te faire connatre qu'il n'e/ pas un mort du commun1 ,puisqu'il n'e/ po9t c\v]t de ces tri/es lambeaux1 ,qu'une ,ombre dsole emporte des tombeaux4 qu'il ne s'amuse po9t faire de va9es pla9tes1 r5v]s] les meubles d'une *ambre1 tran] des *anes dans un gr5i]1 qu'il ne s\ffle po9t la *&elle dans une cave1 qu'il ne bat p]sonne1 qu'il ne fait po9t le ,cau*em>1 ni le ,mo9e b\rru1 ni enf9 aucune des fadaises dont on dit que les autres morts p\vant5t les sots2 et qu'au contraire de t\t cela il e/ d'aussi belle humeur que jamais4 ,je crois qu'une faon d'agir si agrable et si extraord9aire dans un mort1 susp5dra le *agr9 des plus ,critiques en faveur de cet ouvrage1 p>ce qu'il y aurait d\ble l*et d'insult] des ,mnes si remplies de bi5veillance1 et si soigneuses du div]tissem5t des vivants2 mais que cela soit ou ne soit pas1 que le ,critique le rvre ou le morde1 je suis assur qu'il s'en s\ci]a d'autant mo9s que sa belle humeur e/ l'unique *ose de ce monde qu'il ait ret5ue en l'autre2 de sorte qu'tant impassible t\t le re/e1 quelque c\p que la mdisance lui porte1 il ne f]a que blan*ir4 ,ce n'e/ pas1 raill]ie "p1 que je veuille impos] p]sonne la ncessit de n'en jug] que p> mes yeux3 je sais trop bi5 que la lecture n'e/ agrable qu' proportion de ce qu'elle e/ libre2 c'e/ p\rquoi je tr\ve bon que *acun en juge selon le =t ou le faible de son gnie2 mais je prie les plus gnreux de se laiss] prv5ir p> cette favorable p5se qu'il n'a eu p\r b que le plaisant1 et c'e/ ce qui lui a pu faire nglig] quelques endroits1 auxquels1 cause de cela1 on doit une att5tion d'autant mo9s au/re1 que p> ce moy5 on l'excus]a plus facilem5t de la circonspection1 qu'autrem5t on y dsir]ait trop gr&e de sa "p1 de la mi5ne1 et de celle des ,imprimeurs4 ,quid ergo8 ,ut scriptor si peccat1 idem libr>ius usque1 ,quamvis e/ monitus1 v5ia c>et4#c #c ,horace1 ,art ,potique4 ,j'av\e1 t\tefois1 que1 si j'eusse eu le temps1 ou que je n'y eusse pas prvu de trs gr&es difficults1 j'aurais volonti]s exam9 la *ose de sorte qu'elle t'aurait sembl peut-tre plus complte2 mais j'ai apprh5d d'y mettre1 ou de la confusion1 ou de la dif=mit1 si j'entrepr5ais d'en *ang] l'ordre1 ou de suppler quelques lacunes1 p> le mlange de mon /yle au si51 dont ma mlancolie ne me p]met pas d'imit] la gaiet1 ni de suivre les beaux emportem5ts de son imag9ation1 la mi5ne1 cause de sa froideur1 tant beauc\p plus /rile4 ,c'e/ une disgrce qui e/ arrive presque t\s les ouvrages po/humes1 o ceux qui se sont donn le so9 de les mettre au j\r ont s\ff]t de semblables lacunes1 dans la cra9te 7s'ils en avai5t entrepris le supplm5t7 de ne pas cadr] la p5se de l',auteur4 ,ceux de ,ptrone sont de ce nombre-l2 mais on ne laisse pas d'en admir] les beaux fragm5ts1 comme on fait des re/es de l'anci5ne ,rome4 ,peut-tre1 t\tefois1 que1 sans mettre ces *oses en considration1 le ,critique1 qui ne se dm5t jamais1 biaisant au repro*e qu'il p\rrait enc\rir s'il attaquait un mort1 *ang]a seulem5t d'objets1 et prt5dra me r5dre caution de l'vnem5t de ce ,livre1 s\s ombre que je me suis donn le so9 de son impression2 mais j'appelle ds prs5t de son s5tim5t celui des ,sages1 qui me disp5s]ont t\j\rs d'tre responsable des faits d'autrui1 et de r5dre raison d'un pur effet de l'imag9ation de mon ami1 qui lui-mme n'aurait pas entrepris d'en donn] de plus solides que celles qu'on r5d ord9airem5t des fables et des romans4 ,je dirai seulem5t1 p> =me de manife/e en sa faveur1 que sa *imre n'e/ pas si absolum5t dp\rvue de vraisemblance1 qu'entre plusieurs gr&s hommes anci5s et mod]nes1 quelques-uns n'ai5t cru que la ,lune tait une t]re habitable2 d'autres1 qu'elle tait habite2 et d'autres plus ret5us1 qu'elle leur semblait telle4 ,entre les premi]s et les seconds1 ,hraclite a s\t5u qu'elle tait une t]re ent\re de br\ill>ds2 ,xnophon1 qu'elle tait habitable2 ,anaxagoras1 qu'elle avait des coll9es1 des valles1 des =ts1 des maisons1 des rivires et des m]s2 et ,luci51 qu'il y avait vu des hommes avec lesquels il avait conv]s et fait la gu]re contre les habitants du ,soleil2 ce qu'il conte t\tefois avec beauc\p mo9s de vraisemblance et de g5tillesse d'imag9ation que ,monsieur de ,b]g]ac4 ,en quoi c]ta9em5t les mod]nes l'emport5t sur les anci5s1 puisque les ,gans>s1 qui y portr5t l',espagnol1 dont le ,livre p>ut ici1 il y a d\ze ou qu9ze ans1 les b\teilles ple9es de rose1 les fuses volantes et le *>iot d'aci] de ,monsieur de ,b]g]ac1 sont des ma*9es bi5 plus agrablem5t imag9es que le vaisseau dont se s]vit ,luci51 p\r y mont]4 ,enf91 entre les d]ni]s1 le ,pre de ,m]s5ne1 7dont la gr&e pit et la sci5ce pr(onde ont t galem5t admires de ceux qui l'ont connu71 a d\t si la ,lune n'tait pas une t]re1 cause des eaux qu'il y rem>quait1 et que celles qui environn5t la t]re o n\s sommes en p\rrai5t faire conjectur] la mme *ose ceux qui en s]ai5t loigns de soixante demi-diamtres t]re/res1 comme n\s sommes de la ,lune4 ,ce qui peut pass] p\r une espce d'affirmation1 p>ce que le d\te1 dans un si gr& homme1 e/ t\j\rs fond sur une bonne raison1 au mo9s sur plusieurs app>5ces qui y quipoll5t4 ,gilb]t se dcl>e plus prcism5t sur le mme sujet1 c> il veut que la ,lune soit une t]re1 mais plus petite que la ntre1 et il s'ef=ce de le pr\v] p> les conv5ances qui sont entre celle-ci et celle-l4 ,h5ry le ,roy et ,franois ,patrice sont de ce s5tim5t1 et expliqu5t =t au long sur quelles app>5ces ils se fond5t1 s\t5ant enf9 que notre ,t]re et la ,lune se s]v5t de ,lunes rciproquem5t4 ,je sais que les ,pripattici5s ont t d'op9ion contraire1 et qu'ils ont s\t5u que la ,lune ne p\vait tre une t]re1 p>ce qu'elle ne portait po9t d'animaux1 qu'ils n'y aurai5t pu tre que p> la gnration et la corruption1 et que la ,lune e/ incorruptible1 qu'elle a t\j\rs t porte d'une situation /able et con/ante1 et qu'on n'y a rem>qu aucun *angem5t depuis le comm5cem5t du monde jusqu' prs5t4 ,mais ,hevelius leur rpond que notre ,t]re1 quelque corruptible qu'elle n\s p>aisse1 n'a pas laiss de dur] autant que la ,lune1 o il s'e/ pu faire des corruptions1 dont n\s ne n\s sommes jamais ap]u1 p>ce qu'elles s'y sont faites dans ses mo9dres p>ties1 et sur sa simple surface2 comme celles qui se font sur la surface de notre ,t]re1 o n\s ne les p\rrions dc\vrir1 si n\s en tions aussi loigns que de la ,lune4 ,il aj\te plusieurs autres raisonnem5ts qu'il confirme p> un tlescope de son inv5tion1 avec quoi il dit 7et l'expri5ce en e/ facile et familire7 qu'il a dc\v]t dans la ,lune que les p>ties plus luisantes et plus paisses1 les gr&es et les petites1 ont un ju/e rapport avec nos m]s1 nos rivires1 nos lacs1 nos pla9es1 nos montagnes et nos =ts4 ,enf91 notre div9 ,gass5di1 si sage1 si mode/e1 et si savant en t\tes ces *oses1 ayant v\lu se div]tir1 comme je crois qu'ont v\lu faire les autres1 a crit sur ce sujet de mme que ,hevelius1 aj\tant qu'il croit qu'il y a des montagnes dans la ,lune1 hautes quatre fois comme le mont ,olympe1 pr5dre sa hauteur sur celle que lui donne ,xnagoras1 c'e/--dire de qu>ante /ades1 qui revi5n5t environ c9q milles d',italie4 ,t\t cela1 ,lecteur1 te peut faire connatre que ,monsieur de ,b]g]ac ayant eu tant de gr&s hommes de son s5tim5t1 il e/ d'autant plus l\]1 qu'il a trait plaisamm5t une *imre dont ils ont trait trop srieusem5t3 aussi1 avait-il cela de p>ticuli]1 qu'il croyait qu'on devait rire et d\t] de t\t ce que c]ta9es g5s assur5t bi5 s\v5t aussi op9itrem5t que ridiculem5t2 en sorte que je lui ai ou dire beauc\p de fois qu'il avait autant de ,f>ceurs qu'il r5contrait de ,sidias 7c'e/ le nom d'un pdant que ,?ophile1 dans ses fragm5ts comiques1 fait battre c\ps de po+ contre un jeune homme qui le pdant op9itrait qu'odor 9 pomo non erat =ma1 s$ accid5s71 p>ce qu'il croyait qu'on p\vait donn] ce nom ceux qui disput5t1 avec la mme op9itret1 de *oses aussi inutiles4 ,l'ducation que n\s avions eue ensemble1 *ez un bon prtre de la campagne qui t5ait de petits p5sionnaires1 n\s avait fait amis ds notre plus gr&e jeunesse1 et je me s\vi5s de l'av]sion qu'il avait ds ce temps-l p\r ce qui lui p>aissait l'ombre d'un ,sidias1 p>ce que1 dans la p5se que cet homme en t5ait un peu1 il le croyait incapable de lui enseign] quelque *ose2 de sorte qu'il faisait si peu d'tat de ses leons et de ses corrections1 que son pre1 qui tait un bon vieux ,g5tilhomme assez indiffr5t p\r l'ducation de ses enfants1 et trop crdule aux pla9tes de celui-ci1 l'en retira un peu trop brusquem5t2 et1 sans s'in=m] si son fils s]ait mieux autre "p1 il l'envoya ,p>is1 o il le laissa jusqu' dix-neuf ans sur sa bonne foi4 ,cet ge1 o la nature se corrompt plus aism5t1 et la gr&e lib]t qu'il avait de ne faire que ce que bon lui semblait1 le portr5t sur un dang]eux p5*ant1 o j'ose dire que je l'arrtai2 p>ce qu'ayant a*ev mes tudes1 et mon pre v\lant que je s]visse dans les ,g>des1 je l'obligeai d'entr] avec moi dans la ,compagnie de ,monsieur de ,c>bon ,ca/eljal\x4 ,les duels1 qui semblai5t1 en ce temps-l l'unique et le plus prompt moy5 de se faire connatre le r5dir5t en si peu de j\rs si fameux1 que les ,gascons1 qui composai5t presque seuls cette ,compagnie1 le considrai5t comme le dmon de la brav\re1 et en comptai5t autant de combats que de j\rs qu'il y tait entr4 ,t\t cela cep5dant ne le dt\rnait po9t de ses tudes1 et je le vis un j\r dans un corps de g>de travaill] une ,elgie avec aussi peu de di/raction1 que s'il et t dans un cab9et =t loign du bruit4 ,il alla quelque temps aprs au sige de ,m\zon1 o il reut un c\p de m\squet au trav]s du corps1 et depuis1 un c\p d'pe dans la gorge1 au sige d',arras en #afdj4 ,mais les incommodits qu'il s\ffrit p5dant ces deux siges1 celles que lui laissr5t ces deux gr&es plaies1 les frqu5ts combats que lui attirait la rputation de son c\rage et de son adresse1 qui l'engagr5t plus de c5t fois tre second 7c> il n'eut jamais une qu]elle de son *ef71 le peu d'esprance qu'il avait d'tre considr1 faute d'un patron1 auprs de qui son gnie t\t libre le r5dait incapable de s'assujettir1 et enf9 le gr& am\r qu'il avait p\r l'tude1 le fir5t r5onc] entirem5t au mti] de la gu]re1 qui veut t\t un homme1 et qui le r5d autant ennemi des ,lettres que les ,lettres le font ami de la paix4 ,je t'en p>ticul>is]ais quelques combats qui n'tai5t po9t des duels1 comme fut celui o1 de c5t hommes attr\ps p\r insult] en ple9 j\r un de ses amis sur le foss de la porte de ,nesle1 deux1 p> leur mort1 et sept autres1 p> de gr&es blessures1 payr5t la pe9e de leur mauvais desse94 ,mais1 outre que cela pass]ait p\r fabuleux1 quoique fait la vue de plusieurs p]sonnes de qualit qui l'ont publi assez hautem5t p\r emp*] qu'on n'en puisse d\t]1 je crois n'en devoir pas dire davantage1 puisque aussi bi5 en suis-je l'endroit o il quitta ,m>s p\r se donn] ,m9]ve2 je veux dire qu'il r5ona si absolum5t t\tes sortes d'emplois depuis ce temps-l1 que l'tude fut l'unique auquel il s'adonna jusqu' la mort4 ,au re/e1 il ne bornait pas sa ha9e p\r la sujtion1 celle qu'exig5t les ,gr&s auprs desquels on s'atta*e2 il l't5dait encore plus lo91 et mme jusqu'aux *oses qui lui semblai5t contra9dre les p5ses et les op9ions1 dans lesquelles il v\lait tre aussi libre1 que dans les plus indiffr5tes actions2 et il traitait de ridicules c]ta9es g5s1 qui1 avec l'autorit d'un passage1 ou d',ari/ote1 ou de tel autre1 prt5d5t1 aussi audacieusem5t que les disciples de ,py?agore avec leur ,magi/] dixit1 jug] des que/ions importantes1 quoique des preuves s5sibles et familires les dm5t5t t\s les j\rs4 ,ce n'e/ pas qu'il n'et t\te la vnration qu'on doit avoir p\r tant de r>es ,philosophes1 anci5s et mod]nes2 mais la gr&e div]sit de leurs sectes1 et l'trange contr>it de leurs op9ions1 lui p]suadai5t qu'on ne devait tre d'aucun p>ti3 ,nullius addictus jur>e 9 v]ba magi/ri4 ,dmocrite et ,pyrrhon lui semblai5t1 aprs ,socrate1 les plus raisonnables de l'antiquit2 encore1 n'tait-ce qu' cause que le premi] avait mis la vrit dans un lieu si obscur1 qu'il tait impossible de la voir2 et que ,pyrrhon avait t si gnreux1 qu'aucun des savants de son sicle n'avait pu mettre ses s5tim5ts en s]vitude1 et si mode/e1 qu'il n'avait jamais v\lu ri5 dcid]2 aj\tant1 propos de ces savants1 que beauc\p de nos ,mod]nes ne lui semblai5t que les *os d'autres savants1 et que beauc\p de g5s pass5t p\r trs doctes1 qui aurai5t pass p\r trs ignorants1 si des savants ne les avai5t prcds4 ,de sorte que1 qu& je lui dem&ais p\rquoi donc il lisait les ouvrages d'autrui1 il me rpondait que c'tait p\r connatre les l>c9s d'autrui2 et que1 s'il et t juge de ces sortes de crimes1 il y aurait tabli des pe9es plus rig\reuses que celles dont on punit les voleurs de gr&s *em9s2 cause que1 la gloire tant quelque *ose de plus prcieux qu'un habit1 qu'un *eval1 et mme que de l'or1 ceux qui s'en acquir5t p> des livres qu'ils compos5t de ce qu'ils drob5t *ez les autres tai5t comme des voleurs de gr&s *em9s1 qui se p>5t aux dp5s de ceux qu'ils dvalis5t2 et que1 si *acun et travaill ne dire que ce qui n'et po9t t dit1 les biblio?ques euss5t t mo9s grosses1 mo9s emb>rassantes1 plus utiles1 et la vie de l'homme1 7quoique trs c\rte71 et presque suffi p\r lire et savoir t\tes les bonnes *oses2 au lieu que1 p\r en tr\v] une qui soit passable1 il en faut lire c5t mille1 ou qui ne val5t ri51 ou qu'on a lues ailleurs une inf9it de fois1 et qui font cep5dant consum] le temps inutilem5t et dsagrablem5t4 ,nanmo9s1 il ne blmait jamais un ouvrage absolum5t1 qu& il y tr\vait quelque *ose de n\veau2 p>ce qu'il disait que c'tait un accroissem5t de bi5 aussi gr& p\r la ,rpublique des ,lettres que la dc\v]te des t]res n\velles e/ utile aux anci5nes2 et la nation des ,critiques lui semblait d'autant plus insupportable1 qu'il attribuait1 l'envie et au dpit qu'ils avai5t de se voir incapables d'aucune entreprise 7qui e/ t\j\rs l\able1 qu& bi5 l'effet n'y rpondrait pas entirem5t71 la passion qu'ils font p>atre repr5dre les autres4 ,non ego paucis1 disait-il4 ,(f5dat maculis quas aut incuriat fudit ,aut humana p>um cavit natura4 ,et1 en effet1 si on s\ffre bi5 des ombres dans un tableau1 p\rquoi ne pas s\ffrir dans un ,livre quelques endroits mo9s =ts que d'autres1 puisque1 p> la rgle des contraires1 le noir s]t quelquefois faire davantage brill] le blanc4 ,cep5dant1 comme il n'avait que des s5tim5ts extraord9aires1 aucun de ses ouvrages n'a t mis entre les communs4 ,son ,agripp9e comm5ce1 cont9ue1 et f9it d'une manire que d'autres n'avai5t po9t encore pratique4 ,l'locution y e/ t\te potique1 le sujet bi5 *oisi1 les rles =t beaux1 les s5tim5ts roma9s dans une vigueur digne d'un si gr& nom1 l'intrigue m]veilleuse1 la surprise agrable1 le dml clair1 et la rgle des v+t-quatre heures si rgulirem5t obs]ve1 que cette ,pice peut pass] p\r un ,modle du ,pome dramatique4 ,mais en quoi p>ticulirem5t il tait admirable1 c'e/ que du srieux il passait au plaisant1 et y russissait galem5t4 ,sa comdie du ,pdant j\ en e/ une preuve et trs =te et trs agrable2 de mme que plusieurs de ses autres ouvrages2 tmoignage trs fidle de l'univ]salit de son bel esprit4 ,son ,hi/oire de l',et9celle et de la ,rpublique du ,soleil1 o1 en mme /yle qu'il a pr\v la ,lune habitable1 il pr\vait le s5tim5t des pi]res1 l'in/9ct des plantes1 et le raisonnem5t des brutes1 tait encore au-dessus de t\t cela1 et j'avais rsolu de la jo9dre celle-ci2 mais un voleur1 qui pilla son c(fre p5dant sa maladie1 m'a priv de cette satisfaction1 et toi1 de ce surcrot de div]tissem5t4 ,enf91 ,lecteur1 il passa t\j\rs p\r un homme d'esprit trs r>e2 quoi la ,nature joignit tant de bonheur du ct des s5s1 qu'il se les s\mit t\j\rs autant qu'il v\lut2 de sorte qu'il ne b du v9 que r>em5t1 cause1 disait-il1 que son excs abrutit1 et qu'il fallait tre autant sur la prcaution son g>d que de l'ars5ic 7c'tait quoi il le comp>ait71 p>ce qu'on doit t\t apprh5d] de ce poison1 quelque prp>ation qu'on y apporte2 qu& mme il n'y aurait en cra9dre que ce que le vulgaire nomme qui pro quo1 qui le r5d t\j\rs dang]eux4 ,il n'tait pas mo9s modr dans son mang]1 dont il bannissait les ragots tant qu'il p\vait1 dans la croyance que le plus simple vivre1 et le mo9s mixtionn1 tait le meilleur3 ce qu'il confirmait p> l'exemple des hommes mod]nes1 qui viv5t si peu2 au contraire de ceux des premi]s sicles1 qui sembl5t n'avoir vcu si longtemps qu' cause de la simplicit de leurs repas4 ,quippe alit] tunc orbe novo cloque rec5te ,vivebant hom9es444 ,il accompagnait ces deux qualits d'une si gr&e ret5ue env]s le beau sexe1 qu'on peut dire qu'il n'e/ jamais sorti du respect que le ntre lui doit2 et il avait jo9t t\t cela une si gr&e av]sion p\r t\t ce qui lui semblait intress1 qu'il ne put jamais s'imag9] ce que c'tait de possd] du bi5 en p>ticuli]1 le si5 tant bi5 mo9s lui qu' ceux de sa connaissance qui en avai5t beso94 ,aussi le ciel1 qui n'e/ po9t +rat1 v\lut que d'un gr& nombre d'amis qu'il eut p5dant sa vie1 plusieurs l'aimass5t jusqu' la mort1 et quelques-uns mme p> del4 ,je me d\te1 ,lecteur1 que ta curiosit1 p\r sa gloire et ma satisfaction1 dem&e que j'en consigne les noms la po/rit2 et j'y dfre d'autant plus volonti]s1 que je ne t'en nomm]ai aucun qui ne soit d'un mrite extraord9aire1 tant il les avait bi5 su *oisir4 ,plusieurs raisons1 et pr9cipalem5t l'ordre du temps1 veul5t que je comm5ce p> ,monsieur de ,prade1 en qui la belle sci5ce galait un gr& cur et beauc\p de bont1 que son admirable hi/oire de ,france fait si ju/em5t nomm] le ,corneille ,tacite des ,franais1 et qui sut tellem5t e/im] les belles qualits de ,monsieur de ,b]g]ac1 qu'il fut aprs moi le plus anci5 de ses amis et un de ceux qui le lui a tmoign le plus obligeamm5t en une inf9it de r5contres4 ,l'illu/re ,cavois1 qui fut tu la bataille de ,l5s1 et le vaillant ,brissailles1 ,enseigne des ,g5s-d'armes de son ,altesse ,royale1 fur5t non seulem5t les ju/es e/imateurs de ses belles actions1 mais encore ses glorieux tmo9s1 et ses fidles compagnons en quelques-unes4 ,j'ose dire que mon frre et ,monsieur de ,z$de1 qui se connaiss5t en braves1 et qui l'ont s]vi1 et en ont t s]vis dans quelques occasions s\ff]tes en ce temps-l aux g5s de leur mti]1 galai5t son c\rage celui des plus vaillants2 et1 si ce tmoignage tait suspect1 cause de la "p qu'y a mon frre1 je cit]ais encore un brave de la plus haute classe1 je veux dire ,monsieur ,duret de ,mon*591 qui l'a trop bi5 connu et trop e/im1 p\r ne pas confirm] ce que j'en dis4 ,j'y puis aj\t] ,monsieur de ,b\rgongne1 ,me/re de ,camp du ,rgim5t d',infant]ie de ,monseigneur le ,pr9ce de ,conti2 puisqu'il vit le combat surhuma9 dont j'ai p>l1 et que le tmoignage qu'il en r5dit avec le nom d'intrpide1 qu'il lui en donne t\j\rs depuis1 ne p]met pas qu'il en re/e l'ombre du mo9dre d\te1 au mo9s ceux qui ont connu ,monsieur de ,b\rgongne1 qui tait trop savant bi5 faire le disc]nem5t de ce qui n'en mrite po9t1 et dont le gnie tait univ]sellem5t trop beau p\r se tromp] dans une *ose de cette nature4 ,monsieur de ,*avagne1 qui c\rt t\j\rs avec une si agrable imptuosit au-devant de ceux qu'il veut oblig]1 cet illu/re ,conseill] ,monsieur de ,longueville-,gonti]1 qui a t\tes les qualits d'un homme a*ev1 ,monsieur de ,sa9t-,gilles1 en qui l'effet suit t\j\rs l'envie d'oblig]1 et qui n'e/ pas un petit tmo9 de son c\rage et de son esprit1 ,monsieur de ,lignires1 dont les productions sont les effets d'un p>faitem5t beau feu1 ,monsieur de ,*teau=t1 en qui la mmoire et le jugem5t sont si admirables1 et l'application si heureuse d'une inf9it de belles *oses qu'il sait1 ,monsieur des ,billettes qui n'ignore ri5 v+t-trois ans de ce que les autres font gloire de savoir c9quante1 ,monsieur de la ,morlire1 dont les murs sont si belles1 et la faon d'oblig] si *>mante1 ,monsieur le ,comte de ,bri5ne1 de qui le bel esprit rpond si bi5 sa gr&e naissance1 eur5t p\r lui t\te l'e/ime qui fait la vritable amiti1 dont l'envi ils prir5t plaisir de lui donn] des m>ques trs s5sibles4 ,je ne p>ticul>is]ai ri5 de ce =t esprit1 de ce t\t savant1 de cet infatigable produire tant de bonnes et si utiles *oses1 ,monsieur l',abb de ,villelo91 p>ce que je n'ai pas eu l'honneur de le pratiqu]1 mais je puis assur] que ,monsieur de ,b]g]ac s'en l\ait extrmem5t1 et qu'il en avait reu plusieurs tmoignages de beauc\p de bont4 ,j'aurais aj\t que1 p\r complaire ses amis qui lui conseillai5t de se faire un ,patron qui l'appuyt la ,c\r1 ou ailleurs1 il va9quit le gr& am\r qu'il avait p\r sa lib]t1 et que1 jusqu'au j\r qu'il reut la tte le c\p dont j'ai p>l1 il demeura auprs de ,monsieur le ,duc d',arpajon1 qui mme il ddia t\s ses ,ouvrages2 mais1 p>ce que dans sa maladie il se plaignit d'en avoir t ab&onn1 j'ai cru ne pas devoir dcid] si ce fut p> un effet du malheur gnral p\r t\s les petits1 et commun t\s les gr&s1 qui ne se s\vi5n5t des s]vices qu'on leur r5d que dans le temps qu'ils les reoiv5t1 ou si ce n'tait po9t un secret du ,ciel1 qui1 v\lant l't] sitt du monde1 v\lait aussi lui inspir] le peu de regret qu'on doit avoir de quitt] ce qui n\s y semble de plus beau1 et qui p\rtant ne l'e/ pas t\j\rs4 ,je f]ais tort ,monsieur ,roho1 si je n'aj\tais son nom sur une li/e si glorieuse1 puisque cet illu/re ma?matici51 qui a tant fait de belles preuves physiques1 et qui n'e/ pas mo9s aimable p\r sa bont et sa mode/ie que relev au-dessus du commun p> sa sci5ce1 eut tant d'amiti p\r ,monsieur de ,b]g]ac1 et s'intressa de telle sorte p\r ce qui le t\*ait1 qu'il fut le premi] qui dc\vrit la vritable cause de sa maladie1 et qui re*]*a soigneusem5t1 avec t\s ses amis1 les moy5s de l'en dlivr]2 mais ,monsieur des ,boisclairs1 qui jusque dans ses mo9dres actions n'a ri5 que d'hroque1 crut tr\v] en ,monsieur de ,b]g]ac une trop belle occasion de satisfaire sa gnrosit1 p\r en laiss] la gloire aux autres1 qu'il rsolut de prv5ir1 et qu'il prv9t en effet1 dans une conjoncture d'autant plus utile son ami1 que l'ennui de sa longue captivit le m5aait d'une prompte mort1 dont une viol5te fivre avait mme dj comm5c le tri/e prlude4 ,mais cet ami sans pair l'int]rompit1 p> un int]valle de quatorze mois1 qu'il le g>da *ez lui1 et il et eu1 avec la gloire que mrit5t tant de gr&s so9s et tant de bons traitem5ts qu'il lui fit1 celle de lui avoir cons]v la vie1 si ses j\rs n'euss5t t compts et borns la tr5te-c9quime anne de son ge1 qu'il f9it la campagne *ez ,monsieur de ,cyrano1 son c\s91 dont il avait reu de gr&s tmoignages d'amiti1 de qui les conv]sations1 si savantes dans l',hi/oire du temps prs5t et du pass1 lui plaisai5t extrmem5t1 et *ez qui1 p> une affectation de *ang] d'air qui prcde la mort1 et qui en e/ un symptme presque c]ta9 dans la plup>t des malades1 il se fit port]1 c9q j\rs avant de m\rir4 ,je crois que c'e/ r5dre ,monsieur le ,m>*al de ,gassion une p>tie de l'honneur qu'on doit sa mmoire1 de dire qu'il aimait les g5s d'esprit et de cur1 p>ce qu'il se connaissait en t\s les deux1 et que1 sur le rcit que ,messieurs de ,cavois et de ,cuigy lui fir5t de ,monsieur de ,b]g]ac1 il le v\lut avoir auprs de lui4 ,mais la lib]t dont il tait encore idoltre 7c> il ne s'atta*a que longtemps aprs ,m4 d',arpajon7 ne put jamais lui faire considr] un si gr& homme que comme un matre2 de sorte qu'il aima mieux n'en tre pas connu et tre libre1 que d'en tre aim et tre contra9t2 et mme cette humeur1 si peu s\cieuse de la =tune1 et si peu des g5s du temps1 lui fit nglig] plusieurs belles connaissances que la ,rvr5de ,mre ,m>gu]ite1 qui l'e/imait p>ticulirem5t1 v\lut lui procur]2 comme s'il et press5ti que ce qui fait le bonheur de cette vie lui et t inutile p\r s'assur] celui de l'autre4 ,ce fut la seule p5se qui l'occupa sur la f9 de ses j\rs d'autant plus srieusem5t1 que ,madame de ,neuvillette1 cette femme t\te pieuse1 t\te *>itable1 t\te son pro*a91 p>ce quelle e/ t\te ,dieu1 et de qui il avait l'honneur d'tre p>5t du ct de la noble famille des ,brang]s1 y contribua1 de sorte qu'enf9 le lib]t9age1 dont les jeunes g5s sont p\r la plup>t s\ponns1 lui p>ut un mon/re1 p\r lequel je puis tmoign] qu'il eut depuis cela t\te l'av]sion qu'en doiv5t avoir ceux qui veul5t vivre *rti5nem5t4 ,j'augurai ce gr& *angem5t1 quelque temps avant sa mort1 de ce que1 lui ayant un j\r repro* la mlancolie qu'il tmoignait dans les lieux o il avait acc\tum de dire les meilleures et les plus plaisantes *oses1 il me rpondit que c'tait cause que1 comm5ant connatre le monde1 il s'en dsabusait2 et qu'enf9 il se tr\vait dans un tat o il prvoyait que dans peu la f9 de sa vie s]ait la f9 de ses disgrces2 mais qu'en vrit son plus gr& dplaisir tait de ne l'avoir pas mieux employe3 ,iam inv5es vides1 me dit-il1 ,in/eteum f]ior tas ,m]5tem /ultos pret]isse dies4 ,et en vrit1 aj\ta-t-il1 je crois que ,tibulle prophtisait de moi1 qu& il p>lait de la sorte2 c> p]sonne n'eut jamais tant de regret que j'en ai de tant de beaux j\rs passs si inutilem5t4 ,tu me dois p>donn] cette digression1 ,lecteur1 et si je me suis si =t t5du sur le mrite d'un ami1 sa mort m'exempte du blme que j'aurais enc\ru de l'avoir v\lu flatt]1 outre que de si belles *oses ne saurai5t jamais dplaire4 ,p\r donc repr5dre la suite des autorits sur lesquelles il s'e/ fond1 je dis que le ,dmon dont il se fait s]vir si utilem5t p5dant son sj\r dans la ,lune n'e/ pas une *ose in\e1 puisque ,?als et ,hraclite ont dit que le monde en tait rempli2 outre ce qu'on a publi de ceux de ,socrate1 de ,dion1 de ,brutus1 et de plusieurs autres4 ,la pluralit des mondes1 dont il a p>l1 e/ appuye sur le s5tim5t de ,dmocrite1 qui l'a s\t5ue2 de mme que l'inf9i et les petits corps ou atomes1 dont il a disc\ru en quelques endroits aprs ce ,philosophe1 ,epicure et ,lucrce4 ,le m\vem5t qu'il donne la ,t]re n'e/ pas n\veau1 puisque ,py?agore1 ,philolaus et ,ari/>que s\t9r5t autrefois qu'elle t\rnait aut\r du ,soleil1 qu'ils mettai5t au c5tre du monde4 ,leucippe1 et plusieurs autres ont presque dit la mme *ose2 mais ,cop]nic1 dans le d]ni] sicle1 l'a s\t5ue plus hautem5t que t\s1 puisqu'il a *ang le sy/me de ,ptolme1 aup>avant suivi de t\s les ,a/ronomes1 dont la plup>t appr\v5t auj\rd'hui celui de ,cop]nic1 d'autant plus simple et plus ais1 qu'il met le ,soleil au c5tre du ,monde1 la ,t]re entre les ,plantes1 la place que ,ptolme y donne au ,soleil1 c'e/--dire qu'il fait m\voir aut\r du ,soleil la sphre de ,m]cure1 puis celle de ,vnus1 puis celle de la ,t]re1 au bord de laquelle il met un ,epicicle1 sur lequel il fait t\rn] la ,lune aut\r de la ,t]re1 et a*ev] sa rvolution en v+t-sept j\rs1 outre celle qu'il lui fait faire avec la mme ,t]re aut\r du ,soleil en un an4 ,je te confess]ai t\tefois1 ,lecteur1 que ce *angem5t m'e/ indiffr5t1 p>ce que je ne pr(esse po9t ces ,sci5ces1 qui sont trop ab/raites p\r moi2 et je te prote/e que t\t ce que j'en sais ne consi/e qu'en quelques t]mes que me f\rnit la mmoire de quelque lecture des ouvrages qui en trait5t4 ,c'e/ p\rquoi je dcl>e que1 p> ce que j'ai dit de ,cop]nic1 je n'ai po9t prt5du (f5s] ,ptolme2 il me suffit que ,cli en>rant gloriam ,dei1 et que leur admirable /ructure me pr\ve qu'ils ne sont po9t l'ouvrage de la ma9 des hommes4 ,quoi qu'en ait dit ,ptolme1 ils ne sont que ce qu'ils ont t\j\rs t2 et1 quelque *angem5t qu'y ait apport ,cop]nic1 ils sont demeurs dans le mme lieu et dans la mme fonction que leur a donns l',etre ,s\v]a91 qui1 sans *ang]1 peut seul *ang] t\tes *oses4 ,j'ai dit1 au comm5cem5t de ce disc\rs1 le sujet qui me l'a fait entrepr5dre2 et1 dans la suite1 on peut connatre comm5t et p\rquoi j'ai cit1 t\s ces ,savants4 ,je te prie1 ,lecteur1 de t'en s\v5ir1 af9 de ju/ifi] le peu ou po9t de dfr5ce que j'ai p\r t\t ce qui peut commettre la vrit de ma croyance avec les imag9ations d'autrui4 ,,le ,,bret4 ,illu/ration3 ,reproduction de la figure place en tte du second volume des uvres de ,monsieur de ,cyrano ,b]g]ac ,n\velle dition orne de figures en taille-d\ce ,a ,am/]dam *ez ,jacques ,desbordes1 ,libraire vis--vis de la gr&e porte de la ,b\rse #agji4 ,illu/ration ,l',,autre ,,monde ou ,,hi/oire ,,comique des tats et ,empires de la ,lune ,la ,lune tait en son ple91 le ,ciel tait dc\v]t1 et neuf heures du soir tai5t sonnes1 lorsque1 rev5ant de ,clam>t1 prs ,p>is 7o ,m4 de ,guigy le fils1 qui en e/ ,seigneur1 n\s avait rgals plusieurs de mes amis et moi71 les div]ses p5ses que n\s donna cette b\le de safran n\s dfrayr5t sur le *em93 de sorte que1 les yeux noys dans ce gr& ,a/re1 tantt l'un le pr5ait p\r une luc>ne du ,ciel2 tantt un autre assurait que c'tait la plat9e o ,diane dresse les rabats d',apollon2 un autre1 que ce p\vait bi5 tre le ,soleil lui-mme1 qui1 s'tant au soir dp\ill de ses rayons1 reg>dait p> un tr\ ce qu'on faisait au monde1 qu& il n'y tait pas4 --,et moi1 leur dis-je1 qui s\haite ml] mes en?\siasmes aux vtres1 je crois1 sans m'amus] aux imag9ations po9tues dont v\s *at\illez le ,temps p\r le faire m>*] plus vite1 que la ,lune e/ un monde comme celui-ci2 qui le ntre s]t de ,lune4 ,quelques-uns de la compagnie me rgalr5t d'un gr& clat de rire4 --,a9si peut-tre1 leur dis-je1 se moque-t-on ma9t5ant1 dans la ,lune1 de quelque autre1 qui s\ti5t que ce globe-ci e/ un monde4 ,mais j'eus beau leur allgu] que ,py?agore1 ,epicure1 ,dmocrite et de notre ge ,cop]nic et ,keppl]#d avai5t t de cette op9ion1 je ne les obligeai qu' rire de plus belle4 #d ,v>3 plusieurs gr&s hommes4 7,edition ,le ,bret47 ,cette p5se1 cep5dant1 dont la h>diesse biaisait mon humeur1 aff]mie p> la contradiction1 se plongea si pr(ondm5t *ez moi1 que1 p5dant t\t le re/e du *em91 je demeurai gros de mille df9itions de ,lune1 dont je ne p\vais acc\*]3 de sorte qu' =ce d'appuy] cette croyance burlesque p> des raisonnem5ts presque srieux1 il s'en fallait peu que je n'y dfrasse dj1 qu& le miracle ou l'accid5t1 la =tune1 ou peut-tre ce qu'on nomm]a vision1 fiction1 *imre ou folie1 si on veut1 me f\rnit l'occasion qui m'engagea ce disc\rs4 ,etant arriv *ez moi1 je montai dans mon cab9et1 o je tr\vai sur la table un livre ouv]t que je n'y avais po9t mis4 ,c'tait celui de ,c>dan1 et1 quoique je n'eusse pas desse9 d'y lire1 je tombai de la vue1 comme p> =ce1 ju/em5t sur une hi/oire de ce philosophe qui dit qu'tudiant un soir la *&elle1 il ap]ut entr]1 au trav]s des portes f]mes1 deux gr&s vieill>ds1 lesquels1 aprs beauc\p d'int]rogations qu'il leur fit1 rpondir5t qu'ils tai5t habitants de la ,lune1 et en mme temps disp>ur5t4 ,je demeurai si surpris1 tant de voir un livre qui s'tait apport l t\t seul1 que du temps et de la feuille o il s'tait r5contr ouv]t1 que je pris t\te cette en*anure d'incid5ts p\r une inspiration de faire connatre aux hommes que la ,lune e/ un monde4 --,quoi6 disais-je en moi-mme1 aprs avoir t\t auj\rd'hui p>l d'une *ose1 un livre qui e/ peut-tre le seul au monde o cette matire se traite si p>ticulirem5t1 vol] de ma biblio?que sur ma table1 dev5ir capable de raison1 p\r s'ouvrir ju/em5t l'endroit d'une av5ture si m]veilleuse2 entran] mes yeux dessus1 comme p> =ce1 et f\rnir ensuite ma fantaisie les rflexions1 et ma volont les desse9s que je fais6--,sans d\te1 cont9uais-je1 les deux vieill>ds qui app>ur5t ce gr& homme sont ceux-l mmes qui ont drang mon livre et qui l'ont ouv]t sur cette page p\r s'p>gn] la pe9e de me faire la h>angue qu'ils ont faite ,c>dan4--,mais1 aj\tais-je1 je ne saurais m'claircir de ce d\te1 si je ne monte jusque-l8--,et p\rquoi non8 me rpondais-je aussitt4 ,prom?e fut bi5 autrefois au ,ciel y drob] du feu4 ,suis-je mo9s h>di que lui8 et ai-je lieu de n'en pas espr] un succs aussi favorable8 ,a ces b\tades1 qu'on nomm]a peut-tre des accs de fivre *aude1 succda l'esprance de faire russir un si beau voyage3 de sorte que je m'enf]mai1 p\r en v5ir b\t1 dans une maison de campagne assez c>te1 o1 aprs avoir flatt mes rv]ies de quelques moy5s proportionns mon sujet1 voici comm5t je montai au ,ciel4 ,j'avais atta* aut\r de moi quantit de fioles ple9es de rose1 sur lesquelles le ,soleil d>dait ses rayons si violemm5t1 que la *aleur1 qui les attirait1 comme elle fait les plus grosses nues1 m'leva si haut1 qu'enf9 je me tr\vai au-dessus de la moy5ne rgion4 ,mais1 comme cette attraction me faisait mont] avec trop de rapidit1 et qu'au lieu de m'appro*] de la ,lune1 comme je prt5dais1 elle me p>aissait plus loigne qu' mon d"p1 je cassai plusieurs de mes fioles1 jusqu' ce que je s5tis que ma pesanteur surmontait l'attraction1 et que je r$esc5dais v]s la t]re4 ,mon op9ion ne fut po9t fausse1 c> j'y retombai quelque temps aprs2 et1 compt] de l'heure que j'en tais p>ti1 il devait tre m9uit4 ,cep5dant1 je reconnus que le ,soleil tait alors au plus haut de l'horizon1 et qu'il tait l midi4 ,je v\s laisse p5s] combi5 je fus tonn3 c]tes1 je le fus de si bonne sorte que1 ne sa*ant quoi attribu] ce miracle1 j'eus l'insol5ce de m'imag9] qu'en faveur de ma h>diesse1 ,dieu avait encore une fois recl\ le ,soleil aux ,cieux1 af9 d'clair] une si gnreuse entreprise4 ,ce qui accrut mon tonnem5t1 ce fut de ne po9t connatre le pays o j'tais1 vu qu'il me semblait qu'tant mont droit1 je devais tre desc5du au mme lieu d'o j'tais p>ti4 ,equip p\rtant comme j'tais1 je m'a*em9ai v]s une espce de *aumire1 o j'ap]u de la fume2 et j'en tais pe9e une porte de pi/olet1 que je me vis ent\r d'un gr& nombre d'hommes t\t nus4 ,ils p>ur5t =t surpris de ma r5contre1 c> j'tais le premi]1 ce que je p5se1 qu'ils euss5t jamais vu habill de b\teilles4 ,et1 p\r r5v]s] encore t\tes les int]prtations qu'ils aurai5t pu donn] cet quipage1 ils voyai5t qu'en m>*ant je ne t\*ais presque po9t la t]re3 aussi ne savai5t-ils pas qu'au mo9dre branle que je donnais mon corps1 l'ardeur des rayons de midi me s\levait avec ma rose1 et que1 sans que mes fioles n'tai5t plus en assez gr& nombre1 j'eusse t possible leur vue enlev dans les airs4 ,je les v\lus abord]2 mais1 comme si la frayeur les et *angs en oiseaux1 un mom5t les vit p]dre dans la =t pro*a9e4 ,j'en attrapai un t\tefois1 dont les jambes sans d\te avai5t trahi le cur4 ,je lui dem&ai1 avec bi5 de la pe9e 7c> j'tais t\t ess\fl71 combi5 l'on comptait de l ,p>is1 et depuis qu& en ,france le monde allait t\t nu1 et p\rquoi ils me fuyai5t avec tant d'p\vante4 ,cet homme1 qui je p>lais1 tait un vieill>d olivtre1 qui d'abord se jeta mes g5\x2 et1 joignant les ma9s en haut d]rire la tte1 ouvrit la b\*e et f]ma les yeux4 ,il m>motta longtemps entre ses d5ts1 mais je ne disc]nai po9t qu'il articult ri53 de faon que je pris son langage p\r le gaz\illem5t enr\ d'un muet4 ,a quelque temps de l1 je vis arriv] une compagnie de soldats tamb\r battant1 et j'en rem>quai deux se sp>] du gros1 p\r me reconnatre4 ,qu& ils fur5t assez pro*es p\r tre ent5dus1 je leur dem&ai o j'tais4 --,v\s tes en ,france1 me rpondir5t-ils1 mais qui ,diable v\s a mis en cet tat8 et d'o vi5t que n\s ne v\s connaissons po9t8 ,e/-ce que les vaisseaux sont arrivs8 ,en allez-v\s donn] avis monsieur le ,g\v]neur8 et p\rquoi avez-v\s divis votre eau-de-vie en tant de b\teilles8 ,a t\t cela1 je leur rp>tis que le ,diable ne m'avait po9t mis en cet tat2 qu'ils ne me connaissai5t pas1 cause qu'ils ne p\vai5t pas connatre t\s les hommes2 que je ne savais po9t que la ,se9e portt de navires ,p>is1 que je n'avais po9t d'avis donn] ,monsieur de ,montbazon#e2 et que je n'tais po9t *>g d'eau-de-vie4 #e ,v>3 le m>*al de l',hpital4 7,edition ,le ,bret47 --,ho1 ho1 me dir5t-ils1 me pr5ant les bras1 v\s faites le gaill>d8 ,monsieur le ,g\v]neur v\s connatra bi51 lui6 ,ils me m5r5t v]s leur gros1 o j'appris que j'tais vritablem5t en ,france1 mais en la ,n\velle#f1 de sorte qu' quelque temps de l je fus prs5t ,monsieur de ,montmagnie1 qui en e/ le ,vice-,roi1 qui me dem&a mon pays1 mon nom et ma qualit2 et1 aprs que je l'eus satisfait1 lui contant l'agrable succs de mon voyage1 soit qu'il le crt1 soit qu'il feignt de le croire1 il eut la bont de me faire donn] une *ambre dans son app>tem5t4 ,mon bonheur fut gr& de r5contr] un homme capable de hautes op9ions1 et qui ne s'tonna po9t1 qu& je lui dis qu'il fallait que la ,t]re et t\rn p5dant mon lvation1 puisque1 ayant comm5c de mont] deux lieues de ,p>is1 j'tais tomb1 p> une ligne quasi-p]p5diculaire1 en ,canada4 #f ,le ,canada ou ,n\velle-,france4 ,le soir1 comme je m'allais c\*]1 il entra dans ma *ambre1 et me dit3 --,je ne s]ais pas v5u int]rompre votre repos1 si je n'avais cru qu'une p]sonne qui a pu tr\v] le secret de faire tant de *em9 en un demi-j\r n'ait pas eu aussi celui de ne se po9t lass]4 ,mais v\s ne savez pas1 aj\ta-t-il1 la plaisante qu]elle que je vi5s d'avoir p\r v\s avec nos ,pres ,jsuites8 ,ils veul5t absolum5t que v\s soyez magici52 et la plus gr&e grce que v\s puissiez obt5ir d'eux e/ de ne pass] que p\r impo/eur4 ,et1 en effet1 ce m\vem5t que v\s attribuez la ,t]re e/ un p>adoxe assez dlicat2 et1 p\r moi1 je v\s dirai fran*em5t que ce qui fait que je ne suis pas de votre op9ion1 c'e/ qu'encore qu'hi] v\s soyez p>ti de ,p>is1 v\s p\vez tre arriv auj\rd'hui en cette contre1 sans que la ,t]re ait t\rn2 c> le ,soleil1 v\s ayant enlev p> le moy5 de vos b\teilles1 ne doit-il pas v\s avoir am5 ici1 puisque1 selon ,ptolme1 ,ty*o ,brah et les philosophes mod]nes1 il *em9e du biais que v\s faites m>*] la ,t]re8 ,et puis1 quelle gr&e vraisemblance avez-v\s1 p\r v\s figur] que le ,soleil soit immobile1 qu& n\s le voyons m>*]8 et quelle app>5ce que la ,t]re t\rne avec tant de rapidit1 qu& n\s la s5tons f]me dess\s n\s8 --,monsieur1 lui rpliquai-je1 voici les raisons peu prs qui n\s oblig5t le prjug]4 ,premirem5t1 il e/ du s5s commun de croire que le ,soleil a pris la place au c5tre de l'univ]s1 puisque t\s les corps qui sont dans la ,nature ont beso9 de ce feu radical2 qu'il habite au cur de ce ,royaume1 p\r tre en tat de satisfaire promptem5t la ncessit de *aque p>tie1 et que la cause des gnrations soit place au milieu de t\s les corps1 p\r y agir galem5t et plus aism5t3 de mme que la sage ,nature a plac les p>ties gnitales dans l'homme1 les pp9s dans le c5tre des pommes1 les noyaux au milieu de leur fruit2 et de mme que l'oignon cons]ve1 l'abri de c5t corces qui l'environn5t1 le prcieux g]me o dix millions d'autres ont puis] leur ess5ce2 c> cette pomme e/ un petit univ]s soi-mme1 dont le pp91 plus *aud que les autres p>ties1 e/ le soleil1 qui rp& aut\r de soi la *aleur cons]vatrice de son globe2 et ce g]me1 dans cette op9ion1 e/ le petit ,soleil de ce petit monde1 qui r*auffe et n\rrit le sel vgtatif de cette petite masse4 ,cela donc suppos1 je dis que la ,t]re ayant beso9 de la lumire1 de la *aleur1 et de l'influ5ce de ce gr& feu1 elle t\rne aut\r de lui p\r recevoir galem5t en t\tes ses p>ties cette v]tu qui la cons]ve4 ,c> il s]ait aussi ridicule de croire que ce gr& corps lum9eux t\rnt aut\r d'un po9t dont il n'a que faire que de s'imag9]1 qu& n\s voyons une al\ette rtie1 qu'on a1 p\r la cuire1 t\rn la *em9e al5t\r4 ,autrem5t1 si c'tait au ,soleil faire cette corve1 il sembl]ait que la mdec9e et beso9 du malade2 que le =t dt pli] s\s le faible2 le gr& s]vir au petit2 et qu'au lieu qu'un vaisseau c+le le long des ctes d'une prov9ce1 la prov9ce t\rn]ait aut\r du vaisseau4 ,que si v\s avez pe9e compr5dre comme une masse si l\rde se peut m\voir1 dites-moi1 je v\s prie1 les ,a/res et les ,cieux1 que v\s faites si solides1 sont-ils plus lg]s8 ,encore e/-il plus ais n\s1 qui sommes assurs de la rondeur de la ,t]re1 de conclure son m\vem5t p> sa figure4 ,mais p\rquoi suppos] le ,ciel rond1 puisque v\s ne le sauriez savoir1 et que1 de t\tes les figures1 s'il n'a pas celle-ci1 il e/ c]ta9 qu'il ne se peut m\voir8 ,je ne v\s repro*e po9t vos exc5tques1 ni vos picicles1 lesquels v\s ne sauriez expliqu] que trs confusm5t1 et dont je sauve mon sy/me4 ,p>lons seulem5t des causes naturelles de ce m\vem5t4 ,v\s tes contra9ts1 v\s autres1 de rec\rir aux intellig5ces qui remu5t et g\v]n5t vos globes8 ,mais moi1 sans int]rompre le repos du ,s\v]a9 ,etre1 qui sans d\te a cr la ,nature t\te p>faite1 et de la sagesse duquel il e/ de l'avoir a*eve1 de telle sorte que1 l'ayant accomplie p\r une *ose1 il ne l'ait pas r5due dfectueuse p\r une autre2 je dis que les rayons du ,soleil1 avec ses influ5ces1 v5ant frapp] dessus1 p> leur circulation1 la font t\rn]1 comme n\s faisons t\rn] un globe en le frappant de la ma92 ou de mme que les fumes1 qui s'vapor5t cont9uellem5t de son se91 du ct que le ,soleil la reg>de1 rp]cutes p> le froid de la moy5ne rgion1 rejailliss5t dessus1 et de ncessit1 ne la p\vant frapp] que de biais1 la font a9si pir\ett]4 ,l'explication des deux autres m\vem5ts e/ encore mo9s embr\ille4 ,considrez un peu1 je v\s prie444 ,a ces mots1 ,monsieur de ,montmagnie m'int]rompit3 --,j'aime mieux1 dit-il1 v\s disp5s] de cette pe9e2 aussi bi51 ai-je lu1 sur ce sujet1 quelques livres de ,gass5di1 mais la *>ge que v\s c\t]ez ce que me rpondit un j\r un de nos ,pres1 qui s\t5ait votre op9ion3 ,en effet1 disait-il1 je m'imag9e que la ,t]re t\rne1 non po9t p\r les raisons qu'allgue ,cop]nic1 mais p>ce que1 le feu d'enf] a9si que v\s appr5d la ,sa9te-,ecriture1 tant enclos au c5tre de la t]re1 les damns1 qui veul5t fuir l'ardeur de sa flamme1 graviss5t1 p\r s'en loign]1 contre la vote1 et font a9si t\rn] la ,t]re1 comme un *i5 fait t\rn] une r\e1 lorsqu'il c\rt enf]m d$ans4 ,n\s l\mes quelque temps cette p5se1 comme un pur zle de ce bon ,pre1 et enf9 ,monsieur de ,montmagnie me dit qu'il s'tonnait =t1 vu que le sy/me de ,ptolme tait si peu probable1 qu'il et t si gnralem5t reu4 --,monsieur1 lui rpondis-je1 la plup>t des hommes1 qui ne jug5t que p> les s5s1 se sont laiss p]suad] leurs yeux1 et de mme que celui dont le vaisseau vogue t]re t]re croit demeur] immobile1 et que le rivage *em9e1 a9si les hommes1 t\rnant avec la ,t]re aut\r du ,ciel1 ont cru que c'tait le ,ciel lui-mme qui t\rnait aut\r d'eux4 ,aj\tez cela l'orgueil insupportable des huma9s1 qui se p]suad5t que la ,nature n'a t faite que p\r eux1 comme s'il tait vraisemblable que le ,soleil1 un gr& corps quatre c5t tr5te-quatre fois plus va/e que la t]re1 n'et t allum que p\r mrir ses nfles1 et pomm] ses *\x4 ,quant moi bi5 lo9 de cons5tir leur insol5ce1 je crois que les ,plantes sont des mondes aut\r du ,soleil1 et que les toiles fixes sont aussi des ,soleils qui ont des ,plantes aut\r d'eux1 c'e/--dire1 des mondes que n\s ne voyons pas d'ici cause de leur petitesse1 et p>ce que leur lumire emprunte ne saurait v5ir jusqu' n\s4 ,c> comm5t1 en bonne foi1 s'imag9] que ces globes si spacieux ne soi5t que de gr&es campagnes ds]tes1 et que le ntre1 cause que n\s y campons une d\za9e de glorieux coqu9s ait t bti p\r comm&] t\s8 ,quoi6 p>ce que le ,soleil compasse nos j\rs et nos annes1 e/-ce dire1 p\r cela1 qu'il n'ait t con/ruit qu'af9 que n\s ne frappions pas de la tte contre les murs8 ,non1 non1 si ce ,dieu visible claire l'homme1 c'e/ p> accid5t1 comme le flambeau du ,roi claire p> accid5t au ,cro*eteur qui passe p> la rue4 --,mais1 me dit-il1 si1 comme v\s assurez1 les toiles fixes sont autant de ,soleils1 on p\rrait conclure de l que le monde s]ait inf9i1 puisqu'il e/ vraisemblable que les peuples de ce monde qui sont aut\r d'une toile fixe1 que v\s pr5ez p\r un ,soleil1 dc\vr5t encore au-dessus d'eux d'autres toiles fixes que n\s ne saurions ap]cevoir d'ici1 et qu'il en va de cette sorte l'inf9i4 --,n'en d\tez po9t1 lui rpliquai-je1 comme ,dieu a pu faire l'me immortelle1 il a pu faire le monde inf9i1 s'il e/ vrai que l't]nit n'e/ ri5 autre *ose qu'une dure sans bornes1 et l'inf9i1 une t5due sans limites4 ,et puis1 ,dieu s]ait f9i lui-mme1 suppos que le monde ne ft pas inf9i1 puisqu'il ne p\rrait pas tre o il n'y aurait ri51 et qu'il ne p\rrait accrotre la gr&eur du monde qu'il n'aj\tt quelque *ose sa propre t5due1 comm5ant d'tre o il n'tait pas aup>avant4 ,il faut donc croire que1 comme n\s voyons d'ici ,saturne et ,jupit]1 si n\s tions dans l'un ou dans l'autre1 n\s dc\vririons beauc\p de mondes que n\s n'ap]cevons pas1 et que l'univ]s e/ l'inf9i con/ruit de cette sorte4 --,ma foi6 me rpliqua-t-il1 v\s avez beau dire1 je ne saurais du t\t compr5dre cet inf9i4 ,illu/ration3 ,ds que la flamme eut dvor un rang de fuses444 7,page #cc74 --,h6 dites-moi1 lui rep>tis-je1 compr5ez-v\s le ri5 qui e/ au del8 ,po9t du t\t4 ,c>1 qu& v\s songez ce nant1 v\s v\s l'imag9ez t\t au mo9s comme du v5t ou comme de l'air1 et cela1 c'e/ quelque *ose2 mais l'inf9i1 si v\s ne le compr5ez en gnral1 v\s le concevez au mo9s p> p>ties1 puisqu'il n'e/ pas difficile de se figur]1 au del de ce que n\s voyons de t]re et d'air1 du feu1 d'autre air1 et d'autre t]re4 ,or1 l'inf9i n'e/ ri5 qu'une tissure sans bornes de t\t cela4 ,que si v\s me dem&ez de quelle faon ces mondes ont t faits1 vu que la ,sa9te-,ecriture p>le seulem5t d'un que ,dieu cra#g1 je rponds qu'elle ne p>le que du ntre cause qu'il e/ le seul que ,dieu ait v\lu pr5dre la pe9e de faire de sa propre ma91 mais t\s les autres qu'on voit ou qu'on ne voit po9t1 susp5dus p>mi l'azur de l',univ]s1 ne sont ri5 que de l'cume des ,soleils qui se purg5t4 ,c> comm5t ces gr&s feux p\rrai5t-ils subsi/]1 s'ils n'tai5t atta*s quelque matire qui les n\rrit8 ,or1 de mme que le feu p\sse lo9 de *ez soi la c5dre dont il e/ t\ff1 de mme que l'or1 dans le creuset1 se dta*e en s'aff9ant1 du m>cassite qui affaiblit son c>at1 et de mme encore que notre cur se dgage1 p> le vomissem5t1 des humeurs indige/es qui l'attaqu5t2 a9si le ,soleil dgorge t\s les j\rs et se purge1 des re/es de la matire qui n\rrit son feu4 ,mais1 lorsqu'il aura t\t fait consum cette matire qui l'entreti5t1 v\s ne devez po9t d\t] qu'il ne se rp&e de t\s cts p\r *]*] une autre pture1 et qu'il ne s'atta*e t\s les mondes qu'il aura con/ruits autrefois1 ceux p>ticulirem5t qu'il r5contr]a les plus pro*es2 alors ces gr&s feux1 reb\illant t\s les corps1 les re*ass]ont ple-mle de t\tes p>ts comme aup>avant1 et1 s'tant peu peu purifis1 ils comm5c]ont de s]vir de ,soleil d'autres petits mondes qu'ils eng5dr]ont en les p\ssant hors de leur ,spre4 ,et c'e/ ce qui a fait sans d\te prdire aux ,py?agorici5s l'embrasem5t univ]sel4 ,ceci n'e/ pas une imag9ation ridicule3 la ,n\velle-,france1 o n\s sommes1 en produit un exemple bi5 conva9cant4 ,ce va/e cont95t de l',amrique e/ une moiti de la ,t]re1 laquelle1 en dpit de nos prdcesseurs1 qui avai5t mille fois c+l l',ocan1 n'avait po9t t encore dc\v]te2 aussi n'y tait-elle pas encore1 non plus que beauc\p d'les1 de pn9sules1 et de montagnes1 qui se sont s\leves sur notre globe1 qu& les r\illures du ,soleil qui se nettoyait ont t p\sses assez lo91 et cond5ses en pelotons assez pesants1 p\r tre attires p> le c5tre de notre monde1 possible peu peu1 en p>ticules m5ues1 peut-tre aussi t\t c\p en une masse4 ,cela n'e/ pas si draisonnable1 que sa9t ,augu/9 n'y et applaudi1 si la dc\v]te de ce pays et t faite de son ge2 puisque ce gr& p]sonnage1 dont le gnie tait clair du ,sa9t-,esprit1 assure que de son temps la ,t]re tait plate comme un f\r1 et qu'elle nageait sur l'eau comme la moiti d'une orange c\pe4 ,mais1 si j'ai jamais l'honneur de v\s voir en ,france1 je v\s f]ai obs]v]1 p> le moy5 d'une lunette excell5te1 que c]ta9es obscurits1 qui d'ici p>aiss5t des ta*es1 sont des mondes qui se con/ruis5t4 #g ,je rponds que je dispute plus2 c>1 si v\s v\lez m'oblig] v\s r5dre raison de ce que me f\rnit mon imag9ation1 c'e/ m't] la p>ole1 et m'oblig] de v\s confess] que mon raisonnem5t le cd]a t\j\rs en ces sortes de *oses la ,foi4 ,il me dit qu' la vrit sa dem&e tait blmable1 mais que je reprisse mon ide4 7,edition ,le ,bret47 ,mes yeux1 qui se f]mai5t en a*evant ce disc\rs1 obligr5t ,monsieur de ,montmagnie me s\hait] le bonsoir4 ,n\s emes1 le l5dema9 et les j\rs suivants1 des entreti5s de p>eille nature4 ,mais1 comme1 quelque temps aprs1 l'emb>ras des affaires de la ,prov9ce accro*a notre ,philosophie1 je retombai de plus belle au desse9 de mont] la ,lune4 ,je m'en allais1 ds qu'elle tait leve1 rvant1 p>mi les bois1 la conduite et la russite de mon entreprise2 et enf91 une veille de ,sa9t-,jean1 qu'on t5ait conseil dans le ,=t p\r dt]m9] si l'on donn]ait sec\rs aux ,sauvages du pays contre les ,iroquois1 je m'en allai t\t seul1 d]rire notre habitation1 au c\peau d'une petite montagne1 o voici ce que j'excutai4 ,j'avais fait une ma*9e que je m'imag9ais capable de m'lev] autant que je v\drais1 en sorte que1 ri5 de t\t ce que j'y croyais ncessaire n'y manquant1 je m'assis d$ans1 et me prcipitai en l'air1 du haut d'une ro*e4 ,mais1 p>ce que je n'avais pas bi5 pris mes mesures1 je culbutai rudem5t dans la valle4 ,t\t froiss nanmo9s que j'tais1 je m'en ret\rnai dans ma *ambre1 sans p]dre c\rage1 et je pris de la moelle de buf1 dont je m'oignis t\t le corps1 c> j'tais t\t meurtri1 depuis la tte jusqu'aux pi$s2 et1 aprs m'tre =tifi le cur d'une b\teille d'ess5ce cordiale1 je m'en ret\rnai *]*] ma ma*9e2 mais je ne la tr\vai po9t1 c> c]ta9s soldats1 qu'on avait envoys dans la =t c\p] du bois p\r faire le feu de la ,sa9t-,jean1 l'ayant r5contre p> has>d1 l'avai5t apporte au ,=t1 o1 aprs plusieurs explications de ce que ce p\vait tre1 qu& on eut dc\v]t l'inv5tion du ressort1 quelques-uns dir5t qu'il y fallait atta*] quantit de fuses volantes1 p>ce que1 leur rapidit les ayant enleves bi5 haut1 et le ressort agitant ses gr&es ailes1 il n'y aurait p]sonne qui ne prt cette ma*9e p\r un dragon de feu4 ,je la *]*ai longtemps1 cep5dant1 mais enf9 je la tr\vai1 au milieu de la place de ,qubec1 comme on y mettait le feu4 ,la d\leur de r5contr] l'uvre de mes ma9s en un si gr& pril me transporta tellem5t que je c\rus saisir le bras du soldat qui y allumait le feu4 ,je lui arra*ai sa m*e1 et me jetai t\t furieux dans ma ma*9e p\r bris] l'artifice dont elle tait environne2 mais j'arrivai trop t>d1 c> pe9e y eus-je les deux pi$s1 que me voil enlev dans la nue4 ,l'horreur dont je fus con/]n ne r5v]sa po9t tellem5t les facults de mon me que je ne me sois s\v5u depuis de t\t ce qui m'arriva en cet in/ant4 ,c>1 ds que la flamme eut dvor un rang de fuses1 qu'on avait disposes six six1 p> le moy5 d'une amorce qui bordait *aque demi-d\za9e1 un autre tage s'embrasait1 puis un autre2 en sorte que le salptre1 pr5ant feu1 loignait le pril en le croissant4 ,la matire1 t\tefois1 tant ue1 fit que l'artifice manqua1 et1 lorsque je ne songeais plus qu' laiss] ma tte sur celle de quelque montagne1 je s5tis1 sans que je remuasse aucunem5t1 mon lvation cont9ue1 et1 ma ma*9e pr5ant cong de moi1 je la vis retomb] v]s la t]re4 ,cette av5ture extraord9aire me gonfla le cur d'une joie si peu commune que1 ravi de me voir dlivr d'un dang] assur1 j'eus l'impud5ce de philosoph] l-dessus4 ,comme donc je *]*ais1 des yeux et de la p5se1 ce qui en p\vait tre la cause1 j'ap]u ma *air b\rs\fle1 et grasse encore de la moelle dont je m'tais enduit p\r les meurtrissures de mon trbu*em5t2 je connus qu'tant alors en dc\rs1 et la ,lune p5dant ce qu>ti] ayant acc\tum de suc] la moelle des animaux1 elle buvait celle dont je m'tais enduit1 avec d'autant plus de =ce que son globe tait plus pro*e de moi1 et que l'int]position des nues n'en affaiblissait po9t la vigueur4 ,qu& j'eus p]c1 selon le calcul que j'ai fait depuis1 beauc\p plus des trois qu>ts du *em9 qui sp>e la ,t]re d'avec la ,lune1 je me vis t\t d'un c\p *oir les pi$s en haut1 sans avoir culbut en aucune faon2 encore1 ne m'en fuss-je pas ap]u1 si je n'eusse s5ti ma tte *>ge du poids de mon corps4 ,je connus bi5 la vrit que je ne retombais pas v]s notre monde2 c>1 encore que je me tr\vasse entre deux ,lunes1 et que je rem>quasse =t bi5 que je m'loignais de l'une mesure que je m'appro*ais de l'autre1 j'tais assur que la plus gr&e tait notre globe2 p>ce qu'au b\t d'un j\r ou deux de voyage1 les rfractions loignes du ,soleil v5ant confondre la div]sit des corps et des climats1 il ne m'avait plus p>u que comme une gr&e plaque d'or3 cela me fit imag9] que je baissais v]s la ,lune2 et je me confirmai dans cette op9ion1 qu& je v9s me s\v5ir que je n'avais comm5c de *oir qu'aprs les trois qu>ts du *em94 --,c>1 disais-je en moi-mme1 cette masse tant mo9dre que la ntre1 il faut que la sphre de son activit ait aussi mo9s d't5due1 et que1 p> consqu5t1 j'aie s5ti plus t>d la =ce de son c5tre4 ,enf91 aprs avoir t =t longtemps tomb] 7 ce que je prjugeai1 c> la viol5ce du prcipice m'emp*a de le rem>qu]71 le plus lo9 dont je me s\vi5s1 c'e/ que je me tr\vai s\s un arbre1 emb>rass avec trois ou quatre bran*es assez grosses que j'avais clates p> ma *ute1 et le visage m\ill d'une pomme qui s'tait ca*e contre4 ,p> bonheur1 ce lieu-l tait1 comme v\s le saurez bi5tt1 le p>adis t]re/re et l'arbre sur lequel je tombai se tr\va ju/em5t l'arbre de vie4 ,a9si v\s p\vez bi5 jug] que1 sans ce miraculeux has>d1 je s]ais mille fois mort4 ,j'ai s\v5t fait depuis rflexion sur ce que le vulgaire assure qu'en se prcipitant d'un lieu =t haut1 on e/ t\ff avant de t\*] la t]re2 et j'ai conclu1 de mon av5ture1 qu'il en avait m5ti1 ou bi5 qu'il fallait que le jus n]gique de ce fruit1 qui m'avait c\l dans la b\*e1 et rappel mon me qui n'tait pas lo9 de mon cadavre encore t\t tide1 et encore dispos aux fonctions de la vie4 ,en effet1 sitt que je fus t]re1 ma d\leur s'en alla1 avant mme de se p]dre en ma mmoire et la faim1 dont p5dant mon voyage j'avais t beauc\p travaill1 ne me fit tr\v] en sa place qu'un lg] s\v5ir de l'avoir p]due4 ,a pe9e1 qu& je fus relev1 eus-je obs]v les bords de la plus l>ge des quatre gr&es rivires qui =m5t un lac en s'ab\*ant1 que l'esprit ou l'me invisible des simples1 qui s'exhal5t sur cette contre1 me v9t rj\ir l'odorat2 et je connus que les caill\x n'y tai5t ni durs ni raboteux1 et qu'ils avai5t so9 de s'amollir1 qu& on m>*ait dessus4 ,je r5contrai d'abord une toile de c9q av5ues1 dont les *nes qui la compos5t semblai5t p> leur excessive hauteur port] au ,ciel un p>t]re de haute futaie4 ,en prom5ant mes yeux1 de la rac9e au sommet1 puis les prcipitant du fate jusqu'au pi$1 je d\tais si la t]re les portait1 ou si eux-mmes ne portai5t po9t la t]re p5due leurs rac9es2 leur front1 sup]bem5t lev1 semblait aussi pli]1 comme p> =ce1 s\s la pesanteur des globes cle/es1 dont on dirait qu'ils ne s\ti5n5t la *>ge qu'en gmissant2 leurs bras1 t5dus v]s le ,ciel1 tmoignai5t1 en l'embrassant1 dem&] aux ,a/res la bnignit t\te pure de leurs influ5ces1 et les recevoir1 avant qu'elles ai5t ri5 p]du de leur innoc5ce1 au lit des ,elm5ts4 ,l1 de t\s cts1 les fleurs1 sans avoir eu d'autre ,j>d9i] que la ,nature1 respir5t une hale9e si d\ce1 quoique sauvage1 qu'elle rveille et satisfait l'odorat2 l1 l'inc>nat d'une rose sur l'glanti]1 et l'azur clatant d'une violette s\s des ronces1 ne laissant po9t de lib]t p\r le *oix1 font jug] qu'elles sont t\tes deux plus belles l'une que l'autre2 l1 le ,pr9temps compose t\tes les ,saisons2 l1 ne g]me po9t de plante vnneuse1 que sa naissance ne trahisse sa con/ruction2 l1 les ruisseaux1 p> un agrable murmure1 racont5t leurs voyages aux caill\x2 l1 mille petits gosi]s emplums font ret5tir la =t au bruit de leurs mlodieuses *ansons2 et la trm\ssante assemble de ces div9s musici5s e/ si gnrale1 qu'il semble que *aque feuille1 dans ce bois1 ait pris la langue et la figure d'un rossignol2 et mme l',e*o pr5d tant de plaisir leurs airs1 qu'on dirait1 les lui ent5dre rpt]1 qu'elle ait envie de les appr5dre4 ,a ct de ce bois se voi5t deux prairies1 dont le v]t-gai cont9u fait une m]aude p]te de vue4 ,le mlange confus des pe9tures1 que le ,pr9temps atta*e c5t petites fleurs1 en g>e les nuances l'une dans l'autre avec une si agrable confusion1 qu'on ne sait si ces fleurs1 agites p> un d\x zphyr1 c\r5t plutt aprs elles-mmes qu'elles ne fui5t p\r *app] aux c>esses de ce v5t foltre4 ,on pr5drait mme cette prairie p\r un ,ocan1 cause qu'elle e/ comme une m] qui n'(fre po9t de rivage1 en sorte que mon il1 p\vant d'avoir c\ru si lo9 sans dc\vrir le bord1 y envoyait vitem5t ma p5se2 et ma p5se1 d\tant que ce ft l'extrmit du monde1 se v\lait p]suad] que des lieux si *>mants avai5t peut-tre =c le ,ciel de se jo9dre la ,t]re4 ,au milieu d'un tapis si va/e et si plaisant1 c\rt b\illons d'arg5t une fonta9e ru/ique1 qui c\ronne ses bords d'un gazon maill de pqu]ettes1 de bass9ets1 de violettes1 et ces fleurs1 sembl5t se press] qui s'y mir]a la premire3 elle e/ encore au b]ceau1 c> elle ne vi5t que de natre1 et sa face jeune et polie ne montre pas seulem5t une ride4 ,les gr&s c]cles qu'elle promne en rev5ant mille fois sur elle-mme montr5t que c'e/ bi5 regret qu'elle sort de son pays natal2 et1 comme si elle et t honteuse de se voir c>esse auprs de sa mre1 elle rep\ssa en murmurant ma ma9 qui la v\lait t\*]4 ,les animaux qui s'y v5ai5t dsaltr]1 plus raisonnables que ceux de notre monde1 tmoignai5t tre surpris de voir qu'il faisait gr& j\r v]s l'horizon1 p5dant qu'ils reg>dai5t le ,soleil aux ,antipodes1 et n'osai5t se p5*] sur le bord1 de la cra9te qu'ils avai5t de tomb] au ,firmam5t4 ,il faut que je v\s av\e qu' la vue de tant de belles *oses1 je me s5tis *at\ill de ces agrables d\leurs1 qu'on dit que s5t l'embryon1 l'infusion de son me4 ,le vieux poil me tomba p\r faire place d'autres *eveux plus pais et plus dlis4 ,je s5tis ma jeunesse se rallum]1 mon visage dev5ir v]meil1 ma *aleur naturelle se reml] d\cem5t mon humide radical2 enf91 je reculai sur mon ge environ quatorze ans4 ,j'avais *em9 une demi-lieue trav]s une =t de jasm9s et de myrtes1 qu& j'ap]u1 c\* l'ombre1 je ne sais quoi qui remuait4 ,c'tait un jeune adolesc5t1 dont la maje/ueuse beaut me =a presque l'adoration4 ,il se leva p\r m'en emp*]3 --,ce n'e/ pas moi1 s'cria-t-il1 c'e/ ,dieu que tu dois ces humilits6 --,v\s voyez une p]sonne1 lui rpondis-je1 con/]ne de tant de miracles1 que je ne sais p> lequel dbut] mes admirations2 c>1 v5ant d'un monde que v\s pr5ez sans d\te ici p\r une ,lune1 je p5sais tre abord dans un autre1 que ceux de mon pays appell5t la ,lune aussi2 et voil que je me tr\ve en ,p>adis1 aux pi$s d'un ,dieu qui ne veut pas tre ador et d'un trang] qui p>le ma langue4 --,hormis la qualit de ,dieu1 me rpliqua-t-il1#h ce que v\s dites e/ vritable2 cette t]re-ci e/ la ,lune1 que v\s voyez de votre globe2 et ce lieu-ci o v\s m>*ez e/ le p>adis1 mais c'e/ le p>adis t]re/re o n'ont jamais entr que six p]sonnes1 ,adam1 ,eve1 ,enoc1 moi1 qui suis le ,vieil ,elie1 ,sa9t-,jean l',evangli/e et v\s4 ,v\s savez bi5 comme les deux premi]s en fur5t bannis1 mais v\s ne savez pas comm5t ils arrivr5t en votre monde4 ,sa*ez donc qu'aprs avoir tt t\s deux de la pomme df5due1 ,adam qui craignait que ,dieu irrit p> sa prs5ce ne r5gregea/ sa punition1 considra la ,lune1 votre t]re1 comme le seul refuge o il se p\rrait mettre l'abri des p\rsuites de son crateur4 #h ,v>iante3 ,dont je ne suis que la crature4 7,edition ,le ,bret47 --,or1 en ce temps-l1 l'imag9ation *ez l'homme tait si =te1 p\r n'avoir po9t encore t corrompue1 ni p> les dbau*es1 ni p> la crudit des alim5ts1 ni p> l'altration des maladies1 qu'tant alors excit au viol5t dsir d'abord] cet asile1 et que sa masse tant dev5ue lgre p> le feu de cet en?\siasme1 il y fut enlev1 de la mme sorte qu'il s'e/ vu des ,philosophes1 leur imag9ation =tem5t t5due quelque *ose1 tre emports en l'air p> des ravissem5ts que v\s appelez extatiques4 ,eve1 que l'infirmit de son sexe r5dait plus faible et mo9s *aude1 n'aurait pas eu sans d\te l'imag9ative assez vig\reuse p\r va9cre p> la cont5tion de sa volont le poids de la matire1 mais p>ce qu'il y avait trs peu qu'elle avait t tire du corps de son m>i1 la sympa?ie1 dont cette moiti tait encore lie son t\t1 la porta v]s lui mesure qu'il montait1 comme l'ambre se fait suivre de la paille1 comme l'aimant se t\rne au sept5trion d'o il a t arra*1 et ,adam attira l'ouvrage de sa cte1 comme la m] attire les fleuves qui sont sortis d'elle4 ,arrivs qu'ils fur5t en votre t]re1 ils s'habitur5t entre la ,msopotamie et l',arabie2 les ,hbreux l'ont connu s\s le nom d',adam et les ,idoltres s\s celui de ,prom?e1 que leurs ,potes feignir5t avoir drob le feu du ,ciel1 cause de ses desc5dants1 qu'il eng5dra p\rvus d'une me aussi p>faite que celle dont il tait rempli4 ,a9si1 p\r habit] votre monde1 le premi] homme laissa celui-ci ds]t2 mais le ,t\t-,sage ne v\lut pas qu'une demeure si heureuse re/t sans habitants3 il p]mit1 peu de sicles aprs1 qu',enoc1 ennuy de la compagnie des hommes1 dont l'innoc5ce se corrompait1 et envie de les ab&onn]4 ,mais ce ,sa9t p]sonnage ne jugea po9t de retraite assure contre l'ambition de ses p>5ts1 qui s'gorgeai5t dj p\r le p>tage de votre monde1 s9on la t]re bi5heureuse dont jadis ,adam son aeul lui avait tant p>l4 ,t\tefois comm5t y all]4 ,l',e*elle de ,jacob n'tait pas encore inv5te1 la grce du ,trs-,haut#i y suppla2 c>1 elle fit qu',enoc s'avisa que le feu du ,ciel desc5dait sur les holocau/es des ,ju/es et de ceux qui tai5t agrables devant la face du ,seigneur1 selon la p>ole de sa b\*e1 ,l'odeur des sacrifices du ,ju/e e/ monte jusqu' moi4 ,un j\r que cette flamme div9e tait a*>ne consum] une victime qu'il (frait l',et]nel1 de la vapeur qui s'exhalait1 il remplit deux gr&s vases qu'il luta h]mtiquem5t1 et se les atta*a s\s les aisselles4 ,la fume aussitt1 qui t5dait s'lev]1 et qui ne p\vait pntr] que p> miracle le mtal1 p\ssa les vases en haut1 et1 de la sorte1 enlevr5t avec eux ce ,sa9t homme4 ,qu& il fut mont jusqu' la ,lune1 et qu'il eut jet les yeux sur ce beau j>d91 un pan\issem5t de joie presque surnaturelle lui fit connatre que c'tait le p>adis t]re/re o son gr&-pre avait autrefois demeur4 ,il dlia promptem5t les vaisseaux qu'il avait ce9ts comme des ailes aut\r de ses paules1 et le fit avec tant de bonheur1 qu' pe9e tait-il en l'air quatre toises au-dessus de la ,lune1 qu'il prit cong de ses nageoires4 ,l'lvation cep5dant tait assez gr&e p\r le beauc\p bless]1 sans le gr& t\r de sa robe1 o le v5t s'eng\ffra1 et l'ardeur du feu de *>it qui le s\t9t d\cem5t1 jusqu' ce qu'il et mis pi$ t]re4 ,p\r les deux vases1 ils montr5t t\j\rs jusqu' ce que ,dieu les en*sst dans le ,ciel1 et c'e/ ce qu'auj\r'd'hui v\s appelez les ,balances1 qui n\s montr5t bi5 t\s les j\rs qu'elles sont encore ple9es des odeurs du sacrifice d'un ju/e p> les influ5ces favorables qu'elles inspir5t sur l'horoscope de ,l\is le ,ju/e qui eut les balances p\r asc5dants4 #i ,il y a dans l'dition ,le ,bret3 son imag9ation4 ,il n'tait pas encore t\tefois en ces j>d9s et n'y arriva que quelque temps aprs4 ,ce fut lorsque dborda le dluge1 c> les eaux o votre monde s'engl\tit montr5t une hauteur si prodigieuse que l'ar*e voguait dans les cieux ct de la ,lune4 ,les huma9s ap]ur5t ce globe p> la f5tre1 mais la rflexion de ce gr& corps opaque s'affaiblissant cause de leur proximit qui p>tageait sa lumire1 *acun d'eux crut que c'tait un canton de la t]re qui n'avait pas t noy4 ,il n'y eut qu'une fille de ,no nomme ,a*ab1 qui1 cause peut-tre qu'elle avait pris g>de qu' mesure que le navire haussait1 ils appro*ai5t de cet a/re1 s\t9t cor et cris qu'assurm5t c'tait la ,lune4 ,on eut beau lui reprs5t] que1 les sondes jetes1 on n'avait tr\v que qu9ze c\des d'eau1 elle rpondait que le f] avait donc r5contr le dos d'une bale9e qu'ils avai5t pris p\r la t]re1 que quant elle1 elle tait bi5 assure que c'tait la ,lune en propre p]sonne qu'ils allai5t abord]4 ,enf91 comme *acun op9e p\r son semblable1 t\tes les autres femmes se le p]suadr5t ensuite4 ,les voil donc1 malgr la df5se des hommes1 qui jett5t l'esquif en m]2 ,a*ab tait la plus has>deuse1 aussi v\lut-elle la premire essay] le pril1 elle se lance allgrem5t d$ans et t\t son sexe l'allait jo9dre sans une vague qui sp>a le bateau du navire4 ,on eut beau cri] aprs elle1 l'appel] c5t fois lunatique1 prote/] qu'elle s]ait cause qu'un j\r on repro*]ait t\tes les femmes d'avoir dans la tte un qu>ti] de la lune1 elle se moqua d'eux4 ,la voil qui vogue hors du monde4 ,les animaux suivir5t son exemple1 c> la plup>t des oiseaux qui se s5tir5t l'aile assez =te p\r risqu] le voyage1 impati5ts de la premire prison dont on et encore arrt leur lib]t1 donnr5t jusque-l2 des quadrupdes mme1 les plus c\rageux1 se mir5t la nage4 ,il en tait sorti prs de mille avant que les fils de ,no puss5t f]m] les tables que la f\le des animaux qui s'*appai5t t5ait ouv]te4 ,la plup>t abordr5t ce n\veau monde4 ,p\r l'esquif1 il alla donn] contre un coteau =t agrable o la gnreuse ,a*ab desc5dit et1 joyeuse d'avoir connu qu'en effet cette t]re tait la lune1 ne v\lut po9t se remb>qu] p\r rejo9dre ses frres4 ,elle s'habitua quelques temps dans une grotte et comme un j\r elle se prom5ait1 balanant si elle s]ait f*e d'avoir p]du la compagnie des si5s ou si elle en s]ait bi5 aise1 elle ap]ut un homme qui abattait du gl&4 ,la joie d'une telle r5contre la fit vol] aux embrassem5ts2 elle en reut de rciproques1 c> il y avait encore plus longtemps que le vieill>d n'avait vu visage huma94 ,c'tait ,enoc le ju/e4 ,ils vcur5t ensemble1 et sans que le naturel impie de ses enfants et l'orgueil de la femme l'obligea de se retir] dans les bois ils aurai5t a*ev ensemble de fil] leurs j\rs avec t\te la d\ceur dont ,dieu bnit le m>iage des ju/es4 ,l t\s les j\rs1 dans les retraites les plus sauvages de ces affreuses solitudes1 ce bon vieill>d (frait ,dieu1 d'un esprit pur1 son cur en holocau/e1 qu&1 de l'arbre de sci5ce que v\s savez qui e/ en ce j>d91 un j\r tant tomb une pomme dans la rivire au bord de laquelle il e/ plant1 elle fut porte la m]ci des vagues hors le ,p>adis en un lieu o le pauvre ,enoc p\r su/5t] sa vie pr5ait du poisson la p*e4 ,ce beau fruit fut arrt dans le filet1 il le mangea2 aussitt il connut o tait le ,p>adis t]re/re et p> des secrets que v\s ne sauriez concevoir si v\s n'avez mang comme lui de la pomme de sci5ce1 il y v9t demeur]4 ,il faut ma9t5ant que je v\s raconte la faon dont j'y suis v5u4 ,v\s n'avez pas oubli je p5se que je me nomme ,hlie c> je v\s l'ai dit nagure4 ,v\s saurez donc que j'tais en votre monde et que j'habitais avec ,elise1 un ,hbreu comme moi1 sur les agrables bords du ,j\rda91 o je m5ais1 p>mi les livres1 une vie assez d\ce p\r ne pas la regrett]1 encore qu'elle s'c\lt4 ,cep5dant1 plus les lumires de mon esprit croissai5t1 plus aussi croissait la connaissance de celles que je n'avais po9t4 ,jamais nos prtres ne me ram5tevai5t ,adam1 que le s\v5ir de cette ,philosophie p>faite qu'il avait possde ne me ft s\pir]4 ,je dsesprais de la p\voir acqurir1 qu& un j\r1 aprs avoir sacrifi p\r l'expiation des faiblesses de mon tre mortel1 je m'endormis et l',ange du ,seigneur m'app>ut en songe2 aussitt que je fus rveill1 je ne manquai pas de travaill] aux *oses qu'il m'avait prescrites#aj3 je pris de l'aimant environ deux pi$s en c>r1 que je mis dans un f\rneau puis lorsqu'il fut bi5 purg1 prcipit et diss\s1 j'en tirai l'attractif1 je calc9ai t\t cet lixir et le rduisis la grosseur d'environ une balle mdiocre4 #aj ,aprs avoir longtemps rv4 7,edition ,le ,bret47 ,en suite de ces prp>ations1 je fis con/ruire un *>iot de f] =t lg] et de l1 quelques mois1 t\s mes eng9s tant a*evs j'entrai dans mon indu/rieuse *>rette3 v\s me dem&]ez possible quoi bon t\t cet attirail4 ,sa*ez que l',ange m'avait dit en songe que si je v\lais acqurir une sci5ce p>faite comme je le dsirais1 je montasse au monde de la ,lune1 o je tr\v]ais devant le ,p>adis d',adam1 l'arbre de la ,sci5ce1 p>ce qu'aussitt que j'aurais tt de son fruit1 mon me s]ait claire de t\tes les vrits dont une crature e/ capable1 voil donc le voyage p\r lequel j'avais bti mon *>iot4 ,enf91 je montai d$ans et1 lorsque je fus bi5 f]me et bi5 appuy sur le sige1 je jetai =t haut en l'air cette b\le d'aimant4 ,or la ma*9e de f]1 que j'avais =ge t\t exprs plus massive au milieu qu'aux extrmits1 fut enleve aussitt1 et dans un p>fait quilibre1 mesure que j'arrivais o l'aimant m'avait attir et ds que j'avais saut jusque-l ma ma9 le faisait rep>tir444 ,illu/ration3 ,je fus m5 droit l',htel de ,ville4 --,mais1 l'int]rompis-je1 comm5t lanciez-v\s votre balle si droit au-dessus de votre *>iot1 qu'il ne se tr\vt jamais ct8 --,je ne vois po9t de m]veille en cette av5ture1 me dit-il2 c> l'aimant p\ss qu'il tait en l'air1 attirait le f] droit lui2 et1 p> consqu5t1 il tait impossible que je montasse jamais ct4 ,je v\s dirai mme que1 t5ant ma b\le en ma ma91 je ne laissais pas de mont]1 p>ce que le *>iot c\rait t\j\rs l'aimant que je t5ais au-dessus de lui2 mais la saillie de ce f]1 p\r s'unir ma b\le1 tait si viol5te1 qu'elle me faisait pli] le corps en quatre d\bles1 de sorte que je n'osai t5t] qu'une fois cette n\velle expri5ce4 ,a la vrit1 c'tait un spectacle voir bi5 tonnant1 c> l'aci] de cette maison volante1 que j'avais poli avec beauc\p de so91 rfl*issait de t\s cts la lumire du ,soleil si vive et si brillante1 que je croyais moi-mme tre emport dans un *>iot de feu#aa4 ,enf91 aprs avoir beauc\p ru et vol aprs mon c\p1 j'arrivai1 comme v\s avez fait1 un t]me o je tombais v]s ce monde-ci2 et1 p\r ce qu'en cet in/ant je t5ais ma b\le bi5 s]re entre mes ma9s1 mon *>iot dont le sige me pressait p\r appro*] de son attractif1 ne me quitta po9t2 t\t ce qui me re/ait cra9dre1 c'tait de me rompre le col2 mais1 p\r m'en g>antir1 je rejetais ma b\le de temps en temps1 a9si que ma ma*9e1 se s5tant naturellem5t rattire se ral5tt1 et qu'a9si ma *ute ft mo9s rude1 comme en effet1 il arriva2 c>1 qu& je me vis deux ou trois c5ts toises prs de la t]re1 je lanai ma balle de t\s cts fleur du *>iot1 tantt de1 tantt del1 jusqu' ce que je m'en visse une c]ta9e di/ance2 et aussitt je la jetai au-dessus de moi1 et1 ma ma*9e l'ayant suivie1 je la quittai et me laissai tomb] d'un autre ct le plus d\cem5t que je pus sur le sable1 de sorte que ma *ute ne fut pas plus viol5te que si je fusse tomb de ma hauteur4 ,je ne v\s reprs5t]ai po9t l'tonnem5t qui me saisit la vue des m]veilles qui sont cans1 p>ce qu'il fut peu prs semblable celui dont je v\s vi5s de voir con/]n4 #aa ,que je croyais moi-mme tre t\t en feu4 7,edition ,le ,bret47 ,v\s saurez seulem5t que j'ai r5contr ds le l5dema9 l'arbre de vie p> le moy5 duquel je m'emp*ai de vieillir4 ,il consomma bi5tt et fit exhal] le s]p5t en fume4 --,a ces mots1 vnrable et sacr patri>*e1 lui dis-je1 je s]ais bi5 aise de savoir ce que v\s ent5dez p> le s]p5t qui fut consomm4 ,lui d'un visage riant me rpondit a9si3 --,j'oubliais1 mon fils1 v\s dc\vrir un secret dont on ne peut pas v\s voir in/ruit4 ,v\s saurez donc qu'aprs qu',eve et son m>i eur5t mang de la pomme df5due1 ,dieu p\r punir le s]p5t qui les avait t5ts le relgua dans le corps de l'homme4 ,il n'e/ po9t n depuis de crature huma9e qui1 en punition du crime de son premi] pre1 ne n\rrisse un s]p5t dans son v5tre1 issu de ce premi]4 ,v\s les nommez les boyaux et v\s les croyez ncessaires aux fonctions de la vie1 mais appr5ez que ce ne sont autre *ose que des s]p5ts plis sur eux-mmes en plusieurs d\bles1 qu& v\s ent5dez vos entrailles cri]1 c'e/ le s]p5t qui siffle et qui1 suivant ce naturel gl\ton dont jadis il incita le premi] homme trop mang]1 dem&e mang] aussi1 c> ,dieu1 qui p\r v\s *ass] v\lait v\s r5dre mortel comme les autres animaux1 v\s fit obsd] p> cet insatiable af9 que si v\s lui donniez trop mang]1 v\s v\s t\ffassiez ou si lorsque avec les d5ts invisibles dont cet affam mord votre e/omac1 v\s lui refusiez sa pitance1 il crit1 il temptt1 il dgorget ce v59 que vos docteurs appell5t la bile et v\s a*evt tellem5t p> le poison qu'il inspire vos artres que v\s ne fussiez bi5tt consums4 ,enf9 p\r v\s montr] que vos boyaux sont un s]p5t que v\s avez dans le corps1 s\v5ez-v\s qu'on en tr\va dans les tombeaux d',esculape1 de ,scipion1 d',alex&re1 de ,*>les ,m>tel et d',ed\>d d',anglet]re qui se n\rrissai5t encore des cadavres de leurs htes4 --,en effet1 lui dis-je1 en l'int]rompant1 j'ai rem>qu que comme ce s]p5t essaye t\j\rs s'*app] du corps de l'homme1 on lui voit la tte et le col sortir seul au bas de nos v5tres1 mais aussi ,dieu n'a pas p]mis que l'homme seul en ft t\rm5t1 il a v\lu qu'il se b&t contre la femme p\r lui jet] son v59 et que l'enflure durt neuf mois aprs l'avoir pique1 et1 p\r v\s montr] que je p>le suivant la p>ole du ,seigneur1 c'e/ qu'il dit au ,s]p5t p\r le maudire qu'il aurait beau faire trbu*] la femme en se raidissant contre elle1 qu'elle lui f]ait enf9 baiss] la tte4 ,je v\lais cont9u] ces f>iboles1 mais ,hlie m'en emp*a3 --,songez1 dit-il1 que ce lieu-ci e/ sa9t4 ,il se ti5t ensuite quelque temps comme p\r se ram5t5oir de l'endroit o il tait demeur1 pris il prit ensuite la p>ole4 --,je ne tte du fruit de vie que de c5t ans en c5t ans1 son jus a p\r le gt quelque rapport avec l'esprit de v91 ce fut je crois cette pomme qu',adam avait mange qui fut cause que nos premi]s pres vcur5t si longtemps p>ce qu'il tait c\l dans leur sem5ce quelque *ose de son n]gie jusqu' ce qu'elle s'teignt dans les eaux du dluge4 ,l'arbre de sci5ce e/ plant vis--vis4 ,son fruit e/ c\v]t d'une corce qui produit l'ignorance dans quiconque en a gt et qui1 s\s l'paisseur de cette pelure1 cons]ve les spirituelles v]tus de ce docte mang]4 ,dieu autrefois aprs avoir *ass ,adam de cette t]re bi5heureuse1 de peur qu'il n'en retr\vt le *em91 lui frotta les g5cives de cette corce4 ,il fut depuis ce temps-l plus de qu9ze ans radot] et oublia tellem5t t\tes *oses que lui ni ses desc5dants jusqu' ,mose ne se s\v9r5t seulem5t pas de la cration4 ,mais les re/es de la v]tu de cette pesante corce a*evr5t de se dissip] p> la *aleur et la cl>t du gnie de ce gr& prophte4 ,je m'adressai p> bonheur l'une de ces pommes que la maturit avait dp\ille de sa peau et ma salive pe9e l'avait m\ille que la philosophie univ]selle m'absorba4 ,il me sembla qu'un nombre inf9i de petits yeux se plongeai5t dans ma tte et je sus le moy5 de p>l] au ,seigneur4 ,qu& depuis l'ai fait rflexion sur cet enlvem5t miraculeux1 je me suis bi5 imag9 que je n'aurais pas pu va9cre p> les v]tus occultes d'un simple corps naturel la vigilance du ,sraph9 que ,dieu a ordonn p\r la g>de de ce ,p>adis4 ,mais p>ce qu'il se plat se s]vir de causes secondes1 je crus qu'il m'avait inspir ce moy5 p\r y entr]1 comme il v\lut se s]vir des ctes d',adam p\r lui faire une femme1 quoiqu'il pt la =m] de t]re aussi bi5 que lui4 ,je demeurai longtemps dans ce j>d9 me prom5] sans compagnie4 ,mais enf9 comme l'ange porti] du lieu tait mon pr9cipal hte1 il me prit envie de le salu]4 ,une heure de *em9 t]m9a mon voyage c> au b\t de ce temps j'arrivai en une contre o mille clairs se confondai5t en un1 =mai5t un j\r aveugle qui ne s]vait qu' r5dre l'obscurit visible4 ,je n'tais pas encore bi5 remis de cette av5ture que j'ap]u devant moi un bel adolesc5t4 --,je suis1 me dit-il1 l'ar*ange que tu *]*es1 je vi5s de lire dans ,dieu qu'il t'avait suggr les moy5s de v5ir ici1 et qu'il v\lait que tu y att5disses sa volont4 ,il m'entret9t de plusieurs *oses et me dit entre autres3 que cette lumire dont j'avais p>u effray n'tait ri5 de =midable1 qu'elle s'allumait presque t\s les soirs qu& il faisait la ronde p>ce que1 p\r vit] les surprises des sorci]s qui entr5t p>t\t sans tre vus1 il tait contra9t de j\] de l'espadon avec son pe flamboyante aut\r du ,p>adis t]re/re et que cette lueur tait les clairs qu'eng5drait son aci]4 ,ceux que v\s ap]cevez de votre monde1 aj\ta-t-il1 sont produits p> moi1 si quelquefois v\s les rem>quez bi5 lo91 c'e/ cause que les nuages d'un climat loign se tr\vant disposs recevoir cette impression font rejaillir jusqu' v\s ces lgres images de feu a9si qu'une vapeur autrem5t situe se tr\vt propre =m] l'arc-en-ciel4 ,je ne v\s in/ruirai pas davantage1 aussi bi5 la pomme de sci5ce n'e/ pas lo9 d'ici1 aussitt que v\s en aurez mang1 v\s s]ez docte comme moi1 mais surt\t g>dez v\s d'une mprise1 la plup>t des fruits qui p5d5t ce vgtant sont environns d'une corce de laquelle si v\s ttez1 v\s desc5drez au-dess\s de l'homme au lieu que le d$ans v\s f]a mont] aussi haut que l'ange4 ,hlie en tait l des in/ructions que lui avait donnes le sraph9 qu& un petit homme n\s v9t jo9dre4 --,c'e/ ici cet ,enoc dont je v\s ai p>l1 me dit t\t bas mon conducteur4 ,comme il a*evait ces mots1 ,enoc n\s prs5ta un pani] ple9 de je ne sais quels fruits semblables aux pommes de gr5ades qu'il v5ait de dc\vrir ce j\r-l en un bocage recul4 ,j'en s]rai quelques-unes dans ma po*e p> le comm&em5t d',hlie1 lorsqu'il lui dem&a qui j'tais4 --,c'e/ une av5ture qui mrite un plus long entreti51 rep>tit mon guide1 ce soir1 qu& n\s s]ons retirs1 il n\s conduira mme les miraculeuses p>ticul>its de son voyage4 ,n\s arrivmes en f9issant ceci s\s une espce d'h]mitage fait de bran*es de palmi] +nieusem5t entrelaces avec des myr!s et des orang]s4 ,l j'ap]u dans un petit rduit1 des monceaux d'une c]ta9e filoselle si blan*e et si dlie qu'elle p\vait pass] p\r l'me de la neige4 ,je vis aussi des qu5\illes rp&ues et l4 ,je dem&ai mon conducteur quoi elles s]vai5t4 --,a fil]1 me rpondit-il1 qu& le bon ,enoc veut se db&] de la mditation1 tantt il habille cette filasse1 tantt il t\rne du fil1 tantt il tisse la toile qui s]t taill] des *emises aux onze mille vi]ges4 ,il n'e/ pas que n'ayez quelquefois r5contr en votre monde je ne sais quoi de blanc qui voltige en automne1 environ des semailles1 les paysans appell5t cela coton de ,notre-,dame1 c'e/ la b\rre dont ,enoc purge son l9 qu& il le c>de4 ,n\s n'arrtmes gure1 sans pr5dre cong d',enoc dont cette cabane tait la cellule1 et ce qui n\s obligea de le quitt] sitt fut que de six en six heures il fait oraison et qu'il y avait bi5 cela qu'il avait a*ev la d]nire4 ,je suppliai en *em9 ,hlie de n\s a*ev] l'hi/oire des assomptions qu'il m'avait entame et lui dis qu'il en tait demeur ce me semblait celle de sa9t ,jean l',evangli/e4 --,alors1 puisque v\s n'avez pas1 me dit-il1 la pati5ce d'att5dre que la pomme de savoir v\s enseigne mieux que moi t\tes ces *oses1 je veux bi5 v\s les appr5dre1 sa*ez donc que ,dieu444 ,a ces mots je ne sais pas comm5t le diable s'en mla1 tant y a que je ne pus pas m'emp*] de l'int]rompre p\r raill]4 --,je m'en s\vi5s1 lui dis-je1 ,dieu fut un j\r av]ti que l'me de cet vangli/e tait si dta*e qu'il ne la ret5ait plus qu' =ce de s]r] les d5ts1 cep5dant1 l'heure o il avait prvu qu'il s]ait enlev cans tant presque expire de faon que n'ayant pas le temps de lui prp>] une ma*9e1 il fut contra9t de l'y faire tre vivem5t sans avoir le loisir de l'y faire all]4 ,elie p5dant t\t ce disc\rs me reg>dait avec des yeux capables de me tu] si j'eusse t en tat de m\rir d'autre *ose que de faim4 --,abom9able1 dit-il en se reculant1 tu z l'imprud5ce de raill] les *oses sa9tes1 au mo9s ne s]ait-ce pas impunm5t1 si le ,t\t-,sage ne v\lait te laiss] aux nations en exemple fameux de sa misricorde1 va impie hors d'ici1 va publi] dans ce petit monde et dans l'autre1 c> tu es prde/9 y ret\rn]1 la ha9e irrconciliable que ,dieu porte aux a?es4 ,a pe9e eut-il t]m9 cette imprcation qu'il m'empoigna et me conduisit rudem5t v]s la porte1 qu& n\s fmes arrivs pro*e un gr& arbre dont les bran*es *>ges de fruits se c\rbai5t presque t]re4 --,voici l'arbre de savoir1 me dit-il1 o tu aurais puis des lumires inconcevables sans ton irreligion4 ,il n'eut pas a*ev ces mots que feignant de languir de faiblesse je me laissai tomb] contre une bran*e o je drobai adroitem5t4 ,il s'en fallait encore plusieurs enjambes que je n'eusse les pi$s hors de ce p>c dlicieux1 cep5dant la faim me pressait avec tant de viol5ce qu'elle me fit oubli] que j'tais entre les ma9s d'un prophte c\rr\c1 cela fit que je tirai une de ces pommes dont j'avais grossi ma po*e1 o je ca*ai mes d5ts1 mais au lieu de pr5dre une de celles dont ,enoc m'avait fait prs5t1 ma ma9 tomba sur la pomme que j'avais cueillie l'arbre de sci5ce et dont p> malheur je n'avais pas dp\ill l'corce4 ,j'en avais pe9e gt1 qu'une paisse nue tomba sur mon me3 je ne vis plus ma pomme1 plus d',hlie auprs de moi et mes yeux ne reconnur5t en t\t l'hmisphre une seule trace du ,p>adis t]re/re et1 avec t\t cela1 je ne laissais pas de me s\v5ir de t\t ce qui m'tait arriv4 ,qu& depuis j'ai fait rflexion sur ce miracle1 je me suis figur que cette corce ne m'avait pas t\t fait abruti1 cause que mes d5ts la trav]sr5t1 et se s5tir5t un peu de jus de d$ans1 dont l'n]gie avait dissip la malignit de la pelure4 ,je re/ai bi5 surpris de me voir t\t seul au milieu d'un pays que je ne connaissais po9t4 ,j'avais beau prom5] mes yeux et les jet] p> la campagne1 aucune crature ne s'(frait p\r les consol]4 ,enf91 je rsolus de m>*] jusqu' ce que la ,=tune me ft r5contr] la compagnie1 de quelques btes1 ou de la mort4 ,elle m'exaua1 c>1 au b\t d'un demi-qu>t de lieue1 je r5contrai deux =t gr&s animaux1 dont l'un s'arrta devant moi2 l'autre s'enfuit lgrem5t au gte3 au mo9s1 je le p5sai a9si1 cause qu' quelque temps de l je le vis rev5ir accompagn de plus de sept ou huit c5ts de mme espce1 qui m'environnr5t4 ,qu& je les pus disc]n] de prs1 je connus qu'ils avai5t la taille et la figure comme n\s4 ,cette av5ture me fit s\v5ir de ce que jadis j'avais ou cont]1 ma n\rrice1 des sirnes1 des faunes et des satyres4 ,de temps en temps1 ils levai5t des hues si furieuses causes sans d\te p> l'admiration de me voir que je croyais quasi tre dev5u mon/re4 ,enf91 une de ces btes-hommes1 m'ayant pris p> le col1 de mme que font les l\ps qu& ils enlv5t des brebis1 me jeta sur son dos et me m5a dans leur ville1 o je fus plus tonn que devant1 qu& je reconnus en effet que c'tai5t des hommes1 de n'en r5contr] pas un qui ne m>*t quatre pattes4 ,lorsque ce peuple me vit si petit 7c> la plup>t d'entre eux ont d\ze c\des de longueur71 et mon corps s\t5u de deux pi$s seulem5t1 ils ne pur5t croire que je fusse un homme1 c> ils t5ai5t que1 la ,nature ayant donn aux hommes1 comme aux btes1 deux jambes et deux bras1 ils s'en devai5t s]vir comme eux4 ,et1 en effet1 rvant depuis l-dessus1 j'ai song que cette situation de corps n'tait po9t trop extravagante1 qu& je me suis s\v5u que les enfants1 lorsqu'ils ne sont encore in/ruits que de la ,nature1 m>*5t quatre pi$s et qu'ils ne se lv5t sur deux que p> le so9 de leurs n\rrices1 qui les dress5t dans de petits *>iots et leur atta*5t des lanires p\r les emp*] de *oir sur les quatre1 comme la seule assiette o la figure de notre masse incl9e de se repos]4 ,ils disai5t donc 7 ce que je me suis fait depuis int]prt]7 qu'infailliblem5t j'tais la femelle du petit animal de la ,re9e4 ,a9si je fus1 en qualit de tel ou d'autre *ose1 m5 droit l',htel de ,ville1 o je rem>quai1 selon le b\rdonnem5t et les po/ures que faisai5t et le peuple et les ,magi/rats1 qu'ils consultai5t ensemble ce que je p\vais tre4 ,qu& ils eur5t longtemps confr1 un c]ta9 b\rgeois1 qui g>dait les btes r>es1 supplia les ,e*ev9s de me commettre sa g>de1 en att5dant que la ,re9e m'envoyt qurir p\r vivre avec mon mle4 ,on n'en fit aucune difficult1 et ce bateleur me porta son logis1 o il m'in/ruisit faire le god5ot1 pass] des culbutes1 figur] des grimaces2 et1 les aprs-dn]s1 il faisait pr5dre la porte un c]ta9 prix de ceux qui me v\lai5t voir4 ,mais le ,ciel1 fl*i de mes d\leurs et f* de voir pr(an] le ,temple de son matre1 v\lut qu'un j\r1 comme j'tais atta* au b\t d'une corde1 avec laquelle le *>latan me faisait saut] p\r div]tir le monde1 j'ent5dis la voix d'un homme qui me dem&a en grec qui j'tais4 ,je fus bi5 tonn d'ent5dre p>l]1 en ce pays-l1 comme en notre monde4 ,il m'int]rogea quelque temps2 je lui rpondis et lui contai ensuite gnralem5t t\te l'entreprise et le succs de mon voyage4 ,il me consola et je me s\vi5s qu'il me dit3 --,h bi51 mon fils1 v\s portez enf9 la pe9e des faiblesses de votre monde4 ,il y a du vulgaire1 ici comme l1 qui ne peut s\ffrir la p5se des *oses o il n'e/ po9t acc\tum4 ,mais sa*ez qu'on ne v\s traite qu' la p>eille et que1 si quelqu'un de cette t]re avait mont dans la vtre1 avec la h>diesse de se dire homme1 vos savants le f]ai5t t\ff] comme un mon/re4 ,il me promit ensuite qu'il av]tirait la ,c\r de mon dsa/re2 et il aj\ta qu'aussitt qu'il avait su la n\velle qui c\rait de moi1 il tait v5u p\r me voir et m'avait reconnu p\r un homme du monde dont je me disais p>ce qu'il y avait autrefois voyag et qu'il avait demeur en ,grce o on l'appelait le ,dmon de ,socrate2 qu'il avait1 depuis la mort de ce ,philosophe1 g\v]n et in/ruit1 ,?bes1 ,epam9ondas2 qu'ensuite1 tant pass *ez les ,roma9s1 la ju/ice l'avait atta* au p>ti du jeune ,caton2 qu'aprs sa mort1 il s'tait donn ,brutus2 que t\s ces gr&s p]sonnages n'ayant laiss en ce monde leurs places que le fantme de leurs v]tus1 il s'tait retir1 avec ses compagnons1 dans les temples et dans les solitudes4 ,illu/ration3 444 ,un j\r1 comme j'tais atta* au b\t d'une corde444 --,enf91 aj\ta-t-il1 le peuple de votre ,t]re dev9t si /upide et si grossi] que mes compagnons et moi p]dmes t\t le plaisir que n\s avions autrefois pris l'in/ruire4 ,il n'e/ pas que v\s n'ayez ent5du p>l] de n\s1 c> on n\s appelait ,oracles1 ,nymphes1 ,gnies1 ,fes1 ,dieux ,foy]s1 ,lemures1 ,l>ves1 ,lamies1 ,f>fadels1 ,naades1 ,incubes1 ,ombres1 ,manes1 ,spectres et ,fantmes2 et n\s ab&onnmes votre monde s\s le ,rgne d',augu/e1 un peu aprs que je me fus app>u ,drusus1 fils de ,livia1 qui portait la gu]re en ,allemagne1 et que je lui eus df5du de pass] outre4 ,il n'y a pas longtemps que j'en suis arriv p\r la seconde fois2 depuis c5t ans en 1 j'ai eu commission d'y faire un voyage3 j'ai rd beauc\p en ,europe et conv]s avec des p]sonnes que possible v\s aurez connues4 ,un j\r1 entre autres1 j'app>us ,c>dan1 comme il tudiait2 je l'in/ruisis de quantit de *oses1 et1 en rcomp5se1 il me promit qu'il tmoign]ait1 la po/rit1 de qui il t5ait les miracles qu'il s'att5dait d'crire4 ,j'y vis ,agrippa1 l',abb ,tritme1 le ,docteur ,fau/e1 ,la ,brosse1 ,cs>1 et une c]ta9e cabale de jeunes g5s que le vulgaire a connus s\s le nom de ,*evali]s de la ,rose-,croix1 qui j'ai enseign quantit de s\plesses et de secrets naturels1 qui sans d\te les auront fait pass] p\r de ,gr&s ,magici5s4 ,je connus aussi ,campanelle2 ce fut moi qui lui conseillai1 p5dant qu'il tait l',inquisition dans ,rome1 de /yl] son visage et son corps aux po/ures ord9aires de ceux dont il avait beso9 de connatre l'intrieur1 af9 d'excit] *ez soi p> une mme assiette les p5ses que cette mme situation avait appeles dans ses adv]saires1 p>ce qu'a9si il mnag]ait mieux leur arme1 qu& il la connatrait1 et il comm5a1 ma prire1 un ,livre1 que n\s intitulmes de ,s5su r]um4 ,j'ai frqu5t p>eillem5t en ,france ,la ,mo! ,le ,vay] et ,gass5di4 ,ce second e/ un homme qui crit autant en ,philosophe que ce premi] y vit4 ,j'ai connu quantit d'autres g5s1 que votre sicle traite de div9s1 mais je n'ai tr\v en eux que beauc\p de babil et beauc\p d'orgueil4 ,enf91 comme je trav]sais1 de votre pays1 en ,anglet]re1 p\r tudi] les murs de ses habitants1 je r5contrai un homme1 la honte de son pays2 c>1 c]tes1 c'e/ une honte aux gr&s de votre ,etat1 de reconnatre en lui1 sans l'ador]1 la v]tu dont il e/ le trne4 ,p\r abrg] son pangyrique1 il e/ t\t esprit1 t\t cur1 et il a t\tes ces qualits1 dont une jadis suffisait m>qu] un ,hros3 c'tait ,tri/an l',h]mite4 ,vritablem5t1 il faut que je v\s av\e que1 qu& je vis une v]tu si haute1 j'apprh5dai qu'elle ne ft pas reconnue2 c'e/ p\rquoi je t*ai de lui faire accept] trois fioles3 la premire tait ple9e d'huile de talk1 l'autre1 de p\dre de projection1 et la d]nire1 d'or potable2 mais il les refusa avec un dda9 plus gnreux que ,diogne ne reut les complim5ts d',alex&re4 ,enf9 je ne puis ri5 aj\t] l'loge de ce gr& homme1 s9on que c'e/ le seul ,pote1 le seul ,philosophe1 et le seul homme libre que v\s ayez4 ,voil les p]sonnes considrables que j'ai frqu5tes2 t\tes les autres1 au mo9s de celles que j'ai connues1 sont si =t au-dess\s de l'homme1 que j'ai vu des btes un peu au-dessus4 ,au re/e1 je ne suis po9t orig9aire de votre ,t]re ni de celle-ci2 je suis n dans le ,soleil4 ,mais1 p>ce que quelquefois notre monde se tr\ve trop peupl1 cause de la longue vie de ses habitants1 et qu'il e/ presque exempt de gu]res et de maladies1 de temps en temps1 nos ,magi/rats envoi5t des colonies dans les mondes des environs4 ,quant moi1 je fus comm& p\r all] au vtre et dcl> *ef de la peuplade qu'on y envoyait avec moi4 ,j'ai pass depuis en celui-ci1 p\r les raisons que je v\s ai dites2 et ce qui fait que j'y demeure actuellem5t1 c'e/ que les hommes y sont amateurs de la vrit2 qu'on n'y voit po9t de ,pdants2 que les ,philosophes ne se laiss5t p]suad] qu' la raison et que l'autorit d'un savant1 ni le plus gr& nombre1 ne l'emport5t po9t sur l'op9ion d'un batteur en grange1 qu& il raisonne aussi =tem5t4 ,bref1 en ce pays1 on ne compte p\r ins5ss que les ,sophi/es et les ,orateurs4 ,je lui dem&ai combi5 de temps ils vivai5t3 il me rpondit trois ou quatre mille ans1 et cont9ua de cette sorte3 ,encore que les habitants du ,soleil ne soi5t pas en aussi gr& nombre que ceux de ce monde1 le ,soleil en regorge bi5 s\v5t1 cause que le peuple1 p\r tre d'un tempram5t =t *aud1 e/ remuant et ambitieux et digre beauc\p4 ,ce que je v\s dis ne v\s doit pas sembl] une *ose tonnante1 c>1 quoique notre globe soit trs va/e et le vtre petit1 quoique n\s ne m\rions qu'aprs quatre mille ans1 et v\s1 aprs un demi-sicle1 appr5ez que1 t\t de mme qu'il n'y a pas tant de caill\x que de t]re1 ni tant de plantes que de caill\x1 ni tant d'animaux que de plantes1 ni tant d'hommes que d'animaux1 a9si1 il n'y doit pas avoir tant de ,dmons que d'hommes1 cause des difficults qui se r5contr5t la gnration d'un compos p>fait4 ,je lui dem&ai s'ils tai5t des corps comme n\s3 il me rpondit oui2 qu'ils tai5t des corps1 mais non pas comme n\s1 ni comme aucune *ose que n\s e/imons telle2 p>ce que n\s n'appelons vulgairem5t corps que ce que n\s p\vons t\*]2 qu'au re/e1 il n'y avait ri5 en la ,nature qui ne ft matriel1 et que1 quoiqu'ils le fuss5t eux-mmes1 ils tai5t contra9ts1 qu& ils v\lai5t se faire voir n\s1 de pr5dre des corps proportionns ce que nos s5s sont capables de connatre et que c'tait sans d\te ce qui avait fait p5s] beauc\p de monde que les hi/oires qui se contai5t d'eux n'tai5t qu'un effet de la rv]ie des faibles1 cause qu'ils n'app>aiss5t que de nuit2 et il aj\ta que1 comme ils tai5t contra9ts de btir eux-mmes la hte le corps dont il fallait qu'ils se s]viss5t1 ils n'avai5t pas le temps bi5 s\v5t de les r5dre propres qu' *oisir seulem5t dess\s un s5s1 tantt l'oue1 comme les voix des ,oracles2 tantt la vue1 comme les ard5ts et les spectres2 tantt le t\*]1 comme les ,incubes1 et que1 cette masse n'tant qu'un air paissi de telle ou telle faon1 la lumire1 p> sa *aleur1 les dtruisait1 a9si qu'on voit qu'elle dissipe un br\ill>d en le dilatant4 ,illu/ration3 ,ils agit]ont un po9t de ?ologie ou les difficults d'un procs p> un conc]t4 ,tant de belles *oses qu'il m'expliquait me donnr5t la curiosit de l'int]rog] sur sa naissance et sur sa mort2 si au pays du ,soleil l'individu v5ait au j\r p> les voies de gnration et s'il m\rait p> le dsordre de son tempram5t ou la rupture de ses organes4 --,il y a trop peu de rapport1 dit-il1 entre vos s5s et l'explication de ces my/res4 ,v\s v\s imag9ez1 v\s autres1 que ce que v\s ne sauriez compr5dre e/ spirituel ou qu'il n'e/ po9t2 mais cette consqu5ce e/ trs fausse1 et c'e/ un tmoignage qu'il y a dans l'univ]s un million peut-tre de *oses1 qui1 p\r tre connues1 dem&]ai5t en v\s un million d'organes t\s diffr5ts4 ,moi1 p> exemple1 je connais p> mes s5s la cause de la sympa?ie de l'aimant avec le ple1 celle du reflux de la m]1 et ce que l'animal devi5t aprs sa mort2 v\s autres ne sauriez donn] jusqu' ces hautes conceptions que p> la foi1 cause que les proportions ces miracles v\s manqu5t1 non plus qu'un aveugle ne saurait s'imag9] ce que c'e/ que la beaut d'un paysage1 le coloris d'un tableau et les nuances de l'iris2 ou bi5 il se les figur]a tantt comme quelque *ose de palpable1 comme le mang]1 comme un son ou comme une odeur4 ,t\t de mme1 si je v\lais v\s expliqu] ce que j'ap]ois1 p> les s5s qui v\s manqu5t1 v\s v\s le reprs5t]iez comme quelque *ose qui peut tre ou1 vu1 t\*1 fleur ou sav\r et ce n'e/ ri5 cep5dant de t\t cela4 ,il en tait l de son disc\rs1 qu& mon ,bateleur s'ap]ut que la *ambre comm5ait s'ennuy] de mon j>gon1 qu'ils n'ent5dai5t po9t et qu'ils pr5ai5t p\r un grognem5t non articul4 ,il se remit de plus belle tir] ma corde1 p\r me faire saut]1 jusqu' ce que1 les spectateurs tant sa\ls de rire et d'assur] que j'avais presque autant d'esprit que les btes de leurs pays1 ils se retirr5t *acun *ez soi4 ,j'ad\cissais a9si la duret des mauvais traitem5ts de mon matre p> les visites que me r5dait cet (ficieux ,dmon2 c>1 de m'entret5ir avec ceux qui me v5ai5t voir1 outre qu'ils me pr5ai5t p\r un animal des mieux enrac9s dans la catgorie des ,brutes1 ni je ne savais leur langue1 ni eux n'ent5dai5t pas la mi5ne1 et jugez a9si quelle proportion2 c> v\s saurez que deux idiomes seulem5t sont usits en ce pays1 l'un qui s]t aux gr&s et l'autre qui e/ p>ticuli] p\r le peuple4 ,celui des gr&s n'e/ autre *ose qu'une diffr5ce de tons non articuls1 peu prs semblables notre musique1 qu& on n'a pas aj\t les p>oles l'air1 et c]tes c'e/ une inv5tion t\t ensemble et bi5 utile et bi5 agrable2 c>1 qu& ils sont las de p>l]1 ou qu& ils ddaign5t de pro/itu] leur gorge cet usage1 ils pr5n5t ou un lu?1 ou un autre in/rum5t1 dont ils se s]v5t aussi bi5 que de la voix se communiqu] leurs p5ses2 de sorte que quelquefois ils se r5contr]ont jusqu' qu9ze ou v+t de compagnie1 qui agit]ont un po9t de ,?ologie1 ou les difficults d'un procs1 p> un conc]t1 le plus h>monieux dont on puisse *at\ill] l'oreille4 ,le second1 qui e/ en usage *ez le peuple1 s'excute p> le trm\ssem5t des membres1 mais non pas peut-tre comme on se le figure1 c> c]ta9es p>ties du corps signifi5t un disc\rs t\t enti]4 ,l'agitation1 p> exemple1 d'un doigt1 d'une ma91 d'une oreille1 d'une lvre1 d'un bras1 d'un il1 d'une j\e f]ont1 *acun en p>ticuli]1 une oraison ou une priode1 avec t\s ses membres4 ,d'autres ne s]v5t qu' dsign] des mots1 comme un pli sur le front1 les div]s frissonnem5ts des muscles1 les r5v]sem5ts des ma9s1 les battem5ts de pi$1 les contorsions de bras2 de sorte que1 qu& ils p>l5t1 avec la c\tume qu'ils ont prise d'all] t\t nus1 leurs membres1 acc\tums ge/icul] leurs conceptions1 se remu5t si dru1 qu'il ne semble pas un homme qui p>le1 mais un corps qui tremble4 ,presque t\s les j\rs le ,dmon me v5ait visit]1 et ses m]veilleux entreti5s me faisai5t pass] sans ennui les viol5ces de ma captivit4 ,enf91 un mat91 je vis entr] dans ma logette un homme que je ne connaissais po9t et qui1 m'ayant =t longtemps l*1 me gueula d\cem5t p> l'aisselle1 et de l'une des pattes dont il me s\t5ait1 de peur que je me blessasse1 me jeta sur son dos1 o je me tr\vai si mollem5t et si mon aise1 qu'avec l'affliction que me faisait s5tir un traitem5t de bte1 il ne me prit aucune envie de me sauv]1 et puis1 ces hommes qui m>*5t quatre pi$s vont bi5 d'une autre vitesse que n\s1 puisque les plus pesants attrap5t les c]fs la c\rse4 ,je m'affligeais cep5dant outre mesure de n'avoir po9t de n\velles de mon c\rtois ,dmon1 et1 le soir de la premire traite1 arriv que je fus au gte1 je me prom5ais dans la c\r de l'htell]ie1 att5dant que le mang] ft prt1 lorsqu'un homme1 =t jeune et assez beau1 me v9t rire au nez et jet] mon col ses deux pi$s de devant4 ,aprs que je l'eus quelque temps considr3 --,quoi6 me dit-il en franais1 v\s ne connaissez plus votre ami6 ,je v\s laisse p5s] ce que je dev9s alors4 ,c]tes1 ma surprise fut si gr&e1 que ds lors je m'imag9ai que t\t le globe de la ,lune1 t\t ce qui m'y tait arriv1 et t\t ce que j'y voyais n'tait qu'en*antem5t2 et cet homme-bte1 tant le mme qui m'avait s]vi de monture1 cont9ua de me p>l] a9si3 --,v\s m'aviez promis que les bons (fices que je v\s r5drais ne v\s sortirai5t jamais de la mmoire1 et cep5dant il semble que v\s ne m'ayez jamais vu6 ,illu/ration3 --,a*evez votre potage4 7,page #ej74 ,mais1 voyant que je demeurais dans mon tonnem5t3 --,enf91 aj\ta-t-il1 je suis ce ,dmon de ,socrate4 ,ce disc\rs augm5ta mon tonnem5t2 mais1 p\r m'en tir]1 il me dit3 --,je suis le ,dmon de ,socrate1 qui v\s ai div]ti p5dant votre prison1 et qui1 p\r v\s cont9u] mes s]vices1 me suis revtu du corps avec lequel je v\s portai hi]4 --,mais1 l'int]rompis-je1 comm5t t\t cela se peut-il faire1 vu qu'hi] v\s tiez d'une taille extrmem5t longue et qu'auj\rd'hui v\s tes trs c\rt2 qu'hi] v\s aviez une voix faible et casse1 et qu'auj\rd'hui v\s en avez une claire et vig\reuse2 qu'hi] enf9 v\s tiez un vieill>d t\t *5u1 et que v\s n'tes auj\rd'hui qu'un jeune homme8 ,quoi donc6 au lieu qu'en mon pays on *em9e de la naissance la mort1 les animaux de celui-ci vont de la mort la naissance1 et rajeuniss5t =ce de vieillir8 --,sitt que j'eus p>l au ,pr9ce1 me dit-il1 aprs avoir reu l'ordre de v\s conduire la ,c\r1 je v\s allai tr\v] o v\s tiez1 et1 v\s ayant apport ici1 j'ai s5ti le corps que j'in=mais si =t attnu de lassitude1 que t\s les organes me refusai5t leurs fonctions ord9aires1 en sorte que je me suis enquis du *em9 de l',hpital1 o1 entrant1 j'ai tr\v le corps d'un jeune homme qui v5ait d'expir] p> un accid5t =t biz>re1 et p\rtant =t commun en ce pays4444 ,je m'en suis appro*1 feignant d'y connatre encore du m\vem5t1 et prote/ant ceux qui tai5t prs5ts qu'il n'tait po9t mort et que ce qu'on croyait lui avoir fait p]dre la vie n'tait qu'une simple l?>gie2 de sorte que1 sans tre ap]u1 j'ai appro* ma b\*e de la si5ne1 o je suis entr comme p> un s\ffle2 lors mon vieux cadavre e/ tomb1 et1 comme si j'eusse t ce jeune homme1 je me suis lev1 et m'en suis v5u v\s *]*]1 laissant l les assi/ants cri] miracle4 ,on n\s v9t qurir l-dessus1 p\r n\s mettre table1 et je suivis mon conducteur dans une salle magnifiquem5t meuble1 mais o je ne vis ri5 de prp> p\r mang]4 ,une si gr&e solitude de vi&e1 lorsque je prissais de faim1 m'obligea de lui dem&] o l'on avait mis le c\v]t4 ,je n'c\tai po9t ce qu'il me rpondit1 c> trois ou quatre jeunes g>ons1 enfants de l'hte1 s'appro*r5t de moi dans cet in/ant1 et avec beauc\p de civilit me dp\illr5t jusqu' la *emise4 ,cette n\velle crmonie m'tonna si =t que je n'en osai pas seulem5t dem&] la cause mes beaux valets de *ambre1 et je ne sais comm5t mon guide1 qui me dem&a p> o je v\lais comm5c]1 put tir] de moi ces deux mots3 ,un potage2 mais je les eus pe9e pr(rs1 que je s5tis l'odeur du plus succul5t mitonn qui frappa jamais le nez du mauvais ri*e4 ,je v\lus me lev] de ma place p\r *]*] la pi/e la s\rce de cette agrable fume2 mais mon porteur m'en emp*a4 --,o v\lez-v\s all]8 me dit-il4 ,n\s irons tantt la prom5ade1 mais ma9t5ant il e/ saison de mang]2 a*evez votre potage1 et puis n\s f]ons v5ir autre *ose4 --,et o diable e/ ce potage8 lui rpondis-je presque en colre4 ,avez-v\s fait gageure de v\s moqu] de moi t\t auj\rd'hui8 --,je p5sais1 me rpliqua-t-il1 que v\s eussiez vu1 la ,ville d'o n\s v5ons1 votre matre1 ou quelque autre1 pr5dre ses repas2 c'e/ p\rquoi je ne v\s avais po9t dit de quelle faon on se n\rrit ici4 ,puis donc que v\s l'ignorez encore1 sa*ez que l'on n'y vit que de fume4 ,l'art de cuis9]ie e/ de r5f]m]1 dans de gr&s vaisseaux m\ls exprs l'exhalaison qui sort des vi&es en les cuisant2 et1 qu& on en a ramass de plusieurs sortes et de diffr5ts gts1 selon l'apptit de ceux que l'on traite1 on db\*e le vaisseau o cette odeur e/ assemble1 on en dc\vre aprs cela un autre1 et a9si jusqu' ce que la compagnie soit repue4 ,a mo9s que v\s n'ayez dj vcu de cette sorte1 v\s ne croirez jamais que le nez1 sans d5ts et sans gosi]1 fasse1 p\r n\rrir l'homme1 l'(fice de la b\*e2 mais je v\s le veux faire voir p> expri5ce4 ,il n'eut pas plutt a*ev1 que je s5tis entr] successivem5t dans la salle tant d'agrables vapeurs1 et si n\rrissantes1 qu'en mo9s de demi-qu>t d'heure je me s5tis t\t fait rassasi4 ,qu& n\s fmes levs3 --,ceci n'e/ pas1 dit-il1 une *ose qui doive caus] beauc\p d'admiration1 puisque v\s ne p\vez pas avoir tant vcu1 sans avoir obs]v qu'en votre monde les ,cuis9i]s1 les ,ptissi]s et les ,rtisseurs1 qui mang5t mo9s que les p]sonnes d'une autre vocation1 sont p\rtant beauc\p plus gras4 ,d'o procde leur embonpo9t1 votre avis1 si ce n'e/ de la fume dont ils sont sans cesse environns1 et laquelle pntre leurs corps et les n\rrit8 ,aussi les p]sonnes de ce monde j\iss5t d'une sant bi5 mo9s int]rompue et plus vig\reuse1 cause que la n\rriture n'eng5dre presque po9t d'excrm5ts1 qui sont l'orig9e de presque t\tes les maladies4 ,v\s avez peut-tre t surpris1 lorsque avant le repas on v\s a d%abill1 p>ce que cette c\tume n'e/ pas usite en votre pays2 mais c'e/ la mode de celui-ci1 et l'on en use a9si1 af9 que l'animal soit plus transpirable la fume4 --,monsieur1 lui rep>tis-je1 il y a trs gr&e app>5ce ce que v\s dites1 et je vi5s moi-mme d'en exprim5t] quelque *ose2 mais je v\s av\]ai que1 ne p\vant pas me dbrutalis] si promptem5t1 je s]ais bi5 aise de s5tir un morceau palpable s\s mes d5ts4 ,il me le promit1 et t\tefois ce fut p\r le l5dema91 cause1 dit-il1 que de mang] sitt aprs le repas1 cela me produirait une indige/ion4 ,n\s disc\rmes encore quelque temps1 puis n\s montmes la *ambre p\r n\s c\*]4 ,un homme1 au haut de l'escali]1 se prs5ta n\s1 et1 n\s ayant envisags att5tivem5t1 me m5a dans un cab9et dont le plan*] tait c\v]t de fleurs d'orange la hauteur de trois pi$s1 et mon ,dmon1 dans un autre1 rempli d'illets et de jasm9s2 il me dit1 voyant que je p>aissais tonn de cette magnific5ce1 que c'tai5t les lits du pays4 ,enf91 n\s n\s c\*mes *acun dans notre cellule2 et1 ds que je fus t5du sur mes fleurs1 j'ap]u1 la lueur d'une tr5ta9e de gros v]s luisants enf]ms dans un cri/al 7c> on ne se s]t po9t de *&elles71 ces trois ou quatre jeunes g>ons qui m'avai5t d%abill au s\p]1 dont l'un se mit me *at\ill] les pi$s1 l'autre les cuisses1 l'autre les flancs1 l'autre les bras1 et t\s avec tant de mignot]ies et de dlicatesse1 qu'en mo9s d'un mom5t je me s5tis ass\pi4 ,je vis entr] le l5dema9 mon ,dmon1 avec le soleil4 --,je v\s veux t5ir p>ole1 me dit-il2 v\s djeun]ez plus solidem5t que v\s ne s\ptes hi]4 ,a ces mots1 je me levai1 et il me conduisit1 p> la ma91 d]rire le j>d9 du logis1 o l'un des enfants de l',hte n\s att5dait avec une arme la ma91 presque semblable nos fusils4 ,il dem&a mon guide si je v\lais une d\za9e d'al\ettes1 p>ce que les magots 7il croyait que j'en fusse un7 se n\rrissai5t de cette vi&e4 ,a pe9e eus-je rpondu oui1 que le ,*asseur d*>gea un c\p de feu1 et v+t ou tr5te al\ettes tombr5t nos pi$s t\tes rties4 --,voil1 m'imag9ai-je aussitt1 ce qu'on dit p> prov]be1 en notre monde1 d'un pays o les al\ettes tomb5t t\tes rties6 ,sans d\te que quelqu'un tait rev5u d'ici4 --,v\s n'avez qu' mang]1 me dit mon ,dmon2 ils ont l'indu/rie de ml] p>mi leur p\dre et leur plomb une c]ta9e composition qui tue1 plume1 rtit et assaisonne le gibi]4 ,j'en ramassai quelques-unes1 dont je mangeai sur sa p>ole1 et1 en vrit1 je n'ai jamais en ma vie ri5 gt de si dlicieux4 ,aprs ce djeun]1 n\s n\s mmes en tat de p>tir1 et avec mille grimaces dont ils se s]v5t1 qu& ils veul5t tmoign] de l'affection1 l'hte reut un papi] de mon ,dmon4 ,je lui dem&ai si c'tait une obligation p\r la valeur de l'cot4 ,il me rep>tit que non2 qu'il ne lui devait ri5 et que c'tai5t des ,v]s4 --,comm5t1 des v]s8 lui rpliquai-je4 ,les tav]ni]s sont donc ici curieux de rimes8 --,c'e/1 me dit-il1 la monnaie du pays1 et la dp5se que n\s v5ons de faire cans s'e/ tr\ve mont] un sixa9 que je lui vi5s de donn]4 ,je ne craignais pas de demeur] c\rt2 c>1 qu& n\s f]ions ici ripaille p5dant huit j\rs1 n\s ne saurions dp5s] un ,sonnet1 et j'en ai quatre sur moi1 avec deux ,epigrammes1 deux ,odes et une ,eglogue4 --,et plt ,dieu1 lui dis-je1 que cela ft de mme en notre monde6 ,j'y connais beauc\p d'honntes ,potes qui meur5t de faim1 et qui f]ai5t bonne *re1 si on payait les ,traiteurs en cette monnaie4 ,illu/ration3 444 mon porteur quatre pattes s\s moi1 et moi calif\r*on sur lui4 ,je lui dem&ai si ces v]s s]vai5t t\j\rs1 p\rvu qu'on les transcrivt3 il me rpondit que non1 et cont9ua a9si3 --,qu& on en a compos1 l'auteur les porte la ,c\r des ,monnaies1 o les ,potes ,jurs du ,royaume ti5n5t leur sance4 ,l1 ces v]sificateurs ,(fici]s mett5t les pices l'preuve1 et1 si elles sont juges de bon aloi1 on les taxe1 non pas selon leur prix1 c'e/--dire qu'un ,sonnet ne vaut pas t\j\rs un ,sonnet1 mais selon le mrite de la pice2 et a9si1 qu& quelqu'un meurt de faim1 ce n'e/ jamais qu'un buffle1 et les p]sonnes d'esprit font t\j\rs gr&e *re4 ,j'admirais1 t\t extasi1 la police judicieuse de ce pays-l1 et il p\rsuivit de cette faon3 --,il y a encore d'autres p]sonnes qui ti5n5t cab>et d'une manire bi5 diffr5te4 ,lorsqu'on sort de *ez eux1 ils dem&5t1 proportion des frais1 un acquit p\r l'autre monde2 et1 ds qu'on le leur donne1 ils criv5t dans un gr& regi/re qu'ils appell5t les comptes du gr& ,j\r1 peu prs en ces t]mes3 ,item1 la valeur de tant de ,v]s1 dlivrs un tel j\r1 un tel1 qu'on m'y doit remb\rs] aussitt l'acquit reu du premi] fonds qui s'y tr\v]a2 et1 lorsqu'ils se s5t5t en dang] de m\rir1 ils font ha*] ces regi/res en morceaux1 et les aval5t1 p>ce qu'ils croi5t que1 s'ils n'tai5t a9si digrs1 cela ne leur pr(it]ait de ri54 ,cet entreti5 n'emp*ait pas que n\s ne cont9uassions de m>*]1 c'e/--dire mon porteur quatre pattes s\s moi1 et moi calif\r*on sur lui4 ,je ne p>ticul>is]ai po9t davantage les av5tures qui n\s arrtr5t sur le *em91 qu'enf9 n\s t]m9mes la ,ville o le ,roi fait sa rsid5ce4 ,je n'y fus pas plutt arriv1 qu'on me conduisit au ,palais1 o les gr&s me reur5t avec des admirations plus modres que n'avait fait le peuple1 qu& j'tais pass dans les rues4 ,mais la conclusion que j'tais sans d\te la femelle du petit animal de la ,re9e fut celle des gr&s comme celle du peuple4 ,mon guide me l'int]prtait a9si2 et cep5dant lui-mme n'ent5dait po9t cette nigme1 et ne savait qui tait ce petit animal de la ,re9e2 mais n\s en fmes bi5tt claircis4 ,le ,roi1 quelque temps aprs m'avoir considr1 comm&a qu'on l'am5t1 et1 une demi-heure de l1 je vis entr]1 au milieu d'une tr\pe de s+es qui portai5t la fraise et le haut-de-*ausses1 un petit homme bti presque t\t comme moi1 c> il m>*ait deux pi$s2 sitt qu'il m'ap]ut1 il m'aborda p> un ,criado de vue/ra m]c$2 je lui ripo/ai sa rvr5ce peu prs en mmes t]mes4 ,mais1 hlas6 ils ne n\s eur5t pas plutt vus p>l] ensemble1 qu'ils crur5t t\s le prjug vritable2 et cette conjecture n'avait g>de de produire un autre succs1 c> celui des assi/ants qui op9ait p\r n\s avec plus de f]veur prote/ait que notre entreti5 tait un grognem5t que la joie d'tre rejo9ts1 p> un in/9ct naturel1 n\s faisait b\rdonn]4 ,ce petit homme me conta qu'il tait ,europen1 natif de la vieille ,ca/ille2 qu'il avait tr\v moy51 avec des oiseaux1 de se faire port] jusqu'au monde de la ,lune o n\s tions alors2 qu'tant tomb entre les ma9s de la ,re9e1 elle l'avait pris p\r un s+e1 cause qu'ils habill5t1 p> has>d en ce pays-l1 les s+es l'espagnole1 et que1 l'ayant son arrive tr\v vtu de cette faon1 elle n'avait po9t d\t qu'il ne ft de l'espce4 ,il faut bi5 dire1 lui rpliquai-je1 qu'aprs leur avoir essay t\tes sortes d'habits1 ils n'en ont po9t r5contr de plus ridicules1 et que ce n'e/ qu' cause de cela qu'ils les quip5t de la sorte1 n'entret5ant ces animaux que p\r s'en donn] du plaisir4 --,ce n'e/ pas connatre1 reprit-il1 la dignit de notre nation1 en faveur de qui l'univ]s ne produit des hommes que p\r n\s donn] des esclaves1 et p\r qui la ,nature ne saurait eng5dr] que des matires de rire4 ,il me supplia ensuite de lui appr5dre comm5t je m'tais os has>d] de mont] la ,lune avec la ma*9e dont je lui avais p>l3 je lui rpondis que c'tait cause qu'il avait emm5 les oiseaux sur lesquels j'y p5sais all]4 ,il s\rit de cette raill]ie1 et1 environ un qu>t d'heure aprs1 le ,roi comm&a aux g>deurs de s+es de n\s ram5]1 avec ordre exprs de n\s faire c\*] ensemble l',espagnol et moi1 p\r faire en son ,royaume multipli] notre espce4 ,on excuta de po9t en po9t la volont du ,pr9ce2 de quoi je fus trs aise1 p\r le plaisir que je recevais d'avoir quelqu'un qui m'entretnt p5dant la solitude de ma brutification4 ,un j\r1 mon mle 7c> on me pr5ait p\r la femelle7 me conta que ce qui l'avait vritablem5t oblig de c\rir t\te la t]re1 et enf9 de l'ab&onn] p\r la ,lune1 tait qu'il n'avait pu tr\v] un seul pays o l'imag9ation mme ft en lib]t4 --,voyez-v\s1 me dit-il1 mo9s de port] un bonnet1 quoi que v\s puissiez dire de beau1 s'il e/ contre les pr9cipes des ,docteurs de drap1 v\s tes un idiot1 un f\1 et quelque *ose de pis4 ,on m'a v\lu mettre1 en mon pays1 l',inquisition1 p>ce qu' la b>be des pdants j'avais s\t5u qu'il y avait du vide1 et que je ne connaissais po9t de matire au monde plus pesante l'une que l'autre4 ,je lui dem&ai de quelles probabilits il appuyait une op9ion si peu reue4 ,illu/ration3--,le petit homme me conta qu'il tait ,europen444 --,il faut1 me rpondit-il1 p\r en v5ir b\t1 suppos] qu'il n'y a qu'un lm5t3 c>1 encore que n\s voyions de l'eau1 de la t]re1 de l'air et du feu sp>s1 on ne les tr\ve jamais p\rtant si p>faitem5t purs1 qu'ils ne soi5t encore engags les uns avec les autres4 ,qu&1 p> exemple1 v\s reg>dez du feu1 ce n'e/ pas du feu1 ce n'e/ que de l'eau beauc\p t5due2 l'air n'e/ que de l'eau =t dilate2 l'eau n'e/ que de la t]re qui se fond1 et la t]re elle-mme n'e/ autre *ose que de l'eau beauc\p ress]re2 et a9si1 pntr] srieusem5t la matire1 v\s connatrez qu'elle n'e/ qu'une1 qui1 comme excell5te comdi5ne1 j\e ici-bas t\tes sortes de p]sonnages1 s\s t\tes sortes d'habits2 autrem5t1 il faudrait admettre autant d'lm5ts qu'il y a de sortes de corps1 et1 si v\s me dem&ez p\rquoi le feu brle et l'eau refroidit1 vu que ce n'e/ qu'une seule matire1 je v\s rponds que cette matire agit p> sympa?ie1 selon la disposition o elle se tr\ve dans le temps qu'elle agit4 ,le feu1 qui n'e/ ri5 que de la t]re encore plus rp&ue qu'elle ne l'e/ p\r con/itu] l'air1 t*e de *ang] en elle p> sympa?ie ce qu'elle r5contre4 ,a9si la *aleur du *>bon1 tant le feu le plus subtil et le plus propre pntr] un corps1 se glisse entre les pores de notre masse au comm5cem5t1 p>ce que c'e/ une n\velle matire qui n\s remplit et n\s fait exhal] en sueur2 cette sueur1 t5due p> le feu1 se conv]tit en fume et devi5t air2 cet air1 encore davantage fondu p> la *aleur de l'antipri/ase1 ou des a/res qui l'avois95t1 s'appelle feu1 et la t]re1 ab&onne p> le froid et divise1 tombe en t]re2 l'eau1 d'autre "p1 quoiqu'elle ne diffre de la matire du feu qu'en ce qu'elle e/ plus s]re1 ne n\s brle pas1 cause qu'tant s]re1 elle dem&e p> sympa?ie ress]r] les corps qu'elle r5contre1 et le froid que n\s s5tons n'e/ autre *ose que l'effet de notre *air qui se replie sur elle-mme p> le vois9age de la t]re ou de l'eau qui la contra9t de lui ressembl]4 ,de l vi5t que les hydropiques remplis d'eau *ang5t en eau t\te la n\rriture qu'ils pr5n5t2 de l vi5t que les bilieux *ang5t en bile t\t le sang que =me le foie4 ,suppos donc qu'il n'y ait qu'un seul lm5t1 il e/ c]tissime que t\s les corps *acun selon sa qualit1 incl95t galem5t au c5tre de la t]re4 ,mais v\s me dem&]ez p\rquoi donc le f]1 les mtaux1 la t]re1 le bois desc5d5t plus vite ce c5tre qu'une ponge1 si ce n'e/ cause qu'elle e/ ple9e d'air1 qui t5d naturellem5t en haut8 ,ce n'en e/ po9t du t\t la raison1 et voici comm5t je v\s rponds3 ,quoiqu'une ro*e tombe avec plus de rapidit qu'une plume1 l'une et l'autre ont mme incl9ation p\r ce voyage2 mais un b\let de canon1 p> exemple1 s'il tr\vait la t]re p]ce j\r1 se prcipit]ait plus vite son c5tre qu'une vessie grosse de v5t2 et la raison e/ que cette masse de mtal e/ beauc\p de t]re recogne en un petit canton1 et que ce v5t e/ =t peu de t]re en beauc\p d'espace2 c> t\tes les p>ties de la matire1 qui log5t dans ce f]1 jo9tes qu'elles sont les unes aux autres1 augm5t5t leur =ce p> l'union1 cause que1 s'tant ress]res1 elles se tr\v5t la f9 beauc\p combattre contre peu1 vu qu'une p>celle d'air1 gale en grosseur au b\let1 n'e/ pas gale en quantit4 ,sans pr\v] ceci p> une enfilure de raisons1 comm5t1 p> votre foi1 une pique1 une pe1 un poign>d1 n\s bless5t-ils8 ,si ce n'e/ cause que l'aci] tant une matire o les p>ties sont plus pro*es et plus enfonces les unes dans les autres1 que non pas votre *air1 dont les pores et la mollesse montr5t qu'elle conti5t =t peu de matire rp&ue en un gr& lieu1 et que la po9te de f] qui n\s pique tant une quantit presque innombrable de matire contre =t peu de *air1 il la contra9t de cd] au plus =t1 de mme qu'un escadron bi5 press entame aism5t un bataillon mo9s s]r et plus t5du2 c> p\rquoi une l\pe d'aci] embrase e/-elle plus *aude qu'un tronc de bois allum8 si ce n'e/ qu'il y a plus de feu dans la l\pe en peu d'espace1 y en ayant d'atta* t\tes les p>ties du mtal1 que dans le bton1 qui1 p\r tre =t spongieux1 enf]me p> consqu5t beauc\p de vide1 et que le vide n'tant qu'une privation de l'tre1 ne peut tre susceptible de la =me du feu4 ,mais1 m'object]ez-v\s1 v\s supposez du vide comme si v\s l'aviez pr\v1 et c'e/ cela dont n\s sommes en dispute6 ,eh bi51 je vais v\s le pr\v]1 et1 quoique cette difficult soit la sur du nud gordi51 j'ai les bras assez =ts p\r en dev5ir l',alex&re4 ,qu'elle me rponde donc1 je l'en supplie1 cette bte vulgaire1 qui ne croit tre homme que p>ce qu'on le lui a dit6 ,suppos qu'il n'y ait qu'une matire1 comme je p5se l'avoir assez pr\v1 d'o vi5t qu'elle se rel*e et se re/re9t selon son apptit8 d'o vi5t qu'un morceau de t]re1 =ce de se cond5s]1 s'e/ fait caill\8 ,e/-ce que les p>ties de ce caill\ se sont places les unes dans les autres1 en telle sorte que l o s'e/ fi* ce gra9 de sablon1 l mme ou dans le mme po9t loge un autre gra9 de sablon8 ,t\t cela ne se peut1 et selon leur pr9cipe mme1 puisque les corps ne se pntr5t po9t2 mais il faut que cette matire se soit rappro*e1 et1 si v\s v\lez1 se soit racc\rcie1 en sorte qu'elle ait rempli quelque lieu qui ne l'tait pas4 ,de dire que cela n'e/ po9t comprh5sible qu'il y et du ri5 dans le monde1 que n\s fussions en p>tie composs de ri53 h6 p\rquoi non8 ,le monde enti] n'e/-il pas envelopp de ri58 ,puisque v\s m'av\ez cet article1 confessez donc qu'il e/ aussi ais que le monde ait du ri5 d$ans soi qu'aut\r de soi4 ,je vois =t bi5 que v\s me dem&]ez p\rquoi donc l'eau1 re/re9te p> la gele dans un vase1 le fait crev]1 si ce n'e/ p\r emp*] qu'il ne se fasse du vide8 ,mais je rponds que cela n'arrive qu' cause que l'air de dessus1 qui t5d aussi bi5 que la t]re et l'eau au c5tre1 r5contrant sur le droit *em9 de ce pays une htell]ie vacante1 y va log]3 s'il tr\ve les pores de ce vaisseau1 c'e/--dire les *em9s qui conduis5t cette *ambre de vide trop troits1 trop longs1 trop tortus1 il satisfait1 en le brisant1 son impati5ce1 p\r arriv] plus tt au gte4 ,mais1 sans m'amus] rpondre t\tes leurs objections1 j'ose bi5 dire que1 s'il n'y avait po9t de vide1 il n'y aurait po9t de m\vem5t1 ou il faut admettre la pntration des corps4 ,il s]ait trop ridicule de croire que1 qu& une m\*e p\sse de l'aile une p>celle de l'air1 cette p>celle en fait recul] devant elle une autre1 cette autre encore une autre1 et qu'a9si l'agitation du petit orteil d'une puce allt faire une bosse d]rire le monde4 ,qu& ils n'en peuv5t plus1 ils ont rec\rs la r>faction2 mais1 en bonne foi1 comm5t se peut-il faire1 qu& un corps se r>fie1 qu'une p>ticule de la masse s'loigne d'une autre p>ticule sans laiss] ce milieu vide8 ,n'aurait-il pas fallu que ces deux corps qui se vi5n5t de sp>] euss5t t en mme temps au mme lieu o tait celui-ci1 et que de la sorte ils se fuss5t pntrs t\s trois8 ,je m'att5ds bi5 que v\s me dem&]ez p\rquoi donc1 p> un *alumeau1 une s]+ue ou une pompe1 on fait mont] l'eau contre son incl9ation3 quoi je v\s rpondrai qu'elle e/ viol5te1 et que ce n'e/ pas la peur qu'elle a du vide qui l'oblige se dt\rn] de son *em91 mais qu'tant jo9te avec l'air d'une nuance imp]ceptible1 elle s'lve1 qu& on lve en haut l'air qui la ti5t emb>rasse4 ,cela n'e/ pas =t p9eux compr5dre1 qu& on connat le c]cle p>fait et la dlicate en*anure des lm5ts2 c>1 si v\s considrez att5tivem5t ce limon qui fait le m>iage de la t]re et de l'eau1 v\s tr\v]ez qu'il n'e/ plus t]re1 qu'il n'e/ plus eau1 mais qu'il e/ l'entremetteur du contrat de ces deux ennemis2 l'eau1 t\t de mme1 avec l'air1 s'envoi5t rciproquem5t un br\ill>d qui pntre aux humeurs de l'un et de l'autre p\r moy5n] leur paix1 et l'air se rconcilie avec le feu p> le moy5 d'une exhalaison mdiatrice qui les unit4 ,je p5se qu'il v\lait encore p>l]2 mais on n\s apporta notre mangeaille2 et1 p>ce que n\s avions faim1 je f]mai les oreilles ses disc\rs1 p\r ouvrir l'e/omac aux vi&es qu'on n\s donna4 ,il me s\vi5t qu'une autre fois1 comme n\s philosophions1 c> n\s n'aimions gure ni l'un ni l'autre n\s entret5ir des *oses basses3 --,je suis bi5 f*1 dit-il1 de voir un esprit de la trempe du vtre infect des erreurs du vulgaire4 ,il faut donc que v\s sa*iez1 malgr le pdantisme d',ari/ote1 dont ret5tiss5t auj\rd'hui t\tes les classes de votre ,france1 que t\t e/ en t\t1 c'e/--dire que dans l'eau1 p> exemple1 il y a du feu2 d$ans le feu1 de l'eau2 d$ans l'air1 de la t]re1 et d$ans la t]re1 de l'air4 ,quoique cette op9ion fasse aux scol>es les yeux gr&s comme des salires1 elle e/ plus aise pr\v] qu' p]suad]4 ,c> je leur dem&e premirem5t si l'eau n'eng5dre pas du poisson2 qu& ils me le ni]ont3 creus] un foss1 le remplir du sirop de l'aiguire1 et qu'ils pass]ont encore1 s'ils veul5t1 trav]s un bluteau1 p\r *app] aux objections des aveugles1 je veux1 en cas qu'ils n'y tr\v5t du poisson dans quelque temps1 aval] t\te l'eau qu'ils y auront v]se2 mais1 s'ils y en tr\v5t1 comme je n'en d\te po9t1 c'e/ une preuve conva9cante qu'il y a du sel et du feu4 ,p> consqu5t1 de tr\v] ensuite de l'eau dans le feu1 ce n'e/ pas une entreprise =t difficile4 ,c> qu'ils *oisiss5t le feu1 mme le plus dta* de la matire1 comme les comtes1 il y en a t\j\rs beauc\p1 puisque si cette humeur onctueuse dont ils sont eng5drs1 rduite en s\fre p> la *aleur de l'antipri/ase qui les allume1 ne tr\vait un ob/acle sa viol5ce dans l'humide froideur qui la tempre et la combat1 elle se consomm]ait brusquem5t comme un clair4 ,qu'il y ait ma9t5ant de l'air dans la t]re1 ils ne le ni]ont pas1 ou bi5 ils n'ont jamais ent5du p>l] des frissons effroyables dont les montagnes de la ,sicile ont t si s\v5t agites3 outre cela1 n\s voyons la t]re t\te poreuse1 jusqu'aux gra9s de sablon qui la compos5t4 ,cep5dant p]sonne n'a dit encore que ces creux fuss5t remplis de vide3 on ne tr\v]a donc pas mauvais que l'air y fasse son domicile4 ,il me re/e pr\v] que dans l'air il y a de la t]re1 mais je ne daigne quasi pas en pr5dre la pe9e1 puisque v\s en tes conva9cu autant de fois que v\s voyez tomb] sur vos ttes ces lgions d'atomes1 si nombreuses1 qu'elles t\ff5t l',ari?mtique4 ,illu/ration3 ,la gr&e f\le de monde qui v5ait n\s contempl]4 ,mais passons des corps simples aux composs3 ils me f\rniront des sujets beauc\p plus frqu5ts2 et p\r montr] que t\tes *oses sont en t\tes *oses1 non po9t qu'elles se *ang5t les unes aux autres1 comme le gaz\ill5t vos ,pripattici5s2 c> je veux s\t5ir leur b>be que les pr9cipes se ml5t1 se sp>5t et se reml5t d]e*ef en telle sorte que ce qui a t fait eau p> le sage ,crateur du monde le s]a t\j\rs2 je ne suppose po9t1 leur mode1 de maxime1 que je ne pr\ve4 ,c'e/ p\rquoi1 pr5ez1 je v\s prie1 une b*e1 ou quelque autre matire combu/ible1 et y mettez le feu3 ils diront1 qu& elle s]a embrase1 que ce qui tait bois e/ dev5u feu4 ,mais je leur s\ti5s que non1 et qu'il n'y a po9t davantage de feu1 qu& elle e/ t\t enflamme1 qu'aup>avant qu'on en et appro* l'allumette2 mais celui qui tait ca* dans la b*e1 que le froid et l'humide emp*ai5t de s't5dre et d'agir1 sec\ru p> l'trang]1 a ralli ses =ces contre le flegme qui l't\ffait et s'e/ emp> du *amp qu'occupait son ennemi2 aussi1 se montre-t-il sans ob/acles1 en triomphant de son geli]4 ,ne voyez-v\s pas comme l'eau s'enfuit p> les deux b\ts du tronon1 *aude et fumante encore du combat qu'elle a r5du8 ,cette flamme1 que v\s voyez en haut1 e/ le feu le plus subtil1 le plus dgag de la matire1 et le plus tt prt1 p> consqu5t1 ret\rn] *ez soi4 ,il s'unit p\rtant en pyramide jusqu' c]ta9e hauteur1 p\r enfonc] l'paisse humidit de l'air qui lui rsi/e2 mais1 comme il vi5t en montant se dgag] peu peu de la viol5te compagnie de ses htes1 alors il pr5d le l>ge1 p>ce qu'il ne r5contre plus ri5 d'antipa?ique son passage1 et cette nglig5ce e/ bi5 s\v5t cause d'une seconde prison2 c>1 *em9ant sp>1 il s'g>]a quelquefois dans un nuage4 ,s'ils s'y r5contr5t1 d'autres fois1 en assez gr&e quantit1 p\r faire tte la vapeur1 ils se joign5t1 ils f\droi5t1 et la mort des innoc5ts e/ bi5 s\v5t l'effet de la colre anime de ces *oses mortes4 ,si1 qu& il se tr\ve emb>rass dans ces crudits importunes de la moy5ne rgion1 il n'e/ pas assez =t p\r se df5dre1 il s'ab&onne la discrtion de son ennemi1 qui le contra9t p> sa pesanteur de retomb] en t]re2 et ce malheureux1 enf]m dans une g\tte d'eau1 se r5contr]a peut-tre au pi$ d'un *ne1 de qui le feu animal invit]a ce pauvre g> de se log] avec lui2 a9si le voil qui revi5t au mme tat dont il tait sorti quelques j\rs aup>avant4 ,mais voyons la =tune des autres lm5ts qui composai5t cette b*e4 ,l'air se retire son qu>ti]1 encore p\rtant ml de vapeurs1 cause que le feu t\t en colre les a brusquem5t *asss ple-mle4 ,le voil donc qui s]t de ballon aux v5ts1 f\rnit aux animaux de respiration1 remplit le vide que la ,nature fait1 et peut-tre que1 s'tant envelopp dans une g\tte de rose1 il s]a suc et digr p> les feuilles altres de cet arbre1 o s'e/ retir notre feu4 ,l'eau que la flamme avait *asse de ce tronc1 leve p> la *aleur jusqu'au b]ceau des ,mtores1 retomb]a en pluie sur notre *ne aussitt que sur un autre2 et la t]re1 dev5ue c5dre1 et puis gurie de sa /rilit1 ou p> la *aleur n\rrissante d'un fumi]1 o on l'aura jete1 ou p> le sel vgtatif de quelques plantes vois9es1 ou p> l'eau fconde des rivires1 se r5contr]a peut-tre prs de ce *ne1 qui1 p> la *aleur de son g]me1 l'attir]a1 et en f]a une p>tie de son t\t4 ,de cette faon1 voil ces quatre lm5ts qui reoiv5t le mme sort1 et r5tr5t en mme tat d'o ils tai5t sortis quelques j\rs aup>avant4 ,a9si on peut dire que dans un homme il y a t\t ce qui e/ ncessaire p\r compos] un arbre1 et dans un arbre t\t ce qui e/ ncessaire p\r compos] un homme4 ,enf91 de cette faon1 t\tes *oses se r5contr]ont en t\tes *oses2 mais il n\s manque un ,prom?e1 qui n\s tire du se9 de la ,nature et n\s r5de s5sible ce que je veux bi5 appel] matire premire4 ,illu/ration3 ,l',oiseleur de la ,re9e pr5ait so9 de me v5ir siffl]4 ,voil les *oses peu prs dont n\s amusions le temps2 c> ce petit ,espagnol avait l'esprit joli4 ,notre entreti5 t\tefois n'tait que la nuit1 cause que1 depuis six heures du mat9 jusqu'au soir1 la gr&e f\le du monde1 qui n\s v5ait contempl] notre logis1 n\s et dt\rns2 c> quelques-uns n\s jetai5t des pi]res2 d'autres1 des noix2 d'autres1 de l'h]be4 ,il n'tait bruit que des btes du ,roi4 ,on n\s s]vait t\s les j\rs mang] nos heures1 et le ,roi et la ,re9e pr5ai5t eux-mmes assez s\v5t la pe9e de me tt] le v5tre1 p\r connatre si je n'emplissais po9t1 c> ils brlai5t d'une envie extraord9aire d'avoir de la race de ces petits animaux4 ,je ne sais si ce fut p\r avoir t plus att5tif que mon mle leurs simagres et leurs tons2 mais j'appris plus tt que lui ent5dre leur langue et l'cor*] un peu3 ce qui fit qu'on n\s considra d'une autre faon qu'on n'avait fait1 et les n\velles c\rur5t aussitt p> t\t le ,royaume qu'on avait tr\v deux hommes sauvages1 plus petits que les autres1 cause des mauvaises n\rritures que la solitude n\s avait f\rnies1 et qui1 p> un dfaut de la sem5ce de leurs pres1 n'avai5t pas eu les jambes de devant assez =tes p\r s'appuy] dessus4 ,cette crance allait pr5dre rac9e =ce d'tre confirme1 sans les ,docteurs du pays1 qui s'y opposr5t1 disant que c'tait une impit p\vantable de croire que non seulem5t des btes1 mais des mon/res1 fuss5t de leur espce4 --,il y aurait bi5 plus d'app>5ce1 aj\tai5t les mo9s passionns1 que nos animaux dome/iques p>ticipass5t au privilge de l'humanit1 et de l'immortalit1 p> consqu5t1 cause qu'ils sont ns dans notre pays1 qu'une bte mon/rueuse qui se dit ne je ne sais o dans la ,lune et puis1 considrez la diffr5ce qui se rem>que entre n\s et eux4 ,n\s autres m>*ons quatre pi$s1 p>ce que ,dieu ne se v\lut pas fi] d'une *ose si prcieuse une mo9s f]me assiette1 et il eut peur qu'allant autrem5t1 il n'arrivt malheur l'homme2 c'e/ p\rquoi il prit la pe9e de l'asseoir sur quatre pili]s1 af9 qu'il ne pt tomb]2 mais1 ddaignant de se ml] de la con/ruction de ces deux brutes1 il les ab&onna au caprice de la ,nature1 laquelle1 ne craignant pas la p]te de si peu de *ose1 ne les appuya que sur deux pattes4 ,les oiseaux mmes1 disai5t-ils1 n'ont pas t si maltraits qu'elles1 c> au mo9s ils ont reu des plumes p\r subv5ir la faiblesse de leurs pi$s1 et se jet] en l'air1 qu& n\s les conduirons de *ez n\s2 au lieu que la ,nature1 en tant les deux pi$s ces mon/res1 les a mis en tat de ne p\voir *app] notre ,ju/ice4 ,voyez un peu1 outre cela1 comm5t ils ont la tte t\rne v]s le ,ciel6 ,c'e/ la disette o ,dieu les a mis de t\tes *oses1 qui l'a situe de la sorte1 c> cette po/ure suppliante tmoigne qu'ils se plaign5t au ,ciel de ,celui qui les a crs1 et qu'ils lui dem&5t p]mission de s'accommod] de nos re/es4 ,mais1 n\s autres1 n\s avons la tte p5*e en bas1 p\r contempl] les bi5s dont n\s sommes seigneurs1 et comme n'y ayant ri5 au ,ciel qui notre heureuse condition puisse port] envie4 ,j'ent5dais t\s les j\rs1 ma loge1 faire ces contes1 ou d'autres semblables2 et ils en bridr5t si bi5 l'esprit des peuples sur cet article1 qu'il fut arrt que je ne pass]ais t\t au plus que p\r un p]roquet sans plumes2 c> ils confirmai5t les p]suads1 sur ce que1 non plus qu'un oiseau1 je n'avais que deux pi$s4 ,cela fit qu'on me mit en cage p> ordre exprs du ,conseil d'en haut4 ,l1 t\s les j\rs1 l',oiseleur de la ,re9e pr5ant le so9 de me v5ir siffl] la langue1 comme on fait ici aux sansonnets1 j'tais heureux1 la vrit1 en ce que je ne manquais po9t de mangeaille4 ,cep5dant1 p>mi les sornettes dont les reg>dants me rompai5t les oreilles1 j'appris p>l] comme eux1 en sorte que1 qu& je fus assez rompu dans l'idiome p\r exprim] la plup>t de mes conceptions1 j'en contai des plus belles4 ,dj les compagnies ne s'entret5ai5t plus que de la g5tillesse de mes bons mots et de l'e/ime que l'on faisait de mon esprit4 ,on v9t jusque-l1 que le ,conseil fut contra9t de faire publi] un ,arrt1 p> lequel on df5dait de croire que j'eusse de la raison1 avec un comm&em5t trs exprs t\tes p]sonnes1 de quelque qualit ou condition qu'elles fuss5t1 de s'imag9]1 quoi que je pusse faire de spirituel1 que c'tait l'in/9ct qui me le faisait faire4 ,cep5dant la df9ition de ce que j'tais p>tagea la ville en deux factions4 ,le p>ti qui s\t5ait en ma faveur grossissait de j\r en j\r1 et enf91 en dpit de l'ana?me p> lequel on t*ait d'p\vant] le peuple1 ceux qui t5ai5t p\r moi dem&r5t une assemble des ,etats1 p\r rs\dre cette controv]se4 ,on fut longtemps s'accord] sur le *oix de ceux qui op9]ai5t2 mais les arbitres pacifir5t l'animosit p> le nombre des intresss qu'ils galr5t1 et qui ordonnr5t qu'on me port]ait dans l'assemble1 comme l'on fit2 mais j'y fus trait autant svrem5t qu'on se le peut imag9]4 ,les ,exam9ateurs m'int]rogr5t1 entre autres *oses1 de ,philosophie3 je leur exposai1 t\t la bonne foi1 ce que jadis mon ,rg5t m'en avait appris1 mais ils ne mir5t gure me le rfut] p> beauc\p de raisons conva9cantes2 de sorte que1 n'y p\vant rpondre1 j'allguai p\r d]ni] refuge les pr9cipes d',ari/ote1 qui ne me s]vir5t pas davantage que les sophismes2 c>1 en deux mots1 ils m'en dc\vrir5t la fausset4 --,cet ,ari/ote1 me dir5t-ils1 dont v\s vantez si =t la sci5ce1 accommodait sans d\te les pr9cipes sa ,philosophie1 au lieu d'accommod] sa ,philosophie aux pr9cipes1 et encore devait-il les pr\v] au mo9s plus raisonnables que ceux des autres ,sectes dont v\s n\s avez p>l4 ,c'e/ p\rquoi le bon seigneur ne tr\v]a pas mauvais si n\s lui baisons les ma9s4 ,enf91 comme ils vir5t que je ne clabaudais autre *ose1 s9on qu'ils n'tai5t pas plus savants qu',ari/ote1 et qu'on m'avait df5du de discut] contre ceux qui niai5t les pr9cipes1 ils conclur5t t\s d'une commune voix que je n'tais pas un homme1 mais possible quelque espce d'autru*e1 vu que je portais comme elle la tte droite1 que je m>*ais sur deux pi$s1 et qu'enf91 hormis un peu de duvet1 je lui tais t\t semblable2 si bi5 qu'on ordonna l',oiseleur de me report] en cage4 ,j'y passais mon temps avec assez de plaisir1 c>1 cause de leur langue que je possdais correctem5t1 t\te la ,c\r se div]tissait me faire jas]4 ,les filles de la ,re9e1 entre autres1 f\rrai5t t\j\rs quelque bribe dans mon pani]2 et la plus g5tille de t\tes ayant conu quelque amiti p\r moi1 elle tait si transporte de joie1 lorsqu'en tant en secret1 je l'entret5ais des murs et des div]tissem5ts des g5s de notre monde1 et pr9cipalem5t de nos clo*es et de nos autres in/rum5ts de musique1 qu'elle me prote/ait1 les l>mes aux yeux1 que1 si jamais je me tr\vais en tat de revol] en notre monde1 elle me suivrait de bon cur4 ,un j\r1 de gr& mat91 m'tant veill en sursaut1 je la vis qui tamb\r9ait contre les btons de ma cage4 --,rj\issez-v\s1 me dit-elle1 hi] dans le ,conseil on conclut la gu]re contre le ,roi notes de musique4 ,j'espre1 p>mi l'emb>ras des prp>atifs1 p5dant que notre ,mon>que et ses sujets s]ont loigns1 faire natre l'occasion de v\s sauv]4 --,comm5t1 la gu]re8 l'int]rompis-je4 ,arrive-t-il des qu]elles entre les ,pr9ces de ce monde ici comme entre ceux du ntre8 ,h6 je v\s prie1 p>lez-moi de leur faon de combattre4 ,illu/ration3 --,rj\issez-v\s1 me dit-elle1 hi] on conclut la gu]re contre le ,roi444 --,qu& les arbitres1 reprit-elle1 lus au gr des deux p>ties1 ont dsign le temps accord p\r l'armem5t1 celui de la m>*e1 le nombre des combattants1 le j\r et le lieu de la bataille1 et t\t cela avec tant d'galit qu'il n'y a pas dans une arme un seul homme plus que dans l'autre1 les soldats e/ropis1 d'un ct1 sont t\s enrls dans une compagnie1 et1 lorsqu'on en vi5t aux ma9s1 les ,m>*aux de ,camp ont so9 de les expos] aux e/ropis2 de l'autre ct1 les gants ont en tte les colosses2 les escrimeurs1 les adroits2 les vaillants1 les c\rageux2 les dbiles1 les faibles2 les indisposs1 les malades2 les robu/es1 les =ts2 et1 si quelqu'un entrepr5ait de frapp] un autre que son ennemi dsign1 mo9s qu'il ne pt ju/ifi] que c'tait p> mprise1 il e/ condamn comme c\>d4 ,aprs la bataille donne1 on compte les blesss1 les morts1 les prisonni]s2 c>1 p\r les fuy>ds1 il ne s'en tr\ve po9t2 si les p]tes se tr\v5t gales de "p et d'autre1 ils tir5t la c\rte paille qui se proclam]a victorieux4 ,mais1 encore qu'un royaume et dfait son ennemi de bonne gu]re1 ce n'e/ presque ri5 avanc1 c> il y a d'autres armes1 plus nombreuses1 de savants et d'hommes d'esprit1 des disputes desquelles dp5d entirem5t le triomphe ou la s]vitude des ,etats4 ,un savant e/ oppos un autre savant1 un spirituel un autre spirituel1 et un judicieux un autre judicieux4 ,au re/e1 le triomphe que remporte un ,etat en cette faon e/ compt p\r trois victoires =ce ouv]te4 ,aprs la proclamation de la victoire1 on rompt l'assemble1 et le peuple va9queur *oisit p\r tre son ,roi1 ou celui des ennemis ou le si54 ,je ne pus m'emp*] de rire de cette faon scrupuleuse de donn] des batailles2 et j'allguais1 p\r exemple d'une bi5 plus =te politique1 les c\tumes de notre ,europe1 o le ,mon>que n'avait g>de d'omettre aucun de ses avantages p\r va9cre2 et voici comme elle me p>la3 --,appr5ez-moi1 me dit-elle1 si vos ,pr9ces ne prtext5t pas leurs armem5ts1 du droit8 --,si fait1 lui rpliquai-je1 et de la ju/ice de leur cause4 --,p\rquoi donc1 cont9ua-t-elle1 ne *oisiss5t-ils des arbitres non suspects1 p\r tre accords8 ,et1 s'il se tr\ve qu'ils ai5t autant de droit l'un que l'autre1 qu'ils demeur5t comme ils tai5t1 ou qu'ils j\5t en un c\p de piquet la ,ville ou la ,prov9ce dont ils sont en dispute8 --,mais v\s1 lui rep>tis-je1 p\rquoi t\tes ces circon/ances en votre faon de combattre8 ,ne suffit-il pas que les armes soi5t en p>eil nombre d'hommes8 --,v\s n'avez gure de jugem5t1 me rpondit-elle4 ,croiriez-v\s1 p> votre foi1 ayant va9cu sur le pr votre ennemi seul seul1 l'avoir va9cu de bonne gu]re1 si v\s tiez maill1 et lui1 non2 s'il n'avait qu'un poign>d1 et v\s une e/ocade2 enf9 s'il tait man*ot1 et que v\s eussiez deux bras8 ,cep5dant1 avec t\te l'galit que v\s recomm&ez1 tant vos gladiateurs1 ils ne se batt5t jamais p>eils2 c> l'un s]a de gr&e1 l'autre1 de petite taille2 l'un s]a adroit1 l'autre n'aura jamais mani d'pe2 l'un s]a robu/e1 l'autre faible2 et1 qu& mme ces disproportions s]ai5t gales1 qu'ils s]ai5t aussi adroits et aussi =ts l'un que l'autre1 encore ne s]ai5t-ils pas p>eils1 c> l'un des deux aura peut-tre plus de c\rage que l'autre2 et1 s\s l'ombre que cet emport ne considr]a pas le pril1 qu'il s]a bilieux1 qu'il aura plus de sang1 qu'il avait le cur plus s]r1 avec t\tes ces qualits qui font le c\rage1 comme si ce n'tait pas1 aussi bi5 qu'une pe1 une arme que son ennemi n'a po9t1 il s'+re de se ru] p]dum5t sur lui1 de l'effray]1 et d't] la vie ce pauvre homme1 qui prvoit le dang]1 dont la *aleur e/ t\ffe dans la pituite1 et duquel le cur e/ trop va/e p\r unir les esprits ncessaires dissip] cette glace qu'on appelle poltronn]ie4 ,a9si v\s l\ez cet homme d'avoir tu son ennemi avec avantage1 et1 le l\ant de h>diesse1 v\s le l\ez d'un p* contre nature1 puisque sa h>diesse t5d la de/ruction4 ,et1 propos de cela1 je v\s dirai qu'il y a quelques annes qu'on fit une remontrance au ,conseil de gu]re1 p\r apport] un rglem5t plus circonspect et plus consci5cieux dans les combats4 ,et le ,philosophe qui donnait l'avis p>la a9si3 ,v\s v\s imag9ez1 ,messieurs1 avoir bi5 gal les avantages de deux ennemis1 qu& v\s les avez *oisis t\s deux gr&s1 t\s deux adroits1 t\s deux ple9s de c\rage2 mais ce n'e/ pas encore assez1 puisqu'il faut qu'enf9 le va9queur surmonte p> adresse1 p> =ce1 et p> =tune4 ,si a t p> adresse1 il a frapp sans d\te son adv]saire p> un endroit o il ne l'att5dait pas1 ou plus vite qu'il n'tait vraisemblable2 ou1 feignant de l'attrap] d'un ct1 il l'a assailli de l'autre4 ,cep5dant t\t cela1 c'e/ aff9]1 c'e/ tromp]1 c'e/ trahir1 et la tromp]ie et la trahison ne doiv5t pas faire l'e/ime d'un vritable gnreux4 ,s'il a triomph p> =ce1 e/im]ez-v\s son ennemi va9cu1 puisqu'il a t viol5t8 ,non sans d\te1 non plus que v\s ne direz pas qu'un homme ait p]du la victoire1 encore qu'il soit accabl de la *ute d'une montagne1 p>ce qu'il n'a pas t en puissance de la gagn]4 ,t\t de mme1 celui-l n'a po9t t surmont1 cause qu'il ne s'e/ po9t tr\v1 dans ce mom5t1 dispos p\voir rsi/] aux viol5ces de son adv]saire4 ,si 'a t p> has>d qu'il a t]rass son ennemi1 c'e/ la ,=tune qu'on doit c\ronn]3 il n'y a ri5 contribu2 et enf9 le va9cu n'e/ non plus blmable que le j\eur de ds1 qui sur dix-sept po9ts en voit faire dix-huit4 ,illu/ration3 ,il n'y a pas1 dans cette arme1 un seul homme plus =t que l'autre444 ,on lui confessa qu'il avait raison2 mais qu'il tait impossible1 selon les app>5ces huma9es1 d'y mettre ordre1 et qu'il valait mieux subir un petit inconvni5t1 que de s'ab&onn] c5t autres de plus gr&e importance4 ,elle ne m'entret9t pas cette fois davantage1 p>ce qu'elle craignait d'tre tr\ve t\te seule avec moi si mat94 ,ce n'e/ pas qu'en ce ,pays l'impudicit soit un crime2 au contraire1 hors les c\pables conva9cus1 t\t homme a p\voir sur t\te femme1 et une femme t\t de mme p\rrait appel] un homme en ,ju/ice1 qui l'aurait refuse4 ,mais elle ne m'osait pas frqu5t] publiquem5t1 cause que les g5s du ,conseil avai5t dit1 dans la d]nire assemble1 que c'tai5t les femmes pr9cipalem5t qui publiai5t que j'tais homme1 af9 de c\vrir s\s ce prtexte le dsir qui les brlait de se ml] aux btes1 et de commettre avec moi sans v]gogne des p*s contre nature4 ,cela fut cause que je demeurai longtemps sans la voir1 ni pas une du sexe4 ,cep5dant il fallait bi5 que quelqu'un et r*auff les qu]elles de la df9ition de mon tre1 c>1 comme je ne songeais plus qu' m\rir en ma cage1 on me v9t qurir encore une fois p\r me donn] audi5ce4 ,je fus donc int]rog1 en prs5ce d'un gr& nombre de ,c\rtisans1 sur quelques po9ts de ,physique1 et mes rponses1 ce que je crois1 en satisfir5t un1 c> celui qui prsidait m'exposa =t au long ses op9ions sur la /ructure du ,monde3 elles me semblr5t +nieuses2 et1 sans qu'il passa jusqu' son orig9e1 qu'il s\t5ait t]nelle1 j'eusse tr\v sa ,philosophie beauc\p plus raisonnable que la ntre4 ,mais1 sitt que je l'ent5dis s\t5ir une rv]ie si contraire ce que la ,foi n\s appr5d1 je brisai avec lui1 dont il ne fit que rire2 ce qui m'obligea de lui dire que1 puisqu'ils en v5ai5t l1 je recomm5ais croire que leur ,monde n'tait qu'une ,lune4 --,mais1 me dir5t-ils t\s1 v\s y voyez de la t]re1 des rivires1 des m]s2 que s]ait-ce donc t\t cela8 --,n'importe6 rep>tis-je1 ,ari/ote assure que ce n'e/ que la ,lune2 et1 si v\s aviez dit le contraire dans les ,classes o j'ai fait mes tudes1 on v\s aurait siffls4 ,il se fit1 sur cela un gr& clat de rire4 ,il ne faut pas dem&] si ce fut de leur ignorance2 mais cep5dant on me conduisit dans ma cage4 ,mais d'autres savants1 plus emports que les premi]s1 av]tis que j'avais os dire que la ,lune d'o je v5ais tait un ,monde1 et que leur ,monde n'tait qu'une ,lune1 crur5t que cela leur f\rnissait un prtexte assez ju/e p\r me faire condamn] l'eau3 c'e/ la faon d'ext]m9] les impies4 ,p\r cet effet1 ils fur5t en corps faire leur pla9te au ,roi1 qui leur promit ju/ice1 et ordonna que je s]ais remis sur la sellette4 ,me voil donc dcag p\r la troisime fois2 et lors1 le plus anci5 prit la p>ole1 et plaida contre moi4 ,je ne me s\vi5s pas de sa h>angue1 cause que j'tais trop p\vant p\r recevoir les espces de sa voix sans dsordre1 et p>ce aussi qu'il s'tait s]vi1 p\r dclam]1 d'un in/rum5t dont le bruit m't\rdissait3 c'tait une trompette qu'il avait t\t exprs *oisie1 af9 que la viol5ce de ce son m>tial *aufft leurs esprits ma mort1 et af9 d'emp*] p> cette motion que le raisonnem5t ne pt faire son (fice1 comme il arrive dans nos armes1 o le t9tam>re des trompettes et des tamb\rs emp*e le soldat de rfl*ir sur l'importance de sa vie4 ,qu& il eut dit1 je me levai p\r df5dre ma cause1 mais j'en fus dlivr p> une av5ture qui va v\s surpr5dre4 ,comme j'avais la b\*e ouv]te1 un homme1 qui avait eu gr&e difficult trav]s] la f\le1 v9t *oir aux pi$s du ,roi1 et se trana longtemps sur le dos en sa prs5ce4 ,cette faon de faire ne me surprit pas1 c> je savais que c'tait la po/ure o ils se mettai5t1 qu& ils v\lai5t disc\rir en public4 ,je r5ganai seulem5t ma h>angue2 voici celle que n\s emes de lui4 --,ju/es1 c\tez-moi6 v\s ne sauriez condamn] cet ,homme1 ce ,s+e ou ce ,p]roquet1 p\r avoir dit que la ,lune e/ un ,monde d'o il v5ait2 c>1 s'il e/ homme1 qu& mme il ne s]ait pas v5u de la ,lune1 puisque t\t homme e/ libre1 ne lui e/-il pas libre aussi de s'imag9] ce qu'il v\dra8 ,quoi6 p\vez-v\s le contra9dre n'avoir pas vos visions8 ,v\s le =c]ez bi5 dire que la ,lune n'e/ pas un ,monde1 mais il ne le croira pas p\rtant2 c>1 p\r croire quelque *ose1 il faut qu'il se prs5te son imag9ation c]ta9es possibilits plus gr&es au oui qu'au non2 mo9s que v\s ne lui f\rnissiez ce vraisemblable1 ou qu'il ne vi5ne de soi-mme s'(frir son esprit1 il v\s dira bi5 qu'il croit1 mais il ne le croira pas p\r cela4 ,illu/ration3 ,les savants fur5t en corps faire leur pla9te au ,roi4 ,j'ai ma9t5ant v\s pr\v] qu'il ne doit pas tre condamn1 si v\s le posez dans la catgorie des btes4 ,c>1 suppos qu'il soit animal sans raison1 en auriez-v\s v\s-mmes de l'accus] d'avoir p* contre elle8 ,il a dit que la ,lune tait un monde2 or1 les btes n'agiss5t que p> in/9ct de la ,nature2 donc1 c'e/ la ,nature qui le dit1 et non pas lui4 ,de croire que cette savante ,nature qui a fait le ,monde et la ,lune ne sa*e ce que c'e/ elle-mme1 et que v\s autres1 qui n'avez de connaissance que ce que v\s en t5ez d'elle1 le sa*iez plus c]ta9em5t1 cela s]ait bi5 ridicule4 ,mais1 qu& mme la passion v\s f]ait r5onc] vos pr9cipes1 et que v\s suppos]iez que la ,nature ne guidt pas les btes1 r\gissez t\t le mo9s des inquitudes que v\s caus5t les caprices d'une bte4 ,en vrit1 ,messieurs1 si v\s r5contriez un homme d'ge mr1 qui veillt la police d'une f\rmilire1 p\r tantt donn] un s\fflet la f\rmi qui aurait fait *oir sa compagne1 tantt en emprisonn] une qui aurait drob sa vois9e un gra9 de bl1 tantt mettre en ju/ice une autre qui aurait ab&onn ses ufs1 ne l'e/im]iez-v\s pas ins5s de vaqu] des *oses trop au-dess\s de lui1 et de prt5dre assujettir la raison des animaux qui n'en ont pas l'usage8 ,comm5t donc1 vnrable assemble1 df5drez-v\s l'intrt que v\s pr5ez aux caprices de ce petit animal8 ,ju/es1 j'ai dit4 ,ds qu'il eut a*ev1 une sorte de musique d'applaudissem5ts fit ret5tir t\te la salle2 et1 aprs que t\tes les op9ions eur5t t dbattues un gros qu>t d'heure1 le ,roi pronona3 ,que dornavant je s]ais c5s homme1 comme tel mis en lib]t1 et que la punition d'tre noy s]ait modifie en une am5de honteuse 7c> il n'en e/ po9t en ce pays-l d'honorable72 dans laquelle am5de je me ddirais publiquem5t d'avoir s\t5u que la ,lune tait un ,monde1 cause du sc&ale que la n\veaut de cette op9ion aurait pu apport] dans l'me des faibles4 ,cet ,arrt prononc1 on m'enlve hors du ,palais2 on m'habille p> ignom9ie =t magnifiquem5t2 on me porte sur la tribune d'un magnifique ,*>iot2 et1 tran que je fus p> quatre ,pr9ces qu'on avait atta*s au j\g1 voici ce qu'ils m'obligr5t de prononc] aux c>ref\rs de la ,ville3 ,peuple1 je v\s dcl>e que cette ,lune-ci n'e/ pas une ,lune1 mais un ,monde2 et que ce ,monde l-bas n'e/ pas un monde1 mais une ,lune4 ,tel e/ ce que le ,conseil tr\ve bon que v\s croyiez4 ,aprs que j'eus cri la mme *ose aux c9q gr&es places de la ,cit1 j'ap]u mon ,avocat qui me t5dait la ma9 p\r m'aid] desc5dre4 ,je fus bi5 tonn de reconnatre1 qu& je l'eus envisag1 que c'tait mon ,dmon4 ,n\s fmes une heure n\s embrass]3 --,et v5ez-v\s en *ez moi1 me dit-il1 c> de ret\rn] en ,c\r aprs une am5de honteuse1 v\s n'y s]iez pas vu de bon il4 ,au re/e1 il faut que je v\s dise que v\s s]iez encore p>mi les ,s+es1 aussi bi5 que l',espagnol votre compagnon1 si je n'eusse publi dans les compagnies la vigueur et la =ce de votre esprit1 et brigu contre vos ennemis1 en votre faveur1 la protection des ,gr&s4 ,la f9 de mes rem]ciem5ts n\s vit entr] *ez lui2 il m'entret9t1 jusqu'au repas1 des ressorts qu'il avait fait j\] p\r oblig] mes ennemis1 malgr t\s les plus spcieux scrupules dont ils avai5t embab\9 le ,peuple1 se dport] d'une p\rsuite si inju/e4 ,mais1 comme on n\s eut av]tis qu'on avait s]vi1 il me dit qu'il avait1 p\r me t5ir compagnie1 ce soir-l1 pri deux ,pr(esseurs d',acadmie de cette ,ville de v5ir mang] avec n\s4 --,je les f]ai tomb]1 aj\ta-t-il1 sur la ,philosophie qu'ils enseign5t en ce ,monde-ci1 et1 p> mme moy51 v\s v]rez le fils de mon hte4 ,c'e/ un jeune homme autant ple9 d'esprit que j'en aie jamais r5contr2 ce s]ait un second ,socrate1 s'il p\vait rgl] ses lumires1 et ne po9t t\ff] dans le vice les grces dont ,dieu cont9uellem5t le visite1 et ne plus affect] le lib]t9age1 comme il fait1 p> une *imrique o/5tation et une affectation de s'acqurir la rputation d'homme d'esprit4 ,je me suis log cans p\r pi] les occasions de l'in/ruire4 ,il se tut1 comme p\r me laiss] mon t\r la lib]t de disc\rir2 puis1 il fit signe qu'on me dvtt des honteux ornem5ts dont j'tais encore t\t brillant4 ,les deux ,pr(esseurs que n\s att5dions entrr5t presque aussitt1 et n\s allmes n\s mettre table1 o elle tait dresse1 et o n\s tr\vmes le jeune g>on dont il m'avait p>l1 qui mangeait dj4 ,ils lui fir5t gr&e saluade et le traitr5t d'un respect aussi pr(ond que d'esclave seigneur3 j'en dem&ai la cause mon ,dmon1 qui me rpondit que c'tait cause de son ge1 p>ce qu'en ce ,monde-l les vieux r5dai5t t\te sorte de respect et de dfr5ce aux jeunes2 bi5 plus1 que les pres obiss5t leurs enfants1 aussitt que1 p> l'avis du ,snat des ,philosophes1 ils avai5t atte9t l'ge de raison4 ,illu/ration3 ,un magnifique *>iot tran p> quatre pr9ces4 --,v\s v\s tonnez1 cont9ua-t-il1 d'une c\tume si contraire celle de votre pays8 ,mais elle ne rpugne po9t la droite raison2 c>1 en consci5ce1 dites-moi1 qu& un homme jeune et *aud e/ en =ce d'imag9]1 de jug] et d'excut]1 n'e/-il pas plus capable de g\v]n] une famille1 qu'un infirme sexagnaire1 pauvre hbt1 dont la neige de soixante hiv]s a glac l'imag9ation1 qui ne se conduit que p> ce que v\s appelez expri5ce des heureux succs1 qui ne sont cep5dant que de simples effets du has>d contre t\tes les rgles de l'conomie de la prud5ce huma9e4 ,p\r du jugem5t1 il en a aussi peu1 quoique le vulgaire de votre ,monde en fasse un apanage de la vieillesse2 mais1 p\r se dsabus]1 il faut qu'il sa*e que ce qu'on appelle prud5ce en un vieill>d n'e/ autre *ose qu'une apprh5sion panique1 une peur enrage de ri5 entrepr5dre1 qui l'obsde4 ,a9si1 qu& il n'a pas risqu un dang] o un jeune homme s'e/ p]du1 ce n'e/ pas qu'il en prjuget sa cata/rophe1 mais il n'avait pas assez de feu p\r allum] ces nobles lans qui n\s font os]2 au lieu que l'audace de ce jeune homme tait comme un gage de la russite de son desse91 p>ce que cette ardeur qui fait la promptitude et la facilit d'une excution tait celle qui le p\ssait l'entrepr5dre4 ,p\r ce qui e/ d'excut]1 je f]ais tort votre esprit de m'ef=c] le conva9cre de preuves4 ,v\s savez que la jeunesse seule e/ propre l'action2 et1 si v\s n'en tiez pas t\t fait p]suad1 dites-moi1 je v\s prie1 qu& v\s respectez un homme c\rageux1 n'e/-ce pas cause qu'il v\s peut v5g] de vos ennemis1 ou de vos oppresseurs8 et e/-ce p> autre considration que p> pure habitude1 que v\s le considrez1 lorsqu'un bataillon de septante ,janvi]s a gel son sang1 et tu de froid t\s les nobles en?\siasmes dont les jeunes p]sonnes sont *auffes8 ,lorsque v\s dfrez au plus =t1 n'e/-ce pas af9 qu'il v\s soit oblig d'une victoire que v\s ne lui sauriez disput]8 ,p\rquoi donc v\s s\mettre lui1 qu& la p>esse a fondu ses muscles1 dbilit ses artres1 vapor ses esprits et suc la moelle de ses os8 ,si v\s adoriez une femme1 n'tait-ce pas cause de sa beaut8 ,p\rquoi donc cont9u] vos gnuflexions1 aprs que la vieillesse en a fait un fantme qui ne reprs5te plus qu'une hideuse image de la mort8 ,enf91 lorsque v\s aimiez un homme spirituel1 c'tait cause que1 p> la vivacit de son gnie1 il pntrait une affaire mle et la dbr\illait2 qu'il dfrayait p> son bi5 dire l'assemble du plus haut c>at2 qu'il digrait les sci5ces d'une seule p5se2 et cep5dant1 v\s lui cont9uez vos honneurs1 qu& ses organes us r5d5t sa tte imbcile1 pesante et importune aux compagnies1 et lorsqu'il ressemble plutt la figure d'un ,dieu ,foy] qu' un homme de raison8 ,concluez donc p> l1 mon fils1 qu'il vaut mieux que les jeunes g5s soi5t p\rvus du g\v]nem5t des familles1 que les vieill>ds4 ,d'autant plus mme que1 selon vos maximes1 ,h]cule1 ,a*ille1 ,epam9ondas1 ,alex&re et ,cs>1 qui sont presque t\s morts au de de qu>ante ans1 n'aurai5t mrit aucuns honneurs1#ab p>ce qu' votre compte ils aurai5t t trop jeunes1 bi5 que leur seule jeunesse ft seule la cause de leurs belles actions1 qu'un ge plus avanc et r5dues sans effet1 p>ce qu'il et manqu de l'ardeur et de la promptitude qui leur ont donn ces gr&s succs4 ,mais1 direz-v\s1 t\tes les lois de notre ,monde font ret5tir avec so9 ce respect qu'on doit aux vieill>ds8 ,il e/ vrai2 mais1 aussi1 t\s ceux qui ont introduit des lois ont t des vieill>ds qui craignai5t que les jeunes ne les dpossdass5t ju/em5t de l'autorit qu'ils avai5t extorque et ont fait comme les lgislateurs aux fausses religions1 un my/re de ce qu'ils n'ont pu tr\v]4 #ab ,et qu' un vieux radoteux1 p>ce que le soleil a quatre-v+t dix fois expi sa moisson1 v\s lui deviez de l'enc5s 7,v>iante74 ,oui mais direz-v\s1 ce vieill>d e/ mon pre et le ,ciel me promet une longue vie si je l'honore4 ,si votre pre1 mon fils1 ne v\s ordonne ri5 de contraire aux inspirations du trs-haut1 je l'admets2 autrem5t1 m>*ez sur le v5tre du pre qui v\s eng5dra1 trpignez sur le se9 de la mre qui v\s conut1 c> de v\s imag9] que ce l*e respect que des p>5ts vicieux ont arra* votre faiblesse soit tellem5t agrable au ,ciel qu'il en allonge p\r cela vos fuses1 je n'y vois gure d'app>5ces4 ,quoi6 ce c\p de *apeau dont v\s *at\illez et n\rrissez le sup]be de votre pre1 crve-t-il un abcs que v\s avez dans le ct1 rp>e-t-il votre humide radical1 fait-il la cure d'une e/ocade trav]s votre e/omac v\s casse-t-il une pi]re dans la vessie4 ,si cela e/1 les mdec9s ont gr& tort4 ,au lieu de potions inf]nales dont ils empe/5t la vie des hommes qu'ils n'ordonn5t p\r la petite vrole trois rvr5ces jeun1 quatre gr& m]cy aprs dn] et d\ze bonsoir mon pre et ma mre avant que de s'endormir4 ,v\s me rpliqu]ez que sans lui1 v\s ne s]iez pas il e/ vrai1 mais aussi lui-mme sans votre gr&-pre1 sans votre bisaeul1 ni sans v\s votre pre n'aurait pas de petits-fils4 ,lorsque la nature le mit au j\r c'tait condition de r5dre ce qu'elle lui prtait1 a9si qu& il v\s eng5dra il ne v\s donna ri51 il s'acquitta encore4 ,je v\drais bi5 savoir si vos p>5ts songeai5t v\s qu& ils v\s fir5t8 ,hlas1 po9t du t\t1 et t\tefois v\s tes oblig d'un prs5t qu'ils v\s ont fait sans y p5s]4 ,comm5t1 p>ce que votre pre fut si paill>d qu'il ne put rsi/] aux beaux yeux de je ne sais quelle crature1 qu'il en fit le m>* p\r ass\vir sa passion et que de leur patr\illis v\s ftes le maonnage1 v\s rv]ez ce voluptueux comme un des sept sages de ,grce1 quoi p>ce que cet autre av>e a*eta les ri*es bi5s de sa femme p> la faon d'un enfant1 cet enfant ne lui doit p>l] qu' g5\x1 a9si votre pre fit bi5 d'tre ribaud et cet autre d'tre *i*e1 c> autrem5t1 ni v\s1 ni lui1 n'auriez jamais t1 mais je v\drais bi5 savoir si qu& il et t c]ta9 que son pi/olet et pris un rat1 s'il n'et po9t tir le c\p6 ,ju/e ,dieu6 qu'on en fait accroire au peuple de votre monde4 ,v\s ne t5ez de votre ,ar*itecte mortel que votre corps seulem5t2 votre me vi5t des ,cieux2 il n'a t5u qu'au has>d que votre pre n'ait t votre fils1 comme v\s tes le si54 ,savez-v\s mme s'il ne v\s a po9t emp* d'hrit] d'un diadme8 ,votre esprit peut-tre tait p>ti du ,ciel1 desse9 d'anim] le ,roi des ,roma9s au v5tre de l',impratrice2 en *em91 p> has>d1 il r5contra votre embryon1 et peut-tre que1 p\r abrg] sa c\rse1 il s'y logea4 ,non1 non1 ,dieu ne v\s et po9t ray du calcul de t\s les hommes1 qu& votre pre ft mort petit g>on4 ,mais qui sait si v\s ne s]iez po9t auj\rd'hui l'ouvrage de quelque vaillant ,capita9e1 qui v\s aurait associ sa gloire comme ses bi5s8 ,a9si peut-tre v\s n'tes non plus r$evable votre pre de la vie qu'il v\s a donne1 que v\s le s]iez au ,pirate qui v\s aurait mis la *ane1 p>ce qu'il v\s n\rrirait4 ,et je veux mme qu'il v\s et eng5dr ,pr9ce1 qu'il v\s et eng5dr ,roi3 un prs5t p]d son mrite1 lorsqu'il e/ fait sans le *oix de celui qui le reoit4 ,on donna la mort ,cs>1 on la donna ,cassius2 cep5dant ,cassius en e/ oblig l',esclave dont il imptra non pas ,cs> des meurtri]s1 p>ce qu'ils le =cr5t de la recevoir4 ,votre pre consulta-t-il votre volont1 lorsqu'il embrassa votre mre8 v\s dem&a-t-il si v\s tr\viez bon de voir ce sicle-l1 ou d'en att5dre un autre8 si v\s v\s cont5t]iez d'tre fils d'un sot1 ou si v\s auriez l'ambition de sortir d'un brave homme8 ,hlas6 v\s1 que l'affaire conc]nait t\t seul1 v\s tiez le seul dont on ne pr5ait po9t l'avis6 ,peut-tre qu'alors1 si v\s eussiez t enf]m autre "p que dans la matrice des ides de la ,nature1 et que votre naissance et t votre option1 v\s auriez dit la ,p>que3 ,ma *re ,demoiselle1 pr5ds le fuseau d'un autre3 il y a =t longtemps que je suis dans le ri51 et j'aime encore mieux demeur] c5t ans n'tre pas1 que d'tre auj\rd'hui1 p\r m'en rep5tir dema96 ,cep5dant il v\s fallut pass] p> l2 v\s etes beau piaill] p\r ret\rn] la longue et noire maison dont on v\s arra*ait1 on faisait semblant de croire que v\s dem&iez tt]4 ,voil1 mon fils6 les raisons peu prs qui sont cause du respect que les pres port5t leurs enfants2 je sais bi5 que j'ai p5* du ct des enfants plus que la ju/ice ne le dem&e1 et que j'ai en leur faveur un peu p>l contre ma consci5ce4 ,mais1 v\lant corrig] cet orgueil dont c]ta9s pres brav5t la faiblesse de leurs petits1 j'ai t oblig de faire comme ceux qui1 p\r r$ress] un arbre tortu1 le tir5t de l'autre ct1 af9 qu'il r$evi5ne galem5t droit entre les deux contorsions4 ,a9si1 j'ai fait re/itu] aux pres ce qu'ils sont leurs enfants1 leur en tant beauc\p qui leur app>t5ait1 af9 qu'une autre fois ils se cont5tass5t du leur4 ,je sais bi5 encore que j'ai *oqu1 p> cette apologie1 t\s les vieill>ds2 mais qu'ils se s\vi5n5t qu'ils ont t enfants avant que d'tre pres1 et qu'il e/ impossible que je n'aie p>l =t leur avantage1 puisqu'ils n'ont pas t tr\vs s\s une pomme de *\4 ,mais enf91 quoi qu'il en puisse arriv]1 qu& mes ennemis se mettrai5t en bataille contre mes amis1 je n'aurai que du bon1 c> j'ai s]vi t\s les hommes1 et je n'en ai dess]vi que la moiti4 ,a ces mots1 il se tut1 et le fils de notre hte prit a9si la p>ole3 --,p]mettez-moi1 lui dit-il1 puisque je suis in=m1 p> votre so91 de l',orig9e1 de l',hi/oire1 des ,c\tumes et de la ,philosophie du ,monde de ce petit homme1 que j'aj\te quelque *ose ce que v\s avez dit1 et que je pr\ve que les enfants ne sont po9t obligs leurs pres1 de leur gnration1 p>ce que leurs pres tai5t obligs en consci5ce les eng5dr]4 ,la ,philosophie de leur ,monde la plus troite confesse qu'il e/ plus avantageux de m\rir 7 cause que1 p\r m\rir1 il faut avoir vcu7 que de n'tre po9t4 ,or1 puisqu'en ne donnant pas l'tre ce ri51 je le mets en un tat pire que la mort1 je suis plus c\pable de ne le pas produire que de le tu]4 ,tu croirais cep5dant1 mon petit homme6 avoir fait un p>ricide indigne de p>don1 si tu avais gorg ton fils2 il s]ait norme1 la vrit1 mais il e/ bi5 plus excrable de ne pas donn] l'tre ce qui le peut recevoir2 c> cet enfant1 qui tu tes la lumire p\r t\j\rs1 et eu la satisfaction d'en j\ir quelque temps4 ,encore1 n\s savons qu'il n'en e/ priv que p\r quelques sicles2 mais1 p\r ces pauvres qu>ante petits ri5s1 dont tu p\vais faire qu>ante bons soldats ton ,roi1 tu les emp*es malicieusem5t de v5ir au j\r1 et les laisses corrompre dans tes re9s1 au has>d d'une apoplexie qui t't\ff]a44444 ,qu'on ne m'objecte po9t les beaux pangyriques de la virg9it1 cet honneur n'e/ qu'une fume1 c> enf9 t\s ces respects dont le vulgaire l'idoltre ne sont ri5 mme entre v\s autres que des conseils1 mais de ne pas tu]1 mais de ne pas faire son fils en ne le faisant po9t plus malheureux qu'un mort3 c'e/ le comm&em5t p\rquoi je m'tonne =t que la cont95ce au monde d'o v\s v5ez e/ t5ue si prfrable la *>nelle1 p\rquoi ,dieu ne v\s a pas fait natre de la rose du mois de mai1 comme les *ampignons1 ou t\t au mo9s comme les crocodiles du limon gras de la t]re a*evs p> le sommeil2 cep5dant il n'envoie po9t *ez v\s d'eunuques que p> accid5t1 ils n'arra*5t po9t les gnitoires vos mo9es1 ni vos c>d9aux4 ,v\s me direz que la nature les leur a donnes1 oui1 mais il e/ le matre de la nature et s'il avait reconnu que ce morceau ft nuisible leur salut il aurait comm5c de le c\p] aussi bi5 que le prpuce aux juifs dans l'anci5ne loi1 mais ce sont des inv5tions trop ridicules p> votre foi4 ,y a-t-il quelque place sur votre corps plus sacre ou plus maudite l'une que l'autre2 p\rquoi commette-je un p* qu& je me t\*e p> la pice du milieu et non pas qu& je t\*e mon oreille ou mon talon1 e/-ce cause qu'il y a du *at\illem5t8 ,je ne dois donc pas me purg] au bass9 c> cela ne se fait po9t sans quelque sorte de volupt1 ni les dvots ne doiv5t pas non plus s'e/5] la contemplation de ,dieu c> il gt5t un gr& plaisir d'imag9ation2 en vrit je m'tonne que combi5 la religion de votre pays e/ contre nature et jal\se de t\s les cont5tem5ts des hommes1 que vos prtres ont fait un crime de se gratt]1 cause de l'agrable d\leur qu'on y s5t4 ,avec t\t cela1 j'ai rem>qu que la prvoyante nature a fait p5*] t\s les gr&s p]sonnages et vaillants et spirituels aux dlicatesses de l'am\r1 tmo9 ,samson1 ,david1 ,h]cule1 ,cs>1 ,annibal1 ,*>lemagne1 af9 que se moissonnass5t l'organe de ce plaisir d'un c\p de s]pe elle alla jusque s\s un cuvi] dta*] ,diogne1 maigre1 laid et p\illeux et le contra9dre de compos] des v5ts dont il s\fflait les s\pirs ,lays1 sans d\te il en usa de la sorte que p\r l'apprh5sion qu'elle et que les honntes g5s ne manquass5t au monde4 ,concluons que votre pre tait oblig en consci5ce de v\s l*] la lumire et qu& il p5s]ait v\s avoir beauc\p oblig de v\s faire en se *at\illant1 il ne v\s a donn au fond que ce qu'un taureau banal donne au veau t\s les j\rs dix fois p\r se rj\ir4 --,v\s avez tort1 int]rompit alors mon dmon1 de v\loir rg5t] les sujets de ,dieu1 il e/ vrai qu'il n\s a df5du l'excs de ce plaisir1 mais que savez-v\s s'il ne l'a po9t a9si v\lu af9 que les difficults que n\s tr\v]ions combattre cette passion n\s ft mrit] la gloire qu'il n\s prp>e1 mais que savez-v\s si ce n'a po9t t p\r aiguis] l'apptit p> la df5se1 mais que savez-v\s s'il ne prvoyait po9t qu'ab&onnant la jeunesse aux imptuosits de la *air1 les rappro*em5ts trop frqu5ts n]v]ai5t leur sem5ce et m>qu]ai5t la f9 du monde aux arrire-neveux du premi] homme1 mais que savez-v\s s'il ne l'a po9t v\lu faire af9 de rcomp5s] ju/em5t ceux qui1 contre t\te app>5ce de raison1 se sont fis en sa p>ole4 ,cette rponse ne satisfit pas1 ce que je crois1 le petit hte1 c> il en ho*a trois ou quatre fois la tte2 mais notre commun ,prcepteur se tut1 p>ce que le repas tait en impati5ce de s'envol]4 ,n\s n\s t5dmes donc sur des matelas =t mollets1 c\v]ts de gr&s tapis2 et un jeune s]viteur1 ayant pris le plus vieil de nos ,philosophes1 le conduisit dans une petite salle sp>e2 d'o mon ,dmon lui cria de n\s v5ir retr\v]1 sitt qu'il aurait mang4 ,cette fantaisie de mang] "p me donna la curiosit d'en dem&] la cause3 --,il ne gte po9t1 me dit-il1 d'odeur de vi&e1 ni mme des h]bes1 si elles ne sont mortes d'elles-mmes1 cause qu'il les p5se capables de d\leur4 --,je ne suis pas si surpris1 rpliquai-je1 qu'il s'ab/i5ne de la *air1 et de t\tes *oses qui ont eu vie s5sitive2 c>1 en notre ,monde1 les ,py?agorici5s1 et mme quelques sa9ts ana*ortes1 ont u de ce rgime2 mais de n'os]1 p> exemple1 c\p] un *\1 de peur de le bless]1 cela me semble t\t fait ridicule4 --,et moi1 rpondit mon ,dmon1 je tr\ve beauc\p d'app>5ce en son op9ion4 ,c>1 dites-moi1 ce *\ dont v\s p>lez n'e/-il pas comme v\s un tre exi/ant de la ,nature8 ,ne l'avez-v\s pas t\s deux p\r mre galem5t8 ,encore1 semble-t-il qu'elle ait p\rvu plus ncessairem5t celle du vgtant que du raisonnable1 puisqu'elle a remis la gnration d'un homme aux caprices de son pre1 qui peut1 selon son plaisir1 l'eng5dr] ou ne l'eng5dr] pas3 rigueur dont cep5dant elle n'a pas v\lu trait] avec le *\2 c>1 au lieu de remettre la discrtion du pre de g]m] le fils1 comme si elle et apprh5d davantage que la race du *\ prt que celle des hommes1 elle les contra9t1 bon gr1 mal gr1 de se donn] l'tre les uns aux autres1 et non pas a9si que les hommes1 qui ne les eng5dr5t que selon leurs caprices1 et qui en leur vie n'en peuv5t eng5dr] au plus qu'une v+ta9e1 au lieu que les *\x en peuv5t produire quatre c5t mille p> tte4 ,de dire que la ,nature a p\rtant plus aim l'homme que le *\1 c'e/ que n\s n\s *at\illons1 p\r n\s faire rire3 tant incapable de passion1 elle ne saurait ni har ni aim] p]sonne2 et1 si elle tait susceptible d'am\r1 elle aurait plutt des t5dresses p\r ce *\ que v\s t5ez1 qui ne saurait l'(f5s]1 que p\r cet homme qui v\drait la dtruire1 s'il le p\vait4 ,aj\tez cela1 que l'homme ne saurait natre sans crime1 tant une p>tie du premi] crim9el2 mais n\s savons =t bi5 que le premi] *\ n'(f5sa pas son ,crateur4 ,si on dit que n\s sommes faits l'image du premi] ,etre1 et non pas le *\8 ,qu& il s]ait vrai1 n\s avons1 en s\illant notre me1 p> o n\s lui ressemblons1 effac cette ressemblance1 puisqu'il n'y a ri5 de plus contraire ,dieu que le p*4 ,si donc notre me n'e/ plus son portrait1 n\s ne lui ressemblons pas plus p> les pi$s1 p> les ma9s1 p> la b\*e1 p> le front et p> les oreilles1 que ce *\1 p> ses feuilles1 p> ses fleurs1 p> sa tige1 p> son trognon et p> sa tte4 ,ne croyez-v\s pas1 en vrit1 si cette pauvre plante p\vait p>l]1 qu& on la c\pe1 qu'elle ne dt3 ,homme1 mon *] frre1 que t'ai-je fait qui mrite la mort8 ,je ne crois que dans les j>d9s1 et l'on ne me tr\ve jamais en lieu sauvage1 o je vivrais en sret2 je ddaigne t\tes les autres socits1 hormis la ti5ne2 et1 pe9e suis-je sem dans ton j>d91 que1 p\r te tmoign] ma complaisance1 je m'pan\is1 je te t5ds les bras1 je t'(fre mes enfants en gra9e1 et1 p\r rcomp5se de ma c\rtoisie1 tu me fais tran*] la tte6 ,voil le disc\rs que ti5drait ce *\1 s'il p\vait s'exprim]4 ,h quoi6 cause qu'il ne saurait se pla9dre1 e/-ce dire que n\s p\vons ju/em5t lui faire t\t le mal qu'il ne saurait emp*]8 ,si je tr\ve un misrable li1 puis-je sans crime le tu]1 cause qu'il ne peut se df5dre8 ,au contraire1 sa faiblesse aggrav]ait ma cruaut2 c>1 combi5 que cette misrable crature soit pauvre et dnue de t\s nos avantages1 elle ne mrite pas la mort4 ,quoi6 de t\s les bi5s de l'tre1 elle n'a que celui de rejet]1 et n\s le lui arra*ons4 ,le p* de massacr] un homme n'e/ pas si gr&1 p>ce qu'un j\r il revivra1 que de c\p] un *\ et lui t] la vie1 lui qui n'en a po9t d'autre espr]4 ,v\s anantissez le *\1 en le faisant m\rir2 mais1 en tuant un homme1 v\s ne faites que *ang] son domicile2 et je dis bi5 plus1 puisque ,dieu *rit galem5t entre n\s et les plantes1 qu'il e/ trs ju/e de les considr] galem5t comme n\s4 ,il e/ vrai que n\s naqumes les premi]s2 mais1 dans la famille de ,dieu1 il n'y a po9t de droit d'anesse3 si donc les *\x n'eur5t po9t de "p avec n\s du fief de l'immortalit1 ils fur5t sans d\te avantags de quelque autre qui1 p> sa gr&eur1 rcomp5st sa brivet2 c'e/ peut-tre un intellect univ]sel1 une connaissance p>faite de t\tes les *oses dans leurs causes2 et c'e/ aussi p\r cela que ce sage ,moteur ne leur a po9t taill d'organes semblables aux ntres1 qui n'ont qu'un simple raisonnem5t faible et s\v5t trompeur1 mais d'autres plus +nieusem5t travaills1 plus =ts et plus nombreux1 qui s]v5t l'opration de leurs spculatifs entreti5s4 ,v\s me dem&]ez peut-tre ce qu'ils n\s ont jamais communiqu de ces gr&es p5ses8 ,mais1 dites-moi1 que n\s ont jamais enseign c]ta9s tres1 que n\s admettons au-dessus de n\s1 avec lesquels n\s n'avons aucun rapport ni proportion1 et dont n\s compr5ons l'exi/5ce aussi difficilem5t que l'intellig5ce et les faons avec lesquelles un *\ e/ capable de s'exprim] ses semblables1 et non pas n\s1 cause que nos s5s sont trop faibles p\r pntr] jusque-l8 ,mose1 le plus gr& de t\s les ,philosophes1 et qui puisait la connaissance de la ,nature dans la s\rce de la ,nature mme1 signifiait cette vrit1 lorsqu'il p>lait de l',arbre de ,sci5ce1 et il v\lait sans d\te n\s enseign]1 s\s cette nigme1 que les plantes possd5t1 privativem5t n\s1 la ,philosophie p>faite4 ,s\v5ez-v\s donc1 de t\s les animaux le plus sup]be6 qu'encore qu'un *\ que v\s c\pez ne dise mot1 il n'en p5se pas mo9s4 ,mais le pauvre vgtant n'a pas des organes propres hurl] comme v\s2 il n'en a pas p\r frtill] ni p\r pleur]2 il en a t\tefois1 p> lesquels il se pla9t du tort que v\s lui faites1 et p> lesquels il attire sur v\s la v5geance du ,ciel4 ,que si enf9 v\s insi/ez me dem&] comm5t je sais que les *\x ont des belles p5ses1 je v\s dem&e comm5t v\s savez qu'ils ne les ont po9t1 et que tel d'entre eux1 votre imitation1 ne dise pas le soir1 en s'enf]mant3 ,je suis1 monsieur le ,*\ ,fris1 votre trs humble s]viteur1 ,,*\ ,,cabus4 ,illu/ration3 ,dans t\tes les maisons il y a un physionome4 ,il en tait l de son disc\rs1 qu& ce jeune g>on qui avait emm5 notre ,philosophe le ram5a4 ,eh quoi6 dj dn8 lui cria mon ,dmon4 ,il rpondit que oui1 l'issue prs1 d'autant que le ,physionome lui avait p]mis de tt] de la ntre4 ,le jeune hte n'att5dit pas que je lui dem&asse l'explication de ce my/re3 --,je vois1 dit-il1 que cette faon de vivre v\s tonne4 ,sa*ez donc1 quoi qu'en votre ,monde on g\v]ne la sant plus ngligemm5t1 que le rgime de celui-ci n'e/ pas mpris]4 ,dans t\tes les maisons1 il y a un ,physionome1 entret5u du public1 qui e/ peu prs ce qu'on appell]ait *ez v\s un mdec91 hormis qu'il n'y g\v]ne que les sa9s et qu'il ne juge des div]ses faons dont il n\s fait trait]1 que p> la proportion1 figure et symtrie de nos membres1 p> les l9am5ts du visage1 le coloris de la *air1 la dlicatesse du cuir1 l'agilit de la masse1 le son de la voix1 la te9ture1 la =ce et la duret du poil4 ,n'avez-v\s pas tantt pris g>de un homme1 de taille assez c\rte1 qui v\s a considr8 ,c'tait le ,physionome de cans4 ,assurez-v\s que1 selon qu'il a reconnu votre complexion1 il a div]sifi l'exhalaison de votre dn]4 ,reg>dez combi5 le matelas o l'on v\s a fait c\*] e/ loign de nos lits3 sans d\te qu'il v\s a jug d'un tempram5t bi5 loign du ntre1 puisqu'il a cra9t que l'odeur qui s'vapore de ces petits rob9ets s\s notre nez ne s'p&t jusqu' v\s1 ou que la vtre ne fumt jusqu' n\s4 ,v\s le v]rez1 ce soir1 qui *oisira les fleurs p\r votre lit avec la mme circonspection4 ,p5dant t\t ce disc\rs1 je faisais signe mon hte qu'il t*t d'oblig] les ,philosophes tomb] sur quelque *apitre de la sci5ce qu'ils pr(essai5t1 il m'tait trop ami1 p\r n'en pas faire natre aussitt l'occasion2 c'e/ p\rquoi je ne v\s dirai po9t ni les disc\rs ni les prires qui fir5t l'ambassade de ce trait2 aussi bi51 la nuance du ridicule au srieux fut trop imp]ceptible p\r p\voir tre imite4 ,tant y a1 lecteur1 que le d]ni] v5u de ces ,docteurs1 aprs plusieurs autres *oses1 cont9ua a9si3 ,il me re/e pr\v] qu'il y a des ,mondes inf9is dans un ,monde inf9i4 ,reprs5tez-v\s donc l'univ]s comme un animal2 que les toiles1 qui sont des ,mondes1 sont dans ce gr& animal1 comme d'autres gr&s animaux1 qui s]v5t rciproquem5t de mondes d'autres peuples1 tels que n\s1 nos *evaux1 etc41 et que n\s1 notre t\r1 sommes aussi des ,mondes l'g>d de c]ta9s animaux encore plus petits sans comp>aison que n\s1 comme sont c]ta9s v]s1 des p\x1 des cirons2 que ceux-ci sont la ,t]re d'autres plus imp]ceptibles2 qu'a9si1 de mme que n\s p>aissons *acun en p>ticuli] un gr& ,monde ce petit peuple1 peut-tre que notre *air1 notre sang1 nos esprits1 ne sont autre *ose qu'une tissure de petits animaux qui s'entreti5n5t1 n\s prt5t m\vem5t p> le leur1 et1 se laissant aveuglm5t conduire notre volont qui leur s]t de co*]1 n\s conduis5t n\s-mmes1 et produis5t t\s ensemble cette action que n\s appelons la ,vie4 ,c>1 dites-moi1 je v\s prie1 e/-il mal ais croire qu'un p\ pr5ne votre corps p\r un ,monde1 et que1 qu& quelqu'un d'eux voyage depuis l'une de vos oreilles jusqu' l'autre1 ses compagnons dis5t qu'il a voyag aux deux b\ts de la ,t]re ou qu'il a c\ru de l'un l'autre ,ple8 ,oui1 sans d\te1 ce petit peuple pr5d votre poil p\r les =ts de son pays1 les pores ple9s de pituite p\r des fonta9es1 les bubes p\r des lacs et des tangs1 les apo/umes p\r des m]s1 les dfluxions p\r des dluges2 et1 qu& v\s v\s peignez en devant et en arrire1 ils pr5n5t cette agitation p\r le flux et le reflux de l',ocan4 ,la dmangeaison ne pr\ve-t-elle pas mon dire8 ,le ciron qui la produit1 e/-ce autre *ose qu'un de ces petits animaux qui s'e/ dpris de la socit civile p\r s'tablir tyran de son pays8 ,si v\s me dem&ez d'o vi5t qu'ils sont plus gr&s que ces autres imp]ceptibles1 je v\s dem&e p\rquoi les lphants sont plus gr&s que n\s1 et les ,hib]nois1 que les ,espagnols8 ,quant cette amp\le et cette crote dont v\s ignorez la cause1 il faut qu'elles arriv5t1 ou p> la corruption de leurs ennemis que ces petits gants ont massacrs1 ou que la pe/e1 produite p> la ncessit des alim5ts dont les sditieux se sont gorgs1 ait laiss p\rrir dans la campagne des monceaux de cadavres1 ou que ce tyran1 aprs avoir t\t aut\r de soi *ass ses compagnons qui de leurs corps b\*ai5t les pores du ntre1 ait donn passage la pituite1 laquelle1 tant extrav]se hors la sphre de la circulation de notre sang1 s'e/ corrompue4 ,on me dem&]a peut-tre p\rquoi un ciron en produit tant d'autres8 ,ce n'e/ pas *ose malaise concevoir2 c>1 de mme qu'une rvolte en produit une autre1 aussi ces petits peuples1 p\sss du mauvais exemple de leurs compagnons sditieux1 aspir5t *acun au comm&em5t1 allumant p>t\t la gu]re1 le massacre et la faim4 ,mais1 me direz-v\s1 c]ta9es p]sonnes sont bi5 mo9s sujettes la dmangeaison que d'autres4 ,cep5dant *acun e/ rempli galem5t de ces petits animaux1 puisque ce sont eux1 dites-v\s1 qui font la vie4 ,il e/ vrai2 aussi1 rem>quons-n\s que les flegmatiques sont mo9s en proie la gratelle que les bilieux1 cause que le peuple1 sympa?isant au climat qu'il habite1 e/ plus l5t en un corps froid2 qu'un autre1 *auff p> la temprature de sa rgion1 qui ptille1 se remue1 et ne saurait demeur] en une place4 ,a9si1 le bilieux e/ plus dlicat que le flegmatique1 p>ce qu'tant anim en bi5 plus de p>ties1 et l'me tant l'action de ces petites btes1 il e/ capable de s5tir en t\s les endroits o ce btail se remue2 au lieu que le flegmatique1 n'tant pas assez *aud p\r faire agir qu'en peu d'endroits cette remuante populace1 n'e/ s5sible qu'en peu d'endroits4 ,et1 p\r pr\v] encore cette cironit univ]selle1 v\s n'avez qu' considr]1 qu& v\s tes bless1 comm5t le sang acc\rt la plaie4 ,vos docteurs dis5t qu'il e/ guid p> la prvoyante ,nature qui veut sec\rir les p>ties dbilites3 ce qui f]ait conclure qu'outre l'me et l'esprit il y aurait encore en n\s une troisime sub/ance intellectuelle qui aurait ses fonctions et ses organes "p4 ,c'e/ p\rquoi je tr\ve bi5 plus probable de dire que ces petits animaux1 se s5tant attaqus1 envoi5t *ez leurs vois9s dem&] du sec\rs1 et qu'tant arrivs de t\s cts1 et le pays se tr\vant incapable de tant de g5s1 ou ils meur5t de faim1 ou t\ff5t dans la presse4 ,cette mortalit arrive1 qu& l'apo/ume e/ mre2 c>1 p\r tmoign] qu'alors ces animaux sont t\ffs1 c'e/ que la *air p\rrie devi5t ins5sible2 que si bi5 s\v5t la saigne1 qu'on ordonne p\r div]tir la fluxion1 pr(ite1 c'e/ cause que1 s'en tant p]du beauc\p p> l'ouv]ture que ces petits animaux t*ai5t de b\*]1 ils refus5t d'assi/] leurs allis1 n'ayant que mdiocrem5t la puissance de se df5dre *acun *ez soi4 ,illu/ration3 ,il f\etta l'effigie p5dant un gr& qu>t d'heure4 ,il a*eva a9si1 qu& le second ,philosophe s'ap]ut que nos yeux assembls sur les si5s l'exhortai5t de p>l] son t\r4 --,hommes1 dit-il1 v\s voyant curieux d'appr5dre ce petit animal1 notre semblable1 quelque *ose de la sci5ce que n\s pr(essons1 je dicte ma9t5ant un ,trait que je s]ais bi5 aise de lui produire1 cause des lumires qu'il donne l'intellig5ce de notre ,physique4 ,c'e/ l'explication de l'orig9e t]nelle du ,monde4 ,mais1 comme je suis empress de faire travaill] mes s\fflets 7c> dema9 sans remise la ,ville "p71 v\s p>donn]ez au temps1 avec promesse t\tefois qu'aussitt qu'elle s]a arrive o elle doit all]1 je v\s satisf]ai4 ,a ces mots1 le fils de l',hte appela son pre p\r savoir quelle heure il tait2 mais1 ayant rpondu qu'il tait huit heures sonnes1 il lui dem&a t\t en colre p\rquoi il ne les avait pas av]tis sept1 comme il le lui avait comm&2 qu'il savait bi5 que les maisons p>tai5t le l5dema9 et que les murailles de la ville tai5t dj p>ties4 --,mon fils1 rpliqua le bonhomme1 on a publi1 depuis que v\s tes table1 une df5se expresse de p>tir avant aprs-dema94 --,n'importe1 rep>tit le jeune homme2 v\s devez obir aveuglm5t1 ne po9t pntr] dans mes ordres1 et v\s s\v5ir seulem5t de ce que je v\s ai comm&4 ,vite1 allez qurir votre effigie4 ,lorsqu'elle fut apporte1 il la saisit p> le bras1 et la f\etta un gros qu>t d'heure4 --,or sus6 vauri51 cont9ua-t-il1 en punition de votre dsobissance1 je veux que v\s s]viez auj\rd'hui de rise t\t le monde1 et1 p\r cet effet1 je v\s comm&e de ne m>*] que sur deux pi$s le re/e de la j\rne4 ,le pauvre homme sortit =t plor1 et son fils n\s fit des excuses de son emportem5t4 ,j'avais bi5 de la pe9e1 quoique je me mordisse les lvres1 m'emp*] de rire d'une si plaisante punition1 et cela fut cause que1 p\r rompre cette burlesque pdagogie qui m'aurait sans d\te fait clat]1 je le suppliai de me dire ce qu'il ent5dait p> ce voyage de la ,ville1 dont tantt il avait p>l2 et si les maisons et les murailles *em9ai5t4 ,il me rpondit3 --,entre nos ,villes1 *] trang]1 il y en a de mobiles et de sd5taires2 les mobiles1 comme p> exemple celle o n\s sommes ma9t5ant1 sont faites comme je vais v\s dire4 ,l'ar*itecte con/ruit *aque ,palais1 a9si que v\s voyez1 d'un bois =t lg]2 il pratique dess\s quatre r\es2 dans l'paisseur de l'un des murs1 il place dix gros s\fflets1 dont les tuyaux pass5t1 d'une ligne horizontale1 trav]s le d]ni] tage1 de l'un l'autre pignon1 en sorte que1 qu& on veut tran] les ,villes autre "p 7c> on les *ange d'air t\tes les saisons71 *acun dplie sur l'un des cts de son logis quantit de l>ges voiles au-devant des s\fflets2 puis1 ayant b& un ressort p\r les faire j\]1 leurs maisons1 en mo9s de huit j\rs1 avec les b\ffes cont9uelles que vomiss5t ces mon/res v5t1 sont emportes1 si on veut1 plus de c5t lieues4 ,quant celles que n\s appelons sd5taires1 les logis en sont presque semblables vos t\rs1 hormis qu'ils sont de bois1 et qu'ils sont p]cs au c5tre d'une grosse et =te vis1 qui rgne de la cave jusqu'au toit1 p\r les p\voir hauss] et baiss] discrtion4 ,or1 la t]re e/ creuse aussi pr(ond que l'difice e/ lev1 et le t\t e/ con/ruit de cette sorte1 af9 qu'aussitt que les geles comm5c5t morfondre le ,ciel1 ils puiss5t desc5dre leurs maisons en t]re1 o ils se ti5n5t l'abri des intempries de l'air4 ,mais1 sitt que les d\ces hale9es du pr9temps vi5n5t le rad\cir1 ils remont5t au j\r1 p> le moy5 de leur grosse vis1 dont je v\s ai p>l4 ,illu/ration3 ,leurs maisons1 en mo9s de huit j\rs1 sont emportes plus de c5t lieues4 ,je le priai1 puisqu'il avait dj eu tant de bont p\r moi1 et que la ,ville p>tait le l5dema91 de me dire quelque *ose de cette orig9e t]nelle du ,monde1 dont il m'avait p>l quelque temps aup>avant3 --,et je v\s promets1 lui dis-je1 qu'en rcomp5se1 sitt que je s]ai de ret\r dans ma ,lune1 dont mon g\v]neur 7je lui montrai mon ,dmon7 v\s tmoign]a que je suis v5u1 j'y sm]ai votre gloire1 en y racontant les belles *oses que v\s m'aurez dites4 ,je vois bi5 que v\s riez de cette promesse1 p>ce que v\s ne croyez pas que la ,lune dont je v\s p>le soit un ,monde1 et que j'en suis un habitant2 mais je v\s puis assur] aussi que les peuples de ce ,monde-l1 qui ne pr5n5t celui-ci que p\r une ,lune1 se moqu]ont de moi1 qu& je dirai que votre ,lune e/ un monde1 et qu'il y a des campagnes avec des habitants4 ,il ne me rpondit que p> un s\rire1 et p>la a9si3 --,puisque n\s sommes contra9ts1 qu& n\s v\lons rec\rir l'orig9e de ce gr& ,t\t1 d'enc\rir trois ou quatre absurdits1 il e/ bi5 raisonnable de pr5dre le *em9 qui n\s fait le mo9s bron*]4 ,je dis donc que le premi] ob/acle qui n\s arrte1 c'e/ l't]nit du ,monde2 et l'esprit des hommes n'tant pas assez =t p\r la concevoir1 et ne p\vant non plus s'imag9] que ce gr& univ]s1 si beau1 si bi5 rgl1 pt s'tre fait soi-mme1 ils ont eu rec\rs la cration2 mais1 semblable celui qui s'enfonc]ait dans la rivire1 de peur d'tre m\ill de la pluie1 ils se sauv5t1 des bras na9s1 la misricorde d'un gant2 encore1 ne s'en sauv5t-ils pas2 c> cette t]nit1 qu'ils t5t au ,monde p\r ne l'avoir pu compr5dre1 ils la donn5t ,dieu1 comme s'il avait beso9 de ce prs5t1 et comme s'il tait plus ais de l'imag9] dans l'un que dans l'autre4 ,c>1 dites-moi1 je v\s prie1 a-t-on jamais conu comm5t de ri5 il se peut faire quelque *ose8 ,hlas6 entre ri5 et un atome seulem5t1 il y a des proportions tellem5t inf9ies1 que la c]velle la plus aigu n'y saurait pntr]2 il faudra1 p\r *app] ce labyr9! inexplicable1 que v\s admettiez une matire t]nelle avec ,dieu4 ,mais1 me direz-v\s1 qu& je v\s accord]ais la matire t]nelle1 comm5t ce *aos s'e/-il arrang de soi-mme8 ,ah6 je v\s le vais expliqu]4 ,il faut1 mon petit animal6 aprs avoir sp> m5talem5t *aque petit corps visible en une inf9it de petits corps invisibles1 s'imag9] que l',univ]s inf9i n'e/ compos d'autre *ose que de ces atomes inf9is1 trs solides1 trs incorruptibles et trs simples1 dont les uns sont cubiques1 les autres p>alllogrammes1 d'autres angulaires1 d'autres ronds1 d'autres po9tus1 d'autres pyramidaux1 d'autres hexagones1 d'autres ovales1 qui t\s agiss5t div]sem5t *acun selon sa figure4 ,et qu'a9si ne soit1 posez une b\le d'ivoire ronde sur un lieu =t uni3 la mo9dre impression que v\s lui donn]ez1 elle s]a un demi-qu>t d'heure sans s'arrt]4 ,or1 j'aj\te que1 si elle tait aussi p>faitem5t ronde que le sont quelques-uns de ces atomes dont je p>le1 et la surface o elle s]ait pose1 p>faitem5t unie1 elle ne s'arrt]ait jamais4 ,si donc l'art e/ capable d'incl9] un corps au m\vem5t p]ptuel1 p\rquoi ne croirons-n\s pas que la ,nature le puisse faire8 ,il en e/ de mme des autres figures desquelles l'une1 comme c>re1 dem&e le repos p]ptuel1 d'autres un m\vem5t de ct1 d'autres un demi-m\vem5t comme de trpidation2 et la ronde1 dont l'tre e/ de se remu]1 v5ant se jo9dre la pyramidale1 fait peut-tre ce que n\s appelons feu1 p>ce que non seulem5t le feu s'agite sans se repos]1 mais p]ce et pntre facilem5t4 ,le feu a1 outre cela1 des effets diffr5ts1 selon l'ouv]ture et la qualit des angles1 o la figure ronde se jo9t1 comme p> exemple le feu du poivre e/ autre *ose que le feu du sucre1 le feu du sucre que celui de la cannelle1 celui de la cannelle que celui du cl\ de gir(le1 et celui-ci que le feu du fagot4 ,or1 le feu1 qui e/ le con/ructeur des p>ties et du ,t\t de l',univ]s1 a p\ss et ramass dans un *ne la quantit des figures ncessaires compos] ce *ne4 ,mais1 me direz-v\s1 comm5t le has>d peut-il avoir ramass en un lieu t\tes les *oses ncessaires produire ce *ne8 ,je v\s rponds que ce n'e/ pas m]veille que la matire1 a9si dispose1 ait =m un *ne2 mais que la m]veille et t plus gr&e si1 la matire a9si dispose1 le *ne n'et pas t produit2 un peu mo9s de c]ta9es figures1 c'et t la plante s5sitive1 une hutre l'caille1 un v]1 une m\*e1 une gr5\ille1 un mo9eau1 un s+e1 un homme4 ,qu&1 ayant jet trois ds sur une table1 il arrive rafle de deux ou bi5 de trois1 quatre et c9q1 ou bi5 deux six et un1 direz-v\s3 ,o le gr& miracle6 ,a *aque d1 il e/ arriv le mme po9t1 tant d'autres po9ts p\vant arriv]6 ,o le gr& miracle6 il e/ arriv trois po9ts qui se suiv5t4 ,o le gr& miracle6 il e/ arriv ju/em5t deux fi*es1 et le dess\s de l'autre fi*e6 ,je suis assur qu'tant homme d'esprit1 v\s ne f]ez jamais ces exclamations1 c>1 puisqu'il n'y a sur les ds qu'une c]ta9e quantit de nombres1 il e/ impossible qu'il n'en arrive quelqu'un4 ,et1 aprs cela1 v\s v\s tonnez comm5t cette matire1 br\ille ple-mle au gr du has>d1 peut avoir con/itu un homme1 vu qu'il y avait tant de *oses ncessaires la con/ruction de son tre4 ,v\s ne savez donc pas qu'un million de fois cette matire1 s'a*em9ant au desse9 d'un homme1 s'e/ arrte =m] tantt une pi]re1 tantt du plomb1 tantt du corail1 tantt une fleur1 tantt une comte1 et t\t cela cause du plus ou du mo9s de c]ta9es figures qu'il fallait1 ou qu'il ne fallait pas1 dsign] un homme8 ,si bi5 que ce n'e/ pas m]veille qu'entre une inf9it de matires qui *ang5t et se remu5t incessamm5t1 elles ai5t r5contr faire le peu d'animaux1 de vgtaux1 de m9raux que n\s voyons2 non plus que ce n'e/ pas m]veille qu'en c5t c\ps de ds il arrive une rafle2 aussi bi5 e/-il impossible que de ce remuem5t il ne se fasse quelque *ose1 et cette *ose s]a t\j\rs admire d'un t\rdi qui ne saura pas combi5 peu s'en e/ fallu qu'elle n'ait pas t faite4 ,qu& la gr&e rivire de notes de musique fait m\dre un m\l91 conduit les ressorts d'une horloge1 et que le petit ruisseau de notes de musique ne fait que c\l] et se drob] quelquefois1 v\s ne direz pas que cette rivire a bi5 de l'esprit1 p>ce que v\s savez qu'elle a r5contr les *oses disposes faire t\s ces beaux *efs-d'uvre2 c>1 si son m\l9 ne se ft pas tr\v dans son c\rs1 elle n'aurait pas pulvris le from5t2 si elle n'et po9t r5contr l'horloge1 elle n'aurait pas m>qu les heures2 et1 si le petit ruisseau dont j'ai p>l avait eu la mme r5contre1 il aurait fait les mmes miracles4 ,il en va t\t a9si de ce feu qui se meut de soi-mme1 c>1 ayant tr\v les organes propres l'agitation ncessaire p\r raisonn]1 il a raisonn2 qu& il en a tr\v de propres seulem5t s5tir1 il a s5ti2 qu& il en a tr\v de propres vgt]1 il a vgt2 et qu'a9si ne soit1 qu'on crve les yeux de cet homme que le feu de cette me fait voir1 il cess]a de voir1 de mme que notre gr&e horloge cess]a de m>qu] les heures1 si l'on en brise le m\vem5t4 ,enf91 ces premi]s et indivisibles atomes font un c]cle1 sur qui r\l5t sans difficult les difficults les plus emb>rassantes de la ,physique2 il n'e/ pas jusqu' l'opration des s5s que p]sonne n'a pu encore bi5 concevoir1 que je n'explique =t aism5t p> les petits corps4 ,comm5ons p> la vue3 elle mrite1 comme la plus incomprh5sible1 notre premi] db4 ,elle se fait donc1 ce que je m'imag9e1 qu& les tuniques de l'il1 dont les p]tuis sont semblables ceux du v]re1 transmett5t cette p\ssire de feu1 qu'on appelle rayons visuels1 et qu'elle e/ arrte p> quelque matire opaque qui la fait rejaillir *ez soi2 c>1 alors1 r5contrant en *em9 l'image de l'objet qui l'a rep\sse1 et cette image n'tant qu'un nombre inf9i de petits corps qui s'exhal5t cont9uellem5t1 en gale sup]ficie1 du sujet reg>d1 elle la p\sse jusqu' notre il4 ,v\s ne manqu]ez pas de m'object] que le v]re e/ un corps opaque et =t s]r1 et que cep5dant1 au lieu de re*ass] ces autres petits corps1 il s'en laisse pntr]8 ,mais je v\s rponds que ces pores du v]re sont taills de mme figure que ces atomes de feu qui le trav]s5t1 et que1 comme un crible from5t n'e/ pas propre l'avo9e ni un crible avo9e cribl] du from5t1 a9si une bote de sap91 quoique m9ce et qu'elle laisse pntr] les sons1 n'e/ pas pntrable la vue2 et une pice de cri/al1 quoique transp>5te1 qui se laisse p]c] la vue1 n'e/ pas pntrable au t\*]4 ,je ne pus l m'emp*] de l'int]rompre4 --,un gr& ,pote et ,philosophe de notre ,monde1 lui dis-je1 a p>l aprs ,epicure1 et lui1 aprs ,dmocrite1 de ces petits corps1 presque comme v\s2 c'e/ p\rquoi v\s ne me surpr5ez po9t p> ce disc\rs2 et je v\s prie1 en le cont9uant1 de me dire comm5t1 p> ces pr9cipes1 v\s expliqu]iez la faon de v\s pe9dre dans un miroir8 --,il e/ =t ais1 me rpliqua-t-il2 c> figurez-v\s que ces feux de votre il ayant trav]s la glace1 et r5contrant d]rire un corps non diaphane qui les rejette1 ils repass5t p> o ils tai5t v5us2 et1 tr\vant ces petits corps *em9ant en sup]ficies gales sur le miroir1 ils les rappell5t nos yeux2 et notre imag9ation1 plus *aude que les autres facults de notre me1 en attire le plus subtil1 dont elle fait *ez soi un portrait en racc\rci4 ,l'opration de l'oue n'e/ pas plus malaise concevoir1 et1 p\r tre plus succ9ct1 considrons-la seulem5t dans l'h>monie d'un lu? t\* p> les ma9s d'un matre de l'art4 ,v\s me dem&]ez comm5t il se peut faire que j'ap]oive si lo9 de moi une *ose que je ne vois po9t8 ,e/-ce qu'il sort de mes oreilles une ponge qui boit cette musique p\r me la rapport]8 ou ce j\eur eng5dre-t-il dans ma tte un autre petit j\eur avec un petit lu?1 qui ait ordre de me *ant] comme un *o les mmes airs8 ,non2 mais ce miracle procde de ce que la corde tire v5ant frapp] de petits corps dont l'air e/ compos1 elle le *asse dans mon c]veau2 le p]ant d\cem5t avec ces petits ri5s corporels2 et1 selon que la corde e/ b&e1 le son e/ haut1 cause qu'elle p\sse les atomes plus vig\reusem5t2 et l'organe1 a9si pntr1 en f\rnit la fantaisie de quoi faire son tableau2 si trop peu1 il arrive que1 notre mmoire n'ayant pas encore a*ev son image1 n\s sommes contra9ts de lui rpt] le mme son1 af9 que1 des matriaux que lui f\rniss5t1 p> exemple1 les mesures d'une s>ab&e1 elle en pr5ne assez p\r a*ev] le portrait de cette s>ab&e4 ,mais cette opration n'a ri5 de si m]veilleux que les autres1 p> lesquelles1 l'aide du mme organe1 n\s sommes mus tantt la joie1 tantt la rage1 tantt la piti1 tantt la rv]ie1 tantt la d\leur4 ,et cela se fait1 lorsque1 dans ce m\vem5t1 ces petits corps en r5contr5t d'autres1 en n\s remus de mme faon1 ou que leur propre figure r5d susceptibles du mme branlem5t2 c> alors les n\veaux v5us excit5t leurs htes se remu] comme eux2 et1 de cette faon1 lorsqu'un air viol5t r5contre le feu de notre sang1 il le fait incl9] au mme branle1 et il l'anime se p\ss] dehors3 c'e/ ce que n\s appelons ardeur de c\rage4 ,si le son e/ plus d\x1 et qu'il n'ait la =ce de s\lev] qu'une mo9dre flamme plus branle1 en la prom5ant le long des n]fs1 des membranes et des p]tuis de notre *air1 elle excite ce *at\illem5t qu'on appelle joie4 ,il en arrive a9si de l'bullition des autres passions1 selon que ces petits corps sont jets plus ou mo9s violemm5t sur n\s1 selon le m\vem5t qu'ils reoiv5t p> la r5contre d'autres branles1 et selon qu'ils tr\v5t remu] *ez n\s2 c'e/ quant l'oue4 ,la dmon/ration du t\*] n'e/ pas ma9t5ant plus difficile1 en concevant que de t\te matire palpable il se fait une mission p]ptuelle de petits corps1 et qu' mesure que n\s la t\*ons1 il s'en vapore davantage1 p>ce que n\s les preignons du sujet mme1 comme l'eau d'une ponge1 qu& n\s la pressons4 ,les durs vi5n5t faire l'organe le rapport de leur solidit2 les s\ples1 de leur mollesse2 les raboteux1 etc4 ,et qu'a9si ne soit1 n\s ne sommes plus si f9s disc]n] p> l'att\*em5t avec des ma9s ues de travail1 cause de l'paisseur du cal1 qui1 p\r n'tre ni poreux1 ni anim1 ne transmet que =t malaism5t ces fumes de la matire4 ,quelqu'un dsir]a d'appr5dre o l'organe de t\*] ti5t son sige8 ,p\r moi1 je p5se qu'il e/ rp&u dans t\tes ses p>ties4 ,je m'imag9e1 t\tefois1 que plus n\s ttons p> un membre pro*e de la tte1 et plus vite n\s di/+uons2 ce qui se peut exprim5t]1 qu&1 les yeux clos1 n\s pat9ons quelque *ose1 c> n\s la dev9ons plus facilem5t2 et1 si1 au contraire1 n\s la ttions du pi$1 n\s aurions plus de pe9e la connatre4 ,cela provi5t de ce que1 notre peau tant p>t\t crible de petits tr\s1 nos n]fs1 dont la matire n'e/ pas plus s]re1 p]d5t en *em9 beauc\p de ces petits atomes p> les m5us p]tuis de leur contexture1 avant que d'tre arrivs jusqu'au c]veau1 qui e/ le t]me de leur voyage4 ,il me re/e p>l] de l'odorat et du gt4 ,dites-moi1 lorsque je gte un fruit1 n'e/-ce pas cause de la *aleur de la b\*e qu'il fond8 ,av\ez-moi donc que1 y ayant dans une poire des sels1 et que la dissolution les p>tageant en petits corps d'autre figure que ceux qui compos5t la saveur d'une pomme1 il faut qu'ils p]c5t notre palais d'une manire bi5 diffr5te1 t\t a9si que l'esc>re1 enfonc p> le f] d'une pique qui me trav]se1 n'e/ pas semblable ce que me fait s\ffrir en sursaut la balle d'un pi/olet1 et de mme que la balle de ce pi/olet m'imprime une autre d\leur que celle d'un c>reau d'aci]4 ,de l'odorat1 je n'ai ri5 dire1 puisque les ,philosophes mmes confess5t qu'il se fait p> une mission cont9uelle de petits corps4 ,je m'en vais1 sur ce pr9cipe1 v\s expliqu] la cration1 l'h>monie et l'influ5ce des globes cle/es avec l'immuable v>it des mtores4 ,il allait cont9u]2 mais le vieil ,hte entra l-dessus1 qui fit song] notre ,philosophe la retraite4 ,il apportait des cri/aux ple9s de v]s luisants1 p\r clair] la salle2 mais1 comme ces petits feux-insectes p]d5t beauc\p de leur clat1 qu& ils ne sont pas n\vellem5t amasss1 ceux-ci1 vieux de dix j\rs1 n'clairai5t presque po9t4 ,mon ,dmon n'att5dit pas que la compagnie en ft incommode2 il monta dans son cab9et1 et en r$esc5dit aussitt avec deux b\les de feu si brillantes1 que *acun s'tonna comm5t il ne se brlait po9t les doigts4 --,ces flambeaux incombu/ibles1 dit-il1 n\s s]viront mieux que vos pelotons de v]re4 ,ce sont des rayons du ,soleil1 que j'ai purgs de leur *aleur2 autrem5t1 les qualits corrosives de son feu aurai5t bless votre vue en l'bl\issant4 ,j'en ai fix la lumire1 et l'ai r5f]me dans ces b\les transp>5tes que je ti5s4 ,cela ne v\s doit pas f\rnir un gr& sujet d'admiration1 c> il ne m'e/ pas plus difficile moi1 qui suis n dans le ,soleil1 de cond5s] ses rayons1 qui sont la p\ssire de ce ,monde-l1 qu' v\s1 d'amass] de la p\ssire ou des atomes1 qui sont de la t]re pulvrise de celui-ci4 ,l dessus1 notre ,hte envoya un ,valet conduire les ,philosophes1 p>ce qu'il tait nuit1 avec une d\za9e de globes v]res p5dus ses quatre pi$s4 ,p\r n\s autres 7savoir3 mon ,prcepteur et moi71 n\s n\s c\*mes1 p> l'ordre du ,physionome4 ,il me mit cette fois-l dans une *ambre de violettes et de lis1 et m'envoya *at\ill] l'ord9aire2 et le l5dema91 sur les neuf heures1 je vis entr] mon ,dmon1 qui me dit qu'il v5ait du ,palais notes de musique o l'une des ,demoiselles de la ,re9e l'avait pri de l'all] tr\v]1 et qu'elle s'tait enquise de moi1 tmoignant qu'elle p]si/ait t\j\rs dans le desse9 de me t5ir p>ole1 c'e/--dire que1 de bon cur1 elle me suivrait si je la v\lais m5] avec moi dans l'autre ,monde4 --,ce qui m'a =t difi1 cont9ua-t-il1 c'e/ qu& j'ai reconnu que le motif pr9cipal de son voyage tait de se faire ,*rti5ne4 ,a9si1 je lui ai promis d'aid] son desse9 de t\tes mes =ces1 et d'inv5t]1 p\r cet effet1 une ma*9e capable de t5ir trois ou quatre p]sonnes1 dans laquelle v\s p\rrez mont] ensemble ds auj\rd'hui4 ,je vais m'appliqu] srieusem5t l'excution de cette entreprise3 c'e/ p\rquoi1 af9 de v\s div]tir1 p5dant que je ne s]ai po9t avec v\s1 voici un ,livre que je v\s laisse4 ,je l'apportai jadis de mon pays natal2 il e/ intitul2 les ,etats et ,empires du ,soleil#ac4 ,je v\s donne encore celui-ci1 que j'e/ime beauc\p davantage2 c'e/ le plus ,gr& uvre des ,philosophes1 qu'un des plus =ts esprits du ,soleil a compos4 ,il pr\ve l-d$ans que t\tes les *oses sont vraies et dcl>e la faon d'unir physiquem5t les vrits de *aque contradictoire1 comme1 p> exemple1 que le blanc e/ noir et que le noir e/ blanc2 qu'on peut tre et n'tre pas1 en mme temps2 qu'il peut y avoir une montagne sans valle2 que le nant e/ quelque *ose1 et que t\tes les *oses qui sont ne sont po9t4 ,mais rem>quez qu'il pr\ve t\s ces in\s p>adoxes1 sans aucune raison captieuse ou sophi/ique4 ,qu& v\s s]ez ennuy de lire1 v\s p\rrez v\s prom5]1 ou v\s entret5ir avec le fils de notre ,hte3 son esprit a beauc\p de *>mes2 ce qui me dplat en lui1 c'e/ qu'il e/ impie4 ,s'il lui arrive de v\s sc&alis]1 ou de faire p> quelque raisonnem5t *ancel] votre foi1 ne manquez pas aussitt de me le v5ir propos]1 je v\s en rs\drai les difficults4 ,un autre v\s ordonn]ait de rompre compagnie2 mais1 comme il e/ extrmem5t va91 je suis assur qu'il pr5drait cette fuite p\r une dfaite1 et il se figur]ait que notre croyance s]ait sans raison1 si v\s refusiez d'ent5dre les si5nes4 #ac ,edition ,le ,bret3 ,les ,etats et ,empires de la ,lune avec une addition l'hi/oire de l't9celle4 ,je ne vois pas comm5t il peut donn] les ,etats de la ,lune1 puisqu'il e/ prcism5t444 dans la ,lune1 la phrase du manuscrit e/ plus logique4 ,illu/ration3 ,il en sort comme de la b\*e d'un homme t\s les sons di/9cts et diffr5ts4 ,il me quitta en a*evant ces mots2 mais il fut pe9e sorti1 que je me mis considr] att5tivem5t mes ,livres1 et leurs botes1 c'e/--dire leurs c\v]tures1 qui me semblai5t admirables p\r leurs ri*esses2 l'une tait taille d'un seul diamant1 sans comp>aison plus brillant que les ntres2 la seconde ne p>aissait qu'une mon/rueuse p]le f5due en deux4 ,mon ,dmon avait traduit ces ,livres en langage de ce monde2 mais1 p>ce que je n'en ai po9t de leur imprim]ie1 je m'en vais expliqu] la faon de ces deux volumes4 ,a l'ouv]ture de la bote1 je tr\vai1 dans un je ne sais quoi de mtail presque semblable nos horloges1 ple9 de je ne sais quelques petits ressorts et de ma*9es imp]ceptibles4 ,c'e/ un ,livre1 la vrit2 mais c'e/ un ,livre miraculeux1 qui n'a ni feuillets ni c>actres2 enf91 c'e/ un ,livre o1 p\r appr5dre1 les yeux sont inutiles3 on n'a beso9 que des oreilles4 ,qu& quelqu'un donc s\haite lire1 il b&e1 avec gr&e quantit de t\tes sortes de petits n]fs1 cette ma*9e2 puis1 il t\rne l'aiguille sur le *apitre qu'il dsire c\t]1 et au mme temps il en sort1 comme de la b\*e d'un homme1 ou d'un in/rum5t de musique1 t\s les sons di/9cts et diffr5ts qui s]v5t1 entre les gr&s ,lunaires1 l'expression du langage4 ,lorsque j'ai depuis rfl*i sur cette miraculeuse inv5tion de faire des ,livres1 je ne m'tonne plus de voir que les jeunes hommes de ce pays-l possdai5t plus de connaissance seize et dix-huit ans1 que les b>bes grises du ntre2 c> sa*ant lire aussi tt que p>l]1 ils ne sont jamais sans lecture2 la *ambre1 la prom5ade1 en ville1 en voyage1 ils peuv5t avoir dans la po*e1 ou p5dus la ce9ture une tr5ta9e de ces ,livres dont ils n'ont qu' b&] un ressort p\r en our un *apitre seulem5t ou bi5 plusieurs1 s'ils sont en humeur d'c\t] t\t un ,livre3 a9si v\s avez t]nellem5t aut\r de v\s t\s les ,gr&s ,hommes et morts et vivants qui v\s entreti5n5t de vive voix4 ,ce prs5t m'occupa plus d'une heure2 et enf9 me les tant atta*s en =me de p5dants d'oreilles1 je sortis p\r me prom5]2 mais je ne fus pas plutt au b\t de la rue1 que je r5contrai une tr\pe assez nombreuse de p]sonnes tri/es#ad4 #ad ,ce p>agraphe enti] n'exi/e que dans l'dition de #affc2 il a disp>u de t\tes les ditions po/rieures4 ,quatre d'entre eux portai5t sur leurs paules une espce de c]cueil envelopp de noir4 ,je m'in=mai1 d'un reg>dant1 ce que v\lait dire ce convoi semblable aux pompes funbres de mon ,pays2 il me rpondit que ce m*ant notes de musique et nomm du peuple p> une *iqu5aude sur le g5\ droit1 qui avait t conva9cu d'envie et d'+ratitude1 tait dcd le j\r prcd5t1 et que le ,p>lem5t l'avait condamn1 il y avait plus de v+t ans1 m\rir1 dans son lit1 et puis tre ent]r aprs sa mort4 ,je me pris rire de cette rponse2 et lui1 m'int]rogeant p\rquoi3 --,v\s m'tonnez1 dis-je1 de dire que ce qui e/ une m>que de bndiction dans notre ,monde1 comme la longue vie1 une mort paisible1 une spulture honorable1 s]ve en celui-ci d'une punition exemplaire4 --,quoi6 v\s pr5ez la spulture p\r quelque *ose de prcieux8 me rep>tit cet homme4 ,et1 p> votre foi1 p\vez-v\s concevoir quelque *ose de plus p\vantable qu'un cadavre m>*ant s\s les v]s dont il regorge1 la m]ci des crapauds qui lui m*5t les j\es2 enf91 la pe/e revtue du corps d'un homme8 ,bon ,dieu6 la seule imag9ation d'avoir1 quoique mort1 le visage emb>rass d'un drap1 et sur la b\*e une pique de t]re1 me donne de la pe9e respir]6 ,ce misrable que v\s voyez port]1 outre l'infamie d'tre assi/ dans une fosse1 a t condamn d'tre assi/1 dans son convoi1 de c5t c9quante de ses amis1 et comm&em5t eux1 en punition d'avoir aim un envieux et un +rat1 de p>atre ses funrailles avec un visage tri/e2 et1 sans que les ,juges en ont eu piti1 imputant en p>tie ses crimes son peu d'esprit1 ils aurai5t ordonn d'y pleur]4 ,hormis les crim9els1 on brle ici t\t le monde2 aussi1 e/-ce une c\tume trs dc5te et trs raisonnable2 c> n\s croyons que1 le feu ayant sp> le pur d'avec l'impur1 la *aleur rassemble p> sympa?ie cette *aleur naturelle qui faisait l'me et lui donne la =ce de s'lev] t\j\rs1 en montant jusque quelque a/re1 la t]re de c]ta9s peuples plus immatriels que n\s et plus intellectuels1 p>ce que leur tempram5t doit rpondre et p>ticip] la puret du globe qu'ils habit5t4 ,ce n'e/ pas encore notre faon d'inhum] la plus belle4 ,qu& un de nos ,philosophes vi5t un ge o il s5t ramollir son esprit1 et la glace de ses ans eng\rdir les m\vem5ts de son me1 il assemble ses amis p> un banquet somptueux2 puis1 ayant expos les motifs qui le font rs\dre pr5dre cong de la ,nature1 et le peu d'esprance qu'il y a d'aj\t] quelque *ose ses belles actions1 on lui fait ou grce1 c'e/--dire qu'on lui p]met de m\rir1 ou on lui fait un svre comm&em5t de vivre4 ,qu& donc1 la pluralit de voix1 on lui a mis son s\ffle entre les ma9s1 il av]tit ses plus *]s et du j\r et du lieu3 ceux-ci se purg5t et s'ab/i5n5t de mang] p5dant v+t-quatre heures2 puis1 arrivs qu'ils sont au logis du ,sage1 et sacrifi qu'ils ont au ,soleil1 ils entr5t dans la *ambre1 o le gnreux les att5d sur un lit de p>ade4 ,*acun le vi5t embrass]2 et1 qu& c'e/ au rang de celui qu'il aime le mieux1 aprs l'avoir bais t5drem5t1 il l'appuie sur son e/omac1 et1 joignant sa b\*e sur sa b\*e1 de la ma9 droite il se baigne un poign>d dans le cur4 ,l'amant ne dta*e po9t ses lvres de celles de son amant1 qu'il ne le s5te expir]2 et lors1 il retire le f] de son se91 et1 f]mant de sa b\*e la plaie1 il avale son sang1 qu'il suce jusqu' ce qu'un second lui succde1 puis un troisime1 un quatrime1 et enf9 t\te la compagnie2 et1 quatre ou c9q heures aprs1 on introduit *acun une fille de seize ou dix-sept ans2 et1 p5dant trois ou quatre j\rs qu'ils sont gt] les plaisirs de l'am\r1 ils ne sont n\rris que de la *air du mort1 qu'on leur fait mang] t\te crue1 af9 que1 si de c5t embrassem5ts il peut natre quelque *ose1 ils soi5t assurs que c'e/ leur ami qui revit4 ,illu/ration3 ,qu& un de nos philosophes arrive l'ge o il s5t ramollir ses esprits4 ,j'int]rompis ce disc\rs1 en disant celui qui me le faisait que ces faons de faire avai5t beauc\p de ressemblance avec celles de quelque peuple de notre ,monde2 et cont9uai ma prom5ade1 qui fut si longue1 que1 qu& je rev9s1 il y avait deux heures que le dn] tait prt4 ,on me dem&a p\rquoi j'tais arriv si t>d3 --,ce n'a pas t ma faute1 rpondis-je au cuis9i]1 qui s'en plaignait2 j'ai dem& plusieurs fois1 p> les rues1 quelle heure il tait1 mais on ne m'a rpondu qu'en ouvrant la b\*e1 s]rant les d5ts et t\rnant le visage de trav]s4 --,quoi6 s'cria t\te la compagnie1 v\s ne savez pas que p> l ils v\s montrai5t l'heure8 ,illu/ration3 ,ils font un cadran avec leurs d5ts4 --,p> ma foi1 rep>tis-je1 ils avai5t beau expos] leur gr& nez au ,soleil1 avant que je l'apprisse4 --,c'e/ une commodit1 me dir5t-ils1 qui leur s]t se pass] d'horloge2 c>1 de leurs d5ts1 ils font un cadran si ju/e1 que lorsqu'ils veul5t in/ruire quelqu'un de l'heure1 ils ouvr5t les lvres2 et l'ombre de ce nez1 qui vi5t tomb] dessus leurs d5ts1 m>que comme un cadran celle dont le curieux e/ en pe9e4 ,ma9t5ant1 af9 que v\s sa*iez p\rquoi en ce pays t\t le monde a le nez gr&1 appr5ez qu'aussitt que la femme e/ acc\*e1 la matrone porte l'enfant au matre du ,sm9aire2 et ju/em5t1 au b\t de l'an1 les exp]ts tant assembls1 si son nez e/ tr\v plus c\rt qu' une c]ta9e mesure que ti5t le ,syndic1 il e/ c5s camus et mis entre les ma9s de g5s qui le *tr5t4 ,v\s me dem&]ez la cause de cette b>b>ie1 et comm5t il peut se faire que n\s1 *ez qui la virg9it e/ un crime1 tablissons des cont95ces p> =ce8 ,mais sa*ez que n\s le faisons aprs avoir obs]v1 depuis tr5te sicles1 qu'un gr& nez e/ le signe d'un homme spirituel1 c\rtois1 affable1 gnreux1 libral2 et que le petit e/ un signe du contraire4 ,c'e/ p\rquoi des ,camus on btit les ,eunuques1 p>ce que la ,rpublique aime mieux ne pas avoir d'enfants que d'en avoir qui leur fuss5t semblables4 ,il p>lait encore1 lorsque je vis entr] un homme t\t nu4 ,je m'assis aussitt et me c\vris p\r lui faire honneur1 c> ce sont les m>ques du plus gr& respect qu'on puisse1 en ce pays-l1 tmoign] quelqu'un4 --,le ,royaume1 dit-il1 s\haite qu'avant de ret\rn] en votre ,monde1 v\s en av]tissiez les ,magi/rats1 cause qu'un ,ma?matici5 vi5t t\t l'heure de promettre au ,conseil1 que1 p\rvu qu'tant de ret\r *ez v\s1 v\s v\liez con/ruire une c]ta9e ma*9e qu'il v\s enseign]a1 il attir]a votre globe et le jo9dra celui-ci4 ,a quoi je promis de ne pas manqu]4 --,eh6 je v\s prie1 dis-je mon ,hte1 qu& l'autre fut p>ti1 de me dire p\rquoi cet envoy portait la ce9ture des p>ties honteuses de bronze8 ce que j'avais vu plusieurs fois1 p5dant que j'tais en cage1 sans l'avoir os dem&]1 p>ce que j'tais t\j\rs environn des ,filles de la ,re9e1 que je craignais d'(f5s]1 si j'eusse en leur prs5ce attir l'entreti5 d'une matire si grasse4 ,de sorte qu'il me rpondit3 --,les femelles ici1 non plus que les mles1 ne sont pas assez +rates p\r r\gir la vue de celui qui les a =ges2 et les vi]ges n'ont pas honte d'aim] sur n\s1 en mmoire de leur mre ,nature1 la seule *ose qui porte son nom4 ,sa*ez donc que l'*>pe dont cet homme e/ honor1 et o p5d p\r mdaille la figure d'un membre viril1 e/ le symbole du g5tilhomme et la m>que qui di/+ue le noble d'avec le roturi]4 ,ce p>adoxe me sembla si extravagant1 que je ne pus m'emp*] de rire4 --,cette c\tume me semble bi5 extraord9aire1 rep>tis-je1 c> en notre ,monde la m>que de noblesse e/ de port] une pe4 ,mais l',hte1 sans s'm\voir3 --,o mon petit homme6 s'cria-t-il1 quoi6 les gr&s de votre ,monde sont si enrags de faire p>ade d'un gr& in/rum5t qui dsigne un b\rreau1 qui n'e/ =g que p\r n\s dtruire1 enf9 l'ennemi jur de t\t ce qui vit2 et de ca*]1 au contraire1 un membre1 sans qui n\s s]ions au rang de ce qui n'e/ pas1 le ,prom?e de *aque animal1 et le rp>ateur infatigable des faiblesses de la ,nature6 ,malheureuse contre1 o les m>ques de gnration sont ignom9ieuses1 et o celles d'anantissem5t sont honorables6 ,cep5dant v\s appelez ce membre-l des p>ties honteuses1 comme s'il y avait quelque *ose de plus glorieux que de donn] la vie1 et ri5 de plus honteux que de l't]6 ,p5dant t\t ce disc\rs1 n\s ne laissions pas de dn]2 et1 sitt que n\s fmes levs1 n\s allmes au j>d9 pr5dre l'air1 et l1 pr5ant occasion de la gnration et conception des *oses1 il me dit3 --,v\s devez savoir que la ,t]re se faisant un arbre1 d'un arbre un p\rceau1 et d'un p\rceau un homme1 n\s devons croire1 puisque t\s les tres dans la ,nature t5d5t au plus p>fait1 qu'ils aspir5t dev5ir hommes1 cette ess5ce tant l'a*vem5t du plus beau mixte1 et le mieux imag9 qui soit au monde1 p>ce que c'e/ le seul qui fasse le li5 de la vie animale avec la raisonnable4 ,c'e/ ce qu'on ne peut ni]1 sans tre pdant1 puisque n\s voyons qu'un pruni]1 p> la *aleur de son g]me1 comme p> une b\*e1 suce et digre le gazon qui l'environne2 qu'un p\rceau dvore ce fruit et le fait dev5ir une p>tie de soi-mme1 et qu'un homme mange le p\rceau1 r*auffe cette *air morte1 la jo9t soi et fait revivre cet animal s\s une plus noble espce4 ,a9si1 cet homme1 que v\s voyez1 tait peut-tre1 il y a soixante ans1 une t\ffe d'h]be dans mon j>d92 ce qui e/ d'autant plus probable1 que l'op9ion de la ,mtempsycose ,py?agorique1 s\t5ue p> tant de gr&s hommes1 n'e/ vraisemblablem5t p>v5ue jusqu' n\s1 qu'af9 de n\s engag] en re*]*] la vrit1 comme1 en effet1 n\s avons tr\v que t\t ce qui e/ s5t et vgte1 et qu'enf91 aprs que t\te la matire e/ p>v5ue cette priode1 qui e/ sa p]fection1 elle desc5d et ret\rne dans son inanit p\r rev5ir et j\] d]e*ef les mmes rles4 ,je desc5dis1 trs satisfait1 au j>d91 et je comm5ais rcit] mon compagnon ce que notre matre m'avait appris1 qu& le ,physionome arriva p\r n\s conduire la rfection et au dortoir4 ,le l5dema91 ds que je fus rveill1 je m'en allai faire lev] mon ,antagoni/e4 --,c'e/ un aussi gr& miracle1 lui dis-je en l'abordant1 de tr\v] un =t esprit1 comme le vtre1 enseveli dans le sommeil1 que de voir du feu sans action4 ,il s\ffrit de ce mauvais complim5t4 --,mais1 s'cria-t-il avec une colre passionne d'am\r1 ne v\s df]ez-v\s jamais de ces t]mes fabuleux8 ,sa*ez que ces noms-l diffam5t le nom de ,philosophe1 et que1 comme le ,sage ne voit ri5 au monde qu'il ne conoive et qu'il ne juge p\voir tre conu1 il doit abhorr] t\tes ces expressions de prodiges et d'vnem5ts de ,nature1 qu'ont inv5ts les /upides1 p\r excus] les faiblesses de leur ent5dem5t4 ,je crus alors tre oblig en consci5ce de pr5dre la p>ole p\r le dtromp]4 --,encore1 lui rpliquai-je1 que v\s soyez =t ob/9 dans vos s5tim5ts1 j'ai vu plusieurs *oses arrives surnaturellem5t4 ,illu/ration3 ,si son nez e/ tr\v plus c\rt qu' une c]ta9e mesure444 --,v\s le dites1 cont9ua-t-il2 mais v\s ne savez pas que la =ce de l'imag9ation e/ capable de gurir t\tes les maladies que v\s attribuez au surnaturel1 cause d'un c]ta9 baume naturel cont5ant t\tes les qualits contraires t\tes celles de *aque mal qui n\s attaque3 ce qui se fait qu& notre imag9ation1 av]tie p> la d\leur1 va *]*] en ce lieu le remde spcifique qu'elle apporte au v594 ,c'e/ l d'o vi5t qu'un habile mdec9 de votre ,monde conseille au malade de pr5dre plutt un mdec9 ignorant1 qu'on e/im]a p\rtant =t habile1 qu'un =t habile1 qu'on e/im]a ignorant1 p>ce qu'il se figure que notre imag9ation1 travaillant notre sant1 p\rvu qu'elle soit aide de remdes1 e/ capable de n\s gurir2 mais que les plus puissants tai5t trop faibles1 qu& l'imag9ation ne les appliquait pas4 ,v\s tonnez-v\s que les premi]s hommes de votre ,monde vivai5t tant de sicles1 sans avoir aucune connaissance de la mdec9e8 ,non4 ,et qu'e/-ce1 votre avis1 qui en p\vait tre la cause1 s9on leur nature encore dans sa =ce1 et ce baume univ]sel1 qui n'e/ pas encore dissip p> les drogues dont vos ,mdec9s v\s consum5t2 n'ayant lors p\r r5tr] en convalesc5ce1 qu' le s\hait] =tem5t1 et s'imag9] d'tre guris8 ,aussi1 leur fantaisie vig\reuse1 se plongeant dans cette huile1 en attirait l'lixir1 et1 appliquant l'actif au passif1 ils se tr\vai5t presque dans un cl9 d'il aussi sa9s qu'aup>avant3 ce qui1 malgr la dpravation de la ,nature1 ne laisse pas de se faire encore auj\rd'hui1 quoiqu'un peu r>em5t1 la vrit2 mais le populaire l'attribue miracle4 ,p\r moi1 je n'en crois ri5 du t\t1 et je me fonde sur ce qu'il e/ plus facile que t\s ces docteurs se tromp5t1 que cela n'e/ facile faire2 c>1 je leur dem&e3 ,le fivreux1 qui vi5t d'tre guri1 a s\hait bi5 =t1 p5dant sa maladie1 comme il e/ vraisemblable1 d'tre guri1 et mme il a fait des vux p\r cela2 de sorte qu'il fallait ncessairem5t qu'il m\rt1 ou qu'il demeurt dans son mal1 ou qu'il gurt2 s'il ft mort1 on et dit que le ,ciel l'avait rcomp5s de ses pe9es1 et mme on et dit que1 selon la prire du malade1 il a t guri de t\s ses maux2 s'il ft demeur dans son infirmit1 on aurait dit qu'il n'avait pas la foi2 mais1 p>ce qu'il e/ guri1 c'e/ un miracle t\t visible4 ,n'e/-il pas bi5 plus vraisemblable1 que sa fantaisie1 excite p> les viol5ts dsirs de la sant1 a fait son opration8 ,c> je veux qu'il soit r*app4 ,p\rquoi cri] miracle1 puisque n\s voyons beauc\p de p]sonnes qui s'tai5t v\es1 prir misrablem5t avec leur vu8 --,mais1 t\t le mo9s1 lui rep>tis-je1 si ce que v\s dites de ce baume e/ vritable1 c'e/ une m>que de la raisonnabilit de notre me1 puisque1 sans se s]vir des in/rum5ts de notre raison1 sans s'appuy] du conc\rs de notre volont1 elle fait elle-mme1 comme si1 tant hors de n\s1 elle appliquait l'actif au passif4 ,or1 si1 tant sp>e de n\s1 elle e/ raisonnable1 il faut ncessairem5t qu'elle soit spirituelle2 et1 si v\s la confessez spirituelle1 je conclus qu'elle e/ immortelle1 puisque la mort n'arrive dans l'animal que p> le *angem5t des =mes1 dont la matire seule e/ capable4 ,ce jeune homme alors1 s'tant mis en son sant sur son lit1 et m'ayant fait asseoir1 disc\rut peu prs de cette sorte3 ,p\r l'me des btes1 qui e/ corporelle1 je ne m'tonne pas qu'elle meure1 vu qu'elle n'e/1 possible1 qu'une h>monie des quatre qualits1 une =ce de sang1 une proportion d'organes bi5 conc]ts2 mais je m'tonne bi5 =t que la ntre1 intellectuelle1 incorporelle et immortelle soit contra9te de sortir de *ez n\s1 p> la mme cause qui fait prir celle d'un buf4 ,a-t-elle fait pacte avec notre corps1 que1 qu& il aurait un c\p d'pe dans le cur1 une balle de plomb dans la c]velle1 une m\squetade trav]s le corps1 d'ab&onn] aussitt sa maison8444 ,et1 si cette me tait spirituelle1 et p> soi-mme si raisonnable1 qu'elle ft aussi capable d'intellig5ce1 qu& elle e/ sp>e de notre masse1 que qu& elle en e/ revtue1 p\rquoi les aveugles ns1 avec t\s les beaux avantages de cette me intellectuelle1 ne saurai5t-ils s'imag9] ce que c'e/ que de voir8 ,e/-ce cause qu'ils ne sont pas encore privs1 p> le trpas1 de t\s leurs s5s8 ,quoi6 je ne p\rrai donc me s]vir de ma ma9 droite1 cause que j'en ai une gau*e8444 ,et enf91 p\r faire une comp>aison ju/e et qui dtruise t\t ce que v\s avez dit1 je me cont5t]ai de v\s apport] l'exemple d'un ,pe9tre1 qui ne peut travaill] sans p9ceau2 et je v\s dirai que l'me e/ t\t de mme1 qu& elle n'a pas l'usage des s5s4 --,oui1 mais1 aj\ta-t-il444 ,cep5dant ils veul5t que cette me1 qui ne peut agir qu'imp>faitem5t1 cause de la p]te d'un de ses dsirs dans le c\rs de la vie1 puisse alors travaill] avec p]fection1 qu& aprs notre mort elle les aura t\s p]dus4 ,s'ils me vi5n5t re*ant] qu'elle n'a pas beso9 de ces in/rum5ts p\r faire ses fonctions1 je leur re*ant]ai qu'il faut f\ett] les ,qu9ze-,v+ts1 qui font semblant de ne voir g\tte4 ,il v\lait cont9u] dans de si imp]t95ts raisonnem5ts2 mais je lui f]mai la b\*e1 en le priant de les cess]3 comme il fit de peur de qu]elle2 c> il connaissait que je comm5ais m'*auff]4 ,il s'en alla ensuite et me laissa dans l'admiration des g5s de ce ,monde-l1 dans lesquels1 jusqu'au simple peuple1 il se tr\ve naturellem5t tant d'esprit1 au lieu que ceux du ntre en ont si peu1 et qui leur cote si *]4 ,enf91 l'am\r de mon pays me dta*ant petit petit de l'affection1 et mme de la p5se que j'avais eue de demeur] en celui-l1 je ne songeai plus qu' mon d"p2 mais j'y vis tant d'impossibilit1 que j'en dev9s t\t *agr94 ,mon ,dmon s'en ap]ut2 et1 m'ayant dem& quoi il t5ait que je ne p>usse pas le mme que t\j\rs1 je lui dis fran*em5t le sujet de ma mlancolie2 mais il me fit de si belles promesses p\r mon ret\r1 que je m'en reposai sur lui entirem5t4 ,j'en donnai avis au ,conseil1 qui m'envoya qurir1 et qui me fit prt] s]m5t que je racont]ais dans notre ,monde les *oses que j'avais vues en celui-l4 ,ensuite1 on me fit expdi] des passe-ports1 et mon ,dmon1 s'tant muni des *oses ncessaires p\r un si gr& voyage1 me dem&a en quel endroit de mon pays je v\lais desc5dre4 ,je lui dis que la plup>t des ri*es enfants de ,p>is se proposant un voyage ,rome une fois en la vie1 ne s'imag9ant pas1 aprs cela1 qu'il y et ri5 de beau ni faire1 ni voir1 je le priais de tr\v] bon que je les imitasse4 --,mais1 aj\tais-je1 dans quelle ma*9e f]ons-n\s ce voyage1 et quel ordre p5sez-v\s que me veuille donn] le ,ma?matici5 qui me p>la l'autre j\r de jo9dre ce globe-ci au ntre8 --,quant au ,ma?matici51 me dit-il1 ne v\s y arrtez po9t1 c> c'e/ un homme qui promet beauc\p1 et qui ne ti5t ri54 ,et quant la ma*9e qui v\s report]a1 ce s]a la mme qui v\s voitura la ,c\r4 --,comm5t8 dis-je1 l'air devi5dra p\r s\t5ir vos pas aussi solide que la t]re8 ,c'e/-ce que je ne crois po9t4 --,et c'e/ une *ose trange1 reprit-il1 que ce que v\s croyez et ne croyez pas6 ,eh6 p\rquoi les ,sorci]s de votre ,monde1 qui m>*5t en l'air et conduis5t des armes1 des grles1 des neiges1 des pluies1 et d'autres tels mtores1 d'une prov9ce en une autre1 aurai5t-ils plus de p\voir que n\s8 ,soyez1 soyez1 je v\s prie1 plus crdule en ma faveur4 --,il e/ vrai1 lui dis-je1 que j'ai reu de v\s tant de bons (fices1 de mme que ,socrate et les autres p\r qui v\s avez tant eu d'amiti1 que je me dois fi] v\s1 comme je fais1 en m'y ab&onnant de t\t mon cur4 ,je n'eus pas plutt a*ev cette p>ole1 qu'il s'enleva comme un t\rbillon1 me t5ant entre ses bras3 il me fit pass]1 sans incommodit1 t\t ce gr& espace que nos ,a/ronomes mett5t entre n\s et la ,lune1 en un j\r et demi2 ce qui me fit connatre le m5songe de ceux qui dis5t qu'une meule de m\l9 s]ait trois c5t soixante et tant d'annes tomb] du ,ciel puisque je fus si peu de temps tomb] du globe de la ,lune en celui-ci4 ,enf91 au comm5cem5t de la seconde j\rne1 je m'ap]u que j'appro*ais de notre ,monde4 ,dj je di/+uais l',europe d'avec l',afrique1 et ces deux d'avec l',asie1 lorsque je s5tis le s\fre que je vis sortir d'une =t haute montagne3 cela m'incommodait1 de sorte que je m'van\is4 ,je ne puis pas dire ce qui m'arriva ensuite2 mais je me tr\vai1 ayant repris mes s5s1 dans des bruyre p> la p5te d'une coll9e1 au milieu de quelques ptres qui p>lai5t itali54 ,je ne savais ce qu'tait dev5u mon ,dmon1 et je dem&ai ces ptres s'ils ne l'avai5t po9t vu4 ,a ce mot1 ils fir5t le signe de la ,croix1 et me reg>dr5t comme si j'en eusse t un moi-mme4 ,illu/ration3 ,dj je di/+uai l',europe d'avec l',afrique4 ,mais1 leur disant que j'tais ,*rti51 et que je les priais p> *>it de me conduire en quelque lieu o je pusse me repos]1 ils me m5r5t dans un village1 un mille de l1 o je fus pe9e arriv1 que t\s les *i5s du lieu1 depuis les bi*ons jusqu'aux dogues1 se v9r5t jet] sur moi et m'euss5t dvor si je n'eusse tr\v une maison o je me sauvai4 ,mais cela ne les emp*a pas de cont9u] leur sabbat1 en sorte que le matre du logis m'en reg>dait de mauvais il2 et je crois que1 dans le scrupule o le peuple augure de ces sortes d'accid5ts1 cet homme tait capable de m'ab&onn] en proie ces animaux1 si je ne me fusse avis que ce qui les a*>nait a9si aprs moi tait le ,monde d'o je v5ais1 cause qu'ayant acc\tum d'aboy] la ,lune1 ils s5tai5t que j'en v5ais1 et que j'en avais l'odeur1 comme ceux qui cons]v5t une espce de rel5t ou air m>91 quelque temps aprs tre desc5dus de dessus la m]4 ,p\r me purg] de ce mauvais air1 je m'exposai sur une t]rasse1 durant trois ou quatre heures1 au ,soleil3 aprs quoi1 je desc5dis1 et les *i5s1 qui ne s5tai5t plus l'influ5ce qui m'avait fait leur ennemi1 ne m'aboyr5t plus et s'en ret\rnr5t *acun *ez soi4 ,le l5dema91 je p>tis p\r ,rome1 o je vis les re/es des triomphes de quelques ,gr&s ,hommes1 de mme que ceux des sicles3 j'en admirai les belles ru9es et les belles rp>ations qu'y ont faites les ,mod]nes4 ,enf91 aprs y tre demeur qu9ze j\rs en la compagnie de ,m4 de ,cyrano1 mon ,c\s91 qui me prta de l'arg5t p\r mon ret\r1 j'allai ,civita-,vec*ia1 et me mis sur une galre qui m'am5a jusqu' ,m>seille4 ,p5dant t\t ce voyage1 je n'eus l'esprit t5du qu'aux m]veilles de celui que je v5ais de faire4 ,j'en comm5ai les mmoires ds ce temps-l2 et1 qu& j'ai t de ret\r1 je les mis autant en ordre que la maladie qui me reti5t au lit me l'a pu p]mettre4 ,mais1 prvoyant qu'elle s]a la f9 de mes tudes et de mes travaux1 p\r t5ir p>ole au ,conseil de ce ,monde-l1 j'ai pri ,m4 ,le ,bret1 mon plus *] et mon plus inviolable ami1 de les donn] au ,public1 avec l',hi/oire de la ,rpublique du ,soleil1 celle de l',et9celle1 et quelques autres ,ouvrages de mme faon1 si ceux qui n\s les ont drobs les lui r5d5t1 comme je les en conjure de t\t mon cur4 ,illu/ration ,voici titre docum5taire la f9 du ,manuscrit de la ,biblio?que ,nationale4 ,cette f9 diffrant entirem5t de celle de l',edition ,le ,bret1 la voici dans son intgralit3 --,mais lui dis-je1 si notre me m\rait1 comme je vois bi5 que v\s v\lez conclure1 la rsurrection que n\s att5dons ne s]ait donc qu'une *imre1 c> il faudrait que ,dieu les recrt1 et cela ne s]ait pas la rsurrection4 ,il m'int]rompit p> un ho*em5t de tte3 --,h1 p> votre foi1 s'cria-t-il1 qui v\s a b]c dans ce peau d'asne1 quoi v\s1 quoi moi1 quoi ma s]vante1 ressuscit]4 --,ce n'e/ po9t1 lui rpondis-je un conte fait plaisir1 c'e/ une vrit indubitable que je v\s pr(rais4 --,et moi dit-il1 je v\s pr(r]ais le contraire4 ,p\r comm5c] donc je suppose que v\s mangiez un mahomtan1 v\s le conv]tissez p> consqu5t en votre sub/ance n'e/-il pas vrai1 ce mahomtan digr se *ange p>tie en *air1 p>tie en sang1 p>tie en sp]me1 v\s embrass]ez votre femme et de la sem5ce tire t\t entire du cadavre du mahomtan v\s jetez en m\le un beau petit *rti54 ,je dem&e le mahomtan aura-t-il son corps sur la t]re1 luy r5d le petit *rti5 n'aura pas le si51 puisqu'il n'e/ t\t enti] qu'une p>tie de celui du mahomtan4 ,si v\s me dites que le petit *rti5 aura le si51 ,dieu drob]a donc au mahomtan ce que le petit *rti5 n'aura reu que de celui du mahomtan1 a9si il faut absolum5t que l'un ou l'autre manque de corps2 v\s me rpondrez peut-tre que ,dieu reproduira les matires p\r suppler celui qui n'en aura pas assez1 oui1 mais une autre difficult n\s arrte1 c'e/ que le mahomtan damn ressuscitant et ,dieu lui f\rnissant un corps t\t neuf cause du si5 que le *rti5 lui a vol comme le corps t\t seul1 comme l'me t\te seule ne fait pas l'me1 mais l'un et l'autre jo9t en un seul sujet1 et comme le corps et l'me sont p>tie aussi intgrante de l'me l'une et l'autre1 si ,dieu ptrit ce mahomtan un autre corps que le si5 ce n'e/ plus le mme individu1 a9si ,dieu donne un autre homme que celui qui a mrit l'enf]1 a9si ce corps a paill>d1 ce corps a crim9ellem5t abus de t\s ses s5s1 et ,dieu p\r *ti] ce corps en jette un autre au feu1 lequel e/ vi]ge1 lequel e/ pur et qui n'a jamais prt ses organes l'opration du mo9dre crime1 et ce qui s]ait encore bi5 ridicule1 c'e/ que ce corps aurait mrit l'enf] et le ,p>adis t\t ensemble1 c> en tant que mahomtan il doit tre damn1 en tant que *rti5 il doit tre sauv1 de sorte que ,dieu ne le saurait mettre en p>adis qu'il ne soit inju/e1 rcomp5sant de la gloire la damnation qu'il avait mrite comme mahomtan1 et ne peut le jet] en enf] qu'il ne soit inju/e aussi1 rcomp5sant de la mort t]nelle la batitude qu'il avait mrite comme *rti54 ,il faut donc s'il veut tre quitable1 qu'il damne et sauve t]nellem5t cet homme4 ,et alors1 je pris la p>ole3 --,h je n'ai ri5 rpondre1 lui rpondis-je1 vos argum5ts sophi/iques contre la rsurrection tant y a que ,dieu le dit1 ,dieu qui ne peut m5tir4 --,n'allez pas si vite1 me rpliqua-t-il1 v\s en tes ,dieu le dit1 il faut pr\v] aup>avant qu'il y ait un ,dieu1 c> p\r moi je v\s le nie t\t plat4 --,je ne m'amus]ai po9t1 lui dis-je1 v\s rcit] les dmon/rations vid5tes dont les philosophes se sont s]vis p\r l'tablir1 il faudrait r$ire t\t ce qu'ont jamais crit les hommes raisonnables1 je v\s dem&e seulem5t quel inconvni5t v\s enc\rez de le croire1 je suis bi5 assur que v\s ne m'en sauriez prtext] aucun puisque donc il e/ impossible d'en tir] que de l'utilit1 que v\s ne le p]suadez-v\s c> s'il y a un ,dieu1 outre que ne le croyant pas1 v\s v\s s]ez mcompts1 v\s aurez dsobi aux pr9cipes qui comm&5t d'en croire1 et s'il n'y en a po9t1 v\s n'en s]ez pas mieux que n\s4 --,si fait me rpondit-il1 j'en s]ai mieux que v\s1 c> s'il n'y en a po9t1 v\s et moi s]ons deux de jeu1 mais au contraire s'il y en a1 je n'aurai pas pu avoir (f5s une *ose que je croyais n'tre po9t1 puisque p\r p*]1 il faut ou le savoir1 ou le v\loir4 ,ne voyez-v\s pas qu'un homme mme tant soit peu sage ne se piqu]ait pas qu'un cro*eteur l'et injuri1 si le cro*eteur aurait p5s ne le pas faire1 s'il l'avait pris p\r un autre ou si c'tait le v9 qui l'et fait p>l]1 plus =te raison1 ,dieu t\t 9branlable s'emport]a-t-il contre n\s p\r ne l'avoir pas connu1 mais p> votre foi1 mon petit animal1 si la croyance de ,dieu n\s tait si ncessaire1 enf91 si elle n\s importait de l't]nit1 ,dieu lui-mme ne n\s en aurait-il pas infus tant de lumires aussi claires que le soleil qui ne se ca*e p]sonne1 c> de fe9dre qu'il ait v\lu entre les hommes cligne-musette faire comme les enfants t\t\ le voil1 c'e/--dire tantt se masqu]1 tantt se dmasqu]1 se dguis] quelques-uns p\r se manife/] aux autres1 c'e/ se =g] un ,dieu ou sot1 ou malicieux1 vu que ceci tait p> la =ce de mon gnie que je l'aie connu1 c'e/ lui qui mrite et non pas moi1 d'autant qu'il p\vait me donn] une me ou des organes imbciles qui me l'aurai5t fait mconnatre et si au contraire il m'et donn un esprit incapable de le compr5dre1 ce n'aurait pas t ma faute1 mais la si5ne puisqu'il p\vait m'en donn] un si vif que je l'eusse compris4 ,cette op9ion diabolique et ridicule me fit natre un frmissem5t p> t\t le corps1 je comm5ai alors de contempl] cet homme avec un peu plus d'att5tion et je fus bi5 bahi de rem>qu] sur son visage ce je ne sais quoi d'effroyable que je n'avais po9t encore ap]u4 ,ses yeux tai5t petits et enfoncs1 le te9t basan1 la b\*e gr&e1 le m5ton velu1 les ongles noirs4 --,oh6 ,dieu1 song-je1 ce misrable e/ rpr\v ds cette vie et possible mme que c'e/ l',ant*ri/ dont il se p>le tant dans notre monde4 ,je ne v\lus pas p\rtant lui dc\vrir ma p5se cause de l'e/ime que je faisais de son esprit et vritablem5t le favorable esprit dont ,nature avait reg>d son b]ceau m'avait fait concevoir quelque amiti p\r lui4 ,je ne pus t\tefois si bi5 me cont5ir que je n'clatasse avec imprcations qui le m5aai5t d'une mauvaise f94 ,mais lui remuant sur ma colre3 --,oui1 s'cria-t-il2 p> la mort444 ,je ne sais pas ce qu'il prmditait de dire1 c> sur cette entrefaite on frappa la porte de notre *ambre et je vois entr] un gr& homme noir t\t velu1 il s'appro*a de n\s et saisissant le blasphmateur bras-le-corps il l'enleva p> la *em9e4 ,la piti que j'eus du sort de ce malheureux m'obligea de l'embrass] p\r l'arra*] des griffes de l',e?iopi51 mais il fut si robu/e qu'il n\s enleva t\s deux de sorte qu'en un mom5t1 n\s voil dans la nue4 ,ce n'tait plus l'am\r du pro*a9 qui m'obligeait le s]r] troitem5t1 mais l'apprh5sion de tomb]4 ,aprs avoir t je ne sais combi5 de j\rs p]c] le ciel sans savoir ce que je dem&]ais1 je reconnus que j'appro*ais de notre monde4 ,dj je di/+uai l',asie de l',europe et l',europe de l',afrique4 ,dj mme mes yeux1 p> mon abaissem5t ne p\vai5t se c\rb] au del de l',italie1 qu& le cur me dit que ce diable sans d\te emportait mon hte aux enf]s en corps et en me et que c'tait p\r cela qu'il le passait p> notre t]re cause que l'enf] e/ dans son c5tre4 ,j'oubliai t\tefois cette rflexion et t\t ce qui m'tait arriv depuis que le diable tait notre voiture la frayeur que me donna le feu d'une montagne t\t en feu1 que je t\*ai quasi4 ,l'objet de ce brlant spectacle me fit cri] ,jsus ,m>ia4 ,j'avais encore pe9e a*ev la d]nire lettre que je me tr\vais t5du sur des bruyres au c\peau d'une petite coll9e et deux ou trois pa/eurs aut\r de moi qui rcitai5t les litanies et me p>lai5t itali54 --,oh6 m'criai-je alors1 ,dieu soit l\1 j'ai donc enf9 tr\v des *rti5s au monde de la lune3 h1 dites-moi mes amis1 en quelle prov9ce de votre monde suis-je ma9t5ant8 --,en ,italie1 me rpondir5t-ils4 --,comm5t1 int]rompis-je1 il y a une ,italie aussi au monde de la lune8 ,j'avais encore si peu rfl*i sur cet accid5t que je ne m'tais pas encore ap]u qu'ils me p>lai5t itali5 et que je leur rpondais de mme4 ,qu& donc je fus t\t fait dsabus et que ri5 ne m'emp*a plus de connatre que j'tais de ret\r en ce monde1 je me laissai conduire o ces paysans v\lur5t me m5]1 mais je n'tais pas encore arriv aux portes de 44444 que t\s les *i5s de la ville se v9r5t prcipit] sur moi2 et sans que la peur me jeta dans une maison o je mis b>re1 entre n\s1 j'tais infailliblem5t engl\ti4 ,un qu>t d'heure aprs1 comme je me reposais dans ce logis1 voici qu'on ent5d l'ent\r un sabat de t\s les *i5s1 je crois1 du royaume1 on y voyait depuis le dogue jusqu'au bi*on hurlant de plus p\vantable furie que s'ils euss5t fait l'anniv]saire de leur premi] ,adam4 ,cette av5ture ne causa pas peu d'admiration t\tes les p]sonnes qui la vir5t1 mais aussitt que j'eus veill mes rv]ies sur cette circon/ance1 je m'imag9ais t\t l'heure que ces animaux tai5t a*>ns contre moi cause du monde d'o je v5ais c>1 disais-je en moi-mme1 qu& ils ont acc\tum d'aboy] la lune p\r la d\leur qu'elle leur fait de si lo91 sans d\te1 ils se sont v\lu jet] dessus moi p>ce que je s5s la lune dont l'odeur les f*e4 ,p\r me purg] de ce mauvais air1 je m'exposais t\t nu au soleil dessus une t]rasse1 je m'y allais quatre ou c9q heures durant au b\t desquelles je desc5dis et les *i5s ne s5tant plus l'influ5ce qui m'avait fait leur ennemi1 s'en ret\rnr5t *acun *ez soi4 ,je m'enquis au port qu& un vaisseau p>tirait p\r la ,france et lorsque je fus emb>qu1 je n'eus l'esprit t5du qu' ram5] aux m]veilles de mon voyage4 ,j'admirai mille fois la ,provid5ce de ,dieu qui avait recul ces hommes naturellem5t impies en un lieu o ils ne puss5t corrompre ses bi5-aims et les avait punis de leur orgueil en les ab&onnant leur propre suffisance1 aussi je ne d\te po9t qu'il n'ait diffr jusqu'ici d'envoy] leur pr*] l',evangile1 p>ce qu'ils savai5t qu'ils en abus]ai5t et que cette rsi/ance ne s]virait qu' leur faire mrit] une plus rude punition en l'autre monde4 ,,f9 99 99 99 99 99 ,li/e des modifications3 ,page #ac3 pectorc remplac p> pectore 7,nam v] voces tum domum pectore ab imo7 ,page #ai3 beac\p p> beauc\p 7beauc\p de g5s pass5t7 ,page #bi3 empruntes p> emprunte 7leur lumire emprunte7 ,page #cj3 flambleau p> flambeau 7le flambeau du ,roi7 ,page #cg3 bi5h]euse p> bi5heureuse 7la t]re bi5heureuse7 3 aiselles p> aisselles 7et se les atta*a s\s les aisselles7 3 un p> une 7une vague qui sp>a7 ,page #ch3 t]re/e p> t]re/re 7le ,p>adis t]re/re7 3 prescrite p> prescrites 7aux *oses qu'il m'avait prescrites7 ,page #dj3 veillir p> vieillir 7je m'emp*ai de vieillir7 3 sifle p> siffle 7le s]p5t qui siffle7 ,page #db3 tai5t p> tait 7et que cette lueur tait les clairs7 3 rideau p> rduit 7,l j'ap]u dans un petit rduit7 ,page #ej3 enbonpo9t p> embonpo9t 7,d'o procde leur embonpo9t7 ,page #ig3 dem&]ai p> dem&]ais et reconnu p> reconnus 7sans savoir ce que je dem&]ais1 je reconnus que7 3 rfexion p> rflexion 7,j'oubliai t\tefois cette rflexion7 3 rpondai p> rpondais 7que leur rpondais7 3 n'tait p> n'tais 7mais je n'tais pas encore7 3 s'il p> s'ils 7s'ils euss5t fait l'anniv]saire7