,au lecteur4 ,ce livre lectronique reproduit intgralement le texte original4 ,quelques erreurs videntes de typographie ou d'impression ont t corriges2 la liste de ces corrections se trouve la fin du texte4 ,la ponctuation a t tacitement corrige par endroits4 ,les notes de bas de page ont t renumrotes de #a #cf et places sous le paragraphe auquel elles se rapportent4 ,,cours ,,de ,,philosophie ,,positive4 ,,se ,,trouve ,,aussi3 ,,toulouse1 chez ,charpentier4 ,,leipzig1 chez ,michelsen1 ,,londres1 chez ,duleau et ,cie1 ,,vienne1 chez ,rohrmann1 ,,turin1 chez ,pic1 ,bocca1 ,,saint-,p,,tersbourg1 chez ,graff4 ,,imprimerie ,,de ,,bachelier1 rue du ,jardinet1 n #ab4 ,,cours ,,de ,,philosophie ,,positive1 ,,par ,m4 ,,auguste ,,comte1 ,,ancien ,l,,ve ,,de ,l',,cole ,,polytechnique1 ,r,p,,titeur ,d',,analyse ,,transcendante ,,et ,,de ,m,,canique ,,rationnelle ,,cette ,,cole1 ,,et ,,examinateur ,,des ,,candidats ,,qui ,s',y ,,destinent4 ,,tome ,,sixi,,me ,,et ,,dernier1 ,,contenant ,,le ,,compl,,ment ,,de ,,la ,,philosophie ,,sociale1 ,,et ,,les ,,conclusions ,g,n,,rales4 ,,paris1 ,,bachelier1 ,,imprimeur-,,libraire ,,pour ,,les ,,sciences1 ,,quai ,,des ,,augustins1 ,n #ee4 #ahdb ,,extrait ,,du ,,jugement rendu le #bi dcembre #ahdb ,,par ,,le ,,tribunal ,,de ,,commerce ,,de ,,paris1 ,sur l'action intente par ,m4 ,,auguste ,,comte contre ,m4 ,,bachelier1 au sujet de l',avis de l'diteur plac par ce libraire en tte du tome #f;e et dernier du ,,cours ,,de ,,philosophie ,,positive4 99 99 99 99 99 ,attendu que1 dans cet ,avis1 ,m4 ,bachelier ne s'est pas born rcuser d'avance la solidarit des assertions de l'auteur1 mais qu'il y a ajout des expressions inconvenantes envers ,m4 ,comte2 que ledit avis n'a point t pralablement communiqu ,m4 ,comte1 lequel n'en a eu connaissance que par la publication de son volume2 ,attendu qu'un diteur ne peut faire arbitrairement1 dans un ouvrage qu'il publie1 aucune addition ni suppression sans le consentement formel de l'auteur2 et que les usages constants de la librairie s'opposent ce qu'une portion quelconque d'une publication soit mise sous presse sans que l'diteur ait d'abord obtenu le bon tirer de l'auteur2 ,attendu que1 dans la position respective o se trouvent ainsi les parties1 tous rapports de confiance mutuelle deviennent dsormais impossibles2 ,par ces motifs1 le ,tribunal ordonne3 #a ,que ,bachelier sera tenu de supprimer1 dans tous les exemplaires non couls1 le carton intitul ,avis de l'diteur1 plac avant la prface du #fme volume de la ,philosophie positive1 et ce dans les huit jours du prsent jugement1 sous peine de cinquante francs de dommages-intrts pour chaque jour de retard1 quoi ,bachelier serait contraint par toutes les voies de droit et mme par corps2 #b ,que les conventions primitivement arrtes entre les parties sont ds ce moment rsilies1 en ce qui touche le droit exclusif rserv ,bachelier de publier les ditions subsquentes dudit ouvrage1 la seule charge par l'auteur de n'en point mettre une nouvelle dition avant l'puisement de la premire2 #c ,condamne ,bachelier tous les dpens1 mme au cot de l'enregistrement du prsent jugement4 ,,avis ,,de ,l',,diteur4 ,au moment de mettre sous presse la ,prface de ce volume1 je me suis aperu que l'auteur y injurie ,m4 ,arago4 ,ceux qui savent combien je dois de reconnaissance au ,secrtaire de l',acadmie des ,sciences et du ,bureau des ,longitudes comprendront que j'aie demand catgoriquement la suppression d'un passage qui blessait tous mes sentiments4 ,m4 ,comte s'y est refus4 ,ds ce moment je n'avais qu'un parti prendre1 celui de ne pas prter mon concours la publication de ce #f;e volume4 ,m4 ,arago1 qui j'ai communiqu cette rsolution1 m'a forc d'y renoncer4 ,ne vous inquitez pas1 m'a-t-il dit1 des attaques de ,m4 ,comte4 ,si elles en valent la peine1 j'y rpondrai4 ,la portion du public que ces discussions intressent sait d'ailleurs trs-bien que la mauvaise humeur du philosophe date tout juste de l'poque o ,m4 ,sturm fut nomm professeur d'analyse l'cole ,polytechnique4 ,or1 avoir conseill1 dans le cercle restreint de mon influence1 de prfrer un illustre gomtre au concurrent chez lequel je ne voyais de titres mathmatiques d'aucune sorte1 ni grands ni petits1 c'est un acte de ma vie dont je ne saurais me repentir4 ,malgr les incitations si librales de ,m4 ,arago1 j'ai cru ne devoir publier cet ouvrage qu'en y joignant une note explicative du dbat qui s'est lev entre ,m4 ,comte et moi4 ,paris1 #af aot #ahdb4 ,,bachelier1 ,,libraire-,,diteur4 ,,pr,,face ,,personnelle4 ,en publiant enfin le dernier volume de ce ,trait1 je crois aujourd'hui devoir exposer1 tous ceux qui ont bien voulu m'accorder aussi longtemps une attention persvrante1 l'explication gnrale des motifs1 essentiellement personnels1 qui ont prolong pendant douze ans cette nouvelle laboration philosophique4 ,une telle exposition est ici d'autant plus convenable1 que des obstacles analogues pourront galement entraver ou retarder les divers travaux ultrieurs que j'annonce en terminant l'ouvrage actuel4 ,comme le titre mme de cette prface exceptionnelle rappelle expressment sa destination principale1 les lecteurs qui voudront immdiatement poursuivre le grand sujet tudi dans le tome prcdent pourront la passer sans aucun inconvnient1 sauf y revenir ensuite1 si son objet propre les intresse suffisamment4 ,la longue dure de l'laboration que j'achve aujourd'hui pourrait d'abord tre impute la suspension force qu'elle prouva1 aussitt aprs la publication du tome premier1 par suite de la crise industrielle qu'occasionna la mmorable secousse politique de #ahcj4 ,ainsi contraint de chercher un nouvel diteur1 je dus interrompre1 pendant quatre ans environ1 une composition qui1 suivant ma nature et mes habitudes1 ne pouvait tre jamais crite qu'en vue d'une impression immdiate4 ,une seconde cause de retard dut rsulter ensuite de l'extension trs-prononce qu'acquit graduellement mon opration philosophique1 sans que l'esprit ni le plan en prouvassent d'ailleurs la moindre altration quelconque4 ,ceux de mes lecteurs qui n'auront pas oubli l'annonce initiale pourront maintenant se convaincre1 soit d'aprs l'accroissement du nombre des volumes1 soit en vertu de leur ampleur suprieure1 que l'tendue effective de ce ,trait est rellement plus que double de ce qui avait t originairement promis4 ,mais1 quelle qu'ait d tre l'influence vidente de ces deux motifs de retard1 elle n'et vritablement abouti qu' prolonger jusqu'en #ahcf un travail que j'avais d'abord espr terminer en #ahcb4 ,si donc1 au lieu de ces six annes1 mon uvre en a finalement exig douze1 il faut surtout l'attribuer aux graves obstacles inhrens ma situation personnelle4 ,or1 je n'en puis faire suffisamment apprcier la porte essentielle1 soit passe1 soit future1 qu'en appelant ici une attention directe1 quoique sommaire1 sur une existence prive o je m'efforcerai1 d'ailleurs1 de caractriser1 autant que possible1 son intime connexit avec l'tat gnral de la raison humaine au dix-neuvime sicle4 ,du reste1 il a toujours paru convenable que le fondateur d'une nouvelle philosophie ft directement connatre au public l'ensemble de sa marche spculative et mme aussi de sa position individuelle4 ,issu1 au midi de notre ,france1 d'une famille minemment catholique et monarchique1 lev d'ailleurs dans l'un de ces lyces o ,bonaparte s'efforait vainement de restaurer1 grands frais1 l'antique prpondrance mentale du rgime thologico-mtaphysique1 j'avais peine atteint ma quatorzime anne que1 parcourant spontanment tous les degrs essentiels de l'esprit rvolutionnaire1 j'prouvais dj le besoin fondamental d'une rgnration universelle1 la fois politique et philosophique1 sous l'active impulsion de la crise salutaire dont la principale phase avait prcd ma naissance1 et dont l'irrsistible ascendant tait sur moi d'autant plus assur1 que1 pleinement conforme ma propre nature1 il se trouvait alors partout comprim autour de moi4 ,la lumineuse influence d'une familire initiation mathmatique1 heureusement dveloppe l'cole ,polytechnique1 me fit bientt pressentir instinctivement la seule voie intellectuelle qui pt rellement conduire cette grande rnovation4 ,ayant promptement compris l'insuffisance radicale d'une instruction scientifique borne la premire phase de la positivit rationnelle1 tendue seulement jusqu' l'ensemble des tudes inorganiques1 j'prouvai ensuite1 avant mme d'avoir quitt ce noble tablissement rvolutionnaire1 le besoin d'appliquer aux spculations vitales et sociales la nouvelle manire de philosopher que j'y avais apprise envers les plus simples sujets4 ,pendant que1 cet effet1 je compltais spontanment1 surtout en biologie et en histoire1 travers beaucoup d'obstacles matriels1 mon indispensable prparation1 le sentiment graduel de la vraie hirarchie encyclopdique commenait se dvelopper chez moi1 ainsi que l'instinct croissant d'une harmonie finale entre mes tendances intellectuelles et mes tendances politiques1 d'abord essentiellement indpendantes1 quoique toujours galement imprieuses#a4 ,cet quilibre dcisif rsulta enfin1 en #ahbb1 de la dcouverte fondamentale qui me conduisit1 ds l'ge de vingt-quatre ans1 une vritable unit mentale et mme sociale1 ensuite de plus en plus dveloppe et consolide sous l'inspiration continue de ma grande loi relative l'ensemble de l'volution humaine1 individuelle ou collective3 elle fut directement applique1 en #ahbe et #ahbf1 la rorganisation politique1 dans les essais dj cits souvent en ce ,trait1 et que je retirerai ultrieurement du recueil htrogne o ils restent encore gars4 ,une telle harmonie philosophique ne put tre toutefois pleinement constitue que d'aprs la premire excution1 commence en #ahbf1 et ralise en #ahbi1 de l'laboration orale qui a suscit l'laboration crite que je termine maintenant pour la systmatisation finale de la philosophie positive1 graduellement prpare par mes divers prdcesseurs depuis ,descartes et ,bacon#b4 ,note #a3 ,a cette poque1 et quand j'tais parvenu sentir la fois la porte et l'insuffisance de la grande tentative de ,condorcet1 mon volution spontane fut profondment trouble pendant quelques annes1 sans cependant tre jamais dvie ni suspendue1 par une liaison funeste avec un crivain fort ingnieux1 mais trs-superficiel1 dont la nature propre1 beaucoup plus active que spculative1 tait assurment peu philosophique1 et ne comportait rellement d'autre mobile essentiel qu'une immense ambition personnelle 7le clbre ,m4 de ,saint-,simon74 ,il avait1 de son ct1 dj senti1 sa manire1 le besoin d'une rgnration sociale fonde sur une rnovation mentale1 quelque vague et incohrente notion qu'il se formt d'ailleurs de l'une et de l'autre1 d'aprs la profonde irrationnalit de son ducation gnrale4 ,cette concidence devint pour lui1 mon gard1 la base d'une dsastreuse influence1 qui dtourna longtemps une partie notable de mon activit philosophique vers de vaines tentatives d'action politique directe2 quoique1 du reste1 il en soit rsult chez moi1 outre une plus vive excitation une publicit immdiate et peut-tre mme prmature1 une attention plus dcisive l'efficacit sociale du dveloppement industriel1 sur laquelle toutefois j'avais t auparavant veill par les doctrines conomiques1 premier fondement rel de la direction qui caractrisait surtout ,m4 de ,saint-,simon4 ,une telle conformit apparente1 quoique trs-incomplte en effet1 constitua aussi1 aprs notre rupture1 le motif ou le prtexte des envieuses insinuations diriges contre l'originalit de mes premiers travaux en philosophie politique1 en attribuant une importance factice une vicieuse qualification que m'avait inspire1 en #ahbd1 une gnrosit fort mal entendue1 ainsi trangement rcompense1 et que ne portait point1 deux ans auparavant1 la premire dition de l'crit correspondant4 ,l'ensemble de mon essor ultrieur a depuis longtemps cart spontanment ces vaines rcriminations contre un philosophe qui a souvent1 j'ose le dire1 accord1 chacun de ses divers prdcesseurs1 fort au-del de ce qu'il en avait vritablement tir1 d'aprs la double tendance qui m'entrane1 soit viter des dtails indiffrens au public en rapportant la valeur totale de chaque conception celui qui en a manifest le premier germe distinct1 lors mme que la saine apprciation et la ralisation principale m'en sont essentiellement dues1 soit montrer1 autant que possible1 les racines antrieures qui peuvent donner plus de force mes propres penses4 ,quoique ce clbre personnage ait1 mon gard1 indignement abus du facile ascendant individuel que devait lui procurer mon extrme jeunesse sur une nature profondment dispose l'enthousiasme politique et philosophique1 je dois cependant profiter d'une telle occasion pour venger ici sa mmoire des graves imputations que doivent inspirer1 tous les hommes senss et toutes les mes pures1 les honteuses aberrations phmres qu'on a os introduire sous son nom aprs sa mort4 ,s'il et vcu quelques annes de plus1 son absence totale de vraies convictions et son entranement presque irrsistible vers les bruyans succs immdiats eussent peut-tre gar sa vieillesse fort au-del des bornes qu'il avait toujours spculativement respectes4 ,mais1 quoi qu'il en soit d'une telle conjecture1 je puis directement assurer que1 pendant six annes environ d'une intime liaison1 je ne lui ai pas entendu proclamer une seule fois aucune de ces maximes profondment subversives de toute sociabilit lmentaire qui lui furent ensuite impudemment attribues par des jongleurs qu'il n'avait jamais connus4 ,j'ai pu seulement observer en lui1 aprs l'affaiblissement rsult d'une fatale impression physique1 cette tendance banale vers une vague religiosit1 qui drive aujourd'hui si frquemment du sentiment secret de l'impuissance philosophique1 chez ceux qui entreprennent la rorganisation sociale sans y tre convenablement prpars par leur propre rnovation mentale4 ,note #b3 ,l'essor initial de cette opration orale fut douloureusement interrompu1 au printemps de #ahbf1 par une crise crbrale1 rsulte du fatal concours de grandes peines morales avec de violens excs de travail4 ,sagement livre son cours spontan1 cette crise et sans doute bientt rtabli l'tat normal1 comme la suite le montra clairement4 ,mais une sollicitude trop timide et trop irrflchie1 d'ailleurs si naturelle en de tels cas1 dtermina malheureusement la dsastreuse intervention d'une mdication empirique1 dans l'tablissement particulier du fameux ,esquirol1 o le plus absurde traitement me conduisit rapidement une alination trs-caractrise4 ,aprs que la mdecine m'eut enfin heureusement dclar incurable1 la puissance intrinsque de mon organisation1 assiste d'affectueux soins domestiques1 triompha naturellement1 en quelques semaines1 au commencement de l'hiver suivant1 de la maladie1 et surtout des remdes4 ,ce succs essentiellement spontan se trouvait1 dix-huit mois aprs1 tellement consolid que1 en aot #ahbh1 apprciant1 dans un journal1 le clbre ouvrage de ,broussais sur l'irritation et la folie1 j'utilisais dj philosophiquement les lumires personnelles que cette triste exprience venait de me procurer si chrement envers ce grand sujet4 ,le lecteur sait assez d'ailleurs comment je constatai irrcusablement1 l'anne suivante1 que ce terrible pisode n'avait nullement altr la parfaite continuit de mon essor mental1 en accomplissant jusqu'au bout l'laboration orale ainsi interrompue trois ans auparavant1 et qui a ensuite fait natre le ,trait que j'achve aujourd'hui4 ,je crois tre maintenant assez connu pour qu'on n'impute point de vaines proccupations personnelles la confidence hardie que je viens d'adresser tous ceux qui sauront l'apprcier4 ,en un temps o l'anarchie morale comporte1 chez des natures infrieures1 le recours aux plus indignes moyens1 sous l'excitation passagre ou permanente des antipathies individuelles ou collectives1 j'ai cru devoir me garantir d'avance1 par cette franche exposition1 contre les insinuation infmes que pourraient ainsi secrtement susciter les animosits diverses que soulvera de plus en plus l'essor de ma nouvelle philosophie1 et auxquelles ce dernier volume doit surtout imprimer spontanment une dangereuse impulsion4 ,cette juste prvision reposa dj sur le honteux emploi de semblables machinations1 auxquelles recourut vainement1 en #ahch1 pour satisfaire envers moi d'ignobles ressentimens privs1 un puissant personnage scientifique1 dont le nom doit ici figurer enfin1 en digne punition unique d'une telle conduite1 le fameux gomtre ,poisson4 ,on n'a pas d'ailleurs oubli que1 quelques annes auparavant1 un moyen analogue avait aussi t employ en vain1 dans le monde savant1 quoique avec une intention beaucoup moins haineuse1 afin de ruiner le crdit intellectuel de l'illustre navigateur qu'une rcente catastrophe vient d'enlever la ,france4 ,par ces deux exemples incontestables du dplorable garement pratique o peut conduire le jeu naturel de nos passions1 mme scientifiques1 le lecteur comprendra1 j'espre1 le motif et la porte d'une explication o l'on aurait pu1 sans cela1 souponner l'influence d'inquitudes exagres1 que la malveillance et mme tent peut-tre d'riger en symptmes indirects d'une certaine persistance actuelle de l'accident qui en est l'objet4 ,ds l'origine de mon essor philosophique1 dnu de toute fortune personnelle1 mme future1 j'ai eu le bonheur de comprendre que mon existence matrielle devait directement reposer sur des occupations professionnelles indpendantes de mes travaux spculatifs1 dont le succs serait1 par leur nature1 trop lointain et trop incomplet pour jamais suffire consolider ma position prive4 ,afin toutefois que cette ncessite continue tendt1 autant que possible1 dvelopper ma vocation principale1 sans jamais pouvoir l'altrer1 je choisis spontanment1 cet effet1 en #ahaf1 l'enseignement mathmatique1 envers lequel mon aptitude spciale avait t1 j'ose le dire1 dj remarque1 pendant que j'tudiais l'cole ,polytechnique1 aussi bien par mes chefs que par mes camarades4 ,cet enseignement a sans cesse constitu1 depuis cette poque1 dans ses divers degrs1 et sous tous ses modes1 mon unique moyen d'existence4 ,mais quoique1 pendant ces vingt-six annes1 mon laboration philosophique n'ait jamais troubl1 en aucune manire1 ces devoirs spciaux1 toujours aussi scrupuleusement accomplis que si je m'en fusse exclusivement occup1 elle a essentiellement empch1 d'aprs ma discordance involontaire avec le milieu o j'tais forc de vivre1 que ces longs et constans services m'aient procur jusqu'ici la juste rcompense personnelle qui en ft naturellement rsulte pour tout autre professeur uniquement livr1 mme avec moins de zle et de succs1 de telles oprations4 ,les travaux transcendans1 qui semblaient devoir rehausser le mrite de mes occupations professionnelles1 ont constitu1 au contraire1 la principale cause des graves injustices que j'ai subies dans cette carrire1 soit en vertu de la rpugnance qu'ils inspiraient aux diverses influences dominantes1 soit surtout par suite de la basse envie que je suscitais secrtement autour de moi1 en remplissant1 avec une supriorit gnralement reconnue1 des fonctions qui1 de ma part1 taient ainsi videmment accessoires4 ,quoique je sois jusqu'ici le seul philosophe qui n'ait fait1 ni dans ses crits1 ni dans sa conduite1 aucune concession contraire ses convictions1 l'tat prsent de la raison publique commence dj rellement permettre1 du moins en ,france1 une telle plnitude de la dignit spculative2 mais elle n'est pas encore suffisamment exempte de dangers personnels4 ,toujours rsolu maintenir entirement intacte1 tout prix1 mon indpendance philosophique1 j'ai t sans cesse rigoureusement cart des diverses branches de notre instruction publique1 par les vellits rtrogrades et l'esprit tracassier du dplorable gouvernement dont l'heureuse secousse de #ahcj nous a dlivrs jamais4 ,ainsi rduit exclusivement aux pnibles ressources de l'enseignement priv1 il a longtemps t pour moi encore plus prcaire et moins efficace qu'envers tout autre1 soit raison d'une vie essentiellement solitaire qui me tenait loign des relations utiles1 soit d'aprs le peu de sympathie que je trouvais chez les divers personnages qui pouvaient le plus appuyer une telle situation4 ,jusqu' une poque trs-rapproche1 mon existence a toujours repos sur un enseignement quotidien prolong ordinairement pendant six ou huit heures4 ,c'est au milieu de ces entraves qu'a t excute la premire moiti de ce ,trait2 le lecteur doit maintenant s'en expliquer la lenteur spciale de publication4 ,il y a seulement dix ans que je fus introduit enfin l'cole ,polytechnique1 dans le grade le plus subalterne1 sous les gnreux auspices spontans d'un gomtre fort recommandable 7feu ,m4 ,navier71 dont la rare lvation morale honorait notre monde scientifique1 et dont l'esprit1 quoique trop exclusivement mathmatique1 avait pourtant su discerner1 un certain degr1 ma valeur caractristique4 ,ds lors directement devenue mieux apprciable1 mon aptitude l'enseignement fut ensuite solennellement constate1 sur ce grand thtre1 d'aprs l'preuve dcisive qui rsulta1 en #ahcf1 de l'obligation naturelle o je me trouvai d'y occuper1 par intrim1 la principale chaire mathmatique4 ,mais1 malgr cette irrcusable dmonstration1 que la noble sollicitude de mes lves et de mon chef essentiel 7l'illustre ,dulong7 a fait1 j'ose le dire1 soit alors1 soit depuis1 retentir avec clat dans le monde savant1 les antipathies scientifiques1 spontanment dveloppes mesure que je perais davantage1 se sont jusqu'ici activement opposes la juste rmunration de mes services spciaux4 ,on a cru jusqu' prsent1 et on croira sans doute longtemps encore1 m'avoir suffisamment rcompens en ajoutant1 depuis cinq ans1 mon office prcaire et subalterne dans l'enseignement polytechnique1 des fonctions plus importantes1 mais galement temporaires1 relatives au jugement initial des candidats4 ,cette double attribution est d'ailleurs1 suivant la coutume franaise1 tellement peu rtribue1 que je suis oblig1 pour suffire aux ncessits de ma position1 d'y joindre au dehors un actif enseignement quotidien1 dans l'un des principaux tablissemens spcialement destins la prparation polytechnique4 ,il rsulte de ces triples fonctions mathmatiques un tel enchanement d'obligations journalires que1 depuis six ans1 je n'ai pu trouver vingt jours conscutifs de suspension totale1 susceptibles d'tre pleinement consacrs ou un vritable repos ou l'exclusive poursuite de mes travaux philosophiques4 ,cette nouvelle phase de ma position personnelle ne m'a donc rellement procur d'autre amlioration essentielle que de m'avoir laiss un peu plus de temps pour ma grande laboration1 en me dispensant dsormais de tout enseignement individuel4 ,aussi ai-je pu excuter la seconde moiti de ce ,trait1 malgr sa difficult et son extension suprieures1 beaucoup plus rapidement que la premire1 en composant1 depuis cette heureuse modification1 un volume environ chaque anne4 ,mais les pnibles entraves qu'un tel assujettissement continu doit encore apporter directement mon essor ultrieur sont surtout aggraves par le caractre profondment prcaire qui1 d'aprs d'absurdes rglemens1 distingue aujourd'hui cette laborieuse existence#c4 ,la double rlection annuelle laquelle je suis ainsi soumis ne constituerait peut-tre1 envers tout autre1 qu'une simple formalit1 d'ailleurs choquante4 ,quant moi1 elle peut1 tout instant1 devenir beaucoup plus grave1 en fournissant un point d'appui lgal aux injustes animosits que j'ai involontairement souleves1 et que le cours naturel de mes travaux doit directement augmenter1 surtout d'aprs l'action ncessaire du volume actuel4 ,en tant que rptiteur1 mon sort est subordonn1 chaque anne1 non-seulement aux diverses impulsions d'une corporation mal dispose mon gard1 mais aussi la dlicatesse ou la circonspection d'un ennemi reconnu1 dont la conduite antrieure est fort loin de garantir1 en ce qui me concerne1 son quit ultrieure4 ,comme examinateur1 je suis pareillement expos la raction annuelle1 soit des diffrentes passions que doit spontanment susciter le juste exercice de mon autorit1 soit mme des vaines utopies spciales que peut suggrer chacun de mes seigneurs officiels le mode d'accomplissement d'un tel office3 des rcriminations pdantesques qui1 quoique collectives1 n'en taient pas moins inconvenantes et mme ridicules1 m'ont dj formellement averti de l'imminente gravit que pourrait1 envers moi1 acqurir inopinment un tel joug4 ce double titre1 mes amis et mes ennemis savent galement aujourd'hui que1 parvenue sa quarante-cinquime anne1 ma laborieuse existence personnelle peut encore tre brusquement bouleverse1 malgr le scrupuleux accomplissement continu de tous mes devoirs professionnels1 d'aprs une suffisante coalition momentane des diverses antipathies qui s'opposent mon lgitime essor4 ,c'est afin de sortir1 autant qu'il est en mon pouvoir1 de cette intolrable situation1 que j'ai cru devoir1 par cette prface1 provoquer1 mon gard1 une crise dcisive1 dont le pril1 quelque rel qu'il puisse tre1 est1 mon sens1 moins funeste que la perspective continue d'une imminente oppression4 ,note #c3 ,notre cole ,polytechnique est essentiellement rgie1 en tout ce qui concerne l'enseignement1 par un conseil form principalement de tous les professeurs quelconques1 y compris les matres de dessin1 de franais et d'allemand1 en exceptant seulement ceux qui dirigent les exercices non obligatoires1 comme l'escrime1 la danse et la musique4 ,depuis dix ou douze ans1 cette corporation a graduellement acquis une grande prpondrance1 en se faisant attribuer1 titre de comptence1 la nomination exclusive ou la prsentation dcisive aux divers offices polytechniques1 par suite de la confiance irrflchie que sa composition caractristique a d inspirer de plus en plus un pouvoir trop dispos sacrifier1 en gnral1 sa juste suprmatie effective aux imprieuses exigences des prjugs actuels4 ,ce nouvel ascendant a aussi tendu sans cesse rendre essentiellement amovibles1 en les assujettissant une rlection annuelle1 tous les emplois quelconques autres que ceux occups ou convoits par les membres du conseil dirigeant1 et sans mme excepter les fonctions qui1 de leur nature1 rclament le plus videmment une pleine indpendance lgale1 afin de rsister suffisamment l'antagonisme continu d'une foule de passions spontanment convergentes contre leur plus lgitime exercice1 comme sont surtout mes difficiles devoirs d'examinateur pralable4 ,envers l'office didactique accessoire rempli par ce qu'on appelle improprement les rptiteurs1 les ombrageuses prtentions d'une telle domination ont t pousses au point que1 depuis l'ordonnance de #ahcb1 chacun d'eux peut tre directement repouss au seul gr personnel du professeur correspondant3 en sorte que la prvoyance lgislative de nos savans n'a pu s'lever jusqu' comprendre la dangereuse autorit qu'ils accordaient ainsi aux plus injustes animosits que pourrait susciter une rivalit individuelle alors trop naturelle pour ne devoir pas tre frquente1 on plutt presque habituelle4 ,d'aussi absurdes institutions sont sans doute trs-propres vrifier spcialement ce que j'ai tant de fois tabli1 en principe1 surtout dans ce dernier volume1 sur la profonde incapacit qui caractrise les savans actuels en matire quelconque de gouvernement1 mme scientifique4 ,l'administrateur le plus tranger aux tudes spculatives n'et certainement jamais adopt spontanment des rgles si radicalement contraires a cette connaissance usuelle de l'homme et de la socit qui distingue naturellement la classe administrative1 et qui1 mme l'tat empirique1 constitue toujours1 au fond1 dans la vie relle1 notre plus prcieuse acquisition4 ,vainement donc nos savans voudraient-ils aujourd'hui renvoyer l'administration la responsabilit exclusive de mesures aussi choquantes pour tous les hommes senss3 il est clair que le pouvoir n'a eu1 ce sujet1 d'autre tort essentiel que de cder1 avec trop de condescendance1 l'aveugle impulsion des prjugs et des ambitions scientifiques4 ,toute personne bien informe sait mme maintenant que les dispositions irrationnelles et oppressives adoptes depuis dix ans a l'cole ,polytechnique manent surtout de la dsastreuse influence exerce par ,m4 ,arago1 fidle organe spontan des passions et des aberrations propres la classe qu'il domine si dplorablement aujourd'hui4 ,pour mieux caractriser1 surtout quant l'avenir1 une telle apprciation personnelle1 il me reste maintenant la rattacher convenablement la position ncessaire o me place directement l'ensemble de mon laboration philosophique envers chacune des trois influences gnrales1 thologique1 mtaphysique et scientifique1 qui se disputent ou se partagent encore l'empire intellectuel4 ,il serait certes superflu d'indiquer ici expressment que je ne devrai jamais attendre que d'actives perscutions1 d'ailleurs patentes ou secrtes1 de la part du parti thologique1 avec lequel1 quelque complte justice que j'aie sincrement rendue son antique prpondrance1 ma philosophie ne comporte rellement aucune conciliation essentielle1 moins d'une entire transformation sacerdotale1 sur laquelle il ne faut pas compter4 ,ds mon adolescence1 j'ai pniblement senti le poids personnel de cet invitable antagonisme1 premire source gnrale des difficults actuelles de ma situation4 ,c'est1 en effet1 sous les inspirations rtrogrades de l'cole thologique que fut surtout accompli1 pendant la clbre raction de #ahaf1 le funeste licenciement qui brisa ou troubla tant d'existences l'cole ,polytechnique1 et sans lequel j'eusse naturellement obtenu seize ans plus tt1 suivant les heureuses coutumes de cet tablissement1 la modeste position que j'ai commenc seulement y occuper en #ahcb2 ce qui et assurment chang tout le cours ultrieur de ma vie matrielle4 ,une exception formelle1 mane de la mme origine1 vint ensuite me soustraire personnellement la rparation partielle qui compensa1 quelque temps aprs1 pour mes camarades1 cette proscription gnrale4 ,le lecteur sait dj que le prolongement continu de cette oppressive influence m'interdit surtout l'instruction publique1 et me rduisit la pnible ressource de l'enseignement priv4 mesure que mon essor mental s'est dfinitivement caractris par l'apparition successive des divers volumes de ce ,trait1 une invitable dchance officielle n'a pas empch envers moi les malveillantes manifestations de ce parti incorrigible1 qui1 depuis cinq sicles1 se sentant de plus en plus incapable de soutenir aucune vritable discussion1 aspire toujours1 mme dans l'impuissance1 exterminer ou avilir ses divers adversaires philosophiques4 ,malgr sa circonspection accoutume1 la cour de ,rome a rcemment fulmin1 contre un ouvrage qui n'tait pas achev1 une de ces ridicules censures qui ont dsormais perdu jusqu' l'trange pouvoir1 subsistant encore au sicle dernier1 d'exciter lire les ouvrages qui en sont l'objet1 et envers lesquels le public actuel ne daigne pas mme s'informer d'une telle proscription4 ,au dbut de la prsente anne1 l'occasion de la rouverture habituelle du cours populaire d'astronomie que je professe gratuitement depuis douze ans1 les plus ignobles organes de cette cole1 dans le vain espoir d'un prochain triomphe1 ont os demander hautement1 un pouvoir qui ne leur est plus dvou1 la destruction directe de tous mes moyens actuels d'existence1 pour avoir systmatiquement proclam la ncessit et la possibilit de rendre enfin la morale pleinement indpendante de toute croyance religieuse1 d'aprs l'universel ascendant de l'esprit positif1 enfin directement rig en unique base solide de toutes les notions humaines4 ,envers le parti mtaphysique1 soit gouvernant1 soit aspirant1 ma position ncessaire1 quoique relative une collision moins prononce1 est1 au fond1 encore plus dangereuse pour moi1 cause de la grande prpondrance qu'il exerce aujourd'hui1 tous gards1 en ,france4 ,plus clair et plus souple que le prcdent1 ce parti quivoque sent confusment que1 depuis ,descartes et ,bacon1 l'essor graduel de la philosophie positive a t surtout dirig spontanment contre sa domination transitoire1 non moins intresse aujourd'hui que les prtentions purement thologiques empcher1 tout prix1 l'installation sociale de la vraie philosophie moderne4 ,en considrant d'abord la portion de cette cole qui rgne maintenant1 je puis aisment signaler1 chez son plus minent organe1 un exemple trs-caractristique de sa disposition instinctive me tenir1 autant que possible1 non sans doute dans l'oppression sacerdotale1 mais dans une profonde obscurit personnelle1 la fois mentale et sociale4 ,ayant t1 ds mon premier essor philosophique1 individuellement apprci1 certains gards1 en #ahbd et #ahbe1 par ,m4 ,guizot1 je lui ait fait l'honneur1 il y a dix ans1 lors de son principal avnement politique1 de m'carter une seule fois envers lui de la rgle constante que je me suis prescrite de jamais rien demander aux divers pouvoirs actuels en dehors de ce qui m'est strictement d d'aprs les usages tablis4 ,quelques ouvertures de sa part me conduisirent alors lui proposer de crer1 au ,collge de ,france1 une chaire directement consacre l'histoire gnrale des sciences positives1 que seul encore je pourrais remplir de nos jours1 et laquelle j'eusse spontanment donn un caractre convenablement relatif l'ascendant scientifique et logique de la nouvelle philosophie4 ,or1 aprs diverses tergiversations1 ,m4 ,guizot1 qui a fond1 l et ailleurs1 pour ses adhrens ou ses flatteurs1 tant de chaires inutiles ou mme nuisibles1 fut bientt entran1 par ses rancunes mtaphysiques1 carter dfinitivement une innovation qui pouvait honorer sa mmoire1 et dont il avait d'abord sembl comprendre la valeur naturelle4 ,je fus mme ensuite oblig de publier1 dans deux journaux1 en octobre #ahcc1 avec quelques commentaires spciaux1 la note philosophique que j'avais d composer ce sujet1 afin d'empcher au moins que cette proposition1 qui1 en effet1 est ainsi reste ultrieurement intacte1 ne se trouvt finalement gaspille au profit de quelque courtisan4 ,quant la partie de l'cole mtaphysique qui constitue aujourd'hui ce qu'on appelle vulgairement l'opposition1 et dont la principale influence rside dans la presse priodique1 ses dispositions envers moi sont1 sans doute1 assez caractrises par l'trange silence que ses divers organes1 quotidiens ou mensuels1 ont unanimement gard1 pendant douze ans1 pour la premire fois peut-tre1 envers ma publication philosophique4 ,c'est jusqu'ici seulement en ,angleterre1 du moins ma connaissance1 que ce ,trait a donn lieu un srieux examen1 par la consciencieuse apprciation dont un illustre physicien 7sir ,david ,brewster7 honora1 en #ahch1 dans la clbre revue d'dimbourg1 mes deux premiers volumes1 quoiqu'il et d'ailleurs assez peu compris l'ensemble de mon opration philosophique1 malgr l'admission formelle de ma loi fondamentale1 pour regarder un tel prambule comme constituant mon principal objet4 ,sauf cette unique discussion1 ainsi plutt scientifique que vraiment philosophique1 ce long travail n'a jamais t mme annonc dans aucun journal de quelque importance1 sans que l'on puisse assurment attribuer une telle rserve au sentiment personnel d'une insuffisance d'instruction pralable qui n'empche pas l'essor habituel des jugemens les plus tranchs4 ,quoique quelques organes avancs aient d1 ce sujet1 attendre naturellement la fin d'une laboration qui n'est1 en effet1 pleinement jugeable que dans son ensemble total1 on ne peut douter que ce silence exceptionnel ne soit surtout d la rpugnance involontaire avec laquelle les mtaphysiciens1 qui dominent partout la presse priodique1 voient aujourd'hui surgir une philosophie suprieure leur influence1 et qui tend directement faire cesser leur prpondrance actuelle1 sous l'inflexible prescription continue de rigoureuses conditions mentales1 la fois logiques et scientifiques1 qu'ils se sentent incapables de remplir suffisamment4 ,considrons enfin la troisime classe spculative1 celle qui seule constitue aujourd'hui le germe trs-imparfait mais direct de la vraie spiritualit moderne4 ,l se trouvent ceux qui j'ai fait l'honneur de demander gagner honntement mon pain1 parce qu'ils sont de ma famille intellectuelle3 tandis que je n'ai jamais rien d attendre des deux autres catgories1 comme m'tant essentiellement trangres et mme involontairement hostiles1 sauf l'unique exception personnelle dont j'avais si mal propos honor ,m4 ,guizot4 ,afin d'apprcier convenablement leur gard ma situation naturelle1 il y faut distinguer avec soin les deux coles1 spontanment antagonistes1 qui s'y partagent1 quoique trs-ingalement jusqu'ici1 l'empire gnral de la positivit rationnelle3 l'cole mathmatique proprement dite1 dominant encore1 sans contestation srieuse1 l'ensemble des tudes inorganiques1 et l'cole biologique1 luttant faiblement aujourd'hui pour maintenir1 contre l'irrationnel ascendant de la premire1 l'indpendance et la dignit des tudes organiques4 ,en tant que celle-ci me comprend1 elle m'est1 au fond1 plus1 favorable qu'hostile1 parce qu'elle sent confusment que mon action philosophique tend directement la dgager de l'oppression des gomtres4 ,j'y ai trouv non-seulement mon plus complet apprciateur scientifique1 dans la personne de mon minent ami ,m4 de ,blainville1 mais aussi de nombreux et honorables adhrens1 dont le concours constate mieux une telle sympathie collective4 ,malheureusement ce n'est pas de cette classe1 comme on sait1 que dpend mon existence personnelle4 ,or1 quant aux gomtres1 sous la domination desquels je suis naturellement forc de vivre1 les indications prcdentes ont assez fait pressentir ce que je dois attendre d'une classe scientifique dont l'ensemble de mon opration philosophique1 soit mentale1 soit sociale1 dtruit ncessairement la suprmatie provisoire1 graduellement dveloppe pendant le cours de la longue laboration prliminaire propre aux deux derniers sicles1 comme l'expliquent spcialement les trois chapitres extrmes de ce volume final4 ,pour mieux caractriser cette invitable opposition instinctive1 il me suffit ici de signaler convenablement l'exprience pleinement dcisive qui s'accomplit1 mon dtriment1 en #ahdj1 lors d'une nouvelle vacance de la principale chaire mathmatique de l'cole ,polytechnique1 que j'avais occupe1 par intrim1 quatre ans auparavant1 avec une supriorit gnralement reconnue1 mme de mes ennemis1 et que je ne cesserai jamais1 ce titre1 de regarder comme ma proprit lgitime1 quoiqu'une violente iniquit m'en ait dpouill jusqu'ici avec l'appareil des formalits lgales4 ,l'illustre ,dulong1 en sa qualit de directeur des tudes de cet tablissement1 y avait personnellement suivi ces mmorables leons qui m'avaient hautement conquis sa consciencieuse estime1 malgr sa disposition antrieure partager involontairement envers moi les prventions routinires de nos coteries scientifiques3 c'est sous le rcent souvenir de cette minente approbation que se fit une telle lection1 o son suffrage et certainement garanti mon succs1 sans la mort prmature qui a priv le monde savant de cette rare combinaison d'une haute capacit avec une moralit quivalente4 ,en mme temps1 une noble jeunesse1 que je n'ai jamais flatte1 j'ose le dire1 mais qui connat mon dvouement continu ses besoins lgitimes1 manifestant1 sa manire1 son heureux concours spontan avec l'apprciation de son ancien chef1 honora ma candidature par une gnreuse dmarche exceptionnelle1 dont j'ai t jusqu' prsent le seul objet1 et pour laquelle je lui offre ici la faible expression de mon ternelle reconnaissance1 dans la personne collective de ses successeurs actuels1 envers lesquels l'intime solidarit de nos diverses gnrations polytechniques autorise pleinement une telle substitution continue4 ,le lecteur sait peut-tre que des dputations spciales furent alors adresses par les lves tous les votans quelconques1 afin de leur tmoigner convenablement le dsir unanime qu'une preuve irrcusable avait inspir en ma faveur tous ceux qui avaient pu en sentir l'effet gnral4 cette convergence dcisive1 et peut-tre inoue1 entre les suprieurs et les infrieurs1 se joignaient d'ailleurs1 mon avantage1 toutes les considrations accessoires relatives aux rgles ordinaires1 qu'il a fallu simultanment violer pour m'exclure3 une incontestable anciennet1 d'honorables services spciaux1 et la convenance reconnue de recruter1 autant que possible1 les professeurs de cette grande cole parmi ses anciens lves1 moins d'insuffisance relle4 ,si tout autre que moi et runi un tel ensemble de titres1 son triomphe et t certain4 ,mais les antipathies gomtriques1 spcialement concentres l',acadmie des ,sciences de ,paris1 ne pouvaient ainsi laisser irrvocablement surgir celui qui1 connaissant le vritable esprit de nos diverses coteries scientifiques1 et d'ailleurs peu effray de leur antagonisme1 mme concert1 aurait directement tendu1 dans un tel office1 donner la haute instruction mathmatique la direction la plus conforme sa vritable destination pour le systme gnral de l'volution positive4 ,les honteux moyens qui dterminrent mon exclusion furent alors en pleine harmonie avec l'vidente iniquit du projet4 ,comme les meneurs acadmiques devaient naturellement craindre le vote spontan du ,conseil de l'cole1 o mes ennemis et mes amis croyaient galement d'abord que la majorit m'tait assure1 et auquel l'usage accordait ce sujet une priorit naturelle1 ils profitrent habilement contre moi de l'occasion facile prvoir que leur offrit la discussion philosophique que je cherchai engager directement1 auprs de la classe essentiellement saine de cette acadmie1 par la lettre de candidature dont je parle1 une autre fin1 au second chapitre de ce volume4 ,on sait assez comment la lecture officielle de cette lettre fut expressment refuse1 en dpit d'une formelle disposition du rglement acadmique#d4 ,aprs cette premire violence1 il fut ensuite ais la ,commission spciale d'tablir1 par une nouvelle infraction de tous les usages et de toutes les convenances1 une liste de candidature o je n'tais pas mme nomm1 comme ne mritant sans doute aucune discussion4 ,le profond mpris personnel que je renvoie solennellement ici chacun de ceux qui prirent une active participation volontaire cette dernire indignit acadmique1 ne m'empche pas d'ailleurs de sentir qu'elle eut au fond peu d'influence sur le rsultat1 puisqu'elle suivit le vote effectif du ,conseil polytechnique1 dj tourn contre moi par la raction presque irrsistible de la turpitude initiale4 ,en un mot1 les meneurs d'une telle intrigue n'oublirent rien pour indiquer d'avance ce ,conseil que1 s'il voulait raliser sa premire disposition en ma faveur1 il aurait soutenir une lutte redoutable contre une corporation plus puissante1 qui se montrait ainsi dispose maintenir tout prix1 en cette grave occurrence1 le monopole habituel des hautes positions didactiques1 dont l'ensemble de sa conduite prouve depuis longtemps qu'elle regarde chacun de ses membres comme le possesseur lgitime1 quelle que puisse tre son inaptitude relle4 ,on devait aisment s'attendre que le ,conseil n'oserait engager envers l'acadmie une collision aussi ingale4 ,c'est ainsi que fut accomplie1 avec un concert apparent des deux votes essentiels1 une injustice pleinement caractrise1 dont le poids naturel empchera toujours sans doute envers moi toute convenable rparation1 malgr la composition mobile du corps spcial qui s'en rendit l'instrument passif1 d'aprs la fixit naturelle de la puissante compagnie qui en fut le principal moteur1 et o d'ailleurs les antipathies que j'inspire doivent tre continuellement rajeunies1 parce qu'elles tiennent directement1 soit la situation gnrale de l'esprit humain au ,x,i,xe sicle1 soit au caractre fondamental de ma nouvelle philosophie4 ,note #d3 ,celui des deux secrtaires perptuels qui rendit compte de la sance du #c aot #ahdj sentit tellement1 sans doute1 la turpitude de cette violence acadmique1 ainsi accomplie contre moi au profit personnel de l'un de ses confrres1 qu'il tenta vainement de la reprsenter comme une sorte d'ajournement1 motiv par je ne sais quelle autre urgence plus immdiate4 ,mais1 si cette jsuitique exposition et t vraiment fidle1 l',acadmie et distinctement rserv1 pour la lecture de ma lettre1 une sance ultrieure1 tandis qu'il n'en fut jamais question ensuite4 ,comme il importe beaucoup la morale publique que l'actif accomplissement volontaire des mauvaises actions1 individuelles ou collectives1 ne puisse1 en aucun cas1 luder une inflexible responsabilit1 j'ai cru devoir ici spcialement rectifier cette officieuse erreur4 ,aprs cette triple apprciation des tendances diversement hostiles qui doivent faire spontanment converger contre mon essor lgitime toutes les classes antagonistes entre lesquelles est aujourd'hui partag l'empire intellectuel1 il serait assurment superflu de faire ici autant ressortir leur commune disposition me priver accessoirement des diffrentes rcompenses honorifiques qui dpendent de leur arbitrage1 quels que puissent jamais tre1 cet gard1 mes droits naturels4 ,quand ,m4 ,guizot eut attach son nom la dangereuse restauration d'une acadmie heureusement supprime par ,bonaparte1 la plupart de mes amis1 et mme de mes ennemis1 pensrent qu'on ne pouvait se dispenser1 ne ft-ce que d'aprs mes travaux originaires en philosophie politique1 de m'introduire directement dans une compagnie o1 dfaut de toute vritable unit mentale1 on s'efforait de runir tous ceux qui1 un titre quelconque1 et par les voies les plus inconciliables1 avaient sembl cooprer au perfectionnement des tudes morales et sociales4 ,presque seul alors je compris que1 quelque opposition mutuelle qui dt1 en effet1 exister entre ces diverses tendances spculatives1 leur commune nature mtaphysique les runirait toujours contre moi4 ,c'est donc prcisment en qualit de fondateur d'une nouvelle philosophie gnrale1 la fois historique et dogmatique1 que je resterai constamment en dehors1 sans aucune discussion possible1 d'une corporation institue pour ranimer1 en les centralisant1 les influences ontologiques1 auxquelles je m'efforce de substituer enfin l'universelle prpondrance de l'esprit positif4 ,dans un autre cas1 une illusion analogue m'avait d'abord1 comme je l'ai franchement avou au tome quatrime1 conduit moi-mme compter sur l'appui1 au moins moral1 de la classe scientifique1 qui semblait devoir prendre un vif intrt direct l'extension dcisive de la positivit rationnelle4 ,c'tait l'erreur naturelle de la jeunesse1 dispose penser que les sciences sont habituellement cultives en vertu d'une vraie vocation1 et que les gnreuses tendances spculatives y prdominent sur les vicieuses impulsions actives4 ,mais1 d'aprs les explications prcdentes1 celui qui a directement fond une science nouvelle1 la plus difficile et la plus importante de toutes1 et qui1 en mme temps1 a spcialement perfectionn la philosophie de chacune des sciences antrieures1 sera ncessairement toujours repouss de ce qu'on appelle improprement l',acadmie des ,sciences1 quand mme il pourrait se rsoudre en solliciter l'entre1 ce qu'il ne fera certainement jamais1 depuis les indignits qu'on s'y est permis envers lui4 ,il laissera donc1 sans aucun regret1 cet honneur1 de plus en plus banal1 la foule de ceux qui accomplissent aujourd'hui1 d'une manire presque machinale1 ces prtendus travaux scientifiques dont1 le plus souvent1 l'esprit humain ne saurait conserver1 aprs dix ans1 la moindre trace1 malgr l'ambitieuse dnomination qui les dcore spcialement d'une chimrique ternit4 ,pour achever d'apprcier la tendance profondment naturelle de l'influence scientifique se runir aujourd'hui1 contre mon essor philosophique1 l'influence mtaphysique1 et mme l'influence thologique1 il faut enfin remarquer1 d'aprs une exacte analyse de notre situation mentale1 que1 malgr leur antagonisme naturel1 la premire1 en tant que domine encore par les gomtres1 doit tre1 au fond1 beaucoup moins loigne qu'elle ne le semble de transiger habituellement avec les deux autres1 au dtriment de la raison publique4 ,depuis que la rnovation finale des thories morales et sociales constitue directement1 dans l'immense rvolution o nous vivons1 la ncessit prpondrante1 la prsidence scientifique laisse jusqu'ici l'esprit mathmatique tend devenir presque aussi rtrograde que le sont dj les impulsions mtaphysiques et les rsistances thologiques1 comme l'expliqueront spcialement les trois derniers chapitres de ce ,trait4 ,le sentiment secret de leur invitable impuissance envers ces spculations transcendantes dispose involontairement les gomtres actuels en empcher1 autant que possible1 l'essor dcisif1 d'o rsulterait ncessairement leur propre dchance scientifique1 et leur rduction normale l'office modeste1 quoique indispensable1 que leur assigne videmment la vraie hirarchie encyclopdique4 ,aprs avoir jet1 comme un leurre1 au vulgaire philosophique1 leur absurde et dangereuse utopie relative la prtendue rgnration ultrieure des conceptions sociales d'aprs leur vaine thorie des chances1 dont tout homme sens fera bientt justice1 ils se contentent donc essentiellement d'exploiter l'aise les bnfices personnels que la grande transaction moderne assure spontanment ceux qu'on a d regarder jusqu'ici comme les plus fidles organes de l'esprit positif1 bien qu'ils n'en puissent vraiment reprsenter que l'tat rudimentaire4 ,quant aux besoins fondamentaux inhrens notre situation intellectuelle1 ils n'intressent aucunement la plupart des gomtres1 qui sont1 au contraire1 secrtement entrans en empcher la satisfaction finale4 ,leur opposition1 plus apparente que relle1 la prpondrance mtaphysique1 ou mme thologique1 tend depuis longtemps se rduire ce qui est strictement ncessaire pour garantir les droits directs de la science1 surtout mathmatique1 aux profits gnraux de l'exploitation spculative4 ,or ce but est certes suffisamment atteint aujourd'hui1 o le pouvoir a trop gnreusement abandonn aux savans eux-mmes1 surtout en ,france1 la rpartition effective des diverses rcompenses scientifiques4 ,ceux qui1 avec une audace apparente1 attaquent chaque jour la liste civile de la royaut1 sont1 d'ordinaire1 humblement prosterns devant la liste civile de la science1 au point de n'oser1 par exemple1 se permettre aucune critique envers les frais monstrueux qu'occasionne maintenant la seule composition d'un almanach trs-imparfait4 ,tous les intrts mathmatiques tant ainsi garantis1 les gomtres consentent volontiers laisser la mtaphysique1 et mme la thologie1 l'antique possession du domaine moral et politique1 o ils ne sauraient avoir aucune prtention srieuse4 ,d'un autre ct1 la demi-intelligence que l'entranement contemporain fait aujourd'hui pntrer jusque dans la thologie1 disposerait peut-tre celle-ci1 en cas d'un triomphe momentan1 d'ailleurs presque impossible1 mieux respecter dsormais les ambitions gomtriques1 pourvu que1 suivant leur tendance spontane1 elles l'aidassent suffisamment contenir le vritable essor systmatique des spculations biologiques1 seules tudes prliminaires o la lutte fondamentale reste encore pendante1 beaucoup d'gards1 entre l'esprit positif et l'ancien esprit philosophique4 ,cependant les craintes naturelles que doit suggrer l'instinct aveuglment rtrograde de la puissance thologique conduiraient1 sans doute1 les gomtres voir avec regret le retour phmre de son ascendant oppressif1 o ils redouteraient1 leur propre gard1 une source d'exclusion4 ,mais la situation actuelle1 o domine l'influence mtaphysique1 plus souple et moins tnbreuse1 quoique1 au fond1 seule vraiment dangereuse aujourd'hui1 convient beaucoup l'ensemble de leurs dispositions prsentes1 tant morales que mentales1 parce qu'elle empche une solution qui leur rpugne1 tout en leur assurant les nombreux avantages personnels d'un facile ascendant scientifique4 ,aussi est-ce surtout prolonger1 autant que possible1 cet tat profondment contradictoire1 en cartant1 de toutes leurs forces1 une vraie rnovation spculative1 que nos gomtres s'attacheront de plus en plus1 sans s'inquiter d'ailleurs1 en aucune manire1 des graves dangers sociaux que doit ncessairement offrir cette prolongation artificielle de l'interrgne spirituel4 ,le lecteur peut ainsi concevoir dj que la rsistance spontane du milieu scientifique actuel mon action philosophique n'offre rien d'essentiellement fortuit ou personnel1 et qu'elle se dveloppera dsormais1 avec une nergie croissante1 soit mon gard1 soit envers mes collgues ou mes successeurs1 mesure que la nouvelle philosophie tendra directement vers son invitable ascendant final3 l'ensemble de ce volume ne laissera plus aucun doute sur l'intime ralit de mes prvisions ce sujet4 ,d'aprs une telle apprciation gnrale de la corrlation ncessaire qui lie aujourd'hui ma position prive la situation fondamentale du monde intellectuel1 chacun doit maintenant sentir combien cette prface tait vraiment indispensable pour placer directement1 par un appel dcisif1 la suite entire des grands travaux ultrieurs annoncs la fin de ce volume1 sous le noble patronage d'une opinion publique1 non-seulement franaise1 mais aussi europenne1 qui constitue mon unique refuge1 et qui jusqu'ici n'a jamais failli mes justes rclamations4 ,ceux qui trouveraient commode de continuer m'opprimer sans me permettre la plainte1 vont probablement se rcrier beaucoup contre le caractre insolite de cette sorte de manifeste1 dont ils redouteront l'efficacit4 ,quelques amis sincres1 trop timides ou trop superficiels1 craindront1 leur tour1 que cette lutte dangereuse1 en apparence si ingale1 ne dtermine contre moi la funeste raction de puissantes animosits1 sous le jeu desquelles je suis immdiatement plac4 ,mais1 dans les conflits intellectuels1 o le nombre a naturellement peu d'importance1 une intime combinaison de la raison avec la morale constitue la principale force1 d'aprs laquelle un seul esprit suprieur a quelquefois vaincu1 mme pendant sa vie1 une multitude acadmique4 ,ici1 d'ailleurs1 j'ose assurer d'avance que je ne serai pas seul contre cette masse aveugle et passionne4 ,quelque solitaire que soit mon existence1 je sais que l'lite du public europen a dj nettement tmoign1 surtout en ,angleterre et en ,allemagne1 par ses plus minens prcurseurs1 son indignation spontane contre les entraves personnelles qu'prouve mon essor lgitime1 quoique ces nobles sympathies reposent encore sur une insuffisante connaissance de mes embarras privs4 ,les lecteurs les plus trangers aux dbats que cette prface a caractriss comprendront aisment que les trois premiers volumes de ce ,trait1 tous relatifs aux diverses sciences existantes1 constatent videmment une haute aptitude didactique1 quand mme elle n'et pas t directement dmontre par le concours spontan des expriences les plus dcisives3 ils apprendront avec surprise qu'on ait os me refuser jusqu'ici1 ce sujet1 une satisfaction mrite1 si pleinement conforme l'ensemble de ma double carrire1 spciale ou gnrale4 ,tous ceux qui auront suffisamment apprci les justes plaintes que je viens d'exposer sur ma situation personnelle sentiront1 sans incertitude1 ce que je dois ici hautement demander1 en transportant dsormais sous les yeux du public des luttes jusqu'ici contenues dans l'ombre des conciliabules scientifiques4 ,je n'exige nullement que mon existence prive soit change ni mme largie1 mais seulement la fois adoucie et consolide4 ,son tat prsent1 s'il tait moins pnible et moins prcaire1 suffirait mes besoins essentiels1 et mme mes gots principaux4 ,quant aux prvoyances de la vieillesse1 si jamais il y a lieu1 la nation franaise saura sans doute y pourvoir spontanment4 ,mais je demande surtout que mes ressources matrielles ne soient pas livres chaque anne au despotique arbitrage des prjugs et des passions que mon essor philosophique doit naturellement combattre avec une infatigable nergie1 comme constituant dsormais le principal obstacle la rnovation intellectuelle1 condition fondamentale de la rgnration sociale4 ,or1 cet gard1 sans attendre ni solliciter directement aucune rectification rglementaire1 la crise que je viens de provoquer ainsi dans ma situation personnelle va ncessairement1 quoi qu'on fasse1 devenir pleinement dcisive en l'un ou l'autre sens2 car1 si1 malgr cette loyale manifestation publique1 les prochaines rlections annuelles confirment1 sans aucune difficult1 ma double position polytechnique1 je serai1 par cela seul1 suffisamment autoris regarder1 d'un aveu unanime1 cette formalit1 d'ailleurs absurde1 comme ayant cess enfin d'offrir envers moi aucun danger essentiel3 elle ne permettra plus personne d'oser m'offrir1 presqu' titre de grce1 cette confirmation priodique1 qui ne sera plus vraiment facultative4 ,au cas contraire1 je sais assez ce qui me resterait faire pour que la suite de mon laboration philosophique souffrt le moins possible de cette infme iniquit finale4 ,le but de cette prface tant ainsi convenablement atteint1 je crois devoir utiliser l'occasion qu'elle me fournit d'indiquer sommairement1 suivant la coutume1 aux lecteurs les plus attentifs1 quelques renseignemens accessoires sur le mode invariable de prparation et d'excution qui a prsid la longue composition que ce volume termine1 afin de faciliter une quitable apprciation1 en se plaant mieux dans les conditions de l'auteur4 ,j'ai toujours pens que1 chez les philosophes modernes1 ncessairement moins libres1 cet gard1 que ceux de l'antiquit1 la lecture nuisait beaucoup la mditation1 en altrant la fois son originalit et son homognit4 ,en consquence1 aprs avoir1 dans ma premire jeunesse1 rapidement amass tous les matriaux qui me paraissaient convenir la grande laboration dont je sentais dj l'esprit fondamental1 je me suis1 depuis vingt ans au moins1 impos1 titre d'hygine crbrale1 l'obligation1 quelquefois gnante1 mais plus souvent heureuse1 de ne jamais faire aucune lecture qui puisse offrir une importante relation1 mme indirecte1 au sujet quelconque dont je m'occupe actuellement1 sauf ajourner judicieusement1 selon ce principe1 les nouvelles acquisitions extrieures que je jugerais utiles4 ,ce rgime svre a constamment dirig l'entire excution de ce ,trait1 o il a assur la nettet1 l'nergie1 et la consistance de mes diverses conceptions1 quoiqu'il y ait pu1 en certains cas secondaires1 dterminer1 envers les sciences constitues1 une apprciation trop peu conforme leur tat rcent1 aux yeux de ceux qui chercheraient en cet ouvrage1 contre mes formelles explications initiales1 de vritables spcialits1 autres que celles qui concernent la science finale du dveloppement social1 que je devais y fonder#e4 ,quand je suis parvenu cette seconde et principale moiti de mon laboration totale1 j'ai senti que la rigueur de mon principe hyginique1 dont une longue exprience m'avait pleinement confirm l'heureuse efficacit1 m'obligeait pareillement dsormais m'interdire scrupuleusement toute lecture quelconque de journaux politiques ou philosophiques1 soit quotidiens1 soit mensuels1 etc4 ,aussi1 depuis plus de quatre ans1 n'ai-je pas lu rellement un seul journal1 sauf la publication hebdomadaire de l',acadmie des ,sciences de ,paris3 encore me born-je souvent la table des matires de cette fastidieuse compilation1 qui dgnre de plus en plus en talage habituel de nos moindres vanits acadmiques4 ,je voudrais pouvoir ici faire suffisamment sentir tous les vrais philosophes combien un tel rgime mental1 d'ailleurs en pleine harmonie avec ma vie solitaire1 peut aujourd'hui contribuer1 en politique1 faciliter l'lvation des vues et l'impartialit des sentimens1 en faisant mieux ressortir le vritable ensemble des vnemens1 que doit dissimuler profondment l'irrationnelle importance naturellement attache1 soit par la presse priodique1 soit par la tribune parlementaire1 chaque considration journalire4 ,note #e3 ,mme envers cette science finale1 on a pu aisment reconnatre que1 suivant ce rgime constant1 j'y ai toujours rduit autant que possible mes lectures prparatoires4 ,je n'ai jamais lu1 en aucune langue1 ni ,vico1 ni ,kant1 ni ,herder1 ni ,hegel1 etc42 je ne connais leurs divers ouvrages que d'aprs quelques relations indirectes et certains extraits fort insuffisans4 ,quels que puissent tre les inconvniens rels de cette ngligence volontaire1 je suis convaincu qu'elle a beaucoup contribu la puret et l'harmonie de ma philosophie sociale4 ,mais1 cette philosophie tant enfin irrvocablement constitue1 je me propose d'apprendre prochainement1 ma manire1 la langue allemande1 pour mieux apprcier les relations ncessaires de ma nouvelle unit mentale avec les efforts systmatiques des principales coles germaniques4 ,quant au mode d'excution des diverses portions de ce ,trait1 il me suffit d'indiquer que les embarras d'une situation personnelle1 dont le lecteur connat maintenant toute la gravit1 ont d m'obliger y apporter toujours la plus grande clrit partielle1 sans laquelle mon entreprise philosophique ft ainsi reste essentiellement impraticable4 ,pour mesurer1 autant que possible1 cette vitesse effective1 j'ai cru devoir1 dans la table gnrale des matires1 place la fin de ce volume1 noter brivement l'poque et la dure de chacune des treize laborations distinctes qui ont constitu1 des intervalles trs-ingaux1 le vaste ensemble de ma composition4 ,a cette indication caractristique1 je dois d'avance ajouter ici que1 press par le temps1 je n'ai jamais pu rcrire aucune partie quelconque de ce long travail1 qui a toujours t imprim sur mon brouillon original1 dont la transcription et au moins doubl la dure de mon excution4 ,heureusement que1 peu dispos1 de ma nature1 rien crire avant une pleine maturit1 ce premier jet s'est trouv constamment assez net pour permettre aisment1 sans la moindre rclamation1 l'opration typographique1 que je n'ai d'ailleurs ralentie par aucun remaniement ultrieur4 ,ces divers renseignemens secondaires pourront1 j'espre1 susciter quelque indulgence pour les imperfections littraires d'une telle composition4 ,en terminant cette prface inusite1 que ma position exceptionnelle rendait1 j'ose le dire1 indispensable1 je dois rassurer d'avance tous ceux qui s'intressent la plnitude et la puret de mon essor ultrieur1 en leur dclarant enfin que je ne laisserai jamais prendre personne le funeste pouvoir de troubler1 par aucune vaine polmique1 une haute laboration philosophique1 dj assez entrave naturellement1 soit d'aprs la brivet de ma vie1 soit en vertu des graves exigences de ma situation personnelle4 ,ayant ici suffisamment expos des explications qu'il fallait une fois prsenter1 rien ne pourra me dterminer rpondre aux rcriminations quelconques que ce volume extrme va sans doute soulever4 ,je connais toute la valeur de l'initiative philosophique1 et je saurais la maintenir avec nergie1 quand mme ma vie profondment solitaire ne me prserverait pas spontanment1 cet gard1 des tentations ordinaires4 ,paris1 le #ai juillet #ahdb4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,contenues ,,dans ,,le ,,tome ,,sixi,,me ,,et ,,dernier4 ,pages4 ,,extrait ,,du ,,jugement rendu le #bi dcembre #ahdb ,,par ,,le ,,tribunal ,,de ,,commerce ,,de ,,paris ,,iii ,,avis ,,de ,l',,diteur ,,iv ,,pr,,face ,,personnelle ,v #ef;e ,leon4 ,apprciation gnrale du dveloppement fondamental des divers lmens propres l'tat positif de l'humanit3 ge de la spcialit1 ou poque provisoire1 caractrise par l'universelle prpondrance de l'esprit de dtail sur l'esprit d'ensemble4 ,convergence progressive des principales volutions spontanes de la socit moderne vers l'organisation finale d'un rgime rationnel et pacifique #a #eg;e ,leon4 ,apprciation gnrale de la portion dj accomplie de la rvolution franaise ou europenne4--,dtermination rationnelle de la tendance finale des socits modernes1 d'aprs l'ensemble du pass humain3 tat pleinement positif1 ou ge de la gnralit1 caractris par une nouvelle prpondrance normale de l'esprit d'ensemble sur l'esprit de dtail #cdd #eh;e ,leon4 ,apprciation finale de l'ensemble de la mthode positive #fde #ei;e ,leon4 ,apprciation philosophique de l'ensemble des rsultats propres l'laboration prliminaire de la doctrine positive #ghf #fj;e et dernire ,leon4 ,apprciation gnrale de l'action finale propre la philosophie positive #hci ,,table ,g,n,,rale ,,des ,,mati,,res contenues dans les six volumes de ce ,trait #hig ,,cours ,,de ,,philosophie ,,positive4 ,,cinquante-,,sixi,,me ,,le,,on4 ,apprciation gnrale du dveloppement fondamental propre aux divers lmens essentiels de l'tat positif de l'humanit3 ge de la spcialit1 ou poque provisoire1 caractrise par l'universelle prpondrance de l'esprit de dtail sur l'esprit d'ensemble4 ,convergence progressive des principales volutions spontanes de la socit moderne vers l'organisation finale d'un rgime rationnel et pacifique4 ,l'ensemble du rgime monothique propre au moyen-ge a t reprsent1 au cinquante-quatrime chapitre1 comme ncessairement investi1 par sa nature1 d'une double destination1 temporaire mais indispensable1 pour l'volution fondamentale de l'humanit3 d'une part1 le dveloppement gnral de ses consquences politiques devait dterminer graduellement la dsorganisation radicale du systme thologique et militaire1 dj parvenu ainsi son extrme phase principale2 d'une autre part1 le cours simultan de ses effets intellectuels devait enfin permettre l'essor dcisif des nouveaux lmens sociaux1 bases ultrieures d'une organisation directement conforme la civilisation moderne4 ,sous le premier aspect1 qu'il fallait d'abord expliquer1 nous avons suffisamment apprci1 dans la dernire leon du volume prcdent1 l'enchanement historique des suites essentielles de ce mmorable rgime transitoire pendant les cinq sicles qui ont succd au temps de sa plus grande splendeur3 en sorte que la considration1 pnible quoique invitable1 du mouvement de dcomposition1 peut dsormais tre heureusement carte4 ,il nous reste donc maintenant1 envers cette mme priode prliminaire qui a d sembler jusqu'ici purement rvolutionnaire1 y poursuivre rationnellement l'analyse gnrale1 plus consolante et non moins dcisive1 de cet unanime mouvement instinctif de rorganisation1 encore si mal jug1 qui1 par la convergence spontane des diverses volutions partielles1 prparait alors graduellement la socit moderne un systme entirement nouveau1 seul susceptible de remplacer enfin l'ordre caduc dont l'irrvocable dmolition s'accomplissait simultanment4 ,c'est seulement aprs cette seconde apprciation fondamentale1 sujet propre de la leon actuelle1 que nous pourrons convenablement terminer notre grande laboration historique dans un dernier chapitre consacr l'examen direct de l'immense crise sociale qui1 depuis un demi-sicle1 tourmente l'lite de l'humanit1 et dont le vrai caractre essentiel ne saurait tre pleinement conu que sous l'inspiration d'une thorie dj suffisamment prouve et claire par une explication satisfaisante de l'ensemble du pass humain4 ,en vertu mme de sa nouveaut1 une telle analyse philosophique du mouvement lmentaire de recomposition propre la civilisation moderne se trouvera presque toujours spontanment affranchie de ces discussions explicatives qui ont t si indispensables1 au chapitre prcdent1 afin d'y faire prdominer de saines conceptions historiques sur les notions irrationnelles qui obscurcissent aujourd'hui l'tude ordinaire du mouvement de dcomposition3 ce qui peut heureusement nous permettre de procder ici avec plus de rapidit1 quoique la multiplicit des aspects organiques partiels1 profondment distincts et indpendans malgr leur convergence et leur solidarit ncessaires1 doive cependant entraner des dveloppemens assez tendus pour que chacun d'eux puisse tre utilement jug1 outre que nous devrons soigneusement apprcier1 envers les principales phases organiques1 leur correspondance ncessaire avec les phases critiques simultanes4 ,il faudrait1 avant tout1 dterminer rationnellement le point de dpart gnral le plus convenable cette nouvelle laboration historique1 si d'avance une telle origine n'avait t suffisamment tablie au chapitre prcdent1 d'aprs sa remarquable concidence effective avec celle alors assigne l'poque rvolutionnaire4 ,mais nos explications antrieures sur la ncessit philosophique d'avancer d'environ deux sicles le terme normal du moyen-ge et le dbut rel de l'histoire moderne1 communment placs aujourd'hui la fin du quinzime sicle1 sont certainement encore plus dcisives pour la srie organique que pour la srie critique1 sans qu'il convienne ici d'insister spcialement cet gard4 ,on serait mme d'abord dispos1 d'aprs l'ensemble des observations1 faire davantage remonter l'origine gnrale du mouvement de recomposition1 qui semblerait devoir tre reporte jusqu'au commencement du douzime sicle1 si l'on ngligeait une indispensable distinction historique entre la formation primitive des classes nouvelles et la premire manifestation relle1 ncessairement trs postrieure1 de leur tendance sociale constituer graduellement les lmens spontans d'un rgime essentiellement diffrent4 ,en ne perdant jamais de vue cette vidente prescription logique1 chacun peut aisment reconnatre que1 sous tous les rapports essentiels1 l'ouverture du quatorzime sicle reprsente la vritable poque o le travail organique des socits actuelles a commenc devenir suffisamment caractristique1 comme nous l'avons dj tant constat pour leur activit critique4 ,par une concidence trop peu sentie1 les divers symptmes principaux de notre civilisation concourent spontanment riger cette re mmorable en origine relle de l'ensemble de l'histoire moderne4 ,rien n'est assurment moins douteux quant l'essor industriel1 alors socialement caractris d'aprs l'universelle admission lgale des communes parmi les lmens gnraux et permanens du systme politique1 non-seulement en ,italie1 o1 par une prcocit spciale1 un tel progrs avait d s'accomplir longtemps auparavant1 mais aussi dans tout le reste de l'occident europen1 sous les divers noms quivalens respectivement consacrs en ,angleterre1 en ,france1 en ,allemagne1 et en ,espagne3 ce symptme normal et permanent est d'ailleurs pleinement confirm par un autre grand tmoignage historique1 non moins universel et non moins dcisif1 quoique violent et passager1 quand on considre ces immenses insurrections spontanes qui1 dans presque tous ces pays1 et surtout en ,france et en ,angleterre1 manifestrent1 avec tant d'nergie1 pendant la seconde moiti de ce sicle1 la puissance naissante des classes laborieuses contre les pouvoirs qui leur taient1 en chaque lieu1 spcialement antipathiques4 ,cette mme poque a vu d'ailleurs pareillement commencer1 en ,italie1 la grande institution des armes soldes1 qui1 non moins importante1 comme je l'expliquerai1 pour la srie organique que pour la srie critique1 marque une phase si prononce de la vie industrielle propre aux peuples modernes4 ,enfin1 outre les indices videns d'un dveloppement gnral de l'activit commerciale1 on voit alors concider diverses innovations capitales destines caractriser une re nouvelle1 entre autres l'usage actif de la boussole et l'introduction des armes feu4 ,la ralit d'un tel point de dpart est pareillement irrcusable pour l'essor esthtique des socits actuelles1 qui1 par une filiation continue1 remonte certainement jusqu' cet admirable lan potique de ,dante et de ,ptrarque1 au-del duquel il est habituellement inutile de reporter aujourd'hui l'analyse historique1 si ce n'est afin d'en expliquer d'abord l'avnement graduel3 une apprciation quivalente s'applique aussi1 quoique avec moins d'clat1 tous les autres beaux-arts1 et surtout la peinture1 ainsi qu' la musique4 ,quoique le mouvement scientifique n'ait pu manifester aussi promptement son vritable caractre1 on doit nanmoins reconnatre galement cette grande poque comme celle o1 en rsultat d'une mmorable prparation antrieure1 l'ensemble de la philosophie naturelle a partout commenc1 sous des formes correspondantes aux opinions dominantes1 devenir l'objet spcial d'une culture active et permanente2 ainsi que le tmoignent clairement1 outre la nouvelle importance qu'acquirent alors les tudes astronomiques dans les divers foyers intellectuels de l',europe occidentale1 le puissant intrt qui dj s'attache assidment aux explorations chimiques1 et mme l'bauche dcisive des saines observations anatomiques1 jusque-l si imparfaitement institues4 ,enfin1 l'essor philosophique proprement dit1 bien qu'ayant d tre1 par sa nature1 encore plus tardif1 reprsente aussi ds lors1 malgr son tat ncessairement mtaphysique1 et d'aprs plusieurs symptmes rattachs l'impulsion pralable de la scolastique1 la tendance progressive de l'esprit humain vers une rnovation fondamentale1 dont je signalerai plus tard l'un des principaux indices prcurseurs dans la direction1 vraiment caractristique1 que prend1 cette poque1 la mmorable controverse entre les ralistes et les nominalistes4 ,ainsi1 le dbut du quatorzime sicle constitue certainement1 tous gards1 le vrai point de dpart gnral de la quadruple srie organique suivant laquelle nous devons apprcier ici le dveloppement lmentaire propre la civilisation moderne3 en tant du moins que d'exactes dterminations chronologiques peuvent tre suffisamment compatibles avec la nature essentielle des saines spculations sociologiques1 toujours relatives des phnomnes de filiation collective1 encore plus assujtis que ceux de la vie individuelle la continuit ncessaire d'une longue suite de modifications presque insensibles1 antipathique toute prcision numrique1 qui n'y saurait comporter d'office rationnel qu' titre d'un indispensable artifice logique destin prvenir1 autant que possible1 la divagation des penses et des discussions1 conformment aux principes tablis dans la quarante-huitime leon4 ,en considrant directement cette remarquable concidence historique entre le mouvement organique et le mouvement critique quant l'poque initiale qu'il convient dsormais de leur assigner rgulirement1 il est ais d'expliquer une telle conformit d'aprs la thorie du volume prcdent sur l'ensemble du moyen-ge4 ,il est d'abord vident1 vu la connexit fondamentale des deux mouvemens1 que l'essor spcial des nouveaux lmens sociaux ne pouvait se manifester d'une manire suffisamment distincte que quand la dcomposition spontane de l'ancien systme politique aurait commenc devenir irrcusable2 puisque jusque alors les forces propres la civilisation moderne restaient ncessairement contenues dans une trop grande subalternit1 malgr la protection1 constante mais ddaigneuse1 exerce leur gard par les divers pouvoirs prpondrans1 et qui ne pouvait acqurir une importance dcisive avant que ceux-ci1 dans leurs grandes luttes naturelles1 eussent l'envi provoqu l'introduction auxiliaire de ces puissances naissantes1 dont l'influence propre devait1 rciproquement1 tant dvelopper une telle dsorganisation4 ,en outre1 une apprciation plus directe et plus intime montrera facilement1 suivant les principes historiques du cinquante-quatrime chapitre1 que l'identit effective des points de dpart convenables aux deux sries rsulte naturellement de leur commune subordination aux mmes causes essentielles1 successivement envisages sous l'un et l'autre aspect4 ,car1 la leon prcdente a pleinement dmontr que1 d'aprs le caractre minemment transitoire inhrent la constitution catholique et fodale1 sa dcomposition spontane devait immdiatement succder l'poque de sa plus grande splendeur1 aussitt que1 par le suffisant accomplissement de leur indispensable office temporaire pour l'ensemble de l'volution humaine1 ses divers lmens gnraux auraient perdu1 comme je l'ai expliqu1 le but principal de leur activit normale1 en mme temps que le seul frein capable de contenir jusqu'alors leur antipathie rciproque4 ,or1 considres d'une autre manire1 ces mmes conditions fondamentales conduisent1 non moins ncessairement1 assigner une pareille poque initiale au mouvement naturel de recomposition partielle4 ,quand l'admirable systme de guerres dfensives propre au moyen-ge a t enfin assez ralis pour ter dsormais l'activit militaire toute grande destination permanente1 il est clair que l'nergie pratique a d spontanment se reporter de plus en plus sur le mouvement industriel dj naissant1 seul susceptible ds lors d'offrir habituellement au monde civilis un large et intressant exercice des facults communment prpondrantes4 ,pareillement1 dans l'ordre spirituel1 aprs le libre et plein dveloppement1 pendant les douzime et treizime sicles1 de tout l'ascendant politique que pouvait jamais obtenir la philosophie monothique1 l'essor thologique avait sans doute irrvocablement perdu la proprit d'inspirer un attrait suffisant aux puissantes intelligences1 auxquelles les diverses carrires scientifiques et esthtiques devaient dornavant prsenter1 d'une manire de plus en plus exclusive1 l'unique destination digne de leur pur dvouement continu4 tous gards1 en un mot1 les deux mouvemens co-existans1 organique et critique1 galement issus de l'tat social particulier au moyen-ge1 devaient ncessairement commencer la fois ds que ce rgime intermdiaire aurait convenablement rempli sa mission spciale dans la marche fondamentale de l'humanit3 ce qui achve d'carter1 de notre pralable dtermination chronologique1 toute apparence accidentelle ou empirique1 d'aprs l'exacte concordance des principes avec les faits4 ,un tel point de dpart gnral tant maintenant aussi incontestable pour cette srie positive qu'il l'tait dj pour la srie ngative du chapitre prcdent1 sauf les vrifications implicites que lui procurera naturellement la suite de notre analyse historique1 nous devons complter cet indispensable prambule en caractrisant1 son tour1 l'ordre rationnel qu'il convient d'tablir ici entre les quatre volutions simultanes dont se compose surtout le grand travail spontan de recomposition lmentaire propre la civilisation moderne pendant tout le cours des cinq derniers sicles4 ,il serait actuellement prmatur d'tablir systmatiquement la vraie coordination fondamentale des nouveaux lmens sociaux1 suivant l'ensemble effectif de leurs relations normales4 ,cette grande question de statique sociale1 dont le principe essentiel a t surtout indiqu dans les deux derniers chapitres du tome quatrime1 ne pourra tre convenablement approfondie que dans le ,trait spcial de philosophie politique dont j'ai dj eu tant d'occasions de signaler la destination ultrieure4 ,toutefois1 une telle apprciation deviendra invitablement1 au chapitre suivant1 le sujet naturel d'une premire bauche1 directe quoique sommaire1 afin d'y caractriser suffisamment la loi philosophique de la hirarchie finale de l'humanit4 ,mais1 ici1 sans la considrer autrement que sous l'aspect purement dynamique propre notre laboration historique1 nous devons seulement y rattacher d'avance l'enchanement gnral de nos principales volutions lmentaires1 en vertu du dogme fondamental1 expliqu au quarante-huitime chapitre1 sur la conformit ncessaire entre l'ordre des harmonies et l'ordre des successions1 dans toute tude vraiment rationnelle des phnomnes sociaux4 ,ces divers dveloppemens lmentaires de la civilisation moderne ont toujours rsult jusque ici d'autant de sries partielles d'efforts spontans et directs1 sans aucun sentiment usuel ni de leurs relations mutuelles ni de la rgnration finale vers laquelle tendait ncessairement leur commune convergence effective3 en sorte que cet essor empirique des diffrens modes fondamentaux de l'activit humaine a t constamment caractris par un instinct plus ou moins prononc d'aveugle spcialit exclusive1 comme la suite de ce chapitre le constatera clairement pour chacun des cas principaux4 ,mais1 quoique profondment mconnue1 l'intime connexit de ces diffrentes volutions simultanes n'en a pas moins exerc naturellement1 sur leur accomplissement continu1 son invitable influence secrte1 dont il s'agit maintenant d'indiquer le principe universel1 qui doit tre essentiellement conforme celui des relations statiques1 et d'aprs lequel se trouvera aussitt dtermin l'ordre historique que nous devrons ensuite maintenir entre ces apprciations distinctes4 ,or1 ce principe fondamental d'une telle subordination ncessaire se rduit rellement l'entire extension philosophique1 la fois intellectuelle et sociale1 de la loi hirarchique1 tablie ds le dbut de ce ,trait1 et depuis constamment applique dans tout le cours de l'ouvrage1 relativement la classification rationnelle des diverses sciences essentielles d'aprs la gnralit et la simplicit successivement croissantes ou dcroissantes de leurs phnomnes respectifs4 ,cette base universelle de coordination naturelle n'est point1 en elle-mme1 effectivement limite au seul enchanement des conceptions purement spculatives3 ncessairement applicable aussi tous les divers modes positifs de l'activit humaine1 non moins pratique que thorique1 individuelle ou collective1 elle aura finalement pour destination usuelle de dterminer1 par l'ensemble de ses dductions1 le caractre constant du classement social1 tant spontan que systmatique1 propre l'tat dfinitif de l'humanit2 comme je l'expliquerai directement au chapitre suivant par une sommaire exposition statique1 laquelle je ne fais ici qu'emprunter1 par une anticipation force1 une indication dynamique1 indispensable au cours actuel de notre laboration historique4 ,malgr la varit presque indfinie et l'extrme incohrence qui semblent d'abord rgner entre les divers lmens de la civilisation positive1 d'aprs l'esprit de spcialit et de division qui devait prsider jusqu'ici leur volution pralable1 nous devons donc concevoir le systme total des travaux humains dispos en une grande srie linaire1 comprenant depuis les moindres oprations matrielles jusqu'aux plus sublimes spculations esthtiques1 scientifiques1 ou philosophiques1 et dont la succession ascendante prsente un accroissement continu de gnralit et d'abstraction dans le point de vue normal correspondant chaque genre d'occupations habituelles1 tandis que la progression descendante y offre1 par suite1 l'arrangement inverse des diffrentes professions selon la complication graduelle de leur destination immdiate et l'utilit de plus en plus directe de leurs actes journaliers4 ,dans l'conomie normale d'un tel ensemble1 les premiers rangs de cette immense hirarchie sont caractriss par une participation plus minente et plus tendue1 mais moins complte1 plus dtourne1 moins certaine mme1 et qui en effet avorte souvent3 les rangs infrieurs1 au contraire1 par la plnitude1 la soudainet1 et l'vidence propres leurs irrcusables services1 compensent ordinairement ce que leur nature offre de plus subalterne et de plus restreint4 ,compares sous l'aspect individuel1 ces diverses classes doivent manifester spontanment une prpondrance de plus en plus prononce des nobles facults qui distinguent le mieux l'humanit2 puisque l'abstraction et la gnralit croissantes des penses habituelles1 ainsi que l'aptitude correspondante poursuivre plus loin leurs combinaisons rationnelles1 constituent assurment les principaux symptmes de la supriorit de l'homme sur tous les autres animaux3 pourvu du moins que l'volution effective de cette prminence intellectuelle ne soit pas finalement neutralise1 d'aprs une trop grande imperfection morale1 suivant une anomalie organique heureusement trs peu frquente4 ,a cette ingalit mentale1 correspondent naturellement1 sous l'aspect social1 une concentration plus complte et une solidarit plus intime1 mesure qu'on s'lve des travaux accessibles1 en vertu de leur difficult plus grande1 de moins nombreux cooprateurs1 en mme temps que leur convenable accomplissement n'exige1 en effet1 qu'une moindre multiplicit d'organes1 suivant la porte plus tendue de leur activit respective3 d'o doit rsulter1 d'ordinaire1 raison de relations plus frquentes1 un dveloppement plus vaste1 quoique moins intense1 de la sociabilit universelle1 qui1 au contraire1 dans la hirarchie descendante1 tend de plus en plus se rduire presque la seule vie domestique1 alors1 il est vrai1 plus prcieuse et mieux gote4 ,quoique cette hirarchie positive soit1 de sa nature1 essentiellement unique1 et prsente1 entre ses innombrables lmens1 une succession pour ainsi dire continue1 donnant lieu des transitions presque insensibles1 son unit ncessaire ne l'empche point de comporter1 et mme d'exiger1 des divisions rationnelles1 fondes sur le groupement rgulier des divers modes d'activit d'aprs l'ensemble de leurs affinits relles1 la manire de la hirarchie animale1 dont une telle classification1 considre du point de vue le plus philosophique1 ne constitue1 au fond1 qu'une sorte de prolongement spcial1 comme je l'expliquerai au chapitre suivant4 ,la premire et la plus importante de ces dcompositions successives1 rsulte de cette distinction fondamentale entre la vie active et la vie spculative1 que1 sous les noms consacrs d'ordre temporel et d'ordre spirituel1 nous avons1 jusqu' prsent1 tant applique l'tat prliminaire de l'humanit1 envisag surtout dans sa dernire phase1 et que nous reconnatrons bientt devoir appartenir encore davantage l'tat dfinitif2 ce qui nous dispense d'insister expressment ici sur un principe aussi vident1 dj devenu spontanment familier tout lecteur attentif des deux volumes prcdens4 ,dans son emploi essentiel1 il serait habituellement inutile d'avoir gard aucune subdivision1 si ce n'est quelquefois la plus gnrale1 et seulement mme d'une manire accessoire1 en ce qui concerne le premier de ces deux systmes partiels1 qui sera toujours collectivement dsign1 comme je n'ai cess de le faire ds l'origine de cet ouvrage1 d'aprs l'indispensable dnomination maintenant affecte1 par tous les esprits philosophiques1 exprimer directement l'ensemble de l'action de l'homme sur la nature1 depuis qu'un tel ensemble commence tre envisag d'une manire un peu rationnelle4 ,mais il est1 au contraire1 strictement ncessaire de dcomposer constamment le systme purement spculatif en deux autres radicalement distincts1 malgr leurs attributs communs et leur uniforme destination finale1 selon que la spculation y prend le caractre esthtique ou le caractre scientifique3 sans qu'il faille assurment insister davantage ici1 soit pour expliquer aujourd'hui une telle division1 soit mme pour en faire immdiatement apprcier l'extrme importance1 la fois mentale et sociale1 qui ressortira d'ailleurs spontanment de notre laboration ultrieure4 ,par la combinaison rationnelle de ces deux dcompositions successives1 on aboutit donc habituellement au partage systmatique de l'ensemble de la hirarchie positive propre la civilisation moderne en trois ordres fondamentaux3 l'ordre industriel ou pratique1 l'ordre esthtique ou potique1 et l'ordre scientifique ou philosophique1 ainsi disposs dans le sens normal de la srie ascendante1 d'une manire essentiellement conforme leurs principales relations caractristiques4 galement indispensables dans leurs destinations respectives1 et d'ailleurs pareillement spontans1 ces trois grands lmens directs du rgime final de l'humanit reprsentent la fois des besoins aussi universels quoique trs ingalement prononcs1 et des aptitudes uniformment communes malgr leur diverse intensit4 ,ils correspondent aux trois aspects gnraux sous lesquels l'homme peut envisager positivement chaque sujet quelconque1 successivement considr comme bon1 quant l'utilit relle que notre sage intervention peut en retirer pour la meilleure satisfaction de nos besoins privs ou publics1 ensuite comme beau1 relativement aux sentimens de perfection idale que sa contemplation peut nous suggrer1 et enfin comme vrai1 eu gard ses relations effectives avec l'ensemble des phnomnes apprciables1 abstraction faite alors de toute application quelconque aux intrts ou aux motions de l'homme4 ,c'est selon cet ordre ascendant que s'tablit communment leur succession effective chez les natures vulgaires1 o la vie mentale est presque efface sous l'exorbitante prpondrance de la vie affective1 sauf quelques rares et courts lans des tendances spculatives qui caractrisent toujours notre espce3 l'ordre descendant est videmment1 au contraire1 le plus rationnel1 et celui qui tend constamment prvaloir1 mesure que l'intelligence acquiert graduellement plus d'empire dans l'volution humaine1 individuelle ou sociale4 ,d'aprs la thorie fondamentale tablie1 au dernier chapitre du tome troisime1 sur la vraie constitution gnrale de l'organisme crbral1 on voit mme qu'une telle hirarchie se rattache directement un immuable principe anatomique1 d'aprs la diversit ncessaire des siges organiques respectivement propres aux facults que chacun de ces trois genres essentiels d'activit doit spcialement exiger4 ,quoique les trois rgions principales du cerveau1 la postrieure1 la moyenne1 et l'antrieure1 agissent sans doute synergiquement dans toute opration humaine de quelque importance1 industrielle1 esthtique1 ou scientifique1 on peut nanmoins regarder aujourd'hui comme vraiment dmontr1 d'aprs la lumineuse laboration biologique due au gnie de ,gall1 sauf toute vaine localisation partielle1 que l'homme vulgaire est surtout pouss la poursuite habituelle de l'immdiate utilit pratique par la prpondrance de l'ensemble des nergiques penchants relatifs la premire rgion2 que l'activit spciale des sentimens propres la seconde rgion dispose directement d'heureux naturels la conception instinctive d'une perfection idale1 et que1 enfin1 sous l'impulsion suffisante des facults caractristiques de la troisime rgion1 se manifeste la prdilection spontane de quelques organisations suprieures pour la recherche persvrante de la pure vrit abstraite4 quelques gards que l'on compare ces trois sortes de tendances1 j'ose assurer qu'une judicieuse apprciation confirmera finalement la ralit ncessaire des divers motifs hirarchiques prcdemment indiqus1 envers le principe gnral de la classification positive1 soit en ce qui concerne la gnralit et l'abstraction des diverses penses habituelles1 ou l'efficacit plus indirecte et plus lointaine1 en mme temps que plus tendue1 des travaux respectifs1 ou enfin leur concentration correspondante chez des classes moins nombreuses3 de manire retrouver toujours l'lment esthtique comme essentiellement intermdiaire entre l'lment industriel et l'lment scientifique1 participant la fois de leur double nature1 nonobstant d'ailleurs les videntes relations directes entre ces deux ordres extrmes4 ,telle est la srie fondamentale qui doit1 mes yeux1 constituer dsormais l'immuable base rationnelle de toute saine analyse statique1 et par suite aussi dynamique1 propre la civilisation moderne4 ,pour l'usage purement historique auquel nous destinons1 dans la leon actuelle1 cette classification gnrale1 il est indispensable d'y ajouter ici une dernire subdivision principale1 dont le caractre essentiel1 beaucoup moins normal que celui de la double dcomposition prcdente1 ne comporte rellement qu'une simple application provisoire1 convenable surtout l'volution prliminaire accomplie depuis le ,x,i,ve sicle1 et qui devra cesser aussitt que le grand mouvement de rgnration universelle aura enfin directement commenc devenir vraiment systmatique4 ,on a pu remarquer ci-dessus que1 envers le plus abstrait et le plus indirect des nouveaux lmens sociaux1 j'ai employ indiffremment les qualifications de scientifique ou philosophique1 qui1 mon gr1 sont1 par leur nature1 radicalement quivalentes1 et dont la diversit passagre1 encore trop relle aujourd'hui1 tend certainement disparatre1 mesure que la science devient plus philosophique et la philosophie plus scientifique3 ce qui1 dans un invitable et prochain avenir1 rduira vritablement l'ensemble fondamental de la hirarchie sociale la triple srie dont je viens d'esquisser le principe4 ,mais cette heureuse tendance n'tant point jusque ici suffisamment prpondrante1 notre analyse historique de la dernire prparation sociale chez l'lite de l'humanit n'aurait point tout le degr ncessaire d'exactitude1 de clart et de prcision1 si nous n'y distinguions pas1 conformment la nature d'un tel pass1 entre l'ordre simplement scientifique et l'ordre philosophique proprement dit1 en classant provisoirement celui-ci1 en vertu de sa gnralit suprieure et de sa prminence mentale et sociale1 comme un quatrime et dernier lment essentiel de notre hirarchie ascendante2 quoique l'irrationnalit intrinsque d'une telle subdivision passagre exige de grandes prcautions logiques pour ne pas altrer gravement1 dans l'application habituelle1 la puret et l'efficacit de la progression totale4 ,cette fcheuse obligation transitoire rsulte directement1 d'une part1 de l'esprit de spcialit plus ou moins exclusive qui devait1 jusqu' notre sicle1 invitablement prsider au dveloppement des sciences relles1 et qu'une aveugle routine prolonge si abusivement aujourd'hui1 comme je l'expliquerai en son lieu2 d'une autre part1 elle tient aussi au caractre vague et quivoque conserv1 malgr ses modifications successives1 par une philosophie1 encore essentiellement mtaphysique1 que son dfaut actuel de positivit ne permettrait pas mme d'incorporer effectivement parmi les nouveaux lmens sociaux1 si cette imperfection radicale n'tait point videmment parvenue de nos jours la dernire phase qui devait prcder1 cet gard1 une entire rnovation finale4 ,en un mot1 notre poque continue1 sous ce rapport capital1 subir l'empire expirant de cette clbre division qui1 suivant les explications directes du cinquante-troisime chapitre1 fut institue1 vingt sicles auparavant1 par les coles grecques1 entre la philosophie naturelle1 surtout relative au monde inorganique1 et la philosophie morale1 immdiatement applique l'homme et la socit3 division qui1 malgr sa profonde irrationnalit abstraite1 constitue1 comme je l'ai tabli1 un expdient fondamental longtemps indispensable l'volution intellectuelle de l'humanit1 et dont notre sicle n'est sans doute destin dterminer l'extinction totale qu'autant que la science1 enfin complte et systmatise1 devra s'y confondre graduellement avec une philosophie mane de son propre sein1 ainsi que la suite de ce volume le rendra1 j'espre1 incontestable4 ,cette sparation provisoire a d tre minemment prononce pendant tout le cours des cinq derniers sicles1 en vertu de l'essor correspondant de la philosophie naturelle proprement dite1 et des transformations conscutives de la philosophie morale4 ,tel est donc le motif insurmontable qui1 pour l'analyse historique de cette phase prparatoire de la civilisation moderne1 nous oblige finalement concevoir ici la hirarchie positive comme si elle tait rellement compose de quatre lmens essentiels1 industriel1 esthtique1 scientifique1 et philosophique1 au lieu des trois tablis ci-dessus4 ,mais1 en subissant convenablement une pareille condition1 il ne faudrait jamais oublier que1 sous peine de conduire de fausses apprciations statiques1 et mme dynamiques1 l'usage limit de cette altration provisoire doit tre constamment rgl suivant l'esprit des explications prcdentes1 par un sentiment trs dlicat de sa vraie destination sociologique1 laquelle1 malgr mes scrupuleux efforts1 je crains peut-tre de n'avoir pas toujours t suffisamment fidle4 ,l'ordre statique fondamental ainsi sommairement tabli entre les nouveaux lmens sociaux dtermine aussitt la loi la plus gnrale de leur dveloppement commun1 en fixant immdiatement1 par une concidence ncessaire1 l'ordre dynamique de ces quatre volutions partielles1 dont l'invitable simultanit permanente ne pouvait neutraliser l'ingale rapidit naturelle4 ,chacun peut aisment reconnatre1 en effet1 en reproduisant dynamiquement les considrations ci-dessus indiques statiquement1 que les mmes motifs qui rglent l'harmonie normale s'appliquent1 d'une manire aussi directe et aussi nergique1 la succession spontane1 toujours accomplie historiquement suivant la hirarchie1 soit ascendante1 soit descendante1 que nous venons de dfinir4 ,une apprciation plus spciale conduit ensuite constater que1 dans l'volution prparatoire dont nous instituons l'tude rationnelle1 la filiation a d tre jusque ici essentiellement ascendante2 la progression inverse1 qui commence devenir prpondrante1 n'ayant pu encore exercer qu'une influence secondaire1 quoique galement ncessaire1 ultrieurement analyse4 ,d'aprs la seule dfinition d'une telle hirarchie sociale1 dsormais envisage dynamiquement1 il est sans doute vident que l'essor de chacun des lmens principaux tend provoquer spontanment celui des divers autres1 soit que l'impulsion se propage du plus gnral au moins gnral1 ou bien en sens contraire4 ,il est heureusement inutile aujourd'hui de s'arrter ici faire expressment ressortir l'influence rciproque1 de direction et d'excitation1 qui se dveloppe continuellement sous nos yeux entre l'volution scientifique et l'volution industrielle3 la suite de notre laboration historique en caractrisera d'ailleurs naturellement les grandes consquences sociales4 ,mais l'intime connexit de l'volution esthtique avec chacune des deux volutions extrmes est jusqu' prsent apprcie d'une manire beaucoup moins convenable1 sans toutefois qu'elle soit1 au fond1 plus douteuse1 du point de vue pleinement philosophique propre ce ,trait4 ,car1 la thorie positive de la nature humaine montre clairement que1 dans l'ensemble de notre ducation normale1 individuelle ou sociale1 l'essor esthtique doit graduellement succder l'essor pratique ou industriel1 et prparer ensuite l'essor scientifique ou philosophique2 comme j'aurai lieu d'ailleurs de l'expliquer directement ci-dessous4 ,quand1 au contraire1 la progression commune s'accomplit en sens inverse1 suivant une marche exceptionnelle ci-aprs caractrise1 on comprend aussi1 quoique moins spontanment1 soit la tendance de l'activit scientifique provoquer1 titre d'indispensable diversion mentale1 une certaine activit esthtique1 soit surtout l'heureuse raction exerce par l'essor esthtique sur le perfectionnement industriel4 ,ainsi1 la ralit dynamique de notre hirarchie fondamentale est1 en principe gnral1 aussi incontestable1 tous gards1 que sa primitive ralit statique4 ,l'unique hsitation qui puisse d'abord entraver ici son usage historique1 rsulte d'une premire incertitude invitable sur le sens effectif1 ascendant ou descendant1 de l'ordre principal des quatre volutions partielles1 lorsqu'on nglige la distinction pralable1 dj employe ci-dessus quant l'poque initiale1 entre l'bauche primordiale de chaque dveloppement et son incorporation directe au systme propre de la civilisation moderne4 ,mais1 en ayant convenablement gard cette indispensable diffrence1 il ne peut1 ce me semble1 rester maintenant aucune incertitude sur le sens1 essentiellement ascendant1 d'une telle srie historique1 pendant le cours total des cinq sicles couls depuis que cette civilisation a commenc manifester le caractre vraiment distinct des nouveaux lmens sociaux4 ,car1 il est assurment incontestable que l'essor industriel des socits modernes devait constituer leur premier contraste gnral1 et encore mme aujourd'hui le plus dcisif1 envers celles de l'antiquit4 ,quelle que soit videmment l'extrme importance sociale de l'volution esthtique et de l'volution scientifique1 outre qu'elles ont d tre1 chez les modernes1 constamment postrieures l'volution industrielle1 on ne peut douter qu'elles ne caractrisent jusque ici notre civilisation beaucoup moins profondment que celle-ci1 directement relative un lment tranger l'ancienne conomie sociale1 et en mme temps le plus populaire de tous2 tandis que les deux autres dveloppemens1 sans tre1 beaucoup prs1 aussi profondment incorpors au rgime antique qu'ils le sont l'tat moderne1 y avaient t nanmoins pousss un degr fort remarquable4 ,c'est1 tous gards1 la prdominance graduelle de la vie industrielle sur la vie militaire1 par suite de l'entire abolition de l'esclavage primitif des classes laborieuses1 qui distingue le mieux l'ensemble des populations composant aujourd'hui l'lite de l'humanit2 c'est aussi la premire source gnrale de tous leurs autres attributs essentiels1 et le principal moteur universel du mode d'ducation sociale qui leur est propre4 ,l'veil mental que cette activit pratique y a provoqu et maintenu1 un certain degr1 par une influence invitable et continue1 jusque chez les classes les plus infrieures1 ainsi que l'aisance relative ds lors uniformment rpandue1 y ont ensuite naturellement amen un dveloppement esthtique plus dsintress1 dont l'active propagation n'avait jamais pu tre aussi tendue sous aucun des trois modes essentiels que nous avons distingus1 au cinquante-troisime chapitre1 dans le rgime polythique de l'antiquit4 ,d'un point de vue secondaire1 mais plus spcial1 on voit d'ailleurs que le perfectionnement graduel de l'essor industriel l'lve spontanment1 par une suite de transitions presque insensibles1 jusqu' l'essor purement esthtique1 surtout en ce qui concerne les arts gomtriques4 ,quant l'influence ncessaire de cette mme volution industrielle pour imprimer ensuite l'esprit scientifique des modernes cette positivit fondamentale qui le caractrise1 et qui a ultrieurement transform aussi l'esprit philosophique proprement dit1 elle est certes tellement vidente1 en principe1 que nous n'avons aucun besoin de nous y arrter ici1 jusqu' ce que le cours naturel de notre laboration historique nous conduise en apprcier directement les consquences gnrales4 ,on ne saurait donc mconnatre la direction radicalement ascendante de l'volution1 essentiellement empirique1 propre au premier essor fondamental des nouveaux lmens sociaux1 dont la hirarchie normale ne pourra se dvelopper librement suivant la marche descendante1 seule pleinement rationnelle1 qu'aprs le suffisant accomplissement d'une systmatisation directe1 jusque ici peine entrevue1 et qui suppose l'ascendant final de la philosophie positive chez tous les esprits actifs4 ,il ne peut1 cet gard1 rester quelque embarras historique que relativement l'ordre respectif des deux volutions esthtique et scientifique1 qui toutes deux constamment postrieures l'volution industrielle1 semblent n'avoir pas observ entre elles une loi de succession aussi fixe1 quoique d'ailleurs1 dans la plupart des cas1 la premire ait t1 conformment cette rgle gnrale1 videmment antrieure3 l'exemple capital de l',allemagne donne surtout de la gravit une telle objection1 puisque l'essor scientifique parat y avoir1 au contraire1 notablement prcd le principal essor esthtique1 par un concours de causes exceptionnelles qui mriterait une saine analyse spciale1 du reste incompatible avec la nature abstraite de notre laboration sociologique4 ,mais1 pour dissiper ici convenablement l'incertitude qu'une semblable anomalie pourrait jeter sur l'ordre dynamique que nous venons d'tablir1 il suffit de considrer l'irrcusable ncessit philosophique d'apprcier simultanment l'essor direct de la civilisation moderne1 non chez une seule nation1 mme trs tendue1 mais chez tous les peuples qui ont rellement particip au mouvement fondamental de l',europe occidentale2 c'est--dire 7afin d'en faire1 une fois pour toutes1 l'indispensable numration71 l',italie1 la ,france1 l',angleterre1 l',allemagne1 et l',espagne#f4 ,ces cinq grandes nations1 dont ,charlemagne a si dignement achev de constituer l'imposante synergie1 peuvent tre regardes1 ds le milieu du moyen-ge1 comme constituant1 beaucoup d'gards essentiels1 malgr d'immenses diversits1 un peuple vraiment unique1 intgralement soumis alors au rgime catholique et fodal1 et depuis gnralement assujti toutes les transformations successives1 soit critiques1 soit surtout organiques1 que la destine ultrieure d'un tel rgime devait graduellement dterminer chez cette avant-garde de notre espce4 ,par une semblable considration1 d'ailleurs si importante1 en gnral1 pour circonscrire convenablement la vritable extension du thtre permanent de la phase sociale que nous apprcions1 on rsout aussitt la difficult prcdente1 en faisant clairement ressortir que1 dans ce mode rationnel d'observation historique1 l'essor scientifique se prsente1 suivant l'ordre naturel ci-dessus tabli1 comme certainement postrieur l'essor esthtique4 ,rien n'est surtout plus vident quant l',italie1 dont la civilisation a1 sous tous les rapports essentiels1 tant prcd et si longtemps guid celle de tout le reste de la grande rpublique occidentale1 et o l'on voit si nettement l'essor esthtique succder peu peu l'essor industriel1 et prparer ensuite graduellement l'essor scientifique ou philosophique1 d'aprs l'heureuse proprit qui le caractrise d'exciter spontanment l'veil spculatif jusque chez les plus vulgaires intelligences4 ,note #f3 ,comme tout le reste de notre laboration historique devra naturellement contenir de frquentes allusions1 soit explicites1 soit plus souvent implicites1 une telle circonscription territoriale1 il convient ici d'avertir directement1 pour prvenir toute interprtation quivoque ou incomplte1 que1 afin de ne pas trop multiplier le nombre de ces lmens europens1 je suppose toujours essentiellement annex chacun d'eux l'ensemble de ses appendices naturels4 ,ainsi1 dans cette dfinition historique de l',angleterre1 j'y comprends1 non-seulement l'cosse1 et mme d',irlande1 suivant un usage dj familier1 mais aussi1 beaucoup d'gards1 l',union amricaine elle-mme1 dont la civilisation1 essentiellement dpourvue d'originalit1 ne fut surtout1 jusqu' notre sicle1 qu'une simple expansion directe de la civilisation anglaise1 modifie par des circonstances locales et sociales4 ,par des motifs quivalens d'affinit politique1 je joins pareillement1 d'ordinaire1 l',allemagne proprement dite1 d'une part la ,hollande1 et mme la ,flandre1 d'une autre part les les danoises et mme la pninsule scandinave1 ainsi que la ,pologne1 extrmes limites borale et orientale de notre synergie europenne4 ,enfin1 il serait superflu de prvenir que1 sous la seule dnomination d',espagne1 on doit entendre habituellement ici l'ensemble de la presqu'le ibrique4 ,des subdivisions plus dtailles seraient contraires la nature essentiellement abstraite de notre opration sociologique1 o une telle numration ne saurait avoir d'autre destination principale que de prvenir le vague et la confusion des ides relatives la vrification effective de ma thorie fondamentale de l'volution humaine4 ,si1 au lieu d'envisager le dveloppement direct des modernes lmens sociaux1 qui1 je ne saurais trop le rappeler1 constitue le seul objet de notre apprciation actuelle1 on voulait tudier1 dans l'ensemble du pass humain1 la premire origine successive de leurs volutions respectives1 on trouverait1 au contraire1 une marche ncessairement inverse2 puisque la civilisation ancienne1 toujours issue1 comme je l'ai montr au cinquante-troisime chapitre1 d'un tat essentiellement thocratique1 avait d'abord procd du principe le plus gnral qui ft alors applicable aux relations humaines1 pour descendre graduellement aux applications particulires1 tandis que la civilisation moderne a d commencer par les moindres rapports pratiques4 ,c'est ainsi que le gnie purement philosophique a t1 chez les anciens1 le premier dvelopp1 sous la forme ncessairement thologique seule possible un tel ge2 ensuite le gnie scientifique1 avec un caractre analogue1 aprs sa sparation du tronc commun de la thocratie2 et enfin le gnie esthtique1 longtemps simple auxiliaire de l'action thocratique2 le gnie industriel y tant d'ailleurs1 par les conditions fondamentales de toute l'conomie antique1 constamment touff sous l'esclavage systmatique des travailleurs1 afin de laisser l'activit pratique la direction guerrire qu'elle devait primitivement manifester4 ,une marche semblable1 du gnral au particulier1 ou de l'abstrait au concret1 n'a surgi jusqu' prsent1 dans l'essor propre de la civilisation moderne1 que d'une manire secondaire1 qui ne pourra devenir principale1 avec une rationnalit bien suprieure celle de la marche antique1 que d'aprs la systmatisation totale qui tend aujourd'hui rsulter de l'ensemble de cette volution prparatoire4 ,mais la considration permanente d'une telle marche n'en est pas moins1 quoique purement accessoire1 indispensable signaler dj1 mme envers un tel pass1 parce que son influence1 pareillement spontane1 a essentiellement domin1 comme je l'expliquerai bientt1 le dveloppement intrieur de chacun des grands lmens sociaux1 dcompos dans les diverses activits partielles dont il reprsente l'agglomration naturelle3 en sorte que l'ordre ascendant et l'ordre descendant de la hirarchie positive ont1 en rsum1 pareillement concouru1 d'une manire dtermine1 rgler l'volution organique des cinq derniers sicles1 l'un pour la progression gnrale1 et l'autre pour chacune des trois progressions spciales1 o le sentiment systmatique plus restreint avait pu devenir suffisamment usuel4 ,un tel mode d'volution reprsenterait la marche naturelle d'une socit idale1 dont l'enfance serait suppose convenablement prserve de la thologie et de la guerre3 il tend aujourd'hui se reproduire communment1 dans un cas plus rel quoique plus restreint1 pour l'ensemble de l'ducation individuelle1 en tant du moins que spontane1 o l'activit esthtique succde graduellement l'activit industrielle1 et prpare progressivement l'activit scientifique ou philosophique4 ,aprs ce double prambule indispensable1 o l'poque initiale et ensuite l'ordre de succession de notre srie positive ont t enfin convenablement apprcis1 procdons directement l'examen gnral de chacune des quatre volutions essentielles1 en commenant1 suivant l'explication prcdente1 par l'volution industrielle1 principale base ncessaire du grand mouvement de recomposition lmentaire qui a jusque ici caractris la socit moderne4 ,il faut d'abord expliquer comment ce nouvel lment social1 essentiellement tranger l'antiquit1 a naturellement surgi1 en temps opportun1 de ce mmorable tat transitoire domin par l'organisme catholique et fodal1 qu'une tude impartiale et approfondie reprsente1 tous gards1 non moins dans la progression organique que dans la progression critique1 comme la vraie source gnrale de notre civilisation occidentale4 ,cette heureuse transformation1 la plus fondamentale que l'humanit ait encore prouve1 et qui1 chez l'ensemble des populations rparties sur le vaste thtre du moyen-ge1 a remplac enfin1 suivant une marche graduelle mais irrvocable1 la vie guerrire par la vie industrielle1 a t jusque ici assez sainement juge quant ses rsultats essentiels1 quoique d'une manire troite et insuffisante2 tandis que1 au contraire1 son accomplissement ncessaire n'a gure donn lieu qu' des thories radicalement vicieuses1 o l'on attribue presque toujours une irrationnelle importance des causes purement accessoires1 hors de toute juste proportion avec l'immensit d'un tel phnomne1 faute d'en avoir directement saisi le vritable principe universel4 ,les plus sages tentatives appartiennent incontestablement1 cet gard1 ces illustres crivains qui1 au sicle dernier1 ont si dignement immortalis la noble cole cossaise3 et cependant aucun d'entre eux1 sans mme excepter le loyal et judicieux ,robertson1 n'a pu s'affranchir assez des aveugles prjugs alors inspirs par la philosophie ngative1 soit protestante1 soit diste1 pour s'lever au degr d'impartialit historique susceptible de faire sentir1 au moins empiriquement1 d'aussi bons esprits1 l'impulsion prpondrante1 directement mane1 cette fin1 de l'ensemble du rgime propre au moyen-ge4 ,en appliquant ici1 sous ce rapport1 les principes tablis d'avance1 dans l'avant-dernier chapitre du volume prcdent1 sur la tendance ncessaire1 la fois temporelle et spirituelle1 d'une telle organisation vers l'affranchissement et l'lvation des classes laborieuses1 il faut d'abord rappeler que1 d'ordinaire1 on est loin d'apprcier convenablement la haute importance de la transition primordiale ainsi partout ralise par la substitution du servage proprement dit l'esclavage antique3 modification o les juges les plus prvenus ne sauraient assurment mconnatre ni l'influence normale du catholicisme1 imposant1 avec une nergique autorit permanente1 d'universelles obligations morales1 ni la conversion spontane du systme conqurant en systme dfensif1 qui caractrise l'tat fodal4 ,ce grand changement doit tre envisag1 ce me semble1 comme constituant1 ds l'origine du moyen-ge1 un certain degr primitif d'incorporation directe de la population agricole la socit gnrale1 o jusque alors elle n'avait presque figur qu' la manire des animaux domestiques3 puisque le cultivateur1 ainsi fix dsormais la terre1 en un temps o les possessions territoriales tendaient vers une profonde stabilit1 a d commencer aussitt1 quelque chtive et prcaire que ft son existence naissante1 acqurir de vritables droits sociaux1 ne ft-ce que le plus lmentaire de tous1 celui de former une famille proprement dite2 ce qui1 auparavant impossible1 est alors naturellement rsult1 d'ordinaire1 de cette nouvelle situation1 sous l'opinitre impulsion catholique4 ,une telle amlioration1 base ncessaire de toutes les phases ultrieures d'mancipation civile1 me parat conduire1 contre une opinion presque unanime aujourd'hui1 placer dans les campagnes le sige initial de l'affranchissement populaire1 du moins quand on veut analyser ce grand phnomne social jusque dans ses premiers lmens historiques3 il se rattache par-l1 d'une manire directe et spontane1 soit la prdilection instinctive des chefs fodaux pour la vie agricole1 d'aprs leur passion caractristique d'indpendance habituelle1 soit aussi au noble spectacle permanent si frquemment offert par tant d'ordres monastiques1 surtout au dbut du moyen-ge1 en consacrant les mains les plus vnres des travaux toujours avilis prcdemment#g4 ,aussi la condition rurale semble-t-elle avoir t primitivement moins malheureuse que celle de la plupart des villes1 sauf quelques grands centres1 alors trs rares1 mais dont la considration est fort importante1 comme point d'appui naturel des principaux efforts ultrieurs4 ,on ne peut douter que l'ensemble du rgime propre au moyen-ge ne tendt d'abord puissamment l'uniforme dissmination de la population1 mme dans les plus dfavorables localits1 par une influence intrieure analogue l'action si prononce qu'il exerait au dehors1 en interdisant les invasions rgulires1 pour tablir des populations sdentaires dans les plus striles contres de l',europe4 ,il est incontestable1 en effet1 que les systmes de grands travaux publics destins1 sur tant de points1 amliorer un sjour1 dont les inconvniens naturels cessaient ainsi graduellement de pouvoir tre luds l'aide d'une hostile migration1 remontent essentiellement jusqu' ces temps1 si irrationnellement ddaigns1 o la miraculeuse existence de ,venise1 et surtout de la ,hollande1 ont commenc devenir possibles1 en vertu d'opinitres efforts sagement organiss1 auprs desquels les plus fastueuses oprations antiques doivent assurment paratre fort secondaires4 ,note #g3 ,un estimable historien de l',italie 7,denina7 a judicieusement rattach cette double influence gnrale le mmorable mouvement spontan1 si mal apprci d'ordinaire1 qui1 pendant les sixime et septime sicles1 tendit rparer nergiquement1 surtout en ,italie1 l'action dsastreuse que les meilleurs temps du rgime romain avaient d exercer sur l'agriculture et sur la population1 par suite de la concentration d'immenses domaines chez d'indolens propritaires1 habituellement concentrs au loin1 et dont la sollicitude accidentelle1 aussi nuisible que leur incurie journalire1 n'aboutissait presque jamais qu' y oprer1 grands frais1 de striles embellissemens4 ,l'influence initiale du rgime catholique et fodal a donc partout tabli1 au moins autant dans les campagnes que dans les villes1 ce premier degr lmentaire d'mancipation populaire1 qui1 impropre1 par sa nature1 constituer une condition vraiment stable1 ne pouvait videmment que prcder et prparer universellement une irrvocable abolition de tout esclavage personnel4 ,dans l'tude trs imparfaite de cette intressante progression1 on a presque toujours confondu cet affranchissement individuel avec la formation collective des communes industrielles1 ncessairement plus ou moins postrieure1 et sur laquelle l'attention s'est trop exclusivement fixe2 en sorte que la phase intermdiaire qui a aussitt suivi l'entire institution du servage constitue encore la portion la plus obscure et la plus mal conue de toute l'histoire du moyen-ge4 ,c'est alors cependant que1 suivant une marche ncessaire1 que notre thorie sociologique a dj distinctement caractrise en principe1 s'est opre graduellement1 dans tout l'occident europen1 une seconde transformation lmentaire1 qui1 par l'ensemble de ses consquences ncessaires1 marque directement la diffrence la plus dcisive entre la sociabilit moderne et celle de l'antiquit4 ,on peut regarder1 en effet1 cette deuxime priode1 compose d'environ trois sicles1 depuis le dbut du huitime sicle jusque vers celui du onzime1 comme l'poque d'une dernire prparation indispensable cette vie industrielle dont le dveloppement universel devait suivre immdiatement l'uniforme abolition de la servitude populaire4 ,car1 suivant les explications fondamentales du volume prcdent1 l'institution primordiale de l'esclavage permanent des travailleurs avait eu1 par sa nature1 un double but ncessaire3 en permettant1 d'une part1 l'activit militaire un essor suffisant pour accomplir convenablement sa grande destination prliminaire dans l'ensemble de l'volution sociale1 comme je l'ai pleinement dmontr2 et en organisant1 d'une autre part1 le seul moyen gnral d'ducation qui1 par une invincible prpondrance1 pt primitivement surmonter1 chez la masse des hommes1 l'antipathie radicale que leur inspire d'abord l'habitude continue d'un travail rgulier4 ,or1 il faut maintenant reconnatre1 ce sujet1 que le systme de servitude qui convenait le mieux sous le premier aspect ne pouvait pas tre aussi le plus efficace sous le second2 en sorte que1 malgr l'vidente simultanit de ces deux ordres d'effets spontans1 ces deux oprations pralables1 galement indispensables au dveloppement humain1 ne pouvaient tre pleinement ralises que l'une aprs l'autre4 ,la premire avait t dignement accomplie sous le rgime romain1 d'aprs le mode de servitude arbitraire et indfinie qui devait le moins troubler le libre essor extrieur de la classe guerrire1 peu compatible1 au contraire1 avec la sollicitude continue qu'et exig chez elle le servage proprement dit3 tandis que1 d'une autre part1 l'esclavage antique tait certainement beaucoup trop loign de la vraie situation industrielle pour y pouvoir conduire sans une longue transition spciale1 malgr les nombreux affranchissemens privs1 si multiplis surtout depuis l'abaissement de l'aristocratie snatoriale1 et qui ne pouvaient produire aucune mancipation dcisive1 au milieu d'une continuelle affluence trangre de nouveaux esclaves4 ,quand ensuite1 avec l'tat fodal1 le systme militaire1 enfin devenu essentiellement dfensif1 a fait gnralement prvaloir le nouveau genre d'assujettissement personnel1 correspondant l'habituelle dispersion des chefs parmi les populations soumises1 l'initiation directe des infrieurs la vie purement industrielle a ds lors commenc recevoir spontanment une organisation rgulire1 auparavant impossible1 en offrant chaque serf un point de dpart nettement dtermin1 d'o1 suivant une marche uniforme1 trs lente mais lgitime1 il pouvait toujours esprer de s'lever peu peu une vritable indpendance individuelle1 dont le principe tait d'ailleurs1 ds l'origine du moyen-ge1 partout implicitement consacr par la morale catholique4 ,on conoit1 au reste1 que les conditions de rachat1 le plus souvent trs modres1 communment imposes une telle libration1 outre la juste et utile indemnit qu'elles tendaient rgulariser1 constituaient surtout1 en ralit1 comme l'ont dj entrevu quelques philosophes1 une garantie usuelle de la pleine efficacit d'un semblable progrs1 en constatant que l'affranchi avait suffisamment contract les habitudes lmentaires de modration et de prvoyance qui permettaient de livrer dsormais sa seule responsabilit la direction journalire de sa propre conduite1 sans aucun danger permanent1 ni pour lui-mme1 ni pour la socit3 prparation videmment indispensable la destination finale d'une semblable transition1 et laquelle cependant on peut assurer que l'esclave ancien tait ordinairement impropre1 tandis que le serf du moyen-ge y tait spontanment dispos de plus en plus1 soit dans les campagnes1 soit encore mieux dans les villes1 par l'ensemble de l'tat social correspondant4 ,telle est1 en gnral1 l'influence temporelle propre la seconde poque de ce rgime sur l'accomplissement graduel1 et presque continu1 de cette dernire phase prliminaire1 destine prcder immdiatement l'entire mancipation personnelle4 ,quant son influence spirituelle1 elle y est assurment trop vidente pour exiger ici aucune explication spciale4 ,ds l'origine du servage1 en faisant pleinement participer tous les infrieurs la mme religion que les suprieurs quelconques1 et1 par consquent1 au degr commun d'ducation fondamentale1 au moins morale1 qui en rsultait ncessairement1 il est clair que non-seulement le catholicisme avait partout tabli une sanction permanente pour les droits lmentaires des serfs1 et impos envers eux des obligations rgulires2 mais aussi qu'il avait toujours spontanment proclam1 d'une manire plus ou moins explicite1 l'affranchissement volontaire comme un vritable devoir chrtien1 mesure que la population manifestait la fois sa tendance et son aptitude la libert4 ,la clbre bulle d',alexandre ,,iii1 sur l'abolition gnrale de l'esclavage dans la chrtient1 ne fut assurment qu'une simple conscration systmatique1 qui semble d'ailleurs un peu tardive1 d'un usage qui1 depuis plusieurs sicles1 avait graduellement tendu1 sous l'impulsion catholique1 devenir universel et irrvocable4 partir mme du ,v,ie sicle1 et d'aprs la premire influence du catholicisme sur les nouveaux chefs temporels1 on voit la pratique des affranchissemens personnels1 accords quelquefois simultanment tous les habitans d'une localit considrable1 crotre successivement avec assez de rapidit pour que l'histoire signale encore et l divers cas exceptionnels o cette gnreuse sollicitude1 trop ddaigneuse des conditions rigoureuses d'une lente volution sociale1 avait indiscrtement devanc les besoins et les dsirs de ceux-l mme qui en taient l'objet4 ,la touchante crmonie1 alors habituellement destine de semblables concessions1 constitue un naf tmoignage1 soit de leur grande multiplicit1 soit de la participation fondamentale et continue de l'influence catholique4 ,il faut surtout noter ici1 sous ce rapport1 qu'une telle influence ne tenait point uniquement1 ni mme principalement1 l'esprit gnral de la morale religieuse1 qui1 malgr des doctrines abstraitement quivalentes1 est loin d'avoir obtenu ailleurs la mme efficacit2 cette salutaire impulsion a t surtout ralise par l'admirable organisation du catholicisme1 sans l'action persvrante de laquelle de vagues prescriptions morales auraient t1 cet gard1 radicalement insuffisantes4 ,outre l'antipathie fondamentale envers tout rgime de castes chez un clerg clibataire1 qui alors se recrutait indistinctement tous les degrs de l'chelle sociale1 et d'abord mme spcialement parmi les rangs infrieurs1 il convient aussi de signaler dj la tendance instinctive de la politique sacerdotale protger activement l'essor universel des classes laborieuses1 au sein desquelles sa propre domination devait ensuite trouver longtemps le plus ferme point d'appui2 quoique cette dernire cause n'ait pu exercer beaucoup d'empire que sous la priode immdiatement suivante1 aprs la suffisante extension de l'affranchissement personnel1 dont l'avnement primitif a t surtout encourag par le systme catholique en vertu des motifs plus dsintresss que je viens de rappeler sommairement4 ,ce mmorable concours d'impulsions ncessaires1 temporelles et spirituelles1 qui avait ainsi organis spontanment une transition1 lente mais continue1 du servage primordial l'universelle abolition de tout esclavage individuel1 a d raliser ce grand rsultat beaucoup plus promptement dans les villes que dans les campagnes4 ,j'ai reprsent ci-dessus la condition gnrale de la population agricole comme ayant t naturellement1 l'origine de cette phase1 moins onreuse que celle de la population manufacturire et commerciale des bourgs ou des villes2 ce qui d'ailleurs se rattache videmment aussi aux impressions prolonges du rgime antrieur1 soit romain1 soit barbare1 o l'industrie agricole1 d'aprs son irrcusable importance1 auprs mme des juges les plus grossiers1 tait la seule qui n'et pas toujours t compltement avilie par les prjugs militaires4 ,sous ce rapport1 l'volution industrielle a donc rellement commenc dans le sens ascendant de notre hirarchie positive1 comme la thorie prcdemment tablie l'a dmontr pour l'ensemble de la progression moderne4 ,mais le mouvement inverse n'a pas tard prvaloir de plus en plus pendant le cours de cette mme phase1 pour conserver jusqu' nos jours sa prpondrance spontane1 et souvent avec une dangereuse exagration4 ,la dissmination des populations agricoles1 et la nature plus empirique de leurs travaux journaliers1 devaient notablement y retarder la tendance et l'aptitude l'entire mancipation personnelle1 ainsi que la facult d'y parvenir4 ,si1 d'une part1 la rsidence familire des chefs fodaux au milieu d'elles devait d'abord y adoucir habituellement les rigueurs de la servitude1 cette relation plus directe1 outre que1 par cela mme1 elle pouvait souvent loigner le dsir continu de la libration1 devait surtout en rendre ensuite l'accs plus difficile1 quand les matres voulaient rellement l'empcher4 ,on conoit d'ailleurs1 sans aucune explication nouvelle1 que l'impulsion spirituelle1 ci-dessus caractrise1 avait ncessairement1 dans ce cas1 une nergie beaucoup moindre4 ,aussi est-ce principalement par la grande et heureuse raction continue spontanment mane des villes1 quand l'tablissement des communes y eut permis un plein dveloppement industriel que1 pendant le ,x,i,ie sicle et surtout le ,x,i,i,ie1 les cultivateurs se sont trouvs peu peu affranchis sur tous les points importans de l'occident europen3 sous ce rapport1 je dois me borner renvoyer directement le lecteur la lumineuse explication prsente par ,adam ,smith d'aprs l'aperu de ,hume2 quoique ces deux minens penseurs1 suivant l'esprit de la philosophie contemporaine1 y aient beaucoup trop nglig l'ensemble des influences sociales propres au rgime antrieur1 et d'o serait1 sans doute1 drive plus tard une telle mancipation1 dont les causes signales par eux n'ont pu que hter notablement l'avnement ncessaire4 ,si l'on applique en sens inverse les diffrentes indications prcdentes1 il sera facile de reconnatre directement que la libration personnelle devait naturellement commencer dans les villes et les bourgs1 o le servage universel1 toujours pareillement caractris par l'adhrence la localit1 tait d'abord plus onreux1 par suite mme de l'loignement habituel du matre1 qui livrait ordinairement la multitude l'oppressive domination d'un agent subalterne4 ,outre qu'un tel motif devait spontanment stimuler davantage le besoin de libration1 l'agglomration permanente de ces populations leur en facilitait les voies4 ,mais il faut surtout considrer1 ce sujet1 une cause plus profonde et plus universelle1 quoique essentiellement mconnue jusque ici1 qui rattache ncessairement cette ingalit capitale1 entre l'volution des villes et celle des campagnes1 la nature propre de leurs travaux respectifs1 d'aprs un simple prolongement rationnel du principe philosophique sur lequel j'ai fond ci-dessus l'ensemble de la hirarchie positive4 ,il est clair1 en effet1 que ce principe vraiment fondamental1 d'abord appliqu l'tude statique de la seule hirarchie industrielle1 conduit y distinguer1 suivant une heureuse conformit spontane avec l'apprciation instinctive de la raison vulgaire1 dans l'ordre graduellement ascendant1 les trois grandes industries gnrales1 agricole1 manufacturire1 et enfin commerciale1 dont la comparaison essentielle donne lieu1 bien qu' un degr ncessairement beaucoup moindre1 des diffrences de mme nature que celles que nous avons dj caractrises entre les trois principaux lmens de la civilisation moderne1 comme je l'expliquerai directement au chapitre suivant4 ,or1 en considrant maintenant cette srie partielle sous l'aspect essentiellement dynamique propre notre laboration historique1 on voit ainsi que la nature plus abstraite et plus indirecte de l'industrie des villes1 l'ducation plus spciale qu'elle exige1 la moindre multiplicit de ses agens1 leur concert plus facile et mme habituellement indispensable leurs travaux1 et enfin la libert plus grande que supposent leurs oprations usuelles1 constituent un irrsistible ensemble de causes spontanes et permanentes pour expliquer aussitt la libration plus htive des classes correspondantes1 sans qu'il convienne assurment d'insister ici davantage sur une telle indication philosophique1 dont je dois laisser au lecteur le dveloppement immdiat4 ,toutefois1 afin de faciliter ce travail1 je crois devoir ajouter1 en prcisant plus spcialement l'indication1 que mon ,trait ultrieur de philosophie politique soumettra directement au mme ordre essentiel de succession les diverses industries urbaines1 comparativement envisages dans leurs volutions respectives1 en dmontrant que1 par une suite plus loigne1 mais non moins ncessaire1 de ces mmes diffrences lmentaires1 le mouvement d'mancipation personnelle a d'abord prvalu dans l'industrie commerciale1 plutt que dans l'industrie manufacturire4 ,enfin1 en procdant aussi un troisime degr d'analyse historique1 on trouverait encore que le commerce le plus anciennement affranchi dut tre alors celui dont les oprations sont les plus abstraites et les plus indirectes1 c'est--dire le commerce des valeurs proprement dites1 dont les agens primitifs n'taient que de simples changeurs1 graduellement transforms en opulens banquiers1 d'abord habituellement juifs1 et1 ce titre mme1 soustraits un servage rgulier qui les et incorpors la socit chrtienne2 ce qui n'empchait point1 malgr de trop frquentes extorsions1 qu'ils ne fussent systmatiquement encourags par l'ensemble du rgime initial du moyen-ge1 et surtout par la politique catholique1 qui a toujours tendu faciliter autant que possible leur essor industriel1 constamment plus libre ,rome qu'en aucun autre lieu de la chrtient4 ,l'ensemble de l'histoire industrielle du moyen-ge doit dj suffire ici pour indiquer spontanment au lecteur clair la lumineuse vrification que cette loi ncessaire reoit1 au milieu de perturbations plus apparentes que relles1 surtout par la prcocit plus spciale1 qui1 dans la prcocit gnrale de l',italie1 distingue si hautement1 mme avant l'admirable ,florence1 les cits maritimes1 et par suite principalement marchandes1 telles que ,gnes1 ,pise1 etc41 et1 leur tte1 tous gards1 la merveilleuse ,venise1 dont l'existence ne pouvait tre qu'essentiellement commerciale1 sauf le mlange de murs militaires qui s'allie naturellement la vie maritime1 et qui devait mme faciliter alors la transition de la civilisation ancienne la moderne3 une pareille diffrence se remarque aussi1 sur l',ocan1 entre les divers lmens de la grande ligue ansatique1 ainsi que dans la ,flandre2 on sait d'ailleurs que la prosprit industrielle naissante de la ,france et de l',angleterre tira directement sa plus grande impulsion initiale des nombreux et importans tablissemens qu'y formrent1 au ,x,i,i,ie sicle1 les industriels italiens et ansatiques1 d'abord titre de simples comptoirs1 devenus ensuite de vastes entrepts rels1 et finalement transforms en manufactures capitales4 ,je devais ici m'arrter particulirement la difficile apprciation de cette seconde phase essentielle du mouvement gnral d'mancipation qui a donn naissance l'lment le plus caractristique des socits modernes2 car1 quoique encore purement prliminaire1 cette phase est1 au fond1 la plus importante1 et1 en outre1 la plus mconnue2 son analyse1 la fois historique et rationnelle1 nous permettra d'ailleurs de procder plus rapidement tout le reste d'un tel travail1 dsormais relatif un pass mieux explor4 ,la phase immdiatement suivante comprend l'volution collective si clbre sous le nom d'affranchissement des communes1 et qui1 malgr d'innombrables tudes1 partiellement intressantes1 est jusque ici irrationnellement juge1 non-seulement parce qu'on n'y conoit pas assez la participation fondamentale du rgime catholique et fodal1 en accordant trop d'influence des causes accidentelles ou accessoires1 mais surtout parce qu'on la considre trop isolment de la prcdente1 dont elle ne put tre1 vrai dire1 que le complment naturel1 non moins invitable qu'indispensable4 ,quand on envisage principalement1 suivant l'usage dominant1 la lutte politique des grandes masses sociales1 l're des communes constitue1 en effet1 un vritable point de dpart1 au del duquel il serait habituellement inutile de remonter1 comme ayant directement introduit un nouveau poids dans les conflits historiques4 ,mais lorsque1 au contraire1 suivant l'esprit de notre laboration actuelle1 on tudie surtout le mouvement1 pour ainsi dire molculaire1 qui a graduellement tendu1 partir du moyen-ge1 la rgnration sociale de l'lite de l'humanit1 il n'est pas douteux1 ce me semble1 que cette importante transformation n'a fait que complter spontanment le travail intestin d'mancipation personnelle propre la phase ci-dessus examine1 en y ajoutant le degr d'indpendance politique alors ncessaire sa pleine ralisation1 et qui toutefois1 loin de caractriser suffisamment l'volution fondamentale1 en a quelquefois gravement dtourn ultrieurement la direction essentielle1 comme j'aurai lieu de l'indiquer spcialement ci-aprs4 ,car1 en se reportant l'explication prcdente de la libration plus htive des habitans des villes1 on voit aisment que les mmes motifs gnraux exigeaient ncessairement1 eu gard l'tat social correspondant1 que la libert individuelle y ft prochainement accompagne d'une certaine libert collective1 sans laquelle l'activit industrielle n'aurait pu assurment1 cette poque1 prendre aucun essor vraiment dcisif4 ,d'un autre ct1 ces influences spontanes tendaient simultanment raliser une telle condition de dveloppement1 avec le surcrot naturel de rapidit qui devait rsulter dj du premier lan de l'industrie naissante pour surmonter la rsistance1 d'ailleurs communment trs faible1 de pouvoirs gure plus disposs et moins capables de s'opposer l'indpendance qu' l'affranchissement1 en un temps o l'une tait universellement juge plus ou moins insparable de l'autre4 ,aussi l'tablissement des communes succda-t-il presque aussitt la libration urbaine1 tellement qu'une scrupuleuse analyse historique peut peine assigner la premire moiti du ,x,ie sicle comme constituant1 en gnral1 l'intervalle effectif entre la fin du mouvement individuel et l'origine du mouvement collectif4 ,il est clair que l'ensemble du rgime propre au moyen-ge tendait spontanment seconder partout un tel progrs1 indpendamment de toutes les circonstances1 plus ou moins fortuites1 qui n'ont pu influer que sur son ingale rapidit4 ,malgr d'invitables conflits ultrieurs1 d'abord impossibles prvoir1 l'organisme fodal1 par sa nature minemment dispersive1 devait se prter sans rpugnance l'admission primitive des communauts industrielles parmi les nombreux lmens dont sa hirarchie tait compose2 sans devoir redouter alors aucune dangereuse rivalit1 sociale ou politique1 chez ces forces naissantes o les deux principaux pouvoirs temporels ne durent longtemps1 au contraire1 que chercher1 l'envi1 d'utiles auxiliaires dans leurs luttes intestines4 ,l'organisme catholique tait videmment encore plus favorable un tel essor1 mme abstraction faite de toute impulsion chrtienne1 puisque la politique sacerdotale y voyait ncessairement un important moyen de consolider sa domination1 en secondant1 et souvent en provoquant1 l'lvation de ces nouvelles classes dont elle ne devait attendre ordinairement qu'une respectueuse reconnaissance1 en un temps si loign encore de toute mancipation mentale des masses populaires4 ,pour achever ici de fixer suffisamment les principales notions relatives la naissance universelle de l'lment industriel1 il convient d'ajouter1 quant aux poques1 que le mouvement total d'mancipation personnelle1 depuis l'entire institution du servage jusqu' la pleine abolition de tout esclavage1 mme agricole1 a essentiellement concid avec l'admirable systme de grandes guerres dfensives par lequel1 au moyen-ge1 l'activit militaire1 sous l'inspiration catholique1 a si dignement rempli sa dernire mission prparatoire dans l'volution fondamentale de l'humanit1 suivant les explications du volume prcdent4 ,les deux phases gnrales que nous venons d'apprcier dans ce mouvement prliminaire1 correspondent1 avec une remarquable exactitude1 dont le lecteur clair se rendra aisment raison d'aprs les principes prcdemment poss1 aux deux sries d'oprations dj distingues dans ce vaste enchanement protecteur3 car1 la phase de libration personnelle s'est accomplie pendant la dure des expditions directement dfensives1 commenant ,charles ,martel et finissant l'tablissement occidental des ,normands2 la phase conscutive d'tablissement des communes industrielles1 y compris ses consquences naturelles1 suivant la thorie de ,hume et d',adam ,smith1 pour l'affranchissement final des campagnes1 s'est surtout opre conjointement avec la grande lutte des croisades contre l'imminente invasion de l'oppressif monothisme musulman4 ,en contemplant1 avec une haute impartialit philosophique1 cette noble portion du pass humain1 o1 travers tant d'obstacles essentiels1 la progression sociale a reu une acclration beaucoup plus prononce qu'en aucun autre ge antrieur1 il est vraiment impossible de n'tre point choqu de la profonde irrationnalit des prjugs rvolutionnaires qui empchent encore habituellement tant de bons esprits d'apercevoir1 dans cette volution dcisive1 l'clatante participation fondamentale de l'ensemble du rgime politique correspondant4 ,deux observations gnrales1 dont l'exactitude est aussi irrcusable que leur conclusion est irrsistible1 devraient pourtant suffire pour dissiper1 cet gard1 tout aveuglement pralable1 si les haines thologiques1 protestantes ou distes1 pouvaient tre convenablement accessibles aux pures inspirations rationnelles4 ,la premire consiste remarquer que l'entire extension territoriale d'une telle mancipation lmentaire est prcisment circonscrite par les mmes limites essentielles que celle de l'organisme catholique et fodal2 c'est--dire dans l'occident europen1 dfini au dbut de ce chapitre1 et dont toutes les parties principales ont particip1 avec une mmorable solidarit1 ce mouvement fondamental1 sauf l'ingale rapidit naturellement due la diverse installation locale de ce rgime1 ainsi qu' sa destination dfensive plus ou moins intense et prolonge3 ces diffrences ont d'ailleurs t alors beaucoup moins prononces qu'elles ne le devinrent ultrieurement soit en vertu d'un mouvement plus avanc1 soit aussi par la moindre nergie du lien catholique4 ,en sens inverse1 on ne trouve rellement rien d'quivalent hors d'une telle sphre1 ni sous le rgime monothique musulman1 ni mme sous le monothisme bizantin1 malgr son illusoire conformit thologique1 essentiellement neutralise par le dfaut radical d'accomplissement des principales conditions politiques assignes1 au cinquante-quatrime chapitre1 l'efficacit sociale du catholicisme4 ,quoique plus restreinte1 la seconde observation n'est pas1 sans doute1 moins dcisive1 puisqu'elle consiste reconnatre1 d'aprs l'vidente convergence de tous les tmoignages historiques1 que le mouvement d'mancipation pralable1 soit personnelle1 soit collective1 s'est accompli avec le plus de rapidit et de facilit l mme o la puissance prpondrante d'un tel organisme exerait l'ascendant le plus direct et le plus complet1 c'est--dire en ,italie1 o personne ne saurait contester1 surtout cet gard1 une clatante prcocit spciale4 ,les causes1 trop exclusivement temporelles1 qu'on a coutume d'assigner cette mmorable acclration1 d'aprs l'affaiblissement caractristique du pouvoir imprial1 ne suffisent certainement point son explication2 outre que1 suivant la thorie du volume prcdent1 ce dfaut continu de concentration est essentiellement d l'action italienne du catholicisme1 on reconnat d'ailleurs plus directement une telle influence dans la permanente sollicitude des papes pour dissiper les haines aveugles qui s'opposaient alors avec tant d'nergie la coalition naissante des communauts industrielles1 dont la politique habituelle fut si longtemps dirige surtout par les principaux ordres religieux4 ,enfin1 quant ce qui concerne plus particulirement l'impulsion purement fodale1 on voit aussi s'lever1 sous la protection impriale1 l'autre extrmit du systme occidental1 les clbres villes ansatiques1 dont la correspondance permanente avec les villes italiennes1 par l'intermdiaire normal des villes flamandes1 vint bientt complter1 au moyen-ge1 la constitution gnrale du grand mouvement industriel1 comprenant1 d'une part1 tout le bassin1 mme oriental1 de la ,mditerrane1 et par suite s'tendant aux principales parties de l',orient1 sans excepter les plus lointaines2 d'une autre part1 l',ocan europen1 et ds lors tout le nord de l',europe3 de manire former un ensemble habituel de relations europennes beaucoup plus vaste que celui des plus beaux temps de la domination romaine4 ,cette partie de notre apprciation actuelle tait essentiellement la seule qui1 par sa nature1 dt exiger ici une vritable discussion1 comme tant en opposition radicale avec les fausses conceptions qui1 malgr d'utiles modifications partielles1 prvalent encore envers l'ensemble de cette poque4 ,aussi ai-je cru devoir1 pour la plus importante volution lmentaire des socits modernes1 spcialement rectifier d'abord une aberration fondamentale1 qui1 rompant tout coup1 dans le nud le plus dcisif1 la continuit ncessaire de la progression humaine1 empche directement toute liaison vraiment philosophique du mouvement moderne au mouvement ancien4 ,je n'ai donc point hsit tmoigner franchement ici1 au nom de tous les esprits pleinement mancips1 non moins affranchis de la mtaphysique que de la thologie1 les sentimens profonds de respectueuse reconnaissance que mritera toujours des vrais philosophes l'immortel souvenir d'un rgime auquel notre civilisation actuelle doit1 tous gards1 son impulsion initiale1 quoique1 par sa nature1 il soit ensuite invitablement devenu incompatible avec la tendance finale de l'humanit4 ,l'introduction sociale de l'lment industriel tant ainsi convenablement rattache dsormais l'ensemble antrieur du pass humain1 nous pourrons maintenant procder avec plus de rapidit la juste apprciation gnrale de son essor ultrieur4 ,toutefois1 afin d'clairer1 et mme d'abrger1 une telle analyse1 il convient d'abord de nous arrter encore juger directement le vrai caractre fondamental propre ce nouveau moteur de l'humanit4 ,on sent qu'il ne saurait tre ici question d'aucune vaine apologie philosophique1 surtout envers une puissance sociale qui1 certes1 n'en a dsormais aucun besoin1 puisque1 au contraire1 son ascendant rel tend1 de nos jours1 devenir beaucoup trop exclusif1 comme je l'expliquerai au chapitre suivant3 il s'agit seulement d'indiquer1 d'une manire abstraite1 les principaux attributs normaux de ce nouvel lment1 sans ngliger de signaler dj les vices essentiels qui l'ont galement distingu jusqu' prsent4 ,en considrant successivement1 ce sujet1 les divers aspects lmentaires de la sociabilit1 on reconnat d'abord1 avec une pleine vidence1 que1 sous le rapport individuel1 la grande transformation qui vient d'tre explique constitue la plus profonde rvolution temporelle que l'humanit pt prouver1 puisqu'elle a directement tendu changer irrvocablement le mode normal de l'existence humaine1 jusque alors minemment guerrire1 ds lors de plus en pacifique1 chez la majorit croissante des populations civilises4 ,si1 douze sicles auparavant1 on avait annonc aux philosophes grecs cette abolition universelle de l'esclavage1 et ce commun assujettissement volontaire de l'homme libre au travail alors servile1 dans une nombreuse et puissante population1 les plus hardis et les plus gnreux penseurs n'auraient certes nullement hsit proclamer l'absurdit d'une utopie dont rien ne leur indiquait le fondement2 n'ayant pu d'ailleurs reconnatre encore que1 suivant le cours naturel des mutations sociales1 les changemens spontans et graduels finissent toujours par dpasser beaucoup les plus audacieuses spculations primitives4 ,par cette immense rgnration1 l'humanit a rellement termin son ge prliminaire1 et commenc son ge dfinitif1 en ce qui concerne l'existence pratique1 qui ds lors a t directement constitue en harmonie durable et croissante avec l'ensemble rel de notre nature normale4 ,car1 malgr l'irrcusable instinct qui d'abord entrane l'homme la vie guerrire1 en lui faisant repousser la vie laborieuse1 celle-ci n'en devient pas moins finalement1 aprs une suffisante prparation1 la mieux adapte notre organisation morale1 comme plus convenable au libre et plein dveloppement de nos principales dispositions de tout genre2 indpendamment de son vidente proprit exclusive de comporter et mme de provoquer la simultanit la plus tendus1 tandis que1 dans l'essor militaire1 l'activit des uns suppose ou dtermine la compression ncessaire des autres1 suivant les explications du cinquante-unime chapitre4 ,la confuse apprciation qui domine encore ce sujet tient surtout l'esprit absolu de la philosophie politique actuelle1 consacrant jamais ce qui s'applique uniquement l'tat initial de l'humanit4 ,on ne peut reconnatre1 sous ce rapport1 d'autre condition vraiment permanente que l'insurmontable prpondrance naturelle1 chez presque tous les hommes1 de la vie active sur la vie spculative1 comme l'indique aujourd'hui la saine thorie fondamentale de l'organisme crbral4 ,mais le mode propre de cette activit pratique ncessairement dominante n'est certainement pas invariable1 quoique ses variations essentielles soient assujetties une marche rgulire1 reprsente par notre loi d'volution humaine1 conformment l'exprience la plus dcisive4 ,la conception la plus philosophique1 et aussi la plus noble1 de l'ensemble de cette volution1 consiste1 suivant les principes tablis la fin du tome quatrime1 y mesurer surtout le progrs d'aprs l'ascendant graduel des facults caractristiques de l'humanit sur les tendances fondamentales de notre animalit3 en sorte que la srie sociale se prsente rationnellement comme un prolongement spcial de la grande srie animale4 ,or1 selon cette rgle gnrale1 la prdominance1 commence au moyen-ge1 de la vie industrielle sur la vie guerrire1 a directement tendu lever d'un degr le type primitif de l'homme social1 du moins chez l'ensemble de notre race4 ,en considrant d'abord1 sous cet aspect1 conformment la thorie du cinquantime chapitre1 le principal des deux attributs fondamentaux de notre nature1 il est clair que l'usage normal de l'intelligence pour la conduite pratique est communment plus prononc dans la vie industrielle des modernes que dans la vie militaire des anciens1 en comparant judicieusement des organismes quivalens1 pareillement placs dans les deux hirarchies3 j'carte d'ailleurs dessein1 comme trop disproportionne1 la comparaison avec la vie militaire actuelle1 cause de l'automatisme spcial qu'y subissent ncessairement les infrieurs4 ,l'mancipation des classes laborieuses a vulgairement organis1 pour les intelligences modernes1 l'exercice continu le mieux adapt la mdiocrit mentale qui caractrise invitablement l'immense majorit de notre espce3 des questions claires et concrtes1 dont la faible tendue est trs nettement circonscrite1 susceptibles de solution directe ou prochaine1 exigeant une attention persvrante et nanmoins facile1 et toujours relatives des occupations immdiatement stimules par les plus chers intrts pratiques de l'homme civilis1 aspirant surtout dsormais l'aisance et l'indpendance1 qui ds lors ont tendu de plus en plus devenir partout la rcompense presque assure d'une sage application au travail4 ,quant l'influence habituelle de l'instinct social sur l'instinct personnel1 qui constitue le second attribut essentiel de l'humanit1 elle a t certainement augmente1 au moins virtuellement1 dans l'existence industrielle des modernes1 enfin devenue directement compatible avec une bienveillance vraiment universelle1 puisque chacun peut y considrer rellement ses oprations journalires comme immdiatement destines l'utilit commune autant qu' son propre avantage2 tandis que l'ancien mode d'existence dveloppait ncessairement les passions haineuses1 au milieu mme du plus noble dvouement4 la vrit1 le rtrcissement mental inhrent une excessive spcialisation du travail1 et la stimulation de l'gosme par la proccupation trop exclusive des intrts privs1 ont directement tendu jusqu'ici neutraliser beaucoup ces heureuses proprits intellectuelles et morales3 mais1 en ce qu'ils offrent aujourd'hui d'exorbitant1 ces graves inconvniens naturels propres l'essor industriel tiennent surtout ce qu'il n'a pu tre encore que simplement spontan1 sans avoir convenablement reu la systmatisation rationnelle qui lui appartient1 comme l'tablira la suite de notre apprciation historique4 ,l'oubli d'une telle lacune fait souvent tomber dans une grande injustice involontaire les partisans spculatifs de l'activit militaire1 dont les incontestables qualits sociales doivent tre essentiellement attribues la puissante organisation si longtemps labore pour elle1 et dont l'quivalent industriel n'existe encore aucunement4 ,qu'est-ce primitivement1 en effet1 que l'ardeur guerrire1 considre isolment de toute discipline morale1 et abstraction faite de toute destination sociale8 ,rien autre chose1 au fond1 qu'une combinaison spontane de l'aversion naturelle du travail avec l'instinct d'une domination brutale2 d'o il rsulte habituellement une impulsion plus nuisible1 et non moins ignoble1 que celle tant reproche aux cupidits industrielles4 ,ainsi les immenses services communment retirs de la rgularisation convenable d'un tel mobile1 par cela seul que1 chez les moindres agens1 il a t profondment investi d'un caractre habituel d'utilit publique1 devraient conduire penser aussi que1 chez les modernes1 un mobile plus utile et non moins actif serait pareillement susceptible de voir suffisamment attnus1 sous une sage systmatisation permanente1 les vices spciaux qui altrent si gravement aujourd'hui son efficacit intellectuelle et morale1 presque entirement abandonne jusqu'ici l'aveugle direction des tendances prives1 comme je l'expliquerai ultrieurement4 ,mais cette lacune fondamentale n'a pas cependant empch1 depuis le moyen-ge1 de constater rellement1 un certain degr1 l'aptitude croissante de la vie industrielle provoquer spontanment1 mme chez les derniers rangs de la socit europenne1 un essor mental et sympathique qui n'y pouvait auparavant tre beaucoup prs autant dvelopp4 ,quant l'influence lmentaire de cette grande transformation sur les relations domestiques1 elle a d'abord t immense en ce sens que les douces motions de la famille sont ainsi devenues enfin communment accessibles la classe la plus nombreuse1 qui n'y pouvait jusque alors prtendre que d'une manire trs prcaire et fort insuffisante1 mme aprs l'incontestable amlioration dtermine1 sous ce rapport1 au dbut du moyen-ge1 par la substitution gnrale du servage l'esclavage4 ,c'est donc l seulement qu'a pu commencer la pleine manifestation directe de la destination finale de presque tous les hommes civiliss une vie principalement domestique1 qui1 au contraire1 chez les anciens1 avait t1 d'une part1 radicalement interdite aux esclaves1 et1 d'ailleurs peu gote mme de la caste libre1 habituellement entrane par les bruyantes motions de la place publique et des champs de bataille4 ,on voit1 en second lieu1 que le nouveau mode d'existence a naturellement amlior le double caractre essentiel des relations de famille1 soit en y assimilant davantage les occupations ordinaires des deux sexes1 jusque alors trop discordantes pour comporter des murs suffisamment communes1 soit aussi en y diminuant l'antique dpendance trop absolue des enfants envers les parents4 ,sous l'un et l'autre aspect1 il est clair que la tendance spontane des habitudes industrielles a directement concouru avec l'action systmatique de la morale catholique1 laquelle un enthousiasme irrflchi a quelquefois attribu ainsi d'heureux effets qui en taient rellement indpendans1 quoique1 de nos jours1 la mprise soit bien plus souvent inverse1 par suite d'une irrationnelle antipathie4 ,toutefois1 ce double titre1 il est d'ailleurs incontestable que le dfaut radical de systmatisation industrielle a beaucoup neutralis jusqu'ici1 comme sous les rapports ci-dessus apprcis1 les proprits virtuelles d'une semblable transformation sociale1 que ses dtracteurs spculatifs ont pu mme accuser1 d'une manire spcieuse1 de tendre1 au contraire1 l'intime dissolution des liens domestiques1 d'ailleurs rve aussi par quelques-uns de ses plus aveugles prneurs4 ,on pourrait craindre1 par exemple1 quant la relation principale1 qu'un essor industriel dsordonn ne dt finalement altrer l'indispensable subordination des sexes1 en procurant habituellement aux femmes une existence trop indpendante1 si une apprciation mieux approfondie ne reprsentait une telle influence comme tant ncessairement plus que compense par une tendance populaire1 bien plus nergique et plus constante1 faire passer1 au contraire1 chez les hommes beaucoup de professions d'abord exerces par les femmes1 de faon rduire de plus en plus celles-ci leur destination minemment domestique1 en ne leur laissant gure que les carrires pleinement compatibles avec elle1 suivant la marche fondamentale de l'volution humaine cet gard1 directement caractrise au cinquante-quatrime chapitre4 ,aprs avoir suffisamment indiqu la raction lmentaire de l'affranchissement industriel1 d'abord sur l'amlioration individuelle du caractre humain1 et ensuite sur le perfectionnement de la constitution domestique1 il nous reste surtout considrer abstraitement ses proprits directement sociales1 suivant leur gnralit croissante1 afin que son universelle efficacit pour prparer spontanment la rgnration temporelle des socits modernes puisse tre ensuite convenablement apprcie1 partir de l're dcisive prcdemment dtermine4 ,il est d'abord vident que l'volution industrielle a ncessairement tendu complter1 chez les modernes1 l'irrvocable abolition du rgime des castes1 en instituant1 envers l'antique ascendant de la naissance1 la rivalit progressive de la richesse acquise par le travail4 ,nous avons reconnu1 dans le volume prcdent1 comment l'organisme catholique avait1 au moyen-ge1 dignement commenc cet branlement dcisif1 par cela seul qu'il avait radicalement supprim l'hrdit du sacerdoce1 et fond la hirarchie spirituelle sur le principe de la capacit4 ,or1 le mouvement industriel est venu ensuite raliser aussi1 sa manire1 jusque pour les moindres fonctions sociales1 une transformation quivalente celle ainsi imprime aux plus minentes4 ,cette influence n'a pu tre essentiellement neutralise par ce qui a d subsister de la tendance naturelle l'hrdit des professions1 qui1 malgr son dcroissement continu1 se fera ncessairement toujours sentir un degr quelconque1 mais dont l'insuffisante opposition devait ds lors cder de plus en plus1 d'une part1 parmi les classes infrieures de la nouvelle hirarchie1 l'essor continu de ce mme instinct d'amlioration universelle qui avait dtermin l'mancipation primordiale1 et1 d'une autre part1 dans les premiers rangs1 l'impossibilit si connue de conserver chez les mmes familles les grandes fortunes commerciales ou manufacturires4 ,si l'on combine une telle proprit avec la spcialisation croissante des occupations humaines1 non moins inhrente la vie industrielle1 on pourra concevoir l'action permanente de la civilisation moderne pour perfectionner1 par les seules voies temporelles1 l'ensemble du classement social1 en comportant dsormais une plus exacte harmonie journalire entre les aptitudes et les destinations4 ,en mme temps1 il n'est pas douteux que la liaison normale de l'intrt priv l'intrt public a t ds lors directement perfectionne par l'influence continue de cette merveilleuse conomie instinctive des socits actuelles1 qu'on admirerait sans doute profondment si1 au lieu d'y tre habituellement plong1 on l'envisageait seulement dans la lointaine perspective d'une romanesque utopie1 o l'on verrait1 abstraction faite du mobile1 chaque individu constamment appliqu1 avec la plus active sollicitude1 imaginer et raliser de nouvelles manires de servir la communaut2 les moindres oprations prives tendant ainsi s'anoblir de plus en plus en acqurant spontanment le caractre de fonctions publiques1 sans qu'on puisse dsormais tablir nettement une ligne gnrale de dmarcation entre les unes et les autres1 jadis si profondment spares4 ,quelle que soit encore1 tous gards1 la profonde imperfection d'un tel ordre1 d'aprs son dfaut radical de systmatisation rationnelle1 la convenable apprciation de ces rsultats usuels est bien propre faire sentir l'absurdit historique de ces dclamations illusoires sur la richesse et sur le luxe1 qui1 chez tant de prtendus philosophes ou moralistes modernes1 ne sont surtout qu'un vain retentissement scolastique des fausses notions sociales que notre vicieuse ducation puise encore exclusivement dans le type antique4 la vrit1 tous ces heureux rsultats drivent essentiellement de calculs personnels1 o ne se manifeste que trop l'action primitive des instincts de ruse et de cupidit propres des esclaves mancips3 mais on peut assurer1 cet gard1 que toutes les rcriminations relles qui ne se rapporteraient point l'absence actuelle de rgularisation gnrale resteraient purement relatives l'invincible dfectuosit de la nature humaine1 o la prpondrance habituelle des impulsions individuelles ne laisse1 cet gard1 d'autre variation possible que celle d'un mobile priv plus ou moins accessible aux inspirations de l'instinct social3 or1 l'amour du pillage serait-il donc plus moral1 ou mme plus noble1 que l'amour du gain8 ,quant l'influence abstraite de l'volution industrielle sur le caractre essentiel des transactions sociales1 il serait superflu de faire spcialement ressortir sa tendance pratique faire graduellement prvaloir le principe de la conciliation des intrts1 sur l'esprit1 d'abord hostile1 ensuite litigieux1 qui dominait jusque alors dans les oprations prives4 ,la lgislation indpendante et spontane qui1 au moyen-ge1 devait appartenir aux communauts industrielles1 quoiqu'elle ait d ensuite disparatre essentiellement1 comme je l'expliquerai ci-dessous1 pour permettre la formation des grandes units politiques1 nous a laiss un prcieux tmoignage permanent de cette disposition primitive par l'heureuse institution des rglemens et des tribunaux de commerce1 d'abord labore sous les sages inspirations des ngocians ansatiques1 et dont la marche journalire nous offre un contraste si dcisif avec celle des autres juridictions1 malgr que l'intervention ultrieure des lgistes y ait certainement tendu altrer beaucoup ses qualits primordiales4 ,je crois devoir insister davantage sur l'indication sommaire d'un autre attribut lmentaire de l'esprit industriel1 considr1 sous un aspect beaucoup moins senti et encore plus capital1 relativement son mode habituel de discipline sociale4 ,d'aprs l'aversion primitive de l'homme pour la vie laborieuse1 on et1 sans doute1 difficilement prvu que le dsir d'un travail permanent constituerait un jour le principal vu ordinaire de la majorit des hommes libres1 tellement que la concession ou le refus du travail y deviendrait la base usuelle de l'action disciplinaire1 prventive ou mme coercitive1 indispensable l'conomie gnrale1 en cartant de plus en plus tout usage direct de la force proprement dite4 ,cette nouvelle tendance1 si videmment propre aux socits industrielles1 a sans doute besoin1 comme toutes celles prcdemment signales1 et mme un plus haut degr1 d'tre enfin convenablement rgularise3 mais son influence croissante n'en a pas moins dj ralis1 depuis le moyen-ge1 une notable amlioration universelle1 dont l'importance sera dignement apprcie par quiconque voudra1 sous ce rapport1 judicieusement comparer le principe industriel au principe militaire1 o la douleur et la mort sanctionnent finalement toute subordination4 ,dans les abus mme les plus dplorables que puisse engendrer un vicieux ascendant de la richesse1 lorsqu'il semblerait que cette transformation s'est rduite1 pour ainsi dire1 remplacer le droit de tuer par celui d'empcher l'existence1 on pourrait encore constater que le despotisme industriel se montre ncessairement moins oppressif et plus indirect que le despotisme militaire1 de manire comporter beaucoup plus de moyens de l'adoucir ou de l'luder2 outre qu'un sentiment plus net et plus actif du besoin rciproque de coopration1 ainsi que des murs plus conciliantes1 doivent loigner davantage d'aussi extrmes conflits4 ,enfin1 si l'on envisage l'action lmentaire de l'volution industrielle pour modifier les plus vastes relations sociales1 il serait assurment inutile d'insister ici sur sa tendance fondamentale1 dj si prononce au moyen-ge1 lier directement tous les peuples1 malgr les diverses causes quelconques1 mme religieuses1 d'antipathie nationale4 ,non-seulement l'absence si regrettable de toute vraie systmatisation progressive n'a pu neutraliser jusqu'ici l'nergie spontane de cet instinct caractristique3 mais sa manifestation continue a mme surmont les efforts les plus actifs d'une puissante systmatisation rtrograde2 comme le montre surtout l'exemple de l',angleterre1 o l'esprit d'gosme national habilement stimul n'a pu parvenir1 dans les cas mme le plus favorables son influence1 contenir entirement1 envers les nations rivales1 l'essor journalier des dispositions pacifiques inhrentes l'existence temporelle des socits modernes4 ,quelles qu'aient d tre les proprits primitives de l'esprit militaire pour l'extension graduelle des associations humaines1 comme je l'ai soigneusement expliqu1 il est clair que sa puissance est1 cet gard1 ncessairement limite1 et qu'elle avait essentiellement puis tout le dveloppement dont elle tait susceptible1 sous le rgime initial qui1 ds le moyen-ge1 a graduellement tendu vers son entire et irrvocable abolition1 pour laisser agir dsormais1 dans l'esprit industriel convenablement systmatis1 une aptitude exclusive permettre enfin l'assimilation totale de l'humanit4 ,cette sommaire apprciation des principaux attributs lmentaires du nouveau moteur temporel1 tait indispensable ici afin de caractriser nettement le profond changement que sa prpondrance croissante a d graduellement imprimer au mode primordial de sociabilit4 ,en reprenant maintenant le cours direct de notre laboration historique1 pour analyser1 partir du ,x,i,ve sicle1 l'essor continu de la puissance industrielle1 nous devons d'abord exactement dterminer l'ensemble de sa position ncessaire envers les anciens pouvoirs sociaux1 et la direction correspondante de son dveloppement ultrieur4 ,dans tout ce mouvement lmentaire de recomposition temporelle1 nous devrons dsormais considrer essentiellement l'industrie urbaine1 qui en est reste jusqu'ici le principal sige1 par une consquence plus loigne des mmes diffrences fondamentales ci-dessus signales pour expliquer d'abord l'mancipation plus tardive de l'industrie rurale1 dont l'volution sociale est encore si arrire4 ,la politique spontane que l'heureux instinct des classes laborieuses leur a presque toujours inspire1 ds leur plein affranchissement au moyen-ge1 a t surtout distingue1 sauf les dviations passagres ou locales1 par ces deux attributs permanents1 suite ncessaire de la situation gnrale3 elle a eu pour caractre propre la spcialit1 et pour condition indispensable la libert2 c'est--dire que l'ambition prpondrante des nouvelles forces a t concentre vers leur dveloppement industriel1 en s'abstenant de prendre rellement1 la haute gestion des affaires publiques1 aucune autre part ordinaire que celle qui se rattachait une telle destination1 dont l'accomplissement ne pouvait alors faire natre d'autre grand besoin politique que celui d'un essor suffisamment libre des facults industrielles4 ,c'est1 en effet1 comme seule garantie efficace de cette libert lmentaire1 dans l'tat social propre au moyen-ge1 que l'indpendance primitive des communauts urbaines conserva si longtemps une importance vraiment fondamentale1 malgr les graves aberrations qu'elle pouvait susciter4 ,il faut attribuer aussi la mme destination essentielle l'existence1 d'abord si tutlaire1 quoique ultrieurement oppressive1 de ces corporations plus spciales qui1 dans chaque communaut urbaine1 unissaient plus particulirement les citoyens de chaque profession1 et sans lesquelles la scurit du travail individuel et t alors si souvent compromise1 outre leur utile influence morale1 plus prolonge1 pour seconder l'intime dveloppement des murs industrielles1 en concourant prvenir l'inconstance naturelle qui pouvait pousser des changemens de carrire trop dsordonns1 surtout en un temps o le nouveau mode d'existence n'avait pu tre encore suffisamment apprci4 ,telle est la vritable origine gnrale de la passion caractristique des modernes pour cette libert universelle et continue1 suite naturelle et complment ncessaire de l'mancipation personnelle1 afin d'assurer chacun l'essor convenable de son activit normale3 l'instinct vulgaire l'a ordinairement mieux apprcie jusqu'ici que la raison spculative1 qui1 par un vicieux rapprochement1 s'efforait toujours de la subordonner cette libert politique particulire aux anciens1 o l'esclavage des travailleurs constituait l'indispensable condition d'une turbulente participation de la caste guerrire la direction journalire de ses affaires communes4 ,or1 l'esprit fodal tait videmment trs favorable la satisfaction spontane de ce besoin capital1 qui ne pouvait d'abord donner lieu aucun conflit habituel4 ,quand l'lan industriel a pu ainsi commencer1 ses rsultats naturels ont ensuite graduellement dvelopp1 envers les divers pouvoirs prpondrans1 un moyen d'action de plus en plus irrsistible1 par l'entranement involontaire des ennemis les plus systmatiques de l'industrie moderne vers les nouvelles jouissances1 de commodit et surtout de vanit1 inhrentes son cours permanent4 ,ce n'est pas seulement de nos jours que1 chez les classes les plus opposes aux suites sociales de l'volution industrielle1 les plus opinitres conservateurs n'ont pu cependant se rsigner renoncer aux satisfactions prives qu'elle procure habituellement1 et dont la douce influence journalire touffe spontanment chaque germe srieux de raction rtrograde3 une pareille inconsquence1 et une semblable diversion1 ont certainement exist aussi1 quoique un moindre degr1 aux temps mme les plus rapprochs de l'affranchissement primordial1 dont les grands effets ultrieurs ne pouvaient d'ailleurs tre nullement prvus4 ,ainsi1 la politique initiale des classes laborieuses1 par cela mme qu'elle tait exclusivement industrielle1 reposait sur une base certaine et inbranlable3 sa sagesse instinctive tait1 en ralit1 bien suprieure celle des plans pniblement conus alors par tant d'ambitieux spculatifs qui s'efforaient1 au contraire1 de provoquer1 au sein des villes1 une activit principalement politique1 qui et dtourn leurs travaux naissans1 et attir sur elles l'unanime rprobation des pouvoirs prpondrans4 ,on doit donc1 contre l'opinion commune1 regarder comme minemment salutaire au vritable essor social du nouvel lment temporel la compression gnrale que l'ensemble du rgime militaire et thologique exerait d'abord ncessairement sur lui1 pourvu que1 suivant l'influence la plus ordinaire1 ce frein fondamental1 assez puissant pour maintenir les forces nouvelles en tat de subalternit politique1 ne pt acqurir une intensit susceptible d'entraver leur dveloppement spcial4 ,cette situation naturelle1 dont la dure indfinie et t sans doute fort dsastreuse1 et d'ailleurs heureusement impossible1 tait1 l'origine1 tellement indispensable l'intime laboration des murs industrielles1 que lorsque des circonstances exceptionnelles ont empch une telle rsistance de devenir suffisamment puissante1 l'essor industriel en a t profondment troubl1 par son dplorable mlange avec une tendance vraiment rtrograde vers le systme de domination guerrire1 le seul qui pt encore satisfaire la vaine ambition politique des cits trop indpendantes1 en un temps si voisin de l'entire prpondrance temporelle des murs militaires4 ,une semblable ncessit a t surtout tristement marque dans les funestes animosits mutuelles et dans les cruelles agitations intestines par lesquelles la plupart des villes italiennes1 sauf la sage ,venise1 o avait pu prvaloir bientt une heureuse combinaison1 compensrent si douloureusement1 au ,x,i,i,ie et au ,x,i,ve sicle1 les avantages primitifs que leur prcoce mancipation avait retirs d'une moindre compression politique1 jusqu' ce que leur orageuse indpendance et partout abouti la suprmatie d'une famille locale1 d'abord fodale en ,lombardie1 ensuite industrielle en ,toscane4 ,on voit aussi que les principales villes suisses durent plus tard une cause semblable les abus caractristiques inhrens leur domination trop oppressive sur les campagnes environnantes1 qui semblaient n'avoir fait que changer de matres4 ,sous ce rapport capital1 les cits ansatiques1 quoique places1 comme celles de l',italie1 dans un milieu trop peu concentr1 avaient une situation beaucoup plus favorable2 et1 en effet1 raison mme des obstacles naturellement apports leur essor politique1 elles chapprent heureusement ces striles perturbations de la vie industrielle1 qui s'y dveloppa aussi purement1 et nanmoins plus rapidement1 qu'au sein des grandes organisations fodales1 comme celles de la ,france et de l',angleterre4 ,c'est ainsi que1 dans l'ensemble de l'occident europen1 les entraves gnrales que le rgime correspondant semble avoir d'abord prsentes au nouvel lment temporel constituaient1 en ralit1 l'origine1 des conditions essentiellement propres son volution normale4 ,si1 au dbut de ce chapitre1 j'ai paru attacher1 pour la dtermination de l'poque initiale1 une haute importance l'admission primitive des classes laborieuses dans les diverses assembles nationales1 ce n'est point raison de l'influence1 trs peu profonde en effet1 qu'une telle lvation politique put exercer immdiatement sur leur propre essor social2 c'est surtout comme offrant un irrcusable symptme de la puissance universelle qu'elles avaient dj acquise4 ,aprs avoir ainsi apprci la situation primitive de l'lment industriel envers l'ensemble de l'ancien organisme1 il convient aussi de caractriser sommairement sa relation spciale avec chacun des principaux pouvoirs correspondants4 ,quant la puissance catholique1 il est vident que l'essor industriel devait alors y recevoir un accueil particulirement favorable1 par sa double conformit spontane1 soit avec l'esprit gnral de la constitution spirituelle1 soit avec les besoins propres de la force ecclsiastique dans son antagonisme politique1 comme je l'ai prcdemment indiqu4 ,mais il importe de noter ici que cette utile convergence1 d'abord inhrente la vraie destination sociale du pouvoir spirituel1 y tait1 ds l'origine1 notablement altre par d'invitables oppositions tenant cette nature malheureusement thologique de la philosophie correspondante1 que nous avons dj vue tant neutraliser1 d'autres gards1 les attributs essentiels du gouvernement moral4 ,cette restriction ne se rapporte point mme la tendance anti-thologique ncessairement propre l'industrie convenablement dveloppe1 quand elle a enfin largement manifest son vrai caractre philosophique par une grande action permanente de l'humanit sur le monde extrieur1 comme je l'ai indiqu1 en principe1 au dernier chapitre du tome quatrime3 ce conflit ncessaire n'a pu se faire sentir qu'en un temps trop postrieur pour devoir tre maintenant considr4 ,abstraction faite de cette opposition radicale1 qui sera ensuite apprcie1 je dois dj signaler ici le contraste fondamental que l'essor unanime d'une ardente activit industrielle ne pouvait manquer d'offrir bientt avec l'exclusive proccupation chrtienne du salut ternel1 ncessairement impose par la doctrine religieuse1 dont l'inaptitude pratique diriger la nouvelle existence des populations civilises devait ainsi devenir de plus en plus sensible4 ,l'esprit absolu1 et par suite immobile1 invitablement propre une telle doctrine1 ne pouvait d'ailleurs lui permettre1 sans se dnaturer1 aucune modification morale convenable une situation sociale qui n'avait pu tre suffisamment prvue dans l'laboration primordiale du catholicisme1 ds lors rduit n'y intervenir que par des prescriptions trop vagues et trop imparfaites1 souvent mme assez incompatibles avec la ralit pour devenir directement contraires aux plus videntes conditions normales de la vie industrielle4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que1 ds l'origine1 les irrationnelles dclamations du clerg contre l'intrt des capitaux1 quoique ayant pu d'abord temprer une ignoble cupidit1 n'ont pas tard devenir doublement nuisibles aux oprations industrielles1 soit en y entravant d'indispensables transactions1 soit en y provoquant indirectement d'exorbitantes extorsions4 ,ne ft-ce qu' ce titre1 il est vident que l'esprit industriel devait promptement se trouver1 dans la pratique1 en conflit habituel avec l'esprit catholique1 qui1 mme aujourd'hui1 n'a pu encore parvenir1 malgr tant de laborieuses spculations thologiques1 tablir aucune thorie unanime du prt intrt1 au sujet duquel il a donc fallu que l'industrie moderne se trouvt constitue en journalire contravention chrtienne1 de manire constater hautement l'insuffisance pratique d'une morale religieuse inaccessible aux plus irrcusables inspirations de la sagesse vulgaire4 ,un tel ordre de considrations explique aisment pourquoi les classes laborieuses1 tout en accueillant avec respect l'utile intervention du clerg dans leurs affaires gnrales1 devaient prouver cependant une prdilection instinctive envers les divers lmens du pouvoir temporel1 d'o leur paisible activit continue ne pouvait craindre ordinairement aucune grave opposition systmatique4 ,malgr l'invitable rivalit sociale qui devait ultrieurement surgir entre l'aristocratie industrielle et l'aristocratie nobiliaire1 aprs que celle-ci eut suffisamment perdu la supriorit militaire qui la caractrisait1 il est clair que1 longtemps trop subalternes pour oser tenter une telle concurrence1 mme la faveur des plus grandes richesses1 les travailleurs devaient d'abord1 en gnral1 considrer surtout les nobles1 soit comme offrant1 par leur luxe1 un indispensable stimulant la production journalire1 soit aussi comme constituant1 par la supriorit naturelle de leur ducation morale1 les meilleurs types du perfectionnement individuel4 ,sous l'un et l'autre aspect1 il n'est pas douteux que les murs fodales1 mme abstraction faite de l'utilit propre leur mission guerrire1 ont exerc pendant plusieurs sicles une heureuse influence sur le dveloppement fondamental de l'industrie moderne4 ,la production directe des objets destins au plus grand nombre n'a pu constituer que beaucoup plus tard un aliment suffisant l'activit commerciale ou manufacturire2 et1 quoique1 de nos jours1 ce progrs soit enfin heureusement accompli1 il n'altre encore que trop rarement la tendance naturelle des amliorations industrielles s'adresser d'abord aux fortunes suprieures1 jusque dans les cas o leur principale extension dpend davantage d'une entire vulgarisation ultrieure4 ,pareillement1 sous le second point de vue1 il est clair que la supriorit sociale et la richesse hrditaire devaient ordinairement tendre entretenir1 chez les classes fodales1 une gnralit de vues et une gnrosit de sentimens1 difficilement compatibles avec la proccupation spciale d'une laborieuse conomie1 et qui devaient naturellement paratre1 aux classes industrielles1 de dignes sujets d'imitation4 ce double titre1 les grandes fortunes patrimoniales constitueront certainement toujours1 mme aprs la plus sage rgnration sociale1 la source d'une influence considrable1 qui1 dignement systmatise1 est susceptible d'ailleurs des plus heureux rsultats pour l'amlioration universelle de la condition humaine3 qu'on juge donc quelle devait tre leur importance en des temps si voisins du premier essor industriel6 ,mais1 quelque avantageuses que pussent tre1 en gnral1 les relations normales des classes laborieuses avec l'lment local de l'ancien organisme temporel1 jusqu' l'avnement ultrieur d'une rivalit plus ou moins directe1 on conoit encore mieux que leurs principales sympathies sociales devaient presque toujours se tourner avec prdilection vers l'lment central1 mme indpendamment des motifs spciaux de solidarit politique qui1 dans le cas le plus frquent1 devaient leur faire prfrer la royaut la noblesse4 ,car1 chez le pouvoir royal1 l'industrie trouvait alors videmment ralises au plus haut degr les conditions prcdentes de son affinit primitive pour la puissance fodale1 et spontanment dpouilles1 de part et d'autre1 en vertu d'une lvation suprieure1 de toute source habituelle de graves collisions2 sauf les charges pcuniaires1 qui ne pouvaient d'abord paratre fort onreuses des populations judicieusement disposes1 par un long usage antrieur1 regarder comme minemment favorable la facult de convertir ainsi leurs divers embarras sociaux4 ,aussi cette prdilection spciale envers la royaut s'est-elle fait sentir l mme o les classes industrielles1 comme je l'expliquerai ci-dessous1 ont t exceptionnellement conduites se liguer contre elle avec la noblesse1 surtout en ,angleterre1 o une telle tendance permanente a beaucoup ralenti la dcadence naturelle du pouvoir royal4 ,telle tait donc1 en gnral1 au ,x,i,ve sicle1 la situation fondamentale du nouvel lment temporel1 soit relativement l'ensemble de l'ancien organisme europen1 soit l'gard de ses diverses branches principales4 ,la politique spciale qui en rsultait spontanment pour les classes laborieuses se trouva d'abord1 dans les pays les plus prcoces1 et surtout en ,italie1 sous la direction naturelle des influences1 ecclsiastique ou nobiliaire1 qui avaient t disposes ou contraintes s'incorporer suffisamment aux communauts industrielles1 o l'on distingue alors1 d'une manire si clatante1 la haute intervention primitive1 ordinairement si heureuse1 des nouveaux ordres religieux1 et ensuite l'importance plus durable de quelques grandes familles fodales1 habilement rsignes fonder leur agrandissement sur une pareille assimilation4 ,mais1 sans cesser totalement de subir l'action permanente de ces deux lmens trangers1 les intrts sociaux de l'industrie durent spontanment tomber peu peu sous l'uniforme direction des lgistes1 d'autant plus exclusive que les cits taient plus indpendantes1 par suite d'une incorporation beaucoup plus complte2 si nettement marque1 par exemple1 dans cette curieuse classification industrielle qui formait la base de la constitution florentine1 o les avocats et les notaires figuraient la tte de ce qu'on y nommait les grands arts4 ,on conoit aisment1 en effet1 l'ascendant familier qu'avait d spontanment acqurir1 chez de telles populations1 une classe dont les intrts taient alors1 quoique radicalement htrognes1 intimement unis aux leurs1 et qui seule y pouvait possder l'habitude normale d'une certaine gnralit dans les conceptions sociales4 ,c'est ainsi que les lgistes1 dj naturellement investis1 suivant les explications du chapitre prcdent1 de la direction temporelle du mouvement de dcomposition1 ont pareillement obtenu d'ordinaire la principale influence dans la partie correspondante de la progression organique2 de manire rester encore1 beaucoup d'gards1 sous l'un et l'autre aspect1 les dplorables chefs de l'ensemble du mouvement politique actuel4 ,quelque dsastreuse qu'ait d ensuite devenir leur influence politique1 il ne faut pas oublier que1 cette poque initiale1 elle n'tait pas moins indispensable qu'invitable1 aussi bien pour la progression organique que nous l'avons dj reconnu pour la progression critique3 puisque1 malgr les vices permanens qui lui sont propres1 cette classe tait alors seule capable1 d'ordinaire1 de discuter suffisamment avec les anciens pouvoirs les intrts gnraux de la politique industrielle2 en mme temps1 les classes laborieuses pouvaient ainsi dvelopper plus librement leur activit caractristique1 dont une vaine agitation politique et alors gravement troubl l'essor spontan1 principale base ultrieure de leur ascendant social4 ,ayant dsormais suffisamment analys1 quant l'volution fondamentale du nouvel lment temporel1 d'abord son origine essentielle1 ensuite son caractre propre1 et enfin sa situation gnrale envers le milieu politique correspondant1 il ne nous reste plus ici1 pour complter cette apprciation historique du principal moteur des socits modernes1 qu' y caractriser sommairement son dveloppement universel pendant la mmorable priode des cinq sicles qui ont suivi son essor initial1 selon la marche indique au dbut de ce chapitre4 ,en tudiant1 dans la leon prcdente1 le cours simultan du mouvement rvolutionnaire1 nous avons t spontanment conduits1 sans aucune rsolution antrieure1 et par la seule tendance directe de l'ensemble des vnemens1 partager successivement cette grande poque prparatoire en trois phases conscutives1 suivant l'tat plus ou moins avanc de la dcomposition politique3 la fin du ,x,ve sicle servant sparer les temps o la dissolution1 spirituelle et temporelle1 tait surtout spontane1 de ceux o elle est devenue graduellement systmatique2 et1 pour ce dernier ge1 le milieu environ du ,x,v,i,ie sicle divisant le rgne direct de la philosophie ngative en critique protestante1 purement prliminaire1 et critique diste1 seule dcisive3 d'o rsultent finalement trois priodes peu ingales1 comprenant peu prs1 la premire six gnrations1 la seconde cinq1 et la dernire quatre1 du moins en arrtant celle-ci1 comme nous avons d le faire1 au dbut de la rvolution franaise4 ,or1 la rationnalit fondamentale d'une telle distribution gnrale de notre pass immdiat va maintenant recevoir la plus heureuse et la moins quivoque confirmation1 en ce que le mme ordre doit naturellement prsider ici l'examen philosophique du mouvement lmentaire de recomposition temporelle1 dont les progrs principaux correspondent1 en effet1 avec une remarquable convergence1 ces divers degrs ncessaires du mouvement de dcomposition4 ,comme cette concordance essentielle doit videmment rsulter1 priori1 de la connexit naturelle des deux sries1 sa vrification propre devra rciproquement rendre hautement incontestable tous les bons esprits l'obligation de procder dsormais toute saine apprciation des temps modernes d'aprs la nouvelle division que j'ai t conduit ainsi tablir1 et qui seule1 j'ose l'assurer1 peut soutenir convenablement l'preuve dcisive d'une suffisante conformit entre la progression critique et la progression organique1 dont le concours permanent constitue1 mes yeux1 pour un tel ge1 le vrai criterium de la rationnalit historique4 ,la premire phase1 que1 dans la srie ngative1 nous avons juge1 tant d'gards1 la plus capitale1 conserve certainement la mme supriorit fondamentale dans notre srie positive1 malgr les prventions ordinaires en l'un et l'autre cas4 ,c'est1 en effet1 pendant les deux sicles environ relatifs la principale dcomposition spontane du rgime catholique et fodal d'aprs les luttes intestines de ses lmens essentiels1 que l'industrie a rellement commenc tablir son irrvocable ascendant lmentaire1 de manire manifester dj le vrai caractre pratique de la civilisation moderne4 ,on conoit mme aisment que cette dissolution croissante de l'ordre ancien1 et sa tendance continue vers la dictature temporelle qui en devait provisoirement rsulter1 suivant la thorie du chapitre prcdent1 devaient tre minemment favorables l'volution industrielle1 que les divers pouvoirs s'efforaient l'envi de seconder1 soit d'aprs une sympathie directe1 essentiellement commune tous1 par suite de l'esprit catholique et fodal1 si longtemps protecteur de l'industrie naissante1 soit en vertu des motifs politiques qui devaient plus spcialement disposer l'lment temporel1 tendant alors vers un ascendant trs contest1 se mnager l'appui de forces nouvelles1 dont la haute importance sociale tait dj pleinement irrcusable4 ,en sens inverse1 il n'est pas douteux que l'extension et la consolidation de la vie industrielle ont alors directement commenc seconder activement l'intime dissolution naturelle de l'ancienne constitution sociale1 en tendant de plus en plus1 surtout au sein des villes1 et par suite aussi1 quoiqu' un moindre degr1 jusque parmi les campagnes1 ruiner radicalement l'antique subordination journalire qui lui rattachait auparavant la majorit des classes infrieures4 ,les grandes cits1 principal foyer1 en tout temps1 et surtout chez les modernes1 de la civilisation humaine1 comme le rappelle si heureusement une tymologie expressive1 remontent essentiellement jusqu' cette phase capitale1 avant laquelle l'importance de ,londres1 d',amsterdam1 etc41 et mme de ,paris1 tait encore si faible4 ,quoique les causes purement politiques aient d beaucoup influer sur un tel phnomne1 il est1 au fond1 principalement rsult1 ds lors comme aujourd'hui1 de l'essor industriel1 qui a surtout imprim ces divers centres europens ce caractre fondamental de bienveillante solidarit mutuelle envers les populations moins condenses1 si diffrent du superbe esprit de domination universelle1 propre1 dans l'antiquit1 aux rares chefs-lieux de l'activit militaire4 ,parmi les nombreuses institutions qui1 cette poque1 tmoignent videmment de la prpondrance naissante de la vie industrielle sur la vie militaire1 je dois me borner ici signaler spcialement celle qui1 soit comme symptme1 soit comme cause1 fut assurment la plus dcisive de toutes1 l'tablissement universel des armes soldes1 d'abord temporaires au dbut de cette phase1 et partout permanentes vers sa fin4 ,j'en ai dj suffisamment indiqu1 au chapitre prcdent1 la haute porte pour acclrer notablement la dissolution spontane de l'ancien ordre temporel3 nous ne devons l'envisager maintenant que relativement son influence vraiment fondamentale sur le mouvement industriel4 ,en voyant natre1 en ,italie1 cette grande innovation1 au commencement du ,x,i,ve sicle1 d'abord ,venise1 ensuite ,florence1 chacun peut aisment constater son origine essentiellement industrielle1 pareillement sensible aussi dans son extension ultrieure tout le reste de notre occident1 et qui partout devenait une manifestation non quivoque de l'antipathie croissante des nouvelles populations pour les murs militaires1 ainsi concentres dsormais chez une minorit spciale1 dont la proportion n'a pas1 en gnral1 cess de dcrotre1 malgr l'agrandissement numrique des armes modernes4 ,quant la raction organique d'une telle institution suffisamment dveloppe1 il est clair que sans elle l'essor universel de la vie industrielle n'aurait pu devenir convenablement dcisif1 par le mlange d'habitudes guerrires qui et continu en altrer la pure efficacit morale au sein des populations europennes4 ,ce prambule tait surtout indispensable pour que les classes infrieures pussent enfin tre irrvocablement soustraites la subordination fodale1 et dsormais pleinement rattaches1 comme aujourd'hui1 aux chefs naturels de leurs travaux journaliers2 tandis que1 d'une autre part1 l'essor industriel tendait aussi ruiner essentiellement la grande influence populaire que procurait au clerg son vaste systme de charits publiques1 ds lors de plus en plus secondaire vis--vis des voies nouvelles1 non moins suprieures en importance qu'en moralit1 que l'industrie commenait ouvrir spontanment l'amlioration universelle des conditions temporelles4 ,la double influence ainsi exerce pour l'organisation lmentaire du travail europen tait1 cette poque1 d'autant plus assure que la raret naturelle des ouvriers1 et spcialement de ceux dous de quelque habilet1 y rendait leur situation relative bien plus favorable que de nos jours4 ,en un mot1 sous quelque aspect industriel qu'on tudie cette phase mmorable1 on y trouvera clairement le premier germe social des divers progrs qui ont ensuite caractris1 avec tant d'clat1 les deux phases postrieures4 ,on y voit mme1 ds le dbut1 l'bauche primitive1 distincte quoique imparfaite1 du vrai systme de crdit public1 si justement regard aujourd'hui comme l'un des principes fondamentaux de la constitution industrielle1 mais auquel on suppose communment une source beaucoup trop rcente2 car il remonte certainement aux efforts de ,florence et de ,venise vers le milieu du ,x,i,ve sicle1 bientt suivis de la vaste organisation de la banque de ,gnes1 long-temps avant que la ,hollande1 et ensuite l',angleterre1 pussent acqurir une grande importance financire4 ,si1 aprs cette sommaire apprciation de ce que l'essor social de l'industrie offre alors d'essentiellement uniforme en tout notre occident1 on considre les principales diffrences qui1 sous ce rapport1 devaient distinguer les divers lmens gnraux de la rpublique europenne1 on trouve encore qu'elles s'accordent spontanment avec celles que le chapitre prcdent a pleinement caractrises quant au mouvement simultan de dcomposition temporelle1 suivant qu'il a tendu vers l'irrvocable prpondrance du pouvoir central ou du pouvoir local4 ,on voit1 en effet1 dans cet immense conflit dcisif entre la royaut et la noblesse1 l'industrie1 partout sollicite des deux cts1 se prononcer1 le plus souvent1 d'aprs l'admirable sentiment de la situation qui avait jusque alors caractris sa politique instinctive1 pour celle des deux puissances qui avait t primitivement la plus faible1 mais qui devait ensuite obtenir l'ascendant final1 si utilement second par un tel secours4 ,sans aucun calcul systmatique1 cette sagesse spontane rsultait videmment de la prdilection spciale que les classes laborieuses devaient graduellement concevoir pour celui des deux pouvoirs antagonistes qui1 raison de son infriorit primordiale1 devait tre le mieux dispos s'assurer leur assistance par des services convenables4 ,c'est ainsi surtout que1 diversement dtermine par un esprit identique1 la force industrielle1 en ,france1 contracta avec la royaut la plus intime alliance politique2 tandis que1 au contraire1 en ,angleterre1 elle se ligua contre le trne avec l'aristocratie fodale1 malgr la sympathie naturelle1 ci-dessus explique1 qui1 l comme en tout autre milieu1 l'attirait en sens inverse4 ,une telle diversit ne devait recevoir son dveloppement actif que sous les deux autres phases1 o elle a tant concouru constituer les diffrences fondamentales entre l'industrie franaise et l'industrie anglaise1 la premire tendant surtout une centralisation systmatique1 la seconde des ligues spontanes mais partielles1 suivant la propre nature des lmens fodaux qu'elles choisirent pour contracter cette longue confraternit politique4 ,quoique devant ainsi me borner maintenant signaler la vritable origine historique de ces importans attributs1 je dois d'ailleurs noter ici que1 dans notre srie positive actuelle1 comme dans la srie ngative du chapitre prcdent1 le cas franais a t essentiellement normal1 et commun la majeure partie de la rpublique europenne2 pendant que le cas anglais a t1 au contraire1 minemment exceptionnel1 mais ralis cependant1 un moindre degr1 chez quelques autres populations occidentales1 ainsi que je l'ai indiqu envers le mouvement critique4 ,il est clair1 en effet1 que le premier mode d'volution temporelle est ncessairement de beaucoup le plus favorable l'ascendant social de l'industrie moderne1 dont le principal antagoniste universel tait naturellement la noblesse1 au triomphe politique de laquelle le second mode l'obligeait irrationnellement concourir elle-mme4 ,l'influence spontane de l'une et l'autre marche sur l'ducation mentale de la puissance industrielle conduit aussi de pareilles conclusions1 en montrant que la voie exceptionnelle1 ou anglaise1 devait tendre fortifier1 par une telle alliance1 les habitudes de spcialit dispersive dont la prpondrance constituait ncessairement1 sous l'aspect intellectuel1 le vice universel de l'volution industrielle2 pendant que la voie normale1 ou franaise1 tendait1 au contraire1 corriger spontanment1 un certain degr1 cet inconvnient fondamental1 d'aprs les habitudes manes d'une direction politique plus leve et plus systmatique1 susceptibles de mieux prparer les classes nouvelles l'ultrieure conception rationnelle d'une vritable organisation gnrale1 encore si confusment souponne jusqu'ici4 ,vers la fin mme de la phase que nous considrons1 cette grave diffrence me semble dj rellement caractrise sous plusieurs rapports intressans1 et surtout par une grande institution centrale1 qui a si heureusement influ ds lors sur l'ensemble de l'essor industriel3 on conoit qu'il s'agit de la cration des postes1 alors mane de la royaut franaise1 et par laquelle l'illustre ,louis ,,xi a commenc marquer l'utile intervention d'une influence gnrale dans le systme de l'industrie europenne2 tandis que l'esprit anglais a souvent pouss la dfiance nationale envers toute direction centrale jusqu' repousser directement1 comme on sait1 l'organisation d'une police assez tendue pour garantir la scurit des grandes villes britanniques1 o cette importante amlioration a t si spcialement tardive4 ,en considrant enfin cette phase capitale sous un point de vue plus particulier1 on y trouve aussi l'esprit fondamental de la civilisation moderne profondment empreint1 jusque dans la nature technologique des grandes inventions qui ont alors influ sur les destines ultrieures de l'humanit4 ,j'ai indiqu1 en principe1 la fin de la cinquante-quatrime leon1 que les procds modernes se distinguaient essentiellement de ceux que les anciens employaient des usages quivalens1 par la tendance croissante y substituer les divers agens extrieurs l'action physique de la force humaine2 et j'ai rattach cette diffrence capitale l'mancipation personnelle qui1 chez les modernes1 a rendu l'agent humain beaucoup plus prcieux1 tandis que l'esclavage antique1 permettant de prodiguer l'activit musculaire de l'homme1 repoussait toute large application ordinaire des forces naturelles4 ,les derniers sicles du moyen-ge s'taient dj illustrs1 cet gard1 par diverses crations importantes1 dont l'usage journalier devrait nous faire mieux sentir la barbarie du prjug philosophique qui attribue une tnbreuse tendance aux temps mmorables o l'humanit en fut gratifie4 ,toutefois1 c'est surtout dans la troisime phase moderne que ce grand caractre de notre industrie a d se dvelopper convenablement1 comme je l'expliquerai en son lieu4 ,mais il est nanmoins ncessaire de le remarquer dj envers notre premire phase1 o les conditions fondamentales de la socit moderne me paraissent avoir dtermin surtout trois inventions capitales1 dont une irrationnelle apprciation attribue jusqu'ici l'origine des causes purement accidentelles1 tandis que1 au contraire1 aucun avnement industriel ne me semble avoir t mieux prpar par le systme des influences contemporaines3 il s'agit d'abord de la boussole1 ensuite des armes feu1 et enfin de l'imprimerie4 ,quoique l'invention primitive de la boussole ait certainement prcd1 d'environ deux sicles1 les temps que nous examinons1 c'est cependant au ,x,i,ve sicle qu'il en faut rapporter le perfectionnement suffisant1 et surtout l'usage actif4 ,ce lent progrs est lui-mme trs propre indiquer que la vraie source rationnelle s'en trouvait1 au fond1 dans l'ensemble de la nouvelle situation sociale1 qui poussait dj1 avec une nergie continue1 l'extension et l'amlioration de la navigation europenne1 en imposant toujours d'ailleurs une conomie1 de plus en plus indispensable1 des forces physiques de l'homme4 ,serait-il donc trange que de telles ncessits eussent graduellement inspir le perfectionnement successif1 et mme la recherche initiale1 d'une pareille dcouverte1 en un temps o la philosophie naturelle commenait dj tre activement cultive8 ,quand on a vu1 de nos jours1 tant d'esprits superficiels attribuer aussi au seul hasard la belle observation originale de ,m4 rsted sur l'influence mutuelle de la pile voltaque et de l'aiguille aimante1 comme je l'ai signal dans le second volume de ce ,trait1 on doit assurment se dfier de l'irrationnelle prsomption qui a vulgairement suppos la boussole une origine purement accidentelle1 spcialement dmentie d'ailleurs par de prcieuses indications historiques1 directement relatives aux plus anciennes bauches de thorie1 grossire mais progressive1 dont les phnomnes magntiques ont t l'objet au moyen-ge4 ,une pareille rectification des prjugs ordinaires est encore plus sensible et plus importante envers l'invention1 ou plutt peut-tre l'introduction usuelle#h1 des armes feu1 o tout esprit vraiment philosophique aurait d1 ce me semble1 saisir dj l'influence fondamentale de la nouvelle situation sociale1 poussant1 d'une manire directe et puissante1 perfectionner assez les procds militaires pour que de paisibles populations industrielles pussent enfin lutter rellement contre les tentatives oppressives de la caste guerrire1 sans altrer habituellement leurs travaux par un long et pnible apprentissage1 qui devait mme tre le plus souvent insuffisant contre les rcens progrs de l'armure fodale4 ,la dcouverte chimique de la poudre canon est1 par sa nature1 d'une telle facilit1 qu'on devrait bien plutt s'tonner si elle avait plus longtemps rsist aux nombreux efforts qu'une telle stimulation permanente devait partout susciter cet gard1 en un temps o l'ardeur scientifique tait d'ailleurs dj vivement veille1 surtout quant aux mlanges explosifs4 ,il faut noter1 en outre1 qu'un tel changement se rattachait alors1 par sa nature1 l'institution naissante des armes soldes1 o les rois et les villes avaient tant d'intrt mettre un petit nombre de guerriers d'lite en tat de triompher d'une puissante coalition fodale4 ,sans m'arrter aucunement ici aux irrationnelles exagrations relatives cette invention1 dont l'importance sociale est toutefois incontestable1 j'y dois signaler deux nouvelles considrations capitales1 tendant rectifier1 ce sujet1 la commune opinion des philosophes4 ,la premire1 dj indique1 en principe1 au cinquante-troisime chapitre1 consiste remarquer qu'un tel progrs n'indique nullement1 chez les modernes1 une recrudescence imprvue de l'esprit militaire1 dont les guerriers d'alors dploraient1 au contraire1 avec une si juste navet1 qu'il et notablement acclr le dcroissement universel4 ,toute convenable apprciation comparative tablira clairement1 en gnral1 que1 nonobstant cette grande innovation1 l'industrie militaire des anciens tait1 eu gard aux temps et aux moyens1 trs suprieure la ntre1 par suite de l'importance beaucoup plus fondamentale que la guerre devait avoir habituellement chez eux4 ,aujourd'hui surtout1 il est clair que les procds militaires sont infiniment au-dessous de la puissante extension que nos connaissances et nos ressources permettraient d'imprimer rapidement l'ensemble des appareils destructifs1 si les nations modernes pouvaient jamais subir1 sous ce rapport1 par une situation exceptionnelle1 une stimulation1 mme passagre1 quivalente celle qui sollicitait communment les peuples anciens4 ,l'autre rectification se rapporte la confusion historique o l'on tombe frquemment en attribuant l'introduction des armes feu plusieurs consquences sociales rellement dues l'institution simultane des soldats permanens3 c'est ainsi que d'minens philosophes1 et surtout ,adam ,smith1 ont expliqu la tendance des guerres modernes se placer de plus en plus sous la dpendance de l'essor industriel1 par suite de l'norme accroissement des frais militaires4 ,or1 cette incontestable extension de dpenses publiques me semble drive1 au contraire1 de la substitution croissante des troupes soldes des armes volontaires et gratuites2 transformation qui et certainement produit un tel rsultat1 quand mme la nature des armes n'aurait pas t change3 comme l'indique aisment une judicieuse comparaison entre les frais respectifs des deux systmes1 d'o peut-tre on devrait plutt conclure que les nouveaux procds procurrent d'abord une vritable conomie totale4 ,enfin1 je dois surtout signaler ici1 sur cet important sujet1 une consquence trs heureuse1 et nanmoins inaperue jusqu' prsent1 de cette grande rvolution militaire1 qui1 en imprimant l'art de la guerre un caractre de plus en plus scientifique1 a directement tendu intresser tous les pouvoirs l'actif dveloppement continu de la philosophie naturelle1 et mme sa propagation sociale1 par de nombreux tablissemens spciaux1 dont l'utile cration et t1 sans doute1 bien plus tardive sans une telle solidarit1 que j'ai d'ailleurs dj signale1 en terminant le tome quatrime1 comme tendant aussi rapprocher l'esprit militaire des convenances fondamentales de la civilisation moderne1 par la positivit rationnelle qu'il a ainsi tendu acqurir de plus en plus4 ,note #h3 ,un philosophe militaire1 que j'ai dj cit dans une note de la cinquante-troisime leon1 a pens1 de nos jours1 que la poudre avait toujours t connue depuis l'antique domination des thocraties orientales1 et que son emploi1 jamais totalement abandonn1 avait seulement t tendu1 sous de nouvelles formes1 des usages militaires plus considrables1 par les hardis explorateurs de la fin du moyen-ge4 ,cette hypothse ne serait certes nullement contraire mon apprciation historique1 en prouvant que cette pratique avait pris une grande importance aux temps prcis o les besoins sociaux en avaient d solliciter l'extension4 ,quant sa vraisemblance intrinsque1 l'auteur la fondait sur la notoire nitrification spontane de la surface du sol en beaucoup de lieux de l'gypte1 de l',inde1 et mme de la ,chine1 o sans exiger1 en effet1 de grandes connaissances chimiques1 la sagesse sacerdotale l'aurait aisment applique consolider la domination thocratique2 comme il tentait de le prouver par les ingnieuses ressources qu'il tirait naturellement de sa vaste rudition spciale1 appuye surtout de nombreux passages bibliques1 d'o il croyait pouvoir conclure l'usage prolong des mlanges explosifs enseigns ,mose par les prtres gyptiens4 ,une semblable apprciation historique est plus indispensable encore et non moins vidente envers la troisime grande invention technologique ci-dessus indique1 communment reste jusqu'ici le sujet1 pour ainsi dire oblig1 d'une admiration ridiculement dclamatoire1 incompatible avec tout vritable examen philosophique1 par suite d'une irrationnelle exagration qui1 sans tenir aucun compte essentiel de la civilisation antrieure1 dispose rattacher surtout l'art typographique l'ensemble d'un mouvement progressif o il n'a pu utilement intervenir qu' titre de puissant moyen matriel de propagation universelle1 et par suite aussi de consolidation indirecte4 ,autant1 et mme davantage que les deux prcdentes1 cette innovation capitale1 dont l'importance n'exige assurment aucune explication nouvelle1 fut un rsultat ncessaire de la situation naissante des socits modernes1 source spontane1 cet gard1 d'une profonde stimulation permanente1 graduellement dveloppe depuis trois sicles1 surtout en consquence de l'essor industriel succdant l'mancipation personnelle4 ,dans cette antiquit trop vante1 o1 en vertu de l'esclavage et de la guerre1 les productions de l'esprit humain ne pouvaient jamais trouver qu'un petit nombre de lecteurs d'lite1 le mode naturel de propagation des crits tait1 sans doute1 pleinement suffisant pour correspondre aux besoins normaux1 et mme pour satisfaire quelquefois des ncessits extraordinaires4 ,il en fut tout autrement au moyen-ge1 o l'immense extension d'un puissant clerg europen1 naturellement pouss la lecture1 quelques reproches qu'aient pu ultrieurement mriter sa paresse et son ignorance1 devait tant exciter un intime dsir continu de rendre les transcriptions plus conomiques et plus rapides4 ,quand l'essor de la scolastique1 aprs l'entire ascension politique du catholicisme1 fut venu1 comme je l'ai expliqu1 imprimer directement une nergie nouvelle au mouvement intellectuel1 cette ncessit devait videmment faire natre1 cet gard1 une inquite sollicitude permanente1 en un temps o d'avides auditeurs affluaient habituellement par milliers dans les principales universits de l',europe1 comme on le voit dj partout au douzime sicle1 o la multiplication des exemplaires avait d acqurir une extension que les anciens n'avaient jamais pu connatre4 ,mais l'entire abolition du servage1 et le dveloppement simultan d'une activit industrielle de plus en plus rpandue1 durent ensuite rendre un tel besoin plus irrsistible encore1 et surtout bien plus universel1 mesure que l'aisance croissante devait multiplier les lecteurs1 pendant que l'industrie tendait propager1 jusqu'aux derniers rangs sociaux1 le dsir et mme l'obligation d'une certaine instruction crite1 laquelle la parole ne pouvait plus convenablement suppler3 il serait d'ailleurs superflu d'insister1 cet gard1 sur le puissant concours spontan de l'essor mental simultan1 esthtique1 scientifique et philosophique1 qui caractrisait aussi cette premire phase de rvolution moderne1 comme je l'expliquerai bientt4 ,ainsi1 en aucun cas antrieur1 des exigences sociales nettement prononces n'avaient pu1 sans doute1 susciter et maintenir une tendance spciale vers un nouvel art1 autant que dut le faire alors la situation fondamentale de l'lite de l'humanit relativement la typographie4 ,or1 d'un autre ct1 quelle qu'en soit rellement la difficult technologique1 trs suprieure1 ce me semble1 celle de l'invention ci-dessus apprcie1 il n'est pas douteux que l'industrie moderne avait dj hautement manifest depuis longtemps1 par plusieurs crations importantes1 son aptitude caractristique substituer les procds mcaniques l'usage direct des agens humains1 conformment au principe rappel plus haut4 ,quelques sicles auparavant1 le plus indispensable prambule de l'art typographique avait t suffisamment ralis par l'heureuse innovation du papier1 premier rsultat vident de la tendance croissante faciliter les transcriptions4 ,d'aprs un tel ensemble de considrations1 une apprciation vraiment philosophique1 loin de justifier l'irrationnelle surprise qu'inspire ordinairement une dcouverte si poursuivie et tant prpare1 conduirait bien plutt rechercher soigneusement pourquoi elle fut aussi tardive1 ce qui exigerait une discussion trop spciale pour tre ici convenablement place2 quoique dj notre thorie antrieure indique spontanment les actives controverses contemporaines sur la nationalisation des divers clergs europens1 afin de consolider la suprmatie naissante du pouvoir temporel1 comme ayant d alors exciter1 chez toutes les classes1 et surtout en ,allemagne1 un sentiment encore plus vif du besoin de perfectionner la propagation des livres4 ,en terminant cet examen sommaire1 je crois d'ailleurs devoir signaler1 au sujet de l'imprimerie1 une importante considration historique1 inaperue jusqu'ici1 en indiquant l'utile solidarit permanente que l'essor intellectuel a ds lors directement contracte avec la marche d'un nouvel art1 destin acqurir bientt une grande porte industrielle1 et dont les intrts1 de plus en plus respects par des pouvoirs protecteurs du travail1 ont si heureusement forc1 en tant d'occasions1 la plus ombrageuse politique tolrer la libre circulation des crits1 et par suite mme favoriser leur production1 afin de ne point tarir une source de richesse publique1 dsormais de plus en plus prcieuse4 ,ce motif universel1 qui eut d'abord tant de poids en ,hollande1 sous les deux autres phases gnrales de l'volution moderne1 dut exercer aussi1 quoique un moindre degr1 une notable influence ultrieure dans tout le reste de la rpublique europenne1 o il contribue souvent encore contenir les vellits rtrogrades inspires aux gouvernemens par les abus de la presse1 indistinctement accessible1 de sa nature1 aux plus viles et aux plus nobles inspirations mentales1 en vertu des conditions d'existence propres notre anarchie spirituelle4 ,telle est donc1 en gnral1 la saine explication historique des trois inventions fondamentales qui devaient le mieux caractriser la premire poque essentielle du dveloppement industriel4 ,malgr leur juste clbrit1 on voit ainsi qu'elles durent surtout rsulter spontanment de la nouvelle situation sociale2 parce qu'aucune d'elles1 mme la dernire1 n'offrait alors une assez grande difficult technologique pour chapper longtemps une persvrante succession d'efforts intelligens1 convenablement stimuls par d'imprieuses exigences journalires4 ,si1 comme on l'a tant rpt1 l'bauche directe de ces trois arts fut rellement beaucoup plus ancienne chez certaines populations de l'orient asiatique1 sans y avoir cependant dtermin aucun des immenses rsultats sociaux qu'une irrationnelle apprciation attribue vulgairement leur unique influence1 une telle concidence ne pourrait assurment que confirmer1 tous gards1 l'ensemble de notre explication4 ,envers des dcouvertes aussi capitales1 et encore aussi mal juges1 j'ai cru devoir m'carter une seule fois de l'indispensable gnralit qui doit habituellement caractriser notre laboration historique3 heureux si cette opration exceptionnelle peut offrir un exemple dcisif de la vive lumire philosophique que rpandrait1 sur l'histoire rationnelle des arts1 l'usage convenable de la saine thorie fondamentale propre l'volution totale de l'humanit1 conformment aux principes logiques du tome quatrime quant l'intime solidarit ncessaire entre les divers aspects quelconques du mouvement humain4 ,mais il est clair que1 dans tout le reste de notre analyse dynamique1 les autres grandes crations de l'industrie moderne ne doivent nullement donner lieu un semblable examen spcial1 quels que puissent tre leur mrite et leur importance1 dont l'apprciation sociale devra tre rserve pour le ,trait ultrieur que j'ai frquemment indiqu4 ,afin de complter convenablement l'examen gnral de cette premire phase essentielle de l'volution industrielle1 il semblerait d'abord ncessaire d'envisager ici les deux immenses dcouvertes gographiques qui en ont tant illustr la fin1 s'il n'tait pas vident que toute leur influence relle appartient exclusivement la phase suivante1 par l directement rattache1 sous l'aspect qui nous occupe1 celle que nous venons d'tudier4 ,je dois donc1 cet gard1 me borner maintenant indiquer l'incontestable enchanement qui devait faire des deux immortelles expditions de ,colomb et de ,gama un rsultat spontan de l'ensemble du mouvement propre cette poque fondamentale4 ,or1 cette filiation ncessaire repose videmment sur la tendance naturelle de l'industrie moderne explorer1 en temps opportun1 la surface totale du globe1 d'aprs les saines notions universellement rpandues1 depuis l'cole d',alexandrie1 sur sa figure gnrale1 aussitt que l'usage actif de la boussole aurait permis d'audacieuses tentatives maritimes1 et que l'essor unanime du commerce europen aurait suffisamment pouss lui chercher de nouveaux champs2 tandis que1 d'une autre part1 la concentration naissante du pouvoir temporel aurait rendu possible l'accumulation des diverses ressources indispensables au succs final de ces aventureuses excursions1 qui durent tre alors essentiellement interdites1 par exemple1 aux principales puissances italiennes1 malgr leur haute supriorit navale1 par une invitable consquence de leurs luttes destructives1 suivant la juste remarque de plusieurs historiens italiens4 ,si1 comme il est vraisemblable1 quelques sicles auparavant1 de hardis pirates scandinaves avaient rellement visit le nord de l',amrique1 ces courses striles ne font que mieux ressortir combien il est certain que rien d'essentiel ne put tre fortuit dans l'issue favorable de la mmorable opration de ,colomb2 en vrifiant plus nettement que sa valeur sociale devait surtout tenir son intime solidarit avec l'ensemble de la civilisation contemporaine1 qui1 pendant le cours presque entier du ,x,ve sicle1 avait dj spcialement prpar ce grand rsultat dfinitif1 par des essais toujours croissans d'heureuse navigation atlantique1 graduellement suivis d'utiles tablissemens europens4 ,telles sont donc1 enfin1 les principales considrations que je devais sommairement indiquer ici sur l'apprciation philosophique propre cette phase fondamentale du mouvement lmentaire de recomposition temporelle4 ,intgralement considre1 sa marche nous a videmment prsent1 non-seulement une connexit ncessaire1 que j'ai suffisamment explique1 avec celle du mouvement simultan de dcomposition du rgime ancien1 mais aussi envers elle une notable conformit de caractre1 en vertu de leur mmorable spontanit commune1 encore trs peu altre par aucune influence systmatique4 ,la suite de notre analyse dynamique va confirmer ce rapprochement continu1 si propre faire hautement ressortir la rationnalit effective de notre thorie historique1 en montrant toujours que la systmatisation graduelle de la progression positive concidera pareillement dsormais avec celle de la progression ngative1 tudie dans la leon prcdente4 ,ds la seconde phase gnrale de l'volution moderne1 c'est--dire pendant le dveloppement du protestantisme1 depuis le commencement du ,x,v,ie sicle jusque vers le milieu du ,x,v,i,ie1 on remarque1 en effet1 sous des formes diverses mais quivalentes1 chez les diffrens peuples de l'occident europen1 une nouvelle tendance croissante la rgularisation du mouvement industriel1 mesure que le mouvement rvolutionnaire se subordonnait aussi davantage une philosophie directement critique4 ,auparavant1 les gouvernemens avaient d surtout envisager l'essor naissant des classes laborieuses1 partir de l'entire mancipation personnelle1 comme introduisant dsormais une puissante intervention auxiliaire au milieu des grandes luttes intestines qui devaient alors constituer la principale proccupation ordinaire des pouvoirs ultrieurement destins la prpondrance3 en sorte que toutes leurs vues systmatiques se rduisaient essentiellement1 sous ce rapport1 se mnager habituellement1 par des concessions convenables1 une aussi prcieuse assistance1 sans qu'il ft encore possible de donner suite aucune importante combinaison de politique industrielle1 tant que la concentration temporelle ne pouvait tre suffisamment ralise4 ,mais1 au contraire1 sous la phase que nous commenons maintenant examiner1 cette centralisation ncessaire tait dj assez avance partout pour rendre de plus en plus superflue l'ancienne coopration spciale des nouvelles forces sociales aux principaux conflits politiques3 en mme temps1 les gouvernemens modernes1 par l naturellement levs un point de vue plus gnral1 devaient graduellement tenter de subordonner quelques conceptions d'ensemble le mouvement industriel1 qui jusque alors avait d tre minemment spontan1 et dont les services antrieurs avaient irrvocablement tabli la haute importance politique4 ,pour complter ce principe d'apprciation1 adapt la nature de toute cette seconde phase1 il faut enfin ajouter que1 dans cette tendance naissante l'encouragement systmatique de l'industrie1 la dictature temporelle1 monarchique ou aristocratique1 ne pouvait encore tre dirige1 mme son insu1 par les impulsions philosophiques sur la prpondrance pratique de l'industrie1 qui ont exerc tant d'empire pendant la troisime et dernire phase de l'volution prparatoire des socits modernes1 comme je l'expliquerai en son lieu3 au ,x,v,ie sicle1 et mme au ,x,v,i,ie1 la guerre n'avait point cess d'tre regarde comme le principal but des gouvernemens2 seulement ils avaient dfinitivement reconnu la ncessit de favoriser1 autant que possible1 le dveloppement industriel1 titre de base dsormais indispensable de la puissance militaire2 ce qui tait assurment le seul progrs alors ralisable dans les penses fondamentales des hommes d'tat4 ,on voit donc ainsi de plus en plus que notre intime correspondance continue entre la marche gnrale du mouvement organique et celle du mouvement critique ne tient point une vaine prdilection scientifique pour une strile symtrie abstraite1 mais qu'elle ressort vritablement d'une saine apprciation de l'ensemble des faits historiques1 qui nous montrent ici les deux progressions comme devenues simultanment systmatiques1 et mme un premier degr commun4 ,cette systmatisation naissante nous a prsent1 dans la srie ngative1 une distinction vraiment fondamentale1 suivant la nature1 monarchique ou aristocratique1 de la dictature temporelle qui en devait tre partout1 la fin de cette seconde phase1 la consquence ncessaire4 ,il est clair que la mme division se reproduit ici1 de la manire la plus directe1 d'aprs la diffrence gnrale1 ci-dessus explique1 entre les deux modes essentiels de coalition politique du nouvel lment social avec les divers pouvoirs anciens1 pendant la phase prcdente1 qui fut1 tous gards1 le vrai principe de celle-ci4 ,on conoit1 en effet1 comme je l'ai dj indiqu par anticipation1 que la tendance la systmatisation politique de l'industrie a d prsenter un caractre pratique fort distinct1 suivant que cette action rgulatrice a t dirige par la force centrale ou la force locale du rgime fodal4 ,dans l'un et l'autre cas1 une telle rgularisation a1 sans doute1 galement exig d'abord l'indispensable sacrifice de l'ancienne indpendance propre aux principales cits industrielles1 et qui1 longtemps ncessaire leur essor spcial1 ne constituait plus alors qu'un dangereux obstacle la formation des grandes units nationales1 si importante tous les progrs ultrieurs1 mme purement industriels3 en sorte que l'industrie devait rellement beaucoup plus gagner1 en dernier lieu1 cette grande concentration politique1 qu'elle ne pouvait perdre par la suppression de ces immunits locales1 dj dgnres presque partout1 depuis la cessation naturelle d'une plus noble destination permanente1 en motifs continus d'une strile rivalit mutuelle2 aussi cette absorption prliminaire1 destine incorporer irrvocablement chaque foyer industriel un organisme plus gnral1 s'accomplit-elle presque sans rclamation1 au commencement de cette poque4 ,toutefois1 la diversit des deux modes essentiels a d prsenter1 sous ce rapport1 des diffrences considrables1 encore trs sensibles aujourd'hui2 puisque la constitution primitive des communauts industrielles devait invitablement laisser beaucoup plus de traces l o cette concentration nouvelle tait prside par une dictature essentiellement aristocratique2 tandis que les anciens privilges urbains devaient naturellement s'effacer bien davantage quand l'incorporation tait1 au contraire1 domine par l'action plus systmatique de la royaut4 ,depuis cette premire influence1 la diffrence ncessaire entre ces deux marches n'a pas cess de se faire pareillement sentir jusqu' la fin de cette phase1 et mme encore plus peut-tre sous la suivante1 en offrant1 de part et d'autre1 des avantages et des inconvniens propres chaque cas1 et qui1 sans tre1 beaucoup prs1 finalement quivalens1 expliquent nanmoins suffisamment les diverses prdilections nationales qui s'y sont attaches1 suivant la nature essentielle des situations correspondantes4 ,le mode franais1 ou monarchique1 que1 sans aucune purile inspiration patriotique1 j'ai d ci-dessus qualifier de normal1 tait videmment le plus propre1 par la prdominance directe de l'action centrale1 prparer l'industrie une vritable organisation ultrieure1 assez affranchie des impulsions locales pour devenir enfin1 suivant l'heureux caractre fondamental du nouvel lment social1 pleinement compatible avec l'essor simultan de toute la rpublique europenne1 en rduisant l'instinct de nationalit constituer habituellement la source salutaire d'une sage mulation4 ,a la fin de notre seconde phase1 la dictature temporelle avait ainsi marqu1 en ,france1 son vrai caractre naturel1 par le bel ensemble d'oprations qui a si justement immortalis l'admirable ministre du grand ,colbert1 tendant1 avec une si noble efficacit1 dvelopper la fois les trois lmens essentiels de la civilisation moderne1 d'aprs un judicieux mlange de direction et d'encouragement1 et en mme temps baucher aussi la rgularisation directe de leurs rapports partiels3 ce qui1 eu gard au sicle1 constituait certainement un type administratif dont l'quivalent n'a jusqu'ici t jamais reproduit1 en aucun lieu4 ,mais il est clair aussi que l'invitable rtrogradation des inclinations monarchiques vers une noblesse essentiellement antipathique l'industrie1 selon les explications du chapitre prcdent1 devait1 en sens inverse1 hautement manifester1 pendant la gnration suivante1 comme je le montrerai bientt1 les imperfections radicales d'une telle politique1 qui1 mme en ce cas1 ne pouvait alors1 sauf l'utile impulsion qui en est immdiatement rsulte1 donner lieu qu' une insuffisante indication provisoire de ce que la rorganisation finale des socits modernes pourra seule convenablement raliser4 ,en renversant l'une et l'autre apprciation1 on trouvera aisment ce qui convient au mode exceptionnel1 ou anglais1 que j'ai d dsigner surtout d'aprs le cas le plus favorable son entire application1 quoique d'ailleurs il se soit d'abord dvelopp en ,hollande1 pendant la phase que nous examinons2 malgr l'influence prparatoire du rgne d'lisabeth1 c'est1 en effet1 sous la direction de ,cromwell1 que cette autre marche industrielle a seulement commenc manifester1 en ,angleterre1 son caractre propre4 ,ses avantages essentiels rsultent surtout de l'intime solidarit ainsi rgularise entre l'lment industriel et l'lment fodal1 par la participation habituelle1 quelquefois active1 mais le plus souvent passive1 de la noblesse aux oprations industrielles1 dont l'essor journalier reoit ds-lors partiellement un utile encouragement continu chez la classe prpondrante1 type naturel de l'imitation universelle1 et source continue des plus puissans capitaux4 ,cette combinaison permanente1 qui1 trois sicles auparavant1 avait fond la prosprit spciale de ,venise1 offre1 sans doute1 d'importantes proprits directes1 incompatibles avec le stupide ddain de l'aristocratie franaise pour les classes laborieuses4 ,mais1 outre qu'on est aujourd'hui trop port exagrer de tels avantages1 qui n'ont pas empch la dcadence de l'industrie vnitienne1 il faut surtout noter ici que cette seconde marche1 malgr sa spcieuse supriorit partielle et immdiate1 est bien moins favorable que la premire l'avnement final d'une vritable organisation industrielle1 ainsi doublement loigne1 soit par la prpondrance qu'y acquiert ncessairement l'esprit de dtail sur l'esprit d'ensemble1 et qui s'y combine avec un instinct plus puissant de nationalit goste1 soit aussi par le prolongement spcial qui en rsulte pour la suprmatie sociale de l'lment fodal le plus oppos toute franche abolition intgrale du rgime ancien4 ,enfin1 cette double apprciation comparative a besoin d'tre complte1 en principe1 en observant que1 d'aprs le chapitre prcdent1 la distinction europenne de ces deux modes a t1 en gnral1 conforme la rpartition territoriale entre le catholicisme et le protestantisme1 la fin de la phase que nous examinons4 ,la ,prusse me semble seule offrir1 cet gard1 une importante exception1 qui1 dans une histoire concrte1 aurait mrit une analyse spciale1 afin d'expliquer la conciliation anomale qui s'y est tablie entre la suprmatie lgale du protestantisme et l'ascendant rel de la royaut4 ,il est ais de concevoir1 en gnral1 que1 sous l'aspect qui nous occupe1 chacune de ces deux situations spirituelles a d notablement fortifier l'influence ncessaire de la situation temporelle correspondante4 ,le caractre profondment rtrograde que la dcadence du catholicisme lui imprimait alors spontanment1 comme je l'ai expliqu1 devait1 en effet1 spcialement dvelopper1 cette poque1 la tendance anti-industrielle propre tout esprit thologique2 d'o rsulte certainement l'une des principales causes de l'infriorit relative qui1 sans aucune rtrogradation relle1 a d ds-lors distinguer1 dans l'active concurrence industrielle des divers lmens europens1 les populations o l'ascendant catholique a trop persist1 et mme celles qui avaient t si longtemps le sige principal de l'industrie moderne1 pendant que le catholicisme tait encore progressif4 ,sans doute l'esprit protestant1 en tant que pareillement thologique1 n'est pas1 au fond1 plus favorable l'volution systmatique de l'industrie humaine1 laquelle mme1 s'il pouvait indfiniment prvaloir1 il deviendrait finalement beaucoup plus contraire1 comme une foule d'exemples ont pu dj l'indiquer1 par son dfaut caractristique de toute vraie discipline religieuse1 qui1 ouvrant une libre carrire au cours spontan des aberrations individuelles1 dtruit radicalement1 cet gard comme tout autre1 les avantages sociaux inhrens l'aptitude fondamentale de la sagesse sacerdotale pour temprer1 dans la pratique1 l'extrme imperfection d'une telle philosophie1 suivant nos explications antrieures4 ,toutefois1 raison mme de son action ngative1 l'influence protestante a d provisoirement seconder1 chez les populations correspondantes1 l'essor graduel de l'industrie1 tant qu'il devait surtout dpendre du plus libre dveloppement possible de l'activit personnelle1 ainsi que l'exprience l'a dmontr1 aux temps que nous considrons1 en plaant dans la ,hollande le principal foyer de l'industrie europenne1 transport ensuite en ,angleterre sous la troisime phase4 ,mais les nations protestantes sont probablement destines compenser ultrieurement1 mme cet gard1 cette supriorit passagre1 par les obstacles spciaux qu'une plus intime prpondrance du point de vue pratique et des instincts personnels doit y opposer ncessairement l'avnement final d'une vraie rorganisation europenne4 ,l'universelle systmatisation politique qui1 pendant notre seconde phase1 a commenc caractriser l'volution industrielle1 jusque alors essentiellement spontane1 et les diffrences fondamentales que prsentent1 sous ce rapport1 ses deux modes gnraux de ralisation historique1 me paraissent fidlement caractrises dans la plus large extension que put alors recevoir l'essor industriel1 par la fondation naissante du systme colonial1 prpare sous la phase prcdente1 et qui a tant influ sur la suivante4 ,sans revenir assurment aux dissertations dclamatoires du sicle dernier relativement l'avantage ou au danger final de cette vaste opration pour l'ensemble de l'humanit1 ce qui constitue une question aussi oiseuse qu'insoluble1 il serait intressant d'examiner s'il en est dfinitivement rsult une acclration ou un retard pour l'volution totale1 la fois ngative et positive1 des socits modernes4 ,or1 cet gard1 il semble d'abord que la nouvelle destination capitale ainsi ouverte l'esprit guerrier1 sur la terre et sur la mer1 et l'importante recrudescence pareillement imprime l'esprit religieux1 comme mieux adapt la civilisation de populations arrires1 ont tendu directement prolonger la dure gnrale du rgime militaire et thologique1 et1 par suite1 loigner spcialement la rorganisation finale4 ,mais1 en premier lieu1 l'entire extension que le systme des relations humaines a ds lors tendu recevoir graduellement1 a d faire mieux comprendre la vraie nature philosophique d'une telle rgnration1 en la montrant comme finalement destine l'ensemble de l'humanit2 ce qui devait mettre en plus haute vidence l'insuffisance radicale d'une politique conduite alors1 en tant d'occasions1 dtruire systmatiquement les races humaines1 dans l'impuissance de les assimiler4 ,en second lieu1 par une influence plus directe et plus prochaine1 l'active stimulation nouvelle que ce grand vnement europen a d partout imprimer l'industrie1 a certainement augment beaucoup son importance sociale et mme politique3 en sorte que1 tout compens1 l'volution moderne en a1 ce me semble1 prouv ncessairement une acclration relle1 dont toutefois on se forme communment une opinion trs exagre4 ,quoi qu'il en soit1 cette comparaison est ici destine surtout faire mieux ressortir l'indication philosophique des effets les plus gnraux de cette expansion fondamentale1 la fois symptme et agent1 direct ou indirect1 de l'essor universel de l'industrie moderne4 ,pour en apprcier dignement l'action ncessaire1 il faut ajouter aussi que1 suivant la judicieuse remarque des principaux philosophes de l'cole cossaise1 l'influence s'en est fait pareillement sentir1 et peut-tre d'une manire encore plus heureuse1 surtout pour l',allemagne1 dans les parties de la rpublique europenne qui1 par divers motifs1 et principalement raison de leur situation gographique1 ont d spcialement rester presque trangres l'ensemble du mouvement colonial4 ,considr maintenant dans sa principale diversit1 ce mouvement a d prendre ncessairement un caractre fort distinct1 suivant qu'il a t dirig par la politique monarchique et catholique ou par la dictature aristocratique et protestante1 conformment la division ci-dessus explique4 ,dans ce dernier cas1 la nature du mode correspondant y a fait prdominer surtout l'activit individuelle1 simplement seconde par l'gosme national1 dont la systmatisation croissante y fut souvent pousse jusqu'aux plus monstrueuses aberrations pratiques2 comme l'indiquent1 par exemple1 les destructions mthodiques que l'avidit hollandaise exera si longtemps sur les productions trop universelles de l'archipel quatorial4 ,quant au premier cas1 dont l'apprciation ordinaire est beaucoup moins satisfaisante1 j'y dois principalement signaler ici le caractre1 bien plus politique qu'industriel1 que prsente1 mes yeux1 sa plus vaste ralisation4 ,or1 en considrant l'ensemble du systme colonial de l',espagne et mme du ,portugal#i1 si diffrent de celui de la ,hollande et de l',angleterre1 on y reconnat d'abord1 avec une pleine vidence1 la profonde concentration systmatique propre la nature1 monarchique et catholique1 du pouvoir dirigeant4 ,mais1 par un examen mieux approfondi1 on trouve1 ce me semble1 que ce systme fut surtout conu comme un indispensable complment de la politique hautement rtrograde alors organise par la royaut espagnole1 comme je l'ai expliqu au chapitre prcdent2 car il offrait habituellement une telle politique la double proprit essentielle d'accorder la noblesse et au sacerdoce une large satisfaction personnelle1 et d'ouvrir une issue capitale un essor industriel dont l'inquite activit intrieure s'tait dj montre hostile au rgime correspondant1 qui1 malgr ses prcautions solennelles contre toute mancipation sociale1 n'aurait pu certainement conserver si longtemps une dplorable consistance1 s'il n'avait prsent1 aux diverses classes actives1 une semblable compensation normale3 en sorte que1 comme quelques philosophes l'ont souponn1 il n'est gure douteux que1 pour cette nergique nation1 l'expansion coloniale n'ait finalement contribu ralentir gravement l'volution fondamentale4 ,note #i3 ,la comparaison gnrale de ces deux grandes colonisations catholiques a donn lieu1 de la part de l'illustre de ,maistre1 une trs belle observation historique sur le contraste mmorable que prsente l'absence prolonge de tout profond conflit colonial entre deux nations aussi naturellement rivales1 avec l'acharnement continu des nations protestantes au sujet de colonies beaucoup moins prcieuses4 ,mais les proccupations systmatiques de cet minent philosophe l'ont conduit faire trop exclusivement dpendre cette incontestable diffrence de l'heureuse influence du catholicisme pour contenir d'imminentes animosits1 d'aprs le principe d'quitable rpartition coloniale1 entre les deux populations de la pninsule ibrique1 judicieusement pos par la clbre bulle d',alexandre ,,vi4 ,sans mconnatre l'importance relle d'une telle explication1 que j'ai moi-mme cite autrefois1 je pense qu'elle est dfectueuse en ce sens qu'on y nglige totalement une cause gnrale1 beaucoup plus puissante mon gr1 drive du systme politique caractris dans le texte4 ,c'est surtout1 mes yeux1 parce que la colonisation n'avait point1 en ce cas1 une destination essentiellement industrielle1 que ces conflits ont pu tre vits d'aprs la commune prpondrance de la politique rtrograde1 dont les intrts identiques devaient habituellement absorber les motifs secondaires de rivalit nationale1 quand d'ailleurs ces motifs devaient tre naturellement attnus par l'immensit du champ ainsi respectivement ouvert l'expansion coloniale des deux populations4 ,le catholicisme n'aurait alors exerc1 cet gard1 d'influence fondamentale1 que comme principale base ncessaire d'une telle politique1 indpendamment de tout respect spcial pour aucune dcision papale4 ,je ne crois pas devoir terminer une telle indication1 sans fournir ici ma sincre participation spciale l'unanime rprobation philosophique que devra toujours mriter la monstrueuse aberration sociale par laquelle l'avidit europenne ternit alors le lgitime clat de ce grand mouvement4 ,trois sicles aprs l'entire mancipation personnelle1 le catholicisme en dcadence est conduit sanctionner1 et mme provoquer1 non-seulement l'extermination primitive de races entires1 mais surtout l'institution permanente d'un esclavage infiniment plus dangereux que celui dont il avait si noblement concouru raliser l'abolition totale4 ,en tablissant1 surtout au cinquante-troisime chapitre1 la vraie thorie sociologique de l'esclavage1 envisag1 soit comme base normale du premier rgime politique1 soit comme indispensable condition de l'ensemble du dveloppement humain1 j'ai dj suffisamment fltri d'avance cette honteuse anomalie1 en montrant spcialement1 ce sujet1 que les institutions convenables la sociabilit militaire devaient tre antipathiques la sociabilit industrielle1 ncessairement fonde sur l'affranchissement universel1 et dans laquelle1 au contraire1 l'esclavage colonial tendait alors introduire une situation galement dgradante pour le matre et pour le sujet1 dont l'activit homogne devait tre1 en gnral1 pareillement nerve1 tandis que1 chez les anciens1 la diverse nature des destinations avait comport1 et mme excit1 un certain degr1 la simultanit d'essor4 ,la raction ncessaire de cette immense aberration1 malgr son application lointaine1 sur les parties correspondantes de la population europenne1 devait y favoriser indirectement l'esprit de rtrogradation ou d'immobilit sociale1 en y interdisant l'entire extension philosophique des gnreux principes lmentaires propres l'volution moderne2 puisque leurs plus actifs dfenseurs se sont ainsi frquemment trouvs1 contradictoirement de fastueuses dmonstrations philanthropiques1 personnellement intresss au maintien de la plus oppressive politique4 ,sous ce rapport1 les nations protestantes devaient tre encore plus vicieusement affectes que les peuples catholiques1 o l'action sacerdotale1 quoique trs affaiblie1 a noblement tent de rparer1 par une utile intervention journalire1 sa dplorable participation primitive une telle monstruosit sociale2 pendant que1 dans les colonies protestantes1 l'anarchie spirituelle lgalement consacre devait habituellement laisser un libre cours l'oppression prive1 sauf l'inerte opposition de quelques vains rglemens temporels1 ordinairement forms1 ou du moins appliqus1 par les oppresseurs eux-mmes4 ,relativement cette commune anomalie europenne1 j'aime noter ici que la ,france eut1 ds l'origine1 le bonheur de trouver la situation la moins dfavorable1 parmi les puissances coloniales3 ayant pris au mouvement de colonisation une assez grande part directe pour en retirer continuellement une importante stimulation industrielle1 sans s'y tre toutefois assez engage pour en faire essentiellement dpendre son essor pratique2 vitant ainsi que son avenir social pt jamais tre gravement entrav par l'influence rtrograde ncessairement mane de cette dsastreuse institution#aj1 dont les avides promoteurs devaient par l recevoir ultrieurement la juste punition naturellement drive1 cet gard1 de l'ensemble des lois fondamentales propres la sociabilit humaine4 ,note #aj3 ,un spcieux proslytisme social1 le plus souvent aveugle1 et presque toujours indiscret1 a frquemment tendu1 surtout de nos jours1 lors mme qu'il tait pleinement sincre1 faire gravement mconnatre1 cet gard1 l'ensemble des influences relles1 en reprsentant cette odieuse institution et l'infme trafic correspondant comme une source d'amliorations effectives pour la malheureuse race qui en tait l'objet1 et dont la situation spontane paraissait encore plus dplorable que la condition nouvelle o elle tait ainsi transporte artificiellement4 ,ce cas constitue1 ce me semble1 le premier exemple capital de l'active application d'un sophisme trs dangereux qui1 fond sur une entire ignorance des lois fondamentales propres la succession1 ncessairement graduelle1 des diverses phases essentielles de la sociabilit humaine1 peut devenir1 chez les modernes1 un principe habituel de pernicieuses perturbations1 en conduisant dnaturer profondment1 par une irrationnelle intervention violente1 la marche originale des civilisations arrires4 ,on peut dire1 en effet1 que1 par suite de sa spontanit1 l'esclavage indigne auquel on soustrait ainsi les ngres constitue1 dans leur tat social1 une situation vraiment susceptible de devenir progressive pour les vainqueurs et les vaincus1 comme elle le fut dans l'antiquit2 tandis que1 par une telle transplantation factice1 malgr les amliorations individuelles dont elle semble accompagne1 on altre1 de la manire la plus funeste1 la progression naturelle de ces populations africaines4 ,ces phnomnes sont trop compliqus1 et les lois en sont trop peu connues encore1 pour qu'il puisse dj convenir l'lite de l'humanit de s'efforcer1 par une sage intervention active1 de hter rellement l'volution spontane des races les moins avances1 sans y dterminer artificiellement des perturbations beaucoup plus dangereuses que les vices mmes auxquels un zle irrflchi voudrait apporter un remde inopportun et illusoire4 ,a l'avenir seul pourra dignement appartenir cette noble mission1 d'aprs une suffisante ralisation europenne de notre rgnration mentale et sociale1 comme je l'indiquerai directement au chapitre suivant4 ,pour complter ici l'apprciation fondamentale de l'volution industrielle1 il ne nous reste donc plus qu' considrer maintenant sa nouvelle marche gnrale pendant la troisime phase prparatoire de la socit moderne1 depuis l'expulsion lgale des calvinistes franais et le triomphe politique de l'aristocratie anglicane1 jusqu'au dbut de la rvolution franaise2 priode dj caractrise1 dans la progression ngative du chapitre prcdent1 par l'ascendant croissant du disme proprement dit1 dernire suite ncessaire du protestantisme antrieur4 ,or1 l'ensemble de cette poque1 d'aprs une judicieuse comparaison historique entre le mouvement de dcomposition politique et le mouvement correspondant de recomposition lmentaire1 confirme encore1 avec une pleine vidence1 l'exactitude de notre thorie sur leur systmatisation toujours simultane1 si clairement tablie envers la phase que nous venons d'examiner4 ,car1 tandis que le mouvement rvolutionnaire se subordonnait alors graduellement une philosophie ngative plus directe et plus complte1 le mouvement organique prouvait une semblable transformation1 en vertu d'un notable progrs europen dans la rgularisation politique de l'essor industriel1 commence pendant l'poque prcdente4 ,sous la seconde phase1 nous avons vu l'industrie devenir partout l'objet permanent d'actifs encouragemens systmatiques1 mais seulement comme base de la supriorit guerrire qui restait toujours le but principal de la politique1 sans que la prdilection croissante des populations modernes pour la vie industrielle pt encore se propager jusqu' des pouvoirs essentiellement militaires4 ,mais1 aux temps plus avancs dont nous commenons l'apprciation1 cette connexit1 dsormais consacre1 subit peu peu une inversion trs remarquable1 qu'on doit regarder comme le plus grand progrs qui pt tre1 cet gard1 compatible avec la nature du rgime ancien1 et au-del duquel il est impossible de rien raliser autrement que par l'avnement direct de la rorganisation finale2 ce qui confirme clairement que cette troisime phase constitue1 sous ce rapport1 l'extrme prparation temporelle impose aux socits modernes d'aprs la loi fondamentale de l'volution humaine4 ,alors commence1 en effet1 une dernire srie militaire1 celle des guerres commerciales1 o1 par une tendance1 d'abord spontane et bientt systmatique1 l'esprit guerrier1 pour se conserver une active destination permanente1 se subordonne de plus en plus l'esprit industriel1 auparavant si subalterne1 et tente de s'incorporer dsormais intimement la nouvelle conomie sociale1 en manifestant son aptitude spciale1 soit conqurir1 pour chaque peuple1 d'utiles tablissemens1 soit dtruire son profit les principales sources d'une dangereuse concurrence trangre4 ,malgr les dplorables luttes suscites par une telle politique entre les divers lmens essentiels de la grande rpublique europenne1 elle n'en doit pas moins tre primitivement envisage1 dans son ensemble1 comme un vritable progrs1 en tant que double tmoignage irrcusable de la dcadence naturelle de l'activit militaire et de la prpondrance dcisive de l'activit industrielle1 ainsi ncessairement proclame1 dans l'ordre temporel1 la fois le principe et le but de la civilisation moderne4 ,or1 tel fut certainement1 pendant la majeure partie de cette seconde phase1 le nouveau caractre de la politique active1 soit que la dictature temporelle qui la dirigeait ft monarchique et catholique1 ou bien aristocratique et protestante1 suivant notre distinction ordinaire4 ,cette importante transformation tait dj trs sensible dans les grandes guerres europennes qui ont li le commencement de la phase diste celui de la phase protestante3 quoique1 d'aprs les explications du chapitre prcdent1 elles se rapportassent encore principalement l'antagonisme universel entre le catholicisme et le protestantisme1 les vues industrielles y exercrent videmment une grande influence pratique4 ,toutefois1 c'est seulement au ,x,v,i,i,ie sicle que cette subordination nouvelle de l'action militaire l'essor industriel est devenue pleinement dcisive dans presque toute l'tendue de l'occident europen3 le systme colonial1 fond sous la phase prcdente1 a d tre d'ailleurs la source la plus puissante d'un tel ordre de conflits4 ,notre distinction fondamentale entre les deux systmes de politique industrielle correspondans aux deux modes essentiels de dictature temporelle1 trouve encore1 cet gard1 une large et indispensable application naturelle4 ,malgr les efforts videns et prolongs de la royaut pour imprimer la politique franaise ce nouveau caractre1 il ne pouvait jamais y acqurir une profonde consistance1 soit en vertu des obstacles spciaux que la situation de la ,france1 au centre de la rpublique occidentale1 devait opposer la prpondrance de l'gosme national que suppose ou qu'exige une telle conduite2 soit d'aprs le gnreux instinct de sociabilit universelle propre cette population1 en vertu des murs rsultes1 depuis ,charlemagne1 de l'ensemble de ses antcdens2 soit par l'influence plus gnrale de l'esprit catholique1 encore actif chez les rois1 et directement contraire cet audacieux isolement mercantile qui poussait activement la dissolution violente de l'organisme europen2 soit enfin raison de l'ascendant mental qu'obtenait alors une philosophie purement ngative mais ncessairement cosmopolite1 au sein des populations immdiatement passes du catholicisme aux doctrines pleinement rvolutionnaires1 en vitant heureusement la halte protestante1 comme on l'a vu au chapitre prcdent4 ,par le simple renversement de tous ces divers motifs essentiels1 on concevra aisment pourquoi cette nouvelle politique industrielle a d recevoir en ,angleterre son principal dveloppement systmatique1 sous l'active direction permanente d'une dictature aristocratique1 naturellement plus propre qu'aucune dictature monarchique la persvrante continuit d'habiles efforts partiels indispensable aux succs soutenu d'une telle conduite nationale1 spcialement en vertu de l'intime solidarit antrieure qui liait directement les intrts matriels et moraux de cette caste avec l'essor de plus en plus tendu des classes laborieuses places sous son antique patronage4 ,quelle que soit aujourd'hui l'exorbitante prpondrance du point de vue purement temporel1 les autres nations europennes ne devraient certes nullement regretter la supriorit provisoire que devait ainsi offrir1 depuis le sicle dernier1 la prosprit d'un peuple ncessairement unique1 au risque d'entraver ensuite profondment tout son avenir social3 soit en y prolongeant invitablement la prpondrance du rgime militaire et thologique1 dangereusement incorpor ds-lors son volution industrielle2 soit surtout en tendant exercer sur lui-mme une plus grande dpravation morale1 par un plus libre ascendant continu d'une insatiable cupidit1 et par une plus pernicieuse compression de toute gnreuse sympathie nationale4 ,aprs avoir suffisamment caractris la haute importance systmatique que1 pendant cette troisime phase1 la politique industrielle acquiert chez tous les peuples europens1 il faut apprcier aussi le dveloppement simultan de l'organisation intrieure correspondante4 ,ds l'origine de cette priode1 la prminence spontane de la vie industrielle devenait dj trs sensible parmi tous les rangs sociaux1 par la prdilection croissante que manifestaient partout les hommes les plus actifs et les plus nergiques pour un mode d'existence qui s'adapte si bien l'infinie varit des inclinations humaines4 ,en sens inverse de la rpartition primitive des professions1 la carrire militaire tendit alors de plus en plus1 surtout chez les classes infrieures1 devenir le refuge des natures les moins pourvues d'aptitude ou de persvrance4 ,pendant la seconde des quatre gnrations qui composent cette phase1 le mmorable mouvement occasionn1 en ,france1 par les oprations de la banque de ,law1 vint hautement dvoiler que la cupidit tant reproche au nouvel lment temporel1 loin de lui tre exclusivement propre1 caractrisait dsormais1 avec non moins d'nergie1 une caste dont le superbe ddain pour la vie industrielle ne prouvait plus rellement que son incurable aversion du travail rgulier4 ,ds lors une exprience continue a de plus en plus tmoign1 chez toutes les nations catholiques1 o la dictature temporelle avait d tre essentiellement monarchique1 que1 depuis son asservissement total envers la royaut1 si peu honorablement subi ds le dbut de cette poque1 comme je l'ai expliqu au chapitre prcdent1 la noblesse avait aussi perdu irrvocablement1 en gnral1 jusqu' cette supriorit de sentimens sociaux et d'ducation morale qui lui avait encore conserv1 sous la phase prcdente1 une haute utilit indirecte1 titre de type spontan1 mme aprs la cessation de sa principale activit militaire1 devenue essentiellement perturbatrice3 cet oubli simultan de sa dignit et de ses devoirs ne pouvait d'ailleurs tre aucunement compens par son active participation spciale la propagation ultrieure de la philosophie ngative4 ,cette dgradation devait tre alors ncessairement beaucoup moindre dans les pays protestans1 et principalement en ,angleterre1 o1 par la nature aristocratique de la dictature temporelle1 la noblesse1 activement incorpore au mouvement industriel1 gardait une prpondrance politique susceptible de contrebalancer1 et surtout de dissimuler1 sa propre dgnration morale1 sans que son vritable esprit y ft rest1 au fond1 plus gnreux1 et quoiqu'il dt mme tre1 certains gards1 plus altr par une hypocrisie systmatique1 profondment inhrente1 suivant nos explications antrieures1 son systme gnral de gouvernement1 bien plus habile1 mais non moins rtrograde1 que celui de la royaut4 ,nanmoins1 cet ascendant prolong de l'aristocratie1 malgr sa tendance ncessaire retarder spcialement une vraie rorganisation sociale1 devait alors utilement influer sur une plus parfaite laboration des murs industrielles1 ailleurs dpourvues dsormais de toute direction suprieure avant que leur dveloppement spontan y pt tre encore suffisamment avanc4 ,pendant qu'elle tendait ainsi sa prpondrance sociale1 l'industrie moderne compltait aussi son organisation lmentaire par un double essor intrieur qu'il importe ici de caractriser sommairement4 ,d'une part1 on voit alors se dvelopper partout le systme de crdit public1 que nous avons vu bauch1 sous la premire phase1 par les cits italiennes et mme ansatiques1 mais qui ne pouvait acqurir une haute importance que quand l'essor industriel aurait t1 dans les principaux tats1 intimement li1 d'abord comme moyen1 et surtout ensuite comme but1 l'ensemble de la politique europenne4 ,quoiqu'un tel systme1 dj tabli en ,hollande1 et alors plus tendu encore en ,angleterre1 n'ait pu produire que de nos jours ses plus puissans effets1 j'en devais cependant signaler ici la premire extension dcisive4 ,car1 par la formation spontane des grandes compagnies financires1 il en est immdiatement rsult l'installation dfinitive de la classe des banquiers la tte de la hirarchie industrielle1 en vertu de la gnralit suprieure de ses vues habituelles1 conformment au principe de classement pos au dbut de ce chapitre4 ,malgr qu'il et historiquement commenc l'volution lmentaire1 cet ordre de commerans n'tait point encore convenablement incorpor l'ensemble de l'conomie industrielle3 aussi son avnement la vraie situation gnrale convenable sa nature1 doit tre regard comme ayant procur un tel organisme un complment indispensable1 puisque cet lment y est spcialement destin lier plus intimement tous les autres1 par l'universalit spontane de son action propre et directe1 ainsi que je l'expliquerai directement au chapitre suivant4 ,sous un autre aspect1 la constitution industrielle recevait en mme temps un perfectionnement non moins fondamental1 par un commencement de rgularisation systmatique des relations gnrales entre la science et l'industrie4 ,partis des points les plus opposs1 l'un des plus lointaines spculations abstraites1 l'autre des plus immdiates inspirations pratiques1 ces deux lmens caractristiques de l'tat positif taient dj1 vers la fin de la phase prcdente1 assez dvelopps respectivement pour que le grand ,colbert dt baucher directement l'organisation de l'vidente solidarit continue dsormais manifeste par leur essor commun4 ,nanmoins1 c'est surtout au ,x,v,i,i,ie sicle que cette connexit ncessaire1 si longtemps borne presque l'art nautique et l'art mdical1 devait s'tendre suffisamment1 non-seulement au systme entier des arts gomtriques et mcaniques1 mais aussi celui1 plus complexe et plus imparfait1 des arts physiques et chimiques1 qui en ont ds lors tant profit4 ,ces relations deviennent1 ds cette poque1 assez tendues et assez permanentes pour susciter spontanment une classe trs remarquable1 jusqu'ici peu nombreuse1 quoique destine un grand essor ultrieur1 la classe des ingnieurs proprement dits1 spcialement apte au rglement journalier de ces rapports indispensables2 sans que toutefois son vrai caractre intermdiaire ait pu tre1 mme aujourd'hui1 convenablement tabli1 faute des doctrines correspondantes1 comme je l'ai abstraitement expliqu au second chapitre du premier volume de ce ,trait4 ,son dveloppement initial s'est alors opr1 surtout en ,france et en ,angleterre1 selon la nature propre chacune des deux voies opposes respectivement suivies1 ds l'origine1 par l'ensemble de l'volution industrielle3 c'est--dire1 d'aprs la prpondrance1 d'un ct1 d'une direction centrale1 et1 de l'autre1 des tendances partielles2 avec les avantages et les inconvniens inhrens chaque mode1 l'un susceptible de mieux prparer une vritable organisation finale du travail universel1 l'autre faisant mieux ressortir les merveilles d'un libre instinct priv1 seulement second par d'heureuses associations volontaires4 ,enfin1 par une suite spontane de son progrs intrieur1 l'industrie moderne commence alors manifester directement son grand caractre philosophique1 jusque alors trop peu prononc1 quoique toujours apprciable une scrupuleuse analyse historique2 elle tend dsormais se prsenter de plus en plus comme immdiatement destine raliser l'action systmatique de l'humanit sur le monde extrieur1 d'aprs une suffisante connaissance des lois naturelles4 ,deux inventions capitales1 d'abord celle de la machine vapeur ds le dbut de cette troisime poque1 et ensuite celle des arostats vers sa fin1 doivent tre surtout signales comme ayant spcialement concouru l'universelle propagation d'une telle conception1 l'une par ses puissans rsultats actuels1 et l'autre par les esprances1 hardies mais lgitimes1 qu'elle devait partout soulever4 ,l'ensemble des diverses impressions de ce genre autorise pleinement remarquer que1 si1 sous la seconde phase1 l'esprit thologique avait t spontanment conduit dvoiler hautement sa tendance anti-industrielle1 ainsi que je l'ai expliqu1 rciproquement1 sous cette phase nouvelle1 l'esprit industriel fut amen1 non moins naturellement1 caractriser nettement la tendance anti-thologique qui lui appartient irrvocablement aprs un essor suffisant4 ,non-seulement1 en effet1 toute grande action volontaire de l'homme sur le monde suppose ncessairement la subordination relle des phnomnes des lois invariables1 finalement incompatibles avec aucune vritable activit providentielle2 d'o rsulte une invitable participation indirecte de l'essor industriel l'influence irrligieuse de l'esprit vraiment scientifique1 comme je l'ai tant tabli dans les diverses parties de ce ,trait4 ,mais1 outre ce concours spontan1 dont la popularit spciale indique assez la haute porte sociale1 il est clair que l'industrie1 une fois convenablement dveloppe1 a son mode propre et direct de tendre l'entire extinction des croyances thologiques quelconques1 indpendamment de son efficacit continue contre la proccupation dominante du salut ternel1 dj trs sensible1 au moyen ge1 aussitt aprs l'mancipation initiale4 ,car1 en principe1 toute intervention active de l'homme pour altrer son profit l'conomie naturelle du monde rel constitue ncessairement un injurieux attentat contre la perfection infinie de l'ordre divin4 ,la nature propre du polythisme lui fournissait directement de nombreux moyens spciaux pour luder suffisamment un tel antagonisme1 comme je l'ai expliqu au cinquante-troisime chapitre4 ,au contraire1 sous le monothisme1 l'invitable hypothse de l'optimisme providentiel devait finalement dvelopper ce fatal conflit1 aussitt que le caractre sacerdotal ne serait plus assez progressif pour contenir dignement les vicieuses inspirations de la thologie1 et que l'essor industriel aurait acquis assez d'extension pour constituer1 cet gard1 une opposition prononce4 ,le monothisme musulman tait parvenu1 presque ds sa naissance1 ce dsastreux antagonisme1 par cela mme que1 conservant la grande concentration politique propre au rgime polythique1 il avait toujours t radicalement priv de cette heureuse division catholique qui faisait rellement la principale valeur sociale du rgime monothique4 ,quoique l'admirable organisation du catholicisme ait ainsi ajourn spontanment cette invitable collision jusqu'aux temps o1 vu la dcadence trs avance du systme thologique1 elle ne pouvait plus compromettre gravement l'volution industrielle de l'lite de l'humanit1 un tel ajournement devait1 en sens inverse1 rendre le conflit final plus profondment nuisible l'esprit religieux1 dsormais devenu de plus en plus1 pendant cette troisime phase1 directement incompatible1 mme aux yeux les moins clairvoyans1 avec une large extension de l'action rationnelle de l'homme sur la nature4 ,c'est ainsi que cette phase vraiment extrme dans l'volution prliminaire de la socit moderne1 aussi bien pour la progression positive que pour la progression ngative1 a graduellement amen l'lment industriel se trouver ds-lors involontairement constitu en hostilit radicale et continue1 d'ailleurs ouverte ou latente1 envers les divers pouvoirs1 thologiques et militaires1 dont la tutlaire prpondrance avait t longtemps indispensable son essor initial3 d'o rsulte1 en gnral1 que tout le dveloppement prparatoire dont il tait susceptible sous le rgime ancien tait dsormais essentiellement accompli2 et que1 par consquent1 sa tendance ultrieure devait tre spontanment dirige vers une entire rorganisation politique4 ,on voit donc1 en rsum1 comment1 cette poque1 l'influence mentale1 directe quoique accessoire1 propre au mouvement industriel1 a instinctivement second1 par une action spciale minemment populaire1 l'branlement dcisif alors immdiatement dirig contre l'ensemble de la philosophie thologique4 ,telle est enfin1 la saine apprciation historique des divers caractres successifs de l'volution industrielle pendant les trois phases essentielles de la civilisation moderne4 ,aprs son origine1 au moyen-ge1 sous la tutelle catholique et fodale1 ce grand mouvement temporel a d suivre1 dans sa premire phase1 une marche purement spontane1 seulement seconde par d'heureuses alliances naturelles avec les divers pouvoirs anciens2 il a t1 durant la seconde phase1 systmatiquement assujti1 par les diffrens gouvernemens europens1 d'actifs encouragemens continus1 comme moyen fondamental de suprmatie politique2 pendant la phase suivante1 il a t finalement rig en but permanent de la politique europenne1 qui partout a mis la guerre son service rgulier3 son essor social1 de plus en plus prpondrant1 a t ainsi conduit graduellement ne pouvoir plus avancer autrement que par l'avnement final du systme politique correspondant4 ,quoique cette tendance extrme ne doive tre apprcie que dans la leon suivante1 il convenait cependant d'en indiquer ici la filiation ncessaire1 afin que les bons esprits puissent dj sentir pleinement l'intime ralit de la nouvelle philosophie politique que je m'efforce de fonder4 ,rattachant ainsi l'un l'autre les trois ges principaux de l'histoire moderne1 de manire montrer chaque phase comme naissant de la prcdente et produisant la suivante1 notre laboration actuelle complte1 par une explication dcisive1 la liaison fondamentale prcdemment tablie entre l'volution moderne et l'volution ancienne1 par l'intermdiaire de l'volution transitoire propre au moyen-ge2 instituant ds-lors une indissoluble solidarit effective entre tous les divers degrs du dveloppement humain1 dont on pourra dsormais concevoir nettement la parfaite continuit1 en remontant aisment des moindres phnomnes actuels aux actes les plus antiques de la sociabilit humaine4 ,il nous reste maintenant accomplir1 mais beaucoup plus sommairement1 une quivalente apprciation pour le triple mouvement intellectuel1 esthtique1 scientifique1 et philosophique1 qui prparait simultanment une rorganisation spirituelle susceptible de fournir ultrieurement une base rationnelle la rorganisation temporelle dont nous venons d'examiner la prparation lmentaire4 ,outre les fausses notions qu'une irrationnelle analyse historique y avait multipli davantage1 cette premire laboration organique devait nous offrir des difficults plus complexes et exiger des explications plus tendues1 en vertu de l'importance prpondrante de l'volution industrielle1 sur laquelle devait reposer ncessairement la constitution propre de la socit moderne2 tandis que le nouvel essor spirituel1 toujours restreint une classe trs limite1 n'y a pu1 au contraire1 exercer encore qu'une simple influence modificatrice1 destine seulement devenir active et principale dans un prochain avenir4 ,chacune de ces trois volutions partielles ne doit d'ailleurs1 par la nature de notre opration dynamique1 tre ici nullement considre quant son histoire spciale1 quelque profond intrt qu'elle y pt offrir1 mais uniquement sous son aspect social1 o son action immdiate ne se prsente jusqu' prsent que comme purement accessoire1 et n'acquiert vraiment d'importance majeure qu' raison des germes ncessaires d'un puissant ascendant ultrieur4 ,ainsi que nous l'avons fait envers l'volution principale1 il nous suffira donc1 pour chaque lment spirituel1 d'apprcier successivement1 d'abord sa premire manation historique sous la tutelle du rgime propre au moyen-ge1 ensuite son vrai caractre essentiel relativement la socit moderne1 et enfin sa marche graduelle pendant les trois phases que nous avons tablies depuis le ,x,i,ve sicle4 ,d'aprs l'ordre fondamental expliqu au dbut de ce chapitre1 nous devons commencer ce travail complmentaire par l'examen sommaire de l'volution esthtique1 la plus rapproche1 tous gards1 de l'volution industrielle4 ,les facults esthtiques tant1 par leur nature1 essentiellement destines l'idale reprsentation sympathique des divers sentimens qui caractrisent la nature humaine1 personnelle1 domestique1 ou sociale1 leur essor spcial1 quelque ascendant qu'on lui suppose1 ne saurait jamais suffire dfinir rellement la civilisation correspondante4 ,quoique la sociabilit moderne leur rserve ncessairement une activit et une extension trs suprieures celles que pouvaient permettre les phases sociales antrieures1 comme je l'expliquerai bientt1 contrairement aux opinions ordinaires1 il est clair nanmoins que leur nergique manifestation a d toujours tre indistinctement mle aux situations quelconques de l'humanit1 sous l'unique condition indispensable que l'tat respectif ft la fois assez prononc et assez stable4 ,aussi est-ce la seule1 parmi les diffrentes volutions lmentaires tudies dans ce chapitre1 qui puisse tre envisage comme pleinement commune la socit militaire et thologique ainsi qu' la socit industrielle et positive3 d'o rsulte videmment un nouveau motif spcial pour que nous devions ici moins appliquer notre analyse historique un tel lment gnral qu' ceux qui constituent directement les vrais caractres distinctifs de la civilisation moderne1 o nous devons seulement apprcier le mode fondamental d'incorporation de l'lment esthtique1 et les nouvelles proprits qu'il y a naturellement dveloppes4 ,d'aprs cette remarque pralable1 sur l'issue permanente que les beaux-arts doivent spontanment trouver dans tous les ges de l'humanit1 on conoit d'abord1 relativement la premire des trois questions poses ci-dessus1 combien il serait impossible1 en principe1 que leur essor ne se ft point fait jour dans un tat social aussi fortement prononc que celui du moyen-ge1 o il importe maintenant de montrer la vritable source ncessaire de l'volution esthtique des socits modernes4 ,or1 il est ais de reconnatre1 tous gards1 que1 si le rgime fodal et catholique avait pu comporter une stabilit suffisante1 il tait1 par sa nature1 beaucoup plus favorable un tel dveloppement qu'aucun des rgimes antrieurs4 ,car1 les murs fodales avaient d'abord imprim aux sentimens d'indpendance personnelle une nergie habituelle jusque alors inconnue3 en mme temps1 la vie domestique y avait t surtout communment embellie et tendue1 fort au-del de ce qui avait t possible chez les anciens1 principalement en vertu des heureux changemens survenus dans la condition des femmes3 enfin1 l'activit collective1 quand elle y put tre convenablement exerce1 y devait certes constituer une source non moins puissante d'inspirations potiques et artistiques1 d'aprs le nouvel attrait moral que devait offrir le grand systme de guerres dfensives propre cette mmorable phase de l'humanit4 ,il est vident que tous ces minens attributs n'taient nullement accidentels1 et qu'ils rsultaient alors ncessairement de la situation fodale rgularise par l'esprit catholique1 spcialement l'aide de la division fondamentale des deux pouvoirs1 qui constituait le principal caractre politique d'un tel tat social1 suivant nos explications antrieures4 ,quant l'influence particulire du catholicisme1 elle se marque1 cet gard1 d'une manire encore moins contestable3 soit par le degr initial d'activit spculative que nous l'avons vu dvelopper directement chez toutes les classes1 et qui devait y permettre l'action esthtique une universalit jusque alors impossible2 soit par la destination permanente que son culte fournissait immdiatement chacun des beaux-arts1 et qui rigea si longtemps de nombreuses cathdrales en autant de vritables muses1 o la musique1 la peinture1 la sculpture et l'architecture trouvaient spontanment une heureuse conscration2 soit enfin par les ressources si varies de son organisation intrieure pour offrir de puissans moyens continus d'encouragement individuel4 ,toutefois1 il faut reconnatre1 sous ce rapport1 que ces importantes proprits taient surtout inhrentes l'admirable perfection de la constitution catholique1 socialement envisage1 abstraction faite de la philosophie thologique qui lui servait invitablement de base rationnelle1 et dont l'influence a tant neutralis1 comme nous l'avons constat1 les heureuses tendances propres un tel organisme4 ,car1 malgr l'aptitude spciale que nous reconnatrons bientt au monothisme pour favoriser spontanment le premier essor scientifique des modernes1 il n'en pouvait tre nullement ainsi relativement l'essor esthtique1 qui devait tre certes peu compatible avec le caractre la fois vague1 abstrait et inflexible1 des croyances monothiques3 cette antipathie1 d'ailleurs peu conteste aujourd'hui1 a t d'avance suffisamment apprcie par contraste1 en expliquant1 au cinquante-troisime chapitre1 les minentes proprits esthtiques du polythisme1 directement manes1 au contraire1 de la doctrine elle-mme1 bien plus que du rgime correspondant4 ,mais cette opposition naturelle n'a pu1 en ralit1 longtemps retarder1 au moyen-ge1 l'essor des beaux-arts1 si puissamment stimul par l'ensemble de la situation sociale2 elle y a seulement ncessit une mmorable inconsquence habituelle1 avidement accueillie des croyans mme les plus timors1 en conduisant le gnie esthtique consacrer1 par une sorte de foi idale1 la perptuit fictive du polythisme antique1 soit grec ou romain1 soit scandinave1 soit arabe4 ,quoique1 par l'indispensable doctrine des tres surnaturels intermdiaires1 le monothisme chrtien1 presque autant que le monothisme musulman1 se prtt aisment un tel expdient potique1 il est nanmoins incontestable que cette invitable incohrence a d constituer1 chez les modernes1 l'une des principales causes de la moindre nergie des impressions esthtiques1 d'abord tant que les doctrines religieuses y ont conserv un vritable ascendant1 et mme ensuite1 quand les esprits avancs y ont t presque aussi affranchis du monothisme que du polythisme4 ,ce conflit fondamental se fera ncessairement toujours sentir1 un degr quelconque1 surtout chez les classes auxquelles les beaux-arts sont plus spcialement destins1 jusqu'aux temps1 encore loigns mais certains1 o l'volution esthtique pourra directement reposer sur la propagation familire d'une philosophie pleinement positive1 comme je l'expliquerai en terminant ce volume4 ,mais on a trop confondu la tendance relle de cet antagonisme logique neutraliser les grands effets esthtiques1 avec une chimrique opposition l'essor des beaux-arts1 et surtout avec une prtendue infriorit de ceux qui les ont si heureusement cultivs sous une telle influence permanente4 ,stimule par l'ensemble des causes essentielles que nous venons d'apprcier1 l'volution esthtique dut se manifester1 au moyen-ge1 aussitt que la situation sociale put commencer le permettre1 c'est--dire quand l'organisme catholique et fodal fut enfin suffisamment parvenu sa constitution propre3 l'avnement universel de la chevalerie en marque naturellement l'poque initiale1 par l'heureuse excitation nouvelle qui en devait spcialement rsulter2 mais c'est ncessairement aux croisades que se rapporte son principal dveloppement1 ainsi directement aliment1 pendant deux sicles1 par ce noble essor collectif de l'nergie europenne4 ,tous les tmoignages historiques constatent de la manire la plus dcisive1 l'unanime empressement que montrrent alors1 avec une navet si expressive1 les diverses classes quelconques de la socit europenne pour un genre d'activit mentale si bien caractris par ce doux privilge de charmer presque galement les esprits les plus opposs1 soit en offrant aux uns l'exercice intellectuel le mieux adapt la faible porte de leur entendement1 soit en prsentant aux autres la plus salutaire diversion qui puisse procurer un repos sans apathie4 ,ces dispositions favorables taient mme tellement inspires par la nature d'un rgime irrationnellement qualifi de tnbreux1 qu'elles furent1 en gnral1 plus fortement prononces l o ce rgime avait pu se raliser plus compltement1 c'est--dire en ,france et en ,angleterre1 o l'essor naissant des beaux-arts excita longtemps une admiration bien suprieure1 soit en nergie1 soit en universalit1 l'ardeur tant clbre de quelques rares populations antiques pour les chefs-d'uvre correspondans4 ,quelle que dt tre bientt1 cet gard1 l'clatante prpondrance de l',italie1 on doit1 en effet1 remarquer1 comme ,dante l'a noblement proclam1 que sa premire volution esthtique fut d'abord prcde et prpare1 au moyen-ge1 par celle de la ,france mridionale3 or1 cette incontestable diversit historique me semble devoir tre surtout attribue la moindre consistance de l'ordre fodal en ,italie1 malgr l'action plus spcialement favorable que le catholicisme y devait exercer sur le dveloppement initial des beaux-arts4 ,cet essor spontan dut tre longtemps entrav par une lente et difficile opration prliminaire1 dont l'indispensable accomplissement devait prcder1 de toute ncessit1 l'lan direct du gnie potique3 on conoit qu'il s'agit de l'laboration fondamentale des langues modernes1 o l'on doit voir1 mon gr1 une premire intervention universelle des facults esthtiques4 ,quoique un tel prambule ne pt laisser1 cet gard1 de rsultats immdiats1 leur absence effective n'indique certainement pas la strilit radicale des efforts primitifs longtemps consums ainsi en travaux purement prparatoires1 mais d'une importance capitale pour l'ensemble de l'volution ultrieure1 qu'une ingrate apprciation isole trop souvent de ces premiers germes ncessaires4 ,les langues rsultent surtout1 comme on sait1 d'une lente laboration populaire1 o se manifestent toujours profondment les divers caractres essentiels de la civilisation correspondante3 cela est surtout vident quant aux langues modernes1 o la prdominance croissante de la vie industrielle et l'ascendant graduel d'une rationnalit positive sont si fidlement prononcs4 ,mais cette origine vulgaire n'empche nullement le concours ncessaire de l'influence plus rgulire spontanment mane des esprits d'lite1 et sans laquelle un tel travail universel ne saurait acqurir ni la stabilit1 ni mme la cohrence indispensables sa destination finale4 ,or1 dans cette intervention permanente du gnie spcial pour la sanction et la rvision de l'laboration populaire fondamentale1 aussitt que celle-ci est suffisamment avance1 il importe de reconnatre1 en gnral1 que1 malgr l'invitable participation simultane de nos divers modes quelconques d'activit mentale1 l'opration dpend surtout1 par sa nature1 des facults esthtiques proprement dites1 comme tant la fois les moins inertes chez la plupart des intelligences1 et celles dont l'exercice exige davantage le perfectionnement de la langue commune4 ,cette proprit ncessaire devient encore plus vidente quand il s'agit1 non de la cration spontane d'une langue originale1 mais de la transformation radicale d'un langage antrieur1 par suite d'un nouvel tat social4 ,quelque activit que le gnie philosophique et le gnie scientifique aient pu manifester au moyen-ge1 comme nous l'apprcierons bientt1 ils y ont assurment fort peu contribu l'un et l'autre la fondation gnrale des langues modernes4 ,malgr les avantages essentiels que chacun d'eux a ultrieurement retirs de la supriorit logique propre aux nouveaux idiomes1 le long usage que tous deux firent du latin1 aprs qu'il eut entirement cess d'tre vulgaire1 confirme assez leur rpugnance et leur inaptitude naturelles diriger l'laboration du langage usuel4 ,c'tait donc des facults moins abstraites1 moins gnrales et moins minentes1 mais aussi plus intimes1 plus populaires et plus actives1 que devait ncessairement appartenir cette indispensable opration4 ,essentiellement destin la reprsentation universelle et nergique des penses et des affections inhrentes la vie relle et commune1 jamais le gnie esthtique n'a pu convenablement parler une langue morte1 ni mme trangre1 quelque facilit exceptionnelle qu'aient pu procurer1 cet gard1 des habitudes artificielles4 ,on conoit donc aisment comment son activit spciale a d tre1 au moyen-ge1 si longtemps occupe surtout d'acclrer et de rgulariser la formation spontane des langues modernes1 qui doit tre principalement rapporte aux efforts assidus de ces mmes facults auxquelles une superficielle apprciation attribue une sorte de lthargie sculaire1 aux temps mme o elles posaient ainsi les fondemens gnraux des monumens les plus caractristiques de notre sociabilit europenne4 ,le retard invitable qui en devait rsulter pour l'essor direct des productions esthtiques1 n'affectait sans doute immdiatement que l'art potique proprement dit1 et accessoirement l'art musical3 mais les trois autres beaux-arts devaient aussi en tre indirectement entravs1 quoique un degr beaucoup moindre1 d'aprs leurs relations fondamentales avec l'art le plus universel1 conformment la hirarchie esthtique indique1 en principe1 au cinquante-troisime chapitre2 ce qui explique essentiellement les principaux modes historiques de l'volution esthtique propre au moyen-ge4 ,en considrant directement la mmorable spontanit d'une telle volution1 on ne saurait mconnatre la ralit de notre explication gnrale sur son manation ncessaire du milieu social correspondant4 ,on doit taxer1 sans doute1 d'irrationnelle exagration les reproches ordinaires sur l'entier abandon des ouvrages anciens1 dont la lecture assidue1 au moins quant aux auteurs romains1 ne pouvait certainement cesser en un temps o le latin constituait encore le langage spcial de la principale hirarchie europenne4 ,toutefois1 il est certain que les plus beaux sicles du moyen-ge durent offrir1 cet gard1 aprs la premire bauche des langues modernes1 une heureuse dsutude naturelle1 sauf les besoins permanens du clerg1 en vertu d'un instinct confus de l'incompatibilit de la nouvelle volution esthtique avec l'admiration trop exclusive des chefs-d'uvre relatifs un systme de sociabilit ds lors jamais teint4 ,quels que fussent alors1 sous le rapport du got1 les inconvniens rels d'une semblable disposition1 elle prsentait d'abord l'avantage beaucoup plus essentiel de mieux garantir l'originalit et la popularit de cet essor naissant4 ,il faut d'ailleurs noter qu'une telle tendance tait1 au moyen-ge1 intimement lie au prjug universel1 si justement tabli par le catholicisme1 sur la prminence fondamentale du nouvel tat social compar l'ancien4 ,cette relation naturelle a mme ultrieurement contribu1 en sens inverse1 la rsurrection de la littrature ancienne1 o tant d'esprits cultivs cherchaient1 leur insu1 une sorte de protestation indirecte contre l'esprit catholique1 aussitt qu'il eut cess d'tre suffisamment progressif4 ,quoi qu'il en soit1 la spontanit primitive d'une telle volution esthtique avait certainement besoin d'tre consolide par son entire indpendance de celle qu'avait inspire une tout autre situation sociale4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que1 d'aprs le trop grand ascendant que devait spcialement conserver1 en ,italie1 l'imitation des monumens romains1 cette belle partie de la rpublique europenne1 longtemps si suprieure aux autres dans presque tous les beaux-arts1 n'a point offert1 au moyen-ge1 la mme prpondrance relativement l'architecture1 dont le principal essor caractristique dut alors s'accomplir chez des populations o les influences catholiques et fodales avaient plus exclusivement prvalu2 ce qui permettait d'y riger des difices plus profondment adapts l'ensemble de la civilisation dont ils taient destins terniser1 sous la forme la plus sensible1 l'imposant souvenir4 ,en tous genres1 l'intime spontanit de cette mmorable volution initiale n'est pas moins marque par l'originalit de ses productions et par leur nave conformit avec la situation sociale correspondante que par l'indpendance de sa marche affranchie de toute imitation servile4 ,on le voit surtout pour l'essor potique1 alors si directement consacr1 d'une part1 l'expression1 fidle quoique idale1 des murs chevaleresques1 et1 d'une autre part1 l'heureuse indication de la prpondrance caractristique qu'obtenait de plus en plus la vie domestique dans le systme habituel de l'existence moderne4 ,sous l'un et l'autre aspect1 il faut principalement remarquer1 cette poque1 l'bauche primordiale d'un genre de compositions essentiellement inconnu l'antiquit1 parce qu'il se rapporte minemment la vie prive1 si peu dveloppe chez les anciens1 et que la vie publique n'y intervient qu'en vertu de sa raction ncessaire sur celle-ci4 ,cette sorte d'pope domestique1 ultrieurement destine de si admirables progrs1 comme je l'indiquerai ci-dessous1 et qui constitue certainement la nouvelle espce de productions la mieux adapte jusqu'ici la nature propre de la civilisation moderne1 remonte videmment jusqu' cette volution initiale1 dont une servile admiration de l'antique littrature a fait trop oublier ensuite les ingnieux essais originaux3 la dnomination vulgaire1 malgr son improprit actuelle1 conserve directement le souvenir continu de cette incontestable filiation historique4 ,tel est l'ensemble d'explications prliminaires qui indique l'tat social du moyen-ge comme constituant1 tous gards1 le berceau ncessaire de la grande volution esthtique des socits modernes4 ,si les minens attributs qui caractrisent1 sous ce rapport1 cette mmorable situation1 n'ont pu tre1 en ralit1 assez dvelopps pour que leur apprciation gnrale n'exiget pas aujourd'hui une discussion approfondie1 cela tient surtout la nature essentiellement transitoire qui1 d'aprs nos dmonstrations antrieures1 devait ncessairement distinguer ce degr de la progression humaine4 ,l'essor esthtique ne suppose pas seulement un tat social assez fortement caractris pour comporter une idalisation nergique3 il demande1 en outre1 que cet tat quelconque soit assez stable pour permettre spontanment1 entre l'interprte et le spectateur1 cette intime harmonie pralable sans laquelle l'action des beaux-arts ne saurait obtenir habituellement une pleine efficacit4 ,or1 ces deux conditions fondamentales1 naturellement runies chez les anciens1 n'ont jamais pu l'tre depuis un degr suffisant1 mme au moyen-ge1 et ne pourront retrouver leur concours normal que sous l'ascendant ultrieur de la rgnration positive rserve notre sicle1 comme je l'indiquerai spcialement la fin de ce dernier volume4 ,nous avons1 en effet1 pleinement reconnu que le moyen-ge constitue1 tous gards1 une immense transition1 qui1 sous les divers aspects principaux1 n'est pas encore totalement termine2 et c'est l seulement qu'il faut chercher la vritable explication historique de l'incontestable disproportion gnrale qui se fait alors si dplorablement sentir entre les faibles rsultats permanens de l'essor esthtique et l'nergie de son activit originale1 si bien seconde par un empressement universel4 ,cette mmorable anomalie est irrationnellement apprcie dans les deux coles opposes qui se disputent aujourd'hui l'empire des beaux-arts3 les uns n'y ayant vu qu'un chimrique tmoignage d'un inexplicable dcroissement des facults esthtiques de l'humanit2 les autres l'ayant exclusivement attribue la servile imitation ultrieure des chefs-d'uvre de l'antiquit4 ,quoique cette dernire considration ne soit pas aussi vaine que la premire1 on y prend cependant un effet pour une cause1 et surtout on y accorde une importance fort exagre une influence purement secondaire3 car1 si la situation catholique et fodale avait pu et d comporter une vritable stabilit1 comparable celle de l'ordre grec ou romain1 sa prpondrance spontane et aisment contenu l'espce de rtrogradation esthtique que tendit produire ensuite une prdilection trop exclusive pour les modles antiques4 ,ainsi1 la source essentielle de cette singulire hsitation sociale qui caractrise l'art moderne1 et qui a tant neutralis jusqu'ici l'universalit ncessaire de son influence continue1 aprs sa premire volution si ferme1 si originale1 et si populaire1 au moyen-ge1 doit tre directement cherche dans l'invitable instabilit de l'tat social correspondant1 suscitant toujours de nouvelles transitions successives4 ,une profonde et persvrante laboration esthtique tait certainement impossible chez des populations o chaque sicle1 et quelquefois mme chaque gnration1 modifiait assez notablement la sociabilit antrieure pour que chaque situation dtermine et dj essentiellement cess avant que le pote ou l'artiste eussent pu y contracter suffisamment l'intime pntration spontane indispensable l'action des beaux-arts4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que l'esprit des croisades1 si favorable la plus puissante posie1 avait irrvocablement disparu quand les langues modernes ont pu tre assez formes pour en permettre la pleine idalisation3 tandis que1 chez les anciens1 chaque mode effectif de sociabilit avait t tellement durable1 que le gnie esthtique pouvait ressentir et retrouver1 aprs plusieurs sicles1 des passions et des affections populaires essentiellement identiques celles dont il voulait retracer l'empire antrieur4 ,l'avenir seul pourra replacer l'humanit1 et d'une manire mme bien suprieure1 dans ces conditions normales de stabilit active1 sans lesquelles l'action des beaux-arts ne saurait obtenir l'entire efficacit sociale convenable sa nature4 ,quoique forc de me borner ici l'indication sommaire de ces diverses explications1 j'espre en avoir assez caractris l'esprit gnral1 d'ailleurs pleinement conforme l'ensemble de ma thorie fondamentale de l'volution humaine1 pour que le lecteur1 suffisamment prpar1 puisse utilement prolonger l'application spciale de ce principe historique1 qui montre l'tat social du moyen-ge comme tant la fois la source ncessaire1 soit de l'ensemble du dveloppement esthtique propre la civilisation moderne1 soit des imperfections caractristiques qu'il devait offrir2 sans supposer aucune diminution relle des facults esthtiques de l'humanit1 et en tendant1 au contraire1 faire mieux ressortir l'nergie intrinsque d'un essor effectif qui1 malgr de tels obstacles1 a ralis tant d'admirables rsultats1 ainsi que je l'avais signal d'avance au cinquante-septime chapitre4 ,afin de faciliter davantage cette laboration ultrieure1 je crois devoir ici distinctement indiquer la division rationnelle que j'ai toujours spontanment suivie1 dans ce volume et dans le prcdent1 pour l'histoire universelle du moyen-ge1 et qui1 spcialement vrifie ci-dessus quant l'volution industrielle1 n'est pas moins convenable envers l'volution esthtique1 ou relativement toute autre prparation essentielle1 soit positive1 soit mme ngative1 de la civilisation moderne4 ,elle consiste1 en comprenant le moyen-ge proprement dit entre le dbut du ,ve sicle et la fin du ,x,i,i,ie1 comme je l'ai suffisamment dmontr1 partager cette mmorable transition de neuf sicles en trois phases naturelles1 qui se trouvent tre peu prs de mme dure3 la premire1 se terminant avec le ,v,i,ie sicle1 reprsente l'tablissement fondamental1 contenant1 d'une manire trs-confuse mais apprciable1 tous les vritables germes essentiels des divers mouvemens ultrieurs2 la seconde1 prolonge jusqu' la fin du ,xe sicle1 correspond l'essor graduel de la constitution catholique et fodale1 extrieurement caractris par le premier grand systme de guerres dfensives1 dirig surtout1 d'aprs nos explications antrieures1 contre les sauvages polythistes du nord2 enfin la troisime1 directement relative la plus grande splendeur de cet organisme transitoire1 comprend l'admirable dfense du monothisme occidental contre l'invasion1 alors seule redoutable1 du monothisme oriental2 opration vraiment finale1 bientt suivie de l'irrvocable dissolution spontane d'un systme dsormais priv de sa destination fondamentale1 et de l'volution simultane des nouveaux lmens sociaux1 secrtement labors sous sa tutlaire prpondrance europenne4 ,dans la srie industrielle1 nous avons vu ces trois phases successives prsenter naturellement1 l'une l'universelle substitution pralable du servage l'esclavage1 l'autre l'mancipation personnelle des classes urbaines1 et la dernire le premier lan industriel des villes1 accompagn de l'entire abolition de la servitude rurale3 dans la srie esthtique1 nous venons d'y reconnatre1 avec non moins d'vidence1 d'abord l'bauche primitive d'une nouvelle sociabilit1 destine renouveler l'action gnrale des facults esthtiques1 ensuite leur indispensable application prliminaire la formation des langues modernes1 et enfin leur dveloppement direct1 suivant la nature propre de la civilisation correspondante2 tous les autres aspects quelconques du mouvement humain donneront lieu1 j'ose l'assurer1 des vrifications quivalentes1 que je dois maintenant me dispenser de spcifier formellement4 ,leur concours ncessaire conduit spontanment concevoir l'admirable rgne de l'incomparable ,charlemagne1 plac prs du milieu de la seconde phase1 presque quidistant des deux termes extrmes1 qui rattachent immdiatement le moyen-ge1 l'un l'volution ancienne1 l'autre l'volution moderne1 comme l'poque la plus dcisive1 o l'esprit du rgime transitoire commence manifester pleinement ses diffrens attributs essentiels1 et o les divers lmens principaux de la civilisation ultrieure reoivent aussi1 tous gards1 la plus heureuse stimulation initiale4 ,quoique un tel classement des temps ait toujours implicitement dirig mon apprciation historique du moyen-ge1 la nature minemment abstraite de notre laboration dynamique ne me permettait point de le faire directement prsider son accomplissement1 qui et alors exig des explications concrtes incompatibles avec les limites et la destination de cet ouvrage4 ,j'ai cru cependant devoir en indiquer finalement la conception explicite1 l'usage des philosophes qui voudraient ultrieurement appliquer ma thorie fondamentale l'tude spciale et mthodique de cette grande transition1 dont le cours graduel offre ainsi spontanment1 sans aucune vaine proccupation systmatique1 une distribution ternaire1 analogue1 sauf la dure1 celle que nous avons toujours reconnue1 d'abord pour les principaux tats de l'ensemble du dveloppement humain1 ensuite pour les modes successifs de l'volution ancienne1 et enfin pour les degrs conscutifs propres l'volution moderne3 ce qui prsente partout l'esprit des intervalles susceptibles de permettre l'essor habituel des considrations gnrales1 indispensable l'efficacit sociale de notre philosophie historique1 qui n'est point destine1 je ne saurais trop le rappeler1 un strile talage acadmique1 mais fournir rellement une base rationnelle l'active coordination des efforts directement relatifs la rgnration finale de l'humanit4 ,aprs avoir suffisamment expliqu comment l'essor esthtique des socits modernes est naturellement man de l'tat social constitu au moyen-ge1 il devient ais de procder la seconde partie gnrale d'un tel examen1 en apprciant les principaux caractres propres au nouvel lment ainsi introduit dans le systme de notre civilisation1 et sa situation ncessaire envers les anciens pouvoirs l'poque initiale du ,x,i,ve sicle4 ,ces deux dterminations connexes ne peuvent1 en effet1 rsulter que de l'influence prpondrante des causes ci-dessus signales1 combine avec l'extension naissante de la vie industrielle1 qui tendait ds-lors changer le mode primitif de sociabilit2 en sorte qu'il ne nous reste surtout qu' saisir la relation fondamentale de cette modification dcisive avec l'ensemble du mouvement dj imprim aux beaux-arts par les impulsions catholiques et fodales4 ,l'intime affinit mutuelle que tmoigne toute l'histoire moderne entre l'essor industriel et l'essor esthtique1 a pour principe vident1 suivant la thorie hirarchique indique au prambule de ce chapitre1 la double tendance ncessaire de l'volution industrielle dvelopper spontanment1 jusque chez les dernires classes1 un premier degr habituel d'activit mentale1 sans lequel l'action des beaux-arts ne saurait tre comprise1 et en mme temps l'aisance et la scurit qui peuvent seules disposer goter convenablement les nobles jouissances correspondantes4 ,dans la marche naturelle de l'ducation humaine1 individuelle ou collective1 l'exercice intellectuel est d'abord dtermin communment par l'impulsion pratique des besoins les plus grossiers mais les plus urgens1 dont la satisfaction suffisante permet ensuite l'heureuse efficacit continue de l'impulsion1 plus leve mais moins nergique1 qui drive des facults esthtiques4 ,celles-ci1 d'aprs le doux mlange de penses et d'motions qui les caractrise si exclusivement1 constituent rellement1 vu l'extrme imperfection de notre conomie crbrale1 les seules facults mentales assez prononces1 chez la plupart des hommes1 pour que leur activit rgulire puisse devenir une source de vritables jouissances2 tandis que les facults scientifiques ou philosophiques1 plus minentes encore1 mais beaucoup moins dveloppes1 ne dterminent le plus souvent1 comme on sait1 qu'une fatigue bientt insupportable1 except chez le trs petit nombre d'hommes vraiment destins la contemplation abstraite4 ,il est donc ais de concevoir l'office fondamental de l'essor esthtique1 constituant la transition normale de la vie active la vie spculative4 ,par une apprciation plus prcise1 cet essor intermdiaire me semble devoir essentiellement caractriser le degr habituel d'exercice mental auquel s'arrterait communment l'humanit si1 d'aprs un milieu plus favorable1 ou en vertu d'une organisation moins exigeante1 elle tait affranchie des obligations continues relatives aux besoins physiques3 comme l'indique assez la tendance commune des situations sociales les moins loignes d'une telle supposition idale4 ,quoi qu'il en soit1 la relation lmentaire de la vie esthtique la vie pratique est certainement devenue beaucoup plus directe1 plus complte1 et surtout plus universelle1 depuis la substitution graduelle de l'existence industrielle l'existence militaire1 suivant les motifs dj indiqus4 ,tant que l'esclavage et la guerre ont caractris l'conomie sociale1 il est clair que les beaux-arts ne pouvaient rellement acqurir une profonde popularit1 et ne devaient tre ordinairement gots1 mme parmi les hommes libres1 que chez les classes suprieures3 le seul cas diffrent1 beaucoup trop vant d'ailleurs1 ne se rapporte historiquement qu' une mdiocre partie de la population grecque1 qu'un ensemble de circonstances locales et sociales1 minemment exceptionnel sans tre aucunement arbitraire1 avait prdestin1 comme je l'ai expliqu1 cette heureuse anomalie3 partout ailleurs1 chez les socits guerrires de l'antiquit1 il n'y avait de vraiment populaires que les jeux sanglans qui retraaient ces peuples grossiers le souvenir de leur activit chrie4 ,il est clair1 au contraire1 que l'volution industrielle propre la fin du moyen-ge a spontanment consolid1 sous ce rapport1 la salutaire influence des murs catholiques et fodales1 en tendant faire habituellement pntrer1 jusque chez les plus humbles familles1 les dispositions lmentaires les plus favorables l'action des beaux-arts1 dont les productions devaient dsormais s'adresser un public la fois beaucoup plus nombreux et beaucoup mieux prpar4 ,c'est ainsi que le gnie esthtique1 destin surtout aux masses1 et qui s'amoindrit1 de toute ncessit1 dans les sphres privilgies1 a pu s'incorporer la sociabilit moderne d'une manire bien plus intime qu'il ne pouvait l'tre ordinairement celle de l'antiquit1 o1 mme sous l'accueil le plus favorable1 il tait presque toujours trait comme un lment essentiellement tranger l'ensemble de la constitution sociale4 ,si cette connexit plus profonde n'a pas t encore suffisamment manifeste1 il faut l'attribuer l'tat purement rudimentaire de tout ce qui concerne l'organisme moderne1 o l'absence totale de systmatisation rationnelle a tant neutralis jusqu'ici1 tous gards1 les proprits les plus caractristiques4 ,considre maintenant en sens inverse1 cette relation lmentaire entre l'essor esthtique et l'essor industriel se prsente surtout comme heureusement destine constituer1 chez les modernes1 le plus puissant correctif naturel de ce dplorable rtrcissement1 la fois mental et moral1 que tend produire communment l'exorbitante prpondrance de l'activit industrielle dans l'ensemble de l'existence humaine4 ,sous ce rapport fondamental1 l'ducation esthtique commence spontanment1 avec la plus universelle efficacit1 ce que l'ducation scientifique et philosophique peut seule convenablement achever2 de manire pouvoir un jour1 sous l'influence d'une sage rgularisation1 avantageusement combler la grave lacune qui rsulte provisoirement1 cet gard1 de l'invitable dsutude des usages religieux1 quant la continuelle diversion intellectuelle qu'exige incontestablement1 un certain degr1 la vie purement pratique1 pour ne pas dgnrer en une stupide et goste proccupation4 ,dans les diverses parties principales de la grande rpublique europenne constitue au moyen-ge1 l'volution esthtique1 suivant toujours de prs l'volution industrielle1 a plus ou moins tendu en temprer les dangers essentiels1 en dveloppant partout une activit mentale plus gnrale et plus dsintresse que celle qu'exigeaient les travaux journaliers1 et en sollicitant directement1 suivant son heureuse nature1 l'exercice simultan des affections les plus bienveillantes1 par des jouissances d'autant plus vives qu'elles sont plus unanimes4 ,quelles que soient1 cet gard1 les minentes proprits de l'volution scientifique ou philosophique1 elle aura constamment1 auprs des masses1 une efficacit beaucoup moindre1 en vertu de son intensit et surtout de sa popularit trs infrieures1 mme aprs les plus grandes amliorations que doive ultrieurement recevoir le systme gnral de l'ducation humaine1 individuelle ou sociale4 la vrit1 des philosophes peu sensibles aux beaux-arts ont souvent accus1 d'une manire trs spcieuse1 principalement au sujet de l',italie1 le dveloppement excessif de la vie esthtique de tendre entraver la progression sociale en inspirant trop d'attachement des jouissances momentanment incompatibles avec une indispensable agitation politique4 ,mais1 except les anomalies individuelles1 o la proccupation esthtique peut1 en effet1 tre quelquefois pousse jusqu' dterminer une sorte de dgradation mentale et morale1 il est clair que1 dans les cas rels1 son influence sur l'ensemble des populations1 lors mme qu'elle a d sembler exagre1 n'a contribu le plus souvent qu' empcher une prpondrance bien plus dangereuse de la vie matrielle1 et y entretenir une certaine ardeur spculative1 susceptible de recevoir un jour une plus importante destination4 ,enfin1 sous un aspect plus spcial1 on doit videmment regarder le dveloppement des beaux-arts comme ayant mme t1 beaucoup d'gards1 directement li au perfectionnement technique des oprations industrielles1 qui ne peuvent1 en effet1 recevoir toutes les amliorations habituelles dont elles sont rellement susceptibles1 chez les nations o le sentiment d'une perfection idale n'est pas1 en tout genre1 suffisamment cultiv4 ,cela est surtout sensible quant aux arts nombreux qui se rapportent la forme extrieure1 et qui1 ce titre1 se rattachent ncessairement l'architecture1 la sculpture1 et mme la peinture1 par une foule de nuances intermdiaires1 constituant une gradation presque insensible1 o il devient quelquefois impossible d'assigner une exacte sparation entre le point de vue vraiment esthtique et le point de vue purement industriel4 ,l'exprience universelle a tellement constat1 sous ce rapport1 la supriorit technique des populations amliores par les beaux-arts1 que cette considration est souvent devenue l'un des principaux motifs des gouvernemens modernes pour encourager directement la propagation de l'ducation esthtique1 alors justement envisage comme une puissante garantie ultrieure de succs industriel1 dans l'utile concurrence commerciale des diffrens peuples europens4 ,par les divers motifs ci-dessus indiqus1 il est donc vident que la prpondrance naissante de la vie industrielle la fin du moyen-ge1 bien loin d'tre dfavorable l'volution esthtique dj dtermine par l'ensemble de la situation antrieure1 tendait1 au contraire1 lui procurer finalement une popularit et une consistance qu'elle n'aurait pu autrement obtenir au mme degr1 en la rattachant dsormais1 de la manire la plus intime1 au progrs de l'existence moderne4 ,toutefois1 pendant les cinq sicles qui nous sparent du moyen-ge1 cet ascendant graduel a d provisoirement influer1 d'une manire indirecte1 sur le caractre vague et indcis prcdemment attribu l'art moderne1 en augmentant l'instabilit et acclrant la dcadence du rgime sous lequel il avait d surgir4 ,si l'tat catholique et fodal avait pu persister rellement1 il n'est pas douteux1 mes yeux1 que l'essor esthtique des douzime et treizime sicles aurait acquis1 par son minente homognit1 une importance et une profondeur bien suprieures tout ce qui a pu exister depuis1 surtout quant l'efficacit populaire1 vrai critrium des beaux-arts4 ,par la transition rapide1 et souvent violente1 qui devait s'accomplir dans le cours de cette grande priode rvolutionnaire1 et laquelle la progression industrielle a si puissamment concouru1 le gnie esthtique a ncessairement manqu de direction gnrale et de destination sociale4 ,entre l'ancienne sociabilit expirante1 et la nouvelle trop peu caractrise encore1 il n'a pu assez nettement sentir ni ce qu'il devait surtout idaliser1 ni sur quelles sympathies universelles il devait principalement reposer4 ,telle est1 au fond1 la cause progressive de cette spcialit exclusive qui a jusqu'ici caractris l'art moderne1 comme l'industrie1 et comme la science aussi1 faute d'une gnralit rellement prpondrante4 ,bien loin d'tre dgnr1 le gnie esthtique est certainement devenu plus tendu1 plus vari1 et plus complet mme1 qu'il n'avait jamais pu l'tre dans l'antiquit3 mais1 malgr ses minentes proprits intrinsques1 son efficacit devait tre alors beaucoup moindre1 dans un milieu social qui n'a pu encore lui offrir ni la nettet ni la fixit indispensables son libre essor4 ,oblig de reproduire les motions religieuses pendant que la foi s'teignait1 et de reprsenter les murs guerrires des populations de plus en plus livres une activit pacifique1 sa situation radicalement contradictoire a d non-seulement nuire la ralit fondamentale de ses effets extrieurs1 mais celle mme de ses propres impressions intrieures1 jusqu'aux temps encore lointains o la rgnration finale de l'humanit viendra lui offrir le milieu le plus favorable son plein dveloppement1 par suite d'une homognit et d'une stabilit qui n'ont pu jamais exister au mme degr1 comme je l'indiquerai plus distinctement la fin de ce volume4 ,ainsi priv ncessairement1 pendant la grande transition que nous tudions1 de toute vraie direction philosophique1 et dpourvu de toute large destination sociale1 l'art moderne n'a pu tre essentiellement anim que par l'instinct fondamental qui pousse involontairement une activit continue les plus nergiques facults de notre intelligence3 les organisations minemment esthtiques ont d alors1 comme on dit aujourd'hui1 cultiver l'art pour l'art lui-mme2 ou1 suivant le langage1 plus humble mais quivalent1 employ par le grand ,corneille1 ne se proposer habituellement d'autre but rel que de divertir le public4 ,nanmoins1 malgr cet invitable isolement provisoire1 en considrant de plus prs l'ensemble de cette volution esthtique1 on y peut discerner presque toujours1 depuis son origine jusqu' prsent1 une certaine tendance sociale plus ou moins prononce2 mais elle est purement critique1 et par suite peu compatible avec l'minente nature d'un tel dveloppement1 o la ngation ne peut jamais avoir qu'une importance fort accessoire4 ,c'est seulement par l que l'art moderne a pris communment une part directe notre mouvement social4 ,on conoit1 en effet1 que1 dans la double progression1 la fois ngative et positive1 qui devait constituer ce mouvement prliminaire1 le premier aspect1 seul suffisamment apprciable1 pouvait seul convenir aux beaux-arts1 quelque imparfaite excitation qu'ils y pussent trouver2 tandis que le second1 peine saisissable aujourd'hui la plus haute contention philosophique1 ne pouvait assurment leur fournir aucun aliment immdiat1 quoique finalement destin leur imprimer en temps opportun1 la plus puissante stimulation continue3 en sorte que1 dans ce long intervalle1 toutes les fois que la philosophie esthtique a voulu rellement prendre un caractre organique1 elle n'a pu aboutir1 comme la philosophie politique elle-mme1 qu' de vains regrets sur l'irrvocable dissolution de l'ordre ancien1 suivis de dplorables rcriminations sur la prtendue dgnration de l'humanit4 ,c'est ainsi qu'on explique aisment1 en gnral1 la tendance critique qui1 toutes les poques de l'art moderne1 s'est nettement prononce1 sous des formes d'ailleurs trs varies1 mme chez les plus minens gnies1 surtout potiques1 quoique1 dans une situation vraiment normale1 la critique ne doive certainement convenir qu' des intelligences secondaires1 principalement quant aux beaux-arts4 ,une telle tendance devait d'ailleurs1 d'aprs cette apprciation historique1 suivre naturellement la marche correspondante de la grande progression ngative2 c'est--dire1 d'aprs la thorie du chapitre prcdent1 tre d'abord et principalement dirige contre l'organisme catholique1 dont la disposition1 dsormais oppressive et rtrograde1 devait commencer1 vers la fin du moyen-ge1 soulever spcialement les antipathies esthtiques1 comme l'indiquent alors si navement tant d'clatants exemples#aa4 ,tout en concourant instinctivement sanctionner ainsi l'ascendant universel du pouvoir temporel sur le pouvoir spirituel1 l'essor esthtique devait aussi participer1 quoique un degr beaucoup moindre1 au triomphe graduel de celui des deux lmens temporels que l'ensemble des influences nationales destinait1 en chaque pays1 la dictature finale1 suivant la distinction fondamentale que j'ai tant applique3 ce qui a notablement contribu dterminer les principales diffrences que la marche des beaux-arts devait offrir chez les divers peuples europens1 pendant les deux dernires phases de l'volution moderne1 comme je l'indiquerai ci-dessous4 ,note #aa3 ,d'aprs une apprciation plus spciale1 qui doit tre renvoye au ,trait ultrieur que j'ai annonc1 il sera ais d'tablir que cette opposition1 d'abord peu sensible dans la plupart des arts1 auxquels le catholicisme procurait1 par sa nature1 une alimentation longtemps suffisante1 devait tre surtout prononce dans l'art le plus universel1 dont la marche dtermine ncessairement tt ou tard celle de tous les autres1 et auquel le systme catholique ne pouvait fournir qu'une trop imparfaite satisfaction1 essentiellement borne au genre lyrique1 soit pour les chants religieux1 soit pour les posies mystiques1 dont le livre de l',imitation nous offre un type si minent4 ,les deux principales formes propres l'art potique1 surtout chez les modernes1 chappaient ncessairement la direction catholique1 et devaient1 par suite1 lui devenir particulirement hostiles2 cette tendance1 incontestable1 ds l'origine1 quant aux compositions piques1 est bientt non moins relle1 et encore plus dcisive1 envers les compositions dramatiques1 malgr les vains efforts du clerg afin de subordonner la foi chrtienne leur essor initial4 ,en terminant cette sommaire apprciation historique des proprits et du caractre social de l'lment esthtique1 il serait superflu d'tablir directement que1 comme l'ensemble d'influences d'o il manait1 son essor devait tre essentiellement commun1 sauf de simples ingalits de degr1 toutes les parties de la grande rpublique occidentale4 ,nous devons seulement1 sous ce rapport1 indiquer un nouvel attribut social d'une telle volution1 qui d spontanment exercer la plus heureuse influence pour resserrer les liens de cette immense communaut1 alors pousse1 tant d'gards1 vers un dmembrement direct1 par suite de la dsorganisation catholique et fodale4 ,on a pu1 sans doute1 accuser quelquefois les beaux-arts de tendre1 au contraire1 susciter de dplorables antipathies nationales1 en vertu mme de leur plus intime incorporation au dveloppement propre de chaque population4 ,mais cette influence partielle et secondaire est certainement plus que compense par la vive prdilection universelle que doivent inspirer1 en gnral1 les minentes productions esthtiques envers les peuples d'o elles manent2 du moins quand l'amour de l'art est vraiment dvelopp1 au lieu de servir seulement de masque de puriles vanits nationales4 cet gard1 outre l'influence commune1 chacun des beaux-arts a eu son mode spcial de stimuler directement la sympathie permanente des peuples europens1 surtout en excitant des dplacemens journellement utiles la consolidation de cette heureuse harmonie4 ,la posie elle-mme1 dont les compositions trangres pouvaient tre immdiatement gotes au loin1 tendait au mme but par une influence encore plus efficace1 et surtout plus gnrale1 en obligeant partout l'tude mutuelle des principales langues modernes1 sans laquelle ces divers chefs-d'uvre eussent t si imparfaitement apprciables3 d'o est rsult1 par exemple1 l'une des plus puissantes causes spontanes de la prcieuse universalit graduellement acquise la langue franaise4 ,il est clair qu'un tel privilge appartient spcialement aux productions esthtiques3 les facults scientifiques ou philosophiques1 raison de leur gnralit et de leur abstraction suprieures1 peuvent transmettre suffisamment leur action indpendamment du langage2 en sorte que les mmes attributs essentiels qui les ont d'abord prives1 comme je l'ai indiqu1 de toute importante participation la formation des langues modernes les ont galement empches ensuite de concourir notablement leur propagation respective4 ,ayant dsormais assez caractris1 soit l'avnement initial de l'volution esthtique propre la civilisation moderne1 soit l'ensemble de ses principaux attributs1 il ne nous reste plus qu' considrer sommairement la marche historique du nouvel lment social pendant les trois phases conscutives de la double progression prparatoire commence au quatorzime sicle4 ,l'ensemble de cet examen prsente1 de la manire la plus naturelle1 une nouvelle vrification gnrale de la distinction fondamentale tablie entre ces trois phases1 dans la leon prcdente1 d'aprs l'analyse du mouvement de dcomposition1 et dj pleinement confirme1 l'gard du mouvement organique1 par l'tude de l'volution industrielle1 apprcie dans la premire moiti de la leon actuelle4 ,on ne peut douter1 en effet1 que la marche de l'lment esthtique n'ait t tour tour1 aussi bien que celle de l'lment industriel1 essentiellement spontane pendant notre premire phase1 stimule1 pendant la seconde1 comme moyen d'influence1 par des encouragemens plus ou moins systmatiques1 et enfin directement rige1 sous la troisime1 en but partiel de la politique moderne4 ,devant ici soigneusement carter toute apprciation concrte incompatible avec la nature et les limites de cet ouvrage1 quel que pt tre1 ce sujet1 l'intrt philosophique de plusieurs discussions capitales jusqu'ici trs mal conduites1 mais dont l'laboration doit tre laisse au lecteur assez pntr de ma thorie historique pour l'y appliquer convenablement1 il faut nous rduire l'explication trs sommaire du caractre abstrait propre chacune de ces trois poques1 considres surtout quant l'incorporation dfinitive de l'lment esthtique au systme de la civilisation moderne1 ce qui constitue toujours le but principal de notre opration dynamique4 ,quoique1 sous la premire phase1 comme sous les deux autres1 l'volution esthtique ait t1 en ralit1 plus ou moins relative tous les divers beaux-arts1 et plus ou moins commune aux diffrens tats de la rpublique europenne1 c'est nanmoins pour la posie uniquement1 et dans la seule ,italie1 qu'il en est rest des productions pleinement caractristiques et vraiment imprissables1 surtout par les sublimes inspirations de ,dante et les douces motions de ,ptrarque4 ,on voit alors1 conformment notre thorie1 le mouvement esthtique suivre spontanment le mouvement industriel1 en vertu des mmes causes de prcocit spciale1 de manire constituer1 pour l',italie1 une antriorit d'environ deux sicles sur le reste de l'occident1 comme le montrent aussi tous les autres aspects quelconques du dveloppement europen4 ,l'vidente spontanit de ce premier lan est spcialement prononce quant la plus minente laboration1 qui ne fut pas mme encourage par les sympathies qu'elle devait le plus naturellement exciter4 ,du reste1 l'unanime admiration1 non-seulement italienne1 mais europenne1 bientt inspire par cette immense cration1 vint hautement constater sa parfaite harmonie avec l'tat correspondant des populations civilises1 quoique cette tardive justice n'ait pu tre personnellement applique qu' d'heureux successeurs3 c'tait ,dante que l'instinct confus de la reconnaissance universelle couronnait rellement sous le clbre laurier de ,ptrarque1 alors seulement connu par ses posies latines justement oublies aujourd'hui4 ,tous les caractres essentiels prcdemment attribus l'art moderne1 d'aprs la nature du milieu social correspondant1 se vrifient clairement pendant cette premire phase1 sans qu'il soit ncessaire de l'indiquer expressment4 ,la tendance critique y est trs prononce1 surtout dans le pome de ,dante1 domin par une mtaphysique trs peu favorable l'esprit vraiment catholique3 cette opposition ne rsulte pas seulement des attaques formelles contre les papes et le clerg1 quoiqu'elles y soient trs graves et fort multiplies2 elle ressort bien plus profondment de la conception mme d'une telle composition1 o les droits suprmes d'apothose et de damnation sont audacieusement usurps1 de faon constituer une sorte de sacrilge fondamental1 qui et t certainement impossible1 deux sicles auparavant1 sous le plein ascendant du catholicisme4 ,quant l'ordre temporel1 l'antagonisme du mouvement esthtique est alors1 sans doute1 beaucoup moins apprciable1 parce qu'il n'y pouvait encore tre aucunement direct3 mais il se fait dj sentir1 d'une manire indirecte1 d'aprs l'invitable influence d'un tel essor pour fonder d'minentes rputations personnelles1 indpendantes1 et bientt mules1 de la supriorit hrditaire4 ,vers le milieu de cette premire phase1 l'volution esthtique propre la civilisation moderne1 et qui d'abord avait principalement obi l'impulsion spontane du milieu social correspondant1 commence subir une altration notable1 vainement qualifie de rgnration des beaux-arts1 et qui1 beaucoup d'gards1 constituait bien plutt une sorte de tendance rtrograde1 en inspirant une admiration trop servile et trop exclusive pour les chefs-d'uvre de l'antiquit1 relatifs un tout autre systme de sociabilit4 ,quoique cette influence n'ait d surtout s'exercer que sous la seconde phase1 c'est ici nanmoins qu'il convient d'en indiquer le caractre historique1 puisque c'est alors qu'elle a rellement pris naissance3 elle me semble mme s'tre dj fait sentir1 d'une manire ngative il est vrai1 mais d'autant plus fcheuse1 pendant la dernire moiti de la phase que nous considrons2 en y neutralisant l'lan que semblait devoir imprimer partout l'admirable essor potique du quatorzime sicle1 avec lequel le sicle suivant forme1 mme en ,italie1 un contraste si dplorable et si imprvu1 auquel les controverses religieuses ont1 sans doute1 gravement concouru1 mais qui a peut-tre dpendu bien davantage de cette nouvelle ardeur immodre pour les productions grecques et latines1 tendant teindre les plus prcieuses des qualits esthtiques1 l'originalit et la popularit4 ,une telle altration se manifeste immdiatement dans l'architecture1 qui1 malgr les grands progrs que n'a cess de faire sa partie technique et usuelle1 n'a pu produire1 depuis le quinzime sicle1 et1 en partie1 cause de cette vicieuse prdilection1 des monumens vraiment comparables1 sous le point de vue esthtique1 aux admirables cathdrales du moyen-ge4 ,en ce sens1 l'apprciation gnrale de l'cole romantique actuelle ne pche surtout que par une irrationnelle exagration historique1 comme je l'ai ci-dessus indiqu3 mais ses rcriminations sont loin d'tre dpourvues de fondemens rels4 ,toutefois1 il ne faut pas oublier1 ce sujet1 que1 suivant notre explication antrieure1 cette servile imitation de l'antiquit n'a pu que dvelopper secondairement1 et non dterminer en effet1 le caractre vague et indcis inhrent l'art moderne1 par une suite ncessaire de la confusion et de l'instabilit de l'tat social correspondant3 les productions anciennes1 qui1 au fond1 ne furent jamais vritablement perdues ni oublies1 surtout quant l'architecture et la sculpture1 n'avaient point cependant altr l'nergique spontanit de l'volution esthtique commence au moyen-ge1 tant que l'organisme catholique et fodal avait conserv sa pleine vigueur4 ,ainsi1 l'avnement ultrieur de cette altration1 d'ailleurs invitable1 ne peut rellement prouver que l'extinction graduelle de toute direction philosophique et de toute destination sociale1 naturellement opre dans les beaux-arts1 sous l'accomplissement simultan de la dcomposition spontane propre cette premire phase de la civilisation moderne1 et dj trs sentie pendant sa seconde moiti3 c'est l principalement ce qui a empch l'impulsion antrieure de rsister suffisamment l'influence perturbatrice qu'elle avait jusque alors facilement surmonte4 ,une apprciation plus approfondie conduit mme1 ce me semble1 reconnatre que l'imitation plus ou moins servile de l'art antique dut bientt1 par une raction ncessaire1 devenir1 pour l'art moderne1 un moyen factice de suppler provisoirement1 quoique d'une manire trs imparfaite1 cette lacune fondamentale1 que le progrs de la transition rvolutionnaire devait rendre de plus en plus funeste la marche des beaux-arts1 jusqu' ce que la progression positive ait1 sous ce rapport1 convenablement rpar les dangers insparables de la progression ngative1 ce qui certainement n'a pu encore avoir lieu4 ,ne pouvant trouver autour de lui une sociabilit assez caractrise et assez fixe1 l'art moderne s'est naturellement imbu de la sociabilit antique1 autant que pouvait le permettre une idale contemplation1 guide par l'ensemble des monumens de tous genres3 c'est ce milieu abstrait que le gnie esthtique devait tenter d'appliquer plus ou moins heureusement les impressions htrognes qu'il recevait spontanment du milieu rel d'o il ne pouvait1 malgr ses efforts assidus1 parvenir s'isoler4 ,quels que dussent tre videmment l'insuffisance et les dangers d'un tel expdient provisoire1 il importe de reconnatre qu'il fut alors strictement indispensable1 afin d'viter1 cet gard1 une anarchie totale1 qui et t1 sans doute1 bien autrement funeste la marche de l'art moderne3 aussi voit-on les plus puissans esprits1 non-seulement ,ptrarque et ,boccace1 mais le grand ,dante lui-mme1 qu'on ne peut certes souponner aucunement de servilit routinire1 alors occups1 avec une ardente sollicitude1 recommander constamment l'tude approfondie de l'antiquit1 comme base fondamentale du dveloppement esthtique1 ce qui n'avait1 cette poque1 d'autre tort essentiel que d'riger en principe absolu et indfini une simple mesure temporaire1 d'aprs l'esprit gnral de la philosophie mtaphysique dont l'ascendant dominait encore toutes les intelligences4 ,la saine apprciation historique d'une telle ncessit ne peut seulement qu'augmenter beaucoup1 par une admiration rflchie1 la profonde vnration que devront toujours nous inspirer les minens chefs-d'uvre crs1 pendant la seconde phase1 au milieu de tant d'entraves1 et avec des moyens aussi imparfaits1 si propres susciter l'heureuse conviction exprimentale d'une certaine extension relle dans les facults esthtiques de l'humanit1 ultrieurement destines une plus complte manifestation1 sous l'accomplissement convenable des grandes conditions sociales rserves notre prochain avenir1 comme je l'indiquerai la fin de cet ouvrage4 ,mais1 pour complter l'explication prcdente1 il faut ajouter ici que ce rgime provisoire1 ainsi naturellement impos1 au ,x,ve sicle1 la marche gnrale de l'art moderne1 devait alors dterminer1 outre l'altration du mouvement antrieur1 une invitable suspension1 qui explique la mmorable anomalie ci-dessus signale envers ce sicle1 o l'minent essor du sicle prcdent semblait1 au contraire1 devoir faire prsager un grand dveloppement esthtique4 ,on conoit aisment1 en effet1 qu' un systme de composition aussi factice1 il fallait galement prparer1 pendant quelques gnrations1 un public qui ne le ft pas moins2 car1 en perdant sa grossire originalit du moyen-ge1 l'art perdait pareillement1 de toute ncessit1 la nave popularit qui en tait la rcompense spontane1 et qui n'a pu encore tre retrouve un pareil degr1 dans les cas mme les plus favorables4 ,quoique sa nature gnrale le destine surtout aux masses1 l'art moderne tait alors forc1 par une exception invitable1 de s'adresser spcialement des auditeurs privilgis1 qu'une laborieuse ducation aurait pralablement placs aussi1 bien qu' un moindre degr1 dans des conditions esthtiques analogues celles des artistes eux-mmes1 et sans lesquelles n'aurait pu exister1 entre l'tat passif des uns et l'tat actif des autres1 cette harmonie indispensable toute action des beaux-arts4 ,dans l'ordre pleinement normal1 une telle harmonie s'tablit partout sans effort1 d'une manire bien plus intime1 d'aprs la prpondrance commune du milieu social qui pntre constamment la fois l'interprte et le spectateur2 mais1 sous cette anomalie provisoire1 elle devait1 au contraire1 exiger une longue et difficile prparation4 ,c'est seulement quand cette prparation artificielle a t convenablement accomplie1 chez un public spcial suffisamment nombreux1 par suite de la propagation spontane de l'ducation fonde sur l'tude des langues anciennes1 que l'volution esthtique a pu directement reprendre son cours jusque alors suspendu1 et graduellement produire1 pendant la seconde phase1 l'admirable mouvement universel qui nous reste maintenant caractriser1 comme le seul rsultat capital dont ft susceptible1 par sa nature exceptionnelle1 le rgime temporaire que nous venons d'apprcier4 ,du reste1 ce rgime devait ncessairement s'tendre tous les divers beaux-arts1 mais suivant des degrs trs ingaux3 son influence la plus directe et la plus puissante dut se rapporter l'art le plus gnral1 auquel tous les autres subordonnent plus ou moins leurs inspirations primitives2 quant aux quatre autres1 la sculpture et l'architecture durent y tre beaucoup plus compltement assujties que la peinture et surtout la musique1 dont l'volution dut tre ainsi plus tardive et plus originale1 sous la seule impulsion initiale du moyen-ge1 simplement modifie par l'action indirecte que devait exercer1 cet gard1 la marche effective de la posie elle-mme4 ,enfin1 quoique ce rgime esthtique ait d'abord t plus ou moins commun aux cinq lmens principaux de la rpublique occidentale1 son dveloppement ultrieur y devait offrir des diffrences capitales1 dont les plus importantes se trouveront naturellement caractrises ci-aprs4 ,pendant la seconde phase1 il est vident que l'essor gnral des beaux-arts1 jusque alors essentiellement spontan1 est partout stimul1 comme celui de l'industrie elle-mme1 par les encouragemens de plus en plus systmatiques des divers gouvernemens europens1 depuis que le progrs gnral du mouvement rvolutionnaire y avait suffisamment avanc la concentration temporelle1 sans laquelle cette nouvelle marche ne pouvait avoir une vraie stabilit4 ,l'art devait alors trouver1 sous ce rapport1 un double avantage sur la science1 dont la marche prouvait simultanment une semblable transformation3 car1 en mme temps qu'il devait inspirer des sympathies bien plus vives et plus communes1 son dveloppement ne pouvait exciter aucune inquitude politique chez les pouvoirs les plus ombrageux2 c'est surtout1 par exemple1 d'aprs ce dernier motif1 que les papes1 dj dgnrs en simples princes italiens1 tandis qu'ils favorisaient trs mdiocrement les sciences1 taient presque toujours les plus zls protecteurs des arts1 l'apprciation desquels l'ensemble de leur ducation et de leurs habitudes devait les disposer personnellement4 ,toutefois1 c'est principalement comme moyen d'influence et de considration1 beaucoup plus que par suite d'un sentiment rel1 que les beaux-arts furent alors encourags1 mme par des princes qui n'prouvaient1 ce sujet1 aucun penchant individuel1 mais qui sentaient le prix de la conscration ultrieure et de la popularit immdiate ainsi obtenues3 aussi plusieurs souverains1 entre autres ,franois ,ier au dbut de cette phase et ,louis ,,xiv la fin1 se sont-ils alors distingus1 malgr leur mdiocrit mentale1 pour avoir1 outre ces motifs gnraux1 ressenti1 cet gard1 quelques inclinations prives4 ,quelle qu'ait d tre l'efficacit relle de ce systme d'encouragement en quelques cas fort importans1 cependant sa valeur essentielle doit tre ici surtout apprcie en y voyant un irrcusable symptme de la puissance sociale que l'art commenait acqurir parmi les diverses populations modernes1 dont les sympathies universelles constituaient la source ordinaire d'une telle politique1 qui1 sous un autre aspect1 ne pouvait tre finalement aussi utile l'essor esthtique1 dont elle tendait altrer gravement l'originalit1 qu'elle l'tait certainement l'essor industriel4 ,notre distinction fondamentale entre les deux modes politiques suivant lesquels s'est alors accomplie la dsorganisation systmatique1 la fois spirituelle et temporelle1 chez les diffrens peuples europens1 n'est pas moins caractristique pour l'volution esthtique que pour l'volution industrielle3 car1 les principales diversits alors si marques dans la marche des beaux-arts sont surtout dtermines1 aussi bien que leurs suites ultrieures1 par nos deux systmes gnraux de dictature temporelle1 l'un monarchique et catholique1 l'autre aristocratique et protestant4 ,suivant la remarque trs judicieuse de quelques philosophes italiens1 il n'est pas douteux que l'abolition du culte catholique a d alors exercer1 dans une grande partie de l',europe1 une influence trs dfavorable au dveloppement esthtique1 surtout en ce qui concerne la musique1 la peinture1 et mme la sculpture1 dont la commune imperfection contraste si tristement1 en ,angleterre1 avec l'admirable essor de la posie2 toutefois1 une telle apprciation attache trop d'importance l'influence spirituelle1 tandis que les causes politiques ont t1 ce me semble1 prpondrantes4 ,quoi qu'il en soit1 le premier mode de dictature temporelle tait certainement1 pour l'lment esthtique1 comme je l'ai dj expliqu pour l'lment industriel1 de beaucoup le plus favorable1 par sa nature1 une intime assimilation sociale1 ce qui doit constituer ici notre considration principale3 cela devait1 en effet1 rsulter de l'impulsion plus homogne et plus complte mane d'un pouvoir plus central et plus lev1 dont l'ascendant protecteur devait incorporer bien davantage l'encouragement continu de tous les beaux-arts au systme gnral de la politique moderne1 alors nettement caractris1 sous ce rapport1 par la fondation des acadmies potiques ou artistiques1 qui1 nes spontanment en ,italie1 acquirent bientt1 en ,france1 sous ,richelieu et sous ,louis ,,xiv1 une importance trs suprieure4 ,dans l'autre mode1 au contraire1 la prpondrance de la force locale devait essentiellement livrer les beaux-arts la pnible et insuffisante ressource des protections prives1 chez des populations o d'ailleurs le protestantisme tendait1 tant d'gards1 neutraliser l'ducation esthtique commence au moyen-ge3 aussi1 sans les triomphes passagers d'lisabeth1 et surtout de ,cromwell1 sur l'aristocratie nationale1 les admirables gnies de ,shakespeare et de ,milton ne nous eussent probablement jamais fourni deux des tmoignages les plus dcisifs contre la prtendue dgnration moderne des facults esthtiques de l'humanit4 ,toutefois1 il faut reconnatre que1 par une compensation trs insuffisante1 la nature plus dfavorable d'un tel milieu social1 d'ailleurs propre augmenter notre profonde vnration pour les nergiques vocations qui s'y sont fait jour1 tendait indirectement mieux garantir l'originalit1 souvent altre1 sous le premier rgime1 par des encouragemens excessifs ou mal appliqus4 ,mais les dangers intellectuels d'un tel abus n'ont pas empch que1 mme en ce cas1 le mode franais ne ft plus favorable1 sous l'aspect social1 soit la propagation graduelle de la vie esthtique chez les populations modernes1 soit l'incorporation croissante de la classe correspondante parmi les lmens essentiels d'une rorganisation finale4 ,envisage d'un point de vue plus spcial1 cette grande distinction politique me parat propre indiquer la principale source historique de la mmorable anomalie qui a soustrait alors le systme dramatique anglais1 surtout pour la tragdie1 la commune prpondrance primitive ci-dessus attribue l'imitation de l'art antique4 ,les modernes ont1 en gnral1 radicalement perfectionn la division fondamentale de la posie dramatique1 en y faisant de plus en plus correspondre les deux ordres de pomes1 l'un la vie publique1 l'autre la vie prive3 tandis que1 dans la tragdie grecque1 malgr la clbre intervention du chur1 il n'y avait ordinairement de politique que la nature des familles dont on y retraait les passions et les catastrophes1 toujours minemment domestiques2 ce qui tait invitable chez des populations qui ne pouvaient concevoir d'autre tat social que le leur4 ,or1 la tragdie moderne ayant pris ainsi un plus minent caractre historique1 comme tendant nous retracer les divers modes antrieurs de la sociabilit humaine1 son essor a suivi deux marches trs diffrentes1 suivant que le milieu politique o elle s'est dveloppe a dtermin sa direction spciale vers la socit ancienne ou vers celle du moyen-ge4 ,la dictature monarchique devait naturellement rpugner1 en ,france1 aux souvenirs du moyen-ge1 o la royaut tait ordinairement si faible et l'aristocratie si puissante2 les impressions populaires tant d'ailleurs spontanment conformes une telle disposition1 il est clair que l'ensemble des influences sociales y concourait fortifier la tendance naturelle du systme esthtique prcdemment expliqu la reproduction exclusive des grandes scnes de l'antiquit4 ,c'est ainsi que ,corneille1 choisissant1 avec une parfaite sagacit1 ce que le monde ancien pouvait offrir la fois de mieux connu et de plus fortement caractris1 fut conduit consacrer son admirable gnie l'immortelle idalisation des principales phases de la socit romaine#ab1 depuis son origine jusqu' son dclin4 ,en ,angleterre1 au contraire1 o1 par le triomphe de l'aristocratie1 le rgime fodal avait t rellement beaucoup moins altr1 comme je l'ai expliqu au chapitre prcdent1 les sympathies communes de la classe prpondrante et d'une nation longtemps heureuse de son patronage1 devaient tendre conserver spcialement les derniers souvenirs du moyen-ge1 seuls susceptibles d'une vritable popularit1 si puissamment stimule par le grand ,shakespeare1 dont les nergiques tableaux ne seront jamais neutraliss par les vices essentiels d'un systme de composition fond sur une insuffisante apprciation des conditions respectivement propres la posie pique et la posie dramatique3 il est d'ailleurs vident que ce rsultat a d tre beaucoup fortifi par l'isolement caractristique qui1 ds l'origine de cette phase protestante1 distingue de plus en plus l'ensemble de la politique anglaise1 et qui devait pousser davantage au choix presque exclusif de sujets nationaux4 la vrit1 on voit1 en mme temps1 se dvelopper aussi1 en ,espagne1 sous l'ascendant royal et catholique1 un art dramatique essentiellement analogue au prcdent1 et mme encore plus loign de toute imitation antique2 mais cette seconde anomalie1 loin d'tre oppose notre explication1 la confirme radicalement3 car1 dans ce cas1 d'autres influences ont dtermin une pareille prdilection nationale pour les traditions du moyen-ge1 en vertu mme de l'intime incorporation du catholicisme la politique correspondante4 ,si l'esprit catholique avait pu conserver alors autant d'empire chez les autres peuples prservs du protestantisme1 son entranement naturel vers les temps de sa plus grande splendeur et certainement empch partout la tendance potique vers l'antiquit1 toujours plus ou moins lie d'ailleurs l'instinct universel d'mancipation religieuse4 ,on conoit aisment que cette impulsion catholique devait tre alors plus dcisive1 cet gard1 pour l',espagne1 que l'impulsion fodale correspondante ne pouvait l'tre pour l',angleterre1 o elle tait directement combattue par l'esprit du protestantisme1 quoique la nature anti-esthtique de celui-ci ne ft pas d'ailleurs favorable au systme d'art adopt en ,italie et en ,france4 ,je me borne ici l'indication trs sommaire d'un tel ordre d'explications1 que j'ai jug propre faire mieux ressortir la nouvelle lumire gnrale que la saine thorie de l'volution sociale peut rpandre sur l'tude spciale du dveloppement historique de l'art moderne1 de manire dissiper spontanment une foule d'apprciations illusoires ou irrationnelles4 ,note #ab3 ,quand ,racine1 aprs s'tre longtemps born peindre trop abstraitement1 sous des noms presque arbitraires1 nos principales passions lmentaires1 comprit enfin dignement cette destination plus leve et plus complte que ,corneille venait d'assigner irrvocablement la tragdie moderne1 et qu'il voulut consacrer aussi la pleine maturit de son gnie la vraie tragdie historique1 son heureux instinct lui fit sentir que cette immense laboration de ,corneille avait dsormais essentiellement puis l'idalisation dramatique du monde romain4 ,c'est pourquoi1 conduit remonter vers une sociabilit encore plus antique1 il tenta1 dans son dernier et principal chef-d'uvre1 une admirable apprciation potique des principaux attributs propres au rgime thocratique1 considr du moins dans son type le plus connu quoique le moins caractristique4 ,pour que cette indication soit suffisamment complte1 il faut toutefois ajouter que cette mmorable diversit potique1 d'ailleurs videmment provisoire1 comme l'ensemble des causes qui l'ont produite1 a d seulement affecter les compositions relatives la vie publique2 tandis que celles destines retracer la vie prive ne pouvaient1 par leur nature1 se rapporter qu' la seule civilisation moderne1 et se trouvaient1 en consquence1 partout essentiellement soustraites au systme esthtique artificiel fond sur l'imitation de l'antiquit1 si ce n'est quant au mode secondaire d'excution4 ,aussi ce dernier ordre de pomes1 soit piques1 soit dramatiques1 sans exiger certes ni plus de force1 ni plus d'invention1 devait-il spontanment offrir une originalit plus complte et obtenir une popularit plus relle et plus tendue2 car il tait1 de toute ncessit1 le mieux adapt jusqu'ici la nature des socits modernes1 dont la vie publique ne pouvait fournir l'art une base assez nette et assez fixe1 comme je l'ai prcdemment expliqu4 ,c'est ainsi qu'on conoit aisment pourquoi ,cervantes et ,molire furent alors1 de mme qu'aujourd'hui1 presque galement gots chez les divers peuples europens1 pendant que l'admiration de ,corneille et celle de ,shakespeare y devaient sembler profondment inconciliables4 ,jusqu' ce que la rorganisation finale ait suffisamment dvelopp le caractre propre de notre sociabilit1 enfin dgage de tout mlange contradictoire1 la vie publique ne saurait y donner lieu1 dans l'ordre le plus lev des compositions potiques1 une expression convenablement prononce1 ni dramatique1 ni mme pique4 ,aucun minent gnie esthtique ne l'a rellement tent pour le premier genre2 et les puissans efforts relatifs au second1 tout en faisant hautement ressortir l'admirable supriorit de leurs immortels auteurs1 n'ont que mieux constat l'impossibilit d'un tel succs1 dans la situation transitoire des socits modernes4 ,on doit en carter le merveilleux pome d',arioste1 comme bien plus relatif1 en effet1 la vie prive qu' la vie publique4 ,quant l'uvre de ,tasse1 il suffirait de remarquer son trange concidence avec le succs universel d'une composition principalement destine effacer1 par le ridicule le plus irrsistible1 le dernier souvenir populaire de cette mme chevalerie dont la gloire y tait immortalise4 ,rien n'est assurment plus propre qu'un tel rapprochement historique faire nettement sentir que la nouvelle situation sociale ne permettait plus le plein succs de semblables sujets1 les plus beaux nanmoins que le berceau gnral de la civilisation moderne pt1 videmment1 offrir au gnie potique3 tandis que1 chez les anciens1 les chants d',homre retrouvaient encore1 aprs dix sicles1 dans presque toute leur intensit1 les dispositions populaires relatives aux premires luttes de la ,grce contre l',asie4 ,un pareil contraste n'est pas moins sensible envers l'uvre du grand ,milton1 s'efforant d'idaliser les principes de la foi chrtienne1 au temps mme o elle s'teignait irrvocablement autour de lui chez les esprits les plus avancs4 ,sans pouvoir raliser suffisamment un rsultat esthtique radicalement incompatible avec la transition rvolutionnaire des socits modernes1 ces immortels essais n'ont prouv1 de la manire la plus dcisive1 que la pleine conservation1 et mme l'extension intrinsque1 des facults potiques de l'humanit4 ,l'ensemble de l'admirable essor que nous venons d'apprcier confirme hautement l'accroissement notable1 pendant tout le cours de cette seconde phase1 du caractre minemment critique1 dj sensible sous la phase prcdente1 et mme ds l'origine1 au moyen-ge1 d'une telle volution1 surtout envers l'organisme catholique1 principale base de l'ordre antrieur4 ,d'abord1 dans un tat aussi avanc de la progression ngative1 le mouvement esthtique devait partout concourir involontairement l'branlement universel1 par cela seul qu'il tendait dvelopper1 chez toutes les classes quelconques de la socit europenne1 un premier degr habituel d'activit mentale1 dont les suites n'y pouvaient ds lors tre que radicalement contraires la conservation du rgime ancien3 ce qui faisait1 cette poque1 participer spontanment l'laboration critique mme les potes et les artistes les plus dvous aux antiques doctrines1 comme je l'ai dj indiqu au chapitre prcdent4 ,mais1 en outre1 presque tous les organes minens de ce grand mouvement esthtique ont alors manifest1 sous des formes quivalentes quoique trs varies1 en ,italie1 en ,espagne1 en ,france1 et en ,angleterre1 une active coopration volontaire aux principales attaques systmatiques contre la constitution catholique et fodale4 ,la posie dramatique1 en gnral1 y tait1 pour ainsi dire1 force par suite de l'anathme sacerdotal dont le thtre avait t frapp1 quand l'glise eut t contrainte de renoncer l'espoir1 si unanime au quinzime sicle1 d'en conserver la direction prpondrante4 ,toutefois1 cette opposition devait tre plus profondment marque1 surtout en ,france1 dans la comdie1 d'aprs son aptitude spciale reflter l'instinct moderne4 ,rien n'est plus sensible1 en effet1 chez notre incomparable ,molire1 exerant la fois son irrsistible critique1 avec le plus heureux sentiment de l'ensemble de la situation sociale1 contre l'esprit catholique et l'esprit fodal1 sans pargner davantage l'esprit mtaphysique1 et en ne ngligeant pas d'ailleurs de rectifier1 par une salutaire censure1 chez les diverses classes ascendantes1 les aberrations insparables d'une progression purement empirique1 contrairement leur vraie destination sociale4 ,cette minente magistrature morale fut activement protge contre les rancunes sacerdotales et nobiliaires par l'instinct confus qui1 dans la jeunesse de ,louis ,,xiv1 lui fit spontanment souponner la tendance momentane d'une telle critique seconder l'tablissement simultan de la dictature royale4 ,quelle que soit la source relle d'une semblable protection1 elle n'en mritera pas moins toujours1 par l'importance de ses effets1 la reconnaissance de la postrit3 il est d'ailleurs sensible que rien d'quivalent n'aurait pu s'accomplir sous la dictature aristocratique4 ,tel est donc le vrai caractre gnral de cette seconde phase1 principale poque1 tous gards1 de l'universelle volution esthtique des socits modernes1 jusqu' l'avnement ultrieur de leur rorganisation finale4 ,il ne nous reste plus enfin qu' apprcier maintenant la singulire transformation de ce mouvement pendant la troisime phase essentielle de la transition rvolutionnaire1 parvenue l'tat purement diste1 qui devait constituer le dernier terme naturel de la philosophie ngative4 ,nous devrons principalement y saisir comment cette modification ncessaire a finalement dtermin1 surtout en ,france1 sige fondamental de l'branlement1 une incorporation encore plus intime de l'lment esthtique la sociabilit moderne4 ,sous cet aspect capital1 cette nouvelle phase se distingue partout de la prcdente par le caractre plus lev et plus dcisif qu'y prend de plus en plus l'encouragement systmatique des beaux-arts1 comme celui de l'industrie1 tandis que la progression ngative devenait aussi plus complte et plus irrvocable4 ,jusque alors1 en effet1 la protection de l'art n'tait point1 pour les gouvernemens modernes1 un vritable devoir1 mais un simple calcul facultatif1 dans le seul intrt de leur gloire ou de leur popularit1 ainsi que je l'ai expliqu ci-dessus4 ,pendant la troisime phase1 au contraire1 l'admirable dveloppement esthtique qui venait de s'accomplir avait tellement augment l'importance sociale de l'art1 son essor continu tait devenu tellement ncessaire aux populations modernes1 que les pouvoirs dirigeants durent universellement reconnatre dsormais l'obligation permanente de le seconder par d'actifs encouragemens rguliers1 dont le cours journalier ne procdt plus d'aucune gnrosit personnelle1 mais d'une juste sollicitude publique4 ,en mme temps1 la propagation croissante de la vie esthtique chez les diverses classes de la socit europenne1 tendait directement consolider l'indpendance sociale des potes et des artistes1 en leur assurant1 bien plus qu'aux savans1 une existence affranchie de toute protection quelconque2 l'heureuse nature de leurs productions devant les rendre habituellement susceptibles d'une apprciation la fois plus complte1 plus immdiate1 et plus vulgaire4 ,l'institution des journaux1 qui commenait alors prendre une importance relle1 quoique encore purement littraire1 vint dj seconder cet ensemble de dispositions naissantes1 en fournissant de jeunes talens une honorable situation1 bientt destine une si large extension1 et dans laquelle l'illustre ,bayle avait d'abord trouv1 vers la fin de la phase prcdente1 un heureux refuge contre les divers genres de perscution thologique3 il est d'ailleurs vident que1 par son influence indirecte1 comme puissant moyen de vulgarisation universelle1 cette innovation capitale devait tendre la consolidation sociale de tous les beaux-arts1 malgr qu'elle semblt exclusivement destine au seul art potique4 ,tandis que l'lment esthtique obtenait ainsi naturellement1 dans son incorporation finale notre sociabilit1 plus d'indpendance et plus d'ascendant1 son essor spcial subissait ncessairement une mmorable altration1 jusqu'ici trop confusment apprcie1 d'aprs l'invitable puisement du rgime artificiel et prcaire sous la prpondrance duquel avait d s'accomplir l'admirable volution propre la phase prcdente4 ,la subordination systmatique des plus grandes compositions modernes l'imitation de l'antiquit1 constitue1 videmment1 un principe trop factice1 trop contraire l'originalit et la popularit dont les beaux-arts ont surtout besoin1 pour comporter une longue dure effective1 comme je l'ai ci-dessus expliqu1 malgr le prolongement des causes politiques d'o tait surtout driv son empire provisoire1 et qui d'ailleurs ne pouvaient plus avoir1 cet gard1 autant d'influence1 mesure que le progrs mme de la transition rvolutionnaire tendait davantage carter les obstacles qui empchaient d'apprcier le vrai caractre fondamental du nouvel tat social4 ,quoique ce caractre ft1 sans doute1 encore trs vaguement entrevu1 et presque toujours mal apprci1 cependant l'instinct spontan de la situation devait graduellement dvelopper d'universelles rpugnances contre l'imitation esthtique de l'antiquit1 d'o le gnie moderne venait assurment de tirer tout ce qu'elle pouvait fournir de vritablement capital1 par d'immortels chefs-d'uvre1 dont l'influence croissante1 en propageant le got des beaux-arts1 devait naturellement mieux manifester la ncessit d'une marche nouvelle1 susceptible de produire habituellement des impressions plus compltes et plus unanimes4 ,aussi1 ds le dbut de cette troisime phase1 voit-on s'lever1 surtout en ,france1 o ce rgime provisoire avait le plus prvalu1 une disposition trs prononce son irrvocable extinction1 toujours poursuivie ensuite sous diverses formes1 mais jusqu'ici sans aucun autre succs possible qu'une sorte d'anarchie esthtique1 destine persister jusqu' ce qu'un sentiment assez net de la rorganisation finale puisse enfin commencer fournir l'art moderne la direction et la destination qui doivent constituer son tat normal4 ,cette tendance initiale l'mancipation potique1 dj marque par quelques essais directs de composition indpendante1 est alors principalement caractrise par cette grande discussion sur la comparaison entre les anciens et les modernes1 qui est devenue1 tant d'gards1 un vritable vnement dans l'histoire gnrale de l'esprit humain1 comme je l'indiquerai de nouveau au sujet de l'volution philosophique4 ,une telle controverse1 heureusement tendue1 par les dfenseurs des modernes1 tous les aspects du mouvement mental1 devait achever1 en effet1 de discrditer radicalement l'ancien rgime esthtique1 chez le public impartial1 tranger aux controverses littraires1 et jugeant seulement d'aprs l'instinct naturel de l'harmonie ncessaire entre les conceptions potiques et les sympathies sociales qu'elles doivent mouvoir4 ,pendant tout le reste de cette phase1 l'absence d'aucune autre rgularisation suffisante a pu seule1 surtout en posie1 conserver ce systme d'art une vaine existence passive1 malgr son vidente caducit1 tant constate par son impuissance inspirer de nouveaux chefs-d'uvre4 ,mais le systme inverse1 prcdemment apprci comme anomalie propre l',angleterre et l',espagne1 subit alors pareillement1 d'une manire non moins dcisive1 une dcadence simultane1 caractrise par une quivalente strilit1 d'aprs l'invitable loignement graduel des populations modernes1 mme dans ces deux pays1 pour les souvenirs sociaux du moyen-ge1 jusqu' ce que la rgnration philosophique ait partout ramen les esprits1 sous ce rapport1 une juste apprciation historique1 sans susciter aucune dangereuse inclination rtrograde4 ,ce double dclin ncessaire dans l'ordre le plus lev des productions esthtiques explique aisment pourquoi cette poque n'offre1 en effet1 de vritable progrs potique qu' l'gard des compositions relatives la vie prive1 et1 ce titre1 essentiellement soustraites au rgime fond sur l'imitation de l'antiquit1 comme je l'ai ci-dessus indiqu3 encore ce progrs ne s'tend-il point aux compositions dramatiques1 o ,molire est certainement rest jusqu'ici sans mule1 malgr d'heureuses tentatives secondaires4 ,quant aux productions destines la reprsentation pique des murs prives1 et qui constituent encore le genre la fois le plus original et le plus tendu des crations littraires propres la socit moderne1 on voit alors surgir1 parmi beaucoup d'estimables tmoignages de l'universelle spontanit d'un tel essor1 les admirables chefs-d'uvre de ,lesage et de ,fielding1 qui suffiraient seuls prouver que la mdiocrit des autres travaux contemporains n'indique aucune dgnration relle dans les facults potiques de l'humanit4 ,relativement aux arts plus spciaux1 cette phase est nettement caractrise par l'volution dcisive de la musique dramatique1 surtout en ,italie et en ,allemagne1 qui doit tant influer1 par sa nature1 sur la profonde incorporation populaire de la vie esthtique au systme gnral de l'existence moderne4 ,il serait assurment superflu d'insister ici sur l'invitable accroissement1 pendant toute cette troisime priode1 du caractre critique dj signal dans le mouvement esthtique de l'poque prcdente1 et qui devait toujours se dvelopper davantage mesure que la dsorganisation de l'ancien rgime politique devenait plus systmatique et plus irrvocable4 ,mais il faut1 ce sujet1 convenablement apprcier l'importante transformation que cette coopration plus active et plus complte l'branlement philosophique du sicle dernier a naturellement dtermine dans l'ensemble de l'volution lmentaire que nous achevons d'examiner4 ,d'abord1 cette relation a exerc sur l'art une haute influence provisoire1 en lui procurant spontanment1 un certain degr1 une direction gnrale et une destination sociale1 qui ne pouvaient alors autrement exister4 ,malgr les graves dangers esthtiques d'une philosophie purement ngative1 dont les inspirations passagres tendaient neutraliser la vrit fondamentale des conceptions potiques1 la caducit ncessaire du rgime antrieur devait procurer cette impulsion trs imparfaite une valeur vritable quoique temporaire1 qui subsistera plus ou moins jusqu' l'avnement ultrieur d'une systmatisation positive1 correspondante la rorganisation finale4 ,cette intime alliance fut alors naturellement personnifie chez l'illustre pote plac la tte de l'branlement philosophique1 la propagation duquel il consacra1 avec tant de succs1 l'admirable varit de son talent1 sans jamais hsiter1 suivant son but principal1 sacrifier les convenances esthtiques aux intrts1 mme momentans1 de l'laboration ngative4 ,quoique profondment funeste au dveloppement propre de l'art1 ce dernier rgime provisoire a t nanmoins ncessaire pour achever1 sous le rapport social1 l'volution prparatoire du nouvel lment1 ainsi directement incorpor dsormais au grand mouvement politique des socits modernes1 o il ne pouvait d'abord s'agrger autrement4 ,c'est par l que les potes et les artistes1 peine affranchis des protections personnelles au dbut de cette phase1 sont alors rapidement parvenus tre en quelque sorte rigs spontanment1 beaucoup d'gards1 en chefs spirituels des populations modernes contre le systme de rsistance rtrograde qu'elles tendaient dtruire irrvocablement3 car1 les facilits propres une laboration purement ngative1 dj dogmatiquement prpare1 comme je l'ai expliqu1 par les mtaphysiciens antrieurs1 permettaient1 en effet1 des intelligences bien plus esthtiques que philosophiques1 de s'emparer1 contre leur nature1 de la direction journalire d'un tel mouvement1 o elles trouvaient une source d'activit que l'art proprement dit ne pouvait momentanment leur offrir1 et en mme temps une heureuse extension des habitudes critiques dj contractes sous la phase prcdente4 ,mais les suites ultrieures de cette trange confusion ne devaient pas tre moins funestes la socit moderne qu' l'art lui-mme1 aussitt que la transition rvolutionnaire serait assez avance pour permettre1 et mme pour exiger1 l'ascendant immdiat du mouvement de rorganisation positive4 ,car1 la classe quivoque des littrateurs1 issue d'une telle transformation1 et malheureusement ds-lors investie jusqu'ici de la suprme direction spirituelle de l'branlement social1 tend loigner spontanment la rgnration finale1 par son inclination naturelle prolonger abusivement le rgne de l'esprit critique1 seul susceptible de maintenir sa prpondrance sociale1 comme je l'expliquerai spcialement au chapitre suivant4 ,quoi qu'il en soit1 le vritable terme ncessaire de la prparation sociale propre l'lment esthtique n'en est ainsi que plus hautement caractris1 puisque son irrvocable incorporation la sociabilit moderne s'est trouve pousse1 par cette exagration temporaire1 au-del mme de la destination normale la plus conforme sa nature fondamentale4 ,l'ensemble de l'apprciation historique que nous venons d'accomplir montre donc que l'volution esthtique1 depuis son origine au moyen-ge1 jusqu' la fin de la dernire phase essentielle de la double transition moderne1 est graduellement parvenue au point de ne pouvoir plus recevoir de nouveaux dveloppemens autrement que par l'laboration directe de la rorganisation universelle1 comme nous l'avions dj reconnu pour l'volution industrielle1 base principale de notre tat social4 ,nous devons maintenant procder une quivalente dmonstration envers l'volution scientifique proprement dite1 et ensuite quant l'volution purement philosophique1 en tant qu'elles peuvent tre distingues provisoirement l'une de l'autre1 suivant nos explications prliminaires3 ce qui doit enfin conduire faire spontanment sortir1 de leur commune terminaison1 le vrai principe immdiat de la systmatisation spirituelle1 et1 par suite1 temporelle1 qui ne saurait trouver ailleurs aucune base suffisante4 ,parmi les diverses aptitudes fondamentales de notre intelligence1 les facults scientifiques et philosophiques sont assurment1 chez presque tous les hommes1 les moins nergiques de toutes1 comme je l'ai directement expliqu au quarante-cinquime chapitre et au cinquantime1 en caractrisant l'imperfection de notre constitution crbrale3 aussi leur influence immdiate sur la vie relle1 soit prive1 soit publique1 est-elle ordinairement beaucoup moindre que celle des facults esthtiques1 leur tour surpasses1 cet gard1 par les facults industrielles ou pratiques1 dont l'activit continue1 la fois plus facile et plus urgente1 doit tre communment prpondrante4 ,mais1 malgr cette moindre nergie naturelle1 l'esprit scientifique ou philosophique finit1 de toute ncessit1 par obtenir indirectement le principal empire dans l'ensemble de l'volution humaine1 soit individuelle1 soit surtout sociale1 d'aprs son minente destination relativement aux conceptions gnrales sur lesquelles repose tout le systme de nos ides quelconques l'gard du monde extrieur et de l'homme lui-mme3 l'extrme lenteur des grands changemens qui s'y rapportent1 confirme simultanment leur importance et leur difficult suprieures1 quoiqu'elle ait souvent dissimul la ralit d'un ascendant lmentaire que sa propre permanence devait rendre moins apprciable4 ,nous avons pleinement reconnu que toute la civilisation ancienne dpendait invitablement du premier essor spculatif de l'humanit1 caractris par une spontanit parfaite1 et aboutissant une philosophie purement thologique1 qui n'a pu ensuite que se modifier de plus en plus1 en tendant vers son irrvocable extinction1 sans toutefois pouvoir encore tre suffisamment remplace4 ,il s'agit maintenant d'expliquer comment1 partir du moyen-ge1 vritable source1 tous gards1 des grandes transformations ultrieures1 l'esprit humain1 aprs avoir essentiellement puis les plus hautes applications sociales que comportt cette philosophie primitive1 a ds-lors commenc tendre directement1 quoique avec un instinct trs confus de sa marche ncessaire1 vers la suprmatie finale d'une philosophie radicalement diffrente1 et mme oppose1 destine constituer la base rationnelle d'une rorganisation vraiment durable1 seule conforme la nature propre de la civilisation moderne4 ,or1 cette grande volution philosophique a ncessairement continu dpendre de plus en plus de l'volution scientifique proprement dite1 dont nous avons apprci1 au cinquante-troisime chapitre1 le mmorable dveloppement initial1 et qui dj avait secrtement dtermin la dgnration croissante de l'esprit purement thologique en esprit mtaphysique1 uniquement apte prparer l'ascendant universel de l'esprit franchement positif4 ,l'intime connexit de ces deux volutions simultanes n'empche pas que notre apprciation historique ne doive provisoirement les traiter comme distinctes1 suivant nos explications prliminaires1 jusqu'aux temps prochains o le gnie philosophique et le gnie scientifique auront suffisamment accompli leur essor prparatoire1 en acqurant enfin1 l'un la pleine positivit1 l'autre l'entire gnralit1 qui leur manquent encore1 et dont ce ,trait est directement destin organiser l'indispensable combinaison normale1 seule base possible de la rgnration sociale4 ,dans cette sparation transitoire de deux progressions que leur nature commune appelle certainement se confondre bientt d'une manire irrvocable1 il convient videmment d'examiner d'abord le mouvement scientifique1 sans lequel le mouvement philosophique resterait essentiellement inintelligible1 malgr la raction effective1 jusqu'ici trs secondaire1 du second sur le premier3 d'o rsulte1 leur gard1 la confirmation spciale de l'ordre gnral tabli1 au prambule de ce chapitre1 entre les quatre aspects partiels propres la grande srie positive que nous achevons d'tudier4 ,malgr l'importance prpondrante de cette double apprciation finale1 il est clair que nous sommes d'avance heureusement dispenss de nous y arrter autant qu'envers les deux autres volutions dj considres1 puisque les trois premiers volumes de ce ,trait ont t directement consacrs1 non-seulement caractriser pleinement1 sous tous les rapports fondamentaux1 le vritable esprit scientifique et l'esprit philosophique correspondant1 mais aussi expliquer suffisamment1 par une anticipation naturelle1 la vraie filiation historique des principales conceptions scientifiques1 ainsi que leur influence graduelle1 la fois positive et ngative1 sur l'ducation philosophique de l'humanit3 ce qui ne nous laisse plus accomplir ici d'autre opration essentielle que la seule coordination gnrale de ces diverses vues historiques1 alors ncessairement isoles1 en cartant d'ailleurs1 comme pour les deux premires progressions1 tout ce qui pourrait dgnrer en histoire concrte ou spciale de la science ou de la philosophie1 galement incompatible avec la nature et la destination de notre laboration dynamique1 aussi bien qu'avec ses limites indispensables4 ,de mme que pour les deux cas prcdens1 il faut d'abord apprcier l'origine de la moderne volution scientifique1 au sein du rgime monothique propre au moyen-ge1 aussitt que l'entier dveloppement de l'organisme catholique et fodal put y permettre le libre essor continu d'une activit philosophique qui n'avait jamais t rellement suspendue1 mais dont le cours gnral avait d tre longtemps ralenti par les justes proccupations politiques qui1 pendant les deux phases antrieures1 dirigeaient surtout les plus minens esprits vers l'laboration1 bien plus urgente1 du nouvel tat social4 ,quoique cette progression ft ncessairement lie au dveloppement initial de la philosophie naturelle dans l'ancienne ,grce1 ce n'est pourtant pas sans raison qu'elle est habituellement traite comme directe1 non-seulement cause de cette mmorable recrudescence aprs un ralentissement trs prolong1 mais principalement en vertu des caractres beaucoup plus dcisifs qu'elle dut alors manifester de plus en plus3 pourvu toutefois que ces diffrences fondamentales ne fassent jamais ngliger l'invitable enchanement qui rattachera toujours les dcouvertes des ,kepler et des ,newton celles des ,hipparque et des ,archimde4 ,j'ai suffisamment expliqu1 au cinquante-troisime chapitre1 comment le premier essor scientifique avait spontanment dtermin1 il y a plus de vingt sicles1 cette division capitale1 entre la philosophie naturelle et la philosophie morale1 dont l'ascendant provisoire devait diriger jusqu' nos jours la marche gnrale de l'esprit humain2 en permettant la plus simple des deux branches une vie assez indpendante de l'existence propre la plus complique1 pour que l'une pt librement parcourir les divers degrs de l'tat mtaphysique1 tandis que les ncessits sociales1 encore plus que sa difficult suprieure1 retiendraient davantage l'autre l'tat purement thologique1 dsormais parvenu toutefois sa dernire phase essentielle4 ,d'aprs cette sparation primitive1 nous avons ensuite reconnu comment la philosophie naturelle avait d rester1 non-seulement trangre1 mais extrieure l'organisation finale du monothisme catholique1 qui1 forc plus tard de se l'incorporer1 tendit ds-lors se dnaturer irrvocablement1 par ce clbre compromis qui constitue la scolastique proprement dite1 o la thologie se rend profondment dpendante de la mtaphysique1 comme je l'indiquerai spcialement au sujet de l'volution philosophique4 ,cette extrme modification de l'esprit religieux dut tre heureusement dcisive pour l'volution scientifique1 dsormais protge directement par l'ensemble des doctrines dominantes1 du moins jusqu' l'poque1 alors encore loigne1 o son caractre anti-thologique serait suffisamment dvelopp4 ,mais1 abstraction faite de l'influence scolastique1 et avant mme qu'elle pt devenir pleinement distincte1 il n'est pas douteux que le catholicisme devait exercer spontanment une action immdiate et continue pour seconder1 par une utile stimulation1 l'essor universel de la philosophie naturelle1 en commenant aussi l'incorporer profondment au systme de la sociabilit moderne1 d'aprs une tendance encore plus directe et plus complte que celle ci-dessus explique pour l'essor esthtique1 laquelle rsultait surtout de l'organisation1 et non de la doctrine1 tandis que l'autre tait galement inhrente toutes deux4 ,nous avons1 en effet1 reconnu1 dans le volume prcdent1 combien le passage du polythisme au monothisme1 devait tre1 en gnral1 spontanment favorable1 soit au dveloppement propre de l'esprit scientifique1 soit son influence habituelle sur le systme commun des opinions humaines4 ,tel tait le caractre minemment transitoire de la philosophie monothique1 phase vraiment extrme de la philosophie thologique1 que1 loin d'interdire directement1 comme le polythisme1 l'tude spciale de la nature1 elle devait d'abord y attirer1 un certain degr1 les contemplations universelles1 pour l'apprciation dtaille de l'optimisme providentiel4 ,le polythisme avait rattach tous les phnomnes principaux des explications si particulires et si prcises1 que chaque tentative d'analyse physique tendait ncessairement susciter un conflit immdiat envers la formule religieuse correspondante3 aprs mme que1 sous un tel rgime mental et social1 cette incompatibilit radicale se fut dveloppe au point de pousser spontanment les penseurs un monothisme plus ou moins explicite1 l'esprit d'investigation n'y resta pas moins profondment entrav par les justes craintes que devait inspirer l'opposition vulgaire1 rendue plus redoutable par l'intime confusion entre la religion et la politique2 en sorte que l'essor scientifique avait toujours t essentiellement extrieur la socit ancienne1 malgr les encouragemens exceptionnels qu'il y avait heureusement reus4 ,au contraire1 le monothisme1 rduisant les diverses explications religieuses une vague et uniforme intervention divine1 admettait1 et mme invitait1 les scrutateurs de la nature explorer assidment les dtails des phnomnes1 et mme dvoiler leurs lois secondaires1 d'abord envisages comme autant de manifestations de la suprme sagesse1 dont la considration fondamentale tablissait d'ailleurs immdiatement une premire liaison gnrale1 alors trs prcieuse quoique fort imparfaite1 entre les diffrentes parties quelconques de la science naissante3 c'est ainsi que1 par une utile raction ncessaire1 le monothisme1 primitivement rsult de l'lan initial de l'esprit scientifique1 devenait maintenant indispensable son second ge1 soit pour ses progrs spciaux1 soit surtout pour sa propagation universelle1 ds lors possible un certain degr4 ,ces importantes proprits temporaires sont tellement inhrentes au monothisme1 qu'on les trouve aussi1 moins prononces toutefois1 dans le monothisme arabe1 dont le premier ascendant fut si favorable la culture des sciences3 mais le monothisme catholique1 par l'minente supriorit de son organisation caractristique1 devait exercer1 cet gard1 chez une population mieux prpare1 une influence la fois bien plus profonde et beaucoup plus durable#ac4 ,son esprit est1 sous ce rapport1 directement indiqu par sa mmorable tendance continue1 si mal apprcie jusqu' prsent1 restreindre autant que possible toute spciale intervention surnaturelle1 pour faire prvaloir de plus en plus les explications rationnelles1 ainsi que je l'ai tabli au cinquante-quatrime chapitre1 quant aux miracles1 aux prophties1 aux visions1 etc41 restes invitables du rgime polythique1 trop conservs1 au contraire1 par l'islamisme4 ,il serait d'ailleurs superflu de s'arrter ici faire expressment ressortir l'vidente influence que devait d'abord exercer l'organisation catholique1 mme avant sa pleine consolidation politique1 sur le dveloppement effectif et l'universelle propagation de l'activit scientifique3 soit en excitant partout un premier degr de vie spculative1 et dterminant aussi quelques habitudes populaires de discussion rationnelle1 de manire stimuler les moindres germes individuels d'aptitude contemplative1 et disposer1 en mme temps1 les plus vulgaires intelligences goter une certaine instruction abstraite2 soit en fondant directement sa propre hirarchie sur le principe de la capacit spirituelle1 dont l'ascendant gnral permettait alors tout minent penseur d'ambitionner sans extravagance jusqu' la plus haute dignit europenne1 comme tant d'clatans exemples l'ont constat au moyen-ge2 soit1 enfin1 par les immenses facilits qu'elle offrait naturellement l'existence mentale1 et qui devaient conserver beaucoup de valeur1 surtout en ,italie1 mme aprs que la dcadence spontane du catholicisme aurait essentiellement teint ses autres proprits scientifiques4 ,aussi1 ds la seconde phase du moyen-ge1 quand le nouvel tat social commence acqurir quelque consistance1 les mmorables efforts de ,charlemagne1 et ensuite d',alfred1 pour activer et pour rpandre la culture des sciences1 viennent-ils manifester1 de la manire la plus dcisive1 la tendance ncessaire de l'esprit catholique1 dj indique1 sous la phase prcdente1 par la constante sollicitude des papes pour la conservation des connaissances antrieures1 accompagne de quelques amliorations secondaires4 ,cette seconde phase n'tait pas mme termine lorsque1 par exemple1 le savant ,gerbert1 devenu pape1 fit servir son pouvoir l'tablissement gnral du nouveau mode de notation arithmtique1 dont l'laboration graduelle1 pendant les trois sicles prcdens1 tait enfin acheve1 quoique cette innovation capitale n'ait d1 par sa nature1 devenir vraiment usuelle que longtemps aprs1 quand l'essor universel de la vie industrielle aurait fait assez nergiquement sentir la ncessit de simplifier et d'abrger les calculs les plus communs4 ,le systme normal de l'ducation que recevaient alors1 non-seulement tous les ecclsiastiques1 mais aussi une foule de laques1 tmoigne clairement cette tendance permanente du catholicisme1 l'tat ascendant1 vers la culture scientifique3 car1 si le trivium1 auquel s'arrtait la masse des lves1 tait1 comme aujourd'hui1 purement littraire et mtaphysique1 il est clair que tous les esprits distingus allaient habituellement jusqu'au quadrivium1 directement consacr aux tudes mathmatiques et astronomiques4 ,toutefois1 il faut reconnatre que1 en vertu des hautes proccupations politiques1 la fois spirituelles et temporelles1 que j'ai suffisamment expliques comme ncessairement propres la seconde priode du moyen-ge1 les principaux progrs scientifiques n'y durent point tre dirigs par le monothisme catholique1 qu'absorbaient justement des soins bien plus importans1 mais par le monothisme arabe1 si heureusement destin1 pendant ces trois sicles1 cet indispensable relai1 et dont l'ascendant prsida aux utiles amliorations qui s'introduisirent dans les anciennes connaissances mathmatiques et astronomiques1 surtout d'aprs l'essor distinct de l'algbre1 et la fconde extension de la trigonomtrie1 double progrs qu'exigeaient hautement les besoins croissans de la gomtrie cleste4 ,on conoit aisment aussi que1 sous la premire phase1 la profonde perturbation habituellement rsulte des grandes invasions occidentales avait d faire provisoirement dpendre du monothisme byzantin la principale culture scientifique4 ,c'tait donc seulement la troisime phase que devait appartenir la manifestation pleinement dcisive des minentes proprits du catholicisme pour l'essor initial de la moderne volution scientifique1 aprs ces deux utiles fonctions temporaires successivement remplies par les deux autres monothismes1 auxquels leur vicieuse organisation ne pouvait permettre de rester vraiment progressifs aussi longtemps1 beaucoup prs1 que l'a t le monothisme catholique1 quoique cette mme imperfection leur et d'abord procur une marche plus rapide1 en les dispensant tous deux de la longue et pnible laboration intrieure qui avait t indispensable au catholicisme afin d'tablir1 entre les deux pouvoirs lmentaires1 cette division fondamentale1 o nous avons reconnu1 tous gards1 la premire base ncessaire des plus grands progrs ultrieurs4 ,note #ac3 ,il n'est pas inutile de remarquer ici que chacun des deux monothismes a1 ds son origine1 heureusement institu une liaison spciale et continue de son culte essentiel la seule science naturelle qui ft alors possible1 l'un par la relation de sa principale fte aux mouvemens du soleil et de la lune1 l'autre par l'orientation fixe impose aux attitudes d'adoration3 ce qui1 des deux parts1 exigeait ncessairement une certaine culture permanente des tudes astronomiques4 ,cette stimulation directe1 videmment bien plus profonde et plus complte dans le premier cas que dans le second1 est trs propre faire nettement ressortir l'irrationnelle injustice du ddain superficiel qui a conduit tant d'historiens modernes regarder l'astronomie comme totalement nglige certaines poques du moyen-ge1 tandis que les besoins mme du culte chrtien ne pouvaient cesser d'inspirer une active sollicitude pour la conservation et le progrs des deux principales parties de la gomtrie cleste4 ,tant que ces sollicitudes politiques avaient d justement prvaloir1 c'est--dire1 jusqu' l'entire ascension de l'organisme catholique et fodal pendant le onzime sicle1 l'essor scientifique1 alors ncessairement rattach la doctrine d',aristote1 n'avait pu tre encourag que par les heureuses dispositions spontanes que nous venons d'apprcier1 mais qui ne pouvaient encore neutraliser suffisamment l'ancienne antipathie fondamentale entre la philosophie naturelle1 devenue mtaphysique1 et la philosophie morale1 reste thologique4 ,mais1 quand la pleine ralisation de cette grande cration politique eut enfin essentiellement puis l'aptitude constituante de celle-ci1 l'autre1 dont l'impuissance organique cessait ainsi de maintenir la subalternit primitive1 dut alors1 son tour1 tendre directement vers la prpondrance spirituelle1 comme seule apte diriger activement le mouvement mental1 qui ds-lors succdait au mouvement social4 ,cette lutte invitable dut se terminer bientt par l'avnement universel de la scolastique1 qui constituait l'ascendant dcisif de l'esprit mtaphysique proprement dit sur l'esprit purement thologique1 et qui prparait ncessairement le triomphe ultrieur de l'esprit positif1 par cela mme que l'tude du monde extrieur commenait ainsi dominer l'tude immdiate de l'homme1 comme je l'ai indiqu la fin du cinquante-quatrime chapitre4 ,la conscration solennelle qui s'attacha ds lors l'autorit d',aristote1 fut la fois le signe clatant de cette mmorable transformation1 et la condition indispensable de sa dure1 puisque cet expdient pouvait seul contenir1 mme trs-imparfaitement1 les divagations illimites que devait susciter une telle philosophie activement cultive4 ,cette grande rvolution intellectuelle1 dont la porte est encore trop peu comprise1 a dj t assigne1 dans la leon prcdente1 comme la principale origine de la dcomposition spontane propre la philosophie catholique3 or1 son efficacit positive ne fut pas moins relle que son activit ngative2 car1 c'est d'elle que drive certainement l'acclration toujours croissante ds lors imprime l'volution scientifique4 ,par l1 en effet1 celle-ci se trouve enfin directement incorpore1 pour la premire fois1 la sociabilit humaine1 d'aprs son intime connexit antrieure avec le systme philosophique ainsi devenu dominant1 et dont elle-mme devait ensuite tendre dterminer l'limination finale1 aprs quatre ou cinq sicles de prparation graduelle1 selon nos explications ultrieures4 ,cette nouvelle progression scientifique1 ds lors plus ou moins perptue jusqu' nos jours1 se manifeste bientt1 non-seulement par une active culture des connaissances grecques et arabes1 mais surtout par la cration1 la fois en ,orient et en ,occident1 de la chimie1 o l'investigation fondamentale de la nature faisait un pas vraiment capital1 en s'tendant dsormais un ordre de phnomnes destin constituer le nud principal de la philosophie naturelle1 comme lien gnral entre les tudes organiques et les tudes inorganiques1 suivant les notions tablies dans le troisime volume de ce ,trait4 ,la science commence dj tellement exciter la principale sollicitude des plus minens penseurs1 que cette ardeur naissante est mme pousse jusqu' des tentatives beaucoup trop prmatures pour comporter encore aucun succs soutenu1 quoiqu'elles dussent offrir d'nergiques tmoignages de la transformation mentale1 et mme1 certains gards1 quelques prcieuses indications ultrieures3 telles sont1 par exemple1 les heureuses conjectures o le grand ,albert dposa les premiers germes historiques de la saine physiologie crbrale4 ,enfin1 l'harmonie fondamentale de ce nouvel essor intellectuel avec la vraie situation gnrale des esprits actifs1 se trouve videmment caractrise1 de la manire la plus dcisive1 par l'empressement continu qui attirait des milliers d'auditeurs aux leons des grandes universits europennes1 pendant la dernire phase du moyen-ge3 car1 cette influence mmorable1 trs suprieure celle des plus clbres coles grecques1 ne s'attachait pas seulement aux controverses mtaphysiques proprement dites2 le dveloppement naissant de la philosophie naturelle y avait certainement une grande part1 en un temps o la prpondrance de l'organisation spirituelle entretenait une ardeur spculative peut-tre plus vive et surtout plus pure que celle qui existe aujourd'hui sous l'ascendant momentan des seules inspirations temporelles4 ,les diverses sciences taient alors trop peu tendues1 et surtout leur vritable esprit tait encore trop peu dvelopp1 pour ncessiter dj la spcialisation croissante qui devait ultrieurement dcomposer la philosophie naturelle1 et qui1 aprs avoir provisoirement rendu des services vraiment fondamentaux1 prsente aujourd'hui tant d'entraves aux plus indispensables progrs de notre intelligence et de notre sociabilit1 comme je l'expliquerai bientt4 cette mmorable poque1 l'uniforme assujtissement des principales conceptions humaines au pur rgime des entits scolastiques1 directement lies entre elles par la grande entit gnrale de la nature1 tablissait une certaine harmonie mentale1 la fois scientifique et logique1 qui n'avait pu encore exister au mme degr1 si ce n'est sous l'ascendant universel du polythisme antique1 et qui ne pourra tre dsormais retrouve que d'aprs l'entire organisation de la philosophie positive1 jusqu'ici purement rudimentaire4 ,quoique cette union incomplte et artificielle1 o l'esprit mtaphysique s'efforait de combiner la thologie avec la science1 ne comportt certainement aucune stabilit1 elle n'en offrait pas moins ds-lors les avantages essentiels toujours inhrens de semblables tentatives1 et qui se manifestrent dj1 d'une manire minente1 par la direction vraiment encyclopdique des hautes spculations abstraites1 profondment marque surtout chez l'admirable moine ,roger ,bacon1 dont la plupart des savans actuels1 si ddaigneux du moyen-ge1 seraient assurment incapables1 je ne dis point d'crire1 mais seulement de lire1 la grande composition1 cause de l'immense varit des vues qui s'y trouvent sur tous les divers ordres de phnomnes4 ,ainsi1 la conception scolastique du ,x,i,i,ie sicle1 en commenant l'incorporation directe de l'lment scientifique au systme de la socit moderne1 avait aussi donn1 sa manire1 une image1 anticipe mais expressive1 de l'esprit d'unit et de rationnalit qui devra finalement diriger la culture normale de la science relle1 quand son volution prliminaire sera suffisamment accomplie4 ,l'isolement de l'esprit scientifique dans l'antiquit1 aprs la sparation fondamentale entre la philosophie naturelle et la philosophie morale1 n'avait certainement pu tenir l'extension des connaissances relles1 alors bien moindre qu'au moyen-ge1 mais l'antipathie primitive des deux philosophies1 et surtout leur commune incompatibilit avec le milieu polythique o s'accomplissaient simultanment leurs volutions respectives4 ,quand la transaction scolastique eut enfin agrg l'une d'elles la suprmatie sociale longuement conquise par l'autre1 ce premier isolement devait spontanment cesser1 jusqu' ce que l'essor caractristique de l'esprit positif vnt bientt dterminer son irrvocable loignement de toutes deux1 et1 par suite1 sa propre spcialisation provisoire4 ,cette premire systmatisation scientifique1 aussi prcaire qu'imparfaite1 et cependant la plus satisfaisante que permt l'poque1 s'accomplit principalement d'aprs deux conceptions gnrales qu'il importe ici d'apprcier sommairement1 comme servant de base1 l'une l'astrologie1 l'autre l'alchimie1 si longtemps prpondrantes4 ,on se forme aujourd'hui de trs vicieuses notions de ces deux mmorables doctrines1 en les enveloppant1 d'aprs une superficielle critique1 dans le ddain confus qui s'attache indistinctement tout l'incohrent assemblage de ce qu'on a nomm1 depuis le ,x,v,i,ie sicle1 les sciences occultes4 ,pour clairer cette vague apprciation par une analyse vraiment philosophique1 il suffit de remarquer que cette aveugle fltrissure s'attache la fois des croyances purement rtrogrades1 hritage transform des superstitions polythiques ou mme ftichiques1 et des conceptions minemment progressives1 dont le vice essentiel ne rsultait alors que d'une extension trop audacieuse de l'esprit positif1 avant que la philosophie thologique pt tre suffisamment limine3 la magie1 entre autres1 est dans le premier cas2 mais l'astrologie et l'alchimie sont1 au contraire1 dans le second1 quoique les haines religieuses aient souvent tourn contre elles cette trange confusion vulgaire1 quand la secrte antipathie entre la science et la thologie devint enfin manifeste4 ,sans doute1 l'astrologie du moyen-ge1 malgr son minente supriorit envers l'astrologie antique1 dont on ne sait plus la distinguer1 retient1 comme celle-ci1 mais un degr beaucoup moindre1 une certaine influence fondamentale de l'tat1 encore ncessairement thologique tant d'gards1 de la philosophie dominante1 mme aprs la grande transformation scolastique3 car elle suppose toujours l'univers subordonn l'homme1 ou du moins dispos pour lui2 ce qui constitue le principal caractre philosophique de l'esprit thologique1 dont la dcouverte du mouvement de la ,terre a pu seule directement commencer l'branlement dcisif1 ainsi que je l'ai expliqu dans le second volume de ce ,trait 7voyez la vingt-deuxime leon74 ,nanmoins1 cela prs1 il n'est pas douteux1 sous un autre aspect1 que cette doctrine reposait aussi sur une disposition trs progressive1 et seulement trop hasarde1 subordonner tous les phnomnes quelconques d'invariables lois naturelles1 comme la qualification normale d'astrologie judiciaire le rappelait directement4 ,l'analyse scientifique tait alors beaucoup trop imparfaite pour que l'esprit humain pt assigner aux phnomnes astronomiques leur vraie position rationnelle dans l'ensemble de la physique1 ce que tant de savans actuels seraient mme incapables d'tablir mthodiquement2 en sorte que aucun principe ne pouvait encore contenir l'exagration idale attribue aux influences clestes4 ,dans une telle situation1 il convenait certainement que notre intelligence1 s'appuyant sur les seuls phnomnes dont elle et bauch dj les lois effectives1 tentt d'y ramener directement tous les autres phnomnes quelconques1 mme humains et sociaux4 ,aucune marche scientifique ne pouvait assurment tre alors plus rationnelle3 la seule universalit de cette tendance1 aussi bien que son opinitre persvrance jusqu' l'avant-dernier sicle1 suffiraient indiquer son harmonie ncessaire1 sociale autant que mentale1 avec l'ensemble de la situation correspondante4 ,les savans qui la condamnent aujourd'hui d'une manire absolue1 sans en comprendre la destination historique1 tombent eux-mmes journellement dans une aberration fort analogue1 et peut-tre plus vicieuse encore1 surtout moins excusable1 quoique heureusement moins susceptible d'activit1 en rvant1 par exemple1 la future explication de tous les phnomnes biologiques1 mme crbraux1 d'aprs des influences lectriques ou magntiques1 ce qui constitue1 comme on sait1 l'utopie favorite de presque tous les physiciens actuels1 par suite des hypothses fantastiques que j'ai tant combattues4 ,enfin1 considre quant son action ncessaire sur l'ducation universelle de la raison humaine1 l'astrologie judiciaire du moyen-ge a certainement rendu le plus minent service1 pendant les quatre ou cinq sicles de son ascendant rel1 dont il reste encore tant de traces1 en faisant activement pntrer partout un premier sentiment fondamental de la subordination des phnomnes quelconques des lois invariables1 qui les rendent susceptibles de prvision rationnelle3 car1 une fois qu'on admettait les chimriques principes relatifs aux influx et aux pronostics1 les prdictions astrologiques avaient habituellement un caractre aussi scientifique que les calculs astronomiques d'o elles rsultaient4 ,une semblable apprciation s'applique galement l'alchimie1 d'ailleurs intimement lie l'astrologie1 comme je l'ai not au premier chapitre du tome troisime3 toutefois1 sa conception gnrale devait tre moins philosophique1 d'aprs la nature plus complique et l'tat moins avanc des tudes correspondantes1 alors peine bauches4 ,sa rationnalit primitive n'est pas plus quivoque1 en se reportant la situation correspondante des connaissances chimiques4 ,j'ai expliqu1 en effet1 au sujet de la chimie1 que les spculations relatives aux phnomnes de composition et de dcomposition1 radicalement impossibles tant que l'antique philosophie n'avait admis qu'un seul principe1 n'avaient pu trouver une premire base que dans la doctrine d',aristote sur les quatre lmens4 ,or1 ces lmens taient1 par leur nature1 essentiellement communs presque toutes les substances effectives1 relles ou mme artificielles2 en sorte que1 tant que cette doctrine a prvalu1 la fameuse transmutation des mtaux ne devait pas tre juge plus chimrique que les transformations journalires accomplies par les chimistes actuels entre les diverses matires vgtales ou animales1 d'aprs l'identit fondamentale de leurs premiers principes4 ,ainsi1 en jugeant l'alchimie1 on oublie trop aujourd'hui que l'absurdit des audacieuses esprances qu'elle suscitait n'a pu tre vraiment dmontre que depuis les dcouvertes capitales propres la seconde moiti du sicle dernier4 ,il est d'ailleurs vident que l'alchimie tendait aussi heureusement que l'astrologie vers l'universelle propagation active du principe fondamental de toute philosophie positive1 l'invariable subordination de tous les phnomnes des lois naturelles1 ainsi tendu des grands effets gnraux aux moindres oprations particulires4 ,car1 sans mconnatre la haute influence de l'esprit thologique sur les illusions des alchimistes1 on ne peut douter que leur admirable persvrance pratique ne suppost ncessairement1 et par suite ne rappelt avec nergie1 une telle invariabilit3 si le vague espoir d'une sorte de miracle contribuait presque toujours soutenir leur courage contre des dsappointemens journaliers1 en mme temps la permanence des lois physiques pouvait seule les engager poursuivre leur but autrement que par la prire1 le jene1 et les autres expdiens religieux4 ,je devais ici m'arrter spcialement cette double apprciation philosophique de la partie la plus importante et la plus mconnue de l'volution scientifique propre au moyen-ge1 envisage soit quant au progrs spcial de l'esprit positif1 soit quant son intime incorporation la sociabilit moderne4 ,sous l'un et l'autre aspect1 j'espre que ces indications sommaires feront enfin rendre une vritable justice historique deux immenses sries de travaux1 qui ont tant et si longtemps contribu au dveloppement de la raison humaine1 malgr les graves aberrations qu'elles ont suscites4 ,en succdant ncessairement aux astrologues et aux alchimistes du moyen-ge1 les savans modernes n'ont pas seulement trouv la science dj bauche par l'utile persvrance de ces hardis prcurseurs2 mais1 ce qui tait plus difficile encore1 et non moins indispensable1 ils ont aussi trouv suffisamment tabli l'indispensable principe gnral de l'invariabilit des lois naturelles3 son admission populaire n'aurait pu certainement tre dtermine par une influence plus active et plus profonde1 dont nous recueillons les heureux rsultats1 en oubliant trop leur source ncessaire4 ,l'action morale de ces deux grandes conceptions provisoires1 qu'une irrationnelle ingratitude fait exclusivement qualifier d'aberrations1 ne fut pas d'ailleurs moins favorable que leur action mentale l'ducation prliminaire de la socit moderne4 ,car1 tandis que l'astrologie tendait inspirer habituellement une haute ide de la sagesse humaine1 d'aprs les prvisions relatives aux lois les plus simples et les plus gnrales1 l'alchimie relevait avec nergie le digne sentiment de notre puissance relle1 dprim par les croyances thologiques1 en nous inspirant d'audacieuses esprances sur notre active intervention dans les phnomnes les plus susceptibles d'une modification avantageuse4 ,telle est l'apprciation fondamentale de l'origine ncessaire de la moderne volution scientifique1 au sein du rgime monothique propre au moyen-ge1 et considr surtout dans sa dernire phase4 ,il tait superflu d'y indiquer expressment l'heureuse influence secondaire videmment exerce1 cet gard1 par l'volution industrielle et ensuite par l'volution esthtique1 qui avaient d prcder ce premier essor scientifique1 auquel l'une assignait spontanment une relation directe et permanente avec les travaux journaliers1 et pour lequel l'autre prparait les plus vulgaires intelligences par un indispensable veil spculatif4 ,d'aprs ce point de dpart gnral1 qui seul devait nous offrir une vritable difficult1 cause des funestes prjugs dont il est encore l'objet chez les meilleurs esprits actuels1 nous pouvons aisment accomplir1 autant que l'exige notre but principal1 l'examen rapide de cette progression capitale1 pendant les trois phases successives que nous avons tablies1 tant d'gards1 dans l'histoire moderne1 et qui vont ici continuer se distinguer entre elles suivant des principes fort analogues ceux dj employs pour les autres progressions4 ,sous la premire phase1 en effet1 la marche de la science est1 en gnral1 comme celle de l'industrie1 et celle de l'art1 essentiellement spontane1 c'est--dire qu'elle rsulte surtout d'un simple prolongement naturel des principales influences initiales que nous venons de voir constitues au moyen-ge1 sans aucune intervention importante des encouragemens spciaux qui furent ensuite organiss4 ,c'est alors que l'on peut le mieux apprcier la haute utilit des chimres astrologiques et des illusions alchimiques pour soutenir la nouvelle classe spculative jusqu' cet tablissement ultrieur3 aussi tel est l'aspect grossier sous lequel seulement ont t quelquefois apprcies l'astrologie et l'alchimie1 dont la haute influence mentale est encore totalement mconnue4 ,tandis que l'esprit mtaphysique1 dsormais rappel sa nature critique1 dont la scolastique l'avait momentanment cart1 n'tait essentiellement proccup que des luttes dcisives des rois contre les papes1 o il devait trouver la plus convenable alimentation1 la science1 place sous sa dangereuse tutelle1 et t presque abandonne1 si dj le rgime antrieur ne l'avait profondment lie1 par ce double attrait1 au systme de l'existence moderne4 ,pour bien sentir une telle ncessit1 il faut observer que la philosophie naturelle1 alors trop imparfaite1 ne pouvait encore se recommander par ces grandes applications pratiques qui lui rattachent aujourd'hui les plus grossiers intrts3 en outre1 la faible nergie des facults scientifiques chez presque tous les hommes ne lui permettait point de compter sur les heureuses sympathies personnelles que l'art a seul le privilge d'exciter suffisamment1 et que ne pouvaient assurment prouver alors tant de chefs dont l'esprit se contentait aisment des explications thologiques1 ou du moins mtaphysiques4 ,les princes capables1 comme ,charlemagne et le grand ,frdric1 de goter rellement les sciences1 sont ncessairement trs rares1 tandis que les inclinations esthtiques de ,franois ,ier et de ,louis ,,xiv doivent tre beaucoup plus communes4 ,ainsi1 les astronomes et les chimistes ne pouvaient1 cette poque1 tre convenablement accueillis qu' titre d'astrologues et d'alchimistes1 puisqu'ils ne devaient d'ailleurs trouver que de trs faibles ressources dans les universits1 qui n'taient1 par leur nature1 pleinement favorables qu' l'esprit purement mtaphysique1 dont l'esprit scientifique tendait dj se sparer nettement4 ,cette influence propre et directe tait alors d'autant plus ncessaire aux savans1 que le catholicisme1 devenu peu peu rtrograde1 comme je l'ai expliqu1 mesure que s'accomplissait sa dcomposition politique1 commenait manifester son antipathie finale pour l'essor scientifique qu'il avait d'abord tant second1 et dont dsormais il craignait justement l'action irreligieuse sur tous les esprits actifs3 beaucoup d'exemples ont assurment prouv quelle dsastreuse oppression la science aurait t ainsi expose1 en un temps o la dcadence europenne du catholicisme n'empchait point encore son grand ascendant intrieur1 si les conceptions astrologiques et alchimiques ne lui avaient assur partout1 et au sein mme du clerg1 d'actives protections individuelles4 ,quant au progrs spculatif1 il ne peut1 cette poque1 donner lieu aucun mouvement capital dans les connaissances dj bauches4 ,la chimie devait rester longtemps encore l'tat prliminaire d'acquisition des matriaux1 qui continurent s'accumuler rapidement3 l'astronomie seule1 et la gomtrie qui lui restait adhrente1 pouvaient sembler susceptibles d'amliorations plus dcisives2 mais1 au fond1 la premire n'avait pas suffisamment puis les ressources que comportait l'artifice des picycles pour prolonger la dure de l'antique hypothse des mouvemens circulaires et uniformes1 dont l'irrvocable limination tait rserve la phase suivante1 et la seconde tait arrte1 par l'invitable imperfection de l'algbre1 au simple prolongement de l'ancien esprit gomtrique1 caractris par la spcialit des recherches et des mthodes1 en attendant la grande rvolution cartsienne4 ,aussi le principal perfectionnement dut-il alors consister1 l'un et l'autre titre1 dans l'extension simultane de l'algbre naissante et de la trigonomtrie1 enfin complte par l'usage des tangentes1 et dans l'utile impulsion qui s'ensuivit pour l'astronomie1 commenant ds lors prfrer habituellement les calculs aux procds graphiques1 en mme temps que les observations1 soit angulaires1 soit surtout horaires1 devenaient galement plus prcises4 ,c'est pendant cette premire phase que se dveloppe le plus compltement la puissante stimulation scientifique propre aux conceptions astrologiques1 qui1 par leur nature1 proposaient continuellement aux travaux astronomiques le but le plus tendu et le plus dcisif1 en faisant directement prvaloir1 au plus haut degr1 la dtermination des aspects binaires1 ternaires1 et mme quaternaires1 o se trouve le plus parfait criterium des thories clestes1 puisqu'elle exige le perfectionnement simultan des tudes relatives aux divers astres correspondans1 comme je l'ai expliqu au vingt-troisime chapitre3 l'utile excitation primitive que le catholicisme avait1 cet gard1 spcialement procure pour le calcul des ftes mobiles1 tait certainement trs faible en comparaison de cet nergique aiguillon permanent4 ,l'unique accroissement fondamental qu'prouve1 cette poque1 la philosophie naturelle1 rsulte de l'essor direct de l'anatomie1 qui1 prcdemment rduite d'insuffisantes explorations animales1 put enfin reposer1 partir seulement du ,x,i,ve sicle1 sur une srie de dissections humaines1 jusque alors trop entraves par les prjugs religieux1 suivant la juste remarque de ,vicq-d',azyr4 ,quoique cette premire bauche dt tre ncessairement encore plus imparfaite que celle des recherches chimiques1 elle n'en avait pas moins dj une haute importance1 en compltant le systme naissant de la science moderne1 commenant ainsi s'tendre de l'tude de l'univers celle de l'homme lui-mme1 par l'interposition naturelle de la physique molculaire4 ,cette extension ncessaire n'tait pas moins essentielle1 sous le rapport social1 pour consolider l'existence de la nouvelle classe spculative1 en y agrgeant spontanment la corporation des mdecins1 qui1 de leur subalternit presque servile chez les anciens1 s'taient dj levs1 au moyen-ge1 une puissante influence prive1 bientt rivale de l'influence sacerdotale4 ,malgr les graves obstacles que l'adhrence trop intime et trop prolonge de la science biologique l'art mdical oppose1 de nos jours1 leur perfectionnement respectif1 suivant les explications de la quarantime leon1 cette invitable confusion n'en tait pas moins d'abord indispensable pour assurer la continuit des travaux anatomiques avant l'rection d'aucun tablissement thorique4 ,on sait d'ailleurs comment les conceptions astrologiques et alchimiques taient intimement lies des conceptions analogues1 doues1 tous gards1 des mmes avantages provisoires1 envers cette troisime branche fondamentale de la philosophie naturelle1 dont l'essor naissant dut tre si longtemps soutenu par l'nergique chimre d'une mdication universelle1 tendant aussi1 soit introduire spcialement le principe de l'invariabilit des lois physiques dans les phnomnes les plus compliqus1 soit suggrer d'audacieuses esprances sur l'action rationnelle de l'homme pour modifier utilement son propre organisme3 double aspect sous lequel commenait se manifester ds-lors1 comme relativement aux deux autres ordres de phnomnes1 l'incompatibilit radicale entre l'esprit scientifique et l'esprit religieux#ad4 ,note #ad3 ,cette incompatibilit est dj1 sous ce rapport1 nettement formule par un fameux adage latin sur l'impit des mdecins1 devenu presque proverbial vers la fin de cette premire phase1 suivant la judicieuse observation de ,barthez4 ,dans la progression scientifique1 comme dans la progression esthtique1 la seconde phase constitue certainement la priode la plus dcisive de l'volution moderne1 surtout cause de l'admirable mouvement qui1 de ,copernic ,newton1 a pos les bases dfinitives du vrai systme des connaissances astronomiques1 bientt devenu le type fondamental de l'ensemble de la philosophie naturelle4 ,conformment ce que nous avons reconnu pour les deux autres progressions positives1 nous y voyons aussi l'essor scientifique1 jusque alors essentiellement spontan1 commencer recevoir habituellement des divers gouvernemens europens des encouragemens plus ou moins systmatiques1 graduellement dtermins1 soit par l'ascendant spculatif directement rsult du dveloppement antrieur1 soit par l'aptitude pratique que cet exercice prliminaire avait dj suffisamment annonce1 et d'aprs laquelle le nouvel art de la guerre1 aussi bien que la marche rapide de l'industrie1 devaient alors solliciter activement le progrs des doctrines mathmatiques et chimiques4 ,toutefois1 en vertu des motifs ci-dessus indiqus1 ce systme de protection se forme bien plus lentement que celui des beaux-arts1 et c'est seulement vers la fin de cette nouvelle phase qu'il s'tablit d'une manire vraiment convenable1 surtout en ,france et en ,angleterre1 reposant sur l'importante cration des acadmies scientifiques1 dont la principale influence devait donc se rapporter la phase suivante4 ,mais1 quelque imparfaits que fussent d'abord ces encouragemens1 l'influence effective n'en tait pas moins trs prcieuse1 pour soutenir la science naissante dans la crise vraiment dcisive qui allait rsulter de son invitable conflit avec le systme entier de l'ancienne philosophie thologico-mtaphysique1 d'o elle devait alors se dgager irrvocablement4 ,la nature de cette lutte indispensable indique d'ailleurs clairement que la science n'y pouvait tre1 en gnral1 utilement protge que par les seuls pouvoirs temporels1 spontanment trangers aux graves animosits abstraites du pouvoir spirituel1 soit thologique1 soit mme mtaphysique1 dont il fallait subir le redoutable antagonisme3 en sorte que1 comme l'art1 et comme l'industrie1 la science avait aussi1 d'une manire encore plus directe peut-tre1 un haut intrt spcial l'tablissement de la grande dictature temporelle1 monarchique ou aristocratique1 dont la consolidation graduelle constituait la destination la plus immdiate du mouvement politique propre cette seconde phase4 ,aucune autre progression lmentaire ne peut aussi clairement indiquer que si1 par une hypothse heureusement contradictoire1 la concentration politique avait pu1 au contraire1 s'accomplir au profit du pouvoir spirituel1 dj devenu essentiellement rtrograde1 l'volution moderne et t radicalement impraticable4 ,notre comparaison fondamentale des deux principaux systmes de dictature temporelle indique encore trs nettement1 sous ce nouvel et dernier aspect1 la supriorit essentielle du mode normal ou franais1 sur le mode exceptionnel ou anglais1 en vertu de motifs fort analogues ceux prcdemment indiqus envers les beaux-arts1 et seulement ici plus prononcs4 ,car1 la science ne pouvant ordinairement inspirer aux grands un vritable attrait intellectuel1 devait bien moins compter que l'art sur les encouragemens aristocratiques1 tandis que la suprmatie d'un pouvoir central devait lui tre habituellement beaucoup plus favorable1 outre que cette centralisation pouvait utilement contenir1 un certain degr1 une trop grande dispersion ultrieure des spcialits scientifiques1 qu'il serait aujourd'hui si important de rgler4 ,on ne saurait douter que les spculations abstraites1 dont la science doit tre essentiellement compose1 n'aient d suivre1 en gnral1 un cours plus libre et plus lev sous la dictature monarchique que sous la dictature aristocratique1 dont l'influence1 surtout en ,angleterre1 a trop tendu subordonner les recherches scientifiques aux considrations pratiques4 ,enfin1 le premier mode devait tre1 par sa nature1 beaucoup plus favorable que le second l'incorporation finale de l'volution scientifique au systme de la politique moderne1 et tendait aussi mieux assurer sa propagation graduelle chez toutes les classes1 en lui procurant plus d'influence sur l'ducation gnrale4 ,toutefois1 l'autre systme devait tre1 pour la science1 comme pour l'art1 plus favorable la spontanit des vocations et l'originalit des travaux1 par suite mme d'un moindre encouragement et d'une direction moins homogne4 ,il faut aussi noter que les graves inconvniens qui lui sont propres1 aujourd'hui gnralement avous1 ne devaient se dvelopper principalement que sous la troisime phase1 comme je l'expliquerai bientt4 ,pendant la seconde1 ils furent heureusement compenss par la premire influence de l'esprit protestant1 qui1 sans tre1 au fond1 nullement favorable aux recherches spculatives1 d'aprs sa proccupation caractristique des conditions temporelles1 et sans tre d'ailleurs plus compatible que l'esprit catholique contemporain avec la tendance finale de l'volution scientifique1 constituait alors1 d'aprs son principe rvolutionnaire du libre examen individuel1 un tat de demi-indpendance mentale trs avantageux l'essor correspondant de la philosophie naturelle1 dont les grandes dcouvertes astronomiques durent1 cette poque1 s'accomplir surtout chez des populations protestantes4 ,on voit1 en sens inverse1 l o la nouvelle politique rtrograde du catholicisme put prendre un vritable ascendant1 cette volution prouver bientt un funeste ralentissement1 dont la cause n'est pas quivoque1 particulirement en ,espagne1 malgr les germes trs prcieux que le moyen-ge y avait dvelopps4 ,cet admirable mouvement spculatif1 dtermin1 travers beaucoup d'obstacles1 par un trs petit nombre d'hommes de gnie1 dans un milieu convenablement prpar1 prsente1 en gnral1 deux progressions trs distinctes1 mais intimement solidaires1 l'une purement scientifique1 ou positive1 compose des dcouvertes capitales en mathmatiques et en astronomie1 l'autre essentiellement philosophique1 et presque toujours ngative1 relative aux efforts1 d'abord spontans1 ensuite systmatiques1 de l'esprit scientifique contre la tutelle thologico-mtaphysique1 devenue alors vraiment oppressive2 cette seconde progression1 que nous devrons reprendre au sujet de l'volution philosophique proprement dite1 ne doit tre ici considre que comme indispensable la premire4 ,or1 celle-ci1 laquelle l',allemagne1 l',italie1 la ,france et l',angleterre prirent chacune une si noble part1 offre pour centre principal l'investigation vraiment fondamentale due au gnie du grand ,kepler1 et qui1 prpare par la dcouverte initiale de ,copernic et par l'utile laboration de ,tycho-,brah1 constitue enfin le vrai systme de la gomtrie cleste2 tandis que1 sous un autre aspect1 devenue la source ncessaire de la mcanique cleste1 elle se lie spontanment la dcouverte finale de ,newton1 d'aprs la cration pralable de la thorie mathmatique du mouvement par ,galile1 indispensablement suivi d',huyghens4 ,entre ces deux sries1 dont l'enchanement est direct1 l'ordre historique interpose naturellement l'immense rvolution mathmatique opre par ,descartes1 et qui1 intimement lie son entreprise philosophique1 vient aboutir1 vers la fin de cette seconde phase1 la sublime dcouverte analytique de ,leibnitz1 sans laquelle le rsultat newtonien n'aurait pu suffisamment devenir le principe actif de l'minente opration rserve la phase suivante pour le dveloppement final de la mcanique cleste4 ,chacune des deux premires sries offre une filiation historique assez vidente dsormais pour qu'il soit inutile d'y insister ici3 il est clair que la dcouverte du mouvement de la terre1 et l'exacte rvision de toutes les donnes astronomiques1 ne permettaient plus de conserver1 avec l'expdient caduque des picycles1 l'antique hypothse des mouvemens circulaires et uniformes1 enfin directement remplace par l'heureuse lgislation de ,kepler1 dernier rsultat capital que comportt l'application de l'ancienne gomtrie2 d'un autre ct1 ce principe ne pouvait conduire la thorie de la gravitation sans la fondation de la doctrine abstraite du mouvement curviligne1 soit libre1 soit forc2 mais aussi1 d'aprs une telle base1 il amenait ncessairement cette loi gnrale1 dont l'invention1 ainsi prpare1 n'et pas chapp1 sans doute1 ,jacques ,bernoulli1 par exemple1 si ,newton l'et manque4 ,l'autre srie1 bien plus relative la mthode qu' la science1 et par cela mme encore plus minente1 doit tre naturellement beaucoup moins apprcie du vulgaire des gomtres1 aujourd'hui si loigns d'une disposition vraiment rationnelle envers les principales parties de l'histoire mathmatique1 et qui ne sentent d'ordinaire que les seuls rsultats2 c'est pourquoi une indication plus directe n'y sera pas sans importance4 ,prpare par l'indispensable gnralisation de l'algbre1 due au gnie original de ,vite1 la conception fondamentale de ,descartes sur la gomtrie analytique a constitu1 ce me semble1 la principale cration de la philosophie mathmatique1 qui1 ouvrant la fois la gomtrie le champ le plus tendu1 et l'analyse la plus heureuse destination1 organisait enfin la relation lmentaire de l'abstrait au concret1 sans laquelle les recherches mathmatiques tendent une incohrente et strile activit3 aucune ide mre ne devait autant influer sur l'ensemble des progrs ultrieurs4 ,sa tendance ncessaire dterminer la cration de l'analyse infinitsimale me parat spcialement incontestable3 car1 en obligeant dsormais traiter sous un point de vue commun la thorie des courbes quelconques1 elle a directement conduit aussi gnraliser abstraitement les vues primordiales d',archimde1 soit quant aux tangentes1 soit surtout quant aux quadratures2 or1 les efforts graduellement tents ce sujet ne pouvaient aboutir qu' l'admirable invention de ,leibnitz1 si heureusement provoque1 pendant la gnration intermdiaire1 par les lumineux essais de ,wallis et de ,fermat4 ,quoique absorb par toutes ces minentes oprations1 l'esprit scientifique dut soutenir1 vers le second tiers de cette phase1 une lutte vraiment dcisive contre l'ensemble de la philosophie dominante4 ,les dcouvertes astronomiques de ,copernic et de ,kepler1 et mme celles de ,tycho-,brah sur les comtes1 taient trop directement contraires la nature de cette philosophie1 ou mme ses dogmes formels1 pour qu'un tel conflit pt tre longtemps vit1 et la science y devait enfin combattre1 non-seulement la thologie1 mais encore davantage la mtaphysique1 plus active et plus ombrageuse4 ,cet antagonisme est dj manifest1 au ,x,v,ie sicle1 par d'clatans symptmes1 et surtout par la mmorable hardiesse de ,ramus1 dont la tragique destine montrait assez que les haines mtaphysiques n'taient pas moins redoutables que les haines thologiques4 ,j'ai assez indiqu1 au vingt-deuxime chapitre1 les caractres essentiels qui devaient rserver la dcouverte capitale du double mouvement de notre plante devenir le sujet immdiat de la discussion principale1 quand le grand ,galile eut enfin lev le seul obstacle rationnel qui s'oppost sa propagation universelle1 tant entrave au sicle prcdent1 et que l'esprit thologico-mtaphysique devait dsormais redouter comme ncessairement imminente4 ,l'odieuse perscution qui s'y rattache consacrera toujours le souvenir populaire de la premire collision directe de la science moderne avec l'ancienne philosophie4 ,on doit1 en effet1 regarder cette poque comme celle o le principe fondamental de l'invariabilit des lois physiques a commenc se montrer incompatible avec les conceptions thologiques1 dont l'influence constituait ds lors le seul obstacle essentiel l'entire admission de cet indispensable principe1 parce qu'elle seule neutralisait1 cet gard1 l'nergique entranement spontanment produit par une longue exprience unanime1 comme je l'expliquerai davantage au sujet de l'volution philosophique4 ,c'est aussi l'apprciation directe de cette volution qu'il convient videmment de renvoyer la considration historique des admirables tentatives contemporaines de ,bacon1 et surtout de ,descartes1 pour proclamer enfin les caractres essentiels de l'esprit positif1 par opposition l'esprit mtaphysico-thologique4 ,je dois cependant signaler ici1 comme directement relative la progression scientifique1 l'audacieuse conception de ,descartes sur le mcanisme gnral de l'univers4 ,car1 en se reportant convenablement la situation correspondante de l'esprit humain1 il sera facile de reconnatre que son ascendant temporaire1 peine tendu pleinement deux gnrations1 et sur la perptuit duquel ,descartes ne s'tait fait probablement aucune grave illusion1 dut tre provisoirement indispensable l'avnement ultrieur de la saine mcanique cleste1 alors silencieusement prpare par les travaux d',huyghens1 compltant ceux de ,galile4 ,on a vu1 en effet1 au vingt-huitime chapitre1 relativement la thorie fondamentale des hypothses1 que1 dans le passage dfinitif de l'tat mtaphysique l'tat vraiment positif1 l'ducation prliminaire de la raison humaine exige1 comme une dernire transition1 rapide mais invitable1 surtout envers les plus importantes conceptions1 ce rgime intermdiaire1 o l'intelligence1 avant de renoncer franchement aux questions inaccessibles et aux notions absolues de la philosophie primitive1 s'efforce d'assujtir ces vains problmes d'illusoires tentatives de solution positive1 fondes sur la substitution des fluides imaginaires aux entits chimriques1 et dont toute l'efficacit relle se rduit disposer enfin notre entendement la seule habitude rationnelle des lois invariables propres aux phnomnes correspondans4 ,toutes les parties essentielles de la philosophie naturelle1 sauf l'astronomie convenablement conue1 nous offrent encore1 par suite de l'ducation anti-philosophique des savans actuels1 de trop profonds vestiges d'une semblable disposition1 pour qu'on doive s'tonner qu'elle ait d alors se manifester d'abord au sujet des phnomnes clestes1 suivant les explications des trois premiers volumes de ce ,trait4 ,cette sommaire apprciation historique de l'volution scientifique propre la seconde phase devait tre ici rduite aux grands progrs mathmatiques et astronomiques qui en ont principalement caractris l'ensemble4 ,toutefois1 le dernier tiers de cette mmorable priode offre une nouvelle extension fondamentale de la philosophie naturelle1 par les travaux vraiment crateurs de ,galile sur la barologie1 suivis de tant d'heureuses dcouvertes secondaires1 et par d'quivalentes crations ultrieures en acoustique et en optique4 ,en un temps o l'on ne savait encore s'tonner que des effets les plus exceptionnels1 rien n'est surtout plus admirable1 rien ne peut mieux caractriser la destination de la science moderne rgnrer les moindres notions lmentaires1 que la dcouverte dcisive due au gnie du grand ,galile1 dvoilant enfin1 suivant la juste apprciation de ,lagrange1 les lois profondment inconnues des plus vulgaires phnomnes1 dont l'tude1 la fois rattache la gomtrie et l'astronomie1 est si lgitimement regarde comme le vritable berceau de la physique proprement dite4 ,c'est alors que se trouve constitue1 entre les astronomes et les chimistes1 une nouvelle classe indispensable1 spcialement destine dvelopper le gnie de l'exprimentation1 d'aprs une conception corpusculaire trs heureusement adapte la nature des phnomnes correspondans1 quoique son irrationnelle extension absolue puisse devenir ailleurs trs dangereuse aux vritables progrs scientifiques1 comme je l'ai expliqu au quarante-unime chapitre3 mais ces inconvniens1 alors trs loigns1 n'empchaient nullement ni l'utilit immdiate et spciale d'une telle doctrine1 ni mme son efficacit gnrale et continue contre le vain rgime des entits4 ,en considrant aussi la division spontane qui s'tablit simultanment1 d'aprs la rapide extension des deux sciences1 entre les purs gomtres et les simples astronomes1 jusque alors investis de l'un et l'autre caractre1 on reconnatra que l'organisation gnrale du travail scientifique1 surtout envers la philosophie inorganique1 seule alors vraiment active1 s'effectue dj sur le mme plan qu'aujourd'hui1 comme le montre clairement le peu de changement survenu jusqu'ici dans la constitution provisoire des acadmies1 quoiqu'il y ait tout lieu de la croire dsormais essentiellement puise1 ainsi que je l'indiquerai bientt4 ,quant aux autres branches fondamentales de la philosophie naturelle1 il est clair1 suivant ma thorie hirarchique1 que la chimie1 et surtout l'anatomie1 n'avaient encore pu sortir de l'tat purement prliminaire1 destin la seule accumulation des matriaux1 quelle qu'ait d tre la haute importance ultrieure des nouveaux faits dont elles s'enrichirent alors1 et principalement des immortelles dcouvertes de ,harvey sur la circulation et sur la gnration1 qui imprimrent aussitt une si active impulsion aux observations physiologiques1 jusque alors si imparfaites1 sans que toutefois le temps ft venu de les incorporer aucune vritable doctrine biologique4 ,l'trange hypothse de ,descartes sur l'automatisme des animaux montre assez quelle tait alors la vraie situation des ides physiologiques1 dsormais ballotes entre d'insuffisantes explications mcaniques et de vaines conceptions ontologiques1 sans pouvoir trouver une base rationnelle qui leur ft rellement propre4 ,en terminant cette rapide apprciation historique1 il ne faut pas ngliger de signaler sommairement cette seconde phase de l'volution scientifique comme tant celle o l'esprit positif devait commencer manifester en mme temps son vrai caractre social et sa prpondrance populaire4 ,l'heureuse disposition croissante des populations modernes accorder leur confiance aux doctrines fondes sur des dmonstrations relles1 quoique opposes d'antiques croyances1 est dj hautement constate1 vers la fin de cette priode1 par l'universelle adoption du double mouvement de la ,terre1 un sicle avant que la papaut1 d'aprs une inconsquence superflue1 en et enfin tolr solennellement l'admission chrtienne4 ,c'est ainsi que l'irrvocable dissolution graduelle de l'ancienne discipline spirituelle tait partout accompagne dj d'une sorte de foi nouvelle1 germe lmentaire d'une rorganisation ultrieure1 et spontanment dtermine1 sans aucune intervention spciale1 soit par la suffisante vrification des prvisions scientifiques1 soit mme par la seule concordance de tous les juges comptens1 chez les esprits qui1 par divers motifs quelconques1 ne pouvaient directement apprcier la validit des dmonstrations fondamentales1 et dont la confiance n'tait pas cependant plus aveugle1 en principe1 que celle des diffrens savans les uns pour les autres1 quoique son exercice dt tre plus tendu1 raison du moindre accomplissement des conditions logiques d'une mancipation active1 toujours accessible quiconque voudrait la mriter4 ,de telles habitudes1 incessamment dveloppes1 tmoignaient ds-lors clairement que l'anarchie provisoire des intelligences sur les doctrines morales et sociales ne tenait1 au fond1 aucun chimrique amour du dsordre perptuel1 mais uniquement au dfaut de conceptions susceptibles de remplir suffisamment les obligations de positivit rationnelle1 sans lesquelles l'esprit moderne tait justement rsolu refuser dsormais son assentiment volontaire4 ,cette aptitude ncessaire de la nouvelle autorit mentale dterminer spontanment la convergence la fois la plus stable et la plus tendue1 se montre dj certainement bien plus propre encore l'action scientifique qu' l'action esthtique2 puisque celle-ci1 malgr son efficacit plus nergique et plus immdiate1 est gravement entrave par les diffrences de langues et de murs1 tandis que l'autre1 en vertu de la gnralit et de l'abstraction suprieures des conceptions lmentaires qui s'y rapportent1 permet videmment la plus vaste communion intellectuelle4 ,on pouvait assurment prvoir1 ds la fin de cette phase1 que la foi positive comporterait un jour une universalit beaucoup plus complte et plus fixe que celle de la foi monothique aux plus beaux temps du catholicisme1 dont la circonscription territoriale avait d tre1 comme je l'ai fait voir1 gravement restreinte par la nature vague et discordante des ides thologiques1 o l'unit n'a jamais pu s'tablir1 et surtout durer1 sans l'assistance continue d'une certaine compression artificielle1 essentiellement inutile l'unit scientifique1 toujours fonde sur la puissance spontane de la dmonstration1 ncessairement irrsistible la longue1 quoique d'abord trs peu active4 ,en un temps o les divergences nationales taient encore trs nergiques1 surtout depuis la dissolution gnrale du lien catholique1 l'institution des acadmies vient dj offrir un irrcusable tmoignage de la tendance cosmopolite propre l'esprit scientifique1 par le noble usage qui s'introduit partout d'y admettre des membres trangers1 de manire prsenter la nouvelle classe spculative comme minemment europenne3 cet heureux caractre est alors plus spcialement prononc en ,france1 o1 depuis ,charlemagne1 le gnie tranger avait toujours reu un gnreux accueil1 et quelquefois mme1 par une injuste dlicatesse1 au dtriment du gnie national4 ,quant l'influence de l'volution scientifique sur l'ducation gnrale1 elle commence alors s'y manifester nettement1 malgr la conservation du systme d'ducation organis1 sous l'impulsion scolastique1 dans la dernire phase du moyen-ge1 et qui subsiste encore aujourd'hui avec de simples modifications accessoires1 qui n'en changent pas l'esprit3 on voit ds lors1 en effet1 ainsi qu'on l'a vu depuis un degr plus avanc1 le quadrivium acqurir une importance croissante aux dpens du trivium2 et ce progrs et mme t dj plus sensible si le cours officiel de ces changemens graduels n'avait fait que suivre fidlement la marche presque unanime des murs et des opinions1 au lieu d'tre souvent dirig par des vues systmatiques sur la ncessit de maintenir artificiellement l'ancienne ducation1 juge indispensable l'ensemble de la politique rtrograde1 qui commenait dominer partout d'une manire plus ou moins prononce1 comme je l'ai expliqu#ae4 ,note #ae3 ,les mmorables efforts des ,jsuites1 afin de s'emparer alors de l'volution scientifique1 ont certainement beaucoup concouru cette propagation des tudes positives1 sans que ces vains projets pussent d'ailleurs offrir aucun danger fondamental1 en un temps o l'incompatibilit mutuelle entre la science et la thologie tait dj trop prononce pour ne pas rendre ncessairement illusoires ces tentatives d'absorption4 ,aussi1 malgr les grandes facilits individuelles que cette puissante corporation pouvait prsenter l'existence spculative1 toute l'habilet de sa tactique n'y a pu rellement jamais produire ou agrger un seul homme de gnie1 parce qu'aucun minent penseur ne voulait subordonner son indpendance mentale une politique o la science tait ncessairement subalternise4 ,ce n'est pas que la science ne puisse1 et mme ne doive1 se lier finalement des vues vraiment politiques3 mais il faut que leur caractre soit large et leur destination minemment populaire1 au lieu de se rapporter des intrts partiels et anti-sociaux2 il faut enfin1 que la politique y soit directement relative au propre essor de l'esprit positif1 quand il sera assez compltement form pour mriter d'tre habituellement envisag comme le rgulateur mental des socits modernes2 ce qui n'est point encore1 beaucoup prs1 suffisamment possible1 surtout dfaut de la gnralit convenable4 ,pendant la troisime phase1 l'lment scientifique1 dsormais intimement incorpor la sociabilit moderne1 reoit un accroissement fondamental de puissance sociale parfaitement analogue celui que nous avons apprci envers l'lment esthtique1 et mme encore mieux caractris1 cause d'une nature plus videmment progressive4 ,jusque alors la science avait reu1 comme l'art1 des encouragemens facultatifs1 quoique dj systmatiques1 entranant toujours une sorte d'obligation personnelle2 maintenant1 au contraire1 d'aprs le grand clat rsult de l'admirable mouvement propre la phase prcdente1 l'active protection des sciences devenait1 pour tous les gouvernemens occidentaux1 un vritable devoir1 gnralement reconnu1 et dont la ngligence et entran un blme universel1 sans que son accomplissement normal dt exiger habituellement aucune gratitude individuelle1 sauf la reconnaissance gnrale toujours due l'tat4 ,en mme temps1 les relations croissantes de la philosophie naturelle1 surtout inorganique1 soit avec l'ensemble des procds militaires1 soit avec l'essor industriel1 devenu le principal objet de la politique europenne1 dterminent1 cette poque1 une grande extension dans l'influence sociale des sciences1 soit par la cration d'coles spciales o l'ducation scientifique commence dominer1 soit par l'institution plus ou moins rationnelle de la nouvelle classe directement destine la ralisation permanente des rapports essentiels entre la thorie et la pratique4 ,aussi1 quoique les savans1 par l'apprciation plus difficile1 plus lente1 et moins populaire1 de leurs travaux propres1 ne pussent ordinairement prtendre l'heureuse indpendance prive que les potes et les artistes commenaient alors obtenir partout1 cependant leur nombre beaucoup moindre1 et leur coopration plus ncessaire l'utilit publique1 tendaient dj une quivalente consolidation de leur existence sociale4 ,dans cette nouvelle situation1 plus ou moins commune toutes les parties de la grande rpublique europenne1 on voit se dvelopper au plus haut degr1 quant l'volution scientifique1 les diffrences essentielles ci-dessus caractrises1 tant d'autres gards1 entre les deux systmes principaux de dictature temporelle2 de manire manifester compltement la supriorit naturelle du mode monarchique sur le mode aristocratique1 auparavant neutralise par les influences spirituelles1 comme je l'ai expliqu4 ,subitement entran du catholicisme une philosophie pleinement ngative1 en vitant heureusement la transition protestante1 l'esprit franais retient1 du moins en partie1 de l'ancienne ducation catholique1 l'instinct de contemplation et de gnralit qu'elle avait spontanment dvelopp1 et qui tendait contenir alors la prpondrance trop exclusive des considrations pratiques2 en mme temps1 sa nouvelle ducation rvolutionnaire lui inspire la hardiesse et l'indpendance devenues indispensables au libre essor de la philosophie naturelle1 ds lors incompatible avec l'ascendant rtrograde du catholicisme chez les autres peuples prservs du protestantisme3 en sorte que tous les avantages propres la protection monarchique durent alors se raliser directement1 et assurer dsormais la ,france la principale impulsion scientifique1 qui1 dans la phase prcdente1 avait successivement appartenu aussi l',allemagne1 l',italie1 et l',angleterre1 sauf la seule prpondrance passagre du mouvement cartsien4 ,dans le mode inverse1 la dictature aristocratique particulire l',angleterre y laisse les savans essentiellement assujtis la dpendance des protections prives1 pendant que l'exorbitante proccupation nationale des intrts industriels n'y permet gure d'apprcier que les dcouvertes spculatives immdiatement susceptibles d'applications matrielles2 en mme temps1 l'esprit protestant1 dont la premire influence rvolutionnaire avait1 sous la phase prcdente1 favoris d'abord l'volution scientifique1 alors dfinitivement incorpor au gouvernement1 manifeste ncessairement son antipathie thologique contre l'entire extension du gnie positif1 aprs avoir1 au dbut de cette troisime phase1 tristement signal cette influence1 en ternissant1 par d'absurdes rveries1 la vieillesse du grand ,newton4 ,l'exclusive nationalit qui ds lors caractrise la politique anglaise1 fait dj sentir1 jusque sur le dveloppement des sciences1 sa dplorable influence1 en disposant n'adopter activement que les mthodes et les dcouvertes indignes2 comme on le voit clairement1 envers les sciences mathmatiques elles-mmes1 malgr leur universalit plus clatante1 soit par la rpugnance l'introduction usuelle de la gomtrie analytique1 encore aujourd'hui trop peu familire aux coles anglaises1 soit par l'obstination analogue contre l'emploi des formes et des notations purement infinitsimales1 si justement prfres partout ailleurs#af4 ,ces irrationnelles dispositions sont d'autant plus choquantes qu'elles forment un trange contraste avec l'admiration exagre dont la ,france tait ds lors saisie pour le gnie de ,newton1 par suite de la raction ncessaire contre l'hypothse des tourbillons1 en faveur de la loi de la gravitation2 on sait comment cette transformation conduisit1 et concourt aujourd'hui1 mconnatre1 avec une sorte d'ingratitude nationale1 l'minente supriorit de notre incomparable ,descartes1 dont le gnie1 la fois scientifique et philosophique1 n'a rellement trouv ensuite d'autres dignes rivaux que le grand ,leibnitz1 et de nos jours l'immortel ,lagrange1 si peu compris encore du vulgaire des gomtres4 ,note #af3 ,au dbut de cette phase1 cette tendance irrationnelle et ombrageuse me semble fortement marque dans la clbre controverse laquelle donna lieu1 entre l',angleterre et l',allemagne1 la priorit d'invention de l'analyse infinitsimale4 ,cette longue querelle1 dj si bien sentie par ,fontenelle1 et ensuite si bien juge par ,lagrange1 dont l'minente dcision1 aussi impartiale que rationnelle1 ne trouve plus aucune opposition quelconque1 offrit pendant presque tout son cours1 un mmorable contraste entre la rectitude et la loyaut de ,leibnitz ainsi que de la plupart de ses partisans1 et les injustes subtilits de la polmique anglaise4 ,la conduite de ,newton1 en cette grave occasion1 fut assurment trs peu honorable3 puisque1 d'un seul mot1 il pouvait terminer cette scandaleuse discussion1 en se dclarant personnellement convaincu1 comme il ne pouvait manquer de l'tre1 de la parfaite originalit de ,leibnitz1 la sienne n'tant pas d'ailleurs conteste3 or1 ce mot1 press de le dire1 il ne le pronona jamais1 en vitant toutefois1 par un silence trop prudent1 qu'on pt lui reprocher formellement aucune articulation contraire4 ,j'espre que cette juste improbation ne sera point attribue de vaines prventions nationales1 dont je me suis montr1 j'ose le dire1 pleinement affranchi1 comme l'ont noblement signal les illustres critiques d'dimbourg1 dans leur bienveillant examen des deux premiers volumes de ce ,trait1 en juillet #ahch3 d'ailleurs1 pour une controverse o la ,france tait parfaitement dsintresse1 il serait difficile1 ce me semble1 de souponner l'impartialit historique d'un ,franais jugeant1 aprs plus d'un sicle1 une discussion scientifique entre l',angleterre et l',allemagne4 ,quant au mouvement scientifique propre cette troisime phase1 sans pouvoir offrir une originalit aussi fondamentale que sous la phase prcdente1 il prsente cependant une minente porte1 bien suprieure celle du mouvement esthtique correspondant1 et qui laissera toujours subsister des crations capitales1 dues des penseurs nullement infrieurs leurs prdcesseurs1 quoique appliqus des difficults d'une autre nature4 ,en considrant d'abord1 suivant notre hirarchie1 les sciences mathmatiques1 par lesquelles1 en effet1 s'tablit le mieux la filiation des deux phases1 on y doit distinguer deux principales sries de progrs3 l'une1 relative au principe newtonien1 pour la construction graduelle de la mcanique cleste1 et qui donne lieu naturellement l'essor des diverses thories essentielles de la mcanique rationnelle2 l'autre1 d'ailleurs intimement lie celle-ci1 remonte l'impulsion analytique de ,leibnitz1 mane de la grande rvolution cartsienne1 et dtermine l'admirable dveloppement de l'analyse mathmatique1 ordinaire ou transcendante1 tendant gnraliser et coordonner toutes les conceptions gomtriques et mcaniques4 ,dans la premire srie1 ,maclaurin1 et surtout ,clairaut1 tablissent d'abord1 au sujet de la figure des plantes1 la thorie gnrale de l'quilibre des fluides1 pendant que ,daniel ,bernoulli construit suffisamment la thorie des mares2 ensuite1 d',alembert et ,euler1 relativement la prcession des quinoxes1 compltent la dynamique des solides1 en constituant la difficile thorie du mouvement de rotation1 en mme temps que le premier fonde1 d'aprs son immortel principe1 le systme analytique de l'hydrodynamique1 dj bauche par ,daniel ,bernoulli2 enfin1 ,lagrange et ,laplace compltent la thorie fondamentale des perturbations1 avant que le premier se consacrt surtout aux minens travaux de philosophie mathmatique qui devaient le mieux caractriser son puissant gnie1 comme je l'indiquerai au chapitre suivant4 ,la seconde srie est essentiellement domine par la grande figure d',euler1 dvouant sa longue vie et son infatigable activit l'extension systmatique de l'analyse mathmatique1 et dvelopper l'uniforme coordination que sa prpondrance devait introduire dans l'ensemble de la gomtrie et de la mcanique1 o jusque alors son intervention avait t secondaire ou passagre3 succession jamais mmorable de spculations abstraites1 o l'analyse dveloppe enfin toute sa puissante fcondit1 sans dgnrer en un dangereux verbiage1 tendant dissimuler1 sous des formes trop respectes1 une profonde strilit mentale1 ainsi qu'on l'a vu depuis trs frquemment1 par suite de l'esprit antiphilosophique qui distingue aujourd'hui la plupart des gomtres4 ,en considrant l'ensemble de ce double mouvement mathmatique1 on ne peut s'empcher de noter comment l',angleterre y trouva la juste punition de l'troite nationalit scientifique qu'elle avait tent de se constituer1 suivant les deux exclusions connexes ci-dessus signales3 car1 il en rsulta directement que1 mme pour la premire progression1 les savans anglais ne purent prendre en gnral1 sauf le seul ,maclaurin1 qu'une part trs secondaire l'laboration systmatique de la thorie newtonienne1 dont le dveloppement et la coordination analytique durent presque uniquement appartenir la ,france1 l',allemagne1 et enfin l',italie1 si dignement reprsente par le grand ,lagrange4 ,l'ensemble de la physique proprement dite1 bauch1 sous la phase prcdente1 surtout par la cration des deux branches qui se rattachent l'astronomie1 c'est--dire la barologie et l'optique1 se complte alors par l'laboration scientifique de la thermologie et de l'lectrologie1 qui la lient directement la chimie3 la premire branche1 en effet1 commence alors se dgager du vain rgime des entits chimriques et des fluides imaginaires1 d'aprs la lumineuse dcouverte de ,black sur les changemens d'tat2 la seconde1 d'abord popularise par les ingnieux travaux de ,franklin1 acquiert ensuite une certaine rationalit par les judicieuses recherches de ,coulomb1 avant d'avoir t altre par l'abus de l'analyse mathmatique4 ,quant l'astronomie pure1 rduite la gomtrie cleste1 elle perd ncessairement la prpondrance fondamentale qu'elle avait d conserver jusque alors1 par suite de la systmatisation de la mcanique cleste1 tendant suggrer priori les principales lois relatives aux perturbations du mouvement elliptique3 aussi1 parmi beaucoup d'illustres observateurs1 l'astronomie ne compte-t-elle alors qu'un seul homme d'un vrai gnie1 le grand ,bradley1 dont l'admirable laboration sur l'aberration de la lumire constitue certainement le plus beau travail dont cette science puisse s'honorer depuis ,kepler4 ,malgr le juste clat de ces divers ordres de travaux scientifiques1 on doit regarder1 ce me semble1 la cration de la vritable chimie comme surtout destine caractriser cette phase avec plus d'originalit qu'aucune autre volution quelconque4 ,jusque alors borne une mystrieuse accumulation de faits1 domine par les entits alchimiques1 la chimie1 vers le milieu de cette priode1 subit une transformation mmorable1 quoique purement provisoire1 qui me semble fort analogue la prparation philosophique que l'hypothse des tourbillons avait opre1 un sicle auparavant1 pour la mcanique cleste3 tel est l'office prliminaire1 aujourd'hui trop mconnu1 de la clbre conception de ,stahl1 prcde de la tentative trop mcanique de ,borhaave1 et dterminant une marche beaucoup plus rationnelle dans l'ensemble des recherches chimiques1 surtout entre les mains de ,bergmann et ensuite de ,schele4 ,prpare1 sous cette influence transitoire1 par les expriences capitales de ,priestley et de ,cavendish1 l'laboration dcisive du grand ,lavoisier vint enfin lever la chimie au rang des vritables sciences1 d'aprs une thorie admirablement conue1 quoique une exploration plus tendue dt bientt lui ravir un ascendant1 dont l'minente rationnalit n'est pas encore1 beaucoup prs1 dignement remplace4 ,aussi intermdiaire1 divers gards1 quant la mthode que quant la doctrine1 entre la philosophie purement inorganique et la philosophie vraiment organique1 cette nouvelle science vient heureusement complter l'ensemble de l'tude fondamentale du monde extrieur par l'institution normale d'un ordre de spculations physiques sur lequel l'esprit mathmatique proprement dit ne peut rellement exercer aucun empire immdiat1 si ce n'est titre d'ducation3 ce qui a heureusement rig ds lors1 mme quant la nature morte1 un puissant abri contre l'imminente invasion d'un tel esprit1 qui1 aprs avoir ncessairement fond la philosophie naturelle1 tend1 par une irrationnelle exagration1 en altrer radicalement l'essor ultrieur1 jusqu' ce que la construction finale d'une philosophie pleinement positive vienne directement contenir cette dangereuse intervention1 en rduisant1 autant que possible1 l'esprit purement mathmatique sa vraie destination1 comme je l'ai expliqu dans les trois premiers volumes de ce ,trait4 ,quoique la grande science biologique n'ait pu recevoir que de nos jours sa vraie constitution rationnelle1 encore si imparfaite et si chancelante1 il importe de signaler1 pendant cette troisime phase1 l'admirable mouvement prparatoire dont elle devient alors l'objet1 en rsultat gnral des divers essais isols propres aux deux phases prcdentes4 ,les trois aspects essentiels1 taxonomique1 anatomique1 et physiologique1 dont la combinaison permanente caractrise ses spculations fondamentales1 y donnrent lieu d'minentes laborations indpendantes1 essentiellement provisoires par cela mme qu'elles n'taient point diriges d'aprs des principes communs1 mais destines faire enfin dignement ressortir le vritable esprit de chacun d'eux3 nettement dvoil1 pour le premier1 par les admirables conceptions du grand ,linn succdant aux heureuses inspirations de ,bernard de ,jussieu2 quant au second1 par la suite des analyses comparatives de ,daubenton1 ultrieurement rationnalise suivant les vues gnrales de ,vicq-d',azyr2 et enfin1 pour le troisime1 par l'exploration fondamentale de ,haller1 suivie de l'ingnieuse exprimentation de ,spallanzani4 ,conjointement cette triple prparation1 le gnie1 minemment synthtique et concret1 de notre grand ,buffon caractrisait avec nergie les principales relations encyclopdiques propres la science des corps vivans1 et faisait surtout sentir l'intime solidarit qui la distingue1 en mme temps que sa haute destination morale et sociale1 spcialement signale d'ailleurs par les utiles indications secondaires de ,georges ,leroy et de ,charles ,bonnet3 toutefois1 en relevant dignement la mmoire scientifique et philosophique de ,buffon1 que d'envieux dtracteurs ont tent de rduire au simple mrite littraire1 l'impartiale postrit n'oubliera jamais son aveugle obstination mconnatre l'importance capitale des conceptions taxonomiques1 dont les travaux de son illustre mule sudois pouvaient si bien lui manifester la vraie nature et l'indispensable destination4 ,au reste1 rien de dfinitif1 en philosophie biologique1 ne pouvait encore sortir d'une poque o1 non-seulement la hirarchie animale n'tait entrevue que d'une manire vague et empirique1 mais o mme la notion lmentaire de l'tat vital restait radicalement confuse et incertaine1 puisque1 des deux lmens insparables du dualisme fondamental qui le constitue1 le plus caractristique et le plus vari tait alors totalement subordonn l'autre1 dont l'influence plus simple devait tre mieux saisissable2 ce qui donna lieu tant d'irrationnelles exagrations sur la prpondrance absolue des milieux biologiques1 comme si l'organisme tait la fois purement passif et indfiniment modifiable3 cette vicieuse tendance1 si prononce chez tous les penseurs du sicle dernier1 conduisit spcialement ,montesquieu ses clbres aberrations sur l'action sociale des climats4 ,nanmoins1 il importait de signaler ici la premire laboration vraiment scientifique de la philosophie organique1 qui1 outre son extrme importance directe1 est si heureusement destine1 de sa nature1 mettre enfin un terme indispensable l'esprit de spcialit dispersive man de la philosophie inorganique1 dont le sujet inerte comporte une dcomposition presque illimite1 tandis que l'tude de la vie pousse ncessairement la rgnration de l'esprit d'ensemble1 par l'indivisible connexit de ses divers aspects1 dont la division provisoire et artificielle ne peut longtemps dissimuler la ncessit finale de leur coordination ncessaire4 ,quoique l'imitation trop servile du rgime logique propre aux sciences dj formes1 ait d d'abord engager naturellement les diverses spculations biologiques dans une marche trop peu conforme leurs vraies conditions caractristiques1 il n'est pas douteux cependant que leur dveloppement ultrieur devait finir par dvoiler spontanment une obligation aussi fondamentale1 de manire modifier convenablement le mode primitif1 comme on commence l'apercevoir aujourd'hui1 sans que toutefois une transformation aussi contraire la prpondrance actuelle de la philosophie inorganique puisse tre suffisamment ralise autrement que sous l'ascendant gnral de la vraie philosophie positive1 dont j'ai os1 le premier1 entreprendre enfin la construction directe1 d'aprs l'ensemble des diffrens matriaux antrieurs4 ,en apprciant1 au cinquante-troisime chapitre1 la premire apparition du vritable gnie scientifique1 la fois spculatif et abstrait1 par les spculations mathmatiques des ,grecs1 j'ai convenablement expliqu pourquoi il avait d tre d'abord minemment spcial1 comme surgissant dans un milieu1 philosophique et social1 profondment htrogne sa nature1 laquelle n'aurait pu recevoir son dveloppement caractristique sans l'indispensable isolement continu des contemplations devenues positives envers toutes celles qui restaient thologiques ou mme mtaphysiques4 ,or1 les diverses branches fondamentales de la philosophie naturelle n'ayant pu passer simultanment l'tat positif1 et leur essor initial ayant d s'oprer1 de longs intervalles1 suivant la loi hirarchique tablie au dbut de ce ,trait1 il est clair que cette mme ncessit primitive devait toujours subsister1 quoique avec une intensit dcroissante1 jusqu' ce que tous les aspects lmentaires eussent ainsi t successivement assujettis une positivit rationnelle1 ce qui n'existe point encore envers les tudes sociales1 except dans cet ouvrage4 ,l'esprit de spcialit1 devenu de plus en plus dispersif mesure que la philosophie inorganique s'tait dcompose1 restait donc en suffisante harmonie avec les principaux besoins de l'volution mentale sous la phase que nous achevons d'apprcier3 toutefois1 son office1 videmment provisoire1 tait dj trs voisin de son entier accomplissement2 et son influence1 qui1 d'aprs l'anarchie philosophique1 s'exagrait l'instant o elle aurait d dcrotre1 commenait alors devenir dangereuse1 suivant l'explication prcdente1 en tendant imprimer la culture naissante de la philosophie organique une impulsion trop exclusivement analytique1 contraire sa nature et sa destination4 ,nanmoins1 ces aberrations1 seulement imminentes1 ne pouvaient se dvelopper que plus tard1 et ne produisaient encore que des inconvniens secondaires2 en sorte que cette poque peut tre envisage comme le plus bel ge de l'esprit de spcialit scientifique1 personnifi par la constitution des acadmies1 dont les membres n'taient point alors parvenus oublier entirement la conception fondamentale de ,bacon et de ,descartes1 o l'analyse spciale n'tait envisage que comme une prparation ncessaire une synthse gnrale1 toujours prsente aux savans de la seconde phase1 quelque lointaine que dt leur sembler sa ralisation ultrieure4 ,la tendance dispersive des travaux de dtail fut1 cette poque1 trs heureusement contenue par l'active impulsion gnrale qui dterminait spontanment les savans1 comme les artistes1 et d'une manire mme plus efficace quoique moins explicite1 seconder le grand branlement philosophique propre au sicle dernier1 et dont la direction anti-thologique devait tant sympathiser avec l'instinct scientifique3 j'ai assez expliqu la puissante consistance mentale que cette indispensable opration rvolutionnaire dut recevoir d'une telle assistance permanente1 hautement caractrise surtout chez l'minent gomtre qui fut l'un des chefs principaux de cette laboration dissolvante4 ,malgr sa nature purement ngative1 qui la rendait assurment peu susceptible de constituer aucune liaison solide1 l'influence provisoire de cette philosophie1 en vertu de sa seule gnralit1 quelque imparfaite qu'elle dt tre1 servit rellement1 cette poque1 empcher l'esprit scientifique de perdre totalement de vue les considrations d'ensemble1 qu'on affectait1 au contraire1 de reproduire sans cesse1 d'aprs des aperus plus ou moins superficiels4 ,par cette raction temporaire1 o cette philosophie transitoire rendait la science l'quivalent des services qu'elle en recevait1 les savans trouvrent alors1 comme les artistes1 outre une immdiate destination sociale1 qui les incorporait davantage au mouvement universel1 une sorte de supplment momentan l'absence de toute vraie direction systmatique2 tandis que1 de nos jours1 l'irrationnelle prolongation de cette situation mentale1 maintenant trop arrire1 n'aboutit1 au contraire1 chez les uns et les autres1 qu' justifier ordinairement leur dplorable aversion de toute ide gnrale4 ,aprs avoir suffisamment caractris l'ensemble du dveloppement scientifique depuis le moyen-ge1 il ne nous reste plus maintenant1 pour complter enfin notre indispensable apprciation de la progression moderne1 qu' y considrer sommairement le mouvement lmentaire de recomposition sous un quatrime et dernier aspect gnral1 quant l'volution philosophique proprement dite1 en tant que provisoirement distincte de l'volution purement scientifique correspondante1 jusqu' ce que l'esprit scientifique et l'esprit philosophique1 essentiellement identiques au fond1 aient acquis1 l'un la gnralit1 l'autre la positivit1 qui leur manquent encore4 ,mais1 malgr la ncessit historique de cette distinction transitoire1 il est clair que notre apprciation de la progression scientifique doit nous permettre d'abrger beaucoup celle de la progression philosophique1 dont les diverses phases ont toujours t dtermines par celles de la premire1 partir de la division fondamentale1 organise dans les coles grecques1 entre la philosophie naturelle devenue mtaphysique1 et la philosophie morale reste thologique1 comme je l'ai tant expliqu4 ,en outre1 d'aprs la fusion provisoire opre entre ces deux philosophies1 sous l'ascendant mtaphysique de la scolastique proprement dite1 pendant la dernire priode du moyen-ge1 nous avons reconnu que l'esprit scientifique et ce nouvel esprit philosophique taient rests essentiellement unis jusqu' la fin de la premire partie de l'volution moderne3 en sorte que nous n'avons plus rellement considrer le mouvement philosophique que sous les deux autres phases1 o il s'est de plus en plus isol du mouvement scientifique1 jusqu' ce que celui-ci ait rempli les conditions qui doivent lui procurer une entire suprmatie1 par une convenable prpondrance prochaine de l'esprit d'ensemble sur l'esprit de dtail1 tous deux enfin devenus galement positifs4 ,nanmoins1 pour que cette apprciation puisse tre suffisamment caractristique1 il faut d'abord revenir brivement sur ce point de dpart1 dont l'importance historique est encore trop peu comprise1 afin de mieux dterminer la vraie nature de cette philosophie transitoire que1 dans le cours des trois derniers sicles1 la science devait toujours tendre annuler graduellement4 ,la grande transaction scolastique avait ralis autant que possible1 le triomphe social de l'esprit mtaphysique1 dont la profonde impuissance organique s'est trouve ainsi dissimule1 pendant quelques sicles1 d'aprs son intime incorporation l'ensemble de la constitution catholique1 laquelle1 par ses minentes proprits politiques1 lui rendit certes un large quivalent de l'assistance mentale qu'elle en reut provisoirement4 ,ds lors1 en effet1 la philosophie mtaphysique1 toujours borne auparavant l'tude du monde inorganique1 complta son domaine fondamental1 en tendant aussi ses entits caractristiques l'homme moral et social2 ce qui produisit1 comme je l'ai not1 un tat1 trs prcaire mais fort remarquable1 d'apparente homognit intellectuelle1 qui n'avait jamais pu exister encore depuis le partage primordial opr sous la premire dcadence du polythisme4 ,en acceptant ainsi le dangereux secours de la raison1 la foi monothique commenait se dnaturer d'une manire irrvocable1 aussitt que1 cessant de reposer exclusivement sur la spontanit universelle1 lie une rvlation directe et continue1 elle subit la protection des dmonstrations1 ncessairement susceptibles de controverse permanente et mme de rfutation ultrieure1 qui composaient la doctrine nouvelle que1 par une trange incohrence1 on qualifiait dj de thologie naturelle4 ,cette dnomination historique caractrise trs heureusement la conciliation passagre qu'on avait ainsi tent d'organiser entre la raison et la foi1 et qui ne pouvait rellement aboutir qu' l'absorption totale de la seconde sous la premire3 car1 elle reprsente le dualisme contradictoire alors tabli entre l'ancienne notion de ,dieu et la nouvelle entit de la ,nature1 centres respectifs des deux philosophies thologique et mtaphysique4 ,l'imminent antagonisme de ces deux conceptions gnrales semblait alors devoir tre suffisamment contenu par le principe fondamental qui1 sous l'influence inaperue de l'instinct positif1 les subordonnait l'une et l'autre la nouvelle hypothse d'un ,dieu crateur primordial de lois invariables1 qu'il s'tait aussitt interdit de jamais changer1 et dont l'application spciale et continue tait irrvocablement confie la ,nature2 ce qui constitue assurment une fiction fort analogue celle des publicistes actuels sur la royaut constitutionnelle4 ,cette trange combinaison1 o l'on tentait de concilier le principe thologique avec le principe positif1 porte l'empreinte caractristique de l'esprit mtaphysique qui l'avait labore1 et qui s'y tait videmment mnag la plus belle part1 en faisant dsormais de la ,nature l'objet des contemplations et mme des adorations journalires1 sauf la strile vnration rserve la majestueuse inertie de la divinit suprme1 solennellement rduite une vague intervention initiale1 o la pense devait de moins en moins remonter4 ,jamais le bon sens vulgaire n'a pu rellement admettre ces subtilits doctorales1 qui neutralisaient radicalement toutes les ides de volont arbitraire et d'action permanente1 sans lesquelles les croyances thologiques ne sauraient conserver leur vritable caractre fondamental3 aussi doit-on peu s'tonner que l'instinct populaire poursuivt alors tant de docteurs de l'accusation d'athisme2 puisque la doctrine transitoire1 ainsi qualifie ultrieurement1 n'a pu consister au fond qu' pousser jusqu' l'entire intronisation de la ,nature cette premire restriction scolastique de la conception monothique1 comme je l'ai expliqu au chapitre prcdent4 ,suivant une inversion vraiment dcisive1 tmoignage direct de l'irrvocable dcadence de toute thologie1 ce que d'abord la raison publique jugeait impie1 semble constituer maintenant la disposition la plus religieuse1 qu'on s'puise vainement produire par de nombreuses dmonstrations1 o j'ai montr l'une des principales causes historiques de la dissolution mentale du monothisme4 ,on voit donc que le compromis scolastique n'avait effectivement constitu qu'une situation profondment contradictoire1 dont la stabilit tait impossible1 quoique son influence1 d'ailleurs invitable1 ait t longtemps indispensable au dveloppement fondamental de l'volution scientifique1 selon nos explications antrieures4 ,aucune discussion spciale ne peut mieux caractriser cette tendance gnrale que la grande controverse scolastique entre les ralistes et les nominalistes1 si activement prolonge sous la premire phase moderne1 et dont l'ensemble marque trs nettement la haute supriorit de la mtaphysique du moyen-ge sur celle de l'antiquit1 o l'action naissante de l'esprit positif tait ncessairement beaucoup moindre4 ,la marche progressive de ce long dbat mesure en effet1 avec beaucoup d'exactitude1 l'accroissement continu de l'influence philosophique propre l'volution scientifique1 dont l'essor graduel devait spontanment dterminer l'ascendant croissant du nominalisme sur le ralisme3 car1 sous ces formes qui semblent aujourd'hui si vaines1 commenait alors secrtement la lutte invitable de l'esprit positif contre l'esprit mtaphysique1 dont le principal caractre consiste directement personnifier des abstractions qui ne sauraient avoir1 hors de notre intelligence1 qu'une simple existence nominale4 ,jamais les coles grecques n'avaient1 assurment1 pu offrir une contestation aussi leve1 ni surtout aussi dcisive1 soit pour ruiner enfin le rgime des entits1 soit mme pour faire dj souponner la nature minemment relative de la vraie philosophie4 ,quoi qu'il en soit1 il reste vident que l'esprit mtaphysique et l'esprit positif1 presque aussitt aprs leur triomphe combin sur l'esprit monothique1 dernire modification possible de l'esprit religieux1 commenaient ainsi tendre vers une irrvocable sparation1 qui ne pouvait aboutir qu' l'entier ascendant du second sur le premier4 ,pendant la premire phase de l'volution moderne1 nous avons vu1 d'un ct1 la mtaphysique occupe surtout de seconder par son action critique l'heureuse insurrection du pouvoir temporel contre la constitution catholique1 tandis que1 de son ct1 la science naissante se livrait principalement l'accumulation pralable des diverses observations1 sous les inspirations astrologiques et alchimiques3 en sorte que1 malgr leur divergence croissante1 aucun grave conflit ne pouvait directement surgir entre elles4 ,mais il n'en devait plus tre ainsi quand1 sous la seconde phase1 l'branlement protestant eut mis1 mme chez les peuples rests nominalement catholiques1 la philosophie mtaphysique en possession presque exclusive1 ou du moins prpondrante1 de l'autorit spirituelle qu'elle avait toujours convoite2 en mme temps que l'esprit scientifique commenait manifester son vrai caractre fondamental1 par la convergence graduelle de son laboration spontane vers des dcouvertes dcisives1 pleinement incompatibles avec l'ensemble de l'ancienne philosophie1 aussi bien mtaphysique que thologique4 ,on voit par l comment l'admirable mouvement astronomique du ,x,v,ie sicle dt ncessairement y conduire enfin la science une opposition directe envers la mtaphysique1 succdant partout1 sous des formes diverses mais quivalentes1 la thologie proprement dite1 dont elle tendait ds lors reconstruire1 son profit1 l'antique domination1 la fois mentale et sociale4 ,par la nature mme d'un tel antagonisme1 il devait d'abord tre gravement dfavorable la science1 comme le prouvent alors tant de tristes exemples1 analogues ceux de ,cardan1 de ,ramus1 etc4 ,mais l'volution logique proprement dite est celle de toutes qui peut le moins tre efficacement contenue1 soit parce que la porte n'en peut tre ordinairement comprise que lorsque son essor est assez dvelopp pour surmonter spontanment tous les obstacles1 soit en vertu de l'assistance involontaire qu'elle doit naturellement trouver chez ceux-l mme qui prtendent lui opposer des entraves systmatiques4 ,c'est pourquoi la persvrance1 d'ailleurs mutuellement invitable1 de ce conflit dcisif1 y dtermina ncessairement1 dans le premier tiers du ,x,v,i,ie sicle1 l'irrvocable dcadence du rgime des entits1 ds lors accomplie envers les phnomnes gnraux du monde extrieur1 et par suite plus ou moins imminente relativement tous les autres1 mesure qu'ils deviendraient suffisamment accessibles la positivit rationnelle4 ,tous les lmens principaux de la rpublique europenne1 sauf la seule ,espagne1 alors engourdie par la politique rtrograde1 prirent une part capitale cet immense dbat1 qui constituait enfin la premire apparition caractristique de la philosophie dfinitive1 et qui1 par suite1 devait exercer une influence fondamentale sur l'ensemble des destines ultrieures de l'humanit4 ,l',allemagne avait doublement dtermin1 au sicle prcdent1 cette crise dcisive1 soit par l'branlement protestant1 soit surtout par les belles dcouvertes astronomiques de ,copernic1 de ,tycho-,brah1 et enfin du grand ,kepler3 mais1 absorbe par les luttes religieuses1 elle n'y put activement concourir4 ,au contraire1 l',angleterre1 l',italie et la ,france fournirent chacune cette noble laboration un minent cooprateur1 en y faisant participer trois immortels philosophes1 dont les gnies trs divers y taient galement indispensables1 ,bacon1 ,galile et ,descartes1 que la plus lointaine postrit proclamera toujours les premiers fondateurs immdiats de la philosophie positive2 puisque chacun d'eux en a dj dignement senti le vrai caractre1 suffisamment compris les conditions ncessaires1 et convenablement prvu l'ascendant final4 ,comme l'action de ,galile1 insparable de ses admirables dcouvertes1 appartient essentiellement l'volution scientifique proprement dite1 il serait superflu de revenir maintenant sur cette belle srie de travaux qui1 tandis qu'on dfinissait ailleurs1 par une discussion directe1 l'esprit gnral de la nouvelle manire de philosopher1 se bornait la caractriser activement1 par une extension dcisive1 sans laquelle les prceptes abstraits eussent t trop vaguement apprciables4 ,quant aux travaux directement philosophiques de ,bacon et de ,descartes1 galement dirigs contre l'ancienne philosophie1 et pareillement destins constituer la nouvelle1 leurs diffrences essentielles prsentent la fois une remarquable harmonie1 soit avec la nature propre de chaque philosophe1 soit avec celle du milieu social correspondant4 ,chacun d'eux tablit1 sans doute1 avec une irrsistible nergie1 la ncessit d'abandonner irrvocablement l'ancien rgime mental2 tous deux s'accordent spontanment faire nettement ressortir les attributs lmentaires du rgime nouveau2 enfin1 tous deux proclament hautement la destination purement provisoire de l'analyse spciale qu'ils prescrivent imprieusement1 mais dont ils signalent dj l'indispensable tendance ultrieure vers une synthse gnrale1 aujourd'hui si dplorablement oublie1 l'poque mme que la marche ncessaire de l'volution humaine assigne si clairement son laboration directe4 ,malgr cette conformit fondamentale1 l'indispensable concours philosophique de ,bacon et de ,descartes ne pouvait nullement dissimuler l'extrme diversit que l'organisation1 l'ducation1 et la situation avaient ncessairement tablie entre eux4 ,d'une nature plus active1 mais moins rationnelle1 et1 tous gards1 moins minente1 prpar par une ducation vague et incohrente1 soumis ensuite l'influence permanente d'un milieu essentiellement pratique1 o la spculation tait troitement subordonne l'application1 ,bacon n'a qu'imparfaitement caractris le vritable esprit scientifique1 qui1 dans ses prceptes1 flotte si souvent entre l'empirisme et la mtaphysique1 surtout envers l'tude du monde extrieur1 base immuable de toute la philosophie naturelle2 tandis que ,descartes1 aussi grand gomtre que profond philosophe1 apprciant la positivit sa vraie source initiale1 en pose avec bien plus de fermet et de prcision les conditions essentielles1 dans cet admirable discours o1 en retraant navement son volution individuelle1 il dcrit1 son insu1 la marche gnrale de la raison humaine2 cette apprciation concise sera toujours relue avec fruit1 mme aprs que la diffuse laboration de ,bacon n'offrira plus qu'un simple intrt historique4 ,mais1 sous un autre aspect fondamental1 quant l'tude de l'homme et de la socit1 ,bacon prsente1 son tour1 une incontestable supriorit sur ,descartes1 qui1 en constituant1 aussi bien que l'poque le comportait1 la philosophie inorganique1 semble abandonner indfiniment l'ancienne mthode le domaine moral et social2 pendant que ,bacon a surtout en vue l'indispensable rnovation de cette seconde moiti du systme philosophique1 qu'il ose mme concevoir dj comme finalement destine la rgnration totale de l'humanit3 diffrence qu'il faut attribuer1 soit la diversit de leurs gnies1 l'un plus sensible la rationnalit1 l'autre l'utilit1 soit ce que la position du premier devait lui faire mieux apprcier qu'au second l'tat radicalement rvolutionnaire de l',europe moderne2 double distinction alors correspondante celle entre le catholicisme et le protestantisme4 ,on doit toutefois noter1 ce sujet1 que l'cole cartsienne a spontanment tendu corriger les imperfections de son chef1 dont la mtaphysique n'a certainement jamais obtenu1 en ,france1 l'ascendant qu'y prenait sa thorie corpusculaire2 au lieu que l'cole baconienne a bientt tendu1 en ,angleterre1 et mme ailleurs1 restreindre les hautes inspirations sociales de son fondateur1 pour exagrer1 au contraire1 ses inconvniens abstraits1 en laissant trop souvent dgnrer l'esprit d'observation en une sorte de strile empirisme1 trop aisment accessible une patiente mdiocrit4 ,aussi1 quand les savans actuels veulent donner une certaine apparence philosophique au dplorable esprit de spcialit exclusive qui domine parmi eux1 on peut remarquer qu'ils affectent partout de s'appuyer sur ,bacon1 et non sur ,descartes1 dont ils ont dprci mme la mmoire scientifique2 quoique les prceptes du premier ne soient cependant pas moins contraires1 au fond que les conceptions du second cette irrationnelle disposition1 directement oppose au but commun que ces deux grands philosophes ont galement proclam4 ,quelle que ft1 dans l'volution gnrale de l'humanit1 l'importance vraiment fondamentale de ces deux laborations convergentes1 il est nanmoins vident que1 ni spares1 ni mme runies1 elles ne pouvaient aucunement suffire1 soit pour la doctrine1 soit seulement pour la mthode1 constituer rellement la philosophie positive1 dont le vritable esprit ne pouvait alors tre suffisamment caractris que par les tudes gomtriques ou astronomiques1 et commenait peine s'tendre aussi aux plus simples thories de la physique proprement dite1 sans mme embrasser dj l'ensemble lmentaire de la science inorganique1 puisque la chimie n'y devait tre convenablement assujtie que vers la fin de la phase suivante4 ,on comprend surtout combien l'avnement1 encore moins prpar1 de la science biologique tait1 cet gard1 profondment indispensable1 comme seul apte faire dignement apprcier la nouvelle manire de philosopher sous les aspects les plus ncessaires son extension finale aux conceptions morales et sociales1 suivant le noble but indiqu par ,bacon4 ,cette grande impulsion ne pouvait donc que signaler suffisamment l'introduction dcisive d'une philosophie nouvelle1 montrer vaguement le terme gnral de son essor initial1 et faire imparfaitement pressentir les conditions principales de sa prparation graduelle pendant les deux sicles qui devaient prcder son laboration d'ensemble3 ni l'un ni l'autre des deux illustres fondateurs n'avait alors en vue qu'un dveloppement provisoire1 destin rendre successivement positifs tous les divers lmens essentiels des spculations humaines1 afin de permettre ultrieurement une systmatisation dfinitive1 dont aucun d'eux ne supposait rellement la possibilit immdiate1 quelque confusment qu'il en dt concevoir la nature et la destination4 ,la situation fondamentale de l'esprit humain restait donc encore ncessairement transitoire1 jusqu' l'volution dcisive de la science chimique1 et surtout de la science biologique4 ,pour tout cet intervalle1 il n'y avait vraiment lieu qu' modifier1 par un dernier amendement gnral1 le partage primordial organis par ,aristote et ,platon entre la philosophie naturelle et la philosophie morale1 en faisant avancer chacune d'elles d'une phase dans le dveloppement lmentaire dont la loi sert de base tout ce ,trait1 mais en continuant laisser entre elles une divergence non moins radicale1 et mme bien plus prononce2 puisque la premire1 dsormais passe l'tat positif1 devait tre beaucoup plus contradictoire envers la seconde1 devenue purement mtaphysique1 que lorsque celle-ci tait thologique et l'autre mtaphysique1 comme l'origine de cette indispensable sparation provisoire3 ce qui devait faire aisment prvoir le peu de dure d'une transaction aussi incohrente1 malgr sa ncessit actuelle4 ,descartes1 apprciant une telle situation avec plus de profondeur et de nettet que son illustre collgue1 entreprit directement de rgulariser cette nouvelle rpartition1 o il tendit le domaine positif autant qu'on pouvait l'oser alors1 en y faisant rentrer jusqu' l'tude intellectuelle et morale des animaux1 d'aprs sa clbre hypothse d'automatisme1 dont j'ai spcialement indiqu1 au quarante-cinquime chapitre1 l'office momentan1 sans en dissimuler l'invitable danger2 il ne laissa la mtaphysique que le seul domaine qui ne pt encore lui tre t1 en la rduisant l'tude isole de l'homme moral et de la socit4 ,mais1 en coordonnant ces attributions extrmes de l'ancienne philosophie1 son gnie minemment systmatique l'emporta leur donner trop d'importance1 en tentant de leur imprimer une rationnalit plus consistante qu'il ne convenait la dernire fonction provisoire d'une doctrine prte s'teindre sous la prochaine extension simultane de l'volution scientifique et de l'branlement rvolutionnaire3 aussi cette seconde partie de son laboration philosophique1 beaucoup moins en harmonie avec l'tat fondamental des esprits1 n'eut-elle point1 beaucoup prs1 surtout en ,france1 l'clatant succs de la premire1 mme quand ,malebranche s'en fut exclusivement empar4 ,quant ,bacon1 qui n'avait en vue aucun partage mthodique1 et qui1 au contraire1 poursuivait surtout la rgnration des tudes morales et sociales1 il tait spontanment prserv de toute semblable dviation3 mais cependant la haute impossibilit1 bientt constate1 de rendre dj positives ces deux parties extrmes du systme philosophique1 dut ncessairement conduire son cole reconnatre galement1 d'une manire plus ou moins explicite1 le besoin provisoire de la rpartition tablie1 ou plutt modifie1 par ,descartes1 en vitant ainsi toutefois de lui attribuer1 en gnral1 une aussi vicieuse consistance4 ,la recherche prmature d'une unit encore impossible ne pouvait alors aboutir certainement qu' tout replacer sous l'uniforme domination d'une mtaphysique plus ou moins prononce1 comme le montrrent avec tant d'vidence1 la fin de cette phase1 ou au commencement de la suivante1 les vains efforts1 presque simultans1 de ,malebranche et de ,leibnitz1 pour tablir une entire coordination philosophique1 l'un d'aprs sa fameuse prmotion physique1 l'autre par sa clbre conception des monades4 ,quoique la seconde tentative ft d'ailleurs beaucoup plus progressive que l'autre1 en tant que fonde sur un principe beaucoup moins thologique1 toutes deux furent cependant galement impuissantes dissoudre rellement la rpartition fondamentale1 quelque contradictoire1 et par suite provisoire qu'elle dt justement sembler dj3 ce qui peut faire spcialement sentir combien devait tre profonde une telle ncessit transitoire1 contre laquelle a ainsi chou l'nergique gnie du grand ,leibnitz4 ,tel tait donc le premier rsultat gnral de la haute impulsion philosophique imprime par ,bacon et par ,descartes1 sous l'influence spontane de l'volution scientifique3 l'esprit positif1 ayant enfin conquis son mancipation partielle1 devenait seul matre de la philosophie naturelle proprement dite2 l'esprit mtaphysique1 ds lors essentiellement isol1 exerait sur la philosophie morale sa vaine domination provisoire1 dont le terme naturel tait dj apprciable3 par l s'est trouve irrvocablement dissoute la systmatisation passagre qu'avait tablie1 la fin du moyen-ge1 l'uniforme assujettissement des diverses conceptions humaines au pur rgime des entits4 ,ds ce moment1 il n'a pu rellement exister aucune philosophie quelconque1 jusqu' la tentative directe que j'ai entreprise dans cet ouvrage pour l'organisation totale de la philosophie positive1 dont tous les lmens principaux m'ont paru assez labors dsormais pour que sa construction finale devnt possible1 d'aprs l'extrme extension que je m'efforce de lui donner1 en y faisant rentrer les tudes sociales1 comme ,gall y a suffisamment ramen les tudes morales3 et1 si j'choue1 l'interrgne philosophique se prolongera ncessairement jusqu' une plus heureuse laboration ultrieure4 ,car1 pendant tout cet intervalle d'environ deux sicles1 l'esprit d'ensemble1 qui doit essentiellement caractriser toute philosophie digne de ce nom1 quelles qu'en soient la nature et la destination1 n'a pu vritablement se trouver nulle part2 pas plus chez ceux qui1 continuant s'appeler philosophes1 entreprenaient dsormais la vaine apprciation directe des phnomnes les plus spciaux et les plus compliqus1 sans la fonder sur celle des phnomnes les plus simples et les plus gnraux1 que chez les savans eux-mmes qui1 faisant ouvertement profession d'une spcialit alors indispensable1 devaient borner leurs recherches prparatoires l'analyse partielle d'un seul ordre de phnomnes4 ,par suite d'un tel isolement1 la mtaphysique a d perdre rapidement le crdit universel qu'elle avait jusque alors conserv1 et qui tenait essentiellement son intime solidarit antrieure avec l'volution scientifique1 depuis la sparation grecque entre le domaine mtaphysique et le domaine thologique4 ,en mme temps1 les plus minens penseurs s'tant naturellement tourns vers les sciences1 sauf un trs petit nombre d'immortelles exceptions1 la philosophie proprement dite1 qui1 au fond1 cessait ainsi d'exiger de graves tudes prparatoires1 ds lors sans consistance mentale entre la science et la thologie1 a d bientt tomber aux mains des simples littrateurs1 qui1 en l'appliquant la dmolition radicale de l'ancienne organisation spirituelle1 lui ont heureusement procur1 sous la troisime phase1 une destination sociale susceptible de dissimuler momentanment sa profonde caducit intrinsque1 comme je l'ai suffisamment expliqu4 ,quant son activit propre et directe1 elle s'est ds lors ncessairement consume1 comme aujourd'hui1 en une vaine et fastidieuse reproduction des principales aberrations1 soit intellectuelles1 soit politiques1 qui avaient agit les anciennes coles grecques1 les unes plus thologiques1 les autres plus ontologiques1 mais toutes presque galement vicieuses1 et surtout pareillement ambitieuses de la chimrique thocratie mtaphysique que j'ai suffisamment apprcie1 et dont on vit alors1 par suite d'une semblable direction mentale1 se renouveler1 chez la plupart de ces philosophes incomplets1 l'espoir plus ou moins explicite4 ,les deux cas ont mme d offrir cette grave diffrence que les controverses antiques avaient naturellement abouti la systmatisation monothique1 dont l'importance1 surtout sociale1 tait assurment fondamentale1 quoique purement transitoire2 tandis que ces discussions modernes n'taient rellement susceptibles d'aucune issue et ne pouvaient servir qu' empcher que les laborations partielles dont l'humanit tait alors justement proccupe n'y fissent perdre totalement le souvenir de l'esprit d'ensemble1 qu'il faut1 tout prix1 toujours maintenir sous une forme quelconque1 mme seulement spcieuse1 afin de conserver l'indispensable continuit de l'volution gnrale4 ,il serait donc superflu d'examiner ici les principales diffrences europennes d'un mouvement mtaphysique partout devenu dsormais essentiellement tranger la marche ncessaire du dveloppement humain4 ,chacun sait d'ailleurs que ces diffrences ont surtout consist dans les diverses manires d'envisager l'essor abstrait de notre entendement1 o les uns ont seulement apprci les conditions extrieures1 tandis que les autres en tablissaient exclusivement les conditions intrieures3 ce qui a constitu deux systmes1 ou plutt deux modes1 galement irrationnels et chimriques1 par cela mme qu'ils sparaient les deux notions de milieu et d'organisme1 dont la combinaison permanente constitue la base indispensable de toute saine spculation biologique1 aussi bien envers les phnomnes intellectuels et moraux que relativement tous les autres1 comme je l'ai pleinement dmontr aux quarantime et quarante-cinquime chapitres3 cette vaine sparation n'tait1 au reste1 qu'une inexcusable reproduction de l'antique rivalit qui avait divis jadis les coles opposes d',aristote et de ,platon1 et que la scolastique avait1 au moyen-ge1 heureusement suspendue4 ,toutefois1 il est juste de noter que le premier ordre d'aberrations tait1 par sa nature1 moins cart que le second de la marche vraiment normale1 puisque1 dans l'tude prparatoire de tout sujet biologique1 l'influence du milieu devait naturellement tre apprcie avant celle de l'organisme1 suivant la tendance constante de la vritable philosophie1 passant toujours du monde l'homme1 afin de procder sans cesse du plus simple au plus complexe3 j'ai ci-dessus remarqu1 en effet1 que cette vicieuse disposition s'occuper presque exclusivement des influences extrieures s'tendait alors toutes les tudes physiologiques1 sans exception des moins difficiles2 ce qui doit historiquement attnuer les torts primitifs d'une telle mtaphysique1 en indiquant1 malgr la gravit de ses dangers ultrieurs1 qu'elle tait alors moins loigne que sa rivale de la vraie direction positive4 ,quant la rpartition europenne de ces deux ordres d'erreurs1 elle me semble avoir d finalement correspondre1 en gnral1 la division entre le catholicisme et le protestantisme1 d'aprs les motifs essentiels qui nous ont expliqu1 au chapitre prcdent1 la destination naturelle des pays catholiques1 et surtout de la ,france1 devenir1 sous la troisime phase1 le principal sige de l'laboration ngative1 dirige par un esprit mtaphysique ncessairement plus critique et ds lors plus rapproch de l'esprit positif2 tandis que1 chez les populations protestantes1 l'esprit mtaphysique1 dsormais profondment incorpor au gouvernement1 avait d remonter davantage vers l'tat purement thologique1 et1 par suite1 procder1 au contraire1 plus explicitement de l'homme au monde1 en considrant surtout1 dans l'essor mental1 les conditions intrieures1 quelque vicieuse que dt tre d'ailleurs cette tude1 ainsi spare de toute notion relle de l'organisme humain4 ,ces tendances respectives l'aristotlisme ou au platonisme avaient d toutefois tre prcdes1 en ,angleterre1 d'une mmorable exception1 que j'ai dj suffisamment apprcie1 relativement l'cole passagre de ,hobbes1 suivi de ,locke1 laquelle1 sous l'impulsion baconienne pour la rgnration directe des tudes morales et sociales1 avait d entreprendre d'abord une critique radicale1 et par consquent aristotlique1 dont le dveloppement1 et surtout la propagation1 devaient ensuite s'oprer ailleurs4 ,avant de quitter cette seconde phase1 aussi dcisive pour l'volution philosophique que pour l'volution scientifique1 j'y dois sommairement signaler les premiers germes essentiels de la rnovation finale de la philosophie politique1 que ,hobbes et ,bossuet me semblent avoir directement prpare1 vers la fin de cette mmorable priode1 dont le dbut avait t marqu1 sous ce rapport1 par quelques heureux essais partiels de ,machiavel1 afin de rattacher des causes purement naturelles l'explication de certains phnomnes politiques1 quoique son nergique sagacit ait t essentiellement neutralise par une apprciation radicalement vicieuse de la sociabilit moderne1 qu'il ne put jamais distinguer suffisamment de l'ancienne4 ,la clbre conception politique de ,hobbes sur l'tat de guerre primordial et sur le prtendu rgne de la force1 a presque toujours t gravement mconnue jusqu'ici1 d'aprs les injustes antipathies indiques au chapitre prcdent2 mais1 en l'tudiant d'une manire convenablement approfondie1 on sentira que1 eu gard aux temps1 elle a constitu1 sous l'obscurit des formes mtaphysiques1 un puissant aperu primordial1 la fois statique et dynamique1 de la prpondrance fondamentale des influences temporelles dans l'ensemble permanent des conditions sociales inhrentes l'imparfaite nature de l'humanit2 et1 en second lieu1 de l'tat ncessairement militaire des socits primitives4 ,en se rappelant l'active conscration contemporaine des fictions mtaphysiques sur l'tat de nature et le contrat social1 on sentira1 j'espre1 l'minente valeur de ce double aperu1 qui dj tendait introduire nergiquement la ralit au milieu de ces hypothses fantastiques4 ,quant la participation de notre grand ,bossuet cette prparation initiale de la saine philosophie politique1 elle est plus vidente et moins conteste1 surtout d'aprs son admirable laboration historique1 o1 pour la premire fois1 l'esprit humain tentait de concevoir les phnomnes politiques comme rellement assujettis1 soit dans leur coexistence1 soit dans leur succession1 certaines lois invariables1 dont l'usage rationnel pt permettre1 divers gards1 de les dterminer les uns par les autres4 ,malgr que l'invitable prpondrance du principe thologique ait d profondment altrer une conception aussi avance1 elle n'a pu dissimuler son minente valeur1 ni mme empcher son heureuse influence ultrieure sur le perfectionnement universel des tudes historiques sous la phase suivante2 on sent1 au reste1 qu'elle ne pouvait natre alors qu'au sein du catholicisme1 dont elle constitue la dernire inspiration capitale1 puisque l'instinct ngatif empchait ailleurs toute juste apprciation quelconque de l'ensemble de l'volution humaine4 ,il n'est pas inutile de noter1 en outre1 que la destination spciale de cette immortelle composition concourait spontanment mieux caractriser sa nature1 en prsentant directement l'histoire systmatique comme la base ncessaire de l'ducation politique4 ,cet examen complet de la seconde phase de l'volution philosophique tait ici particulirement indispensable pour expliquer convenablement la formation historique d'une situation trs peu comprise1 et qui cependant n'a pu encore subir aucun changement essentiel2 mais ce travail mme nous dispense d'insister beaucoup sur la troisime phase1 qui1 sous ce rapport1 ne dut tre1 tous gards1 qu'une simple extension de la prcdente4 ,dans l'ordre moral1 on y remarque surtout l'heureuse tendance de l'cole cossaise1 d'aprs l'indpendance spculative plus prononce que lui procuraient la fois son tat d'opposition presbytrienne au sein de l'organisme anglican1 et son dfaut mme de principes propres au milieu des vaines controverses sur l'exclusive apprciation des conditions extrieures ou intrieures de l'essor mental4 ,car cette cole1 dont toute la valeur tait due l'minent mrite des penseurs qui s'y trouvaient alors rapprochs sans aucune liaison vraiment systmatique1 put1 cette poque1 utilement tenter de rectifier les graves aberrations critiques de l'cole franaise1 quoique son inconsistance caractristique ne pt aucunement lui permettre d'en arrter le cours invitable1 qui n'a pu tre vraiment contenu1 comme je l'ai montr au quarante-cinquime chapitre1 que par l'avnement ultrieur de la saine physiologie crbrale4 ,sous l'aspect purement mental1 l'un des principaux membres de cette illustre association1 le judicieux ,hume1 par une laboration plus originale sur la thorie de la causalit1 entreprend avec hardiesse1 mais avec les inconvniens insparables de la scission gnrale entre la science et la philosophie1 d'baucher directement le vrai caractre des conceptions positives4 ,malgr toutes ses graves imperfections1 ce travail constitue1 mon gr1 le seul pas capital qu'ait fait l'esprit humain vers la juste apprciation directe de la nature purement relative propre la saine philosophie1 depuis la grande controverse entre les ralistes et les nominalistes1 o j'ai ci-dessus indiqu le premier germe historique de cette dtermination fondamentale4 ,on doit aussi noter1 cet gard1 le concours spontan des ingnieux aperus de son immortel ami ,adam ,smith sur l'histoire gnrale des sciences1 et surtout de l'astronomie1 o il s'approche peut-tre encore davantage du vrai sentiment de la positivit rationnelle2 je me plais consigner ici l'expression de ma reconnaissance spciale pour ces deux minens penseurs1 dont l'influence fut trs utile ma premire ducation philosophique1 avant que j'eusse dcouvert la grande loi qui en a ncessairement dirig tout le cours ultrieur4 ,quant la prparation graduelle de la saine philosophie politique1 bauche1 sous la seconde phase1 par ,hobbes et par ,bossuet1 comme je viens de l'expliquer1 on doit d'abord remarquer l'heureuse amlioration qui commence1 au sicle dernier1 s'introduire partout dans les compositions historiques1 o la marche fondamentale du dveloppement social devient de plus en plus le but spontan des plus clbres productions2 autant du moins que peut le permettre l'absence irrparable de toute thorie d'volution1 dont l'usage lvera ncessairement la dignit scientifique des travaux rests jusqu'ici essentiellement littraires1 malgr ces utiles modifications1 o l'cole cossaise s'est tant distingue4 ,il serait injuste d'oublier1 ce sujet1 l'laboration bien plus modeste1 mais encore plus indispensable1 des utiles et ingnieux rudits qui1 sous la seconde phase1 et surtout sous la troisime1 dvourent leur infatigable activit l'claircissement partiel des principaux points de l'histoire antrieure1 dans tant d'intressans mmoires de notre ancienne ,acadmie des inscriptions1 dans l'importante collection du judicieux ,muratori1 etc4 ,trop ddaigns aujourd'hui de nos savans1 dont la marche spciale est1 toutefois1 en beaucoup d'occasions1 encore moins rationnelle1 ces estimables travaux figurent1 mes yeux1 pour la prparation de la sociologie positive1 comme les accumulations analogues de matriaux provisoires1 sous la premire phase1 et mme sous la seconde1 pour la formation ultrieure de la chimie et de la biologie3 c'est uniquement grce aux lumineuses indications1 directes ou indirectes1 qui en sont naturellement drives1 que la sociologie peut maintenant commencer sortir enfin de cet tat prliminaire1 o toutes les autres sciences avaient dj pass1 et s'lever convenablement la positivit systmatique que je m'efforce de lui imprimer ici4 ,malgr l'incontestable utilit de ces diverses amliorations1 la seule conception capitale qu'on doive regarder comme rellement propre cette troisime phase consiste dans la grande notion du progrs humain1 qui1 sous l'ascendant mme de l'laboration ngative1 prpare directement le principe d'une vraie rorganisation mentale1 comme je l'ai expliqu au quarante-septime et au quarante-huitime chapitre4 ,son premier germe devait spontanment ressortir1 mme ds la seconde phase1 de l'ensemble de l'volution scientifique1 qui1 plus clairement qu'aucune autre1 suggre l'ide d'une vraie progression1 dont les termes se succdent par une irrcusable filiation ncessaire4 ,aussi1 avant la fin de cette phase1 ,pascal avait-il rellement formul1 le premier1 la conception philosophique du progrs humain1 sous la secrte impulsion naturelle de l'histoire gnrale des sciences mathmatiques4 ,toutefois1 cette heureuse innovation ne pouvait aucunement fructifier tant que sa vrification effective restait borne une seule volution partielle1 quelle qu'en ft de plus en plus l'extrme importance3 puisqu'il faut au moins deux cas pour s'lever1 par leur rapprochement1 une gnralisation durable1 mme envers les plus simples sujets de nos spculations quelconques2 et1 en outre1 un troisime cas devient toujours indispensable pour confirmer la comparaison primitive4 ,la premire de ces deux conditions logiques tait1 la vrit1 facilement remplie d'aprs l'vidente conformit de la progression industrielle avec la progression scientifique2 mais il restait satisfaire l'autre condition1 en vrifiant une telle convergence par une convenable apprciation de la troisime volution lmentaire4 ,car1 suivant une trange concidence1 l'volution morale et politique1 qui prsentait1 au fond1 la plus irrsistible confirmation1 et qui1 en effet1 au moyen-ge1 avait inspir au catholicisme l'bauche imparfaite de cette notion fondamentale1 ne pouvait plus tre employe alors une semblable dmonstration1 d'aprs l'invitable ascendant provisoire du mouvement de dcomposition1 qui1 ds le ,x,i,ve sicle1 disposait de plus en plus toutes les classes de la socit europenne concevoir comme une priode de rtrogradation les temps qui1 au contraire1 ont t le plus profondment caractriss par le perfectionnement universel de la sociabilit humaine1 ainsi que je crois l'avoir pleinement tabli dsormais4 ,on comprend ds lors quelle devait tre1 au dbut de la troisime phase1 l'importance vraiment dcisive de la grande controverse1 si heureusement agrandie et rationalise la fois par l'minent ,fontenelle et le judicieux ,perrault1 l'occasion de l'aveugle obstination de certains classiques franais mconnatre le mrite gnral de la moderne volution esthtique compare l'ancienne4 ,l'apprciation extrmement dlicate d'une telle comparaison1 suivant nos explications antrieures1 provoquait ncessairement une discussion trs approfondie1 o tendaient successivement s'introduire tous les principaux aspects sociaux1 malgr les efforts continus de ,boileau et de ses cooprateurs pour restreindre une contestation philosophique dont ils se sentaient radicalement incapables de soutenir dignement l'extension invitable4 ,d'aprs la sage direction que ,fontenelle1 appuy surtout sur l'volution scientifique1 sut habilement imprimer l'ensemble de cette minente controverse1 quoique le sujet primitif du dbat restt envelopp d'un doute gnral qui subsiste encore essentiellement1 la notion du progrs humain1 spontanment seconde par l'instinct universel de la civilisation moderne1 s'tablit alors d'une manire aussi systmatique que pouvait le comporter la grande anomalie apparente relative au moyen-ge4 ,cette prtendue exception la loi du progrs n'a pas cess de se faire sentir jusqu' prsent1 malgr d'insuffisantes rectifications partielles2 et j'ose dire qu'elle ne pouvait tre convenablement rsolue que par la thorie fondamentale d'volution1 la fois intellectuelle et sociale1 tablie1 pour la premire fois1 dans cet ouvrage4 ,nanmoins1 il serait injuste de ne point signaler spcialement1 ce sujet1 l'heureuse influence indirectement mane1 pendant la seconde moiti de la phase que nous achevons d'apprcier1 du dveloppement spontan de la doctrine critique et transitoire qu'on a si improprement qualifie d'conomie politique4 ,en effet1 cette laboration provisoire1 en fixant enfin l'attention gnrale sur la vie industrielle des socits modernes1 quoique avec tous les graves inconvniens philosophiques inhrens la nature vague et absolue de toute conception mtaphysique1 comme je l'ai indiqu au quarante-septime chapitre1 tendit baucher l'apprciation historique de la vraie diffrence temporelle entre notre civilisation et celle des anciens2 ce qui devait ultrieurement conduire se former une juste ide politique de la sociabilit intermdiaire1 dont la nature propre n'aurait pu tre autrement aperue1 suivant l'universelle obligation logique de ne juger aucun tat moyen que d'aprs les deux extrmes qu'il doit runir4 ,c'est1 sans doute1 sous l'influence d'une telle prparation mentale que l'illustre conomiste ,turgot fut amen1 vers la fin de cette troisime phase1 construire directement sa clbre thorie de la perfectibilit indfinie1 qui1 malgr son caractre essentiellement mtaphysique1 servit ensuite de base au grand projet historique conu par ,condorcet1 sous l'indispensable inspiration de l'branlement rvolutionnaire1 selon les explications spciales du quarante-septime chapitre1 naturellement compltes au chapitre qui va suivre4 ,j'ai d'ailleurs suffisamment apprci d'avance1 dans cette mme quarante-septime leon1 avec toute l'importance spciale que mritait une telle exception1 la tentative minemment prmature du grand ,montesquieu pour concevoir enfin directement les phnomnes sociaux comme aussi assujettis que tous les autres d'invariables lois naturelles3 on a d remarquer alors que l'invitable avortement d'une conception trop suprieure l'ensemble de la phase correspondante n'a permis cette mmorable laboration d'autre influence relle que celle relative1 non l'admirable instinct qui l'avait inspire1 mais aux graves aberrations1 thoriques ou pratiques1 qui en accompagnrent le cours1 surtout quant l'action politique des climats1 et l'irrationnelle admiration de la constitution transitoire propre l',angleterre4 ,aprs avoir ainsi totalement apprci la moderne volution philosophique1 depuis son origine au moyen-ge jusqu'au dbut de la grande crise franaise1 terme naturel de notre analyse actuelle1 il est impossible de n'y pas remarquer1 encore plus clairement qu'envers nos trois autres volutions partielles1 que son ensemble1 confusment compos d'une foule de spcieux dbris mls quelques matriaux trs prcieux mais trs rares et surtout fort incohrens1 constitue seulement une simple laboration prliminaire1 qui ne peut trouver d'issue que dans une bauche directe de la rgnration humaine4 ,quoique cette conclusion finale du prsent chapitre soit dj rsulte sparment de chacune des progressions lmentaires propres la sociabilit moderne1 son importance vraiment fondamentale m'oblige terminer ce grand travail en la faisant sommairement ressortir de leur rapprochement gnral1 par l'indication des lacunes caractristiques qui leur sont communes1 et dont j'avais d pralablement carter la considration explicite1 afin de ne pas troubler l'examen historique de chaque mouvement principal4 ,des volutions purement partielles1 essentiellement indpendantes les unes des autres1 malgr leur secrte connexit naturelle1 longtemps accomplies sous la seule impulsion ncessaire des influences spontanment manes de l'ensemble d'une situation sociale gnralement mconnue1 sans aucun sentiment rationnel de leur marche et de leur destination1 devaient exiger1 comme nous l'avons pleinement reconnu pour chacune d'elles1 l'indispensable ascendant d'un instinct continu de spcialit plus ou moins exclusive1 tendant faire dominer de plus en plus l'esprit de dtail sur l'esprit d'ensemble1 suivant l'apprciation brivement indique au titre mme de ce chapitre4 ,ce dveloppement isol et empirique de chacun des nouveaux lmens sociaux tait videmment le seul possible en un temps o toutes les vues systmatiques se rapportaient uniquement au rgime qui devait s'teindre2 en mme temps que cette nergique individualit pouvait seule permettre aux forces nouvelles de manifester suffisamment leur caractre et leur tendance4 ,mais une telle marche1 quoique tant la fois invitable et indispensable1 n'en doit pas moins tre maintenant reconnue comme la principale source ncessaire des dispositions anti-sociales propres ces diverses progressions prliminaires1 dont le cours simultan ne nous a prsent que l'essor graduel d'lments susceptibles de combinaisons ultrieures1 sans tre encore nullement parvenus une association relle4 ,cet empirisme dispersif1 qui devenait sans objet quand l'volution prparatoire tait suffisamment accomplie1 a d1 au contraire1 naturellement obtenir ds-lors1 d'aprs son activit continue1 une prpondrance plus prononce1 qui constitue vritablement aujourd'hui le plus puissant obstacle une rgnration finale1 o l'esprit d'ensemble doit1 son tour1 directement prvaloir4 ,bien loin de reconnatre cette nouvelle ncessit fondamentale1 les volutions partielles s'obstinent maintenir leur marche antrieure2 et la vaine mtaphysique1 qui dirige encore les spculations gnrales1 consacre dogmatiquement ces diverses aberrations spontanes1 en s'efforant d'tablir ce dsastreux principe que ni l'industrie1 ni l'art1 ni la science1 ni mme la philosophie1 n'exigent et ne comportent1 dans la sociabilit moderne1 aucune vritable organisation systmatique3 en sorte que leur cours respectif doit tre livr1 encore plus qu'auparavant1 la seule impulsion des instincts spciaux4 ,or1 rien ne peut mieux caractriser ici le vice fondamental de cette pernicieuse conception que de complter sommairement l'apprciation historique que nous venons d'tablir1 en montrant directement chacune de nos quatre progressions lmentaires comme ayant d tendre de plus en plus s'entraver radicalement par l'exagration croissante de l'empirisme primitif4 ,cette tendance est surtout vidente quant l'volution la plus fondamentale1 celle qui devait vraiment constituer la socit moderne2 et c'est cependant son gard que les subtilits doctorales ont le plus absolument insist1 au sicle dernier aussi bien qu'aujourd'hui1 contre toute organisation quelconque1 dans les diverses doctrines conomiques construites sous l'ascendant mtaphysique de l'laboration ngative4 ,nous avons1 en effet1 d'abord reconnu que la progression industrielle avait t1 partir du ,x,i,ve sicle1 essentiellement concentre dans les villes1 en sorte que l'industrie agricole1 une fois le servage aboli1 n'y avait jamais particip qu'avec une extrme lenteur et un degr fort incomplet4 ,ainsi1 par suite de la spcialit d'essor1 l'lment1 sinon le plus caractristique1 du moins certainement le plus fondamental1 est rest gravement arrir dans l'volution temporelle1 de manire demeurer1 presque partout1 beaucoup plus adhrent que tous les autres l'ancienne organisation1 comme le montre si nettement1 par exemple1 la profonde diversit actuelle entre l'industrie rurale et les industries urbaines1 quant aux relations respectives des entrepreneurs aux capitalistes4 ,nous avons mme not que1 chez les populations o la compression fodale n'avait pas d'abord suffisamment prvalu1 la marche oppose de l'lment industriel dans les villes et dans les campagnes avait souvent provoqu de profondes collisions directes4 ,voil donc un premier aspect capital sous lequel il est vident que l'volution industrielle apprcie dans ce chapitre1 attend ncessairement une action systmatique qui puisse tablir entre ses divers lmens l'homognit convenable leur intime combinaison ultrieure4 ,en second lieu1 et considrant seulement les industries urbaines1 les seules dont l'essor social ait t jusqu'ici suffisant1 on voit aisment que1 par une dplorable consquence universelle de la prpondrance croissante de l'esprit d'individualisme et de spcialit1 le dveloppement moral y est rest fort en arrire du dveloppement matriel2 tandis qu'il semble au contraire qu'en acqurant de nouveaux moyens d'action1 l'homme a plus besoin d'en rgler moralement l'exercice1 afin qu'il ne soit nuisible ni lui ni la socit4 ,la nature absolue et immuable de la morale religieuse l'ayant force1 comme je l'ai indiqu1 de laisser pour ainsi dire en dehors de son empire ce nouvel ordre de relations humaines1 que son organisation initiale n'avait pu suffisamment prvoir1 il a t tacitement abandonn au simple antagonisme spontan des intrts privs1 sauf la vaine intervention accessoire de quelques vagues maximes gnrales1 dont l'ascendant rel devait d'ailleurs rapidement dcrotre1 suivant nos explications antrieures1 par l'invitable dcadence du pouvoir propre en diriger l'application active1 et mme ensuite par l'irrvocable dissolution des croyances ncessairement transitoires qui leur servaient de base mentale4 ,c'est ainsi que la socit industrielle s'est trouve1 chez les modernes1 radicalement dpourvue de toute morale systmatique1 destine une sage rgularisation pratique des divers rapports lmentaires qui en constituent l'existence journalire4 ,dans les innombrables contacts permanens entre les producteurs et les consommateurs1 ou entre les diffrentes classes industrielles1 et surtout entre les entrepreneurs et les ouvriers1 il semble convenu que1 suivant l'instinct primitif de l'esclave mancip1 chacun doit tre uniquement proccup de son intrt personnel1 sans se regarder comme cooprant une vritable fonction publique3 et cette dplorable tendance ressort tellement de l'ensemble de la situation moderne1 que des conomistes1 d'ailleurs estims1 en ont os tenter l'apologie directe1 en s'levant dogmatiquement contre toute systmatisation quelconque de l'enseignement moral4 ,rien ne peut mieux caractriser un tel dsordre que son contraste universel avec l'ordre admirable relatif l'ancienne sociabilit militaire1 o1 sous l'influence prolonge d'une puissante organisation1 tous les rapports taient soumis des rgles invariables1 assignant chacun des devoirs et des droits justement relatifs sa propre participation l'conomie correspondante3 la constitution actuelle des armes offre encore assez de traces de cette antique rgularisation pour faire immdiatement sentir les graves lacunes que prsente1 sous cet aspect1 l'tat spontan de l'association industrielle1 eu gard l'opposition fondamentale des deux sortes d'activit1 suffisamment indique en son lieu4 ,d'aprs une apprciation plus spciale1 et non moins dcisive1 il est ais de reconnatre que l'aveugle empirisme sous lequel s'est jusqu'ici essentiellement accomplie l'volution industrielle1 y a graduellement suscit des difficults intrieures qui tendent directement entraver son dveloppement futur par une sorte de cercle profondment vicieux1 dont la seule issue possible se trouve dans une systmatisation convenable du mouvement industriel1 laquelle est1 son tour1 insparable d'une laboration directe de la rorganisation gnrale4 ,nous avons1 en effet1 remarqu1 comme un caractre essentiel de l'industrie moderne1 sa tendance croissante utiliser autant que possible les forces extrieures1 en chargeant chaque agent1 mme inorganique1 de la plus haute laboration que sa nature puisse comporter1 et rservant de plus en plus l'homme l'action1 principalement intellectuelle1 convenable son organisation suprieure4 ,cette disposition ncessaire1 dj sensible au moyen-ge1 la suite de l'mancipation personnelle1 s'est continuellement accrue pendant les deux premires phases modernes1 et nous l'avons vue parvenir un irrvocable ascendant vers le milieu de la troisime phase1 par l'emploi tendu des machines4 ,tel est assurment l'aspect le plus philosophique de l'industrie1 conue comme destine1 sous les inspirations de la science1 dvelopper l'action rationnelle de l'humanit sur le monde extrieur3 ce qui aboutit1 d'une autre part1 lever graduellement la condition et mme le caractre de l'homme1 jusque chez les moindres classes1 en y consacrant l'intervention humaine la seule administration judicieuse des forces matrielles1 toujours empruntes1 autant que possible1 au milieu mme o cette action doit s'accomplir4 ,mais1 quelle que doive tre l'heureuse influence ultrieure de cette grande transformation1 quand elle deviendra convenablement dveloppable1 elle a spontanment manifest une immense difficult intrieure1 tenant la spcialit d'volution1 et dont le dnouement doit de plus en plus devenir indispensable la libre extension du mouvement industriel4 ,car1 il n'est pas douteux1 malgr les froides subtilits de nos conomistes1 que cette aveugle extension empirique de l'emploi des agens mcaniques est immdiatement contraire1 en beaucoup de cas1 aux plus lgitimes intrts de la classe la plus nombreuse1 dont les justes rclamations tendent ncessairement susciter des collisions de plus en plus graves1 tant que les relations industrielles sont abandonnes un simple antagonisme physique1 par l'absence de toute systmatisation rationnelle4 ,pour comprendre suffisamment toute la profondeur d'une telle entrave1 il faut ajouter que cette influence n'appartient pas seulement1 comme on le croit d'ordinaire1 l'emploi des machines1 mais qu'elle s'tend1 en gnral1 tout perfectionnement quelconque des procds industriels2 de quelque manire qu'il puisse tre ralis1 il en rsulte effectivement toujours une diminution correspondante dans le nombre des individus occups1 et par suite une perturbation plus ou moins grave et plus ou moins durable dans l'existence des populations ouvrires4 ,ainsi1 par suite de la spcialisation drgle qui devait jusqu'ici prsider la marche de l'industrie moderne1 son propre essor dtermine un obstacle permanent1 qui ne peut tre suffisamment neutralis que sous l'influence d'une systmatisation judicieuse1 destine prvenir ou rparer tous les maux qui en sont susceptibles1 ou mme modrer les embarras insurmontables par une sage prvoyance et une rsignation rationnelle4 ,ces trois ordres de considrations sur les graves lacunes de l'volution industrielle apprcie dans ce chapitre1 viennent converger spontanment vers une douloureuse observation finale1 dont la justesse est1 ce me semble1 irrcusable1 sur la disproportion notable entre ce dveloppement spcial et l'amlioration correspondante de la condition humaine chez la majeure partie des populations modernes1 surtout urbaines4 ,un loyal et judicieux historien anglais1 ,m4 ,hallam1 a convenablement tabli1 de nos jours1 que le salaire des ouvriers actuels est sensiblement infrieur1 eu gard au prix des denres les plus indispensables1 celui de leurs prdcesseurs au ,x,i,ve et au ,x,ve sicle3 beaucoup d'influences incontestables1 comme l'extension ultrieure d'un luxe immodr1 l'emploi croissant des machines1 la condensation progressive des ouvriers1 etc41 expliquent aisment ce triste rsultat4 ,ainsi1 pendant que d'ingnieux progrs procuraient aux plus pauvres artisans modernes des commodits inconnues leurs anctres1 ceux-ci avaient probablement obtenu1 sous la premire phase1 et mme sous la seconde1 une plus complte satisfaction des premiers besoins physiques4 ,en outre1 le rapprochement plus fraternel des entrepreneurs et des travailleurs1 tant que la prpondrance des anciennes classes avait contenu suffisamment l'ambitieuse tendance des premiers substituer leur domination bourgeoise celle des chefs fodaux1 procurait aussi aux populations ouvrires une meilleure existence morale1 o leur droits et leurs devoirs devaient tre moins mconnus que sous l'ascendant ultrieur du dplorable gosme suscit par l'extension croissante d'un empirisme dispersif4 ,plus on approfondira ce grand sujet de mditations politiques1 mieux on sentira1 en gnral1 que les intrts propres des classes infrieures concourent spontanment aujourd'hui avec les ncessits fondamentales qu'une saine analyse historique dvoile irrcusablement dans l'volution prparatoire des socits modernes3 en sorte que le vu spculatif d'une rorganisation systmatique1 loin de constituer une vaine utopie philosophique1 suivant l'aveugle ddain de presque tous les hommes d'tat1 tend1 au contraire1 s'appuyer ncessairement sur un puissant instinct populaire1 qui n'a plus besoin1 pour tre convenablement cout1 que de trouver enfin des organes suffisamment rationnels4 ,il est donc certain dsormais1 sous tous les aspects principaux1 que l'volution sociale de l'industrie moderne n'a pu tre jusqu'ici que simplement prparatoire3 elle a introduit de prcieux lmens pour un ordre rel et stable1 mais sans pouvoir aucunement dispenser de l'laboration directe d'une rorganisation ultrieure1 imprieusement exige par de graves lacunes destructives1 tendant arrter le mouvement antrieur1 et tenant l'esprit de spcialit dispersive sous lequel cette prparation avait d s'accomplir depuis le ,x,i,ve sicle4 ,comme ce cas est le plus important1 et aussi le plus contest1 je devais y insister ici de manire rectifier suffisamment les opinions dominantes1 afin de mieux caractriser l'ensemble de mon apprciation historique4 ,mais il serait totalement superflu d'tendre le mme travail aux trois parties essentielles de l'volution spirituelle1 o les suites funestes de la spcialisation drgle doivent tre aujourd'hui naturellement videntes tout lecteur vraiment lev au point de vue de ce ,trait4 ,dans l'ordre esthtique1 il est clair que l'art1 radicalement dpourvu de toute direction gnrale et de toute destination sociale1 priv mme dsormais1 comme je l'ai montr1 du rgime factice qui a dirig son activit sous la seconde phase1 et enfin fatigu d'une vaine reproduction de sa fonction critique sous la phase suivante1 attend avec impatience une impulsion organique susceptible la fois de rgnrer sa propre vitalit et de dployer ses minens attributs sociaux3 jusque alors rduit une strile agitation1 son essor vague et incohrent n'a d'autre rsultat permanent que d'empcher l'atrophie et l'oubli de facults indispensables l'humanit4 ,quant la philosophie proprement dite1 la nullit radicale o elle est tombe1 sous la troisime phase1 par une suite ncessaire de son irrationnel isolement1 n'a certes besoin d'aucune nouvelle explication3 une activit mentale qui1 par sa nature1 ne saurait avoir d'autre destination que de dvelopper rgulirement l'esprit d'ensemble1 se dgrade irrvocablement en se rduisant une spcialit isole1 quelque important qu'en paraisse l'objet1 et surtout quand il est spontanment insparable du systme entier des connaissances relles4 ,enfin1 relativement la science1 d'o seule peut cependant sortir le premier principe d'une vraie rgnration1 d'abord mentale1 puis sociale1 j'ai particulirement tabli1 dans les trois premiers volumes de cet ouvrage1 combien lui est devenu funeste1 pour chaque branche fondamentale de la philosophie naturelle1 le rgime purement spcial longtemps indispensable son essor caractristique1 mais dont nous avons reconnu ci-dessus le terme ncessaire4 ,cette dsastreuse influence1 sur laquelle je devrai naturellement revenir au chapitre suivant1 a d mme se faire d'autant plus sentir1 en gnral1 qu'elle s'appliquait une science plus avance1 et surtout dans la philosophie inorganique1 o la nature du sujet permet une spcialisation beaucoup plus dispersive4 ,il suffit1 par exemple1 de rappeler cet gard les remarques du tome deuxime quant aux fluides fantastiques de la physique actuelle1 qui n'y sont certainement maintenus1 au grand dtriment de la science1 depuis que leur fonction transitoire est suffisamment accomplie1 que d'aprs la vicieuse ducation des savans1 presque aussi dpourvus que les artistes de toute direction vraiment philosophique1 dont la seule pense rpugne leur irrationnel instinct exclusif4 ,nous avons mme reconnu que la plus parfaite des sciences naturelles proprement dites n'est pas1 beaucoup prs1 exempte de la dplorable influence mentale caractristique d'un tel isolement1 qui1 y laissant spontanment dominer encore l'ancien esprit mtaphysique1 y maintient1 un certain degr1 une vaine tendance aux notions absolues1 dont j'ai spcialement signal le danger scientifique au sujet de ce qu'on appelle l'astronomie sidrale4 ,la science mathmatique1 d'aprs son indpendance plus profonde1 comportant une dispersion plus complte1 nous a plus gravement manifest les vices actuels de ce rgime purement provisoire1 qui1 par sa vicieuse prolongation1 y a laiss tant de traces sensibles de l'tat mtaphysique antrieur4 ,il suffit ici d'indiquer1 ce sujet1 la mmorable aberration que la seconde phase a transmise la troisime sur la prtendue thorie des probabilits1 qui1 dans son ensemble1 sauf les travaux analytiques dont elle a pu tre l'occasion1 ne constitue rellement qu'un dplorable abus de l'esprit mathmatique1 tenant l'irrationnel isolement scientifique des gomtres modernes1 qui les empche de sentir la profonde absurdit d'une conception directement contraire au principe de l'invariabilit des lois naturelles1 premire base ncessaire de toute la philosophie positive4 ,quoique tous ces divers inconvniens ne fussent point encore pleinement dvelopps au temps o s'arrte l'apprciation historique du chapitre actuel1 ils y taient cependant imminens1 comme je l'ai expliqu par l'indication mme des motifs indirects et passagers qui en ont spontanment contenu l'essor la fin de la troisime phase4 ,il tait donc convenable de les rappeler ici sommairement1 afin d'tablir nettement1 envers l'volution scientifique comme pour toutes les autres1 que le rgime de spcialit sous lequel a d s'accomplir son dveloppement prparatoire est devenu dsormais impropre diriger convenablement son essor dfinitif1 et tend mme directement entraver ses progrs spculatifs aussi bien que son influence sociale3 c'est d'ailleurs au chapitre suivant qu'appartient l'apprciation directe des principaux dangers1 intellectuels ou politiques1 raliss aujourd'hui par le dveloppement effectif d'une telle anarchie philosophique4 ,nous devons1 en outre1 noter ici1 comme une remarque relative la troisime phase1 que1 suivant nos explications antrieures1 la prparation scientifique n'y tait pas mme1 beaucoup prs1 suffisamment complte1 puisqu'elle n'avait pu encore faire convenablement surgir la science biologique1 plus ncessaire qu'aucune autre l'action sociale de la philosophie positive3 la leon suivante indiquera naturellement la grave influence de cette lacune fondamentale1 qui a ncessairement prolong la pernicieuse domination de la philosophie mtaphysique4 ,tel est donc le rsultat gnral de l'indispensable laboration historique propre ce long chapitre3 dans toute l'tendue de la grande rpublique europenne1 l'heureux essor prliminaire des nouveaux lmens sociaux constitue1 depuis le moyen ge1 un mouvement universel de recomposition partielle1 destin concourir avec le mouvement simultan de dcomposition politique1 tudi au chapitre prcdent1 afin de faire sortir1 de leur invitable combinaison1 la rgnration finale de l'humanit2 mais1 en mme temps1 la spcialit dispersive qui devait caractriser ces diverses progressions positives a naturellement tendu empcher1 chez les classes ascendantes1 tout dveloppement de l'esprit d'ensemble1 pendant que la progression ngative l'touffait aussi de plus en plus chez les pouvoirs en dcadence4 ,c'est ainsi que1 l'avnement ncessaire de la grande crise prpare par cette double srie de progrs1 aucune vue gnrale du pass1 et par suite aucune saine apprciation de l'avenir n'ont pu tendre nulle part clairer suffisamment une situation profondment confuse1 qui1 aprs un demi-sicle d'orageux ttonnemens1 flotte encore1 presque autant qu'au dbut1 entre une invincible aversion du systme ancien et une vague impulsion vers une rorganisation indtermine1 comme l'tablira la leon suivante1 o nous reconnatrons enfin l'aptitude spontane de la nouvelle philosophie politique imprimer cet immense branlement la direction systmatique qui peut seule permettre la fois d'en contenir les imminens dangers et d'en raliser les admirables proprits4 ,,cinquante-,,septi,,me ,,le,,on4 ,apprciation gnrale de la portion dj accomplie de la rvolution franaise ou europenne4--,dtermination rationnelle de la tendance finale des socits modernes1 d'aprs l'ensemble du pass humain3 tat pleinement positif1 ou ge de la gnralit1 caractris par une nouvelle prpondrance normale de l'esprit d'ensemble sur l'esprit de dtail4 ,le concours fondamental des deux chapitres prcdens fait spontanment reconnatre que les deux mouvemens simultans de dcomposition politique et de recomposition sociale1 dont la convergence ncessaire devait1 depuis le ,x,i,ve sicle1 toujours caractriser les socits modernes1 ne pouvaient1 malgr leur intime solidarit1 s'accomplir avec la mme rapidit3 en sorte que1 vers la fin de notre troisime phase1 la progression ngative se trouvait dj assez avance pour mettre en vidence l'imminent besoin de la rorganisation finale1 quand l'imperfection de la progression positive empchait encore de concevoir suffisamment la vraie nature d'une telle rgnration4 ,cette invitable disparit constitue rellement la principale cause de la vicieuse direction suivie jusqu' prsent par l'immense crise rvolutionnaire o devait alors aboutir ce double mouvement universel1 et dans laquelle l'esprit critique dut ainsi conserver provisoirement un ascendant incompatible avec la destination essentiellement organique de la nouvelle laboration europenne4 ,mais1 malgr les graves dangers inhrens une telle discordance radicale entre le principe et le but1 l'influence1 mme intellectuelle1 et surtout sociale1 de cet branlement vraiment fondamental n'tait pas moins d'abord aussi pleinement indispensable que sa ncessit dut tre insurmontable1 quoiqu'il n'ait pu manifester encore convenablement le vrai caractre qui doit lui appartenir dans l'ensemble de l'volution moderne4 ,sans cette salutaire explosion1 dvoilant enfin tous les yeux la dcomposition chronique d'o elle rsultait1 l'impuissante caducit du rgime ancien serait reste profondment dissimule1 de manire entraver radicalement la marche politique de l'lite de l'humanit1 en cartant toute ide d'une vritable rorganisation1 qui et continu sembler vulgairement aussi superflue qu'impossible2 tant notre faible intelligence est communment dispose se contenter des moindres apparences organiques1 pour se dispenser des grands efforts qu'exige toujours la conception d'un ordre nouveau4 ,en mme temps1 l'essor progressif des modernes lmens sociaux serait demeur essentiellement inapprciable sous la vaine prpondrance des antiques pouvoirs2 et l'esprit d'ensemble1 qui seul manque encore leur ascension finale1 n'y aurait jamais pu devenir autrement dveloppable4 ,cette crise dcisive tait donc indispensable pour signaler convenablement tous les peuples avancs l'avnement direct de la rgnration finale graduellement prpare par le grand mouvement universel des cinq sicles antrieurs3 il fallait mme qu'une exprience solennelle vnt aussi faire immdiatement ressortir l'impuissance organique des principes critiques qui avaient prsid la dcomposition du systme ancien1 pour constater suffisamment l'insurmontable ncessit d'une nouvelle laboration de la philosophie politique4 ,quoique1 d'aprs l'ensemble de notre apprciation historique1 cette situation fondamentale ft essentiellement commune toutes les diverses parties de la grande rpublique europenne1 les deux leons prcdentes nous ont cependant montr entre elles une ingalit trs-prononce1 soit quant la dcadence plus ou moins profonde du rgime antique1 soit relativement la prparation plus ou moins complte de l'ordre nouveau4 ,sous l'un et l'autre aspect1 nous avons pleinement reconnu que les principales diffrences avaient d dpendre de la direction gnrale que les influences nationales avaient spontanment imprime la mmorable concentration temporelle propre aux deux dernires phases de l'volution moderne1 suivant qu'elle y avait abouti la dictature monarchique1 ordinairement seconde par l'esprit catholique1 ou la dictature aristocratique1 presque toujours combine avec l'ascendant du protestantisme4 ,quels que soient1 divers gards1 les irrcusables avantages particuliers ce dernier mode1 j'ai suffisamment tabli que le premier avait d tre finalement beaucoup plus favorable soit l'irrvocable extinction de l'ordre ancien1 soit l'essor dcisif des nouveaux lmens sociaux4 ,enfin1 la comparaison graduelle des principaux cas relatifs au mode normal1 nous a naturellement dmontr la supriorit gnrale de l'volution franaise1 videmment devenue1 sous la dernire phase1 le centre dfinitif du mouvement universel1 aussi bien positif que ngatif4 ,l'asservissement de l'aristocratie avait1 de toute ncessit1 bien plus radicalement dtruit1 en ,france1 l'ancien systme politique1 que n'avait pu le faire1 en ,angleterre1 l'abaissement de la royaut3 en mme temps1 le passage direct de la situation pleinement catholique l'entire mancipation mentale avait d devenir minemment favorable l'essor dcisif des intelligences franaises1 ainsi heureusement prserves de la dangereuse inertie que la transition protestante avait d imprimer aux esprits anglais4 ,quoique l'activit industrielle et t1 sans doute1 moins dveloppe dj en ,france qu'en ,angleterre1 l'influence sociale du nouvel lment temporel y tait cependant plus nette et mme plus grande1 en tant que beaucoup mieux dgage de la prpondrance aristocratique4 ,dans l'ordre spirituel1 le dveloppement esthtique de la nation franaise1 malgr son incontestable infriorit envers celui de la population italienne1 tait certainement plus avanc1 quant la plupart des arts1 qu'il ne pouvait l'tre en ,angleterre2 cette supriorit tait aussi1 en gnral1 plus irrcusable encore relativement l'essor scientifique et son universelle propagation1 quelque imparfaite qu'elle soit jusqu'ici2 et1 enfin1 il est surtout sensible que l'esprit philosophique proprement dit tait ds lors bien plus dgag en ,france que partout ailleurs de l'ancien rgime thologico-mtaphysique1 et beaucoup plus rapproch d'une vraie positivit rationnelle1 exempte la fois de l'empirisme anglais et du mysticisme allemand4 ,ainsi1 la double base d'apprciation comparative1 galement positive et ngative1 que nous a spontanment prpare l'tude approfondie de l'ensemble de l'volution moderne1 explique directement1 de la manire la plus irrcusable1 la haute initiative videmment rserve la ,france dans la grande crise finale de la socit occidentale3 en sorte qu'une telle dmonstration historique ne sera1 j'espre1 jamais souponne d'aucune irrationnelle influence des vaines inspirations nationales dont je crois m'tre montr suffisamment affranchi2 le concours naturel des deux progressions gnrales constitue surtout1 cet gard1 une puissance logique vraiment irrsistible4 ,mais1 s'il importe beaucoup de reconnatre convenablement cette priorit ncessaire1 il est encore plus indispensable de n'en point exagrer vicieusement la notion gnrale jusqu' regarder un tel mouvement comme particulier la nation franaise1 qui au contraire n'a pu certainement y manifester qu'une simple antriorit spontane1 essentiellement analogue celle que l',italie1 l',espagne1 l',allemagne1 la ,hollande1 et l',angleterre avaient tour tour prsente aux poques antrieures du dveloppement europen4 ,c'est ce qui rsulte ncessairement1 comme le cours naturel des vnemens l'a si bien confirm1 de l'identit politique fondamentale propre aux diverses parties de la grande rpublique occidentale1 qui1 depuis sa constitution directe sous ,charlemagne1 intgralement assujettie au rgime catholique et fodal1 en a uniformment subi les principales consquences ultrieures1 soit quant la dissolution graduelle du systme thologique et militaire1 soit pour l'laboration progressive des nouveaux lmens sociaux1 suivant les explications des deux chapitres prcdens4 ,du reste1 la profonde sympathie que trouva chez toutes ces populations le dbut de la rvolution franaise1 et que n'ont pu mme dtruire les graves aberrations ultrieures1 et seule suffisamment constat l'universalit ncessaire d'un tel mouvement1 o la ,france avait si bien senti1 ds l'origine1 qu'elle ne pouvait avoir d'autre privilge que le prilleux honneur de l'indispensable initiative qui lui tait videmment rserve par l'ensemble des antcdents europens4 ,il est d'ailleurs certain que les conditions intellectuelles et politiques qui dterminaient surtout une telle initiative1 se trouvaient1 en gnral1 spontanment secondes par les dispositions morales propres la nation franaise1 soit d'aprs la noble mulation qui1 depuis les croisades1 l'avait si souvent pousse se rendre l'organe dsintress des principaux besoins communs la grande association europenne1 soit en vertu des sentimens habituels de sociabilit universelle dont l'attrait continu inspirait naturellement toutes les populations civilises une confiance involontaire1 et faisait partout regarder avec prdilection le sjour de la ,france1 chez tous ceux qui n'taient point exclusivement livrs l'activit pratique4 ,ce grand branlement1 qu'indiquait si clairement la vraie situation gnrale1 et dont le pressentiment plus ou moins distinct n'avait point1 en effet1 chapp1 depuis un sicle1 la pntration des principaux penseurs1 avait t spcialement annonc1 vers la fin de la troisime phase moderne1 d'aprs trois vnemens de diverse nature et d'ingale importance1 mais1 cet gard1 pareillement expressifs4 ,le premier et le plus dcisif fut assurment la mmorable abolition des jsuites1 commence l mme o la politique rtrograde organise sous leur influence avait d tre le plus profondment enracine1 et complte par la sanction solennelle du pouvoir mme qu'une telle politique tendait rtablir dans son antique suprmatie europenne4 ,rien ne pouvait1 sans doute1 mieux caractriser l'irrvocable caducit de l'ancien systme social que cette aveugle destruction de la seule puissance susceptible d'en retarder1 un certain degr1 l'imminent dclin4 ,un tel vnement1 le plus capital1 tous gards1 qui ft survenu1 en occident1 depuis le protestantisme1 tait d'autant moins quivoque qu'il s'accomplissait ainsi sans aucune participation directe de la philosophie ngative1 qui1 avec une apparente indiffrence1 se bornait y contempler le jeu spontan des mmes animosits intrieures d'o tait partout rsulte1 sous la premire phase1 la dcomposition politique du catholicisme1 soit d'aprs l'ombrageux instinct des rois contre toute indpendance sacerdotale1 soit par suite de l'incurable rpugnance des divers clergs nationaux envers toute direction vraiment centrale4 ,le systme de rsistance rtrograde1 si pniblement labor sous la seconde phase1 se montra ds lors tellement ruin que ses plus indispensables conditions avaient cess d'tre suffisamment comprises des principaux pouvoirs destins y cooprer1 et qui1 sous l'aveugle impulsion de frivoles jalousies intestines1 se laissaient entraner briser eux-mmes le lien le plus essentiel de leur commune opposition l'mancipation universelle4 ,quant au second symptme prcurseur1 il rsulta1 peu de temps aprs le premier1 du grand essai de rformation si vainement tent sous le clbre ministre de ,turgot1 dont l'invitable avortement vint faire unanimement ressortir1 soit le besoin d'innovations plus radicales et plus tendues1 soit surtout l'vidente ncessit d'une nergique intervention populaire contre les abus inhrens la politique rtrograde qui dominait depuis le commencement de la troisime phase1 et dont la royaut1 malgr quelques favorables inclinations personnelles1 se reconnaissait par-l impuissante contenir les imminens dangers1 quoique elle-mme les et ainsi solennellement proclams4 ,enfin1 la fameuse rvolution d',amrique vint bientt fournir une occasion capitale de tmoigner spontanment l'universelle disposition des esprits franais un branlement dcisif1 en indiquant mme dj la tendance caractristique le concevoir comme une crise essentiellement commune toute l'humanit civilise4 ,on se forme1 en gnral1 une trs-fausse ide de cette clbre coopration1 o la ,france assurment1 mme sous le rapport moral1 dut apporter beaucoup plus qu'elle ne put recevoir1 surtout en dposant les germes directs d'une pleine mancipation philosophique chez les populations les plus engourdies par le protestantisme4 ,nous retrouverons1 en effet1 ci-dessous la vritable influence politique propre l'insurrection amricaine1 comme premire phase capitale de la destruction ncessaire du systme colonial4 ,mais1 quant son efficacit si vante pour prparer la grande rvolution franaise1 elle dut essentiellement se rduire1 en ralit1 permettre directement la manifestation spontane de l'impulsion dcisive imprime aux populations les plus avances par l'ensemble de l'branlement philosophique du sicle dernier1 ainsi que l'et fait1 sans doute1 dfaut d'une telle occasion1 tout autre vnement majeur4 ,spontanment rsulte de l'irrvocable dcomposition continue du rgime ancien1 cette immense crise se prsente hautement1 ds son dbut1 comme tant surtout destine une rgnration directe1 pour laquelle toute opration purement ngative1 quelque indispensable qu'elle ft1 ne pouvait jamais constituer qu'un simple prambule accessoire4 ,mais1 d'aprs les deux chapitres prcdens1 cette intention profondment organique1 qui se manifeste avec nergie dans les diverses conceptions rvolutionnaires1 n'y pouvait tre aucunement ralise1 faute d'une doctrine convenable1 susceptible de diriger sagement ces vux indtermins4 ,l'invitable absence de tout caractre vraiment politique dans les diverses volutions partielles et empiriques relatives au dveloppement spontan des nouveaux lmens sociaux1 ne pouvait d'abord nullement permettre1 comme nous l'avons reconnu1 la juste apprciation gnrale de l'ordre final vers lequel tendait instinctivement leur convergence ncessaire1 et dont la nature reste encore aujourd'hui si confusment souponne4 ,par une suite irrsistible de cette lacune fondamentale1 la mtaphysique ngative qui1 depuis cinq sicles1 avait graduellement prsid au mouvement de dcomposition pralable1 et dont l'entire systmatisation venait enfin de dterminer l'explosion dcisive1 constituait donc videmment la seule doctrine qui dt alors sembler applicable la rorganisation universelle1 quoique son propre esprit ft rellement contradictoire cette nouvelle destination4 ,c'est ainsi que toutes les intelligences actives furent d'abord ncessairement entranes dvelopper plus que jamais l'ascendant des principes purement critiques1 en les convertissant en une sorte de conceptions organiques1 l'instant mme o leur office provisoire tant essentiellement accompli1 leur prpondrance passagre semblait devoir rationnellement cesser4 ,sous une telle influence1 la socit ne pouvant encore manifester aucune tendance caractristique vers une rnovation suffisamment dtermine1 toutes les tentatives de rorganisation1 au lieu de changer convenablement la nature et la destination des pouvoirs sociaux1 ne devaient aboutir qu' morceler ou limiter1 et tout au plus dplacer les anciennes autorits1 de manire y entraver de plus en plus toute action relle1 en voyant toujours dans des restrictions plus compltes l'uniforme solution des nouvelles difficults politiques4 ,c'est alors que l'esprit mtaphysique1 enfin librement dvelopp1 constamment pouss1 selon sa nature1 voir partout de simples questions de forme1 commence raliser directement sa conception de la socit comme indfiniment livre1 sans aucune impulsion propre et indpendante1 l'inpuisable succession de ses vains essais constitutionnels4 ,mais1 quels que dussent tre les graves dangers de cette immense illusion politique1 qui attribuait des principes purement ngatifs une destination minemment organique1 il importe de reconnatre qu'aucune aberration philosophique n'avait jamais pu tre aussi pleinement excusable1 d'aprs les motifs videmment irrsistibles qui ne permettaient pas plus d'en luder l'application active que d'en viter l'essor mental4 ,outre qu'un long usage antrieur avait rendu les conceptions critiques seules suffisamment familires tous les esprits1 il est clair que1 sans pouvoir fournir aucune vue relle sur la rorganisation sociale1 elles en formulaient du moins1 leur manire1 les plus indispensables conditions gnrales1 qui ne pouvaient alors trouver d'organes plus rationnels4 ,ainsi1 d'aprs l'irrcusable ncessit de quitter enfin un rgime devenu radicalement hostile l'volution fondamentale de l'humanit1 il fallait bien recourir aux seuls principes susceptibles1 dans une telle situation1 de faire universellement entrevoir la rgnration sociale1 quelque confuse et vicieuse apprciation qu'ils dussent d'ailleurs conduire4 ,en un mot1 les mmes motifs gnraux qui1 suivant les explications directes du quarante-sixime chapitre1 dmontrent encore le besoin actuel de la doctrine critique1 jusqu' l'avnement d'une doctrine vraiment organique1 devaient1 bien plus forte raison1 justifier son active prpondrance1 en un temps o la vritable tendance finale de la sociabilit moderne devait tre bien moins apprciable4 ,il faut aussi reconnatre que cette entire application politique de la mtaphysique ngative tait d'abord indispensable pour caractriser suffisamment son impuissance organique1 de manire faire enfin convenablement ressortir la ncessit de nouvelles conceptions vraiment positives1 spcialement propres diriger le mouvement de rorganisation1 que1 malgr cette exprience dcisive1 beaucoup d'esprits persistent aujourd'hui rattacher exclusivement aux dogmes critiques1 faute d'une saine thorie historique sur l'ensemble de l'volution humaine4 ,l'indispensable ascendant social ainsi momentanment rserv la doctrine critique1 devait naturellement dterminer le triomphe politique des mtaphysiciens et des lgistes qui en avaient t jusque alors les organes ncessaires4 ,mais1 pour apprcier convenablement1 cet gard1 la vraie situation gnrale1 il faut maintenant complter l'explication1 commence au cinquante-cinquime chapitre1 sur la mmorable transformation qu'avait d subir1 vers le milieu de la troisime phase moderne1 l'influence mtaphysique proprement dite1 dsormais passe des purs docteurs aux simples littrateurs1 lorsque l'branlement intellectuel avait d surtout se rduire la seule propagation universelle d'une laboration ngative dj suffisamment systmatise4 ,cette invitable dgnration spirituelle propre la transition critique1 dut1 en effet1 ncessairement dterminer1 dans l'ordre temporel1 au dbut de la grande crise que nous apprcions1 une dgradation essentiellement quivalente1 qui transmit aux avocats la prpondrance politique auparavant obtenue par les juges1 ds lors relgus1 d'une manire de plus en plus subalterne1 leurs fonctions spciales1 tandis que les avocats1 s'levant1 au contraire1 au-dessus de leurs oprations prives1 s'emparaient graduellement de l'universelle direction des affaires publiques4 ,une telle modification devait1 de part et d'autre1 naturellement caractriser l'entier ascendant de la doctrine critique4 ,si1 comme nous l'avons reconnu1 les littrateurs taient seuls propres l'active propagation d'une philosophie ngative qu'ils n'auraient pu construire1 il est encore plus vident que les avocats1 d'aprs les habitudes mmes de libre divagation qui les distinguent ordinairement des juges1 devaient alors devenir exclusivement aptes dvelopper suffisamment l'entire application politique d'une mtaphysique rvolutionnaire dont les principales conceptions avaient d tre pralablement labores par des intelligences plus consistantes4 ,on conoit d'ailleurs que les juges1 comme les docteurs1 s'tant enfin partout incorpors intimement au rgime ancien1 sous l'influence des modifications qu'ils y avaient dtermines dans le cours des deux premires phases modernes1 les avocats devaient naturellement obtenir1 ainsi que les littrateurs1 la confiance populaire longtemps accorde aux premiers organes de la transition critique4 ,quand les hautes spculations politiques semblaient rductibles de simples combinaisons de formes1 destines contrler ou circonscrire des pouvoirs indtermins1 pour rgnrer une socit suppose indfiniment modifiable par l'action lgislative1 aucune classe ne pouvait certainement tre aussi apte que celle des avocats une telle laboration mtaphysique1 dont un exercice journalier leur rendait spontanment familires les principales fictions constitutionnelles4 la concevoir durable1 cette double organisation finale propre la transition critique constituerait1 sans doute1 une profonde dgradation sociale1 en confrant le principal ascendant des classes aussi compltement dpourvues1 par leur nature1 de toutes convictions relles et stables1 et par suite non moins ncessairement exposes la dmoralisation politique qu'trangres toute saine apprciation mentale d'une question quelconque4 ,mais1 en vertu mme d'une telle transmission de l'influence critique des organes plus subalternes et moins respectables que les docteurs et les juges qui l'avaient longtemps dirige1 il devenait vident que cette action transitoire tait dsormais parvenue son dernier terme essentiel1 caractris par cet office vraiment extrme qui consistait dvelopper activement l'entire application organique de la mtaphysique ngative1 dont l'inaptitude fondamentale1 une fois directement dvoile par une exprience pleinement dcisive1 devait naturellement entraner bientt l'universelle dconsidration des deux classes co-relatives ainsi solennellement juges1 et qui1 en effet1 ne prolongent encore leur strile et dangereuse prpondrance que par suite d'une dplorable continuation de la mme lacune philosophique relativement la vraie thorie de l'volution moderne4 ,ayant ici assez examin d'abord la direction ncessaire1 ensuite le sige principal1 et enfin les agens spciaux de l'immense crise rvolutionnaire1 nous devons maintenant procder1 d'aprs l'ensemble de notre thorie historique1 une sommaire apprciation philosophique de son accomplissement gnral4 ,il suffit1 pour cela1 d'y distinguer successivement deux degrs naturels1 l'un simplement prparatoire1 l'autre pleinement caractristique1 sous la conduite respective de nos deux grandes assembles nationales4 ,dans le degr initial1 le besoin de rgnration1 encore trop vaguement ressenti1 semble pouvoir se concilier avec une certaine conservation indfinie du rgime ancien1 rduit ses dispositions les plus fondamentales1 et dgag1 autant que possible1 de tous les abus secondaires4 ,quoique cette premire poque soit communment juge moins mtaphysique que la seconde1 les illusions politiques y taient cependant bien plus profondes1 d'aprs une tendance absolue aux combinaisons les plus contradictoires2 on y tait certainement plus loign d'aucune saine apprciation gnrale de la situation sociale2 l'absence de toute doctrine relle y conduisait davantage l'intime confusion du gouvernement moral avec le gouvernement politique2 par suite1 enfin1 un irrationnel esprit rglementaire y obtenait une extension plus arbitraire1 et y conduisait de plus compltes dceptions sur l'ternelle dure des institutions les moins stables3 en un mot1 jamais position aussi provisoire n'a pu paratre aussi dfinitive4 ,suivant notre thorie historique1 en vertu de l'entire condensation antrieure des divers lmens du rgime ancien autour de la royaut1 il est clair que l'effort primordial de la rvolution franaise pour quitter irrvocablement l'antique organisation devait ncessairement consister dans la lutte directe de la puissance populaire contre le pouvoir royal1 dont la prpondrance caractrisait seule un tel systme depuis la fin de la seconde phase moderne4 ,or1 quoique cette poque prliminaire n'ait pu avoir1 en effet1 d'autre destination politique que d'amener graduellement l'limination prochaine de la royaut1 que les plus hardis novateurs n'auraient d'abord os concevoir1 il est remarquable que la mtaphysique constitutionnelle rvait alors1 au contraire1 l'indissoluble union du principe monarchique avec l'ascendant populaire1 comme celle de la constitution catholique avec l'mancipation mentale4 ,d'aussi incohrentes spculations ne mriteraient aujourd'hui aucune attention philosophique1 si on n'y devait voir le premier tmoignage direct d'une aberration gnrale qui exerce encore la plus dplorable influence pour dissimuler radicalement la vraie nature de la rorganisation moderne1 en rduisant cette rgnration fondamentale une vaine imitation universelle de la constitution transitoire particulire l',angleterre4 ,telle fut1 en effet1 l'utopie politique des principaux chefs de l'assemble constituante2 et ils en poursuivirent certainement la ralisation directe autant que le comportait alors sa contradiction radicale avec l'ensemble des tendances caractristiques de la sociabilit franaise4 ,c'est donc ici le lieu naturel d'appliquer immdiatement notre thorie historique l'apprciation rapide de cette dangereuse illusion2 quoiqu'elle ft1 en elle-mme1 trop grossire pour exiger aucune analyse spciale1 la gravit de ses consquences m'engage signaler au lecteur les principales bases de cet examen1 qu'il pourra d'ailleurs spontanment dvelopper sans difficult d'aprs les explications propres aux deux chapitres prcdens4 ,l'absence de toute saine philosophie politique fait d'abord concevoir aisment par quel entranement empirique a t naturellement dtermine une telle aberration1 qui certes devait tre profondment invitable puisqu'elle a pu compltement sduire la raison mme du grand ,montesquieu1 bien qu'elle dt assurment devenir beaucoup moins excusable sous la lumineuse indication que l'branlement rvolutionnaire tendit rpandre avec tant d'nergie sur l'ensemble de la situation moderne4 ,par suite1 en effet1 de la diffrence que j'ai suffisamment explique quant la marche comparative de la dcomposition politique en ,france et en ,angleterre1 il est clair que ces deux modes gnraux de la progression ngative taient1 par leur nature1 mutuellement complmentaires1 puisque leur combinaison hypothtique et aussitt dtermin l'entire abolition du rgime ancien1 o1 aprs une commune absorption temporelle du pouvoir spirituel1 chacun d'eux avait radicalement subalternis l'un ou l'autre des deux grands lmens temporels4 ,d'aprs cette incontestable apprciation instinctive1 l'empirisme mtaphysique devait donc conduire penser1 au dbut de la crise finale1 que1 pour dtruire totalement l'antique organisme1 il suffisait de joindre l'extinction franaise de la puissance aristocratique l'abaissement anglais du pouvoir monarchique4 ,telle est la filiation pleinement naturelle qui devait1 dans le dernier sicle1 disposer les esprits franais l'imitation irrflchie du type anglais2 de mme que1 rciproquement1 elle tend aujourd'hui faire spontanment prvaloir1 chez l'cole rvolutionnaire anglaise1 la considration du mode franais3 car chacun des deux cas se trouvait ainsi possder ncessairement1 quant la progression ngative1 les proprits qui manquaient l'autre1 sans qu'il puisse d'ailleurs exister entre eux1 sous ce rapport1 aucune vritable quivalence1 suivant les explications directes du cinquante-cinquime chapitre4 ,mais1 par une tude plus approfondie1 que pouvait seule dterminer une saine thorie fondamentale de l'ensemble de l'volution moderne1 ce grand rapprochement historique et1 au contraire1 conduit1 en ,france1 manifester aussitt la profonde irrationnalit d'une semblable imitation1 en faisant sentir que le mouvement franais avait t principalement dirig contre l'lment politique dont la prpondrance graduelle avait imprim au mouvement anglais le caractre minemment spcial qu'on voulait ainsi vainement introduire dans un tout autre milieu social4 ,aucune subtilit mtaphysique ne saurait dsormais empcher de reconnatre sans incertitude1 d'aprs une juste apprciation historique1 que la constitution parlementaire propre la transition anglaise fut ncessairement le rsultat spontan et local de la nature exceptionnelle que devait prendre1 en un tel milieu1 la dictature temporelle vers laquelle tendait partout1 sous la seconde phase moderne1 la dcomposition gnrale du rgime catholique et fodal1 comme je l'ai prcdemment expliqu4 ,son origine effective1 qu'une clbre aberration rattache aux antiques forts saxonnes1 se trouve donc immdiatement1 de mme qu'en tout autre cas politique1 dans l'ensemble de la situation sociale correspondante1 convenablement analyse depuis le moyen ge4 ,ceux qui1 contre toute prescription rationnelle1 s'obstineraient y voir une imitation quelconque1 seraient obligs d'en emprunter le type rel de semblables situations antrieures1 et se trouveraient ainsi conduits des rapprochemens fort loigns des opinions actuellement dominantes4 ,on peut remarquer1 en effet1 que le rgime vnitien1 pleinement caractris la fin du ,x,i,ve sicle1 constitue certainement1 tous gards1 le systme politique le plus analogue l'ensemble du gouvernement anglais1 considr sous la forme dfinitive qu'il dut prendre trois sicles aprs3 cette similitude ncessaire rsulte videmment d'une pareille tendance fondamentale de la progression sociale vers la dictature temporelle de l'lment aristocratique4 ,il est mme incontestable que1 par suite de la diversit des temps1 le type vnitien dut tre beaucoup plus complet que le mode anglais1 comme assurant l'aristocratie dirigeante une prpondrance bien plus prononce1 soit sur le pouvoir central1 soit sur la puissance populaire4 ,la seule diffrence capitale que devaient offrir les destines comparatives de ces deux rgimes pareillement transitoires 7et dont le second1 form une poque plus avance de la dcomposition politique1 ne saurait certes prtendre la mme dure totale que le premier71 consiste en ce que l'indpendance de ,venise devait naturellement disparatre sous la dcadence ncessaire de son gouvernement spcial1 tandis que la nationalit anglaise doit heureusement rester tout fait intacte au milieu de l'invitable dislocation de sa constitution provisoire4 ,quoi qu'il en soit d'ailleurs d'une telle comparaison1 qui m'a sembl propre mieux caractriser mon apprciation historique du systme anglais1 en excluant du reste toute ide quelconque d'imitation effective1 il demeure incontestable que1 malgr les vaines thories mtaphysiques imagines aprs coup sur la chimrique pondration des divers pouvoirs1 la prpondrance spontane de l'lment aristocratique a d fournir1 en ,angleterre comme ,venise1 le principe universel d'un tel mcanisme politique1 dont le mouvement rel serait assurment incompatible avec cet quilibre fantastique4 cette condition fondamentale d'un pareil rgime1 il en faut joindre deux autres fort importantes1 encore plus particulires l',angleterre1 et qui y ont beaucoup contribu au maintien de ce systme exceptionnel1 malgr l'active tendance universelle la dcomposition radicale de l'antique organisme dont il est surtout destin prolonger l'existence spciale4 ,la premire1 dj signale au cinquante-cinquime chapitre1 consiste dans l'institution du protestantisme anglican1 qui assurait beaucoup mieux la subalternisation permanente du pouvoir spirituel que n'avait pu le faire le genre de catholicisme propre ,venise1 et qui1 par suite1 devait fournir l'aristocratie dirigeante de puissans moyens1 soit de retarder sa dchance prive en s'emparant habituellement des grands bnfices ecclsiastiques1 soit de consolider son ascendant populaire en lui imprimant une sorte de conscration religieuse1 d'ailleurs invitablement dcroissante4 ,quant la seconde condition complmentaire du rgime anglais1 elle se rapporte l'esprit d'isolement politique minemment particulier l',angleterre1 et qui en y permettant1 surtout sous la troisime phase moderne1 l'actif dveloppement d'un vaste systme d'gosme national1 y a naturellement tendu lier profondment les intrts principaux des diverses classes au maintien continu de la politique dirige par une aristocratie ainsi rige dsormais en une sorte de gage permanent de la prosprit commune1 sauf l'insuffisante satisfaction ds lors accorde la masse infrieure3 une semblable tendance habituelle s'tait auparavant manifeste aussi ,venise1 mais sans pouvoir videmment y acqurir un pareil ascendant4 ,malgr que je ne doive point ici poursuivre davantage une telle analyse1 que chacun pourra maintenant prolonger avec facilit1 elle est certainement assez caractrise dj pour faire directement sentir1 tous ceux qui auront convenablement tudi l'ensemble du gouvernement anglais1 combien cette constitution exceptionnelle de la grande transition moderne doit tre regarde comme ncessairement spciale1 puisqu'elle repose essentiellement sur des conditions purement relatives l',angleterre1 et dont l'ensemble est nanmoins indispensable l'existence relle d'une semblable anomalie politique4 ,cette digression ncessaire1 que je me suis efforc d'abrger autant que possible1 fait aussitt ressortir la frivole irrationnalit des vaines spculations mtaphysiques qui conduisirent les principaux chefs de l'assemble constituante proposer pour but la rvolution franaise la simple imitation d'un rgime aussi contradictoire l'ensemble de notre pass que radicalement antipathique aux instincts mans de notre vraie situation sociale4 ,une vague et confuse apprciation des conditions politiques dont je viens d'tablir l'indispensable influence1 les poussa cependant en poursuivre alors l'impraticable accomplissement1 malgr l'nergique ascendant du milieu le plus dfavorable4 ,on remarque1 en effet1 leur tendance permanente l'institution rgulire d'un pouvoir spcialement aristocratique1 dont toutefois l'heureux instinct dmocratique de la population franaise1 si dignement reprsente1 cet gard1 par la ferme volont des ,parisiens1 les empcha d'oser jamais poursuivre ouvertement l'organisation1 directement contraire l'invariable progression des cinq sicles antrieurs4 ,il faut aussi noter ds lors une disposition naissante1 qui devait prendre ensuite une si dplorable extension1 dtacher les intrts sociaux des chefs industriels de ceux des masses naturellement places sous leur patronage1 pour les unir de plus en plus1 suivant le type anglais1 ceux des classes en dcadence1 en abusant1 cet effet1 de l'ascendant spontan qu'avait d jadis obtenir l'universelle imitation des murs aristocratiques4 ,quant la condition spirituelle1 il n'est pas difficile de dmler alors1 au milieu des influences philosophiques prpondrantes1 une certaine tendance systmatique riger aussi le gallicanisme1 sous un reste d'inspirations jansnistes et parlementaires1 en une sorte d'quivalent national du protestantisme anglican3 c'tait1 sans doute1 une trange tentative chez une population leve par ,voltaire et ,diderot2 mais le projet n'en tait ni moins vident1 ni moins propre caractriser une telle politique1 qui n'a pas mme cess aujourd'hui de trouver secrtement de fervens admirateurs parmi les mtaphysiciens et les lgistes qui dirigent encore nos destines officielles4 ,enfin1 relativement la condition d'isolement national1 ci-dessus signale comme l'indispensable complment de toutes les autres exigences d'une telle imitation1 on voit heureusement que1 cette poque initiale d'lan universel1 elle n'tait pas moins radicalement contraire aux propres sentimens spontans des partisans de cette empirique utopie qu'aux nergiques inclinations d'une population gnreuse1 si noblement dispose1 par un long exercice antrieur1 l'active propagation dsintresse de toutes les amliorations quelconques qu'elle pourrait jamais raliser1 et chez laquelle1 en effet1 les plus puissans efforts ultrieurs n'ont pu parvenir enraciner profondment aucune affection anti-europenne4 ,d'aprs cet ensemble de considrations sommaires1 chacun peut dsormais apprcier aisment combien les dispositions les plus fondamentales1 soit pralables1 soit actuelles1 de la sociabilit franaise devaient tre directement opposes la dangereuse utopie politique inspire par une vaine mtaphysique chez notre premire assemble nationale1 dont la qualification usuelle pourra sembler1 auprs d'une impartiale postrit1 le rsultat d'une amre ironie philosophique2 puisqu'il n'a jamais exist un contraste aussi profondment dcisif entre l'ternit des esprances spculatives et la fragilit des crations effectives4 ,aucun exemple spcial ne m'a sembl plus caractristique d'une telle discordance entre les conceptions propres cette philosophie politique et la ralit du milieu social correspondant1 que la pnible impression spontanment suggre aujourd'hui l'intressante lecture d'un ouvrage destin survivre aux circonstances qui l'avaient dict1 comme manant d'un crivain non moins estimable par ses lumires que par l'lvation de ses sentimens et la loyaut de son caractre3 on conoit qu'il s'agit de l'essai historique o l'infortun ,rabaut-,saint-,etienne proclamait dj solennellement accomplie1 d'aprs l'acceptation royale d'une constitution phmre1 une crise rvolutionnaire qui n'tait ainsi parvenue qu' sa prparation initiale1 et dont le cours irrsistible devait1 l'anne suivante1 dissiper sans effort tout ce vain chafaudage mtaphysique4 ,rien n'est assurment plus propre qu'une telle opposition montrer la profonde inanit d'une thorie qui peut conduire des esprits distingus une apprciation aussi radicalement illusoire du milieu social correspondant3 rien galement ne peut mieux vrifier1 en gnral1 contre les tranges subtilits de nos docteurs empiriques1 l'insurmontable ralit des prceptes logiques tablis au quarante-huitime chapitre sur le besoin d'une vraie thorie pour diriger les observations sociologiques1 qui1 en vertu de leur complication suprieure1 peuvent bien moins se passer d'un tel guide que toutes celles relatives de plus simples phnomnes4 ,procdons maintenant la sommaire apprciation historique du second degr rvolutionnaire1 o l'instinct plus complet de la vritable situation sociale1 compensant1 en partie1 sous l'nergique impulsion des circonstances les plus dcisives1 la vicieuse influence d'une vaine mtaphysique1 a dtermin enfin l'essor spontan du caractre fondamental propre cette immense crise finale1 autant du moins que pouvait le permettre alors l'invitable ascendant exclusif d'une philosophie purement ngative1 trangre toute conception relle de l'ensemble de l'volution moderne4 ,justement oppose aux vaines fictions politiques sur lesquelles reposait l'incohrent difice de l',assemble ,constituante1 l'minente assemble si pleinement immortalise sous le nom de ,convention ,nationale fut aussitt conduite1 par son origine mme1 regarder l'entire abolition de la royaut comme un indispensable prambule de la rgnration sociale vers laquelle tendait directement la rvolution franaise4 ,d'aprs la concentration monarchique de tous les anciens pouvoirs1 graduellement accomplie1 surtout en ,france1 depuis la fin du moyen ge1 suivant nos explications antrieures1 une conservation quelconque de la royaut devait alors rendre imminente la dangereuse restauration des divers dbris politiques1 spirituels ou temporels1 qui1 sous la seconde phase moderne1 s'taient enfin spontanment rallis autour du pouvoir royal1 dont la destruction solennelle pouvait seule1 dans une telle situation1 caractriser suffisamment la rnovation gnrale qui devait constituer le but final du grand mouvement rvolutionnaire commenc au ,x,i,ve sicle et dsormais parvenu sa dernire crise essentielle4 ,l'ensemble de notre thorie historique reprsente ncessairement la royaut moderne comme le seul reste capital de l'antique rgime des castes1 que nous avons vu1 au cinquante-troisime chapitre1 fournir partout1 d'une manire plus ou moins explicite1 la base fondamentale de toute organisation primitive1 selon le principe naturel de l'hrdit primordiale des professions quelconques1 plus durable mesure qu'il s'agit d'arts plus compliqus1 dont l'exercice plus empirique exige davantage l'apprentissage domestique4 ,nous avons reconnu1 au chapitre suivant1 comment ce rgime initial1 qui1 malgr d'importantes modifications1 constituait encore le fond gnral de l'organisme grec et mme romain1 avait t1 pour la premire fois1 directement branl1 ds le dbut du moyen ge1 dans sa principale disposition politique1 par l'admirable constitution du catholicisme1 qui avait enfin radicalement supprim l'hrdit des plus minentes fonctions sociales1 en un temps o les plus hautes combinaisons europennes taient spontanment rserves un clerg clibataire3 la cinquante-sixime leon nous a d'ailleurs montr le mme rgime irrvocablement dtruit aussi1 sous la dernire phase du moyen ge1 dans l'conomie lmentaire des socits modernes1 d'aprs les suites ncessaires de l'mancipation personnelle prsidant l'volution industrielle4 ,il est clair que l'abaissement ultrieur de la puissance aristocratique sous le pouvoir royal1 pendant les deux premires phases modernes1 n'avait pu que complter et consolider1 surtout en ,france1 envers les fonctions intermdiaires1 la grande transformation ainsi commence simultanment1 au moyen ge1 pour les plus gnrales et les plus particulires4 ,dj radicalement compromise par un tel isolement1 l'hrdit monarchique ne pouvait ensuite que perdre beaucoup1 sous la troisime phase1 l'excessive concentration d'attributions politiques1 la fois spirituelles et temporelles1 que venait ainsi d'obtenir la dictature royale1 ds lors spontanment conduite1 comme nous l'avons vu au cinquante-cinquime chapitre1 constater de plus en plus son inaptitude fondamentale la saine apprciation habituelle de ce vaste ensemble1 en cdant volontairement ses principaux pouvoirs des ministres de moins en moins dpendans4 ,on conoit enfin1 quant aux conditions intellectuelles1 suivant une indication pralable de la cinquante-troisime leon1 que1 dans l'art de gouverner1 comme dans tout autre1 quoique plus tardivement raison de sa complication suprieure1 la rationnalit croissante des conceptions humaines tend ncessairement rendre l'aptitude relle1 mme temporelle1 de plus en plus indpendante de toute imitation domestique1 en lui procurant directement une ducation systmatique1 que peuvent convenablement recevoir1 quelle que soit leur condition sociale1 les intelligences suffisamment doues de l'esprit d'ensemble qui dtermine une telle vocation1 et qui certainement1 au temps que nous considrons1 tait bien loin1 abstraction faite de toute satire personnelle1 d'appartenir exclusivement1 ou mme principalement1 aux maisons royales1 qui jadis durent en tre si longtemps les dpositaires naturels4 ,cette abolition prliminaire1 sans laquelle la rvolution franaise ne pouvait tre pleinement caractrise1 dut bientt s'accompagner de toutes les dmolitions partielles destines y complter l'indication d'une irrsistible tendance la rnovation totale du systme social1 autant que le permettait la vicieuse nature de la seule philosophie qui pt alors diriger un tel branlement4 ,malgr une odieuse perscution1 aussi impolitique qu'injuste1 suscite par une haine aveugle1 et spcialement entretenue par l'instinct de rivalit religieuse d'un vain disme1 il faut surtout distinguer1 ce sujet1 l'audacieuse suppression lgale du christianisme1 tendant faire nergiquement ressortir1 soit la caducit d'une organisation enfin devenue essentiellement trangre l'existence moderne1 soit la ncessit d'un nouvel ordre spirituel susceptible de diriger convenablement la rgnration humaine4 ,parmi les moindres prparations ngatives1 il n'est pas inutile de noter ici la destruction systmatique de toutes les diverses corporations antrieures1 trop exclusivement attribue aujourd'hui une aveugle rpugnance absolue contre toute agrgation quelconque1 et dans laquelle on peut certainement apercevoir1 sans excepter mme les cas les plus dfavorables1 un certain instinct confus de la tendance plus ou moins rtrograde de ces diffrentes institutions1 aprs l'accomplissement suffisant de leur office purement provisoire1 dont la vicieuse prolongation devenait rellement une source d'entraves bien plus que de progrs4 ,je ne crois pas devoir me dispenser d'tendre une semblable apprciation historique jusqu' la suppression directe des compagnies savantes1 et mme de l'illustre ,acadmie des sciences de ,paris1 la seule qui pt essentiellement mriter quelques regrets srieux4 ,malgr les vains reproches de vandalisme adresss un tel acte par des esprits ordinairement incapables d'en apprcier la vritable porte1 j'aurai bientt lieu de faire directement sentir que cette institution provisoire avait alors rendu tous les principaux services intellectuels compatibles avec la nature et l'esprit de son organisation primitive1 et que son influence ultrieure a t1 au fond1 surtout aujourd'hui1 bien plus contraire que favorable la marche ncessaire des conceptions modernes4 ,le mmorable instinct progressif de la grande dictature rvolutionnaire ne fut donc pas1 au fond1 plus en dfaut dans ce cas important que dans tant d'autres o une meilleure apprciation a dj conduit rendre une exacte justice aux minentes intentions d'une assemble qui avait dj solennellement prouv1 sous ce rapport1 sa parfaite loyaut1 en tendant1 sans aucun mnagement1 ses oprations ngatives jusqu'aux diverses corporations lgistes1 quoique la plupart de ses membres en fussent sortis4 ,sous l'aspect scientifique1 sa prochaine sollicitude pour tant d'heureuses fondations destines seconder la marche ou la propagation des connaissances relles1 et surtout pour la cration capitale de l'cole ,polytechnique1 si suprieure aux institutions antrieures1 devrait suffisamment montrer que la suppression des ,acadmies1 si amrement dplore par tant d'acadmiciens postrieurs1 ne pouvait alors tenir essentiellement de sauvages antipathies1 mais bien plutt une certaine prvision gnrale1 juste quoique confuse1 des nouveaux besoins de l'esprit humain4 ,afin d'apprcier convenablement le vrai caractre fondamental de cette grande poque1 il est indispensable d'y considrer toujours l'irrsistible influence1 encore plus favorable que funeste1 des circonstances minemment dcisives qui durent la dominer1 et dont l'ascendant spontan contribua beaucoup y contenir les dangereuses divagations mtaphysiques inhrentes la seule philosophie qui pt alors diriger cet immense mouvement4 ,d'aprs les motifs ci-dessus indiqus1 les gouvernemens europens qui1 sous la seconde phase1 avaient laiss tomber ,charles ,i sans aucune opposition srieuse1 n'eurent pas mme besoin des coupables intrigues de la royaut franaise pour runir bientt tous leurs efforts actifs contre une rvolution radicale1 o l'initiative de la ,france signalait videmment une invitable crise finale1 ncessairement commune l'ensemble de la grande rpublique europenne1 comme l'tait1 depuis le moyen ge1 la double progression1 positive et ngative1 dont elle annonait le dernier terme naturel3 l'oligarchie anglaise elle-mme1 quoique dsintresse1 en apparence1 dans la dissolution des monarchies1 se plaa promptement la tte de cette coalition rtrograde1 destine l'universelle conservation du systme militaire et thologique1 dsormais galement menac sous toutes les formes diverses qu'avait pu prendre la dictature temporelle o avait partout abouti sa dcomposition graduelle4 ,or1 cette formidable attaque1 qui1 par une raction ncessaire1 obligeait aussi la ,france proclamer directement l'intime universalit de l'branlement final1 dut procurer ce second degr de la crise rvolutionnaire un avantage fondamental1 que n'avait pu suffisamment obtenir le premier1 en y provoquant spontanment une mmorable identit continue de sentimens et mme1 certains gards1 de vues politiques1 indispensable au succs rel de la plus juste et la plus sublime dfense nationale que l'histoire puisse jamais offrir4 ,c'est l surtout ce qui dtermina1 ou du moins maintint1 l'nergie morale et la rectitude mentale qui placeront toujours1 chez l'impartiale postrit1 la ,convention nationale trs au-dessus de l',assemble constituante1 malgr les vices respectivement inhrens leur doctrine et leur situation4 ,quoique constamment pousse1 par sa philosophie mtaphysique1 des conceptions vagues et absolues1 l'assemble rpublicaine1 aprs avoir spontanment accord cette invitable tendance gnrale les seules satisfactions qu'elle ne pouvait lui refuser1 fut bientt heureusement conduite1 par les actives exigences de sa principale mission politique1 carter1 sous un respectueux ajournement1 une vaine constitution1 pour s'lever enfin l'admirable conception du gouvernement rvolutionnaire proprement dit1 directement envisag comme un rgime provisoire parfaitement adapt la nature minemment transitoire du milieu social correspondant4 ,c'est ainsi que1 suprieurs la purile ambition de leurs prdcesseurs1 si aveuglment imite par leurs successeurs1 les conventionnels franais1 renonant implicitement fonder dj d'ternelles institutions qui ne pouvaient encore avoir aucune base relle1 s'attachrent surtout organiser provisoirement1 conformment la situation1 une vaste dictature temporelle1 quivalente celle graduellement labore par ,louis ,,xi et par ,richelieu1 mais dirige d'aprs une bien plus juste apprciation gnrale de sa destination propre et de sa dure limite4 ,en la constituant spontanment sur la base indispensable de la puissance populaire1 ils furent d'ailleurs conduits mieux annoncer le caractre essentiel de la rnovation finale1 soit en vertu de l'admirable essor directement imprim aux vrais sentimens de fraternit universelle1 soit en inspirant aux classes infrieures une juste conscience de leur valeur politique1 soit enfin d'aprs une heureuse prdilection continue pour des intrts qui1 raison de leur gnralit suprieure1 doivent tre presque toujours les plus conformes une saine apprciation philosophique de l'ensemble des besoins sociaux4 ,cette conduite naturelle1 immdiatement rcompense par tant de sublimes ou touchans dvouemens1 et qui levait la constitution morale d'une population o tous les gouvernemens ultrieurs ont systmatiquement tendu dvelopper1 au contraire1 un abject gosme1 a laiss ncessairement1 chez le peuple franais1 d'ineffaables souvenirs1 et mme de profonds regrets1 qui ne pourront vraiment disparatre que par une juste satisfaction permanente de l'instinct correspondant4 ,il faut aussi noter1 dans cette mmorable organisation de la dictature rvolutionnaire1 une certaine tendance spontane une premire apprciation gnrale1 vague mais relle1 de la division fondamentale entre le gouvernement moral et le gouvernement politique des socits modernes1 ds lors indique1 mes yeux1 par l'action simultane d'une clbre association volontaire1 qui1 essentiellement extrieure au pouvoir proprement dit1 tait surtout destine1 en apprciant mieux l'ensemble de sa marche1 lui fournir de lumineuses indications4 ,quelque imparfait que dt tre alors un instinct aussi confus de la principale condition propre la rorganisation sociale1 on en retrouve d'autres indices1 non moins caractristiques1 en considrant diverses tentatives remarquables pour fonder1 sur la rgnration directe des murs franaises1 la rnovation ultrieure des institutions2 quoique la vaine thorie mtaphysique qui prsidait ncessairement de tels efforts n'en pt aucunement permettre l'efficacit durable4 ,en gnral1 l'tude approfondie de cette grande crise fera de plus en plus ressortir que1 sous l'impulsion dcisive des circonstances extrieures1 les minens attributs qui la distinguent furent essentiellement dus la haute valeur politique1 et surtout morale1 soit de ses principaux directeurs1 soit des masses qui les secondaient avec un si admirable dvouement2 tandis que les graves aberrations qui s'y rattachent taient insparables de la vicieuse philosophie qui dominait cette poque1 et dont1 par les plus heureuses inspirations d'une sagesse purement spontane1 il n'tait pas toujours possible de contenir suffisamment la dangereuse influence systmatique4 ,de sa nature1 cette mtaphysique1 au lieu de lier intimement les tendances actuelles de l'humanit l'ensemble des transformations antrieures1 reprsentait la socit sans aucune impulsion propre1 sans aucune relation au pass1 indfiniment livre l'action arbitraire du lgislateur2 trangre toute saine apprciation de la sociabilit moderne1 elle remontait au del du moyen ge pour emprunter la sociabilit antique un type rtrograde et contradictoire2 enfin1 au milieu des circonstances les plus irritantes1 elle appelait spcialement les passions l'office le mieux rserv la raison4 ,c'tait cependant sous un tel rgime mental qu'il fallait alors s'lever des conceptions politiques heureusement adaptes la vraie disposition des esprits et aux imprieuses exigences de la plus difficile situation3 aussi la juste considration d'un semblable contraste devra-t-elle toujours porter les vritables philosophes une admiration spciale des grands rsultats qui s'y sont dvelopps1 et une indulgente rprobation d'invitables garemens gnraux4 ,aucun ordre de faits ne caractrise plus profondment cette opposition fondamentale1 que ceux relatifs au besoin continu de l'unit nationale1 dont l'actif sentiment dut surmonter1 cette poque1 chez les natures vraiment politiques1 la tendance minemment dispersive de la mtaphysique prpondrante4 ,cette admirable raction d'un heureux instinct pratique contre les dangereuses indications d'une thorie dcevante1 se manifeste surtout dans la lutte dcisive suscite par le puril orgueil des malheureux girondins1 entrans1 d'aprs leur haute incapacit politique1 de coupables menes1 pousses quelquefois jusqu' des coalitions armes avec le parti monarchique1 afin de dtruire systmatiquement l'un des plus grands rsultats de notre pass social1 en dcomposant la ,france en rpubliques partielles1 au temps mme o la plus redoutable agression extrieure exigeait ncessairement la plus intense concentration intrieure4 ,quand1 par une indispensable puration1 la marche rvolutionnaire eut enfin cart ces dangereux discoureurs1 on remarque1 en effet1 cet gard1 malgr les plus graves divergences1 une mmorable unanimit d'efforts permanens pour contenir la tendance mtaphysique au morcellement politique1 dont l'cole progressive actuelle a t ainsi heureusement prserve1 laissant dsormais l'cole rtrograde l'trange privilge de telles aberrations1 comme je l'ai expliqu au quarante-sixime chapitre4 ,le terme naturel d'une exaltation qui1 quoique videmment ncessaire1 ne devait ni ne pouvait durer1 aurait t directement fix1 par une prvision rationnelle1 l'poque1 fort antrieure la clbre journe thermidorienne1 o la ,france serait suffisamment garantie contre l'invasion trangre2 ce qui exigeait que la rsistance rvolutionnaire et t pousse jusqu' la double conqute provisoire de la ,belgique et de la ,savoie1 alors seule pleinement caractristique d'une efficacit dcisive de notre dfense nationale4 ,mais l'invitable irritation gnrale rsulte d'aussi extrmes ncessits1 et surtout les inspirations absolues de la mtaphysique dirigeante1 ne pouvaient malheureusement permettre que l'indispensable politique exceptionnelle cesst aussitt que son principal office provisoire aurait t convenablement accompli4 ,on doit certainement regarder son abusive prolongation1 avec un dplorable surcrot d'intensit1 aprs le terme relatif sa destination ncessaire1 comme la cause essentielle des horribles dviations que rappelle trop exclusivement aujourd'hui le souvenir de cette grande poque1 et qui n'ont laiss d'autre enseignement universel que l'immortelle dmonstration de l'impuissance organique propre une doctrine purement ngative1 ainsi pousse son entire application politique4 ,c'est ici le lieu d'employer compltement une division historique1 indique d'avance la fin du volume prcdent1 entre les deux coles gnrales qui avaient surtout dirig l'branlement philosophique du sicle dernier1 en poursuivant spcialement1 l'une l'mancipation mentale1 l'autre l'agitation sociale4 ,quoique ayant galement abouti au disme spculatif1 nous avons dj reconnu que1 ds l'origine1 elles avaient envisag cette situation passagre de notre intelligence sous deux aspects trs-diffrens et mme virtuellement opposs3 l'un progressif1 o cette extrme phase de la philosophie primitive ne pouvait constituer qu'une halte rapide d'un mouvement anti-thologique touchant son invitable destination finale2 l'autre rtrograde1 o l'on y voyait1 au contraire1 le point de dpart d'une sorte de restauration religieuse1 modifie d'aprs les illusions contradictoires de nouveaux rformateurs4 ,cette rivalit fondamentale des deux coles de ,voltaire et de ,rousseau se laissa toujours distinctement sentir1 malgr leur unanime coopration active la grande crise rvolutionnaire1 par la tendance caractristique de la premire concevoir franchement la mtaphysique dirigeante comme minemment ngative1 et la dictature rpublicaine comme une indispensable mesure provisoire1 dont l'institution lui fut principalement due2 tandis que1 aux yeux de la seconde1 cette doctrine formait dj rellement la base ncessaire d'une rorganisation directe1 qu'il fallait immdiatement substituer au rgime exceptionnel3 en mme temps1 l'une avait constamment tmoign un instinct confus mais rel des conditions essentielles de la civilisation moderne1 pendant que l'autre se montrait surtout proccupe d'une vague imitation de la socit antique4 ,aprs que le commun danger eut cess de pouvoir suffisamment contenir ces invitables divergences1 l'nergique sollicitude de l'cole politique poussa l'cole philosophique1 jusque alors prpondrante1 constater directement son impuissance organique en formulant prcipitamment1 pour la rgnration intellectuelle et morale1 une sorte de polythisme mtaphysique1 domin par l'adoration de la grande entit scolastique1 et qui ne pouvait assurment obtenir aucune consistance effective3 d'o rsulta graduellement la mmorable catastrophe de l'nergique ,danton et de l'intressant ,camille ,desmoulins1 en un temps o tous les triomphes se rsumaient par l'impitoyable extermination des adversaires quelconques1 sous les dplorables inspirations d'une doctrine qui1 profondment incompatible avec toute dmonstration vritable1 laissait bientt prvaloir des passions sanguinaires1 indiquant toujours la compression matrielle comme seul gage assur de la convergence spirituelle1 suivant la nature constante des conceptions politiques qui repoussent ou mconnaissent la division fondamentale des deux puissances lmentaires4 ,l'ascendant dcisif ainsi naturellement procur l'cole politique1 o le sincre fanatisme de quelques chefs recommandables dissimulait la facile et dangereuse hypocrisie d'un plus grand nombre de purs dclamateurs1 vint bientt prouver1 son tour1 d'aprs l'irrcusable tmoignage d'un horrible dlire1 que1 malgr ses mystrieuses promesses1 elle tait encore moins apte que sa rivale diriger convenablement une vraie rorganisation finale4 ,c'est surtout alors que1 par une invitable aberration gnrale1 la mtaphysique rvolutionnaire1 sous l'absurde prpondrance du type antique radicalement mconnu1 fut rapidement conduite se montrer directement hostile aux divers lmens essentiels de la civilisation moderne1 dont l'universelle influence spontane empchait ncessairement le libre essor d'une telle utopie rtrograde1 chez les esprits mme les plus accessibles de vains entranemens systmatiques4 ,en contradiction radicale avec la solidarit ncessaire des deux mouvemens1 htrognes mais convergens1 dont l'ensemble caractrise1 d'aprs les deux chapitres prcdens1 l'volution fondamentale de la sociabilit europenne depuis le moyen ge1 on vit ainsi la progression ngative1 irrationnellement devenue organique1 se tourner enfin contre la progression positive1 aprs avoir pleinement satisfait sa propre destination transitoire4 ,cette dviation dcisive1 sensible mme pour l'volution scientifique et l'volution esthtique1 dut tre surtout prononce relativement l'volution industrielle1 alors menace d'une entire dsorganisation1 d'aprs une dsastreuse tendance politique dtruire l'indispensable subordination lmentaire des classes laborieuses envers les vritables chefs naturels de leurs travaux journaliers1 afin d'appeler la plus incapable multitude1 sous l'invitable direction des littrateurs et des avocats1 une active participation permanente au gouvernement effectif1 par une abusive apprciation mtaphysique du juste intrt continu que1 dans tout vritable tat social1 les moindres citoyens doivent ncessairement prendre1 en raison de leurs talens et de leurs lumires1 la marche gnrale des affaires publiques4 ,du point de vue purement politique1 la grande raction rtrograde1 que l'cole rvolutionnaire la plus avance fait aujourd'hui commencer seulement la journe thermidorienne1 me parat devoir tre rellement envisage dsormais1 d'aprs l'ensemble de notre laboration historique1 comme remontant la clbre tentative pour l'organisation fondamentale du disme lgal1 pleinement caractrise par une manifestation mmorable1 et dont la tendance ncessaire ressortait dj des singulires rvlations qui attribuaient une sorte de mission cleste au sanguinaire dclamateur rig en souverain pontife de cette trange restauration religieuse4 ,sous ce nouvel aspect1 le mouvement thermidorien1 d'abord dirig par les amis de ,danton1 reprend un caractre plus conforme aux saines inspirations spontanes de la raison publique2 en constituant primitivement le symptme dcisif de l'invitable dcadence d'une dsastreuse politique1 qui1 malgr la plus horrible exagration des procds exceptionnels1 ne pouvait rellement parvenir1 en troublant profondment l'conomie lmentaire propre la sociabilit moderne1 qu' organiser finalement une immense rtrogradation3 il reste d'ailleurs pleinement incontestable que1 la faveur de cette indispensable journe1 bientt dtourne de sa destination naturelle1 de sanglantes reprsailles furent dplorablement diriges1 la secrte instigation du parti monarchique1 contre l'ensemble du mouvement rvolutionnaire4 ,en se flicitant de voir enfin1 comme il l'avait tant mrit1 le grand ,carnot sortir glorieusement d'une telle collision1 tout vrai philosophe devra toujours y regretter spcialement la perte d'un noble jeune homme1 l'minent ,saint-,just1 tomb victime presque volontaire de son aveugle dvouement un ambitieux sophiste1 indigne d'une si prcieuse admiration4 ,j'ai cru devoir ici convenablement insister sur la saine apprciation historique propre l'ensemble de l'poque la plus dcisive que pt offrir la portion jusqu' prsent accomplie de l'immense rvolution au sein de laquelle nous vivons4 ,on voit ainsi1 d'une part1 comment le degr rpublicain a spontanment lev1 d'une manire beaucoup plus complte et plus nergique que n'avait d'abord pu le faire le degr constitutionnel1 une sorte de programme politique vraiment fondamental1 dont l'ineffaable souvenir indiquera naturellement1 jusqu' une convenable ralisation ultrieure1 la destination finale de cette crise universelle1 malgr le mode essentiellement ngatif sous lequel il dut alors tre conu par la mtaphysique dirigeante1 dont l'invitable impuissance organique fut1 d'une autre part1 simultanment dmontre d'aprs l'preuve solennelle1 pleinement caractristique quoique ncessairement passagre1 de son entier ascendant politique4 ,quelques vains efforts qu'ait pu tenter ensuite la grande raction rtrograde1 dont je viens d'assigner la vritable origine historique1 pour dissimuler totalement le premier enseignement social en laissant seulement ressortir le second1 ils sont tous deux galement imprissables auprs de la population europenne1 aux yeux de laquelle ils tendront spontanment de plus en plus devenir radicalement insparables1 aussitt qu'une sage laboration philosophique aura suffisamment fond1 sur leur combinaison permanente1 l'indispensable indication gnrale de la marche ultrieure propre l'ensemble du mouvement rvolutionnaire4 ,toutes les rcriminations doctorales sur la prtendue inopportunit radicale de la rgnration totale ainsi projete par les conventionnels franais1 ne peuvent rellement affecter1 d'aprs notre thorie historique1 que l'insuffisance ncessaire des moyens vicieux qu'une dcevante mtaphysique dut conduire y appliquer2 mais elles ne sauraient nullement atteindre le besoin fondamental d'une rorganisation universelle1 qui tait dj aussi incontestable1 et mme aussi pleinement senti par les masses1 qu'il peut l'tre essentiellement aujourd'hui4 ,rien ne doit mieux confirmer une telle apprciation que la mmorable lenteur1 trop peu comprise jusqu'ici1 d'un mouvement rtrograde dont l'instinct dirigeant se reconnaissait tacitement incompatible avec les plus intimes dispositions populaires1 qui1 par leur nergique antipathie1 obligrent ensuite prendre tant de longs et pnibles circuits politiques pour restaurer enfin1 sous un vain dguisement imprial1 une monarchie qu'une seule rapide secousse avait d'abord suffi renverser entirement3 si tant est mme que la stricte exactitude historique permette maintenant d'envisager comme vraiment rtablie une royaut qui n'a jamais pu encore passer avec scurit de ses divers possesseurs effectifs leurs propres successeurs domestiques1 quoique une telle transmission hrditaire constitue certainement la principale diffrence caractristique entre le vritable pouvoir royal et le simple pouvoir dictatorial1 ds longtemps devenu1 sous une forme quelconque1 naturellement indispensable1 suivant nos explications antrieures1 la situation transitoire des socits modernes4 ,aprs la chute ncessaire du rgime conventionnel1 la raction rtrograde ne se fit surtout sentir immdiatement que par le vain retour de la mtaphysique constitutionnelle propre au degr initial de la crise universelle1 et dont la strile obstination tendit toujours reproduire1 autant que le permettait alors l'tat gnral des esprits1 une aveugle imitation de la constitution anglaise1 caractrise par une chimrique pondration des diverses fractions du pouvoir temporel1 sous de nouvelles formes1 encore plus rapproches de ce type imaginaire1 o d'irrationnelles conceptions ne cessaient de montrer la vraie rorganisation finale1 malgr l'exprience primitive du peu de stabilit que pouvait comporter1 en ,france1 l'importation d'une telle anomalie politique4 ,en mme temps1 suivant un invitable contraste1 des tentatives nergiques mais insenses annoncrent dj la dplorable tendance ultrieure du parti qui se croyait sincrement progressif chercher de plus en plus la solution sociale dans une plus complte extension du mouvement ngatif1 que la dictature rvolutionnaire avait rellement pouss jusqu' ses plus extrmes limites politiques1 et que nanmoins on voulait aussi conduire dsormais1 sous les anarchiques inspirations de l'cole de ,rousseau1 jusqu' l'branlement direct des institutions lmentaires les plus indispensables toute sociabilit humaine4 ,par ces deux ordres d'aberrations1 tous concouraient spontanment maintenir la position vicieusement abstraite du problme politique1 indpendamment d'aucune vraie relation gnrale au milieu social correspondant2 tous concevaient galement la socit indfiniment modifiable1 sans aucune impulsion propre1 et dgage de toute filiation antrieure2 tous1 enfin1 s'accordaient subordonner la rgnration morale aux rglemens lgislatifs3 si j'insiste sur ces caractres logiques alors communs l'cole rtrograde ou stationnaire et l'cole progressive1 c'est parce qu'ils n'ont pu aujourd'hui essentiellement changer1 et qu'on doit naturellement les apprcier d'une manire plus philosophique envers une situation moins actuelle1 quoique d'ailleurs radicalement persistante4 ,une telle fluctuation politique1 toujours menaante pour l'ordre1 et nanmoins strile pour le progrs1 devait ncessairement aboutir1 malgr d'nergiques rpugnances populaires1 au triomphe passager de l'esprit rtrograde1 qui montrait spontanment la concentration monarchique comme seule propre garantir la scurit du dveloppement continu des divers lmens essentiels de la sociabilit moderne1 dj presss d'utiliser les nouvelles ressources gnrales que procurait dsormais leur libre essor l'irrvocable dcomposition de l'ancienne hirarchie sociale4 ,dans l'tat d'empirisme mtaphysique o se trouve encore la philosophie politique1 cette dernire preuve tait alors indispensable pour faire universellement apprcier1 par une exprience dcisive1 l'espce d'ordre rellement compatible avec une pleine rtrogradation1 dont les promesses illusoires ne pouvaient tre directement juges par aucune discussion vraiment rationnelle4 ,en mme temps1 la marche naturelle des vnemens conduisait invitablement cette issue immdiate1 en faisant de plus en plus prvaloir le pouvoir militaire1 premire base ncessaire de toute vritable royaut moderne2 mesure que la guerre rvolutionnaire perdait son caractre essentiellement dfensif1 pour devenir1 son tour1 minemment offensive1 sous le spcieux entranement d'une active propagation universelle de l'branlement fondamental1 sans que cette irrsistible sduction pt d'abord cder aucune sage apprciation1 soit de l'opportunit du but1 soit de l'efficacit du moyen4 ,tant que l'arme1 pleinement nationale1 tait reste lie au sol natal1 et n'avait pas cess1 sous l'espoir continu d'une prochaine libration1 de participer directement aux motions et aux inspirations populaires1 la salutaire nergie du terrible comit avait pu y maintenir1 par une infatigable activit1 la plus parfaite prpondrance que les guerres modernes eussent encore offerte de l'autorit civile sur la force militaire4 ,mais il ne pouvait plus en tre ainsi quand1 dans les diverses expditions lointaines1 l'arme1 devenue de plus en plus trangre aux affaires intrieures1 et prenant ncessairement1 d'aprs un but plus spcial et moins direct1 un caractre plus dtermin et moins passager1 tendait graduellement s'identifier profondment avec ses propres chefs1 au milieu de populations inconnues1 en mme temps que son intervention politique devait peu peu paratre indispensable la compression ncessaire de la strile agitation sociale qu'entretenait un dangereux esprit mtaphysique4 ,il tait donc certainement impossible que l'ensemble d'une telle situation ne conduist bientt l'installation spontane d'une vritable dictature militaire1 dont la tendance1 rtrograde ou progressive1 devait d'ailleurs1 malgr l'influence naturelle d'une raction passagre1 dpendre beaucoup1 et certainement davantage qu'en aucun autre cas historique1 de la disposition personnelle de celui qui en serait honor1 parmi tant d'illustres gnraux que la dfense rvolutionnaire avait suscits4 ,par une fatalit jamais dplorable1 cette invitable suprmatie1 laquelle le grand ,hoche semblait d'abord si heureusement destin1 chut un homme presque tranger la ,france1 issu d'une civilisation arrire1 et spcialement anim1 sous la secrte impulsion d'une nature superstitieuse1 d'une admiration involontaire pour l'ancienne hirarchie sociale2 tandis que l'immense ambition dont il tait dvor ne se trouvait rellement en harmonie1 malgr son vaste charlatanisme caractristique1 avec aucune minente supriorit mentale1 sauf celle relative un incontestable talent pour la guerre1 bien plus li1 surtout de nos jours1 l'nergie morale qu' la force intellectuelle4 ,on ne saurait aujourd'hui rappeler un tel nom sans se souvenir que de vils flatteurs et d'ignorans enthousiastes ont os longtemps comparer ,charlemagne un souverain qui1 tous gards1 fut aussi en arrire de son sicle que l'admirable type du moyen ge avait t en avant du sien4 ,quoique toute apprciation personnelle doive rester essentiellement trangre la nature et la destination de notre analyse historique1 chaque vrai philosophe doit1 mon gr1 regarder maintenant comme un irrcusable devoir social de signaler convenablement la raison publique la dangereuse aberration qui1 sous la mensongre exposition d'une presse aussi coupable qu'gare1 pousse aujourd'hui l'ensemble de l'cole rvolutionnaire s'efforcer1 par un funeste aveuglement1 de rhabiliter la mmoire1 d'abord si justement abhorre1 de celui qui organisa1 de la manire la plus dsastreuse1 la plus intense rtrogradation politique dont l'humanit dut jamais gmir4 ,d'aprs les explications prcdentes1 personne assurment ne saurait croire que je prtende ici blmer l'avnement d'une dictature non moins indispensable qu'invitable3 mais je voudrais fltrir1 avec toute l'nergie philosophique dont je suis susceptible1 l'usage profondment pernicieux qu'en fit un chef alors naturellement investi d'une puissance matrielle et d'une confiance morale qu'aucun autre lgislateur moderne n'a pu runir au mme degr4 ,l'tat gnral de l'esprit humain ne permettait point1 sans doute1 son immense autocratie de diriger immdiatement la rorganisation finale de l'lite de l'humanit1 faute d'une indispensable laboration philosophique encore inaccomplie2 mais son action rationnelle aurait pu y appliquer convenablement les hautes intelligences1 et y disposer simultanment la masse des populations1 au lieu d'carter les unes et de dtourner les autres par une activit radicalement perturbatrice de tous les grands effets sociaux que la dictature purement rvolutionnaire avait dj glorieusement bauchs1 autant que l'avait comport l'invitable prpondrance d'une mtaphysique essentiellement ngative4 ,si le prtendu gnie politique de ,bonaparte avait t vraiment minent1 ce chef ne se serait point abandonn son aversion trop exclusive envers la grande crise rpublicaine1 o il ne savait voir1 la suite des plus vulgaires dclamateurs rtrogrades1 que la facile dmonstration de l'impuissance organique propre la seule philosophie qui avait pu y prsider3 il n'y aurait pas entirement mconnu d'nergiques tendances vers une rgnration fondamentale1 dont les conditions ncessaires s'y taient certainement manifestes d'une manire non moins irrcusable pour tous les hommes d'tat dignement placs1 mme par le seul instinct1 au vritable point de vue gnral de la sociabilit moderne1 qui n'et point chapp1 sans doute1 dans cette lumineuse position1 ,richelieu1 ,cromwell1 ou ,frdric4 ,on n'a d'ailleurs aucun besoin de prouver que son autorit relle et ainsi acquis1 avec une aussi pleine intensit1 une stabilit beaucoup plus grande1 en mme temps que sa mmoire et t assure d'une ternelle et unanime conscration1 quoiqu'il dt alors entirement renoncer la purile fondation d'une nouvelle tribu royale4 ,mais1 vrai dire1 toute sa nature intellectuelle et morale tait profondment incompatible avec la seule pense d'une irrvocable extinction de l'antique systme thologique et militaire1 hors duquel il ne pouvait rien concevoir1 sans toutefois en comprendre suffisamment l'esprit ni les conditions2 comme le tmoignrent tant de graves contradictions dans la marche gnrale de sa politique rtrograde1 surtout en ce qui concerne la restauration religieuse1 o1 suivant la tendance habituelle du vulgaire des rois1 il prtendit si vainement allier toujours la considration la servilit1 en s'efforant de ranimer des pouvoirs qui1 par leur essence1 ne sauraient jamais rester franchement subalternes4 ,le dveloppement continu d'une immense activit guerrire constituait1 tout prix1 le fondement ncessaire de cette dsastreuse domination1 qui1 pour le rtablissement phmre d'un rgime radicalement antipathique au milieu social correspondant1 devait surtout exploiter1 par une stimulation incessamment renouvele1 soit les vices gnraux de l'humanit1 soit les imperfections spciales de notre caractre national1 et principalement une vanit exagre1 qui1 loin d'tre soigneusement rgle d'aprs une sage opposition1 fut alors1 au contraire1 directement excite jusqu' la production frquente des plus irrationnelles illusions1 suivant des moyens d'ailleurs emprunts1 comme tout le reste de ce prtendu systme1 aux usages les plus discrdits de l'ancienne monarchie4 ,sans un tat de guerre trs-actif1 en effet1 le ridicule le plus incisif aurait certainement suffi pour faire prompte et pleine justice de l'trange restauration nobiliaire et sacerdotale tente par ,bonaparte1 tant elle tait profondment contradictoire l'tat rel des murs et des opinions2 la ,france n'aurait pu tre rduite1 par aucune autre voie1 cette longue et honteuse oppression1 o la moindre rclamation gnreuse tait aussitt touffe comme un acte de trahison nationale concert avec l'tranger2 l'arme1 qui1 pendant la crise rpublicaine1 avait t constamment anime d'un si noble esprit patriotique1 n'aurait pu tre autrement amene1 d'aprs l'essor exorbitant des ambitions personnelles1 une tendance tyrannique envers les citoyens1 dsormais rduits se consoler vainement du despotisme et de la misre par la purile satisfaction de voir l'empire franais s'tendre de ,hambourg ,rome4 ,enfin1 quant l'influence morale1 on n'a point encore dignement compris que la ,convention1 levant le peuple sans le corrompre1 avait irrvocablement termin la dcomposition chronique de l'ancienne hirarchie sociale1 tout en consolidant nanmoins1 chez les moindres classes1 le respect de chacun pour sa propre condition1 suivant l'attrait universel d'une noble activit politique1 tendant spontanment contenir partout la disposition au dplacement priv1 en honorant et amliorant les plus infrieures positions3 c'est surtout sous la domination guerrire de ,bonaparte que le gnreux sentiment primitif de l'galit rvolutionnaire subit cette immorale dviation qui devait associer directement la plus active portion de notre population un dsastreux systme de rtrogradation politique1 en lui offrant1 comme prix de sa coopration permanente1 l',europe piller et opprimer2 on doit certainement ainsi expliquer le principal dveloppement direct d'une corruption gnrale dtermine1 en germe1 par l'ensemble de la dsorganisation sociale1 et dont nous recueillons aujourd'hui les tristes fruits4 ,mais il serait aussi superflu que pnible de s'arrter ici davantage sur cette malheureuse poque1 autrement que pour y noter sommairement les graves enseignemens politiques qu'elle nous a si chrement procurs4 ,le premier de tous consiste assurment dans l'irrcusable dmonstration de la douloureuse versatilit politique qui devait caractriser l'absence de toute vritable doctrine1 depuis que les convictions rvolutionnaires1 seules pleinement actives de nos jours1 avaient t ncessairement branles1 chez la plupart des esprits1 d'aprs la dplorable exprience propre la dernire partie de la grande crise rpublicaine4 ,sans cette invitable influence mentale1 la politique rtrograde de ,bonaparte aurait videmment manqu la fois d'instrumens et d'appuis1 chez une population qui n'aurait pu autrement laisser tenter la folle et coupable rsurrection du rgime que son nergique antipathie avait si rcemment abattu4 ,la honteuse apostasie de tant d'indignes rpublicains1 et l'entranement insens des masses dsintresses1 durent alors marquer profondment la fragilit dsormais inhrente toutes les convictions uniquement fondes sur une mtaphysique purement ngative1 qui avait dj cess d'tre en suffisante harmonie1 intellectuelle ou sociale1 avec l'ensemble de la situation rvolutionnaire4 ,on doit1 en second lieu1 remarquer1 dans l'preuve vraiment dcisive tente cette poque1 l'indispensable fondement que la guerre active et permanente y fournissait ncessairement au systme de rtrogradation1 qui n'aurait pu autrement obtenir alors aucune telle consistance temporaire1 comme je l'ai ci-dessus signal4 ,cette incontestable apprciation historique indique certainement combien serait la fois chimrique et perturbatrice une politique ainsi oblige l'accomplissement continu d'une condition fondamentale devenue de plus en plus antipathique l'ensemble de la civilisation moderne1 et souvent mme secrtement repousse dsormais par l'instinct involontaire des plus zls partisans des projets insenss dont elle devrait former la base gnrale4 ,il faut y voir aussi1 en sens inverse1 l'immdiate condamnation philosophique de la dplorable aberration qui1 d'aprs l'absence actuelle de toute vritable doctrine politique1 a depuis entran trop souvent l'cole rvolutionnaire1 malgr d'insuffisantes intentions progressives1 dans le seul intrt de ses passions fugitives1 prconiser et mme solliciter l'tat de guerre1 qui constitue cependant l'unique chance srieuse1 quoique phmre1 qui pt rester dsormais aux tendances rtrogrades4 ,enfin1 il importe beaucoup de signaler spcialement1 au sujet de cette domination guerrire1 le nouveau sophisme gnral1 la fois spontan et systmatique1 d'aprs lequel l'esprit militaire1 avant de s'effacer irrvocablement1 y fut conduit rendre un hommage involontaire la nature minemment pacifique de la sociabilit moderne1 en s'efforant toujours d'y reprsenter la guerre comme un moyen fondamental de civilisation1 par un chimrique rajeunissement de l'antique politique romaine1 dont la destination sociale avait videmment reu1 quinze sicles auparavant1 selon notre thorie historique1 une pleine ralisation1 ncessairement impossible renouveler dans tout le reste de l'volution humaine4 ,une telle illusion politique avait d tre assurment fort naturelle1 et mme d'abord invitable1 l'issue immdiate de la dfense rvolutionnaire1 qui suscitait spontanment une irrsistible impulsion l'active propagation universelle des principes franais2 quoique une saine apprciation philosophique1 alors malheureusement impossible1 et sans doute dj conseill1 tous gards1 de se borner la simple garantie nationale1 en laissant des voies plus douces et plus efficaces l'indispensable extension graduelle d'un mouvement essentiellement europen1 et en n'admettant que le juste degr d'invasion provisoire qu'exigeait l'entire efficacit de l'opration dfensive1 ainsi que je l'ai indiqu ci-dessus4 ,mais au moins cette aberration spontane1 malgr ses graves consquences pour l'ensemble de la grande rpublique occidentale1 tait primitivement trs-sincre1 soit dans l'arme1 soit dans la nation2 et1 par suite1 elle devait tre beaucoup moins funeste l'extrieur3 tandis que1 pendant les guerres impriales1 l'inqualifiable prtention d'acclrer le progrs social par le pillage et l'oppression de l',europe1 sous l'intronisation successive d'une trange famille1 ne pouvait plus exercer aucune sduction srieuse1 sinon chez de purs dclamateurs politiques1 dont les vaines conceptions conservent aujourd'hui une fcheuse influence sur la rhabilitation passagre de ce systme rtrograde4 ,leur apprciation sophistique ne saurait offrir aucun autre fondement spcieux que la raction ncessaire suivant laquelle cette dplorable dviation1 comme l'et fait galement une invasion de barbares1 devait naturellement provoquer1 par l'active sollicitude des gouvernemens eux-mmes1 l'veil universel d'un principe d'indpendance et de libert1 plus ou moins identique celui de notre rvolution1 dont le germe essentiel tait1 comme nous l'avons reconnu1 dj dpos dans tout ce vaste territoire propre l'lite de l'humanit1 la ,france n'ayant pu avoir1 cet gard1 d'autre privilge dcisif que celui d'une indispensable initiative3 tel est certainement le seul mode rel d'aprs lequel la tyrannie impriale ait d indirectement concourir1 contre les desseins de son chef1 la rgnration de l',europe4 ,tandis que ,paris comprim tait honteusement rduit chercher un aliment son activit caractristique dans les misrables rivalits des comdiens et des versificateurs1 par une trange vicissitude1 aujourd'hui trop oublie1 et qu'on et1 peu d'annes auparavant1 juge jamais impossible1 ,cadix1 ,berlin1 et mme ,vienne retentissaient1 leur tour1 de chants nergiques et de patriotiques acclamations1 provoquant partout de gnreuses insurrections nationales contre une intolrable domination1 au temps mme o notre bel hymne rvolutionnaire tait chez nous l'objet d'une ombrageuse inquisition4 ,mais1 sauf cette invitable raction1 dont la postrit ne saura certes aucun gr au systme qui l'a indirectement dtermine1 il est vident que l'ensemble de la politique impriale1 bien loin d'avoir rellement propag l'influence franaise1 fut1 de toute ncessit1 directement contraire un tel rsultat1 en stimulant les peuples s'unir aux rois pour repousser l'oppression trangre1 et en dtruisant la sympathie et l'admiration que notre initiative rvolutionnaire et notre dfense populaire avaient universellement inspires nos concitoyens occidentaux1 chez lesquels cette immense aberration guerrire a laiss encore envers nous quelques funestes prventions1 soigneusement entretenues1 malgr l'heureuse prolongation d'une paix indispensable1 par les diverses fractions europennes de l'cole et du parti rtrogrades4 ,il serait videmment superflu d'expliquer ici comment1 aprs une sanglante prpondrance1 galement dsastreuse1 tous gards1 pour la ,france et pour l',europe1 ce rgime1 fond sur la guerre1 tomba trop tard par une suite naturelle de la guerre elle-mme1 quand la rsistance fut partout devenue suffisamment populaire1 tandis que l'attaque se dpopularisait essentiellement4 ,quels que soient aujourd'hui les efforts1 coupables ou insenss1 d'une fallacieuse exposition1 dont le succs momentan prouve combien l'absence de toute vritable doctrine facilite maintenant les plus audacieux mensonges1 la postrit ne mconnatra point la mmorable satisfaction avec laquelle cette chute indispensable fut immdiatement accueillie par l'ensemble de la ,france1 qui1 outre sa misre et son oppression intrieures1 tait lasse enfin de se voir condamne toujours craindre1 suivant une irrsistible alternative1 ou la honte de ses armes1 ou la dfaite de ses plus chers principes4 ,cette grande catastrophe ne devra finalement laisser la nation franaise d'autre ternel regret1 que de n'y avoir pris qu'une part trop passive et trop tardive1 au lieu de prvenir un dnouement funeste par une nergique insurrection populaire contre la tyrannie rtrograde1 avant que notre territoire et pu subir1 son tour1 l'opprobre d'une invasion que notre dplorable torpeur rendit seule alors invitable4 ,la forme honteuse de cet indispensable renversement a constitu depuis l'unique base sur laquelle il soit devenu possible d'tablir1 avec une sorte de succs passager1 une spcieuse solidarit entre notre propre gloire nationale et la mmoire individuelle de celui qui1 plus nuisible l'ensemble de l'humanit qu'aucun autre personnage historique1 fut toujours spcialement le plus dangereux ennemi d'une rvolution dont une trange aberration a quelquefois conduit le proclamer le principal reprsentant4 ,d'aprs la contradiction radicale qui existait ncessairement entre la propre lvation de ,bonaparte et l'esprit monarchique qu'il avait tent de restaurer1 les habitudes politiques contractes sous son influence devaient1 sa chute1 faciliter spontanment le retour provisoire des hritiers naturels de l'ancienne royaut franaise1 qui furent accueillis1 sans confiance mais sans crainte1 chez une nation dont le seul vu prononc consistait alors voir simultanment cesser1 tout prix1 la guerre et la tyrannie1 et d'abord mme dispose penser que cette famille comprendrait aussi1 comme tout le monde le sentait en ,france1 l'intime liaison politique qui avait d rgner entre le systme de conqute et le rgime de rtrogradation1 tous deux galement dtests4 ,mais1 croyant voir1 au contraire1 un symptme de haute adhsion populaire leur vaine utopie monarchique dans une rintgration qu'ils ne devaient1 tous gards1 qu' ,bonaparte1 et o le peuple tait rest essentiellement passif1 ces nouveaux organes de l'action centrale tendirent aussitt reprendre follement la politique rtrograde du pouvoir dchu1 en la concevant1 de toute ncessit1 radicalement prive dsormais de l'activit guerrire laquelle ils attribuaient sa dcadence1 et qui avait1 en ralit1 constitu la principale base indispensable de son succs temporaire4 ,quand cette illusion fondamentale fut suffisamment dveloppe1 la nation aurait t1 sans doute1 promptement prserve des tracasseries et des perturbations qui en devaient rsulter1 en laissant seulement agir une ancienne rivalit domestique1 si le dsastreux retour pisodique de ,bonaparte ne ft venu compliquer gravement la situation1 en mettant de nouveau l',europe en garde contre la ,france1 de manire toutefois n'aboutir1 aprs son irrvocable expulsion1 qu' retarder de quinze ans1 au prix d'immenses sacrifices passagers1 une substitution de personnes devenue videmment invitable4 ,cette dernire priode a rpandu1 sur l'ensemble de la position rvolutionnaire1 une nouvelle lumire1 qu'il importe d'apprcier sommairement4 ,sans regarder le grand problme organique comme aucunement rsolu1 et sans renoncer entirement sa solution ultrieure1 la nation franaise tait alors assez dsabuse1 d'aprs une exprience dcisive1 des hautes esprances de rgnration sociale qu'elle avait d'abord attaches au triomphe universel de la politique mtaphysique1 pour ne s'occuper essentiellement dsormais que de raliser l'heureuse influence de l'tat de paix sur le dveloppement continu de l'volution industrielle1 laquelle l'branlement initial avait imprim une acclration capitale1 dont la guerre avait auparavant entrav la manifestation permanente4 ,aussi1 quoique l'absence d'une vritable doctrine ne permt point une meilleure direction1 la ,france ne prit-elle habituellement qu'un intrt passif et secondaire aux striles discussions constitutionnelles qui durent1 cette poque1 marquer le rveil officiel de l'esprit rvolutionnaire1 et qui tendaient fonder la rorganisation finale sur une troisime tentative d'imitation gnrale du rgime parlementaire propre l',angleterre1 et auquel les dbris du systme imprial semblaient avoir prpar enfin une sorte d'lment aristocratique susceptible d'une consistance apparente4 ,mais1 dfaut d'une saine thorie1 cette nouvelle preuve1 plus prolonge1 plus paisible1 et1 par suite1 plus dcisive qu'aucune des prcdentes1 tendit bientt faire irrvocablement ressortir le caractre anti-historique et anti-national d'une telle utopie politique1 profondment antipathique un milieu social o1 depuis la fin du moyen ge1 l'ensemble du pass avait toujours dvelopp la dcadence spciale de l'aristocratie1 en concentrant graduellement autour de la seule royaut tous les restes quelconques de l'ancienne organisation4 ,sous un actif ascendant aristocratique1 le pouvoir royal tait essentiellement rduit1 en ,angleterre1 une vaste sincure accorde au chef nominal de l'oligarchie britannique1 avec une puissance relle peu suprieure celle des doges vnitiens1 malgr la vaine dcoration d'une hrdit monarchique4 ,en ,france1 au contraire1 l'instinct royal devait profondment rpugner une telle dgradation de l'lment prpondrant d'un rgime qu'on prtendait seulement modifier quand on l'annullait radicalement1 suivant la formule1 triviale mais nergique1 employe par ,bonaparte1 son avnement dictatorial1 pour repousser une semblable mystification mtaphysique4 ,ainsi rduite sa partie purement ngative1 faute de bases relles pour la partie vraiment positive1 l'irrationnelle imitation du type anglais ne pouvait1 en effet1 aboutir qu' l'irrvocable neutralisation de la royaut2 et ce rsultat ncessaire devenait alors d'autant plus dcisif que1 par la nouvelle forme d'une telle institution1 l'adhsion monarchique y semblait spcialement volontaire4 ,c'est l surtout qu'il faut placer1 dans l'histoire gnrale de la transition moderne1 la dissolution directe de la grande dictature temporelle o nous avons vu1 au cinquante-cinquime chapitre1 partout converger1 sous diverses formes1 l'ensemble du mouvement de dcomposition politique4 ,depuis le commencement de la crise rvolutionnaire1 cette dictature1 labore par ,louis ,,xi et complte par ,richelieu1 avait t essentiellement maintenue1 au plus haut degr d'nergie politique1 d'abord avec un caractre progressif par la ,convention1 et ensuite dans un esprit rtrograde par ,bonaparte1 qui en dut tre rellement le dernier organe4 ,mais1 au temps que nous considrons1 elle se rsout enfin en un antagonisme permanent entre l'action politique centrale1 que cette nouvelle royaut reprsente imparfaitement1 et l'action locale ou partielle1 mane d'une assemble plus ou moins populaire3 l'unit de direction disparat alors sous le tiraillement rgulier de ces deux forces opposes1 dont chacune tend s'assurer une prpondrance dsormais impossible jusqu' ce qu'une convenable terminaison de l'anarchie spirituelle vienne permettre enfin une vritable organisation temporelle2 ,bonaparte lui-mme et alors subi cette invitable consquence de la situation gnrale1 comme l'indique directement la transformation force qui caractrisa son retour phmre4 ,une apprciation plus spciale commence d'ailleurs montrer l'invitable abaissement du pouvoir royal marqu1 d'une manire plus directe et plus distincte1 dans la nouvelle existence gnrale1 historiquement trop peu comprise1 du pouvoir ministriel proprement dit1 qui1 aprs en avoir t1 sous la seconde phase moderne1 une manation facultative1 en devenait maintenant une substitution continue1 dont l'action tendait de plus en plus une pleine indpendance relle envers la royaut1 ainsi graduellement rapproche de la nullit anglaise2 cette sorte d'abdication spontane devait1 au reste1 immdiatement aboutir augmenter la dispersion politique1 qui semblait par-l rige en principe irrvocable4 ,hors des vains dbats constitutionnels propres cette poque1 se poursuivait ncessairement la lutte gnrale entre l'instinct progressif et la rsistance rtrograde1 la faveur mme de ce rgime mtaphysique1 qui1 malgr son ternit officielle1 ne pouvait tre regard que comme une transition prcaire chez les divers partis actifs qui s'y disputaient une suprmatie impossible4 certains gards1 cette coexistence contradictoire de deux politiques incompatibles maintenait1 sans doute1 le caractre essentiel de la situation fondamentale antrieure la crise rvolutionnaire1 mais avec cette diffrence capitale que l'cole progressive avait hautement marqu son but final1 quoique d'une manire purement ngative1 en mme temps qu'elle avait ainsi constat sa propre impuissance organique2 tandis que l'cole rtrograde1 claire1 sa manire1 par la mme exprience1 avait t naturellement conduite mieux concevoir qu'auparavant l'ensemble des conditions d'existence relatives au rgime dont elle entreprenait la chimrique restauration4 ,c'est alors que se trouve pleinement tabli le dplorable dualisme social que j'ai compltement dcrit au quarante-sixime chapitre1 o nous avons vu les deux sentimens galement indispensables de l'ordre et du progrs entretenus dsormais1 d'une manire galement insuffisante1 par l'invitable conflit de deux doctrines antipathiques1 sous la vaine interposition officielle d'un parti stationnaire1 empruntant chacune d'elles des principes qui se neutralisaient mutuellement1 surtout quand il tentait de concilier la suprmatie lgale du catholicisme avec une vraie libert religieuse4 ,en renvoyant le lecteur cette apprciation fondamentale d'une situation qui a d jusqu' prsent persister essentiellement1 je rappellerai seulement ici que cette strile et dangereuse oscillation nous a paru principalement caractrise1 sous le rapport moral1 d'aprs l'extension ncessaire d'une corruption systmatique sans laquelle une telle anarchie empcherait toute action relle1 et1 sous le rapport politique1 d'aprs l'entire prpondrance permanente des littrateurs et des avocats1 ainsi devenus1 chez tous les partis1 les directeurs naturels d'une lutte de plus en plus dgage de toutes convictions profondes4 ,quoiqu'on ait alors tent d'riger1 en l'honneur de l'entit politique vainement dcore du nom de loi1 une sorte de culte mtaphysique1 qui ne pouvait1 au fond1 aboutir qu' consacrer l'universelle domination des lgistes1 l'absence de vritables principes sociaux se manifeste1 plus compltement encore que dans les priodes prcdentes1 par cette dplorable fcondit rglementaire qui distingue ncessairement les temps o1 faute de notions vraiment fondamentales1 on est conduit1 pour viter un arbitraire indfini1 l'incohrente accumulation d'une multitude presque illimite de dcisions particulires1 d'ailleurs le plus souvent impuissantes atteindre convenablement les ralits4 ,c'est ainsi que1 malgr l'insuffisante codification prside par ,bonaparte1 la dispersion des ides politiques est rapidement parvenue ce degr caractristique o1 comme le tmoigne notre triste exprience journalire1 les plus habiles jurisconsultes1 aprs avoir consum leurs veilles l'tude des dcisions lgales1 ne peuvent presque jamais convenir1 en chaque cas dtermin1 de ce qui constitue effectivement la lgalit1 profondment dissimule sous l'obscur assemblage d'une foule de dispositions spciales1 dont aucun juriste ne peut mme se flatter aujourd'hui d'avoir acquis une pleine connaissance totale4 ,avec quelque homognit logique que dt tre alors coordonne1 suivant l'explication prcdente1 l'action rtrograde que nous considrons dans son extrme effort politique1 j'ai dj signal1 au quarante-sixime chapitre1 les inconsquences ncessaires qui1 mme abstraitement1 la condamnaient une nullit caractristique4 ,sous l'aspect historique1 la plus dcisive de ces contradictions fondamentales consistait assurment1 comme je l'ai ci-dessus indiqu1 combiner le systme de rtrogradation politique avec un tat de paix continu1 de manire priver radicalement une telle marche des seules influences permanentes qui lui eussent procur1 sous la direction de ,bonaparte1 un succs temporaire4 ,cette incohrence capitale tait d'autant plus significative qu'elle constituait spontanment une suite insurmontable de l'ensemble de la situation sociale2 puisque le maintien de la paix tait1 au fond1 l'unique mrite essentiel qui1 malgr de vaines stimulations1 dtermint la nation franaise supporter suffisamment une telle domination provisoire1 dont les dangers ne purent longtemps lui paratre assez srieux pour compromettre1 par son renversement prmatur1 une tranquillit extrieure et intrieure fconde en progrs matriels et mme intellectuels4 ,on doit surtout attribuer au sentiment instinctif de cette inconsquence dcisive l'espce d'indiffrence ddaigneuse qu'inspirait alors la masse de la population une politique rtrograde1 antipathique ses plus nergiques tendances1 mais dont l'inanit radicale tait ainsi confusment reconnue4 ,l'ensemble de notre thorie historique de l'volution moderne nous dispense d'ailleurs videmment de nous arrter ici aux graves incohrences intrieures qui1 malgr les efforts de ses coordinateurs abstraits1 devaient neutraliser mutuellement les divers lmens de cette trange politique1 par une sorte de reproduction spontane1 sur une moindre chelle1 et suivant un cours beaucoup plus rapide1 des mmes dissidences essentielles d'o nous avons vu1 au cinquante-cinquime chapitre1 rsulter graduellement1 pendant les cinq sicles de la transition moderne1 la dcomposition rvolutionnaire de l'ancien systme politique1 soit d'aprs l'opposition fondamentale entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel1 soit mme en vertu de la lutte de la royaut avec l'aristocratie2 double conflit caractristique1 dont les diverses fractions de l'cole rtrograde donnrent alors1 la ,france et l',europe1 la rassurante imitation4 ,toutefois1 il n'est pas inutile de remarquer1 comme pouvant faire spcialement ressortir la nature des principaux besoins propres notre situation sociale1 l'ascendant habituel que dut prendre1 dans une telle politique1 la rorganisation spirituelle1 directement rige en base indispensable du plan gnral de rtrogradation1 sous la suprme influence d'une dangereuse corporation1 pralablement rtablie pour cette unique destination4 ,a ce titre1 ainsi qu' tout autre1 cette dernire tentative ne pouvait1 sans doute1 conduire qu' la reproduction acclre de l'invitable avortement propre une pareille marche pendant les trois sicles antrieurs3 la compagnie tristement fameuse qui s'en rendit l'organe naturel ne put alors que joindre la haine insurmontable qu'elle avait jadis inspire le plus irrvocable mpris1 justement acquis dsormais une congrgation o la plus ignoble hypocrisie dispensait si souvent de mrite et mme de moralit4 ,nanmoins1 cette faon de procder constitue1 sa manire1 un premier symptme politique de la prpondrance directe que devait maintenant obtenir de plus en plus le besoin fondamental de la rorganisation spirituelle1 depuis que l'impuissance organique de la mtaphysique ngative avait suffisamment prouv l'impossibilit actuelle de toute rorganisation temporelle qui n'aurait pas t convenablement prcd d'une rgnration intellectuelle et morale3 ce sentiment ne pouvait1 en effet1 exister habituellement chez l'cole rtrograde1 sans tendre ncessairement se propager aussi peu peu1 avec une efficacit plus dcisive1 chez l'cole progressive elle-mme1 par une suite naturelle de leur antagonisme fondamental4 ,quand cette vaine raction eut enfin pris une attitude srieusement menaante pour l'ensemble du grand mouvement rvolutionnaire1 une seule secousse dcisive1 dtruisant rapidement1 sans aucune opposition relle1 une politique essentiellement dpourvue de toutes racines populaires1 suffit dmontrer1 aux plus aveugles observateurs1 que la chute de ,bonaparte1 loin d'tre simplement due l'unique amour de la paix1 tait galement rsulte de l'aversion universellement inspire par la rtrogradation tyrannique qui tait devenue le but dplorable d'une invitable dictature4 ,la forme effective du dnoment imprial ayant d naturellement laisser1 cet gard1 ainsi que je l'ai not ci-dessus1 une quivoque fondamentale1 qu'il importait de dissiper jamais1 cette nergique manifestation tait certainement indispensable1 dans l'tat prsent de la philosophie politique1 pour faire dignement comprendre que le besoin du progrs social n'tait pas moins fondamental1 aux yeux de la nation franaise1 premier organe spontan de la rpublique europenne1 que le besoin de l'ordre et celui de la paix1 dj spcialement signals1 l'un l'avnement1 l'autre au dclin1 du rgime de ,bonaparte4 ,cette dmonstration ncessaire doit tre1 ce me semble1 historiquement envisage comme destine marquer enfin le terme irrvocable de la grande raction rtrograde1 immdiatement commence l'institution du disme lgal de ,robespierre1 compltement dveloppe sous la tyrannie de ,bonaparte1 et aveuglment prolonge par ses faibles successeurs4 ,depuis cet indispensable enseignement1 la nation franaise est demeure essentiellement inaccessible de frquentes tentatives d'une agitation politique toujours dpourvue jusqu'ici de toute vritable intention organique1 et ne pouvant aboutir qu' de vaines substitutions de personnes1 o l'ordre serait gravement compromis sans aucun profit pour le progrs4 ,quoique le caractre purement provisoire1 propre l'ensemble de la situation rvolutionnaire1 soit ainsi devenu plus profondment apprciable que sous aucun des modes antrieurs1 la population a d1 en gnral1 sauf d'invitables manifestations1 ds lors1 il est vrai1 plus ritres1 du besoin fondamental de rgnration sociale1 reprendre paisiblement le cours naturel de son volution industrielle1 dont l'exclusive prpondrance1 malgr ses graves dangers moraux1 doit spontanment rsulter de l'absence prolonge de toute minente activit politique1 jusqu' une convenable laboration de la vraie rorganisation spirituelle4 ,cette dernire transformation prparatoire se distingue principalement des prcdentes par une sorte de renonciation volontaire1 implicite mais irrcusable1 du rgime officiel l'tablissement rgulier d'aucun ordre intellectuel et moral3 devenue directement matrielle1 la politique y prtend rester indpendante des doctrines et des sentimens1 et reposer dsormais sur la seule considration active des intrts proprement dits4 ,une aversion instinctive pour les aberrations qui venaient de perdre le systme royal1 vainement obstin poursuivre1 en sens rtrograde1 la rorganisation spirituelle1 a d naturellement inspirer une telle tendance empirique1 dans un milieu o l'tat des ides ne saurait permettre aux hommes politiques de concevoir1 d'une manire vraiment progressive1 cette indispensable rorganisation4 ,en mme temps1 la difficult croissante de maintenir suffisamment l'ordre matriel1 au milieu de l'anarchie mentale et morale1 ainsi directement livre dsormais son libre essor spontan1 a d maintenir habituellement cette nouvelle disposition1 en produisant un tat continu d'imminente proccupation politique1 qui dtournerait le pouvoir de toute autre inquitude moins immdiate1 quand mme il serait srieusement accessible aucune considration trangre la conservation1 de plus en plus pnible1 de sa propre existence1 ds lors incessamment menace1 non-seulement par des agitations exceptionnelles devenues plus frquentes1 mais surtout par le jeu rgulier des divers lmens d'un rgime contradictoire4 ,c'est ainsi que s'est enfin trouv provisoirement ralis1 autant que le comportent les tendances gnrales de la socit moderne1 l'trange type politique propre la philosophie ngative1 qui avait si longtemps demand un systme rduisant le pouvoir de simples fonctions rpressives1 sans aucune attribution directrice1 et abandonnant une libre concurrence prive toute active poursuite de la rgnration intellectuelle et morale4 ,mais1 aprs son entire installation1 ce dernier rgime provisoire est radicalement mconnu de ceux-l mme qui en avaient t d'avance les plus zls admirateurs spculatifs1 parce qu'ils y ont vu s'vanouir aussitt les irrationnelles esprances de rformation sociale qu'ils en avaient aveuglment conues1 et qui ont fait place la triste conviction exprimentale qu'une telle politique matrielle ncessite aujourd'hui la plus vaste extension permanente d'une corruption organise1 dfaut de laquelle la dcomposition deviendrait imminente1 sous l'essor presque illimit des ambitions perturbatrices1 et d'o rsulte ncessairement l'accroissement continu des plus onreuses dpenses publiques1 comme indispensable condition pratique d'un rgime surtout vant pour sa nature minemment conomique4 ,sans examiner ici davantage les divers caractres essentiels propres une situation dj spcialement analyse1 tous gards1 dans la leon prliminaire du tome quatrime1 il nous suffit de les avoir ainsi directement rattachs l'ensemble de notre apprciation historique4 ,toutefois1 afin de complter rellement l'explication ci-dessus indique sur la dsorganisation dcisive de la grande dictature temporelle1 il importe de considrer1 d'une manire distincte quoique sommaire1 la nouvelle situation gnrale d'un pouvoir central auquel la prcision du langage philosophique ne permet gure d'appliquer dsormais l'ancienne qualification de royaut1 depuis que tous les prestiges monarchiques ont irrvocablement disparu avec les croyances qui les consacraient1 et lorsque d'ailleurs le cours naturel des vnemens1 pendant le dernier demi-sicle1 a d rendre fort problmatique1 en ,france1 la vaine hrdit lgale d'une fonction qui n'y saurait jamais dgnrer en une simple sincure anglaise1 et qui1 par suite1 y exigera toujours une vritable capacit personnelle1 dont la transmission domestique est peu vraisemblable4 ,il serait d'ailleurs superflu de s'arrter ici aucunement l'irrcusable confirmation que notre dernire commotion politique a spontanment fournie pour l'inanit radicale des imitations mtaphysiques du rgime transitoire propre l',angleterre1 d'aprs l'vidente subalternit parlementaire laquelle s'est ainsi trouv rduit un prtendu lment aristocratique d'origine impriale ou royale4 ,mais il faut1 au contraire1 soigneusement noter les nouveaux empitemens gnraux de l'assemble lgislative sur le pouvoir qu'une habitude invtre conduit encore qualifier de royal1 malgr qu'il ait dj perdu sans retour tous les principaux attributs historiquement rappels par une telle dnomination politique4 ,ces usurpations caractristiques consistent d'abord dans l'initiative directe constitutionnellement accorde chacun des membres de cette lgislature1 et surtout dans la tendance permanente1 encore plus dcisive1 quoique moins lgale1 qui les pousse tous1 au milieu de leurs vains dissentimens habituels1 l'annulation directe de l'autorit centrale1 en lui imposant les organes qu'elle doit employer1 de manire empcher l'exercice le plus lgitime de son indispensable spontanit4 ,sous cette double influence1 il est clair que le centre d'action1 dsormais priv de toute stabilit relle1 se trouve successivement transport chez chacun des personnages qui parviennent1 tour tour1 obtenir1 par des moyens plus ou moins phmres1 un ascendant parlementaire1 si rarement attach une vraie capacit politique1 d'aprs l'irrationnelle nature d'une assemble o doivent ncessairement dominer aujourd'hui les vues empiriques et partielles avec les passions dispersives1 sauf les cas exceptionnels o l'imminence d'un grave danger commun vient y permettre une vritable unit passagre4 ,on doit aussi remarquer que les ministres mme du pouvoir central1 ainsi devenus presque indpendans de la puissance royale1 tendraient bientt dterminer son entire limination graduelle1 sans plus d'embarras que les anciens maires du palais1 quoique d'une tout autre manire1 si notre milieu social n'empchait spontanment une telle usurpation1 soit par la propre fragilit de ces suprmes agens1 soit surtout par l'absence ncessaire de tout minent dessein politique dans cette situation provisoire du grand mouvement rvolutionnaire4 ,toutefois1 malgr ces prils continus1 l'action royale1 habilement exerce1 et sagement rduite son indispensable office actuel pour le maintien matriel d'un ordre public souvent compromis1 finit par obtenir suffisamment1 sous l'adhsion spontane d'une masse essentiellement trangre de vaines agitations parlementaires1 un vritable ascendant habituel1 en vertu de sa constance et de sa concentration1 sur les vues incohrentes de tant d'ambitions contradictoires1 qu'apaisent aisment de nouvelles dcompositions du pouvoir et de frquentes mutations personnelles1 dont l'influence continue1 en dissipant toute crainte srieuse d'empitement ministriel1 tend d'ailleurs videmment l'augmentation rapide de la dplorable dispersion politique qui caractrise une socit dsormais dpourvue de toute vraie direction permanente1 tant que durera l'interrgne intellectuel et moral4 ,dans cette trange situation temporaire1 il ne nous reste plus considrer que le rsultat gnral de la renonciation implicite du rgime officiel toute prtention srieuse sur la rorganisation spirituelle1 pour laquelle il a volontairement reconnu son inaptitude radicale1 comme je l'ai ci-dessus expliqu4 ,or1 cette incomptence1 tacitement avoue1 livre ncessairement la puissance intellectuelle et morale quiconque veut et peut s'en saisir passagrement1 sans aucune garantie normale d'une vraie vocation personnelle relativement aux plus importans et aux plus difficiles problmes dont la pense humaine puisse tre jamais proccupe3 d'o suit habituellement1 beaucoup plus que sous tous les autres modes antrieurs1 la domination spirituelle du journalisme1 naturellement chue aujourd'hui de purs littrateurs1 ordinairement impropres1 soit en eux-mmes1 soit surtout par l'ensemble de leur ducation1 sentir suffisamment ce qui constitue la saine laboration rationnelle d'une question quelconque1 ft-ce envers les plus simples sujets de spculation positive1 et ds lors ncessairement disposs1 mme avec les plus loyales intentions politiques1 faire trop souvent dgnrer l'apprciation philosophique des principales difficults sociales en un strile appel des passions qu'il faudrait1 au contraire1 presque toujours calmer4 ,sous le dplorable ascendant de sectes phmres1 dont la vaine succession deviendra bientt aussi rapide que celle des ministres parlementaires1 ce pouvoir1 inconstitutionnel mais irrcusable1 a d malheureusement rester jusqu'ici1 chez l'cole progressive ou rvolutionnaire1 essentiellement consacr1 sauf d'invitables intrigues personnelles1 l'active propagation continue de conceptions minemment anarchiques1 liant la rorganisation finale une profonde perturbation des conditions lmentaires les plus indispensables la sociabilit moderne1 d'aprs des inspirations constamment empruntes1 d'une manire plus ou moins explicite1 au disme lgal de ,rousseau et de ,robespierre1 spontanment rig en fondement ncessaire de la rgnration humaine4 ,dans une situation radicalement dsordonne1 o les plus nergiques stimulations poussent incessamment aux plus difficiles spculations les intelligences les moins prpares1 sans aucun principe rel propre contenir les divagations spontanes1 on doit certes peu s'tonner ni que les plus absurdes utopies obtiennent momentanment un dangereux crdit1 ni qu'une critique dissolvante tende la funeste dconsidration de toute autorit quelconque1 suivant les explications fondamentales du quarante-sixime chapitre1 auquel je dois ici me borner1 cet gard1 renvoyer spcialement le lecteur attentif4 ,j'y ajouterai seulement1 pour complter cette apprciation historique1 que les irrationnelles prcautions lgalement institues contre de tels prils tendent ncessairement d'ordinaire les aggraver beaucoup1 puisque les conditions fiscales et les rpressions pcuniaires ainsi imposes au libre exercice de cet trange pouvoir spirituel doivent naturellement aboutir le concentrer davantage chez de vastes coteries1 o il se complique invitablement de calculs mercantiles1 en un temps o1 la mditation solitaire pouvant seule produire de vraies convictions1 une sage politique devrait1 au contraire1 systmatiquement encourager l'action sociale des penseurs isols1 les seuls qui puissent tre aujourd'hui suffisamment affranchis d'un dplorable entranement intellectuel et moral4 ,quoi qu'il en soit1 l'extrme imperfection actuelle de cette nouvelle puissance ne doit pas faire mconnatre la haute importance de son avnement caractristique1 malgr les vaines rclamations d'une assemble temporelle1 souvent choque de voir ainsi surgir hors de son sein un pouvoir illgal1 quelquefois dispos envers elle un redoutable antagonisme1 bien que lui-mme manifeste encore1 sous ce rapport surtout1 un trop faible sentiment de son nergique spontanit1 d'aprs un reste d'influence inaperue de la grande aberration rvolutionnaire sur la confusion fondamentale des deux puissances lmentaires1 tant signale dans le volume prcdent4 ,depuis que les principaux dbats parlementaires sont habituellement rduits dterminer quelle nouvelle coterie d'avocats et de littrateurs appartiendront momentanment les portefeuilles et les ambassades1 il faut peu s'tonner1 sans doute1 que la presse ait rapidement conquis1 malgr tous les obstacles quelconques1 un ascendant social dont la tribune n'tait plus digne4 ,historiquement envisage1 cette nouvelle prpondrance1 qui ne peut certainement que s'accrotre1 constitue maintenant mes yeux1 pour l'ensemble de l'cole rvolutionnaire1 un premier symptme dcisif de la prminence gnrale qu'y acquiert aujourd'hui le sentiment instinctif du besoin direct de la rorganisation spirituelle1 dont l'urgence suprieure avait t dj comprise1 sous la priode prcdente1 par l'cole rtrograde1 suivant les formes convenables sa nature propre1 comme je l'ai ci-dessus expliqu4 ,c'est ainsi que1 sous l'irrsistible impulsion d'un enseignement exprimental1 un demi-sicle de profondes perturbations sociales a finalement conduit dsormais tous les partis actifs reconnatre spontanment1 chacun sa manire1 quoique d'aprs un mode trs-imparfait1 la priorit ncessaire que doit actuellement obtenir la rgnration intellectuelle et morale sur une suite immdiate d'essais purement politiques1 dont l'efficacit est enfin radicalement puise1 tant qu'ils ne pourront pas tre philosophiquement dirigs par une telle rnovation pralable4 ,quant aux rsultats effectifs de la priode extrme que nous achevons d'apprcier1 ils ont surtout consist jusqu'ici dans l'invitable extension de la crise fondamentale l'ensemble de la grande rpublique europenne1 dont la ,france devait tre seulement l'avant-garde4 ,pendant la priode prcdente1 l'heureuse influence politique de la paix universelle y avait dj spontanment dvelopp presque partout les germes antrieurs d'un salutaire branlement1 que l'agitation guerrire avait elle-mme pralablement concouru stimuler involontairement1 comme je l'ai expliqu en son lieu4 ,mais cette propagation naturelle ne pouvait1 sans doute1 acqurir une importance vraiment dcisive tant que la crise gnrale avait d sembler dissipe dans son foyer principal4 ,c'est donc seulement depuis qu'une dernire commotion indispensable a pleinement dmontr l'inanit radicale d'une telle illusion politique1 que cette extension ncessaire a pu suffisamment s'accomplir4 ,quoiqu'elle semble avoir partout abouti1 comme en ,france1 une vaine imitation universelle de la transition anglaise1 l'apprciation historique ci-dessus applique au cas franais dmontre pareillement1 surtout chez les peuples catholiques1 que cette irrationnelle utopie n'y saurait acqurir aujourd'hui aucune vritable consistance1 mme parmi les populations allemandes o l'lment aristocratique avait le moins dchu1 comme le confirme de plus en plus l'preuve universelle4 ,il est d'ailleurs vident que l'imminente propagation spciale de l'agitation rvolutionnaire jusqu'au sein de l'organisation britannique1 doit ncessairement discrditer toute application extrieure d'un rgime radicalement attaqu dans son type national4 ,cette indispensable extension occidentale tait surtout destine1 pour la marche gnrale des conceptions actuelles1 dterminer une suffisante gnralisation d'ides politiques sur la vraie nature de la crise commune1 et faire directement ressortir la prpondrance dcisive que doit enfin acqurir partout la rorganisation intellectuelle et morale1 seule susceptible de convenir simultanment des populations o l'laboration politique proprement dite devra s'accomplir ensuite d'une manire essentiellement indpendante1 sous peine des plus dangereuses perturbations europennes1 comme je l'indiquerai ci-dessous4 ,quoiqu'une telle propagation ait d naturellement tendre rajeunir la mtaphysique rvolutionnaire1 qui ne pouvait ailleurs tre aussi use qu'en ,france1 l'impuissance organique de cette doctrine ngative a d aussi se manifester universellement1 sans exiger1 en chaque cas1 le renouvellement national des douloureuses expriences qui1 d'aprs la similitude fondamentale des situations1 avaient d tre tentes par un seul peuple l'ternel profit de tous les autres4 ,enfin1 il importe de noter que la raction ncessaire de cette extension dcisive achve de consolider la pleine scurit du mouvement commun1 que garantissait d'abord notre grande dfense rvolutionnaire1 et qui dsormais repose aussi sur l'heureuse impossibilit de toute grave compression rtrograde1 ainsi directement condamne une chimrique universalit1 depuis que les diverses populations occidentales ne peuvent plus tre srieusement ameutes contre une seule d'entre elles1 et que les armes sont partout occupes principalement contenir ces agitations intrieures4 ,telle est la suite naturelle de considrations historiques1 qui1 d'aprs une apprciation1 sommaire mais spciale1 de chacune des cinq priodes essentielles propres la crise finale o demeure plonge1 depuis un demi-sicle1 l'lite de l'humanit1 nous conduit reconnatre1 d'une manire plus ou moins distincte1 dans l'ensemble de ce vaste thtre social1 et surtout dans le principal sige de l'impulsion dcisive1 l'irrcusable ncessit actuelle d'une rorganisation spirituelle1 vers laquelle nous avons vu converger spontanment toutes les hautes tendances politiques1 et dont l'invitable avnement1 dsormais compltement prpar1 n'attend plus aujourd'hui que l'indispensable initiative philosophique qui seule lui manque encore1 et que j'ose immdiatement tenter par ce ,trait fondamental1 destin caractriser1 tous gards1 la rationnalit positive4 ,nanmoins1 avant de procder directement cette indication dfinitive1 que l'esprit gnral et le cours graduel de notre laboration dynamique font dj spontanment pressentir1 il faut d'abord complter l'examen intgral de la grande poque laquelle nous venons de consacrer une analyse partielle exige par son importance dcisive1 en y considrant enfin1 abstraction faite de toute priode particulire1 l'extension ncessaire de la double progression sociale que les deux chapitres prcdens ont dmontre propre toute l'volution moderne1 soit quant l'irrvocable extinction du systme thologique et militaire1 soit pour l'essor universel d'un organisme rationnel et pacifique4 l'un et l'autre titre1 il importe ici d'apprcier exactement l'indispensable complment naturel ainsi rapidement apport l'ensemble du mouvement fondamental1 la fois ngatif et positif1 que nous avons vu lentement s'accomplir pendant les cinq sicles antrieurs4 ,comme envers ce pass1 nous devons ici considrer1 en premier lieu1 le prolongement de la dcomposition politique1 et d'abord en ce qui concerne l'organisme thologique1 principale base de l'ancien systme social4 ,or1 cet gard1 il est ais d'apprcier historiquement la raction ncessaire suivant laquelle la crise rvolutionnaire1 spontanment issue de la dsorganisation religieuse1 a puissamment contribu la rendre videmment irrvocable1 en portant une dernire atteinte dcisive aux diverses conditions essentielles1 politiques1 intellectuelles et morales1 de l'ancienne conomie spirituelle4 ,sous le premier aspect1 il est clair que l'asservissement antrieur de l'ordre ecclsiastique la puissance temporelle a t alors beaucoup augment1 soit en tant au clerg cette influence lgale sur la vie domestique dont il conserve encore l'apparence chez les populations protestantes1 soit surtout en le privant de biens spciaux dj dpourvus de toute grande destination1 et en subordonnant par suite l'ensemble de son existence aux discussions annuelles d'une assemble de laques incrdules1 presque toujours mal disposs envers la corporation sacerdotale1 quoique leur antipathie soit ordinairement contenue par une sorte de croyance empirique la prtendue ncessit indfinie des doctrines thologiques pour le maintien de l'harmonie sociale4 ,en laissant ,bonaparte rtablir1 sans opposition srieuse1 un culte encore cher une partie arrire mais intressante de notre population1 la nation franaise a toujours impos au clerg1 comme condition tacite d'une dotation dsormais facultative1 l'obligation fondamentale de renoncer toute influence politique1 et de se borner ses fonctions prives1 envers ceux seulement qui consentent y recourir4 ,ds la prochaine tentative un peu grave de raction rtrograde au profit d'un pouvoir qui ne saurait se rsigner volontairement un tel abaissement1 cette disposition nationale1 aujourd'hui certainement prpondrante1 malgr de vaines apparences contraires1 dterminera1 sans doute1 la suppression finale du budget ecclsiastique1 en rservant aux divers fidles l'entretien spcial de leurs pasteurs respectifs1 suivant une tendance trop conforme l'esprit gnral de la mtaphysique rvolutionnaire pour rester longtemps invitable1 comme l'ont annonc dj quelques propositions prmatures4 ,or1 un tel usage1 qui1 dans les murs protestantes des anglo-amricains1 est trs-favorable la profession sacerdotale1 consommerait assurment sa ruine totale en ,france1 et bientt mme dans tous les autres pays demeurs nominalement catholiques1 sauf l'insuffisante compensation de quelques rares dvouemens partiels4 ,quant la dcadence intellectuelle de l'organisation thologique1 la crise rvolutionnaire a d l'aggraver profondment1 en propageant chez toutes les classes quelconques l'entire mancipation religieuse4 ,une nation qui1 pendant plusieurs annes1 loin de rclamer srieusement contre la suppression lgale du culte public par une assemble minemment populaire1 a paisiblement cout1 dans ses vieilles cathdrales1 la prdication directe d'un audacieux athisme ou d'un disme non moins hostile aux anciennes croyances1 a certes suffisamment constat son plein affranchissement thologique2 surtout quand on considre que mme d'odieuses perscutions ne purent alors vraiment ranimer une ferveur religieuse dont les sources mentales taient ncessairement taries3 les vains tmoignages ultrieurs qu'on a souvent allgus cet gard1 ont toujours t essentiellement dpourvus de la vritable spontanit qui seule en et constitu la valeur sociale2 car ils furent constamment dus aux proccupations systmatiques d'une politique rtrograde1 d'abord impriale et puis royale4 ,aprs ces videntes indications historiques1 que chaque lecteur peut aisment dvelopper1 il faut enfin1 quant aux considrations morales1 insister davantage sur l'apprciation plus conteste1 quoique non moins dcisive1 de l'irrcusable dmonstration spontanment rsulte de l'ensemble de la crise rvolutionnaire contre la prtention exclusive des doctrines religieuses aux proprits morales1 soit individuelles1 soit surtout sociales1 dont une aveugle routine dispose encore y chercher uniquement le principe invariable4 ,depuis qu'une pleine mancipation thologique tait devenue frquente chez les esprits cultivs1 de nombreux exemples privs1 parmi lesquels on distinguera toujours avec reconnaissance la vie entire du vertueux ,spinosa1 tendaient1 sans doute1 constater de plus en plus l'indpendance fondamentale de toutes les vertus relles envers les croyances qui1 dans l'enfance de l'humanit1 avaient t longtemps indispensables leur stimulation permanente4 ,outre ces cas particuliers graduellement multiplis1 une exacte analyse et aisment prouv que1 mme chez le vulgaire1 surtout pendant la troisime phase moderne1 les faibles convictions religieuses qui s'y conservaient encore taient habituellement dpourvues de toute efficacit essentielle pour l'ensemble de la conduite morale1 abstraction faite d'ailleurs des graves discordes1 domestiques1 civiles1 et nationales1 dont elles taient devenues le principe vident4 ,mais1 malgr ces divers enseignemens1 on sait combien de telles prtentions doivent longtemps survivre aux situations qui les motivaient1 envers des phnomnes aussi complexes1 et sous l'impulsion de tant d'intrts attachs leur ascendant continu4 ,en considrant l'ensemble de l'volution humaine1 il n'y a pas1 d'aprs notre thorie historique1 de vertu quelconque qui1 pour se convertir en habitude suffisante1 n'ait eu primitivement besoin d'une sanction religieuse1 que la progression intellectuelle et morale a fait ensuite liminer sans danger1 mesure que la saine apprciation des influences relles a rendu superflus les stimulans chimriques4 ,c'est pourquoi toutes les phases sociales ont retenti1 comme aujourd'hui1 de dclamations rtrogrades sur la prtendue dpravation que l'humanit allait invitablement subir d'aprs l'imprudente suppression de telle ou telle croyance superstitieuse3 il suffit encore de parcourir les diverses civilisations contemporaines pour retrouver l'quivalent de ces vains regrets1 mme envers les cas que les plus croyans regardent1 chez les peuples avancs1 comme ncessairement trangers toute considration thologique4 ,quoique1 par exemple1 la propret y soit certainement devenue depuis longtemps indpendante des motifs religieux1 et simplement rattache des convenances relles1 prives ou publiques1 tous les brames persistent cependant riger en ncessit absolue son invariable liaison leurs prescriptions thologiques4 ,plusieurs sicles aprs l'essor universel du christianisme1 un grand nombre d'hommes d'tat et mme beaucoup de philosophes continuaient dplorer gravement l'imminente dmoralisation qu'ils concevaient attache la chute des superstitions polythiques4 ,sans que les clameurs modernes soient1 au fond1 plus raisonnables1 il est donc facile de sentir ainsi l'extrme importance d'une grande manifestation nationale qui constaterait enfin1 d'une manire directe et dcisive1 l'actif dveloppement des plus hautes vertus chez une population devenue essentiellement trangre1 et mme profondment antipathique1 aux diverses croyances thologiques4 ,or1 tel est l'minent service dont l'mancipation humaine sera ternellement redevable l'nergique dmonstration historique spontanment fournie par la rvolution franaise4 ,en voyant alors1 non-seulement parmi les chefs1 mais chez les moindres citoyens1 tant de courage1 soit guerrier1 soit mme civil1 tant d'admirables dvouemens patriotiques1 tant d'actes1 mme obscurs1 d'un noble dsintressement1 surtout pendant la dure totale de la grande dfense rpublicaine1 tandis que toutes les anciennes croyances taient avilies ou perscutes1 il est certainement impossible1 tout observateur judicieux1 de ne pas sentir profondment l'inanit radicale du principe rtrograde relatif l'immuable ncessit morale des opinions religieuses4 ,cette grande exprience ne laisse pas seulement l'esprit thologique la ressource1 d'ailleurs videmment illusoire1 de rattacher un vague disme tant d'nergiques rsultats3 outre que les demi-convictions propres cette vaine doctrine sont1 par leur nature1 trop confuses et trop chancelantes pour comporter de tels effets1 il est directement sensible que1 cette poque1 la plupart des citoyens actifs1 soit dans l'arme1 soit dans la nation1 taient presque aussi indiffrens au disme moderne qu' tout autre systme religieux2 car le disme lgal devint ensuite1 comme je l'ai montr1 le vrai commencement historique de la raction rtrograde1 et procda surtout1 aussi bien que tous les degrs ultrieurs de cette raction1 de vues purement politiques1 fort trangres et souvent opposes aux principaux instincts populaires4 ,tel est le nouvel aspect gnral sous lequel on doit concevoir l'ensemble de la crise rvolutionnaire comme ayant spcialement complt l'irrvocable dcadence de tout rgime thologique1 en tant radicalement aux doctrines religieuses les attributions morales dont un opinitre prjug semblait leur assurer jamais le privilge exclusif4 ,les diverses considrations prcdentes concourent1 en rsum1 montrer le catholicisme1 que nous avons vu si longtemps prsider l'volution moderne1 comme devenu finalement tranger la socit actuelle1 o il ne peut plus figurer qu' titre d'imposante ruine historique1 pour empcher le monde de perdre tout sentiment actif d'une vritable organisation spirituelle1 et pour en indiquer aux philosophes les vraies conditions fondamentales4 ,encore ce double office extrme est-il aussi trs imparfaitement rempli dsormais1 soit d'aprs l'irrationnelle apprciation qui transporte un admirable organisme politique la juste rprobation maintenant attache la philosophie thologique sur laquelle il avait d malheureusement reposer1 soit aussi en vertu de l'infriorit mentale d'un clerg de plus en plus recrut parmi les natures infrieures1 et qui perd rapidement le digne sentiment de son ancienne mission sociale1 dont une tude approfondie du moyen ge peut seule fournir aujourd'hui une suffisante connaissance aux penseurs qui voudraient y puiser convenablement d'heureuses indications gnrales#ag4 ,quoique tout vrai philosophe doive profondment regretter la strilit sociale de cette grande construction1 ces deux genres de motifs ne permettent gure d'esprer qu'une sage transformation1 conforme l'esprit de la rgnration finale1 puisse l'y utiliser rellement comme moyen de transition2 le principal obstacle1 cet gard1 rsultera surtout de l'aveugle antipathie du sacerdoce contre toute philosophie vraiment positive1 et de sa purile obstination chercher1 dans de vaines intrigues1 la chimrique restauration de son antique ascendant4 ,il est malheureusement beaucoup plus vraisemblable que ce noble difice politique est destin1 par l'irrvocable caducit de ses fondemens intellectuels1 une entire dmolition1 de mme que l'ordre polythique antrieur1 en laissant seulement l'imprissable souvenir des immenses services de tous genres qui y rattachent historiquement l'ensemble de l'volution humaine1 et des perfectionnemens essentiels qu'il a introduits dans la thorie fondamentale de l'organisme social1 suivant la juste apprciation spciale du volume prcdent4 ,note #ag3 ,cette irrvocable dgnration intrieure du clerg catholique1 par suite de la discordance fondamentale de sa philosophie avec l'ensemble de la civilisation actuelle1 est alors devenue spcialement sensible en ce que les efforts mmorables1 quoique rtrogrades1 tents1 cette poque1 pour recomposer la thorie gnrale du catholicisme1 et qui n'auront eu d'autre utilit permanente que d'en mieux caractriser le systme historique1 furent essentiellement dus des penseurs trangers l'glise3 tel fut surtout l'minent de ,maistre1 celui de tous les philosophes modernes qui a jusqu'ici le plus compltement apprci ce grand organisme4 ,parmi les diffrens prtres qui ont suivi ses traces1 le seul qui l'ait fait avec un vritable talent1 toutefois bien plus littraire que philosophique1 longtemps clbr comme le plus ferme appui de la restauration catholique1 a finalement tmoign1 par une scandaleuse conversion rvolutionnaire1 l'extrme fragilit des convictions que peuvent maintenant produire des doctrines caduques1 qu'un aveugle empirisme s'obstine vainement prsenter encore comme les seules garanties solides de l'ordre intellectuel et moral1 tandis que1 en ralit1 le moindre choc des passions suffit aujourd'hui les branler radicalement chez leurs principaux organes4 ,considrant maintenant le progrs actuel de la dcomposition politique relativement l'organisme temporel1 il est ais de reconnatre que1 malgr le dveloppement exceptionnel d'une prodigieuse activit guerrire1 le cours graduel de la crise rvolutionnaire n'a pas moins concouru complter1 en gnral1 l'irrvocable dcadence du rgime militaire que celle du systme thologique lui-mme4 ,d'abord1 le mode ncessaire suivant lequel dut s'accomplir la grande dfense rpublicaine dtermina simultanment l'irrvocable dconsidration de l'ancienne caste militaire1 ainsi radicalement prive de sa seule attribution caractristique1 et mme la cessation correspondante du prestige jadis inhrent1 malgr l'institution dcisive des armes permanentes1 la spcialit d'une telle profession1 o les citoyens les moins prpars surpassrent alors1 aprs un rapide apprentissage1 les matres les plus expriments4 ,cette preuve dcisive1 heureusement accomplie au milieu des plus dfavorables circonstances1 fit donc sentir que1 pour une simple activit dfensive1 seule vraiment compatible avec l'esprit pacifique de la sociabilit moderne1 toute tribu guerrire1 et mme toute grave proccupation continue des sollicitudes militaires1 taient dsormais devenues essentiellement inutiles1 sous l'impulsion patriotique d'une vritable dtermination populaire1 sans laquelle d'ailleurs la plus habile tactique serait1 cet gard1 radicalement insuffisante1 comme le prouva ensuite trop clairement la triste contre-preuve amene par la tyrannie rtrograde de ,bonaparte4 ,d'autres exemples nationaux tablirent bientt1 d'une manire non moins expressive1 et suivant des conditions analogues1 que cette consolante vrit politique est galement applicable toutes les populations actuelles1 et qu'elle rsulte ncessairement du systme fondamental de notre civilisation4 ,en second lieu1 la nature mme de la guerre rvolutionnaire dut aussitt mettre un terme irrvocable la dernire srie de guerres systmatiques qui avait surtout caractris1 comme je l'ai expliqu au chapitre prcdent1 la troisime phase moderne1 et qui tendait perptuer l'activit militaire en la destinant au service politique de l'activit industrielle1 dsormais prpondrante3 cet ancien esprit ne put alors persister qu'en ,angleterre1 o il tait mme profondment modifi par de graves sollicitudes sociales4 ,on doit1 cet gard1 soigneusement remarquer1 cette poque1 la dcadence presque universelle du rgime colonial1 fond sous la seconde phase1 et que l'irrvocable sparation des principales colonies dtruisit essentiellement aprs trois sicles1 de manire prvenir tout renouvellement srieux des guerres importantes qu'il avait auparavant suscites3 l',angleterre seule dut aussi offrir1 ce sujet1 une exception spciale et probablement passagre1 que les autres nations europennes ne pouvaient ni ne devaient troubler1 dans l'intrt commun de la grande rpublique occidentale1 minemment compatible avec une telle anomalie1 correspondante des besoins et des aptitudes qui ne sauraient ailleurs exister encore au mme degr4 ,l'heureuse rvolution amricaine avait d'abord fourni cette scission ncessaire la fois un signal dcisif et un appui fondamental2 mais son accomplissement dut ensuite rsulter des proccupations exclusives propres aux diverses mtropoles par une suite plus ou moins directe de la crise rvolutionnaire4 ,c'est ainsi que disparut alors essentiellement1 dans l'ensemble de la rpublique europenne1 la dernire source gnrale des guerres modernes4 ,j'ai d'ailleurs suffisamment expliqu dj comment1 en un temps o l'esprit militaire se subordonnait profondment un but social1 une immense aberration guerrire avait t naturellement dtermine par un irrsistible entranement1 dont le retour est certainement impossible1 malgr tous les efforts quelconques1 depuis que les guerres de principes1 qui seules restaient supposables1 ont t radicalement contenues par une suffisante extension occidentale de l'agitation rvolutionnaire1 ainsi devenue1 pour l',europe actuelle1 un gage assur de tranquillit provisoire1 en consumant1 d'une manire continue1 toute la sollicitude des gouvernemens et toute l'activit de leurs nombreuses armes prvenir pniblement les perturbations intrieures4 ,quelque prcaire que doive sembler une telle garantie1 elle est cependant de nature durer jusqu' ce qu'une vritable rorganisation intellectuelle et morale vienne partout instituer spontanment une scurit directe et permanente1 en rformant jamais des murs et des opinions qui constituent les derniers vestiges du rgime initial de l'humanit1 et en faisant uniformment prvaloir dsormais la paisible proccupation journalire des divers perfectionnemens sociaux1 soit europens1 soit nationaux1 sous la commune inspiration d'une doctrine universelle1 interprte par un mme pouvoir spirituel1 comme je l'indiquerai spcialement ci-aprs4 ,nous avons1 il est vrai1 prcdemment remarqu l'introduction spontane d'un dangereux sophisme1 qu'on s'efforce aujourd'hui de consolider1 et qui tendrait conserver indfiniment l'activit militaire1 en assignant aux invasions successives la spcieuse destination d'tablir directement1 dans l'intrt final de la civilisation universelle1 la prpondrance matrielle des populations les plus avances sur celles qui le sont moins4 ,dans le dplorable tat prsent de la philosophie politique1 qui permet l'ascendant phmre de toute aberration quelconque1 une telle tendance a certainement beaucoup de gravit1 comme source de perturbation universelle2 logiquement poursuivie1 elle aboutirait1 sans doute1 aprs avoir motiv l'oppression mutuelle des nations1 prcipiter les unes sur les autres les diverses cits1 d'aprs leur ingale progression sociale2 et1 sans aller jusqu' cette rigoureuse extension1 qui doit certainement toujours rester idale1 c'est1 en effet1 sur un tel prtexte qu'on a prtendu fonder l'odieuse justification de l'esclavage colonial1 suivant l'incontestable supriorit de la race blanche4 ,mais1 quelques graves dsordres que puisse momentanment susciter un pareil sophisme1 l'instinct caractristique de la sociabilit moderne doit certainement dissiper toute irrationnelle inquitude qui tendrait y voir1 mme seulement pour un prochain avenir1 une nouvelle source de guerres gnrales1 entirement incompatibles avec les plus persvrantes dispositions de toutes les populations civilises4 ,avant la formation et la propagation de la saine philosophie politique1 la rectitude populaire aura d'ailleurs1 sans doute1 suffisamment apprci1 quoique d'aprs un empirisme confus1 cette grossire imitation rtrograde de la grande politique romaine1 que nous avons vue1 en sens inverse1 essentiellement destine1 sous des conditions sociales radicalement opposes celles du milieu moderne1 comprimer partout1 except chez un peuple unique1 l'essor imminent de la vie militaire1 que cette vaine parodie stimulerait1 au contraire1 simultanment chez des nations ds longtemps livres une activit minemment pacifique4 ,la dcadence fondamentale du rgime et de l'esprit militaires s'est partout continue spontanment1 pendant ce dernier demi-sicle1 au milieu des plus spcieuses manifestations contraires1 sous un troisime aspect gnral1 non moins caractristique que les deux prcdens1 par une grande innovation universelle1 dont la haute signification historique est encore trop peu comprise1 et qui constitue certainement la plus profonde modification que l'institution moderne des armes soldes et permanentes ait pu encore prouver depuis son origine au ,x,i,ve sicle4 ,on conoit qu'il s'agit du recrutement forc1 d'abord tabli en ,france pour suffire aux immenses besoins de notre dfense rvolutionnaire ainsi qu'aux exigences plus durables de l'aberration guerrire qui lui succda1 et ensuite universellement adopt ailleurs pour consolider suffisamment les diverses rsistances nationales4 ,cette mmorable innovation1 qui1 depuis la paix1 a partout survcu aux ncessits initiales1 constitue videmment1 par sa nature1 un tmoignage spontan des dispositions anti-militaires propres aux populations modernes1 o l'on trouve encore des officiers vraiment volontaires1 mais plus ou trop peu de soldats4 ,en mme temps1 elle concourt directement dtruire les murs et l'activit guerrires1 en faisant cesser essentiellement la spcialit primitive d'une telle profession1 et en composant les armes d'une masse radicalement antipathique la vie militaire1 devenue pour elle un fardeau purement temporaire1 qui n'est habituellement support1 par chacun de ceux qui le subissent1 que dans la prvision constante d'une prochaine et invitable libration personnelle4 ,il est d'ailleurs craindre que1 sous l'extension croissante des opinions et des habitudes anarchiques1 un service aussi onreux ne finisse1 malgr son vidente importance1 par dterminer1 chez la classe1 dj si greve tant d'autres titres1 sur laquelle retombe son poids principal1 d'nergiques rsistances plus ou moins explicites1 qui rendraient bientt impossible la prolongation relle de l'extension inusite que les armes ont partout conserve depuis la paix universelle4 ,quoi qu'il en soit d'une telle prvision1 on ne saurait douter que le recours normal une telle ressource ncessaire ne caractrise spontanment1 soit comme symptme1 soit mme comme principe1 la pleine dcadence finale du systme militaire1 dsormais essentiellement rduit un office subalterne1 quoique indispensable1 dans le mcanisme fondamental de la sociabilit moderne4 ,d'aprs ces trois ordres de considrations gnrales1 tous les esprits vraiment philosophiques doivent aisment reconnatre1 avec une parfaite satisfaction1 la fois intellectuelle et morale1 que l'poque est enfin venue o la guerre srieuse et durable doit totalement disparatre chez l'lite de l'humanit4 ,le vague et confus pressentiment de ce grand rsultat social inspirait1 depuis trois sicles1 de nobles utopies caractristiques1 qui1 malgr leur insuffisante rationnalit1 n'eussent point excit tant de frivoles ddains1 si l'on et senti davantage que1 comme je l'ai expliqu au cinquante-quatrime chapitre1 de telles conceptions1 quand elles sont vraiment spontanes et convenablement persistantes1 annoncent toujours1 par une anticipation plutt affective que mentale1 un vritable besoin capital1 et une certaine cration correspondante1 quelque imparfaite qu'en doive tre ainsi la double apprciation primitive4 ,nous voyons ici1 en effet1 cette heureuse consquence finale se raliser spontanment1 aprs les plus terribles orages1 comme une suite ncessaire de l'ensemble de la situation fondamentale propre aux populations modernes1 qui a successivement puis tous les divers motifs gnraux de guerres importantes1 pendant qu'elle dtruisait peu peu toutes les conditions principales d'un puissant essor militaire4 ,la profonde paix europenne qui1 malgr tant d'irrationnelles prvisions et de vicieuses tentatives1 persiste maintenant un degr dj sans exemple dans l'ensemble de l'histoire moderne1 constitue certainement un admirable phnomne qui1 si nous n'y tions pas plongs1 paratrait tous minemment dcisif pour l'avnement final d'une re pleinement pacifique4 ,quelque sommaires qu'aient d tre1 ce sujet1 les indications prcdentes1 elles sont la fois tellement irrcusables et tellement lies toute notre laboration historique1 qu'elles contribueront1 j'espre1 rassurer les bons esprits sur le maintien ncessaire d'une paix indispensable1 tous gards1 l'volution actuelle de l'lite de l'humanit1 et qui ne saurait prouver aujourd'hui de perturbation grave1 quoique momentane1 que si de vaines agitations intrieures venaient permettre1 en ,france1 la prpondrance passagre de funestes impulsions systmatiques1 que le seul pressentiment de ces dangereux effets suffirait d'ailleurs rendre antipathiques aux populations actuelles1 o prdominent assurment d'opinitres dispositions pacifiques1 quelquefois dissimules sous des dmonstrations phmres1 dues des inspirations anti-progressives4 ,malgr l'incontestable ralit d'une telle apprciation gnrale1 le vaste appareil militaire conserv1 chez tous les peuples europens1 avec presque autant d'extension qu'avant la paix universelle1 semblerait d'abord annoncer l'imminence d'une disposition oppose1 si un examen plus approfondi de la situation fondamentale n'expliquait aussitt cette apparente anomalie1 en la rattachant directement1 d'aprs l'ensemble de ce chapitre1 aux ncessits communes d'une crise rvolutionnaire maintenant plus ou moins tendue toute la rpublique occidentale4 ,l'active participation des armes proprement dites au maintien continu de l'ordre public1 qui jadis ne leur offrait qu'une destination accessoire et passagre1 constitue dsormais1 au contraire1 partout et de plus en plus1 leur attribution principale et constante1 en vertu des graves perturbations intestines qui peuvent ainsi continuellement survenir chez les diverses populations avances1 et d'o doivent d'ailleurs frquemment rsulter de vritables inquitudes extrieures1 quoique1 au fond1 cette uniforme agitation intrieure garantisse1 comme je l'ai ci-dessus indiqu1 l'impossibilit des chocs nationaux4 ,dans un tat de profond dsordre intellectuel et moral1 qui doit rendre toujours imminente l'anarchie matrielle1 il faut bien que les moyens de rpression acquirent une intensit correspondante celle des tendances insurrectionnelles1 afin qu'un ordre indispensable protge suffisamment le vrai progrs social contre l'effort continu d'ambitions mal diriges ligues par des conceptions vicieuses4 ,cette ncessit nouvelle a t jusqu'ici commune toutes les formes successives de la crise rvolutionnaire1 et l'on peut d'avance assurer qu'elle ne sera pas moins sentie chez tous les gouvernemens quelconques qui pourraient survenir1 jusqu' ce que la rorganisation intellectuelle et morale vienne mettre ce besoin exceptionnel un terme dfinitif1 dont la ralisation ne saurait tre prochaine1 soit d'aprs les difficults et la lenteur d'une telle opration1 d'abord philosophique1 puis politique1 soit raison de l'gosme et de l'aveuglement qui partout devront l'entraver1 sous la dplorable prpondrance universelle d'un esprit profondment dispersif1 viciant aujourd'hui les plus saines intelligences4 ,tel est le mode gnral suivant lequel la mme poque1 destine voir essentiellement disparatre jamais la guerre proprement dite1 a dvelopp1 pour les armes modernes1 transformes en une sorte de grande marchausse politique1 une dernire mission sociale1 dont l'importance n'est point contestable1 et dont la dure1 quoique ncessairement limite1 suivant la condition prcdente1 doit tre1 par sa nature1 beaucoup plus prolonge qu'on ne l'imagine en un temps o cette attribution finale n'est encore rellement qu'au dbut de son principal exercice4 ,cette situation relle n'est pas aujourd'hui suffisamment comprise1 parce que les faits politiques ne peuvent1 sans une thorie vraiment positive1 tre convenablement aperus qu'aprs une longue persistance2 outre qu'un reste d'influence des murs et des opinions anciennes s'oppose ici spcialement une exacte apprciation gnrale3 de l rsulte1 pour les gouvernemens actuels1 le frquent recours des artifices peu convenables et souvent dangereux1 tendant motiver1 auprs des peuples1 sur la prtendue imminence d'une guerre impossible1 le maintien d'un vaste appareil militaire1 qu'on n'ose pas justifier directement d'aprs sa vraie destination ncessaire4 ,mais une telle mission sociale tant assurment trs-avouable1 en un temps o1 comme je l'ai montr ci-dessus1 le pouvoir central lui-mme n'a pas1 au fond1 d'autre principal office provisoire1 son importance prolonge doit bientt conduire la reconnatre directement et avec franchise1 afin d'y adapter rgulirement les nombreux organes qui doivent y concourir2 car1 leur position quivoque les expose aujourd'hui de prilleuses sductions1 d'aprs un dsordre gnral d'opinions et d'habitudes dont l'influence s'tend ainsi1 au del des exigences fondamentales1 sur ceux-l mme qui en doivent rprimer les plus grands effets matriels4 ,la dcadence continue du rgime et de l'esprit guerriers ne peut donc frapper aujourd'hui la profession militaire d'une dchance sociale aucunement quivalente celle qui1 d'aprs l'irrvocable dclin de la philosophie thologique1 menace dsormais la corporation sacerdotale1 chez laquelle on ne saurait esprer1 avec quelque vraisemblance1 une transformation assez profonde pour permettre sa fusion relle dans l'organisation finale de l'humanit1 o la classe spculative doit avoir un tout autre caractre4 ,depuis l'entire dissolution de la caste militaire1 commence au ,x,i,ve sicle1 par l'institution fondamentale des armes modernes1 et complte1 surtout en ,france1 sous l'influence rvolutionnaire1 comme je l'ai expliqu1 aucun grand obstacle ne peut plus empcher la milice actuelle de prendre convenablement les murs et l'esprit qui doivent correspondre sa nouvelle destination sociale4 ,tout profond regret d'un pass1 o ce qui est dsormais accessoire fut si longtemps principal1 peut tre1 en effet1 malgr une rcente imitation passagre de cette antique situation1 radicalement cart aujourd'hui chez une classe qui doit conserver un digne sentiment de son utilit permanente1 et qui peut d'ailleurs justement s'enorgueillir1 en un temps d'anarchie1 d'un instinct organique dont le meilleur type temporel se trouvera toujours dans son admirable hirarchie2 outre les heureuses ressources secondaires que prsente sa dernire constitution pour faciliter le dveloppement intellectuel et social de nos populations1 en utilisant convenablement un indispensable sacrifice temporaire4 ,malgr la solidarit fondamentale qui dut exister jadis entre l'esprit guerrier et l'esprit religieux1 il ne faut jamais oublier que1 ds son origine1 l'institution des armes permanentes fut partout rige dans des vues radicalement critiques1 afin d'assurer l'avnement de la dictature temporelle autant contre la puissance sacerdotale que contre la force fodale4 ,aussi les guerriers modernes se distingurent-ils presque toujours de ceux du moyen ge1 et encore davantage de ceux de l'antiquit1 par une tendance plus ou moins prononce vers une mancipation thologique qui excita souvent les impuissantes rclamations du clerg4 ,bonaparte lui-mme1 malgr son ascendant sur l'arme1 fut oblig d'y tolrer une pleine indpendance spirituelle1 qui1 politiquement apprcie1 et alors suffi pour juger une vaine utopie rtrograde1 ncessairement fonde sur la combinaison permanente de deux lmens devenus videmment inconciliables3 on sait assez d'ailleurs que les efforts insenss de ses dbiles successeurs n'aboutirent1 en gnral1 qu' mieux dvelopper une telle antipathie4 ,enfin1 la nettet et la prcision des spculations militaires doivent tendre1 par leur nature1 favoriser aujourd'hui1 chez ceux qui s'y livrent1 l'essor de l'esprit positif2 comme l'ont confirm1 depuis trois sicles1 tant d'heureux exemples d'une utile alliance entre les recherches scientifiques et les tudes guerrires1 dont l'affinit spontane a dtermin jusqu'ici les plus importantes crations spciales pour l'ducation positive4 ,c'est ainsi que des antipathies communes et de pareilles sympathies ont de plus en plus tendu1 surtout en ,france1 faire profondment pntrer chez les armes l'instinct progressif qui caractrise les populations modernes2 tandis que l'immobilit ncessaire de la classe sacerdotale a d la rendre finalement presque trangre la sociabilit actuelle4 ,telle est la cause gnrale d'une diffrence essentielle1 qu'il importait ici d'expliquer sommairement1 entre les destines prochaines des deux lmens principaux de l'ancien systme politique1 dont l'uniforme dcomposition1 la fois temporelle et spirituelle1 n'est d'ailleurs nullement altre par cette indispensable distinction2 puisque c'est seulement une profonde transformation spontane qui permet l'lment militaire1 par contraste avec l'lment thologique1 une vritable incorporation au mouvement final de la socit moderne1 o son office politique devra se rduire ensuite peu peu1 mesure que l'ordre normal s'tablira1 des services journaliers dont la ncessit ne saurait jamais cesser entirement1 quel que puisse tre l'accomplissement ultrieur de la rgnration morale4 ,aprs avoir ainsi suffisamment apprci l'minente influence propre au dernier demi-sicle pour complter irrvocablement la grande progression ngative des cinq sicles antrieurs1 il nous reste juger aussi l'extension simultane de la progression positive1 en considrant successivement les quatre volutions partielles dont nous l'avons vue compose dans la dernire leon1 afin de caractriser la fois ses rsultats effectifs et ses lacunes essentielles1 quant leur commune relation la rorganisation finale4 ,envers la plus fondamentale de ces volutions solidaires1 il serait certainement superflu1 sous l'un et l'autre aspect1 d'insister ici sur une apprciation dsormais vidente tous les observateurs judicieux1 et qui ne peut constituer1 tous gards1 qu'un simple prolongement gnral de celle du chapitre prcdent1 particulirement rappel en ce qui s'y rapporte la troisime phase moderne4 ,on conoit aisment1 en effet1 combien la prpondrance sociale de l'lment industriel devait tre augmente et consolide par une crise rvolutionnaire qui achevait la dmolition sculaire de l'ancienne hirarchie1 et qui ds lors plaait naturellement en premire ligne l'lvation temporelle fonde sur la richesse1 dont l'influence est mme ainsi devenue videmment exorbitante1 en vertu de l'anarchie intellectuelle et morale4 ,ncessairement trouble par la guerre1 cette invitable transformation a d se dvelopper rapidement depuis la paix1 et se consolider ensuite sous l'impulsion de la mmorable secousse qui a marqu le vritable terme historique de la grande raction rtrograde4 ,le progrs technique de l'industrie devait d'ailleurs suivre spontanment son progrs social4 ,aussi est-ce alors qu'il faut placer l'essor principal du mouvement caractristique dont j'ai d'avance indiqu le dbut gnral vers le milieu de la troisime phase moderne1 o nous l'avons vu consister surtout en une large application des agens mcaniques1 dont l'emploi1 de plus en plus systmatique1 essentiellement fond sur l'introduction d'un puissant moteur universel1 a dj ralis1 pendant le dernier demi-sicle1 tant d'heureux perfectionnemens1 que va complter dsormais l'admirable rnovation qui commence s'oprer partout dans la locomotion artificielle1 fluviale1 terrestre1 ou mme maritime4 ,chacun sait d'ailleurs aujourd'hui combien la relation de plus en plus intime entre la science et l'industrie a profondment contribu tous ces progrs1 quoique son influence mentale n'ait pas t le plus souvent aussi favorable1 d'aprs la funeste altration qu'elle tend imprimer momentanment au caractre philosophique de la science relle1 comme je l'expliquerai ci-dessous4 ,enfin1 c'est surtout alors que1 suivant la juste remarque de divers observateurs1 celle de toutes les classes industrielles qui est la plus susceptible1 raison de sa gnralit suprieure1 de s'lever habituellement quelques vues vraiment politiques1 a commenc dvelopper son essor caractristique1 et rgulariser ses rapports lmentaires avec chacune des autres branches1 sous l'impulsion primitive du systme de crdit public1 naturellement rsult partout de l'invitable extension simultane des dpenses nationales4 ,conjointement avec ces importans progrs1 on doit malheureusement noter aussi la gravit croissante des diffrentes lacunes fondamentales signales1 la fin du chapitre prcdent1 comme ncessairement propres l'ensemble de l'volution industrielle1 d'aprs la spcialit empirique et dispersive qui devait y prsider jusqu'ici4 ,quant l'isolement de l'industrie agricole1 malgr les heureuses consquences de la crise rvolutionnaire1 surtout en ,france1 pour amliorer la condition gnrale des agriculteurs1 on ne peut douter qu'il n'ait t finalement aggrav1 par suite de la proccupation trop exclusive qu'a d alors inspirer l'essor plus rapide et plus dcisif de l'industrie manufacturire et de l'industrie commerciale1 qui1 mesure qu'elles se sont leves dans la hirarchie sociale1 ont d1 comme dans le pass1 s'carter davantage de la premire1 dont l'ascension ne pouvait tre1 beaucoup prs1 autant acclre4 ,toutefois1 la plus incontestable et la plus dangereuse de ces rcentes aggravations des vices radicaux inhrens jusqu'ici au mouvement industriel1 consiste assurment dans l'opposition plus profonde qui s'est tablie entre les intrts respectifs des entrepreneurs et des travailleurs1 dont le dplorable antagonisme montre aujourd'hui combien l'industrie moderne est encore essentiellement loigne d'une vritable organisation1 puisque sa marche ne peut s'accomplir sans tendre devenir oppressive pour la majeure partie de ceux dont le concours y est le plus indispensable4 ,ce nud fondamental de la sociabilit industrielle est alors devenu spcialement caractristique par la grande extension universelle de l'usage continu des agens mcaniques1 sans lesquels l'essor pratique correspondant et t videmment impossible4 ,on ne saurait douter que la propagation simultane des dispositions anarchiques1 surtout d'aprs de folles prdications utopiques1 n'ait beaucoup contribu1 comme je l'ai prcdemment expliqu1 envenimer cette fatale sparation1 en tendant dtacher radicalement les ouvriers de leurs vritables chefs naturels1 pour les placer sous la direction dmagogique des rhteurs et des sophistes les plus trangers aux saines habitudes laborieuses4 ,mais1 quelle que soit1 cet gard1 l'influence permanente de cette cause invitable1 dont l'action funeste est aujourd'hui trop vidente1 je ne dois pas hsiter signaler ici cette scission croissante entre les ttes et les bras1 comme devant tre beaucoup plus reproche l'incapacit politique1 l'incurie sociale1 et surtout l'aveugle gosme des entrepreneurs qu'aux exigences dmesures des travailleurs4 ,outre que les premiers n'ont jusqu'ici nullement profit de leur ascendant social pour tenter de garantir les seconds contre la sduction des utopies anarchiques par l'organisation positive d'une large ducation populaire1 dont ils semblent1 au contraire1 irrationnellement redouter l'extension indispensable1 ils ont videmment succomb leur ancienne tendance se substituer aux chefs fodaux1 dont ils convoitaient la chute ncessaire1 sans hriter pareillement de leur antique gnrosit envers les infrieurs4 ,j'ai dj indiqu la comparaison gnrale entre l'organisme guerrier et le mcanisme industriel comme minemment propre1 par sa nature1 faire rapidement saisir1 chez l'industrie moderne1 l'absence de toute morale spciale1 imposant des devoirs1 non-seulement aux ouvriers1 mais aussi aux chefs1 et obligeant ceux-ci une sollicitude permanente envers leurs associs subalternes1 convenablement quivalente l'admirable solidarit des divers intrts militaires4 ,cette immense lacune se fait de nos jours plus profondment sentir1 d'abord par une tendance trop frquente des hauts fonctionnaires industriels utiliser leur influence politique pour s'attribuer1 au dtriment du public1 d'importans monopoles1 et ensuite1 par une disposition plus directe et plus gnrale1 abuser de l'invitable puissance des capitaux1 pour faire presque toujours dominer les prtentions des entrepreneurs sur celles des travailleurs1 dans leur antagonisme journalier1 dont la nature1 encore exclusivement matrielle1 n'est pas mme rgle d'aprs une vritable quit1 puisque la lgislation interdit aux uns les coalitions qu'elle permet ou tolre chez les autres4 ,sans insister davantage sur d'aussi pnibles considrations1 dont la ralit est malheureusement irrcusable1 il faut surtout remarquer1 cet gard1 l'aveuglement doctoral de la mtaphysique conomique qui1 en prsence de pareils conflits1 ose couvrir son impuissance organique d'une irrationnelle dclaration sur la prtendue ncessit de livrer indfiniment l'industrie moderne sa seule spontanit dsordonne4 ,toutefois1 on doit galement reconnatre qu'une telle opinion indique1 d'une manire indirecte et confuse1 le vague pressentiment de l'insuffisance radicale des mesures politiques proprement dites1 c'est--dire temporelles1 pour le dnouement continu de cette immense difficult sociale qui1 par sa nature1 doit en effet dpendre surtout d'une vritable rorganisation intellectuelle et morale1 rglant enfin1 dans un esprit d'ensemble1 les devoirs respectifs des diverses classes industrielles1 sous la constante surveillance impartiale d'un pouvoir spirituel unanimement respect1 comme j'aurai lieu de l'indiquer spcialement ci-aprs4 ,les remarques du chapitre prcdent sur le caractre gnral de l'volution esthtique pendant la troisime phase moderne1 nous dispensent essentiellement1 ce sujet1 de toute nouvelle apprciation pour le dernier demi-sicle1 qui n'a pu offrir1 sous ce rapport1 qu'une simple extension spontane de la marche antrieure1 sans aucune modification radicale4 ,seulement la direction unanime des esprits vers les spculations politiques et la tendance universelle une entire rgnration ont d faire alors plus vivement sentir1 quoique sous les inspirations absolues d'une mtaphysique anti-historique1 les lacunes fondamentales de l'art moderne quant au dfaut de principe philosophique et de destination sociale1 ainsi que l'irrvocable caducit du rgime factice qui en avait provisoirement tenu lieu sous la seconde phase1 d'aprs l'imitation exclusive des types antiques1 comme je l'ai suffisamment expliqu4 ,mais les impuissans efforts tents jusqu'ici1 surtout en ,france1 pour dgager l'art de cette strile situation1 n'ont abouti qu' mieux caractriser1 auprs des juges impartiaux1 la relation ncessaire qui subordonne directement une telle rformation au suffisant accomplissement ultrieur d'une vritable rorganisation sociale1 d'abord intellectuelle et puis morale3 car1 l'impulsion prolonge d'une philosophie radicalement ngative n'a conduit ainsi tant de prtendus rnovateurs qu' constituer1 en tous genres1 une sorte de dvergondage esthtique1 o le dsordre mme des compositions devient un mrite trop souvent destin dispenser de tout autre1 et qui n'a finalement produit encore aucune uvre vraiment durable1 susceptible de justifier tant d'orgueilleuses rcriminations contre l'vidente insuffisance du systme classique proprement dit4 ,ces vaines dissertations portent clairement l'empreinte universelle de la mtaphysique dominante1 disposant partout prendre la forme pour le fond1 et des discussions pour des constructions4 ,toutefois1 malgr une dcomposition sociale qui interdit l'art tout large exercice spontan et toute profonde efficacit gnrale1 d'immortelles crations1 essentiellement indpendantes de cette strile potique1 ont alors constat1 pour chaque genre principal1 que les facults esthtiques de l'humanit ne pouvaient rellement s'teindre1 mme dans le milieu le plus dfavorable4 ,un minent pote1 envers lequel l'aristocratie britannique1 qui pouvait s'en honorer1 aima mieux1 par d'odieuses perscutions1 constater1 aux yeux de l',europe1 son esprit minemment rtrograde1 sut profondment saisir l'apprciation esthtique de l'tat ngatif et flottant de la socit actuelle1 que d'impuissans imitateurs ont depuis voulu reproduire1 sans comprendre que1 par sa nature anti-potique1 cette situation transitoire ne pouvait comporter qu'une seule fois1 et chez un tel gnie1 une nergique idalisation4 ,en mme temps1 le genre de compositions le mieux adapt la civilisation moderne1 d'o nous l'avons vu spontanment sortir1 continue manifester son originalit et sa popularit par un mmorable perfectionnement gnral1 consistant surtout en une heureuse alliance historique de la vie prive1 jusqu'alors seule abstraitement envisage1 la vie publique qui1 chaque ge social1 en modifie ncessairement le caractre fondamental4 ,c'est ainsi que1 d'aprs un choix judicieux de phases sociales bien dtermines et convenablement loignes1 l'immortel auteur d',ivanho1 de ,quentin ,durward1 des ,puritains1 etc41 a produit tant d'minens chefs-d'uvre1 si avidement accueillis dans toute la rpublique europenne1 quoique principalement consacrs caractriser la civilisation protestante2 tandis que notre civilisation catholique a trouv ensuite une seule digne reprsentation potique dans l'admirable composition de ,i ,promessi sposi1 dont l'illustre auteur1 trop peu apprci encore1 figurera1 sans doute1 aux yeux d'une impartiale postrit1 parmi les plus nobles gnies esthtiques des temps modernes4 ,une telle voie pique est probablement destine1 par son indpendance naturelle1 dterminer ultrieurement la rnovation graduelle propre l'ensemble de l'art moderne1 quand la nature fondamentale de notre sociabilit pourra se manifester enfin d'une manire la fois assez nergique et assez fixe pour devenir esthtiquement apprciable1 sous l'essor direct de la rorganisation spirituelle4 ,il serait d'ailleurs superflu d'indiquer ici comment les autres beaux-arts ont1 en gnral1 honorablement soutenu1 pendant ce dernier demi-sicle1 leur clat antrieur1 sans toutefois recevoir aucune amlioration capitale1 si ce n'est pour la musique1 surtout dramatique1 dont le caractre gnral est alors devenu1 en ,italie et dans l',allemagne catholique1 plus lev et plus complet4 ,la crise rvolutionnaire a spontanment constat1 avec une nergie non quivoque1 par un tmoignage imprissable1 la puissance esthtique ncessairement propre tout grand mouvement social1 mme purement temporaire1 en faisant inopinment maner d'une nation aussi peu musicale que l'est assurment jusqu'ici la ntre1 le type le plus parfait de la musique politique1 dans cet hymne admirable qui tant de fois stimula le gnreux patriotisme de nos hroques dfenseurs4 ,quoique l'volution scientifique n'ait pu certainement1 encore plus que les deux prcdentes1 offrir alors qu'une simple continuation gnrale du mouvement antrieur1 sans aucune impulsion vraiment nouvelle1 cependant sa nature plus profondment progressive1 et surtout son importance sociale prpondrante1 comme premire base directe de la rorganisation spirituelle1 nous obligent ici considrer de plus prs1 soit ses derniers progrs essentiels1 soit principalement la dplorable extension simultane des graves aberrations qui1 sous l'empirique ascendant d'une spcialit dispersive1 y menacent aujourd'hui d'imprimer un caractre hautement rtrograde aux seules doctrines d'o puisse dsormais sortir un vrai principe de rgnration universelle1 d'abord mentale1 ensuite morale1 et enfin politique4 ,dans les sciences mathmatiques1 outre le complment naturel des travaux essentiels de la troisime phase moderne pour la construction finale de la mcanique cleste1 on remarque alors la cration capitale de l'immortel ,fourier1 tendant l'analyse1 avec une si heureuse rationnalit1 un nouvel ordre fondamental de phnomnes gnraux1 par l'tude des lois abstraites de l'quilibre et du mouvement des tempratures4 ,relativement la pure analyse1 au milieu des nombreuses intgrations accomplies sous l'impulsion prolonge d',euler1 on distingue surtout1 comme minemment originale1 la conception du mme ,fourier sur la rsolution des quations1 utilement poursuivie1 et mme accessoirement amliore1 par divers gomtres1 auxquels on peut d'ailleurs reprocher une sorte d'injuste concert contre cette ide-mre1 dont ils tentent vainement de dissimuler la vraie source4 ,la gomtrie est alors essentiellement agrandie1 comme je l'ai exprim dans le premier volume de ce ,trait1 par la grande pense de ,monge sur la thorie gnrale des familles de surfaces1 jusqu' prsent si peu comprise du vulgaire mathmatique1 et peut-tre mme trop imparfaitement apprcie de son illustre auteur1 ,lagrange seul paraissant en avoir dignement pressenti la haute porte philosophique1 qui ne peut tre pleinement conue que d'un point de vue plus lev1 comme premire base de la gomtrie compare1 ainsi que j'ai vainement essay de l'indiquer des esprits que je croyais mieux disposs saisir une telle ouverture4 ,en mme temps1 l'incomparable ,lagrange perfectionne l'ensemble de la mcanique rationnelle1 en lui imprimant jamais1 par une admirable unit1 la plus parfaite rationnalit dont elle soit susceptible4 ,mais1 cette immense cration ne doit pas tre apprcie isolment1 et se lie directement l'effort gnral de son auteur pour constituer enfin une vritable philosophie mathmatique1 fonde sur la rnovation pralable de l'analyse transcendante2 comme le montre cette composition sans exemple o ,lagrange a ainsi entrepris de rgnrer1 dans un mme esprit1 toutes les grandes conceptions1 d'abord de l'analyse1 ensuite de la gomtrie1 et enfin de la mcanique4 ,quoique cette systmatisation prmature n'ait pu suffisamment russir1 et malgr que la plupart des gomtres1 dj domins par une aveugle spcialisation1 n'en aient pas suffisamment saisi la pense1 c'est l cependant ce qui1 sans doute1 auprs d'une postrit convenablement prpare1 honorera le plus cette poque mathmatique1 en plaant tout fait part le gnie minemment philosophique de ,lagrange1 le seul gomtre qui ait dignement aperu l'alliance ultrieure de l'esprit historique avec l'esprit scientifique1 destine caractriser la plus haute perfection des spculations positives1 comme je l'ai indiqu au tome quatrime1 et comme je l'tablirai spcialement dans les chapitres qui vont terminer ce ,trait4 ,quoique la pure astronomie1 ou la gomtrie cleste1 ne pt dsormais comporter que des progrs secondaires1 comparativement la lumire suprieure mane de la mcanique cleste1 on y remarque alors cependant d'intressantes extensions1 par la dcouverte d',uranus et de ses satellites1 et ensuite par celle des quatre petites plantes entre ,mars et ,jupiter3 toutefois1 les curieuses observations de cette poque sur les nbuleuses et les toiles doubles1 ont eu le grave inconvnient de suggrer envers une prtendue astronomie sidrale de vagues esprances indfinies1 incompatibles1 comme je l'ai tabli1 avec la saine philosophie astronomique4 ,la physique proprement dite1 outre les nouvelles ressources fondamentales qu'elle reoit alors de l'analyse mathmatique1 trop souvent vicie d'ailleurs par une tendance prpondrante vers des hypothses anti-philosophiques1 s'enrichit d'une foule d'importantes notions exprimentales dans presque toutes ses branches principales1 et surtout en optique et en lectrologie1 par les grands travaux successifs1 d'une part1 de ,malus1 de ,fresnel1 et d',young2 d'une autre part1 de ,volta1 d'rsted1 et d',ampre4 ,au milieu du spectacle peu rationnel que prsente la dmolition1 d'ailleurs videmment ncessaire1 de la belle thorie de ,lavoisier1 la chimie reoit1 pendant ce mmorable demi-sicle1 un double perfectionnement essentiel1 dont j'ai tch de faire convenablement apprcier la nature et la marche1 soit par la formation graduelle de sa doctrine numrique1 soit par la srie gnrale de ses tudes lectriques4 ,mais1 quels que soient alors les importans progrs des diverses parties fondamentales de la philosophie inorganique et ceux mme de la science mathmatique1 cette grande poque scientifique sera surtout caractrise finalement par la cration dcisive de la philosophie biologique1 aux yeux de tous ceux qui considrent suffisamment le vritable ensemble de l'volution mentale1 dont une telle formation devait achever de constituer le caractre pleinement positif1 tandis que1 sous un autre aspect1 cet indispensable complment rapprochait directement la science moderne de sa plus haute destination sociale4 ,j'ai dj assez expliqu1 au tome troisime1 l'esprit gnral1 et mme la marche ncessaire1 de cette laboration capitale1 pour devoir ici me borner rappeler au lecteur cette apprciation spciale et directe1 presque aussi historique que scientifique1 o les trois aspects essentiels1 anatomique1 taxonomique et physiologique1 propres toutes les spculations biologiques1 ont t sparment examins1 aprs une suffisante considration de leur intime connexit permanente4 ,une telle explication pralable nous dispense maintenant d'envisager part1 mme historiquement1 soit la double conception fondamentale du grand ,bichat sur le dualisme vital et surtout sur la thorie des tissus1 soit les immortels efforts successifs de ,vicq-d',azyr1 de ,lamarck1 et de l'cole allemande1 pour constituer directement la hirarchie animale1 enfin pleinement systmatise par les penses et les travaux1 minemment philosophiques1 de notre minent ,blainville1 l'esprit le plus rationnel1 ma connaissance1 dont puisse s'honorer le monde scientifique actuel4 l'ensemble de cette laboration1 premire base ncessaire de toute la biologie1 le lecteur sait d'avance que la mme poque a bientt ajout l'heureuse rnovation due au gnie de ,gall1 qui1 par une impulsion vraiment dcisive1 malgr d'invitables aberrations secondaires1 a fait dfinitivement entrer1 dans le domaine de la philosophie naturelle1 l'tude gnrale des plus hautes fonctions individuelles1 enlevant ainsi sans retour la philosophie thologico-mtaphysique la seule attribution essentielle qui lui ft reste aprs ses diverses pertes modernes1 sauf toutefois les spculations sociales1 envers lesquelles d'ailleurs cette indispensable rvolution constituait videmment la dernire prparation capitale de la rgnration finale que j'ose directement tenter dans ce ,trait4 ,enfin1 pour mieux caractriser ce grand essor initial de la saine philosophie organique1 il importe de n'y pas oublier historiquement l'effort important1 quoique prmatur1 par lequel l'audacieux gnie de ,broussais entreprit dj de fonder la vraie philosophie pathologique1 avec d'insuffisans matriaux1 et surtout d'aprs des conceptions biologiques trop peu tendues ou trop mal approfondies2 ce qui ne doit toutefois nullement conduire mconnatre1 soit l'minent mrite1 soit mme la haute utilit1 de cette grande tentative1 envers laquelle un ddain passager1 non moins irrationnel qu'injuste1 a remplac un enthousiasme exagr4 ,directement considr dans son vaste ensemble1 cet admirable mouvement biologique propre au dernier demi-sicle a certainement contribu1 encore plus qu'aucune autre partie simultane de l'volution scientifique1 au progrs fondamental de l'esprit humain3 non-seulement1 sous l'aspect scientifique proprement dit1 en tablissant toutes les bases essentielles d'une tude pleinement philosophique de l'homme1 susceptible de prparer enfin celle de la socit2 mais surtout1 comme je l'ai d'avance indiqu au chapitre prcdent1 sous le rapport purement logique1 en constituant la partie de la philosophie naturelle o1 d'aprs l'intime solidarit vidente des divers phnomnes1 l'esprit synthtique doit finalement prvaloir sur l'esprit analytique1 de manire dvelopper spontanment la disposition mentale la plus ncessaire aux spculations sociologiques1 par une influence active et continue que les tendances dispersives de la philosophie inorganique ne sauraient dsormais neutraliser1 quelle que soit d'ailleurs la puissance actuelle d'une vicieuse imitation provisoire1 d'abord invitable1 et mme1 certains gards1 indispensable4 ,c'est principalement ainsi que le mouvement scientifique se trouvait alors1 par sa nature1 quoique l'insu de ses divers cooprateurs spciaux1 profondment li l'immense crise politique qui poursuivait prmaturment la rgnration sociale1 avant que la seule base philosophique susceptible de lui fournir un solide fondement rationnel pt sortir convenablement d'une telle prparation abstraite4 ,pendant que s'accomplissaient ces divers progrs spculatifs1 l'influence sociale de la science recevait partout de notables accroissemens1 tendant tous mieux incorporer l'lment scientifique au systme fondamental de la sociabilit moderne4 ,au milieu des plus grands orages politiques1 surgissent alors d'importans tablissemens destins propager l'instruction scientifique1 quoiqu'en lui conservant toujours un caractre de spcialit1 dj toutefois beaucoup moins prononc4 ,en mme temps1 dans toutes les parties de la grande rpublique europenne1 mais surtout en ,france1 on voit crotre sans cesse l'introduction usuelle des conditions scientifiques parmi les obligations prparatoires de professions trs-multiplies2 les pouvoirs les moins favorables la rorganisation finale sont ainsi spontanment conduits envisager de plus en plus les connaissances relles comme d'indispensables garanties pratiques d'un ordre rgulier et stable4 ,outre les nouveaux services spciaux alors si heureusement rendus par la science l'industrie1 et sur lesquels il serait assurment superflu d'insister ici1 il faut distinguer1 cette poque1 une opration plus gnrale1 o la science a marqu1 d'une manire non moins honorable que salutaire1 sa profonde influence sur la vie sociale actuelle1 en prsidant l'institution d'un admirable systme de mesures universelles1 aussi noblement excut que sagement conu1 et qui1 man de la ,france rvolutionnaire1 tend dominer aujourd'hui chez toutes les populations avances#ah4 ,indpendamment de son vidente utilit directe1 cette mmorable intervention du vritable esprit spculatif dans le rglement d'un ordre de relations humaines o il semblait d'abord si tranger1 est minemment propre faire dj pressentir les amliorations capitales que devra retirer ultrieurement1 tant d'autres gards1 l'existence moderne1 d'une judicieuse rationalisation de ses actes les plus pratiques1 quand l'influence scientifique convenablement gnralise aura suffisamment pntr dans toute l'conomie lmentaire de nos socits rgnres4 ,note #ah3 ,l'institution gnrale de cette grande opration prsente d'ailleurs1 sous le point de vue social1 un caractre fort remarquable et trop peu apprci1 par une constante sollicitude1 non moins gnreuse que rationnelle1 en carter1 autant que possible1 tout attribut de nationalit qui aurait pu entraver son universelle propagation ultrieure4 ,quoique la plupart des tats europens n'aient rpondu que d'une manire tardive et insuffisante au noble appel que la ,france leur avait1 ds l'origine1 solennellement adress ce sujet1 l'quitable postrit n'oubliera point que cette importante rnovation fut toujours conue et accomplie en vue d'une destination directement commune l'ensemble des populations civilises1 indistinctement invites1 pour ce motif spcial1 une coopration rgulire1 malgr la guerre la plus active1 par l'minente assemble qui dirigeait alors la crise rvolutionnaire4 ,aprs avoir sommairement caractris les admirables progrs de la science relle pendant le dernier demi-sicle1 il importe beaucoup d'apprcier avec soin les vicieuses tendances1 soit mentales1 soit mme morales1 qui s'y sont galement dveloppes de plus en plus1 sous l'exagration croissante d'un esprit de spcialit dispersive1 graduellement dtourn de sa destination provisoire1 par l'empirisme et l'gosme combins de la classe mal institue qui devait servir d'organe imparfait cette indispensable volution prliminaire4 ,quoique1 en gnral1 cette classe1 sauf un trs-petit nombre d'minentes exceptions individuelles1 me soit aujourd'hui personnellement hostile1 comme l'a trop prouv sa conduite oppressive envers moi1 je voudrais pouvoir supprimer ou adoucir ce pnible examen1 s'il ne formait videmment un lment ncessaire de mon laboration finale1 o il doit surtout indiquer combien les savans actuels sont radicalement loigns des ides et des murs sans lesquelles ils resteraient toujours indignes de la haute destination sociale que leur rserve spontanment la vraie nature gnrale de la civilisation moderne4 ,plus la science relle doit maintenant devenir la principale base intellectuelle de la rgnration finale1 plus il devient indispensable d'y signaler1 et mme d'y fltrir1 les prjugs et les passions qui constituent dsormais le plus dangereux obstacle l'accomplissement effectif de cette grande mission philosophique4 ,un frquent contraste historique a ds longtemps montr que la principale opposition l'lvation politique d'une classe quelconque provient presque toujours des aveugles rsistances intrieures1 individuelles et mme collectives1 qui s'y dveloppent spontanment1 cause des pnibles conditions pralables1 mentales ou morales1 qu'exige invitablement une telle ascension chez tous ceux qui doivent y participer4 ,le grand ,hildebrand1 par exemple1 poussant dfinitivement le clerg catholique la tte de la socit europenne1 ne rencontra jamais1 en ralit1 de plus redoutables adversaires que chez la corporation sacerdotale1 alors bien plus choque de la difficile rformation spirituelle qu'exigeait d'abord un tel triomphe1 que touche d'un ascendant dont la plupart de ses membres avaient peu d'espoir de jouir personnellement4 ,il ne faut donc pas s'tonner ni s'alarmer aujourd'hui de la dplorable antipathie des passions et des prjugs scientifiques contre une transformation fondamentale1 sans laquelle la science moderne ne saurait obtenir la vritable influence politique qui lui est prochainement rserve1 sous les conditions convenables1 par l'volution gnrale de l'humanit1 et que dsire mme secrtement1 quoique d'une manire vague et incohrente1 l'instinct confus des savants actuels2 car1 dsormais1 ce n'est plus d'ambition qu'ils manquent ordinairement1 mais de porte et d'lvation4 ,l'admirable perfection partielle que manifeste1 tant d'gards1 le systme de nos connaissances positives1 doit frquemment produire une profonde illusion sur la valeur relle de la plupart de ces cooprateurs successifs1 dont chacun n'a presque jamais contribu que pour une part minime et facile cette formation collective et graduelle qui caractrise une telle laboration plus qu'aucune autre construction humaine4 ,d'ailleurs1 le public ignore souvent que1 d'aprs une spcialisation empirique1 conduisant une excessive restriction intellectuelle1 chaque savant dont il honore justement le mrite particulier ne pourrait offrir1 sous tout autre aspect mental1 mme scientifique1 qu'une inqualifiable mdiocrit3 les rares observateurs qui reconnaissent cette monstrueuse ingalit1 sont mme disposs aujourd'hui1 par une vicieuse thorie mtaphysique de la nature humaine1 y voir complaisamment une nouvelle preuve d'une irrsistible vocation4 ,l'apprciation gnrale du systme thologique1 surtout dans sa perfection catholique1 nous a montr hautement1 contre l'opinion vulgaire1 combien le clerg y tait rellement suprieur la religion3 or1 la science moderne nous prsente un contraste exactement inverse2 car1 jusqu'ici1 les docteurs y sont1 d'ordinaire1 trs-infrieurs la doctrine4 ,mais il convient maintenant de caractriser directement les principales aberrations temporaires1 d'abord intellectuelles1 ensuite morales1 qui rendent aujourd'hui les savans gnralement impropres et mme hostiles une rorganisation spirituelle dont la science1 convenablement systmatise1 peut seule fournir enfin la base rationnelle1 comme le prouve clairement l'ensemble de notre laboration sociologique4 ,en compltant1 dans la leon prcdente1 une explication historique commence au cinquante-troisime chapitre1 j'ai dj suffisamment tabli la ncessit provisoire du rgime de spcialit scientifique1 aprs l'indispensable sparation qui dtacha la science moderne de la mmorable philosophie scolastique propre la fin du moyen ge4 ,nous avons ainsi reconnu que1 la formation des diverses sciences fondamentales ayant t invitablement successive1 suivant la complication croissante de leurs phnomnes respectifs1 l'esprit positif n'aurait pu1 en chaque cas principal1 dvelopper convenablement ses vrais attributs caractristiques1 sans cette institution partielle et exclusive des diffrens ordres de spculations abstraites4 ,mais1 la destination propre de ce rgime initial indiquait1 en mme temps1 sa nature passagre1 en limitant son office essentiel au seul ge prliminaire o la positivit rationnelle n'aurait point encore pntr dans toutes les grandes catgories lmentaires2 ce qui la bornait rellement aux dix-septime et dix-huitime sicles1 suivant nos explications antrieures4 ,les deux ternels lgislateurs primitifs de la philosophie positive1 ,bacon et surtout ,descartes1 avaient dignement pressenti combien devait tre purement provisoire cet ascendant pralable du gnie analytique sur le gnie synthtique3 et1 sous leur puissante impulsion1 les savans1 plus rationnels1 de ces deux sicles poursuivirent1 en effet1 presque toujours leurs importans travaux partiels1 en y voyant d'indispensables matriaux pour la construction ultrieure d'un vritable systme philosophique1 quelque vague et imparfaite notion qu'ils dussent alors s'en former4 ,si cette tendance spontane avait pu tre pleinement motive1 cette marche prparatoire aurait videmment cess aussitt que l'avnement dcisif de la grande science biologique1 tendue mme aux fonctions intellectuelles et morales1 en aurait doublement marqu le terme ncessaire1 pendant le demi-sicle auquel ce chapitre est consacr1 soit en compltant ainsi le systme fondamental de la philosophie naturelle1 sous la seule rserve d'une prochaine adjonction invitable des tudes sociales1 soit en constituant un ordre de spculations o1 par la nature des phnomnes1 l'esprit d'ensemble doit ordinairement prvaloir sur l'esprit de dtail4 ,mais1 au contraire1 les habitudes dispersives prcdemment contractes ont aujourd'hui pouss le rgime prliminaire de la spcialit scientifique jusqu' la plus dsastreuse exagration1 dogmatiquement justifie par de vains sophismes mtaphysiques1 qui s'efforcent de lui imprimer une conscration absolue et indfinie1 l'poque mme o1 par le suffisant accomplissement de sa destination temporaire1 il devrait faire place au rgime dfinitif de la gnralit rationnelle1 devenu maintenant indispensable notre principal besoin1 la fois mental et social4 ,suivant ces empiriques prtentions1 il semblerait que l'conomie lmentaire de l'entendement humain est dsormais radicalement change1 et qu'il n'y faut plus reconnatre1 comme auparavant1 deux genres1 ou plutt deux degrs1 d'esprit1 l'un analytique1 l'autre synthtique1 galement indispensables aux spculations pleinement positives1 et qui doivent tour tour dominer l'volution intellectuelle1 individuelle ou collective1 selon les exigences propres chaque ge3 le premier plus apte saisir partout les diffrences1 le second les ressemblances2 l'un tendant toujours diviser1 l'autre coordonner2 et1 par suite1 le premier destin surtout l'laboration des matriaux1 le second la construction des difices4 ,anarchiquement ameuts contre ce dualisme fondamental1 les maons actuels ne veulent plus souffrir d'architectes6 ,sous cette vicieuse prolongation1 un rgime d'abord indispensable devient dsormais directement contraire sa propre destination1 en interdisant la conception totale de ce mme esprit positif dont il pouvait seul permettre la formation partielle4 ,l'ensemble de ce ,trait nous a1 en effet1 pleinement dmontr la ralit du principe fondamental1 pos1 ds le dbut1 sur la ncessit1 non-seulement d'un exercice scientifique quelconque pour dvelopper convenablement un tel esprit1 mais aussi de l'extension graduelle de cette tude tous les divers ordres essentiels de phnomnes1 suivant leur vraie hirarchie naturelle1 afin de connatre suffisamment les diffrens attributs gnraux de la positivit rationnelle1 qui ne sauraient tre simultanment caractriss par une science unique1 qu'aprs que toutes les autres ont fait dignement apprcier chacun d'eux4 ,or1 selon cette vidente condition1 la dplorable organisation actuelle du travail scientifique s'oppose immdiatement ce que la philosophie positive soit rellement comprise par personne1 puisque chaque section de savans n'en connat que des fragmens isols1 dont aucun ne saurait suffire une conception vraiment dcisive3 ce qui doit invitablement maintenir partout la strile prpondrance passive de l'ancienne philosophie thologico-mtaphysique1 except1 chez chaque intelligence1 envers un seul ordre d'ides dont la raction spontane ne saurait avoir1 cet gard1 qu'une simple efficacit critique1 sans pouvoir aucunement remplacer cette antique constitution philosophique4 ,cette trange situation1 o chaque savant offre un si funeste contraste entre la nature avance de certaines conceptions partielles et la honteuse vulgarit de toutes les autres1 se manifeste habituellement par l'institution radicalement contradictoire des acadmies actuelles1 qui1 malgr leur vaine prtention de laisser toujours prvaloir les conditions d'aptitude1 sont ainsi ncessairement conduites1 dans leurs dlibrations ordinaires1 soit qu'il s'agisse d'un choix personnel ou d'une mesure gnrale1 soumettre toutes les dcisions quelconques une majorit scientifique essentiellement incomptente1 dont l'aveugle instinct doit rarement rsister aux prjugs et mme aux passions des diverses coteries rgnantes#ai4 ,le morcellement caractristique de ces corporations1 image fidle et suite ncessaire de leur dispersion mentale1 y augmente beaucoup ces graves inconvniens naturels1 en y facilitant l'ascendant des mdiocrits si souvent envieuses de toute lvation philosophique dont elles se sentent incapables4 ,depuis que le milieu social1 d'o cherchent vainement s'isoler ces compagnies arrires1 offre partout l'active poursuite1 jusqu'ici trop illusoire1 de gnralits nouvelles1 en harmonie avec le besoin fondamental d'une situation sans exemple1 il est profondment dplorable que la science relle1 seule destine fournir le principe de cette grande solution1 soit tel point dgrade par l'impuissance ou l'garement de ses interprtes1 qu'elle semble aujourd'hui prescrire le rtrcissement intellectuel1 et condamner aveuglment tout effort quelconque de gnralisation4 ,la prpondrance spirituelle semble ds lors devoir appartenir ceux qui se font un facile mrite d'une restriction systmatique de vues et de travaux1 le plus souvent due leur infriorit personnelle ou l'insuffisance de leur ducation4 ,aujourd'hui1 l'ingnieux philosophe qui a tant contribu la juste illustration des savans serait certainement repouss d'une corporation o sa mmoire est peine l'objet de la ddaigneuse reconnaissance d'une foule d'esprits incapables d'apprcier sa haute valeur4 ,pareillement1 le grand ,buffon1 dont cette mme acadmie tait jadis si fire1 n'y pourrait maintenant trouver place1 moins que ses expriences sur le refroidissement des mtaux ou sur la cohsion des bois n'y obtinssent grce pour des conceptions gnrales qui ne pourraient se formuler par aucun mmoire proprement dit1 quoiqu'elles aient ensuite secrtement fourni d'autres la base relle de beaucoup de travaux retentissans3 c'est1 comme on sait1 au sein de cette assemble1 que1 sous l'envieuse impulsion de ,cuvier1 on a tent1 avec une sorte de succs passager1 de rduire cet minent penseur au seul mrite littraire4 ,note #ai3 ,en suivant avec attention les actes officiels de l',acadmie des ,sciences de ,paris et de nos autres corps savans1 depuis que leurs attributions sociales ont reu toute l'extension effective qu'elles offrent aujourd'hui1 il est ais d'y reconnatre presque toujours1 indpendamment des mauvaises passions dont je caractriserai ci-aprs l'intervention spontane1 la dplorable influence permanente de la spcialit dispersive et du rtrcissement intellectuel dont ces corporations se glorifient si aveuglment4 ,la vicieuse prpondrance continue de l'esprit de dtail sur l'esprit d'ensemble a rendu les savans actuels tellement incapables d'aucune espce de gouvernement quelconque1 mme scientifique1 que1 comme je l'ai indiqu la fin du quarante-sixime chapitre1 tout homme sens1 tranger la science1 mais habitu aux affaires gnrales1 aboutirait ordinairement de meilleurs choix et concevrait de plus sages mesures que ne peuvent le faire maintenant ces compagnies spciales1 d'o manent communment1 pour nos principales institutions de haut enseignement1 tant de nominations dsastreuses et tant de mesures absurdes4 ,relativement ces inconvniens gnraux1 il existe1 entre les diverses classes de savans1 une profonde ingalit ncessaire1 d'aprs le degr d'indpendance et de simplicit des phnomnes respectifs4 ,suivant notre hirarchie fondamentale1 les gomtres1 raison de l'abstraction suprieure de leurs tudes1 naturellement affranchies de toute subordination pralable envers aucune branche directe de la philosophie naturelle1 doivent tre communment les plus exposs aux dangers d'une spcialisation empirique1 dont le principe leur est surtout d4 ,aussi est-ce chez eux que le vritable esprit positif est1 au fond1 le plus mconnu1 malgr sa source ncessairement mathmatique1 comme je l'ai fait assez sentir dans les deux premiers volumes de ce ,trait4 ,toute leur philosophie gnrale se borne aujourd'hui rver vaguement1 pour un lointain et confus avenir1 une chimrique extension universelle de leur analyse aux divers phnomnes quelconques1 d'aprs une vaine unit scientifique toujours fonde sur l'irrationnelle prpondrance d'un des fluides mtaphysiques dont ils maintiennent si dplorablement l'usage2 le caractre absolu de l'antique philosophie s'est certainement plus conserv chez eux que parmi les autres savans1 par suite d'une plus grande restriction mentale4 ,au contraire1 les biologistes1 occups de spculations ncessairement dpendantes de tout le reste de la philosophie naturelle1 et relatives un sujet o toute dcomposition artificielle rappelle spontanment une indispensable combinaison ultrieure1 d'aprs l'intime solidarit continue des phnomnes correspondans1 seraient naturellement les moins livrs aux aberrations dispersives1 et les mieux disposs au rgime vraiment philosophique1 si leur ducation tait aujourd'hui en suffisante harmonie avec leur destination1 et si une servile imitation ne les entranait encore transporter trop aveuglment1 dans leurs travaux ordinaires1 des conceptions et des habitudes essentiellement propres aux tudes inorganiques4 ,toutefois1 leur invitable antagonisme1 quoique jusqu'ici trop subalterne1 contribue dj trs-utilement contenir1 bien que faiblement1 la dplorable tendance scientifique qui rsulterait maintenant d'un entier ascendant des gomtres4 ,ce conflit ncessaire menace constamment les acadmies actuelles d'une prochaine dissolution spontane1 parce que leur nature se rapporte surtout un ge prparatoire o la philosophie inorganique1 qui devait permettre la prpondrance de l'esprit de dtail1 tait seule florissante3 elle ne pourra rester longtemps compatible avec le dveloppement rationnel d'une science o l'esprit d'ensemble doit videmment prvaloir4 ,aussi peut-on noter que la formation systmatique de la biologie1 principale cration scientifique de ce dernier demi-sicle1 a t bien plus entrave que seconde par les corporations savantes1 et surtout par la plus puissante d'entre elles1 l'illustre ,acadmie de ,paris1 qui ne sut point s'emparer du grand ,bichat#bj1 qui s'unit honteusement ,bonaparte afin de perscuter ,gall1 et qui mconnut si radicalement la valeur de ,broussais2 sans parler du dplorable ascendant qu'y exera trop longtemps le brillant mais superficiel ,cuvier contre les admirables efforts de ,lamarck1 et ensuite de ,blainville1 pour fonder la saine philosophie biologique1 dont le vrai sentiment est certainement bien plus complet et plus commun1 mme aujourd'hui1 hors de cette compagnie que dans son sein#ba4 ,note #bj3 ,on a vainement tent de pallier une telle exclusion d'aprs la mort prmature de ,bichat1 enlev pendant sa trente-deuxime anne4 ,mais l'admirable prcocit de son beau gnie fut encore plus exceptionnelle1 et mritait bien une glorieuse drogation spciale des usages qui1 d'ailleurs1 soit avant lui1 soit surtout aprs1 ont souvent flchi en faveur d'admissions plus htives1 et certes moins minentes1 dcernes des mrites mieux apprcis d'une compagnie o dominent les gomtres4 ,il n'est pas inutile de remarquer1 en outre1 qu'aucune solennelle manifestation n'est ensuite venue offrir la postrit1 au sujet de ,bichat1 la digne imitation des nobles regrets qui ont tant honor l',acadmie ,franaise l'gard de ,molire4 ,note #ba3 ,malgr l'apprciation plus facile que trouve ordinairement le mrite tranger1 on a vu pareillement l'illustre ,oken1 que ses vicieuses inspirations mtaphysiques n'empcheront jamais d'tre regard comme l'un des principaux fondateurs de la vraie philosophie biologique1 ddaigneusement cart mme de l'affiliation subalterne que cette acadmie accorde si aisment1 quoique cette insuffisante justice y ft noblement rclame par le plus digne mule de ce grand biologiste4 ,la seule justification spcieuse que des esprits consciencieux aient quelquefois essaye en faveur de cet irrationnel rgime1 dont je ne puis ici qu'indiquer sommairement les principaux dsastres1 consiste prsenter aujourd'hui la spcialisation exclusive comme l'unique garantie possible de la positivit des spculations1 en considrant l'accueil rgulier des gnralits comme devant aussitt donner accs toutes les conceptions vagues et illusoires qui pullulent maintenant4 ,mais cet trange motif1 fort semblable aux maximes politiques tendant interdire totalement la parole ou la presse1 cause des videns abus qu'on en peut faire1 ne contient rellement1 au fond1 qu'une nave confirmation involontaire de l'impuissance philosophique dsormais propre nos compagnies savantes1 que l'on proclame ainsi radicalement incapables de distinguer assez les gnralits vicieuses d'avec celles qui seraient bien conues2 en sorte que1 de peur de laisser pntrer les unes1 il faille indistinctement repousser aussi les autres4 ,une apprciation plus judicieuse fait sentir1 au contraire1 que l'anarchie philosophique actuelle1 systmatiquement prolonge par cette stupide rsistance acadmique1 constitue la principale cause des dangers intellectuels contre lesquels on cherche justement1 mais en vain1 des garanties permanentes1 qui ne sauraient admettre d'efficacit relle qu'en reposant enfin sur la construction directe d'une vritable philosophie1 dont la science1 dignement gnralise1 peut seule fournir la base positive4 ,bien loin que le rgime dispersif suffise dfendre la raison publique de l'imminente invasion du charlatanisme universel1 il lui fournit de nouvelles et nombreuses ressources1 qui1 pour tre d'une autre espce que celles relatives l'abus des gnralits1 ne sont1 vrai dire1 ni moins tendues1 ni moins accessibles1 et doivent certes devenir aujourd'hui plus dangereuses encore d'aprs l'aveugle confiance maintenant accorde1 dans la science comme dans l'industrie1 toute spcialit quelconque1 souvent aussi trompeuse chez la premire que chez la seconde4 ,on conoit aisment1 en effet1 quels immenses moyens doivent ainsi trouver les demi-portes intellectuelles afin d'usurper une indigne prpondrance par une habile rserve scientifique1 fonde sur certaines amliorations secondaires1 et souvent mme illusoires1 qui1 aprs quelques annes d'une facile laboration routinire1 autorisent indfiniment tant d'esprits vulgaires repousser1 avec un inqualifiable ddain1 les plus minentes spculations philosophiques#bb4 ,tout lecteur bien prpar trouvera facilement1 au sein des plus clbres acadmies actuelles1 des occasions trop multiplies d'apprcier les dsastreuses ressources que prsente de telles usurpations notre dplorable rgime scientifique2 surtout lorsque1 une adroite affiliation quelque coterie puissante1 on peut joindre1 avec une certaine opportunit1 du moins apparente1 l'usage spcieux du langage algbrique1 si souvent employ de nos jours1 comme je l'ai hautement signal1 dguiser la mdiocrit intellectuelle sous la prtendue profondeur que semble annoncer encore une langue trop peu rpandue jusqu'ici pour que le seul mrite de la parler1 dans un style d'ailleurs quelconque1 ne doive pas provisoirement tenir lieu d'une vraie supriorit mentale1 en un temps o le public ignore combien elle est susceptible1 comme toute autre1 et mme davantage1 de dgnrer en un verbiage vide d'ides4 ,jusque chez les juges spciaux dont la comptence est le moins contestable1 ces vicieuses habitudes dispersives s'opposent frquemment1 sans excepter les questions mathmatiques1 une saine apprciation comparative des diverses valeurs relles1 si ce n'est aprs une longue exprience tardive1 qui n'empche point d'injustes prminences4 ,c'est ainsi1 pour me borner un seul grand exemple historique1 dont les analogues seraient faciles multiplier1 que1 chez la plupart des gomtres1 l'habile charlatanisme de ,laplace clipsa longtemps la noble spontanit de ,lagrange1 malgr l'immense distance inverse que l'quitable postrit commence mettre entre l'incomparable gnie du second et le talent spcial du premier4 ,l'insuffisance radicale du mode habituel d'apprciation scientifique est surtout marque1 dans ce clbre contraste mathmatique1 par l'trange rputation philosophique qu'tait parvenu se faire1 d'aprs un pompeux verbiage1 l'un des gomtres les moins rellement philosophes qui aient jamais exist2 tandis que le caractre profondment philosophique1 qui distingue assurment les principales conceptions de ,lagrange1 ne lui valut jamais aucune application d'un titre qu'il n'ambitionnait pas1 et dont ceux qui l'accordaient avec un tel discernement taient incapables de comprendre la vraie signification fondamentale4 ,note #bb3 ,si une telle indication gnrale pouvait tre ici prolonge jusqu' la discussion personnelle1 il serait facile1 par un examen impartial et approfondi de la composition actuelle des diverses corporations savantes1 sans excepter la plus minente d'entre elles1 de constater que le rgime de la spcialit dispersive1 bien loin de tendre1 comme on le suppose1 en exclure les mdiocrits ambitieuses1 y est1 au contraire1 de sa nature1 surtout aujourd'hui1 trs-favorable leur intronisation2 car1 sauf un fort petit nombre d'heureuses exceptions1 ces compagnies sont dsormais essentiellement composes de chtives intelligences1 qui1 malgr leur bruyante importance passagre1 n'ont d leur lvation officielle qu' des titres beaucoup plus spcieux que rels1 et dont les noms ne devront certainement laisser aucune trace durable dans l'histoire vritable de notre volution mentale1 o leur entire omission ne saurait occasionner1 sous aucun aspect1 la moindre lacune apprciable pour la filiation effective des diffrens progrs scientifiques4 ,mais cette application individuelle1 que le lecteur suffisamment inform peut du reste baucher sans difficult1 serait videmment contraire l'esprit et la destination de ce ,trait2 quoiqu'elle puisse1 en d'autres circonstances1 devenir opportune1 et mme indispensable1 si une rsistance trop aveugle ou trop malveillante m'obligeait un jour pousser ailleurs ma dmonstration principale jusqu' ce degr de particularit1 auquel je suis d'avance tout prpar1 quels qu'en puissent tre les dangers4 ,tous ces vices gnraux du rgime scientifique actuel ont spontanment trouv1 pendant le dernier demi-sicle1 une commune manifestation permanente1 par suite mme de la nouvelle importance sociale que cette poque a d procurer aux savans1 et qui a fait simultanment ressortir leur insuffisance mentale et l'infriorit morale correspondante3 car1 chez la classe spculative1 l'lvation de l'me et la gnrosit des sentimens peuvent difficilement se dvelopper sans la gnralit des penses1 d'aprs l'affinit naturelle qui doit y exister entre les vues troites ou dispersives et les penchans gostes4 ,sous la seconde phase moderne1 et encore plus sous la troisime1 l'encouragement systmatique des sciences1 caractris au chapitre prcdent1 s'tait habituellement exerc suivant un mode trs-judicieux1 en heureuse harmonie1 soit avec les conditions de la situation contemporaine1 soit avec les besoins de l'avenir immdiat2 il consistait1 comme on sait1 gratifier les savans de pensions suffisantes pour permettre le libre cours de leurs travaux1 mais en vitant soigneusement de leur confrer aucune attribution active4 ,or1 depuis le dbut de la crise rvolutionnaire1 et principalement aujourd'hui1 une gnrosit irrflchie a entran les divers gouvernemens1 surtout en ,france1 changer avant le temps ce systme provisoire1 pour lui substituer dj le seul rgime qui puisse dfinitivement persister1 en fondant dsormais une existence plus indpendante sur la juste rmunration de fonctions directement utiles2 sans examiner si les savans actuels taient1 en ralit1 assez prpars une transformation aussi dsirable4 ,comme l'ducation constitue ncessairement la principale destination lmentaire de tout pouvoir spirituel1 on a d ainsi livrer de plus en plus aux corporations savantes1 non l'ducation gnrale o elles ne pouvaient encore prtendre aucunement1 mais les diverses institutions de haut enseignement spcial1 qui avaient t successivement tablies pour plusieurs professions publiques1 et qui furent alors beaucoup agrandies4 ,toutefois1 par cela mme que l'ducation caractrise1 en un cas quelconque1 le premier degr du gouvernement intellectuel et moral1 elle exige imprieusement cet esprit d'ensemble sans lequel aucun gouvernement ne saurait remplir son office1 ft-ce sous les plus simples aspects4 ,il tait donc ais de prvoir que les habitudes dispersives de la spcialit scientifique rendraient les acadmies actuelles essentiellement impropres aux importantes attributions sociales qui leur taient ainsi prmaturment confres3 car1 la premire condition relle de tout pouvoir spirituel consiste assurment en une philosophie pleinement gnrale1 quelle qu'en soit la nature2 et jusqu'ici les savans n'en ont videmment aucune qui leur soit propre4 ,quoique1 runis1 ils possdent les fragmens pars et incohrens1 mais infiniment prcieux1 de la seule philosophie durable qui puisse aujourd'hui s'tablir1 ils ne savent pas l'y voir1 et s'opposent aveuglment ce que d'autres l'y cherchent4 ,cette preuve permanente peut donc tre maintenant utilise pour mettre dans tout son jour l'inaptitude sociale des corps savans actuels1 mme envers les fonctions auxquelles ils doivent sembler le mieux prpars3 on doit ainsi convenablement apprcier l'intime ralit des obligations philosophiques indispensables l'avnement ultrieur d'une vritable organisation spirituelle1 mme seulement partielle4 ,mais on et difficilement prvu1 avant cette irrcusable exprience1 jusqu' quel dplorable degr l'gosme s'y joindrait l'empirisme pour constater directement la tendance anti-progressive qui caractrise ncessairement1 en un cas quelconque1 tout rgime purement provisoire1 lorsque1 aprs avoir dpass l'ge de son heureuse efficacit temporaire1 il est appliqu1 dans un nouveau milieu1 une destination incompatible avec ses dispositions initiales4 ,ce grave rsultat est aujourd'hui1 en ,france1 suffisamment accompli1 et sa manifestation directe importe beaucoup la nettet des conclusions gnrales propres ma grande dmonstration historique1 afin de faire mieux ressortir la principale condition1 la fois intellectuelle et morale1 d'une rgnration spirituelle dont la vraie nature est encore trs-peu comprise4 ,je dois donc complter cette indispensable critique d'une vicieuse organisation scientifique1 en osant ici signaler sans dtour1 quoique sommairement1 une dgnration vraiment dcisive1 dont les effets immdiats sont d'ailleurs trs-pernicieux dj d'importans services publics2 quelque nouvelle ardeur que cette loyale apprciation doive ncessairement procurer aux puissantes antipathies spontanment ligues contre moi4 ,en confrant notre ,acadmie des ,sciences le choix des professeurs destins1 dans les diverses chaires spciales1 au plus haut enseignement scientifique1 la gnreuse confiance du gouvernement franais n'avait institu aucune prcaution lgale contre les abus que cette illustre compagnie pourrait faire un jour d'une telle attribution permanente1 au profit exclusif de ses propres membres4 ,peut-tre mme avait-on prsum que1 chez une corporation o un long usage porte chaque acadmicien s'abstenir de concourir avec les autres savans quant aux divers prix scientifiques qu'elle est appele dcerner1 ce respect naturel pour les conditions scrupuleuses d'un impartial jugement dterminerait spontanment1 envers un concours beaucoup plus important tous gards1 une pareille observance des garanties ordinaires d'une vritable quit1 sans exiger des prescriptions formelles qui auraient pu sembler injurieuses la dlicatesse personnelle de tant d'hommes recommandables4 ,mais on avait ainsi mconnu la dangereuse tentation laquelle on exposait ds lors1 en un temps d'anarchie morale1 un corps o les natures vulgaires avaient dj trop de facilit pntrer1 et o d'ailleurs la dispersion mentale devait d'abord empcher sincrement une suffisante distinction entre la capacit acadmique proprement dite1 telle que la caractrisent encore nos habitudes transitoires1 et la capacit vraiment didactique1 toujours lie ncessairement des conditions philosophiques2 c'est--dire entre l'esprit de dtail et l'esprit d'ensemble1 ou entre le rgime analytique et le rgime synthtique1 si mal compars jusqu'ici1 surtout chez les savans#bc4 ,primitivement entrane par cette invitable illusion1 suite naturelle d'une spcialisation empirique1 cette compagnie a finalement abus de cette nouvelle mission publique1 au profit1 de plus en plus exclusif1 de ses propres membres1 qui forment dsormais une sorte de ligue permanente1 la fois spontane et systmatique1 pour se garantir les uns aux autres1 contre tout rival tranger1 non-seulement la possession d'honorables sincures1 juste quivalent des anciennes pensions1 mais aussi et surtout le monopole universel du haut enseignement scientifique1 quelle que pt tre1 en chaque cas1 leur inaptitude notoire d'importantes fonctions actives1 mme en contraste avec la supriorit la mieux constate de leurs concurrens extrieurs4 ,le monde savant a dj suffisamment compris1 en ,france1 cette dplorable dgnration2 puisque l'exprience y a fait maintenant reconnatre l'impossibilit totale de lutter heureusement contre aucun acadmicien1 dans les diverses nominations ainsi confies cette corporation1 auprs de laquelle la plus minente aptitude l'enseignement1 spcialement confirme par de longs et utiles services1 vient1 en effet1 toujours chouer devant les plus tranges prtentions du moindre producteur de ,mmoires une fois parvenu y pntrer sous des titres quelconques1 parmi lesquels nanmoins l',acadmie rpugnerait introduire dsormais aucune condition didactique directement relative des fonctions dont la qualit acadmique confre cependant aujourd'hui l'investiture privilgie4 ,outre la dangereuse tendance d'un tel rgime confier souvent d'importans offices publics des hommes profondment incapables de s'en acquitter convenablement1 on conoit aisment le funeste dcouragement qu'il doit produire parmi les professeurs franais2 puisque les plus dignes fonctionnaires ne peuvent plus esprer d'accs aux diverses chaires du haut enseignement scientifique1 si ce n'est envers les postes trop improductifs ou trop pnibles pour tenter aucun acadmicien4 ,note #bc3 ,afin de mieux marquer ici combien est aujourd'hui profondment enracine1 chez cette clbre compagnie1 cette dsastreuse confusion philosophique1 je crois devoir signaler brivement un fait particulier1 qui1 par l'ensemble de ses circonstances1 me parat1 cet gard1 tellement caractristique1 que1 malgr que le cas me soit personnel1 le lecteur me saura gr1 sans doute1 de l'avoir spcialement rappel1 en m'y bornant d'ailleurs ce qui l'rige en symptme rel de l'esprit dominant4 ,ma dernire candidature1 mentionne dans la prface de ce volume1 pour la chaire mathmatique que j'avais1 par intrim1 activement occupe l'cole ,polytechnique1 m'avait conduit adresser l',acadmie des ,sciences de ,paris1 le #c aot #ahdj1 une lettre uniquement destine tablir1 en gnral1 la distinction rationnelle entre les lections purement acadmiques et les lections essentiellement didactiques1 spcialement indispensable en une telle occasion2 d'o je concluais que des traits et des leons devaient alors constituer des titres plus dcisifs que de simples ,mmoires de dtail1 dont la considration et1 au contraire1 d prvaloir1 s'il se ft agi d'une admission l',acadmie1 tant que durera sa constitution actuelle4 ,la lecture officielle de cette lettre1 toute philosophique1 crite avec des mnagemens que sa publication immdiate fit bientt apprcier1 avait t expressment demande par un membre 7,m4 de ,blainville71 suivant une formelle disposition rglementaire1 qui1 sous cette seule condition pralable1 oblige l',acadmie entendre textuellement toute semblable communication4 ,ce corps devait assurment tre touch de l'honorable confiance que je lui tmoignais en lui soumettant une telle discussion1 quoique l'occasion d'une concurrence personnelle avec l'un de ses membres2 ce qui semblait d'ailleurs devoir mieux assurer1 mon gard1 pour une lutte aussi prilleuse1 le scrupuleux accomplissement des garanties protectrices1 alors devenues non moins ncessaires l'honneur de la compagnie qu' ma propre scurit4 ,nanmoins1 ds les premires phrases de cette lecture obligatoire1 ,m4 ,thenard osa demander sa suppression totale2 appuy par ,m4 ,alexandre ,brongniart1 il obtint bientt cette mesure exceptionnelle1 sans que le prsident 7,m4 ,poncelet7 adresst une majorit inattentive aucune remontrance quelconque sur une pareille violation du rglement acadmique3 la voix loyale et courageuse de ,m4 de ,blainville fut la seule qui rclamt la fois au nom de l'quit1 de la convenance et de la vraie dignit4 ,le contraste dcisif d'un tel accueil avec la paisible admission1 quatre ans auparavant1 d'une lettre toute semblable1 soit pour le fond1 soit pour la forme1 ne permet pas d'attribuer cette trange diffrence d'autre motif rel1 sinon que1 en #ahcf1 je ne m'tais trouv en concurrence avec aucun acadmicien2 car mes titres spciaux taient d'ailleurs devenus1 en #ahdj1 beaucoup plus incontestables1 d'aprs la manire dont j'avais provisoirement rempli les fonctions que je venais ainsi rclamer1 selon l'irrcusable tmoignage de l'illustre ,dulong1 qui1 comme directeur des tudes de l'cole ,polytechnique1 y avait personnellement suivi mes leons4 ,au reste1 cette mesure1 la fois ignoble et purile1 o une puissante corporation se ruait sur un seul homme pour touffer1 au profit d'un de ses membres1 une juste discussion1 excita aussitt1 partout ailleurs qu'au sein d'une compagnie probablement entrane par une manuvre concerte1 l'indignation la plus unanime1 soit parmi le public scientifique1 soit chez la presse priodique1 qui1 sans aucune distinction de parti1 sut alors remplir spontanment sa noble mission protectrice contre les prjugs et les passions de tous les pouvoirs aveugls ou arrirs4 ,pour complter cette observation1 en y montrant combien les meilleurs esprits sont dj domins par la dplorable tendance qu'elle rvle1 je dois ajouter que l'un des plus minens acadmiciens1 ,m4 ,poinsot1 qui1 entre les gomtres franais vivans1 est assurment le moins loign du vritable tat philosophique1 et qui d'ailleurs affecta toujours envers moi une strile bienveillance1 n'osa point1 en ce cas dcisif1 appuyer de sa juste autorit la voix indpendante de son nergique collgue1 afin d'pargner sa corporation l'invitable rprobation publique qui s'attache toute iniquit constate4 ,outre que cet illustre savant tait personnellement convaincu de la supriorit de mes droits1 il m'avait expressment crit qu'il soutiendrait1 en cas de contestation1 la lecture officielle de ma lettre1 dont il avait eu pralablement connaissance4 ,cet ingnieux gomtre1 toujours si disert et si incisif quand sa personnalit est mise en jeu1 prfra donc violer un engagement formel1 pour s'associer1 par un lche silence1 cette turpitude acadmique1 plutt que de paratre blmer1 envers un de ses confrres1 le funeste monopole maintenant usurp par sa compagnie au prjudice de toute capacit extrieure4 ,tous ceux de mes lecteurs qui auront remarqu1 dans les deux premiers volumes de ce ,trait1 l'clatante justice que je me suis plu rendre au mrite trop peu apprci de cet minent acadmicien1 regretteront sans doute avec moi que son caractre ne soit point au niveau de son intelligence1 quoique son ge avanc1 et le juste ascendant dont il jouit dussent spcialement faciliter l'indpendance de sa conduite2 ce qui montre combien est dsormais profondment enracine1 chez nos savans1 la dangereuse aberration1 la fois morale et mentale1 inhrente une prolongation exagre de l'anarchie philosophique4 ,l'intime dgnration indique par de tels symptmes confirme l'tat purement provisoire d'une classe spculative o l'actif sentiment du devoir a d s'affaiblir au mme degr que le vritable esprit d'ensemble1 et chez laquelle on remarque1 en effet1 aujourd'hui1 encore plus que partout ailleurs1 une systmatique prpondrance de la morale mtaphysique fonde sur l'intrt personnel4 ,bientt1 peut-tre1 la science elle-mme en sera profondment atteinte1 soit parce qu'une trop avide concurrence menace d'y dterminer1 chez des natures trop infrieures1 une altration volontaire de la vracit des observations1 soit cause de la surexcitation qu'une cupidit croissante est expose y recevoir des relations plus directes et plus actives entre les spculations scientifiques et les oprations industrielles4 ,c'est ainsi que s'annonce1 tous gards1 la fin prochaine du rgime prliminaire4 ,il ne saurait dsormais entraver longtemps l'impulsion dcisive destine rgnrer la science moderne par une indispensable gnralisation1 qui1 sans compromettre sa positivit1 et mme en la consolidant beaucoup1 organisera enfin sa suffisante harmonie avec les principaux besoins de notre situation fondamentale4 ,aussi1 en terminant cette pnible mais invitable digression1 qui pouvait seule faire nergiquement sentir combien la rgnration spirituelle exige pralablement une rnovation philosophique1 la fois morale et mentale1 pouvons-nous rsumer entirement l'ensemble d'une telle apprciation1 en considrant historiquement les savans proprement dits comme une classe essentiellement quivoque1 destine une prochaine limination1 en tant qu'intermdiaires entre les ingnieurs et les philosophes1 sans avoir nettement aucun de ces deux caractres tranchs1 puisqu'ils se rapprochent des uns par la spcialit de leurs travaux1 et des autres par l'abstraction de leurs spculations#bd4 ,note #bd3 ,on peut mme aisment reconnatre aujourd'hui que1 par suite de ce caractre btard et de cette fausse position1 nos corps savans remplissent dsormais presque aussi mal les fonctions des ingnieurs que celles des philosophes4 ,c'est ce que tmoignent clairement1 par exemple1 les consultations technologiques journellement manes de l',acadmie des ,sciences de ,paris1 o l'on voit trop souvent prner de vicieuses innovations pratiques d'aprs d'insuffisantes considrations thoriques1 appuyes de petits essais insignifians1 gure plus dcisifs1 d'ordinaire1 que les expriences agricoles si justement ridiculises4 ,de telles dcisions ne rencontrent encore habituellement qu'une aveugle vnration chez un public incomptent1 jusqu' ce que l'application en ait tardivement dvoil la lgret4 ,mais quand elles pourront tre convenablement assujetties une vritable discussion1 on ne tardera pas comprendre que ces corporations quivoques ne se font1 en gnral1 aucune ide juste des conditions essentielles propres garantir la sagesse et la stabilit de leurs jugemens technologiques1 et que leurs attributions actuelles cet gard seraient certainement beaucoup mieux exerces par une compagnie franchement forme de purs ingnieurs judicieusement choisis4 ,ces deux lmens htrognes coexistent confusment aujourd'hui dans la constitution empirique de nos acadmies2 mais ils tendront videmment s'y sparer de plus en plus1 soit par l'extension croissante d'un mouvement industriel devenu plus rationnel1 soit mesure que le besoin d'une vritable rorganisation spirituelle sera mieux compris4 ,la majeure partie des savans actuels ira se fondre parmi les purs ingnieurs1 pour former une active corporation franchement destine1 sans aucune vaine diversion spculative1 diriger l'ensemble de l'action de l'homme sur le monde extrieur1 d'aprs des conceptions spcialement adaptes une telle fin4 ,mais les plus minens d'entre eux deviendront1 sans doute1 le noyau d'une vritable classe philosophique1 directement rserve aujourd'hui conduire la rgnration intellectuelle et morale des socits modernes1 sous l'impulsion permanente d'une commune doctrine positive1 instituant une ducation scientifique vraiment gnrale1 laquelle serait toujours rationnellement subordonne toute indispensable rpartition ultrieure des divers travaux contemplatifs1 en dterminant1 chaque poque1 l'importance variable que l'ensemble de la situation humaine doit assigner chaque catgorie abstraite1 et1 par suite1 accordant maintenant la plus haute prpondrance aux tudes sociales1 jusqu' ce que la rgnration finale soit suffisamment avance#be4 ,quant ceux des savans actuels1 ou plutt de leurs successeurs immdiats1 qui seraient incapables de s'lever habituellement la gnralit philosophique1 et qui cependant ddaigneraient l'utile office spcial des ingnieurs1 il resteront ncessairement1 comme tous les tres quivoques1 en dehors de toute hirarchie rgulire1 tant qu'ils n'auront pu s'investir convenablement d'un vrai caractre social1 soit spculatif1 soit actif4 ,mais cette exclusion naturelle n'empchera d'ailleurs aucunement1 pendant cette invitable transition1 la juste apprciation continue de leurs propres travaux4 ,quoique leur trange prpondrance actuelle doive alors entirement cesser1 ils trouveront chez les vritables philosophes plus d'quit qu'ils n'en montrent aujourd'hui envers eux3 parce que la saine gnralit fait dignement sentir le prix de toute utile spcialit1 quelque rtrcie qu'elle puisse tre2 tandis que celle-ci1 par sa restriction mme1 inspire l'aversion de toute conception vraiment complte1 c'est--dire gnrale4 ,nulle politique normale ne saurait1 en effet1 assigner d'office rellement fondamental des esprits radicalement disparates1 ddaignant l'industrie1 mconnaissant les beaux-arts1 ne pouvant mme entre eux ni se comprendre1 ni s'estimer1 parce que chacun d'eux veut tout ramener au sujet exclusif de son troite proccupation1 enfin tous incapables1 dans les oprations d'ensemble de la vie sociale1 de prendre aucune dlibration qui leur soit propre1 faute d'une doctrine commune1 et seulement aptes fournir une direction suprieure de prcieux renseignemens partiels4 ,on conoit ainsi le secret instinct personnel qui1 malgr de vaines dmonstrations1 pousse maintenant ces natures btardes et incompltes dsirer involontairement la conservation indfinie de la philosophie thologico-mtaphysique1 dont l'impuissance sociale leur permet aujourd'hui1 outre le facile mrite d'une opposition banale1 la prolongation effective de leur propre ascendant mental1 qui serait1 au contraire1 incompatible avec l'active suprmatie d'une philosophie vraiment positive1 assignant chacun1 suivant une irrsistible rationnalit1 sa fonction et son rang4 ,ces motifs peuvent aisment expliquer la profonde antipathie qu'inspirent aujourd'hui ces tranges chefs provisoires de notre volution mentale tous ceux qui1 comme moi1 s'efforcent d'instituer enfin1 d'aprs des conceptions suffisamment gnrales1 un vritable gouvernement intellectuel1 d'autant plus redout que sa positivit le rendrait plus efficace contre toutes les influences usurpes#bf4 ,note #be3 ,quelque invitable que doive sembler1 assurment1 d'aprs nos explications antrieures1 la prochaine dcadence du rgime dispersif propre aux acadmies scientifiques actuelles1 et caractris par leur morcellement empirique1 le remplacement dfinitif de ces corporations provisoires par des acadmies vraiment philosophiques est encore loin d'tre immdiatement ralisable1 faute d'un suffisant dveloppement et d'une convenable propagation du vritable esprit philosophique4 ,chez la plus illustre de ces compagnies 7l',acadmie des ,sciences de ,paris71 il n'existe peut-tre aujourd'hui qu'un seul membre qui satisft dignement aux conditions philosophiques1 comme ayant seul judicieusement mdit sur la marche relle de l'esprit humain4 ,dans une telle situation1 ces corporations pourraient1 sans changer encore radicalement leur constitution initiale1 prolonger et consolider utilement leur existence incomplte1 par l'introduction d'une section nouvelle et prpondrante1 spcialement consacre la physique sociale et la philosophie positive2 la juste suprmatie rationnelle de cette section complmentaire tant d'ailleurs rgulirement marque par son privilge exclusif de fournir toujours le prsident annuel et le secrtaire perptuel de l',acadmie1 ainsi que par la participation dtermine aux dlibrations partielles de chacune des autres sections4 ,malgr que cette institution intermdiaire ft certainement insuffisante pour l'entire rgnration de nos ,acadmies1 elle pourrait heureusement prparer la transition finale de la constitution scientifique la vraie constitution philosophique4 ,toutefois1 l'empirisme et l'gosme dont le dplorable concours domine de plus en plus aujourd'hui chez de telles compagnies1 les pousseront plutt carter de toutes leurs forces un expdient aussi salutaire1 qui dsormais ne pourrait gure y tre introduit que par la sage nergie d'un pouvoir suprieur1 dont l'intervention convenable est1 cet gard1 trs-peu vraisemblable4 ,il est malheureusement beaucoup plus probable que la dconsidration croissante1 la fois intellectuelle et morale1 dont ces corps sont aujourd'hui menacs1 par une suite ncessaire du rtrcissement graduel de leurs vues et de la corruption progressive de leur conduite1 dtermineront1 au contraire1 leur suppression universelle1 hte sans doute par l'invitable accroissement de leurs dissensions intestines1 avant le temps o de vritables corporations philosophiques pourront enfin s'lever leur place4 ,note #bf3 ,les libres runions scientifiques qui1 depuis quelques annes1 commencent se former temporairement sur les divers points principaux de la rpublique europenne1 et o le caractre cosmopolite de la science moderne surmonte si honorablement tout esprit de nationalit1 peuvent tre regardes1 beaucoup d'gards1 comme un tmoignage spontan d'un sentiment vague mais rel de l'insuffisance actuelle1 la fois mentale et sociale1 de nos ,acadmies officielles4 ,quoique ces rassemblemens priodiques ne puissent constituer jusqu'ici1 vrai dire1 que d'heureuses occasions d'un noble divertissement1 ils pourront ultrieurement faciliter la rorganisation scientifique dont ils indiquent confusment le besoin instinctif1 quand l'apparition d'une vritable philosophie aura permis enfin d'apprcier convenablement1 soit la nature propre de cette nouvelle ncessit1 soit le mode effectif de rgnration4 ,l'apprciation que nous venons de terminer doit actuellement faire comprendre aussi la sagacit rvolutionnaire qui1 sous le principal degr de la grande crise politique1 avait dispos l'nergie progressive ne pas excepter les plus estimables compagnies savantes de l'universelle suppression des corporations antrieures1 dont l'esprit devait tre1 en effet1 dans les cas mme les plus favorables1 plus ou moins oppos la rgnration finale4 ,nous venons de le constater1 de la manire la plus dcisive1 envers une illustre acadmie qui1 aprs tant d'minens services partiels1 constitue maintenant un puissant obstacle1 d'abord intellectuel1 et mme ensuite moral1 toute vritable organisation spirituelle1 par cela seul qu'elle consacre directement l'anarchique prpondrance de l'esprit de dtail sur l'esprit d'ensemble1 sans lequel ne saurait surgir une construction devenue aujourd'hui le premier besoin social4 ,toutefois1 les illusions mtaphysiques propres l'unique philosophie qui pt alors diriger1 avaient d1 cet gard1 ainsi qu' tout autre1 faire prendre une destruction pour une fondation1 sans penser que ce qu'il fallait surtout changer1 comme tant dsormais radicalement nuisible1 ce n'tait point seulement la constitution lgale de ces anciennes corporations1 mais le vicieux rgime mental dont elles n'offraient qu'une invitable expression1 et sur lequel les mesures politiques ne pouvaient avoir aucune action radicale4 ,aussi cette suppression prmature1 d'ailleurs si injustement fltrie1 qui ne favorisait pas rellement la rorganisation spirituelle1 en un temps o elle tait encore totalement impossible1 fut-elle bientt suivie d'une facile restauration provisoire1 parce qu'elle compromettait inutilement d'importans services partiels4 ,mais cet invitable rtablissement1 accompagn d'un surcrot essentiel d'attributions sociales1 a mis en pleine vidence ultrieure1 comme je viens de le montrer1 l'entire impuissance politique de la classe scientifique actuelle1 et mme sa dgnration morale1 d'aprs la vicieuse prolongation d'un rgime mental purement provisoire1 dont la destination propre tait suffisamment accomplie1 et qui pourtant n'a jamais t plus absolument prn que depuis que1 par une abusive extension1 il est vraiment devenu beaucoup plus rtrograde que progressif4 ,enfin1 je ne dois pas ngliger de faire ici ressortir spcialement de cette importante et difficile apprciation1 si contraire aux habitudes rgnantes1 un prcieux enseignement social1 qui ne pourrait1 en aucun autre cas1 recevoir spontanment une confirmation aussi dcisive4 ,car1 en quelques mains que les vicissitudes naturelles de notre orageuse situation puissent faire successivement passer le pouvoir central1 une telle exprience m'autorise pleinement1 sans doute1 lui recommander d'avance1 avec les plus vives instances1 au nom des premiers intrts sociaux1 de ne jamais se dsaisir volontairement1 mme d'aprs les plus spcieux motifs1 des attributions gnrales qui lui restent encore4 ,elles ne sauraient tre livres des organes partiels sans que cette imprudente abdication ne doive gravement entraver une rorganisation fondamentale dj assez embarrasse1 outre son extrme difficult spontane1 par l'ensemble des vicieuses tendances inhrentes au double mouvement antrieur1 aussi bien positif que ngatif1 soit d'aprs une spcialit dispersive ou une critique dissolvante1 dont les dplorables effets politiques sont d'ailleurs maintenant fort analogues1 malgr la diversit d'origine4 ,aprs avoir convenablement apprci la progression gnrale du dernier demi-sicle1 quant au prolongement de celle de nos quatre volutions lmentaires qui a maintenant le plus d'importance directe pour la rgnration finale1 il ne nous reste plus1 afin de complter l'examen de cette poque extrme1 de manire terminer enfin notre grande laboration historique1 qu' y considrer sommairement le cours simultan de l'volution philosophique proprement dite1 relative au quatrime lment prparatoire de la sociabilit moderne4 ,par l'invitable persistance de l'impuissante situation o nous l'avons vu ncessairement amen sous la seconde phase1 cet lment prliminaire1 qui devait sembler propre compenser la profonde atteinte temporaire que le mouvement scientifique apportait l'esprit d'ensemble1 n'a rellement tendu1 au contraire1 qu' consacrer dogmatiquement cette fatale dviation1 en s'efforant aussi de l'tendre servilement au sujet qui la repousse le plus4 ,suivant les explications du chapitre prcdent1 mesure que la science1 aux seizime et dix-septime sicles1 se sparait irrvocablement d'une philosophie caduque1 sans pouvoir encore devenir la base d'aucune autre1 la philosophie1 de son ct1 s'isolant toujours davantage de l'volution scientifique qu'elle dirigeait ds la troisime phase du moyen ge1 se restreignait exclusivement la vaine laboration immdiate des thories morales et sociales1 dsormais conues indpendamment de toute relation permanente aux seules tudes qui pussent leur fournir des fondemens rels1 soit pour la mthode ou pour la doctrine4 ,depuis l'accomplissement de cette indispensable sparation1 il n'a pu1 vrai dire1 exister jusqu'ici aucun vritable philosophe1 si1 ce qui n'est pas contestable1 ce titre suppose ncessairement1 comme attribut caractristique1 la prpondrance habituelle de l'esprit d'ensemble1 quelle qu'en soit d'ailleurs la nature ou la direction1 thologique1 mtaphysique ou positive4 ,en ce sens1 seul rigoureux1 le grand ,leibnitz aurait effectivement constitu le dernier philosophe moderne2 puisque personne aprs lui1 pas mme l'illustre ,kant1 malgr son admirable puissance logique1 n'a convenablement rempli encore les conditions de la gnralit philosophique1 en suffisante harmonie avec l'tat avanc de l'volution mentale4 ,si la philosophie de l'nergique de ,maistre a pu ensuite1 sa manire1 sembler vraiment complte1 c'est uniquement parce que son caractre rtrograde1 qui ne lui permettait qu'un office purement historique1 devait1 en effet1 la dispenser spontanment de la difficile obligation de correspondre simultanment aux divers besoins htrognes1 en apparence contradictoires et nanmoins galement imprieux1 qui sont propres la sociabilit moderne4 ,aussi1 sauf quelques heureux pressentimens exceptionnels d'une prochaine rnovation1 ce dernier demi-sicle n'a-t-il pu essentiellement offrir1 sous ce rapport1 qu'une strile conscration dogmatique d'une telle situation transitoire1 bien loin de tendre la conduire vers sa vritable issue finale4 ,nanmoins1 comme cette vaine tentative est trs propre caractriser une prtendue philosophie1 qui1 dfaut de toute autre1 doit aujourd'hui rester spcieuse pour beaucoup d'esprits vaguement pntrs du premier besoin de notre temps1 il n'est pas inutile d'en indiquer ici rapidement la saine apprciation historique4 ,j'ai dmontr1 aux quarantime et cinquante-unime chapitres1 que le vritable esprit gnral de la philosophie primitive1 seule encore existante malgr des modifications de plus en plus destructives1 consiste principalement concevoir l'tude de l'homme1 surtout intellectuel et moral1 comme entirement indpendante de celle du monde extrieur1 laquelle1 au contraire1 elle servirait toujours de base primordiale1 en contraste fondamental avec la vraie philosophie dfinitive4 ,pour mieux consolider ce caractre commun toutes les doctrines thologico-mtaphysiques1 d'une manire plus conforme aux nouvelles prdilections de l'esprit humain1 la mtaphysique moderne1 depuis que la science1 affranchie de sa tutelle1 dveloppait rapidement la merveilleuse puissance de la mthode positive1 voulut aussi1 par une trange inconsquence1 que la thologie antrieure et certainement vite1 justifier sa propre marche d'aprs un principe logique quivalent celui de la science elle-mme1 dont elle comprenait de moins en moins les conditions relles4 ,cette tendance spontane1 graduellement prononce partir de ,locke1 a finalement abouti1 de nos jours1 chez les diverses coles mtaphysiques1 sous des formes d'ailleurs adaptes leurs divergences1 consacrer dogmatiquement cet isolement caractristique et cette priorit dcisive des spculations morales1 en reprsentant dsormais cette prtendue philosophie comme fonde1 autant que la science elle-mme1 sur un ensemble de faits observs4 ,il a suffi pour cela d'imaginer1 paralllement la vritable observation1 toujours ncessairement extrieure l'observateur1 cette fameuse observation intrieure1 qui n'en peut tre que la vaine parodie1 et suivant laquelle1 dans une situation ridiculement contradictoire1 notre intelligence se contemplerait elle-mme pendant l'excution habituelle de ses propres actes4 ,voil ce qui se formulait doctoralement1 tandis que ,gall incorporait1 d'une manire irrvocable1 l'tude des fonctions crbrales au domaine positif de la science relle6 ,on sait assez quelle strile agitation ce principe illusoire a conduit ncessairement la mtaphysique actuelle1 qui nous offre partout le spectacle journalier des plus ambitieuses prtentions philosophiques aboutissant enfin produire1 sur l'ancienne philosophie1 grecque ou scolastique1 des traductions et des commentaires1 o l'on ne peut mme trouver le plus souvent aucune judicieuse apprciation historique des doctrines correspondantes1 faute de toute saine thorie fondamentale relativement l'volution relle de l'esprit humain4 ,cette sophistique parodie du rgime scientifique1 d'abord limite au seul principe logique1 s'est ensuite tendue aussi la marche gnrale4 ,la plus servile irrationnalit a fait aveuglment transporter aux tudes morales et sociales la spcialit caractristique des tudes scientifiques proprement dites1 au temps mme o cette spcialit1 longtemps indispensable la philosophie inorganique d'o elle manait1 tait dj parvenue1 comme nous l'avons vu ci-dessus1 au terme naturel de son office provisoire4 ,une philosophie vraiment digne de ce nom1 et alors1 conformment sa destination normale1 sagement averti les savans1 et surtout les biologistes1 de l'immense dviation logique laquelle ils s'exposaient ainsi de plus en plus en tendant1 par une imitation routinire1 la science des corps vivans1 o tous les aspects sont radicalement solidaires1 un mode d'laboration qui n'avait pu provisoirement convenir qu' l'gard des corps inertes4 ,mais1 au lieu de cela1 arguer d'un tel entranement spontan1 pour l'aggraver encore davantage en l'appliquant systmatiquement l'tude qui avait toujours t conue comme exigeant le plus1 par sa nature1 une indispensable unit permanente2 c'est ce qui constitue1 mes yeux1 l'un des plus mmorables exemples historiques d'une dsastreuse fascination mtaphysique1 et en mme temps un tmoignage dcisif de la profonde impuissance philosophique propre aux auteurs quelconques d'une aussi stupide aberration4 ,quand on crut organiser enfin la corporation spculative1 en runissant priodiquement1 dans un mme local1 et sous un mme titre1 des classes radicalement htrognes1 qui ne sauraient encore ni se comprendre ni s'estimer les unes les autres1 l'inconcevable aveuglement que je viens de signaler se manifesta directement1 de la manire la moins quivoque1 par l'irrationnel dpcement de la science morale et politique entre les diverses coteries d'une acadmie mtaphysique1 d'aprs la servile imitation du morcellement provisoire inhrent aux acadmies positives4 ,heureusement1 ,bonaparte1 quoique dans une intention rtrograde1 dtruisit bientt cette trange institution1 qui ne pouvait rellement servir qu' concentrer les influences mtaphysiques1 en un temps o1 leur office temporaire tant suffisamment accompli1 elles devaient dsormais entraver profondment toute vritable rorganisation4 ,quand un ministre mtaphysicien1 progressif et organisateur sa manire1 a rcemment restaur cette vaine congrgation1 il y a fidlement reproduit ce fractionnement sophistique1 que l'tat plus avanc de l'volution mentale permettait certes d'apprcier alors convenablement1 mais qui est1 en effet1 trs propre gner l'essor des conceptions vraiment philosophiques1 en ameutant officiellement1 contre leur unit caractristique1 des tendances tout autre gard discordantes#bg4 ,chacun connat d'ailleurs l'trange complment spcial que cet homme d'tat a ensuite ajout1 pour l'histoire1 cette irrationnelle dcomposition1 dans ce que ses flatteurs ont os qualifier d'organisation normale des tudes historiques4 ,on ne saurait aujourd'hui comment nommer ce dernier garement1 si1 en ralit1 une telle innovation n'tait surtout destine instituer1 envers la presse priodique1 un misrable expdient de corruption permanente4 ,note #bg3 ,si une pareille institution tait srieusement discutable1 il serait curieux1 par exemple1 d'y remarquer comment tout esprit qui aurait aujourd'hui dignement satisfait la plus importante condition logique1 en runissant convenablement le point de vue philosophique et le point de vue historique1 se trouverait1 ce titre mme1 naturellement exclu d'une ,acadmie que son organisation dispersive et ses habitudes irrationnelles disposeraient toujours lui prfrer spontanment1 soit un philosophe tranger aux mditations historiques1 soit un historien dpourvu d'tudes philosophiques4 ,tels sont1 en gnral1 les symptmes vraiment dcisifs par lesquels l'volution philosophique proprement dite1 depuis que l'volution scientifique s'en est compltement spare1 a d tre finalement conduite1 au dix-neuvime sicle1 constater directement son extrme caducit ncessaire1 soit d'aprs une conscration sophistique de son strile isolement1 soit en brisant l'indispensable unit des conceptions sociales4 ,nanmoins1 quoiqu'un instinct confus de la profonde discordance avec l'esprit et les besoins de notre temps l'ait dj radicalement discrdite aux yeux de la raison publique1 l'influence politique que conserve encore videmment cette prtendue philosophie1 dfaut de toute concurrence relle1 est bien propre vrifier l'urgence et le pouvoir de la gnralit mentale1 dont la plus vaine apparence suffit aujourd'hui maintenir provisoirement la puissance pratique d'une doctrine universellement dconsidre1 qui n'a plus d'autre office effectif que d'entretenir imparfaitement1 au milieu de la plus active dispersion1 un vague sentiment de la concentration intellectuelle4 ,mais1 quand l'invitable apparition d'une vraie philosophie1 mane enfin de la science relle1 aura suffisamment enlev la mtaphysique actuelle le seul privilge qui puisse lui attacher maintenant des esprits consciencieux1 cet unique vestige de son antique prpondrance disparatra spontanment1 sans exiger probablement aucune discussion directe1 sauf le contraste dcisif qui ressortira ncessairement des applications respectives4 ,alors se dissipera totalement le grand schisme prparatoire consomm1 par ,aristote et ,platon1 entre la philosophie naturelle et la philosophie morale1 dont l'indispensable sparation provisoire1 radicalement modifie par ,descartes1 est aujourd'hui parvenue son dernier ge1 aprs avoir convenablement rempli sa destination prliminaire4 ,l'unit mentale1 vainement poursuivie avant le temps sous la noble impulsion scolastique1 rsultera irrvocablement de la convergence journalire entre une science devenue philosophique et une philosophie devenue scientifique2 l'tude de l'homme moral et social obtiendra1 sans rsistance1 le juste ascendant normal qui lui appartient dans le systme de nos spculations1 parce que1 cessant d'tre hostile l'actif dveloppement des contemplations les plus simples et les plus parfaites1 elle y puisera ncessairement sa premire base rationnelle1 pour y rflchir ensuite de lumineuses indications gnrales1 suivant les explications fondamentales du tome quatrime1 bientt directement consolides dans les trois chapitres qui vont rsumer et complter ce ,trait4 ,cette prochaine rnovation sera sans doute seconde avec ardeur par beaucoup de jeunes intelligences1 qui1 sincrement philosophiques1 s'garent aujourd'hui1 faute d'un plus digne aliment1 aux striles contemplations d'une irrationnelle mtaphysique1 dont les dceptions1 vaguement apprcies1 aboutissent trop souvent dterminer1 l'ge de l'gosme1 une invitable corruption1 en dissipant le sentiment du devoir en mme temps que l'esprit d'ensemble1 d'aprs leur intime connexit naturelle4 ,il serait oiseux d'ailleurs d'examiner si1 dans ce mouvement final1 les savans s'lveront la philosophie1 ou si les philosophes reviendront la science4 ,on peut seulement assurer que1 chez l'une et l'autre de ces deux classes actuelles1 cette indispensable transformation rciproque prouvera l'active rsistance d'une majorit troite et intresse4 ,d'heureuses exceptions individuelles viendront toutefois1 des deux parts1 former le noyau spontan de la nouvelle corporation spirituelle1 ds lors indiffremment qualifie de scientifique ou philosophique1 sous la commune prpondrance permanente d'une ducation gnrale1 qui fera naturellement cesser toute vicieuse opposition de forces intellectuelles1 en organisant rationnellement l'indispensable distribution continue de l'ensemble du travail spculatif4 ,l'apprciation historique que nous venons de terminer envers le dernier demi-sicle1 et qui1 en consquence1 complte enfin notre examen gnral du pass humain1 nous a toujours conduits concevoir1 tous gards1 le temps actuel comme l'poque ncessaire o l'accomplissement direct de la grande rnovation philosophique1 projete par ,bacon et ,descartes1 doit dterminer la rorganisation spirituelle des socits modernes1 destine ensuite prsider la rgnration politique de l'humanit4 ,tout est maintenant dispos1 au fond1 malgr beaucoup d'obstacles personnels1 pour permettre1 autant que pour exiger1 cette laboration fondamentale4 ,une crise salutaire a pleinement dvoil l'irrvocable caducit de l'ancien systme social1 et convenablement signal les obligations essentielles d'un nouvel organisme1 en faisant aussi ressortir jamais l'insuffisance organique de la mtaphysique ngative qui avait d diriger la transition rvolutionnaire des cinq sicles antrieurs3 la dictature temporelle1 provisoirement rsulte de la dcomposition politique1 s'est spontanment dissoute1 en livrant au libre cours des tentatives philosophiques l'empire intellectuel et moral1 qu'elle renonce dsormais rgir1 pour se rserver exclusivement au maintien de l'ordre matriel1 de plus en plus incompatible avec le dveloppement de l'anarchie spirituelle3 enfin1 la science a manifest simultanment son aptitude ultrieure servir de base la philosophie1 et son impuissance actuelle en dispenser2 tandis que l'antique philosophie parvenait son extrme dcrpitude1 en ne laissant d'autre issue mentale que d'aprs une gnralisation puise dans la science relle4 ,j'ai os1 aprs tant de vains efforts1 entreprendre directement cette dernire opration dcisive1 qui peut seule satisfaire la fois aux conditions d'ordre et aux besoins de progrs1 en tendant substituer graduellement un mouvement soutenu et dtermin une vague et anarchique agitation4 ,c'est maintenant aux vrais penseurs juger si ma thorie fondamentale de l'volution humaine1 dont je viens d'achever l'explication historique1 contient1 en effet1 le principe essentiel de cette grande solution1 sauf mieux rgulariser son application ultrieure4 ,mais1 avant de passer aux conclusions philosophiques de l'ensemble de ce ,trait1 qui doivent caractriser immdiatement la concentration finale de la philosophie positive1 il est indispensable de procder un dernier claircissement gnral de la nouvelle philosophie politique successivement labore dans les diverses parties de mon apprciation dynamique1 en considrant1 d'une manire plus spciale et plus directe que je n'ai pu le faire jusqu'ici1 la nature propre de la rorganisation spirituelle1 o nous venons de voir converger le pass1 et d'o devra procder l'avenir4 ,afin que cette explication dfinitive puisse acqurir toute la clart et la rationnalit ncessaires1 en se prsentant explicitement comme une dduction rigoureuse de notre tude gnrale du pass humain1 il faut d'abord rsumer1 le plus sommairement possible1 l'ensemble de la grande laboration historique1 commence au dbut du volume prcdent1 et que le chapitre actuel vient enfin de conduire jusqu' son terme extrme4 ,un tel rsum1 destin surtout faciliter la conception usuelle de cet enchanement fondamental1 sera d'ailleurs fort utile pour mieux diriger une seconde lecture1 sans laquelle une apprciation aussi difficile et aussi neuve ne saurait tre suffisamment jugeable aujourd'hui1 mme par les lecteurs le plus heureusement prpars4 ,cette opration est spcialement convenable envers les temps modernes1 o un indispensable artifice sociologique a d nous conduire tudier sparment les deux mouvemens simultans de dcomposition politique et de recomposition lmentaire1 dont l'intime connexit permanente1 qu'il importe tant de bien saisir1 n'a pu ainsi devenir assez directement vidente1 avec quelque soin que je me sois constamment efforc de la caractriser tous gards4 ,toujours guids par les principes logiques poss au tome quatrime1 sur l'extension gnrale de la mthode positive l'tude rationnelle des phnomnes sociaux1 nous avons graduellement appliqu1 l'ensemble du pass1 ma loi fondamentale de l'volution humaine1 la fois mentale et sociale1 dmontre la fin de ce mme volume1 et consistant dans le passage ncessaire et universel de l'humanit par trois tats successifs1 l'tat thologique prparatoire1 l'tat mtaphysique transitoire1 et l'tat positif final4 ,le judicieux usage de cette seule loi nous a directement permis d'expliquer1 d'une manire vraiment scientifique1 toutes les grandes phases historiques1 considres comme les principaux degrs conscutifs de cet invariable dveloppement1 de faon bien apprcier le vritable caractre gnral propre chacune d'elles1 son manation naturelle de la prcdente1 et sa tendance spontane vers la suivante3 d'o rsulte enfin1 pour la premire fois1 la conception usuelle d'une liaison homogne et continue dans la suite entire des temps antrieurs1 depuis le premier essor de l'intelligence et de la sociabilit jusqu' l'tat prsent de l'lite de l'humanit4 ,quelque immense que doive d'abord sembler un tel intervalle1 nous l'avons vu essentiellement rempli par les deux premiers degrs de l'volution fondamentale1 qui constituent seulement l'ensemble de l'ducation prliminaire1 intellectuelle1 morale et politique1 propre notre espce1 dont l'tat dfinitif n'a pu tre jusqu'ici suffisamment bauch que relativement la prparation1 partielle1 isole1 et empirique1 de ses divers lmens principaux4 ,mais du moins avons-nous reconnu1 d'une manire irrcusable1 que1 chez les populations les plus avances1 ce lent et pnible prambule de l'humanit1 caractris par la prpondrance de l'imagination sur la raison et de l'activit guerrire sur l'activit pacifique1 est dsormais totalement accompli2 puisque nous avons pu suivre1 dans toute son tendue1 la vie thologique et militaire1 en considrant d'abord son premier dveloppement spontan1 ensuite sa plus complte extension mentale ou sociale1 et enfin son irrvocable dcadence1 dtermine1 par l'accroissement continu de l'influence mtaphysique1 sous l'impulsion graduelle de l'essor positif4 ,ces trois phases principales de notre pass ont exactement correspondu aux trois formes gnrales qu'affecte successivement l'esprit thologique1 ncessairement ftichique dans son lan initial1 polythique au temps de sa plus grande splendeur1 et monothique pendant son invitable dclin4 ,l'laboration historique devait donc ici surtout consister apprcier exactement le mode propre de participation de chacun de ces trois ges conscutifs la destination gnrale1 strictement indispensable1 quoique seulement provisoire1 qui1 suivant notre thorie dynamique1 appartient invitablement l'tat thologique dans l'volution fondamentale de l'humanit1 o cette philosophie primitive1 maigre ses minens dangers1 peut seule1 en vertu de l'admirable spontanit qui la caractrise1 dterminer le premier veil des diverses facults intellectuelles1 morales et politiques1 qui constituent la prminence de notre espce1 et diriger ensuite leur dveloppement continu jusqu' ce que l'tat dfinitif commence y devenir possible4 ,quelque imparfait que soit1 tous gards1 le ftichisme1 d'abord essentiellement analogue l'tat mental des animaux suprieurs1 nous avons reconnu que sa spontanit1 plus directe et plus irrsistible1 lui procure ncessairement le privilge exclusif d'arracher l'intelligence et la sociabilit leur torpeur initiale4 ,constituant1 par sa nature1 le fond invariable de toute philosophie thologique1 son essor primordial s'est prsent notre apprciation historique comme la vritable poque de la plus entire prpondrance individuelle de l'esprit religieux1 alors nullement entrav par l'esprit positif1 et encore tranger aux modifications dissolvantes de la mtaphysique3 aussi l'empire intellectuel du principe thologique nous a-t-il rellement offert1 malgr de spcieuses apparences1 un dcroissement continu et acclr pendant tout le reste de la vie religieuse4 ,nous avons reconnu1 tous gards1 l'aptitude spontane de ce rgime ftichique diriger la premire bauche du dveloppement humain1 soit industriel1 soit esthtique1 soit mme scientifique1 malgr son invitable tendance ultrieure l'entraver profondment1 par suite d'une exorbitante prolongation4 ,mme sous l'aspect social1 nous y avons apprci les germes primordiaux de l'organisme antique1 soit d'aprs l'exercice primitif de l'activit militaire1 soit en vertu de la disposition naturelle l'hrdit des professions1 qui a conduit ensuite l'extension politique du gouvernement domestique4 ,toutefois1 la nature de cette religion primitive devant y retarder beaucoup l'institution d'un culte rgulier1 dirig par un sacerdoce vraiment distinct1 les proprits sociales de la philosophie thologique1 lies surtout l'existence permanente d'une vritable classe sacerdotale1 y devaient tre d'abord essentiellement dissimules4 ,c'est pourquoi nous avons d attacher une haute importance la division de l'ge ftichique en deux phases principales1 successivement caractrises1 l'une par le ftichisme proprement dit1 l'autre par l'astroltrie1 o cette philosophie initiale reoit enfin une extension prpondrante aux corps les plus gnraux et les plus inaccessibles4 ,ds lors parvenu la plus entire perfection dont il ft susceptible1 le rgime ftichique1 commenant dterminer le dveloppement d'un vrai sacerdoce1 a comport rellement une haute efficacit politique1 en permettant l'ordre naissant des socits humaines d'acqurir une extension indispensable et une consistance durable1 d'aprs l'essor d'un systme d'opinions suffisamment communes et du principe de subordination inhrent la conscration religieuse3 le passage1 ordinairement simultan1 de l'existence nomade l'existence sdentaire1 vient spontanment fortifier cette double influence sociale4 ,mais une telle phase est ncessairement trs-voisine de l'avnement dcisif du polythisme proprement dit1 vers lequel l'astroltrie constitue1 de sa nature1 une invitable transition4 ,par cette grande rvolution thologique1 le principe religieux subit dj une modification trs-profonde1 jusqu'ici mal apprcie2 l'activit divine primordiale1 rsultant de l'assimilation spontane de tous les phnomnes quelconques aux actes humains1 y est directement retire aux tres rels pour devenir dsormais l'attribut exclusif des tres purement fictifs1 ds lors susceptibles d'limination graduelle1 sous l'impulsion ultrieure de la raison humaine1 dont l'essor naturel est ainsi notablement encourag4 ,malgr la haute difficult mentale d'une telle transformation1 la plus profonde que dussent prouver les spculations thologiques dans l'ensemble de leur dure1 la prpondrance croissante des habitudes astroltriques la dtermine1 d'une manire presque imperceptible1 en temps opportun1 quand un suffisant essor de l'esprit d'observation a fait natre le besoin d'imprimer aux conceptions religieuses un premier degr de gnralisation1 de concentration1 et de simplification1 dont l'accomplissement commence manifester l'intervention ncessaire de l'esprit mtaphysique1 substituant dj ses entits caractristiques aux divinits matrielles ainsi cartes4 ,compar toutes les autres phases thologiques1 le polythisme nous a offert1 sous des circonstances suffisamment favorables1 de telles proprits1 mentales ou sociales1 que nous avons d1 contrairement aux habitudes modernes1 regarder ce second ge comme la principale poque de la vie religieuse3 soit quant la plnitude d'ascendant dont un tel systme est spontanment susceptible en un temps o l'assujettissement gnral des phnomnes naturels des lois invariables n'est encore nullement senti2 soit par son aptitude exclusive raliser convenablement la plus importante destination du rgime prliminaire1 doublement indispensable la sociabilit humaine4 ,l'impulsion dcisive qu'il a directement imprime l'imagination a rendu son empire longtemps favorable l'essor intellectuel1 qui1 aprs la premire excitation1 devenait1 tous gards1 incompatible avec la prolongation de l'tat ftichique4 ,il exerce d'abord une heureuse influence sur le dveloppement industriel1 que le ftichisme avait d profondment entraver par l'immdiate conscration de la matire3 les faciles ressources qu'il prsente pour une certaine explication des divers phnomnes1 adapte cette enfance de la raison humaine1 le rendent mme susceptible de seconder alors les faibles commencemens de l'volution scientifique1 malgr son imperfection spciale cet gard3 mais sa principale proprit mentale devait surtout consister diriger l'ducation esthtique de l'humanit1 qui ne pouvait autrement s'accomplir4 ,sous l'aspect social1 outre son indispensable participation l'tablissement primitif d'un ordre rgulier et stable propre consolider la civilisation naissante1 le polythisme devait exclusivement prsider l'immense opration politique par laquelle la sociabilit antique a prpar la sociabilit moderne en utilisant l'exercice spontan de l'activit militaire4 ,quelque varies qu'aient d tre les formes de ce rgime polythique1 nous l'avons toujours vu caractris par deux institutions fondamentales naturellement connexes3 d'une part1 l'esclavage des travailleurs1 longtemps ncessaire l'essor du systme de conqute1 et mme la premire formation des habitudes industrielles2 d'une autre part1 la concentration habituelle des deux puissances appeles depuis temporelle et spirituelle1 chez les mmes chefs1 sans laquelle l'action directrice n'aurait pu alors obtenir la plnitude d'autorit convenable sa destination essentielle4 ,l'aspect moral1 le plus dfavorable un tel rgime1 doit d'ailleurs y tre apprci relativement au point de vue politique1 suivant le gnie de toute l'antiquit1 o les exigences politiques ont constamment dirig mme les progrs successifs qui s'y sont raliss dans la morale personnelle1 domestique ou sociale4 ,pour bien connatre la nature de cette principale phase thologique1 et dterminer sa participation ncessaire l'volution fondamentale de l'humanit1 nous avons d y distinguer d'abord deux tats gnraux1 l'un essentiellement thocratique1 l'autre minemment militaire4 ,dans le premier systme1 caractris par le rgime des castes1 l'imitation constitue directement1 l'exemple de l'organisme domestique1 le souverain principe de toute ducation4 ,la sociabilit humaine manifeste toujours spontanment une tendance initiale vers une telle organisation1 rgularise par la prpondrance de la caste sacerdotale1 unique dpositaire des connaissances quelconques3 fondement ncessaire de l'conomie ancienne1 malgr ses modifications diverses1 ce principe hirarchique a mme prolong son influence dcroissante jusqu'aux temps les plus modernes2 quoique1 chez les populations les plus avances1 la royaut en constitue aujourd'hui le seul vestige essentiel4 ,cet ordre primitif1 minemment conservateur1 tait1 tous gards1 pleinement adapt aux principaux besoins de la civilisation naissante1 dont il pouvait seul consolider les premiers pas3 destin baucher l'essor spculatif1 par suite d'une premire sparation permanente entre la thorie et la pratique1 il tait surtout propre seconder longtemps le dveloppement industriel1 par sa proccupation continue des applications immdiates4 ,mais1 aprs avoir toujours prsid aux divers progrs originaires de l'humanit1 ce rgime a d peu peu devenir profondment stationnaire1 de manire dterminer une dgradante immobilit1 quand sa tendance caractristique n'a pu tre suffisamment neutralise1 et surtout chez la race jaune4 ,quoique toute issue n'y puisse tre ferme au mouvement social1 nous avons cependant reconnu que1 sauf l'indispensable initiation emprunte ce premier systme polythique1 l'volution fondamentale de l'lite de l'humanit a d s'accomplir1 suivant une voie beaucoup plus rapide1 par l'ascendant1 longtemps progressif1 du polythisme militaire1 successivement ralis sous les deux formes gnrales qui lui sont propres1 l'une essentiellement intellectuelle1 l'autre minemment politique1 et mutuellement solidaires dans leur influence finale sur l'ensemble du pass humain4 ,la premire1 qui caractrise la civilisation grecque1 s'est dveloppe quand les circonstances locales et sociales1 exerant une assez grande stimulation directe vers l'essor continu de l'activit militaire pour interdire le rgime purement thocratique1 ont nanmoins oppos d'insurmontables obstacles l'tablissement rgulier du systme de conqute1 de manire constituer spontanment une heureuse contradiction permanente1 qui a d refouler vers la culture intellectuelle une libre nergie crbrale dnue d'une suffisante destination politique4 ,c'est d'un tel contraste social que devait alors dpendre la principale volution mentale1 non-seulement esthtique1 mais surtout scientifique et philosophique1 compatible avec la vie prliminaire de l'humanit1 et qui seule pouvait prparer les prcieux fondemens de sa vie dfinitive4 ,la libre culture spculative1 ainsi constitue en dehors de l'conomie ancienne1 se manifeste alors par la premire apparition caractristique du gnie positif1 quoique born ncessairement aux plus simples conceptions mathmatiques1 auparavant rduites aux plus grossires destinations pratiques4 ,ce premier exercice scientifique des sentimens abstraits de l'vidence et de l'harmonie1 quelque limit qu'en dt tre d'abord le domaine1 suffit pour dterminer une importante raction philosophique1 qui1 immdiatement favorable la seule mtaphysique1 n'en devait pas moins annoncer de loin l'invitable avnement de la philosophie positive1 en assurant la prochaine limination de la thologie prpondrante4 ,accomplissant la facile dmolition mentale du polythisme1 la mtaphysique s'empare essentiellement1 ds cette poque1 de l'tude du monde extrieur2 mais l'impuissance organique qui lui est propre neutralise ses vains efforts pour tablir l'universelle domination philosophique de ses entits caractristiques2 en sorte que1 sans pouvoir enlever la thologie l'empire des conceptions morales et sociales1 elle l'y rduit cependant la simplification monothique1 bien plus voisine d'une dsutude totale4 ,par l se trouve irrvocablement rompue l'antique unit de notre systme mental1 jusqu'alors uniformment thologique1 et qui n'a pu retrouver encore une quivalente homognit1 dont l'ascendant final de l'esprit positif pourra seul fournir le principe inbranlable4 ,ainsi surgit cette trange division philosophique1 ou plutt ce long antagonisme provisoire1 qui a domin jusqu' nos jours le dveloppement gnral de l'esprit humain1 employant dj simultanment deux philosophies incompatibles3 l'une naturelle1 ds lors parvenue l'tat mtaphysique2 l'autre morale1 demeure essentiellement thologique1 d'aprs la complication suprieure de ses phnomnes1 combine avec les ncessits de sa destination sociale4 ,tandis que celle-ci1 plus active1 poursuivait immdiatement la fondation du rgime monothique1 l'autre1 plus spculative1 prparait indirectement l'essor ultrieur de la philosophie positive4 ,l'institution naissante de cette double laboration est bientt suivie du premier dveloppement caractristique du second mode1 essentiellement politique1 propre au polythisme militaire1 et par lequel il devait si pleinement raliser1 dans la civilisation romaine1 la principale destination sociale du rgime prliminaire de l'humanit4 ,il ne pouvait exister d'autre moyen primitif de procurer la socit humaine une indispensable extension1 et en mme temps d'y comprimer intrieurement une strile ardeur guerrire incompatible avec l'essor suffisant de la vie laborieuse1 que d'aprs l'incorporation graduelle des populations civilises une seule nation conqurante4 ,cette assimilation ncessaire1 base essentielle de tous les progrs ultrieurs chez l'lite de l'humanit1 constitua1 sous les conditions convenables1 la destination permanente1 d'abord spontane1 puis systmatique1 d'une admirable politique1 poursuivant toujours sa haute mission sans se laisser distraire par aucune diversion quelconque1 et avec une concentration continue d'efforts de tous genres1 qui demeurera toujours le type le plus minent de l'homognit sociale1 ultrieurement impossible un tel degr1 faute d'un but quivalent4 ,l'opration romaine pouvait d'ailleurs seule consolider les rsultats sociaux de l'laboration grecque1 dont la propagation et l'application taient autrement impossibles4 ,mais quand ces deux grandes productions du polythisme progressif purent tre suffisamment combines1 le commun rgime polythique1 dj mentalement discrdit1 marcha directement vers une irrvocable dcadence1 par cela mme que le convenable dveloppement du systme de conqute faisait ncessairement cesser son principal office provisoire pour l'volution fondamentale de l'humanit1 qui alors ne pouvait plus trouver d'issue essentielle que dans le rgime monothique1 dont cette double influence prparait aussi l'avnement spontan4 ,le mouvement philosophique avait dj rendu cette extrme phase religieuse seule susceptible1 quoique passagrement1 d'une suffisante stabilit intellectuelle1 tandis que l'extension politique de la socit humaine manifestait l'aptitude exclusive du monothisme rallier sous un culte commun des populations spares par des religions nationales devenues sans objet1 et chez lesquelles devait alors surgir le besoin continu d'une morale vraiment universelle1 dont l'laboration lui tait videmment rserve4 ,sous un autre aspect1 cette mme extension tendait constater graduellement l'impossibilit de maintenir1 sur un aussi vaste territoire1 la concentration habituelle des deux puissances1 primitivement relative au rgime d'une seule ville2 pendant que l'existence purement spculative des philosophes1 dont l'action sociale tait constamment extrieure l'ordre lgal1 constituait le germe vident d'un pouvoir spirituel indpendant du pouvoir temporel4 ,rsultat ncessaire de ce double mouvement mental et social1 le rgime monothique vint constituer1 au moyen ge1 la dernire phase suffisamment durable de l'tat prliminaire de l'humanit1 pendant que l'ancienne concentration politique aboutissait une dispersion graduelle1 acclre par d'invitables invasions1 et rendant plus indispensables le lieu spirituel qui pouvait seul maintenir1 et mme tendre1 l'assimilation universelle4 ,le systme primordial subit alors1 tous gards1 une intime modification gnrale1 indice spontan d'une irrvocable dcadence1 soit par la simplification et la rduction de la philosophie thologique1 livrant dsormais l'esprit rationnel une partie de plus en plus grande du domaine primitif de l'esprit religieux2 soit par la transformation naturelle de l'activit conqurante en activit essentiellement dfensive2 soit par l'altration profonde qu'apportait l'organisme antique l'admirable sparation ds lors institue entre les deux puissances lmentaires2 soit aussi par l'branlement dcisif que recevait le principe des castes d'aprs la suppression catholique de l'hrdit antrieure du sacerdoce4 ,mais1 avant son extinction graduelle1 l'organisme thologique et militaire1 ainsi radicalement modifi1 devait puiser enfin ses minentes proprits civilisatrices1 en dterminant1 chez l'lite de l'humanit1 une dernire prparation indispensable sa vie dfinitive1 et qui devait consister1 d'une part1 dans le premier tablissement social de la morale universelle1 d'une autre part1 dans l'volution directe1 quoique ncessairement partielle et empirique1 des divers lmens propres la sociabilit moderne4 ,cette double opration capitale1 qui fit alors justement surgir le premier sentiment instinctif de la progression humaine1 dut tre surtout dirige par le systme catholique1 dont la formation successive constitue jusqu'ici le chef-d'uvre politique de la sagesse humaine1 d'autant plus digne d'une ternelle admiration1 qu'il tait ainsi forc d'employer une philosophie extrmement imparfaite1 toujours essentiellement appuye sur la considration vague et indirecte de la vie future1 dont l'conomie ancienne n'avait fait qu'un usage secondaire4 ,quoique la division fondamentale des deux puissances1 d'abord empiriquement tablie d'aprs l'irrsistible tendance de la nouvelle situation sociale1 ait d tre profondment entrave1 et mme bientt compromise1 par les graves imperfections de la thologie dirigeante1 nous y avons cependant reconnu le plus grand perfectionnement qu'ait encore prouv la saine thorie gnrale de l'organisme social1 envisag comme destin l'ensemble de notre race4 ,malgr son existence passagre1 cette tentative anticipe1 trop suprieure1 tous gards1 l'tat social correspondant1 n'en a pas moins ralis suffisamment un rsultat vraiment fondamental1 base imprissable de tous les progrs ultrieurs1 en constituant enfin l'indispensable indpendance de la morale envers la politique1 tellement convenable aux nouveaux besoins de l'humanit1 qu'elle a d essentiellement rsister ensuite l'entire dcadence de la philosophie thologique qui lui servait de principe intellectuel1 en restant ds lors de plus en plus expose des perturbations funestes mais momentanes4 ,quant l'aptitude temporaire de ce rgime monothique seconder directement la premire laboration dcisive des lmens dfinitifs de la sociabilit humaine1 elle rsultait ncessairement de sa tendance gnrale transformer1 et ensuite supprimer l'esclavage antique1 de manire permettre le libre essor de la vie industrielle1 principal attribut de l'existence moderne3 sous le rapport spculatif1 il devait d'abord favoriser spontanment l'universelle propagation1 et mme l'extension graduelle1 de l'volution scientifique1 tant qu'elle pouvait conserver envers le monothisme une harmonie que le polythisme n'avait pu longtemps admettre2 en outre1 l'volution esthtique1 quoique la moins encourage par un tel systme1 devait y trouver naturellement une dissmination graduelle1 et surtout une libre incorporation sociale1 trs-suprieures ce que l'antiquit avait habituellement ralis4 ,l'exacte apprciation historique des divers rsultats essentiels propres cette grande transition humaine1 nous a conduits y distinguer deux poques principales1 dont la premire1 s'tendant du dbut du cinquime sicle la fin du septime1 est caractrise1 tous gards1 par l'tablissement initial de la nouvelle socit1 l'issue des invasions1 et n'accomplit d'autre laboration immdiate que la transformation universelle de l'esclavage en servage1 premire source ncessaire de l'entire mancipation personnelle4 ,mais la phase suivante1 o le rgime monothique a dvelopp enfin ses vrais attributs1 soit par l'indpendance rgulire du pouvoir spirituel1 soit par la prpondrance de l'organisation dfensive destine contenir suffisamment le systme d'invasion1 a d ensuite tre subdivise en deux priodes1 chacune compose aussi d'environ trois sicles1 selon que l'activit fodale dut tre dirige d'abord contre les sauvages polythistes du nord1 et ensuite contre l'irruption du monothisme musulman4 ,dans la premire1 l'organisme1 soit spirituel1 soit temporel1 propre au moyen ge1 tend directement vers sa constitution dfinitive1 mais sans pouvoir encore l'y raliser suffisamment3 la libration individuelle1 la suite d'une convenable initiation la vie laborieuse1 s'accomplit essentiellement chez les habitans des villes1 dsormais appels dvelopper de plus en plus la nouvelle activit industrielle2 les langues modernes s'laborent rapidement1 mesure que l'humanit s'loigne dfinitivement de la sociabilit antique1 et prparent ainsi un essor esthtique vraiment original2 l'lment scientifique et philosophique1 extrieur la socit ancienne1 commence s'incorporer directement la socit nouvelle4 ,la dernire poque est le temps de la plus grande splendeur du rgime monothique1 parvenu enfin sa pleine maturit1 par une suffisante indpendance politique du pouvoir spirituel1 et par l'entire constitution de la hirarchie fodale4 ,cet nergique organisme accomplit alors directement son plus noble office temporaire1 soit en faisant convenablement prvaloir la morale sur la politique1 de manire baucher le dveloppement dcisif du sentiment universel de la dignit humaine1 soit en prservant l'lite de l'humanit de l'oppressive domination de l'islamisme4 ,sous sa tutlaire prpondrance1 l'industrie urbaine1 bientt consolide par un indispensable affranchissement collectif1 conduisant rapidement l'entire abolition de la servitude rurale1 tend graduellement rgnrer l'existence temporelle de l'homme1 ds lors amen1 dans tout le monde civilis1 la vie dfinitive la plus conforme sa nature habituelle1 malgr une haute rpugnance primitive1 enfin surmonte par une suffisante prparation4 ,l'ensemble de la situation encourage alors spontanment l'volution esthtique1 qui1 dans tous les beaux-arts1 manifeste partout une marche la fois originale et populaire1 laquelle cependant l'instabilit radicale d'un tel tat social devait bientt interdire un dveloppement convenable4 ,en mme temps1 l'esprit scientifique et philosophique1 dont l'activit1 quoique toujours continue1 avait d tre beaucoup ralentie1 tant que l'laboration sociale du catholicisme avait d justement absorber les plus hautes intelligences1 recevait naturellement une impulsion croissante depuis que le systme catholique tait ainsi pleinement ralis3 il constituait dj une rivalit de plus en plus dangereuse envers l'esprit purement religieux1 qui1 par la mmorable transaction scolastique1 est oblig d'abandonner aussi la mtaphysique le domaine moral2 de manire organiser passagrement1 dans notre systme mental1 une certaine unit ontologique1 dont la nature minemment prcaire est aussitt annonce par le succs de la conception1 radicalement contradictoire1 d'un gouvernement providentiel subordonn des lois immuables1 concession involontaire mais dcisive de l'esprit thologique l'esprit positif4 ,malgr ces minentes proprits diverses du rgime monothique1 son ascendant gnral devait nanmoins cesser aprs le suffisant accomplissement de la mission ncessairement temporaire qui lui appartenait dans l'ensemble de l'volution humaine1 et dont la juste prpondrance avait pu seule contenir jusqu'alors les germes de dcomposition spontane inhrens un tel systme4 ,sous l'aspect politique1 l'indpendance du pouvoir spirituel1 qui en constituait le principal caractre1 y devait tre finalement incompatible1 soit avec l'esprit de concentration absolue1 insparable de l'activit militaire1 reste dominante quoique passe l'tat dfensif1 soit mme avec la nature1 non moins despotique1 propre toute autorit religieuse2 d'o rsultait sans cesse un imminent conflit entre deux tendances galement perturbatrices d'un tel organisme1 flottant toujours entre la thocratie et l'empire4 ,dans l'ordre mental1 une thologie qui1 ds sa premire laboration historique1 n'avait pu s'incorporer le mouvement intellectuel1 dj dirig par une mtaphysique implicitement hostile1 ne pouvait viter d'en tre enfin discrdite quand elle aurait suffisamment ralis1 par l'tablissement incontest de la morale universelle1 la haute mission sociale qui avait pu seule faire longtemps oublier son infriorit philosophique1 dsormais de plus en plus antipathique l'esprit humain1 alors press de poursuivre son libre dveloppement spculatif1 bientt inconciliable avec toute thologie quelconque4 ,nous avons reconnu que l'ensemble de ce mmorable rgime transitoire devait1 tous gards1 aprs le temps de son principal ascendant1 devenir graduellement incompatible avec les divers progrs que lui-mme avait d'abord bauchs4 ,c'est ainsi qu'a ncessairement commenc l'tat essentiellement mtaphysique1 qui1 pendant les cinq sicles qui nous sparent du moyen ge proprement dit1 devait graduellement raliser1 par une double srie d'oprations simultanes et solidaires1 les unes ngatives1 les autres positives1 la dernire transition indispensable l'avnement direct du rgime final de l'humanit1 soit en effectuant la dmolition progressive du systme thologique et militaire1 soit en laborant la prparation dcisive des nouveaux lmens sociaux4 ,l'impuissance organique propre la mtaphysique obligeait d'ailleurs ce double mouvement s'accomplir sous la haute prpondrance politique1 invitable quoique toujours dcroissante1 de l'ancien organisme1 que l'irrvocable transformation subie au moyen ge rendait1 tous gards1 de plus en plus modifiable4 ,pour apprcier convenablement cette importante progression1 la fois rvolutionnaire et rgnratrice1 particulire l',europe occidentale1 comme l'initiation catholique et fodale d'o elle drivait1 nous avons d y distinguer d'abord deux poques successives1 selon que la dcomposition gnrale et la recomposition partielle y prsentent un caractre purement spontan ou essentiellement systmatique4 ,dans la premire1 s'tendant du dbut du ,x,i,ve sicle la fin du ,x,ve1 l'irrparable dissolution du rgime ancien s'accomplit naturellement d'aprs le seul antagonisme de ses lmens principaux2 le pouvoir temporel annulle socialement le pouvoir spirituel1 soit en dtruisant l'autorit europenne des papes1 soit ensuite en brisant l'unit de la hirarchie catholique par la nationalisation des divers clergs3 en mme temps1 le conflit permanent des deux lmens gnraux du pouvoir temporel1 l'un local1 l'autre central1 se dveloppe de manire tendre rapidement vers l'entire prpondrance de l'un d'eux4 ,pendant que toutes les forces politiques concourent ainsi dmolir instinctivement l'organisme monothique1 les nouveaux lmens sociaux1 cooprant seulement ces luttes comme simples auxiliaires1 s'efforcent surtout de les utiliser pour l'acclration de leur propre essor partiel1 dont la raction ncessaire seconde minemment le mouvement de dcomposition4 ,la vie industrielle s'tend et se consolide1 de manire soustraire irrvocablement la masse des populations civilises la prpondrance des murs militaires et des liens fodaux1 et en faisant aussi ressortir naturellement l'inaptitude croissante de la morale purement thologique rgler une sociabilit qu'elle n'avait pu suffisamment pressentir3 l'essor esthtique1 sous l'impulsion acquise au moyen ge1 parvient bientt un mmorable lan1 dj instinctivement hostile l'ordre ancien1 mais promptement entrav par l'incohrence et l'instabilit de la situation sociale1 qui fait natre le besoin d'une direction artificielle et prcaire1 fonde sur une servile imitation de l'antiquit3 l'volution scientifique1 suivant encore la direction scolastique1 enrichit et agrandit silencieusement le domaine de la philosophie naturelle1 d'aprs l'heureuse stimulation continue mane des conceptions1 alors minemment progressives1 de l'astrologie et de l'alchimie1 mais en demeurant ainsi compatible avec la prpondrance philosophique de l'esprit mtaphysique1 auquel la prsidence du mouvement critique procurait momentanment une importante destination sociale4 ,quand la dsorganisation spontane1 surtout spirituelle1 est suffisamment avance1 elle passe ncessairement l'tat systmatique1 par l'avnement naturel des principes mans de la nouvelle situation sociale1 et dont l'indispensable raction gnrale tait destine poursuivre les consquences rvolutionnaires des luttes antrieures jusqu' l'entire dmolition du rgime ancien1 de manire dvoiler directement la tendance instinctive de la sociabilit moderne vers une rgnration totale1 videmment impossible sans une telle prparation ngative4 ,c'est alors aussi que le dveloppement continu des nouveaux lmens sociaux devient rgulirement assujetti des encouragemens de plus en plus systmatiques1 qui ne pouvaient tre habituels avant que la concentration temporelle ft convenablement ralise4 ,notre apprciation historique a d partager l'ensemble de cette double progression systmatique1 jusqu'au dbut de la grande rvolution franaise1 en deux phases trs-distinctes1 qui se succdent vers le milieu du ,x,v,i,ie sicle3 elles sont caractrises1 dans la srie ngative1 par les dnominations de protestante et diste1 suivant que l'esprit critique y contient l'action dissolvante du principe du libre examen individuel entre des limites qui semblent compatibles avec l'existence indfinie de l'ancien organisme1 ou bien tend ensuite sa dmolition mtaphysique jusqu' rendre logiquement impossible cette existence contradictoire3 ces deux phases prsentent d'ailleurs des diffrences exactement quivalentes1 quoique moins apparentes1 dans la srie positive4 ,la premire1 politiquement envisage1 commence par l'universelle conscration dogmatique1 sous des formes ncessairement diverses mais pareillement dcisives1 de l'entire subalternisation du pouvoir spirituel envers le pouvoir temporel1 d'aprs l'essor1 direct ou indirect1 de l'esprit protestant3 elle aboutit la mmorable dictature de l'un des deux lmens temporels1 auquel l'autre s'est enfin servilement subordonn4 ,cette issue1 aussi passagre qu'invitable1 nous a ncessairement offert deux modes trs-diffrens1 selon que la prpondrance devait appartenir l'lment monarchique ou l'lment aristocratique1 distinction ordinairement lie la prminence respective du catholicisme ou du protestantisme2 le premier cas ayant d tre1 finalement1 par sa nature1 beaucoup plus favorable que le second1 soit l'irrvocable dmolition du rgime ancien1 soit l'avnement dcisif du nouvel tat social4 ,nous avons d'ailleurs reconnu que l'une ou l'autre dictature avait spontanment dvelopp1 partir de son entire installation1 un caractre politique essentiellement rtrograde1 naturellement contenu pendant les luttes antrieures1 et consistant en une tendance plus ou moins prononce reconstruire sous sa tutelle l'ancienne constitution sociale1 ou du moins arrter sa dissolution ultrieure1 tout en secondant1 par une irrsistible inconsquence1 le dveloppement continu de la sociabilit moderne3 cet esprit rtrograde du pouvoir dirigeant1 ou plutt rsistant1 tait d'ailleurs1 dans une telle situation1 indispensable l'ordre1 comme l'esprit rvolutionnaire du mouvement social l'tait simultanment au progrs4 ,pendant que s'accomplissait cette extrme transformation du rgime monothique1 l'volution industrielle1 directement acclre par une protection systmatique1 qui toutefois la subordonnait encore aux inspirations militaires1 marchait rapidement l'entire possession temporelle de la socit europenne3 l'volution esthtique1 pareillement encourage1 faisait partout surgir1 tous gards1 malgr les entraves d'une situation confuse et mobile1 d'ternels tmoignages de l'entire conservation1 et mme de l'extension relle1 des facults potiques et artistiques de l'humanit1 dsormais appeles une influence sociale de plus en plus intime et universelle3 l'volution scientifique1 parvenue1 dans le domaine inorganique1 et surtout mathmatique1 l'clat le plus caractristique1 commence manifester directement l'incompatibilit dj radicale de l'esprit positif avec la prpondrance de l'ancienne philosophie1 principalement par suite des minentes dcouvertes qui renouvellent totalement le systme des notions astronomiques1 ainsi toujours destin dterminer les grandes transitions mentales1 comme dans les passages antrieurs du ftichisme au polythisme et de celui-ci au monothisme3 enfin1 sous cette irrsistible impulsion1 une crise vraiment dcisive s'opre bientt dans l'volution purement philosophique1 d'aprs l'heureuse mancipation fondamentale de l'esprit positif envers l'esprit mtaphysique1 qui aboutit au compromis1 videmment provisoire1 institu par ,descartes1 dernire modification du partage primordial organis par ,aristote et ,platon entre la philosophie naturelle et la philosophie morale1 rpartition dj altre1 au profit de la mtaphysique1 par la scolastique du moyen ge2 la mthode positive entre alors irrvocablement en possession exclusive de l'tude entire du monde extrieur1 en rduisant l'ancienne mthode l'tude1 aussi restreinte que possible1 de l'intelligence et de la sociabilit1 o elle ne pouvait plus maintenir longtemps une suprmatie devenue profondment strile4 ,tout cet ensemble d'oprations critiques et organiques amne ncessairement la phase finale de la double progression prparatoire propre aux socits modernes1 o l'branlement philosophique porte enfin une atteinte irrparable aux bases les plus essentielles de l'ancienne conomie1 de manire rendre irrcusable la ncessit d'une rnovation totale3 toutefois l'inconsquence mtaphysique1 graduellement dveloppe mesure que les vues vraiment gnrales taient radicalement entraves par l'essor exorbitant de l'esprit de dtail1 continue rver la rgnration sociale comme fonde sur la conservation contradictoire des impuissans dbris du rgime antique2 vaine solution1 correspondante au besoin de repousser peu de frais le reproche1 de plus en plus imminent1 d'une tendance uniquement ngative1 qui1 en ralit1 ne pouvait immdiatement conduire qu' une entire anarchie intellectuelle et morale1 en dtruisant1 sans pouvoir encore les remplacer1 les fragiles fondemens spirituels de l'ordre social4 ,en mme temps1 le progrs continu de l'volution industrielle obtient spontanment de la dictature temporelle la plus extrme concession pratique compatible avec l'existence de l'ancien systme1 qui ds lors subordonne volontairement sa propre activit militaire aux succs industriels1 partout rigs en but essentiel de la politique europenne3 l'volution esthtique1 malgr sa strilit positive1 et l'volution scientifique1 dont l'clat se maintient1 obtiennent alors un ascendant analogue2 elles commencent s'affranchir de toute protection facultative1 et s'incorporent profondment la sociabilit moderne1 en exerant une influence croissante sur l'ducation universelle4 ,tandis que ces trois volutions simultanes devenaient1 tous gards1 essentiellement incompatibles avec le rgime primitif1 les vices radicaux inhrens la spcialit exclusive qui avait dirig1 depuis la fin du moyen ge1 leur commun dveloppement empirique1 manifestaient aussi une invitable extension1 qui tendait y entraver radicalement tout grand progrs ultrieur3 soit par les collisions de plus en plus graves1 que le dfaut de coordination systmatique suscitait au sein de l'industrie2 soit par l'impuissant dsordre que l'absence de direction gnrale faisait natre dans l'art moderne1 depuis que l'artifice du rgime classique avait t1 sous la phase prcdente1 essentiellement puis2 soit par les abus inhrens l'irrationnelle dispersion de la culture scientifique1 surtout depuis que son extension dcisive au monde organique devait signaler l'imminent danger d'un esprit trop analytique4 ces divers titres1 il devenait ds lors graduellement vident que la progression moderne exigeait dsormais l'laboration directe d'une rorganisation totale1 quoiqu'une vaine mtaphysique persistt prconiser dogmatiquement l'empirisme et l'individualit4 ,en cet tat final de la double volution europenne1 une immense crise sociale1 aussi indispensable qu'invitable1 fut ncessairement dtermine chez la nation o cette marche commune avait d acqurir la plus complte efficacit politique1 et qui1 par l'ensemble de ses antcdens1 tait hautement destine au prilleux honneur de cette salutaire initiative1 spontanment profitable tout le reste de la grande rpublique occidentale1 dont le dveloppement1 essentiellement homogne1 manifestait1 depuis le moyen ge1 une solidarit permanente4 ,pour caractriser suffisamment le besoin d'une rnovation totale1 ce mouvement dcisif dut d'abord enlever tous les divers dbris du systme ancien1 sans excepter le pouvoir central autour duquel ils s'taient graduellement rallis1 et qui1 de sa nature1 tendait toujours leur imminente restauration1 profondment antipathique la civilisation moderne4 ,nanmoins1 malgr ce prambule ngatif1 la destination principale de cette grande rvolution devait tre au fond essentiellement organique1 puisque1 loin d'avoir pour but la dmolition de l'ancienne conomie1 elle en tait1 au contraire1 le rsultat ncessaire4 ,mais la marche empirique et le caractre spcial de la progression positive n'ayant pu encore faire convenablement ressortir sa vritable tendance politique1 l'absence provisoire de toutes conceptions vraiment gnrales propres conduire une telle opration fit invitablement confrer la prsidence philosophique de la rorganisation sociale cette mme mtaphysique qui avait antrieurement dirig le mouvement critique1 quoique le seul office dont elle ft susceptible se trouvt alors suffisamment accompli4 ,cette illusion fondamentale1 aussi naturelle que dplorable1 a d jusqu'ici rduire la pense rvolutionnaire une indication vague1 et cependant irrcusable1 des conditions essentielles de la rgnration finale1 dont le principe reste indtermin4 ,en mme temps1 le triomphe politique de la mtaphysique ngative a fait universellement clater1 par une exprience ineffaable quoique passagre1 sa profonde inaptitude rien organiser1 et sa tendance finalement hostile aux divers lmens caractristiques de la sociabilit moderne4 ,cette double insuffisance de la philosophie dirigeante conduisit bientt naturellement1 faute d'une doctrine vraiment organique1 concevoir la coordination sociale comme exclusivement fonde sur une restauration graduelle du systme thologique et militaire1 dont la vaine rsurrection fut surtout seconde par le dveloppement exceptionnel d'une immense activit guerrire1 dtourne peu peu de sa noble destination rvolutionnaire4 ,mais le dveloppement mme de cette raction rtrograde1 librement parvenue jusqu' sa plus funeste intensit1 sans avoir pu nanmoins rien tablir de durable1 fit jamais ressortir son entire incompatibilit avec l'tat mental ou social des populations modernes4 ,le cours gnral des vnemens propres au dernier demi-sicle a donc spontanment concouru dmontrer1 par l'irrcusable contraste de deux expriences galement dcisives1 que les conditions de l'ordre1 autant que celles du progrs1 ne peuvent dsormais obtenir une ralisation suffisante que par l'essor direct d'une vritable rorganisation4 ,jusqu' cet indispensable avnement1 l'ensemble de la situation politique flottera ncessairement1 comme avant la crise1 entre la tendance plus ou moins rtrograde d'un pouvoir qui ne peut concevoir l'ordre que dans le type ancien1 et l'instinct plus ou moins anarchique d'une socit qui n'imagine encore qu'un progrs purement ngatif2 seulement ces deux grands enseignemens pratiques ont dsormais1 de part et d'autre1 beaucoup amorti les passions correspondantes1 en signalant l'inanit commune de ces esprances opposes4 ,depuis que cette position1 prcaire et dangereuse mais provisoirement invitable1 a pu suffisamment dvelopper tous ses caractres essentiels1 l'action dirigeante1 ou plutt rsistante1 s'y est spontanment conforme1 en instituant ou sanctionnant une sorte de partage rgulier entre ces deux impulsions contradictoires4 ,l'ancienne dictature temporelle1 ncessairement dissoute par la dcomposition force du pouvoir central1 a reconnu enfin son entire impuissance pour diriger la rorganisation spirituelle1 et s'est exclusivement propos le maintien permanent de l'ordre purement matriel1 dont la difficult croissante doit absorber de plus en plus ses efforts principaux3 le gouvernement intellectuel et moral a t entirement abandonn la concurrence illimite des libres tentatives philosophiques4 ,quelque prilleuse que soit videmment une telle conscration politique de l'anarchie spirituelle avec laquelle on s'efforce de concilier l'ordre temporel1 il y faut voir1 non-seulement la consquence invitable de l'absence de tous principes propres servir de base unanime une vraie discipline mentale1 mais aussi la condition indispensable de leur avnement ultrieur1 qui ne peut ainsi tre gravement entrav dsormais que par l'incapacit des philosophes occups leur recherche4 ,pendant que se dveloppait cette situation sans exemple1 les nouveaux lmens sociaux continuaient spontanment1 avec le mme caractre que sous la phase prcdente1 leurs diverses volutions partielles1 acclres seulement par les consquences naturelles de la crise politique2 et leur essor respectif tendait de plus en plus faire nettement ressortir le besoin commun d'une vritable coordination gnrale1 sans laquelle leur progrs futur ne saurait trouver une issue suffisante4 ,l'lan industriel parvenait au point de rendre hautement irrcusable le besoin de rgulariser1 entre les entrepreneurs et les travailleurs1 une indispensable harmonie1 laquelle leur libre antagonisme naturel a cess de pouvoir offrir des garanties suffisantes4 ,dans l'volution scientifique1 l'extension dfinitive de la mthode positive l'tude de corps vivans1 y compris les phnomnes intellectuels et moraux de la vie individuelle1 tendait manifester directement les vices croissans d'une spcialisation dispersive1 devenue plus troite et plus empirique au temps mme o la marche de l'esprit humain demandait davantage le remplacement du rgime analytique prliminaire par un rgime final essentiellement synthtique1 unique moyen de contenir l'influence dltre d'une anarchie philosophique qui menace de compromettre gravement l'avenir des sciences1 en y faisant prvaloir des recherches aveugles et puriles2 ainsi1 quand toutes les ncessits principales exigeaient1 chez les hautes intelligences1 un libre dveloppement de l'esprit d'ensemble1 seul susceptible de conduire une indispensable solution1 il tait partout instinctivement entrav par l'irrationnelle prpondrance de l'esprit de dtail4 ,ce dplorable contraste ressort surtout aujourd'hui1 chez la nation toujours place la tte du grand mouvement europen1 de l'aveugle opposition1 la fois mentale et morale1 des savans actuels toute gnralisation de la mthode positive1 dont l'entire extension philosophique constitue pourtant la principale condition logique d'une vritable rorganisation4 ,d'aprs ce rsum gnral1 notre apprciation historique de l'ensemble du pass humain constitue videmment une vrification dcisive de la thorie fondamentale d'volution que j'ai fonde1 et qui1 j'ose le dire1 est dsormais aussi pleinement dmontre qu'aucune autre loi essentielle de la philosophie naturelle4 partir des moindres bauches de civilisation jusqu' la situation prsente des populations les plus avances1 cette thorie nous a expliqu1 sans inconsquence comme sans passion1 le vrai caractre de toutes les grandes phases de l'humanit1 la participation propre de chacune d'elles l'ternelle laboration commune1 et leur exacte filiation ncessaire1 de manire introduire enfin une unit parfaite et une rigoureuse continuit dans cet immense spectacle1 o l'on voit d'ordinaire tant de confusion et d'incohrence4 ,une loi qui a pu suffisamment remplir de telles conditions1 ne peut plus passer pour un simple jeu de l'esprit philosophique1 et contient certainement l'expression abstraite de la ralit gnrale4 ,elle peut donc tre maintenant employe1 avec une scurit rationnelle1 lier l'ensemble de l'avenir celui du pass1 malgr la perptuelle varit qui caractrise la succession sociale1 dont la marche essentielle1 sans tre nullement priodique1 se trouve cependant ainsi ramene une rgle constante1 qui1 presque imperceptible dans l'tude isole d'une phase trop circonscrite1 devient hautement irrcusable quand on examine la progression totale4 ,or1 l'usage graduel de cette grande loi nous a finalement conduits dterminer1 l'abri de tout arbitraire1 la tendance gnrale de la civilisation actuelle1 en marquant1 avec une prcision rigoureuse1 le pas dj atteint par l'volution fondamentale2 d'o rsulte aussitt l'indication ncessaire de la direction qu'il faut imprimer au mouvement systmatique1 afin de le faire exactement converger avec le mouvement spontan4 ,nous avons clairement reconnu que l'lite de l'humanit1 aprs avoir essentiellement puis toutes les phases successives de la vie thologique1 et mme les divers degrs de la transition mtaphysique1 touche maintenant l'avnement direct de la vie pleinement positive1 dont les principaux lmens ont dj suffisamment reu leur laboration partielle1 et n'attendent plus que leur coordination gnrale pour constituer naturellement un nouveau systme social1 plus homogne et plus stable que ne put jamais l'tre le systme thologique propre la sociabilit prliminaire4 ,cette indispensable coordination doit tre1 par sa nature1 d'abord intellectuelle1 ensuite morale1 et enfin politique2 puisque la rvolution qu'il s'agit de consommer provient1 en dernire analyse1 de la tendance ncessaire de l'esprit humain remplacer finalement la mthode philosophique convenable son enfance par celle qui convient sa maturit4 ,toute tentative qui ne remonterait pas jusqu' cette source logique serait radicalement impuissante contre le dsordre actuel1 qui1 sans aucun doute1 est1 avant tout1 mental4 ,mais1 sous cet aspect fondamental1 la simple connaissance de la loi d'volution devient elle-mme aussitt le principe gnral d'une telle solution1 en tablissant spontanment une entire harmonie dans le systme total de notre entendement1 par l'universelle prpondrance ainsi procure la mthode positive1 d'aprs son extension directe et irrvocable l'tude rationnelle des phnomnes sociaux1 les seuls aujourd'hui qui1 chez les esprits les plus avancs1 n'y aient point encore t suffisamment ramens4 ,en second lieu1 cet extrme accomplissement de l'volution intellectuelle tend ncessairement faire dsormais prvaloir le vritable esprit d'ensemble1 et1 par suite1 le vrai sentiment du devoir1 qui s'y trouve1 de sa nature1 troitement li1 de manire conduire naturellement la rgnration morale4 ,les rgles morales ne sont aujourd'hui dangereusement branles qu'en vertu de leur adhrence exclusive aux conceptions thologiques justement discrdites2 elles reprendront une irrsistible vigueur quand elles seront convenablement rattaches des notions positives gnralement respectes4 ,sous l'aspect politique enfin1 il est pareillement incontestable que cette intime rnovation des doctrines sociales ne saurait s'accomplir sans faire graduellement surgir1 de son excution mme1 au sein de l'anarchie actuelle1 une nouvelle autorit spirituelle1 qui1 aprs avoir disciplin les intelligences et reconstruit les murs1 deviendra paisiblement1 dans toute l'tendue de l'occident europen1 la premire base essentielle du rgime final de l'humanit4 ,c'est ainsi que la mme conception philosophique qui1 applique notre situation1 y dvoile aussitt la vraie nature du problme fondamental1 fournit spontanment1 tous gards1 le principe gnral de la vritable solution1 et en caractrise aussi la marche ncessaire4 ,rien ne saurait donc tre plus prjudiciable au principal besoin de la civilisation moderne que cette fatale illusion mtaphysique qui1 malgr leur incompatibilit radicale1 fait aujourd'hui concourir tous les partis et toutes les coles repousser1 avec un aveugle ddain1 tous les grands travaux thoriques relatifs aux spculations sociales1 pour n'accorder d'attention srieuse et de confiance relle qu'aux diverses combinaisons pratiques destines l'immdiate laboration des institutions politiques proprement dites1 abstraction faite du dsordre intellectuel et moral4 ,tant que ce dsordre lmentaire n'aura pas t suffisamment dissip par la seule voie conforme sa nature1 aucune institution durable ne saurait devenir possible1 faute de base solide2 notre tat social ne comportera que des mesures politiques plus ou moins provisoires1 principalement destines garantir le maintien1 de plus en plus difficile1 d'un ordre matriel toujours indispensable1 contre l'essor croissant des ambitions drgles1 partout excites d'aprs la diffusion et l'extension graduelles de l'anarchie spirituelle2 pour remplir cet office continu1 les gouvernemens1 quelle que soit leur forme1 continueront d'ailleurs1 de toute ncessit1 ne pouvoir essentiellement compter1 comme aujourd'hui1 que sur un vaste systme de corruption1 assist1 au besoin1 d'une force rpressive4 ,jusqu' ce que la rorganisation mentale1 et1 par suite1 morale1 soit convenablement dveloppe1 l'laboration philosophique aura donc ncessairement beaucoup plus d'importance que l'action purement politique1 quant la rgnration finale des socits modernes4 ,ce que les philosophes pourront attendre1 cet gard1 des gouvernemens judicieux1 ce sera surtout de ne point troubler1 par une intervention mal conue1 cette opration fondamentale1 et1 plus tard1 d'en faciliter l'application graduelle4 ,sous cet aspect capital1 on doit reconnatre que1 de tous les pouvoirs successivement prpondrans depuis le dbut de la crise finale1 la ,convention franaise est encore le seul qui1 du moins pendant sa phase ascensionnelle ci-dessus dfinie1 ait eu1 malgr d'immenses obstacles1 le vritable instinct de sa position1 comme l'indique sa tendance caractristique vers des crations vraiment progressives et pourtant toujours provisoires2 toutes les autres puissances politiques ont cru btir pour l'ternit1 mme dans leurs constructions les plus phmres4 ,au sujet de cette grande rorganisation spirituelle1 premier besoin de notre poque1 les deux volumes prcdens m'ont fourni l'occasion de diverses explications incidentes1 essentiellement propres prvenir ou dissiper toute crainte purile sur la vaine prtention fonder ainsi1 au profit de l'une des classes existantes1 une domination quivalente celle du sacerdoce catholique au moyen ge4 ,la discussion directe et approfondie de ce chapitre sur les vices intellectuels et moraux qui rendent d'ordinaire les savans actuels profondment indignes d'aucune haute mission sociale1 par leur double dfaut caractristique de penses gnrales et de sentimens levs1 ne saurait d'ailleurs1 cet gard1 laisser subsister la moindre incertitude chez les juges de bonne foi1 en constatant l'entire incapacit politique de la seule classe au triomphe de laquelle ma conception sociale pt d'abord sembler destine1 comme possdant seule1 mes yeux1 quoique d'une manire partielle1 empirique1 et finalement trs-insuffisante1 le principe logique de la vraie solution philosophique4 ,rien de ce qui est aujourd'hui class ne peut tre susceptible d'incorporation directe au systme final1 dont tous les lmens spontans doivent pralablement subir une intime rgnration intellectuelle et morale1 conforme la doctrine fondamentale qu'il s'agit prcisment d'laborer4 ,ainsi1 le pouvoir spirituel futur1 premire base d'une vritable rorganisation1 rsidera dans une classe entirement nouvelle1 sans analogie aucune de celles qui existent1 et originairement compose de membres indiffremment issus1 suivant leur propre vocation individuelle1 de tous les ordres quelconques de la socit actuelle1 le contingent scientifique n'y devant mme nullement prdominer1 d'aprs l'aperu le plus probable4 ,l'avnement graduel de cette salutaire corporation sera d'ailleurs essentiellement spontan1 puisque son ascendant social ne peut ncessairement rsulter que de l'assentiment volontaire des intelligences aux nouvelles doctrines successivement labores3 en sorte qu'une telle autorit n'est pas plus susceptible1 par sa nature1 de dcret que d'interdiction4 ,son tablissement devant donc surgir peu peu de l'excution mme de son uvre fondamentale1 toute spculation dtaille sur les formes propres sa constitution ultrieure1 serait aujourd'hui aussi purile qu'incertaine1 quoique la pernicieuse influence des habitudes mtaphysiques doive encore faire excuser ces vaines proccupations4 ,puisque l'action sociale d'un tel pouvoir doit invitablement1 comme celle de la puissance catholique1 prcder son organisation lgale1 il ne peut donc tre ici question que de caractriser sommairement sa destination ncessaire dans le systme final de la sociabilit moderne1 afin surtout de signaler suffisamment son aptitude spontane agir directement1 avec une heureuse efficacit1 sur la situation gnrale1 par le seul accomplissement des travaux philosophiques qui dtermineront sa formation graduelle1 longtemps avant qu'il puisse tre regard comme rgulirement constitu4 ,toute explication mthodique sur la thorie lmentaire des deux puissances1 et mme sur son application spciale la civilisation actuelle1 doit videmment tre renvoye mon ,trait ultrieur de philosophie politique3 sauf l'utilit provisoire que le lecteur peut retirer1 cet gard1 de mon ancien travail dj rappel au cinquante-quatrime chapitre4 ,quelle que ft aujourd'hui l'importance de ces dmonstrations au sujet d'un principe si fondamental et pourtant si contraire des prjugs encore presque universels1 elles seraient assurment incompatibles avec l'extension dj trop grande qu'a successivement acquise cet ouvrage4 ,mais la suite des conceptions1 d'abord logiques1 puis scientifiques1 propres aux deux volumes prcdens1 doit avoir graduellement transport le lecteur attentif un point de vue tel1 qu'aucun bon esprit ne saurait plus maintenant conserver1 en gnral1 d'incertitude grave relativement la ncessit acclre1 dans toute civilisation suffisamment avance1 d'un pouvoir spirituel entirement distinct et indpendant du pouvoir temporel1 et destin rgir les opinions et les murs pendant que l'autre s'applique seulement aux actes accomplis4 ,puisque nous avons reconnu1 en principe1 que l'volution humaine est surtout caractrise par une influence toujours croissante de la vie spculative sur la vie active1 quoique celle-ci conserve sans cesse l'ascendant effectif1 il serait certainement contradictoire de supposer que la partie contemplative de l'homme doit tre jamais prive de culture propre et de direction distincte dans l'tat social o l'intelligence aura le plus d'essor habituel1 au sein mme des classes les plus infrieures1 tandis que cette sparation a dj rgulirement exist1 au moyen ge1 dans une civilisation plus rapproche1 tous gards1 de l'enfance de l'humanit4 ,en un temps o tous les bons esprits admettent communment la ncessit d'une division permanente entre la thorie et la pratique1 pour le perfectionnement simultan de toutes deux1 envers les moindres sujets de nos efforts1 pourrait-on hsiter tendre ce salutaire principe aux oprations les plus difficiles et les plus importantes1 quand un tel progrs y est enfin devenu suffisamment ralisable8 ,or1 sous l'aspect purement mental1 la sparation des deux puissances n'est1 au fond1 que la manifestation extrieure d'une telle distinction entre la science et l'art1 transporte jusqu'aux ides sociales1 et ds lors entirement systmatise4 ,il y aurait donc1 cet gard1 une immense rtrogradation1 tendant directement l'intime dgradation de notre intelligence1 si l'on persistait indfiniment laisser1 en ce sens1 la socit moderne au-dessous de celle du moyen ge1 en y reconstituant dessein la confusion antique1 sans la situation qui l'avait rendue alors invitable1 et sans les motifs qui la rendaient indispensable1 suivant la thorie historique du cinquante-troisime chapitre4 ,mais le retour la barbarie serait ainsi encore plus prononc sous le rapport moral4 ,je crois avoir suffisamment caractris1 au cinquante-quatrime chapitre1 le pas vraiment fondamental que l'admirable effort du catholicisme parvint accomplir1 ou du moins baucher1 malgr tant d'obstacles de tous genres1 dans le dveloppement essentiel de la sociabilit humaine1 en affranchissant la morale de l'troite subordination o la tenait jusque alors la politique1 pour l'lever enfin l'entire suprmatie sociale convenable sa nature1 et sans laquelle elle ne pouvait acqurir ni la puret ni l'universalit indispensables l'extension finale de notre civilisation4 ,cette sublime opration1 encore si peu comprise du vulgaire philosophique1 constitue certainement1 par sa nature1 la premire base rationnelle de toute notre ducation morale1 en plaant les lois immuables relatives aux besoins les plus intimes et les plus gnraux de l'humanit1 l'abri des inspirations variables manes des intrts les plus secondaires et les plus particuliers4 ,or1 il n'est pas douteux que cette indispensable coordination n'aurait1 la longue1 aucune consistance relle sous l'imminent conflit de nos aveugles passions1 si1 reposant seulement sur une doctrine abstraite1 elle n'tait point vivifie et consolide par l'active intervention permanente d'un pouvoir moral entirement distinct et suffisamment indpendant du pouvoir politique proprement dit3 comme ne le confirment que trop les graves atteintes qu'elle a prouves1 et qu'elle subit encore journellement1 par suite de la dsorganisation spirituelle1 quoique sa profonde harmonie avec la nature de la civilisation moderne l'ait jusqu'ici spontanment prserve de toute attaque dogmatique1 malgr la chute de la philosophie catholique qui en avait d tre l'organe primitif1 ainsi que je l'ai rappel ci-dessus4 ,nos constitutions mtaphysiques elles-mmes1 au milieu de leur confusion caractristique entre les deux ordres d'attributions1 ont involontairement sanctionn cette condition essentielle de notre sociabilit1 sans y avoir toutefois convenablement satisfait1 par ces remarquables dclarations pralables1 destines instituer1 jusque chez les moindres citoyens1 un contrle gnral des mesures politiques quelconques2 faible image et quivalent trs-imparfait des moyens nergiques que l'organisme catholique procurait naturellement chaque croyant pour rsister toute injonction lgale contraire la morale tablie1 en vitant nanmoins de s'insurger ainsi contre une conomie rgulirement fonde sur une telle sparation continue4 ,depuis que l'humanit a dpass l'ge prliminaire propre la civilisation humaine1 cette grande division est donc devenue1 tous gards1 le principe social de l'lvation intellectuelle et de la dignit morale4 ,sans doute1 la progression moderne1 aprs sa premire impulsion catholique et fodale1 a d1 comme je l'ai expliqu1 bientt devenir radicalement hostile l'ordre catholique1 o1 par l'extrme imperfection de sa base thologique1 qui ne pouvait ni ne devait prvaloir plus longtemps1 une organisation1 jusqu'alors minemment progressive1 tendait dsormais dgnrer directement en une dgradante thocratie4 ,mais cet antagonisme ncessaire1 dont l'office temporaire est maintenant accompli1 ne doit pas laisser indfiniment dominer les prjugs rvolutionnaires propres son dveloppement1 et dont l'empire trop prolong est maintenant aussi contraire l'lan final de notre sociabilit qu'il fut auparavant indispensable sa dernire prparation4 ,au reste1 tandis que la nature de la civilisation moderne prescrit la division rationnelle des deux puissances lmentaires comme une condition fondamentale de son essor rgulier1 elle tend1 encore plus videmment1 malgr toute vaine opposition systmatique1 la raliser de plus en plus comme une irrsistible consquence de son cours spontan4 ,dans l'tat social du moyen ge1 nous avons reconnu qu'une telle sparation avait eu1 beaucoup d'gards1 un caractre forc1 qui a d accessoirement influer sur son imparfaite consistance1 en tant qu'oppose au gnie minemment absolu de l'activit militaire1 alors encore prpondrante1 malgr sa transformation capitale4 ,rien d'quivalent n'est possible sous l'ascendant1 dj pleinement irrvocable et dsormais de plus en plus complet1 de la vie industrielle propre aux temps modernes1 et dont la nature doit1 au contraire1 y empcher directement toute confusion relle entre la puissance spculative et la puissance active1 qui n'y sauraient certainement jamais rsider1 un haut degr1 chez les mmes organes1 ft-ce envers les plus simples oprations partielles1 et1 fortiori1 quant aux plus hautes entreprises sociales4 ,la diversit ncessaire des murs respectives n'est pas1 au fond1 moins incompatible avec une semblable concentration politique que l'vidente distinction des capacits4 ,quoique les caractres particuliers aux diffrentes classes modernes soient encore loin1 sans doute1 d'tre suffisamment prononcs1 il est pourtant irrcusable1 malgr la vicieuse identit que d'irrationnelles dispositions tendent aujourd'hui tablir entre leurs habitudes1 que la supriorit de richesse1 principal rsultat spontan de la prminence industrielle1 ne confrera jamais des droits srieux la suprme dcision des questions humaines2 de mme1 quelle que soit aujourd'hui la honteuse ardeur de tant d'artistes1 encore plus choquante chez les savans1 pour rivaliser de fortune avec les chefs industriels1 il n'est certes nullement craindre que les carrires esthtiques ou scientifiques puissent dsormais conduire au plus haut ascendant pcuniaire3 la gnreuse imprvoyance pratique naturellement propre aux uns1 quand il y a vocation relle1 est assurment incompatible1 en gnral1 avec la scrupuleuse sollicitude usuelle qu'exigent les succs des autres4 ,une secte phmre1 sans porte comme sans moralit1 instituant1 sur la confusion systmatique des deux puissances1 une dogmatisation rtrograde1 a voulu1 de nos jours1 tenter de prendre la richesse pour l'unique base du classement social1 en y concevant la seule rcompense homogne de tous les services quelconques4 ,mais ses vains efforts n'ont essentiellement abouti qu' faire mieux sentir tous les bons esprits et toutes les mes leves que1 dans l'conomie moderne1 les oprations d'une utilit immdiate et matrielle constitueront indfiniment1 de toute ncessit1 la principale source des richesses1 quelles que puissent tre les amliorations ultrieures de l'tat social2 tandis que les divers travaux spculatifs1 susceptibles d'une apprciation moins vidente1 en vertu de leur destination plus indirecte et plus lointaine1 quoique leur efficacit finale soit rellement trs-suprieure1 sont destins1 par leur nature1 trouver surtout1 en une vnration prpondrante1 leur juste rmunration sociale3 en sorte qu'il serait aussi chimrique que dsastreux de vouloir habituellement runir les plus hauts degrs de fortune et de considration4 ,enfin1 pour terminer cette discussion prliminaire par une observation irrsistible1 il faut remarquer que les vraies ncessits sociales doivent se manifester toujours1 d'une manire plus ou moins saisissable1 chez ceux-l mme qui tentent de les luder3 aussi1 malgr la profonde anarchie des intelligences1 existe-t-il vritablement aujourd'hui une sorte de pouvoir spirituel spontan1 dissmin parmi les littrateurs et les mtaphysiciens qui1 par un enseignement journalier1 soit oral1 soit surtout crit1 dirigent1 au sein des divers partis existans1 l'application sociale des doctrines en circulation4 ,l'irrgularit d'une telle puissance ne l'empche point de faire hautement sentir son action effective1 et d'une manire souvent trs-dplorable beaucoup d'gards1 quoique d'ailleurs provisoirement ncessaire2 les plus systmatiques adversaires de la sparation des deux autorits lmentaires ne sont certes pas les moins servilement soumis son ascendant habituel4 ,toute la question se rduirait donc1 au fond1 sous cet aspect1 dcider si les populations modernes1 au lieu d'une vritable organisation spirituelle1 fonde sur une srieuse laboration philosophique de l'ensemble des conceptions humaines1 et assujettie des conditions rationnellement dtermines1 doivent tre indfiniment conduites par des organes presque toujours aussi dpourvus de toutes connaissances relles qu'trangers toutes convictions profondes1 et qui1 au nom d'une dplorable facilit soutenir1 avec un spcieux clat1 toutes les thses quelconques1 viennent s'riger1 sans aucune garantie mentale ni morale1 en guides spculatifs de l'humanit3 il serait ici superflu d'insister davantage ce sujet4 ,mieux on approfondira une telle discussion1 plus on sentira que la civilisation moderne doit1 par sa nature1 offrir le principal dveloppement de cette division fondamentale des deux puissances1 qui ne put tre que trs-imparfaitement bauche au moyen ge1 vu la double inaptitude de l'tat social correspondant et de la philosophie alors prpondrante3 l'essor croissant de notre sociabilit tend ncessairement1 tous gards1 rendre le gouvernement humain de plus en plus moral et de moins en moins politique4 ,en mme temps que la rorganisation spirituelle est aujourd'hui la plus urgente1 elle est aussi1 malgr les hautes difficults qui lui sont propres1 la plus compltement prpare1 chez l'lite de l'humanit1 d'aprs l'ensemble des divers antcdens4 ,d'une part1 les gouvernemens actuels1 renonant dsormais diriger une telle opration1 tendent1 par cela mme1 confrer cette haute attribution1 avec une suffisante libert1 l'laboration philosophique qui se montrera digne d'y prsider2 d'une autre part1 les populations1 radicalement dsabuses des illusions mtaphysiques1 comprennent de plus en plus1 sous l'impulsion spontane d'un demi-sicle d'expriences dcisives1 que tout le progrs social compatible avec les doctrines vulgaires est enfin essentiellement puis1 et qu'aucune importante fondation politique ne saurait maintenant surgir sans reposer d'abord sur une philosophie vraiment nouvelle4 l'un et l'autre titre1 on peut assurer que1 du moins en ,france1 o doit ncessairement commencer la rgnration finale1 cette double condition pralable est aujourd'hui tellement remplie1 que le dplorable retard qu'prouve encore cette grande tche du ,x,i,xe sicle doit tre dj imput surtout la profonde incapacit des philosophes qui l'ont entreprise jusqu'ici4 ,quand cette opration fondamentale aura reu un dveloppement assez caractristique pour en faire partout sentir la vraie tendance gnrale1 et longtemps avant qu'elle ait pu effectivement parvenir sa pleine maturit sociale1 elle commencera spontanment exercer1 soit sur les esprits les plus actifs1 soit sur la masse des intelligences1 une double influence graduelle trs-favorable au retour universel d'une harmonie durable1 en indiquant aux uns une voie pleinement lgitime de haute satisfaction politique1 et aux autres la marche la plus conforme une sage ralisation de leurs vux principaux4 ,sous le premier aspect1 j'ai dj suffisamment tabli1 en principe1 au sujet de l'avnement catholique1 que le prtendu rgne de l'esprit1 d'abord rv par la mtaphysique grecque1 constitue1 suivant l'immuable nature de la sociabilit humaine1 une conception aussi dangereuse que chimrique1 non moins contraire aux conditions du progrs qu' celles de l'ordre1 et qui1 si elle pouvait rellement prvaloir1 ne tendrait1 malgr de spcieuses apparences1 qu' organiser une dgradante immobilit1 analogue celle des thocraties proprement dites1 en livrant l'empire du monde de mdiocres intelligences1 ds lors habituellement prives la fois de frein et de stimulation 7voyez le dbut de la cinquante-quatrime leon7#bh4 ,or1 cette fallacieuse utopie1 naturellement carte tant que le rgime du moyen ge put procurer aux ambitions spirituelles une convenable satisfaction1 dut ensuite reparatre spontanment1 avec un nouvel attrait1 sous la prpondrance croissante de la philosophie mtaphysique d'o elle manait1 quand la dcomposition politique du catholicisme parut rtablir1 au profit des chefs temporels1 l'antique confusion des deux pouvoirs lmentaires4 ,ds cette poque1 on peut assurer que1 dans tout l'occident europen1 presque tous les esprits actifs1 sauf un trs-petit nombre d'minentes exceptions dues l'instinct du vrai gnie philosophique1 ont t plus ou moins anims1 souvent leur insu1 d'une secrte tendance insurrectionnelle contre l'ensemble de l'ordre existant1 qui cessait ainsi de leur offrir une position lgale4 mesure que le mouvement ngatif s'accomplissait1 cette opposition croissante devait1 par une raction invitable1 et1 certains gards1 indispensable1 exciter les ambitions spirituelles la poursuite de plus en plus active des grandeurs temporelles1 alors seules constitues3 cette influence devait se dvelopper peu prs galement1 soit dans les tats protestans1 o la confusion des deux puissances tait solennellement consacre1 soit chez les nations catholiques1 o la suprmatie temporelle n'tait pas1 au fond1 moins relle1 et o d'ailleurs l'abaissement simultan des barrires aristocratiques devait minemment favoriser de telles prtentions4 ,il serait superflu d'expliquer combien la grande crise finale a d1 surtout en ,france1 stimuler spontanment ces irrationnelles esprances1 qui dsormais ne reconnaissent plus1 en principe1 aucune limite ncessaire4 ,sans doute1 ce drglement presque universel des ambitions philosophiques ne saurait altrer la nature de la civilisation moderne1 d'aprs laquelle ces folles tentatives1 jamais prives du point d'appui religieux1 viendront toujours chouer contre l'ascendant inbranlable de la prpondrance matrielle1 dsormais mesure surtout par la supriorit de richesse1 et par suite de plus en plus inhrente la prminence industrielle4 ,mais l'essor croissant de ces vicieux efforts n'en fomente pas moins1 au sein des socits actuelles1 une source permanente d'intime perturbation4 ,ce principe universel de dsordre est aujourd'hui d'autant plus dangereux1 qu'il semble plus rationnel1 puisqu'il parat reposer sur la tendance incontestable de la civilisation augmenter continuellement l'influence sociale de l'intelligence2 d'o l'esprit vague et absolu de la philosophie politique gnralement admise peut conclure1 d'une manire trs-captieuse1 la concentration finale du gouvernement humain1 la fois spculatif et actif1 chez les hautes capacits mentales1 conformment l'utopie grecque4 ,une minente rationnalit1 combine avec une moralit peu commune1 suffit peine pour prserver maintenant notre vaine intelligence d'une telle illusion philosophique1 qui dsormais domine secrtement la plupart des esprits occups de questions sociales4 ,la secte pernicieuse ci-dessus indique n'a fait1 cet gard1 que formuler hautement1 avec la plus ignoble exagration1 le rve presque unanime des ambitions spculatives4 ,sans aller jusqu' une telle issue1 cette commune disposition exerce journellement une influence trs-apprciable sur ceux-l mme qui repoussent le plus sincrement une pareille aberration1 dont personne aujourd'hui n'ose directement aborder la discussion rationnelle3 il serait donc superflu d'en signaler davantage l'imminent danger4 ,or1 le principe fondamental de la sparation systmatique des deux pouvoirs offre certainement le seul moyen gnral propre dissiper suffisamment cette grande source de dsordre social1 en accordant une satisfaction rgulire ce que cette confuse tendance renferme1 au fond1 de pleinement lgitime4 ,la saine thorie lmentaire de l'organisme social1 instinctivement bauche au moyen ge1 interdisant l'intelligence la suprme direction immdiate des affaires humaines1 destine l'esprit lutter constamment1 selon sa nature1 pour modifier de plus en plus le rgne ncessaire de la prpondrance matrielle1 en l'assujettissant au respect continu des lois morales de l'harmonie universelle1 dont toute activit pratique1 soit prive1 soit mme publique1 tend toujours s'carter spontanment1 faute de vues assez leves et de sentimens assez gnreux4 ,ainsi conue1 la lgitime suprmatie sociale n'appartient1 proprement parler1 ni la force1 ni la raison1 mais la morale1 dominant galement les actes de l'une et les conseils de l'autre3 telle est du moins la limite idale dont la ralit doit graduellement s'approcher1 quoique sans pouvoir jamais l'atteindre rigoureusement1 comme envers un type quelconque4 ,ds lors1 l'esprit peut enfin abandonner sincrement sa vaine prtention gouverner le monde par le prtendu droit de la capacit2 car l'ordre rgulier lui assigne exclusivement un noble office permanent1 aussi propre entretenir son heureuse activit qu' rcompenser ses minens services4 ,la nature nettement dtermine de ces fonctions1 essentiellement relatives l'ducation et l'influence consultative qui en rsulte dans la vie active1 suivant le principe pos au cinquante-quatrime chapitre1 les conditions exactement dfinies imposes leur exercice1 et la rsistance continue qu'il rencontre invitablement1 tendent d'ailleurs contenir spontanment cette autorit spirituelle1 toujours fonde sur un libre assentiment1 entre les limites gnrales susceptibles d'en prvenir ou d'en rectifier les abus essentiels1 au moyen des prcautions convenables4 ,c'est ainsi que la rorganisation philosophique des socits modernes constitue ncessairement la seule transformation durable propre rendre dsormais minemment salutaire l'action radicalement perturbatrice qu'exerce l'intelligence sur notre systme politique1 o elle ne peut chapper une injuste exclusion qu'en aspirant une domination vicieuse4 ,par leur aveugle antipathie contre toute sparation rgulire des deux puissances1 les hommes d'tat tendent donc eux-mmes prolonger indfiniment les embarras1 de plus en plus graves1 que leur causent aujourd'hui les confuses prtentions politiques de la capacit4 ,on peut assurer que ces funestes conflits resteront ncessairement inextricables tant qu'on n'aura point tabli une division fondamentale entre les fonctions spirituelles et les fonctions temporelles3 jusqu'alors1 l'harmonie sociale continuera d'tre profondment trouble par des tentatives opposes1 mais galement vicieuses1 pour transporter aux unes les conditions et les garanties exclusivement convenables aux autres4 ,note #bh3 ,cette dangereuse utopie grecque est tellement en harmonie avec l'ensemble des aberrations propres la grande transition moderne1 que la thorie fondamentale que j'ai tablie ce sujet1 au #ed;e chapitre1 doit maintenant choquer beaucoup les prjugs et les passions de presque tous ceux qui s'occupent des hautes spculations sociales4 ,malgr cet invitable obstacle1 j'ai dj la prcieuse satisfaction de voir un tel jugement compltement adopt par l'un des penseurs les plus minens et les plus indpendans dont l',angleterre puisse aujourd'hui s'honorer 7,m4 ,mill74 ,en m'annonant cette puissante adhsion l'un des principes les plus dcisifs de ma nouvelle philosophie politique1 ,m4 ,mill a t spontanment conduit1 dans la familiarit de notre heureux commerce pistolaire1 qualifier cette chimre perturbatrice d'aprs un terme si pleinement caractristique1 que j'ai cru devoir me faire autoriser le rendre public4 ,la dnomination de pdantocratie me semble1 en effet1 trs-propre rsumer dsormais l'apprciation positive d'une tendance sociale qui ne saurait jamais1 comme je l'ai dmontr1 rellement aboutir qu' instituer1 au nom de la capacit1 la domination1 profondment oppressive tous gards1 et surtout mentalement1 des mdiocrits ambitieuses dont la valeur philosophique se rduit essentiellement une vaine rudition2 l'exemple du rgime chinois1 plus stationnaire qu'aucun autre1 et pourtant le plus rapproch d'un pareil type1 suivant la judicieuse remarque de ,m4 ,mill4 ,si cet important sujet dtermine ultrieurement une vritable discussion1 je ne doute pas qu'une telle formule1 convenablement employe1 n'y contribue beaucoup l'claircir et la simplifier1 en y dirigeant mieux l'attention sur le vrai caractre politique de cette dsastreuse aberration philosophique1 que j'ai t oblig1 faute de cette expression spciale1 de qualifier par des locutions trop composes4 cette heureuse influence permanente de la grande laboration philosophique sur la marche actuelle des esprits actifs1 correspond naturellement1 sous le second aspect ci-dessus indiqu1 une influence quivalente sur la disposition sociale de la masse des intelligences4 ,il rsulte1 en effet1 de la confusion existante entre l'ordre spirituel et l'ordre temporel1 une tendance gnrale1 aujourd'hui profondment dsastreuse1 chercher toujours1 dans les institutions politiques proprement dites1 la solution exclusive des difficults quelconques relatives notre situation4 ,cette disposition populaire1 graduellement dveloppe en ,europe pendant les cinq sicles qui ont suivi la dsorganisation spontane du systme catholique1 mesure que s'accomplissait la concentration temporelle1 est maintenant parvenue sa plus dplorable intensit1 d'aprs l'active stimulation directement entretenue par les nombreuses tentatives de constitutions mtaphysiques propres au dernier demi-sicle4 ,une telle tendance vulgaire peut seule fournir un point d'appui vraiment redoutable aux prtentions drgles de l'intelligence la domination universelle3 car1 sans une pareille illusion sur l'efficacit absolue des mesures purement politiques1 l'agitation mtaphysique ne pourrait dterminer les masses seconder suffisamment ses efforts perturbateurs4 ,ainsi1 pendant que la nouvelle impulsion philosophique cartera spontanment la dangereuse utopie du rgne de l'esprit1 en ouvrant rgulirement la capacit mentale une large issue sociale1 elle dissipera1 d'une autre part1 non moins naturellement1 la sorte d'hallucination correspondante1 en imprimant aux justes rclamations populaires la direction1 bien plus souvent morale que politique1 convenable leur vraie destination4 ,on ne peut douter1 en effet1 que les principaux griefs lgitimement signals par les masses actuelles contre un rgime o leurs besoins gnraux sont si peu consults1 ne se rapportent surtout une rnovation totale des opinions et des murs1 sans que les institutions directes puissent1 au fond1 nullement suffire leur indispensable rparation4 ,cette apprciation est particulirement incontestable1 comme j'aurai bientt lieu de l'indiquer plus spcialement1 envers les graves abus inhrens aujourd'hui l'ingalit ncessaire des richesses1 et qui constituent le plus dangereux argument des agitateurs ou des utopistes3 car ces vices tirent certainement leur plus dplorable intensit de notre dsordre intellectuel et moral1 bien davantage que de l'imperfection des mesures politiques1 dont l'influence relle est1 cet gard1 fort limite dans le systme de la sociabilit moderne1 moins d'une anarchique subversion1 aussi destructive du progrs que de l'ordre4 ,l'essor philosophique destin laborer graduellement la rorganisation spirituelle est donc susceptible1 sous ce rapport capital1 et sous beaucoup d'autres analogues1 d'exercer immdiatement1 vu l'tat prsent des populations modernes1 une action rationnelle trs-importante1 directement propre faciliter le retour universel d'une harmonie durable4 ,mais il faut savoir que cette heureuse aptitude ne pourrait tre suffisamment ralisable1 si cette sage rformation des tendances actuelles ne se prsentait pas spontanment comme aussi lie aux conditions du progrs qu' celles de l'ordre3 car la nouvelle prdication philosophique1 quelque judicieuse qu'elle pt tre1 resterait essentiellement dpourvue d'efficacit populaire1 si1 en signalant la nature minemment morale de tels embarras sociaux1 et leur indpendance essentielle des institutions proprement dites1 elle ne faisait en mme temps apercevoir leur vraie solution gnrale1 d'aprs l'uniforme assujettissement de toutes les classes quelconques aux devoirs moraux attachs leurs positions respectives1 sous l'active impulsion continue d'une autorit spirituelle assez nergique et assez indpendante pour assurer le maintien usuel d'une telle discipline universelle4 ,sans cette indispensable concidence1 d'ailleurs videmment inhrente la vritable laboration rgnratrice1 l'instinct des masses ne saurait accueillir un semblable enseignement1 o il verrait alors1 en effet1 une source de dceptions1 destine amortir les efforts d'amlioration relle1 au lieu de leur imprimer une direction plus salutaire4 ,on ne peut donc mconnatre l'influence ncessaire de l'essor philosophique relatif la rorganisation spirituelle1 pour rformer graduellement1 d'aprs une saine apprciation des diverses difficults sociales1 des dispositions populaires minemment perturbatrices1 qui fournissent aujourd'hui le principal aliment des illusions et des jongleries politiques4 ,en gnral1 cette nouvelle philosophie tendra de plus en plus remplacer spontanment1 dans les dbats actuels1 la discussion vague et orageuse des droits par la dtermination calme et rigoureuse des devoirs respectifs4 ,le premier point de vue1 critique et mtaphysique1 a d prvaloir tant que la raction ngative contre l'ancienne conomie n'a pas t suffisamment accomplie2 le second1 au contraire1 essentiellement organique et positif1 doit1 son tour1 prsider la rgnration finale3 car l'un est1 au fond1 purement individuel1 et l'autre directement social4 ,au lieu de faire consister politiquement les devoirs particuliers dans le respect des droits universels1 on concevra donc1 en sens inverse1 les droits de chacun comme rsultant des devoirs des autres envers lui3 ce qui1 sans doute1 n'est nullement quivalent2 puisque cette distinction gnrale reprsente alternativement la prpondrance sociale de l'esprit mtaphysique ou de l'esprit positif3 l'un conduisant une morale presque passive1 o domine l'gosme2 l'autre une morale profondment active1 dirige par la charit4 ,cette transformation radicale des habitudes actuelles drivera ncessairement de la priorit systmatiquement accorde la rorganisation spirituelle sur la rorganisation temporelle1 comme tant la fois plus urgente et mieux prpare4 ,l'opinitre rsistance des hommes d'tat la sparation fondamentale des deux puissances est donc1 sous ce second aspect1 tout autant que sous le premier1 directement contradictoire leurs vaines rcriminations contre la tendance exclusive des vux populaires vers les solutions purement politiques3 quelque fondes que soient souvent leurs plaintes ce sujet1 elles ne sauraient avoir d'efficacit1 tant qu'eux-mmes repousseront aveuglment le seul moyen gnral de rformer ces habitudes irrflchies1 rsultat invitable de la dictature temporelle1 sans altrer l'indispensable manifestation des besoins universels1 ds lors assurs1 au contraire1 d'une meilleure satisfaction4 ,tels sont1 en aperu1 les services immdiats1 aussi minens qu'irrcusables1 propres la grande laboration philosophique destine dterminer graduellement la rorganisation spirituelle des socits modernes4 ,par cette double influence prliminaire sur la raison publique1 la nouvelle puissance morale1 avant sa constitution rgulire1 fera spontanment1 ds sa naissance1 l'preuve dcisive de son action sociale1 en faisant universellement prvaloir la disposition d'esprit ncessaire sa marche ultrieure4 ,sa tendance directe tant ainsi assez indique1 il ne me reste plus qu' apprcier sommairement1 d'aprs les bases historiques dj poses1 d'abord et surtout la nature gnrale de ses attributions finales1 et1 par suite1 le caractre essentiel de son autorit normale1 pour achever de dissiper suffisamment les inquitudes peu rationnelles1 mais fort excusables1 qu'inspire aujourd'hui la seule pense d'un nouveau pouvoir spirituel1 vu les profondes aberrations qui1 raison mme des habitudes actuelles de confusion politique1 ont si souvent conduit1 ce sujet1 des conceptions essentiellement thocratiques1 justement antipathiques la sociabilit moderne4 ,sous l'un et l'autre aspect1 la comparaison avec la puissance catholique propre au moyen ge se prsente naturellement1 comme relative au seul antcdent rel d'une telle organisation1 dont l'action sociale serait ainsi1 dans son ensemble1 immdiatement indique4 ,mais1 quoique ce rapprochement soit1 en effet1 susceptible d'une vritable utilit1 quand il est convenablement dirig1 son usage exige toujours des prcautions essentielles1 sans lesquelles il conduirait souvent de fausses apprciations1 en vertu de l'intime diversit des situations respectives1 et surtout raison du principe purement thologique sur lequel reposait l'ancien organisme spirituel1 o la vritable destination politique tait ncessairement subordonne un but personnel imaginaire1 que nous avons vu altrer profondment1 beaucoup d'gards1 l'exercice et le caractre de l'autorit spculative4 ,c'est seulement ceux qui1 d'aprs nos prcdentes explications historiques1 sauront carter suffisamment le point de vue religieux1 pour envisager uniquement l'office social du clerg catholique1 qu'une judicieuse application de ce procd comparatif pourra devenir vraiment utile comme moyen empirique de faciliter les dterminations et de les prciser davantage3 car1 il est d'ailleurs certain que tout ce qui1 dans la vie relle1 comportait1 au moyen ge1 l'action spirituelle1 donnera lieu pareillement une quivalente intervention du nouveau pouvoir1 dont l'ascendant habituel sera mme1 divers titres1 plus immdiat et plus complet2 sauf les distinctions ncessaires1 de mode ou de degr1 qui correspondent la diffrence radicale des deux philosophies et des deux civilisations4 ,toutefois1 sans renoncer cette ressource spontane1 qui devra surtout ultrieurement seconder les dveloppemens rservs mon ,trait spcial1 notre double apprciation sommaire doit ici conserver essentiellement la forme directe et abstraite1 afin de prvenir1 autant que possible1 toute vicieuse interprtation4 ,j'ai dj pos1 au cinquante-quatrime chapitre1 le principe gnral1 aussi rigoureux qu'incontestable1 qui dtermine rationnellement la sparation fondamentale entre les attributions respectives du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel1 et d'aprs lequel les hommes sages des deux classes s'efforceront de rsoudre suffisamment les conflits plus ou moins graves que la fatale discordance de nos passions1 aussi invitable dans l'avenir que dans le pass1 soulvera un jour entre les deux puissances1 malgr l'amlioration relle de la sociabilit humaine4 ,ce principe consiste regarder l'autorit spirituelle comme devant tre1 par sa nature1 finalement dcisive en tout ce qui concerne l'ducation1 soit spciale1 soit surtout gnrale1 et seulement consultative en tout ce qui se rapporte l'action1 soit prive1 soit mme publique1 o son intervention habituelle n'a jamais d'autre objet que de rappeler suffisamment1 en chaque cas1 les rgles de conduite primitivement tablies3 l'autorit temporelle1 au contraire1 entirement souveraine quant l'action1 au point de pouvoir1 sous sa responsabilit des rsultats1 suivre une marche oppose aux conseils correspondans1 ne peut exercer1 son tour1 sur l'ducation1 qu'une simple influence consultative1 borne y solliciter la rvision ou la modification partielle des prceptes que la pratique lui semblerait condamner4 ,ainsi1 l'organisation fondamentale1 et ensuite l'application journalire1 d'un systme universel d'ducation positive1 non-seulement intellectuelle1 mais aussi et surtout morale1 constituera l'attribution caractristique du pouvoir spirituel moderne1 dont une telle laboration graduelle pourra seule dvelopper convenablement le gnie propre et l'ascendant social4 ,c'est principalement pour servir de base gnrale un tel systme que devra tre pralablement coordonne la philosophie positive proprement dite1 dont j'ai os1 le premier1 concevoir et baucher le vritable ensemble1 destin fournir dsormais l'entendement humain un point d'appui fondamental par une suite homogne et hirarchique de notions positives1 la fois logiques et scientifiques1 sur tous les ordres essentiels de phnomnes1 depuis les moindres phnomnes mathmatiques1 source initiale de la positivit rationnelle1 jusqu'aux plus minens phnomnes moraux et sociaux1 terme indispensable de sa pleine maturit4 ,si1 d'une part1 l'ducation moderne1 jusqu'ici vague et flottante comme la sociabilit correspondante1 ne saurait tre vraiment constitue sans un pareil fondement philosophique1 il n'est pas moins certain1 en sens inverse1 que1 sans cette grande destination1 cette coordination prliminaire n'aurait point un caractre assez nettement dtermin pour contenir suffisamment les divagations dispersives propres la science actuelle4 ,afin que cette salutaire connexit conserve toute l'nergie convenable1 en un temps o l'esprit d'ensemble est encore si rare et o les conditions en sont si peu comprises1 il importera mme de ne jamais oublier que ce systme d'ducation positive est ncessairement destin l'usage direct et continu1 non d'aucune classe exclusive1 quelque vaste qu'on la suppose1 mais de l'entire universalit des populations1 dans toute l'tendue de la rpublique europenne4 ,c'est au catholicisme1 comme je l'ai expliqu1 que l'humanit a d1 au moyen ge1 le premier tablissement d'une ducation vraiment universelle1 qui1 quelque imparfaite qu'en dt tre l'bauche1 prsentait dj1 malgr d'invitables diversits de degr1 un fond essentiellement homogne1 toujours commun aux moindres et aux plus minens chrtiens3 il serait donc trange1 tous gards1 de concevoir une institution moins gnrale pour une civilisation plus avance4 ,sous ce rapport1 les dogmes rvolutionnaires relatifs l'galit d'instruction contiennent1 leur manire1 depuis la dcadence ncessaire de l'organisation catholique1 un certain pressentiment confus du vritable avenir social1 sauf les graves inconvniens ordinairement inhrens la nature vague et absolue des conceptions mtaphysiques1 qui1 en tous genres1 devaient prcder et prparer les conceptions positives4 ,rien n'est plus propre1 sans doute1 caractriser profondment l'anarchie actuelle1 que la honteuse incurie avec laquelle les classes suprieures considrent habituellement aujourd'hui cette absence totale d'ducation populaire1 dont la prolongation exagre menace pourtant d'exercer sur leur sort prochain une effroyable raction4 ,ainsi1 la premire condition essentielle de l'ducation positive1 la fois intellectuelle et morale1 envisage comme la base ncessaire d'une vraie rorganisation sociale1 doit certainement consister dans sa rigoureuse universalit4 ,malgr d'invitables diffrences de degr1 aussi salutaires que spontanes1 correspondantes aux ingalits d'aptitude et de loisir1 c'est d'ailleurs une grave erreur philosophique1 aujourd'hui trop frquente1 que de rattacher ces distinctions naturelles des diversits ncessaires1 soit dans le plan1 soit dans la marche1 de cette commune initiation4 ,l'invariable homognit de l'esprit humain1 non-seulement parmi les divers rangs sociaux1 mais mme chez les diffrentes natures personnelles1 fera toujours comprendre1 tous ceux qui ne se borneront pas une superficielle apprciation1 que1 sauf les cas d'anomalie1 ces modifications ne sauraient finalement influer que sur le dveloppement plus ou moins tendu d'un systme toujours identique3 l'exprience catholique a depuis longtemps sanctionn cette indication rationnelle1 en ce qui concerne l'ducation gnrale1 puisque l'instruction religieuse tait1 au fond1 pareillement conue et dirige pour toutes les classes quelconques1 quoique plus ou moins dtaille ou approfondie3 de nos jours mme1 l'instruction spciale1 seule rgularise1 pourra montrer aux juges comptens que la meilleure institution d'une tude quelconque ne peut offrir1 tous ces titres1 que de simples varits d'extension d'un mode constamment semblable4 ,au reste1 ce n'est point ici le lieu de m'expliquer convenablement sur la vritable nature fondamentale de l'ducation positive1 la fois industrielle1 esthtique1 scientifique et philosophique1 o l'essor moral correspondra sans cesse au progrs intellectuel3 l'importance prpondrante et la difficult suprieure d'un tel sujet me dtermineront y consacrer plus tard un ,trait exclusif1 que j'annoncerai plus distinctement la fin de ce dernier volume4 ,il me suffit ici d'avoir expressment signal l'universalit caractristique de ce systme primordial1 autour duquel se ramifieront ensuite spontanment les divers appendices particuliers relatifs la prparation directe aux diffrentes conditions sociales4 ,c'est surtout ainsi que l'esprit scientifique actuel1 perdant enfin sa spcialit empirique1 sera invinciblement pouss une indispensable gnralit rationnelle1 prsidant une saine rpartition finale de l'laboration spculative3 car un tel but rendra pleinement irrcusable le besoin de condenser et de coordonner les principales branches de la philosophie naturelle1 qui1 devant toutes fournir un contingent essentiel la doctrine commune1 ne sauraient conserver une incohrence et une dispersion videmment incompatibles avec cette grande destination sociale1 comme je l'expliquerai davantage au soixantime chapitre4 ,quand les savans auront suffisamment compris que la vie active exige habituellement l'emploi simultan des diverses notions positives que chacun d'eux isole de toutes les autres1 ils comprendront sans doute que leur ascension politique suppose ncessairement la gnralisation pralable de leurs conceptions ordinaires1 et1 par consquent1 l'entire rformation philosophique de leurs dispositions actuelles4 ,car les populations modernes ne pourront jamais reconnatre pour chefs spirituels des hommes qui1 malgr une vritable supriorit envers une faible partie de nos connaissances1 sont le plus souvent au-dessous du vulgaire relativement tout le reste du domaine rel de la raison humaine2 sans parler d'ailleurs de l'infriorit morale qui doit frquemment accompagner aujourd'hui cette sorte d'automatisme spculatif3 cette pleine gnralit constitue tellement la premire condition de l'autorit spirituelle1 que sa seule influence1 mme l'tat le plus imparfait1 prserve aujourd'hui d'une entire dsutude sociale l'esprit thologico-mtaphysique1 quoique dsormais profondment antipathique la raison moderne4 ,tandis que1 par une telle laboration1 l'esprit positif acquerra spontanment le dernier attribut essentiel qui lui manque encore1 cette grande destination achvera aussi de le purifier suffisamment1 en y faisant hautement prvaloir le gnie spculatif1 sans pouvoir cependant oublier jamais le but social4 ,nous avons1 en effet1 prcdemment remarqu1 mme envers les sciences les plus avances1 que le caractre scientifique actuel flotte presque toujours entre l'essor abstrait et l'application partielle1 de manire n'tre le plus souvent ni franchement spculatif ni vritablement actif1 comme le confirme clairement la constitution quivoque des corporations savantes1 o domine un vicieux mlange des attributions technologiques avec les travaux scientifiques1 et dont la plupart des membres sont1 en ralit1 bien plutt de simples ingnieurs que de vrais savans4 ,cette confusion radicale est aujourd'hui videmment lie au dfaut de gnralit1 qui1 dissimulant la haute destination philosophique de l'esprit positif1 ne permet de motiver son utilit finale que sur des services secondaires1 aussi spciaux que les habitudes thoriques correspondantes4 ,mais il est clair que cette tendance1 convenable seulement l'enfance de la science moderne1 constitue maintenant un nouvel obstacle essentiel la systmatisation de la philosophie positive1 qui1 dans l'ordre normal de l'humanit1 ne devra considrer d'autre application immdiate que la direction intellectuelle et morale des populations civilises2 application ncessaire1 n'offrant rien d'ventuel ni d'isol1 et dont l'influence continue1 loin de pouvoir altrer la puret ou la dignit du caractre spculatif1 tendra lui imprimer plus de gnralit et d'lvation1 aussi bien que plus d'unit et de consistance#bi4 ,ainsi1 sous tous les aspects importans1 la grande laboration philosophique destine la fondation du systme final de l'ducation positive1 exercera ncessairement1 sur les esprits qui l'accompliront1 une heureuse raction immdiate1 indispensable la dernire prparation mentale de la nouvelle puissance spirituelle1 dont les lmens actuels sont encore si imparfaits3 c'est surtout pour ce motif que je devais ici expressment signaler cette attribution caractristique4 ,en mme temps1 l'homognit de vues et l'identit de but1 tablies par une telle destination sociale1 conduiront spontanment les divers philosophes positifs former peu peu une vritable corporation europenne1 de manire prvenir ou dissiper les imminentes dissensions actuellement inhrentes l'anarchie scientifique1 qui dcompose toujours ce qu'on appelle improprement aujourd'hui les corps savans en une multitude de coteries1 aussi prcaires qu'troites1 mutuellement ennemies1 et seulement disposes de honteuses coalitions passagres pour protger tout prix les intrts de chaque membre contre toute rivalit extrieure4 ,note #bi3 ,quelque ncessaire que soit cette sparation pralable des vrais savans1 s'levant enfin l'tat philosophique1 d'avec les ingnieurs proprement dits1 on peut assurer que les corporations savantes s'y opposeront de tout leur pouvoir1 craignant de perdre ainsi l'un de leurs principaux titres actuels la considration publique3 et cette opposition ne constitue pas l'un des moindres motifs qui feraient dsirer1 surtout en ,france1 la prochaine suppression de ces compagnies arrires1 maintenant domines tant d'gards par un esprit contraire aux principaux besoins de notre temps4 ,toutefois les hautes ncessits philosophiques seront1 ce sujet1 heureusement secondes par l'essor spontan de la classe des ingnieurs1 mesure que le mouvement industriel deviendra plus systmatique3 car1 lorsque cette classe aura suffisamment dvelopp son propre caractre1 elle s'affranchira bientt1 sans doute1 d'une orgueilleuse tutelle scientifique1 mane d'hommes qui1 raison mme de leur direction quivoque1 doivent1 au fond1 offrir le plus souvent une faible capacit technologique1 dont les vritables ingnieurs1 au temps de leur mancipation mentale1 feront aisment ressortir l'insuffisance sociale4 ,cette laboration fondamentale de l'ducation positive sera principalement caractrise par la systmatisation finale de la morale humaine1 qui1 ds lors affranchie de toute conception thologique1 reposera directement1 d'une manire inbranlable1 sur l'ensemble de la philosophie positive1 comme je l'indiquerai davantage au soixantime chapitre4 ,dans l'conomie gnrale d'une telle ducation1 de saines habitudes soigneusement entretenues1 sous la direction des prjugs convenables1 seront destines1 ds l'enfance1 l'actif dveloppement de l'instinct social et du sentiment du devoir2 pour tre dfinitivement rationnaliss1 en temps opportun1 d'aprs la connaissance relle de notre nature et des principales lois1 statiques ou dynamiques1 de notre sociabilit3 de manire tablir solidement d'abord les obligations universelles de l'homme civilis1 successivement envisag quant son existence personnelle1 domestique ou sociale1 et ensuite leurs diffrentes modifications rgulires suivant les diverses situations essentielles propres la civilisation moderne4 ,vainement l'impuissance organique1 commune toutes les coles mtaphysiques1 les fait-elle aujourd'hui spontanment concourir1 malgr leurs innombrables divergences1 sanctionner indiffremment la prtention exclusive des doctrines thologiques constituer la morale3 l'exprience dcisive des trois derniers sicles a pleinement constat1 surtout depuis le dbut de la grande crise rvolutionnaire1 que ce mode indirect1 quoique indispensable l'tat prliminaire de l'humanit1 n'est plus dsormais1 sous aucun rapport1 convenable sa maturit1 qui le rend la fois impossible et inutile4 ,nous avons historiquement reconnu que l'application effective de ce procd primitif avait toujours subi un dcroissement spontan1 correspondant celui de la philosophie d'o il manait1 mesure que l'intelligence et la sociabilit de notre espce1 simultanment dveloppes1 ont permis l'apprciation vulgaire des rgles morales d'aprs l'ensemble de leur influence relle sur l'individu et sur la socit3 le catholicisme surtout a livr la raison humaine beaucoup d'utiles prescriptions1 personnelles o collectives1 antrieurement soumises la sanction religieuse1 et que les philosophes anciens avaient cru ne pouvoir jamais s'y soustraire4 ,or1 cette double dsutude croissante est maintenant parvenue son dernier terme1 sans aucun espoir de retour1 comme l'a prouv notre laboration dynamique4 ,la dispersion indfinie des croyances religieuses1 irrvocablement abandonnes aux divagations individuelles1 empche dsormais de rien tablir de stable sur d'aussi vains fondemens#cj4 ,dans l'tat prsent de la raison humaine1 le degr d'unit thologique indispensable l'efficacit morale de ces doctrines supposerait videmment un vaste systme d'hypocrisie1 dont la suffisante ralisation est heureusement impossible1 et qui d'ailleurs serait1 par sa nature1 beaucoup plus nuisible la moralit universelle que cette fragile assistance ne pourrait jamais lui devenir utile4 ,sous un autre aspect1 les conditions politiques relatives l'indpendance du sacerdoce1 et sans lesquelles1 comme je l'ai tabli1 la philosophie religieuse1 mme sincrement conserve1 ne saurait en obtenir une vritable efficacit morale1 sont dsormais encore plus compltement repousses que les conditions purement intellectuelles1 chez les esprits mme o l'ancienne foi s'est jusqu'ici le moins altre4 ,quelle inconsquence philosophique pourrait surtout tre compare celle de nos distes1 rvant aujourd'hui l'exclusive conscration de la morale par une religion sans rvlation1 sans culte1 et sans clerg6 ,l'analyse approfondie du catholicisme nous a dmontr les conditions1 tant mentales que sociales1 indispensables au suffisant accomplissement de son office moral1 et la suite de l'apprciation historique nous a expliqu comment cinq sicles d'une active laboration rvolutionnaire1 plus ou moins commune toutes les classes quelconques de la socit moderne1 ont graduellement dtermin l'irrvocable destruction des unes et des autres4 ,une vicieuse proccupation systmatique peut seule aujourd'hui faire persister des esprits philosophiques regarder la morale comme devant toujours reposer sur les conceptions thologiques1 puisqu'il est vident que la moralit humaine a essentiellement rsist jusqu'ici la profonde impuissance pratique des croyances religieuses1 malgr l'absence dsastreuse de toute autre organisation spirituelle3 cette indpendance effective est mme parvenue au point que des observateurs d'une faible porte1 mais d'une incontestable loyaut1 en ont os conclure l'inutilit radicale de tout enseignement moral rgulier4 ,plusieurs tmoignages dcisifs nous ont d'ailleurs indiqu dj que l'adhrence trop prolonge des rgles morales la doctrine thologique est maintenant devenue directement contraire leur efficacit1 en faisant1 quoiqu' tort1 rejaillir sur elles l'invitable discrdit1 mental et social1 qui s'attache irrvocablement une philosophie depuis longtemps rtrograde4 ,cette empirique solidarit constitue mme dsormais un obstacle gnral l'actif dveloppement de la moralit moderne1 en ce qu'une telle illusion empche de procder convenablement aucune laboration rationnelle1 contre laquelle1 au reste1 d'ignobles dclamateurs religieux1 catholiques1 protestans1 ou distes1 s'efforcent de soulever d'avance des imputations calomnieuses1 comme pour fermer l'envi toute issue relle l'anarchie actuelle4 ,dans l'tat prsent de l'lite de l'humanit1 l'esprit positif est certainement le seul qui1 dignement systmatis1 puisse la fois produire de vritables convictions morales1 aussi stables qu'universelles1 et permettre l'essor d'une autorit spirituelle assez indpendante pour en rgulariser l'application sociale4 ,en mme temps1 la philosophie positive1 comme je l'ai dj not1 faisant directement prvaloir la connaissance relle de l'ensemble de la nature humaine1 peut seule prsider au plein dveloppement ultrieur du sentiment social1 qui n'a jamais pu tre cultiv jusqu'ici que d'une manire fort indirecte1 et mme1 beaucoup d'gards1 contradictoire1 sous les inspirations d'une philosophie thologique qui1 de toute ncessit1 imprimait communment tous les actes moraux le caractre d'un gosme exorbitant quoique chimrique1 ensuite imit par la dsastreuse thorie mtaphysique de l'intrt personnel4 ,les sentimens humains n'tant pas suffisamment dveloppables sans un exercice direct et soutenu1 la morale positive1 qui prescrira la pratique habituelle du bien en avertissant avec franchise qu'il n'en peut rsulter souvent d'autre rcompense certaine qu'une invitable satisfaction intrieure1 devra finalement devenir beaucoup plus favorable l'essor actif des affections bienveillantes1 que les doctrines suivant lesquelles le dnouement mme tait toujours rattach de vrais calculs personnels1 dont l'exclusive proccupation comprimait trop aisment l'insuffisante protestation de nos instincts gnreux4 ,mais1 quelque irrcusables que soient dj ces diverses proprits morales de la philosophie positive1 une aveugle routine1 entretenue par d'nergiques intrts1 continuera1 malgr l'vidence rationnelle1 mconnatre essentiellement la possibilit de systmatiser la morale sans aucune intervention religieuse1 jusqu' ce que la suffisante ralisation d'une telle transformation vienne dissiper1 ce sujet1 toute vaine controverse4 ,c'est pourquoi aucune autre partie quelconque de la grande laboration philosophique ne saurait avoir une importance aussi dcisive pour dterminer la rgnration finale de la socit moderne4 ,l'humanit ne saurait tre envisage comme vraiment sortie de l'tat d'enfance1 tant que ses principales rgles de conduite1 au lieu d'tre uniquement puises dans une juste apprciation de sa nature et de sa condition1 continueront reposer essentiellement sur des fictions trangres4 ,note #cj3 ,chez les distes qui dissertent le plus aujourd'hui sur l'exclusive conscration religieuse des rgles morales1 ces divagations mtaphysiques sont dj parvenues au point d'altrer profondment le dogme mme de la vie future1 o1 par un puril raffinement de sensibilit relle ou affecte1 la plupart d'entre eux ont supprim les peines ternelles1 en conservant toutefois les rcompenses2 conception assurment trs-propre consolider la moralit de ceux qui repoussent toute base positive6 ,une telle monstruosit ne constitue pourtant que l'extrme dveloppement d'une disposition caractristique de l'esprit protestant1 que nous avons vu1 ds les premiers progrs de la dsorganisation thologique1 toujours tendre spontanment diminuer de plus en plus la salutaire svrit de l'ancienne morale religieuse4 ,les principales aberrations morales propres notre temps se rattachent certainement une vague religiosit mtaphysique1 et ne peuvent tre le plus souvent reproches aux esprits pleinement affranchis de toute philosophie thologique1 malgr les graves lacunes qui rsultent encore chez eux du dfaut habituel de doctrine rgulire4 ,dans l'laboration systmatique de l'ducation positive1 je dois enfin signaler rapidement une dernire proprit essentielle1 spcialement incontestable1 par laquelle ce grand travail1 caractrisant la destination europenne de la nouvelle autorit spirituelle1 satisfera dj l'une des principales exigences de la situation actuelle4 ,notre analyse historique a clairement expliqu1 conformment l'observation directe1 pourquoi la crise sociale1 quoique ayant d commencer en ,france1 est dsormais radicalement commune tous les peuples de l',europe occidentale1 qui1 aprs avoir plus ou moins subi l'incorporation romaine1 furent surtout suffisamment soumis l'initiation catholique et fodale1 en sorte que leur commun essor ultrieur a toujours prsent jusqu'ici une vritable solidarit1 la fois positive et ngative4 ,rien n'est assurment plus propre qu'une telle synergie faire convenablement ressortir la profonde insuffisance de la philosophie mtaphysique qui dirige encore les tentatives politiques1 puisque1 malgr cette irrcusable parit1 il ne s'agit partout que d'essais purement nationaux1 o la communaut occidentale est essentiellement oublie4 ,cette lacune caractristique subsistera ncessairement tant que le principe fondamental de la sparation des deux puissances continuera d'tre mconnu1 par une abusive prolongation de l'esprit temporaire qui devait seulement convenir aux cinq sicles de la transition ngative3 car la confusion sociale entre le gouvernement moral et le gouvernement politique suppose et prolonge l'isolement exceptionnel de ces diffrens peuples1 dont la runion ne pourrait ainsi rsulter que de l'oppressive prpondrance de l'un d'entre eux4 ,malgr l'intime connexit de leur civilisation homogne1 les cinq grandes nations numres au dbut de ce volume1 qui composent aujourd'hui l'lite de l'humanit1 ne sauraient tre1 sans une intolrable tyrannie1 dsormais heureusement impossible1 habituellement assujetties un mme empire temporel3 et cependant l'extension croissante de leurs contacts journaliers exigerait dj l'intervention normale d'une autorit vraiment commune1 correspondante l'ensemble de leurs affinits relles4 ,or1 tel est1 maintenant comme au moyen ge1 l'minent privilge de la puissance spirituelle1 qui1 liant spontanment ces diverses populations par une mme ducation fondamentale1 est seule susceptible d'y obtenir rgulirement un libre assentiment unanime4 ,c'est ainsi que l'laboration philosophique d'une telle ducation commencera invitablement imprimer aussitt la grande solution sociale le caractre europen indispensable son efficacit4 ,pour bien comprendre la vraie nature de cette condition ncessaire1 il importe beaucoup d'carter les tendances vagues et absolues d'une vaine philanthropie mtaphysique1 et de restreindre cette synergie aux populations qui en sont dj1 quoiqu' divers degrs1 suffisamment susceptibles1 d'aprs l'ensemble de leurs antcdens2 sous la seule rserve de l'extension ultrieure d'un tel organisme social1 au del mme de la race blanche1 mesure que le reste de notre espce aura convenablement satisfait aux obligations prliminaires d'une pareille assimilation4 ,tout en consolidant les liens universels partout inhrens l'identit radicale de la nature humaine1 la nouvelle philosophie sociale1 dont l'esprit est minemment relatif1 introduira bientt une distinction familire entre les nations positives et les peuples rests encore thologiques ou mme mtaphysiques2 comme1 au moyen ge1 le mme attribut qui runissait les diverses populations catholiques les sparait aussi de celles demeures l'tat polythique ou ftichique3 il n'y aura1 sous ce rapport1 de diffrence essentielle entre les deux cas que la destination plus tendue finalement propre l'organisation moderne1 et la tendance plus conciliante d'une doctrine qui rattache toutes les situations quelconques de l'humanit une mme volution fondamentale4 ,la conception immdiate d'une trop grande extension conduirait dnaturer profondment la rorganisation sociale1 qui ne saurait avoir aucun caractre suffisamment prononc s'il y fallait d'abord embrasser des civilisations trop ingales ou trop discordantes et dpourvues de solidarit antrieure4 ,dans l'exacte mesure rsulte de notre apprciation historique1 se trouvent convenablement runis les avantages opposs d'une varit assez tendue pour exciter aujourd'hui la gnralisation des penses politiques1 et d'une homognit assez complte pour que leur nature puisse rester nettement dtermine4 ,ainsi1 l'obligation d'tendre la rgnration moderne l'ensemble de l'occident europen fournit videmment une confirmation dcisive de la ncessit1 dj tablie1 de concevoir la rorganisation temporelle1 propre chaque nation1 comme prcde et dirige par une rorganisation spirituelle1 seule commune tous les lmens de la grande rpublique occidentale4 ,en mme temps1 l'laboration philosophique destine fonder le systme final de l'ducation positive constitue spontanment le meilleur moyen de satisfaire convenablement cet imprieux besoin de notre situation sociale1 en appelant les diverses nationalits actuelles une uvre vraiment identique1 sous la direction d'une classe spculative partout homogne1 habituellement anime1 non d'un strile cosmopolitisme1 mais d'un actif patriotisme europen4 ,l'attribution fondamentale dont nous avons enfin bauch suffisamment l'apprciation caractristique1 comprend assurment1 par sa nature1 sans aucune concentration factice1 l'ensemble des fonctions propres au pouvoir spirituel1 pour tous les esprits qui1 accoutums bien gnraliser1 sauront l'envisager dans son entire extension4 ,mais1 sous l'irrationnelle prpondrance des habitudes mtaphysiques1 ma pense ne pourrait tre1 ce sujet1 pleinement saisie1 si je n'ajoutais ici un rapide claircissement supplmentaire1 expressment relatif l'indispensable complment et aux suites invitables de ce grand office social1 la fois national et europen4 ,en un temps o il n'existe1 proprement parler1 aucune vritable ducation1 si ce n'est spontane1 et o il n'y a de rgularis qu'une instruction plus ou moins spciale1 conue et dirige d'une manire trs-peu philosophique1 mme dans les cas les moins dfavorables1 l'tude approfondie du pass peut seule faire sentir toute la porte politique d'une telle attribution convenablement ralise4 ,il est d'abord vident que cette opration initiale ne serait pas suffisamment accomplie1 si le pouvoir correspondant n'organisait pas1 pour l'ensemble de la vie active1 une sorte de prolongement universel1 destin empcher1 autant que possible1 que le mouvement spcial ne fasse oublier ou mconnatre les principes gnraux1 dont la notion primitive a besoin d'tre convenablement reproduite aux poques priodiquement consacres l'existence spculative4 ,ce besoin devant tre d'autant plus imprieux qu'il concerne des conceptions plus compliques1 c'est surtout envers les doctrines morales et sociales qu'il importe le plus d'y satisfaire1 sous peine d'une dplorable insuffisance pratique de l'ducation primordiale4 ,de l rsulte1 pour le pouvoir spirituel1 non-seulement la ncessit d'exercer toujours une haute surveillance sur le mouvement spontan de l'esprit humain1 afin d'y rappeler les considrations d'ensemble1 mais principalement l'obligation d'instituer1 la judicieuse imitation du catholicisme1 un systme d'habitudes la fois publiques et prives1 propres ranimer nergiquement le sentiment soutenu de la solidarit sociale4 ,comme ce sentiment ne saurait tre assez complet sans celui de la continuit historique propre notre espce1 la philosophie positive devra dvelopper l'un de ses plus prcieux attributs politiques1 en prsidant l'organisation d'un vaste systme de commmoration universelle1 dont le catholicisme ne put raliser qu'une faible bauche1 vu l'esprit trop troit et trop absolu de la philosophie correspondante1 impuissante concevoir suffisamment l'ensemble du pass social4 ,un tel systme1 destin glorifier1 par tous les moyens convenables1 les diverses phases successives de l'volution humaine1 et les principaux promoteurs des progrs respectifs1 uniformment apprcis d'aprs la saine thorie dynamique de l'humanit1 pourra d'ailleurs tre assez heureusement combin pour offrir spontanment une haute utilit intellectuelle1 en popularisant la connaissance gnrale de cette marche fondamentale4 ,quoique ces diverses indications ne puissent tre ici plus dveloppes1 j'espre qu'elles attireront suffisamment l'attention du lecteur judicieux sur les fonctions complmentaires de la corporation spculative#ca4 ,relativement l'influence sociale qui rsulte ncessairement de l'attribution initiale1 l'exprience actuelle n'en peut gure fournir la notion familire1 puisque l'instruction spciale1 de nos jours improprement qualifie d'ducation1 ne laisse aucune forte impression morale d'o puisse driver l'autorit ultrieure des instituteurs primitifs1 dont le souvenir est bientt effac par les impulsions actives4 ,mais une ducation relle1 suffisamment conforme sa destination sociale1 devra naturellement disposer les individus et les classes une confiance gnrale envers la corporation qui l'aura dirige1 de manire lui confrer une haute intervention consultative dans toutes les oprations usuelles1 soit prives1 soit publiques1 afin d'y mieux assurer la judicieuse application journalire des principes tablis pendant la dure de l'initiation1 et dont aucun autre organe ne pourrait aussi bien concevoir la saine interprtation4 ,par cela mme1 cette minente autorit1 toujours place au vrai point de vue d'ensemble1 et anime d'une impartialit sans indiffrence1 exercera spontanment un haut arbitrage1 plus ou moins susceptible de rgularisation1 dans les divers conflits invitables dtermins par le mouvement social1 et qu'il serait ordinairement impossible de soumettre une plus sage apprciation4 ,cet office accessoire prendra surtout une grande importance envers les relations internationales1 qui1 ne pouvant tre soumises aucune autorit temporelle1 resteraient abandonnes un insuffisant antagonisme1 si1 d'une autre part1 elles ne tombaient ainsi1 mieux qu'au moyen ge1 sous la comptence directe de la puissance spirituelle1 seule assez gnrale pour tre partout librement respecte3 d'o rsultera un systme diplomatique entirement nouveau1 ou plutt la cessation graduelle de l'interrgne1 trs-imparfait1 mais indispensable1 institu par la diplomatie afin de faciliter la grande transition europenne1 suivant les explications historiques du cinquante-cinquime chapitre4 ,sans doute1 les grands conflits militaires1 dont ,bonaparte dut diriger le dernier essor1 sont dsormais essentiellement termins entre les diffrens lmens de la rpublique europenne2 mais l'esprit de divergence1 plus difficile contenir mesure que les rapports se gnralisent davantage1 saura bien y trouver de nouvelles formes1 qui1 sans tre aussi dsastreuses1 exigeront nanmoins l'nergique intervention du pouvoir modrateur4 ,cette mme activit industrielle1 dont l'universelle prpondrance est si propre consolider de plus en plus l'tat pacifique de cette grande communaut1 y pousse1 d'une autre part1 les diverses cupidits nationales des luttes indfinies1 par une commune disposition des monopoles antisociaux1 que les vaines prdications de la mtaphysique conomique ne sauraient contenir suffisamment4 ,quoique l'uniforme tablissement de l'ducation positive doive dj essentiellement modrer cette vicieuse tendance1 en attnuant l'importance exagre que l'anarchie spirituelle confre maintenant au point de vue pratique1 cette influence spontane ne saurait suffire contre un tel danger1 si cette commune organisation ne devait aussi faire naturellement surgir une puissance directement antipathique ces dplorables collisions4 ,mais il est clair que la mme autorit qui1 dans l'ducation proprement dite1 aura convenablement fond la morale des peuples comme celle des individus et des classes1 deviendra ncessairement susceptible1 d'aprs cet ascendant universel1 d'y subordonner1 autant que possible1 dans la vie active1 les divergences particulires1 tant nationales que personnelles4 ,note #ca3 ,si une apprciation plus dtaille tait ici possible1 il faudrait convenablement signaler1 parmi ces fonctions complmentaires1 une attribution fort tendue1 source ncessaire d'une grande influence ultrieure pour le pouvoir spirituel1 considr comme juge naturel du suffisant accomplissement des diverses conditions d'ducation1 les unes gnrales1 les autres spciales1 propres aux diffrentes carrires sociales1 d'aprs un sage systme d'examens publics dont il n'existe encore qu'une bauche partielle et imparfaite1 mais qui1 sous le rgime positif1 devra recevoir un vaste dveloppement usuel4 ,aprs avoir ainsi dfini la nature gnrale des attributions propres au nouveau pouvoir spirituel1 et de l'influence ncessaire qui en drive1 il devient ais de complter cette sommaire apprciation1 en procdant l'examen rapide du caractre social de l'autorit correspondante1 surtout par comparaison1 ou plutt par contraste1 avec celui de l'autorit catholique au moyen ge4 ,tandis que la puissance temporelle dpend finalement d'une certaine prpondrance matrielle1 de force ou de richesse1 dont l'invitable empire est souvent subi regret1 l'autorit spirituelle1 la fois plus douce et plus intime1 repose toujours sur une confiance spontanment accorde la supriorit intellectuelle et morale2 elle suppose pralablement un libre assentiment continu1 de conviction ou de persuasion1 une commune doctrine fondamentale1 qui rgle simultanment l'exercice et les conditions d'un tel ascendant1 que la cessation de cette foi ruine aussitt4 ,mais la nature philosophique de cette doctrine doit affecter profondment ces caractres lmentaires1 pareillement applicables tous les modes possibles du gouvernement moral4 ,la foi thologique1 toujours lie une rvlation quelconque1 laquelle le croyant ne saurait participer1 est assurment d'une tout autre espce que la foi positive1 toujours subordonne une vritable dmonstration1 dont l'examen est permis chacun sous des conditions dtermines1 quoique l'une et l'autre rsultent galement de cette universelle aptitude la confiance1 sans laquelle aucune socit relle ne saurait jamais subsister4 ,j'ai dj suffisamment assign1 au chapitre prcdent1 les caractres propres la foi nouvelle1 en apprciant sa principale manifestation historique4 ,or1 il en rsulte videmment que l'autorit positive est1 de sa nature1 essentiellement relative1 comme l'esprit de la philosophie correspondante3 nul ne pouvant tout savoir1 ni tout juger1 le crdit ainsi obtenu par le plus minent penseur offre ncessairement1 quoique plus tendu1 une parfaite analogie avec celui que lui-mme accorde1 son tour1 sur certains sujets1 la plus humble intelligence4 ,la terrible domination absolue que l'homme a pu exercer sur l'homme1 pendant l'enfance de l'humanit1 au nom d'une puissance illimite1 applique des intrts dont la prpondrance tendait interdire toute dlibration1 est heureusement jamais teinte1 avec l'tat mental d'o elle manait3 et1 de cette mancipation dcisive1 pourra seulement dcouler le libre essor universel de notre dignit et de notre nergie4 ,mais1 quoique la foi positive ne puisse tre aussi intense1 beaucoup prs1 que la foi thologique1 l'exprience des trois derniers sicles a dj montr que1 par elle-mme1 sans aucune organisation rgulire1 elle peut dsormais dterminer spontanment une suffisante convergence sur des sujets convenablement labors4 ,l'universelle admission des principales notions scientifiques1 malgr leur frquente oppositions aux croyances religieuses1 nous permet d'entrevoir de quelle irrsistible prpondrance sera susceptible1 dans la virilit de la raison humaine1 la force logique des dmonstrations vritables1 surtout quand son extension usuelle aux considrations morales et sociales lui aura procur toute l'nergie qu'elle comporte1 et dont son dfaut actuel de gnralit doit profondment neutraliser l'essor4 ,une telle aptitude fondamentale est loin1 sans doute1 de dispenser d'une vritable rgularisation de la foi positive dans le systme de l'ducation universelle3 cette discipline est surtout indispensable envers les notions les plus complexes1 o l'assentiment unanime est pourtant beaucoup plus essentiel1 pour ragir suffisamment contre les illusions et l'entranement des passions4 ,toutefois il est clair que si la foi nouvelle ne comporte point la mme plnitude d'ascendant que l'ancienne1 la nature de la philosophie et de la sociabilit correspondantes ne l'exigent pas non plus3 puisqu'il s'agit d'un tat mental qui1 disposant spontanment la convergence1 permet d'organiser une vritable unit spirituelle1 sans supposer la rigoureuse compression permanente que l'tat thologique avait d laborieusement tablir pour prvenir1 autant que possible1 les profondes discordances propres une philosophie aussi vague et arbitraire qu'absolue1 outre que les intrts rels sont bien plus disciplinables que les intrts chimriques4 ,il existe donc1 cet gard1 une suffisante harmonie gnrale entre le besoin et la possibilit d'une discipline rgulire chez les intelligences modernes2 du moins quand le rgime thologico-mtaphysique1 devenu minemment perturbateur1 y aura totalement cess4 ,ces considrations tendent dissiper spontanment les fcheuses inquitudes thocratiques que soulve aujourd'hui toute pense quelconque de rorganisation spirituelle2 puisque la nature philosophique du nouveau gouvernement moral ne lui permet nullement de comporter des usurpations quivalentes celles de l'autorit thologique4 ,nanmoins1 il ne faut pas croire1 par une exagration inverse1 que ce rgime positif ne soit pas1 sa manire1 susceptible de graves abus1 inhrens l'infirmit de notre nature mentale et affective2 leur suffisante rpression exigera mme certainement une constante surveillance sociale1 qui1 la vrit1 ne saurait manquer4 ,la science relle ne se montre que trop aujourd'hui compatible avec le charlatanisme1 surtout chez les gomtres1 dont le langage mystrieux peut si aisment dissimuler1 auprs du vulgaire1 une profonde mdiocrit intellectuelle2 et les savans sont d'ailleurs tout aussi disposs l'oppression que les prtres ont jamais pu l'tre1 quoiqu'ils n'en puissent heureusement obtenir jamais les mmes moyens4 ,ainsi1 l'esprit universel de critique sociale1 spontanment introduit par le rgime monothique du moyen ge1 comme une suite ncessaire de la sparation des deux puissances1 suivant les explications du cinquante-quatrime chapitre1 doit surtout remplir un office continu dans le systme final de la sociabilit moderne4 ,la dsastreuse prpondrance que cet esprit exerce aujourd'hui n'empche pas qu'il ne devienne susceptible d'une heureuse efficacit ultrieure1 quand il sera1 au contraire1 convenablement subordonn l'esprit organique1 et rgulirement appliqu contenir1 autant que possible1 les abus propres au nouveau rgime4 ,sans doute1 l'universelle propagation des connaissances relles constituera spontanment la plus solide garantie contre le charlatanisme scientifique3 car1 lorsque1 par exemple1 le langage algbrique sera1 au degr lmentaire1 devenu vraiment vulgaire1 le mrite de le parler ne dispensera plus de toute autre qualit plus essentielle4 ,mais ce correctif ncessaire ne saurait pourtant suffire1 si la nature du rgime positif ne devait en mme temps dvelopper aussi une continuelle surveillance critique1 qui1 loin de tendre1 comme aujourd'hui1 la subversion du systme1 concourra rgulirement1 au contraire1 en consolider l'harmonie1 parce qu'elle rsultera directement de sa constitution fondamentale1 d'aprs laquelle l'autorit spirituelle sera toujours lgitimement soumise1 soit dans son origine1 soit dans sa destination1 des conditions de capacit et de moralit1 rigoureusement dtermines1 dont le principe1 universellement proclam1 pourra toujours tre invoqu l'appui de tout reproche convenablement motiv4 ,ces conditions initiales doivent tre surtout intellectuelles1 tandis que les conditions finales seront principalement morales4 ,les premires se rapportent l'ensemble des difficiles prparations1 la fois logiques et scientifiques1 qui doivent garantir l'aptitude rationnelle des membres de la corporation spculative1 laquelle si peu de nos acadmiciens seraient vraiment dignes d'tre agrgs4 ,le mme principe de discipline intellectuelle que cette corporation aura communment employ1 pour interdire la discussion aux esprits incomptens1 pourra videmment tre tourn contre ses propres fonctionnaires1 lorsqu'ils n'auront pas convenablement satisfait aux obligations correspondantes1 bien plus tendues et plus imprieuses leur gard qu'envers les simples fidles4 ,quant aux autres conditions1 moins senties mais aussi ncessaires1 elles concernent directement l'exercice continu de l'autorit spirituelle1 qui1 dans tous ses actes1 doit tre videmment soumise l'ensemble des svres prescriptions morales qu'elle-mme aura rgulirement imposes chacun au nom de tous4 ,depuis que le catholicisme a noblement proclam l'entire suprmatie sociale de la morale1 non-seulement sur la force1 mais mme sur l'intelligence1 par suite de la sparation fondamentale des deux pouvoirs1 le plus chtif croyant a d acqurir1 d'aprs cette rgle universelle1 un droit lgitime de remontrance convenable envers toute autorit quelconque qui en aurait enfreint les communes obligations1 sans excepter mme l'autorit spirituelle1 plus spcialement oblige1 au contraire1 les respecter4 ,si une telle facult a pleinement exist sous le rgime monothique1 malgr la tendance fortement thocratique inhrente au principe religieux1 elle doit tre1 plus forte raison1 mieux compatible encore avec la nature du rgime positif1 o tout devient ncessairement discutable sous les conditions convenables2 outre que les prescriptions1 gnrales ou spciales1 de la morale positive seront beaucoup plus prcises et moins irrcusables que ne pouvaient l'tre celles de la morale religieuse4 ,tous ceux qui aspireront alors au gouvernement spirituel de l'humanit sauront ou apprendront bientt qu'une profonde moralit n'est pas moins indispensable qu'une haute capacit pour cette grande destination3 le discrdit universel qui atteindra rapidement ceux qui ddaigneront ou mconnatront cette alliance ncessaire1 montrera que la socit moderne1 dont la foi ne saurait tre aveugle1 ne supporte pas longtemps l'oppressive prtention de nos habiles dominer le monde sans lui rendre rellement aucun service continu4 ,l'ensemble des considrations qui ont suivi le rsum final de notre laboration historique constitue maintenant ici une suffisante dtermination gnrale du but1 de la nature et du caractre propres la grande rorganisation spirituelle qui doit ncessairement commencer et diriger la rgnration totale vers laquelle nous avons vu1 chez l'lite de l'humanit1 directement converger de plus en plus1 ds le moyen ge1 le cours permanent de tous les divers mouvemens sociaux4 ,quant la rorganisation temporelle conscutive1 dont l'tude du pass nous a dj nettement indiqu l'esprit essentiel1 il est clair1 d'aprs nos explications antrieures1 que son apprciation directe et spciale1 aujourd'hui trop prmature pour comporter la prcision et la rigueur convenables1 ne pourrait actuellement offrir qu'une dangereuse concession de vicieuses habitudes politiques1 qu'il s'agit1 avant tout1 de rformer2 car nous avons hautement reconnu que la fondation du nouveau systme social avorterait1 de toute ncessit1 tant qu'elle ne serait pas d'abord entreprise seulement dans l'ordre spirituel ou europen1 et que le point de vue temporel ou national conserverait encore sa prpondrance empirique4 ,mais1 sans mconnatre jamais cette grande prescription logique1 je crois maintenant devoir arrter directement l'attention du lecteur sur le vrai principe gnral de la coordination lmentaire propre l'conomie finale des socits modernes2 puisque la notion fondamentale d'un tel classement deviendra naturellement indispensable au nouveau pouvoir spirituel pour se former une ide suffisamment nette du milieu social correspondant1 afin d'y adapter convenablement l'ensemble de l'ducation positive1 dont le but politique resterait autrement trop peu dtermin4 ,or1 d'un autre ct1 ce principe hirarchique1 pos ds le dbut de ce ,trait1 a reu depuis une confirmation pleinement dcisive par l'extension graduelle qu'il a spontanment acquise dans le cours entier des cinq volumes prcdens2 en sorte que nous n'avons plus ici qu' baucher sommairement son apprciation directe1 pour faire suffisamment concevoir sa destination universelle1 comme je l'ai annonc aux cinquantime et cinquante-unime chapitres2 en renvoyant d'ailleurs au ,trait spcial de philosophie politique1 dj promis tant d'autres titres1 des explications dveloppes qui seraient actuellement dplaces4 ,avant de procder immdiatement cette importante indication1 il faut d'abord carter entirement la distinction vulgaire entre les deux sortes de fonctions respectivement qualifies de publiques et prives4 ,cette division empirique1 propre nos murs transitoires1 constituerait1 en effet1 un obstacle insurmontable toute saine conception du classement social1 par l'impossibilit de ramener cette vaine dmarcation aucune vue rationnelle4 ,dans toute socit vraiment constitue1 chaque membre peut et doit tre envisag comme un vritable fonctionnaire public1 en tant que son activit particulire concourt l'conomie gnrale suivant une destination rgulire1 dont l'utilit est universellement sentie3 sauf l'existence oisive ou purement ngative1 toujours de plus en plus exceptionnelle1 et que la sociabilit moderne fera bientt disparatre essentiellement4 ,il n'en saurait tre autrement qu'aux poques de grande transition1 lorsqu'une civilisation se dveloppe sous une autre antrieure et htrogne3 car alors les nouveaux lmens sociaux1 quoique minemment actifs1 ne pouvant tre rationnellement annexs l'ordre normal envers lequel ils sont trangers1 et souvent hostiles1 doivent1 en effet1 se prsenter comme uniquement relatifs des impulsions individuelles1 dont la convergence finale n'est pas encore assez apprciable4 ,nous avons historiquement reconnu1 au cinquante-troisime chapitre1 que la distinction dont il s'agit fut totalement incompatible avec le rgime thocratique1 ainsi qu'on le voit encore chez les peuples o ce rgime initial a suffisamment persist1 surtout dans l',inde1 principal type cet gard1 et o le plus humble artisan offre1 un degr trs-prononc1 un vritable caractre public4 ,la mme remarque1 quoique moins saillante1 reste applicable aussi l'ordre grec1 et principalement l'ordre romain1 beaucoup mieux caractris2 mais il faut1 en ce nouveau cas1 n'avoir gard qu' la population libre1 dont tous les membres avaient habituellement une vidente destination militaire1 les uns comme capitaines1 les autres comme soldats1 suivant une distinction toujours essentiellement hrditaire1 mane du systme prcdent4 ,avec une pareille restriction1 cette observation s'tend encore au rgime du moyen ge1 du moins tant que son gnie propre a pu demeurer suffisamment prononc3 tous les hommes libres y prsentaient toujours un certain caractre politique1 irrcusable jusque chez le moindre chevalier1 sauf les ingalits de degr et les intermittences d'activit4 ,c'est seulement la fin de cette poque intermdiaire1 quand la grande transition a directement commenc1 surtout d'aprs l'essor industriel succdant partout l'abolition de la servitude1 que l'on voit spontanment surgir une distinction usuelle entre les professions publiques et les professions prives1 suivant qu'elles se rapportaient ou aux fonctions normales de l'ordre antrieur1 subsistant quoique dclinant1 ou aux oprations essentiellement partielles et empiriques des nouveaux lmens sociaux1 dont nul ne pouvait alors apercevoir la tendance ncessaire vers une autre conomie gnrale4 ,une telle distinction dut ensuite se dvelopper de plus en plus1 mesure que s'accomplissait le double mouvement prparatoire1 la fois ngatif et positif1 que nous avons reconnu propre l'volution moderne2 en sorte que l'histoire totale de cette notion temporaire reprsente spontanment1 sa manire1 notre apprciation de l'ensemble du pass2 concidence qui1 sans doute1 n'a rien de fortuit1 et qui doit pareillement se reproduire tout autre gard1 si notre thorie historique est la fidle expression gnrale de la ralit sociale4 ,toutefois la plus complte intensit d'une semblable dmarcation doit se rapporter vritablement la seconde des trois phases successives que nous a prsentes cet ge transitoire1 pendant que le rgime ancien conservait1 en apparence1 toute sa prpondrance politique2 car1 sous la phase suivante1 o l'essor industriel a pris assez d'importance pour que les gouvernemens europens commencent y subordonner directement leurs combinaisons pratiques1 la tendance spontane de l'volution moderne vers une nouvelle coordination sociale devient dj graduellement apprciable1 au point d'imprimer aux grandes existences industrielles un caractre public de plus en plus prononc4 ,enfin1 depuis le dbut de la crise finale1 ce changement est devenu tellement tranch qu'il indique une invitable inversion de la disposition antrieure dans le nouvel tat de socit1 caractris non-seulement quant l'ordre spirituel1 ce qui est vident1 mais aussi quant l'ordre temporel1 par l'extinction presque totale du genre d'activit qui constituait d'abord les professions publiques1 et par la prpondrance normale des fonctions jadis prives2 le gouvernement proprement dit1 sous l'un et l'autre aspect1 n'tant ds lors1 comme autrefois en sens contraire1 qu'une application plus complte et plus gnrale de la destination habituelle4 ,nanmoins la distinction temporaire que nous apprcions persistera ncessairement1 un certain degr1 jusqu' ce que la conception fondamentale du nouveau systme social soit devenue assez nette et assez familire pour dvelopper un sentiment lmentaire d'utilit publique1 d'abord parmi les chefs des divers travaux humains1 et mme ensuite chez les moindres cooprateurs4 ,la dignit qui anime encore le plus obscur soldat dans l'exercice de ses plus modestes fonctions n'est point1 sans doute1 particulire l'ordre militaire2 elle convient galement tout ce qui est systmatis2 elle ennoblira un jour les plus simples professions actuelles1 quand l'ducation positive1 faisant partout prvaloir une juste notion gnrale de la sociabilit moderne1 aura pu rendre suffisamment apprciable tous la participation continue de chaque activit partielle l'conomie commune4 ,ainsi1 la cessation vulgaire de la division encore existante entre les professions prives et les professions publiques dpend ncessairement de la rgnration universelle des ides et des murs modernes4 ,mais1 en vertu mme de cette intime connexit1 les vrais philosophes1 dont les conceptions doivent toujours devancer1 un certain degr1 la raison commune1 ne sauraient aujourd'hui se reprsenter convenablement l'ensemble du nouveau systme social1 s'ils ne s'affranchissent pralablement d'une telle distinction1 propre seulement l'ge transitoire4 ,ils devront donc concevoir dsormais comme publiques toutes les fonctions qualifies actuellement de prives1 aprs avoir d'abord judicieusement cart de l'conomie finale1 suivant les indications de la saine thorie historique1 les diverses fonctions destines disparatre essentiellement4 ,en consquence1 nous supposerons ici limin tout ce qui se rapporte aux divers dbris quelconques de l'tat prliminaire1 non-seulement thologique1 mais mme mtaphysique2 quoique ces derniers soient aujourd'hui beaucoup plus bruyans1 ils ne sont pas1 au fond1 plus vivaces4 ,d'aprs une telle prparation1 l'conomie moderne ne prsentant plus que des lmens homognes1 dont la convergence est nettement apprciable1 il devient possible de concevoir l'ensemble de la hirarchie sociale1 qui restera inintelligible tant qu'on s'efforcera d'y combiner irrationnellement les classes vraiment ascendantes avec les classes invitablement descendantes4 ,le lecteur doit maintenant comprendre l'importance philosophique de l'explication pralable que nous venons d'achever4 ,quoique cette lvation finale des professions prives la dignit de fonctions publiques ne doive1 sans doute1 rien changer d'essentiel au mode actuel de leur exercice spcial1 elle transformera profondment leur esprit gnral1 et devra mme affecter beaucoup leurs conditions usuelles4 ,tandis que1 d'une part1 une telle apprciation normale dveloppera1 chez tous les rangs quelconques de la socit positive1 un noble sentiment personnel de valeur sociale1 elle y fera1 d'une autre part1 sentir la ncessit permanente d'une certaine discipline systmatique1 naturellement incompatible avec le caractre purement individuel1 et tendant garantir les obligations1 soit prliminaires1 soit continues1 propres chaque carrire4 ,en un mot1 ce simple changement constituera spontanment un symptme universel de la rgnration moderne4 ,le principe essentiel de la nouvelle coordination sociale1 dont je dois maintenant indiquer l'apprciation directe1 a t d'abord destin1 au commencement de ce ,trait 7voyez la deuxime leon71 tablir la vraie hirarchie des sciences fondamentales1 d'aprs le degr de gnralit et d'abstraction de leur sujet propre1 suivant la nature des phnomnes correspondans3 telle fut aussi1 dans mon volution personnelle1 la premire source de cette conception philosophique4 ,nous avons ensuite reconnu1 sans aucune vaine prvention systmatique1 que la mme loi logique fournissait spontanment la meilleure distribution intrieure de chaque partie successive de la philosophie inorganique4 ,en s'tendant la philosophie biologique1 elle y a pris un caractre plus actif1 plus rapproch de sa destination sociale3 passant de l'ordre des ides et des phnomnes l'ordre rel des tres eux-mmes1 ce principe taxonomique1 convenablement appliqu1 est aussi devenu apte reprsenter exactement la vritable coordination naturelle maintenant tablie par les zoologistes rationnels pour l'ensemble de la srie animale4 ,par une dernire extension1 nous y avons directement rattach1 au cinquantime chapitre1 la base essentielle de toute la statique sociale3 et1 enfin1 l'laboration dynamique de la leon prcdente vient d'y puiser la dtermination de l'ordre gnral des diverses volutions lmentaires propres la sociabilit moderne4 ,une suite aussi dcisive d'applications capitales1 rige dsormais1 j'ose le dire1 un tel principe philosophique en loi fondamentale de toute hirarchie quelconque3 l'universalit ncessaire des lois logiques explique d'ailleurs naturellement cet ensemble de concidences successives1 qui ne devaient1 sans doute1 rien offrir de fortuit4 ,ainsi1 dans chaque socit rgulire1 quelles qu'en puissent tre la nature et la destination1 les diverses activits partielles se subordonnent toujours entre elles suivant le degr de gnralit et d'abstraction propre leur caractre habituel4 ,cette rgle ncessaire ne sera jamais dmentie par l'exacte apprciation des divers cas rels2 pourvu que1 suivant son esprit1 on ne l'applique qu' un vritable systme1 d'ailleurs quelconque1 form d'lmens homognes1 convergeant tous vers une destination commune1 au lieu de l'incohrente coexistence d'activits discordantes4 ,la socit antique1 soit thocratique1 soit militaire1 la seule1 comme nous l'avons vu1 qui ait pu jusqu'ici tre pleinement systmatise1 a toujours offert une coordination videmment conforme ce principe universel1 dont la notion sociale ne saurait tre aujourd'hui mieux claircie que d'aprs ce type caractristique1 considr mme dans les faibles vestiges que notre civilisation en conserve encore2 surtout dans l'organisme militaire1 rest1 sous ce rapport1 plus nettement apprciable qu'aucun autre1 et o la hirarchie ncessaire qui subordonne constamment les agens moins gnraux de plus gnraux devient tellement prononce qu'elle demeure mme profondment indique par les qualifications usuelles4 ,il serait donc ici superflu de prouver expressment que la socit nouvelle1 une fois parvenue l'tat d'homognit et de consistance convenable sa nature1 ne saurait comporter d'autre classification normale1 applique seulement des lmens d'un autre ordre2 ainsi que l'annoncent directement les divers classemens partiels qui s'y sont dj spontanment raliss1 pendant le cours de la grande transition moderne4 ,en consquence1 la vritable difficult philosophique se rduit essentiellement1 ce sujet1 bien apprcier les diffrens degrs de gnralit ou1 ce qui revient au mme1 d'abstraction1 inhrens aux diffrentes fonctions de l'organisme positif4 ,or1 par une anticipation indispensable1 cette opration a t presque entirement accomplie1 quoiqu' une autre fin1 ds le dbut de ce volume2 et les volumes prcdens avaient spontanment amen les principales indications propres complter une telle explication1 du moins en la bornant au degr de dveloppement que nous ne devons point dpasser ici3 en sorte qu'il ne nous reste plus1 sous ce rapport1 qu' combiner directement ces diffrentes notions1 pour en faire suffisamment ressortir la conception rationnelle de l'conomie finale4 ,considre du point de vue le plus philosophique1 la progression sociale s'est d'abord prsente nous1 dans son ensemble1 au cinquante-unime chapitre1 comme une sorte de prolongement ncessaire de la srie animale1 o les tres sont d'autant plus levs qu'ils se rapprochent davantage du type humain1 tandis que1 d'une autre part1 l'volution humaine est surtout caractrise par sa tendance constante faire de plus en plus prvaloir les divers attributs essentiels qui distinguent l'humanit proprement dite de la simple animalit4 ,quoique l'ordre dynamique1 dont les degrs sont beaucoup plus tranchs1 dt tre minemment propre fonder une telle conception1 elle doit videmment convenir aussi l'ordre statique1 d'aprs l'intime connexit1 directement tablie au quarante-huitime chapitre1 entre les lois d'harmonie et les lois de succession1 pour l'tude rationnelle des phnomnes sociaux4 ,ainsi la hirarchie sociale doit pareillement offrir1 en principe1 une extension spontane de l'chelle animale3 en sorte que les caractres qui y sparent les diverses classes doivent tre1 avec une moindre intensit1 essentiellement analogues ceux qui distinguent les diffrens degrs d'animalit4 ,telle est la premire base inbranlable que la philosophie positive fournira naturellement la subordination sociale1 ds lors scientifiquement rattache au mme titre fondamental d'o l'homme conclut justement sa propre supriorit sur tous les autres animaux4 ,la dignit animale est essentiellement mesure par l'ascendant du systme nerveux1 principal sige de l'animalit1 et la dignit sociale par la prpondrance plus ou moins prononce des plus minentes facults propres ce systme2 quoique la vie purement organique1 fond primitif de toute existence1 doive d'ailleurs1 en l'un et l'autre cas1 toujours rester plus ou moins dominante1 comme je l'ai expliqu en son lieu4 ,d'aprs la tendance spontane l'universelle application du type humain1 qui caractrise ncessairement1 suivant notre thorie1 la philosophie initiale1 les ides de hirarchie ont d tre d'abord tires constamment de l'ordre intrieur des socits humaines pour tre ensuite transportes divers autres sujets4 ,la philosophie finale1 qui d'abord1 au contraire1 procde surtout du monde l'homme1 puisera dsormais1 en sens inverse1 les notions de subordination dans l'apprciation directe de l'ordre extrieur1 plus simple1 mieux tranch et plus fixe1 afin que leur extension sociale puisse logiquement contenir l'influence dissolvante de l'esprit sophistique1 dont l'essor accompagne malheureusement le progrs naturel de notre intelligence4 ,c'est ainsi que la science et la thologie1 considrant l'homme1 l'une comme le premier des animaux1 l'autre comme le dernier des anges1 conduisent1 sous ce rapport1 suivant des voies opposes1 des rsultats essentiellement quivalens1 quoique d'une stabilit fort ingale1 d'aprs la commune prpondrance ncessaire1 rationnelle ou instinctive1 relle ou chimrique1 d'un mme type fondamental4 ,on ne saurait donc contester l'minente aptitude de la philosophie positive consolider spontanment les saines ides de subordination sociale en les liant profondment1 par des nuances moins tranches et plus dlicates1 mais non moins relles1 au mme principe universel qui1 dans l'chelle gnrale des tres vivans1 place d'abord la vie animale proprement dite au-dessus de la simple vie organique1 et ensuite constitue la srie successive des divers degrs essentiels de l'animalit4 ,une premire application de cette thorie hirarchique l'ensemble de la nouvelle conomie sociale1 conduit y concevoir la classe spculative au-dessus de la masse active1 comme je l'ai prcdemment tabli3 puisque la premire offre certainement un essor plus complet des facults de gnralisation et d'abstraction qui distinguent le plus la nature humaine2 moins qu'une insuffisante moralit n'y vienne paralyser la spiritualit1 ce qui1 en temps normal1 ne peut constituer que des anomalies purement individuelles1 dont la rpression possible deviendra l'objet continu d'une sage discipline4 ,quand la sparation fondamentale des deux puissances lmentaires fut d'abord introduite dans l'organisme social par le rgime monothique du moyen ge1 il ne faut pas croire que la supriorit lgale du clerg relativement tous les autres ordres rsultt uniquement1 ni mme principalement1 de son caractre religieux4 ,elle drivait surtout d'un principe plus profond et plus universel1 suivant la tendance involontaire de l'apprciation humaine vers la prminence spculative4 ,l'accroissement effectif de cette tendance constante1 malgr la dcadence continue des influences purement religieuses1 montre clairement qu'elle est plus dsintresse qu'on n'a coutume de le supposer1 et qu'elle indique directement une disposition spontane de notre intelligence estimer davantage les conceptions les plus gnrales4 ,mais1 par cela mme1 cette premire subordination ne pourra devenir irrvocablement ralisable1 dans l'conomie positive1 que lorsque les lmens actuels de la nouvelle classe spculative seront enfin suffisamment dgags de la spcialit dispersive qui1 aprs avoir t indispensable leur prparation1 constitue aujourd'hui le principal obstacle leur installation sociale1 certainement impossible sans leur propre systmatisation pralable#cb4 ,quand la rgnration philosophique aura convenablement ramen ces divers lmens une vritable unit1 d'ailleurs pleinement compatible avec une saine rpartition intrieure1 correspondante la diversit secondaire des besoins et des aptitudes1 alors seulement cette classe obtiendra rellement l'minente position que comporte sa nature1 et dont sa prsente situation ne peut donner qu'une trs-faible ide4 ,une superficielle apprciation pourrait d'abord faire envisager cette prminence ncessaire de la dignit spculative comme contraire notre principe fondamental de la sparation des deux puissances2 mais les explications du cinquante-quatrime chapitre1 suffisamment compltes ci-dessus1 prviendront1 j'espre1 chez tout lecteur judicieux1 une aussi grave inconsquence2 puisque nous avons directement reconnu que1 dans la sociabilit moderne1 la considration et la puissance taient ncessairement distribues selon des lois tellement diffrentes1 que leurs degrs suprieurs s'excluent essentiellement4 ,or il s'agit ici de l'ordre de dignit1 et non de l'ordre de pouvoir1 du rang occup dans l'estime universelle et non de l'influence directe exerce sur les actes rels4 ,bien loin que la prminence ncessaire de la classe spculative sous le premier aspect puisse aucunement altrer l'indispensable sparation des deux puissances1 c'est par l1 au contraire1 que cette division doit tre suffisamment consolide3 car1 si celle des deux forces positives qui est invitablement infrieure en ascendant temporel1 l'tait aussi en considration sociale1 une telle pondration serait aussitt dtruite1 par l'entire dgradation de l'autorit spirituelle4 ,c'est prcisment de l'opposition naturelle de ces deux sortes de suprmatie que rsultera entre les deux pouvoirs un tat normal de rivalit gnrale1 heureusement incompatible avec le despotisme prolong d'aucun d'eux1 et qui1 malgr sa tendance invitable susciter quelquefois de graves conflits1 n'en constituera pas moins1 comme je l'ai montr1 la principale source rgulire du mouvement politique4 ,du reste1 en se reportant au principe philosophique de notre thorie hirarchique1 il est clair que la mme conception scientifique qui tablit la dignit suprieure de la classe spculative1 indique directement la prpondrance pratique du pouvoir actif en la rattachant l'ascendant ncessaire de la vie organique proprement dite chez les plus minentes natures animales1 sans excepter la nature humaine1 mme parvenue son plus noble dveloppement social1 suivant les explications dcisives des quarantime et cinquante-unime chapitres4 ,note #cb3 ,dans leur ddain stupide pour toute philosophie gnrale1 la plupart des savans actuels1 surtout en ,france1 ne comprennent pas1 cet gard1 que leur aveugle antipathie est en ralit ncessairement contraire au juste sentiment de dignit sociale que leur inspire spontanment le caractre spculatif4 ,il est pourtant sensible que si cette opposition rtrograde l'essor de tout esprit philosophique pouvait effectivement prvaloir1 les praticiens viendraient bientt1 sous la mme impulsion plus prolonge1 discrditer leur tour l'esprit scientifique proprement dit4 ,le rgime de la spcialit1 naturellement li la prpondrance des applications directes1 conduirait ncessairement les simples ingnieurs liminer les vrais savans1 aux mmes titres que ceux-ci proclament aujourd'hui contre les vritables philosophes4 ,arguant avec raison de la gnralit suprieure de leurs conceptions habituelles pour lgitimer leur prminence mentale sur les praticiens1 comment ces savans ne comprennent-ils pas que des vues encore plus gnrales doivent assurer l'esprit philosophique1 sous la seule condition d'une suffisante positivit1 une supriorit non moins lgitime sur l'esprit scientifique actuel8 ,l'inconsquence vidente d'une telle disposition ne peut s'expliquer rellement que par l'influence d'un dplorable empirisme1 spontanment rattach des instincts gostes que j'ai dj suffisamment caractriss4 ,nous avons ainsi suffisamment apprci la principale division sociale1 celle qui correspond aux deux modes les plus distincts de l'existence humaine1 et qui rgularise les deux manires les plus diffrentes de classer les hommes1 selon la capacit ou selon la puissance4 ,il devient ds lors facile de caractriser1 d'aprs le mme principe hirarchique1 la plus importante subdivision de chacune de ces deux grandes classes1 dj indique d'ailleurs1 quoiqu' une autre fin1 au dbut de ce volume4 ,quant la classe spculative1 elle se dcompose videmment en deux trs-distinctes1 suivant les deux directions fort diffrentes qu'y prend le commun esprit contemplatif1 tantt philosophique ou scientifique1 tantt esthtique ou potique4 ,malgr la similitude essentielle de murs et d'opinions qui doit rapprocher spontanment ces deux natures contemplatives1 en les sparant nettement de la nature active1 leur vidente diversit n'en constitue pas moins une nouvelle application irrcusable de notre thorie de coordination4 ,quelle que soit l'importance sociale des beaux-arts1 comme je l'ai soigneusement expliqu aux cinquante-troisime et cinquante-sixime chapitres1 et quoique l'avenir leur rserve une minente mission1 que j'indiquerai directement la fin de ce volume1 il n'est pas douteux que le point de vue esthtique ne soit moins gnral et moins abstrait que le point de vue scientifique ou philosophique4 ,celui-ci est immdiatement relatif aux conceptions fondamentales destines diriger l'exercice universel de la raison humaine2 tandis que l'autre se rapporte seulement aux facults d'expression1 qui ne sauraient jamais occuper le premier rang dans notre systme mental3 en sorte que1 chez la classe philosophique1 le type humain s'approche ncessairement davantage de sa perfection caractristique1 par un essor suprieur des facults d'abstraire1 de gnraliser et de coordonner1 qui constituent certainement la principale prminence de l'humanit sur l'animalit4 ,le principe biologique de notre hirarchie sociale reprsente directement cette ingalit ncessaire entre les deux classes spirituelles3 car si1 en descendant l'chelle animale1 les aptitudes industrielles sont celles qui1 raison de leur dignit infrieure1 persistent le plus longtemps1 on voit aussi les aptitudes esthtiques1 sans se prolonger1 beaucoup prs1 autant1 disparatre nanmoins plus tard que les aptitudes scientifiques1 lesquelles1 apprcies suivant leur attribut essentiel d'une certaine prvision des phnomnes1 cessent ainsi bien plus promptement que toutes les autres1 en tmoignage incontestable de leur universelle suprmatie4 ,pour la classe active ou pratique1 qui ncessairement embrasse l'immense majorit1 son dveloppement plus complet et plus prononc a dj d rendre ses divisions essentielles encore plus tranches et mieux apprciables2 en sorte que1 leur gard1 la thorie hirarchique n'a gure qu' rationnaliser les distinctions consacres jusqu'ici par l'usage spontan4 ,il faut1 cet effet1 y considrer d'abord la principale dcomposition de l'activit industrielle1 suivant qu'elle se borne la production proprement dite1 ou qu'elle se rapporte la transmission des produits3 le second cas est videmment suprieur au premier quant l'abstraction des oprations et la gnralit des rapports2 aussi est-il plus exclusivement propre l'humanit4 ,on doit ensuite subdiviser chacun d'eux selon que la production concerne la simple formation des matriaux ou leur laboration directe1 et que la transmission est immdiatement relative aux produits mmes ou seulement leurs signes reprsentatifs3 il est clair que1 des deux parts1 le dernier ordre industriel prsente un caractre plus gnral et plus abstrait que le prcdent1 conformment notre rgle constante de classement4 ,ces deux dcompositions successives constituent spontanment la vraie hirarchie industrielle1 en plaant au premier rang les banquiers1 raison de la gnralit et de l'abstraction suprieures de leurs oprations propres1 ensuite les commerans proprement dits1 puis les manufacturiers1 et enfin les agriculteurs1 dont les travaux sont ncessairement plus concrets et les relations plus spciales que chez les trois autres classes pratiques4 cette coordination fondamentale de la nouvelle conomie sociale1 il serait ici dplac d'ajouter aucune subdivision plus secondaire1 soit spculative1 soit active2 outre que des distinctions trop multiplies1 quelle qu'en ft l'homognit1 offriraient d'abord le grave inconvnient d'altrer ou de dissimuler l'unit ncessaire des classes correspondantes4 ,quand le progrs de la rorganisation positive en aura suffisamment indiqu la ncessit1 il sera facile de les dterminer graduellement par l'application plus prolonge du mme principe hirarchique1 sans qu'il convienne de trop anticiper1 cet gard1 sur les besoins successifs4 ,c'est pourquoi je m'abstiens dessein de combiner ici les diverses indications spontanment obtenues dans les volumes prcdens quant la dcomposition rationnelle de l'ordre spculatif1 soit scientifique1 soit mme esthtique1 afin d'viter toute discussion prmature1 qui pourrait faire oublier ou mconnatre la principale considration4 ,je dois seulement1 envers le premier1 rappeler directement la remarque dj mentionne1 au dbut de ce volume1 sur la distinction provisoire entre l'esprit scientifique proprement dit et l'esprit vraiment philosophique4 ,tout en appliquant cette distinction dans notre laboration dynamique1 qui sans cela et t confuse1 j'ai soigneusement averti qu'elle ne pouvait avoir qu'une simple destination historique1 pour la partie de la transition moderne o ces deux esprits ont t1 en effet1 exceptionnellement spars2 mais qu'une telle division devait tre radicalement carte pour la conception statique de l'ordre final1 dont elle empcherait directement l'apprciation rationnelle1 comme reposant sur une vicieuse opposition entre des facults essentiellement identiques1 sauf les ingalits de degr4 ,quoique j'aie eu ci-dessus implicitement gard cette indispensable condition1 son importance me dtermine cependant1 afin de prvenir toute incertitude1 en formuler ici une dernire expression directe1 en indiquant que1 l'tat positif1 la science et la philosophie1 ainsi qu'elles doivent tre conues l'une et l'autre1 seront dsormais entirement confondues2 en sorte que le reste de ce volume emploiera indiffremment l'une ou l'autre dnomination4 ,envers les subdivisions ultrieures de la hirarchie positive1 la seule considration vraiment essentielle qu'il faille signaler ici1 consiste en ce qu'elles maneront toujours du mme principe fondamental qui vient de nous fournir les distinctions primordiales1 de faon maintenir constamment l'unit ncessaire du classement social4 ,pour caractriser nettement une telle uniformit1 il suffira de l'tendre directement la plus extrme subordination industrielle1 celle qui1 dans chaque espce de travaux1 existe entre l'entrepreneur proprement dit et l'oprateur immdiat4 ,or cette coordination1 la plus lmentaire de toutes1 et qui1 par suite1 comporte1 surtout aujourd'hui1 les plus dangereuses collisions1 raison de la continuit et de l'intimit des contacts1 se rattache videmment notre principe hirarchique2 puisque le caractre propre de l'entrepreneur est certainement plus gnral et plus abstrait que celui du simple ouvrier1 dont l'action et la responsabilit sont moins tendues4 ,ainsi cette dernire subordination1 si importante consolider1 n'est assurment1 en elle-mme1 ni plus arbitraire1 ni moins immuable qu'aucune des autres3 l'tat normal1 elle ne constitue pas davantage un abus de la force ou de la richesse1 et repose sur les mmes titres que les relations les moins contestes4 ,quoi qu'il en soit1 il n'est plus douteux que le principe propre expliquer ainsi1 conformment aux indications spontanes de la raison publique1 la fois les cas les plus gnraux et les plus particuliers1 s'adaptera sans effort une pareille apprciation des divers cas intermdiaires1 aussitt que l'application sociale l'exigera vritablement1 malgr qu'on doive maintenant carter1 ce sujet1 toute vicieuse anticipation4 ,par une facile combinaison des diffrentes indications qui prcdent1 chacun peut dsormais concevoir spontanment une premire esquisse rationnelle de l'ensemble de l'conomie positive1 rgulirement dispos en une seule srie statique1 ordonne suivant la gnralit et l'abstraction toujours dcroissantes du caractre social correspondant1 et destine servir de base ultrieure toute saine spculation quelconque sur l'harmonie finale des socits modernes4 ,la subordination normale qui en rsulte sera naturellement consolide d'aprs son intime homognit2 puisque1 dans une telle hirarchie1 chaque classe ne peut mconnatre la dignit suprieure des prcdentes qu'en altrant aussitt son propre titre essentiel envers les suivantes1 vu l'uniformit constante du principe de coordination3 les classes mme les plus infrieures ne sauraient oublier que ce principe concide ncessairement avec celui qui1 plus largement appliqu1 lgitime la supriorit de l'homme envers tous les autres animaux3 on voit1 en outre1 d'aprs les explications du cinquantime chapitre1 que ce mme principe hirarchique1 tendu jusqu' l'ordre domestique1 y comprend la vritable loi de la subordination des sexes4 ,en imposant rgulirement des obligations morales d'autant plus tendues et plus svres mesure que les influences sociales deviennent plus gnrales1 la commune ducation fondamentale1 ultrieurement complte par des institutions convenables1 tendra directement contenir d'ailleurs1 autant que possible1 les abus inhrens ces ingalits ncessaires4 ,mais1 en outre1 la srie statique1 considre en sens inverse1 offre1 par sa nature1 une compensation invitable1 quoique insuffisante1 directement propre neutraliser d'exorbitantes prtentions2 car1 mesure que les oprations sociales deviennent ainsi plus particulires et plus concrtes1 leur utilit relle devient aussi1 de toute ncessit1 plus directe et moins contestable1 et par suite mieux assure2 en mme temps1 l'existence est plus indpendante#cc et la responsabilit moins tendue1 en raison des relations plus circonscrites et d'une correspondance plus immdiate aux besoins les plus indispensables3 en sorte que1 si les premiers rangs s'honorent justement d'une coopration plus minente et plus difficile1 les derniers s'attribuent lgitimement1 leur tour1 un office plus certain et plus urgent2 en restreignant suffisamment leurs dsirs1 ceux-ci pourraient provisoirement subsister par eux-mmes1 sans dnaturer leur caractre essentiel1 tandis que les autres ne le pourraient aucunement4 ,outre les garanties naturelles qu'une telle opposition fournit directement l'harmonie sociale1 elle est videmment trs-favorable au bonheur priv1 qui1 une fois qu'est suffisamment consolide la satisfaction des principales ncessits1 dpend surtout d'une moindre sollicitude habituelle1 du moins dans les cas1 de plus en plus communs dsormais1 o le caractre individuel est assez conforme la condition sociale2 de faon que les derniers rangs des populations positives pourront1 cet gard1 tirer d'importantes ressources de l'heureuse insouciance qui leur est propre1 et qui constituerait1 au contraire1 un grave dfaut chez des classes plus leves4 ,il est clair d'ailleurs que ces diffrentes tendances lmentaires de la nouvelle conomie ne pourront obtenir une pleine efficacit sociale que lorsque le systme fondamental de l'ducation universelle aura convenablement dvelopp les murs et les attributs qui doivent y distinguer les divers ordres1 et dont la confusion actuelle ne saurait offrir aucune ide3 mais1 raison mme d'une telle corrlation1 je devais ici indiquer sommairement tous ces aperus1 afin de mieux signaler les conditions essentielles de la grande laboration philosophique qui doit servir de base l'ducation positive4 ,note #cc3 ,au sujet de cette indpendance croissante1 il importe ici de rsoudre sommairement une objection trs-naturelle1 suscite par l'apparente contradiction d'une telle remarque avec une autre notion plus essentielle tablie1 ds le dbut de ce ,trait1 envers la hirarchie scientifique1 premire source philosophique de notre thorie actuelle du classement universel3 car nous avons alors reconnu 7voyez la deuxime leon7 que l'indpendance des spculations humaines augmentait ncessairement avec leur gnralit1 tandis qu'ici nous voyons les oprations sociales devenir spontanment plus indpendantes mesure qu'elles sont plus particulires4 ,mais l'opposition est facile expliquer1 en ayant suffisamment gard la diffrence invitable entre la vie spculative et la vie active4 ,dans l'ordre thorique1 o le but n'est que de penser1 il est clair que les conceptions les plus abstraites doivent le moins dpendre de toutes les autres1 qui leur sont1 au contraire1 essentiellement subordonnes4 ,il n'en peut plus tre ainsi dans l'ordre pratique1 o il faut surtout exister et agir1 ce qui doit riger l'actualit des oprations en principale condition de leur indpendance1 ds lors croissante quand les fonctions deviennent plus concrtes et moins gnrales4 ,cette marche inverse des deux sries positives sous un aspect aussi important ne constitue donc aucune contradiction vritable3 elle signale seulement un nouveau motif essentiel de comprendre combien est relle et indispensable notre distinction fondamentale entre les deux modes principaux de la vie sociale2 distinction sans laquelle il serait impossible1 tous gards1 d'tablir aucune exacte apprciation de l'ensemble de l'conomie moderne4 ,considre quant aux degrs successifs de la prpondrance matrielle1 dsormais mesure surtout par la richesse1 notre srie statique prsente ncessairement des rsultats opposs1 selon qu'on y envisage l'ordre spculatif ou l'ordre actif2 car1 dans le premier1 cette prpondrance diminue1 tandis que1 dans le second1 elle augmente1 en suivant1 de part et d'autre1 la hirarchie ascendante4 ,en effet1 les lois naturelles du mouvement des richesses1 si mal apprcies jusqu'ici par la mtaphysique conomique1 font la fois dpendre un tel ascendant de deux conditions trs-distinctes1 qui1 dans leur plus grande intensit respective1 sont directement opposes1 l'extension plus gnrale et l'utilit plus directe des diverses cooprations sociales4 ,tant que les travaux humains1 en se gnralisant1 restent nanmoins assez concrets pour que leur utilit demeure immdiatement apprciable la raison commune1 il n'est pas douteux que cette extension tend1 par elle-mme1 procurer une plus haute rtribution spciale des services rendus4 ,mais quand cet office social1 devenu trop abstrait1 ne comporte qu'une apprciation indirecte1 lointaine et confuse1 il est galement incontestable que1 malgr l'accroissement rel de son utilit finale1 raison d'une gnralit suprieure1 il procurera ncessairement une moindre richesse1 par suite de l'insuffisante estimation prive d'une coopration dont l'influence partielle ne saurait plus comporter aucune exacte analyse usuelle4 ,c'est sur l'oubli d'une telle opposition que repose directement le dangereux sophisme d'aprs lequel on prtendrait aujourd'hui1 d'une manire plus ou moins explicite1 riger la richesse en mesure universelle et exclusive de la participation sociale1 sans distinguer1 cet gard1 entre l'ordre spculatif et l'ordre actif2 sophisme minemment perturbateur1 qui tend bouleverser l'conomie moderne1 en tendant au premier ordre la loi qui ne convient qu'au second4 ,si1 par exemple1 la coopration finale1 mme purement industrielle1 des grandes dcouvertes astronomiques qui ont tant perfectionn l'art nautique1 pouvait tre suffisamment apprcie dans chaque expdition particulire1 il est sensible qu'aucune fortune actuelle ne pourrait donner une ide de la monstrueuse accumulation de richesses qui se serait ainsi dj ralise chez les hritiers temporels d'un ,kepler1 d'un ,newton1 etc41 fixt-on mme leur rtribution partielle au taux le plus minime4 ,rien n'est plus propre que de telles hypothses manifester l'absurdit du prtendu principe relatif la rmunration uniformment pcuniaire de tous les services rels1 en faisant comprendre que l'utilit la plus tendue1 en tant que trop lointaine et trop diffuse par une suite ncessaire de sa gnralit suprieure1 ne saurait trouver sa juste rcompense que dans une plus haute considration sociale4 ,cette distinction est tellement ncessaire que1 mme chez la classe spculative1 l'ordre esthtique1 raison d'une plus facile apprciation prive1 quoique son utilit finale soit certainement moindre1 comporte naturellement une plus grande extension de richesses que l'ordre scientifique1 dont l'existence serait presque impossible sans l'intervention continue de la sollicitude publique2 malgr que certains conomistes aient srieusement propos d'abandonner aux seuls intrts particuliers la protection habituelle des travaux les plus abstraits4 ,d'aprs l'ensemble des considrations prcdentes1 il est clair que le principal ascendant pcuniaire doit rsider vers le milieu de la hirarchie totale1 chez la classe des banquiers1 naturellement place la tte du mouvement industriel1 et dont les oprations ordinaires1 sans cesser d'admettre une exacte apprciation directe1 offrent prcisment le degr de gnralit le plus convenable l'accumulation des capitaux4 ,or1 en mme temps1 ces caractres essentiels1 envisags sous un nouvel aspect1 tendent spontanment rendre cette classe rellement digne d'une telle prpondrance temporelle2 du moins1 comme envers toutes les autres1 quand son ducation propre sera en suffisante harmonie1 intellectuelle et morale1 avec sa destination sociale2 car l'habitude d'entreprises plus abstraites et plus tendues1 devant y dvelopper davantage l'esprit d'ensemble1 y suscite une plus grande aptitude aux combinaisons politiques que dans tout le reste de l'ordre pratique2 en sorte que l surtout se trouvera plac le principal sige ultrieur du pouvoir temporel proprement dit4 ,il faut d'ailleurs noter1 ce sujet1 que cette classe sera toujours1 par sa nature1 la moins nombreuse des classes industrielles2 car1 en gnral1 la hirarchie positive doit ncessairement offrir une croissante extension numrique1 mesure que les travaux1 devenus plus particuliers et plus urgens1 admettent et exigent la fois des agens plus multiplis4 ,envisage sous un autre aspect1 l'apprciation prcdente conduit naturellement complter l'explication gnrale par laquelle nous avons d prparer cette sommaire dtermination de la hirarchie positive2 car le caractre public que l'conomie nouvelle imprimera ncessairement aux fonctions qualifies aujourd'hui de prives ne doit influer essentiellement que sur la manire de concevoir leur commune destination sociale1 et n'affectera nullement le mode effectif de leur accomplissement1 comme je l'ai dj indiqu4 mesure que l'intelligence et la sociabilit se dveloppent la fois1 l'activit individuelle devient susceptible de saisir spontanment1 et1 par suite1 d'administrer convenablement des relations d'autant plus tendues3 en sorte que l'excution spciale des diverses oprations publiques peut tre de plus en plus confie l'industrie prive1 quand elles offrent des avantages assez directs et assez prochains1 sans qu'une telle modification administrative doive d'ailleurs altrer1 en aucune manire1 la conception1 toujours minemment sociale1 ni1 par suite1 l'indispensable discipline1 des travaux correspondans4 ,mais il est clair que1 sous cet aspect1 les diverses fonctions de l'organisme positif doivent offrir des diffrences essentielles1 suivant leur gnralit et leur actualit fort ingales4 ,toutes celles de l'ordre actif1 mme les plus minentes1 pourront tre finalement livres sans danger au jeu naturel des impulsions individuelles1 convenablement prpares par une sage ducation3 en y rservant toujours la haute intervention facultative de la direction centrale1 il importera beaucoup d'y viter les abus de l'esprit rglementaire1 qui tendrait touffer une salutaire spontanit1 source directe des plus heureux progrs1 l'gard d'offices alors suffisamment apprciables la raison commune4 ,dans l'ordre spculatif1 au contraire1 une efficacit sociale trop dtourne1 trop lointaine1 et1 par suite1 trop peu sentie du vulgaire1 sans tre pourtant moins relle ni moins intense1 doit ncessairement conduire1 quoiqu'en n'y ddaignant pas l'appui secondaire de l'estimation prive1 y placer directement les divers travaux habituels sous la protection normale de la munificence publique3 ce qui fera davantage ressortir le caractre politique de ces fonctions1 mesure qu'elles deviendront plus gnrales et plus abstraites1 et ds lors moins susceptibles d'apprciation individuelle4 ,tel est le seul sens rgulier suivant lequel la distinction des professions en prives et publiques devra continuer subsister1 mais toujours subordonne directement la notion fondamentale d'une commune destination sociale4 ,d'aprs l'ensemble de notre laboration sociologique1 il serait assurment superflu d'ajouter ici aucune explication directe sur la composition ncessairement mobile des diverses classes quelconques de la hirarchie positive4 ,l'ducation universelle est1 sous ce rapport1 minemment propre1 sans exciter une ambition perturbatrice1 placer chacun dans la condition la plus convenable ses principales aptitudes1 en quelque rang que sa naissance l'ait jet4 ,cette heureuse influence1 beaucoup plus dpendante1 par sa nature1 des murs publiques que des institutions politiques1 exige deux conditions opposes1 mais galement indispensables1 dont l'accomplissement continu doit d'ailleurs ne porter aucune atteinte aux bases essentielles de l'conomie gnrale3 il faut1 d'une part1 que l'accs de toute carrire sociale reste constamment ouvert de justes prtentions individuelles1 et que cependant1 d'une autre part1 l'exclusion des indignes y demeure sans cesse praticable2 d'aprs la commune apprciation des garanties normales1 la fois intellectuelles et morales1 que l'ducation fondamentale aura spcialement formules pour chaque cas important4 ,sans doute1 aprs que la confusion actuelle aura suffisamment abouti un premier classement rgulier1 de telles mutations1 quoique toujours possibles1 et mme rellement accomplies1 devront ensuite devenir essentiellement exceptionnelles1 en tant que fortement neutralises par la tendance naturelle l'hrdit des professions3 puisque la plupart des hommes ne sauraient avoir1 en ralit1 de vocations dtermines1 et que1 en mme temps1 la plupart des fonctions sociales n'en exigent pas2 ce qui conservera ncessairement l'imitation domestique une grande efficacit habituelle1 sauf les cas trs-rares d'une vritable prdisposition4 ,l'ducation rationnelle constituera d'ailleurs la plus puissante garantie contre la direction oppressive que pourrait faire craindre cette tendance hrditaire1 ds lors spontanment contenue1 par les murs autant que par les lois1 entre les limites gnrales o elle devra exercer ordinairement une influence galement salutaire sur l'ordre public et sur le bonheur priv4 ,il serait1 du reste1 videmment chimrique de redouter la transformation ultrieure des classes en castes1 dans une conomie entirement dgage du principe thologique2 car il est clair que les castes n'ont jamais pu exister solidement sans une vritable conscration religieuse4 ,l'lite de l'humanit a depuis longtemps pass la dernire phase sociale suffisamment compatible avec le rgime des castes1 dont l'extrme vestige tend certainement disparatre aujourd'hui chez la population la plus avance1 comme je l'ai assez indiqu4 ,il ne faut pas que des terreurs puriles deviennent1 cet gard1 l'occasion ou le prtexte d'une opposition indfinie toute vraie classification sociale1 quand la prpondrance de l'esprit positif1 toujours accessible1 par sa nature1 une sage discussion1 devra spontanment dissiper les inquitudes qu'entretient encore1 sous ce rapport1 le caractre vague et absolu des conceptions thologico-mtaphysiques4 ,ayant maintenant assez caractris la thorie hirarchique propre au systme final de l'ducation universelle1 il ne nous reste plus ici1 pour avoir enfin apprci suffisamment la grande rorganisation spirituelle des socits modernes1 qu' y considrer1 d'une manire sommaire mais directe1 un dernier attribut essentiel1 en indiquant convenablement son intime solidarit avec les justes rclamations sociales propres aux classes infrieures4 ,il faut1 cet effet1 signaler successivement la principale influence d'une telle connexit1 soit sur la masse populaire1 soit sur la classe spculative4 ,un pouvoir spirituel quelconque doit tre1 par sa nature1 essentiellement populaire3 puisque1 sa mission caractristique consistant surtout faire1 autant que possible1 directement prvaloir la morale universelle dans l'ensemble du mouvement social1 son devoir le plus tendu se rapporte la constante protection des classes les plus nombreuses1 habituellement plus exposes l'oppression1 et avec lesquelles l'ducation commune lui fait davantage entretenir des contacts journaliers4 ,rien ne pouvait mieux tmoigner l'irrvocable dcadence de la puissance catholique1 que de la voir graduellement abandonner1 pendant le cours de la grande transition moderne1 cette double fonction continue d'clairer et de dfendre le peuple1 qui1 au moyen ge1 l'avait si noblement occupe3 son intime rpugnance envers l'instruction populaire1 et sa prdilection spontane pour les intrts aristocratiques1 constituent aujourd'hui les signes les moins quivoques du caractre profondment rtrograde de cette corporation dchue1 depuis longtemps absorbe par le soin de plus en plus difficile de sa propre conservation4 ,pareillement1 les chtives autorits spirituelles manes du protestantisme ont toujours manifest involontairement la nullit sociale inhrente1 ds le dbut1 leur dfaut radical d'indpendance1 d'aprs leur commune inaptitude la protection normale des classes infrieures4 ,de mme1 enfin1 l'empirisme et l'gosme qui rtrcissent aujourd'hui les vues et les sentimens chez les divers lmens spculatifs propres la socit moderne1 et qui les rendent encore indignes de tout vritable ascendant social1 ne sauraient tre1 sous l'aspect politique1 mieux caractriss que par les tranges inclinations aristocratiques de tant de savans et d'artistes1 qui1 oubliant leur origine proltaire1 ddaigneraient de consacrer l'instruction et la dfense du peuple l'influence qu'ils ont dj obtenue1 et qu'ils emploieraient plus volontiers consolider des prtentions oppressives4 ,sans insister davantage cet gard1 il est d'abord vident que1 dans l'tat normal de l'conomie finale1 la puissance spirituelle sera spontanment lie la masse populaire par des sympathies communes1 tenant une certaine similitude de situation pratique et des habitudes quivalentes d'imprvoyance matrielle1 ainsi que par des intrts analogues envers les chefs temporels1 matres ncessaires des principales richesses4 ,mais il faut surtout remarquer l'intime efficacit populaire de l'autorit spculative1 soit raison de son office fondamental pour l'ducation universelle1 soit ensuite d'aprs l'intervention rgulire que1 suivant nos indications antrieures1 elle devra toujours exercer au milieu des divers conflits sociaux1 afin d'y dvelopper convenablement l'influence modratrice habituellement inhrente l'lvation de ses vues et la gnrosit de ses inclinations4 ,sous l'un et l'autre aspect1 quoique l'minente destination d'un tel pouvoir ne doive1 sans doute1 jamais prendre aucun caractre exclusif1 incompatible avec son impartialit ncessaire1 il est nanmoins vident que sa principale sollicitude sera dirige habituellement vers les classes infrieures1 qui1 d'une part1 ont beaucoup plus besoin d'une ducation publique laquelle leurs moyens privs ne sauraient suppler1 et qui1 d'une autre part1 sont bien plus exposes aux lsions journalires4 ,longtemps avant que l'organisation spirituelle puisse tre suffisamment constitue1 ces diverses tendances fondamentales comporteront une vritable efficacit sociale1 comme je l'ai dj expliqu d'autres gards1 par l'influence immdiate de la grande laboration philosophique que nous avons vue devoir prparer directement la rgnration finale4 ,d'un ct1 une noble ardeur prive1 laquelle les gouvernemens europens ne voudront ni ne pourront s'opposer1 entranera spontanment la plupart des esprits spculatifs faciliter dj la systmatisation ultrieure de l'ducation universelle en consacrant une partie de leur activit continue une sage propagation de l'instruction positive1 soit scientifique1 soit esthtique1 chez les classes maintenant dpourvues de toute culture mentale1 et dont l'essor intellectuel peut tre beaucoup plus dvelopp qu'on ne le suppose sous la seule intervention de ces efforts volontaires1 antrieurs tout tablissement rgulier2 du moins quand un juste sentiment du principal besoin de la socit actuelle aura partout suscit le zle convenable#cd4 ,mme avec les lmens trs-imparfaits qui existent aujourd'hui1 et sans aucune active assistance du pouvoir1 cette opration pralable pourrait tre bientt pousse au point1 surtout en ,france1 d'imprimer aux justes rclamations populaires une consistance philosophique et une dignit morale directement propres dterminer enfin une attention srieuse et durable chez les classes prpondrantes4 ,le principal obstacle serait1 cet gard1 certainement lev si les esprits convenablement spculatifs taient anims de vritables convictions philosophiques1 susceptibles d'y dissiper l'empirisme et d'y refouler l'gosme4 ,sous le second aspect mentionn ci-dessus1 les heureux effets populaires de l'laboration philosophique1 quoique moins aisment apprciables1 et devant exiger ici plus d'explications que les prcdens1 ne seront assurment ni moins rels1 ni moins tendus1 ni moins ncessaires1 soit qu'ils consistent clairer convenablement le peuple sur ses vrais intrts1 soit qu'ils se rapportent leur dfense immdiate auprs des classes dirigeantes4 ,d'abord1 en faisant prvaloir la rorganisation spirituelle1 et dissipant sans retour les illusions relatives l'efficacit illimite des institutions proprement dites1 la philosophie positive imprimera graduellement aux vux populaires la direction permanente la plus favorable leur satisfaction normale1 comme je l'ai dj indiqu en gnral1 par cela seul qu'elle fera justement apprcier la supriorit relle des solutions essentiellement morales sur les solutions purement politiques4 ,les dispositions populaires1 perdant ainsi tout caractre anarchique1 cesseront la fois de fournir aux jongleurs et aux utopistes un dangereux moyen de perturbation sociale1 et d'offrir aux classes suprieures un motif ou un prtexte d'ajourner indfiniment toute large transaction4 ,il suffit ici de signaler distinctement une telle influence philosophique relativement aux questions les plus orageuses1 au sujet desquelles on s'efforce aujourd'hui de dvelopper1 chez les proltaires1 des sentimens envieux et des conceptions chimriques1 aussi incompatibles avec leur propre bonheur qu'avec l'harmonie gnrale4 ,aprs avoir expliqu les lois naturelles qui1 dans le systme de la sociabilit moderne1 doivent dterminer l'indispensable concentration des richesses parmi les chefs industriels1 la philosophie positive fera sentir qu'il importe peu aux intrts populaires en quelles mains se trouvent habituellement les capitaux1 pourvu que leur emploi normal soit ncessairement utile la masse sociale4 ,or1 cette condition essentielle dpend bien davantage1 par sa nature1 des moyens moraux que des mesures politiques4 ,des vues troites et des passions haineuses auraient beau instituer lgalement1 contre l'accumulation spontane des capitaux1 de laborieuses entraves1 au risque de paralyser directement toute vritable activit sociale1 il est clair que ces procds tyranniques comporteraient beaucoup moins d'efficacit relle que la rprobation universelle1 applique par la morale positive tout usage trop goste des richesses possdes2 rprobation d'autant plus irrsistible que ceux-l mme qui devraient la subir n'en pourraient rcuser le principe1 inculqu tous par la commune ducation fondamentale1 comme l'a montr le catholicisme1 au temps de sa prpondrance4 ,une apprciation analogue convient galement tous les divers dangers plus ou moins insparables de l'tat de proprit1 et envers chacun desquels1 aprs avoir cart les exagrations vulgaires1 la philosophie positive dmontrera toujours que leur rpression possible dpend surtout des opinions et des murs1 dont la souveraine influence peut seule1 sans aucune perturbation1 diriger graduellement vers le bonheur commun les dispositions manes des situations les plus susceptibles d'abus4 ,on ne saurait donc mconnatre l'aptitude caractristique de la nouvelle action philosophique rformer utilement les tendances populaires d'aprs une judicieuse analyse des principales difficults sociales1 et par une salutaire transformation des questions de droit en questions de devoir1 ainsi que je l'ai indiqu4 ,mais1 en signalant au peuple la nature essentiellement morale de ses plus graves rclamations1 la mme philosophie fera ncessairement sentir aussi aux classes suprieures le poids d'une telle apprciation1 en leur imposant avec nergie1 au nom de principes qui ne sont plus ouvertement contestables1 les grandes obligations morales inhrentes leur position3 en sorte que1 par exemple1 au sujet de la proprit1 les riches se considreront moralement comme les dpositaires ncessaires des capitaux publics1 dont l'emploi effectif1 sans pouvoir jamais entraner aucune responsabilit politique1 sauf quelques cas exceptionnels d'extrme aberration1 n'en doit pas moins rester toujours assujetti une scrupuleuse discussion morale1 ncessairement accessible tous sous les conditions convenables1 et dont l'autorit spirituelle constituera ultrieurement l'organe normal4 ,d'aprs une tude approfondie de l'volution moderne1 la philosophie positive montrera que1 depuis l'abolition de la servitude personnelle1 les masses proltaires ne sont point encore1 abstraction faite de toute dclamation anarchique1 vritablement incorpores au systme social2 que la puissance du capital1 d'abord moyen naturel d'mancipation et ensuite d'indpendance1 est maintenant devenue exorbitante dans les transactions journalires2 quelque juste prpondrance qu'elle y doive ncessairement exercer1 raison d'une gnralit et d'une responsabilit suprieures1 suivant la saine thorie hirarchique4 ,en un mot1 cette philosophie fera comprendre que les relations industrielles1 au lieu de rester livres un dangereux empirisme ou un antagonisme oppressif1 doivent tre systmatises suivant les lois morales de l'harmonie universelle4 ,les devoirs populaires ainsi imposs aux classes suprieures ne seront pas rgls par le principe chrtien de l'aumne1 qui1 sans devoir jamais perdre son importance secondaire1 ne peut plus comporter aucune haute destination sociale1 d'aprs l'universelle amlioration ralise la fois1 pendant le cours de la transition moderne1 dans la condition et la dignit humaines4 ,ces devoirs ncessaires se formuleront surtout par l'obligation fondamentale1 soit individuelle1 soit collective1 de procurer tous1 d'aprs les voies convenables1 d'abord l'ducation1 et ensuite le travail1 seules conditions permanentes que doivent avoir en vue les justes rclamations sociales des proltaires3 leur prpondrance gnrale devra d'ailleurs influer beaucoup sur la judicieuse dtermination ultrieure des salaires journaliers1 sans qu'il convienne aujourd'hui de soulever1 ce sujet1 des discussions trop prmatures pour n'tre pas dangereuses4 ,il serait galement intempestif de vouloir maintenant apprcier jusqu' quel point la plus grossire partie de cette double obligation universelle sera plus tard susceptible d'tre spcialement fortifie par les institutions politiques3 l'essentiel est de savoir que le principe en doit rester minemment moral1 sous peine la fois d'inefficacit et de perturbation1 ce que je crois avoir ici rendu suffisamment incontestable4 ,note #cd3 ,une telle conviction1 chez moi trs-profonde et fort ancienne1 m'a fait attacher un intrt soutenu au cours populaire d'astronomie que je professe gratuitement1 depuis douze ans1 la municipalit du #c;e arrondissement de ,paris1 quoique les officieuses remontrances ne m'aient certes pas manqu sur l'inutilit de cet enseignement pour la classe que j'y ai surtout en vue1 comme sur les drangemens personnels qu'il peut m'occasionner4 ,le choix d'un sujet minemment philosophique1 son loignement spontan de toute grave proccupation matrielle chez une population non-maritime1 et sa destination immdiate aux classes infrieures1 sans qu'aucune autre soit d'ailleurs exclue1 caractrisent assez la tendance directe et avoue de cette opration l'universelle propagation sociale de l'esprit positif4 ,si quelques-uns de mes lecteurs ont dj remarqu ma constante persvrance cet gard1 ils doivent maintenant apprcier l'intime solidarit d'un tel effort avec l'ensemble de mon entreprise philosophique1 dont la pense fondamentale imprimera toujours ncessairement mes travaux quelconques son imprieuse unit4 ,j'ai voulu1 par cet exemple1 donner1 autant qu'il est en moi1 le signal anticip de cette combinaison directe entre la puissance spculative et la force populaire1 qui doit ultrieurement dterminer la rorganisation politique1 quand la raison publique sera convenablement prpare4 ,tels sont1 en aperu1 les minens services que la grande cause populaire doit immdiatement retirer de l'laboration philosophique destine prparer la rorganisation spirituelle des socits modernes par la fondation graduelle du systme universel de l'ducation positive4 ,mais1 quelle que soit leur extrme importance1 on peut assurer1 en sens inverse1 que la raction ncessaire de cette intime alliance sur la ralisation sociale de la nouvelle philosophie doit tre1 par sa nature1 d'un ordre encore plus lev2 en sorte que1 dans une telle combinaison1 le peuple rendra aux philosophes plus mme qu'il n'en aura reu4 ,en considrant d'abord l'conomie finale1 il est clair que l'adhsion populaire y constituera habituellement la plus sre garantie du pouvoir spirituel contre les tentatives oppressives du pouvoir temporel4 ,quoique l'organisme positif soit ncessairement affranchi de nombreuses causes perturbatrices propres l'organisme thologique du moyen ge1 il ne faut pas croire nanmoins que les graves collisions politiques1 inhrentes au jeu naturel des passions humaines1 y doivent devenir ordinairement impossibles2 seulement leur caractre gnral sera profondment modifi4 ,si1 malgr l'ascendant religieux1 la puissance catholique fut1 comme nous l'avons vu1 au temps mme de son plus grand triomphe1 tant expose aux usurpations temporelles1 on doit sentir1 en gnral1 que la spiritualit positive n'en saurait tre essentiellement prserve1 malgr la nature beaucoup plus conciliante de la nouvelle activit pratique et l'influence plus prononce de l'intelligence sur la conduite4 ,la dpendance matrielle1 plus ou moins invitable1 de la corporation spculative envers les chefs temporels1 principaux dispensateurs de la richesse1 fournira rgulirement ceux-ci un moyen continu de dvelopper son gard les orgueilleuses dispositions spontanment inspires par la prminence pcuniaire1 et qui d'ailleurs pourront alors tre souvent aigries par l'injuste ddain des thoriciens envers les praticiens4 ,or1 la masse populaire1 galement lie ces deux puissances1 l'une pour l'ducation fondamentale et l'assistance morale1 l'autre pour le travail journalier et les secours matriels1 deviendra naturellement1 beaucoup plus encore qu'au moyen ge1 le rgulateur final de leurs principaux conflits1 dont l'issue effective dpendra toujours de la direction que suivra sa coopration politique4 ,afin de complter cette indication1 il faut remarquer que si1 dans l'conomie positive1 davantage mme que dans l'conomie catholique1 les usurpations politiques doivent tre la fois bien plus dangereuses et plus imminentes chez le pouvoir temporel que chez le pouvoir spirituel1 la pondration populaire devra1 suivant une compensation spontane1 favoriser communment l'autorit spirituelle1 avec laquelle les proltaires ne sauraient avoir habituellement que d'heureuses relations1 tandis que leurs contacts journaliers avec les chefs pratiques sont toujours plus ou moins altrs par les sentimens d'envie que suscite trop souvent une supriorit de richesse qui doit rarement sembler assez motive4 ,c'est seulement au temps de son invitable dcadence que la puissance catholique a vu1 par un renversement dcisif des dispositions antrieures1 les affections populaires se tourner de prfrence vers ses antagonistes temporels4 ,de cet aperu directement relatif l'ordre normal1 nous pouvons aisment passer une apprciation analogue1 aujourd'hui plus importante caractriser1 envers l'poque prochaine de sa prparation graduelle4 ,si1 en effet1 l'assistance populaire1 surtout morale1 et quelquefois politique1 doit tre envisage comme habituellement indispensable la nouvelle autorit spirituelle1 suppose rellement parvenue sa pleine installation sociale1 plus forte raison doit-on penser qu'un tel appui lui sera ncessaire pour y arriver1 puisque les obstacles seront essentiellement les mmes1 et seulement plus nergiques1 envers cet avnement primitif qu' l'gard du dveloppement ultrieur4 ,c'est d'abord la judicieuse dfense permanente des intrts populaires auprs des classes suprieures qui pourra seule procurer directement1 aux yeux de celles-ci1 une srieuse importance l'action philosophique1 jusqu'alors en butte l'aveugle ddain des hommes d'tat4 ,quand la nouvelle force spculative aura convenablement surgi1 les grandes collisions pratiques1 que l'absence totale de systmatisation industrielle doit dsormais multiplier et aggraver de plus en plus1 constitueront1 sans doute1 les principales occasions de son propre dveloppement social1 en faisant immdiatement sentir toutes les classes l'utilit croissante de son active intervention morale1 seule susceptible de temprer suffisamment l'antagonisme matriel1 et de modifier habituellement les sentimens opposs d'envie ou de ddain qu'il inspire de part ou d'autre4 ,les classes les plus disposes aujourd'hui ne reconnatre d'ascendant rel qu' la richesse seront alors amenes par des expriences dcisives1 et peut-tre fort douloureuses1 implorer la protection ncessaire de cette mme puissance spirituelle qu'elles regardent maintenant comme essentiellement chimrique4 ,tous les motifs prcdemment indiqus pour faire comprendre que1 dans le systme normal de la sociabilit moderne1 l'autorit spculative deviendra naturellement1 en vertu de l'lvation de ses vues et de l'impartialit de son caractre1 le principal arbitre des divers conflits pratiques1 sont applicables1 avec bien plus d'nergie1 pour constater son aptitude pacifier les dbats analogues1 mais beaucoup plus graves1 que doit susciter l'anarchie actuelle4 ,aussitt que cette nouvelle influence philosophique sera suffisamment dveloppe1 on peut assurer que son intervention morale sera spontanment invoque de tous cts1 partir de l'poque trs-prochaine o le besoin croissant d'un tel modrateur ne pourra plus tre contest4 ,c'est ainsi que s'tablira graduellement1 en raison des services rendus1 un pouvoir qui1 par sa nature1 ne saurait convenablement reposer que sur une libre adhsion universelle4 ,en considrant aujourd'hui1 sous l'aspect le plus gnral1 cette raction fondamentale de la cause populaire sur l'avnement de la rorganisation spirituelle1 on concevra facilement que la situation actuelle ne comporte aucune autre impulsion relle susceptible d'entraner suffisamment la socit vers cette issue ncessaire4 ,les dbats1 de plus en plus misrables1 qui s'agitent maintenant grand bruit parmi les classes suprieures1 tendent naturellement carter les esprits de toute vritable rorganisation sociale1 pour rduire de plus en plus la politique officielle des luttes personnelles1 aussi striles que perturbatrices4 ,abstraction faite des intrts populaires proprement dits1 on ne trouve plus1 en effet1 que des ambitions pleinement compatibles avec la conservation indfinie de l'organisme putrfi que la dcomposition moderne nous a transmis1 pourvu que la direction leur en soit livre2 en mme temps1 les habitudes mtaphysiques1 entretenues par ces conflits constitutionnels1 rendent les intelligences radicalement incapables de s'lever la conception d'aucun autre systme social4 ,on peut donc affirmer aujourd'hui que rien de fondamental ne saurait tre entrepris dans la sphre1 de plus en plus troite1 de la politique lgale2 et1 en ce sens1 tous ceux qui tentent1 mme aveuglment1 d'en sortir1 exercent partiellement une utile influence1 qui n'est pas entirement annule par leurs aberrations trop frquentes4 ,mieux on analysera cette situation1 plus on se convaincra que le point de vue populaire est dsormais le seul qui puisse spontanment offrir la fois assez de grandeur et de nettet pour placer convenablement les esprits actuels dans une direction vraiment organique1 suffisamment conforme aux indications philosophiques rsultes d'une saine apprciation de l'ensemble du pass humain4 ,les vaines substitutions de personnes1 ministrielles ou mme royales1 qui proccupent tant les divers partis actuels1 doivent naturellement devenir trs-indiffrentes au peuple1 dont les propres intrts sociaux n'en sauraient tre aucunement affects2 il en est peu prs ainsi1 au fond1 des dbats1 en apparence plus graves1 quoique rellement analogues1 relatifs l'exercice actif de ce qu'on appelle les droits politiques1 pour lesquels les proltaires modernes prouveront toujours fort peu d'attrait1 malgr les artifices journaliers d'une excitation mtaphysique4 ,assurer convenablement tous le travail et l'ducation1 comme je l'ai indiqu1 constituera toujours le seul objet essentiel de la politique populaire proprement dite3 or ce grand but1 fort tranger aux combinaisons et aux discussions constitutionnelles1 ne saurait tre suffisamment ralis1 d'aprs nos explications antrieures1 que par une vritable rorganisation1 d'abord et surtout spirituelle1 ensuite et accessoirement temporelle4 ,tel est donc le lien fondamental que l'ensemble de la situation moderne institue spontanment entre les besoins populaires et les tendances philosophiques1 et d'aprs lequel le vrai point de vue social prvaudra graduellement mesure que l'active intervention des rclamations proltaires viendra caractriser de plus en plus le grand problme politique4 ,aucune autre classe actuelle ne saurait tre1 par l'influence instinctive de sa position naturelle1 aussi bien dispose que le peuple marcher directement vers la rgnration finale4 ,en mme temps1 les bons esprits populaires1 quand les circonstances les ont suffisamment cultivs1 surtout en ,france1 o tout doit aujourd'hui commencer1 pleinement affranchis de toute philosophie thologique1 et chez lesquels la philosophie mtaphysique n'a pu s'enraciner profondment1 par suite mme du dfaut d'ducation rgulire1 doivent tre rellement moins loigns d'ordinaire du rgime positif que les intelligences laborieusement prpares par une vicieuse instruction de mots et d'entits1 ou mme que la plupart des entendemens absorbs par des spcialits trop troites et trop mal conues4 ,quoique les illusions mtaphysiques inhrentes la politique moderne exercent encore sur la raison populaire une dplorable influence1 ci-dessus soigneusement apprcie1 elles y ont cependant moins d'empire habituel que parmi les autres classes actives de la socit actuelle4 ,aussi1 quand la philosophie positive aura pu suffisamment pntrer chez nos proltaires1 je ne doute pas qu'elle n'y trouve rapidement un plus heureux accueil que partout ailleurs4 ,on conoit ainsi comment1 outre les inspirations dmagogiques propres la mtaphysique ngative1 et l'urgente stimulation des plus imprieuses circonstances1 l'admirable instinct progressif qui caractrisa notre grande assemble rpublicaine y avait directement conduit les meilleurs esprits1 mme spculatifs1 concevoir la cause populaire proprement dite comme le but essentiel de la vraie politique rvolutionnaire4 ,si l'on considre1 enfin1 cette heureuse impulsion populaire quant sa raction ncessaire sur les dispositions actuelles1 mentales et morales1 des classes suprieures1 il sera facile de reconnatre combien elle est indispensable pour y dvelopper une convenable apprciation de la situation fondamentale4 ,chez ces classes1 partout plus ou moins vicies aujourd'hui par l'empirisme mtaphysique et par l'gosme aristocratique1 l'antagonisme populaire est seul susceptible de susciter assez nergiquement des vues leves et des sentimens gnreux4 ,dans les douloureuses collisions que nous prpare ncessairement l'anarchie actuelle1 sous l'excitation spontane de passions haineuses et d'utopies subversives1 les vrais philosophes qui les auront prvues seront dj prpars y faire convenablement ressortir les grandes leons sociales qu'elles doivent offrir tous1 en montrant ainsi aux uns et aux autres l'insuffisance invitable des mesures purement politiques pour la juste destination qu'ils ont respectivement en vue1 les uns quant au progrs1 les autres quant l'ordre1 dont la commune ralisation doit maintenant dpendre d'une rorganisation totale1 d'abord et surtout spirituelle4 ,la fatale infirmit de notre nature1 soit intellectuelle1 soit affective1 oblige peut-tre regarder aujourd'hui ces tristes conflits comme seuls susceptibles de faire suffisamment pntrer partout1 et surtout chez les classes dirigeantes1 une conviction aussi indispensable1 et pourtant aussi oppose l'ensemble des habitudes et des inclinations actuellement dominantes4 ,on peut1 du moins1 assurer que1 si ces orages sont rellement vitables1 ce ne saurait tre que d'aprs un vaste dveloppement systmatique de la vritable action philosophique1 dont l'avnement social est1 au contraire1 aveuglment repouss1 de nos jours1 par les hommes d'tat de tous les partis4 ,bonaparte a laiss misrablement chapper la plus heureuse occasion possible de prparer ainsi l'avenir3 il est peu probable qu'il surgisse dsormais aucune autorit temporelle1 soit personnelle1 soit collective1 propre rparer suffisamment1 sous ce rapport1 cette immense aberration1 que l'histoire dplorera un jour comme la plus funeste1 sans doute1 l'ensemble de l'volution moderne4 ,quelque sommaires qu'aient d tre ici de telles indications1 j'espre cependant les avoir assez caractrises pour faire convenablement apercevoir tous les esprits vraiment philosophiques la profonde solidarit qui rattache ncessairement l'une l'autre l'laboration systmatique de la philosophie positive et l'avnement social de la cause populaire1 de manire constituer spontanment une heureuse et irrsistible alliance entre une grande pense et une grande force4 ,je ne pouvais assurment terminer par une explication plus dcisive l'apprciation gnrale de la rorganisation spirituelle1 que l'ensemble du pass nous a graduellement conduits concevoir aujourd'hui comme la seule issue possible des socits modernes1 et qui se trouve maintenant examine sous tous les divers aspects essentiels dont elle tait susceptible2 sauf les dveloppemens ultrieurs que pourra seul admettre1 cet gard1 ainsi qu' tant d'autres1 le ,trait spcial dj promis4 ,si les opinions et les habitudes actuelles n'taient point aussi loignes de l'tat mental que suppose une telle conception1 elle pourrait esprer partout un accueil favorable1 puisqu'elle est1 par sa nature1 galement apte la satisfaction simultane des besoins opposs d'ordre et de progrs1 dont l'exclusive proccupation caractrise maintenant le principal antagonisme social4 ,toute notre vaste laboration1 d'abord logique1 puis scientifique1 de la philosophie sociale1 dsormais complte enfin dans son institution fondamentale1 a1 j'ose le dire1 pleinement confirm1 sous ce double aspect1 les indications initiales propres au premier chapitre du tome quatrime1 et dont il suffit ici de rappeler sommairement l'accomplissement dcisif4 ,d'abord1 quant l'ordre1 aucun des divers efforts politiques tents1 grands frais1 depuis le dbut de la crise finale1 ne pouvait sans doute comporter autant d'efficacit sociale que la simple opration philosophique qui1 prenant le dsordre actuel la source primitive que dcouvre la marche historique de la dcomposition moderne1 entreprend directement1 par la seule voie convenable1 de rorganiser les opinions1 pour passer ensuite aux murs1 et finalement aux institutions4 cette solution vraiment radicale pourrait-on comparer les tentatives contradictoires1 quoique provisoirement indispensables1 vainement destines concilier la discipline matrielle avec l'anarchie intellectuelle et morale8 ,nous avons spcialement reconnu1 beaucoup d'gards importans1 que l'esprit positif est aujourd'hui le seul apte contenir et dissiper l'essor mtaphysique des utopies subversives2 tandis que l'esprit thologique1 auquel les illusions de l'empirisme conservent encore une dsastreuse confiance1 compromet depuis longtemps les grandes notions sociales1 soit publiques1 soit mme prives1 laisses sous son impuissante tutelle2 outre sa tendance directement perturbatrice1 par suite d'une libre divagation religieuse1 que l'entire dsutude d'un tel rgime mental peut seule empcher aujourd'hui4 ,indpendamment de ces discussions partielles1 la nouvelle philosophie politique1 apprciant non-seulement les doctrines1 mais d'abord et surtout les mthodes1 transforme compltement la fois la position des questions actuelles1 la manire de les traiter1 et les conditions pralables de leur laboration2 elle constitue ainsi spontanment une triple source gnrale de garanties logiques pour l'ordre fondamental4 ,faisant directement prvaloir enfin l'esprit d'ensemble sur l'esprit de dtail1 et1 par suite1 le sentiment du devoir sur le sentiment du droit1 elle dmontre la nature essentiellement morale des principales difficults sociales2 et1 par cela seul1 elle tend dissiper partout1 comme je l'ai rcemment expliqu1 une cause fconde d'illusions1 de dsappointemens1 et mme de perturbations4 ,analysant avec prcision l'insuffisance vidente de la mtaphysique dominante1 elle substitue toujours le point de vue relatif au point de vue absolu1 et fait sentir que le seul moyen de juger sainement1 sous un aspect quelconque1 l'tat actuel1 consiste y voir constamment un rsultat ncessaire de l'ensemble du pass1 dont elle caractrise les diverses phases essentielles1 sans plus de partialit que d'inconsquence1 comme les diffrens degrs successifs d'une mme volution fondamentale1 o le type humain se dveloppe1 tous gards1 de plus en plus3 ce qui fait aussitt cesser la prpondrance sociale de l'instinct critique4 ,enfin1 apprciant l'inanit radicale des tudes ontologiques ou littraires par lesquelles on se prpare communment aux recherches sociales1 elle fait irrcusablement ressortir de la position mme de la sociologie1 dans la vraie hirarchie des spculations positives1 les difficiles conditions1 la fois scientifiques et logiques1 rigoureusement propres une semblable laboration3 d'o rsulte immdiatement l'exclusion motive d'une foule d'esprits incomptens1 et la concentration spontane de ces hautes mditations parmi les rares intelligences susceptibles d'y procder convenablement4 ,certes1 si de telles proprits1 aussi incontestables qu'minentes1 ne sont pas senties par les hommes d'tat qui cherchent sincrement un moyen efficace de contenir aujourd'hui l'esprit de dsordre1 il faut qu'un dplorable empirisme leur ait t toute aptitude rationnelle saisir le rsultat gnral de nos grandes expriences contemporaines1 qui1 cet gard1 montrent1 selon tant de voies dcisives1 que les aberrations mtaphysiques ne sauraient tre victorieusement combattues par les procds thologiques1 et que ds lors les conceptions positives sont seules susceptibles d'en triompher rellement4 ,or quel sacrifice vritable ce nouveau rgime mental exige-t-il1 chez nos gouvernemens europens1 pour dvelopper convenablement tous les moyens de haute discipline intellectuelle qui le caractrisent8 ,aucun autre1 assurment1 que de renoncer enfin1 avec une pleine franchise1 l'espoir1 de plus en plus chimrique1 de la conservation indfinie d'un antique organisme dont tous les liens essentiels sont dj putrfis parmi les populations les plus avances1 et dont la vaine restauration1 au lieu d'tre vraiment favorable l'ordre fondamental1 constitue dsormais une source fconde de graves perturbations1 et entretient seule le crdit populaire de la mtaphysique ngative4 ,car1 cela prs1 en un temps o la politique des gouvernemens doit tre1 par l'imminence croissante de la situation1 de plus en plus circonscrite des effets prochains1 que leur importe1 au fond1 que1 dans un avenir invitable1 mais qui ne saurait tre immdiat1 il ne doive rien rester de l'ancien systme politique1 pourvu que la grande laboration philosophique qui prparera graduellement la rnovation finale tende ncessairement aussi dissiper leurs justes inquitudes sur une imminente dissolution sociale1 et mme consolider1 chez les possesseurs actuels1 tous les pouvoirs quelconques qui auront convenablement reconnu le sens gnral du mouvement moderne8 ,si l'homme tait suffisamment accessible aux impulsions intellectuelles1 une telle transformation n'offrirait1 sans doute1 aucune invraisemblance4 ,tout s'y rduirait1 en effet1 pour les hommes d'tat1 dcider s'il vaut mieux traiter habituellement avec des passions ou avec des convictions3 or le choix ne saurait tre incertain chez ceux qui ont en vue un vritable but social1 quelque attrait que doive inspirer vulgairement le premier mode ceux qui ne poursuivent qu'une simple satisfaction personnelle4 ,l'cole positive prsentera donc1 par sa nature1 des points de contact partiels1 mais trs-importans1 aux esprits sincres de l'cole stationnaire1 et ds lors aussi ceux mme de l'cole rtrograde4 ,envers les plus systmatiques de ceux-ci1 et surtout en ,italie1 la nouvelle philosophie politique aura d'ailleurs l'minent privilge de pouvoir seule faire convenablement revivre aujourd'hui les nobles conceptions du moyen ge sur la thorie universelle de l'organisme social d'aprs la sparation fondamentale des deux puissances lmentaires4 ,quant l'cole rvolutionnaire1 o rside encore exclusivement l'esprit de progrs1 malgr son caractre essentiellement ngatif1 les habitudes mtaphysiques y constitueront l'unique obstacle une suffisante apprciation de l'aptitude ncessaire de la philosophie positive dterminer rellement1 suivant une marche graduelle mais directe1 la rgnration totale si nergiquement signale1 avec autant de nettet que pouvaient alors en comporter le milieu social et la thorie dominante1 par la grande assemble d'o provient la vraie physionomie de la crise finale4 ,d'aprs notre analyse gnrale du dveloppement successif de cette crise dcisive jusqu' l'poque actuelle1 il est vident que la progression rvolutionnaire ne peut plus maintenant faire aucun pas important sans changer totalement les doctrines qui l'ont d'abord dirige1 et dont l'exprience la plus irrcusable a hautement constat la profonde impuissance organique4 ,radicalement paralyses par une invitable inconsquence1 ces doctrines ont mme peine la force dsormais de contenir suffisamment l'action rtrograde dans toute l'tendue de la rpublique europenne3 elles sont logiquement conduites partout reconnatre les principes essentiels de l'ancien systme social1 tout en lui dniant ses plus importantes conditions d'existence4 ,l'impossibilit croissante d'une vie purement ngative1 et le besoin de plus en plus senti d'une reconstruction quelconque1 ont1 en effet1 pouss aujourd'hui l'esprit mtaphysique qui dirige encore l'cole rvolutionnaire1 mme la plus avance1 satisfaire vainement ces exigences irrsistibles en formulant la hte un simulacre d'organisation fond sur une vague rsurrection des croyances religieuses et de l'ardeur guerrire1 systmatiquement prives toutefois de leurs principaux appuis antrieurs3 en sorte que la grande crise de l'humanit aboutirait finalement un simple changement dans les formes politiques2 sauf quelques utopies antisociales1 qui ne sont point ouvertement avoues jusqu'ici4 ,or notre glorieuse assemble rpublicaine1 en commenant ses travaux par l'indispensable abolition de la royaut1 ne prtendit point riger en vritable construction une simple ruine3 elle voulut seulement caractriser ainsi l'irrvocable condition d'abandonner totalement le systme ancien1 afin de procder une rnovation complte2 ce qui exigeait1 en effet1 comme je l'ai expliqu1 la suppression du pouvoir autour duquel s'taient spontanment rallis1 en ,france1 tous les divers dbris du rgime dchu2 mais ce point de dpart ne fut pas alors proclam comme une solution4 ,si aujourd'hui1 au contraire1 prenant le moyen pour le but1 la vaine reproduction d'un tel prambule ne devait aboutir qu' restaurer l'esprit thologique et l'activit militaire par une trange intronisation simultane du disme et de la guerre1 il n'est pas douteux que l'ordre actuel1 malgr tous ses vices1 serait1 au fond1 beaucoup plus rapproch qu'un tel rpublicanisme de la vritable issue propre la crise finale1 sans offrir d'ailleurs le grave danger de dissimuler la nature profondment transitoire de la situation gnrale4 ,un contraste aussi dcisif doit dsormais rendre pleinement irrcusable1 chez les hommes vraiment progressifs1 la ncessit de confier l'esprit positif la suprme direction ultrieure du mouvement rvolutionnaire1 qu'il peut seul conduire maintenant sa destination essentielle4 ,mais1 en renonant ainsi la mtaphysique ngative qui la neutralise aujourd'hui1 et dont le vice radical constitue maintenant1 par un antagonisme ncessaire1 l'unique valeur sociale de l'cole rtrograde1 l'cole rvolutionnaire ne sera nullement oblige1 suivant l'ensemble de nos explications antrieures1 d'abandonner aussi les dogmes salutaires dont elle est justement proccupe1 et qui1 longtemps encore1 formuleront d'indispensables conditions gnrales de la progression sociale2 car j'ai suffisamment prouv1 envers chaque cas important1 que la philosophie positive est spontanment susceptible1 sans aucune inconsquence1 de s'incorporer rellement ces diverses notions1 en transformant seulement leur caractre actuel1 de l'absolu au relatif3 de manire y montrer autant de prescriptions sociales propres la grande transition moderne et destines persister1 quoique dsormais subordonnes des conceptions directement organiques1 jusqu' son entier accomplissement2 soit afin d'oprer l'limination totale du systme ancien1 soit pour permettre l'laboration graduelle du nouvel ordre4 ,or cette transformation gnrale1 qui auparavant et t prmature et mme dangereuse1 loin d'amortir aujourd'hui l'nergie effective de ces principes rvolutionnaires1 doit1 au contraire1 l'augmenter beaucoup1 en comportant une application plus hardie que quand leur nature absolue y devait faire toujours redouter une extension anarchique3 une destination rationnellement caractrise1 et une dure nettement circonscrite1 leur procureront1 entre les limites convenables1 sans aucune tendance subversive1 une plnitude d'activit maintenant impossible1 depuis que le besoin d'organiser a d devenir prpondrant4 ,les dmolitions plus ou moins importantes qui restent encore oprer1 et que j'ai fait suffisamment pressentir1 s'accompliraient ds lors1 sous l'ascendant de l'esprit positif1 avec un libre aveu direct de la nature purement ngative de ces mesures provisoires1 destines carter tous les divers dbris de l'ordre ancien qui feraient vraiment obstacle l'ordre nouveau4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que la marche gnrale de la rorganisation spirituelle exigera certainement1 surtout en ,france1 l'entire abolition pralable du vain simulacre d'ducation publique que le pass nous a transmis1 et de l'trange corporation universitaire qui s'y rattache1 comme constituant dsormais les principales sources d'une pernicieuse influence mtaphysique1 incompatible avec la vritable rgnration moderne2 outre que la seule existence de cet appareil dcrpit tend dissimuler la ncessit d'un vrai systme d'ducation universelle4 ,les gouvernemens europens1 de plus en plus disposs aujourd'hui se dpouiller de toutes leurs attributions spirituelles pour se consacrer exclusivement au maintien1 de plus en plus difficile1 de l'ordre matriel1 s'empresseront sans doute d'accorder une suppression qui ne leur sera pas demande au nom d'un principe antisocial sur la libert absolue et indfinie de tout enseignement quelconque1 mais comme une mesure prliminaire destine1 au contraire1 acclrer1 sous ce rapport capital1 le retour d'un ordre vraiment normal3 ce qui distinguera profondment1 cet gard1 les franches rclamations de l'cole positive des prtentions mal dissimules de l'cole rtrograde actuelle4 ,chacun peut tendre aisment une pareille apprciation beaucoup d'autres dmolitions analogues1 quoique moins importantes1 envers lesquelles il sera non moins facile de reconnatre clairement que la philosophie positive1 en transformant1 sa manire1 les conceptions critiques1 ds lors pleinement rhabilites1 n'en diminue nullement l'efficacit sociale4 ,j'ai d'ailleurs suffisamment expliqu ci-dessus comment l'esprit critique universel1 convenablement subordonn l'esprit organique1 conservera toujours une active destination normale dans l'conomie dfinitive des socits modernes4 ,mais1 d'aprs les mmes motifs1 un degr suprieur d'nergie1 il est clair que1 sous la mme condition fondamentale1 cette activit critique doit trouver aujourd'hui une application1 aussi utile qu'tendue1 pour prparer accessoirement la rorganisation positive1 soit en aidant ruiner l'ascendant actuel des mtaphysiciens et des lgistes1 organes antrieurs du mouvement transitoire1 devenus aujourd'hui les principaux obstacles la solution finale2 soit en secondant la rgnration graduelle des nouveaux lmens sociaux1 spirituels ou temporels1 par une judicieuse censure des vices essentiels1 intellectuels ou moraux1 qui les rendent encore indignes d'une vritable suprmatie politique4 ,cette double apprciation reprsente la nouvelle philosophie comme ayant dj spontanment rempli la condition fondamentale1 formule ds le dbut de mon laboration sociologique1 pour la conciliation dcisive des deux aspects1 normalement insparables1 aujourd'hui vicieusement opposs1 propres au grand problme social4 ,sans effort1 et sans inconsquence1 l'cole positive se montrera toujours plus organique que l'cole rtrograde1 et plus progressive que l'cole rvolutionnaire1 de manire pouvoir tre indiffremment qualifie d'aprs l'un ou l'autre attribut lmentaire4 ,tendant runir ou dissiper tous les partis actuels par la satisfaction simultane de leurs vux lgitimes1 cette cole peut justement esprer aujourd'hui de trouver quelques adhsions isoles chez toutes les classes quelconques1 soit ascendantes1 soit mme descendantes4 ,jusque dans la corporation sacerdotale1 ceux de ses membres qui sentent assez profondment l'importance sociale de l'ordre spirituel1 pour tre fortement choqus de la dgradation politique o il est tomb depuis longtemps sous l'ascendant exclusif de la puissance matrielle1 pourraient apprcier la valeur directe des efforts philosophiques ainsi destins le relever dignement1 si leur intelligence pouvait assez s'affranchir du rgime thologique pour rattacher une telle destination des conceptions d'une autre nature1 sauf la discussion d'efficacit1 dsormais bientt termine4 ,la classe militaire pourrait aussi comprendre que1 tout en consacrant la moderne extinction normale de l'activit guerrire1 dont le grand office social est pleinement accompli1 l'cole positive justifie directement l'importante destination temporaire que doivent maintenant conserver les armes pour assurer le maintien indispensable de l'ordre matriel1 pendant toute la dure de l'laboration universelle qui doit dissiper l'anarchie intellectuelle et morale4 ,il serait assurment superflu de signaler les sympathies que devrait exciter1 chez les intelligences vraiment scientifiques ou esthtiques1 une philosophie qui1 sous la condition ncessaire d'une pralable rformation gnrale de vues et de sentimens1 les pousserait ultrieurement au gouvernement spirituel de l'humanit4 ,quant aux chefs industriels1 dont elle sanctionnerait convenablement la future prminence temporelle1 et qu'elle seule pourrait garantir des graves collisions populaires que leur prpare l'anarchie actuelle1 elle en devrait attendre le plus favorable accueil1 si leurs dispositions intellectuelles et morales taient en suffisante harmonie avec la dignit relle de leur situation sociale4 ,enfin j'ai rcemment expliqu les divers motifs fondamentaux qui doivent spcialement engager l'cole positive compter principalement sur l'adhsion des proltaires1 aussitt que le contact mutuel aura pu suffisamment s'tablir4 ,il faut1 en outre1 considrer que1 mme chez les classes quivoques propres la priode transitoire1 et destines ou disparatre ou redevenir subalternes1 la nouvelle philosophie peut encore trouver d'importantes adhsions prives1 d'aprs l'heureux exercice secondaire qu'elle doit fournir spontanment leur activit caractristique4 ,ainsi1 les philosophes mtaphysiciens1 justement choqus aujourd'hui de l'exorbitante prpondrance des travaux de dtail1 et sentant convenablement la dignit suprieure des conceptions vraiment gnrales1 pourraient saisir la valeur d'une cole seule apte maintenant rtablir le rgne normal de l'esprit d'ensemble1 enfin parvenu une indispensable positivit1 qui1 facile dvelopper dsormais chez les intelligences fortement organises1 affranchira les vritables philosophes de l'irrationnel ddain du vulgaire des savans actuels1 ds lors jugs suivant leur faible porte intrinsque1 dpouille d'un spcieux entourage1 que l'cole positive peut seule apprcier4 ,pareillement1 les littrateurs1 et mme les avocats1 qui auront suffisamment admis la nouvelle direction philosophique1 pourront y trouver une fconde alimentation de l'activit secondaire qui leur est propre1 d'aprs la versatilit1 ds lors heureuse1 inhrente leur dfaut caractristique de convictions profondes1 et qui leur permettra d'adapter leurs talens d'exposition et de discussion1 soit l'universelle diffusion de la philosophie positive1 soit l'utile censure initiale que j'y ai dj signale1 et dont je pourrais1 au besoin1 leur indiquer de nombreuses et importantes applications1 aussi neuves qu'incisives1 qui leur permettraient de mesurer1 leur tour1 d'orgueilleuses prtentions scientifiques1 que les plus audacieux d'entre eux n'osent aujourd'hui contempler qu'avec un aveugle respect4 ,malgr toutes ces grandes et incontestables relations avec les diffrens partis et les diverses classes de la socit actuelle1 je n'ai pas dissimul que l'cole positive ne doit d'abord compter nulle part sur une adhsion collective1 parce que chacun sera beaucoup plus choqu1 l'origine1 des atteintes ncessaires ainsi apportes ses prjugs et ses passions1 que satisfait de la ralisation finale ds lors assure ses vux lgitimes4 ,elle ne doit pas mme esprer1 au dbut1 l'active coopration de notre jeunesse1 dont la portion la plus saine et la mieux prpare est dj gravement vicie1 en gnral1 par l'empirisme et l'gosme inhrens l'anarchie universelle1 et que tout concourt dvelopper4 ,il faut donc s'attendre trouver obstacle1 pour la nouvelle philosophie politique1 chez tout ce qui est aujourd'hui class1 un titre quelconque2 elle n'obtiendra longtemps que des adhsions purement individuelles1 indiffremment issues de tous les rangs sociaux4 ,mais on peut assurer d'avance que de tels appuis ne manqueront pas une cole aussi videmment apte tout concilier sans rien compromettre4 ,la philosophie ngative du sicle dernier1 malgr sa tendance essentiellement anarchique1 trouva partout d'actifs protecteurs1 jusque parmi les rois1 parce qu'elle tait alors en suffisante harmonie avec les besoins immdiats de l'volution moderne4 ,serait-il tmraire d'esprer un accueil quivalent pour la philosophie positive du dix-neuvime sicle1 directement destine rtablir une situation vraiment normale chez l'lite de l'humanit1 et seule susceptible d'abrger ou d'adoucir1 autant que possible1 les grandes collisions que nous rserve encore l'anarchie intellectuelle et morale1 graduellement aggrave par son invitable diffusion8 ,dans tout le cours de mon apprciation historique1 et dans les conclusions politiques que je viens d'en tirer1 je me suis scrupuleusement conform la grande prescription logique que j'avais d'abord formule1 au dbut du volume prcdent1 en ne considrant essentiellement qu'une seule srie sociale1 toujours forme par l'enchanement rel des civilisations les plus avances2 restriction sans laquelle j'ose assurer qu'il et t impossible de dcouvrir la vritable marche gnrale de l'volution fondamentale4 ,maintenant que la dtermination de cette marche a vraiment constitu enfin la sociologie comme une dernire branche principale de la philosophie naturelle1 il y aura lieu1 quand cette nouvelle science sera suffisamment installe1 poursuivre d'importantes spculations1 jusqu'alors prmatures1 sur la progression sociale des diffrentes populations qui1 par divers obstacles assignables1 ont d rester plus ou moins en arrire du grand mouvement que nous avons tudi4 ,le but final de cette laboration supplmentaire sera de fournir la base rationnelle de l'action collective que devra exercer ultrieurement l'lite actuelle de l'humanit pour acclrer et faciliter l'essor de ces civilisations secondaires1 de manire tendre systmatiquement vers l'unit sociale de l'ensemble de notre espce3 de mme que l'opration principale nous a dfinitivement conduits ci-dessus concevoir le mode gnral suivant lequel les peuples avancs doivent aujourd'hui dvelopper leur propre essor commun4 ,malgr l'identit ncessaire que doit partout offrir la vritable volution humaine1 ses phases successives peuvent cependant s'accomplir avec une rapidit et une facilit fort ingales2 et il n'est pas possible que l'exacte connaissance antrieure de cette progression fondamentale1 obtenue d'aprs le lent et douloureux mouvement des populations d'lite1 ne doive1 cet gard1 comporter beaucoup d'efficacit3 en sorte que1 par une invitable compensation1 les civilisations arrires1 ds lors rationnellement dveloppables sous cette heureuse direction1 puissent atteindre promptement le niveau universel1 au lieu de rester indfiniment livres l'empirisme spontan dont notre marche originale n'avait pu s'affranchir jusqu'ici4 ,ainsi1 quelle que doive tre aujourd'hui1 envers les socits les plus avances1 l'minente utilit pratique des saines tudes sociologiques1 cette heureuse aptitude de la vraie philosophie aura ncessairement1 dans l'avenir1 encore plus d'importance et d'tendue au sujet des populations retardes4 ,le pass ne peut1 cet gard1 nous fournir aucune juste mesure gnrale2 parce qu'aucune influence rellement semblable ne pouvait s'y manifester1 par suite du caractre toujours absolu de la philosophie dirigeante1 qui poussait seulement les peuples s'imposer mutuellement l'aveugle imitation routinire de leurs sociabilits respectives3 tandis que le caractre essentiellement relatif de la philosophie positive permettra de modifier judicieusement les applications de la thorie fondamentale suivant les convenances propres chaque cas1 aprs y avoir d'abord exactement dtermin jusqu' quel degr et par quelles voies les phases analogues de l'volution typique sont alors susceptibles d'amlioration effective4 ,par l1 les relations croissantes des populations d'lite avec le reste de l'humanit seront enfin directement subordonnes d'actifs sentimens d'une fraternit vraiment universelle1 au lieu de rester essentiellement domines par un orgueil froce ou une ignoble cupidit4 ,mais les philosophes doivent aujourd'hui soigneusement viter les sductions spontanes de cette heureuse perspective1 qui promet leur activit rationnelle une aussi vaste application ultrieure4 ,jusqu' ce que la rorganisation positive soit suffisamment avance1 il importe beaucoup1 comme je l'ai ci-dessus expliqu1 que leur laboration systmatique demeure toujours exclusivement concentre sur la majorit de la race blanche1 composant l'avant-garde de l'humanit1 suivant l'exacte dfinition sociologique que j'ai directement formule au dbut de ce volume1 et qui comprend seulement les cinq grandes nations de l'occident europen4 ,autant nous avons reconnu ncessaire d'imprimer dsormais toutes les hautes spculations politiques l'entire extension indique par ces limites1 en de desquelles le point de vue social resterait maintenant priv de sa gnralit caractristique2 autant nous avons jug indispensable aujourd'hui de s'y renfermer habituellement1 sous peine de ne point suffisamment liminer l'esprit vague et absolu de l'ancienne philosophie1 et1 par suite1 de manire interdire invitablement toute solution vraiment radicale4 ,cette restriction me semble tellement capitale1 que j'ai cru devoir la reproduire expressment la fin comme au dbut de mon laboration sociologique4 ,la pratique en sera d'autant plus convenable que1 tant que l'occident europen ne sera pas suffisamment rorganis1 il ne saurait rellement exercer aucune grande et heureuse action collective sur le reste de l'humanit2 outre l'imminent danger d'une telle diversion prmature pour y dnaturer ou y troubler gravement cette indispensable rgnration1 point d'appui ultrieur de toute notre espce4 ,sagement proccupe de cette opration dcisive1 la population occidentale devra longtemps viter toute large intervention politique1 du moins active1 dans l'volution spontane de l',asie1 et mme dans celle de l'orient europen3 sauf1 bien entendu1 les prcautions que pourraient exiger le maintien ncessaire de la paix gnrale1 ou l'extension naturelle des relations industrielles2 mais sans jamais seconder les efforts spontans que tente aujourd'hui l'esprit militaire pour retarder son invitable extinction1 en se rattachant1 par de spcieux sophismes1 un dangereux proslytisme social1 comme je l'ai ci-dessus expliqu4 ,malgr l'homognit fondamentale de la population d'lite l'ensemble de laquelle la grande laboration philosophique propre au dix-neuvime sicle doit tre directement destine1 il existe ncessairement des diffrences essentielles entre les cinq nations principales qui la composent1 quant aux obstacles et aux ressources que doit y trouver la rgnration positive1 dont toutes les phases importantes doivent pourtant1 par la nature d'une telle rnovation1 s'y accomplir simultanment4 ,notre thorie historique1 en faisant spontanment ressortir cette connexit ncessaire1 permet aussi d'apprcier exactement cette diversit secondaire1 qu'il importe maintenant de caractriser rapidement1 afin de terminer mon opration sociologique par un juste aperu comparatif de l'accueil rserv la nouvelle philosophie politique chez ces diverses nationalits2 complment naturel de la comparaison que je viens d'indiquer pour les diffrentes classes modernes4 ,la double volution1 la fois ngative et positive1 solidairement accomplie1 pendant les cinq sicles antrieurs1 dans toute l'tendue de cette rpublique occidentale1 nous fournit1 d'aprs les deux chapitres prcdens1 une base pleinement irrcusable pour cette dtermination dlicate1 d'o toute vaine inspiration locale doit tre soigneusement bannie3 la concordance de ces deux sries simultanes doit surtout devenir1 cet gard1 le principe dcisif d'une entire conviction philosophique1 qui doit d'ailleurs tre naturellement fort avance dj par ces deux chapitres1 o j'ai directement tabli1 ce sujet1 la distinction la plus gnrale1 qu'il s'agit seulement ici de complter brivement1 sous ma rserve accoutume des dveloppemens ultrieurs1 incompatibles avec les limites et mme avec la destination de ce ,trait4 ,tous ces divers moyens essentiels d'apprciation comparative concourent videmment1 suivant nos indications antrieures1 reprsenter aujourd'hui la ,france comme le sige ncessaire de la principale laboration sociale4 ,nous avons vu le commun mouvement de dcomposition politique s'y oprer toujours1 depuis le quatorzime sicle1 d'une manire plus complte et plus dcisive qu'en aucun autre cas1 mme pendant sa priode spontane1 et1 plus forte raison1 partir de sa systmatisation1 dont la dernire phase1 quoique destine immdiatement l'ensemble de notre occident1 dut tre d'abord essentiellement franaise1 ainsi que la crise finale qu'elle dtermina ncessairement4 ,il serait certes superflu de prouver ici que le rgime ancien1 soit spirituel1 soit temporel1 est maintenant beaucoup plus dchu en ,france que partout ailleurs4 ,quant la progression positive1 l'volution scientifique1 et mme aussi l'volution esthtique1 sans y tre1 au fond1 plus avances1 y ont certainement obtenu un plus grand ascendant social2 ce qui importe surtout notre comparaison actuelle4 ,pareillement1 l'volution industrielle1 quoique n'y pouvant encore offrir le plus large dveloppement spcial1 y a ncessairement amen dj la nouvelle puissance temporelle beaucoup plus prs d'une vritable suprmatie politique4 ,enfin1 l'unit nationale1 condition si capitale de cette grande initiative europenne1 y est assurment plus complte et plus inbranlable qu'en aucun autre cas4 ,j'ai assez expliqu comment un admirable instinct politique1 malgr la tendance dissolvante de la mtaphysique dirigeante1 avait soigneusement maintenu1 pendant la crise rvolutionnaire1 ce prcieux rsultat de l'ensemble de notre pass1 ds lors mme notablement consolid par un plus vaste dveloppement de la subordination spontane de tous les foyers franais envers le centre parisien4 ,au reste1 la prdilection dcisive qui1 dans l',europe entire1 depuis l'heureux avnement de la paix universelle1 dispose de plus en plus1 non-seulement les artistes1 les savans et les philosophes1 mais la plupart des hommes cultivs1 voir dans ,paris une sorte de patrie commune1 doit certainement dissiper toute grave incertitude sur la perptuit ncessaire de cette noble initiative1 si chrement acquise4 ,malgr le dfaut de nationalit1 l'ensemble de tous les autres caractres me semble devoir dterminer1 contrairement l'opinion commune1 concevoir l',italie comme tant1 aprs la ,france1 le pays le mieux dispos la rgnration positive4 ,l'esprit militaire y est peut-tre plus radicalement teint que partout ailleurs2 et cette mme lacune1 funeste d'autres gards1 dont j'ai expliqu1 au cinquante-quatrime chapitre1 la cause ncessaire1 n'est sans doute pas trangre une telle prparation ngative4 ,quoique la conservation du catholicisme n'y ait pu tre aussi avantageuse qu'en ,france au plein essor original de l'branlement philosophique1 la compression rtrograde1 assez intense pour prserver les populations contre toute grave extension de la mtaphysique protestante ou mme diste1 n'a pu cependant y empcher ensuite1 chez la plupart des esprits cultivs1 une entire mancipation thologique1 aujourd'hui mal dissimule4 ,en outre1 cette influence gnrale1 dont j'ai tant signal les proprits essentielles pour les deux dernires phases de l'volution moderne1 a spcialement rserv la population italienne la transmission naturelle de ce qui1 dans les anciennes habitudes catholiques1 est susceptible d'incorporation aux nouvelles murs positives1 relativement la division fondamentale des deux puissances lmentaires1 dont le vritable instinct ne peut maintenant se trouver que l suffisamment familier4 ,l'volution scientifique et l'volution industrielle1 quoique presqu'aussi avances qu'en ,france1 y ont pourtant obtenu une prpondrance sociale beaucoup moindre1 par suite d'une moindre extinction populaire de l'esprit religieux et aristocratique3 mais elles y sont1 au fond1 plus rapproches de leur ascendant final que chez tout le reste de la communaut occidentale4 ,il serait assurment superflu d'y mentionner l'admirable dveloppement de l'volution esthtique1 qui1 plus complte et plus universelle que partout ailleurs1 y a si heureusement ralis sa proprit caractristique d'entretenir1 chez les plus vulgaires intelligences1 l'veil fondamental de la vie spculative4 ,quoique le dfaut de nationalit dt videmment y interdire une initiative politique si hautement rserve la ,france1 son influence est loin d'y empcher une intime et rapide propagation du mouvement original4 ,convenablement apprcie par les bons esprits italiens1 d'aprs l'ensemble de la saine thorie historique1 cette lacune pourra mme y dterminer une excitation plus prononce la rorganisation spirituelle3 soit qu'on envisage le catholicisme1 suivant l'indication spciale du cinquante-quatrime chapitre1 comme la cause essentielle d'une telle anomalie2 soit que l'impossibilit de constituer l'unit italienne fasse plus directement sentir l'importance suprieure de l'unit europenne1 qui ne peut tre obtenue que par la rgnration intellectuelle et morale1 et dont l'avnement pourra seul faire spontanment cesser1 au profit commun de l'ordre et du progrs1 des tentatives galement chimriques et perturbatrices4 ,envisage dans toute l'tendue de la dfinition sociologique indique au dbut de ce volume1 la population allemande me parat tre1 tout compens1 aprs les deux prcdentes1 la mieux dispose aujourd'hui1 en rsultat final de son volution antrieure1 la rorganisation positive4 ,l'esprit militaire ou fodal1 et mme1 malgr les apparences1 l'esprit religieux1 quoique y tant moins dchus qu'en ,italie1 n'y sont pas cependant aussi dangereusement incorpors qu'en ,angleterre au mouvement gnral de la socit moderne4 ,outre que la prpondrance politique du protestantisme y est beaucoup moins intime et moins universelle1 elle n'y a pas empch1 l o il a le plus prvalu1 que la grande concentration temporelle propre la transition moderne n'y aboutt aussi1 par une heureuse anomalie que j'ai signale1 au mode essentiellement monarchique1 que nous avons reconnu si prfrable1 tous gards1 au mode aristocratique exceptionnel1 minemment particulier l',angleterre1 et dont la seule ,sude offre l'quivalent germanique1 toutefois trs-altr4 ,la plus dangereuse influence qui distingue cette population est certainement celle de l'esprit mtaphysique1 qui s'y trouve aujourd'hui plus rpandu et plus dominant que partout ailleurs1 et dont la dsastreuse activit y entretient une mystique prdilection pour les conceptions vagues et absolues1 directement contraire toute vraie rorganisation sociale4 ,mais cet esprit1 inhrent l'laboration protestante est1 par cela mme1 beaucoup moins prononc dans l',allemagne catholique2 et d'ailleurs il est dj partout en pleine dcroissance4 cela prs1 l'volution germanique est aujourd'hui1 pour l'ordre spculatif de la progression positive1 soit esthtique1 soit mme scientifique1 plus complte et plus universelle qu'en ,angleterre1 surtout quant l'ascendant social qui s'y rattache4 ,il est mme vident1 comme je l'ai not au trente-sixime chapitre1 que l'activit suprieure de l'esprit philosophique1 malgr son caractre encore essentiellement mtaphysique1 entretient en ,allemagne une prcieuse disposition aux mditations gnrales1 maintenant propre y compenser plus qu'ailleurs les tendances dispersives de nos spcialits scientifiques4 ,l'volution industrielle1 sans y tre matriellement aussi dveloppe qu'en ,angleterre1 y est pourtant moins loigne de sa principale destination sociale1 parce que son essor y a t plus indpendant de la suprmatie aristocratique4 ,enfin1 quoique le dfaut de nationalit1 rsultant surtout du protestantisme1 y offre un tout autre caractre qu'en ,italie1 il y comporte cependant une quivalente stimulation la rgnration positive3 soit qu'un tel vu doive y conduire mieux sentir la ncessit de renoncer enfin la philosophie thologique1 dsormais principal obstacle la runion2 soit1 comme en ,italie1 en faisant apprcier davantage la rorganisation spirituelle1 spontanment commune l'ensemble de l'occident europen4 ,diverses explications incidentes1 dans les deux chapitres prcdens1 ont dj d spcialement disposer comprendre1 d'aprs la saine apprciation de l'ensemble de l'volution moderne1 que la population anglaise1 malgr tous ses avantages rels1 est aujourd'hui moins prpare une telle solution qu'aucune autre branche de la grande famille occidentale1 sauf la seule ,espagne1 exceptionnellement retarde4 ,l'esprit fodal et l'esprit thologique1 par la profonde modification qu'ils y ont graduellement subie1 y ont conserv plus qu'ailleurs une dangereuse consistance politique1 qui1 longtemps compatible avec les volutions partielles1 y constitue maintenant un puissant obstacle la rorganisation finale4 ,c'est l que le systme rtrograde1 ou du moins fortement stationnaire1 a pu tre le plus compltement organis1 au spirituel et au temporel4 ,jamais1 par exemple1 la prpondrance du jsuitisme n'a pu raliser1 sur le continent1 l'institution d'une hypocrisie lgale aussi hostile l'mancipation humaine que celle dont la constitution anglicane1 dirige par l'oligarchie britannique1 nous offre encore l'exemple journalier4 ,la compensation matrielle1 par laquelle un tel rgime a tent de s'incorporer l'volution moderne1 en excitant d'abord un dveloppement plus parfait de l'activit industrielle1 y est finalement devenue1 beaucoup d'gards importans1 une source directe d'entraves politiques3 soit en prolongeant l'ascendant social d'une aristocratie1 ainsi place la tte du mouvement pratique1 o elle maintient la haute intervention du principe militaire2 soit en viciant les habitudes mentales de l'ensemble de la population1 par une prpondrance exorbitante du point de vue concret et de l'utilit immdiate2 soit1 enfin1 en corrompant directement les murs nationales d'aprs l'ascendant universel d'un intraitable orgueil et d'une cupidit effrne1 tendant isoler profondment le peuple anglais de tout le reste de la famille occidentale4 ,nous avons reconnu que1 par une suite ncessaire1 la double volution spculative y avait t notablement altre1 non-seulement dans l'ordre scientifique1 malgr les immenses progrs qui s'y sont individuellement accomplis1 mais aussi dans l'ordre esthtique1 rest encore si imparfait1 sauf l'admirable essor spontan du premier des beaux-arts3 l'incorporation sociale de l'un et de l'autre lment y est surtout moins avance que chez les trois autres nations4 ,toutefois ces divers dangers caractristiques1 qui doivent gravement entraver1 en ,angleterre1 la commune rgnration positive1 parce qu'ils y affectent directement la masse sociale1 n'empchent pas que1 par une imparfaite compensation1 la coopration fondamentale cette uvre finale n'y doive tre immdiatement fort active et trs-importante de la part des esprits d'lite1 qui1 par l'ensemble d'une telle situation1 y sont dj plus prpars que partout ailleurs1 except en ,france4 ,d'abord1 leur position mme les prserve plus facilement de la dangereuse illusion politique qui1 dans le reste de notre occident1 vicie aujourd'hui les meilleures intelligences1 en disposant regarder comme une solution finale la vaine imitation universelle du rgime transitoire propre l',angleterre1 et dont l'insuffisance radicale y est assurment beaucoup mieux sentie maintenant qu'elle ne peut l'tre sur le continent4 ,ensuite1 la prpondrance exorbitante de l'esprit pratique y a du moins cet avantage1 que1 lorsqu'elle n'empche pas1 chez les intelligences convenablement organises1 l'essor continu des mditations gnrales1 elle leur imprime involontairement un caractre de nettet et de ralit qui ne saurait ordinairement exister1 un pareil degr1 en ,allemagne1 ou mme en ,italie4 ,par suite1 enfin1 de la moindre importance sociale des corporations scientifiques1 les savans1 plus isols1 y doivent d'ailleurs offrir aujourd'hui une originalit plus relle1 et une plus grande aptitude s'affranchir des tendances dispersives propres au rgime de spcialit1 dont l'indispensable transformation philosophique y trouvera probablement moins d'obstacles qu'en ,france4 ,le retard spcial que durent prouver1 en ,espagne1 les deux dernires phases de l'volution moderne1 tant positive que ngative1 est1 de nos jours1 trop gnralement apprci pour qu'il faille motiver expressment ici le rang extrme que nous assignons cette nergique population1 malgr ses minens caractres1 quant sa prparation directe la rorganisation finale4 ,quoique le systme rtrograde n'y ait pu rellement obtenir une consistance aussi durable qu'en ,angleterre1 il y a pourtant exerc1 sous une direction moins habile1 une compression immdiate beaucoup plus intense2 au point d'y entraver profondment l'essor partiel des nouveaux lmens sociaux1 non-seulement scientifique ou philosophique1 mais aussi esthtique1 et mme industriel4 ,la conservation exagre du catholicisme n'y a pu devenir aussi avantageuse qu'en ,italie au plein dveloppement ultrieur de l'mancipation mentale1 ni au maintien des habitudes politiques du moyen ge sur la sparation des deux puissances4 ,sous ce dernier aspect surtout1 l'esprit catholique y a t gravement altr1 par suite d'une incorporation trop intime au systme de gouvernement2 de manire susciter plutt de vicieuses tendances thocratiques que de saines dispositions la coordination rationnelle entre le pouvoir moral et le pouvoir politique4 ,mais cette apprciation comparative ne doit jamais faire oublier l'irrcusable ncessit de comprendre aussi cet lment capital de la rpublique occidentale dans la conception et dans la direction de la rorganisation commune1 o la solidarit antrieure constitue le principe irrsistible de la connexit future2 quoique d'ailleurs cette invitable condition puisse spcialement devenir une source d'embarras1 soit philosophiques1 soit politiques4 ,l'admirable rsistance du peuple espagnol l'oppressive invasion de ,bonaparte suffirait assurment pour y constater une nergie morale et une tnacit politique qui1 l plus qu'ailleurs1 rsident surtout dans les masses populaires1 et qui garantissent leur aptitude ultrieure au rgime final1 quand le ralentissement antrieur y aura pu tre suffisamment compens par les voies convenables4 ,d'aprs cette sommaire apprciation de l'ingale prparation de la rgnration positive chez les cinq grandes populations qui doivent y participer la fois1 mais divers degrs et sous divers modes1 il importe beaucoup que l'laboration philosophique destine la dterminer graduellement soit institue de manire toujours manifester cette commune extension occidentale1 en s'adaptant toutefois assez heureusement aux convenances de chaque cas pour convertir1 autant que possible1 ces invitables diffrences en nouveaux moyens d'accomplissement1 par une judicieuse combinaison des qualits essentielles propres chacun de ces lmens nationaux4 ,afin de mieux remplir cette condition capitale1 il conviendrait de placer expressment1 ds l'origine1 cette laboration fondamentale sous l'active direction d'une association universelle1 d'abord trs-peu nombreuse1 mais ultrieurement rserve1 par de sages affiliations successives1 un vaste dveloppement1 et dont la dnomination caractristique de ,comit positif occidental indiquerait sa destination conduire1 dans toute l'tendue de la grande famille europenne1 la rorganisation spirituelle apprcie1 et mme bauche1 d'aprs l'ensemble de ce ,trait#ce4 ,cette association philosophique1 indiffremment issue1 chez ces diverses nations1 de tous les rangs sociaux1 soit pour l'laboration directe1 soit pour l'efficacit des travaux1 tendrait ouvertement systmatiser les attributions intellectuelles et morales dsormais abandonnes de plus en plus par les gouvernemens europens1 et dj livres1 du moins en ,france1 la libre concurrence des penseurs indpendans4 ,si j'ai suffisamment caractris la nature et l'tendue de la rorganisation spirituelle1 fonde sur l'essor direct de la vraie philosophie moderne1 on doit sentir quelle immense activit devrait1 tous gards1 dvelopper partout cette sorte de concile permanent de l'glise positive3 soit pour accomplir une vaste laboration mentale1 o toutes les conceptions humaines doivent tre assujetties une indispensable rnovation2 soit pour en faciliter la marche rationnelle par l'institution de collges philosophiques1 propres lui prparer directement de dignes cooprateurs2 soit pour en seconder la ralisation graduelle par l'universelle propagation d'une sage instruction positive1 la fois scientifique et esthtique2 soit1 enfin1 pour en rgulariser peu peu l'application pratique par un judicieux enseignement journalier1 tant oral qu'crit1 et mme par une convenable intervention philosophique au milieu des divers conflits politiques naturellement rsults de l'influence prolonge des anciens moteurs sociaux4 ,note #ce3 ,malgr le petit nombre des membres qui doivent primitivement former ce haut comit1 et qui1 par aperu1 ne me parat pas devoir maintenant excder trente1 il importe que sa composition primitive reprsente expressment une telle coopration1 proportion garde d'ailleurs de l'aptitude nationale correspondante1 soit collective1 soit personnelle4 ,d'aprs les indications prcdentes1 on y pourrait1 par exemple1 admettre huit ,franais1 sept ,anglais1 six ,italiens1 cinq ,allemands et quatre ,espagnols4 ,sans attacher aucune vaine gravit de tels chiffres1 j'insiste seulement pour qu'aucune des cinq nations combines n'y ait la majorit numrique1 et que le contingent corresponde autant que possible la participation relle4 ,la ,france et l',angleterre constituant videmment les deux cas les plus opposs1 c'est leur combinaison qui doit ncessairement offrir l'importance la plus dcisive dans la formation initiale d'une telle association4 ,ce comit sigerait d'ailleurs naturellement ,paris1 mais en vitant de s'assujettir aucune rsidence invariable4 ,malgr l'invitable longueur de ce chapitre final1 les principales conclusions sociales dduites de l'apprciation fondamentale de l'ensemble du pass humain n'y ont pu tre que sommairement indiques1 sous la rserve des dveloppemens ultrieurs propres au ,trait spcial que j'ai promis4 ,j'espre nanmoins y avoir assez caractris la nouvelle philosophie politique1 immdiatement destine conduire enfin vers son but ncessaire l'immense rvolution o nous sommes directement plongs depuis un demi-sicle1 et qui doit1 tous gards1 constituer la crise la plus dcisive de l'volution humaine4 ,par une telle dtermination1 j'ai finalement accompli la grande laboration philosophique1 commence avec le tome quatrime1 pour l'entire rnovation des spculations sociales1 et dans laquelle je crois avoir ainsi dpass non-seulement l'engagement initial pris au dbut de ce ,trait1 mais mme les promesses plus rigoureuses que contenait la premire partie de mon opration sociologique4 ,en un temps o toutes les convictions morales et politiques sont essentiellement flottantes1 faute d'une base mentale suffisante1 j'ai directement pos les fondemens rationnels de nouvelles convictions vraiment stables1 susceptibles d'efficacit contre les passions discordantes1 soit prives1 soit publiques4 ,quand les considrations pratiques ont partout usurp une exorbitante prpondrance1 j'ai relev la dignit philosophique et constitu la ralit sociale des saines spculations thoriques1 en tablissant1 entre les unes et les autres1 une subordination systmatique sans laquelle il est impossible dsormais de s'lever1 en politique1 rien de grand ni de stable4 l'poque o l'intelligence humaine1 sous le rgime empirique d'une spcialit dispersive1 menace de se consumer en travaux de dtail de plus en plus misrables et de plus en plus loigns de toute haute destination sociale1 j'ai os proclamer et mme baucher le rgne prochain de l'esprit d'ensemble1 seul propre faire universellement prvaloir le vrai sentiment du devoir4 ,ce triple but a t atteint par la fondation d'une science nouvelle1 la dernire et la plus importante de toutes1 sans laquelle le systme de la vritable philosophie moderne ne saurait avoir ni unit ni consistance1 et qui1 je ne crains pas de l'assurer1 quoique ne pouvant encore trouver sa place dans la constitution routinire et arrire de nos acadmies scientifiques1 n'en a pas moins1 ds son origine actuelle1 autant de positivit et plus de rationnalit qu'aucune des sciences antrieures dj juges par ce ,trait4 ,quelle que doive tre l'importance des progrs ultrieurs rservs la sociologie1 ils offriront ncessairement beaucoup moins de difficults que cette cration fondamentale3 non-seulement parce que la mthode y est ainsi assez caractrise pour apprendre dsormais retirer1 d'une tude plus dtaille du pass1 des indications plus prcises de l'avenir2 mais aussi parce que les conclusions gnrales ici obtenues1 outre qu'elles sont1 par la nature du sujet1 les plus essentielles1 serviront de guide universel aux apprciations plus spciales4 ,une telle fondation scientifique compltant enfin le systme lmentaire de la philosophie naturelle prpare par ,aristote1 annonce par les scolastiques du moyen ge1 et directement conue1 quant son esprit gnral1 par ,bacon et ,descartes1 il ne me reste plus maintenant1 pour avoir atteint1 autant que possible1 le but principal de ce ,trait1 qu' y caractriser sommairement la coordination finale de cette philosophie positive dont tous les lmens essentiels1 soit logiques1 soit scientifiques1 ont t successivement l'objet propre des six parties de notre laboration hirarchique1 depuis les plus simples conceptions mathmatiques jusqu'aux plus minentes spculations sociales4 ,telle sera la destination des trois chapitres complmentaires qui vont ici tre consacrs1 d'abord la mthode1 ensuite la doctrine1 et enfin la future harmonie gnrale de la philosophie positive1 suivant l'annonce contenue au tableau synoptique initial1 publi1 il y a douze ans1 avec le premier volume de ce ,trait4 ,,cinquante-,,huiti,,me ,,le,,on4 ,apprciation finale de l'ensemble de la mthode positive4 ,l'laboration fondamentale que j'ai1 le premier1 os entreprendre1 se trouvant enfin suffisamment accomplie1 mme dans sa partie la plus nouvelle1 la plus importante et la plus difficile1 il faut dsormais envisager la succession hirarchique des six lments essentiels qui en ont d composer le vaste ensemble1 depuis les plus simples spculations mathmatiques jusqu'aux plus hautes conceptions sociales1 comme ayant t surtout destine lever graduellement notre intelligence au point de vue dfinitif de la philosophie positive1 dont le vritable esprit gnral ne pouvait tre autrement dvoil4 ,nous avons ainsi systmatiquement ralis une volution individuelle radicalement conforme l'volution ncessaire de l'humanit1 que l'on peut maintenant1 pour plus de facilit1 se borner1 sans aucun grave inconvnient1 considrer ici partir de l'impulsion dcisive dtermine par la double action1 philosophique et scientifique1 mane de ,bacon et de ,descartes conjointement avec ,kepler et ,galile4 ,cette indispensable prparation constituait videmment le seul moyen pleinement efficace d'apprcier directement1 soit quant la mthode1 ou quant la doctrine1 le vrai caractre propre chacune des phases principales de la positivit rationnelle4 ,en outre1 l'homognit continue de ces diverses dterminations partielles nous a spontanment manifest leur convergence croissante vers une mme philosophie finale1 dont la nature et la destination n'ont jamais pu tre encore suffisamment comprises1 par une suite invitable de l'extension trop incomplte et de la culture trop dispersive qui devaient jusqu'ici distinguer son essor prliminaire1 de faon dissimuler profondment la plupart de ses actifs promoteurs la tendance ncessaire de l'ensemble des spculations modernes4 ,pour caractriser convenablement cette philosophie1 ainsi successivement apprcie quant tous ses lmens indispensables1 il ne nous reste donc plus1 en rsultat spontan de notre opration totale1 qu' indiquer1 d'une manire sommaire mais directe1 dans cette leon et dans la suivante1 la coordination dfinitive de ses diffrentes conceptions essentielles1 d'abord logiques1 puis scientifiques d'aprs un principe d'unit rellement susceptible d'une telle efficacit1 afin de pouvoir ensuite signaler rapidement1 dans un dernier chapitre1 la vritable activit normale1 la fois mentale et sociale1 ultrieurement rserve au systme qui doit devenir la base usuelle du rgime spirituel de l'humanit1 enfin parvenue1 par tant de douloureux efforts1 sa pleine virilit4 ,au chapitre prcdent1 les consquences gnrales de l'tude approfondie du pass nous ont spcialement dmontr l'invitable urgence d'une pareille unit philosophique1 comme constituant dsormais la premire condition fondamentale de la rorganisation intellectuelle et morale des populations les plus avances4 ,mais1 en outre1 les esprits mme qui1 vicieusement contemplatifs1 ne seraient pas aujourd'hui assez touchs de cette immense ncessit sociale1 pourraient1 en s'levant au point de vue convenable1 directement apprcier aussi1 sous le simple aspect spculatif1 l'irrcusable ralit de ce besoin universel si videmment propre aux temps actuels1 o l'irrationnelle dispersion des travaux scientifiques menace dsormais d'altrer profondment les principaux rsultats de l'ensemble des efforts antrieurs1 en faisant bientt dgnrer la plupart des recherches partielles en tentatives striles et incohrentes1 qui1 de plus en plus dpourvues de but rel et de direction dtermine1 ne pourraient enfin conserver qu'une activit spontanment destructive1 aveuglment tourne contre cette harmonie progressive o l'on doit voir sans doute le plus prcieux attribut de la vraie positivit moderne4 ,jusque dans les sciences les plus simples1 et par suite les moins imparfaites1 il ne faut pas croire que les notions d'une certaine gnralit puissent isolment rsister toujours cet essor dsordonn des divagations individuelles que tend maintenant dvelopper avec rapidit la dplorable anarchie philosophique dont tant d'intelligences troites ou gares se glorifient si trangement aujourd'hui1 et qui ne tarderait pas devenir aussi contraire la probit des oprations spculatives qu' leur rationnalit4 ,toutes nos conceptions abstraites1 y compris mme les mieux tablies1 ne sauraient finalement persister sans une suffisante solidarit mutuelle4 ,sous l'abusive prolongation d'un invitable interrgne philosophique1 la mme analyse dissolvante1 qui semble aujourd'hui essentiellement borne aux ides politiques et morales1 o elle s'oppose spcialement1 en vertu de leur complication suprieure1 une indispensable rorganisation1 s'tendrait bientt1 de toute ncessit1 d'aprs l'unit fondamentale de notre entendement1 tous les autres ordres de spculations1 de manire ne laisser intactes1 en chaque genre quelconque1 que les vrits les plus grossires et les moins prcieuses1 comme l'indiquent dj1 dans le monde scientifique actuel1 par une premire extension de cette funeste situation1 tant de graves divergences et d'aberrations capitales sur beaucoup d'importans sujets4 ,en un mot1 si l'esprit positif1 dont l'empirique spcialit a maintenant cess de correspondre aux besoins temporaires d'une volution prparatoire1 devait rester indfiniment priv de toute systmatisation usuelle1 un tel dsordre reproduirait invitablement1 chez les modernes1 sauf la diversit des formes1 l'quivalent essentiel de cette honteuse dgradation mentale que dtermina jadis1 parmi les populations grecques de l'antiquit et du moyen ge1 le libre essor des divagations thologico-mtaphysiques4 ,ceux donc qui persistent n'attribuer la moderne volution scientifique d'autre raction philosophique que la simple dissolution de l'antique rgime intellectuel1 sans y vouloir chercher de nouvelles bases gnrales d'une discipline plus parfaite et plus durable1 tendent ncessairement1 leur insu1 vers la destruction sophistique de ces mmes acquisitions partielles auxquelles ils attachent une importance trs-lgitime1 quoique trop exclusive1 et qui1 dans la pense des premiers fondateurs de la philosophie positive1 taient1 au contraire1 principalement destines1 comme nous l'avons historiquement reconnu1 permettre enfin la rorganisation totale du systme spculatif1 d'aprs une indispensable prparation graduelle1 la fois logique et scientifique1 aujourd'hui suffisamment accomplie4 ,depuis que la spcialisation empirique a essentiellement perdu son office temporaire1 par l'extension dcisive de l'esprit positif tous les ordres principaux de phnomnes naturels1 elle oppose de puissans obstacles tous les grands progrs scientifiques1 et mme elle compromet gravement la conservation relle des rsultats antrieurs4 ,telle est1 au fond1 la premire cause gnrale de l'tat flottant o se trouvent aujourd'hui1 suivant notre apprciation directe1 la plupart des conceptions biologiques1 surtout chez la nation o la double volution moderne1 tant ngative que positive1 a t la plus complte4 ,mais cette dsastreuse influence n'est marque davantage dans les tudes organiques qu'en vertu de leur complication suprieure et de leur besoin plus prononc d'unit directrice2 la prolongation ultrieure de l'anarchie scientifique produirait ncessairement des ravages analogues dans les tudes inorganiques1 y compris les tudes mathmatiques1 que le rgime actuel tend dj visiblement rduire de plus en plus la strile accumulation d'incohrens dtails1 sous l'aveugle impulsion d'une avide concurrence1 dont l'essor drgl promet de faciles triomphes aux mdiocrits ambitieuses4 ,ainsi1 mme abstraction faite des hautes exigences sociales que nous avons vu prescrire imprieusement la systmatisation finale de la vraie philosophie moderne1 le simple intrt des sciences suffirait aujourd'hui pour en dmontrer l'urgence1 en y signalant le seul moyen gnral de consolider suffisamment l'admirable volution spculative bauche pendant les deux derniers sicles4 ,cette indispensable coordination devient maintenant une heureuse consquence spontane du plan fondamental qui caractrise ce ,trait1 o le dveloppement continu de la positivit rationnelle1 dans ma propre intelligence comme dans celle du lecteur attentif1 a t ncessairement assujetti1 suivant la hirarchie naturelle des phnomnes correspondans1 une succession toujours homogne d'tats de plus en plus complets1 dont chacun embrasse essentiellement tous les prcdens1 en sorte que le dernier d'entre eux1 relatif aux conceptions les plus complexes que puisse aborder l'esprit humain1 constitue aussitt la liaison universelle et dfinitive des diverses spculations positives4 ,aussi1 malgr l'importance et la difficult intrinsques des rsultats gnraux propres ces trois chapitres extrmes1 leur facile tablissement nous offrira-t-il enfin la juste rcompense d'une lente et pnible laboration1 qui n'avait jamais pu jusqu'ici tre convenablement institue4 ,une vritable unit philosophique exigeant certainement l'entire prpondrance normale de l'un des lmens spculatifs sur tous les autres1 la question principale se rduit donc ici dterminer directement quel est celui qui doit finalement prvaloir1 non plus pour l'essor prparatoire du gnie positif1 mais pour son actif dveloppement systmatique1 parmi les six points de vue fondamentaux1 mathmatique1 astronomique1 physique1 chimique1 biologique1 et enfin sociologique1 que nous avons successivement apprcis1 et l'ensemble desquels se rapportent invitablement toutes les spculations relles4 ,or la constitution mme de notre hirarchie scientifique dmontre aussitt qu'une telle prminence mentale n'a jamais pu appartenir qu'au premier ou au dernier de ces six lmens philosophiques3 car eux seuls1 videmment1 sont susceptibles d'universalit ncessaire1 l'un par la destination1 l'autre par l'origine de leurs conceptions respectives4 ,la philosophie mathmatique1 d'o nous pouvons momentanment nous dispenser de sparer la philosophie astronomique1 qui n'en est1 vrai dire1 qu'une manifestation dcisive1 prsente d'abord des titres irrcusables la suprmatie rationnelle1 en vertu de l'incontestable extension des lois gomtriques et mcaniques tous les ordres possibles de phnomnes naturels4 ,sous un autre aspect1 la philosophie sociologique1 d'o nous pouvons pareillement cesser d'isoler la philosophie biologique1 qui lui sert de base immdiate1 doit aujourd'hui directement aspirer la souverainet intellectuelle1 sauf l'indispensable condition1 que j'ose dire dsormais suffisamment accomplie1 d'une vritable positivit2 puisque toutes nos spculations quelconques peuvent tre rellement envisages comme autant de rsultats ncessaires de l'volution spculative de l'humanit1 suivant les explications spciales du quarante-neuvime chapitre4 ,quant au couple intermdiaire1 form par la philosophie physico-chimique1 sa nature propre le rend assurment trop loign la fois du point de dpart et du but convenables l'ensemble de l'laboration positive1 pour qu'il doive jamais prtendre1 dans ce grand conflit mental1 aucune autre influence essentielle que celle de seconder puissamment l'une ou l'autre de ces deux impulsions rivales1 dont il subit invitablement l'action simultane4 ,la principale question philosophique tant ainsi rduite reconnatre maintenant1 dans l'conomie finale du systme positif1 l'entire prpondrance rationnelle1 soit de l'esprit mathmatique1 soit de l'esprit sociologique1 notre thorie gnrale de l'volution humaine1 spcialement en ce qui concerne l'apprciation historique de la progression moderne1 nous permet aisment d'tablir1 sans aucune grave incertitude1 que si le premier a d ncessairement prvaloir pendant la longue ducation prliminaire qu'exigeait1 en chaque genre1 l'veil successif d'une positivit durable1 le dernier est1 au contraire1 seul susceptible1 tous gards1 de diriger dsormais1 avec une vritable efficacit1 l'essor universel et continu des spculations relles4 ,cette distinction fondamentale1 qui constitue la premire et la plus importante de nos conclusions gnrales1 contient la fois l'explication et le dnouement du dplorable antagonisme1 jusqu' prsent insoluble1 incessamment dvelopp1 depuis trois sicles1 entre le gnie scientifique et le gnie philosophique1 dont les justes prtentions respectives1 d'une part la positivit1 d'une autre part la gnralit1 doivent tre ainsi dfinitivement concilies1 pour que l'tat normal de l'humanit pensante puisse convenablement reposer sur la satisfaction continue de ces deux besoins galement irrcusables4 ,pendant que la science poursuivait vainement1 sous l'impulsion mathmatique1 une systmatisation chimrique1 la philosophie levait d'impuissantes rclamations mtaphysiques contre le funeste abandon du point de vue humain4 ,jusqu' ce que l'volution totale de l'humanit ait t ramene de vritables lois naturelles1 ce qui1 j'ose le dire1 n'a jamais exist encore ailleurs que dans ce ,trait1 l'esprit moderne1 qui devait d'abord tre principalement avide de positivit1 ne pouvait accueillir suffisamment les protestations relatives au besoin permanent de gnralit1 parce que1 malgr leur lgitimit implicite1 elles se rattachaient alors invitablement un rgime caduc1 d'o il fallait avant tout irrvocablement sortir4 ,mais l'extension homogne du vrai caractre positif tous les ordres essentiels de spculation relle doit maintenant permettre aux conceptions sociologiques de reprendre enfin l'ascendant universel qui appartient rgulirement leur nature1 et qui n'avait d leur chapper provisoirement1 depuis la dernire priode du moyen ge1 que par l'exigence temporaire des conditions primordiales propres l'volution positive4 ,dans chacune des six parties essentielles de ce ,trait1 la science mathmatique a t tellement recommande comme la premire source fondamentale1 aussi bien pour l'individu que pour l'espce1 de toute positivit rationnelle1 qu'on ne saurait sans doute me souponner aucunement de mconnatre jamais sa vritable influence philosophique1 qui1 aprs m'avoir si heureusement fourni1 ds ma premire jeunesse1 le point de dpart le plus convenable l'ensemble de mes longues mditations1 m'a spontanment offert ensuite1 par un commerce intime et journalier1 le meilleur moyen de restaurer toujours les forces lmentaires de mon intelligence4 ,mais1 d'une autre part1 nous avons continuellement reconnu1 avec la mme certitude1 que les conceptions mathmatiques sont1 par leur nature1 essentiellement impuissantes diriger la formation d'une philosophie relle et complte1 susceptible d'une active universalit4 ,cependant1 toutes les nombreuses tentatives entreprises depuis trois sicles pour constituer une nouvelle philosophie1 propre remplacer enfin la philosophie thologico-mtaphysique1 ont d tre1 comme je viens de l'expliquer1 et ont t1 en effet1 toujours essentiellement conues d'aprs un tel principe1 employ sous des formes plus ou moins explicites4 ,le seul de ces efforts prmaturs qui mrite vritablement un ternel souvenir1 raison des services indispensables1 quoique passagers1 qu'il a certainement rendus1 consiste sans doute dans la grande construction cartsienne1 qui1 trs-suprieure1 sous les principaux aspects1 celles qu'on a voulu ensuite lui substituer1 en a d'ailleurs spontanment fourni le type gnral4 ,or cette mmorable conception1 qui rigeait la gomtrie et la mcanique en fondemens directs de la science universelle1 a heureusement prsid1 pendant un sicle1 malgr ses immenses inconvniens1 au premier essor dcisif de la positivit rationnelle dans les diverses branches essentielles de la philosophie inorganique4 ,mais1 outre que les tudes morales et sociales y avaient t1 ds l'origine1 systmatiquement cartes1 ce qui suffisait assurment pour constater le dfaut radical de vritable universalit propre un tel point de vue1 il est clair que son extension force aux plus simples spculations biologiques y a finalement exerc une influence perturbatrice1 dont elles ne sont pas mme aujourd'hui assez dgages1 quoiqu'elle ft d'abord invitable1 et mme indispensable1 pour y neutraliser alors l'esprit mtaphysique1 comme je l'ai spcialement expliqu en son lieu4 ,quels qu'aient t1 depuis cet branlement initial1 les immenses progrs des thories mathmatiques1 ils ne pouvaient nullement amliorer la nature d'un tel principe philosophique1 sauf le perfectionnement spcial de ses applications secondaires2 en sorte que les tentatives ultrieures ont t rellement encore plus vicieuses4 ,le sentiment confus de leur impuissance ncessaire et de leur inopportunit croissante les a d'ailleurs fait abandonner peu peu des esprits infrieurs3 ils ont1 en gnral1 transport dans l'ordre des phnomnes physico-chimiques le point de dpart de leurs conceptions universelles1 contrairement aux conditions fondamentales d'une telle opration1 qui assignaient aux spculations astronomiques la prsidence exclusive de tout systme semblable1 comme l'avait si bien compris le premier fondateur4 ,malgr l'invitable discrdit dont ces essais chimriques ont t de plus en plus frapps1 ils correspondent tellement1 quoique d'une manire fort insuffisante1 au besoin fondamental de liaison universelle qu'prouvent intimement les intelligences modernes1 et que cette voie semble seule jusqu'ici pouvoir satisfaire1 que les philosophes proprement dits ont t souvent entrans1 mme de nos jours1 quitter le point de vue moral et social1 unique source de leur force spontane1 pour suivre de pareils projets1 l'envi des gomtres et des physiciens1 sans pouvoir tre aussi excusables par l'influence habituelle d'une instruction trop spciale1 dont l'absence a toutefois trs-peu altr1 d'ordinaire1 le mrite comparatif de leurs efforts en ce genre4 ,ainsi1 l'inactivit actuelle d'une telle tendance1 en rsultat purement empirique des nombreux checs antrieurs1 n'indique point que nos savans aient rellement abandonn un pareil principe philosophique1 dont l'application ultrieure1 d'aprs des dcouvertes physiques inattendues ou de nouveaux progrs mathmatiques1 n'a pu encore cesser de constituer leur utopie favorite3 l'instinct vague et passager de son inanit radicale1 loin de les exciter la recherche d'un lien plus efficace1 ne fait jusqu'ici qu'augmenter presque toujours leur irrationnelle rpugnance contre toute autre systmatisation quelconque1 et mme leur ddain trop frquent envers les parties de la philosophie naturelle dont la complication suprieure exclut essentiellement tout espoir d'y tendre jamais l'empire effectif des conceptions gomtriques et mcaniques4 ,pour sortir enfin de cette strile et dangereuse situation1 qui entrave radicalement l'essor dfinitif1 la fois mental et social1 de la saine philosophie moderne1 il devient donc indispensable d'examiner directement la grande question du mode fondamental suivant lequel doit s'oprer dsormais la liaison universelle des spculations positives3 or la forme la plus rapide et la plus dcisive de cette discussion finale consiste videmment dans une comparaison immdiate entre les deux marches opposes1 l'une mathmatique1 l'autre sociologique1 seules vraiment susceptibles de rivaliser cet gard4 ,quoique les titres philosophiques de l'esprit mathmatique soient sans doute principalement relatifs la mthode1 on ne saurait douter nanmoins que1 si la vritable logique scientifique y a ncessairement trouv son essor primordial1 elle n'a pu dvelopper suffisamment ses divers caractres essentiels que par son extension ultrieure des tudes de plus en plus complexes1 jusqu' ce que1 par des modifications de plus en plus profondes1 elle ait finalement embrass les spculations les plus difficiles1 qui1 vu leur dpendance naturelle de toutes les autres1 exigent invitablement la combinaison permanente de tous les moyens antrieurs1 outre ceux qui leur sont spcialement propres4 ,si donc on supposait toutes les diverses classes de savans positifs convenablement leves suivant les ingales exigences rationnelles de leurs destinations respectives1 les sociologistes vraiment dignes de ce nom seraient les seuls qui pussent tre regards comme ayant une connaissance complte de la mthode positive1 dont les gomtres1 au contraire1 d'aprs l'indpendance mme de leurs travaux1 auraient naturellement la notion la plus imparfaite1 prcisment parce qu'ils ne la concevraient qu' l'tat rudimentaire1 tandis que les autres en auraient seuls suivi l'volution totale4 ,les vices mtaphysiques que nous ont spcialement offert1 dans les deux premiers volumes de ce ,trait1 la plupart des grandes spculations mathmatiques1 sont loin de tenir uniquement l'anciennet de leur formation1 en un temps o l'antique philosophie conservait partout une suprmatie dont la science la plus abstraite ne pouvait suffisamment s'affranchir4 ,ils rsultent surtout de l'isolement exclusif qui distingue aujourd'hui ces conceptions lmentaires1 sur lesquelles les parties suprieures de la philosophie naturelle n'ont pu encore exercer une raction logique indispensable leur pleine maturit4 ,aucun attribut fondamental ne saurait mieux dfinir l'esprit positif1 comme je l'ai tant tabli1 que la substitution universelle d'un point de vue convenablement relatif au point de vue ncessairement absolu de la philosophie thologico-mtaphysique4 ,or ce caractre principal est assurment trop peu marqu jusqu'ici dans les notions mathmatiques1 o l'extrme facilit des dductions1 souvent rduites une sorte de mcanisme technique1 fait si frquemment illusion sur la vraie porte de nos connaissances1 surtout pour l'application aux phnomnes naturels1 qui nous a prsent1 sous une telle influence1 beaucoup d'irrcusables exemples d'une tendance vicieuse vers des enqutes radicalement inaccessibles la raison humaine1 et d'une purile obstination substituer indment l'argumentation l'observation4 ,les saines spculations sociologiques1 au contraire1 o le point de vue historique obtient spontanment une prpondrance intime et continue1 doivent offrir1 par leur nature1 la plus complte manifestation possible de cet attribut essentiel de la vraie positivit rationnelle4 ,pour tous ceux qui ont convenablement apprci la profonde ncessit de rendre la vritable philosophie moderne principalement historique1 cette incontestable considration suffirait dmontrer irrvocablement l'entire prminence philosophique de l'esprit sociologique4 ,il faut reconnatre1 en outre1 sous un autre aspect fondamental1 que le sentiment universel de l'invariabilit des lois naturelles doit tre habituellement trop peu dvelopp par les tudes mathmatiques1 quoiqu'il y ait ncessairement puis son premier essor systmatique1 parce que l'extrme simplicit des phnomnes gomtriques1 et mme mcaniques1 dont les lois y sont seules essentiellement apprcies1 permet difficilement une pleine et active gnralisation de cette grande notion philosophique1 malgr la prcieuse consolidation que doit lui procurer son extension relle aux vnemens clestes4 ,aussi a-t-on pu1 cet gard1 remarquer en tout temps1 et sans excepter notre sicle1 jusque chez d'minens gomtres1 une assez profonde inconsquence pour faire communment supposer dpourvus de lois constantes tous les phnomnes un peu compliqus1 surtout quand l'action humaine y intervient un degr quelconque2 au point de susciter enfin une branche spciale de l'analyse mathmatique1 le prtendu calcul des chances1 que la raison publique fltrira bientt comme une honteuse aberration scientifique1 directement incompatible avec toute vraie positivit1 tandis que le vulgaire de nos algbristes1 aprs un sicle de striles travaux1 ose encore attendre le perfectionnement des tudes les plus importantes et les plus difficiles de l'absurde utopie logique dont une telle conception forme la base principale4 ,les autres sciences fondamentales n'offrent maintenant1 sous ce rapport1 aucune quivalente monstruosit philosophique1 et nous avons vu leur succession rgulire prsenter une manifestation de plus en plus dcisive de l'invariabilit des lois naturelles4 ,mais la science sociologique est certainement la seule qui puisse dvelopper un tel principe dans toute sa plnitude rationnelle1 de manire lui procurer une irrsistible efficacit1 en l'tendant directement aux vnemens les plus complexes1 ainsi soustraits enfin la tnbreuse suprmatie de l'esprit thologico-mtaphysique1 auquel la transaction cartsienne avait t force de rserver encore cette extrme attribution1 seul vestige1 dsormais effac1 de son ancienne toute-puissance4 ,sous quelque autre aspect capital qu'on examine la mthode positive1 une juste apprciation comparative1 dont ce ,trait contient exactement tous les lmens essentiels1 fera toujours1 j'ose le dire1 finalement ressortir la haute supriorit logique du point de vue sociologique sur le point de vue mathmatique4 ,vu l'unit fondamentale de cette mthode1 tous les procds gnraux qui la composent se retrouvent sans doute ncessairement1 sauf la diversit des formes1 dans chacune des six sciences principales4 ,l'incontestable privilge que possdent1 cet gard1 les tudes mathmatiques1 tient seulement l'extrme simplicit de leur sujet propre1 qui1 devant offrir d'heureuses ressources pour y multiplier et y prolonger davantage les dductions rigoureuses1 prsente invitablement des exemples spontans de tous les artifices que notre intelligence puisse jamais employer4 ,mais1 en vertu mme de cette excessive simplification1 les plus puissans de ces moyens logiques ne sauraient tre par l suffisamment dfinis1 et ne deviennent vraiment apprciables1 comme je l'ai souvent montr1 que lorsque les parties suprieures de la philosophie naturelle en ont fait convenablement saisir la principale destination1 d'aprs une estimation directe des difficults essentielles qui en exigent le dveloppement4 ,quoique1 une fois ainsi caractriss1 ils puissent devenir mieux connus en les retrouvant ensuite implicitement appliqus dj dans certaines spculations mathmatiques o il et t auparavant impossible de les distinguer rellement1 il faut convenir que cette sorte de vrification uniforme doit tre ordinairement plus utile la science mathmatique elle-mme1 par une lumineuse raction philosophique1 qu' celle d'o mane la manifestation effective4 ,on le voit surtout pour la mthode comparative propre la biologie1 et1 encore davantage1 pour la mthode historique propre la sociologie3 la honteuse ignorance de presque tous les gomtres quant ces deux modes transcendans d'investigation rationnelle1 qui constituent les plus minentes crations logiques de notre intelligence1 en prsence des plus hautes difficults scientifiques1 tmoigne assez clairement que la notion relle n'en a pas t fournie par les tudes mathmatiques1 bien qu'elles en puissent offrir spontanment1 comme je l'ai montr en son lieu1 quelques exemples vritables1 d'ailleurs inutiles1 et mme inintelligibles1 tous ceux qui n'auraient pas puis une telle connaissance sa source vraiment originale4 ,la prminence philosophique de l'esprit sociologique sur l'esprit mathmatique1 suivant leur aptitude respective une active universalit1 est encore plus spcialement vidente sous le rapport scientifique proprement dit1 que sous le simple rapport logique2 en sorte qu'elle peut tre ici rapidement motive4 ,quoique le point de vue gomtrique et mcanique soit1 de toute ncessit1 abstraitement universel1 comme je l'ai hautement tabli1 en ce sens que les lois de l'tendue et du mouvement doivent exercer une premire influence lmentaire sur tous les phnomnes quelconques1 on sait que les indications spciales qui en rsultent1 quelque prcieuses qu'elles puissent tre1 ne sauraient jamais1 ft-ce dans les cas les plus simples1 dispenser aucunement de l'tude directe du sujet1 qui doit toujours rester prpondrante1 sous peine de conduire1 par l'abus du raisonnement1 soit de striles travaux1 soit mme de graves aberrations1 dont la physique actuelle nous a offert d'irrcusables exemples1 tous clairement relatifs une irrationnelle suprmatie du mode mathmatique1 aspirant gouverner les recherches qu'il peut seulement seconder4 ,ces indications1 constamment insuffisantes un degr quelconque1 deviennent1 en outre1 de plus en plus vagues et imparfaites mesure que la philosophie naturelle tudie des phnomnes plus compliqus4 ,nanmoins1 mme envers le cas le plus extrme1 j'ai1 le premier1 dmontr la ncessit d'y prendre d'abord en srieuse considration sociologique l'ensemble des lois gomtriques et mcaniques1 surtout en ne les sparant pas de leur grande manifestation astronomique4 ,mais1 malgr l'indispensable lumire qu'elles doivent ainsi rpandre sur le prambule lmentaire de ces hautes spculations1 leur impuissance radicale diriger effectivement de semblables recherches devient alors tellement vidente1 que les phnomnes sociaux1 et mme moraux1 ont t1 ds l'origine1 systmatiquement exclus dans l'unique tentative vraiment puissante pour constituer une philosophie gnrale sous la seule impulsion mathmatique1 c'est--dire l'effort du grand ,descartes1 qui1 la vrit1 ne se faisait aucune grave illusion sur la nature prcaire et la destination provisoire d'une semblable construction4 ,les plus simples phnomnes de la vie animale n'ont pu alors comporter1 un faible degr1 la pnible extension d'un pareil mode philosophique que d'aprs l'insoutenable hypothse d'automatisme1 laquelle ,descartes avait t forcment conduit par les exigences fondamentales de cette vicieuse direction1 dont le prolongement ultrieur n'a nullement produit1 cet gard1 de meilleurs expdiens1 et a seulement fini par dterminer habituellement1 chez ceux qui ne conoivent pas d'autre philosophie1 une sorte de rpugnance involontaire envers les sciences naturelles o elle ne peut suffisamment prvaloir4 ,aussi l'esprit mathmatique a-t-il aujourd'hui1 sinon en principe1 du moins en fait1 essentiellement rduit ses prtentions directrices la seule philosophie inorganique1 en ne concevant mme que trs-confusment l'incorporation effective du domaine chimique dans un vague et lointain avenir3 ce qui est certainement fort loin de l'universalit qu'on poursuivait d'abord1 et ce qui surtout semble consacrer indfiniment la suprmatie provisoire que ,descartes avait d laisser l'ancienne philosophie l'gard des tudes morales ou politiques2 en sorte que la situation fondamentale de l'esprit humain n'aurait ainsi fait aucun progrs gnral depuis deux sicles1 au milieu de la plus intime agitation sociale3 tout espoir d'une vritable organisation mentale1 soit progressive1 soit rtrograde1 serait ds lors irrvocablement perdu1 par l'ternelle coexistence de deux tendances radicalement incompatibles4 ,borne au monde inorganique1 la suprmatie mathmatique1 quoiqu'elle y doive tre beaucoup moins nuisible1 n'y saurait d'ailleurs subsister que passagrement1 jusqu'au temps1 trs-prochain sans doute1 o1 suivant les exigences rationnelles de leur science1 les vrais physiciens seront suffisamment prpars1 d'aprs une ducation convenable1 dont ce ,trait a indiqu la nature et le plan1 diriger par eux-mmes1 comme je les en ai tant presss1 l'usage permanent d'un puissant instrument logique1 qu'ils peuvent seuls sagement appliquer chaque destination spciale1 et qui est souvent devenu1 de nos jours1 une source de graves embarras par suite d'une administration1 ncessairement plus ou moins aveugle1 laisse encore des gomtres qui n'en peuvent assez comprendre le but ni les conditions4 ,les lois les plus gnrales de la nature inerte devant nous tre ternellement inconnues1 d'aprs notre invitable ignorance des faits cosmiques proprement dits1 l'esprit mathmatique ne peut le plus souvent dominer les questions physiques qu' l'aide de ces hypothses profondment chimriques sur le mode essentiel de production des phnomnes1 o j'ai si pleinement signal l'une des plus dangereuses aberrations que puisse produire1 dans la science moderne1 la dplorable absence provisoire de toute vraie discipline philosophique2 puisque les efforts scientifiques prennent ainsi une direction entirement contraire aux prescriptions fondamentales de la mthode positive1 en abordant des problmes radicalement insolubles1 de manire reproduire finalement1 sous un imposant appareil1 le caractre vague et arbitraire de l'ancienne philosophie4 ,or on doit reconnatre que cette dsastreuse altration de la positivit rationnelle n'est essentiellement maintenue1 dans la physique actuelle1 que par la vicieuse prpondrance des gomtres3 car les vritables physiciens1 justement stimuls par un ddain1 souvent trs-dplac1 envers l'observation directe1 seraient dj assez disposs spontanment sentir l'inanit et les inconvniens des fluides fantastiques pour tenter aujourd'hui de dbarrasser enfin leurs thories de ce vain chafaudage mtaphysique1 s'ils pouvaient se soustraire l'ascendant algbrique1 qui ne saurait se passer d'une telle base4 ,suivant ces apprciations successives1 cette prtendue philosophie mathmatique qui semblait1 il y a deux sicles1 devoir indfiniment dominer l'ensemble des spculations humaines1 se trouvera donc bientt rduite1 en ralit1 ne prsider1 hors de sa propre sphre1 qu'aux seules tudes astronomiques1 dont la direction gnrale parat lui appartenir lgitimement1 vu la nature1 videmment gomtrique ou mcanique1 de tous les problmes correspondans4 ,mais1 afin de pousser cette analyse1 la fois historique et dogmatique1 jusqu' sa vritable conclusion1 il faut remarquer1 en outre1 envers ce dernier cas1 que la prpondrance des gomtres en astronomie1 quoique bien moins vicieuse qu'en aucune autre excursion1 prsente1 mme alors1 un caractre forc et prcaire1 relatif une situation passagre1 trop facile modifier pour devoir subsister encore longtemps2 car1 quelque capitale que doive tre l'influence mathmatique dans les tudes clestes1 qui lui ont toujours offert le plus convenable exercice1 cependant l'tat normal1 en astronomie comme en physique1 consiste assurment dans l'administration continue de cet admirable instrument intellectuel1 aussi bien que des simples instrumens matriels1 par ceux-l mme qui en comprennent suffisamment la destination spciale1 et non par ceux qui en connaissent seulement la structure2 ce qui1 en l'un et l'autre cas1 exige uniquement une meilleure ducation scientifique1 plus aise1 du reste1 aux astronomes qu'aux physiciens1 suivant nos explications directes4 ,depuis le dveloppement1 d'ailleurs si rcent1 de la mcanique cleste1 les astronomes proprement dits1 tels que les ,bradley1 les ,mayer1 les ,lacaille1 les ,herschell1 les ,delambre1 les ,olbers1 etc41 ont souvent souffert de l'irrationnelle prsomption des gomtres1 qui1 par un sentiment exagr de la porte effective des prvisions dynamiques envers des phnomnes qu'ils ont trop peu tudis1 croient habituellement pouvoir y rduire le rle des observateurs la dtermination subalterne de quelques coefficiens2 ce qui a plus d'une fois entrav dj les dcouvertes relles4 ,ainsi1 tout porte croire que l'ascendant fondamental de l'esprit purement mathmatique dans le systme de la philosophie naturelle1 bien loin de devoir augmenter dsormais1 comme on le suppose communment1 prouvera ncessairement un rapide et irrvocable dcroissement1 jusqu' ce que1 sous l'essor ultrieur d'une ducation convenablement rationnelle pour la classe spculative1 la suprmatie normale en soit renferme entre les limites philosophiques du vrai domaine mathmatique1 la fois abstrait et concret1 tel que ce ,trait l'a directement circonscrit4 ,on peut assurer que le projet d'une philosophie gnrale domine par les conceptions mathmatiques sera de plus en plus regard comme une vicieuse utopie mtaphysique1 dont une suffisante exprience a dj hautement dmontr l'impossibilit1 et dont l'influence effective1 au lieu de seconder aujourd'hui l'essor naturel des connaissances relles1 l'entrave dsormais radicalement1 depuis l'extension dcisive de l'esprit positif toutes les branches essentielles de la science inorganique4 ,ces irrationnelles tentatives1 qui indiquent une si fausse apprciation de la destination et de la porte de l'entendement humain1 n'ont obtenu provisoirement une vritable importance philosophique que par leur solidarit passagre avec les besoins intellectuels de la grande transition moderne1 qui ne pouvait d'abord procder autrement l'irrvocable extinction de l'ancienne philosophie2 mais l'entier accomplissement mental d'une telle rvolution1 par la formation dfinitive de la science sociologique1 livrera bientt leur profonde inanit naturelle des aberrations philosophiques ainsi prives de toute justification plausible4 ,d'aprs l'ensemble de ces considrations1 j'ai pu1 dans la grande alternative que nous examinons1 dmontrer suffisamment1 du moins par exclusion1 sous le rapport scientifique1 comme je l'avais dj fait sous le rapport logique1 la prminence philosophique de l'esprit sociologique1 sans avoir mme besoin de faire directement contraster sa haute aptitude spontane diriger les mditations vraiment universelles avec cette impuissance ncessaire si videmment propre1 cet gard1 l'esprit mathmatique4 ,ayant1 j'ose le dire1 cr1 et jusqu'ici seul cultiv cette nouvelle science fondamentale1 envers laquelle toutes les autres ne doivent tre finalement regardes que comme d'indispensables prliminaires graduels1 il ne m'appartient pas de signaler ici l'importance et la fcondit de ses diverses ractions gnrales sur le perfectionnement essentiel des diffrentes sciences antrieures1 auxquelles la sociologie1 si elle est convenablement tudie par quelques minentes intelligences1 rendra bientt des services plus qu'quivalens ceux qu'elle en a reus pour son avnement initial4 ,une aussi rcente formation ne saurait d'ailleurs permettre que ces exemples spciaux1 encore trop peu varis et surtout trop peu dvelopps1 soient aujourd'hui quitablement apprciables1 sous l'ascendant unanime d'habitudes mentales plus ou moins contraires3 en sorte que c'est principalement priori1 suivant une juste notion de la nature ncessaire des saines recherches philosophiques1 qu'on doit maintenant tablir l'invitable suprmatie rationnelle de l'esprit sociologique sur tout autre mode1 ou plutt degr1 du vritable esprit scientifique2 mais aussi les motifs directs de ce genre sont tellement irrcusables1 qu'ils doivent aisment dterminer l'intime assentiment de tous les juges comptens et bien prpars4 ,les diverses spculations humaines ne sauraient videmment comporter1 en ralit1 d'autre point de vue pleinement universel que le point de vue humain1 ou1 plus exactement1 social1 le seul qui soit susceptible de se reproduire spontanment1 d'une manire plus ou moins explicite1 dans un exercice quelconque de notre intelligence1 aussi bien quand elle se borne contempler le monde extrieur que lorsqu'elle s'occupe immdiatement de l'homme4 ,ainsi1 pour concevoir1 en principe1 les droits lgitimes de l'esprit sociologique l'entire suprmatie philosophique1 il suffit1 suivant les explications spciales indiques la fin du quarante-neuvime chapitre1 d'envisager toutes nos conceptions1 mme positives1 comme autant de rsultats ncessaires d'une suite de phases dtermines propres notre volution mentale1 la fois personnelle et collective1 s'accomplissant selon des lois invariables1 les unes statiques1 les autres dynamiques1 que l'observation rationnelle1 soit de l'individu1 soit surtout de l'espce1 peut suffisamment dvoiler4 ,depuis que les philosophes ont commenc mditer profondment sur les phnomnes intellectuels1 ils ont d constamment sentir1 un degr quelconque1 malgr les tnbres et les illusions de l'tat mtaphysique1 l'invitable ralit de ces lois fondamentales2 car leur existence1 conformment la lumineuse rflexion de ,tracy1 est toujours implicitement suppose dans chacune de nos tudes1 o aucune conclusion ne serait possible si la formation et la variation de nos opinions normales n'taient pas radicalement assujetties un ordre rgulier1 essentiellement indpendant de notre volont1 et dont l'altration pathologique n'est d'ailleurs nullement arbitraire4 ,mais1 outre la difficult transcendante d'un tel sujet et sa vicieuse investigation jusqu'ici1 l'intelligence humaine n'tant1 en effet1 dveloppable que par la socit1 il est clair1 en vertu de l'intime solidarit continue tant dmontre1 au tome quatrime1 entre tous les phnomnes sociaux1 que nulle dcouverte relle et dcisive ne pouvait tre obtenue1 cet gard1 jusqu' ce que l'volution totale de l'humanit et t convenablement ramene une conception d'ensemble1 ce qui n'est devenu vraiment possible que de nos jours1 et se trouve accompli1 pour la premire fois1 ou du moins suffisamment bauch dans ce ,trait4 ,quelque imparfaite que doive tre encore une tude aussi complique et aussi rcente1 cependant notre laboration historique ne permettant plus maintenant de mconnatre l'exactitude et l'efficacit de ma thorie fondamentale sur la marche simultane de l'esprit humain et de la socit1 la philosophie sociologique se trouve ainsi dj munie d'un premier principe gnral propre diriger son intervention naissante1 aussi bien scientifique que logique1 dans toutes les parties essentielles du systme spculatif1 que cette universelle prsidence1 dont la rationnalit est assurment incontestable1 peut seule ramener enfin une vritable unit1 susceptible de consolider et d'acclrer le progrs de toutes les spculations positives1 que la prtendue unit mathmatique tendait1 au contraire1 entraver profondment4 ,la ralit et la fcondit de cette nouvelle philosophie gnrale seraient1 ce me semble1 suffisamment vrifies par l'existence mme de ce ,trait1 o1 pour la premire fois1 les diverses sciences ont pu tre utilement assujetties un point de vue commun1 en respectant nanmoins la juste indpendance de chacune d'elles et en raffermissant1 au lieu de les altrer1 leurs vrais caractres respectifs1 sous l'inspiration continue d'une pense unique1 consistant toujours dans ma loi fondamentale des trois tats spculatifs1 complte1 ds le dbut1 par mon indispensable conception de la vraie hirarchie scientifique4 ,si la brivet de la vie et les graves difficults de ma situation personnelle me permettent suffisamment la paisible excution graduelle de tous les grands travaux que j'ai longuement prpars1 je parviendrai1 j'espre1 rendre la possibilit et l'importance d'une telle raction philosophique irrcusables ceux-l mme qui la repoussent le plus aujourd'hui1 en l'appliquant directement1 d'une manire spciale1 l'ensemble des conceptions mathmatiques1 alors dfinitivement ramenes une vritable systmatisation4 ,ds ce moment1 les lecteurs convenablement disposs doivent apprcier1 en ce ,trait1 malgr l'invitable rapidit de mes sommaires indications1 les nouvelles lumires fondamentales que ce nouvel esprit universel1 spontanment constitu par la cration de la sociologie1 peut immdiatement rpandre sur chacune des sciences antrieures1 fort au del1 j'ose le dire1 des promesses initiales formules1 il y a douze ans1 dans mes deux premiers chapitres4 ,en me bornant ici rappeler seulement ce qui concerne les tudes inorganiques1 o une telle intervention philosophique est maintenant le plus conteste1 j'indiquerai3 #a l'importante conception du dualisme facultatif1 destine perfectionner toutes les hautes spculations chimiques1 en y dnouant spontanment d'intimes difficults1 qui semblent actuellement insurmontables2 #b en physique1 la fondation de la saine thorie gnrale des hypothses scientifiques1 dont l'ignorance entrave profondment le progrs de cette belle science1 en y altrant gravement la positivit des principales notions2 #c en astronomie1 la juste apprciation finale de la prtendue astronomie sidrale1 et la rduction ncessaire de nos vritables recherches notre propre monde2 #d enfin1 mme en mathmatique1 la rectification capitale des bases essentielles de la mcanique rationnelle1 du systme total des conceptions gomtriques1 et des premiers fondemens de l'analyse1 soit ordinaire1 soit surtout transcendante4 ,or toutes ces diverses amliorations1 tendant toujours consolider le vrai caractre propre chaque science en mme temps qu' perfectionner sa marche rationnelle1 sont certainement dues1 d'une manire plus ou moins directe1 l'universelle prpondrance du haut point de vue historique que la sociologie m'a fourni1 et qui peut seul permettre de dominer constamment l'laboration1 la fois statique et dynamique1 des questions relatives la constitution respective des diffrentes parties de la philosophie naturelle4 ,le choix du principe philosophique susceptible d'tablir enfin une vritable unit parmi toutes les spculations positives1 ne prsente donc plus maintenant aucune grave incertitude3 c'est uniquement de l'ascendant sociologique que doit rsulter entre nos connaissances relles une coordination stable et fconde aussi bien que spontane et complte2 tandis que la suprmatie mathmatique ne saurait produire qu'une liaison prcaire et strile en mme temps que force et insuffisante1 toujours fonde sur de vagues et chimriques hypothses1 radicalement contraires aux conditions fondamentales de la positivit rationnelle1 au lieu de constituer une simple consquence gnrale des rapports effectifs manifests par le commun dveloppement scientifique1 conformment la nature spciale de chaque branche4 ,comme la constitution variable de la classe contemplative reprsente ncessairement1 chaque poque1 la situation correspondante de l'esprit humain1 les rudimens incomplets de nouvelles corporations spculatives qui se sont dvelopps pendant les trois derniers sicles1 sous l'imparfaite impulsion d'un positivisme naissant1 ont jusqu'ici de plus en plus transport aux gomtres une prpondrance qui1 jusqu' la fin du moyen ge1 tait reste toujours inhrente1 suivant les divers modes contemporains1 aux tudes morales et sociales4 ,le terme naturel de cette anomalie provisoire1 relative aux besoins indispensables mais temporaires de la grande transition moderne1 est maintenant arriv2 puisque1 d'aprs le passage des thories sociologiques l'tat vraiment positif1 rien ne s'oppose plus dsormais ce que le point de vue humain reprenne jamais l'ascendant normal qui lui appartient naturellement dans l'ensemble des spculations humaines1 o les ncessits scientifiques sont ds lors en pleine harmonie avec les ncessits logiques qui avaient d'abord dtermin une telle inversion exceptionnelle4 ,seulement1 la nouvelle philosophie gnrale doit s'attendre ainsi1 outre les entraves intellectuelles tenant aux prjugs et aux habitudes propres ce long interrgne1 devoir lutter avec persvrance contre les passions et les intrts d'une classe qui1 quoique peu nombreuse1 a d devenir aujourd'hui trs-puissante1 surtout chez la nation que nous avons reconnue1 tant d'gards1 destine conserver longtemps encore la principale initiative de la rnovation finale4 ,tel est surtout le motif pour lequel ces compagnies clbres1 ncessairement domines par les gomtres1 suivant les conditions naturelles de leur institution provisoire1 aprs avoir t justement regardes1 dans les deux derniers sicles1 comme places la tte du mouvement mental1 constituent dsormais1 suivant les explications directes du chapitre prcdent1 un puissant obstacle l'entier accomplissement de l'volution philosophique dont ce progrs ne pouvait tre que le prambule1 en vertu de leur empirique obstination consacrer indfiniment une marche exceptionnelle1 dj parvenue son extrme limite depuis le commencement de l'immense crise rvolutionnaire o nous sommes plongs4 ,mais1 malgr la gravit de ces obstacles1 qui1 quoique peu apparens1 sont peut-tre1 au fond1 les plus redoutables1 du moins en ,france1 parce qu'ils manent spontanment du mme milieu intellectuel qui a d exclusivement fournir le vrai point de dpart de la philosophie nouvelle1 celle-ci1 outre l'empire fondamental1 irrsistible la longue1 de ses proprits logiques et scientifiques1 doit d'ailleurs trouver d'utiles auxiliaires jusqu'au sein de ces corporations arrires1 par suite des vices radicaux de leur incohrente constitution4 ,la domination spculative des gomtres est ncessairement plus ou moins oppressive1 parce qu'elle est naturellement aveugle1 en vertu de l'entire indpendance de leurs travaux1 qui1 raison de leur simplicit et de leur abstraction suprieures1 n'exigeant aucune prparation htrogne1 doivent presque toujours rendre ces savans profondment trangers l'esprit et aux conditions de toutes les autres tudes positives2 d'o rsultent involontairement des chocs1 et par suite des rsistances1 d'autant plus intenses qu'il s'agit de sciences plus leves dans notre hirarchie gnrale4 ,ces intimes divergences acadmiques peuvent mme s'aggraver assez1 comme je l'ai indiqu au chapitre prcdent1 pour dterminer vraisemblablement la dissolution spontane de ces agrgations mal cimentes1 ou1 ce qui serait quivalent1 leur dcomposition effective en compagnies partielles1 dj annonce1 ds le dbut de ce sicle1 par la division trop peu comprise que l'avnement propre de la philosophie biologique a rgulirement dtermine dans la nature1 jusqu'alors unique et toujours purement mathmatique1 du principal organe permanent de la plus illustre corporation savante4 ,quoique1 par une vidente ncessit1 le joug des gomtres doive tre spcialement intolrable aux biologistes1 il est1 divers moindres degrs1 implicitement onreux dsormais toutes les autres classes de savans1 d'aprs l'action ingale mais commune du mme principe perturbateur1 l'irrationnelle prtention des tudes infrieures diriger les tudes suprieures1 la tendance du point de vue le plus simple et le plus incomplet prvaloir constamment sur le plus complexe et le plus tendu4 ,or1 ces discordances invitables1 qui doivent aujourd'hui s'accrotre rapidement1 mesure que la constitution provisoire du mouvement scientifique pendant les deux derniers sicles devient plus videmment contradictoire aux nouveaux besoins essentiels de la situation fondamentale1 seront trs-propres faciliter spontanment1 dans le monde savant1 l'accs final de la vraie philosophie1 soit parce qu'elle offrira de puissans secours aux parties les plus lses1 soit en faisant sentir tous son aptitude exclusive prvenir ou rparer une imminente dislocation4 ,en un mot1 cet esprit d'ensemble1 maintenant si rare et si dcri1 que les saines spculations sociologiques peuvent seules convenablement dvelopper1 sera ds lors1 au contraire1 universellement invoqu pour mettre un terme dfinitif aux perturbations de plus en plus graves que doit bientt dterminer l'essor insurmontable de notre anarchie scientifique2 manifestant ainsi1 au sein de la classe contemplative1 par un indispensable prambule1 l'universelle destination organique qu'il devra raliser ensuite sur la grande scne politique4 ,l'intime dpendance ncessaire1 la fois logique et scientifique1 qui caractrise la sociologie envers chacune des sciences antrieures1 et que reprsente nergiquement la constitution que je lui ai impose1 l'irrcusable lgitimit de son intervention rationnelle parmi toutes les autres spculations relles1 ne tarderont pas faire aisment accepter son ascendant continu1 assez spontan pour ne pas devenir oppressif1 et mme toujours dispos seconder activement l'essor naturel du vritable gnie propre chaque science1 au lieu de l'entraver par les exigences pdantesques d'une homognit factice et strile4 ,quelques lecteurs1 habituellement placs au point de vue philosophique1 mais trop trangers aux conditions difficiles d'une pleine positivit1 trouveront sans doute que j'aurais d moins insister ici sur la dmonstration directe d'un droit permanent d'universelle prminence spculative1 tellement inhrent la nature des tudes sociales qu'il ne semble pas d'abord susceptible d'aucune contestation srieuse4 ,mais une plus exacte connaissance de la vraie situation fondamentale des intelligences modernes1 et une plus profonde apprciation du dessein gnral de ce ,trait1 les convaincront bientt que1 dans l'tat o j'ai maintenant conduit l'avnement final d'une nouvelle philosophie1 cette question restait la seule importante dcider1 puisque1 tous les lmens de cette grande formation tant dsormais tablis et caractriss1 et mme successivement introduits selon leurs affinits relles1 leur systmatisation spontane se rduisait ds lors dterminer rationnellement celui dont la commune prpondrance doit constituer aussitt l'active unit d'un tel organisme4 ,en second lieu1 la principale difficult philosophique consiste certainement aujourd'hui concilier radicalement les deux besoins essentiels de positivit et de gnralit1 qui1 quoique galement imprieux1 sont nanmoins assez diversement sentis pour sembler communment incompatibles1 comme1 sous l'aspect politique1 les conditions du progrs et celles de l'ordre1 auxquelles chacun d'eux parat exclusivement correspondre1 bien que1 au fond1 les unes et les autres dpendent rellement de tous deux4 ,or1 aprs avoir enfin positiv l'lment intellectuel le plus gnral1 il fallait bien discuter directement la chimrique gnralisation de l'lment le plus spontanment positif1 afin de faire irrvocablement cesser la seule alternative que comportt la question1 en dmontrant l'impuissance finale de la voie philosophique qu'avaient d involontairement adopter les intelligences les plus avances1 depuis que l'esprit positif1 d'abord ncessairement trop born1 avait tendu1 par son extension graduelle1 un ascendant universel1 sous l'nergique impulsion cartsienne4 ,quelque absurde que soit1 en lui-mme1 ce mode mathmatique1 il mritait encore d'tre srieusement examin1 parce qu'il a d sembler jusqu'ici le seul propre offrir des garanties de positivit1 quoique vritablement trs-insuffisantes4 ,avant cette indispensable apprciation finale1 on n'aurait pu le ddaigner entirement sans s'exposer1 par cela seul1 maintenir involontairement la vaine suprmatie officielle de la philosophie caduque d'o l'entendement humain veut et doit enfin se dgager irrvocablement4 ,entre le mode mathmatique propre aux deux derniers sicles et l'ancien mode thologico-mtaphysique1 j'ai ralis1 dans l'ensemble de ce ,trait1 par la cration de la sociologie1 un nouveau mode philosophique1 satisfaisant la fois et compltement aux conditions que chacun d'eux avait exclusivement en vue sans les remplir suffisamment4 ,la premire et la plus importante de mes conclusions gnrales devait donc consister1 sans doute1 constater directement1 d'aprs une sommaire discussion comparative1 cette ralisation dcisive1 si vainement cherche jusqu'ici4 ,tous ceux qui connaissent bien les esprits auxquels s'adresse surtout une telle dmonstration1 loin de la regarder comme trop tendue1 regretteront avec moi que les limites indispensables de cet ouvrage1 dj trs-dpasses1 ne m'aient pas permis de l'y dvelopper assez pour dterminer une vritable conviction chez la plupart de ces intelligences vicieusement spciales1 o un prcieux sentiment de la positivit lmentaire doit faire provisoirement excuser un vulgaire ddain de la vraie gnralit4 ,dans cette discussion finale1 j'ai d m'assujettir scrupuleusement1 suivant les conditions gnrales tablies au dbut de ce ,trait1 toujours dduire mes preuves de l'exclusive considration des sciences fondamentales ou abstraites1 dont l'ensemble constitue ce que j'ai nomm1 d'aprs ,bacon1 la philosophie premire1 destine fournir la base universelle des spculations quelconques4 ,mais1 en cas de contestation srieuse1 la dmonstration actuelle1 outre ses dveloppemens ultrieurs1 pourrait tre puissamment fortifie par une convenable adjonction des motifs essentiels relatifs la science concrte1 et mme la contemplation esthtique2 car ce mode sociologique1 pour l'organisation de la philosophie positive1 favorise spontanment leur essor respectif1 auquel la persistance du mode mathmatique serait directement contraire4 ,sous le premier aspect1 il ne faut jamais oublier que1 si la science abstraite a d tre d'abord le sujet exclusif ou trs-prpondrant des grands travaux spculatifs1 elle doit cependant tre constitue de manire devenir ensuite le fondement naturel de la science concrte1 qui1 jusqu'ici1 n'a pu acqurir1 en aucun genre1 aucune vritable rationalit1 parce que tous les lmens philosophiques1 dont la combinaison doit prsider sa formation1 n'taient point encore assez caractriss1 comme je l'ai expliqu ds la deuxime leon4 ,or rien ne serait sans doute plus oppos cette grande laboration ultrieure que l'universelle prpondrance de l'esprit purement mathmatique1 qui1 poussant l'abstraction au plus haut degr1 mme envers les plus simples phnomnes1 et faisant toujours prvaloir le rgime le plus analytique1 est ncessairement incompatible avec cette ralit et cette concentration qui doivent invitablement distinguer les tudes directement consacres l'existence effective des divers tres1 o les habitudes minutieuses et dispersives de la science actuelle seraient radicalement inadmissibles4 ,au contraire1 quoiqu'il importe beaucoup1 comme j'ai tch de le faire sentir1 de conserver d'abord aux spculations sociologiques le caractre abstrait que je me suis attach leur imprimer pendant tout le cours de l'opration historique termine dans ce volume1 il est clair que1 par la complication suprieure de leur sujet1 et par les vues d'ensemble qu'elles exigent continuellement1 elles doivent spontanment dvelopper les dispositions mentales les plus convenables la culture rationnelle de l'histoire naturelle proprement dite1 dont le vrai gnie1 minemment humain et synthtique1 si admirablement personnifi chez notre grand ,buffon1 sympathise ncessairement bien davantage1 ce double titre1 avec le gnie propre de la sociologie qu'avec celui d'aucune autre science fondamentale1 sans en excepter la biologie elle-mme4 ,les intrts gnraux des saines tudes concrtes exigent donc certainement que la prsidence normale de la philosophie abstraite appartienne finalement la science o les invitables inconvniens d'un tat d'abstraction d'abord indispensable1 sont naturellement attnus1 autant que possible1 en vertu de la ralit plus complte du point de vue habituel2 des recherches qui demanderont continuellement l'application combine de tous les divers ordres de notions scientifiques ne sauraient tre convenablement diriges que sous l'universel ascendant de l'esprit sociologique1 seul susceptible d'organiser activement une telle combinaison4 ,ces mmes caractres corrlatifs de la sociologie1 d'tre la moins abstraite et la moins analytique de toutes les sciences fondamentales1 de faire spontanment prvaloir les ides d'ensemble et le vritable point de vue humain1 manifestent galement1 sous le second aspect ci-dessus indiqu1 sa haute aptitude exclusive constituer aussi1 quand le temps sera venu1 la transition ncessaire de la philosophie scientifique1 alors la fois abstraite et concrte1 la philosophie esthtique1 qui doit y trouver toujours sa base rationnelle4 ,tout autre mode d'organisation de la philosophie premire1 ft-il d'ailleurs suffisamment ralisable1 serait assurment impropre rgulariser cette intime subordination gnrale du sentiment du beau la connaissance du vrai4 ,le caractre profondment synthtique qui distingue surtout la contemplation esthtique1 toujours relative aux motions de l'homme1 dans les cas mme qui semblent le plus s'en loigner1 ne saurait la rendre pleinement compatible qu'avec le genre d'esprit scientifique le mieux dispos l'unit1 comme tant le plus empreint d'humanit4 ,on doit reconnatre1 ce sujet1 que la tendance anti-esthtique empiriquement reproche la philosophie positive y tient essentiellement la vicieuse suprmatie que l'esprit mathmatique y exerce de plus en plus depuis trois sicles2 en ce sens1 les plaintes ordinaires1 quoique irrationnellement absolues1 sont loin d'tre dpourvues de fondement actuel3 car rien ne doit tre aussi videmment contraire toute heureuse apprciation esthtique que les habitudes dispersives dveloppes1 chez les gomtres1 par des tudes qui comportent spontanment un morcellement presque indfini1 et la disposition routinire qui en rsulte trop souvent argumenter quand il faudrait sentir4 ,mais1 en passant dsormais d'une vaine et strile unit mathmatique une vritable et fconde unit sociologique1 cette nouvelle philosophie se montrera finalement1 j'ose l'assurer1 encore plus favorable l'essor continu de tous les beaux-arts que la philosophie thologico-mtaphysique1 envisage mme l'tat polythique1 que nous avons vu constituer1 surtout cet gard1 sa pleine maturit2 j'indiquerai sommairement1 au dernier chapitre de ce ,trait1 l'explication directe et spciale de cette raction fondamentale4 ,en ce moment1 il suffit de remarquer1 pour faire convenablement pressentir une semblable tendance1 que l'esprit positif1 qui1 sous la prsidence mathmatique1 avait d rester entirement tranger aux considrations esthtiques1 se trouve1 au contraire1 naturellement forc de se les incorporer profondment1 aussitt que1 parvenu enfin au degr sociologique1 comme il l'est dans cet ouvrage1 il entreprend de dcouvrir les vritables lois gnrales de l'volution humaine1 dont l'volution esthtique constitue l'un des principaux lmens2 cette tude tant d'ailleurs toujours subordonne l'irrcusable solidarit1 la fois logique et scientifique1 qui rend essentiellement insparables tous les divers aspects d'un tel sujet4 ,rien1 sans doute1 n'est plus propre qu'une pareille laboration historique faire spontanment apprcier la relation directe qui doit toujours subordonner le sentiment de la perfection idale la notion de l'existence relle2 en cartant dsormais tout intermdiaire surhumain1 la philosophie sociologique tablira habituellement1 entre le point de vue esthtique et le point de vue scientifique1 une irrvocable harmonie1 minemment utile leur perfectionnement mutuel1 en mme temps qu'indispensable leur commune destination sociale4 ,le seul ordre d'ides qui paraisse devoir ncessairement souffrir de cet avnement prochain de l'esprit sociologique1 au lieu de l'esprit mathmatique1 la prsidence gnrale de la philosophie naturelle1 c'est celui des applications industrielles1 qui1 devant surtout dpendre de la connaissance du monde inorganique1 d'abord sous l'aspect gomtrico-mcanique1 et ensuite sous le rapport physico-chimique1 semblent exposes une sorte d'abandon funeste1 ds que cette tude n'occupe plus le premier rang parmi les spculations scientifiques4 ,mais d'abord il y aurait1 au fond1 peu d'inconvniens rels1 mme pratiques1 faire aujourd'hui subir un certain ralentissement effectif un genre de combinaisons qui a pris maintenant une exorbitante prpondrance1 et dont l'extrme facilit caractristique1 aussi bien que l'intime connexit avec les plus vulgaires penchans1 menacent d'absorber tous les autres modes plus nobles de l'activit humaine4 ,on ne saurait craindre d'ailleurs1 dans le milieu actuel1 que cette diminution1 rsultat ncessaire de l'essor croissant des sentimens et des penses propres la rorganisation finale des socits modernes1 soit jamais pousse au point de dterminer1 cet gard1 aucune ngligence vraiment dangereuse1 et1 si cette fcheuse influence tait possible1 la philosophie nouvelle1 toujours place1 par sa nature1 au vrai point de vue d'ensemble1 la rectifierait suffisamment3 le gouvernement des sociologistes1 ne pouvant tre aveugle comme celui des gomtres1 ne saurait produire1 mme sous l'ascendant des plus actives proccupations philosophiques1 aucune dconsidration des travaux mathmatiques qui soit1 beaucoup prs1 comparable au stupide ddain que l'esprit mathmatique inspire trop souvent1 de nos jours1 pour les tudes sociales4 ,en second lieu1 le vritable perfectionnement industriel dpend dsormais bien davantage du judicieux emploi permanent1 trs-imparfait jusqu'ici1 des divers moyens dj acquis que de l'accumulation dsordonne de moyens nouveaux2 en sorte que la prpondrance des considrations gnrales1 loin d'y tre inopportune1 y devient1 au contraire1 de plus en plus dsirable1 pour contenir1 par une tendance sagement synthtique1 les tentatives superficielles et incohrentes d'un fol entranement analytique3 ainsi1 sous ce rapport1 le rgime sociologique est finalement plus favorable que le rgime mathmatique l'utile dveloppement des amliorations matrielles4 ,trop d'occasions dcisives s'offrent maintenant de vrifier combien l'esprit mathmatique actuel est ordinairement impropre diriger convenablement les oprations industrielles1 parce que tout gouvernement effectif1 mme en ce cas lmentaire1 exige principalement une continuelle apprciation d'ensemble1 fort peu compatible avec les habitudes troites et dispersives si frquemment dtermines jusqu'ici par un ordre de spculations o l'on s'attache essentiellement poursuivre trs-loin chaque considration isole1 quelque secondaire qu'elle puisse tre1 sans s'inquiter beaucoup de la pondration finale des divers motifs influens4 ,il importe1 en troisime lieu1 de reconnatre1 ce sujet1 que l'laboration ultrieure du nouveau corps de doctrine1 destin systmatiser l'action rationnelle de l'homme sur la nature1 ne saurait tre dignement accomplie que sous l'inspiration permanente de la philosophie sociologique1 seule apte1 comme envers la science concrte et la thorie esthtique1 instituer rellement la combinaison trs-complexe des divers aspects scientifiques exige par la nature de ce grand travail1 dont les conditions et les difficults sont encore peine entrevues chez nos ingnieurs4 ,j'ai dj indiqu1 ds le dbut de ce ,trait 7voyez la deuxime leon71 le vrai principe de cette importante relation2 mais l'intime conviction de sa haute ncessit1 afin de rgulariser suffisamment l'harmonie fondamentale entre la contemplation et l'action1 m'a d'ailleurs dtermin depuis longtemps consacrer plus tard1 si je le puis1 un ouvrage spcial au dveloppement direct d'une telle application de la nouvelle philosophie gnrale4 ,ainsi1 la triple laboration ultrieure1 d'abord concrte1 ensuite esthtique1 et enfin technique1 que doit aujourd'hui savoir diriger toute vritable philosophie1 confirmerait au besoin la dmonstration pleinement dcisive directement rsulte ci-dessus de l'ensemble des motifs purement abstraits pour constater1 tant d'gards1 la prminence normale qui doit dsormais appartenir irrvocablement l'esprit sociologique dans le systme entier des spculations positives1 jamais affranchies de la vaine domination provisoire de l'esprit mathmatique4 ,toute l'conomie de cet ouvrage1 surtout dans ces trois derniers volumes1 a fait1 du reste1 assez connatre sous quelles difficiles conditions mentales cette indispensable suprmatie est invitablement acquise4 ,chacun des nouveaux philosophes devra d'abord s'assujettir systmatiquement1 comme je l'ai fait moi-mme spontanment1 une lente et pnible prparation rationnelle1 la fois scientifique et logique1 fonde sur l'tude hirarchique des diverses branches essentielles de la philosophie naturelle1 et destine permettre la saine laboration spciale des lois statiques et dynamiques propres la sociabilit humaine4 ,sans la force et la constance qu'exige l'entier accomplissement d'une telle initiation1 nul ne doit prtendre1 surtout de nos jours1 un ascendant philosophique qui suppose ncessairement une exacte connexit permanente entre le mouvement gnral et les divers progrs spciaux1 et qui sera naturellement trop contest pour qu'aucune grave insuffisance de ses vraies conditions puisse rester inaperue ou impunie4 ,l'illusoire prpondrance des gomtres est d'une acquisition beaucoup plus facile1 puisqu'elle ne demande pas la moindre prparation trangre leurs propres tudes1 que leur simplicit caractristique rend d'ailleurs aisment accessibles aujourd'hui tant de mdiocres intelligences1 au prix de quelques annes d'application rgulire4 ,mais aussi l'ascendant sociologique comportera-t-il une active ralit que n'a pu jamais obtenir l'ambition mathmatique1 qui1 malgr ses prtentions l'universalit scientifique1 a presque toujours exerc1 pendant les deux derniers sicles1 une suprmatie plus apparente qu'effective1 quoique le plus souvent perturbatrice1 par une suite ncessaire de son intime irrationnalit4 ,cet avnement spontan d'une vritable unit1 dsormais assez constate1 dans le systme entier de la philosophie positive1 tant maintenant envisag du point de vue le plus lev1 la fois historique et dogmatique1 vient heureusement dissiper enfin le fatal antagonisme mental qui1 depuis vingt sicles1 s'oppose de plus en plus l'tat pleinement normal de la raison humaine1 o les conceptions relatives l'homme et celles propres au monde extrieur ont toujours sembl jusqu'ici radicalement inconciliables1 tandis que notre solution philosophique les combine irrvocablement1 en assignant chaque classe la juste influence gnrale1 soit scientifique1 soit logique1 qui convient sa propre nature1 sans jamais altrer ainsi l'harmonie fondamentale4 ,nous avons directement reconnu1 d'abord au quarantime chapitre et puis surtout au cinquante et unime1 que l'antipathie graduellement dveloppe entre l'esprit thologique et l'esprit positif ne pouvait avoir1 l'origine1 d'autre principe essentiel que la simple inversion mutuelle de l'ordre suivant lequel devaient se succder ces deux genres de spculations1 respectivement complmentaires1 dont chacun tend plus ou moins dominer l'autre3 l'ensemble de notre laboration historique a fait ensuite hautement ressortir l'intime ralit d'une telle apprciation4 ,la prfrence spontane qu'a d primitivement acqurir la considration de l'homme1 alors seule applicable l'uniforme explication du monde extrieur1 a dtermin1 dans la situation correspondante1 le caractre ncessairement thologique de la philosophie initiale3 au contraire1 les notions positives1 qui1 par une influence continue1 explicite ou implicite1 ont ultrieurement suscit l'altration toujours croissante de ce systme primordial1 devaient exclusivement maner des plus simples tudes inorganiques1 et spcialement de l'astronomie2 quoique l'esprit mtaphysique1 agent naturel de ces modifications successives1 en ait souvent dissimul la vritable source1 en se croyant crateur quand il n'tait qu'organe4 ,cet antagonisme lmentaire a rellement prsid1 d'aprs le cinquante-deuxime chapitre1 la transformation du ftichisme en polythisme1 prpare par l'astroltrie2 mais sa tendance n'a pu devenir distinctement apprciable que dans le passage du polythisme au monothisme1 o1 pour la premire fois1 l'volution philosophique a d exiger une vraie discussion4 ,alors1 nous avons vu1 au cinquante-troisime chapitre1 la science inorganique1 sous une apparence systmatique due l'uniforme prpondrance de la grande entit mtaphysique1 s'lever directement1 en vertu de sa supriorit mentale1 contre l'ancienne unit thologique1 ds lors intellectuellement dissoute1 quoique son aptitude sociale1 oppose l'insuffisance radicale de cette rivale1 dt prolonger longtemps encore son ascendant politique3 ainsi surgit1 entre la philosophie naturelle et la philosophie morale1 ce conflit fondamental qui1 depuis ,aristote et ,platon1 a domin l'ensemble de l'volution humaine1 et dont l'lite de l'humanit subit maintenant la dernire influence1 comme l'a montr tout le cours de notre opration historique4 ,la troisime phase du moyen ge nous a fait voir1 au cinquante-sixime chapitre1 ce long antagonisme recevant1 dans la mmorable transaction scolastique1 une profonde modification1 premier symptme dcisif de l'irrvocable dcadence de la philosophie initiale1 dont l'efficacit sociale venait d'tre essentiellement puise en constituant le catholicisme1 et que les exigences1 dsormais prpondrantes1 du progrs intellectuel1 obligeaient sanctionner1 par une incorporation force1 les prtentions politiques de la philosophie mtaphysique1 auparavant extrieure au systme catholique4 ,ds lors rgulirement associe une intronisation prcaire1 quoique sa participation dt tendre y devenir de plus en plus exclusive1 la profonde impuissance organique de celle-ci n'a jamais pu lui permettre d'liminer entirement les conceptions purement thologiques1 seule base normale de son autorit gnrale1 et dont elle a d s'efforcer1 au contraire1 de maintenir l'empire ultrieur contre l'imminente invasion de l'esprit positif1 qui1 partir de cette poque1 devait graduellement dvelopper sa commune incompatibilit avec ces deux modes1 l'un principal1 l'autre accessoire1 de l'antique systme mental4 ,quand l'essor continu des connaissances relles1 surtout astronomiques1 eut enfin dtermin cette invitable collision1 le clbre compromis cartsien vint caractriser une situation bien plus videmment provisoire que la prcdente1 en proclamant la suprmatie directe et dfinitive de la mthode positive dans toute l'tendue de la philosophie naturelle1 sous l'unique rserve d'une vaine prsidence laisse encore la mthode thologico-mtaphysique envers les tudes morales et sociales2 brisant ainsi jamais la fragile unit mtaphysique institue au ,x,i,i,ie sicle4 ,cette incohrente position1 qui a persist jusqu'ici1 ne comporte certainement d'autre issue1 d'aprs l'ensemble de ma thorie historique1 que l'universelle prpondrance de la positivit rationnelle1 dsormais seule susceptible d'un vritable ascendant gnral3 autrement il faudrait dsesprer de la systmatisation mentale1 et1 par suite aussi1 de la rorganisation sociale1 soit progressive1 soit mme rtrograde4 ,mais les impuissantes tentatives opres1 pendant les deux derniers sicles1 pour constituer une vritable philosophie positive sous l'impulsion mathmatique1 devaient cependant disposer la raison publique regarder cette exclusive solution comme essentiellement impossible4 ,dans cette douloureuse perplexit1 l'extension finale de l'esprit positif aux spculations morales et sociales1 suffisamment accomplie par ce ,trait1 vient spontanment dnouer une difficult fondamentale1 de toute autre manire inextricable1 en assurant une large satisfaction normale aux conditions1 ds lors intimement solidaires1 de l'ordre et du progrs1 soit intellectuels1 soit politiques4 ,ainsi se trouvent essentiellement concilies dsormais1 en ce qu'elles renfermaient de lgitime1 les prtentions opposes souleves1 de part et d'autre1 pendant les luttes philosophiques propres la grande transition moderne1 dont les diverses aberrations temporaires sont la fois expliques et limines4 ,la positivit1 que l'impulsion mathmatique avait justement en vue d'introduire1 quoique par une marche vicieuse1 dans toutes les spculations relles1 y est irrvocablement tablie2 tandis que la gnralit1 dont la rsistance thologico-mtaphysique stipulait1 avec raison mais sans force1 les indispensables garanties1 y devient ncessairement plus complte qu'elle n'a jamais pu l'tre auparavant4 ,par l disparat enfin la dplorable opposition qui1 depuis l'volution grecque1 semblait rendre le progrs intellectuel contradictoire au progrs moral1 et qui1 en effet1 partir de la transaction scolastique1 pendant que les exigences mentales prvalaient graduellement1 a fait de plus en plus ngliger l'apprciation des besoins moraux2 ainsi que le tmoigne encore trop souvent la situation actuelle des peuples avancs1 o l'ducation de l'individu1 reflet ncessaire de celle de l'espce1 est surtout dirige vers l'essor intellectuel1 sans s'inquiter gure du dveloppement moral4 ,quoique l'on doive regarder cette funeste division comme ayant t essentiellement inhrente la nature propre de la transition moderne1 elle en a certainement constitu la plus douloureuse condition3 et cette grave considration contribuera sans doute faire convenablement respecter1 malgr les dclamations rtrogrades des diverses coles thologico-mtaphysiques1 la seule philosophie qui puisse aujourd'hui rsoudre effectivement ce dsastreux antagonisme4 ,nous avons reconnu1 au chapitre prcdent1 qu'entre la souverainet spontane de la force et la prtendue suprmatie de l'intelligence1 cette philosophie finale tend raliser directement l'universelle prpondrance de la morale1 que l'admirable tentative du catholicisme avait1 au moyen ge1 si noblement proclame1 mais sans pouvoir constituer suffisamment son avnement normal1 alors invitablement subordonn une philosophie dj implicitement caduque1 dont l'ascendant politique exigeait depuis longtemps que l'volution mentale se spart provisoirement de l'volution morale4 ,les proprits morales inhrentes la grande conception de ,dieu ne sauraient tre1 sans doute1 convenablement remplaces par celles que comporte la vague entit de la ,nature2 mais elles sont1 au contraire1 ncessairement infrieures1 en intensit comme en stabilit1 celles qui caractriseront l'inaltrable notion de l',humanit1 prsidant enfin1 aprs ce double effort prparatoire1 la satisfaction combine de tous nos besoins essentiels1 soit intellectuels1 soit sociaux1 dans la pleine maturit de notre organisme collectif4 ,cette entire prpondrance normale de la morale devient dsormais non moins indispensable l'efficacit intellectuelle de l'volution mentale qu' sa destination sociale3 car l'indiffrence pour les conditions morales1 loin d'tre encore motive par l'urgence suprieure des conditions intellectuelles1 constitue maintenant un obstacle croissant leur ralisation continue1 en altrant directement la sincrit et la dignit des efforts spculatifs1 qui tendent aujourd'hui dgnrer de plus en plus en instrumens d'ambition personnelle1 de manire touffer graduellement jusqu'au germe des vrais progrs scientifiques4 ,pour ne laisser aucune grave incertitude sur ce nud1 fondamental de la philosophie positive1 il importe aujourd'hui de dissiper directement1 chez tous les bons esprits1 la dernire source essentielle des illusions mtaphysiques1 en faisant spcialement ressortir la vritable nature du point de vue humain1 qui1 de toute ncessit1 doit tre minemment social1 et pas seulement individuel3 car1 sous le rapport statique aussi bien que sous l'aspect dynamique1 l'homme proprement dit n'est1 au fond1 qu'une pure abstraction2 il n'y a de rel que l'humanit1 surtout dans l'ordre intellectuel et moral4 ,or la philosophie pleinement thologique1 soit polythique1 soit monothique1 est jusqu'ici la seule1 vrai dire1 qui ait effectivement satisfait1 sa manire1 cette vidente condition gnrale2 et c'est surtout cet gard que1 malgr son extrme caducit1 elle n'a pu tre encore suffisamment remplace4 ,la mtaphysique1 ancienne1 scolastique1 ou moderne1 n'a jamais os s'lever au-dessus du simple point de vue individuel1 dont elle s'est efforce1 surtout depuis la transaction cartsienne1 de consacrer dogmatiquement la prpondrance absolue1 comme l'indique journellement son langage caractristique1 rappelant toujours des penses d'isolement et de concentration personnelle1 qui1 malgr de vaines prtentions morales1 doivent le plus souvent dvelopper des sentimens d'gosme4 ,il en est essentiellement de mme1 dans l'ordre positif1 quoique sous une meilleure forme1 pour l'volution mentale qui1 d'abord surgie des tudes mathmatiques et astronomiques1 a graduellement tent1 pendant les deux derniers sicles1 de constituer une philosophie vraiment nouvelle4 ,en effet1 quand la profonde insuffisance philosophique de l'esprit mathmatique est devenue pleinement irrcusable1 l'esprit biologique proprement dit1 dont la positivit rationnelle commenait alors prendre un essor dcisif1 s'est efforc1 son tour1 de devenir la base directe et principale de la coordination positive1 qui1 depuis la fin du ,x,v,i,i,ie sicle1 n'a pas cess d'tre ainsi conue par les savans les plus avancs1 comme le tmoignent surtout les illustres exemples de ,cabanis et de ,gall4 ,ce nouvel effort1 dogmatiquement apprci au quarante-neuvime chapitre1 indiquait1 sans doute1 un vritable progrs1 en ce qu'il transportait le centre moderne de la gnralisation mentale beaucoup plus prs de son sige rel2 mais1 sauf son utilit passagre1 titre d'intermdiaire d'abord indispensable1 ce progrs1 radicalement insuffisant1 ne saurait directement conduire qu' une strile utopie fonde sur une vicieuse exagration des relations ncessaires entre la biologie et la sociologie1 et tendrait finalement terniser l'antique rgime intellectuel1 en empchant le dveloppement propre des saines spculations sociales1 qu'elle tente vainement d'riger en simple corollaire naturel des tudes biologiques4 ,de quelque manire1 soit mtaphysique1 soit mme positive1 que se trouve institue la science de l'individu1 elle doit tre1 sans doute1 isolment impuissante construire aucune philosophie gnrale1 parce qu'elle reste encore trangre l'unique point de vue susceptible d'une vritable universalit4 ,c'est1 au contraire1 de l'ascendant sociologique que la biologie1 comme toutes les autres sciences prliminaires1 quoique par une correspondance plus directe et plus tendue1 doit exclusivement attendre la consolidation effective de sa propre constitution1 scientifique ou logique1 jusqu' prsent si incertaine4 ,sparment envisage1 l'volution individuelle de l'esprit humain ne peut vraiment dvoiler aucune loi essentielle2 elle ne saurait mme fournir de prcieuses indications ou des vrifications importantes que lorsque son exploration rationnelle est dirige et interprte par les inspirations manes de l'volution totale de l'humanit1 seule la fois assez relle et assez complte pour manifester suffisamment la vritable marche de notre intelligence3 l'excution mme de ce ,trait l'a1 j'ose le dire1 pleinement dmontr2 car1 quelque utilit que j'y aie souvent tire de la considration de l'individu1 c'est videmment l'tude directe de l'espce que j'ai d1 non-seulement d'abord la pense fondamentale de ma thorie philosophique1 mais ensuite aussi son dveloppement caractristique4 ,ainsi1 la phase biologique ne constitue rellement qu'un dernier prambule indispensable1 comme l'avaient t auparavant les phases physico-chimique et astronomique1 dans l'essor gnral de l'esprit positif1 qui1 spontanment issu des simples tudes mathmatiques1 a graduellement tendu1 pendant les deux derniers sicles1 rgnrer toutes nos conceptions lmentaires4 ,tant qu'il ne s'est point lev jusqu'au degr sociologique1 seul terme naturel de son ducation dcisive1 il n'a pu suffisamment parvenir des vues vraiment d'ensemble1 propres lui confrer le droit et le pouvoir de constituer enfin une vritable philosophie moderne1 dont l'ascendant normal remplace jamais l'antique rgime mental3 mais aussi1 quand cette condition finale est convenablement remplie1 rien ne saurait empcher une rnovation fondamentale qui1 ardemment dsire et longuement prpare1 soit par la plupart des hautes intelligences1 soit par les vux et les dispositions de la raison publique1 trouvera mme d'involontaires cooprateurs chez ses plus systmatiques adversaires1 suivant le privilge ordinaire des rvolutions directement relatives la mthode4 ,cette extrme prparation tant maintenant accomplie1 son exacte apprciation gnrale ressort aisment de sa judicieuse confrontation au grand programme initial si puissamment formul par ,descartes et ,bacon1 dont les principales esprances philosophiques se trouvent ainsi pleinement consolides1 malgr la sorte d'incompatibilit qui semblait d'abord exister entre les tendances respectives de ces deux minens lgislateurs4 ,nous avons1 en effet1 reconnu1 au cinquante-sixime chapitre1 que ,descartes s'tait systmatiquement interdit les tudes sociales1 pour concentrer son effort sur les spculations inorganiques1 o il sentait profondment que devait d'abord s'laborer la mthode universelle1 destine ensuite rgnrer ncessairement l'ensemble de la raison humaine2 tandis que1 au contraire1 ,bacon avait surtout en vue la rnovation des thories sociales1 laquelle il voulait immdiatement rapporter le perfectionnement des sciences naturelles1 comme on put le constater nettement chez le grand ,hobbes1 type essentiel de cette cole3 en sorte que ces deux laborations1 mutuellement complmentaires1 accordaient1 l'une aux besoins intellectuels1 l'autre aux besoins politiques1 une prpondrance trop exclusive1 qui devait les rendre pareillement provisoires1 quoique trs-diversement efficaces1 selon nos explications antrieures4 ,pendant que la conception de ,descartes dirigeait1 dans la science inorganique1 l'essor dcisif de la positivit rationnelle1 la pense de ,hobbes1 aprs avoir indiqu les premiers germes si mconnus de la vritable science sociale1 prsidait l'indispensable branlement ngatif1 sans lequel la commune destination philosophique de cette double volution ne pouvait tre convenablement apprcie4 ,ainsi s'est ralise spontanment la convergence ncessaire de ces deux ordres de travaux coexistans1 dont l'un devait prparer la vraie position gnrale de la question finale1 et l'autre laborer la seule voie logique qui pt conduire sa solution relle4 ,mon effort philosophique rsulte essentiellement de l'intime combinaison de ces deux volutions prliminaires1 dtermine1 sous la lumineuse impulsion de la grande crise sociale1 par l'extension simultane de l'esprit positif aux spculations les plus rapproches des tudes politiques4 ,on voit que cette nouvelle opration consiste surtout complter la double opration initiale de ,descartes et de ,bacon1 en satisfaisant la fois aux deux conditions1 galement indispensables1 mais jusqu'alors trop peu conciliables1 entre lesquelles avaient d se partager les deux principales coles destines prparer graduellement l'avnement dfinitif de la philosophie positive4 ,pour avoir convenablement apprci l'aptitude ncessaire de cette philosophie une telle satisfaction combine des justes exigences respectivement inspires par les spculations inorganiques et par les tudes humaines1 il ne nous reste plus qu' considrer directement envers l'avenir une conciliation ci-dessus envisage quant au pass et au prsent4 ,sous ce dernier aspect1 l'ensemble de ce ,trait dispense spontanment de toute discussion relative aux inquitudes qu'inspirerait l'universelle prpondrance de l'esprit sociologique sur l'altration ou le dcouragement des diverses branches de la science des corps bruts1 et surtout des thories mathmatiques3 car ces craintes seraient videmment chimriques1 au sujet d'un principe philosophique qui1 par sa nature1 aussi bien que par son origine1 ne peut tablir l'indispensable ascendant d'un tel point de vue sans faire invinciblement ressortir1 de la mme dmonstration1 comme on a pu le remarquer prcdemment1 son intime subordination1 scientifique et logique1 initiale et permanente1 tous les autres points de vue positifs1 qui1 en vertu de leur moindre complication1 lui constituent successivement autant de prambules invitables1 dont aucun ne saurait tre gravement nglig sans qu'une pareille suprmatie ne ft aussitt compromise4 ,la dplorable institution actuelle des tudes morales et politiques1 isoles de toutes les connaissances relles1 et domines par les entits mtaphysiques1 pourrait1 en effet1 justifier de semblables alarmes1 si la profonde strilit qui en rsulte1 malgr l'intrt majeur du sujet1 ne les dissipait suffisamment4 ,mais il serait1 sans doute1 aussi injuste qu'absurde1 chez les savans1 de redouter les mmes dangers de la part d'un rgime tout oppos1 qui1 maintenant toujours une intime connexit entre les diverses spculations positives1 est si propre1 au contraire1 faire mieux ressortir chaque vritable laboration scientifique1 quelque loigne qu'elle puisse tre de l'tude dont la prpondrance continue est aussi indispensable l'harmonie mentale qu' l'efficacit sociale4 ,il faut seulement reconnatre1 ce sujet1 que les travaux sans porte et sans conscience1 source facile de tant de rputations usurpes1 qu'encouragent de plus en plus aujourd'hui le rtrcissement et la dispersion propres notre dplorable anarchie philosophique1 seront alors constamment soumis une svre discipline rationnelle1 dont les vrais amis des sciences doivent certes dsirer dj l'indispensable avnement1 seul apte contenir de graves et imminentes perturbations4 ,si1 d'ailleurs1 comme on n'en saurait douter1 une proccupation spciale1 fonde sur les plus puissans motifs1 doit justement tourner1 de nos jours1 les plus hautes capacits scientifiques1 ainsi que la principale attention publique1 vers les tudes sociologiques1 jusqu' ce que la rorganisation moderne soit assez avance pour tre essentiellement laisse son cours spontan1 il n'y a rien l que de pleinement conforme l'invitable prpondrance qu'obtient naturellement1 chaque poque1 la direction intellectuelle la plus convenable aux besoins correspondans de l'humanit4 ,quant la lgitime influence continue des diverses sciences sur l'ensemble de l'ducation individuelle1 prive ou commune1 l'esprit de la nouvelle philosophie doit aussitt dissiper1 cet gard1 encore plus facilement que sous l'aspect prcdent1 toute inquitude srieuse4 ,en effet la thorie sociologique pose immdiatement en principe1 ce sujet1 que l'ducation de l'individu doit essentiellement reproduire celle de l'espce1 au moins dans chacune de ses grandes phases successives1 d'aprs l'vidente similitude d'origine1 de nature1 et de terminaison1 malgr l'immense ingalit de vitesse4 ,ainsi1 les mmes motifs fondamentaux1 soit scientifiques1 soit logiques1 qui1 dans le pnible essor de l'humanit1 ont exclusivement confr aux plus simples tudes inorganiques l'laboration primitive de la positivit rationnelle1 imposent1 non moins videmment1 une pareille marche chaque volution personnelle1 sous peine d'un invitable avortement1 non-seulement en cas de grave ngligence de l'un quelconque des divers lmens essentiels1 mais aussi par suite de toute forte perturbation de l'ordre ncessaire de leur succession hirarchique4 ,directement tabli au dbut de cet ouvrage1 ce grand principe1 la fois historique et dogmatique1 de la logique positive a t ensuite constamment vrifi tous les diffrens degrs de la longue prparation philosophique laquelle j'ai d assujettir graduellement le lecteur1 comme moi-mme1 et dont l'ensemble n'en constitue1 vrai dire1 qu'une rigide application continue4 ,les spculations mathmatiques conserveront donc ternellement1 pour l'individu1 l'inaltrable privilge qu'elles ont temporairement exerc pour l'espce1 de fournir exclusivement le berceau spontan de la positivit rationnelle3 les justes exigences des gomtres obtiendront toujours1 cet gard1 une indestructible autorit1 dont aucune supriorit personnelle ne saurait jamais s'affranchir entirement1 et que consacrera de plus en plus la raison publique1 mesure qu'elle sentira mieux les premiers besoins de l'esprit humain4 ,mais1 compltant cet indispensable principe1 on n'oubliera pas qu'un berceau ne saurait tre un trne1 et que le plus simple degr de l'laboration positive ne peut aucunement dispenser de poursuivre ses modifications successives envers les diffrens ordres de phnomnes jusqu' ce que leur complication croissante ait enfin conduit1 l'individu comme l'espce1 au seul point de vue vraiment universel1 unique terme1 en l'un et l'autre cas1 de toute vritable ducation4 ,tels sont les divers genres de considrations qui concourent dmontrer l'heureuse aptitude de la philosophie positive tablir1 sans aucune inconsquence1 une conciliation dfinitive entre les deux voies intellectuelles1 jusqu'ici radicalement antipathiques1 qui procdent l'enchanement de nos diffrentes spculations1 en partant1 soit du monde extrieur1 soit de l'homme lui-mme4 ,en rduisant leurs prtentions opposes ce qu'elles contiennent de lgitime et de permanent1 l'une dirige toujours l'essor fondamental du vritable esprit philosophique1 l'autre maintient sans cesse le seul principe de liaison propre constituer une vritable unit mentale4 ,par l se trouve enfin dissip irrvocablement le grand antagonisme logique qui1 depuis ,aristote et ,platon1 domine l'ensemble de l'volution humaine1 la fois intellectuelle et sociale1 et qui1 aprs avoir t longtemps indispensable ce double mouvement prparatoire1 devient maintenant le plus puissant obstacle l'accomplissement dcisif de sa destination finale1 dont l'ge est dsormais arriv4 ,la discussion difficile et varie que nous venons d'achever tait ici ncessaire pour manifester suffisamment l'unit fondamentale que la cration de la sociologie vient aujourd'hui constituer spontanment dans le systme entier de la vraie philosophie moderne4 ,aprs cette dmonstration dcisive1 qui caractrise pleinement l'esprit gnral propre une telle philosophie1 les autres conclusions essentielles relatives son apprciation logique doivent aisment ressortir de l'ensemble de ce ,trait1 en considrant maintenant1 d'une manire sommaire mais directe1 d'abord la nature et la destination1 ensuite l'institution et le dveloppement de la mthode positive1 enfin complte et ds lors indivisible2 afin que ses divers attributs essentiels1 jusqu'ici purement spontans1 acquirent dsormais une consistance convenablement systmatique1 sous l'uniforme prpondrance du point de vue sociologique4 ,envers chacun des diffrens ordres de phnomnes1 nous avons spcialement reconnu que la philosophie positive se distingue surtout de l'ancienne philosophie1 thologique ou mtaphysique1 par sa tendance constante carter comme ncessairement vaine toute recherche quelconque des causes proprement dites1 soit premires1 soit finales1 pour se borner tudier les relations invariables qui constituent les lois effectives de tous les vnemens observables1 ainsi susceptibles d'tre rationnellement prvus les uns d'aprs les autres4 ,tant que les effets naturels restent attribus des volonts surhumaines1 les spculations relatives l'origine et la destination des divers tres doivent seules paratre dignes d'occuper srieusement notre intelligence1 dont elles pouvaient seules1 il est vrai1 stimuler suffisamment le premier essor contemplatif4 ,mais1 sous l'invitable dcadence ultrieure de l'esprit religieux1 mesure que notre activit mentale trouve un meilleur aliment continu1 ces questions inaccessibles sont graduellement abandonnes1 et finalement juges vides de sens pour nous1 qui ne saurions rellement connatre que les faits apprciables notre organisme1 sans jamais pouvoir obtenir aucune notion sur la nature intime d'aucun tre1 ni sur le mode essentiel de production d'aucun phnomne4 ,quoique cette pleine maturit de la raison humaine soit encore trop rcente1 et mme fort incomplte aujourd'hui1 jusque chez les plus saines intelligences1 elle a t ici constitue enfin relativement toutes les classes possibles de conceptions lmentaires1 y compris les plus compliques et les plus universelles3 d'ailleurs1 l'unanime prpondrance maintenant obtenue par un tel rgime logique dans les tudes les plus simples et les plus parfaites montrait dj clairement que son insuffisante extension actuelle des sujets o il doit naturellement devenir plus indispensable1 n'est qu'une consquence passagre de l'enfance plus prolonge des spculations les plus difficiles4 ,cette notion gnrale de la vraie nature des recherches positives quelconques nous a spontanment conduits1 d'aprs une juste apprciation des conditions essentielles propres chaque cas scientifique1 dterminer partout les attributions respectives de l'observation et du raisonnement1 de manire viter galement les deux cueils opposs de l'empirisme et du mysticisme1 entre lesquels doivent constamment cheminer les connaissances relles4 ,d'une part1 nous avons ainsi consacr la maxime1 devenue1 depuis ,bacon1 si heureusement vulgaire1 sur la ncessit continue de prendre les faits observs pour base1 directe ou indirecte1 mais toujours seule dcisive1 de toute saine spculation3 au point que1 comme je l'crivais1 en #ahbe1 dans un travail dj cit1 ,toute proposition qui n'est pas finalement rductible la simple nonciation d'un fait1 ou particulier ou gnral1 ne saurait offrir aucun sens rel et intelligible4 ,mais1 d'une autre part1 nous avons pareillement cart les irrationnelles dispositions1 aujourd'hui trop communes1 qui rduiraient la science une strile accumulation de faits incohrens2 car nous avons reconnu1 en tous genres1 que la vritable science1 apprcie d'aprs cette prvision rationnelle qui caractrise sa principale supriorit envers la pure rudition1 se compose essentiellement de lois1 et non de faits1 quoique ceux-ci soient indispensables leur tablissement et leur sanction3 en sorte qu'aucun fait isol ne saurait tre vraiment incorpor la science1 jusqu' ce qu'il ait t convenablement li quelque autre notion1 au moins l'aide d'une judicieuse hypothse4 ,outre que les saines indications thoriques doivent souvent contrler et rectifier d'imparfaites observations1 il est clair que l'esprit positif1 sans mconnatre jamais la prpondrance ncessaire de la ralit directement constate1 tend toujours agrandir1 autant que possible1 le domaine rationnel aux dpens du domaine exprimental1 en substituant de plus en plus la prvision des phnomnes leur exploration immdiate3 le progrs scientifique consiste principalement diminuer graduellement le nombre des lois distinctes et indpendantes1 en tendant sans cesse les liaisons4 ,toutefois l'insuffisante ducation des savans actuels nous a donn lieu de signaler1 ce sujet1 surtout chez les gomtres1 une aberration trop commune1 radicalement funeste la vritable rationnalit1 par suite d'une vicieuse exagration qui dispose chercher partout1 d'aprs de vaines hypothses1 une chimrique unit4 ,le nombre des lois vraiment irrductibles est ncessairement beaucoup plus considrable que ne l'indiquent ces dangereuses illusions1 fondes sur une fausse apprciation de notre puissance mentale et des difficults scientifiques4 ,une telle unit d'explication constitue non-seulement une absurde utopie envers l'ensemble total de nos diverses connaissances relles1 mais elle restera mme toujours impossible raliser dans l'intrieur de chaque science fondamentale1 isolment envisage3 la branche la plus simple de la philosophie naturelle constitue seule1 cet gard1 une exception trop lgrement rige en type universel1 et qui d'ailleurs est fort incomplte1 puisque la thorie de la gravitation n'tablit aucune liaison gnrale entre la plupart des donnes lmentaires relatives aux divers astres de notre monde4 ,cette tendance abusive vers une systmatisation illusoire s'explique aisment d'aprs les dispositions d'esprit qui ont d prsider1 pendant les deux derniers sicles1 l'essor successif des sciences prliminaires1 jusqu' l'avnement de la science finale dans ce ,trait2 car un pareil effort devait alors1 sous de vicieuses inspirations mathmatiques1 sembler seul propre procurer au systme des connaissances positives une indispensable homognit4 ,mais la prolongation d'une telle aberration serait dsormais inexcusable1 maintenant que toute intelligence vraiment philosophique peut directement concevoir1 par l'universalit ncessaire du point de vue sociologique1 l'unique moyen de constituer spontanment cette liaison fondamentale1 sans entraver le gnie propre de chaque science sous une concentration factice et oppressive4 ,ainsi1 quoique d'heureuses gnralisations doivent toujours diminuer le nombre des lois naturelles vraiment indpendantes1 il ne faut jamais oublier qu'un tel progrs ne saurait avoir de valeur durable qu'en restant constamment subordonn la ralit des conceptions1 et il serait d'ailleurs peu judicieux d'esprer que nos efforts puissent un jour pousser cette importante rduction aussi loin1 beaucoup prs1 qu'on le suppose encore communment1 d'aprs une apprciation1 ncessairement trs-imparfaite1 du premier essor de la positivit rationnelle dans les plus simples tudes prliminaires4 ,sous un autre aspect non moins important1 et jusqu'ici trop mconnu1 la vraie nature des spculations positives nous a souvent conduits vrifier1 en tous genres1 l'heureux accord fondamental de la saine contemplation philosophique avec la marche spontane de la raison publique4 ,le rgime thologico-mtaphysique1 plaant directement l'esprit humain la prtendue source des explications universelles1 a profondment imprim aux habitudes spculatives un vain caractre d'lvation chimrique qui les isole radicalement des modestes allures de la sagesse vulgaire1 et qui n'est encore que trs-imparfaitement rectifi d'aprs l'essor insuffisant d'une positivit purement partielle4 ,tandis que la raison commune se bornait saisir1 dans l'observation judicieuse des divers vnemens1 quelques relations naturelles propres diriger les plus indispensables prvisions pratiques1 l'ambition philosophique1 ddaignant de tels succs1 attendait d'une lumire surhumaine la solution illusoire des plus impntrables mystres4 ,mais1 au contraire1 la saine philosophie1 substituant partout la recherche des lois effectives celle des causes essentielles1 combine intimement ses plus hautes spculations avec les plus simples notions populaires1 de manire constituer enfin1 sauf la seule ingalit du degr1 une profonde identit mentale1 qui ne permet plus habituellement la classe contemplative un orgueilleux isolement de la masse active3 car chacun conoit ainsi dsormais qu'il s'agit1 de part et d'autre1 de questions radicalement semblables1 finalement relatives aux mmes sujets1 labores par des procds analogues1 et toujours accessibles toutes les intelligences convenablement prpares1 sans exiger aucune mystrieuse initiation4 ,tout ce ,trait concourt naturellement dmontrer1 cet gard1 d'aprs les confirmations les plus dcisives et les plus varies1 que le vritable esprit philosophique consiste uniquement en une simple extension mthodique du bon sens vulgaire tous les sujets accessibles la raison humaine1 puisqu'on ne saurait douter que1 dans un genre quelconque1 les inspirations spontanes de la sagesse pratique n'aient seules dtermin graduellement la transformation radicale des antiques habitudes spculatives1 en rappelant toujours les contemplations humaines leur vraie destination et aux conditions essentielles de leur ralit4 ,la mthode positive est ncessairement1 comme la mthode thologique ou mtaphysique1 l'uvre continue de l'humanit tout entire1 sans aucun inventeur spcial2 et ses principaux caractres sont dj nettement apprciables ds les premires recherches usuelles diriges vers un but suffisamment dtermin4 ,prenant toujours pour type fondamental cette sagesse spontane1 constamment recommande par des succs journaliers1 la saine philosophie s'est rellement borne ensuite la gnraliser et la systmatiser1 en l'tendant convenablement aux diverses spculations abstraites1 qu'elle a ainsi successivement rgnres1 soit quant la nature des questions1 soit quant au mode de solution4 ,comme nos observations individuelles conservent ncessairement un certain caractre de personnalit1 qui doit tre soigneusement cart de toute contemplation rgulire1 c'est essentiellement la raison publique qu'il appartient de dterminer1 en un cas quelconque1 sous une forme plus ou moins explicite1 le champ gnral de la vritable exploration scientifique1 qui ne saurait jamais porter que sur les impressions communes tous les hommes1 abstraction faite des nuances1 mme normales1 particulires chaque observateur4 ,il est1 en outre1 incontestable que l'exploration vulgaire1 quoique purement spontane1 fournit toujours le vrai point de dpart de toutes les spculations positives1 dont il serait autrement impossible de comprendre ni l'essor initial ni l'unanime propagation finale4 ,nous avons1 en effet1 constamment reconnu que les faits les plus communs sont aussi1 en tous genres1 les plus importans2 tel point qu'une attention prpondrante accorde des phnomnes extraordinaires constitue maintenant1 auprs de tous les bons esprits1 un des signes les moins quivoques de l'imperfection des tudes scientifiques2 nous avons pareillement constat que les plus puissans artifices de la positivit rationnelle rsultent primitivement de l'heureuse systmatisation de certains procds logiques naturellement mans de la sagesse usuelle4 ,aussi rien n'est-il plus contraire1 en un cas quelconque1 la vritable philosophie1 que l'laboration dogmatique1 non moins strile que purile1 des premiers principes de nos connaissances relles1 qui1 essentiellement drivs de l'essor spontan de la raison humaine1 ne sauraient1 par cela mme1 jamais donner lieu aucun trait judicieux4 ,tel est1 entre autres exemples1 l'un des motifs gnraux les plus propres vrifier et expliquer la profonde inanit ncessairement inhrente la prtendue psychologie moderne2 car1 outre l'absurde hallucination qui caractrise son mode spcial d'exploration intrieure1 elle se propose surtout d'accomplir1 envers les phnomnes les plus compliqus1 ce degr inopportun d'analyse lmentaire que l'on s'est accord liminer des plus simples tudes1 sans qu'elle ait pu seulement conduire cette vaine investigation jusqu'au niveau des notions inspires de tout temps1 cet gard1 par l'exprience vulgaire4 ,enfin1 outre le point de dpart1 la raison publique doit aussi tablir le but gnral des spculations positives1 toujours finalement diriges vers les prvisions relatives aux besoins universels3 c'est ainsi que l'immortel fondateur de la vraie science astronomique en avait immdiatement apprci l'ensemble total comme devant surtout fournir la dtermination rationnelle des longitudes1 quoiqu'une telle destination ne pt devenir suffisamment ralisable que vingt sicles aprs ,hipparque4 ,il ne peut donc y avoir d'essentiellement propre aux philosophes1 dans l'laboration positive1 que l'institution et le dveloppement des divers procds intermdiaires susceptibles de lier convenablement les deux termes extrmes spontanment indiqus par la sagesse universelle4 ,toute la supriorit relle du vritable esprit philosophique sur le bons sens vulgaire rsulte d'une application spciale et continue aux spculations communes1 en partant avec prudence du degr initial1 et aprs les avoir ramenes un tat normal de judicieuse abstraction1 sans lequel ne sauraient s'accomplir cette gnralisation et cette coordination qui constituent la principale valeur des saines thories scientifiques3 car1 ce qui manque surtout aux intelligences ordinaires1 c'est moins la justesse et la pntration propres dvoiler d'heureux rapprochemens partiels1 que l'aptitude gnraliser des relations abstraites et tablir entre nos diffrentes notions une parfaite cohrence logique1 dont la plupart des hommes sont trop peu touchs1 comme le tmoigne leur facile rsignation la coexistence prolonge des conceptions les plus contradictoires4 ,ainsi1 d'aprs ces divers motifs1 on ne peut se former une juste ide de l'ensemble effectif des tudes positives qu'en y voyant1 soit dans le pass1 soit dans l'avenir1 le rsultat continu d'une immense laboration gnrale1 la fois spontane et systmatique1 laquelle participe ncessairement plus ou moins l'humanit tout entire1 seulement devance par la classe spcialement contemplative4 ,malgr la spontanit primitive que nous a tant prsente la philosophie thologique1 son essor graduel a d tre surtout attribu aux lumires surnaturelles de quelques organes privilgis1 sans aucune active coopration de la raison publique3 en sorte que cette adjonction normale de la masse pensante l'association scientifique constitue certainement l'un des caractres distinctifs de la philosophie positive1 dont il fallait ici convenablement signaler une proprit trop mal apprcie1 qui1 mieux qu'aucune autre1 peut dj indiquer quelle intime et familire incorporation sociale est ultrieurement rserv un systme spculatif toujours conu comme une simple extension de la commune sagesse4 ,on vrifie ainsi de nouveau que le point de vue sociologique est dsormais1 en tous genres1 le seul vraiment philosophique2 et chacun sent par l combien doit tre impuissante ou vicieuse toute tude relative la marche de notre intelligence quand on y procde essentiellement du point de vue individuel1 encore plus faux cet gard que sous tout autre aspect humain4 ,d'aprs notre apprciation gnrale de la vraie nature des spculations positives1 soit spontanes1 soit systmatiques1 il est clair que le principe fondamental de la saine philosophie consiste ncessairement dans l'assujettissement continu de tous les phnomnes quelconques1 inorganiques ou organiques1 physiques ou moraux1 individuels ou sociaux1 des lois rigoureusement invariables1 sans lesquelles1 toute prvision rationnelle tant videmment impossible1 la science relle demeurerait borne une strile rudition4 ,quoique nous ayons vu les premiers germes de ce grand principe coexister implicitement avec l'exercice primordial de la raison humaine1 qui1 en aucun temps1 n'a pu tre entirement soumise au rgime thologique1 nous avons cependant reconnu que son essor dcisif a d tre beaucoup plus tardif que ne le fait aujourd'hui supposer une heureuse vulgarisation1 rsultat final de vingt sicles de pnible laboration4 ,pendant la longue enfance de l'humanit1 les phnomnes1 partiels ou secondaires1 envers lesquels on n'a jamais pu mconnatre l'existence de certaines rgles constantes1 constituent assurment une simple exception1 dont l'importance spculative est loin de correspondre son utilit pratique1 et qui d'ailleurs est alors frquemment altre par l'arbitraire intervention des volonts dirigeantes4 ,un tel essor n'a pu vraiment surgir qu'envers les plus simples conceptions gomtriques1 et d'abord mme numriques1 qui1 vu leur abstraction suprieure et leur apparente inutilit1 avaient d tre spontanment soustraites l'empire explicite et spcial des croyances thologiques3 il n'a pu ensuite acqurir une vritable valeur philosophique qu'en s'tendant graduellement aux contemplations astronomiques1 si naturellement destines jusqu'ici1 comme je l'ai montr1 annoncer1 dans leurs principales phases logiques1 les plus grandes rvolutions mentales de l'humanit4 ,malgr l'extrme imperfection de cette premire extension capitale1 alors borne la seule gomtrie cleste1 tandis que la mcanique cleste devait rester longtemps encore l'tat purement thologique1 sa raction gnrale1 dveloppe par de puissantes analogies mtaphysiques1 a nanmoins constitu1 au fond1 d'aprs notre thorie historique1 le principal motif intellectuel de cette importante rduction du polythisme en monothisme1 qui a commenc l'invitable dcadence chronique de la philosophie initiale4 ,toutefois c'est seulement sous l'ascendant universel d'une telle concentration religieuse que le principe des lois invariables a pu d'abord acqurir directement une vritable et active popularit1 surtout quand il a pu tre introduit1 pendant la dernire phase du moyen ge1 dans les spculations physico-chimiques1 l'aide des conceptions alchimiques et astrologiques1 suivant les explications du cinquante-sixime chapitre4 ,la grande transaction scolastique a ds lors consacr cette puissance naissante1 en faisant dsormais prvaloir cette clbre notion transitoire qui subordonne des rgles constantes le dveloppement effectif de la volont directrice1 ainsi spontanment limine de tous les phnomnes o de telles rgles ont pu tre successivement dcouvertes4 ,cet ingnieux artifice a protg jusqu'ici tout l'essor ultrieur du principe positif1 qui1 aprs avoir graduellement obtenu1 pendant les deux derniers sicles1 une prpondrance inconteste envers les diffrentes tudes inorganiques1 a finalement prvalu aussi1 de nos jours1 dans la science de l'homme individuel1 mme intellectuel et moral4 ,nanmoins l'intime connexit d'une telle science1 surtout sous ce dernier aspect1 avec celle du dveloppement social1 n'a pu permettre que l'invariabilit des lois naturelles y ft suffisamment sentie1 soit chez la masse pensante1 soit mme chez les organes spculatifs1 tant que l'volution totale de l'humanit n'tait pas encore assujettie une semblable limination directe des volonts providentielles1 ce qui n'a t rellement accompli que par ce ,trait4 ,c'est seulement d'aprs cette bauche successive des lois effectives envers tous les ordres essentiels de phnomnes1 que ce principe fondamental peut obtenir assez d'ascendant pour devenir la base directe et exclusive d'une philosophie vraiment nouvelle1 vu l'irrsistible puissance des analogies1 ds lors pleinement rationnelles1 qui font concevoir tous les bons esprits la vrification ultrieure d'une pareille hypothse envers les phnomnes o elle n'a pu jusqu'ici tre spcialement confirme1 malgr leur vidente prpondrance numrique4 ,tant que cette condition1 aussi difficile qu'indispensable1 n'tait pas suffisamment remplie1 surtout envers les phnomnes qui absorbent justement aujourd'hui l'attention universelle1 il fallait peu compter sur la faible puissance d'une vague argumentation mtaphysique1 qui avait prmaturment tent d'tablir priori l'existence gnrale des lois naturelles1 sans pouvoir en signaler aucun germe dcisif dans les cas les plus importans2 ce qui certainement ne permettait pas d'y combattre avec succs l'nergique entranement des habitudes antrieures4 ,mais1 au contraire1 cette dtermination naissante des lois propres aux vnemens les plus complexes et les plus intressans1 quelque imparfaite qu'elle doive tre encore1 ne laissera plus subsister dsormais aucun doute raisonnable quant l'entire gnralit d'un tel principe1 dont l'ascendant philosophique1 ds lors pleinement second par la tendance naturelle de l'esprit moderne vers cet tat normal1 deviendra bientt irrsistible auprs de tous les hommes senss4 ,dans cette nouvelle situation1 l'influence prolonge des croyances monothiques1 qui avaient d'abord tant facilit ce grand mouvement logique1 surtout depuis la modification scolastique1 constitue rellement aujourd'hui le seul obstacle essentiel la plnitude de son accomplissement universel1 en conservant toujours la possibilit d'une arbitraire intervention qui vienne brusquement changer1 sous un aspect quelconque1 l'ordre fondamental4 ,sans une telle arrire-pense continue1 ncessairement inhrente toute philosophie thologique1 mme rduite sa plus extrme simplification1 la raison moderne aurait dj entirement cd la conviction spontane que doit produire1 ce sujet1 le cours journalier d'une foule d'vnemens de tous genres rgulirement accomplis selon nos prvisions rationnelles4 ,toutefois la dcouverte naissante des lois sociologiques doit aussi dissiper naturellement cette extrme opposition d'une philosophie expirante1 en tant directement aux explications providentielles l'unique domaine important qui leur ft effectivement rest depuis la transaction cartsienne4 ,c'est ainsi que la cration finale de la sociologie pouvait seule la fois complter et consolider aujourd'hui la grande rvolution mentale graduellement dtermine1 cet gard1 par les diverses sciences prliminaires4 ,en mme temps1 cette fondation dcisive1 qui institue spontanment le nouveau systme philosophique1 perfectionne beaucoup la notion gnrale des lois naturelles envers tous les phnomnes antrieurs1 en assurant ces diffrentes lois une indpendance directe suffisamment conforme au vrai gnie des tudes correspondantes4 ,sous la vicieuse impulsion mathmatique qui avait d prsider1 pendant les deux derniers sicles1 au premier essor philosophique de l'esprit positif1 ce principe fondamental ne semblait tre1 dans les sciences suprieures1 qu'une consquence dtourne1 de plus en plus loigne et de moins en moins nergique1 des inspirations manes des sciences infrieures3 tandis que maintenant sa ralisation immdiate en un cas videmment inaccessible l'empire des conceptions mathmatiques doit naturellement ragir sur tous les autres1 en y faisant uniformment sentir que chaque ordre essentiel de phnomnes a ncessairement ses lois propres1 outre celles qui rsultent de ses relations vritables avec les ordres moins compliqus et plus gnraux1 suivant les rgles de la saine hirarchie scientifique4 ,les hautes spculations sociologiques pouvaient donc seules dvelopper convenablement et conduire enfin jusqu' sa pleine maturit le sentiment universel des lois invariables1 d'abord inspir par les simples thories mathmatiques1 dsormais philosophiquement rduites leur domaine normal4 ,considres maintenant quant leur nature scientifique1 ces lois1 quoique toujours galement aptes la prvision rationnelle qui les caractrise ncessairement1 donnent lieu1 en gnral1 une distinction importante1 utilement applique dans toutes les parties de ce ,trait1 selon que les relations ainsi consacres ont pour objet la similitude ou la succession des phnomnes correspondans4 ,nos explications positives se rduisent constamment1 en effet1 lier entre eux les divers phnomnes1 tantt comme semblables1 tantt comme successifs1 sans que nous puissions d'ailleurs rien constater rellement1 cet gard1 au del du fait invariable d'une telle similitude1 ou d'une telle succession1 dont la source et le mode doivent rester jamais impntrables4 ,la connaissance effective de ces analogies ou de ces filiations suffit pleinement pour atteindre le vritable but de toute saine contemplation de la nature2 puisque les phnomnes peuvent tre ds lors1 d'une part claircis1 d'une autre part prvus1 les uns d'aprs les autres3 on sait1 du reste1 que cette prvision peut indiffremment s'appliquer au prsent1 ou mme au pass1 aussi bien qu' l'avenir1 en conservant toujours un caractre identique1 consistant connatre les vnemens indpendamment de leur observation directe1 et seulement en vertu de leurs relations mutuelles4 ,cette distinction gnrale entre les lois d'assimilation et les lois de succession a t surtout employe dans ce ,trait sous une autre forme plus usuelle1 d'ailleurs essentiellement quivalente1 en y distinguant l'tude statique et l'tude dynamique d'un sujet quelconque1 envisag1 tantt quant l'existence1 tantt quant l'activit4 ,en attachant trop d'importance aux dnominations habituelles1 on croirait d'abord mane de la science mathmatique une considration logique qui n'a pu y tre convenablement tendue que par une sorte de raction philosophique3 il est clair que les expressions caractristiques pouvaient tre galement empruntes l'art musical1 qui fournit1 cet gard1 encore plus naturellement1 une heureuse comparaison1 d'aprs un pareil contraste lmentaire de l'harmonie la mlodie4 ,abstraction faite de toute formule1 c'est assurment en mathmatique que cette importante distinction est1 au contraire1 le moins prononce1 puisqu'elle ne saurait aucunement y convenir la gomtrie proprement dite1 o il ne s'agit jamais que de relations de coexistence1 et qui cependant constitue1 tous gards1 la principale partie du domaine mathmatique3 elle ne commence s'appliquer que dans la mcanique1 d'o drivent les termes consacrs1 mais dont l'essor scientifique a t beaucoup trop tardif pour avoir pu rellement inspirer une telle notion4 ,graduellement dveloppe par les parties suprieures de la philosophie naturelle1 l'tude des corps vivans1 d'o elle est videmment mane1 peut seule en manifester suffisamment les vrais caractres1 d'aprs la distinction spontane entre l'organisation et la vie4 ,toutefois son tablissement ne peut tre complt que dans la science sociologique1 qui1 manifestant au plus haut degr une telle division1 y ajoute naturellement une haute destination pratique1 en la faisant exactement correspondre au contraste lmentaire des ides d'ordre aux ides de progrs4 ,apprcies1 enfin1 quant leur institution logique1 les lois relles nous ont offert une autre distinction gnrale1 selon que leur source essentielle est exprimentale ou rationnelle4 ,quoiqu'un vain orgueil dogmatique ait souvent tent de fltrir la premire voie par une injuste accusation d'empirisme1 qui1 au fond1 conviendrait frquemment davantage la seconde1 puisque le raisonnement peut devenir1 en certains cas1 tout aussi routinier que l'observation est suppose l'tre1 nous avons reconnu que cette diversit ncessaire n'influe aucunement ni sur la certitude1 ni sur l'utilit1 ni mme sur la vraie dignit philosophique des lois correspondantes1 pourvu qu'elles soient1 de part et d'autre1 suffisamment constates1 et d'ailleurs toujours tablies d'aprs le mode le plus convenable la nature du sujet4 ,chacune des six sciences fondamentales nous a prsent d'minens exemples de ces deux marches opposes1 mutuellement complmentaires2 malgr les prjugs de nos gomtres1 il n'y a certes pas moins de vrai gnie scientifique dans la dcouverte de ,kepler que dans celle de ,newton3 il est d'ailleurs vident que les lois initiales de la mcanique rationnelle1 et celles mme de la gomtrie1 reposent uniquement sur une judicieuse observation1 trop souvent trouble par une vicieuse argumentation4 ,on sait1 du reste1 que la perfection logique1 qu'il faut constamment avoir en vue1 sans qu'elle soit toujours ralisable1 consiste surtout1 sous cet aspect1 confirmer pleinement par l'une de ces voies ce qui a d tre trouv par l'autre3 cependant chaque science renferme assurment plusieurs notions essentielles qui ne peuvent rsulter que d'un seul des deux procds1 sans tre1 ce titre1 moins certaines1 quand toutes les conditions ont t convenablement remplies4 ,les avantages respectifs de ces deux modes varient beaucoup suivant la nature des cas scientifiques3 il faut1 autant que possible1 prfrer habituellement la dduction pour les recherches spciales1 et rserver l'induction pour les seules lois fondamentales1 afin de mieux constituer la systmatisation positive4 ,si l'abus de la seconde tend directement faire dgnrer la science en une confuse accumulation de lois incohrentes1 il est pareillement incontestable que l'emploi exagr de la premire altre ncessairement l'utilit1 la nettet1 et mme la ralit de nos spculations quelconques4 ,quant aux ressources comparatives que possdent1 ce double titre1 les diffrentes sciences fondamentales1 elles sont certainement beaucoup moins ingales que ne l'indique vulgairement une fausse apprciation philosophique1 maintenant inspire surtout par d'orgueilleux prjugs mathmatiques4 ,d'une part1 en effet1 les sciences suprieures1 d'aprs l'excessive complication de leurs phnomnes1 prsentant plus de difficults la dduction1 semblent moins accessibles la voie rationnelle que ne doivent l'tre les sciences infrieures1 o l'extrme simplicit du sujet permet aisment de prolonger davantage l'argumentation positive4 ,mais1 en mme temps1 la dpendance ncessaire des tudes les plus complexes envers les plus gnrales1 suivant notre thorie hirarchique1 doit naturellement procurer1 dans les premires1 quand elles sont convenablement cultives par des intelligences vraiment dignes de cette haute mission1 une importance bien plus capitale aux considrations priori drives des sciences antrieures1 et dont la judicieuse introduction conduit alors rendre essentiellement dductives la plupart des notions fondamentales1 qui ne peuvent tre qu'inductives dans les sciences plus isoles4 ,quoique une telle compensation soit loin de suffire1 et que les diverses sciences ne puissent nanmoins1 comme je l'ai tant expliqu1 comporter une gale perfection1 elles peuvent toutefois devenir ainsi essentiellement quivalentes1 soit en positivit1 soit mme en rationnalit3 une juste comparaison ne saurait1 cet gard1 uniquement reposer sur l'apprciation effective de notre tat prsent1 trop rapproch de l'essor initial des tudes les plus difficiles1 qui sont encore si imparfaitement institues1 tandis que les plus faciles ont acquis depuis longtemps un caractre beaucoup moins loign de leur vraie constitution finale4 ,il faut d'ailleurs1 ce sujet1 considrer aussi1 en sens inverse1 que cette formation plus rcente des sciences suprieures ne leur est pas entirement dsavantageuse1 puisqu'elle y doit naturellement permettre un plus libre et plus complet ascendant du vritable esprit philosophique1 en ne dveloppant les habitudes mentales correspondantes que lorsque l'ducation gnrale de la raison humaine est rellement plus avance2 outre que la position encyclopdique d'un tel ordre de spculations y doit susciter spontanment un sentiment plus tendu et plus rel de l'ensemble de la mthode positive4 ,tous les penseurs qui sauront assez s'affranchir de nos prjugs scientifiques pour tablir1 ces divers titres1 une judicieuse comparaison philosophique entre les deux termes extrmes de la vraie hirarchie spculative1 reconnatront finalement1 j'ose le dire1 d'aprs un sage examen respectif1 que la science sociologique1 quoique cre seulement par ce ,trait1 peut dj rivaliser1 non de prcision et de fcondit1 mais de positivit et de rationnalit1 avec la science mathmatique elle-mme1 soit par une plus parfaite mancipation de toute influence mtaphysique1 soit surtout en vertu d'une solidarit plus satisfaisante1 dans une tude dont l'immensit et la difficult n'empchent pas la rduction spontane une vritable unit1 comme je crois l'avoir suffisamment constat en dduisant d'une seule loi fondamentale l'explication gnrale de chacune des grandes phases successives propres l'ensemble de l'volution humaine4 ,si l'on a convenablement gard aux diversits ncessaires1 on trouvera que les sciences prliminaires n'offrent1 sous ce rapport1 rien de vraiment comparable1 sauf la parfaite systmatisation accomplie par ,lagrange dans la thorie de l'quilibre et du mouvement1 relativement un sujet bien moins difficile et beaucoup mieux prpar2 ce qui doit manifester l'aptitude naturelle de la science finale une coordination plus complte1 malgr sa fondation rcente1 et nonobstant la complication transcendante de ses phnomnes1 par la seule efficacit de sa position normale l'extrmit suprieure de la vritable chelle encyclopdique4 ,cette apprciation fondamentale de la philosophie positive comme ayant toujours pour objet l'tude des lois invariables1 soit d'harmonie1 soit de succession1 la fois exprimentales et rationnelles1 propres aux divers ordres de phnomnes1 nous a partout conduits faire spcialement ressortir les deux caractres corrlatifs1 l'un logique1 l'autre scientifique1 qui1 en un sujet quelconque1 distinguent le plus profondment une telle manire de philosopher4 ,le premier consiste surtout dans la prpondrance ncessaire et universelle1 mais d'ailleurs directe ou indirecte1 de l'observation sur l'imagination1 contrairement au rgime philosophique initial4 ,tant que l'tat franchement thologique a suffisamment persist1 c'est--dire jusqu'au plein ascendant du monothisme1 les enqutes inaccessibles dont l'esprit humain tait habituellement proccup se trouvaient ncessairement diriges par des rvlations plus ou moins explicites1 o l'imagination avait seule essentiellement part1 sans que l'observation y pt mme exercer aucun contrle capital et continu1 puisque le sentiment gnral de l'existence des lois naturelles n'avait alors acquis aucune consistance rationnelle4 ,en passant l'tat minemment mtaphysique1 qui a commenc prvaloir aussitt aprs l'entier dveloppement social du monothisme1 l'imagination pure n'est plus souveraine1 mais la vritable observation ne l'est pas encore2 c'est l'argumentation proprement dite qui domine l'ensemble du rgime philosophique1 o le raisonnement s'exerce1 non sur des fictions1 ni sur des ralits1 mais sur de simples entits4 ,dans cette situation transitoire1 la nature des principales recherches n'ayant pas chang1 et la marche tant seulement transforme1 d'quivalentes considrations priori1 indpendantes de toute observation1 continuent diriger les hautes spculations1 quoique sous une forme plus abstraite1 pendant que s'accumulent les faits secondaires destins permettre ensuite une meilleure alimentation mentale4 ,l'exorbitante prolongation de ce rgime vague et quivoque constitue le plus grand danger propre au dveloppement de la raison moderne1 qui ne peut plus srieusement redouter les fictions thologiques1 tandis qu'elle peut tre1 au contraire1 fort entrave1 tous gards1 par ces entits mtaphysiques1 dont l'empire1 moins consistant1 mais plus spcieux1 prsente une apparence de rationnalit susceptible de sduire les intelligences qu'un convenable exercice positif n'a pas suffisamment raffermies4 ,nous avons constat1 mme en mathmatique1 surtout envers la thorie du mouvement1 combien l'abus du raisonnement1 symptme invariable d'une telle transition1 y a longtemps empch la connaissance des plus importantes vrits scientifiques1 et altre encore gravement leur apprciation habituelle4 ,l'ensemble de la mthode positive est si mal compris des savans actuels1 par suite d'une culture trop dispersive1 qu'il n'est1 malheureusement1 pas superflu de signaler directement aujourd'hui la prpondrance continue de l'observation sur l'imagination comme le principal caractre logique de la saine philosophie moderne1 en tant que dirigeant nos recherches1 non vers les causes essentielles1 mais vers les lois effectives1 des divers phnomnes naturels3 car1 sans tre dsormais immdiatement contest1 ce principe fondamental reste souvent mconnu dans les travaux spciaux4 ,quoique les diffrens ordres de spculations relles accordent1 sans doute1 l'imagination une haute participation active1 nous l'y avons cependant toujours vue ncessairement subordonne l'observation1 c'est--dire constamment employe crer ou perfectionner les moyens de liaison entre les faits constats2 mais le point de dpart ni la direction ne sauraient1 en aucun cas1 lui appartenir4 ,mme quand nous procdons vraiment priori1 il est clair que les considrations gnrales qui nous guident ont t primitivement fondes1 soit dans la science correspondante1 soit dans une autre1 sur la simple observation1 seule source de leur ralit et aussi de leur fcondit4 ,voir pour prvoir1 tel est le caractre permanent de la vritable science2 tout prvoir sans avoir rien vu1 ne peut constituer qu'une absurde utopie mtaphysique1 encore trop poursuivie4 cette apprciation logique correspond naturellement1 sous l'aspect scientifique1 la substitution ncessaire du relatif l'absolu1 comme constituant aujourd'hui l'attribut le plus dcisif du vrai gnie philosophique4 ,dans toutes les parties actuelles de la philosophie naturelle1 nous avons toujours vu cette grande et heureuse transformation rsulter spontanment d'un essor suffisant de la positivit rationnelle2 et nous l'avons ensuite tendue irrvocablement au seul ordre essentiel de phnomnes qui ne l'et pas encore manifeste4 ,en rsultat commun de cette double laboration1 il ne reste donc plus ici qu' caractriser sommairement le profond contraste gnral qui existe directement1 ce sujet1 entre la philosophie pleinement positive et l'ancienne philosophie thologico-mtaphysique4 ,celle-ci1 en effet dans les diverses phases qu'elle a d successivement offrir1 et mme l'tat mtaphysique le moins loign de l'tat positif1 conserve sans cesse cette tendance invincible aux notions absolues qui doit naturellement convenir toute recherche quelconque de la cause proprement dite et du mode essentiel de production des divers phnomnes4 ,rien ne pouvant mieux caractriser les natures vraiment minentes que leurs efforts instinctifs pour surmonter spontanment une vicieuse direction fondamentale1 le plus grand des mtaphysiciens modernes1 l'illustre ,kant1 a noblement mrit une ternelle admiration en tentant1 le premier1 d'chapper directement l'absolu philosophique par sa clbre conception de la double ralit1 la fois objective et subjective1 qui indique un si juste sentiment de la saine philosophie4 ,mais cet heureux aperu1 priv de toute active consistance scientifique1 par suite du strile isolement o la mtaphysique se trouvait partout radicalement place depuis la transaction cartsienne1 suivant les explications directes du cinquante-sixime chapitre1 ne pouvait aucunement suffire instituer une philosophie vraiment relative3 aussi l'absolu1 que ce puissant penseur avait1 certains gards1 implicitement contenu1 n'a pas tard reprendre naturellement1 chez ses divers successeurs1 son ancienne prpondrance1 mme plus dogmatiquement formule1 et que peut seul dtruire l'ascendant final de l'esprit philosophique graduellement man de l'volution scientifique proprement dite4 ,or1 rien de vraiment dcisif n'tait possible cet gard1 tant que cette volution n'tait pas convenablement tendue jusqu'aux spculations sociales1 soit parce qu'elle restait encore trop incomplte1 soit surtout parce qu'elle n'affectait pas les seules conceptions pleinement universelles4 ,mais cette condition finale tant dsormais suffisamment ralise par ce ,trait1 l'irrvocable dcadence de toute philosophie absolue ne peut plus tre aucunement empche1 en un sicle dont l'esprit dominant est d'ailleurs si contraire son antique ascendant1 mme chez les populations o la dplorable influence mentale du protestantisme a d gravement entraver l'essor de la philosophie positive1 en prolongeant et aggravant spcialement la transition mtaphysique4 ,d'abord1 l'ensemble des tudes inorganiques nous a clairement dmontr1 tous gards1 que toutes les notions sur le monde extrieur1 o l'homme n'intervient que comme spectateur de phnomnes indpendans de lui1 sont essentiellement relatives1 comme nous l'avons surtout remarqu envers celle qui semblait le plus justement devoir conserver un caractre absolu1 c'est--dire la pesanteur4 ,ensuite1 la saine philosophie biologique nous a fait sentir1 en restant au point de vue lmentaire de l'homme individuel1 que les oprations mmes de notre intelligence1 en qualit de phnomnes vitaux1 sont invitablement subordonnes1 comme tous les autres phnomnes humains1 cette relation fondamentale entre l'organisme et le milieu1 dont le dualisme constitue1 tous gards1 la vie1 suivant les explications directes du quarantime chapitre1 spcialement compltes1 sous ce rapport1 au quarante-cinquime4 ,ainsi1 toutes nos connaissances relles sont ncessairement relatives1 d'une part au milieu en tant que susceptible d'agir sur nous1 et d'une autre part l'organisme en tant que sensible cette action3 en sorte que l'inertie de l'un ou l'insensibilit de l'autre suppriment aussitt ce commerce continu d'o dpend toute notion effective2 ce qui est surtout sensible dans les cas o la communication s'opre par une seule voie1 comme je l'ai not1 en philosophie astronomique1 envers les astres obscurs1 ou chez les individus aveugles4 ,toutes nos spculations quelconques sont donc la fois profondment affectes1 aussi bien que tous les autres phnomnes de la vie1 par la constitution extrieure qui rgle le mode d'action1 et par la constitution intrieure qui en dtermine le rsultat personnel1 sans que nous puissions jamais tablir1 en chaque cas1 une exacte apprciation partielle de l'influence uniquement propre chacun de ces deux insparables lmens de nos impressions et de nos penses4 ,c'est l'quivalent trs-imparfait de cette conception biologique que ,kant tait seulement parvenu1 sa manire1 avec les divers inconvniens graves1 quant la nettet et surtout l'efficacit1 qui restaient inhrens sa marche mtaphysique4 ,mais un tel pas1 mme mieux accompli1 ne saurait videmment suffire1 puisqu'il ne concerne qu'une apprciation purement statique de l'intelligence individuelle2 ce qui constitue un point de vue beaucoup trop loign de la ralit philosophique pour pouvoir dterminer1 cet gard1 aucune rvolution dcisive4 ,il tait donc indispensable de s'lever enfin directement jusqu' la saine apprciation dynamique de l'intelligence collective de l'humanit1 convenablement envisage dans l'ensemble de son dveloppement continu2 ce qui doit certainement caractriser ce sujet le seul tat vraiment normal1 dsormais atteint dans ce ,trait par la cration de la sociologie1 d'o dpend aujourd'hui l'entire limination de l'absolu4 ,c'est uniquement alors que l'indication biologique se trouve complte et fconde1 en faisant sentir que1 dans le grand dualisme lmentaire entre l'intelligence et le milieu1 le premier terme est ncessairement assujetti aussi des phases successives1 et surtout en dvoilant la loi fondamentale de cette volution spontane4 ,ainsi l'aperu statique montrait seulement que nos conceptions seraient modifies si notre organisation changeait1 autant que par l'altration du milieu2 mais comme1 en ralit1 ce changement organique est purement fictif1 l'absolu n'tait qu'imparfaitement t1 puisque l'immuable semblait rester4 ,notre thorie dynamique1 au contraire1 prend directement en considration prpondrante le dveloppement graduel auquel est videmment assujettie1 sans aucune transformation d'organisme1 l'volution intellectuelle de l'humanit1 et dont l'influence continue n'avait pu tre carte que d'aprs une vicieuse abstraction mtaphysique1 constituant tout au plus un degr transitoire1 mais entirement incompatible avec l'tat normal des conclusions philosophiques4 ,ce dernier effort est donc seul susceptible d'une pleine et active efficacit contre la philosophie absolue3 s'il tait possible que je me fusse mpris sur la vritable loi de la grande volution humaine1 il n'en pourrait rsulter rationnellement que la ncessit d'tablir une meilleure doctrine sociologique1 et je n'en aurais pas moins irrvocablement constitu1 ce sujet1 l'unique mthode susceptible de conduire la connaissance positive de l'esprit humain1 dsormais envisag dans l'ensemble de ses conditions ncessaires1 et non dans la situation vague et chimrique laquelle s'est toujours arrte la marche mtaphysique4 ,la prtendue immuabilit mentale tant ainsi carte1 la philosophie relative se trouve directement constitue2 car nous avons t conduits par l concevoir habituellement1 en tous genres1 les thories successives comme des approximations croissantes d'une ralit qui ne saurait jamais tre rigoureusement apprcie1 la meilleure thorie tant toujours1 chaque poque1 celle qui reprsente le mieux l'ensemble des observations correspondantes1 suivant la tendance spontane1 aujourd'hui heureusement familire aux bons esprits scientifiques1 laquelle la philosophie sociologique se borne ajouter une complte gnralisation1 et ds lors une conscration dogmatique4 ,en mme temps1 cette apprciation finale doit spontanment dissiper les craintes srieuses qu'avait d souvent inspirer jusqu'ici une limination prmature et mal conue de l'absolu philosophique1 d'aprs d'insuffisans aperus mtaphysiques1 qui1 si leur influence pratique n'et pas t essentiellement contenue par la rectitude naturelle de la raison commune1 pouvaient conduire aux plus dangereuses aberrations1 en tant toute consistance nos opinions quelconques1 ainsi livres1 en apparence1 des fluctuations arbitraires et indfinies1 sans aucun principe de fixit4 ,d'abord1 sous l'aspect statique1 il est certain que plusieurs coles ont vicieusement exagr l'influence ncessaire des diversits organiques sur les conceptions mentales1 en rapportant au mode les variations toujours bornes au degr4 ,si l'on considre l'ensemble des organismes possibles1 soit effectifs1 soit mme fictifs1 on reconnat aisment que1 quoique le monde ne doive pas sans doute tre entirement identique pour tous les animaux1 les connaissances relles propres aux diverses races ont cependant un fond essentiellement commun1 qui est seulement plus ou moins apprci par des entendemens plus ou moins parfaits mais radicalement homognes4 ,cette conformit ncessaire est incontestable pour la partie exprimentale de chaque notion1 puisque nos impressions personnelles n'y servent surtout que d'intermdiaires indispensables la manifestation des rapports externes2 et elle est assurment encore plus vidente pour la partie purement rationnelle1 puisque les diverses intelligences ne sauraient aucunement diffrer quant la nature lmentaire des dductions ou des combinaisons1 malgr leur aptitude trs-ingale les former ou les prolonger4 ,on ne pourrait mconnatre cette universalit fondamentale des lois intellectuelles1 sans tre pareillement conduit nier aussi celle de toutes les autres lois biologiques1 aujourd'hui scientifiquement tablie4 ,ainsi1 le monde rel est1 sans doute1 moins bien connu1 sauf quelques gards secondaires1 par les autres animaux1 mme les plus levs1 que par notre espce1 comme il pourrait l'tre encore mieux par des tres plus parfaits1 que l'on imaginerait propres faire des observations plus compltes ou plus exactes et des raisonnemens plus gnraux ou plus suivis3 mais1 en tous ces cas1 le sujet des tudes et le fond des conceptions restent ncessairement identiques1 quelle que puisse tre la diversit des degrs1 toujours analogue celle que nous apercevons journellement chez les diffrens hommes1 et seulement beaucoup plus prononce2 les maladies mentales elles-mmes n'altrent pas essentiellement cette identit ncessaire4 ,en second lieu1 sous l'aspect dynamique1 il est clair que les variations continues des opinions humaines1 selon les temps ou suivant les lieux1 n'affectent pas davantage une telle uniformit radicale1 puisque nous connaissons maintenant la loi fondamentale d'volution laquelle est assujetti le cours1 en apparence arbitraire1 de ces diverses mutations4 ,le spectacle de ces grands changemens n'a pu faire croire l'incertitude totale de nos connaissances quelconques que par suite mme de la prpondrance1 jusqu'ici plus ou moins persistante1 d'une philosophie essentiellement absolue1 qui ne permettait pas de concevoir la vrit sans l'immuabilit4 ,une autre consquence1 plus frquente et non moins funeste1 de ce vicieux rgime intellectuel1 se trouve pareillement dissipe par la philosophie positive1 toujours sagement relative1 sous l'ascendant universel de l'esprit sociologique3 c'est la tendance1 aujourd'hui si commune1 surtout chez les hommes clairs1 une absurde exagration de la supriorit propre la raison moderne1 en interprtant la plupart des opinions antrieures de l'humanit comme l'indice d'une sorte d'tat chronique d'alination mentale qui aurait persist jusqu' ces derniers sicles1 sans que d'ailleurs on s'inquite davantage de motiver sa cessation que son origine4 ,cette irrationnelle disposition1 principal fondement logique des conceptions purement rvolutionnaires1 et qui empche directement toute saine apprciation de l'ensemble de l'volution humaine1 a t spontanment rectifie1 dans ce ,trait1 d'aprs l'laboration historique qui nous a constamment reprsent1 au contraire1 non-seulement les thories successives de chaque science relle1 mais mme les croyances monothiques1 polythiques1 ou ftichiques1 les plus opposes nos lumires actuelles1 comme ayant toujours constitu1 au temps de leur avnement1 et ensuite pour une certaine dure1 le meilleur systme compatible avec l'ge correspondant du dveloppement humain1 c'est--dire la moins imparfaite approximation qui ft alors possible de cette vrit fondamentale dont nous sommes seulement plus rapprochs aujourd'hui1 quoique notre nature1 ni aucune autre quelconque1 n'y puisse jamais rigoureusement parvenir4 ,la saine philosophie1 restituant enfin notre intelligence ce mouvement normal sans lequel1 aucun gard1 on ne saurait concevoir la vie1 explique donc le cours gnral des opinions humaines pendant les diverses phases successives qui devaient prparer notre virilit mentale1 d'aprs le mme principe ncessaire d'une harmonie croissante entre les conceptions et les observations1 qui nous fait journellement sentir la ralit progressive de nos diffrentes notions positives1 depuis que la recherche des lois commence prvaloir sur celle des causes4 ,c'est ainsi que l'esprit sociologique pouvait seul constituer une philosophie minemment relative1 en rendant toujours prpondrante la considration universelle d'une volution fondamentale1 assujettie une marche dtermine1 et dominant1 chaque poque1 l'ensemble de nos penses quelconques2 de manire permettre dsormais de concilier suffisamment les plus antipathiques systmes en rapportant chacun la situation correspondante1 sans jamais compromettre cependant l'indispensable nergie du jugement final par les dangereuses inconsquences d'un vain clectisme1 qui aspire si trangement conduire aujourd'hui le mouvement intellectuel1 tandis que lui-mme1 dpourvu de toute direction gnrale1 oscille constamment jusqu'ici entre l'absolu et l'arbitraire1 galement consacrs dans ses irrationnelles abstractions4 ,le spectacle des grandes variations dogmatiques1 encore si dangereux contempler pour tant d'intelligences mal affermies1 est ds lors irrvocablement converti1 d'aprs une judicieuse apprciation historique1 en source directe et continue de l'harmonie la plus durable et la plus tendue4 ,aprs avoir suffisamment caractris1 sous les divers aspects essentiels1 la vraie nature gnrale de la philosophie positive1 il faut maintenant complter cette dtermination fondamentale par un examen plus immdiat de sa destination permanente1 successivement considre1 soit dans l'individu1 soit surtout dans l'espce1 d'abord quant la vie spculative1 ensuite quant la vie active4 ,l'office thorique de la philosophie positive consiste principalement1 en ce qui concerne l'individu1 satisfaire spontanment au double besoin lmentaire qu'prouve toujours notre intelligence d'tendre et de lier1 autant que possible1 ses connaissances relles4 ,ces deux indispensables conditions ont d tre trs-imparfaitement remplies1 et d'ailleurs rester vicieusement antipathiques1 tant qu'a prvalu la philosophie thologico-mtaphysique1 par une suite ncessaire de son caractre absolu1 qui ne permettait la consistance qu'avec l'immobilit4 ,quoique la liaison tablie entre nos conceptions sous l'ascendant arbitraire des volonts ou des entits ft assurment trs-vague et fort peu stable1 elle n'en tendait pas moins empcher directement leur extension1 en posant d'avance l'uniforme explication apparente de tous les cas imaginables2 et elle y et apport1 en effet1 un obstacle insurmontable1 si un tel rgime mental avait jamais pu tre rigoureusement universel3 mais1 tandis que cet esprit initial dominait dans toutes les hautes spculations1 les spculations secondaires1 relatives aux questions les plus usuelles1 taient ncessairement d'une autre nature1 et prsentaient1 envers certains phnomnes de tous genres1 cette premire bauche spontane des lois effectives1 sans laquelle l'homme1 encore plus qu'aucun autre animal1 ne pourrait nullement diriger sa conduite journalire2 et c'est ce qui a permis ensuite1 comme je l'ai rappel ci-dessus1 le dveloppement continu des tudes relles1 d'aprs l'essor graduel de cette positivit vulgaire1 d'abord accessoire1 spciale1 et incohrente4 ,au contraire1 la philosophie positive ne saurait tre mieux caractrise que par son aptitude naturelle concilier directement et de plus en plus ces deux besoins1 jusqu'alors si opposs1 de liaison et d'extension1 en tirant de la liaison mme de nos connaissances relles le plus puissant moyen de dterminer leur extension1 et1 rciproquement1 en faisant servir chaque extension accomplie perfectionner la liaison antrieure4 ,malgr les grandes difficults que prsente souvent cette double raction1 surtout quand l'introduction de nouveaux faits semble devoir profondment troubler la coordination tablie1 une longue exprience1 maintenant assez complte pour tre pleinement dcisive1 dmontre dj irrcusablement cette minente proprit de la philosophie relative1 toujours dispose subordonner les conceptions aux ralits4 ,c'est ainsi que la vraie philosophie moderne1 ds sa plus intime et plus abstraite apprciation logique1 se montre directement destine satisfaire spontanment aux deux faces insparables du grand problme humain1 en garantissant la fois l'ordre et le progrs1 alternativement sacrifis l'un l'autre dans les divers tats de l'ancienne philosophie4 ,d'aprs une telle identit ncessaire1 la fonction fondamentale de la saine philosophie peut tre utilement rduite1 pour plus de simplicit1 constituer1 autant que possible1 l'harmonie gnrale de notre systme intellectuel1 afin de mieux formuler ainsi la prminence normale que doivent toujours conserver1 malgr cette heureuse convergence naturelle1 les besoins relatifs l'existence sur ceux propres au mouvement1 aussi bien chez l'espce que chez l'individu1 sauf les phases exceptionnelles o1 en l'un et l'autre cas1 cette disposition habituelle semble temporairement intervertie4 ,le caractre minemment relatif du vritable esprit philosophique doit conduire regarder cette entire cohrence logique comme constituant1 chaque poque1 le tmoignage le plus dcisif de la ralit de nos conceptions1 puisque leur correspondance avec nos observations est ds lors directement garantie1 et que par l nous sommes assurs d'tre aussi prs de la vrit que le comporte l'tat correspondant de l'volution humaine4 ,or1 toute prvision rationnelle consistant1 au fond1 passer rgulirement d'une notion une autre1 en vertu de leur liaison mutuelle1 on voit ainsi comment une telle prvision1 devient ncessairement le critrium le plus certain d'une vraie positivit1 en manifestant la destination essentielle de cette harmonie fondamentale1 qui fait spontanment rsulter l'extension de nos connaissances de leur saine coordination gnrale4 ,quoique ces besoins intellectuels doivent assurment tre1 en eux-mmes1 peu prononcs d'ordinaire1 vu la faible nergie des fonctions spculatives dans l'ensemble de notre imparfait organisme1 ils y sont cependant beaucoup plus vifs que ne le fait d'abord supposer la longue rsignation de l'esprit humain supporter1 sans aucune rpugnance apparente1 le rgime philosophique le moins propre y satisfaire convenablement3 car nous savons que1 loin d'indiquer aucun choix1 une telle disposition est une suite invitable de la marche originale de l'volution mentale4 un degr quelconque de cette lente prparation spontane1 si une heureuse communication extrieure parvient introduire avant le temps les conceptions positives1 l'avide empressement avec lequel elles sont partout accueillies montre assez que l'attachement primitif de notre intelligence aux explications thologiques ou mtaphysiques tait seulement d l'impossibilit vidente d'une meilleure alimentation1 et n'avait aucunement altr l'intime sentiment de nos vrais apptits crbraux1 comme le tmoigne une exprience journalire1 soit individuelle1 soit mme collective4 ,il faut d'ailleurs reconnatre que la faiblesse de notre entendement constitue un nouveau motif de la prdilection involontaire pour les connaissances relles1 du moins aussitt que leur essor suffisamment avanc peut lui procurer un prcieux soulagement1 en lui faisant retrouver1 dans les relations gnrales1 cette constance et cette continuit que ne sauraient lui offrir les phnomnes particuliers1 et qui posent un terme1 toujours ardemment dsir1 ses pnibles hsitations4 ,mais1 quelle que soit1 quant l'individu1 la haute importance d'un tel office spculatif1 c'est surtout envers l'espce que sa destination doit devenir vraiment fondamentale1 en constituant la base logique de l'association humaine4 ,l'aptitude spontane de la philosophie positive tablir une exacte harmonie dans le systme total de chaque entendement isol se dveloppe alors par une application plus vaste et plus dcisive1 afin de dterminer une indispensable convergence chez les diverses intelligences3 c'est toujours1 au fond1 en l'un et l'autre cas1 la mme proprit lmentaire1 avec une ingale activit1 qui n'influe essentiellement que sur la rapidit du succs4 ,d'aprs la similitude ncessaire entre l'organisme individuel et l'organisme collectif1 on peut assurer1 en principe1 que1 chaque degr quelconque de la commune volution1 toute philosophie qui aura pu constituer une vritable cohrence logique chez un esprit unique1 se montre1 par cela seul1 susceptible de rallier ultrieurement la masse entire des penseurs4 ,c'est surtout ainsi que les grands gnies philosophiques deviennent spontanment les guides intellectuels de l'humanit1 comme subissant les premiers chaque rvolution mentale1 dont une telle manifestation devance et facilite plus ou moins l'avnement naturel4 ,sensible jusque dans l'tat thologico-mtaphysique1 malgr les immenses divagations qu'il comporte1 cette intime solidarit doit tre la fois plus directe1 plus complte1 et plus irrsistible1 dans l'tat positif1 o1 comme nous l'avons dj rappel1 toutes les intelligences spculent sur un fond commun1 soumis leur apprciation1 mais soustrait leur ascendant1 et procdent1 suivant une marche toujours homogne1 d'aprs un mme point de dpart1 des recherches finalement identiques3 leur ingalit effective1 d'ailleurs si irrationnellement exagre par l'orgueil scientifique1 ne peut rellement affecter que l'poque du succs1 qui1 une fois accompli en un seul cerveau1 ne saurait plus tre convenablement observ chez tous les autres4 ,inversement appliqu1 cet important principe doit faire pareillement sentir qu'une telle adhsion spontane1 graduellement unanime1 confirme autant la ralit des nouvelles conceptions que leur opportunit1 d'aprs la concidence ncessaire que la philosophie relative dmontre entre ces deux conditions fondamentales2 car deux appareils aussi compliqus que le sont1 tant d'gards1 deux cerveaux humains1 ne sauraient videmment manifester longtemps1 dans leur allure originale1 une marche suffisamment conforme1 sans qu'une telle concidence ne doive constituer aussitt une indication presque certaine de la commune correspondance de leurs conceptions simultanes au sujet extrieur de cette double contemplation2 comme nous le supposons habituellement1 et avec raison1 envers des mcanismes infiniment plus simples4 ,d'une autre part1 nulle intelligence partielle ne saurait s'isoler assez de la masse pensante pour n'tre pas essentiellement entrane par la convergence publique4 ,on le confirmerait au besoin d'aprs l'exemple exceptionnel des runions d'alins1 qui1 malgr leur discordance caractristique1 exercent toujours une dplorable influence sur l'tat mental des plus minens mdecins exposs leur action journalire1 en vertu de la seule aptitude de toute nergique conviction1 mme errone1 troubler spontanment toute opinion contraire1 quelque bien fonde qu'elle puisse tre4 ,aucun profond penseur n'oubliera donc jamais que tous les hommes doivent tre regards comme naturellement collaborateurs pour dcouvrir la vrit autant que pour l'utiliser4 ,quelle que soit la juste hardiesse du gnie vraiment destin devancer la commune sagesse1 son isolement absolu serait ncessairement aussi irrationnel qu'immoral4 ,l'tat d'abstraction indispensable aux grands efforts intellectuels expose tant de graves aberrations1 soit par ngligence1 soit mme par illusion1 qu'aucun bon esprit ne doit ddaigner ce prcieux contrle permanent de la raison publique1 si propre consolider et rectifier sa marche particulire1 toujours plus ou moins aventureuse1 jusqu' ce qu'il ait suffisamment mrit cet assentiment universel1 objet final de ses travaux4 ,une fois accomplie1 cette convergence spculative constitue1 son tour1 la premire condition lmentaire de toute vritable association1 qui exige1 par sa nature1 l'indispensable runion permanente d'un suffisant concours d'intrts1 non-seulement avec une convenable conformit de sentimens1 mais aussi1 et avant tout1 avec une communaut essentielle d'opinions3 sans ce triple fondement indivisible1 aucune socit quelconque1 depuis la famille jusqu' l'espce1 ne saurait tre ni active1 ni durable4 ,les haines profondes toujours suscites par de graves dissidences intellectuelles1 et qui1 sous d'autres formes1 ne seraient pas moins prononces dans l'tat positif1 si ces divergences y pouvaient tre aussi compltes1 indiquent assez que1 malgr le peu d'nergie intrinsque que notre nature accorde directement aux impulsions purement mentales1 leur raction ncessaire sur l'ensemble de notre conduite1 soit individuelle1 soit surtout collective1 exige videmment que la sociabilit humaine repose d'abord sur leur universelle concidence4 ,il serait sans doute superflu de faire ici spcialement ressortir1 cet gard1 la supriorit spontane de la philosophie positive1 en un temps o de vaines prtentions surannes ne sauraient empcher la raison publique de sentir profondment que1 depuis plusieurs sicles1 l'ancienne philosophie1 soit thologique1 soit mtaphysique1 loin de constituer encore la seule source d'harmonie gnrale qui dt tre primitivement possible quoique extrmement imparfaite1 est rellement devenue1 chez l'lite de l'humanit1 un principe trs-actif d'intime perturbation1 la fois personnelle1 domestique et sociale4 ,le cours graduel de l'volution moderne a dsormais irrcusablement signal dans l'esprit positif l'unique base finale d'une vraie communion intellectuelle1 susceptible d'une consistance et d'une extension dont le pass ne saurait fournir aucune juste mesure4 ,telle est donc1 tant pour l'espce que pour l'individu1 la destination fondamentale de la mthode positive1 envisage seulement quant notre vie spculative1 comme principe spontan de cohrence logique et d'harmonie unanime4 ,sans quitter le point de vue abstrait1 seul convenable ce ,trait1 nous avons frquemment reconnu1 dans ses diverses parties successives1 combien cette importante apprciation est puissamment fortifie par une suffisante considration gnrale des besoins intellectuels directement relatifs la vie active1 suivant la distinction ci-dessus indique1 quoiqu'il n'en puisse rsulter aucun motif essentiellement nouveau4 ,c'est surtout comme base ncessaire de toute action rationnelle que la science relle a t jusqu'ici universellement gote2 et cette attribution permanente conservera toujours une valeur vraiment fondamentale1 d'aprs l'indispensable stimulation qui en rsulte spontanment1 soit pour neutraliser chaque instant l'inertie native de notre intelligence1 soit pour imprimer ses efforts une direction mieux dtermine4 ,toutes les parties de la philosophie naturelle nous ont montr1 avec une pleine vidence1 que le premier essor de la positivit rationnelle a t partout provoqu par les exigences de l'application1 beaucoup plus imprieuses et plus prcises que celles de la pure spculation4 ,nanmoins il demeure incontestable que1 si cet essor n'et pas t1 un certain degr1 spontan1 d'aprs les seules tendances mentales1 il n'aurait jamais pu s'accomplir1 puisque l'heureuse aptitude pratique des thories positives ne saurait devenir sensible qu'en rsultat d'une suffisante culture1 avant laquelle les chimres thologico-mtaphysiques ont d longtemps sembler bien plus propres la satisfaction des plus ardens dsirs correspondans l'enfance de l'humanit4 ,mais1 malgr cette indispensable apprciation1 sans laquelle on exagrerait vicieusement l'influence spculative des besoins actifs1 comme on y est aujourd'hui trop dispos1 il est certain qu'aussitt qu'une telle relation a pu s'tablir en quelques cas importants1 elle a exerc une influence capitale et toujours croissante sur le dveloppement du vritable esprit philosophique1 en faisant spontanment ressortir1 mieux que par aucune autre comparaison1 l'inanit radicale du rgime des volonts ou des entits1 finalement reconnu impuissant diriger l'action relle de l'homme sur la nature4 ,quoique un sentiment imparfait de cette grande destination tende quelquefois trop restreindre les hautes spculations scientifiques1 sa juste notion devient cependant aussi favorable la pleine rationnalit de nos conceptions qu' leur entire positivit1 quand on a suffisamment compris l'intime connexit qui lie les moindres problmes pratiques aux plus minentes recherches thoriques2 comme le tmoignent1 par exemple1 depuis si longtemps1 tous les arts relatifs l'astronomie4 ,la prvision systmatique1 qui constitue1 tous gards1 le principal caractre de la science relle1 acquiert surtout ainsi une valeur fondamentale1 en tant que base ncessaire de toute action rationnelle3 rien ne saurait mieux montrer que les efforts spculatifs restent essentiellement striles tant que ce but dcisif n'a pu tre atteint4 ,suivant nos explications prcdentes1 l'intelligence humaine prouve sans doute1 indpendamment de toute application active1 et par une pure impulsion mentale1 le besoin direct de connatre les phnomnes et de les lier3 mais cette double tendance est assurment trop peu prononce1 sauf chez quelques organismes exceptionnels1 pour faire universellement prvaloir un svre rgime philosophique1 qui choque1 beaucoup d'gards1 les inclinations initiales de l'humanit2 ou1 du moins1 son avnement spontan et t extrmement retard1 si les exigences pratiques ne l'avaient ncessairement trs-acclr4 ,une insuffisante analyse des effets gnraux de l'tonnement ferait d'abord attribuer une bien plus grande intensit ces besoins spculatifs2 car rien n'gale peut-tre1 chez l'homme normal1 la profonde perturbation subitement dtermine quelquefois1 dans l'appareil crbral1 et ensuite dans tout le reste de l'conomie1 par la seule apparence d'une grave et brusque infraction l'ordre accoutum des divers phnomnes naturels3 mais une plus complte apprciation montre alors que le principal trouble est d aux inquitudes pratiques1 directes ou indirectes1 que suggre naturellement une telle pense1 en dtruisant les rgles constantes qui servaient de base notre conduite effective2 on a souvent occasion de reconnatre que le renversement des lois extrieures exciterait peine1 au contraire1 une lgre attention1 s'il n'affectait que des vnements trangers notre existence1 quoiqu'il pt tre1 en lui-mme1 infiniment plus prononc4 ,sans insister davantage sur une explication aussi peu contestable1 il faut surtout remarquer ici1 ce sujet1 l'extension capitale que la cration de la sociologie1 compltant enfin le systme de la philosophie naturelle1 vient aujourd'hui procurer spontanment cette relation fondamentale entre la spculation et l'action1 qui dsormais embrassera directement tous les cas possibles4 ,quoique trs-imparfaitement constitue jusqu'ici1 par suite mme du dfaut d'ensemble propre l'volution moderne1 la subordination rationnelle de l'art la science a cependant reu un commencement d'organisation1 suivant l'ordre naturel de cette progression commune1 d'abord quant aux arts mathmatiques1 soit gomtriques1 soit mcaniques1 ensuite envers les arts physico-chimiques1 et puis1 de nos jours1 relativement aux arts biologiques1 soit hyginiques1 soit thrapeutiques4 ,mais il restait l'tendre aussi l'art le plus difficile et le plus important1 l'art politique proprement dit1 dont le ddaigneux isolement de toute thorie quelconque ne peut tenir essentiellement1 comme dans les autres cas antrieurs1 qu' l'inanit radicale des seules thories qui y aient encore t appliques1 et cessera ncessairement1 au moins autant qu'ailleurs1 quand la raison publique aura suffisamment senti que les phnomnes correspondans sont dj ramens aussi de vritables lois naturelles1 susceptibles de fournir habituellement d'heureuses indications pratiques4 ,ds lors complte enfin1 et1 par suite1 convenablement systmatise1 la relation gnrale de la science l'art deviendra de plus en plus une source directe et fconde de prcieuse stimulation philosophique1 galement propre accrotre nos connaissances relles et perfectionner leur caractre1 soit quant la positivit ou la rationnalit4 ,cette destination fondamentale1 la fois spculative et active1 de la philosophie positive achve de faire apprcier sa vritable nature1 en dterminant mieux la direction de ses efforts1 et mme le genre ou le degr de prcision convenable ses diverses recherches1 suivant les vraies exigences de chaque cas spcial4 ,dans l'volution prliminaire de l'humanit1 o rien ne pouvait fournir de telles indications gnrales1 l'esprit positif n'aurait pu acqurir un essor suffisant s'il ne s'tait indistinctement appliqu tout ce qui lui devenait accessible3 mais cet aveugle instinct ne saurait indfiniment prvaloir2 la virilit de la raison humaine le remplacera bientt par une sage discipline philosophique1 fonde sur une juste notion de l'ensemble de notre condition1 et facilement accepte du vritable gnie scientifique1 sous l'utile impulsion continue de la sagesse vulgaire1 toujours tendant prvenir toute vaine dperdition de nos forces intellectuelles4 ,sous une judicieuse organisation des travaux thoriques1 les hautes capacits1 ds lors indiffremment qualifies de scientifiques ou de philosophiques1 seront constamment disponibles1 d'aprs une ducation vraiment rationnelle1 pour transporter aisment leurs efforts aux sujets qui rclameront1 chaque poque1 la principale attention1 au lieu de se consumer en recherches profondment puriles1 par suite d'une spcialisation empirique1 comme on le voit si souvent aujourd'hui1 surtout chez les gomtres1 encore moins aptes que tous nos autres savans un heureux dplacement d'activit4 ,le plus vaste champ tant toujours ouvert1 dans l'ensemble de la philosophie1 des recherches ncessairement importantes1 les tentatives incohrentes ou striles pourront tre svrement condamnes1 sans qu'aucune intelligence soit expose manquer d'une suffisante alimentation4 ,cette apprciation philosophique doit1 en outre1 limiter essentiellement1 en chaque genre1 soit pour les observations1 ou pour les dductions1 le degr convenable de prcision habituelle1 au del duquel l'exploration scientifique dgnre invitablement1 par une trop minutieuse analyse1 en une curiosit toujours vaine1 et quelquefois mme gravement perturbatrice4 ,il faut reconnatre1 en effet1 suivant l'esprit relatif de la saine philosophie1 que les lois naturelles1 vritable objet de nos recherches1 ne sauraient demeurer rigoureusement compatibles1 en aucun cas1 avec une investigation trop dtaille2 il serait1 par exemple1 impossible de maintenir1 en thermologie1 aucune rgle fixe1 si on y explorait communment les phnomnes avec ces thermomtres mtalliques auxquels les physiciens ont eu le bon sens de renoncer tacitement1 et dont la susceptibilit exagre dvoilait d'immenses et perptuelles oscillations dans des mouvemens de temprature que nous supposons1 et avec raison1 continus4 ,quand mme la prtendue psychologie moderne ne devrait pas tre dj radicalement condamne1 ainsi que je l'ai pleinement dmontr1 soit par sa vicieuse institution du sujet1 soit par l'vidente absurdit de son mode principal d'exploration1 on voit ainsi combien elle serait ncessairement vaine1 en tant que directement destine poursuivre1 envers les phnomnes les plus compliqus1 un genre d'analyse lmentaire dont l'quivalent a t sagement cart des tudes les plus simples1 comme chimrique et perturbateur4 ,la relation fondamentale de la spculation l'action est surtout trs-propre dterminer convenablement cette limite essentielle de prcision dans chaque genre de recherches2 car les cas les plus dcisifs indiquent clairement1 cet gard1 surtout en astronomie1 que nos saines thories ne sauraient vraiment dpasser avec succs l'exactitude rclame par les besoins pratiques4 ,quoique de tels principes gnraux ne puissent plus tre directement contests aujourd'hui1 l'anarchie scientifique actuelle tmoigne journellement combien une sage discipline philosophique devient dsormais indispensable1 ce sujet1 afin de prvenir l'active dsorganisation dont le systme des connaissances positives est maintenant menac1 sous l'irrationnel essor d'une purile curiosit1 stimule par une avide ambition4 ,d'clatans exemples ont dj montr qu'on peut obtenir aujourd'hui1 en philosophie naturelle1 d'phmres triomphes1 aussi faciles que dsastreux1 en se bornant dtruire1 d'aprs une investigation trop minutieuse1 les lois prcdemment tablies1 sans aucune substitution quelconque de nouvelles rgles2 en sorte qu'une aveugle apprciation acadmique entrane rcompenser expressment une conduite que tout vritable rgime spculatif frapperait ncessairement d'une svre rprobation4 ,cette dplorable tendance1 dsormais videmment croissante1 doit faire sentir combien il devient urgent1 dans l'intrt permanent des vrais progrs thoriques1 soit gnraux1 soit mme spciaux1 de faire convenablement cesser l'absolu philosophique et la dispersion scientifique1 double condition naturelle de cette activit dissolvante4 ,quand les spculations positives seront judicieusement rapportes l'ensemble de leur destination1 une sage pondration journalire contiendra l'essor drgl des travaux particuliers1 de manire concilier1 autant que possible1 par rpression ou par concession1 suivant les exigences propres chaque cas1 les deux besoins1 quelquefois opposs1 mais toujours galement lgitimes1 de la coordination totale et de l'amlioration partielle4 ,en considrant sous un dernier aspect l'influence fondamentale d'une telle destination1 suivant l'esprit de la philosophie relative1 nous avons partout reconnu qu'elle dtermine spontanment le genre de libert rest facultatif pour notre intelligence1 et dont nous devons savoir user1 sans aucun vain scrupule1 afin de satisfaire1 entre les limites convenables1 nos justes inclinations mentales1 toujours diriges1 avec une prdilection instinctive1 vers la simplicit1 la continuit et la gnralit des conceptions1 tout en respectant constamment la ralit des lois extrieures1 en tant qu'elle nous est accessible4 ,cette importante apprciation1 encore trop mconnue1 mme chez les meilleurs esprits1 n'a donc plus besoin que d'tre ici directement systmatise4 ,quoique1 de toutes les crations de l'homme1 les uvres scientifiques soient ncessairement celles o ses propres convenances peuvent tre le moins consultes1 parce que nos travaux s'y rapportent directement une ralit extrieure1 essentiellement indpendante de nous1 il faut pourtant reconnatre que nos inclinations peuvent les modifier lgitimement1 un moindre degr1 mais au mme titre1 que dans les uvres d'art1 soit technique1 soit esthtique1 afin de les mieux adapter leur destination fondamentale1 toujours finalement relative l'humanit4 cet effet1 il faut distinguer1 en chaque genre d'tudes1 deux cas essentiels1 selon qu'il s'agit de recherches ou indfiniment inaccessibles1 quoique de nature positive1 ou seulement prmatures1 et sur lesquelles cependant1 pour mieux fixer nos spculations1 notre intelligence1 rpugnant une trop grande indtermination1 a besoin de formuler une opinion actuelle4 ,il est clair1 en principe1 que1 dans l'un et l'autre cas1 il est pleinement lgitime1 quand on n'aspire plus l'absolu1 de former les suppositions les plus propres faciliter notre marche mentale1 sous la double condition permanente de ne choquer aucune notion antrieure1 et d'tre toujours dispos modifier ces artifices aussitt que l'observation viendrait l'exiger4 ,en considrant d'abord le premier cas1 il faut reconnatre qu'aprs avoir svrement cart tous les vains problmes thologico-mtaphysiques relatifs la chimrique dtermination des causes proprement dites1 soit premires1 soit finales1 chacune de nos sciences relles1 judicieusement rduite la seule recherche des lois effectives1 renferme encore d'importantes questions naturelles1 que l'esprit humain ne saurait certainement rsoudre jamais1 et qui mritent cependant d'tre qualifies de positives1 parce qu'on peut concevoir qu'elles deviendraient accessibles une intelligence mieux organise1 apte une exploration plus complte ou de plus puissantes dductions4 ,une juste apprciation1 souvent trs-dlicate1 du vrai gnie de chaque science doit seule alors prsider au choix des artifices correspondans1 afin que l'usage d'une telle libert spculative seconde l'essor des connaissances effectives1 au lieu de l'entraver4 ,on peut1 cet gard1 indiquer1 comme modle1 l'hypothse1 spontanment adopte en physique1 sur la constitution molculaire des corps1 pourvu toutefois qu'on ne lui attribue jamais une vicieuse ralit1 et qu'on s'abstienne de l'tendre des sujets qui la repoussent1 par exemple aux tudes biologiques1 double condition trop rarement remplie aujourd'hui4 ,je dois citer encore1 ce sujet1 titre de premier rsultat d'une application systmatique d'un tel principe philosophique1 l'artifice fondamental du dualisme1 que j'ai propos1 en chimie1 pour y faciliter essentiellement toutes les hautes spculations4 ,quant au second cas1 c'est--dire envers les recherches qui ne sont que prmatures1 il rentre videmment dans la thorie gnrale des hypothses proprement dites1 que j'ai dduite1 au vingt-huitime chapitre1 de la mme philosophie relative1 par une opration1 la fois historique et dogmatique1 souvent confirme depuis4 ,en conservant toujours le degr de prcision compatible avec la nature des recherches correspondantes1 on ne saurait douter que l'institution de l'hypothse la plus simple qui puisse satisfaire l'ensemble des observations actuelles ne soit1 pour notre intelligence1 non-seulement un droit trs-lgitime1 mais mme un vritable devoir1 imprieusement prescrit par la destination fondamentale de nos efforts spculatifs4 ,l'volution scientifique est1 la vrit1 plus rapproche d'une situation vraiment normale sous ce rapport que sous le prcdent3 mais on peut assurer que1 l'un et l'autre titre1 la vaine prpondrance de l'absolu mtaphysique1 et le sentiment trop imparfait de la mthode positive par suite du rgime dispersif1 ont empch jusqu'ici de raliser les principaux rsultats que comporte cette prcieuse facult pour amliorer radicalement1 en tous genres1 la culture permanente des vraies connaissances humaines4 ,ainsi1 le point de vue le plus philosophique conduit finalement1 ce sujet1 concevoir l'tude des lois naturelles comme destine nous reprsenter le monde extrieur1 en satisfaisant aux inclinations essentielles de notre intelligence1 autant que le comporte le degr d'exactitude command1 cet gard1 par l'ensemble de nos besoins pratiques4 ,nos lois statiques correspondent cette prdilection instinctive pour l'ordre et l'harmonie1 dont l'esprit humain est tellement anim que1 si elle n'tait pas sagement contenue1 elle entranerait souvent aux plus vicieux rapprochemens2 nos lois dynamiques s'accordent avec notre tendance irrsistible croire constamment1 mme d'aprs trois observations seulement1 la perptuit des retours dj constats1 suivant une impulsion spontane que nous devons aussi rprimer frquemment pour maintenir l'indispensable ralit de nos conceptions4 ,ayant dsormais suffisamment examin la nature et la destination de la mthode positive1 il ne nous reste plus1 afin d'en complter l'apprciation systmatique1 qu' considrer maintenant son institution fondamentale et son dveloppement graduel4 ,d'aprs l'unit ncessaire de notre intelligence1 et l'identit continue de sa marche gnrale dans tous les sujets quelconques qui lui sont rellement accessibles1 on ne saurait douter que la philosophie positive ne doive finalement embrasser1 beaucoup plus compltement qu'il n'a pu l'tre encore1 l'ensemble total de notre activit mentale1 en comprenant un jour1 non-seulement toute la science humaine1 mais aussi tout l'art humain1 soit esthtique1 soit technique1 comme je l'indiquerai plus explicitement au soixantime chapitre4 ,nanmoins1 quoique1 suivant la juste recommandation de ,bacon1 cette entire coordination finale ne doive tre jamais oublie1 il faut1 avant tout1 reconnatre que l'institution systmatique de la mthode fondamentale exige aujourd'hui la conscration dogmatique de la double division pralable qui a d toujours prsider jusqu'ici son dveloppement spontan1 d'abord entre la spculation et l'action1 ensuite entre la contemplation scientifique et la contemplation esthtique3 nous avons vu ces deux sparations successives remonter historiquement jusqu' l'poque polythique1 qui a bauch la premire pendant la phase thocratique1 et la seconde sous le rgime grec1 l'une et l'autre ayant t depuis continuellement dveloppe1 malgr l'importance croissante des relations mutuelles4 ,sous le premier aspect1 chacune des six parties essentielles de ce ,trait nous a pleinement reprsent l'indpendance de la thorie envers la pratique comme la condition primordiale de l'volution mentale relativement tous les ordres de conceptions lmentaires1 qui n'eussent pu surgir aucunement si le point de vue thorique tait rest adhrent au point de vue pratique4 ,mais1 en outre1 nous avons galement constat que1 quelle que doive tre un jour l'heureuse organisation de leurs vraies relations1 elle ne doit jamais altrer leur spontanit respective1 de plus en plus indispensable leur commun dveloppement1 ncessairement incompatible avec toute oppressive subordination de l'un l'autre4 ,l'esprit thorique ne peut s'lever habituellement la gnralit de vues qui constitue sa principale valeur1 la fois intellectuelle et sociale1 qu'en se plaant dans un tat continu d'abstraction analytique1 qui saisit ce que les divers cas effectifs ont de semblable en cartant leurs diversits caractristiques1 et qui1 par cela mme1 est toujours plus ou moins oppos la ralit proprement dite4 ,au contraire1 l'esprit pratique1 en vertu de sa spcialit ncessaire1 est1 en chaque cas1 le seul rel et complet1 mais aussi le moins propre l'extension des rapports4 ,si l'on a justement remarqu que l'entire domination du second tendrait touffer directement une progression intellectuelle dj trop peu nergique dans notre imparfaite conomie1 il faudrait galement sentir que l'ascendant universel du premier ne serait pas1 au fond1 moins funeste leur destination commune1 en empchant de conduire aucune opration active jusqu' une suffisante consommation4 ,quoique l'orgueil scientifique ou philosophique ait souvent rv l'entire systmatisation des travaux pratiques en s'affranchissant de toute culture directe et spontane1 il est vident qu'un tel projet repose sur la plus absurde exagration de la vraie porte de nos moyens thoriques1 dont la puissance apparente suppose toujours qu'on a pralablement rduit les questions un tat abstrait trop loign de l'tat concret pour suffire jamais aux justes exigences de la pratique2 comme le tmoigne surtout1 dans les cas mme les plus favorables1 l'impuissance journalire des thories mathmatiques envers les moindres travaux techniques4 ,les habitudes mentales contractes sous le rgime de l'absolu thologico-mtaphysique inspirent encore certainement1 la plupart des penseurs actuels1 une opinion trs-vicieuse de la puissance et de la destination des considrations priori1 qui1 sagement institues et judicieusement employes1 comportent1 sans doute1 une heureuse efficacit finale1 d'aprs les indications indispensables par lesquelles l'tude de la nature doit clairer notre action rationnelle1 mais sous la condition ncessaire que l'esprit pratique ne cessera jamais de prsider l'ensemble1 souvent trs-complexe1 de chaque opration concrte1 en comprenant seulement les donnes scientifiques parmi les lmens pralables de ses combinaisons spciales4 ,toute subordination de la pratique envers la thorie qui dpasserait habituellement une telle mesure exposerait bientt de graves et universelles perturbations4 ,au reste1 nous avons heureusement reconnu que la nature de la civilisation moderne tend spontanment contenir1 cet gard1 les grands conflits mutuels1 en dveloppant de plus en plus une telle division2 ce qui d'ailleurs est bien loin d'indiquer l'inutilit d'une coordination systmatique1 et en montre seulement l'avnement naturel4 ,la fondation de la sociologie vient aujourd'hui complter1 ce sujet1 l'ensemble des garanties antrieures1 en constituant enfin convenablement une semblable dcomposition dans le cas le plus fondamental1 o elle n'avait pu jusqu'ici donner lieu qu' une bauche insuffisante et prcaire1 sous l'impulsion imparfaite et prmature du catholicisme4 ,on doit donc regarder la prpondrance philosophique de l'esprit sociologique comme l'influence la plus propre consolider rationnellement cette condition primordiale1 toujours indispensable l'institution systmatique de la mthode positive1 et que l'organisme positif mettra sans cesse en pleine vidence1 puisqu'elle y deviendra1 d'aprs le dernier chapitre1 la premire base de son principal caractre politique4 ,quoique la division entre les deux sortes de contemplations1 scientifique et esthtique1 soit1 au fond1 moins prononce que celle entre la spculation et l'action1 elle est cependant beaucoup moins conteste1 raison de sa nature bien plus purement intellectuelle et presque entirement affranchie des inspirations passionnes dont l'nergique impulsion aggrave le plus les rivalits prcdentes4 ,aux temps mme o l'imagination dominait en philosophie1 l'esprit potique1 sans altrer aucunement son heureuse et indispensable spontanit1 a constamment reconnu sa subordination ncessaire envers l'esprit philosophique proprement dit1 d'aprs la relation fondamentale qui rattache1 mme instinctivement1 en tous genres1 le sentiment du beau la connaissance du vrai1 et qui1 par suite1 assujettit toujours l'idalit esthtique l'ensemble des conditions essentielles gnralement admises1 chaque poque1 pour la ralit scientifique4 ,lorsqu'une ducation vraiment rationnelle1 beaucoup d'gards commune1 aura rendu les deux sortes de capacits galement dignes de participer1 suivant une juste harmonie1 au gouvernement spirituel de l'humanit1 conformment aux indications du chapitre prcdent1 leur combinaison deviendra sans doute beaucoup plus intime1 surtout dans l'existence pratique1 qu'elle n'a jamais pu l'tre jusqu'ici depuis leur sparation primitive du tronc thocratique4 ,en retour de l'indispensable fondement universel que le gnie scientifique doit fournir au gnie esthtique1 celui-ci1 outre son heureuse aptitude exclusive instituer la fois la plus prcieuse diversion mentale et la plus douce stimulation morale1 devra mme ragir sur l'autre1 par une influence plus directe et plus intime1 peine souponne aujourd'hui1 afin de perfectionner1 divers gards1 secondaires mais intressans1 son propre caractre philosophique4 ,quand l'esprit relatif de la vraie philosophie moderne aura convenablement prvalu1 tous les penseurs comprendront1 ce que le rgne de l'absolu empche maintenant de sentir1 que les convenances purement esthtiques doivent avoir une certaine part lgitime dans l'usage continu du genre de libert rest facultatif pour notre intelligence par la nature essentielle des vritables recherches scientifiques4 ,avant tout1 sans doute1 comme je l'ai ci-dessus expliqu1 une telle libert doit tre employe de manire faciliter le plus possible la marche ultrieure de nos conceptions relles1 en satisfaisant convenablement nos plus minentes inclinations mentales4 ,mais cette condition primordiale laissera partout subsister encore une notable indtermination1 dont il conviendra de gratifier directement nos besoins d'idalit1 en embellissant nos penses scientifiques1 sans nuire aucunement leur ralit essentielle4 ,cette intime raction modre de l'esprit esthtique sur l'esprit scientifique pourra mme1 outre une heureuse satisfaction immdiate1 ou1 si l'on veut1 en vertu d'une telle satisfaction1 faciliter beaucoup l'volution gnrale de la positivit rationnelle4 ,toutefois cette connexit lmentaire1 quelle qu'en puisse tre l'importance ultrieure1 ne fera certainement jamais disparatre la diffrence fondamentale qui existe ncessairement entre des tendances aussi diverses1 dont la plus abstraite et la plus gnrale devra toujours mentalement prvaloir1 dans l'intrt commun de leur destination finale1 comme l'ensemble de notre laboration sociologique l'a pleinement dmontr1 surtout en apprciant directement1 au chapitre prcdent1 la vraie nature gnrale de la hirarchie positive4 ces deux sparations successives1 de la spculation d'avec l'action1 et de la ralit d'avec l'idalit1 que leur spontanit ncessaire a d faire en tout temps plus ou moins sentir1 il faut enfin ajouter une troisime dcomposition pralable1 d'institution essentiellement moderne1 et qui1 beaucoup moins vidente1 est cependant tout aussi indispensable la vritable constitution systmatique de la mthode positive4 ,il s'agit de la division vraiment capitale que j'ai tablie1 ds le dbut de ce ,trait1 entre la science abstraite et la science concrte1 et qui depuis nous a constamment fourni une source fconde de lumineuses indications philosophiques1 surtout en ce qui concerne la saine physique sociale4 ,le grand ,bacon a1 le premier1 senti1 quoique trs-confusment1 mais avec toute la gnralit convenable1 que ce qu'il a justement nomm la philosophie premire1 en tant que destine former la base primordiale de tout le systme intellectuel1 ne pouvait rsulter que d'une tude1 essentiellement abstraite et analytique1 des divers phnomnes lmentaires dont la combinaison varie constitue l'existence effective des diffrens tres naturels1 afin de saisir les lois fondamentales propres chaque ordre essentiel d'vnemens1 directement considr en lui-mme1 sous un aspect gnral1 isolment des tres qui en fournissent la manifestation indispensable4 ,sans qu'une telle division ait jamais t jusqu'ici suffisamment apprcie1 ni mme comprise1 elle a nanmoins implicitement prsid1 au milieu de graves fluctuations1 l'volution scientifique des deux derniers sicles1 suivant le privilge naturel de toute institution relle1 c'est--dire d'aprs l'impossibilit de procder autrement4 ,car nous avons partout reconnu1 d'abord en principe1 puis en fait1 que la science concrte1 ou l'histoire naturelle proprement dite1 ne pouvait1 en aucun genre1 tre rationnellement aborde1 tant que la science abstraite n'avait pas t suffisamment bauche envers tous les ordres successifs de phnomnes lmentaires1 dont chaque laboration concrte exige1 par sa nature1 l'entire combinaison permanente4 ,or1 cette condition n'a t rellement accomplie que de nos jours1 et1 j'ose le dire1 seulement dans ce ,trait1 o se trouve constitue pour la premire fois la dernire et la plus importante de ces sciences fondamentales3 en sorte qu'il faut peu s'tonner si les grandes spculations scientifiques dveloppes depuis ,bacon ont t essentiellement abstraites1 d'aprs l'impuissance ncessaire des spculations concrtes quelquefois entreprises dans cet intervalle4 ,ainsi1 cette observance force et empirique du prcepte baconien ne rendait nullement superflue la dmonstration rationnelle que j'ai d en tablir d'aprs cette exprience dcisive1 qui permettait d'apprcier toute la porte de l'heureux aperu d cet minent philosophe4 ,quoique la cration de la sociologie1 compltant et systmatisant la philosophie premire1 doive bientt permettre de traiter convenablement les questions concrtes1 comme je l'indiquerai directement au soixantime chapitre1 il importe beaucoup de sentir que l'institution fondamentale de la mthode positive ne doit jamais cesser de reposer sur une telle sparation1 sans laquelle les deux autres ci-dessus apprcies resteraient ncessairement insuffisantes4 ,cette indispensable division constitue1 en ralit1 le plus puissant et le plus dlicat de tous les artifices gnraux qu'exige1 par sa nature1 l'laboration spculative du systme positif4 ,une judicieuse abstraction graduelle a seule permis et peut seule maintenir l'essor continu du vritable esprit philosophique1 en cartant d'abord les exigences pratiques1 ensuite les impressions esthtiques1 et enfin les conditions concrtes1 pour organiser peu peu le point de vue le plus simple1 le plus gnral et le plus lev1 au del duquel on ne saurait rduire davantage l'apprciation rationnelle sans tomber aussitt dans une vaine ontologie4 ,si le troisime degr d'abstraction1 essentiellement fond sur les mmes motifs logiques que les deux prcdens1 n'tait pas venu en complter1 en temps opportun1 l'heureuse efficacit1 on peut assurer que la philosophie positive serait encore demeure impossible4 ,envers les plus simples phnomnes1 et mme en astronomie1 nous avons pleinement reconnu qu'aucune loi vraiment gnrale ne pouvait tre tablie1 tant que les corps restaient considrs dans l'ensemble de leur existence concrte1 dont il fallait1 avant tout1 dtacher1 par une judicieuse analyse1 le principal phnomne1 pour l'assujettir isolment une lumineuse apprciation abstraite1 susceptible de ragir ultrieurement avec succs sur l'tude mme des ralits les plus complexes1 comme l'esprit mathmatique en avait spontanment fourni le premier exemple1 ds l'volution grecque1 l'gard des spculations purement gomtriques4 ,mais c'est surtout aux saines thories sociologiques1 en vertu de leur complication transcendante1 que ce grand prcepte logique devait tre minemment applicable3 il y constituait aujourd'hui la principale condition de l'tablissement d'une vritable rationnalit1 qu'aurait indfiniment empch une dangereuse rudition1 si je n'avais os1 suivant une marche dj pleinement prouve1 carter toute perturbation concrte1 afin de saisir1 dans sa plus grande simplicit relle1 la rgle naturelle du mouvement fondamental1 laissant dessein aux travaux ultrieurs le soin d'y ramener convenablement les anomalies apparentes1 qui1 si l'opration normale n'a pas avort1 ne sauraient manquer d'y rentrer suffisamment1 ainsi qu'en astronomie4 ,or1 les mmes motifs essentiels qui ont dtermin d'abord une telle institution logique doivent en prescrire ensuite le maintien continu1 comme envers les deux divisions antrieures1 dont celle-ci n'est1 vrai dire1 que l'indispensable complment3 car1 sans cet artifice permanent1 la confusion des vues et l'incohrence des spculations1 que l'volution moderne a eu tant de peine carter ainsi dans les diverses branches de la philosophie naturelle1 ne tarderaient pas redevenir partout imminentes1 sous l'aveugle ascendant de l'esprit de dtail4 ,si le point de vue thorique se trouve par l plus loign1 en effet1 du point de vue pratique1 cette invitable compensation d'une gnralit suprieure constitue seulement une puissante considration nouvelle qui doit faire mieux ressortir la haute ncessit de la dcomposition fondamentale1 la fois politique et philosophique1 tant recommande1 au chapitre prcdent1 comme la base universelle de la vritable rorganisation moderne4 ,tels sont les trois degrs gnraux d'abstraction successive dont l'intime combinaison finale dtermine l'institution graduelle1 d'abord spontane1 puis systmatique1 de la mthode positive1 conformment l'ensemble de sa nature et de sa destination4 ,quant au dveloppement effectif des principaux procds qui lui sont propres1 il n'est aucunement susceptible d'tre tudi avec fruit sparment des tudes essentielles o ils ont pris naissance1 et qui peuvent seules en manifester suffisamment le vrai caractre1 comme nous l'ont si souvent dmontr les diverses parties de ce ,trait4 ,cette mthode fondamentale ne rsultant1 vrai dire1 suivant nos explications antrieures1 que d'une heureuse extension philosophique de la sagesse vulgaire aux diverses spculations abstraites1 il est clair que ses premiers fondemens1 concidant de toute ncessit avec ceux du simple bon sens1 ne sauraient comporter rellement aucune utile explication dogmatique4 ,il n'y a vraiment lieu d'expliquer1 cet gard1 que la manire de surmonter les diffrentes difficults spciales qui empchent d'abord d'tendre ainsi la raison commune de l'humanit des recherches qu'elle n'avait jamais os poursuivre aussi loin3 or cette apprciation successive serait assurment insignifiante et mme inintelligible1 si on l'isolait entirement des cas scientifiques correspondans4 ,cette vicieuse abstraction logique ne saurait conduire1 mme dans l'hypothse la plus favorable1 comme une exprience trop prolonge l'a pleinement confirm1 qu' la vaine reproduction d'adages incontestables1 mais striles ou purils1 qui ne peuvent jamais dpasser essentiellement les indications spontanes qu'un suffisant exercice dveloppe ordinairement chez tous les bons esprits1 indpendamment de toute culture systmatique4 ,en apprciant d'une manire approfondie les grandes rgles logiques de ,descartes1 ou les prceptes1 quivalens quoique moins prcis1 de ,bacon1 ainsi que les aphorismes plus spciaux formuls ensuite par ,pascal et enfin par ,newton1 il est ais d'y reconnatre la simple conscration dogmatique des maximes manes de la sagesse vulgaire1 et dj naturellement tendues aux spculations abstraites dans les tudes gomtriques4 ,leur efficacit historique1 pleinement conforme la principale intention de ces minens penseurs1 a surtout consist1 soit mieux caractriser la profonde inanit des anciennes formalits logiques1 toujours relatives une tout autre manire de philosopher1 soit reprsenter directement la nouvelle mthode philosophique comme une heureuse extension de la raison commune1 ainsi rige en arbitre final de tous les cas douteux4 titre de rgles de conduite1 elles sont ncessairement impuissantes diriger1 en gnral1 nos efforts intellectuels1 abstraction faite des tudes positives qui spcifient leur application relle1 et qui seules mme peuvent manifester suffisamment leur vritable esprit2 isoles de cette indispensable explication1 elles ne pourraient1 en elles-mmes1 prserver aucunement des plus graves aberrations4 ,si l'on a justement remarqu quelquefois la plus scrupuleuse observance des prceptes potiques dans les plus vicieuses compositions1 on pourrait sans doute tendre encore davantage une semblable observation aux oprations logiques4 ,il est vident1 en principe1 qu'aucun art proprement dit1 pas plus l'art de penser que celui d'crire1 de parler1 de marcher1 de lire1 etc41 n'est susceptible d'un enseignement vraiment dogmatique2 il ne peut jamais tre appris qu'en rsultat spontan d'un judicieux exercice suffisamment prolong4 ,l'art de raisonner est certainement moins que tout autre l'abri d'une telle prescription1 puisque1 en vertu de son universalit caractristique1 sa propre systmatisation directe ne pourrait reposer sur aucune base antrieure3 en sorte que1 par exemple1 rien ne saurait tre plus irrationnel que la moderne institution franaise1 si trangement qualifie de normale par un naf orgueil mtaphysique1 o l'on se propose directement d'enseigner dogmatiquement l'art mme de l'enseignement1 sans tre nullement choqu du cercle profondment vicieux qui rsulte aussitt d'une pareille prtention4 ,toutes les aberrations de ce genre constituent1 en ralit1 autant de vestiges inaperus de l'antique rgime philosophique1 fond sur la recherche absolue des premiers principes1 et dont le tnbreux ascendant s'exerce encore1 tant d'gards1 faute d'une vraie rorganisation mentale1 sur les esprits mme qui s'en croient aujourd'hui le plus affranchis4 ,si1 comme je l'ai ci-dessus remarqu1 l'laboration dogmatique des notions les plus lmentaires est partout dplace1 puisque leur essor doit ncessairement maner toujours d'une volution spontane1 essentiellement commune tous les hommes senss1 cette maxime fondamentale1 dj unanimement admise1 sous une forme plus ou moins explicite1 envers les moindres sujets de nos spculations relles1 doit sans doute1 bien plus forte raison1 s'tendre aussi aux tudes logiques proprement dites1 l'gard desquelles cette vicieuse systmatisation doit tre ncessairement encore plus vaine et plus strile4 ,d'aprs ces motifs videns1 le point de vue logique et le point de vue scientifique doivent donc tre finalement considrs comme deux aspects corrlatifs et indivisibles sous lesquels il faut constamment envisager chacune de nos thories positives1 sans que l'un soit1 en ralit1 plus susceptible que l'autre d'une apprciation abstraite et gnrale1 indpendante de toute manifestation dtermine4 ,cette condition ncessaire du vritable esprit philosophique a t spontanment observe dans les diverses parties de ce ,trait1 o l'ducation logique a toujours coexist avec l'ducation scientifique1 leur enchanement continu tant tel d'ailleurs que les rsultats scientifiques d'une science se transforment souvent en moyens logiques pour une autre1 surtout postrieure2 ce qui rend manifeste l'impossibilit relle de toute semblable sparation4 ,aprs avoir ainsi apprci la composition gnrale de la mthode positive par la seule voie qui pt en procurer une connaissance relle1 il ne nous reste plus ici1 envers un tel dveloppement1 qu' caractriser directement la coordination systmatique des principales phases successives qu'il nous a naturellement prsentes4 ,il faut1 comme on sait1 distinguer1 cet effet1 entre le degr initial ou mathmatique et le degr final ou sociologique1 trois phases intermdiaires3 d'une part le degr astronomique compltant le premier1 d'une autre part le degr biologique prparant le dernier1 et enfin1 au milieu prcis de la grande volution logique1 le degr physico-chimique1 constituant l'indispensable transition du rgime mental le plus convenable aux tudes inorganiques celui qui doit prvaloir dans l'ensemble des spculations organiques4 ,telles sont les cinq phases conscutives naturellement propres l'essor graduel de la positivit rationnelle1 et dont il ne s'agit plus maintenant que d'apprcier systmatiquement1 d'aprs notre laboration totale1 la destination respective et la succession ncessaire4 ,les graves aberrations philosophiques dont l'esprit mathmatique est devenu la source croissante1 par suite d'une irrationnelle exagration1 ne sauraient jamais altrer sa proprit fondamentale de constituer ncessairement1 pour l'individu comme pour l'espce1 la premire base normale de toute saine ducation logique4 ,cet invariable privilge rsulte videmment de la nature propre du sujet le plus simple1 le plus abstrait et le plus gnral1 ainsi que le mieux dgag de toute passion perturbatrice4 ,aucune supriorit personnelle ne peut entirement dispenser notre faible intelligence de recourir un tel exercice initial1 pour s'y former un premier type inaltrable de positivit rationnelle1 susceptible ensuite de rsister suffisamment aux divers motifs spontans de divagation continue3 et mme1 aprs avoir convenablement rempli cette condition prliminaire1 l'esprit le mieux organis prouvera encore1 pendant l'essor total de sa propre activit1 le besoin instinctif de venir souvent retremper ses forces lmentaires dans cette salutaire contemplation des notions les plus parfaites et les plus purement spculatives1 indpendamment d'ailleurs des indications ncessaires qu'elles fournissent plus ou moins toutes les autres tudes positives4 ,une trop frquente exprience dmontre clairement que1 faute d'une pareille base1 d'minens penseurs peuvent tre entrans1 sous l'influence inaperue d'une mdiocre passion habituelle1 aux plus grossires aberrations sur les questions qui leur sont le plus spcialement familires1 quand le sujet en est un peu complexe4 ,si1 comme on n'en saurait douter1 le perfectionnement continu de la nature humaine1 individuelle ou collective1 consiste surtout faire convenablement prvaloir1 autant que possible1 les influences purement intellectuelles1 l'ducation mathmatique constitue certainement la premire condition d'un tel progrs1 en donnant la meilleure impulsion initiale l'essor lmentaire de l'esprit positif1 dans les tudes les mieux garanties de toute perturbation mentale4 ,quoique1 par leur nature1 elles doivent manifester ncessairement1 sous des formes plus ou moins distinctes1 chacun des divers procds gnraux1 aussi bien inductifs que dductifs1 qui composent essentiellement la mthode positive1 il n'y a nanmoins de pleinement dvelopp1 d'aprs un exercice vraiment caractristique1 que l'art fondamental du raisonnement1 dont tous les artifices quelconques1 depuis les plus spontans jusqu'aux plus sublimes1 y sont continuellement appliqus avec beaucoup plus de varit et de fcondit que partout ailleurs3 au contraire1 l'art de l'observation1 qui pourtant y trouve sa premire destination scientifique1 n'y est pas employ1 mme en mcanique1 d'une manire assez prononce pour y recevoir une suffisante manifestation4 ,la partie la plus gnrale et la plus abstraite des tudes mathmatiques peut tre1 en effet1 directement envisage1 dans son vaste ensemble1 comme une sorte d'immense accumulation de moyens logiques tout prpars pour les besoins ultrieurs de dduction et de coordination des divers cas scientifiques qui pourront permettre le convenable accomplissement des conditions prliminaires sans lesquelles cette puissance rationnelle devient invitablement illusoire4 ,toutefois1 vu la rpugnance naturelle de l'esprit humain envers les spculations trop abstraites1 raison de leur trop grande indtermination1 et malgr leur simplicit suprieure1 c'est la gomtrie proprement dite1 encore plus que la pure analyse1 qui1 suivant l'apprciation instinctive indique par l'expression la plus usite1 constituera toujours1 sous l'aspect logique1 la principale des trois grandes branches de la science mathmatique1 la mieux adapte la premire laboration de la mthode positive4 ,la pense fondamentale de ,descartes1 qui a directement institu la philosophie mathmatique1 en commenant y organiser la relation gnrale de l'abstrait au concret1 a dfinitivement plac dans la gomtrie le centre essentiel des conceptions mathmatiques1 puisque toutes les spculations analytiques y trouvent spontanment la plus vaste alimentation et la plus heureuse destination1 et aussi1 par une raction ncessaire1 une source puissante de lumineuses indications1 en retour de l'admirable gnralit qu'elles seules pouvaient procurer aux spculations gomtriques4 ,au contraire1 la mcanique1 quoique plus importante encore que la gomtrie1 sous le rapport scientifique1 n'a point1 beaucoup prs1 la mme valeur logique1 en vertu de sa complication suprieure1 qui n'y saurait permettre autant de facilit aux dductions sans altrer gravement la ralit du sujet3 l'analyse en a souvent reu d'utiles impulsions secondaires1 mais jamais des lumires directes4 ,en passant des spculations gomtriques aux spculations dynamiques1 notre intelligence sent profondment qu'elle est prs de toucher aux vraies limites gnrales de l'esprit mathmatique1 d'aprs l'extrme difficult qu'elle prouve y traiter1 d'une manire pleinement satisfaisante1 les questions les plus simples en apparence1 mme sans sortir des systmes solides1 et surtout quant la thorie des rotations4 ,mais1 quel que soit l'indispensable office logique de l'ducation mathmatique1 comme constituant la premire phase essentielle de l'initiation positive1 ce dbut ncessaire offre naturellement1 outre son invitable insuffisance1 de si graves inconvniens1 que tout entendement qui s'y est exclusivement born doit tre1 en ralit1 trs-imparfaitement dress pour la destination fondamentale de la raison humaine1 sauf l'aptitude secondaire quelques applications spciales4 ,par suite mme de l'heureuse priorit historique inhrente sa moindre complication1 cette science prliminaire reste aujourd'hui profondment imprgne des vicieuses inspirations mtaphysiques dont l'ascendant a d longtemps dominer son dveloppement1 et qui trop souvent y altrent la positivit des conceptions1 surtout en accordant aux signes une irrationnelle prpondrance4 ,suivant une apprciation plus intime et plus permanente1 il est clair que l'extrme extension que la simplicit du sujet y permet l'emploi continu des dductions tend dterminer des habitudes fort opposes aux vraies prescriptions de la mthode universelle envers toutes les spculations plus complexes1 en inspirant une trs-fausse ide de la porte relle de notre intelligence1 et disposant substituer indment l'argumentation l'observation1 par l'abus des considrations priori1 frquemment fondes sur les plus vaines hypothses physiques1 pourvu qu'elles s'adaptent commodment l'laboration algbrique4 ,non-seulement une telle ducation est peu propre1 en elle-mme1 dvelopper convenablement l'esprit d'observation rationnelle1 qui doit prvaloir dans presque tout le reste de la philosophie naturelle2 mais nous avons d'ailleurs reconnu que1 lorsqu'elle est exclusive1 elle entrave directement son essor1 et conduit mconnatre jusqu' sa participation ncessaire aux thories gomtriques et mcaniques4 ,ainsi1 quoique le premier sentiment systmatique des lois invariables ait d rsulter des spculations mathmatiques1 leur prpondrance logique tend certainement aujourd'hui constituer un rgime mental trs-peu convenable la vritable tude de la nature1 et maintient mme directement1 divers gards essentiels1 l'ancien esprit philosophique1 surtout en paraissant consacrer les recherches absolues4 ,l'excessive extension des consquences y faisant perdre de vue le point de dpart1 on y oublie aisment que les spculations mathmatiques1 comme toutes les autres1 manent d'abord de la raison commune1 dont les sages indications gnrales n'y sauraient perdre1 en aucun cas1 leur droit ncessaire diriger et contrler partout l'usage habituel1 si souvent immodr1 des divers procds spciaux1 uniquement institus pour perfectionner ces notions spontanes et jamais pour en dispenser4 ,enfin la culture exclusivement mathmatique inspire ncessairement d'aveugles prtentions l'universelle domination spculative1 dont le dbut de ce chapitre a suffisamment apprci le double danger fondamental1 soit raison des obstacles qu'elle oppose la formation d'une vritable philosophie positive1 soit en vertu de la vicieuse compression qu'elle exerce sur la plupart des tudes relles4 ces divers titres1 il est ais de sentir que1 lorsque ce degr initial de la saine ducation logique est pris pour le degr final1 il fait prvaloir1 en dernier rsultat usuel1 des habitudes beaucoup plus contraires que favorables au vrai rgime philosophique1 comme l'indique journellement l'imperfection1 bien plus prononce chez les gomtres que chez tous les autres savans1 des qualits directement relatives1 non certaines tudes spciales1 mais l'ensemble de la raison humaine4 ,il n'y a pas d'enseignement scientifique aussi peu rationnel1 d'ordinaire1 que l'enseignement mathmatique1 d'aprs la faible importance qu'on y attache l'esprit gnral de la science1 profondment voil sous d'innombrables dtails2 par un motif semblable1 les progrs du premier ordre1 ceux qui ont immdiatement perfectionn la philosophie de la science1 dans les plus minentes conceptions de ,descartes1 de ,leibnitz1 de ,lagrange mme1 y sont encore trs-imparfaitement apprcis1 et souvent moins estims que les dcouvertes secondaires4 ,quant l'efficacit finale d'une telle ducation pour la maturit mentale1 une exprience journalire ne tmoigne que trop sa profonde impuissance prserver suffisamment des plus grossires aberrations gnrales1 soit la masse des esprits qui la reoivent1 soit mme ses principaux organes spciaux4 ,toutes les utopies antisociales qu'enfante notre dplorable anarchie spirituelle ont trouv de nombreux et actifs partisans chez les classes les mieux domines par une ducation mathmatique4 ,en second lieu1 tandis que les savans vous aux tudes suprieures ont depuis longtemps cess1 par exemple1 d'accorder aucune confiance aux conceptions astrologiques1 on voit1 au contraire1 de nos jours1 des gomtres fort recommandables donner quelquefois le triste spectacle d'une foi beaucoup plus absurde envers des sujets qui leur sont trangers1 d'aprs un vicieux sentiment de leur position spculative1 qui les entrane1 leur insu1 s'riger en arbitres de questions qu'ils ne peuvent nullement comprendre1 au point de laisser souvent succomber leur superbe raison sous les illusions et les jongleries magntiques ou homopathiques4 ,quand une saine philosophie aura suffisamment prvalu1 on sentira partout que la premire phase de la logique positive1 loin de pouvoir aucunement dispenser des suivantes1 doit attendre1 sur le sujet propre de ses oprations spciales1 d'importantes lumires gnrales dues l'heureuse raction mentale que dtermine ncessairement l'ensemble des autres degrs1 et sans lesquelles la logique mathmatique elle-mme ne saurait tre compltement apprciable4 ,tous ces inconvniens essentiels de l'ducation mathmatique proprement dite font aussitt ressortir la ncessit immdiate d'une autre phase gnrale1 o la mthode positive trouve1 dans le systme des tudes astronomiques1 un second degr de dveloppement1 naturellement li au degr initial1 dont il constitue le complment indispensable1 et1 en mme temps1 le plus heureux correctif4 ,faute de direction philosophique1 le gnie propre de cette seconde science fondamentale1 surtout depuis l'extension1 d'ailleurs si capitale1 de la mcanique cleste1 reste aujourd'hui profondment dissimul1 comme je l'ai not ci-dessus1 sous l'application ncessaire des notions et des procds mathmatiques1 qui pourtant1 ainsi qu'en tout autre cas1 y devraient tre toujours subordonns1 au contraire1 une telle destination4 ,nanmoins1 en cartant autant que possible cette grave altration actuelle1 nous avons reconnu que ce second degr de l'initiation positive est1 au fond1 beaucoup plus distinct du premier qu'on ne le pense communment4 ,sans doute il ne s'y agit encore que de phnomnes purement gomtriques ou mcaniques1 dj abstraitement considrs en mathmatique1 d'o rsulte une transition pleinement naturelle2 mais les difficults essentielles de leur investigation1 aussi bien que son importance spciale1 y impriment l'ensemble de leur tude un caractre trs-diffrent1 soit logique1 soit scientifique4 ,quoique l'observation serve ncessairement1 mme en gomtrie1 de premire base1 explicite ou implicite1 aux raisonnemens mathmatiques1 sauf les dductions purement logiques de la simple analyse1 son office1 trop spontan1 y est pourtant si peu prononc1 comparativement l'immense extension des consquences1 qu'il n'y saurait tre suffisamment apprciable4 ,c'est donc en astronomie que doit commencer l'essor distinct et direct de l'esprit d'observation2 c'est l que le plus simple et le plus gnral des quatre modes essentiels que nous a successivement offerts l'art d'observer trouve naturellement son dveloppement le plus pur et le plus caractristique1 en manifestant1 dans la situation la plus dfavorable1 toute la porte scientifique dont est susceptible un sens isol1 la vrit le plus intellectuel de tous4 ,pendant que les conditions du sujet y attirent ncessairement une attention continue sur les moyens d'exploration immdiate1 elles y font galement sentir l'intervention plus indispensable et plus lmentaire des procds rationnels qui doivent y diriger en tant de cas une exploration beaucoup plus indirecte qu'en aucune autre science naturelle1 et laquelle s'adapte spontanment la simplicit suprieure des recherches correspondantes4 ,si1 sous l'aspect scientifique1 l'astronomie est justement regarde comme la partie la plus fondamentale du systme des connaissances inorganiques1 elle mrite aussi1 sous l'aspect logique1 de rester le type le plus parfait de l'tude gnrale de la nature4 ,d'une part1 nous l'avons toujours vue1 historiquement1 influer davantage qu'aucune autre science sur le cours fondamental des spculations humaines1 qui a jusqu'ici d surtout consister modifier graduellement la philosophie initiale par des conceptions manes de l'tude du monde extrieur4 ,en mme temps1 nous l'avons reconnue1 dogmatiquement1 la plus propre caractriser pleinement la positivit rationnelle1 autant que le comporte l'extrme simplicit de ses recherches relles4 ,c'est l que1 dans l'avenir comme dans le pass1 la raison humaine doit constamment trouver le premier sentiment philosophique des lois naturelles2 c'est l qu'il faut d'abord apprendre en quoi consiste la saine explication d'un phnomne quelconque1 soit par similitude1 soit par enchanement4 ,rien n'est aussi propre que l'ensemble de sa marche1 la fois historique et dogmatique1 manifester dignement cette harmonie progressive entre nos conceptions et nos observations1 qui constitue1 en tous genres1 le caractre essentiel des vraies connaissances humaines4 ,nous l'avons vue galement destine indiquer spontanment1 par l'application la plus dcisive1 la saine thorie gnrale des hypothses vraiment scientifiques1 si indispensable toutes les parties de la philosophie naturelle1 et pourtant si souvent mconnue jusqu'ici1 faute d'une telle apprciation initiale4 ,on sait1 en outre1 que sa rationnalit n'est pas moins satisfaisante que sa positivit1 puisqu'elle nous offre le premier et le plus parfait exemple1 d'ailleurs jusqu'ici unique1 de cette rigoureuse unit philosophique que nous devons toujours avoir en vue dans chaque ordre de spculations relles1 et que tous doivent finalement comporter1 pourvu qu'on n'y cherche pas une prcision spciale incompatible avec la complication croissante des phnomnes1 comme je crois en avoir suffisamment bauch ici la ralisation directe envers les plus difficiles tudes4 ,enfin1 nulle autre science ne saurait manifester1 avec une aussi familire vidence1 cette prvision rationnelle qui constitue1 tous gards1 le principal caractre permanent de nos thories positives4 ,abstraction faite des vicieuses inspirations dues une exorbitante prpondrance de l'esprit purement mathmatique1 les principales imperfections philosophiques de l'astronomie actuelle rsultent essentiellement d'une trop vague apprciation gnrale de ses vritables recherches1 dont nous avons reconnu que la nature n'est point encore assez sagement circonscrite1 ni quant l'objet1 ni surtout quant au sujet2 d'o drive1 divers gards1 un reste de tendance aux notions absolues1 toutefois moins prononc dj qu'en aucune autre science1 et d'ailleurs facile dissiper sous l'ascendant ultrieur d'une meilleure ducation scientifique4 ,l'ensemble de notre apprciation dmontre donc que1 contrairement aux prjugs rgnans1 qui placent les gomtres au-dessus des astronomes1 la phase astronomique constitue en elle-mme1 dans l'essor fondamental de la logique positive1 un degr bien plus avanc1 sous tous les aspects essentiels1 et beaucoup plus rapproch du vritable tat philosophique1 que ne le comportait la simple initiation mathmatique4 cette seconde phase gnrale de la positivit rationnelle1 succde ncessairement la phase physico-chimique1 qui doit y trouver la fois son type logique et sa base scientifique1 afin de complter l'tude abstraite du monde extrieur1 en cherchant les lois de tous les phnomnes apprciables qui composent l'existence inorganique4 ,pour diminuer autant que possible le nombre effectif des degrs diffrens propres la grande volution logique1 en n'y distinguant que ceux caractriss par une extension capitale des moyens lmentaires d'investigations1 j'ai cru devoir maintenant runir les tudes chimiques aux tudes purement physiques1 quoique j'aie d les en sparer soigneusement dans le cours de ce ,trait1 et que je doive mme ne pas confondre1 au chapitre suivant1 leur apprciation scientifique4 ,nous savons1 en effet1 que la chimie applique essentiellement1 avec une moindre perfection1 la mthode gnrale d'exploration dveloppe par la physique3 la seule attribution logique qui lui appartienne exclusivement consiste cultiver spontanment l'art des nomenclatures systmatiques2 or1 quelle que soit l'importance relle de cet heureux artifice1 elle ne me semble pas exiger ici une sparation qui rendrait moins facile saisir la marche fondamentale de l'ducation positive1 d'ailleurs aise complter ensuite1 sous ce rapport1 d'aprs notre examen antrieur de l'une et l'autre science4 ,cette double tude fondamentale constitue ncessairement1 tous gards1 le lien naturel1 aussi bien logique que scientifique1 entre les deux termes extrmes de nos spculations relles2 car si1 d'une part1 elle complte l'tude du monde et prpare celle de l'homme1 ou plutt de l'humanit1 d'une autre part1 la complication de son sujet propre est pareillement intermdiaire1 et correspond un tat moyen de l'investigation positive4 ,la nature plus complexe des phnomnes exige alors que1 tous les artifices du raisonnement mathmatique1 viennent se joindre1 non-seulement toutes les ressources de l'exploration astronomique1 tendue mme tous nos sens1 mais aussi et surtout un nouveau mode essentiel de l'art d'observer1 propre fournir des dterminations plus dcisives quoique moins directes1 et parfaitement adapt au vritable esprit des recherches correspondantes1 en passant de l'observation proprement dite l'exprimentation4 ,d'aprs l'ensemble de ce ,trait1 c'est l1 et spcialement en physique1 que la saine philosophie placera toujours le rgne essentiel de la mthode exprimentale1 qui n'tait auparavant ni possible ni ncessaire1 et qui devient ensuite insuffisante ou mme illusoire4 ,conjointement avec cette nouvelle puissance investigatrice1 une heureuse conception lmentaire1 jusqu'alors peu prononce1 vient achever de donner ce troisime degr fondamental de l'esprit positif une physionomie pleinement caractristique1 par l'important artifice logique qui constitue la thorie corpusculaire ou atomistique4 ,parfaitement convenable des phnomnes qui doivent ncessairement appartenir aux moindres particules1 puisqu'ils constituent l'existence permanente de toute matire1 cette indispensable conception est d'ailleurs aussi essentiellement borne de telles tudes que l'exprimentation correspondante4 ,quand les conditions pralables1 la fois logiques et scientifiques1 propres leur vraie position encyclopdique1 y seront enfin suffisamment remplies1 il n'est pas douteux que cette troisime phase essentielle de la positivit rationnelle devra tre habituellement juge aussi suprieure la phase astronomique que celle-ci l'est1 au fond1 la phase purement mathmatique1 comme rapprochant davantage notre intelligence d'un tat vraiment philosophique4 ,mais nous avons eu trop d'occasions de reconnatre l'extrme imperfection actuelle de son institution ordinaire1 flottant encore si souvent entre un strile empirisme et un mysticisme oppressif1 soit mtaphysique1 soit algbrique4 ,des hypothses radicalement contraires au vritable esprit scientifique continuent y exercer1 surtout sous le vicieux ascendant des gomtres1 une dplorable prpondrance qui y altre gravement la positivit de presque toutes les notions1 sans rien ajouter leur rationnalit effective1 quoiqu'une judicieuse imitation du type astronomique dt aujourd'hui suffire pour y rectifier cette dsastreuse aberration logique qui y maintient1 divers gards essentiels1 l'empire de l'absolu4 ,nous avons d'ailleurs reconnu que la nature1 la fois bien plus varie et beaucoup plus complique1 d'un tel ordre de recherches ne saurait jamais y permettre1 mme sous un meilleur rgime mental1 ni une prcision1 ni une coordination comparables celles que comportent les thories clestes4 ,mais ces diverses imperfections1 passagres ou permanentes1 n'empchent pas nanmoins que le sentiment gnral des lois naturelles n'y reoive certainement une extension aussi vidente qu'indispensable1 en s'appliquant ainsi directement aux phnomnes les plus complexes de l'existence inorganique4 ,en passant de la nature inerte la nature vivante1 d'abord mme purement individuelle1 nous y avons vu la mthode positive s'lever ncessairement une nouvelle laboration fondamentale1 bien plus distincte encore de ses trois volutions antrieures que celles-ci ne l'taient dj les unes des autres1 et qui rendra cette nouvelle science1 conformment sa vraie position encyclopdique1 aussi essentiellement suprieure aux prcdentes par sa plnitude logique que par son importance scientifique1 ds que les conditions gnrales1 la vrit plus difficiles1 convenables sa culture rationnelle seront enfin suffisamment remplies4 ,jusqu'alors le sujet des recherches avait comport un morcellement presque indfini1 longtemps indispensable l'essor dcisif de la positivit prliminaire1 qui1 sous l'ascendant mtaphysique1 ne pouvait trop circonscrire son exercice initial4 ,mais1 dans les tudes biologiques1 o tous les divers phnomnes sont videmment caractriss par leur intime solidarit continue1 aucune opration analytique ne saurait jamais tre conue que comme le prambule plus ou moins ncessaire d'une dtermination finalement synthtique2 en continuant toutefois y maintenir convenablement la division gnrale entre la science abstraite et la science concrte1 toujours pareillement obligatoire1 quoique ds lors plus dlicate1 raison mme du moindre intervalle de l'abstrait au concret4 ,la nature du sujet commence donc ici exiger une modification radicale du rgime scientifique antrieur1 et tend dj faire graduellement prvaloir l'esprit d'ensemble sur l'esprit de dtail jusque l prpondrant2 de manire rapprocher notablement notre intelligence de son vritable tat normal4 ,cette intime connexit des phnomnes dtermine alors le dveloppement trs-prononc du grand principe spontan des conditions d'existence1 plus ou moins inhrent toutes les parties quelconques de la philosophie naturelle1 o il doit toujours lier l'apprciation dynamique l'apprciation statique1 mais1 par cela mme1 spcialement convenable aux spculations biologiques1 o ces deux sortes d'apprciation sont la fois plus nettement distinctes et plus videmment corrlatives3 nous y avons vu sa judicieuse application remplir avec beaucoup d'avantage le seul office lmentaire qui pt sembler y motiver1 un certain degr1 le maintien continu d'une philosophie thologique4 ,nanmoins ce qui caractrise le mieux cette quatrime phase essentielle de la logique positive1 c'est assurment l'extension capitale qu'y reoit l'art gnral d'observer1 alors augment d'un nouveau mode fondamental1 pleinement conforme la nature de ces nouvelles recherches4 tous les principaux artifices du raisonnement mathmatique1 seulement dpouill d'un langage spcial qui ne convient qu'aux plus simples sujets1 l'ensemble des moyens d'exploration qui constituent l'observation proprement dite1 et aux diverses ressources de la mthode exprimentale1 alors surtout employe sous la forme spontane d'analyse pathologique1 la complication mme des phnomnes vient dterminer l'adjonction prpondrante d'un procd suprieur d'investigation rationnelle1 en dveloppant la mthode comparative1 jusqu'alors trs-accessoire et peu distincte1 mais destine ici constituer le plus puissant instrument logique applicable de telles spculations4 ,nous avons pleinement reconnu que ce mode transcendant1 encore si mal compris de la plupart des savans1 ne saurait tre convenablement apprci qu'avec l'institution correspondante de la vraie thorie des classifications1 qui appartient1 au mme titre1 la biologie1 o1 scientifiquement envisage1 elle doit rsumer les principaux rsultats des comparaisons antrieures1 tandis que1 logiquement1 elle y dirige aussi l'laboration des nouveaux rapprochemens4 ,cette double cration fondamentale1 si minemment propre une telle science1 doit surtout prvaloir dans la juste apprciation de sa vraie dignit logique1 qui ne saurait tre quitablement juge d'aprs son extrme imperfection actuelle1 suite ncessaire1 soit d'une formation plus rcente1 raison mme de sa complication suprieure1 soit d'un moindre accomplissement des conditions pralables qu'exige sa culture rationnelle4 ,si le sentiment gnral des lois naturelles ne pouvait d'abord tre systmatiquement dvelopp que par les tudes inorganiques1 sa pleine efficacit ne devait certainement devenir dcisive que d'aprs son extension directe aux spculations biologiques1 dont la nature est si propre montrer l'inanit des notions absolues1 en manifestant l'immense varit des divers systmes d'existence4 ,toutefois1 quelle que soit1 tous gards1 l'intime prminence philosophique de cette quatrime phase fondamentale propre la grande volution logique1 cette science1 quoique intrinsquement suprieure aux prcdentes1 reste1 comme elles1 purement prliminaire1 mais un bien moindre degr1 en tant que beaucoup plus rapproche de la science vraiment finale1 suivant notre thorie hirarchique4 ,cette insuffisance ncessaire y devient bientt apprciable quand on quitte les tudes biologiques les plus lmentaires1 presque adhrentes aux tudes physico-chimiques1 et relatives aux phnomnes gnraux de la vie organique proprement dite4 ,aprs avoir d'abord pass ainsi la science de l'animalit1 si l'on y aborde enfin les plus hautes spculations positives1 en s'levant directement jusqu'aux fonctions morales et intellectuelles de l'appareil crbral1 on ne tarde point sentir l'invitable irrationnalit d'une telle constitution scientifique3 car le cas le plus dcisif1 surtout cet gard1 n'y saurait tre convenablement trait qu'en subordonnant son tude la science ultrieure du dveloppement social1 suivant l'ensemble des motifs dj indiqus dans ce chapitre pour dmontrer l'impossibilit radicale d'une satisfaisante apprciation de notre nature mentale tant qu'on reste au point de vue individuel1 alors essentiellement strile1 de quelque manire qu'il puisse tre institu4 ,l'volution fondamentale de la mthode positive demeure donc ncessairement incomplte jusqu' ce qu'elle s'tende suffisamment la seule tude vraiment finale1 l'tude de l'humanit1 envers laquelle toutes les autres1 mme celle de l'homme proprement dit1 ne sauraient constituer que d'indispensables prambules1 et qui est spontanment destine exercer sur elles une universelle prpondrance normale1 aussi bien logique que scientifique1 comme nous l'avons ci-dessus reconnu4 ,d'abord1 c'est uniquement ainsi que le sentiment gnral des lois naturelles peut acqurir un dveloppement dcisif1 en s'appliquant enfin au cas o l'irrvocable limination des volonts arbitraires et des entits chimriques prsente la fois le plus d'importance et de difficult4 ,en mme temps1 rien ne saurait tre plus propre teindre entirement l'antique absolu philosophique1 qu'une tude directement institue pour dvoiler les lois gnrales de la variation continue des opinions humaines4 ,nous avons souvent constat qu'une telle science comporte plus qu'aucune autre l'emploi capital1 aussi lgitime qu'tendu1 des considrations priori1 soit d'aprs sa vraie position encyclopdique qui la fait dpendre de toutes les sciences prliminaires1 soit en vertu de la parfaite unit qui caractrise naturellement son sujet1 soit raison de l'entire plnitude de ses moyens logiques4 ,sa rcente formation et sa complication suprieure ne sauraient l'empcher d'tre bientt juge1 par tous les vritables connaisseurs1 la plus rationnelle de toutes les sciences relles1 eu gard au degr de prcision compatible avec la nature des phnomnes1 puisque les spculations les plus difficiles et les plus varies s'y trouvent spontanment rattaches une seule thorie fondamentale4 ,mais1 ce qu'il y faut surtout remarquer ici1 c'est l'extension essentielle des moyens d'investigation1 alors ncessite par les nouvelles exigences du sujet le plus complexe que l'esprit humain puisse aborder1 et en mme temps dtermine par le caractre distinctif des recherches correspondantes4 ,outre l'aptitude aux dductions1 dveloppe sous la phase mathmatique1 la puissance de l'exploration directe que manifeste la phase astronomique1 l'apprciation exprimentale propre la phase physico-chimique1 et enfin la mthode comparative1 mane de la phase biologique1 les difficults caractristiques des tudes sociologiques y rclament encore l'emploi continu et prpondrant d'un nouveau procd fondamental1 sans lequel l'accumulation de toutes les ressources prcdentes y deviendrait presque toujours insuffisante et mme souvent illusoire4 ,cet indispensable complment de la logique positive consiste dans le mode historique proprement dit1 constituant l'investigation1 non par simple comparaison1 mais par filiation graduelle4 ,l'ensemble de ce ,trait a tellement caractris cette nouvelle mthode1 la plus transcendante de toutes1 qu'il serait entirement superflu de rappeler ici son apprciation gnrale1 d'abord rsulte1 au tome quatrime1 d'une explication dogmatique1 et ensuite confirme1 dans les deux autres volumes1 d'aprs une application dcisive4 ,nous avons d'ailleurs pleinement reconnu1 au dbut de ce chapitre1 l'ascendant ncessaire qu'elle doit dsormais exercer sur tous les modes quelconques d'investigation positive1 afin d'utiliser les minentes indications que sa judicieuse intervention pourra toujours fournir1 et qui perfectionneront partout l'emploi rgulier de nos forces mentales4 ,c'est ainsi que1 au seul point de vue scientifique qui puisse tre rellement universel1 correspond naturellement la seule voie logique qui comporte aussi une vritable et active universalit2 d'o rsulte aussitt1 ce double titre1 l'unique situation normale que la raison humaine doive finalement chercher4 ,pour dterminer suffisamment cet tat dfinitif1 il ne resterait plus ici qu' considrer spcialement la raction ncessaire que cette phase extrme ou sociologique de la mthode positive doit ingalement exercer sur toutes les phases prliminaires1 et principalement sur la phase initiale ou mathmatique1 afin d'imprimer chacun de ces degrs toujours indispensables le vrai caractre permanent qui convient sa nature1 et que ne pouvait suffisamment manifester chaque phase successive1 tant qu'elle devait rester conue isolment4 ,mais cette nouvelle laboration1 maintenant prmature1 excderait beaucoup les limites naturelles et mme la destination propre de ce ,trait1 o j'ai d me borner constituer directement le vritable systme de la philosophie positive1 en dernier rsultat de la prparation graduellement accomplie en tous genres depuis ,bacon et ,descartes1 sans devoir encore aborder essentiellement sa construction effective1 rserve surtout un prochain avenir4 ,telles sont les cinq phases principales ncessairement inhrentes l'essor fondamental de la mthode positive1 et dont l'indispensable succession lve peu peu l'esprit scientifique proprement dit la dignit finale d'esprit vraiment philosophique1 en dissipant jamais la distinction provisoire qui devait subsister entre eux tant que l'volution prliminaire du gnie moderne n'tait pas suffisamment opre4 ,si l'on considre avec soin de quel misrable tat thorique la raison humaine est invitablement partie1 on cessera d'tre surpris qu'il lui ait fallu tout ce long et pnible enfantement pour tendre convenablement ses spculations abstraites et gnrales ce mme rgime mental que la sagesse vulgaire emploie spontanment dans ses actes partiels et pratiques4 ,quoique rien ne puisse jamais dispenser notre faible intelligence de reproduire constamment cette succession naturelle1 o rside la principale efficacit de notre dveloppement philosophique1 il est clair qu'une pareille ducation ultrieure1 soit individuelle1 soit mme collective1 pouvant dsormais devenir systmatique1 tandis qu'elle a d jusqu'ici rester purement instinctive1 sera susceptible d'un accomplissement beaucoup plus rapide et plus facile1 mais d'ailleurs essentiellement quivalent1 que je m'estime heureux d'avoir ainsi prpar tous mes successeurs1 par le laborieux ensemble de mon volution originale4 ,un tel examen de l'institution gnrale et de la formation graduelle convenables la mthode positive1 complte ici son apprciation finale1 dj accomplie quant sa nature et sa destination1 aprs la dtermination fondamentale de son unit ncessaire4 ,l'ensemble de ce chapitre peut donc tre envisag comme constituant aujourd'hui une sorte d'quivalent spontan du discours initial de ,descartes sur la mthode1 sauf les diversits essentielles qui rsultent de la nouvelle situation de la raison moderne et des nouveaux besoins correspondans4 ,tandis que ,descartes devait surtout avoir en vue l'volution prliminaire qui1 pendant les deux derniers sicles1 tait destine prparer successivement l'ascendant dcisif de la positivit rationnelle1 j'ai d1 au contraire1 apprcier ici l'entier accomplissement effectif d'un tel prambule1 afin de dterminer directement la constitution finale de la saine philosophie1 en harmonie ncessaire avec une haute destination sociale1 que ,descartes avait justement carte1 mais que ,bacon avait dj essentiellement pressentie4 ,ainsi1 ce chapitre concernait naturellement la partie la plus difficile et la plus importante de tout le travail relatif nos conclusions gnrales1 d'aprs la prpondrance constante des besoins logiques sur les besoins scientifiques1 surtout en un temps o1 la doctrine devant tre encore fort peu avance1 la principale laboration philosophique doit consister instituer compltement la mthode4 ,toutefois1 pour que notre opration extrme puisse atteindre suffisamment son but gnral1 il faut1 en outre1 consacrer le chapitre suivant une rapide apprciation scientifique1 correspondante cette apprciation logique1 et oser mme caractriser enfin1 dans un dernier chapitre1 l'action totale que doit ultrieurement exercer la philosophie positive1 ds lors pleinement constitue4 ,,cinquante-,,neuvi,,me ,,le,,on4 ,apprciation philosophique de l'ensemble des rsultats propres l'laboration prliminaire de la doctrine positive4 ,toutes les parties de ce ,trait nous ont directement reprsent chaque branche essentielle de la philosophie naturelle comme tant encore1 beaucoup d'gards1 dans un tat purement provisoire1 dsormais suffisamment expliqu par l'apprciation logique que nous venons d'accomplir1 puisque la mthode fondamentale ne pouvait elle-mme tre convenablement dveloppe que d'aprs son extension dcisive aux phnomnes les plus complexes et les plus importans1 ralise seulement ici4 ,malgr la haute valeur spciale de diverses notions partielles1 les sciences ont t jusqu' prsent cultives d'une manire trop peu philosophique pour avoir pu atteindre une situation vraiment normale1 en sorte que l'laboration finale de la doctrine positive doit tre maintenant trs-peu avance1 sans excepter les tudes les plus simples et les plus anciennes4 ,la destination systmatique de l'volution scientifique propre aux trois derniers sicles a donc surtout consist dans la formation graduelle de la mthode positive1 apprcie au chapitre prcdent4 ,c'est uniquement d'aprs le suffisant accomplissement de cette opration fondamentale que pourra dsormais commencer directement l'essor final de la vritable science1 enfin parvenue une judicieuse unit1 sous l'ascendant continu du seul point de vue vraiment universel4 ,ainsi1 nos conclusions scientifiques ne sauraient maintenant avoir ni la mme importance1 ni1 par suite1 la mme extension1 que nos conclusions logiques1 puisqu'elles se rapportent un systme de connaissances peine bauch aujourd'hui4 ,nanmoins notre principale apprciation philosophique1 accomplie dans la leon prcdente1 ne serait pas suffisamment complte1 si nous ne consacrions pas le chapitre actuel caractriser directement1 autant que le comporte l'laboration prliminaire1 la nature propre et l'enchanement gnral des diverses tudes abstraites que nous avons successivement examines1 en les considrant dsormais comme autant d'lmens ncessaires d'un seul corps de doctrine1 suivant le principe tabli prcdemment4 ,d'un tel point de vue philosophique1 nous avons toujours reconnu que1 du moins pour l'ensemble de l'volution humaine1 il existe spontanment1 tous gards1 une harmonie essentielle entre nos connaissances relles et nos besoins effectifs4 ,les connaissances qui nous sont ncessairement interdites en chaque genre y sont aussi celles qui n'auraient d'autre efficacit que de satisfaire une vaine curiosit4 ,nous ne devons vraiment chercher connatre que les lois des phnomnes susceptibles d'exercer sur l'humanit une influence quelconque2 or une telle action1 quelque indirecte qu'elle puisse tre1 constitue aussitt une base d'apprciation positive1 dont la suffisante ralisation peut seulement suivre quelquefois de trs-loin la manifestation des besoins correspondans1 surtout par suite de l'imparfaite institution du systme de nos recherches1 jusqu'ici peine bauch4 ,en considrant l'ensemble de cette laboration1 on voit qu'elle doit embrasser1 d'une part1 l'humanit elle-mme1 envisage sous tous les aspects propres son existence et son activit2 d'une autre part1 le milieu gnral1 dont l'influence permanente domine l'accomplissement spontan d'une pareille volution4 ,or ce n'est pas seulement en vertu des ncessits logiques1 apprcies au chapitre prcdent1 que l'tude de cette conomie extrieure doit prcder et prparer celle de notre propre conomie1 afin d'laborer d'abord la mthode fondamentale dans les seuls cas assez simples pour en permettre convenablement l'essor initial4 ,il faut aussi reconnatre maintenant1 ce sujet1 que des motifs purement scientifiques prescrivent1 d'une manire non moins irrcusable1 la mme marche philosophique4 ,nous devons1 en effet1 pralablement tudier une conomie naturelle laquelle sont ncessairement subordonnes toutes nos conditions d'existence1 et qui se compose de phnomnes essentiellement indpendans de notre action1 sauf les modifications secondaires qu'elle y dtermine1 et qui ne sauraient devenir convenablement apprciables sans une telle connaissance antrieure4 ,mais1 en outre1 ne considrer mme que l'tude propre de notre organisme1 individuel ou collectif1 elle a besoin de reposer d'abord sur une semblable laboration1 destine nous dvoiler les lois des phnomnes les plus fondamentaux1 invitablement communs tous les tres quelconques1 et qui ne peuvent tre suffisamment connus que par l'examen des cas o ils existent isols de nos complications vitales4 ,c'est ainsi que l'unit finale de la science humaine se concilie spontanment avec sa dcomposition rationnelle en deux tudes principales1 l'une relative l'existence inorganique ou gnrale1 l'autre l'existence organique ou spciale1 dont la premire constitue l'indispensable prambule de la seconde1 o une plus noble activit vient seulement modifier les phnomnes universels4 ,en considrant sous le mme aspect les trois modes essentiels1 d'abord mathmatique ou astronomique1 ensuite physique1 et enfin chimique1 que prsente l'existence inorganique1 et pareillement les deux modes1 individuel et social1 qui sont propres l'existence organique1 leur succession totale constituera dsormais une srie scientifique parfaitement correspondante la srie logique du chapitre prcdent2 elle conduira aussi naturellement l'tat normal de la vraie philosophie1 d'aprs les cinq degrs conscutifs de complication et de ralit que doit offrir l'existence finale1 et dont la dignit graduelle rsulte de leur spcialit croissante4 ,notre apprciation actuelle ne saurait avoir d'autre objet principal que de caractriser convenablement cette nouvelle application gnrale de la conception fondamentale tablie1 au dbut de ce ,trait1 relativement la vritable hirarchie encyclopdique4 ,le mode le plus simple et le plus universel de l'existence inorganique consiste ncessairement dans l'existence mathmatique1 d'abord gomtrique1 puis mcanique1 seule apprciable en chacun des cas1 trs-nombreux et fort importans1 o notre investigation ne peut reposer que sur l'exploration visuelle4 ,tel est le motif scientifique qui1 indpendamment des motifs logiques dj examins1 rige spontanment l'ensemble des tudes mathmatiques en premier lment fondamental de la philosophie positive4 ,sous ce second aspect1 cette science primordiale doit tre ici considre abstraction faite des thories analytiques qui constituent1 sans doute1 ses plus puissantes ressources1 mais qui1 en elles-mmes1 titre de simple instrument de dduction ou de coordination1 ne sauraient directement contenir aucune connaissance relle1 quelque prcieuse1 et mme indispensable1 que doive devenir ensuite leur application rationnelle4 ,c'est1 en effet1 dans un sens purement logique que nous avons toujours reconnu l'analyse mathmatique une importance vraiment propre et prpondrante1 comme offrant1 par sa nature1 l'exercice le plus fcond et le plus dcisif de l'art lmentaire du raisonnement positif1 d'aprs l'admirable facilit que l'extrme simplicit du sujet y prsente pour multiplier et varier les consquences pleinement rigoureuses3 aucune autre tude1 mme mathmatique1 ne saurait aussi nettement caractriser l'aptitude dductive de l'esprit humain4 ,mais l'ducation scientifique proprement dite1 seul objet du chapitre actuel1 n'y peut trouver1 au contraire1 d'autre grand rsultat direct que le premier dveloppement systmatique du sentiment fondamental des lois logiques1 sans lesquelles on ne concevrait jamais les lois physiques3 c'est ainsi que les spculations numriques1 source ncessaire de cette analyse1 ont historiquement fourni la plus ancienne manifestation des ides gnrales d'ordre et d'harmonie1 graduellement tendues ensuite aux sujets les plus complexes4 cela prs1 il est clair que la science mathmatique se compose surtout de la gomtrie et de la mcanique1 qu'on peut regarder comme directement relatives aux notions primordiales1 l'une de toute existence1 l'autre de toute activit1 du moins quand on fait subir nos diverses conceptions relles la plus extrme dcomposition lmentaire1 d'ailleurs souvent inopportune et quelquefois perturbatrice2 car tous les phnomnes quelconques seraient abstraitement rductibles1 dans l'ordre statique1 de simples rapports de grandeur1 de forme1 ou de situation1 et1 dans l'ordre dynamique1 de purs mouvemens1 partiels ou gnraux2 sauf juger sagement la convenance effective d'une telle rduction philosophique4 ,l'ascendant oppressif que les gomtres ont tendu exercer1 pendant les deux derniers sicles1 sur toutes les parties de la philosophie naturelle1 correspond seulement une fausse apprciation de ce principe incontestable1 tendant dnaturer la plupart de nos conceptions relles d'aprs une vicieuse analyse1 ncessairement contraire la nature de tous les phnomnes un peu compliqus4 ,mais1 sans aller jusqu' cette abusive simplification1 l'universalit spculative de cette double tude primordiale reste nanmoins vidente1 puisqu'une telle existence mathmatique doit se retrouver spontanment dans tout autre mode plus compos et plus lev1 bien qu'elle n'y constitue pas l'unique lment1 ni mme le principal4 ,nous savons1 en outre1 que la gomtrie doit tre abstraitement juge encore plus gnrale que la mcanique1 puisque l'existence pourrait tre rigoureusement conue sans aucune activit1 comme1 par exemple1 envers des astres rellement immobiles1 auxquels la gomtrie pourrait seule convenir4 ,quoique cette sparation ne puisse tre accomplie que dans des cas insignifians pour nous1 il demeure certain que la gomtrie constitue1 par sa nature1 l'tude mathmatique la plus propre dvelopper convenablement le premier sentiment lmentaire des lois d'harmonie1 qui n'y sont jamais troubles par aucun mlange avec les lois de succession4 ,malgr ces attributs caractristiques1 il faut nanmoins regarder finalement la thorie du mouvement comme constituant1 sous le rapport scientifique proprement dit1 encore plus que la thorie de l'tendue1 la principale branche de la mathmatique1 en vertu de ses relations plus directes et plus compltes avec tout le reste de la philosophie naturelle4 ,cette prpondrance est d'autant plus convenable que les spculations mcaniques se compliquent toujours1 par leur nature1 de certaines considrations gomtriques3 or cette intime connexit1 d'o rsultent leur difficult suprieure et leur moindre perfection logique1 constitue aussi leur ralit plus prononce1 et leur permet de reprsenter suffisamment l'ensemble de l'existence mathmatique1 dont une telle concentration peut ici faciliter l'apprciation philosophique4 ,nous savons que ce prambule universel de la philosophie naturelle compose aujourd'hui avec sa manifestation astronomique1 la seule partie de la science inorganique qui soit essentiellement parvenue la vraie constitution normale qui convient sa nature4 ,aussi dois-je attacher beaucoup de prix faire suffisamment ressortir1 au sujet des lois primordiales sur lesquelles repose cette constitution1 leur concidence spontane avec les lois fondamentales qui semblent jusqu'ici propres la seule existence organique1 afin de signaler sommairement1 par la corrlation directe des deux cas extrmes1 la tendance ncessaire de nos diverses connaissances relles une vritable unit scientifique1 en harmonie avec leur unit logique dj reconnue au chapitre prcdent4 ,les notions intermdiaires1 c'est--dire celles de l'ordre physico-chimique1 confirmeront sans doute1 leur manire1 une telle convergence1 quand leur vrai caractre philosophique aura pu tre convenablement tabli d'aprs une culture plus rationnelle4 ,nous avons d'abord reconnu spcialement en philosophie mathmatique 7voyez surtout la quinzime leon71 contrairement l'opinion commune1 que1 la thorie abstraite du mouvement et de l'quilibre tant entirement indpendante de la nature des moteurs1 les lois physiques qui lui servent de base1 et par suite aussi toutes leurs consquences gnrales1 sont ncessairement applicables aux phnomnes mcaniques des corps vivans comme en tout autre cas quelconque1 sauf la prcision des dterminations1 incompatible avec la complication des appareils1 et nous avons ensuite constat spcialement1 en philosophie biologique 7voyez surtout la quarante-quatrime leon71 qu'une semblable application y devait1 en effet1 diriger la premire tude de la mcanique animale1 statique ou dynamique1 radicalement inintelligible sans un pareil fondement4 ,mais il s'agit ici d'une apprciation plus leve et beaucoup moins sentie jusqu' prsent1 qui1 d'aprs une suffisante gnralisation de ces trois lois fondamentales1 leur assure une vritable universalit philosophique en les faisant convenir finalement tous les phnomnes possibles1 et particulirement ceux de la nature vivante1 soit individuelle1 soit mme sociale1 ainsi qu'il est maintenant ais de l'expliquer envers chacune d'elles4 ,quant la premire1 si mal qualifie de loi d'inertie1 et que je me suis born dsigner historiquement par le nom de ,kepler qui nous la devons1 il suffit de l'envisager1 sous son aspect rel1 comme loi de persistance mcanique1 pour y voir aussitt un simple cas particulier de la tendance spontane de tous les phnomnes naturels persvrer indfiniment dans leur tat quelconque s'il ne survient aucune influence perturbatrice1 tendance alors spcialement constate l'gard des phnomnes les plus simples et les plus gnraux4 ,j'ai dj fait sentir1 en biologie1 la fin du quarante-quatrime chapitre1 que la vraie thorie gnrale de l'habitude ne pouvait comporter au fond aucun autre principe philosophique1 seulement modifi par l'intermittence caractristique des phnomnes correspondans4 ,une remarque analogue convient encore davantage la sociologie1 o1 d'aprs la complication suprieure de l'organisme collectif1 la vie sociale1 la fois beaucoup plus durable et moins rapide que la vie individuelle1 fait si hautement ressortir la tendance opinitre de tout systme politique se perptuer spontanment4 ,nous avons aussi not en physique1 au sujet de l'acoustique1 certains phnomnes trop peu tudis qui manifestent pareillement1 jusque dans les moindres modifications molculaires1 une disposition la reproduction des actes1 qu'on supposait mal propos particulire aux corps vivans1 et dont l'identit fondamentale avec la persistance mcanique considre ici devient alors spcialement vidente4 ,ainsi1 sous ce premier aspect1 il est dsormais impossible de mconnatre la subordination ncessaire de tous les divers effets naturels quelques lois vraiment universelles1 modifies seulement dans leur manifestation relle1 suivant les conditions propres chaque cas4 ,il en est certainement de mme pour notre seconde loi du mouvement1 celle de ,galile1 relative la conciliation spontane de tout mouvement commun avec les diffrens mouvemens particuliers4 ,non-seulement elle convient minemment aux phnomnes mcaniques de la vie animale1 dont l'existence serait directement contradictoire sans une telle loi1 mais aussi1 philosophiquement gnralise1 elle devient pareillement applicable tous les phnomnes quelconques1 organiques ou inorganiques4 ,on peut1 en effet1 toujours constater en tout systme l'indpendance fondamentale des diverses relations mutuelles1 actives ou passives1 envers toute action exactement commune aux diffrentes parties1 quels qu'en soient d'ailleurs le genre et le degr4 ,les tudes biologiques offrent la vrification continue de cette loi universelle1 aussi bien pour les phnomnes de sensibilit que pour ceux de contractilit2 puisque1 nos impressions tant purement comparatives1 notre apprciation des diffrences partielles n'est jamais trouble par aucune influence gnrale et uniforme4 ,son extension naturelle la sociologie n'est pas moins incontestable3 car1 si le progrs social tend altrer l'ordre intrieur d'un systme politique1 c'est uniquement1 comme en mcanique1 parce que le mouvement n'y saurait tre suffisamment commun aux diverses parties1 dont l'conomie mutuelle ne serait1 au contraire1 nullement affecte par une progression beaucoup plus rapide1 laquelle tous les lmens participeraient avec une gale nergie4 ,une tude plus philosophique des actes physico-chimiques montrera sans doute que la mme loi s'y applique aussi aux diffrens phnomnes qui n'y doivent pas tre regards comme purement mcaniques1 ainsi que l'indiquent dj1 par exemple1 les effets thermomtriques1 uniquement dus aux ingalits mutuelles4 ,quant notre troisime loi fondamentale du mouvement1 celle que j'ai d attribuer ,newton1 et qui consiste dans l'quivalence constante entre la raction et l'action1 son universalit ncessaire est encore plus sensible que pour les deux autres3 c'est la seule en effet dont jusqu'ici on ait quelquefois entrevu1 quoique d'une manire trs-confuse et fort insuffisante1 l'extension spontane toute conomie naturelle4 ,pourvu que l'on conoive toujours la nature et la mesure des ractions suivant le vritable esprit des phnomnes correspondans1 il n'est pas douteux qu'une telle quivalence ne puisse tre aussi rellement observe envers les effets physiques1 chimiques1 biologiques1 et mme politiques1 qu' l'gard des simples effets mcaniques1 du moins en ne cherchant partout que le degr de prcision compatible avec les conditions du sujet4 ,outre la mutualit videmment inhrente toutes les actions relles1 il faut d'ailleurs reconnatre que l'estimation gnrale des ractions mcaniques1 d'aprs la combinaison des masses et des vitesses1 trouve partout une apprciation analogue4 ,si ,berthollet a rendu sensible l'influence chimique de la masse1 jusqu'alors essentiellement mconnue1 une discussion quivalente manifesterait aussi nettement son influence biologique ou politique4 ,l'intime solidarit continue qui caractrise les phnomnes vitaux1 et encore davantage les phnomnes sociaux1 o tous les aspects se montrent spontanment connexes1 est surtout trs-propre nous familiariser avec l'universalit effective de cette troisime loi du mouvement1 ainsi tendue dsormais tout changement quelconque4 ,chacune des trois grandes lois naturelles sur lesquelles nous avons reconnu1 malgr les graves aberrations philosophiques des gomtres actuels1 que repose ncessairement l'ensemble de la mcanique rationnelle1 n'est donc au fond que la manifestation mcanique d'une loi gnrale1 pareillement applicable tous les phnomnes possibles4 ,en outre1 afin de mieux caractriser ce rapprochement capital1 il importe maintenant de l'tendre aussi1 non sans doute aux principales consquences ultrieures d'une telle doctrine initiale1 o la spcialit du sujet doit se trouver trop prononce pour comporter aucune utile comparaison1 mais seulement la notion essentielle qui y constitue le lien ncessaire des diverses spculations4 ,on conoit qu'il s'agit du clbre principe gnral d'aprs lequel d',alembert a profondment rattach les questions de mouvement aux questions d'quilibre4 ,soit qu'on l'envisage1 suivant ma proposition1 comme une heureuse gnralisation de la troisime loi du mouvement1 soit qu'on persiste y voir une notion pleinement distincte1 on pourra toujours sentir sa conformit spontane avec une conception vraiment universelle1 pareillement destine lier1 dans un sujet quelconque1 l'apprciation dynamique l'apprciation statique1 en considrant que les lois d'harmonie correspondantes doivent tre sans cesse maintenues au milieu des phnomnes de succession4 ,la sociologie nous a naturellement offert l'application la plus dcisive1 quoique le plus souvent implicite1 de cette importante relation gnrale1 parce que ces deux aspects lmentaires y sont la fois plus prononcs et plus solidaires qu'en aucun autre cas4 ,si les lois d'existence pouvaient toujours tre suffisamment connues1 je ne doute pas qu'on n'y pt ainsi ramener partout1 comme en mcanique1 toutes les questions d'activit4 ,mais1 lors mme que la complication du sujet oblige au contraire procder en sens inverse1 c'est encore au fond d'aprs une pareille conception de convergence ncessaire entre l'apprciation statique et l'apprciation dynamique3 ce principe universel est seulement employ alors sous un nouveau mode conforme la nature des phnomnes1 et dont les spculations sociologiques nous ont frquemment prsent d'importans exemples4 ,les diverses lois fondamentales de la mcanique rationnelle ne constituent donc1 tous gards1 que la premire manifestation philosophique de certaines lois gnrales1 ncessairement applicables l'conomie naturelle d'un genre quelconque de phnomnes4 ,quoiqu'elles dussent tre d'abord dvoiles envers le sujet le plus simple et le plus commun1 on voit qu'elles pourraient aussi tre conues comme manant des parties les plus leves et les plus spciales de la philosophie abstraite1 qui seules en font apercevoir le vrai caractre d'universalit4 ,loin qu'elles soient rellement dues l'esprit mathmatique1 il est clair que son vicieux ascendant s'oppose directement aujourd'hui leur saine apprciation philosophique1 soit en spcialisant trop leur interprtation mcanique1 soit surtout en s'efforant vainement d'y substituer une argumentation sophistique la judicieuse observation qui constitue exclusivement leur ralit1 suivant les explications directes du tome premier4 ,cette importante conception rsulte donc ici d'une premire raction scientifique de l'esprit positif propre aux tudes organiques1 et surtout caractris par les spculations sociologiques1 sur les notions fondamentales qui ont sembl jusqu' prsent particulires aux tudes inorganiques4 ,toute sa valeur philosophique tient1 en effet1 l'identit spontane que nous avons ainsi tablie entre les lois initiales des deux ordres extrmes de phnomnes naturels1 dont le rapprochement gnral n'avait jamais t tent que d'aprs une dcomposition inopportune et perturbatrice des effets les plus complexes en simples mouvemens molculaires1 qui tendait aussitt dtruire radicalement les plus minentes contemplations4 ,ainsi1 l'indication prcdente est finalement destine signaler ici1 dans le seul cas compatible avec l'extrme imperfection de la science actuelle1 le premier type essentiel du nouveau caractre d'universalit que devront prendre les principales notions positives sous l'ascendant normal du vritable esprit philosophique1 directement apprci au chapitre prcdent4 ,c'est pourquoi j'ai cru devoir insister spcialement cet gard1 afin d'utiliser convenablement une occasion d'autant plus prcieuse que le reste de notre apprciation scientifique n'en saurait aujourd'hui reproduire l'quivalent4 ,pour le cas qui nous l'a fournie1 les lois universelles que nous avons reconnues sont1 par leur nature1 pleinement suffisantes1 puisque la thorie abstraite du mouvement et de l'quilibre n'exige certainement aucune autre base relle3 quel qu'en soit ensuite l'immense dveloppement spcial1 nous savons qu'il ne constitue qu'un simple systme de consquences logiques de ces notions fondamentales1 labores surtout d'aprs un judicieux emploi de l'instrument analytique4 ,mais1 envers tout autre sujet plus complexe1 ces lois gnrales sont assurment bien loin de suffire diriger convenablement nos diverses spculations relles4 ,on peut seulement garantir que leur sage application y fournira toujours de prcieuses indications scientifiques1 parce que de telles lois y doivent constamment dominer les diffrentes lois plus spciales relatives aux autres modes abstraits d'existence et d'activit1 organiques ou inorganiques4 ,quant ces dernires lois distinctes1 qui resteront sans cesse indispensables1 et dont le nombre effectif demeurera longtemps trs-considrable1 on est ainsi conduit esprer que les plus importantes d'entre elles seront un jour pareillement investies1 bien qu' un moindre degr1 d'un semblable caractre d'universalit1 correspondant l'tendue naturelle des phnomnes respectifs4 ,mais1 sans attendre cette concentration ultrieure1 les explications prcdentes autorisent dj concevoir le systme entier de nos connaissances relles1 mme dans son imperfection actuelle1 comme susceptible1 certains gards1 d'une vritable unit scientifique1 indpendamment de la grande unit logique constitue au chapitre prcdent1 quoiqu'en harmonie avec elle4 ,aprs avoir abstraitement apprci l'existence mathmatique1 la fois gomtrique et mcanique1 l'esprit positif doit complter une telle laboration initiale en l'appliquant convenablement au cas naturel le plus important1 par l'tude gnrale des phnomnes astronomiques4 ,si la premire apprciation tait d'abord videmment indispensable pour dterminer les lois essentielles de la plus simple existence inorganique1 ncessairement commune tous les tres quelconques1 la seconde ne le devient pas moins ensuite pour caractriser le milieu universel1 dont l'ascendant continu domine invitablement le cours lmentaire de tous les autres phnomnes4 ,cette nouvelle opration scientifique doit1 au premier aspect1 sembler contraire notre grand prcepte baconien sur la nature essentiellement abstraite des spculations propres la philosophie premire2 car les vraies notions astronomiques ne diffrent1 en effet1 des notions purement mathmatiques que par leur restriction spciale au cas cleste4 ,mais cette infraction apparente1 dont le motif serait d'ailleurs irrcusable1 n'est pas1 au fond1 plus relle que celle1 dj examine au trente-sixime chapitre1 qui incorpore la chimie abstraite l'analyse fondamentale de l'air et de l'eau1 au mme titre essentiel de milieu gnral o s'accomplissent tous les phnomnes ultrieurs1 sans que pour cela l'apprciation devienne vraiment concrte4 ,il est clair1 en effet1 que1 dans les tudes astronomiques1 les phnomnes gomtriques et mcaniques restent toujours abstraitement considrs1 comme si les corps correspondans n'en pouvaient pas comporter d'autres2 tandis que le caractre propre de toute thorie concrte consiste surtout dans la combinaison directe et permanente des divers modes inhrents chaque existence totale4 ,en passant au cas cleste1 les spculations mathmatiques n'altrent donc pas essentiellement leur nature abstraite1 et ne font que se dvelopper davantage sur un exemple capital1 que son extrme importance oblige spcialiser ainsi1 et dont les difficults caractristiques constituent mme la principale destination scientifique de l'ensemble des tudes mathmatiques1 aussi bien que sa plus heureuse stimulation logique4 ,cette application dcisive exerce d'ailleurs une raction ncessaire minemment propre faire dignement apprcier la ralit et la porte des notions mathmatiques1 dont le vrai caractre philosophique ne saurait tre convenablement senti par ceux qui n'ont pas accord une attention suffisante une telle manifestation4 ,il serait superflu d'insister ici sur la lumineuse confirmation qu'y reoivent spcialement les lois universelles que nous venons de remarquer4 ,c'est surtout en cette partie prpondrante de la philosophie inorganique que l'humanit dveloppera toujours le premier sentiment systmatique d'une conomie ncessaire1 spontanment mane des relations invariables propres aux phnomnes correspondans1 et dont l'ascendant fondamental1 radicalement soustrait notre influence1 doit servir de rgle permanente notre conduite effective4 ,quelque extension indispensable que ce sentiment initial doive ensuite acqurir graduellement envers les phnomnes plus compliqus1 c'est une telle source qu'il faudra sans cesse remonter pour en apprcier suffisamment l'nergie et la puret3 notre ducation individuelle maintiendra certainement1 cet gard1 sur une moindre chelle1 la haute influence philosophique que les tudes astronomiques ont ncessairement exerce dans notre ducation collective4 ,toutefois l'ascendant scientifique du vrai point de vue humain1 c'est--dire social1 y doit spcialement conserver sa destination universelle1 afin de garantir la pleine rationnalit des tudes correspondantes2 car1 du point de vue purement cleste1 l'astronomie positive semblerait constituer une science trs-peu satisfaisante1 d'aprs notre ignorance radicale des lois vraiment cosmiques1 et la restriction ncessaire de nos recherches effectives au seul monde dont nous faisons partie4 ,mais1 au contraire1 le vritable esprit philosophique explique aussitt et justifie pleinement cette restriction fondamentale1 rationnellement motive dsormais par la vrification toujours nouvelle de l'entire indpendance des phnomnes intrieurs de notre monde1 les seuls qui doivent rellement nous intresser1 et que nous pouvons aussi connatre parfaitement1 envers les phnomnes plus gnraux relatifs l'action mutuelle1 essentiellement inaccessible1 des divers systmes solaires4 ,une telle indpendance1 qui offre d'ailleurs la plus haute manifestation possible de la seconde loi universelle remarque ci-dessus1 fait directement sentir l'inanit ncessaire des tentatives irrationnelles sur la prtendue astronomie sidrale1 qui constituent aujourd'hui la seule grave aberration scientifique propre aux tudes clestes4 la vrit1 l'astronomie nous offre aussi dj1 certains gards1 la premire vrification importante des empitemens abusifs que prsentent ensuite1 au plus haut degr1 les parties suprieures de la philosophie naturelle1 d'aprs le caractre essentiellement empirique qu'a d jusqu' prsent affecter l'laboration prliminaire de la science relle1 dont les diverses branches principales se sont dveloppes l'aveugle imitation les unes des autres1 et1 par suite1 sous l'ascendant plus ou moins direct de l'esprit purement mathmatique4 ,mais nous avons reconnu1 au chapitre prcdent1 que cet invitable ascendant provisoire ne saurait produire1 en astronomie1 les mmes dangers scientifiques que partout ailleurs1 puisqu'il y est pleinement conforme la vraie nature des recherches1 et seulement contraire une judicieuse administration logique1 qui y exigerait1 comme en tout autre cas1 la subordination continue de l'instrument l'usage4 ,en passant de l'existence purement mathmatique1 manifeste surtout dans l'ordre astronomique1 l'existence physique proprement dite1 on commence sentir la progression fondamentale que tout le reste de la philosophie naturelle caractrisera de plus en plus1 en apprciant une nouvelle activit spontane1 plus spciale1 plus complexe1 et plus minente1 qui modifie essentiellement l'activit antrieure1 plus simple et plus gnrale4 ,quoique tous les phnomnes vraiment physiques soient ncessairement communs tous les corps quelconques1 sauf l'unique ingalit des degrs1 leur manifestation exige toujours un concours de circonstances plus ou moins compos1 qui ne saurait jamais tre rigoureusement continu4 ,parmi les cinq grandes catgories que nous avons d y distinguer1 la premire1 relative la pesanteur1 nous a seule offert une vritable gnralit mathmatique2 aussi constitue-t-elle la transition pleinement naturelle de l'astronomie la physique3 toutes les autres nous ont prsent une spcialit croissante1 d'aprs laquelle nous les avons surtout classes4 ,outre la ncessit directe de cette nouvelle tude fondamentale pour connatre une partie aussi essentielle de l'existence inorganique1 elle compose1 conjointement avec la chimie1 le couple scientifique intermdiaire1 destin1 dans le systme total de la philosophie premire1 lier le couple initial mathmatico-astronomique au couple final biologico-sociologique4 ,son importance philosophique devient1 sous ce rapport1 facile sentir1 en gnral1 en supposant un moment qu'une telle transition n'existt pas2 car il serait aussitt impossible de concevoir rellement l'unit de la science humaine1 ainsi forme de deux lmens radicalement htrognes1 entre lesquels aucune relation permanente ne saurait tre institue1 quand mme on admettrait d'ailleurs qu'une pareille lacune permt encore l'essor suffisant de l'esprit positif1 ce qui serait certainement contradictoire la marche invitable de notre ducation logique1 tablie au chapitre prcdent4 ,mais cet lment intermdiaire1 naturellement adhrent1 par une extrmit1 aux notions astronomiques1 et1 par l'autre1 aux notions biologiques1 vient procurer spontanment notre intelligence l'heureuse facult de parcourir graduellement le systme entier de la philosophie abstraite1 en parvenant1 suivant une succession presque insensible1 des plus simples spculations mathmatiques aux plus hautes contemplations sociologiques4 ,toutefois la mme position encyclopdique qui confre videmment un tel couple scientifique cette indispensable attribution y devient1 d'autres gards1 une source non moins ncessaire de difficults fondamentales1 qui influeront toujours beaucoup sur l'imperfection relative de cette double tude1 dont le sujet propre ne saurait offrir ni l'admirable simplicit du couple initial1 ni la solidarit caractristique du couple final4 ,quand toutes les parties de la science relle seront enfin convenablement cultives1 il y a lieu de croire que1 par ce motif1 ces spculations moyennes devront tre1 tout compens1 finalement juges plus imparfaites1 non-seulement que les premires1 ce qui est dj bien reconnu1 mais aussi que les dernires1 du moins aux yeux de ceux qui n'attacheront point une importance exagre la prcision des dterminations1 et qui apprcieront surtout l'harmonie des conceptions4 ,en nous bornant d'abord la physique1 beaucoup plus avance d'ailleurs que la chimie1 il ne faut pas que l'immense accumulation actuelle de prcieuses notions spciales y dissimule l'extrme imperfection que nous avons constate1 tant d'gards essentiels1 dans son caractre philosophique1 et qui tient1 sous divers aspects1 sa propre nature1 quoiqu'elle soit1 sans doute1 fort aggrave par une vicieuse institution1 qui pourrait dsormais tre suffisamment rectifie4 ,cette science offre1 en premier lieu1 le grave inconvnient d'tre invitablement compose de parties plus ou moins htrognes1 beaucoup plus distinctes les unes des autres que ne le sont entre elles la gomtrie et la mcanique1 et bien davantage surtout que les diverses branches principales de la biologie ou de la sociologie4 ,malgr d'heureuses relations binaires1 l'importante fusion opre de nos jours des notions magntiques parmi les notions lectriques ne doit faire nullement esprer que cette multiplicit scientifique soit jamais rductible une vritable unit1 mme sous la vaine intervention des vagues hypothses mtaphysiques qui altrent encore profondment la positivit des conceptions physiques4 ,il y a plutt lieu de penser1 au contraire1 qu'une plus complte apprciation de l'existence inorganique augmentera ultrieurement le nombre de ces lmens irrductibles1 que nous avons maintenant fix cinq2 car cette diversit ne doit pas seulement correspondre celle des modes ainsi tudis1 mais aussi celle de nos propres moyens organiques d'exploration lmentaire4 ,or1 parmi les cinq branches actuelles de la physique1 deux s'adressent chacune un seul de nos sens1 l'une l'oue1 l'autre la vue2 et celles-l ne sauraient assurment jamais concider1 malgr les chimriques esprances suscites quelquefois par de vicieux rapprochemens1 sous l'ascendant sophistique d'hypothses antiscientifiques3 les trois autres se rapportent galement la vue et au toucher1 et cependant1 malgr cette affinit organique1 personne n'oserait aujourd'hui regarder la thermologie ou l'lectrologie comme rellement susceptible de fusion ultrieure avec la barologie1 ni mme entre elles1 quelque incontestables que soient1 certains gards1 leurs relations naturelles4 ,le nombre effectif de nos sens extrieurs n'est pas d'ailleurs maintenant l'abri de toute grave incertitude scientifique1 d'aprs l'tat d'enfance o se trouve encore toute la thorie des sensations1 si dplorablement abandonne jusqu'ici aux seuls mtaphysiciens3 une apprciation vraiment rationnelle1 la fois anatomique et physiologique1 conduirait sans doute1 par exemple1 distinguer entre eux les deux sentimens de chaleur et de pression1 aujourd'hui vaguement confondus1 avec plusieurs autres peut-tre1 dans le sens du tact1 qui1 malgr sa classique rputation de nettet1 semble destin en quelque sorte recueillir toutes les attributions dont le sige spcial n'est pas clairement dtermin4 ,quoi qu'il en soit cet gard1 il reste incontestable que deux de nos sens1 l'odorat et le got1 trs-employs en chimie1 n'ont encore1 dans la physique1 aucune application essentielle3 cependant on doit penser que chacun d'eux1 et surtout le premier1 aurait dj suscit un dpartement distinct1 si notre organisation nerveuse avait t1 sous ce rapport1 aussi parfaite que celle de beaucoup d'autres animaux suprieurs2 de mme1 rciproquement1 que l'optique et l'acoustique seraient probablement encore inconnues si notre vision et notre audition taient au niveau de notre olfaction4 ,le mode d'existence inorganique spcialement apprciable l'odorat semble1 en effet1 n'tre pas moins distinct1 par sa nature1 de ceux qui correspondent aux deux autres sens que ceux-l ne le sont entre eux2 comme le confirme surtout la persistance trs-prpondrante de l'olfaction dans l'ensemble de la srie animale4 ,malgr les obstacles invitables que notre imperfection organique doit toujours apporter l'essor de la branche correspondante de la physique1 une exploration plus artificielle pourrait sans doute indirectement parvenir les surmonter assez pour donner lieu une telle extension scientifique3 d'ailleurs il ne nous serait peut-tre pas impossible d'instituer1 cet effet1 avec les plus intelligens des animaux qui nous surpassent sous ce rapport1 une sorte d'association contemplative1 quivalente l'utile association active1 militaire ou industrielle1 dont le mme sens a ds longtemps fourni le motif spontan4 ,ainsi1 le nombre des lmens vraiment irrductibles dont la physique gnrale doit tre compose n'est pas mme encore rationnellement fix4 ,quand il aura t convenablement dtermin1 de manire carter essentiellement toute vicieuse concentration1 en prvenant toutefois une scission spculative qui ne serait pas moins contraire au vritable esprit de cette tude ncessairement multiple1 l'influence philosophique pourra plus aisment amliorer la constitution scientifique de chaque branche principale4 ,envers les parties mme les plus avances1 nous avons reconnu que cette constitution est loin d'tre aujourd'hui suffisamment dfinie2 elle flotte encore presque toujours entre l'impulsion quasi-mtaphysique de gomtres trop peu disposs la saine apprciation des thories physiques1 et la rsistance empirique de physiciens trop trangers une judicieuse initiation mathmatique4 ,les abus essentiels de l'esprit mathmatique offrent ici plus de dangers que partout ailleurs1 parce que leur introduction y est ncessairement beaucoup plus directe et leur conservation plus spcieuse qu'en aucune autre science plus complique1 d'aprs la nature purement gomtrique ou mcanique qu'on ne saurait contester un grand nombre de spculations physiques1 quoique la plupart aient rellement un tout autre caractre4 ,chaque science fondamentale ayant eu se dfendre des envahissemens de la prcdente1 dont l'ascendant1 la fois logique et scientifique1 y a d spontanment prsider l'essor initial de la positivit rationnelle1 c'est surtout aux physiciens qu'il appartient aujourd'hui1 dans l'institution finale de nos spculations relles1 de contenir suffisamment1 d'aprs de saines inspirations philosophiques1 l'aveugle instinct qui entrane encore les gomtres exercer1 sur l'ensemble des tudes naturelles1 une domination strile et oppressive4 ,la perturbation radicale laquelle la physique est ainsi plus compltement expose qu'aucune autre science1 m'a dtermin y rapporter la discussion gnrale1 d'ailleurs universellement applicable1 des vicieuses hypothses qui continuent y altrer profondment la ralit des conceptions principales4 ,nous avons1 en effet1 reconnu que les fluides mtaphysiques n'y sont aujourd'hui maintenus qu'afin de permettre d'y envisager tous les phnomnes quelconques1 contre leur nature vidente1 comme exclusivement mcaniques4 ,or1 cette uniforme reprsentation ne saurait tre pleinement convenable qu'envers la seule barologie1 o nous savons d'ailleurs que1 de mme qu'en astronomie1 mais un plus haut degr1 l'heureuse application de l'esprit mathmatique n'a pu tre encore suffisamment accomplie1 faute pareillement de sa judicieuse subordination au vritable esprit de la physique1 qui ne pourra y prvaloir convenablement que d'aprs l'indispensable rnovation de notre ducation scientifique4 ,mais1 quelles que soient1 ces divers titres1 les graves imperfections de la physique actuelle1 les unes directement inhrentes sa propre nature1 les autres seulement relatives une vicieuse culture1 elles n'empchent pas que sa vraie constitution philosophique ne soit dj assez apprciable pour permettre d'tablir1 entre ses diverses branches effectives1 et sous la rserve ultrieure de branches nouvelles1 une succession hirarchique pleinement conforme sa vritable position encyclopdique4 ,une telle classification1 toujours fonde sur le mme principe essentiel de la gnralit dcroissante que nous avons vue partout prvaloir1 est sans doute destine remdier suffisamment aux inconvniens spontans de la multiplicit scientifique ncessairement propre la physique1 en y instituant une transition graduelle des spculations barologiques presque adhrentes l'astronomie1 aux spculations lectrologiques les plus voisines de la chimie4 ,quoique nous ayons d1 au chapitre prcdent1 pour faciliter l'apprciation de l'ensemble de l'volution logique1 runir essentiellement la phase chimique la phase physique1 il convient ici de considrer sparment le second lment du couple scientifique moyen1 comme plus spcialement propre conduire au couple suprieur ou final1 tandis que le premier manait plus naturellement du couple infrieur ou initial4 ,il s'agit alors du mode le plus intime et le plus complet de l'existence inorganique1 que l'esprit humain a eu tant de peine distinguer suffisamment1 sous ce rapport1 de l'existence vraiment organique4 ,l'activit matrielle s'y lve un degr videmment suprieur1 qui modifie profondment le systme des phnomnes antrieurs4 ,sans que ce nouvel ordre d'effets naturels cesse rellement de nous offrir la gnralit inorganique1 elle y a toutefois gravement dcru4 ,outre le concours beaucoup plus complexe1 et par suite plus rare1 des circonstances indispensables leur production1 ces phnomnes prsentent ncessairement1 entre les diverses substances1 des diffrences essentielles1 qui ne sont plus rductibles1 comme en physique1 de simples ingalits d'nergie1 sauf d'aprs les vagues hypothses gnrales qu'une vicieuse impulsion mathmatique y a quelquefois indirectement suscites1 et que leur vidente strilit y rend peu dangereuses4 ,c'est surtout ici que se dveloppe1 dans toute sa plnitude1 la tendance constante que nous avons remarque parmi les divers ordres de phnomnes devenir de plus en plus modifiables mesure que leur complication et leur spcialit augmentent4 ,les phnomnes purement physiques en avaient sans doute offert la premire manifestation1 puisqu'un tel caractre y avait ncessairement motiv l'introduction spontane de la mthode exprimentale proprement dite4 ,mais1 quoique cette mthode soit1 au fond1 moins satisfaisante en chimie1 par la difficult suprieure des recherches1 la facult de modifier y est naturellement bien plus complte1 puisqu'elle s'tend alors jusqu' l'intime composition molculaire4 ,la modification pourrait1 il est vrai1 tre encore plus prononce dans l'ordre des actions vitales1 en tant que plus compliques et plus spciales2 mais1 par cela mme qu'elle y serait souvent pousse jusqu' la suspension totale ou mme l'entire suppression de phnomnes beaucoup plus prcaires1 elle n'y saurait prsenter autant d'utilit relle4 ,aussi la chimie constituera-t-elle toujours1 et de plus en plus1 la principale base de notre puissance matrielle4 ,sous l'aspect spculatif1 la double destination fondamentale des tudes inorganiques y est spcialement vidente1 soit pour achever d'apprcier l'existence universelle en ce qu'elle peut offrir de plus intime1 soit pour complter la connaissance du milieu gnral dans sa plus immdiate influence sur l'organisme4 l'un et l'autre titre1 l'importance scientifique de la chimie est assurment incontestable1 comme constituant1 par sa nature1 l'indispensable transition des spculations inorganiques aux spculations organiques3 le caractre d'lment moyen1 qui lui est commun avec la physique1 s'y trouve spontanment beaucoup plus prononc4 ,on y sent aussi1 sous un autre aspect essentiel1 l'approche des tudes biologiques1 en voyant alors augmenter notablement l'intime solidarit naturelle propre l'ensemble du sujet scientifique1 si insuffisante en physique1 et mme1 au fond1 en mathmatique4 ,mais1 par une nouvelle consquence de la complication suprieure1 sa culture plus rcente et plus imparfaite laisse aujourd'hui la chimie beaucoup plus loigne encore que la physique elle-mme de la vraie constitution scientifique qui convient sa position encyclopdique1 au point que nous y avons souvent reconnu des traces trs-prononces de la plus grossire mtaphysique4 ,sa nature intermdiaire la destine1 sans doute1 faire convenablement pntrer1 dans le systme des tudes inorganiques1 l'esprit d'ensemble spontanment dvelopp par les tudes organiques1 avec la mthode comparative et la thorie taxonomique qui leur sont propres1 et que j'ai tant reprsentes comme minemment aptes perfectionner directement les spculations chimiques4 ,l donc devraient dj se trouver le terme actuel de l'ascendant prliminaire du rgime analytique1 et le commencement naturel de la prpondrance finale que doit partout obtenir le rgime synthtique4 ,jusqu'ici1 au contraire1 cette science1 aprs avoir trop aveuglment dtruit la systmatisation provisoire que la belle thorie du grand ,lavoisier lui avait si heureusement impose1 et qui n'a pu encore tre convenablement remplace1 se trouve plus abandonne qu'aucune autre l'irrationnelle activit de l'esprit de dtail1 qui l'encombre journellement d'une strile accumulation de faits incohrens4 ,si l'essor de la doctrine numrique tend y maintenir dsormais un certain degr de rationnalit1 ce n'est qu'en y cartant davantage le principal sujet scientifique1 outre les spculations hasardes que suscite souvent cette conception incomplte et insuffisante1 d'o mane d'ailleurs une disposition1 dj trop commune1 dissimuler le vide rel des ides sous un facile verbiage hiroglyphique1 l'imitation des abus algbriques4 ,aucune autre science n'exige aussi imprieusement1 tous gards1 l'intervention directrice d'une saine philosophie1 pour y discipliner un aveugle empirisme1 dont tout le caractre thorique s'y rduirait bientt1 sans un tel ascendant normal1 l'impuissant appareil des nomenclatures et des notations techniques4 ,ce n'est plus ici de l'invasion mathmatique qu'il faut surtout prserver la vraie constitution scientifique3 ce danger1 trop dtourn1 cesse d'y tre assez redoutable2 il sera d'ailleurs naturellement contenu dj par la physique1 qui s'y trouve bien autrement expose1 comme on l'a vu ci-dessus4 ,mais la chimie a principalement besoin d'tre judicieusement garantie contre la vicieuse domination de la physique elle-mme1 premire source directe de sa positivit rationnelle1 et travers laquelle s'y introduirait1 au reste1 l'ascendant mathmatique4 ,par une aberration philosophique essentiellement analogue celle qui voudrait rduire l'existence physique la seule existence gomtrique ou mcanique1 beaucoup d'esprits distingus sont maintenant entrans ne voir que de simples effets physiques dans les phnomnes chimiques les mieux caractriss4 ,une tendance aussi radicalement contraire au progrs gnral de la chimie y est d'autant plus dangereuse qu'elle repose en partie sur l'incontestable affinit des deux sciences fondamentales les plus voisines l'une de l'autre1 d'aprs une irrationnelle exagration de la haute efficacit chimique qui appartient videmment aux diverses actions physiques1 y compris mme peut-tre les vibrations sonores convenablement explores4 ,cette intime perturbation n'y sera suffisamment contenue1 comme partout ailleurs1 mais d'aprs des motifs encore plus urgens1 que par la prpondrance normale du vritable esprit philosophique1 prsidant l'universelle rgnration de l'esprit scientifique actuel4 ,mais1 quelle que soit encore1 tant de titres1 l'extrme imperfection1 la fois scientifique et logique1 des tudes chimiques1 o la prvision rationnelle1 qui caractrise surtout la vritable science1 n'est presque jamais possible aujourd'hui qu' certains gards secondaires1 leur tat prsent n'en a pas moins dj dvelopp irrvocablement le sentiment fondamental des lois naturelles envers les phnomnes les plus compliqus de l'existence inorganique1 qui furent si longtemps regards comme spcialement rgis par de mystrieuses influences et susceptibles d'arbitraires variations4 ,on parvient alors sentir nettement l'ensemble de la constitution propre la science prliminaire de la nature morte1 depuis son origine astronomique jusqu' sa terminaison chimique1 profondment lies par l'interposition spontane de la physique4 ,aprs avoir ainsi fond cette moiti de la philosophie premire qui devait d'abord tre spcialement analytique1 l'esprit positif s'est enfin lev directement celle dont le caractre a d toujours tre essentiellement synthtique1 malgr les graves aberrations1 la fois scientifiques et logiques1 qu'y entretient encore une servile imitation de l'laboration pralable qui lui a ncessairement fourni sa base initiale4 ,suivant une formule justement clbre1 cette tude de l'homme et de l'humanit a t constamment regarde comme constituant1 par sa nature1 la principale science1 celle qui doit surtout attirer et l'attention normale des hautes intelligences et la sollicitude continue de la raison publique4 ,la destination simplement prliminaire des spculations antrieures est mme tellement sentie1 que leur ensemble n'a jamais pu tre qualifi qu' l'aide d'expressions purement ngatives1 inorganique1 inerte1 etc41 qui ne les dfinissent que par leur contraste spontan avec cette tude finale1 objet prpondrant de toutes nos contemplations directes4 ,quoique nous ayons pleinement reconnu que les exigences initiales de la grande volution logique avaient oblig l'esprit humain1 pendant les deux derniers sicles1 s'occuper surtout de ces sciences prparatoires1 seules propres1 d'aprs leur simplicit suprieure1 consolider suffisamment l'essor fondamental de la positivit rationnelle1 il est clair que cette marche exceptionnelle ne pouvait toujours prvaloir1 et que son terme naturel a t pos1 dans notre sicle1 par la formation dcisive de la philosophie biologique4 ,toutefois1 tant que l'extension graduelle de l'esprit positif n'a pas t convenablement pousse jusqu'aux phnomnes sociaux1 il tait impossible que l'impulsion perturbatrice1 provenue des sciences infrieures1 ft1 en biologie1 rellement contenue1 parce qu'elle n'y pouvait tre directement combattue que sous les vicieuses inspirations de la philosophie thologico-mtaphysique1 dont il fallait1 avant tout1 dtruire alors l'antique ascendant mental4 ,c'est pourquoi les biologistes judicieux n'ont dsormais aucun intrt vritable repousser l'universelle prpondrance spculative du point de vue sociologique1 o ils doivent voir1 au contraire1 le seul moyen de garantir suffisamment l'indpendance et la dignit de leurs propres tudes contre les prtentions opposes1 mais galement oppressives1 des physiciens et des mtaphysiciens4 ,malgr que la distinction scientifique entre l'existence individuelle et l'existence sociale ne soit rellement assez prononce que dans notre seule espce1 elle exige nanmoins1 comme je l'ai tant dmontr1 l'indispensable dcomposition de la philosophie organique en deux sciences distinctes1 quoique intimement lies1 l'une biologique1 l'autre sociologique1 puisque la considration humaine est videmment celle qui doit y prvaloir1 et laquelle doivent toujours tre essentiellement rapportes toutes les autres apprciations vitales4 ,quelque importante raction que la seconde tude doive ultrieurement exercer sur la premire1 il est d'ailleurs sensible que la sociologie doit d'abord reposer sur la biologie1 afin de connatre l'agent ncessaire des phnomnes qui lui sont propres1 aprs avoir apprci le milieu o il doit se dvelopper1 avant d'examiner sa marche effective4 ,nous avons surtout constat que cette division fondamentale des deux sciences organiques rsulte spontanment d'une dernire application gnrale du principe incontestable que nous avons partout employ pour construire graduellement la hirarchie scientifique4 ,en passant des tudes inorganiques aux tudes purement biologiques1 on sent1 avec une nergique vidence1 que l'existence matrielle prouve alors un immense accroissement nouveau1 trs-suprieur aux deux degrs essentiels d'extension successive qu'elle avait dj reus1 en s'levant d'abord du simple tat mathmatique ou astronomique l'tat physique proprement dit1 et mme ensuite de celui-ci la complication de l'tat chimique4 ,toutefois le conflit exceptionnel qui a d exister en biologie entre les besoins logiques et les besoins scientifiques pendant tout le cours de l'volution prparatoire propre aux deux derniers sicles1 y a oppos de tels obstacles la convenable apprciation philosophique d'une telle diversit1 qu'il en est rsult la difficult la plus fondamentale que la constitution normale de cette grande science et ncessairement surmonter4 ,la tendance gnrale des sciences infrieures dominer les suprieures1 d'aprs leur antriorit ncessaire1 tait ici encore plus puissante qu'envers les deux cas prcdens1 puisque les phnomnes vitaux sont certainement1 en grande partie1 mcaniques1 physiques1 et surtout chimiques3 ce qu'ils offrent de rellement propre1 outre la diffrence des appareils1 est d'abord d'une dtermination trop difficile pour ne pas rendre longtemps spcieuse la lgitimit d'une semblable domination1 d'o semblait alors dpendre l'introduction dcisive de l'esprit positif dans ces minentes spculations4 ,mais ce qui a d le plus aggraver et prolonger cette intime perturbation1 c'est que1 pour rsister cette nergique impulsion physico-chimique1 et d'abord mme mathmatique1 rclamant1 au nom de la positivit1 l'empire de la biologie1 les droits de la rationnalit1 de l'indpendance et de la dignit des tudes vitales n'ont pu tre longtemps soutenus qu'en y maintenant le tnbreux ascendant de l'esprit mtaphysique1 et mme finalement thologique4 ,l'antique rgime mental est devenu tellement antipathique la raison moderne1 que depuis trois sicles nous l'avons vu1 beaucoup d'gards1 compromettre de plus en plus tout ce qui reste essentiellement plac sous sa vaine protection1 dont la dangereuse persistance donne la plus indispensable rsistance le caractre invitable d'une vraie rtrogradation1 aussi bien dans l'ordre scientifique que dans l'ordre politique1 galement intresss dsormais reposer sur une autre base philosophique1 propre concilier spontanment les conditions du progrs et celles de la conservation1 qui1 partir des spculations biologiques1 semblent jusqu'ici radicalement incompatibles1 tandis qu'elles convergent dj suffisamment dans la partie prliminaire de la philosophie abstraite4 ,cette situation contradictoire a d faire provisoirement accueillir en biologie toutes les conceptions qui paraissaient suffisamment susceptibles d'y dtruire enfin1 comme dans les sciences infrieures1 l'ascendant mtaphysique1 quelque opposes qu'elles fussent d'ailleurs la nature effective des phnomnes4 ,rien ne saurait tre plus caractristique1 cet gard1 que l'trange prpondrance conserve pendant plus d'un sicle par la clbre aberration biologique de ,descartes sur l'automatisme animal1 dont le grand ,buffon lui-mme ne put jamais s'affranchir pleinement1 quoique ses propres mditations dussent lui en manifester spcialement la profonde absurdit3 quels que fussent sans doute ses yeux les graves dangers de la domination mathmatique1 elle lui paraissait encore1 et avec raison1 prfrable la tutelle thologico-mtaphysique1 puisqu'il ne pouvait alors exister de meilleure alternative4 ,quelque oppressif que dt tre un tel antagonisme pour l'essor fondamental du vritable esprit biologique1 nous avons apprci comment il s'est finalement ouvert une issue dcisive par la combinaison spontane de deux conceptions indispensables1 l'une physiologique1 l'autre anatomique1 qui ont si dignement immortalis l'incomparable ,bichat4 ,la premire consiste dans cette clbre distinction lmentaire entre la vie organique ou vgtative et la vie animale proprement dite1 qui1 malgr de vicieuses exagrations initiales1 sera de plus en plus apprcie1 comme le fondement primordial de la saine philosophie biologique4 ,c'est sous son inspiration1 en effet1 que l'on a pu enfin dnouer suffisamment la difficult primitive1 d'aprs une satisfaisante apprciation de la part lgitime qu'il fallait accorder en biologie aux prtentions physico-chimiques1 ainsi reconnues pleinement rationnelles en tout ce qui concerne les simples phnomnes de vgtabilit1 base ncessaire de toute existence vitale2 tandis que la double proprit qui caractrise l'animalit tait radicalement irrductible aux qualits inorganiques1 et prsiderait dsormais un ordre de phnomnes entirement distinct1 sans aucune analogie fondamentale avec les actes infrieurs4 ,toutefois une telle rpartition n'autorise nullement les physiciens et les chimistes dominer directement le premier ordre d'tudes biologiques2 quelque indispensable qu'y soit la sage application continue de la doctrine inorganique1 c'est exclusivement aux biologistes qu'il appartient de la diriger toujours1 puisqu'ils en peuvent seuls comprendre suffisamment les conditions et la destination4 ,les motifs d'une telle discipline sont videmment analogues ceux des semblables prescriptions dj considres envers les trois cas antrieurs d'intervention scientifique des thories infrieures dans les thories suprieures3 mais ils ont ici beaucoup plus d'nergie1 d'aprs l'extrme influence que doit exercer la nature propre des appareils vitaux sur les actes physico-chimiques qui y constituent la pure vgtabilit1 mme quand elle peut y tre tudie sparment de toute animalit1 ce qui d'ailleurs est si rarement possible4 ,quant la conception anatomique1 en harmonie1 d'abord simplement spontane1 aujourd'hui pleinement systmatique1 avec cette conception physiologique1 elle rsulte de la grande thorie des tissus lmentaires1 o nous avons reconnu le vritable quivalent philosophique pour la biologie de l'office rempli1 en physico-chimie1 par la thorie molculaire1 dont l'application biologique est essentiellement contraire la nature des phnomnes4 ,cette notion statique1 convenablement labore1 a pu seule1 en effet1 procurer la notion dynamique des deux vies une pleine consistance scientifique1 en permettant d'assigner chacun de ces modes d'existence un sige fondamental qui pt tre nettement distingu1 mme dans les plus minens organismes4 ,mais1 quelle que soit la puissance intrinsque de cette double conception1 elle n'et jamais acquis une suffisante prpondrance1 ni mme un caractre assez complet1 si elle ft toujours reste relative l'homme1 comme elle l'tait exclusivement pour son immortel crateur4 ,quoique l'homme soit certainement1 tous gards1 l'objet essentiel de la biologie1 nous avons cependant reconnu que cette grande tude ne pouvait aucun titre devenir vraiment rationnelle tant qu'elle demeurait borne directement l'organisme le plus complexe1 dont l'apprciation ne saurait1 sous aucun aspect1 tre aborde avec un succs dcisif sans tre constamment domine par l'admirable mthode comparative que la nature de tels phnomnes y a si heureusement mnage pour surmonter les immenses difficults de ces hautes recherches1 d'aprs une lumineuse transition graduelle entre les divers degrs successifs d'organisation ou de vie4 ,or ce principe fondamental de la logique biologique est surtout applicable la distinction statique et dynamique entre les deux modes lmentaires de l'activit vitale1 qui se trouvent ainsi nettement caractriss par les divers types essentiels de la hirarchie organique4 ,mais1 en sens inverse1 la construction finale d'une telle hirarchie devait aussi dpendre directement de cette conception pralable1 puisque la pure vgtabilit ne saurait comporter entre les diffrens tres que de simples ingalits d'nergie1 comme les proprits physico-chimiques1 sans pouvoir admettre cette diversit graduelle de modes successifs qui peut devenir la base d'une vritable srie1 et qui est videmment propre la seule animalit1 dont les degrs de plnitude anatomique ou physiologique offrent en effet une nombreuse suite de nuances fortement tranches1 susceptibles de diriger convenablement les spculations taxonomiques4 ,c'est surtout raison de cette intime connexit que nous avons vu la fondation directe de la saine philosophie biologique tre surtout dtermine par l'tablissement dcisif de la hirarchie animale1 sous la puissante laboration d'abord de ,lamarck1 ensuite d',oken1 et enfin de ,blainville4 ,une telle cration constituera de plus en plus non-seulement le principal instrument logique1 mais aussi la pense prpondrante de toutes les hautes contemplations biologiques1 parce que le point de vue anatomique et le point de vue physiologique y viennent ncessairement converger1 tous gards1 avec le point de vue taxonomique4 ,la notion fondamentale de l'organisme1 d'abord absorbe par celle du milieu1 seule pralablement apprciable1 a ainsi pris enfin l'activit directe qui convient sa nature1 d'aprs la considration habituelle d'une longue succession de systmes vitaux de plus en plus complexes1 dont l'existence1 de plus en plus minente1 modifie toujours davantage l'existence universelle1 et devient aussi de plus en plus susceptible de se modifier elle-mme1 conformment l'ensemble des exigences extrieures4 ,quoique les ides systmatiques d'ordre et d'harmonie aient d primitivement rsulter des tudes inorganiques1 raison de leur simplicit suprieure1 les ides de classement et de hirarchie1 qui en constituent sans doute la plus haute manifestation1 ne pouvaient certainement maner que des tudes biologiques1 d'o elles doivent finalement s'tendre aux spculations sociales qui en avaient originairement fourni le type spontan1 et qui1 en effet1 les renverront ultrieurement partout avec une irrsistible nergie4 ,malgr les immenses lacunes de la biologie actuelle1 o la position des diverses questions essentielles est seule aujourd'hui pleinement apprciable1 sans qu'aucune d'elles soit encore effectivement rsolue1 nous avons donc pu regarder cette grande science comme ayant dj pris1 au moins chez ses plus minens interprtes1 le vrai caractre gnral qui convient sa propre nature2 ce qui est pleinement compatible avec l'extrme imperfection des dtails dans une tude o1 d'aprs l'intime solidarit du sujet1 l'esprit d'ensemble doit essentiellement prvaloir4 ,par suite d'un tel caractre1 quelque peu avanc que doive tre jusqu'ici un genre de spculations positives aussi difficile et aussi rcent1 sa constitution scientifique n'en est pas moins maintenant1 aux yeux des vrais connaisseurs1 plus rationnelle que celle des diverses sciences antrieures1 aveuglment livres la dispersion empirique qui devait distinguer leur laboration prliminaire4 ,la notion fondamentale de la spontanit vitale se dveloppant1 divers degrs dtermins1 entre les limites gnrales correspondantes l'invitable accomplissement continu des lois lmentaires de l'existence universelle1 y est dsormais irrvocablement tablie d'aprs la grande conception hirarchique qui domine l'ensemble des ides biologiques4 ,toutefois les obstacles journaliers qu'prouve encore1 au sein mme de la science1 cette indispensable conception1 et la persistance opinitre du conflit initial1 quoique trs-heureusement attnu1 entre les prtentions opposes de l'cole physico-chimique et de l'cole thologico-mtaphysique1 prouvent clairement qu'une telle constitution scientifique n'est pas suffisamment complte4 ,on doit sans doute attribuer cet gard beaucoup d'influence l'extrme insuffisance de l'ducation habituelle qui prcde aujourd'hui une culture aussi difficile1 suivant les explications du quarantime chapitre4 ,il est incontestable1 en effet1 que les biologistes ne pourront jamais s'affranchir de l'irrationnelle invasion de diverses sciences inorganiques qu'autant qu'ils se les seront d'abord rendues assez familires pour en incorporer convenablement la judicieuse application simultane au systme de leurs tudes propres2 cette irrcusable obligation rsulte ici des mmes motifs essentiels1 devenus seulement plus nergiques1 qui ont dj impos aux autres classes de savans de semblables conditions logiques1 comme unique moyen de contenir les empitemens abusifs des tudes infrieures sur les suprieures4 ,mais1 outre cette considration temporaire1 il faut reconnatre1 d'aprs une plus profonde apprciation1 que la biologie ne saurait tre compltement constitue sans l'intervention prpondrante de la sociologie2 car1 tandis que1 par son extrmit infrieure1 elle touche la science inorganique dans l'tude lmentaire de la vie vgtative1 elle adhre1 par son extrmit suprieure1 la science finale du dveloppement social1 dans l'tude transcendante de la vie intellectuelle et morale4 ,or1 comme je l'ai expliqu au chapitre prcdent1 cette dernire tude1 sans laquelle la connaissance biologique de l'homme est radicalement insuffisante1 ne saurait tre convenablement institue du seul point de vue individuel1 et elle exige l'indispensable considration d'un essor collectif qui en lui-mme ne saurait tre scind3 en sorte que1 malgr l'minent mrite et l'utilit capitale que nous avons d tant reconnatre dans l'immortelle tentative de ,gall1 sa faible efficacit jusqu'ici ne doit pas tre uniquement attribue1 ni mme principalement1 ses imperfections radicales1 ni au peu de porte de ceux qui l'ont poursuivie1 mais surtout la vicieuse constitution d'un travail o la biologie devrait se subordonner judicieusement la sociologie1 loin de pouvoir l'y dominer4 ,cette voie tant aujourd'hui la seule ouverte l'esprit thologico-mtaphysique pour maintenir en biologie son antique domination1 il est ais de sentir combien l'entire prpondrance de la positivit rationnelle s'y trouve profondment lie la fondation de la science sociale1 sans laquelle toutes les conceptions dj labores n'y pourraient jamais acqurir une pleine efficacit1 ni mme une vritable stabilit4 ,une telle influence philosophique n'est pas moins propre1 en sens inverse1 garantir irrvocablement les tudes vitales contre l'invasion oppose de l'esprit mathmatique1 premier moteur des usurpations inorganiques1 en faisant prvaloir une science o il ne saurait videmment esprer aucun accs rel1 sauf dans les absurdes utopies fondes sur le prtendu calcul des chances1 dsormais trop ridicules pour tre vraiment dangereuses4 ,on conoit d'ailleurs que ces deux offices sont spontanment connexes1 puisque l'cole thologico-mtaphysique ne peut aujourd'hui conserver en biologie une certaine valeur qu' raison de son insuffisante rsistance aux tendances subversives de l'cole physico-chimique1 d'abord destine elle-mme y lutter contre l'ascendant oppressif de l'ancienne philosophie4 ,en biologie1 comme en politique1 une mme conception doit aujourd'hui pleinement satisfaire la fois aux conditions de l'ordre et celles du progrs1 au fond ncessairement identiques4 ,la seule science qui puisse tre vraiment finale1 et envers laquelle la biologie elle-mme ne constitue qu'un dernier prambule indispensable1 rsulte donc maintenant de l'extrme accroissement fondamental qu'prouve l'existence relle en s'levant de l'organisme individuel l'organisme collectif4 ,quoique d'une autre nature que les trois prcdentes1 cette complication dfinitive n'est pas moins prononce que celles dj prouves en passant d'abord du degr mathmatique initial au degr physique proprement dit1 ensuite de celui-ci au chimique1 et mme enfin du degr chimique au plus simple degr biologique3 elle est d'ailleurs toujours en harmonie avec la gnralit dcroissante des phnomnes successifs4 ,d'aprs l'expansion continue et la perptuit presque indfinie qui caractrisent le nouvel organisme1 ce cas diffre tellement du prcdent1 malgr l'homognit ncessaire de leurs lmens1 qu'il est vraiment impossible de ne l'en pas sparer profondment1 surtout quand on considre directement cette extension totale de l'association humaine l'ensemble de notre espce1 que la civilisation moderne a eu toujours en vue1 quelque loigne qu'en doive tre encore la suffisante ralisation4 ,sous l'aspect logique1 nous avons reconnu que la mthode fondamentale reoit alors sa plus minente laboration par l'introduction spontane du mode historique proprement dit1 parfaitement adapt la nature d'un sujet o la filiation graduelle doit constituer de plus en plus le principal moyen d'investigation1 qui1 quoique ncessairement driv du mode comparatif propre la biologie1 en doit nanmoins tre radicalement distingu1 titre de transformation transcendante4 ,or l'indispensable sparation des deux tudes organiques n'est certes pas moins caractrise dans l'ordre purement scientifique1 d'aprs l'vidente impossibilit de jamais dduire les phnomnes successifs de l'volution sociale1 indpendamment de leur propre observation directe1 d'aprs la seule connaissance des lois individuelles2 car chacun de ces divers degrs ne peut d'abord tre positivement rattach qu'au degr immdiatement antrieur1 quoique leur ensemble doive constamment rester1 tous gards1 en harmonie fondamentale avec le systme des notions biologiques4 ,nous savons d'ailleurs1 suivant la remarque prcdente1 que ces thories elles-mmes ne peuvent isolment suffire leur plus haute destination individuelle1 sans l'assistance suprieure des notions sociologiques4 ,il importait donc1 en constituant la sociologie1 de faire convenablement sentir l'indispensable ncessit de cette sparation fondamentale1 o rside maintenant1 mon gr1 pour les esprits les plus avancs1 la principale difficult1 la fois scientifique et logique1 d'une telle constitution1 parce que la tendance gnrale des tudes infrieures absorber spontanment les suprieures1 en vertu de leur positivit antrieure1 et d'aprs leurs relations naturelles1 ne pouvait jamais tre plus spcieuse assurment que dans ce cas extrme1 o presque aucun des minens penseurs de notre sicle n'a pu1 en effet1 viter cette grande aberration4 ,une discussion dcisive nous a donc ainsi conduits satisfaire systmatiquement aux ternelles conditions d'originalit et de prminence des spculations sociales1 que la rsistance thologico-mtaphysique n'a pu que maintenir instinctivement d'une manire fort insuffisante1 depuis que la mthode positive a commenc prvaloir de plus en plus dans la moderne volution mentale4 ,c'est au nom mme de la positivit et de la rationnalit que nous avons directement rclam1 et mme dtermin la convenable reconstruction d'un ascendant philosophique1 toujours indispensable1 qu'on n'ose pourtant motiver de nos jours que sur les seules exigences pratiques4 ,mais cette rorganisation normale ne pouvait tre vraiment consolide qu'en faisant aussitt cesser1 d'une autre part1 le strile et irrationnel isolement o les diverses coles thologico-mtaphysiques1 sans exception des moins arrires1 s'accordaient1 depuis deux sicles1 au milieu de leurs intimes divergences1 placer constamment le systme des tudes morales et politiques envers l'ensemble de la philosophie naturelle4 ,or cette seconde condition gnrale1 non moins invitable que la premire1 a t compltement remplie1 d'aprs une exacte convergence des besoins scientifiques avec les besoins logiques1 prescrivant galement dsormais la subordination fondamentale de la science finale chacune des sciences prliminaires1 sur lesquelles sa raction philosophique doit ensuite redevenir prpondrante4 ,aussi devais-je attacher beaucoup de prix signaler1 autant que possible1 les liaisons directes qui rsultent1 cet gard1 de la nature des tudes respectives1 vu la double ncessit continue de connatre pralablement1 d'une part1 le milieu1 d'une autre part1 l'agent de l'volution sociale4 ,la position encyclopdique assigne la sociologie1 ds le dbut de ce ,trait1 par notre hirarchie scientifique1 et qui rsume exactement l'ensemble de ses conditions et de ses relations1 s'est donc trouve ensuite spcialement confirme en une foule d'occasions1 mme indpendamment de l'irrcusable obligation logique d'une telle marche successive pour lever la mthode positive jusqu' sa phase sociologique1 suivant les explications du chapitre prcdent4 ,mais1 quelle que soit l'importance relle des indispensables notions ainsi transportes d'abord des tudes purement inorganiques dans cette science finale1 c'est aux tudes biologiques que doit surtout appartenir1 d'aprs la nature des sujets respectifs1 un tel office scientifique1 aprs que les tendances primitives aux empitemens irrationnels y ont t suffisamment contenues4 tous les degrs de l'chelle sociologique1 et sous tous les rapports statiques ou dynamiques1 la biologie fournit ncessairement1 sur la nature humaine1 autant qu'elle peut tre connue par la seule considration de l'individu1 des notions fondamentales qui doivent toujours contrler les indications directes de l'exploration sociologique1 et souvent mme les rectifier ou les perfectionner4 ,mais1 en outre1 dans la partie infrieure de la srie1 sans descendre d'ailleurs jusqu' l'tat initial1 o les dductions biologiques peuvent seules nous guider1 il est clair que la biologie1 quoique toujours domine1 comme dans tous les cas antrieurs de ce genre1 par l'esprit sociologique1 doit faire spcialement connatre cette association lmentaire1 intermdiaire spontan entre l'existence purement individuelle et l'existence pleinement sociale1 qui rsulte de l'existence domestique proprement dite1 plus ou moins commune tous les animaux suprieurs1 et qui constitue1 dans notre espce1 la vritable base primordiale du plus vaste organisme collectif4 ,toutefois l'laboration originale de cette nouvelle science a d tre essentiellement dynamique1 en sorte que les lois d'harmonie y ont t presque toujours implicitement considres parmi les lois de succession1 dont l'apprciation distincte pouvait seule constituer aujourd'hui la physique sociale4 ,aussi sa plus haute connexit scientifique avec la biologie consiste-t-elle maintenant dans la liaison fondamentale que j'ai tablie entre la srie sociologique et la srie biologique1 et qui permet d'envisager philosophiquement la premire comme un simple prolongement graduel de la seconde1 quoique les termes de l'une soient surtout coexistans et ceux de l'autre surtout successifs4 ,sauf cette unique diffrence gnrale1 qui ne saurait interdire l'enchanement des deux sries1 nous avons1 en effet1 reconnu que le caractre essentiel de l'volution humaine rsulte ncessairement de la prpondrance toujours croissante des mmes attributs suprieurs qui placent l'homme la tte de la hirarchie animale1 o ils dirigent aussi l'apprciation rationnelle des principaux degrs d'animalit4 ,on parvient ainsi concevoir l'immense systme organique comme liant rellement la moindre existence vgtative la plus noble existence sociale1 par une longue progression intermdiaire de modes d'existence de plus en plus levs1 dont la succession1 quoique ncessairement discontinue1 n'en est pas moins essentiellement homogne4 ,enfin1 le principe d'un tel enchanement consistant1 au fond1 dans la gnralit dcroissante des phnomnes prpondrans1 cette double srie organique se rattache spontanment l'unique srie rudimentaire que puisse nous offrir la nature inorganique1 o1 en effet1 les trois degrs principaux1 d'abord mathmatique ou astronomique1 ensuite physique1 et enfin chimique1 propres l'existence universelle1 prsentent dj une succession relative au mme principe1 que j'ai ds lors os riger au cinquante-septime chapitre1 aprs tant de hautes vrifications dynamiques et statiques1 en loi fondamentale de toute taxonomie positive4 ,la direction ncessaire de l'ensemble du mouvement humain1 la fois individuel et social1 tant ainsi scientifiquement dtermine1 il ne restait plus1 pour constituer la sociologie1 qu' en caractriser aussi la marche gnrale4 ,c'est ce que j'ai accompli1 au tome quatrime1 par ma loi fondamentale d'volution1 qui1 avec cette loi hirarchique1 tablit1 j'ose le dire1 un vritable systme philosophique1 dont les deux lmens principaux sont spontanment solidaires4 ,dans cette conception dynamique1 la sociologie se rattache profondment la biologie1 puisque l'tat initial de l'humanit y concide essentiellement avec celui o leur imperfection organique retient les animaux suprieurs1 chez lesquels l'essor spculatif ne dpasse jamais ce ftichisme primordial d'o l'homme lui-mme n'aurait pu sortir sans l'nergique impulsion du dveloppement collectif4 ,la similitude est encore plus vidente quant l'existence active4 ,aprs avoir ainsi constitu la thorie sociologique1 il fallait1 pour la rendre vraiment jugeable1 constater directement sa ralit fondamentale1 en osant l'appliquer convenablement la saine apprciation gnrale1 historique quoique abstraite1 de la grande progression1 la fois mentale et sociale1 qui1 depuis quarante sicles1 lve continuellement l'lite de l'humanit4 ,tel a t l'objet de l'laboration dcisive qui a exig la totalit du volume prcdent et la majeure partie de celui-ci4 ,comme le vaste ensemble en a t1 au cinquante-septime chapitre1 spcialement rsum1 il serait superflu d'y revenir maintenant4 ,il suffit ici de rappeler que cette irrcusable preuve1 sous laquelle ont radicalement succomb toutes les conceptions historiques proposes jusqu'ici1 a finalement dmontr la ralit essentielle de ma thorie dynamique1 par cela mme que chaque phase importante de la grande volution y a trouv spontanment1 outre la filiation ncessaire1 l'explication gnrale de son propre caractre et la juste apprciation de sa participation indispensable au rsultat commun2 de manire toujours permettre de glorifier convenablement1 sans aucune inconsquence1 les services rendus successivement par les influences les plus opposes4 ,une semblable aptitude rendre1 par exemple1 une gale et complte justice l'tat monothique et l'tat polythique1 avec une pareille indiffrence personnelle envers chacun d'eux1 n'tait1 sans doute1 possible que par suite mme du salutaire branlement qui a dtermin la crise finale propre l'lite de l'humanit1 d'aprs l'ensemble du double mouvement moderne4 ,sans une telle prparation1 la fois politique et philosophique1 aucun esprit n'aurait pu s'affranchir assez compltement et de l'antique philosophie et des prjugs critiques dvelopps pendant sa longue dcadence pour introduire1 en un semblable sujet1 cette disposition pleinement scientifique1 indispensable aux moindres spculations1 mais beaucoup plus ncessaire1 et pourtant bien plus difficile1 envers les tudes les plus transcendantes et aussi les plus passionnes que l'esprit humain puisse aborder4 ,ainsi1 les mmes conditions gnrales qui exigeaient aujourd'hui cette laboration dcisive1 devaient1 sous un autre aspect1 la seconder spcialement4 ,son efficacit pratique est d'ailleurs insparable de sa ralit thorique1 puisque le prsent y est profondment rattach enfin1 sous tous les aspects possibles1 l'ensemble du pass humain1 de manire mettre galement en vidence la marche antrieure et la tendance ultrieure de chaque phnomne important3 d'o rsulte enfin1 dans le cas politique1 la possibilit d'une relation normale entre la science et l'art1 dj bauche envers les cas plus simples1 mesure que s'est accompli l'essor prliminaire de la sociabilit moderne4 ,quelque peu avance que doive tre encore cette nouvelle science1 on peut donc la regarder comme ayant dj suffisamment rempli toutes les conditions essentielles de son institution initiale1 en sorte qu'il ne restera plus dsormais qu' poursuivre convenablement son dveloppement spcial4 ,la nature du sujet1 o la solidarit est beaucoup plus complte que partout ailleurs1 lui assure spontanment1 ds sa naissance1 en compensation ncessaire de sa complication plus grande1 une rationnalit suprieure celle de toutes les sciences prliminaires1 y compris mme la biologie1 en y tablissant aussitt l'ascendant normal de l'esprit d'ensemble1 qui1 d'une telle source1 doit bientt se rpandre sur toutes les parties antrieures de la philosophie abstraite1 afin d'y rparer peu peu les dsastres du rgime dispersif propre l'laboration prparatoire des connaissances relles4 ,d'aprs l'apprciation scientifique que nous venons de terminer1 la grande apprciation logique du chapitre prcdent se trouve donc suffisamment complte4 ,malgr l'tat peu satisfaisant de presque toutes les doctrines spciales1 sauf1 quelques gards1 dans les sciences infrieures1 on peut cependant juger dsormais essentiellement accomplie la longue et difficile prparation mentale qui1 depuis la mmorable impulsion initiale de ,descartes et de ,bacon1 devait graduellement amener l'avnement final de la vraie philosophie moderne4 ,tous les lmens indispensables destins concourir sa formation sont maintenant assez dvelopps pour que le vritable caractre1 la fois scientifique et logique1 propre chacun d'eux1 soit dj pleinement apprciable1 quoique jusqu'ici trs-imparfaitement ralis4 ,en mme temps1 le lien ncessaire de leur systmatisation directe est spontanment rsult de l'extension successive de l'esprit positif des spculations de plus en plus minentes1 dont les dernires1 relatives aux phnomnes les plus complexes et les plus importans1 runissent1 par leur nature1 toutes les grandes conditions de l'ascendant philosophique4 ,la cration dcisive de la sociologie complte l'essor fondamental de la mthode positive1 et constitue le seul point de vue susceptible d'une vritable universalit1 de manire ragir convenablement sur toutes les tudes antrieures1 afin de garantir leur convergence normale sans altrer leur originalit continue4 ,sous un tel ascendant1 nos diverses connaissances relles pourront donc former enfin un vrai systme1 assujetti1 dans son entire tendue et dans son expansion graduelle1 une mme hirarchie et une commune volution1 ce qui n'est certainement possible par aucune autre voie4 ,d'une autre part1 l'indispensable harmonie entre la spculation et l'action est ainsi pleinement tablie1 puisque les diverses ncessits mentales1 soit logiques1 soit scientifiques1 concourent alors1 avec une remarquable spontanit1 confrer la prsidence philosophique aux conceptions que la raison publique a toujours justement regardes comme devant universellement prvaloir1 et qui n'avaient passagrement perdu cet invariable privilge que par suite des besoins exceptionnels propres la situation profondment contradictoire qui caractrise l'ensemble de la grande transition moderne4 ,le bon sens1 au nom duquel rclamaient surtout1 il y a deux sicles1 les fondateurs de la philosophie positive1 revient donc aujourd'hui1 convenablement systmatis1 prsider son installation finale1 pour diriger ensuite jamais son application normale1 aprs que toutes les aberrations gnrales du gnie spcial auront t suffisamment rectifies4 ,enfin1 la morale1 dont les exigences directes taient implicitement mconnues pendant l'laboration prliminaire1 recouvre aussitt ses droits ternels par suite de la suprmatie mentale du point de vue social1 rtablissant1 avec une nergique efficacit1 le rgne continu de l'esprit d'ensemble1 auquel le vrai sentiment du devoir reste toujours profondment li4 ,dans les deux derniers sicles1 l'ascendant scientifique a pu longtemps appartenir l'impulsion1 essentiellement mathmatique1 mane des sciences infrieures1 sans aucun grave danger immdiat pour les conditions naturelles de la moralit1 tant que les besoins sociaux n'taient pas encore redevenus directement prpondrans4 ,tout en cartant spontanment les contemplations sociales1 afin de se restreindre d'abord aux tudes prliminaires o la positivit rationnelle tait plus aisment dveloppable1 l'instinct spculatif pouvait alors tre soutenu par ce juste sentiment de l'harmonie fondamentale de nos efforts privs avec la commune destination1 qui nous rend spcialement accessibles aux inspirations morales4 ,mais il n'en est plus ainsi depuis que la crise finale a mis en haute vidence l'urgence universelle des ncessits politiques4 ,ds lors1 cet esprit scientifique1 qui1 d'aprs l'invitable conviction de son impuissance radicale envers les plus nobles spculations1 tend inspirer1 leur gard1 une dsastreuse indiffrence1 devient ncessairement de plus en plus immoral1 en conduisant presque toujours l'gosme systmatique1 que l'ascendant familier des vues d'ensemble peut seul aujourd'hui convenablement gurir4 ,cette intime perturbation1 d'autant plus dangereuse qu'elle corrompt directement la premire source mentale de la rgnration humaine1 est spontanment dissipe par la prpondrance philosophique de l'esprit sociologique4 ,le type fondamental de l'volution humaine1 aussi bien individuelle que collective1 y est1 en effet1 scientifiquement reprsent comme consistant toujours dans l'ascendant croissant de notre humanit sur notre animalit1 d'aprs la double suprmatie de l'intelligence sur les penchans1 et de l'instinct sympathique sur l'instinct personnel4 ,ainsi ressort directement1 de l'ensemble mme du vrai dveloppement spculatif1 l'universelle domination de la morale1 autant du moins que le comporte notre imparfaite nature4 ,il serait assurment superflu de signaler ici davantage l'aptitude morale d'une philosophie qui dveloppe systmatiquement1 au plus haut degr possible1 le sentiment fondamental de la solidarit et de la continuit sociales1 en mme temps que la notion gnrale de l'ordre spontan que l'conomie totale du monde rel rige1 tous gards1 en base ncessaire de notre conduite1 soit prive1 soit publique4 ,pour achever de caractriser cette nouvelle philosophie gnrale1 il ne nous reste plus enfin1 aprs avoir suffisamment considr sa constitution propre1 la fois scientifique et logique1 qu' indiquer1 au chapitre suivant1 la nature de son action ultrieure1 d'abord mentale1 puis sociale1 en tant du moins qu'une telle dtermination peut aujourd'hui reposer sur une base vraiment rationnelle1 suivant notre thorie de l'volution humaine1 ainsi pousse jusqu' sa plus extrme application actuelle4 ,,soixanti,,me ,,et ,,derni,,re ,,le,,on4 ,apprciation sommaire de l'action finale propre la philosophie positive4 ,aucune des prcdentes rvolutions de l'humanit1 mme la plus grande de toutes1 relative au passage dcisif de l'organisme polythique de l'antiquit au rgime monothique du moyen ge1 n'a pu modifier aussi profondment l'ensemble de l'existence humaine1 la fois individuelle et sociale1 que devra le faire1 dans un prochain avenir1 l'avnement ncessaire de l'tat pleinement positif1 o nous avons reconnu consister1 tous gards1 la seule issue possible de l'immense crise finale qui1 depuis un demi-sicle1 agite si intimement les populations d'lite4 ,ce terme naturel des divers mouvemens antrieurs est enfin tellement prpar1 que son accomplissement dfinitif ne dpend plus essentiellement dsormais que de l'essor direct et systmatique de la philosophie correspondante4 ,la seconde moiti du cinquante-septime chapitre a t surtout consacre faire spcialement apprcier la grande laboration politique qui doit constituer1 dans le sicle actuel1 le principal caractre d'une telle philosophie1 dont l'influence immdiate se trouve ainsi convenablement signale4 ,il ne nous reste donc plus ici qu' indiquer sommairement1 sous un aspect plus gnral1 l'action normale que devra finalement exercer le nouveau rgime philosophique1 quand son universel ascendant aura pu tre suffisamment ralis4 ,nous devons1 cet effet1 le considrer successivement envers chacun des modes essentiels de l'existence humaine1 d'abord mentale1 puis sociale4 ,relativement celle-ci1 il faudra sparment examiner l'ordre purement moral et ensuite l'ordre politique proprement dit4 ,quant la premire1 elle prsente1 non moins naturellement1 deux points de vue trs-distincts1 l'un scientifique1 l'autre esthtique4 ,mais1 ce dernier tant surtout destin rflter spontanment l'ensemble des divers aspects humains1 aussi bien sociaux qu'intellectuels1 l'indication qui s'y rapporte sera mieux place la fin de cette apprciation totale4 ,telles sont donc les quatre classes de considrations gnrales1 d'abord scientifiques ou plutt rationnelles1 ensuite morales1 puis politiques1 et enfin esthtiques1 d'aprs lesquelles nous devons1 dans ce chapitre extrme1 achever rapidement de caractriser la grande rgnration philosophique qui a toujours constitu l'objet essentiel de ce ,trait4 ,la principale proprit intellectuelle de l'tat positif consistera certainement en son aptitude spontane dterminer et maintenir une entire cohrence mentale1 qui n'a pu encore exister jamais un pareil degr1 mme chez les esprits les mieux organiss et les plus avancs4 ,sans doute le rgime polythique1 qui dut former1 tous gards1 la phase la plus importante de notre prparation thologique1 offrit longtemps1 comme je l'ai expliqu1 une sorte d'unit spculative1 d'aprs la nature uniformment religieuse que prsentaient alors toutes les grandes conceptions humaines1 du moins avant que la mtaphysique dissolvante et acquis une extension dcisive4 ,mais1 quoique notre intelligence n'ait pu ensuite retrouver une harmonie aucunement quivalente1 cette consistance initiale1 outre sa moindre stabilit1 ne pouvait mme tre aussi complte1 beaucoup prs1 que celle qui rsultera ncessairement de l'universel ascendant de l'esprit positif2 car1 aux poques les plus arrires1 la positivit spontane des notions les plus particulires et les plus usuelles a d toujours altrer involontairement1 en chaque genre1 la puret thologique des spculations gnrales1 tandis que le nouveau rgime doit1 au contraire1 imprimer toutes nos conceptions quelconques1 depuis les plus lmentaires jusqu'aux plus transcendantes1 un caractre pleinement positif1 sans le moindre mlange indispensable d'aucune philosophie htrogne4 ,il serait d'ailleurs superflu de faire expressment ressortir la supriorit naturelle de cette harmonie finale sur l'quilibre prcaire et incomplet que nous avons vu exister1 pendant quelques sicles1 sous la prpondrance provisoire de la mtaphysique scolastique1 aprs l'entier ascendant du systme monothique1 et avant que la philosophie positive et commenc se manifester distinctement4 ,la situation profondment contradictoire propre la transition actuelle1 o les meilleurs esprits sont habituellement soumis trois rgimes incompatibles1 permet encore moins de concevoir directement aujourd'hui cette prochaine unit1 la fois scientifique et logique4 ,on ne peut s'en former une juste ide qu'en y voyant surtout1 d'aprs la double apprciation de nos deux derniers chapitres1 l'extension totale et dfinitive de ce bon sens fondamental qui1 longtemps born des oprations partielles et pratiques1 s'est ensuite graduellement empar des diverses parties du domaine spculatif1 de manire dterminer enfin l'entire rnovation de la raison humaine1 ou plutt son ascendant dcisif sur la pure imagination4 ,alors notre intelligence1 faisant jamais prvaloir1 envers les plus hautes recherches1 cette mme sagesse universelle que les exigences de la vie active nous rendent spontanment familire l'gard des plus simples sujets1 aura systmatiquement renonc partout la dtermination chimrique des causes essentielles et de la nature intime des phnomnes1 pour se livrer exclusivement l'tude progressive de leurs lois effectives1 dans l'intention permanente1 d'ailleurs spciale ou gnrale1 d'y puiser les moyens d'amliorer le plus possible l'ensemble de notre existence relle1 soit prive1 soit publique4 ,le caractre purement relatif de toutes nos connaissances tant ainsi habituellement reconnu1 nos thories quelconques1 sous la commune prpondrance naturelle du point de vue social1 seront toujours uniquement destines constituer1 envers une ralit qui ne saurait jamais tre absolument dvoile1 des approximations aussi satisfaisantes que puisse le comporter1 chaque poque1 l'tat correspondant de la grande volution humaine4 ,cette universelle apprciation logique sera d'ailleurs en pleine harmonie scientifique avec le sentiment fondamental d'un ordre spontan1 essentiellement indpendant de nous1 mme envers nos propres phnomnes1 individuels ou collectifs1 et sur lequel notre intervention ne saurait jamais exercer que des modifications simplement secondaires1 mais1 du reste1 infiniment prcieuses1 comme formant la principale base de notre puissance effective4 ,on ne peut aujourd'hui comprendre suffisamment combien un tel sentiment doit enfin dominer notre intelligence3 soit parce que la pense involontaire des perturbations continues1 au moins virtuelles1 ncessairement rappeles par un reste quelconque de croyance thologique1 empche encore la plupart des bons esprits d'prouver compltement l'irrsistible conviction que tend produire1 tous gards1 la rgularit journalire du spectacle extrieur2 soit aussi parce que cette invariabilit des lois naturelles n'est pas jusqu'ici convenablement reconnue l'gard des vnemens les plus complexes1 dont l'attention publique est justement proccupe4 ,la puissance ultrieure de cette grande notion1 la fois transcendante et vulgaire1 ne saurait tre actuellement aperue que des entendemens assez avancs pour se trouver maintenant1 l'un et l'autre titre1 convenablement approchs de cette situation normale1 que d'ailleurs tout homme sens regarde dj comme videmment invitable4 ,enfin un troisime attribut lmentaire1 en mme temps scientifique et logique1 qui est galement propre au vritable esprit positif1 devra pareillement contribuer beaucoup acclrer alors l'heureux essor de nos saines spculations1 d'aprs un judicieux usage de la libert fondamentale que la nature et la destination des thories relles laissent ncessairement notre intelligence1 et qui est1 en tout genre1 beaucoup plus tendue que les tendances absolues n'ont pu jusqu'ici permettre de le souponner4 ces divers titres essentiels1 notre situation transitoire est encore si peu conforme cette prochaine terminaison1 qu'on ne peut aujourd'hui directement mesurer l'importance et la rapidit des progrs qui seront ainsi obtenus3 nous ne pouvons1 en chaque cas1 que les apprcier vaguement d'aprs ceux dj raliss1 depuis trois sicles1 sous un rgime mental extrmement imparfait1 et mme1 certains gards1 radicalement vicieux1 qui continue occasionner l'invitable dperdition de la plupart des efforts intellectuels4 ,toutes les sciences1 mme les plus avances1 tant jusqu'ici peine sorties de l'enfance1 il est impossible qu'une culture sagement systmatique1 o les moindres forces seront directement appliques la commune laboration1 n'y dtermine promptement un essor trs-suprieur celui qu'y pouvait permettre un empirisme dispersif1 impuissant s'affranchir suffisamment de la tutelle mtaphysique1 et mme thologique1 dont leur tat prsent nous a offert tant de traces capitales4 ,pour prciser davantage cette indication gnrale1 il faut considrer sparment la parfaite harmonie mentale qui appartient l'tat positif1 d'abord envers les spculations abstraites1 ensuite quant aux tudes concrtes1 et enfin relativement aux notions pratiques4 ,sous le premier aspect1 seul pleinement apprciable jusqu'ici1 toutes les parties de ce ,trait ont fait directement ressortir combien chaque classe de connaissances relles doit hautement s'amliorer1 quand une marche vraiment rationnelle y remplacera enfin l'laboration purement prliminaire1 dont les deux chapitres prcdens ont suffisamment caractris les diverses imperfections essentielles1 soit scientifiques1 soit logiques4 ,le rgime final devant tre1 cet gard1 principalement distingu par l'intime solidarit des diffrentes branches de la philosophie abstraite1 il suffit ici de signaler sommairement la double influence fondamentale d'une telle connexit1 comme devant garantir pleinement la juste indpendance de chaque science1 et consolider entirement les notions correspondantes4 ,quand l'ascendant normal de l'esprit sociologique aura partout remplac convenablement la vaine prsidence scientifique1 provisoirement laisse l'esprit mathmatique1 ds lors rduit son domaine naturel1 la prpondrance spontane d'une science qui dpend de toutes les autres1 et qui cependant ne saurait jamais tre absorbe par aucune d'elles1 assurera ncessairement le libre essor de chacune1 conformment son gnie propre1 et l'abri de toute irrationnelle invasion1 sans altrer nanmoins son concours permanent l'harmonie universelle1 que cette lgitime originalit de chaque lment philosophique rendra1 au contraire1 plus intime et plus stable4 ,au lieu de chercher aveuglment une strile unit scientifique1 aussi oppressive que chimrique1 dans la vicieuse rduction de tous les phnomnes quelconques un seul ordre de lois1 l'esprit humain regardera finalement les diverses classes d'vnements comme ayant leurs lois spciales1 d'ailleurs invitablement convergentes1 et mme1 quelques gards1 analogues2 l'harmonie la plus satisfaisante rsultera spontanment entre elles1 d'abord de leur commun assujettissement continu une mme mthode fondamentale1 ensuite de leur tendance uniforme et solidaire vers une mme destination essentielle1 et enfin de leur subordination simultane une mme volution gnrale4 ,quoique ce rgime dfinitif doive videmment augmenter beaucoup l'indpendance et la dignit de toutes les sciences quelconques1 l'tude des corps vivans est pourtant celle qui en devra naturellement retirer le plus d'avantages1 comme ayant d tre jusqu'ici la plus expose de dsastreux empitemens1 contre lesquels elle ne semble pouvoir trouver de garanties effectives que sous la protection1 encore plus dangereuse1 et nanmoins fort insuffisante1 des conceptions thologico-mtaphysiques4 ,le dplorable conflit qui rsulte1 en biologie1 d'une telle opposition1 constitue aujourd'hui la seule influence srieuse qu'ait pu encore conserver l'ancien antagonisme philosophique entre le matrialisme et le spiritualisme4 ,car ces deux tendances inverses1 mais galement vicieuses1 que leur intime corrlation destine disparatre simultanment sous la prpondrance finale du vritable esprit positif1 ne reprsentent1 au fond1 l'une que la disposition naturelle des sciences infrieures absorber abusivement les suprieures1 l'autre que l'entranement spontan de celles-ci supposer le maintien de leur juste dignit1 toujours li la tnbreuse conservation de l'antique philosophie3 double aberration qui n'a plus maintenant de gravit profonde qu'envers les tudes biologiques1 o elle cdera ncessairement l'heureuse aptitude directe de la philosophie finale pour rgler convenablement chaque constitution scientifique1 la fois sans oppression et sans anarchie4 ,si l'on considre1 en second lieu1 la coordination intrieure de chaque science1 la mme discipline philosophique y doit ultrieurement garantir1 en vertu de son universalit caractristique1 l'indispensable consolidation des diverses conceptions essentielles contre l'imminente dissolution dont les menace aujourd'hui1 en tous genres1 l'essor drgl des impulsions spciales4 ,dans les sciences mme les plus avances1 d'irrcusables symptmes annoncent dj l'imprieuse ncessit de contenir ainsi les perturbations radicales qu'y doit susciter de plus en plus la tendance croissante des mdiocrits ambitieuses obtenir de faciles succs par l'anarchique dmolition des doctrines qu'on y suppose les mieux tablies1 et qui cependant ne sauraient1 en aucun cas1 tre suffisamment affermies que d'aprs leur commune adhrence au systme gnral de la vraie philosophie abstraite4 ,ainsi que le prcdent1 ce nouveau besoin essentiel1 quoique partout apprciable1 doit se faire spcialement sentir pour les tudes biologiques1 que leur complication suprieure et leur formation plus tardive doivent davantage exposer aux controverses destructives1 mais que leur plus intime connexit avec la science dirigeante devra naturellement rendre aussi mieux accessible sa salutaire protection4 ,en signalant ici seulement l'exemple le plus dcisif1 la dplorable hsitation scientifique que conservent encore tant d'esprits clairs au sujet de la grande conception de la hirarchie animale1 sans laquelle toute vritable philosophie biologique serait assurment impossible1 se trouvera spontanment dissipe jamais1 quand le rgime final aura fait suffisamment reconnatre la liaison ncessaire d'une telle notion1 soit avec l'ensemble de la constitution spculative1 soit mme avec le principe gnral du classement social1 comme je l'ai spcialement expliqu4 ,jusqu'envers les cas o les notions tablies comporteraient1 en effet1 d'incontestables rectifications partielles1 une sage discipline philosophique saura toujours maintenir une juste pondration rationnelle entre les exigences1 quelquefois opposes1 de la liaison et de l'exactitude2 tandis que le rgime dispersif sacrifie trop aveuglment aujourd'hui les premires aux dernires1 d'ailleurs souvent plus spcieuses que relles4 ,quoique la marche ncessaire de l'laboration prliminaire1 fidlement reproduite dans l'ensemble de ce ,trait1 y ait d faire justement prvaloir la formation graduelle de la science abstraite1 dont ,bacon avait si bien pressenti l'indispensable priorit1 il est clair1 suivant les indications spciales de l'avant-dernier chapitre1 que la construction directe de la science concrte devra naturellement constituer l'une des principales attributions permanentes du nouvel esprit philosophique1 sans l'ascendant duquel ne pourrait certainement se dvelopper une tude qui exige invitablement l'intime combinaison continue des divers points de vue scientifiques4 ,une telle tude doit tre1 tous gards1 comme l'indique dj sa dnomination la plus usite1 minemment historique1 en tant que relative l'apprciation effective de l'existence successive propre aux diffrens tres rels4 ,outre l'clatante lumire qu'elle fera spontanment rejaillir sur les lois lmentaires des divers modes d'activit1 et les prcieuses indications pratiques dont elle sera1 par sa nature1 la source immdiate1 je dois y signaler ici1 surtout envers les phnomnes les plus complexes et les plus levs1 une importante dtermination1 qui ne saurait tre autrement obtenue1 et dont il faut regarder la raction philosophique comme spcialement indispensable la pleine consolidation du nouveau rgime mental1 o l'entire limination de l'absolu ne pourrait1 sans cela1 tre suffisamment assure4 ,il s'agit de la fixation1 aujourd'hui trop prmature1 mais alors directement accessible1 de la vritable dure gnrale assigne1 par l'ensemble de l'conomie relle1 chacune des principales existences naturelles1 et entre autres l'volution ascensionnelle de l'humanit4 ,quoique cette grande volution1 qui commence peine se dgager aujourd'hui d'un lent essor prparatoire1 doive certainement rester encore l'tat progressif pendant une longue suite de sicles1 au del desquels il serait sans doute aussi dplac qu'irrationnel de spculer maintenant1 il importe cependant beaucoup au dveloppement ultrieur du vrai gnie philosophique de reconnatre dj1 en principe1 le plus nettement possible1 que l'organisme collectif est ncessairement assujetti1 comme l'organisme individuel1 un invitable dclin spontan1 mme indpendamment des altrations insurmontables du milieu gnral4 ,vainement argue-t-on1 pour dtourner cette fatale assimilation1 d'une prtendue diffrence radicale entre les deux cas1 tenant au rajeunissement continu que l'on suppose indfiniment propre au premier2 car1 il est clair que le second n'y est pas1 au fond1 moins dispos1 d'aprs l'introduction permanente de nouveaux lmens1 qui n'y cesse qu'avec la vie1 et qui pourtant n'y empche pas la mort1 quand la dcomposition croissante l'emporte enfin sur la recomposition dcroissante4 ,sauf l'immense ingalit des dures1 relative l'tendue comparative des deux organismes et la vitesse respective de leur dveloppement1 rien ne saurait assurment empcher la vie collective de l'humanit d'offrir naturellement une semblable destine1 dont la perspective philosophique1 tout en dissipant radicalement les illusions mtaphysiques sur la perfectibilit indfinie1 ne doit pas davantage dcourager les nergiques tentatives d'une judicieuse amlioration que ne le fait habituellement1 aux yeux de tous les hommes senss1 en un cas beaucoup moins favorable1 la pleine certitude d'une invitable destruction1 mme quand elle est trs-prochaine4 ,la saine philosophie devra1 ce me semble1 peu regretter l'insuffisante coopration de ceux qui n'auraient pas dsormais le courage de concourir activement la longue ascension de l'humanit sans la stimulation artificielle de ces chimriques esprances1 dont l'influence tend directement aujourd'hui prolonger1 sous d'autres formes1 la tnbreuse prpondrance de l'antique philosophie absolue4 ,il serait d'ailleurs videmment oiseux de s'arrter maintenant1 en aucune manire1 la dtermination prmature du caractre extrme que devra prendre1 dans un avenir trs-lointain1 le vritable esprit philosophique1 toujours dispos reconnatre1 sans aucun vain dsespoir1 toute destine clairement invitable1 quand l'ge du dclin deviendra prochain1 afin d'en adoucir convenablement l'amertume naturelle1 en y soutenant noblement la dignit humaine4 ,ce n'est point ceux qui sortent peine de l'enfance qu'il appartient dj de prparer leur vieillesse3 cette prtendue sagesse conviendrait certainement encore moins pour la vie collective que pour la vie individuelle4 ,si l'on considre enfin l'influence normale du nouveau rgime mental quant l'laboration rationnelle des connaissances pratiques1 il serait ici superflu de faire expressment ressortir son heureuse aptitude constituer spontanment la plus intime harmonie permanente entre le point de vue actif et le point de vue spculatif1 ds lors toujours subordonns un mme esprit philosophique1 aprs l'entire cessation de l'opposition radicale que l'antique philosophie avait ncessairement tablie entre eux4 ,d'un ct1 en effet1 l'essor pratique1 plus ou moins comprim jusqu'ici par de superstitieux scrupules1 ou dtourn par de chimriques esprances1 devra tre directement stimul d'aprs l'universel ascendant de la positivit rationnelle1 qui soumettra toutes les oprations usuelles une lumineuse apprciation systmatique4 ,mais1 en sens inverse1 l'extension technique n'aura pas moins d'efficacit pour faire unanimement apprcier l'immense supriorit du vrai rgime scientifique sur la vaine constitution antrieure des diverses spculations humaines4 ,le sentiment de l'action et celui de la prvision tant ainsi mutuellement solidaires1 d'aprs leur commune subordination au principe fondamental des lois naturelles1 il n'est pas douteux qu'une telle connexit devra beaucoup contribuer populariser et consolider1 par une application continue1 la nouvelle philosophie1 o chacun reconnatra directement l'uniforme ralisation d'une mme marche gnrale envers tous les sujets quelconques accessibles notre intelligence4 ,ces diverses influences ncessaires seront surtout caractrises dans l'essor ultrieur des deux arts les plus difficiles et les plus importans1 l'art mdical et l'art politique1 aujourd'hui peine bauchs1 d'aprs l'tat d'enfance des thories correspondantes1 et qui seront alors promptement rationnaliss1 sous la puissante impulsion d'une vritable unit philosophique1 quand toutefois les tudes concrtes auront t suffisamment institues4 ,puisque les phnomnes les plus complexes sont aussi les plus modifiables1 c'est eux que doit naturellement se rapporter la principale apprciation de la vraie relation gnrale entre la spculation et l'action4 ,ainsi se manifestera directement1 tous gards1 la solidarit mutuelle qui doit intimement unir l'activit pratique et le rgime mental les plus convenables la vraie nature humaine1 aprs leur entier affranchissement des impulsions trangres qui1 longtemps indispensables leur essor initial1 entravent dsormais leur double progrs et leur rapprochement dcisif4 ,telles sont1 en aperu trs-sommaire1 les diverses proprits essentielles que devra spontanment dvelopper l'esprit positif1 enfin parvenu1 par suite de sa dernire extension fondamentale1 sa pleine universalit caractristique1 et que dissimule profondment aujourd'hui la dsastreuse prolongation de sa dispersion prliminaire4 ,il faut maintenant apprcier1 avec une quivalente rapidit1 la haute aptitude1 encore plus mconnue1 et pourtant encore plus dcisive1 de la philosophie positive pour consolider et perfectionner1 tous gards1 la moralit humaine4 ,nous avons eu dj1 dans les deux chapitres prcdens1 quelques occasions de reconnatre suffisamment la fatale scission qui s'est naturellement dveloppe1 pendant tout le cours de la grande transition moderne1 entre les besoins intellectuels et les besoins moraux1 et d'aprs laquelle on est aujourd'hui involontairement dispos craindre que le rgime le plus convenable aux uns ne puisse galement satisfaire aux autres4 ,pour dissiper cette funeste prvention1 qui tend directement neutraliser l'activit rgnratrice1 il suffit de remarquer que ce dangereux antagonisme dut seulement constituer un rsultat invitable1 trs-douloureux sans doute1 mais purement provisoire1 de la situation contradictoire qui devait caractriser une telle volution prliminaire1 o la rnovation mentale n'tait d'abord excutable qu'envers les tudes suprieures1 en cartant1 comme trop compliques1 les questions morales1 qui semblaient ainsi devoir indfiniment adhrer l'antique philosophie1 dont ce mouvement pralable tait surtout destin dtruire l'ascendant devenu profondment oppressif1 avant de pouvoir le remplacer par une systmatisation plus complte et plus durable4 ,mais l'extension finale de la positivit rationnelle aux plus minentes spculations fait dsormais cesser spontanment cette dsastreuse opposition1 en confrant directement au point de vue social la plus heureuse prpondrance normale1 aussi bien logique et scientifique que morale et politique1 comme les deux derniers chapitres l'ont pleinement dmontr4 ,sous ce nouveau rgime philosophique1 l'esprit positif dveloppera rapidement son aptitude essentielle traiter de telles questions1 o les conceptions thologiques et mtaphysiques ne peuvent plus offrir maintenant que des dangers toujours croissans1 en faisant rejaillir sur les doctrines les plus importantes l'incertitude et le discrdit qui s'attacheront invitablement de plus en plus une philosophie ds longtemps caduque1 envers laquelle l'absence actuelle de toute autre systmatisation contient peine la juste antipathie de la raison moderne4 ,depuis que l'intervention mtaphysique a dfinitivement rompu l'unit thologique1 en s'efforant vainement de la remplacer1 sa profonde impuissance organique a d se trouver passagrement dissimule par l'ardeur mme de la grande lutte critique1 qui1 dfaut de vrais principes moraux1 suscitait une impulsion commune1 propre refouler1 un certain degr1 l'gosme spontan4 ,mais1 l'opration ngative tant aujourd'hui1 sous tous les aspects essentiels1 aussi accomplie qu'elle puisse l'tre jusqu' la rnovation directe1 l'invitable affaissement des passions purement rvolutionnaires1 faute d'une suffisante destination1 commence mettre en pleine vidence la fragilit croissante des fondemens mtaphysiques1 incapables de rsister utilement la moindre perturbation4 ,les convictions profondes1 que la thologie a laiss dtruire1 et que la mtaphysique n'a pu ranimer1 ne peuvent donc plus tre tablies dsormais1 en morale comme partout ailleurs1 que d'aprs l'universelle prpondrance de l'esprit positif1 quand il y sera enfin convenablement appliqu1 dans l'laboration finale des thories sociales4 ,il serait assurment superflu d'ailleurs d'insister ici sur la tendance minemment morale propre l'ascendant scientifique du point de vue social et la suprmatie logique des conceptions d'ensemble1 qui1 suivant nos explications antrieures1 devront constituer le double caractre final de la philosophie pleinement positive4 ,dans l'universelle fluctuation inhrente l'anarchie actuelle1 o1 faute de principes suffisans1 les plus indispensables notions peuvent tre ouvertement contestes1 rien ne saurait donner une juste ide de l'nergie et de la tnacit que devront acqurir1 tous gards1 les rgles morales1 lorsqu'elles pourront ainsi reposer convenablement sur une irrcusable apprciation de l'influence relle1 directe ou indirecte1 spciale ou gnrale1 que l'existence humaine1 soit prive1 soit publique1 doit habituellement recevoir de nos actes et de nos tendances quelconques1 successivement jugs d'aprs l'ensemble des lois de notre nature1 la fois individuelle et sociale4 ,cette dtermination positive ne laissera plus aucun accs essentiel ces faciles subterfuges par lesquels tant de sincres croyans ludent journellement1 leurs propres yeux comme ceux d'autrui1 la rigueur des prescriptions morales1 depuis que les doctrines religieuses ont partout perdu leur principale efficacit sociale1 sous l'irrvocable dcadence du pouvoir correspondant4 ,l'intime sentiment de l'ordre fondamental doit alors acqurir1 tous gards1 d'aprs la convergence ncessaire de tout le dveloppement spculatif1 une intensit susceptible de persister spontanment au milieu des plus orageuses perturbations4 ,pendant que la parfaite unit mentale qui caractrise l'tat positif dterminera ainsi1 chez chacun des esprits convenablement cultivs1 d'actives convictions morales1 elle constituera1 non moins invitablement1 de puissans prjugs publics1 en dveloppant1 ce sujet1 une plnitude d'assentiment qui n'a pu jamais exister au mme degr1 et dont l'irrsistible ascendant continu sera destin suppler l'insuffisance des efforts privs1 en cas de culture trop imparfaite ou d'entranement trop nergique4 ,j'ai d'ailleurs assez expliqu d'avance1 surtout au cinquante-septime chapitre1 que cette double efficacit morale de la philosophie finale ne suppose pas seulement l'influence directe et spontane des doctrines correspondantes1 qui1 quel qu'en doive tre le pouvoir spculatif1 suffiraient rarement contenir les stimulations vicieuses1 vu la faible intensit des impulsions purement intellectuelles dans l'ensemble de notre conomie4 ,nous avons pleinement reconnu que1 sous le rgime le plus favorable1 de tels rsultats exigeront1 en outre1 par leur nature1 d'abord l'action fondamentale d'un systme convenable d'ducation universelle1 et mme ensuite l'intervention continue d'une sage discipline1 la fois prive et publique1 mane du mme pouvoir moral qui aura dirig cette commune initiation4 ,on oublie trop aujourd'hui cette indispensable considration dans les comparaisons superficielles et prmatures1 si souvent injustes1 et quelquefois malveillantes1 que l'on tente d'tablir de la morale positive1 peine mentalement bauche1 et encore dpourvue de toute institution rgulire1 avec la morale religieuse1 compltement developpe par une laboration sculaire1 et ds longtemps assiste de tout l'appareil social qu'exigeait son application4 ,l'influence ultrieure de la philosophie positive n'tant donc1 cet gard1 maintenant apprciable que relativement aux doctrines elles-mmes1 indpendamment des institutions correspondantes1 il importe1 pour en faciliter l'apprciation sommaire1 d'y distinguer ici rapidement chacun des trois degrs ncessaires que nous avons reconnus1 au cinquantime chapitre1 propres la morale universelle1 d'abord personnelle1 puis domestique1 et enfin sociale4 ,sous le premier aspect1 la morale positive1 convenablement organise1 comportera certainement beaucoup plus d'efficacit pratique que n'a pu jamais en obtenir1 mme l'tat monothique1 la morale religieuse1 malgr les puissans moyens dont elle a dispos4 ,outre que l'apprciation individuelle de chaque systme de conduite est1 en ce cas1 plus directe et plus facile1 ce degr initial sera ds lors habituellement envisag sous son aspect vritable1 non plus seulement quant son utilit prive1 mais comme base primordiale de tout le dveloppement moral1 et1 ce titre1 radicalement soustrait l'arbitrage de la prudence personnelle1 pour tre dsormais pleinement incorpor l'ensemble des prescriptions publiques4 ,les anciens n'ont pu obtenir un tel rsultat1 quoiqu'ils en eussent pressenti l'importance1 et le catholicisme lui-mme ne l'a pas suffisamment ralis1 par une consquence invitable de la prpondrance toujours accorde un but imaginaire4 ,en exagrant les dangers momentans d'une franche renonciation toute esprance chimrique1 on a trop mconnu jusqu'ici les avantages permanens que doit produire1 sous une sage direction philosophique1 la concentration finale des efforts humains sur la vie relle1 soit individuelle1 soit surtout collective1 dont l'homme est ainsi directement pouss amliorer le plus possible l'conomie totale1 d'aprs l'ensemble des moyens qui lui sont propres1 et parmi lesquels les rgles morales occupent certainement le premier rang1 comme immdiatement destines permettre ce concours universel o rside videmment notre principale puissance4 ,si cette invitable restriction tend1 certains gards1 diminuer spontanment une prvoyance immodre1 en faisant mieux sentir le prix de l'actualit1 cette influence1 facile rgler1 peut elle-mme utilement consolider l'harmonie commune1 en dtournant davantage de toute excessive accumulation4 ,une saine apprciation de notre nature1 o d'abord prdominent ncessairement les penchans vicieux ou abusifs1 rendra vulgaire l'obligation unanime d'exercer1 sur nos diverses inclinations1 une sage discipline continue1 destine les stimuler et les contenir suivant leurs tendances respectives4 ,enfin1 la conception fondamentale1 la fois scientifique et morale1 de la vraie situation gnrale de l'homme1 comme chef spontan de l'conomie relle1 fera toujours nettement ressortir la ncessit de dvelopper sans cesse1 par un judicieux exercice1 les nobles attributs1 non moins affectifs qu'intellectuels1 qui nous placent la tte de la hirarchie vivante4 ,le juste orgueil que devra susciter le sentiment continu d'une telle prminence1 surtout succdant l'infriorit tant consacre de l'homme envers les anges1 ne saurait d'ailleurs dterminer aucune dangereuse apathie1 puisque le mme principe rappellera toujours un type de perfection relle1 au-dessous duquel il sera trop ais de sentir que nous resterons constamment1 quoique nos efforts persvrans puissent nous en rapprocher de plus en plus4 ,il en rsultera seulement une noble audace dvelopper en tous sens la grandeur de l'homme1 l'abri de toute terreur oppressive1 et sans reconnatre jamais d'autres limites que celles que nous impose l'irrsistible ensemble de l'ordre rel1 qu'il faut d'ailleurs chercher modifier le plus possible notre avantage1 d'aprs son exacte apprciation continue4 ,quant la morale domestique1 une comparaison dcisive fera sans doute bientt apprcier la supriorit spontane de la philosophie positive1 seule apte dsormais1 d'aprs les explications spciales du cinquantime chapitre1 refrner convenablement les dangereuses aberrations que la mtaphysique a suscites1 sans que la thologie pt les contenir4 ,peut-tre fallait-il que l'anarchie actuelle ft pousse jusqu' ces intimes perturbations1 pour rendre pleinement irrcusable la ncessit de constituer enfin l'ensemble des notions morales sur une nouvelle base intellectuelle1 seule propre rsister suffisamment aux discussions corrosives1 et mme les carter irrvocablement1 en manifestant directement l'immuable ralit de la subordination fondamentale qui constitue l'conomie lmentaire des socits humaines4 ,c'est1 en effet1 envers l'union domestique1 o l'apprciation sociologique se confond presque avec l'apprciation biologique1 qu'on fera le plus aisment sentir combien les rapports sociaux sont profondment naturels1 puisqu'ils se rattachent ainsi au mode d'existence propre toute la partie suprieure de la hirarchie animale1 dont l'humanit offre simplement le plus complet dveloppement1 en harmonie avec son universelle prminence4 ,une judicieuse application du principe uniforme de classement1 d'abord abstrait1 ensuite concret1 propre la philosophie positive1 consolidera d'ailleurs cette subordination lmentaire1 en la liant intimement l'ensemble de la constitution spculative1 comme je l'ai not au cinquante-septime chapitre4 ,enfin l'tude approfondie de l'volution humaine1 sous cet aspect capital1 dmontrera pleinement1 suivant nos indications historiques1 que les diversits naturelles sur lesquelles repose une telle conomie sont de plus en plus dveloppes par le progrs commun1 qui fait mieux tendre chaque lment vers l'existence la plus conforme son vrai caractre et la plus convenable l'harmonie gnrale4 ,pendant que l'esprit positif consolidera systmatiquement les grandes notions morales qui se rapportent ce premier degr d'association1 il fera directement ressortir la prpondrance croissante de la vie domestique pour l'immense majorit de l'humanit1 mesure que la sociabilit moderne se rapproche davantage de son tat normal4 ,l'enchanement naturel qui1 sauf quelques rares anomalies individuelles1 rige toujours1 et tous gards1 l'existence domestique en prambule indispensable de l'existence sociale1 sera donc ainsi finalement garanti contre toute sophistique altration4 ,apprcie1 en troisime lieu1 envers la morale sociale proprement dite1 la philosophie positive y dveloppera1 encore plus videmment que dans les deux autres cas1 sa haute aptitude organique4 ,ni la philosophie mtaphysique1 qui consacre spontanment l'gosme1 ni mme la philosophie thologique1 qui subordonne la vie relle une destination chimrique1 n'ont jamais pu faire directement ressortir le point de vue social comme le fera1 par sa nature1 cette philosophie nouvelle1 qui le prend ncessairement pour base universelle de la systmatisation finale4 ,ces deux rgimes antrieurs taient si peu propres permettre l'essor des affections purement bienveillantes et pleinement dsintresses1 qu'ils ont souvent conduit en nier dogmatiquement l'existence1 l'un d'aprs de vaines subtilits scolastiques1 et l'autre sous l'ascendant invitable des proccupations continues relatives au salut personnel4 ,aucun sentiment quelconque n'tant pleinement dveloppable sans un exercice spcial et permanent1 surtout s'il est naturellement peu prononc1 on doit donc regarder le sens moral1 dont le degr social constitue seulement la plus complte manifestation1 comme ayant t jusqu'ici imparfaitement bauch par une culture indirecte et factice1 dont j'ai d'ailleurs suffisamment apprci la ncessit prliminaire4 ,quand une vritable ducation aura convenablement familiaris les esprits modernes avec les notions de solidarit et de perptuit que suggre spontanment1 en tant de cas1 la contemplation positive de l'volution sociale1 on sentira profondment l'intime supriorit morale d'une philosophie qui rattache directement chacun de nous l'existence totale de l'humanit1 envisage dans l'ensemble des temps et des lieux3 la religion1 au contraire1 ne pouvait1 au fond1 reconnatre que des individus passagrement runis1 tous absorbs par une destination purement personnelle1 et dont la vaine association finale1 vaguement relgue au ciel1 ne devait offrir l'imagination humaine qu'un type radicalement strile1 faute d'aucun but saisissable4 ,la restriction mme de toutes nos esprances la vie relle1 individuelle ou collective1 peut aisment fournir1 sous une sage direction philosophique1 de nouveaux moyens de mieux lier l'essor priv la marche universelle1 dont la considration graduellement prpondrante constituera ds lors la seule voie propre satisfaire autant que possible ce besoin d'ternit toujours inhrent notre nature4 ,par exemple1 le respect scrupuleux pour la vie de l'homme1 qui a toujours augment mesure que notre sociabilit s'est dveloppe1 ne peut certainement que s'accrotre beaucoup d'aprs l'extinction gnrale d'un espoir chimrique1 dont la proccupation continue dispose si aisment dprcier1 aux yeux de tous1 chaque existence prsente1 toujours si accessoire en comparaison de la perspective finale4 ,malgr les dclamations rtrogrades des diverses coles religieuses1 la philosophie positive1 convenablement tendue jusqu'aux phnomnes sociaux qui doivent caractriser sa principale attribution1 se prsente donc1 tous gards1 comme plus apte qu'aucune autre seconder l'essor naturel de la sociabilit humaine4 ,le vritable esprit philosophique n'tant1 au fond1 que le bon sens pleinement systmatis1 on peut mme assurer que1 du moins sous sa forme spontane1 il maintient seul essentiellement1 depuis plus de trois sicles1 l'harmonie gnrale contre les perturbations dogmatiques inspires ou tolres par l'ancienne philosophie1 dont les divagations thologico-mtaphysiques eussent dj boulevers toute l'conomie moderne1 si la rsistance instinctive de la raison vulgaire n'en avait implicitement contenu la dsastreuse application sociale1 quoique les effets en soient d'ailleurs trop sensibles1 par suite de l'incohrence naturelle de cette insuffisante opposition pratique1 qui n'intervient jamais qu'envers les dsordres trs-prononcs1 sans pouvoir en arrter le renouvellement toujours imminent en faisant enfin cesser l'anarchie mentale d'o ils proviennent ncessairement4 ,d'aprs cette triple aptitude fondamentale1 la morale positive tendra de plus en plus reprsenter familirement le bonheur de chacun comme surtout attach au plus complet essor des actes bienveillans et des motions sympathiques envers l'ensemble de notre espce1 et mme ensuite1 par une indispensable extension graduelle1 l'gard de tous les tres sensibles qui nous sont subordonns1 proportionnellement d'ailleurs leur dignit animale et leur utilit sociale4 ,son efficacit continue sera d'autant plus assure qu'elle pourra toujours s'adapter spontanment1 avec une pleine opportunit1 et sans aucune inconsquence1 aux exigences variables de chaque cas spcial1 individuel ou social1 suivant la nature minemment relative de la nouvelle philosophie3 tandis que l'immobilit ncessaire de la morale religieuse devait1 aux temps mme de son principal ascendant1 lui ter presque toute sa force au sujet des situations qui1 dveloppes aprs sa constitution initiale1 n'y avaient pu tre suffisamment prvues4 ,avant que l'avenir ait dignement ralis l'essor universel de ces minens attributs moraux propres la philosophie positive1 c'est aux vrais philosophes1 prcurseurs naturels de l'humanit1 qu'il appartient dj de les constater hautement1 aux yeux de tous1 par la supriorit soutenue de leur conduite effective1 personnelle1 domestique et sociale1 contrairement la pernicieuse maxime mtaphysique qui voudrait aujourd'hui dogmatiquement interdire toute publique apprciation de la vie prive4 ,c'est ainsi que d'irrcusables exemples devront manifester d'avance la possibilit continue de dvelopper dsormais1 d'aprs les seuls motifs humains1 un sentiment assez complet de la morale universelle pour dterminer spontanment1 en chaque cas1 soit une invincible rpugnance envers toute violation relle1 soit une irrsistible impulsion au plus actif dvouement continu4 ,aprs avoir sommairement caractris l'action mentale et l'action morale que doit ultrieurement exercer la philosophie positive1 il faut maintenant procder une pareille apprciation envers l'action politique qui constituera toujours sa principale destination4 ,mais la considration implicite d'un tel sujet dans toute la seconde moiti de ce ,trait1 o le pass a t sans cesse contempl en vue de l'avenir1 et les conclusions explicites du cinquante-septime chapitre pour l'avenir le plus immdiat1 doivent ici nous rduire1 sous ce rapport1 l'indication la plus dcisive1 relative cette division fondamentale entre l'organisme spirituel ou thorique et l'organisme temporel ou pratique1 dont nous avons assez examin dj l'avnement initial2 en sorte qu'il ne nous reste qu' juger rapidement son dveloppement normal et son application permanente4 ,la tentative prmature du catholicisme au moyen ge1 malgr son minent mrite et son admirable efficacit que je crois avoir dignement apprcis1 n'a pu rellement que marquer1 cet gard1 le but ncessaire de la civilisation moderne par une impression ineffaable1 quoique trs-imparfaite1 sans baucher suffisamment une solution politique qui devait dpendre d'une tout autre philosophie et se rapporter une tout autre sociabilit4 ,comme toutes les grandes notions sociales places jusqu'ici sous l'insuffisante protection du monothisme1 cette conception fondamentale a d tre d'ailleurs1 pendant les cinq sicles de la double transition1 de plus en plus discrdite1 raison de sa pernicieuse adhrence des doctrines arrires1 alors devenues profondment oppressives4 ,on voit1 au contraire1 l'utopie pdantocratique1 transmise par la mtaphysique grecque la mtaphysique moderne1 acqurir1 en mme temps1 un ascendant croissant1 dont l'influence profondment perturbatrice est enfin devenue aujourd'hui directement jugeable4 ,il n'existe donc encore essentiellement1 ce sujet1 qu'un sentiment fondamental1 vague et incomplet1 mais spontan et indestructible1 des exigences politiques inhrentes la nature de la civilisation actuelle1 qui assigne1 en tous genres1 une certaine participation distincte la puissance matrielle et la puissance intellectuelle1 dont la sparation et la coordination1 jusqu'ici entirement confuses1 sont surtout rserves l'avenir4 ,leur quilibre passager n'est rsult1 au moyen ge1 que d'un antagonisme purement empirique1 tenant l'essor du systme monothique sous une sociabilit antrieure1 qu'il ne pouvait rellement que modifier1 quoique son instinct absolu l'entrant la dominer entirement1 comme l'a montr1 au terme de cette grande phase1 sa tendance directement thocratique1 que les chefs temporels ont enfin heureusement neutralise4 ,quelque haute utilit que l'volution humaine ait alors retire d'une premire conscration de l'indpendance fondamentale de la morale envers la politique1 l'avenir devra certainement reprendre l'ensemble de la constitution moderne partir mme de cette opration initiale1 qui en dtermine l'esprit gnral2 car l'laboration catholique ne put la concevoir et la conduire que d'une manire extrmement insuffisante1 et1 beaucoup d'gards1 vicieuse1 vu l'inaptitude radicale de la philosophie correspondante4 ,ce n'est point1 en effet1 d'aprs une saine apprciation systmatique1 la fois mentale et sociale1 encore essentiellement impossible1 que le catholicisme baucha la sparation ncessaire entre les rgles universelles de la conduite humaine1 soit prive1 soit publique1 et leurs applications mobiles aux divers cas spciaux4 ,une telle division ne put tre alors institue que suivant l'opposition mystique entre les intrts clestes et les intrts terrestres1 comme le rappellent aujourd'hui les dnominations usites4 ,si l'instinct vulgaire de la nouvelle situation sociale1 et l'invitable prpondrance des impulsions pratiques1 n'avaient spontanment dirig vers sa destination politique un moyen logique aussi imparfait1 les socits modernes eussent t ainsi converties en striles thbades1 o la vaine proccupation du salut personnel aurait essentiellement absorb toute considration relle4 ,aussi1 quand le point de vue terrestre eut finalement prvalu sur le point de vue cleste1 l'indpendance de la morale envers la politique1 malgr son intime harmonie avec la nature de la civilisation moderne1 comme je l'ai assez expliqu aux cinquante-quatrime et cinquante-septime chapitres1 dut se trouver spculativement trs-compromise1 parce qu'elle n'avait alors1 au fond1 aucune base rationnelle1 susceptible de rsister suffisamment aux divagations rvolutionnaires4 ,devant ainsi reprendre1 ds ses premiers fondemens1 l'ensemble de cette opration dcisive1 dont le pass ne peut rellement fournir aucun type1 l'avenir positif en accomplira d'abord la rectification essentielle1 d'aprs une juste apprciation du cours entier de l'volution humaine2 car le principe chrtien poussait certainement l'indpendance de la morale jusqu' un vicieux isolement1 aussi funeste qu'irrationnel4 ,en constituant partout la prpondrance directe1 la fois logique et scientifique1 du point de vue social1 la philosophie positive ne saurait certainement la mconnatre jamais envers la morale elle-mme1 qui doit en offrir toujours la principale application1 et o1 jusqu'au cas purement individuel1 tout doit tre sans cesse rapport1 non l'homme1 mais l'humanit4 ,on peut videmment tendre aux lois morales la remarque essentielle dj indique1 aux deux chapitres prcdens1 envers les lois intellectuelles1 comme tant1 par leur nature1 aussi bien les unes que les autres1 beaucoup mieux apprciables dans l'organisme collectif que dans l'organisme individuel4 ,quoique le type fondamental du perfectionnement humain soit ncessairement identique pour l'individu et pour l'espce1 il doit tre nanmoins bien plus compltement caractris d'aprs l'examen de l'volution sociale que suivant l'volution personnelle4 ,il est donc certain que la morale proprement dite ne cessera jamais1 ce double titre1 de rattacher la politique convenablement envisage son point de dpart gnral4 ,leur division ncessaire ne rsultera dsormais1 comme je l'ai expliqu1 que de l'institution systmatique d'une dcomposition intrieure entre les vues thoriques et les vues pratiques1 indispensable leur commune destination4 ,nous pouvons1 ce sujet1 rsumer dj l'ensemble des conditions ultrieures propres au principal office politique de la philosophie positive1 en concevant sa sagesse systmatique comme devant enfin concilier les attributs opposs que la sagesse spontane de l'humanit manifesta successivement dans l'antiquit et au moyen ge4 ,car1 si le rgime monothique eut le mrite de proclamer enfin1 quoique avec trop peu de succs1 la lgitime indpendance de la morale1 ou plutt sa dignit suprieure1 il y avait sans doute une tendance minemment sociale au fond de son antique subordination envers la politique1 quoique le rgime polythique l'et pousse jusqu' une pernicieuse confusion1 d'ailleurs impossible viter alors1 et mme indispensable la concentration militaire1 suivant nos explications historiques4 ,la seule antiquit a pu rellement offrir jusqu'ici un systme politique complet1 comportant une entire homognit1 et susceptible de conserver1 pendant une longue existence1 un caractre essentiellement identique3 il n'a pu s'instituer depuis que des transitions plus ou moins chroniques1 d'abord au moyen ge1 et ensuite sous l'initiation moderne4 ,or1 cet organisme polythique a prsent1 comme on l'a vu1 deux modes pleinement distincts1 quoique intimement combins3 l'un conservateur et stationnaire1 sous l'ascendant thocratique2 l'autre actif et progressif1 sous l'impulsion militaire4 ,le grand effort politique tent prmaturment au moyen ge1 et que l'avenir pourra seul raliser1 consiste surtout concilier radicalement1 dans un milieu1 avec un but et d'aprs un principe d'ailleurs trs-diffrens1 les proprits opposes de ces deux rgimes1 dont l'un confrait au pouvoir thorique et l'autre au pouvoir pratique l'universelle prpondrance sociale4 ,cette conciliation fondamentale reposera directement1 comme je l'ai expliqu1 sur la distinction systmatique entre les justes exigences respectives de l'ducation et de l'action4 ,mais1 en instituant convenablement cette rpartition dcisive1 sans laquelle la politique moderne ne peut plus faire aucun pas capital1 il importe extrmement1 suivant la doctrine du cinquante-quatrime chapitre1 spcialement complte au cinquante-septime1 d'y conserver scrupuleusement la pratique la suprme direction journalire des oprations1 o l'autorit thorique doit toujours rester purement consultative1 sous peine d'imminentes perturbations pdantocratiques4 ,quoique l'irrvocable limination des influences religieuses doive heureusement empcher dsormais la profonde oppression que put jadis dterminer le drglement initial des ambitions spculatives1 nous avons reconnu combien leurs irrationnelles prtentions peuvent encore susciter de graves dsordres1 dont la raction ou mme l'inquitude tendent maintenant d'ailleurs interdire aux exigences thoriques toute lgitime satisfaction politique1 d'o l'aveugle instinct d'une indispensable rsistance pratique craindrait aujourd'hui de voir sortir un essor subversif qu'elle ne pourrait plus contenir4 ,malgr les hautes difficults1 la fois mentales et sociales1 que prsentera certainement une telle pondration1 premire base ncessaire de l'organisme positif1 l'conomie lmentaire des socits modernes en indique nanmoins dj l'bauche spontane dans la relation journalire entre l'art et la science1 qu'il s'agit ainsi1 au fond1 de constituer dfinitivement1 en l'tendant jusqu'aux oprations les plus importantes et les plus difficiles1 sous l'inspiration gnrale d'une saine philosophie1 toujours attentive l'ensemble des rapports humains4 ,l'invitable imperfection que doit encore prsenter ce type naturel ne saurait l'empcher de fournir rellement aujourd'hui de prcieuses indications sur la correspondance ultrieure entre la thorie et la pratique1 en politique comme partout ailleurs1 suivant la tendance caractristique de l'esprit positif toujours rattacher chaque apprciation systmatique une premire manifestation instinctive4 ,on reconnat ainsi1 en mme temps1 et la ncessit permanente d'une juste indpendance de la thorie1 sans laquelle son propre essor1 et par suite celui de la pratique1 seraient profondment entravs1 et son impuissance radicale diriger les oprations relles1 o la sagesse pratique doit seule prsider l'emploi continu des lumires spculatives4 ,si la longue exprience propre l'laboration moderne a spontanment consacr1 par une multitude de vrifications journalires1 cette double situation dans les cas les plus simples1 des motifs parfaitement analogues doivent1 bien plus forte raison1 en faire sentir l'imprieux besoin envers les plus compliqus4 ,en systmatisant enfin l'universelle suprmatie mentale du bon sens1 la philosophie positive tendra1 sous ce rapport1 dissiper directement les illusions politiques des ambitions spculatives1 tenant encore l'influence inaperue de la nature mystique et absolue des thories initiales1 inspirant1 pour l'instinct pratique1 un profond ddain2 tandis que dsormais une juste apprciation mutuelle pourra ressortir du sentiment unanime relatif l'identit d'origine1 la conformit de marche1 et la communaut de destination1 qui existent ncessairement entre les deux modes galement indispensables de la sagesse humaine1 dont le progrs dpend surtout de leur intime convergence4 ,l'art politique1 qui1 par sa nature1 appelle toujours l'involontaire coopration de tous les efforts individuels1 est minemment propre1 raison mme de sa complication transcendante1 faire dignement apprcier aujourd'hui la haute valeur spontane de la sagesse pratique1 qui s'y est jusqu'ici montre ordinairement trs-suprieure la sagesse thorique1 sous l'heureuse impulsion1 il est vrai1 d'une situation gnrale dont l'influence effective est la fois beaucoup plus irrsistible et plus dtermine que ne le supposent encore de vaines doctrines mtaphysiques4 ,on doit1 ce sujet1 reconnatre1 en principe universel1 que plus l'art devient minent1 plus il importe1 d'une part1 que la thorie y soit nettement spare de la pratique1 et1 d'une autre part1 que celle-ci conserve toujours la direction effective de chaque opration4 ,mieux on approfondira l'tude positive de la politique1 surtout moderne1 et mme actuelle1 mieux on sentira combien les mesures spontanment manes de la situation y surpassent habituellement1 non-seulement envers le prsent1 mais aussi quant l'avenir1 les superbes inspirations de thories mal tablies4 ,quoiqu'une telle diffrence doive sans doute beaucoup diminuer dsormais sous une meilleure institution des spculations sociales1 l'intrt commun n'y cessera jamais d'exiger la prpondrance journalire du pouvoir pratique ou matriel1 pourvu qu'il sache enfin respecter convenablement la juste indpendance du pouvoir thorique ou intellectuel1 et reconnatre aussi1 comme en tout autre cas1 la ncessit permanente de comprendre les indications abstraites parmi les lmens rguliers de chaque dtermination concrte3 ce qu'aucun vritable homme d'tat n'osera certainement contester1 aussitt que les thoriciens auront1 de leur ct1 suffisamment manifest le caractre scientifique et l'attitude politique convenables leur vraie destination sociale4 ,comme l'ensemble de ce ,trait tend1 par sa nature1 constituer directement la nouvelle puissance spirituelle1 j'y devais1 en le terminant1 spcialement rappeler1 dans une vue d'avenir1 les prescriptions rationnelles destines prvenir1 autant que possible1 l'empitement abusif du gouvernement moral sur le gouvernement politique1 et sans lesquelles on ne saurait dissiper suffisamment les justes prventions instinctives qui s'opposent aujourd'hui cet indispensable avnement1 o j'ai directement montr la premire condition sociale de la rgnration finale4 ,en caractrisant1 au cinquante-septime chapitre1 l'laboration initiale d'un tel avnement1 j'ai d insister sur la ncessit de la restreindre d'abord aux seules populations de l',europe occidentale1 exactement dfinie au dbut de ce volume1 afin de mieux garantir sa nettet et son originalit contre la tendance vague et confuse des habitudes spculatives actuelles4 ,mais1 en considrant ici l'tat final1 j'y dois ncessairement avoir en vue l'extension ultrieure de l'organisme positif1 d'abord l'ensemble de la race blanche1 et mme ensuite la totalit de notre espce1 convenablement prpare4 ,toutefois l'aptitude naturelle de la philosophie positive permettre une association spirituelle beaucoup plus vaste que n'a jamais pu le comporter la philosophie antrieure1 est dj tellement vidente qu'il serait heureusement superflu de la faire spcialement ressortir4 ,la mme proprit fondamentale qui1 individuellement considre1 destine l'esprit positif constituer une harmonie mentale jusqu'alors impossible1 l'appelle aussi1 dans l'application collective1 dterminer non moins ncessairement une communion intellectuelle et morale la fois plus complte1 plus tendue et plus stable qu'aucune communion religieuse4 ,malgr la vaine conscration qu'une aveugle routine persiste encore accorder aux prtentions surannes de la philosophie thologique1 c'est1 tous gards1 sous son inspiration spontane1 directe ou indirecte1 que l'occident europen s'est dcompos depuis cinq sicles en nationalits indpendantes1 dont la solidarit lmentaire1 surtout due leur commune volution positive1 ne saurait tre systmatise que sous l'essor direct de la rnovation totale4 ,le cas europen tant par sa nature beaucoup plus propre que le cas national faire convenablement apprcier la vraie constitution spirituelle1 elle devra ensuite acqurir un nouveau degr de consistance et d'efficacit d'aprs chaque nouvelle extension de l'organisme positif1 ainsi devenu de plus en plus moral et de moins en moins politique1 sans que la puissance pratique y puisse pour cela jamais perdre son active prpondrance4 ,suivant une raction ncessaire1 cette invitable progression ne sera pas moins favorable la juste libert qu' l'ordre indispensable2 car1 mesure que l'association intellectuelle et morale se consolidera en s'tendant1 la concentration temporelle1 sans laquelle aujourd'hui la dsagrgation serait videmment imminente1 diminuera spontanment faute d'urgence1 de manire permettre chaque lment politique une spcialit d'essor qui maintenant exposerait une dsastreuse anarchie1 dont les dangers seraient certainement beaucoup plus graves que les divers inconvniens actuels d'une excessive centralisation pratique4 ,quant aux conflits essentiels que l'invitable discordance des passions humaines dterminera spontanment1 malgr les plus sages mesures1 dans l'ensemble de l'conomie positive1 comme en tout autre systme antrieur1 mais avec un caractre moins orageux et une moins opinitre tnacit1 ils ont d tre d'avance suffisamment considrs au cinquante-septime chapitre1 puisque leur principale intensit sera surtout relative l'institution initiale du nouveau rgime1 bien davantage qu' son dveloppement normal2 en sorte que je puis ici renvoyer essentiellement1 sous ce rapport1 cette apprciation anticipe1 caractristique quoique sommaire4 ,c'est1 en effet1 un prochain avenir qu'appartient ncessairement le dsastreux essor des grandes luttes intestines inhrentes notre anarchie mentale et morale1 dont les graves consquences matrielles commencent dj devenir partout imminentes1 d'abord au sujet des relations lmentaires entre les entrepreneurs et les travailleurs1 et mme ensuite1 par une influence moins aperue1 qui sera seulement un peu plus tardive1 pour l'attitude mutuelle des villes et des campagnes4 ,en un mot1 il n'y a de vraiment systmatis aujourd'hui que ce qui est essentiellement destin disparatre3 or tout ce qui n'est point encore systmatis1 c'est--dire tout ce qui a vie1 doit engendrer d'invitables collisions qui ne sauraient tre suffisamment prvenues ni mme contenues d'aprs le lent essor d'une systmatisation trs-difficile1 que repousse d'ailleurs le concours spontan des tendances les plus contraires1 quoique son propre avnement soit toutefois pleinement naturel4 ,dans cette orageuse situation1 la philosophie positive devra trouver la premire preuve dcisive de son efficacit politique1 en mme temps qu'une irrsistible stimulation son indispensable ascendant social1 unique voie de satisfaction rgulire ds lors laisse tous les vux lgitimes1 relatifs l'ordre ou au progrs qu'elle seule peut rellement concilier4 ,quand cette pnible introduction sera suffisamment accomplie1 les difficults continues1 propres l'action normale du nouveau rgime1 prsenteront1 quoique de mme espce1 une intensit beaucoup moindre1 et se rsoudront d'une semblable manire2 en sorte qu'il serait ici superflu de s'y arrter spcialement4 ,par des motifs analogues1 nous sommes galement dispenss d'insister encore sur l'intime solidarit spontane1 reconnue au cinquante-septime chapitre1 entre les tendances philosophiques et les impulsions populaires4 ,aprs avoir essentiellement dtermin l'avnement politique de l'conomie positive1 cette puissante affinit mutuelle en deviendra naturellement le plus solide appui permanent4 ,la mme philosophie qui aura fait systmatiquement reconnatre la suprmatie mentale de la raison commune1 fera pareillement admettre1 sans aucun danger d'anarchie1 la prpondrance sociale des vrais besoins populaires1 en constituant de plus en plus l'universel ascendant de la morale1 dominant la fois les inspirations scientifiques et les dterminations politiques4 ,c'est ainsi qu'aprs de grands orages passagers1 dus surtout une extrme ingalit d'essor entre les exigences pratiques et les satisfactions thoriques1 la philosophie positive1 politiquement applique1 conduira ncessairement l'humanit au systme social le plus convenable sa nature1 et qui surpassera beaucoup en homognit1 en extension et en stabilit tout ce que le pass put jamais offrir4 ,tandis que cette triple laboration simultane des opinions1 des murs et des institutions finalement propres la sociabilit moderne s'accomplira graduellement sous l'impulsion naturelle des vnemens les plus dcisifs1 la philosophie positive manifestera spontanment une quatrime aptitude fondamentale1 complmentaire de toutes les autres1 et moins souponne aujourd'hui qu'aucune d'elles1 en dveloppant de plus en plus la vraie constitution esthtique correspondante notre civilisation1 et si vainement cherche depuis cinq sicles4 ,on se formerait une notion trs-insuffisante de cette nouvelle proprit ultrieure de l'esprit positif1 en la rduisant la seule systmatisation de la philosophie gnrale des beaux-arts1 incidemment annonce au cinquante-huitime chapitre4 ,quelle que doive tre1 beaucoup d'gards1 la haute importance d'une telle opration philosophique1 jusqu'ici essentiellement impossible et mme trop prmature aujourd'hui1 comme cependant les meilleures potiques doivent sans doute fort peu suffire faire surgir de vritables potes1 il n'y aurait pas lieu certainement considrer ici l'action esthtique de la philosophie finale1 si par sa nature elle ne devait avoir un tout autre caractre essentiel1 plus minent et plus efficace1 la fois mental et social4 ,en tudiant la marche gnrale de l'volution humaine1 j'ai fait suffisamment ressortir1 surtout aux cinquante-troisime et cinquante-sixime chapitres1 la destination fondamentale1 soit statique1 soit dynamique1 propre la vie esthtique dans l'ensemble de notre existence1 individuelle ou collective1 o son heureuse influence1 intermdiaire entre la tendance spculative et l'impulsion active1 doit toujours charmer et amliorer les tres les plus vulgaires et aussi les plus minens1 en levant les uns et adoucissant les autres4 ,sous cet aspect lmentaire1 qui deviendra de plus en plus apprciable mesure que se dveloppera la nouvelle philosophie1 les beaux-arts doivent videmment beaucoup gagner l'avnement final du rgime positif1 qui les incorpore dignement l'conomie sociale1 laquelle ils sont jusqu'ici rests essentiellement extrieurs4 ,nous avons d'ailleurs reconnu1 au cinquante-huitime chapitre1 combien l'universelle prpondrance du point de vue humain et l'ascendant correspondant de l'esprit d'ensemble doivent tre profondment favorables l'essor gnral des dispositions esthtiques1 soit dans ce degr modr qui suffit dterminer un vritable got1 soit mme dans cette intensit privilgie qui constitue une vocation relle4 ,enfin1 l'apprciation historique nous avait dj manifest1 chez les anciens et chez les modernes1 la double condition sociale indispensable la plnitude d'un tel dveloppement1 qui exige ncessairement une sociabilit progressive1 la fois fortement caractrise et profondment stable4 ,d'aprs ces divers motifs1 dont le poids ne peut qu'augmenter1 tous les bons esprits sentiront bientt1 malgr des prjugs qui n'ont rellement de force qu'envers l'laboration prliminaire1 les minentes ressources esthtiques propres notre vritable avenir4 ,les diverses conditions mentales et sociales d'un essor actif des beaux-arts n'ont pu jusqu'ici1 comme je l'ai expliqu1 se trouver convenablement runies que sous le rgime polythique de l'antiquit1 o il se rapportait surtout une vie publique trs-prononce et trs-durable1 caractrise par l'nergique dveloppement de l'existence militaire1 dont l'idalisation est1 tous gards1 essentiellement puise4 ,mais il n'en saurait tre ainsi de l'activit laborieuse et pacifique propre la civilisation moderne1 et qui1 jusqu'ici peine bauche1 n'a pu tre encore esthtiquement apprcie1 faute de la direction philosophique et de la consistance politique convenables sa nature3 en sorte que l'art moderne1 aussi bien que la science et l'industrie elle-mme1 loin d'avoir dj vieilli1 n'est pas1 au fond1 suffisamment form1 parce qu'il n'a pu se dgager assez du type antique1 qui1 malgr son vidente inopportunit1 n'a pas perdu1 sous ce rapport1 la prpondrance provisoire que dut lui procurer notre longue transition4 ,les admirables productions des cinq derniers sicles ont constat1 sans doute1 de la manire la plus irrcusable1 contre de vains prjugs1 l'inaltrable conservation spontane des facults esthtiques de l'humanit1 et mme leur accroissement continu1 malgr le milieu le plus dfavorable4 ,cependant leur ensemble ne doit tre regard1 comparativement l'avenir1 que comme constituant une simple prparation naturelle1 dont la portion la plus originale et la plus populaire a d tre ordinairement rduite la vie prive1 faute de trouver dans la vie publique une convenable alimentation4 mesure qu'un prochain avenir dveloppera enfin le vrai caractre intellectuel1 moral et politique1 propre l'existence moderne1 on peut assurer que cette nouvelle vie trouvera bientt une idalisation continue4 ,le double sentiment du vrai et du bon n'y saurait devenir nettement prononc1 sans que le sentiment du beau1 qui n'est1 en tout genre1 que l'instinct de la perfection rapidement apprcie1 ne doive aussi partout surgir3 en sorte que cette dernire action gnrale de la philosophie positive est1 par sa nature1 intimement lie chacune des trois qui viennent d'tre examines4 ,en outre1 la rgnration systmatique de toutes les conceptions humaines fournira certainement de nouveaux moyens philosophiques l'essor esthtique1 ainsi dj assur d'un but minent et d'une stimulation continue4 ,pour mieux sentir cette importante apprciation1 il faut d'abord franchement reconnatre que la philosophie thologique1 d'aprs l'universelle application spontane du type humain1 qui constitue son vritable esprit lmentaire1 devait tre longtemps favorable l'lan direct de l'imagination4 ,mais cette aptitude initiale tait certainement borne l'tat polythique1 ainsi que je l'ai assez expliqu3 le dclin monothique l'a fait tellement cesser1 qu'elle n'a pu se maintenir que d'aprs l'trange expdient qui1 au milieu du plus fervent christianisme1 vint spcialement prolonger1 cet effet1 l'ascendant contradictoire de la principale poque religieuse4 ,on peut donc regarder la conception de la divinit1 ou plutt des dieux1 comme tant depuis longtemps encore plus radicalement impuissante sous l'aspect esthtique qu'elle ne l'est certainement devenue sous le point de vue intellectuel et mme enfin social4 ,quant la vaine entit de la ,nature1 par laquelle la mtaphysique a tent de remplacer cette croyance initiale1 sa profonde strilit organique est assurment aussi vidente en posie qu'en philosophie et en politique4 ,il faut peu s'tonner que le sentiment confus de cette double lacune ait souvent conduit regarder les sources mentales de l'art comme tant essentiellement taries chez ceux qui1 ne trouvant point en eux-mmes une assez intime conviction de l'indestructible spontanit de la vie esthtique1 y doivent exagrer l'importance des impulsions intellectuelles1 dont ils ont fait d'ailleurs une apprciation trs-insuffisante4 ,faute d'avoir aperu le ct positif de l'volution moderne aussi nettement que son ct ngatif1 seul compris jusqu'ici1 une superficielle observation dtermine trop frquemment1 cet gard1 ainsi qu' tout autre1 une sorte de dsespoir philosophique1 parmi les esprits assez avancs pour sentir d'ailleurs suffisamment l'impossibilit radicale d'une vritable restauration du pass4 ,mais l'ensemble de la saine thorie historique nous a toujours1 au contraire1 videmment manifest1 mme ce titre spcial1 la marche croissante de la fondation1 solidaire avec celle de la dmolition4 ,le principal rsultat philosophique de cette double progression consiste dans la convergence spontane de toutes les conceptions modernes vers la grande notion de l',humanit1 dont l'active prpondrance finale doit1 en tous sens1 remplacer l'antique coordination thologico-mtaphysique4 ,or cette nouvelle unit mentale1 ncessairement plus complte et plus durable qu'aucune autre1 suivant nos dernires explications1 comportera certainement1 sans aucun artifice1 une immense aptitude esthtique1 quand elle aura convenablement prvalu4 ,une telle efficacit spciale devra tre bientt suprieure celle qu'a pu jamais montrer la philosophie thologique1 mme dans sa splendeur polythique2 car1 si l'art1 qui partout voit ou cherche l'homme1 a d1 ce titre1 longtemps sympathiser avec la philosophie initiale qui lui en offrait1 tous gards1 la pense fictive1 il devra finalement bien mieux s'adapter une doctrine fondamentale substituant1 cette reprsentation chimrique et indirecte1 la notion effective et immdiate de la prpondrance humaine envers tous les sujets de nos spculations habituelles1 ds lors circonscrites l'ordre rel1 primitivement inconnu4 ,il y a certainement1 pour ceux qui sauront l'apprcier1 une source inpuisable de nouvelle grandeur potique dans la conception positive de l'homme comme le chef suprme de l'conomie naturelle1 qu'il modifie sans cesse son avantage1 d'aprs une sage hardiesse1 pleinement affranchie de tout vain scrupule et de toute terreur oppressive1 et ne reconnaissant d'autres limites gnrales que celles relatives l'ensemble des lois positives dvoiles par notre active intelligence3 tandis que jusqu'alors l'humanit restait1 au contraire1 passivement assujettie1 tous gards1 une arbitraire direction extrieure1 d'o devaient toujours dpendre ses entreprises quelconques4 ,l'action de l'homme sur la nature1 d'ailleurs si imparfaite encore1 n'a pu se manifester suffisamment que chez les modernes1 en rsultat final d'une pnible volution sociale1 longtemps aprs que l'essor esthtique correspondant la philosophie initiale devait tre essentiellement puis3 en sorte qu'elle n'a pu comporter aucune idalisation4 l'irrationnelle imitation de la posie antique1 l'art moderne a continu chanter la merveilleuse sagesse de la nature1 mme depuis que la science relle a directement constat1 sous tous les aspects importans1 l'extrme imperfection de cet ordre si vant4 ,quand la fascination thologique ou mtaphysique n'empche point un vrai jugement1 chacun sent aujourd'hui que les ouvrages humains1 depuis les simples appareils mcaniques jusqu'aux sublimes constructions politiques1 sont1 en gnral1 trs-suprieurs1 soit en convenance1 soit en simplicit1 tout ce que peut offrir de plus parfait l'conomie qu'il ne dirige pas1 et o la grandeur des masses constitue seule ordinairement la principale cause des admirations antrieures4 ,c'est donc chanter les prodiges de l'homme1 sa conqute de la nature1 les merveilles de sa sociabilit1 que le vrai gnie esthtique trouvera surtout dsormais1 sous l'active impulsion de l'esprit positif1 une source fconde d'inspirations neuves et puissantes1 susceptibles d'une popularit qui n'eut jamais d'quivalent1 parce qu'elles seront en pleine harmonie1 soit avec le noble instinct de notre supriorit fondamentale1 soit avec l'ensemble de nos convictions rationnelles4 ,le plus minent pote de notre sicle1 le grand ,byron1 qui a jusqu'ici1 sa manire1 mieux pressenti que personne la vraie nature gnrale de l'existence moderne1 la fois mentale et morale1 a seul tent spontanment cette audacieuse rgnration potique1 unique issue de l'art actuel4 ,sans doute la saine philosophie n'tait point alors assez avance pour permettre son gnie d'apprcier suffisamment1 dans notre situation fondamentale1 rien au del de l'aspect purement ngatif1 qu'il a d'ailleurs admirablement idalis1 comme je l'ai not au cinquante-septime chapitre4 ,mais le profond mrite de ses immortelles compositions1 et leur immense succs immdiat1 malgr de vaines antipathies nationales1 chez toutes les populations d'lite1 ont dj rendu irrcusable1 soit la puissance esthtique propre la nouvelle sociabilit1 soit la tendance universelle vers une telle rnovation4 ,tous les esprits vraiment philosophiques peuvent donc comprendre maintenant que l'avnement ncessaire de la rorganisation universelle procurera spontanment l'art moderne en mme temps une inpuisable alimentation1 par le spectacle gnral des merveilles humaines1 et une minente destination sociale1 pour faire mieux apprcier l'conomie finale4 ,quoique la philosophie dogmatique doive toujours prsider l'laboration directe des divers types1 intellectuels ou moraux1 qu'exigera la nouvelle organisation spirituelle1 la participation esthtique deviendra cependant indispensable1 soit leur active propagation1 soit mme leur dernire prparation2 en sorte que l'art retrouvera ainsi1 dans l'avenir positif1 un important office politique1 essentiellement quivalent1 sauf la diversit des rgimes1 celui que le pass polythique lui avait confr1 et qui depuis s'tait effac sous la sombre domination monothique4 ,nous devons videmment carter ici toute indication gnrale relative aux nouveaux moyens d'une excution esthtique qui ne saurait tre assez prochaine pour comporter utilement aucune semblable apprciation actuelle4 ,mais1 en vitant1 ce sujet1 les discussions prmatures et dplaces1 il convient pourtant d'annoncer dj que l'obligation fondamentale ncessairement impose l'art moderne1 comme la science et l'industrie1 de subordonner toutes ses conceptions l'ensemble des lois relles1 ne tendra nullement lui ravir la prcieuse ressource des tres fictifs1 et le contraindra seulement lui imprimer une nouvelle direction1 conforme celle que ce puissant artifice logique recevra aussi sous ces deux autres aspects universels4 ,j'ai1 par exemple1 signal d'avance1 au quarantime chapitre1 l'utile emploi scientifique1 et mme logique1 que la saine philosophie biologique pourra dsormais retirer de la convenable introduction d'organismes imaginaires1 d'ailleurs en pleine harmonie avec toutes les notions vitales3 quand l'esprit positif aura suffisamment prvalu1 je ne doute pas qu'un tel procd1 essentiellement analogue la marche actuelle des gomtres en beaucoup de cas importans1 ne puisse vraiment faciliter1 en biologie1 l'essor des conceptions judicieusement systmatiques4 ,or1 il est clair que le but et les conditions de l'art doivent y permettre une application bien plus tendue de semblables moyens1 dont l'usage thorique deviendrait aisment abusif4 ,chacun sent d'ailleurs que leur emploi esthtique devra principalement se rapporter l'organisme humain1 suppos modifi1 soit en mal1 soit surtout en bien1 de manire augmenter convenablement les effets d'art1 sans cependant jamais violer les lois fondamentales de la ralit4 ,dans cette rapide apprciation de l'action esthtique propre la philosophie positive1 j'ai d me borner considrer explicitement le premier de tous les beaux-arts1 celui qui1 par sa plnitude et sa gnralit suprieures1 a toujours domin l'ensemble de leur dveloppement4 ,mais il est vident que cette rgnration de l'art moderne ne saurait tre limite la seule posie1 d'o elle s'tendra ncessairement aux quatre autres moyens fondamentaux d'expression idale1 suivant l'ordre indiqu par leur hirarchie naturelle1 signale au cinquante-troisime chapitre4 ,ainsi1 l'esprit positif1 qui1 tant qu'il est rest sa phase mathmatique initiale1 a d sembler mriter les reproches habituels de tendance antiesthtique1 que lui adresse encore injustement une apprciation routinire1 deviendra finalement1 au contraire1 d'aprs son entire systmatisation sociologique1 la principale base d'une organisation esthtique non moins indispensable que la rnovation mentale et sociale dont elle est ncessairement insparable4 ,cette triple laboration positive1 toujours domine par un mme principe fondamental1 conduira donc certainement l'humanit au rgime universel le plus conforme sa nature1 o tous nos attributs caractristiques trouveront habituellement la fois la plus parfaite consolidation respective1 la plus complte harmonie mutuelle1 et le plus libre essor commun4 ,immdiatement destine l'ensemble de l'occident europen1 les cinq lmens essentiels de cette noble lite de notre espce y apporteront chacun l'indispensable participation continue de son gnie propre1 annonant dj1 par un tel concours1 leur intime combinaison ultrieure4 ,sous la salutaire prpondrance1 galement philosophique et politique1 assure l'esprit franais d'aprs l'ensemble de la transition moderne1 l'esprit anglais y fera puissamment sentir sa prdilection caractristique pour la ralit et l'utilit1 l'esprit allemand y appliquera son aptitude native aux gnralisations systmatiques1 l'esprit italien y fera convenablement pntrer son admirable spontanit esthtique1 enfin l'esprit espagnol y introduira son double sentiment familier de la dignit personnelle et de la fraternit universelle4 99 99 99 99 99 ,en achevant ici cette rapide indication gnrale de l'action dfinitive propre la philosophie positive que je me suis efforc de constituer par l'ensemble de ce ,trait1 j'ai donc enfin termin compltement la longue et difficile opration que j'ai os concevoir et excuter pour renouveler convenablement aujourd'hui la grande impulsion philosophique de ,bacon et ,descartes1 qui1 ayant d se rapporter surtout l'laboration prliminaire de la positivit rationnelle1 devait se trouver essentiellement puise depuis que1 d'aprs le suffisant accomplissement d'une telle prparation1 l'esprit humain tait conduit aborder directement la rnovation finale1 qui n'avait pu tre d'abord que confusment entrevue1 et qui maintenant devait correspondre aux irrcusables exigences d'une situation sans exemple1 o l'intervention philosophique doit radicalement dissiper une anarchie toujours imminente1 en transformant l'agitation rvolutionnaire en activit organique4 ,dans le cours d'un travail que les embarras de ma position ont fait durer douze ans1 mon intelligence1 l'ge de la pleine ardeur1 a ncessairement march1 en reproduisant personnellement1 avec une fidlit spontane1 selon mon plan primitif1 les principales phases successives de cette moderne volution mentale4 ,mais cet invitable progrs a toujours t1 j'ose le dire1 entirement homogne1 comme chaque lecteur peut maintenant s'en convaincre d'aprs le parfait accord de ces trois chapitres extrmes de conclusions gnrales avec les deux premiers chapitres d'introduction fondamentale3 la longue laboration intermdiaire est d'ailleurs reste constamment conforme aux conditions scrupuleuses d'une exacte continuit1 la fois logique et scientifique4 ,un simple rapprochement entre la table totale des matires et le tableau synoptique initial pourra mme aisment rappeler ci-dessous que le plan originaire n'a jamais subi aucune altration relle1 au moins quant l'ordre des diverses parties1 dont l'extension proportionnelle a seule prouv un accroissement imprvu envers la science finale que j'avais crer1 et qui1 en consquence1 ne pouvait d'abord tre aussi prcisment mesure que les diffrentes sciences prliminaires dj constitues4 ,mme en ayant gard cette unique exception1 tous les bons esprits reconnatront1 j'espre1 que1 dans cette apprciation systmatique de tous les lmens essentiels propres la philosophie fondamentale1 chacun d'eux a reu spontanment le dveloppement effectif que mritait1 au fond1 sa vritable importance philosophique4 ,par cette universelle laboration1 mon intelligence1 aussi compltement dgage de toute mtaphysique que de toute thologie1 se trouve donc parvenue enfin l'tat pleinement positif1 o elle tente d'attirer tous les penseurs nergiques1 pour y construire en commun la systmatisation finale de la raison moderne4 ,il me reste maintenant annoncer ici la part personnelle que je me propose de prendre ultrieurement cette construction directe1 aprs l'avoir convenablement institue dans le ,trait que je viens d'achever1 et qui devient dsormais le simple point de dpart gnral de tous les travaux rservs mon ge d'entire maturit4 ,en indiquant ces quatre ouvrages essentiels1 je vais les mentionner suivant l'ordre o je les ai successivement conus1 ds la premire origine de ce ,trait fondamental1 mais en avertissant dj que je ne m'engage nullement le suivre1 et que je me rserve1 cet gard1 toute la libert d'excution que me procure dsormais la base universelle que je viens de poser1 et dont je puis toujours1 sans aucune inconsquence1 varier mon gr l'application spciale1 soit d'aprs les exigences plus ou moins ventuelles du grand mouvement philosophique1 soit mme selon les seules convenances de ma situation personnelle3 tandis qu'il ne pouvait en tre ainsi auparavant1 vu l'inflexible ncessit de suivre scrupuleusement1 tout prix1 l'ordre unique qui correspondait une telle fondation1 en cartant avec une invariable opinitret les divers conseils irrationnels qu'une sollicitude peu judicieuse m'avait souvent donns jadis sur le morcellement arbitraire de la composition actuelle4 ,au reste1 je terminerai cette indication par la discussion rapide du meilleur ordre d'une telle laboration1 tant d'ailleurs trs-dispos maintenant accueillir avec reconnaissance les rflexions que pourraient m'adresser ce sujet tous ceux qui1 ayant suffisamment compris la nature et la porte de cette nouvelle philosophie1 s'intressent aujourd'hui son essor ultrieur4 ,deux de ces ouvrages seront directement destins consolider mthodiquement le nouveau systme philosophique2 les deux autres se rapporteront surtout son application gnrale4 ,quant aux premiers1 il faut reconnatre que1 dans ce ,trait original1 je devais essentiellement apprcier chaque lment fondamental de la systmatisation finale en restant1 autant que possible1 dans la situation d'esprit conforme sa constitution actuelle1 afin de m'lever ainsi successivement1 en mme temps que le lecteur1 avec une pleine scurit et une efficacit mieux assure1 jusqu' l'tat dfinitif que j'avais d'abord aperu1 mais qui ne pouvait tre suffisamment caractris que par cet essor graduel1 reproduction spontane1 suivant le prcepte cartsien1 de l'ensemble de l'volution moderne4 ,or1 quels que dussent tre les avantages essentiels de cette marche posteriori1 sans laquelle mon but et t certainement manqu1 il en rsulte ncessairement que les diverses philosophies spciales1 d'aprs lesquelles je crois avoir enfin fond la vraie philosophie gnrale1 ne sauraient avoir ici leur vritable caractre dfinitif1 qui ne peut maintenant s'tablir que sous l'universelle intervention normale de la nouvelle unit philosophique1 rgnrant ainsi1 son tour1 tous les lmens qui ont d concourir sa propre formation4 ,cette raction ncessaire1 qui1 convenablement accomplie1 constituera directement1 au moins dans l'ordre abstrait1 l'tat final de la systmatisation positive1 exigerait donc1 par sa nature1 autant de ,traits philosophiquement spciaux1 tous domins par l'esprit sociologique1 qu'il existe rellement de diffrentes sciences fondamentales4 ,mais l'vidente impossibilit d'excuter dignement cette entire laboration pendant le peu de vie qui me reste1 mme quand le temps m'y serait dsormais mieux mnag1 m'a d'avance dtermin me restreindre1 cet gard1 aux deux termes extrmes1 qui doivent tre1 en effet1 les plus dcisifs1 et qui d'ailleurs me sont plus familiers3 ce qui me conduira donc systmatiser mthodiquement1 d'une part1 la philosophie mathmatique1 d'une autre part1 la philosophie politique2 laissant ainsi mes divers successeurs ou collgues constituer semblablement les quatre philosophies intermdiaires1 astronomique1 physique1 chimique et biologique4 ,la philosophie mathmatique sera l'objet direct d'un ouvrage spcial en deux volumes1 dont le premier se rapportera naturellement la mathmatique abstraite1 ou analyse proprement dite1 et le second la mathmatique concrte1 spontanment dcompose en gomtrie et mcanique1 suivant les principes ici tablis4 ,quand j'ai compos1 il y a douze ans1 le tome premier du ,trait actuel1 j'avais encore une opinion beaucoup trop favorable de la porte philosophique propre aux gomtres de notre sicle2 en sorte que j'y ai d croire suffisamment indiques plusieurs vues importantes de philosophie mathmatique1 qui sont au contraire restes jusqu'ici compltement inaperues1 faute d'avoir t assez distinctement caractrises pour des esprits maintenant parvenus1 force de dispersion empirique1 un degr de rtrcissement dont j'avais moi-mme d'abord une trop faible ide avant une telle preuve1 quoique je sois forc de vivre au milieu d'eux4 ,ainsi1 outre le motif fondamental ci-dessus indiqu1 qui m'impose l'obligation directe de construire spcialement1 d'aprs mon point de vue actuel1 une vraie philosophie mathmatique1 on voit que des considrations passagres1 mais aujourd'hui fort importantes1 doivent me faire mieux sentir le besoin d'accomplir une portion aussi dcisive de la construction gnrale4 ,envers le second ouvrage1 uniquement consacr la philosophie politique1 il a t ici si souvent indiqu1 depuis le dbut du tome quatrime1 qu'il serait maintenant superflu d'en signaler expressment la destination et l'urgence4 ,il se composera de quatre volumes1 dont le premier traitera de la mthode sociologique1 le second de la statique sociale1 le troisime de la dynamique sociale1 et le dernier de l'application gnrale d'une telle doctrine4 ,tous ceux qui auront convenablement apprci ma cration de la sociologie dans la seconde moiti de ce ,trait sentiront aisment1 d'aprs mes nombreux avis incidents1 qu'elle ne rend nullement superflue cette nouvelle composition1 laquelle se trouve seulement ainsi prpare une base indispensable4 ,ayant ici consacr deux volumes l'laboration originale de la sociologie dynamique1 on doit d'abord craindre qu'un seul ne puisse pas me suffire ultrieurement pour sa propre construction finale3 mais il faut considrer que j'ai t forc de mler1 beaucoup d'gards1 l'tude purement dynamique que je devais avoir surtout en vue1 des discussions spontanes relatives la partie statique1 et mme la mthode1 qui auront t alors suffisamment constitues d'avance2 en sorte que1 d'aprs l'ensemble des prparations antrieures1 ce volume unique suffira1 j'espre1 l'apprciation abstraite de l'volution sociale4 ,cet ouvrage est1 ce me semble1 par sa nature1 le plus important de tous ceux qui me restent excuter2 puisque le ,trait actuel ayant finalement abouti l'universelle prpondrance mentale1 la fois logique et scientifique1 du point de vue social1 on ne saurait1 tous gards1 plus directement cooprer l'installation finale de la nouvelle philosophie qu'en laborant l'tat normal de la science correspondante1 quand mme les hautes ncessits pratiques ne commanderaient pas videmment une telle construction spciale4 ,passant maintenant aux deux ouvrages relatifs l'application gnrale du nouveau systme philosophique1 je dois d'abord annoncer1 en troisime lieu1 un ,trait fondamental sur l'ducation positive1 qui1 d'aprs la maturit actuelle de mes ides1 me semble rductible un seul volume4 ,ce grand sujet n'a pu encore tre abord chez les modernes d'une manire convenablement systmatique1 puisque la marche gnrale de l'ducation individuelle ne peut tre1 tous gards1 suffisamment apprcie que d'aprs sa conformit ncessaire avec l'volution collective1 seule immdiatement jugeable1 suivant les explications directes du cinquante-huitime chapitre4 ,mais1 la vraie thorie de cette volution fondamentale tant maintenant tablie1 on peut enfin traiter aussi de l'ducation proprement dite4 ,d'une autre part1 la destination sociale d'un tel travail est ici nettement pose d'avance1 en mme temps que son principe philosophique1 comme devant constituer la premire base universelle de la rgnration politique1 dont l'invitable avnement se trouve dj dmontr et caractris4 ,ce troisime ouvrage drive donc1 de la manire la plus naturelle1 du ,trait actuel4 ,quant sa haute importance1 elle ne saurait tre douteuse1 surtout cause de l'organisation positive de la morale1 qui constituera la principale partie d'une telle laboration1 et qui doit aujourd'hui dterminer avec le plus d'efficacit l'entire limination de la philosophie thologique1 dont la domination suranne entrave encore1 tant d'gards1 malgr sa propre impuissance1 l'essor fondamental de la pense et de la sociabilit modernes4 ,enfin1 le quatrime ouvrage1 galement form d'un seul volume1 consistera en un ,trait systmatique de l'action de l'homme sur la nature1 qui n'a jamais t1 ma connaissance1 rationnellement apprcie dans son ensemble4 ,malgr l'intrt propre de ce vaste sujet1 il n'y saurait tre conu que dans son institution philosophique2 puisque son laboration spciale exigerait videmment1 d'aprs mes principes encyclopdiques1 la construction pralable de la science concrte1 encore essentiellement prmature4 ,en cet tat1 il est ais de concevoir l'intime connexit de cette dernire composition avec le ,trait fondamental3 car son principal objet consistera organiser directement la vraie relation finale qui doit exister1 tous gards1 entre la science et l'art4 ,la fluctuation radicale qui persiste encore ce sujet1 surtout envers les cas les plus importans1 et qui suscite ou maintient tant de vicieux conflits lmentaires o la thorie et la pratique sont galement compromises1 caractrise certainement l'une des plus intimes difficults de la situation moderne4 ,il est donc ais de sentir aussi l'importance spciale d'un ouvrage destin surtout dissiper directement ces obstacles intellectuels l'tablissement durable de l'harmonie la plus dcisive entre les deux lmens ncessaires de l'organisme positif4 ,d'aprs cette indication successive1 le lecteur voit maintenant que1 comme je l'ai annonc ci-dessus1 l'ensemble de mon laboration ultrieure peut indiffremment affecter un ordre quelconque envers ces quatre ouvrages essentiels1 puisque chacun d'eux se rapporte directement la pense fondamentale dont je viens d'achever la constitution originale1 et au plein ascendant de laquelle tous sont rellement indispensables4 ,si j'tais certain de pouvoir l'accomplir entirement1 malgr la brivet de ma vie et les graves embarras d'une position que la prface de ce volume a suffisamment caractrise1 je serais encore dispos conduire cette excution suivant l'exposition prcdente1 comme je l'ai projet il y a vingt ans1 en arrtant dj la conception et la destination de ces divers travaux philosophiques1 tous incidemment promis1 quoique avec une ingale insistance1 dans ce ,trait3 ce serait peut-tre l'ordre le plus efficace1 au moins finalement1 pour le progrs gnral de la raison publique4 ,mais1 une telle scurit tant fort loin d'exister chez moi1 je serai sans doute conduit excuter d'abord1 pendant les quatre ou cinq annes qui vont suivre1 le second de ces ouvrages1 comme tant la fois le plus tendu et le plus dcisif4 ,le quatrime est assurment le moins urgent1 quelle qu'en soit la haute utilit2 et le troisime n'a probablement pas autant besoin que le second d'une excution immdiate laquelle le public actuel est d'ailleurs moins prpar4 ,d'une autre part1 quelque minent avantage logique que dt offrir aujourd'hui l'apparition directe du premier ,trait1 pour attirer aussitt la grande laboration philosophique des esprits qui s'arrtent maintenant au premier degr de l'initiation scientifique1 son ajournement n'offre peut-tre aucun grave inconvnient rel2 puisque les gomtres actuels semblent peu mriter d'ordinaire qu'on s'occupe tant de les lever mthodiquement la dignit philosophique1 que le mouvement universel les forcera bientt de rechercher4 ,telle est l'indication gnrale par laquelle j'ai cru devoir terminer enfin ce grand ouvrage1 qui doit aussi constituer dsormais une simple introduction fondamentale aux divers travaux essentiels du reste de ma carrire spculative1 si je n'y suis pas trop entrav d'aprs l'tat1 la fois subalterne et prcaire1 o1 suivant les douloureuses explications de ma prface1 se trouve encore1 au milieu de ma quarante-cinquime anne1 ma laborieuse existence personnelle1 toujours expose jusqu'ici1 malgr le scrupuleux accomplissement continu de mes divers devoirs spciaux1 tre inopinment bouleverse sous l'aveugle ou malveillante impulsion des prjugs et des passions propres notre dplorable rgime scientifique4 ,,fin ,,du ,,tome ,,sixi,,me ,,et ,,dernier4 ,,table ,g,n,,rale ,,des ,,mati,,res ,,contenues ,,dans ,,les ,,six ,,volumes ,,de ,,ce ,,trait#cf4 ,note #cf3 ,d'aprs les motifs indiqus la fin de la ,prface1 j'ai cru devoir ici noter exactement l'poque et la dure de chacune des parties successives de cette longue composition1 dont les diverses vicissitudes deviendront ainsi plus aisment apprciables4 ,,tome ,,premier1 ,,contenant ,,les ,,pr,,liminaires ,g,n,,raux ,,et ,,la ,,philosophie ,,math,,matique4 7,tout ce premier volume a t crit dans le premier semestre de #ahcj47 ,pages4 ,d,,dicace ,v ,,avertissement ,,de ,l',,auteur ,,vi ,tableau synoptique de l'ensemble du ,cours de philosophie positive #a #are ,leon4 ,exposition du but de ce cours1 ou considrations gnrales sur la nature et la destination de la philosophie positive #a #b;e ,leon4 ,exposition du plan de ce cours1 ou considrations gnrales sur la hirarchie fondamentale des sciences positives #eg #c;e ,leon4 ,considrations philosophiques sur l'ensemble de la science mathmatique #aag #d;e ,leon4 ,vue gnrale de l'analyse mathmatique #afe #e;e ,leon4 ,considrations gnrales sur le calcul des fonctions directes #aig #f;e ,leon4 ,exposition comparative des divers points de vue gnraux sous lesquels on peut envisager le calcul des fonctions indirectes #bbe #g;e ,leon4 ,tableau gnral du calcul des fonctions indirectes #bgc #h;e ,leon4 ,considrations gnrales sur le calcul des variations #cae #i;e ,leon4 ,considrations gnrales sur le calcul aux diffrences finies #ccg #aj;e ,leon4 ,vue gnrale de la gomtrie #cdi #aa;e ,leon4 ,considrations gnrales sur la gomtrie spciale ou prliminaire #cig #ab;e ,leon4 ,conception fondamentale de la gomtrie gnrale ou analytique #dbi #ac;e ,leon4 ,de la gomtrie gnrale deux dimensions #dfi #ad;e ,leon4 ,de la gomtrie gnrale trois dimensions #eaa #ae;e ,leon4 ,considrations philosophiques sur les principes fondamentaux de la mcanique rationnelle #eci #af;e ,leon4 ,vue gnrale de la statique #ehg #ag;e ,leon4 ,vue gnrale de la dynamique #fdg #ah;e ,leon4 ,considrations philosophiques sur les thormes gnraux de mcanique rationnelle #fia ,,tome ,,deuxi,,me1 ,,contenant ,,la ,,philosophie ,,astronomique ,,et ,,la ,,philosophie ,,physique4 7,l'une a t crite dans le mois de septembre #ahcd1 et l'autre dans le premier trimestre de #ahce47 #ai;e ,leon4 ,considrations philosophiques sur l'ensemble de la science astronomique #g #bj;e ,leon4 ,considrations gnrales sur les mthodes d'observation en astronomie #dg #ba;e ,leon4 ,considrations gnrales sur les phnomnes gomtriques lmentaires des corps clestes #ic #bb;e ,leon4 ,considrations gnrales sur le mouvement de la ,terre #aci #bc;e ,leon4 ,considrations gnrales sur les lois de ,kepler1 et sur leur application l'tude gomtrique des mouvemens clestes #agi #bd;e ,leon4 ,considrations fondamentales sur la loi de la gravitation #bai #be;e ,leon4 ,considrations gnrales sur la statique cleste #bfa #bf;e ,leon4 ,considrations gnrales sur la dynamique cleste #cja #bg;e ,leon4 ,considrations gnrales sur l'astronomie sidrale et sur la cosmogonie positive #cea #bh;e ,leon4 ,considrations philosophiques sur l'ensemble de la physique #chi #bi;e ,leon4 ,considrations gnrales sur la barologie #dfe #cj;e ,leon4 ,considrations gnrales sur la thermologie physique #ejg #ca;e ,leon4 ,considrations gnrales sur la thermologie mathmatique #edi #cb;e ,leon4 ,considrations gnrales sur l'acoustique #eie #cc;e ,leon4 ,considrations gnrales sur l'optique #fcg #cd;e ,leon4 ,considrations gnrales sur l'lectrologie #fgg ,,tome ,,troisi,,me1 ,,contenant ,,la ,,philosophie ,,chimique ,,et ,,la ,,philosophie ,,biologique4 7,la philosophie chimique a t crite dans le mois de septembre #ahce47 #ce;e ,leon4 ,considrations philosophiques sur l'ensemble de la chimie #g #cf;e ,leon4 ,considrations gnrales sur la chimie proprement dite ou inorganique #gi #cg;e ,leon4 ,examen philosophique de la doctrine chimique des proportions dfinies #acc #ch;e ,leon4 ,examen philosophique de la thorie lectro-chimique #agi #ci;e ,leon4 ,considrations gnrales sur la chimie dite organique #bbg #dj;e ,leon4 7crite du #a;er au #cj janvier #ahcf47 ,considrations philosophiques sur l'ensemble de la science biologique #bfi #da;e ,leon4 7crite du #a;er au #f aot #ahcf47 ,considrations gnrales sur la philosophie anatomique #dhg #db;e ,leon4 7crite du #i au #ae aot #ahcf47 ,considrations gnrales sur la philosophie biotaxique #ecg #dc;e ,leon4 7crite du #bj novembre au #ae dcembre #ahcg47 ,considrations philosophiques sur l'tude gnrale de la vie vgtative ou organique #fji #dd;e ,leon4 7crite du #ag au #bb dcembre #ahcg47 ,considrations philosophiques sur l'tude gnrale de la vie animale proprement dite #fic #de;e ,leon4 7crite du #bd au #ca dcembre #ahcg47 ,considrations gnrales sur l'tude positive des fonctions intellectuelles et morales1 ou crbrales #gfa ,,tome ,,quatri,,me1 ,,contenant ,,la ,,partie ,,dogmatique ,,de ,,la ,,philosophie ,,sociale4 7,tout ce quatrime volume a t crit1 avec trs-peu d'interruption1 du #a;er mars au #a;er juillet #ahci47 ,,avis ,,de ,l',,diteur ,v ,,avertissement ,,de ,l',,auteur ,,vii #df;e ,leon4 ,considrations politiques prliminaires sur la ncessit et l'opportunit de la physique sociale1 d'aprs l'analyse fondamentale de l'tat politique actuel #a #dg;e ,leon4 ,apprciation sommaire des principales tentatives philosophiques entreprises jusqu'ici pour constituer la science sociale #bbe #dh;e ,leon4 ,caractres fondamentaux de la mthode positive dans l'tude rationnelle des phnomnes sociaux #bhg #di;e ,leon4 ,relations ncessaires de la physique sociale avec les autres branches fondamentales de la philosophie positive #dga #ej;e ,leon4 ,considrations prliminaires sur la statique sociale1 ou thorie gnrale de l'ordre spontan des socits humaines #ecg #ea;e ,leon4 ,lois fondamentales de la dynamique sociale1 ou thorie gnrale du progrs naturel de l'humanit #fbc ,,tome ,,cinqui,,me1 ,,contenant ,,la ,,partie ,,historique ,,de ,,la ,,philosophie ,,sociale1 ,,en ,,tout ,,ce ,,qui ,,concerne ,l',,tat ,,th,,ologique ,,et ,l',,tat ,m,,taphysique4 #eb;e ,leon4 7crite du #ba avril au #b mai #ahdj47 ,rduction pralable de l'ensemble de l'laboration historique4 --,considrations gnrales sur le premier tat thologique de l'humanit3 ge du ftichisme4 bauche spontane du rgime thologique et militaire #a #ec;e ,leon4 7crite du #g au #cj mai #ahdj47 ,apprciation gnrale du principal tat thologique de l'humanit3 ge du polythisme4 ,dveloppement graduel du rgime thologique et militaire #aae #ed;e ,leon4 7crite du #ae juin au #b juillet #ahdj47 ,apprciation gnrale du dernier tat thologique de l'humanit3 ge du monothisme4 ,modification radicale du rgime thologique et militaire #big #ee;e ,leon4 7crite du #aj janvier au #bf fvrier #ahda47 ,apprciation gnrale de l'tat mtaphysique des socits modernes3 poque critique1 ou ge de transition rvolutionnaire4 ,dsorganisation croissante1 d'abord spontane et ensuite systmatique1 de l'ensemble du rgime thologique et militaire #dib ,,tome ,,sixi,,me ,,et ,,dernier1 ,,contenant ,,le ,,compl,,ment ,,de ,,la ,,partie ,,historique ,,de ,,la ,,philosophie ,,sociale1 ,,et ,,les ,,conclusions ,g,n,,rales4 ,,extrait ,,du ,,jugement rendu le #bi dcembre #ahdb ,,par ,,le ,,tribunal ,,de ,,commerce ,,de ,,paris ,,iii ,,avis ,,de ,l',,diteur ,,iv ,,pr,,face ,,personnelle 7crite du #ag au #ai juillet #ahdb47 ,v #ef;e ,leon4 7crite du #bj mai au #ag juin #ahda47 ,apprciation gnrale du dveloppement fondamental des divers lmens propres l'tat positif de l'humanit3 ge de la spcialit1 ou poque provisoire1 caractrise par l'universelle prpondrance de l'esprit de dtail sur l'esprit d'ensemble4 ,convergence progressive des principales volutions spontanes de la socit moderne vers l'organisation finale d'un rgime rationnel et pacifique #a #eg;e ,leon4 7,la partie historique de cette ,leon a t crite du #be juin au #ad juillet #ahda1 et la partie dogmatique du #bc dcembre #ahda au #ae janvier #ahdb47 ,apprciation gnrale de la portion dj accomplie de la rvolution franaise ou europenne4--,dtermination rationnelle de la tendance finale des socits modernes1 d'aprs l'ensemble du pass humain3 tat pleinement positif1 ou ge de la gnralit1 caractris par une nouvelle prpondrance normale de l'esprit d'ensemble sur l'esprit de dtail #cdd #eh;e ,leon4 7crite du #ag mai au #af juin #ahdb47 ,apprciation finale de l'ensemble de la mthode positive #fde #ei;e ,leon4 7crite du #bc au #bh juin #ahdb47 ,apprciation philosophique de l'ensemble des rsultats propres l'laboration prliminaire de la doctrine positive #ghf #fj;e et dernire ,leon4 7crite du #i au #ac juillet #ahdb47 ,apprciation gnrale de l'action finale propre la philosophie positive #hci ,,fin ,,de ,,la ,,table ,g,n,,rale ,,des ,,mati,,res4 99 99 99 99 99 ,corrections4 ,note #a3 inpudemment remplac par impudemment 7qui lui furent ensuite impudemment attribues74 ,page #fc3 au lieu de de plus en pacifique il faut sans doute lire de plus en plus pacifique4 ,page #aab3 irrationelle remplac par irrationnelle 7loin de justifier l'irrationnelle surprise74 ,page #afa3 pure-rement remplac par purement 7en travaux purement prparatoires74 ,page #bif3 public remplac par publique 7ce que d'abord la raison publique jugeait impie74 ,page #cjg3 hapitre remplac par chapitre 7au quarante-cinquime chapitre74 ,page #cjh3 ,mallebranche remplac par ,malebranche 7quand ,malebranche s'en fut exclusivement empar74 ,page #dac3 ,histo-toriquement remplac par ,historiquement 7,historiquement envisage1 cette nouvelle prpondrance74 ,page #dac3 un remplac par une 7une telle rnovation pralable74 ,page #dae3 plong remplac par plonge 7o demeure plonge1 depuis un demi-sicle1 l'lite de l'humanit74 ,page #dcd3 insr l' 7de ceux de l'antiquit74 ,page #dgh3 posivit remplac par positivit 7sa positivit le rendrait plus efficace74 ,page #ecf3 dis-discussion remplac par discussion 7la discussion rationnelle74 ,page #efe3 corrrespondante remplac par correspondante 7l'esprit de la philosophie correspondante74 ,page #eii3 et et remplac par et 7continue d'clairer et de dfendre74 ,page #eii3 un remplac par une 7une certaine similitude74 ,page #fdd3 insr y 7il y a douze ans74 ,page #fde3 le remplac par la 7la plus importante et la plus difficile74 ,page #fdi3 le remplac par la 7a t la plus complte74 ,page #fge3 insr ai 7la constitution que je lui ai impose74 ,page #gja3 rationellement remplac par rationnellement 7susceptibles d'tre rationnellement prvus74 ,page #gcd3 l'volu-lution remplac par l'volution 7l'tat correspondant de l'volution humaine74 ,page #gga3 offert remplac par offerts 7quatre modes essentiels que nous a successivement offerts74 ,page #gia3 tendante remplac par tendant 7ce principe incontestable1 tendant dnaturer74 ,page #hec3 tout remplac par toute 7toute autre systmatisation74