,au lecteur ,cette v]sion lectronique reproduit dans son intgralit la v]sion orig9ale4 ,la p>tie crite en vieux franais e/ suivie p> la traduction en franais mod]ne4 ,l'or?ographe a t cons]ve4 ,seuls quelques mots ont t modifis4 ,la li/e des modifications se tr\ve la f9 du texte4 ,les corrections indiques p> les ,,errata ont t prises en compte4 ,la ponctuation n'a pas t modifie hormis quelques corrections m9eures4 ,les mots en gras dans l'orig9al sont ent\rs p> des 4 ,,essais ,,de ,,montaigne 7,self-dition 997 ,,texte ,,orig9al1 ,,accompagn ,,de ,,la ,,traduction ,,en ,,langage ,,de ,,nos ,,j\rs1 ,,p> le ,gnral ,,mi*aud ,,deuxi,,me ,,volume ,illu/ration ,,p>is ,,librairie ,,firm9-,,didot ,,et ,cie1 ,,diteurs #ef1 ,,rue ,,jacob1 #ef #aijg 99 dition se suffisant elle-mme4 ,,essais ,,de ,,montaigne ,cet ouvrage se compose de quatre volumes1 compr5ant3 #a;er ,,volume4--,av]tissem5t1 table gnrale des *apitres1 texte et traduction du comm5cem5t au *apitre #f inclus du livre ,,ii4 #b;e ,,volume4--,texte et traduction du *apitre #g inclus du livre ,,ii au *apitre #ce inclus de ce mme livre4 #c;e ,,volume4--,texte et traduction du *apitre #cf du livre ,,ii jusqu' la f94 #d;e ,,volume 994--,notice sur ,montaigne1 etc42 sommaire des ,essais1 v>iantes1 notes1 lexique1 etc4 ,,illu/rations3 #a;er vol4--,portrait de l'auteur1 armoiries et signature4 #b;e vol4--,plan du doma9e et p]spective du manoir de ,montaigne4 #c;e vol4--,vue de la t\r de ,montaigne et plan des tages4 #d;e vol4--,fac-simil d'une page du manuscrit de ,bordeaux4 ,voir sur ces illu/rations1 la notice insre cet effet au quatrime volume1 en tte des ,notes4 99 ,ce volume1 indp5dant des autres1 e/ susceptible p> sa contexture d'tre aism5t utilis avec n'importe quelle dition des ,essais anci5ne ou mod]ne1 moy5nant un simple tableau de concordance de pag9ation facile tablir soi-mme4 ,illu/rations3 ,,plan*e ,,ii ,p]spective du manoir de ,montaigne4 ,croquis topographique des environs de ,montaigne4 ,manoir de ,montaigne1 d'aprs un plan figuratif de la juridiction de ,montravel4 ,l,,g5de #a ,premire entre4 #h ,b\lang]ie4 #ae ,abreuvoir4 #b ,petite c\r d'entre4 #i curies4 #af ,p>t]re4 #c ,deuxime entre4 #aj ,volire4 #ag ,t]rasse4 #d ,c\r4 #aa ,cuvi] et *ais4 #ah ,j>d9 potag]4 #e ,t\r de ,montaigne4 #ab ,*ais bois4 #ai ,maison du j>d9i]4 #f ,t\r de tra*re4 #ac ,*5il4 #bj ,mange4 #g ,maison d'habitation4 #ad ,puits4 ,illu/ration3 ,,fay ,,ton ,,faict ,,et ,,te ,,cognoy4 ,,essais ,,de ,,mi*el ,,seignevr ,,de ,,montaigne ,,ci ,i ,,xcv ,,texte ,,et ,,traduction 7,,suite7 ,,livre ,,second4 7,suite74 ,,*apitre ,,vii4 ,des rcomp5ses d'honneur4 ,,cevx qui escriu5t la vie d',augu/e ,cs>1 rem]qu5t cecy en sa discipl9e militaire1 que des dons il e/oit m]ueilleusem5t lib]al enu]s ceux qui le m]itoi5t3 mais que des pures recomp5ses d'honneur il en e/oit bi5 autant esp>gnant4 ,si e/-ce qu'il auoit e/ luy mesme gratifi p> son oncle1 de t\tes les recomp5ses militaires1 auant qu'il eu/ iamais e/ la gu]re4 'a e/ vne belle inu5tion1 et receu en la plus "p des polices du monde1 d'e/ablir c]ta9es m]ques va9es et sans prix1 p\r en honnor] et recomp5s] la v]tu3 comme sont les c\ronnes de lauri]1 de *esne1 de meurte1 la =me de c]ta9 ve/em5t1 le priuilege d'all] en co*e p> ville1 ou de nuit auecques flambeau1 quelque assiette p>ticuli]e aux assembles publiques1 la pr]ogatiue d'aucuns surnoms et titres1 c]ta9es m]ques aux armoiries1 et *oses semblables dequoy l'vsage a e/ diu]sem5t receu selon l'op9ion des nations1 et dure encores4 ,n\s auons p\r no/re "p1 et plusieurs de nos vois9s1 les ordres de *eual]ie1 qui ne sont e/ablis qu' cette f94 ,c'e/ la v]it vne bi5 bonne et pr(itable c\/ume1 de tr\u] moy5 de recognoi/re la valeur des hommes r>es et excell5s1 et de les cont5t] et satisfaire p> des payem5s1 qui ne *>g5t aucunem5t le publiq1 et qui ne c\/5t ri5 au ,pr9ce4 ,et ce qui a e/ t\si\rs conneu p> exp]i5ce anci5ne1 et que n\s auons autrefois aussi peu voir entre n\s1 que les g5s de qualit auoy5t plus de ial\sie de telles recomp5ses1 que de celles o il y auoit du gua9 et du pr(it1 cela n'e/ pas sans raison et gr&e app>5ce4 ,si au prix qui doit e/re simplem5t d'honneur1 on y mesle d'autres commoditez1 et de la ri*esse3 ce meslange au lieu d'augm5t] l'e/imation1 il la rauale et en retran*e4 ,l'ordre ,sa9ct ,mi*el1 qui a e/ si long temps en cr$it p>my n\s1 n'auoit po9t de plus gr&e commodit que celle-la1 de n'auoir communication d'aucune autre commodit4 ,cela faisoit1 qu'autre-fois il n'y auoit ne *>ge ny e/at1 quel qu'il fu/1 auquel la ,noblesse pret5di/ auec tant de desir et d'affection1 qu'elle faisoit l'ordre1 ny qualit qui apporta/ plus de respect et de gr&eur3 la v]tu embrassant et aspirant plus volonti]s vne recomp5se purem5t si5ne1 plu/o/ glorieuse1 qu'vtile4 ,c> la v]it les autres dons n'ont pas leur vsage si digne1 d'autant qu'on les employe t\te sorte d'occasions4 ,p> des ri*esses on satisfaict le s]uice d'vn valet1 la dilig5ce d'vn c\rri]1 le danc]1 le voltig]1 le p>l]1 et les plus viles (fices qu'on reoiue3 voire et le vice s'en paye1 la flat]ie1 le maqu]elage1 la trahison3 ce n'e/ pas m]ueille si la v]tu reoit et desire mo9s volonti]s cette sorte de monnoye commune1 que celle qui luy e/ propre et p>ticuli]e1 t\te noble et g5]euse4 ,augu/e auoit raison d'e/re beauc\p plus mesnag] et esp>gnant de cette-cy1 que de l'autre3 d'autant que l'honneur1 c'e/ vn priuilege qui tire sa pr9cipale ess5ce de la r>et3 et la v]tu mesme4 ,cui malus e/ nemo1 quis bonus esse pote/8 ,on ne rem]que pas p\r la recomm&ation d'vn homme1 qu'il ait so9 de la n\rriture de ses enfans1 d'autant que c'e/ vne action commune1 quelque iu/e qu'elle soit3 non plus qu'vn gr& arbre1 o la =e/ e/ t\te de mesmes4 ,ie ne p5se pas qu'aucun citoy5 de ,sp>te se glorifia/ de sa vaillance3 c> c'e/oit vne v]tu populaire en leur nation3 et aussi peu de la fidelit et mespris des ri*esses4 ,il n'es*oit pas de recomp5se vne v]tu1 p\r gr&e qu'elle soit1 qui e/ passe en c\/ume3 et ne say auec1 si n\s l'appell]ions iamais gr&e1 e/ant commune4 ,puis donc que ces loy]s d'honneur1 n'ont autre prix et e/imation que cette l1 que peu de g5s en i\yss5t1 il n'e/1 p\r les aneantir1 que d'en faire l>gesse4 ,qu& il se tr\u]oit plus d'hommes qu'au temps pass1 qui m]itass5t no/re ordre1 il n'en faloit pas p\rtant corrompre l'e/imation4 ,et peut aysm5t adu5ir que plus le m]it5t3 c> il n'e/ aucune des v]tuz qui s'esp&e si aysem5t que la vaillance militaire4 ,il y en a vne autre vraye1 p]faicte et philosophique1 dequoy ie ne p>le po9t 7et me s]s de ce mot1 selon no/re vsage7 bi5 plus gr&e que cette cy1 et plus ple9e3 qui e/ vne =ce et asseurance de l'ame1 mesprisant galem5t t\te sorte de contraires accid5s2 equable1 vni=me et con/ante1 de laquelle la no/re n'e/ qu'vn bi5 petit rayon4 ,l'vsage1 l'in/itution1 l'exemple et la c\/ume1 peuu5t t\t ce qu'elles veul5t en l'e/ablissem5t de celle1 dequoy ie p>le1 et la r5d5t aysem5t vulgaire1 comme il e/ tres-ays voir p> l'exp]i5ce que n\s en donn5t nos gu]res ciuiles4 ,et qui n\s p\rroit io9dre cette heure1 et a*>n] vne entreprise commune t\t no/re peuple1 n\s f]ions refleurir no/re anci5 nom militaire4 ,il e/ bi5 c]ta91 que la recomp5se de l'ordre ne t\*oit pas au temps pass seulem5t la vaillance1 elle reg>doit plus lo+4 ,ce n'a iamais e/ le payem5t d'vn valeureux soldat1 mais d'vn ,capita9e fameux4 ,la sci5ce d'ober ne m]itoit pas vn loy] si honorable3 on y requ]oit anci5nem5t vne exp]tise bellique plus vniu]selle1 et qui embrassa/ la plus "p et plus gr&es p>ties d'vn homme militaire1 neque enim edem milit>es et imp]atori artes sunt1 qui fu/ encore1 outre cela de condition accommodable vne telle dignit4 ,mais ie dy1 qu& plus de g5s en s]oy5t dignes qu'il ne s'en tr\uoit autresfois1 qu'il ne falloit pas p\rtant s'en r5dre plus lib]al3 et eu/ mieux vallu faillir n'en e/r5] pas t\s ceux1 qui il e/oit deu1 que de p]dre p\r iamais1 comme n\s v5ons de faire1 l'vsage d'vne inu5tion si vtile4 ,aucun homme de cur ne daigne s'auantag] de ce qu'il a de commun auec plusieurs4 ,et ceux d'aui\rd'huy qui ont mo9s m]it cette recomp5se1 font plus de cont5ance de la desdaign]1 p\r se log] p> l1 au r5g de ceux qui on fait tort d'esp&re indignem5t et auilir cette m>que qui leur e/oit p>ticuli]em5t deu4 ,or de s'att5dre en effaant et abolissant cette-cy1 de p\uoir s\da9 remettre en cr$it1 et r5\uell] vne semblable c\/ume1 ce n'e/ pas entrepr9se propre vne saison si lic5tieuse et malade1 qu'e/ celle1 o n\s n\s tr\uons pres5t3 et en adui5dra que la d]ni]e enc\rra ds sa naissance1 les incommoditez qui vi5n5t de ru9] l'autre4 ,les regles de la disp5sation de ce n\uel ordre1 auroy5t beso+ d'e/re extremem5t t5dues et contra9tes1 p\r luy donn] au?orit3 et cette saison tumultuaire n'e/ pas capable d'vne bride c\rte et regle4 ,outre ce qu'auant qu'on luy puisse donn] cr$it1 il e/ beso+ qu'on ayt p]du la memoire du premi]1 et du mespris auquel il e/ *eut4 ,ce lieu p\rroit receuoir quelque disc\rs sur la consid]ation de la vaillance1 et diff]5ce de cette v]tu aux autres3 mais ,plut>que e/ant s\u5t retomb sur ce propos1 ie me mesl]ois p\r neant de rapport] icy ce qu'il en dit4 ,cecy e/ digne d'e/re consid]1 que no/re nation donne la vaillance le premi] degr des v]tus1 comme son nom montre1 qui vi5t de valeur3 et qu' no/re vsage1 qu& n\s disons vn homme qui vaut beauc\p1 ou vn homme de bi51 au /ile de no/re ,c\r1 et de no/re ,noblesse1 ce n'e/ dire autre *ose qu'vn vaillant homme3 d'vne faon p>eille la ,roma9e4 ,c> la g5]ale appellation de v]tu pr5d *ez eux etymologie de la =ce4 ,la =me propre1 et seule1 et ess5cielle1 de noblesse en ,france1 c'e/ la vacation militaire4 ,il e/ vray-semblable que la premi]e v]tu qui se soit faict p>oi/re entre les hommes1 et qui a donn aduantage aux vns sur les autres1 'a e/ cette-cy3 p> laquelle les plus =ts et c\rageux se sont r5dus mai/res des plus foibles1 et ont acquis r5g et reputation p>ticuli]e3 d'o luy e/ demeur cet honneur et dignit de langage3 ou bi5 que ces nations e/ans tres-belliqueuses1 ont donn le prix celle des v]tus1 qui leur e/oit plus famili]e1 et le plus digne tiltre4 ,t\t a9si que no/re passion1 et cette fieureuse solicitude que n\s auons de la *a/et des femmes1 fait aussi qu'vne bonne femme1 vne femme de bi51 et femme d'honneur et de v]tu1 ce ne soit en effect dire autre *ose p\r n\s1 qu'vne femme *a/e3 comme si p\r les oblig] ce deuoir1 n\s mettions non*aloir t\s les autres1 et leur las*ions la bride t\te autre faute1 p\r entr] en composition de leur faire quitt] cette-cy4 ,,*apitre ,,viii4 ,de l'affection des pres aux enfants4 ,a ,madame d',e/issac4 ,,madame1 si l'e/ranget ne me sauue1 et la n\uellet1 qui ont acc\/um de donn] prix aux *oses1 ie ne sors iamais mon honneur de cette sotte entrepr9se3 mais elle e/ si fanta/ique1 et a vn visage si esloign de l'vsage commun1 que cela luy p\rra donn] passage4 ,c'e/ vne humeur melancolique1 et vne humeur p> consequ5t tres-ennemie de ma complexion naturelle1 produite p> le *agr9 de la solitude1 en laquelle il y a quelques annes que ie m'e/oy iett1 qui m'a mis premi]em5t en te/e cette resu]ie de me mesl] d'escrire4 ,et puis me tr\uant enti]em5t desp\rueu et vuide de t\te autre mati]e1 ie me suis pres5t moy-mesmes moy p\r argum5t et p\r subiect4 ,c'e/ le seul liure au monde de son espece1 et d'vn desse9 f>\s*e et extrauaguant4 ,il n'y a ri5 aussi en cette besoigne digne d'e/re rem]qu que cette biz>r]ie3 c> vn subiect si va9 et si vil1 le meilleur ouuri] du monde n'eu/ seu donn] faon qui m]ite qu'on en face conte4 ,or ,madame1 ayant m'y p\rtraire au vif1 i'en eusse oubli vn traict d'importance1 si ie n'y eusse repres5t l'honneur1 que i'ay t\si\rs r5du vos m]ites4 ,et ,i'ay v\lu dire signamm5t la te/e de ce *apitre1 d'autant que p>my vos autres bonnes qualitez1 celle de l'amiti que v\s auez montre vos enfans1 ti5t l'vn des premi]s r5gs4 ,qui saura l'aage auquel ,monsieur d',e/issac vo/re m>i v\s laissa veufue1 les gr&s et honorables p>tis1 qui v\s ont e/ (f]ts1 autant qu' ,dame de ,france de vo/re condition1 la con/ance et f]met dequoy v\s auez s\/5u tant d'annes et au trau]s de tant d'esp9euses difficultez1 la *>ge et conduite de leurs affaires1 qui v\s ont agite p> t\s les co9s de ,france1 et v\s ti5n5t encores assiege1 l'heureux a*em9em5t que v\s y auez donn1 p> vo/re seule prud5ce ou bonne ,=tune3 il dira aism5t auec moy1 que n\s n'auons po9t d'exemple d'affection mat]nelle en no/re temps plus exprez que le vo/re4 ,ie l\ ,dieu1 ,madame1 qu'elle aye e/ si bi5 employe3 c> les bonnes esp]ances que donne de soy ,monsieur d',e/issac vo/re fils1 asseur5t assez que qu& il s]a en aage1 v\s en tir]ez l'obessance et reconnoissance d'vn tres-bon enfant4 ,mais d'autant qu' cause de sa pu]ilit1 il n'a peu rem]qu] les extremes (fices qu'il a receu de v\s en si gr& nombre1 ie veux1 si ces escrits vi5n5t vn i\r luy tomb]1 en ma91 lors que ie n'auray plus ny b\*e ny p>ole qui le puisse dire1 qu'il reoiue de moy ce tesmoignage en t\te v]it3 qui luy s]a encore plus vifuem5t tesmoign p> les bons effects1 dequoy si ,dieu plai/ il se ress5tira1 qu'il n'e/ ,g5tilhomme en ,france1 qui doiue plus sa m]e qu'il fait1 et qu'il ne peut donn] l'adu5ir plus c]ta9e preuue de sa bont1 et de sa v]tu1 qu'en v\s reconnoissant p\r telle4 ,s'il y a quelque loy vrayem5t naturelle1 c'e/ dire quelque in/9ct1 qui se voye vniu]sellem5t et p]petuellem5t empre9ct aux be/es et en n\s1 ce qui n'e/ pas sans contr\]se1 ie puis dire mon aduis1 qu'apres le so9 que *asque animal a de sa cons]uation1 et de fuir ce qui nuit1 l'affection que l'eng5drant porte son engeance1 ti5t le second lieu en ce rang4 ,et p>ce que ,nature semble n\s l'auoir recomm&e1 reg>dant e/5dre et faire all] auant1 les pieces successiues de cette si5ne ma*9e3 ce n'e/ pas m]ueille1 si reculons des enfans aux p]es1 elle n'e/ pas si gr&e4 ,io9t cette autre consid]ation ,ari/otelique3 que celuy qui bi5 faict quelcun1 l'aime mieux1 qu'il n'en e/ aim4 ,et celuy qui il e/ deu1 aime mieux1 que celuy qui doibt3 et t\t ouuri] aime mieux son ouurage1 qu'il n'en s]oit aim1 si l'ouurage auoit du s5tim5t3 d'autant que n\s auons *]1 e/re1 et e/re consi/e en m\uem5t et action4 ,p>quoy *ascun e/ aucunem5t en son ouurage4 ,qui bi5 fait1 ex]ce vne action belle et honne/e3 qui reoit1 l'ex]ce vtile seulem5t4 ,or l'vtile e/ de beauc\p mo9s aimable que l'honne/e4 ,l'honne/e e/ /able et p]man5t1 f\rnissant celuy qui l'a faict1 vne gratification con/ante4 ,l'vtile se p]d et es*appe facilem5t1 et n'en e/ la memoire ny si fres*e ny si d\ce4 ,les *oses n\s sont plus *]es1 qui n\s ont plus c\/4 ,et donn]1 e/ de plus de c\/ que le pr5dre4 ,puis qu'il a pleu ,dieu n\s der de quelque capacit de disc\rs1 aff9 que comme les be/es n\s ne fussions pas s]uilem5t assubiectis aux loix communes1 a9s que n\s n\s y appliquassions p> iugem5t et lib]t volontaire3 n\s deuons bi5 pre/] vn peu la simple au?orit de ,nature3 mais non pas n\s laiss] tyranniquem5t emport] elle3 la seule raison doit auoir la conduite de nos incl9ations4 ,i'ay de ma "p le g\/ e/rangem5t m\sse ces prop5sions1 qui sont produites en n\s sans l'ordonnance et entremise de no/re iugem5t4 ,comme sur ce subiect1 duquel ie p>le1 ie ne puis receuoir cette passion1 dequoy on embrasse les enfans pe9e encore naiz1 n'ayants ny m\uem5t en l'ame1 ny =me recognoissable au corps1 p> o ils se puiss5t r5dre aimables3 et ne les ay pas s\ff]t volonti]s n\rrir pres de moy4 ,vne vraye affection et bi5 regle1 deuroit nai/re1 et s'augm5t] auec la cognoissance qu'ils n\s donn5t d'eux2 et lors1 s'ils le val5t1 la prop5sion naturelle m>*ant quant et quant la raison1 les *]ir d'vne amiti vrayem5t pat]nelle2 et en iug] de mesme s'ils sont autres1 n\s r5dans t\si\rs la raison1 nonob/ant la =ce naturelle4 ,il en va =t s\u5t au reb\rs1 et le plus communem5t n\s n\s s5tons plus esmeuz des trepignem5s1 ieux et niais]ies pu]iles de noz enfans1 que n\s ne faisons apres1 de leurs actions t\tes =mes3 comme si n\s les auions aymez p\r no/re passe-temps1 comme des gu5ons1 non comme des hommes4 ,et tel f\rnit bi5 lib]alem5t de i\ts leur enfance1 qui se tr\ue ress]r la mo9dre desp5ce qu'il leur faut e/ans en aage4 ,voire il semble que la ial\sie que n\s auons de les voir p>oi/re et i\yr du monde1 qu& n\s sommes mesme de le quitt]1 n\s r5de plus esp>gnans et re/ra9s enu]s eux4 ,il n\s fas*e qu'ils n\s m>*5t sur les talons1 comme p\r n\s sollicit] de sortir4 ,et si n\s auions cra9dre cela1 puis que l'ordre des *oses porte qu'ils ne peuu5t1 dire v]it1 e/re1 ny viure1 qu'aux desp5s de no/re e/re et de no/re vie1 n\s ne deuions pas n\s mesl] d'e/re p]es4 ,quant moy1 ie treuue que c'e/ cruaut et iniu/ice de ne les receuoir au p>tage et societ de noz bi5s1 et compagnons en l'intellig5ce de noz affaires dome/iques1 qu& ils en sont capables1 et de ne retran*] et ress]r] noz commoditez p\r p\ruoir aux leurs1 puis que n\s les auons eng5drez cet effect4 ,c'e/ iniu/ice de voir qu'vn p]e vieil1 cass1 et demy-mort1 i\ysse seul vn co+ du foy]1 des bi5s qui suffiroi5t l'auancem5t et entreti5 de plusieurs enfans1 et qu'il les laisse cep5dant p> faute de moy51 p]dre leurs meilleures annes1 sans se p\ss] au s]uice public1 et cognoissance des hommes4 ,on les iecte au desespoir de *]*] p> quelque voye1 p\r iniu/e qu'elle soit1 pr\uoir leur beso+4 ,comme i'ay veu de mon temps1 plusieurs ieunes hommes de bonne maison1 si addonnez au l>c91 que nulle correction les en p\uoit de/\rn]4 ,i'en cognois vn bi5 app>5t1 qui p> la pri]e d'vn si5 fr]e1 tres-honne/e et braue ,g5til-homme1 ie p>lay vne fois p\r cet effect4 ,il me respondit et confessa t\t rondem5t1 qu'il auoit e/ a*em9 cett'ordure1 p> la rigueur et au>ice de son p]e2 mais qu' pres5t il y e/oit si acc\/um1 qu'il ne s'en p\uoit g>d]4 ,et lors il v5oit d'e/re surpris en l>rec9 des bagues d'vne dame1 au leu] de laquelle il s'e/oit tr\u auec beauc\p d'autres4 ,il me fit s\u5ir du compte que i'auois ouy faire d'vn autre ,g5til-homme1 si faict et faonn ce beau me/i]1 du temps de sa ieunesse1 que v5ant apres e/re mai/re de ses bi5s1 delib] d'ab&onn] cette trafique1 il ne se p\uoit g>d] p\rtant s'il passoit pres d'vne b\tique1 o il y eu/ *ose1 dequoy il eu/ beso91 de la desrobb]1 en pe9e de l'enuoy] pay] apres4 ,et en ay veu plusieurs si dressez et duitz cela1 que p>my leurs compagnons mesmes1 ils desrobboi5t ord9airem5t des *oses qu'ils v\loi5t r5dre4 ,ie suis ,gascon1 et si n'e/ vice auquel ie m'ent5de mo9s4 ,ie le hay vn peu plus p> complexion1 que ie ne l'accuse p> disc\rs3 seulem5t p> desir1 ie ne s\/rais ri5 p]sonne4 ,ce qu>ti] en e/ la v]it vn peu plus descri que les autres de la ,franoise nation4 ,si e/-ce que n\s auons veu de no/re temps diu]ses fois1 entre les ma9s de la ,iu/ice1 des hommes de maison1 d'autres contres1 conua9cus de plusieurs horribles vol]ies4 ,ie cra9s que de cette desbau*e il s'en faille aucunem5t pr5dre ce vice des p]es4 ,et si on me respond ce que fit vn i\r vn ,seigneur de bon ent5dem5t1 qu'il faisoit esp>gne des ri*esses1 non p\r en tir] autre fruict et vsage1 que p\r se faire honor] et re*]*] aux si5s2 et que l'aage luy ayant o/ t\tes autres =ces1 c'e/oit le seul rem$e qui luy re/oit p\r se ma9t5ir en au?orit en sa famille1 et p\r euit] qu'il ne v9/ mespris et desda9 t\t le monde 7de vray non la vieillesse seulem5t1 mais t\te imbecillit1 selon ,ari/ote1 e/ promotrice d'au>ice7 cela e/ quelque *ose3 mais c'e/ la m$ec9e vn mal1 duquel on deuoit euit] la naissance4 ,vn p]e e/ bi5 mis]able1 qui ne ti5t l'affection de ses enfans1 que p> le beso9 qu'ils ont de son sec\rs1 si cela se doit nomm] affection3 il faut se r5dre respectable p> sa v]tu1 et p> sa suffisance1 et aymable p> sa bont et d\ceur de ses murs4 ,les c5dres mesmes d'vne ri*e mati]e1 elles ont leur prix3 et les os et reliques des p]sonnes d'honneur1 n\s auons acc\/um de les t5ir en respect et reu]5ce4 ,nulle vieillesse peut e/re si caducque et si rance1 vn p]sonnage qui a pass en honneur son aage1 qu'elle ne soit v5]able2 et notamm5t ses enfans1 desquels il faut auoir regl l'ame leur deuoir p> raison1 non p> necessit et p> le beso91 ny p> rudesse et p> =ce4 ,et errat long1 mea quidem s5t5tia1 ,qui imp]ium cr$at esse grauius aut /abilius1 ,vi quod fit1 qum illud quod amicitia adiungitur4 ,i'accuse t\te viol5ce en l'education d'vne ame t5dre1 qu'on dresse p\r l'honneur1 et la lib]t4 ,il y a ie ne say quoi de s]uile en la rigueur1 et en la contra9cte3 et ti5s que ce qui ne se peut faire p> la raison1 et p> prud5ce1 et addresse1 ne se fait iamais p> la =ce4 ,on m'a a9s9 esleu3 ils dis5t qu'en t\t mon premi] aage1 ie n'ay ta/ des v]ges qu' deux c\ps1 et bi5 mollem5t4 ,i'ay deu la p>eille aux enfans que i'ay eu4 ,ils me meur5t t\s en n\rrisse3 mais ,leonor1 vne seule fille qui e/ es*appe cette in=tune1 a atta9t six ans et plus1 sans qu'on ayt employ sa conduicte1 et p\r le *a/iem5t de ses fautes pu]iles1 l'indulg5ce de sa m]e s'y appliquant aysm5t1 autre *ose que p>olles1 et bi5 d\ces4 ,et qu& mon desir y s]oit fru/r1 il e/ assez d'autres causes ausquelles n\s pr5dre1 sans entr] en repro*e auec ma discipl9e1 que ie say e/re iu/e et naturelle4 ,i'eusse e/ beauc\p plus religieux encores en cela v]s des masles1 mo9s nais s]uir1 et de condition plus libre3 i'eusse aym leur grossir le cur d'+5uit et de fran*ise4 ,ie n'ay veu autre effect aux v]ges1 s9on de r5dre les ames plus las*es1 ou plus malitieusem5t op9ia/res4 ,v\lons n\s e/re aymez de noz enfans8 leur v\lons n\s o/] l'occasion de s\hait] no/re mort8 7combi5 que nulle occasion d'vn si horrible s\hait1 ne peut e/re ny iu/e ny excusable1 nullum scelus rationem habet7 accommodons leur vie raisonnablem5t1 de ce qui e/ en no/re puissance4 ,p\r cela1 il ne n\s faudroit pas m>i] si ieunes que no/re aage vi5ne quasi se confondre auec le leur4 ,c> cet inconu5i5t n\s iette plusieurs gr&es difficultez4 ,ie dy specialem5t la ,noblesse1 qui e/ d'vne condition oysifue1 et qui ne vit1 comme on dit1 que de ses r5tes3 c> ailleurs1 o la vie e/ que/uaire1 la pluralit et compagnie des enfans1 c'e/ vn ag5cem5t de mesnage1 ce sont autant de n\ueaux vtils et in/rum5s s'enri*ir4 ,ie me m>iay tr5te trois ans1 et l\ l'op9ion de tr5te c9q1 qu'on dit e/re d',ari/ote4 ,platon ne veut pas qu'on se m>ie auant les tr5te3 mais il a raison de se mocqu] de ceux qui font les uures de m>iage apres c9quante c9q3 et condamne leur engeance indigne d'alim5t et de vie4 ,?ales y donna les plus vrayes bornes3 qui ieune1 respondit sa m]e le pressant de se m>i]1 qu'il n'e/oit pas temps3 et1 deu5u sur l'aage1 qu'il n'e/oit plus temps4 ,il faut refus] l'opportunit t\te action importune4 ,les anci5s ,gaulois e/imoi5t extreme repro*e d'auoir eu acco9tance de femme1 auant l'aage de v+t ans3 et recomm&oi5t s+uli]em5t aux hommes1 qui se v\loi5t dress] p\r la gu]re1 de cons]u] bi5 auant en l'aage leur pucellage2 d'autant que les c\rages s'amolliss5t et diu]tiss5t p> l'acc\plage des femmes4 ,ma hor congiunto gi\9etta sposa1 ,lieto homai de' figli1 era inuilito ,ne gli affetti di padre et di m>ito4 ,muleasses ,roy de ,?unes1 celuy que l',emp]eur ,*>les c9quiesme remit en ses ,e/ats1 repro*oit la memoire de ,mahomet son p]e1 de sa hantise auec les femmes1 l'appellant brode1 effem91 eng5dreur d'enfants4 ,l'hi/oire ,grecque rem>que de ,iecus ,t>5t91 de ,*ryso1 d',a/ylus1 de ,diopompus1 et d'autres1 que p\r ma9t5ir leurs corps f]mes au s]uice de la c\rse des ieux ,olympiques1 de la ,pal/r9e1 et tels ex]cices1 ils se priu]5t autant que leur dura ce so+1 de t\te sorte d'acte ,v5]i54 ,en c]ta9e contre des ,indes ,espagnolles1 on ne p]mettoit aux hommes de se m>i]1 qu'apres qu>ante ans1 et si le p]mettoit-on aux filles dix ans4 ,vn ,g5tilhomme qui a tr5te c9q ans1 il n'e/ pas temps qu'il face place son fils qui en a v+t3 il e/ luy-mesme au tra9 de p>oi/re et aux voyages des gu]res1 et en la c\r de son ,pr9ce3 il a beso9 de ses pieces2 et en doit c]ta9em5t faire "p1 mais telle "p1 qu'il ne s'oublie pas p\r autruy4 ,et celuy-l peut s]uir iu/em5t cette response que les p]es ont ord9airem5t en la b\*e3 ,ie ne me veux pas desp\ill] deuant que de m'all] c\*]4 ,mais vn p]e att]r d'annes et de maux1 priu p> sa foiblesse et faute de sant1 de la commune societ des hommes1 il se faict tort1 et aux si5s1 de c\u] inutilem5t vn gr& tas de ri*esses4 ,il e/ assez en e/at1 s'il e/ sage1 p\r auoir desir de se desp\ill] p\r se c\*]1 non pas iusques la *emise1 mais iusques vne robbe de nuict bi5 *aude3 le re/e des pompes1 dequoy il n'a plus que faire1 il doit en e/r5] volonti]s ceux1 qui p> ordonnance naturelle cela doit app>t5ir4 ,c'e/ raison qu'il leur en laisse l'vsage1 puis que ,nature l'en priue3 autrem5t sans d\te il y a de la malice et de l'enuie4 ,la plus belle des actions de l',emp]eur ,*>les c9quiesme fut celle-l1 l'imitation d'aucuns anci5s de son qualibre1 d'auoir seu recognoi/re que la raison n\s comm&e assez de n\s desp\ill]1 qu& noz robbes n\s *>g5t et empes*5t1 et de n\s c\*] qu& les iambes n\s faill5t4 ,il resigna ses moy5s1 gr&eur et puissance son fils1 lors qu'il s5tit defaillir en soy la f]met et la =ce p\r conduire les affaires1 auec la gloire qu'il y auoit acquise4 ,solue s5esc5tem matur sanus equum1 ne ,peccet ad extremm rid5dus1 et ilia ducat4 ,cette faute1 de ne se sauoir recognoi/re de bonne heure1 et ne s5tir l'impuissance et extreme alt]ation que l'aage apporte naturellem5t et au corps et l'ame1 qui mon op9ion e/ esgale1 si l'ame n'en a plus de la moiti1 a p]du la reputation de la plus "p des gr&s hommes du monde4 ,i'ay veu de mon temps et cognu famili]em5t1 des p]sonnages de gr&e au?orit1 qu'il e/oit bi5 ais voir1 e/re m]ueilleusem5t des*euz de cette anci5ne suffisance1 que ie cognoissois p> la reputation qu'ils en auoi5t acquise en leurs meilleurs ans4 ,ie les eusse p\r leur honneur volonti]s s\haitez retirez en leur maison leur aise1 et des*>gez des occupations publiques et gu]ri]es1 qui n'e/oi5t plus p\r leurs espaules4 ,i'ay autrefois e/ priu en la maison d'vn ,g5tilhomme veuf et =t vieil1 d'vne vieillesse t\tefois assez v]te4 ,cettuy-cy auoit plusieurs filles m>i]1 et vn fils desia en aage de p>oi/re2 cela *>geoit sa maison de plusieurs desp5ces et visites e/rang]es1 quoy il pr5oit peu de plaisir1 non seulem5t p\r le so9 de l'esp>gne1 mais encore plus1 p\r auoir1 cause de l'aage1 pris vne =me de vie =t esloigne de la no/re4 ,ie luy dy vn i\r vn peu h>dim5t1 comme i'ay acc\/um1 qu'il luy si]oit mieux de n\s faire place1 et de laiss] son fils sa maison pr9cipale1 c> il n'auoit que celle-l de bi5 loge et accommode1 et se retir] en vne si5ne t]re vois9e1 o p]sonne n'apport]oit incommodit son repos1 puis qu'il ne p\uoit autrem5t euit] no/re importunit1 veu la condition de ses enfans4 ,il m'en creut depuis1 et s'en tr\ua bi54 ,ce n'e/ pas dire qu'on leur donne1 p> telle voye d'obligation1 de laquelle on ne se puisse plus desdire3 ie leur lairrois1 moy qui suis mesme de i\] ce rolle1 la i\yssance de ma maison et de mes bi5s1 mais auec lib]t de m'en rep5tir1 s'ils m'en donnoy5t occasion3 ie leur en lairrois l'vsage1 p> ce qu'il ne me s]oit plus commode4 ,et de l'au?orit des affaires en gros1 ie m'en res]u]ois autant qu'il me plairoit4 ,ayant t\si\rs iug que ce doit e/re vn gr& cont5tem5t vn p]e vieil1 de mettre luy-mesme ses enfans en tra9 du g\u]nem5t de ses affaires1 et de p\uoir p5dant sa vie contr]oll] leurs deportem5s3 leur f\rnissant d'in/ruction et d'aduis suyuant l'exp]i5ce qu'il en a1 et d'a*em9] luy mesme l'anci5 honneur et ordre de sa maison en la ma9 de ses successeurs1 et se respondre p> l1 des esp]ances qu'il peut pr5dre de leur conduicte v5ir4 ,et p\r cet effect1 ie ne v\drois pas fuir leur compagnie1 ie v\drois les esclair] de pres1 et i\yr selon la condition de mon aage1 de leur allegresse1 et de leurs fe/es4 ,si ie ne viuoy p>my eux 7comme ie ne p\rroy sans (f5c] leur assemble p> le *agr9 de mon aage1 et l'obligation de mes maladies1 et sans contra9dre aussi et =c] les regles et faons de viure que i'auroy lors7 ie v\droy au mo9s viure pres d'eux en vn qu>ti] de ma maison1 non pas le plus en p>ade1 mais le plus en commodit4 ,non comme ie vy il y a quelques annes1 vn ,doy5 de ,s4 ,hilaire de ,poicti]s1 r5du telle solitude p> l'incommodit de sa melan*olie1 que lors que i'entray en sa *ambre1 il y auoit v+t deux ans1 qu'il n'en e/oit sorty vn seul pas2 et si auoit t\tes ses actions libres et ayses1 sauf vn reume qui luy tomboit sur l'e/omac4 ,a pe9e vne fois la sepma9e1 v\loit-il p]mettre qu'aucun entra/ p\r le voir4 ,il se t5oit t\si\rs enf]m p> le d$ans de sa *ambre seul1 sauf qu'vn valet luy portoit vne fois le i\r mang]1 qui ne faisoit qu'entr] et sortir4 ,son occupation e/oit se prom5]1 et lire quelque liure1 c> il cognoissoit aucunem5t les lettres1 ob/9 au demeurant de m\rir en cette desm>*e1 comme il fit bi5 to/ apres4 ,i'essay]oy p> vne d\ce conu]sation1 de n\rrir en mes enfans vne viue amiti et bi5-vueillance non fe9te en mon endroict4 ,ce qu'on gaigne aism5t enu]s des natures bi5 nes3 c> si ce sont be/es furieuses1 comme no/re siecle en produit mili]s1 il les faut hayr et fuyr p\r telles4 ,ie veux mal cette c\/ume1 d'int]dire aux enfants l'appellation pat]nelle1 et leur en enio9dre vn' e/rang]e1 comme plus reu]5tiale3 ,nature n'aiant volonti]s pas suffisamm5t p\rueu no/re au?orit4 ,n\s appellons ,dieu t\t-puissant1 p]e1 et desdaignons que noz enfants n\s en appell5t4 ,i'ay re=m cett' erreur en ma famille4 ,c'e/ aussi folie et iniu/ice de priu] les enfans qui sont en aage1 de la famili>it des p]es1 et v\loir ma9t5ir en leur endroit vne morgue au/]e et desdaigneuse1 esp]ant p> l1 les t5ir en cra9te et obeissance4 ,c> c'e/ vne f>ce tres-inutile1 qui r5d les p]es ennuieux aux enfans1 et qui pis e/1 ridicules4 ,ils ont la ieunesse et les =ces en la ma91 et p> consequ5t le v5t et la faueur du monde2 et reoiu5t auecques mocqu]ie1 ces m9es fi]es et tyranniques1 d'vn homme qui n'a plus de sang1 ny au cur1 ny aux ve9es3 vrais esp\uantails de *5eui]e4 ,qu& ie p\rroy me faire cra9dre1 i'aim]oy encore mieux me faire aym]4 ,il y a tant de sortes de deffauts en la vieillesse1 tant d'impuissance1 elle e/ si propre au mespris1 que le meilleur acque/ qu'elle puisse faire1 c'e/ l'affection et am\r des si5s3 le comm&em5t et la cra9te1 ce ne sont plus ses armes4 ,i'en ay veu quelqu'vn1 duquel la ieunesse auoit e/ tres-imp]ieuse1 qu& c'e/ v5u sur l'aage1 quoy qu'il le passe sa9em5t ce qu'il se peut1 il frappe1 il mord1 il iure1 le plus tempe/atif mai/re de ,france1 il se ronge de so+ et de vigilance1 t\t cela n'e/ qu'vn ba/elage1 auquel la famille mesme complotte3 du gr5i]1 du celi]1 voire et de sa b\rce1 d'autres ont la meilleure "p de l'vsage1 cep5dant qu'il en a les clefs en sa gibbessi]e1 plus *]em5t que ses yeux4 ,cep5dant qu'il se cont5te de l'esp>gne et *i*et de sa table1 t\t e/ en desbau*e en diu]s r$uits de sa maison1 en ieu1 et en desp5ce1 et en l'entreti5 des comptes de sa va9e *ol]e et pr\uoyance4 ,*acun e/ en s5t9elle contre luy4 ,si p> =tune quelque *etif s]uiteur s'y addonne1 s\da9 il luy e/ mis en s\pon3 qualit laquelle la vieillesse mord si volonti]s de soy-mesme4 ,quantes fois s'e/-il vant moy1 de la bride qu'il donnoit aux si5s1 et exacte obessance et reu]5ce qu'il en receuoit2 combi5 il voyoit clair en ses affaires6 ,ille solus nescit omnia4 ,ie ne sa*e homme qui peu/ apport] plus de p>ties et naturelles et acquises1 propres cons]u] la mai/rise1 qu'il faict1 et si en e/ des*eu comme vn enfant4 ,p>tant l'ay-ie *oisi p>my plusieurs telles conditions que ie cognois1 comme plus exemplaire4 ,ce s]oit mati]e vne "q s*ola/ique1 s'il e/ a9si mieux1 ou autrem5t4 ,en pres5ce1 t\tes *oses luy c$5t4 ,et laisse-on ce va9 c\rs son au?orit1 qu'on ne luy resi/e iamais4 ,on le croit1 on le cra9t1 on le respecte t\t son sa\l4 ,donne-il cong vn valet8 il plie son pacquet1 le voila p>ty3 mais hors de deuant luy seulem5t4 ,les pas de la vieillesse sont si l5ts1 les s5s si tr\bles1 qu'il viura et f]a son (fice en mesme maison1 vn an1 sans e/re app]ceu4 ,et qu& la saison en e/1 on faict v5ir des lettres lo9ta9es1 piteuses1 suppliantes1 ple9es de promesse de mieux faire1 p> o on le remet en grace4 ,monsieur fait-il quelque m>* ou quelque depes*e1 qui desplaise8 on la supprime3 =geant tanto/ apres1 assez de causes1 p\r excus] la faute d'execution ou de response4 ,nulles lettres e/rang]es ne luy e/ants premi]em5t apportes1 il ne void que celles qui sembl5t commodes sa sci5ce4 ,si p> cas d'aduanture il les saisit1 ayant en c\/ume de se repos] sur c]ta9e p]sonne1 de les luy lire1 on y tr\ue sur le *amp ce qu'on veut3 et faict-on t\s c\ps que tel luy dem&e p>don1 qui l'iniurie p> sa lettre4 ,il ne void en f9 affaires1 que p> vne image dispose et desseigne et satisfactoire le plus qu'on peut1 p\r n'esueill] son *agr9 et son c\rr\x4 ,i'ay veu s\z des figures diff]5tes1 assez d'conomies longues1 con/antes1 de t\t p>eil effect4 ,il e/ t\si\rs procliue aux femmes de disconu5ir leurs m>is4 ,elles saisiss5t deux ma9s t\tes c\u]tures de leur contra/]3 la premi]e excuse leur s]t de pl5i]e iu/ification4 ,i'en ay veu1 qui desrobboit gros son m>y1 p\r1 disoit-elle son confesseur1 faire ses aulmosnes plus grasses4 ,fiez v\s cette religieuse disp5sation4 ,nul maniem5t leur semble auoir assez de dignit1 s'il vi5t de la concession du m>y4 ,il faut qu'elles l'vsurp5t ou f9em5t ou fi]em5t1 et t\si\rs iniurieusem5t1 p\r luy donn] de la grace et de l'au?orit4 ,comme en mon propos1 qu& c'e/ contre vn pauure vieill>d1 et p\r des enfants1 lors empoign5t elles ce tiltre1 et en s]u5t leur passion1 auec gloire3 et comme en vn commun s]uage1 monopol5t facilem5t contre sa dom9ation et g\u]nem5t4 ,si ce sont masles1 gr&s et fleurissans1 ils suborn5t aussi incont95t ou p> =ce1 ou p> faueur1 et mai/re d'ho/el et receueur1 et t\t le re/e4 ,ceux qui n'ont ny femme ny fils1 tomb5t en ce malheur plus difficilem5t1 mais plus cruellem5t aussi et indignem5t4 ,le vieil ,caton disoit en son temps1 qu'autant de valets1 autant d'ennemis4 ,voyez si selon la di/ance de la puret de son siecle au no/re1 il ne n\s a pas v\lu adu]tir1 que femme1 fils1 et valet1 autant d'ennemis n\s4 ,bi5 s]t la decrepitude de n\s f\rnir le d\x b5efice d'inapp]ceuance et d'ignorance1 et facilit n\s laiss] tromp]4 ,si n\s y mordions1 que s]oit-ce de n\s2 mesme en ce temps1 o les ,iuges qui ont decid] noz contr\]ses1 sont communm5t p>tisans de l'enfance et int]essez8 ,au cas que cette pipp]ie m'es*appe voir1 aumo9s ne m'es*appe-il pas1 voir que ie suis tres-pippable4 ,et aura-on iamais assez dit1 de quel prix e/ vn amy1 comp>aison de ces liaisons ciuiles8 ,l'image mesme1 que i'en voy aux be/es1 si pure1 auec quelle religion ie la respecte6 ,si les autres me pipp5t1 au mo9s ne me pippe-ie pas moy-mesme m'e/im] capable de m'en g>d]3 ny me rong] la c]uelle p\r m'en r5dre4 ,ie me sauue de telles trahisons en mon propre giron1 non p> vne inquiete et tumultuaire curiosit1 mais p> diu]sion plu/o/1 et resolution4 ,qu& i'oy recit] l'e/at de quelqu'vn1 ie ne m'amuse pas luy3 ie t\rne incont95t les yeux moy1 voir comm5t i'en suis4 ,t\t ce qui le t\*e me reg>de4 ,son accid5t m'adu]tit et m'esueille de ce co/-l4 ,t\s les i\rs et t\tes heures1 n\s disons d'vn autre ce que n\s dirions plus proprem5t de n\s1 si n\s sauions repli] aussi bi5 qu'e/5dre no/re consid]ation4 ,et plusieurs au!urs bless5t en cette mani]e la protection de leur cause1 c\rant en auant tem]airem5t l'encontre de celle qu'ils attaqu5t1 et lanceant leurs ennemis des traits1 propres leur e/re relancez plus auantageusem5t4 ,feu ,m4 le ,m>es*al de ,monluc1 ayant p]du son filz1 qui m\rut en l',isle de ,mad]es1 braue ,g5til-homme la v]it et de gr&e esp]ance1 me faisoit =t valoir entre ses autres regrets1 le desplaisir et creue-cur qu'il s5toit de ne s'e/re iamais communiqu luy3 et sur cette humeur d'vne grauit et grimace pat]nelle1 auoir p]du la commodit de g\/] et bi5 cognoi/re son filz2 et aussi de luy decl>] l'extreme amiti qu'il luy portoit1 et le digne iugem5t qu'il faisoit de sa v]tu4 ,et ce pauure g>on1 disoit-il1 n'a ri5 veu de moy qu'vne cont5ance refroigne et ple9e de mespris1 et a emport cette creance1 que ie n'ay seu ny l'aim] ny l'e/im] selon son m]ite4 ,a qui g>doy-ie desc\urir cette s+uli]e affection que ie luy portoy dans mon ame8 e/oit-ce pas luy qui en deuoit auoir t\t le plaisir et t\te l'obligation8 ,ie me suis contra9t et geh5n p\r ma9t5ir ce va9 masque3 et y ay p]du le plaisir de sa conu]sation1 et sa volont quant et quant1 qu'il ne me peut auoir porte autre que bi5 froide1 n'ayant iamais receu de moy que rudesse1 ny s5ti qu'vne faon tyrannique4 ,ie tr\ue que cette pla9te e/oit bi5 prise et raisonnable4 ,c> comme ie say p> vne trop c]ta9e exp]i5ce1 il n'e/ aucune si d\ce consolation en la p]te de noz amis1 que celle que n\s apporte la sci5ce de n'auoir ri5 oubli leur dire1 et d'auoir eu auec eux vne p>faite et enti]e communication4 ,o mon amy6 ,en vaux-ie mieux d'en auoir le g\/1 ou si i'en vaux mo9s8 i'en vaux c]tes bi5 mieux4 ,son regret me console et m'honnore4 ,e/-ce pas vn pieux et plaisant (fice de ma vie1 d'en faire t\t iamais les obseques8 ,e/-il i\yssance qui vaille cette priuation8 ,ie m'ouure aux mi5s tant que ie puis1 et leur signifie tres-volonti]s l'e/at de ma volont1 et de mon iugem5t enu]s eux1 comme enu]s vn *acun3 ie me ha/e de me produire1 et de me pres5t]3 c> ie ne veux pas qu'on s'y mesconte1 quelque "p que ce soit4 ,entre autres c\/umes p>ticuli]es qu'auoi5t noz anci5s ,gaulois1 ce que dit ,cs>1 cette-cy en e/oit l'vne1 que les enfans ne se pres5toy5t aux p]es1 ny s'osoy5t tr\u] en public en leur compagnie1 que lors qu'ils comm5oy5t port] les armes2 comme s'ils v\loy5t dire que lors il e/oit aussi saison1 que les p]es les receuss5t en leur famili>it et acco9tance4 ,i'ay veu encore vne autre sorte d'indiscretion en aucuns p]es de mon temps1 qui ne se cont5t5t pas d'auoir priu p5dant leur longue vie1 leurs enfans de la "p qu'ils deuoi5t auoir naturellem5t en leurs =tunes1 mais laiss5t encore apres eux1 leurs femmes cette mesme au?orit sur t\s leurs bi5s1 et loy d'en dispos] leur fantasie4 ,et ay cognu tel ,seigneur des premi]s (fici]s de no/re ,c\ronne1 ayant p> esp]ance de droit v5ir1 plus de c9quante mille escus de r5te1 qui e/ mort necessiteux et accabl de debtes1 aag de plus de c9quante ans1 sa m]e en son extreme decrepitude1 i\yssant encore de t\s ses bi5s p> l'ordonnance du p]e1 qui auoit de sa "p vescu pres de quatre v+ts ans4 ,cela ne me semble aucunem5t raisonnable4 ,p\rtant tr\ue-ie peu d'aduancem5t vn homme de qui les affaires se port5t bi51 d'all] *]*] vne femme qui le *>ge d'vn gr& dot2 il n'e/ po9t de debte e/rang]e qui apporte plus de ruyne aux maisons3 mes pr$ecesseurs ont communem5t suyui ce conseil bi5 propos1 et moy aussi4 ,mais ceux qui n\s desconseill5t les femmes ri*es1 de peur qu'elles soy5t mo9s traictables et recognoissantes1 se tromp5t1 de faire p]dre quelque reelle commodit1 p\r vne si friuole coniecture4 ,a vne femme desraisonnable1 il ne c\/e non plus de pass] p> dessus vne raison1 que p> dessus vne autre4 ,elles s'aym5t le mieux o elles ont plus de tort4 ,l'iniu/ice les alle*e3 comme les bonnes1 l'honneur de leurs actions v]tueuses3 et en sont debonnaires d'autant plus1 qu'elles sont plus ri*es3 comme plus volonti]s et glorieusem5t *a/es1 de ce qu'elles sont belles4 ,c'e/ raison de laiss] l'adm9i/ration des affaires aux m]es p5dant que les enfans ne sont pas en l'aage selon les loix p\r en mani] la *>ge3 mais le p]e les a bi5 mal n\rris1 s'il ne peut esp]] qu'en leur maturit1 ils auront plus de sagesse et de suffisance que sa femme1 veu l'ord9aire foiblesse du sexe4 ,bi5 s]oit-il t\tesfois la v]it plus contre ,nature1 de faire desp5dre les m]es de la discretion de leurs enfans4 ,on leur doit donn] l>gem5t1 dequoy ma9t5ir leur e/at selon la condition de leur maison et de leur aage1 d'autant que la necessit et l'indig5ce e/ beauc\p plus mal seante et mal-aise support] elles qu'aux masles3 il faut plu/o/ en *>g] les enfans que la m]e4 ,en g5]al1 la plus sa9e di/ribution de noz bi5s en m\rant1 me semble e/re1 les laiss] di/ribu] l'vsage du pas4 ,les loix y ont mieux p5s que n\s3 et vaut mieux les laiss] faillir en leur eslection1 que de n\s haz>d] de faillir tem]airem5t en la no/re4 ,ils ne sont pas proprem5t no/res1 puis que d'vne prescription ciuile et sans n\s1 ils sont de/9ez c]ta9s successeurs4 ,et encore que n\s ayons quelque lib]t audel1 ie ti5 qu'il faut vne gr&e cause et bi5 app>5te p\r n\s faire o/] vn1 ce que sa ,=tune luy auoit acquis1 et quoy la iu/ice commune l'appelloit3 et que c'e/ abus] contre raison de cette lib]t1 d'en s]uir noz fantasies friuoles et priues4 ,mon sort m'a faict grace1 de ne m'auoir pres5t des occasions qui me peuss5t t5t]1 et diu]tir mon affection de la commune et legitime ordonnance4 ,i'en voy1 enu]s qui c'e/ temps p]du d'employ] vn long so9 de bons (fices4 ,vn mot receu de mauuais biais efface le m]ite de dix ans4 ,heureux1 qui se tr\ue po9t1 p\r leur o9dre la volont sur ce d]ni] passage4 ,la vois9e action l'emporte1 non pas les meilleurs et plus frequ5ts (fices1 mais les plus rec5ts et pres5ts font l'op]ation4 ,ce sont g5ts qui se i\5t de leurs te/am5ts1 comme de pommes ou de v]ges1 gratifi] ou *a/i] *aque action de ceux qui y pret5d5t int]e/4 ,c'e/ *ose de trop longue suitte1 et de trop de poids1 p\r e/re a9si prom5e *asque in/ant3 et en laquelle les sages se plant5t vne fois p\r t\tes1 reg>dans sur t\t la raison et obs]uance publique4 ,n\s pr5ons vn peu trop cur ces sub/itutions mascul9es3 et proposons vne et]nit ridicule noz noms4 ,n\s poisons aussi trop les va9es coniectures de l'adu5ir1 que n\s donn5t les esprits pu]ils4 ,a l'adu5ture eu/ on faict iniu/ice1 de me deplac] de mon rang1 p\r auoir e/ le plus l\rd et plomb1 le plus long et desg\/ en ma leon1 non seulem5t que t\s mes fr]es1 mais que t\s les enfans de ma pr\9ce3 soit leon d'ex]cice d'esprit1 soit leon d'ex]cice de corps4 ,c'e/ follie de faire des triages extraord9aires1 sur la foy de ces diu9ations1 ausquelles n\s sommes si s\u5t trompez4 ,si on peut bless] cette regle1 et corrig] les de/9es aux *ois qu'elles ont faict de noz h]iti]s1 on le peut auec plus d'app>5ce1 en consid]ation de quelque rem>quable et enorme dif=mit corporelle3 vice con/ant inam&able3 et selon n\s1 gr&s e/imateurs de la beaut1 d'important preiudice4 ,le plaisant dialogue du legislateur de ,platon1 auec ses citoy5s1 f]a honneur ce passage4 ,comm5t donc1 dis5t ils s5tans leur f9 pro*a9e1 ne p\rrons n\s po9t dispos] de ce qui e/ n\s1 qui il n\s plaira8 ,o ,dieux1 quelle cruaut6 ,qu'il ne n\s soit loisible1 selon que les no/res n\s auront s]uy en noz maladies1 en no/re vieillesse1 en noz affaires1 de leur donn] plus et mo9s selon noz fantasies6 ,a quoy le legislateur respond en cette mani]e3 ,mes amis1 qui auez sans d\bte bi5 to/ m\rir1 il e/ mal-ais1 et que v\s v\s cognoissiez1 et que v\s cognoissiez ce qui e/ v\s1 suiuant l'inscription ,delphique4 ,moy1 qui fay les loix1 ti51 que ny v\s n'e/es v\s1 ny n'e/ v\s ce que v\s i\yssez4 ,et voz bi5s et v\s1 e/es vo/re famille tant passe que future3 mais encore plus sont au public1 et vo/re famille et voz bi5s4 ,p>quoy de peur que quelque flatteur en vo/re vieillesse ou en vo/re maladie1 ou quelque passion v\s sollicite mal propos1 de faire te/am5t iniu/e1 ie v\s en g>d]ay4 ,mais ayant respect et l'int]e/ vniu]sel de la cit1 et celuy de vo/re maison1 i'e/abliray des loix1 et f]ay s5tir1 comme de raison1 que la commodit p>ticuli]e doit c$] la commune4 ,allez v\s en ioyeusem5t o la necessit huma9e v\s appelle4 ,c'e/ moy1 qui ne reg>de pas l'vne *ose plus que l'autre1 qui autant que ie puis1 me so+ne du g5]al1 d'auoir s\cy de ce que v\s laissez4 ,reu5ant mon propos1 il me semble en t\tes faons1 qu'il nai/ r>em5t des femmes qui la mai/rise soit deu sur des hommes1 sauf la mat]nelle et naturelle3 si ce n'e/ p\r le *a/im5t de ceux1 qui p> quelque humeur fiebureuse1 se sont volontairem5t s\bsmis elles3 mais cela ne t\*e aucunem5t les vieilles1 dequoy n\s p>lons icy4 ,c'e/ l'app>5ce de cette consid]ation1 qui n\s a faict =g] et donn] pi$ si volonti]s1 cette loy1 que nul ne veit onques1 qui priue les femmes de la succession de cette c\ronne3 et n'e/ gu]e ,seigneurie au monde1 o elle ne s'allegue1 comme icy1 p> vne vray-semblance de raison qui l'au?orise3 mais la ,=tune luy a donn plus de cr$it en c]ta9s lieux qu'aux autres4 ,il e/ dang]eux de laiss] leur iugem5t la disp5sation de no/re succession1 selon le *oix qu'elles f]ont des enfans1 qui e/ t\s les c\ps inique et fanta/ique4 ,c> cet appetit desregl et g\/ malade1 qu'elles ont au temps de leurs groisses1 elles l'ont en l'ame1 en t\t temps4 ,communem5t on les void s'addonn] aux plus foibles et malotrus1 ou ceux1 si elles en ont1 qui leur p5d5t encores au col4 ,c> n'ayans po9t assez de =ce de disc\rs1 p\r *oisir et embrass] ce qui le vault1 elles se laiss5t plus volonti]s all]1 o les impressions de ,nature sont plus seules3 comme les animaux qui n'ont cognoissance de leurs petits1 que p5dant qu'ils ti5n5t leurs mammelles4 ,au demeurant il e/ ais voir p> exp]i5ce1 que cette affection naturelle1 qui n\s donnons tant d'au?orit1 a les rac9es bi5 foibles4 ,p\r vn =t leg] pr(it1 n\s arra*ons t\s les i\rs leurs propres enfans d'entre les bras des m]es1 et leur faisons pr5dre les no/res en *>ge3 n\s leur faisons ab&onn] les leurs quelque *etiue n\rrisse1 qui n\s ne v\lons pas commettre les no/res1 ou quelque *eure2 leur deff5dant non seulem5t de les allait]1 quelque dang] qu'ils en puiss5t enc\rir3 mais encore d'en auoir aucun so91 p\r s'employ] du t\t au s]uice des no/res4 ,et voit-on en la plus "p d'entre elles1 s'eng5dr] bi5 to/ p> acc\/umance vn'affection ba/>de1 plus vehem5te que la naturelle1 et plus gr&e sollicitude de la cons]uation des enfans empruntez1 que des leurs propres4 ,et ce que i'ay p>l des *eures1 c'e/ d'autant qu'il e/ ord9aire aut\r de *ez moy1 de voir les femmes de village1 lors qu'elles ne peuu5t n\rrir les enfans de leurs mammelles1 appell] des *eures leurs sec\rs4 ,et i'ay cette heure deux lacquais1 qui ne tett]5t iamais que huict i\rs laict de femmes4 ,ces *eures sont incont95t duites v5ir allaict] ces petits enfans1 recognoiss5t leur voix qu& ils cri5t1 et y acc\r5t3 si on leur en pres5te vn autre que leur n\rrisson1 elles le refus5t1 et l'enfant en fait de mesme d'vne autre *eure4 ,i'en vis vn l'autre i\r1 qui on o/a la si5ne1 p> ce que son p]e ne l'auoit qu'emprunte d'vn si5 vois91 il ne peut iamais s'adonn] l'autre qu'on luy pres5ta1 et m\rut sans d\te1 de faim4 ,les be/es alt]5t et abba/>diss5t aussi aism5t que n\s1 l'affection naturelle4 ,ie croy qu'en ce que recite ,h]odote de c]ta9 de/roit de la ,lybie1 il y a s\u5t du mesconte3 il dit qu'on s'y mesle aux femmes indiff]emm5t3 mais que l'enfant ayant =ce de m>*]1 tr\ue son p]e celuy1 v]s lequel1 en la presse1 la naturelle incl9ation porte ses premi]s pas4 ,or consid]] cette simple occasion d'aym] noz enfans1 p\r les auoir eng5drez1 p\r laquelle n\s les appellons autres n\s mesmes3 il semble qu'il y ait bi5 vne autre production v5ant de n\s1 qui ne soit pas de mo9dre recomm5dation4 ,c> ce que n\s eng5drons p> l'ame1 les enfantem5ts de no/re esprit1 de no/re c\rage et suffisance1 sont produits p> vne plus noble p>tie que la corporelle1 et sont plus no/res4 ,n\s sommes p]e et m]e ensemble en cette g5]ation3 ceux-cy n\s c\/5t bi5 plus *]1 et n\s apport5t plus d'honneur1 s'ils ont quelque *ose de bon4 ,c> la valeur de nos autres enfans1 e/ beauc\p plus leur1 que no/re3 la "p que n\s y auons e/ bi5 leg]e3 mais de ceux-cy1 t\te la beaut1 t\te la grace et prix e/ no/re4 ,p> a9s9 ils n\s repres5t5t et n\s rapport5t bi5 plus viuem5t que les autres4 ,platon adi\/e1 que ce sont icy des enfants immortels1 qui immortalis5t leurs p]es1 voire et les defi5t1 comme ,lycurgus1 ,solon1 ,m9os4 ,or les ,hi/oires e/ants ple9es d'exemples de cette amiti commune des p]es enu]s les enfans1 il ne m'a pas sembl hors de propos d'en tri] aussi quelqu'vn de cette-cy4 ,heliodorus ce bon ,euesque de ,tricea1 ayma mieux p]dre la dignit1 le pr(it1 la deuotion d'vne prelature si v5]able1 que de p]dre sa fille3 fille qui dure encore bi5 g5tille3 mais l'adu5ture p\rtant vn peu trop curieusem5t et mollem5t god]onne p\r fille ecclesia/ique et sac]dotale1 et de trop am\reuse faon4 ,il y eut vn ,labi5us ,rome1 p]sonnage de gr&e valeur et au?orit1 et entre autres qualitez1 excell5t en t\te sorte de lit]ature1 qui e/oit1 ce croy-ie1 fils de ce gr& ,labi5us1 le premi] des capita9es qui fur5t s\bs ,cs> en la gu]re des ,gaules1 et qui depuis s'e/ant iett au p>ty du gr& ,pompeius1 s'y ma9t9t si valeureusem5t iusques ce que ,cs> le deffit en ,espaigne4 ,ce ,labi5us dequoy ie p>le1 eut plusieurs enuieux de sa v]tu1 et comme il e/ vray-semblable1 les c\rtisans et fauoris des ,emp]eurs de son temps1 p\r ennemis de sa fran*ise1 et des humeurs pat]nelles1 qu'il ret5oit encore contre la tyrannie1 desquelles il e/ croiable qu'il auoit te9t ses escrits et ses liures4 ,ses adu]saires p\rsuiuir5t deuant le magi/rat ,rome1 et obt9dr5t de faire condamn] plusieurs si5s ouurages qu'il auoit mis en lumi]e1 e/re brusls4 ,ce fut p> luy que comm5a ce n\uel exemple de pe9e1 qui depuis fut cont9u ,rome plusieurs autres1 de punir de mort les escrits mesmes1 et les e/udes4 ,il n'y auoit po9t assez de moy5 et mati]e de cruaut1 si n\s n'y meslions des *oses que ,nature a exemptes de t\t s5tim5t et de t\te s\ffrance1 comme la reputation et les inu5tions de no/re esprit3 et si n\s n'allions communiqu] les maux corporels aux discipl9es et monum5s des ,muses4 ,or ,labi5us ne peut s\ffrir cette p]te1 ny de suruiure cette si5ne si *]e g5iture2 il se fit port] et enf]m] t\t vif dans le monum5t de ses ance/res1 l o il p\rueut t\t d'vn tra9 se tu] et s'ent]r] ensemble4 ,il e/ malais de montr] aucune autre plus vehem5te affection pat]nelle que celle-l4 ,cassius ,seu]us1 homme tres-eloqu5t et son famili]1 voyant brusl] ses liures1 crioit que p> mesme s5t5ce on le deuoit quant et quant condamn] e/re brusl t\t vif1 c> il portoit et cons]uoit en sa memoire ce qu'ils cont5oi5t4 ,p>eil accid5t adu9t ,greuntius ,cordus accus d'auoir en ses liures l\ ,brutus et ,cassius4 ,ce ,s5at vila91 s]uile1 et corrompu1 et digne d'vn pire mai/re que ,tib]e1 condamna ses escrits au feu4 ,il fut cont5t de faire compagnie leur mort1 et se tua p> ab/95ce de mang]4 ,le bon ,lucanus e/ant iug p> ce coqu9 ,n]on2 sur les d]ni]s traits de sa vie1 comme la plusp>t du sang fut desia esc\l p> les ve9es des bras1 qu'il s'e/oit faictes taill] son m$ec9 p\r m\rir1 et que la froideur eut saisi les extremitez de ses membres1 et comm5a/ s'appro*] des p>ties vitales2 la d]ni]e *ose qu'il eut en sa memoire1 ce fur5t aucuns des v]s de son liure de la gu]re de ,ph>sale1 qu'il recitoit1 et m\rut ayant cette d]ni]e voix en la b\*e4 ,cela qu'e/oit-ce1 qu'vn t5dre et pat]nel cong qu'il pr5oit de ses enfans2 repres5tant les a-dieux et les e/roits embrassem5s que n\s donnons aux no/res en m\rant2 et vn effet de cette naturelle incl9ation1 qui r'appelle en no/re s\u5ance en cette extremit1 les *oses1 que n\s auons eu les plus *]es p5dant no/re vie8 ,p5sons n\s qu',epicurus qui en m\rant t\rm5t1 comme il dit1 des extremes d\leurs de la *olique1 auoit t\te sa consolation en la beaut de la doctr9e qu'il laissoit au monde1 eu/ receu autant de cont5tem5t d'vn nombre d'enfans bi5 nais et bi5 esleuez1 s'il en eu/ eu1 comme il faisoit de la production de ses ri*es escrits8 et que s'il eu/ e/ au *ois de laiss] apres luy vn enfant contrefaict et mal nay1 ou vn liure sot et inepte1 il ne *oisi/ plu/o/1 et non luy seulem5t1 mais t\t homme de p>eille suffisance1 d'enc\rir le premi] mal'heur que l'autre8 ,ce s]oit l'adu5ture impiet en ,sa9ct ,augu/91 p\r exemple1 si d'vn co/ on luy proposoit d'ent]r] ses escrits1 dequoy no/re religion reoit vn si gr& fruict1 ou d'ent]r] ses enfans au cas qu'il en eu/1 s'il n'aymoit mieux ent]r] ses enfans4 ,et ie ne say si ie n'aym]ois pas mieux beauc\p en auoir produict vn p>faictem5t bi5 =m1 de l'acco9tance des ,muses1 que de l'acco9tance de ma femme4 ,a cettuy-cy tel qu'il e/1 ce que ie donne1 ie le donne purem5t et irreuocablem5t1 comme on donne aux enfans corporels4 ,ce peu de bi51 que ie luy ay faict1 il n'e/ plus en ma disposition4 ,il peut sauoir assez de *oses que ie ne say plus1 et t5ir de moy ce que ie n'ay po9t ret5u3 et qu'il faudroit que t\t a9si qu'vn e/rang]1 i'empruntasse de luy1 si beso9 m'en v5oit4 ,si ie suis plus sage que luy1 il e/ plus ri*e que moy4 ,il e/ peu d'hommes addonnez la posie1 qui ne se gratifiass5t plus d'e/re p]es de l',eneide que du plus beau g>on de ,rome3 et qui ne s\ffriss5t plus aism5t l'vne p]te que l'autre4 ,c> selon ,ari/ote1 de t\s ouuri]s le pote e/ nommm5t le plus am\reux de son ouurage4 ,il e/ malais croire1 qu',epam9ondas qui se vantoit de laiss] p\r t\te po/]it des filles qui f]oy5t vn i\r honneur leur p]e 7c'e/oy5t les deux nobles victoires qu'il auoit gaign sur les ,lac$emoni5s7 eu/ volonti]s cons5ty d'es*ang] celles-l1 aux plus gorgiases de t\te la ,grece3 ou qu',alex&re et ,cs> ay5t iamais s\hait d'e/re priuez de la gr&eur de leurs glorieux faicts de gu]re1 p\r la commodit d'auoir des enfans et h]iti]s1 quelques p>faicts et accompliz qu'ils peuss5t e/re4 ,voire ie fay gr& d\bte que ,phidias ou autre excell5t /atuaire1 ayma/ autant la cons]uation et la dure de ses enfans naturels1 comme il f]oit d'vne image excell5te1 qu'auec long trauail et e/ude il auroit p>faite selon l'art4 ,et quant ces passions vitieuses et furieuses1 qui ont es*auff quelque fois les p]es l'am\r de leurs filles1 ou les m]es enu]s leurs fils1 encore s'en tr\ue-il de p>eilles en cette autre sorte de p>5t4 ,tesmo+ ce que lon recite de ,pygmalion1 qu'ayant ba/y vne /atue de femme de beaut s+uli]e1 il deu9t si esp]duem5t espris de l'am\r =c5 de ce si5 ouurage1 qu'il falut1 qu'en faueur de sa rage les ,dieux la luy viuifiass5t3 ,t5tatum mollescit ebur1 positque rigore ,subsidit digitis4 ,,*apitre ,,ix4 ,des armes des ,p>!s4 ,c',,e/ vne faon vitieuse de la noblesse de no/re temps1 et ple9e de mollesse1 de ne pr5dre les armes que sur le po9t d'vne extreme necessit3 et s'en des*>g] aussi to/ qu'il y a tant soit peu d'app>5ce1 que le dang] soit esloign4 ,d'o il surui5t plusieurs desordres3 c> *acun criant et c\rant ses armes1 sur le po9t de la *>ge1 les vns sont lac] encore leur cuirasse1 que leurs compaignons sont desia rompus4 ,nos p]es donnoi5t leur salade1 leur lance1 et leurs gantelets port]1 et n'ab&onnoi5t le re/e de leur equippage1 tant que la c\rue duroit4 ,nos tr\ppes sont cette heure t\tes tr\bles et dif=mes1 p> la confusion du bagage et des valets qui ne peuu5t esloign] leurs mai/res1 cause de leurs armes4 ,tite ,liue p>lant des no/res1 ,intol]antissima laboris corpora vix arma hum]is g]ebant4 ,plusieurs nations vont encore et alloi5t anci5nem5t la gu]re sans se c\urir3 ou se c\uroi5t d'inutiles def5ces4 ,tegm9a queis capitum raptus de sub]e cortex4 ,alex&re le plus haz>deux ,capita9e qui fut iamais1 s'armoit =t r>em5t4 ,et ceux d'entre n\s qui les mespris5t n'empir5t p\r cela de gu]e leur m>*4 ,s'il se voit quelqu'vn tu p> le defaut d'vn h>nois1 il n'en e/ gu]e mo9dre nombre1 que l'empes*em5t des armes a faict p]dre1 engags s\s leur pesanteur1 ou froissez et rompus1 ou p> vn contre-c\p1 ou autrem5t4 ,c> il semble1 la v]it1 voir le poix des no/res et leur espesseur1 que n\s ne *]*ons qu' n\s deff5dre1 et en sommes plus *>gez que c\u]s4 ,n\s auons assez faire en s\/5ir le faix1 entrauez et contra9ts1 comme si n\s n'auions combattre que du *oq de nos armes3 et comme si n\s n'auions p>eille obligation les deff5dre1 qu'elles ont n\s4 ,tacitus pe9t plaisamm5t des g5s de gu]re de nos anci5s ,gaulois1 a9s9 armez p\r se ma9t5ir seulem5t1 n'ayans moy5 ny d'(f5c] ny d'e/re (f5cez1 ny de se releu] abbatus4 ,lucullus voyant c]ta9s hommes d'armes ,m$ois1 qui faisoi5t front en l'arme de ,tigranes1 poisamm5t et malaism5t armez1 comme dans vne prison de f]1 pr9t de l op9ion de les deffaire aism5t1 et p> eux comm5a sa *>ge et sa victoire4 ,et pres5t que nos m\squetaires sont en cr$it1 ie croy qu'on tr\u]a quelque inu5tion de n\s emmur] p\r n\s en g>5tir1 et n\s faire tra9] la gu]re enf]mez dans des ba/ions1 comme ceux que les anci5s faisoi5t port] leurs elephans4 ,cette humeur e/ bi5 esloigne de celle du ieune ,scipion1 lequel accusa aigrem5t ses soldats1 de ce qu'ils auoy5t sem des *ausse-trapes s\bs l'eau l'endroit du foss1 p> o ceux d'vne ville qu'il assiegeoit1 p\uoi5t faire des sorties sur luy3 disant que ceux qui assailloi5t1 deuoi5t p5s] entrepr5dre1 non pas cra9dre4 ,et craignoit auec raison que cette pr\ision endormi/ leur vigilance se g>d]4 ,il dict aussi vn ieune homme1 qui luy faisoit montre de son beau b\cli]3 ,il e/ vrayem5t beau1 mon fils1 mais vn soldat ,roma9 doit auoir plus de fiance en sa ma9 dextre1 qu'en la gau*e4 ,or il n'e/ que la c\/ume1 qui n\s r5de insupportable la *>ge de nos armes4 ,l'husb]go 9 dosso haueano1 et l'elmo 9 te/a1 ,duo di quelli gu]ri] d'i quali io canto4 ,ne notte o di doppo *'entr>o 9 que/a ,/anza1 gl' hauean mai mesi da canto1 ,*e facile port> comme la ve/a ,era lor1 p]* 9 vso l'hauean tanto4 ,l',emp]eur ,c>acalla alloit p> pas pi$ arm de t\tes pieces1 conduisant son arme4 ,les pietons ,roma9s portoi5t non seulem5t le morion1 l'espe1 et l'escu3 c> quant aux armes1 dit ,cic]o1 ils e/oi5t si acc\/umez les auoir sur le dos1 qu'elles ne les empes*oi5t non plus que leurs membres3 arma enim1 membra militis esse dicunt3 mais quant et quant encore1 ce qu'il leur falloit de viures1 p\r qu9ze i\rs1 et c]ta9e quantit de paux p\r faire leurs remp>s1 iusques soixante liures de poix4 ,et les soldats de ,m>ius a9si *>gez1 m>*ant en bataille1 e/oi5t duits faire c9q lieus en c9q heures1 et six s'il y auoit ha/e4 ,leur discipl9e militaire e/oit beauc\p plus rude que la no/re3 aussi produisoit elle de bi5 autres effects4 ,le ieune ,scipion re=mant son arme en ,espaigne1 ordonna ses soldats de ne mang] que deb\t1 et ri5 de cuit4 ,ce traict e/ m]ueilleux ce propos1 qu'il fut repro* vn soldat ,lac$emoni51 qu'e/ant l'exp$ition d'vne gu]re1 on l'auoit veu s\bs le c\u]t d'vne maison3 ils e/oi5t si durcis la pe9e1 que c'e/oit honte d'e/re veu s\bs vn autre toict que celuy du ciel1 quelque temps qu'il fi/4 ,n\s ne m5]ions gu]e lo+ nos g5s ce prix l4 ,au demeurant ,m>cell9us1 homme n\rry aux gu]res ,roma9es1 rem]que curieusem5t la faon que les ,p>!s auoy5t de s'arm]1 et la rem]que d'autant qu'elle e/oit esloigne de la ,roma9e4 ,ils auoy5t1 dit-il1 des armes tissus en mani]e de petites plumes1 qui n'empes*oi5t pas le m\uem5t de leur corps3 et si e/oi5t si =tes que nos d>ds reiallissoi5t v5ans les hurt]3 ce sont les escailles1 dequoy nos ance/res auoi5t =t acc\/um de se s]uir4 ,et en vn autre lieu3 ,ils auoi5t1 dit-il1 leurs *euaux =s et roides1 c\u]ts de gros cuir1 et eux e/oi5t armez de cap pi$1 de grosses lames de f]1 r5ges de tel artifice1 qu' l'endroit des io9tures des membres elles pre/oi5t au m\uem5t4 ,on eu/ dict que c'e/oi5t des hommes de f]3 c> ils auoi5t des acc\/rem5s de te/e si proprem5t assis1 et repres5tans au naturel la =me et p>ties du visage1 qu'il n'y auoit moy5 de les ass5] que p> des petits tr\s ronds1 qui respondoi5t leurs yeux1 leur donnant vn peu de lumi]e1 et p> des f5tes1 qui e/oi5t l'endroict des naseaux1 p> o ils pr5oy5t assez malaism5t hale9e1 ,flexilis inductis animatur lam9a membris1 ,horribilis visu2 cr$as simulacra m\]i ,f]rea1 cognatque viros spir>e metallo4 ,p> ve/itus equis3 f]rata fronte m9antur1 ,f]ratsque m\5t1 securi vuln]is1 armos4 ,voila vne description1 qui retire bi5 =t l'equippage d'vn homme d'armes ,franois1 t\t ses b>des4 ,plut>que dit que ,demetrius fit faire p\r luy1 et p\r ,alc9us1 le premi] homme de gu]re qui fu/ pres de luy1 *acun vn h>nois complet du poids de six v+ts liures1 l o les communs h>nois n'en pesoi5t que soixante4 ,,*apitre ,x4 ,des ,liures4 ,,ie ne fay po9t de d\te1 qu'il ne m'adui5ne s\u5t de p>l] de *oses1 qui sont mieux traictes *ez les mai/res du me/i]1 et plus v]itablem5t4 ,c'e/ icy purem5t l'essay de mes facultez naturelles1 et nullem5t des acquises4 ,et qui me surpr5dra d'ignorance1 il ne f]a ri5 contre moy3 c> pe9e respondroy-ie autruy de mes disc\rs1 qui ne m'en responds po9t moy1 ny n'en suis satisfaict4 ,qui s]a en *]*e de sci5ce1 si la pes*e o elle se loge3 il n'e/ ri5 dequoy ie face mo9s de pr(ession4 ,ce sont icy mes fantasies1 p> lesquelles ie ne tas*e po9t donn] connoi/re les *oses1 mais moy3 elles me s]ont l'adu5ture connues vn i\r1 ou l'ont autresfois e/1 selon que la ,=tune m'a peu port] sur les lieux1 o elles e/oi5t esclaircies4 ,mais il ne m'en s\ui5t plus4 ,et si ie suis homme de quelque leon1 ie suis homme de nulle ret5tion4 ,a9si ie ne pleuuy aucune c]titude1 si ce n'e/ de faire connoi/re iusques quel po9ct monte p\r cette heure1 la connoissance que i'en ay4 ,qu'on ne s'att5de pas aux mati]es1 mais la faon que i'y donne4 ,qu'on voye en ce que i'emprunte1 si i'ay seu *oisir dequoy rehauss] ou sec\rir proprem5t l'inu5tion1 qui vi5t t\si\rs de moy4 ,c> ie fay dire aux autres1 non ma te/e1 mais ma suite1 ce que ie ne puis si bi5 dire1 p> foiblesse de mon langage1 ou p> foiblesse de mon s5s4 ,ie ne compte pas mes emprunts1 ie les poise4 ,et si ie les eusse v\lu faire valoir p> nombre1 ie m'en fusse *>g deux fois autant4 ,ils sont t\ts1 ou =t peu s'en faut1 de noms si fameux et anci5s1 qu'ils me sembl5t se nomm] assez sans moy4 ,ez raisons1 comp>aisons1 argum5s1 si i'en transplante quelcun en mon solage1 et confons aux mi5s1 esci5t i'en ca*e l'au!ur1 p\r t5ir en bride la tem]it de ces s5t5ces ha/iues1 qui se iett5t sur t\te sorte d'escrits3 notamm5t ieunes escrits1 d'hommes encore viuants3 et en vulgaire1 qui reoit t\t le monde en p>l]1 et qui semble conua9cre la conception et le desse9 vulgaire de mesmes4 ,ie veux qu'ils donn5t vne naz>de ,plut>que sur mon nez1 et qu'ils s'es*aud5t iniuri] ,s5eque en moy4 ,il faut muss] ma foiblesse s\z ces gr&s cr$its4 ,i'aim]ay quelqu'vn qui me sa*e deplum]3 ie dy p> clairt de iugem5t1 et p> la seule di/9ction de la =ce et beaut des propos4 ,c> moy1 qui1 faute de memoire1 demeure c\rt t\s les c\ps1 les tri]1 p> recognoissance de nation1 say tresbi5 connoi/re1 mesur] ma porte1 que mon t]roir n'e/ aucunem5t capable d'aucunes fleurs trop ri*es1 que i'y tr\ue semes1 et que t\s les fruicts de mon creu ne les sauroi5t pay]4 ,de cecy suis-ie t5u de respondre1 si ie m'empes*e moy-mesme1 s'il y a de la vanit et vice en mes disc\rs1 que ie ne s5te po9t1 ou que ie ne soye capable de s5tir en me le repres5tant4 ,c> il es*appe s\u5t des fautes nos yeux3 mais la maladie du iugem5t consi/e ne les p\uoir app]ceuoir1 lors qu'vn autre n\s les desc\ure4 ,la sci5ce et la v]it peuu5t log] *ez n\s sans iugem5t1 et le iugem5t y peut aussi e/re sans elles3 voire la reconnoissance de l'ignorance e/ l'vn des plus beaux et plus seurs tesmoignages de iugem5t que ie tr\ue4 ,ie n'ay po9t d'autre s]g5t de b&e1 r5g] mes pieces1 que la ,=tune4 ,a mesme que mes resu]ies se pres5t5t1 ie les entasse3 tanto/ elles se press5t en f\le1 tanto/ elles se tra95t la file4 ,ie veux qu'on voye mon pas naturel et ord9aire a9si detraqu qu'il e/4 ,ie me laisse all] comme ie me tr\ue4 ,aussi ne sont ce po9t icy mati]es1 qu'il ne soit pas p]mis d'ignor]1 et d'en p>l] casuellem5t et tem]airem5t4 ,ie s\hait]ois auoir plus p>faicte intellig5ce des *oses1 mais ie ne la veux pas a*ept] si *] qu'elle c\/e4 ,mon desse9 e/ de pass] d\cem5t1 et non laborieusem5t ce qui me re/e de vie4 ,il n'e/ ri5 p\rquoy ie me vueille rompre la te/e3 non pas p\r la sci5ce1 de quelque gr& prix qu'elle soit4 ,ie ne *]*e aux liures qu' m'y donn] du plaisir p> vn honne/e amusem5t3 ou si i'e/udie1 ie n'y *]*e que la sci5ce1 qui traicte de la connoissance de moy-mesmes1 et qui m'in/ruise bi5 m\rir et bi5 viure4 ,has meus ad metas sudet oportet equus4 ,les difficultez1 si i'en r5contre en lisant1 ie n'en ronge pas mes ongles3 ie les laisse l1 apres leur auoir faict vne *>ge ou deux4 ,si ie m'y plantois1 ie m'y p]drois1 et le temps3 c> i'ay vn esprit primsauti]4 ,ce que ie ne voy de la premi]e *>ge1 ie le voy mo9s en m'y ob/9ant4 ,ie ne fay ri5 sans gayet3 et la cont9uation et cont5tion trop f]me esbl\t mon iugem5t1 l'attri/e1 et le lasse4 ,ma veu s'y confond1 et s'y dissipe4 ,il faut que ie la retire1 et que ie l'y remette sec\sses4 ,t\t a9si que p\r iug] du lu/re de l'esc>latte1 on n\s ordonne de pass] les yeux p>dessus1 en la p>c\rant diu]ses veus1 s\da9es repr9ses et reit]es4 ,si ce liure me fas*e1 i'en pr5s vn autre1 et ne m'y addonne qu'aux heures1 o l'ennuy de ri5 faire comm5ce me saisir4 ,ie ne me pr5s gu]es aux n\ueaux1 p\r ce que les anci5s me sembl5t plus ple9s et plus roides3 ny aux ,grecs1 p> ce que mon iugem5t ne sait pas faire ses besoignes d'vne pu]ile et apprantisse intellig5ce4 ,entre les liures simplem5t plaisans1 ie tr\ue des mod]nes1 le ,decam]on de ,boccace1 ,rabelays1 et les bais]s de ,iean second1 s'il les faut log] s\s ce tiltre1 dignes qu'on s'y amuse4 ,quant aux ,amadis1 et telles sortes d'escrits1 ils n'ont pas eu le cr$it d'arre/] seulem5t mon enfance4 ,ie diray encore cecy1 ou h>dim5t1 ou tem]airem5t1 que cette vieille ame poisante1 ne se laisse plus *at\ill]1 non seulem5t l',ario/e1 mais encores au bon ,ouide3 sa facilit1 et ses inu5tions1 qui m'ont rauy autresfois1 pe9e m'entreti5n5t elles cette heure4 ,ie dy librem5t mon aduis de t\tes *oses1 voire et de celles qui surpass5t l'adu5ture ma suffisance1 et que ie ne ti5s aucunem5t e/re de ma iurisdiction4 ,ce que i'en op9e1 c'e/ aussi p\r decl>] la mesure de ma veu1 non la mesure des *oses4 ,qu& ie me tr\ue dg\/ de l',axio*e de ,platon1 comme d'vn ouurage sans =ce1 eu esg>d vn tel au!ur1 mon iugem5t ne s'en croit pas4 ,il n'e/ pas si outrecuid de s'oppos] l'au?orit de tant d'autres fameux iugem5s anci5s3 qu'il ti5t ses reg5s et ses mai/res3 et auecq lesquels il e/ plu/o/ cont5t de faillir4 ,il s'en pr5d soy1 et se condamne1 ou de s'arre/] l'escorce1 ne p\uant p5etr] iusques au fonds3 ou de reg>d] la *ose p> quelque faux lu/re4 ,il se cont5te de se g>5tir seulem5t du tr\ble et du desreglem5t3 quant sa foiblesse1 il la reconnoi/1 et aduoe volonti]s4 ,il p5se donn] iu/e int]pretation aux app>5ces1 que sa conception luy pres5te3 mais elles sont imbecilles et imp>faictes4 ,la plus "p des fables d',esope ont plusieurs s5s et intellig5ces3 ceux qui les my?ologis5t1 en *oisiss5t quelque visage1 qui quadre bi5 la fable3 mais p\r la plusp>t1 ce n'e/ que le premi] visage et sup]ficiel3 il y en a d'autres plus vifs1 plus ess5tiels et int]nes1 ausquels ils n'ont seu p5etr]3 voyla comme i'en fay4 ,mais p\r suyure ma r\te3 il m'a t\si\rs sembl1 qu'en la posie1 ,virgile1 ,lucrece1 ,catulle1 et ,horace1 ti5n5t de bi5 lo+ le premi] rang3 et signamm5t ,virgile en ses ,georgiques1 que i'e/ime le plus accomply ouurage de la posie3 comp>aison duquel on peut reconnoi/re aysm5t qu'il y a des endroicts de l'neide1 ausquels l'au!ur eu/ donn encore quelque t\r de pigne s'il en eu/ eu loisir4 ,et le c9quiesme liure en l'neide me semble le plus p>faict4 ,i'ayme aussi ,luca91 et le practique volonti]s1 non tant p\r son /ile1 que p\r sa valeur propre1 et v]it de ses op9ions et iugem5s4 ,quant au bon ,t]5ce1 la mign>dise1 et les graces du langage ,lat91 ie le tr\ue admirable repres5t] au vif les m\uem5s de l'ame1 et la condition de nos murs3 t\te heure nos actions me reiett5t luy4 ,ie ne le puis lire si s\u5t que ie n'y tr\ue quelque beaut et grace n\uelle4 ,ceux des temps vois9s ,virgile se plaignoi5t1 dequoy aucuns luy comp>oi5t ,lucrece4 ,ie suis d'op9ion1 que c'e/ la v]it vne comp>aison inegale3 mais i'ay bi5 faire me r'asseur] en cette creance1 qu& ie me treuue atta* quelque beau lieu de ceux de ,lucrece4 ,s'ils se piquoi5t de cette comp>aison1 que diroi5t ils de la be/ise et /upidit b>b>esque1 de ceux qui luy comp>5t cette heure ,ario/e3 et qu'en diroit ,ario/e luy-mesme8 ,o seclum insipi5s et infacetum6 ,i'e/ime que les anci5s auoi5t encore plus se pla9dre de ceux qui app>ioi5t ,plaute ,t]5ce 7ce/uy-cy s5t bi5 mieux son ,g5til-homme7 que ,lucrece ,virgile4 ,p\r l'e/imation et pref]5ce de ,t]5ce1 fait beauc\p1 que le p]e de l'eloqu5ce ,roma9e l'a si s\u5t en la b\*e1 seul de son r5g3 et la s5t5ce1 que le premi] iuge des potes ,roma9s donne de son compagnon4 ,il m'e/ s\u5t tomb en fantasie1 comme en no/re temps1 ceux qui se mesl5t de faire des com$ies1 a9si que les ,itali5s1 qui y sont assez heureux1 employ5t trois ou quatre argum5s de celles de ,t]5ce1 ou de ,plaute1 p\r en faire vne des leurs4 ,ils entass5t en vne seule com$ie1 c9q ou six contes de ,boccace4 ,ce qui les fait a9si se *>g] de mati]e1 c'e/ la deffiance qu'ils ont de se p\uoir s\/5ir de leurs propres graces4 ,il faut qu'ils tr\u5t vn corps o s'appuy]3 et n'ayans pas du leur assez dequoy n\s arre/]1 ils veul5t que le conte n\s amuse4 ,il en va de mon au!ur t\t au contraire3 les p]fections et beautez de sa faon de dire1 n\s font p]dre l'appetit de son subiect4 ,sa g5tillesse et sa mign>dise n\s reti5n5t p> t\t4 ,il e/ p> t\t si plaisant1 ,liquidus1 purque simillimus amni1 et n\s remplit tant l'ame de ses graces1 que n\s en oublions celles de sa fable4 ,cette mesme consid]ation me tire plus auant4 ,ie voy que les bons et anci5s potes ont euit l'affectation et la re*]*e1 non seulem5t des fanta/iques eleuations ,espagnoles et ,petr>*i/es1 mais des po9tes mesmes plus d\ces et plus ret5ues1 qui sont l'ornem5t de t\s les ouurages potiques des siecles suyuans4 ,si n'y a il bon iuge qui les tr\ue dire en ces anci5s1 et qui n'admire plus sans comp>aison1 l'egale polissure et cette p]petuelle d\ceur et beaut fleurissante des epigrammes de ,catulle1 que t\s les esguillons1 dequoy ,m>tial esguise la queu des si5s4 ,c'e/ cette mesme raison que ie disoy tanto/1 comme ,m>tial de soy1 m9us illi +5io labor&um fuit1 9 cuius locum mat]ia success]at4 ,ces premi]s l1 sans s'esm\uoir et sans se picqu] se font assez s5tir3 ils ont dequoy rire p> t\t1 il ne faut pas qu'ils se *at\ill5t3 ceux-cy ont beso+ de sec\rs e/rang]3 mesure qu'ils ont mo9s d'esprit1 il leur faut plus de corps3 ils mont5t *eual p> ce qu'ils ne sont assez =ts sur leurs iambes4 ,t\t a9si qu'en nos bals1 ces hommes de vile condition1 qui en ti5n5t escole1 p\r ne p\uoir repres5t] le port et la dec5ce de no/re noblesse1 *]*5t se recomm&] p> des sauts p]illeux1 et autres m\uem5s e/ranges et ba/el]esques4 ,et les dames ont meilleur m>* de leur cont5ance1 aux danses o il y a diu]ses desc\peures et agitation de corps1 qu'en c]ta9es autres danses de p>ade1 o elles n'ont simplem5t qu' m>*] vn pas naturel1 et repres5t] vn port naf et leur grace ord9aire4 ,et comme i'ay veu aussi les bad9s excell5s1 ve/us en leur t\s les i\rs1 et en vne cont5ance commune1 n\s donn] t\t le plaisir qui se peut tir] de leur art3 les appr5tifs1 qui ne sont de si haute leon1 auoir beso9 de s'enf>9] le visage1 se traue/ir1 se contrefaire en m\uem5s de grimaces sauuages1 p\r n\s appre/] rire4 ,cette mi5ne conception se reconnoi/ mieux qu'en t\t autre lieu1 en la comp>aison de l'neide et du ,furieux4 ,celuy-l on le voit all] tire d'aisle1 d'vn vol haut et f]me1 suyuant t\si\rs sa po9cte3 ce/uy-cy volet] et sautel] de conte en conte1 comme de bran*e en bran*e1 ne se fiant ses aisles1 que p\r vne bi5 c\rte trau]se3 et pr5dre pi$ *asque b\t de *amp1 de peur que l'hale9e et la =ce luy faille1 ,excurssque breues t5tat4 ,voyla donc quant cette sorte de subiects1 les au!urs qui me plais5t le plus4 ,quant mon autre leon1 qui mesle vn peu plus de fruit au plaisir1 p> o i'appr5s r5g] mes op9ions et conditions1 les liures qui m'y s]u5t1 c'e/ ,plut>que1 dpuis qu'il e/ ,franois1 et ,s5eque4 ,ils ont t\s deux cette notable commodit p\r mon humeur1 que la sci5ce que i'y *]*e1 y e/ traicte pieces dc\sues1 qui ne dem&5t pas l'obligation d'vn long trauail1 dequoy ie suis incapable4 ,a9si sont les ,opuscules de ,plut>que et les ,epi/res de ,s5eque1 qui sont la plus belle p>tie de leurs escrits1 et la plus pr(itable4 ,il ne faut pas gr&e entrepr9se p\r m'y mettre1 et les quitte o il me plai/4 ,c> elles n'ont po9t de suite et dep5dance des vnes aux autres4 ,ces au!urs se r5contr5t en la plus "p des op9ions vtiles et vrayes3 comme aussi leur =tune les fit nai/re enuiron mesme siecle3 t\s deux precepteurs de deux ,emp]eurs ,roma9s3 t\s deux v5us de pays e/rang]3 t\s deux ri*es et puissans4 ,leur in/ruction e/ de la cresme de la philosophie1 et pres5te d'vne simple faon et p]t95te4 ,plut>que e/ plus vni=me et con/ant3 ,s5eque plus ondoyant et diu]s4 ,cettuy-cy se pe9e1 se roidit et se t5d p\r arm] la v]tu contre la foiblesse1 la cra9te1 et les vitieux appetis3 l'autre semble n'e/im] pas tant leur ef=t1 et desdaign] d'en ha/] son pas et se mettre sur sa g>de4 ,plut>que a les op9ions ,platoniques1 d\ces et accommodables la societ ciuile3 l'autre les a ,/oques et ,epicuri5nes1 plus esloignes de l'vsage commun1 mais selon moy plus commodes en p>ticuli]1 et plus f]mes4 ,il p>oi/ en ,s5eque qu'il pre/e vn peu la tyrannie des ,emp]eurs de son temps3 c> ie ti5s p\r c]ta91 que c'e/ d'vn iugem5t =c1 qu'il condamne la cause de ces g5]eux meurtri]s de ,cs>3 ,plut>que e/ libre p> t\t4 ,s5eque e/ ple9 de po9tes et saillies1 ,plut>que de *oses4 ,celuy l v\s es*auffe plus1 et v\s esmeut1 ce/uy-cy v\s cont5te d'auantage1 et v\s paye mieux3 il n\s guide1 l'autre n\s p\sse4 ,quant ,cic]o1 les ouurages1 qui me peuu5t s]uir *ez luy mon desse+1 ce sont ceux qui traitt5t de la philosophie1 specialem5t morale4 ,mais confess] h>dim5t la v]it 7c> puis qu'on a fran*i les b>ri]es de l'impud5ce1 il n'y a plus de bride7 sa faon d'escrire me semble ennuyeuse3 et t\te autre p>eille faon4 ,c> ses prefaces1 def9itions1 p>titions1 etymologies1 consum5t la plus "p de son ouurage4 ,ce qu'il y a de vif et de moelle1 e/ e/\ff p> ces longu]ies d'apprets4 ,si i'ay employ vne heure le lire1 qui e/ beauc\p p\r moy1 et que ie r'am5toiue ce que i'en ay tir de suc et de sub/ance1 la plus "p du temps ie n'y treuue que du v5t3 c> il n'e/ pas encor v5u aux argum5s1 qui s]u5t son propos1 et aux raisons qui t\*5t proprem5t le neud que ie *]*e4 ,p\r moy1 qui ne dem&e qu' deu5ir plus sage1 non plus sauant ou eloqu5t1 ces ordonnances logici5nes et ,ari/oteliques ne sont pas propos4 ,ie veux qu'on comm5ce p> le d]ni] po9ct3 i'ent5s assez que c'e/ que mort1 et volupt1 qu'on ne s'amuse pas les anatomiz]4 ,ie *]*e des raisons bonnes et f]mes1 d'arriue1 qui m'in/ruis5t en s\/5ir l'ef=t4 ,ny les subtilitez grammairi5nes1 ny l'+5ieuse contexture de p>olles et d'argum5tations1 n'y s]u5t4 ,ie veux des disc\rs qui donn5t la premi]e *>ge dans le plus =t du d\bte3 les si5s languiss5t aut\r du pot4 ,ils sont bons p\r l'escole1 p\r le b>reau1 et p\r le s]mon1 o n\s auons loisir de sommeill]3 et sommes encores vn qu>t d'heure apres1 assez temps1 p\r en retr\u] le fil4 ,il e/ beso9 de p>l] a9s9 aux iuges1 qu'on veut gaign] tort ou droit1 aux enfans1 et au vulgaire1 qui il faut t\t dire1 et voir ce qui port]a4 ,ie ne veux pas qu'on s'employe me r5dre att5tif1 et qu'on me crie c9quante fois1 ,or oyez1 la mode de nos h]aux4 ,les ,roma9s disoy5t en leur religion1 ,hoc age3 que n\s disons en la no/re1 ,sursum corda1 ce sont autant de p>olles p]dues p\r moy4 ,i'y vi5s t\t prep> du logis3 il ne me faut po9t d'ale*em5t1 ny de saulse3 ie mange bi5 la vi&e t\te crue3 et au lieu de m'esguis] l'appetit p> ces prep>atoires et auant-ieux1 on me le lasse et affadit4 ,la lic5ce du temps m'excus]a elle de cette sacrilege audace1 d'e/im] aussi tra9ans les dialogismes de ,platon mesme1 e/\ffans p> trop sa mati]e8 ,et de ple9dre le temps que met ces longues int]locutions va9es et prep>atoires1 vn homme1 qui auoit tant de meilleures *oses dire8 ,mon ignorance m'excus]a mieux1 sur ce que ie ne voy ri5 en la beaut de son langage4 ,ie dem&e en g5]al les liures qui vs5t des sci5ces1 non ceux qui les dress5t4 ,les deux premi]s1 et ,pl9e1 et leurs semblables1 ils n'ont po9t de ,hoc age1 ils veul5t auoir faire g5s qui s'en soy5t adu]tis eux mesmes3 ou s'ils en ont1 c'e/ vn1 ,hoc age1 sub/antiel et qui a son corps "p4 ,ie voy aussi volonti]s les ,epi/res ad ,atticum1 non seulem5t p> ce qu'elles conti5n5t vne tresample in/ruction de l',hi/oire et affaires de son temps3 mais beauc\p plus p\r y desc\urir ses humeurs priues4 ,c> i'ay vne s+uli]e curiosit1 comme i'ay dict ailleurs1 de connoi/re l'ame et les nafs iugem5s de mes au!urs4 ,il faut bi5 iug] leur suffisance1 mais non pas leurs murs1 ny eux p> cette montre de leurs escris1 qu'ils tal5t au !atre du monde4 ,i'ay mille fois regrett1 que n\s ayons p]du le liure que ,brutus auoit escrit de la v]tu3 c> il fait bel appr5dre la !orique de ceux qui sau5t bi5 la practique4 ,mais d'autant que c'e/ autre *ose le pres*e1 que le pres*eur3 i'ayme bi5 autant voir ,brutus *ez ,plut>que1 que *ez luy-mesme4 ,ie *oisiroy plu/o/ de sauoir au vray les deuis qu'il t5oit en sa t5te1 quelqu'vn de ses priuez amis1 la veille d'vne bataille1 que les propos qu'il t9t le l5dema9 son arme3 et qu'il faisoit en son cab9et et en sa *ambre1 que ce qu'il faisoit emmy la place et au ,s5at4 ,quant ,cic]o1 ie suis du iugem5t commun1 que hors la sci5ce1 il n'y auoit pas beauc\p d'excell5ce en son ame3 il e/oit bon citoy51 d'vne nature debonnaire1 comme sont volonti]s les hommes gras1 et gosseurs1 tel qu'il e/oit1 mais de mollesse et de vanit ambitieuse1 il en auoit sans m5tir beauc\p4 ,et si ne say comm5t l'excus] d'auoir e/im sa posie digne d'e/re mise en lumi]e4 ,ce n'e/ pas gr&e imp]fection1 que de mal faire des v]s1 mais c'e/ imp]fection de n'auoir pas s5ty combi5 ils e/oy5t indignes de la gloire de son nom4 ,quant son eloqu5ce1 elle e/ du t\t hors de comp>aison1 ie croy que iamais homme ne l'egal]a4 ,le ieune ,cic]o1 qui n'a ressembl son p]e que de nom1 comm&ant en ,asie1 il se tr\ua vn i\r en sa table plusieurs e/rang]s1 et entre autres ,c/ius assis au bas b\t1 comme on se f\rre s\u5t aux tables ouu]tes des gr&s3 ,cic]o s'in=ma qui il e/oit l'vn de ses g5ts1 qui luy dit son nom3 mais comme celuy qui songeoit ailleurs1 et qui oublioit ce qu'on luy respondoit1 il le luy r$em&a encore dpuis deux ou trois fois3 le s]uiteur p\r n'e/re plus en pe9e de luy r$ire si s\u5t mesme *ose1 et p\r le luy faire cognoi/re p> quelque circon/ance1 ,c'e/1 dit-il1 ce ,c/ius de qui on v\s a dict1 qu'il ne fait pas gr& e/at de l'eloqu5ce de vo/re p]e au prix de la si5ne3 ,cic]o s'e/ant s\da9 picqu de cela1 comm&a qu'on empoigna/ ce pauure ,c/ius1 et le fit tres-bi5 f\t] en sa pres5ce3 voyla vn mal c\rtois ho/e4 ,entre ceux mesmes1 qui ont e/im t\tes *oses contes cette si5ne eloqu5ce incomp>able1 il y en a eu1 qui n'ont pas laiss d'y rem]qu] des fautes4 ,comme ce gr& ,brutus son amy1 disoit que c'e/oit vne eloqu5ce casse et esr5e1 fractam et elumbem4 ,les orateurs vois9s de son siecle1 repr5oy5t aussi en luy1 ce curieux so+ de c]ta9e longue cadance1 au b\t de ses clauses1 et notoi5t ces mots1 esse videatur1 qu'il y employe si s\u5t4 ,p\r moy1 i'ayme mieux vne cadance qui tombe plus c\rt1 c\pe en yambes4 ,si mesle il p> fois bi5 rudem5t ses nombres1 mais r>em5t4 ,i'en ay rem]qu ce lieu mes aureilles4 ,ego v] me m9us diu s5em esse mallem1 qum esse s5em1 antequam essem4 ,les hi/ori5s sont ma droitte bale3 c> ils sont plaisans et aysez3 et quant et quant l'homme en g5]al1 de qui ie *]*e la cognoissance1 y p>oi/ plus vif et plus enti] qu'en nul autre lieu3 la v>iet et v]it de ses conditions int]nes1 en gros et en detail1 la diu]sit des moy5s de son assemblage1 et des accid5ts qui le m5ac5t4 ,or ceux qui escriu5t les vies1 d'autant qu'ils s'amus5t plus aux conseils qu'aux eu5em5s3 plus ce qui "p du d$ans1 qu' ce qui arriue au dehors3 ceux l me sont plus propres4 ,voyla p\rquoy en t\tes sortes1 c'e/ mon homme que ,plut>que4 ,ie suis bi5 m>ry que n\s n'ayons vne d\za9e de ,lartius1 ou qu'il ne soit plus e/5du1 ou plus ent5du4 ,c> ie suis p>eillem5t curieux de cognoi/re les =tunes et la vie de ces gr&s precepteurs du monde1 comme de cognoi/re la diu]sit de leurs dogmes et fantasies4 ,en ce g5re d'e/ude des ,hi/oires1 il faut feuillet] sans di/9ction t\tes sortes d'au!urs et vieils et n\ueaux1 et b>rag\9s et ,franois1 p\r y appr5dre les *oses1 dequoy diu]sem5t ils traict5t4 ,mais ,cs> s+uli]em5t me semble m]it] qu'on l'e/udie1 non p\r la sci5ce de l',hi/oire seulem5t1 mais p\r luy mesme3 tant il a de p]fection et d'excell5ce p> dessus t\s les autres3 quoy que ,sallu/e soit du nombre4 ,c]tes ie lis cet au!ur auec vn peu plus de reu]5ce et de respect1 qu'on ne lit les huma9s ouurages3 tanto/ le consid]ant luy-mesme p> ses actions1 et le miracle de sa gr&eur3 tanto/ la puret et inimitable polissure de son langage1 qui a surpass non seulem5t t\s les hi/ori5s1 comme dit ,cic]o1 mais l'adu5ture ,cic]o mesme4 ,auec tant de sync]it en ses iugem5s1 p>lant de ses ennemis1 que sauf les fausses c\leurs1 dequoy il veut c\urir sa mauuaise cause1 et l'ordure de sa pe/il5te ambition1 ie p5se qu'en cela seul on y puisse tr\u] r$ire1 qu'il a e/ trop esp>gnant p>l] de soy3 c> tant de gr&es *oses ne peuu5t auoir e/ executes p> luy1 qu'il n'y soit all beauc\p plus du si51 qu'il n'y en met4 ,i'ayme les hi/ori5s1 ou =t simples1 ou excell5s4 ,les simples1 qui n'ont po9t dequoy y mesl] quelque *ose du leur1 et qui n'y apport5t que le so91 et la dilig5ce de r'amass] t\t ce qui vi5t leur notice1 et d'enregi/r] la bonne foy t\tes *oses1 sans *ois et sans triage1 n\s laiss5t le iugem5t enti]1 p\r la cognoissance de la v]it4 ,tel e/ entre autres p\r exemple1 le bon ,froiss>d1 qui a m>* en son entreprise d'vne si fran*e nafuet1 qu'ayant faict vne faute1 il ne cra9t aucunem5t de la recognoi/re et corrig]1 en l'endroit1 o il en a e/ adu]ty3 et qui n\s repres5te la diu]sit mesme des bruits qui c\roy5t1 et les diff]5s rapports qu'on luy faisoit4 ,c'e/ la mati]e de l',hi/oire nu et in=me3 *acun en peut faire son pr(it autant qu'il a d'ent5dem5t4 ,les bi5 excell5s ont la suffisance de *oisir ce qui e/ digne d'e/re seu1 peuu5t tri] de deux rapports celuy qui e/ plus vray-semblable3 de la condition des ,pr9ces et de leurs humeurs1 ils en conclu5t les conseils1 et leur attribu5t les p>oles conu5ables3 ils ont raison de pr5dre l'au?orit de regl] no/re creance la leur3 mais c]tes cela n'app>ti5t gu]es de g5s4 ,ceux d'entre-deux1 qui e/ la plus commune faon1 ceux l n\s ga/5t t\t3 ils veul5t n\s mas*] les morceaux2 ils se donn5t loy de iug] et p> consequ5t d'incl9] l',hi/oire leur fantasie3 c> depuis que le iugem5t p5d d'vn co/1 on ne se peut g>d] de cont\rn] et tordre la n>ration ce biais4 ,ils entrepr5n5t de *oisir les *oses dignes d'e/re seus1 et n\s ca*5t s\u5t telle p>ole1 telle action priue1 qui n\s in/ruiroit mieux3 obmett5t p\r *oses incroyables celles qu'ils n'ent5d5t pas3 et peut e/re encore telle *ose p\r ne la sauoir dire en bon ,lat9 ou ,franois4 ,qu'ils e/al5t h>dim5t leur eloqu5ce et leur disc\rs3 qu'ils iug5t leur po/e1 mais qu'ils n\s laiss5t aussi dequoy iug] apres eux3 et qu'ils n'alt]5t ny disp5s5t p> leurs rac\rcim5s et p> leur *oix1 ri5 sur le corps de la mati]e3 a9s qu'ils n\s la r'enuoy5t pure et enti]e en t\tes ses dim5sions4 ,le plus s\u5t on trie p\r cette *>ge1 et notamm5t en ces siecles icy1 des p]sonnes d'entre le vulgaire1 p\r cette seule consid]ation de sauoir bi5 p>l]3 comme si n\s *]*ions d'y appr5dre la grammaire3 et eux ont raison n'ayans e/ gagez que p\r cela1 et n'ayans mis en v5te que le babil1 de ne se s\ci] aussi pr9cipalem5t que de cette p>tie4 ,a9s9 =ce de beaux mots ils n\s vont patissant vne belle contexture des bruits1 qu'ils ramass5t s c>ref\rs des villes4 ,les seules bonnes ,hi/oires sont celles1 qui ont e/ escrites p> ceux mesmes qui comm&oi5t aux affaires1 ou qui e/oi5t p>ticipans les conduire1 ou au mo9s qui ont eu la =tune d'en conduire d'autres de mesme sorte4 ,telles sont quasi t\tes les ,grecques et ,roma9es4 ,c> plusieurs tesmo+s oculaires ayans escrit de mesme subiect 7comme il adu5oit en ce temps l1 que la gr&eur et le sauoir se r5controi5t communem5t7 s'il y a de la faute1 elle doit e/re m]ueilleusem5t leg]e1 et sur vn accid5t =t d\bteux4 ,que peut on esp]] d'vn m$ec9 traictant de la gu]re1 ou d'vn es*oli] traictant les desse9s des ,pr9ces8 ,si n\s v\lons rem]qu] la religion1 que les ,roma9s auoi5t en cela1 il n'en faut que cet exemple3 ,as9ius ,pollio tr\uoit s hi/oires mesme de ,cs> quelque mesconte1 en quoy il e/oit tomb1 p\r n'auoir peu iett] les yeux en t\s les endroits de son arme1 et en auoir creu les p>ticuli]s1 qui luy rapportoi5t s\u5t des *oses non assez v]ifies1 ou bi5 p\r n'auoir e/ assez curieusem5t adu]ty p> ses lieut5ans des *oses1 qu'ils auoi5t conduites en son abs5ce4 ,on peut voir p> l1 si cette re*]*e de la v]it e/ delicate1 qu'on ne se puisse pas fi] d'vn combat la sci5ce de celuy1 qui y a comm&2 ny aux soldats1 de ce qui s'e/ pass pres d'eux1 si la mode d'vne in=mation iudiciaire1 on ne confronte les tesmo9s1 et reoit les obiects sur la preuue des ponctilles1 de *aque accid5t4 ,vrayem5t la connoissance que n\s auons de nos affaires e/ bi5 plus las*e4 ,mais cecy a e/ suffisamm5t traict p> ,bod91 et selon ma conception4 ,p\r subu5ir vn peu la trahison de ma memoire1 et son defaut1 si extreme1 qu'il m'e/ adu5u plus d'vne fois1 de repr5dre en ma9 des liures1 comme rec5ts1 et moy inconnus1 que i'auoy leu soigneusem5t quelques annes au p>auant1 et b>b\ill de mes notes3 i'ay pris en c\/ume dpuis quelque temps1 d'adi\/] au b\t de *asque liure1 ie dis de ceux desquels ie ne me veux s]uir qu'vne fois1 le temps auquel i'ay a*eu de le lire1 et le iugem5t que i'en ay retir en gros3 f9 que cela me repres5te au mo9s l'air et ide g5]ale que i'auois conceu de l'au!ur en le lisant4 ,ie veux icy transcrire aucunes de ces annotations4 ,voicy ce que ie mis il y a enuiron dix ans en mon ,guicci>d93 c> quelque langue que p>l5t mes liures1 ie leur p>le en la mi5ne4 ,il e/ hi/oriographe dilig5t1 et duquel mon aduis1 autant exactem5t que de nul autre1 on peut appr5dre la v]it des affaires de son temps3 aussi en la plusp>t en a-t-il e/ acteur luy mesme1 et en rang honnorable4 ,il n'y a aucune app>5ce que p> ha9e1 faueur1 ou vanit il ayt dguis les *oses3 dequoy font foy les libres iugem5s qu'il donne des gr&s3 et notamm5t de ceux1 p> lesquels il auoit e/ auanc1 et employ aux *>ges1 comme du ,pape ,clem5t septiesme4 ,quant la p>tie dequoy il semble se v\loir preualoir le plus1 qui sont ses digressions et disc\rs1 il y en a de bons et enri*is de beaux traits1 mais il s'y e/ trop pleu4 ,c> p\r ne v\loir ri5 laiss] dire1 ayant vn suiect si pla9 et ample et peu pres inf9y1 il en deui5t las*e1 et s5tant vn peu le caquet s*ola/ique4 ,i'ay aussi rem]qu cecy1 que de tant d'ames et effects qu'il iuge1 de tant de m\uem5s et conseils1 il n'en rapporte iamais vn seul la v]tu1 religion1 et consci5ce3 comme si ces p>ties l e/oy5t du t\t e/e9tes au monde3 et de t\tes les actions1 p\r belles p> app>5ce qu'elles soi5t d'elles mesmes1 il en reiecte la cause quelque occasion vitieuse1 ou quelque pr\fit4 ,il e/ impossible d'imag9]1 que p>my cet inf9y nombre d'actions1 dequoy il iuge1 il n'y en ait eu quelqu'vne produite p> la voye de la raison4 ,nulle corruption peut auoir saisi les hommes si vniu]sellem5t1 que quelqu'vn n'es*appe de la contagion4 ,cela me fait cra9dre qu'il y aye vn peu de vice de son g\/1 et peut e/re adu5u1 qu'il ait e/im d'autruy selon soy4 ,en mon ,philippe de ,com9es1 il y a cecy3 ,v\s y tr\u]ez le langage d\x et aggreable1 d'vne nafue simplicit1 la n>ration pure1 et en laquelle la bonne foy de l'au!ur reluit euidemm5t1 exempte de vanit p>lant de soy1 et d'affection et d'enuie p>lant d'autruy3 ses disc\rs et enhortem5s1 accompaignez1 plus de bon zele et de v]it1 que d'aucune exquise suffisance1 et t\t p> t\t de l'au?orit et grauit1 repres5tant son homme de bon lieu1 et leu aux grans affaires4 ,sur les ,memoires de monsieur du ,bellay3 ,c'e/ t\j\rs plaisir de voir les *oses escrites p> ceux1 qui ont essay comme il les faut conduire3 mais il ne se peut ni] qu'il ne se dc\ure evidemm5t en ces deux ,seigneurs icy vn gr& de*et de la fran*ise et lib]t d'escrire1 qui reluit s anci5s de leur sorte3 comme au ,sire de ,i\9uille dome/ique de ,s4 ,loys1 ,eg9>d *anceli] de ,*>lemaigne1 et de plus fres*e memoire en ,philippe de ,com9es4 ,c'e/ icy plu/o/ vn plaidoy] p\r le ,roy ,franois1 contre l',emp]eur ,*>les c9quiesme1 qu'vne ,hi/oire4 ,ie ne veux pas croire1 qu'ils ay5t ri5 *ang1 quant au gros du faict1 mais de cont\rn] le iugem5t des eu5em5s s\u5t contre raison1 no/re auantage1 et d'obmettre t\t ce qu'il y a de *at\illeux en la vie de leur mai/re1 ils en font me/i]3 tesmo+ les reculem5s de ,messieurs de ,montmor5cy et de ,brion1 qui y sont oubliez1 voire le seul nom de ,madame d',e/ampes1 ne s'y tr\ue po9t4 ,on peut c\urir les actions secrettes1 mais de taire ce que t\t le monde sait1 et les *oses qui ont tir des effects publiques1 et de telle consequ5ce1 c'e/ vn defaut inexcusable4 ,somme p\r auoir l'enti]e connoissance du ,roy ,franois1 et des *oses adu5us de son temps1 qu'on s'addresse ailleurs1 si on m'en croit4 ,ce qu'on peut faire icy de pr(it1 c'e/ p> la d$uction p>ticuli]e des batailles et exploits de gu]re1 o ces ,g5tils-hommes se sont tr\uez3 quelques p>oles et actions priues d'aucuns ,pr9ces de leur temps1 et les pratiques et negociations conduites p> le ,seigneur de ,langeay1 o il y a t\t ple9 de *oses dignes d'e/re sceues1 et des disc\rs non vulgaires4 ,,*apitre ,,xi4 ,de la cruaut4 ,,il me semble que la v]tu e/ *ose autre1 et plus noble1 que les incl9ations la bont1 qui naiss5t en n\s4 ,les ames regles d'elles mesmes et bi5 nes1 elles suyu5t mesme tra91 et repres5t5t en leurs actions1 mesme visage que les v]tueuses4 ,mais la v]tu sonne ie ne say quoy de plus gr& et de plus actif1 que de se laiss] p> vne heureuse complexion1 d\cem5t et paisiblem5t conduire la suite de la raison4 ,celuy qui d'vne d\ceur et facilit naturelle1 mespris]oit les (f5ces receus1 f]oit *ose tresbelle et digne de loange3 mais celuy qui picqu et outr iusques au vif d'vne (f5ce1 s'arm]oit des armes de la raison contre ce furieux appetit de v5geance1 et apres vn gr& conflict1 s'en r5droit en f9 mai/re1 f]oit sans d\bte beauc\p plus4 ,celuy-l f]oit bi51 et ce/uy-cy v]tueusem5t3 l'vne action se p\rroit dire bont1 l'autre v]tu4 ,c> il semble que le nom de la v]tu presuppose de la difficult et du contra/e1 et qu'elle ne peut s'ex]c] sans p>tie4 ,c'e/ l'au5ture p\rquoy n\s nommons ,dieu bon1 =t1 et lib]al1 et iu/e1 mais n\s ne le nommons pas v]tueux4 ,ses op]ations sont t\tes nafues et sans ef=t4 ,des philosophes non seulem5t ,/oici5s1 mais encore ,epicuri5s 7et cette en*]e ie l'emprunte de l'op9ion commune1 qui e/ fauce1 quoy que die ce subtil r5contre d',arcesilas1 celuy qui luy repro*oit1 que beauc\p de g5ts passoi5t de son es*ole en l',epicuri5ne1 et iamais au reb\rs3 ,ie croy bi54 ,des coqs il se fait des *appons assez1 mais des *appons il ne s'en fait iamais des coqs4 ,c> la v]it en f]met et rigueur d'op9ions et de preceptes1 la secte ,epicuri5ne ne c$e aucunem5t la ,/oique4 ,et vn ,/oici5 reconnoissant meilleure foy1 que ces disputateurs1 qui p\r combattre ,epicurus1 et se donn] beau ieu1 luy font dire ce quoy il ne p5sa iamais1 cont\rnans ses p>oles gau*e1 argum5tans p> la loy grammairi5ne1 autre s5s de sa faon de p>l]1 et autre creance1 que celle qu'ils sau5t qu'il auoit en l'ame1 et en ses murs1 dit qu'il a laiss d'e/re ,epicuri51 p\r cette consid]ation entre autres1 qu'il tr\ue leur r\te trop hauta9e et inaccessible3 et ij qui vocantur1 sunt et 1 omnsque virtutes et colunt1 et ret95t74 ,des philosophes ,/oici5s et ,epicuri5s1 dis-ie1 il y en a plusieurs qui ont iug1 que ce n'e/oit pas assez d'auoir l'ame en bonne assiette1 bi5 regle et bi5 dispose la v]tu3 ce n'e/oit pas assez d'auoir nos resolutions et nos disc\rs1 au dessus de t\s les ef=ts de ,=tune3 mais qu'il falloit encore re*]*] les occasions d'en v5ir la preuue3 ils veul5t que/] de la d\leur1 de la necessit1 et du mespris1 p\r les combattre1 et p\r t5ir leur ame en hale9e3 multum sibi adijcit virtus lacessita4 ,c'e/ l'vne des raisons1 p\rquoy ,epam9ondas1 qui e/oit encore d'vne ti]ce secte1 refuse des ri*esses que la ,=tune luy met en ma91 p> vne voye tres-legitime3 p\r auoir1 dit-il1 s'escrim] contre la pauuret1 en laquelle extreme il se ma9t9t t\si\rs4 ,socrates s'essayoit1 ce me semble1 encor plus rudem5t1 cons]uant p\r son ex]cice1 la malignit de sa femme1 qui e/ vn essay f] esm\lu4 ,metellus ayant seul de t\s les ,s5ateurs ,roma9s entrepris p> l'ef=t de sa v]tu1 de s\/5ir la viol5ce de ,saturn9us tribun du peuple ,rome1 qui v\loit t\te =ce faire pass] vne loy iniu/e1 en faueur de la commune3 et ayant enc\ru p> l1 les pe9es capitales que ,saturn9us auoit e/ablies contre les refusans1 entret5oit ceux1 qui en cette extremit1 le conduisoi5t en la place de tels propos3 ,que c'e/oit *ose trop facile et trop las*e que de mal faire2 et que de faire bi51 o il n'y eu/ po9t de dang]1 c'e/oit *ose vulgaire3 mais de faire bi51 o il y eu/ dang]1 c'e/oit le propre (fice d'vn homme de v]tu4 ,ces p>oles de ,metellus n\s repres5t5t bi5 clairem5t ce que ie v\loy v]ifi]1 que la v]tu refuse la facilit p\r compagne2 et que cette aise1 d\ce1 et pan*ante voie1 p> o se conduis5t les pas reglez d'vne bonne incl9ation de nature1 n'e/ pas celle de la vraye v]tu4 ,elle dem&e vn *em9 aspre et esp9eux1 elle veut auoir ou des difficultez e/rang]es luict]1 comme celle de ,metellus1 p> le moy5 desquelles ,=tune se plai/ luy rompre la roideur de sa c\rse3 ou des difficultez int]nes1 que luy apport5t les appetits desordonnez et imp]fections de no/re condition4 ,ie suis v5u iusques icy bi5 mon aise3 mais au b\t de ce disc\rs1 il me tombe en fantasie que l'ame de ,socrates1 qui e/ la plus p>faicte qui soit v5u ma cognoissance1 s]oit mon compte vne ame de peu de recomm5dation4 ,c> ie ne puis conceuoir en ce p]sonnage aucun ef=t de vitieuse concupisc5ce4 ,au tra9 de sa v]tu1 ie n'y puis imag9] aucune difficult ny aucune contra9te3 ie cognoy sa raison si puissante et si mai/resse *ez luy1 qu'elle n'eu/ iamais donn moy5 vn appetit vitieux1 seulem5t de nai/re4 ,a vne v]tu si esleue que la si5ne1 ie ne puis ri5 mettre en te/e4 ,il me semble la voir m>*] d'vn victorieux pas et triomphant1 en pompe et son aise1 sans empes*em5t1 ne de/\rbi]4 ,si la v]tu ne peut luire que p> le combat des appetits contraires1 dirons n\s donq qu'elle ne se puisse pass] de l'assi/ance du vice1 et qu'elle luy doiue cela1 d'en e/re mise en cr$it et en honneur8 ,que deui5droit aussi cette braue et g5]euse volupt ,epicuri5ne1 qui fait e/at de n\rrir mollem5t en son giron1 et y faire follatr] la v]tu2 luy donnant p\r ses i\ets1 la honte1 les fieures1 la pauuret1 la mort1 et les geh5nes8 ,si ie presuppose que la v]tu p>faite se cognoi/ combattre et port] patiemm5t la d\leur1 s\/5ir les ef=ts de la g\tte1 sans s'esbranl] de son assiette3 si ie luy donne p\r son obiect necessaire l'aspret et la difficult1 que deui5dra la v]tu qui s]a monte tel po9ct1 que de non seulem5t mespris] la d\leur1 mais de s'en esi\yr2 et de se faire *at\ill] aux po9tes d'vne =te colique1 comme e/ celle que les ,epicuri5s ont e/ablie1 et de laquelle plusieurs d'entre eux n\s ont laiss p> leurs actions1 des preuues tres-c]ta9es8 ,comme ont bi5 d'autres1 que ie tr\ue auoir surpass p> effect les regles mesmes de leur discipl9e4 ,tesmo+ le ieune ,caton4 ,qu& ie le voy m\rir et se des*ir] les entrailles1 ie ne me puis cont5t]1 de croire simplem5t1 qu'il eu/ lors son ame exempte totalem5t de tr\ble et d'effroy3 ie ne puis croire1 qu'il se ma9t9t seulem5t en cette desm>*e1 que les regles de la secte ,/oique luy ordonnoi5t1 rassise1 sans esmotion et impassible3 il y auoit1 ce me semble1 en la v]tu de cet homme1 trop de gaill>dise et de v]deur1 p\r s'en arre/] l4 ,ie croy sans d\bte qu'il s5tit du plaisir et de la volupt1 en vne si noble action1 et qu'il s'y aggrea plus qu'en autre de celles de sa vie4 ,sic abijt vita1 vt causam mori5di nactum se esse gaud]et4 ,ie le croy si auant1 que i'entre en d\bte s'il eu/ v\lu que l'occasion d'vn si bel exploict luy fu/ o/e4 ,et si la bont qui luy faisoit embrass] les commoditez publiques plus que les si5nes1 ne me t5oit en bride1 ie tomb]ois aism5t en cette op9ion1 qu'il sauoit bon gr la ,=tune d'auoir mis sa v]tu vne si belle espreuue1 et d'auoir fauoris ce brig& f\l] aux pi$s l'anci5ne lib]t de sa patrie4 ,il me semble lire en cette action1 ie ne say quelle esi\yssance de son ame1 et vne esmotion de plaisir extraord9aire1 et d'vne volupt virile1 lors qu'elle consid]oit la noblesse et haulteur de son entreprise3 ,delib]ata morte f]ocior4 ,non pas aiguise p> quelque esp]ance de gloire1 comme les iugem5ts populaires et effem9ez d'aucuns hommes ont iug3 c> cette consid]ation e/ trop basse1 p\r t\*] vn cur si g5]eux1 si haulta9 et si roide1 mais p\r la beaut de la *ose mesme en soy3 laquelle il voyoit bi5 plus clair1 et en sa p]fection1 luy qui en manioyt les ressorts1 que n\s ne p\uons faire4 ,la ,philosophie m'a faict plaisir de iug]1 qu'vne si belle action eu/ e/ indecemm5t loge en t\te autre vie qu'en celle de ,caton3 et qu' la si5ne seule il app>t5oit de f9ir a9si4 ,p\rtant ordonna-il selon raison et son fils et aux ,s5ateurs qui l'accompagnoy5t1 de pr\uoir autrem5t leur faict4 ,catoni1 quum incr$ibilem natura tribuisset grauitatem1 emque ipse p]petua con/antia roborauisset1 semprque 9 proposito consilio p]mansisset1 mori5dum potius1 qum tyranni vultus aspici5dus erat4 ,t\te mort doit e/re de mesmes sa vie4 ,n\s ne deu5ons pas autres p\r m\rir4 ,i'int]prete t\si\rs la mort p> la vie4 ,et si on m'en recite quelqu'vne =te p> app>5ce1 atta*e vne vie foible3 ie ti5s qu'ell' e/ produitte de cause foible et sortable sa vie4 ,l'aisance donc de cette mort1 et cette facilit qu'il auoit acquise p> la =ce de son ame1 dirons n\s qu'elle doiue rabattre quelque *ose du lu/re de sa v]tu8 ,et qui de ceux qui ont la c]uelle tant soit peu te9te de la vraye ,philosophie1 peut se cont5t] d'imag9] ,socrates1 seulem5t franc de cra9te et de passion1 en l'accid5t de sa prison1 de ses f]s1 et de sa condemnation8 ,et qui ne recognoi/ en luy1 non seulem5t de la f]met et de la con/ance1 c'e/oit son assiette ord9aire que celle-l1 mais encore ie ne say quel cont5tem5t n\ueau1 et vne allegresse enioe en ses propos et faons d]ni]es8 ,a ce tressaillir1 du plaisir qu'il s5t gratt] sa iambe1 apres que les f]s en fur5t hors3 accuse-il pas vne p>eille d\ceur et ioye en son ame1 p\r e/re des5=ge des incommodits passes1 et mesme d'entr] en cognoissance des *oses adu5ir8 ,caton me p>donn]a1 s'il luy plai/2 sa mort e/ plus tragique1 et plus t5due1 mais cette-cy e/ encore1 ie ne say comm5t1 plus belle4 ,ari/ippus ceux qui la plaignoy5t1 ,les ,dieux m'en enuoy5t vne telle1 fit-il4 ,on voit aux ames de ces deux p]sonnages1 et de leurs imitateurs 7c> de semblables1 ie fay gr& d\bte qu'il y en ait eu7 vne si p>faicte habitude la v]tu1 qu'elle leur e/ passe en complexion4 ,ce n'e/ plus v]tu p5ible1 ny des ordonnances de la raison1 p\r lesquelles ma9t5ir il faille que leur ame se roidisse3 c'e/ l'ess5ce mesme de leur ame1 c'e/ son tra9 naturel et ord9aire4 ,ils l'ont r5du telle1 p> vn long ex]cice des preceptes de la ,philosophie1 ayans r5contr vne belle et ri*e nature4 ,les passions vitieuses1 qui naiss5t en n\s1 ne tr\u5t plus p> o faire entre en eux4 ,la =ce et roideur de leur ame1 e/\ffe et e/e9t les concupisc5ces1 aussi to/ qu'elles comm5c5t s'esbranl]4 ,or qu'il ne soit plus beau1 p> vne haulte et diu9e resolution1 d'empes*] la naissance des t5tations2 et de s'e/re =m la v]tu1 de mani]e que les sem5ces mesmes des vices en soi5t desrac9es3 que d'empes*] viue =ce leur progrez2 et s'e/ant laiss surpr5dre aux esmotions premi]es des passions1 s'arm] et se b&] p\r arre/] leur c\rse1 et les va9cre3 et que ce second effect ne soit encore plus beau1 que d'e/re simplem5t g>ny d'vne nature facile et debonnaire1 et desg\/e p> soy mesme de la desbau*e et du vice1 ie ne p5se po9t qu'il y ait d\bte4 ,c> cette ti]ce et d]ni]e faon1 il semble bi5 qu'elle r5de vn homme innoc5t1 mais non pas v]tueux3 exempt de mal faire1 mais non assez apte bi5 faire4 ,io9t que cette condition e/ si vois9e l'imp]fection et la foiblesse1 que ie ne say pas bi5 comm5t en demesl] les conf9s et les di/+u]4 ,les noms mesmes de bont et d'innoc5ce1 sont cette cause aucunem5t noms de mespris4 ,ie voy que plusieurs v]tus1 comme la *a/et1 sobriet1 et temp]ance1 peuu5t arriu] n\s1 p> deffaillance corporelle4 ,la f]met aux dang]s1 si f]met il la faut appell]1 le mespris de la mort1 la pati5ce aux in=tunes1 peut v5ir et se treuue s\u5t aux hommes1 p> faute de bi5 iug] de tels accid5s1 et ne les conceuoir tels qu'ils sont4 ,la faute d'appreh5sion et la be/ise1 contrefont a9si p> fois les effects v]tueux4 ,comme i'ay veu s\u5t adu5ir1 qu'on a l\ des hommes1 de ce1 dequoy ils m]itoy5t du blasme4 ,vn ,seigneur ,itali5 t5oit vne fois ce propos en ma pres5ce1 au des-auantage de sa nation3 ,que la subtilit des ,itali5s et la viuacit de leurs conceptions e/oit si gr&e1 qu'ils preuoyoi5t les dang]s et accid5s qui leur p\uoy5t adu5ir1 de si lo+1 qu'il ne falloit pas tr\u] e/range1 si on les voyoit s\u5t la gu]re pr\uoir leur seurt1 voire auant que d'auoir recognu le p]il3 que n\s et les ,espagnols1 qui n'e/ions pas si f9s1 allions plus outre2 et qu'il n\s falloit faire voir l'il et t\*] la ma91 le dang] auant que de n\s en effray]2 et que lors aussi n\s n'auions plus de t5ue3 mais que les ,allemans et les ,s\ysses1 plus grossi]s et plus l\rds1 n'auoy5t le s5s de se rauis]1 pe9e lors mesmes qu'ils e/oy5t accablez s\bs les c\ps4 ,ce n'e/oit l'adu5ture que p\r rire4 ,si e/-il bi5 vray qu'au me/i] de la gu]re1 les appr5tis se iett5t bi5 s\u5t aux haz>ds1 d'autre inconsid]ation qu'ils ne font apres y auoir e/ es*auldez4 ,haud ign>us1 quantm n\a gloria 9 armis1 ,et prdulce decus1 primo c]tam9e1 possit4 ,voyla p\rquoy qu& on iuge d'vne action p>ticuli]e1 il faut consid]] plusieurs circon/ances1 et l'homme t\t enti] qui l'a produicte1 auant la baptiz]4 ,p\r dire vn mot de moy-mesme3 ,i'ay veu quelque fois mes amis appell] prud5ce en moy1 ce qui e/oit =tune2 et e/im] aduantage de c\rage et de pati5ce1 ce qui e/oit aduantage de iugem5t et op9ion2 et m'attribu] vn tiltre p\r autre2 tanto/ mon ga91 tanto/ ma p]te4 ,au demeurant1 il s'en faut tant que ie sois arriu ce premi] et plus p>faict degr d'excell5ce1 o de la v]tu il se faict vne habitude2 que du second mesme1 ie n'en ay faict gu]e de preuue4 ,ie ne me suis mis en gr& ef=t1 p\r brid] les desirs dequoy ie me suis tr\u press4 ,ma v]tu1 c'e/ vne v]tu1 ou innoc5ce1 p\r mieux dire1 accid5tale et =tuite4 ,si ie fusse nay d'vne complexion plus desregle1 ie cra9s qu'il fu/ all piteusem5t de mon faict3 c> ie n'ay essay gu]e de f]met en mon ame1 p\r s\/5ir des passions1 si elles euss5t e/ tant soit peu vehem5tes4 ,ie ne say po9t n\rrir des qu]elles1 et du debat *ez moy4 ,a9si1 ie ne me puis dire nul gr&-m]cy1 dequoy ie me tr\ue exempt de plusieurs vices3 ,si vitiis m$iocribus1 et mea paucis ,m5dosa e/ natura1 alioqui recta1 velut si ,egregio insp]sos repreh5das corpore nuos4 ,ie le doy plus ma =tune qu' ma raison4 ,elle m'a faict nai/re d'vne race fameuse en preud'hommie1 et d'vn tres-bon p]e3 ie ne say s'il a esc\l en moy p>tie de ses humeurs1 ou bi5 si les exemples dome/iques1 et la bonne in/itution de mon enfance1 y ont ins5siblem5t ayd2 ou si ie suis autrem5t a9si nay1 ,seu ,libra1 seu me ,scorpius adspicit ,=midolosus1 p>s viol5tior ,natalis hor1 seu tyrannus ,hesp]i ,capricornus vnd4 ,mais tant y a que la plusp>t des vices ie les ay de moy mesmes en horreur4 ,la responce d',anti/h5es celuy1 qui luy dem&oit le meilleur appr5tissage3 ,desappr5dre le mal3 semble s'arre/] cette image4 ,ie les ay1 dis-ie1 en horreur1 d'vne op9ion si naturelle et si mi5ne1 que ce mesme in/9ct et impression1 que i'en ay apport de la n\rrice1 ie l'ay cons]u1 sans qu'aucunes occasions me l'ay5t seu faire alt]]4 ,voire non pas mes disc\rs propres1 qui p\r s'e/re desb&ez en aucunes *oses de la r\te commune1 me lic5ti]oy5t aism5t des actions1 que cette naturelle incl9ation me fait har4 ,ie diray vn mon/re3 mais ie le diray p\rtant4 ,ie tr\ue p> l en plusieurs *oses plus d'arre/ et de regle en mes murs qu'en mon op9ion3 et ma concupisc5ce mo9s desbau*e que ma raison4 ,ari/ippus e/ablit des op9ions si h>dies en faueur de la volupt et des ri*esses1 qu'il mit en rumeur t\te la philosophie l'encontre de luy4 ,mais quant ses murs1 ,dionysius le tyran luy ayant pres5t trois belles g>ses1 af9 qu'il en fi/ le *ois3 il respondit1 qu'il les *oisissoit t\tes trois1 et qu'il auoit mal pr9s ,p>is d'en pref]] vne ses compaignes4 ,mais les ayant conduittes son logis1 il les r5uoya1 sans en ta/]4 ,son vallet se tr\uant sur*>g en *em9 de l'arg5t qu'il portoit apres luy3 il luy ordonna qu'il en v]sa/ et ietta/ l1 ce qui luy fas*oit4 ,et ,epicurus1 duquel les dogmes sont irreligieux et delicats1 se porta en sa vie tres-deuotieusem5t et laborieusem5t4 ,il escrit vn si5 amy1 qu'il ne vit que de pa9 bis et d'eaue2 le prie de luy enuoy] vu peu de =mage1 p\r qu& il v\dra faire quelque somptueux repas4 ,s]oit-il vray1 que p\r e/re bon t\t faict1 il n\s le faille e/re p> occulte1 naturelle et vniu]selle propriet1 sans loy1 sans raison1 sans exemple8 ,les desbordem5s1 ausquels ie me suis tr\u engag1 ne sont pas ,dieu m]cy des pires4 ,ie les ay bi5 condamnez *ez moy1 selon qu'ils le val5t3 c> mon iugem5t ne s'e/ pas tr\u infect p> eux4 ,au reb\rs1 ie les accuse plus rig\reusem5t en moy1 qu'en vn autre4 ,mais c'e/ t\t3 c> au demeurant i'y apporte trop peu de resi/ance1 et me laisse trop aism5t pan*] l'autre "p de la balance1 sauf p\r les regl]1 et empes*] du meslange d'autres vices1 lesquels s'entreti5n5t et s'entre-en*a95t p\r la plus "p les vns aux autres1 qui ne s'en pr5d g>de4 ,les mi5s1 ie les ay retran*ez et contra9s les plus seuls1 et les plus simples que i'ay peu3 nec vltra ,errorem f\eo4 ,c> quant l'op9ion des ,/oici5s1 qui dis5t1 le sage uur] qu& il uure p> t\tes les v]tus ensemble1 quoy qu'il y en ait vne plus app>5te selon la nature de l'action3 7et cela leur p\rroit s]uir aucunem5t la similitude du corps huma92 c> l'action de la col]e ne se peut ex]c]1 que t\tes les humeurs ne n\s y ayd5t1 quoy que la col]e pr$om9e7 si de l ils veul5t tir] p>eille consequ5ce2 que qu& le fauti] faut1 il faut p> t\s les vices ensemble1 ie ne les en croy pas a9si simplem5t2 ou ie ne les ent5d pas3 c> ie s5s p> effect le contraire4 ,ce sont subtilitez aigus1 insub/antielles1 ausquelles la ,philosophie s'arre/e p> fois4 ,ie suy quelques vices3 mais i'en fuy d'autres1 autant que sauroit faire vn sa9ct4 ,aussi desaduoent les ,p]ipatetici5s1 cette connexit et c\/ure indissoluble3 et ti5t ,ari/ote1 qu'vn homme prud5t et iu/e1 peut e/re et intemp]ant et incont9ant4 ,socrates aduooit ceux qui recognoissoi5t en sa physionomie quelque incl9ation au vice1 que c'e/oit la v]it sa prop5sion naturelle1 mais qu'il l'auoit corrige p> discipl9e4 ,et les famili]s du philosophe ,/ilpo disoi5t1 qu'e/ant nay subject au v9 et aux femmes1 il s'e/oit r5du p> e/ude tresab/95t de l'vn et de l'autre4 ,ce que i'ay de bi51 ie l'ay au reb\rs1 p> le sort de ma naissance3 ie ne le ti5s ny de loy ny de precepte ou autre appr5tissage4 ,l'innoc5ce qui e/ en moy1 e/ vne innoc5ce niaise2 peu de vigueur1 et po9t d'art4 ,ie hay entre autres vices1 cruellem5t la cruaut1 et p> nature et p> iugem5t1 comme l'extreme de t\s les vices4 ,mais c'e/ iusques telle mollesse1 que ie ne voy pas esgorg] vn p\let sans desplaisir1 et ois impatiemm5t gemir vn lieure s\s les d5ts de mes *i5s3 quoy que ce soit vn plaisir viol5t que la *asse4 ,ceux qui ont combattre la volupt1 vs5t volonti]s de cet argum5t1 p\r montr] qu'elle e/ t\te vitieuse et des-raisonnable1 que lors qu'elle e/ en son plus gr& ef=t1 elle n\s mai/rise de faon1 que la raison n'y peut auoir accez3 et allegu5t l'exp]i5ce que n\s en s5tons en l'acco9tance des femmes1 ,cm iam prsagit gaudia corpus1 ,atque 9 eo e/ ,v5us1 vt muliebria cons]at arua4 o il leur semble que le plaisir n\s transporte si =t hors de n\s1 que no/re disc\rs ne sauroit lors faire son (fice t\t p]clus et raui en la volupt4 ,ie say qu'il en peut all] autrem5t2 et qu'on arriu]a p> fois1 si on veut1 reiett] l'ame sur ce mesme in/ant1 autres p5sem5s3 mais il la faut t5dre et roidir d'aguet4 ,ie say qu'on peut g\rm&] l'ef=t de ce plaisir1 et m'y cognoy bi51 et n'ay po9t tr\u ,v5us si imp]ieuse ,deesse1 que plusieurs et plus re=mez que moy1 la tesmoign5t4 ,ie ne pr5s p\r miracle1 comme faict la ,royne de ,nau>re1 en l'vn des comptes de son ,heptam]on1 qui e/ vn g5til liure p\r son e/(fe1 ny p\r *ose d'extreme difficult1 de pass] des nuicts enti]es1 en t\te commodit et lib]t1 auec vne mai/resse de long temps desire1 ma9t5ant la foy qu'on luy aura engage de se cont5t] des bais]s et simples att\*em5s4 ,ie croy que l'exemple du plaisir de la *asse y s]oit plus propre3 comme il y a mo9s de plaisir1 il y a plus de rauissem5t1 et de surpr9se1 p> o no/re raison e/onne p]d ce loisir de se prep>] l'encontre3 lors qu'apres vne longue que/e1 la be/e vi5t en sursaut se pres5t]1 en lieu o l'adu5ture1 n\s l'esp]ions le mo9s4 ,cette sec\sse1 et l'ardeur de ces hues1 n\s frappe1 si qu'il s]oit malais ceux qui aym5t cette sorte de petite *asse1 de retir] sur ce po9t la p5se ailleurs4 ,et les potes font ,diane victorieuse du br&on et des fles*es de ,cupidon4 ,quis non mal>um1 quas amor curas habet1 ,hc int] obliuiscitur8 ,p\r reu5ir mon propos1 ie me compassionne =t t5drem5t des afflictions d'autruy1 et pleur]ois aism5t p> compagnie1 si p\r occasion que ce soit1 ie sauois pleur]4 ,il n'e/ ri5 qui t5te mes l>mes que les l>mes3 non vrayes seulem5t1 mais comm5t que ce soit1 ou fe9tes1 ou pe9tes4 ,les morts ie ne les pla9s gu]e1 et les enui]ois plu/o/2 mais ie pla9s bi5 =t les m\rans4 ,les ,sauuages ne m'(f5s5t pas tant1 de ro/ir et mang] les corps des trespassez1 que ceux qui les t\rm5t5t et p]secut5t viuans4 ,les executions mesme de la iu/ice1 p\r raisonnables qu'elles soi5t1 ie ne les puis voir d'vne veu f]me4 ,quelqu'vn ayant tesmoign] la clem5ce de ,iulius ,cs>3 ,il e/oit1 dit-il1 d\x en ses v5geances3 ayant =c les pyrates de se r5dre luy1 qui l'auoi5t aup>auant pris prisonni] et mis ranon2 d'autant qu'il les auoit m5assez de les faire mettre en croix1 il les y condamna2 mais ce fut apres les auoir faict e/rangl]4 ,philomon son secretaire1 qui l'auoit v\lu empoisonn]1 il ne le punit pas plus aigrem5t que d'vne mort simple4 ,sans dire qui e/ cet au!ur ,lat91 qui ose allegu] p\r tesmoignage de clem5ce1 de seulem5t tu] ceux1 desquels on a e/ (f5c1 il e/ ais deu9] qu'il e/ frapp des vila9s et horribles exemples de cruaut1 que les tyrans ,roma9s mir5t en vsage4 ,quant moy1 en la iu/ice mesme1 t\t ce qui e/ au del de la mort simple1 me semble pure cruaut4 ,et notamm5t n\s1 qui deurions auoir respect d'en enuoy] les ames en bon e/at2 ce qui ne se peut1 les ayant agites et desesp]es p> t\rm5s insupportables4 ,ces i\rs passs1 vn soldat prisonni]1 ayant app]ceu d'vne t\r o il e/oit1 que le peuple s'assembloit en la place1 et que des *>panti]s y dressoi5t leurs ouurages1 creut que c'e/oit p\r luy3 et entr en la resolution de se tu]1 ne tr\ua qui l'y peu/ sec\rir1 qu'vn vieux cl\ de *>rette1 r\ill1 que la ,=tune luy (frit4 ,dequoy il se donna premi]em5t deux gr&s c\ps aut\r de la gorge3 mais voyant que ce auoit e/ sans effect3 bi5 to/ apres1 il s'en donna vn ti]s1 dans le v5tre1 o il laissa le cl\ fi*4 ,le premi] de ses g>des1 qui entra o il e/oit1 le tr\ua en cet e/at1 viuant encores3 mais c\* et t\t affoibly de ses c\ps4 ,p\r emploi] le temps auant qu'il deffailli/1 on se ha/a de luy prononc] sa s5t5ce4 ,laquelle oue1 et qu'il n'e/oit condamn qu' auoir la te/e tran*e1 il sembla repr5dre vn n\ueau c\rage3 accepta du v91 qu'il auoit refus3 rem]cia ses iuges de la d\ceur inesp]e de leur condemnation4 ,qu'il auoit pr9s p>ty1 d'appell] la mort1 p\r la cra9te d'vne mort plus aspre et insupportable3 ayant conceu op9ion p> les appre/s qu'il auoit veu faire en la place1 qu'on le v\si/ t\rm5t] de quelque horrible supplice3 et sembla e/re deliur de la mort1 p\r l'auoir *ange4 ,ie conseill]ois que ces exemples de rigueur1 p> le moy5 desquels on veut t5ir le peuple en (fice1 s'ex]ass5t contre les corps des crim9els4 ,c> de les voir priu] de sepulture1 de les voir b\illir1 et mettre qu>ti]s1 cela t\*]oit quasi autant le vulgaire1 que les pe9es1 qu'on fait s\ffrir aux viuans2 quoy que p> effect1 ce soit peu ou ri51 comme ,dieu dit1 ,qui corpus occidunt1 et po/ea non hab5t quod faciant4 ,et les potes font s+uli]em5t valoir l'horreur de cette pe9ture1 et au dessus de la mort1 ,heu6 reliquias semiassi regis1 d5udatis ossibus1 ,p] t]ram sanie delibutas fd diuex>i]4 ,ie me r5contray vn i\r ,rome1 sur le po9t qu'on deffaisoit ,cat5a1 vn voleur insigne3 on l'e/rangla sans aucune emotion de l'assi/ance1 mais qu& on v9t le mettre qu>ti]s1 le b\rreau ne donnoit c\p1 que le peuple ne suiui/ d'vne voix ple9tiue1 et d'vne exclamation1 comme si *acun eu/ pre/ son s5tim5t cette *>ongne4 ,il faut ex]c] ces inhuma9s excez contre l'escorce1 non contre le vif4 ,a9s9 amollit1 en cas aucunem5t p>eil1 ,artax]xes1 l'aspret des loix anci5nes de ,p]se2 ordonnant que les ,seigneurs qui auoy5t failly en leur e/at1 au lieu qu'on les s\loit foett]1 fuss5t desp\ills1 et leurs ve/em5s foettez p\r eux2 et au lieu qu'on leur s\loit arra*] les *eueux1 qu'on leur o/a/ leur hault *appeau seulem5t4 ,les gypti5s si deuotieux1 e/imoy5t bi5 satisfaire la iu/ice diu9e1 luy sacrifians des p\rceaux en figure1 et repres5tez4 ,inu5tion h>die1 de v\loir pay] en pe9ture et en ombrage ,dieu1 sub/ance si ess5tielle4 ,ie vy en vne saison en laquelle n\s abondons en exemples incroyables de ce vice1 p> la lic5ce de noz gu]res ciuiles3 et ne voit on ri5 aux hi/oires anci5nes1 de plus extreme1que ce que n\s en essayons t\s les i\rs4 ,mais cela ne m'y a nullem5t appriuois4 ,a pe9e me p\uoy-ie p]suad]1 auant que ie l'eusse veu1 qu'il se fu/ tr\u des ames si f>\*es1 qui p\r le seul plaisir du meurtre1 le v\luss5t commettre2 ha*] et de/ran*] les membres d'autruy2 aiguis] leur esprit inu5t] des t\rm5s inusitez1 et des morts n\uelles1 sans inimiti1 sans pr\fit1 et p\r cette seule f91 de i\ir du plaisant spectacle1 des ge/es1 et m\uem5s pitoyables1 des gemissem5s1 et voix lam5tables1 d'vn homme m\rant en angoisse4 ,c> voyla l'extreme po9ct1 o la cruaut puisse atte9dre4 ,vt homo hom9em1 non iratus1 non tim5s1 tantum spectaturus occidat4 ,de moy1 ie n'ay pas seu voir seulem5t sans desplaisir1 p\rsuiure et tu] vne be/e innoc5te1 qui e/ sans deff5ce1 et de qui n\s ne receuons aucune (f5ce4 ,et comme il adui5t communem5t que le c]f se s5tant hors d'hale9e et de =ce1 n'ayant plus autre rem$e1 se reiette et r5d n\s mesmes qui le p\rsuiuons1 n\s dem&ant m]cy p> ses l>mes1 qu/uque cru5tus1 ,atque imploranti similis1 ce m'a t\si\rs sembl vn spectacle tres-deplaisant4 ,ie ne pr5s gu]e be/e en vie1 qui ie ne r$onne les *amps4 ,py?agoras les a*etoit des pes*eurs et des oyseleurs1 p\r en faire autant4 ,primque cde f]>um ,incaluisse puto maculatum sangu9e f]rum4 ,les naturels sangu9aires l'endroit des be/es1 tesmoign5t vne prop5sion naturelle la cruaut4 ,apres qu'on se fut appriuois ,rome aux spectacles des meurtres des animaux1 on v9t aux hommes et aux gladiateurs4 ,nature a1 ce cra9s-ie1 elle mesme atta* l'homme quelque in/9ct l'inhumanit4 ,nul ne pr5t son esbat voir des be/es s'entrei\] et c>ess]2 et nul ne faut de le pr5dre les voir s'entr$es*ir] et desmembr]4 ,et af9 qu'on ne se moque de cette sympa?ie que i'ay auec elles1 la !ologie mesme n\s ordonne quelque faueur en leur endroit4 ,et consid]ant1 qu'vn mesme mai/re n\s a logez en ce palais p\r son s]uice1 et qu'elles sont1 comme n\s1 de sa famille2 elle a raison de n\s enjo9dre quelque respect et affection enu]s elles4 ,py?agoras emprunta la metempsy*ose1 des gypti5s1 mais depuis elle a e/ receu p> plusieurs nations1 et notamm5t p> nos ,druides3 ,morte c>5t anim2 semprque priore relicta ,s$e1 n\is domibus viuunt1 habitntque recept4 ,la religion de noz anci5s ,gaulois1 portoit que les ames e/ans et]nelles1 ne cessoy5t de se remu] et *ang] de place d'vn corps vn autre3 meslant en outre cette fantasie1 quelque consid]ation de la iu/ice diu9e4 ,c> selon les desportem5s de l'ame1 p5dant qu'elle auoit e/ *ez ,alex&re1 ils disoi5t que ,dieu luy ordonnoit vn autre corps habit]1 plus ou mo9s p5ible1 et rapportant sa condition3 ,muta f]>um ,cogit v9cla pati3 trucul5tos +]it vrsis1 ,prdonsque lupis1 fallaces vulpibus addit4 ,atque vbi p] v>ios annos1 p] mille figuras ,egit1 ,le?o purgatos flum9e1 t&em ,rursus ad human reuocat primordia =m4 ,si elle auoit e/ vaillante1 la logeoi5t au corps d'vn lyon2 si voluptueuse1 en celuy d'vn p\rceau2 si las*e1 en celuy d'vn c]f ou d'vn lieure2 si malitieuse1 en celuy d'vn r5>d2 a9si du re/e2 iusques ce que purifie p> ce *a/iem5t1 elle repr5oit le corps de quelque autre homme2 ,ipse ego1 nam mem9i1 ,troiani tempore belli1 ,pan?odes ,euphorbus eram4 ,quant ce c\s9age l d'entre n\s et les be/es1 ie n'en fay pas gr&e recepte3 ny de ce aussi que plusieurs nations1 et notamm5t des plus anci5nes et plus nobles1 ont non seulem5t receu des be/es leur socit et compagnie1 mais leur ont donn vn rang bi5 lo+ au dessus d'eux2 les e/imans tanto/ famili]es1 et fauories de leurs ,dieux1 et les ayans en respect et reu]5ce plus qu'huma9e2 et d'autres ne recognoissans autre ,dieu1 ny autre diu9it qu'elles4 ,bellu b>b>is propt] b5eficium consecrat3 ,crocodilon adorat ,p>s hc1 illa pauet saturam s]p5tibus ib91 ,effigies sacri hic nitet aurea c]copi!ci2 hic piscem flum9is1 illic ,oppida tota canem v5]antur4 ,et l'int]pretation mesme que ,plut>que donne cet erreur1 qui e/ tresbi5 prise1 leur e/ encores honorable4 ,c> il dit1 que ce n'e/oit le *at1 ou le buf1 p\r exemple1 que les gypti5s adoroy5t2 mais qu'ils adoroy5t en ces be/es l1 quelque image des facultez diu9es4 ,en cette-cy la pati5ce et l'vtilit3 en cette-l1 la viuacit1 ou comme noz vois9s les ,b\rguignons auec t\te l',allemaigne1 l'impati5ce de se voir enf]mez3 p> o ils repres5toy5t la lib]t1 qu'ils aymoi5t et adoroi5t au del de t\te autre facult diu9e1 et a9si des autres4 ,mais qu& ie r5contre p>my les op9ions plus mod]es1 les disc\rs qui essay5t montr] la pro*a9e ressemblance de n\s aux animaux3 et combi5 ils ont de "p nos plus gr&s priuileges2 et auec combi5 de vray-semblance on n\s les app>ie2 c]tes i'en rabats beauc\p de no/re presomption1 et me demets volonti]s de cette royaut imag9aire1 qu'on n\s donne sur les autres creatures4 ,qu& t\t cela en s]oit dire1 si y a-il vn c]ta9 respect1 qui n\s atta*e1 et vn g5]al deuoir d'humanit1 non aux be/es seulem5t1 qui ont vie et s5tim5t1 mais aux arbres mesmes et aux plantes4 ,n\s deuons la iu/ice aux hommes1 et la grace et la b5ignit aux autres creatures1 qui en peuu5t e/re capables4 ,il y a quelque comm]ce entre elles et n\s1 et quelque obligation mutuelle4 ,ie ne cra9s po9t dire la t5dresse de ma nature si pu]ile1 que ie ne puis pas bi5 refus] mon *i5 la fe/e1 qu'il m'(fre hors de saison1 ou qu'il me dem&e4 ,les ,turcs ont des aumosnes et des hospitaux p\r les be/es3 les ,roma9s auoi5t vn so+ public de la n\rriture des oyes1 p> la vigilance desquelles leur ,capitole auoit e/ sauu3 les ,a!ni5s ordonn]5t que les mules et mulets1 qui auoy5t s]uy au ba/im5t du temple appell ,hecatomp$on1 fuss5t libres1 et qu'on les laissa/ pai/re p> t\t sans empes*em5t4 ,les ,agrig5t9s auoy5t en vsage commun1 d'ent]r] s]ieusem5t les be/es1 qu'ils auoi5t eu *]es3 comme les *euaux de quelque r>e m]ite1 les *i5s et les oyseaux vtiles3 ou mesme qui auoy5t s]uy de passe-temps leurs enfans4 ,et la magnific5ce1 qui leur e/oit ord9aire en t\tes autres *oses1 p>oissoit aussi s+uli]em5t1 la sumptuosit et nombre des monum5ts esleuez cette f93 qui ont dur en p>ade1 plusieurs siecles depuis4 ,les gypti5s ent]roy5t les l\ps1 les ours1 les crocodiles1 les *i5s1 et les *ats1 en lieux sacrs3 embausmoy5t leurs corps1 et portoy5t le deuil leurs trespas4 ,cimon fit vne sepulture honorable aux ium5ts1 auec lesquelles il auoit gaign p> trois fois le prix de la c\rse aux ieux ,olympiques4 ,l'anci5 ,xan?ippus fit ent]r] son *i5 sur vn *ef1 en la co/e de la m]1 qui en a depuis ret5u le nom4 ,et ,plut>que faisoit1 dit-il1 consci5ce1 de v5dre et enuoy] la b\*]ie1 p\r vn leg] pr(it1 vn buf qui l'auoit long temps s]uy4 ,,*apitre ,,xii4 ,apologie de ,raimond de ,sebonde4 ,c',,e/ la v]it vne tres-vtile et gr&e p>tie que la sci5ce3 ceux qui la mespris5t tesmoign5t assez leur be/ise3 mais ie n'e/ime pas p\rtant sa valeur iusques cette mesure extreme qu'aucuns luy attribu5t4 ,comme ,h]illus le philosophe1 qui logeoit en elle le s\u]a9 bi51 et t5oit qu'il fu/ en elle de n\s r5dre sages et cont5s3 ce que ie ne croy pas3 ny ce que d'autres ont dict1 que la sci5ce e/ m]e de t\te v]tu1 et que t\t vice e/ produit p> l'ignorance4 ,si cela e/ vray1 il e/ subiect vne longue int]pretation4 ,ma maison a e/ ds long temps ouu]te aux g5s de sauoir1 et en e/ =t cogneu2 c> mon p]e qui l'a comm&e c9quante ans1 et plus1 es*auff de cette ardeur n\uelle1 dequoy le ,roy ,franois premi] embrassa les lettres et les mit en cr$it1 re*]*a auec gr& so9 et desp5ce l'acco9tance des hommes doctes1 les receuant *ez luy1 comme p]sonnes sa9ctes1 et ayans quelque p>ticuli]e inspiration de sagesse diu9e1 recueillant leurs s5t5ces1 et leurs disc\rs comme des oracles1 et auec d'autant plus de reu]5ce1 et de religion1 qu'il auoit mo9s de loy d'en iug]3 c> il n'auoit aucune cognoissance des lettres1 non plus que ses pr$ecesseurs4 ,moy ie les ayme bi51 mais ie ne les adore pas4 ,entre autres1 ,pi]re ,bunel1 homme de gr&e reputation de sauoir en son temps1 ayant arre/ quelques i\rs ,montaigne en la compagnie de mon p]e1 auec d'autres hommes de sa sorte1 luy fit pres5t au deslog] d'vn liure qui s'intitule ,!ologia naturalis2 siue ,lib] creatur>um1 magi/ri ,raimondi de ,sebonde4 ,et p> ce que la langue ,itali5ne et ,espagnolle e/oi5t famili]es mon p]e1 et que ce liure e/ ba/y d'vn ,espagnol b>rag\9 en t]m9aisons ,lat9es1 il esp]oit qu'auec bi5 peu d'ayde1 il en p\rroit faire son pr(it1 et le luy recomm&a1 comme liure tres-vtile et propre la saison1 en laquelle il le luy donna3 ce fut lors que les n\uelletez de ,lu!r comm5oi5t d'entr] en cr$it1 et esbranl] en beauc\p de lieux no/re anci5ne creance4 ,en quoy il auoit vn tresbon aduis2 preuoyant bi5 p> disc\rs de raison1 que ce comm5cem5t de maladie decl9]oit aism5t en vn execrable a!isme4 ,c> le vulgaire n'ayant pas la facult de iug] des *oses p> elles mesmes1 se laissant emport] la ,=tune et aux app>5ces1 apres qu'on luy a mis en ma9 la h>diesse de mespris] et contr]oll] les op9ions qu'il auoit eus en extreme reu]5ce1 comme sont celles o il va de son salut1 et qu'on a mis aucuns articles de sa religion en d\bte et la balance1 il iette tanto/ apres aism5t en p>eille inc]titude t\tes les autres pieces de sa creance1 qui n'auoi5t pas *ez luy plus d'au?orit ny de fondem5t1 que celles qu'on luy a esbranles3 et sec\e comme vn i\g tyrannique t\tes les impressions1 qu'il auoit receues p> l'au?orit des loix1 ou reu]5ce de l'anci5 vsage1 ,nam cupid conculcatur nimis ant metutum2 entrepr5ant deslors en auant1 de ne receuoir ri51 quoy il n'ait int]pos son decret1 et pre/ p>ticuli] cons5tem5t4 ,or quelques i\rs auant sa mort1 mon p]e ayant de =tune r5contr ce liure s\bs vn tas d'autres papi]s ab&onnez1 me comm&a de le luy mettre en ,franois4 ,il faict bon traduire les au!urs1 comme celuy-l1 o il n'y a gu]e que la mati]e repres5t]3 mais ceux qui ont donn beauc\p la grace1 et l'elegance du langage1 ils sont dang]eux entrepr5dre1 nommm5t p\r les rapport] vn idiome plus foible4 ,c'e/oit vne occupation bi5 e/range et n\uelle p\r moy3 mais e/ant de =tune p\r lors de loisir1 et ne p\uant ri5 refus] au comm&em5t du meilleur p]e qui fut onques1 i'en v9s b\t1 comme ie peuz3 quoy il pr9t vn s+uli] plaisir1 et donna *>ge qu'on le fi/ imprim]3 ce qui fut execut apres sa mort4 ,ie tr\uay belles les imag9ations de cet au!ur1 la contexture de son ouurage bi5 suyuie2 et son desse9 ple9 de piet4 ,p> ce que beauc\p de g5s s'amus5t le lire1 et notamm5t les dames1 qui n\s deuons plus de s]uice1 ie me suis tr\u s\u5t mesme de les sec\rir1 p\r des*>g] leur liure de deux pr9cipales obiections qu'on luy faict4 ,sa f9 e/ h>die et c\rageuse1 c> il entrepr5d p> raisons huma9es et naturelles1 e/ablir et v]ifi] contre les a!i/es t\s les articles de la religion ,*re/i5ne4 ,en quoy1 dire la v]it1 ie le tr\ue si f]me et si heureux1 que ie ne p5se po9t qu'il soit possible de mieux faire en cet argum5t l2 et croy que nul ne l'a esgal4 ,cet ouurage me semblant trop ri*e et trop beau1 p\r vn au!ur1 duquel le nom soit si peu cogneu1 et duquel t\t ce que n\s sauons1 c'e/ qu'il e/oit ,espagnol1 faisant pr(ession de m$ec9e ,?\l\se1 il y a enuiron deux c5s ans2 ie m'enquis autrefois ,adrianus ,turnebus1 qui sauoit t\tes *oses1 que ce p\uoit e/re de ce liure3 il me respondit1 qu'il p5soit que ce fu/ quelque qu9te ess5ce tire de ,s4 ,?omas d',aqu93 c> de vray cet esprit l1 ple9 d'vne erudition inf9ie et d'vne subtilit admirable1 e/oit seul capable de telles imag9ations4 ,tant y a que quiconque en soit l'au!ur et inu5teur1 et ce n'e/ pas raison d'o/] sans plus gr&e occasion ,sebonde ce tiltre1 c'e/oit vn tres-suffisant homme1 et ayant plusieurs belles p>ties4 ,la premi]e repreh5sion qu'on fait de son ouurage2 c'e/ que les ,*re/i5s se font tort de v\loir appuy] leur creance1 p> des raisons huma9es1 qui ne se conoit que p> foy1 et p> vne inspiration p>ticuli]e de la grace diu9e4 ,en cette obiection1 il semble qu'il y ait quelque zele de piet3 et cette cause n\s faut-il auec autant plus de d\ceur et de respect essay] de satisfaire ceux qui la mett5t en auant4 ,ce s]oit mieux la *>ge d'vn homme v]s en la !ologie1 que de moy1 qui n'y say ri54 ,t\tefois ie iuge a9si1 qu' vne *ose si diu9e et si haulta9e1 et surpassant de si lo+ l'huma9e intellig5ce1 comme e/ cette v]it1 de laquelle il a pleu la bont de ,dieu n\s esclair]1 il e/ bi5 beso9 qu'il n\s pre/e encore son sec\rs1 d'vne faueur extraord9aire et priuilegie1 p\r la p\uoir conceuoir et log] en n\s3 et ne croy pas que les moy5s purem5t huma9s en soy5t aucunem5t capables4 ,et s'ils l'e/oi5t1 tant d'ames r>es et excell5tes1 et si abondamm5t g>nies de =ces naturelles s siecles anci5s1 n'euss5t pas failly p> leur disc\rs1 d'arriu] cette cognoissance4 ,c'e/ la foy seule qui embrasse viuem5t et c]ta9em5t les hauts my/]es de no/re religion4 ,mais ce n'e/ pas dire1 que ce soit vne tresbelle et tresl\able entrepr9se1 d'accommod] encore au s]uice de no/re foy1 les vtils naturels et huma9s1 que ,dieu n\s a donnez4 ,il ne fau/ pas d\bt] que ce ne soit l'vsage le plus honorable1 que n\s leur saurions donn]3 et qu'il n'e/ occupation ny desse9 plus digne d'vn homme ,*re/i51 que de vis] p> t\s ses e/udes et p5sem5s embellir1 e/5dre et amplifi] la v]it de sa creance4 ,n\s ne n\s cont5tons po9t de s]uir ,dieu d'esprit et d'ame3 n\s luy deuons encore1 et r5dons vne reu]5ce corporelle3 n\s appliquons noz membres mesmes1 et noz m\uem5ts et les *oses ext]nes l'honor]4 ,il en faut faire de mesme1 et accompaign] no/re foy de t\te la raison qui e/ en n\s3 mais t\si\rs auec cette res]uation1 de n'e/im] pas que ce soit de n\s qu'elle desp5de1 ny que nos ef=ts et argum5ts puiss5t atte9dre vne si sup]naturelle et diu9e sci5ce4 ,si elle n'entre *ez n\s p> vne infusion extraord9aire3 si elle y entre non seulem5t p> disc\rs1 mais encore p> moy5s huma9s1 elle n'y e/ pas en sa dignit ny en sa spl5deur4 ,et c]tes ie cra9 p\rtant que n\s ne la i\yssions que p> cette voye4 ,si n\s t5ions ,dieu p> l'entremise d'vne foy viue3 si n\s t5ions ,dieu p> luy1 non p> n\s3 si n\s auions vn pi$ et vn fondem5t diu91 les occasions huma9es n'auroi5t pas le p\uoir de n\s esbranl]1 comme elles ont3 no/re =t ne s]oit pas p\r se r5dre vne si foible batt]ie3 l'am\r de la n\uellet1 la contra9cte des ,pr9ces1 la bonne =tune d'vn p>ty1 le *angem5t tem]aire et =tuite de nos op9ions1 n'auroi5t pas la =ce de sec\r et alt]] no/re croyance3 n\s ne la lairrions pas tr\bl] la m]cy d'un n\uel argum5t1 et la p]suasion1 non pas de t\te la rhetorique qui fut onques3 n\s s\/i5drions ces flots d'vne f]met inflexible et immobile3 ,illisos fluctus rupes vt va/a refundit1 ,et v>ias circm latrantes dissipat vndas ,mole sua4 ,si ce rayon de la diu9it n\s t\*oit aucunem5t1 il y p>oi/roit p> t\t3 non seulem5t nos p>olles1 mais encore nos op]ations en port]oi5t la lueur et le lu/re4 ,t\t ce qui p>tiroit de n\s1 on le v]roit illum9 de cette noble cl>t4 ,n\s deurions auoir honte1 qu's sectes huma9es il ne fut iamais p>tisan1 quelque difficult et e/ranget que ma9t9/ sa doctr9e1 qui n'y con=ma/ aucunem5t ses deportem5s et sa vie3 et vne si diu9e et cele/e in/itution ne m>que les ,*re/i5s que p> la langue4 ,v\lez v\s voir cela8 comp>ez nos murs vn ,mahometan1 vn ,pay51 v\s demeurez t\si\rs au dess\bs4 ,l o au reg>d de l'auantage de no/re religion1 n\s deurions luire en excell5ce1 d'vne extreme et incomp>able di/ance3 et deuroit on dire1 sont ils si iu/es1 si *>itables1 si bons8 ils sont donq ,*re/i5s4 ,t\tes autres app>5ces sont communes t\tes religions3 esp]ance1 confiance1 eu5em5s1 c]emonies1 p5it5ce1 m>tyres4 ,la m]que peculi]e de no/re v]it deuroit e/re no/re v]tu1 comme elle e/ aussi la plus cele/e m]que1 et la plus difficile3 et que c'e/ la plus digne production de la v]it4 ,p\rtant eut raison no/re bon ,s4 ,loys1 qu& ce ,roy ,t>t>e1 qui s'e/oit faict ,*re/i51 desseignoit de v5ir ,lyon1 bais] les pi$s au ,pape1 et y recognoi/re la sanctimonie qu'il esp]oit tr\u] en nos murs1 de l'en de/\rn] in/amm5t1 de peur qu'au contraire1 no/re desborde faon de viure ne le dg\/a/ d'vne si sa9cte creance4 ,combi5 que depuis il adu9t t\t diu]sem5t1 cet autre1 lequel e/ant all ,rome p\r mesme effect1 y voyant la dissolution des prelats1 et peuple de ce temps l1 s'e/ablit d'autant plus =t en no/re religion1 consid]ant combi5 elle deuoit auoir de =ce et de diu9it1 ma9t5ir sa dignit et sa spl5deur1 p>my tant de corruption1 et en ma9s si vicieuses4 ,si n\s auions vne seule g\tte de foy1 n\s remu]ions les montaignes de leur place1 dict la sa9cte p>ole3 nos actions qui s]oi5t guides et accompaignes de la diu9it1 ne s]oi5t pas simplem5t huma9es1 elles auroi5t quelque *ose de miraculeux1 comme no/re croyance4 ,breuis e/ in/itutio vit hone/ beatque1 si cr$as4 ,les vns font accroire au monde1 qu'ils croy5t ce qu'ils ne croy5t pas4 ,les autres en plus gr& nombre1 se le font accroire eux mesmes1 ne sa*ants pas p5etr] que c'e/ que croire4 ,n\s tr\uons e/range si aux gu]res1 qui press5t cette heure no/re ,e/at1 n\s voyons flott] les eu5em5ts et diu]sifi] d'vne mani]e commune et ord9aire3 c'e/ que n\s n'y apportons ri5 que le no/re4 ,la iu/ice1 qui e/ en l'vn des p>tis1 elle n'y e/ que p\r ornem5t et c\u]ture3 elle y e/ bi5 allegue1 mais elle n'y e/ ny receu1 ny loge1 ny esp\se3 elle y e/ comme en la b\*e de l'aduocat1 non comme dans le cur et affection de la p>tie4 ,dieu doit son sec\rs extraord9aire la foy et la religion1 non pas nos passions4 ,les hommes y sont conducteurs1 et s'y s]u5t de la religion3 ce deuroit e/re t\t le contraire4 ,s5tez1 si ce n'e/ p> noz ma9s que n\s la m5ons3 tir] comme de cire tant de figures contraires1 d'vne regle si droitte et si f]me4 ,qu& s'e/ il veu mieux qu'en ,france en noz i\rs8 ,ceux qui l'ont pr9se gau*e1 ceux qui l'ont pr9se droitte1 ceux qui en dis5t le noir1 ceux qui en dis5t le blanc1 l'employ5t si p>eillem5t leurs viol5tes et ambitieuses entrepr9ses1 s'y conduis5t d'vn progrez si con=me en desbordem5t et iniu/ice1 qu'ils r5d5t d\bteuse et malaise croire la diu]sit qu'ils pret5d5t de leurs op9ions en *ose de laquelle dep5d la conduitte et loy de no/re vie4 ,peut on veoir p>tir de mesme es*ole et discipl9e des murs plus vnies1 plus vnes8 ,voyez l'horrible impud5ce dequoy n\s pelotons les raisons diu9es3 et combi5 irreligieusem5t n\s les auons et reiettes et repr9ses selon que la ,=tune n\s a *ang de place en ces orages publiques4 ,cette proposition si sol5ne3 ,s'il e/ p]mis au subiect de se rebell] et arm] contre son ,pr9ce p\r la def5se de la religion3 s\ui5ne v\s en quelles b\*es cette anne passe l'affirmatiue d'icelle e/oit l'arc-b\tant d'vn p>ti3 la negatiue1 de quel autre p>ti c'e/oit l'arc-b\tant4 ,et oyez pres5t de quel qu>ti] vi5t la voix et in/ruction de l'vne et de l'autre3 et si les armes bruy5t mo9s p\r cette cause que p\r celle l4 ,et n\s bruslons les g5ts1 qui dis5t1 qu'il faut faire s\ffrir la v]it le i\g de no/re beso+3 et de combi5 faict la ,france pis que de le dire8 ,confessons la v]it1 qui tri]oit de l'arme mesme legitime1 ceux qui y m>*5t p> le seul zele d'vne affection religieuse1 et encore ceux qui reg>d5t seulem5t la protection des loix de leur pays1 ou s]uice du ,pr9ce1 il n'en sauroit ba/ir vne compagnie de g5s-d>mes complete4 ,d'o vi5t cela1 qu'il s'en tr\ue si peu1 qui ay5t ma9t5u mesme volont et mesme progrez en nos m\uem5s publiques1 et que n\s les voyons tanto/ n'all] que le pas1 tanto/ y c\rir bride auale8 et mesmes hommes1 tanto/ ga/] nos affaires p> leur viol5ce et aspret1 tanto/ p> leur froideur1 mollesse et pesanteur2 si ce n'e/ qu'ils y sont p\ssez p> des consid]ations p>ticuli]es et casuelles1 selon la diu]sit desquelles ils se remu5t8 ,ie voy cela euidemm5t1 que n\s ne pre/ons volonti]s la deuotion que les (fices1 qui flatt5t noz passions4 ,il n'e/ po9t d'ho/ilit excell5te comme la ,*re/i5ne4 ,no/re zele fait m]ueilles1 qu& il va secondant no/re p5te v]s la ha9e1 la cruaut1 l'ambition1 l'au>ice1 la detraction1 la rebellion4 ,a contre-poil1 v]s la bont1 la b5ignit1 la temp]ance1 si1 comme p> miracle1 quelque r>e complexion ne l'y porte1 il ne va ny de pi$1 ny d'aile4 ,no/re religion e/ faicte p\r extirp] les vices3 elle les c\ure1 les n\rrit1 les incite4 ,il ne faut po9t faire b>be de fo>re ,dieu1 comme on dict4 ,si n\s le croyions1 ie ne dy pas p> foy1 mais d'vne simple croyance3 voire1 et ie le dis no/re gr&e confusion1 si n\s le croyions et cognoissions comme vne autre hi/oire1 comme l'vn de nos compaignons1 n\s l'aim]ions au dessus de t\tes autres *oses1 p\r l'inf9ie bont et beaut qui reluit en luy3 au mo9s m>*]oit il en mesme r5g de no/re affection1 que les ri*esses1 les plaisirs1 la gloire et nos amis4 ,le meilleur de n\s ne cra9d po9t de l'outrag]1 comme il cra9d d'outrag] son vois91 son p>5t1 son mai/re4 ,e/-il si simple ent5dem5t1 lequel ayant d'vn co/ l'obiect d'vn de nos vicieux plaisirs1 et de l'autre en p>eille cognoissance et p]suasion1 l'e/at d'vne gloire immortelle1 entra/1 en bigue de l'vn p\r l'autre8 ,et si n\s y r5onons s\u5t de pur mespris3 c> quelle enuie n\s attire au blasphem]1 s9on l'adu5ture l'enuie mesme de l'(f5se8 ,le philosophe ,anti/h5es1 comme on l'initioit aux my/]es d',orpheus1 le pre/re luy disant1 que ceux qui se vooy5t cette religion1 auoy5t receuoir apres leur mort des bi5s et]nels et p>faicts3 ,p\rquoy si tu le crois ne meurs tu donc toy mesmes8 luy fit-il4 ,diog5es plus brusquem5t selon sa mode1 et plus lo+ de no/re propos1 au pre/re qui le pres*oit de mesme1 de se faire de son ordre1 p\r p>u5ir aux bi5s de l'autre monde3 ,veux tu pas que ie croye qu',agesilas et ,epam9ondas1 si gr&s hommes1 s]ont mis]ables1 et que toy qui n'es qu'vn veau1 et qui ne fais ri5 qui vaille2 s]as bi5 heureux1 p> ce que tu s pre/re8 ,ces gr&es promesses de la beatitude et]nelle si n\s les receuions de p>eille au?orit qu'vn disc\rs philosophique1 n\s n'aurions pas la mort en telle horreur que n\s auons3 ,non iam se mori5s dissolui conqu]]etur1 ,s$ magis ire =as1 ve/mque rel9qu]e1 vt anguis1 ,gaud]et1 prlonga s5ex aut cornua c]uus4 ,ie veux e/re diss\lt1 dirions n\s1 et e/re aueques ,iesus-,*ri/4 ,la =ce du disc\rs de ,platon de l'immortalit de l'ame1 p\ssa bi5 aucuns de ses disciples la mort1 p\r i\r plus promptem5t des esp]ances qu'il leur donnoit4 ,t\t cela c'e/ vn signe tres-euid5t que n\s ne receuons no/re religion qu' no/re faon et p> nos ma9s1 et non autrem5t que comme les autres religions se reoiu5t4 ,n\s n\s sommes r5contrez au pays1 o elle e/oit en vsage1 ou n\s reg>dons son anci5net1 ou l'au?orit des hommes qui l'ont ma9t5u1 ou craignons les m5aces qu'elle atta*e aux mescreans1 ou suyuons ses promesses4 ,ces consid]ations l doiu5t e/re employes no/re creance1 mais comme subsidiaires3 ce sont liaisons huma9es4 ,vne autre region1 d'autres tesmo+s1 p>eilles promesses et m5asses1 n\s p\rroy5t imprim] p> mesme voye vne creance contraire4 ,n\s sommes ,*re/i5s mesme tiltre que n\s sommes ou ,p]igord9s ou ,alemans4 ,et ce que dit ,plato1 qu'il e/ peu d'hommes si f]mes en l'a!sme1 qu'vn dang] pressant ne ram5e la recognoissance de la diu9e puissance3 ce rolle ne t\*e po9t vn vray ,*re/i54 ,c'e/ faire aux religions mortelles et huma9es1 d'e/re receus p> vne huma9e conduite4 ,quelle foy doit ce e/re1 que la las*et et la foiblesse de cur plant5t en n\s et e/abliss5t8 ,plaisante foy1 qui ne croid ce qu'elle croid1 que p\r n'auoir le c\rage de le descroire4 ,vne vitieuse passion1 comme celle de l'incon/ance et de l'e/onnem5t1 peut elle faire en no/re ame aucune production regle8 ,ils e/abliss5t1 dit-il1 p> la raison de leur iugem5t1 que ce qui se recite des enf]s1 et des pe9es futures e/ fe9t1 mais l'occasion de l'exp]im5t] s'(frant lors que la vieillesse ou les maladies les appro*5t de leur mort3 la t]reur d'icelle les remplit d'vne n\uelle creance1 p> l'horreur de leur condition v5ir4 ,et p> ce que telles impressions r5d5t les c\rages cra9tifs1 il def5d en ses ,loix t\te in/ruction de telles m5aces1 et la p]suasion que des ,dieux il puisse v5ir l'homme aucun mal1 s9on p\r son plus gr& bi5 qu& il y es*oit1 et p\r vn m$ec9al effect4 ,ils recit5t de ,bion1 qu'infect des a!smes de ,!odorus1 il auoit e/ long temps se moquant des hommes religieux3 mais la mort le surpr5ant1 qu'il se r5dit aux plus extremes sup]/itions3 comme si les ,dieux s'o/oy5t et se remettoy5t selon l'affaire de ,bion4 ,platon1 et ces exemples1 veul5t conclurre1 que n\s sommes ram5ez la creance de ,dieu1 ou p> raison1 ou p> =ce4 ,l'a!sme e/ant vne proposition1 comme desnature et mon/rueuse1 difficile aussi1 et malaise d'e/ablir en l'esprit huma91 p\r insol5t et desregl qu'il puisse e/re3 il s'en e/ veu assez1 p> vanit et p> fi]t de conceuoir des op9ions non vulgaires1 et re=matrices du monde1 en affect] la pr(ession p> cont5ance3 qui1 s'ils sont assez fols1 ne sont pas assez =ts1 p\r l'auoir plante en leur consci5ce4 ,p\rtant ils ne lairront de io9dre leurs ma9s v]s le ciel1 si v\s leur atta*ez vn bon c\p d'espe en la poitr9e3 et qu& la cra9te ou la maladie aura abatu et appesanti cette lic5tieuse f]ueur d'humeur volage1 ils ne lairront pas de se reu5ir1 et se laiss] t\t discretem5t mani] aux creances et exemples publiques4 ,autre *ose e/1 vn dogme s]ieusem5t dig]1 autre *ose ces impressions sup]ficielles3 lesquelles nes de la desbau*e d'vn esprit desman*1 vont nageant tem]airem5t et inc]ta9em5t en la fantasie4 ,hommes bi5 mis]ables et esc]uellez1 qui tas*5t d'e/re pires qu'ils ne peuu5t6 ,l'erreur du paganisme1 et l'ignorance de no/re sa9cte v]it1 laissa tomb] cette gr&e ame3 mais gr&e d'huma9e gr&eur seulem5t1 encores en cet autre vois9 abus1 que les enfans et les vieill>s se tr\u5t plus susceptibles de religion1 comme si elle naissoit et tiroit son cr$it de no/re imbecillit4 ,le neud qui deuroit atta*] no/re iugem5t et no/re volont1 qui deuroit e/re9dre no/re ame et io9dre no/re ,createur1 ce deuroit e/re vn neud pr5ant ses repliz et ses =ces1 non pas de noz consid]ations1 de noz raisons et passions1 mais d'vne e/re9te diu9e et sup]naturelle1 n'ayant qu'vne =me1 vn visage1 et vn lu/re1 qui e/ l'au?orit de ,dieu et sa grace4 ,or no/re cur et no/re ame e/ant regie et comm&e p> la foy1 c'e/ raison qu'elle tire au s]uice de son desse9 t\tes nos autres pieces selon leur porte4 ,aussi n'e/-il pas croyable1 que t\te cette ma*9e n'ait quelques m]ques empre9tes de la ma9 de ce gr& ar*itecte1 et qu'il n'y ait quelque image s *oses du monde raportant aucunem5t l'ouuri]1 qui les a ba/ies et =mes4 ,il a laiss en ces hauts ouurages le *>act]e de sa diu9it1 et ne ti5t qu' no/re imbecillit1 que n\s ne le puissions desc\urir4 ,c'e/ ce qu'il n\s dit luy-mesme1 que ses op]ations inuisibles1 il n\s les manife/e p> les visibles4 ,sebonde s'e/ trauaill ce digne e/ude1 et n\s montre comm5t il n'e/ piece du monde1 qui desm5te son facteur4 ,ce s]oit faire tort la bont diu9e1 si l'vniu]s ne cons5toit no/re creance4 ,le ciel1 la t]re1 les elem5s1 no/re corps et no/re ame1 t\tes *oses y conspir5t3 il n'e/ que de tr\u] le moy5 de s'en s]uir3 elles n\s in/ruis5t1 si n\s sommes capables d'ent5dre4 ,c> ce monde e/ vn temple tressa9ct1 d$ans lequel l'homme e/ introduict1 p\r y contempl] des /atues1 non ouures de mortelle ma91 mais celles que la diu9e p5se a faict s5sibles1 le soleil1 les e/oilles1 les eaux et la t]re1 p\r n\s repres5t] les intelligibles4 ,les *oses inuisibles de ,dieu1 dit ,sa9ct ,paul1 app>oiss5t p> la creation du monde1 consid]ant sa sapi5ce et]nelle1 et sa diu9it p> ses uures4 ,atque adeo faciem cli non inuidet orbi ,ipse ,deus1 vultsque suos corpsque recludit ,semp] volu5do2 sque ipsum inculcat et (f]t1 ,vt b5e cognosci possit1 docetque vid5do ,qualis eat1 docetque suas att5d]e leges4 ,or nos raisons et nos disc\rs huma9s c'e/ comme la mati]e l\rde et /]ile3 la grace de ,dieu en e/ la =me3 c'e/ elle qui y donne la faon et le prix4 ,t\t a9si que les actions v]tueuses de ,socrates et de ,caton demeur5t va9es et inutiles p\r n'auoir eu leur f91 et n'auoir reg>d l'am\r et obeyssance du vray createur de t\tes *oses1 et p\r auoir ignor ,dieu3 a9s9 e/-il de nos imag9ations et disc\rs3 ils ont quelque corps1 mais vne masse in=me1 sans faon et sans i\r1 si la foy et grace de ,dieu n'y sont io9ctes4 ,la foy v5ant te9dre et illu/r] les argum5s de ,sebonde1 elle les r5d f]mes et solides3 ils sont capables de s]uir d'a*em9em5t1 et de premi]e guyde vn appr5tif1 p\r le mettre la voye de cette cognoissance3 ils le faonn5t aucunem5t et r5d5t capable de la grace de ,dieu1 p> le moy5 de laquelle se p>f\rnit et se p>faict apres no/re creance4 ,ie say vn homme d'au?orit n\rry aux lettres1 qui m'a confess auoir e/ ram5 des erreurs de la mescreance p> l'entremise des argum5s de ,sebonde4 ,et qu& on les desp\ll]a de cet ornem5t1 et du sec\rs et approbation de la foy1 et qu'on les pr5dra p\r fantasies pures huma9es1 p\r en combatre ceux qui sont precipitez aux esp\uantables et horribles t5ebres de l'irreligion1 ils se tr\u]ont encores lors1 aussi solides et autant f]mes1 que nuls autres de mesme condition qu'on leur puisse oppos]4 ,de faon que n\s s]ons sur les t]mes de dire nos p>ties1 ,si melius quid habes1 acc]se2 vel imp]ium f]4 ,qu'ils s\ffr5t la =ce de nos preuues1 ou qu'ils n\s en fac5t voir ailleurs1 et sur quelque autre subiect1 de mieux tissus1 et mieux e/(fes4 ,ie me suis sans y p5s] demy desia engag dans la seconde obiection1 laquelle i'auois propos de respondre p\r ,sebonde4 ,aucuns dis5t que ses argum5s sont foibles et ineptes v]ifi] ce qu'il veut1 et entrepr5n5t de les *oqu] aysm5t4 ,il faut sec\r ceux cy vn peu plus rudem5t3 c> ils sont plus dang]eux et plus malitieux que les premi]s4 ,on c\*e volonti]s les dicts d'autruy la faueur des op9ions qu'on a preiuges en soy4 ,a vn a!/e t\s escrits tir5t l'a!sme4 ,il infecte de son propre v59 la mati]e innoc5te4 ,ceux cy ont quelque preoccupation de iugem5t qui leur r5d le g\/ fade aux raisons de ,sebonde4 ,au demeurant il leur semble qu'on leur donne beau ieu1 de les mettre en lib]t de combattre no/re religion p> les armes pures huma9es1 laquelle ils n'os]oy5t attaqu] en sa maje/ ple9e d'au?orit et de comm&em5t4 ,le moy5 que ie pr5s p\r rabatre cette fr5esie1 et qui me semble le plus propre1 c'e/ de froiss] et f\l] aux pi$s l'orgueil1 et l'huma9e fi]t3 leur faire s5tir l'inanit1 la vanit1 et d5eantise de l'homme3 leur arra*] des po+ts1 les *etiues armes de leur raison3 leur faire baiss] la te/e et mordre la t]re1 s\bs l'au?orit et reu]5ce de la maje/ diu9e4 ,c'e/ elle seule qu'app>ti5t la sci5ce et la sapi5ce3 elle seule qui peut e/im] de soy quelque *ose1 et qui n\s desrobons ce que n\s n\s contons1 et ce que n\s n\s prisons4 4 ,abbattons ce cuid]1 premi] fondem5t de la tyrannie du mal+ esprit4 ,deus sup]bis resi/it3 humilibus autem dat gratiam4 ,l'intellig5ce e/ en t\ts les ,dieux1 dit ,platon1 et po9t ou peu aux hommes4 ,or c'e/ cep5dant beauc\p de consolation l'homme ,*re/i51 de voir nos vtils mortels et caduques1 si proprem5t assortis no/re foy sa9cte et diu9e3 que lors qu'on les employe aux suiects de leur nature mortels et caduques1 ils n'y soi5t pas appropriez plus vniem5t1 ny auec plus de =ce4 ,voyons donq si l'homme a en sa puissance d'autres raisons plus =tes que celles de ,sebonde3 voire s'il e/ en luy d'arriu] aucune c]titude p> argum5t et p> disc\rs4 ,c> sa9ct ,augu/9 plaidant contre ces g5ts icy1 a occasion de repro*] leur iniu/ice1 en ce qu'ils ti5n5t les p>ties de no/re creance fauces1 que no/re raison faut e/ablir4 ,et p\r montr] qu'assez de *oses peuu5t e/re et auoir e/1 desquelles no/re disc\rs ne sauroit fond] la nature et les causes3 il leur met en auant c]ta9es exp]i5ces cognus et indubitables1 ausquelles l'homme confesse ri5 ne veoir4 ,et cela faict il1 comme t\tes autres *oses1 d'vne curieuse et +5ieuse re*]*e4 ,il faut plus faire1 et leur appr5dre1 que p\r conua9cre la foiblesse de leur raison1 il n'e/ beso+ d'all] triant des r>es exemples3 et qu'elle e/ si manque et si aueugle1 qu'il n'y a nulle si claire facilit1 qui luy soit assez claire3 que l'aiz et le malais luy sont vn3 que t\s subiects egalem5t1 et la nature en g5]al desadu\ sa iurisdiction et entremise4 ,que n\s pres*e la v]it1 qu& elle n\s pres*e de fuir la monda9e philosophie3 qu& elle n\s inculque si s\u5t1 que no/re sagesse n'e/ que folie deuant ,dieu3 que de t\tes les vanitez la plus va9e c'e/ l'homme3 que l'homme qui presume de son sauoir1 ne sait pas encore que c'e/ que sauoir3 et que l'homme1 qui n'e/ ri51 s'il p5se e/re quelque *ose1 se s$uit soy-mesmes1 et se trompe8 ,ces s5t5ces du sa9ct ,esprit exprim5t si clairem5t et si viuem5t ce que ie veux ma9t5ir1 qu'il ne me faudroit aucune autre preuue contre des g5s qui se r5droi5t auec t\te submission et obeyssance son au?orit4 ,mais ceux cy veul5t e/re f\tez leurs propres desp5s1 et ne veul5t s\ffrir qu'on combatte leur raison que p> elle mesme4 ,consid]ons donq p\r cette heure1 l'homme seul1 sans sec\rs e/rang]1 arm seulem5t de ses armes1 et desp\rueu de la grace et cognoissance diu9e1 qui e/ t\t son honneur1 sa =ce1 et le fondem5t de son e/re4 ,voyons combi5 il a de t5u en ce bel equipage4 ,qu'il me face ent5dre p> l'ef=t de son disc\rs1 sur quels fondem5s il a ba/y ces gr&s auantages1 qu'il p5se auoir sur les autres creatures4 ,qui luy a p]suad que ce branle admirable de la v\te cele/e1 la lumi]e et]nelle de ces flambeaux r\lans si fi]em5t sur sa te/e1 les m\uem5s esp\u5tables de cette m] inf9ie1 soy5t e/ablis et se cont9u5t tant de siecles1 p\r sa commodit et p\r son s]uice8 ,e/-il possible de ri5 imag9] si ridicule1 que cette mis]able et *etiue creature1 qui n'e/ pas seulem5t mai/resse de soy1 expose aux (f5ces de t\tes *oses1 se die mai/resse et emp]i]e de l'vniu]s8 duquel il n'e/ pas en sa puissance de cognoi/re la mo9dre p>tie1 tant s'en faut de la comm&]4 ,et ce priuilege qu'il s'attribu d'e/re seul en ce gr& ba/im5t1 qui ayt la suffisance d'en recognoi/re la beaut et les pieces1 seul qui en puisse r5dre graces l'ar*itecte1 et t5ir conte de la recepte et mise du monde3 qui luy a seel ce priuilege8 qu'il n\s montre lettres de cette belle et gr&e *>ge4 ,ont elles e/ ottroyes en faueur des sages seulem5t8 ,elles ne t\*5t gu]e de g5ts4 ,les fols et les mes*ants sont-ils dignes de faueur si extraord9aire8 et e/ants la pire piece du monde1 d'e/re pref]ez t\t le re/e8 en croirons n\s ce/uy-l2 ,quorum igitur causa quis dix]it effectum esse mundum8 ,eorum scilicet animantium1 qu ratione vtuntur2 hi sunt dij et hom9es1 quibus pr(ect nihil e/ melius4 ,n\s n'aurons iamais assez bafo l'impud5ce de cet acc\plage4 ,mais pauuret qu'a il en soy digne d'vn tel auantage8 ,a consid]] cette vie incorruptible des corps cele/es1 leur beaut1 leur gr&eur1 leur agitation cont9ue d'vne si iu/e regle3 ,cm suscipimus magni cle/ia mundi ,templa sup]1 /ellisque micantibus ?ra fixum1 ,et v5it 9 m5tem ,lun ,solisque vi>um3 consid]] la dom9ation et puissance que ces corps l ont1 non seulem5t sur nos vies et conditions de no/re =tune1 ,facta et5im et vitas hom9um susp5dit ab a/ris3 mais sur nos incl9ations mesmes1 nos disc\rs1 nos volontez3 qu'ils regiss5t1 p\ss5t et agit5t la m]cy de leurs influances1 selon que no/re raison n\s l'appr5d et le tr\ue3 ,speculatque long ,depr5dit tacitis dom9antia legibus a/ra1 ,et totum alt]na mundum ratione m\]i1 ,fatormque vices c]tis disc]n]e signis3 voir que non vn homme seul1 non vn ,roy1 mais les mon>*ies1 les empires1 et t\t ce bas monde se meut au branle des mo9dres m\uem5ts cele/es3 ,quantque qum p>ui faciant discrim9a motus3 ,tantum e/ hoc regnum1 quod regibus imp]at ipsis6 si no/re v]tu1 nos vices1 no/re suffisance et sci5ce1 et ce mesme disc\rs que n\s faisons de la =ce des a/res1 et cette comp>aison d'eux n\s1 elle vi5t1 comme iuge no/re raison1 p> leur moy5 et de leur faueur3 ,furit alt] amore1 ,et pontum tran>e pote/ et v]t]e ,troiam1 ,alt]ius sors e/ scrib5dis legibus apta2 ,ecce patrem nati p]imunt1 natsque p>5tes1 ,mutuque armati coeunt 9 vuln]a fratres2 ,non no/rum hoc bellum e/1 coguntur tanta m\]e1 ,inque suas f]ri pnas1 lac]&que membra1 ,hoc quoque fatale e/ sic ipsum exp5d]e fatum4 n\s t5ons de la di/ribution du ciel cette "p de raison que n\s auons1 comm5t n\s p\rra elle esgal] luy8 comm5t s\bs-mettre no/re sci5ce son ess5ce et ses conditions8 ,t\t ce que n\s voyons en ces corps l1 n\s e/onne2 qu molitio1 qu f]ram5ta1 qui vectes1 qu ma*91 qui m9i/ri tanti op]is fu]unt8 p\rquoy les priuons n\s et d'ame1 et de vie1 et de disc\rs8 y auons n\s reconnu quelque /upidit immobile et ins5sible1 n\s qui n'auons aucun comm]ce auec eux que d'obessance8 ,dirons n\s1 que n\s n'auons veu en nulle autre creature1 qu'en l'homme1 l'vsage d'vne ame raisonnable8 ,et quoy8 ,auons n\s veu quelque *ose semblable au soleil8 ,laisse-il d'e/re1 p> ce que n\s n'auons ri5 veu de semblable8 et ses m\uem5ts d'e/re1 p> ce qu'il n'en e/ po9t de p>eils8 ,si ce que n\s n'auons pas veu1 n'e/ pas1 no/re sci5ce e/ m]ueilleusem5t racc\rcie4 ,qu sunt tant animi angu/i8 ,sont ce pas des songes de l'huma9e vanit1 de faire de la lune vne t]re cele/e8 y deu9] des montaignes1 des valles1 comme ,anaxagoras8 y plant] des habitations et demeures huma9es1 et y dress] des colonies p\r no/re commodit1 comme faict ,platon et ,plut>que8 et de no/re t]re en faire vn a/re esclairant et lum9eux8 ,int] ct]a mortalitatis incommoda1 et hoc e/1 caligo m5tium3 nec tantm necessitas err&i1 s$ errorum amor4 ,corruptibile corpus aggrauat animam1 et deprimit t]r5a inhabitatio s5sum multa cogitantem4 ,la presomption e/ no/re maladie naturelle et orig9elle4 ,la plus calamiteuse et fragile de t\tes les creatures c'e/ l'homme1 et quant et quant1 la plus orgueilleuse4 ,elle se s5t et se void loge icy p>my la b\rbe et le fi5t du monde1 atta*e et cloe la pire1 plus morte et cr\pie p>tie de l'vniu]s1 au d]ni] e/age du logis1 et le plus esloign de la v\te cele/e1 auec les animaux de la pire condition des trois3 et se va plantant p> imag9ation au dessus du c]cle de la lune1 et ram5ant le ciel s\bs ses pi$s4 ,c'e/ p> la vanit de cette mesme imag9ation qu'il s'egale ,dieu1 qu'il s'attribue les conditions diu9es1 qu'il se trie soy-mesme et sep>e de la presse des autres creatures1 taille les p>ts aux animaux ses confr]es et compagnons1 et leur di/ribue telle portion de facultez et de =ces1 que bon luy semble4 ,comm5t cognoi/ il p> l'ef=t de son intellig5ce1 les branles int]nes et secrets des animaux8 p> quelle comp>aison d'eux n\s conclud il la be/ise qu'il leur attribue8 ,qu& ie me i\ ma *atte1 qui sait1 si elle passe son temps de moy plus que ie ne fay d'elle8 ,n\s n\s entret5ons de s+]ie reciproques4 ,si i'ay mon heure de comm5c] ou de refus]1 aussi elle la si5ne4 ,platon en sa pe9ture de l'aage dor s\s ,saturne1 compte entre les pr9cipaux aduantages de l'homme de lors1 la communication qu'il auoit auec les be/es1 desquelles s'enqu]ant et s'in/ruisant1 il sauoit les vrayes qualitez1 et diff]5ces de *acune d'icelles3 p> o il acqu]oit vne tres p>faicte intellig5ce et prud5ce2 et en conduisoit de bi5 lo+ plus heureusem5t sa vie1 que n\s ne saurions faire4 ,n\s faut il meilleure preuue iug] l'impud5ce huma9e sur le faict des be/es8 ,ce gr& au!ur a op9 qu'en la plus "p de la =me corporelle1 que ,nature leur a donn1 elle a reg>d seulem5t l'vsage des progno/ications1 qu'on en tiroit en son temps4 ,ce defaut qui empes*e la communication d'entre elles et n\s1 p\rquoy n'e/ il aussi bi5 n\s qu' elles8 ,c'e/ deu9] qui e/ la faute de ne n\s ent5dre po9t3 c> n\s ne les ent5dons non plus qu'elles n\s4 ,p> cette mesme raison elles n\s peuu5t e/im] be/es1 comme n\s les e/imons4 ,ce n'e/ pas gr& m]ueille1 si n\s ne les ent5dons pas1 aussi ne faisons n\s les ,basques et les ,troglodytes4 ,t\tesfois aucuns se sont vantez de les ent5dre1 comme ,appollonius ,?yaneus1 ,melampus1 ,tiresias1 ,?ales et autres4 ,et puis qu'il e/ a9si1 comme dis5t les cosmographes1 qu'il y a des nations qui reoyu5t vn *i5 p\r leur ,roy1 il faut bi5 qu'ils donn5t c]ta9e int]pretation sa voix et m\uem5ts4 ,il n\s faut rem]qu] la p>it qui e/ entre n\s4 ,n\s auons quelque moy5ne intellig5ce de leurs s5s1 aussi ont les be/es des no/res1 enuiron mesme mesure4 ,elles n\s flatt5t1 n\s m5ass5t1 et n\s requi]5t3 et n\s elles4 ,au demeurant n\s dec\urons bi5 euidemm5t1 qu'entre elles il y a vne ple9e et enti]e communication1 et qu'elles s'entr'ent5d5t1 non seulem5t celles de mesme espece1 mais aussi d'especes diu]ses3 ,et mut pecudes1 et d5ique secla f]>um ,dissimiles su]unt voces v>isque ciu]e ,cm metus aut dolor e/1 aut cm iam gaudia gliscunt4 ,en c]ta9 abboy] du *i5 le *eual cognoi/ qu'il y a de la col]e3 de c]ta9e autre si5ne voix1 il ne s'effraye po9t4 ,aux be/es mesmes qui n'ont pas de voix1 p> la societ d'(fices1 que n\s voyons entre elles1 n\s argum5tons aism5t quelque autre moy5 de communication3 leurs m\uem5s disc\r5t et traict5t4 ,non alia long ratione atque ipsa videtur ,protrah]e ad ge/um pu]os infantia l+u4 ,p\rquoy non1 t\t aussi bi5 que nos muets disput5t1 argum5t5t1 et cont5t des hi/oires p> signes8 ,i'en ay veu de si s\ples et =mez cela1 qu' la v]it1 il ne leur manquoit ri5 la p]fection de se sauoir faire ent5dre4 ,les am\reux se c\rr\ss5t1 se reconcili5t1 se pri5t1 se rem]ci5t1 s'assign5t1 et dis5t en f9 t\tes *oses des yeux4 ,e'l sil5tio ancor suole ,hau] prieghi e p>ole4 ,quoy des ma9s8 n\s requ]ons1 n\s promettons1 appellons1 cong$ions1 m5aons1 prions1 supplions1 nions1 refusons1 int]rogeons1 admirons1 nombrons1 confessons1 rep5tons1 craignons1 v]goignons1 d\btons1 in/ruisons1 comm&ons1 incitons1 enc\rageons1 iurons1 tesmoignons1 accusons1 condamnons1 absoluons1 iniurions1 mesprisons1 deffions1 despittons1 flattons1 applaudissons1 b5issons1 humilions1 moquons1 reconcilions1 recomm&ons1 exaltons1 fe/oyons1 resi\ssons1 complaignons1 attri/ons1 descon=tons1 desesp]ons1 e/onnons1 escrions1 taisons3 et quoy non8 d'vne v>iation et multiplication l'enuy de la langue4 ,de la te/e n\s conuions1 r5uoyons1 aduoons1 desaduoons1 desm5tons1 bi5ueignons1 honorons1 v5]ons1 d$aignons1 dem&ons1 esconduisons1 egayons1 lam5tons1 c>essons1 tansons1 s\bsmettons1 brauons1 enhortons1 m5aons1 asseurons1 enqu]ons4 ,quoy des s\rcils8 ,quoy des espaules8 ,il n'e/ m\uem5t1 qui ne p>le1 et vn langage intelligible sans discipl9e1 et vn langage publique4 ,qui fait1 voyant la v>iet et vsage di/+u des autres1 que ce/uy-cy doibt plu/o/ e/ iug le propre de l'huma9e nature4 ,ie laisse "p ce que p>ticuli]em5t la necessit en appr5d s\da9 ceux qui en ont beso+3 et les alphabets des doigts1 et grammaires en ge/es3 et les sci5ces qui ne s'ex]c5t et ne s'exprim5t que p> iceux3 et les nations que ,pl9e dit n'auoir po9t d'autre langue4 ,vn ambassadeur de la ville d',abd]e1 apres auoir longuem5t p>l au ,roy ,agis de ,sp>te1 luy dem&a3 ,et bi51 ,sire1 quelle responce veux-tu que ie rapporte nos citoy5s8 que ie t'ay laiss dire t\t ce que tu z v\lu1 et tant que tu z v\lu1 sans iamais dire mot3 voila pas vn taire p>li] et bi5 intelligible8 ,au re/e1 quelle sorte de no/re suffisance ne recognoissons n\s aux op]ations des animaux8 e/-il police regle auec plus d'ordre1 diu]sifie plus de *>ges et d'(fices1 et plus con/amm5t entret5u1 que celle des m\*es miel8 ,cette disposition d'actions et de vacations si ordonne1 la p\uons n\s imag9] se conduire sans disc\rs et sans prud5ce8 ,8 quidam signis atque hc exempla sequuti1 ,esse apibus p>tem diu9 m5tis1 et hau/us !reos dix]e4 ,les arondelles que n\s voyons au ret\r du pr9temps furet] t\s les co9s de nos maisons1 *]*5t elles sans iugem5t1 et *oisiss5t elles sans discretion de mille places1 celle qui leur e/ la plus commode se log]8 ,et en cette belle et admirable contexture de leurs ba/im5s1 les oiseaux peuu5t ils se s]uir plu/o/ d'vne figure qu>re1 que de la ronde1 d'vn angle obtus1 que d'vn angle droit1 sans en sauoir les conditions et les effects8 ,pr5n5t-ils tanto/ de l'eau1 tanto/ de l'argile1 sans iug] que la duret s'amollit en l'humectant8 ,plan*5t-ils de m\sse leur palais1 ou de duuet1 sans preuoir que les membres t5dres de leurs petits y s]ont plus mollem5t et plus l'aise8 ,se c\ur5t-ils du v5t pluuieux1 et plant5t leur loge l'ori5t1 sans cognoi/re les conditions diff]5tes de ces v5ts1 et consid]] que l'vn leur e/ plus salutaire que l'autre8 ,p\rquoy espessit l'araigne sa toile en vn endroit1 et relas*e en vn autre8 se s]t cette heure de cette sorte de neud1 tanto/ de celle-l1 si elle n'a et delib]ation1 et p5sem5t1 et conclusion8 ,n\s recognoissons assez en la plusp>t de leurs ouurages1 combi5 les animaux ont d'excell5ce au dessus de n\s1 et combi5 no/re art e/ foible les imit]4 ,n\s voyons t\tesfois aux no/res plus grossi]s1 les facultez que n\s y employons1 et que no/re ame s'y s]t de t\tes ses =ces3 p\rquoy n'en e/imons n\s autant d'eux8 ,p\rquoy attribuons n\s ie ne say quelle incl9ation naturelle et s]uile1 les ouurages qui surpass5t t\t ce que n\s p\uons p> nature et p> art8 ,en quoy sans y p5s] n\s leur donnons vn tres-gr& auantage sur n\s1 de faire que ,nature p> vne d\ceur mat]nelle les accompaigne et guide1 comme p> la ma9 t\tes les actions et commoditez de leur vie1 et qu' n\s elle n\s ab&onne au haz>d et la =tune1 et que/] p> art1 les *oses necessaires no/re cons]uation2 et n\s refuse quant et quant les moy5s de p\uoir arriu] p> aucune in/itution et cont5tion d'esprit1 la suffisance naturelle des be/es3 de mani]e que leur /upidit brutale surpasse en t\tes commoditez1 t\t ce que peult no/re diu9e intellig5ce4 ,vrayem5t ce compte n\s aurions bi5 raison de l'appell] vne tres-iniu/e m>a/re4 ,mais il n'en e/ ri51 no/re police n'e/ pas si dif=me et desregle4 ,nature a embrass vniu]sellem5t t\tes ses creatures3 et n'en e/ aucune1 qu'elle n'ait bi5 pla9em5t f\rny de t\s moy5s necessaires la cons]uation de son e/re4 ,c> ces pla9tes vulgaires que i'oy faire aux hommes 7comme la lic5ce de leurs op9ions les esleue tanto/ au dessus des nus1 et puis les rauale aux ,antipodes7 que n\s sommes le seul animal ab&onn1 nud sur la t]re nu1 li1 g>rott1 n'ayant dequoy s'arm] et c\urir que de la desp\lle d'autruy3 l o t\tes les autres creatures1 ,nature les a reue/us de coquilles1 de g\sses1 d'escorse1 de poil1 de la9e1 de po9tes1 de cuir1 de b\rre1 de plume1 d'escaille1 de toison1 et de soye selon le beso9 de leur e/re3 les a armes de griffes1 de d5ts1 de cornes1 p\r assaillir et p\r def5dre1 et les a elle mesmes in/ruites ce qui leur e/ propre1 nag]1 c\rir1 vol]1 *ant]3 l o l'homme ne sait ny *em9]1 ny p>l]1 ny mang]1 ny ri5 que pleur] sans appr5tissage4 ,tum porro pu]1 vt suis proiectus ab vndis ,nauita1 nudus humi iacet infans1 indigus omni ,vitali auxilio1 cm primm 9 lum9is oras ,nexibus ex aluo matris natura pr(udit1 ,vagitque locum lugubri complet1 vt quum e/ ,cui tantm 9 vita re/et transire malorum4 ,at v>i crescunt pecudes1 arm5ta1 f]que1 ,nec crepitacula eis opus e/1 nec cuiquam adhib5da e/ ,alm nutricis bl&a atque infracta loquela2 ,nec v>ias qurunt ve/es pro tempore cli2 ,d5ique non armis opus e/1 non mnibus altis ,queis sua tut5tur1 qu&o omnibus omnia l>g ,tellus ipsa p>it1 naturque ddala r]um4 ,ces pla9tes l sont fauces3 il y a en la police du monde1 vne egalit plus gr&e1 et vne relation plus vni=me4 ,no/re peau e/ p\rueue aussi suffisamm5t que la leur1 de f]met contre les iniures du temps1 tesmo+ plusieurs nations1 qui n'ont encores essay nul vsage de ve/em5s4 ,nos anci5s ,gaulois n'e/oi5t gu]es ve/us1 ne sont pas les ,irl&ois noz vois9s1 s\bs vn ciel si froid4 ,mais n\s le iugeons mieux p> n\s mesmes3 c> t\s les endroits de la p]sonne1 qu'il n\s plai/ desc\urir au v5t et l'air1 se tr\u5t propres le s\ffrir4 ,s'il y a p>tie en n\s foible1 et qui semble deuoir cra9dre la froidure1 ce deuroit e/re l'e/oma*1 o se fait la dige/ion3 noz p]es le portoy5t desc\u]t1 et noz ,dames1 a9si molles et delicates qu'elles sont1 elles s'en vont tanto/ entr'ouu]tes iusques au nombril4 ,les liaisons et emmaillottem5s des enfants ne sont non plus necessaires3 et les m]es ,lac$emoni5nes esleuoi5t les leurs en t\te lib]t de m\uem5ts de membres1 sans les atta*] ne pli]4 ,no/re pleur] e/ commun la plus "p des autres animaux1 et n'en e/ gu]e qu'on ne voye se pla9dre et gemir long temps apres leur naissance3 d'autant que c'e/ vne cont5ance bi5 sortable la foiblesse1 en quoy ils se s5t5t4 ,quant l'vsage du mang]1 il e/ en n\s1 comme en eux1 naturel et sans in/ruction4 ,s5tit enim vim quisque suam quam possit abuti4 ,qui fait d\te qu'vn enfant arriu la =ce de se n\rrir1 ne seut que/] sa n\rriture8 et la t]re en produit1 et luy en (fre assez p\r sa necessit1 sans autre culture et artifice4 ,et s9on en t\t temps1 aussi ne fait elle pas aux be/es1 tesmo+ les pr\isions1 que n\s voyons faire aux f\rmis et autres1 p\r les saisons /]iles de l'anne4 ,ces nations1 que n\s v5ons de desc\urir1 si abondamm5t f\rnies de vi&e et de breuuage naturel1 sans so+ et sans faon1 n\s vi5n5t d'appr5dre que le pa9 n'e/ pas no/re seule n\rriture3 et que sans lab\rage1 no/re m]e ,nature n\s auoit munis plant de t\t ce qu'il n\s falloit3 voire1 comme il e/ vray-semblable1 plus pla9em5t et plus ri*em5t qu'elle ne fait pres5t1 que n\s y auons mesl no/re artifice3 ,et tellus nitidas fruges1 v9etque lta ,sponte sua primm mortalibus ipsa creauit2 ,ipsa d$it dulces ftus1 et pabula lta2 ,qu nunc vix no/ro gr&escunt aucta labore1 ,cont]imsque b\es et vires agricol>um2 le dbordem5t et desreglem5t de no/re appetit deuanant t\tes les inu5tions1 que n\s *]*ons de l'ass\uir4 ,quant aux armes1 n\s en auons plus de naturelles que la plus "p des autres animaux1 plus de diu]s m\uem5s de membres1 et en tirons plus de s]uice naturellem5t et sans leon3 ceux qui sont duicts combatre nuds1 on les void se iett] aux haz>ds p>eils aux no/res4 ,si quelques be/es n\s surpass5t en cet auantage1 n\s en surpassons plusieurs autres4 ,et l'indu/rie de =tifi] le corps et le c\urir p> moy5s acquis1 n\s l'auons p> vn in/9ct et precepte naturel4 ,qu'il soit a9si1 l'elephant aiguise et esm\lt ses d5ts1 desquelles il se s]t la gu]re 7c> il en a de p>ticuli]es p\r cet vsage1 lesquelles il esp>gne1 et ne les employe aucunem5t ses autres s]uices74 ,qu& les taureaux vont au combat1 ils resp&5t et iett5t la p\ssi]e l'ent\r d'eux3 les sangli]s aff95t leurs deff5ces3 et l'i*neumon1 qu& il doit v5ir aux prises auec le crocodile1 munit son corps1 l'enduit et le cr\/e t\t l'ent\r1 de limon bi5 s]r et bi5 pai/ry1 comme d'vne cuirasse4 ,p\rquoy ne dirons n\s qu'il e/ aussi naturel de n\s arm] de bois et de f]8 ,quant au p>l]1 il e/ c]ta91 que s'il n'e/ pas naturel1 il n'e/ pas necessaire4 ,t\tesfois ie croy qu'vn enfant1 qu'on auroit n\rry en ple9e solitude1 esloign de t\t comm]ce 7qui s]oit vn essay malais faire7 auroit quelque espece de p>olle p\r exprim] ses conceptions3 et n'e/ pas croyable1 que ,nature n\s ait refus ce moy5 qu'elle a donn plusieurs autres animaux4 ,c> qu'e/-ce autre *ose que p>l]1 cette facult1 que n\s leur voyons de se pla9dre1 de se resi\yr1 de s'entr'appell] au sec\rs1 se conui] l'am\r1 comme ils font p> l'vsage de leur voix8 ,comm5t ne p>l]oi5t elles entr'elles8 elles p>l5t bi5 n\s1 et n\s elles4 ,en combi5 de sortes p>lons n\s nos *i5s1 et ils n\s respond5t8 ,d'autre langage1 d'autres appellations1 deuisons n\s auec eux1 qu'auec les oyseaux1 auec les p\rceaux1 les beufs1 les *euaux3 et *angeons d'idiome selon l'espece4 ,cosi p] entro loro s*i]a bruna ,s'ammusa l'vna con l'altra =mica1 ,=se spi> lor via1 et lor =tuna4 ,il me semble que ,lactance attribu aux be/es1 non le p>l] seulem5t1 mais le rire encore4 ,et la diff]5ce de langage1 qui se voit entre n\s1 selon la diff]5ce des contres1 elle se treuue aussi aux animaux de mesme espece4 ,ari/ote allegue ce propos le *ant diu]s des p]drix1 selon la situation des lieux3 ,v>ique volucres ,long alias alio iaciunt 9 tempore voces1 ,et p>tim mutant cum tempe/atibus vna ,raucisonos cantus4 ,mais cela e/ sauoir1 quel langage p>l]oit cet enfant3 et ce qui s'en dit p> diu9ation1 n'a pas beauc\p d'app>5ce4 ,si on m'allegue contre cette op9ion1 que les s\rds naturels ne p>l5t po9t3 ie respons que ce n'e/ pas seulem5t p\r n'auoir peu receuoir l'in/ruction de la p>olle p> les oreilles1 mais plu/o/ p\rce que le s5s de l'ouye1 duquel ils sont priuez1 se rapporte celuy du p>l]1 et se ti5n5t ensemble d'vne c\/ure naturelle4 ,en faon1 que ce que n\s p>lons1 il faut que n\s le p>lions premi]em5t n\s1 et que n\s le facions sonn] au d$ans nos oreilles1 auant que de l'enuoy] aux e/rang]es4 ,i'ay dict t\t cecy1 p\r ma9t5ir cette ressemblance1 qu'il y a aux *oses huma9es3 et p\r n\s ram5] et io9dre la presse4 ,n\s ne sommes ny au dessus1 ny au dess\s du re/e3 t\t ce qui e/ s\s le ciel1 dit le sage1 c\rt vne loy et =tune p>eille4 ,indup$ita suis fatalibus omnia v9clis4 ,il y a quelque diff]5ce1 il y a des ordres et des degrez3 mais c'e/ s\bs le visage d'vne mesme nature3 ,res quque suo ritu proc$it1 et omnes ,fd]e natur c]to discrim9a s]uant4 ,il faut contra9dre l'homme1 et le r5g] dans les b>ri]es de cette police4 ,le mis]able n'a g>de d'eniamb] p> effect au del3 il e/ entrau et engag1 il e/ assubiecty de p>eille obligation que les autres creatures de son ordre1 et d'vne condition =t moy5ne1 sans aucune pr]ogatiue1 prexcell5ce vraye et ess5tielle4 ,celle qu'il se donne p> op9ion1 et p> fantasie1 n'a ny corps ny g\/4 ,et s'il e/ a9si1 que luy seul de t\s les animaux1 ayt cette lib]t de l'imag9ation1 et ce desreglem5t de p5ses1 luy repres5tant ce qui e/1 ce qui n'e/ pas2 et ce qu'il veut2 le faulx et le v]itable c'e/ vn aduantage qui luy e/ bi5 *] v5du1 et duquel il a bi5 peu se glorifi]3 c> de l nai/ la s\rce pr9cipale des maux qui le press5t1 pe*1 maladie1 irresolution1 tr\ble1 desespoir4 ,ie dy donc1 p\r reu5ir mon propos1 qu'il n'y a po9t d'app>5ce d'e/im]1 que les be/es fac5t p> incl9ation naturelle et =ce1 les mesmes *oses que n\s faisons p> no/re *oix et indu/rie4 ,n\s deuons conclurre de p>eils effects1 p>eilles facultez1 et de plus ri*es effects des facultez plus ri*es3 et confess] p> consequ5t1 que ce mesme disc\rs1 cette mesme voye1 que n\s t5ons uur]1 aussi la ti5n5t les animaux1 ou quelque autre meilleure4 ,p\rquoy imag9ons n\s en eux cette contra9te naturelle1 n\s qui n'en espr\uons aucun p>eil effect8 ,io9t qu'il e/ plus honorable d'e/re a*em9 et oblig reglm5t agir p> naturelle et ineuitable condition1 et plus appro*ant de la diu9it1 que d'agir reglm5t p> lib]t tem]aire et =tuite2 et plus seur de laiss] ,nature1 qu' n\s les resnes de no/re conduitte4 ,la vanit de no/re presomption faict1 que n\s aymons mieux deuoir noz =ces1 qu' sa lib]alit1 no/re suffisance3 et enri*issons les autres animaux des bi5s naturels1 et les leur r5onons1 p\r n\s honor] et annoblir des bi5s acquis3 p> vne humeur bi5 simple1 ce me semble3 c> ie pris]oy bi5 autant des graces t\tes mi5nes et nafues1 que celles que i'aurois e/ m5di] et que/] de l'appr5tissage4 ,il n'e/ pas en no/re puissance d'acqu]ir vne plus belle recomm5dation que d'e/re fauoris de ,dieu et de ,nature4 ,p> a9si le r5>d1 dequoy se s]u5t les habitans de la ,?race1 qu& ils veul5t entrepr5dre de pass] p> dessus la glace de quelque riui]e gele1 et le las*5t deuant eux p\r cet effect1 qu& n\s le v]rions au bord de l'eau appro*] son oreille bi5 pres de la glace1 p\r s5tir s'il orra d'vne longue ou d'vne vois9e di/ance1 bruire l'eau c\rant au dess\bs1 et selon qu'il tr\ue p> l1 qu'il y a plus ou mo9s d'espesseur en la glace1 se recul]1 ou s'auanc]1 n'aurions n\s pas raison de iug] qu'il luy passe p> la te/e ce mesme disc\rs1 qu'il f]oit en la no/re3 que c'e/ vne ratioc9ation et consequ5ce tire du s5s naturel3 ,ce qui fait bruit1 se remue2 ce qui se remue1 n'e/ pas gel2 ce qui n'e/ pas gel e/ liquide1 et ce qui e/ liquide plie s\bs le faix8 ,c> d'attribu] cela seulem5t vne viuacit du s5s de l'ouye1 sans disc\rs et sans consequ5ce1 c'e/ vne *im]e1 et ne peut entr] en no/re imag9ation4 ,de mesme faut-il e/im] de tant de sortes de ruses et d'inu5tions1 dequoy les be/es se c\ur5t des entreprises que n\s faisons sur elles4 ,et si n\s v\lons pr5dre quelque aduantage de cela mesme1 qu'il e/ en n\s de les saisir1 de n\s en s]uir1 et d'en vs] no/re volont1 ce n'e/ que ce mesme aduantage1 que n\s auons les vns sur les autres4 ,n\s auons cette condition noz esclaues1 et les ,climacides e/oi5t ce pas des femmes en ,syrie qui s]uoy5t c\*es quatre pattes1 de m>*epi$ et d'es*elle aux dames mont] en co*e8 ,et la plus "p des p]sonnes libres1 ab&onn5t p\r bi5 leg]es commoditez1 leur vie1 et leur e/re la puissance d'autruy4 ,les femmes et concub9es des ,?races plaid5t qui s]a *oisie p\r e/re tue au tumbeau de son m>y4 ,les tyrans ont-ils iamais failly de tr\u] assez d'hommes v\ez leur deuotion3 aucuns d'eux adi\/ans d'auantage cette necessit de les accompagn] la mort1 comme en la vie8 ,des armes enti]es se sont a9s9 obliges leurs ,capita9es4 ,la =mule du s]m5t en cette rude escole des escrimeurs outrance1 portoit ces promesses3 ,n\s iurons de n\s laiss] en*a9]1 brusl]1 battre1 et tu] de glaiue1 et s\ffrir t\t ce que les gladiateurs legitimes s\ffr5t de leur mai/re2 engageant tresreligieusem5t et le corps et l'ame son s]uice3 ,vre meum1 si vis1 flamma caput1 et pete f]ro ,corpus1 et intorto v]b]e t]ga seca4 ,c'e/oit vne obligation v]itable1 et si il s'en tr\uoit dix mille telle anne1 qui y entroy5t et s'y p]doy5t4 ,qu& les ,scy!s ent]roy5t leur ,roy1 ils e/rangloy5t sur son corps1 la plus fauorie de ses concub9es1 son es*anson1 escuy] d'escuirie1 *ambellan1 huissi] de *ambre et cuis9i]4 ,et en son anniu]saire ils tuoy5t c9quante *euaux montez de c9quante pages1 qu'ils auoy5t empal p> l'esp9e du dos iusques au gozi]1 et les laissoy5t a9si plantez en p>ade aut\r de la tombe4 ,les hommes qui n\s s]u5t1 le font meilleur m>*1 et p\r vn traictem5t mo9s curieux et mo9s fauorable1 que celuy que n\s faisons aux oyseaux1 aux *euaux1 et aux *i5s4 ,a quel s\cy ne n\s demettons n\s p\r leur commodit8 ,il ne me semble po9t1 que les plus abiects s]uiteurs fac5t volonti]s p\r leurs mai/res1 ce que les ,pr9ces s'honor5t de faire p\r ces be/es4 ,diog5es voyant ses p>5ts en pe9e de le ra*ett] de s]uitude3 ,ils sont fols1 disoit-il1 c'e/ celuy qui me traitte et n\rrit1 qui me s]t2 et ceux qui entreti5n5t les be/es1 se doiu5t dire plu/o/ les s]uir1 qu'en e/re s]uis4 ,et si elles ont cela de plus g5]eux1 que iamais lyon ne s'ass]uit vn autre lyon1 ny vn *eual vn autre *eual p> faute de cur4 ,comme n\s allons la *asse des be/es1 a9si vont les tigres et les lyons la *asse des hommes3 et ont vn p>eil ex]cice les vnes sur les autres3 les *i5s sur les lieures1 les bro*ets sur les tan*es1 les arondeles sur les cigales1 les esp]ui]s sur les m]les et sur les all\ettes3 ,s]p5te ciconia pullos ,nutrit1 et inu5ta p] deuia rura lac]ta1 ,et leporem aut capream famul ,i\is et g5]os ,9 saltu v5antur aues4 ,n\s p>tons le fruict de no/re *asse auec noz *i5s et oyseaux1 comme la pe9e et l'indu/rie4 ,et au dessus d',amphipolis en ,?race1 les *asseurs et les faucons sauuages1 p>t5t iu/em5t le but9 p> moiti3 comme le long des palus ,motides1 si le pes*eur ne laisse aux l\ps de bonne foy1 vne "p esgale de sa prise1 ils vont incont95t des*ir] ses rets4 ,et comme n\s auons vne *asse1 qui se conduit plus p> subtilit1 que p> =ce1 comme celle des colli]s de noz lignes et de l'hameon1 il s'en void aussi de p>eilles entre les be/es4 ,ari/ote dit1 que la ,se*e iette de son col vn boyau long comme vne ligne1 qu'elle e/& au lo+ en le las*ant1 et le retire soy qu& elle veut3 mesure qu'elle app]oit quelque petit poisson s'appro*]1 elle luy laisse mordre le b\t de ce boyau1 e/ant ca*e dans le sable1 ou dans la vase1 et petit petit le retire iusques ce que ce petit poisson soit si prs d'elle1 que d'vn sault elle puisse l'attrap]4 ,quant la =ce1 il n'e/ animal au monde en butte de tant d'(f5ces1 que l'homme3 il ne n\s faut po9t vne bala9e1 vn elephant1 et vn crocodile1 ny tels autres animaux1 desquels vn seul e/ capable de deffaire vn gr& nombre d'hommes3 les p\lx sont suffisans p\r faire vacqu] la dictature de ,sylla3 c'e/ le desieun] d'vn petit v]1 que le cur et la vie d'vn gr& et triomphant ,emp]eur4 ,p\rquoy disons n\s1 que c'e/ l'homme sci5ce et cognoissance ba/ie p> art et p> disc\rs1 de disc]n] les *oses vtiles son viure1 et au sec\rs de ses maladies1 de celles qui ne le sont pas1 de cognoi/re la =ce de la rub>be et du polypode2 et qu& n\s voyons les *eures de ,c&ie1 si elles ont receu vn c\p de traict1 all] entre vn million d'h]bes *oisir le dictame p\r leur gu]ison1 et la tortue qu& elle a mang de la vip]e1 *]*] incont95t de l'origanum p\r se purg]1 le dragon f\rbir et esclair] ses yeux auecques du f5oil1 les cigongnes se donn] elles mesmes des cly/]es t\t de l'eau de m>9e1 les elephans arra*] non seulem5t de leur corps et de leurs compagnons1 mais des corps aussi de leurs mai/res1 tesmo9 celuy du ,roy ,porus qu',alex&re deffit1 les iauelots et les d>dz qu'on leur a iettez au combat1 et les arra*] si dextrem5t1 que n\s ne le saurions faire auec si peu de d\leur3 p\rquoy ne disons n\s de mesmes1 que c'e/ sci5ce et prud5ce8 ,c> d'allegu]1 p\r les deprim]1 que c'e/ p> la seule in/ruction et mai/rise de ,nature1 qu'elles le sau5t1 ce n'e/ pas leur o/] le tiltre de sci5ce et de prud5ce3 c'e/ la leur attribu] plus =te raison qu' n\s1 p\r l'honneur d'vne si c]ta9e mai/resse d'escole4 ,*rysippus1 bi5 qu'en t\tes autres *oses autant desdaigneux iuge de la condition des animaux1 que nul autre ,philosophe1 consid]ant les m\uem5ts du *i51 qui se r5contrant en vn c>ref\r trois *em9s1 ou la que/e de son mai/re qu'il a esg>1 ou la p\rsuitte de quelque proye qui fuit deuant luy1 va essayant vn *em9 apres l'autre1 et apres s'e/re asseur des deux1 et n'y auoir tr\u la trace de ce qu'il *]*e1 s'eslance dans le troisiesme sans m>*&]3 il e/ contra9t de confess]1 qu'en ce *i5 l1 vn tel disc\rs se passe3 ,i'ay suiuy iusques ce c>re-f\r mon mai/re la trace1 il faut necessairem5t qu'il passe p> l'vn de ces trois *em9s3 ce n'e/ ny p> cettuy-cy1 ny p> celuy-l1 il faut donc infailliblem5t qu'il passe p> cet autre3 et que s'asseurant p> cette conclusion et disc\rs1 il ne se s]t plus de son s5tim5t au troisiesme *em91 ny ne le sonde plus1 a9s s'y laisse emport] p> la =ce de la raison4 ,ce traict purem5t dialectici51 et cet vsage de propositions diuises et conio9ctes1 et de la suffisante enum]ation des p>ties1 vaut-il pas autant que le *i5 le sa*e de soy que de ,trapezonce8 ,si ne sont pas les be/es incapables d'e/re encore in/ruites no/re mode4 ,les m]les1 les corbeaux1 les pies1 les p]roquets1 n\s leur appr5ons p>l]3 et cette facilit1 que n\s recognoissons n\s f\rnir leur voix et hale9e si s\ple et si maniable1 p\r la =m] et l'a/re9dre c]ta9 nombre de lettres et de syllabes1 tesmoigne qu'ils ont vn disc\rs au d$ans1 qui les r5d a9si discipl9ables et volontaires appr5dre4 ,*acun e/ sa\l1 ce croy-ie1 de voir tant de sortes de c+]ies que les batteleurs appr5n5t leurs *i5s3 les dances1 o ils ne faill5t vne seule cad5ce du son qu'ils oy5t2 plusieurs diu]s m\uem5s et saults qu'ils leur font faire p> le comm&em5t de leur p>olle3 mais ie rem]que auec plus d'admiration cet effect1 qui e/ t\tes-fois assez vulgaire1 des *i5s dequoy se s]u5t les aueugles1 et aux *amps et aux villes3 ie me suis pris g>de comme ils s'arre/5t c]ta9es portes1 d'o ils ont acc\/um de tir] l'aumosne1 comme ils euit5t le *oc des co*es et des *>rettes1 lors mesme que p\r leur reg>d1 ils ont assez de place p\r leur passage3 i'en ay veu le long d'vn foss de ville1 laiss] vn s5ti] pla9 et vni1 et en pr5dre vn pire1 p\r esloign] son mai/re du foss4 ,comm5t p\uoit-on auoir faict conceuoir ce *i51 que c'e/oit sa *>ge de reg>d] seulem5t la seuret de son mai/re1 et mespris] ses propres commoditez p\r le s]uir8 et comm5t auoit-il la cognoissance que tel *em9 luy e/oit bi5 assez l>ge1 qui ne le s]oit pas p\r vn aueugle8 ,t\t cela se peut-il compr5dre sans ratioc9ation8 ,il ne faut pas oubli] ce que ,plut>que dit auoir veu ,rome d'vn *i51 auec l',emp]eur ,vespasian le p]e au ,!atre de ,m>cellus4 ,ce *i5 s]uoit vn batteleur qui iooit vne fiction plusieurs m9es et plusieurs p]sonnages1 et y auoit son rolle4 ,il falloit entre autres *oses qu'il contrefi/ p\r vn temps le mort1 p\r auoir mang de c]ta9e drogue3 apres auoir auall le pa9 qu'on feignoit e/re cette drogue1 il comm5a tanto/ trembl] et branl]1 comme s'il eu/ e/ e/\rdy3 f9alem5t s'e/5dant et se roidissant1 comme mort1 il se laissa tir] et tra9] d'vn lieu autre1 a9si que portoit le subject du ieu1 et puis qu& il cogneut qu'il e/oit temps1 il comm5a premi]em5t se remu] t\t bellem5t1 a9si que s'il se fu/ reu5u d'vn pr(ond sommeil1 et leuant la te/e reg>da et l d'vne faon qui e/onnoit t\s les assi/ans4 ,les bufs qui s]uoy5t aux i>d9s ,royaux de ,suse1 p\r les arr\s] et t\rn] c]ta9es gr&es r\s puis] de l'eau1 ausquelles il y a des baquets atta*ez1 comme il s'en voit plusieurs en ,langu$oc1 on leur auoit ordonn d'en tir] p> i\r iusques c5t t\rs *acun1 ils e/oi5t si acc\/umez ce nombre1 qu'il e/oit impossible p> aucune =ce de leur en faire tir] vn t\r dauantage1 et ayans faict leur tas*e ils s'arre/oi5t t\t c\rt4 ,n\s sommes en l'adolesc5ce auant que n\s sa*ions compt] iusques c5t1 et v5ons de desc\urir des nations qui n'ont aucune cognoissance des nombres4 ,il y a encore plus de disc\rs in/ruire autruy qu' e/re in/ruit4 ,or laissant "p ce que ,democritus iugeoit et pr\uoit1 que la plus "p des arts1 les be/es n\s les ont apprises3 comme l'araigne ti/re et c\dre1 l'arondelle ba/ir1 le cigne et le rossignol la musique1 et plusieurs animaux p> leur imitation faire la m$ec9e3 ,ari/ote ti5t que les rossignols in/ruis5t leurs petits *ant]1 et y employ5t du temps et du so+3 d'o il adui5t que ceux que n\s n\rrissons en cage1 qui n'ont po9t eu loisir d'all] l'escole s\bs leurs p>5s1 p]d5t beauc\p de la grace de leur *ant4 ,n\s p\uons iug] p> l1 qu'il reoit de l'am5dem5t p> discipl9e et p> e/ude4 ,et entre les libres mesme1 il n'e/ pas vng et p>eil2 *acun en a pris selon sa capacit4 ,et sur la ial\sie de leur appr5tissage1 ils se debatt5t l'enuy1 d'vne cont5tion si c\rageuse1 que p> fois le va9cu y demeure mort1 l'ale9e luy faillant plu/o/ que la voix4 ,les plus ieunes rum95t p5sifs1 et pr5n5t imit] c]ta9s c\plets de *anson3 le disciple esc\te la leon de son precepteur1 et en r5d compte auec gr& so+3 ils se tais5t l'vn tanto/1 tanto/ l'autre3 on oyt corrig] les fautes1 et s5t-on aucunes repreh5sions du precepteur4 ,i'ay veu1 dit ,arrius1 autresfois vn elephant ayant *acune cuisse vn cymbale p5du1 et vn autre atta* sa trompe1 au son desquels t\s les autres danoy5t en rond1 s'esleuans et s'incl9ans c]ta9es cad5ces1 selon que l'in/rum5t les guidoit1 et y auoit plaisir ouyr cette h>monie4 ,aux spectacles de ,rome1 il se voyoit ord9airem5t des elephans dressez se m\uoir et danc] au son de la voix1 des dances plusieurs entrelasseures1 c\peures et diu]ses cadances tres-difficiles appr5dre4 ,il s'en e/ veu1 qui en leur priu rememoroi5t leur leon1 et s'ex]oy5t p> so+ et p> e/ude p\r n'e/re tancez et battuz de leurs mai/res4 ,mais cett'autre hi/oire de la pie1 de laquelle n\s auons ,plut>que mesme p\r respondant1 e/ e/range4 ,elle e/oit en la b\tique d'vn b>bi] ,rome1 et faisoit m]ueilles de contrefaire auec la voix t\t ce qu'elle oyoit4 ,vn i\r il adu9t que c]ta9es trompettes s'arre/]5t sonn] long temps deuant cette b\tique3 depuis cela et t\t le l5dema91 voyla cette pie p5siue1 muette et melan*olique2 dequoy t\t le monde e/oit esm]ueill1 et p5soit-on que le son des trompettes l'eu/ a9s9 e/\rdie et e/onne2 et qu'auec l'ouye1 la voix se fu/ quant et quant e/e9te4 ,mais on tr\ua en f91 que c'e/oit vne e/ude pr(onde1 et vne retraicte en soy-mesmes1 son esprit s'ex]citant et prep>ant sa voix1 repres5t] le son de ces trompettes3 de mani]e que sa premi]e voix ce fut celle l1 d'exprim] p>faictem5t leurs reprises1 leurs poses1 et leurs nuances2 ayant quict p> ce n\uel appr5tissage1 et pris desda9 t\t ce qu'elle sauoit dire aup>auant4 ,ie ne veux pas obmettre d'allegu] aussi cet autre exemple d'vn *i51 que ce mesme ,plut>que dit auoir veu 7c> quant l'ordre1 ie s5s bi5 que ie le tr\ble1 mais ie n'en obs]ue non plus r5g] ces exemples1 qu'au re/e de t\te ma besongne7 luy e/ant dans vn nauire1 ce *i5 e/ant en pe9e d'auoir l'huyle qui e/oit dans le fond d'vne cru*e1 o il ne p\uoit arriu] de la langue1 p\r l'e/roite emb\*eure du vaisseau1 alla qu]ir des caill\x1 et en mit dans cette cru*e iusques ce qu'il eu/ faict hauss] l'huyle plus pres du bord1 o il la peu/ atte9dre4 ,cela qu'e/-ce1 si ce n'e/ l'effect d'vn esprit bi5 subtil8 ,on dit que les corbeaux de ,b>b>ie en font de mesme1 qu& l'eau qu'ils veul5t boire e/ trop basse4 ,cette action e/ aucunem5t vois9e de ce que recitoit des elephans1 vn ,roy de leur nation1 ,iuba2 que qu& p> la f9esse de ceux qui les *ass5t1 l'vn d'entre eux se tr\ue pris dans c]ta9es fosses pr(ondes qu'on leur prep>e1 et les rec\ure lon de m5ues brossailles p\r les tromp]1 ses compagnons y apport5t en dilig5ce =ce pi]res1 et pieces de bois1 af9 que cela l'ayde s'en mettre hors4 ,mais cet animal rapporte en tant d'autres effects l'huma9e suffisance1 que si ie v\loy suiure p> le m5u ce que l'exp]i5ce en a appris1 ie gaign]ois aism5t ce que ie ma9ti5s ord9airem5t1 qu'il se tr\ue plus de diff]5ce de tel homme tel homme1 que de tel animal tel homme4 ,le g\u]neur d'vn elephant en vne maison priue de ,syrie1 desroboit t\s les repas1 la moiti de la p5sion qu'on luy auoit ordonne3 vn i\r le mai/re v\lut luy-mesme le p5s]1 v]sa dans sa mangeoire la iu/e mesure d'orge1 qu'il luy auoit prescrite1 p\r sa n\rriture3 l'elephant reg>dant de mauuais il ce g\u]neur1 sep>a auec la trompe1 et en mit "p la moiti1 decl>ant p> l le tort qu'on luy faisoit4 ,et vn autre1 ayant vn g\u]neur qui mesloit dans sa mangeaille des pi]res p\r en croi/re la mesure1 s'appro*a du pot o il faisoit cuyre sa *air p\r son disn]1 et le luy remplit de c5dre4 ,cela ce sont des effects p>ticuli]s3 mais ce que t\t le monde a veu1 et que t\t le monde sait1 qu'en t\tes les armes qui se conduisoy5t du pays de ,leuant1 l'vne des plus gr&es =ces consi/oit aux elephans1 desquels on tiroit des effects sans comp>aison plus gr&s que n\s ne faisons pres5t de no/re artill]ie1 qui ti5t peu pres leur place en vne battaille ordonne 7cela e/ ais iug] ceux qui cognoiss5t les hi/oires anci5nes7 ,si quidem ,tyrio s]uire solebant ,annibali1 et no/ris ducibus1 regique ,molosso1 ,horum maiores1 et dorso f]re cohortes1 ,p>tem aliquam belli1 et euntem 9 prlia turrim4 ,il falloit bi5 qu'on se respondi/ bon esci5t de la creance de ces be/es et de leur disc\rs1 leur ab&onnant la te/e d'vne battaille2 l o le mo9dre arre/ qu'elles euss5t seu faire1 p\r la gr&eur et pesanteur de leur corps1 le mo9dre effroy qui leur eu/ faict t\rn] la te/e sur leurs g5s1 e/oit suffisant p\r t\t p]dre4 ,et s'e/ veu peu d'exemples1 o cela soit adu5u1 qu'ils se reiectass5t sur leurs tr\ppes1 au lieu que n\s mesmes n\s reiectons les vns sur les autres1 et n\s rompons4 ,on leur donnoit *>ge non d'vn m\uem5t simple1 mais de plusieurs diu]ses p>ties au combat3 comme faisoi5t aux *i5s les ,espagnols la n\uelle conque/e des ,indes2 ausquels ils payoi5t solde1 et faisoi5t p>tage au but94 ,et montroi5t ces animaux1 autant d'addresse et de iugem5t p\rsuiure et arre/] leur victoire1 *>g] ou recul]1 selon les occasions1 di/+u] les amis des ennemis1 comme ils faisoi5t d'ardeur et d'aspret4 ,n\s admirons et poisons mieux les *oses e/rang]es que les ord9aires3 et sans cela ie ne me fusse pas amus ce long regi/re4 ,c> selon mon op9ion1 qui contr]oll]a de pres ce que n\s voyons ord9airem5t es animaux1 qui viu5t p>my n\s1 il y a dequoy y tr\u] des effects autant admirables1 que ceux qu'on va recueillant s pays et siecles e/rang]s4 ,c'e/ vne mesme nature qui r\le son c\rs4 ,qui en auroit suffisamm5t iug le pres5t e/at1 en p\rroit seurem5t conclurre et t\t l'adu5ir et t\t le pass4 ,i'ay veu autresfois p>my n\s1 des hommes am5ez p> m] de lo+ta9 pays1 desquels p> ce que n\s n'ent5dions aucunem5t le langage1 et que leur faon au demeurant et leur cont5ance1 et leurs ve/em5s1 e/oi5t du t\t esloignez des no/res1 qui de n\s ne les e/imoit et sauuages et brutes8 qui n'attribuoit /upidit et be/ise1 de les voir muets1 ignorans la langue ,franoise1 ignorans nos baise-ma9s1 et nos incl9ations s]p5tes2 no/re port et no/re ma9ti51 sur lequel sans faillir1 doit pr5dre son patron la nature huma9e8 ,t\t ce qui n\s semble e/range1 n\s le condamnons1 et ce que n\s n'ent5dons pas4 ,il n\s adui5t a9s9 au iugem5t que n\s faisons des be/es4 ,elles ont plusieurs conditions1 qui se rapport5t aux no/res3 de celles-l p> comp>aison n\s p\uons tir] quelque coniecture3 mais de ce qu'elles ont p>ticuli]1 que sauons n\s que c'e/8 ,les *euaux1 les *i5s1 les bufs1 les brebis1 les oyseaux1 et la plusp>t des animaux1 qui viu5t auec n\s1 recognoiss5t no/re voix1 et se laiss5t conduire p> elle3 si faisoit bi5 encore la mur5e de ,crassus1 et v5oit luy qu& il l'appelloit3 et le font aussi les anguilles1 qui se tr\u5t en la fonta9e d',are?use3 et i'ay veu des g>doirs assez1 o les poissons acc\r5t1 p\r mang]1 c]ta9 cry de ceux qui les traict5t4 ,nom5 hab5t1 et ad magi/ri ,vocem quisque sui v5it citatus4 ,n\s p\uons iug] de cela4 ,n\s p\uons aussi dire1 que les elephans ont quelque p>ticipation de religion1 d'autant qu'apres plusieurs ablutions et purifications1 on les voit haussans leur trompe1 comme des bras2 et t5ans les yeux fi*ez v]s le soleil leuant1 se plant] long temps en m$itation et contemplation1 c]ta9es heures du i\r2 de leur propre incl9ation1 sans in/ruction et sans precepte4 ,mais p\r ne voir aucune telle app>5ce s autres animaux1 n\s ne p\uons p\rtant e/ablir qu'ils soi5t sans religion1 et ne p\uons pr5dre en aucune "p ce qui n\s e/ ca*4 ,comme n\s voyons quelque *ose en cette action que le philosophe ,clean!s rem]qua1 p> ce qu'elle retire aux no/res3 ,il vid1 dit-il1 des f\rmis p>tir de leur f\rmili]e1 portans le corps d'vn f\rmis mort1 v]s vne autre f\rmili]e1 de laquelle plusieurs autres f\rmis leur v9dr5t au deuant1 comme p\r p>l] eux1 et apres auoir e/ ensemble quelque piece1 ceux-cy s'en ret\rn]5t1 p\r consult]1 p5sez1 auec leurs concitoy5s1 et fir5t a9si deux ou trois voyages p\r la difficult de la capitulation4 ,en f9 ces d]ni]s v5us1 apport]5t aux premi]s vn v] de leur tani]e comme p\r la ranon du mort1 lequel v] les premi]s *>g]5t sur leur dos1 et emport]5t *ez eux1 laissans aux autres le corps du trespass4 ,voila l'int]pretation que ,clean!s y donna3 tesmoignant p> l que celles qui n'ont po9t de voix1 ne laiss5t pas d'auoir pratique et communication mutuelle2 de laquelle c'e/ no/re deffaut que n\s ne soyons p>ticipans2 et n\s meslons cette cause sottem5t d'en op9]4 ,or elles produis5t encores d'autres effects1 qui surpass5t de bi5 lo+ no/re capacit1 ausquels il s'en faut tant que n\s puissions arriu] p> imitation1 que p> imag9ation mesme n\s ne les p\uons conceuoir4 ,plusieurs ti5n5t qu'en cette gr&e et d]ni]e battaille nauale qu',antonius p]dit contre ,augu/e1 sa gal]e capita9esse fut arre/e au milieu de sa c\rse1 p> ce petit poisson1 que les ,lat9s nomm5t remora1 cause de cette si5ne propriet d'arre/] t\te sorte de vaisseaux1 ausquels il s'atta*e4 ,et l',emp]eur ,caligula vogant auec vne gr&e flotte en la co/e de la ,romanie1 sa seule gal]e fut arre/e t\t c\rt1 p> ce mesme poisson2 lequel il fit pr5dre atta* comme il e/oit au bas de son vaisseau1 t\t despit dequoy vn si petit animal p\uoit =c] et la m] et les v5ts1 et la viol5ce de t\s ses auirons1 p\r e/re seulem5t atta* p> le bec sa gal]e1 c> c'e/ vn poisson coquille1 et s'e/onna encore non sans gr&e raison1 de ce que luy e/ant apport dans le batteau1 il n'auoit plus cette =ce1 qu'il auoit au dehors4 ,vn citoy5 de ,cyzique acquit iadis reputation de bon ma!matici51 p\r auoir appris la condition de l'h]isson4 ,il a sa tani]e ouu]te diu]s endroits et diu]s v5ts2 et preuoyant le v5t adu5ir1 il va b\*] le tr\ du co/ de ce v5t-l2 ce que rem]quant ce citoy51 apportoit en sa ville c]ta9es pr$ictions du v5t1 qui auoit tir]4 ,le cameleon pr5d la c\leur du lieu1 o il e/ assis3 mais le p\lpe se donne luy-mesme la c\leur qu'il luy plai/1 selon les occasions1 p\r se ca*] de ce qu'il cra9t1 et attrapp] ce qu'il *]*e4 ,au cameleon c'e/ *angem5t de passion1 mais au p\lpe c'e/ *angem5t d'action4 ,n\s auons quelques mutations de c\leur1 la frayeur1 la *ol]e1 la honte1 et autres passions1 qui alt]5t le te9t de no/re visage3 mais c'e/ p> l'effect de la s\ffrance1 comme au cameleon4 ,il e/ bi5 en la iaunisse de n\s faire iaunir1 mais il n'e/ pas en la disposition de no/re volont4 ,or ces effects que n\s recognoissons aux autres animaux1 plus gr&s que les no/res1 tesmoign5t en eux quelque facult plus excell5te1 qui n\s e/ occulte2 comme il e/ vraysemblable que sont plusieurs autres de leurs conditions et puissances1 desquelles nulles app>ances ne vi5n5t iusques n\s4 ,de t\tes les pr$ictions du temps pass1 les plus anci5nes et plus c]ta9es e/oy5t celles qui se tiroi5t du vol des oyseaux4 ,n\s n'auons ri5 de p>eil ny de si admirable4 ,cette regle1 cet ordre du bransl] de leur aisle1 p> lequel on tire des consequ5ces des *oses v5ir1 il faut bi5 qu'il soit conduit p> quelque excell5t moy5 vne si noble op]ation2 c> c'e/ pre/] la lettre1 d'all] attribuant ce gr& effect1 quelque ordonnance naturelle1 sans l'intellig5ce1 cons5tem5t1 et disc\rs1 de qui le produit3 et e/ vne op9ion euidemm5t faulse4 ,qu'il soit a9si3 la torpille a cette condition1 non seulem5t d'endormir les membres qui la t\*5t1 mais au trau]s des filets1 et de la sc5e1 elle transmet vne pesanteur endormie aux ma9s de ceux qui la remu5t et mani5t3 voire dit-on d'auantage1 que si on v]se de l'eau dessus1 on s5t cette passion qui gaigne contremont iusques la ma91 et endort l'att\*em5t au trau]s de l'eau4 ,cette =ce e/ m]ueilleuse3 mais elle n'e/ pas inutile la torpille3 elle la s5t et s'en s]t2 de mani]e que p\r attrap] la proye qu'elle que/e1 on la void se tapir s\bs le limon1 af9 que les autres poissons se c\lans p> dessus1 frappez et endormis de cette si5ne froideur1 tomb5t en sa puissance4 ,les grus1 les arondeles1 et autres oyseaux passag]s1 *angeans de demeure selon les saisons de l'an1 montr5t assez la cognoissance qu'elles ont de leur facult diu9atrice1 et la mett5t en vsage4 ,les *asseurs n\s asseur5t1 que p\r *oisir d'vn nombre de petits *i5s1 celuy qu'on doit cons]u] p\r le meilleur1 il ne faut que mettre la m]e au propre de le *oisir elle mesme2 comme si on les emporte hors de leur gi/e1 le premi] qu'elle y rapport]a1 s]a t\si\rs le meilleur3 ou bi5 si on fait semblant d'ent\rn] de feu le gi/e1 de t\tes p>ts1 celuy des petits1 au sec\rs duquel elle c\rra premi]em5t4 ,p> o il app]t qu'elles ont vn vsage de progno/ique que n\s n'auons pas3 ou qu'elles ont quelque v]tu iug] de leurs petits1 autre et plus viue que la no/re4 ,la mani]e de nai/re1 d'eng5dr]1 n\rrir1 agir1 m\uoir1 viure et m\rir des be/es1 e/ant si vois9e de la no/re1 t\t ce que n\s retran*ons de leurs causes motrices1 et que n\s adi\/ons no/re condition au dessus de la leur1 cela ne peut aucunem5t p>tir du disc\rs de no/re raison4 ,p\r reglem5t de no/re sant1 les m$ec9s n\s propos5t l'exemple du viure des be/es1 et leur faon3 c> ce mot e/ de t\t temps en la b\*e du peuple3 ,t5ez *aults les pi$s et la te/e1 ,au demeurant viuez en be/e4 ,la g5]ation e/ la pr9cipale des actions naturelles3 n\s auons quelque disposition de membres1 qui n\s e/ plus propre cela3 t\tesfois ils n\s ordonn5t de n\s rang] l'assiette et disposition brutale1 comme plus effectuelle3 ,m f]>um1 ,quadrup$mque magis ritu1 pl]umque putantur ,concip]e vxores3 quia sic loca sum]e possunt1 ,pectoribus positis1 sublatis sem9a lumbis4 ,et reiett5t comme nuisibles ces m\uem5ts indiscrets1 et insol5ts1 que les femmes y ont mesl de leur creu2 les ram5ant l'exemple et vsage des be/es de leur sexe1 plus mode/e et rassis4 ,nam muli] prohibet se concip]e atque repugnat1 ,clunibus ipse viri ,v5]em si lta retractet1 ,atque exossato ciet omni pectore fluctus4 ,eijcit enim sulci recta regione vique ,vom]em1 atque locis au]tit sem9is ictum4 ,si c'e/ iu/ice de r5dre *acun ce qui luy e/ deu1 les be/es qui s]u5t1 aym5t et deff5d5t leurs bi5-faicteurs1 et qui p\rsuyu5t et outrag5t les e/rang]s et ceux qui les (f5c5t1 elles repres5t5t en cela quelque air de no/re iu/ice3 comme aussi en cons]uant vne equalit tres-equitable en la disp5sation de leurs bi5s leurs petits4 ,quant l'amiti1 elles l'ont sans comp>aison plus viue et plus con/ante1 que n'ont pas les hommes4 ,hyrcanus le *i5 du ,roy ,lysima*us1 son mai/re mort1 demeura ob/9 sus son lict1 sans v\loir boire ne mang]3 et le i\r qu'on en brusla le corps1 il pr9t sa c\rse1 et se ietta dans le feu1 o il fut brusl4 ,comme fit aussi le *i5 d'vn nomm ,pyrrhus2 c> il ne b\gea de dessus le lict de son mai/re1 depuis qu'il fut mort3 et qu& on l'emporta1 il se laissa enleu] quant et luy1 et f9alem5t se lana dans le bus*] o on brusloit le corps de son mai/re4 ,il y a c]ta9es incl9ations d'affection1 qui naiss5t quelquefois en n\s1 sans le conseil de la raison1 qui vi5n5t d'vne tem]it1 =tuite1 que d'autres nomm5t sympa?ie3 les be/es en sont capables comme n\s4 ,n\s voyons les *euaux pr5dre c]ta9e acco9tance des vns aux autres1 iusques n\s mettre en pe9e p\r les faire viure ou voyag] sep>m5t4 ,on les void appliqu] leur affection c]ta9 poil de leurs compagnons1 comme c]ta9 visage3 et o ils le r5contr5t1 s'y io9dre incont95t auec fe/e et demon/ration de bi5ueillance2 et pr5dre quelque autre =me contre-cur et en ha9e4 ,les animaux ont *oix comme n\s1 en leurs am\rs1 et font quelque triage de leur femelles4 ,ils ne sont pas exempts de nos ial\sies et d'enuies extremes et irreconciliables4 ,les cupiditez sont ou naturelles et necessaires1 comme le boire et le mang]2 ou naturelles et non necessaires1 comme l'acco9tance des femelles2 ou elles ne sont ny naturelles ny necessaires3 de cette d]ni]e sorte sont quasi t\tes celles des hommes3 elles sont t\tes sup]flus et artificielles4 ,c> c'e/ m]ueille combi5 peu il faut ,nature p\r se cont5t]1 combi5 peu elle n\s a laiss desir]4 ,les appre/s nos cuis9es ne t\*5t pas son ordonnance4 ,les ,/oici5s dis5t qu'vn homme auroit dequoy se sub/ant] d'vne oliue p> i\r4 ,la delicatesse de nos v9s1 n'e/ pas de sa leon1 ny la re*>ge que n\s adi\/ons aux appetits am\reux3 ,neque illa ,magno prognatum deposcit consule cunnum4 ,ces cupiditez e/rang]es1 que l'ignorance du bi51 et vne fauce op9ion ont c\les en n\s1 sont en si gr& nombre1 qu'elles *ass5t presque t\tes les naturelles4 ,ny plus ny mo9s que si en vne cit1 il y auoit si gr& nombre d'e/rang]s1 qu'ils en miss5t hors les naturels habitans1 ou e/eigniss5t leur au?orit et puissance anci5ne1 l'vsurpant enti]em5t1 et s'en saisissant4 ,les animaux sont beauc\p plus reglez que n\s ne sommes1 et se conti5n5t auec plus de mod]ation s\bs les limites que ,nature n\s a prescripts4 ,mais non pas si exactem5t1 qu'ils n'ay5t encore quelque conu5ance no/re desbau*e4 ,et t\t a9si comme il s'e/ tr\u des desirs furieux1 qui ont p\ss les hommes l'am\r des be/es1 elles se tr\u5t aussi p> fois esprises de no/re am\r1 et reoiu5t des affections mon/rueuses d'vne espece autre4 ,tesmo9 l'elephant corriual d',ari/ophanes le grammairi51 en l'am\r d'vne ieune b\queti]e en la ville d',alex&rie1 qui ne luy c$oit en ri5 aux (fices d'vn p\rsuyuant bi5 passionn3 c> se prom5ant p> le m>*1 o lon v5doit des fruicts1 il en pr5oit auec sa trompe1 et les luy portoit3 il ne la p]doit de veu1 que le mo9s qu'il luy e/oit possible2 et luy mettoit quelquefois la trompe dans le se9 p> dess\bs son collet1 et luy ta/oit les tett9s4 ,ils recit5t aussi d'vn dragon am\reux d'vne fille2 et d'vne oye esprise de l'am\r d'vn enfant1 en la ville d',asope2 et d'vn beli] s]uiteur de la m5e/ri]e ,glaucia3 et il se void t\s les i\rs des magots furieusem5t espris de l'am\r des femmes4 ,on void aussi c]ta9s animaux s'addonn] l'am\r des masles de leur sexe4 ,oppianus et autres recit5t quelques exemples1 p\r montr] la reu]5ce que les be/es en leurs m>iages port5t la p>5t2 mais l'exp]i5ce n\s fait bi5 s\u5t voir le contraire2 ,nec habetur turpe iuu5c ,f]re patrem t]go2 fit equo sua filia coniux2 ,qusque creauit1 init pecudes cap]2 ipsque cuius ,sem9e concepta e/1 ex illo concipit ales4 ,de subtilit malitieuse1 en e/-il vne plus expresse que celle du mulet du philosophe ,?ales8 lequel passant au trau]s d'vne riui]e *>g de sel1 et de =tune y e/ant bron*1 si que les sacs qu'il portoit en fur5t t\s m\illez1 s'e/ant app]eu que le sel fondu p> ce moy51 luy auoit r5du sa *>ge plus leg]e1 ne failloit iamais aussi to/ qu'il r5controit quelque ruisseau1 de se plong] d$ans auec sa *>ge1 iusques ce que son mai/re desc\urant sa malice1 ordonna qu'on le *>gea/ de la9e1 quoy se tr\uant mescont1 il cessa de plus vs] de cette f9esse4 ,il y en a plusieurs qui repres5t5t nafuem5t le visage de no/re au>ice2 c> on leur void vn so9 extreme de surpr5dre t\t ce qu'elles peuu5t1 et de le curieusem5t ca*]1 quoy qu'elles n'en tir5t po9t vsage4 ,quant la mesnag]ie1 elles n\s surpass5t non seulem5t en cette preuoyance d'amass] et esp>gn] p\r le temps v5ir1 mais elles ont encore beauc\p de p>ties de la sci5ce1 qui y e/ necessaire4 ,les f\rmis e/&5t au dehors de l'aire leurs gra9s et sem5ces p\r les esu5t]1 refres*ir et se*]1 qu& ils voy5t qu'ils comm5c5t se moisir et s5tir le rance1 de peur qu'ils ne se corromp5t et p\rriss5t4 ,mais la caution et preu5tion dont ils vs5t rong] le gra9 de from5t1 surpasse t\te imag9ation de prud5ce huma9e4 ,p> ce que le from5t ne demeure pas t\si\rs sec ny sa91 a9s s'amolit1 se res\lt et de/rempe comme en laict1 s'a*em9ant g]m] et produire3 de peur qu'il ne deui5ne sem5ce1 et p]de sa nature et propriet de magas9 p\r leur n\rriture1 ils rong5t le b\t1 p> o le g]me a c\/ume de sortir4 ,quant la gu]re1 qui e/ la plus gr&e et pompeuse des actions huma9es1 ie saurois volonti]s1 si n\s n\s en v\lons s]uir p\r argum5t de quelque pr]ogatiue1 ou au reb\rs p\r tesmoignage de no/re imbecillit et imp]fection3 comme de vray1 la sci5ce de n\s entre-deffaire et entretu]1 de ru9] et p]dre no/re propre espece1 il semble qu'elle n'a pas beauc\p dequoy se faire desir] aux be/es qui ne l'ont pas4 ,qu&o leoni ,=tior eripuit vitam leo8 quo nemore vnquam ,expirauit ap] maioris d5tibus apri8 ,mais elles n'en sont pas vniu]sellem5t exemptes p\rtant3 tesmo9 les furieuses r5contres des m\*es miel1 et les entrepr9ses des ,pr9ces des deux armes contraires3 ,spe duobus ,regibus incessit magno discordia motu2 ,cont9uque animos vulgi et trepidantia bello ,corda licet long prscisc]e4 ,ie ne voy iamais cette diu9e description1 qu'il ne m'y semble lire pe9te l'ineptie et vanit huma9e4 ,c> ces m\uem5s gu]ri]s1 qui n\s rauiss5t de leur horreur et esp\uantem5t1 cette tempe/e de sons et de cris3 ,fulgur ibi ad clum se tollit1 totque circum re r5idescit tellus1 subtrque virm vi ,excitur p$ibus sonitus1 clamorque montes ,icti reiectant voces ad sid]a mundi4 cette effroyable ordonnance de tant de milli]s d'hommes armez1 tant de fureur1 d'ardeur1 et de c\rage1 il e/ plaisant consid]] p> combi5 va9es occasions elle e/ agite1 et p> combi5 leg]es occasions e/e9te4 ,p>idis propt] n>ratur amorem ,grcia ,b>b>i diro collisa duello4 ,t\te l',asie se p]dit et se consomma en gu]res p\r le macqu]ellage de ,p>is4 ,l'enuie d'vn seul homme1 vn despit1 vn plaisir1 vne ial\sie dome/ique1 causes qui ne deuroi5t pas esm\uoir deux h>ang]es s'esgratign]1 c'e/ l'ame et le m\uem5t de t\t ce gr& tr\ble4 ,v\lons n\s en croire ceux mesmes qui en sont les pr9cipaux au!urs et motifs8 ,oyons le plus gr&1 le plus victorieux ,emp]eur1 et le plus puissant qui fu/ onques1 se i\ant et mettant en rise tres-plaisamm5t et tres-+5ieusem5t1 plusieurs batailles haz>des et p> m] et p> t]re1 le sang et la vie de c9q c5s mille hommes qui suiuir5t sa =tune1 et les =ces et ri*esses des deux p>ties du monde espuises p\r le s]uice de ses entrepr9ses3 ,qud futuit ,glaphyran ,antonius1 hanc mihi pnam ,fuluia con/ituit1 se quoque vti futuam4 ,fuluiam ego vt futuam6 quid si me ,manius oret ,pdicem1 faciam8 non puto1 si sapiam4 ,aut futue1 aut pugnemus1 ait3 quid si mihi vita ,*>ior e/ ipsa m5tula8 signa canant4 ,i'vse en lib]t de consci5ce de mon ,lat91 auecq le cong1 que v\s m'en auez donn4 ,or ce gr& corps tant de visages et de m\uem5s1 qui sembl5t m5ass] le ciel et la t]re3 ,qum multi ,lybico voluuntur m>more fluctus1 ,suus vbi ,orion hyb]nis conditur vndis1 ,vel cm sole n\o d5s torr5tur ari/1 ,aut ,h]mi campo1 aut ,lyci flau5tibus aruis1 ,scuta sonant1 pulsque p$um tremit excita tellus3 ce furieux mon/re1 tant de bras et tant de te/es1 c'e/ t\si\rs l'homme foyble1 calamiteux1 et mis]able4 ,ce n'e/ qu'vne =milli]e esmeu et es*aufe1 ,x nigrum campis agm53 vn s\ffle de v5t contraire1 le croassem5t d'vn vol de corbeaux1 le faux pas d'vn *eual1 le passage =tuite d'vn aigle1 vn songe1 vne voix1 vn signe1 vne br\e mat9i]e1 suffis5t le r5u]s] et port] p> t]re4 ,donnez luy seulem5t d'vn rayon de soleil p> le visage1 le voyla fondu et esuan\y3 qu'on luy esu5te seulem5t vn peu de p\ssi]e aux yeux1 comme aux m\*es miel de no/re ,pote1 voyla t\tes nos enseignes1 nos legions1 et le gr& ,pompeius mesmes leur te/e1 rompu et fracass3 c> ce fut luy1 ce me semble1 que ,s]torius battit en ,espaigne t\t ces belles armes1 qui ont aussi s]uy ,eum5es contre ,antigonus1 ,sur5a contre ,crassus3 ,hi motus animorum1 atque hc c]tam9a tanta ,pulu]is exigui iactu compressa quiesc5t4 ,qu'on desc\ple mesmes de noz m\*es apres1 elles auront et la =ce et le c\rage de le dissip]4 ,de fres*e memoire1 les ,portugais assiegeans la ville de ,tamly1 au t]ritoire de ,xiat9e1 les habitans d'icelle port]5t sur la muraille quantit de ru*es1 dequoy ils sont ri*es4 ,et auec du feu *ass]5t les abeilles si viuem5t sur leurs ennemis1 qu'ils ab&onn]5t leur entrepr9se1 ne p\uans s\/5ir leurs assauts et piqueures4 ,a9si demeura la victoire et lib]t de leur ville1 ce n\ueau sec\rs3 auec telle =tune1 qu'au ret\r du combat1 il ne s'en tr\ua vne seule dire4 ,les ames des ,emp]eurs et des sauati]s sont iettes mesme m\le4 ,consid]ant l'importance des actions des ,pr9ces et leur poix1 n\s n\s p]suadons qu'elles soy5t produictes p> quelques causes aussi poisantes et importantes4 ,n\s n\s trompons3 ils sont m5ez et ram5ez en leurs m\uem5s1 p> les mesmes ressors1 que n\s sommes aux no/res4 ,la mesme raison qui n\s fait tans] auec vn vois91 dresse entre les ,pr9ces vne gu]re3 la mesme raison qui n\s fait f\tt] vn laquais1 tombant en vn ,roy1 luy fait ru9] vne pr\9ce4 ,ils veul5t aussi leg]em5t que n\s1 mais ils peuu5t plus4 ,p>eils appetits agit5t vn ciron et vn elephant4 ,quant la fidelit1 il n'e/ animal au monde trai/re au prix de l'homme4 ,nos hi/oires racont5t la vifue p\rsuitte que c]ta9s *i5s ont faict de la mort de leurs mai/res4 ,le ,roy ,pyrrhus ayant r5contr vn *i5 qui g>doit vn homme mort1 et ayant ent5du qu'il y auoit trois i\rs qu'il faisoit cet (fice1 comm&a qu'on ent]ra/ ce corps1 et m5a ce *i5 quant et luy4 ,vn i\r qu'il assi/oit aux montres g5]ales de son armee1 ce *i5 app]ceuant les meurtri]s de son mai/re1 leur c\rut sus1 auec grans aboys et aspret de c\rr\x1 et p> ce premi] indice a*em9a la v5geance de ce meurtre1 qui en fut faicte bi5 to/ apres p> la voye de la iu/ice4 ,autant en fit le *i5 du sage ,hesiode1 ayant conua9cu les enfans de ,gani/or ,naupacti51 du meurtre commis en la p]sonne de son mai/re4 ,vn autre *i5 e/ant la g>de d'vn temple ,a!nes1 ayant ap]eu vn l>ron sacrilege qui emportoit les plus beaux ioyaux1 se mit abbay] contre luy tant qu'il peut3 mais les m>guilli]s ne s'e/ans po9t esueillez p\r cela1 il se mit suyure1 et le i\r e/ant v5u1 se t9t vn peu plus esloign de luy1 sans le p]dre iamais de veu3 s'il luy (froit mang]1 il n'en v\loit pas1 et aux autres passans qu'il r5controit en son *em91 il leur faisoit fe/e de la queu1 et pr5oit de leurs ma9s ce qu'ils luy donnoi5t mang]3 si son l>ron s'arre/oit p\r dormir1 il s'arre/oit quant et quant au lieu mesmes4 ,la n\uelle de ce *i5 e/ant v5u aux m>guilli]s de cette eglise1 ils se mir5t le suiure la trace1 s'enqu]ans des n\uelles du poil de ce *i51 et en f9 le r5contr]5t en la ville de ,cromyon1 et le l>ron aussi1 qu'ils ram5]5t en la ville d',a!nes1 o il fut puny4 ,et les iuges en recognoissance de ce bon (fice1 ordonn]5t du public c]ta9e mesure de bl$ p\r n\rrir le *i51 et aux pre/res d'en auoir so94 ,plut>que tesmoigne cette hi/oire1 comme *ose tres-au]ee et adu5ue en son siecle4 ,quant la gratitude1 c> il me semble que n\s auons beso9 de mettre ce mot en cr$it1 ce seul exemple y suffira1 qu',appion recite comme en ayant e/ luy mesme spectateur4 ,vn i\r1 dit-il1 qu'on donnoit ,rome au peuple le plaisir du combat de plusieurs be/es e/ranges1 et pr9cipalem5t de lyons de gr&eur inusitee1 il y en auoit vn entre autres1 qui p> son port furieux1 p> la =ce et grosseur de ses membres1 et vn rugissem5t hauta9 et esp\uantable1 attiroit soy la veu de t\te l'assi/ance4 ,entre les autres esclaues1 qui fur5t pres5tez au peuple en ce combat des be/es1 fut vn ,&rodus de ,dace1 qui e/oit vn ,seigneur ,roma91 de qualit consulaire4 ,ce lyon l'ayant app]ceu de lo+1 s'arre/a premi]em5t t\t c\rt1 comme e/ant entr en admiration1 et puis s'appro*a t\t d\cem5t d'vne faon molle et paisible1 comme p\r entr] en recognoissance auec luy4 ,cela faict1 et s'e/ant asseur de ce qu'il *]*oit1 il comm5a battre de la queu la mode des *i5s qui flatt5t leur mai/re1 et bais]1 et les*] les ma9s et les cuisses de ce pauure mis]able1 t\t transi d'effroy et hors de soy4 ,&rodus ayant repris ses esprits p> la b5ignit de ce lyon1 et r'asseur sa veu p\r le consid]] et recognoi/re3 c'e/oit vn s+uli] plaisir de voir les c>esses1 et les fe/es qu'ils s'entrefaisoi5t l'vn l'autre4 ,dequoy le peuple avant esleu des cris de ioye1 l',emp]eur fit appell] cet esclaue1 p\r ent5dre de luy le moy5 d'vn si e/range eu5em5t4 ,il luy recita vne hi/oire n\uelle et admirable4 ,mon mai/re1 dict-il1 e/ant proconsul en ,aphrique1 ie fus contra9ct p> la cruaut et rigueur qu'il me t5oit1 me faisant i\rnellem5t battre1 me desrob] de luy1 et m'en fuir4 ,et p\r me ca*] seurem5t d'vn p]sonnage ayant si gr&e au?orit en la pr\9ce1 ie tr\uay mon plus c\rt1 de gaign] les solitudes et les contrees sablonneuses et inhabitables de ce pays l1 resolu1 si le moy5 de me n\rrir v5oit me faillir1 de tr\u] quelque faon de me tu] moy-mesme4 ,le soleil e/ant extremem5t aspre sur le midy1 et les *aleurs insupportables1 ie m'embatis sur vne cau]ne ca*ee et inaccessible1 et me iettay d$ans4 ,bi5 to/ apres y suru9t ce lyon1 ayant vne patte sanglante et blessee1 t\t pla9tif et gemissant des d\leurs qu'il y s\ffroit3 son arriuee i'eu beauc\p de frayeur1 mais luy me voyant muss dans vn co+ de sa loge1 s'appro*a t\t d\cem5t de moy1 me pres5tant sa patte (f5cee1 et me la montrant comme p\r dem&] sec\rs3 ie luy o/ay lors vn gr& escot qu'il y auoit1 et m'e/ant vn peu appriuois luy1 pressant sa playe en fis sortir l'ordure qui s'y amassoit1 l'essuyay1 et nettoyay le plus proprem5t que ie peux4 ,luy se s5tant alleg de son mal1 et s\lag de cette d\leur1 se prit repos]1 et dormir1 ayant t\si\rs sa patte entre mes ma9s4 ,de l en hors luy et moy vesquismes ensemble en cette cau]ne trois ans enti]s de mesmes vi&es3 c> des be/es qu'il tuoit sa *asse1 il m'en apportoit les meilleurs endroits1 que ie faisois cuire au soleil faute de feu1 et m'en n\rrissois4 ,a la longue1 m'e/ant ennuy de cette vie brutale et sauuage1 comme ce lyon e/oit all vn i\r sa que/e acc\/umee1 ie p>tis de l1 et ma troisiesme i\rnee fus surpris p> les soldats1 qui me m5]5t d',affrique en cette ville mon mai/re1 lequel s\da9 me condamna mort1 et e/re ab&onn aux be/es4 ,or ce que ie voy ce lyon fut aussi pris bi5 to/ apres1 qui m'a cette heure v\lu recomp5s] du bi5-fait et gu]ison qu'il auoit reeu de moy4 ,voyla l'hi/oire qu',&rodus recita l',emp]eur1 laquelle il fit aussi ent5dre de ma9 ma9 au peuple4 ,p>quoy la reque/e de t\s il fut mis en lib]t1 et abs\s de cette condamnation1 et p> ordonnance du peuple luy fut faict pres5t de ce lyon4 ,n\s voyions depuis1 dit ,appion1 ,&rodus conduisant ce lyon t\t vne petite laisse1 se prom5ant p> les tau]nes ,rome1 receuoir l'arg5t qu'on luy donnoit3 le lyon se laiss] c\urir des fleurs qu'on luy iettoit1 et *acun dire en les r5contrant3 ,voyla le lyon ho/e de l'homme1 voyla l'homme m$ec9 du lyon4 ,n\s pleurons s\u5t la p]te des be/es que n\s aymons1 aussi font elles la no/re4 ,p/1 bellator equus1 positis insignibus1 ?on ,x lacrymans1 guttisque humectat gr&ibus ora4 ,comme aucunes de nos nations ont les femmes en commun1 aucunes *acun la si5ne3 cela ne se voit-il pas aussi entre les be/es1 et des m>iages mieux g>dez que les no/res8 ,quant la societ et conf$]ation qu'elles dress5t entre elles p\r se ligu] ensemble1 et s'entresec\rir1 il se voit des bufs1 des porceaux1 et autres animaux1 qu'au cry de celuy que v\s (f5cez1 t\te la tr\ppe acc\rt son aide1 et se ralie p\r sa deff5ce4 ,l'esc>e1 qu& il a aual l'ameon du pes*eur1 ses compagnons s'assembl5t en f\le aut\r de luy1 et rong5t la ligne3 et si d'au5ture il y en a vn1 qui ait donn d$ans la nasse1 les autres luy baill5t la queu p> dehors1 et luy la s]re tant qu'il peut belles d5ts3 ils le tir5t a9s9 au dehors et l'entra95t4 ,les b>bi]s1 qu& l'vn de leurs compagnons e/ engag1 mett5t la ligne contre leur dos1 dressant vne esp9e qu'ils ont d5telee comme vne scie1 t\t laquelle ils la sci5t et c\p5t4 ,quant aux p>ticuli]s (fices1 que n\s tirons l'vn de l'autre1 p\r le s]uice de la vie1 il s'en void plusieurs p>eils exemples p>my elles4 ,ils ti5n5t que la bala9e ne m>*e iamais qu'elle n'ait au deuant d'elle vn petit poisson semblable au g\jon de m]1 qui s'appelle p\r cela la guide3 la bale9e le suit1 se laissant m5] et t\rn] aussi facilem5t1 que le timon fait ret\rn] la nauire3 et en recomp5se aussi1 au lieu que t\te autre *ose1 soit be/e ou vaisseau1 qui entre dans l'horrible *aos de la b\*e de ce mon/re1 e/ incont95t p]du et engl\ty1 ce petit poisson s'y retire en t\te seuret1 et y dort1 et p5dant son sommeil la bale9e ne b\ge3 mais aussi to/ qu'il sort1 elle se met le suyure sans cesse3 et si de =tune elle l'esc>te1 elle va errant et l1 et s\u5t se froissant contre les ro*]s1 comme vn vaisseau qui n'a po9t de g\u]nail4 ,ce que ,plut>que tesmoigne auoir veu en l'isle d',anticyre4 ,il y a vne p>eille societ entre le petit oyseau qu'on nomme le roytelet1 et le crocodile3 le roytelet s]t de s5t9elle ce gr& animal3 et si l'i*neumon son ennemy s'appro*e p\r le combattre1 ce petit oyseau1 de peur qu'il ne le surpr5ne endormy1 va de son *ant et c\p de bec l'esueillant1 et l'adu]tissant de son dang]4 ,il vit des demeurans de ce mon/re1 qui le reoit famili]em5t en sa b\*e1 et luy p]met de becquet] dans ses ma*\]es1 et entre ses d5ts1 et y recueillir les morceaux de *air qui y sont demeurez3 et s'il veut f]m] la b\*e1 il l'adu]tit premi]em5t d'en sortir en la s]rant peu peu sans l'e/re9dre et l'(f5c]4 ,cette coquille qu'on nomme la nacre1 vit aussi a9s9 auec le p9no!re1 qui e/ vn petit animal de la sorte d'vn cancre1 luy s]uant d'huissi] et de porti] assis l'ouu]ture de cette coquille1 qu'il ti5t cont9uellem5t entrebaaillee et ouu]te1 iusques ce qu'il y voye entr] quelque petit poisson propre leur prise3 c> lors il entre dans la nacre1 et luy va p9sant la *air viue1 et la contra9t de f]m] sa coquille3 lors eux deux ensemble mang5t la proye enf]mee dans leur =t4 ,en la mani]e de viure des tuns1 on y rem>que vne s+uli]e sci5ce des trois p>ties de la ma!matique4 ,quant l'a/rologie1 ils l'enseign5t l'homme3 c> ils s'arre/5t au lieu o le sol/ice d'hyu] les surpr5d1 et n'en b\g5t iusques l'equ9oxe ensuyuant3 voyla p\rquoy ,ari/ote mesme leur conc$e volonti]s cette sci5ce4 ,quant la geometrie et ari?metique1 ils font t\si\rs leur b&e de figure cubique1 c>ree en t\t s5s1 et en dress5t vn corps de bataillon1 solide1 clos1 et enuironn t\t l'ent\r1 six faces t\tes esgalles3 puis nag5t en cette ordonnance c>ree1 autant l>ge d]ri]e que deuant1 de faon que qui en void et compte vn rang1 il peut aism5t nombr] t\te la tr\ppe1 d'autant que le nombre de la pr(ondeur e/ esgal la l>geur1 et la l>geur1 la longueur4 ,quant la magnanimit1 il e/ malais de luy donn] vn visage plus app>5t1 qu'en ce faict du gr& *i51 qui fut enuoy des ,indes au ,roy ,alex&re3 on luy pres5ta premi]em5t vn c]f p\r le combattre1 et puis vn sangli]1 et puis vn ours1 il n'en fit compte1 et ne daigna se remu] de sa place3 mais qu& il veid vn lyon1 il se dressa incont95t sur ses pi$s1 montrant manife/em5t qu'il decl>oit celuy-l seul digne d'entr] en combat auecques luy4 ,t\*ant la rep5tance et recognoissance des fautes1 on recite d'vn elephant1 lequel ayant tu son g\u]neur p> impetuosit de *ol]e1 en pr9t vn dueil si extreme1 qu'il ne v\lut onques puis mang]1 et se laissa m\rir4 ,quant la clem5ce1 on recite d'vn tygre1 la plus inhuma9e be/e de t\tes1 que luy ayant e/ baill vn *eureau1 il s\ffrit deux i\rs la faim auant que de le v\loir (f5c]1 et le troisiesme il brisa la cage o il e/oit enf]m1 p\r all] *]*] autre pa/ure1 ne se v\lant pr5dre au *eureau1 son famili] et son ho/e4 ,et quant aux droicts de la famili>it et conu5ance1 qui se dresse p> la conu]sation1 il n\s adui5t ord9airem5t d'appriuois] des *ats1 des *i5s1 et des lieures ensemble4 ,mais ce que l'exp]i5ce appr5d ceux qui voyag5t p> m]1 et notamm5t en la m] de ,sicile1 de la condition des halcyons1 surpasse t\te huma9e cogitation4 ,de quelle espece d'animaux a iamais ,nature tant honor les c\*es1 la naissance1 et l'enfantem5t8 c> les potes dis5t bi5 qu'vne seule isle de ,delos1 e/ant au p>auant vagante1 fut aff]mie p\r le s]uice de l'enfantem5t de ,latone3 mais ,dieu a v\lu que t\te la m] fu/ arre/e1 aff]mie et applanie1 sans vagues1 sans v5ts et sans pluye1 cep5dant que l'halcyon fait ses petits1 qui e/ iu/em5t enuiron le sol/ice1 le plus c\rt i\r de l'an3 et p> son priuilege n\s auons sept i\rs et sept nuicts1 au f9 cur de l'hyu]1 que n\s p\uons nauigu] sans dang]4 ,leurs femelles ne recognoiss5t autre masle que le leur propre3 l'assi/5t t\te leur vie sans iamais l'ab&onn]3 s'il vi5t e/re debile et cass1 elles le *>g5t sur leurs espaules1 le port5t p> t\t1 et le s]u5t iusques la mort4 ,mais aucune suffisance n'a encores peu atte9dre la cognoissance de cette m]ueilleuse fabrique1 dequoy l'halcyon compose le nid p\r ses petits1 ny en deu9] la mati]e4 ,plut>que1 qui en a veu et mani plusieurs1 p5se que ce soit des are/es de quelque poisson qu'elle conio9ct et lie ensemble1 les entrelassant les vnes de long1 les autres de trau]s1 et adi\/ant des c\rbes et des arrondissem5s1 tellem5t qu'en f9 elle en =me vn vaisseau rond pre/ vogu]3 puis qu& elle a p>a*eu de le con/ruire1 elle le porte au batem5t du flot m>91 l o la m] le battant t\t d\cem5t1 luy enseigne rad\b] ce qui n'e/ pas bi5 li1 et mieux =tifi] aux endroits o elle void que sa /ructure se desmeut1 et se las*e p\r les c\ps de m]3 et au contraire ce qui e/ bi5 io9ct1 le batem5t de la m] le v\s e/re9ct1 et v\s le s]re de sorte1 qu'il ne se peut ny rompre ny diss\dre1 ou endommag] c\ps de pi]re1 ny de f]1 si ce n'e/ t\te pe9e4 ,et ce qui plus e/ admir]1 c'e/ la proportion et figure de la concauit du d$ans3 c> elle e/ compose et proportionne1 de mani]e qu'elle ne peut receuoir ny admettre autre *ose1 que l'oiseau qui l'a ba/ie3 c> t\te autre *ose1 elle e/ imp5etrable1 close1 et f]me1 tellem5t qu'il ny peut ri5 entr]1 non pas l'eau de la m] seulem5t4 ,voyla vne description bi5 claire de ce ba/im5t et emprunte de bon lieu3 t\tesfois il me semble qu'elle ne n\s esclaircit pas encore suffisamm5t la difficult de cette ar*itecture4 ,or de quelle vanit n\s peut-il p>tir1 de log] au dess\bs de n\s1 et d'int]pret] desdaigneusem5t les effects que n\s ne p\uons imit] ny compr5dre8 ,p\r suyure encore vn peu plus lo+ cette equalit et correspondance de n\s aux be/es1 le priuilege dequoy no/re ame se glorifie1 de ram5] sa condition1 t\t ce qu'elle conoit1 de desp\ill] de qualitez mortelles1 et corporelles1 t\t ce qui vi5t elle1 de r5g] les *oses qu'elle e/ime dignes de son acco9tance1 desue/ir et desp\ill] leurs conditions corruptibles1 et leur faire laiss] "p1 comme ve/em5s sup]flus et viles1 l'espesseur1 la longueur1 la pr(ondeur1 le poids1 la c\leur1 l'odeur1 l'aspret1 la polisseure1 la duret1 la mollesse1 et t\s accid5ts s5sibles1 p\r les accommod] sa condition immortelle et spirituelle3 de mani]e que ,rome et ,p>is1 que i'ay en l'ame1 ,p>is que i'imag9e1 ie l'imag9e et le compr5s1 sans gr&eur et sans lieu1 sans pi]re1 sans pla/re1 et sans bois3 ce mesme priuilege1 dis-ie1 semble e/re bi5 euidemm5t aux be/es4 ,c> vn *eual acc\/um aux trompettes1 aux h>quebusades1 et aux combats1 que n\s voyons trem\ss] et fremir en dormant1 e/5du sur sa liti]e1 comme s'il e/oit en la mesle1 il e/ c]ta9 qu'il conoit en son ame vn son de tab\r9 sans bruict1 vne arme sans armes et sans corps4 ,quippe videbis equos =tes1 cm membra iacebunt ,9 somnis1 sud>e tam51 spir>que spe1 ,et quasi de palma summas cont5d]e vires4 ,ce lieure qu'vn leuri] imag9e en songe1 apres lequel n\s le voyons halet] en dormant1 along] la queu1 secoer les i>rets1 et repres5t] p>faictem5t les m\uem5s de sa c\rse3 c'e/ vn lieure sans poil et sans os4 ,v5antmque canes 9 molli spe quiete1 ,iactant crura tam5 subit1 vocsque rep5te ,mittunt1 et crebras r$ucunt n>ibus auras1 ,vt ve/igia si t5eant inu5ta f]>um3 ,exp]ge factique1 sequuntur inania spe ,c]uorum simulacra1 fug quasi d$ita c]nant2 ,donec discussis r$eant erroribus ad se4 ,les *i5s de g>de1 que n\s voyons s\u5t grond] en songeant1 et puis iapp] t\t faict1 et s'esueill] en sursaut1 comme s'ils app]ceuoi5t quelque e/rang] arriu]2 cet e/rang] que leur ame void1 c'e/ vn homme spirituel1 et imp]ceptible1 sans dim5sion1 sans c\leur1 et sans e/re3 ,consueta domi catulorum bl&a propago ,deg]e1 spe leuem ex oculis volucrmque soporem ,discut]e1 et corpus de t]ra corrip]e in/ant1 ,pro9de quasi ignotas facies atque ora tuantur4 ,quant la beaut du corps1 auant pass] outre1 il me faudroit sauoir si n\s sommes d'accord de sa description4 ,il e/ vray-semblable que n\s ne sauons gu]e1 que c'e/ que beaut en nature et en g5]al1 puisque l'huma9e et no/re beaut n\s donnons tant de =mes diu]ses1 de laquelle1 s'il y auoit quelque prescription naturelle1 n\s la recognoi/rions en commun1 comme la *aleur du feu4 ,n\s en fantasions les =mes no/re appetit4 ,turpis ,romano ,belgicus ore color4 ,les ,indes la peign5t noire et basanne1 aux leures grosses et enfles1 au nez plat et l>ge3 et *>g5t de gros anneaux d'or le c>tilage d'entre les nazeaux1 p\r le faire p5dre iusques la b\*e1 comme aussi la balieure1 de gros c]cles enri*is de pi]r]ies1 si qu'elle leur tombe sur le m5ton1 et e/ leur grace de montr] leurs d5ts iusques au dess\s des rac9es4 ,au ,p]u les plus gr&es oreilles sont les plus belles1 et les e/5d5t autant qu'ils peuu5t p> artifice4 ,et vn homme d'aui\rdhuy1 dit auoir veu en vne nation ,ori5tale1 ce so+ de les agr&ir1 en tel cr$it1 et de les *>g] de poisants ioyaux1 qu' t\ts c\ps il passoit son bras ve/u au trau]s d'vn tr\ d'oreille4 ,il e/ ailleurs des nations1 qui noirciss5t les d5ts auec gr& so+1 et ont mespris de les voir blan*es3 ailleurs ils les teign5t de c\leur r\ge4 ,non seulem5t en ,basque les femmes se tr\u5t plus belles la te/e rase3 mais assez ailleurs3 et qui plus e/1 en c]ta9es contres glaciales1 comme dit ,pl9e4 ,les ,mexicanes cont5t entre les beautez1 la petitesse du front1 et o elles se font le poil p> t\t le re/e du corps1 elles le n\rriss5t au front1 et peupl5t p> art3 et ont en si gr&e recomm&ation la gr&eur des tet9s1 qu'elles affect5t de p\uoir donn] la mammelle leurs enfans p> dessus l'espaule4 ,n\s =m]ions a9si la laideur4 ,les ,itali5s la faonn5t grosse et massiue3 les ,espagnols vuide et e/rille3 et entre n\s1 l'vn la fait blan*e1 l'autre brune3 l'vn molle et delicate1 l'autre =te et vig\reuse3 qui y dem&e de la mign>dise1 et de la d\ceur1 qui de la fi]t et maje/4 ,t\t a9si que la pref]ance en beaut1 que ,platon attribue la figure sph]ique1 les ,epicuri5s la donn5t la pyramidale plu/o/1 ou c>re3 et ne peuu5t aual] vn ,dieu en =me de b\le4 ,mais quoy qu'il en soit1 ,nature ne n\s a non plus priuilegiez en cela qu'au demeurant1 sur ses loix communes4 ,et si n\s n\s iugeons bi51 n\s tr\u]ons que s'il e/ quelques animaux mo9s fauorisez en cela que n\s1 il y en a d'autres1 et en gr& nombre1 qui le sont plus4 ,a multis animalibus decore v9cimur3 voyre des t]re/res nos compatriotes4 ,c> quant aux m>9s1 laissant la figure1 qui ne peut tomb] en proportion1 tant elle e/ autre3 en c\leur1 nettet1 polissure1 disposition1 n\s leur c$ons assez3 et non mo9s1 en t\tes qualitez1 aux ares4 ,et cette pr]ogatiue que les potes font valoir de no/re /ature droicte1 reg>dant v]s le ciel son orig9e1 ,pronque cm spect5t animalia ct]a t]ram1 ,os hom9i sublime d$it1 clmque vid]e ,iussit1 et erectos ad syd]a toll]e vultus4 elle e/ vrayem5t potique3 c> il y a plusieurs be/ioles1 qui ont la veu r5u]se t\t faict v]s le ciel3 et l'encoleure des *ameaux1 et des au/ru*es1 ie la tr\ue encore plus releue et droite que la no/re4 ,quels animaux n'ont la face au haut1 et ne l'ont deuant1 et ne reg>d5t vis vis1 comme n\s3 et ne desc\ur5t en leur iu/e po/ure autant du ciel et de la t]re que l'homme8 ,et quelles qualitez de no/re corporelle con/itution en ,platon et en ,cic]o ne peuu5t s]uir mille sortes de be/es8 ,celles qui n\s retir5t le plus1 ce sont les plus laides1 et les plus abiectes de t\te la b&e3 c> p\r l'app>5ce ext]ieure et =me du visage1 ce sont les magots3 ,simia qum similis1 turpissima be/ia1 nobis6 p\r le d$ans et p>ties vitales1 c'e/ le p\rceau4 ,c]tes qu& i'imag9e l'homme t\t nud 7ouy en ce sexe qui semble auoir plus de "p la beaut7 ses t>es1 sa subiection naturelle1 et ses imp]fections1 ie tr\ue que n\s auons eu plus de raison que nul autre animal1 de n\s c\urir4 ,n\s auons e/ excusables d'emprunt] ceux que ,nature auoit fauoris en cela plus que n\s1 p\r n\s p>] de leur beaut1 et n\s ca*] s\bs leur desp\ille1 de la9e1 plume1 poil1 soye4 ,rem]quons au demeurant1 que n\s sommes le seul animal1 duquel le defaut (f5ce nos propres compagnons1 et seuls qui auons n\s desrob] en nos actions naturelles1 de no/re espece4 ,vrayem5t c'e/ aussi vn effect digne de consid]ation1 que les mai/res du me/i] ordonn5t p\r rem$e aux passions am\reuses1 l'enti]e veu et libre du corps qu'on re*]*e3 que p\r refroidir l'amiti1 il ne faille que voir librem5t ce qu'on ayme4 ,ille qud obscnas 9 ap]to corpore p>tes ,vid]at1 9 cursu qui fuit1 hsit amor4 ,et encore que cette recepte puisse l'au5ture p>tir d'vne humeur vn peu delicate et refroidie3 si e/-ce vn m]ueilleux signe de no/re defaillance1 que l'vsage et la cognoissance n\s dg\te les vns des autres4 ,ce n'e/ pas tant pudeur1 qu'art et prud5ce1 qui r5d nos dames si circonspectes1 n\s refus] l'entre de leurs cab9ets1 auant qu'elles soy5t pe9tes et p>es p\r la montre publique4 ,nec v5]es no/ras hoc fallit1 qu magis ips ,omnia summop]e hos vit po/sc5ia celant1 ,quos ret9]e volunt ad/rictque esse 9 amore4 ,l o en plusieurs animaux1 il n'e/ ri5 d'eux que n\s n'aimions1 et qui ne plaise nos s5s3 de faon que de leurs excrem5s mesmes et de leur des*>ge1 n\s tirons non seulem5t de la fri&ise au mang]1 mais nos plus ri*es ornem5s et p>fums4 ,ce disc\rs ne t\*e que no/re commun ordre1 et n'e/ pas si sacrilege d'y v\loir compr5dre ces diu9es1 sup]naturelles et extraord9aires beautez1 qu'on voit p> fois reluire entre n\s1 comme des a/res s\bs vn voile corporel et t]re/re4 ,au demeurant la "p mesme que n\s faisons aux animaux1 des faueurs de ,nature1 p> no/re confession1 elle leur e/ bi5 auantageuse4 ,n\s n\s attribuons des bi5s imag9aires et fanta/iques1 des bi5s futurs et abs5s1 desquels l'huma9e capacit ne se peut d'elle mesme respondre3 ou des bi5s que n\s n\s attribuons faucem5t1 p> la lic5ce de no/re op9ion1 comme la raison1 la sci5ce et l'honneur3 et eux1 n\s laissons en p>tage des bi5s ess5tiels1 maniables et palpables1 la paix1 le repos1 la securit1 l'innoc5ce et la sant3 la sant1 dis-ie1 le plus beau et le plus ri*e pres5t1 que ,nature n\s sa*e faire4 ,de faon que la ,philosophie1 voire la ,/oque1 ose bi5 dire qu',h]aclitus et ,ph]ecydes1 s'ils euss5t peu es*ang] leur sagesse auecques la sant1 et se deliur] p> ce m>*1 l'vn de l'hydropisie1 l'autre de la maladie p$iculaire qui le pressoit1 ils euss5t bi5 faict4 ,p> o ils donn5t encore plus gr& prix la sagesse1 la comp>ant et contrepoisant la sant1 qu'ils ne font en cette autre proposition1 qui e/ aussi des leurs4 ,ils dis5t que si ,circ eu/ pres5t ,vlysses deux breuuages1 l'vn p\r faire deu5ir vn homme de fol sage1 l'autre de sage fol1 qu',vlysses eu/ deu plu/o/ accept] celuy de la folie1 que de cons5tir que ,circ eu/ *ang sa figure huma9e en celle d'vne be/e4 ,et dis5t que la sagesse mesme eu/ p>l luy en cette mani]e3 ,quitte moy1 laisse moy l1 plu/o/ que de me log] s\s la figure et corps d'un asne4 ,comm5t8 cette gr&e et diu9e sapi5ce1 les philosophes la quitt5t donc1 p\r ce voile corporel et t]re/re8 ,ce n'e/ donc plus p> la raison1 p> le disc\rs1 et p> l'ame1 que n\s excellons sur les be/es3 c'e/ p> no/re beaut1 no/re beau te9t1 et no/re belle disposition de membres1 p\r laquelle il n\s faut mettre no/re intellig5ce1 no/re prud5ce1 et t\t le re/e l'ab&on4 ,or i'accepte cette nafue et fran*e confession4 ,c]tes ils ont cogneu que ces p>ties l1 dequoy n\s faisons tant de fe/e1 que ce n'e/ va9e fantasie4 ,qu& les be/es auroi5t donc t\te la v]tu1 la sci5ce1 la sagesse et suffisance ,/oique1 ce s]oy5t t\si\rs des be/es3 ny ne s]oy5t comp>ables vn homme mis]able1 mes*ant et ins5s4 ,c> en f9 t\t ce qui n'e/ comme n\s sommes1 n'e/ ri5 qui vaille4 ,et ,dieu p\r se faire valoir1 il faut qu'il y retire1 comme n\s dirons tanto/4 ,p> o il app]t que ce n'e/ p> vray disc\rs1 mais p> vne fi]t folle et op9ia/ret1 que n\s n\s pref]ons aux autres animaux1 et n\s seque/rons de leur condition et societ4 ,mais p\r reu5ir mon propos1 n\s auons p\r no/re "p1 l'incon/ance1 l'irresolution1 l'inc]titude1 le deuil1 la sup]/ition1 la solicitude des *oses v5ir1 voire apres no/re vie1 l'ambition1 l'au>ice1 la ial\sie1 l'enuie1 les appetits desreglez1 =c5ez et indomptables1 la gu]re1 la m5songe1 la desloyaut1 la detraction1 et la curiosit4 ,c]tes n\s auons e/rangem5t surpay ce beau disc\rs1 dequoy n\s n\s glorifions1 et cette capacit de iug] et cognoi/re1 si n\s l'auons a*ete au prix de ce nombre inf9y des passions1 ausquelles n\s sommes incessamm5t en pr9se4 ,s'il ne n\s plai/ de faire encore valoir1 comme fait bi5 ,socrates1 cette notable pr]ogatiue sur les be/es1 que o ,nature leur a prescript c]ta9es saisons et limites la volupt ,v5]i5ne1 elle n\s en a las* la bride t\tes heures et occasions4 ,vt v9um grotis1 quia prode/ r>1 nocet spissime1 melius e/ non adhib]e omn9o1 qum1 spe dubi salutis1 9 ap]tam p]niciem incurr]e3 ,sic1 haud scio1 an melius fu]it humano g5]i motum i/um cel]em cogitationis1 acum51 sol]tiam1 quam rationem vocamus1 quoniam pe/if]a s9t multis1 admodum paucis salut>ia1 non d>i omn9o1 qum tam munific et tam l>g d>i4 ,de quel fruit p\uons n\s e/im] auoir e/ ,v>ro et ,ari/ote1 cette intellig5ce de tant de *oses8 ,les a elle exemptez des incommoditez huma9es8 ont-ils e/ des*>gez des accid5ts qui press5t vn cro*eteur8 ont ils tir de la logique quelque consolation la g\te8 p\r auoir seu comme cette humeur se loge aux io9tures1 l'en ont ils mo9s s5tie8 sont ils entrez en composition de la mort1 p\r sauoir qu'aucunes nations s'en resi\iss5t3 et du cocuage1 p\r sauoir les femmes e/re communes en quelque region8 ,au reb\rs1 ayans t5u le premi] rang en sauoir1 l'vn entre les ,roma9s1 l'autre1 entre les ,grecs1 et en la saison o la sci5ce fleurissoit le plus1 n\s n'auons pas p\rtant appris qu'ils ay5t eu aucune p>ticuli]e excell5ce en leur vie3 voire le ,grec a assez affaire se des*>g] d'aucunes tas*es notables en la si5ne4 ,a on tr\u que la volupt et la sant soy5t plus sau\reuses celuy qui sait l'a/rologie1 et la grammaire3 ,illit]ati num m9us n]ui rig5t8 et la honte et pauuret mo9s importunes8 ,scilicet et morbis et debilitate c>ebis1 ,et luctum et curam effugies1 et tempora vit ,longa tibi po/ hc facto meliore dabuntur4 ,i'ay veu en mon temps1 c5t artisans1 c5t lab\reurs1 plus sages et plus heureux que des recteurs de l'vniu]sit3 et lesquels i'aim]ois mieux ressembl]4 ,la doctr9e1 ce m'e/ aduis1 ti5t rang entre les *oses necessaires la vie1 comme la gloire1 la noblesse1 la dignit1 ou p\r le plus comme la ri*esse1 et telles autres qualitez qui y s]u5t voyrem5t1 mais de lo+1 et plus p> fantasie que p> nature4 ,il ne n\s faut gu]e non plus d'(fices1 de regles1 et de loix de viure1 en no/re communaut1 qu'il en faut aux grues et =mis en la leur4 ,et neantmo9s n\s voyons qu'elles s'y conduis5t tres ordonnm5t1 sans erudition4 ,si l'homme e/oit sage1 il pr5droit le vray prix de *asque *ose1 selon qu'elle s]oit la plus vtile et propre sa vie4 ,qui n\s cont]a p> nos actions et deportem5s1 il s'en tr\u]a plus gr& nombre d'excell5s entre les ignorans1 qu'entre les sauans2 ie dy en t\te sorte de v]tu4 ,la vieille ,rome me semble en auoir bi5 port de plus gr&e valeur1 et p\r la paix1 et p\r la gu]re1 que cette ,rome sauante1 qui se ru9a soy-mesme4 ,qu& le demeurant s]oit t\t p>eil1 aumo9s la preud'hommie et l'innoc5ce demeur]oi5t du co/ de l'anci5ne3 c> elle loge s+uli]em5t bi5 auec la simplicit4 ,mais ie laisse ce disc\rs1 qui me tir]oit plus lo+1 que ie ne v\drois suyure4 ,i'en diray seulem5t encore cela1 que c'e/ la seule humilit et submission1 qui peut effectu] vn homme de bi54 ,il ne faut pas laiss] au iugem5t de *acun la cognoissance de son deuoir3 il le luy faut prescrire1 non pas le laiss] *oisir son disc\rs3 autrem5t selon l'imbecillit et v>iet inf9ie de nos raisons et op9ions1 n\s n\s =g]ions en f9 des deuoirs1 qui n\s mettroi5t n\s mang] les vns les autres1 comme dit ,epicurus4 ,la premi]e loy1 que ,dieu donna iamais l'homme1 ce fut vne loy de pure obeyssance3 ce fut vn comm&em5t1 nud et simple o l'homme n'eu/ ri5 cognoi/re et caus]1 d'autant que l'obeyr e/ le propre (fice d'vne ame raisonnable1 recognoissant vn cele/e1 sup]ieur et bi5-facteur4 ,de l'obeyr et c$] nai/ t\te autre v]tu1 comme du cuid]1 t\t pe*4 ,et au reb\rs3 la premi]e t5tation qui v9t l'huma9e nature de la "p du diable1 sa premi]e poison1 s'ins9ua en n\s1 p> les promesses qu'il n\s fit de sci5ce et de cognoissance1 ,eritis sicut dij1 sci5tes bonum et malum4 ,et les ,s]e9es1 p\r pip] ,vlysse en ,hom]e1 et l'attir] en leurs dang]eux et ru9eux laqs1 luy (fr5t en don la sci5ce4 ,la pe/e de l'homme c'e/ l'op9ion de sauoir4 ,voyla p\rquoy l'ignorance n\s e/ tant recomm&e p> no/re religion1 comme piece propre la creance et l'obeyssance4 ,cauete1 ne quis vos decipiat p] philosophiam et inanes s$uctiones1 secundum elem5ta mundi4 ,en cecy y a il vne g5]alle conu5ance entre t\s les philosophes de t\tes sectes1 que le s\u]a9 bi5 consi/e en la tranquillit de l'ame et du corps4 ,mais o la tr\uons n\s8 ,ad summum sapi5s vno m9or e/ ,i\e3 diues1 ,lib]1 honoratus1 pul*]1 rex d5ique regum3 ,prcipu sanus1 nisi cm pituita mole/a e/4 ,il semble la v]it1 que ,nature1 p\r la consolation de no/re e/at mis]able et *etif1 ne n\s ait donn en p>tage que la presumption4 ,c'e/ ce que dit ,epictete1 que l'homme n'a ri5 proprem5t si51 que l'vsage de ses op9ions4 ,n\s n'auons que du v5t et de la fume en p>tage4 ,les ,dieux ont la sant en ess5ce1 dit la philosophie1 et la maladie en intellig5ce3 l'homme au reb\rs1 poss$e ses bi5s p> fantasie1 les maux en ess5ce4 ,n\s auons eu raison de faire valoir les =ces de no/re imag9ation3 c> t\s nos bi5s ne sont qu'en songe4 ,oyez brau] ce pauure et calamiteux animal4 ,il n'e/ ri51 dit ,cic]o1 si d\x que l'occupation des lettres3 de ces lettres1 dis-ie1 p> le moy5 desquelles l'inf9it des *oses1 l'imm5se gr&eur de ,nature1 les cieux en ce monde mesme1 et les t]res1 et les m]s n\s sont desc\u]tes3 ce sont elles qui n\s ont appris la religion1 la mod]ation1 la gr&eur de c\rage3 et qui ont arra* no/re ame des t5ebres1 p\r luy faire voir t\tes *oses hautes1 basses1 premi]es1 d]ni]es1 et moy5nes3 ce sont elles qui n\s f\rniss5t dequoy bi5 et heureusem5t viure1 et n\s guid5t pass] no/re aage sans desplaisir et sans (f5ce4 ,ce/uy-cy ne semble il pas p>l] de la condition de ,dieu t\t-viuant et t\t-puissant8 ,et quant l'effect1 mille femmelettes ont vescu au village vne vie plus equable1 plus d\ce1 et plus con/ante1 que ne fut la si5ne4 ,deus ille fuit ,deus1 inclute ,memmi1 ,qui pr9ceps vit rationem inu5it eam1 qu ,nunc appellatur ,sapi5tia1 quique p] artem ,fluctibus tantis vitam tantisque t5ebris1 ,9 tam tranquillo et tam cl>a luce locauit4 ,voyla des p>oles tresmagnifiques et belles3 mais vn bi5 leg] accid5t1 mit l'ent5dem5t de ce/uy-cy en pire e/at1 que celuy du mo9dre b]g]3 nonob/ant ce ,dieu precepteur et cette diu9e sapi5ce4 ,de mesme impud5ce e/ cette promesse du liure de ,democritus3 ,ie m'en vay p>l] de t\tes *oses4 ,et ce sot tiltre qu',ari/ote n\s pre/e1 de ,dieux mortels3 et ce iugem5t de ,*rysippus1 que ,dion e/oit aussi v]tueux que ,dieu4 ,et mon ,s5eca recognoi/1 dit-il1 que ,dieu luy a donn le viure3 mais qu'il a de soy le bi5 viure4 ,con=mm5t cet autre1 ,9 virtute v] gloriamur3 quod non cont+]et1 si id donum ,deo non nobis hab]emus4 ,cecy e/ aussi de ,s5eca3 ,que le sage a la =titude p>eille ,dieu3 mais en l'huma9e foiblesse1 p> o il le surmonte4 ,il n'e/ ri5 si ord9aire que de r5contr] des traicts de p>eille tem]it4 ,il n'y a aucun de n\s qui s'(f5ce tant de se voir app>i] ,dieu1 comme il fait de se voir deprim] au rang des autres animaux3 tant n\s sommes plus ial\x de no/re int]e/1 que de celuy de no/re createur4 ,mais il faut mettre aux pi$s cette sotte vanit1 et sec\r viuem5t et h>dim5t les fondem5s ridicules1 sur quoy ces fausses op9ions se ba/iss5t4 ,tant qu'il p5s]a auoir quelque moy5 et quelque =ce de soy1 iamais l'homme ne recognoi/ra ce qu'il doit son mai/re3 il f]a t\si\rs de ses ufs p\lles1 comme on dit3 il le faut mettre en *emise4 ,voyons quelque notable exemple de l'effect de sa philosophie4 ,possidonius e/ant press d'vne si d\l\reuse maladie1 qu'elle luy faisoit tordre les bras1 et gr9c] les d5ts1 p5soit bi5 faire la figue la d\leur p\r s'escri] contre elle3 ,tu z beau faire1 si ne diray-ie pas que tu sois mal4 ,il s5t mesmes passions que mon laquays1 mais il se braue sur ce qu'il conti5t aumo9s sa langue s\s les loix de sa secte4 ,re succumb]e non oportebat v]bis gloriantem4 ,ar*esilas e/ant malade de la g\tte1 ,c>neades qui le v9t visit]1 s'en ret\rnoit t\t fas*3 il le rappella1 et luy montrant ses pi$s et sa poittr9e3 ,il n'e/ ri5 v5u de l icy1 luy dit-il4 ,ce/uy cy a vn peu meilleure grace3 c> il s5t auoir du mal1 et en v\droit e/re depe/r4 ,mais de ce mal p\rtant son cur n'en e/ pas abbatu et affoibly4 ,l'autre se ti5t en sa roideur1 plus1 ce cra9s-ie1 v]bale qu'ess5tielle4 ,et ,dionysius ,h]acleotes afflig d'vne cuison vehem5te des yeux1 fut rang quitt] ces resolutions ,/oques4 ,mais qu& la sci5ce f]oit p> effect ce qu'ils dis5t1 d'm\ss] et rabattre l'aigreur des in=tunes qui n\s suyu5t1 que fait elle1 que ce que fait beauc\p plus purem5t l'ignorance et plus euidemm5t8 ,le philosophe ,pyrrho c\rant en m] le haz>d d'vne gr&e t\rm5te1 ne pres5toit ceux qui e/oy5t auec luy imit] que la securit d'vn porceau1 qui voyageoit auecques eux1 reg>dant cette tempe/e sans effroy4 ,la philosophie au b\t de ses preceptes n\s r5uoye aux exemples d'vn a?lete et d'vn muleti]3 ausquels on void ord9airem5t beauc\p mo9s de ress5tim5t de mort1 de d\leurs1 et d'autres inconu5i5s1 et plus de f]met1 que la sci5ce n'en f\rnit onques aucun1 qui n'y fu/ nay et prep> de soy-mesmes p> habitude naturelle4 ,qui fait qu'on incise et taille les t5dres membres d'vn enfant et ceux d'vn *eual plus aism5t que les no/res1 si ce n'e/ l'ignorance8 ,combi5 en a r5du de malades la seule =ce de l'imag9ation8 ,n\s en voyons ord9airem5t se faire saign]1 purg]1 et m$ec9] p\r gu]ir des maux qu'ils ne s5t5t qu'en leur disc\rs4 ,lors que les vrais maux n\s faill5t1 la sci5ce n\s pre/e les si5s3 cette c\leur et ce te9t v\s presag5t quelque defluxion cat]reuse3 cette saison *aude v\s m5asse d'vne motion fieureuse3 cette c\peure de la ligne vitale de vo/re ma9 gau*e1 v\s adu]tit de quelque notable et vois9e indisposition4 ,et en f9 elle s'en addresse t\t detr\ssm5t la sant mesme4 ,cette allegresse et vigueur de ieunesse1 ne peut arre/] en vne assiette1 il luy faut desrob] du sang et de la =ce1 de peur qu'elle ne se t\rne contre v\s mesmes4 ,comp>s la vie d'vn homme ass]uy telles imag9ations1 celle d'vn lab\reur1 se laissant all] apres son appetit naturel1 mesurant les *oses au seul s5tim5t pres5t1 sans sci5ce et sans progno/ique1 qui n'a du mal que lors qu'il l'a3 o l'autre a s\u5t la pi]re en l'ame auant qu'il l'ait aux re9s3 comme s'il n'e/oit po9t assez temps p\r s\ffrir le mal lors qu'il y s]a1 il l'anticipe p> fantasie1 et luy c\rt au deuant4 ,ce que ie dy de la m$ec9e1 se peut tir] p> exemple g5]alem5t t\te sci5ce4 ,de l e/ v5u cette anci5ne op9ion des philosophes1 qui logeoi5t le s\u]a9 bi5 la recognoissance de la foiblesse de no/re iugem5t4 ,mon ignorance me pre/e autant d'occasion d'esp]ance que de cra9te3 et n'ayant autre regle de ma sant1 que celle des exemples d'autruy1 et des eu5em5s que ie vois ailleurs en p>eille occasion1 i'en tr\ue de t\tes sortes3 et m'arre/e aux comp>aisons1 qui me sont plus fauorables4 ,ie reois la sant les bras ouu]ts1 libre1 pla9e1 et enti]e3 et aiguise mon appetit la i\r1 d'autant plus qu'elle m'e/ pres5t mo9s ord9aire et plus r>e3 tant s'en faut que ie tr\ble son repos et sa d\ceur1 p> l'am]tume d'vne n\uelle et contra9te =me de viure4 ,les be/es n\s montr5t assez combi5 l'agitation de no/re esprit n\s apporte de maladies4 ,ce qu'on n\s dit de ceux du ,bresil1 qu'ils ne m\roy5t que de vieillesse1 on l'attribue la s]5it et tranquillit de leur air1 ie l'attribue plu/o/ la tranquillit et s]5it de leur ame1 des*>ge de t\te passion1 p5se et occupation t5due ou desplaisante3 comme g5ts qui passoy5t leur vie en vne admirable simplicit et ignorance1 sans lettres1 sans loy1 sans ,roy1 sans relligion quelconque4 ,et d'o vi5t ce qu'on tr\ue p> exp]i5ce1 que les plus grossi]s et plus l\rds sont plus f]mes et plus desirables aux executions am\reuses8 et que l'am\r d'vn muleti] se r5d s\u5t plus acceptable1 que celle d'vn gallant homme8 s9on qu'en cettuy-cy l'agitation de l'ame tr\ble sa =ce corporelle1 la rompt1 et lasse3 comme elle lasse aussi et tr\ble ord9airem5t soy-mesmes8 ,qui la desm5t1 qui la iette plus c\/umi]em5t la manie1 que sa promptitude1 sa po9te1 son agilit1 et en f9 sa =ce propre8 ,dequoy se fait la plus subtile folie que de la plus subtile sagesse8 ,comme des gr&es amitiez naiss5t des gr&es inimitiez1 des santez vigoreuses les mortelles maladies3 a9si des r>es et vifues agitations de noz ames1 les plus excell5tes manies1 et plus detraques3 il n'y a qu'vn demy t\r de *euille pass] de l'vn l'autre4 ,aux actions des hommes ins5sez1 n\s voyons combi5 proprem5t s'adui5t la folie1 auec les plus vig\reuses op]ations de no/re ame4 ,qui ne sait combi5 e/ imp]ceptible le vois9age d'entre la folie auec les gaill>des eleuations d'vn esprit libre2 et les effects d'vne v]tu supreme et extraord9aire8 ,platon dit les melan*oliques plus discipl9ables et excell5s3 aussi n'en e/-il po9t qui ay5t tant de prop5sion la folie4 ,inf9is esprits se treuu5t ru9ez p> leur propre =ce et s\pplesse4 ,quel sault vi5t de pr5dre de sa propre agitation et allegresse1 l'vn des plus iudicieux1 +5ieux et plus =ms l'air de cette antique et pure posie1 qu'autre pote ,itali5 aye de long temps e/8 ,n'a-t-il pas dequoy sauoir gr cette si5ne viuacit meurtri]e8 cette cl>t qui l'a aueugl8 cette exacte1 et t5due appreh5sion de la raison1 qui l'a mis sans raison8 la curieuse et laborieuse que/e des sci5ces1 qui l'a conduit la be/ise8 cette r>e aptitude aux ex]cices de l'ame1 qui l'a r5du sans ex]cice et sans ame8 ,i'eus plus de despit encore que de compassion1 de le voir ,f]r>e en si piteux e/at suruiuant soy-mesmes1 mescognoissant et soy et ses ouurages2 lesquels sans son seu1 et t\tesfois sa veu1 on a mis en lumi]e incorrigez et in=mes4 ,v\lez v\s vn homme sa91 le v\lez v\s regl1 et en f]me et seure po/ure8 affublez le de t5ebres d'oisiuet et de pesanteur4 ,il n\s faut abe/ir p\r n\s assagir3 et n\s esbl\ir1 p\r n\s guid]4 ,et si on me dit que la commodit d'auoir l'appetit froid et m\sse aux d\leurs et aux maux1 tire apres soy cette incommodit1 de n\s r5dre aussi p> consequ5t mo9s aiguz et frians1 la i\yssance des bi5s et des plaisirs3 cela e/ vray3 mais la mis]e de no/re condition porte1 que n\s n'auons tant i\yr qu' fuir1 et que l'extreme volupt ne n\s t\*e pas comme vne leg]e d\leur3 ,segnius hom9es bona qum mala s5tiunt3 n\s ne s5tons po9t l'enti]e sant1 comme la mo9dre des maladies3 ,pungit ,9 cute vix summa violatum plagula corpus1 ,qu&o val]e nihil quemquam m\et4 ,hoc iuuat vnum1 ,qud me non torquet latus1 aut pes3 ct]a quisquam ,vix queat aut sanum sese1 aut s5tire val5tem4 ,no/re bi5 e/re1 ce n'e/ que la priuation d'e/re mal4 ,voyla p\rquoy la secte de philosophie1 qui a le plus faict valoir la volupt1 encore l'a elle r5ge la seule indol5ce4 ,le n'auoir po9t de mal1 c'e/ le plus auoir de bi51 que l'homme puisse esp]]3 comme disoit ,ennius4 ,nimium boni e/1 cui nihil e/ mali4 ,c> ce mesme *at\illem5t et aiguisem5t1 qui se r5contre en c]ta9s plaisirs1 et semble n\s enleu] au dessus de la sant simple1 et de l'indol5ce2 cette volupt actiue1 m\uante1 et ie ne say comm5t cuisante et mordante1 celle l mesme1 ne vise qu' l'indol5ce1 comme son b4 ,l'appetit qui n\s rauit l'acco9tance des femmes1 il ne *]*e qu' *ass] la pe9e que n\s apporte le desir ard5t et furieux1 et ne dem&e qu' l'ass\uir1 et se log] en repos1 et en l'exemption de cette fieure4 ,a9si des autres4 ,ie dy donc1 que si la simplesse n\s a*em9e po9t n'auoir de mal1 elle n\s a*em9e vn tres-heureux e/at selon no/re condition4 ,si ne la faut-il po9t imag9] si plombe1 qu'elle soit du t\t sans s5tim5t4 ,c> ,crantor auoit bi5 raison de combattre l'indol5ce d',epicurus1 si on la ba/issoit si pr(onde que l'abort mesme et la naissance des maux en fu/ dire4 ,ie ne l\ po9t cette indol5ce qui n'e/ ny possible1 ny desirable4 ,ie suis cont5t de n'e/re pas malade3 mais si ie le suis1 ie veux sauoir que ie le suis1 et si on me caut]ise ou incise1 ie le veux s5tir4 ,de vray1 qui desrac9]oit la cognoissance du mal1 il extirp]oit qu& et qu& la cognoissance de la volupt1 et en f9 aneantiroit l'homme4 ,i/ud nihil dol]e1 non s9e magna m]c$e cont+it immanitatis 9 animo1 /uporis 9 corpore4 ,le mal e/ l'homme bi5 son t\r4 ,ny la d\leur ne luy e/ t\si\rs fur1 ny la volupt t\si\rs suiure4 ,c'e/ vn tres-gr& auantage p\r l'honneur de l'ignorance1 que la sci5ce mesme n\s reiecte entre ses bras1 qu& elle se tr\ue empes*e n\s roidir contre la pesanteur des maux3 elle e/ contra9te de v5ir cette composition1 de n\s las*] la bride1 et donn] cong de n\s sauu] en son giron1 et n\s mettre s\bs sa faueur l'abri des c\ps et iniures de la ,=tune4 ,c> que veut elle dire autre *ose1 qu& elle n\s pres*e de retir] notre p5se des maux qui n\s ti5n5t1 et l'entret5ir des voluptez p]dues2 et de n\s s]uir p\r consolation des maux pres5s1 de la s\u5ance des bi5s passez1 et d'appell] no/re sec\rs vn cont5tem5t esuan\y1 p\r l'oppos] ce qui n\s presse8 ,leuationes gritud9um 9 auocatione cogit&a mole/ia1 et reuocatione ad contempl&as voluptates ponit1 si ce n'e/ qu'o la =ce luy manque1 elle veut vs] de ruse1 et donn] vn t\r de s\pplesse et de iambe1 o la vigueur du corps et des bras vi5t luy faillir4 ,c> non seulem5t vn philosophe1 mais simplem5t vn homme rassis1 qu& il s5t p> effect l'alt]ation cuisante d'vne fieure *aude1 quelle monnoye e/-ce1 de le pay] de la s\u5ance de la d\ceur du v9 ,grec8 ,ce s]oit plu/o/ luy empir] son m>*1 ,*e ricord>si il b5 doppia la noia4 ,de mesme condition e/ cet autre conseil1 que la ,philosophie donne2 de ma9t5ir en la memoire seulem5t le bonheur pass1 et d'en effac] les desplaisirs que n\s auons s\ff]ts2 comme si n\s auions en no/re p\uoir la sci5ce de l'oubly3 et conseil duquel n\s valons mo9s encore vn c\p4 ,suauis e/ laborum prt]itorum memoria4 ,comm5t8 la ,philosophie qui me doit mettre les armes la ma91 p\r combattre la ,=tune2 qui me doit roidir le c\rage p\r f\ll] aux pi$s t\tes les adu]sitez huma9es1 vi5t elle cette mollesse1 de me faire connill] p> ces de/\rs coards et ridicules8 ,c> la memoire n\s repres5te1 non pas ce que n\s *oisissons1 mais ce qui luy plai/4 ,voire il n'e/ ri5 qui imprime si viuem5t quelque *ose en no/re s\u5ance1 que le desir de l'oubli]4 ,c'e/ vne bonne mani]e de donn] en g>de1 et d'empre9dre en no/re ame quelque *ose1 que de la sollicit] de la p]dre4 ,et cela e/ faulx1 ,e/ situm 9 nobis1 vt et adu]sa quasi p]petua obliuione obruamus1 et secunda iucund et suauit] mem9]imus4 ,et cecy e/ vray1 ,mem9i etiam qu nolo3 obliuisci non possum qu volo4 ,et de qui e/ ce conseil8 de celuy1 qui se vnus sapi5tem pr(it]i sit ausus3 ,qui g5us humanum +5io sup]auit1 et omnes ,pr/r9xit /ellas1 exortus vti !rius sol4 ,de vuid] et desmunir la memoire1 e/-ce pas le vray et propre *em9 l'ignorance8 ,in]s malorum rem$ium ignorantia e/4 ,n\s voyons plusieurs p>eils preceptes1 p> lesquels on n\s p]met d'emprunt] du vulgaire des app>5ces friuoles1 o la raison viue et =te ne peut assez3 p\rueu qu'elles n\s s]u5t de cont5tem5t et de consolation4 ,o ils ne peuu5t gurir la playe1 ils sont cont5ts de l'endormir et palli]4 ,ie croy qu'ils ne me ni]ont pas cecy1 que s'ils p\uoy5t adi\/] de l'ordre1 et de la con/ance1 en vn e/at de vie1 qui se ma9t9/ en plaisir et en tranquillit p> quelque foiblesse et maladie de iugem5t1 qu'ils ne l'acceptass5t3 ,pot>e1 et sp>g]e flores ,incipiam1 patirque vel inconsultus hab]i4 ,il se tr\u]oit plusieurs philosophes de l'aduis de ,lycas4 ,cettuy-cy ayant au demeurant ses murs bi5 regles1 viuant d\cem5t et paisiblem5t en sa famille1 ne manquant nul (fice de son deuoir env]s les si5s et e/rang]s1 se cons]uant tresbi5 des *oses nuisibles1 s'e/oit p> quelque alt]ation de s5s imprim en la c]uelle vne resu]ie4 ,c'e/ qu'il p5soit e/re p]petuellem5t aux !atres y voir des passetemps1 des spectacles1 et des plus belles com$ies du monde4 ,gu]y qu'il fut p> les m$ec9s1 de cette humeur peccante1 pe9e qu'il ne les mi/ en procs p\r le re/ablir en la d\ceur de ces imag9ations4 ,pol6 me occidi/is1 amici1 ,non s]ua/is1 ait2 cui sic extorta voluptas1 ,et demptus p] vim m5tis gratissimus error4 ,d'vne p>eille resu]ie celle de ,?rasylaus1 fils de ,py?odorus1 qui se faisoit croire que t\s les nauires qui relas*oi5t du port de ,pyre1 et y abordoi5t1 ne trauailloy5t que p\r son s]uice3 se resi\yssant de la bonne =tune de leur nauigation1 les recueillant auec ioye4 ,son fr]e ,crito l'ayant faict remettre en son meilleur s5s1 il regrettoit cette sorte de condition1 en laquelle il auoit vescu en liesse1 et des*>g de t\t desplaisir4 ,c'e/ ce que dit ce v]s anci5 ,grec1 qu'il y a beauc\p de commodit n'e/re pas si aduis3 1 4 ,et l',ecclesia/e2 ,en beauc\p de sagesse1 beauc\p de desplaisir3 et1 ,qui acqui]t sci5ce1 s'acqui]t du trauail et t\rm5t4 ,cela mesme1 quoy la ,philosophie cons5t en g5]al1 cette d]ni]e recepte qu'elle ordonne t\te sorte de necessitez1 qui e/ de mettre f9 la vie1 que n\s ne p\uons support]3 ,placet8 p>e4 ,non placet8 quacumque vis exi4 ,pungit dolor8 vel fodiat san8 si nudus es1 da iugulum3 s9 tectus armis ,vulcanijs1 id e/ =titud9e1 resi/e3 et ce mot des ,grecs conuiues qu'ils y appliqu5t1 ,aut bibat1 aut abeat3 qui sonne plus sortablem5t en la langue d'vn ,gascon1 qu'en celle de ,cic]on1 qui *ange volonti]s en ,v4 le ,b3 ,viu]e si rect nescis1 dec$e p]itis4 ,lusi/i satis1 edi/i satis1 atque bibi/i3 ,tempus abire tibi e/1 ne potum l>gius quo ,rideat1 et pulset lasciua dec5tius tas4 qu'e/-ce autre *ose qu'vne confession de son impuissance2 et vn r5uoy1 non seulem5t l'ignorance1 p\r y e/re c\u]t1 mais la /upidit mesme1 au non s5tir1 et au non e/re8 ,democritum po/qum matura vetu/as ,admonuit memorem1 motus languesc]e m5tis3 ,sponte sua le?o caput obuius obtulit ipse4 ,c'e/ ce que disoit ,anti/h5es1 qu'il falloit faire pr\ision ou de s5s p\r ent5dre1 ou de licol p\r se p5dre3 et ce que ,*rysippus alleguoit sur ce propos du pote ,tyrtu1 ,de la v]tu1 ou de mort appro*]4 ,et ,crates disoit1 que l'am\r se gu]issoit p> la faim1 s9on p> le temps3 et qui ces deux moy5s ne plairoy5t1 p> la h>t4 ,celuy ,sextius1 duquel ,s5eque et ,plut>que p>l5t auec si gr&e recomm&ation1 s'e/ant iett1 t\tes *oses laisses1 l'e/ude de la philosophie1 delib]a de se precipit] en la m]1 voyant le progrez de ses e/udes trop t>dif et trop long4 ,il c\roit la mort1 au deffault de la sci5ce4 ,voicy les mots de la loy1 sur ce subject3 ,si d'au5ture il surui5t quelque gr& inconu5i5t qui ne se puisse rem$i]1 le port e/ pro*a93 et se peut-on sauu] nage1 hors du corps1 comme hors d'vn esquif qui faict eau3 c> c'e/ la cra9te de m\rir1 non pas le desir de viure1 qui ti5t le fol atta* au corps4 ,comme la vie se r5d p> la simplicit plus plaisante1 elle s'en r5d aussi plus innoc5te et meilleure1 comme ie comm5ois tanto/ dire4 ,les simples1 dit ,s4 ,paul1 et les ignorans1 s'esleu5t et se saisiss5t du ciel2 et n\s1 t\t no/re sauoir1 n\s plongeons aux abismes inf]naux4 ,ie ne m'arre/e ny ,val5tian1 ennemy decl> de la sci5ce et des lettres1 ny ,lic9ius1 t\s deux ,emp]eurs ,roma9s1 qui les nommoi5t le v59 et la pe/e de t\t e/at politique3 ny ,mahumet1 qui1 comme i'ay ent5du1 int]dict la sci5ce ses hommes3 mais l'exemple de ce gr& ,lycurgus et son au?orit doit c]tes auoir gr& poix1 et la reu]5ce de cette diu9e police ,lac$emoni5ne1 si gr&e1 si admirable1 et si long temps fleurissante en v]tu et en bon heur1 sans aucune in/itution ny ex]cice de lettres4 ,ceux qui reui5n5t de ce monde n\ueau qui a e/ desc\u]t du temps de nos p]es1 p> les ,espagnols1 n\s peuu5t tesmoign] combi5 ces nations1 sans magi/rat1 et sans loy1 viu5t plus legitimem5t et plus reglm5t que les no/res1 o il y a plus d'(fici]s et de loix1 qu'il n'y a d'autres hommes1 et qu'il n'y a d'actions4 ,di cittatorie pi5e e di libelli1 ,d'esam9e e di c>te1 di procure ,hanno le mani e il s5o1 e gran fa/elli ,di *iose1 di consigli e di letture1 ,p] cui le facult de p\]elli ,non sono mai ne le citta sicure1 ,hanno dietro e d9anzi e d'ambi i lati1 ,notai1 procuratori ed aduocati4 ,c'e/oit ce que disoit vn ,s5ateur ,roma9 des d]ni]s siecles1 que leurs pr$ecesseurs auoy5t l'ale9e puante l'ail1 et l'e/oma* musqu de bonne consci5ce3 et qu'au reb\rs1 ceux de son temps ne s5toi5t au dehors que le p>fum1 puans au d$ans t\te sorte de vices3 c'e/ dire1 comme ie p5se1 qu'ils auoy5t beauc\p de sauoir et de suffisance1 et gr& faute de preud'hommie4 ,l'inciuilit1 l'ignorance1 la simplesse1 la rudesse s'accompagn5t volonti]s de l'innoc5ce3 la curiosit1 la subtilit1 le sauoir tra95t la malice leur suite3 l'humilit1 la cra9te1 l'obissance1 la debonnairet1 qui sont les pieces pr9cipales p\r la cons]uation de la societ huma9e1 dem&5t vne ame vuide1 docile et presumant peu de soy4 ,les ,*re/i5s ont vne p>ticuli]e cognoissance1 combi5 la curiosit e/ vn mal naturel et orig9el en l'homme4 ,le so+ de s'augm5t] en sagesse et en sci5ce1 ce fut la premi]e ru9e du g5re huma92 c'e/ la voye1 p> o il s'e/ precipit la damnation et]nelle4 ,l'orgueil e/ sa p]te et sa corruption3 c'e/ l'orgueil qui iette l'homme qu>ti] des voyes communes1 qui luy fait embrass] les n\uelletez1 et aym] mieux e/re *ef d'vne tr\ppe errante1 et desuoye1 au s5ti] de p]dition1 aym] mieux e/re reg5t et precepteur d'erreur et de m5songe1 que d'e/re disciple en l'es*ole de v]it1 se laissant m5] et conduire p> la ma9 d'autruy1 la voye battu et droicturi]e4 ,c'e/ l'aduanture ce que dit ce mot ,grec anci51 que la sup]/ition suit l'orgueil1 et luy obeit comme son p]e3 4 ,o cuid]1 combi5 tu n\s empes*es6 ,apres que ,socrates fut adu]ty1 que le ,dieu de sagesse luy auoit attribu le nom de ,sage1 il en fut e/onn3 et se re*]*ant et sec\ant p> t\t1 n'y tr\uoit aucun fondem5t cette diu9e s5t5ce4 ,il en sauoit de iu/es1 temp]ants1 vaillants1 sauants comme luy3 et plus eloqu5ts1 et plus beaux1 et plus vtiles au pas4 ,en f9 il se resolut1 qu'il n'e/oit di/+u des autres1 et n'e/oit sage que p> ce qu'il ne se t5oit pas tel3 et que son ,dieu e/imoit be/ise s+uli]e l'homme1 l'op9ion de sci5ce et de sagesse3 et que sa meilleure doctr9e e/oit la doctr9e de l'ignorance1 et la simplicit sa meilleure sagesse4 ,la sa9cte ,p>ole decl>e mis]ables ceux d'entre n\s1 qui s'e/im5t3 ,b\rbe et c5dre1 leur dit-elle1 qu'z-tu te glorifi]8 et ailleurs1 ,dieu a faict l'homme semblable l'ombre1 de laquelle qui iug]a1 qu& p> l'esloignem5t de la lumi]e elle s]a esuan\ye8 ,ce n'e/ ri5 que de n\s4 ,il s'en faut tant que nos =ces conoiu5t la haulteur diu9e1 que des ouurages de no/re createur1 ceux-l port5t mieux sa m>que1 et sont mieux si5s1 que n\s ent5dons le mo9s4 ,c'e/ aux ,*re/i5s vne occasion de croire1 que de r5contr] vne *ose incroyable4 ,elle e/ d'autant plus selon raison1 qu'elle e/ contre l'huma9e raison4 ,si elle e/oit selon raison1 ce ne s]oit plus miracle2 et si elle e/oit selon quelque exemple1 ce ne s]oit plus *ose s+uli]e4 ,melius scitur ,deus nesci5do1 dit ,s4 ,augu/94 ,et ,tacitus1 ,sanctius e/ ac reu]5tius de actis ,deorum cr$]e qum scire4 ,et ,platon e/ime qu'il y ayt quelque vice d'impiet trop curieusem5t s'enqu]ir et de ,dieu1 et du monde1 et des causes premi]es des *oses4 ,atque illum quidem p>5tem huius vniu]sitatis inu5ire difficile3 et1 quum iam inu5]is1 indic>e 9 vulgus1 nefas1 dit ,cic]on4 ,n\s disons bi5 puissance1 v]it1 iu/ice3 ce sont p>olles qui signifi5t quelque *ose de gr&3 mais cette *ose l1 n\s ne la voyons aucunem5t1 ny ne la conceuons4 ,n\s disons que ,dieu cra9t1 que ,dieu se c\rr\ce1 que ,dieu ayme4 ,immortalia mortali s]mone notantes4 ,ce sont t\tes agitations et esmotions1 qui ne peuu5t log] en ,dieu selon no/re =me1 ny n\s l'imag9] selon la si5ne3 c'e/ ,dieu seul de se cognoi/re et int]pret] ses ouurages3 et le fait en no/re langue1 improprem5t1 p\r s'auall] et desc5dre n\s1 qui sommes t]re c\*ez4 ,la prud5ce comm5t luy peut elle conu5ir1 qui e/ l'eslite entre le bi5 et le mal3 veu que nul mal ne le t\*e8 ,quoy la raison et l'intellig5ce1 desquelles n\s n\s s]uons p\r p> les *oses obscures arriu] aux app>5tes3 veu qu'il n'y a ri5 d'obscur ,dieu8 ,la iu/ice1 qui di/ribue *acun ce qui luy app>ti5t1 eng5dre p\r la socit et communaut des hommes1 comm5t e/-elle en ,dieu8 ,la temp]ance1 comm5t8 qui e/ la mod]ation des voluptez corporelles1 qui n'ont nulle place en la diu9it4 ,la =titude port] la d\leur1 le labeur1 les dang]s1 luy app>ti5n5t aussi peu3 ces trois *oses n'ayans nul accs pres de luy4 ,p>quoy ,ari/ote le ti5t egallem5t exempt de v]tu et de vice4 ,neque gratia neque ira t5]i pote/1 qud qu talia ess5t1 imbecilla ess5t omnia4 ,la p>ticipation que n\s auons la cognoissance de la v]it1 quelle qu'elle soit1 ce n'e/ po9t p> nos propres =ces que n\s l'auons acquise4 ,dieu n\s a assez appris cela p> les tesmo+s1 qu'il a *oisi du vulgaire1 simples et ignorans1 p\r n\s in/ruire de ses admirables secrets4 ,no/re foy ce n'e/ pas no/re acque/1 c'e/ vn pur pres5t de la lib]alit d'autruy4 ,ce n'e/ pas p> disc\rs ou p> no/re ent5dem5t que n\s auons receu no/re religion1 c'e/ p> au?orit et p> comm&em5t e/rang]4 ,la foiblesse de no/re iugem5t n\s y aide plus que la =ce1 et no/re aueuglem5t plus que no/re clair-voyance4 ,c'e/ p> l'entremise de no/re ignorance1 plus que de no/re sci5ce1 que n\s sommes sauans de diu9 sauoir4 ,ce n'e/ pas m]ueille1 si nos moy5s naturels et t]re/res ne peuu5t conceuoir cette cognoissance sup]naturelle et cele/e3 apportons y seulem5t du no/re1 l'obeissance et la subiection3 c> comme il e/ escrit2 ,ie de/ruiray la sapi5ce des sages1 et abbattray la prud5ce des prud5s4 ,o e/ le sage8 o e/ l'escriua98 o e/ le disputateur de ce siecle8 ,dieu n'a-il pas abe/y la sapi5ce de ce monde8 ,c> puis que le monde n'a po9t cogneu ,dieu p> sapi5ce1 il luy a pleu p> la vanit de la pr$ication1 sauu] les croyans4 ,si me faut-il voir en f91 s'il e/ en la puissance de l'homme de tr\u] ce qu'il *]*e3 et si cette que/e1 qu'il a employ depuis tant de siecles1 l'a enri*y de quelque n\uelle =ce1 et de quelque v]it solide4 ,ie croy qu'il me confess]a1 s'il p>le en consci5ce1 que t\t l'acque/ qu'il a retir d'vne si longue p\rsuite1 c'e/ d'auoir appris recognoi/re sa foiblesse4 ,l'ignorance qui e/oit naturellem5t en n\s1 n\s l'auons p> longue e/ude confirme et au]e4 ,il e/ adu5u aux g5s v]itablem5t sauans1 ce qui adui5t aux espics de bl$3 ils vont s'esleuant et se haussant la te/e droite et fi]e1 tant qu'ils sont vuides2 mais qu& ils sont ple9s et grossis de gra9 en leur maturit1 ils comm5c5t s'humili] et baiss] les cornes4 ,p>eillem5t les hommes1 ayans t\t essay1 t\t sond1 et n'ayans tr\u en cet amas de sci5ce et pr\ision de tant de *oses diu]ses1 ri5 de massif et de f]me1 et ri5 que vanit1 ils ont r5onc leur presumption1 et recogneu leur condition naturelle4 ,c'e/ ce que ,velleius repro*e ,cotta1 et ,cic]o1 qu'ils ont appris de ,philo1 n'auoir ri5 appris4 ,ph]ecydes1 l'vn des sept sages1 escriuant ,?ales1 comme il expiroit1 ,i'ay1 dit-il1 ordonn aux mi5s1 apres qu'ils m'auront ent]r1 de te port] mes escrits4 ,s'ils cont5t5t et toy et les autres sages1 publie les3 s9on1 supprime les4 ,ils ne conti5n5t nulle c]titude qui me satisface moy-mesme4 ,aussi ne fay-ie pas pr(ession de sauoir la v]it1 ny d'y atte9dre4 ,i'ouure les *oses plus que ie ne les desc\ure4 ,le plus sage homme qui fut onques1 qu& on luy dem&a ce qu'il sauoit1 respondit1 qu'il sauoit cela1 qu'il ne sauoit ri54 ,il v]ifioit ce qu'on dit1 que la plus gr& "p de ce que n\s sauons1 e/ la mo9dre de celles que n\s ignorons3 c'e/ dire1 que ce mesme que n\s p5sons sauoir1 c'e/ vne piece1 et bi5 petite1 de no/re ignorance4 ,n\s sauons les *oses en songe1 dit ,platon1 et les ignorons en v]it4 ,omnes p5 vet]es1 nihil cognosci1 nihil p]cipi1 nihil sciri posse dix]unt2 angu/os s5sus1 imbecilles animos1 breuia curricula vit4 ,cic]o mesme1 qui deuoit au sauoir t\t son vaillant1 ,val]ius dit que1 sur sa vieillesse1 il comm5a dese/im] les lettres4 ,et p5dant qu'il les traictoit1 c'e/oit sans obligation d'aucun p>ty3 suiuant ce qui luy sembloit probable1 tanto/ en l'vne secte1 tanto/ en l'autre3 se t5ant t\si\rs s\bs la dubitation de l',academie4 ,dic5dum e/1 s$ ita vt nihil affirmem3 quram omnia1 dubitans pl]umque et mihi diffid5s4 ,i'auroy trop beau ieu1 si ie v\loy consid]] l'homme en sa commune faon et en gros3 et le p\rroy faire p\rtant p> sa regle propre2 qui iuge la v]it non p> le poids des voix1 mais p> le nombre4 ,laissons l le peuple1 ,qui vigilans /]tit1 ,mortua cui vita e/ prop iam viuo atque vid5ti1 qui ne se s5t po9t1 qui ne se iuge po9t1 qui laisse la plus "p de ses facultez naturelles oisiues4 ,ie veux pr5dre l'homme en sa plus haulte assiette4 ,consid]ons-le en ce petit nombre d'hommes excell5s et triez1 qui ayants e/ d\ez d'vne belle et p>ticuli]e =ce naturelle1 l'ont encore roidie et aiguise p> so91 p> e/ude et p> art1 et l'ont monte au plus hault po9ct de sagesse1 o elle puisse atte9dre4 ,ils ont mani leur ame t\t s5s1 et t\t biais1 l'ont appuye et e/anonne de t\t le sec\rs e/rang]1 qui luy a e/ propre1 et enri*ie et orne de t\t ce qu'ils ont peu emprunt] p\r sa commodit1 du d$ans et dehors du monde3 c'e/ en eux que loge la haulteur extreme de l'huma9e nature4 ,ils ont regl le monde de polices et de loix4 ,ils l'ont in/ruit p> arts et sci5ces1 et in/ruit encore p> l'exemple de leurs murs admirables4 ,ie ne mettray en compte1 que ces g5s-l1 leur tesmoignage1 et leur exp]i5ce4 ,voyons iusques o ils sont allez1 et quoy ils se sont t5us4 ,les maladies et les desfauts que n\s tr\u]ons en ce college-l1 le monde les p\rra h>dim5t bi5 adu\r p\r si5s4 ,quiconque *]*e quelque *ose1 il en vi5t ce po9ct1 ou qu'il dit1 qu'il l'a tr\ue2 ou qu'elle ne se peut tr\u]2 ou qu'il en e/ encore en que/e4 ,t\te la ,philosophie e/ desp>tie en ces trois g5res4 ,son desse9 e/ de *]*] la v]it1 la sci5ce1 et la c]titude4 ,les ,p]ipatetici5s1 ,epicuri5s1 ,/oici5s1 et autres1 ont p5s l'auoir tr\ue4 ,ceux-cy ont e/ably les sci5ces1 que n\s auons1 et les ont traictes1 comme notices c]ta9es4 ,clitoma*us1 ,c>neades1 et les ,academici5s1 ont desesp] de leur que/e2 et iug que la v]it ne se p\uoit conceuoir p> nos moy5s4 ,la f9 de ceux-cy1 c'e/ la foiblesse et huma9e ignorance4 ,ce p>ty a eu la plus gr&e suitte1 et les sectateurs les plus nobles4 ,pyrrho et autres ,sceptiques ou ,epe*i/es1 de qui les dogmes plusieurs anci5s ont t5u tirez d',hom]e1 des sept sages1 et d',ar*ilo*us1 et d',eurypides1 et y atta*5t ,z5o1 ,democritus1 ,x5ophanes1 dis5t1 qu'ils sont encore en *]*e de la v]it4 ,ceux-cy iug5t1 que ceux-l qui p5s5t l'auoir tr\ue1 se tromp5t inf9iem5t2 et qu'il y a encore de la vanit trop h>die1 en ce second degr1 qui asseure que les =ces huma9es ne sont pas capables d'y atte9dre4 ,c> cela1 d'e/ablir la mesure de no/re puissance1 de cognoi/re et iug] la difficult des *oses1 c'e/ vne gr&e et extreme sci5ce1 de laquelle ils d\bt5t que l'homme soit capable4 ,nil sciri quisquis putat1 id quoque nescit1 ,an sciri possit1 quo se nil scire fatetur4 ,l'ignorance qui se sait1 qui se iuge1 et qui se condamne1 ce n'e/ pas vne enti]e ignorance4 ,p\r l'e/re1 il faut qu'elle s'ignore soy-mesme4 ,de faon que la pr(ession des ,pyrrhoni5s e/1 de bransl]1 d\bt]1 et enqu]ir1 ne s'asseur] de ri51 de ri5 ne se respondre4 ,des trois actions de l'ame1 l'imag9atiue1 l'appetitiue1 et la cons5tante1 ils en reoiu5t les deux premi]es3 la d]ni]e1 ils la s\/i5n5t1 et la ma9ti5n5t ambigue1 sans incl9ation1 ny approbation d'vne "p ou d'autre1 tant soit-elle leg]e4 ,z5on peignoit de ge/e son imag9ation sur cette p>tition des facultez de l'ame3 ,la ma9 esp&u et ouu]te1 c'e/oit app>5ce3 la ma9 demy s]re1 et les doigts vn peu cro*es1 cons5tem5t3 le po+ f]m1 compreh5sion3 qu& de la ma9 gau*e il v5oit encore clorre ce po+ plus e/roit1 sci5ce4 ,or cette assiette de leur iugem5t droicte1 et inflexible1 receuant t\s obiects sans application et cons5tem5t1 les a*em9e leur ,at>axie2 qui e/ vne condition de vie paisible1 rassise1 exempte des agitations que n\s receuons p> l'impression de l'op9ion et sci5ce1 que n\s p5sons auoir des *oses4 ,d'o naiss5t la cra9te1 l'au>ice1 l'enuie1 les desirs immod]ez1 l'ambition1 l'orgueil1 la sup]/ition1 l'am\r de n\uellet1 la rebellion1 la desobeyssance1 l'op9ia/ret1 et la plusp>t des maux corporels4 ,voire ils s'exempt5t p> l1 de la ial\sie de leur discipl9e4 ,c> ils debatt5t d'vne bi5 molle faon4 ,ils ne craign5t po9t la reu5*e leur dispute4 ,qu& ils dis5t que le poisant va contre-bas1 ils s]oi5t bi5 m>ris qu'on les en creu/2 et *]*5t qu'on les contr$ie1 p\r eng5dr] la dubitation et surseance de iugem5t1 qui e/ leur f94 ,ils ne mett5t en auant leurs propositions1 que p\r combattre celles qu'ils p5s5t1 que n\s ayons en no/re creance4 ,si v\s pr5ez la leur1 ils pr5dront aussi volonti]s la contraire s\/5ir3 t\t leur e/ vn3 ils n'y ont aucun *oix4 ,si v\s e/ablissez que la neige soit noire1 ils argum5t5t au reb\rs1 qu'elle e/ blan*e4 ,si v\s dites qu'elle n'e/ ny l'vn1 ny l'autre1 c'e/ eux ma9t5ir qu'elle e/ t\s les deux4 ,si p> c]ta9 iugem5t v\s t5ez1 que v\s n'en sauez ri51 ils v\s ma9ti5dront que v\s le sauez4 ,ou1 et si p> vn axiome affirmatif v\s asseurez que v\s en d\tez1 ils v\s iront debattant que v\s n'en d\tez pas2 ou que v\s ne p\uez iug] et e/ablir que v\s en d\tez4 ,et p> cette extremit de d\bte1 qui se sec\e soy-mesme1 ils se sep>5t et se diuis5t de plusieurs op9ions1 de celles mesmes1 qui ont ma9t5u en plusieurs faons1 le d\bte et l'ignorance4 ,p\rquoy ne leur s]a-il p]mis1 dis5t-ils1 comme il e/ entre les dogmati/es1 l'vn dire v]t1 l'autre iaulne1 eux aussi de d\bt]8 ,e/-il *ose qu'on v\s puisse propos] p> l'adu\] ou refus]1 laquelle il ne soit pas loisible de consid]] comme ambigue8 ,et o les autres sont portez1 ou p> la c\/ume de leur pas1 ou p> l'in/itution des p>5s1 ou p> r5contre1 comme p> vne tempe/e1 sans iugem5t et sans *oix1 voire le plus s\u5t auant l'aage de discretion1 telle ou telle op9ion1 la secte ou ,/oque ou ,epicuri5ne1 laquelle ils se treuu5t hypo!quez1 ass]uiz et collez1 comme vne prise qu'ils ne peuu5t desmordre3 ad quamcumque discipl9am1 velut tempe/ate1 delati1 ad eam1 tanquam ad saxum1 adhrescunt3 p\rquoy1 ceux-cy1 ne s]a-il p>eillem5t conc$1 de ma9t5ir leur lib]t1 et consid]] les *oses sans obligation et s]uitude8 ,hoc lib]iores et solutiores1 qud integra illis e/ iudic&i pote/as4 ,n'e/-ce pas quelque aduantage1 de se tr\u] des5gag de la necessit1 qui bride les autres8 ,vaut-il pas mieux demeur] en susp5s que de s'infrasqu] en tant d'erreurs que l'huma9e fantasie a produictes8 ,vaut-il pas mieux susp5dre sa p]suasion1 que de se mesl] ces diuisions s$itieuses et qu]elleuses8 ,qu'iray-ie *oisir8 ,ce qu'il v\s plaira1 p\rueu que v\s *oisissiez4 ,voila vne sotte responce3 laquelle il semble p\rtant que t\t le dogmatisme arriue3 p> qui il ne n\s e/ pas p]mis d'ignor] ce que n\s ignorons4 ,pr5ez le plus fameux p>ty1 iamais il ne s]a si seur1 qu'il ne v\s faille p\r le deff5dre1 attaqu] et combattre c5t et c5t contraires p>tis4 ,vaut-il pas mieux se t5ir hors de cette mesle8 ,il v\s e/ p]mis d'esp\s] comme vo/re honneur et vo/re vie1 la creance d',ari/ote sur l'et]nit de l'ame1 et desdire et desm5tir ,platon l dessus1 et eux il s]a int]dit d'en d\bt]8 ,s'il e/ loisible ,pantius de s\/5ir son iugem5t aut\r des aruspices1 songes1 oracles1 vatic9ations1 desquelles *oses les ,/oici5s ne d\bt5t aucunem5t3 p\rquoy vn sage n'os]a-il en t\tes *oses1 ce que cettuy-cy ose en celles qu'il a appr9ses de ses mai/res3 e/ablies du commun cons5tem5t de l'es*ole1 de laquelle il e/ sectateur et pr(esseur8 ,si c'e/ vn enfant qui iuge1 il ne sait que c'e/3 si c'e/ vn sauant1 il e/ proccupp4 ,ils se sont res]uez vn m]ueilleux aduantage au combat1 s'e/ans des*>gez du so9 de se c\urir4 ,il ne leur importe qu'on les frappe1 p\rueu qu'ils frapp5t2 et font leurs besongnes de t\t4 ,s'ils va9qu5t1 vo/re proposition clo*e2 si v\s1 la leur3 s'ils faill5t1 ils v]ifi5t l'ignorance2 si v\s faillez1 v\s la v]ifiez3 s'ils pr\u5t que ri5 ne se sa*e1 il va bi52 s'ils ne le sau5t pas pr\u]1 il e/ bon de mesmes3 ,vt quum 9 eadem re p>ia contr>iis 9 p>tibus mom5ta inu5iuntur1 facilius ab vtraque p>te ass]tio su/9eatur4 ,et font e/at de tr\u] bi5 plus facilem5t1 p\rquoy vne *ose soit fausse1 que non pas qu'elle soit vraye2 et ce qui n'e/ pas1 que ce qui e/3 et ce qu'ils ne croy5t pas1 que ce qu'ils croy5t4 ,leurs faons de p>l] sont1 ,ie n'e/ablis ri53 ,il n'e/ non plus a9si qu'a9s91 ou que ny l'vn ny l'autre3 ,ie ne le compr5s po9t4 ,les app>5ces sont egales p> t\t3 la loy de p>l]1 et p\r et contre1 e/ p>eille4 ,ri5 ne semble vray qui ne puisse sembl] faux4 ,leur mot sacram5tal1 c'e/ 2 c'e/ dire1 ie s\/i5s1 ie ne b\ge4 ,voyla leurs refre9s1 et autres de p>eille sub/ance4 ,leur effect1 c'e/ vne pure1 enti]e1 et tres-p>faicte surceance et susp5sion de iugem5t4 ,ils se s]u5t de leur raison1 p\r enqu]ir et p\r debattre3 mais non pas p\r arre/] et *oisir4 ,quiconque imag9]a vne p]petuelle confession d'ignorance1 vn iugem5t sans p5te1 et sans incl9ation1 quelque occasion que ce puisse e/re1 il conoit le ,pyrrhonisme4 ,i'exprime cette fantasie autant que ie puis1 p> ce que plusieurs la tr\u5t difficile conceuoir2 et les au!urs mesmes la repres5t5t vn peu obscurem5t et diu]sem5t4 ,quant aux actions de la vie1 ils sont en cela de la commune faon4 ,ils se pre/5t et accommod5t aux incl9ations naturelles1 l'impulsion et contra9te des passions1 aux con/itutions des loix et des c\/umes1 et la tradition des arts3 non enim nos ,deus i/a scire1 s$ tantummodo vti voluit4 ,ils laiss5t guid] ces *oses l1 leurs actions communes1 sans aucune op9ation ou iugem5t4 ,qui fait que ie ne puis pas bi5 assortir ce disc\rs1 ce qu'on dit de ,pyrrho4 ,ils le peign5t /upide et immobile1 pr5ant vn tra9 de vie f>\*e et inassociable1 att5dant le hurt des *>rettes1 se pres5tant aux precipices1 refusant de s'accommod] aux loix4 ,cela e/ en*]ir sur sa discipl9e4 ,il n'a pas v\lu se faire pi]re ou s\*e3 il a v\lu se faire homme viuant1 disc\rant1 et raisonnant1 i\yssant de t\s plaisirs et commoditez naturelles1 embesoignant et se s]uant de t\tes ses pieces corporelles et spirituelles1 en regle et droicture4 ,les priuileges fanta/iques1 imag9aires1 et faulx1 que l'homme s'e/ vsurp1 de reg5t]1 d'ordonn]1 d'e/ablir1 il les a de bonne foy r5oncez et quittez4 ,si n'e/-il po9t de secte1 qui ne soit contra9te de p]mettre son sage de suiure assez de *oses non compr9ses1 ny p]ceus ny cons5ties1 s'il veut viure4 ,et qu& il monte en m]1 il suit ce desse91 ignorant s'il luy s]a vtile3 et se plie1 ce que le vaisseau e/ bon1 le pilote exp]im5t1 la saison commode3 circon/ances probables seulem5t4 ,apres lesquelles il e/ t5u d'all]1 et se laiss] remu] aux app>ances1 p\rueu qu'elles n'ay5t po9t d'expresse contr>iet4 ,il a vn corps1 il a vne ame3 les s5s le p\ss5t1 l'esprit l'agite4 ,encore qu'il ne treuue po9t en soy cette propre et s+uli]e m>que de iug]1 et qu'il s'app]oiue1 qu'il ne doit engag] son cons5tem5t1 att5du qu'il peut e/re quelque faulx p>eil ce vray3 il ne laisse de conduire les (fices de sa vie ple9em5t et commodem5t4 ,combi5 y a il d'arts1 qui font pr(ession de consi/] en la coniecture1 plus qu'en la sci5ce8 qui ne decid5t pas du vray et du faulx1 et suiu5t seulem5t ce qu'il semble8 ,il y a1 dis5t-ils1 et vray et faulx1 et y a en n\s dequoy le *]*]1 mais non pas dequoy l'arre/] la t\*e4 ,n\s en valons bi5 mieux1 de n\s laiss] mani] sans inquisition1 l'ordre du monde4 ,vne ame g>antie de preiug1 a vn m]ueilleux auancem5t v]s la tranquillit4 ,g5ts qui iug5t et contr]oll5t leurs iuges1 ne s'y s\bsmett5t iamais deum5t4 ,combi5 et aux loix de la religion1 et aux loix politiques se tr\u5t plus dociles et aisez m5]1 les esprits simples et incurieux1 que ces esprits surueillants et p$agogues des causes diu9es et huma9es8 ,il n'e/ ri5 en l'huma9e inu5tion1 o il y ait tant de v]isimilitude et d'vtilit4 ,cette-cy pres5te l'homme nud et vuide1 recognoissant sa foiblesse naturelle1 propre receuoir d'en hault quelque =ce e/rang]e1 desg>ni d'huma9e sci5ce1 et d'autant plus apte log] en soy la diu9e1 aneantissant son iugem5t1 p\r faire plus de place la foy3 ny mescreant ny e/ablissant aucun dogme contre les loix et obs]uances communes1 humble1 obessant1 discipl9able1 /udieux2 ennemy iur d'h]esie1 et s'exemptant p> consequ5t des va9es et irreligieuses op9ions introduites p> les fauces sectes4 ,c'e/ vne c>te blan*e prep>e pr5dre du doigt de ,dieu telles =mes qu'il luy plaira d'y grau]4 ,plus n\s n\s r5uoyons et commettons ,dieu1 et r5onons n\s1 mieux n\s en valons4 ,accepte1 dit l',ecclesia/e1 en bonne "p les *oses au visage et au g\/ qu'elles se pres5t5t toy1 du i\r la i\rne3 le demeurant e/ hors de ta cognoissance4 ,dom9us n\it cogitationes hom9um1 quoniam van sunt4 ,voila comm5t1 des trois g5]ales sectes de ,philosophie1 les deux font expresse pr(ession de dubitation et d'ignorance3 et en celle des dogmati/es1 qui e/ troisiesme1 il e/ ays desc\urir1 que la plus "p n'ont pris le visage de l'asseurance que p\r auoir meilleure m9e4 ,ils n'ont pas tant p5s n\s e/ablir quelque c]titude1 que n\s montr] iusques o ils e/oi5t allez en cette *asse de la v]it1 quam docti f+unt magis qum norunt4 ,timu ayant in/ruire ,socrates de ce qu'il sait des ,dieux1 du monde1 et des hommes1 propose d'en p>l] comme vn homme vn homme2 et qu'il suffit1 si ses raisons sont probables1 comme les raisons d'vn autre3 c> les exactes raisons n'e/re en sa ma91 ny en mortelle ma94 ,ce que l'vn de ses sectateurs a a9s9 imit3 ,vt pot]o1 explicabo3 nec tam51 vt ,py?ius ,apollo1 c]ta vt s9t et fixa1 qu dix]o3 s$1 vt homunculus1 probabilia coniectura sequ5s4 ,et cela sur le disc\rs du mespris de la mort3 disc\rs naturel et populaire4 ,ailleurs il l'a traduit1 sur le propos mesme de ,platon4 ,si =t1 de ,deorum natura ortque mundi diss]5tes1 m9us id quod habemus 9 animo consequimur1 haud erit mirum4 quum e/ enim mem9isse1 et me1 qui diss]am1 hom9em esse1 et vos qui iudicetis3 vt1 si probabilia dic5tur1 nihil vltr requiratis4 ,ari/ote n\s entasse ord9airem5t vn gr& nombre d'autres op9ions1 et d'autres creances1 p\r y comp>] la si5ne1 et n\s faire voir de combi5 il e/ all plus outre1 et combi5 il appro*e de plus pres la v]isimilitude4 ,c> la v]it ne se iuge po9t p> au?orit et tesmoignage d'autruy4 ,et p\rtant euita religieusem5t ,epicurus d'en allegu] en ses escrits4 ,cettuy-l e/ le pr9ce des dogmati/es1 et si n\s appr5ons de luy1 que le beauc\p sauoir apporte l'occasion de plus d\bt]4 ,on le void esci5t se c\urir s\u5t d'obscurit si espesse et inextricable1 qu'on n'y peut ri5 *oisir de son aduis4 ,c'e/ p> effect vn ,pyrrhonisme s\bs vne =me resolutiue4 ,oyez la prote/ation de ,cic]o1 qui n\s explique la fantasie d'autruy p> la si5ne4 ,qui requirunt1 quid de quaque re ipsi s5tiamus3 curiosius id faciunt1 qum necesse e/4 ,hc 9 philosophia ratio1 contra omnia diss]5di1 nullamque rem ap]t iudic&i1 pr(ecta ,socrate1 repetita ab ,arcesila1 confirmata ,c>neade1 vsque ad no/ram viget tatem4 ,hi sumus1 qui omnibus v]is falsa qudam adiuncta esse dicamus1 tanta similitud9e1 vt 9 ijs nulla insit c]t iudic&i et ass5ti5di nota4 ,p\rquoy1 non ,ari/ote seulem5t1 mais la plus "p des philosophes1 ont ils affect la difficult1 si ce n'e/ p\r faire valoir la vanit du subject1 et amus] la curiosit de no/re esprit1 luy donnant o se pai/re1 rong] cet os creuz et des*>n8 ,clytoma*us aff]moit n'auoir iamais seu1 p> les escrits de ,c>neades1 ent5dre de quelle op9ion il e/oit4 ,p\rquoy a euit aux si5s ,epicurus1 la facilit1 et ,h]aclytus en a e/ surnomm 8 ,la difficult e/ vne monoye que les sauans employ5t1 comme les j\eurs de passe-passe p\r ne desc\urir la vanit de leur art3 et de laquelle l'huma9e be/ise se paye aysm5t4 ,cl>us ob obscuram l+uam1 magis int] inanes3 ,omnia enim /olidi magis admirantur amntque1 ,inu]sis qu sub v]bis latitantia c]nunt4 ,cic]o repr5d aucuns de ses amis d'auoir acc\/um de mettre l'a/rologie1 au droit1 la dialectique1 et la geometrie1 plus de temps1 que ne m]itoy5t ces arts3 et que cela les diu]tissoit des deuoirs de la vie1 plus vtiles et honne/es4 ,les philosophes ,cyr5aques mesprisoy5t esgalem5t la physique et la dialectique4 ,z5on t\t au comm5cem5t des liures de la republique1 decl>oit inutiles t\tes les lib]ales discipl9es4 ,*rysippus disoit1 que ce que ,platon et ,ari/ote auoy5t escrit de la logique1 ils l'auoy5t escrit p> ieu et p> ex]cice3 et ne p\uoit croire qu'ils euss5t p>l c]tes d'vne si va9e mati]e4 ,plut>que le dit de la metaphysique1 ,epicurus l'eu/ encores dict de la rhetorique1 de la grammaire1 posie1 ma!matique1 et hors la physique1 de t\tes les autres sci5ces3 et ,socrates de t\tes1 sauf celle des murs et de la vie4 ,de quelque *ose qu'on s'enqui/ luy1 il ram5oit en premi] lieu t\si\rs l'enqu]ant r5dre compte des conditions de sa vie1 pres5te et passe1 lesquelles il exam9oit et iugeoit3 e/imant t\t autre appr5tissage subsecutif celuy-la et sup]num]aire4 ,p>um mihi placeant e litt] qu ad virtutem doctoribus nihil pr(u]unt4 ,la plus "p des arts ont e/ a9si mespriss p> le mesme sauoir4 ,mais ils n'ont pas p5s qu'il fu/ hors de propos1 d'ex]c] leur esprit s *oses mesmes1 o il n'y auoit nulle solidit pr(itable4 ,au demeurant1 les vns ont e/im ,plato dogmati/e1 les autres dubitateur1 les autres en c]ta9es *oses l'vn1 et en c]ta9es *oses l'autre4 ,le conducteur de ses dialogismes1 ,socrates1 va t\si\rs dem&ant et esm\uant la dispute1 iamais l'arre/ant1 iamais satisfaisant3 et dit n'auoir autre sci5ce1 que la sci5ce de s'oppos]4 ,hom]e leur au!ur a plant egalem5t les fondem5ts t\tes les sectes de philosophie1 p\r montr]1 combi5 il e/oit indiff]5t p> o n\s allassions4 ,de ,platon nasquir5t dix sectes diu]ses1 dit-on4 ,aussi1 mon gr1 iamais in/ruction ne fut titubante1 et ri5 asseu]ante1 si la si5ne ne l'e/4 ,socrates disoit1 que les sages femmes en pr5ant ce me/i] de faire eng5dr] les autres1 quitt5t le me/i] d'eng5dr] elles4 ,que luy p> le tiltre de sage homme1 que les ,dieux luy auoy5t def]1 s'e/oit aussi desfaict en son am\r virile et m5tale1 de la facult d'enfant]3 se cont5tant d'ayd] et fauorir de son sec\rs les eng5drants3 ouurir leur nature2 graiss] leurs conduits3 facilit] l'yssue de leur enfantem5t3 iug] d'iceluy3 le baptiz]3 le n\rrir3 le =tifi]3 l'emmaillott]1 et circoncir3 ex]ant et maniant son eng91 aux p]ils et =tunes d'autruy4 ,il e/ a9si de la plus "p des au!urs de ce ti]s g5re1 comme les anci5s ont rem]qu des escripts d',anaxagoras1 ,democritus1 ,p>m5ides1 ,x5ophanes1 et autres4 ,ils ont vne =me d'escrire d\teuse en sub/ance et en desse91 enqu]ant plu/o/ qu'in/ruisant3 encore qu'ils entresem5t leur /ile de cadances dogmati/es4 ,cela se voit il pas aussi bi5 en ,s5eque et en ,plut>que8 combi5 dis5t ils tanto/ d'vn visage1 tanto/ d'vn autre1 p\r ceux qui y reg>d5t de prez8 ,et les reconciliateurs des iurisconsultes deuoy5t premi]em5t les concili] *acun soy4 ,platon me semble auoir aym cette =me de philosoph] p> dialogues1 esci5t1 p\r log] plus decemm5t en diu]ses b\*es la diu]sit et v>iation de ses propres fantasies4 ,diu]sem5t traitt] les mati]es1 e/ aussi bi5 les traitt]1 que con=mem5t1 et mieux3 sauoir plus copieusem5t et vtilem5t4 ,pr5ons exemple de n\s4 ,les arre/s font le po9t extreme du p>l] dogmati/e et resolutif3 si e/ ce que ceux que noz p>lem5ts pres5t5t au peuple1 les plus exemplaires1 propres n\rrir en luy la reu]5ce qu'il doit cette dignit1 pr9cipalem5t p> la suffisance des p]sonnes qui l'ex]c5t1 pr5n5t leur beaut1 non de la conclusion1 qui e/ eux quotidi5ne1 et qui e/ commune t\t iuge1 tant comme de la disceptation et agitation des diu]ses et contraires ratioc9ations1 que la mati]e du droit s\ffre4 ,et le plus l>ge *amp aux repreh5sions des vns philosophes l'encontre des autres1 se tire des contradictions et diu]sitez1 en quoy *acun d'eux se tr\ue empe/r3 ou p> desse91 p\r montr] la vacillation de l'esprit huma9 aut\r de t\te mati]e1 ou =c ignoramm5t1 p> la volubilit et incompreh5sibilit de t\te mati]e4 ,que signifie ce refre98 en vn lieu glissant et c\lant susp5dons no/re creance3 c>1 comme dit ,eurypides1 ,les uures de ,dieu en diu]ses ,faons1 n\s donn5t des trau]ses4 ,semblable celuy qu',emp$ocles semoit s\u5t en ses liures1 comme agit d'vne diu9e fureur1 et =c de la v]it4 ,non non1 n\s ne s5tons ri51 n\s ne voyons ri51 t\tes *oses n\s sont occultes1 il n'en e/ aucune de laquelle n\s puissions e/ablir quelle elle e/3 reu5ant ce mot diu91 ,cogitationes mortalium timid1 et inc]t ad9u5tiones no/r1 et provid5ti4 ,il ne faut pas tr\u] e/range1 si g5s desesp]ez de la prise n'ont pas laiss d'auoir plaisir la *asse1 l'e/ude e/ant de soy vne occupation plaisante3 et si plaisante1 que p>my les voluptez1 les ,/oci5s def5d5t aussi celle qui vi5t de l'ex]citation de l'esprit1 y veul5t de la bride1 et tr\u5t de l'intemp]ance trop sauoir4 ,democritus ayant mang sa table des figues1 qui s5toi5t le miel1 comm5a s\da9 *]*] en son esprit1 d'o leur v5oit cette d\ceur inusitee1 et p\r s'en esclaircir1 s'alloit leu] de table1 p\r voir l'assiette du lieu o ces figues auoy5t e/ cueillies3 sa *ambri]e1 ayant ent5du la cause de ce remum5t1 luy dit en riant1 qu'il ne se p5a/ plus p\r cela1 c> c'e/oit qu'elle les auoit mises en vn vaisseau1 o il y auoit eu du miel4 ,il se despita1 dequoy elle luy auoit o/ l'occasion de cette re*]*e1 et desrob mati]e sa curiosit4 ,va1 luy dit-il1 tu m'z faict desplaisir1 ie ne lairray p\rtant d'en *]*] la cause1 comme si elle e/oit naturelle4 ,et volonti]s n'eu/ failly de tr\u] quelque raison vraye1 vn effect faux et suppos4 ,cette hi/oire d'vn fameux et gr& philosophe1 n\s repres5te bi5 clairem5t cette passion /udieuse1 qui n\s amuse la p\rsuyte des *oses1 de l'acque/ desquelles n\s sommes desesp]ez4 ,plut>que recite vn p>eil exemple de quelqu'vn1 qui ne v\loit pas e/re esclaircy de ce1 dequoy il e/oit en d\te1 p\r ne p]dre le plaisir de le *]*]3 comme l'autre1 qui ne v\loit pas que son m$ec9 luy o/a/ l'alt]ation de la fieure1 p\r ne p]dre le plaisir de l'ass\uir en beuuant4 ,satius e/ sup]uacua disc]e1 qum nihil4 ,t\t a9si qu'en t\te pa/ure il y a le plaisir s\u5t seul1 et t\t ce que n\s pr5ons1 qui e/ plaisant1 n'e/ pas t\si\rs nutritif1 ou sa93 p>eillem5t ce que no/re esprit tire de la sci5ce1 ne laisse pas d'e/re voluptueux1 encore qu'il ne soit ny alim5tant ny salutaire4 ,voicy comme ils dis5t3 ,la consid]ation de la nature e/ vne pa/ure propre nos esprits1 elle n\s esleue et enfle1 n\s fait desdaign] les *oses basses et t]ri5nes1 p> la comp>aison des sup]ieures et cele/es3 la re*]*e mesme des *oses occultes et gr&es e/ tresplaisante1 voire celuy qui n'en acqui]t que la reu]5ce1 et cra9te d'en iug]4 ,ce sont des mots de leur pr(ession4 ,la va9e image de cette maladiue curiosit1 se voit plus expressem5t encores en cet autre exemple1 qu'ils ont p> honneur si s\u5t en la b\*e4 ,eudoxus s\haittoit et prioit les ,dieux1 qu'il peu/ vne fois voir le soleil de pres1 compr5dre sa =me1 sa gr&eur1 et sa beaut1 pe9e d'en e/re brusl s\da9em5t4 ,il veut au prix de sa vie1 acqu]ir vne sci5ce1 de laquelle l'vsage et possession luy soit qu& et qu& o/e4 ,et p\r cette s\da9e et volage cognoissance1 p]dre t\tes autres cognoissances qu'il a1 et qu'il peut acqu]ir p> apres4 ,ie ne me p]suade pas aysem5t1 qu',epicurus1 ,platon1 et ,py?agoras n\s ay5t donn p\r arg5t contant leurs ,atomes1 leurs ,ides1 et leurs ,nombres4 ,ils e/oy5t trop sages p\r e/ablir leurs articles de foy1 de *ose si inc]ta9e1 et si debattable4 ,mais en cette obscurit et ignorance du monde1 *acun de ces gr&s p]sonnages1 s'e/ trauaill d'apport] vne telle quelle image de lumi]e3 et ont prom5 leur ame des inu5tions1 qui euss5t au mo9s vne plaisante et subtile app>5ce1 p\rueu que t\te fausse1 elle se peu/ ma9t5ir contre les oppositions contraires3 ,vnicuique i/a pro +5io f+untur1 non ex sci5ti vi4 ,vn anci51 qui on repro*oit1 qu'il faisoit pr(ession de la ,philosophie1 de laquelle p\rtant en son iugem5t1 il ne t5oit pas gr& compte1 respondit que cela1 c'e/oit vrayem5t philosoph]4 ,ils ont v\lu consid]] t\t1 balanc] t\t1 et ont tr\u cette occupation propre la naturelle curiosit qui e/ en n\s4 ,aucunes *oses1 ils les ont escrites p\r le beso9 de la societ publique1 comme leurs religions3 et a e/ raisonnable p\r cette consid]ation1 que les communes op9ions1 ils n'ay5t v\lu les esplu*] au vif1 aux f9s de n'eng5dr] du tr\ble en l'obeyssance des loix et c\/umes de leur pays4 ,platon traitte ce my/]e d'vn ieu assez desc\u]t4 ,c> o il escrit selon soy1 il ne prescrit ri5 c]tes4 ,qu& il fait le legislateur1 il emprunte vn /yle reg5tant et asseu]ant3 et si y mesle h>dim5t les plus fanta/iques de ses inu5tions3 autant vtiles p]suad] la commune1 que ridicules p]suad] soy-mesme3 sa*ant combi5 n\s sommes propres receuoir t\tes impressions1 et sur t\tes1 les plus f>\*es et enormes4 ,et p\rtant en ses loix1 il a gr& so+1 qu'on ne *ante en publiq que des posies1 desquelles les fabuleuses fe9tes t5d5t quelque vtile f93 e/ant si facile d'imprim] t\ts fantosmes en l'esprit huma91 que c'e/ iniu/ice de ne le pai/re plu/o/ de m5songes pr(itables1 que de m5songes ou inutiles ou dommageables4 ,il dit t\t de/r\sseem5t en sa ,republique1 que p\r le pr(it des hommes1 il e/ s\u5t beso9 de les pip]4 ,il e/ ais di/+u]1 les vnes sectes auoir plus suiuy la v]it1 les autres l'vtilit1 p> o celles cy ont gaign cr$it4 ,c'e/ la mis]e de no/re condition1 que s\u5t ce qui se pres5te no/re imag9ation p\r le plus vray1 ne s'y pres5te pas p\r le plus vtile no/re vie4 ,les plus h>dies sectes1 ,epicuri5ne1 ,pyrrhoni5ne1 n\uelle ,academique1 encore sont elles contra9ctes de se pli] la loy ciuile1 au b\t du compte4 ,il y a d'autres subiects qu'ils ont belutez1 qui gau*e1 qui dextre1 *acun se trauaillant d'y donn] quelque visage1 tort ou droit4 ,c> n'ayans ri5 tr\u de si ca*1 dequoy ils n'ay5t v\lu p>l]1 il leur e/ s\u5t =ce de =g] des coniectures foibles et foles3 non qu'ils les pr9ss5t eux mesmes p\r fondem5t1 ne p\r e/ablir quelque v]it1 mais p\r l'ex]cice de leur e/ude4 ,non tam id s5sisse quod dic]5t1 qum ex]c]e +5ia mat]i difficultate vid5tur voluisse4 ,et si on ne le pr5oit a9si1 comme c\uririons n\s vne si gr&e incon/ance1 v>iet1 et vanit d'op9ions1 que n\s voyons auoir e/ produites p> ces ames excell5tes et admirables8 ,c> p\r exemple1 qu'e/-il plus va91 que de v\loir deu9] ,dieu p> nos analogies et coniectures3 le regl]1 et le monde1 no/re capacit et nos loix8 et n\s s]uir aux desp5s de la diu9it1 de ce petit es*antillon de suffisance qu'il luy a pleu desp>tir no/re naturelle condition8 et p> ce que n\s ne p\uons e/5dre no/re veu iusques en son glorieux siege1 l'auoir ram5 a bas no/re corruption et nos mis]es8 ,de t\tes les op9ions huma9es et anci5nes t\*ant la religion1 celle l me semble auoir eu plus de vray-semblance et plus d'excuse1 qui recognoissoit ,dieu comme vne puissance incompreh5sible1 orig9e et cons]uatrice de t\tes *oses1 t\te bont1 t\te p]fection1 receuant et pr5ant en bonne "p l'honneur et la reu]5ce1 que les huma9s luy r5doi5t s\bs quelque visage1 s\bs quelque nom et en quelque mani]e que ce fu/4 ,iupit] omnipot5s1 r]um1 regmque1 ,demque1 ,prog5itor1 g5itrixque4 ,ce zele vniu]sellem5t a e/ veu du ciel de bon il4 ,t\tes polices ont tir fruit de leur deuotion4 ,les hommes1 les actions impies1 ont eu p> t\t les eu5em5ts sortables4 ,les hi/oires pay5nes recognoiss5t de la dignit1 ordre1 iu/ice1 et des prodiges et oracles employez leur pr(it et in/ruction1 en leurs religions fabuleuses3 ,dieu p> sa mis]icorde daignant l'adu5ture fom5t] p> ces b5efices temporels1 les t5dres pr9cipes d'vne telle quelle brute cognoissance1 que la raison naturelle leur donnoit de luy1 au trau]s des fausses images de leurs songes4 ,non seulem5t fausses1 mais impies aussi et iniurieuses1 sont celles que l'homme a =g de son inu5tion4 ,et de t\tes les religions1 que ,sa9ct ,paul tr\ua en cr$it ,a!nes1 celle qu'ils auoy5t d$ie vne diu9it ca*e et incognue1 luy sembla la plus excusable4 ,py?agoras adombra la v]it de plus pres3 iugeant que la cognoissance de cette cause premi]e1 et e/re des e/res1 deuoit e/re indef9ie1 sans prescription1 sans decl>ation3 que ce n'e/oit autre *ose1 que l'extreme ef=t de no/re imag9ation1 v]s la p]fection3 *acun en amplifiant l'ide selon sa capacit4 ,mais si ,numa entrepr9t de con=m] ce proiect la deuotion de son peuple3 l'atta*] vne religion purem5t m5tale1 sans obiect prefix1 et sans meslange mat]iel3 il entrepr9t *ose de nul vsage4 ,l'esprit huma9 ne se sauroit ma9t5ir vaguant en cet inf9i de p5ses in=mes3 il les luy faut compil] c]ta9e image son modelle4 ,la maje/ diu9e s'e/ a9si p\r n\s aucunem5t laiss circonscrire aux limites corporels4 ,ses sacrem5ts sup]naturels et cele/es1 ont des signes de no/re t]re/re condition4 ,son adoration s'exprime p> (fices et p>oles s5sibles3 c> c'e/ l'homme1 qui croid et qui prie4 ,ie laisse "p les autres argum5ts qui s'employ5t ce subiect4 ,mais pe9e me f]oit on accroire1 que la veu de noz crucifix1 et pe9ture de ce piteux supplice1 que les ornem5ts et m\uem5ts c]emonieux de noz eglises1 que les voix accommodes la deuotion de no/re p5se1 et cette esmotion des s5s n'es*auff5t l'ame des peuples1 d'vne passion religieuse1 de tres-vtile effect4 ,de celles ausquelles on a donn corps comme la necessit l'a requis1 p>my cette cecit vniu]selle1 ie me fusse1 ce me semble1 plus volonti]s atta* ceux qui adoroi5t le soleil1 ,la lumi]e commune1 ,l'il du monde3 et si ,dieu au *ef porte des yeux1 ,les rayons du soleil sont ses yeux radieux1 ,qui donn5t vie t\s1 n\s ma9ti5n5t et g>d5t1 ,et les faicts des huma9s en ce monde reg>d5t3 ,ce beau1 ce gr& soleil1 qui n\s faict les saisons1 ,selon qu'il entre ou sort de ses d\ze maisons3 ,qui remplit l'vniu]s de ses v]tus cognues3 ,qui d'vn traict de ses yeux n\s dissipe les nus3 ,l'esprit1 l'ame du monde1 ardant et flamboyant1 ,en la c\rse d'vn i\r t\t le ciel t\rnoyant1 ,ple9 d'imm5se gr&eur1 rond1 vagabond et f]me3 ,lequel ti5t dess\bs luy t\t le monde p\r t]me3 ,en repos sans repos1 oysif1 et sans sei\r1 ,fils aisn de nature1 et le p]e du i\r4 ,d'autant qu'outre cette si5ne gr&eur et beaut1 c'e/ la piece de cette ma*9e1 que n\s desc\urons la plus esloigne de n\s3 et p> ce moy5 si peu cognu1 qu'ils e/oy5t p>donnables1 d'en entr] en admiration et reu]5ce4 ,?ales1 qui le premi] s'enque/a de telle mati]e1 e/ima ,dieu vn esprit1 qui fit d'eau t\tes *oses4 ,anaxim&]1 que les ,dieux e/oy5t m\rants et naissants diu]ses saisons3 et que c'e/oy5t des mondes inf9is en nombre4 ,anaxim5es1 que l'air e/oit ,dieu1 qu'il e/oit produit et imm5se1 t\si\rs m\uant4 ,anaxagoras le premi] a t5u1 la description et mani]e de t\tes *oses1 e/re conduitte p> la =ce et raison d'vn esprit inf9i4 ,alcmon a donn la diu9it au soleil1 la lune1 aux a/res1 et l'ame4 ,py?agoras a faict ,dieu1 vn esprit esp&u p> la nature de t\tes *oses1 d'o noz ames sont dpr9ses4 ,p>m5ide1 vn c]cle ent\rnant le ciel1 et ma9t5ant le monde p> l'ardeur de la lumi]e4 ,emp$ocles disoit e/re des ,dieux1 les quatre natures1 desquelles t\tes *oses sont faittes4 ,protagoras1 n'auoir ri5 que dire1 s'ils sont ou non1 ou quels ils sont4 ,democritus1 tanto/ que les images et leurs circuitions sont ,dieux3 tanto/ cette nature1 qui eslance ces images3 et puis1 no/re sci5ce et intellig5ce4 ,platon dissipe sa creance diu]s visages4 ,il dit au ,time1 le p]e du monde ne se p\uoir nomm]4 ,aux ,loix1 qu'il ne se faut enqu]ir de son e/re4 ,et ailleurs en ces mesmes liures il fait le monde1 le ciel1 les a/res1 la t]re1 et nos ames ,dieux1 et reoit en outre ceux qui ont e/ receuz p> l'anci5ne in/itution en *asque republique4 ,x5ophon rapporte vn p>eil tr\ble de la discipl9e de ,socrates4 ,tanto/ qu'il ne se faut enqu]ir de la =me de ,dieu3 et puis il luy fait e/ablir que le soleil e/ ,dieu1 et l'ame ,dieu3 qu'il n'y en a qu'vn1 et puis qu'il y en a plusieurs4 ,speusippus neueu de ,platon1 fait ,dieu c]ta9e =ce g\u]nant les *oses1 et qu'elle e/ animale4 ,ari/ote1 cette heure1 que c'e/ l'esprit1 cette heure le monde3 cette heure il donne vn autre mai/re ce monde1 et cette heure fait ,dieu l'ardeur du ciel4 ,x5ocrates en fait huict4 ,les c9q nommez entre les planetes1 le sixiesme compos de t\tes les e/oiles fixes1 comme de ses membres3 le septiesme et huictiesme1 le soleil et la lune4 ,h]aclides ,ponticus ne fait que vagu] entre ses aduis1 et en f9 priue ,dieu de s5tim5t3 et le fait remuant de =me autre1 et puis dit que c'e/ le ciel et la t]re4 ,!ophra/e se prome9e de p>eille irresolution entre t\tes ses fantasies3 attribuant l'int5dance du monde tanto/ l'ent5dem5t1 tanto/ au ciel1 tanto/ aux e/oilles4 ,/rato1 que c'e/ ,nature ayant la =ce d'eng5dr]1 augm5t] et dim9u]1 sans =me et s5tim5t4 ,z5o1 la loy naturelle1 comm&ant le bi5 et prohibant le mal3 laquelle loy e/ vn animant3 et o/e les ,dieux acc\/umez1 ,iupit]1 ,iuno1 ,ve/a1 ,diog5es ,apolloniates1 que c'e/ l'aage4 ,x5ophanes faict ,dieu rond1 voyant1 oyant1 non respirant1 n'ayant ri5 de commun auec l'huma9e nature4 ,ari/o e/ime la =me de ,dieu incompr5able1 le priue de s5s1 et ignore s'il e/ animant ou autre *ose4 ,clean!s1 tanto/ la raison1 tanto/ le monde1 tanto/ l'ame de ,nature1 tanto/ la *aleur supreme ent\rant et enuelopant t\t4 ,p]seus auditeur de ,z5on1 a t5u1 qu'on a surnomm ,dieux1 ceux qui auoy5t apport quelque notable vtilit l'huma9e vie1 et les *oses mesmes pr(itables4 ,*rysippus faisoit vn amas confus de t\tes les prec$5tes s5t5ces1 et compte entre mille =mes de ,dieux qu'il fait1 les hommes aussi1 qui sont immortalisez4 ,diagoras et ,!odorus nioy5t t\t sec1 qu'il y eu/ des ,dieux4 ,epicurus faict les ,dieux luisants1 transp>5ts1 et p]flables1 logez1 comme entre deux =ts1 entre deux mondes1 c\u]t des c\ps3 reue/us d'vne huma9e figure et de nos membres1 lesquels membres leur sont de nul vsage4 ,ego ,dem g5us esse semp] dixi1 et dicam clitum1 ,s$ eos non cur>e op9or1 quid agat humanum g5us4 ,fiez v\s vo/re philosophie3 vantez v\s d'auoir tr\u la feue au ga/eau1 voir ce t9tam>re de tant de c]uelles philosophiques4 ,le tr\ble des =mes monda9es1 a gaign sur moy1 que les diu]ses murs et fantaisies aux mi5nes1 ne me desplais5t pas tant1 comme elles m'in/ruis5t2 ne m'enorgueilliss5t pas tant comme elles m'humili5t en les conf]ant4 ,et t\t autre *oix que celuy qui vi5t de la ma9 expresse de ,dieu1 me semble *oix de peu de pr]ogatiue4 ,les polices du monde ne sont pas mo9s contraires en ce subiect1 que les es*oles3 p> o n\s p\uons appr5dre1 que la ,=tune mesme n'e/ pas plus diu]se et v>iable1 que no/re raison1 ny plus aueugle et inconsid]e4 ,les *oses les plus ignores sont plus propres e/re deifies4 ,p>quoy de faire de n\s des ,dieux1 comme l'anci5net1 cela surpasse l'extreme foiblesse de disc\rs4 ,i'eusse encore plu/o/ suyuy ceux qui adoroi5t le s]p5t1 le *i5 et le buf3 d'autant que leur nature et leur e/re n\s e/ mo9s cognu2 et auons plus de loy d'imag9] ce qu'il n\s plai/ de ces be/es-l1 et leur attribu] des facultez extraord9aires4 ,mais d'auoir faict des ,dieux de no/re condition1 de laquelle n\s deuons cognoi/re l'imp]fection1 leur auoir attribu le desir1 la *ol]e1 les v5geances1 les m>iages1 les g5]ations1 et les p>5teles1 l'am\r1 et la ial\sie1 nos membres et nos os1 nos fieures et nos plaisirs1 nos morts et sepultures1 il faut que cela soit p>ty d'vne m]ueilleuse yuresse de l'ent5dem5t huma94 ,qu procul vsque adeo diu9o ab num9e di/ant1 ,inque ,dem num]o qu s9t indigna vid]i4 ,=m1 tates1 ve/itus1 ornatus noti sunt3 g5]a1 coniugia1 cognationes1 omnique traducta ad similitud9em imbecillitatis human3 nam et p]turbatis animis inducuntur3 accipimus enim ,deorum cupiditates1 gritud9es1 iracundias4 ,comme d'auoir attribu la diu9it non seulem5t la foy1 la v]tu1 l'honneur1 concorde1 lib]t1 victoire1 piet3 mais aussi la volupt1 fraude1 mort1 enuie1 vieillesse1 mis]e3 la peur1 la fieure1 et la male =tune1 et autres iniures de no/re vie1 fresle et caduque4 ,quid iuuat hoc1 templis no/ros induc]e mores8 ,o curu 9 t]ris anim et cle/ium inanes6 ,les gypti5s d'vne impud5te prud5ce1 def5doy5t sur pe9e de la h>t1 que nul eu/ dire que ,s]apis et ,isis leurs ,dieux1 euss5t autres fois e/ hommes3 et nul n'ignoroit1 qu'ils ne l'euss5t e/4 ,et leur effigie repres5te le doigt sur la b\*e1 signifioit1 dit ,v>ro1 cette ordonnance my/]ieuse leurs pre/res1 de taire leur orig9e mortelle1 comme p> raison necessaire anullant t\te leur v5]ation4 ,puis que l'homme desiroit tant de s'app>i] ,dieu1 il eu/ mieux faict1 dit ,cic]o1 de ram5] soy les conditions diu9es1 et les attir] bas1 que d'envoy] l haut sa corruption et sa mis]e3 mais le bi5 pr5dre1 il a fait en plusieurs faons1 et l'vn1 et l'autre1 de p>eille vanit d'op9ion4 ,qu& les philosophes espelu*5t la hi]>*ie de leurs ,dieux1 et font les empressez di/+u] leurs alliances1 leurs *>ges1 et leur puissance1 ie ne puis pas croire qu'ils p>l5t c]tes4 ,qu& ,platon n\s de*iffre le v]g] de ,pluton1 et les commoditez ou pe9es corporelles1 qui n\s att5d5t encore apres la ru9e et aneantissem5t de nos corps1 et les accommode au ress5tim5t1 que n\s auons en cette vie3 ,secreti celant calles1 et myrtea circm ,sylua tegit2 cur non ipsa 9 morte rel9quunt4 ,qu& ,mahumet promet aux si5s vn p>adis tapiss1 p> d'or et de pi]r]ies1 peupl de g>ses d'excell5te beaut1 de v9s1 et de viures s+uli]s1 ie voy bi5 que ce sont des moqueurs qui se pli5t no/re be/ise1 p\r n\s emmiell] et attir] p> ces op9ions et esp]ances1 conu5ables no/re mortel appetit4 ,si sont aucuns des no/res tombez en p>eil erreur1 se promettants apres la resurrection vne vie t]re/re et temporelle1 accompagne de t\tes sortes de plaisirs et commoditez monda9es4 ,croyons n\s que ,platon1 luy qui a eu ses conceptions si cele/es1 et si gr&e acco9tance la diu9it1 que le surnom luy en e/ demeur1 ait e/im que l'homme1 cette pauure creature1 eu/ ri5 en luy d'applicable cette incompreh5sible puissance8 et qu'il ait creu que nos prises languissantes fuss5t capables1 ny la =ce de no/re s5s assez robu/e1 p\r p>ticip] la beatitude1 ou pe9e et]nelle8 ,il faudroit luy dire de la "p de la raison huma9e3 ,si les plaisirs que tu n\s promets en l'autre vie1 sont de ceux que i'ay s5ti bas1 cela n'a ri5 de commun auec l'inf9it4 ,qu& t\s mes c9q s5s de nature1 s]oi5t combles de liesse1 et cette ame saisie de t\t le cont5tem5t qu'elle peut desir] et esp]]1 n\s sauons ce qu'elle peut3 cela1 ce ne s]oit encore ri54 ,s'il y a quelque *ose du mi51 il n'y a ri5 de diu93 si cela n'e/ autre1 que ce qui peut app>t5ir cette no/re condition pres5te1 il ne peut e/re mis en compte4 ,t\t cont5tem5t des mortels e/ mortel4 ,la recognoissance de nos p>5s1 de nos enfans1 et de nos amis1 si elle n\s peut t\*] et *at\ll] en l'autre monde1 si n\s t5ons encores vn tel plaisir1 n\s sommes dans les commoditez t]re/res et f9ies4 ,n\s ne p\uons dignem5t conceuoir la gr&eur de ces hautes et diu9es promesses1 si n\s les p\uons aucunem5t conceuoir4 ,p\r dignem5t les imag9]1 il les faut imag9] inimag9ables1 indicibles et incompreh5sibles1 et p>faictem5t autres1 que celles de no/re mis]able exp]i5ce4 ,oeuil ne sauroit voir1 dit ,sa9ct ,paul3 et ne peut mont] en cur d'homme1 l'heur que ,dieu prep>e aux si5s4 ,et si p\r n\s en r5dre capables1 on re=me et re*ange no/re e/re1 comme tu dis ,platon p> tes purifications1 ce doit e/re d'vn si extreme *angem5t et si vniu]sel1 que p> la doctr9e physique1 ce ne s]a plus n\s3 ,hector erat tunc cm bello c]tabat1 at ille ,tractus ab monio non erat ,hector equo2 ce s]a quelque autre *ose qui receura ces recomp5ses4 ,quod mutatur1 dissoluitur1 int]it ergo3 ,traiiciuntur enim p>tes atque ord9e migrant4 ,c> en la ,metempsycose de ,py?agoras1 et *angem5t d'habitation qu'il imag9oit aux ames1 p5sons n\s que le lyon1 dans lequel e/ l'ame de ,cs>1 esp\se les passions1 qui t\*oi5t ,cs>1 ny que ce soit luy8 ,si c'e/oit encore luy1 ceux l auroy5t raison1 qui combattants cette op9ion contre ,platon1 luy repro*5t que le fils se p\rroit tr\u] *euau*] sa m]e1 reue/u d'vn corps de mule1 et semblables absurditez4 ,et p5sons n\s qu's mutations qui se font des corps des animaux en autres de mesme espece1 les n\ueaux v5us ne soy5t autres que leurs pr$ecesseurs8 ,des c5dres d'vn phnix s'eng5dre1 dit-on1 vn v]1 et puis vn autre phnix3 ce second phnix1 qui peut imag9]1 qu'il ne soit autre que le premi]8 ,les v]s qui font no/re soye1 on les void comme m\rir et asse*]1 et de ce mesme corps se produire vn papillon1 et de l vn autre v]1 qu'il s]oit ridicule e/im] e/re encores le premi]4 ,ce qui a cess vne fois d'e/re1 n'e/ plus3 ,nec si mat]iam no/ram colleg]it tas ,po/ obitum1 rursmque r$eg]it1 vt sita nunc e/1 ,atque it]um nobis fu]9t data lum9a vit1 ,p]t9eat quidquam tam5 ad nos id quoque factum1 ,int]rupta semel cm sit repet5tia no/ra4 ,et qu& tu dis ailleurs ,platon1 que ce s]a la p>tie spirituelle de l'homme1 qui il t\*]a de i\yr des recomp5ses de l'autre vie1 tu n\s dis *ose d'aussi peu d'app>5ce4 ,scilicet auolsus radicibus vt nequit vllam ,dispic]e ipse oculus rem seorsum corpore toto4 ,c> ce compte ce ne s]a plus l'homme1 ny n\s p> consequ5t1 qui t\*]a cette i\yssance4 ,c> n\s sommes ba/is de deux pieces pr9cipales ess5tielles1 desquelles la sep>ation1 c'e/ la mort et ruyne de no/re e/re4 ,int] enim iacta e/ vita pausa1 vagque ,de]r>unt passim motus ab s5sibus omnes4 ,n\s ne disons pas que l'homme s\ffre1 qu& les v]s luy rong5t ses membres1 dequoy il viuoit1 et que la t]re les consomme3 ,et nihil hoc ad nos1 qui coitu coniugique ,corporis atque anim consi/imus vnit] apti4 ,d'auantage1 sur quel fondem5t de leur iu/ice peuu5t les ,dieux recognoi/re et recomp5s] l'homme apres sa mort ses actions bonnes et v]tueuses3 puis que ce sont eux mesmes1 qui les ont a*em9es et produites en luy8 ,et p\rquoy s'(f5c5t ils et v5g5t sur luy les vitieuses1 puis qu'ils l'ont eux-mesmes produict en cette condition fautiue1 et que d'vn seul cl9 de leur volont1 ils le peuu5t empes*] de faillir8 ,epicurus oppos]oit-il pas cela ,platon1 auec gr&'app>5ce de l'huma9e raison1 s'il ne se c\uroit s\u5t p> cette s5t5ce4 ,qu'il e/ impossible d'e/ablir quelque *ose de c]ta91 de l'immortelle nature1 p> la mortelle8 ,elle ne fait que f\ruoy] p> t\t1 mais specialem5t qu& elle se mesle des *oses diu9es4 ,qui le s5t plus euidemm5t que n\s8 ,c> encores que n\s luy ayons donn des pr9cipes c]ta9s et infallibles1 encore que n\s esclairions ses pas p> la sa9cte lampe de la v]it1 qu'il a pleu ,dieu n\s communiqu]3 n\s voyons p\rtant i\rnellem5t1 p\r peu qu'elle se dm5te du s5ti] ord9aire1 et qu'elle se de/\rne ou esc>te de la voye trace et battu p> l',eglise1 comme t\t aussi to/ elle se p]d1 s'emb>rasse et s'entraue1 t\rnoyant et flotant dans cette m] va/e1 tr\ble1 et ondoyante des op9ions huma9es1 sans bride et sans b4 ,aussi to/ qu'elle p]t ce gr& et commun *em91 elle se va diuisant et dissipant en mille r\tes diu]ses4 ,l'homme ne peut e/re que ce qu'il e/1 ny imag9] que selon sa porte4 ,c'e/ plus gr&e presomption1 dit ,plut>que1 ceux qui ne sont qu'hommes1 d'entrepr5dre de p>l] et disc\rir des ,dieux1 et des demy-,dieux1 que ce n'e/ vn homme ignorant de musique1 v\loir iug] de ceux qui *ant5t3 ou vn homme qui ne fut iamais au camp1 v\loir disput] des armes et de la gu]re1 en presumant compr5dre p> quelque leg]e coniecture1 les effects d'vn art qui e/ hors de sa cognoissance4 ,l'anci5net p5sa1 ce croy-ie1 faire quelque *ose p\r la gr&eur diu9e1 de l'app>i] l'homme1 la ve/ir de ses facultez1 et e/r5] de ses belles humeurs et plus honteuses necessitez3 luy (frant de nos vi&es mang]1 de nos danses1 momm]ies et f>ces la resi\r3 de nos ve/em5s se c\urir1 et maisons log]1 la c>essant p> l'odeur des enc5s et sons de la musique1 fe/ons et b\quets1 et p\r l'accommod] noz vicieuses passions1 flatant sa iu/ice d'vne inhuma9e v5geance3 l'esi\ssant de la ru9e et dissipation des *oses p> elle crees et cons]ues4 ,comme ,tib]ius ,sempronius1 qui fit brusl] p\r sacrifice ,vulcan1 les ri*es desp\illes et armes qu'il auoit gaign sur les ennemis en la ,s>deigne3 et ,paul myle1 celles de ,mac$o9e1 ,m>s et ,m9]ue4 ,et ,alex&re1 arriu l',ocean ,indique1 ietta en m] en faueur de ,!tis1 plusieurs gr&s vases d'or3 remplissant en outre ses autels d'vne b\*]ie non de be/es innoc5tes seulem5t1 mais d'hommes aussi3 a9si que plusieurs nations1 et entre autres la no/re1 auoy5t en vsage ord9aire4 ,et croy qu'il n'en e/ aucune exempte d'en auoir faict essay4 ,sulmone creatos ,quattuor hic iuu5es totidem1 quos educat ,vf5s1 ,viu5tes rapit1 inf]ias quos immolet vmbris4 ,les ,getes se ti5n5t immortels1 et leur m\rir n'e/ que s'a*em9] v]s leur ,dieu ,zamolxis4 ,de c9q en c9q ans ils depes*5t v]s luy quelqu'vn d'entre eux1 p\r le requ]ir des *oses necessaires4 ,ce deput e/ *oisi au sort4 ,et la =me de le depes*] apres l'auoir de b\*e in=m de sa *>ge1 e/1 que de ceux qui l'assi/5t1 trois ti5n5t deb\t autant de iauel9es1 sur lesquelles les autres le lanc5t =ce de bras4 ,s'il vi5t s'enf]r] en lieu mortel1 et qu'il trespasse s\da91 ce leur e/ c]ta9 argum5t de faueur diu9e3 s'il en es*appe1 ils l'e/im5t mes*ant et execrable1 et en deput5t encore vn autre de mesmes4 ,ame/ris m]e de ,x]xes1 deu5u vieille1 fit p\r vne fois enseuelir t\ts vifs quatorze i\u5ceaux des meilleures maisons de ,p]se1 suyuant la religion du pays1 p\r gratifi] quelque ,dieu s\/]ra94 ,encore aui\rd'huy les idoles de ,!mixtitan se cim5t5t du sang des petits enfants3 et n'aim5t sacrifice que de ces pu]iles et pures ames3 iu/ice affame du sang de l'innoc5ce4 ,tantum religio potuit suad]e malorum6 ,les ,c>?ag9ois immoloi5t leurs propres enfans ,saturne3 et qui n'en auoit po9t1 en a*etoit1 e/ant cep5dant le p]e et la m]e t5us d'assi/] cet (fice1 auec cont5ance gaye et cont5te4 ,c'e/oit vne e/range fantasie1 de v\loir pay] la bont diu9e1 de no/re affliction4 ,comme les ,lac$emoni5s qui mign>doi5t leur ,diane1 p> b\rrellem5t des ieunes g>ons1 qu'ils faisoy5t f\t] en sa faueur1 s\u5t iusques la mort4 ,c'e/oit vne humeur f>\*e1 de v\loir gratifi] l'ar*itecte de la subu]sion de son ba/im5t3 et de v\loir g>5tir la pe9e deu aux c\lpables1 p> la punition des non c\lpables3 et que la pauure ,iphig5ia au port d',aulide1 p> sa mort et p> son immolation des*>gea/ enu]s ,dieu l'arme des ,grecs des (f5ces qu'ils auoy5t commises3 ,et ca/a ince/ nub5di tempore 9 ipso ,ho/ia concid]et mactatu m/a p>5tis3 et ces deux belles et g5]euses ames des deux ,decius1 p]e et fils1 p\r propiti] la faueur des ,dieux enu]s les affaires ,roma9es1 s'allass5t iett] corps p]du trau]s le plus espez des ennemis4 ,qu fuit tanta ,deorum iniquitas1 vt plac>i populo ,romano non poss5t1 nisi tales viri occidiss5t8 ,io9t que ce n'e/ pas au crim9el de se faire f\t] sa mesure1 et son heure3 c'e/ au iuge1 qui ne met en compte de *a/im5t1 que la pe9e qu'il ordonne3 et ne peut attribu] punition ce qui vi5t gr celuy qui le s\ffre4 ,la v5geance diu9e presuppose no/re diss5tim5t enti]1 p\r sa iu/ice1 et p\r no/re pe9e4 ,et fut ridicule l'humeur de ,polycrates tyran de ,samos1 lequel p\r int]rompre le c\rs de son cont9uel bon heur1 et le comp5s]1 alla iett] en m] le plus *] et precieux ioyau qu'il eu/1 e/imant que p> ce malheur apo/1 il satisfaisoit la reuolution et vissicitude de la ,=tune4 ,et elle p\r se moqu] de son ineptie1 fit que ce mesme ioyau reu9/ encore en ses ma9s1 tr\u au v5tre d'vn poisson4 ,et puis quel vsage1 les des*irem5ts et desmembrem5ts des ,corybantes1 des ,m5ades1 et en noz temps des ,mahometans1 qui s'esbalaffr5t le visage1 l'e/oma*1 les membres1 p\r gratifi] leur prophete3 veu que l'(f5ce consi/e en la volont1 non en la poictr9e1 aux yeux1 aux g5itoires1 en l'embonpo9ct1 aux espaules1 et au gosi]8 ,tantus e/ p]turbat m5tis et s$ibus suis puls furor1 vt sic ,dij plac5tur1 quemadmodum ne hom9es quidem suiunt4 ,cette contexture naturelle reg>de p> son vsage1 non seulem5t n\s1 mais aussi le s]uice de ,dieu et des autres hommes3 c'e/ iniu/ice de l'affol] notre esci5t1 comme de n\s tu] p\r quelque pretexte que ce soit4 ,ce semble e/re gr& las*et et trahison1 de ma/9] et corrompre les functions du corps1 /upides et s]ues1 p\r esp>gn] l'ame1 la solicitude de les conduire selon raison4 ,vbi iratos ,deos tim5t1 qui sic propitios hab]e m]5tur8 ,9 regi libid9is voluptatem ca/rati sunt quidam2 s$ nemo sibi1 ne vir esset1 iub5te ,dom9o1 manus intulit4 ,a9si remplissoy5t ils leur religion de plusieurs mauuais effects4 ,spius olim ,religio pep]it scel]osa atque impia facta4 ,or ri5 du no/re ne se peut app>i] ou raport] en quelque faon que ce soit1 la nature diu9e1 qui ne la ta*e et m>que d'autant d'imp]fection4 ,cette inf9ie beaut1 puissance1 et bont1 comm5t peut elle s\ffrir quelque correspondance et similitude *ose si abiecte que n\s sommes1 sans vn extreme int]e/ et de*et de sa diu9e gr&eur8 ,infirmum ,dei =tius e/ hom9ibus3 et /ultum ,dei sapi5tius e/ hom9ibus4 ,/ilpon le philosophe int]rog si les ,dieux s'esi\ss5t de nos honneurs et sacrifices3 ,v\s e/es indiscret1 respondit il3 retirons n\s "p1 si v\s v\lez p>l] de cela4 ,t\tesfois n\s luy prescriuons des bornes1 n\s t5ons sa puissance assiege p> nos raisons 7i'appelle raison nos resu]ies et nos songes1 auec la disp5se de la philosophie1 qui dit1 le fol mesme et le mes*ant1 =c5] p> raison3 mais que c'e/ vne raison de p>ticuli]e =me7 n\s le v\lons ass]uir aux app>5ces va9es et foibles de no/re ent5dem5t1 luy qui a faict et n\s et no/re cognoissance4 ,p> ce que ri5 ne se fait de ri51 ,dieu n'aura seu ba/ir le monde sans mati]e4 ,quoy1 ,dieu n\s a-il mis en ma9 les clefs et les d]ni]s ressorts de sa puissance8 ,s'e/-il oblig n'outrepass] les bornes de no/re sci5ce8 ,mets le cas1 homme1 que tu ayes peu rem>qu] icy quelques traces de ses effects3 p5ses-tu qu'il y ayt employ t\t ce qu'il a peu1 et qu'il ayt mis t\tes ses =mes et t\tes ses ides1 en cet ouurage8 ,tu ne vois que l'ordre et la police de ce petit caueau o tu s log1 au mo9s si tu la vois3 sa diu9it a vne iurisdiction inf9ie au del3 cette piece n'e/ ri5 au prix du t\t3 ,omnia cm clo t]rque m>ique1 ,nil sunt ad summam summa totius omnem4 ,c'e/ vne loy municipale que tu allegues1 tu ne says pas quelle e/ l'vniu]selle4 ,atta*e toy ce quoy tu s subiect1 mais non pas luy3 il n'e/ pas ton confraire1 ou concitoy51 ou compaignon4 ,s'il s'e/ aucunem5t communiqu toy1 ce n'e/ pas p\r se raual] ta petitesse1 ny p\r te donn] le contr]olle de son p\uoir4 ,le corps huma9 ne peut vol] aux nus1 c'e/ p\r toy3 le soleil bransle sans sei\r sa c\rse ord9aire3 les bornes des m]s et de la t]re ne se peuu5t confondre3 l'eau e/ in/able et sans f]met3 vn mur e/ sans froissure imp5etrable un corps solide2 l'homme ne peut cons]u] sa vie dans les flammes3 il ne peut e/re et au ciel et en la t]re1 et en mille lieux ensemble corporellem5t4 ,c'e/ p\r toy qu'il a faict ces regles3 c'e/ toy qu'elles attaqu5t4 ,il a tesmoign aux ,*re/i5s qu'il les a t\tes fran*ies qu& il luy a pleu4 ,de vray p\rquoy t\t puissant1 comme il e/1 auroit il re/re9t ses =ces c]ta9e mesure8 en faueur de qui auroit il r5onc son priuilege8 ,ta raison n'a en aucune autre *ose plus de v]isimilitude et de fondem5t1 qu'en ce qu'elle te p]suade la pluralit des mondes1 ,t]rmque1 et solem1 lunam1 m>e1 ct]a qu sunt1 ,non esse vnica1 s$ num]o magis innum]ali4 ,les plus fameux esprits du temps pass1 l'ont creu2 et aucuns des no/res mesmes1 =cez p> l'app>5ce de la raison huma9e4 ,d'autant qu'en ce ba/im5t1 que n\s voyons1 il n'y a ri5 seul et vn1 ,cm 9 summa res nulla sit vna1 ,vnica qu gignatur1 et vnica solque crescat3 et que t\tes les especes sont multiplies en quelque nombre4 ,p> o il semble n'e/re pas vray-semblable1 que ,dieu ait faict ce seul ouurage sans compaignon8 et que la mati]e de cette =me ayt e/ t\te espuise en ce seul indiuidu4 ,qu>e etiam atque etiam tales fate>e necesse e/1 ,esse alios alibi congressus mat]ia1 ,qualis hic e/ auido complexu quem t5et !r4 ,notamm5t si c'e/ vn animant1 comme ses m\uem5s le r5d5t si croyable1 que ,platon l'asseure1 et plusieurs des no/res ou le confirm5t1 ou ne l'os5t infirm]3 non plus que cette anci5ne op9ion1 que le ciel1 les e/oilles1 et autres membres du monde1 sont creatures composes de corps et ame3 mortelles1 en consid]ation de leur composition3 mais immortelles p> la det]m9ation du createur4 ,or s'il y a plusieurs mondes1 comme ,democritus1 ,epicurus et presque t\te la philosophie a p5s1 que sauons n\s si les pr9cipes et les regles de ce/uy-cy t\*5t p>eillem5t les autres8 ,ils ont l'auanture autre visage et autre police4 ,epicurus les imag9e ou semblables1 ou dissemblables4 ,n\s voyons en ce monde vne inf9ie diff]5ce et v>iet1 p\r la seule di/ance des lieux4 ,ny le bl$ ny le v9 se voit1 ny aucun de nos animaux1 en ce n\ueau co9 du monde1 que nos p]es ont desc\u]t3 t\t y e/ diu]s4 ,et au temps pass1 voyez en combi5 de p>ties du monde on n'auoit cognoissance ny de ,bac*us1 ny de ,c]es4 ,qui en v\dra croire ,pl9e et ,h]odote1 il y a des especes d'hommes en c]ta9s endroits1 qui ont =t peu de ressemblance la no/re4 ,et y a des =mes me/isses et ambigues1 entre l'huma9e nature et la brutale4 ,il y a des contres o les hommes naiss5t sans te/e1 portant les yeux et la b\*e en la poitr9e3 o ils sont t\s &rogynes3 o ils m>*5t de quatre pates3 o ils n'ont qu'vn il au front1 et la te/e plus semblable celle d'vn *i5 qu' la no/re3 o ils sont moiti poisson p> embas1 et viu5t en l'eau3 o les femmes acc\*5t c9q ans1 et n'en viu5t que huict3 o ils ont la te/e si dure et la peau du front1 que le f] n'y peut mordre1 et reb\*e contre3 o les hommes sont sans b>be3 des nations1 sans vsage de feu3 d'autres qui r5d5t le sp]me de c\leur noire4 ,quoy ceux qui naturellem5t se *ang5t en l\ps1 en ium5s1 et puis encore en hommes8 ,et s'il e/ a9si1 comme dit ,plut>que1 qu'en quelque endroit des ,indes1 il y aye des hommes sans b\*e1 se n\rrissans de la s5teur de c]ta9es odeurs1 combi5 y a il de nos descriptions faulces8 ,il n'e/ plus risible1 ny l'aduanture capable de raison et de societ4 ,l'ordonnance et la cause de no/re ba/im5t int]ne1 s]oy5t p\r la plus "p hors de propos4 ,dauantage1 combi5 y a il de *oses en no/re cognoissance1 qui combatt5t ces belles regles que n\s auons tailles et prescriptes ,nature8 ,et n\s entrepr5drons d'y atta*] ,dieu mesme6 ,combi5 de *oses appellons n\s miraculeuses1 et contre ,nature8 ,cela se fait p> *aque homme1 et p> *asque nation1 selon la mesure de son ignorance4 ,combi5 tr\uons n\s de proprietez occultes et de qu9t'ess5ces8 c> all] selon ,nature p\r n\s1 ce n'e/ qu'all] selon no/re intellig5ce1 autant qu'elle peut suiure1 et autant que n\s y voyons3 ce qui e/ audel1 e/ mon/rueux et desordonn4 ,or ce compte1 aux plus aduisez et aux plus habiles t\t s]a donc mon/rueux3 c> ceux l1 l'huma9e raison a p]suad1 qu'elle n'auoit ny pi$1 ny fondem5t quelconque3 non pas seulem5t p\r asseur] si la neige e/ blan*e3 et ,anaxagoras la disoit noire3 s'il y a quelque *ose1 ou s'il n'y a nulle *ose3 s'il y a sci5ce1 ou ignorance3 ce que ,metrodorus ,*ius nioit l'homme p\uoir dire4 ,ou si n\s viuons2 comme ,eurypides e/ en d\bte1 si la vie que n\s viuons e/ vie1 ou si c'e/ ce que n\s appellons mort1 qui soit vie3 ' ' 1 8 ,et non sans app>5ce4 ,c> p\rquoy pr5ons n\s tiltre d'e/re1 de cet in/ant1 qui n'e/ qu'vne eloise dans le c\rs inf9i d'vne nuict et]nelle1 et vne int]ruption si briefue de no/re p]petuelle et naturelle condition8 la mort occupant t\t le deuant et t\t le d]ri]e de ce mom5t1 et encore vne bonne p>tie de ce mom5t4 ,d'autres iur5t qu'il n'y a po9t de m\uem5t1 que ri5 ne b\ge3 comme les suiuants de ,melissus4 ,c> s'il n'y a qu'vn1 ny ce m\uem5t sphrique ne luy peut s]uir1 ny le m\uem5t de lieu autre1 comme ,platon preuue4 ,qu'il n'y a ny g5]ation ny corruption en ,nature4 ,protagoras dit qu'il n'y a ri5 en ,nature1 que le d\bte4 ,que de t\tes *oses on peut esgalem5t disput]3 et de cela mesme1 si on peut egalem5t disput] de t\tes *oses4 ,mansiphanes1 que des *oses1 qui sembl5t1 ri5 e/ non plus que non e/4 ,qu'il n'y a autre c]ta9 que l'inc]titude4 ,p>m5ides1 que de ce qu'il semble1 il n'e/ aucune *ose en g5]al4 ,qu'il n'e/ qu'vn4 ,z5on1 qu'vn mesme n'e/ pas4 ,et qu'il n'y a ri54 ,si vn e/oit1 il s]oit ou en vn autre1 ou en soy-mesme4 ,s'il e/ en vn autre1 ce sont deux4 ,s'il e/ en soy-mesme1 ce sont encore deux1 le compr5ant1 et le compr9s4 ,selon ces dogmes1 la nature des *oses n'e/ qu'vne ombre ou fausse ou va9e4 ,il m'a t\si\rs sembl qu' vn homme ,*re/i5 cette sorte de p>l] e/ ple9e d'indiscretion et d'irreu]5ce3 ,dieu ne peut m\rir1 ,dieu ne se peut desdire1 ,dieu ne peut faire cecy1 ou cela4 ,ie ne tr\ue pas bon d'enf]m] a9si la puissance diu9e s\bs les loix de no/re p>olle4 ,et l'app>5ce qui s'(fre n\s1 en ces propositions1 il la faudroit repres5t] plus reu]emm5t et plus religieusem5t4 ,no/re p>l] a ses foiblesses et ses deffaults1 comme t\t le re/e4 ,la plus "p des occasions des tr\bles du monde sont ,gramm>i5s4 ,noz procez ne naiss5t que du debat de l'int]pretation des loix2 et la plus "p des gu]res1 de cette impuissance de n'auoir seu clairem5t exprim] les conu5tions et traictez d'accord des ,pr9ces4 ,combi5 de qu]elles et combi5 importantes a produit au monde le d\bte du s5s de cette syllabe1 ,hoc8 ,pr5ons la clause que la logique mesmes n\s pres5t]a p\r la plus claire4 ,si v\s dictes1 ,il faict beau temps1 et que v\s dissiez v]it1 il faict donc beau temps4 ,voyla pas vne =me de p>l] c]ta9e8 ,encore n\s tromp]a elle4 ,qu'il soit a9si1 suyuons l'exemple3 si v\s dites1 ,ie m5ts1 et que v\s dissiez vray1 v\s m5tez donc4 ,l'art1 la raison1 la =ce de la conclusion de cette-cy1 sont p>eilles l'autre1 t\tesfois n\s voyla emb\rbez4 ,ie voy les philosophes ,pyrrhoni5s qui ne peuu5t exprim] leur g5]ale conception en aucune mani]e de p>l]3 c> il leur faudroit vn n\ueau langage4 ,le no/re e/ t\t =m de propositions affirmatiues1 qui leur sont du t\t ennemies4 ,de faon que qu& ils dis5t1 ,ie d\bte1 on les ti5t incont95t la gorge1 p\r leur faire au\r1 qu'aumo9s assur5t et sau5t ils cela1 qu'ils d\bt5t4 ,a9s9 on les a contra9ts de se sauu] dans cette comp>aison de la m$ec9e1 sans laquelle leur humeur s]oit inexplicable4 ,qu& ils prononc5t1 ,i'ignore1 ou1 ,ie d\bte1 ils dis5t que cette proposition s'emporte elle mesme quant et quant le re/e3 ny plus ny mo9s que la rub>be1 qui p\sse hors les mauuaises humeurs1 et s'emporte hors quant et quant elle mesmes4 ,cette fantasie e/ plus seurem5t conceu p> int]rogation3 ,que say-ie8 comme ie la porte la deuise d'vne balance4 ,voyez comm5t on se preuault de cette sorte de p>l] ple9e d'irreu]5ce4 ,aux disputes qui sont pres5t en no/re religion1 si v\s pressez trop les adu]saires1 ils v\s diront t\t de/r\ssm5t1 qu'il n'e/ pas en la puissance de ,dieu de faire que son corps soit en p>adis et en la t]re1 et en plusieurs lieux ensemble4 ,et ce mocqueur anci5 comm5t il en faict son pr(it4 ,au mo9s1 dit-il1 e/-ce vne non leg]e consolation l'homme1 de ce qu'il voit ,dieu ne p\uoir pas t\tes *oses3 c> il ne se peut tu] qu& il le v\droit1 qui e/ la plus gr&e faueur que n\s ayons en no/re condition3 il ne peut faire les mortels immortels1 ny reuiure les trespassez1 ny que celuy qui a vescu n'ait po9t vescu1 celuy qui a eu des honneurs1 ne les ait po9t eus1 n'ayant autre droit sur le pass que de l'oubliance4 ,et af9 que cette societ de l'homme ,dieu1 s'acc\ple encore p> des exemples plaisans1 il ne peut faire que deux fois dix ne soy5t v+t4 ,voyla ce qu'il dit1 et qu'vn ,*re/i5 deuroit euit] de pass] p> sa b\*e4 ,l o au reb\rs1 il semble que les hommes re*]*5t cette folle fi]t de langage p\r ram5] ,dieu leur mesure4 ,cras vel atra ,nube polum ,pat] occupato1 ,vel sole puro1 non tam5 irritum ,quodcumque retro e/ efficiet1 neque ,diff+et infectmque r$det1 ,quod fugi5s semel hora vexit4 ,qu& n\s disons que l'inf9it des siecles tant passez qu'au5ir n'e/ ,dieu qu'vn in/ant3 que sa bont1 sapi5ce1 puissance sont mesme *ose auecques son ess5ce2 no/re p>ole le dit1 mais no/re intellig5ce ne l'appreh5de po9t4 ,et t\tesfois no/re outrecuidance veut faire pass] la diu9it p> no/re e/am9e4 ,et de l s'eng5dr5t t\tes les resu]ies et erreurs1 desquelles le monde se tr\ue saisi1 ram5ant et poisant sa balance1 *ose si esloigne de son poix4 ,mirum qu proc$at improbitas cordis humani1 p>uulo aliquo inuitata successu4 ,combi5 insolemm5t rabroent ,epicurus les ,/oici5s1 sur ce qu'il ti5t l'e/re v]itablem5t bon et heureux1 n'app>t5ir qu' ,dieu1 et l'homme sage n'en auoir qu'vn ombrage et similitude8 ,combi5 tem]airem5t ont ils atta* ,dieu la de/9e6 7 la mi5ne volont qu'aucuns du surnom de ,*re/i5s ne le fac5t pas encore7 et ,?ales1 ,platon1 et ,py?agoras1 l'ont ass]uy la necessit4 ,cette fi]t de v\loir desc\urir ,dieu p> nos yeux1 a faict qu'vn gr& p]sonnage des no/res a attribu la diu9it vne =me corporelle4 ,et e/ cause de ce qui n\s adui5t t\s les i\rs1 d'attribu] ,dieu1 les eu5em5ts d'importance1 d'vne p>ticuli]e assignation4 ,p> ce qu'ils n\s pois5t1 il semble qu'ils luy pois5t aussi1 et qu'il y reg>de plus enti] et plus att5tif1 qu'aux eu5em5s qui n\s sont leg]s1 ou d'vne suitte ord9aire4 ,magna ,dij curant1 p>ua negligunt4 ,esc\tez son exemple3 il v\s esclaircira de sa raison3 ,nec 9 regnis quidem reges omnia m9ima curant4 ,comme si ce ,roy l1 c'e/oit plus et mo9s de remu] vn empire1 ou la feuille d'vn arbre3 et si sa pr\id5ce s'ex]oit autrem5t1 incl9ant l'eu5em5t d'vne battaille1 que le sault d'vne puce4 ,la ma9 de son g\u]nem5t1 se pre/e t\tes *oses de p>eille t5eur1 mesme =ce1 et mesme ordre3 no/re int]e/ n'y apporte ri53 noz m\uem5ts et noz mesures ne le t\*5t pas4 ,deus ita artifex magnus 9 magnis1 vt m9or non sit 9 p>uis4 ,no/re arrogance n\s remet t\si\rs en auant cette blasphemeuse app>iation4 ,p> ce que noz occupations n\s *>g5t1 ,/raton a e/re9 les ,dieux de t\te immunit d'(fices1 comme sont leurs pre/res4 ,il fait produire et ma9t5ir t\tes *oses ,nature3 et de ses poids et m\uem5ts con/ruit les p>ties du monde3 des*>geant l'huma9e nature de la cra9te des iugem5ts diu9s4 ,quod beatum t]nmque sit1 id nec hab]e negotij quicquam1 nec exhib]e alt]i4 ,nature veut qu'en *oses p>eilles il y ait relation p>eille4 ,le nombre donc inf9i des mortels conclud vn p>eil nombre d'immortels3 les *oses inf9ies1 qui tu5t et ru95t1 en presuppos5t autant qui cons]u5t et pr(it5t4 ,comme les ames des ,dieux1 sans langue1 sans yeux1 sans oreilles1 s5t5t entre elles *acune1 ce que l'autre s5t1 et iug5t noz p5ses3 a9si les ames des hommes1 qu& elles sont libres et dpr9ses du corps1 p> le sommeil1 ou p> quelque rauissem5t1 deu95t1 progno/iqu5t1 et voy5t *oses1 qu'elles ne sauroy5t veoir mesles aux corps4 ,les hommes1 dit ,sa9ct ,paul1 sont deu5us fols cuidans e/re sages1 et ont mu la gloire de ,dieu incorruptible1 en l'image de l'homme corruptible4 ,voyez vn peu ce ba/elage des deifications anci5nes4 ,apres la gr&e et sup]be pompe de l'ent]rem5t1 comme le feu v5oit pr5dre au hault de la pyramide1 et saisir le lict du trespass1 ils laissoi5t en mesme temps es*app] vn aigle1 lequel s'en volant mont1 signifioit que l'ame s'en alloit en p>adis4 ,n\s auons mille m$ailles1 et notamm5t de cette honne/e femme de ,fau/9e1 o cet aigle e/ repres5t1 emportant la *euremorte v]s le ciel ces ames deifies4 ,c'e/ piti que n\s n\s pippons de nos propres s+]ies et inu5tions1 ,quod f9x]e tim5t2 comme les enfans qui s'effray5t de ce mesme visage qu'ils ont b>b\ill et noircy leur compagnon4 ,quasi quicquam infelicius sit hom9e1 cui sua figm5ta dom9antur4 ,c'e/ bi5 lo9 d'honor] celuy qui n\s a faicts1 que d'honor] celuy que n\s auons faict4 ,augu/e eut plus de temples que ,iupit]1 s]uis auec autant de religion et creance de miracles4 ,les ,?asi5s en recomp5se des bi5sfaicts qu'ils auoy5t receuz d',agesilaus1 luy v9dr5t dire qu'ils l'auoy5t canonis3 ,vo/re nation1 leur dit-il1 a elle ce p\uoir de faire ,dieu qui bon luy semble8 ,faictes en p\r voir l'vn d'entre v\s1 et puis qu& i'auray veu comme il s'en s]a tr\u1 ie v\s diray gr&-m]cy de vo/re (fre4 ,l'homme e/ bi5 ins5s3 il ne sauroit =g] vn ciron1 et =ge des ,dieux d\za9es4 ,oyez ,trismegi/e l\ant no/re suffisance3 ,de t\tes les *oses admirables a surmont l'admiration1 que l'homme ayt peu tr\u] la diu9e nature1 et la faire4 ,voicy des argum5ts de l'escole mesme de la philosophie4 ,nosse cui ,diuos et cli num9a soli1 ,aut soli nescire1 datum4 ,si ,dieu e/1 il e/ animal1 s'il e/ animal1 il a s5s1 et s'il a s5s1 il e/ subject corruption4 ,s'il e/ sans corps1 il e/ sans ame1 et p> consequ5t sans action3 et s'il a corps1 il e/ p]issable4 ,voyla pas triomph8 ,n\s sommes incapables d'auoir faict le monde3 il y a donc quelque nature plus excell5te1 qui y a mis la ma94 ,ce s]oit vne sotte arrogance de n\s e/im] la plus p>faicte *ose de cet vniu]s4 ,il y a donc quelque *ose de meilleur4 ,cela c'e/ ,dieu4 ,qu& v\s voyez vne ri*e et pompeuse demeure1 encore que v\s ne sa*iez qui en e/ le mai/re2 si ne direz v\s pas qu'elle soit faicte p\r des rats4 ,et cette diu9e /ructure1 que n\s voyons du palais cele/e1 n'auons n\s pas croire1 que ce soit le logis de quelque mai/re plus gr& que n\s ne sommes8 ,le plus hault e/-il pas t\si\rs le plus digne8 ,et n\s sommes placez au plus bas4 ,ri5 sans ame et sans raison ne peut produire vn animant capable de raison4 ,le monde n\s produit3 il a donc ame et raison4 ,*asque "p de n\s e/ mo9s que n\s4 ,n\s sommes "p du monde4 ,le monde e/ donc f\rny de sagesse et de raison1 et plus abondamm5t que n\s ne sommes4 ,c'e/ belle *ose que d'auoir vn gr& g\u]nem5t4 ,le g\u]nem5t du monde app>ti5t donc quelque heureuse nature4 ,les a/res ne n\s font pas de nuisance3 ils sont donc ple9s de bont4 ,n\s auons beso+ de n\rriture1 aussi ont donc les ,dieux1 et se paiss5t des vapeurs de a bas4 ,les bi5s monda9s ne sont pas bi5s ,dieu3 ce ne sont donc pas bi5s n\s4 ,l'(f5s]1 et l'e/re (f5c sont egalem5t tesmoignages d'imbecillit3 c'e/ donc follie de cra9dre ,dieu4 ,dieu e/ bon p> sa nature3 l'homme p> son indu/rie1 qui e/ plus4 ,la sagesse diu9e1 et l'huma9e sagesse n'ont autre di/9ction1 s9on que celle-la e/ et]nelle4 ,or la dure n'e/ aucune accession la sagesse4 ,p>quoy n\s voyla compagnons4 ,n\s auons vie1 raison et lib]t1 e/imons la bont1 la *>it1 et la iu/ice3 ces qualitez sont donc en luy4 ,somme le ba/im5t et le desba/im5t1 les conditions de la diu9it1 se =g5t p> l'homme selon la relation soy4 ,quel patron et quel modele6 ,e/irons1 esleuons1 et grossissons les qualitez huma9es tant qu'il n\s plaira4 ,enfle toy pauure homme1 et encore1 et encore1 et encore1 ,non1 si te rup]is1 inquit4 ,pr(ect non ,deum1 quem cogit>e non possunt1 s$ semetipsos pro illo cogitantes1 non illum1 s$ seipsos1 non illi1 s$ sibi comp>ant4 ,es *oses naturelles les effects ne rapport5t qu' demy leurs causes4 ,quoy cette-cy8 elle e/ au dessus de l'ordre de ,nature1 sa condition e/ trop hauta9e1 trop esloigne1 et trop mai/resse1 p\r s\ffrir que noz conclusions l'atta*5t et la g>ott5t4 ,ce n'e/ p> n\s qu'on y arriue1 cette r\tte e/ trop basse4 ,n\s ne sommes non plus pres du ciel sur le mont ,s5is1 qu'au fond de la m]3 consultez en p\r voir auec vo/re a/rolabe4 ,ils ram55t ,dieu iusques l'acco9tance *>nelle des femmes1 combi5 de fois1 combi5 de g5]ations4 ,paul9a femme de ,saturn9us1 matrone de gr&e reputation ,rome1 p5sant c\*] auec le ,dieu ,s]apis1 se tr\ue entre les bras d'vn si5 am\reux1 p> le macqu]ellage des pre/res de ce temple4 ,v>ro le plus subtil et le plus sauant au!ur ,lat91 en ses liures de la ,!ologie1 escrit1 que le secre/9 de ,h]cules1 iectant au sort d'vne ma9 p\r soy1 de l'autre1 p\r ,h]cules1 ioa contre luy vn s\pp] et vne g>se3 s'il gaignoit1 aux desp5s des (fr&es3 s'il p]doit1 aux si5s4 ,il p]dit1 paya son s\pp] et sa g>se4 ,son nom fut ,laur5t9e1 qui veid de nuict ce ,dieu entre ses bras1 luy disant au surplus1 que le l5dema91 le premi] qu'elle r5contr]oit1 la pay]oit cele/em5t de son salaire4 ,ce fut ,t>uncius1 ieune homme ri*e1 qui la m5a *ez luy1 et auec le temps la laissa h]iti]e4 ,elle son t\r1 esp]ant faire *ose aggreable ce ,dieu1 laissa h]iti] le peuple ,roma94 ,p\rquoy on luy attribua des honneurs diu9s4 ,comme s'il ne suffisoit pas1 que p> d\ble e/oc ,platon fu/ orig9ellem5t desc5du des ,dieux1 et auoir p\r au!ur commun de sa race1 ,neptune3 il e/oit t5u p\r c]ta9 ,a!nes1 qu',ari/on ayant v\lu i\r de la belle ,p]ictyone1 n'auoit seu4 ,et fut adu]ti en songe p> le ,dieu ,apollo1 de la laiss] impollue et intacte1 iusques ce qu'elle fu/ acc\*e4 ,c'e/oi5t les p]e et m]e de ,platon4 ,combi5 y a il s hi/oires1 de p>eils cocuages1 procurez p> les ,dieux1 contre les pauures huma9s8 et des m>is iniurieusem5t descriez en faueur des enfants8 ,en la religion de ,mahomet1 il se tr\ue p> la croyance de ce peuple1 asss de ,m]l9s3 assauoir enfants sans p]e1 spirituels1 nays diu9em5t au v5tre des pucelles3 et port5t vn nom1 qui le signifie en leur langue4 ,il n\s faut not]1 qu' *asque *ose1 il n'e/ ri5 plus *]1 et plus e/imable que son e/re 7le lyon1 l'aigle1 le daulph91 ne pris5t ri5 au dessus de leur espece7 et que *acune rapporte les qualitez de t\tes autres *oses ses propres qualitez4 ,lesquelles n\s p\uons bi5 e/5dre et rac\rcir1 mais c'e/ t\t2 c> hors de ce rapport1 et de ce pr9cipe1 no/re imag9ation ne peut all]1 ne peut ri5 diu9] autre1 et e/ impossible qu'elle sorte de l1 et qu'elle passe au del4 ,d'o naiss5t ces anci5nes conclusions4 ,de t\tes les =mes1 la plus belle e/ celle de l'homme3 ,dieu donc e/ de cette =me4 ,nul ne peut e/re heureux sans v]tu3 ny la v]tu e/re sans raison3 et nulle raison log] ailleurs qu'en l'huma9e figure3 ,dieu e/ donc reue/u de l'huma9e figure4 ,ita e/ in=matum anticipatumque m5tibus no/ris1 vt hom9i1 quum de ,deo cogitet1 =ma occurrat humana4 ,p\rtant disoit plaisamm5t ,x5ophanes1 que si les animaux se =g5t des ,dieux1 comme il e/ vray-semblable qu'ils fac5t1 ils les =g5t c]ta9em5t de mesme eux1 et se glorifi5t1 comme n\s4 ,c> p\rquoy ne dira un oyson a9si3 ,t\tes les pieces de l'vniu]s me reg>d5t1 la t]re me s]t m>*]1 le soleil m'esclair]1 les e/oilles m'inspir] leurs influances3 i'ay telle commodit des v5ts1 telle des eaux3 il n'e/ ri5 que cette v\te reg>de si fauorablem5t que moy3 ie suis le mignon de ,nature8 ,e/-ce pas l'homme qui me traicte1 qui me loge1 qui me s]t3 ,c'e/ p\r moy qu'il fait et sem] et m\dre3 s'il me mange1 aussi fait-il bi5 l'homme son compagnon2 et si fay-ie moy les v]s qui le tu5t1 et qui le mang5t4 ,autant en diroit une gru2 et plus magnifiquem5t encore p\r la lib]t de son vol1 et la possession de cette belle et haulte region4 ,tam bl&a conciliatrix1 et tam sui e/ ,i5a ipsa natura4 ,or donc p> ce mesme tra91 p\r n\s sont les de/9es1 p\r n\s le monde1 il luict1 il tonne p\r n\s2 et le createur1 et les creatures1 t\t e/ p\r n\s4 ,c'e/ le b et le po9ct o vise l'vniu]sit des *oses4 ,reg>ds le regi/re que la philosophie a t5u deux mille ans1 et plus1 des affaires cele/es3 les ,dieux n'ont agi1 n'ont p>l1 que p\r l'homme3 elle ne leur attribue autre consultation1 et autre vacation4 ,les voyla contre n\s en gu]re4 ,domitsque ,h]culea manu ,telluris iuu5es1 vnde p]iculum ,fulg5s contremuit domus ,saturni vet]is4 ,les voicy p>tisans de noz tr\bles1 p\r n\s r5dre la p>eille de ce que tant de fois n\s sommes p>tisans des leurs3 ,neptunus muros magnque emula trid5ti ,fundam5ta quatit1 totmque s$ibus vrbem ,eruit3 hc ,iuno ,scz suissima portas ,prima t5et4 ,les ,cauni5s1 p\r la ial\sie de la dom9ation de leurs ,dieux propres1 pr5n5t armes en dos1 le i\r de leur deuotion1 et vont c\rant t\te leur banlieue1 frappant l'air p>-cy p>-l1 t\t leurs glaiues1 p\r*assant a9s9 outrance1 et bannissant les ,dieux e/rang]s de leur t]ritoire4 ,leurs puissances sont retran*es selon no/re necessit4 ,qui gu]it les *euaux1 qui les hommes1 qui la pe/e1 qui la teigne1 qui la t\x1 qui vne sorte de gale1 qui vne autre3 adeo m9imis etiam rebus praua religio ins]it ,deos3 qui fait nai/re les rais9s1 qui les aux3 qui a la *>ge de la paill>dise1 qui de la m>*&ise3 *asque race d'artisans1 vn ,dieu3 qui a sa pr\9ce en ,ori5t1 et son cr$it1 qui en ,ponant1 ,hc illius arma1 ,hc currus fuit4 ,o ,sancte ,apollo1 qui vmbilicum c]tum t]r>um obt9es6 ,pallada ,cecropid1 ,m9oa ,creta ,dianam1 ,vulcanum tellus ,hipsipyla colit1 ,iunonem ,sp>te1 ,pelopeadsque ,mic52 ,p9ig]um ,fauni ,mnalis ora caput1 ,m>s ,latio v5]&us4 ,qui n'a qu'vn b\rg ou vne famille en sa possession3 qui loge seul1 qui en compagnie1 ou volontaire ou necessaire4 ,iunctque sunt magno templa nepotis auo4 ,il en e/ de si *etifs et populaires1 c> le nombre s'en monte iusques tr5te six mille1 qu'il en faut entass] bi5 c9q ou six produire vn espic de bl$1 et en pr5n5t leurs noms diu]s4 ,trois vne porte3 celuy de l'ais1 celuy du gond1 celuy du seuil4 ,quatre vn enfant1 protecteurs de son maillot1 de son boire1 de son mang]1 de son tett]4 ,aucuns c]ta9s1 aucuns inc]ta9s et d\bteux4 ,aucuns1 qui n'entr5t pas encore en p>adis4 ,quos1 quoniam cli nondum dignamur honore1 ,quas d$imus1 c]t t]ras habit>e s9amus4 ,il en e/ de physici5s1 de potiques1 de ciuils4 ,aucuns1 moy5s entre la diu9e et huma9e nature1 m$iateurs1 entremetteurs de n\s ,dieu4 ,adorez p> c]ta9 second ordre d'adoration1 et dim9utif4 ,inf9is en tiltres et (fices3 les vns bons1 les autres mauuais4 ,il en e/ de vieux et cassez1 et en e/ de mortels4 ,c> ,*rysippus e/imoit qu'en la d]ni]e conflagration du monde t\s les ,dieux auroy5t f9ir1 sauf ,iuppit]4 ,l'homme =ge mille plaisantes societez entre ,dieu et luy4 ,e/-il pas son compatriote8 ,i\is incunabula ,cret54 ,voicy l'excuse1 que n\s donn5t1 sur la consid]ation de ce subject1 ,sceuola gr& pontife1 et ,v>ron gr& !ologi51 en leur temps3 ,qu'il e/ beso9 que le peuple ignore beauc\p de *oses vrayes1 et en croye beauc\p de fausses4 ,quum v]itatem1 qua lib]etur1 inquirat3 cr$atur ei exp$ire1 quod fallitur4 ,les yeux huma9s ne peuu5t app]ceuoir les *oses que p> les =mes de leur cognoissance4 ,et ne n\s s\ui5t pas quel sault pr9t le mis]able ,pha?on p\r auoir v\lu mani] les r5es des *euaux de son p]e1 d'vne ma9 mortelle4 ,no/re esprit retombe en p>eille pr(ondeur1 se dissipe et se froisse de mesme1 p> sa tem]it4 ,si v\s dem&ez la philosophie de quelle mati]e e/ le soleil1 que v\s respondra elle1 s9on1 de f]1 et de pi]re1 ou autre e/(fe de son vsage8 ,s'enqui]t-on ,z5on que c'e/ que ,nature8 ,vn feu1 dit-il1 arti/e1 propre eng5dr]1 proc$ant reglm5t4 ,ar*im$es mai/re de cette sci5ce qui s'attribue la presseance sur t\tes les autres en v]it et c]titude3 ,le soleil1 dit-il1 e/ vn ,dieu de f] enflamm4 ,voyla pas vne belle imag9ation produicte de l'ineuitable necessit des demon/rations geometriques8 ,non p\rtant si ineuitable et vtile1 que ,socrates n'ayt e/im1 qu'il suffisoit d'en sauoir1 iusques p\uoir arp5t] la t]re qu'on donnoit et receuoit3 et que ,polynus1 qui en auoit e/ fameux et illu/re docteur1 ne les ayt prises mespris1 comme ple9es de faucet1 et de vanit app>5te1 aprs qu'il eut g\/ les d\x fruicts des i>d9s poltronesques d',epicurus4 ,socrates en ,x5ophon sur ce propos d',anaxagoras1 e/im p> l'antiquit ent5du au dessus de t\ts autres1 s *oses cele/es et diu9es1 dit1 qu'il se tr\bla du c]ueau1 comme font t\s hommes1 qui p]scrut5t immod]m5t les cognoissances1 qui ne sont de leur app>t5ance4 ,sur ce qu'il faisoit le soleil vne pi]re ard5te1 il ne s'aduisoit pas1 qu'vne pi]re ne luit po9t au feu1 et1 qui pis e/1 qu'elle s'y consomme4 ,en ce qu'il faisoit vn1 du soleil et du feu1 que le feu ne noircit pas ceux qu'il reg>de3 que n\s reg>dons fixem5t le feu3 que le feu tue les plantes et les h]bes4 ,c'e/ l'aduis de ,socrates1 et au mi5 aussi1 le plus sagem5t iug du ciel1 que n'en iug] po9t4 ,platon ayant p>l] des daimons au ,time3 ,c'e/ entrepr9se1 dit-il1 qui surpasse no/re porte3 il en faut croire ces anci5s1 qui se sont dicts eng5drez d'eux4 ,c'e/ contre raison de refus] foy aux enfants des ,dieux1 encore que leur dire ne soit e/ably p> raisons necessaires1 ny vray-semblables3 puis qu'ils n\s respond5t1 de p>l] de *oses dome/iques et famili]es4 ,voyons si n\s auons quelque peu plus de cl>t en la cognoissance des *oses huma9es et naturelles4 ,n'e/-ce pas vne ridicule entrepr9se1 celles ausquelles p> no/re propre confession no/re sci5ce ne peut atte9dre1 leur all] =geant vn autre corps1 et pre/ant vne =me faulce de no/re inu5tion3 comme il se void au m\uem5t des planetes1 auquel d'autant que no/re esprit ne peut arriu]1 ny imag9] sa naturelle conduite1 n\s leur pre/ons du no/re1 des ressors mat]iels1 l\rds1 et corporels3 ,temo aureus1 aurea summ ,curuatura rot1 radiorum arg5teus ordo4 ,v\s diriez que n\s auons eu des co*]s1 des *>p5ti]s1 et des pe9tres1 qui sont allez dress] l hault des eng9s diu]s m\uem5s1 et rang] les roages et entrelassem5s des corps cele/es big>rez en c\leur1 aut\r du fuseau de la necessit1 selon ,platon4 ,mundus domus e/ maxima r]um1 ,quam qu9que altiton fragm9e zon ,c+unt1 p] quam limbus pictus bis sex signis ,/ellimicantibus1 altus 9 obliquo !re1 lun ,bigas acceptat4 ,ce sont t\s songes et fanatiques folies4 ,que ne plai/-il vn i\r ,nature n\s ouurir son se91 et n\s faire voir au propre1 les moy5s et la conduicte de ses m\uem5ts1 et y prep>] nos yeux8 ,o ,dieu quels abus1 quels mescomtes n\s tr\u]ions en no/re pauure sci5ce6 ,ie suis tromp1 si elle ti5t vne seule *ose1 droictem5t en son po9ct3 et m'en p>tiray d'icy plus ignorant t\te autre *ose1 que mon ignorance4 ,ay-ie pas veu en ,platon ce diu9 mot1 que ,nature n'e/ ri5 qu'vne posie a9igmatique8 ,comme1 peut e/re1 qui diroit1 vne pe9ture voile et t5ebreuse1 entreluisant d'vne inf9ie v>iet de faux i\rs ex]c] noz coniectures4 ,lat5t i/a omnia crassis occultata et circumfusa t5ebris3 vt nulla acies humani +5ij tanta sit1 qu p5etr>e 9 clum1 t]ram intr>e possit4 ,et c]tes la philosophie n'e/ qu'vne posie sophi/ique4 ,d'o tir5t ces au!urs anci5s t\tes leurs au?oritez1 que des potes8 ,et les premi]s fur5t poetes eux mesmes1 et la traict]5t en leur art4 ,platon n'e/ qu'vn poete desc\su4 ,t\tes les sci5ces sur-huma9es s'acc\/r5t du /ile poetique4 ,t\t a9si que les femmes employ5t des d5ts d'yuoire1 o les leurs naturelles leur manqu5t1 et au lieu de leur vray te9t1 en =g5t vn de quelque mati]e e/rang]e3 comme elles font des cuisses de drap et de feutre1 et de l'embonpo9ct de coton3 et au veu et seu d'vn *acun s'embelliss5t d'vne beaut fauce et emprunte3 a9si fait la sci5ce 7et no/re droict mesme a1 dit-on1 des fictions legitimes sur lesquelles il fonde la v]it de sa iu/ice7 elle n\s donne en payem5t et en presupposition1 les *oses qu'elle mesmes n\s appr5d e/re inu5tes3 c> ces epicycles1 exc5triques1 conc5triques1 dequoy l'a/rologie s'aide conduire le bransle de ses e/oilles1 elle n\s les donne1 p\r le mieux qu'elle ait seu inu5t] en ce subject3 comme aussi au re/e1 la philosophie n\s pres5te1 non pas ce qui e/1 ou ce qu'elle croit1 mais ce qu'elle =ge ayant plus d'app>5ce et de g5tillesse4 ,platon sur le disc\rs de l'e/at de no/re corps et de celuy des be/es3 ,que ce1 que n\s auons dict1 soit vray1 n\s en asseur]ions1 si n\s auions sur cela confirmation d'vn oracle4 ,seulem5t n\s asseurons1 que c'e/ le plus vray-semblablem5t1 que n\s ayons seu dire4 ,ce n'e/ pas au ciel seulem5t qu'elle enuoye ses cordages1 ses eng9s et ses r\s3 consid]ons vn peu ce qu'elle dit de n\s mesmes et de no/re contexture4 ,il n'y a pas plus de retrogradation1 trepidation1 accession1 reculem5t1 rauissem5t1 aux a/res et corps cele/es1 qu'ils en ont =g en ce pauure petit corps huma94 ,vrayem5t ils ont eu p> l1 raison de l'appell] le petit monde1 tant ils ont employ de pieces1 et de visages le maonn] et ba/ir4 ,p\r accommod] les m\uem5s qu'ils voy5t en l'homme1 les diu]ses functions et facultez que n\s s5tons en n\s1 en combi5 de p>ties ont ils diuis no/re ame8 en combi5 de sieges loge8 combi5 d'ordres et d'e/ages ont-ils dep>ty ce pauure homme1 outre les naturels et p]ceptibles8 et combi5 d'(fices et de vacations8 ,ils en font vne *ose publique imag9aire4 ,c'e/ vn subject qu'ils ti5n5t et qu'ils mani5t3 on leur laisse t\te puissance de le desc\dre1 r5g]1 rassembl]1 et e/(f]1 *acun sa fantasie2 et si ne le poss$5t pas encore4 ,non seulem5t en v]it1 mais en songe mesmes1 ils ne le peuu5t regl]1 qu'il ne s'y tr\ue quelque cad5ce1 ou quelque son1 qui es*appe leur ar*itecture1 t\te enorme qu'elle e/1 et rapiece de mille lop9s faux et fanta/iques4 ,et ce n'e/ pas raison de les excus]4 ,c> aux pe9tres1 qu& ils peign5t le ciel1 la t]re1 les m]s1 les monts1 les isles esc>tes1 n\s leur condonons1 qu'ils n\s en rapport5t seulem5t quelque m>que leg]e3 et comme de *oses ignores1 n\s cont5tons d'vn tel quel ombrage et fe9t4 ,mais qu& ils n\s tir5t apres le naturel1 ou autre subject1 qui n\s e/ famili] et cognu1 n\s exigeons d'eux vne p>faicte et exacte repres5tation des l9eam5ts1 et des c\leurs3 et les mesprisons1 s'ils y faill5t4 ,ie say bon gr la g>ce ,milesi5ne1 qui voyant le philosophe ,?ales s'amus] cont9uellem5t la contemplation de la v\te cele/e1 et t5ir t\si\rs les yeux esleuez contre-mont1 luy mit en son passage quelque *ose le faire bron*]1 p\r l'adu]tir1 qu'il s]oit temps d'amus] son p5sem5t aux *oses qui e/oi5t dans les nues1 qu& il auroit p\rueu celles qui e/oi5t ses pi$s4 ,elle luy conseilloit c]tes bi51 de reg>d] plu/o/ soy qu'au ciel4 ,c>1 comme dit ,democritus p> la b\*e de ,cic]o1 ,quod e/ ante p$es1 nemo spectat3 cli scrutantur plagas4 ,mais no/re condition porte1 que la cognoissance de ce que n\s auons entre ma9s1 e/ aussi esloigne de n\s1 et aussi bi5 au dessus des nus1 que celle des a/res4 ,comme dit ,socrates en ,platon1 qu' quiconque se mesle de la philosophie1 on peut faire le repro*e que fait cette femme ,?ales1 qu'il ne void ri5 de ce qui e/ deuant luy4 ,c> t\t philosophe ignore ce que fait son vois93 ou et ce qu'il fait luy-mesme1 et ignore ce qu'ils sont t\s deux1 ou be/es1 ou hommes4 ,ces g5s icy1 qui tr\u5t les raisons de ,sebonde trop foibles1 qui n'ignor5t ri51 qui g\u]n5t le monde1 qui sau5t t\t3 ,qu m>e compescant caus1 quid temp]et annum1 ,/ell sponte sua1 iussue vag5tur et err5t3 ,quid premat obscurum ,lun1 quid pr(]at orbem1 ,quid velit et possit r]um concordia discors3 n'ont ils pas quelquesfois sond p>my leurs liures1 les difficultez qui se pres5t5t1 cognoi/re leur e/re propre8 ,n\s voyons bi5 que le doigt se meut1 et que le pi$ se meut1 qu'aucunes p>ties se bransl5t d'elles mesmes sans no/re cong1 et que d'autres n\s les agitons p> no/re ordonnance1 que c]ta9e appreh5sion eng5dre la r\geur1 c]ta9e autre la palleur1 telle imag9ation agit en la rate seulem5t1 telle autre au c]ueau1 l'vne n\s cause le rire1 l'autre le pleur]1 telle autre transit et e/onne t\s noz s5s1 et arre/e le m\uem5t de noz membres1 tel object l'e/oma* se s\sleue1 tel autre quelque p>tie plus basse4 ,mais comme vne impression spirituelle1 face vne telle fauce dans vn subject massif1 et solide1 et la nature de la liaison et c\/ure de ces admirables ressorts1 iamais homme ne l'a seu3 ,omnia inc]ta ratione1 et 9 natur maie/ate abdita1 dit ,pl9e2 et ,s4 ,augu/91 ,modus1 quo corporibus adhr5t spiritus1 omn9o mirus e/1 nec compreh5di ab hom9e pote/3 et hoc ipse homo e/4 ,et si ne le met on pas p\rtant en d\bte3 c> les op9ions des hommes1 sont receus la suitte des creances anci5nes1 p> au?orit et cr$it1 comme si c'e/oit religion et loy4 ,on reoit comme vn i>gon ce qui en e/ communem5t t5u3 on reoit cette v]it1 auec t\t son ba/im5t et attelage d'argum5s et de preuues1 comme vn corps f]me et solide1 qu'on n'esbranle plus1 qu'on ne iuge plus4 ,au contraire1 *acun qui mieux mieux1 va pla/rant et con=tant cette creance receue1 de t\t ce que peut sa raison1 qui e/ vn vtil s\pple cont\rnable1 et accommodable t\te figure4 ,a9si se remplit le monde et se confit en fadeze et en m5songe4 ,ce qui fait qu'on ne d\bte de gu]e de *oses1 c'e/ que les communes impressions on ne les essaye iamais2 on n'en sonde po9t le pi$1 o git la faute et la foiblesse3 on ne debat que sur les bran*es3 on ne dem&e pas si cela e/ vray1 mais s'il a e/ a9s9 ou a9s9 ent5du4 ,on ne dem&e pas si ,gal5 a ri5 dict qui vaille3 mais s'il a dict a9s91 ou autrem5t4 ,vrayem5t c'e/oit bi5 raison que cette bride et contra9te de la lib]t de noz iugem5ts1 et cette tyrannie de noz creances1 s'e/5di/ iusques aux es*oles et aux arts4 ,le ,dieu de la sci5ce s*ola/ique1 c'e/ ,ari/ote3 c'e/ religion de debattre de ses ordonnances1 comme de celles de ,lycurgus ,sp>te4 ,sa doctr9e n\s s]t de loy magi/rale3 qui e/ l'aduanture autant faulce que vne autre4 ,ie ne say pas p\rquoy ie n'acceptasse autant volonti]s ou les ides de ,platon1 ou les atomes d',epicurus1 ou le ple9 et le vuide de ,leucippus et ,democritus1 ou l'eau de ,?ales1 ou l'inf9it de ,nature d',anaxim&]1 ou l'air de ,diog5es1 ou les nombres et symmetrie de ,py?agoras1 ou l'inf9y de ,p>m5ides1 ou l'vn de ,musu1 ou l'eau et le feu d',apollodorus1 ou les p>ties similaires d',anaxagoras1 ou la discorde et amiti d',emp$ocles1 ou le feu de ,h]aclitus1 ou t\te autre op9ion1 7de cette confusion inf9ie d'aduis et de s5t5ces1 que produit cette belle raison huma9e p> sa c]titude et clair-voyance1 en t\t ce dequoy elle se mesle7 que ie f]oy l'op9ion d',ari/ote1 sur ce subject des pr9cipes des *oses naturelles3 lesquels pr9cipes il ba/it de trois pieces1 mati]e1 =me1 et priuation4 ,et qu'e/-il plus va9 que de faire l'inanit mesme1 cause de la production des *oses8 ,la priuation c'e/ vne negatiue3 de quelle humeur en a-il peu faire la cause et orig9e des *oses qui sont8 ,cela t\tesfois ne s'os]oit esbranl] que p\r l'ex]cice de la logique4 ,on n'y debat ri5 p\r le mettre en d\te1 mais p\r deff5dre l'au!ur de l'escole des obiections e/rang]es3 son au?orit c'e/ le b1 au del duquel il n'e/ pas p]mis de s'enqu]ir4 ,il e/ bi5 ais sur des fondem5s au\ez1 de ba/ir ce qu'on veut2 c> selon la loy et ordonnance de ce comm5cem5t1 le re/e des pieces du ba/im5t se conduit aism5t1 sans se dem5tir4 ,p> cette voye n\s tr\uons no/re raison bi5 fonde1 et disc\rons b\le-veu4 ,c> nos mai/res proccup5t et gaign5t auant ma91 autant de lieu en no/re creance1 qu'il leur en faut p\r conclurre apres ce qu'ils veul5t2 la mode des geometri5s p> leurs dem&es au\es3 le cons5tem5t et approbation que n\s leurs pre/ons1 leur donnant dequoy n\s tra9] gau*e et dextre1 et n\s pyr\ett] leur volont4 ,quiconque e/ creu de ses presuppositions1 il e/ no/re mai/re et no/re ,dieu3 il pr5dra le plant de ses fondem5s si ample et si ais1 que p> iceux il n\s p\rra mont]1 s'il veut1 iusques aux nus4 ,en cette pratique et negotiation de sci5ce1 n\s auons pris p\r arg5t cont5t le mot de ,py?agoras1 que *aque exp]t doit e/re creu en son art4 ,le dialectici5 se rapporte au grammairi5 de la signification des mots3 le rhetorici5 emprunte du dialectici5 les lieux des argum5s3 le pote1 du musici5 les mesures3 le geometri51 de l'ari?metici5 les proportions3 les metaphysici5s pr5n5t p\r fondem5t les coniectures de la physique4 ,c> *asque sci5ce a ses pr9cipes presupposez1 p> o le iugem5t huma9 e/ brid de t\tes p>ts4 ,si v\s v5ez *ocqu] cette b>ri]e1 en laquelle gi/ la pr9cipale erreur1 ils ont incont95t cette s5t5ce en la b\*e2 qu'il ne faut pas debattre contre ceux qui ni5t les pr9cipes4 ,or n'y peut-il auoir des pr9cipes aux hommes1 si la diu9it ne les leur a reuelez3 de t\t le demeurant1 et le comm5cem5t1 et le milieu et la f91 ce n'e/ que songe et fume4 ,a ceux qui combatt5t p> presupposition1 il leur faut presuppos] au contraire1 le mesme axiome1 dequoy on debat4 ,c> t\te presupposition huma9e1 et t\te enunciation1 a autant d'au?orit que l'autre1 si la raison n'en faict la diff]5ce4 ,a9s9 il les faut t\tes mettre la balance3 et premi]em5t les g5]alles1 et celles qui n\s tyrannis5t4 ,la p]suasion de la c]titude1 e/ vn c]ta9 tesmoignage de folie1 et d'inc]titude extreme4 ,et n'e/ po9t de plus folles g5ts1 ny mo9s philosophes1 que les ,philodoxes de ,platon4 ,il faut sauoir si le feu e/ *ault1 si la neige e/ blan*e1 s'il y a ri5 de dur ou de mol en no/re cognoissance4 ,et quant ces responses1 dequoy il se fait des comtes anci5s3 comme celuy qui mettoit en d\bte la *aleur1 qui on dit qu'il se ietta/ dans le feu3 celuy qui nioit la froideur de la glace1 qu'il s'en mi/ dans le se93 elles sont tres-indignes de la pr(ession philosophique4 ,s'ils n\s euss5t laiss en no/re e/at naturel1 receuans les app>5ces e/rang]es selon qu'elles se pres5t5t n\s p> nos s5s2 et n\s euss5t laiss all] apres nos appetits simples1 et reglez p> la condition de no/re naissance1 ils auroi5t raison de p>l] a9si4 ,mais c'e/ d'eux que n\s auons appris de n\s r5dre iuges du monde3 c'e/ d'eux que n\s t5ons cette fantasie1 que la raison huma9e e/ contr]olleuse g5]alle de t\t ce qui e/ au dehors et au d$ans de la v\te cele/e1 qui embrasse t\t1 qui peut t\t3 p> le moy5 de laquelle t\t se sait1 et cognoi/4 ,cette response s]oit bonne p>my les ,canibales1 qui i\yss5t l'heur d'vne longue vie1 tranquille1 et paisible1 sans les preceptes d',ari/ote1 et sans la cognoissance du nom de la physique4 ,cette response vaudroit mieux l'adu5ture1 et auroit plus de f]met1 que t\tes celles qu'ils emprunt]ont de leur raison et de leur inu5tion4 ,de cette-cy s]oi5t capables auec n\s1 t\s les animaux1 et t\t ce1 o le comm&em5t e/ encor pur et simple de la loy naturelle3 mais eux ils y ont r5onc4 ,il ne faut pas qu'ils me di5t1 il e/ vray1 c> v\s le voyez et s5tez a9s93 il faut qu'ils me di5t1 si ce que ie p5se s5tir1 ie le s5s p\rtant en effect3 et si ie le s5s1 qu'ils me di5t apres p\rquoy ie le s5s1 et comm5t1 et quoy3 qu'ils me di5t le nom1 l'orig9e1 les t5ans et ab\tissans de la *aleur1 du froid2 les qualitez de celuy qui agit1 et de celuy qui s\ffre3 ou qu'ils me quitt5t leur pr(ession1 qui e/ de ne receuoir ny appr\u] ri51 que p> la voye de la raison3 c'e/ leur t\*e t\tes sortes d'essais4 ,mais c]tes c'e/ vne t\*e ple9e de faucet1 d'erreur1 de foiblesse1 et defaillance4 ,p> o la v\lons n\s mieux espr\u]1 que p> elle mesme8 ,s'il ne la faut croire p>lant de soy1 pe9e s]a elle propre iug] des *oses e/rang]es3 si elle cognoi/ quelque *ose1 aumo9s s]a-ce son e/re et son domicile4 ,elle e/ en l'ame1 et p>tie1 ou effect d'icelle3 c> la vraye raison et ess5tielle1 de qui n\s desrobons le nom fauces enseignes1 elle loge dans le se9 de ,dieu1 c'e/ l son gi/e et sa retraite1 c'e/ de l o elle "p1 qu& il plai/ ,dieu n\s en faire voir quelque rayon3 comme ,pallas saillit de la te/e de son p]e1 p\r se communiqu] au monde4 ,or voyons ce que l'huma9e raison n\s a appris de soy et de l'ame3 non de l'ame en g5]al1 de laquelle quasi t\te la philosophie r5d les corps cele/es et les premi]s corps p>ticipants3 ny de celle que ,?ales attribuoit aux *oses mesmes1 qu'on ti5t inanimes1 conui p> la consid]ation de l'aimant3 mais de celle qui n\s app>ti5t1 que n\s deuons mieux cognoi/re4 ,ignoratur enim qu sit natura anima3 ,nata sit1 an contr nasc5tibus ins9uetur1 ,et simul int]eat nobiscum morte dirempta2 ,an t5ebras ,orci visat1 va/sque lacunas1 ,an pecudes alias diu9itus ins9uet se4 ,a ,crates et ,dicar*us1 qu'il n'y en auoit du t\t po9t1 mais que le corps s'esbranloit a9si d'vn m\uem5t naturel3 ,platon1 que c'e/oit vne sub/ance se m\uant de soy-mesme3 ,?ales1 vne nature sans repos3 ,asclepiades1 vne ex]citation des s5s3 ,hesiodus et ,anaxim&]1 *ose compose de t]re et d'eau3 ,p>m5ides1 de t]re et de feu3 ,emp$ocles1 de sang3 ,sangu9eam vomit ille animam3 ,possidonius1 ,clean!s et ,gal51 vne *aleur ou complexion *aleureuse1 ,igneus e/ ollis vigor1 et cle/is origo3 ,hippocrates1 vn esprit esp&u p> le corps3 ,v>ro1 vn air receu p> la b\*e1 es*auff au p\lmon1 attremp au cur1 et esp&u p> t\t le corps3 ,z5o1 la qu9t'-ess5ce des quatre elem5s3 ,h]aclides ,ponticus1 la lumi]e3 ,x5ocrates1 et aux gypti5s1 vn nombre mobile3 aux ,*aldes1 vne v]tu sans =me det]m9e4 ,habitum quemdam vitalem corporis esse1 ,h>moniam ,grci quam dicunt4 ,n'oublions pas ,ari/ote1 ce qui naturellem5t fait m\uoir le corps1 qu'il nomme entele*ie3 d'vne autant froide inu5tion que nulle autre3 c> il ne p>le ny de l'ess5ce1 ny de l'orig9e1 ny de la nature de l'ame1 mais en rem]que seulem5t l'effect4 ,lactance1 ,s5eque1 et la meilleure "p entre les dogmati/es1 ont confess que c'e/oit *ose qu'ils n'ent5doi5t pas4 ,et apres t\t ce d5ombrem5t d'op9ions3 ,h>um s5t5ti>um qu v]a sit1 ,deus aliquis vid]it1 dit ,cic]o4 ,ie connoy p> moy1 dit ,s4 ,b]n>d1 combi5 ,dieu e/ incompreh5sible1 puis que les pieces de mon e/re propre1 ie ne les puis compr5dre4 ,h]aclitus1 qui t5oit1 t\t e/re ple9 d'ames et de daimons1 ma9t5oit p\rtant1 qu'on ne p\uoit all] tant auant v]s la cognoissance de l'ame1 qu'on y peu/ arriu]1 si pr(onde e/re son ess5ce4 ,il n'y a pas mo9s de diss5sion1 ny de debat la log]4 ,hippocrates et ,hi]ophilus la mett5t au v5tricule du c]ueau3 ,democritus et ,ari/ote1 p> t\t le corps3 ,vt bona spe valet udo cm dicitur esse ,corporis1 et non e/ tam5 hc p>s vlla val5tis4 ,epicurus1 en l'e/oma*3 ,hc exultat enim pauor ac metus1 hc loca circm ,ltiti mulc5t4 ,les ,/oci5s1 aut\r et d$ans le cur3 ,erasi/ratus1 ioignant la membrane de l'epicrane3 ,emp$ocles1 au sang3 comme aussi ,moyse1 qui fut la cause p\rquoy il def5dit de mang] le sang des be/es1 auquel leur ame e/ io9te3 ,gal5 a p5s que *aque p>tie du corps ait son ame3 ,/rato l'a loge entre les deux s\rcils3 ,qua facie quidem sit animus1 aut vbi habitet1 ne qur5dum quidem e/3 dit ,cic]o4 ,ie laisse volonti]s cet homme ses mots propres4 ,iroy-ie l'loqu5ce alt]] son p>l]8 ,io9t qu'il y a peu d'acque/ desrob] la mati]e de ses inu5tions4 ,elles sont et peu frequ5tes1 et peu roides1 et peu ignores4 ,mais la raison p\rquoy ,*rysippus l'argum5te aut\r du cur1 comme les autres de sa secte1 n'e/ pas p\r e/re oublie3 ,c'e/ p> ce1 dit-il1 que qu& n\s v\lons asseur] quelque *ose1 n\s mettons la ma9 sur l'e/oma*3 et qu& n\s v\lons prononc]1 1 qui signifie moy1 n\s baissons v]s l'e/oma* la ma*\re d'embas4 ,ce lieu ne se doit pass]1 sans rem]qu] la vanit d'vn si gr& p]sonnage3 c> outre ce que ces consid]ations sont d'elles mesmes inf9im5t leg]es1 la d]ni]e ne preuue qu'aux ,grecs1 qu'ils ay5t l'ame en cet endroit l4 ,il n'e/ iugem5t huma91 si t5du1 qui ne sommeille p> fois4 ,que craignons n\s dire8 ,voyla les ,/oici5s p]es de l'huma9e prud5ce1 qui tr\u5t1 que l'ame d'vn homme accabl s\s vne ru9e1 tra9e et ahanne long temps sortir1 ne se p\uant desmesl] de la *>ge1 comme vne s\rix pr9se la trapelle4 ,aucuns ti5n5t1 que le monde fut faict p\r donn] corps p> punition1 aux esprits de*eus p> leur faute1 de la puret en quoy ils auoy5t e/ cres3 la premi]e creation n'ayant e/ qu'incorporelle3 et que selon qu'ils se sont plus ou mo9s esloignez de leur spiritualit1 on les incorpore plus et mo9s alaigrem5t ou l\rdem5t4 ,de l vi5t la v>iet de tant de mati]e cree4 ,mais l'esprit1 qui fut p\r sa pe9e inue/i du corps du soleil1 deuoit auoir vne mesure d'alt]ation bi5 r>e et p>ticuli]e4 ,les extremitez de no/re p]quisition tomb5t t\tes en esbl\yssem5t4 ,comme dit ,plut>que de la te/e des hi/oires1 qu' la mode des *>tes1 l'ore des t]res cognus e/ saisie de m>e/s1 =e/s pr(ondes1 des]ts et lieux inhabitables4 ,voyla p\rquoy les plus grossi]es et pu]iles rauass]ies1 se tr\u5t plus en ceux qui traitt5t les *oses plus hautes1 et plus auant3 s'abysmants en leur curiosit et presomption4 ,la f9 et le comm5cem5t de sci5ce1 se ti5n5t en p>eille be/ise4 ,voyez pr5dre mont l'essor ,platon en ses nuages potiques4 ,voyez *ez luy le i>gon des ,dieux4 ,mais quoy songeoit-il1 qu& il def9it l'homme1 vn animal deux pi$s1 sans plume3 f\rnissant ceux qui auoy5t enuie de se moqu] de luy1 vne plaisante occasion8 c> ayans plum vn *apon vif1 ils alloy5t le nommant1 l'homme de ,platon4 ,et quoy les ,epicuri5s1 de quelle simplicit e/oy5t ils allez premi]em5t imag9]1 que leurs atomes1 qu'ils disoy5t e/re des corps ayants quelque pesanteur1 et vn m\uem5t naturel contre bas1 euss5t ba/i le monde3 iusques ce qu'ils fuss5t auisez p> leurs adu]saires1 que p> cette description1 il n'e/oit pas possible qu'ils se ioigniss5t et se pr9s5t l'vn l'autre1 leur *eute e/ant a9si droite et p]p5diculaire1 et eng5drant p> t\t des lignes p>alleles8 ,p>quoy il fut =ce1 qu'ils y adi\/ass5t depuis vn m\uem5t de co/1 =tuite3 et qu'ils f\rniss5t encore leurs atomes1 des queus c\rbes et cro*us1 p\r les r5dre aptes s'atta*] et se c\dre4 ,et lors mesme1 ceux qui les p\rsuyu5t de cette autre consid]ation1 les mett5t ils pas en pe9e8 ,si les atomes ont p> sort =m tant de sortes de figures1 p\rquoy ne se sont ils iamais r5contrez faire vne maison et vn s\li]8 ,p\rquoy de mesme ne croid on1 qu'vn nombre inf9i de lettres ,grecques v]ses emmy la place1 s]oy5t p\r arriu] la contexture de l',iliade8 ,ce qui e/ capable de raison1 dit ,z5on1 e/ meilleur1 que ce qui n'en e/ po9t capable3 il n'e/ ri5 meilleur que le monde3 il e/ donc capable de raison4 ,cotta p> cette mesme argum5tation fait le monde ma!matici53 et le fait musici5 et organi/e1 p> cette autre argum5tation aussi de ,z5on3 ,le t\t e/ plus que la p>tie3 n\s sommes capables de sagesse1 et sommes p>ties du monde3 il e/ donc sage4 ,il se void inf9is p>eils exemples1 non d'argum5s faux seulem5t1 mais ineptes1 ne se t5ans po9t1 et accusans leurs au!urs non tant d'ignorance que d'imprud5ce1 s repro*es que les philosophes se font les vns aux autres sur les diss5tions de leurs op9ions1 et de leurs sectes4 ,qui fagot]oit suffisamm5t vn amas des asn]ies de l'huma9e sapi5ce1 il diroit m]ueilles4 ,i'en assemble volonti]s1 comme vne montre1 p> quelque biais non mo9s vtile que les in/ructions plus mod]ees4 ,iugeons p> l ce que n\s auons e/im] de l'homme1 de son s5s et de sa raison1 puis qu'en ces gr&s p]sonnages1 et qui ont port si haut l'huma9e suffisance1 il s'y tr\ue des deffauts si app>5s et si grossi]s4 ,moy i'aime mieux croire qu'ils ont traitt la sci5ce casuelem5t a9si1 qu'vn i\t t\tes ma9s1 et se sont esbatus de la raison1 comme d'vn in/rum5t va9 et friuole1 mettans en auant t\tes sortes d'inu5tions et de fantasies tanto/ plus t5dus1 tanto/ plus las*es4 ,ce mesme ,platon1 qui def9it l'homme comme vne p\lle1 dit ailleurs apres ,socrates1 qu'il ne sait la v]it que c'e/ que l'homme1 et que c'e/ l'vne des pieces du monde d'autant difficile cognoissance4 ,p> cette v>iet et in/abilit d'op9ions1 ils n\s m55t comme p> la ma9 tacitem5t cette resolution de leur irresolution4 ,ils font pr(ession de ne pres5t] pas t\si\rs leur auis visage desc\u]t et app>5t3 ils l'ont ca* tanto/ s\bs des vmbrages fabuleux de la posie1 tanto/ s\bs quelque autre masque3 c> no/re imp]fection porte encores cela1 que la vi&e crue n'e/ pas t\si\rs propre no/re e/oma*3 il la faut asse*]1 alt]] et corrompre4 ,ils font de mesmes3 ils obscurciss5t p> fois leurs nafues op9ions et iugem5s1 et les falsifi5t p\r s'accommod] l'vsage publique4 ,ils ne veul5t pas faire pr(ession expresse d'ignorance1 et de l'imbecillit de la raison huma9e1 p\r ne faire peur aux enfans3 mais ils n\s la desc\ur5t assez s\bs l'app>5ce d'vne sci5ce tr\ble et incon/ante4 ,ie conseillois en ,italie quelqu'vn qui e/oit en pe9e de p>l] ,itali51 que p\rueu qu'il ne *]*a/ qu' se faire ent5dre1 sans y v\loir autrem5t excell]1 qu'il employa/ seulem5t les premi]s mots qui luy vi5droy5t la b\*e1 ,lat9s1 ,franois1 ,espagnols1 ou ,gascons1 et qu'en y adi\/ant la t]m9aison ,itali5ne1 il ne faudroit iamais r5contr] quelque idiome du pays1 ou ,?oscan1 ou ,roma91 ou ,v5eti51 ou ,piemontois1 ou ,napolita91 et de se io9dre quelqu'vne de tant de =mes4 ,ie dis de mesme de la philosophie3 elle a tant de visages et de v>iet1 et a tant dict1 que t\s nos songes et resu]ies s'y tr\u5t4 ,l'huma9e phantasie ne peut ri5 conceuoir en bi5 et en mal qui n'y soit3 ,nihil tam absurd dici pote/1 quod non dicatur ab aliquo philosophorum4 ,et i'en laisse plus librem5t all] mes caprices en public3 d'autant que bi5 qu'ils soy5t nez *ez moy1 et sans patron1 ie say qu'ils tr\u]ont leur relation quelque humeur anci5ne1 et ne faudra quelqu'vn de dire3 ,voyla d'o il le pr9t4 ,mes murs sont naturelles3 ie n'ay po9t appell les ba/ir1 le sec\rs d'aucune discipl9e4 ,mais t\tes imbecilles qu'elles sont1 qu& l'enuie m'a pr9s de les recit]1 et que p\r les faire sortir en publiq1 vn peu plus decemm5t1 ie me suis mis en deuoir de les assi/]1 et de disc\rs1 et d'exemples3 'a e/ m]ueille moy mesme1 de les r5contr] p> cas d'adu5ture1 con=mes tant d'exemples et disc\rs philosophiques4 ,de quel regim5t e/oit ma vie1 ie ne l'ay appris qu'apres qu'elle e/ exploitte et employe4 ,n\uelle figure3 ,vn philosophe imprem$it et =tuit4 ,p\r reu5ir no/re ame1 ce que ,platon a mis la raison au c]ueau1 l'ire au cur1 et la cupidit au foye1 il e/ vray-semblable que 'a e/ plu/o/ vne int]pretation des m\uem5s de l'ame1 qu'vne diuision1 et sep>ation qu'il en ayt v\lu faire1 comme d'vn corps en plusieurs membres4 ,et la plus vray-semblable de leurs op9ions e/1 que c'e/ t\si\rs vne ame1 qui p> sa facult ratioc9e1 se s\ui5t1 compr5d1 iuge1 desire et ex]ce t\tes ses autres op]ations p> diu]s in/rum5s du corps1 comme le no*] g\u]ne son nauire selon l'exp]i5ce qu'il en a1 ores t5dant ou las*ant vne corde1 ores haussant l'ant5ne1 ou remuant l'auiron1 p> vne seule puissance conduisant diu]s effets3 et qu'elle loge au c]ueau3 ce qui app]t de ce que les blessures et accid5s qui t\*5t cette p>tie1 (f5s5t incont95t les facultez de l'ame3 de l il n'e/ pas inconu5i5t qu'elle s'esc\le p> le re/e du corps3 ,m$ium non des]it vnquam ,cli ,phbus it]3 radiis tam5 omnia lu/rat4 comme le soleil esp& du ciel en hors sa lumi]e et ses puissances1 et en remplit le monde4 ,ct]a p>s anim1 p] totum dissita corpus ,p>et1 et ad num5 m5tis momnque m\etur4 ,aucuns ont dict1 qu'il y auoit vne ame g5]ale1 comme vn gr& corps1 duquel t\tes les ames p>ticuli]es e/oy5t extraictes1 et s'y en ret\rnoy5t1 se remeslant t\si\rs cette mati]e vniu]selle3 ,deum namque ire p] omnes ,t]rsque1 tractsque m>is1 clmque pr(undum3 ,h9c pecudes1 arm5ta1 viros1 g5us omne f]>um1 ,quemque sibi t5ues nasc5tem arcess]e vitas3 ,scilicet huc r$di de9de1 ac resoluta ref]ri ,omnia3 nec morti esse locum3 d'autres1 qu'elles ne faisoy5t que s'y resio9dre et r'atta*]3 d'autres1 qu'elle e/oy5t produites de la sub/ance diu9e3 d'autres1 p> les anges1 de feu et d'air4 ,aucuns1 de t\te anci5net3 aucuns1 sur l'heure mesme du beso94 ,aucuns les font desc5dre du rond de la lune1 et y ret\rn]4 ,le commun des anci5s1 qu'elles sont eng5dres de p]e en fils1 d'vne p>eille mani]e et production que t\tes autres *oses naturelles3 argum5tants cela p> la ressemblance des enfans aux p]es1 ,in/illata patris virtus tibi3 ,=tes creantur =tibus et bonis3 et qu'on void esc\l] des p]es aux enfans1 non seulem5t les m>ques du corps1 mais encores vne ressemblance d'humeurs1 de complexions1 et incl9ations de l'ame3 ,d5ique cur acris viol5tia tri/e leonum ,sem9ium sequitur8 dolus vulpibus1 et fuga c]uis ,a patribus datur1 et patrius pauor incitat artus8 ,si non c]ta suo quia sem9e sem9ique1 ,vis animi p>it] crescit cum corpore toto8 que l dessus se fonde la iu/ice diu9e1 punissant aux enfans la faute des p]es3 d'autant que la contagion des vices pat]nels e/ aucunem5t empre9te en l'ame des enfans1 et que le desreglem5t de leur volont les t\*e4 ,dauantage1 que si les ames v5oy5t d'ailleurs1 que d'vne suitte naturelle1 et qu'elles euss5t e/ quelque autre *ose hors du corps1 elles auroy5t recordation de leur e/re premi]2 att5du les naturelles facultez1 qui luy sont propres1 de disc\rir1 raisonn] et se s\u5ir4 ,si 9 corpus nasc5tibus ins9uatur1 ,cur sup] anteactam tatem mem9esse nequimus1 ,nec ve/igia ge/>um r]um vlla t5emus8 ,c> p\r faire valoir la condition de nos ames1 comme n\s v\lons1 il les faut presuppos] t\tes sauantes1 lors qu'elles sont en leur simplicit et puret naturelle4 ,p> a9s9 elles euss5t e/ telles1 e/ans exemptes de la prison corporelle1 aussi bi5 auant que d'y entr]1 comme n\s esp]ons qu'elles s]ont apres qu'elles en s]ont sorties4 ,et de ce sauoir1 il faudroit qu'elles se ress\u9ss5t encore e/ans au corps1 comme disoit ,platon1 que ce que n\s appr5ions1 n'e/oit qu'vn ress\u5ir de ce que n\s auions seu3 *ose que *acun p> exp]i5ce peut ma9t5ir e/re fauce4 ,en premi] lieu d'autant qu'il ne n\s ress\ui5t iu/em5t que de ce qu'on n\s appr5d3 et que si la memoire faisoit purem5t son (fice1 aumo9s n\s sugg]]oit elle quelque traict outre l'appr5tissage4 ,secondem5t ce qu'elle sauoit e/ant en sa puret1 c'e/oit vne vraye sci5ce1 cognoissant les *oses comme elles sont1 p> sa diu9e intellig5ce3 l o icy on luy fait receuoir la m5songe et le vice1 si on l'en in/ruit2 en quoy elle ne peut employ] sa rem9isc5ce1 cette image et conception n'ayant iamais log en elle4 ,de dire que la prison corporelle e/\ffe de mani]e ses facultez naifues1 qu'elles y sont t\tes e/e9tes3 cela e/ premi]em5t contraire cette autre creance1 de recognoi/re ses =ces si gr&es1 et les op]ations que les hommes en s5t5t en cette vie1 si admirables1 que d'en auoir conclu cette diu9it et et]nit passe1 et l'immortalit v5ir2 ,nam si tantop]e e/ animi mutata pote/as1 ,omnis vt act>um excid]it ret95tia r]um1 ,non1 vt op9or1 ea ab le?o iam longior errat4 ,en outre1 c'e/ icy *ez n\s1 et non ailleurs1 que doiu5t e/re consid]es les =ces et les effects de l'ame3 t\t le re/e de ses p]fections1 luy e/ va9 et inutile3 c'e/ de l'e/at pres5t1 que doit e/re paye et recognue t\te son immortalit1 et de la vie de l'homme1 qu'elle e/ comtable seulem5t4 ,ce s]oit iniu/ice de luy auoir retran* ses moy5s et ses puissances1 de l'auoir des>me1 p\r du temps de sa captiuit et de sa prison1 de sa foiblesse et maladie1 du temps o elle auroit e/ =ce et contra9te1 tir] le iugem5t et vne condemnation de dure inf9ie et p]petuelle3 et de s'arre/] la consid]ation d'vn temps si c\rt1 qui e/ l'adu5ture d'vne ou de deux heures1 ou au pis all]1 d'vn siecle 7qui n'ont non plus de proportion l'inf9it qu'vn in/ant7 p\r de ce mom5t d'int]ualle1 ordonn] et e/ablir def9itiuem5t de t\t son e/re4 ,ce s]oit vne disproportion inique1 de tir] vne recomp5se et]nelle en consequ5ce d'vne si c\rte vie4 ,platon1 p\r se sauu] de cet inconu5i5t1 veut que les payem5ts futurs se limit5t la dure de c5t ans1 relatiuem5t l'huma9e dure3 et des no/res assez leur ont donn bornes temporelles4 ,p> a9s9 ils iugeoy5t1 que sa g5]ation suyuoit la commune condition des *oses huma9es3 comme aussi sa vie1 p> l'op9ion d',epicurus et de ,democritus1 qui a e/ la plus receu1 suyuant ces belles app>5ces3 ,qu'on la voyoit nai/re2 mesme que le corps en e/oit capable2 on voyoit esleu] ses =ces comme les corporelles2 on y recognoissoit la foiblesse de son enfance1 et auec le temps sa vigueur et sa maturit3 et puis sa decl9ation et sa vieillesse1 et en f9 sa decrepitude3 ,gigni p>it] cum corpore1 et vn ,cresc]e s5timus1 p>itrque s5esc]e m5tem4 ,ils l'app]ceuoi5t capable de diu]ses passions et agite de plusieurs m\uem5s p5ibles1 d'o elle tomboit en lassitude et en d\leur1 capable d'alt]ation et de *angem5t1 d'allegresse1 d'assopissem5t1 et de langueur1 subjecte ses maladies et aux (f5ces1 comme l'e/oma* ou le pi$3 ,m5tem san>i1 corpus vt grum ,c]nimus1 et flecti m$ic9a posse videmus3 esbl\ye et tr\ble p> la =ce du v93 desmue de son assiette1 p> les vapeurs d'vne fieure *aude3 endormie p> l'application d'aucuns m$icam5s1 et reueille p> d'autres4 ,corpoream naturam animi esse necesse e/1 ,corporeis quoniam telis ictque laborat4 ,on luy voyoit e/onn] et r5u]s] t\tes ses facultez p> la seule morsure d'vn *i5 malade1 et n'y auoir nulle si gr&e f]met de disc\rs1 nulle suffisance1 nulle v]tu1 nulle resolution philosophique1 nulle cont5tion de ses =ces1 qui la peu/ exempt] de la subjection de ces accid5s3 la saliue d'vn *etif ma/9 v]se sur la ma9 de ,socrates1 sec\r t\te sa sagesse et t\tes ses gr&es et si regles imag9ations1 les aneantir de mani]e qu'il ne re/a/ aucune trace de sa cognoissance premi]e3 ,vis4 4 4 4 4 4 4 anima ,conturbatur1 et 4 4 4 4 4 diuisa seorsum ,disiectatur1 eodem illo di/racta v55o3 et ce v59 ne tr\u] non plus de resi/ance en cette ame1 qu'en celle d'vn enfant de quatre ans3 v59 capable de faire deu5ir t\te la philosophie1 si elle e/oit inc>ne1 furieuse et ins5se3 si que ,caton1 qui tordoit le col la mort mesme et la =tune1 ne peu/ s\ffrir la veu d'vn miroir1 ou de l'eau1 accabl d'esp\uantem5t et d'effroy1 qu& il s]oit tomb p> la contagion d'vn *i5 enrag1 en la maladie que les m$ec9s nomm5t ,hydr(orbie4 ,vis morbi di/racta p] artus ,turbat ag5s animam1 spumantes quore salso ,v5torum vt validis f]uescunt viribus vnd4 ,or quant ce po9ct1 la philosophie a bi5 arm l'homme p\r la s\ffrance de t\s autres accid5s1 ou de pati5ce1 ou si elle c\/e trop tr\u]1 d'vne deffaitte inffallible1 en se desrobant t\t faict du s5tim5t3 mais ce sont moy5s1 qui s]u5t vne ame e/ant soy1 et en ses =ces1 capable de disc\rs et de delib]ation3 non pas cet inconu5i5t1 o *ez vn philosophe1 vne ame deui5t l'ame d'vn fol1 tr\ble1 r5u]se1 et p]due4 ,ce que plusieurs occasions produis5t1 comme vne agitation trop vehem5te1 que1 p> quelque =te passion1 l'ame peut eng5dr] en soy-mesme3 ou vne blessure en c]ta9 endroit de la p]sonne3 ou vne exhalation de l'e/oma*1 n\s iectant vn esbl\yssem5t et t\rnoyem5t de te/e3 ,morbis 9 corporis auius errat ,spe animus2 dem5tit enim1 delirque fatur1 ,int]dmque graui le?>go f]tur 9 altum t]nmqe soporem1 oculis nutque cad5ti4 ,les philosophes n'ont1 ce me semble1 gu]e t\* cette corde1 non plus qu'vne autre de p>eille importance4 ,ils ont ce dilemme t\si\rs en la b\*e1 p\r consol] no/re mortelle condition3 ,ou l'ame e/ mortelle1 ou immortelle3 ,si mortelle1 elle s]a sans pe9e3 ,si immortelle1 elle ira en am5dant4 ,ils ne t\*5t iamais l'autre bran*e3 ,quoy1 si elle va en empirant8 ,et laiss5t aux potes les m5aces des pe9es futures4 ,mais p> l ils se donn5t vn beau ieu4 ,ce sont deux omissions qui s'(fr5t moy s\v5t en leurs disc\rs4 ,ie reui5s la premi]e4 ,cette ame p]t l'vsage du s\u]a9 bi5 ,/oque1 si con/ant et si f]me4 ,il faut que no/re belle sagesse se r5de en cet endroit1 et quitte les armes4 ,au demeurant1 ils consid]oi5t aussi p> la vanit de l'huma9e raison1 que le meslange et socit de deux pieces si diu]ses1 comme e/ le mortel et l'immortel1 e/ inimag9able3 ,quippe et5im mortale t]no iung]e1 et vn ,cons5tire put>e1 et fungi mutua posse1 ,desip]e e/4 ,quid enim diu]sius esse put&um e/1 ,aut magis int] se disiunctum discrepitnsque1 ,qum1 mortale quod e/1 immortali atque p]5ni ,iunctum 9 concilio suas tol]>e procellas8 ,dauantage ils s5toy5t l'ame s'engag] en la mort1 comme le corps4 ,simul uo fessa fatiscit4 ,ce que1 selon ,z5o1 l'image du sommeil n\s montre assez4 ,c> il e/ime que c'e/ vne defaillance et *eute de l'ame aussi bi5 que du corps4 ,contrahi animum1 et quasi labi putat atque decid]e4 ,et ce qu'on ap]ceuoit en aucuns1 sa =ce1 et sa vigueur se ma9t5ir en la f9 de la vie1 ils le rapportoy5t la diu]sit des maladies1 comme on void les hommes en cette extremit1 ma9t5ir1 qui vn s5s1 qui vn autre1 qui l'our1 qui le fleur]1 sans alt]ation3 et ne se voit po9t d'affoiblissem5t si vniu]sel1 qu'il n'y re/e quelques p>ties enti]es et vig\reuses3 ,non alio pacto1 qum si pes cm dolet gri1 ,9 nullo caput int]ea sit =t dolore4 ,la veu de no/re iugem5t se rapporte la v]it1 comme fait l'il du *at-huant1 la spl5deur du soleil1 a9si que dit ,ari/ote4 ,p> o le saurions n\s mieux conua9cre que p> si grossi]s aueuglem5s en vne si app>5te lumi]e8 ,c> l'op9ion contraire1 de l'immortalit de l'ame1 laquelle ,cic]o dit auoir e/ premi]em5t introduitte1 au mo9s du tesmoignage des liures1 p> ,ph]ecydes ,syrius du temps du ,roy ,tullus 7d'autres en attribu5t l'inu5tion ,?ales3 et autres d'autres7 c'e/ la p>tie de l'huma9e sci5ce traicte auec plus de res]uation et de d\te4 ,les dogmati/es les plus f]mes1 sont contra9ts en cet endroit pr9cipalem5t1 de se reiett] l'abry des ombrages de l',academie4 ,nul ne sait ce qu',ari/ote a e/ably de ce subiect1 non plus que t\ts les anci5s en g5]al1 qui le mani5t d'vne vacillante creance3 rem gratissimam promitt5tium magis qum probantium4 ,il s'e/ ca* s\bs le nuage des p>oles et s5s difficiles1 et non intelligibles1 et a laiss ses sectateurs1 autant debattre sur son iugem5t que sur la mati]e4 ,deux *oses leur r5doi5t cette op9ion plausible3 l'vne1 que sans l'immortalit des ames1 il n'y auroit plus dequoy asseoir les va9es esp]ances de la gloire1 qui e/ vne consid]ation de m]ueilleux cr$it au monde3 l'autre1 que c'e/ vne tres-vtile impression1 comme dit ,platon1 que les vices1 qu& ils se desrob]ont de la veu et cognoissance de l'huma9e iu/ice1 demeur5t t\si\rs en butte la diu9e1 qui les p\rsuyura1 voire apres la mort des c\lpables4 ,vn so+ extreme ti5t l'homme d'along] son e/re2 il y a p\rueu p> t\tes ses pieces4 ,et p\r la cons]uation du corps1 sont les sepultures3 p\r la cons]uation du nom1 la gloire4 ,il a employ t\te son op9ion se reba/ir1 impati5t de sa =tune1 et s'e/anonn] p> ses inu5tions4 ,l'ame p> son tr\ble et sa foiblesse1 ne p\uant t5ir sur son pi$1 va que/ant de t\tes p>ts des consolations1 esp]ances et fondem5ts1 et des circon/ances e/rang]es1 o elle s'atta*e et se plante4 ,et p\r leg]s et fanta/iques que son inu5tion les luy =ge1 s'y repose plus seurem5t qu'en soy1 et plus volonti]s4 ,mais les plus aheurtez cette si iu/e et claire p]suasion de l'immortalit de nos esprits2 c'e/ m]ueille comme ils se sont tr\uez c\rts et impuissans l'e/ablir p> leurs huma9es =ces4 ,somnia sunt non doc5tis1 s$ optantis3 disoit vn anci54 ,l'homme peut recognoi/re p> ce tesmoignage1 qu'il doit la =tune et au r5contre1 la v]it qu'il desc\ure luy seul2 puis que lors mesme1 qu'elle luy e/ tombe en ma91 il n'a pas dequoy la saisir et la ma9t5ir1 et que sa raison n'a pas la =ce de s'en preualoir4 ,t\tes *oses produites p> no/re propre disc\rs et suffisance1 autant vrayes que fauces1 sont subiectes inc]titude et debat4 ,c'e/ p\r le *a/im5t de no/re fi]t1 et in/ruction de no/re mis]e et incapacit1 que ,dieu produisit le tr\ble1 et la confusion de l'anci5ne t\r de ,babel4 ,t\t ce que n\s entrepr5ons sans son assi/ance1 t\t ce que n\s voyons sans la lampe de sa grace1 ce n'e/ que vanit et folie4 ,l'ess5ce mesme de la v]it1 qui e/ vni=me et con/ante1 qu& la =tune n\s en donne la possession1 n\s la corrompons et aba/>dissons p> no/re foiblesse4 ,quelque tra9 que l'homme pr5ne de soy1 ,dieu p]met qu'il arriue t\si\rs cette mesme confusion1 de laquelle il n\s repres5te si viuem5t l'image p> le iu/e *a/iem5t1 dequoy il batit l'outrecuidance de ,nemro?1 et aneantit les va9es entrepr9ses du ba/im5t de sa pyramide4 ,p]dam sapi5tiam sapi5tium1 et prud5tiam prud5tium reprobabo4 ,la diu]sit d'idiomes et de langues1 dequoy il tr\bla cet ouurage1 qu'e/-ce autre *ose1 que cette inf9ie et p]petuelle alt]cation et discordance d'op9ions et de raisons1 qui accompaigne et embr\ille le va9 ba/im5t de l'huma9e sci5ce8 ,et l'embr\ille vtilem5t4 ,qui n\s ti5droit1 si n\s auions un gra9 de connoissance8 ,ce sa9ct m'a faict gr& plaisir3 ,ipsa vtilitatis occultatio1 aut humilitatis ex]citatio e/1 aut elationis attritio4 ,iusques quel po9ct de presomption et d'insol5ce1 ne portons n\s no/re aueuglem5t et no/re be/ise8 ,mais p\r repr5dre mon propos3 c'e/oit vrayem5t bi5 raison1 que n\s fussions t5us ,dieu seul1 et au b5efice de sa grace1 de la v]it d'vne si noble creance1 puis que de sa seule lib]alit1 n\s receuons le fruict de l'immortalit1 lequel consi/e en la i\yssance de la beatitude et]nelle4 ,confessons +5uem5t1 que ,dieu seul n\s l'a dict1 et la foy3 c> leon n'e/-ce pas de ,nature et de no/re raison4 ,et qui ret5t]a son e/re et ses =ces1 et d$ans et dehors1 sans ce priuilege diu93 qui v]ra l'homme1 sans le flatt]1 il n'y v]ra ny efficace1 ny facult1 qui s5te autre *ose que la mort et la t]re4 ,plus n\s donnons1 et deuons1 et r5dons ,dieu1 n\s en faisons d'autant plus *re/i5nem5t4 ,ce que ce philosophe ,/oci5 dit t5ir du =tuit cons5tem5t de la voix populaire1 valoit-il pas mieux qu'il le t9/ de ,dieu8 ,cm de animorum t]nitate diss]imus1 non leue mom5tum apud nos habet cons5sus hom9um1 aut tim5tium inf]os1 aut col5tium4 ,vtor hac publica p]suasione4 ,or la foiblesse des argum5s huma9s sur ce subiect1 se connoi/ s+uli]em5t p> les fabuleuses circon/ances1 qu'ils ont adi\/ees la suite de cette op9ion1 p\r tr\u] de quelle condition e/oit cette no/re immortalit4 ,laissons les ,/oci5s1 ,vsuram nobis l>giuntur tanquam cornicibus2 diu mansuros aiunt animos1 semp] negant3 qui donn5t aux ames vne vie au del de ce/e cy1 mais f9ie4 ,la plus vniu]selle et plus receu fantaisie1 et qui dure iusques n\s1 'a e/ celle1 de laquelle on fait au!ur ,py?agoras2 non qu'il en fu/ le premi] inu5teur1 mais d'autant qu'elle receut beauc\p de poix1 et de cr$it1 p> l'au?orit de son approbation3 ,c'e/ que les ames au p>tir de n\s1 ne faisoi5t que r\l] de l'vn corps vn autre1 d'vn lyon un *eual1 d'vn *eual vn ,roy1 se prom5ants a9si sans cesse1 de maison en maison4 ,et luy1 disoit se s\u5ir auoir e/ ?alides1 depuis ,euphorbus1 en apres ,h]motimus1 en f9 de ,pyrrhus e/re pass en ,py?agoras3 ayant memoire de soy de deux c5ts six ans4 ,adi\/oy5t aucuns1 que ces mesmes ames remont5t au ciel p> fois1 et en deuall5t encores3 ,o pat]1 nne aliquas ad clum h9c ire put&um e/ ,sublimes animas1 it]mque ad t>da reu]ti ,corpora8 qu lucis mis]is tam dira cupido8 ,orig5e les fait all] et v5ir et]nellem5t du bon au mauuais e/at4 ,l'op9ion que ,v>ro recite1 e/1 qu'en quatre c5s qu>ante ans de reuolution elles se reioign5t leur premi] corps4 ,*rysippus1 que cela doibt adu5ir apres c]ta9 espace de temps incognu et non limit4 ,platon 7qui dit t5ir de ,p9d>e et de l'anci5ne posie cette croyance7 des inf9ies vicissitudes de mutation1 ausquelles l'ame e/ prep>e1 n'ayant ny les pe9es1 ny les recomp5ses en l'autre monde1 que temporelles1 comme sa vie en ce/uy-cy n'e/ que temporelle1 conclud en elle vne s+uli]e si5ce des affaires du ciel1 de l'enf]1 et d'icy1 o elle a pass1 repass1 et sei\rn plusieurs voyages3 mati]e sa rem9isc5ce4 ,voicy son progrs ailleurs3 ,qui a bi5 vescu1 il se reio9t l'a/re1 auquel il e/ assign3 qui mal1 il passe en femme3 et si lors mesme il ne se corrige po9t1 il se re*ange en be/e de condition conu5able ses murs vicieuses3 et ne v]ra f9 ses punitions1 qu'il ne soit reu5u sa naue con/itution1 s'e/ant p> la =ce de la raison dfaict des qualitez grossi]es1 /upides1 et elem5taires1 qui e/oy5t en luy4 ,mais ie ne veux oubli] l'obiection que font les ,epicuri5s cette transmigration de corps en autre4 ,elle e/ plaisante4 ,ils dem&5t quel ordre il y auroit1 si la presse des m\rans v5oit e/re plus gr&e que des naissans4 ,c> les ames desloges de leur gi/e s]oy5t se f\l] qui pr5droit place la premi]e dans ce n\uel e/uy4 ,et dem&5t aussi1 quoy elles pass]oi5t leur temps1 ce p5dant qu'elles att5droi5t qu'vn logis leur fu/ appre/3 ou au reb\rs s'il naissoit plus d'animaux1 qu'il n'en m\rroit1 ils dis5t que les corps s]oi5t en mauuais p>ty1 att5dant l'infusion de leur ame1 et en adui5droit qu'aucuns d'iceux se m\rroi5t auant que d'auoir e/ viuans4 ,d5ique connubia ad v5]is1 "psque f]>um1 ,esse animas pr/o d]idiculum esse videtur1 ,et spect>e immortales mortalia membra ,innum]o num]o1 c]t>que prprop]ant] ,int] se1 qu prima potissimque ins9uetur4 ,d'autres ont arre/ l'ame au corps des trespassez1 p\r en anim] les s]p5ts1 les v]s1 et autres be/es1 qu'on dit s'eng5dr] de la corruption de nos membres1 voire et de nos c5dres4 ,d'autres la diuis5t en vne p>tie mortelle1 et l'autre immortelle4 ,autres la font corporelle1 et ce neantmo9s immortelle4 ,aucuns la font immortelle1 sans sci5ce et sans cognoissance4 ,il y en a aussi des no/res mesmes qui ont e/im1 que des ames des condamnez1 il s'en faisoit des diables3 comme ,plut>que p5se1 qu'il se face des dieux de celles qui sont sauues4 ,c> il e/ peu de *oses que cet au!ur l e/ablisse d'vne faon de p>l] si resolue1 qu'il fait ce/e-cy3 ma9t5ant p> t\t ailleurs vne mani]e dubitatrice et ambigue4 ,il faut e/im]1 dit-il1 et croire f]mem5t1 que les ames des hommes v]tueux selon nature et selon iu/ice diu9e1 deui5n5t d'hommes sa9cts1 et de sa9cts demy-dieux1 et de demy-dieux1 apres qu'ils sont p>faictem5t1 comme s sacrifices de purgation1 nettoyez et purifiez1 e/ans deliurez de t\te passibilit et de t\te mortalit1 ils deui5n5t1 non p> aucune ordonnance ciuile1 mais la v]it1 et selon raison vray-semblable1 dieux enti]s et p>faicts1 en receuant vne f9 tres heureuse et tres-glorieuse4 ,mais qui le v\dra voir1 luy1 qui e/ des plus ret5us p\rtant et mod]ez de la b&e1 s'esc>m\*] auec plus de h>diesse1 et n\s cont] ses miracles sur ce propos1 ie le r5uoye son disc\rs de la lune1 et du ,dmon de ,socrates1 l o aussi euidemm5t qu'en nul autre lieu1 il se peut adu]]1 les my/]es de la philosophie auoir beauc\p d'e/rangetez communes auec celles de la posie3 l'ent5dem5t huma9 se p]dant v\loir sond] et contr]oll] t\tes *oses iusques au b\t3 t\t a9si comme1 lassez et trauaillez de la longue c\rse de no/re vie1 n\s retombons en enfantillage4 ,voyla les belles et c]ta9es in/ructions1 que n\s tirons de la sci5ce huma9e1 sur le subiect de no/re ame4 ,il n'y a po9t mo9s de tem]it en ce qu'elle n\s appr5d des p>ties corporelles4 ,*oisissons en vn1 ou deux exemples3 c> autrem5t n\s n\s p]drions dans cette m] tr\ble et va/e des erreurs m$ec9ales4 ,sa*ons1 si on s'accorde au mo9s en cecy1 de quelle mati]e les hommes se produis5t les vns des autres4 ,c> quant leur premi]e production1 ce n'e/ pas m]ueille1 si en *ose si haute et anci5ne1 l'ent5dem5t huma9 se tr\ble et dissipe4 ,ar*elas le physici51 duquel ,socrates fut le disciple et le mignon1 selon ,ari/ox5us1 disoit1 et les hommes et les animaux auoir e/ faicts d'vn limon laicteux1 exprim p> la *aleur de la t]re4 ,py?agoras dit no/re sem5ce e/re l'escume de no/re meilleur sang3 ,platon1 l'esc\lem5t de la molle de l'esp9e du dos3 ce qu'il argum5te de ce1 que cet endroit se s5t le premi]1 de la lasset de la besongne3 ,alcmeon1 p>tie de la sub/ance du c]ueau3 et qu'il soit a9si1 dit-il1 les yeux tr\bl5t ceux qui se trauaill5t outre mesure cet ex]cice3 ,democritus1 vne sub/ance extraite de t\te la masse corporelle3 ,epicurus1 extraicte de l'ame et du corps3 ,ari/ote1 vn excrem5t tir de l'alim5t du sang le d]ni] qui s'esp& en nos membres3 autres1 du sang1 cuit et dig] p> la *aleur des g5itoires3 ce qu'ils iug5t de ce qu'aux extremes ef=ts1 on r5d des g\ttes de pur sang3 enquoy il semble qu'il y ayt plus d'app>5ce1 si on peut tir] quelque app>5ce d'vne confusion si inf9ie4 ,or p\r m5] effect cette sem5ce1 combi5 en font-ils d'op9ions contraires8 ,ari/ote et ,democritus ti5n5t que les femmes n'ont po9t de sp]me3 et que ce n'e/ qu'vne sueur qu'elles eslanc5t p> la *aleur du plaisir et du m\uem5t1 qui ne s]t de ri5 la g5]ation4 ,gal5 au contraire1 et ses suyuans1 que sans la r5contre des sem5ces1 la g5]ation ne se peut faire4 ,voyla les m$ec9s1 les philosophes1 les iurisconsultes1 et les !ologi5s1 aux prises pesle mesle auec nos femmes1 sur la dispute1 quels t]mes les femmes port5t leur fruict4 ,et moy ie sec\rs p> l'exemple de moy-mesme1 ceux d'entre eux1 qui ma9ti5n5t la grossesse d'onze moys4 ,le monde e/ ba/y de cette exp]i5ce1 il n'e/ si simple femmelette qui ne puisse dire son aduis sur t\tes ces conte/ations1 et si n\s n'en saurions e/re d'accord4 ,en voyla assez p\r v]ifi] que l'homme n'e/ non plus in/ruit de la cognoissance de soy1 en la p>tie corporelle1 qu'en la spirituelle4 ,n\s l'auons propos luy mesmes soy1 et sa raison1 sa raison1 p\r voir ce qu'elle n\s en diroit4 ,il me semble assez auoir montr combi5 peu elle s'ent5d en elle mesme4 ,et1 qui ne s'ent5d en soy1 en quoy se peut il ent5dre8 ,quasi v] m5suram vllius rei possit ag]e1 qui sui nesciat4 ,vrayem5t ,protagoras n\s en comtoit de belles1 faisant l'homme la mesure de t\tes *oses1 qui ne seut iamais seulem5t la si5ne4 ,si ce n'e/ luy1 sa dignit ne p]mettra pas qu'autre creature ayt cet aduantage4 ,or luy e/ant en soy si contraire1 et l'vn iugem5t subu]tissant l'autre sans cesse1 cette fauorable proposition n'e/oit qu'vne rise1 qui n\s m5oit conclurre p> necessit la neantise du compas et du compasseur4 ,qu& ,?ales e/ime la cognoissance de l'homme tres-difficile l'homme1 il luy appr5d1 la cognoissance de t\te autre *ose luy e/re impossible4 ,v\s1 p\r qui i'ay pris la pe9e d'e/5dre vn si long corps1 contre ma c\/ume1 ne refuyrez po9t de ma9t5ir vo/re ,sebonde1 p> la =me ord9aire d'argum5t]1 dequoy v\s e/es t\s les i\rs in/ruite1 et ex]c]ez en cela vo/re esprit et vo/re e/ude3 c> ce d]ni] t\r d'escrime icy1 il ne le faut employ] que comme vn extreme rem$e4 ,c'e/ vn c\p desesp]1 auquel il faut ab&onn] vos armes1 p\r faire p]dre vo/re adu]saire les si5nes3 et vn t\r secret1 duquel il se faut s]uir r>em5t et res]um5t4 ,c'e/ gr&e tem]it de v\s p]dre p\r p]dre vn autre4 ,il ne faut pas v\loir m\rir p\r se v5g]1 comme fit ,gobrias4 ,c> e/ant aux prises bi5 e/roictes auec vn ,seigneur de ,p]se1 ,d>ius y suru5ant l'espe au po+1 qui craignoit de frapp]1 de peur d'ass5] ,gobrias3 il luy cria1 qu'il donna/ h>dim5t1 qu& il deuroit donn] au trau]s t\s les deux4 ,i'ay veu repr\u] p\r iniu/es1 des armes et conditions de combat s+uli] desesp]es1 et ausquelles celuy qui les (froit1 mettoit luy et son compaignon en t]mes d'vne f9 t\s deux ineuitable4 ,les ,portugais pr9dr5t en la m] des ,indes c]ta9s ,turcs prisonni]s3 lesquels impati5s de leur captiuit1 se resolur5t1 et leur succ$a1 frottant des cl\s de nauire l'vn l'autre1 et faisans tomb] vne e/9celle de feu dans les caques de p\dre 7qu'il y auoit en l'endroit o ils e/oy5t g>dez7 d'embras] et mettre en c5dre eux1 leurs mai/res et le vaisseau4 ,n\s sec\ons icy les limites et d]ni]es clo/ures des sci5ces3 ausquelles l'extremit e/ vitieuse1 comme en la v]tu4 ,t5ez v\s dans la r\te commune1 il ne fait mie bon e/re si subtil et si f94 ,s\ui5ne v\s de ce que dit le pr\]be ,?oscan1 ,*i troppo s'assottiglia1 si scauezza4 ,ie v\s conseille en vos op9ions et en vos disc\rs1 autant qu'en vos murs1 et en t\te autre *ose1 la mod]ation et l'attrempance1 et la fuite de la n\uellet et de l'e/ranget4 ,t\tes les voyes extrauagantes me fas*5t4 ,v\s qui p> l'au?orit que vo/re gr&eur v\s apporte1 et encores plus p> les auantages que v\s donn5t les qualitez plus vo/res1 p\uez d'vn cl9 d'il comm&] qui il v\s plai/1 deuiez donn] cette *>ge quelqu'un1 qui fi/ pr(ession des lettres1 qui v\s eu/ bi5 autrem5t appuy et enri*y cette fantasie4 ,t\tesfois en voicy assez1 p\r ce que v\s en auez faire4 ,epicurus disoit des loix1 que les pires n\s e/oy5t si necessaires1 que sans elles1 les hommes s'entremang]oi5t les vns les autres4 ,et ,platon v]ifie que sans loix1 n\s viurions comme be/es4 ,no/re esprit e/ vn vtil vagabond1 dang]eux et tem]aire3 il e/ malais d'y io9dre l'ordre et la mesure3 de mon temps ceux qui ont quelque r>e excell5ce au dessus des autres1 et quelque viuacit extraord9aire1 n\s les voyons quasi t\s1 desbordez en lic5ce d'op9ions1 et de murs3 c'e/ miracle s'il s'en r5contre vn rassis et sociable4 ,on a raison de donn] l'esprit huma9 les b>ri]es les plus contra9tes qu'on peut4 ,en l'e/ude1 comme au re/e1 il luy faut compt] et regl] ses m>*es3 il luy faut taill] p> art les limites de sa *asse4 ,on le bride et g>otte de religions1 de loix1 de c\/umes1 de sci5ce1 de preceptes1 de pe9es1 et recomp5ses mortelles et immortelles3 encores voit-on que p> sa volubilit et dissolution1 il es*appe t\tes ces liaisons4 ,c'e/ vn corps va91 qui n'a p> o e/re saisi et ass53 vn corps diu]s et dif=me1 auquel on ne peut asseoir nud ny prise4 ,c]tes il e/ peu d'ames si regles1 si =tes et bi5 nes1 qui on se puisse fi] de leur propre conduicte3 et qui puiss5t auec mod]ation et sans tem]it1 vogu] en la lib]t de leurs iugem5s1 au del des op9ions communes4 ,il e/ plus exp$i5t de les mettre en tutelle4 ,c'e/ vn outrageux glaiue son possesseur mesme1 que l'esprit1 qui ne sait s'en arm] ordonnm5t et discrettem5t4 ,et n'y a po9t de be/e1 qui il faille plus iu/em5t donn] des orbi]es1 p\r t5ir sa veu subjecte1 et contra9te deuant ses pas2 et la g>d] d'extrauagu] ny ny l1 hors les orni]es que l'vsage et les loix luy trac5t4 ,p>quoy il v\s si]a mieux de v\s ress]r] dans le tra9 acc\/um1 quel qu'il soit1 que de iett] vo/re vol cette lic5ce effr5e4 ,mais si quelqu'vn de ces n\ueaux docteurs1 entrepr5d de faire l'+5ieux en vo/re pres5ce1 aux desp5s de son salut et du vo/re3 p\r v\s deffaire de cette dang]euse pe/e1 qui se resp& t\s les i\rs en vos c\rs1 ce pres]uatif l'extreme necessit1 empes*]a que la contagion de ce v59 n'(f5c]a1 ny v\s1 ny vo/re assi/ance4 ,la lib]t donc et gaill>dise de ces esprits anci5s1 produisoit en la philosophie et sci5ces huma9es1 plusieurs sectes d'op9ions diff]5tes1 *acun entrepr5ant de iug] et de *oisir p\r pr5dre p>ty4 ,mais pres5t1 que les hommes vont t\s vn tra93 qui c]tis quibusdam de/9atisque s5t5tiis addicti et consecrati sunt1 vt tiam1 qu non probant1 cogantur def5d]e3 et que n\s receuons les arts p> ciuile au?orit et ordonnance3 si que les es*oles n'ont qu'vn patron et p>eille in/itution et discipl9e circonscripte1 on ne reg>de plus ce que les monnoyes pois5t et val5t1 mais *acun son t\r1 les reoit selon le prix1 que l'approbation commune et le c\rs leur donne3 on ne plaide pas de l'alloy1 mais de l'vsage3 a9si se mett5t egallem5t t\tes *oses4 ,on reoit la m$ec9e1 comme la geometrie2 et les battelages1 les en*antem5s1 les liaisons1 le comm]ce des esprits des trespassez1 les progno/ications1 les domifications1 et iusques cette ridicule p\rsuitte de la pi]re philosophale1 t\t se met sans contr$ict4 ,il ne faut que sauoir1 que le lieu de ,m>s loge au milieu du triangle de la ma91 celuy de ,v5us au p\ce1 et de ,m]cure au petit doigt3 et que qu& la m5sale c\ppe le tub]cle de l'enseigneur1 c'e/ signe de cruaut3 qu& elle faut s\bs le mitoy51 et que la moy5ne naturelle fait vn angle auec la vitale1 s\bs mesme endroit1 que c'e/ signe d'vne mort mis]able3 que si vne femme1 la naturelle e/ ouu]te1 et ne f]me po9t l'angle auec la vitale1 cela d5ote qu'elle s]a mal *a/e4 ,ie v\s appelle v\s mesme tesmo91 si auec cette sci5ce1 vn homme ne peut pass] auec reputation et faueur p>my t\tes compagnies4 ,!ophra/us disoit1 que l'huma9e cognoissance1 a*em9e p> les s5s1 p\uoit iug] des causes des *oses iusques c]ta9e mesure1 mais qu'e/ant arriue aux causes extremes et premi]es1 il falloit qu'elle s'arre/a/1 et qu'elle reb\*a/3 cause ou de sa foiblesse1 ou de la difficult des *oses4 ,c'e/ vne op9ion moy5ne et d\ce2 que no/re suffisance n\s peut conduire iusques la cognoissance d'aucunes *oses1 et qu'elle a c]ta9es mesures de puissance1 outre lesquelles c'e/ tem]it de l'employ]4 ,cette op9ion e/ plausible1 et introduicte p> g5s de composition3 mais il e/ malais de donn] bornes no/re esprit3 il e/ curieux et auide1 et n'a po9t occasion de s'arre/] plus to/ mille pas qu' c9quante4 ,ayant essay p> exp]i5ce1 que ce quoy l'vn s'e/oit failly1 l'autre y e/ arriu3 et que ce qui e/oit incogneu vn siecle1 le siecle suyuant l'a esclaircy3 et que les sci5ces et les arts ne se iett5t pas en m\le1 a9s se =m5t et figur5t peu peu1 en les maniant et pollissant plusieurs fois1 comme les ours faonn5t leurs petits en les les*ant loisir3 ce que ma =ce ne peut desc\urir1 ie ne laisse pas de le sond] et essay]3 et en reta/ant et pe/rissant cette n\uelle mati]e1 la remuant et l'es*auffant1 i'ouure celuy qui me suit1 quelque facilit p\r en i\yr plus son ayse1 et la luy r5ds plus s\pple1 et plus maniable3 ,vt ,hymettia sole ,c]a remollescit1 tractatque pollice multas ,v]titur 9 facies1 ipsque fit vtilis vsu4 ,autant en f]a le second au ti]s3 qui e/ cause que la difficult ne me doit pas desesp]]2 ny aussi peu mon impuissance1 c> ce n'e/ que la mi5ne4 ,l'homme e/ capable de t\tes *oses1 comme d'aucunes4 ,et s'il adu\1 comme dit ,!ophra/us1 l'ignorance des causes premi]es et des pr9cipes1 qu'il me quitte h>dim5t t\t le re/e de sa sci5ce4 ,si le fondem5t luy faut1 son disc\rs e/ p> t]re4 ,le disput] et l'enqu]ir1 n'a autre b et arre/ que les pr9cipes3 si cette f9 n'arre/e son c\rs1 il se iecte vne irresolution inf9ie4 ,non pote/ aliud alio magis m9sue compreh5di1 quoniam omnium r]um vna e/ def9itio compreh5d5di4 ,or il e/ vray-semblable que si l'ame sauoit quelque *ose1 elle se sauroit premi]em5t elle mesme2 et si elle sauoit quelque *ose hors d'elle1 ce s]oit son corps et son e/uy1 auant t\te autre *ose4 ,si on void iusques aui\rd'huy les dieux de la m$ec9e se debattre de no/re anatomie1 ,mulcib] 9 ,troiam1 pro ,troia /abat ,apollo3 qu& att5dons n\s qu'ils en soy5t d'accord8 ,n\s n\s sommes plus vois9s1 que ne n\s e/ la blan*eur de la nege1 ou la pesanteur de la pi]re4 ,si l'homme ne se cognoi/1 comm5t cognoi/-il ses functions et ses =ces8 ,il n'e/ pas l'aduanture1 que quelque notice v]itable ne loge *ez n\s2 mais c'e/ p> haz>d4 ,et d'autant que p> mesme voye1 mesme faon et conduitte1 les erreurs se reoiu5t en no/re ame1 elle n'a pas dequoy les di/+u]1 ny dequoy *oisir la v]it du m5songe4 ,les ,academici5s receuoy5t quelque incl9ation de iugem5t2 et tr\uoy5t trop crud1 de dire qu'il n'e/oit pas plus vray-semblable que la nege fu/ blan*e1 que noire2 et que n\s ne fussions non plus asseurez du m\uem5t d'vne pi]re1 qui "p de no/re ma91 que de celuy de la huictiesme sph]e4 ,et p\r euit] cette difficult et e/ranget1 qui ne peut la v]it log] en no/re imag9ation1 que malaism5t2 quoy qu'ils e/abliss5t que n\s n'e/ions aucunem5t capables de sauoir1 et que la v]it e/ eng\fre dans des pr(onds abysmes1 o la veu huma9e ne peut p5etr]3 si adu\oy5t ils1 les vnes *oses plus vray-semblables que les autres2 et receuoy5t en leur iugem5t cette facult1 de se p\uoir incl9] plu/o/ vne app>5ce1 qu' vne autre4 ,ils luy p]mettoy5t cette prop5sion1 luy deff5dant t\te resolution4 ,l'aduis des ,pyrrhoni5s e/ plus h>dy1 et quant et quant plus vray-semblable4 ,c> cette incl9ation ,academique1 et cette prop5sion vne proposition plu/o/ qu' vne autre1 qu'e/-ce autre *ose que la recognoissance de quelque plus app>5te v]it1 en cette-cy qu'en celle-l8 ,si no/re ent5dem5t e/ capable de la =me1 des l9eam5s1 du port1 et du visage1 de la v]it1 il la v]roit enti]e1 aussi bi5 que demie1 naissante1 et imp]faicte4 ,cette app>5ce de v]isimilitude1 qui les fait pr5dre plu/o/ gau*e qu' droite1 augm5tez la2 cette once de v]isimilitude1 qui incl9e la balance1 multipliez la de c5t1 de mille onces2 il en adui5dra en f91 que la balance pr5dra p>ty t\t faict1 et arre/]a vn *ois et vne v]it enti]e4 ,mais comm5t se laiss5t ils pli] la vray-semblance1 s'ils ne cognoiss5t le vray8 ,comm5t cognoiss5t ils la semblance de ce1 dequoy ils ne cognoiss5t pas l'ess5ce8 ,ou n\s p\uons iug] t\t faict1 ou t\t faict n\s ne le p\uons pas4 ,si noz facultez intellectuelles et s5sibles1 sont sans fondem5t et sans pi$1 si elles ne font que flott] et vant]1 p\r neant laissons n\s emport] no/re iugem5t aucune p>tie de leur op]ation1 quelque app>5ce qu'elle semble n\s pres5t]4 ,et la plus seure assiette de no/re ent5dem5t1 et la plus heureuse1 ce s]oit celle-l1 o il se ma9ti5droit rassis1 droit1 inflexible1 sans bransle et sans agitation4 ,int] visa v]a1 aut falsa1 ad animi ass5sum1 nihil int]e/4 ,que les *oses ne log5t pas *ez n\s en leur =me et en leur ess5ce1 et n'y fac5t leur entre de leur =ce propre et au?orit1 n\s le voyons assez4 ,p> ce que s'il e/oit a9si1 n\s les receurions de mesme faon3 le v9 s]oit tel en la b\*e du malade1 qu'en la b\*e du sa94 ,celuy qui a des creuasses aux doigts1 ou qui les a g\rdz1 tr\u]oit vne p>eille durt au bois ou au f]1 qu'il manie1 que fait vn autre4 ,les subjets e/rang]s se r5d5t donc no/re m]cy1 ils log5t *ez n\s1 comme il n\s plai/4 ,or si de no/re "p n\s receuions quelque *ose sans alt]ation1 si les prises huma9es e/oi5t assez capables et f]mes1 p\r saisir la v]it p> noz propres moy5s1 ces moy5s e/ans communs t\s les hommes1 cette v]it se reiect]oit de ma9 en ma9 de l'vn l'autre4 ,et au mo9s se tr\u]oit-il vne *ose au monde1 de tant qu'il y en a1 qui se croiroit p> les hommes d'vn cons5tem5t vniu]sel4 ,mais ce1 qu'il ne se void aucune proposition1 qui ne soit debattue et contr\]se entre n\s1 ou qui ne le puisse e/re1 montre bi5 que no/re iugem5t naturel ne saisit pas bi5 clairem5t ce qu'il saisit3 c> mon iugem5t ne le peut faire receuoir au iugem5t de mon compagnon3 qui e/ signe qui ie l'ay saisi p> quelque autre moy51 que p> vne naturelle puissance1 qui soit en moy et en t\s les hommes4 ,laissons "p cette inf9ie confusion d'op9ions1 qui se void entre les philosophes mesmes1 et ce debat p]petuel et vniu]sel en la cognoissance des *oses4 ,c> cela e/ presuppos tres-v]itablem5t1 que d'aucune *ose les hommes1 ie dy les sauans1 les mieux nais1 les plus suffisans1 ne sont d'accord3 non pas que le ciel soit sur no/re te/e3 c> ceux qui d\bt5t de t\t1 d\bt5t aussi de cela3 et ceux qui ni5t que n\s puissions compr5dre aucune *ose1 dis5t que n\s n'auons pas compris que le ciel soit sur no/re te/e3 et ces deux op9ions sont1 en nombre1 sans comp>aison les plus =tes4 ,outre cette diu]sit et diuision inf9ie1 p> le tr\ble que no/re iugem5t n\s donne n\s mesmes1 et l'inc]titude que *acun s5t en soy1 il e/ ays voir qu'il a son assiette bi5 mal asseure4 ,combi5 diu]sem5t iugeons n\s des *oses8 combi5 de fois *angeons n\s noz fantasies8 ,ce que ie ti5s aui\rd'huy1 et ce que ie croy1 ie le ti5s1 et le croy de t\te ma croyance3 t\s mes vtils et t\s mes ressorts empoign5t cette op9ion1 et m'en respond5t1 sur t\t ce qu'ils peuu5t3 ie ne saurois embrass] aucune v]it ny cons]u] auec plus d'asseurance1 que ie fay cette-cy4 ,i'y suis t\t enti]2 i'y suis voyrem5t3 mais ne m'e/-il pas adu5u non vne fois1 mais c5t1 mais mille1 et t\s les i\rs1 d'auoir embrass quelque autre *ose t\t ces mesmes in/rum5s1 en cette mesme condition1 que depuis i'ay iuge fauce8 ,au mo9s faut-il deu5ir sage ses propres desp5s4 ,si ie me suis tr\u s\u5t trahy s\bs cette c\leur1 si ma t\*e se tr\ue ord9airem5t faulce1 et ma balance inegale et iniu/e1 quelle asseurance en puis-ie pr5dre cette fois1 plus qu'aux autres8 ,n'e/-ce pas sottise1 de me laiss] tant de fois pipp] vn guide8 ,t\tesfois1 que la ,=tune n\s remue c9q c5s fois de place1 qu'elle ne face que vuyd] et remplir sans cesse1 comme dans vn vaisseau1 dans no/re croyance1 autres et autres op9ions1 t\si\rs la pres5te et la d]ni]e c'e/ la c]ta9e1 et l'infaillible4 ,p\r cette-cy1 il faut ab&onn] les bi5s1 l'honneur1 la vie1 et le salut1 et t\t1 ,po/]ior res illa rep]ta1 ,p]dit1 et immutat s5sus ad pri/9a quque4 ,quoy qu'on n\s pres*e1 quoy que n\s appr5ions1 il faudroit t\si\rs se s\u5ir que c'e/ l'homme qui donne1 et l'homme qui reoit2 c'e/ vne mortelle ma9 qui n\s le pres5te2 c'e/ vne mortelle ma9 qui l'accepte4 ,les *oses qui n\s vi5n5t du ciel1 ont seules droict et au?orit de p]suasion1 seules m]que de v]it3 laquelle aussi ne voyons n\s pas de nos yeux1 ny ne la receuons p> nos moy5s3 cette sa9cte et gr&e image ne p\rroit pas en vn si *etif domicile1 si ,dieu p\r cet vsage ne le prep>e1 si ,dieu ne le re=me et =tifie p> sa grace et faueur p>ticuli]e et sup]naturelle4 ,aumo9s deuroit no/re condition fautiue1 n\s faire port] plus mod]m5t et ret5uem5t en nos *angem5s4 ,il n\s deuroit s\u5ir1 quoy que n\s receussions en l'ent5dem5t1 que n\s receuons s\u5t des *oses fauces1 et que c'e/ p> ces mesmes vtils qui se dem5t5t et qui se tromp5t s\u5t4 ,or n'e/-il pas m]ueille1 s'ils se dem5t5t1 e/ans si aysez incl9] et tordre p> bi5 leg]es occurr5ces4 ,il e/ c]ta9 que no/re appreh5sion1 no/re iugem5t et les facultez de no/re ame en g5]al1 s\ffr5t selon les m\uem5s et alt]ations du corps1 lesquelles alt]ations sont cont9uelles4 ,n'auons n\s pas l'esprit plus esueill1 la memoire plus prompte1 le disc\rs plus vif1 en sant qu'en maladie8 ,la ioye et la gayet ne n\s font elles pas receuoir les subjects qui se pres5t5t no/re ame1 d'vn t\t autre visage1 que le *agr9 et la melan*olie8 ,p5sez v\s que les v]s de ,catulle ou de ,sappho1 ri5t vn vieill>d au>icieux et re*ign1 comme vn ieune homme vig\reux et ard5t8 ,cleom5es fils d',anax&ridas e/ant malade1 ses amis luy repro*oy5t qu'il auoit des humeurs et fantasies n\uelles1 et non acc\/umes3 le croy bi51 fit-il1 aussi ne suis-ie pas celuy que ie suis e/ant sa93 e/ant autre1 aussi sont autres mes op9ions et fantasies4 ,en la *icane de nos palais1 ce mot e/ en vsage1 qui se dit des crim9els qui r5contr5t les iuges en quelque bonne trampe1 d\ce et debonnaire1 gaudeat de bona =tuna4 ,c> il e/ c]ta9 que les iugem5s se r5contr5t p> fois plus t5dus la condemnation1 plus esp9eux et aspres1 tanto/ plus faciles1 aysez1 et encl9s l'excuse4 ,tel qui rapporte de sa maison la d\leur de la g\tte1 la ial\sie1 ou le l>rec9 de son valet1 ayant t\te l'ame te9te et abbreuue de col]e1 il ne faut pas d\bt] que son iugem5t ne s'en alt]e v]s cette "p l4 ,ce v5]able ,s5at d',areopage1 iugeoit de nuict1 de peur que la veue des p\rsuiuans corrompi/ sa iu/ice4 ,l'air mesme et la s]5it du ciel1 n\s apporte quelque mutation1 comme dit ce v]s ,grec en ,cic]o1 ,tales sunt hom9um m5tes1 quali pat] ipse ,iuppit]1 auctif]a lu/rauit lampade t]ras4 ,ce ne sont pas seulem5t les fieures1 les breuuages1 et les gr&s accid5s1 qui r5u]s5t no/re iugem5t3 les mo9dres *oses du monde le t\rneuir5t4 ,et ne faut pas d\bt]1 encores que n\s ne le s5tions pas1 que si la fieure cont9ue peut att]r] no/re ame1 que la ti]ce n'y apporte quelque alt]ation selon la mesure et proportion4 ,si l'apoplexie ass\pit et e/e9t t\t faict la veu de no/re intellig5ce1 il ne faut pas d\bt] que le morfondem5t ne l'esbl\isse4 ,et p> consequ5t1 pe9e se peut-il r5contr] vne seule heure en la vie1 o no/re iugem5t se tr\ue en sa deu assiette1 no/re corps e/ant subiect tant de cont9uelles mutations1 et e/(f de tant de sortes de ressorts1 que i'en croy les m$ec9s1 combi5 il e/ malais1 qu'il n'y en ayt t\si\rs quelq'vn qui tire de trau]s4 ,au demeurant1 cette maladie ne se desc\ure pas si aism5t1 si elle n'e/ du t\t extreme et irrem$iable3 d'autant que la raison va t\si\rs torte1 boiteuse1 et de%an*e3 et auec le m5songe comme auec la v]it4 ,p> a9s91 il e/ malais de desc\urir son mescompte1 et desreglem5t4 ,i'appelle t\si\rs raison1 cette app>5ce de disc\rs que *acun =ge en soy3 cette raison1 de la condition de laquelle1 il y en peut avoir c5t contraires aut\r d'vn mesme subject3 c'e/ vn in/rum5t de plomb1 et de cire1 alongeable1 ployable1 et accommodable t\t biais et t\tes mesures3 il ne re/e que la suffisance de le sauoir cont\rn]4 ,quelque bon desse9 qu'ait vn iuge1 s'il ne s'esc\te de pres1 quoy peu de g5s s'amus5t2 l'incl9ation l'amiti1 la p>5t1 la beaut1 et la v5geance1 et non pas seulem5t *oses si poisantes1 mais cet in/9ct =tuite1 qui n\s fait fauoris] vne *ose plus qu'vne autre1 et qui n\s donne sans le cong de la raison1 le *oix1 en deux p>eils subjects1 ou quelque vmbrage de p>eille vanit1 peuu5t ins9u] ins5siblem5t en son iugem5t1 la recomm5dation ou deffaueur d'vne cause1 et donn] p5te la balance4 ,moy qui m'espie de plus prez1 qui ay les yeux incessamm5t t5dus sur moy1 comme celuy qui n'a pas =t affaire ailleurs1 ,quis sub ,arcto ,rex gelid metuatur or1 ,quid ,tyridatem t]reat1 vnic ,securus1 pe9e os]oy-ie dire la vanit et la foiblesse que ie tr\ue *ez moy4 ,i'ay le pi$ si in/able et si mal assis1 ie le tr\ue si ays cr\l]1 et si pre/ au branle1 et ma veue si desregle1 qu' iun ie me s5s autre1 qu'apres le repas3 si ma sant me rid1 et la cl>t d'vn beau i\r1 me voyla honne/e homme3 si i'ay vn cor qui me presse l'orteil1 me voyl r5froign1 mal plaisant et inaccessible4 ,vn mesme pas de *eual me semble tanto/ rude1 tanto/ ays2 et mesme *em9 cette heure plus c\rt1 vne autre fois plus long3 et vne mesme =me ores plus ores mo9s aggreable4 ,ma9t5ant ie suis t\t faire1 ma9t5ant ri5 faire3 ce qui m'e/ plaisir cette heure1 me s]a quelquefois pe9e4 ,il se fait mille agitations indiscrettes et casueles *ez moy4 ,ou l'humeur melan*olique me ti5t1 ou la *ol]ique2 et de son au?orit priue1 cett'heure le *agr9 pr$om9e en moy1 cette heure l'allegresse4 ,qu& ie pr5s des liures1 i'auray app]ceu en tel passage des graces excell5tes1 et qui auront f]u mon ame2 qu'vn'autre fois i'y retombe1 i'ay beau le t\rn] et vir]1 i'ay beau le pli] et le mani]1 c'e/ vne masse incognue et in=me p\r moy4 ,en mes escris mesmes1 ie ne retr\ue pas t\si\rs l'air de ma premi]e imag9ation3 ie ne say ce que i'ay v\lu dire3 et m'es*aude s\u5t corrig]1 et y mettre vn n\ueau s5s1 p\r auoir p]du le premi] qui valloit mieux4 ,ie ne fay qu'all] et v5ir3 mon iugem5t ne tire pas t\si\rs auant1 il flotte1 il vague1 ,velut m9uta magno ,depr5sa nauis 9 m>i1 vesani5te v5to4 ,ma9tes-fois1 comme il m'adui5t de faire volonti]s1 ayant pris p\r ex]cice et p\r esbat1 ma9t5ir vne contraire op9ion la mi5ne1 mon esprit s'appliquant et t\rnant de ce co/-l1 m'y atta*e si bi51 que ie ne tr\ue plus la raison de mon premi] aduis1 et m'en desp>s4 ,ie m'entra9e quasi o ie pan*e1 comm5t que ce soit1 et m'emporte de mon poix4 ,*acun peu pres en diroit autant de soy1 s'il se reg>doit comme moy4 ,les pres*eurs sau5t1 que l'emotion qui leur vi5t en p>lant1 les anime v]s la creance3 et qu'en *ol]e n\s n\s addonnons plus la deff5ce de no/re proposition1 l'imprimons en n\s1 et l'embrassons auec plus de vehem5ce et d'approbation1 que n\s ne faisons e/ans en no/re s5s froid et repos4 ,v\s recitez simplem5t vne cause l'aduocat1 il v\s y respond *ancellant et d\bteux3 v\s s5tez qu'il luy e/ indiff]5t de pr5dre s\/5ir l'vn ou l'autre p>ty3 l'auez v\s bi5 pay p\r y mordre1 et p\r s'en =malis]1 comm5ce-il d'en e/re int]ess1 y a-il es*auff sa volont8 sa raison et sa sci5ce s'y es*auff5t quant et quant3 voyl vne app>5te et indubitable v]it1 qui se pres5te son ent5dem5t3 il y desc\ure vne t\te n\uelle lumi]e1 et le croit bon esci5t1 et se le p]suade a9si4 ,voire ie ne say si l'ardeur qui nai/ du despit1 et de l'ob/9ation1 l'encontre de l'impression et viol5ce du magi/rat1 et du dang]3 ou l'int]e/ de la reputation1 n'ont enuoy tel homme s\/5ir iusques au feu1 l'op9ion p\r laquelle entre ses amys1 et en lib]t1 il n'eu/ pas v\lu s'es*aud] le b\t du doigt4 ,les sec\sses et esbranlem5s que no/re ame reoit p> les passions corporelles1 peuu5t beauc\p en elle3 mais encore plus les si5nes propres3 ausquelles elle e/ si =t pr9se1 qu'il e/ l'aduanture s\/5able1 qu'elle n'a aucune autre alleure et m\uem5t1 que du s\ffle de ses v5ts1 et que sans leur agitation elle re/]oit sans action1 comme vn nauire en ple9e m]1 que les v5ts ab&onn5t de leur sec\rs4 ,et qui ma9ti5droit cela1 suiuant le p>ty des ,p]ipatetici5s1 ne n\s f]oit pas beauc\p de tort1 puis qu'il e/ cognu1 que la plusp>t des plus belles actions de l'ame1 proc$5t et ont beso9 de cette impulsion des passions4 ,la vaillance1 dis5t-ils1 ne se peut p>faire sans l'assi/ance de la *ol]e4 ,semp] ,aiax =tis1 =tissimus tam5 9 furore4 ,ny ne c\rt on sus aux mes*ants1 et aux ennemis1 assez vig\reusem5t1 si on n'e/ c\rr\c4 ,et veul5t que l'aduocat inspire le c\rr\x aux iuges1 p\r en tir] iu/ice4 ,les cupiditez emeur5t ,!mi/ocles1 emeur5t ,demo/h5es3 et ont p\ss les philosophes aux trauaux1 veilles1 et p]egr9ations3 n\s me95t l'honneur1 la doctr9e1 la sant1 f9s vtiles4 ,et cette las*et d'ame s\ffrir l'ennuy et la fas*]ie1 s]t n\rrir en la consci5ce1 la p5it5ce et la rep5tance3 et s5tir les fleaux de ,dieu1 p\r no/re *a/im5t1 et les fleaux de la correction politique4 ,la compassion s]t d'aiguillon la clem5ce2 et la prud5ce de n\s cons]u] et g\u]n]1 e/ esueille p> no/re cra9te3 et combi5 de belles actions p> l'ambition8 combi5 p> la presomption8 ,aucune em95te et gaill>de v]tu en f91 n'e/ sans quelque agitation desregle4 ,s]oit-ce pas l'vne des raisons qui auroit meu les ,epicuri5s1 des*>g] ,dieu de t\t so9 et sollicitude de nos affaires3 d'autant que les effects mesmes de sa bont ne se p\uoi5t ex]c] enu]s n\s1 sans esbranl] son repos1 p> le moy5 des passions1 qui sont comme des piqueures et sollicitations a*em9ans l'ame aux actions v]tueuses8 ou bi5 ont ils creu autrem5t1 et les ont pr9ses1 comme tempe/es1 qui desbau*5t honteusem5t l'ame de sa tranquillit8 ,vt m>is tranquillitas intelligitur1 nulla1 ne m9ima quidem1 aura fluctus comm\5te3 sic animi quietus et placatus /atus c]nitur1 quum p]turbatio nulla e/1 qua m\]i queat4 ,quelles diff]5ces de s5s et de raison1 quelle contr>iet d'imag9ations n\s pres5te la diu]sit de nos passions8 ,quelle asseurance p\uons n\s doncq pr5dre de *ose si in/able et si mobile1 subjecte p> sa condition la mai/rise du tr\ble1 n'allant iamais qu'vn pas =c et emprunt8 ,si no/re iugem5t e/ en ma9 la maladie mesmes1 et la p]turbation1 si c'e/ de la folie et de la tem]it1 qu'il e/ t5u de receuoir l'impression des *oses1 quelle seurt p\uons n\s att5dre de luy8 ,n'y a il po9t de h>diesse la philosophie1 d'e/im] des hommes qu'ils produis5t leurs plus gr&s effects1 et plus appro*ans de la diu9it1 qu& ils sont hors d'eux1 et furieux et ins5sez8 ,n\s n\s am5dons p> la priuation de no/re raison1 et son ass\pissem5t4 ,les deux voies naturelles1 p\r entr] au cab9et des ,dieux1 et y preueoir le c\rs des de/9es1 sont la fureur et le sommeil4 ,cecy e/ plaisant consid]]4 ,p> la dislocation1 que les passions apport5t no/re raison1 n\s deu5ons v]tueux3 p> son extirpation1 que la fureur ou l'image de la mort apporte1 n\s deu5ons prophetes et deu9s4 ,iamais plus volonti]s ie ne l'en creu4 ,c'e/ vn pur en?\siasme1 que la sa9cte v]it a inspir en l'esprit philosophique1 qui luy arra*e contre sa proposition1 que l'e/at tranquille de no/re ame1 l'e/at rassis1 l'e/at plus sa91 que la philosophie luy puisse acqu]ir1 n'e/ pas son meilleur e/at4 ,no/re veille e/ plus endormie que le dormir3 no/re sagesse mo9s sage que la folie3 noz songes vall5t mieux1 que noz disc\rs3 la pire place1 que n\s puissions pr5dre1 c'e/ en n\s4 ,mais p5se elle pas1 que n\s ayons l'aduisem5t de rem>qu]1 que la voix1 qui fait l'esprit1 qu& il e/ depr9s de l'homme1 si clair-voyant1 si gr&1 si p>faict1 et p5dant qu'il e/ en l'homme1 si t]re/re1 ignorant et t5ebreux1 c'e/ vne voix p>tant de l'esprit qui e/ en l'homme t]re/re1 ignorant et t5ebreux3 et cette cause voix infiable et incroyable8 ,ie n'ay po9t gr&e exp]i5ce de ces agitations vehem5tes1 e/ant d'vne complexion molle et poisante2 desquelles la plusp>t surpr5n5t subitem5t no/re ame1 sans luy donn] loisir de se recognoi/re4 ,mais cette passion1 qu'on dit e/re produite p> l'oisiuet1 au cur des ieunes hommes1 quoy qu'elle s'a*em9e auec loisir et d'vn progrs mesur1 elle repres5te bi5 euidemm5t1 ceux qui ont essay de s'oppos] son ef=t1 la =ce de cette conu]sion et alt]ation1 que no/re iugem5t s\ffre4 ,i'ay autrefois entrepris de me t5ir b& p\r la s\t5ir et rabattre3 c> il s'en faut tant que ie sois de ceux1 qui conui5t les vices1 que ie ne les suis pas seulem5t1 s'ils ne m'entra95t3 ie la s5tois nai/re1 croi/re1 et s'augm5t] en despit de ma resi/ance3 et en f9 t\t voyant et viuant1 me saisir et poss$]1 de faon que1 comme d'vne yuresse1 l'image des *oses me comm5oit p>oi/re autre que de c\/ume3 ie voyois euidemm5t grossir et croi/re les aduantages du subject que i'allois desirant1 et aggr&ir et enfl] p> le v5t de mon imag9ation3 les difficultez de mon entreprise1 s'ais] et se planir2 mon disc\rs et ma consci5ce1 se tir] arri]e3 mais ce feu e/ant euapor1 t\t vn in/ant1 comme de la cl>t d'un esclair1 mon ame repr5dre vne autre sorte de veu1 autre e/at1 et autre iugem5t3 les difficultez de la retraite1 me sembl] gr&es et inu9cibles1 et les mesmes *oses de bi5 autre g\/ et visage1 que la *aleur du desir ne me les auoit pres5tes4 ,lequel plus v]itablem5t1 ,pyrrho n'en sait ri54 ,n\s ne sommes iamais sans maladie4 ,les fieures ont leur *aud et leur froid3 des effects d'une passion ard5te1 n\s retombons aux effects d'vne passion frilleuse4 ,autant que ie m'e/ois iett en auant1 ie me relance d'autant en arri]e4 ,qualis vbi alt]no procurr5s gurgite pontus1 ,nunc ruit ad t]ras1 scopulosque sup]iacit vndam1 ,spumeus1 extremmque s9u p]fndit ar5am2 ,nunc rapidus retro atque /u reuoluta resorb5s ,saxa1 fugit1 littsque vado lab5te rel9quit4 ,or de la cognoissance de cette mi5ne volubilit1 i'ay p> accid5t eng5dr en moy quelque con/ance d'op9ions3 et n'ay gu]e alt] les mi5nes premi]es et naturelles4 ,c> quelque app>5ce qu'il y ayt en la n\uellet1 ie ne *ange pas aism5t1 de peur que i'ay de p]dre au *ange4 ,et puis que ie ne suis pas capable de *oisir1 ie pr5s le *oix d'autruy1 et me ti5s en l'assiette o ,dieu m'a mis4 ,autrem5t ie ne me sauroy g>d] de r\l] sans cesse4 ,a9si me suis-ie1 p> la grace de ,dieu1 cons]u enti]1 sans agitation et tr\ble de consci5ce1 aux anci5nes creances de no/re religion1 au trau]s de tant de sectes et de diuisions1 que no/re siecle a produites4 ,les escrits des anci5s1 ie dis les bons escrits1 ple9s et solides1 me t5t5t1 et remu5t quasi o ils veul5t3 celuy que i'oy1 me semble t\si\rs le plus roide3 ie les tr\ue auoir raison *acun son t\r1 quoy qu'ils se contr>i5t4 ,cette aisance que les bons esprits ont1 de r5dre ce qu'ils veul5t vray-semblable2 et qu'il n'e/ ri5 si e/range1 quoy ils n'entrepr5n5t de donn] assez de c\leur1 p\r tromp] vne simplicit p>eille la mi5ne1 cela montre euidemm5t la foiblesse de leur preuue4 ,le ciel et les e/oilles ont bransl trois mille ans1 t\t le monde l'auoit a9si creu1 iusques ce que ,clean!s le ,sami51 ou1 selon ,!ophra/e1 ,nicetas ,syracusi5 s'aduisa de ma9t5ir que c'e/oit la t]re qui se m\uoit1 p> le c]cle oblique du ,zodiaque t\rnant l'ent\r de son aixieu4 ,et de no/re temps ,cop]nicus a si bi5 fond cette doctr9e1 qu'il s'en s]t tres-reglm5t t\tes les consequ5ces a/rologi5nes4 ,que pr5drons n\s de l1 s9on qu'il ne n\s doit *aloir lequel ce soit des deux8 ,et qui sait qu'vne ti]ce op9ion d'icy mille ans1 ne r5u]se les deux prec$5tes8 ,sic volu5da tas commutat tempora r]um3 ,quod fuit 9 pretio1 fit nullo d5ique honore2 ,porro aliud succ$it1 et contemptibus exit1 ,inque dies magis appetitur1 flortque rep]tum ,laudibus1 et miro e/ mortales int] honore4 ,a9si qu& il se pres5te n\s quelque doctr9e n\uelle1 n\s auons gr&e occasion de n\s en deffi]1 et de consid]] qu'auant qu'elle fu/ produite1 sa contraire e/oit en vogue3 et comme elle a e/ r5u]se p> cette-cy1 il p\rra nai/re l'adu5ir vne ti]ce inu5tion1 qui *oqu]a de mesme la seconde4 ,auant que les pr9cipes qu',ari/ote a introduicts1 fuss5t en cr$it1 d'autres pr9cipes cont5toi5t la raison huma9e1 comme ceux-cy n\s cont5t5t cette heure4 ,quelles lettres ont ceux-cy1 quel priuilege p>ticuli]1 que le c\rs de no/re inu5tion s'arre/e eux1 et qu' eux app>ti5t p\r t\t le temps adu5ir1 la possession de no/re creance8 ils ne sont non plus exempts du b\te-hors1 qu'e/oi5t leurs deuanci]s4 ,qu& on me presse d'vn n\uel argum5t1 c'e/ moy e/im] que ce1 quoy ie ne puis satisfaire1 vn autre y satisf]a4 ,c> de croire t\tes les app>5ces1 desquelles n\s ne p\uons n\s deffaire1 c'e/ vne gr&e simplesse4 ,il en adui5droit p> l1 que t\t le vulgaire1 et n\s sommes t\s du vulgaire1 auroit sa creance cont\rnable1 comme vne gir\ette3 c> son ame e/ant molle et sans resi/ance1 s]oit =ce de receuoir sans cesse1 autres et autres impressions1 la d]ni]e effaant t\si\rs la trace de la prec$5te4 ,celuy qui se tr\ue foible1 il doit respondre suiuant la pratique1 qu'il en p>l]a son conseil1 ou s'en rapport] aux plus sages1 desquels il a receu son appr5tissage4 ,combi5 y a-t-il que la m$ec9e e/ au monde8 ,on dit qu'vn n\ueau v5u1 qu'on nomme ,p>acelse1 *ange et r5u]se t\t l'ordre des regles anci5nes1 et ma9ti5t que iusques cette heure1 elle n'a s]uy qu' faire m\rir les hommes4 ,ie croy qu'il v]ifi]a aism5t cela4 ,mais de mettre ma vie la preuue de sa n\uelle exp]i5ce1 ie tr\ue que ce ne s]oit pas gr&'sagesse4 ,il ne faut pas croire *acun1 dit le precepte1 p> ce que *acun peut dire t\tes *oses4 ,vn homme de cette pr(ession de n\uelletez1 et de re=mations physiques1 me disoit1 il n'y a pas long temps1 que t\s les anci5s s'e/oi5t notoirem5t mescontez en la nature et m\uem5s des v5ts1 ce qu'il me f]oit tres-euidemm5t t\*] la ma91 si ie v\lois l'ent5dre4 ,apres que i'euz eu vn peu de pati5ce ouyr ses argum5ts1 qui auoi5t t\t ple9 de v]isimilitude3 ,comm5t donc1 luy fis-ie1 ceux qui nauigeoi5t s\bs les loix de ,!ophra/e1 alloi5t-ils en ,occid5t1 qu& ils tiroi5t en ,leuant8 alloi5t-ils co/1 ou reculons8 ,c'e/ la =tune1 me respondit-il3 tant y a qu'ils se mescontoi5t4 ,ie luy repliquay lors1 que i'aymois mieux suiure les effects1 que la raison4 ,or ce sont *oses1 qui se *oqu5t s\u5t3 et m'a lon dict qu'en la geometrie1 qui p5se auoir gaign le hault po9ct de c]titude p>my les sci5ces1 il se tr\ue des demon/rations ineuitables1 subu]tissans la v]it de l'exp]i5ce4 ,comme ,iacques ,peleti] me disoit *ez moy1 qu'il auoit tr\u deux lignes s'a*em9ans l'vne v]s l'autre p\r se io9dre1 qu'il v]ifioit t\tefois ne p\uoir iamais iusques l'inf9it1 arriu] se t\*]4 ,et les ,pyrrhoni5s ne se s]u5t de leurs argum5s et de leur raison1 que p\r ru9] l'app>5ce de l'exp]i5ce3 et e/ m]ueille1 iusques o la s\pplesse de no/re raison1 les a suiuis ce desse9 de combattre l'euid5ce des effects4 ,c> ils v]ifi5t que n\s ne n\s m\uons pas1 que n\s ne p>lons pas1 qu'il n'y a po9t de poisant ou de *ault1 auecques vne p>eille =ce d'argum5tations1 que n\s v]ifions les *oses plus vray-semblables4 ,ptolomeus1 qui a e/ vn gr& p]sonnage1 auoit e/ably les bornes de no/re monde3 t\s les philosophes anci5s ont p5s en t5ir la mesure1 sauf quelques isles esc>tes1 qui p\uoi5t es*app] leur cognoissance3 c'eu/ e/ pyrrhonis]1 il y a mille ans1 que de mettre en d\bte la sci5ce de la cosmographie1 et les op9ions qui en e/oi5t receus d'vn *acun3 c'e/oit h]esie d'adu\] des ,antipodes3 voila de no/re siecle vne gr&eur inf9ie de t]re f]me1 non pas vne isle1 ou vne contre p>ticuli]e1 mais vne p>tie esgale peu pres en gr&eur1 celle que n\s cognoissions1 qui vi5t d'e/re desc\u]te4 ,les geographes de ce temps1 ne faill5t pas d'asseur]1 que mes-huy t\t e/ tr\u et que t\t e/ veu2 ,nam quod ade/ pr/o1 placet1 et poll]e videtur4 ,sauoir mon si ,ptolome s'y e/ tromp autrefois1 sur les fondem5s de sa raison1 si ce ne s]oit pas sottise de me fi] ma9t5ant ce que ceux-cy en dis5t3 et s'il n'e/ pas plus vraysemblable1 que ce gr& corps1 que n\s appellons le monde1 e/ *ose bi5 autre que n\s ne iugeons4 ,platon dit1 qu'il *ange de visage t\t s5s3 que le ciel1 les e/oilles et le soleil1 r5u]s5t p> fois le m\uem5t1 que n\s y voyons3 *angeant l',ori5t l',occid5t4 ,les pre/res gypti5s dir5t ,h]odote1 que depuis leur premi] ,roy1 dequoy il y auoit onze mille tant d'ans 7et de t\s leurs ,roys ils luy feir5t veoir les effigies en /atues tires apres le vif7 le soleil auoit *ang quatre fois de r\tte3 que la m] et la t]re se *ang5t alt]natiuem5t1 l'vne en l'autre3 que la naissance du monde e/ indet]m9e4 ,ari/ote1 ,cic]o de mesmes4 ,et quelqu'vn d'entre n\s1 qu'il e/ de t\te et]nit1 mortel et r5aissant1 plusieurs vicissitudes3 appellant tesmo9s ,salomon et ,isae3 p\r euit] ces oppositions1 que ,dieu a e/ quelque fois createur sans creature3 qu'il a e/ oisif3 qu'il s'e/ desdict de son oisiuet1 mettant la ma9 cet ouurage3 et qu'il e/ p> consequ5t subiect au *angem5t4 ,en la plus fameuse des ,grecques es*oles1 le monde e/ t5u vn ,dieu1 faict p> vn autre ,dieu plus gr&3 et e/ compos d'vn corps et d'vne ame1 qui loge en son c5tre1 s'esp&ant p> nombres de musique1 sa circonf]5ce3 diu91 tres-heureux1 tres-gr&1 tres-sage1 et]nel4 ,en luy sont d'autres ,dieux1 la m]1 la t]re1 les a/res1 qui s'entreti5n5t d'vne h>monieuse et p]petuelle agitation et danse diu9e3 tanto/ se r5contrans1 tanto/ s'esloignans3 se ca*ans1 montrans1 *angeans de rang1 ores auant1 et ores d]ri]e4 ,h]aclitus e/ablissoit le monde e/re compos p> feu1 et p> l'ordre des de/9es1 se deuoir enflamm] et res\dre en feu quelque i\r1 et quelque i\r encore r5ai/re4 ,et des hommes dit ,apule3 sigillatim mortales1 cunctim p]petui4 ,alex&re escriuit sa m]e1 la n>ration d'vn pre/re gypti51 tire de leurs monum5ts1 tesmoignant l'anci5net de cette nation inf9ie1 et compr5ant la naissance et progrez des autres pas au vray4 ,cic]o et ,diodorus dis5t de leur temps1 que les ,*alde5s t5oi5t regi/re de quatre c5s mille tant d'ans4 ,ari/ote1 ,pl9e1 et autres1 que ,zoroa/re viuoit six mille ans auant l'aage de ,platon4 ,platon dit1 que ceux de la ville de ,sas1 ont des memoires p> escrit1 de huict mille ans3 et que la ville d',a!nes fut ba/ie mille ans auant ladicte ville de ,sas4 ,epicurus1 qu'en mesme temps que les *oses sont icy comme n\s les voyons1 elles sont t\tes p>eilles1 et en mesme faon1 en plusieurs autres mondes4 ,ce qu'il eu/ dict plus asseurm5t1 s'il eu/ veu les similitudes1 et conu5ances de ce n\ueau monde des ,indes ,occid5tales1 auec le no/re1 pres5t et pass1 en si e/ranges exemples4 ,en v]it consid]ant ce qui e/ v5u no/re sci5ce du c\rs de cette police t]re/re1 ie me suis s\u5t esm]ueill de voir en vne tres-gr&e di/ance de lieux et de temps1 les r5contres d'un si gr& nombre d'op9ions populaires1 sauuages1 et des murs et creances sauuages1 et qui p> aucun biais ne sembl5t t5ir no/re naturel disc\rs4 ,c'e/ vn gr& ouuri] de miracles que l'esprit huma94 ,mais cette relation a ie ne say quoy encore de plus het]oclite3 elle se tr\ue aussi en noms1 et en mille autres *oses4 ,c> on y tr\ua des nations1 n'ayans1 que n\s sa*ions1 iamais ouy n\uelles de n\s1 o la circoncision e/oit en cr$it3 o il y auoit des e/ats et gr&es polices ma9t5us p> des femmes1 sans hommes3 o nos ieusnes et no/re c>esme e/oit repres5t1 y adi\/ant l'ab/95ce des femmes3 o nos croix e/oi5t en diu]ses faons en cr$it1 icy on en honoroit les sepultures1 on les appliquoit l1 et nommm5t celle de ,s4 ,&r1 se deff5dre des visions nocturnes1 et les mettre sur les c\*es des enfans contre les en*antem5ts3 ailleurs ils en r5contr]5t vne de bois de gr&e hauteur1 adore p\r ,dieu de la pluye1 et celle l bi5 =t auant dans la t]re f]me3 on y tr\ua vne bi5 expresse image de nos p5it5ti]s3 l'vsage des mitres1 le clibat des pre/res1 l'art de deu9] p> les entrailles des animaux sacrifiez3 l'ab/95ce de t\te sorte de *air et poisson1 leur viure1 la faon aux pre/res d'vs] en (ficiant de langue p>ticuli]e1 et non vulgaire3 et cette fantasie1 que le premi] ,dieu fut *ass p> vn second son fr]e puisn2 qu'ils fur5t cres auec t\tes commoditez1 lesquelles on leur a depuis retran*es p\r leur pe*2 *ang leur t]ritoire1 et empir leur condition naturelle3 qu'autresfois ils ont e/ subm]gez p> l'inondation des eaux cele/es1 qu'il ne s'en sauua que peu de familles1 qui se iett]5t dans les haults creux des montagnes1 lesquels creux ils b\*]5t1 si que l'eau n'y entra po9t1 ayans enf]m l d$ans1 plusieurs sortes d'animaux2 que qu& ils s5tir5t la pluye cess]1 ils mir5t hors des *i5s1 lesquels e/ans reu5us nets et m\illez1 ils iug]5t l'eau n'e/re encore gu]e abaisse2 depuis en ayans faict sortir d'autres1 et les voyans reu5ir b\rbeux1 ils sortir5t repeupl] le monde1 qu'ils tr\u]5t ple9 seulem5t de s]p5s4 ,on r5contra en quelque endroit1 la p]suasion du i\r du iugem5t1 si qu'ils s'(f5oi5t m]ueilleusem5t contre les ,espagnols qui esp&oi5t les os des trespassez1 en f\illant les ri*esses des sepultures1 disans que ces os esc>tez ne se p\rroi5t facilem5t reio9dre3 la trafique p> es*ange1 et non autre1 foires et m>*ez p\r cet effect3 des na9s et p]sonnes dif=mes1 p\r l'ornem5t des tables des ,pr9ces3 l'vsage de la fauconn]ie selon la nature de leurs oyseaux2 subsides tyranniques3 delicatesses de i>d9ages2 dances1 saults batel]esques2 musique d'in/rum5s2 armoiries2 ieux de paulme2 ieu de dez et de sort1 auquel ils s'es*auff5t s\u5t1 iusques s'y i\] eux mesmes1 et leur lib]t3 m$ec9e non autre que de *>mes3 la =me d'escrire p> figures3 creance d'vn seul premi] homme p]e de t\s les peuples2 adoration d'vn ,dieu qui vesquit autrefois homme en p>faicte virg9it1 ieusne1 et pnit5ce1 pres*ant la loy de nature1 et des c]emonies de la religion1 et qui disp>ut du monde1 sans mort naturelle3 l'op9ion des geants3 l'vsage de s'enyur] de leurs breuuages1 et de boire d'autant3 ornem5s religieux pe9ts d'ossem5s et te/es de morts1 surplys1 eau-b5i/e1 asp]gez2 femmes et s]uiteurs1 qui se pres5t5t l'enuy se brusl] et ent]r]1 auec le m>y ou mai/re trespass3 loy que les aisnez succ$5t t\t le bi51 et n'e/ res]u aucune "p au puisn1 que d'obeissance3 c\/ume la promotion de c]ta9 (fice de gr&e au?orit1 que celuy qui e/ promeu pr5d vn n\ueau nom1 et quitte le si53 de v]s] de la *aulx sur le g5\ de l'enfant fres*em5t nay1 en luy disant1 ,tu s v5u de p\ldre1 et ret\rn]as en p\ldre3 l'art des augures4 ,ces va9s ombrages de no/re religion1 qui se voi5t en aucuns de ces exemples1 en tesmoign5t la dignit et la diu9it4 ,non seulem5t elle s'e/ aucunem5t ins9ue en t\tes les nations infideles de dea1 p> quelque imitation1 mais ces b>b>es aussi comme p> vne commune et sup]naturelle inspiration3 c> on y tr\ua aussi la creance du purgatoire1 mais d'vne =me n\uelle2 ce que n\s donnons au feu1 ils le donn5t au froid1 et imag95t les ames1 et purges1 et punies1 p> la rigueur d'vne extreme froidure4 ,et m'adu]tit cet exemple1 d'vne autre plaisante diu]sit3 c> comme il s'y tr\ua des peuples qui aymoy5t deffubl] le b\t de leur membre1 et en retran*oy5t la peau la ,mahumetane et la ,iuifue1 il s'en tr\ua d'autres1 qui faisoi5t si gr&e consci5ce de le deffubl]1 qu' t\t des petits cordons1 ils portoi5t leur peau bi5 soigneusem5t e/iree et atta*ee au dessus1 de peur que ce b\t ne vi/ l'air4 ,et de cette diu]sit aussi1 que comme n\s honorons les ,roys et les fe/es1 en n\s p>ant des plus honne/es ve/em5ts que n\s ayons3 en aucunes regions1 p\r montr] t\te disp>it et submission leur ,roy1 les subiects se pres5toy5t luy1 en leurs plus viles habillem5ts1 et entrants au palais pr5n5t quelque vieille robe des*iree sur la leur bonne1 ce que t\t le lu/re1 et l'ornem5t soit au mai/re4 ,mais suyuons4 ,si ,nature ens]re dans les t]mes de son progrez ord9aire1 comme t\tes autres *oses1 aussi les creances1 les iugem5s1 et op9ions des hommes3 si elles ont leur reuolution1 leur saison1 leur naissance1 leur mort1 comme les *\x3 si le ciel les agite1 et les r\le sa po/e1 quelle magi/rale au?orit et p]manante1 leur allons n\s attribuant8 ,si p> exp]i5ce n\s t\*ons la ma9 que la =me de no/re e/re desp5d de l'air1 du climat1 et du t]roir o n\s naissons3 non seulem5t le ta9ct1 la taille1 la complexion et les cont5ances1 mais encore les facultez de l'ame3 ,et plaga cli non solm ad robur corporum1 s$ etiam animorum facit1 dit ,vegece3 et que la ,deesse fundatrice de la ville d',a!nes1 *oisit la situ]1 vne temp]ature de pays1 qui fi/ les hommes prud5ts1 comme les pre/res d'gypte appr9dr5t ,solon3 ,a!nis t5ue clum3 ex quo etiam acutiores putantur ,attici3 crassum ,!bis3 itaque p+ues ,!bani1 et val5tes3 en mani]e qu'a9si que les fruicts naiss5t diu]s1 et les animaux1 les hommes naiss5t aussi plus et mo9s belliqueux1 iu/es1 temp]ans et dociles3 icy subiects au v91 ailleurs au l>ec9 ou la paill>dise3 icy encl9s sup]/ition1 ailleurs la mescreance3 icy la lib]t1 icy la s]uitude3 capables d'vne sci5ce ou d'vn art3 grossi]s ou +5ieux3 obeyssans ou rebelles3 bons ou mauuais1 selon que porte l'incl9ation du lieu o ils sont assis1 et pr5n5t n\uelle complexion1 si on les *ange de place1 comme les arbres3 qui fut la raison1 p\r laquelle ,cyrus ne v\lut accord] aux ,p]ses d'ab&onn] leur pays aspre et bossu1 p\r se transport] en vn autre d\x et pla93 disant que les t]res grasses et molles font les hommes mols1 et les f]tiles les esprits inf]tiles4 ,si n\s voyons tanto/ fleurir vn art1 vne creance1 tanto/ vne autre1 p> quelque influance cele/e3 tel siecle produire telles natures1 et incl9] l'huma9 g5re tel ou tel ply3 les esprits des hommes tanto/ gaill>s1 tanto/ maigres1 comme nos *amps3 que deui5n5t t\tes ces belles pr]ogatiues dequoy n\s allons flattants8 ,puis qu'vn homme sage se peut mescont]1 et c5t hommes1 et plusieurs nations3 voire et l'huma9e nature selon n\s1 se mesconte plusieurs siecles1 en cecy ou en cela3 quelle seuret auons n\s que p> fois elle cesse de se mescont]1 et qu'en ce siecle elle ne soit en mescompte8 ,il me semble entre autres tesmoignages de no/re imbecillit1 que celuy-cy ne m]ite pas d'e/re oubli1 que p> desir mesme1 l'homme ne sa*e tr\u] ce qu'il luy faut3 que non p> i\yssance1 mais p> imag9ation et p> s\hait1 n\s ne puissions e/re d'accord de ce dequoy n\s auons beso+ p\r n\s cont5t]4 ,laissons no/re p5se taill] et c\dre son plaisir3 elle ne p\rra pas seulem5t desir] ce qui luy e/ propre1 et le satisfaire4 ,quid enim ratione timemus ,aut cupimus8 quid tam dextro p$e concipis1 vt te ,conatus non pniteat1 votique p]acti8 ,c'e/ p\rquoy ,socrates ne requ]oit les ,dieux1 s9on de luy donn] ce qu'ils sauoi5t luy e/re salutaire4 ,et la pri]e des ,lac$emoni5s publique et priue portoit1 simplem5t les *oses bonnes et belles leur e/re octroyes3 remettant la discretion de la puissance supreme le tirage et *oix d'icelles4 ,coniugium petimus1 "pmque vxoris2 at illi ,notum qui pu]i1 qualisque futura sit vxor4 ,et le ,*re/i5 supplie ,dieu que sa volont soit faicte3 p\r ne tomb] en l'inconu5i5t que les potes feign5t du ,roy ,midas4 ,il requit les ,dieux que t\t ce qu'il t\*]oit se conu]ti/ en or3 sa pri]e fut exauce1 son v9 fut or1 son pa9 or1 et la plume de sa c\*e1 et d'or sa *emise et son ve/em5t3 de faon qu'il se tr\ua accabl s\bs la i\yssance de son desir1 et e/r5 d'vne insupportable commodit3 il luy falut despri] ses pri]es3 ,attonitus n\itate mali1 diusque misrque1 ,effug]e optat opes1 et1 qu mod v\]at1 odit4 ,disons de moy-mesme4 ,ie dem&ois la ,=tune autant qu'autre *ose1 l'ordre ,sa9ct ,mi*el e/ant ieune3 c> c'e/oit lors l'extreme m>que d'honneur de la noblesse ,franoise1 et tres-r>e4 ,elle me l'a plaisamm5t accord4 ,au lieu de me mont] et hauss] de ma place1 p\r y aue9dre1 elle m'a bi5 plus gratieusem5t traitt1 elle l'a rauall et rabaiss iusques mes espaules et au dess\bs4 ,cleobis et ,biton1 ,trophonius et ,agam$es1 ayans requis ceux l leur ,deesse1 ceux-cy leur ,dieu1 d'vne recomp5se digne de leur piet1 eur5t la mort p\r pres5t3 tant les op9ions cele/es sur ce qu'il n\s faut1 sont diu]ses aux no/res4 ,dieu p\rroit n\s ottroy] les ri*esses1 les honneurs1 la vie et la sant mesme1 quelquefois no/re dommage3 c> t\t ce qui n\s e/ plaisant1 ne n\s e/ pas t\si\rs salutaire3 si au lieu de la gu]ison1 il n\s envoye la mort1 ou l'empirem5t de nos maux3 ,virga tua et baculus tuus ipsa me consolata sunt3 il le fait p> les raisons de sa provid5ce1 qui reg>de bi5 plus c]ta9em5t ce qui n\s e/ deu1 que n\s ne p\uons faire3 et la deuons pr5dre en bonne "p1 comme d'vne ma9 tres-sage et tres-amie4 ,si consilium vis ,p]mittes ipsis exp5d]e num9ibus1 quid ,conu5iat nobis1 rebsque sit vtile no/ris3 ,*>ior e/ illis homo qum sibi4 ,c> de les requ]ir des honneurs1 des *>ges1 c'e/ les requ]ir1 qu'ils v\s iett5t vne bataille1 ou au ieu des dez1 ou telle autre *ose1 de laquelle l'issue v\s e/ incognue1 et le fruict d\bteux4 ,il n'e/ po9t de combat si viol5t entre les philosophes1 et si aspre1 que celuy qui se dresse sur la "q du s\u]a9 bi5 de l'homme3 duquel p> le calcul de ,v>ro1 nasquir5t deux c5s quatre v+tz sectes4 ,qui autem de summo bono diss5tit1 de tota philosophi ratione disputat4 ,tres mihi conuiu prop diss5tire vid5tur1 ,posc5tes v>io multum diu]sa palato3 ,quid dem8 quid non dem8 ,r5uis tu quod iubet alt]2 ,quod petis1 id san e/ inuisum acidmque duobus4 ,nature deuroit a9si respondre leurs conte/ations1 et leurs debats4 ,les uns dis5t no/re bi5 e/re1 log] en la v]tu3 d'autres1 en la volupt3 d'autres1 au cons5tir ,nature3 qui en la sci5ce3 qui n'auoir po9t de d\leur3 qui ne se laiss] emport] aux app>5ces3 et cette fantasie semble retir] cet' autre1 de l'anci5 ,py?agoras3 ,nil admir>i1 prop res e/ vna1 ,numaci1 ,solque1 qu possit fac]e et s]u>e beatum1 qui e/ la f9 de la secte ,pyrrhoni5ne4 ,ari/ote attribue magnanimit1 ri5 n'admir]4 ,et disoit ,ar*silas1 les s\/5em5s et l'e/at droit et inflexible du iugem5t1 e/re les bi5s3 mais les cons5tem5s et applications e/re les vices et les maux4 ,il e/ vray qu'en ce qu'il l'e/ablissoit p> axiome c]ta91 il se dp>toit du ,pyrrhonisme4 ,les ,pyrrhoni5s1 qu& ils dis5t que le s\u]a9 bi5 c'e/ l',at>axie1 qui e/ l'immobilit du iugem5t1 ils ne l'ent5d5t pas dire d'vne faon affirmatiue1 mais le mesme bransle de leur ame1 qui leur fait fuir les precipices1 et se mettre c\u]t du s]e91 celuy l mesme leur pres5te cette fantasie1 et leur en fait refus] vne autre4 ,combi5 ie desire1 que p5dant que ie vis1 ou quelque autre1 ou ,iu/us ,lipsius1 le plus sauant homme qui n\s re/e1 d'vn esprit tres-poly et iudicieux1 vrayem5t g]ma9 mon ,turnebus1 eu/ et la volont1 et la sant1 et assez de repos1 p\r ramass] en vn regi/re1 selon leurs diuisions et leurs classes1 s9c]em5t et curieusem5t1 autant que n\s y p\uons voir1 les op9ions de l'anci5ne philosophie sur le subiect de no/re e/re et de nos murs1 leurs contr\]ses1 le cr$it et suitte des p>s1 l'application de la vie des au!urs et sectateurs1 leurs preceptes1 s accid5s memorables et exemplaires6 ,le bel ouurage et vtile que ce s]oit6 ,au demeurant1 si c'e/ de n\s que n\s tirons le reglem5t de nos murs1 quelle confusion n\s reiettons n\s8 ,c> ce que no/re raison n\s y conseille de plus vray-semblable1 c'e/ g5]alem5t *acun d'obeyr aux loix de son pays1 comme e/ l'aduis de ,socrates inspir1 dit-il1 d'vn conseil diu94 ,et p> l que veut elle dire1 s9on que no/re deuoir n'a autre regle que =tuite8 ,la v]it doit auoir vn visage p>eil et vniu]sel4 ,la droiture et la iu/ice1 si l'homme en cognoissoit1 qui eu/ corps et v]itable ess5ce1 il ne l'atta*]oit pas la condition des c\/umes de cette contre1 ou de celle l3 ce ne s]oit pas de la fantasie des ,p]ses ou des ,indes1 que la v]tu pr5droit sa =me4 ,il n'e/ ri5 subiect plus cont9uelle agitation que les loix4 ,depuis que ie suis nay1 i'ay veu trois et quatre fois1 re*ang] celles des ,anglois noz vois9s1 non seulem5t en subiect politique1 qui e/ celuy qu'on veut disp5s] de con/ance1 mais au plus important subiect qui puisse e/re1 sauoir de la religion4 ,dequoy i'ay honte et despit1 d'autant plus que c'e/ vne nation1 laquelle ceux de mon qu>ti] ont eu autrefois vne si priue acco9tance1 qu'il re/e encore en ma maison aucunes traces de no/re anci5 c\s9age4 ,et *ez n\s icy1 i'ay veu telle *ose qui n\s e/oit capitale1 deu5ir legitime3 et n\s qui en t5ons d'autres1 sommes mesmes1 selon l'inc]titude de la =tune gu]ri]e1 d'e/re vn i\r crim9els de lse maje/ huma9e et diu9e1 no/re iu/ice tombant la m]cy de l'iniu/ice3 et en l'espace de peu d'annes de possession1 pr5ant vne ess5ce contraire4 ,comm5t p\uoit ce ,dieu anci5 plus clairem5t accus] en l'huma9e cognoissance l'ignorance de l'e/re diu93 et appr5dre aux hommes1 que leur religion n'e/oit qu'vne piece de leur inu5tion1 propre li] leur societ1 qu'en decl>ant1 comme il fit1 ceux qui en re*]*oi5t l'in/ruction de son trepi$1 que le vray culte *acun1 e/oit celuy qu'il tr\uoit obs]u p> l'vsage du lieu1 o il e/oit8 ,o ,dieu1 quelle obligation n'auons n\s la b5ignit de no/re s\u]a9 createur1 p\r auoir desniais no/re creance de ces vagabondes et arbitraires deuotions1 et l'auoir loge sur l'et]nelle base de sa sa9cte p>olle8 ,que n\s dira donc en cette necessit la philosophie8 que n\s suyuions les loix de no/re pays8 c'e/ dire cette m] flottante des op9ions d'vn peuple1 ou d'vn ,pr9ce1 qui me pe9dront la iu/ice d'autant de c\leurs1 et la re=m]ont en autant de visages1 qu'il y aura en eux de *angem5s de passion4 ,ie ne puis pas auoir le iugem5t si flexible4 ,quelle bont e/-ce1 que ie voyois hy] en cr$it1 et dema9 ne l'e/re plus3 et que le traiect d'vne riui]e fait crime8 ,quelle v]it e/-ce que ces montaignes born5t m5songe au monde qui se ti5t au del8 ,mais ils sont plaisans1 qu& p\r donn] quelque c]titude aux loix1 ils dis5t qu'il y en a aucunes f]mes1 p]petuelles et immuables1 qu'ils nomm5t naturelles1 qui sont empre9tes en l'huma9 g5re p> la condition de leur propre ess5ce3 et de celles l1 qui en fait le nombre de trois1 qui de quatre1 qui plus1 qui mo9s3 signe1 que c'e/ vne m>que aussi d\teuse que le re/e4 ,or ils sont si de=tunez 7c> comm5t puis-ie nomm] cela1 s9on de=tune1 que d'vn nombre de loix si inf9y1 il ne s'en r5contre aumo9s vne que la =tune et tem]it du sort ait p]mis e/re vniu]sellem5t receu p> le cons5tem5t de t\tes les nations87 ils sont1 dis-ie1 si mis]ables1 que de ces trois ou quatre loix *oisies1 il n'en y a vne seule1 qui ne soit contr$ite et desaduoee1 non p> vne nation1 mais p> plusieurs4 ,or c'e/ la seule enseigne vray-semblable1 p> laquelle ils puiss5t argum5t] aucunes loix naturelles1 que l'vniu]sit de l'approbation3 c> ce que ,nature n\s auroit v]itablem5t ordonn1 n\s l'ensuyurions sans d\bte d'vn commun cons5tem5t3 et non seulem5t t\te nation1 mais t\t homme p>ticuli]1 ress5tiroit la =ce et la viol5ce1 que luy f]oit celuy1 qui le v\droit p\ss] au contraire de cette loy4 ,qu'ils m'en montr5t p\r voir1 vne de cette condition4 ,protagoras et ,ari/on ne donnoy5t autre ess5ce la iu/ice des loix1 que l'au?orit et op9ion du legislateur3 et que cela mis "p1 le bon et l'honne/e p]doy5t leurs qualitez1 et demeuroy5t des noms va9s1 de *oses indiff]5tes4 ,?rasyma*us en ,platon e/ime qu'il n'y a po9t d'autre droit que la commodit du sup]ieur4 ,il n'e/ *ose1 en quoy le monde soit si diu]s qu'en c\/umes et loix4 ,telle *ose e/ icy abom9able1 qui apporte recomm&ation ailleurs3 comme en ,lac$emone la subtilit de desrob]4 ,les m>iages entre les pro*es sont capitalem5t def5dus entre n\s1 ils sont ailleurs en honneur1 ,g5tes esse f]untur1 ,9 quibus et nato g5itrix1 et nata p>5ti ,iungitur1 et pietas gem9ato crescit amore4 ,le meurtre des enfans1 meurtre des p]es1 communication de femmes1 trafique de vol]ies1 lic5ce t\tes sortes de voluptez3 il n'e/ ri5 en somme si extreme1 qui ne se tr\ue receu p> l'vsage de quelque nation4 ,il e/ croyable qu'il y a des loix naturelles3 comme il se voit s autres creatures3 mais en n\s elles sont p]dus1 cette belle raison huma9e s'+]ant p> t\t de mai/ris] et comm&]1 br\illant et confondant le visage des *oses1 selon sa vanit et incon/ance4 ,nihil itaque amplius no/rum e/3 quod no/rum dico1 artis e/4 ,les subiets ont diu]s lu/res et diu]ses consid]ations3 c'e/ de l que s'eng5dre pr9cipalem5t la div]sit d'op9ions4 ,vne nation reg>de vn subiect p> vn visage1 et s'arre/e celuy l3 l'autre p> vn autre4 ,il n'e/ ri5 si horrible imag9]1 que de mang] son p]e4 ,les peuples qui auoy5t anci5nem5t cette c\/ume1 la pr5oy5t t\tesfois p\r tesmoignage de piet et de bonne affection1 *]*ant p> l donn] leurs prog5iteurs la plus digne et honorable sepulture3 logeants en eux mesmes et comme en leurs moelles1 les corps de leurs p]es et leurs reliques3 les viuifiants aucunem5t et reg5]ants p> la transmutation en leur *air viue1 au moy5 de la dige/ion et du n\rrissem5t4 ,il e/ ays consid]] quelle cruaut et abom9ation c'eu/ e/ des hommes abreuuez et imbus de cette sup]/ition1 de iett] la desp\ille des p>5s la corruption de la t]re1 et n\rriture des be/es et des v]s4 ,lycurgus consid]a au l>rec91 la viuacit1 dilig5ce1 h>diesse1 et adresse1 qu'il y a surpr5dre quelque *ose de son vois91 et l'vtilit qui reui5t au public1 que *acun en reg>de plus curieusem5t la cons]uation de ce qui e/ si53 et e/ima que de cette d\ble in/itution1 assaillir et def5dre1 il s'en tiroit du fruit la discipl9e militaire 7qui e/oit la pr9cipale sci5ce et v]tu1 quoy il v\loit duire cette nation7 de plus gr&e consid]ation1 que n'e/oit le desordre et l'iniu/ice de se preualoir de la *ose d'autruy4 ,dionysius le tyran (frit ,platon vne robbe la mode de ,p]se1 longue1 damasqu9e1 et p>fume3 ,platon la refusa1 disant1 qu'e/ant nay homme1 il ne ve/iroit pas volonti]s de robbe de femme3 mais ,ari/ippus l'accepta1 auec cette responce1 que nul acc\/rem5t ne p\uoit corrompre vn *a/e c\rage4 ,ses amis tanoi5t sa las*et de pr5dre si peu cur1 que ,dionysius luy eu/ cra* au visage3 ,les pes*eurs1 dit-il1 s\ffr5t bi5 d'e/re baigns des ondes de la m]1 depuis la te/e iusqu'aux pi$s1 p\r attrap] vn g\jon4 ,diog5es lauoit ses *\lx1 et le voyant pass]1 ,si tu savois viure de *\lx1 tu ne f]ois pas la c\r vn tyran4 ,a quoy ,ari/ippus1 ,si tu sauois viure entre les hommes1 tu ne lau]ois pas des *\lx4 ,voyl comm5t la raison f\rnit d'app>5ce diu]s effects4 ,c'e/ vn pot deux ances1 qu'on peut saisir gau*e et dextre4 ,bellum1 t]ra hospita1 portas3 ,bello armantur equi1 bellum hc arm5ta m9antur3 ,s$ tam5 ijdem olim curru succ$]e sueti ,quadrup$es1 et fr5a iugo concordia f]re1 ,spes e/ pacis4 ,on pres*oit ,solon de n'esp&re p\r la mort de son fils des armes impuissantes et inutiles3 ,et c'e/ p\r cela1 dit-il1 que plus iu/em5t ie les espans1 qu'elles sont inutiles et impuissantes4 ,la femme de ,socrates r5gregeoit son deuil p> telle circon/ance1 ,o qu'iniu/em5t le font m\rir ces mes*ants iuges6 ,aim]ois tu donc mieux que ce fu/ iu/em5t8 luy repliqua il4 ,n\s portons les oreilles p]ces1 les ,grecs t5oi5t cela p\r vne m>que de s]uitude4 ,n\s n\s ca*ons p\r i\r de nos femmes1 les ,indi5s le font en public4 ,les ,scy!s immoloy5t les e/rang]s en leurs temples1 ailleurs les temples s]u5t de fran*ise4 ,inde furor vulgi1 qud num9a vic9orum ,odit quisque locus1 cm solos cr$at hab5dos ,esse ,deos quos ipse colit4 ,i'ay ouy p>l] d'vn iuge1 lequel o il r5controit vn aspre conflit entre ,b>tolus et ,baldus1 et quelque mati]e agite de plusieurs contr>ietez1 mettoit en m>ge de son liure4 ,"q p\r l'amy1 c'e/ dire que la v]it e/oit si embr\ille et debatue1 qu'en p>eille cause1 il p\rroit fauoris] celle des p>ties que bon luy sembl]oit4 ,il ne t5oit qu' faute d'esprit et de suffisance1 qu'il ne peu/ mettre p> t\t1 ,"q p\r l'amy4 ,les aduocats et les iuges de no/re temps1 tr\u5t t\tes causes1 assez de biais p\r les accommod] o bon leur semble4 ,a vne sci5ce si inf9ie1 dp5dant de l'au?orit de tant d'op9ions1 et d'vn subiect si arbitraire1 il ne peut e/re1 qu'il n'en naisse vne confusion extreme de iugem5s4 ,aussi n'e/-il gu]e si clair procs1 auquel les aduis ne se tr\u5t diu]s3 ce qu'vne compaignie a iug1 l'autre le iuge au contraire1 et elle mesmes au contraire vne autre fois4 ,dequoy n\s voyons des exemples ord9aires1 p> cette lic5ce1 qui ta*e m]ueilleusem5t la c]imonieuse au?orit et lu/re de no/re iu/ice1 de ne s'arre/] aux arre/s1 et c\rir des vns aux autres iuges1 p\r decid] d'vne mesme cause4 ,quant la lib]t des op9ions philosophiques1 t\*ant le vice et la v]tu1 c'e/ *ose o il n'e/ beso+ de s'e/5dre3 et o il se tr\ue plusieurs aduis1 qui val5t mieux teus que publiez aux foibles esprits4 ,arcesilaus disoit n'e/re consid]able en la paill>dise1 de quel co/ et p> o on le fu/4 ,et obscnas voluptates1 si natura requirit non g5]e1 aut loco1 aut ord9e1 s$ =ma1 tate1 figura meti5das ,epicurus putat4 ,ne amores quidem sanctos sapi5te ali5os esse arbitrantur4 ,quramus ad quam vsque tatem iuu5es am&i s9t4 ,ces deux d]ni]s lieux ,/oques1 et sur ce propos1 le repro*e de ,diog>*us ,platon mesme1 montr5t combi5 la plus sa9e philosophie s\ffre de lic5ces esloignes de l'vsage commun1 et excessiues4 ,les loix pr5n5t leur au?orit de la possession et de l'vsage3 il e/ dang]eux de les ram5] leur naissance3 elles grossiss5t et s'annobliss5t en r\lant1 comme nos riui]es3 suyuez les contremont iusques leur s\rce1 ce n'e/ qu'vn petit surjon d'eau pe9e recognoissable1 qui s'enorgueillit a9s91 et se =tifie1 en vieillissant4 ,voyez les anci5nes consid]ations1 qui ont donn le premi] branle ce fameux torr5t1 ple9 de dignit1 d'horreur et de reu]5ce3 v\s les tr\u]ez si leg]es et si delicates1 que ces g5s icy qui pois5t t\t1 et le ram55t la raison1 et qui ne reoiu5t ri5 p> au?orit et cr$it1 il n'e/ pas m]ueille s'ils ont leurs iugem5ts s\u5t tres-esloignez des iugem5s publiques4 ,g5s qui pr5n5t p\r patron l'image premi]e de ,nature1 il n'e/ pas m]ueille1 si en la plusp>t de leurs op9ions1 ils gau*iss5t la voye commune4 ,comme p\r exemple3 peu d'entre eux euss5t appr\u les conditions contra9ctes de nos m>iages3 et la plus "p ont v\lu les femmes communes1 et sans obligation4 ,ils refusoi5t nos c]emonies4 ,*rysippus disoit1 qu'vn philosophe f]a vne d\za9e de culebutes en public1 voire sans haut de *ausses1 p\r vne d\za9e d'oliues4 ,a pe9e eu/ il donn aduis ,cli/h5es de refus] la belle ,ag>i/e sa fille1 ,hippoclides1 p\r luy auoir veu faire l'arbre f\r* sur vne table4 ,metrocles las*a vn peu indiscretem5t vn pet en disputant1 en pres5ce de son es*ole3 et se t5oit en sa maison ca* de honte1 iusques ce que ,crates le fut visit]3 et adi\/ant ses consolations et raisons1 l'exemple de sa lib]t1 se mettant pet] l'enuy auec luy1 il luy o/a ce scrupule3 et de plus1 le retira sa secte ,/oque1 plus fran*e1 de la secte ,p]ipatetique plus ciuile1 laquelle iusque lors il auoit suiuy4 ,ce que n\s appellons honne/et1 de n'os] faire desc\u]t1 ce qui n\s e/ honne/e de faire c\u]t1 ils l'appelloi5t sottise3 et de faire le f9 taire et desaduoer ce que nature1 c\/ume1 et no/re desir publi5t et proclam5t de nos actions1 ils l'e/imoy5t vice4 ,et leur sembloit1 que c'e/oit affoll] les my/]es de ,v5us1 que de les o/] du retir sacraire de son temple1 p\r les expos] la veu du peuple3 et que tir] ses jeux hors du rideau1 c'e/oit les p]dre4 ,c'e/ *ose de poix1 que la honte3 la recelation1 res]uation1 circonscription1 p>ties de l'e/imation4 ,que la volupt tres +5ieusem5t faisoit in/ance1 s\s le masque de la v]tu1 de n'e/re pro/itue au milieu des qu>ref\rs1 f\le des pi$s et des yeux de la commune1 tr\uant dire la dignit et commodit de ses cab9ets acc\/umez4 ,de l dis5t aucuns1 que d'o/] les bordels publiques1 c'e/ non seulem5t esp&re p> t\t la paill>dise1 qui e/oit assigne ce lieu l1 mais encore esguillonn] les hommes vagabonds et oisifs ce vice1 p> la malaisance4 ,m*us es ,aufidi1 qui vir1 ,coru9e1 fui/i2 ,riualis fu]at qui tuus1 ille vir e/4 ,cur ali5a placet tibi1 qu tua non placet vxor8 ,nunquid securus non potes arrig]e8 ,cette exp]i5ce se diu]sifie en mille exemples4 ,nullus 9 vrbe fuit tota1 qui tang]e vellet ,vxorem gratis ,cciliane tuam1 ,dum licuit3 s$ nunc1 positis cu/odibus1 +5s ,turba fututorum e/4 ,+5iosus homo es4 ,on dem&a vn philosophe qu'on surprit mesme1 ce qu'il faisoit3 il respondit t\t froidem5t1 ,ie plante vn homme3 ne r\gissant non plus d'e/re r5contr en cela1 que si on l'eu/ tr\u plantant des aulx4 ,c'e/1 comme i'e/ime1 d'vne op9ion t5dre1 respectueuse1 qu'vn gr& et religieux au!ur ti5t cette action1 si necessairem5t oblige l'occultation et la v]gongne1 qu'en la lic5ce des embrassem5ts ,cyniques1 il ne se peut p]suad]1 que la besoigne en v9/ sa f93 a9s qu'elle s'arre/oit repres5t] des m\uem5ts lascifs seulem5t1 p\r ma9t5ir l'impud5ce de la pr(ession de leur es*ole3 et que p\r eslanc] ce que la honte auoit contra9ct et retir1 il leur e/oit encore apres beso9 de *]*] l'ombre4 ,il n'auoit pas veu assez auant en leur desbau*e4 ,c> ,diog5es ex]ant en publiq sa ma/urbation1 faisoit s\hait en pres5ce du peuple assi/ant1 de p\uoir a9si sa\l] son v5tre en le frottant4 ,a ceux qui luy dem&oy5t1 p\rquoy il ne *]*oit lieu plus commode mang]1 qu'en ple9e ru3 ,c'e/1 respondoit il1 que i'ay faim en ple9e ru4 ,les femmes philosophes1 qui se mesloy5t leur secte1 se mesloy5t aussi leur p]sonne1 en t\t lieu1 sans discretion3 et ,hipp>*ia ne fut receu en la societ de ,crates1 qu'en condition de suyure en t\tes *oses les vz et c\/umes de sa regle4 ,ces philosophes icy donnoi5t extreme prix la v]tu3 et refusoy5t t\tes autres discipl9es que la morale3 si e/-ce qu'en t\tes actions ils attribuoy5t la s\u]a9e au?orit l'election de leur sage1 et au dessus des loix3 et n'ordonnoy5t aux voluptez autre bride1 que la mod]ation1 et la cons]uation de la lib]t d'autruy4 ,h]aclitus et ,protagoras1 de ce que le v9 semble am] au malade1 et gracieux au sa93 l'auiron tortu dans l'eau1 et droit ceux qui le voy5t hors de l3 et de p>eilles app>5ces contraires qui se tr\u5t aux subiects1 argum5t]5t que t\s subiects auoy5t en eux les causes de ces app>5ces3 et qu'il y auoit au v9 quelque am]tume1 qui se rapportoit au g\/ du malade2 l'auiron1 c]ta9e qualit c\rbe1 se rapportant celuy qui le reg>de dans l'eau4 ,et a9si de t\t le re/e4 ,qui e/ dire1 que t\t e/ en t\tes *oses1 et p> consequ5t ri5 en aucune3 c> ri5 n'e/1 o t\t e/4 ,cette op9ion me ram5toit l'exp]i5ce que n\s auons1 qu'il n'e/ aucun s5s ny visage1 ou droict1 ou am]1 ou d\x1 ou c\rbe1 que l'esprit huma9 ne tr\ue aux escrits1 qu'il entrepr5d de f\ll]4 ,en la p>ole la plus nette1 pure1 et p>faicte1 qui puisse e/re1 combi5 de faucet et de m5songe a lon faict nai/re8 quelle h]esie n'y a tr\u des fondem5ts assez1 et tesmoignages1 p\r entrepr5dre et p\r se ma9t5ir8 ,c'e/ p\r cela1 que les au!urs de telles erreurs1 ne se veul5t iamais dep>tir de cette preuue du tesmoignage de l'int]pretation des mots4 ,vn p]sonnage de dignit1 me v\lant appr\u] p> au?orit1 cette que/e de la pi]re philosophale1 o il e/ t\t plong3 m'allegua d]ni]em5t c9q ou six passages de la ,bible1 sur lesquels1 il disoit1 s'e/re premi]em5t fond p\r la des*>ge de sa consci5ce3 7c> il e/ de pr(ession ecclesia/ique7 et la v]it l'inu5tion n'en e/oit pas seulem5t plaisante1 mais encore bi5 proprem5t accommode la deff5ce de cette belle sci5ce4 ,p> cette voye1 se gaigne le cr$it des fables diu9atrices4 ,il n'e/ progno/iqueur1 s'il a cette au?orit1 qu'on le daigne feuillet]1 et re*]*] curieusem5t t\s les plis et lu/res de ses p>oles1 qui on ne face dire t\t ce qu'on v\dra1 comme aux ,sybilles4 ,il y a tant de moy5s d'int]pretation1 qu'il e/ malais que de biais1 ou de droit fil1 vn esprit +5ieux ne r5contre en t\t subiect1 quelque air1 qui luy s]ue son po9ct4 ,p\rtant se tr\ue vn /ile nubileux et d\bteux1 en si frequ5t et anci5 vsage4 ,que l'au!ur puisse gaign] cela1 d'attir] et embesoign] soy la po/]it4 ,ce que non seulem5t la suffisance1 mais autant1 ou plus1 la faueur =tuite de la mati]e peut gaign]4 ,qu'au demeurant il se pres5te p> be/ise ou p> f9esse1 vn peu obscurem5t et diu]sem5t3 ne luy *aille4 ,nombre d'esprits le belutants et secoants1 en exprim]ont quantit de =mes1 ou selon1 ou co/1 ou au contraire de la si5ne1 qui luy f]ont t\tes honneur4 ,il se v]ra enri*i des moy5s de ses disciples1 comme les reg5ts du ,l&it4 ,c'e/ ce qui a faict valoir plusieurs *oses de neant1 qui a mis en cr$it plusieurs escrits1 et *>g de t\te sorte de mati]e qu'on a v\lu3 vne mesme *ose receuant mille et mille1 et autant qu'il n\s plai/ d'images et consid]ations diu]ses4 ,e/-il possible qu',hom]e aye v\lu dire t\t ce qu'on luy fait dire3 et qu'il se soit pre/ tant et si diu]ses figures1 que les !ologi5s1 legislateurs1 capita9es1 philosophes1 t\te sorte de g5ts1 qui traitt5t sci5ces1 p\r diu]sem5t et contrairem5t qu'ils les traitt5t1 s'appuy5t de luy1 s'en rapport5t luy3 ,mai/re g5]al t\ts (fices1 ouurages1 et artisans3 ,g5]al ,conseill] t\tes entreprises8 ,quiconque a eu beso+ d'oracles et de pr$ictions1 en y a tr\u p\r son faict4 ,vn p]sonnage sauant et de mes amis1 c'e/ m]ueille quels r5contres et combi5 admirables il y faict nai/re1 en faueur de no/re religion3 et ne se peut aysm5t dep>tir de cette op9ion1 que ce ne soit le desse9 d',hom]e1 7si luy e/ cet au!ur aussi famili] qu' homme de no/re siecle74 ,et ce qu'il tr\ue en faueur de la no/re1 plusieurs anci5nem5t l'auoi5t tr\u en faueur des leurs4 ,voyez dem5] et agit] ,platon1 *acun s'honorant de l'appliqu] soy1 le c\*e du co/ qu'il le veut4 ,on le prome9e et l'ins]e t\tes les n\uelles op9ions1 que le monde reoit3 et le diff]5te lon soy-mesmes selon le diff]5t c\rs des *oses4 ,on fait desaduoer son s5s1 les murs licites en son siecle1 d'autant qu'elles sont illicites au no/re4 ,t\t cela1 viuem5t et puissamm5t1 autant qu'e/ puissant et vif l'esprit de l'int]prete4 ,sur ce mesme fondem5t qu'auoit ,h]aclitus1 et cette si5ne s5t5ce1 ,que t\tes *oses auoy5t en elles les visages qu'on y tr\uoit1 ,democritus en tiroit vne t\te contraire conclusion3 c'e/ que les subiects n'auoi5t du t\t ri5 de ce que n\s y tr\uions3 et de ce que le miel e/oit d\x l'vn1 et am] l'autre1 il argum5toit1 qu'il n'e/oit ny d\x1 ny am]4 ,les ,pyrrhoni5s diroi5t qu'ils ne sau5t s'il e/ d\x ou am]1 ou ny l'vn ny l'autre1 ou t\s les deux3 c> ceux-cy gaign5t t\si\rs le haut po9ct de la dubitation4 ,les ,cyr5ay5s t5oy5t1 que ri5 n'e/oit p]ceptible p> le dehors1 et que cela e/oit seulem5t p]ceptible1 qui n\s t\*oit p> l'int]ne att\*em5t1 comme la d\leur et la volupt3 ne recognoissants ny ton1 ny c\leur1 mais c]ta9es affections seulem5t1 qui n\s en v5oy5t3 et que l'homme n'auoit autre siege de son iugem5t4 ,protagoras e/imoit e/re vray *acun1 ce qui semble *acun4 ,les ,epicuri5s log5t aux s5s t\t iugem5t1 et en la notice des *oses1 et en la volupt4 ,platon a v\lu1 le iugem5t de la v]it1 et la v]it mesme retire des op9ions et des s5s1 app>t5ir l'esprit et la cogitation4 ,ce propos m'a port sur la consid]ation des s5s1 ausquels git le plus gr& fondem5t et preuue de no/re ignorance4 ,t\t ce qui se cognoi/1 il se cognoi/ sans d\bte p> la facult du cognoissant3 c> puis que le iugem5t vi5t de l'op]ation de celuy qui iuge1 c'e/ raison que cette op]ation il la p>face p> ses moy5s et volont1 non p> la contra9cte d'autruy3 comme il adui5droit1 si n\s cognoissions les *oses p> la =ce et selon la loy de leur ess5ce4 ,or t\te cognoissance s'a*em9e en n\s p> les s5s1 ce sont nos mai/res3 ,via qua munita fidei ,proxima f]t humanum 9 pectus1 templque m5tis4 ,la sci5ce comm5ce p> eux1 et se res\t en eux4 ,apres t\t1 n\s ne saurions non plus qu'vne pi]re1 si n\s ne sauions1 qu'il y a son1 odeur1 lumi]e1 faueur1 mesure1 poix1 mollesse1 durt1 aspret1 c\leur1 polisseure1 l>geur1 pr(ondeur4 ,voyla le plant et les pr9cipes de t\t le ba/im5t de no/re sci5ce4 ,et selon aucuns1 sci5ce n'e/ ri5 autre *ose1 que s5tim5t4 ,quiconque me peut p\ss] contr$ire les s5s1 il me ti5t la gorge1 il ne me sauroit faire recul] plus arri]e4 ,les s5s sont le comm5cem5t et la f9 de l'huma9e cognoissance4 ,inu5ies primis ab s5sibus esse creatam ,notitiam v]i1 neque s5sus posse refelli4 ,quid maiore fide porro qum s5sus hab]i ,debet8 ,qu'on leur attribue le mo9s qu'on p\rra1 t\si\rs faudra il leur donn] cela1 que p> leur voye et entremise s'a*em9e t\te no/re in/ruction4 ,cic]o dit que ,*rysippus ayant essay de rabattre de la =ce des s5s et de leur v]tu1 se repres5ta soy-mesmes des argum5s au contraire1 et des oppositions si vehem5tes1 qu'il n'y peut satisfaire4 ,surquoy ,c>neades1 qui ma9t5oit le contraire p>ty1 se vantoit de se s]uir des armes mesmes et p>oles de ,*rysippus1 p\r le combattre3 et s'escrioit cette cause contre luy3 ,o mis]able1 ta =ce t'a p]du4 ,il n'e/ aucun absurde1 selon n\s1 plus extreme1 que de ma9t5ir que le feu n'es*auffe po9t1 que la lumi]e n'esclaire po9t1 qu'il n'y a po9t de pesanteur au f]1 ny de f]met1 qui sont notices que n\s apport5t les s5s2 ny creance1 ou sci5ce en l'homme1 qui se puisse comp>] celle-l en c]titude4 ,la premi]e consid]ation que i'ay sur le subiect des s5s1 e/ que ie mets en d\bte que l'homme soit pr\ueu de t\s s5s naturels4 ,ie voy plusieurs animaux1 qui viu5t vne vie enti]e et p>faicte1 les vns sans la veu1 autres sans l'ouye3 qui sait si n\s aussi il ne manque pas encore vn1 deux1 trois1 et plusieurs autres s5s8 ,c> s'il en manque quelqu'vn1 no/re disc\rs n'en peut dc\urir le dfaut4 ,c'e/ le priuilege des s5s1 d'tre l'extreme borne de no/re ap]ceuance4 ,il n'y a ri5 au del d'eux1 qui n\s puisse s]uir les desc\urir3 voire ny l'vn s5s n'en peut desc\urir l'autre4 ,an pot]unt oculos aures repreh5d]e1 an aures ,tactus1 an hunc porro tactum sapor arguet oris1 ,an confutabunt n>es1 oculiue reu9c5t8 ,ils font tre/\s1 la ligne extreme de no/re facult4 ,seorsum cuique pote/as ,diuisa e/1 sua vis cuique e/4 ,il e/ impossible de faire conceuoir vn homme naturellem5t aueugle1 qu'il n'y void pas1 impossible de luy faire desir] la veu et regrett] son defaut4 ,p>quoy1 n\s ne deuons pr5dre aucune asseurance de ce que no/re ame e/ cont5te et satisfaicte de ceux que n\s auons3 veu qu'elle n'a pas dequoy s5tir en cela sa maladie et son imp]fection1 si elle y e/4 ,il e/ impossible de dire *ose cet aueugle1 p> disc\rs1 argum5t1 ny similitude1 qui loge en son imag9ation aucune appreh5sion1 de lumi]e1 de c\leur1 et de veu4 ,il n'y a ri5 plus arri]e1 qui puisse p\ss] le s5s en euid5ce4 ,les aueugles nais1 qu'on void desir] voir1 ce n'e/ pas p\r ent5dre ce qu'ils dem&5t3 ils ont appris de n\s1 qu'ils ont dire quelque *ose1 qu'ils ont quelque *ose desir]1 qui e/ en n\s1 laquelle ils nomm5t bi51 et ses effects et consequ5ces3 mais ils ne sau5t p\rtant pas que c'e/1 ny ne l'appreh5d5t ny pres ny lo+4 ,i'ay veu vn ,g5til-homme de bonne maison1 aueugle nay1 aumo9s aueugle de tel aage1 qu'il ne sait que c'e/ que de veu3 il ent5d si peu ce qui luy manque1 qu'il vse et se s]t comme n\s1 des p>oles propres au voir1 et les applique d'vne mode t\te si5ne et p>ticuli]e4 ,on luy pres5toit vn enfant duquel il e/oit p>ra91 l'ayant pris entre ses bras3 ,mon ,dieu1 dit-il1 le bel enfant1 qu'il le fait beau voir1 qu'il a le visage gay4 ,il dira comme l'vn d'entre n\s1 ,cette sale a vne belle veu1 il fait clair1 il fait beau soleil4 ,il y a plus3 c> p> ce que ce sont nos ex]cices que la *asse1 la paume1 la bute1 et qu'il l'a ouy dire1 il s'y affectionne et s'y embesoigne3 et croid y auoir la mesme "p1 que n\s y auons3 il s'y picque et s'y plai/1 et ne les reoit p\rtant que p> les oreilles4 ,on luy crie1 que voyla vn liure1 qu& on e/ en quelque belle splanade1 o il puisse picqu]3 et puis on luy dit encore1 que voyla vn lieure pris3 le voyla aussi fi] de sa prise1 comme il oit dire aux autres1 qu'ils le sont4 ,l'e/euf1 il le pr5d la ma9 gau*e1 et le p\sse t\t sa raquette3 de la h>queb\se1 il en tire l'adu5ture1 et se paye de ce que ses g5s luy dis5t1 qu'il e/ ou haut1 ou co/i]4 ,que sait-on si le g5re huma9 fait vne sottise p>eille1 faute de quelque s5s1 et que p> ce defaut1 la plus "p du visage des *oses n\s soit ca*8 ,que sait-on1 si les difficultez que n\s tr\uons en plusieurs ouurages de ,nature1 vi5n5t de l8 et si plusieurs effets des animaux qui exc$5t no/re capacit1 sont produicts p> la facult de quelque s5s1 que n\s ayons dire8 et si aucuns d'entre eux ont vne vie plus ple9e p> ce moy51 et enti]e que la no/re8 ,n\s saisissons la pomme quasi p> t\s nos s5s3 n\s y tr\uons de la r\geur1 de la polisseure1 de l'odeur et de la d\ceur3 outre cela1 elle peut auoir d'autres v]tus1 comme d'assei*] ou re/re9dre1 ausquelles n\s n'auons po9t de s5s qui se puisse rapport]4 ,les proprietez que n\s appellons occultes en plusieurs *oses1 comme l'aymant d'attir] le f]1 n'e/-il pas vraysemblable qu'il y a des facultez s5sitiues en ,nature propres les iug] et les app]ceuoir1 et que le defaut de telles facultez1 n\s apporte l'ignorance de la vraye ess5ce de telles *oses8 ,c'e/ l'auanture quelque s5s p>ticuli]1 qui desc\ure aux coqs l'heure du mat9 et de m9uict1 et les esmeut *ant]3 qui appr5d aux p\lles1 avaut t\t vsage et exp]i5ce1 de cra9dre vn esp>ui]1 et non vne oye1 ny vn paon1 plus gr&es be/es3 qui adu]tit les p\lets de la qualit ho/ile1 qui e/ au *at contr'eux1 et ne se deffi] du *i53 s'arm] contre le miaulem5t1 voix aucunem5t flatteuse1 non contre l'abay]1 voix aspre et qu]eleuse4 ,aux freslons1 aux =mis1 et aux rats1 de *oisir t\si\rs le meilleur =mage et la meilleure poire1 auant que d'y auoir ta/1 et qui a*em9e le c]f1 l'elephant et le s]p5t la cognoissance de c]ta9e h]be propre leur gu]ison4 ,il n'y a s5s1 qui n'ait vne gr&e dom9ation1 et qui n'apporte p> son moy5 vn nombre inf9y de cognoissances4 ,si n\s auions dire l'intellig5ce des sons1 de l'h>monie1 et de la voix1 cela apport]oit vne confusion inimag9able t\t le re/e de no/re sci5ce4 ,c> outre ce qui e/ atta* au propre effect de *aque s5s1 combi5 d'argum5s1 de consequ5ces1 et de conclusions tirons n\s aux autres *oses p> la comp>aison de l'vn s5s l'autre8 ,qu'vn homme ent5du1 imag9e l'huma9e nature produicte orig9ellem5t sans la veu1 et disc\re combi5 d'ignorance et de tr\ble luy apport]oit vn tel defaut1 combi5 de t5ebres et d'aueuglem5t en no/re ame3 on v]ra p> l1 combi5 n\s importe1 la cognoissance de la v]it1 la priuation d'vn autre tel s5s1 ou de deux1 ou de trois1 si elle e/ en n\s4 ,n\s auons =m vne v]it p> la consultation et concurr5ce de nos c9q s5s3 mais l'adu5ture falloit-il l'accord de huict1 ou de dix s5s1 et leur contribution1 p\r l'app]ceuoir c]ta9em5t et en son ess5ce4 ,les sectes qui combat5t la sci5ce de l'homme1 elles la combat5t pr9cipalem5t p> l'inc]titude et foiblesse de nos s5s4 ,c> puis que t\te cognoissance vi5t en n\s p> leur entremise et moy51 s'ils faill5t au rapport qu'ils n\s font1 s'ils corromp5t ou alt]5t ce1 qu'ils n\s *>ri5t du dehors1 si la lumi]e qui p> eux s'c\le en no/re ame e/ obscurcie au passage1 n\s n'auons plus que t5ir4 ,de cette extreme difficult sont nes t\tes ces fantasies3 que *aque subiect a en soy t\t ce que n\s y tr\uons3 qu'il n'a ri5 de ce que n\s y p5sons tr\u]3 et celle des ,epicuri5s1 que le soleil n'e/ non plus gr& que ce que no/re veu le iuge3 ,quicquid id e/1 nihilo f]tur maiore figura1 ,qum1 no/ris oculis quam c]nimus1 esse videtur3 que les app>5ces1 qui repres5t5t vn corps gr&1 celuy qui en e/ vois91 et plus petit1 celuy qui en e/ esloign1 sont t\tes deux vrayes3 ,nec tam5 hic oculos falli conc$imus hilum2 ,pro9de animi vitium hoc oculis adf+]e noli3 et resolum5t qu'il n'y a aucune tromp]ie aux s5s3 qu'il faut pass] leur m]cy1 et *]*] ailleurs des raisons p\r excus] la diff]5ce et contradiction que n\s y tr\uons4 ,voyre inu5t] t\te autre m5songe et resu]ie 7ils en vi5n5t iusques l7 plu/o/ que d'accus] les s5s4 ,timagoras iuroit1 que p\r press] ou biais] son uil1 il n'auoit iamais app]ceu d\bl] la lumi]e de la *&elle3 et que cette semblance v5oit du vice de l'op9ion1 non de l'in/rum5t4 ,de t\tes les absurditez la plus absurde aux ,epicuri5s1 e/1 desauoer la =ce et l'effect des s5s4 ,pro9de quod 9 quoque e/ 8 visum tempore1 v]um e/4 ,et1 si non potuit ratio dissolu]e causam1 ,cur ea qu fu]9t iuxtim quadrata1 procul s9t ,visa rotunda3 tam5 pr/at rationis eg5tem ,r$d]e m5dos causas vtriusque figur1 ,qum manibus manife/a suis emitt]e ququam1 ,et viol>e fidem primam1 et conuell]e tota ,fundam5ta1 quibus nixatur vita salsque4 ,non mod enim ratio ruat omnis1 vita quoque ipsa ,concidat extemplo1 nisi cr$]e s5sibus ausis1 ,prcipitsque locos vit>e1 et ct]a qu s9t ,9 g5]e hoc fugi5da4 ,ce conseil desesp] et si peu philosophique1 ne repres5te autre *ose1 s9on que l'huma9e sci5ce ne se peut ma9t5ir que p> raison des-raisonnable1 folle et =c5e3 mais qu'encore vaut-il mieux1 que l'homme1 p\r se faire valoir1 s'en s]ue1 et de t\t autre rem$e1 tant fanta/ique soit-il1 que d'aduoer sa necessaire be/ise3 v]it si desaduantageuse4 ,il ne peut fur1 que les s5s ne soy5t les s\u]a9s mai/res de sa cognoissance3 mais ils sont inc]ta9s et falsifiables t\tes circon/ances4 ,c'e/-l1 o il faut battre outrance3 et1 si les =ces iu/es n\s faill5t1 comme elles font1 y employ] l'op9ia/ret1 la tem]it1 l'impud5ce4 ,au cas1 que ce que dis5t les ,epicuri5s soit vray1 sauoir1 que n\s n'auons pas de sci5ce1 si les app>5ces des s5s sont fauces3 et ce que dis5t les ,/oci5s1 s'il e/ aussi vray1 que les app>5ces des s5s sont si fauces qu'elles ne n\s peuu5t produire aucune sci5ce3 n\s conclu]ons aux desp5s de ces deux gr&es sectes dogmati/es1 qu'il n'y a po9t de sci5ce4 ,quant l'erreur et inc]titude de l'op]ation des s5s1 *acun s'en peut f\rnir autant d'exemples qu'il luy plaira3 tant les faultes et tromp]ies qu'ils n\s font1 sont ord9aires4 ,au ret5tir d'vn valon1 le son d'vne trompette semble v5ir deuant n\s1 qui vi5t d'vne lieu d]ri]e4 ,extantsque procul m$io de gurgite montes1 ,idem app>5t1 long diu]si licet4 ,et fug]e ad puppim colles campique vid5tur ,quos agimus propt] nauim4 ,vbi 9 m$io nobis equus ac] obhsit ,flum9e1 equi corpus transu]sum f]re videtur ,vis1 et 9 adu]sum flum5 contrud]e raptim4 ,a mani] vne balle d'arquebuse1 s\bs le second doigt1 celuy du milieu e/ant entrelass p> dessus1 il faut extremem5t se contra9dre1 p\r aduoer1 qu'il n'y en ait qu'vne1 tant le s5s n\s en repres5te deux4 ,c> que les s5s soy5t ma9tesfois mai/res du disc\rs1 et le contraign5t de receuoir des impressions qu'il sait et iuge e/re faulces1 il se void t\s c\ps4 ,ie laisse "p celuy de l'att\*em5t1 qui a ses functions plus vois9es1 plus viues et sub/antielles1 qui r5u]se tant de fois p> l'effect de la d\leur qu'il apporte au corps1 t\tes ces belles resolutions ,/oques1 et contra9t de cri] au v5tre1 celuy qui a e/ably en son ame ce dogme auec t\te resolution1 que la colique1 comme t\te autre maladie et d\leur1 e/ *ose indiff]5te1 n'ayant la =ce de ri5 rabbattre du s\u]a9 bon-heur et felicit1 en laquelle le sage e/ log p> sa v]tu4 ,il n'e/ cur si mol1 que le son de nos tab\r9s et de nos trompettes n'es*auffe1 ny si dur que la d\ceur de la musique n'esueille et ne *at\ille3 ny ame si reues*e1 qui ne se s5te t\*e de quelque reu]5ce1 consid]] cette va/it sombre de noz eglises1 la diu]sit d'ornem5s1 et ordre de noz c]emonies1 et ouyr le son deuotieux de noz orgues1 et l'h>monie si pose1 et religieuse de noz voix4 ,ceux mesme qui y entr5t auec mespris1 s5t5t quelque frisson dans le cur1 et quelque horreur1 qui les met en deffiance de leur op9ion4 ,quant moy1 ie ne m'e/ime po9t assez =t1 p\r ouyr en s5s rassis1 des v]s d',horace1 et de ,catulle1 *antez d'vne voix suffisante1 p> vne belle et ieune b\*e4 ,et ,z5on auoit raison de dire1 que la voix e/oit la fleur de la beaut4 ,on m'a v\lu faire accroire1 qu'vn homme que t\s n\s autres ,franois cognoissons1 m'auoit impos1 en me recitant des v]s1 qu'il auoit faicts3 qu'ils n'e/oy5t pas tels sur le papi]1 qu'en l'air3 et que mes yeux en f]oy5t contraire iugem5t mes oreilles3 tant la prononciation a de cr$it donn] prix et faon aux ouurages1 qui pass5t sa m]cy4 ,surquoy ,philox5us ne fut pas fas*eux1 en ce1 qu'oyant vn1 donn] mauuais ton quelque si5ne composition1 il se pr9t f\l] aux pi$s1 et cass] de la brique1 qui e/oit luy3 disant1 ,ie romps ce qui e/ toy1 comme tu corromps ce qui e/ moy4 ,a quoy faire1 ceux mesmes qui se sont donnez la mort d'vne c]ta9e resolution1 de/\rnoy5t-ils la face1 p\r ne voir le c\p qu'ils se faisoy5t donn]8 et ceux qui p\r leur sant desir5t et comm&5t qu'on les incise et caut]ise1 ne peuu5t s\/5ir la veu des appre/s1 vtils et op]ation du *irurgi51 att5du que la veu ne doit auoir aucune p>ticipation cette d\leur8 ,cela ne sont ce pas propres exemples v]ifi] l'au?orit que les s5s ont sur le disc\rs8 ,n\s auons beau sauoir que ces tresses sont empruntes d'vn page ou d'vn lacquais3 que cette r\geur e/ v5ue d',espaigne1 et cette blan*eur et polisseure1 de la m] ,oceane3 encore faut-il que la veu n\s =ce d'en tr\u] le subject plus aimable et plus agreable1 contre t\te raison4 ,c> en cela il n'y a ri5 du si54 ,auf]imur cultu1 gemmis3 aurque teguntur ,crim9a1 p>s m9ima e/ ipsa puella sui4 ,spe vbi sit quod ames int] tam multa requiras3 ,decipit hac oculos gide1 diues amor4 ,combi5 donn5t la =ce des s5s les potes1 qui font ,n>cisse esp]du de l'am\r de son ombre3 ,cunctque miratur1 quibus e/ mirabilis ipse2 ,se cupit imprud5s2 et qui probat1 ipse probatur2 ,dmque petit1 petitur3 p>itrque acc5dit et ard5t3 et l'ent5dem5t de ,pygmalion si tr\bl p> l'impression de la veu de sa /atue d'iuoire1 qu'il l'aime et la s]ue p\r viue3 ,oscula dat r$dique putat1 sequitrque t5tque1 ,et cr$it tactis digitos infid]e membris1 ,et metuit pressos v5iat ne liuor 9 artus4 ,qu'on loge vn philosophe dans vne cage de m5us filets de f] clair-semez1 qui soit susp5due au hault des t\rs no/re ,dame de ,p>is2 il v]ra p> raison euid5te1 qu'il e/ impossible qu'il en tombe2 et si ne se sauroit g>d]1 s'il n'a acc\/um le me/i] des c\ureurs1 que la veu de cette haulteur extreme1 ne l'esp\uante et ne le transisse4 ,c> n\s auons assez affaire de n\s asseur] aux gal]ies1 qui sont en nos clo*]s1 si elles sont faonnes i\r1 encores qu'elles soy5t de pi]re4 ,il y en a qui n'en peuu5t pas seulem5t port] la p5se4 ,qu'on iette vne p\ltre entre ces deux t\rs d'vne grosseur telle qu'il n\s la faut n\s prom5] dessus1 il n'y a sagesse philosophique de si gr&e f]met1 qui puisse n\s donn] c\rage d'y m>*]1 comme n\s f]ions si elle e/oit t]re4 ,i'ay s\u5t essay cela1 en noz montaignes de dea1 et si suis de ceux qui ne s'effray5t que m$iocrem5t de telles *oses1 que ie ne p\uoy s\ffrir la veu de cette pr(ondeur inf9ie1 sans horreur et tremblem5t de i>rets et de cuisses1 encores qu'il s'en fallu/ bi5 ma longueur1 que ie ne fusse du t\t au bord1 et n'eusse seu *oir1 si ie ne me fusse port esci5t au dang]4 ,i'y rem>quay aussi1 quelque haulteur qu'il y eu/1 p\rueu qu'en cette p5te il s'y pres5ta/ vn arbre1 ou bosse de ro*]1 p\r s\/5ir vn peu la veu1 et la diuis]1 que cela n\s allege et donne asseurance2 comme si c'e/oit *ose dequoy la *eute n\s peussions receuoir sec\rs3 mais que les precipices c\pez et vniz1 n\s ne les p\uons pas seulem5t reg>d] sans t\rnoyem5t de te/e3 vt despici s9e v]tig9e simul oculornm animique non possit3 qui e/ vne euid5te impo/ure de la veu4 ,ce fut p\rquoy ce beau philosophe se creua les yeux1 p\r des*>g] l'ame de la desbau*e qu'elle en receuoit1 et p\uoir philosoph] plus en lib]t4 ,mais ce comte1 il se deuoit aussi faire e/\pp] les oreilles1 que ,!ophra/us dit e/re le plus dang]eux in/rum5t que n\s ayons p\r receuoir des impressions viol5tes n\s tr\bl] et *ang]2 et se deuoit priu] en f9 de t\s les autres s5s2 c'e/ dire de son e/re et de sa vie4 ,c> ils ont t\s cette puissance1 de comm&] no/re disc\rs et no/re ame4 ,fit etiam spe specie quadam1 spe vocum grauitate et cantibus1 vt pellantur animi vehem5tius3 spe etiam cura et timore4 ,les m$ec9s ti5n5t1 qu'il y a c]ta9es complexions1 qui s'agit5t p> aucuns sons et in/rum5s iusques la fureur4 ,i'en ay veu1 qui ne p\uoi5t ouyr rong] vn os s\bs leur table sans p]dre pati5ce3 et n'e/ gu]e homme1 qui ne se tr\ble ce bruit aigre et poignant1 que font les limes en raclant le f]3 comme ouyr mas*] pres de n\s1 ou ouyr p>l] quelqu'vn1 qui ayt le passage du gosi] ou du nez empes*1 plusieurs s'en esmeuu5t1 iusques la col]e et la ha9e4 ,ce flu/eur protocole de ,grac*us1 qui amollissoit1 roidissoit1 et cont\rnoit la voix de son mai/re1 lors qu'il h>anguoit ,rome1 quoy s]uoit il1 si le m\uem5t et qualit du son1 n'auoit =ce esm\uoir et alt]] le iugem5t des auditeurs8 ,vrayem5t il y a bi5 dequoy faire si gr&e fe/e de la f]met de cette belle piece1 qui se laisse mani] et *ang] au bransle et accid5s d'vn si leg] v5t4 ,cette mesme pipp]ie1 que les s5s apport5t no/re ent5dem5t1 ils la reoiu5t leur t\r4 ,no/re ame p> fois s'en reu5*e de mesme1 ils m5t5t1 et se tromp5t l'enuy4 ,ce que n\s voyons et oyons agitez de col]e1 n\s ne l'oyons pas tel qu'il e/4 ,et solem gem9um1 et duplices se o/5d]e ,!bas4 ,l'obiect que n\s aymons1 n\s semble plus beau qu'il n'e/3 ,multimodis igitur prauas turpsque videmus ,esse 9 deliciis1 summque 9 honore vig]e3 et plus laid celuy que n\s auons contre-cur4 ,a vn homme ennuy et afflig1 la cl>t du i\r semble obscurcie et t5ebreuse4 ,noz s5s sont non seulem5t alt]ez1 mais s\u5t hebetez du t\t1 p> les passions de l'ame4 ,combi5 de *oses voyons n\s1 que n\s n'app]ceuons pas1 si n\s auons no/re esprit empes* ailleurs8 ,9 rebus quoque ap]tis nosc]e possis1 ,si non adu]tas animum1 pro9de esse1 quasi omni ,tempore semot fu]9t1 longque remot4 ,il semble que l'ame retire au d$ans1 et amuse les puissances des s5s4 ,p> a9s9 et le d$ans et le dehors de l'homme e/ ple9 de foiblesse et de m5songe4 ,ceux qui ont app>i no/re vie vn songe1 ont eu de la raison1 l'aduanture plus qu'ils ne p5soy5t4 ,qu& n\s songeons1 no/re ame vit1 agit1 ex]ce t\tes ses facultez1 ne plus ne mo9s que qu& elle veille2 mais si plus mollem5t et obscurem5t2 non de tant c]tes1 que la diff]5ce y soit1 comme de la nuict vne cl>t vifue3 ouy1 comme de la nuict l'ombre3 l elle dort1 icy elle sommeille3 plus et mo9s2 ce sont t\si\rs t5ebres1 et t5ebres ,cymm]i5nes4 ,n\s veillons dormants1 et veillants dormons4 ,ie ne voy pas si clair dans le sommeil3 mais quant au veill]1 ie ne le tr\ue iamais assez pur et sans nuage4 ,encore le sommeil en sa pr(ondeur1 endort p> fois les songes3 mais no/re veill] n'e/ iamais si esueill1 qu'il purge et dissipe bi5 po9ct les resu]ies1 qui sont les songes des veillants1 et pires que songes4 ,no/re raison et no/re ame receuant les fantasies et op9ions1 qui luy nayss5t en dormant1 et au?orizant les actions de noz songes de p>eille approbation1 qu'elle fait celles du i\r3 p\rquoy ne mettons n\s en d\bte1 si no/re p5s]1 no/re agir1 e/ pas vn autre song]1 et no/re veill]1 quelque espece de dormir8 ,si les s5s sont noz premi]s iuges1 ce ne sont pas les no/res qu'il faut seuls appell] au conseil3 c> en cette facult1 les animaux ont autant ou plus de droit que n\s4 ,il e/ c]ta9 qu'aucuns ont l'ouye plus aigue que l'homme1 d'autres la veue1 d'autres le s5tim5t1 d'autres l'att\*em5t ou le g\/4 ,democritus disoit que les ,dieux et les be/es auoy5t les facultez s5sitiues beauc\p plus p>faictes que l'homme4 ,or entre les effects de leurs s5s1 et les no/res1 la diff]5ce e/ extreme4 ,no/re saliue nettoye et asse*e noz playes1 elle tue le s]p5t4 ,tantque 9 8 rebus di/antia diff]itsque e/1 ,vt quod aliis cibus e/1 aliis fuat acre v55um4 ,spe et5im s]p5s1 hom9is contacta saliua1 ,disp]it1 ac sese m&5do conficit ipsa4 ,quelle qualit donn]ons n\s la saliue1 ou selon n\s1 ou selon le s]p5t8 ,p> quel des deux s5s v]ifi]ons n\s sa v]itable ess5ce que n\s *]*ons8 ,pl9e dit qu'il y a aux ,indes c]ta9s lieures m>9s1 qui n\s sont poison1 et n\s eux3 de mani]e que du seul att\*em5t n\s les tuons4 ,qui s]a v]itablem5t poison1 ou l'homme1 ou le poisson8 qui en croirons n\s1 ou au poisson de l'homme1 ou l'homme du poisson8 ,quelque qualit d'air infecte l'homme qui ne nuit po9t au buf2 quelque autre le buf1 qui ne nuit po9t l'homme2 laquelle des deux s]a en v]it et en nature pe/il5te qualit8 ,ceux qui ont la iaunisse1 ils voy5t t\tes *oses iauna/res et plus pasles que n\s3 ,lurida prt]ea fiunt qucunque tu5tur ,arquati4 ,ceux qui ont cette maladie que les m$ec9s nomm5t ,hyposphragma1 qui e/ vne suffusion de sang s\bs la peau1 voi5t t\tes *oses r\ges et sanglantes4 ,ces humeurs1 qui *ang5t a9si les op]ations de no/re veu1 que sauons n\s si elles pr$om95t aux be/es1 et leur sont ord9aires8 ,c> n\s en voyons les vnes1 qui ont les yeux iaunes1 comme noz malades de iaunisse1 d'autres qui les ont sanglans de r\geur3 celles l1 il e/ vray-semblable1 que la c\leur des obiects p>oi/ autre qu' n\s3 quel iugem5t des deux s]a le vray8 ,c> il n'e/ pas dict1 que l'ess5ce des *oses1 se rapporte l'homme seul4 ,la duret1 la blan*eur1 la pr(ondeur1 et l'aigreur1 t\*5t le s]uice et sci5ce des animaux1 comme la no/re3 ,nature leur en a donn l'vsage comme n\s4 ,qu& n\s pressons l'il1 les corps que n\s reg>dons1 n\s les app]ceuons plus longs et e/5dus3 plusieurs be/es ont l'il a9si press3 cette longueur e/ donc l'aduanture la v]itable =me de ce corps1 non pas celle que noz yeux luy donn5t en leur assiette ord9aire4 ,si n\s s]rons l'il p> dess\bs1 les *oses n\s sembl5t d\bles3 ,b9a luc]n>um flor5tia lum9a flammis1 ,et duplices hom9um facies1 et corpora b9a4 ,si n\s auons les oreilles empes*es de quelque *ose1 ou le passage de l'ouye ress]r1 n\s receuons le son autre1 que n\s ne faisons ord9airem5t3 les animaux qui ont les oreilles velues1 ou qui n'ont qu'vn bi5 petit tr\ au lieu de l'oreille1 ils n'oy5t p> consequ5t pas ce que n\s oyons1 et reoiu5t le son autre4 ,n\s voyons aux fe/es et aux !atres1 qu'opposant la lumi]e des flambeaux1 vne vitre te9te de quelque c\leur1 t\t ce qui e/ en ce lieu1 n\s app]t ou v]t1 ou iaune1 ou violet3 ,et vulg faciunt id lutea russque vela1 ,et f]rug9a1 cm1 magnis int5ta !atris1 ,p] malos volgata trabsque trem5tia p5d5t3 ,namque ibi consessum caueai subt]1 et omnem ,sc5ai speciem1 patrum1 matrmque1 d]omque ,inficiunt1 cogntque suo volit>e colore4 ,il e/ vray-semblable que les yeux des animaux1 que n\s voyons e/re de diu]se c\leur1 leur produis5t les app>5ces des corps de mesmes leurs yeux4 ,p\r le iugem5t de l'op]ation des s5s1 il faudroit donc que n\s en fussions premi]em5t d'accord auec les be/es1 secondem5t entre n\s mesmes4 ,ce que n\s ne sommes aucunem5t3 et entrons en debat t\s les c\ps de ce que l'vn oyt1 void1 ou g\/e1 quelque *ose autrem5t qu'vn autre3 et debattons autant que d'autre *ose1 de la diu]sit des images que les s5s n\s rapport5t4 ,autrem5t oit1 et voit p> la regle ord9aire de nature1 et autrem5t g\/e1 vn enfant qu'vn homme de tr5te ans3 et cettuy-cy autrem5t qu'vn sexag5aire4 ,les s5s sont aux vns plus obscurs et plus sombres1 aux autres plus ouu]ts et plus aigus4 ,n\s receuons les *oses autres et autres selon que n\s sommes1 et qu'il n\s semble4 ,or no/re sembl] e/ant si inc]ta9 et contr\]s1 ce n'e/ plus miracle1 si on n\s dit1 que n\s p\uons au\r que la neige n\s app>oi/ blan*e1 mais que d'e/ablir si de son ess5ce elle e/ telle1 et la v]it1 n\s ne n\s en saurions respondre3 et ce comm5cem5t esbranl1 t\te la sci5ce du monde s'en va necessairem5t vau-l'eau4 ,quoy1 que noz s5s mesmes s'entr'empes*5t l'vn l'autre8 vne pe9ture semble esleue la veue1 au maniem5t elle semble plate3 dirons n\s que le musque soit aggreable ou non1 qui resi\it no/re s5tim5t1 et (f5ce no/re g\/8 ,il y a des h]bes et des vngu5s propres vne p>tie du corps1 qui en bless5t vne autre3 le miel e/ plaisant au g\/1 mal plaisant la veue4 ,ces bagues qui sont entailles en =me de plumes1 qu'on appelle en deuise1 p5nes sans f91 il n'y a il qui en puisse disc]n] la l>geur1 et qui se seu/ deff5dre de cette pipp]ie1 que d'vn co/ elle n'aille en esl>gissant1 et s'appo9tant et e/ressissant p> l'autre1 mesmes qu& on la r\lle aut\r du doigt3 t\tesfois au maniem5t elle v\s semble equable en l>geur et p> t\t p>eille4 ,ces p]sonnes qui p\r aid] leur volupt1 se s]uoy5t anci5nem5t de miroirs1 propres grossir et aggr&ir l'obiect qu'ils repres5t5t1 aff9 que les membres qu'ils auoi5t embesongn]1 leur pleuss5t d'auantage p> cette accroissance oculaire3 auquel des deux s5s donnoi5t-ils gaign1 ou la veue qui leur repres5toit ces membres gros et gr&s s\hait1 ou l'att\*em5t qui les leur pres5toit petits et desdaignables8 ,sont-ce nos s5s qui pre/5t au subject ces diu]ses conditions1 et que les subjects n'en ay5t p\rtant qu'vne8 ,comme n\s voyons du pa9 que n\s mangeons2 ce n'e/ que pa91 mais no/re vsage en fait des os1 du sang1 de la *air1 des poils1 et des ongles3 ,vt cibus1 9 membra atque artus cm diditur omnes1 ,disp]it1 atque aliam naturam sufficit ex se4 ,l'humeur que succe la rac9e d'vn arbre1 elle se fait tronc1 feuille et fruict3 l'air n'e/ant qu'vn1 il se fait p> l'application vne trompette1 diu]s en mille sortes de sons4 ,sont-ce1 dis-ie1 noz s5s qui faonn5t de mesme1 de diu]ses qualitez ces subjects2 ou s'ils les ont telles8 ,et sur ce d\bte1 que p\uons n\s res\dre de leur v]itable ess5ce8 ,d'auantage puis que les accid5s des maladies1 de la resu]ie1 ou du sommeil1 n\s font p>oi/re les *oses autres1 qu'elles ne p>oiss5t aux sa9s1 aux sages1 et ceux qui veill5t3 n'e/-il pas vray-semblable que no/re assiette droicte1 et noz humeurs naturelles1 ont aussi dequoy donn] vn e/re aux *oses1 se rapportant leur condition1 et les accommod] soy1 comme font les humeurs desregles3 et no/re sant aussi capable de leur f\rnir son visage1 comme la maladie8 ,p\rquoy n'a le temp] quelque =me des obiects relatiue soy1 comme l'intemp]3 et ne leur imprim]a-il p>eillem5t son *>act]e8 ,le desg\/ *>ge la fadeur au v92 le sa9 la saueur2 l'alt] la fri&ise4 ,or no/re e/at accommodant les *oses soy1 et les trans=mant selon soy1 n\s ne sauons plus quelles sont les *oses en v]it1 c> ri5 ne vi5t n\s que falsifi et alt] p> noz s5s4 ,o le compas1 l'esqu>re1 et la regle sont gau*es1 t\tes les proportions qui s'en tir5t1 t\s les ba/im5s qui se dress5t leur mesure1 sont aussi necessairem5t manques et deffaillans4 ,l'inc]titude de noz s5s r5d inc]ta9 t\t ce qu'ils produis5t4 ,d5ique vt 9 fabrica1 si praua e/ regula prima1 ,normque si fallax rectis regionibus exit1 ,et libella aliqua si ex p>te claudicat hilum1 ,omnia m5dos fi]i1 atque ob/ipa necessum e/1 ,praua1 cubantia1 prona1 sup9a1 atque absona tecta1 ,iam ru]e vt qudam videantur velle1 runtque ,prodita iudiciis fallacibus omnia primis4 ,hic igitur ratio tibi r]um praua necesse e/1 ,falsque sit falsis qucumque s5sibus orta e/4 ,au demeurant1 qui s]a propre iug] de ces diff]5ces8 ,comme n\s disons aux debats de la religion1 qu'il n\s faut vn iuge non atta* l'vn ny l'autre p>ty1 exempt de *oix et d'affection1 ce qui ne se peut p>my les ,*re/i5s3 il adui5t de mesme en cecy3 c> s'il e/ vieil1 il ne peut iug] du s5tim5t de la vieillesse1 e/ant luy mesme p>tie en ce debat3 s'il e/ ieune1 de mesme3 sa91 de mesme1 de mesme malade1 dormant1 et veillant3 il n\s faudroit quelqu'vn exempt de t\tes ces qualitez1 af9 que sans proccupation de iugem5t1 il iugea/ de ces propositions1 comme luy indiff]5tes3 et ce compte il n\s faudroit vn iuge qui ne fu/ pas4 ,p\r iug] des app>5ces que n\s receuons des subjects1 il n\s faudroit vn in/rum5t iudicatoire3 p\r v]ifi] cet in/rum5t1 il n\s y faut de la demon/ration3 p\r v]ifi] la demon/ration1 vn in/rum5t1 n\s voila au r\et4 ,puis que les s5s ne peuu5t arre/] no/re dispute1 e/ans ple9s eux-mesmes d'inc]titude1 il faut que ce soit la raison3 aucune raison ne s'e/ablira sans vne autre raison1 n\s voyla reculons iusques l'inf9y4 ,no/re fantasie ne s'applique pas aux *oses e/rang]es1 a9s elle e/ conceue p> l'entremise des s5s1 et les s5s ne compr5n5t pas le subject e/rang]1 a9s seulem5t leurs propres passions3 et p> a9si la fantasie et app>5ce n'e/ pas du subject1 a9s seulem5t de la passion et s\ffrance du s5s2 laquelle passion1 et subject1 sont *oses diu]ses3 p>quoy qui iuge p> les app>5ces1 iuge p> *ose autre que le subject4 ,et de dire que les passions des s5s1 rapport5t l'ame1 la qualit des subjects e/rang]s p> ressemblance2 comm5t se peut l'ame et l'ent5dem5t asseur] de cette ressemblance1 n'ayant de soy nul comm]ce1 auec les subjects e/rang]s8 ,t\t a9si comme1 qui ne cognoi/ pas ,socrates1 voyant son p\rtraict1 ne peut dire qu'il luy ressemble4 ,or qui v\droit t\tesfois iug] p> les app>5ces3 si c'e/ p> t\tes1 il e/ impossible1 c> elles s'entr'empes*5t p> leurs contr>ietez et discrepances1 comme n\s voyons p> exp]i5ce4 ,s]a ce qu'aucunes app>5ces *oisies regl5t les autres8 ,il faudra v]ifi] cette *oisie p> vne autre *oisie1 la seconde p> la ti]ce3 et p> a9si ce ne s]a iamais faict4 ,f9alem5t1 il n'y a aucune con/ante exi/5ce1 ny de no/re e/re1 ny de celuy des obiects4 ,et n\s1 et no/re iugem5t1 et t\tes *oses mortelles1 vont c\lant et r\lant sans cesse4 ,a9s9 il ne se peut e/ablir ri5 de c]ta9 de l'vn l'autre1 et le iugeant1 et le iug1 e/ans en cont9uelle mutation et branle4 ,n\s n'auons aucune communication l'e/re1 p> ce que t\te huma9e nature e/ t\si\rs au milieu1 entre le nai/re et le m\rir1 ne baillant de soy qu'vne obscure app>5ce et ombre1 et vne inc]ta9e et debile op9ion4 ,et si de =tune v\s fi*ez vo/re p5se v\loir pr5dre son e/re1 ce s]a ne plus ne mo9s que qui v\droit empoign] l'eau3 c> tant plus il s]r]a et press]a ce qui de sa nature c\le p> t\t1 tant plus il p]dra ce qu'il v\loit t5ir et empoign]4 ,a9si veu que t\tes *oses sont subjectes pass] d'vn *angem5t en autre1 la raison qui y *]*e vne reelle subsi/ance1 se tr\ue deceu1 ne p\uant ri5 appreh5d] de subsi/ant et p]manant3 p> ce que t\t ou vi5t en e/re1 et n'e/ pas encore du t\t1 ou comm5ce m\rir auant qu'il soit nay4 ,platon disoit que les corps n'auoi5t iamais exi/5ce1 ouy bi5 naissance1 e/imant qu',hom]e eu/ faict l',ocean p]e des ,dieux1 et ,!tis la m]e3 p\r n\s montr]1 que t\tes *oses sont en fluxion1 muance et v>iation p]petuelle4 ,op9ion commune t\s les philosophes auant son temps1 comme il dit3 sauf le seul ,p>m5ides1 qui refusoit m\uem5t aux *oses3 de la =ce duquel il fait gr& cas4 ,py?agoras1 que t\te mati]e e/ c\lante et labile4 ,les ,/oici5s1 qu'il n'y a po9t de temps pres5t1 et que ce que n\s appellons pres5t1 n'e/ que la io9ture et assemblage du futur et du pass3 ,h]aclitus1 que iamais homme n'e/oit deux fois entr en mesme riui]e3 ,epi*>mus1 que celuy qui a piea emprunt de l'arg5t1 ne le doit pas ma9t5ant2 et que celuy qui cette nuict a e/ conui v5ir ce mat9 disn]1 vi5t aui\rd'huy non conui2 att5du que ce ne sont plus eux1 ils sont deu5us autres3 et qu'il ne se p\uoit tr\u] vne sub/ance mortelle deux fois en mesme e/at3 c> p> s\da9et et leg]et de *angem5t1 tanto/ elle dissipe tanto/ elle rassemble1 elle vi5t1 et puis s'en va1 de faon1 que ce qui comm5ce nai/re1 ne p>ui5t iamais iusques p]fection d'e/re4 ,p\rautant que ce nai/re n'a*eue iamais1 et iamais n'arre/e1 comme e/ant b\t1 a9s depuis la sem5ce1 va t\si\rs se *angeant et muant d'vn autre4 ,comme de sem5ce huma9e se fait premi]em5t dans le v5tre de la m]e vn fruict sans =me3 puis vn enfant =m1 puis e/ant hors du v5tre1 vn enfant de mammelle2 apres il deui5t g>on2 puis consequemm5t vn i\u5ceau2 apres vn homme faict2 puis vn homme d'aage2 la f9 decrepite vieill>d4 ,de mani]e que l'aage et g5]ation subsequ5te va t\si\rs deffaisant et ga/ant la prec$5te4 ,mutat enim mundi naturam totius tas1 ,ex alique alius /atus excip]e omnia debet1 ,nec manet vlla sui similis res3 omnia migrant1 ,omnia commutat natura et v]t]e cogit4 ,et puis n\s autres sottem5t craignons vne espece de mort1 l o n\s en auons desia pass et en passons tant d'autres4 ,c> non seulem5t1 comme disoit ,h]aclitus1 la mort du feu e/ g5]ation de l'air1 et la mort de l'air1 g5]ation de l'eau4 ,mais encor plus manife/em5t le p\uons n\s voir en n\s mesmes4 ,la fleur d'aage se meurt et passe qu& la vieillesse surui5t3 et la ieunesse se t]m9e en fleur d'aage d'homme faict3 l'enfance en la ieunesse3 et le premi] aage meurt en l'enfance3 et le i\r d'hi] meurt en celuy du i\rd'huy1 et le i\rd'huy m\rra en celuy de dema93 et n'y a ri5 qui demeure1 ne qui soit t\si\rs vn4 ,c> qu'il soit a9si1 si n\s demeurons t\si\rs mesmes et vns1 comm5t e/-ce que n\s n\s esi\yssons ma9t5ant d'vne *ose1 et ma9t5ant d'vne autre8 comm5t e/-ce que n\s aymons *oses contraires1 ou les hayssons1 n\s les l\ons1 ou n\s les blasmons8 comm5t auons n\s diff]5tes affections1 ne ret5ants plus le mesme s5tim5t en la mesme p5se8 ,c> il n'e/ pas vray-semblable que sans mutation n\s pr5ions autres passions3 et ce qui s\ffre mutation ne demeure pas vn mesme3 et s'il n'e/ pas vn mesme1 il n'e/ donc pas aussi3 a9s quant et l'e/re t\t vn1 *ange aussi l'e/re simplem5t1 deu5ant t\si\rs autre d'vn autre4 ,et p> consequ5t se tromp5t et m5t5t les s5s de nature1 pr5ans ce qui app>oi/1 p\r ce qui e/1 faute de bi5 sauoir que c'e/ qui e/4 ,mais qu'e/-ce donc qui e/ v]itablem5t8 ce qui e/ et]nel3 c'e/ dire1 qui n'a iamais eu de naissance1 ny n'aura iamais f91 qui le temps n'apporte iamais aucune mutation4 ,c> c'e/ *ose mobile que le temps1 et qui app>oi/ comme en ombre1 auec la mati]e c\lante et fluante t\si\rs1 sans iamais demeur] /able ny p]man5te3 qui app>ti5n5t ces mots1 deuant et apres1 et1 a e/1 ou s]a4 ,lesquels t\t de prime face montr5t euidemm5t1 que ce n'e/ pas *ose qui soit3 c> ce s]oit gr&e sottise et faucet t\te app>5te1 de dire que cela soit1 qui n'e/ pas encore en e/re1 ou qui desia a cess d'e/re4 ,et quant ces mots1 pres5t1 in/ant1 ma9t5ant1 p> lesquels il semble que pr9cipalem5t n\s s\/5ons et fondons l'intellig5ce du temps1 la raison le desc\urant1 le de/ruit t\t sur le *amp3 c> elle le f5d incont95t1 et le p>tit en futur et en pass3 comme le v\lant voir necessairem5t desp>ty en deux4 ,autant en adui5t-il la nature1 qui e/ mesure1 comme au temps1 qui la mesure3 c> il n'y a non plus en elle ri5 qui demeure1 ne qui soit subsi/ant1 a9s y sont t\tes *oses ou nes1 ou naissantes1 ou m\rantes4 ,au moy5 dequoy ce s]oit pe* de dire de ,dieu1 qui e/ le seul qui e/1 que il fut1 ou il s]a3 c> ces t]mes l sont decl9aisons1 passages1 ou vicissitudes de ce qui ne peut dur]1 ny demeur] en e/re4 ,p>quoy il faut conclure ,dieu seul e/1 non po9t selon aucune mesure du temps1 mais selon vne et]nit immuable et immobile1 non mesure p> temps1 ny subjecte aucune decl9aison3 deuant lequel ri5 n'e/1 ny ne s]a apres1 ny plus n\ueau ou plus rec5t2 a9s vn realem5t e/ant1 qui p> vn seul ma9t5ant emplit le t\si\rs1 et n'y a ri51 qui v]itablem5t soit1 que luy seul3 sans qu'on puisse dire1 il a e/1 ou1 il s]a1 sans comm5cem5t et sans f94 ,a cette conclusion si religieuse1 d'vn homme pay51 ie veux io9dre seulem5t ce mot1 d'vn tesmo+ de mesme condition1 p\r la f9 de ce long et ennuyeux disc\rs1 qui me f\rniroit de mati]e sans f94 ,o la vile *ose1 dit-il1 et abiecte1 que l'homme1 s'il ne s'esleue au dessus de l'humanit6 ,voyla vn bon mot1 et vn vtile desir3 mais p>eillem5t absurde4 ,c> de faire la poigne plus gr&e que le po+1 la brasse plus gr&e que le bras1 et d'esp]] eniamb] plus que de l'e/5du de noz iambes1 cela e/ impossible et mon/rueux3 ny que l'homme se monte au dessus de soy et de l'humanit3 c> il ne peut voir que de ses yeux1 ny saisir que de ses prises4 ,il s'esleu]a si ,dieu luy pre/e extraord9airem5t la ma94 ,il s'esleu]a ab&onnant et r5onant ses propres moy5s1 et se laissant hauss] et s\sleu] p> les moy5s purem5t cele/es4 ,c'e/ no/re foy ,*re/i5ne1 non sa v]tu ,/oque1 de pret5dre cette diu9e et miraculeuse metamorphose4 ,,*apitre ,,xiii4 ,de iug] de la mort d'autruy4 ,,qv& n\s iugeons de l'asseurance d'autruy en la mort1 qui e/ sans d\bte la plus rem]quable action de la vie huma9e1 il se faut pr5dre g>de d'vne *ose1 que mal-aism5t on croit e/re arriu ce po9ct4 ,peu de g5s meur5t resolus1 que ce soit leur heure d]ni]e3 et n'e/ endroit o la pipp]ie de l'esp]ance n\s amuse plus4 ,elle ne cesse de corn] aux oreilles3 ,d'autres ont bi5 e/ plus malades sans m\rir1 l'affaire n'e/ pas si desesp] qu'on p5se3 et au pis all]1 ,dieu a bi5 faict d'autres miracles4 ,et adui5t cela de ce que n\s faisons trop de cas de n\s4 ,il semble que l'vniu]sit des *oses s\ffre aucunem5t de no/re aneantissem5t1 et qu'elle soit compassionne no/re e/at4 ,d'autant que no/re veu alt]e se repres5te les *oses de mesmes1 et n\s e/ aduis qu'elles luy faill5t mesure qu'elle leur faut4 ,comme ceux qui voyag5t en m]1 qui les montagnes1 les campagnes1 les villes1 le ciel1 et la t]re vont mesme bransle1 et quant et quant eux3 ,pr\ehimur portu1 t]rque vrbsque rec$unt4 ,qui vit iamais vieillesse qui ne l\a/ le temps pass1 et ne blasma/ le pres5t1 *>geant le monde et les murs des hommes1 de sa mis]e et de son *agr98 ,imque caput quassans1 gr&is suspirat arator1 ,et cm tempora temporibus prs5tia conf]t ,prt]itis1 laudat =tunas spe p>5tis1 ,et crepat antiquum g5us vt pietate repletum4 ,n\s entra9ons t\t auec n\s3 d'o il s'ensuit que n\s e/imons gr&e *ose no/re mort1 et qui ne passe pas si aism5t1 ny sans solemne consultation des a/res3 tot circa vnum caput tumultuantes deos4 ,et le p5sons d'autant plus1 que plus n\s n\s prisons4 ,comm5t1 tant de sci5ce se p]droit elle auec tant de dommage1 sans p>ticuli] s\cy des de/9es8 vne ame si r>e et exemplaire ne c\/e elle non plus tu]1 qu'vne ame populaire et inutile8 cette vie1 qui en c\ure tant d'autres1 de qui tant d'autres vies dep5d5t1 qui occupe tant de monde p> son vsage1 remplit tant de place1 se desplace elle comme celle qui ti5t son simple nud8 ,nul de n\s ne p5se assez n'e/re qu'vn4 ,de l vi5n5t ces mots de ,cs> son pilote1 plus enflez que la m] qui le m5assoit3 ,italiam si clo au?ore recusas1 ,me pete3 sola tibi causa hc e/ iu/a timoris1 ,vectorem non nosse tuum1 p]rumpe procellas ,tutela secure mei3 et ceux-cy1 ,cr$it iam digna p]icula ,cs> ,fatis esse suis3 tantsque eu]t]e1 dixit1 ,me sup]is labor e/1 p>ua quem puppe s$5tem1 ,tam magno peti]e m>i8 ,et cette resu]ie publique1 que le soleil porta en son front t\t le long d'vn an le deuil de sa mort3 ,ille etiam ext9cto mis]atus ,cs>e ,romam1 ,cm caput obscura nitidum f]rug9i texit4 ,et mille semblables2 dequoy le monde se laisse si aysm5t pipp]1 e/imant que noz int]e/s alt]5t le ciel1 et que son inf9it se =malise de noz m5ues actions4 ,non tanta clo societas nobiscum e/1 vt no/ro fato mortalis sit ille quoque sid]um fulgor4 ,or de iug] la resolution et la con/ance1 en celuy qui ne croit pas encore c]ta9em5t e/re au dang]1 quoy qu'il y soit1 ce n'e/ pas raison3 et ne suffit pas qu'il soit mort en cette desm>*e1 s'il ne s'y e/oit mis iu/em5t p\r cet effect4 ,il adui5t la plus "p1 de roidir leur cont5ance et leurs p>olles1 p\r en acqu]ir reputation1 qu'ils esp]5t encore i\ir viuans4 ,d'autant que i'en ay veu m\rir1 la =tune a dispos les cont5ances1 non leur desse94 ,et de ceux mesmes qui se sont anci5nem5t donnez la mort1 il y a bi5 *oisir1 si c'e/ vne mort s\da9e1 ou mort qui ait du temps4 ,ce cruel ,emp]eur ,roma91 disoit de ses prisonni]s1 qu'il leur v\loit faire s5tir la mort1 et si quelqu'vn se deffaisoit en prison1 ,celuy l m'e/ es*app1 disoit-il4 ,il v\loit e/5dre la mort1 et la faire s5tir p> les t\rm5s4 ,vidimus et toto quamuis 9 corpore cs1 ,nil anim le?ale datum1 mormque nef& ,durum suiti1 p]euntis p>c]e morti4 ,de vray1 ce n'e/ pas si gr&e *ose1 d'e/ablir t\t sa9 et t\t rassis1 de se tu]2 il e/ bi5 ais de faire le mauuais1 auant que de v5ir aux prises4 ,de mani]e que le plus effem9 homme du monde ,heliogabalus1 p>my ses plus las*es voluptez1 desseignoit bi5 de se faire m\rir delicatem5t1 o l'occasion l'en =c]oit3 et af9 que sa mort ne dem5ti/ po9t le re/e de sa vie1 auoit faict ba/ir expres vne t\r somptueuse1 le bas et le deuant de laquelle e/oit plan* d'ais enri*is d'or et de pi]r]ie p\r se precipit]3 et aussi fait faire des cordes d'or et de soye cramoisie p\r s'e/rangl]3 et battre vne espe d'or p\r s'enf]r]3 et g>doit du v59 dans des vaisseaux d'em]aude et de topaze1 p\r s'empoisonn]1 selon que l'enuie luy pr5droit de *oisir de t\tes ces faons de m\rir4 ,impig] et =tis virtute coacta4 ,t\tefois quant cettuy-cy1 la mollesse de ses appre/s r5d plus vray-semblable que le nez luy eu/ saign1 qui l'en eu/ mis au propre4 ,mais de ceux mesmes1 qui plus vig\reux1 se sont resolus l'execution1 il faut voir1 dis-ie1 si 'a e/ d'vn c\p1 qui o/ait le loisir d'en s5tir l'effect4 ,c> c'e/ deu9]1 voir esc\l] la vie peu peu1 le s5tim5t du corps se meslant celuy de l'ame1 s'(frant le moy5 de se rep5tir1 si la con/ance s'y fu/ tr\ue1 et l'ob/9ation en vne si dang]euse volont4 ,aux gu]res ciuiles de ,cs>1 ,lucius ,domitius pris en la ,prusse1 s'e/ant empoisonn1 s'en rep5tit apres4 ,il e/ adu5u de no/re temps que tel resolu de m\rir1 et de son premi] essay n'ayant donn assez auant1 la demangson de la *air luy rep\ssant le bras1 se reblessa bi5 =t deux ou trois fois apres1 mais ne peut iamais gaign] sur luy d'enfonc] le c\p4 ,p5dant qu'on faisoit le procs ,plantius ,syluanus1 ,vrgulania sa m]e-gr& luy enuoya vn poign>d1 duquel n'ayant peu v5ir b\t de se tu]1 il se feit c\pp] les ve9es ses g5ts4 ,albucilla du temps de ,tib]e1 s'e/ant p\r se tu] frappe trop mollem5t1 donna encores ses p>ties moy5 de l'emprisonn] et faire m\rir leur mode4 ,autant en fit le ,capita9e ,demo/h5es apres sa r\te en la ,sicile4 ,et ,c4 ,fimbria s'e/ant frapp trop foiblem5t1 impetra de son vallet de l'a*eu]4 ,au reb\rs1 ,o/orius1 lequel p\r ne se p\uoir s]uir de son bras1 desdaigna d'employ] celuy de son s]uiteur autre *ose qu' t5ir le poign>d droit et f]me3 et se donnant le branle1 porta luy mesme sa gorge l'encontre1 et la transp]a4 ,c'e/ vne vi&e la v]it qu'il faut engl\tir sans ma*]1 qui n'a le gosi] f]r glace4 ,et p\rtant l',emp]eur ,adrianus feit que son m$ec9 m]qua/ et circonscriui/ en son tet9 iu/em5t l'endroit mortel1 o celuy eu/ vis]1 qui il donna la *>ge de le tu]4 ,voyla p\rquoy ,cs>1 qu& on luy dem&oit quelle mort il tr\uoit la plus s\haitable1 ,la mo9s prem$ite1 respondit-il1 et la plus c\rte4 ,si ,cs> l'a os dire1 ce ne m'e/ plus las*et de le croire4 ,vne mort c\rte1 dit ,pl9e1 e/ le s\u]a9 heur de la vie huma9e4 ,il leur fas*e de la recognoi/re4 ,nul ne se peut dire e/re resolu la mort1 qui cra9t la m>*&]1 qui ne peut la s\/5ir les yeux ouu]ts4 ,ceux qu'on voit aux supplices c\rir leur f91 et ha/] l'execution1 et la press]1 ils ne le font pas de resolution1 ils se veul5t o/] le temps de la consid]]3 l'e/re morts ne les fas*e pas1 mais ouy bi5 le m\rir4 ,emori nolo1 s$ me esse mortuum1 nihili /imo4 ,c'e/ vn degr de f]met1 auquel i'ay exprim5t que ie p\rrois arriu]1 comme ceux qui se iett5t dans les dang]s1 a9si que dans la m]1 yeux clos4 ,il n'y a ri51 selon moy1 plus illu/re en la vie de ,socrates1 que d'auoir eu tr5te i\rs enti]s rum9] le decret de sa mort3 de l'auoir dig]e t\t ce temps l1 d'vne tres-c]ta9e esp]ance1 sans esmoy1 sans alt]ation3 et d'vn tra9 d'actions et de p>olles1 rauall plu/o/ et anon*ally1 que t5du et releu p> le poids d'vne telle cogitation4 ,ce ,pomponius ,atticus1 qui ,cic]o escrit1 e/ant malade1 fit appell] ,agrippa son g5dre1 et deux ou trois autres de ses amys2 et leur dit1 qu'ayant essay qu'il ne gaignoit ri5 se v\loir gu]ir1 et que t\t ce qu'il faisoit p\r allong] sa vie1 allongeoit aussi et augm5toit sa d\leur2 il e/oit delib] de mettre f9 l'vn et l'autre1 les priant de tr\u] bonne sa delib]ation1 et au pis all]1 de ne p]dre po9t leur pe9e l'en de/\rn]4 ,or ayant *oisi de se tu] p> ab/95ce1 voyla sa maladie gu]ie p> accid5t3 ce rem$e qu'il auoit employ p\r se deffaire1 le remet en sant4 ,les m$ec9s et ses amis faisans fe/e d'vn si heureux eu5em5t1 et s'en resi\yssans auec luy1 se tr\u]5t bi5 trompez3 c> il ne leur fut possible p\r cela de luy faire *ang] d'op9ion1 disant qu'a9si comme a9si luy falloit il vn i\r fran*ir ce pas1 et qu'en e/ant si auant1 il se v\loit o/] la pe9e de recomm5c] vn' autre fois4 ,ce/uy-cy ayant recognu la mort t\t loisir1 non seulem5t ne se desc\rage pas au io9dre1 mais il s'y a*>ne3 c> e/ant satisfaict en ce p\rquoy il e/oit entr en combat1 il se picque p> brau]ie d'en voir la f94 ,c'e/ bi5 lo+ au del de ne cra9dre po9t la mort1 que de la v\loir ta/] et sau\r]4 ,l'hi/oire du philosophe ,clean!s e/ =t p>eille4 ,les g5giues luy e/oy5t enfles et p\rries3 les m$ec9s luy conseill]5t d'vs] d'vne gr&e ab/95ce4 ,ayant ieun deux i\rs1 il e/ si bi5 am5d1 qu'ils luy decl>5t sa gu>ison1 et p]mett5t de ret\rn] son tra9 de viure acc\/um4 ,luy au reb\rs1 g\/ant desia quelque d\ceur en cette defaillance1 entrepr5d de ne se retir] plus arri]e1 et fran*ir le pas1 qu'il auoit =t auanc4 ,tullius ,m>cell9us ieune homme ,roma91 v\lant anticip] l'heure de sa de/9e1 p\r se deffaire d'vne maladie1 qui le g\rm&oit1 plus qu'il ne v\loit s\ffrir3 quoy que les m$ec9s luy en promiss5t gu]ison c]ta9e1 s9on si s\da9e1 appella ses amis p\r en delib]]3 les vns1 dit ,s5eca1 luy donnoy5t le conseil que p> las*et ils euss5t pr9s p\r eux mesmes1 les autres p> flat]ie1 celuy qu'ils p5soy5t luy deuoir e/re plus aggreable3 mais vn ,/oci5 luy dit a9si3 ,ne te trauaille pas ,m>cell9us1 comme si tu delib]ois de *ose d'importance3 ce n'e/ pas gr&'*ose que viure1 tes valets et les be/es viu5t3 mais c'e/ gr&'*ose de m\rir hone/em5t1 sagem5t1 et con/amm5t4 ,songe combi5 il y a que tu fais mesme *ose1 mang]1 boire1 dormir3 boire1 dormir1 et mang]4 ,n\s roons sans cesse en ce c]cle4 ,non seulem5t les mauuais accid5s et insupportables1 mais la satiet mesme de viure donne enuie de la mort4 ,m>cell9us n'auoit beso+ d'homme qui le conseilla/1 mais d'homme qui le sec\ru/3 les s]uiteurs craignoy5t de s'en mesl]3 mais ce philosophe leur fit ent5dre que les dome/iques sont s\ponnez1 lors seulem5t qu'il e/ en d\bte1 si la mort du mai/re a e/ volontaire3 autrem5t qu'il s]oit d'aussi mauuais exemple de l'empes*]1 que de le tu]1 d'autant que ,inuitum qui s]uat1 idem facit occid5ti4 ,apres il adu]tit ,m>cell9us1 qu'il ne s]oit pas messeant1 comme le dess]t des tables se donne aux assi/ans1 nos repas faicts1 aussi la vie f9ie1 de di/ribu] quelque *ose ceux qui en ont e/ les m9i/res4 ,or e/oit ,m>cell9us de c\rage franc et lib]al3 il fit dep>tir quelque somme ses s]uiteurs1 et les consola4 ,au re/e1 il n'y eut beso+ de f]1 ny de sang3 il entreprit de s'en all] de cette vie1 non de s'en fuyr3 non d'es*app] la mort1 mais de l'essay]4 ,et p\r se donn] loisir de la m>*&]1 ayant quitt t\te n\rriture1 le troisiesme i\r suyuant1 apres s'e/re faict arros] d'eau ti$e1 il defaillit peu peu1 et non sans quelque volupt1 ce qu'il disoit4 ,de vray1 ceux qui ont eu ces deffaillances de cur1 qui pr5n5t p> foiblesse1 dis5t n'y s5tir aucune d\leur1 a9s plu/o/ quelque plaisir comme d'vn passage au sommeil et au repos4 ,voyla des morts e/udies et dig]es4 ,mais f9 que le seul ,caton peu/ f\rnir t\t exemple de v]tu1 il semble que son bon de/9 luy fit auoir mal en la ma91 dequoy il se donna le c\p3 ce qu'il eu/ loisir d'affront] la mort et de la collet]1 r5=ceant le c\rage au dang]1 au lieu de l'amollir4 ,et si 'eu/ e/ moy1 de le repres5t] en sa plus sup]be assiete1 'eu/ e/ des*irant t\t ensanglant ses entrailles1 plu/o/ que l'espe au po+1 comme fir5t les /atuaires de son temps4 ,c> ce second meurtre1 fut bi5 plus furieux1 que le premi]4 ,,*apitre ,,xiiii4 ,comme no/re esprit s'empes*e soy-mesmes4 ,c',,e/ vne plaisante imag9ation1 de conceuoir vn esprit balanc iu/em5t entre-deux p>eilles enuyes4 ,c> il e/ indubitable1 qu'il ne pr5dra iamais p>ty3 d'autant que l'application et le *oix porte inequalit de prix3 et qui n\s log]oit entre la b\teille et le iambon1 auec egal appetit de boire et de mang]1 il n'y auroit sans d\te rem$e1 que de m\rir de soif et de faim4 ,p\r p\ruoir cet inconu5i5t1 les ,/oci5s1 qu& on leur dem&e d'o vi5t en no/re ame l'election de deux *oses indiff]5tes 7et qui fait que d'vn gr& nombre d'escus n\s en pr5ions plu/o/ l'vn que l'autre1 n'y ayant aucune raison qui n\s incl9e la pref]5ce7 respond5t1 que ce m\uem5t de l'ame e/ extraord9aire et desregl1 v5ant en n\s d'vne impulsion e/rang]e1 accid5tale1 et =tuite4 ,il se p\rroit dire1 ce me semble1 plu/o/1 que aucune *ose ne se pres5te n\s1 o il n'y ait quelque diff]5ce1 p\r leg]e qu'elle soit3 et que ou la veu1 ou l'att\*em5t1 il y a t\si\rs quelque *oix1 qui n\s t5te et attire1 quoy que ce soit imp]ceptiblem5t4 ,p>eillem5t qui presuppos]a vne fisselle egallem5t =te p> t\t1 il e/ impossible de t\te impossibilit qu'elle rompe1 c> p> o v\lez v\s que la fauce comm5ce8 et de rompre p> t\t ensemble1 il n'e/ pas en nature4 ,qui io9droit encore cecy les propositions geometriques1 qui conclu5t p> la c]titude de leurs demon/rations1 le cont5u plus gr& que le cont5ant1 le c5tre aussi gr& que sa circonf]5ce3 et qui tr\u5t deux lignes s'appro*ans sans cesse l'vne de l'autre1 et ne se p\uans iamais io9dre3 et la pi]re philosophale1 et quadrature du c]cle1 o la raison et l'effect sont si opposites3 en tir]oit l'adu5ture quelque argum5t p\r sec\rir ce mot h>dy de ,pl9e1 solum c]tum nihil esse c]ti1 et hom9e nihil mis]ius aut sup]bius4 ,,*apitre ,,xv4 ,que no/re desir s'accroi/ p> la malaisance4 ,,il n'y a raison qui n'en aye vne contraire1 dit le plus sage p>ty des philosophes4 ,ie remas*ois tanto/ ce beau mot1 qu'vn anci5 allegue p\r le mespris de la vie3 ,nul bi5 n\s peut apport] plaisir1 si ce n'e/ celuy1 la p]te duquel n\s sommes prep>ez3 ,9 quo e/ dolor amiss rei1 et timor amitt5d4 ,v\lant gaign] p> l1 que la fruition de la vie ne n\s peut e/re vrayem5t plaisante1 si n\s sommes en cra9te de la p]dre4 ,il se p\rroit t\tesfois dire au reb\rs1 que n\s s]rons et embrassons ce bi51 d'autant plus e/roit1 et auecques plus d'affection1 que n\s le voyons n\s e/re mo9s seur1 et craignons qu'il n\s soit o/4 ,c> il se s5t euidemm5t1 comme le feu se picque l'assi/ance du froid1 que no/re volont s'aiguise aussi p> le contra/e3 ,si numquam ,dana5 habuisset ah5ea turris1 ,non esset ,danae de ,i\e facta p>5s3 et qu'il n'e/ ri5 naturellem5t si contraire no/re g\/ que la satiet1 qui vi5t de l'aisance3 ny ri5 qui l'aiguise tant que la r>et et difficult4 ,omnium r]um voluptas ipso quo debet fug>e p]iculo crescit4 ,galla1 nega2 satiatur amor1 nisi gaudia torqu5t4 ,p\r t5ir l'am\r en hale9e1 ,lycurgue ordonna que les m>iez de ,lac$emone ne se p\rroi5t prattiqu] qu' la desrobe1 et que ce s]oit p>eille honte de les r5contr] c\*s ensemble qu'auecques d'autres4 ,la difficult des assignations1 le dang] des surprises1 la honte du l5dema91 ,et languor1 et sil5tium1 ,et lat]e petitus imo spiritus1 c'e/ ce qui donne po9te la sauce4 ,combi5 de ieux tres-lasciuem5t plaisants1 naiss5t de l'honne/e et v]gongneuse mani]e de p>l] des ouurages de l',am\r8 ,la volupt mesme *]*e s'irrit] p> la d\leur4 ,elle e/ bi5 plus sucre1 qu& elle cuit1 et qu& elle escor*e4 ,la c\rtisane ,flora disoit n'auoir iamais c\* auec ,pompeius1 qu'elle ne luy eu/ faict port] les m]ques de ses morsures4 ,quod peti]e1 premunt arct1 facintque dolorem ,corporis1 et d5tes inlidunt spe labellis3 ,et /imuli subsunt1 qui in/igant ld]e id ipsum ,quodcunque e/1 rabies vnde ill g]m9a surgunt4 ,il en va a9si p> t\t3 la difficult donne prix aux *oses4 ,ceux de la ,m>que d',ancone font plus volonti]s leurs vuz ,sa9ct ,iaques1 et ceux de ,galice no/re ,dame de ,lorete3 on fait au ,liege gr&e fe/e des ba9s de ,luques1 et en la ,toscane de ceux d',aspa3 il ne se voit gu]e de ,roma9s en l'escole de l'escrime ,rome1 qui e/ ple9e de ,franois4 ,ce gr& ,caton se tr\ua aussi bi5 que n\s1 desg\/ de sa femme tant qu'elle fut si5ne1 et la desira qu& elle fut vn autre4 ,i'ay *ass au h>as vn vieil *eual1 duquel la s5teur des ium5ts1 on ne p\uoit v5ir b\t4 ,la facilit l'a incont95t sa\l enu]s les si5nes3 mais enu]s les e/rang]es et la premi]e qui passe le long de son pa/is1 il reui5t ses importuns hannissem5ts1 et ses *aleurs furieuses comme deuant4 ,no/re appetit mesprise et outrepasse ce qui luy e/ en ma91 p\r c\rir apres ce qu'il n'a pas4 ,transuolat 9 m$io posita1 et fugi5tia captat4 ,n\s def5dre quelque *ose1 c'e/ n\s en donn] enuie4 ,nisi tu s]u>e puellam ,incipis1 incipiet des9]e esse mea4 ,n\s l'ab&onn] t\t faict1 c'e/ n\s en eng5dr] mespris4 ,la faute et l'abondance retomb5t en mesme inconu5i5t3 ,tibi quod sup]e/1 mihi quod defit1 dolet4 ,le desir et la i\yssance n\s mett5t p>eillem5t en pe9e4 ,la rigueur des mai/resses e/ ennuyeuse1 mais l'aisance et la facilit l'e/1 vray dire1 encores plus1 d'autant que le mescont5tem5t et la *ol]e naiss5t de l'e/imation1 en quoy n\s auons la *ose desire1 aiguis5t l'am\r1 et le res*auff5t3 mais la satiet eng5dre le dg\/3 c'e/ vne passion m\sse1 hebete1 lasse1 et endormie4 ,si qua volet regn>e diu1 contemnat amantem1 ,contemnite amantes1 ,sic hodie v5iet1 si qua negauit h]i4 ,p\rquoy inu5ta ,popa de masqu] les beautez de son visage1 que p\r les r5*]ir ses amants8 ,p\rquoy a lon voil iusques au dess\bs des talons ces beautez1 que *acun desire montr]1 que *acun desire voir8 ,p\rquoy c\ur5t elles de tant d'empes*em5s1 les vns sur les autres1 les p>ties1 o loge pr9cipallem5t no/re desir et le leur8 ,et quoy s]u5t ces gros ba/ions1 dequoy les no/res vi5n5t d'arm] leurs flancs1 qu' leurr] no/re appetit1 et n\s attir] elles en n\s esloignant8 ,et fugit ad salices1 et se cupit ant vid]i4 ,int]dum tunica duxit op]ta moram4 ,a quoy s]t l'art de cette honte virg9alle8 cette froideur rassise1 cette cont5ance seu]e1 cette pr(ession d'ignorance des *oses1 qu'elles sau5t mieux1 que n\s qui les en in/ruisons1 qu' n\s accroi/re le desir de va9cre1 g\rm&]1 et f\l] no/re appetit1 t\te cette c]emonie1 et ces ob/acles8 ,c> il y a non seulem5t du plaisir1 mais de la gloire encore1 d'affolir et desbau*] cette molle d\ceur1 et cette pudeur infant9e1 et de rang] la m]cy de no/re ardeur vne grauit froide et magi/rale4 ,c'e/ gloire1 dis5t-ils1 de triomph] de la mode/ie1 de la *a/et1 et de la temp]ance3 et qui desconseille aux ,dames1 ces p>ties l1 il les trahit1 et soy-mesmes4 ,il faut croire que le cur leur fremit d'effroy1 que le son de nos mots blesse la puret de leurs oreilles1 qu'elles n\s en haiss5t et s'accord5t no/re importunit d'vne =ce =ce4 ,la beaut1 t\te puissante qu'elle e/1 n'a pas dequoy se faire sau\r] sans cette entremise4 ,voyez en ,italie1 o il y a plus de beaut v5dre1 et de la plus f9e1 comm5t il faut qu'elle *]*e d'autres moy5s e/rang]s1 et d'autres arts p\r se r5dre aggreable3 et si la v]it1 quoy qu'elle face e/ant v5ale et publique1 elle demeure foible et languissante4 ,t\t a9si que mesme en la v]tu1 de deux effects p>eils1 n\s t5ons neantmo9s celuy-l1 le plus beau et plus digne1 auquel il y a plus d'empes*em5t et de haz>d propos4 ,c'e/ vn effect de la pr\id5ce diu9e1 de p]mettre sa sa9cte ,eglise e/re agite1 comme n\s la voyons de tant de tr\bles et d'orages1 p\r esueill] p> ce contra/e les ames pies1 et les r'auoir de l'oisiuet et du sommeil1 o les auoit plongees vne si longue tranquillit4 ,si n\s contrepoisons la p]te que n\s auons faicte1 p> le nombre de ceux qui se sont desuoyez1 au ga9 qui n\s vi5t p\r n\s e/re remis en hale9e1 resuscit no/re zele et nos =ces1 l'occasion de ce combat1 ,ie ne say si l'vtilit ne surmonte po9t le dommage4 ,n\s auons p5s atta*] plus f]me le nud de nos m>iages1 p\r auoir o/ t\t moy5 de les diss\dre1 mais d'autant s'e/ dpris et relas* le nud de la volont et de l'affection1 que celuy de la contra9cte s'e/ e/recy4 ,et au reb\rs1 ce qui t9t les m>iages ,rome1 si long temps en honneur et en seurt1 fut la lib]t de les rompre1 qui v\droit4 ,ils g>doi5t mieux leurs femmes1 d'autant qu'ils les p\uoi5t p]dre3 et en ple9e lic5ce de diuorces1 il se passa c9q c5s ans et plus1 auant que nul s'en s]ui/4 ,quod licet1 +ratum e/3 quod non licet1 acrius vrit4 ,a ce propos se p\rroit io9dre l'op9ion d'vn anci51 que les supplices aiguis5t les vices plu/o/ qu'ils ne les amortiss5t3 qu'ils n'eng5dr5t po9t le so+ de bi5 faire1 c'e/ l'ouurage de la raison1 et de la discipl9e3 mais seulem5t vn so+ de n'e/re surpris en faisant mal4 ,latius excis pe/is contagia s]punt ,ie ne say pas qu'elle soit vraye1 mais cecy say-ie p> exp]i5ce1 que iamais police ne se tr\ua re=me p> l4 ,l'ordre et reglem5t des murs1 dp5d de quelque autre moy54 ,les hi/oires ,grecques font m5tion des ,argippees vois9s de la ,scy?ie1 qui viu5t sans v]ge et sans ba/on (f5s]3 que non seulem5t nul n'entrepr5d d'all] attaqu]3 mais quiconque s'y peut sauu]1 il e/ en fran*ise1 cause de leur v]tu et sa9ctet de vie3 et n'e/ aucun si os d'y t\*]4 ,on rec\rt eux p\r appo9ct] les diff]5ts1 qui naiss5t entre les hommes d'ailleurs4 ,il y a nation1 o la clo/ure des i>d9s et des *amps1 qu'on veut cons]u]1 se faict d'vn filet de coton1 et se tr\ue bi5 plus seure et plus f]me que nos fossez et nos hayes4 ,furem signata sollicitant4 ,ap]ta effract>ius prt]it4 ,a l'adu5ture s]t entre autres moy5s1 l'aisance1 c\urir ma maison de la viol5ce de noz gu]res ciuiles4 ,la def5se attire l'entreprise1 et la deffiance l'(f5se4 ,i'ay affoibly le desse9 des soldats1 o/ant leur exploit1 le haz>d1 et t\te mati]e de gloire militaire1 qui a acc\/um de leur s]uir de titre et d'excuse4 ,ce qui e/ faict c\rageusem5t1 e/ t\si\rs faict honorablem5t1 en temps o la iu/ice e/ morte4 ,ie leur r5s la conque/e de ma maison las*e et trai/resse4 ,elle n'e/ close p]sonne1 qui y heurte4 ,il n'y a p\r t\te pr\ision1 qu'vn porti]1 d'anci5 vsage et c]emonie3 qui ne s]t pas tant def5dre ma porte1 qu' l'(frir plus decemm5t et gratieusem5t4 ,ie n'ay ny g>de ny s5t9elle1 que celle que les a/res font p\r moy4 ,vn ,g5til-homme a tort de faire montre d'e/re en deff5se1 s'il ne l'e/ bi5 po9ct4 ,qui e/ ouu]t d'vn co/1 l'e/ p> t\t4 ,noz p]es ne p5s]5t pas ba/ir des places fronti]es4 ,les moy5s d'assaillir1 ie dy sans batt]ie et sans arme1 et de surpr5dre noz maisons1 croiss5t t\ts les i\rs1 au dessus des moy5s de se g>d]4 ,les esprits s'aiguis5t g5]alem5t de ce co/ l4 ,l'inuasion t\*e t\ts1 la def5se non1 que les ri*es4 ,la mi5ne e/oit =te selon le temps qu'elle fut faitte3 ie n'y ay ri5 adi\/ de ce co/ l1 et cra9droy que sa =ce se t\rna/ contre moy-mesme4 ,io9t qu'vn temps paisible requ]ra1 qu'on les de=tifie4 ,il e/ dang]eux de ne les p\uoir regaign]3 et e/ difficile de s'en asseur]4 ,c> en mati]e de gu]res inte/9es1 vo/re vallet peut e/re du p>ty que v\s craignez4 ,et o la religion s]t de pretexte1 les p>5tez mesmes deui5n5t infiables auec c\u]ture de iu/ice4 ,les f9ances publiques n'entreti5dront pas noz g>nisons dome/iques4 ,elles s'y espuis]oi5t4 ,n\s n'auons pas dequoy le faire sans no/re ru9e3 ou plus incommodeem5t et iniurieusem5t encore1 sans celle du peuple4 ,l'e/at de ma p]te ne s]oit gu]e pire4 ,au demeurant1 v\s y p]dez v\s1 voz amis mesmes s'amus5t accus] vo/re inuigilance et impr\id5ce1 plus qu' v\s ple9dre1 et l'ignorance ou non*alance aux (fices de vo/re pr(ession4 ,ce que tant de maisons g>des se sont p]dus1 o ce/e cy dure3 me fait s\ponn]1 qu'elles se sont p]dus de ce1 qu'elles e/oy5t g>des4 ,cela donne et l'enuie et la raison l'assaillant4 ,t\te g>de porte visage de gu]re4 ,qui se iett]a1 si ,dieu veut1 *ez moy3 mais tant y a1 que ie ne l'y appell]ay pas4 ,c'e/ la retraitte me repos] des gu]res4 ,i'essaye de s\/raire ce co+1 la tempe/e publique1 comme ie fay vn autre co+ en mon ame4 ,no/re gu]re a beau *ang] de =mes1 se multipli] et diu]sifi] en n\ueaux p>tis3 p\r moy ie ne b\ge4 ,entre tant de maisons armes1 moy seul1 que ie sa*e1 de ma condition1 ay fi purem5t au ciel la protection de la mi5ne4 ,et n'en ay iamais o/ ny vaisselle d'arg5t1 ny titre1 ny tapiss]ie4 ,ie ne veux ny me cra9dre1 ny me sauu] demy4 ,si vne ple9e recognoissance acqui]t la faueur diu9e1 elle me dur]a iusqu'au b\t3 s9on1 i'ay t\si\rs assez dur1 p\r r5dre ma dure rem]quable et enregi/rable4 ,comm5t8 ,il y a bi5 tr5te ans4 ,,*apitre ,,xvi4 ,de la gloire4 ,,il y a le nom et la *ose3 le nom1 c'e/ vne voix qui rem]que et signifie la *ose3 le nom1 ce n'e/ pas vne p>tie de la *ose1 ny de la sub/ance3 c'e/ vne piece e/rang]e io9cte la *ose1 et hors d'elle4 ,dieu qui e/ en soy t\te pl5itude1 et le comble de t\te p]fection1 il ne peut s'augm5t] et accroi/re au d$ans3 mais son nom se peut augm5t] et accroi/re1 p> la b5$iction et loange1 que n\s donnons ses ouurages ext]ieurs4 ,laquelle loange1 puis que n\s ne la p\uons incorpor] en luy1 d'autant qu'il n'y peut auoir accession de bi51 n\s l'attribuons son nom1 qui e/ la piece hors de luy1 la plus vois9e4 ,voyl comm5t c'e/ ,dieu seul1 qui gloire et honneur app>ti5t4 ,et n'e/ ri5 si esloign de raison1 que de n\s en mettre en que/e p\r n\s3 c> e/ans indig5s et necessiteux au d$ans1 no/re ess5ce e/ant imp>faicte1 et ayant cont9uellem5t beso+ d'amelioration1 c'e/ l1 quoy n\s n\s deuons trauaill]4 ,n\s sommes t\s creux et vuides3 ce n'e/ pas de v5t et de voix que n\s auons n\s remplir3 il n\s faut de la sub/ance plus solide n\s rep>]4 ,vn homme affam s]oit bi5 simple de *]*] se p\ruoir plu/o/ d'vn beau ve/em5t1 que d'vn bon repas3 il faut c\rir au plus press4 ,comme dis5t nos ord9aires pri]es1 ,gloria 9 excelcis ,deo1 et 9 t]ra pax hom9ibus4 ,n\s sommes en disette de beaut1 sant1 sagesse1 v]tu1 et telles p>ties ess5tieles3 les ornem5s ext]nes se *]*]ont apres que n\s aurons pr\eu aux *oses necessaires4 ,la !ologie traicte amplem5t et plus p]t9emm5t ce subiect1 mais ie n'y suis gu]e v]s4 ,*rysippus et ,diog5es ont e/ les premi]s au!urs et les plus f]mes du mespris de la gloire4 ,et entre t\tes les voluptez1 ils disoi5t qu'il n'y en auoit po9t de plus dang]euse1 ny plus fuir1 que celle qui n\s vi5t de l'approbation d'autruy4 ,de vray l'exp]i5ce n\s en fait s5tir plusieurs trahisons bi5 dommageables4 ,il n'e/ *ose qui empoisonne tant les ,pr9ces que la flatt]ie1 ny ri5 p> o les mes*ans gaign5t plus aisem5t cr$it aut\r d'eux3 ny maqu]elage si propre et si ord9aire corrompre la *a/et des femmes1 que de les pai/re et entret5ir de leurs loanges4 ,le premi] en*antem5t que les ,sir5es employ5t pip] ,vlysses1 e/ de cette nature3 ,dea v]s n\s1 dea1 tresloable ,vlysse1 ,et le plus gr& honneur dont la ,grece fleurisse4 ,ces philosophes l disoi5t1 que t\te la gloire du monde ne m]itoit pas qu'vn homme d'ent5dem5t e/5di/ seulem5t le doigt p\r l'acqu]ir3 ,gloria quantalibet quid erit1 si gloria tantm e/8 ,ie dis p\r elle seule3 c> elle tire s\u5t sa suite plusieurs commoditez1 p\r lesquelles elle se peut r5dre desirable3 elle n\s acqui]t de la bi5vueillance3 elle n\s r5d mo9s exposez aux iniures et (f5ces d'autruy1 et *oses semblables4 ,c'e/oit aussi des pr9cipaux dogmes d',epicurus3 c> ce precepte de sa secte1 ,,ca*e ,,ta ,,vie1 qui deff5d aux hommes de s'empes*] des *>ges et negotiations publiques1 presuppose aussi necessairem5t qu'on mesprise la gloire3 qui e/ vne approbation que le monde fait des actions que n\s mettons en euid5ce4 ,celuy qui n\s ordonne de n\s ca*]1 et de n'auoir so+ que de n\s1 et qui ne veut pas que n\s soyons connus d'autruy1 il veut encores mo9s que n\s en soyons honorez et glorifiez4 ,aussi conseille il ,idom5eus1 de ne regl] aucunem5t ses actions1 p> l'op9ion ou reputation commune3 si ce n'e/ p\r euit] les autres incommoditez accid5tales1 que le mespris des hommes luy p\rroit apport]4 ,ces disc\rs l sont inf9im5t vrais1 mon aduis1 et raisonnables4 ,mais n\s sommes1 ie ne say comm5t1 d\bles en n\s mesmes1 qui fait que ce que n\s croyons1 n\s ne le croyons pas3 et ne n\s p\uons deffaire de ce que n\s condamnons4 ,voyons les d]ni]es p>oles d',epicurus1 et qu'il dit en m\rant3 elles sont gr&es et dignes d'vn tel philosophe3 mais si ont elles quelque m]que de la recomm5dation de son nom1 et de cette humeur qu'il auoit descrie p> ses preceptes4 ,voicy vne lettre qu'il dicta vn peu auant son d]ni] s\spir4 ,,epicvrvs ,a ,,h]ma*vs ,,salvt4 ,ce p5dant que ie passois l'heureux1 et celuy-l mesmes le d]ni] i\r de ma vie1 i'escriuois cecy1 accompaign t\tesfois de telle d\leur en la vessie et aux inte/9s1 qu'il ne peut ri5 e/re adi\/ sa gr&eur4 ,mais elle e/oit comp5se p> le plaisir qu'apportoit mon ame la s\u5ance de mes inu5tions et de mes disc\rs4 ,or toy comme requi]t l'affection que tu z eu ds ton enfance enu]s moy1 et la philosophie1 embrasse la protection des enfans de ,metrodorus4 ,voila sa lettre4 ,et ce qui me fait int]pret] que ce plaisir qu'il dit s5tir en son ame1 de ses inu5tions1 reg>de aucunem5t la reputation qu'il en esp]oit acqu]ir apres sa mort1 c'e/ l'ordonnance de son te/am5t1 p> lequel il veut que ,am9oma*us et ,timocrates ses h]iti]s1 f\rniss5t p\r la celebration de son i\r natal t\s les mois de ,ianui]1 les frais que ,h]ma*us ordonn]oit3 et aussi p\r la desp5ce qui se f]oit le v+tiesme i\r de *asque lune1 au traittem5t des philosophes ses famili]s1 qui s'assembl]oi5t l'honneur de la memoire de luy et de ,metrodorus4 ,c>neades a e/ *ef de l'op9ion contraire3 et a ma9t5u que la gloire e/oit p\r elle mesme desirable1 t\t a9si que n\s embrassons nos po/humes p\r eux-mesmes1 n'en ayans aucune cognoissance ny i\yssance4 ,cette op9ion n'a pas failly d'e/re plus communem5t suyuie1 comme sont volonti]s celles qui s'accommod5t le plus nos incl9ations4 ,ari/ote luy donne le premi] rang entre les bi5s ext]nes3 ,euite1 comme deux extremes vicieux1 l'immod]ation1 et la re*]*]1 et la fuyr4 ,ie croy que si n\s auions les liures que ,cic]o auoit escrit sur ce subiect1 il n\s en cont]oit de belles3 c> cet homme l fut si =c5 de cette passion1 que s'il eu/ os1 il fu/1 ce crois-ie1 volonti]s tomb en l'excez o tomb]5t d'autres1 que la v]tu mesme n'e/oit desirable1 que p\r l'honneur qui se t5oit t\si\rs sa suitte3 ,paulum sepult di/at in]ti ,celata virtus4 ,qui e/ vn' op9ion si fauce1 que ie suis dpit qu'elle ait iamais peu entr] en l'ent5dem5t d'homme1 qui eu/ cet honneur de port] le nom de philosophe4 ,si cela e/oit vray1 il ne faudroit e/re v]tueux qu'en public3 et les op]ations de l'ame1 o e/ le vray siege de la v]tu1 n\s n'aurions que faire de les t5ir en regle et en ordre1 s9on autant qu'elles deburoi5t v5ir la cognoissance d'autruy4 ,n'y va il donc que de faillir f9em5t et subtilem5t8 ,si tu sais1 dit ,c>neades1 vn s]p5t ca* en ce lieu1 auquel sans y p5s]1 se va seoir celuy1 de la mort duquel tu esp]es pr(it3 tu fais mes*amm5t1 si tu ne l'en adu]tis3 et d'autant plus que ton action ne doibt e/re cognu que de toy4 ,si n\s ne pr5ons de n\s mesmes la loy de bi5 faire3 si l'impunit n\s e/ iu/ice1 combi5 de sortes de mes*ancetez auons n\s t\s les i\rs n\s ab&onn]8 ,ce que ,s4 ,p$uceus fit1 de r5dre fidelem5t cela que ,c4 ,plotius auoit commis sa seule sci5ce1 de ses ri*esses1 et ce que i'en ay faict s\u5t de mesme1 ie ne le tr\ue pas tant loable1 comme ie tr\u]oy execrable1 que n\s y eussions failly4 ,et tr\ue bon et vtile ram5teuoir en noz i\rs1 l'exemple de ,p4 ,sextilius ,ruffus1 que ,cic]o accuse p\r auoir recueilly vne h]$it contre sa consci5ce3 non seulem5t1 non contre les loix1 mais p> les loix mesmes4 ,et ,m4 ,crassus1 et ,q4 ,hort5sius1 lesquels cause de leur au?orit et puissance1 ayants e/ p\r c]ta9es quotitez appellez p> vn e/rang] la succession d'vn te/am5t faux1 f9 que p> ce moy5 il y e/abli/ sa "p3 se cont5t]5t de n'e/re p>ticipants de la faucet1 et ne refus]5t d'en tir] du fruit3 assez c\u]ts1 s'ils se t5oi5t l'abry des accusations1 et des tesmo9s1 et des loix4 ,mem9]9t ,deum se hab]e te/em1 id e/1 vt ego arbitror1 m5tem suam4 ,la v]tu e/ *ose bi5 va9e et friuole1 si elle tire sa recomm5dation de la gloire4 ,p\r neant entrepr5drions n\s de luy faire t5ir son rang "p1 et la dio9drions de la ,=tune3 c> qu'e/-il plus =tuite que la reputation8 ,pr(ect =tuna 9 omni re dom9atur3 ea res cunctas ex libid9e magis qum ex v]o celebrat obscurtque4 ,de faire que les actions soy5t cognues et veus1 c'e/ le pur ouurage de la ,=tune4 ,c'e/ le sort qui n\s applique la gloire1 selon sa tem]it4 ,ie l'ay veu =t s\u5t m>*] auant le m]ite3 et s\u5t outrepass] le m]ite d'vne longue mesure4 ,celuy qui premi] s'aduisa de la ressemblance de l'ombre la gloire1 fit mieux qu'il ne v\loit4 ,ce sont *oses excellemm5t va9es4 ,elle va aussi quelque fois deuant son corps3 et quelque fois l'exc$e de beauc\p en longueur4 ,ceux qui appr5n5t la noblesse de ne *]*] en la vaillance que l'honneur3 quasi non sit hone/um quod nobilitatum non sit3 que gaign5t-ils p> l1 que de les in/ruire de ne se haz>d] iamais1 si on ne les voit1 et de pr5dre bi5 g>de1 s'il y a des tesmo9s1 qui puiss5t rapport] n\uelles de leur valeur1 l o il se pres5te mille occasions de bi5 faire1 sans qu'on en puisse e/re rem]qu8 ,combi5 de belles actions p>ticuli]es s'enseuelis5t dans la f\le d'vne bataille8 ,quiconque s'amuse contr]oll] autruy p5dant vne telle mesle1 il n'y e/ gu]e embesoign3 et produit contre soy mesmes le tesmoignage qu'il r5d des deportem5s de ses compaignons4 ,v]a et sapi5s animi magnitudo1 hone/um illud quod maxim naturam sequitur1 9 factis positum1 non 9 gloria1 iudicat4 ,t\te la gloire1 que ie pret5s de ma vie1 c'e/ de l'auoir vescue tranquille4 ,tranquille non selon ,metrodorus1 ou ,arcesilas1 ou ,ari/ippus1 mais selon moy4 ,puisque la philosophie n'a seu tr\u] aucune voye p\r la tranquillit1 qui fu/ bonne en commun1 que *acun la *]*e en son p>ticuli]4 ,a qui doiu5t ,cs> et ,alex&re cette gr&eur inf9ie de leur r5omme1 qu' la ,=tune8 ,combi5 d'hommes a elle e/e9t1 sur le comm5cem5t de leur progrs1 desquels n\s n'auons aucune cognoissance1 qui y apportoi5t mesme c\rage que le leur1 si le malheur de leur sort ne les eu/ arre/ez t\t c\rt1 sur la naissance mesme de leurs entrepr9ses8 ,au trau]s de tant et si extremes dang]s il ne me s\ui5t po9t auoir leu que ,cs> ait e/ iamais bless4 ,mille sont morts de mo9dres p]ils1 que le mo9dre de ceux qu'il fran*it4 ,inf9ies belles actions se doiu5t p]dre sans tesmoignage1 auant qu'il en vi5ne vne pr(it4 ,on n'e/ pas t\si\rs sur le haut d'vne bres*e1 ou la te/e d'vne arme1 la veu de son g5]al1 comme sur vn es*affaut4 ,on e/ surpris entre la haye et le foss3 il faut t5t] =tune contre vn p\llaill]3 il faut dni*] quatre *etifs h>quebusi]s d'vne grange3 il faut seul s'esc>t] de la tr\ppe et entrepr5dre seul1 selon la necessit qui s'(fre4 ,et si on pr5d g>de1 on tr\u]a1 mon aduis1 qu'il adui5t p> exp]i5ce1 que les mo9s esclattantes occasions sont les plus dang]euses3 et qu'aux gu]res1 qui se sont passes de notre temps1 il s'e/ p]du plus de g5s de bi51 aux occasions leg]es et peu importantes1 et la conte/ation de quelque bicoque1 qu's lieux dignes et honnorables4 ,qui ti5t sa mort p\r mal employe1 si ce n'e/ en occasion signale3 au lieu d'illu/r] sa mort1 il obscurcit volonti]s sa vie3 laissant es*app] ce p5dant plusieurs iu/es occasions de se haz>d]4 ,et t\tes les iu/es sont illu/res assez3 sa consci5ce les trompettant suffisamm5t *acun4 ,gloria no/ra e/ te/imonium consci5ti no/r4 ,qui n'e/ homme de bi5 que p> ce qu'on le saura1 et p> ce qu'on l'en e/im]a mieux1 apres l'auoir seu1 qui ne veut bi5 faire qu'en condition que sa v]tu vi5ne la cognoissance des hommes1 celuy-l n'e/ pas p]sonne de qui on puisse tir] beauc\p de s]uice4 ,cr$o *e'l re/o di quel v]no cose ,facesse degne di t5] ne conto2 ,ma fur s9' quel tempo si nascose1 ,*e non colpa mia s'hor' non le conto3 ,p]*e ,orl&o a f> l'opre virtuose1 ,piu *' n>r>le poi1 sempre era pronto1 ,n mai fu alcun'de li suoi fatti espresso1 ,s5on qu&o hebbe i te/imonij appresso4 ,il faut all] la gu]re p\r son deuoir1 et en att5dre cette recomp5se1 qui ne peut faillir t\tes belles actions1 p\r occultes qu'elles soy5t1 non pas mesmes aux v]tueuses p5ses3 c'e/ le cont5tem5t qu'vne consci5ce bi5 regle reoit en soy1 de bi5 faire4 ,il faut e/re vaillant p\r soy-mesmes1 et p\r l'auantage que c'e/ d'auoir son c\rage log en vne assiette f]me et asseure1 contre les assauts de la ,=tune4 ,virtus1 repuls nescia sordid1 ,intam9atis fulget honoribus3 ,nec sumit aut ponit secures ,arbitrio popul>is aur4 ,ce n'e/ pas p\r la montre1 que no/re ame doit i\r son rolle1 c'e/ *ez n\s au d$ans1 o nuls yeux ne donn5t que les no/res3 l elle n\s c\ure de la cra9te de la mort1 des d\leurs et de la honte mesme3 elle n\s asseure l1 de la p]te de nos enfans1 de nos amis1 et de nos =tunes3 et qu& l'opportunit s'y pres5te1 elle n\s conduit aussi aux haz>ds de la gu]re4 ,non emolum5to aliquo1 s$ ipsius hone/atis decore4 ,ce pr(it e/ bi5 plus gr&1 et bi5 plus digne d'e/re s\hait et esp]1 que l'honneur et la gloire1 qui n'e/ autre *ose qu'vn fauorable iugem5t qu'on fait de n\s4 ,il faut tri] de t\te vne nation1 vne d\za9e d'hommes1 p\r iug] d'vn arp5t de t]re1 et le iugem5t de nos incl9ations1 et de nos actions1 la plus difficile mati]e1 et la plus importante qui soit1 n\s la remettons la voix de la commune et de la t\rbe1 m]e d'ignorance1 d'iniu/ice1 et d'incon/ance4 ,e/-ce raison de faire dep5dre la vie d'vn sage1 du iugem5t des fols8 ,an quidquam /ultius1 qum quos s+ulos contemnas1 eos aliquid put>e esse vniu]sos8 ,quiconque vise leur plaire1 il n'a iamais faict1 c'e/ vne bute qui n'a ny =me ny prise4 ,nil tam 9/imabile e/1 qum animi multitud9is4 ,demetrius disoit plaisamm5t de la voix du peuple1 qu'il ne faisoit non plus de recette1 de celle qui luy sortoit p> en haut1 que de celle qui luy sortoit p> en bas4 ,celuy la dit encore plus3 ,ego hoc iudico1 si qu&o turpe non sit1 tam5 non esse non turpe1 quum id multitud9e laudetur4 ,null'art1 nulle s\pplesse d'esprit p\rroit conduire nos pas la suitte d'vn guide si desuoy et si desregl4 ,en cette confusion v5teuse de bruits de rapports et op9ions vulgaires1 qui n\s p\ss5t1 il ne se peut e/ablir aucune r\te qui vaille4 ,ne n\s proposons po9t vne f9 si flotante et volage3 allons con/amm5t apres la raison3 que l'approbation publique n\s suyue p> l1 si elle veut3 et comme elle desp5d t\te de la ,=tune1 n\s n'auons po9t loy de l'esp]] plu/o/ p> autre voye que p> celle l4 ,qu& p\r sa droiture ie ne suyurois le droit *em91 ie le suyurois p\r auoir tr\u p> exp]i5ce1 qu'au b\t du compte1 c'e/ communem5t le plus heureux1 et le plus vtile4 ,d$it hoc pr\id5tia hom9ibus munus1 vt hone/a magis iuu>5t4 ,le m>9i] anci5 disoit a9s9 ,neptune1 en vne gr&e tempe/e3 ,o ,dieu tu me sauu]as si tu veux1 si tu veux tu me p]dras3 mais si ti5dray-ie t\si\rs droit mon timon4 ,i'ay veu de mon temps mill' hommes s\pples1 me/is1 ambigus1 et que nul ne d\btoit plus prud5s monda9s que moy1 se p]dre o ie me suis sauu3 ,risi successu posse c>]e dolos4 ,paul myle allant en sa glorieuse exp$ition de ,mac$o9e1 adu]tit sur t\t le peuple ,rome1 de cont5ir leur langue de ses actions1 p5dant son abs5ce4 ,que la lic5ce des iugem5ts1 e/ vn gr& de/\rbi] aux gr&s affaires6 ,d'autant que *acun n'a pas la f]met de ,fabius l'encontre des voix communes1 contraires et iniurieuses qui ayma mieux laiss] desmembr] son au?orit aux va9es fantasies des hommes1 que faire mo9s bi5 sa *>ge1 auec fauorable reputation1 et populaire cons5tem5t4 ,il y a ie ne say quelle d\ceur naturelle se s5tir l\r1 mais n\s luy pre/ons trop de beauc\p4 ,laud>i haud metuam1 neque enim mihi cornea fibra es2 ,s$ recti f9mqve extremmque esse recuso ,euge tuum et bell4 ,ie ne me s\cie pas tant1 quel ie sois *ez autruy1 comme ie me s\cie quel ie sois en moy-mesme4 ,ie veux e/re ri*e p> moy1 non p> emprunt4 ,les e/rang]s ne voy5t que les eu5em5s et app>5ces ext]nes3 *acun peut faire bonne m9e p> le dehors1 ple9 au d$ans de fiebure et d'effroy4 ,ils ne voy5t pas mon cur1 ils ne voy5t que mes cont5ances4 ,on a raison de descri] l'hypocrisie1 qui se tr\ue en la gu]re3 c> qu'e/ il plus ais vn homme pratic1 que de gau*ir aux dang]s1 et de contrefaire le mauuais1 ayant le cur ple9 de mollesse8 ,il y a tant de moy5s d'euit] les occasions de se haz>d] en p>ticuli]1 que n\s aurons tromp mille fois le monde1 auant que de n\s engag] vn dang]eux pas3 et lors mesme1 n\s y tr\uant emptrez1 n\s saurons bi5 p\r ce c\p1 c\urir no/re ieu d'vn bon visage1 et d'vne p>olle asseure1 quoy que l'ame n\s tremble au d$ans4 ,et qui auroit l'vsage de l'anneau ,platonique1 r5dant inuisible celuy qui le portoit au doigt1 si on luy donnoit le t\r v]s le plat de la ma93 assez de g5ts s\u5t se ca*]oy5t1 o il se faut pres5t] le plus3 et se rep5tiroy5t d'e/re placez en lieu si honorable1 auquel la necessit les r5d asseurez4 ,falsus honor iuuat1 et m5dax infamia t]ret ,quem1 nisi m5dosum et m5dacem8 ,voyla comm5t t\s ces iugem5s qui se font des app>5ces ext]nes1 sont m]ueilleusem5t inc]ta9s et d\teux3 et n'e/ aucun si asseur tesmo+1 comme *acun soy-mesme4 ,en celles l combi5 auons n\s de g\jats1 compaignons de no/re gloire8 ,celuy qui se ti5t f]me dans vne tran*e desc\u]te1 que fait il en cela1 que ne fac5t deuant luy c9quante pauures pionni]s1 qui luy ouur5t le pas1 et le c\ur5t de leurs corps1 p\r c9q sols de paye p> i\r8 ,non quicquid turbida ,roma ,eleuet1 acc$as1 examnque improbum 9 illa ,ca/iges trut9a3 nec te qusiu]is extr4 ,n\s appellons aggr&ir no/re nom1 l'e/5dre et sem] en plusieurs b\*es3 n\s v\lons qu'il y soit receu en bonne "p1 et que cette si5ne accroissance luy vi5ne pr(it3 voyla ce qu'il y peut auoir de plus excusable en ce desse94 ,mais l'exces de cette maladie en va iusques l1 que plusieurs *]*5t de faire p>l] d'eux en quelque faon que ce soit4 ,trogus ,pompeius dit de ,h]o/ratus1 et ,titus ,liuius de ,manlius ,capitol9us1 qu'ils e/oy5t plus desireux de gr&e1 que de bonne reputation4 ,ce vice e/ ord9aire4 ,n\s n\s soignons plus qu'on p>le de n\s1 que comm5t on en p>le3 et n\s e/ assez que no/re nom c\re p> la b\*e des hommes1 en quelque condition qu'il y c\re4 ,il semble que l'e/re conneu1 ce soit aucunem5t auoir sa vie et sa dure en la g>de d'autruy4 ,moy1 ie ti5s que ie ne suis que *ez moy1 et de cette autre mi5ne vie qui loge en la cognoissance de mes amis1 la consid]] nu1 et simplem5t en soy1 ie say bi5 que ie n'en s5s fruict ny i\yssance1 que p> la vanit d'vne op9ion fanta/ique4 ,et qu& ie s]ay mort1 ie m'en res5tiray encores beauc\p mo9s4 ,et si p]dray t\t net1 l'vsage des vrayes vtilitez1 qui accid5talem5t la suyu5t p> fois3 ie n'auray plus de prise p> o saisir la reputation3 ny p> o elle puisse me t\*] ny arriu] moy4 ,c> de m'att5dre que mon nom la reoiue3 premi]em5t ie n'ay po9t de nom qui soit assez mi53 de deux que i'ay1 l'vn e/ commun t\te ma race1 voire encore d'autres4 ,il y a vne famille ,p>is et ,montpeli]1 qui se surnomme ,montaigne3 vne autre en ,bretaigne1 et en ,xa9tonge1 de la ,montaigne4 ,le remuem5t d'vne seule syllabe1 mesl]a noz fuses1 de faon que i'auray "p leur gloire1 et eux l'adu5ture ma honte4 ,et si1 les mi5s se sont autresfois surnommez ,eyquem1 surnom qui t\*e encore vne maison cogneu en ,anglet]re4 ,quant mon autre nom1 il e/1 quiconque aura enuie de le pr5dre4 ,a9si i'honor]ay peut e/re1 vn cro*eteur en ma place4 ,et puis qu& i'aurois vne m]que p>ticuli]e p\r moy1 que peut elle m]qu] qu& ie n'y suis plus8 peut elle design] et fauorir l'inanit8 ,nunc leuior cippus non imprimit ossa ,laudat po/]itas1 nunc non manibus illis1 ,nunc non tumulo =tunatque fauilla ,nascuntur viol8 ,mais de cecy i'en ay p>l ailleurs4 ,au demeurant en t\te vne bataille o dix mill' hommes sont /ropiez ou tuez1 il n'en e/ pas qu9ze dequoy lon p>le4 ,il faut que ce soit quelque gr&eur bi5 em95te1 ou quelque consequ5ce d'importance1 que la ,=tune y ait io9te1 qui face valoir vn' action priue1 non d'vn h>quebuzi] seulem5t1 mais d'vn ,capita9e3 c> de tu] vn homme1 ou deux1 ou dix1 de se pres5t] c\rageusem5t la mort1 c'e/ la v]it quelque *ose *acun de n\s1 c> il y va de t\t3 mais p\r le monde1 ce sont *oses si ord9aires1 il s'en voit tant t\s les i\rs1 et en faut tant de p>eilles p\r produire vn effect notable1 que n\s n'en p\uons att5dre aucune p>ticuli]e recomm5dation4 ,casus multis hic cognitus1 ac iam ,tritus1 et m$io =tun ductus ac]uo4 ,de tant de miliasses de vaillans hommes qui sont morts depuis qu9ze c5s ans en ,france1 les armes en la ma91 il n'y en a pas c5t1 qui soy5t v5us no/re cognoissance4 ,la memoire non des *efs seulem5t1 mais des battailles et victoires e/ enseuelie4 ,les =tunes de plus de la moiti du monde1 faute de regi/re1 ne b\g5t de leur place1 et s'esuanoiss5t sans dure4 ,si i'auois en ma possession les eu5em5s incognus1 i'en p5s]ois tresfacilem5t supplant] les cognus1 en t\te espece d'exemples4 ,quoy1 que des ,roma9s mesmes1 et des ,grecs1 p>my tant d'escriua9s et de tesmo+s1 et tant de r>es et nobles exploicts1 il en e/ v5u si peu iusques n\s8 ,ad nos vix t5uis fam p]labitur aura4 ,ce s]a beauc\p si d'icy c5t ans on se s\ui5t en gros1 que de no/re temps il y a eu des gu]res ciuiles en ,france4 ,les ,lac$emoni5s sacrifioi5t aux ,muses entrans en battaille1 af9 que leurs ge/es fuss5t bi5 et dignem5t escris1 e/imants que ce fu/ vne faueur diu9e1 et non commune1 que les belles actions tr\uass5t des tesmo+s qui leur seuss5t donn] vie et memoire4 ,p5sons n\s qu' *asque h>quebusade qui n\s t\*e1 et *asque haz>d que n\s c\rons1 il y ait s\da9 vn greffi] qui l'enrolle8 et c5t greffi]s outre cela le p\rront escrire1 desquels les comm5taires ne dur]ont que trois i\rs1 et ne vi5dront la veu de p]sonne4 ,n\s n'auons pas la milliesme p>tie des escrits anci5s2 c'e/ la ,=tune qui leur donne vie1 ou plus c\rte1 ou plus longue1 selon sa faueur3 et ce que n\s en auons1 il n\s e/ loisible de d\bt]1 si c'e/ le pire1 n'ayans pas veu le demeurant4 ,on ne fait pas des hi/oires de *oses de si peu3 il faut auoir e/ *ef conqu]ir vn ,empire1 ou vn ,royaume1 il faut auoir gaign c9quante deux battailles assignes1 t\si\rs plus foible en nombre1 comme ,cs>4 ,dix mille bons compagnons et plusieurs gr&s ,capita9es1 m\rur5t sa suitte1 vaillamm5t et c\rageusem5t1 desquels les noms n'ont dur qu'autant que leurs femmes et leurs enfans vesquir5t3 ,quos fama obscura recondit4 ,de ceux mesme1 que n\s voyons bi5 faire1 trois mois1 ou trois ans apres qu'ils y sont demeurez1 il ne s'en p>le non plus que s'ils n'euss5t iamais e/4 ,quiconque consid]]a auec iu/e mesure et proportion1 de quelles g5s et de quels faits1 la gloire se ma9ti5t en la memoire des liures1 il tr\u]a qu'il y a de no/re siecle1 =t peu d'actions1 et =t peu de p]sonnes1 qui y puiss5t pret5dre nul droict4 ,combi5 auons n\s veu d'hommes v]tueux1 suruiure leur propre reputation1 qui ont veu et s\ff]t e/e9dre en leur pres5ce1 l'honneur et la gloire tres-iu/em5t acquise en leurs ieunes ans8 ,et p\r trois ans de cette vie fanta/ique et imag9aire1 allons n\s p]dant no/re vraye vie et ess5tielle1 et n\s engag] vne mort p]petuelle8 ,les sages se propos5t vne plus belle et plus iu/e f91 vne si importante entreprise4 ,rect facti1 fecisse m]ces e/3 ,(ficij fructus1 ipsum (ficium e/4 ,il s]oit l'aduanture excusable vn pe9tre ou autre artisan1 ou encores vn rhetorici5 ou grammairi51 de se trauaill] p\r acqu]ir nom1 p> ses ouurages3 mais les actions de la v]tu1 elles sont trop nobles d'elles mesmes1 p\r re*]*] autre loy]1 que de leur propre valeur3 et notamm5t p\r la *]*] en la vanit des iugem5s huma9s4 ,si t\te-fois cette fauce op9ion s]t au public cont5ir les hommes en leur deuoir3 si le peuple en e/ esueill la v]tu3 si les ,pr9ces sont t\*ez1 de voir le monde b5ir la memoire de ,traian1 et abom9] celle de ,n]on3 si cela les esmeut1 de voir le nom de ce gr& p5d>t1 autresfois si effroyable et si r$\bt1 maudit et outrag si librem5t p> le premi] escoli] qui l'entrepr5d3 qu'elle accroisse h>dim5t1 et qu'on la n\rrisse entre n\s le plus qu'on p\rra4 ,et ,platon employant t\tes *oses r5dre ses citoy5s v]tueux1 leur conseille aussi1 de ne mespris] la bonne e/imation des peuples4 ,et dit1 que p> quelque diu9e inspiration il adui5t1 que les mes*ans mesmes sau5t s\u5t tant de p>ole1 que d'op9ion1 iu/em5t di/+u] les bons des mauuais4 ,ce p]sonnage et son p$agogue sont m]ueilleux1 et h>dis ouuri]s faire io9dre les op]ations et reuelations diu9es t\t p> t\t o faut l'huma9e =ce4 ,et p\r cette cause peut e/re1 l'appelloit ,timon en l'iniuriant1 le gr& =geur de miracles4 ,vt traijei poet confugiunt ad ,deum1 cm explic>e argum5ti exitum non possunt4 ,puis que les hommes p> leur insuffisance ne se peuu5t assez pay] d'vne bonne monnoye1 qu'on y employe encore la fauce4 ,ce moy5 a e/ practiqu p> t\s les legislateurs3 et n'e/ police1 o il n'y ait quelque meslange1 ou de vanit c]emonieuse1 ou d'op9ion m5song]e1 qui s]ue de bride t5ir le peuple en (fice4 ,c'e/ p\r cela que la plusp>t ont leurs orig9es et comm5cem5s fabuleux1 et enri*is de my/]es sup]naturels4 ,c'e/ cela1 qui a donn cr$it aux religions ba/>des1 et les a faictes fauorir aux g5s d'ent5dem5t4 ,et p\r cela1 que ,numa et ,s]torius1 p\r r5dre leurs hommes de meilleure creance1 les paissoy5t de cette sottise1 l'vn que la nymphe ,eg]ia1 l'autre que sa bi*e blan*e1 luy apportoit de la "p des ,dieux1 t\s les conseils qu'il pr5oit4 ,et l'au?orit que ,numa donna ses loix s\bs tiltre du patronage de cette ,deesse1 ,zoroa/re legislateur des ,bactrians et des ,p]ses1 la donna aux si5nes1 s\bs le nom du ,dieu ,oromazis3 ,trismegi/e des gypti5s1 de ,m]cure3 ,zamolxis des ,scy!s1 de ,ve/a3 ,*>ondas des ,*alcides1 de ,saturne3 ,m9os des ,c&iots1 de ,iuppit]3 ,lycurgus des ,lac$emoni5s1 d',apollo3 ,dracon et ,solon des ,a!ni5s1 de ,m9]ue4 ,et t\te police a vn ,dieu sa te/e3 faucem5t les autres3 v]itablem5t celle1 que ,mose dressa au peuple de ,iude sorty d'gypte4 ,la religion des ,b$o9s1 comme dit le sire de ,i\9uille1 portoit entre autres *oses1 que l'ame de celuy d'entre eux qui m\roit p\r son ,pr9ce1 s'en alloit en vn autre corps plus heureux1 plus beau et plus =t que le premi]3 au moy5 dequoy ils en haz>doy5t beauc\p plus volonti]s leur vie2 ,9 f]rum m5s prona viris1 animque capaces ,mortis1 et ignauum e/ r$itur p>c]e vit4 ,voyla vne creance tressalutaire1 t\te va9e qu'elle soit4 ,*asque nation a plusieurs tels exemples *ez soy3 mais ce subject m]it]oit vn disc\rs "p4 ,p\r dire encore vn mot sur mon premi] propos3 ie ne conseille non plus aux ,dames1 d'appell] honneur1 leur deuoir1 vt enim consuetudo loquitur1 id solum dicitur hone/um1 quod e/ popul>i fama gloriosum3 leur deuoir e/ le m>c3 leur honneur n'e/ que l'escorce4 ,ny ne leur conseille de n\s donn] cette excuse en payem5t de leur refus3 c> ie presuppose1 que leurs int5tions1 leur desir1 et leur volont1 qui sont pieces o l'honneur n'a que voir1 d'autant qu'il n'en p>oi/ ri5 au dehors1 soy5t encore plus regles que les effects4 ,qu1 quia non liceat1 non facit1 illa facit4 ,l'(f5ce et enu]s ,dieu1 et en la consci5ce1 s]oit aussi gr&e de le desir] que de l'effectu]4 ,et puis ce sont actions d'elles mesmes ca*es et occultes1 il s]oit bi5-ays qu'elles en desrobass5t quelqu'vne la cognoissance d'autruy1 d'o l'honneur dep5d1 si elles n'auoy5t autre respect leur deuoir1 et l'affection qu'elles port5t la *a/et1 p\r elle mesme4 ,t\te p]sonne d'honneur *oisit de p]dre plus to/ son honneur1 que de p]dre sa consci5ce4 ,,*apitre ,,xvii4 ,de la presumption4 ,,il y a vne autre sorte de gloire1 qui e/ vne trop bonne op9ion1 que n\s conceuons de no/re valeur4 ,c'e/ vn'affection inconsid]e1 dequoy n\s n\s *]issons1 qui n\s repres5te n\s mesmes1 autres que n\s ne sommes4 ,comme la passion am\reuse pre/e des beautez1 et des graces1 au subject qu'elle embrasse1 et fait que ceux qui en sont espris1 tr\u5t d'vn iugem5t tr\ble et alt]1 ce qu'ils aym5t1 autre et plus p>faict qu'il n'e/4 ,ie ne veux pas1 que de peur de faillir de ce co/ l1 vn homme se mescognoisse p\rtant1 ny qu'il p5se e/re mo9s que ce qu'il e/3 le iugem5t doit t\t p> t\t ma9t5ir son droit4 ,c'e/ raison qu'il voye en ce subject comme ailleurs1 ce que la v]it luy pres5te4 ,si c'e/ ,cs>1 qu'il se treuue h>dim5t le plus gr& ,capita9e du monde4 ,n\s ne sommes que c]emonie1 la c]emonie n\s emporte1 et laissons la sub/ance des *oses3 n\s n\s t5ons aux bran*es et ab&onnons le tronc et le corps4 ,n\s auons appris aux ,dames de r\gir1 oyants seulem5t nomm]1 ce qu'elles ne craign5t aucunem5t faire3 n\s n'osons appell] droict noz membres1 et ne craignons pas de les employ] t\te sorte de desbau*e4 ,la c]emonie n\s deff5d d'exprim] p> p>olles les *oses licites et naturelles1 et n\s l'en croyons3 la raison n\s deff5d de n'en faire po9t d'illicites et mauuaises1 et p]sonne ne l'en croit4 ,ie me tr\ue icy empe/r s loix de la c]emonie3 c> elle ne p]met1 ny qu'on p>le bi5 de soy1 ny qu'on en p>le mal4 ,n\s la lairrons l p\r ce c\p4 ,ceux de qui la ,=tune1 bonne ou mauuaise qu'on la doiue appell]1 a faict pass] la vie en quelque em95t degr1 ils peuu5t p> leurs actions publiques tesmoign] quels ils sont4 ,mais ceux qu'elle n'a employez qu'en f\le1 et de qui p]sonne ne p>l]a1 si eux mesmes n'en p>l5t1 ils sont excusables1 s'ils pr5n5t la h>diesse de p>l] d'eux1 mesmes enu]s ceux qui ont int]e/ de les cognoi/re2 l'exemple de ,lucilius3 ,ille velut fidis arcana sodalibus olim ,cr$ebat libris1 neque si mal cess]at1 vsquam ,decurr5s alio1 neque si b53 quo fit1 vt omnis ,votiua pateat veluti descripta tabella ,vita s5is4 ,celuy la commettoit son papi] ses actions et ses p5ses1 et s'y peignoit tel qu'il se s5toit e/re4 ,nec id ,rutilio et ,scauro citra fidem1 aut obtrectationi fuit4 ,il me s\ui5t donc1 que ds ma plus t5dre enfance1 on rem]quoit en moy ie ne say quel port de corps1 et des ge/es tesmoignants quelque va9e et sotte fi]t4 ,i'en veux dire premi]em5t cecy1 qu'il n'e/ pas inconu5i5t d'auoir des conditions et des prop5sions1 si propres et si incorpores en n\s1 que n\s n'ayons pas moy5 de les s5tir et recognoi/re4 ,et de telles incl9ations naturelles1 le corps en reti5t volonti]s quelque ply1 sans no/re seu et cons5tem5t4 ,c'e/oit vne affett]ie cons5te de sa beaut1 qui faisoit vn peu pan*] la te/e d',alex&re sur vn co/1 et qui r5doit le p>l] d',alcibiades mol et gras3 ,iulius ,cs> se grattoit la te/e d'vn doigt1 qui e/ la cont5ance d'vn homme remply de p5sem5s p5ibles3 et ,cic]o1 ce me semble1 auoit acc\/um de r9c] le nez1 qui signifie vn naturel mocqueur4 ,tels m\uem5s peuu5t arriu] imp]ceptiblem5t en n\s4 ,il y en a d'autres artificiels1 dequoy ie ne p>le po9t4 ,comme les salutations1 et reu]5ces1 p> o on acqui]t le plus s\u5t tort1 l'honneur d'e/re bi5 humble et c\rtois3 on peut e/re humble de gloire4 ,ie suis assez prodigue de bonnettades1 notamm5t en e/1 et n'en reois iamais sans reu5*e1 de quelque qualit d'hommes que ce soit1 s'il n'e/ mes gages4 ,ie desirasse d'aucuns ,pr9ces que ie cognois1 qu'ils en fuss5t plus esp>gnans et iu/es disp5sateurs2 c> a9s9 indiscretem5t esp&us1 elles ne port5t plus de c\p3 si elles sont sans esg>d1 elles sont sans effect4 ,entre les cont5ances desregles1 n'oublions pas la morgue de l',emp]eur ,con/antius1 qui en publicq t5oit t\si\rs la te/e droicte1 sans la cont\rn] ou fle*ir ny ny l1 non pas seulem5t p\r reg>d] ceux qui le saluoi5t co/1 ayant le corps plant immobile1 sans se laiss] all] au bransle de son co*e1 sans os] ny cra*]1 ny se m\*]1 n'y essuy] le visage deuant les g5s4 ,ie ne say si ces ge/es qu'on rem]quoit en moy1 e/oi5t de cette premi]e condition1 et si la v]it i'auoy quelque occulte prop5sion ce vice2 comme il peut bi5 e/re3 et ne puis pas respondre des bransles du corps4 ,mais quant aux bransles de l'ame1 ie veux icy confess] ce que i'en s5s4 ,il y a deux p>ties en cette gloire3 sauoir e/1 de s'e/im] trop1 et n'e/im] pas assez autruy4 ,quant l'vne1 il me semble premi]em5t1 ces consid]ations deuoir e/re mises en compte4 ,ie me s5s press d'vne erreur d'ame1 qui me desplai/1 et comme inique1 et encore plus comme importune4 ,i'essaye la corrig]3 mais l'arra*] ie ne puis4 ,c'e/1 que ie dim9ue du iu/e prix des *oses1 que ie poss$e3 et hausse le prix aux *oses1 d'autant qu'elles sont e/rang]es1 abs5tes1 et non mi5nes4 ,cette humeur s'esp& bi5 lo+4 ,comme la pr]ogatiue de l'au?orit fait1 que les m>is reg>d5t les femmes propres d'vn vicieux desde91 et plusieurs p]es leurs enfants3 a9si fay-ie3 et entre deux p>eils ouurages1 pois]oy t\si\rs contre le mi54 ,non tant que la ial\sie de mon auancem5t et am5dem5t tr\ble mon iugem5t1 et m'empes*e de me satisfaire1 comme que1 d'elle mesme la mai/rise eng5dre mespris de ce qu'on ti5t et reg5te4 ,les polices1 les murs lo+ta9es me flatt5t1 et les langues4 ,et m'app]oy que le ,lat9 me pippe p> la faueur de sa dignit1 au del de ce qui luy app>ti5t1 comme aux enfants et au vulgaire4 ,l'conomie1 la maison1 le *eual de mon vois91 en egale valeur1 vault mieux que le mi51 de ce qu'il n'e/ pas mi54 ,dauantage1 que ie suis tres-ignorant en mon faict3 i'admire l'asseurance et promesse1 que *acun a de soy3 l o il n'e/ quasi ri5 que ie sa*e sauoir1 ny que i'ose me respondre p\uoir faire4 ,ie n'ay po9t mes moy5s en proposition et p> e/at3 et n'en suis in/ruit qu'apres l'effect3 autant d\bteux de ma =ce que d'vne autre =ce4 ,d'o il adui5t1 si ie r5contre l\ablem5t en vne besongne1 que ie le donne plus ma =tune1 qu' mon indu/rie3 d'autant que ie les desseigne t\tes au haz>d et en cra9te4 ,p>eillem5t i'ay en g5]al cecy1 que de t\tes les op9ions que l'anci5net a eus de l'homme en gros1 celles que i'embrasse plus volonti]s1 et ausquelles ie m'atta*e le plus1 ce sont celles qui n\s mespris5t1 auiliss5t1 et aneantiss5t le plus4 ,la philosophie ne me semble iamais auoir si beau ieu1 que qu& elle combat no/re presomption et vanit2 qu& elle recognoi/ de bonne foy son irresolution1 sa foiblesse1 et son ignorance4 ,il me semble que la m]e n\rrice des plus fausses op9ions1 et publiques et p>ticuli]es1 c'e/ la trop bonne op9ion que l'homme a de soy4 ,ces g5s qui se p]*5t *euau*ons sur l'epicycle de ,m]cure1 qui voi5t si auant dans le ciel1 ils m'arra*5t les d5ts3 c> en l'e/ude que ie fay1 duquel le subject1 c'e/ l'homme1 tr\uant vne si extreme v>iet de iugem5s1 vn si pr(ond labyr9! de difficultez les vnes sur les autres1 tant de diu]sit et inc]titude1 en l'es*ole mesme de la sapi5ce3 v\s p\uez p5s]1 puis que ces g5s l n'ont peu se res\dre de la cognoissance d'eux mesmes1 et de leur propre condition1 qui e/ cont9uellem5t pres5te leurs yeux1 qui e/ dans eux2 puis qu'ils ne sau5t comm5t bransle ce qu'eux mesmes font bransl]1 ny comm5t n\s pe9dre et des*iffr] les ressorts qu'ils ti5n5t et mani5t eux mesmes1 comm5t ie les croirois de la cause du flux et reflux de la riui]e du ,nil4 ,la curiosit de cognoi/re les *oses1 a e/ donne aux hommes p\r fleau1 dit la sa9cte ,escriture4 ,mais p\r v5ir mon p>ticuli]1 il e/ bi5 difficile1 ce me semble1 qu'aucun autre s'e/ime mo9s1 voire qu'aucun autre m'e/ime mo9s1 que ce que ie m'e/ime4 ,ie me ti5 de la commune sorte1 sauf en ce que ie m'en ti5s3 c\lpable des deffectuositez plus basses et populaires3 mais non desaduoes1 non excuses4 ,et ne me prise seulem5t que de ce que ie say mon prix4 ,s'il y a de la gloire1 elle e/ infuse en moy sup]ficiellem5t1 p> la trahison de ma complexion3 et n'a po9t de corps1 qui comp>oisse la veu de mon iugem5t4 ,i'en suis arros1 mais non pas te9t4 ,c> la v]it1 quant aux effects de l'esprit1 en quelque faon que ce soit1 il n'e/ iamais p>ty de moy *ose qui me cont5ta/4 ,et l'approbation d'autruy ne me paye pas4 ,i'ay le iugem5t t5dre et difficile1 et notamm5t en mon endroit4 ,ie me s5s flott] et fles*ir de foiblesse4 ,ie n'ay ri5 du mi51 dequoy satisfaire mon iugem5t3 i'ay la veue assez claire et regle1 mais l'ouur] elle se tr\ble3 comme i'essaye plus euidemm5t en la posie4 ,ie l'ayme inf9im5t2 ie me cognois assez aux ouurages d'autruy3 mais ie fay la v]it l'enfant qu& i'y veux mettre la ma92 ie ne me puis s\ffrir4 ,on peut faire le sot p> t\t ailleurs1 mais non en la posie4 ,m$iocribus esse poetis ,non dij1 non hom9es1 non concess]e column4 ,pleu/ ,dieu que cette s5t5ce se tr\ua/ au front des b\tiques de t\s noz imprimeurs1 p\r en deff5dre l'entre tant de v]sificateurs4 ,v]m ,nil securius e/ malo poeta4 ,que n'auons n\s de tels peuples8 ,dionysius le p]e n'e/imoit ri5 tant de soy1 que sa posie4 ,a la saison des jeux ,olympiques1 auec des *>iots surpassant t\s autres en magnific5ce1 il enuoya aussi des potes et des musici5s1 p\r pres5t] ses v]s1 auec des t5tes et pauillons dorez et tapissez royalem5t4 ,qu& on v9t mettre ses v]s en auant1 la faueur et excell5ce de la prononciation attira sur le comm5cem5t l'att5tion du peuple4 ,mais qu& p> apres il v9t pois] l'ineptie de l'ouurage1 il entra premi]em5t en mespris3 et cont9uant d'aigrir son iugem5t1 il se ietta tanto/ en furie1 et c\rut abbattre et des*ir] p> despit t\s ces pauillons4 ,et ce que ces *>iots ne feir5t non plus1 ri5 qui vaille en la c\rse1 et que la nauire1 qui rapportoit ses g5ts1 faillit la ,sicile1 et fut p> la tempe/e p\sse et fracasse contre la co/e de ,t>ante3 il t9t p\r c]ta9 que c'e/oit l'ire des ,dieux irritez comme luy1 contre ce mauuais pome3 et les m>9i]s mesmes1 es*appez du naufrage1 alloi5t secondant l'op9ion de ce peuple3 laquelle1 l'oracle qui pr$it sa mort1 sembla aussi aucunem5t s\bscrire4 ,il portoit1 que ,dionysius s]oit pres de sa f91 qu& il auroit va9cu ceux qui vaudroy5t mieux que luy4 ,ce qu'il int]preta des ,c>?ag9ois1 qui le surpassoy5t en puissance4 ,et ayant affaire eux1 gau*issoit s\u5t la victoire1 et la temp]oit1 p\r n'enc\rir le s5s de cette pr$iction4 ,mais il l'ent5doit mal3 c> le ,dieu m>quoit le temps de l'aduantage1 que p> faueur et iniu/ice il gaigna ,a!nes sur les potes tragiques1 meilleurs que luy3 ayant faict i\] l'enuy la si5ne1 intitule les ,l5eens4 ,s\da9 apres laquelle victoire1 il trepassa3 et en p>tie p\r l'excessiue ioye1 qu'il en conceut4 ,ce que ie treuue excusable du mi51 ce n'e/ pas de soy1 et la v]it3 mais c'e/ la comp>aison d'autres *oses pires1 ausquelles ie voy qu'on donne cr$it4 ,ie suis enuieux du bon-heur de ceux1 qui se sau5t resi\yr et gratifi] en leur besongne2 c> c'e/ vn moy5 ays de se donn] du plaisir1 puis qu'on le tire de soy-mesmes4 ,specialem5t s'il y a vn peu de f]met en leur op9ia/rise4 ,ie say vn pote1 qui =t et foible1 en f\lle et en *ambre1 et le ciel et la t]re1 cri5t qu'il n'y ent5d gu]e4 ,il n'en rabat p\r t\t cela ri5 de la mesure quoy il s'e/ taill4 ,t\si\rs recomm5ce1 t\si\rs reconsulte3 et t\si\rs p]si/e1 d'autant plus ahurt en son aduis1 qu'il t\*e luy seul1 de le ma9t5ir4 ,mes ouurages1 il s'en faut tant qu'ils me ri5t1 qu'autant de fois que ie les reta/e1 autant de fois ie m'en despite4 ,cm relego1 scripsisse pudet1 quia plurima c]no1 ,me quoque qui feci1 iudice1 digna l9i4 ,i'ay t\si\rs vne ide en l'ame1 qui me pres5te vne meilleure =me1 que celle que i'ay mis en besongne1 mais ie ne la puis saisir ny exploict]4 ,et cette ide mesme n'e/ que du moy5 e/age4 ,i'argum5te p> l1 que les productions de ces ri*es et gr&es ames du temps pass1 sont bi5 lo+ au del de l'extreme e/5du de mon imag9ation et s\haict4 ,leurs escris ne me satisfont pas seulem5t et me rempliss5t1 mais ils m'e/onn5t et transiss5t d'admiration4 ,ie iuge leur beaut1 ie la voy1 s9on iusques au b\t1 au mo9s si auant qu'il m'e/ impossible d'y aspir]4 ,quoy que i'entrepr5ne1 ie doibs vn sacrifice aux ,graces1 comme dit ,plut>que de quelqu'vn1 p\r practiqu] leur faueur4 ,si quid enim placet1 ,si quid dulce hom9um s5sibus influit1 ,deb5tur lepidis omnia ,gratiis4 ,elles m'ab&onn5t p> t\t4 ,t\t e/ grossi] *ez moy1 il y a faute de polissure et de beaut4 ,ie ne say faire valoir les *oses p\r le plus que ce qu'elles val5t4 ,ma faon n'ayde ri5 la mati]e4 ,voyla p\rquoy il me la faut =te1 qui aye beauc\p de prise1 et qui luyse d'elle mesme4 ,qu& i'en saisi des populaires et plus gayes1 c'e/ p\r me suiure1 moy1 qui n'aime po9t vne sagesse c]emonieuse et tri/e1 comme fait le monde3 et p\r m'egay]1 non p\r egay] mon /ile1 qui les veut plu/o/ graues et seu]es4 ,aumo9s si ie doy nomm] /ile1 vn p>l] in=me et sans regle3 vn i>gon populaire1 et vn proc$] sans def9ition1 sans p>tition1 sans conclusion1 tr\ble1 la faon de celuy d',amafanius et de ,rabirius4 ,ie ne say ny plaire1 ny resi\yr1 ny *at\ill]4 ,le meilleur compte du monde se se*e entre mes ma9s1 et se t]nit4 ,ie ne say p>l] qu'en bon esci5t4 ,et suis du t\t desnu de cette facilit1 que ie voy en plusieurs de mes compagnons1 d'entret5ir les premi]s v5us1 et t5ir en hale9e t\te vne tr\ppe1 ou amus] sans se lass]1 l'oreille d'vn ,pr9ce1 de t\te sorte de propos2 la mati]e ne leur faillant iamais1 p\r cette grace qu'ils ont de sauoir employ] la premi]e v5ue1 et l'accommod] l'humeur et porte de ceux qui ils ont affaire4 ,les ,pr9ces n'aym5t gu]e les disc\rs f]mes1 ny moy faire des comptes4 ,les raisons premi]es et plus aises1 qui sont communm5t les mieux pr9ses1 ie ne say pas les employ]4 ,mauuais pres*eur de commune4 ,de t\te mati]e ie dy volonti]s les plus extremes *oses1 que i'en say4 ,cic]o e/ime1 qu's traictez de la philosophie1 le plus difficile membre soit l'exorde4 ,s'il e/ a9si1 ie me pr5s la conclusion sagem5t4 ,si faut-il sauoir relas*] la corde t\te sorte de tons3 et le plus aigu e/ celuy qui vi5t le mo9s s\u5t en ieu4 ,il y a p\r le mo9s autant de p]fection releu] vne *ose vuide1 qu' en s\t5ir vne poisante4 ,tanto/ il faut sup]ficiellem5t mani] les *oses1 tanto/ les pr(ond]4 ,ie say bi5 que la plus "p des hommes se ti5n5t en ce bas e/age1 p\r ne conceuoir les *oses que p> cette premi]e escorse4 ,mais ie say aussi que les plus gr&s mai/res1 et ,x5ophon et ,platon1 on les void s\u5t se relas*] cette basse faon1 et populaire1 de dire et traitt] les *oses1 la s\/5ans des graces qui ne leur manqu5t iamais4 ,au demeurant mon langage n'a ri5 de facile et fluide3 il e/ aspre1 ayant ses dispositions libres et desregles4 ,et me plai/ a9si2 s9on p> mon iugem5t1 p> mon incl9ation4 ,mais ie s5s bi5 que p> fois ie m'y laisse trop all]1 et qu' =ce de v\loir euit] l'art et l'affection1 i'y retombe d'vne autre "p2 ,breuis esse laboro1 ,obscurus fio4 ,platon dit que le long ou le c\rt1 ne sont proprietez qui o/5t ny qui donn5t prix au langage4 ,qu& i'entrepr5drois de suiure cet autre /ile quable1 vny et ordonn1 ie n'y saurois adu5ir4 ,et encore que les c\pures et cad5ces de ,salu/e reui5n5t plus mon humeur1 si e/-ce que ie treuue ,cs> et plus gr&1 et mo9s ais repres5t]4 ,et si mon incl9ation me porte plus l'imitation du p>l] de ,s5eque1 ie ne laisse pas d'e/im] dauantage celuy de ,plut>que4 ,comme taire1 dire aussi1 ie suy t\t simplem5t ma =me naturelle4 ,d'o c'e/ l'aduanture que ie puis plus1 p>l] qu' escrire4 ,le m\uem5t et action anim5t les p>olles1 notamm5t ceux qui se remu5t brusquem5t1 comme ie fay1 et qui s'es*auff5t4 ,le port1 le visage1 la voix1 la robbe1 l'assiette1 peuu5t donn] quelque prix aux *oses1 qui d'elles mesmes n'en ont gu]e1 comme le babil4 ,messala se ple9t en ,tacitus de quelques acc\/rem5s e/roits de son temps1 et de la faon des bancs o les orateurs auoi5t p>l]1 qui affoiblissoi5t leur eloqu5ce4 ,mon langage ,franois e/ alt]1 et en la prononciation et ailleurs1 p> la b>b>ie de mon creu4 ,ie ne vis iamais homme des contres de de1 qui ne s5ti/ bi5 euidemm5t son ramage1 et qui ne blessa/ les oreilles qui sont pures ,franoises4 ,si n'e/-ce pas p\r e/re =t ent5du en mon ,p]ig\rd93 c> ie n'en ay non plus d'vsage que de l',allem&2 et ne m'en *ault gu]es4 ,c'e/ vn langage1 comme sont aut\r de moy d'vne b&e et d'autre1 le ,poitteu91 ,xa9tongeois1 ,ang\lemois91 ,lymos91 ,auu]gnat1 brode1 tra9ant1 esfoir4 ,il y a bi5 au dessus de n\s1 v]s les montagnes1 vn ,gascon1 que ie treuue s+uli]em5t beau1 sec1 bref1 signifiant1 et la v]it vn langage masle et militaire1 plus qu'aucun autre1 que i'ent5de3 autant n]ueux1 et puissant1 et p]t95t1 comme le ,franois e/ gracieux1 delicat1 et abondant4 ,quant au ,lat91 qui m'a e/ donn p\r mat]nel1 i'ay p]du p> des-acc\/umance1 la promptitude de m'en p\uoir s]uir p>l]3 ou1 et escrire1 en quoy autrefois ie me faisoy appell] mai/re ,iean4 ,voylla combi5 peu ie vaux de ce co/ l4 ,la beaut e/ vne piece de gr&e recomm5dation au comm]ce des hommes4 ,c'e/ le premi] moy5 de conciliation des vns aux autres2 et n'e/ homme si b>b>e et si re*ign1 qui ne se s5te aucunem5t frapp de sa d\ceur4 ,le corps a vne gr&'"p no/re e/re1 il y ti5t vn gr& rang3 a9si sa /ructure et composition sont de bi5 iu/e consid]ation4 ,ceux qui veul5t despr5dre noz deux pieces pr9cipales1 et les seque/r] l'vne de l'autre1 ils ont tort4 ,au reb\rs1 il les faut r'acc\pl] et reio9dre4 ,il faut ordonn] l'ame1 non de se tir] qu>ti]1 de s'entret5ir "p1 de mespris] et ab&onn] le corps 7aussi ne le sauroit elle faire que p> quelque s+]ie contrefaicte7 mais de se r'alli] luy1 de l'embrass]1 le *]ir1 luy assi/]1 le contr]oll]1 le conseill]1 le r$ress]1 et ram5] qu& il f\ruoye2 l'esp\s] en somme1 et luy s]uir de m>y3 ce que leurs effects ne p>oiss5t pas diu]s et contraires1 a9s accordans et vni=mes4 ,les ,*re/i5s ont vne p>ticuli]e in/ruction de cette liaison1 c> ils sau5t1 que la iu/ice diu9e embrasse cette societ et io9cture du corps et de l'ame1 iusques r5dre le corps capable des recomp5ses et]nelles3 et que ,dieu reg>de agir t\t l'homme1 et veut qu'enti] il reoiue le *a/iem5t1 ou le loy]1 selon ses dem]ites4 ,la secte ,p]ipatetique1 de t\tes sectes la plus sociable1 attribue la sagesse ce seul so+1 de p\ruoir et procur] en commun1 le bi5 de ces deux p>ties associes3 et montre les autres sectes1 p\r ne s'e/re assez atta*es la consid]ation de ce meslange1 s'e/re p>tializes1 cette-cy p\r le corps1 cette autre p\r l'ame1 d'vne p>eille erreur3 et auoir esc>t leur subject1 qui e/ l'homme2 et leur guide1 qu'ils adu\5t en g5]al e/re ,nature4 ,la premi]e di/9ction1 qui aye e/ entre les hommes1 et la premi]e consid]ation1 qui donna les prem95ces aux vns sur les autres1 il e/ vray-semblable que ce fut l'aduantage de la beaut4 ,agros diuis]e atque d$]e ,pro facie cuiusque et viribus +5ique3 ,nam facies multum valuit1 virsque vigebant4 ,or ie suis d'vne taille vn peu au dess\bs de la moy5ne4 ,ce deffaut n'a pas seulem5t de la laideur1 mais encore de l'incommodit3 ceux mesmem5t1 qui ont des comm&em5ts et des *>ges3 c> l'au?orit que donne vne belle pres5ce et maje/ corporelle1 en e/ dire4 ,c4 ,m>ius ne receuoit pas volonti]s des soldats1 qui n'euss5t six pi$s de haulteur4 ,le ,c\rtisan a bi5 raison de v\loir p\r ce ,g5tilhomme qu'il dresse1 vne taille commune1 plu/o/ que t\te autre3 et de refus] p\r luy1 t\te e/ranget1 qui le face montr] au doigt4 ,mais de *oisir1 s'il faut cette m$iocrit1 qu'il soit plu/o/ au de1 qu'au del d'icelle1 ie ne le f]ois pas1 vn homme militaire4 ,les petits hommes1 dit ,ari/ote1 sont bi5 iolis1 mais non pas beaux3 et se cognoi/ en la gr&eur1 la gr&e ame1 comme la beaut1 en vn gr& corps et hault4 ,les ?iopes et les ,indi5s1 dit-il1 elisants leurs ,roys et ,magi/rats1 auoy5t esg>d la beaut et proc]it des p]sonnes4 ,ils auoi5t raison3 c> il y a du respect p\r ceux qui le suiu5t1 et p\r l'ennemy de l'effroy1 de voir la te/e d'vne tr\ppe1 m>*] vn *ef de belle et ri*e taille3 ,ipse int] primos pr/anti corpore ,turnus ,v]titur1 arma t55s1 et toto v]tice supr e/4 ,no/re gr& ,roy diu9 et cele/e1 duquel t\tes les circon/ances doiu5t e/re rem]ques auec so+1 religion et reu]5ce1 n'a pas refus la recomm&ation corporelle1 speciosus =ma pr filiis hom9um4 ,et ,platon auec la temp]ance et la =titude1 desire la beaut aux cons]uateurs de sa republique4 ,c'e/ vn gr& despit qu'on s'addresse v\s p>my voz g5s1 p\r v\s dem&] o e/ ,monsieur3 et que v\s n'ayez que le re/e de la bonnetade1 qu'on fait vo/re b>bi] ou vo/re secretaire4 ,comme il adu9t au pauure ,philopm53 e/ant arriu le premi] de sa tr\ppe en vn logis1 o on l'att5doit1 son ho/esse1 qui ne le cognoissoit pas1 et le voyoit d'assez mauuaise m9e1 l'employa d'all] vn peu aid] ses femmes puis] de l'eau1 ou attis] du feu1 p\r le s]uice de ,philopm54 ,les ,g5tils-hommes de sa suitte e/ans arriuez1 et l'ayants surpris embesongn cette belle vacation1 c> il n'auoit pas failly d'ober au comm&em5t qu'on luy auoit faict1 luy dem&]5t ce qu'il faisoit-l3 ,ie paie1 leur respondit-il1 la pe9e de ma laideur4 ,les autres beautez1 sont p\r les femmes3 la beaut de la taille1 e/ la seule beaut des hommes4 ,o e/ la petitesse1 ny la l>geur et rondeur du front1 ny la blan*eur et d\ceur des yeux1 ny la m$iocre =me du nez1 ny la petitesse de l'oreille1 et de la b\*e1 ny l'ordre et blan*eur des d5ts1 ny l'espesseur bi5 vnie d'vne b>be brune escorce de *ataigne1 ny le poil releu1 ny la iu/e proportion de te/e1 ny la frais*eur du te9t1 ny l'air du visage aggreable1 ny vn corps sans s5teur1 ny la iu/e proportion de membres1 peuu5t faire vn bel homme4 ,i'ay au demeurant1 la taille =te et ramasse1 le visage1 non pas gras1 mais ple91 la complexion entre le iovial et le melan*olique1 moy5nem5t sangu9e et *aude1 ,vnde rig5t setis mihi crura1 et pectora villis3 la sant1 =te et allegre1 iusques bi5 auant en mon aage1 r>em5t tr\ble p> les maladies4 ,i'e/ois tel1 c> ie ne me consid]e pas cette heure1 que ie suis engag dans les au5ues de la vieillesse1 ayant piea fran*y les qu>ante ans4 ,m9utatim vires et robur adultum ,frangit1 et 9 p>tem peiorem liquitur tas4 ,ce que ie s]ay doresnauant1 ce ne s]a plus qu'vn demy e/re3 ce ne s]a plus moy4 ,ie m'es*appe t\s les i\rs1 et me desrobbe moy3 ,s+ula de nobis anni prdantur euntes4 ,d'addresse et de disposition1 ie n'en ay po9t eu2 et si suis fils d'vn p]e dispo/1 et d'vne allegresse qui luy dura iusques son extreme vieillesse4 ,il ne tr\ua gu]e homme de sa condition1 qui s'egala/ luy en t\t ex]cice de corps3 comme ie n'en ay tr\u gu]e aucun1 qui ne me surmonta/2 sauf au c\rir1 en quoy i'e/oy des m$iocres4 ,de la musique1 ny p\r la voix1 que i'y ay tres-inepte1 ny p\r les in/rum5s1 on ne m'y a iamais seu ri5 appr5dre4 ,a la danse1 la paulme1 la lucte1 ie n'y ay peu acqu]ir qu'vne bi5 =t leg]e et vulgaire suffisance3 nag]1 escrim]1 voltig]1 et sault]1 nulle du t\t4 ,les ma9s1 ie les ay si g\rdes1 que ie ne say pas escrire seulem5t p\r moy2 de faon1 que ce que i'ay b>b\ill1 i'ayme mieux le refaire que de me donn] la pe9e de le demesl]1 et ne ly gu]e mieux4 ,ie me s5s pois] aux esc\tans3 autrem5t bon cl]c4 ,ie ne say pas clorre droit vne lettre1 ny ne seuz iamais taill] plume1 ny tran*] table1 qui vaille1 ny equipp] vn *eval de son h>nois1 ny port] po9ct vn oyseau1 et le las*]3 ny p>l] aux *i5s1 aux oyseaux1 aux *euaux4 ,mes conditions corporelles sont en somme tresbi5 accordantes celles de l'ame1 il n'y a ri5 d'allegre3 il y a seulem5t vne vigueur ple9e et f]me4 ,ie dure bi5 la pe9e1 mais i'y dure1 si ie m'y porte moy-mesme1 et autant que mon desir m'y conduit3 ,mollit] au/]um /udio fall5te laborem4 ,autrem5t1 si ie n'y suis alle* p> quelque plaisir1 et si i'ay autre guide que ma pure et libre volont1 ie n'y vauls ri54 ,c> i'en suis l1 que sauf la sant et la vie1 il n'e/ *ose p\rquoy ie vueille rong] mes ongles1 et que ie vueill' a*et] au prix du t\rm5t d'esprit et de la contra9te3 ,tanti mihi non sit opaci ,omnis ar5a ,tagi1 qudque 9 m>e voluitur aurum4 ,extremem5t oisif1 extremem5t libre1 et p> nature et p> art4 ,ie pre/]oy aussi volonti]s mon sang1 que mon so+4 ,i'ay vne ame libre et t\te si5ne1 acc\/ume se conduire sa mode4 ,n'ayant eu iusques cett' heure ny comm&ant ny mai/re =c1 i'ay m>* aussi auant1 et le pas qu'il m'a pleu4 ,cela m'a amolli et r5du inutile au s]uice d'autruy1 et ne m'a faict bon qu' moy4 ,et p\r moy1 il n'a e/ beso9 de =c] ce naturel poisant1 p>esseux et fay-neant4 ,c> m'e/ant tr\u en tel degr de =tune ds ma naissance1 que i'ay eu occasion de m'y arre/]3 7vne occasion p\rtant1 que mille autres de ma cognoissance euss5t pr9se1 p\r plan*e plu/o/1 se pass] la que/e1 l'agitation et inquietude7 ie n'ay ri5 *]*1 et n'ay aussi ri5 pris3 ,non agimur tumidis velis ,aquilone secundo1 ,non tam5 adu]sis tatem ducimus ,au/ris3 ,viribus1 +5io1 specie1 virtute1 loco1 re1 ,extremi primorum1 extremis vsque priores4 ,ie n'ay eu beso9 que de la suffisance de me cont5t]4 ,qui e/ t\tesfois vn reglem5t d'ame1 le bi5 pr5dre1 esgalem5t difficile en t\te sorte de condition1 et que p> vsage1 n\s voyons se tr\u] plus facilem5t encores en la disette qu'en l'abondance4 ,d'autant1 l'aduanture1 que selon le c\rs de noz autres passions1 la faim des ri*esses e/ plus aiguise p> leur vsage1 que p> leur beso93 et la v]tu de la mod]ation1 plus r>e1 que celle de la pati5ce4 ,et n'ay eu beso9 que de i\yr d\cem5t des bi5s que ,dieu p> sa lib]alit m'auoit mis entre ma9s4 ,ie n'ay g\/ aucune sorte de trauail ennuieux4 ,ie n'ay eu gu]e en maniem5t que mes affaires3 ou1 si i'en ay eu1 'a e/ en condition de les mani] mon heure et ma faon3 commis p> g5ts1 qui s'en fioy5t moy1 et qui ne me pressoy5t pas1 et me cognoissoy5t4 ,c> encore tir5t les exp]ts1 quelque s]uice d'vn *eual re/if et p\ssif4 ,mon enfance mesme a e/ conduicte d'vne faon molle et libre1 et lors mesme exempte de subjection rig\reuse4 ,t\t cela m'a donn vne complexion delicate et incapable de sollicitude2 iusques l1 que i'ayme qu'on me ca*e mes p]tes1 et les desordres qui me t\*5t4 ,au *apitre de mes mises1 ie loge ce que ma non*alance me c\/e n\rrir et entret5ir3 ,hc nempe sup]sunt1 ,qu dom9um fallunt1 qu pros9t furibus4 ,i'ayme ne sauoir pas le compte de ce que i'ay1 p\r s5tir mo9s exactem5t ma p]te4 ,ie prie ceux qui viu5t auec moy1 o l'affection leur manque1 et les bons effects1 de me pipp] et pay] de bonnes app>5ces4 ,a faute d'auoir assez de f]met1 p\r s\ffrir l'importunit des accid5s contraires1 ausquels n\s sommes subjects1 et p\r ne me p\uoir t5ir t5du regl] et ordonn] les affaires1 ie n\rris autant que ie puis en moy cett' op9ion3 m'ab&onnant du t\t la ,=tune1 de pr5dre t\tes *oses au pis2 et ce pis l1 me res\dre le port] d\cem5t et patiemm5t4 ,c'e/ cela seul1 que ie trauaille1 et le b auquel i'a*em9e t\s mes disc\rs4 ,a vn dang]1 ie ne songe pas tant comm5t i'en es*app]ay1 que combi5 peu il importe que i'en es*appe4 ,qu& i'y demeur]ois1 que s]oit ce8 ,ne p\uant regl] les eu5em5ts1 ie me regle moy-mesme3 et m'applique eux1 s'ils ne s'appliqu5t moy4 ,ie n'ay gu]e d'art p\r sauoir gau*ir la ,=tune1 et luy es*app]1 ou la =c]2 et p\r dress] et conduire p> prud5ce les *oses mon po9ct4 ,i'ay encore mo9s de tol]ance1 p\r support] le so+ aspre et p5ible qu'il faut cela4 ,et la plus p5ible assiette p\r moy1 c'e/ e/re susp5s s *oses qui press5t1 et agit entre la cra9te et l'esp]ance4 ,le delib]]1 voire s *oses plus leg]es1 m'importune4 ,et s5s mon esprit plus empes* s\ffrir le bransle1 et les sec\sses diu]ses du d\te1 et de la consultation1 qu' se rassoir et res\dre quelque p>ty que ce soit1 apres que la *ance e/ liure4 ,peu de passions m'ont tr\bl le sommeil1 mais des delib]ations1 la mo9dre me le tr\ble4 ,t\t a9si que des *em9s1 i'en euite volonti]s les co/ez p5dants et glissans1 et me iette dans le battu1 le plus boeux1 et enfondrant1 d'o ie ne puisse all] plus bas1 et y *]*e seurt4 ,aussi i'ayme les malheurs t\s purs1 qui ne m'ex]c5t et tracass5t plus1 apres l'inc]titude de leur rabillage3 et qui du premi] saut me p\ss5t droictem5t en la s\ffrance4 ,dubia plus torqu5t mala4 ,aux eu5em5s1 ie me porte virilem5t1 en la conduicte pu]ilem5t4 ,l'horreur de la *eute me donne plus de fiebure que le c\p4 ,le ieu ne vaut pas la *&elle4 ,l'au>itieux a plus mauvais conte de sa passion1 que n'a le pauure3 et le ial\x1 que le cocu4 ,et y a mo9s de mal s\u5t1 p]dre sa vigne1 qu' la plaid]4 ,la plus basse m>*e1 e/ la plus f]me3 c'e/ le siege de la con/ance4 ,v\s n'y auez beso+ que de v\s4 ,elle se fonde l1 et appuye t\te en soy4 ,cet exemple1 d'vn ,g5til-homme que plusieurs ont cogneu1 a il pas quelque air philosophique8 ,il se m>ya bi5 auant en l'aage1 ayant pass en bon compaignon sa ieunesse1 gr& diseur1 gr& gaudisseur4 ,se s\u5ant combi5 la mati]e de corn>dise luy auoit donn dequoy p>l] et se moqu] des autres3 p\r se mettre c\u]t1 il esp\sa vne femme1 qu'il pr9t au lieu1 o *acun en tr\ue p\r son arg5t1 et dressa auec elle ses alliances3 ,bon i\r puta91 bon i\r cocu3 et n'e/ *ose dequoy plus s\u5t et ouu]tem5t1 il entret9/ *ez luy les suru5ans1 que de ce si5 desse93 p> o il bridoit les occultes caquets des moqueurs1 et esm\ssoit la po9cte de ce repro*e4 ,quant l'ambition1 qui e/ vois9e de la presumption1 ou fille plu/o/1 il eu/ fallu p\r m'aduanc]1 que la ,=tune me fu/ v5u qu]ir p> le po+3 c> de me mettre en pe9e p\r vn' esp]ance inc]ta9e1 et me s\bmettre t\tes les difficultez1 qui accompaign5t ceux qui *]*5t se p\ss] en cr$it1 sur le comm5cem5t de leur progrez1 ie ne l'eusse seu faire1 ,spem pretio non emo4 ,ie m'atta*e ce que ie voy1 et que ie ti5s1 et ne m'eslongne gu]e du port3 ,alt] remus aquas1 alt] tibi radat ar5as4 ,et puis on arriue peu ces auancem5ts1 qu'en haz>dant premi]em5t le si54 ,et ie suis d'aduis1 que si ce qu'on a1 suffit ma9t5ir la condition en laquelle on e/ nay1 et dress1 c'e/ folie d'en las*] la prise1 sur l'inc]titude de l'augm5t]4 ,celuy qui la ,=tune refuse dequoy plant] son pi$1 et e/ablir vn e/re tranquille et repos1 il e/ p>donnable s'il iette au haz>d ce qu'il a1 puis qu'a9si comme a9si la necessit l'enuoye la que/e4 ,capi5da rebus 9 malis prceps via e/4 ,et i'excuse plu/o/ vn cabdet1 de mettre sa legitime au v5t1 que celuy qui l'honneur de la maison e/ en *>ge1 qu'on ne peut po9t voir necessiteux qu' sa faute4 ,i'ay bi5 tr\u le *em9 plus c\rt et plus ais1 auec le conseil de mes bons amis du temps pass1 de me dfaire de ce desir1 et de me t5ir coy3 ,cui sit conditio dulcis1 s9e pulu]e palm4 ,iugeant aussi bi5 sa9em5t1 de mes =ces1 qu'elles n'e/oi5t pas capables de gr&es *oses4 ,et me s\u5ant de ce mot du feu ,*anceli] ,oliui]1 que les ,franois sembl5t des gu5ons1 qui vont grimpant contremont vn arbre1 de bran*e en bran*e1 et ne cess5t d'all]1 iusques ce qu'elles soy5t arriues la plus haute bran*e3 et y montr5t le cul1 qu& elles y sont4 ,turpe e/1 qud nequeas1 capiti committ]e pondus1 ,et pressum inflexo mox d>e t]ga g5u4 ,les qualitez mesmes qui sont en moy non repro*ables1 ie les tr\uois inutiles en ce siecle4 ,la facilit de mes murs1 on l'eu/ nomme las*et et foiblesse3 la foy et la consci5ce s'y feuss5t tr\ues scrupuleuses et sup]/itieuses3 la fran*ise et la lib]t1 importune1 inconsid]e et tem]aire4 ,a quelque *ose s]t le mal'heur4 ,il fait bon nai/re en vn siecle =t deprau3 c> p> comp>aison d'autruy1 v\s e/es e/im v]tueux bon m>*4 ,qui n'e/ que p>ricide en nos i\rs et sacrilege1 il e/ homme de bi5 et d'honneur3 ,nunc1 si depositum non inficiatur amicus1 ,si r$dat vet]em cum tota rug9e follem1 ,prodigiosa fides1 et ,tuscis digna libellis1 ,quque coronata lu/r>i debeat agna4 ,et ne fut iamais temps et lieu1 o il y eu/ p\r les ,pr9ces loy] plus c]ta9 et plus gr&1 propos la bont1 et la iu/ice4 ,le premi] qui s'auis]a de se p\ss] en faueur1 et en cr$it p> cette voye l1 ie suis bi5 deeu si bon compte il ne deuance ses compaignons4 ,la =ce1 la viol5ce1 peuu5t quelque *ose3 mais non pas t\si\rs t\t4 ,les m>*ans1 les iuges de village1 les artisans1 n\s les voyons all] pair de vaillance et sci5ce militaire1 auec la noblesse4 ,ils r5d5t des combats honorables et publiques et priuez3 ils batt5t1 ils def5d5t villes en noz gu]res pres5tes4 ,vn ,pr9ce e/\ffe sa recomm5dation emmy cette presse4 ,qu'il reluise d'humanit1 de v]it1 de loyaut1 de temp]ance1 et sur t\t de iu/ice3 m>ques r>es1 incognus et exiles4 ,c'e/ la seule volont des peuples dequoy il peut faire ses affaires3 et nulles autres qualitez ne peuu5t attir] leur volont comme celles l3 leur e/ant les plus vtiles4 ,nihil e/ tam popul>e qum bonitas4 ,p> cette proportion ie me fusse tr\u gr& et r>e3 comme ie me tr\ue pygme et populaire1 la proportion d'aucuns siecles passez3 ausquels il e/oit vulgaire1 si d'autres plus =tes qualitez n'y concurroi5t1 de veoir vn homme mod] en ses v5geances1 mol au ress5tim5t des (f5ces1 religieux en l'obs]uance de sa p>olle3 ny d\ble ny s\pple1 ny accommodant sa foy la volont d'autruy et aux occasions4 ,plu/o/ lairrois-ie rompre le col aux affaires1 que de pli] ma foy p\r leur s]uice4 ,c> quant cette n\uelle v]tu de fa9tise et dissimulation1 qui e/ cett'heure si =t en cr$it1 ie la hay capitalem5t3 et de t\s les vices1 ie n'en tr\ue aucun qui tesmoigne tant de las*et et bassesse de cur4 ,c'e/ vn' humeur coarde et s]uile de s'all] desguis] et ca*] s\s vn masque1 et de n'os] se faire veoir tel qu'on e/4 ,p> l nos hommes se dress5t la p]fidie4 ,e/ans duicts produire des p>olles fauces1 ils ne font pas consci5ce d'y manqu]4 ,vn cur g5]eux ne doit po9t desm5tir ses p5ses3 il se veut faire voir iusques au d$ans3 t\t y e/ bon1 ou aumo9s1 t\t y e/ huma94 ,ari/ote e/ime (fice de magnanimit1 hayr et aym] desc\u]t3 iug]1 p>l] auec t\te fran*ise3 et au prix de la v]it1 ne faire cas de l'approbation ou reprobation d'autruy4 ,apollonius disoit que c'e/oit aux s]fs de m5tir1 et aux libres de dire v]it4 ,c'e/ la premi]e et fondam5tale p>tie de la v]tu4 ,il la faut aym] p\r elle mesme4 ,celuy qui dit vray1 p> ce qu'il y e/ d'ailleurs oblig1 et p> ce qu'il s]t3 et qui ne cra9d po9t dire m5songe1 qu& il n'importe p]sonne1 il n'e/ pas v]itable suffisamm5t4 ,mon ame de sa complexion refuit la m5t]ie1 et hat mesme la p5s]4 ,i'ay vn' int]ne v]gongne et vn remors piquant1 si p> fois elle m'es*appe1 comme p> fois elle m'es*appe1 les occasions me surpr5ans et agitans imprem$item5t4 ,il ne faut pas t\si\rs dire t\t1 c> ce s]oit sottise4 ,mais ce qu'on dit1 il faut qu'il soit tel qu'on le p5se3 autrem5t1 c'e/ mes*ancet4 ,ie ne say quelle commodit ils att5d5t de se fa9dre et contrefaire sans cesse3 si ce n'e/1 de n'en e/re pas creus1 lors mesmes qu'ils dis5t v]it4 ,cela peut tromp] vne fois ou deux les hommes3 mais de faire pr(ession de se t5ir c\u]t3 et se vant]1 comme ont faict aucuns de nos ,pr9ces1 qu'ils iett]oi5t leur *emise au feu1 si elle e/oit p>ticipante de leurs vrayes int5tions1 qui e/ vn mot de l'anci5 ,metellus ,mac$onicus3 et qui ne sait se fa9dre1 ne sait pas regn]3 c'e/ t5ir adu]tis ceux qui ont les praticqu]1 que ce n'e/ que pip]ie et m5songe qu'ils dis5t4 ,quo quis v]sutior et callidior e/1 hoc inuisior et suspectior1 detracta op9ione probitatis4 ,ce s]oit vne gr&e simplesse qui se lairroit amus] ny au visage ny aux p>olles de celuy1 qui fait e/at d'e/re t\si\rs autre au dehors1 qu'il n'e/ au d$ans3 comme faisoit ,tib]e4 ,et ne say quelle "p telles g5s peuu5t auoir au comm]ce des hommes1 ne produisans ri5 qui soit receu p\r comptant4 ,qui e/ desloyal enu]s la v]it1 l'e/ aussi enu]s le m5songe4 ,ceux qui de no/re temps ont consid] en l'e/ablissem5t du deuoir d'vn ,pr9ce1 le bi5 de ses affaires seulem5t3 et l'ont pref] au so+ de sa foy et consci5ce1 diroy5t quelque *ose vn ,pr9ce1 de qui la ,=tune auroit r5g tel po9ct les affaires1 que p\r t\t iamais il les peu/ e/ablir p> vn seul manquem5t et faute sa p>ole4 ,mais il n'en va pas a9s94 ,on re*et s\u5t en p>eil m>*3 on fait plus d'vne paix1 plus d'vn traitt en sa vie4 ,le ga91 qui les conuie la premi]e desloyaut1 et quasi t\si\rs il s'en pres5te1 comme t\tes autres mes*ancetez3 les sacrileges1 les meurtres1 les rebellions1 les trahisons1 s'entrepr5n5t p\r quelque espece de fruit3 mais ce premi] ga9 apporte inf9is dommages suyuants3 iettant ce ,pr9ce hors de t\t comm]ce1 et de t\t moy5 de negotiation p> l'exemple de cette infidelit4 ,solyman de la race des ,ottomans1 race peu soigneuse de l'obs]uance des promesses et pa*es1 lors que de mon enfance1 il fit desc5dre son arme ,otrante1 ayant seu que ,m]cur9 de ,grat9>e1 et les habitants de ,ca/ro1 e/oy5t det5us prisonni]s1 apres auoir r5du la place1 contre ce qui auoit e/ capitul p> ses g5ts auec eux1 m&a qu'on les relas*a/3 et qu'ayant en ma9 d'autres gr&es entreprises en cette contre l1 cette desloyaut1 quoy qu'elle eu/ app>5ce d'vtilit pres5te1 luy apport]oit p\r l'adu5ir1 vn descri et vne deffiance d'inf9i preiudice4 ,or de moy i'ayme mieux e/re importun et indiscret1 que flateur et dissimul4 ,i'aduoe qu'il se peut mesl] quelque po9cte de fi]t1 et d'op9ia/ret1 se t5ir a9s9 enti] et ouu]t comme ie suis sans consid]ation d'autruy4 ,et me semble que ie deui5s vn peu plus libre1 o il le faudroit mo9s e/re3 et que ie m'es*auffe p> l'opposition du respect4 ,il peut e/re aussi1 que ie me laisse all] apres ma nature faute d'art4 ,pres5tant aux gr&s cette mesme lic5ce de langue et de cont5ance que i'apporte de ma maison3 ie s5s combi5 elle decl9e v]s l'indiscretion et inciuilit4 ,mais outre ce que ie suis a9si faict1 ie n'ay pas l'esprit assez s\ple p\r gau*ir vne prompte dem&e1 et p\r en es*app] p> quelque de/\r3 ny p\r fe9dre vne v]it1 ny assez de memoire p\r la ret5ir a9si fe9te3 ny c]tes assez d'asseurance p\r la ma9t5ir3 et fais le braue p> foiblesse4 ,p>quoy ie m'ab&onne la nayfuet1 et t\si\rs dire ce que ie p5se1 et p> complexion1 et p> desse93 laissant la ,=tune d'en conduire l'eu5em5t4 ,ari/ippus disoit le pr9cipal fruit1 qu'il eu/ tir de la philosophie1 e/re1 qu'il p>loit librem5t et ouu]tem5t *acun4 ,c'e/ vn outil de m]ueilleux s]uice1 que la memoire1 et sans lequel le iugem5t fait bi5 pe9e son (fice3 elle me manque du t\t4 ,ce qu'on me veut propos]1 il faut que ce soit p>celles3 c> de respondre vn propos1 o il y eu/ plusieurs diu]s *efs1 il n'e/ pas en ma puissance4 ,ie ne saurois receuoir vne *>ge sans tablettes4 ,et qu& i'ay vn propos de consequ5ce t5ir1 s'il e/ de longue hale9e1 ie suis r$uit cette vile et mis]able necessit1 d'appr5dre p> cur mot mot ce que i'ay dire3 autrem5t ie n'auroy ny faon1 ny asseurance1 e/ant en cra9te que ma memoire v9/ me faire vn mauuais t\r4 ,mais ce moy5 m'e/ non mo9s difficile4 ,p\r appr5dre trois v]s1 il m'y faut trois heures4 ,et puis en vn propre ouurage la lib]t et au?orit de remu] l'ordre1 de *ang] vn mot1 v>iant sans cesse la mati]e1 la r5d plus malaise arre/] en la memoire de son au!ur4 ,or plus ie m'en defie1 plus elle se tr\ble3 elle me s]t mieux p> r5contre1 il faut que ie la solicite non*alamm5t3 c> si ie la presse1 elle s'e/onne3 et depuis qu'ell' a comm5c *ancel]1 plus ie la sonde1 plus elle s'empe/re et emb>rasse3 elle me s]t son heure1 non pas la mi5ne4 ,cecy que ie s5s en la memoire1 ie le s5s en plusieurs autres p>ties4 ,ie fuis le comm&em5t1 l'obligation1 et la contra9te4 ,ce que ie fais aysm5t et naturellem5t1 si ie m'ordonne de le faire1 p> vne expresse et prescrite ordonnance1 ie ne say plus le faire4 ,au corps mesme1 les membres qui ont quelque lib]t et iurisdiction plus p>ticuli]e sur eux1 me refus5t p> fois leur obeyssance1 qu& ie les de/9e et atta*e c]ta9 po9ct et heure de s]uice necessaire4 ,cette preordonnance contra9cte et tyrannique les rebute3 ils se cr\piss5t d'effroy ou de despit1 et se transiss5t4 ,autresfois e/ant en lieu1 o c'e/ disc\rtoisie b>b>esque1 de ne respondre ceux qui v\s conui5t boire3 quoy qu'on m'y traita/ auec t\te lib]t1 i'essaiay de faire le bon compagnon1 en faueur des ,dames qui e/oy5t de la p>tie1 selon l'vsage du pays4 ,mais il y eut du plaisir3 c> cette m5asse et prep>ation1 d'auoir m'ef=c] outre ma c\/ume1 et mon naturel1 m'e/\pa de mani]e le gosi]1 que ie ne seuz auall] vne seule g\te3 et fus priu de boire1 p\r le beso+ mesme de mon repas4 ,ie me tr\uay sa\l et desalt]1 p> tant de breuuage que mon imag9ation auoit preoccup4 ,cet effaict e/ plus app>5t en ceux qui ont l'imag9ation plus vehem5te et puissante3 mais il e/ p\rtant naturel3 et n'e/ aucun qui ne s'en ress5te aucunem5t4 ,on (froit vn excell5t ar*] condamn la mort1 de luy sauu] la vie1 s'il v\loit faire voir quelque notable preuue de son art3 il refusa de s'en essay]1 craignant que la trop gr&e cont5tion de sa volont1 luy fi/ f\ruoy] la ma91 et qu'au lieu de sauu] sa vie1 il p]di/ encore la reputation qu'il auoit acquise au tir] de l'arc4 ,vn homme qui p5se ailleurs1 ne faudra po9t1 vn p\sse pres1 de refaire t\si\rs vn mesme nombre et mesure de pas1 au lieu o il se prom5e3 mais s'il y e/ auec att5tion de les mesur] et compt]1 il tr\u]a que ce qu'il faisoit p> nature et p> haz>d1 il ne le f]a pas si exactem5t p> desse94 ,ma librairie1 qui e/ des belles entre les librairies de village1 e/ assise vn co9 de ma maison3 s'il me tombe en fantasie *ose que i'y vueille all] *]*] ou escrire1 de peur qu'elle ne m'es*appe en trau]sant seulem5t ma c\r1 il faut que ie la donne en g>de quelqu'autre4 ,si ie m'enh>dis en p>lant1 me de/\rn] tant soit peu1 de mon fil1 ie ne faux iamais de le p]dre3 qui fait que ie me ti5s en mes disc\rs1 contra9ct1 sec1 et ress]r4 ,les g5s1 qui me s]u5t1 il faut que ie les appelle p> le nom de leurs *>ges1 ou de leur pays3 c> il m'e/ tres-malais de ret5ir des noms4 ,ie diray bi5 qu'il y a trois syllabes1 que le son en e/ rude1 qu'il comm5ce ou t]m9e p> telle lettre4 ,et si ie durois viure long temps1 ie ne croy pas que ie n'oubliasse mon nom propre1 comme ont faict d'autres4 ,messala ,coru9us fut deux ans n'ayant trace aucune de memoire4 ,ce qu'on dit aussi de ,george ,trapezonce4 ,et p\r mon int]e/1 ie rum9e s\u5t1 quelle vie c'e/oit que la leur3 et si sans cette piece1 il me re/]a assez p\r me s\/5ir auec quelque aisance4 ,et y reg>dant de pres1 ie cra9s que ce defaut1 s'il e/ p>faict1 p]de t\tes les functions de l'ame4 ,pl5us rim>um sum1 hac atque illac p]fluo4 ,il m'e/ adu5u plus d'vne fois1 d'oubli] le mot que i'auois trois heures au p>auant donn ou receu d'vn autre3 et d'oubli] o i'auoy ca* ma b\rse1 quoy qu'en die ,cic]o4 ,ie m'ayde p]dre1 ce que ie s]re p>ticuli]em5t4 ,memoria c]t non mod philosophiam1 s$ omnis vito vsum1 omnsque artes1 vn maxim cont9et4 ,c'e/ le receptacle et l'e/uy de la sci5ce1 que la memoire3 l'ayant si deffaillante ie n'ay pas =t me pla9dre1 si ie ne say gu]e4 ,ie say en g5]al le nom des arts1 et ce dequoy ils traict5t1 mais ri5 au del4 ,ie feuillete les liures1 ie ne les e/udie pas4 ,ce qui m'en demeure1 c'e/ *ose que ie ne reconnoy plus e/re d'autruy4 ,c'e/ cela seulem5t1 dequoy mon iugem5t a faict son pr(it3 les disc\rs et les imag9ations1 dequoy il s'e/ imbu4 ,l'au!ur1 le lieu1 les mots1 et autres circon/ances1 ie les oublie incont95t4 ,et suis si excell5t en l'oubliance1 que mes escripts mesmes et compositions1 ie ne les oublie pas mo9s que le re/e4 ,on m'allegue t\s les c\ps moy-mesme1 sans que ie le s5te4 ,qui v\droit sauoir d'o sont les v]s et exemples1 que i'ay icy entassez1 me mettroit en pe9e de le luy dire3 et si ne les ay m5diez qu's portes cognus et fameuses3 ne me cont5tant pas qu'ils fuss5t ri*es1 s'ils ne v5oi5t encore de ma9 ri*e et honorable3 l'au?orit y concurre quant et la raison4 ,ce n'e/ pas gr&e m]ueille si mon liure suit la =tune des autres liures3 et si ma memoire desemp>e ce que i'escry1 comme ce que ie ly3 et ce que ie donne1 comme ce que ie reoy4 ,outre le deffaut de la memoire1 i'en ay d'autres1 qui ayd5t beauc\p mon ignorance4 ,i'ay l'esprit t>dif1 et m\sse1 le mo9dre nuage luy arre/e sa po9cte3 en faon que1 p\r exemple1 ie ne luy proposay iamais enigme si ais1 qu'il seu/ desuelopp]4 ,il n'e/ si va9e subtilit qui ne m'empes*e4 ,aux ieux1 o l'esprit a sa "p2 des *ets1 des c>tes1 des dames1 et autres1 ie n'y compr5s que les plus grossi]s traicts4 ,l'appreh5sion1 ie l'ay l5te et embr\ille3 mais ce qu'elle ti5t vne fois1 elle le ti5t bi51 et l'embrasse bi5 vniu]sellem5t1 e/roitem5t et pr(ondem5t1 p\r le temps qu'elle le ti5t4 ,i'ay la veu longue1 sa9e et enti]e1 mais qui se lasse aisem5t au trauail1 et se *>ge4 ,a cette occasion ie ne puis auoir long comm]ce auec les liures1 que p> le moy5 du s]uice d'autruy4 ,le ieune ,pl9e in/ruira ceux qui ne l'ont essay1 combi5 ce ret>dem5t e/ important ceux qui s'adonn5t cette occupation4 ,il n'e/ po9t ame si *etifue et brutale1 en laquelle on ne voye reluire quelque facult p>ticuli]e3 il n'y en a po9t de si enseuelie1 qui ne face vne saillie p> quelque b\t4 ,et comm5t il adui5ne qu'vne ame aueugle et endormie t\tes autres *oses1 se tr\ue vifue1 claire1 et excell5te1 c]ta9 p>ticuli] effect1 il s'en faut enqu]ir aux mai/res4 ,mais les belles ames1 ce sont les ames vniu]selles1 ouu]tes1 et pre/es t\t3 si non in/ruites1 au mo9s in/ruisables4 ,ce que ie dy p\r accus] la mi5ne4 ,c> soit p> foiblesse ou non*alance 7et de mettre non*aloir ce qui e/ nos pi$s1 ce que n\s auons entrema9s1 ce qui reg>de de plus pres l'vsage de la vie1 c'e/ *ose bi5 eslongne de mon dogme71 il n'en e/ po9t vne si inepte et si ignorante que la mi5ne1 de plusieurs telles *oses vulgaires1 et qui ne se peuu5t sans honte ignor]4 ,il faut que i'en conte quelques exemples4 ,ie suis n et n\rry aux *amps1 et p>my le lab\rage3 i'ay des affaires1 et du mesnage en ma91 depuis que ceux qui me deuanoi5t en la possession des bi5s que ie i\ys1 m'ont quitt leur place4 ,or ie ne say cont] ny get1 ny plume3 la plusp>t de nos monnoyes ie ne les connoy pas3 ny ne say la diff]5ce de l'vn gra9 l'autre1 ny en la t]re1 ny au gr5i]1 si elle n'e/ p> trop app>5te3 ny pe9e celle d'entre les *\x et les laictues de mon i>d94 ,ie n'ent5s pas seulem5t les noms des premi]s outils du mesnage1 ny les plus grossi]s pr9cipes de l'agriculture1 et que les enfans sau5t3 mo9s aux arts me*aniques1 en la trafique1 et en la cognoissance des m>*&ises1 diu]sit et nature des fruicts1 de v9s1 de vi&es3 ny dress] vn oiseau1 ny m$ec9] vn *eual1 ou vn *i54 ,et puis qu'il me faut faire la honte t\te enti]e1 il n'y a pas vn mois qu'on me surpr9t ignorant dequoy le leua9 s]uoit faire du pa92 et que c'e/oit que faire cuu] du v94 ,on coniectura anci5nem5t ,a!nes1 vne aptitude la ma!matique1 en celuy qui on voyoit +5ieusem5t ag5c] et fagott] vne *>ge de brossailles4 ,vrayem5t on tir]oit de moy vne bi5 contraire conclusion3 c> qu'on me donne t\t l'appre/ d'vne cuis9e1 me voila la faim4 ,p> ces traits de ma confession1 on en peut imag9] d'autres mes desp5s4 ,mais quel que ie me face cognoi/re1 p\rueu que ie me face cognoi/re tel que ie suis1 ie fay mon effect4 ,et si ne m'excuse pas1 d'os] mettre p> escrit des propos si bas et friuoles que ceux-cy4 ,la bassesse du suiet m'y contra9ct4 ,qu'on accuse si on veut mon proiect1 mais mon progrez1 non4 ,tant y a que sans l'adu]tissem5t d'autruy1 ie voy assez le peu que t\t cecy vaut et poise1 et la folie de mon desse94 ,c'e/ pr\ que mon iugem5t ne se deff]e po9t1 duquel ce sont icy les essais4 ,nasutus sis vsque licet1 sis d5ique nasus1 ,quantum nolu]it f]re rogatus ,atlas3 ,et possis ipsum tu d]id]e ,lat9um1 ,non potes 9 nugas dic]e plura meas1 ,ipse ego qum dixi3 quid d5tem d5te iuuabit ,rod]e8 c>ne opus e/1 si satur esse velis4 ,ne p]das op]am3 qui se mirantur1 9 illos ,virus habe2 nos hc n\imus esse nihil4 ,ie ne suis pas oblig ne dire po9t de sottises1 p\rueu que ie ne me trompe pas les cognoi/re4 ,et de faillir mon esci5t1 cela m'e/ si ord9aire1 que ie ne faux gu]e d'autre faon1 ie ne faux gu]e =tuitem5t4 ,c'e/ peu de *ose de pre/] la tem]it de mes humeurs les actions ineptes1 puis que ie ne me puis pas deff5dre d'y pre/] ord9airem5t les vitieuses4 ,ie vis vn i\r ,b>l$uc1 qu'on pres5toit au ,roy ,franois second1 p\r la recomm&ation de la memoire de ,r5 ,roy de ,sicile1 vn p\rtraict qu'il auoit luy-mesmes fait de soy4 ,p\rquoy n'e/-il loisible de mesme vn *acun1 de se pe9dre de la plume1 comme il se peignoit d'vn creon8 ,ie ne veux donc pas oubli] encor cette cicatrice1 bi5 mal propre produire en public4 ,c'e/ l'irresolution3 defaut tres-incommode la negociation des affaires du monde4 ,ie ne say pas pr5dre p>ty s entrepr9ses d\bteuses3 ,ne si1 ne no1 net cor mi suona int]o4 ,ie say bi5 s\/5ir vne op9ion1 mais non pas la *oisir4 ,p> ce qu's *oses huma9es1 quelque b&e qu'on pan*e1 il se pres5te =ce app>5ces1 qui n\s y confirm5t3 et le philosophe ,*rysippus disoit1 qu'il ne v\loit appr5dre de ,z5on et ,clean!z ses mai/res1 que les dogmes simplem5t3 c> quant aux preuues et raisons1 il en f\rniroit assez de luy mesme4 ,de quelque co/ que ie me t\rne1 ie me f\rnis t\si\rs assez de cause et de vray-semblance p\r m'y ma9t5ir4 ,a9si i'arre/e *ez moy le d\bte1 et la lib]t de *oisir1 iusques ce que l'occasion me presse4 ,et lors1 confess] la v]it1 ie iette le plus s\u5t la plume au v5t1 comme on dit1 et m'ab&onne la m]cy de la ,=tune4 ,vne bi5 leg]e incl9ation et circon/ance m'emporte4 ,dum 9 dubio e/ animus1 paulo mom5to huc atque ,illuc impellitur4 ,l'inc]titude de mon iugem5t1 e/ si galem5t balance en la plusp>t des occurr5ces1 que ie compromettrois volonti]s la decision du sort et des dets4 ,et rem>que auec gr&e consid]ation de no/re foiblesse huma9e1 les exemples que l'hi/oire diu9e mesme n\s a laiss de cet vsage1 de remettre la ,=tune et au haz>d1 la det]m9ation des eslections s *oses d\bteuses3 ,sors cecidit sup] ,mat?iam4 ,la raison huma9e e/ vn glaiue d\ble et dang]eux4 ,et en la ma9 mesme de ,socrates son plus intime et plus famili] amy3 voyez quants de b\ts c'e/ vn ba/on4 ,a9si1 ie ne suis propre qu' suyure1 et me laisse aysm5t emport] la f\le4 ,ie ne me fie pas assez en mes =ces1 p\r entrepr5dre de comm&]1 ny guid]4 ,ie suis bi5 ayse de tr\u] mes pas trassez p> les autres4 ,s'il faut c\rre le haz>d d'vn *oix inc]ta91 i'ayme mieux que ce soit s\bs tel1 qui s'asseure plus de ses op9ions1 et les esp\se plus1 que ie ne fay les mi5nes1 ausquelles ie tr\ue le fondem5t et le plant glissant4 ,et si ne suis pas trop facile p\rtant au *ange1 d'autant que i'app]ois aux op9ions contraires vne p>eille foiblesse4 ,ipsa consuetudo ass5ti5di p]iculosa esse videtur1 et lubrica4 ,notamm5t aux affaires politiques1 il y a vn beau *amp ouu]t au bransle et la conte/ation4 ,iu/a p>i premitur veluti cum pond]e libra ,prona1 nec hac plus p>te s$et1 nec surgit ab illa4 ,les disc\rs de ,ma*iauel1 p\r exemple1 e/oi5t assez solides p\r le subiect1 si y a-il eu gr&'aisance les combattre2 et ceux qui l'ont faict1 n'ont pas laiss mo9s de facilit combattre les leurs4 ,il s'y tr\u]oit t\si\rs vn tel argum5t1 dequoy y f\rnir responces1 dupliques1 repliques1 tripliques1 quadrupliques1 et cette inf9ie contexture de debats1 que no/re *icane a along tant qu'elle a peu en faueur des procez3 ,cdimur1 et totidem plagis consumimus ho/em3 les raisons n'y ayant gu]e autre fondem5t que l'exp]i5ce1 et la diu]sit des eu5em5s huma9s1 n\s pres5tant inf9is exemples t\tes sortes de =mes4 ,vn sauant p]sonnage de no/re temps1 dit qu'en nos almanacs1 o ils dis5t *aud1 qui v\dra dire froid1 et au lieu de sec1 humide3 et mettre t\si\rs le reb\rs de ce qu'ils prono/iqu5t1 s'il deuoit entr] en gageure de l'eu5em5t de l'vn ou l'autre1 qu'il ne se s\ci]oit pas quel p>ty il pr9/1 sauf s *oses o il n'y peut es*eoir inc]titude3 comme de promettre ,nol des *aleurs extremes1 et la sa9ct ,iean1 des rigueurs de l'hyu]4 ,i'en p5se de mesmes de ces disc\rs politiques3 quelque rolle qu'on v\s mette1 v\s auez aussi beau ieu que vo/re compagnon1 p\rueu que v\s ne v5iez *oqu] les pr9cipes trop grossi]s et app>5s4 ,et p\rtant1 selon mon humeur1 s affaires publiques1 il n'e/ aucun si mauuais tra91 p\rueu qu'il aye de l'aage et de la con/ance1 qui ne vaille mieux que le *angem5t et le remuem5t4 ,nos murs sont extremem5t corrompus1 et pan*5t d'vne m]ueilleuse incl9ation v]s l'empirem5t3 de nos loix et vsances1 il y en a plusieurs b>b>es et mon/rueuses3 t\tesfois p\r la difficult de n\s mettre en meilleur e/at1 et le dang] de ce cr\llem5t1 si ie p\uoy plant] vne *eville no/re r\1 et l'arre/] en ce po9ct1 ie le f]ois de bon cur4 ,nunquam adeo fdis adeque pud5dis ,vtimur exemplis1 vt non peiora sup]s9t4 ,le pis que ie tr\ue en no/re e/at1 c'e/ l'in/abilit3 et que nos loix1 non plus que nos ve/em5s1 ne peuu5t pr5dre aucune =me arre/e4 ,il e/ bi5 ays d'accus] d'imp]fection vne police3 c> t\tes *oses mortelles en sont ple9es3 il e/ bi5 ays d'eng5dr] vn peuple le mespris de ses anci5nes obs]uances3 iamais homme n'entrepr9t cela1 qui n'en v9/ b\t3 mais d'y re/ablir vn meilleur e/at en la place de celuy qu'on a ru91 cecy plusieurs se sont morfondus1 de ceux qui l'auoi5t entrepr9s4 ,ie fay peu de "p ma prud5ce1 de ma conduite3 ie me laisse volonti]s m5] l'ordre public du monde4 ,heureux peuple1 qui fait ce qu'on comm&e1 mieux que ceux qui comm&5t1 sans se t\rm5t] des causes3 qui se laisse mollem5t r\ll] apres le r\llem5t cele/e4 ,l'obeyssance n'e/ iamais pure ny tranquille en celuy qui raisonne et qui plaide4 ,somme p\r reu5ir moy1 ce seul1 p> o ie m'e/ime quelque *ose1 c'e/ ce1 en quoy iamais homme ne s'e/ima deffaillant3 ma recomm5dation e/ vulgaire1 commune1 et populaire3 c> qui a iamais cuid auoir faute de s5s8 ,ce s]oit vne proposition qui impliqu]oit en soy de la contradiction4 ,c'e/ vne maladie1 qui n'e/ iamais o elle se voit3 elle e/ bi5 t5ace et =te1 mais laquelle p\rtant1 le premi] rayon de la veu du pati5t1 p]ce et dissipe3 comme le reg>d du soleil vn br\llas opaque4 ,s'accus]1 ce s]oit s'excus] en ce subiect l3 et se condamn]1 ce s]oit s'abs\dre4 ,il ne fut iamais cro*eteur ny femmelette1 qui ne p5sa/ auoir assez de s5s p\r sa pr\ision4 ,n\s recognoissons aysm5t s autres1 l'aduantage du c\rage1 de la =ce corporelle1 de l'exp]i5ce1 de la disposition1 de la beaut3 mais l'aduantage du iugem5t1 n\s ne le c$ons p]sonne4 ,et les raisons qui p>t5t du simple disc\rs naturel en autruy1 il n\s semble qu'il n'a t5u qu' reg>d] de ce co/ l1 que n\s ne les ayons tr\uees4 ,la sci5ce1 le /ile1 et telles p>ties1 que n\s voyons s ouurages e/rang]s1 n\s t\*ons bi5 aysm5t si elles surpass5t les no/res3 mais les simples productions de l'ent5dem5t1 *acun p5se qu'il e/oit en luy de les r5contr] t\tes p>eilles1 et en app]oit malaisem5t le poids et la difficult1 si ce n'e/1 et pe9e1 en vne extreme et incomp>able di/ance4 ,et qui v]roit bi5 clair la hauteur d'vn iugem5t e/rang]1 il y arriu]oit et y port]oit le si54 ,a9si1 c'e/ vne sorte d'ex]citation1 de laquelle on doit esp]] =t peu de recomm&ation et de loange1 et vne mani]e de composition1 de peu de nom4 ,et puis1 p\r qui escriuez v\s8 ,les sauants1 qui app>ti5t la iurisdiction liuresque1 ne cognoiss5t autre prix que de la doctr9e2 et n'aduoent autre proc$] en noz esprits1 que celuy de l'erudition1 et de l'art4 ,si v\s auez pr9s l'vn des ,scipions p\r l'autre1 que v\s re/e il dire1 qui vaille8 ,qui ignore ,ari/ote1 selon eux1 s'ignore qu& et qu& soy-mesme4 ,les ames grossi]es et populaires ne voy5t pas la grace d'vn disc\rs deli4 ,or ces deux especes occup5t le monde4 ,la ti]ce1 qui v\s tombez en p>tage1 des ames regles et =tes d'elles mesmes1 e/ si r>e1 que iu/em5t elle n'a ny nom1 ny rang entre n\s3 c'e/ demy temps p]du1 d'aspir]1 et de s'ef=c] luy plaire4 ,on dit communm5t que le plus iu/e p>tage que ,nature n\s aye fait de graces1 c'e/ celuy du s5s3 c> il n'e/ aucun qui ne se cont5te de ce qu'elle luy en a di/ribu1 n'e/-ce pas raison8 qui v]roit au del1 il v]roit au del de sa veu4 ,ie p5se auoir les op9ions bonnes et sa9es1 mais qui n'en croit autant des si5nes8 ,l'vne des meilleures preuues que i'en aye1 c'e/ le peu d'e/ime que ie fay de moy1 c> si elles n'euss5t e/ bi5 asseures1 elles se fuss5t aism5t laiss pip] l'affection que ie me porte1 s+uli]e1 comme celuy qui la ram5e quasi t\te moy1 et qui ne l'esp&s gu]es hors de l4 ,t\t ce que les autres en di/ribu5t vne inf9ie multitude d'amis1 et de cognoissans1 leur gloire1 leur gr&eur1 ie le rapporte t\t au repos de mon esprit1 et moy4 ,ce qui m'en es*appe ailleurs1 ce n'e/ pas proprem5t de l'ordonnance de mon disc\rs3 ,mihi nempe val]e et viu]e doctus4 ,or mes op9ions1 ie les tr\ue inf9iem5t h>dies et con/antes condamn] mon insuffisance4 ,de vray c'e/ aussi vn subiect1 auquel i'ex]ce mon iugem5t autant qu' nul autre4 ,le monde reg>de t\si\rs vis vis3 moy1 ie replie ma veu au d$ans1 ie la plante1 ie l'amuse l4 ,*acun reg>de deuant soy1 moy ie reg>de d$ans moy4 ,ie n'ay affaire qu' moy1 ie me consid]e sans cesse1 ie me contr]olle1 ie me g\/e4 ,les autres vont t\si\rs ailleurs1 s'ils y p5s5t bi53 ils vont t\si\rs auant1 ,nemo 9 sese t5tat desc5d]e3 moy1 ie me r\lle en moy-mesme4 ,cette capacit de tri] le vray1 quelle qu'elle soit en moy1 et cett'humeur libre de n'assubiectir aysm5t ma creance1 ie la dois pr9cipalem5t moy3 c> les plus f]mes imag9ations que i'aye1 et g5]alles1 sont celles qui p> mani]e de dire1 nasquir5t auec moy3 elles sont naturelles1 et t\tes mi5nes4 ,ie les produisis crues et simples1 d'vne production h>die et =te1 mais vn peu tr\ble et imp>faicte3 depuis ie les ay e/ablies et =tifies p> l'au?orit d'autruy1 et p> les sa9s exemples des anci5s1 ausquels ie me suis r5contr con=me en iugem5t4 ,ceux-l m'en ont asseur de la pr9se1 et m'en ont donn la i\yssance et possession plus claire4 ,la recomm&ation que *acun *]*e1 de viuacit et promptitude d'esprit1 ie la pret5ds du reglem5t1 d'vne action esclatante et signale1 ou de quelque p>ticuli]e suffisance3 ie la pret5ds de l'ordre1 correspondance1 et tranquillit d'op9ions et de murs4 ,omn9o si quidquam e/ decorum1 nihil e/ pr(ect magis qum quabilitas vniu]s vit1 tum s+ul>um actionum3 quam cons]u>e non possis1 si1 aliorum naturam imitans1 omittas tuam4 ,voyla donq iusques o ie me s5s c\lpable de cette premi]e p>tie1 que ie disois e/re au vice de la presomption4 ,p\r la seconde1 qui consi/e n'e/im] po9t assez autruy1 ie ne say si ie m'en puis si bi5 excus]3 c> quoy qu'il me c\/e1 ie delib]e de dire ce qui en e/4 ,a l'adu5ture que le comm]ce cont9uel que i'ay auec les humeurs anci5nes1 et l'ide de ces ri*es ames du temps pass1 me dg\/e1 et d'autruy1 et de moy-mesme3 ou bi5 qu' la v]it n\s viuons en vn siecle qui ne produict les *oses que bi5 m$iocres4 ,tant y a que ie ne connoy ri5 digne de gr&e admiration4 ,aussi ne connoy-ie gu]e d'hommes1 auec telle priuaut1 qu'il faut p\r en p\uoir iug]3 et ceux ausquels ma condition me mesle plus ord9airem5t1 sont p\r la plusp>t1 g5s qui ont peu de so+ de la culture de l'ame1 et ausquels on ne propose p\r t\te beatitude que l'honneur1 et p\r t\te p]fection1 que la vaillance4 ,ce que ie voy de beau en autruy1 ie le l\ et l'e/ime tres-volonti]s4 ,voire i'enri*is s\u5t sur ce que i'en p5se1 et me p]mets de m5tir iusques l4 ,c> ie ne say po9t inu5t] vn subiect faux4 ,ie tesmoigne volonti]s de mes amis1 p> ce que i'y tr\ue de loable4 ,et d'vn pi$ de valeur1 i'en fay volonti]s vn pi$ et demy4 ,mais de leur pre/] les qualitez qui n'y sont pas1 ie ne puis3 ny les def5dre ouu]tem5t des imp]fections qu'ils ont4 ,voyre mes ennemis1 ie r5ds nettem5t ce que ie dois de tesmoignage d'honneur4 ,mon affection se *ange1 mon iugem5t non4 ,et ne confons po9t ma qu]elle auec autres circon/ances qui n'en sont pas4 ,et suis tant ial\x de la lib]t de mon iugem5t1 que mal-aysem5t la puis-ie quitt] p\r passion que ce soit4 ,ie me fay plus d'iniure en m5tant1 que ie n'en fay celuy1 de qui ie m5s4 ,on rem>que cette loable et g5]euse c\/ume de la nation ,p]si5ne1 qu'ils p>loi5t de leurs mortels ennemis1 et qui ils faisoy5t la gu]re outrance1 honorablem5t et equitablem5t autant que portoit le m]ite de leur v]tu4 ,ie connoy des hommes assez1 qui ont diu]ses p>ties belles3 qui l'esprit1 qui le cur1 qui l'adresse1 qui la consci5ce1 qui le langage1 qui vne sci5ce1 qui vn'autre3 mais de gr& homme en g5]al1 et ayant tant de belles pieces ensemble1 ou vne1 en tel degr d'excell5ce1 qu'on le doiue admir]1 ou le comp>] ceux que n\s honorons du temps pass1 ma =tune ne m'en a faict voir nul4 ,et le plus gr& que i'aye conneu au vif1 ie di des p>ties naturelles de l'ame1 et le mieux n1 c'e/oit ,e/i5ne de la ,boitie3 c'e/oit vrayem5t vn' ame ple9e1 et qui montroit vn beau visage t\t s5s3 vn' ame la vieille m>que3 et qui eu/ produit de gr&s effects1 si sa =tune l'eu/ v\lu3 ayant beauc\p adi\/ ce ri*e naturel1 p> sci5ce et e/ude4 ,mais ie ne say comm5t il adui5t1 et si adui5t sans d\bte1 qu'il se tr\ue autant de vanit et de foiblesse d'ent5dem5t1 en ceux qui font pr(ession d'auoir plus de suffisance1 qui se mesl5t de vacations lettres1 et de *>ges qui desp5d5t des liures1 qu'en nulle autre sorte de g5s4 ,ou bi5 p> ce que lon requi]t et att5d plus d'eux1 et qu'on ne peut excus] en eux les fautes communes3 ou bi5 que l'op9ion du sauoir leur donne plus de h>diesse de se produire1 et de se desc\urir trop auant1 p> o ils se p]d5t1 et se trahiss5t4 ,comme vn artisan tesmoigne bi5 mieux sa be/ise1 en vne ri*e mati]e1 qu'il ait entre ma9s1 s'il l'accommode et mesle sottem5t1 et contre les regles de son ouurage1 qu'en vne mati]e vile3 et s'(f5ce lon plus du defaut1 en vne /atue d'or1 qu'en celle qui e/ de pla/re4 ,ceux cy en font autant1 lors qu'ils mett5t en auant des *oses qui d'elles mesmes1 et en leur lieu1 s]oy5t bonnes3 c> ils s'en s]u5t sans discretion1 faisans honneur leur memoire1 aux desp5s de leur ent5dem5t3 et faisans honneur ,cic]o1 ,gali51 ,vlpian1 et sa9ct ,hi]osme1 p\r se r5dre eux ridicules4 ,ie retombe volonti]s sur ce disc\rs de l'ineptie de no/re in/itution4 ,elle a eu p\r sa f91 de n\s faire1 non bons et sages1 mais sauans3 elle y e/ arriue4 ,elle ne n\s a pas appris de suyure et embrass] la v]tu et la prud5ce3 mais elle n\s en a imprim la d]iuation et l'etymologie4 ,n\s sauons decl9] v]tu1 si n\s ne sauons l'aym]4 ,si n\s ne sauons que c'e/ que prud5ce p> effect1 et p> exp]i5ce1 n\s le sauons p> i>gon et p> cur4 ,de nos vois9s1 n\s ne n\s cont5tons pas d'en sauoir la race1 les p>5telles1 et les alliances1 n\s les v\lons auoir p\r amis1 et dress] auec eux quelque conu]sation et intellig5ce3 elle n\s a appris les def9itions1 les diuisions1 et p>titions de la v]tu1 comme des surnoms et bran*es d'vne g5ealogie1 sans auoir autre so+ de dress] entre n\s et elle1 quelque pratique de famili>it et priue acco9tance4 ,elle n\s a *oisi p\r no/re appr5tissage1 non les liures qui ont les op9ions plus sa9es et plus vrayes1 mais ceux qui p>l5t le meilleur ,grec et ,lat93 et p>my ses beaux mots1 n\s a fait c\l] en la fantasie les plus va9es humeurs de l'antiquit4 ,vne bonne in/itution1 elle *ange le iugem5t et les murs3 comme il adu9t ,polemon3 ce ieune homme ,grec desbau*1 qui e/ant all our p> r5contre1 vne leon de ,x5ocrates1 ne rem]qua pas seulem5t l'loqu5ce et la suffisance du lecteur1 et n'en rapporta pas seulem5t en la maison1 la sci5ce de quelque belle mati]e3 mais vn fruit plus app>5t et plus solide3 qui fut1 le s\da9 *angem5t et am5dem5t de sa premi]e vie4 ,qui a iamais s5ti vn tel effect de no/re discipl9e8 ,facisne quod olim ,mutatus ,polemon8 ponas insignia morbi1 ,fasciolas1 cubital1 focalia1 potus vt ille ,dicitur ex collo furtim c>psisse coronas1 ,po/quam e/ impransi correptus voce magi/ri8 ,la mo9s d$eignable condition de g5ts1 me semble e/re1 celle qui p> simplesse ti5t le d]ni] rang3 et n\s (frir vn comm]ce plus regl4 ,les murs et les propos des paysans1 ie les tr\ue communem5t plus ordonnez selon la prescription de la vraye philosophie1 que ne sont ceux de noz philosophes4 ,plus sapit vulgus1 quia tantum1 quantum opus e/1 sapit4 ,les plus notables hommes que i'aye iug1 p> les app>5ces ext]nes1 c> p\r les iug] ma mode1 il les faudroit esclair] de plus pres1 c'ont e/1 p\r le faict de la gu]re1 et suffisance militaire1 le ,duc de ,guyse1 qui m\rut ,orleans1 et le feu ,m>es*al ,/rozzi4 ,p\r g5s suffisans1 et de v]tu non commune1 ,oliui]1 et l',hospital ,*anceli]s de ,france4 ,il me semble aussi de la posie qu'elle a eu sa vogue en no/re siecle4 ,n\s auons abondance de bons artisans de ce me/i]-l1 ,aurat1 ,beze1 ,bu*anan1 l',hospital1 ,mont-dor1 ,turnebus4 ,quant aux ,franois1 ie p5se qu'ils l'ont monte au plus haut degr o elle s]a iamais3 et aux p>ties1 en quoy ,rons>t et du ,bellay excell5t1 ie ne les treuue gu]es esloignez de la p]fection anci5ne4 ,adrianus ,turnebus sauoit plus1 et sauoit mieux ce qu'il sauoit1 qu'homme qui fu/ de son siecle1 ny lo+ au del4 ,les vies du ,duc d',albe d]ni] mort1 et de no/re ,conne/able de ,mommorancy1 ont e/ des vies nobles1 et qui ont eu plusieurs r>es ressemblances de =tune4 ,mais la beaut1 et la gloire de la mort de cettuy-cy1 la veu de ,p>is1 et de son ,roy2 p\r leur s]uice contre ses plus pro*es2 la te/e d'vne arme victorieuse p> sa conduitte2 et d'vn c\p de ma91 en si extreme vieillesse1 me semble m]it] qu'on la loge entre les rem]quables eu5em5s de mon temps4 ,comme aussi1 la con/ante bont1 d\ceur de murs1 et facilit consci5cieuse de ,monsieur de la ,n\1 en vne telle iniu/ice de p>ts armes1 vraye es*ole de trahison1 d'inhumanit1 et de brig&age1 o t\si\rs il s'e/ n\rry1 gr& homme de gu]re1 et tres-exp]im5t4 ,i'ay pris plaisir publi] en plusieurs lieux1 l'esp]ance que i'ay de ,m>ie de ,g\rnay le ,i>s ma fille d'alliance3 et c]tes ayme de moy beauc\p plus que pat]nellem5t1 et enueloppe en ma retraitte et solitude1 comme l'vne des meilleures p>ties de mon propre e/re4 ,ie ne reg>de plus qu'elle au monde4 ,si l'adolesc5ce peut donn] presage1 cette ame s]a quelque i\r capable des plus belles *oses1 et entre autres de la p]fection de cette tressa9cte amiti1 o n\s ne lisons po9t que son sexe ait peu mont] encores3 la s9c]it et la solidit de ses murs1 y sont desia ba/antes1 son affection v]s moy plus que sur-abondante3 et telle en somme qu'il n'y a ri5 s\hait]1 s9on que l'appreh5sion qu'elle a de ma f91 p> les c9quante et c9q ans ausquels elle m'a r5contr1 la trauailla/ mo9s cruellem5t4 ,le iugem5t qu'elle fit des premi]s ,essays1 et femme1 et en ce siecle1 et si ieune1 et seule en son qu>ti]1 et la vehem5ce fameuse dont elle m'ayma et me desira long temps sur la seule e/ime qu'elle en pr9t de moy1 auant m'auoir veu1 c'e/ vn accid5t de tres-digne consid]ation4 ,les autres v]tus ont eu peu1 ou po9t de mise en cet aage3 mais la vaillance1 elle e/ deu5ue populaire p> noz gu]res ciuiles3 et en cette p>tie1 il se tr\ue p>my n\s1 des ames f]mes1 iusques la p]fection1 et en gr& nombre1 si que le triage en e/ impossible faire4 ,voila t\t ce que i'ay cognu1 iusques cette heure1 d'extraord9aire gr&eur et non commune4 ,,*apitre ,,xviii4 ,du desm5tir4 ,,voire mais1 on me dira1 que ce desse9 de se s]uir de soy1 p\r subject escrire1 s]oit excusable des hommes r>es et fameux1 qui p> leur reputation auroy5t donn quelque desir de leur cognoissance4 ,il e/ c]ta91 ie l'adoe1 et say bi5 que p\r voir vn homme de la commune faon1 pe9e qu'vn artisan leue les yeux de sa besongne3 l o p\r voir vn p]sonnage gr& et signal1 arriu] en vne ville1 les ouuroirs et les b\tiques s'ab&onn5t4 ,il messiet t\t autre de se faire cognoi/re1 qu' celuy qui a dequoy se faire imit]2 et duquel la vie et les op9ions peuu5t s]uir de patron4 ,cs> et ,x5ophon ont eu dequoy fond] et f]mir leur n>ration1 en la gr&eur de leurs faicts1 comme en vne baze iu/e et solide4 ,a9si sont s\hait] les papi]s i\rnaux du gr& ,alex&re1 les ,comm5taires qu',augu/e1 ,caton1 ,sylla1 ,brutus1 et autres auoy5t laiss de leurs ge/es4 ,de telles g5s1 on ayme et e/udie les figures1 en cuyure mesmes et en pi]re4 ,cette remontrance e/ tres-vraye2 mais elle ne me t\*e que bi5 peu4 ,non recito cuiquam1 nisi amicis1 idque rogatus4 ,non vbiuis1 cormve quibuslibet4 ,9 m$io qui ,scripta =o recit5t sunt multi1 quique lauantes4 ,ie ne dresse pas icy vne /atue plant] au c>ref\r d'vne ville1 ou dans vne eglise1 ou place publique3 ,non equidem hoc /udeo bullatis vt mihi nugis ,pag9a turgescat3 ,secreti loquimur4 ,c'e/ p\r le co9 d'vne librairie1 et p\r en amus] vn vois91 vn p>5t1 vn amy qui aura plaisir me raco9t] et repratiqu] en cett' image4 ,les autres ont pris cur de p>l] d'eux1 p\r y auoir tr\u le subject digne et ri*e2 moy au reb\rs1 p\r l'auoir tr\u si /]ile et si maigre1 qu'il n'y peut es*oir s\pon d'o/5tation4 ,ie iuge volonti]s des actions d'autruy3 des mi5nes1 ie donne peu iug]1 cause de leur nihilit4 ,ie ne tr\ue pas tant de bi5 en moy1 que ie ne le puisse dire sans r\gir4 ,quel cont5tem5t me s]oit-ce d'ouyr a9si quelqu'vn1 qui me recita/ les murs1 le visage1 la cont5ance1 les plus communes p>olles1 et les =tunes de mes ance/res1 combi5 i'y s]ois att5tif4 ,vrayem5t cela p>tiroit d'vne mauuaise nature1 d'auoir mespris les portraits mesmes de noz amis et pr$ecesseurs1 la =me de leurs ve/em5ts1 et de leurs armes4 ,i'en cons]ue l'escriture1 le se+ et vne espe peculi]e3 et n'ay po9t *ass de mon cab9et1 des longues gaules1 que mon p]e portoit ord9airem5t en la ma94 ,pat]na ve/is et annulus1 tanto *>ior e/ po/]is1 quanto ergo p>5tes maior affectus4 ,si t\tefois ma po/]it e/ d'autre appetit1 i'auray bi5 dequoy me reu5*]3 c> ils ne sauroy5t faire mo9s de comte de moy1 que i'en f]ay d'eux en ce temps l4 ,t\t le comm]ce que i'ay en cecy auec le publicq1 c'e/ que i'emprunte les vtils de son escriture1 plus s\da9e et plus aise4 ,en recomp5se1 i'empes*]ay peut e/re1 que quelque co9 de beurre ne se fonde au m>*4 ,ne toga cordyllis1 ne p5ula desit oliuis1 ,et laxas scombris spe dabo tunicas4 ,et qu& p]sonne ne me lira1 ay-ie p]du mon temps1 de m'e/re entret5u tant d'heures oisiues1 p5sem5ts si vtiles et aggreables8 ,m\lant sur moy cette figure1 il m'a fallu si s\u5t me te/onn] et compos]1 p\r m'extraire1 que le patron s'en e/ f]my1 et aucunem5t =m soy-mesme4 ,me peignant p\r autruy1 ie me suis pe9t en moy1 de c\leurs plus nettes1 que n'e/oy5t les mi5nes premi]es4 ,ie n'ay pas plus faict mon liure1 que mon liure m'a faict4 ,liure consub/antiel son au!ur3 d'vne occupation propre3 membre de ma vie3 non d'vne occupation et f91 ti]ce et e/rang]e1 comme t\s autres liures4 ,ay-ie p]du mon temps1 de m'e/re r5du compte de moy1 si cont9uellem5t1 si curieusem5t8 ,c> ceux qui se repass5t p> fantasie seulem5t1 et p> langue1 quelque heure1 ne s'exam95t pas si primem5t1 ny ne se p5etr5t1 comme celuy1 qui en fait son e/ude1 son ouurage1 et son me/i]3 qui s'engage vn regi/re de dure1 de t\te sa foy1 de t\te sa =ce4 ,les plus delicieux plaisirs1 si se dig]5t ils au d$ans3 fuy5t laiss] trace de soy3 et fuy5t la veu1 non seulem5t du peuple1 mais d'vn autre4 ,combi5 de fois m'a cette besongne diu]ty de cogitations ennuieuses8 ,et doiu5t e/re comptes p\r ennuyeuses t\tes les friuoles4 ,nature n\s a e/r5ez d'vne l>ge facult n\s entret5ir "p3 et n\s y appelle s\u5t1 p\r n\s appr5dre1 que n\s n\s deuons en p>tie la societ1 mais en la meilleure p>tie1 n\s4 ,aux f9s de r5g] ma fantasie1 resu] mesme1 p> quelque ordre et proiect1 et la g>d] de se p]dre et extrauagu] au v5t1 il n'e/ que de donn] corps1 et mettre en regi/re1 tant de m5ues p5ses1 qui se pres5t5t elle4 ,i'esc\tte mes resu]ies1 p> ce que i'ay les enroll]4 ,quantes-fois1 e/ant m>ry de quelque action1 que la ciuilit et la raison me prohiboi5t de repr5dre desc\u]t1 m'en suis-ie icy desgorg1 non sans desse9 de publique in/ruction6 ,et si ces v]ges potiques3 ,zon sus l'il1 zon sur le gro91 ,zon sur le dos du ,sago91 s'imprim5t encore mieux en papi]1 qu'en la *air viue4 ,quoy si ie pre/e vn peu plus att5tiuem5t l'oreille aux liures1 depuis que ie guette1 si i'en p\rray friponn] quelque *ose dequoy esmaill] ou e/ay] le mi58 ,ie n'ay aucunem5t e/udi p\r faire vn liure3 mais i'ay aucunem5t e/udi1 p\r ce que ie l'auoy faict3 si c'e/ aucunem5t e/udi]1 qu'effleur] et p9c]1 p> la te/e1 ou p> les pi$s1 tanto/ vn au!ur1 tanto/ vn autre3 nullem5t p\r =m] mes op9ions3 ou1 p\r les assi/]1 piea =mes1 second] et s]uir4 ,mais qui croirons n\s p>lant de soy1 en vne saison si ga/e8 veu qu'il en e/ peu1 ou po9t1 qui n\s puissions croire p>lants d'autruy1 o il y a mo9s d'int]e/ m5tir4 ,le premi] traict de la corruption des murs1 c'e/ le bannissem5t de la v]it2 c> comme disoit ,p9d>e1 l'e/re v]itable1 e/ le comm5cem5t d'vne gr&e v]tu1 et le premi] article que ,platon dem&e au g\u]neur de sa republique4 ,no/re v]it de ma9t5ant1 ce n'e/ pas ce qui e/1 mais ce qui se p]suade autruy3 comme n\s appellons monnoye1 non celle qui e/ loyalle seulem5t1 mais la fauce aussi1 qui a mise4 ,no/re nation e/ de long temps repro*e de ce vice4 ,c> ,saluianus ,massili5sis1 qui e/oit du temps de l',emp]eur ,val5t9ian1 dit qu'aux ,franois le m5tir et se p>iur] n'e/ pas vice1 mais vne faon de p>l]4 ,qui v\droit en*]ir sur ce tesmoignage1 il p\rroit dire que ce leur e/ pres5t v]tu4 ,on s'y =me1 on s'y faonne1 comme vn ex]cice d'honneur3 c> la dissimulation e/ des plus notables qualitez de ce siecle4 ,a9si i'ay s\u5t consid] d'o p\uoit nai/re cette c\/ume1 que n\s obs]uons si religieusem5t1 de n\s s5tir plus aigrem5t (f5cez du repro*e de ce vice1 qui n\s e/ si ord9aire1 que de nul autre3 et que ce soit l'extreme iniure qu'on n\s puisse faire de p>olle1 que de n\s repro*] la m5songe4 ,sur cela1 ie treuue qu'il e/ naturel1 de se deff5dre le plus1 des deffaux1 dequoy n\s sommes le plus enta*ez4 ,il semble qu'en n\s ress5tans de l'accusation1 et n\s en esm\uans1 n\s n\s des*>geons aucunem5t de la c\lpe3 si n\s l'auons p> effect1 aumo9s n\s la condamnons p> app>5ce4 ,s]oit-ce pas aussi1 que ce repro*e semble enuelopp] la c\>dise et las*et de cur8 ,en e/-il de plus expresse1 que se desdire de sa p>olle8 quoy se desdire de sa propre sci5ce8 ,c'e/ vn vila9 vice1 que le m5tir2 et qu'vn anci5 pe9t bi5 honteusem5t1 qu& il dit1 que c'e/ donn] tesmoignage de mespris] ,dieu1 et qu& et qu& de cra9dre les hommes4 ,il n'e/ pas possible d'en repres5t] plus ri*em5t l'horreur1 la vilit1 et le desreglem5t4 ,c> que peut on imag9] plus vila91 que d'e/re c\>t l'endroit des hommes1 et braue l'endroit de ,dieu8 ,no/re intellig5ce se conduisant p> la seule voye de la p>olle1 celuy qui la fauce1 trahit la societ publique4 ,c'e/ le seul vtil1 p> le moy5 duquel se communiqu5t noz volontez et noz p5ses3 c'e/ le tru*em5t de no/re ame3 s'il n\s faut1 n\s ne n\s t5ons plus1 n\s ne n\s entrecognoissons plus4 ,s'il n\s trompe1 il rompt t\t no/re comm]ce1 et diss\lt t\tes les liaisons de no/re police4 ,c]ta9es nations des n\uelles ,indes 7on n'a que faire d'en rem]qu] les noms1 ils ne sont plus2 c> iusques l'enti] abolissem5t des noms1 et anci5ne cognoissance des lieux1 s'e/ e/5due la desolation de cette conque/e1 d'vn m]ueilleux exemple1 et in\y7 (froy5t leurs ,dieux1 du sang huma91 mais non autre1 que tir de leur langue1 et oreilles1 p\r expiation du pe* de la m5songe1 tant ouye que prononce4 ,ce bon compagnon de ,grece disoit1 que les enfans s'amus5t p> les osselets1 les hommes p> les p>olles4 ,quant aux diu]s vsages de noz desm5tirs1 et les loix de no/re honneur en cela1 et les *angem5s qu'elles ont reeu1 ie remets vne autre-fois d'en dire ce que i'en say2 et appr5dray cep5dant1 si ie puis1 en quel temps pr9t comm5cem5t cette c\/ume1 de si exactem5t pois] et mesur] les p>olles1 et d'y atta*] no/re honneur3 c> il e/ ais iug] qu'elle n'e/oit pas anci5nem5t entre les ,roma9s et les ,grecs4 ,et m'a sembl s\u5t n\ueau et e/range1 de les voir se dem5tir et s'iniuri]1 sans entr] p\rtant en qu]elle4 ,les loix de leur deuoir1 pr5oi5t quelque autre voye que les no/res4 ,on appelle ,cs>1 tanto/ voleur1 tanto/ yurongne sa b>be4 ,n\s voyons la lib]t des inuectiues1 qu'ils font les vns contre les autres2 ie dy les plus gr&s *efs de gu]re1 de l'vne et l'autre nation1 o les p>olles se reu5*5t seulem5t p> les p>olles1 et ne se tir5t autre consequ5ce4 ,,*apitre ,,xix4 ,de la lib]t de consci5ce4 ,,il e/ ord9aire1 de voir les bonnes int5tions1 si elles sont conduites sans mod]ation1 p\ss] les hommes des effects tres-vitieux4 ,en ce desbat1 p> lequel la ,france e/ pres5t agite de gu]res ciuiles1 le meilleur et le plus sa9 p>ty1 e/ sans d\bte celuy1 qui ma9ti5t et la religion et la police anci5ne du pays4 ,entre les g5s de bi5 t\tesfois1 qui le suyu5t 7c> ie ne p>le po9t de ceux1 qui s'en s]u5t de pretexte1 p\r1 ou ex]c] leurs v5geances p>ticuli]es1 ou f\rnir leur au>ice1 ou suiure la faueur des ,pr9ces3 mais de ceux qui le font p> vray zele enu]s leur religion1 et sa9cte affection1 ma9t5ir la paix et l'e/at de leur patrie7 de ceux-cy1 dis-ie1 il s'en voit plusieurs1 que la passion p\sse hors les bornes de la raison1 et leur faict p> fois pr5dre des conseils iniu/es1 viol5ts1 et encore tem]aires4 ,il e/ c]ta91 qu'en ces premi]s temps1 que no/re religion comm5a de gaign] au?orit auec les loix1 le zele en arma plusieurs contre t\te sorte de liures pay5s2 dequoy les g5s de lettre s\ffr5t vne m]ueilleuse p]te4 ,i'e/ime que ce desordre ait plus port de nuysance aux lettres1 que t\s les feux des b>b>es4 ,cornelius ,tacitus en e/ vn bon tesmo+3 c> quoy que l',emp]eur ,tacitus son p>5t1 en eu/ peupl p> ordonnances expresses t\tes les librairies du monde3 t\tes-fois vn seul exemplaire enti] n'a peu es*app] la curieuse re*]*e de ceux qui desiroy5t l'abolir1 p\r c9q ou six va9es clauses1 contraires no/re creance4 ,ils ont aussi eu cecy1 de pre/] aism5t des l\anges fauces1 t\s les ,emp]eurs1 qui faisoy5t p\r n\s1 et condamn] vniu]sellem5t t\tes les actions de ceux1 qui n\s e/oy5t adu]saires1 comme il e/ ais voir en l',emp]eur ,iulian1 surnomm l',apo/at4 ,c'e/oit la v]it vn tres-gr& homme et r>e2 comme celuy1 qui auoit son ame viuem5t ta9te des disc\rs de la philosophie1 ausquels il faisoit pr(ession de regl] t\tes ses actions3 et de vray il n'e/ aucune sorte de v]tu1 dequoy il n'ait laiss de tres-notables exemples4 ,en *a/et1 de laquelle le c\rs de sa vie donne bi5 clair tesmoignage1 on lit de luy vn p>eil traict1 celuy d',alex&re et de ,scipion1 que de plusieurs tresbelles captiues1 il n'en v\lut pas seulem5t voir vne1 e/ant en la fleur de son aage3 c> il fut tu p> les ,p>!s aag de tr5te vn an seulem5t4 ,quant la iu/ice1 il pr5oit luy-mesme la pe9e d'ouyr les p>ties3 et encore que p> curiosit il s'in=ma/ ceux qui se pres5toi5t luy1 de quelle religion ils e/oi5t3 t\tes-fois l'inimiti qu'il portoit la no/re1 ne donnoit aucun contrepoix la balance4 ,il fit luy mesme plusieurs bonnes loix1 et retran*a vne gr&e p>tie des subsides et impositions1 que leuoy5t ses pr$ecesseurs4 ,n\s auons deux bons hi/ori5s tesmo+s oculaires de ses actions3 l'vn desquels1 ,m>cell9us1 repr5d aigrem5t en diu]s lieux de son hi/oire1 cette si5ne ordonnance1 p> laquelle il deff5dit l'escole1 et int]dit l'enseign] t\s les rhetorici5s et grammairi5s ,*re/i5s1 et dit1 qu'il s\hait]oit cette si5ne action e/re enseuelie s\bs le sil5ce4 ,il e/ vray-semblable1 s'il eu/ faict quelque *ose de plus aigre contre n\s1 qu'il ne l'eu/ pas oubli1 e/ant bi5 affectionn no/re p>ty4 ,il n\s e/oit aspre la v]it1 mais non p\rtant cruel ennemy4 ,c> noz g5s mesmes recit5t de luy cette hi/oire1 que se prom5ant vn i\r aut\r de la ville de ,*alc$o9e1 ,m>is ,euesque du lieu1 osa bi5 l'appell] mes*ant1 trai/re ,*ri/1 et qu'il n'en fit autre *ose1 sauf luy respondre3 ,va mis]able1 pleure la p]te de tes yeux3 quoy l',euesque encore repliqua3 ,ie r5ds graces ,iesus ,*ri/1 de m'auoir o/ la veu1 p\r ne voir ton visage impud5t3 affectant en cela1 dis5t-ils1 vne pati5ce philosophique4 ,tant y a que ce faict l1 ne se peut pas bi5 rapport] aux cruautez qu'on le dit auoir ex]ces contre n\s4 ,il e/oit1 dit ,eutropius mon autre tesmo+1 ennemy de la ,*re/i5t1 mais sans t\*] au sang4 ,et p\r reu5ir sa iu/ice1 il n'e/ ri5 qu'on y puisse accus]1 que les rigueurs1 dequoy il vsa au comm5cem5t de son empire1 contre ceux qui auoy5t suiuy le p>ty de ,con/antius son pr$ecesseur4 ,quant sa sobriet1 il viuoit t\si\rs vn viure soldatesque3 et se n\rrissoit en ple9e paix1 comme celuy qui se prep>oit et acc\/umoit l'au/]it de la gu]re4 ,la vigilance e/oit telle en luy1 qu'il dep>toit la nuict trois ou quatre p>ties1 dont la mo9dre e/oit celle qu'il donnoit au sommeil3 le re/e1 il l'employoit visit] luy mesme en p]sonne1 l'e/at de son arme et ses g>des1 ou e/udi]3 c> entre autres si5nes r>es qualitez1 il e/oit tres-excell5t en t\te sorte de lit]ature4 ,on dit d',alex&re le gr&1 qu'e/ant c\*1 de peur que le sommeil ne le desbau*a/ de ses p5sem5s1 et de ses e/udes1 il faisoit mettre vn bass9 ioignant son lict1 et t5oit l'vne de ses ma9s au dehors1 auec vne b\lette de cuiure3 aff9 que le dormir le surpr5ant1 et relas*ant les prises de ses doigts1 cette b\llette p> le bruit de sa *eutte dans le bass91 le reueilla/4 ,cettuy-cy auoit l'ame si t5due ce qu'il v\loit1 et si peu empes*e de fumes1 p> sa s+uli]e ab/95ce1 qu'il se passoit bi5 de cet artifice4 ,quant la suffisance militaire1 il fut admirable en t\tes les p>ties d'vn gr& ,capita9e3 aussi fut-il quasi t\te sa vie en cont9uel ex]cice de gu]re3 et la plusp>t1 auec n\s1 en ,france contre les ,allemans et ,francons4 ,n\s n'auons gu]e memoire d'homme1 qui ait veu plus de haz>ds1 ny qui ait plus s\u5t faict preuue de sa p]sonne4 ,sa mort a quelque *ose de p>eil celle d',epam9ondas3 c> il fut frapp d'vn traict1 et essaya de l'arra*]1 et l'eu/ fait1 sans ce que le traict e/ant tran*ant1 il se c\ppa et affoiblit la ma94 ,il dem&oit incessamm5t qu'on le repporta/ en ce mesme e/at1 en la mesle1 p\r y enc\rag] ses soldats2 lesquels conte/]5t cette battaille sans luy1 tresc\rageusem5t1 iusques ce que la nuict sep>a les armes4 ,il deuoit la philosophie1 vn s+uli] mespris1 en quoy il auoit sa vie1 et les *oses huma9es4 ,il auoit f]me creance de l'et]nit des ames4 ,en mati]e de religion1 il e/oit vicieux p> t\t2 on l'a surnomm l',apo/at1 p\r auoir ab&onn la no/re3 t\tesfois cette op9ion me semble plus vray-semblable1 qu'il ne l'auoit iamais eu cur1 mais que p\r l'obessance des loix il s'e/oit fe9t iusques ce qu'il t9/ l'empire en sa ma94 ,il fut si sup]/itieux en la si5ne1 que ceux mesmes qui en e/oy5t de son temps1 s'en mocquoi5t3 et disoit-on1 s'il eu/ gaign la victoire contre les ,p>!s1 qu'il eu/ fait t>ir la race des bufs au monde1 p\r satisfaire ses sacrifices4 ,il e/oit aussi embab\yn de la sci5ce diu9atrice1 et donnoit au?orit t\te faon de progno/ics4 ,il dit entre autres *oses1 en m\rant1 qu'il sauoit bon gr aux ,dieux et les rem]cioit1 dequoy ils ne l'auoy5t pas v\lu tu] p> surprise1 l'ayant de long temps adu]ty du lieu et heure de sa f91 ny d'vne mort molle ou las*e1 mieux conu5able aux p]sonnes oysiues et delicates1 ny languissante1 longue et d\l\reuse3 et qu'ils l'auoy5t tr\u digne de m\rir de cette noble faon1 sur le c\rs de ses victoires1 et en la fleur de sa gloire4 ,il auoit eu vne p>eille vision celle de ,m>cus ,brutus1 qui premi]em5t le m5assa en ,gaule1 et depuis se repres5ta luy en ,p]se1 sur le po9t de sa mort4 ,ce langage qu'on luy fait t5ir1 qu& il se s5tit frapp3 ,tu z ve9cu1 ,naz>e53 ou1 comme d'autres1 ,cont5te toy1 ,naz>e52 pe9e eu/ il e/ oubli1 s'il eu/ e/ creu p> mes tesmo+s3 qui e/ants pres5s en l'arme ont rem>qu iusques aux mo9dres m\uem5ts et p>olles de sa f93 non plus que c]ta9s autres miracles1 qu'on y atta*e4 ,et p\r v5ir au propos de mon !me3 il c\uoit1 dit ,m>cell9us1 de long temps en son cur1 le paganisme2 mais p> ce que t\te son arme e/oit de ,*re/i5s1 il ne l'osoit desc\urir4 ,en f91 qu& il se vit assez =t p\r os] publi] sa volont1 il fit ouurir les temples des ,dieux1 et s'essaya p> t\s moy5s de mettre sus l'idolatrie4 ,p\r p>u5ir son effect1 ayant r5contr en ,con/ant9ople1 le peuple desc\su1 auec les prelats de l',eglise ,*re/i5ne diuisez1 les ayant faict v5ir luy au palais1 les admone/a in/amm5t d'ass\pir ces diss5tions ciuiles1 et que *acun sans empes*em5t et sans cra9te s]ui/ la religion4 ,ce qu'il sollicitoit auec gr& so+1 p\r l'esp]ance que cette lic5ce augm5t]oit les p>ts et les brigues de la diuision1 et empes*]oit le peuple de se renir1 et de se =tifi] p> consequ5t1 contre luy1 p> leur concorde1 et vnanime intellig5ce3 ayant essay p> la cruaut d'aucuns ,*re/i5s1 qu'il n'y a po9t de be/e au monde tant cra9dre l'homme1 que l'homme4 ,voyla ses mots peu pres3 en quoy cela e/ digne de consid]ation1 que l',emp]eur ,iulian se s]t p\r attis] le tr\ble de la diss5tion ciuile1 de cette mesme recepte de lib]t de consci5ce1 que noz ,roys vi5n5t d'employ] p\r l'e/a9dre4 ,on peut dire d'vn co/1 que de las*] la bride aux p>s d'entret5ir leur op9ion1 c'e/ esp&re et sem] la diuision1 c'e/ pre/] quasi la ma9 l'augm5t]1 n'y ayant aucune b>ri]e ny corction des loix1 qui bride et empes*e sa c\rse4 ,mais d'autre co/1 on diroit aussi1 que de las*] la bride aux p>s d'entret5ir leur op9ion1 c'e/ les amollir et relas*] p> la facilit1 et p> l'aisance1 et que c'e/ esm\ss] l'eguillon qui s'aff9e p> la r>et1 la n\uellet1 et la difficult4 ,et si croy mieux1 p\r l'honneur de la deuotion de noz ,roys2 c'e/1 que n'ayans peu ce qu'ils v\loi5t1 ils ont fait semblant de v\loir ce qu'ils p\uoi5t4 ,,*apitre ,,xx4 ,n\s ne g\/ons ri5 de pur4 ,,la foiblesse de no/re condition1 fait que les *oses en leur simplicit et puret naturelle ne puiss5t pas tomb] en no/re vsage4 ,les elem5s que n\s i\yssons1 sont alt]ez3 et les metaux de mesme1 et l'or1 il le faut empir] p> quelque autre mati]e1 p\r l'accommod] no/re s]uice4 ,ny la v]tu a9si simple1 qu',ari/on et ,pyrrho1 et encore les ,/oici5s faisoi5t f9 de la vie1 ny a peu s]uir sans composition3 ny la volupt ,cyr5aique et ,ari/ippique4 ,des plaisirs1 et bi5s que n\s auons1 il n'en e/ aucun exempt de quelque meslange de mal et d'incommodit3 ,m$io de fonte leporum ,surgit am>i aliquid1 quod 9 ipsis floribus angat4 ,no/re extreme volupt a quelque air de gemissem5t1 et de pla9te4 ,diriez v\s pas qu'elle se meurt d'angoisse8 ,voire qu& n\s en =geons l'image en son excell5ce1 n\s la f>dons d'epi!tes et qualitez maladifues1 et d\l\reuses3 langueur1 mollesse1 foiblesse1 deffaillance1 morbidezza1 gr& tesmoignage de leur consangu9it1 et consub/antialit4 ,la pr(onde ioye a plus de seu]it1 que de gayet4 ,l'extreme et ple9 cont5tem5t1 plus de rassis que d'eni\4 ,ipsa felicitas1 se nisi temp]at1 premit4 ,l'aise n\s mas*e4 ,c'e/ ce que dit vn v]set ,grec anci51 de tel s5s3 ,les ,dieux n\s v5d5t t\s les bi5s qu'ils n\s donn5t3 c'e/ dire1 ils ne n\s en donn5t aucun pur et p>faict1 et que n\s n'a*etions au prix de quelque mal4 ,le trauail et le plaisir1 tres-dissemblables de nature1 s'associ5t p\rtant de ie ne say quelle io9cture naturelle4 ,socrates dit1 que quelque ,dieu essaya de mettre en masse1 et confondre la d\leur et la volupt3 mais1 que n'en p\uant sortir1 il s'aduisa de les acc\ppl] au mo9s p> la queu4 ,metrodorus disoit qu'en la tri/esse1 il y a quelque alliage de plaisir4 ,ie ne say s'il v\loit dire autre *ose2 mais moy1 i'imag9e bi51 qu'il y a du desse91 du cons5tem5t1 et de la complaisance1 se n\rrir en la melan*olie4 ,ie dis outre l'ambition1 qui s'y peut encore mesl]3 il y a quelque ombre de fri&ise et delicatesse1 qui n\s rit et qui n\s flatte1 au giron mesme de la melan*olie4 ,y a-il pas des complexions qui en font leur alim5t8 ,e/ qudam fl]e voluptas4 ,et dit vn ,attalus en ,s5eque1 que la memoire de noz amis p]dus n\s aggre comme l'am] au v9 trop vieil3 ,m9i/] vet]is1 pu]1 fal]ni ,+]e mi calices am>iores3 et comme des pommes d\cem5t aigres4 ,nature n\s desc\ure cette confusion4 ,les pe9tres ti5n5t1 que les m\uem5s et plis du visage1 qui s]u5t au pleur]1 s]u5t aussi au rire4 ,de vray1 auant que l'vn ou l'autre soy5t a*euez d'exprim]1 reg>dez la conduitte de la pe9ture1 v\s e/es en d\bte1 v]s lequel c'e/ qu'on va4 ,et l'extremit du rire se mesle aux l>mes4 ,nullum s9e auctoram5to malum e/4 ,qu& i'imag9e l'homme assieg de commoditez desirables3 mettons le cas1 que t\ts ses membres fuss5t saisis p\r t\si\rs1 d'vn plaisir p>eil celuy de la g5]ation en son po9ct plus excessif3 ie le s5s fondre s\bs la *>ge de son aise3 et le voy du t\t incapable de port] vne si pure1 si con/ante volupt1 et si vniu]selle4 ,de vray il fuit1 qu& il y e/1 et se ha/e naturellem5t d'en es*app]1 comme d'vn pas1 o il ne se peut f]mir1 o il cra9d d'enfondr]4 ,qu& ie me confesse moy religieusem5t1 ie tr\ue que la meilleure bont que i'aye1 a quelque te9ture vicieuse4 ,et cra9s que ,platon en sa plus nette v]tu 7moy qui en suis autant s9c]e et loyal e/imateur1 et des v]tus de semblable m>que1 qu'autre puisse e/re7 s'il y eu/ esc\t de pres 7et il y esc\toit de pres7 il y eu/ s5ty quelque ton gau*e1 de mixtion huma9e3 mais ton obscur1 et s5sible seulem5t soy4 ,l'homme en t\t et p> t\t1 n'e/ que rappiessem5t et big>rure4 ,les loix mesmes de la iu/ice1 ne peuu5t subsi/] sans quelque meslange d'iniu/ice4 ,et dit ,platon1 que ceux-l entrepr5n5t de c\p] la te/e de ,hydra1 qui pret5d5t o/] des loix t\tes incommoditez et inconu5i5s4 ,omne magnum exemplum habet aliquid ex iniquo1 quod contra s+ulos vtilitate publica rep5ditur1 dit ,tacitus4 ,il e/ p>eillem5t vray1 que p\r l'vsage de la vie1 et s]uice du comm]ce public1 il y peut auoir de l'excez en la puret et p]spicacit de noz esprits4 ,cette cl>t p5etrante1 a trop de subtilit et de curiosit4 ,il les faut appesantir et esm\ss]1 p\r les r5dre plus obeissans l'exemple et la pratique2 et les espessir et obscurcir1 p\r les proportionn] cette vie t5ebreuse et t]re/re4 ,p\rtant se tr\u5t les esprits communs et mo9s t5dus1 plus propres et plus heureux conduire affaires4 ,et les op9ions de la philosophie esleues et exquises1 se tr\u5t ineptes l'ex]cice4 ,cette po9tue viuacit d'ame1 et cette volubilit s\pple et inquiete1 tr\ble nos negotiations4 ,il faut mani] les entreprises huma9es1 plus grossi]em5t et sup]ficiellem5t2 et en laiss] bonne et gr&e "p1 p\r les droits de la ,=tune4 ,il n'e/ pas beso9 d'esclair] les affaires si pr(ondem5t et si subtilem5t4 ,on s'y p]d la consid]ation de tant de lu/res contraires et =mes diu]ses1 volutantibus res int] se pugnantes1 obtorpu]ant animi4 ,c'e/ ce que les anci5s dis5t de ,simonides3 p> ce que son imag9ation luy pres5toit sur la dem&e que luy auoit faict le ,roy ,hi]on1 p\r laquelle satisfaire il auoit eu plusieurs i\rs de p5sem5t1 diu]ses consid]ations1 aigus et subtiles3 d\btant laquelle e/oit la plus vray-semblable1 il desesp]a du t\t de la v]it4 ,qui en re*]*e et embrasse t\tes les circon/ances1 et consequ5ces1 il empes*e son eslection4 ,vn eng9 moy51 conduit esgallem5t1 et suffit aux executions1 de gr&1 et de petit poix4 ,reg>dez que les meilleurs mesnag]s1 sont ceux qui n\s sau5t mo9s dire comme ils le sont2 et que ces suffisans conteurs1 n'y font le plus s\u5t ri5 qui vaille4 ,ie say vn gr& diseur1 et tres excell5t pe9tre de t\te sorte de mesnage1 qui a laiss bi5 piteusem5t1 c\l] p> ses ma9s1 c5t mille liures de r5te4 ,i'en say vn autre1 qui dit1 qu'il consulte mieux qu'homme de son conseil1 et n'e/ po9t au monde vne plus belle montre d'ame1 et de suffisance1 t\tesfois aux effects1 ses s]uiteurs tr\u5t1 qu'il e/ t\t autre2 ie dy sans mettre le malheur en conte4 ,,*apitre ,,xxi4 ,contre la fa9eantise4 ,l',,emp]evr ,vespasi5 e/ant malade de la maladie1 dont il m\rut1 ne laissoit pas de v\loir ent5dre l'e/at de l',empire3 et dans son lict mesme1 despes*oit sans cesse plusieurs affaires de consequ5ce3 et son m$ec9 l'en tanant1 comme de *ose nuisible sa sant3 ,il faut1 disoit-il1 qu'vn ,emp]eur meure deb\t4 ,voil vn beau mot1 mon gr1 et digne d'vn gr& ,pr9ce4 ,adrian l',emp]eur s'en s]uit depuis ce mesme propos3 et le deuroit on s\u5t ram5teuoir aux ,roys1 p\r leur faire s5tir1 que cette gr&e *>ge1 qu'on leur donne du comm&em5t de tant d'hommes1 n'e/ pas vne *>ge oisiue2 et qu'il n'e/ ri5 qui puisse si iu/em5t desg\/] vn subject1 de se mettre en pe9e et en has>d p\r le s]uice de son ,pr9ce1 que de le voir appoltronny cep5dant luy-mesme1 des occupations las*es et va9es3 et d'auoir so+ de sa cons]uation1 le voyant si non*alant de la no/re4 ,qu& quelqu'vn v\dra ma9t5ir1 qu'il vaut mieux que le ,pr9ce conduise ses gu]res p> autre que p> soy3 la ,=tune luy f\rnira assez d'exemples de ceux1 qui leurs lieut5ans ont mis *ef des gr&es entreprises3 et de ceux encore desquels la pres5ce y eu/ e/ plus nuisible1 qu'vtile4 ,mais nul ,pr9ce v]tueux et c\rageux p\rra s\ffrir1 qu'on l'entreti5ne de si honteuses in/ructions4 ,s\bs c\leur de cons]u] sa te/e1 comme la /atue d'vn sa9ct1 la bonne =tune de son e/at1 ils le degrad5t de son (fice1 qui e/ t\t en action militaire1 et l'en decl>5t incapable4 ,i'en say vn1 qui aym]oit bi5 mieux e/re battu1 que de dormir1 p5dant qu'on se battroit p\r luy3 et qui ne vid iamais sans ial\sie1 ses g5ts mesmes1 faire quelque *ose de gr& en son abs5ce4 ,et ,selym premi] disoit auec raison1 ce me semble1 que les victoires1 qui se gaign5t sans le mai/re1 ne sont pas completes4 ,de tant plus volonti]s eu/-il dit1 que ce mai/re deuroit r\gir de honte1 d'y pret5dre "p p\r son nom1 n'y ayant embesongn que sa voix et sa p5se4 ,ny cela mesme1 veu qu'en telle besongne1 les aduis et comm&em5s1 qui apport5t l'honneur1 sont ceux-l seulem5t1 qui se donn5t sur le *amp1 et au propre de l'affaire4 ,nul pilote n'ex]ce son (fice de pi$ f]me4 ,les ,pr9ces de la race ,hottomane1 la premi]e race du monde en =tune gu]ri]e1 ont *auldem5t embrass cette op9ion4 ,et ,baiazet second auec son filz1 qui s'en desp>tir5t1 s'amusants aux sci5ces et autres occupations casani]es1 donn]5t aussi de bi5 gr&s s\fflets leur ,empire3 et celuy qui regne pres5t1 ,ammura? troisiesme1 leur exemple1 comm5ce assez bi5 de s'en tr\u] de mesme4 ,fu/-ce pas le ,roy d',anglet]re1 ,ed\>d troisiesme1 qui dit de no/re ,roy ,*>les c9quiesme1 ce mot8 ,il n'y eut onques ,roy1 qui mo9s s'arma/1 et si n'y eut onques ,roy1 qui tant me donna/ faire4 ,il auoit raison de le tr\u] e/range1 comme vn effect du sort1 plus que de la raison4 ,et *]*5t autre adh]5t1 que moy1 ceux qui veul5t nombr] entre les belliqueux et magnanimes conqu]ants1 les ,roys de ,ca/ille et de ,portugal1 de ce qu' d\ze c5ts lieus de leur oisiue demeure1 p> l'escorte de leurs facteurs1 ils se sont r5dus mai/res des ,indes d'vne et d'autre "p3 desquelles c'e/ sauoir1 s'ils auroy5t seulem5t le c\rage d'all] i\yr en pres5ce4 ,l',emp]eur ,iulian disoit encore plus1 qu'vn philosophe et vn galant homme1 ne deuoi5t pas seulem5t respir]3 c'e/ dire1 ne donn] aux necessitez corporelles1 que ce qu'on ne leur peut refus]2 t5ant t\si\rs l'ame et le corps embesongnez *oses belles1 gr&es et v]tueuses4 ,il auoit honte si en public on le voyoit cra*] ou su] 7ce qu'on dit aussi de la ieunesse ,lac$emoni5ne1 et ,x5ophon de la ,p]si5ne7 p> ce qu'il e/imoit que l'ex]cice1 le trauail cont9uel1 et la sobriet1 deuoi5t auoir cuit et asse* t\tes ces sup]fluitez4 ,ce que dit ,s5eque ne io9dra pas mal en cet endroict1 que les anci5s ,roma9s ma9t5oi5t leur ieunesse droite3 ils n'appr5oi5t1 dit-il1 ri5 leurs enfans1 qu'ils deuss5t appr5dre assis4 ,c'e/ vne g5]euse enuie1 de v\loir m\rir mesme vtilem5t et virilem5t3 mais l'effect n'en gi/ pas tant en no/re bonne resolution1 qu'en no/re bonne =tune4 ,mille ont propos de va9cre1 ou de m\rir en combattant1 qui ont failli l'vn et l'autre3 les blesseures1 les prisons1 leur trau]sant ce desse91 et leur pre/ant vne vie =ce4 ,il y a des maladies1 qui att]r5t iusques noz desirs1 et no/re cognoissance4 ,=tune ne deuoit pas second] la vanit des legions ,roma9es1 qui s'oblig]5t p> s]m5t1 de m\rir ou de va9cre4 ,victor1 ,m>ce ,fabi1 reu]t> ex acie3 si fallo1 ,i\em patrem ,gradiumque ,m>tem alisque iratos inuoco ,deos4 ,les ,portugais dis5t1 qu'en c]ta9 endroit de leur conque/e des ,indes ils r5contr]5t des soldats1 qui s'e/oy5t condamnez auec horribles execrations1 de n'entr] en aucune composition1 que de se faire tu]1 ou demeur] victorieux3 et p\r m>que de ce vu1 portoy5t la te/e et la b>be rase4 ,n\s auons beau n\s haz>d] et ob/9]4 ,il semble que les c\ps fuy5t ceux1 qui s'y pres5t5t trop alaigrem5t3 et n'arriu5t volonti]s qui s'y pres5te trop volonti]s1 et corrompt leur f94 ,tel ne p\uant obt5ir de p]dre sa vie1 p> les =ces adu]saires1 apres auoir t\t essay1 a e/ contra9t1 p\r f\rnir sa resolution1 d'en r'apport] l'honneur1 ou de n'en rapport] pas la vie3 se donn] soy mesme la mort1 en la *aleur propre du combat4 ,il en e/ d'autres exemples4 ,mais en voicy vn4 ,phili/us1 *ef de l'arme de m] du ieune ,dionysius contre les ,syracusa9s1 leur pres5ta la battaille1 qui fut asprem5t conte/e1 les =ces e/ants p>eilles4 ,en icelle il eut du meilleur au comm5cem5t1 p> sa pr\sse4 ,mais les ,syracusa9s se r5geans aut\r de sa gal]e1 p\r l'inue/ir1 ayant faict gr&s faicts d'armes de sa p]sonne1 p\r se desuelopp]1 n'y esp]ant plus de ress\rce1 s'o/a de sa ma9 la vie1 qu'il auoit si lib]alem5t ab&onne1 et fru/ratoirem5t1 aux ma9s ennemies4 ,moley ,molu*1 ,roy de ,fais1 qui vi5t de gaign] contre ,seba/ian ,roy de ,portugal1 cette i\rne1 fameuse p> la mort de trois ,roys1 et p> la transmission de cette gr&e c\ronne1 celle de ,ca/ille3 se tr\ua grieuem5t malade ds lors que les ,portugalois entr]5t ma9 arme en son e/at2 et alla t\si\rs depuis en empirant v]s la mort1 et la preuoyant4 ,iamais homme ne se s]uit de soy plus vig\reusem5t1 et brauem5t4 ,il se tr\ua foible1 p\r s\/5ir la pompe c]emonieuse de l'entre de son camp1 qui e/ selon leur mode1 ple9e de magnific5ce1 et *>ge de t\t ple9 d'action3 et resigna cet honneur son fr]e4 ,mais ce fut aussi le seul (fice de ,capita9e qu'il resigna3 t\ts les autres necessaires et vtiles1 il les feit tres-glorieusem5t et exactem5t4 ,t5ant son corps c\*3 mais son ent5dem5t1 et son c\rage1 deb\t et f]me1 iusques au d]ni] s\spir3 et aucunem5t au-del4 ,il p\uoit m9] ses ennemis1 indiscretem5t aduancez en ses t]res3 et luy poisa m]ueilleusem5t1 qu' faute d'vn peu de vie1 et p\r n'auoir qui sub/itu] la conduitte de cette gu]re1 et affaires d'vn e/at tr\bl1 il eu/ *]*] la victoire sanglante et haz>deuse1 en ayant vne autre pure et nette entre ses ma9s4 ,t\tesfois il mesnagea miraculeusem5t la dure de sa maladie1 faire consum] son ennemy1 et l'attir] lo+ de son arme de m]1 et des places m>itimes qu'il auoit en la co/e d',affrique3 iusques au d]ni] i\r de sa vie1 lequel p> desse91 il employa et res]ua cette gr&e i\rne4 ,il dressa sa bataille en rond1 assiegeant de t\tes p>s l'o/ des ,portugais2 lequel rond v5ant se c\rb] et s]r]1 les empes*a non seulem5t au conflict1 qui fut tres aspre p> la valeur de ce ieune ,roy assaillant1 veu qu'ils auoi5t montr] visage t\s s5s3 mais aussi les empes*a la fuitte apres leur r\tte4 ,et tr\uants t\tes les issues saisies1 et closes2 fur5t contra9ts de se reiett] eux mesmes3 coac]uantrque non solm cde1 s$ etiam fuga1 et s'amoncell] les vns sur les autres1 f\rnissants aux va9cueurs vne tres-meurtri]e victoire1 et tres-enti]e4 ,m\rant1 il se feit port] et tracass] o le beso+ l'appelloit3 et c\lant le long des files1 enhortoit ses ,capita9es et soldats1 les vns apres les autres4 ,mais vn co+ de sa battaille se laissant enfonc]1 on ne le peut t5ir1 qu'il ne monta/ *eual l'espe au po+4 ,il s'ef=oit p\r s'all] mesl]1 ses g5ts l'arre/ants1 qui p> la bride1 qui p> sa robbe1 et p> ses e/ri]s4 ,cet ef=t a*eua d'accabl] ce peu de vie1 qui luy re/oit4 ,on le rec\*a4 ,luy se resuscitant comme en sursaut de cette pasmoison1 t\te autre facult luy deffaillant2 p\r adu]tir qu'on teu/ sa mort 7qui e/oit le plus necessaire comm&em5t1 qu'il eu/ lors faire1 aff9 de n'eng5dr] quelque desespoir aux si5s1 p> cette n\uelle7 expira1 t5ant le doigt contre sa b\*e close3 signe ord9aire de faire sil5ce4 ,qui vescut oncques si long temps1 et si auant en la mort8 qui m\rut oncques si deb\t8 ,l'extreme degr de traitt] c\rageusem5t la mort1 et le plus naturel1 c'e/ la veoir1 non seulem5t sans e/onnem5t1 mais sans s\cy3 cont9uant libre le tra9 de la vie1 iusques d$ans elle4 ,comme ,caton1 qui s'amusoit e/udi] et dormir1 en ayant vne viol5te et sanglante1 pres5te en son cur1 et la t5ant en sa ma94 ,,*apitre ,,xxii4 ,des ,po/es4 ,,ie n'ay pas e/ des plus foibles en cet ex]cice1 qui e/ propre g5s de ma taille1 f]me et c\rte3 mais i'en quitte le me/i]3 il n\s essaye trop1 p\r y dur] long temps4 ,ie lisois cette heure1 que le ,roy ,cyrus1 p\r receuoir plus facilem5t n\uelles de t\s les co/ez de son ,empire1 qui e/oit d'vne =t gr&e e/5du1 fit reg>d] combi5 vn *eual p\uoit faire de *em9 en vn i\r1 t\t d'vne traicte1 et cette di/ance il e/ablit des hommes1 qui auoi5t *>ge de t5ir des *euaux pre/s1 p\r en f\rnir ceux qui vi5droi5t v]s luy4 ,et dis5t aucuns1 que cette vi/esse d'all]1 reui5t la mesure du vol des grus4 ,cs> dit que ,lucius ,vibulus ,rufus1 ayant ha/e de port] vn adu]tissem5t ,pompeius1 s'a*em9a v]s luy i\r et nuict1 *angeant de *euaux1 p\r faire dilig5ce4 ,et luy mesme1 ce que dit ,suetone1 faisoit c5t mille p> i\r1 sur vn co*e de l\age4 ,mais c'e/oit vn furieux c\rri]3 c> o les riui]es luy tran*oi5t son *em91 il les fran*issoit nage3 et ne se de/\rna iamais p\r qu]ir vn pont1 ou vn gu4 ,tib]ius ,n]o allant voir son fr]e ,drusus1 malade en ,allemaigne1 fit deux c5s mille1 en v+t quatre heures1 ayant trois co*es4 ,en la gu]re des ,roma9s contre le ,roy ,antio*us1 ,t4 ,sempronius ,grac*us1 dit ,tite-,liue1 p] dispositos equos prop incr$ibili cel]itate ab ,amphissa t]tio die ,pellam p]u5it3 et app]t veoir le lieu1 que c'e/oi5t po/es assises1 non fres*em5t ordonnes p\r cette c\rse4 ,l'inu5tion de ,cec9na r5uoy] des n\uelles ceux de sa maison1 auoit bi5 plus de promptitude3 il emporta qu& et soy des arondelles1 et les relas*oit v]s leurs nids1 qu& il v\loit r'enuoy] de ses n\uelles1 en les teignant de m>que de c\leur propre signifi] ce qu'il v\loit1 selon qu'il auoit conc]t auec les si5s4 ,au !atre ,rome1 les mai/res de famille1 auoi5t des pigeons dans leur se91 ausquels ils atta*oy5t des lettres1 qu'ils v\loi5t m&] quelque *ose leurs g5s au logis3 et e/oi5t dressez en rapport] response4 ,d4 ,brutus en vsa assieg ,mut9e1 et autres ailleurs4 ,au ,p]u1 ils c\roy5t sur les hommes1 qui les *>geoi5t sur les espaules t\t des portoires1 p> telle agilit1 que t\t en c\rant1 les premi]s porteurs reiettoy5t aux seconds leur *>ge1 sans arre/] vn pas4 ,i'ent5ds que les ,vala*i1 c\rri]s du gr& ,seigneur1 font des extremes dilig5ces3 d'autant qu'ils ont loy de desmont] le premi] passant qu'ils tr\u5t en leur *em91 en luy donnant leur *eual recreu4 ,p\r se g>d] de lass]1 ils se s]r5t trau]s le corps bi5 e/roittem5t1 d'vne b&e l>ge comme font assez d'autres4 ,ie n'ay tr\u nul sei\r cet vsage4 ,,*apitre ,,xxiii4 ,des mauuais moy5s employez bonne f94 ,,il se tr\ue vne m]ueilleuse relation et correspondance1 en cette vniu]selle police des ouurages de ,nature3 qui montre bi5 qu'elle n'e/ ny =tuite ny conduite p> diu]s mai/res4 ,les maladies et conditions de nos corps1 se voy5t aussi aux e/ats et polices3 les royaumes1 les republiques naiss5t1 fleuriss5t et faniss5t de vieillesse1 comme n\s4 ,n\s sommes subiects vne repletion d'humeurs inutile et nuysible1 soit de bonnes humeurs1 7c> cela mesme les m$ec9s le craign5t3 et p> ce qu'il n'y a ri5 de /able *ez n\s1 ils dis5t que la p]fection de sant trop allegre et vig\reuse1 il n\s la faut essim] et rabatre p> art1 de peur que no/re nature ne se p\uant rassoir en nulle c]ta9e place1 et n'ayant plus o mont] p\r s'amelior]1 ne se recule en arri]e en desordre et trop c\p3 ils ordonn5t p\r cela aux atletes les purgations et les saignes1 p\r leur s\/raire cette sup]abondance de sant7 soit repletion de mauuaises humeurs1 qui e/ l'ord9aire cause des maladies4 ,de semblable repletion se voy5t les e/ats s\u5t malades3 et a lon acc\/um d'vs] de diu]ses sortes de purgation4 ,tanto/ on donne cong vne gr&e multitude de familles1 p\r en des*>g] le pas1 lesquelles vont *]*] ailleurs o s'accommod] aux desp5s d'autruy4 ,de cette faon nos anci5s ,francons p>tis du fons d',alemaigne1 v9dr5t se saisir de la ,gaule1 et en des*ass] les premi]s habitans3 a9si se =gea cette inf9ie m>e d'hommes1 qui s'esc\la en ,italie s\bs ,br5nus et autres3 a9si les ,gots et ,vu&ales3 comme aussi les peuples qui poss$5t pres5t la ,grece1 ab&onn]5t leur naturel pas p\r s'all] log] ailleurs plus au l>ge3 et pe9e e/ il deux ou trois co9s au monde1 qui n'ay5t s5ty l'effect d'vn tel remuem5t4 ,les ,roma9s ba/issoi5t p> ce moy5 leurs colonies3 c> s5tans leur ville se grossir outre mesure1 ils la des*>geoi5t du peuple mo9s necessaire1 et l'enuoyoi5t habit] et cultiu] les t]res p> eux conquises4 ,p> fois aussi ils ont esci5t n\rry des gu]res auec aucuns leurs ennemis1 non seulem5t p\r t5ir leurs hommes en hale9e1 de peur que l'oysiuet m]e de corruption1 ne leur apporta/ quelque pire inconu5i5t3 ,et patimur long pacis mala2 suior armis1 ,luxuria incumbit4 ,mais aussi p\r s]uir de saigne leur ,republique1 et esuant] vn peu la *aleur trop vehem5te de leur ieunesse3 esc\rt] et esclaircir le bran*age de ce tige abondant en trop de gaill>dise3 cet effect se sont ils autrefois s]uis de la gu]re contre les ,c>?ag9ois4 ,au trait de ,bretigny1 ,edoard troisiesme ,roy d',anglet]re1 ne v\lut compr5dre en cette paix g5]alle1 qu'il fit auec no/re ,roy1 le diff]5t du ,du* de ,bretaigne1 aff9 qu'il eu/ o se des*>g]1 de ses hommes de gu]re1 et que cette f\lle d',anglois1 dequoy il s'e/oit s]uy aux affaires de dea1 ne se reietta/ en ,anglet]re4 ,ce fut l'vne des raisons1 p\rquoy no/re ,roy ,philippe cons5tit d'enuoy] ,iean son fils la gu]re d'outre-m]3 f9 d'emm5] qu& et luy vn gr& nombre de ieunesse b\llante1 qui e/oit en sa g5d>m]ie4 ,il y en a plusieurs en ce temps1 qui disc\r5t de p>eille faon1 s\haitans que cette esmotion *aleureuse1 qui e/ p>my n\s1 se peu/ d]iu] quelque gu]re vois9e1 de peur que ces humeurs peccantes1 qui dom95t p\r cette heure no/re corps1 si on ne les esc\lle ailleurs1 ma9ti5n5t no/re fiebure t\si\rs en =ce1 et apport5t en f9 no/re enti]e ru9e4 ,et de vray1 vne gu]re e/rang]e e/ vn mal bi5 plus d\x que la ciuile3 mais ie ne croy pas que ,dieu fauorisa/ vne si iniu/e entreprise1 d'(f5c] et qu]el] autruy p\r no/re commodit4 ,nil mihi tam vald placeat1 ,rhamnusia virgo1 ,qud tem] inuitis suscipiatur h]is4 ,t\tesfois la foiblesse de no/re condition1 n\s p\sse s\u5t cette necessit1 de n\s s]uir de mauuais moy5s p\r vne bonne f94 ,lycurgus1 le plus v]tueux et p>faict legislateur qui fut onques1 inu5ta cette tres-iniu/e faon1 p\r in/ruire son peuple la temp]ance1 de faire enyur] p> =ce les ,elotes1 qui e/oy5t leurs s]fs3 f9 qu'en les voyant a9si p]dus et enseuelis dans le v91 les ,sp>tiates pr9s5t en horreur le desbordem5t de ce vice4 ,ceux l auoy5t encore plus de tort1 qui p]mettoy5t anci5nem5t que les crim9els1 quelque sorte de mort qu'ils fuss5t condamnez1 fuss5t des*irez t\s vifs p> les m$ec9s1 p\r y voir au naturel nos p>ties int]ieures1 et en e/ablir plus de c]titude en leur art3 c> s'il se faut desbau*]1 on e/ plus excusable1 le faisant p\r la sant de l'ame1 que p\r celle du corps3 comme les ,roma9s dressoi5t le peuple la vaillance et au mespris des dang]s1 et de la mort1 p> ces furieux spectacles de gladiateurs et escrimeurs outrance1 qui se combattoi5t1 dtailloi5t1 et entretuoy5t en leur pres5ce3 ,quid vesani aliud sibi vult ars impia ludi1 ,quid mortes iuu5um1 quid sangu9e pa/a voluptas8 ,et dura cet vsage iusques ,!odosius l',emp]eur4 ,arripe dilatam tua1 dux1 9 tempora famam1 ,qudque patris sup]e/1 successor laudis habeto4 ,nullus 9 vrbe cadat1 cuius sit pna voluptas4 ,iam solis cont5ta f]is1 infamis ar5a ,nulla cru5tatis homicidia ludat 9 armis4 ,c'e/oit la v]it vn m]ueilleux exemple1 et de tres-gr& fruict1 p\r l'in/itution du peuple1 de voir t\s les i\rs en sa pres5ce1 c5t1 deux c5ts1 voire mille c\pples d'hommes armez les vns contre les autres1 se ha*] en pieces1 auec vne si extreme f]met de c\rage1 qu'on ne leur vi/ las*] vne p>olle de foiblesse ou commis]ation1 iamais t\rn] le dos1 ny faire seulem5t vn m\uemont las*e1 p\r gau*ir au c\p de leur adu]saire3 a9s t5dre le col son espee1 et se pres5t] au c\p4 ,il e/ adu5u plusieurs d'entre eux1 e/ans blessez mort de =ce playes1 d'enuoy] dem&] au peuple1 s'il e/oit cont5t de leur deuoir1 auant que se c\*] p\r r5dre l'esprit sur la place4 ,il ne falloit pas seulem5t qu'ils combattiss5t et m\russ5t con/amm5t1 mais encore allegrem5t3 en mani]e qu'on les hurloit et maudissoit1 si on les voyoit e/riu] receuoir la mort4 ,les filles mesmes les incitoi5t3 ,consurgit ad ictus2 ,et1 quoties victor f]rum iugulo ins]it1 illa ,delicias ait esse suas1 pectsque iac5tis ,virgo mode/a iubet conu]so pollice rumpi4 ,les premi]s ,roma9s employoi5t cet exemple les crim9els4 ,mais depuis on y employa des s]fs innoc5s1 et des libres mesmes1 qui se v5doy5t p\r cet effect3 iusques des ,s5ateurs et ,*euali]s ,roma9s3 et encores des femmes3 ,nunc caput 9 mortem v5dunt1 et funus ar51 ,atque ho/em sibi quisque p>at1 cm bella quiescunt4 ,hos int] fremitus n\sque lusus1 ,/at sexus rudis inscisque f]ri1 ,et pugnas capit improbus viriles4 ,ce que ie tr\u]ois =t e/range et incroyable1 si n\s n'e/ions acc\/umez de voir t\s les i\rs en nos gu]res1 plusieurs miliasses d'hommes e/rang]s1 engageants p\r de l'arg5t leur sang et leur vie1 des qu]elles1 o ils n'ont aucun int]e/4 ,,*apitre ,,xxiiii4 ,de la gr&eur ,roma9e4 ,,ie ne veux dire qu'vn mot de cet argum5t inf9y1 p\r montr] la simplesse de ceux1 qui app>i5t celle l1 les *etiues gr&eurs de ce temps4 ,au septiesme liure des epi/res famili]es de ,cic]o 7et que les grammairi5s en o/5t ce surnom1 de famili]es1 s'ils veul5t1 c> la v]it il n'y e/ pas =t propos3 et ceux qui au lieu de famili]es y ont sub/itu ad famili>es1 peuu5t tir] quelque argum5t p\r eux1 de ce que dit ,suetone en la vie de ,cs>1 qu'il y auoit vn volume de lettres de luy ad famili>es7 il y en a vne1 qui s'adresse ,cs> e/ant lors en la ,gaule1 en laquelle ,cic]o r$it ces mots1 qui e/oy5t sur la f9 d'vn' autre lettre1 que ,cs> luy auoit escrit3 ,quant ,m>cus ,furius1 que tu m'z recomm&1 ie le f]ay ,roy de ,gaule1 et si tu veux1 que i'aduance quelque autre de tes amis1 enuoye le moy4 ,il n'e/oit pas n\ueau vn simple citoy5 ,roma91 comme e/oit lors ,cs>1 de dispos] des ,royaumes1 c> il o/a bi5 au ,roy ,deiot>us le si51 p\r le donn] vn ,g5til-homme de la ville de ,p]game nomm ,mi?ridates4 ,et ceux qui escriu5t sa vie enregi/r5t plusieurs ,royaumes p> luy v5dus3 et ,suetone dit qu'il tira p\r vn c\p1 du ,roy ,ptolomu1 trois millions six c5s mill' escus1 qui fut bi5 pres de luy v5dre le si54 ,tot ,galat1 tot ,pontus eat1 tot ,lydia nummis4 ,m>cus ,antonius disoit que la gr&eur du peuple ,roma9 ne se montrait pas tant1 p> ce qu'il pr5oit1 que p> ce qu'il donnoit4 ,si en auoit il quelque siecle auant ,antonius1 o/ vn entre autres1 d'au?orit si m]ueilleuse1 qu'en t\te son hi/oire1 ie ne sa*e m>que1 qui porte plus haut le nom de son cr$it4 ,antio*us poss$oit t\te l'gypte1 et e/oit apres conqu]ir ,cypre1 et autres demeurants de cet empire4 ,sur le progrez de ses victoires1 ,c4 ,popilius arriua luy de la "p du ,s5at3 et d'aborde1 refusa de luy t\*] la ma91 qu'il n'eu/ premi]em5t leu les lettres qu'il luy apportoit4 ,le ,roy les ayant leus1 et dict1 qu'il en delib]]oit3 ,popilius circonscrit la place o il e/oit auec sa baguette1 en luy disant3 ,r5 moy responce1 que ie puisse rapport] au ,s5at1 auant que tu p>tes de ce c]cle4 ,antio*us e/onn de la rudesse d'vn si pressant comm&em5t1 apres y auoir vn peu song3 ,ie f]ay1 dit-il1 ce que le ,s5at me comm&e4 ,lors le sala ,popilius1 comme amy du peuple ,roma94 ,auoir r5onc vne si gr&e ,mon>*ie1 et c\rs d'vne si =tune prosp]it1 p> l'impression de trois traits d'escriture6 ,il eut vrayem5t raison1 comme il fit1 d'enuoy] depuis dire au ,s5at p> ses ambassadeurs1 qu'il auoit receu leur ordonnance1 de mesme respect1 que si elle fu/ v5u des ,dieux immortels4 ,t\s les ,royaumes qu',augu/e gaigna p> droict de gu]re1 il les r5dit ceux qui les auoy5t p]dus1 ou en fit pres5t des e/rang]s4 ,et sur ce propos ,tacitus p>lant du ,roy d',anglet]re ,cogidunus1 n\s fait s5tir p> vn m]ueilleux traict cette inf9ie puissance4 ,les ,roma9s1 dit-il1 auoy5t acc\/um de t\te anci5net1 de laiss] les ,roys1 qu'ils auoy5t surmontez1 en la possession de leurs ,royaumes1 s\bs leur au?orit3 ce qu'ils euss5t des ,roys mesmes1 vtils de la s]uitude3 ,vt hab]5t in/rum5ta s]uitutis et reges4 ,il e/ vray-semblable1 que ,solyman1 qui n\s auons veu faire lib]alit du ,royaume d',hongrie1 et autres e/ats1 reg>doit plus cette consid]ation1 qu' celle qu'il auoit acc\/um d'allegu]2 ,qu'il e/oit sa\l et *>g1 de tant de ,mon>*ies et de dom9ation1 que sa v]tu1 ou celle de ses ance/res1 luy auoy5t acquis4 ,,*apitre ,,xxv4 ,de ne contrefaire le malade4 ,,il y a vn epigramme en ,m>tial qui e/ des bons1 c> il y en a *ez luy de t\tes sortes3 o il recite plaisamm5t l'hi/oire de ,clius1 qui p\r fuir faire la c\r quelques grans ,rome1 se tr\u] leur leu]1 les assi/] et les suyure1 fit la m9e d'auoir la g\te3 et p\r r5dre son excuse plus vray-semblable1 se faisoit o9dre les iambes1 les auoit enueloppees1 et contre-faisoit enti]em5t le port et la cont5ance d'vn homme g\teux4 ,en f9 la ,=tune luy fit ce plaisir de l'en r5dre t\t faict4 ,tantum cura pote/ et ars doloris6 ,desiit f+]e ,clius podagram4 ,i'ay veu en quelque lieu d',appian1 ce me semble1 vne p>eille hi/oire1 d'vn qui v\lant es*app] aux proscriptions des triumvirs de ,rome1 p\r se desrob] de la cognoissance de ceux qui le p\rsuyuoi5t1 se t5ant ca* et traue/i1 y adi\/a encore cette inu5tion1 de contre-faire le borgne3 qu& il v9t rec\ur] vn peu plus de lib]t1 et qu'il v\lut deffaire l'emplatre qu'il auoit long temps port sur son il1 il tr\ua que sa veu e/oit effectuellem5t p]due s\bs ce masque4 ,il e/ possible que l'action de la veu s'e/oit hebete1 p\r auoir e/ si long temps sans ex]cice1 et que la =ce visiue s'e/oit t\te reiete en l'autre il4 ,c> n\s s5tons euidemm5t que l'il que n\s t5ons c\u]t1 r'enuoye son compaignon quelque p>tie de son effect3 en mani]e que celuy qui re/e1 s'en grossit et s'en enfle4 ,comme aussi l'oisiuet1 auec la *aleur des liaisons et des m$icam5s1 auoit bi5 peu attir] quelque humeur podagrique au g\teux de ,m>tial4 ,lisant *ez ,froiss>d1 le vu d'vne tr\pe de ieunes ,g5tils-hommes ,anglois1 de port] l'il gau*e b&1 iusques ce qu'ils euss5t pass en ,france1 et exploit quelque faict d'armes sur n\s3 ie me suis s\u5t *at\ll de ce p5sem5t1 qu'il leur eu/ pris1 comme ces autres1 et qu'ils se fuss5t tr\uez t\s borgnez au reuoir des mai/resses1 p\r lesquelles ils auoy5t faict l'entreprise4 ,les m]es ont raison de tanc] leurs enfans1 qu& ils contrefont les borgnes1 les boiteux et les bicles1 et tels autres defauts de la p]sonne3 c> outre ce que le corps a9si t5dre en peut receuoir vn mauuais ply1 ie ne say comm5t il semble que la ,=tune se ioe n\s pr5dre au mot3 et i'ay ouy recit] plusieurs exemples de g5s deu5us malades ayant dessign de fe9dre l'e/re4 ,de t\t temps i'ay appr9s de *>g] ma ma9 et *eual et pi$1 d'vne baguette ou d'vn ba/on3 iusques y *]*] de l'elegance1 et m'en sei\rn]1 d'vne cont5ance affette4 ,plusieurs m'ont m5ac1 que ,=tune t\rn]oit vn i\r cette mign>dise en necessit4 ,ie me fonde sur ce que ie s]oy le premi] g\tteux de ma race4 ,mais alongeons ce *apitre et le big>rons d'vne autre piece1 propos de la cecit4 ,pl9e dit d'vn1 qui songeant e/re aueugle en dormant1 se le tr\ua l'endema91 sans aucune maladie prec$5te4 ,la =ce de l'imag9ation peut bi5 ayd] cela1 comme i'ay dit ailleurs1 et semble que ,pl9e soit de cet aduis3 mais il e/ plus vray-semblable1 que les m\uem5s que le corps s5toit au d$ans1 desquels les m$ec9s tr\u]ont1 s'ils veul5t1 la cause1 qui luy o/oi5t la veu1 fur5t occasion du songe4 ,adi\/ons encore vn' hi/oire vois9e de ce propos1 que ,s5eque recite en l'vne de ses lettres3 ,tu sais1 dit-il1 escriuant ,lucilius1 que ,h>pa/ la folle de ma femme1 e/ demeure *ez moy p\r *>ge h]$itaire3 c> de mon g\/ ie suis ennemy de ces montres1 et si i'ay enuie de rire d'vn fol1 il ne me le faut *]*] gu]e lo+1 ie ris de moy-mesme4 ,cette folle1 a subitem5t p]du la veu4 ,ie te recite *ose e/range1 mais v]itable3 elle ne s5t po9t qu'elle soit aueugle1 et presse incessamm5t son g\u]neur de l'emm5]1 p> ce qu'elle dit que ma maison e/ obscure4 ,ce que n\s rions en elle1 ie te prie croire1 qu'il adui5t *acun de n\s3 nul ne cognoi/ e/re au>e1 nul conuoiteux4 ,encore les aueugles dem&5t vn guide1 n\s n\s f\ruoions de n\s mesmes4 ,ie ne suis pas ambitieux1 disons n\s1 mais ,rome on ne peut viure autrem5t3 ie ne suis pas sumptueux1 mais la ville requi]t vne gr&e desp5ce3 ce n'e/ pas ma faute1 si ie suis *ol]e1 si ie n'ay encore e/abli aucun tra9 asseur de vie1 c'e/ la faute de la ieunesse4 ,ne *]*ons pas hors de n\s no/re mal1 il e/ *ez n\s3 il e/ plant en nos entrailles4 ,et cela mesme1 que n\s ne s5tons pas e/re malades1 n\s r5d la gu]ison plus malaise4 ,si n\s ne comm5ons de bonne heure n\s p5s]1 qu& aurons n\s p\rueu tant de playes et tant de maux8 ,si auons n\s vne tres-d\ce m$ec9e1 que la philosophie3 c> des autres1 on n'en s5t le plaisir1 qu'apres la gu]ison1 cette cy plai/ et gu]it ensemble4 ,voyla ce que dit ,s5eque1 qui m'a emport hors de mon propos3 mais il y a du pr(it au *ange4 ,,*apitre ,,xxvi4 ,des p\ces4 ,,tacitvs recite que p>my c]ta9s ,roys b>b>es1 p\r faire vne obligation asseure1 leur mani]e e/oit1 de jo9dre e/roictem5t leurs ma9s droites l'vne l'autre1 et s'entrelass] les p\ces3 et qu& =ce de les press] le sang en e/oit mont au b\t1 ils les blessoi5t de quelque leg]e po9te1 et puis se les entresuoi5t4 ,les m$ec9s dis5t1 que les p\ces sont les mai/res doigts de la ma91 et que leur etymologie ,lat9e vi5t de poll]e4 ,les ,grecs l'appell5t 1 comme qui diroit vne autre ma94 ,et il semble que p> fois les ,lat9s les pr5n5t aussi en ce s5s1 de ma9 enti]e3 ,s$ nec vocibus excitata bl&is1 ,molli pollice nec rogata1 surgit4 ,c'e/oit ,rome vne signification de faueur1 de comprim] et baiss] les p\ces3 ,fautor vtroque tuum laudabit pollice ludum3 et de desfaueur de les hauss] et cont\rn] au dehors3 ,conu]so pollice vulgi1 ,quemlibet occidunt popul>it]4 ,les ,roma9s disp5soi5t de la gu]re1 ceux qui e/oi5t blessez au p\ce1 comme s'ils n'auoi5t plus la prise des armes assez f]me4 ,augu/e confisqua les bi5s vn ,*euali] ,roma91 qui auoit p> malice c\pp les p\ces deux si5s ieunes enfans1 p\r les excus] d'all] aux armes3 et auant luy1 le ,s5at du temps de la gu]re ,italique1 auoit condamn ,caius ,vati5us prison p]petuelle1 et luy auoit confisqu t\s ses bi5s1 p\r s'e/re esci5t c\pp le p\ce de la ma9 gau*e1 p\r s'exempt] de ce voyage4 ,quelqu'vn1 dont il ne me s\ui5t po9t1 ayant gaign vne bataille nauale1 fit c\pp] les p\ces ses ennemis va9cus p\r leur o/] le moy5 de combattre et de tir] la rame4 ,les ,a!ni5s les fir5t c\pp] aux g9etes1 p\r leur o/] la pref]5ce en l'art de m>9e4 ,en ,lac$emone le mai/re *a/ioit les enfans en leur mordant le p\ce4 ,,*apitre ,,xxvii4 ,coardise m]e de la cruaut4 ,i',,ay s\u5t ouy dire1 que la coardise e/ m]e de la cruaut3 et si ay p> exp]i5ce app]eu1 que cette aigreur1 et aspret de c\rage malitieux et inhuma91 s'accompaigne c\/umi]em5t de mollesse fem99e4 ,i'en ay veu des plus cruels1 subiets pleur] aisem5t1 et p\r des causes friuoles4 ,alex&re tyran de ,ph]es1 ne p\uoit s\ffrir d'ouyr au !atre le ieu des trag$ies1 de peur que ses cytoy5s ne le viss5t gemir aux malheurs d',hecuba1 et d',&roma*e1 luy qui sans piti1 faisoit cruellem5t meurtrir tant de g5s t\s les i\rs4 ,s]oit-ce foiblesse d'ame qui les r5di/ a9si ployables t\tes extremitez8 ,la vaillance1 de qui c'e/ l'effect de s'ex]c] seulem5t contre la resi/5ce1 ,nec nisi bellantis gaudet c]uice iuu5ci1 s'arre/e voir l'ennemy sa m]cy4 ,mais la pusillanimit1 p\r dire qu'elle e/ aussi de la fe/e1 n'ayant peu se mesl] ce premi] rolle1 pr5d p\r sa "p le second1 du massacre et du sang4 ,les meurtres des victoires1 s'ex]c5t ord9airem5t p> le peuple1 et p> les (fici]s du bagage4 ,et ce qui fait voir tant de cruautez in\ies aux gu]res populaires1 c'e/ que cette canaille de vulgaire s'agu]rit1 et se g5d>me1 s'ensanglant] iusques aux c\des1 et des*iquet] vn corps ses pi$s1 n'ayant res5tim5t d'autre vaillance4 ,et lupus et turpes in/ant mori5tibus vrsi1 ,et qucunque m9or nobilitale f]a e/4 ,comme les *i5s coards1 qui des*ir5t en la maison1 et mord5t les peaux des be/es sauuages1 qu'ils n'ont os attaqu] aux *amps4 ,qu'e/-ce qui faict en ce temps1 nos qu]elles t\tes mortelles8 et que l o nos p]es auoy5t quelque degr de v5geance1 n\s comm5ons cette heure p> le d]ni]3 et ne se p>le d'arriue que de tu]8 ,qu'e/-ce1 si ce n'e/ coardise8 ,*acun s5t bi51 qu'il y a plus de brau]ie et desda91 battre son ennemy1 qu' l'a*eu]1 et de le faire b\qu]1 que de le faire m\rir4 ,d'auantage que l'appetit de v5geance s'en ass\uit et cont5te mieux3 c> elle ne vise qu' donn] ress5tim5t de soy4 ,voyla p\rquoy1 n\s n'attaquons pas vne be/e1 ou vne pi]re1 qu& elle n\s blesse1 d'autant qu'elles sont incapables de s5tir no/re reu5*e4 ,et de tu] vn homme1 c'e/ le mettre l'abry de no/re (f5ce4 ,et t\t a9si comme ,bias crioit vn mes*ant homme1 le say que to/ ou t>d tu en s]as puny1 mais ie cra9s que ie ne le voye pas3 et plaignoit les ,or*om5i5s1 de ce que la p5it5ce que ,lyciscus eut de la trahison contre eux commise1 v5oit en saison1 qu'il n'y auoit p]sonne de re/e1 de ceux qui en auoi5t e/ int]essez1 et ausquels deuoit t\*] le plaisir de cette p5it5ce4 ,t\t a9s9 e/ pla9dre la v5geance1 qu& celuy enu]s lequel elle s'employe1 p]t le moy5 de la s\ffrir4 ,c> comme le v5geur y veut voir1 p\r en tir] du plaisir1 il faut que celuy sur lequel il se v5ge1 y voye aussi1 p\r en receuoir du desplaisir1 et de la rep5tance4 ,il s'en rep5tira1 disons n\s4 ,et p\r luy auoir donn d'une pi/olade en la te/e1 e/imons n\s qu'il s'en rep5te8 ,au reb\rs1 si n\s n\s en pr5ons g>de1 n\s tr\u]ons qu'il n\s fait la m\ en tombant4 ,il ne n\s en sait pas seulem5t mauuais gr1 c'e/ bi5 lo+ de s'en rep5tir4 ,et luy pre/ons le plus fauorable de t\ts les (fices de la vie1 qui e/ de le faire m\rir promptem5t et ins5siblem5t4 ,n\s sommes connill]1 trott]1 et fuir les (fici]s de la iu/ice1 qui n\s suyu5t3 et luy e/ en repos4 ,le tu]1 e/ bon p\r euit] l'(f5ce v5ir1 non p\r v5g] celle qui e/ faicte4 ,c'e/ vne action plus de cra9te1 que de brau]ie3 de precaution1 que de c\rage3 de def5se1 que d'entrepr9se4 ,il e/ app>5t que n\s quittons p> l1 et la vraye f9 de la v5geance1 et le so+ de no/re reputation4 ,n\s craignons1 s'il demeure en vie1 qu'il n\s re*>ge d'vne p>eille4 ,ce n'e/ pas contre luy1 c'e/ p\r toy1 que tu t'en deffais4 ,au ,royaume de ,n>s+ue cet exp$i5t n\s demeur]oit inutile4 ,l1 non seulem5t les g5ts de gu]re1 mais aussi les artisans1 demesl5t leurs qu]elles c\ps d'espe4 ,le ,roy ne refuse po9t le camp qui se veut battre3 et assi/e1 qu& ce sont p]sonnes de qualit3 e/r5ant le victorieux d'vne *aisne d'or3 mais p\r laquelle conqu]ir1 le premi]1 qui il en pr5d enuie1 peut v5ir aux armes auec celuy qui la porte4 ,et p\r s'e/re desfaict d'vn combat1 il en a plusieurs sur les bras4 ,si n\s p5sions p> v]tu e/re t\si\rs mai/res de no/re ennemy1 et le g\rm&] no/re po/e1 n\s s]ions bi5 m>ris qu'il n\s es*appa/1 comme il faict en m\rant4 ,n\s v\lons va9cre plus seurem5t qu'honorablem5t4 ,et *]*ons plus la f91 que la gloire1 en no/re qu]elle4 ,as9ius ,pollio1 p\r vn honne/e homme mo9s excusable1 repres5ta vne erreur p>eille3 qui ayant escript des inuectiues contre ,plancus1 att5doit qu'il fu/ mort1 p\r les publi]4 ,c'e/oit faire la figue vn aueugle et dire des p\lles vn s\rd1 et (f5s] vn homme sans s5tim5t plu/o/ que d'enc\rir le haz>d de son ress5tim5t4 ,aussi disoit on p\r luy1 que ce n'e/oit qu'aux lut9s de luitt] les morts4 ,celuy qui att5d veoir trespass] l'au!ur1 duquel il veut combattre les escrits1 que dit-il1 s9on qu'il e/ foible et noisif8 ,on disoit ,ari/ote1 que quelqu'vn auoit mesdit de luy3 ,qu'il face plus1 dit-il1 qu'il me f\tte1 p\rueu que ie n'y soy pas4 ,nos p]es se cont5toy5t de reu5*] vne iniure p> vn dm5ti1 vn dm5ti p> vn c\p1 et a9si p> ordre4 ,ils e/oi5t assez valeureux p\r ne cra9dre pas leur adu]saire1 viuant1 et outrag4 ,n\s tremblons de frayeur1 tant que n\s le voyons en pi$s4 ,et qu'il soit a9si1 no/re belle pratique d'aui\rdhuy1 porte elle pas de p\rsuyure mort1 aussi bi5 celuy que n\s auons (f5c1 que celuy qui n\s a (f5cez8 ,c'e/ aussi vne espece de las*et1 qui a introduit en nos combats s+uli]s1 cet vsage1 de n\s accompagn] de seconds1 et ti]s1 et qu>ts4 ,c'e/oit anci5nem5t des duels1 ce sont cette heure r5contres1 et batailles4 ,la solitude faisoit peur aux premi]s qui l'inu5t]5t3 ,quum 9 se cuique m9imum fiduci esset4 ,c> naturellem5t quelque compagnie que ce soit1 apporte con=t1 et s\lagem5t au dang]4 ,on se s]uoit anci5nem5t de p]sonnes ti]ces1 p\r g>d] qu'il ne s'y fi/ desordre et desloyaut1 et p\r tesmoign] de la =tune du combat4 ,mais depuis qu'on a pris ce tra91 qu'ils s'engag5t eux mesmes1 quiconque y e/ conui1 ne peut honne/em5t s'y t5ir comme spectateur1 de peur qu'on ne luy attribue1 que ce soit faute ou d'affection1 ou de cur4 ,outre l'iniu/ice d'vne telle action1 et vil5ie1 d'engag] la protection de vo/re honneur1 autre valeur et =ce que la vo/re1 ie tr\ue du desaduantage vn homme de bi51 et qui ple9em5t se fie de soy1 d'all] mesl] sa =tune1 celle d'vn second3 *acun c\rt assez de haz>d p\r soy1 sans le c\rir encore p\r vn autre3 et a assez faire s'asseur] en sa propre v]tu1 p\r la deff5ce de sa vie1 sans commettre *ose si *]e en ma9s ti]ces4 ,c> s'il n'a e/ expressem5t m>*& au contraire1 des quatre1 c'e/ vne p>tie lie4 ,si vo/re second e/ t]re1 v\s en auez deux sus les bras1 auec raison4 ,et de dire que c'e/ sup]*]ie1 elle l'e/ voirem5t3 comme de *>g] bi5 arm1 vn homme qui n'a qu'vn tronon d'espe2 ou t\t sa91 vn homme qui e/ desia =t bless4 ,mais si ce sont auantages1 que v\s ayez gaign en combatant1 v\s v\s en p\uez s]uir sans repro*e4 ,la disp>it et inegalit ne se poise et consid]e1 que de l'e/at en quoy se comm5ce la mesle3 du re/e pr5ez v\s en la ,=tune4 ,et qu& v\s en aurez t\t seul1 trois sur v\s1 vos deux compaignons s'e/ant laissez tu]1 on ne v\s fait non plus de tort1 que ie f]ois la gu]re1 de donn] vn c\p d'espee l'ennemy1 que ie v]rois atta* l'vn des no/res1 de p>eil auantage4 ,la nature de la societ porte1 o il y a tr\ppe contre tr\ppe 7comme o no/re ,duc d',orleans1 deffia le ,roy d',anglet]re ,h5ry1 c5t contre c5t1 trois c5ts contre autant1 comme les ,argi5s contre les ,lac$emoni5s3 trois trois1 comme les ,horati5s contre les ,curiati5s7 que la multitude de *asque "p1 n'e/ consid]e que p\r vn homme seul4 ,p> t\t o il y a compagnie1 le haz>d y e/ confus et mesl4 ,i'ay int]e/ dome/ique ce disc\rs4 ,c> mon fr]e sieur de ,matec\lom1 fut conui ,rome1 second] vn ,g5til-homme qu'il ne cognoissoit gu]e1 lequel e/oit deff5deur1 et appell p> vn autre4 ,en ce combat1 il se tr\ua de =tune auoir en te/e1 vn qui luy e/oit plus vois9 et plus cogneu 7ie v\drois qu'on me fi/ raison de ces loix d'honneur1 qui vont si s\u5t *oquant et tr\blant celles de la raison74 ,apres s'e/re desfaict de son homme1 voyant les deux mai/res de la qu]elle1 en pi$s encores1 et enti]s1 il alla des*>g] son compaignon4 ,que p\uoit il mo9s8 deuoit-il se t5ir coy1 et reg>d] deffaire1 si le sort l'eu/ a9si v\lu1 celuy p\r la deff5ce duquel1 il e/oit l v5u8 ,ce qu'il auoit faict iusques alors1 ne s]uoit ri5 la besongne3 la qu]elle e/oit indecise4 ,la c\rtoisie que v\s p\uez1 et c]tes deuez faire vo/re ennemy1 qu& v\s l'auez r$uict en mauuais t]mes1 et quelque gr& desaduantage1 ie ne vois pas comm5t v\s la puissiez faire1 qu& il va de l'int]e/ d'autruy1 o v\s n'e/es que suiuant1 o la dispute n'e/ pas vo/re4 ,il ne p\uoit e/re ny iu/e1 ny c\rtois1 au haz>d de celuy auquel il s'e/oit pre/4 ,aussi fut-il deliur des prisons d',italie1 p> vne bi5 s\da9e et solemne recomm&ation de no/re ,roy4 ,indiscrette nation4 ,n\s ne n\s cont5tons pas de faire sauoir nos vices1 et folies1 au monde1 p> reputation3 n\s allons aux nations e/rang]es1 p\r les leur faire voir en pres5ce4 ,mettez trois ,franois aux des]ts de ,lybie1 ils ne s]ont pas vn mois ensemble1 sans se h>cel] et esgratign]4 ,v\s diriez que cette p]egr9ation1 e/ vne p>tie dresse1 p\r donn] aux e/rang]s le plaisir de nos trag$ies3 et le plus s\u5t tels1 qui s'esi\yss5t de nos maux1 et qui s'en moqu5t4 ,n\s allons appr5dre en ,italie escrim]3 et l'ex]ons aux desp5ds de nos vies1 auant que de le sauoir4 ,si faudroit-il suyuant l'ordre de la discipl9e1 mettre la !orique auant la pratique4 ,n\s trahissons no/re appr5tissage3 ,primiti iuu5um mis]1 bellique futuri ,dura rudim5ta6 ,ie say bi5 que c'e/ vn art vtile sa f9 7au duel des deux ,pr9ces1 c\s9s g]ma9s1 en ,hespaigne1 le plus vieil1 dit ,tite ,liue1 p> l'addresse des armes et p> ruse1 surmonta facilem5t les =ces e/\rdies du plus ieune7 et comme i'ay cognu p> exp]i5ce1 duquel la cognoissance a grossi le cur aucuns1 outre leur mesure naturelle4 ,mais ce n'e/ pas proprem5t v]tu1 puis qu'elle tire son appuy de l'addresse1 et qu'elle pr5d autre fondem5t que de soy-mesme4 ,l'honneur des combats consi/e en la ial\sie du c\rage1 non de la sci5ce4 ,et p\rtant ay-ie veu quelqu'vn de mes amis1 r5omm p\r gr& mai/re en cet ex]cice1 *oisir en ses qu]elles1 des armes1 qui luy o/ass5t le moy5 de cet aduantage3 et lesquelles dp5doi5t enti]em5t de la ,=tune1 et de l'asseurance3 f9 qu'on n'attribua/ sa victoire1 plu/o/ son escrime1 qu' sa valeur4 ,et en mon enfance1 la noblesse fuyoit la reputation de bon escrimeur comme iniurieuse3 et se desroboit p\r l'appr5dre1 comme me/i] de subtilit1 desrogeant la vraye et nafue v]tu4 ,non s*iu>1 non p>>1 non ritir>si1 ,voglion co/or1 n qui de/rezza ha p>te2 ,non danno i colpi f9ti hor pi5i1 hor sc>si1 ,toglie l'ira e il furor l'vso de l'arte1 ,odi le spade horribilm5te vrt>si ,a mezzo il f]ro1 il pi d'orma non p>te1 ,sempre il pi f]mo1 la man sempre 9 moto2 ,n sc5de taglio 9 van1 ne punta a voto4 ,les butes1 les t\rnois1 les b>ri]es1 l'image des combats gu]ri]s1 e/oy5t l'ex]cice de nos p]es4 ,cet autre ex]cice1 e/ d'autant mo9s noble1 qu'il ne reg>de qu'vne f9 priue3 qui n\s appr5d n\s entr]uyn]1 contre les loix et la iu/ice3 et qui en t\te faon1 produict t\si\rs des effects dommageables4 ,il e/ bi5 plus digne et mieux seant1 de s'ex]c] en *oses qui asseur5t1 non qui (f5c5t no/re police3 qui reg>d5t la publique seurt et la gloire commune4 ,publius ,rutilius ,consus fut le premi]1 qui in/ruisit le soldat1 mani] ses armes p> adresse et sci5ce1 qui conioignit l'art la v]tu3 non p\r l'vsage de qu]elle priue1 ce fut p\r la gu]re et qu]elles du peuple ,roma94 ,escrime populaire et ciuile4 ,et outre l'exemple de ,cs>1 qui ordonna aux si5s de tir] pr9cipalem5t au visage des g5sd>mes de ,pompeius en la bataille de ,ph>sale3 mille autres *efs de gu]re se sont a9s9 aduisez1 d'inu5t] n\uelle =me d'armes1 n\uelle =me de frapp] et de se c\urir1 selon le beso+ de l'affaire pres5t4 ,mais t\t a9si que ,philopm5 condamna la lucte1 en quoy il excelloit1 d'autant que les prep>atifs qu'on employoit cet ex]cice1 e/oi5t diu]s ceux1 qui app>ti5n5t la discipl9e militaire1 laquelle seule il e/imoit les g5s d'honneur1 se deuoir amus]3 il me semble aussi1 que cette adresse quoy on faonne ses membres1 ces de/\rs et m\uem5ts1 quoy on dresse la ieunesse1 en cette n\uelle es*ole1 sont non seulem5t inutiles1 mais contraires plu/o/1 et dommageables l'vsage du combat militaire4 ,aussi y employ5t communem5t noz g5ts1 des armes p>ticuli]es1 et peculi]em5t de/9es cet vsage4 ,et i'ay veu1 qu'on ne tr\uoit gu]e bon1 qu'vn ,g5til-homme1 conui l'espe et au poign>d1 s'(fri/ en equipage de g5d>me4 ,ny qu'vn autre (fri/ d'y all] auec sa cape1 au lieu du poign>d4 ,il e/ digne de consid]ation1 que ,la*ez1 en ,platon1 p>lant d'vn appr5tissage de mani] les armes1 con=me au no/re1 dit n'auoir iamais de cette es*ole veu sortir nul gr& homme de gu]re1 et nommem5t des mai/res d'icelle4 ,quant ceux l1 no/re exp]i5ce en dit bi5 autant4 ,du re/e1 aumo9s p\uons n\s t5ir que ce sont suffisances de nulle relation et correspondance4 ,et en l'in/itution des enfants de sa police1 ,platon int]dit les arts de m5] les po+s1 introduittes p> ,amycus et ,epeius3 et de luct]1 p> ,antu et ,cecyo3 p> ce qu'elles ont autre b1 que de r5dre la ieunesse apte au s]uice bellique1 et n'y conf]5t po9t4 ,mais ie m'en vois vn peu bi5 gau*e de mon !me4 ,l',emp]eur ,maurice1 e/ant adu]ty p> songes1 et plusieurs progno/iques1 qu'vn ,phocas1 soldat p\r lors incognu1 le deuoit tu]3 dem&oit son g5dre ,philippus1 qui e/oit ce ,phocas1 sa nature1 ses conditions et ses murs3 et comme entre autres *oses ,philippus luy dict1 qu'il e/oit las*e et cra9tif1 l',emp]eur conclud incont95t p> l1 qu'il e/oit doncq meurtri] et cruel4 ,qui r5d les tyrans si sangu9aires8 c'e/ le so+ de leur seurt1 et que leur las*e cur1 ne leur f\rnit d'autres moy5s de s'asseur]1 qu'en ext]m9ant ceux qui les peuu5t (f5c]1 iusques aux femmes1 de peur d'vne esgratigneure4 ,cuncta f]it1 dum cuncta timet4 ,les premi]es cruautez s'ex]c5t p\r elles mesmes1 de l s'eng5dre la cra9te d'vne iu/e reuan*e1 qui produict apres vne enfileure de n\uelles cruautez1 p\r les e/\ff] les vnes p> les autres4 ,philippus ,roy de ,mac$o9e1 celuy qui eu/ tant de fuses demesl] auec le peuple ,roma91 agit de l'horreur de meurtres commis p> son ordonnance3 ne se p\uant res\dre contre tant de familles1 en diu]s temps (f5ses3 pr9t p>ty de se saisir de t\ts les enfants de ceux qu'il auoit faict tu]1 p\r de i\r en i\r les p]dre l'vn apres l'autre1 et a9s9 e/ablir son repos4 ,les belles mati]es sies5t bi5 en quelque place qu'on les seme4 ,moy1 qui ay plus de so9 du poids et vtilit des disc\rs1 que de leur ordre et suite1 ne doy pas cra9dre de log] icy vn peu l'esc>t1 vne tres-belle hi/oire4 ,qu& elles sont si ri*es de leur propre beaut1 et se peuu5t seules trop s\/5ir1 ie me cont5te du b\t d'vn poil1 p\r les io9dre mon propos4 ,entre les autres condamnez p> ,philippus1 auoit e/ vn ,h]odicus1 ,pr9ce des ,!ssali5s4 ,apres luy1 il auoit encore depuis faict m\rir ses deux g5dres1 laissants *acun vn fils bi5 petit4 ,!ox5a et ,ar*o e/oy5t les deux vefues4 ,!ox5a ne peut e/re induicte se rem>i]1 en e/ant =t p\rsuyuie4 ,ar*o esp\sa ,poris1 le premi] homme d'entre les ni5s1 et en eut nombre d'enfants1 qu'elle laissa t\s en bas aage4 ,!ox5a1 espo9onne d'vne *>it mat]nelle enu]s ses nepueux1 p\r les auoir en sa conduitte et protection1 esp\sa ,poris4 ,voicy v5ir la proclamation de l'edict du ,roy4 ,cette c\rageuse m]e1 se deffiant et de la cruaut de ,philippus1 et de la lic5ce de ses satellites enu]s cette belle et t5dre ieunesse1 osa dire1 qu'elle les tu]oit plu/o/ de ses ma9s1 que de les r5dre4 ,poris effray de cette prote/ation1 luy promet de les desrob]1 et emport] ,a!nes1 en la g>de d'aucuns si5s ho/es fidelles4 ,ils pr5n5t occasion d'vne fe/e annuelle1 qui se celebroit nie en l'honneur d'neas1 et s'y en vont4 ,ayans assi/ le i\r aux c]emonies et banquet publique1 la nuict ils s'esc\l5t en vn vaisseau prep>1 p\r gaign] pas p> m]4 ,le v5t leur fut contraire3 et se tr\uans l'endema9 la veu de la t]re1 d'o ils auoy5t desm>1 fur5t suyuis p> les g>des des ports4 ,au io9dre1 ,poris s'embesoignant ha/] les m>9i]s p\r la fuitte1 ,!ox5a =c5e d'am\r et de v5geance1 se reiettant sa premi]e proposition1 fait appre/ d'armes et de poison1 et les pres5tant leur veu3 ,or sus mes enfants1 la mort e/ me%uy le seul moy5 de vo/re def5se et lib]t1 et s]a mati]e aux ,dieux de leur sa9cte iu/ice3 ces espes traictes1 ces c\ppes ple9es v\s en ouur5t l'entre4 ,c\rage4 ,et toy mon fils1 qui es plus gr&1 empoigne ce f]1 p\r m\rir de la mort plus =te4 ,ayants d'vn co/ cette vig\reuse conseill]e1 les ennemis de l'autre1 leur gorge1 ils c\rur5t de furie *acun ce qui luy fut le plus ma94 ,et demy morts fur5t iettez en la m]4 ,!ox5a fi]e d'auoir si glorieusem5t p\rueu la seuret de t\s ses enfants1 accollant *audem5t son m>y3 ,suyuons ces g>ons1 mon amy1 et i\yssons de mesme sepulture auec eux4 ,et se t5ants a9s9 embrassez1 se precipit]5t3 de mani]e que le vaisseau fut ram5 bord1 vuide de ses mai/res4 ,les tyrans p\r faire t\s les deux ensemble1 et tu]1 et faire s5tir leur col]e1 ils ont employ t\te leur suffisance1 tr\u] moy5 d'allong] la mort4 ,ils veul5t que leurs ennemis s'en aill5t1 mais non pas si vi/e1 qu'ils n'ay5t loisir de sau\r] leur v5geance4 ,l dessus ils sont en gr& pe9e3 c> si les t\rm5s sont viol5ts1 ils sont c\rs3 s'ils sont longs1 ils ne sont pas assez d\l\reux leur gr3 les voyla disp5s] leurs eng9s4 ,n\s en voyons mille exemples en l'antiquit2 et ie ne say si sans y p5s]1 n\s ne ret5ons pas quelque trace de cette b>b>ie4 ,t\t ce qui e/ au del de la mort simple1 me semble pure cruaut4 ,no/re iu/ice ne peut esp]]1 que celuy que la cra9te de m\rir et d'e/re decapit1 ou p5du1 ne g>d]a de faillir2 en soit empes*1 p> l'imag9ation d'vn feu languissant1 ou des t5ailles1 ou de la r\e4 ,et ie ne say cep5dant1 si n\s les iettons au desespoir4 ,c> en quel e/at peut e/re l'ame d'vn homme1 att5dant v+t-quatre heures la mort1 bris sur vne r\1 ou la vieille faon cl\ vne croix8 ,iosephe recite1 que p5dant les gu]res des ,roma9s en ,iude1 passant o lon auoit crucifi quelques ,iuifs1 trois i\rs y auoit1 il recogneut trois de ses amis1 et obt9t de les o/] de l2 les deux m\rur5t1 dit-il1 l'autre vescut encore depuis4 ,*alcondyle homme de foy1 aux memoires qu'il a laiss des *oses adu5ues de son temps1 et pres de luy1 recite p\r extreme supplice1 celuy que l',emp]eur ,me*m$ pratiquoit s\u5t1 de faire tran*] les hommes en deux p>ts1 p> le faux du corps1 l'endroit du diaphragme1 et d'vn seul c\p de simet]re3 d'o il arriuoit1 qu'ils m\russ5t comme de deux morts la fois3 et voyoit-on1 dit-il1 l'vne et l'autre "p ple9e de vie1 se dem5] long temps apres presse de t\rm5t4 ,ie n'e/ime pas1 qu'il y eu/ gr&'s\ffrance en ce m\uem5t4 ,les supplices plus hideux voir1 ne sont pas t\si\rs les plus =ts s\ffrir4 ,et tr\ue plus atroce ce que d'autres hi/ori5s en recit5t contre des ,seigneurs ,epirotes1 qu'il les feit escor*] p> le m5u1 d'vne disp5sation si malicieusem5t ordonne1 que leur vie dura qu9ze i\rs cette angoisse4 ,et ces deux autres4 ,crsus avant faict pr5dre vn ,g5tilhomme fauori de ,pantaleon son fr]e1 le m5a en la b\tique d'vn f\llon1 o il le feit gratt] et c>d]1 c\ps de c>des et peignes de ce me/i]1 iusques ce qu'il en m\rut4 ,george ,se*el *ef de ces paysans de ,polongne1 qui s\bs tiltre de la ,croysade1 fir5t tant de maux1 deffaict en battaille p> le ,vayuode de ,transsiluanie1 et pr9s1 fut trois i\rs atta* nud sur vn *eualet2 expos t\tes les mani]es de t\rm5s que *acun p\uoit apport] contre luy3 p5dant lequel temps on fit ieusn] plusieurs autres prisonni]s4 ,en f91 luy viuant et voyant1 on abbreuua de son sang ,lucat son *] fr]e1 et p\r le salut duquel seul il prioit1 tirant sur soy t\te l'enuie de leurs meffaits3 et fit on pai/re v+t de ses plus fauoris ,capita9es1 des*irans belles d5ts sa *air1 et en engl\tissants les morceaux4 ,le re/e du corps1 et p>ties du d$ans1 luy expir1 fur5t mises b\illir1 qu'on fit mang] d'autres de sa suitte4 ,,*apitre ,,xxviii4 ,t\tes *oses ont leur saison4 ,,cevx qui app>i5t ,caton le ,c5seur1 au ieune ,caton meurtri] de soy-mesme1 app>i5t deux belles natures et de =mes vois9es4 ,le premi] exploitta la si5ne plus de visages1 et precelle en exploits militaires1 et en vtilit de ses vacations publiques4 ,mais la v]tu du ieune1 outre ce que c'e/ blaspheme de luy en app>i] nulle en vigueur1 fut bi5 plus nette4 ,c> qui des*>g]oit d'enuie et d'ambition1 celle du ,c5seur1 ayant os *ocqu] l'honneur de ,scipion1 en bont et en t\tes p>ties d'excell5ce1 de bi5 lo+ plus gr& que luy1 et que t\t autre homme de son siecle8 ,ce qu'on dit entre autres *oses de luy1 qu'en son extreme vieillesse1 il se mit appr5dre la langue ,grecque1 d'vn ardant appetit1 comme p\r ass\uir vne longue soif1 ne me semble pas luy e/re =t honnorable4 ,c'e/ proprem5t ce que n\s disons1 retomb] en enfantillage4 ,t\tes *oses ont leur saison1 les bonnes et t\t4 ,et ie puis dire mon pat5o/re hors de propos4 ,comme on def]a ,t4 ,qu9tius ,flam9ius1 de ce qu'e/ant g5]al d'arme1 on l'auoit veu qu>ti] sur l'heure du conflict1 s'amusant pri] ,dieu1 en vne battaille1 qu'il gaigna4 ,imponit f9em sapi5s et rebus hone/is4 ,eudemonidas voyant ,x5ocrates =t vieil s'empress] aux leons de son escole3 ,qu& saura cettuy-cy1 dit-il1 s'il appr5d encore8 ,et ,philopm51 ceux qui hault-l\oy5t le ,roy ,ptolomu1 de ce qu'il durcissoit sa p]sonne t\s les i\rs l'ex]cice des armes3 ,ce n'e/1 dit-il1 pas *ose l\able vn ,roy de son aage1 de s'y ex]c]1 il les deuoit hormais reellem5t employ]4 ,le ieune doit faire ses appre/s1 le vieil en i\r1 dis5t les sages4 ,et le plus gr& vice qu'ils rem]qu5t en n\s1 c'e/ que noz desirs raieuniss5t sans cesse4 ,n\s recomm5ons t\si\rs viure4 ,no/re e/ude et no/re enuie deuroy5t quelque fois s5tir la vieillesse4 ,n\s auons le pi$ la fosse1 et noz appetis et p\rsuites ne font que nai/re4 ,tu sec&a m>mora ,locas sub ipsum funus1 et1 sepulcri ,immemor1 /ruis domos4 ,le plus long de mes desse9s n'a pas vn an d'e/5du3 ie ne p5se desormais qu' f9ir3 me deffay de t\tes n\uelles esp]ances et entrepr9ses3 pr5s mon d]ni] cong de t\s les lieux1 que ie laisse3 et me deposs$e t\s les i\rs de ce que i'ay4 ,olim iam nec p]it quicquam mihi1 nec acquiritur1 plus sup]e/ viatici qum vi4 ,vixi1 et quem d$]at cursum =tuna p]egi4 ,c'e/ en f9 t\t le s\lagem5t que ie tr\ue en ma vieillesse1 qu'elle amorti/ en moy plusieurs desirs et so+s1 dequoy la vie e/ inquiete4 ,le so+ du c\rs du monde1 le so+ des ri*esses1 de la gr&eur1 de la sci5ce1 de la sant1 de moy4 ,cettuy-cy appr5d p>l]1 lors qu'il luy faut appr5dre se taire p\r iamais4 ,on peut cont9u] t\t temps l'e/ude1 non pas l'es*olage4 ,la sotte *ose1 qu'vn vieill>d abec$aire6 ,diu]sos diu]sa iuuant1 non omnibus annis ,omnia conu5iunt4 ,s'il faut e/udi]1 e/udions vn e/ude sortable no/re condition3 af9 que n\s puissions respondre1 comme celuy1 qui qu& on dem&a quoy faire ces e/udes en sa decrepitude3 ,a m'en p>tir meilleur1 et plus mon aise1 respondit-il4 ,tel e/ude fut celuy du ieune ,caton1 s5tant sa f9 pro*a9e1 qui se r5contra au disc\rs de ,platon1 de l'et]nit de l'ame4 ,non1 comme il faut croire1 qu'il ne fu/ de long temps g>ny de t\te sorte de munition p\r vn tel deslogem5t4 ,d'asseurance1 de volont f]me1 et d'in/ruction1 il en auoit plus que ,platon n'en a en ses escrits4 ,sa sci5ce et son c\rage e/oi5t p\r ce reg>d1 au dessus de la philosophie4 ,il pr9t cette occupation1 non p\r le s]uice de sa mort1 mais comme celuy qui n'int]rompit pas seulem5t son sommeil1 en l'importance d'vne telle delib]ation1 il cont9ua aussi sans *oix et sans *angem5t1 ses e/udes1 auec les autres actions acc\/umes de sa vie4 ,la nuict1 qu'il v9t d'e/re refus de la ,preture1 il la passa i\]4 ,celle en laquelle il deuoit m\rir1 il la passa lire4 ,la p]te ou de la vie1 ou de l'(fice1 t\t luy fut vn4 ,,*apitre ,,xxix4 ,de la v]tu4 ,,ie tr\ue p> exp]i5ce1 qu'il y a bi5 dire entre les b\tes et saillies de l'ame1 ou vne resolue et con/ante habitude3 et voy bi5 qu'il n'e/ ri5 que n\s ne puissions1 voire iusques surpass] la diu9it mesme1 dit quelqu'vn1 d'autant que c'e/ plus1 de se r5dre impassible de soy1 que d'e/re tel1 de sa condition orig9elle3 et iusques p\uoir io9dre l'imbecillit de l'homme1 vne resolution et asseurance de ,dieu4 ,mais c'e/ p> sec\sse4 ,et s vies de ces h]os du temps pass1 il y a quelque fois des traits miraculeux1 et qui sembl5t de bi5 lo+ surpass] noz =ces naturelles3 mais ce sont traits la v]it3 et e/ dur croire1 que de ces conditions a9s9 esleues1 on en puisse te9dre et abbreuu] l'ame1 en mani]e1 qu'elles luy deui5n5t ord9aires1 et comme naturelles4 ,il n\s es*oit n\s mesmes1 qui ne sommes qu'auortons d'hommes1 d'eslanc] p> fois no/re ame1 esueille p> les disc\rs1 ou exemples d'autruy1 bi5 lo+ au del de son ord9aire4 ,mais c'e/ vne espece de passion1 qui la p\sse et agite1 et qui la rauit aucunem5t hors de soy3 c> ce t\rbillon fran*i1 n\s voyons1 que sans y p5s] elle se desb&e et relas*e d'elle mesme1 s9on iusques la d]ni]e t\*e2 au mo9s iusques n'e/re plus celles-l3 de faon que lors1 t\te occasion1 p\r vn oyseau p]du1 ou vn v]re cass1 n\s n\s laissons esm\uoir peu pres comme l'vn du vulgaire4 ,sauf l'ordre1 la mod]ation1 et la con/ance1 i'e/ime que t\tes *oses soi5t faisables p> vn homme bi5 manque et deffaillant en gros4 ,a cette cause dis5t les sages1 il faut p\r iug] bi5 po9ct d'vn homme1 pr9cipalem5t contr]oll] ses actions communes1 et le surpr5dre en son t\s les i\rs4 ,pyrrho1 celuy qui ba/it de l'ignorance vne si plaisante sci5ce1 essaya1 comme t\s les autres vrayem5t philosophes1 de faire respondre sa vie sa doctr9e4 ,et p> ce qu'il ma9t5oit la foiblesse du iugem5t huma91 e/re si extreme1 que de ne p\uoir pr5dre p>ty ou incl9ation3 et le v\loit susp5dre p]petuellem5t balanc1 reg>dant et accueillant t\tes *oses1 comme indiff]5tes1 on conte qu'il se ma9t5oit t\si\rs de mesme faon1 et visage3 s'il auoit comm5c vn propos1 il ne laissoit pas de l'a*eu]1 qu& celuy qui il p>loit s'en fu/ all3 s'il alloit1 il ne rompoit son *em9 p\r empes*em5t qui se pres5ta/1 cons]u des precipices1 du heurt des *>rettes1 et autres accid5s p> ses amis4 ,c> de cra9dre ou euit] quelque *ose1 c'eu/ e/ *oqu] ses propositions1 qui o/oi5t au s5s mesmes1 t\te eslection et c]titude4 ,quelquefois il s\ffrit d'e/re incis et caut]is1 d'vne telle con/ance1 qu'on ne luy en veit pas seulem5t sill] les yeux4 ,c'e/ quelque *ose de ram5] l'ame ces imag9ations1 c'e/ plus d'y io9dre les effects1 t\tesfois il n'e/ pas impossible3 mais de les io9dre auec telle p]seu]ance et con/ance1 que d'en e/ablir son tra9 ord9aire1 c]tes en ces entrepr9ses si esloignes de l'vsage commun1 il e/ quasi incroyable qu'on le puisse4 ,voyla p\rquoy comme il fu/ quelquefois r5contr en sa maison1 tanant bi5 asprem5t auecques sa sur1 et luy e/ant repro* de faillir en cela son indiff]ance3 ,quoy8 dit-il1 faut-il qu'encore cette femmelette s]ue de tesmoignage mes regles8 ,vn'autre fois1 qu'on le veit se deff5dre d'vn *i53 ,il e/1 dit-il1 tres-difficile de desp\ill] enti]em5t l'homme3 et se faut mettre en deuoir1 et ef=c] de combattre les *oses1 premi]em5t p> les effects2 mais au pis all] p> la raison et p> les disc\rs4 ,il y a enuiron sept ou huict ans1 qu' deux lieus d'icy1 vn homme de village1 qui e/ encore viuant1 ayant la te/e de long temps rompue p> la ial\sie de sa femme1 reu5ant vn i\r de la besongne1 et elle le bi5-veignant de ses criall]ies acc\/umes1 entra en telle furie1 que sur le *amp t\t la s]pe qu'il t5oit encore en ses ma9s1 s'e/ant moissonn t\t net les pieces qui la mettoy5t en fieure1 les luy ietta au nez4 ,et il se dit1 qu'vn ieune ,g5til-homme des no/res1 am\reux et gaill>d1 ayant p> sa p]seu]ance amolli en f9 le cur d'vne belle mai/resse1 desesp]1 de ce que sur le po9t de la *>ge1 il s'e/oit tr\u mol luy mesmes et deffailly1 et que1 ,non virilit] ,in]s s5ile p5is extul]at caput1 il s'en priua s\da9 reu5u au logis1 et l'enuoya1 cruelle et sanglante victime p\r la purgation de son (f5ce4 ,si c'eu/ e/ p> disc\rs et religion1 comme les pre/res de ,cibele1 que ne dirions n\s d'vne si hauta9e entreprise8 ,depuis peu de i\rs ,brag]ac c9q lieus de ma maison1 contremont la riui]e de ,dordoigne1 vne femme1 ayant e/ t\rm5te et battue le soir auant1 de son m>y *agr9 et fas*eux de sa complexion1 delib]a d'es*app] sa rudesse au prix de sa vie1 et s'e/ant son leu] acco9te de ses vois9es comme de c\/ume1 leur laissa c\l] quelque mot de recomm5dation de ses affaires1 prit vne si5ne sur p> la ma91 la m5a auec elle sur le pont1 et apres auoir pris cong d'elle1 comme p> mani]e de ieu1 sans montr] autre *angem5t ou alt]ation1 se precipita du hault en bas1 en la riui]e1 o elle se p]dit4 ,ce qu'il y a de plus en cecy1 c'e/ que ce conseil meurit vne nuict enti]e dans sa te/e4 ,c'e/ bi5 autre *ose1 des femmes ,indi5nes2 c> e/ant leur c\/ume aux m>is d'auoir plusieurs femmes1 et la plus *]e d'elles1 de se tu] apres son m>y1 *acune p> le desse9 de t\te sa vie1 vise gaign] ce po9ct1 et cet aduantage sur ses compagnes3 et les bons (fices qu'elles r5d5t leur m>y1 ne reg>d5t autre recomp5ce que d'e/re pref]es la compagnie de sa mort4 ,vbi mortif]o iacta e/ fax vltima lecto1 ,vxorum fusis /at pia turba comis3 ,et c]tam5 hab5t le?i1 qu viua sequatur ,coniugium3 pudor e/ non licuisse mori4 ,ard5t victrices1 et flamm pectora prb5t1 ,imponntque suis ora p]u/a viris4 ,vn homme escrit encore en noz i\rs1 auoir veu en ces nations ,ori5tales1 cette c\/ume en cr$it1 que non seulem5t les femmes s'ent]r5t apres leurs m>is1 mais aussi les esclaues1 desquelles il a eu i\ssance4 ,ce qui se faict en cette mani]e4 ,le m>y e/ant trespass1 la vefue peut1 si elle veut1 mais peu le veul5t1 dem&] deux ou trois mois d'espace dispos] de ses affaires4 ,le i\r v5u elle monte *eual1 p>e comme nopces3 et d'vne cont5ance gaye1 va1 dit elle1 dormir auec son esp\x1 t5ant en sa ma9 gau*e vn miroer1 vne fles*e en l'autre4 ,s'e/ant a9si prom5e en pompe1 accompagne de ses amis et p>5ts1 et de gr& peuple1 en fe/e1 elle e/ tanto/ r5due au lieu public1 de/9 tels spectacles4 ,c'e/ vne gr&e place1 au milieu de laquelle il y a vne fosse ple9e de bois3 et ioignant icelle1 vn lieu releu de quatre ou c9q m>*es3 sur lequel elle e/ conduitte1 et s]uie d'vn magnifique repas4 ,apres lequel1 elle se met ball] et *ant]3 et ordonne1 qu& bon luy semble1 qu'on allume le feu4 ,cela faict1 elle desc5t1 et pr5ant p> la ma9 le plus pro*e des p>5ts de son m>y1 ils vont ensemble la riui]e vois9e1 o elle se desp\ille t\te nue1 et di/ribue ses ioyaux et ve/em5ts ses amis1 et se va plongeant en l'eau1 comme p\r y lau] ses pe*ez4 ,sortant de l1 elle s'enveloppe d'vn l+e iaune de quatorze brasses de long1 et donnant de re*ef la ma9 ce p>5t de son m>y1 s'en reuont sur la motte1 o elle p>le au peuple1 et recomm&e ses enfans1 si elle en a4 ,entre la fosse et la motte1 on tire volonti]s vn rideau1 p\r leur o/] la veu de cette f\rnaise ard5te3 ce qu'aucunes deff5d5t1 p\r tesmoign] plus de c\rage4 ,f9y qu'elle a de dire1 vne femme luy pres5te vn vase ple9 d'huile s'o9dre la te/e et t\t le corps1 lequel elle iette d$ans le feu1 qu& elle en a faict3 et en l'in/ant s'y lance elle mesme4 ,sur l'heure1 le peuple r5u]se sur elle quantit de bus*es1 p\r l'empes*] de languir3 et se *ange t\te leur ioye en deuil et tri/esse4 ,si ce sont p]sonnes de mo9dre e/(fe1 le corps du mort e/ port au lieu o on le veut ent]r]1 et l mis en son seant1 la vefue g5\x deuant luy1 l'embrassant e/roittem5t3 et se ti5t en ce po9ct1 p5dant qu'on ba/it au t\r d'eux1 vn mur1 qui v5ant se hauss] iusques l'endroit des espaules de la femme1 quelqu'vn des si5s p> le d]ri]e pr5ant sa te/e1 luy tort le col3 et r5du qu'elle a l'esprit1 le mur e/ s\da9 mont et clos1 o ils demeur5t enseuelis4 ,en ce mesme pas1 il y auoit quelque *ose de p>eil en leurs ,gymnosophi/es3 c> non p> la contra9te d'autruy1 non p> l'impetuosit d'vn' humeur s\da9e3 mais p> expresse pr(ession de leur regle1 leur faon e/oit1 mesure qu'ils auoy5t atta9t c]ta9 aage1 ou qu'ils se voyoi5t m5assez p> quelque maladie1 de se faire dress] vn bu*]1 et au dessus1 vn lict bi5 p>1 et apres auoir fe/oy joyeusem5t leurs amis et cognoissans1 s'all] plant] dans ce lict1 en telle resolution1 que le feu y e/ant mis1 on ne les vi/ m\uoir1 ny pi$s ny ma9s3 et a9si m\rut l'vn d'eux1 ,calanus1 en pres5ce de t\te l'arme d',alex&re le ,gr&4 ,et n'e/oit e/im entre eux1 ny sa9ct ny bi5 heureux1 qui ne s'e/oit a9si tu3 enuoyant son ame purge et purifie p> le feu1 apres auoir consomm t\t ce qu'il y auoit de mortel et t]re/re4 ,cette con/ante prem$itation de t\te la vie1 c'e/ ce qui fait le miracle4 ,p>my noz autres disputes1 celle du ,fatum1 s'y e/ mesle3 et p\r atta*] les *oses adu5ir et no/re volont mesme1 c]ta9e et ineuitable necessit1 on e/ encore sur cet argum5t1 du temps pass3 ,puis que ,dieu preuoit t\tes *oses deuoir a9s9 adu5ir1 comme il fait1 sans d\bte3 il faut donc qu'elles adui5n5t a9s94 ,a quoy noz mai/res respond5t1 que le voir que quelque *ose adui5ne1 comme n\s faisons1 et ,dieu de mesmes 7c> t\t luy e/ant pres5t1 il voit plu/o/ qu'il ne preuoit7 ce n'e/ pas la =c] d'adu5ir3 voire n\s voyons1 cause que les *oses adui5n5t1 et les *oses n'adui5n5t pas1 cause que n\s voyons4 ,l'adu5em5t fait la sci5ce1 non la sci5ce l'adu5em5t4 ,ce que n\s voyons adu5ir1 adui5t3 mais il p\uoit autrem5t adu5ir3 et ,dieu1 au regi/re des causes des adu5em5ts qu'il a en sa presci5ce1 y a aussi celles qu'on appelle =tuites1 et les volontaires1 qui desp5d5t de la lib]t qu'il a donn no/re arbitrage1 et sait que n\s faudrons1 p> ce que n\s auons v\lu faillir4 ,or i'ay veu assez de g5s enc\rag] leurs tr\pes de cette necessit fatale3 c> si no/re heure e/ atta*e c]ta9 po9t1 ny les h>quebusades ennemies1 ny no/re h>diesse1 ny no/re fuite et c\>dise1 ne la peuu5t auanc] ou recul]4 ,cela e/ beau dire1 mais *]*ez qui l'effectu]a3 et s'il e/ a9si1 qu'vne =te et viue creance1 tire apres soy les actions de mesme1 c]tes cette foy1 dequoy n\s remplissons tant la b\*e1 e/ m]ueilleusem5t leg]e en noz siecles3 s9on que le mespris qu'elle a des uures1 luy face desdaign] leur compagnie4 ,tant y a1 qu' ce mesme propos1 le sire de ,io9uille tesmo+ croyable autant que t\t autre1 n\s racomte des ,b$o9s1 nation mesle aux ,s>ras9s1 ausquels le ,roy sa9ct ,l\ys eut affaire en la t]re sa9cte1 qu'ils croyoi5t si f]mem5t en leur religion les i\rs d'vn *acun e/re de t\te et]nit prefix et contez1 d'vne preordonnance ineuitable1 qu'ils alloy5t la gu]re nudz1 sauf vn glaiue la turquesque1 et le corps seulem5t c\u]t d'vn l+e blanc3 et p\r leur plus extreme maudisson1 qu& ils se c\rr\ssoi5t aux leurs1 ils auoy5t t\si\rs en la b\*e3 ,maudit sois tu1 comme celuy1 qui s'arme de peur de la mort4 ,voyla bi5 autre preuue de creance1 et de foy1 que la no/re4 ,et de ce rang e/ aussi celle que donn]5t ces deux religieux de ,flor5ce1 du temps de nos p]es4 ,e/ans en quelque contr\]se de sci5ce1 ils s'accord]5t1 d'entr] t\s deux dans le feu1 en pres5ce de t\t le peuple1 et en la place publique1 p\r la v]ification *acun de son p>ty3 et en e/oy5t des-ia les appre/s t\s faicts1 et la *ose iu/em5t sur le po9ct de l'execution1 qu& elle fut int]rompue p> vn accid5t impr\ueu4 ,vn ieune ,seigneur ,turc1 ayant faict vn signal fait d'armes de sa p]sonne1 la veu des deux battailles1 d',amura? et de l',huniade1 pre/es se donn]3 enquis p> ,amura?1 qui l'auoit en si gr&e ieunesse et inexp]i5ce 7c> c'e/oit la premi]e gu]re qu'il eu/ veu7 remply d'vne si g5]euse vigueur de c\rage3 respondit1 qu'il auoit eu p\r s\u]a9 p]cepteur de vaillance1 vn lieure4 ,quelque i\r e/ant la *asse1 dit-il1 ie desc\ury vn lieure en =me3 et encore que i'eusse deux excell5ts leuri]s mon co/3 si me sembla-il1 p\r ne le faillir po9t1 qu'il valloit mieux y employ] encore mon arc3 c> il me faisoit =t beau ieu4 ,ie comm5ay desco*] mes fles*es3 et iusques qu>ante1 qu'il y en auoit en ma tr\sse3 non sans l'ass5] seulem5t1 mais sans l'esueill]4 ,apres t\t1 ie desc\pplay mes leuri]s apres1 qui n'y peur5t non plus4 ,i'appr9s p> l1 qu'il auoit e/ c\u]t p> sa de/9e3 et que1 ny les traits1 ny les glaiues ne port5t1 que p> le cong de no/re fatalit1 laquelle il n'e/ en n\s de recul] ny d'auanc]4 ,ce compte doit s]uir1 n\s faire veoir en passant1 combi5 no/re raison e/ flexible t\te sorte d'images4 ,vn p]sonnage gr& d'ans1 de nom1 de dignit1 et de doctr9e1 se vantoit moy d'auoir e/ port c]ta9e mutation tres-importante de sa foy1 p> vne incitation e/rang]e1 aussi biz>re3 et au re/e si mal concluante1 que ie la tr\uoy plus =te au reu]s4 ,luy l'appelloit miracle3 et moy aussi1 diu]s s5s4 ,leurs hi/ori5s dis5t1 que la p]suasion1 e/ant populairem5t seme entre les ,turcs de la fatale et imployable prescription de leurs i\rs1 ayde app>emm5t les asseur] aux dang]s4 ,et ie cognois vn gr& ,pr9ce1 qui en fait heureusem5t son pr(fit3 soit qu'il la croye1 soit qu'il la pr5ne p\r excuse1 se haz>d] extraord9airem5t3 p\rueu que ,=tune ne se lasse trop to/1 de luy faire espaule4 ,il n'e/ po9t adu5u de no/re memoire1 vn plus admirable effect de resolution1 que de ces deux qui conspir]5t la mort du ,pr9ce d',or5ge4 ,c'e/ m]ueille1 comm5t on peut es*auff] le second1 qui l'executa1 vne entrepr9se1 en laquelle il e/oit si mal adu5u son compagnon1 y ayant apport t\t ce qu'il p\uoit4 ,et sur cette trace1 et de mesmes armes1 all] entrepr5dre vn ,seigneur1 arm d'vne si frai*e in/ruction de deffiance1 puissant de suitte d'amis1 et de =ce corporelle1 en sa sale1 p>my ses g>des1 en vne ville t\te sa deuotion4 ,c]tes il y employa vne ma9 bi5 det]m9e1 et vn c\rage esmeu d'vne vigoreuse passion4 ,vn poign>d e/ plus seur1 p\r ass5]1 mais d'autant qu'il a beso+ de plus de m\uem5t1 et de vigueur de bras1 que n'a vn pi/olet1 son c\p e/ plus subject e/re gau*y1 ou tr\bl4 ,que celuy l1 ne c\ru/ vne mort c]ta9e1 ie n'y fay pas gr& d\bte3 c> les esp]ances1 dequoy on eu/ seu l'amus]1 ne p\uoi5t log] en ent5dem5t rassis3 et la conduite de son exploit1 montre qu'il n'en auoit pas faute1 non plus que de c\rage4 ,les motifs d'vne si puissante p]suasion1 peuu5t e/re diu]s1 c> no/re fantasie fait de soy et de n\s1 ce qu'il luy plai/4 ,l'execution qui fut faicte pres d',orleans1 n'eut ri5 de p>eil1 il y eut plus de haz>d que de vigueur3 le c\p n'e/oit pas la mort1 si la ,=tune ne l'eu/ r5du tel3 et l'entreprise de tir] e/ant *eual1 et de lo+1 et vn qui se m\uoit au bransle de son *eual1 fut l'entreprise d'vn homme1 qui aymoit mieux faillir son effect1 que faillir se sauu]4 ,ce qui suyuit apres le montra4 ,c> il se transit et s'enyura de la p5se de si haute execution1 si qu'il p]dit enti]em5t son s5s1 et conduire sa fuite1 et conduire sa langue1 en ses responces4 ,que luy falloit-il1 que rec\rir ses amis au trau]s d'vne riui]e8 ,c'e/ vn moy51 o ie me suis iett mo9dres dang]s1 et que i'e/ime de peu de haz>d1 quelque l>geur qu'ait le passage1 p\rueu que vo/re *eual tr\ue l'entre facile1 et que v\s preuoyez au del1 vn bord ays selon le c\rs de l'eau4 ,l'autre1 qu& on luy pronona son horrible s5t5ce3 ,i'y e/ois prep>1 dit-il1 ie v\s e/onn]ay de ma pati5ce4 ,les ,assass9s1 nation dep5dant de la ,phnicie1 sont e/imes entre les ,mahumetans1 d'vne s\u]a9e deuotion et puret de murs4 ,ils ti5n5t1 que le plus c\rt *em9 gaign] ,p>adis1 c'e/ de tu] quelqu'vn de religion contraire4 ,p>quoy1 on l'a veu s\u5t entrepr5dre1 vn ou deux1 en p\rpo9ct1 contre des ennemis puissans1 au prix d'vne mort c]ta9e1 et sans aucun so+ de leur propre dang]4 ,a9si fut assass9 7ce mot e/ emprunt de leur nom7 no/re ,comte ,raimond de ,tripoli1 au milieu de sa ville3 p5dant noz entrepr9ses de la gu]re sa9cte4 ,et p>eillem5t ,conrad ,m>quis de ,mont-f]rat1 les meurtri]s conduits au supplice1 t\s enflez et fi]s d'vn si beau *ef d'uure4 ,,*apitre ,,xxx4 ,d'vn enfant mon/rueux4 ,,ce comte s'en ira t\t simple3 c> ie laisse aux m$ec9s d'en disc\rir4 ,ie vis auant hi] vn enfant que deux hommes et vne n\rrisse1 qui se disoi5t e/re le p]e1 l'oncle1 et la tante1 conduisoi5t1 p\r tir] quelque s\l de le montr]1 cause de son e/ranget4 ,il e/oit en t\t le re/e d'vne =me commune1 et se s\/5oit sur ses pi$s1 m>*oit et gas\illoit1 enuiron comme les autres de mesme aage3 il n'auoit encore v\lu pr5dre autre n\rriture1 que du tet9 de sa n\rrisse3 et ce qu'on essaya en ma pres5ce de luy mettre en la b\*e1 il le mas*oit vn peu1 et le r5doit sans auall]3 ses cris sembloi5t bi5 auoir quelque *ose de p>ticuli]3 il e/oit aag de quatorze mois iu/em5t4 ,au dess\bs de ses tet9s1 il e/oit pris et coll vn autre enfant1 sans te/e1 et qui auoit le conduit du dos e/\pp1 le re/e enti]3 c> il auoit bi5 l'vn bras plus c\rt1 mais il luy auoit e/ rompu p> accid5t1 leur naissance2 ils e/oy5t io9ts face face1 et comme si vn plus petit enfant en v\loit accol] vn plus gr&elet4 ,la io9cture et l'espace p> o ils se t5oi5t n'e/oit que de quatre doigts1 ou enuiron1 en mani]e1 que si v\s retr\ssiez cet enfant imp>faict1 v\s voyiez au dess\bs le nombril de l'autre3 a9si la c\/ure se faisoit entre les tet9s et son nombril4 ,le nombril de l'imp>faict ne se p\uoit voir1 mais ouy bi5 t\t le re/e de son v5tre4 ,voyla comme ce qui n'e/oit pas atta*1 comme bras1 fessi]1 cuisses et iambes1 de cet imp>faict1 dem\roi5t p5dants et branslans sur l'autre1 et luy p\uoit all] sa longueur iusques my iambe4 ,la n\rrice n\s adi\/oit1 qu'il vr9oit p> t\s les deux endroicts3 aussi e/oi5t les membres de cet autre n\rris1 et viuans1 et en mesme po9ct que les si5s1 sauf qu'ils e/oi5t plus petits et m5us4 ,ce d\ble corps1 et ces membres diu]s1 se rapportans vne seule te/e1 p\rroi5t bi5 f\rnir de fauorable progno/ique au ,roy1 de ma9t5ir s\bs l'vnion de ses loix1 ces p>ts et pieces diu]ses de no/re ,e/at4 ,mais de peur que l'eu5em5t ne le desm5te1 il vaut mieux le laiss] pass] deuant3 c> il n'e/ que de deu9] en *oses faictes1 ,vt quum facta sunt1 tum ad coniecturam aliqua int]pretatione reuoc5tur3 comme on dit d',epim5ides qu'il deu9oit reculons4 ,ie vi5 de voir vn pa/re en ,m$oc1 de tr5te ans ou enuiron1 qui n'a aucune montre des p>ties g5itales3 il a trois tr\s p> o il r5d son eau incessamm5t1 il e/ b>bu1 a desir1 et re*]*e l'att\*em5t des femmes4 ,ce que n\s appellons mon/res1 ne le sont pas ,dieu1 qui voit en l'imm5sit de son ouurage1 l'inf9it des =mes1 qu'il y a compr9ses4 ,et e/ croire1 que cette figure qui n\s e/onne1 se rapporte et ti5t1 quelque autre figure de mesme g5re1 incognu l'homme4 ,de sa t\te sagesse1 il ne "p ri5 que bon1 et commun1 et regl3 mais n\s n'en voyons pas l'assortim5t et la relation4 ,quod crebr videt1 non miratur1 etiam si1 cur fiat nescit4 ,quod ant non vidit1 id1 si eu5]it1 o/5tum esse c5set4 ,n\s appellons contre ,nature1 ce qui adui5t contre la c\/ume4 ,ri5 n'e/ que selon elle1 quel qu'il soit4 ,que cette raison vniu]selle et naturelle1 *asse de n\s l'erreur et l'e/onnem5t que la n\uellet n\s apporte4 ,,*apitre ,,xxxi4 ,de la *ol]e4 ,,plvt>qve e/ admirable p> t\t3 mais pr9cipalem5t1 o il iuge des actions huma9es4 ,on peut voir les belles *oses1 qu'il dit en la comp>aison de ,lycurgus1 et de ,numa1 sur le propos de la gr&e simplesse que ce n\s e/1 d'ab&onn] les enfans au g\u]nem5t et la *>ge de leurs p]es4 ,la plus "p de noz polices1 comme dit ,ari/ote1 laiss5t *ascun1 en mani]e des ,cyclopes1 la conduitte de leurs femmes et de leurs enfants1 selon leur folle et indiscrete fantasie4 ,et quasi les seules1 ,lac$emoni5ne et ,cret5se1 ont commis aux loix la discipl9e de l'enfance4 ,qui ne voit qu'en vn ,e/at t\t desp5d de son education et n\rriture8 et cep5dant sans aucune discretion1 on la laisse la m]cy des p>5s1 tant fols et mes*ants qu'ils soi5t4 ,entre autres *oses combi5 de fois m'a-il pr9s enuie1 passant p> nos rus1 de dress] vne f>ce1 p\r v5g] des g>onnetz1 que ie voyoy escor*]1 assomm]1 et meurtrir quelque p]e ou m]e furieux1 et =c5ez de col]e8 ,v\s leur voyez sortir le feu et la rage des yeux1 ,rabie iecur inc5d5te f]untur ,prcipites1 vt saxa iugis abrupta1 quibus mons ,subtrahitur1 cliuque latus p5d5te rec$it3 7et selon ,hippocrates les plus dang]euses maladies sont celles qui desfigur5t le visage7 t\t vne voix tran*ante et esclatante1 s\u5t contre qui ne fait que sortir de n\rrisse4 ,et puis les voyla e/roppiez1 e/\rdis de c\ps3 et no/re iu/ice qui n'en fait compte1 comme si ces esboittem5ts et eslo*em5ts n'e/oi5t pas des membres de no/re *ose publique4 ,gratum e/ qud patri ciuem populque d$i/i1 ,si facis vt patri sit idoneus1 vtilis agris1 ,vtilis et bellorum et pacis rebus ag5dis4 ,il n'e/ passion qui esbranle tant la s9c]it des iugem5ts1 que la *ol]e4 ,aucun ne f]oit d\bte de punir de mort1 le iuge1 qui p> *ol]e auroit condamn son crim9el3 p\rquoy e/-il non plus p]mis aux p]es1 et aux p$antes1 de f\ett] les enfans1 et les *a/i] e/ans en *ol]e8 ,ce n'e/ plus correction1 c'e/ v5geance4 ,le *a/iem5t ti5t lieu de m$ec9e aux enfans2 et s\ffririons n\s vn m$ec91 qui fu/ anim et c\rr\c contre son pati5t8 ,n\s mesmes1 p\r bi5 faire1 ne deurions iamais mettre la ma9 sur noz s]uiteurs1 t&is que la *ol]e n\s dure4 ,p5dant que le p\ls n\s bat1 et que n\s s5tons de l'esmotion1 remettons la p>tie3 les *oses n\s sembl]ont la v]it autres1 qu& n\s s]ons r'accoisez et refroidis4 ,c'e/ la passion qui comm&e lors1 c'e/ la passion qui p>le1 ce n'e/ pas n\s4 ,au trau]s d'elle1 les fautes n\s app>oiss5t plus gr&es1 comme les corps au trau]s d'vn br\illas4 ,celuy qui a faim1 vse de vi&e1 mais celuy qui veut vs] de *a/iem5t1 n'en doit auoir faim ny soif4 ,et puis1 les *a/iem5s1 qui se font auec poix et discretion1 se reoiu5t bi5 mieux1 et auec plus de fruit1 de celuy qui les s\ffre4 ,autrem5t1 il ne p5se pas auoir e/ iu/em5t condamn1 p> vn homme agit d'ire et de furie3 et allegue p\r sa iu/ification1 les m\uem5ts extraord9aires de son mai/re1 l'inflammation de son visage1 les s]m5s inusitez1 et cette si5ne inquietude1 et precipitation tem]aire4 ,ora tum5t ira1 nigrescunt sangu9e v51 ,lum9a ,gorgoneo suius igne micant4 ,suetone recite1 que ,cau ,rabirius ayant e/ condamn p> ,cs>1 ce qui luy s]uit le plus enu]s le peuple 7auquel il appella7 p\r luy faire gaign] sa cause1 ce fut l'animosit et l'aspret que ,cs> auoit apport en ce iugem5t4 ,le dire e/ autre *ose que le faire1 il faut consid]] le pres*e "p1 et le pres*eur "p4 ,ceux-l se sont donnez beau ieu en no/re temps1 qui ont essay de *oqu] la v]it de no/re ,eglise1 p> les vices des m9i/res d'icelle3 elle tire ses tesmoignages d'ailleurs4 ,c'e/ vne sotte faon d'argum5t]1 et qui reiett]oit t\tes *oses en confusion4 ,vn homme de bonnes murs1 peut auoir des op9ions faulces1 et vn mes*ant peut pres*] v]it1 voire celuy qui ne la croit pas4 ,c'e/ sans d\bte vne belle h>monie1 qu& le faire1 et le dire vont ensemble3 et ie ne veux pas ni]1 que le dire1 lors que les actions suyu5t1 ne soit de plus d'au?orit et efficace3 comme disoit ,eudamidas1 oyant vn ,philosophe disc\rir de la gu]re2 ,ces propos sont beaux1 mais celuy qui les dit1 n'en e/ pas croyable1 c> il n'a pas les oreilles acc\/umes au son de la trompette4 ,et ,cleom5es oyant vn rhetorici5 h>5gu] de la vaillance1 s'en pr9t =t rire3 et l'autre s'en sc&alizant1 il luy dit2 ,i'en f]ois de mesmes1 si c'e/oit vne arondelle qui en p>la/3 mais si c'e/oit vne aigle1 ie l'orrois volonti]s4 ,i'app]ois1 ce me semble1 s escrits des anci5s1 que celuy qui dit ce qu'il p5se1 l'ass5e bi5 plus viuem5t1 que celuy qui se contrefaict4 ,oyez ,cic]o p>l] de l'am\r de la lib]t3 oyez en p>l] ,brutus1 les escrits mesmes v\s sonn5t que cettuy-cy e/oit homme p\r l'a*ept] au prix de la vie4 ,que ,cic]o p]e d'eloqu5ce1 traitte du mespris de la mort1 que ,s5eque en traite aussi1 celuy l tra9e languissant1 et v\s s5tez qu'il v\s veut res\dre de *ose1 dequoy il n'e/ pas resolu4 ,il ne v\s donne po9t de cur1 c> luy-mesmes n'en a po9t3 l'autre v\s anime et enflamme4 ,ie ne voy iamais au!ur1 mesmem5t de ceux qui traict5t de la v]tu et des actions1 que ie ne re*]*e curieusem5t quel il a e/4 ,c> les ,ephores ,sp>te voyans vn homme dissolu propos] au peuple vn aduis vtile1 luy comm&]5t de se taire1 et pri]5t vn homme de bi51 de s'en attribu] l'inu5tion1 et le propos]4 ,les escrits de ,plut>que1 les bi5 sau\r]1 n\s le desc\ur5t assez2 et ie p5se le cognoi/re iusques dans l'ame3 si v\drois-ie que n\s eussions quelques memoires de sa vie4 ,et me suis iett en ce disc\rs qu>ti]1 propos du bon gr que ie s5s ,aul4 ,gellius de n\s auoir laiss p> escrit ce compte de ses murs1 qui reui5t mon subject de la *ol]e4 ,vn si5 esclaue mauuais homme et vicieux1 mais qui auoit les oreilles aucunem5t abbreuues des leons de philosophie1 ayant e/ p\r quelque si5ne faute desp\ill p> le comm&em5t de ,plut>que2 p5dant qu'on le f\ettoit1 grondoit au comm5cem5t1 que c'e/oit sans raison1 et qu'il n'auoit ri5 faict3 mais en f91 se mettant cri] et iniuri] bi5 bon esci5t son mai/re1 luy repro*oit qu'il n'e/oit pas philosophe1 comme il s'en vantoit3 qu'il luy auoit s\u5t ouy dire1 qu'il e/oit laid de se c\rr\c]1 voire qu'il en auoit faict vn liure3 et ce que lors t\t plong en la col]e1 il le faisoit si cruellem5t battre1 desm5toit enti]em5t ses escrits4 ,a cela ,plut>que1 t\t froidem5t et t\t rassis2 ,comm5t1 dit-il1 ru/re1 quoy iuges tu que ie sois cette heure c\rr\c8 mon visage1 ma voix1 ma c\leur1 ma p>olle1 te donne elle quelque tesmoignage que ie sois esmeu8 ,ie ne p5se auoir ny les yeux eff>\*ez1 ny le visage tr\bl1 ny vn cry effroyable3 r\gis-ie8 escume-ie8 m'es*appe-il de dire *ose1 dequoy i'aye me rep5tir8 tressaulx-ie8 fremis-ie de c\rr\x8 c> p\r te dire1 ce sont l les vrais signes de la *ol]e4 ,et puis se de/\rnant celuy qui f\ettoit3 ,cont9uez1 luy dit-il1 t\si\rs vo/re besongne1 p5dant que cettuy-cy et moy disputons4 ,voyla son comte4 ,ar*ytas ,t>5t9us reu5ant d'vne gu]re1 o il auoit e/ ,capita9e g5]al1 tr\ua t\t ple9 de mauuais mesnage en sa maison1 et ses t]res en fri*e1 p> le mauuais g\u]nem5t de son receueur3 et l'ayant fait appell]3 ,va1 luy dit-il1 que si ie n'e/ois en *ol]e1 ie t'e/rill]ois bi54 ,platon de mesme1 s'e/ant es*auff contre l'vn de ses esclaues1 donna ,speusippus *>ge de le *a/i]1 s'excusant d'y mettre la ma9 luy-mesme1 sur ce qu'il e/oit c\rr\c4 ,*>illus ,lac$emoni51 vn ,elote qui se portoit trop insolemm5t et audacieusem5t enu]s luy3 ,p> les ,dieux1 dit-il1 si ie n'e/ois c\rr\c1 ie te f]ois t\t cette heure m\rir4 ,c'e/ vne passion qui se plai/ en soy1 et qui se flatte4 ,combi5 de fois n\s e/ans esbranlez s\bs vne fauce cause1 si on vi5t n\s pres5t] quelque bonne deff5ce ou excuse1 n\s despitons n\s contre la v]it mesme et l'innoc5ce8 ,i'ay ret5u ce propos vn m]ueilleux exemple de l'antiquit4 ,piso p]sonnage p> t\t ailleurs de notable v]tu1 s'e/ant esmeu contre vn si5 soldat1 dequoy reu5ant seul du f\rrage1 il ne luy sauoit r5dre compte1 o il auoit laiss vn si5 compagnon1 t9/ p\r au] qu'il l'auoit tu1 et le condamna s\da9 la mort4 ,a9si qu'il e/oit au gibet1 voicy arriu] ce compagnon esg>3 t\te l'arme en fit gr&'fe/e1 et apres =ce c>esses et accollades des deux compagnons1 le b\rreau me9e l'vn et l'autre1 en la pres5ce de ,piso1 s'att5dant bi5 t\te l'assi/ance que ce luy s]oit luy-mesmes vn gr& plaisir3 mais ce fut au reb\rs1 c> p> honte et despit1 son ardeur qui e/oit encore en son ef=t1 se r$\bla3 et d'vne subtilit que sa passion luy f\rnit s\da91 il en fit trois c\lpables1 p> ce qu'il en auoit tr\u vn innoc5t3 et les fit depes*] t\s trois3 ,le premi] soldat1 p> ce qu'il y auoit arre/ contre luy3 le second qui s'e/oit esg>1 p> ce qu'il e/oit cause de la mort de son compagnon2 et le b\rreau p\r n'auoir obey au comm&em5t qu'on luy auoit faict4 ,ceux qui ont negoci] auec des femmes te/ues1 peuu5t auoir essay quelle rage on les iette1 qu& on oppose leur agitation1 le sil5ce et la froideur1 et qu'on desdaigne de n\rrir leur c\rr\x4 ,l'orateur ,celius e/oit m]ueilleusem5t *ol]e de sa nature4 ,a vn1 qui s\ppoit en sa compagnie1 homme de molle et d\ce conu]sation1 et qui p\r ne l'esm\uoir1 pr5oit p>ty d'appr\u] t\t ce qu'il disoit1 et d'y cons5tir3 luy ne p\uant s\ffrir son *agr91 se pass] a9si sans alim5t3 ,nie moy quelque *ose1 de p> les ,dieux1 dit-il1 aff9 que n\s soyons deux4 ,elles de mesmes1 ne se c\rr\c5t1 qu'aff9 qu'on se contre-c\rr\ce1 l'imitation des loix de l'am\r4 ,phocion vn homme qui luy tr\bloit son propos1 en l'iniuriant asprem5t1 n'y fit autre *ose que se taire1 et luy donn] t\t loisir d'espuis] sa *ol]e3 cela faict1 sans aucune m5tion de ce tr\ble1 il recomm5a son propos1 en l'endroict o il l'auoit laiss4 ,il n'e/ replique si piquante comme e/ vn tel mespris4 ,du plus *ol]e homme de ,france 7et c'e/ t\si\rs imp]fection1 mais plus excusable vn homme militaire3 c> en cet ex]cice il y a c]tes des p>ties1 qui ne s'en peuu5t pass]7 ie dy s\u5t1 que c'e/ le plus pati5t homme que ie cognoisse brid] sa *ol]e3 elle l'agite de telle viol5ce et fureur1 ,magno veluti cm flamma sonore ,virgea sugg]itur co/is vndantis ah5i1 ,exultntque /u latices1 furit intus aquai ,fumidus atque alt spumis exub]at amnis1 ,nec iam se capit vnda1 volat vapor at] ad auras1 qu'il faut qu'il se contra+ne cruellem5t1 p\r la mod]]4 ,et p\r moy1 ie ne sa*e passion1 p\r laquelle c\urir et s\/5ir1 ie peusse faire vn tel ef=t4 ,ie ne v\drois mettre la sagesse si haut prix4 ,ie ne reg>de pas tant ce qu'il fait1 que combi5 il luy c\/e ne faire pis4 ,vn autre se vantoit moy1 du reglem5t et d\ceur de ses murs1 qui e/1 la v]it s+uli]e3 ie luy disois1 que c'e/oit bi5 quelque *ose1 notamm5t ceux1 comme luy1 d'em95te qualit1 sur lesquels *acun a les yeux1 de se pres5t] au monde t\si\rs bi5 temp]ez3 mais que le pr9cipal e/oit de pr\uoir au d$ans1 et soy-mesme3 et que ce n'e/oit pas mon gr1 bi5 mesnag] ses affaires1 que de se rong] int]ieurem5t3 ce que ie craignois qu'il fi/1 p\r ma9t5ir ce masque1 et cette regle app>5ce p> le dehors4 ,on incorpore la *ol]e en la ca*ant3 comme ,diog5es dit ,demo/h5es1 lequel de peur d'e/re app]ceu en vne tau]ne1 se reculoit au d$ans3 ,tant plus tu te recules arri]e1 tant plus tu y entres4 ,ie conseille qu'on donne plu/o/ vne buffe la i\ de son valet1 vn peu hors de saison1 que de geh5n] sa fantasie1 p\r repres5t] cette sage cont5ance4 ,et aym]ois mieux produire mes passions1 que de les c\u] mes desp5s4 ,elles s'alanguiss5t en s'esuantant1 et en s'exprimant4 ,il vaut mieux que leur po9cte agisse au dehors1 que de la pli] contre n\s4 ,omnia vitia 9 ap]to leuiora sunt3 et tunc p]niciosissima1 quum simulata sanitate subsidunt4 ,i'adu]tis ceux1 qui ont loy de se p\uoir c\rr\c] en ma famille1 premi]em5t qu'ils mesnag5t leur *ol]e1 et ne l'esp&5t pas t\t prix3 c> cela en empes*e l'effect et le poids4 ,la criaill]ie tem]aire et ord9aire1 passe en vsage1 et fait que *acun la mesprise3 celle que v\s employez contre vn s]uiteur p\r son l>c91 ne se s5t po9t1 d'autant que c'e/ celle mesme qu'il v\s a veu employ] c5t fois contre luy1 p\r auoir mal r9s vn v]re1 ou mal assis vne escabelle4 ,secondem5t1 qu'ils ne se c\rr\ss5t po9t en l'air1 et reg>d5t que leur repreh5sion arriue celuy de qui ils se plaign5t3 c> ord9airem5t ils cri5t1 auant qu'il soit en leur pres5ce1 et dur5t cri] vn siecle apres qu'il e/ p>ty4 ,et secum petulans am5tia c]tat4 ,ils s'en pr5n5t leur ombre1 et p\ss5t cette tempe/e1 en lieu1 o p]sonne n'en e/ ny *a/i ny int]ess1 que du t9tam>re de leur voix1 tel qui n'en peut mais4 ,i'accuse p>eillem5t aux qu]elles1 ceux qui brau5t et se mut95t sans p>tie3 il faut g>d] ces ,rodomontades1 o elles port5t4 ,mugitus veluti cm prima 9 prlia taurus ,t]rificos ciet1 atque irasci 9 cornua t5tat1 ,arboris obnixus trunco1 v5tsque lacessit ,ictibus1 et sp>sa ad pugnam proludit ar5a4 ,qu& ie me c\rr\ce1 c'e/ le plus vifuem5t1 mais aussi le plus briefuem5t et secretem5t que ie puis3 ie me p]s bi5 en vi/esse1 et en viol5ce1 mais non pas en tr\ble3 si que i'aille iettant l'ab&on1 et sans *oix1 t\te sorte de p>olles iniurieuses1 et que ie ne reg>de d'assoir p]t9emm5t mes po9tes1 o i'e/ime qu'elles bless5t le plus3 c> ie n'y employe communem5t1 que la langue4 ,mes valets en ont meilleur m>* aux gr&es occasions qu'aux petites4 ,les petites me surpr5n5t3 et le mal'heur veut1 que depuis que v\s e/es dans le precipice1 il n'importe1 qui v\s ayt donn le bransle3 v\s allez t\si\rs iusques au fons4 ,la *eute se presse1 s'esmeut1 et se ha/e d'elle mesme4 ,aux gr&es occasions cela me paye1 qu'elles sont si iu/es1 que *acun s'att5d d'en voir nai/re vne raisonnable *ol]e3 ie me glorifie tromp] leur att5te3 ie me b&e et prep>e contre celles cy1 elles me mett5t en c]uelle1 et m5ass5t de m'emport] bi5 lo+ si ie les suiuoy4 ,aysem5t ie me g>de d'y entr]1 et suis assez =t1 si ie l'att5s1 p\r rep\ss] l'impulsion de cette passion1 quelque viol5te cause qu'elle aye3 mais si elle me preoccupe1 et saisit vne fois1 elle m'emporte1 quelque va9e cause qu'elle aye4 ,ie m>*&e a9s9 auec ceux qui peuu5t conte/] auec moy3 ,qu& v\s me s5tirez esmeu le premi]1 laissez moy all] tort ou droict1 i'en f]ay de mesme mon t\r4 ,la tempe/e ne s'eng5dre que de la concurr5ce des *ol]es1 qui se produis5t volonti]s l'vne de l'autre1 et ne naiss5t en vn po9ct4 ,donnons *acune sa c\rse1 n\s voyla t\si\rs en paix4 ,vtile ordonnance1 mais de difficile execution4 ,p> fois m'adui5t il aussi1 de repres5t] le c\rr\ss1 p\r le reiglem5t de ma maison1 sans aucune vraye emotion4 ,a mesure que l'aage me r5d les humeurs plus aigres1 i'e/udie m'y oppos]1 et f]ay si ie puis que ie s]ay d'ores5auant d'autant mo9s *agr9 et difficile1 que i'auray plus d'excuse et d'incl9ation l'e/re3 quoy que p>cydeuant ie l'aye e/1 entre ceux qui le sont le mo9s4 ,encore vn mot p\r clorre ce pas4 ,ari/ote dit1 que la col]e s]t p> fois d'armes la v]tu et la vaillance4 ,cela e/ vray-semblable3 t\tesfois ceux qui y contr$is5t1 respond5t plaisamm5t1 que c'e/ vn' arme de n\uel vsage3 c> n\s remuons les autres armes1 ce/e cy n\s remue3 no/re ma9 ne la guide pas1 c'e/ elle qui guide no/re ma93 elle n\s ti5t1 n\s ne la t5ons pas4 ,,*apitre ,,xxxii4 ,def5ce de ,s5eque et de ,plut>que4 ,,la famili>it que i'ay auec ces p]sonnages icy1 et l'assi/ance qu'ils font ma vieillesse1 et mon liure massonn purem5t de leurs desp\lles1 m'oblige esp\s] leur honneur4 ,quant ,s5eque1 p>my vne miliasse de petits liurets1 que ceux de la ,religion pret5due re=me font c\rir p\r la deff5ce de leur cause1 qui p>t5t p> fois de bonne ma91 et qu'il e/ gr& dommage n'e/re embesoigne meilleur subiect1 i'en ay veu autres-fois vn1 qui p\r along] et remplir la similitude qu'il veut tr\u]1 du g\u]nem5t de no/re pauure feu ,roy ,*>les neufiesme1 auec celuy de ,n]on1 app>ie feu ,monsieur le ,c>d9al de ,lorra9e auec ,s5eque1 leurs =tunes1 d'auoir e/ t\s deux les premi]s au g\u]nem5t de leurs ,pr9ces1 et quant et quant leurs murs1 leurs conditions1 et leurs deportem5s4 ,enquoy mon op9ion il fait bi5 de l'honneur audict ,seigneur ,c>d9al3 c> encore que ie soys de ceux qui e/im5t autant son esprit1 son eloqu5ce1 son zele enu]s sa religion et s]uice de son ,roy1 et sa bonne =tune1 d'e/re nay en vn siecle1 o il fu/ si n\ueau1 et si r>e1 et quant et quant si necessaire p\r le bi5 public1 d'auoir vn p]sonnage ecclesia/ique de telle noblesse et dignit1 suffisant et capable de sa *>ge3 si e/-ce qu' confess] la v]it1 ie n'e/ime sa capacit de beauc\p pres telle1 ny sa v]tu si nette et enti]e1 ny si f]me1 que celle de ,s5eque4 ,or1 ce liure dequoy ie p>le1 p\r v5ir son b1 fait vne description de ,s5eque tres-iniurieuse1 ayant emprunt ces repro*es de ,dion l'hi/ori51 duquel ie ne crois aucunem5t le tesmoignage4 ,c> outre qu'il e/ incon/ant1 qui apres auoir appell ,s5eque tres-sage tanto/1 et tanto/ ennemy mortel des vices de ,n]on1 le fait ailleurs1 au>itieux1 vsuri]1 ambitieux1 las*e1 voluptueux1 et contrefaisant le philosophe fauces enseignes3 sa v]tu p>oi/ si viue et vig\reuse en ses escrits1 et la def5ce y e/ si claire aucunes de ces imputations1 comme de sa ri*esse et desp5ce excessiue1 que ie n'en croiroy aucun tesmoignage au contraire4 ,et d'auantage1 il e/ bi5 plus raisonnable1 de croire en telles *oses les hi/ori5s ,roma9s1 que les ,grecs et e/rang]s4 ,or ,tacitus et les autres1 p>l5t tres-honorablem5t1 et de sa vie et de sa mort3 et n\s le peign5t en t\tes *oses p]sonnage tres-excell5t et tres-v]tueux4 ,et ie ne veux allegu] autre repro*e contre le iugem5t de ,dion1 que ce/uy-cy1 qui e/ ineuitable3 c'e/ qu'il a le s5tim5t si malade aux affaires ,roma9es1 qu'il ose s\/5ir la cause de ,iulius ,cs> contre ,pompeius1 et d',antonius contre ,cic]o4 ,v5ons ,plut>que4 ,iean ,bod9 e/ vn bon au!ur de no/re temps1 et accompagn de beauc\p plus de iugem5t que la t\rbe des escriuailleurs de son siecle1 et m]ite qu'on le iuge et consid]e4 ,ie le tr\ue vn peu h>dy en ce passage de sa ,me?ode de l'hi/oire1 o il accuse ,plut>que non seulem5t d'ignorance 7surquoy ie l'eusse laiss dire3 c> cela n'e/ pas de mon gibi]71 mais aussi en ce que cet au!ur escrit s\u5t des *oses incroyables et enti]em5t fabuleuses 7ce sont ses mots74 ,s'il eu/ dit simplem5t1 les *oses autrem5t qu'elles ne sont1 ce n'e/oit pas gr&e repreh5sion3 c> ce que n\s n'auons pas veu1 n\s le pr5ons des ma9s d'autruy et cr$it3 et ie voy qu' esci5t il recite p> fois diu]sem5t mesme hi/oire3 comme le iugem5t des trois meilleurs capita9es qui euss5t onques e/1 faict p> ,hannibal1 il e/ autrem5t en la vie de ,flam9ius1 autrem5t en celle de ,pyrrhus4 ,mais de le *>g] d'auoir pris p\r arg5t cont5t1 des *oses incroyables et impossibles1 c'e/ accus] de faute de iugem5t1 le plus iudicieux au!ur du monde4 ,et voicy son exemple3 ,comme1 ce dit-il1 qu& il recite qu'vn enfant de ,lac$emone se laissa des*ir] t\t le v5tre vn r5>deau1 qu'il auoit desrob1 et le t5oit ca* s\bs sa robe1 iusques m\rir plu/o/ que de desc\urir son l>ec94 ,ie tr\ue en premi] lieu cet exemple mal *oisi3 d'autant qu'il e/ bi5 malais de born] les ef=ts des facultez de l'ame1 l o des =ces corporelles1 n\s auons plus de loy de les limit] et cognoi/re4 ,et cette cause1 si c'eu/ e/ moy faire1 i'eusse plu/o/ *oisi vn exemple de cette seconde sorte3 et il y en a de mo9s croyables4 ,comme entre autres1 ce qu'il recite de ,pyrrhus1 que t\t bless qu'il e/oit1 il donna si gr& c\p d'espe vn si5 ennemy arm de t\tes pieces1 qu'il le f5dit du haut de la te/e iusques au bas1 si que le corps se p>tit en deux p>ts4 ,en son exemple1 ie n'y tr\ue pas gr& miracle1 ny ne reois l'excuse de quoy il c\ure ,plut>que1 d'auoir adi\/ ce mot1 comme on dit1 p\r n\s adu]tir1 et t5ir en bride no/re creance4 ,c> si ce n'e/ aux *oses receus p> au?orit et reu]5ce d'anci5net ou de religion1 il n'eu/ v\lu ny recevoir luy mesme1 ny n\s propos] croire1 *oses de foy incroyables4 ,et que ce mot1 comme on dit1 il ne l'employe pas en ce lieu p\r cet effect1 il e/ ays voir p> ce que luy mesme n\s raconte ailleurs sur ce subiect de la pati5ce des enfans ,lac$emoni5s1 des exemples adu5uz de son temps plus malaisez p]suad]4 ,comme celuy que ,cic]o a tesmoign aussi autant luy1 p\r auoir1 ce qu'il dit1 e/ sur les lieux3 ,que iusques leur temps1 il se tr\uoit des enfans en cette preuue de pati5ce1 quoy on les essayoit deuant l'autel de ,diane1 qui s\ffroy5t d'y e/re f\tez iusques ce que le sang leur c\loit p> t\t non seulem5t sans s'escri]1 mais encores sans gemir1 et aucuns iusques y laiss] volontairem5t la vie4 ,et ce que ,plut>que aussi recite1 auec c5t autres tesmo9s1 qu'au sacrifice1 vn *>bon ard5t s'e/ant c\l dans la man*e d'vn enfant ,lac$emoni51 a9si qu'il enc5soit1 il se laissa brusl] t\t le bras1 iusques ce que la s5teur de la *air cuyte en v9t aux assi/ans4 ,il n'e/oit ri5 selon leur c\/ume1 o il leur alla/ plus de la reputation1 ny dequoy ils euss5t s\ffrir plus de blasme et de honte1 que d'e/re surpris en l>ec94 ,ie suis si imbu de la gr&eur de ces hommes l1 que non seulem5t il ne me semble1 comme ,bod91 que son conte soit incroyable1 que ie ne le tr\ue pas seulem5t r>e et e/range4 ,l'hi/oire ,sp>ta9e e/ ple9e de mille plus aspres exemples et plus r>es3 elle e/ ce prix t\te miracle4 ,m>cell9us recite sur ce propos du l>ec91 que de son temps il ne s'e/oit encores peu tr\u] aucune sorte de t\rm5t1 qui peu/ =c] les ,egypti5s surpris en ce mesfaict3 qui e/oit =t en vsage entre eux1 dire seulem5t leur nom4 ,vn paisan ,espagnol e/ant mis la geh5ne sur les complices de l'homicide du prteur ,lucius ,piso1 crioit au milieu des t\rm5s1 que ses amis ne b\geass5t1 et l'assi/ass5t en t\te seuret1 et qu'il n'e/oit pas en la d\leur1 de luy arra*] vn mot de confession1 et n'en eut on autre *ose1 p\r le premi] i\r4 ,le l5dema91 a9si qu'on le ram5oit p\r recomm5c] son t\rm5t1 s'esbranlant vig\reusem5t entre les ma9s de ses g>des1 il alla froiss] sa te/e contre vne p>oy1 et s'y tua4 ,epi*>is ayant sa\l et lass la cruaut des satellites de ,n]on1 et s\/5u leur feu1 leurs batures1 leurs eng9s1 sans aucune voix de reuelation de sa coniuration1 t\t vn i\r3 rapporte la geh5ne l'endema91 les membres t\ts brisez1 passa vn lasset de sa robbe dans l'vn bras de sa *aize1 t\t vn nud c\lant1 et y f\rrant sa te/e1 s'e/rangla du pois de son corps4 ,ayant le c\rage d'a9si m\rir1 et se desrob] aux premi]s t\rm5ts1 semble elle pas esci5t auoir pre/ sa vie cette espreuue de sa pati5ce du i\r prec$5t1 p\r se moqu] de ce tyran1 et enc\rag] d'autres semblable entrepr9se contre luy8 ,et qui s'enqu]ra nos arg\lets1 des exp]i5ces qu'ils ont eus en ces gu]res ciuiles1 il se tr\u]a des effets de pati5ce1 d'ob/9ation et d'op9ia/ret1 p>my nos mis]ables siecles1 et en cette t\rbe molle et effem9e1 encore plus que l',egypti5ne1 dignes d'e/re comp>ez ceux que n\s v5ons de recit] de la v]tu ,sp>ta9e4 ,ie say qu'il s'e/ tr\u des simples paysans1 s'e/re laissez grill] la plante des pi$s1 ecraz] le b\t des doigts t\t le *i5 d'vne pi/ole1 p\ss] les yeux sanglants hors de la te/e1 =ce d'auoir le front s]r d'vne corde1 auant que de s'e/re seulem5t v\lu mettre ranon4 ,i'en ay veu vn1 laiss p\r mort t\t nud dans vn foss1 ayant le col t\t meurtry et enfl1 d'vn licol qui y p5doit encore1 auec lequel on l'auoit tirass t\te la nuict1 la queu d'vn *eual1 le corps p]c en c5t lieux1 c\ps de dague1 qu'on luy auoit donn1 non pas p\r le tu]1 mais p\r luy faire de la d\leur et de la cra9te3 qui auoit s\ff]t t\t cela1 et iusques y auoir p]du p>olle et s5tim5t1 resolu1 ce qu'il me dit1 de m\rir plu/o/ de mille morts 7comme de vray1 quant sa s\ffrance1 il en auoit pass vne t\te enti]e7 auant que ri5 promettre3 et si e/oit vn des plus ri*es lab\reurs de t\te la contre4 ,combi5 en a lon veu se laiss] patiemm5t brusl] et rotir1 p\r des op9ions empruntes d'autruy1 ignores et incognues8 ,i'ay cogneu c5t et c5t femmes 7c> ils dis5t que les te/es de ,gascongne ont quelque pr]ogatiue en cela7 que v\s eussiez plu/o/ faict mordre dans le f] *aut1 que de leur faire desmordre vne op9ion qu'elles euss5t coneu en *ol]e4 ,elles s'exasp]5t l'encontre des c\ps et de la contra9te4 ,et celuy qui =gea le conte de la femme1 qui p\r aucune correction de m5aces1 et ba/onnades1 ne cessoit d'appell] son m>y p\lleux1 et qui precipite dans l'eau haussoit encores en s'e/\ffant1 les ma9s1 et faisoit au dessus de sa te/e1 signe de tu] des p\x3 =gea vn conte1 duquel en v]it t\s les i\rs1 on voit l'image expresse en l'op9ia/ret des femmes4 ,et e/ l'op9ia/ret sur de la con/ance1 au mo9s en vigueur et f]met4 ,il ne faut pas iug] ce qui e/ possible1 et ce qui ne l'e/ pas1 selon ce qui e/ croyable et incroyable no/re s5s1 comme i'ay dit ailleurs4 ,et e/ vne gr&e faute1 et en laquelle t\tesfois la plus "p des hommes tomb5t3 ce que ie ne dis pas p\r ,bod93 de faire difficult de croire d'autruy1 ce qu'eux ne sauroi5t faire1 ou ne v\droi5t4 ,il semble *acun que la mai/resse =me de l'huma9e nature e/ en luy3 selon elle1 il faut regl] t\s les autres4 ,les allures qui ne se rapport5t aux si5nes1 sont fa9tes et fauces4 ,luy propose lon quelque *ose des actions ou facultez d'vn autre8 la premi]e *ose qu'il appelle la consultation de son iugem5t1 c'e/ son exemple3 selon qu'il en va *ez luy1 selon cela va l'ordre du monde4 ,o l'asn]ie dang]euse et insupportable6 ,moy ie consid]e aucuns hommes =t lo+ au dessus de moy1 notamm5t entre les anci5s3 et encores que ie recognoisse clairem5t mon impuissance les suyure de mille pas1 ie ne laisse pas de les suyure veu1 et iug] les ressorts qui les hauss5t a9si1 desquels i'app]oy aucunem5t en moy les sem5ces3 comme ie fay aussi de l'extreme bassesse des esprits1 qui ne m'e/onne1 et que ie ne mescroy non plus4 ,ie voy bi5 le t\r que celles l se donn5t p\r se mont]1 et i'admire leur gr&eur3 et ces eslancem5s que ie tr\ue tres-beaux1 ie les embrasse3 et si mes =ces n'y vont1 au mo9s mon iugem5t s'y applique tres-volonti]s4 ,l'autre exemple qu'il allegue des *oses incroyables1 et enti]em5t fabuleuses1 dictes p> ,plut>que3 c'e/ qu',agesilaus fut mulct p> les ,ephores p\r auoir attir soy seul1 le cur et la volont de ses citoy5s4 ,ie ne say quelle m>que de faucet il y treuue3 mais tant y a1 que ,plut>que p>le l des *oses qui luy deuoy5t e/re beauc\p mieux cognus qu' n\s3 et n'e/oit pas n\ueau en ,grece1 de voir les hommes punis et exilez1 p\r cela seul1 d'agre] trop leurs citoy5s3 tesmo9 l',o/racisme et le ,petalisme4 ,il y a encore en ce mesme lieu1 vn' autre accusation qui me pique p\r ,plut>que1 o il dit qu'il a bi5 assorty de bonne foy1 les ,roma9s aux ,roma9s1 et les ,grecs entre eux1 mais non les ,roma9s aux ,grecz1 tesmo91 dit-il1 ,demo/h5es et ,cic]o1 ,caton et ,ari/ides1 ,sylla et ,lis&]1 ,m>cellus et ,pelopidas1 ,pompeius et ,agesilaus1 e/imant qu'il a fauoris les ,grecz1 de leur auoir donn des compagnons si disp>eils4 ,c'e/ iu/em5t attaqu] ce que ,plut>que a de plus excell5t et loable4 ,c> en ses comp>aisons 7qui e/ la piece plus admirable de ses uvres1 et en laquelle mon aduis il s'e/ autant pleu7 la fidelit et sync]it de ses iugem5s1 esgale leur pr(ondeur et leur poix4 ,c'e/ vn philosophe1 qui n\s appr5d la v]tu4 ,voyons si n\s le p\rrons g>5tir de ce repro*e de preu>ication et faucet4 ,ce que ie puis p5s] auoir donn occasion ce iugem5t1 c'e/ ce gr& et esclatant lu/re des noms ,roma9s1 que n\s auons en la te/e3 il ne n\s semble po9t1 que ,demo/h5es puisse esgal] la gloire d'vn consul1 proconsul1 et que/eur de cette gr&e republique4 ,mais qui consid]]a la v]it de la *ose1 et les hommes en eux mesmes1 quoy ,plut>que a plus vis1 et balanc] leurs murs1 leurs naturels1 leur suffisance1 que leur =tune3 ie p5se au reb\rs de ,bod91 que ,cic]on et le vieux ,caton1 en doiu5t de re/e leurs compaignons4 ,p\r son desse91 i'eusse plu/o/ *oisi l'exemple du ieune ,caton comp> ,phocion3 c> en ce pair1 il se tr\u]oit vne plus vray-semblable disp>it l'aduantage du ,roma94 ,quant ,m>cellus1 ,sylla1 et ,pompeius1 ie voy bi5 que leurs exploits de gu]re sont plus enflez1 glorieux1 et pompeux1 que ceux des ,grecs1 que ,plut>que leur app>ie3 mais les actions les plus belles et v]tueuses1 non plus en la gu]re qu'ailleurs1 ne sont pas t\si\rs les plus fameuses4 ,ie voy s\u5t des noms de capita9es1 e/\ffez s\bs la spl5deur d'autres noms1 de mo9s de m]ite3 tesmo9 ,labi5us1 ,v5tidius1 ,teles9us et plusieurs autres4 ,et le pr5dre p> l1 si i'auois me pla9dre p\r les ,grecs1 p\rrois-ie pas dire1 que beauc\p mo9s e/ ,camillus comp>able ,!mi/ocles1 les ,grac*es ,agis et ,cleom5es1 ,numa ,lycurgus8 ,mais c'e/ folie de v\loir iug] d'vn traict1 les *oses tant de visages4 ,qu& ,plut>que les comp>e1 il ne les esgale pas p\rtant4 ,qui plus dis]tem5t et consci5tieusem5t1 p\rroit rem>qu] leurs diff]5ces8 ,vi5t-il p>angonn] les victoires1 les exploits d'armes1 la puissance des armes conduites p> ,pompeius1 et ses triumphes1 auec ceux d',agesilaus8 ,ie ne croy pas1 dit-il1 que ,x5ophon mesme1 s'il e/oit viuant1 encore qu'on luy ait conc$ d'escrire t\t ce qu'il a v\lu l'aduantage d',agesilaus1 osa/ le mettre en comp>aison4 ,p>le-il de conf]] ,lys&] ,sylla3 ,il n'y a1 dit-il1 po9t de comp>aison1 ny en nombre de victoires1 ny en haz>d de batailles3 c> ,lys&] ne gaigna seulem5t que deux batailles nauales1 etc4 ,cela1 ce n'e/ ri5 desrob] aux ,roma9s4 ,p\r les auoir simplem5t pres5tez aux ,grecz1 il ne leur peut auoir fait iniure1 quelque disp>it qui y puisse e/re4 ,et ,plut>que ne les contrepoise pas enti]s3 il n'y a en gros aucune pref]5ce3 il app>ie les pieces et les circon/ances1 l'vne apres l'autre1 et les iuge sep>m5t4 ,p>quoy1 si on le v\loit conua9cre de faueur1 il falloit en esplu*] quelque iugem5t p>ticuli]3 ou dire en g5]al1 qu'il auroit failly d'assortir tel ,grec tel ,roma93 d'autant qu'il y en auroit d'autres plus correspondans p\r les app>i]1 et se rapportans mieux4 ,,*apitre ,,xxxiii4 ,l'hi/oire de ,spur9a4 ,,la philosophie ne p5se pas auoir mal employ ses moy5s1 qu& elle a r5du la raison1 la s\u]a9e mai/rise de no/re ame1 et l'au?orit de t5ir en bride nos appetits4 ,entre lesquels ceux qui iug5t qu'il n'en y a po9t de plus viol5s1 que ceux que l'am\r eng5dre1 ont cela p\r leur op9ion1 qu'ils ti5n5t au corps et l'ame1 et que t\t l'homme en e/ poss$3 en mani]e que la sant mesmes en dep5d1 et e/ la m$ec9e p> fois contra9te de leur s]uir de maqu]ellage4 ,mais au contraire1 on p\rroit aussi dire1 que le meslange du corps y apporte du rabais1 et de l'affoiblissem5t3 c> tels desirs sont subiects satiet1 et capables de rem$es mat]iels4 ,plusieurs ayans v\lu deliur] leurs ames des al>mes cont9uelles que leur donnoit cet appetit1 se sont s]uis d'incision et de/ran*em5t des p>ties esmeus et alt]es4 ,d'autres en ont du t\t abatu la =ce1 et l'ardeur1 p> frequ5te application de *oses froides1 comme de neige1 et de v9aigre4 ,les haires de nos aieulx e/oi5t de cet vsage3 c'e/ vne mati]e tissue de poil de *eual1 dequoy les vns d'entr'eux faisoi5t des *emises1 et d'autres des ce9tures geh5n] leurs re9s4 ,vn ,pr9ce me disoit1 il n'y a pas long temps1 que p5dant sa ieunesse1 vn i\r de fe/e solemne1 en la c\r du ,roy ,franois premi]1 o t\t le monde e/oit p>1 il luy pr9t enuie de se ve/ir de la haire1 qui e/ encore *ez luy1 de monsieur son p]e3 mais quelque deuotion qu'il eu/1 qu'il ne sceut auoir la pati5ce d'att5dre la nuict p\r se desp\ll]1 et en fut long temps malade3 adi\/ant qu'il ne p5soit pas qu'il y eu/ *aleur de ieunesse si aspre1 que l'vsage de cette recepte ne peu/ amortir3 t\tesfois l'aduanture ne les a-il pas essayes les plus cuisantes4 ,c> l'exp]i5ce n\s faict voir1 qu'vne telle esmotion1 se ma9ti5t bi5 s\u5t s\bs des habits rudes et m>miteux3 et que les haires ne r5d5t pas t\si\rs h]es ceux qui les port5t4 ,x5ocrates y proc$a plus rig\reusem5t3 c> ses disciples p\r essay] sa cont95ce1 luy ayants f\rr dans son lict1 ,las1 cette belle et fameuse c\rtisane t\te nu1 sauf les armes de sa beaut et folasres apa/s1 ses phyltres3 s5tant qu'en despit de ses disc\rs1 et de ses regles1 le corps reues*e comm5oit se mut9]1 il se fit brusl] les membres1 qui auoi5t pre/ l'oreille cette rebellion4 ,l o les passions qui sont t\tes en l'ame1 comme l'ambition1 l'av>ice1 et autres1 donn5t bi5 plus faire la raison3 c> elle n'y peut e/re sec\rue1 que de ses propres moy5s3 ny ne sont ces appetits l1 capables de satiet3 voire ils s'esguis5t et augm5t5t p> la i\yssance4 ,le seul exemple de ,iulius ,cs>1 peut suffire n\s montr] la disp>it de ces appetits3 c> iamais homme ne fut plus addonn aux plaisirs am\reux4 ,le so9 curieux qu'il auoit de sa p]sonne1 en e/ vn tesmoignage1 iusques se s]uir cela1 des moy5s les plus lascifs qui fuss5t lors en vsage3 comme de se faire p9cet] t\t le corps1 et f>d] de p>fums d'vne extreme curiosit3 et de soy il e/oit beau p]sonnage1 blanc1 de belle et allegre taille1 le visage ple91 les yeux bruns et vifs1 s'il en faut croire ,suetone3 c> les /atues1 qui se voy5t de luy ,rome ne rapport5t pas bi5 p> t\t1 cette pe9ture4 ,outre ses femmes1 qu'il *angea quatre fois1 sans cont] les am\rs de son enfance1 auec le ,roy de ,bi?ynie ,nicom$es1 il eut le pucelage de cette tant r5omme ,royne d'gypte1 ,cleopatra3 tesmo9 le petit ,cs>ion1 qui en nasquit4 ,il fit aussi l'am\r ,euno ,royne de ,mauritanie3 et ,rome1 ,po/humia1 femme de ,s]uius ,sulpitius3 ,lollia1 de ,gab9ius3 ,t]tulla1 de ,crassus1 et ,mutia mesme1 femme du gr& ,pompeius4 ,qui fut la cause1 dis5t les hi/ori5s ,roma9s1 p\rquoy son m>y la repudia1 ce que ,plut>que confesse auoir ignor4 ,et les ,curions p]e et fils repro*]5t depuis ,pompeius1 qu& il esp\sa la fille de ,cs>1 qu'il se faisoit g5dre d'vn homme qui l'auoit fait coqu1 et que luy-mesme auoit acc\/um d'appell] gy/hus4 ,il entret9t outre t\t ce nombre1 ,s]uilia sur de ,caton1 et m]e de ,m>cus ,brutus1 dont *acun ti5t que proc$a cette gr&e affection qu'il portoit ,brutus3 p> ce qu'il e/oit nay en temps1 auquel il y auoit app>5ce qu'il fu/ issu de luy4 ,a9si i'ai raison1 ce me semble1 de le pr5dre p\r homme extremem5t addonn cette desbau*e1 et de complexion tres-am\reuse4 ,mais l'autre passion de l'ambition1 dequoy il e/oit aussi inf9im5t bless1 v5ant combattre celle l1 elle luy fit incont95t p]dre place4 ,me ress\u5ant sur ce propos de ,mehem$1 celuy qui subiugua ,con/ant9ople1 et apporta la f9ale ext]m9ation du nom ,grec3 ie ne sa*e po9t o ces deux passions se tr\u5t plus egalem5t balances3 p>eillem5t indefatigable ruffi51 et soldat4 ,mais qu& en sa vie1 elles se pres5t5t en concurr5ce l'vne de l'autre1 l'ardeur qu]elleuse g\rm&e t\si\rs l'am\reuse ardeur4 ,et ce/e-cy1 encore que ce fu/ hors sa naturelle saison1 ne regaigna ple9em5t l'au?orit s\u]a9e1 que qu& il se tr\ua en gr&e vieillesse1 incapable de plus s\t5ir le faix des gu]res4 ,ce qu'on recite p\r vn exemple contraire de ,ladislaus ,roy de ,naples1 e/ rem>quable3 ,que bon capita9e1 c\rageux1 et ambitieux1 il se proposoit p\r f9 pr9cipale de son ambition1 l'execution de sa volupt1 et i\ssance de quelque r>e beaut4 ,sa mort fut de mesme4 ,ayant r5g p> vn siege bi5 p\rsuiuy1 la ville de ,flor5ce si de/roit1 que les habitants e/oi5t apres compos] de sa victoire3 il la leur quitta p\rueu qu'ils luy liurass5t vne fille de leur ville dequoy il auoit ouy p>l]1 de beaut excell5te4 ,=ce fut de la luy accord]1 et g>antir la publique ru9e p> vne iniure priue4 ,elle e/oit fille d'vn m$ec9 fameux de son temps2 lequel se tr\uant engag en si villa9e necessit1 se resolut vne haute entrepr9se4 ,comme *acun p>oit sa fille et l'att\rnoit d'ornem5ts et ioyaux1 qui la peuss5t r5dre aggreable ce n\uel amant1 luy aussi luv donna vn m\*oir exquis en s5teur et en ouurage1 duquel elle eu/ se s]uir en leurs premi]es appro*es3 meuble1 qu'elles n'y oubli5t gu]e en ces qu>ti]s l4 ,ce m\*oir empoisonn selon la capacit de son art1 v5ant se frott] ces *airs esmeus et pores ouu]ts1 inspira son v59 si promptem5t1 qu'ayant s\da9 *ang leur sueur *aude en froide1 ils expir]5t entre les bras l'vn de l'autre4 ,ie m'en reuay ,ces>4 ,ses plaisirs ne luy fir5t iamais desrob] vne seule m9ute d'heure1 ny de/\rn] vn pas des occasions qui se pres5toi5t p\r son agr&issem5t4 ,cette passion reg5ta en luy si s\u]a9em5t t\tes les autres1 et poss$a son ame d'vne au?orit si ple9e1 qu'elle l'emporta o elle v\lut4 ,c]tes i'en suis despit3 qu& ie consid]e au demeurant1 la gr&eur de ce p]sonnage1 et les m]ueilleuses p>ties qui e/oi5t en luy3 tant de suffisance en t\te sorte de sauoir1 qu'il n'y a quasi sci5ce en quoy il n'ait escrit3 il e/oit tel orateur1 que plusieurs ont pref] son eloqu5ce celle de ,cic]o3 et luy-mesmes1 mon aduis1 n'e/imoit luy deuoir gu]e en cette p>tie4 ,et ses deux ,anticatons1 fur5t pr9cipalem5t escrits p\r contre-balanc] le bi5 dire1 que ,cic]o auoit employ en son ,caton4 ,au demeurant1 fut-il iamais ame si vigilante1 si actiue1 et si pati5te de labeur que la si5ne8 ,et sans d\bte1 encore e/oit elle embellie de plusieurs r>es sem5ces de v]tu1 ie dy viues1 naturelles1 et non contrefaictes4 ,il e/oit s+uli]em5t sobre1 et si peu delicat en son mang]1 qu',oppius recite1 qu'vn i\r luy ayant e/ pres5t table1 en quelque sauce de l'huyle m$ec9e1 au lieu d'huyle simple1 il en mangea l>gem5t1 p\r ne faire honte son ho/e4 ,vne autrefois1 il fit f\tt] son b\l5g]1 p\r luy auoir s]uy d'autre pa9 que celuy du commun4 ,caton mesme auoit acc\/um de dire de luy1 que c'e/oit le premi] homme sobre1 qui se fu/ a*em9 la ruyne de son pays4 ,et quant ce que ce mesme ,caton l'appella vn i\r yurongne1 cela adu9t en cette faon4 ,e/ans t\s deux au ,s5at1 o il se p>loit du fait de la coniuration de ,catil9a1 de laquelle ,cs> e/oit s\ponn1 on luy v9t apport] de dehors1 vn breuet ca*etes3 ,caton e/imant que ce fu/ quelque *ose1 dequoy les coniurez l'adu]tiss5t1 le somma de le luy donn]3 ce que ,cs> fut contra9ct de faire1 p\r euit] vn plus gr& s\pon4 ,c'e/oit de =tune vne lettre am\reuse1 que ,s]uilia sur de ,caton luy escriuoit3 ,caton l'ayant leu1 la luy reietta1 en luy disant3 ,ti5 yurongne4 ,cela1 dis-ie1 fut plu/o/ vn mot de desda9 et de col]e1 qu'vn expres repro*e de ce vice3 comme s\u5t n\s iniurions ceux qui n\s fas*5t1 des premi]es iniures qui n\s vi5n5t la b\*e1 quoy qu'elles ne soy5t nullem5t deus ceux qui n\s les atta*ons4 ,io9ct que ce vice que ,caton luy repro*e1 e/ m]ueilleusem5t vois9 de celuy1 auquel il auoit surpris ,cs>3 c> ,v5us et ,bac*us se conui5n5t volonti]s1 ce que dit le pr\]be3 mais *ez moy ,v5us e/ bi5 plus allegre1 accompaigne de la sobriet4 ,les exemples de sa d\ceur1 et de sa clem5ce1 enu]s ceux qui l'auoi5t (f5c sont inf9is3 ie dis outre ceux qu'il donna1 p5dant le temps que la gu]re ciuile e/oit encore en son progrs1 desquels il fait luy-mesmes assez s5tir p> ses escrits1 qu'il se s]uoit p\r amad\r ses ennemis1 et leur faire mo9s cra9dre sa future dom9ation et sa victoire4 ,mais si faut il dire que ces exemples l s'ils ne sont suffisans n\s tesmoign] sa naue d\ceur1 ils n\s montr5t au mo9s vne m]ueilleuse confiance et gr&eur de c\rage1 en ce p]sonnage4 ,il luy e/ adu5u s\u5t1 de r5uoy] des armes t\tes enti]es son ennemy1 apres les auoir va9cus1 sans daign] seulem5t les oblig] p> s]m5t1 s9on de le fauoris]1 aumo9s de se cont5ir sans luy faire la gu]re3 il a pr9s trois et quatre fois tels capita9es de ,pompeius1 et autant de fois remis en lib]t4 ,pompeius decl>oit ses ennemis1 t\s ceux qui ne l'accompaignoi5t la gu]re3 et luy fit proclam] qu'il t5oit p\r amis t\s ceux qui ne b\geoi5t1 et qui ne s'armoy5t effectuellem5t contre luy4 ,a ceux de ses capita9es1 qui se desroboi5t de luy p\r all] pr5dre autre condition1 il r'enuoioit encore les armes1 *euaux1 et equipages4 ,les villes qu'il auoit pr9ses p> =ce1 il les laissoit en lib]t de suyure tel p>ty qu'il leur plairoit1 ne leur donnant autre g>nison1 que la memoire de sa d\ceur et clem5ce4 ,il deff5dit le i\r de sa gr&e bataille de ,ph>sale1 qu'on ne mi/ qu' t\te extremit1 la ma9 sur les citoy5s ,roma9s4 ,voyla des traits bi5 haz>deux selon mon iugem5t3 et n'e/ pas m]ueilles si aux gu]res ciuiles1 que n\s s5tons1 ceux qui combatt5t1 comme luy1 l'e/at anci5 de leur pays1 n'en imit5t l'exemple4 ,ce sont moy5s extraord9aires1 et qu'il n'app>ti5t qu' la =tune de ,cs>1 et son admirable p\ruoyance1 d'heureusem5t conduire4 ,qu& ie consid]e la gr&eur incomp>able de cette ame1 i'excuse la victoire1 de ne s'e/re peu depe/r] de luy1 voire en cette tres-iniu/e et tres-inique cause4 ,p\r reu5ir sa clem5ce1 n\s en auons plusieurs naifs exemples1 au temps de sa dom9ation1 lors que t\tes *oses e/ants r$uites en sa ma91 il n'auoit plus se fe9dre4 ,caius ,memmius auoit escrit contre luy des oraisons tres-poignantes1 ausquelles il auoit bi5 aigrem5t respondu3 si ne laissa-il bi5 to/ apres d'ayd] le faire ,consul4 ,caius ,caluus qui auoit faict plusieurs epigrammes iniurieux contre luy1 ayant employ de ses amis p\r le reconcili]1 ,cs> se conuia luy-mesme luy escrire le premi]4 ,et no/re bon ,catulle1 qui l'auoit te/onn si rudem5t s\s le nom de ,mamurra1 s'en e/ant v5u excus] luy1 il le fit ce i\r mesme s\pp] sa table4 ,ayant e/ adu]ty d'aucuns qui p>loi5t mal de luy1 il n'en fit autre *ose1 que decl>] en vne si5ne h>angue publique1 qu'il en e/oit adu]ty4 ,il craignoit encore mo9s ses ennemis1 qu'il ne les haissoit4 ,aucunes coniurations et assemblees1 qu'on faisoit contre sa vie1 luy ayants e/ desc\u]tes1 il se cont5ta de publi] p> edit qu'elles luy e/oi5t cognus1 sans autrem5t en p\rsuyure les au!urs4 ,quant au respect qu'il auoit ses amis3 ,caius ,oppius voyageant auec luy1 et se tr\uant mal1 il luy quitta vn seul logis qu'il y auoit1 et c\*a t\te la nuict sur la dure et au desc\u]t4 ,quant sa iu/ice1 il fit m\rir vn si5 s]uiteur1 qu'il aimoit s+uli]em5t1 p\r auoir c\* auecques la femme d'vn *euali] ,roma91 quoy que p]sonne ne s'en plaigni/4 ,iamais homme n'apporta1 ny plus de mod]ation en sa victoire1 ny plus de resolution en sa =tune contraire4 ,mais t\tes ces belles incl9ations fur5t alt]es et e/\ffes1 p> cette furieuse passion ambitieuse3 laquelle il se laissa si =t emport]1 qu'on peut aism5t ma9t5ir1 qu'elle t5oit le timon et le g\u]nail de t\tes ses actions4 ,d'vn homme lib]al1 elle en r5dit vn voleur publique1 p\r f\rnir cette pr(usion et l>gesse1 et luy fit dire ce vila9 et tres-iniu/e mot1 que si les plus mes*ans et p]dus hommes du monde1 luy auoy5t e/ fidelles1 au s]uice de son agr&issem5t1 il les *]iroit et auanc]oit de son p\uoir1 aussi bi5 que les plus g5s de bi53 l'enyura d'vne vanit si extreme1 qu'il osoit se vant] en pres5ce de ses concitoy5s1 d'auoir r5du cette gr&e ,republique ,roma9e1 vn nom sans =me et sans corps3 et dire que ses responces deuoy5t me%uy s]uir de loix3 et receuoir assis1 le corps du ,s5at v5ant v]s luy3 et s\ffrir qu'on l'adora/1 et qu'on luy fi/ en sa pres5ce des honneurs diu9s4 ,somme1 ce seul vice1 mon aduis1 p]dit en luy le plus beau1 et le plus ri*e naturel qui fut onques3 et a r5du sa memoire abom9able t\s les g5s de bi51 p\r auoir v\lu *]*] sa gloire de la ruyne de son pas1 et subu]sion de la plus puissante1 et fleurissante *ose publique que le monde v]ra iamais4 ,il se p\rroit bi5 au contraire1 tr\u] plusieurs exemples de gr&s p]sonnages1 ausquels la volupt a faict oubli] la conduicte de leurs affaires1 comme ,m>cus ,antonius1 et autres3 mais o l'am\r et l'ambition s]oi5t en esgale balance1 et vi5droi5t se *oqu] de =ces p>eilles1 ie ne fay aucun d\bte1 que ce/e-cy ne gaigna/ le prix de la mai/rise4 ,or p\r me remettre sur mes brises1 c'e/ beauc\p de p\uoir brid] nos appetits1 p> le disc\rs de la raison1 ou de =c] nos membres1 p> viol5ce1 se t5ir en leur deuoir4 ,mais de n\s f\tt] p\r l'int]e/ de nos vois9s1 de non seulem5t n\s deffaire de cette d\ce passion1 qui n\s *at\lle1 du plaisir que n\s s5tons de n\s voir aggreables autruy1 et aymez et re*]*ez d'vn *ascun3 mais encore de pr5dre en ha9e1 et contre-cur nos graces1 qui en sont cause1 et condamn] no/re beaut1 p> ce que quelque autre s'en es*auffe1 ie n'en ay veu gu]e d'exemples3 ce/uy-cy en e/4 ,spur9a ieune homme de la ,toscane1 ,qualis gemma micat1 fuluum qu diuidit aurum1 ,aut collo decus aut capiti1 vel quale p] artem ,inclusum buxo aut ,oricia t]eb9?o ,lucet ebur1 e/ant d d'vne s+uli]e beaut1 et si excessiue1 que les yeux plus cont95ts1 ne p\uoi5t en s\ffrir l'esclat cont9emm5t1 ne se cont5tant po9t de laiss] sans sec\rs tant de fiure et de feu1 qu'il alloit attisant p> t\t1 entra en furieux despit contre soy-mesmes1 et contre ces ri*es pres5s1 que ,nature luy auoit faits3 comme si on se deuoit pr5dre eux1 de la faute d'autruy3 et dtailla1 et tr\bla =ce de playes1 qu'il se fit esci5t1 et de cicatrices1 la p>faicte proportion et ordonnance que ,nature auoit si curieusem5t obs]ue en son visage4 ,p\r en dire mon aduis3 i'admire telles actions1 plus que ie ne les honnore4 ,ces excez sont ennemis de mes regles4 ,le desse9 en fut beau1 et consci5tieux3 mais1 mon aduis1 vn peu manque de prud5ce4 ,quoy8 si sa laideur s]uit depuis en iett] d'autres au pe* de mespris et de ha9e1 ou d'enuie1 p\r la gloire d'vne si r>e recomm&ation3 ou de calomnie1 int]pretant cette humeur1 vne =c5e ambition4 ,y a-il quelque =me1 de laquelle le vice ne tire1 s'il veult1 occasion s'ex]c] en quelque mani]e8 ,il e/oit plus iu/e1 et aussi plus glorieux1 qu'il fi/ de ces dons de ,dieu1 vn subiect de v]tu exemplaire1 et de reglem5t4 ,ceux1 qui se desrob5t aux (fices communs1 et ce nombre inf9i de regles esp9euses1 tant de visages1 qui li5t vn homme d'exacte preud'hommie1 en la vie ciuile3 font1 mon gr1 vne belle esp>gne3 quelque po9te d'aspret peculi]e qu'ils s'enioign5t4 ,c'e/ aucunem5t m\rir1 p\r fuir la pe9e de bi5 viure4 ,ils peuu5t auoir autre prix1 mais le prix de la difficult1 il ne m'a iamais sembl qu'ils l'euss5t4 ,ny qu'en malaisance1 il y ait ri5 audel1 de se t5ir droit emmy les flots de la presse du monde1 respondant et satisfaisant loyalem5t t\ts les membres de sa *>ge4 ,il e/ l'adu5ture plus facile1 de se pass] nettem5t de t\t le sexe1 que de se ma9t5ir deum5t de t\t po9ct1 en la compagnie de sa femme4 ,et a l'on dequoy c\l] plus incurieusem5t1 en la pauuret1 qu'en l'abondance1 iu/em5t disp5se4 ,l'vsage1 conduit selon raison1 a plus d'aspret1 que n'a l'ab/95ce4 ,la mod]ation e/ v]tu bi5 plus affaireuse1 que n'e/ la s\ffrance4 ,le bi5 viure du ieune ,scipion1 a mille faons4 ,le bi5 viure de ,diog5es1 n'en a qu'vne4 ,ce/e-cy surpasse d'autant en innoc5ce les vies ord9aires1 comme les exquises et accomplies la surpass5t en vtilit et en =ce4 ,,*apitre ,,xxxiiii4 ,obs]uation sur les moy5s de faire la gu]re1 de ,iulius ,cs>4 ,,on recite de plusieurs *efs de gu]re1 qu'ils ont eu c]ta9s liures en p>ticuli]e recomm&ation1 comme le gr& ,alex&re1 ,hom]e3 ,scipion ,aphrica91 ,x5ophon3 ,m>cus ,brutus1 ,polybius3 ,*>les c9quiesme1 ,philippe de ,com9es4 ,et dit-on de ce temps1 que ,ma*iauel e/ encores ailleurs en cr$it4 ,mais le feu ,m>es*al ,/rossy1 qui auoit pris ,cs> p\r sa "p1 auoit sans d\bte bi5 mieux *oisi3 c> la v]it ce deuroit e/re le breuiaire de t\t homme de gu]re1 comme e/ant le vray et s\u]a9 patron de l'art militaire4 ,et ,dieu sait encore de quelle grace1 et de quelle beaut il a f>d cette ri*e mati]e1 d'vne faon de dire si pure1 si delicate1 et si p>faicte1 qu' mon g\/1 il n'y a aucuns escrits au monde1 qui puiss5t e/re comp>ables aux si5s1 en cette p>tie4 ,ie veux icy enregi/r] c]ta9s traicts p>ticuli]s et r>es1 sur le faict de ses gu]res1 qui me sont demeurez en memoire4 ,son arme e/ant en quelque effroy1 p\r le bruit qui c\roit des gr&es =ces1 que m5oit contre luy le ,roy ,iuba1 au lieu de rabattre l'op9ion que ses soldats en auoy5t prise1 et appetiss] les moy5s de son ennemy1 les ayant faict assembl] p\r les r'asseur] et leur donn] c\rage1 il pr9t vne voye t\te contraire celle que n\s auons acc\/um3 c> il leur dit qu'ils ne se miss5t plus en pe9e de s'enqu]ir des =ces que m5oit l'ennemy1 et qu'il en auoit eu bi5 c]ta9 adu]tissem5t3 et lors il leur en fit le nombre surpassant de beauc\p1 et la v]it1 et la r5omme1 qui en c\roit en son arme4 ,suiuant ce que conseille ,cyrus en ,x5ophon4 ,d'autant que la tromp]ie n'e/ pas de tel int]e/1 de tr\u] les ennemis p> effect plus foibles qu'on n'auoit esp]3 que de les tr\u] la v]it bi5 =ts1 apres les auoir iugez foibles p> reputation4 ,il acc\/umoit sur t\t ses soldats obeyr simplem5t1 sans se mesl] de contr]oll]1 ou p>l] des desse9s de leur ,capita9e2 lesquels il ne leur communiquoit que sur le po9ct de l'execution3 et pr5oit plaisir s'ils en auoy5t desc\u]t quelque *ose1 de *ang] sur le *amp d'aduis1 p\r les tromp]3 et s\u5t p\r cet effect ayant assign vn logis en quelque lieu1 il passoit outre1 et allongeoit la i\rne1 notamm5t s'il faisoit mauuais temps et pluuieux4 ,les ,s\isses1 au comm5cem5t de ses gu]res de ,gaule1 ayans enuoy v]s luy p\r leur donn] passage au trau]s des t]res des ,roma9s2 e/ant delib] de les empes*] p> =ce1 il leur contrefit t\tesfois vn bon visage1 et pr9t quelques i\rs de delay leur faire responce1 p\r se s]uir de ce loisir1 assembl] son arme4 ,ces pauures g5s ne sauoy5t pas combi5 il e/oit excell5t mesnag] du temps3 c> il r$it ma9tes-fois1 que c'e/ la plus s\u]a9e p>tie d'vn capita9e1 que la sci5ce de pr5dre au po9ct les occasions1 et la dilig5ce1 qui e/ en ses exploicts1 la v]it1 in\ye et incroyable4 ,s'il n'e/oit pas =t consci5tieux en cela1 de pr5dre aduantage sur son ennemy1 s\s c\leur d'vn traict d'accord3 il l'e/oit aussi peu1 en ce qu'il ne requ]oit en ses soldats autre v]tu que la vaillance1 ny ne punissoit gu]e autres vices1 que la mut9ation1 et la desobeyssance4 ,s\u5t apres ses victoires1 il leur las*oit la bride t\te lic5ce1 les disp5sant p\r quelque temps des regles de la discipl9e militaire1 adi\/ant cela1 qu'il auoit des soldats si bi5 creez1 que t\s p]fumez et musquez1 ils ne laissoy5t pas d'all] furieusem5t au combat4 ,de vray1 il aymoit qu'ils fuss5t ri*em5t armez1 et leur faisoit port] des h>nois grauez1 dorez et arg5tez3 af9 que le so+ de la cons]uation de leurs armes1 les r5di/ plus aspres se deff5dre4 ,p>lant eux1 il les appelloit du nom de compagnons1 que n\s vsons encore3 ce qu',augu/e son successeur re=ma1 e/imant qu'il l'auoit faict p\r la necessit de ses affaires1 et p\r flatt] le cur de ceux qui ne le suyuoi5t que volontairem5t3 ,rh5i mihi ,cs> 9 vndis ,dux erat3 hic socius2 fac9us quos inqu9at1 quat2 mais que cette faon e/oit trop rabbaisse1 p\r la dignit d'vn ,emp]eur et g5]al d'arme1 et remit en tra9 de les appell] seulem5t soldats4 ,a cette c\rtoisie1 ,cs> mesloit t\tesfois vne gr&e seu]it1 les reprim]4 ,la neufiesme legion s'e/ant mut9e au pres de ,plaisance1 il la cassa auec ignom9ie1 quoy que ,pompeius fu/ lors encore en pi$s1 et ne la reeut en grace qu'auec plusieurs supplications4 ,il les rappaisoit plus p> au?orit et p> audace1 que p> d\ceur4 ,l o il p>le de son passage de la riui]e du ,rh91 v]s l',allemaigne1 il dit qu'e/imant indigne de l'honneur du peuple ,roma91 qu'il passa/ son arme nauires1 il fit dress] vn pont1 af9 qu'il passa/ pi$ f]me4 ,ce fut l1 qu'il ba/it ce pont admirable1 dequoy il de*iffre p>ticuli]em5t la fabrique3 c> il ne s'arre/e si volonti]s en nul endroit de ses faits1 qu' n\s repres5t] la subtilit de ses inu5tions1 en telle sorte d'ouurages de ma94 ,i'y ay aussi rem>qu cela1 qu'il fait gr& cas de ses exhortations aux soldats auant le combat3 c> o il veut montr] auoir e/ surpris1 ou press1 il allegue t\si\rs cela1 qu'il n'eut pas seulem5t loisir de h>angu] son arme4 ,auant cette gr&e battaille contre ceux de ,t\rnay2 ,cs>1 dict-il1 ayant ordonn du re/e1 c\rut s\da9em5t1 o la =tune le porta1 p\r exhort] ses g5s2 et r5contrant la dixiesme legion1 il n'eut loisir de leur dire1 s9on1 qu'ils euss5t s\u5ance de leur v]tu acc\/ume1 qu'ils ne s'e/onnass5t po9t1 et s\/9s5t h>dim5t l'ef=t des adu]saires3 et p> ce que l'ennemy e/oit des-ia appro* vn iect de traict1 il donna le signe de la battaille3 et de l e/ant pass s\da9em5t ailleurs p\r en enc\rag] d'autres1 il tr\ua qu'ils e/oy5t des-ia aux prises3 voyla ce qu'il en dit en ce lieu l4 ,de vray1 sa langue luy a faict en plusieurs lieux de bi5 notables s]uices1 et e/oit de son temps mesme1 son eloqu5ce militaire en telle recomm5dation1 que plusieurs en son arme recueilloy5t ses h>angues3 et p> ce moy51 il en fut assembl des volumes1 qui ont dur long temps apres luy4 ,son p>l] auoit des graces p>ticuli]es2 si que ses famili]s1 et entre autres ,augu/e1 oyant recit] ce qui en auoit e/ recueilly1 recognoissoit iusques aux phrases1 et aux mots1 ce qui n'e/oit pas du si54 ,la premi]e fois qu'il sortit de ,rome1 auec *>ge publique1 il arriua en huict i\rs la riui]e du ,rhone1 ayant dans son co*e deuant luy vn secretaire ou deux qui escriuoy5t sans cesse1 et d]ri]e luy1 celuy qui portoit son espe4 ,et c]tes qu& on ne f]oit qu'all]1 pe9e p\rroit-on atte9dre cette promptitude1 dequoy t\si\rs victorieux ayant laiss la ,gaule1 et suiuant ,pompeius ,br9des1 il subiuga l',italie en dix huict i\rs2 reu9t de ,br9des ,rome2 de ,rome il s'en alla au f9 fond de l',espaigne2 o il passa des difficultez extremes1 en la gu]re contre ,affranius et ,petreius1 et au long siege de ,m>seille3 de l il s'en ret\rna en la ,mac$o9e1 battit l'arme ,roma9e ,ph>sale2 passa de l1 suiuant ,pompeius1 en gypte1 laquelle il subiuga2 d'gypte il v9t en ,syrie1 et au pays de ,pont1 o il combattit ,ph>naces2 de l en ,afrique1 o il deffit ,scipion et ,iuba2 et rebr\ssa encore p> l',italie en ,espaigne1 o il deffit les enfans de ,pompeius4 ,ocior et cli flammis et tigride fta4 ,ac veluti montis saxum de v]tice prceps ,cm ruit auulsum v5to1 seu turbidus imb] ,proluit1 aut annis soluit sublapsa vetu/as1 ,f]tur 9 abruptum magno mons improbus actu1 ,exulttque solo1 siluas1 arm5ta1 virsque1 ,inuolu5s secum4 ,p>lant du siege d',au>icum1 il dit1 que c'e/oit sa c\/ume1 de se t5ir nuict et i\r pres des ouuri]s1 qu'il auoit en besoigne4 ,en t\tes entreprises de consequ5ce1 il faisoit t\si\rs la desc\u]te luy mesme1 et ne passa iamais son arme en lieu1 qu'il n'eu/ premi]em5t recognu4 ,et si n\s croyons ,suetone2 qu& il fit l'entreprise de traiett] en ,anglet]re1 il fut le premi] sond] le gu4 ,il auoit acc\/um de dire1 qu'il aimoit mieux la victoire qui se conduisoit p> conseil que p> =ce4 ,et en la gu]re contre ,petreius et ,afranius1 la ,=tune luy pres5tant vne bi5 app>ante occasion d'aduantage2 il la refusa1 dit-il1 esp]ant auec vn peu plus de longueur1 mais mo9s de haz>d1 v5ir b\t de ses ennemis4 ,il fit aussi l vn m]ueilleux traict1 de comm&] t\t son o/1 de pass] nage la riui]e sans aucune necessit1 ,rapuitque ru5s 9 prlia miles1 ,quod fugi5s timuisset it]3 mox vda receptis ,membra f\5t armis1 gelidsque a gurgite1 cursu ,re/ituunt artus4 ,ie le tr\ue vn peu plus ret5u et consid] en ses entrepr9ses1 qu',alex&re3 c> cettuy-cy semble re*]*] et c\rir =ce les dang]s1 comme vn impetueux torr5t1 qui *oque et attaque sans discretion et sans *ois1 t\t ce qu'il r5contre4 ,sic tauri=mis voluitur ,aufidus1 ,qui regna ,dauni p]fluit ,appuli ,dum suit1 horr5dmque cultis ,diluuiem m$itatur agris4 ,aussi e/oit-il embesongn en la fleur et premi]e *aleur de son aage2 l o ,cs> s'y pr9t e/ant desia meur et bi5 auanc4 ,outre ce1 qu',alex&re e/oit d'vne temp]ature plus sangu9e1 *ol]e1 et ard5te3 et si esm\uoit encore cette humeur p> le v91 duquel ,cs> e/oit tres-ab/95t4 ,mais o les occasions de la necessit se pres5toy5t1 et o la *ose le requ]oit1 il ne fut iamais homme faisant meilleur m>* de sa p]sonne4 ,quant moy1 il me semble lire en plusieurs de ses exploicts1 vne c]ta9e resolution de se p]dre1 p\r fuyr la honte d'e/re va9cu4 ,en cette gr&e battaille qu'il eut contre ceux de ,t\rnay1 il c\rut se pres5t] la te/e des ennemis1 sans b\cli]1 comme il se tr\ua1 voyant la po9te de son arme s'esbranl]3 ce qui luy e/ adu5u plusieurs autres fois4 ,oyant dire que ses g5s e/oy5t assiegez1 il passa desguis au trau]s l'arme ennemie1 p\r les all] =tifi] de sa pres5ce4 ,ayant trau]s ,dirra*ium1 auec bi5 petites =ces1 et voyant que le re/e de son arme qu'il auoit laisse conduire ,antonius1 t>doit le suiure1 il entreprit luy seul de repass] la m] p> vne tres-gr&e torm5te3 et se desroba1 p\r all] repr5dre le re/e de ses =ces2 les ports de del1 et t\te la m] e/ant saisie p> ,pompeius4 ,et quant aux entreprises qu'il a faictes ma9 arme1 il y en a plusieurs1 qui surpass5t en haz>d t\t disc\rs de raison militaire3 c> auec combi5 foibles moy5s1 entrepr9t-il de subiug] le ,royaume d'gypte3 et depuis d'all] attaqu] les =ces de ,scipion et de ,iuba1 de dix p>ts plus gr&es que les si5nes8 ,ces g5s l ont eu ie ne say quelle plus qu'huma9e confiance de leur =tune3 et disoit-il1 qu'il falloit execut]1 non pas consult] les hautes entreprises4 ,apres la battaille de ,ph>sale1 comme il eu/ enuoy son arme deuant en ,asie1 et passa/ auec vn seul vaisseau1 le de/roit de l',hellespont1 il r5contra en m] ,lucius ,cassius1 auec dix gros nauires de gu]re3 il eut le c\rage non seulem5t de l'att5dre1 mais de tir] droit v]s luy1 et le somm] de se r5dre3 et en v9t b\t4 ,ayant entrepris ce furieux siege d',alexia1 o il y auoit quatre v+ts mille hommes de deff5ce1 t\te la ,gaule s'e/ant esleue p\r luy c\rre sus1 et leu] le siege1 et dress vn' arme de c5t neuf mille *euaux1 et de deux c5s qu>ante mille hommes de pi$1 quelle h>diesse et maniacle confiance fut-ce1 de n'en v\loir ab&onn] son entreprise1 et se res\dre deux si gr&es difficultez ensemble8 ,lesquelles t\tesfois il s\/9t3 et apres auoir gaign cette gr&e battaille contre ceux de dehors1 r5gea bi5 to/ sa m]cy ceux qu'il t5oit enf]mez4 ,il en adu9t autant ,lucullus1 au siege de ,tigranoc]ta contre le ,roy ,tigranes1 mais d'vne condition disp>eille1 veu la mollesse des ennemis1 qui ,lucullus auoit affaire4 ,ie veux icy rem>qu] deux r>es eu5em5s et extraord9aires1 sur le faict de ce siege d',alexia1 l'vn1 que les ,gaulois s'assemblans p\r v5ir tr\u] l ,cs>1 ayans faict d5ombrem5t de t\tes leurs =ces1 resolur5t en leur conseil1 de retran*] vne bonne p>tie de cette gr&e multitude1 de peur qu'ils n'en tombass5t en confusion4 ,cet exemple e/ n\ueau1 de cra9dre e/re trop3 mais le bi5 pr5dre1 il e/ vray-semblable1 que le corps d'vne arme doit auoir vne gr&eur mod]e1 et regle c]ta9es bornes1 soit p\r la difficult de la n\rrir1 soit p\r la difficult de la conduire et t5ir en ordre4 ,aumo9s s]oit il bi5 ais v]ifi] p> exemple1 que ces armes mon/rueuses en nombre1 n'ont gu]e ri5 fait qui vaille4 ,suiuant le dire de ,cyrus en ,x5ophon1 ce n'e/ pas le nombre des hommes1 a9s le nombre des bons hommes1 qui faict l'aduantage3 le demeurant s]vant plus de de/\rbi] que de sec\rs4 ,et ,baiazet pr9t le pr9cipal fondem5t sa resolution1 de liur] i\rne ,tamburlan1 contre l'aduis de t\s ses ,capita9es1 sur ce1 que le nombre innombrable des hommes de son ennemy luy donnoit c]ta9e esp]ance de confusion4 ,sc&]be* bon iuge et tres exp]t1 auoit acc\/um de dire1 que dix ou d\ze mille combattans fideles1 deuoi5t ba/] vn suffisant *ef de gu]re1 p\r g>antir sa reputation en t\te sorte de beso+ militaire4 ,l'autre po9ct1 qui semble e/re contraire1 et l'vsage1 et la raison de la gu]re1 c'e/ que ,v]c+5torix1 qui e/oit nomm *ef et g5]al de t\tes les p>ties des ,gaules1 reuoltes1 pr9t p>ty de s'all] enf]m] dans ,alexia4 ,c> celuy qui comm&e t\t vn pays ne se doit iamais engag] qu'au cas de cette extremit1 qu'il y alla/ de sa d]ni]e place1 et qu'il n'y eu/ ri5 plus esp]] qu'en la deff5ce d'icelle4 ,autrem5t il se doit t5ir libre1 p\r auoir moy5 de pr\uoir en g5]al t\tes les p>ties de son g\u]nem5t4 ,p\r reu5ir ,cs>1 il deu9t auec le temps vn peu plus t>dif et plus consid]1 comme tesmoigne son famili] ,oppius3 e/imant1 qu'il ne deuoit aism5t haz>d] l'honneur de tant de victoires1 lequel1 vne seule de=tune luy p\rroit faire p]dre4 ,c'e/ ce que dis5t les ,itali5s1 qu& ils veul5t repro*] cette h>diesse tem]aire1 qui se void aux ieunes g5s1 les nommants necessiteux d'honneur1 bisognosi d'honore3 et qu'e/ans encore en cette gr&e faim et disette de reputation1 ils ont raison de la *]*] quelque prix que ce soit3 ce que ne doiu5t pas faire ceux qui en ont desia acquis suffisance4 ,il y peut auoir quelque iu/e mod]ation en ce desir de gloire1 et quelque saciet en cet appetit comme aux autres3 assez de g5s le pratiqu5t a9s94 ,il e/oit bi5 esloign de cette religion des anci5s ,roma9s1 qui ne se v\loy5t preualoir en leurs gu]res1 que de la v]tu simple et nayfue4 ,mais encore y apportoit il plus de consci5ce que n\s ne f]ions cette heure1 et n'appr\uoit pas t\tes sortes de moy5s1 p\r acqu]ir la victoire4 ,en la gu]re contre ,ari\i/us1 e/ant p>lem5t] auec luy1 il y suru9t quelque remuem5t entre les deux armes1 qui comm5a p> la faute des g5s de *eual d',ari\i/us4 ,sur ce tumulte1 ,cs> se tr\ua auoir =t gr& aduantage sur ses ennemis1 t\tes-fois il ne s'en v\lut po9t preualoir1 de peur qu'on luy peu/ repro*] d'y auoir proc$ de mauuaise foy4 ,il auoit acc\/um de port] vn acc\/rem5t ri*e au combat1 et de c\leur esclatante1 p\r se faire rem>qu]4 ,il t5oit la bride plus e/roite ses soldats1 et les t5oit plus de c\rt e/ants pres des ennemis4 ,qu& les anci5s ,grecs v\loi5t accus] quelqu'vn d'extreme insuffisance1 ils disoy5t en commun pr\]be1 qu'il ne sauoit ny lire ny nag]3 il auoit cette mesme op9ion1 que la sci5ce de nag] e/oit tres-vtile la gu]re1 et en tira plusieurs commoditez3 s'il auoit faire dilig5ce1 il fran*issoit ord9airem5t nage les riui]es qu'il r5controit3 c> il aymoit voyag] pi$1 comme le gr& ,alex&re4 ,en gypte1 ayant e/ =c p\r se sauu]1 de se mettre dans vn petit batteau1 et tant de g5s s'y e/ants lancez quant et luy1 qu'il e/oit en dang] d'all] fons1 il ayma mieux se iett] en la m]1 et gaigna sa flotte nage1 qui e/oit plus de deux c5ts pas au del1 t5ant en sa ma9 gau*e ses tablettes hors de l'eau1 et tra9ant belles d5ts sa cotte d'armes1 af9 que l'ennemy n'en i\y/1 e/ant desia bi5 auanc sur l'aage4 ,iamais *ef de gu]re n'eut tant de creance sur ses soldats4 ,au comm5cem5t de ses gu]res ciuiles1 les c5t5i]s luy (frir5t de s\doy] *acun sur sa b\rse1 vn homme d'armes1 et les g5s de pi$1 de le s]uir leurs desp5s3 ceux qui e/oy5t plus aysez1 entrepr5ants encore deffray] les plus necessiteux4 ,feu ,monsieur l',admiral de ,*a/illon n\s fit veoir d]ni]em5t vn p>eil cas en noz gu]res ciuiles3 c> les ,franois de son arme1 f\rnissoi5t de leurs b\rses au payem5t des e/rang]s1 qui l'accompagnoi5t4 ,il ne se tr\u]oit gu]e d'exemples d'affection si ard5te et si pre/e1 p>my ceux qui m>*5t dans le vieux tra91 s\bs l'anci5ne police des loix4 ,la passion n\s comm&e bi5 plus viuem5t que la raison4 ,il e/ p\rtant adu5u en la gu]re contre ,annibal1 qu' l'exemple de la lib]alit du peuple ,roma9 en la ville1 les g5d>mes et ,capita9es refus]5t leur paye2 et appelloit on au camp de ,m>cellus1 m]c5aires1 ceux qui en pr5oi5t4 ,ayant eu du pire aupres de ,dyrra*ium1 ses soldats se v9dr5t d'eux mesmes (frir e/re *a/iez et punis1 de faon qu'il eut plus les consol] qu' les tanc]4 ,vne si5ne seule cohorte1 s\/9t quatre legions de ,pompeius plus de quatre heures1 iusques ce qu'elle fut quasi t\te deffaicte c\ps de trait1 et se tr\ua dans la tran*e1 c5t tr5te mille fles*es4 ,vn soldat nomm ,scua1 qui comm&oit l'vne des entres1 s'y ma9t9t inu9cible ayant vn il creu1 vne espaule et vne cuisse p]ces1 et son escu fauc en deux c5s tr5te lieux4 ,il e/ adu5u plusieurs de ses soldats pris prisonni]s1 d'accept] plu/o/ la mort1 que de v\loir promettre de pr5dre autre p>ty4 ,granius ,petronius1 pris p> ,scipion en ,affrique1 ,scipion apres auoir faict m\rir ses compagnons1 luy m&a qu'il luy donnoit la vie1 c> il e/oit homme de r5g et que/eur3 ,petronius respondit que les soldats de ,cs> auoy5t acc\/um de donn] la vie aux autres1 non la receuoir2 et se tua t\t s\da9 de sa ma9 propre4 ,il y a inf9is exemples de leur fidelit3 il ne faut pas oubli] le traict de ceux qui fur5t assiegez ,salone1 ville p>tizane p\r ,cs> contre ,pompeius1 p\r vn r>e accid5t qui y adu9t4 ,m>cus ,octauius les t5oit assiegez2 ceux de d$ans e/ans r$uits en extreme necessit de t\tes *oses1 en mani]e que p\r supple] au deffaut qu'ils auoy5t d'hommes1 la plus "p d'entre eux y e/ans morts et blessez1 ils auoy5t mis en lib]t t\s leurs esclaues1 et p\r le s]uice de leurs eng9s auoi5t e/ contra9ts de c\pp] les *eueux de t\tes les femmes1 aff9 d'en faire des cordes2 outre vne m]ueilleuse disette de viures2 et ce neantmo9s resolus de iamais ne se r5dre4 ,apres auoir tra9 ce siege en gr&e longueur1 d'o ,octauius e/oit deu5u plus non*alant1 et mo9s att5tif son entrepr9se1 ils *oisir5t vn i\r sur le midy1 et comme ils eur5t rang les femmes et les enfans sur leurs murailles1 p\r faire bonne m9e1 sortir5t en telle furie1 sur les assiegeans1 qu'ayants enfonc le premi]1 le second1 et ti]s corps de g>de1 et le quatriesme1 et puis le re/e1 et ayants faict du t\t ab&onn] les tran*es1 les *ass]5t iusques dans les nauires3 et ,octauius mesmes se sauua ,dyrra*ium1 o e/oit ,pompeius4 ,ie n'ay po9t memoire p\r cett' heure1 d'auoir veu aucun autre exemple1 o les assiegez batt5t en gros les assiegeans1 et gaign5t la mai/rise de la campaigne2 ny qu'vne sortie ait tir en consequ5ce1 vne pure et enti]e victoire de battaille4 ,,*apitre ,,xxxv4 ,de trois bonnes femmes4 ,,il n'en e/ pas d\za9es1 comme *acun sait2 et notamm5t aux deuoirs de m>iage3 c> c'e/ vn m>* ple9 de tant d'esp9euses circon/ances1 qu'il e/ malais que la volont d'vne femme1 s'y ma9ti5ne enti]e long temps4 ,les hommes1 quoy qu'ils y soy5t auec vn peu meilleure condition1 y ont trop affaire4 ,la t\*e d'vn bon m>iage1 et sa vraye preuue1 reg>de le temps que la societ dure2 si elle a e/ con/amm5t d\ce1 loyalle1 et commode4 ,en no/re siecle1 elles res]u5t plus communm5t1 e/all] leurs bons (fices1 et la vehem5ce de leur affection1 enu]s leurs m>is p]dus3 *]*5t au mo9s lors1 donn] tesmoignage de leur bonne volont4 ,t>dif tesmoignage1 et hors de saison4 ,elles preuu5t plu/o/ p> l1 qu'elles ne les aym5t que morts4 ,la vie e/ ple9e de combu/ion1 le trespas d'am\r1 et de c\rtoisie4 ,comme les p]es ca*5t l'affection enu]s leurs enfans1 elles volonti]s de mesmes1 ca*5t la leur enu]s le m>y1 p\r ma9t5ir vn honne/e respect4 ,ce my/]e n'e/ pas de mon g\/4 ,elles ont beau s'es*euel] et s'esgratign]2 ie m'en vois l'oreille d'vne femme de *ambre1 et d'vn secretaire3 comm5t e/oi5t-ils1 ,comm5t ont-ils vescu ensemble8 il me s\ui5t t\si\rs de ce bon mot1 iactantius mr5t1 qu m9us dol5t4 ,leur re*ign] e/ odieux aux viuans1 et va9 aux morts4 ,n\s disp5s]ons volonti]s qu'on rie apres1 p\rueu qu'on n\s rie p5dant la vie4 ,e/-ce pas de quoy resuscit] de despit3 qui m'aura cra* au nez p5dant que i'e/oy1 me vi5ne frott] les pi$s1 qu& ie ne suis plus8 ,s'il y a quelque honneur pleur] les m>is1 il n'app>ti5t qu' celles qui leur ont ry3 celles qui ont pleur en la vie1 qu'elles ri5t en la mort1 au dehors comme au d$ans4 ,aussi1 ne reg>dez pas ces yeux moites1 et cette piteuse voix3 reg>dez ce port1 ce te9ct1 et l'embonpo9ct de ces i\s1 s\bs ces gr&s voiles3 c'e/ p> l qu'elle p>le ,franois4 ,il en e/ peu1 de qui la sant n'aille en am5dant1 qualit qui ne sait pas m5tir4 ,cette c]emonieuse cont5ance ne reg>de pas tant d]ri]e soy1 que deuant2 c'e/ acque/1 plus que payem5t4 ,en mon enfance1 vne honne/e et tresbelle dame1 qui vit encores1 vefue d'vn ,pr9ce1 auoit ie ne say quoy plus en sa p>ure1 qu'il n'e/ p]mis p> les loix de no/re vefuage3 ceux qui le luy repro*oi5t3 ,c'e/1 disoit elle1 que ie ne practique plus de n\uelles amitiez1 et suis hors de volont de me rem>i]4 ,p\r ne disconu5ir du t\t no/re vsage1 i'ay icy *oisi trois femmes1 qui ont aussi employ l'ef=t de leur bont1 et affection1 aut\r la mort de leurs m>is4 ,ce sont p\rtant exemples vn peu autres1 et si pressans1 qu'ils tir5t h>dim5t la vie en consequ5ce4 ,pl9e le ieune auoit pres d'vne si5ne maison en ,italie1 vn vois9 m]ueilleusem5t t\rm5t de quelques vlc]es1 qui luy e/oi5t suru5ues s p>ties honteuses4 ,sa femme le voyant si longuem5t languir1 le pria de p]mettre1 qu'elle vei/ loisir et de pres l'e/at de son mal1 et qu'elle luy diroit plus fran*em5t qu'aucun autre ce qu'il auoit en esp]]4 ,apres auoir obt5u cela de luy1 et l'auoir curieusem5t consid]1 elle tr\ua qu'il e/oit impossible1 qu'il en peu/ gu]ir1 et que t\t ce qu'il auoit att5dre1 c'e/oit de tra9] =t long temps vne vie d\l\reuse et languissante3 si luy conseilla p\r le plus seur et s\u]a9 rem$e1 de se tu]4 ,et le tr\uant vn peu mol1 vne si rude entreprise3 ,ne p5se po9t1 luy dit-elle1 mon amy1 que les d\leurs que ie te voy s\ffrir ne me t\*5t autant qu' toy1 et que p\r m'en deliur]1 ie ne me vueille s]uir moy-mesme1 de cette m$ec9e que ie t'ordonne4 ,ie te veux accompagn] la gu]ison1 comme i'ay faict la maladie3 o/e cette cra9te1 et p5se que n\s n'aurons que plaisir en ce passage1 qui n\s doit deliur] de tels t\rm5s3 n\s n\s en irons heureusem5t ensemble4 ,cela dit1 et ayant re*auff le c\rage de son m>y1 elle resolut qu'ils se precipit]oi5t en la m]1 p> vne f5e/re de leur logis1 qui y respondoit4 ,et p\r ma9t5ir iusques sa f91 cette loyale et vehem5te affection1 dequoy elle l'auoit embrass p5dant sa vie1 elle v\lut encore qu'il m\ru/ entre ses bras2 mais de peur qu'ils ne luy failliss5t1 et que les e/ra9tes de ses enlassem5s1 ne v9ss5t se relas*] p> la *eute et la cra9te1 elle se fit li] et atta*] bi5 e/roitem5t auec luy1 p> le faux du corps2 et ab&onna a9si sa vie1 p\r le repos de celle de son m>y4 ,celle-l e/oit de bas lieu2 et p>my telle condition de g5s1 il n'e/ pas si n\ueau d'y voir quelque traict de r>e bont1 ,extrema p] illos ,iu/itia exc$5s t]ris ve/igia fecit4 ,les autres deux sont nobles et ri*es1 o les exemples de v]tu se log5t r>em5t4 ,arria femme de ,cec9na ,ptus1 p]sonnage consulaire1 fut m]e d'vne autre ,arria femme de ,?rasea ,ptus1 celuy duquel la v]tu fut tant r5omme du temps de ,n]on2 et p> le moy5 de ce g5dre1 m]e-gr& de ,fannia2 c> la ressemblance des noms de ces hommes et femmes1 et de leurs =tunes1 en a fait mescont] plusieurs4 ,cette premi]e ,arria1 ,cec9na ,ptus1 son m>y1 ayant e/ pr9s prisonni] p> les g5s de l',emp]eur ,claudius1 apres la deffaicte de ,scribonianus1 duquel il auoit suiuy le p>ty3 supplia ceux qui l'emm5oi5t prisonni] ,rome1 de la receuoir dans leur nauire1 o elle leur s]oit de beauc\p mo9s de desp5ce et d'incommodit1 qu'vn nombre de p]sonnes1 qu'il leur faudroit1 p\r le s]uice de son m>y3 et qu'elle seule f\rniroit sa *ambre1 sa cuis9e1 et t\s autres (fices4 ,ils l'en refus]5t3 et elle s'e/ant iette dans vn batteau de pes*eur1 qu'elle l\a sur le *amp1 le suyuit en cette sorte depuis la ,sclauonie4 ,comme ils fur5t ,rome1 vn i\r1 en pres5ce de l',emp]eur1 ,iunia vefue de ,scribonianus1 s'e/ant acco/e d'elle famili]em5t1 p\r la societ de leurs =tunes1 elle la rep\ssa rudem5t auec ces p>olles3 ,moy1 dit-elle1 que ie p>le toy1 ny que ie t'esc\te1 toy1 au giron de laquelle ,scribonianus fut tu1 et tu vis encores8 ,ces p>oles1 auec plusieurs autres signes1 fir5t s5tir ses p>5ts1 qu'elle e/oit p\r se deffaire elle mesme1 impati5te de support] la =tune de son m>y4 ,et ,?rasea son g5dre1 la suppliant sur ce propos de ne se v\loir p]dre1 et luy disant a9si3 ,quoy8 si ie c\rois p>eille =tune celle de ,cec9na1 v\driez v\s que ma femme vo/re fille en fi/ de mesme8 ,comm5t donc8 si ie le v\drois1 respondit-elle3 ouy1 ouy1 ie le v\drois1 si elle auoit vescu aussi long temps1 et d'aussi bon accord auec toy1 que i'ay faict auec mon m>y4 ,ces responces augm5toi5t le so+1 qu'on auoit d'elle1 et faisoi5t qu'on reg>doit de plus pres ses deportem5s4 ,vn i\r apres auoir dict ceux qui la g>doi5t1 ,v\s auez beau faire1 v\s me p\uez bi5 faire plus mal m\rir1 mais de me g>d] de m\rir1 v\s ne sauriez3 s'eslanant furieusem5t d'vne *aire1 o elle e/oit assise1 elle s'alla de t\te sa =ce *ocqu] la te/e contre la p>oy vois9e3 duquel c\p1 e/ant *eute de son long esuan\ye1 et =t blesse apres qu'on l'eut t\te pe9e faite reu5ir3 ,ie v\s disois bi51 dit-elle1 que si v\s me refusiez quelque faon aise de me tu]1 i'en *oisirois quelque autre p\r mal-aise qu'elle fu/4 ,la f9 d'vne si admirable v]tu fut telle3 ,son m>y ,ptus1 n'ayant pas le cur assez f]me de soy-mesme1 p\r se donn] la mort1 laquelle la cruaut de l',emp]eur le r5geoit2 vn i\r entre autres1 apres auoir premi]em5t employ les disc\rs et enhortem5ts1 propres au conseil1 qu'elle luy donnoit ce faire1 elle pr9t le poign>t1 que son m>y portoit3 et le t5ant traict en sa ma91 p\r la conclusion de son exhortation2 ,fais a9si ,ptus1 luy dit-elle4 ,et en mesme in/ant1 s'en e/ant donn vn c\p mortel dans l'e/oma*1 et puis l'arra*ant de sa playe1 elle le luy pres5ta1 f9issant quant et quant sa vie3 auec cette noble1 g5]euse1 et immortelle p>ole1 ,pte non dolet4 ,elle n'eu/ loisir que de dire ces trois p>olles d'vne si belle sub/ance2 ,ti5 ,ptus1 il ne m'a po9t faict mal4 ,ca/a suo gladium cm trad]et ,arria ,pto1 ,quem de visc]ibus trax]at ipsa suis3 ,si qua fides1 vulnus quod feci1 non dolet1 inquit1 ,s$ quod tu facies1 id mihi ,pte dolet4 ,il e/ bi5 plus vif en son naturel1 et d'vn s5s plus ri*e3 c> et la playe1 et la mort de son m>y1 et les si5nes1 tant s'en faut qu'elles luy poisass5t1 qu'elle en auoit e/ la conseill]e et promotrice3 mais ayant fait cette haulte et c\rageuse entrepr9se p\r la seule commodit de son m>y1 elle ne reg>de qu' luy1 encore au d]ni] traict de sa vie1 et luy o/] la cra9te de la suiure en m\rant4 ,ptus se frappa t\t s\da91 de ce mesme glaiue2 honteux mon aduis1 d'auoir eu beso9 d'vn si *] et pretieux enseignem5t4 ,pompeia ,paul9a1 ieune et tres-noble ,dame ,roma9e1 auoit esp\s ,s5eque1 en son extreme vieillesse4 ,n]on1 son beau disciple1 enuoya ses satellites v]s luy1 p\r luy d5onc] l'ordonnance de sa mort1 ce qui se faisoit en cette mani]e4 ,qu& les ,emp]eurs ,roma9s de ce temps1 auoy5t condamn quelque homme de qualit1 ils luy m&oy5t p> leurs (fici]s de *oisir quelque mort sa po/e1 et de la pr5dre dans tel1 ou tel delay1 qu'ils luy faisoy5t prescrire selon la trempe de leur *ol]e1 tanto/ plus press1 tanto/ plus long1 luy donnant t]me p\r dispos] p5dant ce temps l1 de ses affaires1 et quelque fois luy o/ant le moy5 de ce faire1 p> la briefuet du temps3 et si le condamn e/riuoit leur ordonnance1 ils m5oy5t des g5s propres l'execut]1 ou luy c\ppant les ve9es des bras1 et des iambes1 ou luy faisant auall] du poison p> =ce4 ,mais les p]sonnes d'honneur1 n'att5doy5t pas cette necessit1 et se s]uoy5t de leurs propres m$ec9s et *irurgi5s cet effect4 ,s5eque ouyt leur *>ge1 d'vn visage paisible et asseur1 et apres1 dem&a du papi] p\r faire son te/am5t3 ce que luy ayant e/ refus p> le ,capita9e1 il se t\rne v]s ses amis3 ,puis que ie ne puis1 leur dit-il1 v\s laiss] autre *ose en recognoissance de ce que ie v\s doy1 ie v\s laisse au mo9s ce que i'ay de plus beau1 sauoir l'image de mes murs et de ma vie1 laquelle ie v\s prie cons]u] en vo/re memoire3 aff9 qu'en ce faisant1 v\s acqu]iez la gloire de s9c]es et v]itables amis4 ,et quant et quant1 appaisant tanto/ l'aigreur de la d\leur1 qu'il leur voyoit s\ffrir1 p> d\ces p>oles1 tanto/ roidissant sa voix1 p\r les tanc]3 ,o sont1 disoit-il1 ces beaux preceptes de la philosophie8 que sont deu5us les pr\isions1 que p> tant d'annes n\s auons faictes1 contre les accid5s de la =tune8 la cruaut de ,n]on n\s e/oit elle incognue8 que p\uions n\s att5dre de celuy1 qui auoit tu sa m]e et son fr]e1 s9on qu'il fi/ encor m\rir son g\u]neur1 qui l'a n\rry et esleu8 ,apres auoir dit ces p>oles en commun1 il se de/\rne sa femme1 et l'embrassant e/roittem5t1 comme p> la pesanteur de la d\leur elle deffailloit de cur et de =ces2 la pria de port] vn peu plus patiemm5t cet accid5t1 p\r l'am\r de luy2 et que l'heure e/oit v5ue1 o il auoit montr]1 non plus p> disc\rs et p> disputes1 mais p> effect1 le fruict qu'il auoit tir de ses e/udes3 et que sans d\bte il embrassoit la mort1 non seulem5t sans d\leur1 mais auecques allegresse4 ,p>quoy m'amie1 disoit-il1 ne la de%onnore p> tes l>mes1 aff9 qu'il ne semble que tu t'aimes plus que ma reputation3 appaise ta d\leur1 et te console en la connoissance1 que tu z eu de moy1 et de mes actions1 conduisant le re/e de ta vie1 p> les honne/es occupations1 ausquelles tu s addonne4 ,a quoy ,paul9a ayant vn peu repris ses esprits1 et res*auff la magnanimit de son c\rage1 p> vne tres-noble affection3 ,non ,s5eca1 respondit-elle1 ie ne suis pas p\r v\s laiss] sans ma compagnie en telle necessit3 ie ne veux pas que v\s p5siez1 que les v]tueux exemples de vo/re vie1 ne m'ay5t encore appris sauoir bi5 m\rir3 et qu& le p\rroy-ie ny mieux1 ny plus honne/em5t1 ny plus mon gr qu'auecques v\s8 a9si faictes e/at que ie m'en voy quant et v\s4 ,lors ,s5eque pr5ant en bonne "p vne si belle et glorieuse delib]ation de sa femme2 et p\r se deliur] aussi de la cra9te de la laiss] apres sa mort1 la m]cy et cruaut de ses ennemis3 ,ie t'auoy1 ,paul9a1 dit-il1 conseill ce qui s]uoit conduire plus heureusem5t ta vie3 tu aymes donc mieux l'honneur de la mort3 vrayem5t ie ne te l'enui]ay po9t3 la con/ance et la resolution1 soy5t p>eilles no/re commune f91 mais la beaut et la gloire soit plus gr&e de ta "p4 ,cela fait1 on leur c\ppa en mesme temps les ve9es des bras3 mais p> ce que celles de ,s5eque res]res tant p> la vieillesse1 que p> son ab/95ce1 donnoy5t au sang le c\rs trop long et trop las*e1 il comm&a qu'on luy c\ppa/ encore les ve9es des cuisses3 et de peur que le t\rm5t qu'il en s\ffroit1 n'att5dri/ le cur de sa femme1 et p\r se deliur] aussi soy-mesme de l'affliction1 qu'il portoit de la veoir en si piteux e/at3 apres auoir tres-am\reusem5t pris cong d'elle1 il la pria de p]mettre qu'on l'emporta/ en la *ambre vois9e1 comme on feit4 ,mais t\tes ces incisions e/ans encore insuffisantes p\r le faire m\rir1 il comm&a ,/atius ,anneus son m$ec91 de luy donn] vn breuuage de poison2 qui n'eut gu]e non plus d'effect3 c> p> la foiblesse et froideur des membres1 elle ne peut arriu] iusques au cur4 ,p> a9s9 on luy fit en outre appre/] vn ba+ =t *auld3 et lors s5tant sa f9 pro*a9e1 autant qu'il eut d'hal5e1 il cont9ua des disc\rs tres-excell5s sur le subiect de l'e/at o il se tr\uoit1 que ses secretaires recueillir5t tant qu'ils peur5t ouyr sa voix2 et demeur]5t ses p>olles d]ni]es long temps depuis en cr$it et honneur1 s ma9s des hommes3 ce n\s e/ vne bi5 fas*euse p]te1 qu'elles ne soy5t v5ues iusques n\s4 ,comme il s5tit les d]ni]s traicts de la mort1 pr5ant de l'eau du ba+ t\te sanglante1 il en arr\sa sa te/e1 en disant2 ,ie v\ cette eau ,iuppit] le lib]ateur4 ,n]on adu]ty de t\t cecy1 craignant que la mort de ,paul9a1 qui e/oit des mieux app>5tes dames ,roma9es1 et enu]s laquelle il n'auoit nulles p>ticuli]es inimitiez1 luy v9/ repro*e2 r5uoya en t\te dilig5ce luy faire r'ata*] ses playes3 ce que ses g5s d'elle1 fir5t sans son seu1 e/ant desia demy morte1 et sans aucun s5tim5t4 ,et ce que contre son desse91 elle vesquit depuis1 ce fut tres-honnorablem5t1 et comme il app>t5oit sa v]tu1 montrant p> la c\leur blesme de son visage1 combi5 elle auoit esc\l de vie p> ses blessures4 ,voyla mes trois comtes tres-v]itables1 que ie tr\ue aussi plaisans et tragiques que ceux que n\s =geons no/re po/e1 p\r donn] plaisir au commun3 et m'e/onne que ceux qui s'addonn5t cela1 ne s'auis5t de *oisir plu/o/ dix mille tres-belles hi/oires1 qui se r5contr5t dans les liures1 o ils auroy5t mo9s de pe9e1 et apport]oi5t plus de plaisir et pr(it4 ,et qui en v\droit ba/ir vn corps enti] et s'entret5ant1 il ne faudroit qu'il f\rni/ du si5 que la liaison1 comme la s\dure d'vn autre metal3 et p\rroit entass] p> ce moy5 =ce v]itables eu5em5s de t\tes sortes1 les disposant et diu]sifiant1 selon que la beaut de l'ouurage le requ]roit1 peu pres comme ,ouide a c\su et r'apiec sa ,metamorphose1 de ce gr& nombre de fables diu]ses4 ,en ce d]ni] c\ple1 cela e/ encore digne d'e/re consid]1 que ,paul9a (fre volonti]s quitt] la vie p\r l'am\r de son m>y1 et que son m>y auoit autre-fois quitt aussi la mort p\r l'am\r d'elle4 ,il n'y a pas p\r n\s gr& contre-poix en cet es*ange3 mais selon son humeur ,/oque1 ie croy qu'il p5soit auoir autant faict p\r elle1 d'along] sa vie en sa faueur1 comme s'il fu/ mort p\r elle4 ,en l'vne des lettres1 qu'il escrit ,lucilius2 apres qu'il luy a fait ent5dre1 comme la fiebure l'ayant pris ,rome1 il monta s\da9 en co*e1 p\r s'en all] vne si5ne maison aux *amps1 contre l'op9ion de sa femme1 qui le v\loit arre/]2 et qu'il luy auoit respondu1 que la fiebure qu'il auoit1 ce n'e/oit pas fiebure du corps1 mais du lieu3 il suit a9s93 ,elle me laissa all] me recomm&ant =t ma sant4 ,or moy1 qui say que ie loge sa vie en la mi5ne1 ie comm5ce de p\ruoir moy1 p\r p\ruoir elle3 le priuilege que ma vieillesse m'auoit donn1 me r5dant plus f]me et plus resolu plusieurs *oses1 ie le p]s1 qu& il me s\ui5t qu'en ce vieill>d1 il y en a vne ieune qui ie pr(ite4 ,puis que ie ne la puis rang] m'aym] plus c\rageusem5t1 elle me r5ge m'aym] moy mesme plus curieusem5t3 c> il faut pre/] quelque *ose aux honne/es affections3 et p> fois1 encore que les occasions n\s press5t au contraire1 il faut r'appel] la vie1 voire auec que t\rm5t3 il faut arre/] l'ame entre les d5ts1 puis que la loy de viure aux g5s de bi51 ce n'e/ pas autant qu'il leur plai/1 mais autant qu'ils doiu5t4 ,celuy qui n'e/ime pas tant sa femme ou vn si5 amy1 que d'en allong] sa vie1 et qui s'op9ia/re m\rir1 il e/ trop delicat et trop mol3 il faut que l'ame se comm&e cela1 qu& l'vtilit des no/res le requi]t3 il faut p> fois n\s pre/] noz amis3 et qu& n\s v\drions m\rir p\r n\s1 int]rompre no/re desse9 p\r eux4 ,c'e/ tesmoignage de gr&eur de c\rage1 de ret\rn] en la vie p\r la consid]ation d'autruy1 comme plusieurs excell5s p]sonnages ont faict3 et e/ vn traict de bont s+uli]e1 de cons]u] la vieillesse1 7de laquelle la commodit la plus gr&e1 c'e/ la non*alance de sa dure1 et vn plus c\rageux et desdaigneux vsage de la vie17 si on s5t que cet (fice soit d\x1 aggreable1 et pr(itable quelqu'vn bi5 affectionn4 ,et en reoit on vne tres-plaisante recomp5se3 c> qu'e/-il plus d\x1 que d'e/re si *] sa femme1 qu'en sa consid]ation1 on en deui5ne plus *] soy-mesme8 ,a9si ma ,paul9a m'a *>g1 non seulem5t sa cra9te1 mais encore la mi5ne4 ,ce ne m'a pas e/ assez de consid]]1 combi5 resolum5t ie p\rrois m\rir1 mais i'ay aussi consid]1 combi5 irresoluem5t elle le p\rroit s\ffrir4 ,ie me suis contra9ct a viure1 et c'e/ quelquefois magnanimit que viure4 ,voyla ses mots excell5s1 comme e/ son vsage4 ,,livre ,,second4 7,suite74 ,,*apitre ,,vii4 ,des rcomp5ses honorifiques4 ,les di/9ctions honorifiques sont m9emm5t propres rcomp5s] la valeur4--,les hi/ori5s de l'emp]eur ,augu/e rem>qu5t que lorsqu'il s'agissait de s]vices militaires1 il avait p\r rgle d'tre excessivem5t prodigue de cadeaux env]s ceux qui le mritai5t1 t&is qu'il tait bi5 autrem5t p>cimonieux de rcomp5ses purem5t honorifiques2 peut-tre tait-ce p>cque son oncle lui avait lui-mme dc]n t\tes les rcomp5ses militaires avant qu'il et jamais t la gu]re4 ,c'e/ une belle inv5tion1 qui subsi/e dans la plup>t des tats du monde1 que d'avoir cr1 p\r en honor] et en rcomp5s] la v]tu1 c]ta9es di/9ctions s'adressant la vanit et sans valeur p> elles-mmes1 telles que c\ronnes de lauri]1 de *ne1 de myrte1 c]ta9s vtem5ts de =me p>ticulire1 le privilge de circul] en ville sur un *>1 ou de nuit avec des flambeaux1 une place rs]ve dans les crmonies publiques1 la prrogative de c]ta9s surnoms1 de c]ta9s titres1 c]ta9es m>ques dans les armoiries et autres *oses analogues1 v>iables selon les nations suivant leur tempram5t1 et dont l'usage dure encore4 ,a cet g>d1 l'in/itution des ordres de *eval]ie e/ une conception heureuse4--,*ez n\s et *ez c]ta9s peuples vois9s1 n\s avons les ordres de *eval]ie qui n'ont pas d'autre objet4 ,c'e/ assurm5t une bi5 bonne et pr(itable ide que d'avoir tr\v le moy5 de rcomp5s] le mrite du petit nombre d'hommes de valeur exceptionnelle1 de les cont5t] et de les satisfaire p> des di/9ctions qui ne soi5t pas une *>ge p\r le trsor public et ne cot5t ri5 au pr9ce4 ,c'e/ un fait d'expri5ce qui remonte aux temps anci5s et que n\s avons aussi pu voir jadis *ez n\s1 que les g5s de qualit se sont t\j\rs montrs plus jal\x d'obt5ir ces rcomp5ses que celles procurant ga9 et pr(it2 ce qui s'explique p>faitem5t et rehausse considrablem5t le cas qu'on en fait4 ,si un prix qui doit tre uniquem5t honorifique1 on atta*e des avantages p>ticuli]s1 voire mme une rmunration importante1 ce mlange1 au lieu de gr&ir l'e/ime en laquelle on le ti5t1 la lui enlve et l'avilit4--,l'ordre de ,sa9t-,mi*el1 qui a t si longtemps en crdit p>mi n\s1 avait p\r plus gr& avantage de n'en confr] d'aucune sorte1 ce qui faisait qu'autrefois il n'y avait pas de *>ge ni de situation1 quelles qu'elles fuss5t1 auxquelles la noblesse aspirt plus ardemm5t qu' l'obt5tion de cet ordre et qui lui causass5t plus de satisfaction2 aucune autre qualit ne procurait plus de respect et de considration1 la v]tu s\haitant et recevant plus volonti]s qu'aucune autre1 une rcomp5se qui e/ son apanage exclusif alors mme qu'elle e/ plus glorieuse qu'utile4 ,les rcomp5ses pcuniaires s'appliqu5t des s]vices r5dus de t\t autre c>actre4--,t\tes les autres rcomp5ses sont en effet mo9s honorables1 d'autant qu'on en use propos de t\t3 p> des dons en arg5t se rmunr5t les s]vices d'un valet1 la dilig5ce d'un c\rri]1 quiconque n\s *>me p> ses danses1 ses tal5ts en quitation1 p> sa p>ole4 ,t\s les s]vices en somme1 mme les plus vils1 qu'on n\s r5d2 t\t1 mme le vice1 e/ pay de cette faon3 la flatt]ie1 la trahison1 celui qui favorise la dbau*e2 p> suite1 il n'e/ pas tonnant que la v]tu dsire et accepte mo9s volonti]s cette sorte de monnaie c\rante1 que celle dont ri5 n'enta*e le c>actre noble et gnreux qui lui e/ propre et t\t spcial4--,augu/e avait raison d'tre beauc\p plus conome de celle-ci que des autres1 d'autant que l'honneur e/ un privilge dont la c>actri/ique ess5tielle e/ la r>et2 c'e/ aussi celle de la v]tu3 ,p\r qui ne voit pas de m*ants1 les bons ne saurai5t exi/] 7,m>tial74 ,on ne rem>que pas un homme qui s'occupe de l'ducation de ses enfants3 ce n'e/ pas l un titre de recomm&ation1 si l\able que ce soit1 p>ce que c'e/ *ose qui se r5contre communm5t2 rem>que-t-on un arbre de gr&e lvation1 dans une =t o t\s sont de mme8 ,je ne crois pas que jamais citoy5 de ,sp>te se soit glorifi de sa vaillance1 v]tu pratique de t\s *ez ce peuple2 non plus que de sa fidlit aux lois et de son mpris p\r la ri*esse4 ,il n'e/ pas de rcomp5se p\r la v]tu1 si gr&e qu'elle soit1 qu& elle e/ dans les habitudes2 je ne sais si mme on donn]ait cette qualification de gr&e1 une v]tu qui se pratiqu]ait communm5t4 ,la vaillance e/ une v]tu assez commune qui prime *ez n\s la v]tu proprem5t dite4--,puisque ces tmoignages d'honneur n'ont de prix et ne sont t5us en si haute e/ime que p>ce qu'ils sont dc]ns un petit nombre1 p\r les anantir il n'y a ri5 de tel que de les prodigu]4 ,qu& mme il y aurait auj\rd'hui plus de g5s que p> le pass1 qui mrit]ai5t cet ordre1 et je reconnais qu'il peut trs bi5 se faire qu'il en soit a9si1 c> aucune v]tu plus que le c\rage militaire n'e/ de nature se rp&re davantage1 ce n'e/ pas une raison suffisante p\r1 en le multipliant1 l'avoir laiss tomb] en discrdit4--,en dehors de la vaillance que je qualifie ici de v]tu1 employant ce mot dans son acception c\rante1 il en exi/e une autre1 la v]tu proprem5t dite1 qui con/itue la p]fection et e/ la seule que les philosophes reconnaiss5t4 ,de nature plus leve que la vaillance1 l'encontre de celle-ci elle s't5d t\t2 elle consi/e dans cette =ce et cette f]met de l'me1 qui la r5d5t indiffr5te t\t vnem5t quel qu'il soit1 heureux ou malheureux1 qui peut surv5ir2 elle e/ t\j\rs gale1 pondre1 con/ante1 et notre v]tu p> excell5ce n'en e/ qu'une trs faible manation4 ,conditions dans lesquelles se dc]nait l'ordre de ,sa9t-,mi*el2 abus qui en a t fait4--,nos murs1 notre ducation1 les traditions1 l'exemple1 n\s r5d5t celle-ci 7la vaillance7 aise pratiqu] et font qu'elle e/ assez gnralem5t rp&ue1 a9si qu'on peut p>faitem5t s'en r5dre compte p> ce qui se passe en ces temps de gu]re civile2 et si quelqu'un p\vait cette heure ram5] la concorde p>mi n\s et faire que les ef=ts de t\s soi5t dirigs v]s un mme b1 p> elle n\s v]rions refleurir notre anci5 r5om militaire4 ,il e/ bi5 c]ta9 qu'aux temps passs1 l'attribution de cet ordre ne visait pas cette seule v]tu1 il fallait plus encore3 jamais il n'a t dc]n un soldat n'ayant que sa valeur1 il ne l'tait qu' des *efs qui s'tai5t p>ticulirem5t di/+us4 ,savoir obir ne suffisait pas alors p\r une si honorable di/9ction2 il fallait de plus des connaissances militaires t5dues1 embrassant l'ensemble et la majeure p>tie des bran*es qui con/itu5t l'homme de gu]re1 c> les tal5ts du soldat et ceux du gnral ne sont pas les mmes 7,tite-,live71 et1 en outre1 tre de naissance p]mettant l'accs une si haute dignit4 ,quoi qu'il en soit1 qu& mme plus de g5s qu'autrefois en s]ai5t dignes1 on n'et pas d le concd] avec tant de libralit2 mieux et valu ne pas le donn] t\s ceux qui p\vai5t le mrit]1 que de dprci] l'in/itution t\t jamais1 comme cela e/ arriv p> l'abus qui en a t fait1 et se priv] a9si des s]vices qu'elle p\vait r5dre4 ,aucun homme de cur ne daigne tir] avantage d'une *ose qui lui e/ commune lui et beauc\p d'autres2 et auj\rd'hui1 ceux mmes qui ont le mo9s mrit de se voir attribu] cette rcomp5se1 sont ceux qui affect5t le plus de la ddaign] p\r se mettre sur le mme rang que ceux qui l'ont bi5 gagne1 et auxquels on porte tort en l'avilissant p> la prodigalit avec laquelle on l'octroie des g5s qui en sont indignes4 ,le discrdit en lequel il e/ tomb1 r5d difficile de mettre en honneur un n\vel ordre de *eval]ie4--,aprs avoir supprim et aboli cet ordre1 en avoir cr un autre avec l'esprance que1 ds son app>ition1 cet autre s]a t5u en considration1 c'e/ une entreprise bi5 risque en des temps aussi p]v]tis et agits que ceux o n\s vivons1 et il faut s'att5dre ce que celui-ci se heurte1 ds le db1 aux difficults qui ont entran la ru9e du premi]4 ,les conditions dans lesquelles ce d]ni] ordre e/ attribu1 devrai5t1 p\r qu'il s'impose1 tre trs svres et rig\reusem5t obs]ves2 or1 en cette poque tr\ble1 il n'e/ pas possible de t5ir la bride c\rte et bi5 aju/e2 sans compt] qu'avant qu'il tr\ve crdit1 il faut qu'on ait p]du la mmoire du prcd5t et du mpris en lequel il e/ tomb4 ,en ,france1 la vaillance ti5t le premi] rang *ez l'homme comme la *a/et *ez la femme4--,je p\rrais mettre ici quelques rflexions sur la vaillance et la diffr5ce entre cette v]tu et les autres2 mais c'e/ un sujet que ,plut>que a trait div]ses reprises et je ne p\rrais que rapport] ce qu'il a dit4 ,il y a lieu t\tefois de rem>qu] que *ez n\s1 n\s assignons cette v]tu le premi] rang1 a9si que le tmoigne son nom1 qui vi5t de valeur2 et que1 lorsque n\s disons d'un homme qu'il a beauc\p de valeur ou que c'e/ un homme de bi51 cela ne signifie autre *ose1 dans le langage de la c\r et de la noblesse1 s9on que c'e/ un homme vaillant4 ,les ,roma9s l'ent5dai5t galem5t a9si2 *ez eux1 le mot v]tu pris dans son acception la plus gnrale tait synonyme de =ce4 ,en ,france1 le s]vice militaire seul concde la noblesse2 il en e/ la condition ess5tielle1 exclusive4 ,il e/ vraisemblable que cette v]tu qui1 *ez les hommes1 donna la premire la supriorit aux uns sur les autres1 e/ celle qui t\t d'abord les a frapps3 p> elle1 les plus =ts et les plus c\rageux ont dom9 les plus faibles et ont acquis une rputation et un rang p>ticuli]s1 ce qui lui a valu elle-mme d'avoir1 dans notre langue1 la place si leve et si honorable qu'elle occupe4 ,il a pu encore arriv] que nos anctres1 tant d'humeur =t belliqueuse1 ont donn la prm95ce cette v]tu qu'ils pratiquai5t j\rnellem5t et l'ont dsigne d'un nom en rapport avec l'e/ime qu'ils en faisai5t4 ,c'e/ un s5tim5t analogue celui qui fait que1 dans notre passion1 dans notre fivreuse sollicitude p\r la *a/et de la femme1 qu& n\s disons3 une bonne femme1 une femme de bi51 une femme honorable et v]tueuse1 n\s ne v\lons pas dire autre *ose qu'une femme *a/e2 il semble que p\r les contra9dre l'obs]vation de ce devoir1 n\s ne fassions aucun cas des autres et que n\s n'atta*ions aucune importance aux fautes d'autre nature1 p\r en arriv] les dt\rn] de celle-ci4 ,,*apitre ,,viii4 ,de l'affection des pres p\r leurs enfants4 ,a ,madame d',e/issac4 ,comm5t ,montaigne a t am5 crire et faire de lui-mme le sujet de ses essais1 et p\rquoi il consacre ce *apitre ,madame d',e/issac4--,madame1 si la s+ul>it et la n\veaut qui1 d'habitude1 donn5t du prix aux *oses1 ne me sauv5t1 jamais je ne sortirai mon honneur de ma sotte entreprise2 elle e/ si fanta/ique1 se prs5te s\s une =me si loigne de ce qui se fait d'ord9aire1 que peut-tre cela p\rra-t-il la faire admettre4 ,c'e/ une humeur mlancolique1 humeur p> consqu5t bi5 oppose mon tempram5t naturel1 am5e p> la solitude en laquelle je vis depuis quelques annes1 qui t\t d'abord m'a mis en tte cette folie d'crire4--,cette dt]m9ation prise1 me tr\vant entirem5t dp\rvu de docum5ts autres que je pusse mettre en uvre1 je me suis pris moi-mme comme sujet d'analyse et de discussion4 ,conu dans cet ordre d'ides1 extravagant et en dehors de t\tes les rgles conv5tionnelles1 mon livre se tr\ve1 p> l1 tre unique au monde en son g5re4 ,en dehors de sa biz>r]ie1 un tel travail n'e/ gure de nature veill] l'att5tion2 c>1 lorsque le sujet e/ aussi peu srieux et si peu relev1 le meilleur ouvri] de la t]re ne saurait arriv] lui donn] une t\rnure qui lui procure du relief4--,or1 ,madame1 ayant desse9 de m'y pe9dre avec t\te l'exactitude possible1 j'aurais omis un fait d'importance1 si j'avais pass s\s sil5ce l'hommage que j'ai t\j\rs r5du vos mrites4 ,c'e/ cet hommage que j'ai v\lu affirm] d'une manire p>ticulire en tte de ce *apitre1 d'autant que1 p>mi vos excell5tes qualits1 l'affection que v\s avez tmoigne vos enfants ti5t l'un des premi]s rangs4 ,ceux qui1 sa*ant quel ge ,m4 d',e/issac votre m>i v\s a laisse veuve1 connatront les gr&s et honorables p>tis1 tels qu'il convi5t une dame de ,france de votre condition1 qui v\s ont t (f]ts1 la con/ance et la f]met avec lesquelles1 p5dant tant d'annes et malgr de si graves difficults1 v\s avez adm9i/r et conduit les intrts de ces enfants p\r lesquels v\s avez d sans cesse all] et v5ir dans t\s les co9s de la ,france et qui v\s absorb5t encore ma9t5ant1 les heureux rsultats auxquels v\s tes arrive1 uniquem5t p> votre prud5ce et que d'autres attribu]ont votre bonne =tune1 diront c]ta9em5t avec moi qu'il n'y a pas *ez n\s1 eu ces temps-ci1 d'exemple d'affection mat]nelle au-dessus de la vtre4 ,je l\e ,dieu1 ,madame1 qu'elle ait ab\ti dans d'aussi heureuses conditions2 les brillantes esprances que donne de lui ,m4 d',e/issac votre fils sont une g>antie que1 lorsqu'il s]a en ge1 v\s en aurez l'obissance et la reconnaissance qu'on peut att5dre d'un excell5t fils4 ,a cause de son jeune ge1 il ne peut encore se r5dre compte des so9s clairs et incessants que v\s lui prodiguez2 je veux que si ces lignes vi5n5t un j\r tomb] s\s ses yeux1 qu& ma b\*e s]a close et ma p>ole te9te1 qu'il reoive de moi le tmoignage de cette vrit1 qui lui s]a encore plus vivem5t atte/e p> les prcieux effets que1 s'il plat ,dieu1 il en ress5tira3 qu'il n'e/ pas en ,france de g5tilhomme qui doive plus sa mre1 et qu'il ne saurait1 plus t>d1 donn] une meilleure preuve de son bon cur et de sa v]tu qu'en reconnaissant ce que v\s avez t4 ,l'affection des pres p\r leurs enfants e/ plus gr&e que celle des enfants p\r leurs pres4--,s'il e/ vraim5t une loi naturelle1 c'e/--dire quelque in/9ct qui se manife/e t\j\rs et *ez t\s1 btes et g5s 7quoiqu'il y en ait qui prt5d5t le contraire71 c'e/1 mon avis1 l'affection que celui qui eng5dre porte l'tre qu'il a eng5dr3 s5tim5t qui vi5t immdiatem5t aprs le so9 que *acun pr5d de sa cons]vation et d'vit] ce qui peut lui tre nuisible4 ,la nature elle-mme semble l'avoir v\lu a9si1 p\r que les div]ses pices dont se compose la ma*9e qu'elle a cre1 se dvelopp5t et progress5t2 aussi n'e/-ce pas tonnant que l'affection soit mo9s gr&e1 qu&1 au reb\rs1 elle s'ex]ce des enfants l'g>d des pres4 ,a cela s'aj\te cette autre considration mise p> ,ari/ote1 que celui qui fait du bi5 un autre1 aime mieux cet autre qu'il n'en e/ aim2 que celui env]s lequel v\s avez des obligations1 v\s aime mieux que v\s ne l'aimez4 ,t\t ouvri] aime plus l'uvre dont il e/ l'auteur1 qu'il n'en s]ait aim1 si cette uvre tait capable de s5tim5t2 du re/e1 ce que n\s avons de plus *]1 c'e/ l'exi/5ce2 et l'exi/5ce consi/e n\s m\voir et agir3 il en rsulte que *acun se retr\ve quelque peu dans ses uvres4 ,qui donne1 accomplit un acte beau et honnte2 qui reoit1 fait seulem5t uvre utile lui-mme2 or1 ce qui e/ utile plat mo9s que ce qui e/ honnte4 ,ce qui e/ honnte e/ /able et p]man5t1 et procure son auteur une rcomp5se qui se p]ptue1 t&is que l'utile se p]d1 *appe facilem5t1 et le s\v5ir qui en demeure e/ mo9s agrable et mo9s d\x4 ,les *oses n\s sont d'autant plus *res qu'elles n\s ont cot davantage1 et donn] a plus de prix que recevoir4 ,il ne faut pas se laiss] trop influ5c] p> les p5*ants que l'on nomme naturels1 on ne doit d'amiti aux enfants que s'ils s'en r5d5t dignes4--,puisqu'il a plu ,dieu de n\s donn] la facult de raisonn] quelque peu1 af9 que n\s ne soyons pas1 comme les btes1 s]vilem5t assujettis aux lois qui n\s sont communes elles et n\s1 et de p]mettre qu'en usant de notre libre arbitre n\s en fassions une judicieuse application1 n\s devons bi5 n\s prt]1 dans une c]ta9e limite1 ce qu'dicte la nature1 sans t\tefois n\s en laiss] despotiquem5t impos] p> elle1 c> seule la raison doit s]vir de rgle nos incl9ations4--,j'ai1 quant moi1 extraord9airem5t peu de gt p\r ces dispositions qui naiss5t en n\s1 auxquelles notre jugem5t n'a aucune "p et qu'il ne ratifie pas4 ,p> exemple1 p\r demeur] dans le sujet qui n\s occupe1 je ne puis concevoir cette passion qui fait que l'on embrasse les enfants1 alors qu'ils vi5n5t pe9e de natre1 qu'ils n'ont aucun m\vem5t d'me1 ni ri5 dans l'expression de leur physionomie qui leur p]mette de se montr] aimables2 aussi n'ai-je pas s\ff]t volonti]s que les mi5s fuss5t levs prs de moi4--,une affection s9cre et ju/ifie leur g>d devrait natre de la connaissance qu'ils n\s donn5t d'eux et crotre avec elle p\r alors1 s'ils le mrit5t1 et la disposition naturelle qui n\s porte les aim] m>*ant de pair avec le bon s5s1 en arriv] les *rir d'une affection vraim5t pat]nelle2 s'ils n'en tai5t pas dignes1 n\s arriv]ions galem5t a9si n\s en r5dre compte1 c\tant t\j\rs notre raison malgr les sugge/ions contraires de la nature4 ,=t s\v5t1 c'e/ l'inv]se qui a lieu3 le plus gnralem5t1 n\s n\s s5tons plus mus des trpignem5ts1 des jeux1 des niais]ies puriles de nos enfants que n\s ne le sommes plus t>d d'actes accomplis p> eux en t\te connaissance2 n\s p>aissons en cela les aim] en manire de passe-temps1 comme n\s f]ions de gu5ons et comme cela ne devrait pas tre p\r des hommes4 ,il e/ des g5s qui leur prodigu5t les j\ets qu& ils sont enfants et qui1 lorsqu'ils sont dev5us gr&s1 se montr5t peu disposs subv5ir la mo9dre dp5se qu'ils peuv5t avoir faire4 ,il semble mme que la jal\sie de les voir faire bonne figure dans le monde et d'en j\ir1 qu& n\s-mmes sommes sur le po9t de le quitt]1 n\s r5de plus p>cimonieux et av>es leur endroit1 et qu'il n\s soit dsagrable de les avoir sur nos talons comme s'ils n\s pressai5t de disp>atre2 cela ne devrait cep5dant pas n\s motionn] ce po9t ou alors il ne faut pas n\s ml] d'avoir des enfants1 p>ce qu'il e/ dans l'ordre des *oses qu'ils ne peuv5t ni exi/]1 ni vivre1 qu'aux dp5s de notre exi/5ce et de notre vie n\s-mmes4 ,il faudrait p>tag] de bonne heure ses bi5s avec ses enfants1 cela leur p]mettrait de s'tablir plus tt et les prs]v]ait de mauvaises t5tations4--,je tr\ve qu'il y a cruaut et inju/ice ne pas admettre nos enfants au p>tage et la j\issance commune de nos bi5s1 de ne pas les associ] nos affaires dome/iques ds qu'ils en sont capables1 et de ne ri5 retran*] ni rduire de nos commodits p\r p\rvoir aux leurs1 alors que c'e/ p\r cela que n\s avons fait qu'ils sont au monde4 ,il n'e/ pas ju/e de voir un pre vieux1 cass1 demi-mort1 j\ir seul dans un co9 de son foy] de bi5s qui suffirai5t plac] et faire vivre plusieurs enfants auxquels1 faute de leur en donn] les moy5s1 il laisse p]dre leurs meilleures annes sans qu'ils ai5t possibilit d'entr] dans les s]vices publics et d'appr5dre connatre les hommes4 ,p> dsespoir1 on les fait se jet] dans n'importe quelle voie1 si mauvaise soit-elle1 qui les met mme de p\rvoir leurs beso9s2 et c'e/ ce qui fait que j'ai vu1 de mon temps1 plusieurs jeunes g5s de bonne famille avoir pris l'habitude du vol1 au po9t que nulle correction ne p\vait les en dt\rn]4--,j'en connais un trs bi5 app>5t auquel1 sur la prire de son frre1 trs honnte et trs brave g5tilhomme1 je p>lais une fois ce sujet4 ,il me rpondit et me confessa bi5 fran*em5t qu'il avait t am5 ce vila9 p5*ant p> la rigueur et l'av>ice de son pre1 et qu' prs5t1 il y tait tellem5t fait qu'il ne p\vait s'en df5dre4 ,il v5ait d'tre surpris volant les bagues d'une dame au lev] de laquelle1 avec beauc\p d'autres p]sonnes1 il avait assi/4--,cela me rappelle ce qu'on m'a cont d'un autre g5tilhomme1 si fait et faonn ce beau mti] qu'il avait ex]c dans sa jeunesse que1 dev5u matre de ses bi5s et rsolu r5onc] cette passion du vol1 il ne p\vait cep5dant s'emp*]1 s'il v5ait pass] prs d'une b\tique o se tr\vait quelque *ose dont il et beso91 de la drob]1 pr5ant so9 plus t>d de l'envoy] pay]4 ,j'en ai mme vu plusieurs qui1 s\s l'effet de cette impulsion et p> habitude1 volai5t aux p]sonnes de leur socit des objets avec l'int5tion de les leur r5dre4--,je suis ,gascon1 et cep5dant c'e/ un des vices que je compr5ds le mo9s2 je le hais plus encore p> tempram5t que je ne le p\rsuis p> raison2 mme en p5se1 je ne suis port ri5 s\/raire p]sonne4 ,mon pays e/1 cet g>d1 un peu plus dcri que les autres p>ties de la ,france1 je le reconnais2 et p\rtant n\s avons vu en ces temps-ci1 diffr5tes reprises1 en d'autres prov9ces1 s\s la ma9 de la ju/ice1 des g5s de bonne maison conva9cus de vols commis dans des circon/ances p>ticulirem5t horribles4 ,je cra9s que cette dpravation ne soit imputable1 dans une c]ta9e mesure1 ce vice que je signale *ez les pres4 ,mauvaise excuse des pres qui ?sauris5t p\r cons]v] le respect de leurs enfants4--,on peut me rpondre comme le fit un j\r un seigneur1 de jugem5t droit1 qui me disait que s'il conomisait1 ce n'tait pas p\r un usage et un pr(it autres que de demeur] honor et re*]* des si5s2 que l'ge lui ayant t t\t autre moy5 d'action1 c'tait le seul qui lui re/t p\r cons]v] son autorit dans sa famille et vit] d'arriv] tre mpris et ddaign de t\t le monde4 ,cela peut tre ju/e2 mais ce n'e/ pas la vieillesse seule1 c'e/ t\te faiblesse intellectuelle qui1 au dire d',ari/ote1 dispose l'av>ice4 ,quoi qu'il en soit1 c'e/ l une raison2 seulem5t1 ce n'e/ qu'un remde un mal1 et c'e/ le mal qu'il faudrait vit] de voir se produire4 ,un pre e/ bi5 malheureux si l'affection1 en admettant que cela puisse s'appel] de ce nom1 que lui port5t ses enfants1 dp5d du beso9 qu'ils ont de lui2 c'e/ p> la v]tu et la capacit qu'on s'attire le respect1 p> la bont et la d\ceur de ses murs qu'on se fait aim]2 les c5dres mmes d'une matire prcieuse ont de la valeur1 et il e/ dans nos c\tumes de respect] et d'honor] les ossem5ts et les re/es des p]sonnes qui se sont illu/res4 ,si caduc1 si dcrpit que soit1 en sa vieillesse1 un p]sonnage dont la vie a t honorable1 il n'en e/ pas mo9s vnrable1 surt\t p\r ses enfants dont l'me aura t =me au devoir p> la raison et non p> la ncessit ou le beso91 non plus que contra9te et =ce3 ,il se trompe =t1 mon avis1 celui qui croit son autorit mieux tablie p> la =ce que p> l'affection 7,tr5ce74 ,trop de rigueur dans l'ducation =me des mes s]viles4--,je suis oppos t\te viol5ce dans l'ducation d'une me jeune1 que l'on veut dress] au culte de l'honneur et de la lib]t4 ,la rigueur et la contra9te ont quelque *ose de s]vile2 et j'e/ime que ce que l'on ne peut obt5ir p> la raison1 la prud5ce ou l'adresse1 on ne l'obti5dra jamais p> la =ce4 ,j'ai t lev a9si1 m'a-t-on dit1 dans ma plus jeune enfance2 je n'ai t f\ett que deux fois et encore avec beauc\p de mnagem5ts4 ,j'eusse agi de mme avec mes enfants1 mais t\s sont morts en n\rrice4 ,lonore1 la seule fille que je n'ai pas eu le malheur de p]dre dans ces conditions1 a atte9t l'ge de six ans et plus1 sans qu'on ait employ p\r la dirig] et la punir de ses petites fautes d'enfant 7ce en quoi1 p> son indulg5ce1 sa mre se prtait aism5t71 autre *ose que des p>oles et encore bi5 anod9es4 ,si les esprances que je conois d'elle v5ai5t tre dues1 il e/ assez d'autres causes auxquelles n\s p\rrions n\s en pr5dre1 sans incrim9] mon sy/me d'ducation que je suis conva9cu tre ju/e et naturel4 ,env]s des g>ons1 j'en aurais t encore plus fidle obs]vateur1 p>ce qu'eux sont mo9s de/9s faire la volont des autres et sont de condition plus libre2 j'eusse aim dvelopp] en leur cur l'+nuit et la fran*ise4 ,le seul effet que j'aie con/at dans l'emploi des v]ges1 c'e/ de r5dre les mes plus l*es ou de les faire s'op9itr] dans le mal4 ,il ne faut pas se m>i] trop jeune2 ge qui semble le mieux conv5ir4--,v\lons-n\s tre aims de nos enfants8 leur t] la t5tation de s\hait] notre mort8 quoique1 en aucune circon/ance1 un si horrible s\hait ne soit ni ju/ifi1 ni excusable1 ,nul crime n'a sa raison d'tre 7,tite-,live73 faisons-leur une vie aussi raisonnable que cela n\s e/ possible4 ,p\r ce faire1 il ne faudrait pas n\s m>i] tellem5t jeunes1 que notre ge puisse tre confondu avec le leur2 il peut en rsult] de trs gr&s inconvni5ts4 ,je dis cela spcialem5t p\r la noblesse qui passe son temps dans l'oisivet et ne vit1 comme on dit1 que de ses r5tes2 c> dans les autres classes de la socit o l'on e/ oblig de travaill] p\r vivre1 le nombre et la prs5ce des enfants con/itu5t une s\rce de rev5us1 ce sont autant d'outils et d'in/rum5ts de travail qui conc\r5t enri*ir4 ,je me suis m>i tr5te-trois ans2 j'admets trs bi5 tr5te-c9q1 ge qu'on dit avoir t indiqu p> ,ari/ote4 ,platon ne veut pas qu'on se m>ie avant tr5te ans et se moque avec raison de ceux qui font uvre de m>iage aprs c9quante-c9q1 dcl>ant leur progniture indigne d'tre leve et de vivre4 ,?als en fixe judicieusem5t les limites3 dans sa jeunesse il rpondait sa mre qui le pressait de se m>i] qu'il n'tait pas encore temps2 plus t>d1 gagn p> l'ge1 qu'il n'tait plus temps4 ,*aque *ose a son heure2 ce qui ne vi5t pas son mom5t e/ c>t]4--,les anci5s ,gaulois considrai5t comme trs rprh5sible p\r l'homme d'entr] en liaison avec la femme avant l'ge de v+t ans1 et recomm&ai5t expressm5t ceux qui v\lai5t se consacr] au mti] des armes1 de cons]v] p5dant longues annes leur virg9it1 l'n]gie s'amo9drissant et s'altrant p> le contact de la femme3 ,ma9t5ant il e/ le m>i d'une jeune femme et il e/ pre3 ce d\ble bonheur a amolli son c\rage 7,le ,tasse74--,muley ,hasse91 roi de ,tunis1 celui que l'emp]eur ,*>les-,qu9t replaa sur le trne1 repro*ait la mmoire de ,mahomet1 son pre1 ses frqu5tations cont9ues des femmes1 le traitant de l\rdaud1 d'effm91 bon uniquem5t faire des enfants4--,l'hi/oire grecque relate que ,jecus de ,t>5te1 ,crisson1 ,a/yllus1 ,diopompe et autres1 af9 de se ma9t5ir en bonnes conditions p\r pr5dre "p aux c\rses des jeux olympiques1 aux ex]cices de la pale/re et autres semblables1 se privai5t p5dant la dure de leur entranem5t de t\t rappro*em5t avec la femme4--,dans c]ta9es contres des ,indes espagnoles1 on ne p]mettait aux hommes de se m>i] qu'aprs qu>ante ans1 bi5 qu'on le p]mt aux filles dix4--,un g5tilhomme1 tr5te-c9q ans1 n'e/ pas encore en ge de cd] la place un fils qui en a v+t3 il n'a cess d'tre mme de support] gaill>dem5t les fatigues de la gu]re et de faire bonne figure la c\r de son pr9ce2 et1 quoique p\r cela il ait beso9 de t\tes ses ress\rces1 il lui e/ cep5dant d'obligation d'en faire une "p p\r son fils1 sans t\tefois s'oubli] lui-mme2 dans ces conditions1 il e/ naturel que lui vi5ne l'ide cette rponse que les pres ont ord9airem5t la b\*e3 ,je ne veux pas me dp\ill] avant d'all] me c\*]4 ,celui qu'accabl5t les ans et les infirmits ne devrait cons]v] p\r lui que le ncessaire4--,mais un pre accabl d'ans et d'infirmits1 oblig de vivre l'c>t p> son manque de =ce et de sant1 e/ dans son tort et porte prjudice aux si5s s'il cons]ve1 sans en faire usage1 une =tune excdant ses beso9s4 ,en ayant le moy51 il s]a port1 s'il e/ sage1 se dp\ill]1 en att5dant le mom5t de se c\*]1 non jusqu' sa *emise1 mais en ne cons]vant qu'une bonne robe de *ambre bi5 *aude2 le re/e1 qui ne s]t qu' une reprs5tation dont il n'a plus que faire1 il l'ab&onn]a de bonne grce ceux auxquels1 p> droit naturel1 cela doit rev5ir aprs lui4 ,il e/ raisonnable qu'il leur en laisse l'usage1 puisque la nature l'emp*e d'en j\ir2 agir autrem5t c'e/1 sans aucun d\te1 faire mal et obir un s5tim5t d'envie4 ,le plus beau des actes de l'emp]eur ,*>les-,qu9t fut d'avoir su1 l'in/> de c]ta9s de son c>actre dans l'antiquit1 reconnatre que la raison elle-mme n\s comm&e de n\s dp\ill] qu&1 dev5ues d'un poids trop l\rd p\r nos paules1 nos robes n\s gn5t1 et de n\s c\*] lorsque nos jambes fl*iss5t4 ,il rsigna ses moy5s d'action1 son haut rang1 sa puissance entre les ma9s de son fils1 lorsqu'il s5tit faiblir en lui la f]met et la =ce qui lui tai5t ncessaires p\r conduire les affaires publiques avec la gloire qu'il y avait acquise3 ,il n'e/ que temps de l*] la bride ton *eval dev5u vieux1 si tu ne veux pas qu'il devi5ne p\ssif1 butte au b\t de la c>rire et soit un objet de rise 7,horace74 ,mais peu de g5s sav5t se retir] de la vie active qu& l'ge les gagne4--,cette faute de ne pas savoir reconnatre en temps opportun l'affaiblissem5t et l'altration pr(onde que l'ge apporte naturellem5t nos facults physiques et morales1 o1 mon s5s1 le corps et l'me sont aussi pr\vs l'un que l'autre1 si mme l'me ne l'e/ davantage1 et de n'en pas conv5ir1 a nui la rputation de la plup>t des gr&s hommes de t\s les sicles et de t\s les pays4 ,j'ai vu1 en ces temps-ci1 et connu p>ticulirem5t des p]sonnages de haut rang1 *ez lesquels on con/atait aism5t un amo9drissem5t considrable de leurs capacits d'autrefois que je connaissais p> la rputation qu'ils s'tai5t faite1 qu& ils tai5t un ge plus =tun2 j'eusse bi5 vivem5t s\hait1 p\r leur honneur1 les voir retirs *ez eux1 j\issant en paix du pass1 dgags de t\te fonction publique ou militaire qu'ils n'tai5t plus de taille remplir4--,j'ai vcu jadis sur un pi$ de famili>it assez gr&e avec un g5tilhomme veuf et =t g1 supportant cep5dant assez allgrem5t sa vieillesse4 ,il avait plusieurs filles en tat d'tre m>ies1 et un fils mme de t5ir sa place dans le monde2 cela tait p\r lui une s\rce de dp5ses assez l\rdes et faisait qu'il recevait beauc\p4 ,il y pr5ait peu de plaisir non seulem5t p>ce que ses gts p\r l'p>gne s'en tr\vai5t contr>is1 mais surt\t p>ce qu'en raison de son ge1 il m5ait un g5re de vie =t diffr5t du ntre4 ,je lui dis un j\r 7c'tait un peu h>di de ma "p1 mais cette lib]t de langage tait dans mes habitudes7 que1 puisque cause de ses enfants il ne p\vait vit] la gne que n\s lui causions1 il f]ait bi5 mieux de n\s cd] la place1 de laiss] son fils sa maison pr9cipale1 la seule qui ft bi5 amnage et o l'on pt log] commodm5t1 et de se retir] dans une de ses t]res1 o p]sonne ne tr\bl]ait son repos4 ,depuis1 il m'a cru et s'en e/ bi5 tr\v4 ,en faisant ab&on de l'usufruit de son sup]flu ses enfants1 un pre doit se rs]v] la possibilit1 si beso9 tait1 de rev5ir sur sa dcision4--,cela ne veut pas dire qu'on doive s'engag] irrvocablem5t vis--vis de ses enfants1 sans p\voir se ddire p> la suite4 ,moi1 qui puis me tr\v] dans ce cas1 je leur laiss]ais la j\issance de ma maison et de mes bi5s1 mais s\s rs]ve de rev5ir sur cette disposition1 s'ils m'en donnai5t sujet4 ,je leur en ab&onn]ais l'usufruit1 p>ce que cela me s]ait plus commode2 et1 en ce qui t\*e la direction gnrale de mes intrts1 je n'en cons]v]ais que ce qui me plairait4 ,j'ai t\j\rs e/im que ce doit tre une gr&e satisfaction p\r un pre1 dans sa vieillesse1 d'avoir initi ses enfants la ge/ion de ses affaires et de p\voir1 de la sorte1 p5dant sa vie1 jug] de leur manire de faire t\t en les aidant des conseils et des avis que son expri5ce lui suggre2 remettant lui-mme entre les ma9s de ses successeurs1 avec les traditions du pass1 l'honneur et la conduite de sa maison1 il e/ mme de se confirm] p> l dans les esprances qu'il a pu concevoir p\r l'av5ir4 ,aussi1 je ne fuirais pas leur compagnie1 af9 de p\voir les suivre de prs et j\ir1 dans la mesure de mon ge1 de leurs joies et de leurs ftes4 ,si je ne vivais avec eux1 ce que je ne p\rrais sans les tr\bl] p> mon c>actre morose consqu5ce de mon ge1 p> la gne rsultant de mes infirmits1 et aussi af9 de ne ri5 *ang] au g5re de vie et au rgime qu' ce mom5t je devrais m5]1 je v\drais au mo9s vivre prs d'eux1 dans une p>tie de ma maison1 non la plus en vue1 mais la plus commode4--,je ne f]ais pas comme ce doy5 de ,sa9t-,hilaire de ,poiti]s que j'ai vu1 il y a quelques annes1 conf9 dans une telle solitude p> la mlancolie dont il tait atte9t que1 lorsque j'entrai dans sa *ambre1 il y avait v+t-deux ans qu'il n'en tait sorti et n'avait mis un pi$ dehors2 et cep5dant1 il avait t\s ses m\vem5ts libres et faciles1 et n'tait afflig que d'un rhume qui lui tait tomb sur l'e/omac4 ,il se t5ait t\j\rs seul1 enf]m dans sa *ambre2 pe9e une fois la sema9e1 p]mettait-il qu'on y entrt p\r le voir2 un dome/ique lui apportait mang] une fois p> j\r et ne devait faire qu'entr] et sortir4 ,il passait son temps se prom5] et lire1 c> il tait quelque peu v]s dans l'tude des lettres2 du re/e1 absolum5t rsolu vivre de la sorte jusqu' sa mort1 qui arriva peu aprs4--,p> mes bons procds1 j'essai]ais d'entret5ir *ez mes enfants1 mon g>d1 une affection s9cre1 empre9te de bi5veillance1 ce quoi on arrive aism5t avec des natures ayant de bons s5tim5ts2 si1 au contraire1 on avait affaire des btes furieuses1 comme notre sicle en produit p> milli]s1 il faudrait les har et les fuir4 ,appel] les p>5ts des noms de pre et de mre ne devrait pas tre int]dit aux enfants4--,je suis ennemi de cette c\tume d'int]dire aux enfants d'appel] leurs p>5ts pre et mre1 et de leur impos]1 comme plus respectueuse1 une dnom9ation ne rappelant en ri5 cette p>5t1 comme si la nature n'avait pas assez bi5 p\rvu notre autorit4 ,n\s donnons ce nom de ,pre ,dieu t\t-puissant1 et ddaignons que nos enfants l'emploi5t vis--vis de n\s2 c'e/ l une erreur que j'ai r=me dans ma famille4--,c'e/ aussi folie et inju/ice que de ne pas trait] nos enfants1 qu& ils sont en ge1 avec une c]ta9e famili>it et v\loir cons]v] leur g>d une morgue au/re et ddaigneuse dans l'ide de les t5ir de la sorte dans la cra9te et l'obissance2 c'e/ l une masc>ade bi5 inutile1 qui r5d les pres ennuyeux p\r leurs enfants1 et en mme temps ridicules1 ce qui e/ pire4 ,les enfants ont p\r eux la jeunesse et t\tes les =ces1 p> suite le v5t et la faveur du monde2 les m9es fires et tyranniques d'un homme qui n'a plus de sang ni au cur ni dans les ve9es les font s\rire2 ce ne sont l que des p\vantails p\r loign] les oiseaux des j>d9s4 ,alors mme que je p\rrais me faire cra9dre1 je prfr]ais encore me faire aim]2 il y a tant de dfauts dans la vieillesse1 tant d'impuissance1 elle prte si =t au mpris1 que ce qu'elle peut avoir de mieux son actif1 c'e/ l'affection et l'am\r des si5s2 le comm&em5t et la cra9te ont cess d'tre des armes en ses ma9s4 ,exemple d'un vieill>d qui1 v\lant se faire cra9dre1 tait le j\et de t\t son ent\rage4--,j'ai connu quelqu'un qui avait t trs autoritaire dans sa jeunesse2 l'ge l'a atte9t1 mais il se ma9ti5t dans un aussi bon tat que possible3 il frappe1 il mord1 il jure1 se montre le matre le plus difficile s]vir qui soit en ,france2 il s'puise en so9s et vigilance4 ,t\t cela e/ comdie3 aut\r de lui1 c'e/ un complot dans lequel entre sa famille elle-mme2 la meilleure "p de t\t ce qui e/ dans le gr5i]1 dans la cave1 voire mme dans sa b\rse1 e/ p\r les autres1 bi5 qu'il en ait les clefs dans son aumnire et y veille plus que sur ses yeux4 ,p5dant qu'il se cont5te de vivre sur ses conomies et d'une table *i*em5t s]vie1 dans t\s les rduits de sa maison c'e/ une dbau*e cont9ue2 on s'amuse1 on dp5se1 on raille les *imres que se =g5t sa va9e colre et sa prvoyance4 ,*acun e/ en s5t9elle contre lui2 si p> has>d quelque s]viteur de petite importance s'atta*e lui1 on excite aussitt contre ce f*eux les s\pons du matre3 *ose facile1 la vieillesse mfiante y tant naturellem5t porte4 ,bi5 s\v5t il s'e/ vant moi de la f]met avec laquelle il ti5t les si5s en bride1 de l'obissance absolue et du respect qu'il en obti5t2 il voit vraim5t bi5 peu clair dans ses affaires6 ,lui seul ignore ce qui se passe *ez lui 7,tr5ce76 ,je ne connais pas d'homme qui1 p\r cons]v] la direction de sa maison1 ait rec\rs plus de moy5s naturels ou indiqus p> l'expri5ce1 et cela p\r tre j\ comme un enfant2 c'e/ ce qui me l'a fait *oisir comme un exemple des plus typiques1 p>mi plusieurs situations de ce g5re au c\rant desquelles je suis4 ,en e/-il mieux a9si ou vaudrait-il mieux qu'il en ft autrem5t8 c'e/ une "q sur laquelle on peut ergot]4 ,en app>5ce on lui cde t\j\rs1 mais c'e/ l une concession sans porte faite son autorit2 on ne lui rsi/e jamais1 on l'c\te1 on le cra9t1 on le respecte autant qu'il peut le s\hait]4 ,donne-t-il cong un dome/ique8 celui-ci fait son paquet et le voil p>ti1 mais seulem5t hors de sa prs5ce2 la vieillesse a de si l5tes allures1 ses s5s sont si tr\bls1 que le dit valet vivra et cont9u]a son s]vice dans la maison p5dant un an1 sans qu'il l'ap]oive2 puis1 au b\t d'un laps de temps conv5able1 on fait arriv] des lettres qui vi5n5t de lo91 excitant la compassion1 ple9es de supplications et de promesses de bi5 faire1 et il obti5t de r5tr] en grce4 ,monsieur passe-t-il quelque m>*1 crit-il quelque lettre qui dplais5t1 on les supprime1 et1 quelque temps aprs1 on inv5te des raisons p\r ju/ifi] le dfaut d'excution ou une rponse non arrive4 ,nulle lettre du dehors ne lui e/ remise de prime abord1 il ne voit que celles dont il n'e/ pas cra9dre qu'il ait connaissance2 si p> has>d il met la ma9 sur une qu'on avait intrt lui ca*]1 comme il a l'habitude de s'en remettre c]ta9e p]sonne p\r les lui lire1 on leur fait t\j\rs dire ce qu'on veut2 c'e/ a9si que frquemm5t tel e/ prs5t comme lui dem&ant p>don1 alors qu'il l'injurie4 ,f9alem5t1 il ne voit ses affaires que s\s un j\r autre que ce qui e/ arrang desse9 et lui donnant satisfaction au mieux de ce qui se peut1 p\r n'veill] ni sa mauvaise humeur1 ni son c\rr\x4 ,s\s des =mes diffr5tes1 j'ai vu dans bi5 des maisons les affaires dome/iques se rgl] longtemps et d'une faon cont9ue de mme sorte1 c'e/--dire t\t autrem5t en ralit qu'en app>5ce4 ,qu& les vieill>ds sont *agr9s1 grondeurs1 av>es1 femme1 enfants1 dome/iques se ligu5t contre eux p\r les tromp]4--,les femmes ont t\j\rs un p5*ant naturel contr>i] la volont de leurs m>is2 elles saisiss5t avec empressem5t t\tes les occasions de faire le contraire de ce qu'ils v\drai5t1 et la premire excuse v5ue suffit p\r les ju/ifi] ple9em5t leurs propres yeux4 ,j'en ai connu une qui volait de grosses sommes son m>i p\r1 disait-elle son confesseur1 faire des aumnes plus abondantes2 fiez-v\s donc cet emploi en uvres pies6 ,nulle j\issance ne leur p>at digne1 si c'e/ du cons5tem5t du m>i2 il faut1 p\r qu'elle leur soit agrable et qu'elles en fass5t cas1 qu'elles s'en soi5t emp>es1 soit p> adresse1 soit p> autorit et t\j\rs autrem5t que ce ne devrait tre4 ,qu& il arrive1 comme dans le cas que je vi5s de cit]1 que la femme a affaire un pauvre vieill>d et qu'elle agit p\r ses enfants1 =te de ce prtexte1 cela devi5t *ez elle une passion dont elle se fait gloire2 et p\r s'affran*ir1 eux et elle1 de cet esclavage commun1 elle en arrive facilem5t conspir] contre sa dom9ation et son adm9i/ration4 ,si les enfants sont dj gr&s et en ple9 dveloppem5t1 ils ont vite fait aussi de suborn]1 soit en les intimidant1 soit en les corrompant1 le matre d'htel1 l'homme d'affaires et t\t le re/e4 ,celui qui n'a ni femme ni fils e/ davantage l'abri de semblable disgrce2 mais qu& elle lui survi5t1 elle e/ plus cruelle encore et mo9s honorable4 ,caton disait de son temps3 ,autant de dome/iques1 autant d'ennemis2 ne p5sez-v\s pas qu'tant donne la puret relative de son sicle p> rapport au ntre1 il dirait auj\rd'hui3 ,femme1 enfants1 dome/iques sont autant d'ennemis1 que n\s avons4 ,il e/ heureux que la dcrpitude apporte avec elle un dfaut de clairvoyance1 une ignorance de ce qui se passe aut\r de n\s1 une facilit n\s laiss] tromp]1 qui sont autant de bi5faits4 ,s'il en tait autrem5t et que n\s v\lions regimb]1 que devi5drions-n\s en ce temps o les juges qui ont int]v5ir dans nos dbats1 sont eux-mmes d'ord9aire ports donn] raison aux enfants et intresss dans la "q8 ,p\r n\s dirig] ce mom5t de la vie1 pr(itons des exemples que n\s avons aut\r de n\s4--,si je ne m'ap]ois pas que je suis j\1 au mo9s ne m'*appe-t-il pas de voir que je puis trs bi5 l'tre2 aussi1 combi5 apprciable un ami vritable et comme en diffr5t ces liaisons qui ne sont que des relations de socit2 les btes elles-mmes n\s donn5t ce spectacle de rapports aussi t\*ants et1 qu& j'en suis tmo91 je me fais scrupule de les tr\bl]6 ,si les autres me tromp5t1 du mo9s je ne me trompe pas moi-mme au po9t de me croire capable de m'en g>antir et de me mettre la c]velle l'env]s p\r y *app]2 je me g>de de semblables trahisons dans mon intrieur1 non p> une curiosit inquite et t\j\rs en moi1 mais p> les div]sions que je fais natre et les rsolutions que je pr5ds4 ,qu& j'ent5ds racont] ce qui arrive quelqu'un1 je ne m'amuse pas m'apitoy] sur lui2 je fais aussitt un ret\r sur moi-mme et considre dans quelle mesure cela peut s'appliqu] moi2 t\t ce qui t\*e mon pro*a91 me t\*e2 t\t accid5t qui lui survi5t e/ p\r moi un av]tissem5t et appelle de ce ct mon att5tion4 ,t\s les j\rs1 t\tes heures1 n\s disons d'un autre ce que n\s p\rrions dire plus propos de n\s si n\s savions report] aussi sur n\s-mmes cet esprit d'obs]vation dont n\s faisons si bi5 application ce qui ne n\s t\*e pas4 ,nombre d'auteurs port5t atte9te la cause qu'ils df5d5t1 en se livrant d'une faon irrfl*ie des attaques contre la p>tie adv]se1 lui dco*ant des traits qui se prt5t leur tre ret\rns et susceptibles de leur faire plus de mal qu'ils n'en ont fait eux-mmes4 ,un pre regrette p>fois de s'tre montr trop grave1 trop peu bi5veillant env]s ses enfants1 au lieu de les trait] en amis et de les pr5dre p\r confid5ts4--,feu ,m4 le ,m>*al de ,montluc qui1 l'le de ,madre1 avait p]du son fils1 brave g5tilhomme en vrit et sur lequel reposai5t de gr&es esprances1 me contait ses regrets1 insi/ant surt\t sur le *agr9 et le crve-cur qu'il pr\vait de ne s'tre jamais compltem5t livr lui2 de ce que1 p\r avoir eu la fantaisie de cons]v] vis--vis de lui cette gravit1 cette morgue affecte que revt volonti]s l'autorit pat]nelle1 il s'tait bnvolem5t priv de l'agrm5t d'apprci] et de bi5 connatre ce fils et aussi de lui rvl] la pr(onde affection qu'il lui portait et en quelle e/ime il le t5ait p\r ses qualits3 ,ce pauvre g>on1 disait-il1 ne m'a jamais vu qu'avec une m9e refrogne et semblant faire peu de cas de lui2 il a emport la croyance que je n'ai su ni l'aim]1 ni apprci] ses mrites4 ,a qui donc devais-je dc\vrir la t5dresse p>ticulire qu'au fond du cur je lui portais8 n'e/-ce pas lui1 auquel j'eusse d m'en ouvrir p\r lui en donn] la joie et qu'il m'en ft reconnaissant4 ,je me suis contra9t1 mis la torture1 p\r cons]v] son endroit ce va9 masque d'indiffr5ce2 cela m'a fait p]dre le plaisir de sa frqu5tation1 et aussi de son affection qui ne p\vait tre bi5 *aude mon endroit1 n'ayant jamais t que rudoy p> moi et d'une faon p>fois tyrannique4 ,je tr\ve ces regrets fonds et bi5 rationnels4 ,je ne le sais que trop p> expri5ce1 il n'e/ ri5 qui ad\cisse le *agr9 que n\s ress5tons de la p]te de nos amis comme d'avoir la c]titude de n'avoir ri5 omis de ce qu'on avait leur dire et d'avoir t avec eux en communication p>faite et complte d'ides et de s5tim5ts4 ,o mon ami1 cet *ange de p5ses entre n\s a-t-il t p\r moi un bi51 a-t-il t un mal8 ,il a t un bi51 j'en vaux beauc\p mieux1 il n'y a pas en d\t]2 le regret que je cons]ve de toi m'honore et me console1 et c'e/ un pieux et agrable devoir de ma vie de me remmor] con/amm5t ces s\v5irs qui ne sont plus1 privation qu'aucune j\issance ne peut comp5s]4 ,je m'ouvre aux mi5s autant que je le puis et leur m>que trs volonti]s les dispositions de cur et d'esprit en lesquelles je suis leur g>d2 j'en agis du re/e a9si avec *acun4 ,je me hte de me rvl]1 p\r qu'on me voie tel que je suis1 ne v\lant pas qu'on y tr\ve du mcompte s\s quelque rapport que ce soit4--,on lit dans ,cs> que1 p>mi les c\tumes spciales nos anctres les ,gaulois1 les enfants se prs5tai5t leurs pres et n'osai5t p>atre avec eux en public que lorsqu'ils comm5ai5t port] les armes1 comme si p> l ils euss5t v\lu tmoign] que c'tait le mom5t1 p\r les pres1 d'admettre leurs enfants fray] familirem5t avec eux4 ,c'e/ un tort de laiss] sa veuve les bi5s dont les enfants devrai5t j\ir2 comme aussi p\s] une femme ayant une belle dot1 n'e/ pas t\j\rs une bonne affaire4--,j'ai encore relev en mon temps un autre g5re d'abus *ez c]ta9s pres de famille3 non cont5ts d'avoir1 p5dant une longue vie1 priv leurs enfants de la "p de rev5us que1 naturellem5t1 ils euss5t d leur ab&onn]1 ils laiss5t encore1 aprs eux1 leurs femmes la possession de t\s leurs bi5s avec latitude d'en dispos] leur fantaisie4 ,j'ai connu un seigneur occupant une des premires *>ges de la c\ronne de ,france1 qui1 de p> ses droits1 avait en esprance plus de c9quante mille cus de r5te1 et qui e/ mort1 c9quante ans1 dans le beso91 accabl de dettes1 ayant encore sa mre arrive la plus extrme dcrpitude qui j\issait de t\s ses bi5s de p> la volont de son pre qui1 p\r son compte1 avait vcu prs de quatre-v+ts ans4 ,cela ne me semble pas du t\t raisonnable4--,et p\rtant1 je tr\ve peu d'avantage1 p\r quelqu'un qui se tr\ve en bonne situation de =tune1 re*]*]1 p\r s'alli]1 une femme qui lui apporte une grosse dot2 de t\tes les dettes qu'on peut avoir1 il n'en e/ pas qui soit plus une cause de ru9e p\r les maisons2 mes pres s'en sont t\s =t judicieusem5t g>ds et j'ai fait de mme4--,t\tefois ceux qui n\s dt\rn5t d'p\s] des femmes ri*es1 de peur qu'elles soi5t mo9s traitables et mo9s reconnaissantes1 se tromp5t lorsque1 p\r une conjecture aussi d\teuse1 ils n\s font p]dre de rels avantages4 ,une femme draisonnable ne se laisse pas plus arrt] p> une raison que p> une autre2 ce qu'elle prfre1 c'e/ ce qui e/ le mo9s faire2 le mal l'attire1 t\t comme fait la v]tu *ez celles qui sont bonnes2 les plus ri*es sont frquemm5t les plus maniables1 comme s\v5t aussi plus belles elles sont1 plus elles mett5t leur gloire demeur] *a/es4 ,un m>i ne doit laiss] sa veuve que ce qui lui e/ ncessaire p\r se ma9t5ir dans le rang qu'elle occupe dans la socit4--,on a raison de laiss] l'adm9i/ration de leurs bi5s entre les ma9s de la mre1 tant que les enfants ne sont pas l'ge fix p> la loi p\r l'ex]c] eux-mmes2 mais le pre les a bi5 mal levs1 s'il ne peut compt] qu' leur majorit1 ils n'auront pas plus de sagesse et de capacit que sa femme1 tant donne la faiblesse ord9aire de ce sexe4 ,je convi5s t\tefois qu'il e/ encore plus contre nature de mettre une mre la discrtion de ses enfants2 il faut lui laiss] l>gem5t de quoi lui p]mettre de t5ir son rang d'aprs la situation de sa maison et suivant son ge1 d'autant que le beso9 et l'indig5ce tant beauc\p plus malsants et pnibles p\r la femme que p\r l'homme1 il faut les p>gn] la mre plutt qu'aux enfants4 ,p\r la rp>tition de ses bi5s1 sa mort1 le mieux e/ de s'en rapport] aux lois de son pays4--,en gnral1 la plus sage rp>tition que n\s puissions faire de nos bi5s1 en m\rant1 me p>at tre de n\s con=m] en cela aux usages du pays3 les lois y ont p\rvu mieux que n\s ne p\vons le faire1 et il e/ prfrable qu'elles fass5t erreur dans les *oix qu'elles ont faits que de n\s has>d] n\s-mmes n\s tromp] dans ceux que n\s p\rrions faire inconsidrm5t4 ,nos bi5s1 proprem5t p>l]1 ne n\s app>ti5n5t pas puisque des dispositions lgales dt]m95t1 en dehors de n\s1 ceux qui doiv5t les possd] aprs n\s4 ,bi5 que n\s ayons quelque lib]t de faire autrem5t1 je ti5s qu'il faut un motif bi5 srieux1 bi5 indiscutable1 p\r que n\s enlevions quelqu'un ce que sa bonne =tune lui a rs]v et que les lois lui reconnaiss5t1 et que c'e/ abus]1 contre t\t droit1 de cette lib]t1 que de la faire s]vir nos fantaisies frivoles et p]sonnelles4 ,le sort m'a fait grce d'occasions o j'eusse pu tre t5t d'g>] mon affection en dehors de ce qui e/ dans les rgles communes et lgitimes4--,je vois des g5s auprs desquels c'e/ p]dre son temps que de leur prodigu] ses bons (fices2 un mot pris de trav]s efface le mrite de dix annes d'excell5ts s]vices2 heureux1 en p>eil cas1 qui se tr\ve po9t p\r1 leur heure d]nire1 faire t\rn] leur avantage les dispositions en lesquelles ils sont6 ,avec eux1 ce qui a t fait en d]ni] lieu dcide de t\t2 ce ne sont pas les s]vices les meilleurs et les plus frqu5ts qu'ils considr5t1 mais les plus rc5ts1 ceux du mom5t4 ,ils j\5t de leur te/am5t comme de pommes et de v]ges1 p\r rcomp5s] ou punir *aque action de ceux qui peuv5t y tre intresss4 ,c'e/ cep5dant *ose de trop d'importance et qui mrite qu'on y rfl*isse longtemps1 p\r tre a9si modifie t\t in/ant2 les sages ne s'y rsolv5t qu'une fois p\r t\tes1 s'y proccupant surt\t de ce que comm&5t la raison et l'obs]vation des lois4 ,les sub/itutions sont ridicules1 et on fait s\v5t erreur en jugeant de l'av5ir des enfants sur leur extrieur4--,n\s pr5ons aussi un peu trop cur ces sub/itutions favorisant les bran*es mascul9es dans l'ide ridicule d't]nis] notre nom4 ,n\s t5ons galem5t trop de compte des conjectures inc]ta9es de l'av5ir que n\s =mons sur le c>actre que n\s croyons reconnatre *ez les enfants4 ,n'et-il pas t inju/e de me faire d*oir du rang que j'occupais1 p>ce que j'tais le plus l\rdaud et le mo9s dg\rdi1 le plus long appr5dre et le plus ennuy lorsqu'il tait "q de leon1 non seulem5t de t\s mes frres1 mais de t\s les enfants de ma prov9ce1 qu'il s'agt d'ex]cices de corps ou de ceux de l'esprit8 ,c'e/ folie de faire des di/9ctions de quelque importance1 bases sur ce qu'on croit dev9] et qui1 si s\v5t1 ne se ralise pas4 ,s'il e/ licite d'all] l'encontre des rgles qui dt]m95t quels sont nos hriti]s et de corrig] ces dsignations1 il semble que ce doit tre surt\t titre de comp5sation1 dans le cas de quelque p>ticulire dif=mit corporelle1 con/ituant un vice irrmdiable et qui ne peut s'attnu]1 ce qui1 selon n\s qui sommes gr&s apprciateurs de la beaut1 e/ une cause de prjudice considrable4 ,raisons donnes p> ,platon p\r que les hritages soi5t rgls p> les lois4--,je rapport]ai ici1 p\r donn] plus de relief ma prose1 le plaisant dialogue du lgislateur de ,platon avec ses concitoy5s3 ,comm5t1 lui dit-on1 s5tant notre f9 pro*a9e1 n\s ne p\rrons dispos] de ce qui n\s app>ti5t en faveur de qui n\s plaira8 ,dieux1 quelle cruaut6 n\s t] la possibilit de donn] plus ou mo9s1 notre gr1 ceux des ntres qui n\s auront prodigu leurs so9s p5dant que n\s tions malades1 durant notre vieillesse1 ou qui se s]ont occups de nos affaires6--,a quoi le lgislateur rpond3 ,mes amis1 sans aucun d\te v\s ne t>d]ez pas m\rir2 et comme1 a9si que le porte l'inscription du temple de ,delphes1 il v\s e/ difficile de v\s connatre et de connatre ce qui e/ v\s1 moi qui fais les lois1 j'e/ime que v\s ne v\s app>t5ez pas et que ce dont v\s avez la j\issance ne v\s app>ti5t pas davantage4 ,v\s et vos bi5s app>t5ez votre famille tant passe que future2 mais plus encore1 v\s1 votre famille et vos bi5s app>t5ez la *ose publique4 ,c'e/ p\rquoi1 de peur que quelque flatteur1 durant votre vieillesse ou votre maladie1 ou quelque passion ne v\s sollicit5t mal propos de faire un te/am5t inique1 je v\s en prs]v]ai2 et comme je respecte l'intrt commun de la cit et celui de votre maison1 je f]ai des lois o1 comme de raison1 l'intrt p>ticuli] s]a prim p> l'intrt gnral4 ,allez-v\s-en donc gam5t o les ncessits auxquelles l'humanit e/ a/re9te1 v\s appell5t2 c'e/ moi1 qui ne me passionne pas plus p\r une *ose que p\r une autre1 et qui1 dans la mesure du possible ne me proccupe que de l'intrt de t\s1 avoir s\ci de ce que v\s laissez4 ,il ne faut pas laiss] aux femmes le droit de p>tag] nos bi5s entre leurs enfants2 la mobilit et la faiblesse de leur jugem5t ne leur p]mett5t pas de faire de bons *oix4--,rev5ons notre sujet4 ,il me semble que1 quel que soit le po9t de vue auquel n\s n\s placions1 il e/ peu de femmes nes avec des aptitudes telles1 que leur autorit sur l'homme s'impose1 en dehors de l'autorit mat]nelle et de l'influ5ce qu'elles ont de p> la nature elle-mme4 ,il n'e/ pas "q ici de ceux qui1 punis p> o ils ont p*1 se sont1 p> suite de quelque passion malsa9e1 volontairem5t s\mis elles1 d'autant que n\s p>lons de vieilles femmes1 ce qui n'e/ pas le cas des leurs4 ,c'e/ app>emm5t cette considration qui n\s a fait dict] cette loi1 admise si facilem5t et dont nul n'a jamais vu le texte1 qui1 *ez n\s1 prive les femmes de la c\ronne4 ,il n'e/ gure de seigneurie au monde o la "q ne se soit pose en raison du bi5-fond du motif qui ju/ifie le pr9cipe2 mais les *oses ont fait qu'il a tr\v plus de p>tisans dans c]ta9s pays que dans d'autres4--,il e/ dang]eux de laiss] la femme dispos] comme elle l'ent5d de notre succession1 les *oix qu'elle fait p>mi ses enfants tant t\j\rs iniques et fanta/iques p>ce que les apptits biz>res1 les gts dpravs qu'elle manife/e lors de ses grossesses1 elle les a dans l'me en t\s temps4 ,communm5t1 on la voit donn] la prfr5ce ceux d'entre eux les plus faibles et les plus mal t\rns1 ou ceux1 s'il en exi/e1 qu'elle porte encore p5dus son c\4 ,n'ayant pas la raison assez =te p\r compr5dre et saisir les *oses suivant la valeur qui leur e/ propre1 elles se laiss5t plus volonti]s all] aux impressions rsultant du seul fait de la nature1 comme font les animaux qui ne reconnaiss5t leurs petits que lorsqu'ils les ont la mamelle4 ,on compte en va9 sur ce qu'on appelle la t5dresse mat]nelle4--,il e/ du re/e facile de jug] p> expri5ce combi5 sont peu pr(ondes les rac9es de cette affection naturelle1 laquelle n\s attribuons tant d'autorit4 ,p\r un maigre salaire1 n\s arra*ons t\s les j\rs des enfants des bras de leur mre p\r leur sub/itu] les ntres2 n\s am5ons ces femmes ab&onn] les leurs quelque *tive n\rrice laquelle n\s ne v\lons pas confi] les ntres ou quelque *vre1 et n\s leur int]disons non seulem5t de les allait]1 quelque dang] qui puisse en rsult] p\r eux1 mais encore d'en pr5dre aucun so91 p\r s'employ] t\t entires au s]vice des ntres2 et l'on voit la plup>t d'entre elles concevoir1 p> le fait de l'habitude1 p\r ces enfants d'emprunt qu'elles n\rriss5t1 une affection bt>de s\v5t plus vive que l'affection naturelle qu'elles ont p\r les leurs et apport] dans les so9s qu'elles leur donn5t1 une sollicitude plus gr&e qu' l'g>d de ceux qui leur app>ti5n5t4--,si j'ai p>l de *vre1 c'e/ qu'aut\r de moi il e/ ord9aire que les femmes des villages1 qu& elles ne peuv5t n\rrir leurs enfants1 ai5t rec\rs des *vres2 j'ai *ez moi1 cette heure1 deux laquais qui n'ont tt que p5dant huit j\rs du lait de femme4 ,ces *vres s'habitu5t de suite allait] leurs n\rrissons2 elles reconnaiss5t leur voix qu& ils cri5t et acc\r5t au plus vite2 si on leur en prs5te un autre que celui qu'elles n\rriss5t1 elles le refus5t2 l'enfant rep\sse galem5t une *vre autre que celle qui le n\rrit4 ,j'en ai vu un1 d]nirem5t1 auquel on enleva sa *vre que son pre n'avait fait qu'emprunt] un de ses vois9s2 il ne v\lut jamais pr5dre le pis de celle qu'on lui prs5tait la place et m\rut1 probablem5t de faim4 ,*ez les animaux1 l'affection naturelle s'altre et s'abt>dit aussi facilem5t que *ez n\s4 ,je crois que ce qui1 d'aprs ,hrodote1 se pratiqu]ait en c]ta9es p>ties de la ,libye1 o hommes et femmes s'unirai5t indiffremm5t et o l'enfant1 qu& il comm5ce m>*]1 reconnat de lui-mme son pre v]s lequel1 au milieu de t\s1 le port5t naturellem5t ses premi]s pas1 doit donn] lieu bi5 des erreurs4 ,les hommes *riss5t les productions de leur esprit bi5 plus que leurs propres enfants et1 en effet1 c'e/ bi5 plus exclusivem5t leur ouvrage4--,a ne considr] que cette seule raison d'aim] nos enfants p>ce que n\s les avons eng5drs1 ce qui n\s les fait qualifi] d'autres n\s-mmes1 il e/ des productions d'un autre g5re1 manant galem5t de n\s1 qui ne sont pas1 ce me semble1 de mo9dre importance4 ,ce que notre me eng5dre1 ce qui nat de notre esprit1 de notre c\rage1 de notre capacit1 provi5t d'une plus noble p>tie de n\s-mmes que notre corps1 et e/ encore plus n\s que nos enfants2 n\s en sommes la fois le pre et la mre4 ,ces crations n\s cot5t bi5 plus1 mais aussi1 lorsqu'elles ont du bon1 n\s font bi5 plus honneur4 ,nos enfants val5t beauc\p plus de leur propre fait que du ntre1 la "p que n\s y avons e/ bi5 lgre2 dans ces autres manations de n\s-mmes au contraire1 leur beaut1 leur grce1 t\t ce qui leur donne du prix e/ notre uvre exclusive2 aussi n\s reprs5t5t-elles et veill5t-elles sur n\s l'att5tion beauc\p plus vivem5t que nos enfants4 ,platon aj\te que ce sont elles qui arriv5t l'immortalit et immortalis5t leurs pres1 allant jusqu' en faire des dieux3 ,lycurgue1 ,solon1 ,m9os en sont des exemples4--,les hi/oires tant ple9es de faits qui tmoign5t de l'affection que les pres port5t communm5t leurs enfants1 il m'a p>u ne pas tre hors de propos d'en cit] quelques-uns ayant trait l'affection que l'on porte p>fois ces autres d'orig9e immatrielle3--,hliodore1 ce bon vque de ,tricca1 prfra r5onc] au rang1 aux bnfices et la vnration que lui valait la dignit piscopale dont il tait inve/i1 plutt que de dsav\] son roman am\reux intitul ,?agne et ,*>icle1 fillette ple9e de g5tillesse1 qui e/ encore de ce monde1 mais1 j'en convi5s1 un peu trop pimpante1 smillante1 d'allures trop provocantes p\r la fille d'un tel pre1 revtu de fonctions ecclsia/iques et sac]dotales4--,il y eut ,rome un p]sonnage de haute valeur et de gr&e autorit1 du nom de ,labinus1 qui1 p>mi ses autres qualits1 avait celle d'excell] dans t\s les g5res de littrature4 ,il tait1 je crois1 fils de ce gr& ,labinus1 le premi] des lieut5ants de ,cs> dans ses gu]res des ,gaules1 lequel plus t>d embrassa le p>ti de ,pompe o il se comporta si vaillamm5t et f9it p> tre dfait p> ,cs> en ,espagne4 ,le ,labinus dont je p>le se fit des envieux p> sa v]tu1 et vraisemblablem5t aussi1 en raison de sa fran*ise1 de nombreux ennemis p>mi les c\rtisans et les favoris des emp]eurs s\s lesquels il vcut1 non mo9s que p> son esprit d'opposition la tyrannie qu'il p\vait t5ir de son pre et qui probablem5t devait se retr\v] dans ses crits et dans ses livres4 ,ses adv]saires le p\rsuivir5t devant les magi/rats et obt9r5t p> jugem5t que plusieurs de ses ouvrages1 de ceux qui l'avai5t mis en lumire1 fuss5t brls4 ,c'e/ lui que fut appliqu1 p\r la premire fois1 ,rome1 ce g5re de pe9e qui le fut depuis c]ta9s autres1 emportant condamnation mort des crits eux-mmes et de travaux littraires4 ,n\s n'avions pas assez de moy5s ni de sujets d'ex]c] notre cruaut1 il a fallu que n\s y aj\tions des *oses que la nature a exemptes de s5tim5t et sur lesquelles la s\ffrance n'a pas prise1 comme les productions de l'esprit et la rputation que n\s p\vons en acqurir2 que n\s s\mettions aux rigueurs de la discipl9e les inspirations qui n\s vi5n5t des ,muses1 et que n\s leur t5dions les pe9es corporelles qui peuv5t n\s atte9dre n\s-mmes4 ,labinus ne put support] cette p]te1 ni survivre l'uvre qui lui devait le j\r et qui lui tait si *re2 il se fit port] et enf]m] vivant dans le monum5t funraire de ses anctres1 o il se tua et s'ensevelit t\t la fois3 il e/ difficile de tr\v] un tmoignage d'affection pat]nelle qui surpasse celui-ci4 ,cassius ,sev]us1 homme d'une gr&e loqu5ce1 qui tait de l'intimit de ,labinus1 s'cria1 en voyant consum] ses livres1 que la s5t5ce et d le condamn] lui-mme tre en mme temps brl vif1 p>ce qu'il portait et cons]vait dans sa mmoire t\t ce qui s'y tr\vait crit4--,p>eil accid5t adv9t ,cremutius ,cordus1 accus d'avoir dans ses ouvrages fait l'loge de ,brutus et de ,cassius2 ce misrable snat1 s]vile autant que corrompu1 digne d'un pire matre tel que ,tibre1 les condamna au feu4 ,p\r leur t5ir compagnie dans la mort1 ,cremutius se laissa m\rir de faim4--,luca91 cet homme de bi5 condamn p> ce mon/re qu'tait ,nron1 s'tait fait1 p\r se donn] la mort1 ouvrir les ve9es p> son mdec94 ,il t\*ait ses d]ni]s mom5ts et dj avait p]du la presque totalit de son sang1 le froid avait envahi les extrmits des membres et gagnait les organes ess5tiels de la vie1 qu& il se mit rcit] c]ta9s v]s de son pome sur la bataille de ,ph>sale1 qui lui rev9r5t en d]ni] lieu la mmoire2 il s'teignit les ayant la b\*e4 ,n'e/-ce pas l comme un t5dre et pat]nel cong qu'il pr5ait de ses enfants3 tels les adieux et les troits embrassem5ts que n\s donnons aux ntres1 qu& notre mort e/ pro*e2 n'e/-ce pas un effet de ce s5tim5t de la nature qui1 nos d]ni]s mom5ts1 n\s remet en mmoire ce qui1 dans notre vie1 a t l'objet de nos plus *res p5ses8 picure1 l'heure de sa mort1 en proie1 a9si qu'il tait oblig d'en conv5ir1 de trs viol5tes d\leurs d'entrailles1 pr\vait une vive consolation l'ide de la beaut de la doctr9e dont il avait dot le monde4 ,croit-on que si1 au lieu de ses crits rem>quables1 il et eu une nombreuse ligne d'enfants qu'il et laisss aprs lui bi5 portants et bi5 levs1 il en et ress5ti autant de satisfaction8 ou encore1 qu'ayant *oisir1 p\r p]ptu] sa mmoire1 entre un enfant contrefait et mal portant ou un livre sot et inepte1 il ne se ft pas rsign1 lui et t\t autre de son mrite1 au premi] de ces malheurs plutt qu'au second8--,si1 p> exemple1 on et propos sa9t ,augu/9 d'anantir ses crits dont notre religion a retir un si gr& fruit1 ou de p]dre ses enfants en admettant qu'il en ait eu1 n'et-ce pas t une impit de sa "p de ne pas sacrifi] ces d]ni]s8--,je ne sais vraim5t pas si je n'aim]ais pas beauc\p mieux en avoir mis au monde un1 runissant t\tes les p]fections1 issu de mon comm]ce avec les ,muses1 plutt que de mes relations avec ma femme4 ,a celui-ci que je suis oblig d'accept] tel qu'il e/1 ce que je donne1 je le lui donne simplem5t et d'une faon irrvocable1 comme t\t ce que n\s donnons nos enfants selon la *air2 le peu de bi5 que je lui fais1 cesse ds lors d'tre ma disposition4 ,il peut savoir des *oses que je ne sais plus1 en t5ir de moi dont moi-mme n'ai plus s\v5ir2 et si beso9 tait que je lui fasse un emprunt1 il me faudrait le contract] comme le f]ait un trang]2 si je suis plus sage que lui1 il e/ plus ri*e que moi4--,il e/ peu d'hommes cultivant la posie1 qui ne se tr\v]ai5t mieux lotis d'tre le pre de l'nide que du plus beau g>on de ,rome1 et ne s\ffrirai5t davantage de la p]te de celle-l que de celui-ci2 d'autant que selon ,ari/ote1 de t\s ceux qui produis5t1 le pote e/1 en p>ticuli]1 le plus port s'pr5dre de ses uvres4--,on croirait difficilem5t qu'pam9ondas1 qui se vantait de laiss] p\r t\te po/rit des filles qui f]ai5t un j\r honneur leur pre 7c'tai5t les deux brillantes victoires qu'il avait remportes sur les ,lacdmoni5s71 et volonti]s cons5ti les *ang] p\r les deux plus belles filles de la ,grce2 ni qu',alex&re et ,cs> ai5t jamais s\hait sacrifi] la clbrit qu'ils doiv5t leurs glorieuses conqutes1 l'avantage d'avoir des enfants qui euss5t t leurs hriti]s1 si p>faits et si accomplis qu'ils euss5t pu tre4 ,je d\te aussi beauc\p que ,phidias1 ou t\t autre sculpteur pass matre en son art1 et prfr la cons]vation et la dure des enfants que la nature lui avait donns1 celles de telles de ses uvres qu' =ce de travail et d'tude il a am5es la p]fection4--,ces mmes passions contre nature que ri5 ne peut cont5ir1 qui ont p>fois port des pres concevoir de l'am\r p\r leurs filles et des mres p\r leurs fils1 se r5contr5t p>fois au mme degr dans cette p>5t d'un autre g5re2 tmo9 ce que l'on dit de ,pygmalion qui1 ayant sculpt une /atue de femme de s+ulire beaut1 en dev9t si p]dum5t pris1 d'un am\r si viol5t qu'il fallut que1 cdant ses transports1 les dieux lui donnass5t la vie3 ,il t\*e l'ivoire1 et l'ivoire oubliant sa duret naturelle cde et s'amollit s\s ses doigts 7,ovide74 ,,*apitre ,,ix4 ,des armes des ,p>!s4 ,mauvaise habitude de la noblesse de nos j\rs de ne s'arm]1 aux armes1 qu'au d]ni] mom5t4--,c'e/ un tort de la noblesse de notre poque qui dnote de la mollesse1 qu'au contact de l'ennemi1 elle ne pr5ne les armes qu'au d]ni] mom5t1 alors qu'il y a urg5ce1 et de s'en dfaire aussitt1 la mo9dre app>5ce que le dang] s'e/ loign2 il en rsulte bi5 de la confusion3 *acun va criant1 c\rant aprs ses armes1 alors qu'il faudrait *>g] l'ennemi1 et il en e/ qui en sont encore lac] leurs cuirasses que dj leurs compagnons sont en dr\te4 ,nos pres donnai5t port] leur casque1 leur lance et leurs gantelets1 et cons]vai5t le re/e de leur quipem5t tant que l'expdition durait4 ,actuellem5t nos tr\pes sont en gr& tr\ble et en gr& dsordre p> le ple-mle des bagages et des valets1 qui ne peuv5t m>*] "p de leurs matres dont ils port5t les armes4 ,p>lant de nos anctres1 ,tite-,live disait dj3 ,incapables de s\ffrir la fatigue1 ils avai5t pe9e port] leurs armes4 ,nos armes actuelles sont plus incommodes p> leur poids qu'elles ne sont propres la df5se4--,il e/ au contraire des nations qui1 dans l'antiquit et encore de nos j\rs1 vont la gu]re sans se c\vrir ou n'us5t que d'armes df5sives dont ils ne tir5t aucune protection efficace3 ,n'ayant p\r se c\vrir la tte que des casques de lige 7,virgile74 ,alex&re1 celui de t\s les hommes de gu]re qui se confiait le plus au has>d1 ne revtait que r>em5t son armure4 ,ceux d'entre n\s qui n'en font pas cas1 n'augm5t5t pas beauc\p p\r cela les risques qu'ils c\r5t2 s'il arrive qu'il y en ait qui soi5t tus faute de ne pas l'avoir1 le nombre n'e/ pas mo9dre de ceux qui ont t p]dus p>ce que leurs armes gnai5t leurs m\vem5ts1 que dans une *ute leur poids les immobilisait1 ou qu'ils avai5t quelques membres froisss ou fracturs1 soit p> le contre-c\p1 soit autrem5t4--,a voir le poids et l'paisseur de celles dont n\s faisons usage1 on dirait en vrit que n\s ne *]*ons qu' n\s df5dre2 elles n\s *>g5t1 plus qu'elles ne n\s g>antiss5t4 ,n\s avons un tel ef=t faire p\r les port]1 elles n\s entrav5t et n\s gn5t tel po9t1 qu'il semble que combattre consi/e uniquem5t dans le *oc des unes contre les autres et que n\s n'avons pas l'obligation de les df5dre t\t autant qu'elles celle de n\s protg]4 ,tacite pe9t assez plaisamm5t les g5s de gu]re de l'anci5ne ,gaule1 arms de telle sorte qu'ils avai5t dj gr&'pe9e se t5ir deb\t et tai5t dans l'impossibilit aussi bi5 d'attaqu] que d'tre attaqus1 et qui1 une fois t]re1 ne p\vai5t se relev]4--,lucullus1 voyant sur un po9t de la ligne de bataille de l'arme de ,tigrane des gu]ri]s mdes pesamm5t et =t incommodm5t arms1 semblant comme dans une prison de f]1 p5sa qu'il en aurait facilem5t raison et comm5a p> eux son attaque1 ce qui fut le prlude de sa victoire4 ,a prs5t que les m\squetaires ont pris place dans nos armes1 on va peut-tre inv5t] quelque muraille d]rire laquelle n\s s]ons l'abri de leurs c\ps1 et n\s irons la gu]re1 enf]ms dans des ba/ions mobiles dans lesquels on n\s tran]a comme ceux que les anci5s faisai5t port] leurs lphants4 ,on e/ plus vigilant qu& on se s5t mo9s protg4--,cette manire de voir e/ bi5 loigne de celle de ,scipion ,emili51 qui repro*ait amrem5t ses soldats d'avoir sem de *ausse-trapes le fond du foss g>ni d'eau d'une ville dont il faisait le sige1 en un endroit o les assigs p\vai5t excut] des sorties1 disant que lorsqu'on assaillait une place1 il fallait song] attaqu] et non se df5dre2 il craignait avec raison que cette mesure de prcaution ne les portt se g>d] avec mo9s de vigilance4 ,c'e/ aussi lui qui disait un jeune homme qui lui montrait un beau b\cli]3 ,il e/1 en effet1 bi5 beau2 mais1 mon fils1 un soldat roma9 doit plus se confi] sa ma9 droite qu' sa ma9 gau*e4 ,c'e/ le dfaut d'habitude qui n\s fait p>atre nos armes si pesantes4--,seul le dfaut d'habitude n\s r5d pnible le port de nos armes3 ,deux des gu]ri]s que je *ante ici1 avai5t la cuirasse sur le dos et le casque en tte2 ni j\r1 ni nuit1 depuis qu'ils tai5t entrs dans ce *teau1 ils n'avai5t quitt cette armure qu'ils portai5t aussi aism5t que leurs habits1 tant ils y tai5t acc\tums 7,ario/e74--,l'emp]eur ,c>acalla m>*ait pi$1 arm de t\tes pices1 la tte de ses tr\pes4--,les fantass9s roma9s portai5t non seulem5t le morion1 l'pe et le b\cli]1 et leur habitude d'avoir con/amm5t leurs armes sur le dos tait telle1 qu'ils ne s'en tr\vai5t pas plus gns que de leurs propres membres1 crit ,cicron3 ,ils dis5t que les armes du soldat sont comme ses membres2 ils avai5t en outre les vivres ncessaires p\r qu9ze j\rs1 plus un c]ta9 nombre de pieux p\r palissad] leur camp1 le t\t reprs5tant un poids qui atteignait jusqu' soixante livres4 ,avec ce *>gem5t1 les soldats de ,m>ius1 allant au combat1 faisai5t d'habitude c9q lieues en c9q heures1 et mme six qu& il y avait urg5ce4--,leur discipl9e tait beauc\p plus /ricte que la ntre1 aussi en obt5ait-on bi5 d'autres rsultats2 ,scipion ,emili51 ayant la rtablir dans son arme1 en ,espagne1 df5dit ses soldats de mang] autrem5t que deb\t et de faire cuire leurs alim5ts4--,a ce propos1 voici un trait vraim5t tonnant1 c'e/ le repro*e adress un soldat lacdmoni51 se tr\vant en expdition1 de s'tre abrit dans une maison2 ils tai5t si endurcis aux privations1 que c'tait une honte d'tre vu s\s un autre abri que la vote cle/e1 quelque temps qu'il ft3 ce compte1 n\s n'irions gure lo9 auj\rd'hui avec nos g5s4 ,ressemblance des armes des ,p>!s avec celles dont n\s faisons n\s-mmes usage auj\rd'hui4--,sur ce mme *apitre1 ,ammi5 ,m>cell91 si au fait des gu]res des ,roma9s1 donne des dtails intressants sur la manire dont les ,p>!s tai5t arms2 il y insi/e d'autant plus qu'elle diffre notablem5t de celle des ,roma9s3 ,ils avai5t1 dit-il1 des armures qu'on et dit =mes d'un tissu de petites plumes 7probablem5t d'cailles mtalliques s'imbriquant les unes dans les autres1 qui tai5t si =t en usage *ez nos anctres71 qui ne gnai5t pas les m\vem5ts du corps et tai5t si rsi/antes que nos traits ne les pntrai5t pas et rebondissai5t qu& ils v5ai5t les frapp]4 ,dans un autre passage1 on lit3 ,ils avai5t des *evaux vig\reux et calmes1 cap>aonns de cuir pais2 eux-mmes tai5t arms des pi$s la tte de grosses lamelles de f] ag5ces de telle faon1 qu'aux jo9tures des membres1 elles prtai5t aux m\vem5ts4 ,ils semblai5t des hommes de f]4 ,la p>tie affr5te la tte1 affectait la =me des div]s cont\rs du visage et tait si bi5 aju/e1 qu'il n'y avait pas possibilit d'atte9dre la figure autrem5t que p> de petits tr\s ronds qui correspondai5t aux yeux et laissai5t pass] un peu de lumire1 ou p> des f5tes correspondant aux n>9es et p]mettant gr&'pe9e de respir]4 ,le mtal flexible semble anim p> les membres qu'il rec\vre4 ,c'e/ horrible voir2 on dirait des /atues de f] qui m>*5t1 le mtal incorpor au gu]ri] qui le porte4 ,de mme des c\rsi]s1 leur front e/ b>d de f]2 s\s le f]1 leurs flancs sont l'abri des blessures 7,claudi574 ,cette description ne rappelle-t-elle pas l'quipem5t d'un de nos hommes d'armes1 avec son armure complte8--,plut>que rapporte que ,dmtrius fit fabriqu] p\r lui et p\r ,alc9us1 celui de ses gu]ri]s appel m>*] con/amm5t ses cts1 deux armures pesant *acune c5t v+t livres1 alors que celles dont on faisait d'ord9aire usage n'en pesai5t que soixante4 ,,*apitre ,x4 ,des livres4 ,en crivant ses ,essais1 ,montaigne n'a pas de plan arrt et laisse libre c\rs sa fantaisie4--,je ne d\te pas qu'il ne m'arrive s\v5t de p>l] de *oses qui sont mieux et plus exactem5t traites p> les hommes du mti] passs matres1 que p> moi qui ne fais ici application que de mes dispositions naturelles et non de connaissances que je puis avoir acquises4 ,qui relv]a *ez moi des erreurs prov5ant de mon ignorance1 ne me contr>i]a nullem5t2 je ne puis gure rpondre auprs des autres de ce que j'cris1 n'en rpondant dj pas auprs de moi-mme qui n'en suis pas satisfait4 ,qui e/ en qute de sci5ce1 doit all] la p*] o elle se tr\ve et non *ez moi qui n'en fais pas pr(ession4 ,je n'ai d'autre ide ici que de suivre ma fantaisie2 je n'ai nullem5t l'int5tion de faire connatre les *oses dont je p>le2 ce que j'en fais1 e/ uniquem5t p\r me dpe9dre moi-mme4 ,ces *oses1 peut-tre les connatrai-je un j\r fond2 peut-tre les ai-je connues a9si jadis1 qu& le has>d m'a conduit sur les lieux o il m'tait possible de les claircir2 mais je ne m'en s\vi5s plus4 ,je suis mme de tir] pr(it de ce que j'appr5ds1 mais incapable de le ret5ir2 aussi je ne g>antis pas l'exactitude de ce que je dis1 et on ne doit y voir que le degr de connaissance que j'en ai p\r le mom5t4 ,d\ble motif qu'il a p\r ne po9t nomm] les auteurs auxquels il fait des emprunts et dont il donne des citations4--,il n'y a pas prt] att5tion au *oix des matires qui y sont traites1 mais seulem5t la manire dont elles le sont2 qu'on juge p> les emprunts que j'ai faits1 si j'ai su tr\v] ce qui e/ le plus propre rehauss] et appuy] conv5ablem5t l'ide que je veux dvelopp] et qui1 elle1 vi5t t\j\rs de moi4 ,je ne m'inspire pas des citations que je fais1 je m'en s]s p\r corrobor] ce que je dis et que je ne puis exprim] aussi bi51 soit p>ce que mon langage e/ mo9s expressif1 soit p>ce que je s5s mo9s bi54 ,je ne compte pas mes emprunts1 j'en use selon ce qu'ils val5t2 si je m'tais appliqu les multipli]1 j'aurais pu en faire deux fois autant4--,ils provi5n5t t\s1 ou peu s'en faut1 d'auteurs anci5s si connus qu'il semble bi5 qu'on les reconnatra sans que j'aie beso9 de les nomm]4 ,les causes1 les comp>aisons1 les preuves que j'en tire et insre dans mon ouvrage1 je les confonds avec celles qui sont de mon cr2 c'e/ int5tionnellem5t que je ne cite pas ceux qui me les f\rniss5t1 p\r t5ir en respect les audaces de ces critiques qui assaill5t htivem5t t\s les crits1 surt\t ceux qui vi5n5t de p>atre1 manant d'hommes encore vivants et crits dans le langage de t\t le monde1 ce qui p]met *acun d'en p>l] et fait croire que leur plan et les ides qui y sont mises sont aussi vulgaires que le langage employ2 je veux que ces ,zoles commett5t la maladresse de donn] une *iqu5aude sur le nez de ,plut>que1 en croyant me la donn] moi1 et d'injuri] ,snque en ma p]sonne4--,il me faut ca*] ma faiblesse s\s ces gr&es rputations1 mais volonti]s je v]rais quelqu'un m't]1 grce la clairvoyance de son jugem5t1 ces plumes dont je me suis p>1 en di/+uant1 p> la seule diffr5ce de =ce et de beaut qu'elles prs5t5t d'avec les mi5nes1 celles qui ne sont pas de moi4 ,si1 faute de mmoire1 je suis arrt t\t in/ant qu& moi-mme je *]*e reconnatre l'orig9e de ces fragm5ts qui me sont trang]s1 je n'en sais pas mo9s trs bi5 reconnatre1 me connaissant assez p\r cela1 que ma t]re e/ absolum5t hors d'tat de produire les fleurs p> trop ri*es que j'y tr\ve closes1 et que t\t ce dont je suis capable ne saurait les gal]4--,l o je suis rellem5t responsable1 c'e/ qu& de moi-mme1 p> vanit ou manque de jugem5t1 je mets ob/acle reconnatre mes erreurs p>ce que je ne les s5s pas ou que je suis incapable de les s5tir alors mme qu'on me les signale2 bi5 s\v5t1 en effet1 des fautes n\s *app5t que n\s ne voyons pas1 mais c'e/ une infirmit de notre jugem5t que de ne p\voir les ap]cevoir qu& un autre n\s les accuse4 ,n\s p\vons possd] la sci5ce et la vrit1 et manqu] de jugem5t1 comme aussi avoir du jugem5t sans ces deux autres qualits2 savoir reconnatre notre ignorance e/ mme l'une des g>anties les plus belles et les plus sres que le jugem5t ne n\s fait pas dfaut4--,le has>d e/ mon unique s]g5t de bataille2 seul1 il prside au rangem5t de ce que j'cris2 mesure que mes rv]ies me pass5t p> la tte1 je les entasse3 tantt elles se press5t en f\le1 tantt se prs5t5t une une4 ,je veux qu'on me voie dans mon allure naturelle1 dans celle laquelle je vais d'ord9aire1 quelque dc\sue qu'elle soit4 ,je me laisse all] au gr de ce qui me vi5t l'ide2 c'e/ ce qui fait qu'ici1 je ne traite que des sujets qu'il n'e/ pas p]mis d'ignor] et dont on peut p>l] sans prp>ation et h>dim5t4 ,la sci5ce cote trop acqurir1 aussi ne lit-il que les livres qui l'amus5t et ceux qui lui appr5n5t bi5 vivre et bi5 m\rir4--,je s\hait]ais c]ta9em5t avoir une plus complte intellig5ce des *oses dont je p>le1 mais p\r l'acqurir je ne veux pas y mettre un prix aussi lev que ce qu'elle cote4 ,j'ai desse9 de pass] tranquillem5t1 sans me donn] de pe9e1 le temps qu'il me re/e vivre et ne veux me mettre m>tel en tte p\r quoi que ce soit1 pas mme p\r la sci5ce1 malgr le gr& cas que j'en fais4 ,je ne *]*e dans les livres que le plaisir que procure un honnte dlassem5t2 ou1 si je les tudie1 je ne m'atta*e qu' ce qui peut dvelopp] en moi la connaissance de moi-mme et me dispos] bi5 vivre et bi5 m\rir3 ,c'e/ v]s ce b que doiv5t t5dre mes c\rsi]s 7,prop]ce74 ,les difficults1 qu& j'en r5contre en lisant1 ne me proccup5t pas outre mesure1 je les laisse de ct aprs m'tre essay une fois ou deux les rs\dre4 ,si je m'y arrtais1 je m'y p]drais et p]drais mon temps2 c> j'ai l'esprit qui1 ds le db1 donne t\t ce qu'il peut1 et ce que je ne saisis pas du premi] c\p1 je le dmle de mo9s en mo9s en m'y ob/9ant4 ,je ne fais ri5 si je n'y ai de l'agrm5t1 et m'att>d] p> trop sur un sujet1 y apport] trop de cont5tion d'esprit tr\bl5t mon ent5dem5t1 l'attri/5t et le lass5t4 ,ma vue s'y confond et s'y p]d2 il faut que je m'int]rompe et m'y repr5ne plusieurs fois1 a9si que l'on fait p\r jug] du lu/re d'une t(fe c>late que l'on promne devant nos yeux1 la faisant pass] et repass] p\r que n\s la voyions s\s ses diffr5ts reflets4--,si un livre m'ennuie1 j'en pr5ds un autre et ne m'y adonne que dans les mom5ts o1 ne ri5 faire1 l'ennui comm5ce s'emp>] de moi4 ,je ne lis gure les livres n\veaux1 je prfre les anci5s qui me sembl5t plus srieux et mieux faits2 je ne re*]*e pas non plus les auteurs grecs1 p>ce que1 comme *ez un enfant ou un appr5ti1 mon jugem5t s'accommode peu de ce que je ne compr5ds qu' moiti4 ,auteurs mod]nes du g5re amusant qu'il lit volonti]s4--,p>mi les ouvrages qui ne sont que plaisants1 je ne tr\ve gure de rellem5t amusant1 p>mi les mod]nes1 que le ,dcamron de ,boccace1 ,rabelais et les ,bais]s de ,jean ,second1 si t\tefois on peut plac] ce d]ni]1 crit en lat91 p>mi les mod]nes4 ,quant aux ,amadis et autres romans de mme sorte1 ils ne m'ont mme pas intress qu& je les lisais tant enfant4 ,je dirai mme1 ce qui p>atra bi5 h>di ou tmraire1 que mon esprit vieilli ne pr5d plus plaisir la lecture1 non seulem5t de l',ario/e1 mais encore de ce bon ,ovide2 sa facilit1 sa ri*esse d'imag9ation qui1 autrefois1 m'ont ravi1 ne me di/rai5t plus auj\rd'hui4--,j'exprime librem5t mon avis sur t\tes *oses1 mme sur celles qui1 de r5contre1 dpass5t mes connaissances intellectuelles et que je considre comme n'tant nullem5t de ma compt5ce2 ce que j'en dis1 c'e/ galem5t p\r donn] la mesure de ma vue et non p\r jug] les *oses elles-mmes4 ,qu& je me dgte de l',axio*e de ,platon comme me faisant l'effet d'un ouvrage de peu de valeur eu g>d la puissance d'un p>eil auteur1 mon jugem5t ne croit pas p\r cela son infaillibilit2 il n'a pas l'outrecuidance de conte/] l'autorit de tant d'autres juges de r5om de l'antiquit qu'il ti5t p\r ses matres1 devant lesquels il s'incl9e et en compagnie desquels il s]ait plutt satisfait de se tromp]2 c'e/ lui-mme qu'il s'en pr5d de cette div]g5ce d'op9ion1 et il se condamne soit p>ce qu'il s'arrte l'corce1 faute de p\voir pntr] jusqu'au cur de l'uvre qu'il a s\s les yeux1 soit p>ce qu'il l'a reg>de s\s un faux j\r4 ,il se cont5te uniquem5t de ne se laiss] ni tr\bl]1 ni entran] divagu]2 quant sa faiblesse1 il la reconnat et l'av\e sans pe9e4 ,il p5se donn] une ju/e int]prtation aux app>5ces telles qu'il les saisit2 mais combi5 ces app>5ces elles-mmes sont trompeuses et imp>faites4 ,la plup>t des fables d'sope ont plusieurs s5s et significations2 ceux qui en tir5t un s5s my?ologique ou figur1 en *oisiss5t un qui cadre bi5 avec le texte de la fable2 gnralem5t ce s5s e/ celui qui app>at premire vue1 mais il n'e/ que sup]ficiel1 et il y en a d'autres plus vifs1 plus ess5tiels que l'on dc\vre en allant plus avant1 ce qu'ils n'ont pas su faire2 c'e/ l prcism5t la faon dont je me comporte moi-mme4 ,potes lat9s qu'il met au premi] rang4--,mais p\rsuivons3 ,il m'a t\j\rs sembl que p>mi les potes1 ,virgile1 ,lucrce1 ,catulle et ,horace ti5n5t1 et de beauc\p1 le premi] rang4 ,p>ticulirem5t ,virgile1 dont les ,gorgiques sont1 mon avis1 l'ouvrage de posie le plus accompli2 en leur comp>ant l'nide1 on reconnat aism5t *ez ce d]ni]1 des passages que l'auteur et ret\*s si le temps ne lui et manqu2 le c9quime livre de ce pome e/ celui que j'e/ime le plus p>fait4 ,j'aime aussi ,luca9 et le pratique volonti]s1 mo9s p\r son /yle1 que p\r la valeur propre et la vrit des op9ions et des jugem5ts qu'il met4--,quant au bon ,tr5ce1 en lequel on retr\ve t\te la mign>dise et les grces de la langue lat9e1 je le ti5s p\r admirable qu& il pe9t les m\vem5ts de l'me et nos murs qu'il a su pr5dre sur le vif2 t\te heure1 mes actions me report5t en p5se v]s lui et1 si s\v5t que je le lise1 j'y tr\ve t\j\rs quelque beaut1 quelque grce n\velles4--,les contempora9s de ,virgile se plaignai5t de ce que c]ta9s lui galai5t ,lucrce1 j'e/ime que c'e/ tort2 ,virgile lui e/ suprieur1 mais j'ai bi5 de la pe9e p5s] a9si qu& j'ai s\s les yeux de beaux passages de son mule4 ,si les admirateurs de ,virgile s'(f5sai5t de cette op9ion1 que dirai5t-ils donc de la btise et de la /upidit dignes des ,b>b>es1 de ceux qui auj\rd'hui lui comp>5t l',ario/e8 ,qu'en dirait l',ario/e lui-mme8 ,o sicle grossi] et sans gt 7,catulle76 ,je suis d'avis que les anci5s avai5t encore plus sujet de se pla9dre qu& ils voyai5t ,plaute plac sur la mme ligne que ,tr5ce 7qui1 beauc\p plus que lui1 a des faons de g5tilhomme71 que de voir mettre en balance ,lucrce avec ,virgile4 ,ce qui m>que l'e/ime que mrite ,tr5ce et la prfr5ce que n\s devons lui donn]1 c'e/ que ,cicron1 le pre de l'loqu5ce roma9e1 le cite con/amm5t1 ce qui n'e/ le cas p\r p]sonne autre de ce g5re1 et aussi le jugem5t svre qu',horace1 le premi] critique des potes lat9s1 porte sur ,plaute4 ,combi5 les potes comiques de l'poque de ,montaigne sont infrieurs en ce g5re aux potes lat9s4--,j'ai s\v5t eu la fantaisie de con/at] combi51 notre poque1 ceux qui se ml5t de faire des comdies 7comme les ,itali5s qui s'y livr5t avec assez de succs71 us5t de ,tr5ce et de ,plaute auxquels ils emprunt5t les sujets de trois et quatre de leurs pices p\r en compos] une2 il en e/ de mme des contes de ,boccace1 dont ils runiss5t c9q ou six dans une mme comdie4 ,la dfiance en laquelle ils sont de p\voir captiv] l'intrt avec leurs propres grces1 e/ la raison p\r laquelle ils c\l5t tant de matires dans une seule composition2 il leur faut s'appuy] sur quelque *ose de rsi/ant et1 n'ayant pas en eux-mmes de quoi n\s ret5ir p> les dveloppem5ts qu'ils donn5t leur sujet1 ils *]*5t n\s amus] p> le sujet lui-mme4 ,il en e/ t\t autrem5t de ,tr5ce3 la p]fection et la beaut de son /yle n\s font p]dre de vue le ?me qu'il traite2 sa g5tillesse1 sa dlicatesse1 n\s captiv5t de t\tes p>ts2 p>t\t il plat tellem5t1 il c\le avec tant de puret et de naturel 7,horace71 il n\s sduit p> ses grces tel po9t que n\s en oublions celles du sujet de sa comdie4 ,les bons potes vit5t l'affectation et la re*]*e2 ils n'ont pas beso9 non plus d'ornem5ts sup]flus p\r s\t5ir l'intrt4--,cette obs]vation m'amne encore rem>qu] que les bons potes de l'antiquit ont vit l'affectation et la re*]*e1 non seulem5t telles qu'elles se manife/5t dans ces exagrations fanta/iques comme il s'en r5contre dans les auteurs espagnols et qu'on tr\ve galem5t *ez ,ptr>que et ses imitateurs1 mais mme dans ces saillies plus d\ces et plus ret5ues qui ornem5t5t t\s les ouvrages de posie des sicles suivants4 ,aussi quiconque s'y connat1 le regrette s'il vi5t les tr\v] *ez un pote anci51 et admire beauc\p plus la p]fection du f9i1 la d\ceur cont9ue1 la beaut fleurie des pigrammes de ,catulle1 que t\s les aiguillons dont ,m>tial aff9e ses satires2 et cela1 p\r cette mme raison que je vi5s de donn] et que ,m>tial indique en p>lant de lui-mme3 ,il n'avait pas de gr&s ef=ts faire1 le sujet lui t5ait lieu d'esprit 7,m>tial74--,les premi]s1 ceux qui brill5t p> leur imag9ation1 se font suffisamm5t compr5dre1 sans s'agit] outre mesure1 ni se piqu] p\r s'excit]2 ils ont con/amm5t de quoi rire1 sans que p\r cela il leur soit ncessaire de se *at\ill]2 les autres ont beso9 de sec\rs trang]s2 mo9s ils ont d'esprit1 plus il leur faut de corps2 ils mont5t *eval1 p>ce qu'ils ne sont pas assez =ts p\r se t5ir sur leurs jambes4 ,c'e/ a9si que dans nos bals publics1 ces hommes de classe infrieure qui y enseign5t dans]1 dans l'impossibilit o ils sont d'avoir le ma9ti5 dc5t de notre noblesse1 *]*5t se faire valoir1 en excutant des sauts prilleux et autres m\vem5ts extraord9aires1 comme ceux que pratiqu5t les bateleurs4 ,c'e/ p\r cela galem5t que les dames ont plus facile cont5ance1 dans les danses comportant des figures et des m\vem5ts de corps1 que dans c]ta9es autres de crmonie o elles n'ont simplem5t qu' m>*] en cons]vant leur port naturel et leur grce ord9aire4 ,de mme aussi ne voit-on pas les balad9s qui excell5t dans leur art1 vtus de leurs habits de t\s les j\rs1 n\s donn] qu& mme1 sans se grim]1 t\t le plaisir que leurs f>ces peuv5t n\s caus]2 t&is que leurs appr5tis1 non encore rompus au mti]1 sont obligs de s'enf>9] la figure1 de se trave/ir1 de faire =ce t\rs et grimaces burlesques1 p\r n\s dt]m9] rire4--,cette op9ion de ma "p clate mieux que p>t\t ailleurs1 qu& je comp>e l'nide et ,rol& le furieux4 ,le premi] de ces pomes se dr\le tire d'aile2 son vol demeure con/amm5t haut et f]me1 on le voit t\j\rs allant droit1 sans dvi] de sa direction2 t&is que le second va voletant et sautillant d'pisode en pisode comme si1 ne se fiant ses ailes que p\r fran*ir de c\rts espaces1 il allait de bran*e en bran*e af9 de pr5dre pi$ *aque ef=t n\veau1 de peur de p]dre hale9e et que la =ce ne lui manque3 ,il ne t5te que de petites c\rses 7,virgile74--,voil1 sur les sujets de ce g5re1 les auteurs qui me plais5t le plus4 ,p>mi les auteurs srieux1 ,plut>que et ,snque sont ceux que ,montaigne prfre2 comp>aison entre ces deux criva9s4--,quant mes autres lectures1 celles o je m'in/ruis quelque peu en mme temps que je me dlecte1 celles qui m'appr5n5t p5s] et me conduire1 je les puise dans ,plut>que depuis qu'il a t traduit en franais1 et dans ,snque4 ,t\s deux ont ce gr& avantage1 eu g>d ma disposition d'esprit1 que les enseignem5ts que j'y *]*e s'y tr\v5t p>s1 ce qui ne m'impose pas un travail long et cont9u dont je suis incapable2 ce c>actre e/ celui des opuscules de ,plut>que et des ptres de ,snque1 qui sont ce qu'ils ont crit de mieux et de plus pr(itable4 ,il ne faut pas dispos] de gr& temps p\r s'y mettre et je les quitte o et qu& cela me plat1 p>ce que les sujets ne s'y font pas suite et ne dp5d5t pas les uns des autres4 ,ces deux auteurs1 d'accord sur la plup>t des ides fondam5tales1 ont encore d'autres po9ts communs3 ils ont vcu dans le mme sicle1 ont t t\s deux prcepteurs d'emp]eurs roma9s1 t\s deux v5ai5t de pays trang]s et ont t ri*es et puissants4--,leur enseignem5t e/ de la philosophie la meilleure1 prs5te de la faon la plus simple et avec compt5ce4 ,plut>que e/ plus gal et plus con/ant1 ,snque plus ondoyant et v>i4 ,celui-ci pe9e1 se raidit1 fait ef=t p\r df5dre la v]tu contre la faiblesse1 la cra9te et les apptits du vice2 l'autre ne semble pas faire cas de ces ennemis1 il ddaigne de ht] le pas1 p\r se mettre hors de leurs atte9tes4 ,plut>que e/ de l'cole de ,platon1 ses ides se g>d5t de t\te exagration et s'accommod5t de la socit telle qu'elle e/2 *ez l'autre qui e/ de l'cole des ,/oci5s et de celle d'picure1 elles s'c>t5t davantage de ce qui e/ de mise dans la vie en commun mais sont1 mon avis1 plus commodes p\r l'individu et empre9tes de plus de f]met4 ,snque semble avoir fait quelque concession la tyrannie des emp]eurs de son temps1 c> je considre comme c]ta9 que c'e/ p>ce qu'il y a t =c1 qu'il condamne la cause de ces hommes gnreux qui ont frapp ,cs>2 ,plut>que cons]ve t\j\rs son indp5dance4 ,snque abonde en saillies et en critiques1 *ez ,plut>que les faits prdom95t2 le premi] v\s *auffe et v\s meut davantage1 le second v\s procure plus de cont5tem5t et v\s ddommage mieux du temps que v\s lui consacrez2 celui-ci n\s guide1 l'autre n\s p\sse4 ,jugem5t port p> ,montaigne sur les ouvrages philosophiques de ,cicron4--,p\r ce qui e/ de ,cicron1 celles de ses uvres qui convi5n5t au b que je me suis propos1 sont ses ouvrages philosophiques traitant de la morale4 ,mais1 vrai dire et si h>di que cela p>aisse 7et une fois que l'on a comm5c tre impud5t1 on e/ dans une voie o l'on ne s'arrte pas71 sa faon d'crire1 t\te autre que celle des prcd5ts1 me semble ennuyeuse2 ses prfaces1 ses df9itions1 ses classifications1 ses tymologies y ti5n5t en effet1 et bi5 inutilem5t1 presque t\te la place2 ce qu'il y a de vif et de n]veux e/ t\ff p> 99 ces longueurs prlim9aires4 ,si j'ai pass une heure le lire1 ce qui e/ beauc\p p\r moi1 et que je rcapitule t\t ce que j'en ai tir de sub/antiel et de nutritif1 la plup>t du temps je ne tr\ve que du v5t1 p>ce que je ne suis encore arriv ni aux argum5ts1 ni aux raisons qui t\*5t directem5t au nud de la "q que je *]*e dml]4 ,p\r moi1 qui ne dem&e autre *ose que de dev5ir plus sage1 et ne veux dev5ir ni plus savant ou loqu5t1 cette exposition logique et con=me aux rgles poses p> ,ari/ote e/ hors de propos2 je v\drais que l'on comm5t p> ce qu'il met la f92 je sais assez ce que c'e/ que la ,mort et la ,volupt1 sans qu'on s'amuse me les analys] en gr& dtail4 ,je *]*e d'emble les raisons bonnes et srieuses de nature me rcon=t] contre l'ef=t que j'ai support] de leur "p1 et les subtilits *res aux grammairi5s1 pas plus qu'un +nieux ag5cem5t de phrases et d'argum5tations1 n'y aj\t5t ri54 ,je veux des raisonnem5ts qui1 ds le db1 batt5t en br*e le po9t pr9cipal du litige2 les si5s tran5t trop aut\r de la "q2 ils sont bons p\r l'cole1 le b>reau ou le s]mon o n\s avons t\t le loisir de sommeill] et sommes encore temps1 qu& un qu>t d'heure aprs n\s rev5ons n\s1 d'en ressaisir le fil4 ,c'e/ a9si qu'il faut p>l] des juges que l'on veut gagn] sa cause1 que l'on ait tort ou raison2 ou encore des enfants ou la f\le auxquels il faut t\t dire p\r arriv] ce qu'ils en reti5n5t quelque *ose2 mais moi1 je ne veux pas qu'on soit sans cesse veill] mon att5tion et qu'on me crie c9quante fois3 ,ent5dez bi5 ceci1 comme font nos crieurs publics4 ,les ,roma9s disai5t dans leurs prires liturgiques3 ,att5tion6 n\s disons dans les ntres3 ,haut les curs6 ce sont l autant de p>oles p]dues p\r moi qui arrive de *ez moi t\t dispos c\t]4 ,les assaisonnem5ts et la sauce me sont inutiles1 je mange trs bi5 la vi&e t\te crue2 et1 au lieu de me mettre en apptit1 ces prambules1 cette p>ade prcdant la pice1 me fatigu5t et lui font p]dre de son *>me4--,la lic5ce des temps s]a-t-elle p\r moi une excuse de l'audace sacrilge qui me porte tr\v] galem5t trop tranants les dialogues mmes de ,platon8 s\s cette =me1 le sujet e/ p> trop t\ff et je regrette le temps que passe ces longues int]locutions sans utilit1 qui lui s]v5t d'entre en matire1 un homme qui avait tant de meilleures *oses dire2 mon ignorance me s]a une excuse plus admissible de ce que je n'apprcie pas la beaut de son /yle4--,en gnral1 je re*]*e les livres qui mett5t en uvre la sci5ce et non ceux qui l'expos5t2 ,plut>que et ,snque1 comme ,pl9e l'anci5 et leurs semblables1 ne n\s dis5t pas3 ,att5tion6 ils ne veul5t avoir affaire qu' des g5s qui se donn5t d'eux-mmes cet av]tissem5t1 ou1 s'ils l'emploi5t1 c'e/ alors propos d'un po9t ess5tiel1 ce n'e/ plus ds lors un simple prambule et il a une importance spciale4 loge des lettres ,atticus4--,je lis volonti]s les ptres ,atticus de ,cicron1 p>ce qu'elles donn5t de trs nombreux dtails sur l'hi/oire et les affaires de son temps2 et plus encore p>ce qu'elles n\s difi5t sur son c>actre p]sonnel et que1 comme je l'ai dit ailleurs1 j'pr\ve une curiosit s+ulire connatre l'me et la t\rnure naturelle d'esprit des auteurs que je lis4 ,ce n'e/ gure que leur capacit1 et non leurs murs ni eux-mmes1 que n\s p\vons jug] d'ord9aire p> ce qu'ils mett5t dans les crits qu'ils tal5t la face du monde4 ,j'ai mille fois regrett que l'ouvrage que ,brutus a crit sur la v]tu1 ne soit pas p>v5u jusqu' n\s2 il et t beau d'appr5dre la ?orie de qui s'y connaissait si bi5 en pratique4 ,t\tefois comme celui qui pr*e et ce qu'il pr*e sont deux *oses diffr5tes1 j'aime encore mieux voir ,brutus pe9t p> ,plut>que que p> lui-mme2 mais je prfr]ais savoir au ju/e ce dont il devisait1 s\s sa t5te1 avec un quelconque de ses amis intimes1 la veille d'une bataille1 plutt que les propos qu'il t5ait le l5dema9 son arme1 et ce qu'il faisait dans son cab9et et dans sa *ambre1 plus encore que sur la place publique et au snat4 ,c>actre de ,cicron1 sa posie1 son loqu5ce4--,sur ,cicron1 je suis de l'avis gnral1 c'e/ qu'en dehors de son savoir1 son me1 s\s bi5 des rapports1 n'atte9t pas la p]fection4 ,il tait bon citoy51 de nature dbonnaire a9si que sont le plus s\v5t les hommes qui1 comme il l'tait1 sont replets et disposs se moqu]2 mais1 dire vrai1 il y avait en lui beauc\p de mollesse1 d'ambition et de vanit4 ,je ne sais comm5t expliqu] autrem5t le cas qu'il faisait de sa posie2 c]tes1 ce n'e/ pas une gr&e imp]fection que de faire de mauvais v]s2 mais c'en e/ une que de ne pas s5tir combi5 les si5s tai5t indignes de la gloire atta*e son nom4--,son loqu5ce e/ absolum5t hors de pair2 je crois qu'aucun homme ne l'gal]a jamais4 ,cicron le jeune1 son fils1 qui n'avait d'autre po9t de ressemblance avec son pre que le nom qu'il portait1 comm&ait en ,asie4 ,il avait un j\r sa table plusieurs p]sonnes trangres1 p>mi lesquelles ,ce/ius qui tait plac au bas b\t et se tr\vait l1 comme il arrive qu'on se f\rre *ez les gr&s qu& ils ti5n5t table ouv]te4 ,cicron s'in=ma qui il tait1 auprs d'un de ses g5s qui lui dit son nom2 mais sa p5se tait ailleurs1 et1 oubliant la rponse qui v5ait de lui tre faite1 il r5\vela sa dem&e p> deux ou trois fois diffr5tes4 ,son s]viteur1 p\r n'avoir pas la pe9e de lui rpt] encore la mme *ose1 f9it p> lui rpondre1 p\r fix] son att5tion p> quelque circon/ance p>ticulire3 ,c'e/ ce ,ce/ius qui1 v\s a-t-on dit1 ne fait pas gr& cas de l'loqu5ce de votre pre1 qu& il la comp>e la si5ne4 ,cicron1 pr5ant la m\*e sur ce propos1 fit sur-le-*amp saisir ce pauvre ,ce/ius et1 sans plus de faon1 f\ett] en sa prs5ce4 ,voil c]tes un amphitryon peu c\rtois6--,p>mi ceux mmes qui1 t\s comptes faits1 avai5t le plus d'e/ime p\r son incomp>able loqu5ce1 il s'en e/ tr\v que cela n'a pas emp*s d'y relev] des fautes2 dans le nombre1 le gr& ,brutus1 son ami1 qui disait que c'tait une loqu5ce casse et sans vigueur4 ,les orateurs de l'poque qui suivit1 lui repro*ai5t aussi ce so9 s+uli] qu'il avait de t]m9] ses priodes p> des phrases h>moniques d'une c]ta9e longueur et les mots effet1 qu'il emploie si s\v5t2 p\r moi1 je prfre des phrases f9ales plus brves1 nettem5t sc&es4 ,malgr ce s\ci de l'h>monie1 il arrive1 quoique assez r>em5t1 qu'on r5contre *ez lui des sons qui se heurt5t1 comme je l'ai rem>qu dans cette phrase3 ,en vrit1 quant moi1 j'aim]ais mieux vieillir mo9s longtemps1 que de vieillir avant le temps4 ,montaigne se plat surt\t avec les hi/ori5s1 p>ticulirem5t avec ceux qui ont crit les vies de gr&s p]sonnages4--,les hi/ori5s con/itu5t mon passe-temps favori2 leur lecture m'e/ agrable et facile2 avec cela1 l'homme vu d'une faon gnrale1 celui-l mme que je *]*e pntr]1 e/ prs5t p> eux plus nettem5t et plus compltem5t que p>t\t ailleurs2 sa manire d'tre y app>at s\s son vrai j\r1 tant dans son ensemble que dans ses dtails et avec t\tes ses v>iations2 de mme son c>actre =m de l'assemblage de ses qualits et de ses dfauts1 a9si que les accid5ts auxquels il e/ expos4 ,p>mi ceux qui criv5t l'hi/oire1 ceux qui s'atta*5t mo9s aux vnem5ts qu' leurs causes1 qui considr5t les mobiles auxquels l'homme obx plutt que ce qui lui arrive1 sont ceux qui me plais5t le plus2 c'e/ p\rquoi1 t\s g>ds1 ,plut>que e/ mon homme4--,je suis trs contr>i que n\s n'ayons pas une d\za9e de ,diogne ,la]ce1 ou que son ouvrage ne soit pas plus t5du ou plus intelligemm5t fait1 p>ce que je suis t\t aussi curieux de connatre la vie et les dtails de l'exi/5ce de ces gr&s ducateurs du monde1 que d'tre r5seign sur leurs dogmes et leurs ides4--,qu& on se livre des tudes hi/oriques de ce g5re1 il faut feuillet] indi/9ctem5t t\tes sortes d'auteurs1 vieux et n\veaux1 qu'ils soi5t crits en bon ou en mauvais franais1 af9 d'arriv] connatre les diffr5ts po9ts de vue s\s lesquels *aque *ose s'y tr\ve prs5te4 loge des ,comm5taires de ,cs>4--,entre t\s1 ,cs> me p>at mrit] qu'on l'tudie1 non seulem5t s\s le rapport de l'hi/oire1 mais p\r lui-mme1 tant il y a en lui de p]fection et de supriorit qui le plac5t au-dessus de t\s les autres1 mme de ,sallu/e4 ,je le lis assurm5t avec beauc\p plus de recueillem5t et de respect qu'on ne lit d'ord9aire les ouvrages autres que les critures sa9tes1 sduit tantt p> ses faits et ge/es et sa m]veilleuse gr&eur1 tantt p> la puret et l'inimitable correction de son /yle bi5 suprieur1 comme le dit ,cicron1 celui de t\s les autres hi/ori5s1 et p>fois celui de ,cicron lui-mme4 ,a la s9crit dans les jugem5ts qu'il porte sur ses adv]saires se jo9t1 qu'en dehors des c\leurs fausses s\s lesquelles il dissimule ce que sa cause a de mauvais et l'horreur de sa fune/e ambition1 on ne peut1 mon s5s1 lui repro*] que de ne pas avoir p>l assez de lui-mme1 c> d'aussi gr&es *oses que celles qu'il a accomplies1 ne peuv5t l'avoir t sans que la "p qu'il y a prise ne soit beauc\p plus considrable qu'il ne le dit4 ,les meilleurs hi/ori5s sont ceux qui ont le gnie de l'hi/oire et s'impos5t p> leur valeur1 a9si que ceux qui criv5t avec simplicit et bonne foi4--,p>mi les hi/ori5s1 j'aime ceux qui sont ou trs simples ou excell5ts4 ,ceux qui sont simples1 n'tant pas mme d'y ri5 aj\t] du leur1 recueill5t avec so9 et exactitude t\t ce qui arrive leur connaissance1 enregi/r5t t\t de bonne foi1 sans *oix1 ni triage1 sans ri5 faire qui influ5ce notre jugem5t dans la dc\v]te de la vrit4 ,tel entre autres le bon ,froiss>t qui1 dans son uvre1 e/ d'une si fran*e navet1 que lorsqu'il a commis une erreur1 il ne cra9t pas de la reconnatre et de rectifi] le passage o elle lui a t signale2 t\s les bruits qui c\r5t1 il les relve avec les v>iantes qu'ils peuv5t prs5t]2 t\tes les v]sions qu'il recueille1 il les consigne2 ce sont des matriaux bruts et in=mes p\r s]vir crire l'hi/oire1 qu'il collige2 et *acun1 aprs lui1 peut les utilis] suivant ses aptitudes4--,les hi/ori5s p>faits ont l'intellig5ce ncessaire p\r disc]n] ce qui mrite de pass] la po/rit2 ils sont mme de di/+u] entre deux relations celle qui e/ la plus vraisemblable2 de la situation en laquelle se tr\v5t les pr9ces et de la connaissance de leur c>actre1 ils en dduis5t les mobiles qui leur dict5t leurs dt]m9ations et ils plac5t en leur b\*e les p>oles qui convi5n5t la circon/ance2 ils sont fonds n\s impos] leur manire de voir1 mais cela n'e/ le propre que d'un petit nombre4--,ceux qui occup5t un rang int]mdiaire1 et c'e/ la gnralit1 gt5t t\t4 ,ils veul5t n\s m*] les morceaux2 ils prt5d5t jug] et fauss5t l'hi/oire suivant l'ide qu'ils s'en =m5t2 c> une fois que l'on a jug dans un c]ta9 s5s1 on ne peut se df5dre de =c] les faits et de les prs5t] de manire les faire abond] d'aprs l'ide qu'on s'en e/ prmaturm5t fait4 ,ils font *oix de ce qu'ils e/im5t devoir tre cons]v1 et n\s ca*5t s\v5t telle p>ole1 telle action p>ticulire qui clair]ai5t mieux la situation2 ils lim95t comme incroyables les *oses qu'ils ne compr5n5t pas1 et d'autres encore1 peut-tre p>ce qu'ils ne sav5t pas bi5 les r5dre en lat9 ou en franais4 ,qu'ils n\s dvelopp5t h>dim5t et aussi loquemm5t qu'ils le v\dront leurs dductions1 qu'ils jug5t comme ils croi5t devoir le faire1 mais qu'ils n\s laiss5t1 n\s aussi1 la possibilit de jug] aprs eux2 que p\r tre plus prcis et plus concis1 ils n'altr5t et ne supprim5t ri5 des matriaux qu'ils expos5t1 et qu'ils n\s les prs5t5t sans falsification et dans leur intgralit s\s t\s rapports4 ,les bonnes hi/oires sont d'ord9aire celles faites p> des hommes ayant pris "p aux vnem5ts qu'ils racont5t2 difficult de fix] les dtails de c]ta9s faits4--,le plus s\v5t1 surt\t en ces sicles d]ni]s1 on attribue ces fonctions d'hi/oriographe des g5s du commun1 p> cette seule raison qu'ils sav5t trs bi5 p>l]1 comme si c'tait p\r appr5dre la grammaire que n\s devions rec\rir leurs travaux2 quant eux1 n'ayant t *oisis que p> cette considration et n'ayant v5du que leur babil1 c'e/ de cela surt\t qu'ils se proccup5t et1 qu' gr& r5=t de belles phrases et de bruits ramasss dans les c>ref\rs des villes1 ils vont composant leurs *roniques4 ,les seules hi/oires ayant de la valeur1 sont celles crites p> ceux-l mmes qui comm&ai5t aux affaires qu'ils racont5t1 qui p>ticipai5t leur direction ou au mo9s qui se sont tr\vs en conduire d'autres de mme sorte2 c'e/ le cas de presque t\s les hi/ori5s grecs et roma9s2 c> alors1 si plusieurs tmo9s oculaires ont crit sur le mme sujet 7et il arrivait frquemm5t1 en ces temps-l1 que les hautes situations et le savoir se tr\vai5t runis71 et qu'il y ait erreur1 elle ne peut tre qu'excessivem5t lgre et ne port] que sur un incid5t =t d\teux4 ,que peut-on espr] d'un mdec9 qui p>le gu]re1 ou d'un coli] qui traite des projets que les pr9ces ont en tte8--,un seul exemple suffira p\r montr] combi5 les ,roma9s tai5t scrupuleux cet g>d3 ,as9ius ,pollio signale dans les ,comm5taires mmes de ,cs>1 quelques erreurs qui s]ai5t dues ce qu'il ne p\vait voir p> lui-mme t\t ce qui se passait dans son arme et ce qu'il aurait cru des p]sonnes lui rapportant p>fois des faits qui n'avai5t pas t suffisamm5t vrifis1 ou encore p>ce que ses lieut5ants ne l'ont pas exactem5t r5seign sur les oprations qu'ils ont conduites en son abs5ce4 ,on peut jug] p> l combi5 cette re*]*e de la vrit e/ dlicate puisqu'on ne peut se fi]1 p\r connatre ce qui s'e/ pass dans un combat1 ce qu'en sait ce qui lui y comm&ait1 ni aux soldats sur ce qui s'e/ pass prs d'eux1 qu'autant que1 comme dans le cas d'une in/ruction judiciaire1 on confronte les tmoignages et on reoit les objections avant d'admettre comme pr\vs les mo9dres dtails de *aque fait4 ,la connaissance de ce qui se passe auj\rd'hui (fre bi5 mo9s de g>antie encore1 mais c'e/ l un po9t qui a t trait t\t au long p> ,bod9 dans le s5s o je le conois moi-mme4 ,jugem5ts de ,montaigne sur ,gui*>d91 ,philippe de ,com9es et les sieurs de ,bellay4--,p\r remdi] un peu aux trahisons de ma mmoire qui me fait dfaut un degr tel qu'il m'e/ arriv plus d'une fois de repr5dre1 comme rc5ts et m'tant inconnus1 des livres que quelques annes aup>avant j'avais lus avec att5tion et c\v]ts de notes1 j'ai pris1 depuis quelque temps1 l'habitude d'inscrire la f9 de *acun de ceux dont je ne compte pas us] n\veau1 l'poque laquelle j'en ai t]m9 la lecture et1 en gros1 l'impression que j'en ai pr\ve1 de manire me reprs5t] au mo9s la physionomie et l'ide gnrale qu'en lisant1 je me suis faites de l'auteur4 ,voici quelques-unes de ces annotations3 ,il y a environ dix ans1 sur mon ,gui*>d9 7en quelque langue que mes livres soi5t crits1 c'e/ dans la mi5ne que je les annote71 j'inscrivais3 ,hi/oriographe soigneux1 duquel on peut1 je crois1 aussi exactem5t que de n'importe quel autre1 appr5dre la vrit sur les affaires de son temps1 dans la plup>t desquelles1 du re/e1 il a j\ un rle dans un rang honorable4 ,il ne semble pas que p> ha9e1 condesc5dance ou vanit1 il ait ri5 dguis2 on peut s'en r5dre compte p> l'imp>tialit des jugem5ts qu'il porte sur les gr&s1 p>ticulirem5t sur ceux qui1 comme le pape ,clm5t ,,vii1 l'ont employ et lui ont donn de l'avancem5t dans les *>ges qu'il occupait4 ,il p>at se prvaloir surt\t des digressions qu'il fait et des apprciations qu'il porte2 il y en a de bonnes et il relate de beaux traits1 mais il s'y complat trop2 et p\r ne ri5 laiss] de ct1 bi5 que dj le sujet p> lui-mme soit trs ple9 et trs ample1 p\r a9si dire inf9i1 il le dlaie encore et son /yle dgnre en caquet scola/ique4 ,j'ai aussi rem>qu *ez lui que1 bi5 qu'il apprcie nombre d'hommes et de *oses1 nombre d'vnem5ts et de rsolutions1 il n'en rapporte jamais aucun la v]tu1 la religion1 la consci5ce1 dont il ne ti5t pas plus compte que si elles n'exi/ai5t plus en ce monde2 t\tes les actions1 si belles en app>5ce qu'elles puiss5t tre1 il les attribue t\j\rs quelque cause vicieuse ou au pr(it que l'auteur doit en retir]4 ,il e/ cep5dant impossible d'admettre que dans cette inf9it de faits qu'il relate1 il n'en soit pas un qui ait une cause raisonnable2 la corruption n'a pas pu tre si gnrale que t\t le monde en ait t atte9t et que nul n'y ait *app4 ,cela me porte croire que le s5s critique a pu lui faire un peu dfaut et que peut-tre il a jug les autres d'aprs ce qu'il tait lui-mme4 ,sur mon ,philippe de ,com9es1 j'ai crit3 ,c'e/ l un langage d\x et agrable1 d'une entire simplicit2 la n>ration y e/ exempte de circonlocutions1 la bonne foi de l'auteur y e/ manife/e2 il p>le de lui-mme sans vanit1 des autres sans p>tialit ni envie2 ses rcits et ses comm5taires m>qu5t plus de zle empress et d'am\r de la vrit que de relle supriorit2 en t\t et p>t\t1 se rvl5t une autorit et un srieux qui tmoign5t un homme de bonne famille1 famili>is avec les affaires d'importance4 ,sur les mmoires des sieurs de ,bellay3 ,il y a t\j\rs plaisir lire les *oses crites p> ceux qui ont t mls leur conduite2 mais on ne peut ni] que *ez ces deux seigneurs on ne con/ate une infriorit vid5te et trs acc5tue dans la s9crit et la lib]t de langage qui1 au contraire1 c>actris5t les criva9s similaires des temps passs1 tels que le sire de ,jo9ville famili] de ,sa9t ,l\is1 g9>d *anceli] de ,*>lemagne1 et plus rcemm5t ,philippe de ,com9es4 ,leur ouvrage e/ plutt un plaidoy] en faveur du roi ,franois ,i] contre l'emp]eur ,*>les-,qu9t1 qu'une hi/oire4 ,je ne veux pas croire que les auteurs ai5t1 quant au fond1 ri5 *ang aux faits qu'ils rapport5t1 mais ils se sont appliqus les prs5t]1 s\v5t tort1 s\s un j\r qui n\s e/ favorable1 omettant t\t ce qui1 dans la vie de leur matre1 e/ de nature p>ticulirem5t dlicate3 c'e/ videmm5t l un travail de comm&e2 a9si les disgrces de ,messieurs de ,montmor5cy et de ,brion n'y sont pas m5tionnes1 et mme on n'y tr\ve seulem5t pas le nom de ,madame d'tampes2 on peut admettre que l'on passe s\s sil5ce les *oses secrtes1 mais taire ce que t\t le monde connat1 en pass] de semblable importance qui ont eu une telle influ5ce sur les affaires publiques1 e/ inexcusable4 ,en somme1 si l'on m'en croit1 on s'adress]a ailleurs p\r avoir une complte connaissance du roi ,franois ,i] et de ce qui s'e/ pass en son temps4 ,ce qu'on y peut lire avec pr(it1 c'e/ le rcit p>ticuli] des batailles et actions de gu]re auxquelles ces deux g5til%ommes ont assi/1 quelques p>oles et actes de la vie prive de c]ta9s pr9ces de leur temps1 les dm>*es faites et les ngociations conduites p> le seigneur de ,langeais o sont consignes beauc\p de *oses qui mrit5t d'tre sues1 accompagnes de rflexions assez rem>quables4 ,,*apitre ,,xi4 ,de la cruaut4 ,la bont a l'app>5ce de la v]tu2 c>actres qui les diffr5ci5t4--,il me semble que la v]tu e/ *ose autre et plus noble que le p5*ant la bont qui e/ naturellem5t en n\s4 ,les mes bi5 quilibres dont l'ducation a t bonne1 se comport5t comme les mes v]tueuses1 les actions des unes et des autres se ressembl5t2 mais la v]tu se di/+ue p> je ne sais trop quoi de plus gr&1 de plus actif que de se laiss]1 s\s l'influ5ce d'un heureux naturel1 d\cem5t et paisiblem5t m5] p> la raison4 ,celui qui1 p> d\ceur et indiffr5ce inhr5tes son tempram5t1 mprise les (f5ses1 fait une *ose trs belle et digne d'loges2 mais celui qui1 piqu au vif et pr(ondm5t irrit p> une (f5se1 *ez lequel la raison combat un furieux dsir de v5geance1 qu'aprs une longue lutte il p>vi5t surmont]1 fait1 sans aucun d\te1 beauc\p mieux encore4 ,celui-l agit bi51 celui-ci v]tueusem5t2 l'acte du premi] e/ de la bont1 celui du second de la v]tu4 ,il semble que la v]tu prsuppose de la difficult et de l'opposition1 et qu'elle ne peut exi/] que s'il y a lutte4 ,c'e/ peut-tre p\r cela que n\s qualifions ,dieu de bon1 de =t1 de libral1 de ju/e1 mais non de v]tueux1 p>ce que t\t ce qu'il fait lui e/ naturel et qu'il n'a beso9 d'aucun ef=t p\r le faire4 ,des philosophes1 non seulem5t des ,/oci5s mais mme des picuri5s1 ont jug qu'il ne suffit pas que l'me soit anime de bons s5tim5ts1 voie ju/e et soit ple9em5t dispose la pratique de la v]tu1 que p> nos rsolutions et nos disc\rs n\s n\s levions au-dessus des vicissitudes de la =tune1 ils veul5t encore que n\s re*]*ions les occasions d'en faire la preuve1 et ils vont au-devant de la d\leur1 de la misre1 du mpris1 af9 de les combattre et de t5ir leur me en hale9e3 ,la v]tu s'aff]mit p> la lutte 7,snque74--,j'ai dit des ,/oci5s1 et mme aussi des picuri5s1 suivant cet g>d l'op9ion commune qui place les premi]s au-dessus des seconds1 et cela bi5 tort1 quoi qu'en dise ,arcsilas dans cette b\tade spirituelle p> laquelle il rpondait quelqu'un qui lui faisait la rem>que que beauc\p de g5s passai5t de son cole celle d'picure1 99 mais que l'inv]se ne se produisait jamais3 ,je crois bi52 avec des coqs on fait assez de *apons1 avec des *apons on n'a jamais fait de coqs4 ,la vrit e/ que la secte d'picure ne le cde en ri51 comme f]met et rigidit de pr9cipes et de prceptes1 celle de ,znon4 ,quelqu'un de cette d]nire cole1 de meilleure foi que ceux qui dnigr5t picure et qui1 p\r le combattre et se donn] beau jeu1 lui font dire ce qu'il n'a jamais p5s1 int]prt5t ses p>oles de trav]s1 s'armant des rgles de la grammaire p\r y tr\v] un s5s t\t autre que celui suivant lequel il pr(essait et des ides qu'ils sav5t contraires ce qu'il p5sait et mettait en pratique1 disait que1 entre autres considrations qui avai5t fait qu'il n'avait pas v\lu tre picuri51 la voie qu'ils suiv5t1 place trop gr&e hauteur1 lui p>aissait inaccessible1 c> ceux qu'on appelle les am\reux de la volupt1 le sont en effet de l'honntet et de la ju/ice1 et respect5t et pratiqu5t t\tes les v]tus 7,cicron74 ,c'e/ p> les combats qu'elle livre que la v]tu se p]fectionne4--,c'e/ p>ce que la v]tu s'aff]mit p> la lutte1 qu'pam9ondas1 qui tait cep5dant d'une autre secte que les deux que je vi5s de cit]1 refuse les ri*esses que1 trs lgitimem5t1 la =tune lui met en ma9s1 p\r avoir sujet1 dit-il1 de lutt] contre la pauvret qui1 *ez lui1 tait gr&e et dont il ne sortit jamais4--,socrate tait1 ce me semble1 s\mis plus rude preuve encore1 ayant affaire une femme m*ante qui1 t\j\rs applique le t\rm5t]1 tait en quelque sorte p\r lui comme un pige con/amm5t t5du4--,a ,rome1 ,mtellus1 n'c\tant que la voix de la v]tu1 seul de t\s les snateurs rsi/ait aux viol5ces du tribun du peuple ,saturn9us qui v\lait t\te =ce faire pass] en faveur des plbi5s une loi inju/e4 ,ayant1 de ce fait1 enc\ru la pe9e capitale porte p> ce tribun contre quiconque y f]ait opposition1 il t5ait ceux qui le conduisai5t au lieu du supplice1 des propos de cette nature3 ,il e/ bi5 facile de mal faire et cela dem&e peu de c\rage2 faire le bi5 sans c\rir de risques1 e/ *ose vulgaire2 faire bi51 alors qu'il y a dang] le faire1 e/ le propre de l'homme v]tueux4 ,ces p>oles n\s peign5t trs clairem5t ce que je v\lais tablir3 que la v]tu n'admet pas la facilit p\r compagne2 et que cette voie aise1 commode1 p5te d\ce sur laquelle n\s sommes naturellem5t entrans1 n'e/ pas celle que suit la vritable v]tu1 son *em9 elle e/ ardu et p9eux4 ,il lui faut la lutte1 soit contre les difficults qui naiss5t en dehors de n\s comme dans le cas de ,mtellus vis--vis duquel la =tune s'e/ plu int]rompre les pe9es de la vie1 soit contre les difficults intimes produites en n\s p> nos apptits dsordonns et les imp]fections de notre nature4 ,dans les mes t\*ant la p]fection1 la v]tu e/ facile pratiqu] p>ce qu'elle y e/ l'tat d'habitude4--,jusqu'ici ma ?se m>*e bi52 mais voil que je m'ap]ois qu' ce compte1 l'me de ,socrate1 qui e/ p\rtant la plus p>faite qui soit ma connaissance1 ne s]ait pas trs recomm&able2 c> je ne puis concevoir qu'il ait jamais t en proie des dsirs condamnables2 tant donne sa v]tu1 je n'imag9e pas qu'il ait pr\v de difficult la pratiqu] et que1 p\r cela1 il ait d entr] en lutte avec lui-mme4 ,sa raison tait si gr&e et il avait un tel empire sur lui1 qu'elle n'a jamais d seulem5t laiss] natre en lui le mo9dre apptit rprh5sible2 sa v]tu tait si haute1 que je ne puis suppos] que ri5 de blmable ait exi/ *ez lui et je me la reprs5te m>*ant con/amm5t d'un pas victorieux et triomphant1 sol5nel1 sans emb>ras1 sans que quoi que ce soit l'arrte ou la tr\ble4--,si1 p\r exi/]1 la v]tu a beso9 de luttes contre les passions contraires1 en conclurons-n\s qu'elle ne peut se pass] du conc\rs du vice et qu'il lui e/ indisp5sable p\r qu'elle obti5ne le crdit et l'honneur en lesquels on la ti5t8 ,que vaudrait alors cette brave et gnreuse volupt que prne picure1 qui a p\r la v]tu des s5tim5ts mat]nels1 qu'elle lve p\r a9si dire sur ses g5\x1 foltrant avec elle1 lui donnant p\r j\ets la honte1 les fivres1 la pauvret1 la mort1 les ca*ots8--,si j'admets que la v]tu p>faite se reconnat dans la manire dont elle combat la d\leur1 dans la pati5ce avec laquelle1 sans en tre mue1 elle supporte les viol5ces de la g\tte2 si l'pret et la difficult sont les conditions ess5tielles de son exi/5ce1 qu'e/-ce donc alors que cette v]tu monte un diapason tel1 que non seulem5t elle mprise la s\ffrance1 mais s'en rj\it et se dlecte s\s l'tre9te d'une viol5te colique2 cette v]tu qui e/ celle dont les picuri5s ont pos le pr9cipe auquel nombre d'entre eux ont d'une faon inconte/able con=m leurs actes1 et que bi5 d'autres qu'eux ont mme outrepass1 comme p> exemple ,caton le jeune8 ,combi5 e/ belle la mort de ,caton d',utique6--,qu& je vois ,caton se d*ir] les entrailles lorsqu'il se donne la mort1 je ne puis croire que c'e/ simplem5t p>ce que son me tait absolum5t exempte de tr\ble et d'effroi1 ni p5s] qu'il agissait a9si uniquem5t p\r obir aux rgles poses p> les ,/oci5s1 qui v\lai5t que l'acte qu'il accomplissait le ft de propos dlibr1 sans motion1 sans que son impassibilit se dm5tit4 ,il devait1 j'e/ime1 y avoir dans sa v]tu trop d'n]gie1 elle tait de trop bonne trempe p\r s'en t5ir l2 et je crois plutt qu'il tr\vait plaisir et volupt dans l'accomplissem5t de cette si noble action1 et qu'il s'y complut plus que dans t\te autre de son exi/5ce3 ,il sortit de la vie1 heureux d'avoir tr\v un prtexte de se donn] la mort 7,cicron74 ,je le crois si bi51 que je d\te qu'il et v\lu que cette occasion d'un si bel exploit ne se prs5tt pas2 j'en demeur]ais conva9cu1 n'tait sa hauteur de s5tim5ts qui lui disait plac] le bi5 public au-dessus du si5 propre2 et je suis p]suad qu'il sut gr la =tune1 puisqu'elle favorisait un brig& f\lant aux pi$s les antiques lib]ts de sa patrie1 de lui avoir rs]v lui-mme une si belle preuve4 ,il me semble voir1 dans sa conduite en cette circon/ance1 je ne sais quelle satisfaction intime de son me qui devait pr\v] un plaisir extraord9aire1 une mle volupt1 lorsqu'elle considrait la noblesse et l'lvation de ce qu'il allait faire1 d'autant plus fire1 qu'il avait rsolu de m\rir 7,horace71 s\t5u non p> le dsir d'acqurir de la gloire1 comme l'ont prt5du quelques-uns1 le jugeant comme peuv5t le faire les masses t\j\rs portes voir les *oses p> leur petit ct3 c'et t l un motif indigne de ce cur si gnreux1 si haut plac1 si scrupuleux1 mais p> la beaut de l'acte lui-mme dont il apprciait la sublimit mieux que n\s ne p\vons le faire1 p>ce que plus que p]sonne il en connaissait les mobiles4 ,les philosophes1 ma gr&e satisfaction1 ont e/im que cette action si belle1 n'et t *ez p]sonne mieux en place que dans la vie de ,caton1 qu' lui seul il app>t5ait de f9ir a9si2 et nanmo9s1 il eut galem5t raison d'ordonn] son fils et aux snateurs qui l'accompagnai5t de pr5dre une rsolution autre3 ,caton1 qui avait reu de la nature une svrit incroyable1 qui1 p> une p]ptuelle con/ance et l'immuabilit de ses pr9cipes1 avait encore aff]mi son c>actre1 devait m\rir plutt que de s\t5ir la vue d'un tyran 7,cicron74--,t\te mort doit tre con=me la vie laquelle elle met un t]me2 au mom5t de m\rir1 n\s ne dev5ons pas autres que n\s n'tions4 ,je juge t\j\rs de la mort p> la vie et1 si on vi5t m'en cit] quelqu'une tmoignant de l'n]gie1 conscutive une vie faible1 je ti5s que ce n'e/ l qu'un effet d'app>5ce et qu'elle n'en a pas mo9s une cause enta*e de faiblesse1 assortie cette vie4 ,la gat qui accompagne la mort de ,socrate met celle-ci au-dessus de celle de ,caton4--,de ce que la mort de ,caton s'e/ accomplie dans d'heureuses conditions1 de ce qu'elle lui a t r5due facile p> la =ce d'me qu'il avait acquise1 cela dim9ue-t-il le mrite transc5dant de sa v]tu8 ,qui1 p>mi ceux tant soit peu imbus des vrais pr9cipes de la philosophie1 se borne se reprs5t] ,socrate uniquem5t exempt de cra9te et de passions1 lorsqu'il fut jet en prison1 *>g de f]s1 puis condamn8 ,qui ne reconnat en lui1 outre la f]met et la con/ance qui tai5t le propre de sa vie ord9aire1 une sorte de satisfaction n\velle1 de joie manife/e dans ses entreti5s et sa manire d'tre1 lorsqu'il appro*e de sa f98 ,le tressaillem5t de plaisir qu'il pr\ve se frott] la jambe qu& ses f]s vi5n5t de lui tre ts1 n'e/-ce pas un reflet du cont5tem5t1 du bonheur que son me ress5t d'tre dgage des incommodits du pass et de l'appro*e du mom5t o l'av5ir va se rvl] elle6 ,caton me p>donn]a1 je l'espre3 sa mort e/ plus tragique et frappe davantage que celle de ,socrate1 mais celle-ci e/1 je ne sais p\rquoi1 encore plus belle4 ,ari/ippe1 rpondant ceux qui le plaignai5t1 disait3 ,puiss5t les dieux m'en accord] une p>eille6 ,*ez ces deux p]sonnages1 ,caton et ,socrate1 et *ez ceux qui m>*5t sur leurs traces 7c> p\r de semblables je d\te qu'il en ait jamais exi/71 la pratique con/ante de la v]tu l'a r5due p>tie intgrante d'eux-mmes1 l'me n'a plus beso9 de faire ef=t p\r obir la raison2 il e/ dans son ess5ce mme qu'il en soit a9si1 c'e/ un tat naturel qui lui e/ ord9aire1 et elle en e/ arrive l p> une longue pratique des prceptes de la philosophie appliqus p> une belle et ri*e nature4 ,les mauvaises passions qui s'emp>5t de n\s1 n'ont po9t accs en eux1 o la =ce et la rigidit des pr9cipes t\ff5t et teign5t les dsirs malsa9s ds qu'ils comm5c5t g]m]4 ,diffr5ts degrs de v]tu4--,or1 il faut reconnatre qu'il e/ plus beau1 grce une haute et div9e rsolution1 d'emp*] les t5tations de natre et de se =m] la v]tu en t\ffant le vice dans son g]me que de s'oppos] aux progrs du mal1 de s'arm] et de faire ef=t p\r l'arrt] dans sa c\rse et en triomph] qu& une fois on s'e/ laiss all] aux premires motions des passions4 ,cette seconde faon de se conduire e/ elle-mme1 sans d\te possible1 plus mritoire que d'tre simplem5t d'un tempram5t facile et dbonnaire1 loign p> nature de la dbau*e et du vice4 ,dans cette troisime et d]nire hypo?se1 l'homme1 ce me semble1 peut demeur] innoc5t mais il n'e/ pas v]tueux1 il e/ exempt de faire le mal mais sans n]gie suffisante p\r faire le bi51 et cela lui con/itue un tat vois9 de l'imp]fection et de la faiblesse dont les limites sont si difficiles di/+u]1 que ces mots mmes de ,bont et ,innoc5ce n'veill5t plus en n\s en quelque sorte qu'une ide de mpris4 ,c]ta9es v]tus n\s sont attribues qui ne provi5n5t que de la faiblesse de nos facults4--,je con/ate que plusieurs v]tus1 telles que la *a/et1 la sobrit1 la temprance1 peuv5t tre produites en n\s p> un affaiblissem5t de nos facults corporelles2 la f]met dans les dang]s 7si cela peut s'appel] de la f]met71 le mpris de la mort1 la rsignation dans le malheur1 peuv5t prov5ir et provi5n5t s\v5t de ce que l'homme ne juge pas bi5 de ces accid5ts et ne les conoit pas tels qu'ils sont2 c'e/ a9si que faute de compr5dre et p> btise1 on semble p>fois tre v]tueux1 et que j'ai vu l\] des g5s de *oses p\r lesquelles ils tai5t blm]4--,un seigneur itali5 a t5u un j\r devant moi le propos suivant1 peu l'avantage de sa nation3 ,la subtilit d'esprit des ,itali5s1 disait-il1 et la vivacit de leurs conceptions sont si gr&es1 ils prvoi5t de si lo9 les dang]s et accid5ts qui peuv5t leur adv5ir1 qu'il n'e/ pas trange qu'on les voie si s\v5t1 la gu]re1 p\rvoir leur sret avant mme d'avoir reconnu le pril4 ,les ,espagnols et n\s qui ne sommes pas si f9s1 allons plus avant2 il n\s faut voir de nos propres yeux1 t\*] le dang] avec la ma91 p\r que n\s n\s en effrayions2 mais1 p>tir de ce mom5t1 n\s n'avons pas meilleure t5ue4 ,p\r ce qui e/ des ,allem&s et des ,suisses1 plus grossi]s et plus l\rds1 ils ont pe9e l'esprit de se ravis]1 qu& les c\ps comm5c5t pleuvoir sur eux4 ,c'tait peut-tre l une plaisant]ie2 il n'en e/ pas mo9s vrai qu' la gu]re1 les dbutants se risqu5t s\v5t avec une imprud5ce bi5 autrem5t gr&e qu'ils ne le font aprs avoir t *auds3 ,on sait ce que peuv5t sur un gu]ri] la soif de la gloire et l'espoir c>ess d'un premi] triomphe 7,virgile74 ,et c'e/ p\rquoi1 lorsqu'on juge une action p>ticulire1 il faut considr] les circon/ances au milieu desquelles elle s'e/ produite1 et dans son enti] l'homme qui en e/ l'auteur1 avant de se prononc] sur la qualification lui donn]4 ,montaigne dcl>e qu'il a d son tempram5t1 plus qu'aux ef=ts faits p\r rsi/]1 de n'avoir pas cd ses passions1 et qu'il tait plus rgl dans ses murs que dans ses p5ses4--,un mot sur moi-mme ce propos4 ,j'ai vu quelquefois mes amis appel] prud5ce ce qui1 *ez moi1 n'tait qu'une *ance heureuse1 et considr] comme un rsultat de mon c\rage et de ma pati5ce ce qui tait un effet de mon jugem5t et de l'op9ion que je m'tais faite de la situation1 m'attribuant a9si un titre p\r un autre1 tantt mon avantage1 tantt mon dtrim5t4 ,du re/e1 il s'en faut de tant que j'en sois arriv cet tat qui ti5t le premi] rang et ralise la p]fection1 o la v]tu e/ passe en habitude1 que je n'ai mme donn que peu de preuves d'avoir atte9t le degr prcd5t1 n'ayant jamais fait gr& ef=t p\r cont5ir les dsirs qui ont pu m'assaillir4 ,ma v]tu n'e/ que de l'innoc5ce ou1 p\r mieux dire1 une v]tu t\t accid5telle et =tuite4 ,si j'tais v5u au monde avec un tempram5t plus ard5t1 j'aurais t en =t mauvaise po/ure1 je le cra9s1 c> je n'ai gure tr\v en moi une f]met d'me capable de refrn] mes passions1 p\r peu qu'elles ai5t t tant soit peu viol5tes2 les qu]elles et dbats s\t5ir en moi-mme ne sont pas mon fait4 ,je n'ai donc pas gr& mrite ne pas avoir c]ta9s vices4 ,si ma nature e/ bonne et si je n'ai que quelques lg]s dfauts1 comme un beau visage peut avoir des ta*es lgres 7,horace71 je le dois mo9s la raison qu' la =tune4 ,celle-ci m'a fait natre d'une race rpute p\r son honorabilit et d'un excell5t pre2 je ne sais s'il m'a pass en p>tie son c>actre1 si les exemples de ma famille1 la bonne ducation que j'ai reue dans mon enfance1 y ont ins5siblem5t aid1 ou bi5 si je suis n dans ces dispositions2 ,que je sois v5u au monde s\s le signe de la ,balance1 s\s celui du ,scorpion dont le reg>d e/ si fune/e au mom5t de la naissance1 ou s\s celui du ,capricorne qui rgne en tyran sur les m]s d',occid5t 7,horace71 ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que de moi-mme j'ai la plup>t des vices en horreur4 ,le mot d',anti/hnes quelqu'un qui lui dem&ait quel e/ le meilleur appr5tissage de la vie3 ,dsappr5dre le mal1 ne semble pas applicable mon cas4 ,la rpulsion que j'en ress5s "p d'un s5tim5t qui m'e/ si naturel et si p]sonnel que cet in/9ct1 cette impression qui remont5t mes premi]s ans1 sont demeurs sans qu'aucune circon/ance ait pu les modifi]1 bi5 que1 mes pr9cipes se dp>tant sur quelques po9ts de leur rigorisme1 je me laisse all]1 comme t\t le monde1 des actes que ma nature intime rpr\ve4 ,cela peut p>atre une normit1 il n'en e/ pas mo9s vrai que j'ai sur c]ta9es *oses plus de ret5ue et de rgle dans mes murs que dans ma manire de voir1 et que mes dsirs ont mo9s que ma raison de prop5sion la dbau*e4--,ari/ippe1 qui met en faveur de la volupt et des ri*esses1 des ides tellem5t h>dies qu'elles ont mis en moi et s\lev contre lui t\s les philosophes1 tait t\t autre dans sa vie prive3 ,d5ys le tyran lui ayant prs5t trois belles filles p\r qu'il ft son *oix1 il lui rpond qu'il les *oisit t\tes les trois1 ,pris s'tant trop mal tr\v d'en avoir prfr une aux deux autres2 mais1 arriv *ez lui1 il les r5voie sans y t\*]4 ,son valet1 l'accompagnant dans un voyage1 tr\vait avoir trop grosse *>ge de l'arg5t qu'il portait2 il lui dit d'en retir] ce qui p\vait l'emb>rass] et de le laiss] sur le bord du *em94--picure1 dont les dogmes sont irrligieux et n\s incit5t plutt bi5 j\ir de la vie1 vcut trs atta* aux pratiques religieuses et adonn au travail4 ,n\s le voyons crire un de ses amis qu'il ne vit que de pa9 bis et d'eau et qu'il le prie de lui envoy] un morceau de fromage1 p\r lui procur] la possibilit de faire un mom5t donn un repas somptueux4--,s]ait-il donc vrai que1 p\r tre t\t fait bon1 il faille que n\s y soyons port p> une disposition naturelle qui s'emp>e compltem5t de n\s1 dont n\s n'avons pas consci5ce et laquelle ni les lois1 ni le raisonnem5t1 ni l'exemple ne peuv5t ri56 ,mes propres dbordem5ts n'ont pas t1 ,dieu m]ci1 des plus rprh5sibles2 je les ai condamns1 comme ils le mritai5t1 c> mon jugem5t ne s'en e/ pas tr\v fauss2 99 il les a mme blms *ez moi plus que *ez t\t autre1 mais c'e/ t\t4 ,je convi5s que j'y oppose bi5 peu de rsi/ance et que je me laisse aism5t entran] p> eux1 sauf en prv5ir les abus et emp*] qu'ils ne dgnr5t en excs de t\te nature p>ce que1 volonti]s1 si on n'y pr5d g>de1 les diffr5ts vices naiss5t les uns des autres et f9iss5t p> agir simultanm5t4 ,je me suis ef=c de re/re9dre les mi5s1 de les isol]1 de les simplifi] de mon mieux1 sauf cela1 je ne suis pas vicieux 7,juvnal74 ,il e/ime que p\r tre adonn un vice on n'e/ pas ncessairem5t sujet t\s autres4--,les ,/oci5s dis5t que lorsque le sage agit1 t\tes les v]tus qui sont en lui1 p>ticip5t l'action1 bi5 qu'il y en ait une qui1 suivant la nature de l'acte1 semble avoir un effet prdom9ant4 ,n\s retr\vons quelque *ose de semblable dans le corps huma91 qui ne peut1 p> exemple1 s'ab&onn] la colre1 sans que t\tes ses humeurs ne soi5t en m\vem5t1 cette passion elle-mme ne cessant de prdom9]4 ,de l1 ils conclu5t que du mom5t o n\s cdons un vice1 t\s les autres se donn5t simultanm5t c>rire en n\s4 ,je ne crois pas que les *oses se pass5t aussi simplem5t ou je ne saisis pas bi5 ce qu'ils veul5t dire1 c>1 *ez moi1 je ress5s l'effet contraire2 ce sont l subtilits des plus dlicates qui *app5t au raisonnem5t et sur lesquelles s'ex]ce p>fois la philosophie2 j'ai des vices1 mais il en e/ d'autres que je fuis avec autant d'att5tion qu'un sa9t peut en apport]4 ,les ,pripattici5s non plus n'admett5t pas cette connexit1 cette relation 9vitable1 et ,ari/ote e/ d'avis qu'un homme peut tre prud5t et ju/e t\t en tant intemprant et incont95t4 ,socrate av\ait ceux qui tr\vai5t que sa physionomie m>quait un p5*ant au vice1 qu'il y tait1 en effet1 naturellem5t port1 mais qu'il s'en tait corrig p>ce qu'il s'en tait fait un devoir4 ,les famili]s du philosophe ,/ilpon disai5t de lui que1 n avec un gt prononc p\r le v9 et les femmes1 il tait arriv1 en s'y appliquant1 s'ab/5ir compltem5t de l'un et de l'autre4 ,au contraire1 ce que j'ai de bi51 je l'ai1 p>ce que le sort me l'a attribu ma naissance2 ce n'e/ un effet ni des obligations1 ni des pr9cipes qui m'ont t inculqus1 non plus que de l'appr5tissage que j'ai pu en faire2 l'innoc5ce qui e/ en moi1 e/ ess5tiellem5t primitive1 elle a peu de ressort et e/ sans malice4--,p>mi les vices1 il en e/ un1 la cruaut1 que j'excre p>ticulirem5t2 p> nature aussi bi5 que p> raison1 je le considre comme le pire de t\s2 j'en suis arriv cette faiblesse que je ne vois pas gorg] un p\let sans que cela me soit dsagrable et il m'e/ pnible d'ent5dre gmir un livre s\s les d5ts de mes *i5s1 quoique je sois trs passionn p\r la *asse4--,ceux qui s'lv5t contre la volupt1 argu5t volonti]s1 p\r montr] qu'elle e/ vicieuse et draisonnable1 de ce que lorsqu'elle e/ porte son p>oxysme1 elle n\s matrise au po9t que la raison n'y peut avoir accs1 et1 l'appui1 ils invoqu5t ce que n\s ress5tons lorsque n\s n\s unissons la femme1 qu&1 l'appro*e du plaisir1 ,vnus va fcond] son doma9e 7,lucrce71 alors qu'il leur semble que la satisfaction de nos s5s n\s met tellem5t hors de n\s que notre raison1 anantie et accap>e p> la volupt1 e/ hors d'tat de j\] son rle4 ,il e/ possible l'homme de demeur] matre de ses p5ses et de sa volont1 dans les transports am\reux plus encore qu' la *asse4--,je ti5s qu'il peut en tre autrem5t et qu'il e/ possible p>fois1 qu& on le veut1 de faire qu'en ce mme in/ant1 l'me se reporte v]s d'autres p5ses2 mais p\r cela1 il faut faire ef=t et que ce soit de propos dlibr4 ,je sais qu'on peut cont5ir l'effet de ce plaisir et j'en p>le avec connaissance de cause2 je n'ai pas tr\v que ,vnus soit une si imprieuse desse que le prt5d5t d'autres plus svres que moi4 ,je ne considre pas comme un miracle1 a9si que le fait la re9e de ,nav>re dans l'un des contes de son ,heptamron 7livre trs agrable en son g5re71 ni comme une difficult excessive de pass] des nuits entires1 alors qu'on a t\te lib]t et facilit1 avec une matresse que l'on a longuem5t dsire1 et d'obs]v] l'engagem5t que l'on aurait pris de se cont5t] de ses bais]s et de simples att\*em5ts4 ,je crois que la *asse n\s donne un exemple plus probant de cette impuissance mom5tane de la raison3 le plaisir y e/ mo9s gr&1 le ravissem5t et la surprise le sont davantage1 et cep5dant notre raison tonne y p]d la facult de se ressaisir inop9m5t1 qu&1 aprs une longue qute1 la bte db\*e t\t c\p l o n\s l'att5dions le mo9s2 la sec\sse1 les cris p\sss de t\tes p>ts1 n\s entran5t au po9t qu'il s]ait difficile ceux qui aim5t cet ex]cice1 de report] ce mom5t leur p5se ailleurs2 aussi les potes reprs5t5t-ils ,diane victorieuse des embrasem5ts et des fl*es de ,cupidon3 ,comm5t ne pas oubli]1 au milieu de telles di/ractions1 les s\cis de l'am\r 7,horace78 ,s5sibilit de ,montaigne2 son horreur p\r t\t ce qui e/ cruaut4--,rev5ons notre sujet4 ,je m'att5dris trs facilem5t sur les misres d'autrui2 et1 lorsqu'une circon/ance quelconque me fait tr\v] avec d'autres p]sonnes en l>mes1 je pleur]ais facilem5t de compagnie1 si une raison quelconque p\vait me tir] les l>mes des yeux4 ,il n'e/ ri5 qui m'meuve comme de voir pleur]1 que ce soit en ralit1 que l'on fasse semblant1 ou mme que ce soit simplem5t en pe9ture4 ,je ne pla9s gure les morts1 je les envi]ais plutt1 mais je pla9s trs =t les m\rants4 ,les sauvages qui font rtir et mang5t les corps des trpasss1 me produis5t une impression mo9s pnible que ceux qui les t\rm5t5t et les tortur5t qu& ils sont encore vivants2 je ne puis mme voir avec calme les excutions capitales ordonnes p> la ju/ice1 si rationnelles qu'elles soi5t4--,quelqu'un v\lant donn] une preuve de la clm5ce de ,jules ,cs>1 disait3 ,il tait d\x dans ses v5geances3 ,ayant contra9t de se r5dre lui des pirates qui1 quelque temps avant1 l'avai5t fait prisonni]1 mis ranon et qu'il avait m5acs de faire mettre en croix1 il leur t9t p>ole1 mais ne les y fit atta*] qu'aprs les avoir fait trangl] aup>avant4 ,philomon1 son secrtaire1 ayant t5t de l'empoisonn]1 il le fit simplem5t mettre mort1 sans le tortur] autrem5t4 ,sans nomm] l'auteur lat9 qui ose produire comme un tmoignage de clm5ce1 de se born] mettre mort qui v\s a (f5s1 il e/ facile de dev9] que cet auteur crivait s\s l'impression des si vila9s et horribles faits de cruaut1 dont ur5t les tyrans qui rgnr5t ,rome4 ,mme l'g>d des crim9els1 la pe9e de mort devrait tre applique sans aggravation de t\rm5ts inutiles4--,p\r moi1 je ti5s p\r de la cruaut t\t ce qui1 mme du fait de la ju/ice1 va au del de la mort simplem5t applique1 surt\t de notre "p n\s1 qui devrions avoir la proccupation d'envoy] les mes en bon tat dans l'autre monde1 ce qui ne se peut1 qu& elles quitt5t celui-ci agites et dsespres p> les t\rm5ts intolrables qu'elles ont eus subir4--,ces j\rs d]ni]s1 un soldat qui tait prisonni]1 ap]cevant de la t\r o il tait dt5u que la f\le se runissait sur la place et que des *>p5ti]s y montai5t un *afaud1 crut que c'tait p\r lui4 ,il en conut la rsolution de se tu]1 et1 p\r ce faire1 ne tr\va qu'un vieux cl\ de *>rette1 t\t r\ill1 que le has>d lui mit entre les ma9s4 ,il s'en porta d'abord deux c\ps dans la gorge2 puis1 voyant qu'il n'obt5ait pas le rsultat qu'il *]*ait1 il s'en donna peu aprs un troisime c\p dans le v5tre1 laissant le cl\ dans la plaie4 ,le premi] g>di5 qui entra dans sa prison1 le tr\va en cet tat1 encore vivant mais gisant t]re et presque sans =ce du fait de ses blessures4 ,de peur qu'il ne v9t trpass]1 sans p]dre de temps1 on lui lut en hte sa s5t5ce2 qu& il l'eut ent5due et qu'il vit qu'il n'tait condamn qu' avoir la tte tran*e1 il p>ut repr5dre c\rage1 accepta du v9 qu'il avait d'abord refus et rem]cia ses juges de la d\ceur inespre de sa condamnation1 dcl>ant qu'il avait pris le p>ti de se donn] la mort1 p> cra9te d'avoir en subir une plus dure et plus d\l\reuse1 croyant1 d'aprs les prp>atifs qu'il avait vu faire sur la place1 qu'on v\lait lui faire subir quelque horrible supplice4 ,de ce que son g5re de mort tait *ang1 il semblait que ce ft p\r lui comme s'il tait graci4 ,ces b>b>ies devrai5t uniquem5t s'ex]c] sur les corps inanims des supplicis2 ils produirai5t t\t autant d'effet sur le public4--,je s]ais d'avis que ces exemples de rigueur1 que l'on fait p\r ret5ir le peuple dans le devoir1 s'ex]ass5t seulem5t sur les cadavres des crim9els2 les voir privs de spulture1 brls1 c>tels1 cela impressionn]ait le vulgaire autant que peuv5t le faire les pe9es que l'on fait s\ffrir aux vivants1 bi5 que de fait ce soit peu ou mme ri51 comme il e/ dit dans les sa9tes critures3 ,ils tu5t le corps2 mais aprs1 que peuv5t-ils faire de plus 7,s4 ,luc78 ,les potes font trs bi5 ressortir ce que l'horreur de ces svices ex]cs aprs la mort1 vi5t y aj\t]3 ,ho6 ne leur laissez pas1 sur ces *amps dsols1 tran] d'un roi sanglant les re/es demi brls 7,ennius1 cit p> ,cicron74--,je me tr\vais un j\r1 p> has>d1 sur les lieux1 qu&1 ,rome1 fut supplici ,cat5a1 un voleur fameux4 ,on l'trangla sans que l'assi/ance manife/t la mo9dre motion2 mais1 qu& on en v9t le mettre en qu>ti]s1 *aque c\p que donnait le b\rreau provoquait dans la f\le des gmissem5ts pla9tifs et des exclamations1 comme si *acun prtait ce cadavre les s5sations qu'il pr\vait lui-mme4 ,il faut ex]c] ces b>b>ies excessives1 non sur qui vit encore1 mais sur sa dp\ille4--,c'e/ en s'inspirant d'une p5se peu prs semblable1 qu',artax]xs temprait la rigueur des anci5nes lois des ,p]ses1 en dictant que les seigneurs qui avai5t manqu aux devoirs de leur *>ge1 au lieu d'tre f\etts1 comme cela se faisait1 s]ai5t dp\ills de leurs vtem5ts que l'on f\ett]ait leur place1 et qu'au lieu de leur arra*] les *eveux1 on leur t]ait simplem5t leurs ti>es4--,les gypti5s1 si remplis de dvotion1 e/imai5t bi5 satisfaire la ju/ice div9e1 en lui sacrifiant des p\rceaux1 soit vivants1 soit en effigie2 ide h>die que de croire p\voir s'acquitt] a9si p> des moy5s fictifs1 tels que la pe9ture et l'ombre1 vis--vis de ,dieu qui e/ lui-mme d'ess5ce si ess5tiellem5t positive4 ,je vis une poque o1 p> suite des excs de nos gu]res civiles1 abond5t des exemples incroyables de cruaut2 je ne vois ri5 dans l'hi/oire anci5ne1 de pire que les faits de cette nature qui se produis5t *aque j\r et auxquels je ne m'habitue pas4 ,a pe9e p\vais-je concevoir1 avant de l'avoir vu1 qu'il exi/t des g5s assez f>\*es p\r commettre un meurtre p\r le seul plaisir de tu]2 qui ha*5t1 dpc5t leur pro*a91 s'+ni5t inv5t] des t\rm5ts inusits et de n\veaux g5res de mort1 sans tre ms ni p> la ha9e1 ni p> la cupidit1 dans le seul b de se repatre du plaisant spectacle des ge/es1 des contorsions faire piti1 des gmissem5ts et des cris lam5tables d'un homme agonisant dans les tortures2 c'e/ l le d]ni] degr auquel la cruaut puisse atte9dre3 ,qu'un homme tue un homme1 sans y tre p\ss p> la colre ou la cra9te1 et seulem5t p\r le voir m\rir 7,snque74 ,humanit de ,montaigne vis--vis des btes4--,quant moi1 je n'ai seulem5t jamais pu voir sans pe9e p\rsuivre et tu] une innoc5te bte1 qui e/ sans df5se et de laquelle n\s n'avons ri5 r$\t]1 a9si que c'e/ d'ord9aire le cas du c]f qui1 lorsqu'il se s5t hors d'hale9e1 b\t de =ces1 qu'il n'a plus d'autre moy5 d'*app]1 se r5d n\s qui le p\rsuivons et1 les l>mes aux yeux1 implore m]ci1 pla9tif1 ensanglant1 il dem&e grce 7,virgile72 ce spectacle m'a t\j\rs t trs pnible4 ,je ne pr5ds gure de btes en vie1 auxquelles je ne r5de la lib]t2 p\r en faire autant1 ,py?agore en a*etait aux p*eurs et aux oiseleurs4--,c'e/1 je crois1 du sang des animaux que le f] a t te9t p\r la premire fois 7,ovide72 un naturel sangu9aire l'g>d des btes1 tmoigne une prop5sion naturelle la cruaut4 ,qu& on se fut1 ,rome1 habitu au spectacle du meurtre des animaux1 on en v9t celui des hommes et aux combats de gladiateurs4 ,la nature1 je le cra9s1 n\s a inculqu des t5dances l'inhumanit3 nul ne pr5d plaisir voir des btes j\ant entre elles et se c>essant2 t\t le monde en a1 les voir aux prises1 se d*irant et se mettant en pices rciproquem5t4 ,p\r qu'on ne raille pas cette empa?ie que j'pr\ve p\r elles1 je f]ai obs]v] que la ?ologie elle-mme les recomm&e notre bi5veillance2 p> cela mme qu'un mme matre n\s a placs1 elles et n\s1 dans son palais p\r son s]vice1 que1 comme n\s1 elles sont de sa famille1 c'e/ bon droit qu'elle n\s enjo9t d'avoir p\r elles quelque respect et de l'affection4 ,le dogme de l'immortalit de l'me a conduit au sy/me de la mtempsycose4--,py?agore a emprunt le dogme de la mtempsycose aux gypti5s2 depuis1 ce dogme a t admis p> plusieurs nations1 notamm5t p> nos ,druides3 ,les mes ne meur5t pas2 aprs avoir quitt leurs premires demeures1 elles pass5t dans d'autres qu'elles habit5t1 et il en e/ t]nellem5t a9si 7,ovide74 ,la religion des anci5s ,gaulois1 admettant que l'me e/ immortelle1 en concluait qu'elle ne cesse d'tre en m\vem5t et passe d'un corps dans un autre1 associant en outre cette ide1 accepte p> leur imag9ation1 l'action de la ju/ice div9e4 ,suivant la conduite qu'une me a t5ue1 p5dant qu'elle tait *ez tel d'entre n\s1 ,dieu1 disai5t-ils1 lui assigne un autre corps habit]1 la plaant dans une condition plus ou mo9s pnible1 d'aprs ce qu'elle a t3 ,il emprisonne les mes dans des corps d'animaux3 celle de qui a t cruel va anim] un ours1 celle d'un voleur un l\p1 celle du f\rbe un r5>d2444 et1 aprs avoir a9si subi mille mtamorphoses1 purifies enf9 dans le fleuve de l',oubli1 elles sont r5dues leur =me huma9e primitive 7,claudi574 ,si elle avait t vaillante1 ils l'inc>nai5t dans le corps d'un lion2 voluptueuse1 dans celui d'un p\rceau2 l*e1 dans un c]f ou un livre2 malicieuse1 dans un r5>d2 et a9si de suite1 jusqu' ce que1 purifie p> cette pnit5ce1 elle r5trt n\veau dans le corps d'un autre homme3 ,moi-mme1 il m'en s\vi5t1 au temps de la gu]re de ,troie1 j'tais ,euphorbe fils de ,pan?e1 fait dire ,ovide ,py?agore4 ,*ez c]ta9s peuples1 c]ta9s animaux tai5t div9iss4--,je n'admets gure cette p>5t entre n\s et les btes2 je ne p>tage pas davantage la manire de voir de c]ta9s peuples1 des plus anci5s et des plus avancs en civilisation notamm5t1 o les btes tai5t non seulem5t admises dans la socit et la compagnie des hommes1 mais y occupai5t mme un rang bi5 au-dessus du leur4 ,les uns les t5ai5t comme les famili]s privilgis des dieux et avai5t p\r elles un respect et une considration plus que p\r n'importe quel tre huma92 d'autres1 allant plus lo91 les reconnaissai5t p\r dieux et n'avai5t d'autres div9its qu'elles3 ,les b>b>es ont div9is les btes1 cause du pr(it qu'ils en retir5t 7,cicron72--,les uns ador5t le crocodile1 d'autres reg>d5t avec une sa9te t]reur l'ibis engraiss de s]p5ts2 ici1 brille sur l'autel la /atue d'or d'un s+e longue queue2444 l1 on adore un poisson du ,nil2 ailleurs1 des villes entires se pro/]n5t devant un *i5 7,juvnal74--,l'explication trs acceptable1 que ,plut>que donne de cette erreur1 e/ encore en l'honneur des btes3 ,ce n'e/ pas le *at ou le buf p> exemple1 que les gypti5s adorai5t1 mais les attributs div9s dont ils tai5t l'image loigne3 dans le buf1 c'tait sa pati5ce et son utilit2 dans le *at1 sa vivacit1 ou1 comme *ez les ,b\rguignons nos vois9s1 et p> t\te l',allemagne1 son impati5ce de se voir enf]m2 il symbolisait p\r eux la lib]t que ces peuples aimai5t et adorai5t au del de t\s les dons qu'ils t5ai5t de ,dieu1 et a9si des autres4--,qu& je r5contre *ez des auteurs aux ides les plus s5ses1 des diss]tations t5dant dmontr] une c]ta9e ressemblance entre n\s et les btes1 faisant ressortir combi5 elles p>ticip5t aux plus gr&s privilges dont n\s j\issons n\s-mmes1 et combi5 il e/ vrai qu'il y a des po9ts communs entre n\s et eux1 je rabats c]ta9em5t beauc\p de mes prsomptions et abdique sans difficult cette royaut imag9aire que l'homme se donne sur t\s les animaux4 ,n\s devons n\s montr] ju/es env]s nos semblables et avoir des g>ds vis--vis de t\tes les autres cratures4--,tmoignages de gratitude env]s les animaux4--,quoi qu'on en puisse dire1 n\s sommes t5us1 et c'e/ l un devoir d'humanit qui s'impose t\s1 avoir quelque respect1 non seulem5t p\r les btes1 mais p\r t\t ce qui a vie et s5tim5t2 et cela s't5d mme aux arbres et aux plantes4 ,n\s devons aux hommes la ju/ice2 t\tes les autres cratures1 capables d'en s5tir les effets1 de la sollicitude et de la bi5veillance2 entre elles et n\s1 il y a des relations1 d'o c]ta9es obligations rciproques des uns vis--vis des autres4--,je n'ai pas honte d'av\] que je suis tellem5t port la t5dresse1 et si enfant s\s ce rapport1 que j'ai pe9e ne pas me prt] aux c>esses de mon *i51 ou celles qu'il me dem&e1 mme lorsque c'e/ dans un mom5t inopportun4--,les ,turcs ont des tablissem5ts o ils recueill5t les btes1 et des hpitaux o ils les soign5t4--,les ,roma9s n\rrissai5t aux frais du trsor public les oies dont la vigilance avait sauv le ,capitole4--,les ,a?ni5s avai5t dcid que les mules et les mulets qui avai5t t employs la con/ruction du temple1 connu s\s le nom d',hecatemp$on1 s]ai5t laisss en lib]t et p\rrai5t patre p>t\t1 sans que p]sonne puisse y mettre emp*em5t4--,les ,agrig5t9s avai5t la c\tume1 pratique c\ramm5t1 d'ent]r] d'une faon effective les btes qui leur avai5t t *res1 telles que les *evaux qui avai5t prs5t quelque p>ticul>it rem>quable1 les *i5s et les oiseaux qui leur avai5t t utiles ou qui1 simplem5t1 avai5t s]vi amus] leurs enfants2 la ri*esse et le nombre de ces spultures1 qu'on admirait encore plusieurs sicles aprs1 se ress5tai5t de la magnific5ce qu'ils apportai5t t\tes *oses4--,les gypti5s ent]rai5t les l\ps1 les ours1 les crocodiles1 les *i5s et les *ats dans des lieux consacrs2 ils les embaumai5t et portai5t leur deuil qu& ces animaux trpassai5t4--,cimon fit donn] une spulture honorable aux jum5ts avec lesquelles1 p> trois fois1 il avait remport le prix de la c\rse aux jeux ,olympiques4--,xantippe1 dans l'antiquit1 fit ent]r] son *i5 au bord de la m]1 sur un promontoire qui depuis en a port le nom4--,plut>que lui-mme se faisait scrupule1 n\s dit-il1 de v5dre et d'envoy] la b\*]ie1 p\r en tir] un lg] pr(it1 un buf qui l'avait longtemps s]vi4 ,,*apitre ,,xii4 ,apologie de ,raimond 99 ,sebond4 ,e/-il vrai que la sci5ce soit la mre de t\tes les v]tus8--,la sci5ce e/1 je le reconnais1 *ose trs gr&e et trs utile2 ceux qui la mpris5t font preuve de btise4 ,je n'e/ime p\rtant pas que sa valeur soit aussi leve que c]ta9s l'admett5t1 comme le philosophe ,h]illus p> exemple1 qui la considre comme le s\v]a9 bi5 et lui attribue le p\voir1 qu'elle n'a pas suivant moi1 de n\s r5dre sages et satisfaits2 ou comme d'autres1 qui la considr5t comme la mre de t\tes les v]tus1 et qui1 p> contre1 ti5n5t l'ignorance comme la cause de t\s les vices2 si cela e/1 bi5 des rs]ves sont faire4 ,le pre de ,montaigne qui avait les savants en haute e/ime1 ayant reu de l'un d'eux la ,?ologie naturelle de ,sebond1 la fit traduire d'espagnol en franais p> son fils4--,ma maison e/ depuis longtemps ouv]te aux g5s de sci5ce1 et ils la connaiss5t bi54 ,mon pre1 qui s'e/ tr\v sa tte p5dant c9quante ans et plus1 enflamm de cette ardeur n\velle que le roi ,franois ,i] porta aux lettres et qui les mit en faveur1 tait trs port p\r les g5s in/ruits1 re*]*ant leur socit et se mettant en gr&s frais p\r eux4 ,il les recevait *ez lui comme des p]sonnes en odeur de sa9tet1 quelque peu inspires de la sagesse div9e2 il recueillait leurs prceptes et leurs entreti5s comme des oracles1 et avec d'autant plus de dfr5ce et de foi qu'il n'tait pas mme d'en jug]1 n'ayant pas plus que n'avai5t eu ses aeux1 de connaissances littraires4 ,moi1 je les aime beauc\p1 mais cela ne va pas jusqu' l'adoration4 ,p>mi ceux qu'a reu mon pre1 tait ,pi]re ,bunel qui1 en son temps1 avait une gr&e rputation de savoir1 et qui1 s'tant arrt quelques j\rs ,montaigne1 avec quelques autres savants comme lui1 lui fit prs5t1 au mom5t de p>tir1 d'un ouvrage intitul3 ,?ologie naturelle ou ,livre des cratures1 p> matre ,raimond ,sebond4 ,mon pre connaissait p>faitem5t les langues itali5ne et espagnole1 et cet ouvrage tant crit en espagnol auquel v5ai5t s'aj\t] des t]m9aisons lat9es1 ,bunel p5sait qu'avec bi5 peu d'aide1 mon pre p\rrait le lire avec fruit4 ,il le lui recomm&a comme un livre trs utile et trs appropri aux circon/ances3 c'tait l'poque o la r=me de ,lu!r comm5ait se rp&re et branl]1 dans bi5 des pays1 nos anci5nes croyances4 ,a cet g>d ,bunel avait vu ju/e en prvoyant1 simplem5t p> le raisonnem5t1 que ce comm5cem5t de maladie dgnr]ait aism5t en un excrable a?isme2 et cela1 p>ce que le vulgaire1 ne p\vant jug] des *oses p> elles-mmes1 se laisse entran] p> les app>5ces et selon les caprices de la =tune4 ,lorsque une fois on a eu la tmrit de l'incit] mpris] et contrl] les op9ions p\r lesquelles il avait eu jusque-l le plus pr(ond respect comme celles o il y va de son salut1 et qu'on a jet le d\te sur c]ta9s po9ts de la religion1 qu'on les s\met son jugem5t1 il arrive bi5 rapidem5t pr\v] la mme inc]titude sur t\tes ses autres croyances1 ce qui en re/e n'ayant pas plus d'autorit et de fondem5t que ce qu'on a mis en "q4 ,il sec\e alors1 comme pesant sur lui d'un j\g tyrannique1 t\tes les impressions qui ont leur s\rce soit dans ce qu'dict5t les lois1 soit dans le respect qu'il a p\r d'anci5s usages1 c> on f\le aux pi$s de bon cur ce qu'on a trop rvr 7,lucrce72 et1 ds lors1 il entrepr5d de ne plus ri5 recevoir sans qu'au pralable1 il n'ait eu se prononc] et ne l'ait agr4 ,quelques j\rs avant sa mort1 mon pre ayant1 p> has>d1 retr\v ce livre s\s un tas d'autres papi]s ab&onns1 me dem&a de le lui traduire en franais4 ,c'e/ un travail facile que de traduire des auteurs comme celui-ci1 *ez lesquels le fond e/ t\t2 il n'en e/ pas de mme de ceux qui sacrifi5t beauc\p la grce et l'lgance du /yle1 surt\t qu& il faut les r5dre dans une langue mo9s expressive que celle dans laquelle ils sont crits4 ,c'tait p\r moi un travail t\t n\veau et auquel j'tais compltem5t trang]2 mais me tr\vant1 p> un heureux has>d1 avoir en ce mom5t des loisirs1 et ne p\vant me refus] au dsir du meilleur des pres qui ait jamais exi/1 je fis mon possible et en v9s b\t4 ,mon pre en pr\va une gr&e satisfaction et v\lut que cette traduction ft imprime2 elle l'a t aprs sa mort4 loge de ce livre4--,j'y tr\vai de trs belles ides2 l'auteur e/ inspir p> la pit2 t\tes les p>ties de son ouvrage s'en*an5t p>faitem5t4 ,beauc\p de p]sonnes1 et1 dans le nombre1 des dames1 auxquelles n\s avons le plus d'obligations1 s'amusant le lire1 j'ai s\v5t t mme de leur v5ir en aide en dtruisant les deux objections pr9cipales dont ce livre e/ l'objet4 ,il y a de la h>diesse et du c\rage dans le b qu'il se propose2 il entrepr5d d'tablir et de pr\v] contre les a?es1 t\s les articles de foi de la religion *rti5ne en se basant uniquem5t sur des raisons huma9es et naturelles2 et1 dire vrai1 je le tr\ve si f]me1 russissant si bi5 dans cette voie1 que je ne crois pas qu'il soit possible de mieux faire dans ce s5s1 ni que quelqu'un ait jamais fait aussi bi54 ,l'ouvrage me p>aissant trop ri*e et trop beau p\r un auteur dont le nom e/ si peu connu1 et dont n\s ne savons ri5 autre1 si ce n'e/ qu'il tait espagnol et pr(essait la mdec9e ,t\l\se il y a environ deux c5ts ans1 je m'enquis1 qu& je comm5ais m'en occup]1 de ce que ce p\vait bi5 tre1 auprs d',adri5 ,t\rnebus qui savait t\t4 ,celui-ci me rpondit qu'il p5sait que ce devait tre une sorte de qu9tess5ce extraite des ouvrages de sa9t ,?omas d',aqu91 dont l'rudition inf9ie et l'admirable subtilit d'esprit tai5t seules mme d'avoir produit de telles ides4 ,t\j\rs e/-il que1 quel qu'en soit l'auteur ou l'inv5teur 7et cette supposition de ,t\rnebus ne suffit pas p\r dp\ill] ,sebond de ce titre71 c'e/ assurm5t un homme trs capable qui a produit de trs belles pages4 ,premire objection contre cet ouvrage3 ,il ne faut po9t appuy] de raisons huma9es ce qui e/ article de foi4--,la premire objection qu'on adresse son ouvrage1 c'e/ que les *rti5s se font tort1 en v\lant appuy] de raisons purem5t huma9es leurs croyances1 qui ne peuv5t se concevoir qu'autant qu'on a la foi et p> une int]v5tion p>ticulire de la grce div9e4--,il semble que cette objection ait sa s\rce dans une pit exagre1 aussi faut-il apport] sa rfutation d'autant plus de dlicatesse et de respect p\r ceux qui la mett5t en avant1 et c'e/ dans cet esprit que je v\drais essay] de leur rpondre4 ,ce s]ait mieux le fait d'un homme v]s en ?ologie que le mi51 c> je n'y connais ri52 t\tefois1 j'e/ime que lorsqu'il s'agit d'une "q aussi haute1 qui t\*e de si prs la div9it et excde autant l'intellig5ce huma9e1 comme e/ cette vrit dont il a plu la bont de ,dieu de n\s clair]1 il e/ bi5 beso9 qu'il cont9ue n\s v5ir en aide1 et que ce ne peut tre que p> l'effet d'une faveur extraord9aire et privilgie de sa "p1 que n\s p\vons la concevoir et n\s en pntr]4 ,ab&onns notre seule intellig5ce1 n\s n'en sommes pas capables2 sans cela1 il n'y aurait pas tant d'esprits d'une supriorit qui se r5contre r>em5t1 runissant t\tes les qualits que l'homme ti5t de la nature et qui1 dans les temps anci5s1 tai5t seules sa disposition1 que leur raison a g>s qu&1 avec son seul sec\rs1 ils ont *]* la connatre4 ,la foi e/ indisp5sable2 mais qu& elle exi/e1 la raison corrobore utilem5t ses enseignem5ts4--,c'e/ la foi qui1 seule1 n\s dc\vre les ineffables my/res de notre religion et n\s confirme leur vrit2 ce qui ne veut pas dire que ce ne soit pas une trs belle et trs l\able entreprise1 que de mettre au s]vice de cette foi les moy5s d'inve/igation que l'homme ti5t naturellem5t de ,dieu4 ,il n'y a pas de d\te que ce ne soit l l'usage le plus honorable que n\s puissions faire de ces moy5s1 et qu'il n'y a pas d'occupation1 de desse9 plus dignes d'un *rti51 que d'appliqu] t\tes ses tudes et t\tes ses p5ses embellir1 t5dre et accrotre les vrits en lesquelles il croit4 ,ne n\s cont5tons pas de mettre au s]vice de ,dieu notre esprit et notre me2 t\t notre tre matriel lui doit et lui r5d hommage2 t\s nos organes1 t\s nos faits et ge/es1 t\t ce qui sort de nos ma9s1 conc\r5t sa glorification2 notre raison doit faire de mme et s'employ] tay] notre foi1 mais t\j\rs s\s cette rs]ve1 de ne pas s'imag9] que p> elle-mme1 p> la puissance laquelle elle peut atte9dre et la valeur des argum5ts qu'elle peut mettre1 il lui soit possible d'acqurir cette sci5ce surnaturelle qui n\s vi5t de ,dieu4 ,si1 p> grce extraord9aire1 cette sci5ce ne n\s e/ infuse1 si elle n'entre en n\s que p> la =ce du raisonnem5t et t\s autres procds huma9s1 elle n'y occupe pas la place et n'a pas la spl5deur qu'elle devrait avoir2 je cra9s bi5 p\rtant que ce ne soit que dans ces conditions qu'elle n\s ait pntrs4 ,si n\s tions atta*s ,dieu p> une foi ard5te2 si n\s t5ions lui p>ce qu'il n\s y a appels1 et non p>ce que n\s y avons t conduits de n\s-mmes2 si notre foi reposait sur une base manant de lui1 les t5tations auxquelles e/ expose l'humanit et qui l'branl5t si =t1 ne p\rrai5t ri5 contre elle4 ,n\s s]ions en tat de rsi/] d'aussi faibles attaques2 l'am\r de la n\veaut1 la contra9te que les pr9ces peuv5t ex]c] sur n\s1 la bonne =tune d'un p>ti1 les *angem5ts si peu fonds et si inop9s qui survi5n5t dans nos op9ions1 n'aurai5t pas la =ce de sec\] et d'altr] nos croyances2 n\s ne n\s laiss]ions pas tr\bl] p> des argum5ts n\veaux1 et t\te la rhtorique du monde ne p\rrait n\s en dissuad]2 f]mes et 9branlables1 n\s s\ti5drions t\s ces assauts1 sans n\s dp>tir de notre calme3 ,tel un va/e ro*] oppose sa masse la faveur des flots qui grond5t et se bris5t aut\r de lui 7v]s imits de ,virgile74 ,*ez le *rti51 la foi fait gnralem5t dfaut4--,si ce rayon div9 n\s t\*ait tant soit peu1 il y p>atrait en t\t et p>t\t2 sa lueur se reflt]ait non seulem5t dans nos p>oles1 mais dans nos faits et ge/es qui en acqu]rai5t du lu/re2 t\t ce qui man]ait de n\s1 s]ait illum9 de cette noble cl>t4 ,n\s devrions avoir honte2 l'adepte de n'importe quelle secte de celles en lesquelles se rp>tit l'humanit1 si difficile1 si trange que soit la doctr9e de sa secte1 y con=me rig\reusem5t sa conduite et sa vie2 t&is que *ez les ,*rti5s leur doctr9e1 si div9e1 si cle/e qu'elle soit1 ne se manife/e que dans les mots4 ,en v\lez-v\s la preuve8 ,comp>ez nos murs celles des ,mahomtans et des ,paens1 voyez combi5 les ntres leur sont t\j\rs infrieures2 t&is qu'en raison de l'excell5ce de notre religion n\s devrions brill] et1 p> notre p]fection1 laiss] t\s autres bi5 lo9 d]rire3 ,ils sont si ju/es1 si *>itables1 si bons1 que ce doiv5t tre des ,*rti5s6 devrait-on dire4 ,le re/e e/ commun t\tes les religions3 l'esprance1 la confiance1 les vnem5ts sur lesquels elles s'tay5t1 les crmonies1 la pnit5ce1 les m>tyrs2 ce qui devrait di/+u] la ntre entre t\tes1 c'e/ notre v]tu qui1 en mme temps qu'elle e/ le signe le plus c>actri/ique de son orig9e div9e1 e/ aussi le rsultat le plus beau et le plus difficile auquel elle t5d1 p>ce qu'elle e/ la vrit4--,c'e/ p>ce que n\s ne sommes pas ce que n\s devrions tre que notre bon sa9t ,l\is avait raison qu& il dt\rnait1 avec in/ance1 de son desse91 ce roi t>t>e qui s'tait fait *rti51 de v5ir ,lyon bais] les pi$s du ,pape et contempl] la puret des murs qu'il croyait tr\v] en n\s1 de peur qu'au contraire les dbordem5ts de notre vie ne t>iss5t en lui son admiration p\r nos croyances4--,ce fut l'impression inv]se que ress5tit cet autre v5u ,rome dans ces mmes s5tim5ts et qui1 voyant la vie dissolue qu'y m5ai5t en ce temps les prlats et le peuple1 s'aff]mit d'autant plus dans la bonne op9ion qu'il avait conue de notre religion1 en considrant combi5 elle devait avoir de =ce et t5ir de ,dieu mme1 p\r se ma9t5ir si digne et en un tel degr de spl5deur en des ma9s si vicieuses et dans un milieu si corrompu4 ,si n\s avions un seul atome de foi1 n\s dplac]ions des montagnes1 dis5t les sa9tes critures2 nos actions1 inspires p> la div9it qui prsid]ait aussi leur excution1 ne s]ai5t pas simplem5t d'entre celles que l'homme peut accomplir1 elles ti5drai5t du miracle comme nos croyances elles-mmes3 ,crois1 et la voie qui te conduira la v]tu et au bonheur s]a c\rte 7,qu9tili574 ,les uns s'appliqu5t faire croire au monde qu'ils croi5t1 et ils ne croi5t pas2 les autres1 c'e/ le plus gr& nombre1 se le p]suad5t eux-mmes et ne sav5t pas ce que c'e/ que croire4 ,dans les gu]res de religion1 ce sont les intrts des p>tis qui seuls les guid5t4--,n\s tr\vons trange que1 dans la gu]re qui1 dans les temps prs5ts1 dsole notre pays1 les vnem5ts flott5t indcis et se produis5t tantt dans un s5s1 tantt dans un autre comme gnralem5t cela arrive d'ord9aire2 ils ne sont a9si que p>ce que n\s sommes livrs n\s-mmes4 ,l'un des p>tis a p\r lui la ju/ice1 mais il en a fait simplem5t un drapeau et un masque2 on la met en avant1 mais on n'en ti5t pas compte2 ce n'e/ pas elle qui fait agir1 ce n'e/ pas sa cause que l'on a p\se2 elle e/ l1 comme dans la b\*e d'un avocat2 le p>ti qui s'en t>gue ne l'a ni dans le cur1 ni en affection4 ,dieu n\s doit son aide dans les circon/ances extraord9aires1 mais qu& sont en jeu la foi et la religion1 et non nos passions2 et ici1 ce sont les hommes qui conduis5t t\t2 p\r eux1 la religion n'e/ qu'un moy51 c'e/ le contraire qui devrait tre4 ,rfl*issez et voyez si ce n'e/ pas n\s qui la m5ons et qui1 d'une rgle si droite et si f]me1 extrayons tant de conclusions opposes1 t\t comme avec de la cire se modl5t les figures les plus contraires8 ,la situation de la ,france a-t-elle jamais1 plus que de nos j\rs1 prs5t plus exactem5t ce c>actre8 ,les uns tir5t la religion droite1 les autres gau*e2 ceux-l en dis5t blanc1 ceux-ci1 noir2 t\s la font galem5t s]vir leurs viol5ces et leurs vues ambitieuses4 ,ils en agiss5t d'une faon tellem5t id5tique en leurs dbordem5ts et leurs inju/ices1 qu'on se pr5d d\t] et qu'on a pe9e croire qu'ils soi5t d'op9ions diffr5tes1 tant donn que notre op9ion e/ ce qui doit rgl] notre conduite et faire loi dans notre vie2 une mme cole1 ayant mmes pr9cipes1 ne produirait pas des murs se ressemblant davantage1 obs]ves d'une manire aussi inv>iable4 ,voyez l'horrible impud5ce avec laquelle n\s j\ons la balle avec la p>ole div9e1 et avec quelle irrligion n\s l'accueillons ou la rejetons1 suivant que la =tune modifie notre place dans le c\rs de nos orages publics4 ,rappelez-v\s quel p>ti1 l'anne d]nire1 t5ait p\r l'affirmative dans cette proposition d'importance capitale3 ,e/-il p]mis au sujet de se rvolt] et de s'arm] contre son roi1 p\r la df5se de la religion8 dont il avait fait sa pi]re d'assise1 quel autre t5ait p\r la ngative dont il s'tait con/itu l'aptre1 et voyez auj\rd'hui de quel ct sont l'un et l'autre et si les armes rsonn5t mo9s depuis que la cause de l'un e/ dev5ue celle de l'autre4 ,n\s brlons les g5s qui dis5t qu'il faut faire subir la vrit les modifications qu'exige l'intrt de notre cause2 en ,france1 on fait bi5 pis que de le dire6 ,soyons francs3 si l'on triait dans l'arme1 voire mme dans l'arme royale1 ceux qui y sont uniquem5t p> zle p\r leur foi et mme aussi ceux qui n'ont en vue que la df5se des lois du pays ou le s]vice du pr9ce1 on n'en retir]ait pas de quoi =m] une compagnie complte de g5s d'armes4 ,d'o vi5t que si peu de g5s demeur5t fidles leur foi premire sans v>i]1 quelle que soit la t\rnure que pr5n5t les vnem5ts1 t&is que n\s en voyons tant y volu] les uns pas l5ts1 les autres bride abattue1 et les mmes hommes gt] t\t tantt p> leur viol5ce et leur pret1 tantt p> leur froideur1 leur mollesse et leur in]tie8 ,n'e/-ce pas p>ce que la masse obx des considrations d'intrt p]sonnel1 s\mises des *ances v>iables comme les circon/ances dans lesquelles elle se meut8 ,*acun fait s]vir la religion ses passions2 le zle du *rti5 clate surt\t p\r produire le mal4--,il e/ vid5t p\r moi que n\s ne n\s a/reignons volonti]s qu'aux devoirs qui flatt5t nos passions4 ,il n'e/ po9t d'ho/ilit plus agissante que celle des ,*rti5s qu& ils invoqu5t l'intrt de la religion2 notre zle fait m]veille lorsqu'il s'ex]ce secondant notre p5*ant naturel la ha9e1 la cruaut1 l'ambition1 l'av>ice1 la mdisance1 la rbellion2 p> contre1 mo9s que1 p> miracle1 une raison quelconque ne n\s y porte1 ri5 ne n\s dcide1 d'une faon ou d'une autre1 la bont1 la bi5veillance et la modration4 ,notre religion vise drac9] le vice2 on la fait s]vir le dissimul]1 le n\rrir1 lui donn] c>rire4 ,il ne faut pas se moqu] de ,dieu1 ou1 comme on dit1 pay] la dme en donnant une g]be de paille p\r une g]be de bl4 ,si n\s croyions en lui1 je ne dis pas p>ce que n\s aurions la foi1 mais simplem5t p>ce que n\s aurions la conviction qu'il exi/e2 je dirai mme1 notre extrme confusion1 si n\s y croyions et si n\s le connaissions comme n\s faisons d'autre *ose1 d'un de nos compagnons1 p> exemple1 n\s l'aim]ions p>-dessus t\t1 en raison de son inf9ie bont et de la beaut qui respl5dit en lui2 t\t au mo9s occup]ait-il le mme rang que ti5n5t les ri*esses1 les plaisirs1 la gloire1 les amis4 ,le meilleur de n\s cra9t de bless] son vois91 ses p>5ts1 son matre1 et ne r$\te pas de l'outrag]1 ,lui4 ,e/-il quelqu'un1 si simple d'esprit qu'il soit1 qui1 mettant en comp>aison1 d'un ct1 ce qui n\s cause un seul de ces plaisirs que n\s procur5t nos vices1 et de l'autre1 l'esprance d'une gloire immortelle dont il a connaissance et dont il e/ p]suad1 ne troqu]ait pas l'un p\r l'autre8 ,et cep5dant que de fois n\s r5onons cette gloire p> le mpris que n\s en faisons2 c> qu'e/-ce qui n\s p\sse au blasphme s9on l'envie qui1 sans rime ni raison1 n\s pr5d d'(f5s] ,dieu6--,le philosophe ,anti/hne se faisait initi] aux my/res d',orphe2 le prtre lui disant que ceux qui embrassai5t cette religion1 j\irai5t t]nellem5t leur mort des bi5s les plus p>faits3 ,p\rquoi donc1 lui fit-il1 si tu le crois1 ne meurs-tu pas toi-mme8--,diogne1 p\ssant encore plus avant dans ce s5s1 rpondait avec sa brutalit ord9aire un autre qui lui pr*ait de se faire initi] la secte dont lui-mme tait prtre1 af9 d'obt5ir la possession des bi5s de l'autre monde3 ,tu veux que je croie que d'aussi gr&s hommes qu',agsilas et pam9ondas s]ont misrables1 t&is que toi1 qui n'es qu'un veau et ne fais ri5 qui vaille1 tu s]ais des bi5heureux1 p>ce que tu es prtre8--,si n\s accueillions ces gr&es promesses de batitude t]nelle en y prtant la mme att5tion que n\s apportons t\t argum5t philosophique1 n\s n'aurions pas la mort en si gr&e horreur que n\s l'avons3 ,lo9 de n\s pla9dre de la dsagrgation de notre tre1 n\s n\s rj\irions plutt de p>tir et de laiss] notre dp\ille mortelle1 comme le s]p5t *ange de peau1 comme le c]f se dfait de son vieux bois 7,lucrce74 ,je veux tre diss\s1 dirions-n\s1 p\r tre avec ,jsus-,*ri/4 ,la puissance de raisonnem5t de ,platon sur l'immortalit de l'me ne porta-t-elle pas quelques-uns de ses disciples se donn] la mort1 p\r j\ir plus tt des esprances qu'il leur faisait concevoir6 ,c'e/ ne pas croire que de croire p> faiblesse ou p> cra9te4--,t\t cela e/ un signe trs vid5t que n\s ne compr5ons notre religion qu' notre faon et en usons notre guise et pas autrem5t1 comme il arrive de t\tes les autres religions4 ,si elle e/ ntre1 c'e/ que le sort n\s a fait natre dans un pays o elle exi/e1 qu'elle y remonte une haute antiquit1 ou que les hommes qui l'y ont tablie y ont une gr&e autorit1 que n\s craignons les pe9es dont elle m5ace ceux qui sont en dehors d'elle1 ou que n\s avons t sduits p> les promesses qu'elle n\s fait2 de telles considrations sont de nature donn] du poids nos croyances mais ne sont que secondaires1 ce sont des atta*es purem5t huma9es4 ,dans une autre contre1 d'autres influ5ces1 des promesses et des m5aces semblables p\rrai5t t\t aussi bi51 p> un mme travail1 dt]m9] en n\s d'autres croyances2 n\s sommes ,*rti5s1 t\t comme n\s sommes ,prig\rd9s ou ,allem&s4 ,les a?es ne le sont gure que p> vanit2 en prs5ce de la mort1 ils revi5n5t aux ides religieuses4--,platon dit qu'il e/ peu d'a?es qui le soi5t au po9t qu'un dang] pressant ne les ramne pas reconnatre la puissance div9e2 cet aphorisme ne s'applique pas au vrai *rti52 ce n'e/ que v]s les religions enfantes p> l'imag9ation de l'homme et qui n'ont qu'un temps1 que n\s sommes a9si ports uniquem5t p> des considrations huma9es4 ,quelle foi peut tre celle que font natre et dvelopp5t en n\s la l*et et la faiblesse de notre cur6 qu'elle e/ plaisante en vrit1 ne croyant ce qu'elle croit1 que p>ce qu'elle n'a pas le c\rage de cess] d'y croire6 ,un s5tim5t aussi vicieux que l'incon/ance ou la frayeur1 peut-il produire en notre me une impression judicieuse6--,il en e/ qui prt5d5t pr\v]1 dit encore ,platon1 que la raison doit n\s faire considr] comme de pures inv5tions1 t\t ce qui se dit des enf]s et des pe9es futures2 que l'occasion se prs5te d'tre consqu5ts avec leurs dires1 que la vieillesse ou les maladies les mett5t aux portes du tombeau1 la t]reur1 l'horreur de ce que leur rs]ve l'av5ir modifi5t du t\t au t\t leurs croyances4 ,c'e/ p>ce que ces apprh5sions enlv5t l'homme son c\rage1 que lui-mme1 dans ses lois1 df5d d'enseign] de telles m5aces et de donn] croire que du mal puisse arriv] aux hommes1 du fait des dieux1 autrem5t que lorsque c'e/ ncessaire p\r leur plus gr& bi51 comme traitem5t p\r les gurir d'affections morales4 ,on dit de ,bion1 qu'adepte f]v5t de l'a?isme de ,?odore1 longtemps il s'tait moqu des hommes adonns la religion2 mais que1 surpris p> la mort1 il se livra aux pratiques les plus sup]/itieuses1 comme si les dieux exi/ai5t ou cessai5t d'tre1 selon que cela faisait ou non l'affaire de ,bion4--,platon conclut1 et ces exemples confirm5t cette conclusion1 que1 soit p> raison1 soit p> =ce1 n\s sommes t\j\rs ram5s croire l'exi/5ce de ,dieu4 ,l'a?isme e/ une conception mon/rueuse et contre nature qu'il e/ difficile et malais de faire admettre p> l'esprit huma91 quelque insol5t et drgl qu'il puisse tre1 quoiqu'il se soit vu assez de g5s affectant d'en faire pr(ession1 soit p> vanit1 soit p\r se donn] la gloriole d'mettre des ides t5dant r=m] le monde et qui ne soi5t pas celles de t\s4 ,mais si ces g5s sont f\s au po9t de faire p>ade de ce qu'ils ne croi5t pas en ,dieu1 ils ne sont pas assez =ts p\r implant] cette conviction dans leur consci5ce2 donnez-leur un bon c\p d'pe dans la poitr9e1 ils ne laiss]ont pas de jo9dre les ma9s et d'implor] le ciel2 et1 qu& la cra9te ou la maladie aura tempr ou abattu cette lic5cieuse ardeur d'humeur volage1 ils revi5dront eux et1 bi5 discrtem5t1 f]ont comme les autres et croiront ce que *acun croit4 ,autre *ose e/ un dogme srieusem5t tudi et que t\t le monde admet1 et autre *ose ces impressions passagres qui1 nes d'esprits dsquilibrs1 vont entret5ant les ides les plus tmraires et les mo9s df9ies que leur fantaisie leur inspire1 et combi5 misrables et c]vels leurs auteurs qui s'ef=c5t d'tre pires que cela ne leur e/ possible6 ,ce sont les uvres de ,dieu qui n\s amn5t lui et non notre faiblesse d'esprit2 c'e/ ce que ,sebond s'applique dmontr]4--,les erreurs du paganisme et l'ignorance o il tait de notre sa9te vrit1 ont fait encore tomb] la gr&e me 99 de ,platon1 gr&e mais seulem5t autant que peut l'tre l'me de l'homme1 dans cet autre abus vois9 du prcd5t3 ,que les enfants et les vieill>ds sont plus accessibles que les autres la religion1 comme si elle naissait et t5ait sa puissance de notre faiblesse d'esprit4 ,le nud qui devrait cont5ir notre jugem5t et notre volont1 tre9dre notre me et l'unir notre ,crateur1 ne devrait ni tre fait ni tir] sa =ce de nos considrations1 de nos raisonnem5ts1 de nos passions2 mais1 d'ess5ce div9e1 surnaturelle1 se prs5t] n\s s\s une =me1 dans des conditions1 avec un clat uniques1 n'tre autre en un mot que l'autorit de ,dieu et sa grce4 ,notre cur et notre me sont rgis et comm&s p> la foi2 celle-ci doit donc p\voir us]1 p\r l'accomplissem5t de ses desse9s1 de t\tes les autres p>ties de notre tre suivant ce que *acune peut donn]4 ,aussi n'e/-il pas croyable que cet ensemble qui con/itue le monde1 que cette admirable ma*9e ne porte pas trace dnonant la ma9 du gr& ar*itecte qui l'a con/ruite2 et que1 dans quelques-unes de ses pices1 il ne demeure ri5 rappelant l'ouvri] qui les a faites et les a assembles4 ,et1 de fait1 ses plus importants ouvrages dnot5t le c>actre de sa div9it et1 seule1 la faiblesse de notre esprit n\s emp*e de n\s en ap]cevoir2 c>1 a9si que ,dieu le dit lui-mme1 ses uvres invisibles se manife/5t p> celles qui sont visibles4--,sebond s'e/ appliqu cette tude digne de notre att5tion2 et il n\s montre que ri5 de ce qui e/ en ce monde1 ne dm5t son crateur4 ,ce s]ait vraim5t faire tort la bont div9e1 que l'univ]s ne se prtt pas affirm] la vrit de nos croyances2 le ciel1 la t]re1 les lm5ts1 notre corps1 notre me1 t\tes *oses y conc\r5t3 n\s de tr\v] le moy5 de n\s en s]vir2 elles n\s livr5t leur secret1 s\s condition que n\s s]ons en tat de le compr5dre1 c> le monde e/ le temple sacr p> excell5ce dans lequel l'homme a accs p\r y contempl] des /atues sorties1 non des ma9s des mortels1 mais de celles de la div9e p5se qui les a faites accessibles nos s5s1 comme sont le soleil1 les toiles1 les eaux1 la t]re1 p\r n\s en donn] la comprh5sion et faire1 comme dit sa9t ,paul1 que n\s concevions l'exi/5ce de celles qui *app5t notre vue1 p> ce que n\s voyons de ce monde qu'il a cr1 et que p> ses uvres n\s n\s r5dions compte de sa sagesse t]nelle et de sa div9it4 ,en ne drobant pas jal\sem5t la t]re la vue du ciel1 en le faisant se dr\l] sans cesse sur nos ttes1 ,dieu se dvoile s\s t\s ses aspects2 de lui-mme il s'(fre1 il s'inculque n\s2 v\lant tre clairem5t connu1 p> son uvre il n\s montre qui il e/ et n\s convie mdit] ses lois 7,manilius74 ,ses argum5ts1 p> leur con=mit avec notre foi1 ont une valeur indniable4--,or1 t\s les raisonnem5ts1 t\s les disc\rs huma9s sont *oses in]tes et /riles1 qui ne pr5n5t =me qu'autant que ,dieu1 p> le moy5 de la grce1 leur en mnage la possibilit et leur donne de la valeur4 ,les actes de v]tu de ,socrate et de ,caton sont demeurs va9s et inutiles1 p>ce qu'ils n'avai5t pas p\r f9 l'am\r et l'obissance qu'en t\t n\s devons ,dieu1 vritable crateur de t\tes *oses1 et qu'ils ne le connaissai5t pas4 ,il en e/ de mme de nos raisonnem5ts et de nos disc\rs3 ils sembl5t avoir du corps1 mais ne sont en ralit que des masses confuses1 sans =me df9ie1 condamns l'impuissance si la foi et la grce n'y sont pas jo9tes4 ,la foi v5ant donn] du coloris et du lu/re aux argum5ts que fait valoir ,sebond1 leur communique de la f]met et de la solidit et les r5d capables d'initi] un appr5ti1 de guid] ses premi]s pas sur la voie qui mne la connaissance de la vrit en le faonnant dans une c]ta9e mesure et le disposant recevoir la grce de ,dieu qui aff]mit ses croyances et les r5d p>faites4 ,je connais un homme faisant autorit1 v]s dans l'tude des lettres1 qui m'a av\ avoir t ram5 des erreurs de l'incrdulit p> les argum5ts de ,sebond4 ,alors mme qu'on les dp\ill]ait de l'ornem5t et de l'appui que leur donne la foi en les appr\vant1 ne les considr] que comme des fantaisies purem5t huma9es1 imag9es p\r combattre ceux qui se sont prcipits dans les p\vantables et horribles tnbres de l'irrligion1 leur valeur e/ telle qu'ils aurai5t autant de puissance et de solidit que t\s autres que1 dans les mmes conditions1 on p\rrait leur oppos]2 si bi5 que n\s s]ions fonds dire aux p>ties en prs5ce3 ,si v\s avez de meilleurs argum5ts1 produisez-les1 s9on s\mettez-v\s 7,horace72 reconnaissez la validit de nos preuves ou montrez-en d'autres1 s]ait-ce mme sur quelque autre sujet1 qui se prs5t5t mieux et soi5t plus probantes4--,mais voil que1 sans y p5s]1 je suis dj demi engag dans la discussion de la seconde des objections que l'on fait ,sebond et que1 en son lieu et place1 je me suis propos de rfut]4 ,seconde objection faite ,sebond3 ,ses argum5ts sont faibles4--,il y en a qui tr\v5t que ses argum5ts sont faibles1 qu'ils n'arriv5t pas dmontr] ce qu'il veut pr\v]1 et ils prt5d5t p\voir les rfut] aism5t4 ,ces g5s-l mrit5t d'tre tancs un peu plus rudem5t que je n'ai fait des premi]s1 p>ce qu'ils sont plus dang]eux et ont plus de malice4 ,on dt\rne volonti]s le s5s des p>oles d'autrui p\r appuy] ses propres op9ions2 p\r un a?e1 t\t crit a quelque rapport avec l'a?isme1 et il infecte de son propre v59 mme ce qui n'en porte pas trace4 ,ceux-ci ont des scrupules qui leur font p>atre fades les raisons de ,sebond1 et ils tr\v5t que c'e/ leur donn] beau jeu que de les mettre mme de combattre1 avec des armes purem5t huma9es1 notre religion qu'ils n'os]ai5t attaqu]1 si elle leur app>aissait maje/ueusem5t dans la plnitude de l'autorit et du comm&em5t4 ,p\r matris] leur folie1 ce qu'il y a de mieux me p>at tre de froiss] et de f\l] aux pi$s l'orgueil et l'arrogance de l'homme2 de leur faire s5tir son inanit1 sa vanit1 son nant2 de leur t] des ma9s ces *tives armes que leur f\rnit leur raison2 de les oblig] s'incl9] et bais] la t]re devant l'autorit et le respect de la maje/ div9e4 ,a elle seule app>ti5n5t la sci5ce et la sagesse2 seule1 elle vaut qu'on fasse cas d'elle2 c'e/ elle que n\s drobons ce dont n\s n\s p>ons et ce que n\s apprcions tant en n\s4 ,dieu ne p]met pas qu'un autre que lui s'enorgueillisse 7,hrodote71 rabattons donc cette orgueilleuse prt5tion1 po9t de d"p de la tyrannie qu'ex]ce sur n\s le mal9 esprit3 ,dieu rsi/e aux sup]bes et fait grce aux humbles 7,sa9t ,pi]re74 ,l'intellig5ce e/ l'apanage des dieux1 dit ,platon1 les hommes n'en ont que peu ou po9t4 ,aussi e/-ce une gr&e consolation p\r le *rti5 de voir nos moy5s1 mortels et impuissants1 s'adapt] si bi5 ce qu'exige notre foi sa9te et div9e que1 lorsque n\s les appliquons des sujets1 mortels impuissants comme ils le sont eux-mmes1 ils ne s'y app>eill5t ni mieux1 ni avec plus de =ce4 ,il faut reconnatre que bi5 des *oses ne peuv5t s'expliqu] p> la raison seule4--,en consqu5ce1 exam9ons si l'homme dispose de raisons plus puissantes que celles de ,sebond1 et s'il lui e/ possible d'arriv] quelque c]titude p> les preuves et les raisonnem5ts qu'il e/ en tat de produire4 ,sa9t ,augu/91 rfutant ces mmes g5s1 leur repro*e l'inju/ice qu'il y a considr] comme faux t\t ce que1 dans nos croyances1 notre raison ne p>vi5t pas pr\v]2 et p\r montr] que bi5 des *oses sont et ont t1 dont notre intellig5ce ne peut dc\vrir ni la nature1 ni les causes1 il leur cite des faits connus et indubitables que l'homme confesse ne p\voir expliqu]2 en cela1 du re/e1 comme en t\t ce qu'il fait1 sa9t ,augu/9 dploie un so9 rem>quable et beauc\p d'esprit4 ,n\s1 il n\s faut faire davantage et leur montr] que p\r r5dre manife/e la faiblesse de leur raison1 il n'e/ pas beso9 d'avoir rec\rs de r>es exemples longuem5t re*]*s3 elle prs5te tant de po9ts faibles1 e/ si aveugle1 qu'il n'y a ri5 de si clair et de si facile qui lui p>aisse d'une p>faite vid5ce2 que p\r elle1 ce qui e/ ais et malais ne sont qu'un2 qu'enf9 t\t ce sur quoi elle entrepr5d de port] un jugem5t et la nature en gnral1 se drob5t sa juridiction et sa compt5ce4 ,que n\s pr*e la vrit1 qu& elle n\s invite fuir la philosophie de ce monde2 qu&1 si s\v5t1 elle n\s inculque que notre sagesse n'e/ que folie devant ,dieu2 que1 de t\tes les vanits1 l'homme e/ ce qu'il y a de plus va92 que celui qui se t>gue de son savoir1 ne sait pas ce que c'e/ que savoir2 que l'homme n'e/ ri51 lorsqu'il s'imag9e tre quelque *ose2 qu'il s'exalte et se leurre lui-mme8 ,ces s5t5ces qui man5t de l',esprit sa9t1 exprim5t si clairem5t et si nettem5t ce que je veux tablir que t\te autre preuve s]ait sup]flue avec des g5s qui1 s\mis et obissants1 s'incl9]ai5t devant son autorit2 mais ceux-ci ti5n5t faire les frais des v]ges qui s]viront les f\ett]1 et n'admett5t pas que l'on combatte leur raison autrem5t qu'en l'opposant elle-mme4 ,l'homme croit avoir une gr&e supriorit sur t\tes les autres cratures1 exam9ons ce qui en e/3 ,e/-il fond prt5dre que t\tes les m]veilles de la nature n'ont t cres que p\r lui8--,envisageons donc1 p\r le mom5t1 l'homme ab&onn lui-mme sans sec\rs trang]1 arm uniquem5t des armes qui lui sont propres et n'ayant pas l'aide de la grce et de la connaissance de ,dieu qui sont t\t son honneur1 t\te sa =ce et auxquelles il doit d'tre ce qu'il e/1 et voyons ce dont il e/ capable en ce bel quipage4 ,qu'il m'explique1 p> la puissance de son raisonnem5t1 sur quoi repose la gr&e supriorit qu'il prt5d avoir sur les autres cratures8 ,qui l'autorise p5s] que le m\vem5t admirable de la vote cle/e1 la lumire t]nelle de ces flambeaux r\lant si maje/ueusem5t au-dessus de sa tte1 les fluctuations m\vantes de la m] aux horizons inf9is1 ont t crs et se cont9u5t depuis tant de sicles p\r sa seule commodit et son s]vice8 ,e/-il possible d'imag9] ri5 de si ridicule que cette misrable et *tive crature qui n'e/ seulem5t pas matresse d'elle-mme1 e/ expose aux (f5ses de tant de *oses et qui vi5t se dire la matresse et l'impratrice de l'univ]s8 il n'e/ pas en son p\voir d'en connatre la mo9dre p>celle1 plus =te raison de le comm&]4 ,qui lui a octroy ce privilge qu'il s'arroge1 d'tre seul sur ce va/e btim5t capable d'en apprci] la beaut et celle des pices dont il se compose2 de p\voir seul en r5dre grce l'ar*itecte1 et d'tre seul en tat d'en apprci] les ress\rces et de les mettre en valeur8 ,qu'il produise les lettres pat5tes qui lui confr5t ce bel et gr& (fice6 n'ont-elles t concdes qu'au bnfice des sages8 elles s'appliqu]ai5t bi5 peu2 ou les f\s et les m*ants sont-ils dignes galem5t d'une faveur aussi exceptionnelle8 ils sont ce qu'il y a de pire au monde1 p\rquoi s]ai5t-ils avantags de la sorte sur t\s les autres tres de la cration8 ,faut-il croire celui qui a dit3 ,qui donc n\s enseign]a p\r qui le monde a t fait8 ,c'e/ sans d\te p\r les tres anims qui ont l'usage de la raison1 c'e/--dire p\r les dieux et les hommes qui sont les plus p>faits de t\s les tres 7,cicron76 ou plutt p\rrons-n\s jamais assez baf\] son impud5ce1 d'acc\pl] a9si les dieux et les hommes8 ,qu'a donc alors en lui le pauvret1 qui puisse lui valoir un tel avantage8 ,s'il e/ vrai que les a/res ont de l'influ5ce sur sa de/9e1 peut-il dire qu'il comm&e qu& il ne fait qu'obir4--,considrons la vie incorruptible des corps cle/es1 leur beaut1 leur gr&eur1 leur m\vem5t cont9u rgl avec tant de prcision3 ,qu& on contemple au-dessus de sa tte les votes imm5ses du monde et les a/res brillants dont elles sont con/elles1 et qu'on vi5t rfl*ir sur les rvolutions de la t]re et du soleil 7,lucrce72 considrons la dom9ation et la puissance que ces corps ex]c5t non seulem5t sur nos exi/5ces et les fluctuations de notre de/9e1 c> t\tes les actions et la vie des hommes dp5d5t de l'influ5ce des a/res 7,manilius71 mais mme sur nos p5*ants1 nos raisonnem5ts1 nos volonts qu'ils g\v]n5t1 p\ss5t et agit5t suivant que cette influ5ce se fait s5tir dans un s5s ou dans un autre1 a9si que notre raison l'tablit et n\s le montre3 ,elle reconnat que ces a/res si loigns1 ont sur les hommes un secret empire1 que des lois fixes rgl5t les m\vem5ts priodiques de l'univ]s et que le c\rs des de/9es e/ dt]m9 p> des signes c]ta9s 7,manilius72--si non seulem5t l'homme isol1 non seulem5t les rois1 mais mme les royaumes1 les empires1 t\t en ce bas monde subit l'action des mo9dres m\vem5ts cle/es3 ,les plus gr&es rvolutions sont produites p> ces m\vem5ts ins5sibles1 tant sont hautes ces lois qui comm&5t aux rois eux-mmes 7,manilius72--si notre v]tu1 nos vices1 notre capacit1 notre sci5ce1 cette intuition mme que n\s avons de l'influ5ce qu'ex]c5t les a/res1 et cette comprh5sion des relations qui exi/5t entre eux et n\s1 n\s vi5n5t d'eux et sont des effets de leur action1 a9si que n\s sommes ports le croire3 ,l'un1 furieux d'am\r1 trav]se la m]1 et va r5v]s] ,troie2 l'autre e/ de/9 p> le sort donn] des lois2 ici des enfants tu5t leurs pres1 l des pres tu5t leurs enfants1 ou ce sont des frres qui s'arm5t contre leurs frres et s'gorg5t entre eux4 ,il ne faut pas en accus] les hommes2 la de/9e1 plus =te qu'eux1 les entrane1 les =ce se d*ir] et se punir a9si de leurs propres ma9s2 t\t cela devait arriv]1 a9si l'a v\lu le de/9 7,manilius72--si enf9 c'e/ au ciel que n\s devons cette p>celle de raison que n\s avons1 comm5t peut-elle n\s faire son gal8 comm5t p\vons-n\s s\mettre notre sci5ce son pr9cipe et les conditions dans lesquelles il exi/e8 ,que savons-n\s de ces a/res1 sur quoi s'appui5t les suppositions que n\s mettons leur sujet8--,t\t ce que n\s voyons de ces corps1 e/ p\r n\s un sujet d'tonnem5t3 ,quels in/rum5ts1 quels levi]s1 quelles ma*9es1 quels ouvri]s ont lev un si va/e difice 7,cicron78 ,p\rquoi admettons-n\s qu'ils soi5t privs d'me1 de vie1 de raison2 n\s ont-ils donn des preuves d'une /upidit p]si/ante que ri5 n'e/ susceptible de modifi]1 n\s qui n'avons d'autres relations avec eux1 que d'tre s\s leur dp5dance8 ,dirons-n\s que n\s n'avons ri5 con/at qui tmoigne d'une me raisonnable1 *ez aucune crature autre que l'homme8 ,qu'e/-ce que cela pr\v]ait8 ,n\s n'avons vu quoi que ce soit qui ressemble au soleil1 et1 de ce que n\s n'avons ri5 vu de semblable lui1 en rsulte-t-il qu'il n'exi/e pas1 non plus que son m\vem5t de rotation p>ce qu'il n'a pas son p>eil8 ,si t\t ce que n\s n'avons pas vu n'exi/ait pas1 notre sci5ce s'en tr\v]ait considrablem5t rduite3 ,tant sont troites les bornes de notre esprit 7,cicron76 ,n'e/-ce pas un songe de la vanit huma9e que de faire de la lune une t]re cle/e2 d'y 99 rv]1 comme ,anaxagore1 des montagnes1 des valles2 d'imag9]1 a9si que l'admett5t ,platon et ,plut>que1 que1 p\r notre commodit1 il s'y tr\ve des habitations o demeur5t des tres huma9s =mant des colonies2 et aussi que notre t]re e/ un a/re lum9eux1 j\issant d'un p\voir clairant3 ,entre autres infirmits de la nature e/ cet aveuglem5t de l'me qui =ce l'homme err] et qui1 de plus1 lui fait *rir son erreur 7,snque74--,le corps1 sujet a se corrompre1 al\rdit l'me1 et cette enveloppe grossire la dprime dans l'ex]cice mme de la p5se et l'atta*e la t]re 7,sa9t ,augu/974 ,la prsomption e/ *ez n\s une maladie naturelle et inne4 ,de t\tes les cratures1 la plus misrable et la plus fragile c'e/ l'homme1 qui en e/ en mme temps1 99 dit ,pl9e1 la plus orgueilleuse2 il en a la s5sation1 il se voit relgu dans la fange et la fi5te du monde1 atta*1 cl\ la p>tie de l'univ]s qui e/ la pire1 celle qui e/ la plus morte1 la plus cr\pissante1 log au d]ni] tage de l'difice1 celui qui e/ le plus loign de la vote cle/e1 ple-mle avec les animaux qui ramp5t sur la t]re1 de pire condition que ceux qui viv5t dans les airs ou dans l'eau2 et le voil qui1 en imag9ation1 se place au-dessus de l'orbite de la lune et ramne le ciel s\s ses pi$s6 ,en quoi notre supriorit vis--vis des animaux consi/e-t-elle2 e/-il sr que les btes n'ont pas comme n\s des ides et un langage8--,c'e/ p> un effet de cette mme vanit de son imag9ation que l'homme se fait l'gal de ,dieu2 qu'il s'attribue ce qui e/ le propre de la div9it2 se classe de lui-mme comme un tre d'ess5ce p>ticulire1 se mettant en dehors de la f\le des autres cratures2 fait la "p aux animaux ses confrres et ses compagnons1 assignant *acun d'eux les p>celles de facults physiques et intellectuelles qu'il juge propos4 ,p\r faire cette rp>tition1 son intellig5ce lui a-t-elle rvl les mobiles intimes et ca*s auxquels les animaux obiss5t1 et e/-ce en les comp>ant n\s qu'il en e/ arriv conclure la btise qu'il leur prte8 ,qu& je j\e avec ma *atte1 qui sait si ce n'e/ pas elle qui1 plus que moi-mme1 se di/rait de la sorte8 n\s n\s amusons l'un et l'autre et1 suivant comme je me tr\ve dispos1 je la c>esse ou la rep\sse1 elle en agit de mme au gr de son caprice4--,dans la description que n\s donne ,platon de l'ge d'or qui1 s\s ,saturne1 rgna sur la t]re1 il considre comme un des pr9cipaux avantages de l'homme de cette poque1 qu'il tait en communication avec les btes4 ,il p\vait de la sorte1 en les que/ionnant et les tudiant1 connatre exactem5t les qualits de *acune d'elles et en quoi elles diffrai5t les unes des autres1 ce qui aff9ait son intellig5ce et sa prud5ce1 et lui donnait le moy5 de se conduire dans la vie incomp>ablem5t mieux que n\s ne p\vons le faire4 ,n'e/-ce pas l la meilleure preuve que l'on puisse donn] de l'impud5ce de l'homme l'g>d des animaux8 ,quant la =me extrieure qu'ils ti5n5t de la nature1 ce gr& philosophe p5se que1 p\r la plup>t1 celle-ci1 en la leur donnant1 s'e/ uniquem5t proccupe de faire que cette =me pt s]vir aux prono/ics qu'on en tirait au temps o il vivait4 ,les btes se compr5n5t entre elles2 si n\s ne les compr5ons pas1 e/-ce elles ou n\s que cela e/ imputable8--,si les hommes et les animaux ne se compr5n5t plus1 qui la faute2 p\rquoi s]ait-ce la leur1 plutt que la ntre8 c'e/ l un po9t qui e/ encore dev9]4 ,puisque n\s ne les compr5ons pas plus qu'ils ne n\s compr5n5t1 ils peuv5t en conclure que c'e/ n\s qui sommes des btes1 p> la mme raison qui fait que n\s e/imons que ce sont eux qui le sont4 ,il n'y a ri5 d'tonnant ce que n\s ne les compr5ions pas2 n'en e/-il pas a9si des ,basques et des ,troglodytes8 ,cep5dant c]ta9s3 ,apollonius de ,tyane1 ,melampus1 ,tirsias1 ,?als et autres1 ont prt5du les compr5dre1 et1 puisque ceux qui s'occup5t de la description du monde1 n\s dis5t qu'il exi/e des peuples qui ont un *i5 p\r roi1 il faut bi5 que ses sujets ai5t quelque comprh5sion de ses sons de voix et de ses m\vem5ts4--,rem>quons quelles ressemblances il y a entre eux3 n\s avons1 d'une faon gnrale1 quelque intellig5ce de leurs s5s2 les btes l'ont vis--vis de n\s1 peu prs dans la mme mesure1 elles n\s flatt5t1 n\s m5ac5t1 n\s dem&5t ce qu'elles veul5t comme n\s faisons d'elles4 ,du re/e1 n\s reconnaissons que1 bi5 videmm5t1 elles s'ent5d5t entre elles1 compltem5t et en t\t2 et cela1 non seulem5t celles de mme espce1 mais encore celles d'espces diffr5tes4 ,les animaux dome/iques1 comme les btes froces1 font ent5dre des cris diffr5ts selon que la cra9te1 la d\leur ou la joie les agite 7,lucrce74--,p> c]ta9s aboiem5ts du *i51 le *eval sait qu'il e/ en colre2 il n'a pas de cra9te1 qu& sa voix a d'autres inflexions4 ,celles qui n'ont pas de voix se font compr5dre p> les m\vem5ts du corps1 que de *oses n'exprimons-n\s pas n\s-mmes p> ge/es4--,*ez les btes mmes qui n'ont pas de voix1 c]ta9s s]vices qu'elles se r5d5t mutuellem5t n\s pr\v5t clairem5t qu'elles ont d'autres moy5s de communiqu]2 leurs m\vem5ts ont des significations qu'elles saisiss5t =t bi53 ,c'e/ p> la mme raison que n\s voyons les enfants suppler p> des ge/es la p>ole qui leur manque 7,lucrce74--,peut-on prt5dre le contraire8 n'e/-ce pas a9si1 p> signes1 que nos muets discut5t1 s'entreti5n5t1 cont5t des hi/oires8 ,j'en ai vu de si s\ples1 de si bi5 dresss cet ex]cice que1 vraim5t1 ils se faisai5t compr5dre dans la p]fection4--,les am\reux se disput5t1 se rconcili5t1 se pri5t1 se rem]ci5t1 se donn5t des r5dez-v\s1 se dis5t t\t enf9 avec les yeux3 ,le sil5ce mme a son langage1 il sait pri] et se faire ent5dre 7,le ,tasse74 ,et avec les ma9s1 que ne faisons-n\s pas8 ,n\s dem&ons1 n\s promettons1 appelons1 congdions1 m5aons1 prions1 supplions1 nions1 refusons1 int]rogeons1 admirons1 comptons1 confessons nos fautes1 manife/ons notre rep5tir1 nos cra9tes1 notre honte1 nos d\tes2 n\s n\s in=mons1 comm&ons1 incitons1 enc\rageons1 jurons1 portons tmoignage1 accusons1 condamnons1 absolvons1 injurions1 exprimons notre mpris1 notre dpit2 dfions1 flattons1 applaudissons1 bnissons1 humilions2 n\s n\s moquons1 n\s n\s rconcilions1 n\s recomm&ons1 exaltons1 fe/oyons2 n\s n\s rj\issons1 n\s n\s plaignons1 n\s n\s attri/ons2 n\s m>quons notre dc\ragem5t1 notre dsespoir1 notre tonnem5t2 n\s n\s crions1 n\s n\s taisons2 que ne faisons-n\s pas encore p> ce moy51 v>iant et multipliant ce que n\s exprimons1 aussi bi5 qu'avec la p>ole8--,et de la tte3 n\s invitons1 congdions1 av\ons1 dsav\ons1 dm5tons1 s\haitons la bi5v5ue1 honorons1 vnrons1 exprimons notre dda91 dem&ons1 conduisons1 m>quons notre gat1 n\s lam5tons1 c>essons1 adressons des repro*es1 faisons acte de s\mission1 bravons1 exhortons1 m5aons1 donnons une assurance1 dem&ons un r5seignem5t6--,que ne disons-n\s pas en fronant les s\rcils1 en haussant les paules8--,il n'e/ aucun de nos m\vem5ts qui ne p>le1 et ne p>le un langage intelligible1 que t\t le monde compr5d1 bi5 qu'il ne n\s ait pas t enseign2 t\t cela fait que lorsqu'on la comp>e la v>it des langues et au travail qu'elles dem&5t p\r les possd]1 cette communication p> signes semble tre plutt le langage propre de la nature huma9e4--,je laisse de ct ce que1 dans cet ordre d'ides1 la ncessit appr5d1 un mom5t donn1 qui en a beso92 et aussi les lettres de l'alphabet exprimes avec les doigts1 la grammaire inculque p> ge/es1 les sci5ces apprises et traduites p> le mme procd2 il e/ des nations *ez lesquelles1 au dire de ,pl9e1 on ne p>le pas autrem5t4--,un ambassadeur de la ville d',abdre1 aprs avoir longuem5t entret5u ,agis roi de ,sp>te1 lui dem&a quelle rponse il v\lait qu'il rapportt ses concitoy5s3 ,que je t'ai laiss dire t\t ce que tu z v\lu1 rpondit le roi1 tant que tu z v\lu1 sans jamais dire un mot4 ,n'e/-ce pas l p>l] t\t en se taisant1 et d'une manire =t comprh5sible8 ,leur habilet surpasse celle de l'homme1 si bi5 qu'il sembl]ait que la nature les a plus favorablem5t traites que n\s4--,du re/e1 quelle facult avons-n\s1 dont n\s ne retr\vions pas l'application dans ce que font les animaux8 ,e/-il une organisation mieux ordonne que celle des m\*es miel1 o les div]ses *>ges et (fices soi5t plus div]sifis et mieux remplis8 ,la rp>tition du travail et des emplois y e/ tellem5t bi5 rgle1 que n\s ne p\vons suppos] qu'elle puisse tre faite sans raison1 ni rflexion6 ,a ces signes et cette police admirable1 des sages ont jug que les abeilles r5f]mai5t une p>celle de la div9e intellig5ce et avai5t une me 7,virgile74--,les hirondelles que n\s voyons1 au ret\r du pr9temps1 furet] t\s les co9s de nos maisons1 excut5t-elles leurs re*]*es sans y apport] de jugem5t2 et e/-ce sans disc]nem5t que1 sur mille places qu'elles p\rrai5t occup]1 elles *oisiss5t celle qui leur e/ le plus commode8--,qu& ils con/ruis5t leurs nids1 de si belle et admirable contexture1 les oiseaux font-ils *oix d'un endroit =me c>re1 ronde1 d'un angle droit ou d'un angle obtus1 sans s'tre r5du compte des conditions o ils se tr\v5t et de ce qui en rsult]a8 ,lorsqu'ils pr5n5t tantt de l'eau1 tantt de l'argile1 ignor5t-ils que celle-ci s'amollit en l'humectant8 ,en tapissant leurs palais de m\sse ou de duvet1 ne prvoi5t-ils pas que les membres dlicats de leurs petits s'y tr\v]ont plus mollem5t et plus l'aise8 ,s'abrit5t-ils contre le v5t qui apporte la pluie1 et s'in/all5t-ils reg>dant l'ori5t1 sans connatre les conditions dans lesquelles s\ffl5t les diffr5ts v5ts1 ni considr] que l'un vaut mieux que l'autre8--,p\rquoi l'araigne paissit-elle sa toile en c]ta9s po9ts et la fait-elle plus l*e en d'autres2 p\rquoi1 un mom5t donn1 la tisse-t-elle d'une faon1 et un autre mom5t d'une autre1 si elle n'y a1 au pralable1 p5s1 rfl*i et pris p>ti8 ,n\s con/atons assez combi51 dans la plup>t de leurs ouvrages1 les animaux n\s sont suprieurs1 et combi5 notre art demeure au-dess\s dans les imitations que n\s en faisons1 et cep5dant p\r nos uvres1 qui sont bi5 plus grossires que les leurs1 n\s mettons en jeu de nombreuses facults et notre me s'y applique de t\tes ses =ces2 p\rquoi n'e/imons-n\s pas qu'il en e/ de mme *ez eux8 ,quelle raison n\s fait attribu] je ne sais quel in/9ct naturel et s]vile1 des ouvrages qui surpass5t t\t ce que n\s p\vons faire1 tant naturellem5t qu'avec le sec\rs de l'art8 ,en cela1 sans y p5s]1 n\s leur donnons un trs gr& avantage sur n\s puisque la nature1 p> une t5dresse t\te mat]nelle1 les accompagne et les guide1 comme avec la ma91 dans les actions et les situations de leur vie1 t&is qu'elle n\s ab&onne au has>d et la =tune1 qu'il n\s faut rec\rir aux ress\rces de l'art p\r n\s procur] les *oses ncessaires notre cons]vation et qu'elle n\s refuse en mme temps1 malgr une in/ruction pralable et t\t en y apportant une gr&e cont5tion d'esprit1 la possibilit d'arriv] ce quoi les btes p>vi5n5t spontanm5t2 de telle sorte que la /upidit de ces brutes1 *aque fois qu'il s'agit de nos commodits rciproques1 surpass]ait notre div9e intellig5ce6 ,vraim5t1 s'il en tait a9si1 n\s s]ions bi5 fonds dire qu'elle e/ p\r n\s une bi5 inju/e m>tre2 mais il n'en e/ ri51 notre organisation n'e/ si dif=me ni si drgle4 ,il n'en e/ ri52 elle a donn l'homme t\t ce qui e/ ncessaire sa cons]vation4--,la nature a p\r t\tes ses cratures mme sollicitude2 il n'en e/ aucune qu'elle n'ait abondamm5t p\rvue de t\s les moy5s ncessaires la cons]vation de son tre2 et ces pla9tes que j'ent5ds mettre 7c> la lic5ce de nos op9ions tantt n\s lve au-dessus des nues1 tantt n\s ravale aux antipodes7 ne sont pas fondes4--,elles port5t sur ce que l'homme e/ le seul animal a9si ab&onn t\t nu sur la t]re dnude2 qu'il y arrive li1 g>rott et que1 p\r s'arm] et se g>antir1 il e/ dans l'obligation de rec\rir aux dp\illes d'autrui2 que la nature a revtu t\tes les autres cratures de coquilles1 de g\sses1 d'corce1 de poils1 de la9e1 de piquants1 de cuir1 de b\rre1 de plumes1 d'cailles1 de toison1 de soie1 suivant les beso9s de *acune2 qu'elle les a armes de griffes1 de d5ts1 de cornes p\r attaqu] et se df5dre1 leur enseignant mme ce qui leur e/ p>ticuli] comme nag]1 c\rir1 vol]1 *ant]1 alors que l'homme ne peut1 sans appr5tissage1 ni m>*]1 ni p>l]1 ni mang] et qu'il ne sait que pleur]3 ,semblable au nautoni] que la tempte a jet sur le rivage1 l'enfant gt t]re1 nu1 sans p>ole1 dnu de t\s les sec\rs de la vie1 au mom5t o la nature vi5t de l'arra*] avec ef=t du se9 mat]nel p\r le produire la lumire4 ,il remplit l'air de ses vagissem5ts1 et il a raison1 tant de maux l'att5d5t son passage ici-bas6 ,au contraire1 les animaux dome/iques et les btes froces croiss5t sans pe9e2 ils n'ont beso9 ni de ho*ets1 ni des c>esses et du langage enfant9 d'une n\rrice2 la diffr5ce des saisons ne les oblige pas *ang] de vtem5ts2 enf91 il ne leur faut ni armes1 ni hautes murailles p\r se mettre en sret1 p>ce que la nature1 de son se9 fcond1 a l>gem5t p\rvu t\s leurs beso9s 7,lucrce74 ,il ne ti5drait qu' n\s de n\s pass] de vtem5ts et1 sans culture1 n\s p\rrions tr\v] p>t\t notre n\rriture4--,ces pla9tes ne sont pas ju/ifies2 il y a dans l'organisation du monde une plus gr&e galit et plus d'uni=mit4 ,notre peau1 t\t comme celle des animaux1 e/ mme d'oppos] une rsi/ance suffisante aux injures du temps2 preuve3 plusieurs peuplades qui n'ont pas encore fait usage de vtem5ts2 nos anctres les ,gaulois qui n'tai5t gure vtus1 pas plus que ne le sont nos vois9s les ,irl&ais dont le climat e/ si froid4 ,mais n\s en jugeons encore mieux p> n\s-mmes1 c> t\tes les p>ties de notre corps3 99 le visage1 les pi$s1 les ma9s1 les jambes1 les paules1 la tte1 qu'il n\s plat1 suivant ce qui e/ dans nos habitudes1 d'expos] au v5t et l'air1 les support5t bi54 ,s'il e/ en n\s une p>tie faible qui semble devoir r$\t] le froid1 c'e/ bi5 l'e/omac o se fait le travail de la dige/ion2 nos pres l'avai5t dc\v]t et nos dames1 si molles et si dlicates qu'elles soi5t1 vont p>fois leurs vtem5ts entr'ouv]ts jusqu'au nombril4--,l'emmaillotem5t des enfants1 les prcautions qu'on pr5d p\r leur s\t5ir le corps1 ne sont pas non plus indisp5sables2 les mres lacdmoni5nes levai5t les leurs1 en laissant t\te lib]t de m\vem5ts leurs membres1 sans les atta*]1 ni les cont5ir4--,si n\s pleurons1 cela n\s e/ commun avec la plup>t des animaux2 il n'en e/ gure qu'on ne voie se pla9dre et gmir longtemps encore aprs leur naissance2 cela convi5t bi5 l'tat de faiblesse dans lequel ils se s5t5t4--,p\r ce qui e/ de mang]1 c'e/1 *ez n\s comme *ez eux1 une *ose naturelle qui vi5t sans qu'on l'appr5ne1 c> *aque animal s5t sa =ce et ses beso9s 7,lucrce71 et il e/ d\teux qu'un enfant1 arriv avoir la =ce de se n\rrir1 ne st tr\v] sa n\rriture3 la t]re la produit et la lui (fre en quantit bi5 suffisante sans qu'il soit beso9 ni de culture1 ni de prp>ation d'aucun g5re2 pas en t\s temps1 la vrit1 mais1 sur ce po9t1 les btes sont dans les mmes conditions1 ce que tmoign5t les provisions que n\s voyons faire aux f\rmis et d'autres1 p\r p>] aux saisons /riles de l'anne4 ,ces nations rcemm5t dc\v]tes qui viv5t dans l'abondance de vi&e et de boisson naturelle qu'elles ont leur porte1 sans avoir s'en proccup] ni s'en occup]1 n\s montr5t que le pa9 n'e/ pas la seule n\rriture de l'homme1 et que1 sans qu'il soit beso9 de lab\r]1 la nature1 en bonne mre1 avait copieusem5t p\rvu t\t ce qu'il n\s faut1 probablem5t mme avec plus de prodigalit et de ri*esse qu'elle ne le fait prs5t que n\s sommes int]v5us dans ses productions3 ,a l'orig9e1 la t]re produisait d'elle-mme et f\rnissait l'homme les plus ri*es moissons1 le rais9 joyeux1 les fruits mrs et les gras pturages4 ,auj\rd'hui1 pe9e accorde-t-elle ses ri*esses un travail cont9u2 n\s en sommes rduits puis] nos bufs et les =ces du lab\reur 7,lucrce72 mais les exig5ces draisonnables de nos apptits croiss5t plus encore que ce que n\s p\vons imag9] p\r les satisfaire4 ,l'homme e/ naturellem5t mieux arm que beauc\p d'autres animaux2 et il n'e/ pas le seul qui1 p\r augm5t] ses =ces1 rec\re des moy5s artificiels4--,p\r ce qui e/ des armes1 la nature n\s en a f\rnis plus que la plup>t des animaux3 nos membres sont susceptibles de plus de m\vem5ts que les leurs et n\s en tirons naturellem5t meilleur p>ti1 sans n\s y tre ex]cs au pralable2 n\s voyons les hommes qui sont dresss combattre t\t nus1 affront] les mmes dang]s que ceux que n\s p\vons affront] n\s-mmes2 et si1 s\s ce rapport1 c]ta9s animaux ont de l'avantage sur n\s1 n\s l'emportons sur nombre d'autres4 ,n\s possdons d'in/9ct1 sans qu'elle n\s ait t inculque1 la prcaution d'accrotre notre =ce et de n\s protg] en rec\rant des m\vem5ts artificiels4 ,l'lphant aiguise et appo9te les d5ts dont il use dans le combat 7il en a de spciales cet effet1 qu'il mnage et dont il ne se s]t qu' cet usage72 le taureau1 en p>eille circon/ance1 s'ent\re d'un nuage de p\ssire qu'il =me en frappant le sol avec le pi$2 le sangli] affile ses df5ses2 l'i*neumon qui va en v5ir aux prises avec le crocodile1 se protge en enduisant compltem5t son corps d'une c\*e paisse de limon bi5 ptri qui =me crote et dans laquelle il e/ comme dans une cuirasse2 n'e/-il pas t\t aussi naturel p\r n\s de n\s fabriqu] des armes1 en ayant rec\rs au bois et au f]8 ,notre langage e/ *ose factice1 mais il y a lieu de p5s] qu' l'in/> des autres animaux1 n\s sommes susceptibles d'avoir un p>l] naturel4--,quant au langage de l'homme1 il e/ c]ta9 que si on peut dire qu'il n'e/ pas le fait de la nature1 il faut1 d'autre "p1 reconnatre aussi que ce n'e/ pas *ose qui lui soit indisp5sable4 ,je crois cep5dant qu'un enfant qui aurait t lev dans un isolem5t absolu1 sans relations avec le re/e du g5re huma9 7expri5ce difficile faire71 arriv]ait avoir une sorte de p>ole1 p\r exprim] ce qu'il conoit4 ,il n'e/ pas croyable en effet que n\s soyons privs p> la nature de cette ress\rce qu'elle a donne quelques animaux2 c> e/-ce autre *ose que p>l]1 cette facult que n\s leur voyons de se pla9dre1 de se rj\ir1 de s'appel] les uns les autres l'aide1 de se convi] l'am\r1 en donnant de la voix8 ,p\rquoi ne p>l]ai5t-ils pas entre eux8 ils n\s p>l5t et n\s leur p>lons bi54 ,que de *oses1 p> exemple1 ne disons-n\s pas nos *i5s et sur lesquelles ils n\s rpond5t8 ,le langage que n\s leur t5ons1 les t]mes que n\s employons avec eux sont autres qu'avec les oiseaux1 qu'avec les p\rceaux1 les bufs1 les *evaux2 selon l'espce laquelle app>ti5t l'animal1 n\s n\s s]vons d'un idiome appropri3 ,a9si1 dans une noire f\rmilire1 on voit des f\rmis s'abord]1 *acune peut-tre p\r se r5dre compte des desse9s de l'autre et si elle a beso9 de son conc\rs 7,dante74 ,il me semble mme que ,lactance admet non seulem5t que les btes p>l5t1 mais qu'elles ri5t4--,la diffr5ce de langage qui se voit *ez l'homme1 suivant la contre qu'il habite1 se reproduit *ez les animaux d'une mme espce3 ,ari/ote cite1 comme exemple l'appui1 le *ant de la p]drix qui v>ie suivant qu'elle se tr\ve en pays de pla9e ou de montagne3 ,div]s oiseaux *ang5t de voix suivant la div]sit des temps2 il en e/ auxquels une n\velle saison inspire un n\veau ramage 7,lucrce74--,re/e savoir quel langage p>l]ait cet enfant2 mais ce que l'on en peut conjectur]1 n'a pas gr&e app>5ce d'tre ce qui s]ait4 ,si1 ce que j'en dis1 on oppose que les s\rds1 qui le sont de naissance1 ne p>l5t pas1 je rpondrai que ce n'e/ pas seulem5t p>ce qu'on n'a pas pu leur appr5dre p>l] en se faisant ent5dre d'eux1 mais plutt p>ce qu'il exi/e une corrlation naturelle entre le s5s de l'oue dont ils sont priv et la p>ole2 il semble que1 qu& n\s p>lons1 il faille1 d'abord1 que ce que n\s disons1 n\s le disions n\s-mmes et que nos oreilles le p]oiv5t1 avant d'all] impressionn] les oreilles des autres4 ,en somme1 l'homme n'e/ ni au-dessus ni au-dess\s du re/e des animaux4--,t\t cela e/ p\r tablir la ressemblance qu'il y a entre t\s les tres de la cration1 n\s ram5] et n\s replac] dans l'ensemble des cratures4 ,n\s ne sommes ni au-dessus ni au-dess\s d'elles2 t\t ce qui e/ s\s la vote cle/e1 dit le sage1 e/ s\mis la mme loi et aux mmes conditions3 ,t\t porte les *anes de la fatalit 7,lucrce74 ,il y a des diffr5ces1 il y a des ordres1 des degrs div]s2 mais d'une faon gnrale1 les c>actres ess5tiels sont les mmes3 ,*aque *ose a son organisation propre1 et t\tes cons]v5t les diffr5ces que la nature a mises entre elles 7,lucrce74 ,il faut cont5ir l'homme et le contra9dre ne pas fran*ir les b>rires de l'ence9te commune4 ,en ralit le malheureux ne saurait du re/e les enjamb]1 li qu'il e/ p> les entraves qui le reti5n5t1 l'assujettiss5t t\tes les obligations des autres cratures de mme ordre1 et cela dans des conditions qui n'ont ri5 de p>ticuli]4 ,il ne j\it en effet d'aucune prrogative effective surpassant notablem5t la rgle commune et portant sur des po9ts ess5tiels2 celle qu'il s'attribue1 soit qu'il y croie1 soit p> fantaisie1 n'exi/e pas et n'a mme pas l'app>5ce de la ralit4 ,et lors mme qu'il en s]ait a9si que1 seul de t\s les animaux1 il aurait cette lib]t d'imag9ation1 ce drglem5t de la p5se qui font qu' volont il se reprs5te ce qui e/ et ce qui n'e/ pas1 le vrai et le faux1 ce s]ait l un avantage qui lui revi5drait bi5 *] et dont il n'aurait gure tir] vanit1 c> c'e/ la s\rce pr9cipale des maux qui l'accabl5t3 le p*1 la maladie1 l'indcision1 le tr\ble1 le dsespoir4 ,les btes1 comme les hommes1 sont susceptibles de rflexion4--,c'e/ p\rquoi1 p\r rev5ir mon sujet1 je dis qu'il n'y a pas de raison p\r p5s] que les btes font in/9ctivem5t et p>ce qu'elles obiss5t une =ce laquelle elles ne peuv5t se s\/raire1 ce que n\s-mmes faisons de notre ple9 gr et avec le sec\rs de l'art4 ,les mmes effets n\s port5t conclure que les facults qui les produis5t sont les mmes1 et que1 plus ces effets sont ri*es1 plus ri*es sont ces facults1 ce qui n\s oblige confess] que les mmes raisonnem5ts1 les mmes moy5s que les ntres si mme ils ne sont meilleurs que ceux d'aprs lesquels n\s agissons1 sont employs p> les animaux dans ce qu'ils font4 ,p\rquoi suppos] que *ez eux l'action e/ ma*9ale alors que *ez n\s-mmes n\s ne la ress5tons pas telle8 ,sans compt] qu'il e/ plus honorable d'tre am5 agir comme il convi5t1 p> le fait d'une contra9te qui s'impose naturellem5t n\s et laquelle n\s ne p\vons n\s s\/raire1 ce qui n\s remet davantage encore s\s la ma9 de ,dieu1 que d'avoir l'obligation de le faire1 s\s l'effet de notre libre arbitre1 demeurant exposs en us] avec tmrit et au has>d2 dans de telles conditions1 le plus sr e/ encore de n\s en remettre la nature du so9 de dirig] notre manire de faire4 ,mais notre prsomption e/ si vaniteuse que n\s prfrons devoir ce dont n\s sommes capables1 notre propre =ce plutt qu' sa libralit2 que n\s enri*issons les animaux de bi5s naturels1 auxquels n\s r5onons p\r n\s-mmes1 tr\vant plus honorables et plus nobles des bi5s qu'il n\s faut acqurir2 et cela1 mon avis1 p> simplicit d'esprit1 c> je pris]ais bi5 autant des grces qui me s]ai5t p]sonnelles et innes1 que d'autres qu'il m'aurait fallu m5di] et qui aurai5t ncessit un appr5tissage2 il n'e/ pas en notre p\voir de n\s procur] meilleure recomm&ation que d'tre favoris de ,dieu et de la nature4 ,les habitants de la ,?race qui entrepr5n5t de trav]s] sur la glace une rivire qui e/ gele1 pr5n5t un r5>d qu'ils l*5t devant eux4 ,on voit alors l'animal1 avant de s'engag]1 appro*] l'oreille le plus prs possible de la surface1 p\r s5tir quelle di/ance1 plus ou mo9s gr&e1 il ent5d le bruit de l'eau qui c\le au-dess\s2 et1 selon qu'il apprcie que la glace a plus ou mo9s d'paisseur1 il avance ou recule4 ,ne sommes-n\s pas fonds p5s] qu'il se fait dans sa tte le travail rationnel qui se f]ait dans la ntre1 consqu5ce du bon s5s naturellem5t inn en lui comme en n\s3 ,ce qui fait du bruit1 remue2 ce qui remue1 n'e/ pas gel2 ce qui n'e/ pas gel e/ liquide et ce qui e/ liquide enfonce s\s le poids d'un f>deau4 ,attribu] uniquem5t l'action du r5>d la pntration de son oue sans qu'il y ait rflexion de sa "p et1 p> suite1 sans qu'il en ait tir de conclusion1 e/ une *imre que notre esprit ne peut admettre4 ,il faut p5s] qu'il en e/ de mme de tant de ruses et d'inv5tions auxquelles les btes ont rec\rs1 p\r se df5dre de ce que n\s entrepr5ons contre elles4 ,n\s ass]vissons les btes1 mais n'en e/-il pas de mme des hommes les uns vis--vis des autres8--,si n\s arguons de ce que n\s avons l'avantage de p\voir les captiv]1 de n\s en s]vir1 d'en us] notre volont1 cet avantage n\s l'avons galem5t les uns sur les autres2 c'e/ dans ces conditions que sont nos esclaves4--,les ,climacides n'tai5t-elles pas1 en ,syrie1 des femmes qui se mettai5t t]re quatre pattes p\r s]vir de m>*e-pi$ et d'*elle aux dames p\r mont] dans leurs *>s8--,combi5 de g5s libres font ab&on de leur vie et de leur tre la puissance d'autrui p\r de bi5 lg]s bnfices8--,dans la ,?race1 les femmes et les concub9es se disputai5t la faveur d'tre tues sur le tombeau de leur m>i4--,les tyrans ont-ils jamais manqu d'hommes se mettant leur complte dvotion1 alors mme que quelques-uns allai5t jusqu' leur impos] de les accompagn] dans la mort comme p5dant leur vie8 ,des armes entires ne se sont-elles pas lies1 p> cette mme obligation1 vis--vis de leur capita9e8--,la =mule du s]m5t de ces rudes escrimeurs outrance qu'tai5t les gladiateurs1 portait3 ,n\s jurons de n\s laiss] en*an]1 brl]1 frapp]1 tu] p> le glaive1 de s\ffrir t\t ce que de loyaux gladiateurs sont exposs endur] p\r leur matre lgitime1 engageant sol5nellem5t notre corps et notre me son s]vice4 ,brle-moi la tte1 si tel e/ ton bon plaisir2 transp]ce-moi le corps d'un glaive ou d*ire-moi le dos c\ps de f\et 7,tibulle74 ,c'tait bi5 une relle obligation1 et1 c]ta9es annes1 il y en avait plus de dix mille qui la contractai5t et auxquels elle cotait la vie4--,les ,scy!s1 la mort de leur roi1 tranglai5t sur son corps sa concub9e favorite1 son *anson1 son cuy]1 son *ambellan1 l'huissi] prpos la porte de sa *ambre et son cuis9i]4 ,a l'anniv]saire de sa mort1 ils tuai5t c9quante *evaux monts p> c9quante pages empals du bas du dos au gosi]1 les laissant en cet tat1 exposs aut\r de la tombe1 p\r glorifi] le mort4--,les hommes qui se mett5t notre s]vice1 le font meilleur m>* et dans des conditions mo9s agrables et mo9s avantageuses que celles dans lesquelles sont nos oiseaux1 nos *evaux et nos *i5s1 p\r lesquels n\s n\s a/reignons bi5 des s\cis1 au po9t que le d]ni] de nos s]viteurs ne f]ait probablem5t pas p\r son matre ce que les pr9ces s'honor5t de faire p\r ces btes4--,diogne1 voyant ses p>5ts en pe9e p\r le ra*et] de la s]vitude1 disait3 ,ils sont f\s2 celui-l qui m'entreti5t et me n\rrit1 me r5d s]vice4 ,ceux qui entreti5n5t des btes1 devrai5t dire galem5t qu'ils en sont les s]viteurs et non pas qu'ils s'en s]v5t4--,les animaux ont encore ceci de plus gnreux que n\s1 c'e/ que jamais1 p> manque de cur1 un lion ne s'e/ fait l'esclave d'un autre lion1 ni un *eval d'un autre *eval4 ,les animaux pratiqu5t la *asse comme fait l'homme1 p>fois de commun accord4--,de mme que n\s allons la *asse des btes1 les tigres et les lions vont la *asse de l'homme2 et1 cet ex]cice1 les animaux le pratiqu5t les uns p> rapport aux autres3 les *i5s *ass5t le livre1 les bro*ets les tan*es1 les hirondelles les cigales1 les p]vi]s les m]les et les al\ettes3 ,la cigogne n\rrit ses petits de s]p5ts et de lz>ds tr\vs dans les lieux sauvages2 l'aigle1 m9i/re de ,jupit]1 *asse dans les =ts le livre et le *evreuil 7,juvnal74--,n\s p>tageons le produit de nos *asses avec nos *i5s et nos oiseaux qui sont avec n\s la pe9e et dont n\s utilisons les qualits cyngtiques4--,en ,?race1 au del d',amphipolis1 *asseurs et faucons sauvages p>tag5t quitablem5t1 p> moiti1 le gibi] qu'ils pr5n5t2 sur les bords du ,palus ,motide1 les l\ps auxquels le p*eur ne laisse pas1 de bonne foi1 "p gale de sa p*e1 dtruis5t aussitt ses filets4--,n\s avons des *asses o il e/ plus fait emploi de l'adresse que de la =ce3 telles sont la *asse avec des collets1 celle la ligne arme d'hameon2 les btes en pratiqu5t de semblables4 ,ari/ote dit que la ,sei*e projette de son corps un long boyau semblable une ligne1 qu'elle va dr\lant sur un long p>c\rs et qu'elle peut repli] en elle volont2 *aque fois qu'elle voit un petit poisson s'en appro*]1 elle lui laisse mordre l'extrmit de ce boyau et demeure elle-mme ca*e dans le sable ou la vase2 petit petit1 elle retire alors son boyau1 entranant le poisson jusqu' ce que l'ayant am5 t\t prs d'elle1 d'un saut elle puisse l'attrap]4 ,la =ce de l'homme e/ infrieure celle de bi5 des animaux4--,p\r ce qui e/ de la =ce1 il n'e/ pas d'animal au monde1 en butte plus d'(f5ses que l'homme4 ,sans p>l] de la bale9e1 de l'lphant1 du crocodile1 ni de tels autres animaux dont un seul1 aux prises avec un plus ou mo9s gr& nombre d'hommes1 e/ capable de s'en dfaire1 les p\x suffis5t p\r clore la dictature de ,sylla1 un animalcule a facilem5t raison son djeun] du cur et de la vie d'un puissant emp]eur l'poge de la gr&eur4 ,les btes sav5t disc]n] ce qui leur e/ utile1 soit p\r leur subsi/ance1 soit en cas de maladie4--,n\s disons que c'e/ la sci5ce1 une connaissance rsultant de la pratique et du raisonnem5t que l'homme doit de disc]n] les sub/ances utiles son alim5tation et au traitem5t de ses maladies1 de celles qui n'y sont pas propres2 de reconnatre les proprits de la rhub>be et du polypode4 ,p\rquoi n'attribuons-n\s pas de mme la sci5ce et la prud5ce les faits de mme ordre que prs5t5t les animaux1 qu& n\s voyons les *vres de ,c&ie1 lorsqu'elles sont blesses1 entre un million de plantes1 *oisir le dictame p\r se gurir2 la tortue rec\rir sans ret>d l'origan p\r se purg]1 qu& elle a mang de la vipre2 le dragon s'claircir la vue et soign] ses yeux avec du f5\il2 les cigognes s'adm9i/r] elles-mmes des cly/res avec de l'eau de m]2 les lphants retir] de leur propre corps et de celui de leurs congnres1 et mme des blessures reues p> leur matre 7a9si que n\s en f\rnit un exemple le roi ,porus que va9quit ,alex&re71 les javelots et les d>ds qui les ont atte9ts dans le combat1 et faire cette opration si adroitem5t1 que n\s ne saurions mieux n\s y pr5dre p\r p>gn] la d\leur au pati5t8 ,allgu]1 p\r dprci] les animaux1 qu'en cela ils obiss5t uniquem5t ce que leur inspire et leur enseigne la nature1 que ces notions leur sont innes1 ne fait pas que1 *ez eux aussi1 ce ne soit sci5ce et prud5ce2 c'e/ simplem5t reconnatre qu'ils possd5t ces deux qualits un plus haut degr que n\s1 p\r le plus gr& honneur de cette matresse d'cole hors de pair4 ,exemple de raisonnem5t *ez un *i54--,*rysippe qui1 en t\tes autres *oses1 se montre aussi ddaigneux que n'importe quel autre philosophe de la condition infrieure des animaux1 convi5t que lorsqu'il rfl*it sur les m\vem5ts d'un *i5 la re*]*e de son matre qu'il a p]du1 ou la p\rsuite d'un gibi] qui lui *appe1 et qui1 arriv un c>ref\r o s'embran*5t trois *em9s1 aprs avoir pris l'un1 puis un second1 et avoir reconnu que ni l'un ni l'autre n'(fr5t trace de ce qu'il *]*e1 enfile le troisime sans hsit]1 il e/ contra9t de confess] qu'il faut que l'animal se soit t5u le raisonnem5t suivant3 ,j'ai suivi les traces de mon matre jusqu' ce c>ref\r2 il a d ncessairem5t pr5dre l'un de ces trois *em9s2 or1 il n'a suivi ni celui-ci1 ni celui-l2 donc1 infailliblem5t1 il e/ pass p> cet autre4 ,et1 =t de cette dduction1 il ne se consulte plus sur le troisime *em91 ne songe mme pas s'assur] s'il y tr\v]a des traces confirmant sa conclusion1 il le pr5d obissant la =ce de son raisonnem5t4 ,cet ef=t de dialectique1 cet emploi de propositions exam9es d'abord sp>m5t1 puis ensemble1 p\r en arriv] une dduction logique1 n'a-t-il pas autant de valeur si le *i5 y e/ am5 de lui-mme1 que s'il y avait t conduit p> les leons reues de ,trapezonce8 ,les btes sont capables d'tre in/ruites4--,on ne peut mme pas dire que les btes soi5t incapables de recevoir une in/ruction comme se donne la ntre3 aux m]les1 aux corbeaux1 aux pies1 aux p]roquets1 n\s appr5ons p>l] et ils s'y prt5t si facilem5t1 leur organe e/ si s\ple1 si maniable1 se plie si aism5t l'mission des sons que n\s v\lons lui faire produire p\r les am5] prononc] un c]ta9 nombre de lettres et de syllabes1 qu'il e/ vid5t qu'il se fait en eux un raisonnem5t grce auquel n\s les tr\vons si disposs et si ports de bonne volont appr5dre4--,*acun a probablem5t vu1 au po9t d'en tre rassasi1 les s+]ies qu'en si gr& nombre les bateleurs enseign5t leurs *i5s2 les danses excutes en cad5ce p> ces animaux1 sans qu'ils aill5t jamais contre-temps avec la musique qui les accompagne2 les t\rs et les sauts qu'ils leur font faire leur comm&em5t4--,ce que font les *i5s dont se s]v5t les aveugles p\r se conduire dans les villes comme dans les campagnes1 bi5 que ce soit *ose c\rante1 me transporte encore plus d'admiration4 ,je me pr5ds contempl] comme ils s'arrt5t c]ta9es portes o ils ont l'habitude de recevoir l'aumne1 comme ils vit5t les voitures et les *>rettes alors qu'ils p\rrai5t croire avoir assez de place p\r pass]4 ,j'en ai vu un qui1 longeant un foss de la ville1 ab&onnait un s5ti] plan et bi5 battu p\r en suivre un autre plus mauvais1 af9 que son matre se tr\vt mo9s prs du foss4 ,comm5t avait-on pu faire compr5dre ce *i5 qu'il avait p\r mission de se proccup] uniquem5t de la sret de son matre sans s'inquit]1 dans l'accomplissem5t de cette t*e1 de ses propres commodits8 ,comm5t p\vait-il savoir que tel *em91 assez l>ge p\r lui1 ne l'tait pas suffisamm5t p\r un aveugle8 cela peut-il s'expliqu] sans admettre de raisonnem5t de sa "p8 ,il ne faut pas oubli] ce que ,plut>que conte d'un *i5 qu'il a vu1 ,rome1 au ?tre ,m>cellus1 o se tr\vait l'emp]eur ,vespasi5 le pre4 ,ce *i5 tait employ p> un bateleur dans une pice plusieurs tableaux et plusieurs p]sonnages1 o il avait un rle4 ,il devait1 entre autres *oses1 p5dant un temps donn1 contrefaire le mort p\r avoir mang c]ta9e drogue4 ,aprs avoir aval le pa9 qui tait c5s la drogue en "q1 il se mettait d'abord trembl] et vacill] sur ses pattes1 comme s'il avait des t\rdissem5ts1 et f9alem5t il s't5dait t]re et se raidissait comme s'il tait mort1 se laissant tran] et tir] d'un endroit un autre1 comme le comportait le sujet de la pice4 ,puis1 qu& il e/imait le mom5t v5u1 il comm5ait remu] t\t d\cem5t comme s'il sortait d'un pr(ond sommeil1 levait la tte1 reg>dait et l d'une faon qui tonnait t\s les assi/ants4 ,les bufs employs l'arrosage dans les j>d9s royaux de ,suse1 faisai5t t\rn] de gr&es r\es munies de seaux qui puisai5t l'eau1 sy/me dont c]ta9s font usage dans le ,langu$oc4 ,ces bufs devai5t *acun faire faire c5t t\rs la r\e2 ils connaissai5t si bi5 ce nombre que1 lorsqu'il tait atte9t1 il tait impossible1 p> n'importe quel moy51 d'en obt5ir davantage3 leur t*e tait accomplie1 ils s'arrtai5t net4 ,n\s1 n\s arrivons l'adolesc5ce avant de savoir compt] jusqu' c5t1 et des nations vi5n5t d'tre dc\v]tes qui n'ont aucune notion des nombres4 ,quelques-unes in/ruis5t les autres2 il y en a qui s'in/ruis5t elles-mmes4--,in/ruire les autres dem&e encore plus de raisonnem5t que s'in/ruire soi-mme4 ,laissons de ct ce qu'en p5sait ,dmocrite qui s'atta*ait pr\v] que n\s t5ons des btes la plup>t des arts qui sont notre connaissance1 que1 p> exemple1 l'araigne n\s a appris tiss] et c\dre1 l'hirondelle btir1 le cygne et le rossignol la musique1 et que c'e/ en imitant c]ta9s animaux1 que n\s avons t initis la mdec9e4 ,ari/ote croit que les rossignols enseign5t leurs petits *ant] et y consacr5t du temps et du so92 il s'ensuivrait que ceux que n\s levons en cage1 qui ne peuv5t appr5dre avec leurs p>5ts1 p]d5t beauc\p du *>me de leur *ant2 n\s en p\vons conclure que ce *ant s'amliore p> les ef=ts et l'tude4 ,mme p\r ceux qui sont en lib]t1 le degr de p]fection qu'il leur e/ possible d'atte9dre n'e/ pas le mme p\r t\s2 il v>ie avec l'aptitude de *acun4 ,ils sont jal\x de leur tal5t et lutt5t p>fois qui en montr]a le plus1 et apport5t dans cette lutte une si gr&e mulation1 qu'on en a vu m\rir1 le s\ffle v5ant leur manqu]1 avant qu'ils ne se rsign5t s'av\] va9cus en cessant leur *ant4 ,les plus jeunes travaill5t m5talem5t1 s'appliquant reproduire les airs qu'ils ent5d5t2 l'lve c\te la leon que lui donne celui qui l'in/ruit1 y apportant une gr&e att5tion af9 de s'en bi5 pntr]2 t\r t\r l'un se tait1 l'autre *ante2 on voit le prcepteur corrig] les fautes de son lve1 on s5t qu'il lui adresse des repro*es4 ,j'ai vu1 dit ,arri51 une tr\pe d'lphants1 dans laquelle l'un d'eux j\ait des cymbales2 il en avait une atta*e *acune de ses cuisses1 une autre sa trompe4 ,au son de cette musique1 les autres dansai5t en rond1 se dressant1 s'incl9ant en cad5ce1 obs]vant la mesure m>que p> l'in/rum5t2 c'tait un h>monieux ensemble qui faisait plaisir4--,aux spectacles de ,rome1 se voyai5t d'ord9aire des lphants dresss se m\voir1 excut] au son de la voix1 des danses plusieurs figures1 compliques de cad5ces v>ies trs difficiles appr5dre4 ,on en a vu qui1 t\t seuls1 rptai5t leur leon et s'ex]ai5t avec so9 et application1 p\r n'tre pas rprim&s et battus p> leurs matres4 ,cette autre hi/oire d'une pie1 que ,plut>que1 lui-mme1 g>antit1 e/ bi5 s+ulire4 ,cette pie tait dans la b\tique d'un b>bi] de ,rome2 elle contrefaisait m]veille1 avec la voix1 t\t ce qu'elle ent5dait4 ,un j\r1 des trompettes s'arrt5t devant la b\tique et y re/5t longtemps sonn]4 ,le re/e de la j\rne et le l5dema91 la pie demeura p5sive1 muette1 mlancolique2 t\t le monde en tait tonn et p5sait que1 surprise et t\rdie du bruit des trompettes1 elle en avait p]du la voix1 en mme temps qu'elle en avait t ass\rdie4 ,on f9it p> s'ap]cevoir que c'tait p>ce qu'elle s'tait recueillie en elle-mme et livre une pr(onde tude1 mditant1 prp>ant sa voix imit] le son de ces trompettes2 de telle sorte que la premire fois qu'elle se reprit se faire ent5dre1 ce fut p\r exprim] leurs airs au mieux de ce qui se p\vait1 dans la mme mesure et avec t\tes leurs nuances2 en adoptant ce n\veau rp]toire1 elle fut prise de dda9 p\r ce qu'aup>avant elle savait dire et que1 ds lors1 elle laissa compltem5t de ct4 ,indu/rie d'un *i5 qui veut boire l'huile du fond d'une cru*e4--,je ne veux pas omettre cet autre exemple d'un *i51 dont ce mme ,plut>que dit avoir t tmo91 d'un bateau bord duquel il tait 7je ne raconte pas ces faits dans l'ordre o il les donne2 cet ordre m'importe peu1 c> je n'ent5ds pas apport] plus de classem5t dans les exemples que je cite1 que je n'en obs]ve dans le re/e de mon ouvrage74 ,ce *i51 furetant sur la plage1 tait =t en pe9e p\r lap] de l'huile qui se tr\vait au fond d'une cru*e et laquelle il ne p\vait p>v5ir avec sa langue1 p>ce que l'orifice du vase tait trop troit4 ,p\r y arriv]1 il se mit all] *]*] des caill\x et les jet] dans la cru*e1 jusqu' ce qu'il et fait mont] l'huile hauteur des bords du vase de manire p\voir l'atte9dre2 n'e/-ce pas l le fait d'un esprit bi5 subtil8--,on dit que les corbeaux de ,b>b>ie agiss5t de mme qu& le niveau de l'eau qu'ils veul5t boire1 e/ trop bas4 ,subtilit et pntration des lphants4--,cela n'e/ pas sans quelque rapport avec ce que ,juba1 un des rois de ces contres1 rapporte des lphants4 ,p\r s'emp>] d'eux1 on prp>e des fosses pr(ondes1 que l'on rec\vre de m5ues br\ssailles qui les masqu5t leur vue2 s'ils vi5n5t y tomb]1 ils y demeur5t prisonni]s4 ,qu&1 =ce d'adresse1 ceux qui les *ass5t ont am5 l'un d'eux s'y pr5dre1 ses compagnons apport5t en hte quantit de pi]res et de pices de bois p\r combl] la fosse et facilit] sa sortie4--,du re/e1 l'indu/rie de cet animal ressemble s\s tant d'autres rapports l'indu/rie huma9e que1 si je v\lais relat] en dtail t\t ce qui a t relev cet g>d1 j'arriv]ais aism5t pr\v] ce que j'avance d'ord9aire3 qu'il y a plus de diffr5ce entre tel homme et tel autre1 qu'entre tel animal et tel homme4--,le g>di5 d'un lphant app>t5ant un p>ticuli] de la ,syrie1 lui drobait *aque repas la moiti de la ration qui lui rev5ait2 un j\r1 le matre de l'animal v\lut lui-mme s'occup] de lui3 il v]sa dans sa mangeoire la quantit exacte d'orge qui lui rev5ait4 ,l'lphant1 reg>dant d'un mauvais il son g>di51 sp>a cet orge en deux avec sa trompe et1 mettant "p l'une des deux moitis1 rvla p> l le tort qu'on lui faisait4--,un autre avait un g>di5 qui mlangeait des pi]res ce qu'il lui donnait mang]1 p\r en accrotre la mesure2 l'animal1 s'appro*ant du pot o ce g>di5 faisait cuire sa vi&e p\r son repas1 le lui remplit de c5dres4--,ce sont l des faits p>ticuli]s1 mais ce que t\t le monde a vu1 ce que *acun sait1 c'e/ que jadis1 dans t\tes les annes des peuples de l',ori5t1 les lphants en con/ituai5t l'un des lm5ts les plus importants et1 dans les combats1 produisai5t des effets plus gr&s1 sans comp>aison1 que ceux que n\s obt5ons prs5t de notre artill]ie qui1 dans un ordre de bataille rguli]1 occupe peu prs la place qu'y t5ai5t alors les lphants 7ce dont peuv5t se r5dre aism5t compte ceux qui connaiss5t l'hi/oire anci5ne73 ,leurs anctres avai5t t employs p> le c>?ag9ois ,annibal1 p> nos gnraux roma9s et p> le roi d'pire2 ils transportai5t sur leur dos des cohortes ou des t\rs que l'on voyait s'avanc] au milieu de la mle 7,juvnal74--,il fallait bi5 que ce ft en connaissance de cause qu'on et confiance en ces btes et en leur raisonnem5t1 puisqu'on les faisait m>*] en tte de l'arme1 une place o le mo9dre arrt caus p> leur grosseur et leur pesanteur1 le mo9dre effroi qui les et fait rtrograd] sur les g5s de leur p>ti1 p\vai5t t\t p]dre2 et1 de fait1 il s'e/ vu peu d'exemples o il soit arriv qu'ils se rejetass5t sur leurs tr\pes1 t&is qu'il n\s advi5t de n\s rejet] les uns sur les autres et de n\s mettre a9si en dr\te4 ,ils tai5t *>gs d'effectu] non un simple m\vem5t1 mais encore d'volu] p5dant le combat4--,a9si en usai5t les ,espagnols lors de la rc5te conqute des n\velles ,indes1 avec des *i5s auxquels une solde tait all\e et qui1 en outre1 p>ticipai5t au but94 ,ces *i5s montrai5t autant d'adresse que d' propos p\r p\rsuivre ou s'arrt] aprs un succs1 *>g] l'adv]saire ou battre en retraite suivant les circon/ances1 di/+u] amis et ennemis1 qu'ils apportai5t d'ardeur et de tnacit qu& ils se tr\vai5t aux prises4--,n\s admirons et apprcions davantage les *oses qui ont un c>actre de p>ticul>it que celles dont n\s sommes j\rnellem5t tmo9s1 sans cela je ne me s]ais pas livr cette longue numration2 c> je crois que ri5 qu'en exam9ant de prs ce que n\s voyons *ez les animaux qui viv5t auprs de n\s1 n\s y relv]ions des faits aussi rem>quables que ceux que l'on va *]*] dans des pays et des temps autres que les ntres4 ,c'e/ t\j\rs une mme nature dont le c\rs va se dr\lant1 et celui qui connatrait suffisamm5t l'tat prs5t1 p\rrait en conclure c\p sr l'av5ir et le pass4 ,d'homme homme1 n\s traitons de sauvages ceux qui n'ont pas nos usages2 n\s n\s tonnons de mme de t\t ce que n\s ne compr5ons pas *ez les animaux4--,j'ai vu autrefois1 p>mi n\s1 des hommes v5us p> m] de lo9ta9s pays2 p>ce que n\s ne compr5ions pas du t\t leur langage1 et que leurs faons1 comme leur cont5ance et leurs vtem5ts1 ne ressemblai5t en ri5 aux ntres1 t\s n\s les e/imions des sauvages et des brutes6 ,n\s attribuions leur /upidit et leur btise1 de les voir g>d] le sil5ce1 de ne pas p>l] le franais1 d'ignor] nos baisem5ts de ma91 nos rvr5ces cont\rnes1 notre attitude1 notre ma9ti5 sur lesquels1 s\s pe9e d'tre incorrects1 n\s v\drions voir se model] t\t ce qui app>ti5t l'espce huma9e4 ,n\s condamnons t\t ce qui n\s semble trange1 et aussi ce que n\s ne compr5ons pas2 c'e/ ce qui arrive dans l'apprciation que n\s portons sur les btes4 ,s\s c]ta9s rapports1 elles ont de la ressemblance avec n\s1 et n\s p\vons alors1 p> comp>aison1 =m] sur ces po9ts communs quelques conjectures2 mais que savons-n\s de ce qui leur e/ propre8 ,les *evaux1 les *i5s1 les bufs1 les brebis1 les oiseaux et la plup>t des animaux qui viv5t avec n\s1 reconnaiss5t notre voix et rpond5t notre appel1 ce que faisait aussi la murne de ,crassus qui allait lui qu& il l'appelait2 ce que font galem5t les anguilles qui sont dans la fonta9e d',ar?use4 ,il n\s e/ possible d'en jug] p> n\s-mmes1 c> assez s\v5t j'ai vu des vivi]s dont les poissons acc\rai5t p\r mang]1 un appel =mul d'une c]ta9e faon p> ceux qui en pr5n5t so93 ,*acun a son nom et acc\rt la voix du matre qui les appelle 7,m>tial74 ,il semble que1 *ez l'lphant1 il y ait trace de s5tim5t religieux4--,n\s p\vons dire aussi que les lphants ont un c]ta9 s5tim5t de la religion2 on les voit1 en effet1 aprs leurs ablutions et leurs purifications1 lev] leur trompe comme des bras v]s le ciel et1 les yeux fixs v]s le soleil levant1 demeur] a9si en contemplation1 p5dant un c]ta9 temps1 c]ta9es heures de la j\rne1 livrs la mditation1 et cela1 de leur propre m\vem5t1 sans y avoir t in/ruits ni y tre obligs4 ,p\r ce qui e/ des autres animaux *ez lesquels n\s ne voyons ri5 de semblable1 il ne n\s e/ pas possible1 nonob/ant1 d'en conclure qu'ils soi5t sans religion1 ne p\vant argu] ni p\r1 ni contre1 de ce qui n\s e/ ca*4 ,les *anges d'ides entre des animaux auxquels la voix fait dfaut ne saurai5t se ni]4--,le fait suivant1 que cite le philosophe ,clan!1 prs5te quelque analogie avec ce que n\s pratiquons n\s-mmes4 ,il a vu1 raconte-t-il1 des f\rmis1 p>tant de leur f\rmilire1 port] v]s une autre le corps d'une f\rmi qui tait morte4 ,de cette seconde f\rmilire se dta*r5t plusieurs autres f\rmis qui v9r5t au-devant des premires1 comme p\r p>lem5t] avec elles4 ,aprs tre demeures un mom5t ensemble1 les d]nires s'en ret\rnr5t p\r all]1 peut-on croire1 confr] avec les autres f\rmis de leur f\rmilire2 puis elles rev9r5t1 et cela deux ou trois reprises diffr5tes1 probablem5t en raison des difficults de la ngociation4 ,enf9 ces d]nires apportr5t de leur tanire un v] de t]re comme ranon de la morte4 ,les premires *>gr5t ce v] sur leur dos et l'emportr5t *ez elles1 laissant aux autres le corps de la trpasse4 ,clan! voit l une preuve que1 si c]ta9s animaux n'ont pas de voix1 il ne s'ensuit pas qu'ils soi5t dp\rvus de moy5 de communiqu] entre eux et d'*ang] leurs p5ses1 et que c'e/ une infriorit de notre nature1 si n\s ne p\vons p>ticip]1 n\s aussi1 ces relations1 et sottise de notre "p de v\loir n\s en faire juges4 ,facults dont j\iss5t c]ta9s animaux et que n\s ne possdons pas4--,les animaux font d'autres *oses encore qui dpass5t de beauc\p ce dont n\s sommes capables1 que n\s ne p>v5ons pas imit]1 que notre imag9ation ne n\s p]met mme pas de concevoir4--,plusieurs hi/ori5s ont rapport que dans la gr&e et d]nire bataille navale qu',anto9e p]dit contre ,augu/e1 sa galre amirale fut arrte dans sa m>*e p> ce petit poisson que les ,lat9s nomm5t ,remora1 cause de la proprit qu'il possde d'arrt] t\t navire1 quel qu'il soit1 auquel il s'atta*e4--,l'emp]eur ,caligula voguant avec une gr&e flotte sur la cte de ,r\manie1 la galre qu'il montait fut arrte net p> ce poisson2 il le fit pr5dre alors qu'il tait encore adhr5t la coque du bateau1 et se tr\va =t dpit qu'un si petit animal1 fix simplem5t la p>oi du navire p> sa b\*e 7c> c'e/ un poisson coquille71 ft capable de t5ir tte la m]1 aux v5ts et la =ce que p\vai5t produire t\s ses avirons2 s'tonnant aussi trs ju/e raison de ce que1 ds qu'il se tr\ve hors de l'eau1 il p]de la =ce qu'il a qu& il e/ dans son lm5t4--,un citoy5 de ,cyzique acquit jadis la rputation d'un trs bon ma?matici51 p\r avoir pntr la manire de faire du hrisson4 ,cet animal creuse sa tanire en y mnageant plusieurs ouv]tures div]sem5t ori5tes3 selon le v5t qu'il prvoit1 il b\*e l'orifice qui correspond cette direction2 d'aprs cela1 notre homme1 qui en avait fait la rem>que1 prdisait1 dans son ent\rage1 le v5t qui allait s\ffl]4--,le camlon pr5d la c\leur du milieu dans lequel il se tr\ve4 ,le p\lpe va plus lo93 il se donne la c\leur qu'il veut1 suivant les circon/ances1 soit p\r se drob] la vue d'un animal qu'il cra9t1 soit p\r en atte9dre un qu'il veut attrap]4 ,dans le camlon1 c'e/ un effet indp5dant de lui-mme2 *ez le p\lpe1 c'e/ un effet de sa volont4 ,notre visage *ange aussi p>fois de c\leur s\s l'influ5ce de la frayeur1 de la colre1 de la honte et d'autres passions encore2 c'e/ le rsultat d'une cause qui l'impose1 comme *ez le camlon2 s\s l'effet de la jaunisse1 notre te9t jaunit1 mais1 alors1 c'e/ indp5dant de notre volont4--,ces *oses1 que les animaux peuv5t et que n\s ne p>v5ons pas gal]1 sont une preuve que1 sur c]ta9s po9ts1 ils ont des moy5s plus dvelopps que les ntres et qui n\s sont ca*s2 comme il se peut1 et cela e/ vraisemblable1 qu'il s'en tr\ve qui soi5t dans des conditions et ai5t des facults autres que ri5 ne n\s rvle4 ,les prdictions fondes jadis sur le vol des oiseaux1 avai5t peut-tre leur raison d'tre4--,de t\s les moy5s de prdiction dans les temps passs1 les plus anci5s et aussi ceux prs5tant le plus de c]titude1 tai5t tirs du vol des oiseaux2 n\s n'avons ri5 de p>eil1 ni de si admirable4 ,il faut bi5 admettre que la manire dont battai5t leurs ailes1 d'o se dduisait la connaissance de l'av5ir1 devait prov5ir de quelque cause intimem5t lie cette sci5ce de c>actre si noble2 c> s'en t5ir la lettre1 attribu] de tels effets simplem5t une cause naturelle1 dont l'oiseau e/ inconsci5t1 sans que son intellig5ce y soit p\r quelque *ose1 sans qu'il s'y prte1 sans qu'il y ait raisonnem5t de sa "p1 e/ une supposition videmm5t fausse4--,cela admis1 que dire de la torpille qui a la proprit d'eng\rdir les membres qui la t\*5t et qui1 au trav]s mme de la se9e et autres filets1 transmet cet eng\rdissem5t aux ma9s de ceux qui la t\*5t et la mani5t8 ,on dit mme que si on fait c\l] sur elle un jet d'eau1 l'eng\rdissem5t remontant le fil de l'eau1 gagne la ma9 qui la dv]se et lui enlve la s5sation du t\*]4 ,cette proprit m]veilleuse n'e/ pas inutile la torpille1 elle en a consci5ce et en use2 on la voit1 en effet1 qu& elle e/ en qute d'une proie1 se tapir dans la vase de telle sorte que les autres poissons glissant dessus1 saisis et p>alyss son contact glacial1 tomb5t en son p\voir4--,les grues1 les hirondelles et autres oiseaux de passage qui migrant selon les saisons1 tmoign5t assez qu'ils ont consci5ce d'tre mme de dev9] le temps1 facult qu'ils mett5t pr(it4 ,n'attribue-t-on pas aux *i5nes de savoir disc]n]1 dans une porte1 le meilleur de leurs petits8--,les *asseurs affirm5t que p\r *oisir1 en vue de le cons]v]1 le meilleur d'une porte de petits *i5s1 il n'y a qu' mettre la mre mme d'effectu] elle-mme ce *oix3 si on les emporte hors de leur gte1 le premi] qu'elle y rapport]a s]a t\j\rs le meilleur2 si encore on fait semblant d'ent\r] ce gte de feu1 ce s]a son sec\rs qu'elle c\rra t\t d'abord1 ce qui montre bi5 qu'elle a une facult de prono/iqu] que n\s n'avons pas1 un moy5 de jug] ce que peuv5t tre ses petits1 autre et plus p]spicace que ce qui e/ en n\s4 ,s\s bi5 des rapports1 n\s devrions pr5dre modle sur les animaux4--,les btes naiss5t1 eng5dr5t1 se n\rriss5t1 agiss5t1 se meuv5t1 fir5t et meur5t d'une faon tellem5t analogue n\s1 que t\t ce qu' cet g>d n\s refusons d'admettre leur compte dans les causes qui dt]m95t ces effets et que n\s admettons p\r n\s-mmes1 p>ce que n\s n\s disons d'ordre suprieur1 ne peut prov5ir de notre raison4--,p\r n\s cons]v] en bonne sant1 les mdec9s n\s conseill5t de pr5dre exemple sur elles et de vivre leur faon1 et ce dicton populaire e/ de t\s les temps3 ,t5ez-v\s *audem5t les pi$s et la tte2 p\r le re/e1 vivez comme font les btes4--,la gnration e/ le pr9cipal des actes auxquels n\s incite la nature2 p\r son accomplissem5t1 c]ta9es positions de notre corps val5t mieux que d'autres2 ici encore1 les mdec9s admett5t que celle que pr5n5t les animaux e/ celle qui convi5t le mieux et qu'il n'y a qu' faire comme eux3 ,on e/ime communm5t que1 p\r tre fconde1 l'union des p\x doit se faire dans l'attitude des quadrupdes1 p>ce qu'alors la situation horizontale de la poitr9e et l'lvation des re9s favoris5t la direction du fluide gnrateur 7,lucrce74 ,les m\vem5ts indiscrets et provocateurs que d'elle-mme la femme a imag9 d'y aj\t]1 pass5t p\r nuisibles1 ils sont int]dire2 qu'elle pr5ne p\r exemple ce que font les btes1 *ez lesquelles l'individu de leur sexe se comporte avec plus de mode/ie et de calme3 ,les m\vem5ts lascifs p> lesquels la femme excite l'ardeur de son p\x1 sont un ob/acle la fcondation2 ils dplac5t le soc du sillon et dt\rn5t les g]mes du b 7,lucrce74 ,ils ont le s5tim5t de la ju/ice2 leur amiti e/ plus con/ante que celle de l'homme4--,si c'e/ faire acte de ju/ice que de r5dre *acun ce qui lui e/ d1 les btes qui s]v5t1 aim5t et df5d5t ceux qui les trait5t bi51 qui p\rsuiv5t les trang]s1 ceux qui maltrait5t leurs amis et se montr5t agressifs env]s eux1 font en cela quelque *ose qui se rappro*e de nos ides de ju/ice2 ce mme s5tim5t se retr\ve encore dans la p>faite galit qu'elles apport5t dans les so9s qu'elles donn5t leurs petits4--,p\r ce qui e/ de leur atta*em5t1 il e/ *ez elles incomp>ablem5t plus vif et plus con/ant que *ez l'homme3 ,a la mort du roi ,lysimaque1 son *i5 ,hyrcan demeura ob/9m5t sur le lit de son matre1 sans v\loir ni boire ni mang]2 et le j\r o le corps fut brl1 il prit sa c\rse et alla se jet] dans le feu et y prit4--,le *i5 d'un nomm ,pyrrhus en agit de mme3 il ne v\lut pas b\g] de son lit qu& celui-ci m\rut2 lorsqu'on enleva le corps1 il se laissa emport] en mme temps et1 f9alem5t1 se lana dans le b*] sur lequel se consumai5t les re/es de son matre4 ,dans leurs gts1 leurs affections1 en am\r1 ils sont dlicats1 extravagants1 biz>res comme n\s-mmes4--,il y a c]ta9s c\rants d'affection1 que l'on dsigne du nom de sympa?ie1 qui naiss5t quelquefois en n\s sans que la raison y ait "p1 et qui sont l'effet d'un s5tim5t t\t =tuit2 t\t comme n\s1 les btes en sont capables4 ,c'e/ a9si qu'on voit des *evaux s'pr5dre les uns des autres1 au po9t qu'on a bi5 de la pe9e les faire vivre ou voyag] sp>m5t4 ,on en voit qui se passionn5t p\r ceux des leurs de telle ou telle c\leur1 comme n\s p\vons faire p\r c]ta9s g5res de physionomie2 qu& ils en r5contr5t de leur nuance favorite1 aussitt ils les appro*5t1 leur font fte et leur manife/5t la satisfaction qu'ils pr\v5t2 t&is qu'ils pr5n5t en av]sion ceux d'autre nuance et ne les accept5t qu' contre-cur4--,les animaux ont1 comme n\s1 des prfr5ces en am\r et sav5t faire un *oix p>mi les femelles qui s'(fr5t eux2 ils ne sont pas exempts de jal\sie1 elle les r5d irrconciliables et peut les port] des actes extrmes4 ,les dsirs des tres anims ou sont dans la nature et rpond5t des beso9s rels1 comme boire et mang]1 ou1 t\t en tant naturels1 ne rpond5t pas des ncessits absolues1 tels ceux ayant trait aux rapports entre mles et femelles2 enf9 il en e/ qui ne sont pas dans la nature et ne rpond5t pas davantage des beso9s4 ,cette d]nire catgorie compr5d la plup>t des dsirs de l'homme qui port5t presque exclusivem5t sur des *oses sup]flues et des beso9s factices4 ,il e/1 en effet1 m]veilleux de voir combi5 la nature se cont5te de peu1 combi5 elle n\s laisse peu de *oses dsir]2 l'art de nos cuis9i]s ne r5tre pas dans ses prvisions3 une olive p> j\r1 au dire des /oci5s1 suffit p\r su/5t] l'homme2 ce n'e/ pas elle qui n\s incite avoir des v9s plus ou mo9s dlicats1 non plus qu' ce que n\s aj\tions la satisfaction pure et simple de nos beso9s am\reux3 ,la volupt ne lui semble pas plus vive dans les bras de la fille d'un consul 7,horace74 ,ces dsirs sup]flus1 introduits en n\s p> l'ignorance de ce qui e/ bi5 et la prdom9ance d'ides fausses1 sont en si gr& nombre1 que presque t\s ceux que n\s t5ons de la nature ont d leur cd] la place2 il s'e/ produit cet g>d ni plus ni mo9s que ce qui survi5drait dans une cit o les trang]s s]ai5t en si gr& nombre1 qu'ils en arriv]ai5t mettre dehors les habitants qui en sont orig9aires1 absorbant l'autorit et le p\voir que ceux-ci dt5ai5t primitivem5t et f9issant p> l'usurp] compltem5t et tre seuls l'ex]c]4 ,les animaux sont1 beauc\p plus que n\s1 s\mis aux rgles qui les rgiss5t1 et se ma9ti5n5t avec beauc\p plus de modration dans les limites que la nature leur a poses4 ,leur exactitude les obs]v] n'e/ cep5dant pas telle qu'ils ne puiss5t aussi p>fois tre ports se livr] aux mmes dbau*es que n\s4 ,c'e/ a9si que1 de mme qu'il y a des hommes qui1 s\s l'empire de dsirs viol5ts l'excs1 sont ports l'am\r des btes1 l'on voit des btes re*]*] celui de l'homme1 et des actes mon/rueux de folie am\reuse se p]ptr] entre animaux d'espces diffr5tes4--,de ce nombre e/ l'lphant qui1 ,alex&rie1 tait auprs d'une jeune b\quetire le rival d',ari/ophane le grammairi51 auquel il ne le cdait en ri51 dans les galant]ies de p\rsuivant des plus passionns qu'il prodiguait cette jeune p]sonne4 ,se prom5ant sur le m>* o se v5dai5t les fruits1 il en pr5ait avec sa trompe et les lui portait2 il ne la p]dait de vue que le mo9s qu'il p\vait1 lui passait quelquefois familirem5t sa trompe sur la poitr9e p>-dess\s son corsage et lui c>essait les se9s4 ,on cite encore un lz>d am\reux d'une jeune fille2 une oie qui1 dans la ville d',asopa1 l'tait d'un enfant2 un bli] qui pr\vait le mme s5tim5t p\r ,glaucia1 une *anteuse des rues4 ,t\s les j\rs on voit des s+es passionnm5t pris de la femme1 comme aussi c]ta9s animaux s'adonn] des c>esses am\reuses sur des individus mles de leur espce et de leur sexe4--,oppi5 et d'autres cit5t des faits t5dant pr\v] que dans leurs unions sexuelles1 les btes respect5t les li5s de p>5t1 mais l'expri5ce n\s fait voir que bi5 s\v5t c'e/ le contraire qui a lieu3 ,la gnisse se livre sans honte son pre2 la cavale au *eval dont elle e/ ne2 le b\c s'unit aux *vres qu'il a eng5dres et l'oiseau fconde l'oiseau qu'il a procr 7,ovide74 ,subtilit malicieuse d'un mulet4--,en fait de malice +nieuse de la "p des animaux1 en e/-il de plus m>quante que celle du mulet de ,?als le philosophe8 ,*>g de sel1 il trav]sait une rivire1 qu&1 =tuitem5t1 il fit un faux pas2 les sacs qu'il portait fur5t compltem5t m\ills1 le sel se fondit et la *>ge en dev9t plus lgre4 ,l'animal s'en ap]ut et1 depuis1 ne manquait jamais1 ds qu'il r5contrait un ruisseau1 de s'y plong] lui et sa *>ge1 jusqu' ce que1 dc\vrant sa malice1 son matre le fit *>g] de la9e2 ce qui adv9t ne faisant plus son compte1 l'animal cessa son mange4 ,c]ta9es btes p>aiss5t sujettes l'av>ice2 d'autres sont =t mnagres4--,il e/ des animaux qui prs5t5t1 dans leur manire de faire1 les signes c>actri/iques de l'av>ice2 on les voit *]*ant con/amm5t s'emp>] de t\t ce qu'ils peuv5t et le ca*] avec gr& so91 bi5 qu'ils ne puiss5t en faire usage4--,en fait d'conomie dome/ique1 les animaux n\s surpass5t non seulem5t p> leur prvoyance qui les fait amass] et se crer une p>gne en vue de l'av5ir1 mais sur encore beauc\p d'autres po9ts qui1 en cette matire1 sont d'importance4 ,les f\rmis expos5t l'air1 en les tirant hors de leurs s\t]ra9s1 les gra9es de t\tes sortes qu'elles y ont emmagas9es1 af9 de les v5t]1 de les rafra*ir et de les s*] lorsqu'elles s'ap]oiv5t qu'elles comm5c5t moisir et dev5ir rances1 de cra9te qu'elles ne se gt5t et p\rriss5t4 ,la prcaution qu'elles pr5n5t de rong] l'une des extrmits de *aque gra9 de from5t1 dpasse t\t ce que peut imag9] la prud5ce huma9e3 ce gra9 ne demeure pas con/amm5t sec et intact1 il s'amollit1 se dtrempe1 devi5t laiteux qu& appro*e le mom5t o il va g]m] et p\ss]2 de peur qu'il ne subisse cette trans=mation1 qu'il ne puisse plus se cons]v] en magas9 et soit p]du p\r leur n\rriture1 elles en rong5t l'extrmit p> laquelle le g]me doit sortir4 ,quelques-unes se font la gu]re l'in/> des hommes1 *ez lesquels cette passion dnote une si gr&e imbcillit4--,p\r ce qui e/ de la gu]re1 la plus gr&e des actions huma9es1 celle dont il e/ fait le plus d'talage1 je me dem&e si vraim5t il faut en faire m5tion comme tablissant notre supriorit ou si1 au contraire1 elle ne tmoigne pas de notre imbcillit et de notre imp]fection4 ,en vrit la sci5ce de se battre1 de s'entre-tu]1 de se ru9]1 de conc\rir la de/ruction de son espce ne semble pas une prrogative s\hait] aux btes qui ne l'ont pas3 ,qu& un lion plus =t qu'un autre a-t-il arra* la vie un lion plus faible que lui8 ,dans quel bois un sangli] a-t-il jamais expir s\s la d5t d'un autre sangli] plus vig\reux 7,juvnal78--,les animaux ne sont cep5dant pas t\s exempts de cette rage1 comme n\s le voyons p> les r5contres furieuses qui se produis5t *ez les abeilles et les combats s+uli]s que se livr5t les *efs des deux p>tis opposs3 ,s\v5t entre deux re9es1 s'lv5t dans une ru*e de sanglantes qu]elles2 d'o l'on peut p5s] de quelle fureur gu]rire le peuple e/ ds lors anim 7,virgile74--,je ne lis jamais la magnifique description que fait ,lucrce de ces r5contres sans que me vi5n5t la p5se l'ineptie et la vanit de l'homme2 c> ces volutions gu]rires qui n\s raviss5t d'horreur et d'p\vante1 cette tempte de sons et de cris3 ,l'aci] r5voie ses clairs au ciel1 t\te la campagne l'ent\r brille de l'clat de l'aira92 s\s le pas des soldats la t]re tremble1 et les monts vois9s font rsonn] jusqu'aux votes du monde les clameurs dont ils sont frapps 7,lucrce71 cette effroyable mle de tant de milli]s d'hommes en armes1 combattant avec tant de fureur1 d'ardeur et de c\rage1 n'e/-il pas plaisant de considr] p> quelles circon/ances frivoles cela e/ am51 et quelles circon/ances insignifiantes y mett5t f96 ,on raconte que l'am\r de ,pris am5a un duel mort entre les ,grecs et les ,b>b>es 7,horace72 t\te l',asie se p]dit1 s'puisa dans cette gu]re am5e p> cet am\r adultre2 le dsir d'un seul homme1 le dpit1 un mom5t de plaisir1 la jal\sie d'un m>i1 t\tes *oses qui ne ju/ifi]ai5t pas que deux m>*&es de h>5g en vi5n5t aux ma9s et s'gratign5t1 voil la cause de t\t ce branle-bas d'o rsulta un si gr& tr\ble4--,p\r tre mieux difi1 reportons-n\s ceux-l mmes qui1 en ces graves occurr5ces1 en sont les auteurs et les causes4 c\tons ce qu'en dit l'emp]eur le plus gr&1 le plus puissant qui ait jamais t1 celui que la victoire a le plus favoris1 s'amusant t\rn] en ridicule1 trs plaisamm5t et avec beauc\p d'esprit1 ces vnem5ts qui embrassr5t plusieurs batailles has>des sur t]re et sur m]1 o1 p\r s]vir ses intrts1 c\la le sang et fut expose la vie de c9q c5t mille hommes qui suivir5t sa =tune1 et o s'puisr5t les =ces et les ri*esses des deux p>ties du monde3 ,p>ce qu',anto9e e/ l'amant de ,glaphyre1 ,fulvie veut m'en faire port] la pe9e et que je devi5ne le si54 ,moi1 l'amant de ,fulvie6 ,si ,manius l'hale9e ftide sollicitait mes c>esses1 cd]ais-je8 je ne le crois pas1 j'aurais trop en s\ffrir6 ,aime-moi ou c'e/ la gu]re6 dit-elle4 ,eh bi51 soit1 plutt p]dre la vie que d'affront] un p>eil supplice6 ,sonnez1 trompettes6 7,m>tial74 ,peut-tre fais-je abus de mon lat92 mais v\s m'avez donn1 ,madame1 p]mission d'en us]4--,une arme1 ce gr& corps1 cet tre si v]satile et si agit qui semble m5ac] ciel et t]re3 ,comme les flots innombrables qui r\l5t en mugissant sur la m] de ,libye qu&1 au ret\r de l'hiv]1 le f\gueux ,orion se plonge dans les eaux1 ou comme les pis presss que dore le soleil d't soit dans les *amps de l',h]mus1 soit dans la fconde ,lycie1 les b\cli]s rsonn5t et la t]re tremble s\s les pas des gu]ri]s 7,virgile72 ce mon/re furieux qui a tant de bras et de si nombreuses ttes1 c'e/ l'homme1 t\j\rs l'homme1 faible1 calamiteux1 misrable1 vritable f\rmilire t\j\rs agite et sur*auffe1 noir essaim qui m>*e dans la pla9e 7,virgile71 qu'un s\ffle de v5t contraire1 le croassem5t d'un vol de corbeaux1 le faux pas d'un *eval1 le passage =tuit d'un aigle1 un songe1 un mot1 un signe1 la brume du mat9 suffis5t p\r r5v]s] et jet] t]re4 ,que le soleil le frappe de face1 et le voil van\i et qui s'effondre2 que seulem5t le v5t lui porte un peu de p\ssire dans les yeux comme aux abeilles du pote1 voil nos enseignes1 nos lgions1 qu& bi5 mme le gr& ,pompe s]ait leur tte1 qui sont rompues et ananties1 c> c'e/ contre lui1 si je ne me trompe1 qu'en ,espagne1 ,s]torius fit avec succs usage de ces belles armes qu'avait employes ,eumne contre ,antigone et ,sur5a contre ,crassus4 ,cette gr&e animosit1 t\s ces furieux combats1 un peu de p\ssire en a raison 7,virgile74--,qu'on l*e mme contre lui ces m\*es miel1 leur =ce et leur c\rage en triomph5t4 ,assez rcemm5t1 les ,portugais assigeai5t la ville de ,tamly1 sur le t]ritoire de ,xiat9e2 les habitants transportr5t sur leurs murailles un gr& nombre de ru*es qui con/itu5t une de leurs ri*esses1 et1 produisant de la fume1 *assr5t les abeilles dans la direction de l'ennemi1 auquel elles s'atta*r5t si vivem5t que1 ne p\vant rsi/] leurs attaques et leurs piqres1 il ab&onna ses projets2 ce sec\rs d'un n\veau g5re assura la victoire et la lib]t aux assigs qui russir5t au po9t que1 lorsque l'action prit f91 pas une abeille ne fit dfaut1 t\tes tai5t rev5ues4--,les mes des emp]eurs et celles des saveti]s sort5t du mme m\le4 ,n'envisageant que l'importance des actions des pr9ces et les consqu5ces qu'elles ont1 n\s n\s imag9ons qu'elles ont d'autres causes1 et aussi sont de plus de poids et de plus d'importance2 c'e/ une erreur3 ils vont et vi5n5t mus p> les mmes ressorts qui n\s font agir n\s-mmes4 ,la mme raison qui fait que n\s n\s qu]ellons avec un vois91 amne la gu]re *ez les pr9ces2 ce p\r quoi n\s faisons f\ett] un laquais se produisant *ez un roi1 le conduit ru9] une prov9ce2 leur volont s'ex]ce aussi la lgre que la ntre1 mais ils peuv5t davantage4 ,les mmes apptits se retr\v5t *ez un ciron et *ez un lphant4 ,fidlit1 gratitude des animaux4--,s\s le rapport de la fidlit1 il n'e/ pas au monde d'animal plus tratre que l'homme4--,nombreux sont les faits que l'on cite1 tmoignant de l'a*>nem5t de c]ta9s *i5s v5g] la mort de leurs matres4--,le roi ,pyrrhus1 r5contrant un *i5 g>dant un cadavre qu'il veillait1 lui dit-on1 depuis trois j\rs1 fit ent]r] le corps et prit le *i5 avec lui4 ,un j\r qu'il passait la revue de t\te son arme1 le *i51 ap]cevant les meurtri]s de son matre1 leur c\rut sus avec des aboiem5ts furieux1 tmoignant d'une viol5te irritation4 ,ce fut l un premi] indice qui mit sur leurs traces2 bi5tt aprs1 la ju/ice les conva9quit de leur crime et le punit4--,mme *ose adv9t p> le fait du *i5 dont p>le le sage ,hsiode1 qui dnona les fils de ,gani/or1 de ,naupacte1 comme les auteurs du meurtre de son matre4--,un autre *i5 atta* la g>de d'un temple1 ,a?nes1 ap]ut un voleur sacrilge qui en emportait les plus beaux joyaux4 ,il se mit aussitt aboy] tant qu'il put contre lui1 mais les g>di5s du temple ne s'veillr5t pas4 ,le *i5 se mit alors suivre son voleur2 le j\r1 il se t5ait di/ance de lui1 mais sans jamais le p]dre de vue2 s'il lui (frait mang]1 il n'en v\lait pas1 t&is qu'avec sa queue il faisait fte aux autres passants qu'il r5contrait et mangeait ce qu'ils lui donnai5t2 lorsque le voleur s'arrtait p\r dormir1 le *i5 s'arrtait en mme temps et au mme endroit4 ,cette conduite s+ulire tant p>v5ue la connaissance des g>di5s du temple1 ils s'enquir5t du signalem5t de l'animal1 suivir5t ses traces et l'atteignir5t enf9 au b\rg de ,cromyon et1 avec lui1 le l>ron qu'ils ram5r5t ,a?nes o il fut puni4 ,en reconnaissance de ce s]vice1 les juges ordonnr5t qu'il s]ait all\1 sur les d5i]s publics1 une mesure dt]m9e de bl p\r n\rrir le *i5 qu'ils commir5t aux bons so9s des prtres4 ,plut>que1 qui raconte ce fait1 en affirme l'au!nticit2 il se s]ait pass dans le sicle o il vivait4 ,quant la gratitude1 v]tu qui1 de nos j\rs1 a gr& beso9 d'tre remise en crdit1 un seul exemple n\s suffira2 il n\s e/ cont p> ,appion qui tait dans les rangs des spectateurs3 ,un j\r1 dit-il1 ,rome1 on donnait au peuple le spectacle de btes am5es de contres lo9ta9es2 y figurai5t entre autres des lions de haute taille comme il s'en voit r>em5t2 p>mi eux s'en tr\vait un qui1 p> l'irritation qu'il manife/ait1 la =ce et la grosseur de ses membres1 ses rugissem5ts sonores qui rp&ai5t l'p\vante1 attirait p>ticulirem5t l'att5tion de l'assi/ance4 ,au nombre des esclaves livrs aux btes et de/9s p>atre dans ce combat1 tait un ,dace1 du nom d',&rocls1 qui app>t5ait un p]sonnage consulaire de ,rome4 ,en l'ap]cevant1 le lion1 t\t d'abord1 s'arrta c\rt1 comme saisi d'tonnem5t2 puis il s'appro*a d\cem5t de lui1 pas pas1 on et dit qu'il *]*ait le reconnatre2 enf91 sr de son fait1 il comm5a agit] la queue1 comme font les *i5s qui flatt5t leur matre1 se mit bais] et l*] les ma9s et les cuisses du pauvre misrable t\t transi d'effroi et hors de lui4 ,s\s les c>esses du lion1 ,&rocls1 rec\vrant ses esprits1 se prit le reg>d] et f9it p> le reconnatre2 ce fut alors un spectacle bi5 r>e de voir combi5 t\s deux se faisai5t fte et les c>esses qu'ils *angeai5t4 ,la vue en faisait p\ss] au peuple des cris d'admiration2 l'emp]eur fit appel] l'esclave p\r savoir de lui la cause de ce si trange vnem5t4 ,&rocls lui en conta a9si l'tonnante et peu banale hi/oire3 ,mon matre tait proconsul en ,afrique2 la cruaut et la rigueur dont il usait vis--vis de moi 7il me faisait battre *aque j\r7 me dt]m9r5t m'*app] et je m'enfuis4 ,p\r me s\/raire aux re*]*es de ce p]sonnage de si haute autorit dans le pays1 le plus sr me p>ut de gagn] le ds]t1 rsolu me tu] d'une faon ou d'une autre1 si je ne p>v5ais pas me n\rrir dans ces rgions sablonneuses et inhabitables4 ,v]s midi1 le soleil tant extrmem5t piquant et la *aleur insupportable1 dc\vrant une cav]ne ca*e et d'accs presque inaccessible1 je m'y jetai4 ,bi5tt aprs surv9t ce lion2 il tait bless la patte qu'il avait t\t ensanglante2 la d\leur qu'il pr\vait lui arra*ait des pla9tes et des gmissem5ts4 ,a son arrive1 je fus trs effray2 mais lui1 m'ap]cevant blotti dans un co9 de sa tanire1 s'appro*a de moi t\t d\cem5t1 me t5dant la patte dont il s\ffrait1 me la montrant comme p\r me dem&] assi/ance4 ,je la pris et en tai un gr& clat de bois qui y tait entr2 puis1 un peu plus rassur sur ses dispositions mon g>d1 je pressai la plaie1 en fis sortir t\s les corps trang]s qui y avai5t pntr1 et la nettoyai de mon mieux4 ,se s5tant s\lag et la d\leur s'tant calme1 il comm5a repos] et s'endormit ayant t\j\rs sa patte dans mes ma9s4 ,a p>tir de ce mom5t1 n\s vcmes ensemble t\s deux dans cette cav]ne1 mangeant les mmes vi&es1 c> il m'apportait t\j\rs les meilleurs morceaux des btes qu'il tuait la *asse2 je les faisais cuire au soleil dfaut de feu et m'en n\rrissais4 ,cela dura trois ans2 la longue1 je me lassai de cette vie be/iale et sauvage1 et1 une fois que mon hte tait all aux provisions comme son ord9aire1 je le quittai4 ,trois j\rs plus t>d1 surpris p> des soldats1 je fus arrt1 puis1 d',afrique1 am5 ici mon matre qui1 sur-le-*amp1 me condamna mort et tre livr aux btes4 ,a ce que je vois1 mon lion a d tre pris en mme temps que moi2 me reconnaissant1 il a v\lu me tmoign] sa gratitude p\r les so9s que je lui ai donns et la gurison que je lui ai procure4 ,cette hi/oire dite l'emp]eur1 se rp&it immdiatem5t de b\*e en b\*e p>mi les assi/ants1 et aussitt1 la dem&e gnrale1 il fut fait grce1 au nom du peuple1 ,&rocls1 qui rec\vra sa lib]t et auquel il fut fait don de ce lion4 ,depuis1 dit ,appion1 on le voit conduisant cet animal simplem5t t5u en laisse1 se prom5] dans ,rome de tav]ne en tav]ne1 recueillant l'arg5t qu'on lui donne1 t&is que le lion se laisse c\vrir de fleurs qu'on lui lance2 et *acun qui les r5contre1 de dire3 ,voil le lion qui a donn l'hospitalit cet homme1 et l'homme qui a t le mdec9 de ce lion4 ,n\s pleurons s\v5t la p]te des btes que n\s aimons2 elles font de mme notre g>d3 ,ensuite v5ait1 dp\ill d'ornem5ts1 ?on1 son *eval de bataille1 qui pleurait et dont la figure tait humecte de grosses l>mes 7,virgile74 ,il e/ des nations o les femmes sont en commun1 il en e/ d'autres o *acun a la si5ne2 cela ne se voit-il pas aussi *ez les animaux1 et la fidlit conjugale n'e/-elle pas mieux obs]ve p> eux que p> n\s4 ,comme n\s1 ils se con/itu5t en socits2 on tr\ve mme des associations d'individus d'espces diffr5tes4--,les socits1 les fdrations qui ont p\r objet de se ligu] p\r se prt] un mutuel sec\rs1 exi/5t aussi *ez eux4--,*ez les bufs1 les p\rceaux et autres1 au cri de l'un d'eux que v\s (f5sez1 on voit t\te la tr\pe acc\rir p\r lui v5ir en aide et se gr\p] p\r le df5dre4--,qu& l'esc>e vi5t aval] l'hameon que lui t5d le p*eur1 ses compagnons s'assembl5t en f\le aut\r de lui et rong5t le fil de la ligne4 ,lorsque1 p> has>d1 il y en a un qui e/ entr dans la nasse1 les autres1 du dehors1 le saisiss5t p> la queue1 la lui s]rant tant qu'ils peuv5t avec les d5ts et le tir5t =ce1 *]*ant le faire sortir4--,les b>bi]s1 qu& l'un deux e/ h>ponn1 frott5t la corde qui reti5t le f]1 avec leur dos qui e/ arm d'un os faisant saillie1 d5tel en =me de scie1 et s'ef=c5t de la rompre en la c\pant4 ,*ez l'homme1 p\r s'entr'aid] dans la vie1 les individus se r5d5t des s]vices rciproques2 les btes en (fr5t galem5t des exemples4--,on dit que la bale9e ne m>*e jamais que prcde d'un petit poisson1 semblable au g\jon de m] et que1 p\r cette p>ticul>it1 on nomme le guide4 ,la bale9e le suit1 se laissant conduire et dirig] p> lui avec autant de facilit que le timoni] fait vir] le navire4 ,en ret\r1 t&is que t\t ce qui1 bte ou vaisseau1 entr dans l'horrible g\ffre qu'e/ la b\*e du mon/re1 y e/ engl\ti et irrmdiablem5t p]du1 le guide s'y retire en t\te sret et y dort2 p5dant t\te la dure de son sommeil1 la bale9e ne b\ge pas1 mais1 aussitt qu'il sort1 elle le suit et cela d'une faon cont9ue4 ,si1 p> has>d1 elle p]d sa trace1 elle va errant de ct et d'autre1 se heurtant s\v5t contre les ro*]s1 semblable un bateau qui n'a plus de g\v]nail4 ,plut>que dcl>e avoir con/at le fait1 prs de l'le d',anticyre4--,p>eille association exi/e entre le petit oiseau qu'on nomme le roitelet et le crocodile4 ,le roitelet s]t de s5t9elle ce gr& animal2 et1 lorsque l'i*neumon1 son ennemi1 s'appro*e p\r le combattre1 l'oiseau1 de peur que le crocodile ne soit surpris p5dant son sommeil1 l'veille p> son *ant et ses c\ps de bec et le prvi5t du dang]4 ,p> contre1 il vit des re/es de ce mon/re qui le reoit familirem5t dans sa gueule et le laisse becquet] dans ses m*oires et entre ses d5ts1 et y recueillir les dbris de *air qui y sont demeurs4 ,lorsqu'il veut f]m] la gueule1 il le prvi5t aup>avant d'en sortir1 en ne la ref]mant que peu peu1 sans l'tre9dre1 ni le bless]4--,le coquillage connu s\s le nom de nacre1 vit a9si avec le p9no?re1 petit animal de l'espce du crabe1 qui lui s]t d'huissi] et de porti]4 ,/ationnant l'ouv]ture de ce coquillage1 il en ti5t cont9uellem5t les deux valves entrebilles et ouv]tes1 jusqu' ce qu'il y voit entr] quelque petit poisson propre tre captur2 il entre alors dans la nacre1 et la p9ant dans la *air vive1 la contra9t f]m] sa coquille2 t\s deux se mett5t alors mang] la proie qui s'e/ a9si laiss emprisonn]4--,la manire de vivre des ?ons indique une s+ulire connaissance des trois bran*es des ma?matiques4 ,p\r l'a/ronomie1 ils p\rrai5t en remontr] l'homme1 c> ils s'arrt5t l o les surpr5d le sol/ice d'hiv] et n'en b\g5t plus jusqu' l'qu9oxe suivant2 c'e/ p\rquoi ,ari/ote va mme leur concdant l'intellig5ce de cette sci5ce4 ,ils dnot5t la connaissance qu'ils ont de la gomtrie et de l'ari?mtique1 en ce qu'ils se gr\p5t t\j\rs en b&e affectant la =me d'un cube1 c>r en t\s s5s1 sorte de bataillon en masse six faces gales1 clos et g>d de t\tes p>ts4 ,ils nag5t dans cet ordre qui prs5te les mmes dim5sions l'arrire que sur le devant1 de telle sorte que celui qui en voit et en compte un rang1 peut aism5t dnombr] l'effectif de la b&e1 dont la pr(ondeur gale la l>geur et la l>geur gale la longueur4 ,exemples de magnanimit1 de rep5tir1 de clm5ce *ez les animaux4--,si n\s p>lons de magnanimit1 il e/ difficile d'en tr\v] un exemple plus c>actri/ique que celui de ce *i51 de taille t\t fait exceptionnelle1 envoy des ,indes au roi ,alex&re4 ,on lui prs5ta t\t d'abord combattre un c]f1 puis un sangli]1 puis un ours2 il n'en fit pas cas et ne daigna mme pas b\g] de sa place2 mais qu& on mit un lion en sa prs5ce1 il se dressa aussitt sur ses pattes1 manife/ant a9si le reconnatre comme le seul adv]saire qu'il tr\vt digne de lui4 ,comme tmoignage de rep5tir et d'aveu de ses fautes1 citons un lphant qui1 dit-on1 ayant tu son cornac dans un accs de colre1 en eut un tel regret qu'il ne v\lut plus accept] de n\rriture et se laissa m\rir de faim4 ,la clm5ce *ez les animaux e/ atte/e p> ce fait que l'on prte un tigre1 la plus inhuma9e de t\tes les btes4 ,on lui avait donn un *evreau2 p5dant deux j\rs1 il s\ffrit la faim1 plutt que de lui faire du mal2 et le troisime j\r1 il brisa la cage o il tait enf]m p\r all] *]*] autre *ose dvor]1 ne v\lant pas se port] cette extrmit sur ce *evreau1 dont il avait fait son famili] et son hte4 ,la famili>it et les relations qui naiss5t de la frqu5tation peuv5t exi/] *ez les animaux2 il arrive en effet que n\s apprivoisons =t bi5 vivre ensemble1 des *ats1 des *i5s et des livres4 ,l'+niosit de l'alcyon dans la con/ruction de son nid dfie t\te notre intellig5ce4--,quiconque voyage sur m]1 notamm5t sur la m] de ,sicile1 peut voir la p>ticul>it que prs5te l'alcyon1 qui dpasse t\t ce que l'homme peut imag9]4 ,jamais la nature n'a tant honor les c\*es1 la naissance1 l'enfantem5t d'aucune autre crature4 ,les potes dis5t bi5 que l'le de ,dlos1 autrefois flottante1 a t r5due immobile p\r p]mettre les c\*es de ,latone2 mais ici1 c'e/ ,dieu qui a v\lu que la m] s'arrte dans son m\vem5t1 devi5ne /able et calme1 sans vagues1 sans v5t1 sans pluie1 p5dant que l'alcyon fait ses petits1 prcism5t v]s l'poque du sol/ice1 au j\r le plus c\rt de l'anne2 grce ce privilge dont j\it cet oiseau1 la navigation1 ce mom5t1 en ple9 cur de l'hiv]1 e/ sans dang]s4--,*ez l'alcyon1 les femelles ne connaiss5t d'autre mle que le leur2 elles l'assi/5t sa vie durant1 sans jamais l'ab&onn]2 s'il vi5t tre dbile ou infirme1 elles le *>g5t sur leurs paules1 le port5t p>t\t et le s]v5t jusqu' la mort4--,p]sonne n'e/ encore arriv pntr] la faon m]veilleuse avec laquelle l'alcyon con/ruit son nid1 non plus qu' savoir quelle matire il emploie sa con/ruction4 ,plut>que1 qui en a vu et en a t5u plusieurs dans les ma9s1 p5se que ce sont des artes de c]ta9 poisson que l'oiseau runit et s\de ensemble1 les entrelaant les unes en long1 les autres obliquem5t1 les infl*issant1 arrondissant les angles1 de manire en =m] un vase sphrique mme de flott]4 ,qu& il l'a a*ev1 il l'expose aux flots qui1 en le battant t\t d\cem5t1 lui montr5t ce qui1 n'tant pas suffisamm5t agglut91 e/ rad\b]3 ces po9ts1 cdant s\s les c\ps de la m]1 se disjoign5t1 et il voit qu'ils sont consolid] davantage2 ceux au contraire dont la s\dure ne laisse ri5 dsir]1 se ress]r5t s\s cette action p> suite de la pression qu'elle ex]ce et cela un degr tel qu'on ne peut ni le rompre1 ni le diss\dre1 pas plus que l'endommag] en le frappant avec une pi]re ni mme avec un in/rum5t en f]1 si ce n'e/ gr&'-pe9e4 ,les proportions et les dispositions intrieures de ce nid sont surt\t admir]3 il e/ con/ruit et de dim5sions telles qu'il ne peut recevoir que l'oiseau qui l'a difi et qui seul peut y entr]2 p\r t\t ce qui n'e/ pas lui1 il e/ impntrable1 clos1 f]m au po9t que ri51 pas mme l'eau de la m]1 ne peut y pntr]4 ,si claire que soit cette description qui mane de bonne s\rce1 il me semble cep5dant qu'elle ne n\s claire pas suffisamm5t sur les difficults de la con/ruction2 aussi quelle vanit de notre "p il y aurait rang] au-dess\s de n\s et trait] avec dda9 des uvres que n\s ne sommes capables ni d'imit]1 ni de compr5dre6 ,les animaux n\s ressembl5t p> l'imag9ation1 ayant comme n\s des songes et des s\v5irs4--,p\ssons encore un peu plus lo9 cette tude comp>ative sur les po9ts communs ou analogues entre n\s et les btes4--,notre me se glorifie d'lev] son niveau t\t ce qu'elle conoit2 de dgag] t\t tre qui se prs5te elle de ce qui1 en lui1 n'e/ ni immatriel1 ni immortel2 de considr] les *oses1 qu'elle e/ime dignes d'occup] son att5tion1 indp5damm5t de ce qu'elles ont qui e/ susceptible d'altration et dont il faut qu'elles se dp\ill5t1 laissant de ct comme des accessoires sup]flus et de nulle valeur1 l'paisseur1 la l>geur1 la pr(ondeur1 le poids1 la c\leur1 l'odeur1 la rugosit1 le poli1 la duret1 la t5dret1 en un mot t\t ce qui1 en elles1 e/ tangible et prissable1 p\r s'accommod] sa propre condition1 qui e/ d'tre immortelle et t\t esprit2 de telle sorte que si ,rome et ,p>is vi5n5t occup] ma p5se1 ,p>is1 p> exemple1 je me l'imag9e et me le reprs5te1 ab/raction faite de ses dim5sions1 de son site1 de la pi]re1 du pltre1 du bois qui s'y r5contr5t1 autrem5t dit de ses con/ructions4--,il ne semble pas que ce soit l une proprit dont notre me ait le privilge exclusif2 il e/ vid5t que les btes la possd5t aussi3 ,un *eval acc\tum aux trompettes1 aux c\ps de fusil1 aux combats1 que l'on voit agit1 motionn p5dant qu'il dort1 comme s'il tait au =t de la mle1 alors qu'il e/ t5du sur sa litire1 a en son me1 cela ne saurait faire d\te1 la conception d'un son de tamb\r9 sans voix1 d'une arme sans armes comme sans soldats3 ,v\s v]rez de gnreux c\rsi]s1 t\t endormis qu'ils sont1 su]1 s\ffl] bruyamm5t et se raidir1 comme s'ils disputai5t le prix d'une c\rse 7,lucrce74--,le livre que1 dans un songe1 ce lvri] s'imag9e p\rsuivre1 aprs lequel n\s le voyons halet] t\t en dormant1 allongeant la queue1 sec\ant les j>rets1 reproduisant compltem5t les m\vem5ts qu'il fait lorsqu'il c\rt1 e/ un livre qui n'a ni poils1 ni os3 ,s\v5t au milieu d'un pr(ond sommeil1 les *i5s de *asse vi5n5t s'agit] t\t c\p1 aboy]1 aspir] l'air frquemm5t1 comme s'ils tai5t sur la pi/e de quelque bte2 s\v5t mme1 en se rveillant1 ils cont9u5t p\rsuivre le va9 simulacre d'un c]f qu'ils s'imag95t voir fuir1 jusqu' ce que1 rev5us eux1 ils reconnaiss5t leur erreur 7,lucrce74--,n\s voyons p>fois les *i5s de g>de1 p5dant leur sommeil1 grond]1 puis se mettre t\t fait japp] et f9alem5t s'veill] en sursaut1 comme s'ils ap]cevai5t quelque trang] appro*ant2 cet trang] qu'ils voi5t en esprit1 e/ un homme qui n'a pas de corps1 qui *appe nos s5s1 n'occupe aucune portion de l'espace1 e/ sans c\leur2 il n'exi/e pas3 ,s\v5t l'hte fidle et c>essant de nos maisons1 le *i51 se dresse brusquem5t au milieu du lg] sommeil qui al\rdissait ses paupires1 p>ce qu'il a cru voir une =me trangre et de traits inconnus 7,lucrce74 ,quant la beaut1 il faut d'abord dt]m9] en quoi elle consi/e1 c> on tr\ve sur ce po9t les op9ions les plus div]ses4--,p\r ce qui e/ de la beaut du corps1 il faudrait1 avant d'en p>l]1 savoir si n\s sommes d'accord sur ce en quoi elle consi/e4 ,il semble que n\s ne sommes gure fixs sur ce qui1 d'une faon gnrale1 dans la nature1 la con/itue1 puisque ce que n\s e/imons l'tre *ez l'homme n\s donnons tant de =mes div]ses4 ,si quelque rgle naturelle exi/ait cet g>d1 n\s n\s y rang]ions t\s1 comme n\s n\s ent5dons qu& il e/ "q de la *aleur produite p> le feu2 t&is que p\r la beaut1 suivant ce qu'il n\s plat1 les =mes les plus fantaisi/es sont admises comme la con/ituant3 ,le te9t des belges dp>]ait un visage roma9 7,prop]ce74--,les ,indi5s se la reprs5t5t la peau noire et basane1 les lvres *>nues et paisses1 le nez plat et l>ge2 le c>tilage entre les deux n>9es *>g de gros anneaux d'or1 l'tirant jusqu' la b\*e2 la lvre infrieure1 p>e de gros c]cles enri*is de pi]r]ies la faisant tomb] au niveau du m5ton et dc\vrant les d5ts jusqu'aux g5cives1 ce qu'ils e/im5t tre ple9 de grce4--,au ,pr\1 l'oreille e/ d'autant plus belle qu'elle e/ plus gr&e1 et on s'ef=ce de lui donn] t\te l'ext5sion possible4 ,quelqu'un1 de nos j\rs1 dit avoir vu dans un pays de l',ori5t1 cette mode de l'agr&ir et de la *>g] de pesants joyaux si en faveur1 qu'il tait facile de pass] le bras1 sans mme relev] la man*e1 dans le tr\ mnag p\r le passage de ces ornem5ts4--,il y a ailleurs des nations o on se noircit les d5ts avec gr& so91 les d5ts blan*es y sont un objet de mpris2 *ez d'autres1 on les te9t en r\ge4--,*ez les ,basques1 les femmes e/im5t accrotre leurs *>mes1 en se rasant la tte2 il en e/ a9si en d'autres lieux et1 ce qui e/ plus extraord9aire1 dans c]ta9es rgions borales1 au dire de ,pl9e4--,les ,mexica9es tr\v5t beau un front troit et1 t&is qu'elles s'pil5t le re/e du corps1 elles re*]*5t l'abondance des *eveux sur le front et s'appliqu5t en accrotre la p\sse2 des se9s dvelopps outre mesure y sont tellem5t priss1 qu'il y a des femmes qui affect5t d'avoir possibilit de donn] tt] leurs enfants p>-dessus leurs paules2 n\s1 n\s ti5drions cette exagration p\r de la laideur4--,*ez les ,itali5s1 tre gros et massif e/ l'idal de la beaut2 *ez les ,espagnols1 c'e/ tre m9ce et svelte2 *ez n\s1 c'e/ tre blond p\r les uns1 brun p\r les autres2 t5dre et dlicat p\r celui-ci1 f]me et vig\reux p\r celui-l2 il y en a qui lui dem&5t d'avoir de la grce et de la d\ceur1 d'autres la veul5t fire et maje/ueuse2 t\t comme ,platon qui ne tr\ve ri5 de si beau que la =me sphrique1 t&is que les picuri5s lui prfr5t la =me pyramidale ou cubique et ne peuv5t se rs\dre admettre un dieu qui aurait la =me d'une b\le4 ,aussi1 de ce fait1 ne sommes-n\s pas davantage fonds n\s croire privilgis4--,quoi qu'il en soit1 la nature ne n\s a pas en cela plus privilgis qu'elle ne l'a fait dans ses lois communes t\s les tres vivants1 et1 qu& n\s jugeons sans p>ti pris1 n\s tr\vons que s'il exi/e des animaux mo9s favoriss que n\s cet g>d1 il y en a d'autres1 et en plus gr& nombre1 qui le sont davantage3 ,plusieurs animaux n\s surpass5t en beaut 7,snque71 mme p>mi ceux qui1 comme n\s1 viv5t sur t]re4 ,p\r ce qui e/ de ceux vivant dans la m]1 laissons de ct leur physionomie gnrale1 trop diffr5te de la ntre p\r qu'elles puiss5t se comp>]2 ri5 que comme c\leur1 propret1 brillant1 arrangem5t1 n\s leur sommes pas mal infrieurs s\s t\s rapports1 non mo9s que vis--vis de ceux qui viv5t dans les airs4--,la prrogative que font valoir les potes1 que n\s aurions de n\s t5ir droits1 reg>dant les cieux dont n\s sommes orig9aires1 n'e/ qu'une lic5ce potique3 ,dieu a c\rb les animaux et atta* leurs reg>ds la t]re2 en donnant l'homme une tte droite1 il a v\lu qu'il reg>dt le ciel et pt contempl] les a/res 7,ovide74 ,plusieurs be/ioles en effet ont la vue compltem5t dirige v]s le ciel1 et je tr\ve que les *ameaux et les autru*es ont l'encolure encore plus releve et plus droite que n\s ne l'avons4 ,exi/e-t-il des animaux qui n'ai5t pas la face place au haut et en avant du corps et1 t\t comme n\s1 ne reg>d5t pas droit devant eux2 qui1 dans leur attitude habituelle1 n'ap]oiv5t pas une t5due du ciel et de la t]re gale celle que le reg>d de l'homme peut embrass]8 ,quelles qualits avons-n\s1 de p> notre con/itution physique1 dcrites p> ,platon et p> ,cicron1 qui ne soi5t l'apanage de mille sortes de btes8 ,p>mi les animaux1 ceux avec lesquels n\s avons le plus de ressemblance1 sont les plus laids et les plus abjects1 c> ce sont3 le s+e1 p\r ce qui e/ de l'app>5ce extrieure et de la =me du visage3 ,t\t dif=me qu'il e/1 le s+e n\s ressemble 7,ennius71 et le porc1 en ce qui t\*e notre organisation intrieure et les p>ties vitales4 ,l'homme a plus de raisons que t\t autre animal de c\vrir sa nudit1 tant il a d'imp]fections dans son corps4--,qu&1 m'imag9ant l'homme compltem5t nu et que1 notamm5t dans le sexe auquel semble plus p>ticulirem5t dvolue la beaut1 je considre ses dfectuosits1 les exig5ces auxquelles il e/ a/re9t de p> la nature1 ses imp]fections1 je tr\ve qu'en vrit1 plus que t\t autre animal1 n\s avons eu raison de c\vrir notre nudit4 ,n\s sommes bi5 excusables d'en emprunt] les moy5s ceux qu' cet g>d1 la nature a favoriss plus que n\s et de n\s p>] de leur beaut1 n\s ca*ant s\s leurs dp\illes1 qu'elles soi5t la9e1 plume1 f\rrure ou soie4 ,rem>quons encore que l'homme e/ le seul animal *ez lequel cette imp]fection soit *oquante p\r ses semblables1 le seul qui se drobe la vue de ceux de son espce1 qu& il veut satisfaire aux actes que lui impose la nature4 ,n'e/-ce pas aussi un fait qui mrite considration que de voir les matres en la "q1 ordonn] comme remde contre les passions rotiques1 la vue complte et sans voile du corps la possession duquel n\s port5t nos dsirs et que1 p\r refroidir en n\s l'am\r1 il n\s suffise de voir en t\te lib]t qui en e/ l'objet3 ,il en e/ qui1 p\r avoir vu dc\v]t les p>ties secrtes de l'objet aim1 ont s5ti s'te9dre leur passion au mom5t le plus vif de leurs transports 7,ovide74 ,bi5 que cette recette mane probablem5t de quelqu'un de s5tim5t un peu dlicat et qui r5at au calme1 ce n'en e/ pas mo9s une preuve manife/e de notre imp]fection1 que l'usage et la connaissance n\s dgt5t les uns des autres4--,ce n'e/ pas tant la pudeur que le savoir-faire et la prud5ce1 qui r5d nos dames si circonspectes et les porte n\s refus] l'entre de leurs cab9ets de toilette1 tant qu'elles ne sont ni f>des1 ni p>es1 prtes p>atre en public3 ,elles n'y manqu5t pas1 et ont gr&em5t raison de df5dre l'accs de ces arrire-scnes de la vie aux amants qu'elles veul5t ret5ir s\s leur j\g 7,lucrce72 alors que *ez c]ta9s animaux1 il n'e/ ri5 que n\s n'aimions et qui ne plaise nos s5s1 au po9t que de leurs excrm5ts mmes et de t\t ce qu'ils rejett5t1 n\s tirons un mang] dlicat et aussi nos ornem5ts les plus ri*es1 nos p>fums les plus suaves4--,ce que je dis l ne s'applique qu'au commun des hommes et des femmes2 je ne suis pas si sacrilge que je l't5de ces beauts div9es1 surnaturelles1 extraord9aires1 qu'on voit p>fois rayonn] au milieu de n\s1 comme des a/res desc5dus sur la t]re et que dissimule mal la =me huma9e qu'elles ont emprunte4 ,nonob/ant1 il n'admet de supriorit s\s aucun rapport de qui n'e/ pas =m son image4--,au surplus1 la "p mme que dans les faveurs de la nature1 de notre propre aveu1 n\s faisons aux animaux1 leur e/ =t avantageuse4 ,n\s n\s attribuons des bi5s fanta/iques et imag9aires1 des bi5s v5ir1 qui ne sont pas l1 et dont l'homme e/ impuissant se g>antir la possession2 ou encore des bi5s tels que la raison1 la sci5ce1 l'honneur que1 p> un drglem5t de notre esprit1 n\s prt5dons faussem5t possd]1 alors que n\s ne les avons pas2 t&is que n\s ab&onnons en p>tage aux btes les bi5s ess5tiels1 bi5s qui sont cont9uellem5t notre porte et dont il n\s e/ con/amm5t loisible d'us]3 la paix1 le repos1 la scurit1 l'innoc5ce et la sant2 la sant que je n'hsite pas dcl>] le plus beau1 le plus ri*e prs5t que la nature n\s ait pu faire4 ,si bi5 que la philosophie1 mme la philosophie /oque1 va jusqu' os] dire que si ,hraclite et ,phrcyde avai5t eu possibilit d'*ang] leur sagesse p\r la sant et de se dlivr] a9si1 l'un de l'hydropisie1 l'autre de la maladie pdiculaire1 dont ils s\ffrai5t1 ils euss5t bi5 fait d'opr] cet *ange4 ,comp>] et mettre a9si en balance la sant et la sagesse1 c'e/ atta*] cette d]nire un bi5 plus gr& prix1 que lorsque ces mmes philosophes vi5n5t dire que1 si ,circ avait prs5t ,ulysse deux philtres ayant la proprit1 l'un de faire qu'un f\ devi5ne sage1 l'autre qu'un sage devi5ne f\1 ,ulysse et d prfr] la folie1 plutt que de cons5tir ce que ,circ trans=mt sa figure huma9e en celle d'une bte2 et que la sagesse elle-mme lui aurait dit3 ,quitte-moi1 r5once moi1 plutt que de me log] s\s la figure et dans le corps d'un ne4 ,a9si donc1 voici les philosophes qui en vi5n5t t5ir mo9s compte de la sagesse1 cette gr&e et div9e sci5ce1 que de l'enveloppe que notre corps revt sur cette t]re6 ,ce ne s]ait donc plus p> notre raison1 p> notre esprit1 p> notre me1 que n\s l'emport]ions sur les btes1 mais p> notre beaut1 notre beau te9t1 la belle disposition de nos membres1 auprs desquels notre intellig5ce1 notre prud5ce et t\t le re/e se tr\v]ai5t sans valeur6 ,je pr5ds acte de cette nave et si fran*e confession1 de laquelle il rsult]ait que ces attributs dont n\s faisons tant de cas1 ne s]ai5t au fond qu'une illusion de notre imag9ation1 de telle sorte que les btes p\rrai5t avoir t\tes les v]tus1 la sci5ce1 la sagesse1 la capacit des ,/oci5s1 elles s]ai5t t\j\rs des btes et ne p\rrai5t entr] en comp>aison avec un homme misrable1 m*ant et ins5s4 ,d'aprs eux enf91 t\t ce qui ne n\s ressemble pas n'e/ ri5 qui vaille3 ,dieu 99 lui-mme1 et c'e/ un po9t sur lequel n\s revi5drons1 ne vaut que p>ce qu'il e/ notre image2 d'o il s'ensuit que ce n'e/ pas comme consqu5ce d'un raisonnem5t judicieux1 mais uniquem5t p> fi]t et ob/9ation que n\s n\s prfrons aux animaux1 que n\s n\s prt5dons de condition autre et que n\s n'acceptons pas leur socit4 ,avec tant de vices1 d'apptits drgls qui sont en lui1 e/-il en droit de se glorifi] de sa raison8--,rev5ons notre propos4 ,n\s avons dans notre lot3 l'incon/ance1 l'irrsolution1 l'inc]titude1 la mauvaise foi1 la sup]/ition1 la proccupation des *oses v5ir1 voire mme de ce qui advi5dra au del de la vie1 l'ambition1 l'av>ice1 la jal\sie1 l'envie1 les apptits drgls1 =c5s et indomptables1 la gu]re1 le m5songe1 la dloyaut1 le dnigrem5t et la curiosit4 ,c]ta9em5t c'e/ avoir pay trangem5t *] et bi5 au-dessus de sa valeur cette belle raison dont n\s n\s glorifions1 cette aptitude connatre et jug]1 si n\s l'avons a*ete au prix de ce nombre inf9i de passions1 avec lesquelles n\s sommes sans cesse aux prises2 encore ne faisons-n\s pas entr] en ligne de compte1 ne l'apprciant pas plus que ne le fait ,socrate si ju/e titre1 cette prrogative qu'il e/ rem>qu] que n\s avons sur les 99 autres animaux1 que t\te latitude n\s e/ laisse de n\s adonn] aux plaisirs sexuels t\te heure et t\te occasion1 alors qu' cet g>d la nature a impos aux btes des bornes comm&es p> la raison4 ,la sci5ce ne n\s g>antit ni des maladies ni des incommodits de la vie4--,de mme qu'il vaut mieux s'ab/5ir absolum5t de donn] du v9 aux malades1 p>ce qu'en leur donnant ce remde1 r>em5t utile et le plus s\v5t nuisible1 p\r une *ance de salut on les expos]ait un dang] vritable2 peut-tre aussi vaudrait-il mieux que la nature n\s ait refus cette activit de p5se1 cette pntration1 cette indu/rie que n\s appelons raison et qu'elle n\s a si libralem5t accorde1 puisque cette facult n'e/ salutaire qu' un petit nombre d'hommes et fune/e tant d'autres 7,cicron74 ,de quel avantage1 p5sons-n\s1 a t ,v>ron et ,ari/ote cette intellig5ce qu'ils avai5t de tant de *oses8 ,les a-t-elle exempts des incommodits inhr5tes la nature huma9e8 ,ont-ils t l'abri des accid5ts auxquels un portefaix e/ expos8 ,la logique les a-t-elle consols de la g\tte8 ,de ce qu'ils savai5t comm5t ce mal se loge aux jo9tures1 l'ont-ils mo9s ress5ti8 ,de ce qu'ils n'ignorai5t pas que *ez c]ta9s peuples la mort e/ accueillie avec joie1 la leur en a-t-elle t plus d\ce8 ,p>ce qu'ils avai5t connaissance que dans c]ta9s pays les femmes sont en commun1 ont-ils t plus consols de l'infidlit des leurs8 ,d'autre "p1 bi5 que p> leur savoir ils ai5t occup le premi] rang1 l'un *ez les ,roma9s1 l'autre *ez les ,grecs1 une poque o la sci5ce tait le plus florissante1 il ne n\s e/ cep5dant pas rev5u que leurs vies ai5t t de celles qui ont le plus appro* de la p]fection2 celle d',ari/ote1 en p>ticuli]1 prs5te quelques ta*es d'une c]ta9e importance dont il ne saurait aism5t se lav]4--,a-t-on jamais con/at que le plaisir et la sant ai5t plus de saveur p\r celui qui sait l'a/rologie et la grammaire3 ,e/-ce que p\r tre illettr1 on e/ mo9s vig\reux aux combats de l'am\r 7,horace78 ou que la honte et la pauvret lui soi5t mo9s importunes3 ,c'e/ p> l1 sans d\te1 que v\s *app]ez la maladie et la dcrpitude2 v\s ne connatrez ni le *agr91 ni les s\cis1 v\s aurez une vie plus longue et un sort meilleur 7,juvnal74 ,les ignorants sont plus sages et sav5t plus que bi5 des savants4--,j'ai vu en mon temps c5t artisans1 c5t lab\reurs plus sages et plus heureux que des rhteurs de l'univ]sit1 et j'aim]ais mieux leur ressembl] qu' ces d]ni]s4--,je suis d'avis que l'rudition doit pr5dre place p>mi les *oses ncessaires la vie1 comme la gloire1 la noblesse1 les gr&eurs1 t\t au plus comme 99 la beaut1 la ri*esse et telles autres qualits qui n\s sont d'utilit relle1 mais un rang loign et plus encore p\r satisfaire des beso9s factices qu' ceux de la nature4 ,les pr9cipes de morale1 les rgles1 mme les lois ne n\s sont gure plus indisp5sables p\r la vie en commun qu'elles ne le sont aux communauts en lesquelles viv5t les grues et les f\rmis1 qui sont cep5dant des mieux ordonnes1 bi5 que l'rudition leur fasse dfaut4--,si l'homme tait sage1 il attribu]ait *aque *ose un prix1 selon qu'elle s]ait plus ou mo9s utile et d'un usage plus ou mo9s appropri sa vie4 ,qui n\s e/im]ait selon nos actes et notre conduite1 relv]ait un plus gr& nombre de g5s p>faits *ez les ignorants que p>mi les savants et cela dans t\s les g5res de v]tu4 ,l'anci5ne ,rome me semble avoir t bi5 suprieure p5dant la paix comme p5dant la gu]re1 la ,rome savante qui s'e/ ru9e de ses propres ma9s2 mme en admettant qu'elles ai5t t de valeur gale1 la probit et l'innoc5ce prdom9]ai5t dans la premire en raison de la simplicit qui y rgnait1 simplicit dont ces deux qualits s'accommod5t p>ticulirem5t bi54--,p\r clore cette diss]tation qui me mn]ait plus lo9 que je ne veux all]1 bornons-n\s con/at] que l'humilit et la s\mission peuv5t seules n\s conduire tre hommes de bi51 et qu'il ne faut pas ab&onn] *acun la connaissance de ses devoirs2 il faut les lui prescrire et ne pas s'en rapport] au *oix de son jugem5t1 s9on la faiblesse et la v>it inf9ie de nos raisonnem5ts et de nos ides conduirai5t n\s en crer qui1 f9alem5t1 f]ai5t que n\s n\s dvor]ions les uns les autres1 comme dit picure4 ,ds le pr9cipe1 ,dieu n\s a int]dit la sci5ce4--,la premire loi que ,dieu ait jamais donne l'homme1 a t purem5t d'obir2 un comm&em5t net et simple lui p>gnait d'avoir connatre quoi que ce soit et d'en raisonn]2 l'obissance e/1 du re/e1 le propre d'une me raisonnable qui reconnat en ,dieu son suprieur et son bi5faiteur4 ,obir et se s\mettre sont le pr9cipe de t\tes les v]tus1 comme la prsomption celui de t\t p*4 ,c'e/ en allant l'encontre de ce pr9cipe que l'homme a pr\v sa premire t5tation et que le diable a pu lui ins9u] son premi] poison1 en lui promettant la sci5ce et le savoir3 ,v\s s]ez comme des dieux1 sa*ant le bi5 et le mal 7,g5se74 ,dans ,homre1 les ,sirnes1 p\r tromp] ,ulysse et l'attir] dans leurs dang]eux filets qui reclai5t sa p]te1 lui (frai5t de lui faire don de la sci5ce4 ,le mal *ez l'homme1 c'e/ de croire qu'il sait1 et c'e/ p\rquoi notre religion n\s recomm&e avec tant d'insi/ance l'ignorance comme moy5 propre dt]m9] en n\s la foi et l'obissance3 ,pr5ez g>de qu'on ne v\s trompe s\s le masque de la philosophie et p> de fausses app>5ces con=mes aux doctr9es du monde 7,s4 ,paul74 ,t\s les philosophes1 de t\tes les sectes1 sont d'accord sur ce que le s\v]a9 bi5 rside dans la tranquillit de l'me et du corps2 mais comm5t ralis] cette tranquillit8 ,le sage ne voit au-dessus de lui que ,jupit]2 il se tr\ve ri*e1 libre1 honor1 beau1 enf9 le roi des rois1 surt\t si sa sant e/ florissante et que la pituite ne le t\rm5te pas 7,horace74 ,mais la prsomption e/ le p>tage de l'homme4--,il semble en vrit que p\r n\s consol] de notre condition misrable et *tive1 la nature ne n\s ait donn que la prsomption2 c'e/ l'op9ion d'pictte3 ,l'homme n'a ri5 qui soit proprem5t lui1 en dehors de l'usage qu'il fait de ses op9ions2 n\s n'avons en p>tage que du v5t et de la fume4 ,les dieux ont la sant1 p> cela mme qu'ils sont dieux1 dit la philosophie1 et ils ne connaiss5t la maladie que p>ce que leur intellig5ce fait qu'ils sav5t t\t2 l'homme au contraire a en lui le pr9cipe du mal1 le bi5 *ez lui n'e/ que mirage2 n\s avons bi5 raison de n\s vant] de la =ce de notre imag9ation1 c> t\s nos bi5s ne sont qu'en songe4 c\tez les rodomontades de ce pauvre et malheureux animal3 ,il n'e/ ri5 de si d\x 7c'e/ ,cicron qui p>le7 que de n\s adonn] aux lettres2 ces lettres1 veux-je dire1 qui n\s rvl5t la connaissance de l'inf9it des *oses exi/antes1 de la nature dans ce qu'elle a de plus gr&2 des cieux alors que n\s sommes encore de ce monde1 des t]res et des m]s4 ,c'e/ p> elles que n\s avons t in/ruits dans la religion2 que n\s connaissons la modration1 le c\rage dans ce qu'il a de plus relev2 que notre me a t arra*e aux tnbres p\r tre initie t\tes *oses1 celles d'ordre lev comme celles d'ordre infrieur1 celles qui occup5t le premi] rang comme le d]ni]1 ou un rang int]mdiaire4 ,c'e/ grce elles que n\s p\vons vivre heureux et dans de bonnes conditions et que n\s avanons en ge sans dplaisir et sans en s\ffrir4 ,ne semble-t-il pas que c'e/ de ,dieu1 de ,dieu bi5 vivant et t\t-puissant1 que l'auteur p>le8 ,quant la ralit1 c'e/ que mille femmelettes ont vcu au village1 d'une vie plus gale1 plus d\ce et plus calme que n'a t celle de ce beau p>leur4 ,ce fut un dieu1 illu/re ,memmius1 oui1 ce fut un dieu qui1 le premi]1 tr\va cette manire de vivre laquelle on donne auj\rd'hui le nom de ,sagesse1 grce laquelle l'agitation et les tnbres ont fait place1 dans la vie1 au calme et la lumire 7,lucrce74 ,voil1 n'e/-ce pas1 de belles et magnifiques p>oles2 et cep5dant1 malgr ce dieu qui l'a in/ruit1 malgr cette sagesse div9e1 un bi5 lg] accid5t a suffi p\r que l'ent5dem5t de celui qui les a dites en vi5ne un tat pire que celui du mo9dre b]g]4--,t\t aussi impud5ts que ces propos1 sont l'engagem5t inscrit p> ,dmocrite en tte de son livre3 ,j'entrepr5ds de p>l] sur t\tes *oses2 cette sotte qualification de dieux mortels1 que n\s donne ,ari/ote2 cette apprciation mise p> ,*rysippe que ,dion tait aussi v]tueux que ,dieu2 cette ass]tion de ,snque1 que c'e/ ,dieu qu'il doit la vie1 mais que c'e/ lui-mme qu'il doit de bi5 vivre2 et cette autre qui se rappro*e de la prcd5te3 ,c'e/ avec raison que n\s n\s glorifions de notre v]tu2 ce qui ne p\rrait tre1 si elle n\s v5ait d'un dieu1 au lieu que n\s la t5ions de n\s-mmes 7,cicron72 celle-ci enf91 galem5t de ,snque3 ,le sage allie la faiblesse huma9e une =ce d'me semblable celle de ,dieu1 ce en quoi il lui e/ suprieur4 ,il n'e/ ri5 de si ord9aire que de r5contr] des faits tmoignant une p>eille outrecuidance2 il n'y a p]sonne de n\s qui ne s'(f5se autant de se voir lev la hauteur de ,dieu1 qu'il e/ bless d'tre rabaiss au rang des autres animaux1 tant n\s sommes plus jal\x de ce qui n\s t\*e1 que de la gloire de notre ,crateur4 ,et p\rtant la =ce d'me de nos philosophes e/ impuissante contre la d\leur physique devant laquelle s\v5t l'ignorant demeure impassible4--,il faut triomph] de cette sotte vanit et sap] h>dim5t et n]giquem5t les fondem5ts ridicules sur lesquels s'lv5t ces op9ions errones4 ,tant que l'homme s'imag9]a avoir quelque moy5 d'action et quelque =ce p> lui-mme1 jamais il ne reconnatra ce qu'il doit son matre2 il f]a t\j\rs ses ufs p\les1 comme dit le prov]be1 pr5ant le g]me p\r la ralit2 aussi faut-il le rduire l'indig5ce absolue1 ne lui laissant que sa *emise4--,voyons quelques exemples p>ticulirem5t in/ructifs de ce qu'a produit sa philosophie4 ,posidonius1 tortur p> une si cruelle maladie que ses bras se tordai5t et ses m*oires se contractai5t1 p5sait tmoign] bi5 du mpris p\r la d\leur1 en l'invectivant a9si3 ,tu z beau faire1 je ne convi5drai pas qu& mme que tu es un mal4 ,il pr\vait les mmes s\ffrances que mon laquais et se croyait brave p>ce qu'il en arrivait t5ir un langage con=me aux prceptes de la secte laquelle il app>t5ait3 ,il n'et pas d faire le brave en p>oles1 alors que1 de fait1 il succombait 7,cicron74--,c>nades tant v5u r5dre visite ,arcsilas qui tait malade de la g\tte1 se retirait trs affect de le voir en cet tat2 celui-ci le rappela et1 lui montrant ses pi$s et sa poitr9e1 lui dit3 ,ri5 ne se s5t ici de ce que j'pr\ve l4 ,c'tait avoir meilleure grce que le prcd5t3 il reconnaissait qu'il s\ffrait et et v\lu tre db>rass de son mal2 nanmo9s son c\rage n'en tait ni abattu1 ni affaibli1 t&is que ,posidonius1 je le cra9s1 se raidissait plus en p>oles qu'en ralit contre la s\ffrance4--,d5ys d',hracle1 s\ffrant cruellem5t des yeux1 en arriva se dp>tir de ses rsolutions /oques4 ,les effets de l'ignorance sont prfrables ceux de la sci5ce4--,alors mme que la sci5ce p\rrait produire les effets que ces philosophes lui attribu5t1 qu'elle m\ss]ait et attnu]ait la viol5ce des maux auxquels n\s sommes exposs1 que f]ait-elle de plus que ce que fait t\t naturellem5t l'ignorance et d'une faon plus s5sible encore8 ,le philosophe ,pyrrhon1 c\rant en m] les dang]s d'une trs =te tempte1 ne tr\vait ri5 de mieux p\r raff]mir le c\rage de ses compagnons d'in=tune1 que de les invit] imit] la tranquillit d'un p\rceau qui tait du voyage et reg>dait la tempte sans en tre effray4--,qu& la philosophie e/ b\t d'argum5ts1 elle n\s r5voie l'exemple que n\s donn5t l'a?lte et le muleti] qui tmoign5t gnralem5t beauc\p mo9s de s5sibilit vis--vis de la mort1 de la d\leur et des autres misres de ce monde1 et font preuve de plus de f]met que n'arrive en procur] la sci5ce quiconque n'e/ pas prp> les affront] p> les habitudes de la vie c\rante1 ou n'e/ pas n avec cette disposition naturelle4--,n'e/-ce pas l'ignorance qui fait qu' incis] et taill] les membres dlicats d'un enfant1 ceux d'un *eval1 on pr\ve mo9s de rsi/ance que lorsqu'il s'agit de n\s8 ,combi5 de g5s sont dev5us malades uniquem5t p> l'effet de leur imag9ation8 ,n\s en voyons t\s les j\rs qui se font saign]1 purg]1 mdicam5t] p\r soign] des maux qu'ils ne ress5t5t que p>ce qu'ils se figur5t les avoir4 ,qu& les maux vritables n\s font dfaut1 la sci5ce n\s en suppose3 ,p> la c\leur de votre te9t1 v\s p>aissez s\s la m5ace de quelque affection cat>rhale2 les *aleurs de la saison v\s prdispos5t un accs de fivre2 la ligne de vie de votre ma9 gau*e prs5te une section qui v\s prsage une assez srieuse et pro*a9e indisposition4 ,la sci5ce s'en pr5d mme effrontm5t la sant3 ,v\s avez une expansion1 une =ce de jeunesse qui ne peuv5t se cont9u] a9si2 il faut v\s tir] du sang et v\s affaiblir de peur que cet tat si florissant ne t\rne contre v\s4--,comp>ez l'exi/5ce d'un homme ass]vi ces ides imag9aires avec celle d'un lab\reur qui s'ab&onne au c\rant naturel de la vie1 ne t5ant compte des *oses que selon l'impression qu'il en reoit au mom5t o elles se produis5t1 sans se proccup] de ce qu'en peut dire la sci5ce1 sans s'atta*] aux conjectures2 qui n'a de mal que lorsque le mal survi5t1 alors que l'autre a s\v5t la maladie de la pi]re dans l'me avant qu'elle ne se porte sur les re9s1 anticipant1 p> un effet de son imag9ation1 sur les s\ffrances qu'il aura endur]1 c\rant au-devant1 comme s'il n'tait pas suffisamm5t temps de s\ffrir1 qu& le mom5t en vi5t4 ,ce que je dis des effets nfa/es de la mdec9e1 les faits montr5t qu'on peut le dire galem5t de t\te autre sci5ce2 de l e/ v5ue cette op9ion de c]ta9s philosophes du temps jadis1 qui faisai5t consi/] la flicit suprme avoir consci5ce de la faiblesse de notre jugem5t4 ,quant moi1 mon ignorance me porte autant espr] qu' cra9dre2 p\r g\v]n] ma sant1 je me rgle sur les exemples qui me vi5n5t d'autrui et sur ce que je vois se produire ailleurs dans les conditions o je me tr\ve moi-mme2 ces con/atations sont de t\tes sortes1 je me dt]m9e d'aprs la comp>aison que j'tablis entre elles1 *oisissant ce qui me p>at le mieux conv5ir4 ,je fais la sant l'accueil le plus cordial1 la t5ant comme *ose ess5tielle qui n\s fait libre2 je lui subordonne t\t le re/e et m'applique en j\ir d'autant1 qu' prs5t elle m'e/ mo9s ord9aire et se fait plus r>e2 aussi je me g>de de tr\bl] son repos et sa d\ceur p> les ennuis d'un n\veau g5re de vie1 o je me v]rai oblig de me contra9dre4 ,les maladies du corps et de l'esprit sont s\v5t causes p> l'agitation de l'me4--,les btes qui doiv5t leur quitude une sant bi5 plus robu/e que la ntre1 n\s donn5t assez la preuve combi5 l'agitation de notre esprit e/ une cause de maladie4 ,on dit qu'au ,brsil1 les g5s ne meur5t que de vieillesse1 ce qu'on attribue la puret et au calme de l'air qu'on y respire et qui1 selon moi1 e/ plutt un effet de la srnit et de la tranquillit de leur me exempte des passions1 des pe9es1 des occupations qui surexcit5t et sont une s\rce de contr>its2 ignorants1 ne connaissant ri5 des lettres1 sans lois1 sans roi1 sans religion aucune1 leur vie s'c\le dans une simplicit qui fait mon admiration4 ,d'o vi5t ce fait d'expri5ce que les g5s les plus grossi]s1 d'esprit peu ouv]t1 sont les plus f]mes1 les plus dsirables dans les excutions am\reuses1 et que l'am\r d'un muleti] se r5de s\v5t plus acceptable que celui d'un galant homme8 s9on que *ez ce d]ni]1 l'agitation de l'me influe sur ses moy5s physiques1 les rompt1 les lasse1 comme elle lasse et tr\ble ord9airem5t l'me elle-mme4 ,qu'e/-ce qui la r5d draisonnable1 l'amne le plus communm5t la manie1 si ce n'e/ sa promptitude1 ses saillies1 son agilit1 ce qui enf9 con/itue sa puissance d'action8 ,qu'e/-ce qui diffr5cie la plus subtile folie de la plus subtile sagesse8 ,des gr&es amitis naiss5t les gr&es inimitis1 les sants vig\reuses sont le po9t de d"p de maladies mortelles2 de mme les plus rem>quables et les plus belles intellig5ces peuv5t conduire aux plus sublimes folies1 comme aux plus extravagantes3 des unes aux autres il n'y a qu'un pas4 ,p> ce dont sont capables les f\s1 n\s p\vons jug] combi5 en ralit la folie ti5t de prs aux lans les plus gnreux de notre me4 ,qui ne sait combi5 e/ imp]ceptible la ligne de dm>cation entre la folie et les inspirations les plus h>dies d'un esprit compltem5t libre de lui-mme1 ou les rsolutions que peut pr5dre1 dans des circon/ances extraord9aires1 une v]tu qui e/ au-dessus de t\t6 ,platon dit que les g5s mlancoliques sont les plus capables de se s\mettre la discipl9e et les meilleurs1 aussi n'y en a-t-il pas qui ai5t plus de prop5sion la folie2 ce sont des esprits inf9is que consum5t leur propre =ce et leur propre s\plesse4--,quelle *ute1 p> exemple1 que celle dont n\s v5ons d'tre tmo91 cause p> la brillante surexcitation de ce pote si judicieux1 si +nieux1 imprgn autant que1 depuis longtemps1 pas un autre d'entre les potes itali5s1 des sa9es traditions de l'antique et pure posie6 ,combi5 vraim5t il a eu lieu d'tre satisfait de cette vivacit d'esprit s\s laquelle il a succomb6 de cette cl>t qui l'illum9ait et qui l'a aveugl6 de cette exacte et si f9e comprh5sion qu'il possdait et qui lui a fait p]dre la raison6 de ses re*]*es si curieuses et si ardues ayant la sci5ce p\r objet1 qui l'ont conduit la btise6 de cette aptitude si exceptionnelle aux travaux de l'esprit1 laquelle il doit de l'avoir p]du et de ne plus p\voir travaill]6 ,en le voyant ,f]r>e en si piteux tat1 se survivant lui-mme1 ne reconnaissant ni lui1 ni ses uvres qu'on a publies sans qu'il ait pu les revoir et y mettre la d]nire ma91 bi5 que cette publication ait t faite de son vivant1 j'pr\vais encore plus de dpit p\r la fragilit de la nature huma9e1 que de compassion p\r le malheur dont il tait frapp4 ,l'indol5ce de l'esprit produit la vigueur corporelle et la sant4--,v\lez-v\s un homme qui soit sa91 pondr dans ses actes1 dont v\s puissiez tre c]ta9 et qui (fre t\te g>antie8 faites-le vivre dans un milieu o rgn5t les tnbres1 qu'il demeure dans l'oisivet et ne fasse pas travaill] son intellig5ce4 ,p\r n\s r5dre sages1 il faut n\s abtir2 p\r n\s m5]1 il faut n\s aveugl]4 ,on me dira que cet avantage d'avoir l'apptit froid et d'(frir peu de prise la d\leur et au mal1 a p\r consqu5ce l'inconvni5t de n\s r5dre mo9s fri&s de la j\issance des bi5s et des plaisirs et fait que n\s les ress5tons mo9s vivem5t2 j'en convi5s1 mais la misre de notre condition fait que n\s avons mo9s j\ir qu' fuir1 et que l'extrme volupt n\s t\*e mo9s que la plus lgre d\leur3 ,les hommes sont mo9s s5sibles au plaisir qu' la d\leur 7,tite ,live72 n\s prtons mo9s att5tion la sant la plus p>faite qu' la mo9dre des maladies3 ,n\s sommes s5sibles la mo9dre gratignure1 et nanmo9s la plnitude de la sant n\s laisse indiffr5ts4 ,n\s n\s rj\issons de n'tre ni pleurtiques ni podagres1 et pe9e mettons-n\s en compte d'tre sa9s et vig\reux 7,la ,botie74 ,notre bi5-tre consi/e ne pas avoir mal1 et c'e/ p\rquoi les philosophes qui se sont le plus atta*s exalt] la volupt1 l'ont fait uniquem5t rsid] dans l'ins5sibilit4 ,ne pas avoir de mal1 c'e/ en fait de bi5 ce que l'homme peut espr] de mieux1 comme dit ,ennius4 ,ce *at\illem5t1 cette excitation que n\s caus5t c]ta9s plaisirs1 sembl5t t\t la fois excs de sant et malaise2 cette volupt qui n\s attire1 laquelle il n\s faut cd] malgr ce je ne sais quoi qu'elle a de cuisant1 de mordant1 n'a-t-elle pas f9alem5t p\r objet d'te9dre en n\s la s5sation8 ,le ravissem5t que n\s re*]*ons dans nos acco9tances avec la femme1 nat du beso9 que n\s pr\vons de n\s s\/raire au t\rm5t que n\s cause un dsir ard5t et excessif que n\s *]*ons ass\vir p\r retr\v] le calme et n\s db>rass] de la fivre qui n\s agite2 et de mme de t\s les autres plaisirs4 ,j'en conclus que si la simplicit d'esprit re/re9t les maux auxquels n\s sommes exposs1 elle n\s mnage1 dans l'tat o n\s sommes1 une amlioration trs apprciable de notre sort4--,il ne faudrait cep5dant pas la suppos] acc5tue au po9t qu'elle soit dp\rvue de t\te s5sibilit1 et ,crantor avait raison de combattre cette indiffr5ce prconise p> picure1 qu& on v5ait l'exagr] au po9t de ne mme pas conv5ir des maux qui n\s frapp5t1 qu& dj n\s en sommes atte9ts3 ,je n'appr\ve pas une ins5sibilit porte ce degr qui1 de fait1 n'exi/e pas et n'e/ pas dsir]4 ,je suis cont5t de n'tre pas malade1 mais si je le suis1 je veux le savoir2 et si on me cautrise ou me fait une incision1 je veux le s5tir4 ,et1 en effet1 qui n\s enlv]ait la s5sation du mal1 n\s priv]ait du mme c\p du s5tim5t de la volupt2 ce s]ait en somme l'anantissem5t de l'homme3 ,cette indiffr5ce ne s'acqui]t pas sans une gr&e f]met de l'esprit et un anantissem5t du corps 7,cicron74 ,le mal et le bi5 n\s vi5n5t t\r t\r2 la d\leur ne n\s p\rsuit pas sans cesse1 et n\s ne c\rons pas sans cesse aprs la volupt4 ,la sci5ce n\s r5voie s\v5t l'ignorance p\r n\s ad\cir les maux prs5ts4--,c'e/ un trs gr& avantage l'honneur de l'ignorance1 que la sci5ce elle-mme n\s rejette dans ses bras1 qu& elle devi5t impuissante n\s endurcir contre nos maux dev5us plus int5ses2 que celle-ci soit contra9te d'entr] en composition1 de n\s l*] la bride1 de n\s laiss] la latitude de n\s rfugi] au se9 de sa rivale p\r y *]*] un abri contre les c\ps et les injures de la =tune4 ,ce n'e/ pas autre *ose en effet que n\s dit la sci5ce1 qu& elle n\s pr*e de dgag] notre p5se des maux que n\s endurons et de la report] v]s les volupts qui ne sont plus2 de n\s consol] des maux prs5ts p> le s\v5ir des bi5s passs2 d'appel] notre sec\rs les satisfactions que n\s avons pr\ves jadis1 p\r les oppos] ce qui n\s oppresse auj\rd'hui3 picure dit qu'il faut faire div]sion aux p5ses tri/es1 en se reportant aux p5ses riantes 7,cicron74 ,manquant de =ce1 la sci5ce a rec\rs la ruse2 elle *]*e p> la s\plesse et en usant des jambes1 remdi] la vigueur et l'action des bras qui lui font dfaut4 ,mais rappel] les d\ceurs des v9s de la ,grce1 non pas seulem5t un philosophe1 mais simplem5t un homme de s5s rassis aux prises avec un accs de fivre *aude qui altre son ent5dem5t1 c'e/ l vraim5t un s+uli] remde1 plutt capable d'empir] son tat3 ,le s\v5ir du bi5 pass d\ble le mal prs5t 7,le ,tasse74 ,la philosophie agit de mme1 lorsqu'elle n\s incite l'oubli des maux passs4--,cet autre conseil que donne la philosophie e/ de mme nature3 ,il ne faut cons]v] que la mmoire du bonheur dont n\s avons j\i1 et effac] le s\v5ir des *agr9s dont n\s avons s\ff]t2 comme s'il tait en notre p\voir d'oubli]6 ,un tel conseil1 encore une fois1 ne peut que dim9u] en n\s notre =ce de rsi/ance3 ,d\x e/ le s\v5ir des maux passs 7,euripide74--,comm5t la philosophie1 qui doit n\s f\rnir des armes p\r combattre la =tune1 qui doit =tifi] mon c\rage p\r me mettre mme de f\l] aux pi$s t\tes les adv]sits huma9es1 peut-elle en v5ir ce degr d'impuissance qu'elle admette que n\s ayons rec\rs des *appatoires telles que ces dt\rs pusillanimes et ridicules8 ,ce qui n\s revi5t la mmoire1 ce n'e/ pas ce que n\s v\drions1 c'e/ ce qui lui plat4 ,bi5 plus1 il n'e/ ri5 qui imprime aussi pr(ondm5t quelque *ose dans notre s\v5ir1 comme le dsir que n\s avons de l'oubli]2 c'e/ un bon moy5 de le cons]v]1 de le grav] dans notre me1 que de la convi] n'en pas g>d] trace4 ,il e/ faux de prt5dre qu'il dp5d de n\s d'ensevelir p\r jamais dans l'oubli nos malheurs passs et de ne n\s rappel] que ce qui n\s e/ arriv d'heureux 7,euripide reproduit p> ,cicron72 t&is qu'il e/ exact de dire3 ,je me s\vi5s des *oses que je v\drais oubli] et oublie celles dont je ne v\drais pas p]dre le s\v5ir 7,euripide74 ,et de qui e/ ce conseil d'ensevelir nos malheurs dans un t]nel oubli8 de celui qui seul entre t\s a os se dire sage 7,cicron72 qui1 suprieur au g5re huma9 p> son gnie1 a effac t\s les hommes1 comme le soleil1 en se levant1 te9t les toiles 7,lucrce74 ,vid] et dmunir sa mmoire1 n'e/-ce pas le vritable *em9 qui mne le plus directem5t l'ignorance8--,l'ignorance qui admet t\t sans discussion1 e/ un remde nos maux 7,snque74 ,plusieurs philosophes ont mis des aphorismes semblables1 p> lesquels ils n\s p]mett5t de n\s cont5t]1 comme le commun des mortels1 d'app>5ces frivoles1 dans le cas o1 avec t\s ses argum5ts plus ou mo9s probants1 la raison ne peut plus ri51 p\rvu que n\s y tr\vions satisfaction et consolation2 ne p\vant gurir la plaie1 ils se cont5t5t de l'endormir et de la calm] mom5tanm5t4 ,je crois que p]sonne ne peut ni] qu'il accept]ait1 mme au prix d'un jugem5t affaibli ou malade1 de m5] une exi/5ce agrable et tranquille dont l'ordre et la con/ance lui s]ai5t g>antis3 ,je comm5c]ais p> boire et p> rp&re des fleurs1 quitte pass] p\r f\ 7,horace74--,il se tr\v]ait assurm5t bi5 des philosophes de l'avis de ,lycas4 ,ce ,lycas1 au demeurant1 de murs trs rgulires1 vivait d\cem5t et paisiblem5t dans sa famille1 ne manquant en ri5 ses devoirs l'g>d des si5s et des trang]s1 sa*ant trs bi5 vit] ce qui p\vait lui tre prjudiciable4 ,p> quelque altration de son bon s5s1 il s'tait mis dans la c]velle une ide fixe1 s'imag9ant tre t\j\rs dans les ?tres1 assi/ant des passe-temps1 des spectacles1 aux plus belles comdies qui fuss5t au monde4 ,les mdec9s l'ayant guri de cette manie1 peu s'en fallut qu'il ne leur ft un procs1 p\r qu'ils lui r5d5t les d\ceurs qu'il gtait a9si en imag9ation3 ,ah6 mes amis1 qu'avez-v\s fait6 ,en me sauvant1 v\s m'avez tu2 c> c'e/ m'enlev] t\te volupt1 que de m'arra*] l'erreur qui faisait le *>me de ma vie 7,horace74--,?rasylas1 fils de ,py?odore1 tait atte9t d'une manie analogue3 il se figurait que t\s les navires qui rel*ai5t dans le port du ,pyre et y abordai5t1 travaillai5t p\r son compte4 ,il se rj\issait de ce qu'ils avai5t fait une bonne trav]se et accueillait leur arrive avec joie4 ,son frre ,criton l'ayant fait remettre dans son bon s5s1 il regrettait son tat pass dans lequel il avait vcu heureux1 exempt de t\t *agr94 ,c'e/ ce que r5d ce v]s d'un auteur grec de l'antiquit3 ,il y a gr& avantage n'tre pas trop avis 7,sophocle74 ,l',ecclsia/e exprime la mme p5se3 ,beauc\p de sagesse e/ la s\rce de beauc\p de dplaisir2 qui acqui]t la sci5ce1 acqui]t en mme temps et travail et t\rm5t4 ,en n\s concdant le droit de mettre f9 notre vie1 lorsqu'elle n\s e/ dev5ue insupportable1 la philosophie tmoigne encore davantage de son impuissance4--,la philosophie admet assez gnralem5t comme remde extrme aux difficults de t\s g5res auxquelles n\s ne p\vons *app]1 que n\s mettions f9 notre vie1 qu& n\s ne p\vons les endur]3 ,la vie te plat-elle1 supporte-la4 ,en es-tu rassasi1 sors en comme tu v\dras 7,snque74--,la d\leur te pique-t-elle1 ou mme te d*ire-t-elle8 si tu es nu1 t5ds la gorge2 mais si tu es c\v]t des armes de ,vulca91 c'e/--dire si tu es =t1 rsi/e 7,cicron74 ,et ce dicton3 ,qu'il boive ou qu'il s'en aille 7,cicron71 que les ,grecs dco*ai5t aux convives d'un fe/9 et dont on fit application aux situations critiques p> le *angem5t de prononciation du ,b en ,v 7,vivat au lieu de ,bibat3 qu'il vive1 au lieu de3 qu'il boive71 trans=mation plus naturelle assurm5t dans la b\*e d'un ,gascon que dans la langue de ,cicron1 qu'e/-ce que cela de la "p de la philosophie1 s9on la confession de son impuissance8 ,p\r se mettre c\v]t1 non seulem5t elle a rec\rs l'ignorance1 mais mme la /upidit huma9e et prconise l'ab&on de t\t s5tim5t et mme de l'exi/5ce3 ,si tu ne sais pas us] de la vie1 cde la place ceux qui le sav5t4 ,tu z assez j\1 tu z assez mang1 assez bu2 il e/ temps de faire retraite1 c> tu p\rrais t'enivr] et dev5ir la rise des jeunes g5s1 *ez lesquels cette dbau*e e/ plus excusable que *ez un homme de ton ge 7,horace74--,dmocrite1 voyant que les ans avai5t affaibli ses facults1 se donna volontairem5t la mort 7,lucrce74--,anti/hne exprime la mme ide3 ,il faut faire provision de s5s p\r compr5dre1 ou se munir d'un licol p\r se p5dre4--,*rysippe fait t5ir au pote ,tyrte un propos analogue3 ,il n\s faut arriv] la v]tu ou la mort4--,crats disait galem5t3 ,l'am\r se gurit comme la faim1 ou encore avec le temps2 ceux auxquels ni l'un ni l'autre de ces deux moy5s ne peuv5t donn] satisfaction n'ont qu' se mettre la corde au c\4--,sextius1 dont ,snque et ,plut>que p>l5t avec tant de considration1 avait t\t ab&onn p\r se livr] l'tude de la philosophie4 ,ses tudes ne progressant que l5tem5t et se prolongeant1 il dcida de se prcipit] dans la m]3 ne p\vant atte9dre la sci5ce1 il se donnait la mort4--,voici les t]mes mmes de la loi que les ,/oci5s posai5t ce sujet3 ,si d'av5ture survi5t quelque disgrce laquelle on ne peut apport] remde1 le port e/ pro*e2 l'on peut se sauv] la nage en ab&onnant son corps1 comme d'une b>que qui fait eau4 ,c'e/ la peur de m\rir et non le dsir de vivre1 qui fait que le f\ e/ atta* son corps4 ,la simplicit et l'ignorance sont des conditions de vie heureuse4--,la simplicit dans l'exi/5ce la r5d plus agrable1 et aussi plus innoc5te et meilleure1 a9si que je l'ai dit plus haut4 ,les simples et les ignorants1 dit sa9t ,paul1 s'lv5t et gagn5t le ciel2 n\s1 avec t\t notre savoir1 n\s n\s effondrons dans les abmes inf]naux4--,je ne rappell]ai ni ,val5s1 ennemi dcl> des sci5ces et des lettres1 ni ,lic9ius1 ces deux emp]eurs roma9s qui les t5ai5t p\r le poison et la pe/e de t\t tat politique2 ni ,mahomet qui1 ai-je ent5du dire1 int]dit la sci5ce l'homme2 mais j'invoqu]ai l'exemple de ,lycurgue4 ,l'autorit de ce gr& lgislateur doit tre d'un gr& poids1 comme aussi cette lgislation div9e qui a droit t\s nos respects1 qu'il avait donne ,lacdmone1 et qui1 si gr&e et si admirable1 y fit rgn] si longtemps la v]tu et le bonheur1 sans qu'y fuss5t admises la connaissance et la pratique des lettres4--,ceux de ret\r de ce monde n\veau1 que les ,espagnols ont dc\v]t au temps de la gnration qui n\s a prcds1 peuv5t tmoign] combi5 ces nations qui n'ont ni lois1 ni magi/rats1 viv5t mieux g\v]ns et ordonns que n\s *ez qui les fonctionnaires sont en plus gr& nombre que ceux qui ne le sont pas1 et o les lois outrepass5t en nombre celui des actes jug]3 ,ils ont les po*es et les ma9s ple9es d'aj\rnem5ts1 de requtes1 d'in=mations1 de lettres de procuration et aussi de liasses de gloses1 de consultations et de procdures4 ,avec de telles g5s1 les malheureux ne sont jamais en sret dans une ville2 ils sont assigs p> d]rire1 p> devant1 de t\s cts1 p> une f\le de notaires1 de procureurs et d'avocats 7,ario/e74 ,un snateur roma9 des d]ni]s sicles de l'empire exprimait cette mme ide3 ,nos prdcesseurs disait-il1 exhalai5t une =te odeur d'ail1 mais avai5t l'e/omac p>fum p> une bonne consci5ce1 t&is qu' notre poque1 les g5s rp&5t une agrable s5teur1 mais l'intrieur c'e/ une odeur nausabonde produite p> la f]m5tation de t\s les vices2 autrem5t dit1 suivant ma manire de voir1 avec beauc\p de savoir et de capacit1 ils manquai5t totalem5t de consci5ce dans leur conduite4--,le manque d'ducation1 l'ignorance1 la simplicit d'esprit1 la rudesse accompagn5t d'ord9aire l'innoc5ce2 la curiosit1 la subtilit1 le savoir tran5t la malice leur suite2 l'humilit1 la cra9te1 l'obissance1 la bont p\sse jusqu' la faiblesse1 qui sont les bases ess5tielles sur lesquelles repose la cons]vation de la socit huma9e1 sont le propre d'une me vide1 docile1 prsumant peu d'elle-mme4 ,fune/es effets de la curiosit et de l'orgueil4--,les *rti5s sav5t mieux que p]sonne combi5 la curiosit e/ un mal naturel et orig9el *ez l'homme4 ,son dsir de crotre en sagesse et en savoir fut la cause premire de la ru9e du g5re huma92 c'e/ l ce qui l'a prcipit v]s la damnation t]nelle3 l'orgueil l'a p]du et corrompu4 ,c'e/ l'orgueil qui jette l'homme hors des voies communes1 qui lui fait embrass] les n\veauts1 prfr] tre le *ef d'une tr\pe errante et dvoye dans un s5ti] de p]dition1 tre pr(esseur enseignant l'erreur et le m5songe1 plutt que disciple dans une cole o s'enseigne la vrit et m>*]1 s\s la direction d'autrui1 sur la gr&e r\te bi5 entret5ue et qui mne droit au b2 c'e/ peut-tre ce que r5d cette anci5ne maxime grecque3 ,la sup]/ition suit l'orgueil et lui obx comme son pre4 ,o prsomption1 combi5 tu n\s es nuisible6 ,a quoi ,socrate a d le nom de sage4--,lorsque ,socrate fut avis que le dieu de la ,sagesse lui avait attribu la qualification de sage1 il en fut tonn4 ,se sondant1 s'exam9ant1 il ne tr\vait ri5 qui pt motiv] cette dcl>ation de la div9it1 p>ce qu'il connaissait nombre de ju/es1 de temprants1 de vaillants1 de savants au mme degr que lui1 plus loqu5ts1 plus beaux1 plus utiles leur pays4 ,il f9it p> conclure que ce qui p\vait le di/+u] des autres et faire qu'il ft un sage1 c'e/ que lui-mme ne se considrait pas comme tel2 que son dieu devait t5ir comme une bi5 s+ulire btise de la "p de l'homme1 l'op9ion que celui-ci se fait de sa sci5ce et de sa sagesse2 et que la meilleure doctr9e qu'il peut avoir e/ l'ignorance1 comme la simplicit d'me e/ sa meilleure sagesse4 ,nos livres sa9ts dcl>5t bi5 misrables ceux qui ont p\r eux-mmes trop d'e/ime3 ,tu n'es que b\e et c5dre1 y lisons-n\s1 y a-t-il vraim5t l de quoi te glorifi]8 ,et cet autre passage3 ,dieu a fait l'homme semblable une ombre2 qu'en peut-on voir1 qu&1 la lumire s'loignant1 l'ombre s'van\it8 ,de fait1 n\s ne sommes ri54 ,les re*]*es sur la nature div9e sont condamnables4--,il s'en faut de tant que n\s puissions atte9dre les hauteurs o plane la div9it1 que les uvres du ,crateur qui ti5n5t le plus de lui1 qui port5t le mieux son empre9te1 sont celles que n\s compr5ons le mo9s4 ,se tr\v] en prs5ce d'une *ose incroyable1 e/ p\r le *rti5 une occasion de croire2 cette *ose e/ d'autant plus rationnelle1 qu'elle *appe davantage la raison huma9e2 si celle-ci p\vait la compr5dre1 ce ne s]ait plus un miracle2 si elle avait son similaire1 elle ne s]ait pas unique4 ,on connat mieux ,dieu1 en ne *]*ant pas le compr5dre1 dit sa9t ,augu/94 ,il e/ plus sa9t et plus respectueux de croire que d'appr(ondir ce que font les dieux1 dit ,tacite4 ,platon1 lui aussi1 e/ime que c'e/ en quelque sorte une impit que de s'enqurir trop curieusem5t de ,dieu1 du monde et des causes premires des *oses4 ,enf91 n\s lisons dans ,cicron3 ,il e/ difficile de connatre l'auteur de cet univ]s2 et1 si on p>vi5t le dc\vrir1 il e/ impossible de le faire compr5dre au vulgaire4--,dieu e/ puissance1 vrit et ju/ice1 disons-n\s2 ces mots veill5t une ide de gr&eur1 mais ce qu'ils reprs5t5t exactem5t1 n\s ne le voyons pas1 n\s ne le concevons pas4 ,n\s disons que ,dieu pr\ve de la cra9te1 qu'il e/ c\rr\c1 qu'il aime1 exprimant des *oses div9es en des t]mes huma9s 7,lucrce72 ce sont l des agitations1 des motions dont n\s sommes susceptibles1 mais qui ne peuv5t se produire en ,dieu comme n\s les pr\vons1 pas plus que n\s ne sommes capables de compr5dre la faon dont il les ress5t4 ,dieu seul a possibilit de se connatre et d'expliqu] ses actes1 qui ne peuv5t se traduire qu'improprem5t en notre langage1 dont il use cep5dant p\r s'abaiss] et desc5dre jusqu' n\s qui gisons t]re4 ,comm5t la prud5ce1 qui e/ l'int]mdiaire entre le bi5 et le mal1 p\rrait-elle tre son fait lui1 qu'aucun mal ne peut atte9dre8 ,qu'a-t-il faire de la raison et de l'intellig5ce qui1 de *oses qui n\s *app5t en p>tie1 n\s p]mett5t de dduire des *oses nettem5t df9ies1 lui p\r qui il n'y a ri5 d'obscur8 ,la ju/ice1 qui a p\r b d'attribu] *acun ce qui lui app>ti5t1 e/ une consqu5ce de ce que les hommes viv5t en socit1 o t\t e/ ple-mle2 elle ne saurait p> suite entr] dans les attributs de ,dieu4 ,la temprance consi/e dans la modration apporte dans la j\issance de nos volupts corporelles1 quel rapport peut-elle avoir avec la div9it8 ,le c\rage que n\s apportons support] la d\leur1 le travail1 les dang]s n'e/ pas davantage son fait1 p>ce que ces trois *oses lui sont absolum5t trangres4 ,ce sont ces mmes considrations qui font qu',ari/ote ti5t ,dieu p\r exempt de vices et de v]tus3 ,il n'e/ susceptible ni d'am\r1 ni de ha9e1 p>ce que t\t ce qui e/ tel1 e/ le propre d'tres faibles 7,cicron74 ,ce que n\s possdons de la vrit1 ce n'e/ pas avec nos propres =ces que n\s y sommes arrivs4--,ce que n\s p\vons concevoir de la ,vrit1 quoi que ce soit que n\s en connaissions1 ce n'e/ pas p> n\s-mmes que n\s y sommes arrivs2 cela1 ,dieu n\s l'a bi5 montr en allant faire *oix1 dans le bas peuple1 de g5s simples et ignorants p\r n\s in/ruire de ses admirables secrets4 ,notre foi1 ce n'e/ pas n\s qui l'avons acquise2 c'e/ un prs5t que n\s devons uniquem5t la libralit d'autrui4 ,ce n'e/ pas p> notre raisonnem5t1 p> notre intellig5ce1 que n\s avons t am5s notre religion2 c'e/ p> le fait d'une autorit en dehors de n\s1 qui l'a a9si v\lu4 ,la faiblesse de notre jugem5t a fait en cela plus que sa =ce1 notre aveuglem5t plus que notre clairvoyance4 ,c'e/ grce notre ignorance plus qu' notre savoir1 que n\s sommes arrivs la connaissance des vrits div9es4 ,il n'e/ pas tonnant du re/e que nos moy5s1 qui sont ceux que n\s t5ons de la nature et qui ne s'appliqu5t qu'aux *oses de la t]re1 ne puiss5t arriv] la conception de *oses surnaturelles et cle/es4 ,t\t ce que n\s p\vons faire1 c'e/ de n\s y prt]1 en y apportant obissance et s\mission1 c> il e/ crit3 ,je dtruirai la sagesse des sages1 j'abattrai la prud5ce des prud5ts4 ,o e/ le sage1 o e/ celui qui1 en ce sicle1 a crit ou discut sur ces que/ions8 ,dieu a bi5 rellem5t abti la sagesse huma9e1 puisque p> elle le monde n'ayant pu arriv] la connaissance de ,dieu1 il lui a plu p\r sauv] les croyants de rec\rir la prdication de g5s simples et ignorants4 ,a la f9 de leur vie1 les plus savants philosophes se sont ap]u qu'ils n'avai5t ri5 appris4--,exam9ons donc si1 f9alem5t1 il e/ au p\voir de l'homme de tr\v] ce qu'il *]*e1 et si cette re*]*e laquelle il s'e/ livr p5dant tant de sicles l'a enri*i de quelque =ce n\velle et de quelque vrit solide2 je crois qu'on reconnatra1 si l'on p>le en consci5ce1 que t\t ce qu'il a retir d'une si longue p\rsuite1 e/ d'avoir appris con/at] son impuissance4 ,p> cette longue tude1 l'ignorance qui de p> notre nature e/ en n\s1 s'e/ confirme et a t dmontre4 ,il e/ adv5u aux vrais savants ce qui advi5t aux pis de bl1 lesquels vont s'levant1 dressant firem5t leur tte1 tant qu'ils sont vides1 et qui1 lorsqu'ils sont ple9s1 que les gra9s grossiss5t et vi5n5t maturit1 s'incl95t et baiss5t la tte p> humilit2 de mme1 ces hommes aprs avoir t\t essay1 t\t sond et1 dans cet amas de sci5ce1 dans cette masse si considrable de *oses si div]ses1 n'avoir ri5 tr\v de solide et de f]me1 ri5 si ce n'e/ la vanit1 ont r5onc leurs prsomptions et reconnu le peu qu'ils sont en ralit4 ,c'e/ ce que ,velleius impute ,cotta et ,cicron1 d'avoir appris de ,philon qu'ils n'ont ri5 appris4--,phrcide1 l'un des sept sages de la ,grce1 aux appro*es de la mort1 crivait ,?als3 ,j'ai prescrit mon ent\rage1 aprs qu'il m'aura ent]r1 de te port] mes crits4 ,s'ils te cont5t5t1 toi et les autres sages1 publie-les2 s9on1 anantis-les4 ,ils ne conti5n5t aucune c]titude qui me satisfasse moi-mme2 aussi je ne prt5ds po9t connatre la vrit1 ni mme y atte9dre1 j'entrevois les *oses plus que je ne les pntre4--,socrate1 l'homme le plus sage qui fut jamais1 rpondit1 qu& on lui dem&a ce qu'il savait1 qu'il tait une *ose qu'il savait bi51 c'e/ qu'il ne savait ri54 ,sa rponse confirme ce qui se dit c\ramm5t1 que1 si t5du que soit ce que n\s savons1 c'e/ peu de *ose ct de ce que n\s ignorons2 autrem5t dit1 que cela mme que n\s e/imons savoir n'e/ qu'une p>celle bi5 faible de notre ignorance4 ,n\s connaissons les *oses1 dit ,platon1 telles qu'elles n\s app>atrai5t en songe1 et n\s les ignorons dans leur vrit4 ,presque t\s les anci5s ont dit que n\s ne p\vons ri5 connatre1 ri5 compr5dre1 ri5 savoir1 p>ce que nos s5s sont borns1 notre intellig5ce trop faible et la vie trop c\rte 7,cicron74 ,cicron lui-mme1 qui cep5dant tire t\te sa valeur de son savoir1 comm5ait sur sa vieillesse1 au dire de ,valre ,maxime1 t5ir les lettres en petite e/ime4 ,dans le temps qu'il s'y adonnait1 c'tait sans p>ti pris p\r aucune op9ion1 incl9ant tantt v]s une secte1 tantt v]s une autre1 suivant ce qui lui semblait le plus probable1 ne se dp>tissant jamais du d\te qui e/ le fonds de la doctr9e de l',acadmie3 ,je vais p>l]1 mais sans ri5 affirm]2 je *]*]ai t\tes *oses1 d\tant le plus s\v5t et me dfiant de moi-mme 7,cicron74 ,exam9ons jusqu' quel degr de connaissances ont pu p>v5ir les plus gr&s gnies4--,j'aurais trop beau jeu considr] l'homme dans son ensemble et dans ce qu'il e/ le plus ord9airem5t2 et cep5dant si j'en agissais a9si1 je ne f]ais que l'imit]1 lui qui juge de la vrit1 non d'aprs la valeur des tmoignages1 mais d'aprs leur nombre4 ,laissons l le peuple1 qui dort lorsqu'il veille1 qui e/ presque mort quoiqu'il vive et ait les yeux ouv]ts 7,lucrce71 qui ne se s5t pas1 ne se juge pas1 et laisse oisives la plup>t de ses facults naturelles2 pr5ons ce que l'humanit (fre de mieux4--tudions-le dans ce petit nombre d'hommes excell5ts1 tris avec so91 qui1 naturellem5t d\s d'une =ce d'me p>ticulirem5t belle1 l'ont de plus trempe1 aff9e soigneusem5t p> l'tude1 p> l'art1 s'levant aussi haut que la sagesse huma9e s'y prte4 ,ces g5s ont travaill leur me de t\tes faons1 s\s t\tes ses faces1 la prp>ant t\t2 puisant t\tes les s\rces trangres susceptibles de lui v5ir en aide1 t\t ce qu'elle p\vait s'assimil]2 l'enri*issant1 l'ornant de t\t ce qui peut s'emprunt] et conc\rir sa commodit1 tant vis--vis d'elle-mme que vis--vis d'autrui4 ,en eux1 la nature huma9e atte9t son plus haut degr de p]fection3 ils ont dot le monde de lois et d'in/itutions1 y ont dvelopp les arts et les sci5ces1 et lui ont donn p\r se conduire l'exemple de murs admirables2 ce sont ceux-l seuls dont j'invoqu]ai le tmoignage et l'expri5ce4 ,voyons jusqu'o ils sont alls1 et ce quoi ils s'en sont t5us2 les maladies et les dfauts que n\s relv]ons dans cette lite1 n\s p\rrons t\s h>dim5t av\] en tre atte9ts4 ,il y a trois manires en gnral de philosoph]4--,quiconque *]*e quelque *ose1 en vi5t dcl>]3 ou qu'il l'a tr\ve1 ou qu'elle ne peut se dc\vrir1 ou qu'il cont9ue ses re*]*es4 ,t\te la philosophie t5d l'une de ces trois conclusions2 son b e/ de re*]*] la vrit1 de la pntr] et de s'en conva9cre4 ,les ,pripattici5s1 les picuri5s1 les ,/oci5s et autres1 e/im5t l'avoir tr\ve2 ils ont tabli quelles connaissances n\s possdons et les ti5n5t comme des donnes (frant t\te g>antie de c]titude4--,clitomaque1 ,c>nade et les ,acadmici5s en gnral1 dsespr5t de voir ab\tir les re*]*es auxquelles ils se sont livrs1 et jug5t que l'imp]fection de nos moy5s d'inve/igation ne le p]mett5t pas2 d'o ils conclu5t la faiblesse et l'ignorance de l'homme4 ,leur doctr9e a t trs rp&ue1 elle compte p>mi ses adeptes1 les plus nobles esprits4--,pyrrhon et les autres ,sceptiques ou p*i/es1 dont les dogmes1 dis5t quelques auteurs anci5s1 sont tirs d',homre1 des sept sapes1 d',ar*iloque1 d',euripide1 cole laquelle se ratta*5t ,znon1 ,dmocrite1 ,xnophane1 envisag5t que la vrit e/ encore tr\v]4 ,ils e/im5t que ceux qui croi5t la t5ir sont dans la plus pr(onde erreur1 et que ceux-l mmes qui affirm5t que les =ces huma9es ne sont pas capables d'y atte9dre1 sont1 bi5 qu' un degr mo9dre1 encore trop h>dis dans leur ass]tion1 p>ce qu'tablir dans quelle mesure n\s p\vons connatre et jug] de la difficult des *oses1 e/ une sci5ce si leve1 dpassant tellem5t t\te autre1 qu'ils d\t5t que l'homme soit mme de la possd]3 ,quiconque p5se qu'on ne peut ri5 savoir1 ne sait mme pas si l'on sait quelque *ose qui p]mette d'affirm] qu'on ne sait ri5 7,lucrce74 ,l'ignorance qui se connat1 se juge et se condamne1 n'e/ pas l'ignorance absolue1 il faudrait p\r cela qu'elle s'ignort2 ce n'e/ donc pas d'ignorance1 mais d'hsitation que les ,pyrrhoni5s font pr(ession2 ils d\t5t1 s'enquir5t1 n'assur5t ri5 et ne rpond5t de ri54 ,l'me conoit1 dsire et admet2 de ces trois impressions1 ils pr\v5t les deux premires et *]*5t *app] la d]nire1 demeurant dans l'ambigut sans incl9] ni appr\v]1 si peu que ce soit1 dans un s5s ou dans un autre4 ,ces trois facults de l'me1 ,znon les traduisait p> ge/es3 la ma9 t5due et ouv]te figurait l'app>5ce s\s laquelle les *oses se prs5t5t2 ouv]te moiti1 les doigts un peu replis1 signifiait le cons5tem5t1 le dsir que n\s avons de les appr(ondir2 le po+ f]m1 la comprh5sion que n\s en acqurons2 la ma9 gau*e saisissant le po+ a9si f]m et l'treignant1 c'tait la sci5ce qui les met en notre p\voir4 tat d'esprit et doctr9e des ,pyrrhoni5s4--,avec une semblable disposition d'esprit1 un jugem5t dont ils sont t\j\rs matres1 que ri5 ne fait fl*ir1 qui c>te t\t ce qui lui e/ s\mis comme inapplicable et inadmissible1 les philosophes de cette cole en arriv5t leur at>axie3 cette impassibilit qui les c>actrise et e/ la condition d'une vie paisible1 calme1 exempte des agitations que n\s caus5t le s5tim5t et la connaissance que n\s p\vons avoir des *oses et donn5t naissance la cra9te1 l'av>ice1 l'envie1 aux dsirs immodrs1 l'ambition1 l'orgueil1 la sup]/ition1 l'am\r de la n\veaut1 la rbellion1 la dsobissance1 l'op9itret et la plup>t des maux auxquels notre corps e/ expos4 ,ce procd les disp5se mme d'tre intransigeants sur ce qui e/ la base de leur doctr9e1 qu'ils ne df5d5t que mollem5t2 ils ne r$\t5t pas de rev5ir sur ce qui a dj t discut2 s'ils s\ti5n5t que la pesanteur t5d attir] les corps en bas1 ils s]ai5t bi5 au regret qu'on les crt sur p>ole2 ils ne dem&5t qu' tre contr$its p\r faire natre le d\te et surseoir au jugem5t qu'on peut port]1 ce qui e/ le b qu'ils se propos5t4 ,ils n'mett5t de proposition que p\r les oppos] celles qu'ils suppos5t tre dans l'ide de leurs adv]saires4 ,si v\s adoptez leur manire de voir1 ils s\ti5dront volonti]s1 eux aussi1 la ?se contraire2 p\r eux1 c'e/ t\t un1 ils n'ont pas de prfr5ce4 ,posez que la neige e/ noire1 ils s'atta*]ont pr\v] que non1 qu'elle e/ blan*e2 dites qu'elle n'e/ ni l'une ni l'autre1 ils se mettront dmontr] qu'elle e/ l'une et l'autre2 si v\s arrivez conclure que v\s ne savez pas au ju/e ce qui en e/1 ils s'v]tu]ont tablir que v\s le savez =t bi52 et1 lors mme que1 p> le raisonnem5t1 v\s tabliriez d'une manire vid5te que v\s d\tez de ce qui peut en tre1 ils discut]ont p\r v\s pr\v] que le d\te n'exi/e pas en v\s ou que v\s ne sauriez pr\v] que ce d\te e/ fond et subsi/e rellem5t4 ,t\tes les op9ions1 d'aprs eux1 tant conte/ables1 il n'y a pas de raison p\r adopt] plutt l'une que l'autre4--,en concluant a9si au d\te1 qui lui-mme e/ sans consi/ance1 les ,pyrrhoni5s se donn5t la possibilit d'tre de plusieurs op9ions et de se divis] sur les que/ions qu'ils trait5t1 sur celles en p>ticuli] o ils ont dj tabli de plusieurs faons qu'il y a d\te et ignorance4 ,p\rquoi ne leur s]ait-il pas p]mis de d\t]1 dis5t-ils1 alors qu'il e/ admis *ez les philosophes dogmati/es que l'un peut dire v]t et l'autre jaune8 ,y a-t-il quelque *ose qu'on puisse v\s propos] de reconnatre ou de rpr\v] et qu'il ne soit pas loisible de considr] comme prs5tant de l'ambigut8 ,et t&is que1 soit p> suite des c\tumes de leur pays1 soit p> suite de leur ducation de famille1 soit p> has>d1 les autres peuv5t1 comme emports p> la tempte1 sans y avoir rfl*i et sans avoir eu *oisir1 s\v5t mme avant d'avoir l'ge de raison1 se tr\v] ports v]s telle ou telle op9ion1 v]s la secte des ,/oci5s ou celle des picuri5s1 et y sont ds lors infods1 ass]vis p\r a9si dire1 comme dans un tau d'o ils ne peuv5t se dgag]3 atta*s n'importe quelle doctr9e1 comme un ro*] sur lequel la tempte les aurait jets 7,cicron71 p\rquoi ne leur concd]ait-on pas1 eux aussi1 de cons]v] leur lib]t d'apprciation et la possibilit de considr] t\tes *oses sans qu'il leur soit impos d'obligation qui les entrave dans le jugem5t qu'ils en port5t3 d'autant plus libres et indp5dants qu'ils ont une ple9e puissance de jug] 7,cicron78 ,n'y a-t-il pas avantage tre dgag des ncessits qui conti5n5t les autres8 ,ne vaut-il pas mieux demeur] en susp5s1 que de s'emb>rass] en tant d'erreurs1 produit de l'imag9ation huma9e6 ,n'e/-il pas prfrable de rs]v] sa conviction1 que de se ml] ces discussions sditieuses et qu]elleuses6 ,qu'irai-je *oisir8 ,ce qu'il v\s plaira1 p\rvu que v\s fassiez un *oix4 ,c'e/ l une bi5 sotte rponse1 c'e/ p\rtant celle laquelle ab\tit le dogmatisme1 qui ne n\s p]met pas d'ignor] ce que n\s ignorons4--,adoptez le p>ti inconte/ablem5t le meilleur1 il ne s]a jamais si sr1 qu'il ne v\s faille1 p\r le df5dre1 attaqu] et combattre c5t et c5t p>tis contraires2 ne vaut-il pas mieux se t5ir hors de la mle8 ,il v\s e/ p]mis d'p\s] la croyance d',ari/ote sur l't]nit de l'me1 de la faire vtre au mme degr que votre honneur et votre vie2 v\s p\vez discut] ,platon et le contr$ire sur ce po9t1 et il leur s]ait int]dit d'en d\t]6 ,il e/ loisible ,pantius de susp5dre son jugem5t en ce qui t\*e la connaissance de l'av5ir tire de l'exam5 de victimes immoles p> le sacrificateur1 de l'int]prtation des songes1 des oracles et de t\tes les autres pratiques semblables auxquelles croi5t les ,/oci5s2 p\rquoi un sage ne p\rrait-il en t\tes *oses os] ce que ,pantius ose sur ces po9ts admis p> ses matres1 qui ont reu l'ass5tim5t gnral de l'cole laquelle il app>ti5t et o il enseigne8 ,qu& c'e/ un enfant qui porte un jugem5t1 il p>le de ce qu'il ne sait pas2 qu& c'e/ un savant1 il obx ses proccupations4 ,ces philosophes qui d\t5t de t\t se sont mnag un m]veilleux avantage p\r les luttes dans lesquelles ils peuv5t se tr\v] engags1 en r5onant p>] les c\ps que leur port5t leurs adv]saires2 peu leur import5t ceux qu'ils reoiv5t1 p\rvu qu'ils frapp5t4 ,t\t leur e/ bon3 s'ils ont le dessus1 vos argum5ts sont sans valeur2 si c'e/ v\s qui l'emportez1 ce sont les leurs qui sont en dfaut2--s'ils font erreur1 cela dmontre que l'ignorance exi/e2 si c'e/ v\s qui v\s trompez1 c'e/ v\s qui f\rnissez la preuve de son exi/5ce2--s'ils arriv5t pr\v] que ri5 n'e/ sr3 c'e/ bi51 ils satisfont la ?se qu'ils df5d5t2 s'ils n'y p>vi5n5t pas3 c'e/ encore bi51 de ce fait mme1 elle n'en reoit pas mo9s confirmation2 de la sorte1 tr\vant sur un mme sujet des raisons gales p\r et contre1 il leur e/ facile dans un s5s ou dans l'autre de susp5dre leur jugem5t 7,cicron74 ,ils e/im5t qu'il e/ beauc\p plus ais d'tablir les raisons qui font qu'une *ose e/ fausse1 que celles pr\vant qu'elle e/ vraie2 ce qui n'e/ pas1 que ce qui e/2 ce qu'ils ne croi5t pas1 que ce qu'ils croi5t4 ,leurs t\rs de phrase habituels sont3 ,je ne prt5ds pas avoir tabli que2--,il n'y a pas de raison p\r qu'il en soit plutt a9si qu'autrem5t1 ou p\r lim9] l'un plutt que l'autre2--,je ne saisis pas2--,les app>5ces sont gales de "p et d'autre2--,il n'y a pas lieu de p>l] plutt p\r que contre2--,ri5 ne semble vrai1 qui ne puisse p>atre faux4 ,leur mot sacram5tel e/3 ,j'hsite1 c'e/--dire ,j'argum5te1 mais m'en ti5s l et ne me prononce pas2 ces phrases de p>ti pris et autres analogues1 sont leur cont9uel refra94 ,cela a p\r effet qu'ludant nettem5t et de la faon la plus absolue1 l'obligation de se prononc]1 de propos dlibr1 ils aj\rn5t t\t jugem5t2 ils ne font usage de leur raison que p\r re*]*] des po9ts de discussion et discut]1 jamais p\r opt] et pr5dre une dcision4 ,qu'on se figure un cont9uel aveu d'ignorance1 un jugem5t t\j\rs indcis et sans ides propres sur quelque sujet que ce soit1 telle e/ l'cole de ,pyrrhon4 ,si je *]*e pe9dre de mon mieux cet tat d'esprit1 c'e/ que beauc\p ne s'en r5d5t que difficilem5t compte1 et que ceux mmes qui ont crit sur ce sujet1 l'ont expos un peu obscurm5t et de faons div]ses4 ,dans la vie ord9aire ils agiss5t comme t\t le monde1 se s\mettant aux lois et aux usages tablis4--,dans le c\rant ord9aire de la vie1 ces philosophes agiss5t comme t\t le monde2 ils se prt5t la satisfaction des p5*ants naturels1 l'impulsion et la contra9te qu'ex]c5t les passions1 aux obligations imposes p> les lois et les c\tumes1 aux traditions d'aprs lesquelles les arts s'ex]c5t3 c> ,dieu n'a pas v\lu que n\s pntrions le s5s des *oses2 il n\s en p]met seulem5t l'usage 7,cicron74 ,ils y subordonn5t leurs actions dans la vie commune1 sans m>qu] cet g>d leurs prfr5ces1 ni mettre de jugem5t1 ce qui ne cadre gure avec ce qu'on dit de ,pyrrhon1 qu& on le reprs5te /upide et ne t5ant compte de ri51 immobile1 f>\*e et insociable dans ses relations1 allant droit devant lui au risque de se heurt] aux *>rettes ou de donn] dans les prcipices1 refusant de se s\mettre aux lois tablies4 ,le dpe9dre tel1 c'e/ exagr] sa rgle de conduite3 il n'a v\lu tre ni une pi]re1 ni une s\*e2 il a v\lu tre un homme vivant1 disc\rant1 raisonnant1 j\issant de t\s les plaisirs et commodits que la nature met notre disposition1 usant de t\tes ses facults physiques et intellectuelles1 honntem5t et dans la mesure o cela e/ licite4 ,ce quoi il a de bonne foi r5onc et qu'il a ab&onn1 c'e/ le droit fanta/ique1 imag9aire et faux que l'homme s'e/ arrog d'tablir1 d'ordonn] et de rg5t] 99 la vrit4--,du re/e1 il n'y a pas de secte qui ne soit contra9te de p]mettre au sage1 af9 de p\voir vivre1 de subir nombre de *oses qu'il ne compr5d pas1 qu'il ne saisit pas1 qui *app5t sa volont4 ,si1 p> exemple1 il entrepr5d un voyage p> m]1 il mettra son desse9 excution1 sans tre c]ta9 de l'utilit qu'il en retir]a2 il s'ef=c]a de faire que le vaisseau soit bon1 le pilote exprim5t1 la saison favorable1 mais ce ne sont l que des g>anties de probabilit1 et il devra s'y ab&onn]1 se confiant des app>5ces1 mo9s qu'elles ne soi5t absolum5t contraires4 ,il a un corps1 il a une me1 les s5s le p\ss5t1 l'esprit l'agite4 ,bi5 qu'il ne se s5te pas cette compt5ce spciale qui p]met de port] un jugem5t1 et qu'il reconnaisse qu'il ne saurait se prononc] en t\te assurance1 p>ce qu'en *aque *ose il peut y avoir du faux autant qu'il lui semble y avoir du vrai1 il ne laisse pas nanmo9s de conduire sa vie dans les conditions les plus l>ges et les plus commodes4--,combi5 d'arts repos5t sur des conjectures plus que sur la sci5ce2 combi5 o la "q du vrai et du faux importe peu et o ce qui semble tre e/ la seule rgle6 ,le vrai et le faux exi/5t1 dis5t-ils1 et n\s avons en n\s les moy5s de n\s livr] leur re*]*e1 mais ne sommes pas mme de vrifi] la valeur de ce que n\s tr\vons4 ,il vaut beauc\p mieux p\r n\s1 ne pas n\s livr] de va9es re*]*es et n\s en remettre simplem5t l'ordre tabli en ce monde4 ,une me exempte de prjugs e/ un avantage prcieux p\r notre tranquillit4 ,les g5s qui jug5t et contrl5t leurs juges1 ne se s\mett5t jamais avec une entire conviction4 ,les esprits simples et peu curieux sont plus faciles g\v]n] que t\s autres4--,combi5 plus dociles aux lois de la religion comme celles de la politique et plus faciles conduire sont les esprits simples et qui ne sont pas curieux1 comp>s ceux qui scrut5t et dogmatis5t les *oses div9es et huma9es6 ,ri5 de ce qui t\*e l'homme ne prs5te une plus inconte/able utilit1 que cette simplicit4 ,en cette disposition1 il app>at nu et vide1 consci5t de sa faiblesse naturelle1 mais susceptible cep5dant de recevoir d'en haut1 dans une c]ta9e mesure1 la =ce qui lui fait dfaut2 trang] t\tes connaissances huma9es1 il e/ p> l d'autant plus prp> ce que la sci5ce div9e lise domicile en lui2 il fait ab/raction de son propre jugem5t1 p\r faire plus l>ge place la foi2 il croit et n'introduit aucun dogme contraire aux lois et ce qui e/ d'obs]vance gnrale2 humble1 obissant1 discipl91 /udieux1 ennemi jur de l'hrsie1 il e/ p> suite exempt de ces va9es op9ions contraires la religion1 introduites p> les sectes dissid5tes2 c'e/ une page blan*e1 prte recevoir t\t ce qu'il plaira ,dieu d'y trac]4 ,n\s valons d'autant plus que n\s n\s reportons davantage v]s ,dieu et que1 r5onant n\s-mmes1 n\s n\s remettons plus compltem5t lui3 ,accepte de bonne grce1 dit l',ecclsia/e1 les *oses avec la =me et le gt s\s lesquels1 au j\r le j\r1 elles se prs5t5t toi2 le re/e e/ en dehors de ce que tu peux arriv] connatre3 ,dieu sait que les p5ses des hommes ne sont que vanit4 ,les dogmati/es prt5d5t avoir tr\v la vrit2 leur assurance ne fait gure que masqu] leur d\te et leur ignorance4--,donc1 sur trois catgories embrassant la gnralit des sectes philosophiques1 deux font pr(ession expresse de d\te et d'ignorance2 quant la troisime1 celle des dogmati/es1 il e/ ais de reconnatre que la plup>t ne sembl5t affirm] que p\r se donn] meilleure cont5ance2 ils n'ont pas tant en vue de n\s am5] quelque c]titude1 qu' n\s montr] quel degr ils en sont arrivs1 dans cette *asse la p\rsuite de la vrit que les savants suppos5t1 plutt qu'ils ne la connaiss5t4--,p\r initi] ,socrate ce qu'il sait des dieux1 du monde et des hommes1 ,time lui propose de s'en entret5ir d'homme homme1 et de t5ir comme suffisantes les raisons qu'il donn]a1 si elles ont ce mme c>actre de probabilit qu'on admet p\r des que/ions autres2 c> p\r ce qui e/ de raisons indiscutables dans t\te la =ce du t]me1 il n'en peut produire1 ni lui1 ni t\t autre mortel quel qu'il soit4 ,c'e/ ce qu'un philosophe de cette cole exprime a9si dans un disc\rs de comprh5sion facile et =t connu sur le mpris de la mort3 ,je m'expliqu]ai comme je p\rrai2 mais n'allez pas pr5dre mes p>oles p\r des oracles1 comme si elles sortai5t de la b\*e d',apollon py?i52 faible mortel1 je ne p\rsuis que le probable 7,cicron74 ,ailleurs1 ce mme philosophe traduit le texte mme de ,platon3 ,si1 disc\rant sur la nature des dieux et l'orig9e du monde1 je m'explique imp>faitem5t1 n'en soyez pas tonns2 rappelez-v\s que moi qui v\s p>le et v\s qui m'c\tez1 n\s sommes des hommes et que v\s n'avez ri5 me dem&] de plus que des probabilits 7,cicron74--,ari/ote1 lui1 n\s prs5te d'ord9aire une f\le d'op9ions et de croyances qu'il met en p>allle avec les si5nes1 p\r n\s montr] combi5 celles-ci outrepass5t les autres et combi5 il appro*e de plus prs de la vraisemblance2 mais ce n'e/ pas sur l'autorit et le tmoignage d'autrui que la vrit s'tablit4 ,quant picure1 il e/ obs]v] que1 dans ses crits1 il vite religieusem5t d'en cit] aucun4 ,s\v5t les philosophes affect5t d'tre obscurs p\r ne pas rvl] l'inanit de leur sci5ce4--,ari/ote e/ le pr9ce des dogmati/es et cep5dant n\s appr5ons de lui que beauc\p de savoir n\s porte d\t] plus encore4 ,s\v5t on le voit s'ent\r] de p>ti pris d'une obscurit paisse et inextricable1 au po9t qu'on ne peut dml] son avis2 c'e/ l1 en fait1 du pyrrhonisme s\s une =me qui le dissimule4 c\tez la dcl>ation de ,cicron n\s exposant l'ide ess5tielle de cette cole1 en n\s la donnant comme si5ne3 ,ceux qui v\drai5t savoir ce que n\s p5sons de *aque *ose1 sont trop curieux444 ,ce pr9cipe1 en philosophe1 de disput] de t\t sans dcid] sur ri51 tabli p> ,socrate1 repris p> ,arcsilas1 affirm p> ,c>nade1 a fleuri jusqu' nos j\rs444 ,n\s sommes de l'cole qui dit que le faux e/ p>t\t ml au vrai et lui ressemble si =t qu'il e/ impossible de les disc]n] d'une manire c]ta9e4--,p\rquoi non seulem5t ,ari/ote1 mais la plup>t des philosophes ont-ils affect de prs5t] t\tes les que/ions s\s une =me obscure1 si ce n'e/ p\r faire ressortir combi5 elles sont oiseuses1 et amus] la curiosit de notre esprit en les lui donnant en pture1 os creux et d*>n qu'on lui livre rong]4 ,clitomaque affirmait n'tre jamais p>v5u savoir1 p> les crits de ,c>nade1 de quelle op9ion il tait4 ,c'e/ p\r ce motif qu'picure a vit dans les si5s d'tre clair1 et que ceux d',hraclite lui ont valu d'tre surnomm le ,tnbreux4 tre difficile compr5dre e/ une monnaie dont us5t les savants1 comme les pre/idigitateurs qui font des t\rs de passe-passe p\r emp*] qu'on ap]oive l'inanit de leur art1 ce dont la btise huma9e se paie aism5t3 ,c'e/ p> l'obscurit de son langage qu',hraclite s'e/ attir la vnration des ignorants2 les sots en effet n'e/im5t et n'admir5t que ce qui leur e/ prs5t en t]mes nigmatiques 7,lucrce74 ,c]ta9s ont ddaign les arts libraux1 mme les sci5ces1 prt5dant que ces tudes dt\rn5t des devoirs de la vie4--,cicron repro*e c]ta9s de ses amis de consacr] l'a/ronomie1 au droit1 la dialectique et la gomtrie1 plus de temps que ces sci5ces ne mrit5t1 et1 que cela les dt\rne des devoirs de la vie qui sont et plus honntes et plus utiles4 ,les philosophes cyrnaques mpris5t au mme degr la physique et la dialectique4 ,znon1 au db de ses crits sur la ,rpublique1 dcl>e inutiles t\tes les bran*es d'ducation librale4 ,*rysippe dit que ce que ,platon et ,ari/ote ont crit sur la logique1 ne l'a t de leur "p qu' titre d'ex]cice et p\r se j\]1 ne p\vant croire qu'ils se soi5t appliqus p>l] srieusem5t d'un sujet aussi creux4 ,plut>que en dit autant de la mtaphysique4 picure y et aj\t la rhtorique1 la grammaire1 la posie1 les ma?matiques et t\tes les autres sci5ces en gnral1 la physique except1 ,socrate 99 lui aussi1 les ddaignait t\tes1 hors celles traitant des murs et de la conduite dans la vie4 ,on p\vait s'enqurir de quoi que ce ft auprs de lui1 il arrivait t\j\rs am5] son int]locuteur un ret\r sur sa vie prs5te et sa vie passe qu'il exam9ait et jugeait1 e/imant t\t autre enseignem5t subordonn celui-ci et ne v5ant qu'en surnombre3 ,j'aime peu les lettres qui n'ont pas s]vi r5dre v]tueux ceux qui les pratiqu5t 7,sallu/e74 ,la plup>t des sci5ces ont donc t t5ues en peu de considration p> ces gr&s p5seurs qui1 t\tefois1 n'ont pas jug hors de propos d'y ex]c] leur esprit1 alors mme qu'ils n'avai5t pas en retir] un pr(it srieux4 ,on ne sait si ,platon tait dogmati/e ou sceptique2 ses op9ions ont donn naissance dix sectes diffr5tes4--,au surplus1 les uns ti5n5t ,platon p\r un dogmati/e2 les autres comme ayant le d\te comme pr9cipe2 il en e/ qui le qualifi5t d'une faon dans c]ta9s cas1 de l'autre dans d'autres4 ,le p]sonnage qui t\j\rs a la haute ma9 dans ses dialogues1 ,socrate1 pose con/amm5t des que/ions1 p\sse la discussion1 mais jamais n'y met f9 et ne conclut2 sa sci5ce1 de son propre aveu1 e/ uniquem5t de prs5t] des objections4 ,homre1 leur prcurseur1 a t le po9t de d"p de t\tes les sectes philosophiques sans di/9ction1 montrant a9si combi5 la manire de voir de *acun lui importait peu4 ,on dit que ,platon a donn naissance dix coles diffr5tes2 dire vrai1 comp>e la si5ne1 il n'e/ pas1 mon s5s1 de doctr9e plus indcise et mo9s affirmative4 ,socrate disait que les sages-femmes1 en pr5ant le mti] d'aid] les autres eng5dr]1 r5onc5t p\r elles-mmes procrer1 et qu'il en tait de mme de lui4 ,les dieux lui ayant dfr la qualit de sage-homme1 il s'tait lui aussi1 p> am\r p\r l'humanit et la p5se1 dfait de la facult d'eng5dr]1 se cont5tant d'assi/] ceux qui satisfont cette loi de nature1 et de leur prt] son sec\rs1 aidant aux volutions de l'acc\*em5t1 lubrifiant les organes1 facilitant la sortie de l'enfant1 jugeant de sa con=mation1 le baptisant1 l'levant1 le =tifiant1 l'emmaillotant1 le circoncisant2 mettant ses propres moy5s la disposition d'autrui1 en usant p\r le prs]v] du mal et aid] son bi54 ,on peut en dire autant de la plup>t des philosophes anci5s de quelque r5om4--,il en e/ a9si de la plup>t des auteurs de cette troisime catgorie1 et les anci5s en avai5t dj fait la rem>que en ce qui t\*e les crits d',anaxagore1 ,dmocrite1 ,p>mnide1 ,xnophane et autres qui1 enqurant plus qu'ils ne se prononc5t1 donn5t de p>ti pris leur /yle la =me dubitative1 alors mme qu'ils l'entreml5t de =mes affirmatives4 ,cela ne se voit-il pas galem5t dans ,snque et ,plut>que qui1 en y reg>dant de prs1 p>l5t d'une mme *ose1 tantt dans un s5s1 tantt dans un autre8 ceux qui se donn5t la t*e de mettre les jurisconsultes en concordance1 doiv5t t\t d'abord mettre *acun d'eux d'accord avec lui-mme4 ,la prfr5ce que1 dans ses ouvrages philosophiques1 ,platon donne1 bon esci5t1 la =me dialogue1 me p>at prov5ir de ce que p> le dialogue1 mettant ses ides dans la b\*e de plusieurs1 il peut plus commodm5t les expos] dans t\te leur div]sit et avec t\tes les v>iantes qu'elles comport5t4 ,trait] les que/ions en envisageant leurs div]s aspects e/ une manire de les trait] t\t aussi bi5 et mme mieux qu'en les prs5tant s\s le j\r qui leur e/ favorable2 on peut de la sorte en diss]t] plus longuem5t et avec plus d'utilit4 ,pr5ons-n\s n\s-mmes comme exemple3 les arrts de la ju/ice revt5t au plus haut degr un langage affirmatif et dcisif2 ceux notamm5t que nos p>lem5ts r5d5t en public1 sont m9emm5t de nature entret5ir *ez le peuple le respect qu'il doit cette magi/rature en raison de la capacit de ceux qui la compos5t4 ,or1 la beaut de ces actes ne rsulte pas tant de la dcision qu'ils r5f]m5t 7des dcisions1 il s'en pr5d *aque j\r1 c'e/ le propre de t\t juge71 que des dbats et de l'exam5 des argum5ts contradictoires que la sci5ce du droit p]met de faire valoir4 ,de mme le plus l>ge *amp e/ ouv]t aux critiques que port5t les philosophes sur leurs op9ions rciproques1 op9ions les plus div]ses et les plus contradictoires1 dans lesquelles *acun s'emptre1 soit desse91 p\r dmontr] combi51 sur t\t sujet1 l'esprit huma9 e/ vacillant1 soit p>ce qu'il y e/ contra9t p> ignorance lorsque1 p> sa subtilit1 la "q *appe son ent5dem5t1 ce qu'exprime cette phrase qui revi5t si s\v5t3 ,sur t\t sujet glissant et scabreux1 rs]vons notre jugem5t4 ,euripide dit de mme3 ,la comprh5sion des uvres de ,dieu1 en leurs faons div]ses1 n\s e/ une cause de nombreux tracas4 ,c'e/ la mme ide qu',empdocle1 comme en proie une fureur inspire p> les dieux et =c de se r5dre la vrit1 reproduit s\v5t dans ses ouvrages3 ,non1 non2 n\s ne s5tons ri51 n\s ne voyons ri52 t\t n\s e/ ca*2 il n'e/ pas une *ose dont n\s puissions tablir ce qu'elle e/2 ce qui se retr\ve aussi dans ce passage de nos textes sacrs3 ,les p5ses des mortels sont timides1 leur prvoyance et leurs inv5tions sont inc]ta9es 7,livre de la ,sagesse74 ,le *>me que cause la re*]*e de la vrit explique que tant de g5s s'y adonn5t4--,il ne faut pas tr\v] trange si ces g5s1 t\t en dsesprant d'atte9dre au b1 n'ont pas r5onc au plaisir de p\rsuivre3 l'tude e/ p> elle-mme *ose agrable2 si agrable que1 p>mi les volupts qu'int]dis5t les ,/oci5s1 figure celle prov5ant des ex]cices de l'esprit2 ils la veul5t modre1 et trop savoir e/ leurs yeux de l'intemprance4--,dmocrite ayant mang sa table des figues qui s5tai5t le miel1 se mit aussitt *]*] en son esprit d'o leur v5ait cette d\ceur inusite4 ,af9 de s'en r5dre compte1 il se levait p\r all] voir la place o ces fruits avai5t t cueillis1 lorsque sa s]vante1 qui avait saisi le motif de ce drangem5t1 lui dit en riant de ne pas s'en mettre davantage en pe9e1 que c'tait elle qui les avait placs dans un rcipi5t o il y avait eu du miel4 ,il s'irrita de ce qu'elle lui enlevait a9si l'occasion de cette re*]*e et tait matire sa curiosit3 ,c'e/ un dplaisir que tu me causes1 lui dit-il2 mais1 va1 je n'en re*]*]ai pas mo9s comm5t cela a eu lieu1 comme si c'tait un effet de la nature4 ,et c]ta9em5t il n'et pas manqu de dc\vrir une raison prs5tant les app>5ces de la vrit1 p\r expliqu] une *ose qui n'tait pas et n'exi/ait que dans son esprit4 ,cette av5ture surv5ue un fameux et gr& philosophe1 n\s pe9t bi5 le gt de l'tude arriv l'tat de passion1 au po9t que n\s sommes dsesprs d'arriv] connatre les *oses dont n\s n\s amusons p\rsuivre la connaissance4--,plut>que cite un p>eil exemple de quelqu'un qui se refusait tre r5seign sur ce qui le laissait indcis1 af9 de n'tre pas priv de la satisfaction de *]*] p> lui-mme2 comme cet autre qui ne v\lait pas que son mdec9 lui fit pass] l'altration que lui causait la fivre1 p\r ne pas p]dre le plaisir de boire p\r ass\vir sa soif4 ,mieux vaut appr5dre des *oses inutiles1 que de ne ri5 appr5dre 7,snque74 ,ici1 aussi bi5 qu'en fait de n\rriture1 le plaisir que n\s pr5ons e/ s\v5t t\t ce qui en rsulte2 ce que n\s mangeons qui n\s e/ agrable1 n'e/ pas t\j\rs nutritif ou sa91 de mme ce que notre esprit tire de la sci5ce ne laisse pas d'tre voluptueux1 alors mme que ce n'e/ ni pr(itable1 ni salutaire4 ,l'tude de la nature e/ galem5t une occupation o se complat notre esprit4--,voici comm5t ces philosophes s'exprim5t cet g>d3 ,la contemplation de la nature n\rrit l'esprit2 elle n\s lve et n\s gr&it2 elle fait que p> comp>aison avec les *oses d'ordre suprieur et cle/es1 n\s n\s dta*ons de ce qui e/ bas et ti5t la t]re2 la re*]*e des *oses gr&ioses qui n\s sont ca*es1 e/ trs atta*ante p> elle-mme1 mme p\r celui qui n'en retire d'autre fruit que des motifs de plus p\r les respect] et cra9dre d'en port] jugem5t2 ce sont l les t]mes mmes qu'ils emploi5t4--,le peu de srieux qui e/ au fond de cette curiosit passe l'tat de maladie1 app>at encore mieux dans cet exemple qu'ils cit5t s\v5t comme leur faisant honneur3 ,eudoxe s\haitait qu'il lui ft donn1 ne ft-ce qu'une seule fois1 de voir le soleil de prs1 d'en saisir la con/itution1 la gr&eur1 la beaut2 il priait les dieux de lui accord] cette faveur1 dt-il1 du mme c\p1 en tre brl2 au prix de sa vie1 il dem&ait acqurir cette sci5ce1 dont au mme mom5t il devait p]dre l'usage et la possession1 et1 p\r cette connaissance d'un in/ant et phmre1 il r5onait t\tes autres qu'il possdait dj et p\vait encore acqurir4 ,a quelle f9 ont t mis en avant les ,atomes d'picure1 les ,ides de ,platon1 les ,nombres de ,py?agore4--,je ne me p]suade pas aism5t qu'picure1 ,platon et ,py?agore n\s ai5t donn1 en y aj\tant foi eux-mmes1 leurs ?ories des ,atomes1 des ,ides et des ,nombres2 ils tai5t trop sages p\r croire des *oses si peu tablies et si discutables4 ,mais1 sur cette "q si obscure du sy/me du monde que n\s ignorons compltem5t1 *acun de ces gr&s esprits s'ef=ant d'apport] sa "p de lumire1 s'e/ appliqu imag9] des conceptions d'app>5ce acceptables et +nieuses1 dont la fausset leur importait peu1 p\rvu qu'elles puss5t faire *ec aux ?ories contraires3 ,ces sy/mes sont les fictions du gnie de *aque philosophe et non le rsultat de leurs dc\v]tes 7,snque74 ,un anci51 auquel on repro*ait de se t>gu] de philosophie1 alors qu'il n'en t5ait pas gr& compte dans les jugem5ts qu'il portait1 rpondait que c'tait prcism5t en cela qu'elle consi/ait4 ,quelle e/ la vraie philosophie2 sa conduite l'g>d de la religion et des lois4--,les philosophes ont v\lu t\t exam9]1 t\t comp>]1 et ont tr\v l une occupation propre alim5t] la curiosit naturelle qui e/ en n\s4 ,ils ont trait c]ta9es que/ions affr5tes aux beso9s de la socit1 telles que celles relatives la religion2 et1 p> raison1 ils se sont alors g>ds de scrut] fond les op9ions gnralem5t admises1 af9 de ne pas apport] de tr\ble dans l'obs]vation des lois et des c\tumes de leur pays4 ,platon agit cet g>d assez dc\v]t4 ,qu& il crit d'aprs lui-mme1 il n'met aucune op9ion f]me4 ,qu& il p>le en lgislateur1 son /yle devi5t affirmatif et imprieux2 il y consigne alors h>dim5t les ides les plus extraord9aires1 qu'il juge utile d'inculqu] la f\le et auxquelles il s]ait ridicule qu'il crt lui-mme2 il sait combi5 n\s sommes disposs recevoir t\tes les impressions1 et p>-dessus t\tes1 celles qui sont les plus saugr5ues et les plus inadmissibles4 ,c'e/ p\rquoi1 dans ses ,lois1 il a gr& so9 de recomm&] qu'on ne *ante en public que des posies dont les donnes1 empruntes la fable1 ai5t une porte utile1 p>ce qu'il e/ si ais de faire clore dans l'esprit huma9 des fantmes de t\tes sortes1 qu'il e/ plus judicieux de lui donn] en pture des m5songes qui lui soi5t pr(itables1 que d'autres qui lui s]ai5t inutiles ou dommageables2 ce qu'il exprime ouv]tem5t dans sa ,rpublique3 ,p\r tre utile aux hommes1 il e/ s\v5t ncessaire de les tromp]4 ,c]ta9es sectes1 a9si qu'il e/ ais de s'en r5dre compte1 se sont surt\t atta*es la vrit1 d'autres l'utilit2 ces d]nires ont tr\v davantage crdit4 ,c'e/ une des misres de notre condition1 que s\v5t ce qui se prs5te n\s comme le plus vrai1 n'e/ pas ce qui n\s app>at comme le plus utile dans la vie2 c'e/ le cas des sectes les plus h>dies1 telles celles d'picure1 de ,pyrrhon1 de l',acadmie aprs les modifications qu'elle a subies2 encore ont-elles t contra9tes1 en f9 de compte1 de se pli] la loi civile4 ,les philosophes se sont occups encore d'autres que/ions1 qu'ils ont traites1 les uns dans un s5s1 les autres en s5s contraire2 *acun1 qui s'y e/ adonn1 les rsolvant sa faon1 bi5 ou mal4 ,comme il n'e/ ri5 de si ca*1 dont ils n'ai5t entrepris de p>l]1 ils se sont s\v5t tr\vs obligs de =m] des conjectures sans consi/ance1 p>fois extravagantes1 qu'eux-mmes ne considrai5t pas comme ayant de la valeur ou p\vant s]vir tablir quelque vrit1 propres seulem5t comme ex]cice d'tude3 ,on dirait qu'ils ont crit mo9s p> conviction1 que p\r ex]c] leur esprit p> la difficult du sujet4 ,si on n'admettait pas qu'il en a t a9si1 comm5t expliqu]ait-on cette si gr&e v>it d'op9ions1 s\v5t frivoles1 se modifiant sans cesse1 que n\s voyons mises p> ces esprits m95ts et admirables8 ,malgr notre impuissance dt]m9] ce que c'e/ que ,dieu1 la "q a t =t agite p> les anci5s2 op9ion la mieux fonde sur ce po9t4--,qu'y a-t-il p> exemple de plus va9 que de v\loir dev9] ce que peut tre ,dieu1 p> analogie avec ce que n\s sommes n\s-mmes2 de le jug]1 lui et le monde avec lui1 d'aprs ce dont n\s sommes capables et d'aprs nos propres lois2 de faire s]vir au dtrim5t de la ,div9it1 l'atome de lucidit qu'il lui a plu de n\s concd]2 et1 notre vue ne p\vant s't5dre jusqu'o elle sige dans la plnitude de sa gloire1 l'en avoir fait desc5dre et l'avoir associe notre corruption et nos misres6 ,de t\tes les op9ions huma9es =mules p> les anci5s sur la religion1 celle-l me p>at avoir eu le plus de vraisemblance et avoir t la plus judicieuse1 qui faisait de ,dieu une puissance que n\s ne p\vons compr5dre1 orig9e et cons]vatrice de t\tes *oses1 ess5tiellem5t bonne1 absolum5t p>faite1 recevant et pr5ant en bonne "p l'hommage et le respect que lui r5d5t les huma9s1 s\s quelque =me1 de quelque nom et de quelque manire que ce soit3 ,t\t-puissant ,jupit]1 pre et mre du monde1 des dieux et des rois 7,valrius ,s]anus74 ,ces hommages ont t\j\rs t vus d'un bon il p> le ,ciel3 t\s les g\v]nem5ts ont tir pr(it de leur dvotion2 et p>t\t les vnem5ts ont t ce qu'en p\vai5t att5dre les hommes1 qu& leurs actes tai5t empre9ts d'impit4 ,les hi/oires paennes con/at5t1 en ces religions qui reposai5t sur des fables1 de la dignit1 de l'ordre1 de la ju/ice1 des prodiges accomplis1 des oracles r5dus l'avantage et p\r l'in/ruction de l'humanit2 ,dieu1 dans sa misricorde1 ayant daign enc\rag] qu& mme1 p> ces bnfices temporels1 les bonnes dispositions que m>quait une aussi imp>faite connaissance de lui-mme1 laquelle les hommes tai5t arrivs p> la seule raison1 au trav]s des fausses images s\s lesquelles ils se le reprs5tai5t1 images non seulem5t fausses mais encore impies et injurieuses4 ,p>mi t\s les cultes que sa9t ,paul vit pratiqu] ,a?nes1 il en tait un consacr une ,div9it ca*e et inconnue2 c'e/ celui d'entre t\s qui lui p>ut le plus excusable4 ,de t\s les philosophes1 ,py?agore fut celui qui eut le plus le s5tim5t de la vrit1 en e/imant que cette cause premire de t\tes *oses1 cet tre pr9cipe de t\t ce qui e/1 ne peut s'exprim] et *appe t\te rgle1 t\te df9ition2 que ce ne peut tre que ce que notre imag9ation1 dans son plus puissant ef=t1 conoit comme la p]fection2 *acun en ayant une ide plus ou mo9s gr&e1 suivant ce qu'il en peut concevoir4 ,il faut au peuple une religion palpable4--,si ,numa a rellem5t entrepris de dirig] dans ce mme s5s les ides religieuses de son peuple1 de l'atta*] une religion purem5t spirituelle1 sans objet dt]m91 trangre t\t ce qui e/ matriel1 un tel projet n'tait pas pratique2 l'esprit huma9 ne peut se cont5t] du vague que prs5te cet inf9i de p5ses ab/raites2 il lui faut les adapt] quelque *ose de prcis1 con=me l'ide qu'il s'en e/ faite4--,la maje/ div9e s'e/1 p\r n\s1 laiss en quelque sorte circonscrire s\s des =mes prcises qui lui donn5t corps2 ses sacrem5ts surnaturels et cle/es se manife/5t dans des conditions qui les mett5t notre porte2 notre adoration s'exprime p> des crmonies et des p>oles comprh5sibles p\r l'homme1 p>ce que c'e/ lui qui croit et qui prie4 ,je laisse de ct t\s les autres argum5ts que l'on peut mettre en faveur de cette ?se1 mais on me f]a difficilem5t croire que la vue de nos crucifix1 la reproduction de ce supplice qui excite un si haut degr la piti1 que les ornem5ts et la pompe du culte dans nos glises1 ces voix qui traduis5t si exactem5t la dvotion qui n\s anime1 cette motion des s5s que n\s pr\vons1 n'*auff5t pas l'me des f\les d'une passion religieuse du plus heureux effet4 ,le culte du soleil e/ celui qui s'explique le plus4--,a *oisir entre ces div9its auxquelles1 en ces temps d'aveuglem5t univ]sel1 la ncessit a am5 donn] corps1 il me semble que c'et t ceux qui adorai5t le soleil1 que je me s]ais le plus volonti]s ralli4 ,le soleil claire le monde enti]1 il en e/ l'il4 ,si ,dieu a des yeux1 les rayons du soleil en man5t4 ,c'e/ eux que t\t doit de natre1 de se dvelopp] et de vivre2 ils sont les tmo9s de t\t ce que l'homme accomplit4 ,le soleil1 si beau1 si gr&1 n\s donne les saisons suivant qu'il entre dans l'une ou l'autre des d\ze con/ellations du zodiaque qui con/itu5t sa demeure1 ou qu'il en sort2 il emplit l'univ]s de ses bi5faits que nul ne conte/e2 un seul de ses reg>ds dissipe les nuages4 ,il e/ l'esprit1 l'me du monde2 il *auffe et flamboie1 dans sa c\rse j\rnalire1 il p>c\rt le ciel dans t\te son t5due2 a/re imm5se1 sphrique1 t\j\rs errant1 sans jamais dvi] de sa r\te1 il ti5t s\s sa dp5dance l'imm5sit sans limite1 au trav]s de laquelle il se meut2 t\j\rs au repos sans jamais demeur] oisif1 sans cess] d'agir1 il e/ le fils an de la nature et le pre du j\r 7,rons>d74 ,en outre de sa gr&eur et sa beaut1 c'e/ p>mi les pices qui entr5t dans la composition du monde1 celle que n\s ap]cevons la plus loigne de n\s1 p> suite elle n\s e/ peu connue2 aussi ses adorateurs tai5t-ils p>donnables de l'avoir en admiration et en respect4 ,op9ions div]ses des philosophes sur la nature de ,dieu4--,?als qui1 le premi]1 tudia ce sujet1 e/imait que ,dieu e/ un esprit qui de l'eau a fait natre t\tes *oses4--,anaxim&re1 que les dieux meur5t et naiss5t c]ta9es poques et qu'ils con/itu5t des mondes dont le nombre e/ inf9i4--,anaximne1 que c'e/ l'air qui e/ dieu1 qu'il exi/e en quantit inf9ie et e/ t\j\rs en m\vem5t4--,anaxagore mit le premi] que la manire d'aprs laquelle *aque *ose exi/e et se conduit1 e/ l'effet de la =ce et de la raison d'un esprit que n\s ne p\vons concevoir4--,alcmon range p>mi les div9its3 le soleil1 la lune1 les a/res et l'me2--,py?agore attribue cette qualit un esprit exi/ant naturellem5t en *aque *ose et d'o nos mes sont sorties4--,p>mnide considre comme tel1 un c]cle ent\rant le ciel et ma9t5ant le monde p> l'int5sit de la lumire qu'il rp&4--,empdocle place au rang des dieux les quatre lm5ts3 l'air1 l'eau1 le feu et la t]re1 dont t\tes *oses sont faites4--,protagoras dcl>e n'tre pas mme de dire s'ils sont ou ne sont pas1 ni qui ils sont4--,dmocrite classe comme dieux1 tantt les images mmes s\s lesquelles on les reprs5te1 tantt les dons de la nature qu'elles symbolis5t1 et aussi notre sci5ce et notre intellig5ce4--,platon a sur ce po9t div]ses manires de voir3 dans ,time1 il e/ d'avis que l'on ne peut dire qui a cr le monde2 dans les ,lois1 qu'il ne s]t de ri5 de re*]*] ce qu'e/ ,dieu2 ailleurs1 dans ces mmes ouvrages1 il div9ise le monde1 le ciel1 les a/res1 la t]re et les mes2 il reconnat en outre comme dieux1 t\s ceux que les in/itutions anci5nes ont1 dans *aque tat1 admis comme tels4--,p> ,xnophon1 n\s con/atons un tr\ble semblable dans la doctr9e de ,socrate3 tantt il ne faut pas s'enqurir de ce que ,dieu peut tre1 tantt il lui fait dire que le soleil e/ dieu1 que l'me e/ dieu3 qu'il e/ unique et aussi qu'il y en a plusieurs4--,d'aprs ,speusippe1 neveu de ,platon1 ,dieu e/ une =ce qui g\v]ne t\tes *oses et cette =ce e/ anime4--,ari/ote1 un mom5t1 difie l'esprit2 un autre1 le monde2 plus t>d1 ce monde il donne un matre2 dans un passage de ses uvres autre que les prcd5ts1 il div9ise la *aleur qui vi5t du ciel4--,xnocrate compte huit dieux3 les c9q plantes connues son poque sont les c9q premi]s2 le sixime e/ con/itu p> l'ensemble des toiles fixes dont *acune e/ une fraction de cette div9it2 le soleil et la lune sont les septime et huitime4--,hraclide du ,pont e/ hsitant entre ces div]ses op9ions1 il en arrive t5ir ,dieu p\r un tre priv de s5tim5ts et passant d'une =me une autre2 f9alem5t1 il fait dieux le ciel et la t]re4--,*ez ,?ophra/e1 les ides ce sujet reflt5t les mmes indcisions3 tantt1 selon lui1 c'e/ le bon s5s qui dirige le monde2 tantt1 c'e/ le ciel2 tantt1 les toiles4--,/raton p5se que c'e/ la nature qui a le p\voir d'eng5dr]1 de faire crotre1 d'anantir1 et qu'elle-mme n'a ni =me df9ie1 ni la facult de s5tir4--,znon1 que le monde relve d'une loi naturelle qui ordonne le bi51 df5d le mal et laquelle il reconnat aussi le p\voir de donn] le m\vem5t et la vie2 et il r5v]se de leurs pide/aux les dieux qu'on tait acc\tum y voir3 ,jupit]1 ,junon1 ,ve/a4--,p\r ,diogne ,apolloniate1 c'e/ l'air qui e/ le s\v]a9 crateur de t\tes *oses4--,xnophane se reprs5te ,dieu s\s la =me d'une b\le1 voyant1 ent5dant1 ne respirant pas1 n'ayant ri5 de commun avec la nature huma9e4--,ari/on e/ d'avis que ,dieu *appe notre intellig5ce2 il se le reprs5te dp\rvu de s5s1 ne sait s'il a le p\voir de crer1 et ignore t\t de lui4--,clan! le suppose tantt la raison1 tantt le monde lui-mme2 tantt l'me de la nature1 tantt cette *aleur vivifiante au suprme degr qui ent\re et enveloppe t\t4--,p]se1 qui avait suivi les leons de ,znon1 expose qu'on a appel dieux les hommes qui se sont p>ticulirem5t r5dus utiles l'humanit1 et aussi les *oses elles-mmes qui lui ont t pr(itables4--,*rysippe collige en un ensemble confus t\tes les op9ions prcd5tes1 et obti5t a9si un milli] de dieux de t\s g5res1 p>mi lesquels il compr5d les hommes qui se sont immortaliss4--,diagoras et ,?odore ni5t d'une faon absolue qu'il y ait des dieux4--picure les reprs5te respl5dissants1 translucides1 p]mables l'air1 habitant entre les deux mondes1 le ciel et la t]re1 o1 inaccessibles1 ils sont l'abri des c\ps2 ils aurai5t mme visage que n\s1 mmes membres1 mais n'en f]ai5t pas usage3 ,quant moi1 j'ai t\j\rs p5s qu'il exi/ait une race de dieux2 j'ent5ds une race cle/e1 indiffr5te aux actions des hommes 7,ennius74 ,ces div]sits tmoign5t de notre impuissance2 mais d'hommes faire des dieux1 e/ le comble de l'extravagance4--,aprs cela1 fiez-v\s donc la philosophie2 vantez-v\s d'avoir tr\v la fve dans le gteau1 d'avoir dc\v]t la vrit dans ce conflit has>deux de tant de conceptions philosophiques6 ,la confusion qui rgne dans la manire dont1 en ce monde1 *acun p5se cet g>d1 a p\r moi cet avantage1 que les murs et les ides diffr5tes des mi5nes me dplais5t mo9s qu'elles ne m'in/ruis5t1 ne m'enorgueilliss5t pas tant qu'elles ne m'humili5t1 qu& je les comp>e1 et t\te solution autre que celle qui n\s vi5t de la ma9 mme de ,dieu n'a1 selon moi1 que bi5 peu de supriorit sur les autres4 ,les in/itutions de ce monde ne sont1 pas mo9s que les coles1 en opposition entre elles sur ce sujet2 d'o n\s p\vons conclure que le has>d n'e/ ni plus div]s1 ni plus v>iable que notre raison1 ni plus aveugle et inconsidr4--,les *oses que n\s ignorons le plus1 sont les plus propres tre difies2 aussi1 faire de n\s-mmes des dieux1 comme cela e/ arriv dans l'antiquit1 dpasse-t-il ce que peut excus] la faiblesse1 si gr&e qu'elle soit1 de notre jugem5t4 ,je me s]ais1 sur ce po9t1 plutt rang du ct de ceux qui adorai5t le s]p5t1 le *i51 le buf1 p>ce que la nature et l'tre de ces animaux n\s sont mo9s connus que les ntres et que1 p> suite1 n\s sommes plus autoriss p5s] ce qui n\s plat de ces btes et leur accord] des facults extraord9aires4 ,mais avoir fait des dieux de notre condition1 dont n\s connaissons les imp]fections2 leur avoir attribu nos dsirs1 nos colres1 nos v5geances2 les faire se m>i]1 avoir des enfants1 une famille2 connatre l'am\r1 la jal\sie2 tre comme n\s de *air et d'os1 avec mme organisation physique2 les assujettir la fivre1 au plaisir1 la mort2 leur donn] la spulture comme n\s-mmes1 t\tes *oses qui sont indignes des dieux et n'ont ri5 de commun avec leur nature 7,lucrce72 on donne le signalem5t de ces dieux2 on dit leur ge1 les ornem5ts dont ils sont revtus1 leurs gnalogies1 leurs m>iages1 leurs alliances2 on les app>ie notre btise huma9e2 on les fait sujets aux mmes passions1 am\reux1 *agr9s1 colres 7,cicron71 c'e/ l le fait d'une incroyable divagation de l'esprit huma91 t\t comme d'avoir div9is non seulem5t la foi1 la v]tu1 l'honneur1 la concorde1 la lib]t1 la victoire1 la pit1 mais encore la volupt1 la fraude1 la mort1 l'envie1 la vieillesse1 la misre1 la peur1 la fivre1 la mauvaise =tune et autres infirmits de notre vie frle et caduque3 ,a quoi s]t d'introduire dans nos temples la corruption de nos murs1 mes atta*es la t]re et vides de p5ses cle/es 7,cicron76 ,les gypti5s1 p> une prud5ce non exempte d'impud5ce1 df5dai5t quiconque1 s\s pe9e d'tre p5du1 de dire que leurs dieux ,srapis et ,isis avai5t jadis t hommes1 ce que nul n'ignorait4 ,les images de ces dieux les reprs5tai5t un doigt sur les lvres1 ce qui1 au dire de ,v>ron1 rappelait leurs prtres cette my/rieuse ordonnance qui prescrivait de taire leur orig9e mortelle1 comme mesure ncessaire p\r ne pas port] atte9te la vnration dont ils tai5t l'objet4--,puisque l'homme dsirait tant se faire semblable ,dieu1 il et mieux fait1 dit ,cicron1 d'attir] lui plac au bas de l'*elle les v]tus div9es et de se les assimil]1 que d'envoy] en haut sa corruption et sa misre2 cep5dant1 bi5 considr] ce qui a eu lieu1 t\j\rs s\s l'empire de ce mme s5tim5t de vanit1 il a1 dans plusieurs cas1 fait l'un et l'autre4 ,e/-ce srieusem5t que les philosophes ont trait de la hir>*ie de leurs dieux1 comme aussi de la condition des hommes dans une autre vie8--,qu& les philosophes discut5t le rang que leurs dieux occup5t entre eux1 et s'v]tu5t faire ressortir leurs alliances1 leurs fonctions1 leur puissance1 je ne puis croire qu'ils p>l5t srieusem5t4 ,qu& ,platon n\s dpe9t en dtail le v]g] de ,pluton1 les avantages et les pe9es corporelles qui n\s att5d5t encore aprs la ru9e et l'anantissem5t de nos corps1 et le rapport qui exi/e entre ce qui n\s e/ rs]v dans l'autre monde et la vie que n\s avons t5ue sur cette t]re3 ,l1 au fond d'un bois de myrtes o conduis5t des s5ti]s p]dus1 se ca*5t les victimes de l'am\r2 la mort mme ne les a pas dlivres de leurs s\cis 7,virgile72 qu& ,mahomet promet aux si5s un p>adis c\v]t de tapis1 aux lambris dors et sc9tillant de pi]r]ies1 peupl de c\rtisanes de la plus exquise beaut1 des v9s et des mets dlicieux1 je vois bi5 que ce sont des g5s qui se moqu5t2 ils se pli5t notre btise p\r n\s emmiell] et n\s captiv] p> ces ides et ces esprances appropries nos apptits1 pauvres mortels que n\s sommes6 ,quelques-uns d'entre n\s1 *rti5s1 sont tombs en p>eille erreur1 se promettant1 aprs la rsurrection1 une n\velle vie t]re/re et temporelle1 accompagne de t\s les plaisirs1 de t\tes les commodits de ce monde4 ,p\vons-n\s croire que ,platon1 dont les conceptions ont t si leves1 qui a appro* si prs de la div9it que le surnom lui en e/ re/1 ait pu p5s] que l'homme1 cette *tive crature1 ait en lui quelque *ose de cette puissance que n\s ne p\vons compr5dre2 et qu'il ait cru1 tant donn le peu dont n\s sommes capables et la faiblesse qui e/ en n\s1 que n\s puissions tre admis p>ticip] la batitude t]nelle ou tre frapps de pe9es qui n'auront pas de f98 ,si1 dans une autre vie1 n\s n'exi/ons plus tels que n\s tions sur la t]re1 ce n'e/ pas n\s qui s5tirons1 qui j\irons4--,il y aurait lieu de lui rpondre1 au nom de la raison huma9e3 ,si les plaisirs que tu n\s promets en l'autre vie1 sont de ceux que n\s avons gts ici-bas1 ils n'ont ri5 de commun avec l'inf9i2 alors que les c9q s5s que n\s t5ons de la nature recevrai5t complte satisfaction1 que notre me pr\v]ait t\t le cont5tem5t qu'elle peut dsir] et espr]1 et n\s savons ce dont elle e/ capable cet g>d1 t\t cela ne s]ait encore ri54 ,s'il demeure quelque *ose de n\s1 il n'y a ri5 de div94 ,si ce n'e/ autre que ce qui e/ le propre de notre condition prs5te1 il n'y a pas en t5ir compte4 ,t\t ce qui n\s tait sujet de cont5tem5t avant notre mort1 e/ mortel comme n\s2 si dans l'autre monde1 retr\vant nos p>5ts1 nos enfants1 nos amis1 cela peut n\s t\*] et n\s tre agrable1 si alors n\s y atta*ons encore du prix1 c'e/ que n\s n'avons cess d'tre s5sibles aux satisfactions t]re/res qui n'ont qu'une dure limite4 ,n\s ne p\vons concevoir dignem5t la gr&eur des hautes et div9es promesses qui n\s ont t faites1 n\s *rti5s1 si n\s en avons une conception quelconque2 p\r les imag9] ce qu'elles sont1 il faut n\s les imag9] inimag9ables1 inexprimables1 incomprh5sibles et ess5tiellem5t autres que celles dont n\s avons fait la misrable expri5ce4 ,l'il ne peut concevoir1 dit sa9t ,paul1 le cur de l'homme ne peut compr5dre le bonheur que ,dieu rs]ve ses lus4 ,si1 p\r n\s en r5dre dignes1 n\s am5dons et trans=mons notre tre1 comme tu supposes1 ,platon1 que cela e/ possible p> les purifications que tu imag9es1 le *angem5t opr doit tre si radical1 si univ]sel1 qu'au po9t de vue physique n\s aurons cess d'tre n\s-mmes3 ,hector tait bi5 ,hector1 alors qu'il vivait et combattait3 mais son cadavre tran p> les *evaux d',a*ille1 ce n'tait plus ,hector 7,ovide72 et ce s]a quelque autre *ose que n\s qui recevra ces rcomp5ses3 ,ce qui *ange e/ diss\s et p> suite prit2 de fait1 les p>ties une fois dsagrges1 il n'y a plus de corps 7,lucrce74 ,p5sons-n\s1 d'aprs la mtempsycose de ,py?agore1 que dans ce passage de l'me d'un corps dans un autre qu'il imag9ait1 le lion en lequel e/ passe l'me de ,cs>1 pr\ve les passions qui animai5t ,cs> et que ce soit lui8 ,si c'tait encore lui1 ceux-l s]ai5t dans le vrai1 qui1 combattant l'op9ion de ,platon sur ce po9t1 lui object5t qu'il p\rrait alors arriv] qu'un fils *evau*t sur sa mre passe dans le corps d'une mule et autres semblables absurdits4 ,p\vons-n\s admettre1 lors mme que ces passages s'effectu]ai5t de corps d'animaux d'une espce en d'autres de mme espce1 que ces d]ni]s ne soi5t pas autres que leurs prdcesseurs8 ,des c5dres d'un phnix nat1 dit-on1 un v]1 et ce v] se trans=me en un autre phnix2 qui peut imag9] que ce second phnix ne soit pas autre que le premi]8 ,les v]s qui produis5t la soie que n\s employons1 on les voit m\rir et se dess*]1 et1 de ce corps1 natre un papillon lequel produit un autre v]1 qu'il s]ait ridicule de considr] comme tant le mme que le prcd5t2 ce qui une fois a cess d'tre1 n'e/ plus4 ,alors mme que le temps rassembl]ait la matire de notre corps aprs qu'il a t diss\s1 et que1 recon/ituant ce corps tel qu'il e/ auj\rd'hui1 il lui r5drait la vie1 cela ne s'appliqu]ait plus n\s du mom5t qu'il y a eu int]ruption dans le c\rs de notre exi/5ce 7,lucrce74--,qu& ailleurs tu dis1 ,platon1 que ce s]a la p>tie spirituelle de l'homme qu'il *]ra de j\ir des rcomp5ses de l'autre vie1 c'e/ l encore une ass]tion t\t aussi peu vraisemblable3 ,de mme l'il arra* de son orbite et sp> du corps1 ne peut plus voir aucun objet 7,lucrce72 p>ce qu'alors ce ne s]a plus l'homme1 ce ne s]a plus n\s p> consqu5t qui en aurons la j\issance1 puisque n\s sommes con/itus de deux pices pr9cipales1 ess5tielles1 dont la sp>ation e/ la mort et la ru9e de notre tre3 ,ds qu'en effet la vie e/ int]rompue1 nos s5s aussitt p]d5t t\te action 7,lucrce74 ,qu& les v]s rong5t ses membres qui p\rvoyai5t son exi/5ce et que la t]re les consume1 e/-ce que n\s disons que l'homme s\ffre8 ,cela ne n\s t\*e pas1 p>ce que n\s sommes un t\t =m de l'union de l'me et du corps 7,lucrce74 ,et puis1 p\rquoi les ,dieux rcomp5s]ai5t-ils ou punirai5t-ils l'homme aprs sa mort2 n'e/-ce pas p> leur volont qu'il a t tel qu'il a t8--,bi5 plus1 sur quoi peuv5t se bas] les dieux p\r1 en bonne ju/ice1 reconnatre et rcomp5s] *ez l'homme1 aprs sa mort1 ses actions bonnes et v]tueuses1 puisque ce sont eux-mmes qui les ont prp>es et produites en lui2 et p\rquoi s'(f5s5t-ils de celles qui sont vicieuses et les puniss5t-ils1 puisque ce sont eux qui l'ont a9si cr sujet les commettre1 alors que d'un cl9 d'il1 s'ils en ont la volont1 ils peuv5t l'emp*] de faillir8 ,cette objection1 picure ne l'oppos]ait-il pas ,platon1 avec gr&e app>5ce de raison huma9e1 si dj lui-mme ne s'tait dgag du dbat1 en posant qu'il e/ impossible d'tablir quelque *ose de c]ta9 sur la nature immortelle1 en pr5ant p\r po9t de d"p la nature mortelle2 mais1 en t\t1 notre raison ne fait que se f\rvoy]1 surt\t lorsqu'elle se mle de devis] des *oses div9es4 ,p\r qui cela e/-il plus vid5t que p\r n\s *rti5s1 bi5 que n\s lui ayons donn p\r se conduire des pr9cipes c]ta9s et infaillibles8 ,quoique n\s clairions ses pas avec le flambeau sacr de la vrit qu'il a plu ,dieu de n\s communiqu]1 ne voyons-n\s pas j\rnellem5t1 p\r peu qu'elle dvie du s5ti] ord9aire1 qu'elle se dt\rne ou s'c>te de la voie trace et battue p> l'glise1 que t\t aussitt1 sans direction et sans b1 elle se p]d1 s'emb>rasse1 s'entrave1 t\rnoyant et flottant sur cette va/e m] tr\ble et ondoyante des op9ions huma9es8 ,ds qu'elle quitte ce gr& *em9 suivi p> t\s1 elle va se divisant et se dissipant p> mille r\tes div]ses4 ,il e/ ridicule de prt5dre connatre ,dieu en pr5ant l'homme p\r t]me de comp>aison4--,l'homme ne peut tre que ce qu'il e/1 et son imag9ation ne peut s'ex]c] que dans les limites de sa porte4 ,c'e/ une plus gr&e prsomption1 dit ,plut>que1 de la "p de ceux qui ne sont que des hommes1 d'entrepr5dre de p>l] et de raisonn] sur les dieux et les demi-dieux1 que de la "p de quelqu'un qui1 ignorant la musique1 veut jug] ceux qui *ant5t2 ou de qui n'ayant jamais t dans les camps1 veut discut] sur les armes et la gu]re1 se croyant1 p>ce qu'il en a quelques lgres notions1 apte compr5dre les effets d'un art qu'il ne connat pas4 ,c'e/ en p>tant de l qu'on a cru l'apais] p> des prires1 des ftes1 des prs5ts et mme p> des sacrifices huma9s4--,l'antiquit crut1 je p5se1 faire quelque *ose propre donn] de l'importance la gr&eur div9e1 en l'app>iant l'homme2 en la dotant de ses facults1 la p>ant de ses belles humeurs et de ses plus honteuses ncessits2 lui (frant nos vi&es mang]2 nos danses1 nos mom]ies et nos f>ces p\r la di/raire2 nos vtem5ts p\r se c\vrir2 nos maisons p\r y log]2 la c>essant p> l'odeur de l'enc5s et les sons de la musique1 lui tressant des guirl&es1 lui composant des b\quets2 et p\r satisfaire1 comme n\s le faisons n\s-mmes1 nos vicieuses passions que n\s lui prtons1 flattant sa ju/ice p> d'inhuma9es v5geances2 la rj\issant p> la ru9e et la dissipation de *oses qu'elle a cres et qui lui doiv5t leur cons]vation1 comme fir5t ,tibrius ,sempronius livrant au feu1 en sacrifice ,vulca91 les ri*es dp\illes et armes qu'il avait enleves l'ennemi1 en ,s>daigne2 ,paul-mile sacrifiant celles de ,macdo9e ,m>s et ,m9]ve2 ,alex&re le ,gr& qui1 arriv l',ocan ,indi51 jeta la m] plusieurs vases d'or de gr&es dim5sions1 en l'honneur de ,?tis1 immolant en outre sur ses autels1 non seulem5t quantit d'animaux innoc5ts1 mais aussi d'hommes1 vritable b\*]ie1 comme il tait dans les c\tumes c\rantes de c]ta9es nations1 de la ntre entre autres2 peut-tre mme n'en e/-il pas une qui soit exempte de s'tre livre cette pratique3 ne saisit quatre jeunes gu]ri]s1 fils de ,sulmone1 et quatre autres n\rris sur les bords de l',uf5s1 p\r les immol] aux mnes de ,pallas 7,virgile74--,les ,gtes se considrai5t comme immortels et1 p\r eux1 m\rir tait simplem5t s'a*em9] v]s leur dieu ,zamolxis4 ,t\s les c9q ans1 ils dp*ai5t v]s lui l'un d'entre eux1 p\r lui dem&] les *oses ncessaires la vie4 ,ce dput tait tir au sort et sa mise en r\te s'effectuait a9si qu'il suit3 ,aprs que ceux auxquels ce so9 tait dvolu1 lui avai5t fait connatre v]balem5t ce dont il avait commission1 trois d'entre eux t5ai5t dresses la po9te en avant1 autant de javel9es1 sur lesquelles les autres1 le saisissant1 le prcipitai5t avec =ce4 ,s'il v5ait s'enf]r] de telle sorte qu'atte9t mortellem5t1 il m\rt sur-le-*amp1 c'tait un signe c]ta9 que leur dieu tait favorablem5t dispos2 s'il en *appait1 c'tait que le messag] tait mauvais1 excrable2 et ils en dp*ai5t un autre en procdant de la mme faon4--,ame/ris1 mre de ,x]xs1 dev5ue vieille1 fit1 en une seule fois1 ensevelir vivants quatorze jeunes g5s des meilleures familles de ,p]se1 suivant les c\tumes religieuses du pays1 p\r se concili] quelque dieu habitant au se9 de la t]re4--,auj\rd'hui encore les idoles de ,!mixtitan se con/ruis5t en cim5tant avec le sang de jeunes enfants les matires qui entr5t dans leur composition1 et elles n'agrent de sacrifice que ceux o ces petits tres sans ta*e s]v5t de victimes2 quelle ju/ice altre du sang de l'innoc5ce6 ,combi5 la sup]/ition a pu conseill] de crimes 7,lucrce76--,les ,c>?ag9ois immolai5t leurs propres enfants ,saturne2 ceux qui n'en avai5t pas1 en a*etai5t1 et le pre et la mre tai5t t5us d'assi/] cet holocau/e et d'y avoir une cont5ance gaie1 tmoignant du cont5tem5t4 ,c'tait une ide trange que de v\loir reconnatre les bonnes grces des cieux en n\s infligeant des s\ffrances1 comme faisai5t les ,lacdmoni5s qui1 p\r tre agrables leur ,diane1 m>tyrisai5t de jeunes g>ons en les faisant f\ett] en son honneur1 p>fois jusqu' la mort4 ,c'tait un s5tim5t b>b>e que de *]*] complaire l'ar*itecte en dtruisant son uvre2 comme aussi1 p\r p>gn] aux c\pables la pe9e qu'ils mritai5t1 de frapp] des innoc5ts1 a9si qu'il arriva dans le port d',aulis cette in=tune ,iphignie1 immole p\r ra*et] p> sa mort les (f5ses que l'arme des ,grecs avait commises env]s les dieux3 ,*a/e et malheureuse victime qui1 au mom5t mme de son hym51 fut sacrifie p> la ma9 crim9elle d'un pre 7,lucrce76--,et les deux ,dcius1 pre et fils1 l'me si belle1 si gnreuse1 allant1 p\r attir] la faveur div9e sur les intrts de ,rome1 se jet] corps p]du au plus pais des ennemis3 ,combi5 gr&e cette iniquit des dieux1 de ne cons5tir tre favorables au peuple roma9 qu'au prix du sang de tels hommes 7,cicron76 ,prt5dre satisfaire la ju/ice div9e en *oisissant soi-mme son expiation1 e/ une drision2 ce n'e/ pas au crim9el fix] le *tim5t qu'il doit subir4--,aj\tons que ce n'e/ po9t au crim9el se faire f\ett]1 qu& et dans la mesure o cela lui convi5t2 c'e/ au juge d'en ordonn]1 en ne t5ant compte dans le *tim5t que de la pe9e que lui-mme a prescrite et ne considrant pas comme telle1 celle que le c\pable s'e/ impose de son ple9 gr4 ,la v5geance div9e1 dans sa ju/ice et p\r notre punition1 consi/e dans le s\v]a9 dplaisir qu' t\s g>ds elle prvoit devoir n\s caus]4--,combi5 ridicule cette s+ulire ide qu'eut ,polycrate1 tyran de ,samos1 qui1 p\r rompre et comp5s] son bonheur p]si/ant1 jeta la m] le plus prcieux de ses joyaux1 celui auquel il t5ait le plus1 e/imant p> ce malheur librem5t cons5ti1 satisfaire aux vicissitudes et dj\] les alt]natives de la =tune2 p\r se moqu] de lui1 le de/9 v\lut que ce mme joyau1 tr\v dans le v5tre d'un poisson1 revnt entre ses ma9s4--,de quelle utilit p\vait tre aux ,corybantes et aux ,mnades de se d*ir] le corps et de se mettre en pices8 ,et1 de notre temps1 quoi s]t c]ta9s ,mahomtans de se balafr] le visage1 l'e/omac1 les membres1 p5sant r5dre a9si hommage leur prophte8 ,l'(f5se rside dans la volont et non dans la poitr9e1 les yeux1 les p>ties gnitales1 notre embonpo9t1 nos paules ou notre gosi] auxquels on s'en pr5d3 ,tel e/ le tr\ble de leur esprit que1 mis hors d'eux p> le dlire1 ils p5s5t apais] les dieux en surpassant t\tes les cruauts des hommes 7,s4 ,augu/974--,l'tat physique que n\s t5ons de la nature1 importe p> l'usage que n\s en faisons1 non seulem5t n\s1 mais aussi au s]vice de ,dieu et celui de notre pro*a94 ,n\s n'avons pas le droit de le compromettre sciemm5t1 comme p> exemple de n\s tu] s\s quelque prtexte que ce soit4 ,ce semble une gr&e l*et et une trahison que de pr(an] et dgrad] les fonctions du corps1 p> elles-mmes inconsci5tes et dp5dantes de l'me1 p\r p>gn] celle-ci de les dirig] avec t\te la sollicitude que comporte la raison3 ,de quoi p5s5t-ils que les dieux s'irrit5t1 ceux qui p5s5t les apais] a9si8444 ,des hommes ont t *trs p\r s]vir aux plaisirs des rois1 mais jamais esclave ne s'e/ mutil lui-mme1 lorsque son matre lui comm&ait de ne plus tre homme 7,s4 ,augu/91 d'aprs ,snque74 ,c'e/ a9si que les anci5s avai5t introduit dans leur religion plusieurs pratiques condamnables3 ,autrefois1 c'tait la religion qui1 le plus s\v5t1 inspirait le crime et l'impit 7,lucrce74 ,il n'e/ pas mo9s ridicule de jug]1 d'aprs n\s1 de la puissance et des p]fections de ,dieu1 et de croire que c'e/ notre int5tion qu'il a fait les lois qui rgiss5t le monde4--,ri5 de ce qui e/ en n\s1 ne peut tre assimil ou attribu1 de quelque faon que ce soit1 la nature div9e sans la ta*] et la m>qu] d'autant d'imp]fection4 ,comm5t cette beaut1 cette puissance1 cette bont inf9ies peuv5t-elles1 sans en pr\v] un prjudice extrme1 sans d*oir de leur div9e gr&eur1 s\ffrir une relation1 une ressemblance quelconque avec la *ose si abjecte que n\s sommes8 ,dieu faible1 e/ plus =t que l'homme dans t\te sa =ce2 sa folie e/ plus sage que notre sagesse 7,s4 ,paul74 ,/ilpon le philosophe1 auquel on dem&ait si les dieux se rj\issai5t des honneurs que n\s leur r5dons et des sacrifices que n\s leur faisons1 rpondait3 ,v\s tes indiscrets2 mettons-n\s l'c>t1 si n\s v\lons trait] ce sujet4 ,et cep5dant n\s lui assignons des limites cette nature div9e1 n\s re/reignons sa puissance en lui prtant notre manire de raisonn] 7j'ent5ds p> l nos rv]ies et nos songes1 comme le compr5d la philosophie lorsqu'elle dit3 le f\ lui-mme1 le m*ant ont leur raison qu& ils sont hors de s5s1 mais c'e/ une raison de =me p>ticulire72 n\s v\lons la s\mettre ce que conoit notre esprit si frivole et si faible elle qui n\s a crs1 n\s et ce que n\s savons4--,p>ce que ri5 ne se fait de ri51 ,dieu n'aurait pu crer le monde avec ri56 ,eh quoi1 a-t-il donc mis en nos ma9s les clefs et les d]ni]s ressorts de sa puissance1 et s'e/-il engag ne pas dpass] les bornes de notre sci5ce8 ,admettons1 homme1 que tu aies pu saisir ici-bas quelques traces de ce qu'il a fait2 p5ses-tu qu'il y ait mis t\t ce dont il e/ capable1 employ t\tes les =mes qu'il e/ susceptible de lui donn]1 puis t\tes les ides qu'il en peut avoir8 ,tu ne vois que l'ordre et la rgle qui rgn5t en ce petit caveau o tu es log1 si encore tu les vois2 mais sa div9it a une juridiction qui s't5d bi5 au del1 l'inf9i2 et1 auprs de cet inf9i1 l'espace que tu embrasses n'e/ ri53 ,le ciel1 la t]re1 la m] pris ensemble1 ne sont ri5 ct de l'univ]salit du gr& t\t 7,lucrce74 ,la loi que tu invoques1 e/ une loi qui n'a trait qu' la sphre o tu vis2 tu ne connais pas la loi qui e/ de rgle univ]selle4--,occupe-toi de ce qui te conc]ne et non de lui2 il n'e/ ni ton confrre1 ni ton concitoy51 ni ton compagnon4 ,s'il s'e/ quelque peu communiqu toi1 ce n'e/ pas p\r se raval] ta petitesse1 ni p\r que tu contrles son p\voir2 le corps huma9 ne peut vol] dans les nues1 cette communication qui t'e/ faite ne s't5d pas au del de ce que tu es mme de compr5dre4 ,le soleil accomplit sans arrt sa t*e ord9aire2 les bornes de la m] et de la t]re ne peuv5t se confondre2 l'eau e/ mobile et n'(fre pas de rsi/ance2 un mur ne peut1 sans effraction1 tre pntr p> un corps solide2 l'homme ne peut cons]v] la vie dans les flammes2 il ne peut1 en corps1 tre la fois au ciel1 sur la t]re et en mille lieux div]s2 mais ces rgles1 c'e/ p\r toi que ,dieu les a faites1 c'e/ toi seul qu'elles 99 li5t4 ,lui-mme a f\rni aux ,*rti5s la preuve qu'aucune ne l'a arrt qu& il lui a plu de la fran*ir4 ,et1 en vrit1 p\rquoi1 t\t-puissant comme il l'e/1 aurait-il assign une limite sa =ce2 en faveur de qui et-il r5onc ce privilge8 ,non seulem5t ces rgles s'appliqu5t notre monde mais d'autres encore qui1 vraisemblablem5t1 exi/5t en nombre inf9i et probablem5t bi5 diffr5ts de celui-ci4--,ta raison ne semble1 sur aucun po9t1 tre plus dans le vrai1 tre plus fonde p5s] a9si qu'elle le fait1 que lorsqu'elle te laisse entrevoir la pluralit des mondes3 ,la t]re1 le soleil1 la lune1 la m] et t\t ce qui e/1 ne sont po9t uniques en leur g5re3 ils sont en nombre inf9i 7,lucrce74 ,les plus fameux esprits des temps passs l'ont cru et quelques-uns mme p>mi n\s1 cdant en cela aux app>5ces selon la raison huma9e2 d'autant que1 dans cet difice que n\s avons s\s les yeux1 il n'y a ri5 d'isol et qui soit seul de son espce3 ,il n'y a pas1 dans la nature1 d'tre qui n'ait son semblable1 qui naisse et qui croisse isol 7,lucrce74 ,t\tes les espces sont en nombre plus ou mo9s v>i1 ce qui r5d invraisemblable que ce monde soit le seul ouvrage que ,dieu ait fait sans lui donn] de compagnon et que la matire qui a s]vi le faire1 ait t puise en cet unique exemplaire4 ,on e/ donc =c de conv5ir qu'il s'e/ fait encore ailleurs des agglomrations de matires1 semblables celles que l'!r embrasse dans son va/e cont\r 7,lucrce71 surt\t si cet ouvrage porte en lui la vie comme ses m\vem5ts le f]ai5t croire1 au po9t que ,platon l'affirme et que plusieurs des ntres ou le confirm5t ou n'os5t s\t5ir le contraire4 ,ne p>at pas davantage invraisemblable cette op9ion des temps anci5s que le ciel1 les toiles et les autres p>ties de l'univ]s sont composs d'un corps et d'une me1 mortels quant aux lm5ts qui entr5t dans leur composition1 mais immortels p> la volont du ,crateur4--,or1 s'il y a plusieurs mondes1 comme le p5sai5t ,dmocrite1 picure et presque t\s les philosophes1 savons-n\s si les pr9cipes et les rgles qui prsid5t au ntre sont les mmes dans les autres8 peut-tre leur physionomie et leur con/itution sont-elles autres2 picure les admet semblables1 aussi bi5 que dissemblables4 ,en celui-ci1 n\s voyons une inf9it de v>its des plus div]ses1 p> le seul fait de la di/ance qui sp>e les lieux o elles se r5contr5t3 dans le n\veau co9 de t]re que nos pres vi5n5t de dc\vrir1 on ne tr\ve ni bl1 ni v91 ni aucun de nos animaux1 t\t y e/ autre2 voyez1 aux temps passs1 dans combi5 de p>ties du monde on ne connaissait ni ,bac*us1 ni ,crs4--,a en croire ,pl9e et ,hrodote1 il exi/e en c]ta9s endroits des hommes qui n\s ressembl5t =t peu2 dans d'autres1 leur con=mation bt>de et mal df9ie p>ticipe de l'tre huma9 et de la bte4 ,il y aurait des contres o les hommes naiss5t sans tte1 ayant les yeux et la b\*e la poitr9e2 d'autres o *acun runit en lui les deux sexes2 d'autres o ils m>*5t quatre pattes2 d'autres o ils n'ont qu'un il au milieu du front et la tte ressemblant plus celle du *i5 qu' la ntre2 d'autres o la p>tie infrieure de leur corps ti5t de celle d'un poisson et qui viv5t dans l'eau2 d'autres o ils ont la tte si dure1 la peau du front si rsi/ante que le f] ne peut y mordre et s'm\sse dessus2 d'autres o les femmes acc\*5t c9q ans et meur5t huit2 d'autres o les hommes n'ont pas de b>be2 dans d'autres1 l'usage du feu e/ inconnu2 il en e/ o le sp]me e/ de c\leur noire2 dans d'autres encore1 l'homme se trans=me naturellem5t en l\p1 en jum5t1 puis r$evi5t homme4 ,si ces ass]tions sont exactes et si1 comme le dit ,plut>que1 en quelques endroits des ,indes1 il y a des hommes qui n'ai5t pas de b\*e et se n\rriss5t en respirant c]ta9es odeurs1 combi5 d'erreurs exi/]ai5t dans nos descriptions de l'espce huma9e8 ,si ce ne sont pas l des plaisant]ies1 ces hommes ne doiv5t probablem5t ni tre d\s de raison1 ni capables de vivre en socit2 en t\t cas1 les rgles de notre organisation intrieure1 les causes qui y ont am51 ne saurai5t p\r la plup>t leur tre applicables4 ,les rgles que n\s avons cru dduire de la nature1 sont sans cesse dm5ties p> les faits2 t\t e/ obscurit et d\te4 ,div]sit des op9ions sur le monde et sur la nature4--,combi51 en outre1 y a-t-il de *oses que n\s connaissons qui vont l'encontre de ces belles rgles que n\s-mmes avons traces et que n\s prtons la nature8 ,et n\s v\drions y s\mettre ,dieu lui-mme6 ,combi5 de *oses sont dites miraculeuses et contre nature1 et cela p> *aque homme1 p> *aque nation d'aprs son degr d'ignorance8 ,combi5 auxquelles n\s dc\vrons des proprits my/rieuses et au-dessus de t\t ce que n\s supposons p\voir tre6 c> all] suivant la nature n'e/ autre qu'all] suivant notre intellig5ce1 dans la limite o elle peut compr5dre et o n\s y voyons clair2 ce qui dpasse1 n\s le t5ons p\r mon/rueux et contraire l'ordre normal4 ,a ce compte1 t\t s]ait donc mon/rueux p\r les plus aviss et les plus habiles2 c> ce sont eux auxquels la raison huma9e a donn la conviction qu'elle-mme n'a ni base1 ni fondem5ts quels qu'ils soi5t1 non seulem5t p\r assur] que la neige e/ blan*e1 alors qu',anaxagoras la disait noire1 mais p\r affirm] si quelque *ose exi/e ou si ri5 n'exi/e2 si la sci5ce e/1 ou si t\t e/ ignorance1 ce que ,metrodorus de ,*io refusait l'homme de p\voir tran*]2 si mme n\s vivons1 impuissante qu'elle e/ n\s tir] de ce d\te qu'exprime ,euripide1 non sans app>5ce de raison3 ,la vie que n\s vivons e/-elle la vie1 ou e/-ce ce que n\s appelons la mort qui e/ la vie8 ,p\rquoi en effet prt5dons-n\s tre1 qu& cela ne dure qu'un in/ant qui n'e/ qu'un clair dans le c\rs inf9i d'une nuit t]nelle1 int]ruption bi5 c\rte de notre condition naturelle et p]ptuelle1 la mort occupant t\t ce qui prcde1 t\t ce qui suit ce mom5t et mme une bonne p>tie de cet in/ant8--,d'autres affirm5t que le m\vem5t n'exi/e pas1 que t\t e/ immobile1 comme le prt5d5t ceux qui sont de l'cole de ,mlissus3 s'il n'y a qu'un monde1 dis5t-ils1 ni le m\vem5t de rotation1 ni le m\vem5t de translation que n\s lui supposons1 ne saurai5t avoir d'utilit1 comme le pr\ve ,platon4--,d'autres p5s5t qu'il n'y a ni gnration1 ni corruption dans la nature4--,au dire de ,protagoras1 le d\te seul y subsi/e2 sur t\t1 on e/ galem5t fond discut]1 mme sur cette ass]tion que t\t e/ galem5t discutable4--,nausiphane 99 dit que les *oses qui p>aiss5t tre1 ne sont pas1 pas plus qu'elles ne sont2 que ri5 n'e/ c]ta9 que l'inc]titude2--,p>mnide1 qu'il semble que d'une faon gnrale1 ri5 n'exi/e1 sauf un tre unique2--,znon1 qu'un tre unique n'exi/e mme pas et qu'il n'y a ri54 ,si un tre unique exi/ait1 dit-il1 il s]ait en un autre ou en lui-mme2 s'il tait en un autre1 ils s]ai5t deux2 s'il tait en lui-mme1 ils s]ai5t encore deux3 le cont5ant et le cont5u4--,la conclusion de t\s ces dogmes e/ que t\te *ose dans la nature n'e/ qu'une ombre ou fausse ou va9e4 ,la puissance div9e ne peut tre df9ie p> aucun langage huma91 dont l'imp]fection e/ la cause de t\tes les erreurs et de t\tes les conte/ations qui se produis5t4--,il m'a t\j\rs sembl que1 de la "p d'un *rti51 dire3 ,dieu ne peut m\rir2 ,dieu ne peut se ddire2 ,dieu ne peut faire ceci ou cela1 e/ une faon de p>l] absolum5t indiscrte et irrvr5cieuse4 ,je tr\ve mauvais d'enclore a9si la puissance div9e p> les t]mes que n\s employons2 et ce que n\s v\lons r5dre1 qu& n\s p>lons a9si1 il le faudrait exprim] plus respectueusem5t et plus religieusem5t4 ,notre langage a ses faiblesses et ses dfauts1 comme t\tes *oses3 la plup>t des tr\bles de ce monde ont p\r orig9e des subtilits de grammairi5s2 nos procs ne naiss5t que des discussions eng5dres p> l'int]prtation des lois2 la plup>t des gu]res1 de notre impuissance avoir su exprim] clairem5t les conv5tions et les traits conclus p> les pr9ces entre eux4 ,combi5 de qu]elles1 et qu]elles importantes1 sont rsultes dans le monde enti]1 du d\te auquel prte le s5s de cette seule syllabe ,hoc6--,pr5ons une t\rnure de phrase que la logique mme indique comme de la plus gr&e cl>t2 si v\s dites3 ,il fait beau temps1 et que v\s disiez la vrit1 c'e/ que le temps e/ beau4 ,c'e/ l une =me de langage prcise2 elle e/ cep5dant encore sujette n\s induire en erreur2 si1 en effet1 p\rsuivant notre dmon/ration1 v\s dites3 ,je m5s1 et que v\s disiez vrai1 v\s m5tez4 ,dans l'une et l'autre de ces deux phrases1 la con/ruction1 la raison1 la =ce de la conclusion sont les mmes1 et p\rtant v\s voil emptrs p>ce qu'elles prs5t5t deux dductions contraires4 ,cela met les philosophes de l'cole de ,pyrrhon dans l'impossibilit d'employ] notre manire de p>l] p\r exprim] le d\te qui1 en t\tes *oses1 e/ leur rgle4 ,il leur faudrait une autre langue2 la ntre1 entirem5t compose de propositions affirmatives1 e/ t\t fait oppose leur doctr9e1 si bi5 que lorsqu'ils dis5t3 ,je d\te1 on les pr5d aussitt la gorge1 p\r leur faire av\] qu'au mo9s ils sav5t et assur5t une *ose1 c'e/ qu'ils d\t5t4 ,si bi5 que1 p\r se dgag] de cette objection1 on les a contra9ts1 empruntant la mdec9e cette comp>aison sans laquelle ils ne p\rrai5t expliqu] leur situation d'esprit1 conv5ir que lorsqu'ils dis5t3 ,j'ignore1 ou3 ,je d\te1 cette ass]tion e/ lie au re/e de la proposition et disp>at avec elle1 absolum5t comme la rhub>be qui *asse du corps les mauvaises humeurs et e/ emporte avec et en mme temps qu'elles4 ,cette mme ide e/ plus exactem5t r5due p> cette phrase int]rogative3 ,que sais-je8 qu'accompagne d'une balance1 j'ai prise comme devise4 ,c'e/ p> suite de cette mme imp]fection que n\s disons qu'il y a des *oses impossibles ,dieu4--,voyez combi5 dans les discussions actuelles sur notre religion1 on se prvaut de cette manire de p>l] ple9e d'irrvr5ce que je condamne4 ,si v\s pressez trop vos adv]saires1 ils v\s diront sans hsitation qu'il n'e/ pas en la puissance de ,dieu de faire que son corps soit la fois au p>adis1 sur la t]re et en div]s lieux6 ,comme en a fait son pr(it cet auteur de l'antiquit qui aime tant raill]3 ,aussi1 dit-il1 quelle consolation p\r l'homme de voir que ,dieu ne peut pas t\t2 c>1 lors mme qu'il le v\drait1 il ne peut se tu]1 ce qui e/ le plus gr& privilge que n\s ayons dans notre condition2 il ne peut faire que les mortels soi5t immortels1 ni que les morts ne soi5t pas morts2 non plus que celui qui a vcu1 n'ait pas vcu2 que quiconque a reu des honneurs1 ne les ait po9t reu2 il n'a d'autre action sur le pass1 que l'oubli2 et1 affirmant ce rappro*em5t de l'homme et de ,dieu p> des exemples plutt plaisants1 il ne peut faire1 aj\te-t-il1 que deux fois dix ne fass5t pas v+t4 ,a9si p>le cet auteur qu'un *rti5 devrait vit] d'imit]1 t&is qu'au contraire il semble que1 dans son orgueil1 l'homme re*]*e ce langage aussi prt5tieux qu'ins5s p\r ram5] ,dieu sa propre mesure3 ,que dema9 le ,pre des dieux c\vre le ciel de nuages ou fasse respl5dir le soleil dans un air pur1 il ne peut faire que ce qui a t n'ait po9t t ni dtruire ce que l'heure qui fuit a emport sur son aile 7,horace74 ,qu& n\s disons que l'inf9it des sicles1 tant passs qu' v5ir1 ne reprs5te p\r ,dieu qu'un in/ant2 que sa bont1 sa sagesse1 sa puissance sont dans son ess5ce mme1 c'e/ notre b\*e qui p>le1 mais notre intellig5ce ne compr5d ce qu'elle dit4 ,notre outrecuidance ne n\s a-t-elle pas ports le faire notre image1 alors que t\te conception son sujet n\s e/ impossible4--,dans notre outrecuidance1 n\s v\lons s\mettre la div9it notre exam52 de l1 t\tes ces rv]ies1 t\tes ces erreurs rp&ues dans le monde1 qui met dans sa balance et pse des *oses p\r lesquelles les poids dont il dispose sont si insuffisants3 ,il e/ tonnant de voir jusqu'o va l'arrogance du cur huma9 aprs le plus petit succs 7,pl9e74 ,avec quelle rudesse et quel mpris les ,/oci5s critiqu5t picure de ce qu'il avance que ,dieu seul e/ l'tre vritablem5t bon et heureux1 et que le ,sage n'a de ces attributs que l'ombre et l'app>5ce6 ,avec quelle tmrit ils s\mett5t ,dieu au de/96 ,puisse1 p>mi ceux qui se dis5t *rti5s1 ne pas s'en tr\v] qui fass5t de mme6 ,de leur ct1 ,?als1 ,platon et ,py?agore l'ass]viss5t la ncessit4--,cette prt5tion de v\loir n\s r5dre compte de ce que c'e/ que ,dieu1 a conduit un de nos gr&s docteurs lui attribu] un corps2 ce qui e/ cause qu'il n\s arrive de faire1 t\s les j\rs1 remont] lui les vnem5ts importants d'un ordre p>ticuli]4 ,qu& ils sont p\r n\s d'une c]ta9e gravit1 il semble qu'il doit en tre de mme p\r lui1 et qu'il doit y reg>d] davantage et avec plus d'att5tion que lorsqu'ils n\s t\*5t mo9s ou ne sont que de peu de consqu5ce3 ,les dieux s'occup5t des gr&es *oses et nglig5t les petites 7,cicron74 ,p\rsuivez et v\s v]rez o v\s conduit ce raisonnem5t3 ,les rois eux-mmes ne desc5d5t pas dans les dtails infimes du g\v]nem5t 7,cicron71 comme si1 ce roi1 il en cotait davantage de remu] un empire que la feuille d'un arbre2 comme si sa provid5ce s'ex]ait d'une faon autre1 qu'elle rgle la conduite d'une bataille ou le saut d'une puce4 ,son mode de g\v]nem5t se prte t\t1 s'ex]ce sur t\t de la mme manire1 avec la mme =ce1 le mme ordre2 notre intrt n'y e/ p\r ri51 nos m\vem5ts1 nos dispositions n'y font ri53 ,dieu1 si p>fait ouvri] dans les gr&es *oses1 ne l'e/ pas mo9s dans les petites 7,s4 ,augu/974--,notre arrogance n\s ramne t\j\rs cette assimilation qui e/ un blasphme4 ,p>ce que nos occupations n\s sont une *>ge1 ,/raton en affran*it les dieux d'une faon absolue1 t\t comme il en e/ ici-bas de leurs prtres4 ,suivant lui1 c'e/ la nature qui produit t\t et en assure la cons]vation2 les div]s lm5ts dont le monde e/ compos1 se ma9ti5n5t en v]tu de leur propre m\vem5t1 et l'homme n'a plus cra9dre de jugem5t div9 p>ce qu'un tre heureux et t]nel n'a po9t de pe9e et n'en fait p]sonne 7,cicron74 ,du fait qu'il e/ dans l'ordre de la nature qu'entre t\tes *oses subsi/e un rapport con/ant1 le nombre inf9i des mortels comporte un p>eil nombre d'immortels1 l'inf9it des *oses qui tu5t et ru95t en prsuppose autant qui cons]v5t et sont de pr(it4 ,enf91 il e/ime que les mes des dieux1 sans avoir beso9 de langue1 d'yeux1 d'oreilles1 s5t5t *acune ce que l'une d'elles ress5t et jug5t nos p5ses a9si qu'il arrive aux mes des huma9s qui1 lorsqu'elles sont libres et mancipes de t\te solid>it avec le corps soit p> le sommeil1 soit p>ce qu'elles sont tombes en extase1 dev95t1 prono/iqu5t et voi5t des *oses qui leur demeur5t ca*es tant qu'elles sont lies aux corps4--,dev5us f\s1 dit sa9t ,paul1 en croyant tre sages1 n\s avons trans=m la gloire de ,dieu qui e/ incorruptible1 en limage de l'homme qui n'e/ que corruption4 ,incapables de crer quoi que ce soit1 n\s sommes arrivs faire des dieux la d\za9e4--,voyez quelle *>latan]ie dploye dans ces difications de l'antiquit3 ,aprs les pompes d'un gr& et sup]be s]vice funbre1 au mom5t o le feu1 gagnant le haut de la pyramide1 atteignait le lit sur lequel tait plac le trpass1 on laissait *app] un aigle qui s'levait dans les airs1 symbolisant l'me du dfunt montant en p>adis4 ,n\s avons1 reprs5tant cette scne1 mille mdailles1 notamm5t une de cette honnte femme qu'tait ,fau/9e1 o l'aigle e/ figur emportant v]s le ciel ces mes difies campes calif\r*on sur ses ailes4 ,c'e/ piti de voir comme n\s n\s v]tuons n\s tromp] n\s-mmes p> nos s+]ies et nos inv5tions3 ,ils r$\t5t ce qu'eux-mmes ont inv5t 7,luca971 comme les enfants qui s'effrai5t de la figure de leur cam>ade qu'eux-mmes ont b>b\ill et noirci3 ,quoi de plus malheureux que l'homme esclave des *imres qu'il s'e/ faites 7,pl9e76--,c'e/ bi5 lo9 d'honor] celui qui n\s a crs1 que d'honor] celui que n\s avons fait4 ,augu/e eut plus de temples que ,jupit]1 ils fur5t frqu5ts avec autant de dvotion et aussi rputs p> leurs miracles4 ,les ,?asi5s1 p\r reconnatre les bi5faits qu'ils avai5t reu d',agsilas1 v9r5t lui dire qu'ils l'avai5t plac au rang des dieux3 ,puisque votre nation1 leur rpondit-il1 a le p\voir de faire dieu qui bon lui semble1 faites-en un de l'un de v\s1 p\r que je voie2 puis1 qu& j'aurai vu comm5t il s'en tr\ve1 je v]rai si j'ai de gr&s rem]ciem5ts v\s adress] p\r votre (fre4--,que l'homme e/ donc ins5s6 il ne saurait crer un ciron1 et il fait des dieux la d\za9e6 c\tez ,trismgi/e faisant l'loge de ce dont n\s sommes capables3 ,p>mi les *oses admirables1 il en e/ une qui les dpasse t\tes1 c'e/ que l'homme ait pu dc\vrir la nature div9e et imag9] en quoi elle consi/e4 nonc de quelques argum5ts mis en avant p\r dt]m9] la nature de ,dieu4--,voici ce sujet quelques-uns des argum5ts ayant c\rs dans les coles de philosophie1 auxquelles seules il e/ donn de connatre les dieux et les puissances cle/es1 ou de savoir qu'il e/ impossible de les connatre 7,luca973 ,si ,dieu e/1 c'e/ un tre anim2 si c'e/ un tre anim1 il a des s5s2 s'il a des s5s1 il e/ sujet la corruption4 ,s'il n'a pas de corps1 il n'a pas d'me1 p> consqu5t il ne peut ri52 et s'il a un corps1 il e/ prissable4 ,voil bi5 vraim5t un raisonnem5t premptoire1 triomphant de t\te objection6--,n\s sommes incapables d'avoir fait le monde1 il y a donc quelque nature suprieure la notre1 qui y a mis la ma94--,ce s]ait une sotte arrogance que de n\s e/im] la crature la plus p>faite de cet univ]s2 il y a donc quelque *ose de meilleur que n\s1 ce quelque *ose c'e/ ,dieu4--,qu& v\s voyez une ri*e et pompeuse demeure1 alors mme que v\s ne savez pas qui en e/ le matre1 v\s ne dites pas qu'elle a t faite p\r des rats2 ne devons-n\s pas croire de mme que cette div9e con/ruction qu'e/ le palais cle/e1 e/ l'habitation de quelque matre plus gr& que n\s8--,celui qui e/ l'*elon suprieur1 n'e/-il pas t\j\rs le plus lev en dignit8 or1 n\s sommes au plus bas4--,ri51 sans me ni raison1 ne saurait produire un tre capable de raison et susceptible de donn] la vie2 le monde n\s produit1 donc il a me et raison4--,*aque fraction de n\s-mmes e/ mo9dre que n\s-mmes2 n\s sommes une fraction du monde1 le monde e/ donc d\ de sagesse et de raison1 et ce1 un degr suprieur n\s4--,c'e/ une belle *ose que d'avoir un gr& g\v]nem5t2 le monde1 s\s ce rapport1 tmoigne donc de l'excell5ce du pr9cipe qui prside ses de/9es4--,les a/res ne n\s nuis5t pas1 la bont e/ donc au nombre de leurs qualits4--,n\s avons beso9 de n\rriture1 les dieux sont donc dans le mme cas2 ils se n\rriss5t des vapeurs de l'atmosphre4--,les bi5s de ce monde ne sont pas des bi5s aux yeux de ,dieu1 il doit donc en tre de mme nos yeux4--,qui en (f5se un autre1 qui se tr\ve (f5s p> autrui1 font un gal degr preuve d'imp]fection2 c'e/ donc folie de r$\t] ,dieu4--,dieu e/ bon p> nature1 l'homme ne l'e/ qu'en s'y appliquant1 ce qui con/itue en lui une supriorit4--,la sagesse div9e et la sagesse huma9e ne se di/+u5t que p>ce que la premire e/ t]nelle2 or une dure plus ou mo9s gr&e n'aj\te ri5 la sagesse1 n\s allons donc de pair sur ce po9t4--,n\s possdons la vie1 la raison1 la lib]t2 n\s apprcions la bont1 la *>it1 la ju/ice1 ces qualits app>ti5n5t donc ,dieu4--,en somme1 c'e/ l'homme qui admet ou rejette l'exi/5ce de ,dieu1 qui imag9e les conditions de cette exi/5ce qu'il modle sur lui-mme2 quel patron et quel modle6 tire les qualits huma9es1 donne-leur de l'lvation et de la gr&eur autant qu'il te plaira1 enfle-toi1 pauvre homme1 enfle-toi encore1 encore et encore1 enfle-toi en crev]1 tu n'en appro*]as t\j\rs pas 7,horace74 ,les hommes croyant p5s] ,dieu1 dont ils ne peuv5t avoir une ide1 p5s5t eux-mmes2 c'e/ eux1 et non pas lui1 qu'ils le comp>5t 7,s4 ,augu/974 ,dans ce qui relve de la nature1 les effets ne dp5d5t qu' moiti des causes2 dans le cas prs5t1 la div9it ne relve pas d'elle1 elle e/ trop haut place1 trop lo9 de n\s1 trop suprieure t\t ce que n\s p\vons imag9]1 p\r que nos conclusions l'atteign5t et ai5t action sur elle2 ce n'e/ pas p> n\s-mmes que n\s arriv]ons dml] une telle "q1 la r\te qu'il n\s e/ donn de suivre e/ trop en contre-bas2 du sommet du mont ,c5is au ciel il y a p\r n\s aussi lo9 que si n\s tions au fond de la m]2 si v\s v\lez en jug]1 consultez votre a/rolabe4 ,on allait jusqu' admettre c\ramm5t que les dieux p\vai5t entr] en rapport intime avec la femme4--,on va mme jusqu' faire entr] ,dieu en rapports *>nels avec la femme2 cela s'e/ prs5t frquemm5t et dans t\s les temps3 ,paul9e1 femme de ,saturn9us1 dame roma9e de haute rputation1 croyant c\*] avec le dieu ,srapis1 se 99 tr\va1 p> la conniv5ce des prtres du temple1 tomb] dans les bras d'un de ses admirateurs pris d'am\r p\r elle4--,v>ron1 le plus spirituel et le plus savant des auteurs lat9s1 crit dans ses ouvrages de ?ologie que le dess]vant du temple d',h]cule1 jetant les ds1 d'une ma9 p\r lui1 de l'autre p\r son dieu1 j\a contre celui-ci un s\p] et une fille galante4 ,s'il gagnait1 les (fr&es des fidles devai5t en faire les frais2 s9on1 c'tait ses dp5s3 il p]dit et paya le s\p] et la fille4 ,cette d]nire1 qui s'appelait ,laur5t9e1 vit p5dant la nuit le dieu dans ses bras1 et celui-ci lui dit que le premi] qu'elle r5contr]ait le l5dema91 l'indemnis]ait dans la mesure de ce qu'elle tait en droit d'att5dre1 le ciel s'intressant elle4 ,celui qu'elle r5contra fut un jeune homme de gr&e =tune du nom de ,t]uncius qui la m5a *ez lui et1 dans la suite1 la fit son hritire4 ,a son t\r1 p5sant faire une *ose agrable son dieu1 elle lgua ses bi5s au peuple roma91 ce qui fit qu'on lui concda les honneurs div9s4--,platon desc5dait des dieux p> une d\ble filiation1 qui t\tes deux remontai5t ,neptune2 cela n'a pas suffi3 ,on t5ait p\r c]ta9 ,a?nes qu',ari/on1 m>i de la belle ,p]ictione1 v\lant entr] en rapport intime avec elle1 n'y p>v9t pas et que1 dans un songe1 ,apollon l'av]tit de la respect] et de la laiss] intacte1 jusqu' ce qu'elle et acc\*2 c'e/ a9si que ,platon s]ait v5u au monde4--,combi5 les religions anci5nes prs5t5t-elles d'hi/oires semblables de pauvres huma9s tromps p> les dieux1 et combi5 de m>is sont reprs5ts victimes de p>eil outrage1 p\r rehauss] l'enfant en lui attribuant une orig9e div9e4--,*ez les ,mahomtans1 la croyance populaire admet la naissance d'enfants sans pre1 conu en esprit1 auxquels1 p> l'int]v5tion div9e1 des vi]ges donn5t le j\r2 on les dsigne s\s le nom de ,m]l9s qui1 en leur langue1 a cette signification4 ,n\s avons fait ,dieu notre image p>ce que n\s n\s imag9ons tre la p]fection4--,notons que *aque tre n'a ri5 de plus *] ni qu'il e/ime davantage que lui-mme3 le lion1 l'aigle1 le dauph9 ne pris5t ri5 au-dessus de leur espce1 et *acun juge des qualits qu'il con/ate en t\tes *oses d'aprs les si5nes4 ,ces qualits que n\s possdons1 n\s p\vons les suppos] plus ou mo9s gr&es1 mais c'e/ t\t2 et1 en dehors de cette possibilit1 tant donn que n\s ne p\vons en imag9] qui ne sont po9t et dont n\s puissions dot] la div9it1 il n'y a pas sortir de l et pass] outre2 d'o ces conclusions qu'ont mises les anci5s3 ,de t\tes les =mes1 la plus belle e/ celle de l'homme2 ,dieu doit donc avoir cette =me4--,nul ne peut tre heureux1 s'il e/ v]tueux2 tre v]tueux1 s'il n'e/ d\ de raison2 et la raison ne p\vant avoir son sige que dans une tte organise comme celle de l'homme1 ,dieu p> suite doit galem5t avoir mme visage que n\s3 ,c'e/ une habitude et un prjug de notre esprit1 qui fait que n\s ne p\vons p5s] ,dieu1 sans n\s le reprs5t] s\s la =me huma9e 7,cicron74--,a cela ,xnophane objectait plaisamm5t que si les animaux se =g5t des dieux1 comme il e/ croire qu'ils le font1 ils doiv5t c]ta9em5t1 eux aussi1 les concevoir semblables eux1 devant s'e/im]1 comme n\s le faisons n\s-mmes1 les *efs-d'uvre de la cration4 ,c> p\rquoi un oison ne dirait-il pas3 ,t\t ce dont se compose l'univ]s e/ mon usage3 la t]re me s]t m>*]1 le soleil m'clair]1 les toiles prsid5t ma de/9e2 je tire tel avantage des v5ts1 tel autre des eaux2 il n'e/ ri5 que la vote cle/e ne considre plus favorablem5t que moi1 je suis le favori de la nature6 ,l'homme ne me soigne-t-il pas8 il me loge1 il e/ mon s]viteur2 c'e/ p\r moi qu'il sme et fait ses m\tures2 s'il me mange1 ne mange-t-il pas aussi l'homme son semblable1 et moi-mme e/-ce que je ne mange pas les v]s qui le tu5t et le mang5t lui aussi8 ,une grue e/ en droit d'en dire autant et mme plus encore1 c> elle a la lib]t de vol]1 et p> elle la possession de cette belle et haute rgion des airs1 tant la nature e/ une d\ce mdiatrice et porte les tres s'aim] eux-mmes 7,cicron74 ,de mme1 n\s e/imons que t\t en ce monde n'exi/e que p\r n\s2 ce qui avait conduit dot] *aque dieu d'attributions en rapport avec ceux de nos beso9s auxquels il avait *>ge de satisfaire4--,de ce tra91 n\s en arrivons ce que le de/9 n'a que n\s en vue1 qu& il r5d ses arrts2 c'e/ p\r n\s que le monde exi/e1 que l'clair brille1 que la f\dre tonne2 le crateur1 les cratures1 t\t e/ notre int5tion2 n\s sommes le b1 l'objectif de l'univ]salit des *oses4--,exam9ez le compte t5u p> la philosophie1 depuis deux mille ans et plus1 de ce qui se passe au ciel3 les dieux n'ont agi1 n'ont p>l que p\r l'homme2 aucune consultation1 aucune vacation p\r un autre objet n'y sont enregi/res4 ,les voil en gu]re contre n\s3 ,les enfants de la t]re fir5t trembl] l'augu/e palais du vieux ,saturne et tombr5t enf9 s\s les c\ps d',h]cule 7,horace74 ,les voici pr5ant "p nos tr\bles1 p\r n\s r5dre ce que si s\v5t n\s avons fait n\s-mmes leur g>d qu& ils tai5t diviss3 ,neptune1 de son trid5t r$\table1 branle les murs de ,troie et r5v]se de fond en comble cette cit sup]be2 de son ct1 l'impitoyable ,junon se ti5t aux portes ,sces 7,virgile74--,les ,cauni5s1 jal\x de ma9t5ir la suprmatie de leurs dieux1 pr5n5t les armes le j\r qui leur e/ consacr et vont1 c\rant dans t\te la banlieue1 frappant l'air de ci1 de l1 c\ps r$\bls avec leurs glaives1 p\r*assant a9si outrance et jetant hors de leur t]ritoire les dieux trang]s4--,la puissance des dieux e/ rp>tie suivant nos beso9s3 il en e/ qui guriss5t les *evaux1 d'autres les hommes2 qui de la pe/e1 qui de la teigne1 qui de la t\x1 qui d'une sorte de gale1 qui d'une affection autre1 tant la sup]/ition introduit les dieux1 mme dans les plus petites *oses 7,tite-,live76 ,celui-ci fait p\ss] les rais9s1 celui-l les aulx4 ,l'un e/ prpos la dbau*e1 cet autre au comm]ce4 ,*aque corps de mti] a son dieu2 *aque div9it a sa prov9ce o elle e/ plus p>ticulirem5t en crdit1 l'une l',ori5t1 l'autre l',occid5t3 ,l sont les armes de ,junon1 l son *> 7,virgile7444 ,o sa9t ,apollon1 toi qui habites le c5tre du monde 7,tite-,live76444 ,la ville de ,ccrops honore ,pallas2 l'le de ,crte1 ,diane2 ,lemnos1 ,vulca92 dans le ,ploponse1 ,sp>te et ,mycnes ador5t ,junon2 ,pan e/ le dieu du ,mnale et ,m>s e/ vnr dans le ,latium 7,ovide74 ,il en e/ qui n'ont d'action que sur un b\rg1 sur une famille2 qui log5t seuls1 t&is que d'autres sont en compagnie1 soit p>ce qu'ils le veul5t bi51 soit p>ce qu'ils s'y tr\v5t obligs3 ,le temple du petit-fils e/ runi celui de son div9 aeul 7,ovide74 ,il en e/ de si *tifs et de si infimes 7c> leur nombre s'en lve jusqu' tr5te-six mille71 qu'il faut les mettre c9q ou six p\r qu'ils arriv5t produire un pi de bl1 et *acun pr5d le nom de sa fonction dans cette uvre commune2 ils sont trois p\r une porte1 *>gs respectivem5t des vantaux1 des gonds1 du seuil2 p\r un enfant1 ils sont quatre et veill5t son emmaillotem5t1 ce qu'il boit1 ce qu'il mange1 au se9 de sa n\rrice4 ,il en e/ qui sont au!ntiques2 d'autres qui ne le sont pas et sur lesquels plane le d\te2 c]ta9s ne sont pas encore admis en p>adis3 ,puisque n\s ne les jugeons pas encore dignes de l'honneur du ciel1 p]mettons-leur d'habit] les t]res que n\s leur avons accordes 7,ovide74--,n\s en tr\vons qui sont physici5s1 potes1 d'autres qui n'ont pas d'attributions2 c]ta9s ti5n5t de la nature div9e et de la nature huma9e2 ils int]cd5t p\r n\s1 sont nos mdiateurs auprs de la div9it2 le culte de nombre d'entre eux tait re/re9t et d'ordre secondaire2 d'autres avai5t l'inf9i des titres et des *>ges2 les uns tai5t bons1 les autres mauvais3 il y en avait de vieux et casss1 de mortels2 ,*rysippe e/imait qu'au d]ni] cataclysme devant produire la f9 du monde1 t\s1 sauf ,jupit]1 cess]ai5t d'tre4 ,enf91 l'homme =ge mille rapports1 s\v5t plaisants1 entre ,dieu et lui2 ne vont-ils pas jusqu' tre compatriotes3 ,l'le de ,crte1 b]ceau de ,jupit] 7,ovide74 ,l'esprit qui veut pntr] les my/res de la nature1 s'y p]d2 combi5 d'ides div]ses n'a pas donn lieu la matire dont e/ =m le soleil6--,le gr& pontife ,scvola et ,v>ron1 le gr& ?ologi5 de son poque1 n\s donn5t cela l'excuse suivante3 ,il e/ ncessaire que beauc\p de vrits soi5t ignores du peuple1 et qu'il croie beauc\p d'ass]tions qui ne sont pas2 comme il ne *]*e la vrit que p\r s'affran*ir1 soyons c]ta9s qu'il e/ de son intrt d'tre tromp 7,s4 ,augu/974 ,l'il de l'homme ne peut se r5dre compte des *oses que s\s les =mes dont il a notion4 ,v\s s\vi5t-il du saut que fit ce malheureux ,phaton p\r avoir v\lu1 lui1 simple mortel1 pr5dre en ma9 les rnes des *evaux de son pre8 notre esprit s'meut1 s'g>e et s'expose une *ute semblable1 qu& sa tmrit lui fait affront] p>eilles impossibilits4 ,dem&ez la philosophie de quoi e/ compos le soleil2 que v\s rpond-elle1 s9on qu'il e/ compos de f]1 de pi]re ou de telle autre matire dont n\s faisons usage4--,dem&ez ,znon ce que c'e/ que la nature3 ,c'e/1 v\s dira-t-il1 un feu qui e/ une sorte d'artisan ayant la facult d'eng5dr] et procdant d'aprs des rgles inv>iables4--,ar*imde1 ce matre en cette sci5ce qui se dc]ne la prsance sur t\tes les autres comme ne connaissant que du vrai et du c]ta91 v\s dit3 ,le soleil e/ un dieu de f] en ignition4 ,voil vraim5t une belle df9ition1 rsultat de ces soi-disant irrfutables conclusions auxquelles ab\tiss5t les dmon/rations de la gomtrie1 sci5ce dont la ncessit et l'utilit ne sont cep5dant pas tellem5t inconte/ables1 que ,socrate n'ait e/im qu'il suffisait d'en savoir assez p\r arp5t] la t]re que l'on acqui]t ou dont on se dfait2 et que ,polynu1 qui en avait t un des matres les plus fameux et les plus illu/res1 ne l'ait prise en mpris1 comme ple9e d'erreurs et de vanit app>5te1 aprs avoir gt les d\x fruits des j>d9s d'picure1 si *]s aux timides4--,a ce propos1 ,socrate1 dans ,xnophon1 p>lant d',anaxagore que l'antiquit considrait comme plus ent5du que p]sonne autre aux *oses cle/es et div9es1 dit que son c]veau s'altra1 a9si que cela arrive *ez t\s ceux qui scrut5t avec excs les que/ions qui excd5t leur compt5ce4 ,faisant du soleil une pi]re ard5te1 il ne rfl*issait pas qu'une pi]re ne devi5t pas lum9euse s\s l'action du feu1 et1 qui plus e/1 qu'elle se consume4 ,considrant le soleil et le feu comme ne faisant qu'un1 il oubliait que le feu ne noircit pas les tres qui s'y tr\v5t exposs1 qu'il n\s e/ possible de le reg>d] fixem5t et qu'il tue les plantes et les h]bes4 ,de l'avis de ,socrate et aussi du mi51 le jugem5t le plus sage qu'on puisse port] sur le ciel1 c'e/ de n'en po9t jug]4 ,platon1 p>lant des dmons dans ,time1 dit3 ,c'e/ une entreprise qui surpasse ce dont n\s sommes capables1 que de trait] ce sujet2 il faut cet g>d n\s en rapport] aux anci5s qui se prt5d5t desc5dre des dieux2 il n'e/ pas raisonnable de n\s refus] croire ce qu'ils n\s en dis5t1 eux qui sont leurs fils1 lors mme qu'ils ne mett5t l'appui de leur dire aucune raison premptoire ou vraisemblable1 puisqu'ils n\s affirm5t que ce qu'ils n\s rapport5t sont des traditions de famille qui leur sont bi5 connues4 ,n'a-t-on pas imag9 que le m\vem5t des corps cle/es fonctionne l'aide des mmes procds que les ma*9es de notre inv5tion6--,voyons si n\s en savons davantage sur les *oses du doma9e de la nature dont n\s n\s occupons4 ,p\r celles auxquelles1 de notre propre aveu1 notre sci5ce ne peut atte9dre1 n'e/-il pas ridicule de leur =g] de t\tes pices un corps1 et de leur prt] des =mes autres que les leurs1 qui soi5t entirem5t de notre inv5tion1 comme il arrive propos du m\vem5t des plantes8 ,notre esprit ne p\vant arriv] dt]m9] ni concevoir comm5t ce m\vem5t s'effectue1 n\s imag9ons des ressorts matriels1 l\rds1 de modles dt]m9s3 ,le timon tait d'or1 les jantes des r\es de mme mtal et leurs rayons d'arg5t 7,ovide74 ,on dirait que n\s avons eu des co*]s1 des *>p5ti]s1 des pe9tres qui sont alls l-haut dress] les eng9s ncessaires p\r ces m\vem5ts1 ag5c] les r\ages et l'en*evtrem5t des corps cle/es aux c\leurs v>ies1 suivant ce que1 d'aprs ,platon1 comm&ai5t les ncessits du b atte9dre3 ,le monde e/ un difice imm5se1 ent\r de c9q zones1 trav]s obliquem5t p> une bordure enri*ie de d\ze signes rayonnants d'toiles1 o ont accs le *> de la ,lune et ses deux c\rsi]s 7,v>ron72 ce ne sont l que songes et fanta/iques folies4 ,que ne plat-il la nature de n\s entr'ouvrir un j\r son se91 p\r n\s laiss] voir dc\v]t ce qui produit et rgle ses m\vem5ts1 et n\s ouvrir les yeux4 ,dieu6 que d'abus1 que de mcomptes v5ant de notre pauvre sci5ce1 n\s con/at]ions6 ,je s]ais bi5 tromp1 si n\s tr\vions une seule de ces ass]tions qui soit ju/e1 et si n\s n'en acqurions la conviction que ce dont n\s sommes le plus ignorants1 c'e/ de notre ignorance4 ,en somme1 la philosophie n\s prs5te t\tes *oses s\s =me d'nigme comme font les potes4--,n'ai-je pas lu dans ,platon ce mot div91 que la nature n'e/ ri5 qu'une posie nigmatique1 comme1 dirait-on1 une pe9ture voile et tnbreuse1 claire de ci1 de l1 p> de faux j\rs en nombre inf9i1 sur lesquels s'ex]c5t nos suppositions3 ,t\tes ces *oses sont enveloppes des plus paisses tnbres1 et il n'y a pas d'esprit assez p]ant p\r pntr] le ciel ou les pr(ondeurs de la t]re 7,cicron74--,cela e/ vrai1 la philosophie n'e/ qu'une posie sophi/ique4 ,d'o ceux qui dans l'antiquit s'y sont adonns1 tir5t-ils leur autorit1 si ce n'e/ des potes8 ,les premi]s d'entre eux l'tai5t et ont philosoph comme ils v]sifiai5t4 ,platon e/ pote ses heures2 99 ,timon l'appelle1 p> ironie1 gr& inv5teur de miracles4 ,t\tes les sci5ces traitant de que/ions dpassant l'intellig5ce de l'homme s'affubl5t des lic5ces de la posie4 ,les femmes emploi5t des d5ts en ivoire1 qu& les leurs vi5n5t leur faire dfaut2 elles modifi5t leur te9t naturel avec des +rdi5ts trang]s2 elles se font de faux mollets avec du drap et du feutre1 se donn5t de l'embonpo9t avec du coton2 au su et au vu de t\t le monde1 elles s'embelliss5t d'une beaut qu'elles n'ont pas et qu'elles emprunt5t2 a9si en agit la sci5ce 7on dit mme que celle du droit admet des fictions qui sont la base de ce que la ju/ice ti5t p\r tre la vrit72 elle n\s (fre en paiem5t1 n\s dem&ant de les suppos] vritables1 des *oses qu'elle-mme n\s dcl>e tre de son inv5tion4 ,ces picycles1 ces c]cles exc5triques1 conc5triques1 dont l'a/ronomie s'aide p\r expliqu] le m\vem5t des toiles1 elle ne n\s les donne en effet que comme ce qu'elle a pu tr\v] de mieux cet g>d1 a9si du re/e que fait galem5t la philosophie1 qui n\s prs5te non ce qui e/ ou ce qu'elle croit tre1 mais ce qu'elle a imag9 comme la solution la plus lgante et la plus con=me aux app>5ces4 ,platon traitant de l'tat de notre corps et de celui des animaux1 s'exprime a9si3 ,n\s affirm]ions que ce que n\s avons dit e/ exact1 si un oracle n\s en avait donn la confirmation2 n\s n\s bornons assur] que c'e/ ce que n\s avons tr\v de plus vraisemblable avanc]4 ,sur lui-mme1 l'homme n'a galem5t que des ides confuses4--,ce n'e/ pas seulem5t le ciel que la philosophie f\rnit de cordages1 d'eng9s et de r\es2 considrons ce qu'elle dit de n\s-mmes et de notre contexture2 il n'y a pas dans le sy/me plantaire et les autres corps cle/es plus de rtrogradations1 de trpidations1 d'asc5sions1 de reculem5ts et de ravissem5ts que les philosophes n'en ont imag9 dans ce pauvre petit corps huma94 ,en cela il mrite bi5 le nom de petit ,monde qu'ils lui ont donn1 tant ils emploi5t1 p\r le maonn] et le btir1 de pices aux =mes les plus v>ies4 ,p\r expliqu] les m\vem5ts qu'ils relv5t *ez l'homme1 les div]ses fonctions et facults qui sont en n\s1 en combi5 de fragm5ts n'ont-ils pas fractionn l'me8 en combi5 de cases ne l'ont-ils pas rp>tie8 combi5 de divisions et de subdivisions n'tabliss5t-ils pas en ce pauvre tre1 en dehors de celles que la nature a faites et qui n\s saut5t aux yeux8 de combi5 d'emplois et d'occupations ne le *>g5t-ils pas8 ,ils en font une sorte de rpublique imag9aire2 c'e/ un sujet qu'ils dti5n5t et dont ils ont le maniem5t exclusif2 on leur a laiss t\te latitude de le dmont]1 de le classifi]1 de le remont]1 de le prs5t] s\s tel j\r qui leur convi5t2 *acun a t laiss libre d'en us] sa fantaisie1 et cep5dant ils ne sont pas encore fixs4 ,ils n'arriv5t pas tablir sur ce po9t1 non des rgles positives1 mais mme de simples hypo?ses1 qu'il ne se r5contre quelque disposition mal prise1 quelque son qui sonne faux et qui *appe1 si norme que soit la ma*9e qu'ils ont con/ruite et en dpit des mille rapiages mal appropris et fanta/iques dont elle a t l'objet4--,et cela il n'e/ pas d'excuse2 qu& les pe9tres peign5t le ciel1 la t]re1 les m]s1 les montagnes1 les les lo9ta9es1 n\s tolrons qu'ils ne n\s en donn5t que de vagues bau*es2 c'e/ admissible p\r des *oses que n\s ne connaissons pas et n\s n\s cont5tons dans ce cas d'esquisses plus ou mo9s fantaisi/es2 mais s'ils peign5t d'aprs nature1 ou que le sujet qu'ils ont entrepris n\s soit connu et famili]1 alors n\s exigeons d'eux une exacte et p>faite reproduction des lignes et des c\leurs2 et s'il n'en e/ pas a9si1 n\s ne faisons pas cas de leur uvre4 ,j'appr\ve cette s]vante de ,milet qui1 voyant le philosophe ,?als cont9uellem5t occup contempl] la vote cle/e et t5ir t\j\rs ses reg>ds en l'air1 mit quelque *ose sur son *em9 p\r le faire trbu*]1 l'av]tissant p> l qu'avant de s'amus] p5s] ce qui p\vait se pass] dans les nues1 il devait se proccup] d'abord de ce qui se passait ses pi$s4 ,c'e/ avec raison qu'elle lui conseillait de s'exam9]1 lui1 plutt que le ciel1 c> a9si que ,cicron le fait dire ,dmocrite3 ,n\s n\s mettons scrut] les cieux1 alors que n\s ne voyons pas ce qui e/ nos pi$s4 ,n\s sommes a9si faits1 que la connaissance de ce qui e/ s\s notre ma91 e/ aussi lo9 de n\s se p]dant dans les nues1 que celle des a/res4 ,ce mme repro*e que cette femme adressait ,?als de ne ri5 voir de ce qui tait devant lui1 ,socrate1 au dire de ,platon1 l'adressait quiconque se mlait de philosophie1 c> t\t philosophe ignore ce que fait son vois91 et mme ce que lui-mme fait1 ne sa*ant mme pas ce qu'ils sont t\s deux1 s'ils sont btes ou hommes4 ,les g5s qui actuellem5t tr\v5t trop faibles les raisons de ,sebond1 ceux qui n'ignor5t ri51 qui g\v]n5t le monde1 qui sav5t t\t3 ,ce qui matrise la m]1 ce qui rgle les saisons2 si les a/res ont un m\vem5t propre ou obiss5t une loi trangre2 p\rquoi le disque de la lune crot et dcrot rgulirem5t2 enf9 comm5t l'h>monie de l'univ]s rsulte de la discorde de ses lm5ts 7,horace71 ont-ils quelquefois1 dans leurs livres1 prt att5tion aux difficults que prs5te la connaissance de notre tre8 ,n\s voyons bi5 que nos doigts se meuv5t1 que nos pi$s se dplac5t1 que c]ta9es p>ties de notre corps s'branl5t d'elles-mmes sans que n\s y mettions du ntre1 t&is que d'autres n'entr5t en m\vem5t que sur notre volont2 que c]ta9es motions n\s font r\gir1 d'autres plir2 que les ides qui surgiss5t en n\s agiss5t1 les unes sur la rate seulem5t1 d'autres sur le c]veau2 il y en a qui n\s font rire1 d'autres n\s font pleur]2 d'autres n\s frapp5t dans t\s nos s5s de peur et d'tonnem5t et n\s immobilis5t2 si notre p5se vi5t s'arrt] sur tel objet1 notre e/omac se s\lve2 sur tel autre1 c]ta9e p>tie qui se tr\ve plus en bas de n\s-mmes en e/ surexcite2 mais jamais p]sonne n'a su comm5t ces impressions de l'esprit peuv5t arriv] produire une p>eille int5sit d'action sur un corps qui prs5te une masse solide1 ni quelle e/ la nature des rapports qui font fonctionn] l'unisson ces admirables ressorts3 ,t\tes ces *oses sont impntrables la raison huma9e et re/5t ca*es dans la maje/ de la nature1 crit ,pl9e2 sa9t ,augu/9 dit de son ct3 ,le li5 p> lequel l'esprit adhre au corps444 e/ admirable et ne saurait tre compris de l'homme2 cette union1 c'e/ l'homme mme2 et1 bi5 que ne se l'expliquant pas1 p]sonne ne le met en d\te1 p>ce que les op9ions des hommes sur ce po9t rsult5t de ce que croyai5t les anci5s1 croyances qui font autorit1 auxquelles on aj\te foi1 comme si elles faisai5t p>tie intgrante de la religion et des lois4 ,ce qui peut s'en dire d'ord9aire1 on n'y prte pas plus att5tion que si on p>lait patois2 c'e/ une vrit accepte telle que1 avec t\t ce qui s'y ratta*e1 t\s les argum5ts1 t\tes les preuves l'appui1 tel un bloc f]me et solide qu'on n'branle plus1 qu'on ne discute plus4 ,bi5 au contraire1 *acun1 qui mieux mieux1 va repltrant et consolidant cette croyance reue de t\t ce que peut sa raison1 laquelle e/ un outil s\ple1 se pliant et s'accommodant t\t ce qu'on lui dem&e1 et c'e/ a9si que le monde se remplit de niais]ies et de m5songes dans lesquels il se complat4 ,ce qui fait qu'on ne rvoque pas ces ?ories en d\te1 c'e/ qu'on les accepte t\j\rs sans exam5 s\s l'autorit du nom de celui qui les a mises4--,ce qui fait qu'on ne rvoque que peu de *oses en d\te1 c'e/ qu'on ne s\met jamais l'preuve les impressions communm5t rp&ues2 on n'en sonde pas le pi$ qui e/ le po9t faible p> o elles p*5t1 on ne discute que sur les rameaux qu'il produit4 ,on ne dem&e pas si telle *ose e/ vraie1 mais si c'e/ bi5 de cette manire ou de telle autre qu'elle a t ent5due2 on ne s'enqui]t pas si ce que ,gali5 a avanc e/ ju/e1 mais si c'e/ a9si ou autrem5t qu'il l'a dit4--,il tait vraim5t bi5 naturel que cette contra9te1 qui bride la lib]t de nos jugem5ts et tyrannise nos croyances1 s't5dt aux coles et aux arts4 ,ari/ote e/ le dieu de la sci5ce scola/ique2 c'e/ un sacrilge de discut] ses ordonnances1 t\t comme c'en tait un1 ,sp>te1 de discut] celles de ,lycurgue2 n\s t5ons sa doctr9e p\r loi fondam5tale1 et peut-tre e/-elle aussi fausse qu'une autre4 ,je ne sais p\rquoi je n'accept]ai pas soit les ides de ,platon1 soit les atomes d'picure1 le ple9 et le vide de ,leucippe et de ,dmocrite1 l'eau de ,?als1 la nature avec son inf9it de =mes d',anaxim&re1 l'air de ,diogne1 les nombres et la symtrie de ,py?agore1 l'inf9i de ,p>mnide2 l'unit de ,muse1 l'eau et le feu d',apollodore1 les p>ties similaires d',anaxagore1 la rpulsion et l'aff9it d',empdocle1 le feu d',hraclite1 ou t\te autre op9ion d'entre cette inf9it d'avis et de s5t5ces qu'a mise notre belle raison huma9e qui fait preuve de tant de c]titude et de clairvoyance en t\t ce dont elle se mle1 aussi bi5 que j'admets l'op9ion d',ari/ote sur les pr9cipes qui1 d'aprs lui1 sont l'orig9e de t\t dans la nature2 pr9cipes qui repos5t sur trois lm5ts ess5tiels3 la matire1 la =me et le manque4 ,qu'y a-t-il de plus dp\rvu de s5s que de prt5dre que t\tes *oses driv5t du nant8 qu'e/-ce que le manque1 s9on un lm5t ngatif1 et quelle ide d'en avoir fait la cause et l'orig9e de ce qui e/8 ,c'e/ l cep5dant une ass]tion qu'on n'os]ait combattre1 si ce n'e/ comme ex]cice de logique2 si on discute1 ce n'e/ pas p\r claircir le d\te que l'on peut concevoir1 mais p\r df5dre le *ef de l'cole contre les contradicteurs trang]s2 en ma9t5ir l'autorit e/ le b p\rsuivre1 il n'e/ pas p]mis de p\ss] ses inve/igations au del4 ,il e/ bi5 ais de btir sa guise sur des fondations dresses cet effet2 p> cela mme que le comm5cem5t a eu lieu suivant telle loi1 telle ordonnance1 le re/e s'ensuit et l'difice s'lve sans difficult1 comme de lui-mme4 ,p> ce procd notre raison m>*e d'un pas assur et n\s disc\rons sans plus ample in=m2 ds avant la discussion1 nos matres ont prp> le t]ra9 et gagn dans notre esprit autant qu'il leur en faut p\r p\voir conclure comme ils l'ent5d5t1 la faon de ceux qui1 enseignant la gomtrie1 rsolv5t des propositions admises l'avance4 ,avec le cons5tem5t et l'approbation que n\s leur prtons1 ils sont libres de n\s entran] droite1 gau*e et de n\s faire pir\ett] leur volont4--,quiconque e/ cru dans les hypo?ses qu'il met e/ notre matre1 notre ,dieu2 il a une base si ample1 si commode qu'il peut avec un p>eil po9t d'appui s'lev] jusqu'aux nues1 si cela lui convi5t4 ,dans la pratique et la transmission de la sci5ce1 n\s avons accept p\r arg5t comptant ce mot de ,py?agore3 ,t\t exp]t doit tre cru en ce qui t\*e son art2 ce qui fait que le dialectici5 s'en rapporte au grammairi5 p\r la signification des mots1 que le rhtorici5 emprunte au dialectici5 ses argum5ts et l'art de les plac] propos2 le pote1 le ry?me du musici52 celui qui s'adonne la gomtrie s'appuie sur les calculs de l'ari?mtici52 les mtaphysici5s pr5n5t p\r base les conjectures de la physique1 c> *aque sci5ce a ses pr9cipes reposant sur ses hypo?ses1 ce qui1 de t\tes p>ts1 lie le jugem5t de l'homme4 ,si v\s essayez de r5v]s] cette b>rire qui con/itue une erreur capitale1 on v\s objecte aussitt cet aphorisme que ces savants ont cont9uellem5t la b\*e3 ,on ne discute pas avec ceux qui ni5t les pr9cipes4 ,or1 il ne saurait y avoir de pr9cipes *ez les hommes qu'autant que la ,div9it les leur a rvls2 en dehors de cette rvlation1 le comm5cem5t de t\tes *oses1 le milieu1 la f91 ne sont que songe et fume4--,a ceux qui1 p\r combattre1 s'appui5t sur des hypo?ses1 il faut oppos] comme axiome les ?ses contraires celles sur lesquelles porte le dbat2 t\tes celles que l'homme peut imag9]1 se peuv5t mettre2 elles ont autant d'autorit les unes que les autres1 si la raison n'en fait pas la diffr5ce4 ,il faut donc les exam9] et les comp>]2 et en premi] lieu1 celles que l'on pose en rgles gnrales et qui ps5t le plus l\rdem5t sur n\s4 ,v\loir en arriv] une c]titude absolue e/1 en quelque sorte1 un tmoignage de folie et d'extrme inc]titude2 il n'y a pas g5s plus f\s ni mo9s philosophes que les ,philodoxes de ,platon3 ,que le feu soit *aud1 que la neige soit blan*e1 qu'il n'y ait ri5 qui soit dur ou qui soit m\1 n\s n'y contr$isons pas1 dis5t-ils1 mais encore faut-il qu'on n\s le pr\ve4 ,v\lons-n\s p\r n\s dcid] rec\rir l'expri5ce1 les s5s n\s tromp5t1 et la raison1 sujette elle-mme l'erreur1 ne peut davantage n\s guid]4--,a un tel langage1 on conte que les anci5s rpondai5t3 qui mettait la *aleur en d\te1 de se jet] dans le feu2 qui niait que la glace ft froide1 de s'en appliqu] sur la poitr9e2 ces rponses n'tai5t pas dignes de g5s qui se disai5t philosophes4 ,s'ils n\s avai5t laisss en notre tat naturel1 acceptant en t\tes *oses les app>5ces telles que nos s5s les p]oiv5t1 n'ayant d'autres apptits que ceux peu compliqus1 dt]m9s uniquem5t p> les conditions de notre exi/5ce1 ils aurai5t t fonds p>l] a9si1 mais ce sont eux qui n\s ont appris n\s rig] en juges du monde et qui n\s ont mis en tte cette s+ulire prt5tion1 que la raison huma9e a droit de contrle sur t\t ce qui e/ aussi bi5 s\s la vote cle/e qu'en dehors1 qu'elle embrasse t\t1 peut t\t1 que p> elle t\t se sait et se connat4 ,semblables rponses p\rrai5t tre bonnes *ez les ,cannibales1 qui ont le bonheur de j\ir d'une vie longue1 tranquille et paisible sans faire application des prceptes d',ari/ote1 ni mme connatre de nom la physique2 et elles s]ai5t plus concluantes que t\tes autres que les adeptes de la philosophie peuv5t imag9] et que leur suggre leur raison2 elles sont la porte de t\s les animaux1 autant qu' la ntre1 comme t\t ce qui dc\le purem5t et simplem5t de la loi de nature2 mais eux se les sont int]dites4 ,p\r tre consqu5ts avec eux-mmes1 ils ne peuv5t me dire3 ,telle *ose e/ vraie1 p>ce que v\s la voyez et la s5tez a9si2 il faut qu'ils me dmontr5t que ce que je crois s5tir1 je le s5s effectivem5t2 et1 si je le s5s effectivem5t1 p\rquoi je le s5s1 comm5t1 etc4442 qu'ils me dis5t le nom1 l'orig9e1 les t5ants et les ab\tissants de la *aleur1 du froid2 ce qui fait que ceci a action sur cela et inv]sem5t2 faute de quoi1 ce ne sont pas des philosophes1 les philosophes n'admettant ri51 n'appr\vant ri5 que du fait de la raison1 qui e/ la pi]re de t\*e1 la vrit ple9e de faussets1 d'erreurs1 de faiblesse et de dfaillance1 laquelle ils s\mett5t t\t ce qu'ils essai5t4 ,p> quoi p\vons-n\s mieux pr\v] la raison que p> elle-mme8 ,si n\s ne p\vons l'en croire qu& elle p>le d'elle1 elle n'e/ gure propre apprci] ce qui n'e/ pas elle4 ,si elle e/ capable de connatre quelque *ose1 ce doit tre au mo9s ce qu'elle e/ et o elle loge1 puisqu'elle e/ en notre me1 dont elle fait p>tie ou dont elle e/ un effet4 ,il n'e/ pas "q ici de la raison p> excell5ce1 la seule vraie1 dont n\s appliquons le nom si mal propos3 celle-ci rside dans le se9 de ,dieu1 c'e/ l son gte et sa retraite2 c'e/ de l qu'elle mane1 qu& il plat ,dieu de n\s en envoy] quelque rayon1 telle ,pallas sortant du c]veau de ,jupit]1 qu& elle se communiqua au monde4 ,que n\s appr5d-elle p> exemple de l'me8 ,a *aque philosophe1 elle inspire une solution diffr5te2 cette div]g5ce et les extravagants sy/mes de quelques-uns dmontr5t bi5 la vanit des re*]*es philosophiques4--,voyons donc ce que la raison huma9e n\s appr5d sur elle-mme et sur l'me2 non sur l'me en gnral1 dont presque t\s les philosophes dot5t les corps cle/es et ceux d'o driv5t les autres2 ni sur celle que ,?als attribue mme aux *oses qu'on ti5t comme inanimes et auxquelles il a t am5 en attribu] une1 en considrant ce qui se produit dans l'aimant2 mais sur celle qui e/ en n\s et que n\s devons mieux connatre3 ,on ne connat pas la nature de l'me3 nat-elle avec le corps1 ou au contraire y e/-elle introduite au mom5t de la naissance8 prit-elle avec lui1 va-t-elle visit] les sombres abmes1 ou passe-t-elle1 p> l'ordre des dieux1 dans le corps des animaux 7,lucrce78 ,a ,crats et ,dicarque1 la raison avait appris que l'me n'exi/e absolum5t pas1 et que le corps s'anime p> le seul fait de l'action de la nature2 ,platon1 que c'e/ une sub/ance qui porte en elle-mme sa propre mise en m\vem5t2 ,?als1 qu'elle e/ une nature sans cesse en travail2 ,asclpiade1 le rsultat du fonctionnem5t de nos s5s2 ,hsiode et ,anaxim&re1 un compos de t]re et d'eau2 ,p>mnide1 de t]re et de feu2 ,empdocle1 de sang3 ,il vomit son me de sang 7,virgile72 ,posidonius1 ,clan! et ,gali51 un foy] ou une sorte de flamme3 ,les mes ont la vigueur du feu et une orig9e cle/e 7,virgile72 ,hippocrate1 un esprit rp&u dans le corps2 ,v>ron1 de l'air pntrant p> la b\*e1 s'*auffant dans les p\mons1 se purifiant dans le cur et se rp&ant p> t\t le corps2 ,znon1 la qu9tess5ce des quatre lm5ts2 ,hraclide du ,pont1 de la lumire2 ,xnocrate et aux gypti5s1 un coeffici5t v>iable2 aux ,*aldens1 une proprit sans =me dt]m9e3 ,une c]ta9e habitude vitale du corps1 que les ,grecs appell5t ,h>monie 7,lucrce74 ,n'oublions pas ,ari/ote d'aprs lequel l'me e/ ce qui fait naturellem5t m\voir le corps1 il la nomme ,entele*ie 7,p]fection71 sans plus s't5dre sur sa prov5ance que sur celle de t\t autre de nos organes1 ne p>lant ni de son ess5ce1 ni de son orig9e1 ni de sa nature1 mais simplem5t de ses effets4 ,lactance1 ,snque et les pr9cipaux philosophes dogmati/es confess5t que c'e/ *ose qu'ils ne compr5n5t pas4 ,et ma9t5ant1 aprs cette numration d'op9ions3 ,quelle e/ la vraie8 ,un dieu seul peut le savoir1 dit ,cicron4 ,je reconnais p> moi-mme1 a dit sa9t ,b]n>d1 combi5 ,dieu *appe mon ent5dem5t1 puisque dj je ne puis compr5dre les p>ties dont se compose mon tre propre4 ,hraclite1 qui admettait que les tres sont t\t mes et dmons1 dcl>ait p\rtant ne p\voir all] suffisamm5t lo9 dans la connaissance de l'me1 au po9t de p>v5ir la compr5dre1 tellem5t son ess5ce e/ impntrable4 ,o loge-t-elle8 ,cela ne donne pas lieu de mo9dres dsaccords1 ni mo9s de discussions3 ,hippocrate et ,hirophile la plac5t dans le c]velet2 ,dmocrite et ,ari/ote1 p> t\t le corps1 comme lorsqu'on dit que la sant app>ti5t au corps1 sans que p\r cela elle fasse p>tie de l'homme en sant 7,lucrce72 picure dans l'e/omac3 c> c'e/ l qu'on se s5t palpit] de cra9te et de t]reur1 l qu'on pr\ve les d\ces motions de la joie 7,lucrce72 les ,/oci5s1 aut\r du cur et l'intrieur2 ,erasi/rate1 joignant l'enveloppe du crne2 ,empdocle1 dans le sang1 comme ,mose1 ce qui a port ce d]ni] df5dre de mang] celui des animaux1 p>ce qu'il conti5t leur me4 ,gali5 p5se que *aque p>tie du corps a son me2 ,/raton la loge entre les deux s\rcils4 ,quelle figure a l'me et o loge-t-elle8 voil ce qu'il ne faut pas *]*] connatre1 a dit ,cicron2 je reproduis les t]mes mmes qu'il emploie1 ne v\lant pas altr] le langage de l'loqu5ce2 d'autant qu'il y a peu gagn] le fru/r] des ides de sa propre inv5tion1 p>ce qu'elles sont peu nombreuses1 ont peu d'orig9alit et sont gnralem5t connues4--,la raison que donne ,*rysippe et les autres philosophes de son cole1 p\r plac] l'me aut\r du cur1 mrite de ne pas tre laisse dans l'oubli3 c'e/ p>ce que1 dit-il1 qu& n\s v\lons affirm] quelque *ose1 n\s mettons la ma9 sur l'e/omac2 et que1 lorsque n\s prononons le mot ego1 qui en grec signifie moi1 n\s abaissons la m*oire infrieure v]s l'e/omac4 ,cette explication m>que peu de srieux *ez un aussi gr& p]sonnage2 les autres considrations qu'il met sont p> elles-mmes de peu de valeur1 mais cette d]nire ne saurait qu& mme con/itu] que p\r les ,grecs une preuve que l'me e/ en cette place2 on voit p> l qu'il n'e/ jugem5t huma91 si appliqu qu'il soit1 qui p>fois ne sommeille4--,p\rquoi cra9drions-n\s de le dire8 ,voil les ,/oci5s qui sont les pres de la prud5ce huma9e2 n'ont-ils pas tr\v que l'me1 *ez l'homme qui se dbat aux appro*es de sa f9 pro*a9e1 pe9e et fatigue longtemps p\r en sortir1 ne p\vant1 comme une s\ris prise dans une s\ricire1 arriv] se dgag] de ses entraves4 ,il en e/ p>mi eux qui p5s5t que le monde a t fait p\r1 p> punition1 p\rvoir de corps les esprits d*us p> leur faute de la puret qu'ils avai5t reue lorsqu'ils ont t crs1 la premire cration ayant t exclusivem5t incorporelle2 et que1 suivant qu'ils se sont plus ou mo9s loigns de leur spiritualit1 ils ont t incorpors dans des conditions qui leur sont plus ou mo9s pnibles ou faciles2 d'o tant de v>its p>mi les matires cres4 ,a ce compte1 l'esprit qui1 p\r son *tim5t1 a t inve/i du corps du soleil1 devait avoir une dose d'altration bi5 r>e et bi5 p>ticulire4 ,les consqu5ces rsultant f9alem5t de notre enqute1 ont quelque *ose d'inatt5du4 ,il n\s arrive ce qui1 au dire de ,plut>que1 se produit qu& on remonte aux orig9es de l'hi/oire3 on tr\ve que les c>tes donn5t les t]res connues1 comme conf9ant des m>ais1 de pr(ondes =ts1 des ds]ts1 des lieux inhabitables2 de mme ceux qui s'occup5t de ces hautes que/ions et veul5t y voir plus avant1 victimes de leur curiosit et de leur prsomption1 sont exposs aux plus grossires et aux plus puriles rvass]ies4 ,la f9 et le comm5cem5t de cette sci5ce ti5n5t galem5t de la btise3 voyez ,platon s'levant et pr5ant son essor dans ses nbuleuses conceptions potiques2 voyez quel j>gon il fait p>l] aux dieux2 quoi songeait-il donc qu& il df9issait l'homme un animal deux pi$s1 sans plume1 f\rnissant p> l une bi5 plaisante occasion de se moqu] de lui ceux qui y tai5t disposs et qui1 ayant plum un *apon vivant1 le prom5ai5t en disant que c'tait l l'homme de ,platon8 ,et les picuri5s6 ,quelle simplicit de leur "p d'all]1 au db1 imag9] que le monde prov5ait de leurs atomes1 qu'ils prs5tai5t comme des corps pondrables et s\mis un m\vem5t de haut en bas p> le seul effet de leur nature2 cette hypo?se fit que leurs adv]saires leur objectr5t que1 dans de telles conditions1 les dits atomes ne p\vai5t se jo9dre et se gr\p] entre eux1 leur *ute s'effectuant suivant des lignes droites et v]ticales qui se tr\vai5t tre con/amm5t p>allles4 ,cette objection les contraignit aj\t] leur description la possibilit1 p\r ces atomes1 d'un m\vem5t oblique1 t\t =tuit1 et les dot] de queues c\rbes et cro*ues1 leur p]mettant de s'accro*] et de demeur] atta*s les uns aux autres2 ce qui n'emp*a pas leurs contradicteurs de les emb>rass] encore1 en leur dem&ant comm5t1 si les atomes ont1 p> le fait du has>d1 produit tant de *oses de =mes div]ses1 il ne s'e/ jamais r5contr qu'ils ai5t fait une maison ou un s\li]8 et1 aussi p\rquoi ne pas admettre qu'il a pu se faire que des lettres grecques1 rp&ues ple-mle1 en nombre inf9i1 en un po9t dt]m91 soi5t arrives =m] la contexture de l',iliade8 ,ce qui e/ capable de raison1 dit ,znon1 e/ meilleur que ce qui n'en e/ pas capable2 or1 il n'e/ ri5 de meilleur que le monde1 le monde e/ donc capable de raison4 ,cotta1 en employant cette mme argum5tation1 fait le monde ma?matici52 il le fait aussi musici5 et j\eur d'orgues1 en lui faisant application de cet autre raisonnem5t1 galem5t de ,znon3 ,le t\t e/ plus que la p>tie2 n\s sommes capables de sagesse1 n\s sommes p>tie du monde1 donc le monde e/ sage4 ,on tr\ve dans les repro*es que s'adress5t les uns aux autres les philosophes discutant sur ce qui diffr5cie leurs op9ions et leurs sectes1 des exemples en nombre inf9i de raisonnem5ts semblables1 non seulem5t faux1 mais ineptes1 qui ne peuv5t se df5dre et accus5t *ez leurs auteurs mo9s d'ignorance que d'imprud5ce4 ,celui qui1 avec compt5ce1 se mettrait compuls] t\tes ces n]ies manant de la sagesse huma9e1 f]ait m]veille2 moi-mme1 en en prs5tant quelques-unes1 p> c]ta9s de leurs cts1 titre de spcim51 fais uvre aussi utile que d'en diss]t] plus posm5t4 ,n\s p\vons jug] p> l en quelle e/ime n\s devons t5ir l'homme1 son bon s5s et sa raison1 puisque mme *ez ces gr&s p]sonnages qui ont port si haut l'intellig5ce huma9e1 se tr\v5t des dfauts si app>5ts et si grossi]s4 ,t\t cela porte croire que ce n'e/ pas srieusem5t que t\s ces philosophes ont dbit leurs rv]ies4--,p\r moi1 je prfre croire que ces philosophes ne se sont occups de sci5ce que p> occasion1 comme d'un j\et se prtant t\t2 et que1 p\r se div]tir1 ils ont u de la raison comme d'un in/rum5t va9 et frivole1 mettant en avant t\tes sortes d'ides plus ou mo9s biz>res1 mises s\s une =me tantt srieuse1 tantt bad9e4 ,ce mme ,platon1 qui df9it l'homme comme on f]ait d'une p\le1 dit1 aprs ,socrate1 dans un autre endroit de ses uvres1 qu' la vrit1 il ne sait ce que c'e/ que l'homme2 qu'il e/ une des pices du monde des plus difficiles connatre4 ,ces op9ions v>iables et in/ables con/itu5t un aveu tacite1 mais vid5t1 de leur volont ne pas sortir de leur indcision4 ,ils s'appliqu5t ce que leur manire de voir n'app>aisse pas t\j\rs nettem5t et visage dc\v]t2 ils la ca*5t1 soit s\s les ombrages que leur (fr5t la fable et la posie1 soit s\s quelque autre masque4 ,c'e/ encore un effet de notre imp]fection que la vi&e crue ne convi5ne pas t\j\rs notre e/omac et qu'il soit beso9 de la laiss] se faire1 s'altr]1 se corrompre2 les philosophes agiss5t de mme3 ils obscurciss5t p>fois leurs op9ions et leurs jugem5ts rels1 les falsifi5t p\r les mettre la porte de t\s4 ,ils ne veul5t pas pr(ess] hautem5t l'ignorance1 la faiblesse de la raison huma9e1 p\r ne pas faire peur aux enfants2 mais ils n\s la dvoil5t assez s\s l'app>5ce d'une sci5ce tr\ble et incon/ante4 ,qu& j'tais en ,italie1 je conseillai quelqu'un qui tait emb>rass p\r p>l] itali51 de se born]1 s'il ne dsirait que se faire compr5dre1 sans prt5dre un langage correct1 employ] les mots lat9s1 franais1 espagnols ou gascons r5dant sa p5se1 qui les premi]s lui vi5drai5t la b\*e1 en y aj\tant simplem5t la t]m9aison itali5ne2 qu'il ne manqu]ait pas1 de la sorte1 de se r5contr] avec l'un quelconque des idiomes du pays1 soit toscan1 soit roma91 vniti51 pimontais ou napolita9 et de se tr\v] s'exprim] en l'un ou l'autre de ces nombreux dialectes4 ,j'en dirai de mme de la philosophie3 elle a tant de =mes1 de v>its et a tant p>l1 que t\s nos songes1 t\tes nos rv]ies y ont pris place2 la fantaisie huma9e ne peut plus ri5 concevoir1 ni en bi51 ni en mal1 qui n'y soit3 ,on ne peut ri5 dire de si absurde1 qui n'ait dj t dit p> quelque philosophe 7,cicron74--,je n'en suis que plus libre p\r livr] mes caprices au public1 d'autant que1 bi5 qu'manant de moi seul et que p]sonne ne me les ait suggrs1 je sais qu'ils se tr\v]ont t\j\rs avoir quelque rapport avec d'autres dj mis et qu'il ne manqu]a pas quelqu'un p\r dire3 ,voil d'o il les a tirs4 ,mes ides sont ce que la nature les a faites2 p\r les =m]1 je me suis atta* ne suivre aucune rgle2 et p\rtant1 quelque faibles qu'elles soi5t1 qu& l'envie m'a pris de les exprim] et que p\r les publi] dans des conditions plus favorables1 je me suis mis en devoir de les appuy] de raisonnem5ts et d'exemples1 j'ai t moi-mme m]veill de m'ap]cevoir combi51 d'av5ture1 elles se tr\v5t con=mes de si nombreux exemples et raisonnem5ts philosophiques4 ,a quelle doctr9e se ratta*5t-elles8 je ne l'ai su qu'aprs les avoir mises en uvre et avoir jug du rsultat2 j'app>ti5s une espce n\velle3 je suis un philosophe1 dev5u tel sans prmditation et p> has>d4 ,l'op9ion la plus vraisemblable e/ que l'me loge dans le c]veau4--,p\r rev5ir notre me1 il e/ vraisemblable que si ,platon a plac la raison dans le c]veau1 la colre dans le cur1 la cupidit dans le foie1 il a plutt donn l une int]prtation des m\vem5ts de l'me1 qu'il n'a v\lu indiqu] en elle une division et une di/9ction l'in/> de celles qui exi/5t entre les diffr5ts membres du corps4 ,la plus vraisemblable de ces op9ions e/ que l'me e/ une2 qu'elle a p> elle-mme la facult de raisonn]1 de se s\v5ir1 de compr5dre1 jug]1 dsir]1 et que t\tes autres oprations1 elle les ex]ce p> l'entremise des diffr5tes p>ties du corps1 comme le pilote g\v]ne son navire suivant l'expri5ce qu'il en a1 tantt en t5dant ou rel*ant une corde1 tantt en hissant une v]gue ou se s]vant de l'aviron1 sa seule puissance produisant ces div]s effets4 ,il e/ galem5t probable que l'me loge dans le c]veau2 cela rsulte de ce que les blessures et accid5ts qui affect5t cet organe1 se rp]cut5t aussitt sur les facults de l'me2 du c]veau1 il e/ naturel d'admettre qu'elle se rp& au trav]s du re/e du corps1 de mme que le soleil rp& hors du ciel sa lumire et sa fcondit et en remplit le monde3 ,le soleil1 dans sa c\rse1 ne s'c>te jamais du milieu du ciel et cep5dant il claire t\t de ses rayons 7,horace74 ,l'autre p>tie de l'me1 rp&ue p> t\t le corps1 e/ assujettie et obx aux ordres suprieurs de l'intellig5ce 7,lucrce74 ,div]sit des op9ions sur son orig9e4--,il en e/ qui ont avanc qu'il y a une me pr9cipe de t\tes les autres1 quelque *ose comme un gr& corps dont t\tes les mes p>ticulires sont extraites et o elles ret\rn5t p\r se fondre n\veau dans ce milieu qui se recon/itue sans cesse3 ,dieu circule au trav]s des t]res1 des m]s1 des pr(ondeurs des cieux2 leur naissance1 il prte l'homme1 aux animaux dome/iques1 aux btes froces1 le lg] s\ffle qui les anime2 ds lors1 aucun n'e/ de/9 prir1 t\s doiv5t r5dre leur tre ce gr& t\t dont il e/ issu 7,virgile74 ,p>mi eux1 c]ta9s e/im5t que t\t en y ret\rnant1 elles ne font que s'y ratta*] et cons]v5t leur individualit2 d'autres croi5t qu'elles sont une manation de la sub/ance div9e2 d'autres1 qu'elles sont produites p> les anges et =mes de feu et d'air2 les uns1 qu'elles sont de t\te t]nit2 les autres1 qu'elles sont cres au mom5t du beso92 d'autres1 quelles desc5d5t du disque de la lune et y ret\rn5t4--,gnralem5t1 les anci5s croyai5t qu'elles sont eng5dres de pre en fils1 de la mme faon que t\t ce que produit la nature4 ,a l'appui de cette hypo?se1 ils invoquai5t la ressemblance des enfants avec leurs pres3 ,la v]tu de ton pre t'a t transmise avec la vie2 ,les =ts eng5dr5t les =ts 7,horace72 et aussi que l'on voit les pres transmettre leurs enfants1 non seulem5t c]ta9s signes du corps1 mais encore quelque *ose de leur c>actre1 de leur tempram5t1 de leurs dispositions d'me3 ,p\rquoi le lion transmet-il sa frocit sa race8 p\rquoi la ruse e/-elle hrditaire *ez les r5>ds1 la fuite et la peur *ez les c]fs4448 si ce n'e/ p>ce que l'me a son g]me propre et se dveloppe en mme temps que le corps 7,lucrce74 ,ils en donnai5t encore comme raison que c'e/ l-dessus que se fonde la ju/ice div9e p\r punir1 dans les enfants1 les fautes des pres2 les vices de ceux-ci1 p> le fait de la contagion1 enta*ant l'me de ceux-l et les drglem5ts de la volont des uns ragissant sur les autres4 ,e/-elle prexi/ante au corps auquel elle e/ unie8--,ils aj\tai5t que si les mes avai5t une orig9e autre que celle-ci qui e/ t\te naturelle1 si elles avai5t t quelque autre *ose en dehors du corps avec lequel elles ont t eng5dres1 elles aurai5t s\v5ance de leur premire condition1 vu les facults de disc\rir1 raisonn] et se s\v5ir dont elles sont naturellem5t d\es3 ,si l'me s'ins9ue dans le corps sa naissance1 p\rquoi ne n\s s\v5ons-n\s pas du pass8 p\rquoi ne cons]vons-n\s aucune trace de nos actions antrieures 7,lucrce78 ,admettre cette hypo?se1 c'e/ suppos] que nos mes ont t\te sci5ce acquise qu& elles sont encore dans t\te leur simplicit et leur puret naturelles2 mais s'il en e/ a9si1 elles se tr\v5t exemptes d'tre emprisonnes dans un corps2 p\rquoi alors cette rinc>nation1 puisque avant d'entr] dans leur n\veau corps elles s]ai5t telles qu'elles s]ont1 il faut l'espr]1 qu& elles en sortiront8 ,encore faudrait-il qu'elles se s\vi5n5t1 p5dant leur n\velle vie1 de ce qu'elles tai5t arrives connatre lors de leur exi/5ce antrieure1 appr5dre n'tant1 au dire de ,platon1 que n\s remmor] ce que n\s avons su4 ,or1 *acun sait p> expri5ce que cette ass]tion e/ fausse2 d'abord1 p>ce que1 prcism5t1 n\s ne n\s s\v5ons que de ce qu'on n\s appr5d et que1 si la mmoire faisait exactem5t son (fice1 elle n\s suggr]ait bi5 quelque *ose de plus que ce que n\s savons au db4 ,en second lieu1 la sci5ce que l'me possd]ait1 puisqu'elle a rec\vr sa puret initiale1 s]ait la sci5ce p>faite1 de sorte que1 grce sa div9e intellig5ce1 elle connatrait t\tes *oses dans leur ralit2 or il arrive que si1 sur un po9t ou sur un autre1 on lui enseigne le m5songe ou le vice1 elle les reti5t1 n'ayant aucune rm9isc5ce y oppos]1 p>ce que cette image et cette conception de la vrit ne sont de fait encore jamais entres en elle4 ,on ne saurait dire que son emprisonnem5t dans le corps t\ffe ses qualits natives1 au po9t que t\tes s'en tr\v5t te9tes2 ce s]ait premirem5t contraire cette autre croyance qui lui reconnat une puissance si considrable et une action si admirable sur l'homme en cette vie1 qu'on en a fait dans le pass une div9it remontant t\te t]nit et laquelle l'av5ir rs]ve l'immortalit3 et cep5dant si le *angem5t e/ si gr&1 que l'me ne cons]ve aucun s\v5ir de ce qu'elle a fait1 son tat1 ce me semble1 diffre bi5 peu de la mort 7,lucrce74 ,d'autre "p1 comme dans le cas qui n\s occupe1 ce sont les effets produits en n\s1 et non ailleurs1 p> les =ces et l'action de l'me qui sont considr]2 t\t le re/e de ses p]fections lui e/ sup]flu et inutile1 c'e/ son tat prs5t qui doit lui valoir et lui procur] l'immortalit1 et elle n'e/ responsable que de la vie de l'homme avec lequel elle fait corps4 ,c'e/ p\rquoi ce s]ait inju/e1 aprs lui avoir retir ses moy5s d'action et l'avoir ds>me1 de la jug] et de la frapp] d'une condamnation d'une dure excessive1 p]ptuelle1 p\r le temps qu'elle e/ demeure captive dans sa prison1 faible1 malade1 con/amm5t s\s l'effet de la contra9te qui lui a t impose4 ,/atu] sur son sort en raison d'un temps aussi c\rt1 qui n'e/ p>fois que d'une heure ou deux1 au pis all] atte9t un sicle1 ce qui1 dans un cas comme dans l'autre1 n'e/ qu'un in/ant comp> l't]nit1 et1 p\r cet espace d'un mom5t1 ordonn] et dispos] d'elle t\t jamais1 s]ait d'une disproportion entre la cause et l'effet1 aussi inique que de lui attribu] une rcomp5se t]nelle en raison des mrites d'une vie aussi c\rte4 ,p\r p>] cette difficult1 ,platon veut que ce qui n\s att5d aprs la mort1 ait une dure de c5t ans1 en rapport avec celle de la vie huma9e2 nombre de nos docteurs ont p>eillem5t assign des bornes ce temps d'preuve4 ,ce qu'il y a de c]ta9 c'e/ qu'elle nat avec le corps1 se =tifie et s'affaiblit avec lui et que1 p\r la tr\bl]1 un lg] accid5t suffit4--,en somme1 la croyance gnrale tait que l'me nat et vit dans les mmes conditions que l'homme lui-mme1 suivant l'op9ion d'picure et de ,dmocrite1 qui tait celle la plus communm5t admise d'aprs ces belles app>5ces3 qu'on la voit natre mme le corps arriv au degr v\lu cet effet2 qu'on voit ses =ces se dvelopp] en mme temps que les =ces physiques de l'individu2 qu'on con/ate sa faiblesse tant que dure l'enfance1 sa vigueur et sa maturit crotre avec le temps1 son affaiblissem5t qu& vi5t la vieillesse1 enf9 sa dcrpitude3 ,n\s s5tons qu'elle nat avec le corps1 qu'elle crot et vieillit avec lui 7,lucrce74--,on con/atait qu'elle e/ capable d'tre en proie div]ses passions et d'pr\v] des m\vem5ts pnibles1 lui causant de l'agitation et occasionnant en elle de la lassitude et de la d\leur2 d'tre susceptible d'altration1 de *angem5t1 d'allgresse1 d'ass\pissem5t1 de langueur2 d'avoir ses maladies et ses infirmits1 t\t comme le pi$ ou l'e/omac ont les leurs3 ,n\s voyons l'esprit p\voir tre trait p> la mdec9e et gurir comme un corps malade 7,lucrce74 ,on la con/atait galem5t m\/ille1 tr\ble s\s l'action du v92 dplace de son assiette p> les vapeurs d'une fivre *aude2 endormie p> l'emploi de c]ta9s mdicam5ts et rveille p> d'autres3 ,il faut bi5 que l'me soit corporelle1 puisqu'elle e/ s5sible aux impressions du corps 7,lucrce74 ,on voyait t\tes ses facults dtraques1 r5v]ses p> le seul effet de la morsure d'un *i5 malade2 et1 quelle que soit la f]met de sa raison1 son intellig5ce1 sa v]tu1 la rsolution dont l'a dote la philosophie1 l'n]gie de sa volont1 ri5 ne p\voir l'exempt] de subir les effets de semblables accid5ts2 la salive d'un mauvais petit roquet sur la ma9 de ,socrate1 ragir sur sa sagesse1 ses ides si hautes1 si pondres et les anantir au po9t qu'il n'en re/e pas trace3 ,l'me e/ tr\ble1 altre1 b\lev]se1 brise p> la =ce de ce poison 7,lucrce72 ce v59 ne pas r5contr] plus de rsi/ance dans l'me de ce philosophe que dans celle d'un enfant de quatre ans et tre capable de communiqu] la rage la philosophie t\t entire si elle et t p]sonnifie1 et de la r5dre furieuse1 ins5se2 si bi5 que ,caton1 qui triompha de la mort elle-mme et de la mauvaise =tune1 n'et pu support] la vue d'un miroir ni celle de l'eau et et t accabl d'p\vante et d'effroi si1 p> le fait de la contagion que peut transmettre un *i5 enrag1 il et t atte9t de cette maladie que les mdec9s appell5t hydrophobie3 ,le mal1 en se rp&ant dans les membres1 tr\ble l'me p> sa viol5ce1 t\t comme la =ce du v5t s\lve la m] en vagues cumantes 7,lucrce74 ,c]ta9em5t la philosophie a bi5 arm l'homme contre la s\ffrance p\vant prov5ir de n'importe quel autre accid5t1 elle l'a p\rvu de pati5ce2 et1 si son mal excde ses =ces1 en se drobant compltem5t la s5sation qu'il en pr\ve1 il a un moy5 infaillible d'y *app]4 ,mais ce sont l des procds qui ne sont l'usage que d'une me matresse et sre d'elle-mme1 capable de raisonnem5t et de rsolution2 ils ne remdi5t pas au cas o1 *ez un philosophe1 l'me s'affole1 se tr\ble1 se r5v]se et se p]d1 a9si qu'il arrive en div]ses circon/ances1 telles qu'une agitation trop vhm5te surv5ant en elle s\s l'influ5ce d'une viol5te passion1 une blessure en c]ta9s endroits de notre tre1 des exhalaisons de l'e/omac n\s causant des v]tiges et des t\rnoiem5ts de tte3 ,s\v5t dans les maladies du corps1 l'me s'g>e et se rp& en disc\rs sans suite2 d'autres fois1 une pesante l?>gie la plonge comme dans un pr(ond et t]nel sommeil1 les yeux se f]m5t1 la tte s'abat 7,lucrce74 ,les philosophes ne se sont gure1 il me semble1 appesantis sur ce po9t1 non plus que sur un autre de mme importance3 ,p\r n\s consol] de ce que n\s sommes v\s la mort1 ils ont t\j\rs ce dilemme la b\*e3 ,ou l'me e/ mortelle1 ou elle e/ immortelle2 si elle e/ mortelle1 elle s]a indemne de t\te s\ffrance2 si elle e/ immortelle1 elle ira m>*ant sans cesse dans la voie de la p]fection4 ,ils n'envisag5t jamais l'autre cas3 ,qu'arriv]a-t-il si elle va con/amm5t de mal en pis8 et ils laiss5t aux potes n\s entret5ir des pe9es futures qui n\s m5ac5t1 se donnant de la sorte beau jeu4 ,ce sont l deux omissions que j'ai s\v5t rem>ques dans leurs entreti5s4 ,je revi5s la premire de ces deux propositions1 que l'me e/ mortelle4 ,l'me p]d1 en c]ta9es circon/ances1 l'usage de la con/ance et de la f]met que les ,/oci5s ti5n5t p\r le s\v]a9 bi52 =ce alors e/ notre belle sagesse de capitul] et de r5dre les armes4 ,a cet g>d1 la vanit1 qui e/ le propre de la raison huma9e1 avait port ne pas admettre comme supposables le mlange et la coexi/5ce de deux conditions aussi opposes1 de ce qui e/ mortel avec ce qui e/ immortel3 ,c'e/ folie d'unir le mortel l'immortel1 de les croire d'intellig5ce1 et en communaut de fonctions4 ,que doit-on en effet imag9] de plus diffr5t1 de plus di/9ct1 de plus contraire que ces deux sub/ances1 l'une prissable1 l'autre inde/ructible1 que v\s prt5dez runir p\r les expos] ensemble aux plus t]ribles dsa/res 7,lucrce78 ,on conte/ait mo9s le passage de vie trpas de l'me et du corps3 elle s'affaisse avec lui s\s le poids des ans 7,lucrce71 dont1 selon ,znon1 le sommeil1 qui e/ une dfaillance et une *ute de l'me1 aussi bi5 que du corps1 n\s donne assez l'image4 ,si l'on voit *ez quelques-uns l'me cons]v] sa =ce et sa vigueur au dcl9 de la vie1 cela1 disait-on1 ti5t la div]sit des maladies2 de mme que l'on voit1 sur la f9 de leurs j\rs1 des hommes cons]v] intacts1 qui un s5s1 qui un autre3 l'un1 l'oue2 l'autre1 l'odorat2 l'affaiblissem5t n'e/ d'ord9aire pas si gnral1 que c]ta9es p>ties de l'organisme ne demeur5t entires et sans ri5 p]dre de leur vigueur3 de la mme manire que les pi$s peuv5t tre malades1 sans que la tte ress5te aucune d\leur 7,lucrce74 ,les plus h>dis dogmati/es eux-mmes ne s\ti5n5t que faiblem5t le dogme de l'immortalit de l'me4--,le reg>d que notre jugem5t porte sur la vrit peut se comp>]1 comme le dit ,ari/ote1 celui du *at-huant contemplant la spl5deur du soleil4 ,n\s n'avons ri5 de mieux que cette grossire ccit p\r pntr] cette si clatante lumire2 c> l'op9ion contraire qui prconise l'immortalit de l'me1 laquelle1 au dire de ,cicron1 a t introduite p\r la premire fois1 du mo9s d'aprs ce qu'on tr\ve dans les livres1 p> ,phrcyde de ,syros contempora9 de ,tullus1 que d'autres attribu5t ,?als et d'autres d'autres1 e/ le po9t de la sci5ce huma9e qui a t trait avec le plus de rs]ve et sur lequel plane le plus de d\te4 ,les dogmati/es les plus intransigeants sont1 cet g>d pr9cipalem5t1 obligs de se rang] l'op9ion qui avait c\rs s\s les ombrages de l',acadmie4 ,nul ne sait ce qu',ari/ote admettait ce sujet1 non plus qu'en gnral t\s les philosophes anci5s qui1 l-dessus1 n'avai5t pas de croyance bi5 f]me3 promesse1 m9emm5t agrable1 d'un bi5 dont ils ne n\s pr\v5t gure la c]titude 7,snque72 il dissimule ce qu'il en p5se s\s un nuage de p>oles dont le s5s e/ obscur et qui sont peu intelligibles1 laissant ses sectateurs disput] autant sur le jugem5t qu'il en porte1 que sur la matire elle-mme4 ,bi5 que c]ta9es considrations port5t le concevoir1 ils n'ont r5contr ju/e que p> has>d1 et il n\s faut1 ce sujet1 n\s en rapport] uniquem5t ce que n\s enseigne la rvlation4--,deux *oses militai5t en faveur de cette op9ion3 l'une1 c'e/ que sans l'immortalit de l'me il n'y aurait plus sur quoi faire repos] les va9es esprances de gloire1 qui sont un /imulant d'une m]veilleuse puissance en ce monde2 l'autre1 que c'e/ une trs salutaire croyance1 comme le dit ,platon1 que les vices qui *app5t la vue et la connaissance de la ju/ice huma9e1 ne cess5t pas d'tre s\s le c\p de la ju/ice div9e qui les p\rsuit mme aprs la mort des c\pables4 ,l'homme a un so9 extrme de prolong] son tre2 il y a p\rvu de t\tes faons3 p\r la cons]vation de son corps1 p> la spulture2 p\r celle de son nom1 p> la gloire2 proccup de ce qu'il devi5dra1 il a mis en uvre t\t ce qui lui e/ v5u l'ide p\r se recon/ruire1 et s'e/ +ni consolid] sa mmoire4--,l'me ne p\vant1 en raison de son tr\ble et de sa faiblesse1 tr\v] le calme1 va *]*ant p>t\t des consolations1 des esprances1 des appuis2 elle s'atta*e des circon/ances trangres et ne s'en dp>tit plus2 si lgres1 si fanta/iques qu'elles soi5t1 elle s'y loge1 s'y reposant plus volonti]s et avec plus de confiance qu'en elle-mme4--,il e/ m]veilleux combi5 les p>tisans les plus conva9cus de cette ide si ju/e1 si claire de l'immortalit de nos mes1 se sont tr\vs c\rt et impuissants l'tablir avec les seules =ces de leur raison huma9e3 ce sont l les rves d'un homme qui dsire1 mais qui ne tr\ve pas 7,cicron71 disait un anci54 ,p> l1 l'homme peut reconnatre que c'e/ la =tune1 au has>d d'une r5contre1 qu'il doit d'avoir pntr la vrit qu& il la dc\vre de lui mme1 puisque alors qu'elle lui tombe dans les ma9s1 il n'e/ pas encore mme de la saisir et de la cons]v]1 et que sa raison e/ hors d'tat d'en tir] avantage4 ,t\t ce que produis5t notre raison seule et notre intellig5ce1 aussi bi5 ce qui e/ vrai que ce qui e/ faux1 e/ sujet l'inc]titude et la discussion4 ,c'e/ p\r n\s punir de notre orgueil et n\s faire s5tir notre misre et notre impuissance que ,dieu a suscit le tr\ble et la confusion de l'anci5ne t\r de ,babel2 t\t ce que n\s entrepr5ons sans son assi/ance1 t\t ce que n\s voyons sans que sa grce n\s claire1 n'e/ que vanit et folie2 il n'e/ pas jusqu' l'ess5ce mme de la vrit1 qui cep5dant e/ uni=me et con/ante1 que n\s ne corrompions et qui ne dgnre p> notre faiblesse qu& la =tune n\s en donne la possession4 ,de quelque faon que l'homme s'y pr5ne1 ,dieu p]met qu'il arrive t\j\rs cette mme confusion dont il n\s a donn une si saisissante image1 p> le ju/e *tim5t dont il punit l'outrecuidance de ,nemrod1 en rduisant nant ses folles t5tatives p\r m5] bi5 la con/ruction de sa pyramide3 ,je confondrai la sagesse des sages et rpr\v]ai la prud5ce des prud5ts 7,s4 ,paul74 ,la div]sit dans les idiomes et les langues que p>lai5t les ouvri]s employs lev] cet difice et qui le fit avort]1 qu'e/-ce1 si ce n'e/ cet inf9i et p]ptuel conflit et dsaccord d'op9ions et de raisonnem5ts1 insp>ables de la sci5ce huma9e si va9e1 que cette div]sit embr\ille2 ce qui du re/e a son utilit1 c> qui n\s reti5drait si n\s possdions un atome de sci5ce4 ,c'e/ une gr&e satisfaction p\r moi1 de voir un sa9t s'exprim] a9si3 ,les tnbres dans lesquelles s'enveloppe la vrit1 sont un ex]cice p\r l'humilit et un fre9 p\r l'orgueil 7,s4 ,augu/972 quel degr de prsomption et d'insol5ce n'atteign5t pas notre aveuglem5t et notre btise6 ,p\rsuivons notre sujet4 ,c'e/ vraim5t bi5 con=me la raison que n\s ne t5ions que de ,dieu1 et uniquem5t p> sa grce1 de connatre la vrit sur cette croyance d'ordre si lev1 puisque c'e/ de sa seule libralit que n\s recevons ce que l'immortalit n\s procure d'heureux1 la j\issance de la batitude t]nelle4 ,confessons en t\te simplicit que c'e/ ,dieu seul qui n\s l'a dit1 et la foi qui n\s l'enseigne2 la nature et la raison n'y sont p\r ri51 et quiconque1 ab&onn ses propres =ces1 entrepr5dra de se sond] en d$ans et en dehors de lui-mme1 sans t5ir compte de la rvlation div9e1 et tudi]a l'homme sans le flatt]1 ne v]ra en lui ri5 de sr1 ri5 de probable1 ab\tissant autre *ose1 comme f9 d]nire1 qu' la mort et la t]re4 ,plus n\s donnons1 plus n\s devons et plus n\s r5dons ,dieu1 plus n\s n\s conduisons en vrais *rti5s4 ,ce que ce philosophe /oci5 dit t5ir du s5tim5t =tuit qui s'e/ =m dans l'esprit de t\s1 n'et-il pas mieux valu qu'il le tnt de ,dieu3 ,lorsque n\s traitons de l'immortalit de l'me1 n\s *]*ons surt\t appui auprs des hommes qui craign5t les dieux inf]naux ou qui les honor5t2 je pr(ite de cette croyance gnralem5t rp&ue 7,snque74 ,ce qui1 suivant diffr5ts philosophes1 con/itue l'immortalit de l'me2 dfectuosit de t\s ces sy/mes4--,la faiblesse des argum5ts huma9s sur ce po9t se rvle s+ulirem5t p> les circon/ances1 empruntes la fable1 qui ont t mises l'appui de cette op9ion p\r dt]m9] dans quelles conditions n\s sommes appels j\ir de l'immortalit4 ,laissons de ct les ,/oci5s qui dis5t que nos mes viv5t comme les corneilles1 longtemps1 mais pas t\j\rs 7,cicron71 qui lui donn5t une vie au del de celle-ci1 mais nanmo9s limite4 ,l'ide la plus gnralem5t reue et qui 99 en div]s lieux s'e/ cont9ue jusqu' n\s1 a t celle dont ,py?agore s]ait l'auteur2 non que l'inv5tion soit de lui1 mais p>ce que l'autorit de son approbation lui a donn un gr& poids et l'a mise en crdit2 cette ide e/ la suivante3 ,les mes1 qu& elles n\s quitt5t1 ne font que pass] d'un corps dans un autre2 de celui d'un lion1 dans celui d'un *eval2 d'un *eval1 *ez un roi2 prom5es sans cesse d'une demeure dans une autre4 ,py?agore disait mme1 son propos1 se s\v5ir avoir t ?alide2 po/rieurem5t1 ,euphorbe2 puis1 ,h]mot9us2 enf91 de ,pyrrhus tre pass en ,py?agore1 cons]vant la mmoire de ce que1 durant deux c5t six ans1 il tait dev5u4--,il y en avait qui aj\tai5t que p>fois ces mmes mes remontai5t au ciel p\r1 aprs1 en r$esc5dre encore3 ,o mon pre1 e/-il vrai que des mes ret\rn5t d'ici sur t]re et revt5t de n\veau une enveloppe corporelle8 ,qui peut inspir] ces malheureuses un aussi cruel dsir de la vie 7,virgile78 ,origne les fait all] et v5ir t]nellem5t d'un tat heureux un mauvais4 ,v>ron expose qu'aprs une volution d'une dure de quatre c5t qu>ante ans1 elles s'uniss5t n\veau leur premi] corps4 ,*rysippe1 qu'il doit en arriv] a9si aprs une poque dt]m9e dont la dure e/ inconnue et qu'il n'indique pas4 ,platon 7qui dit t5ir de ,p9d>e et des potes anci5s cette croyance71 de ce que l'me e/ s\mise une inf9ie multitude des migrations1 et de ce qu'elle n'a att5dre en l'autre monde que des pe9es et des rcomp5ses temporelles1 a9si que l'e/ dj sa vie en celui-ci1 conclut qu'elle acqui]t une connaissance p>ticulire des *oses du ciel1 des enf]s comme de celles de la t]re1 et aussi des endroits o elle a pass1 repass et sj\rn durant ses nombreuses prgr9ations dont elle a possibilit de cons]v] quelque vague s\v5ir et dont voici la progression3 ,si l'me a vcu dans le bi51 elle rejo9t l'a/re qui lui e/ assign2 celle qui a mal vcu1 passe dans un corps de femme2 si1 en cet tat1 elle ne s'am5de pas1 elle passe dans celui d'un animal de murs en rapport avec les vices dont elle e/ enta*e2 et elle ne voit la f9 de ses pe9es qu'alors qu'elle e/ rev5ue son tat de puret primitif aprs s'tre1 =ce de raisonnem5t1 dfaite des qualits grossires1 /upides qui *ez elle tai5t en g]me4--,je n'aurai g>de d'omettre cette plaisante objection faite p> les picuri5s cette transmigration d'un corps un autre3 ,qu'advi5drait-il1 dem&5t-ils1 si le nombre des m\rants excdait le nombre de ceux qui naiss5t8 les mes dloges de leur gte1 en arriv]ai5t se f\l] les unes les autres1 p\r se tr\v] des premires pr5dre place dans ces n\velles enveloppes2 et aussi3 ,a quoi pass]ai5t leur temps1 celles obliges d'att5dre que leurs n\veaux logis soi5t prts8 ,et inv]sem5t1 s'il naissait plus d'animaux qu'il n'en meurt1 en quelle f*euse situation1 aj\t5t-ils1 s]ai5t ceux auxquels il n'aurait pas t infus d'me8 il s'en tr\v]ait p>mi eux qui m\rrai5t avant d'avoir vcu4 ,il e/ ridicule de suppos] que les mes se tr\v5t l t\tes prtes au mom5t prcis de l'acc\plem5t des animaux ou de leur naissance et que1 sub/ances immortelles1 elles s'empress5t en f\le aut\r d'un corps mortel1 se disputant entre elles qui y s]a introduite la premire 7,lucrce74--,d'autres s'emp>5t de l'me au mom5t du trpas1 p\r en anim] les s]p5ts1 les v]s et autres animalcules qui se produis5t1 dit-on1 lorsque le corps entre en dcomposition et mme lorsqu'il e/ rduit en c5dres2 d'autres la compos5t de deux p>ties1 l'une mortelle1 l'autre immortelle2 d'autres la suppos5t matrielle et qu& mme immortelle2 quelques-uns admett5t son immortalit1 t\t en la t5ant comme incapable de sci5ce et de connaissance4--,il y en a encore qui sont d'avis que les mes des condamns s'inc>n5t dans les dmons2 et p>mi les *rti5s1 c]ta9s en jug5t a9si4 ,p> analogie1 ,plut>que p5se que les mes qui ont obt5u leur salut devi5n5t dieux2 il e/ peu de sujets sur lesquels cet auteur se prononce avec autant de nettet que sur celui-ci1 alors que sur t\s autres il s'exprime d'une manire dubitative et ambigu3 ,il faut e/im]1 dit-il1 et croire f]mem5t1 en ce qui conc]ne les mes des g5s v]tueux1 qu'a9si que cela e/ naturel et con=me la ju/ice div9e1 ces mes1 au sortir de cet tat1 transmigr5t *ez des sa9ts2 celles des sa9ts1 *ez des demi-dieux2 et celles des demi-dieux1 aprs qu'elles se sont compltem5t dgages de t\te s\illure et purifies p> des sacrifices expiatoires p> exemple1 n'ayant plus pay] tribut ni la s\ffrance ni la mort1 et sans qu' cet effet il soit beso9 d'ordonnance civile et cep5dant bi5 rellem5t a9si que le raisonnem5t le r5d vraisemblable1 devi5n5t des dieux enti]s et p>faits1 ce qui leur con/itue une f9 trs heureuse et trs glorieuse4 ,celui qui s]ait dsireux de voir ,plut>que1 p\rtant l'un des auteurs anci5s des plus ret5us et des plus modrs1 se faire l'un des plus h>dis *ampions de cette ?se et cont] des miracles ce propos1 peut se report] ses crits sur la lune et sur le dmon de ,socrate2 il y v]ra d'une manire aussi vid5te que n'importe o1 combi5 les my/res de la philosophie (fr5t de biz>r]ies qui lui sont communes avec la posie4 ,l'ent5dem5t huma9 se p]d v\loir sond] et contrl] t\t fond2 c'e/ absolum5t ce qui n\s arrive3 h>asss p> le travail accompli dans le c\rs d'une longue vie1 n\s retombons en enfance4--,tels sont les beaux enseignem5ts si empre9ts de c]titude que la sci5ce huma9e n\s f\rnit t\*ant notre me6 ,la manire dont se =me le corps huma9 e/ aussi inconnue que la nature de l'me2 t\t e/ my/re dans la gnration4--,en ce qui se rapporte la p>tie matrielle de notre tre1 la sci5ce e/ t\t aussi tmraire dans ses conjectures4 ,*oisissons-en un ou deux exemples seulem5t1 p>ce qu' t\t relev]1 n\s n\s p]drions dans cet ocan si va/e et si tr\ble des erreurs commises p> les mdec9s4 ,voyons si1 au mo9s1 l'accord rgne sur la manire dont les hommes se reproduis5t les uns p> les autres1 c> p\r ce qui e/ de leur cration initiale1 le fait remonte si haut dans l'antiquit qu'il n'e/ pas tonnant que l'esprit huma9 ne soit pas fix sur ce qui en e/ et ne puisse se prononc]4--,le physici5 ,ar*las1 dont ,socrate fut le disciple et le mignon1 au dire d',ari/oxne1 p5sait que les hommes et les animaux sont eng5drs p> un limon laiteux1 produit s\s l'action du feu intrieur de la t]re2 ,py?agore1 que la sem5ce dont n\s prov5ons e/ l'cume du meilleur de notre sang2 ,platon1 un c\lem5t de la moelle de la colonne v]tbrale1 et il en donne comme preuve que c'e/ l que se ress5t1 en premi] lieu1 la fatigue rsultant de ce travail2 ,alcmon1 une p>tie de la sub/ance dont e/ =m le c]veau et que ce qui indique qu'il doit en tre a9si1 c'e/ que la vue se tr\ble *ez ceux qui se livr5t outre mesure cet ex]cice2 ,dmocrite1 que c'e/ une sub/ance extraite de t\t ce qui entre dans la composition du corps pris en masse2 picure1 qu'elle e/ extraite de l'me et du corps2 ,ari/ote1 que c'e/ une scrtion qui provi5t du sang1 et qu'elle e/ la d]nire s'p&re dans nos membres2 d'autres la ti5n5t p\r du sang cuit et trans=m p> la *aleur des organes gnrateurs1 a9si qu'on peut en jug] p> le fait que les ef=ts p\sss l'extrme dans l'accomplissem5t de cet acte1 amn5t des g\ttes de sang pur1 hypo?se qui semble la plus vraisemblable1 si on peut dml] une probabilit dans cette inf9it si confuse d'op9ions4--,et combi5 d'avis div]s sur la manire dont cette sem5ce produit son effet6 ,ari/ote et ,dmocrite e/im5t que la femme ne scrte pas de sp]me1 mais seulem5t une sueur rsultant de la *aleur que dvelopp5t en elle le plaisir et l'action1 et qui ne j\e aucun rle dans la gnration4 ,au contraire1 ,gali5 et ses disciples p5s5t qu'elle n'a lieu qu'autant que les sem5ces manant de l'homme et de la femme se ml5t4--,enf91 quelle e/ la dure de la ge/ation8 ,sur cette "q1 les mdec9s1 les philosophes1 les jurisconsultes et les ?ologi5s sont ple-mle aux prises avec les femmes2 p> mon propre cas1 je puis v5ir en aide ceux qui ma9ti5n5t que le temps de la grossesse e/ de onze mois4 ,a9si c'e/ l-dessus que le monde repose1 ce sont l des sujets sur lesquels il n'e/ si simple femmelette qui ne puisse dire son avis1 et cep5dant ce sont autant de conte/ations sur lesquelles n\s ne p\vons tre d'accord6 ,d'o cette conclusion que l'homme1 ne se connaissant pas lui-mme1 ne peut p> lui-mme arriv] la connaissance de quoi que ce soit4--,en voil assez p\r con/at] que l'homme n'en sait pas plus sur la p>tie corporelle de son tre1 que sur la p>tie spirituelle4 ,n\s l'avons s\mis lui-mme son propre exam51 et avons fait sa raison juge d'elle-mme1 p\r voir o cela conduirait2 il me semble avoir suffisamm5t montr p> cette mise en demeure combi5 elle s'ent5d peu sur elle-mme2 et qui ne s'ent5d pas sur soi-mme1 en quoi peut-il tre compt5t8 ,comme si celui qui ignore sa propre mesure1 p\vait entrepr5dre de mesur] quelque *ose 7,pl9e76 ,en vrit ,protagoras n\s la contait belle1 qu& il pr5ait p\r mesure de t\tes *oses l'homme1 qui n'a seulem5t jamais connu la si5ne1 et auquel sa dignit ne p]met pas d'admettre qu' son dfaut1 une autre crature ait cet avantage4 ,puisqu'il e/ en contradiction p]man5te avec lui-mme1 que sans cesse *ez lui une apprciation dtruit l'autre1 n\s propos]1 comme n\s l'avons fait1 de n\s en rapport] lui1 ne p\vait tre qu'une plaisant]ie1 qui devait ncessairem5t n\s am5] conclure l'impuissance du compas et de celui qui le manie4 ,?als1 en e/imant que la connaissance de l'homme e/ trs difficile p\r l'homme1 lui appr5d p> cela mme que la connaissance de t\te autre *ose lui e/ impossible4 ,les argum5ts qui prcd5t ne sont pas eux-mmes sans dang] et peuv5t se ret\rn] contre n\s4--,v\s1 p\r qui j'ai pris la pe9e de m't5dre si longuem5t contre mon habitude1 v\s ne recul]ez pas df5dre les propositions de ,sebond1 avec la seule aide des argum5tations qui s'emploi5t d'ord9aire et qui se retr\v5t dans les in/ructions qui v\s sont faites *aque j\r2 cela ex]c]a votre esprit et s]a p\r v\s un sujet d'tude intressant4 ,c> p\r ce qui e/ de ce mode de discussion que je vi5s moi-mme d'employ]1 il ne faut y avoir rec\rs qu' la d]nire extrmit2 c'e/ un c\p de dsespoir o l'on ab&onne ses propres armes p\r enlev] l'adv]saire les si5nes2 c'e/ une botte secrte1 dont il ne faut us] que r>em5t et avec rs]ve4 ,se p]dre p\r en p]dre un autre1 e/ un acte des plus tmraires2 il ne faut pas v\loir m\rir p\r assur] sa v5geance1 comme fit ,gobrias qui1 aux prises avec un seigneur de ,p]se et ne faisant qu'un avec lui1 voyant ,d>ius1 surv5u l'pe la ma91 arrt p> la cra9te de l'atte9dre1 lui ,gobrias1 lui cria de frapp] h>dim5t1 dt-il les transp]c] t\s deux4 ,j'ai vu blm]1 comme iniques1 des combats s+uli]s dans lesquels les armes dont il tait fait usage et les conditions tai5t telles que l'issue devait en tre =cm5t fatale1 et la p]te des deux adv]saires1 celle du provocateur aussi bi5 que celle de celui qui lui tait oppos1 9vitable4--,les ,portugais avai5t1 dans la m] des ,indes1 fait prisonni]s plusieurs ,turcs2 ceux-ci1 impati5ts de leur captivit1 rsolur5t1 p\r s'en dlivr]1 de mettre le feu et de dtruire le navire et1 avec lui1 leurs matres et eux-mmes1 desse9 qu'ils accomplir5t au moy5 de deux cl\s prov5ant du navire1 qu'ils frottr5t l'un contre l'autre jusqu' ce qu'une t9celle se produisant1 v9t tomb] dans les b>ils de p\dre qui se tr\vai5t dans l'endroit o ils tai5t enf]ms4--,n\s atteignons ici les conf9s de la sci5ce1 ses d]nires limites2 t\t comme la v]tu1 elle e/ en dfaut en ses po9ts extrmes4 ,t5ez-v\s dans la voie commune1 il n'e/ pas bon d'tre si subtil et si f92 s\v5ez-v\s cet g>d du prov]be toscan3 ,qui trop se subtilise1 se pulvrise 7,ptr>que74 ,je v\s conseille la modration et la rs]ve dans les op9ions que v\s mettez1 dans les raisonnem5ts que v\s t5ez aussi bi5 que dans vos murs et en t\tes autres *oses2 vitez ce qui e/ n\veau et trange2 t\t ce qui e/ extravagant1 me f*e4 ,v\s qui1 p> l'autorit du rang que v\s occupez et1 ce qui vaut mieux encore1 p> les avantages que v\s donn5t vos qualits p]sonnelles1 p\vez d'un cl9 d'il comm&] qui v\s plat1 v\s auriez d confi] la *>ge que je remplis quelqu'un faisant de la littrature son occupation habituelle2 il v\s et1 bi5 autrem5t que moi1 r5seign et docum5t sur ce sujet4 ,quoi qu'il en soit1 en voil assez1 p\r ce que v\s avez en faire4 ,aussi mieux vaut1 sur ces que/ions1 s'en t5ir aux enseignem5ts de la foi1 vit] t\te controv]se1 et ne rec\rir ces argum5ts que si1 avec c]ta9es g5s1 on e/ oblig de discut]4--picure disait des lois que mme les plus mauvaises n\s sont si ncessaires que1 sans elles1 les hommes se dvor]ai5t entre eux2 et ,platon confirme que sans les lois n\s vivrions comme les btes4 ,notre esprit e/ un outil vagabond1 dang]eux et tmraire2 il e/ malais d'en us] avec ordre et mesure4 ,ne voyons-n\s pas1 notre poque1 ceux qui ont une supriorit m>quante bi5 au-dessus des autres1 une p]spicacit dpassant de beauc\p les mieux d\s cet g>d1 donn] p\r a9si dire ple9e lic5ce leurs op9ions et leurs actes8 c'e/ miracle s'il en tr\ve un qui soit modr et sociable4--,on a raison d'oppos] l'esprit huma9 les b>rires les plus troites possible2 dans les tudes auxquelles il se livre1 comme dans le re/e1 il faut lui mnag] et rgl] son allure2 il faut1 avec art1 lui dlimit] son t]ra9 de *asse4 ,on le bride1 on l'ens]re p> la religion1 les lois1 les c\tumes1 la sci5ce1 les prceptes1 les pe9es et les rcomp5ses mortelles et immortelles2 il se s\/rait qu& mme t\s ces li5s p> sa facilit se m\voir et se drob]2 c'e/ un corps sans consi/ance qu'on n'arrive ni saisir1 ni ret5ir1 corps aux =mes multiples et mal df9ies qui *appe au nud c\lant et n'(fre pas prise4--,il y a c]ta9em5t peu d'mes si rgles1 si =tes1 si bi5 nes qu'elles soi5t1 auxquelles on puisse se fi] de leur propre conduite et qui1 ab&onnes leur seul jugem5t1 soi5t susceptibles de vogu]1 avec modration et sans tmrit1 en dehors des ides qui ont communm5t c\rs2 il e/ plus sr de les mettre en tutelle4 ,l'esprit e/ un glaive dang]eux1 mme p\r celui qui l'a en sa possession1 s'il ne sait s'en s]vir avec opportunit et discrtion2 et il n'y a pas d'animal auquel il soit mieux ju/ifi de faire port] des illres1 p\r l'oblig] reg>d] o il m>*e et l'emp*] d'extravagu] de ci1 de l1 en se jetant hors des ornires que l'usage et les lois ont traces4 ,aussi1 quoi que ce soit qu'on fasse valoir d'ord9aire en p>eil cas1 e/-il prfrable de n\s y t5ir plutt que de v\s lanc] dans ces discussions p]te de vue qui entran5t cette lic5ce effrne4 ,si cep5dant quelqu'un de ces n\veaux docteurs entrepr5ait de faire auprs de v\s l'esprit =t aux dp5s de son salut et du vtre1 p\r v\s dfaire de cette dang]euse pe/e qui se rp& de j\r en j\r davantage dans les c\rs1 les argum5ts que je v\s expose p\rront1 en cas d'extrme ncessit1 dev5ir un palliatif qui emp*]ait que la contagion de ce poison ne v\s gagne1 v\s et votre ent\rage4 ,actuellem5t les sci5ces sont l'objet d'un enseignem5t (ficiel1 en dehors duquel t\te innovation e/ abusivem5t proscrite4--,la lib]t et la h>diesse dont usai5t les anci5s dans les uvres de l'esprit fir5t que1 naturellem5t1 plusieurs sectes d'op9ions diffr5tes se =mr5t dans la philosophie et dans t\tes les bran*es des sci5ces huma9es1 *acun se mettant en tat de jug] et de *oisir p\r p\voir pr5dre p>ti4 ,mais prs5t que t\t le monde va du mme tra93 lis c]ta9s dogmes dont ils ne peuv5t se dp>tir1 t\s se voi5t =cs d'en df5dre les consqu5ces1 lors mme qu'ils ne les appr\v5t pas 7,cicron71 que les que/ions affr5tes aux arts sont rgles p> ordonnances r5dues p> l'autorit civile1 au po9t que les coles relv5t t\tes d'un mme matre et que cette in/itution e/ s\mise une discipl9e dt]m9e1 on ne reg>de plus ce que les monnaies ps5t et val5t1 *acun les reoit1 le cas *ant1 au prix auquel on les compte communm5t et que le c\rs leur donne2 on ne discute pas si elles sont de bon ou mauvais aloi1 mais seulem5t si elles sont acceptes4 ,et il en e/ a9si de t\tes *oses3 l'enseignem5t de la mdec9e ne se discute pas plus que celui de la gomtrie2 de mme des t\rs de bateleur1 des en*antem5ts1 des n\em5ts d'aiguillettes1 des vocations des mes des trpasss1 des prono/ics1 des pratiques de l'a/rologie et mme de cette ridicule re*]*e de la pi]re philosophale1 t\t s'admet auj\rd'hui sans s\lev] la mo9dre contradiction4 ,il suffit de savoir que ,m>s a son sige au c5tre du triangle =m p> les lignes de la ma91 ,vnus au p\ce1 ,m]cure au petit doigt2 que lorsque la m5sale se prolonge jusqu' la protubrance de l'index1 c'e/ signe de cruaut2 que lorsqu'elle s'arrte au mdius et que la ligne moy5ne naturelle fait avec la ligne de vie un angle ayant son sommet mme hauteur1 c'e/ un indice de mort viol5te2 que si1 *ez la femme1 cette ligne moy5ne et la ligne de vie ne se c\p5t pas1 cela dnote un p5*ant immodr p\r les plaisirs de la *air2 avec une telle sci5ce1 je v\s en pr5ds v\s-mme tmo91 un homme ne peut manqu] d'acqurir de la rputation et d'tre accueilli avec faveur dans t\te socit4 ,il n'en e/ pas mo9s vrai que l'esprit de l'homme ne peut dpass] c]ta9es limites dans la connaissance des *oses4--,?ophra/e disait que le savoir de l'homme1 guid p> les s5s1 peut1 dans une c]ta9e mesure1 faire jug] des causes de ce qui e/2 mais que s'il remonte aux causes ess5tielles et premires1 il faut qu'il s'arrte1 impuissant qu'il e/1 soit p> sa faiblesse1 soit p> les difficults auxquelles il se heurte4 ,une op9ion int]mdiaire et propre n\s flatt]1 c'e/ que notre capacit peut n\s faire arriv] la connaissance de c]ta9es *oses1 t\tefois notre p]spicacit a des limites au del desquelles il e/ tmraire de v\loir l'employ]2 c'e/ l une manire de voir plausible1 prs5te p> des g5s de bonne composition4 ,mais il n'e/ pas facile d'assign] des bornes notre esprit2 il e/ curieux et avide1 et e/ime qu'il n'y a pas lieu p\r lui de s'arrt] mille pas plutt qu' c9quante1 l'expri5ce lui ayant montr que l o l'un a *\1 un autre a russi2 que ce qui tait inconnu un sicle a t connu du sicle suivant2 que les arts et les sci5ces ne se jett5t pas t\t d'un bloc dans un m\le1 mais se =m5t et pr5n5t figure peu peu1 en les maniant et les polissant1 en s'y repr5ant plusieurs fois1 comme fait l'ours qui1 p\r faire pr5dre =me ses petits1 les l*e loisir4 ,ce que ma =ce ne p>vi5t pas dc\vrir1 je ne laisse pas de le sond] et de l'essay]2 et1 en malaxant et ptrissant cette matire n\velle1 la remuant1 l'*auffant1 je donne celui qui vi5t aprs moi1 de la facilit p\r en tir] p>ti plus son aise1 en la lui r5dant plus s\ple et plus maniable3 telle la cire de l',hymette qui s'amollit au soleil et qui1 ptrie s\s le p\ce1 pr5d mille =mes et devi5t plus maniable p> l'usage 7,ovide72 le second en f]a autant p\r le troisime1 d'o il rsulte que la difficult ne doit pas me dsespr] non plus que mon impuissance1 qui ne sont telles que p\r moi4 ,ignorant des causes premires1 incapable de di/+u] la vrit du m5songe1 il doit s'arrt] ds les premi]s pas4--,l'homme e/ capable de t\t1 comme il n'e/ capable de ri52 et s'il vi5t1 comme le fait ,?ophra/e1 av\] son ignorance des causes premires et des pr9cipes1 il n'a plus qu' r5onc] d'une faon absolue t\te sci5ce2 c> si la base lui fait dfaut1 t\t son raisonnem5t s'effondre4 ,disput] et s'enqurir n'ont d'autre b que d'tre fix sur les pr9cipes2 s'il n'y p>vi5t pas1 il e/ v\ une irrsolution cont9ue3 ,une *ose ne peut tre comprise plus ou mo9s qu'une autre1 p>ce que la comprh5sion e/ une p\r t\tes *oses 7,cicron74--,si l'me avait connaissance de quelque *ose1 il e/ vraisemblable que ce s]ait t\t d'abord d'elle-mme2 et si elle connaissait quelque *ose en dehors d'elle1 ce s]ait avant t\t son corps et son enveloppe *>nelle2 et p\rtant on voit que jusqu' nos j\rs1 les dieux de la mdec9e n'ont cess de discut] sur notre anatomie3 ,si ,vulca9 tait contre ,troie1 ,troie avait p\r elle ,apollon 7,ovide72 jusqu' qu& faudra-t-il att5dre1 p\r qu'ils soi5t d'accord6--,n\s sommes plus vois9s de n\s-mmes que ne n\s sont vois9s la blan*eur de la neige ou la pesanteur de la pi]re2 si l'homme ne se connat pas lui-mme1 comm5t peut-il connatre sa =ce et p\rquoi il e/ sur cette t]re8 ,ce n'e/ pas que n\s n'ayons l'av5ture quelque notion du vrai2 mais c'e/ p> has>d1 d'autant que l'erreur pntre en notre me am5e p> la mme voie et de mme faon1 et que n\s ne sommes pas mme de di/+u] la vrit du m5songe1 pas plus que de *oisir entre eux4 ,aussi e/-il mo9s has>deux de refus] l'homme la possibilit d'arriv] la c]titude en quoi que ce soit1 que d'admettre cette possibilit dans une c]ta9e mesure4--,les ,acadmici5s admettai5t quelque tempram5t leur jugem5t sur notre complte ignorance1 ils tr\vai5t trop catgorique de dire qu'il n'e/ pas plus vraisemblable que la neige soit blan*e plutt que noire2 que n\s ne sommes pas plus c]ta9s que n\s mettons en m\vem5t une pi]re que n\s lanons de notre propre ma91 que n\s le sommes du m\vem5t de la huitime sphre4 ,p\r p>] cette difficult et ce qu'elle prs5te de biz>re qui font que1 vraim5t1 de telles propositions pr5n5t malaism5t pi$ dans notre imag9ation1 et bi5 qu'ils euss5t tabli que n\s sommes incapables de ri5 savoir et que la vrit e/ ensevelie dans de pr(onds abmes o la vue huma9e ne peut pntr]1 ils reconnaissai5t cep5dant que c]ta9es *oses peuv5t prs5t] plus de vraisemblance que d'autres et concdai5t leur jugem5t la facult d'incl9] v]s une app>5ce plutt que v]s une autre2 ils lui p]mettai5t de m>qu] une prfr5ce1 mais lui df5dai5t t\te solution f]me4--,les ,pyrrhoni5s tai5t plus h>dis dans leur op9ion1 en mme temps qu'ils sembl5t tre davantage dans le vrai2 c> cette tolrance des ,acadmici5s1 cette prop5sion se rang] une proposition plutt qu' une autre1 qu'e/-ce1 si ce n'e/ reconnatre qu'il y a en app>5ce plus de vrit dans celle-ci que dans celle-l8 ,or si notre esprit tait capable de di/+u] la =me1 les traits1 le port1 le visage de la vrit1 il la di/+u]ait aussi bi5 si elle lui app>aissait dans son enti]1 qu'il l'et fait qu& il ne la voyait qu' moiti1 alors qu'elle ne faisait que natre et tait encore dans un tat imp>fait4 ,cette app>5ce de vraisemblance1 qui v\s a fait pr5dre plutt droite qu' gau*e1 augm5tez-la2 cette once de probabilit1 qui dj fait incl9] la balance1 multipliez-la p> c5t1 p> mille1 il arriv]a que la balance trbu*]a compltem5t et votre *oix se fix]a1 p>ce que la vrit v\s app>atra t\t entire4--,mais comm5t peuv5t-ils admettre la vraisemblance1 s'ils ignor5t ce qu'e/ la ralit8 ,comm5t savoir que quelque *ose ressemble quelque *ose dont n\s ne connaissons pas l'ess5ce8 ,ou n\s p\vons mettre un jugem5t prcis1 ou n\s ne le p\vons absolum5t pas4 ,si nos facults intellectuelles et susceptibles de s5tir1 la base fait dfaut2 si elles ne repos5t sur ri51 si elles ne font que flott]1 tre le j\et des v5ts1 notre jugem5t ne peut n\s conduire ri51 quel que soit ce quoi n\s l'appliquions et quelles qu'en soi5t les app>5ces2 ce qu'il y a de plus sr et de plus heureux p\r notre ent5dem5t1 ce s]ait de se ma9t5ir pos1 droit1 inflexible1 sans bron*] ni s'agit]3 ,entre les app>5ces vraies ou fausses1 il n'y a pas de diffr5ce dans l'ass5tim5t qu'y donne l'esprit 7,cicron74 ,que les *oses ne pr5n5t pas place en n\s avec leur =me et leur pr9cipe ess5tiel1 qu'elles ne s'impos5t pas n\s p> elles-mmes et d'autorit1 n\s le voyons assez2 s'il en tait a9si1 *acune f]ait sur *acun de n\s la mme impression2 le v9 aurait le mme gt p\r un malade que p\r un homme bi5 portant2 celui qui a des crevasses aux doigts ou qui les a eng\rdis1 tr\v]ait que le bois ou le f] qu'il manie1 sont aussi durs qu'ils le sembl5t t\t autre4 ,les *oses en dehors de n\s1 qui vi5n5t n\s1 s'ab&onn5t donc notre m]ci et n\s demeur5t dans les conditions o il n\s plat de les recevoir4--,d'autre "p1 si ce que n\s recevons1 n\s l'acceptions sans l'altr]2 si les moy5s d'apprciation dont dispose l'humanit tai5t assez puissants et f]mes p\r saisir la vrit sans le sec\rs d'lm5ts trang]s2 ces moy5s tant communs t\s les hommes1 la vrit se transmettrait de ma9 en ma91 des uns aux autres1 et il f9irait p> arriv] que d'un si gr& nombre1 il se tr\v]ait bi5 au mo9s une *ose laquelle1 d'un cons5tem5t univ]sel1 t\s aj\t]ai5t foi4 ,aussi1 ce fait1 qu'on ne voit aucune proposition qui ne soit dbattue et controv]se entre n\s ou qui ne puisse l'tre1 montre-t-il bi5 que1 livr lui-mme1 notre jugem5t ne saisit pas bi5 clairem5t ce qu'il saisit1 puisque mon jugem5t moi ne peut le faire accept] au jugem5t de mon vois91 ce qui m>que nettem5t que je le conois p> un moy5 autre que celui qui rsult]ait d'une puissance de conception dont la nature n\s aurait t\s d\s au mme degr1 moi et t\s les hommes4 ,laissons de ct cette inf9ie confusion d'op9ions1 qui se voit *ez les philosophes eux-mmes1 et cette p]ptuelle et univ]selle discussion sur la connaissance que n\s avons des *oses2 il e/ en effet acquis l'avance1 comme absolum5t c]ta91 que les hommes1 je veux dire les savants1 les plus s9cres et les plus capables ne sont d'accord sur ri51 pas mme sur ce que le ciel e/ au-dessus de nos ttes1 c> ceux qui d\t5t de t\t1 d\t5t aussi que cela soit2 et ceux qui ni5t que n\s soyons mme de compr5dre quoi que ce soit1 dis5t que n\s ne compr5ons pas que le ciel soit au-dessus de n\s2 et ces deux op9ions consi/ant l'une d\t]1 l'autre ni]1 s'impos5t1 sans contr$it1 plus que t\tes autres4 ,en dehors de l'inf9ie div]sit d'op9ions qui n\s divis5t1 n\s-mmes n\s v>ions con/amm5t dans les jugem5ts que n\s portons sur un mme sujet4--,outre cette innombrable div]sit et division d'op9ions1 il e/ ais de voir1 p> le tr\ble en lequel il n\s jette et l'inc]titude que *acun ress5t en soi1 que notre jugem5t e/ mal assis4 ,combi5 jugeons-n\s div]sem5t des *oses8 combi5 de fois *angeons-n\s d'ides8 ,ce que j'admets auj\rd'hui et ce que je crois1 je l'admets et j'y crois autant qu'il m'e/ possible2 t\s nos organes1 t\tes nos facults s'emp>5t de cette op9ion et m'en rpond5t *acun dans la limite de ce qu'il peut2 je ne saurais embrass] aucune vrit1 ni la cons]v] avec plus de conviction que je ne fais de celle-ci2 je m'y suis donn t\t enti]1 elle me ti5t bi5 rellem5t2 mais ne m'e/-il pas arriv1 non pas une fois1 mais c5t fois1 mais mille fois1 et t\s les j\rs1 d'avoir embrass avec ces mmes in/rum5ts1 dans les mmes conditions1 quelque autre *ose que depuis j'ai juge fausse8 ,au mo9s faut-il dev5ir sage nos propres dp5s2 si j'ai t si s\v5t trahi p> mon jugem5t1 si cette pi]re de t\*e e/ d'ord9aire dfectueuse1 si ma balance mal rgle n'e/ pas ju/e1 quelle assurance cela me donne-t-il cette fois plus que les autres1 et n'e/-ce pas sottise de me laiss] si s\v5t tromp] p> un tel guide8 ,et cep5dant1 que la =tune n\s fasse c9q c5ts fois v>i] d'ide1 qu'elle ne fasse que vid] et emplir sans cesse notre croyance1 en y v]sant1 comme dans un vase1 op9ions sur op9ions1 t\j\rs la prs5te1 v5ue la d]nire1 e/ celle qui e/ la vraie1 l'infaillible2 p\r celle-ci1 il n\s faut sacrifi] nos bi5s1 l'honneur1 la vie1 le salut1 t\t enf93 ,la d]nire n\s dgte de la premire et la discrdite dans notre esprit 7,lucrce74--,quoi qu'on n\s pr*e1 quoi que n\s appr5ions1 il faudrait t\j\rs n\s s\v5ir que c'e/ l'homme qui le donne et l'homme qui le reoit2 c'e/ la ma9 d'un mortel qui n\s prs5te1 et la ma9 d'un mortel qui accepte4 ,les *oses qui n\s vi5n5t du ciel1 ont seules le droit de p]suasion et l'autorit ncessaire2 seules elles port5t l'empre9te de la vrit1 mais nos yeux ne la di/+u5t pas et n\s ne l'acqurons pas avec nos propres moy5s2 cette sa9te et gr&e image ne p\rrait lire domicile dans un aussi misrable logis que n\s sommes si ,dieu ne l'avait prp> cet effet1 si1 p> une faveur p>ticulire et surnaturelle1 il ne l'avait trans=m et =tifi p> sa grce4 ,au mo9s notre condition si sujette faillir devrait-elle n\s inspir] plus de modration et de ret5ue dans nos v>iations2 n\s devrions n\s s\v5ir que quelles que soi5t les impressions que notre ent5dem5t peut recevoir1 ce sont s\v5t des *oses errones que n\s p]cevons a9si1 et que n\s les p]cevons avec ces mmes outils qui s\v5t se dm5t5t et se tromp5t4 ,ces jugem5ts de l'esprit sont ess5tiellem5t dp5dants des altrations que le corps pr\ve4--,et il n'e/ pas tonnant qu'ils se dm5t5t1 tant si faciles se fauss] et se tordre dans les plus lgres occurr5ces4 ,il e/ c]ta9 que notre comprh5sion1 notre jugem5t et en gnral les facults de notre me1 s\ffr5t suivant ce qu'pr\ve le corps et les altrations auxquelles il e/ en butte et qui sont cont9uelles4 ,n'avons-n\s pas l'esprit plus veill1 la mmoire plus prompte1 le raisonnem5t plus vif1 qu& n\s n\s portons bi51 que lorsque n\s sommes malades8 ,la joie1 la gat ne n\s dispos5t-elles pas accept] les impressions que n\s ress5tons1 de t\t autre faon que le *agr9 et la mlancolie8 ,p5sez-v\s que les v]s de ,catulle ou de ,sapho plais5t un vieill>d av>e et maussade1 autant qu' un jeune homme vig\reux et ard5t8--,clomne1 fils d',anax&ridas1 tait malade2 ses amis lui repro*ai5t d'avoir une manire de voir et des ides n\velles qui n'tai5t pas dans ses habitudes3 ,je le crois bi51 leur rpliqua-t-il1 c'e/ qu'aussi je ne suis pas tel que lorsque je me porte bi52 tant autre1 mes op9ions et mes ides sont autres4--,les g5s de *icane1 au palais1 dis5t c\ramm5t en p>lant d'un crim9el qui a affaire des juges en bonne disposition d'esprit1 ports la d\ceur et l'indulg5ce3 ,qu'il pr(ite de sa bonne *ance4 ,il e/ de fait que les arrts de la ju/ice sont p>fois plus encl9s condamn]1 plus svres et plus rig\reux2 tantt plus faciles1 mo9s durs1 admettant davantage les circon/ances attnuantes2 il n'y a pas de d\te en effet que le jugem5t de qui sort de *ez lui s\ffrant de la g\tte1 en proie la jal\sie1 ou v5ant d'tre vol p> son dome/ique1 qui a l'me sombre et envahie p> la colre1 ne se ress5te de cette mauvaise disposition4--,l',aropage1 ce vnrable snat1 jugeait la nuit de peur que la vue des p>ties n'influ5t sa ju/ice4--,mme l'tat de l'atmosphre et la srnit du ciel font v>i] notre jugem5t1 ce que con/ate ce v]s grec1 rapport p> ,cicron3 ,les dispositions m5tales des hommes1 en deuil1 la joie1 v>i5t *aque j\r que leur d"p ,jupit]4 ,ce ne sont pas seulem5t les fivres1 les boissons1 les accid5ts graves qui b\lev]s5t notre jugem5t3 les *oses les plus insignifiantes du monde le t\rn5t et le ret\rn5t2 et il ne faut pas d\t]1 alors mme que n\s ne le s5tons pas1 que si la fivre cont9ue peut abattre notre me1 la fivre int]mitt5te l'altre aussi dans une c]ta9e mesure1 t\te proportion g>de2 si l'apoplexie ass\pit et te9t compltem5t la lucidit de notre intellig5ce1 inconte/ablem5t un rhume la tr\ble2 p> consqu5t pe9e se r5contre-t-il dans la vie une seule heure o notre jugem5t e/ dans son assiette normale1 tant notre corps e/ sujet de cont9uels *angem5ts1 et ma*9 avec tant de ressorts que je suis de l'avis des mdec9s1 qu'il e/ bi5 malais qu'il n'y en ait pas t\j\rs un qui aille de trav]s4 ,cette infirmit de notre jugem5t e/ malaise dc\vrir4--,et p\r comble1 mo9s qu'elle ne soit t\t fait son apoge et sans remde1 ce n'e/ pas aism5t que se dc\vre cette maladie qui oblitre notre jugem5t1 d'autant que la raison t\j\rs si torse1 si dhan*e1 si boiteuse1 s'accommode aussi bi5 du m5songe que de la vrit2 ce qui fait qu'il e/ difficile de reconnatre qu'elle e/ drgle et que n\s ne p\vons compt] sur elle4 ,je cons]ve ce nom de raison cette app>5ce de jugem5t que *acun se =me en lui-mme et qui sur un mme sujet peut affect] c5t apprciations contraires les unes aux autres1 in/rum5t fait de plomb et de cire1 qui peut s'tir]1 se ploy]1 s'accommod] t\tes les circon/ances1 t\s les compromis1 avec lequel il n'y a plus qu' possd] l'habilet ncessaire p\r lui faire p\s] t\s les cont\rs qu'il doit pr5dre4 ,en quelque bonne rsolution que soit un juge1 s'il ne se surveille de prs1 ce quoi peu de g5s s'amus5t1 il peut tre sollicit la bi5veillance s'il s'agit d'un ami1 d'un p>5t1 d'une beaut1 comme aussi tre hant p> une ide de v5geance4 ,sans mme all] jusque-l1 cette simple t5dance in/9ctive qui1 en dehors de t\te prmditation1 n\s porte favoris] une *ose plutt qu'une autre et fait que1 sans consult] la raison1 n\s prononons entre deux sujets se prs5tant dans les mmes conditions1 ou quelque autre impulsion aussi peu saisissable1 peuv5t agir son insu sur son jugem5t et le dispos] favorablem5t ou dfavorablem5t dans une cause donne1 et faire p5*] la balance d'un ct plutt que d'un autre4 ,moi1 qui m'pie de trs prs1 qui ai sans cesse les yeux sur moi1 comme quelqu'un qui n'a pas =t faire ailleurs3 qui ne me s\cie nullem5t de savoir quel roi fait t\t trembl] s\s l',ourse glace1 ou de quoi s'al>me ,tiridate 7,horace71 pe9e si j'os]ais dire le peu de fond et la faiblesse que je con/ate en moi2 j'ai le pi$ si peu sr et si peu d'aplomb1 je le tr\ve si ais faiblir1 si prt *ancel] et ma vue e/ si drgle1 qu' jeun1 je me s5s t\t autre qu'aprs avoir mang2 si je suis satisfait de ma sant1 que le temps soit beau1 me voil un homme aimable2 si j'ai un cor qui me blesse l'orteil1 je suis maussade1 dplaisant1 inabordable2 un *eval dont l'allure ne v>ie pas1 me fait l'effet d'tre tantt dur1 tantt d\x2 le mme *em9 qui cette heure me p>at c\rt1 une autre fois me sembl]a long2 suivant le mom5t1 la =me d'un objet me s]a plus ou mo9s agrable2 ma9t5ant je suis en disposition d'entrepr5dre quoi que ce soit1 un autre mom5t de ne ri5 faire2 ce qui cette heure me fait plaisir1 me s]a quelquefois un sujet de contr>it4 ,mille agitations inopportunes et accid5telles se produis5t en moi3 ou je suis en proie la mlancolie1 ou c'e/ la colre qui me ti5t2 de sa propre autorit c'e/1 cette heure1 le *agr9 qui m'envahit2 dans un in/ant1 l'allgresse l'emport]a4 ,qu& je pr5ds des livres1 c]ta9s passages que je reconnais excell5ts me frapp5t p> leur *>me2 qu'une autre fois ces mmes ouvrages me retomb5t s\s la ma91 j'aurai beau les t\rn]1 les ret\rn]1 les feuillet]1 les f\ill]1 ri5 de ce qu'ils r5f]m5t ne me revi5t l'ide1 t\t m'y semble in=me4 ,dans mes propres crits je ne retr\ve pas t\j\rs ma p5se premire1 je ne sais plus ce que j'ai v\lu exprim] et s\v5t je m'v]tue les corrig]1 en modifi] le s5s1 p>ce que la signification primitive qui valait mieux que celle que j'y sub/itue1 m'*appe4 ,je ne fais qu'all] et v5ir1 mon jugem5t ne va pas t\j\rs droit de l'avant1 il flotte1 allant et l1 comme une frle b>que surprise en ple9e m] p> un v5t furieux 7,catulle74 ,ma9tes fois1 ce que je fais volonti]s1 me donnant p\r t*e1 tant p\r m'ex]c] que p\r m'amus]1 de s\t5ir une op9ion contraire la mi5ne1 mon esprit s'y appliquant1 envisage si bi5 cet autre ct de la "q1 je m'y absorbe tellem5t1 que je ne tr\ve plus les raisons qui me faisai5t tre de l'avis que j'avais en premi] lieu et que je l'ab&onne4 ,je m'entrane1 p\r a9si dire1 du ct v]s lequel je p5*e1 et1 quel qu'il soit1 mon poids m'emporte de ce ct4 ,ceux qui p>l5t en public1 p> exemple1 n'arriv5t-ils pas subir eux-mmes l'effet de leur propre p>ole4--,*acun p\rrait presque en dire autant de lui-mme1 s'il s'tudiait comme je le fais2 ceux qui p>l5t en public1 sav5t =t bi5 que l'motion qui leur vi5t en p>lant les porte croire que ce qu'ils dis5t e/ vrai4 ,lorsque n\s sommes en colre1 n\s n\s appliquons davantage df5dre notre ide2 n\s l'inc>nons en n\s1 n\s l'embrassons avec plus de vhm5ce et n\s la t5ons p\r meilleure que n\s ne le faisons qu& n\s sommes calmes et de sang-froid4--,v\s exposez simplem5t une affaire un avocat1 il v\s rpond en hsitant et sans conviction2 v\s s5tez qu'il lui e/ indiffr5t de se mettre s\t5ir l'un ou l'autre p>ti4 ,l'avez-v\s bi5 pay p\r se rang] votre cause et se passionn] p\r elle2 comm5ce-t-il s'y intress]2 sa volont vi5t-elle s'y *auff]8 sa raison et sa sci5ce s'y *auff5t en mme temps1 et voil qu'une vrit app>5te1 qui ne fait plus d\te p\r lui1 se prs5te son esprit2 il voit l'affaire s\s un j\r t\t diffr5t2 il y croit de bonne foi et se p]suade que c'e/ a9si4 ,je ne sais mme pas si l'ardeur qui nat du dpit et de l'ob/9ation que l'on pr\ve en face du s5tim5t et de la viol5ce que tmoigne le magi/rat qui p\rsuit1 la surexcitation cause p> le dang] qui m5ace1 ou encore le dsir d'acqurir de la r5omme1 n'ont pas t jusqu' am5] tel homme que je p\rrais nomm]1 mont] sur le b*] p\r s\t5ir son op9ion1 p\r laquelle1 libre et au milieu de ses amis1 il n'et pas v\lu s'expos] avoir le b\t du doigt *aud4 ,les passions auxquelles l'me e/ en proie n'ont pas une action mo9dre4--,les sec\sses et les branlem5ts que notre me reoit du fait des passions auxquelles le corps e/ en proie1 ont beauc\p d'action sur elle2 elle en pr\ve plus encore p> ses propres passions1 avec lesquelles elle e/ si =tem5t aux prises1 qu'on peut presque avanc] que ses m\vem5ts et son allure dp5d5t exclusivem5t des v5ts qui s'lv5t en elle2 et que sans l'agitation qu'ils y produis5t1 elle demeur]ait in]te1 comme un navire en ple9e m] qu& le v5t ne lui prte pas assi/ance4 ,celui qui1 l'exemple des ,pripattici5s1 s\ti5drait cette ?se1 ne n\s caus]ait pas gr& prjudice1 puisqu'il e/ connu que la plup>t des belles actions de l'me procd5t de nos passions et ont beso9 de leur impulsion2 ne dit-on pas que la vaillance n'clate jamais mieux que s\s l'influ5ce de la colre3 ,ajax fut t\j\rs brave1 mais il fut plus brave encore dans sa fureur 7,cicron74 ,n'e/-ce pas qu& on e/ c\rr\c que l'on c\rt sus avec le plus de vigueur aux malfaiteurs et l'ennemi8 il y en a mme qui veul5t que l'avocat s'applique mettre les juges en c\rr\x p\r en obt5ir ju/ice4 ,les plus gr&s hommes sont ceux qui pr\v5t les passions les plus =tes4--,le dsir immodr des gr&es *oses qui a t le mobile de ,?mi/ocle1 de ,dmo/hne1 c'e/ lui qui a p\ss les philosophes travaill]1 voyag] en pays lo9ta9s1 qui n\s conduit l'honneur1 au savoir1 la sant1 t\tes f9s utiles4 ,cette l*et de l'me qui fait que n\s supportons l'ennui et le dplaisir1 donne moy5 notre consci5ce de faire pnit5ce et de se rep5tir1 et aussi d'tre rsigne aux flaux que ,dieu n\s envoie p\r notre *tim5t et ceux rsultant d'une politique corrompue4 ,la compassion dispose la clm5ce2 la prud5ce que n\s apportons veill] notre cons]vation et n\s dirig]1 e/ veille en n\s p> la cra9te2 combi5 de belles actions sont dues l'ambition8 combi5 la haute op9ion que n\s avons de n\s-mmes8 enf91 il n'e/ pas de v]tu tant soit peu leve et provoquant l'admiration1 sans quelque agitation dsordonne de notre me4--,ne s]ait-ce pas l l'une des raisons qui aurai5t port les picuri5s d*>g] ,dieu de t\t so91 de t\te sollicitude p\r nos affaires8 d'autant que les effets mmes de sa bont ne peuv5t s'ex]c] sur n\s1 sans tr\bl] le repos de notre me p> la mise en m\vem5t de nos passions qui sont comme des piqres1 des /imulants qui l'incit5t aux actions v]tueuses2 ou bi5 ces philosophes ont-ils p5s autrem5t et considr les passions comme des temptes qui une fois d*anes1 dbau*5t honteusem5t l'me de sa quitude8 ,de mme que l'on juge de la tranquillit de la m] qu& aucun s\ffle n'agite sa surface1 a9si on peut s'assur] que l'me e/ tranquille lorsque nulle passion ne peut l'm\voir 7,cicron74 ,quelle confiance1 p> suite1 avoir en notre jugem5t1 qui1 plus il e/ exalt1 plus il semble p>ticip] en quelque sorte aux secrets des dieux4--,quelles diffr5ces de s5s et de raison n\s prs5t5t nos passions en leur div]sit1 et que d'ides dissemblables en rsult5t8 ,quelle assurance n\s (fre une *ose si in/able1 si mobile1 o le tr\ble rgne en matre1 qui ne m>*e jamais qu' une allure impose et qui n'e/ pas la si5ne8 ,si notre jugem5t e/ dp5dant mme de la maladie1 des p]turbations que notre tre pr\ve2 s'il faut qu'il soit en proie la folie1 la tmrit p\r tre impressionn1 quelle sret p\vons-n\s att5dre de lui8 ,n'e/-ce pas bi5 h>di la philosophie d'assur] que les hommes ne produis5t leurs plus gr&s effets1 ceux qui les rappro*5t le plus de la div9it1 que lorsqu'ils sont hors d'eux1 furieux1 ins5ss8 ,n\s n\s amliorons p> la p]te de notre raison et qu& elle e/ ass\pie2 les deux voies naturelles p\r pntr] dans le cab9et des dieux et y surpr5dre le c\rs des de/9es sont la fureur et le sommeil2 il e/ en vrit plaisant de le con/at]6 ,c'e/ p> le ds>roi que les passions occasionn5t notre raison1 que n\s dev5ons v]tueux2 c'e/ p> son anantissem5t caus p> la fureur ou l'image de la mort que n\s dev5ons prophtes et dev9s6--,jamais je n'aurai t davantage port le croire3 cdant une inspiration irrsi/ible de la vrit sa9te1 l'esprit philosophique e/ dans l'obligation de reconnatre1 l'encontre de ce qu'il s\t5ait1 que la tranquillit1 le calme1 la sant qu'il s'applique faire acqurir l'me1 ne con/itu5t pas p\r elle son meilleur tat2 veills1 n\s sommes plus endormis que si n\s dormions2 notre sagesse e/ mo9s sage que la folie2 nos songes val5t mieux que nos raisonnem5ts2 la pire des places que n\s p\vons occup]1 c'e/ en n\s-mmes4 ,mais d'autre "p1 la philosophie ne p5se-t-elle pas que n\s p\vons n\s avis] de rem>qu] que la voix qui r5d l'esprit1 qu& il e/ sp> du corps1 si clairvoyant1 si gr&1 si p>fait1 t&is qu'il e/ si t]re/re1 si ignorant1 si plong dans les tnbres lorsqu'il e/ inc>n1 n'e/ pas une voix qui "p de l'esprit qui e/ en l'homme t]re/re1 ignorant1 priv de lumire1 et que p> suite n\s ne p\vons ni n\s y fi]1 ni y croire8 ,peut-on notamm5t disconv5ir que s\s l'influ5ce de l'am\r n\s p5sons1 n\s agissons t\t autrem5t que lorsque n\s sommes au calme2 sommes-n\s plus dans la vrit dans un cas que dans l'autre8--,me tr\vant tre d'un tempram5t m\ et l\rd1 je n'ai pas gr&e expri5ce de ces viol5tes agitations qui1 p\r la plup>t1 s'emp>5t subitem5t de notre me1 sans lui donn] le loisir de se reconnatre2 mais cette passion qui1 dit-on1 se produit1 du fait de l'oisivet1 au cur des jeunes g5s1 bi5 que ne s'y dveloppant qu'avec le temps et pas l5ts1 donne bi5 nettem5t ide ceux qui ont *]* s'oppos] son progrs1 de la =ce du *angem5t et de l'altration que notre jugem5t en pr\ve4 ,je me suis ef=c autrefois de la cont5ir et de la combattre en moi1 c> il s'en faut que je sois de ceux qui se complais5t dans le vice1 je n'y cde que lorsqu'il m'entrane4 ,je s5tais cette passion natre1 se dvelopp] et s'pan\ir en dpit de ma rsi/ance1 s'emp>] de moi et me possd]1 bi5 que je la visse me gagnant et que je fusse bi5 vivant4 ,l'effet se produisait la faon dont agit l'ivresse3 l'aspect des *oses comm5ait dev5ir autre que de c\tume2 je voyais bi5 videmm5t grossir et crotre les avantages de ce que j'allais dsirant1 je les s5tais s'agr&ir et s'enfl] s\s le s\ffle de mon imag9ation2 les difficults de l'entreprise s'aplanir et dev5ir plus aises surmont]2 ma raison et ma consci5ce cd]2 puis1 ce feu te9t1 aussitt1 avec la s\da9et de la lueur de l'clair1 mon me avoir d'autres vises1 son tat se modifi]1 mon jugem5t dev5ir autre2 les difficults de rev5ir en arrire sembl] gr&ir et tre inv9cibles et les mmes *oses avoir t\t autre gt et m'app>atre s\s un j\r bi5 diffr5t de celui s\s lequel la *aleur du dsir me les avait t\t d'abord prs5tes4 ,lequel de ces deux tats tait le plus con=me la vrit8 ,pyrrhon dcl>e n'en ri5 savoir4 ,n\s ne sommes jamais compltem5t exempts de maladie2 le feu de la fivre alt]ne avec ses frissons2 des effets d'une passion ard5te n\s retombons dans ceux d'une passion quelque peu froide2 autant je m'tais jet en avant1 autant je me rejetais ensuite en arrire3 ,a9si la m]1 dans son d\ble m\vem5t1 tantt se prcipite v]s la cte1 c\vre le ro*] d'cume et se rp& au lo9 sur le rivage2 tantt rev5ant sur elle-mme et entranant dans son reflux les caill\x qu'elle avait apports1 elle fuit1 et abaissant ses eaux1 laisse la plage dc\v]t 7,virgile74 ,de t\t cela il rsulte qu'il ne faut pas n\s laiss] all] aism5t aux op9ions n\velles4--,connaissant la mobilit de mon jugem5t1 j'ai ragi1 et1 p> exception1 suis arriv une c]ta9e con/ance d'op9ions1 cons]vant peu prs intactes celles qu'au db je m'tais naturellem5t faites2 c>1 quelle que soit l'app>5ce de vrit que peuv5t pr5dre les n\veauts1 je ne *ange gure de peur de p]dre au *ange2 incapable de *oisir moi-mme1 je m'en rapporte au *oix d'autrui et m'en ti5s aux conditions dans lesquelles ,dieu m'a plac1 faute de quoi je ne saurais m'emp*] de r\l] sans cesse4 ,c'e/ a9si que p> la grce de ,dieu1 j'ai cons]v entires1 sans agitation ni tr\ble de consci5ce1 les anci5nes croyances de notre religion1 en dpit de tant de sectes et de divisions qui se sont produites en notre sicle4--,les ouvrages anci5s1 je p>le des bons ouvrages1 qui sont srieux et ont du fond1 m'attir5t et agiss5t sur moi au plus haut po9t2 celui que j'ai s\s les yeux1 e/ t\j\rs celui qui m'impressionne le plus2 je tr\ve que *acun1 t\r de rle1 e/ dans le vrai1 alors mme que les ?ses qui s'y tr\v5t dveloppes sont opposes4 ,cette facilit qu'ont les bons auteurs r5dre vraisemblable t\t ce qu'ils prs5t5t1 et il n'e/ ri5 de si trange qu'ils n'entrepr5n5t de pe9dre s\s des c\leurs qui tromp5t aism5t une simplicit gale la mi5ne1 montre d'une faon vid5te la faiblesse des preuves qu'ils produis5t4 ,le ciel et les toiles ont t1 p5dant trois mille ans1 considrs comme se m\vant2 t\t le monde y a cru jusqu' ce que ,clan! de ,samos ou1 d'aprs ,?ophra/e1 ,nictas de ,syracuse s'avisa de s\t5ir que c'tait la t]re qui1 t\rnant sur son axe1 se m\vait suivant le c]cle oblique du ,zodiaque2 et1 de notre temps1 ,cop]nic a si bi5 tabli ce pr9cipe1 qu'il s'en s]t p\r en dduire trs rgulirem5t t\tes les consqu5ces a/ronomiques4 ,qu'en conclure1 s9on que n\s n'avons pas n\s proccup] de savoir lequel de ces deux sy/mes e/ le vrai8 ,qui sait si1 d'ici mille ans1 un troisime ne les r5v]s]a pas t\s deux8 ,a9si le temps *ange la valeur des *oses2 l'objet qui tait en faveur1 tombe dans le discrdit1 t&is que celui qui tait mpris1 e/ e/im son t\r2 on le dsire *aque j\r davantage1 il e/ admir et se place au premi] rang dans l'op9ion des hommes 7,lucrce74 ,quelles g>anties p>ticulires de /abilit n\s prs5t5t-elles en effet p\r l'av5ir8--,n\s avons donc1 qu& s'(fre n\s une doctr9e n\velle1 t\t lieu de n\s en dfi] et de considr] qu'avant qu'elle se soit produite1 la doctr9e contraire prvalait2 et de mme que celle-ci a t r5v]se p> celle-l1 il en natra peut-tre1 dans l'av5ir1 une troisime qui se sub/itu]a p>eillem5t la seconde4 ,avant que les pr9cipes poss p> ,ari/ote ai5t obt5u crdit1 d'autres exi/ai5t qui donnai5t satisfaction la raison huma9e1 comme font ceux-ci l'heure actuelle4 ,quelles lettres de recomm&ation ont ces d]ni]s8 quel privilge p>ticuli] les g>antit que le c\rs de nos inv5tions s'arrt]a eux1 et qu' t\t jamais1 dans l'av5ir1 notre croyance leur e/ acquise8 ils ne sont pas plus l'abri d'tre rejets1 que ne l'tai5t ceux qui les ont prcds4--,qu& on me presse p> un argum5t n\veau1 je me pr5ds p5s] que ce que je ne suis pas p>v5u rs\dre1 un autre le rs\dra2 mais qu'aj\t] foi t\tes les app>5ces dont n\s ne p\vons n\s df5dre1 e/ une gr&e simplicit2 cela amn]ait le commun des mortels1 et n\s en sommes t\s1 avoir sa foi virant de t\s cts comme une gir\ette1 p>ce que l'me mallable et pla/ique recevrait impressions sur impressions1 la d]nire effaant t\j\rs l'empre9te de la prcd5te4 ,celui qui se tr\ve faible en prs5ce des doctr9es n\velles1 doit rpondre1 comme il e/ d'usage c\rant1 qu'il en rfr]a son conseil1 ou s'en rapport] aux plus sages d'entre ceux qui ont prsid son ducation4--,combi5 y a-t-il de temps que la mdec9e exi/e8 ,on dit cep5dant qu'un novateur1 du nom de ,p>acelse1 en modifie et en r5v]se t\tes les rgles anci5nes1 et s\ti5t que jusqu' ce j\r elles n'ont s]vi qu' tu] les g5s4 ,je crois qu'il arriv]a aism5t pr\v] son dire2 mais lui confi] mon exi/5ce p\r qu'il la fasse s]vir atte/] la supriorit de ses m?odes n\velles1 j'e/ime que ce s]ait une gr&e sottise4 ,il ne faut pas avoir confiance en *acun1 dit une maxime1 p>ce que *acun e/ mme de dire n'importe quoi4--,un homme a9si port innov] et r=m] dans ce qui e/ du doma9e des lois physiques1 me disait1 il n'y a pas longtemps1 que les anci5s s'tai5t manife/em5t tromps sur la nature et les effets des v5ts1 ce qu'il me f]ait t\*] du doigt et dont il me dmontr]ait l'vid5ce1 si je v\lais l'c\t]4 ,aprs m'tre prt patiemm5t1 p5dant quelque temps1 l'ent5dre me dvelopp] ses argum5ts qui p>aissai5t trs admissibles3 ,comm5t donc1 lui dis-je1 ceux qui naviguai5t en appliquant les pr9cipes de ,?ophra/e1 p>v5ai5t-ils all] v]s l',occid5t1 qu& le v5t s\fflait v]s l',ori5t8 allai5t-ils de ct ou reculons8 ,affaire de has>d1 me rpondit-il2 ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ qu'ils tai5t dans l'erreur4 ,p\r lors1 rpliquai-je1 je prfre m'en rapport] aux effets plutt qu'au raisonnem5t4 ,or ce sont l deux *oses qui se contr$is5t s\v5t3 on m'a dit qu'en gomtrie 7sci5ce qui1 entre t\tes1 prt5d tre arrive au plus haut degr de c]titude1 il y a des dmon/rations inconte/ables qui b\lev]s5t t\t ce que l'expri5ce indique comme vrai4 ,c'e/ a9si que ,jacques ,peleti] me disait1 *ez moi1 avoir dc\v]t deux lignes s'a*em9ant lune v]s l'autre en se rappro*ant sans cesse1 qu'il dmontrait ne p\voir1 malgr cela1 jamais se jo9dre alors mme qu'elles se prolong]ai5t l'inf9i4 ,en t\tes *oses1 les ,pyrrhoni5s emploi5t uniquem5t leurs argum5ts et leur raisonnem5t combattre les app>5ces s\s lesquelles elles se prs5t5t1 et c'e/ m]veille jusqu'o la s\plesse de notre raison se plie ce p>ti pris de lutt] contre l'vid5ce2 ils dmontr5t que n\s ne n\s m\vons pas1 ne p>lons pas1 que la pesanteur ou la *aleur n'exi/5t pas2 et cela1 avec une telle vigueur d'argum5tation qu'ils n\s p]suad5t tre vraies les *oses les plus invraisemblables4--,ptolme1 qui a t un p]sonnage m>quant1 avait dt]m9 les limites de notre monde2 t\s les philosophes anci5s ont p5s ne ri5 ignor] sur ce po9t de ce qui exi/ait1 sauf quelques les lo9ta9es qui p\vai5t avoir *app leur connaissance2 et1 il y a mille ans1 c'et t raisonn] la manire de ,pyrrhon1 que de rvoqu] en d\te ce qu'enseignait alors la cosmographie et les ides que *acun en avait2 av\] l'exi/5ce des antipodes tait une hrsie4 ,et voil qu'en ce sicle1 on vi5t de dc\vrir un cont95t d'une t5due inf9ie2 non une le1 non une contre d't5due re/re9te1 mais une portion de la t]re peu prs gale en sup]ficie celle que n\s connaissions4 ,les gographes de notre temps ne manqu5t pas d'affirm] qu'actuellem5t t\t e/ dc\v]t1 que t\t e/ connu3 c> on se plat dans ce qu'on a1 et cela p>at suprieur t\t le re/e 7,lucrce74 ,je me dem&e si1 alors que ,ptolme s'e/ tromp jadis sur ce qui con/ituait le po9t de d"p de ses raisonnem5ts1 ce ne s]ait pas sottise de me fi] auj\rd'hui aux ides que ses successeurs mett5t1 et s'il n'e/ pas plus vraisemblable que ce gr& corps1 que n\s appelons le ,monde1 soit bi5 autre que ce que n\s en jugeons4 ,t\t ne *ange-t-il pas cont9uellem5t en ce monde1 et combi5 inc]ta9es sont les donnes que n\s avons sur ses orig9es4--,platon dit que la physionomie s'en modifie de t\tes faons2 que le ciel1 les toiles1 le soleil *ang5t p>fois du t\t au t\t le m\vem5t que n\s leur voyons accomplir1 l'ori5t dev5ant l'occid5t4 ,les prtres d'gypte ont racont ,hrodote que1 depuis leur premi] roi1 il y avait de cela onze mille et tant d'annes 7et ils lui montrai5t les effigies de t\s leurs rois1 en /atues faites de leur vivant71 l'orbite dcrite p> le soleil avait v>i quatre fois2 que la m] et la t]re se trans=m5t alt]nativem5t de l'une en l'autre2 que la naissance du monde e/ indt]m9e1 ce qui e/ galem5t dit p> ,ari/ote et p> ,cicron4 ,c'e/ aussi l'op9ion d'un de nos savants qui1 s'appuyant des tmoignages de ,salomon et d',isae1 prs5te le monde comme tant de t\te t]nit1 sujet la mort1 mais r5aissant aprs trans=mations2 ce qui p>e cette objection que ,dieu crateur a t quelquefois sans cratures1 que p>fois il e/ demeur oisif1 puis sorti de son oisivet p\r remani] son uvre1 et que p> consqu5t lui-mme e/ sujet *ang]4--,dans la plus fameuse cole de la ,grce1 le monde e/ considr comme un dieu1 cr p> un autre dieu plus puissant4 ,il e/ compos d'un corps et d'une me2 celle-ci en occupe le c5tre1 d'o elle s'p& v]s la circonfr5ce d'aprs les mmes rgles que celles qui prsid5t aux accords musicaux2 il j\it de t\s les apanages de la div9it1 e/ trs heureux1 trs gr&1 trs sage1 t]nel3 en lui sont d'autres dieux3 la t]re1 la m]1 les a/res qui s'entreti5n5t dans une h>monieuse et p]ptuelle agitation1 sorte de danse div9e1 tantt se r5contrant1 tantt s'loignant1 se ca*ant1 se montrant1 *angeant l'ordre dans lequel ils err5t1 se tr\vant p>fois en avant les uns des autres1 p>fois en arrire4--,hraclite t5ait le monde p\r un foy] inc&esc5t1 appel p> l'ordre du de/9 s'enflamm] et se consum] un j\r1 p\r encore r5atre un autre j\r4--,quant aux hommes1ils sont1 dit ,apule1 mortels comme individus1 immortels comme espce4--,alex&re crivait sa mre le rcit d'un prtre gypti51 tir des monum5ts de cette nation1 qui tmoignait de son antiquit1 laquelle se p]d dans l'inf9i1 et relatait l'orig9e au!ntique et le dveloppem5t des autres pays4--,cicron et ,diodore dis5t que1 de leur temps1 les ,*aldens avai5t des *>tes remontant quatre c5t mille et tant d'annes4--,ari/ote1 ,pl9e et autres1 que ,zoroa/re vivait six mille ans avant la v5ue de ,platon4--,ce d]ni] rapporte que les habitants de ,sas ont des ar*ives remontant huit mille ans1 et que la con/ruction d',a?nes e/ antrieure de mille ans celle de ,sas4--picure e/ime que ce que n\s con/atons exi/] sur cette t]re se retr\ve1 en t\t p>eil et de mme faon1 dans plusieurs autres mondes2 cette ass]tion il l'et mise avec plus d'assurance encore1 s'il et vu les exemples si tranges de ressemblance et de con=mit que prs5te le n\veau monde des ,indes occid5tales avec le ntre tel qu'il e/ actuellem5t et tel qu'il a t4 ,dans le n\veau monde n'a-t-on pas tr\v1 ayant c\rs1 des pratiques et des traditions qui exi/5t ou ont exi/ dans le monde anci56--,en vrit1 en considrant ce que n\s savons des div]ses pratiques qui ont c\rs sur cette t]re1 j'ai t s\v5t m]veill de voir qu'en des temps et des lieux trs loigns1 il se soit r5contr en si gr& nombre des op9ions populaires extraord9aires1 des murs et des croyances sauvages se ressemblant sans que1 p> aucun li51 elles p>aiss5t issues de notre raison l'tat naturel4 ,l'esprit huma9 accomplit vraim5t de gr&s miracles1 mais cette corrlation a encore je ne sais quoi de plus biz>re p> la similitude de c]ta9s noms et de mille autres *oses2 c>1 dans ce n\veau monde1 on a tr\v des nations qui jamais1 que n\s sa*ions1 n'avai5t ent5du p>l] de n\s1 et *ez lesquelles la circoncision se pratique2 il y en avait o le g\v]nem5t et l'adm9i/ration tai5t entre les ma9s des femmes1 sans que les hommes y ai5t "p2 o nos jenes et notre c>me tai5t obs]vs1 et en plus1 l'ab/95ce de femmes4--,on en tr\va o la croix tait un symbole dont il tait fait usage de div]ses faons3 ici1 on en honorait les spultures2 l1 elle s'employait1 et en p>ticuli] la croix de ,s4 ,&r1 p\r se protg] contre les visions nocturnes et on les mettait sur les lits des enfants p\r les g>antir des en*antem5ts2 ailleurs1 il en a t r5contr une en bois et de gr&e hauteur1 adore comme dieu de la pluie1 cette d]nire se tr\vait bi5 avant dans la t]re f]me4--,on y a relev des pratiques pnit5tiaires exactem5t semblables aux ntres1 l'usage des mitres1 le clibat ecclsia/ique1 l'art de dev9] l'av5ir p> l'exam5 des entrailles des animaux (f]ts en sacrifice2 l'ab/95ce1 comme n\rriture de *air et de poisson de t\te espce2 l'emploi p> les prtres1 lorsqu'ils (fici5t1 d'une langue spciale l'exclusion de la langue vulgaire4--,on y a tr\v aussi l'ide d'un premi] dieu *ass p> un second1 son frre pun2 celle que les hommes ont t crs j\issant de t\tes les commodits imag9ables1 dont ils ont depuis t privs p\r avoir p*2 qu'ils ont t *asss du t]ritoire qu'ils occupai5t et que leur condition premire a empir4--,qu'autrefois ils ont t subm]gs p> une inondation cause p> les eaux du ciel2 seules1 quelques familles *appr5t en gagnant les sommets des montagnes et s'y jetant dans des cav]nes1 s'y r5f]mant avec des animaux de div]ses espces et b\*ant les ouv]tures p\r emp*] l'eau d'y pntr]4 ,qu& ils s5tir5t que la pluie avait cess1 ils fir5t sortir de leur abri des *i5s1 qui rev9r5t propres et t\t m\ills1 d'o ils conclur5t que le niveau de l'eau n'avait pas encore de beauc\p dim9u2 un peu plus t>d1 ils en l*r5t d'autres qui rev9r5t c\v]ts de b\e3 ils sortir5t alors eux-mmes p\r repeupl] le monde qu'ils tr\vr5t ple9 uniquem5t de s]p5ts4--,*ez c]ta9s1 exi/ait la croyance du jugem5t d]ni]2 aussi tai5t-ils pr(ondm5t (f5ss de ce que les ,espagnols1 f\illant les spultures p\r en retir] les ri*esses qu'elles cont5ai5t1 disp]sai5t les ossem5ts que ces tombeaux r5f]mai5t1 se disant que ces os1 a9si jets t\s v5ts1 ne p\rrai5t que difficilem5t se jo9dre p\r se recon/itu]4--,le comm]ce s'y fait p> voie d'*ange et pas autrem5t1 et il exi/e des foires et des m>*s cet effet4 ,des na9s et des p]sonnes dif=mes y sont employs p\r aj\t] *ez les pr9ces aux plaisirs de la table4 ,la fauconn]ie y e/ en usage dans la mesure o s'y prte l'espce des oiseaux du pays4 ,il y exi/e des impts abusifs4 ,l'art de cultiv] les j>d9s d'agrm5t s'y pratique4 ,de mme les danses1 les t\rs de =ce et d'adresse des bateleurs1 la musique in/rum5tale1 les armoiries1 les jeux de paume1 de ds1 de has>d auxquels on se livre avec passion1 au po9t de mettre comme enjeu1 et sa lib]t et soi-mme4 ,la mdec9e s'y ex]ce uniquem5t au moy5 de *>mes et d'en*antem5ts4 ,l'criture se compose d'hiroglyphes4 ,on y retr\ve la croyance d'un dieu v5u autrefois sur la t]re o il a vcu dans une p>faite virg9it1 jenant1 faisant pnit5ce1 pr*ant la loi naturelle et l'obs]vance des crmonies du culte1 et qui a disp>u d'ici-bas sans avoir subi la mort qui n\s atte9t t\s4 ,on croit aux gants4 ,il e/ fait usage de boissons susceptibles de caus] l'ivresse et on en boit jusqu' en p]dre la raison4 ,il y e/ fait emploi d'ornem5ts religieux portant l'image d'ossem5ts et de ttes de mort1 de surplis1 d'eau bnite1 d'asp]sions4 ,femmes et s]viteurs rivalis5t qui mieux mieux p\r tre brls ou ent]rs avec le m>i ou le matre qui vi5t de trpass]4 ,le fils an hrite de t\t ce que possde le pre2 les puns n'ont ri51 sauf l'obligation d'obir4 ,il e/ dans les c\tumes que1 lorsqu'il e/ p\rvu c]ta9s (fices de t\t premi] ordre1 celui qui y e/ lev quitte son nom et en pr5d un n\veau4 ,aux enfants n\veau-ns1 on v]se de la *aux sur le g5\1 en leur disant3 ,tu vi5s de la p\ssire1 tu ret\rn]as en p\ssire4 ,l'art des augures s'y ex]ce4--,ces va9s simulacres de notre religion qui app>aiss5t dans c]ta9s de ces exemples1 tmoign5t de sa dignit et de sa div9it4 ,non seulem5t elle a pntr *ez les nations infidles de notre hmisphre qui l'ont plus ou mo9s imite1 mais encore *ez ces b>b>es1 comme p> une inspiration surnaturelle qui la fait s't5dre sur le monde enti]4 ,on y tr\ve mme la croyance au purgatoire1 mais s\s une =me n\velle3 ce que n\s livrons au feu1 e/ livr au froid1 et ces peuples s'imag95t que les mes sont punies et purifies en ayant subir les rigueurs d'un froid excessif4 ,ceci me remet en mmoire une autre div]g5ce dans les ides1 assez plaisante3 t&is que des peuplades aim5t avoir dgage l'extrmit du gl& du membre viril1 et enlv5t cet effet la peau qui l'ent\re1 comme font les ,mahomtans et les ,juifs2 d'autres1 au contraire1 se font un si gr& cas de consci5ce d'en agir autrem5t1 qu' l'aide de t\t petits cordons fixs cette peau1 ils l'tir5t avec gr& so91 de manire ce qu'elle rec\vre cette extrmit de peur qu'elle ne voie l'air4--,une autre div]g5ce exi/e dans la manire d'honor] les rois et de se montr] dans les ftes4 ,en p>eille circon/ance1 n\s n\s p>ons de nos vtem5ts les plus conv5ables2 dans quelques pays1 p\r tmoign] au roi de sa supriorit et de leur s\mission1 ses sujets se prs5t5t lui avec les effets les plus m9ables qu'ils possd5t1 et1 p\r entr] au palais1 ils mett5t quelque vieille robe d*ire p>-dessus la bonne dont ils sont revtus de telle sorte que la p]sonnalit du matre1 brillant de t\t son clat1 ressorte davantage et produise seule de l'effet4--,mais p\rsuivons4 ,malgr ces ressemblances qu'on relve en des lieux si loigns les uns des autres1 il e/ c]ta9 que l'esprit des hommes v>ie suivant les climats et les sicles4--,si la nature ens]re1 comme elle le fait de t\tes autres *oses1 dans les rgles de sa m>*e ord9aire1 les croyances1 les jugem5ts et les op9ions des hommes2 si leurs volutions sont dt]m9es1 s'ils ont leur saison1 s'ils naiss5t1 s'ils meur5t comme il en e/ des *\x2 si le ciel les agite et les balaie sa fantaisie1 quelle autorit srieuse et assure leur attribu]ons-n\s8 ,si l'expri5ce n\s fait t\*] du doigt que l'organisation de notre tre relve de l'air1 du climat1 du t]roir o n\s naissons2 que non seulem5t notre te9t1 notre taille1 notre complexion1 nos moy5s physiques en dp5d5t1 mais encore les facults de notre me1 le climat ne contribue pas seulem5t la vigueur du corps1 mais aussi celle de l'esprit1 dit ,vgce1 au po9t que ce soit int5tionnellem5t que la desse qui a fond ,a?nes ait fait *oix1 p\r la btir1 d'un climat tel que les hommes y devi5n5t plus p>ticulirem5t prud5ts1 comme l'apprir5t ,solon les prtres d'gypte3 ,l'air d',a?nes e/ lg]1 ce qui donne aux ,a?ni5s plus de f9esse2 celui de ,?bes e/ l\rd1 aussi les ,?ba9s ont-ils plus de vigueur que d'esprit 7,cicron71 ds lors1 de mme que les fruits prs5t5t en naissant des v>its1 les animaux et les hommes naiss5t eux aussi plus ou mo9s belliqueux1 ju/es1 temprants1 dociles2 ici ils sont encl9s au v91 ailleurs au vol et au lib]t9age2 ici ils ont de la prop5sion la sup]/ition1 ailleurs l'incrdulit2 ici p\r la lib]t1 l p\r la s]vitude2 ils sont savants ou arti/es1 grossi]s ou spirituels1 obissants ou rebelles1 bons ou mauvais1 suivant que le lieu o ils viv5t les y porte2 si on les transplante1 leurs p5*ants se modifi5t comme il arrive des arbres4 ,c'e/ p\r ce motif que ,cyrus ne v\lut pas autoris] les ,p]ses quitt] leur pays pre et montagneux p\r migr] dans un autre d\x et plat1 disant que les t]res grasses et faciles travaill] font des hommes sans n]gie1 que celles qui sont f]tiles eng5dr5t des esprits qui ne le sont pas4 ,qu& n\s voyons1 s\s quelque influ5ce cle/e1 fleurir tantt un art1 tantt un autre2 une croyance se sub/itu] une autre1 tel sicle produire tels tempram5ts et dispos] l'humanit pr5dre tel ou tel pli2 l'esprit huma9 tre tantt vig\reux1 tantt tiol comme il advi5t de nos *amps1 que devi5n5t donc ces belles prrogatives dont n\s n\s flattons8 ,puisqu'un sage peut pr\v] des mcomptes1 c5t hommes1 des nations entires peuv5t en pr\v]2 et1 de fait1 mon s5s1 le g5re huma9 t\t enti] se trompe depuis des sicles1 soit sur ceci1 soit sur cela2 quelles assurances avons-n\s que1 p>fois1 il cesse de se tromp] et que1 dans le sicle actuel1 il ne soit pas dans l'erreur8 ,incapables de disc]n] ce qui leur convi5drait1 s\v5t les hommes dem&5t au ciel des bi5s qui sont p\r eux une s\rce de malheurs4--,entre autres tmoignages de notre faiblesse d'esprit1 il semble que celui-ci ne mrite pas d'tre omis3 ,mme dans ce qu'il dsire1 l'homme ne sait pas disc]n] ce qu'il lui faut4 ,ce n'e/ pas seulem5t qu& n\s avons la j\issance des *oses1 que n\s sommes en dsaccord sur ce qui n\s e/ ncessaire p\r que n\s soyons satisfaits2 c'e/ aussi qu& notre imag9ation seule e/ en travail et que n\s n'avons qu' s\hait]4 ,laissons notre p5se taill] et c\dre comme il lui plaira1 elle n'arriv]a seulem5t pas dsir] ce qui lui convi5t1 non plus qu' 99 se satisfaire3 ,la raison sait-elle ce qu'elle doit cra9dre ou dsir]8 ,qu& jamais a-t-on conu quoi que ce soit dont on n'ait pas eu se rep5tir plus t>d1 au cas mme o les faits ont rpondu ce qu'on en att5dait 7,juvnal78 ,c'e/ ce qui faisait que ,socrate ne dem&ait aux dieux de lui donn] que ce qu'ils savai5t lui tre salutaire2 et que la prire des ,lacdmoni5s1 tant publique que prive1 portait simplem5t de leur octroy] ce qui tait bon et beau1 s'en remettant leur puissance suprme du *oix et des lim9ations faire3 ,n\s dem&ons une p\se et n\s v\lons des enfants2 mais il n'y a que ,dieu qui sa*e quels s]ont ces enfants et quelle s]a cette p\se 7,juvnal74 ,dans ses supplications le *rti5 dit ,dieu3,que votre volont soit faite1 il vite de la sorte la msav5ture que les potes prt5t au roi ,midas4 ,midas avait dem& aux dieux que t\t ce qu'il t\*]ait se conv]tt en or2 sa prire fut exauce3 son v9 dev9t or1 son pa9 fut or1 de mme la plume de son lit et aussi sa *emise et ses vtem5ts1 si bi5 qu'il se tr\va accabl p> la satisfaction donne son dsir et que le cadeau qui lui fut fait1 dev9t p\r lui d'une insupportable commodit2 il lui fallut pri] n\veau p\r obt5ir que ses prires cessass5t d'tre exauces3 tonn d'un mal si n\veau1 ri*e et indig5t t\t la fois1 il et v\lu fuir ses ri*esses et pr5ait en horreur l'objet de ses vux 7,ovide74--,moi-mme1 dans ma jeunesse1 j'ai dem& la =tune1 entre autres faveurs1 d'obt5ir l'ordre de ,sa9t-,mi*el2 c'tait alors la plus insigne m>que d'honneur de la noblesse franaise et elle tait trs r>em5t concde4 ,la =tune me l'a accorde1 mais dans des conditions plaisantes3 au lieu de faire que je me di/+ue et m'lve au-dessus de mon milieu p\r y atte9dre1 elle m'a bi5 plus gracieusem5t trait2 elle a raval cet ordre et l'a abaiss jusqu' moi1 et mme plus bas4--,cleobis et ,biton1 ,trophonius et ,agamde ayant dem&1 les premi]s leur desse1 les seconds leur dieu1 une rcomp5se digne de leur pit1 reur5t la mort en cadeau1 tant ce que p5s5t les puissances cle/es sur ce qui n\s convi5t1 diffre de ce que n\s en p5sons n\s-mmes6 ,dieu p\rrait n\s octroy] la ri*esse1 les honneurs1 la vie et mme la sant1 et cela n\s tre p>fois prjudiciable1 c> t\t ce qui n\s plat ne n\s e/ pas t\j\rs salutaire4 ,si au lieu de n\s gurir1 il n\s envoie la mort ou une aggravation de nos maux3 ,ta v]ge et ton bton m'ont consol 7,psalmi/e71 il agit a9si1 p>ce que c'e/ ce que1 en sa sagesse1 lui dicte sa prvoyance qui sait ce qu'il n\s faut1 bi5 plus exactem5t que n\s ne p\vons le savoir2 et n\s devons le pr5dre en bonne "p1 comme n\s v5ant d'une ma9 trs sage et qui ne veut que notre bi53 ,si tu veux un bon conseil1 ab&onne aux dieux le so9 de ce qui te convi5t et de ce qui t'e/ utile2 l'homme leur e/ plus *] qu'il ne l'e/ lui-mme 7,juvnal74 ,leur dem&] des honneurs1 des *>ges1 c'e/ leur dem&] qu'ils v\s jett5t dans la mle d'une bataille1 ou v\s fass5t pr5dre "p une p>tie de ds ou t\te autre *ose dont l'issue v\s e/ inconnue et le succs d\teux4 ,dans l'impossibilit o ils sont de disc]n] ce en quoi consi/e le s\v]a9 bi51 il semble que le calme absolu de l'esprit ne dcidant sur ri51 considr comme tel p> les ,pyrrhoni5s1 e/ ce qui en appro*e le plus4--,il n'y a pas de sujet donnant lieu controv]ses plus viol5tes et plus a*>nes de la "p des philosophes1 que celui portant sur ce en quoi consi/e p\r l'homme le s\v]a9 bi54 ,v>ron compte que deux c5t quatre-v+t-huit 99 sectes ont pris naissance sur cette "q4 ,or1 ds que l'on ne s'accorde pas sur ce qu'e/ le s\v]a9 bi51 on diffre d'op9ion sur t\te la philosophie 7,cicron74 ,il me semble voir trois convives de gts diffr5ts2 que leur donn]8 que ne pas leur donn]8 ,tu prives l'un de ce qu'il aime et ce que tu (fres aux deux autres leur dplat 7,horace72 c'e/ la rponse que devrait faire la nature leurs conte/ations et leurs dbats4 ,les uns font consi/] notre bi5-tre dans la v]tu2 d'autres1 dans la volupt2 d'autres1 laiss] faire la nature2 qui1 dans la sci5ce2 qui1 ne pas s\ffrir2 qui1 ne pas se laiss] all] aux app>5ces4 ,a cette d]nire manire de voir1 se ratta*e cette autre mise aux temps anci5s p> ,py?agore3 ,ne ri5 admir]1 ,numicius1 e/ presque le seul moy5 de faire et d'assur] son bonheur 7,horace71 ce qui e/ le b auquel t5d la secte de ,pyrrhon4 ,ari/ote qualifie de magnanimit de n'avoir d'admiration p\r ri52 et ,ar*silas disait que le bi51 c'e/ avoir un jugem5t droit et inflexible1 jo9t t\t ce qui contribue le ma9t5ir tel1 et que le vice et le mal rsult5t des concessions et des applications que n\s en faisons4 ,il e/ vrai qu'en donnant ces propositions comme axiomes ne faisant pas d\te1 ,ar*silas se dp>tait du procd habituel des ,pyrrhoni5s4 ,qu& ceux-ci dis5t que le s\v]a9 bi51 c'e/ l'at>axie1 c'e/--dire le calme p>fait1 l'immobilit du jugem5t1 ils n'ent5d5t pas l'affirm] d'une faon absolue2 le mme tat d'esprit qui leur fait vit] un prcipice1 se prs]v] de la fra*eur du soir1 leur fait mettre cette ide du mom5t et en rep\ss] une autre2 c'e/ l p\r eux une affirmation sans consqu5ce4 ,combi5 je s\hait]ais que1 p5dant ma vie1 quelqu'un1 ,ju/e ,lipse p> exemple1 qui e/ l'homme le plus savant que n\s ayons1 dont l'esprit e/ si cultiv et si judicieux1 c\s9 g]ma9 s\s ce rapport de mon ,turnebus1 et la volont1 la sant et assez de loisirs p\r collig] et class] p> catgorie1 avec t\te s9crit et en les re*]*ant autant qu'il n\s e/ possible1 les op9ions des philosophes anci5s ayant trait notre tre et nos murs1 les controv]ses dont elles ont t l'objet1 le crdit dont *acune a j\i et t\t ce qui s'y ratta*e2 et aussi1 comm5t leurs auteurs et leurs disciples ont1 dans le c\rs de leur vie1 fait application de leurs prceptes dans les vnem5ts mmorables et p\vant s]vir d'exemples2 quel bel et utile ouvrage ce s]ait6 ,en pr5ant la raison p\r guide1 nos emb>ras ne dim9u5t pas1 c> t\t *ange aut\r de n\s1 les lois plus encore que t\t le re/e4--,a quelle confusion n'ab\tirons-n\s pas1 si c'e/ en n\s que n\s *]*ons la direction imprim] nos murs6 ,ce que n\s conseille sur ce po9t la raison1 avec le plus d'app>5ce de vrit1 c'e/ gnralem5t que *acun obs]ve les lois de son pays2 c'e/ l'avis de ,socrate inspir1 dit-il1 p> la div9it2 et que veut-elle dire p> l1 s9on que notre devoir n'a d'autre rgle que le has>d8 ,la vrit doit tre une et univ]selle2 si l'homme connaissait la droiture et la ju/ice1 en avait des types rels1 p\vait se les reprs5t] dans leur ess5ce1 il ne les f]ait pas consi/] dans l'obs]vance de c\tumes de telles ou telles contres2 ce ne s]ait ni d'aprs ce que l'on en conoit en ,p]se1 ou dans les ,indes1 que la v]tu pr5drait =me4 ,il n'y a ri51 comme les lois1 qui soit plus sujet de cont9uelles v>iations4 ,depuis que je suis n1 j'ai vu trois ou quatre fois *ang] celles des ,anglais1 nos vois9s1 et non seulem5t celles se rapportant la politique intrieure1 que l'on admet n'avoir aucune fixit1 mais celles affr5tes au po9t le plus important qui puisse tre1 la religion2 j'en ai honte et dpit1 d'autant plus que notre rgion n'a pas t autrefois sans avoir des atta*es avec cette nation et que1 dans ma famille1 il re/e encore traces d'anci5ne p>5t avec elle4 ,dans notre prov9ce1 ici mme1 j'ai vu tel acte con/ituant un crime capital1 dev5ir p> la suite lgitime2 et actuellem5t1 atta*s un p>ti1 n\s sommes exposs1 selon les *ances de la gu]re1 dev5ir un j\r crim9els de lse-maje/ huma9e et div9e1 si1 le p>ti oppos v5ant triomph]1 au b\t de quelques annes1 les ides contraires prval5t et que notre ju/ice v]se dans l'inju/ice4 ,ce dieu de l'antiquit ne p\vait plus clairem5t accus] quel degr l'homme ignore l'tre div91 et lui appr5dre que sa religion n'tait qu'un produit de son inv5tion propre cim5t] la socit1 qu'il ne le faisait en dcl>ant1 de dessus son trpi$1 ceux qui1 p\r s'in/ruire1 v5ai5t le consult]1 que le vrai culte de *acun e/ celui l'obs]vation duquel il e/ t5u p> les usages locaux4 ,dieu6 quelle obligation n'avons-n\s pas la bont de notre s\v]a9 ,crateur de n\s avoir clairs sur la niais]ie de notre foi en ces dvotions qui n\s tai5t imposes et que ri5 ne ju/ifiait1 et d'avoir fait que nos croyances repos5t auj\rd'hui sur cette base t]nelle de sa p>ole sacre4--,sur ce po9t capital1 la philosophie n\s dit de suivre les lois de notre pays1 c'e/--dire cette m] flottante que sont les op9ions d'un peuple ou d'un pr9ce1 qui peign5t la ju/ice s\s autant de c\leurs et la trans=m5t aussi s\v5t que leurs passions *ang5t2 mon jugem5t n'a pas une flexibilit suffisante p\r accept] cette solution4 ,qu'e/-ce que ce bi5 que je voyais hi] considr] comme tel et qui ne le s]a plus dema9 et que la trav]se d'une rivire suffit p\r trans=m] en crime8 ,quelle vrit e/-ce que celle qui s'arrte ces montagnes et devi5t m5songe p\r qui habite au del6 ,on n'e/ mme pas d'accord sur ce qu'on appelle les lois naturelles4--,ils sont plaisants ceux qui1 p\r donn] plus d'au!nticit aux lois1 dis5t qu'il y en a de f]mes1 p]ptuelles1 immuables1 auxquelles ils donn5t le nom de lois naturelles1 qui s]ai5t innes *ez l'homme du fait mme de ce quoi elles s'appliqu5t2 elles s]ai5t au nombre de trois d'aprs les uns1 de quatre d'aprs d'autres2 il y en a qui en admett5t plus1 d'autres mo9s1 signe qui dnote que le d\te e/ p]mis l comme ailleurs4 ,les in=tuns6 c> je ne puis qualifi] autrem5t que d'in=tune ce fait que1 dans le nombre inf9i des lois1 il ne s'en tr\ve pas au mo9s une p\r laquelle la =tune et les has>ds du sort ai5t p]mis que1 du cons5tem5t unanime de t\s les peuples1 elle soit univ]sellem5t admise4 ,ils sont1 dis-je1 si malheureux que de ces trois ou quatre lois dont ils ont fait *oix1 il n'y en a pas une seule qui ne soit contr$ite et dsav\e1 non p> une nation mais p> plusieurs4 ,or1 l'acceptation de t\s e/ la c>actri/ique ess5tielle qui seule p\rrait tre invoque comme preuve de l'exi/5ce de lois naturelles2 c> ce que la nature n\s aurait rellem5t ordonn1 sans aucun d\te n\s l'obs]v]ions d'un commun accord1 p>ce que t\te nation1 t\t homme mme1 se ress5tirait de la contra9te et de la viol5ce que leur f]ait quiconque v\drait les p\ss] en s5s contraire de cette loi2 qu'on m'en montre1 s'il se peut1 une dans ces conditions4--,protagoras et ,ari/on n'assignai5t d'autre orig9e la ju/ice des lois que l'autorit et l'op9ion du lgislateur2 hors de l1 le bi5 et l'honnte ne sont plus des qualits1 mais de simples dnom9ations sans signification appliques des *oses sans valeur4 ,?rasymaque1 dans ,platon1 e/ime que le droit n'e/ autre que la commodit du suprieur4 ,il n'e/ *ose au monde prs5tant plus de div]sit que les c\tumes et les lois3 ici1 telle *ose e/ abom9able qui1 ailleurs1 e/ un titre de recomm&ation1 comme tait ,lacdmone l'adresse au vol2 les m>iages entre pro*es p>5ts sont expressm5t df5dus *ez n\s1 ailleurs ils sont en honneur3 ,on dit qu'il y a des peuples o la mre s'unit son fils1 le pre sa fille1 et o l'am\r crot en raison de cette p>5t 7,ovide72 tu] ses enfants1 tu] son pre1 se communiqu] ses femmes1 faire le comm]ce de *oses voles1 avoir lic5ce de se livr] t\tes sortes de volupt1 t\t1 en somme1 si p\ss l'extrme que ce soit1 e/ admis dans les usages de quelque nation4 ,combi5 de *oses1 sur lesquelles l'accord devrait exi/]1 voyons-n\s acceptes p> les uns et proscrites p> les autres4--,il e/ croire qu'il exi/e des lois naturelles1 comme cela se con/ate *ez d'autres cratures2 mais *ez n\s1 elles se sont p]dues1 p>ce que notre belle raison huma9e s'+re p>t\t p\r matris] et comm&]1 br\illant et confondant la physionomie des *oses au gr de sa vanit et de son incon/ance3 ,il ne re/e ri5 de n\s2 ce que j'appelle ntre1 n'e/ qu'une production de l'art4 ,les *oses se prs5t5t s\s des j\rs et dans des conditions div]ses1 c'e/ l la pr9cipale cause de la div]sit des op9ions2 une nation reg>de une *ose s\s un de ses aspects qui fixe ses ides1 une autre la voit autrem5t et se dt]m9e suivant cette autre manire dont elle la voit4 ,ri5 n'e/ si horrible que la p5se de mang] son pre4 ,les peuples *ez lesquels cette c\tume exi/ait jadis1 l'obs]vai5t cep5dant comme un tmoignage de pit et de bonne affection1 se proposant de donn] p> l aux auteurs de leurs j\rs la spulture la plus digne et la plus honorable1 en logeant en eux-mmes1 p\r a9si dire dans la moelle de leurs os1 les corps de leurs pres et ce qui en demeurait2 les revivifiant en quelque sorte1 les rgnrant p> cette absorption en leur propre *air1 p> ce fait qu'ils en faisai5t leur n\rriture et de la dige/ion qui s'ensuivait4 ,il e/ ais de se figur] quelle cruaut et quelle abom9ation c'et t p\r ces hommes abreuvs et imbus de cette sup]/ition1 d'enf\ir la dp\ille de leurs p>5ts dans la t]re1 o elle p\rrirait et devi5drait la pture des btes et des v]s4 ,lycurgue considrait dans le l>c91 la vivacit1 la dilig5ce1 la h>diesse1 l'adresse qu'il y a surpr5dre quelque *ose app>t5ant son vois9 et l'utilit qui en revi5t au public en faisant que *acun apporte plus d'att5tion veill] sur ce qui lui app>ti5t4 ,a dvelopp] a9si cette d\ble t5dance assaillir et se df5dre1 il tr\vait1 au po9t de vue de la discipl9e militaire 7pr9cipale sci5ce et v]tu ess5tielle qu'il v\lait inculqu] sa nation71 un avantage qui lui p>ut1 p> son importance1 l'emport] sur l'inconvni5t rsultant du dsordre et de l'inju/ice qu'il y a s'emp>] du bi5 d'autrui4 ,d5ys le tyran (frit ,platon une robe comme on les portait en ,p]se1 longue1 lame d'or et d'arg5t1 et p>fume2 ,platon la refusa1 disant que1 n homme1 il ne lui conv5ait pas de s'habill] en femme4 ,cette mme robe1 ,ari/ippe l'accepta en disant que nul acc\trem5t ne peut port] atte9te qui e/ rsolu cons]v] sa *a/et4--,les amis de ce d]ni] blmai5t la l*et qu'il avait mise pr5dre si peu cur que ,d5ys lui et cra* au visage3 ,les p*eurs1 leur dit-il1 se rsign5t bi51 p\r pr5dre un g\jon1 tre m\ills de la tte aux pi$s p> les eaux de la m]4--,diogne tait occup lav] des *\x1 lorsque voyant pass] ce mme philosophe1 il lui cria3 ,si p\r vivre tu te cont5tais de *\x1 tu ne f]ais pas la c\r un tyran4 ,a quoi ,ari/ippe rpondit3 ,si tu savais vivre avec les hommes1 tu ne lav]ais pas des *\x4 ,voil comm5t la raison donne aux *oses les app>5ces les plus div]ses2 c'e/ un pot deux anses1 que l'on peut pr5dre p> l'anse droite ou p> celle de gau*e3 ,o t]re hospitalire1 tu portes la gu]re2 tes c\rsi]s sont arms p\r le combat et c'e/ le combat qu'ils n\s prsag5t2 cep5dant1 ces fi]s animaux tai5t autrefois attels des *>rues et avai5t l'habitude de m>*] frat]nellem5t s\s le j\g1 t\t espoir de paix n'e/ donc pas p]du 7,virgile76 ,on repro*ait ,solon de rp&re1 sur la mort de son fils1 des l>mes impuissantes et inutiles3 ,c'e/ bi5 p\r cela1 dit-il1 que j'ai sujet d'en rp&re1 c'e/ qu'elles sont inutiles et impuissantes4--,la femme de ,socrate disant3 ,oh6 quelle inju/ice commett5t ces m*ants juges qui le font m\rir1 voyait l un sujet d'aggravation p\r sa d\leur4 ,prfr]ais-tu donc1 lui rpliqua ,socrate1 que j'aie mrit la mort8--,n\s portons les oreilles p]ces1 ce que les ,grecs t5ai5t p\r une m>que de s]vitude4--,n\s n\s ca*ons p\r j\ir de nos femmes1 les ,ind\s le font en public4--,les ,scy!s immolai5t les trang]s dans leurs temples2 ailleurs1 les temples tai5t des lieux d'asile4--,*aque pays hait les div9its des pays vois9s1 p>ce que *acun ti5t ses dieux p\r les seuls vritables2 d'o les fureurs aveugles des f\les 7,juvnal74 ,les plaidoy]s des avocats et1 en ma9tes occasions1 l'emb>ras des juges dmontr5t l'ambigut des lois4--,j'ai ent5du racont] d'un juge que1 lorsqu'il r5contrait entre ,b>tolus et ,baldus un conflit difficile tran*] et quelque sujet prs5tant de srieuses difficults1 il crivait en m>ge de son livre3 ,"q p\r l'ami1 v\lant dire que la vrit y tait si embr\ille et controv]se1 qu'en semblable cause il lui s]ait loisible de favoris] celle des p>ties que bon lui sembl]ait2 avec quelque peu d'esprit et de sci5ce1 il et pu inscrire p>t\t cette mme m5tion2 dans t\tes les affaires1 avocats et juges de notre temps tr\v5t assez de moy5s dt\rns p\r y donn] telle suite qui leur convi5t4 ,dans une sci5ce aussi t5due1 qui dp5d de tant d'op9ions qui font loi1 et o l'arbitraire j\e un si gr& rle1 une extrme confusion doit naturellem5t se produire dans les jugem5ts r5dre1 aussi n'e/-il gure de procs1 si clairs qu'ils soi5t1 sur lesquels les avis exprims ne soi5t diffr5ts2 ce qu'une c\r a jug1 une autre le juge en s5s contraire2 il arrive mme que la mme c\r1 jugeant n\veau1 juge autrem5t qu'elle ne l'a fait la premire fois4 ,les faits de cette nature se voi5t c\ramm5t p> suite de cet abus1 qui porte si =t atte9te l'autorit si g\rme et au pre/ige de notre ju/ice1 de ne pas accept] les arrts r5dus et d'all] de juridiction en juridiction p\r faire prononc] sur une mme cause4 ,quant la lib]t dont us5t les op9ions philosophiques vis--vis du vice et de la v]tu1 c'e/ un po9t sur lequel il n'e/ pas beso9 de s't5dre et qui a donn lieu des avis que1 p> g>d p\r les esprits faibles1 il vaut mieux taire que publi]4 ,arcsilas disait qu'en fait d'impudicit1 le mal n'e/ pas plus gr& quel que soit celui qui s'en r5d c\pable et de quelque manire qu'il se commette3 ,p\r ce qui e/ des plaisirs obscnes1 picure p5se que si la nature les dem&e1 ce n'e/ pas tant le sexe1 le lieu et le rang qui peuv5t y incit]1 que la faon1 l'ge et la figure 7,cicron7444 ,des am\rs sa9tem5t rgles ne sont pas int]dites au sage 7,cicron7444 ,voyons jusqu' quel ge on doit aim] les jeunes g5s 7,snque74 ,ces deux d]nires propositions man5t des ,/oci5s2 elles montr5t1 comme du re/e le repro*e adress ce propos ,platon lui-mme p> 99 ,dicarque1 combi5 la philosophie la plus claire tolrait des lic5ces excessives qui n'tai5t po9t communm5t pratiques4 ,les lois et les murs ti5n5t surt\t leur autorit de ce qu'elles exi/5t2 aussi les philosophes qui s'tai5t donn p\r rgle de ne ri5 accept] sans exam51 ne se faisai5t-ils pas scrupule de ne pas les obs]v]4--,les lois ti5n5t leur autorit de ce qu'elles exi/5t et sont passes dans les murs2 il e/ dang]eux de les ram5] ce qu'elles tai5t dans l'orig9e2 comme les rivires1 en r\lant1 elles acquir5t de l'importance et gagn5t en considration4 ,remontez-en le c\rs jusqu' leur s\rce1 ce n'e/ qu'un m9ce filet d'eau qu'on di/+ue pe9e et qui va s'enorgueillissant et croissant en pr5ant de l'ge4 ,*]*ez les motifs qui1 dans le pr9cipe1 ont donn l'essor ce torr5t de lois et c\tumes1 auj\rd'hui si considrable1 o se press5t juxtaposs les usages les plus recomm&ables et d'autres qui ne saurai5t tre trop rpr\vs1 auxquels n\s m>quons tant de dfr5ce2 v\s les tr\v]ez si lg]s1 si dlicats1 qu'il n'e/ pas extraord9aire que ces philosophes qui scrut5t t\t1 s\mettant t\t l'exam5 de leur raison1 n'admettant de confiance ri5 de ce qui leur e/ impos1 ai5t s\v5t cet g>d des jugem5ts trs diffr5ts de ceux de t\t le monde4 ,ils se modl5t sur ce qui tait au db1 qu& la nature n'avait pas encore t altre2 il n'e/ donc pas tonnant que dans la plup>t de leurs op9ions1 ils dvi5t de la voie commune4 ,peu d'entre eux1 p> exemple1 aurai5t appr\v les conditions re/rictives de nos m>iages2 la plup>t v\lai5t que les femmes fuss5t en commun1 sans qu'il en rsultt d'obligations p\r p]sonne1 et ils se refusai5t l'obs]vation de ce que n\s impos5t les conv5ances4 ,*rysippe disait que1 mme sans culotte1 un philosophe f]ait en public une d\za9e de culbutes p\r une d\za9e d'olives4 ,il et pe9e *]* dt\rn] ,cli/hne de donn] la belle ,ag>i/e1 sa fille1 ,hippoclide1 auquel il avait vu faire l'arbre f\r*u sur une table4--,mtrocls avait un peu indiscrtem5t l* un pet1 alors qu'ent\r de ses disciples il diss]tait avec eux1 et1 pris de honte1 se t5ait r5f]m dans sa maison4 ,crats v9t le voir et joignant l'exemple ses consolations et ses raisonnem5ts1 se mettant pt] qui mieux mieux avec lui1 il le db>rassa de ses scrupules1 et de plus l'am5a se ralli] la secte des ,/oci5s laquelle lui-mme app>t5ait1 secte plus fran*e que celle des ,pripattici5s qui tait plus raff9e et que jusque-l ,mtrocls avait suivie4--,n\s appelons honntet1 n'os] faire dc\v]t ce que n\s e/imons honnte de faire c\v]t2 ces philosophes1 aux ides primitives1 l'appelai5t sottise2 et ils e/imai5t vicieux de s'+ni] taire et dsav\] ce que la nature1 les c\tumes1 nos dsirs publi5t et proclam5t de nos actions4 ,s'il leur semblait que c'tait folie de clbr] les my/res de ,vnus en dehors du sanctuaire rs]v de son temple et de les expos] la vue de t\s1 c'e/ que se livr] ces jeux sans tre abrit d]rire des rideaux leur fait p]dre leur saveur1 p>ce que la honte e/ un poids l\rd port]2 et que les voil]1 y apport] de la rs]ve et de la modration1 sont autant de conditions qui aj\t5t leur prix4 ,ils t5ai5t que la volupt plaidait p\r elle-mme en se plaignant1 s\s le masque de la v]tu1 d'tre pro/itue dans les c>ref\rs1 f\le aux pi$s1 dprcie aux yeux de t\s1 p> suite de cette abs5ce de dignit et de commodit que lui assur5t les locaux spciaux qui lui sont d'ord9aire affects2 ce qui fait mme dire quelques-uns que supprim] les lieux de pro/itution attitrs1 c'e/ non seulem5t faire que les actes de dbau*e1 auxquels ces lieux sont rs]vs1 se commettront alors p>t\t1 c'e/ encore p\ss] ce vice les vagabonds et les g5s oisifs p> les entraves qu'on y apporte3 ,jadis m>i d',aufidie1 te voil1 ,corv9us1 dev5u son amant auj\rd'hui qu'elle e/ la femme de celui qui autrefois tait ton rival4 ,elle te dplaisait qu& elle tait toi1 p\rquoi te plat-elle depuis qu'elle e/ un autre8 ,es-tu donc impuissant ds que tu n'z plus ri5 cra9dre 7,m>tial78 ,mille exemples tmoign5t qu'il en e/ a9si1 que les difficults aiguillonn5t nos dsirs3 ,il n'e/ p]sonne ,cecilianus1 qui ait v\lu voir ta femme gratis1 qu& ses appro*es tai5t libres2 mais ma9t5ant que tu la fais g>d]1 les adorateurs abond5t4 ,tu es vraim5t un habile homme 7,m>tial74--,on dem&ait ce qu'il faisait un philosophe surpris mme s'unissant une femme3 ,je plante un homme1 rpondit-il froidem5t1 ne r\gissant pas plus d'tre r5contr se livrant cet acte1 que s'il avait t vu plantant de l'ail4 ,un de nos auteurs religieux1 des plus gr&s1 met en des t]mes trs dignes et mesurs1 auxquels j'adhre1 que l'accomplissem5t de cet acte ncessite tellem5t que l'on se ca*e et que l'on en ait honte1 qu'il e/ conva9cu que lorsqu'on se donne lic5ce de s'ab&onn] ces embrassem5ts tels que l'cole des ,cyniques les admet1 l'uvre de *air1 dans ces conditions1 ne peut se m5] bonne f92 on peut bi5 se livr] des m\vem5ts lascifs1 mais c'e/ t\t2 et1 si cela suffit p\r donn] satisfaction l'impud5ce dont cette cole fait pr(ession1 p\r dt]m9] l'afflux1 qu'en p>eil cas la honte conti5t et arrte1 il leur faut encore re*]*] n'tre pas vus4--,cet auteur n'a pas t assez avant1 dans ce qu'il a relev de leurs exc5tricits3 ,diogne se ma/urbant en public1 manife/ait1 en prs5ce de la f\le gr\pe aut\r de lui1 son cont5tem5t de p\voir de la sorte procur] en le frottant des j\issances son v5tre4 ,a qui lui dem&ait p\rquoi il mangeait en ple9e rue et ne *]*ait pas un endroit plus commode1 il rpondait3 ,c'e/ p>ce que j'ai faim en ple9e rue4 ,les femmes adonnes la philosophie et qui tai5t affilies cette secte1 se livrai5t ces philosophes en t\s lieux et discrtion2 ,hipp>*ia ne fut admise dans la socit de ,crats1 qu' condition de suivre en t\tes *oses les usages et les c\tumes qui tai5t de rgle4 ,ils atta*ai5t le plus haut prix la v]tu et n'acceptai5t1 p\r se conduire1 que la morale2 cep5dant1 dans t\tes leurs actions1 ils s'en remettai5t l'autorit du sage qu'ils avai5t *oisi comme *ef de leur cole1 dont la manire de voir tait s\v]a9e et qu'ils plaai5t au-dessus des lois2 et ils ne reconnaissai5t d'autres bornes leurs volupts1 que la modration y apport] et le respect de la lib]t d'autrui4 ,des philosophes anci5s ont s\t5u que dans un mme sujet subsi/5t les app>5ces les plus contraires4--,de ce que le v9 semble am] aux malades et e/ agrable aux g5s bi5 portants1 que l'aviron semble tors qu& il plonge dans l'eau et p>at droit ceux qui le voi5t compltem5t hors de ce milieu1 que bi5 des *oses se prs5t5t a9si s\s des app>5ces contraires1 ,hraclite et ,protagoras y voyai5t une preuve que *acune porte en elle la cause de ces app>5ces3 que le v9 r5f]me un pr9cipe am] qui le fait p>atre tel au gt des malades1 l'aviron un pr9cipe c\rbe en rapport avec la disposition en laquelle se tr\ve celui qui le voit dans l'eau1 et de mme de t\t le re/e2 ce qui revi5t dire que t\t e/ en t\tes *oses et p> consqu5t que ri5 n'e/ dans aucune1 c> il n'y a ri5 l o il y a t\t4 ,ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que les t]mes les plus clairs peuv5t t\j\rs tre int]prts de div]ses faons4--,cette op9ion me remm ce qui se passe en n\s4 ,il n'e/ pas un s5s rel ou app>5t1 am] ou d\x1 droit ou c\rb1 que l'esprit huma9 ne tr\ve aux crits qu'il entrepr5d d'exam9] de prs4 ,de combi5 de faussets et de m5songes une phrase aussi nette1 aussi pure1 aussi p>faite qu'il e/ possible1 n'e/-elle pas le po9t de d"p8 ,quelle hrsie n'y a tr\v des tmoignages assez probants p\r se produire et se ma9t5ir8 ,aussi les auteurs de semblables erreurs ne veul5t-ils jamais r5onc] aux preuves1 tires de l'int]prtation donne aux textes1 qui peuv5t tmoign] leur avantage4 ,un haut p]sonnage1 v\lant ju/ifi] auprs de moi1 en l'appuyant de quelque autorit1 la re*]*e laquelle il se livrait de la pi]re philosophale1 me citait1 d]nirem5t1 c9q ou six passages de la ,bible1 sur lesquels il s'tait1 disait-il1 bas au db1 p\r se mettre en paix avec sa consci5ce 7c> il app>ti5t l'tat ecclsia/ique72 et en vrit1 ce qu'il avait tr\v n'tait pas seulem5t orig9al1 mais encore s'appliquait trs bi5 la df5se de cette belle sci5ce4 ,c'e/ de la sorte que s'accrdit5t les fables que n\s dbit5t les dev9s2 il n'e/ pas un individu se mlant de prdire l'av5ir1 arriv avoir assez de rputation p\r qu'on daigne le feuillet] et re*]*] att5tivem5t les div]ses significations que l'on peut tir] de ses p>oles1 qui on ne f]a dire t\t ce qu'on veut1 comme aux ,sibylles4 ,il y a tant de manires d'int]prt]1 qu'il e/ difficile qu'en n'importe quel sujet1 en s'y pr5ant soit d'une faon1 soit d'une autre1 un esprit +nieux ne tr\ve quelque air qui ne convi5ne ce qu'il veut2 c'e/ p\r cela qu'un /yle obscur et quivoque e/ d'un usage si anci5 et si frqu5t4 ,qu'un auteur p>vi5ne attir] lui la po/rit et faire qu'elle s'occupe de lui1 ce qui peut arriv] soit en raison de sa valeur propre1 soit aussi et mme plus encore p> la faveur dont j\it mom5tanm5t le sujet qu'il traite2 qu'en outre1 p> btise ou p> f9esse1 son /yle soit un peu confus et en*evtr3 il peut tre sans s\ci2 nombre d'esprits1 le sec\ant et l'plu*ant1 en tir]ont quantit d'ides1 ou con=mes la si5ne1 ou s'en rappro*ant1 ou absolum5t contraires et qui t\tes lui f]ont honneur2 et il arriv]a a9si au succs p> le fait de ses disciples1 comme les rg5ts de collge s'enri*iss5t p> l'arg5t du ,l&it4 ,c'e/ ce qui a donn de la valeur nombre de *oses qui n'en avai5t aucune1 et a mis en relief c]ta9s crits auxquels on a fait dire t\t ce qu'on a v\lu1 une mme *ose p\vant tre envisage1 comme il n\s plat1 s\s mille et mille =mes et considrations div]ses4 ,c'e/ ce qui fait qu',homre e/ prs5t comme ayant trait en matre les que/ions de t\s g5res1 et ,platon comme s'tant prononc t\j\rs dans le s5s de celui qui le cite4--,e/-il admissible qu',homre ait v\lu dire t\t ce qu'on lui fait dire2 qu'il se soit volontairem5t prt de si nombreuses et de si div]ses int]prtations1 que les ?ologi5s1 les lgislateurs1 les gu]ri]s1 les philosophes et les g5s de t\tes sortes qui s'occup5t de sci5ces1 si div]s et si opposs que soi5t les sujets qu'ils trait5t1 s'appui5t de lui et s'en rfr5t lui4 ,il e/ p\r t\s le gr& matre en t\tes *oses1 quels que soi5t les *>ges occupes1 les pr(essions ex]ces ou les arts que l'on cultive2 il e/ le premi] conseill] de t\te entreprise2 quiconque a eu beso9 d'oracles et de prdictions1 y a tr\v ce qui lui importait4 ,un p]sonnage savant1 qui e/ de mes amis1 en e/ arriv y tr\v] en faveur de notre religion des indications rellem5t admirables1 si bi5 que c'en e/ m]veilleux1 et il ne peut se dfaire de l'ide que cela a t int5tionnel *ez ,homre1 qui lui e/ aussi famili] qu' quelque p]sonne que ce soit de notre sicle2 mais il e/ probable que ce qu'il y tr\ve en faveur de notre culte1 plusieurs dans l'antiquit l'y avai5t p>eillem5t tr\v en faveur des leurs4 ,voyez comme on f\ille et agite ,platon2 *acun1 s'honorant de le mettre de son ct1 l'int]prte sa faon2 on le promne p> t\tes les op9ions auxquelles le monde donne le j\r et on lui fait pr5dre p>ti2 on va jusqu' le mettre en contradiction avec lui-mme1 selon les ides ayant c\rs2 on lui fait dsav\] son s5s les murs admises de son temps1 si elles ne sont plus de mise notre poque1 et cela avec d'autant plus de nettet et d'autorit que l'esprit de celui qui l'int]prte e/ plus net et plus autoritaire4 ,des mmes faits qui avai5t conduit ,hraclite mettre cette maxime3 ,que t\te *ose a en soi les app>5ces qu'elle prs5te1 ,dmocrite tirait une conclusion t\t oppose1 savoir3 ,que les *oses n'ont ri5 de ce que n\s y tr\vons1 et de ce que le miel e/ d\x p\r l'un1 am] p\r l'autre1 il concluait qu'il n'e/ ni d\x ni am]4 ,les ,pyrrhoni5s aurai5t dit qu'ils ne sav5t s'il e/ d\x ou am]1 s'il n'e/ ni l'un ni l'autre1 ou encore l'un et l'autre la fois1 p>ce que1 eux1 s'ef=c5t t\j\rs d'arriv] conclure que le po9t en litige prte au d\te4 ,les ,cyrnaques t5ai5t que n\s n'pr\vons aucune p]ception de l'extrieur2 que cela seul e/ p]ceptible p\r n\s1 qui n\s cause des s5sations intrieures1 comme la d\leur et la volupt2 ils ne reconnaiss5t ni son1 ni c\leur1 mais seulem5t les affections qu'elles occasionn5t en n\s et d'o nat uniquem5t le jugem5t de l'homme4 ,protagoras e/imait que p\r *acun1 la vrit e/ ce qui lui semble tre4 ,les picuri5s plaai5t le sige du jugem5t dans les s5s1 p> lesquels n\s acqurons la connaissance des *oses et ress5tons les s5sations qu'elles caus5t4 ,platon v\lait que le jugem5t qui n\s fait di/+u] la vrit1 et la vrit elle-mme1 ressortiss5t non des s5s et d'ides prconues1 mais de l'esprit et de la rflexion4 ,si errones que soi5t les notions qui n\s vi5n5t des s5s1 ils sont cep5dant la s\rce de t\tes nos connaissances4--,cette diss]tation m'a am5 considr] le rle des s5s comme con/ituant la plus gr&e cause en mme temps que la preuve de notre ignorance4 ,t\t ce qui se connat1 se connat p> la facult de connatre que possde le sujet2 cela e/ inconte/able p>ce que le jugem5t tant un acte de celui qui juge1 il e/ naturel qu'il y emploie au mieux ses moy5s et sa volont1 et qu'il ne soit pas contra9t de s'en rapport] autrui1 a9si qu'il advi5drait si la connaissance de t\tes *oses s'imposait n\s p> le fait mme de leur nature4 ,or il n'en e/ po9t a9si2 cette connaissance n\s arrive p> les s5s1 qui sont nos matres3 ,ce sont les voies p> lesquelles l'vid5ce pntre dans le sanctuaire de l'esprit huma9 7,lucrce72 c'e/ p> eux que la sci5ce comm5ce n\s pntr]1 et p> eux qu'elle s'affirme4 ,aprs t\t1 n\s s]ions aussi ignorants que peut l'tre une pi]re1 si n\s ne connaissions l'exi/5ce du son1 de l'odeur1 de la lumire1 de la saveur1 de la mesure1 du poids1 de la mollesse1 de la duret1 de l'pret1 de la c\leur1 du poli1 de la l>geur1 de la pr(ondeur1 ce qui con/itue la base et les pr9cipes de t\te notre sci5ce2 au po9t que p\r c]ta9s1 sci5ce n'e/ autre *ose que s5sation4 ,quiconque e/ de =ce m'oblig] contr$ire ce que me tmoign5t mes s5s1 me ti5t la gorge1 il m'accule au po9t que je ne puis recul] davantage2 les s5s sont le comm5cem5t et la f9 des connaissances huma9es3 ,v\s reconnatrez que la notion du vrai n\s vi5t p> les s5s2 leur tmoignage e/ irrcusable1 c> quel guide mrite plus notre confiance 7,lucrce78 ,qu'on leur attribue le mo9s qu'on p\rra1 t\j\rs faudra-t-il leur concd] que t\t ce que n\s savons n\s vi5t d'eux et p> leur int]mdiaire4 ,cicron dit que ,*rysippe ayant essay d'amo9drir la =ce des s5s et leur proprit1 r5contra en lui-mme de tels argum5ts contraires sa ?se et de si viol5tes oppositions qu'il ne put atte9dre au b2 ce qui fit dire ,c>nade qui1 en cette occasion1 disputait contre lui et se vantait de se s]vir des armes mmes et des p>oles de ,*rysippe p\r le combattre3 ,malheureux1 ta propre =ce t'a p]du6 ,il n'e/ ri5 de si absurde1 selon n\s1 de si excessif que de s\t5ir que le feu n'*auffe pas1 que la lumire n'claire pas1 que le f] n'e/ ni pesant1 ni dur1 t\tes *oses dont la connaissance n\s e/ v5ue p> les s5s2 il n'y a *ez l'homme aucune croyance1 aucune sci5ce qui puiss5t se comp>] en c]titude ce qu'ils n\s enseign5t4 ,si n\s ne p\vons t\t expliqu]1 peut-tre e/-ce p>ce que c]ta9s s5s exi/5t dont l'homme e/ dp\rvu1 ce qu'il e/ dans l'impossibilit de con/at]4--,la premire obs]vation que je f]ai sur les s5s e/ que je mets en d\te que l'homme soit p\rvu de t\s ceux dont dispose la nature4 ,je vois des animaux qui pass5t trs bi5 t\te leur vie1 les uns sans y voir1 les autres sans ent5dre2 qui sait si1 n\s aussi1 il ne manque pas un1 deux1 trois et mme plusieurs autres s5s8 ,s'il n\s en manque1 notre raison e/ impuissante faire que n\s n\s en ap]cevions4 ,c'e/ le privilge des s5s1 d'tre le summum de notre p]spicacit2 il n'y a ri5 en dehors d'eux qui n\s puisse v5ir en aide p\r les rvl]1 l'un d'eux ne peut mme pas faire dc\vrir l'autre3 ,l'oue peut-elle rectifi] la vue1 ou le t\*] rectifi] l'oue8 le gt suppler au tact8 et l'odorat ou la vue r=m] leurs erreurs 7,lucrce78 ,ils con/itu5t absolum5t la limite extrme de nos facults3 ,*acun a sa puissance1 *acun sa =ce propre 7,lucrce74 ,il e/ impossible de faire compr5dre un aveugle-n qu'il ne voit pas2 il e/ impossible de lui faire dsir] d'y voir et regrett] le s5s qui lui fait dfaut2 aussi ne devons-n\s tir] aucune assurance qu'aucun s5s ne n\s manque1 de ce que notre me e/ cont5te et satisfaite de ceux que n\s avons1 vu que1 si cette imp]fection exi/e1 n\s ne sommes mme ni de la s5tir ni d'en s\ffrir4 ,il e/ impossible de dire quoi que ce soit cet aveugle qui1 p> raisonnem5t1 preuve ou analogie1 l'amne ce que son imag9ation acquire la mo9dre notion de ce que peuv5t tre la lumire1 la c\leur1 la vue2 il n'e/ ri5 en lui qui puisse l'am5] avoir ide de ce que peut tre ce s5s4 ,qu& n\s voyons les aveugles-ns s\hait] d'y voir1 ce n'e/ pas qu'ils compr5n5t ce qu'ils dem&5t2 ils sav5t p> n\s qu'ils ont quelque *ose qui laisse dsir]1 qu'il e/ en n\s quelque *ose qui leur manque2 ils le nomm5t1 en indiqu5t les effets et consqu5ces1 mais cep5dant ne sav5t pas ce que c'e/1 et ne le conoiv5t ni un peu1 ni beauc\p4 ,je connais un g5tilhomme de bonne maison1 aveugle de naissance1 ou t\t au mo9s qui l'e/ dev5u un ge o on ne sait encore ce que c'e/ que la vue4 ,il se r5d si peu compte de ce qui lui manque1 qu'il use et emploie comme n\s les locutions s]vant exprim] ce que l'on voit1 mais en en faisant une application t\t fait p>ticulire et qui lui e/ propre4 ,on lui prs5tait un enfant dont il e/ le p>ra92 l'ayant pris dans les bras3 ,mon ,dieu1 dit-il1 le bel enfant6 qu'il e/ beau voir6 comme son visage respire la gat6 ,il dira comme *acun de n\s3 ,cette salle a une belle vue2 le temps e/ clair2 il fait un beau soleil4 ,il y a plus2 comme la *asse1 le jeu de paume1 le tir l'arquebuse sont des ex]cices que n\s pratiquons et qu'il en a ent5du p>l]1 il les affectionne1 s'y mle et croit y pr5dre la mme "p que n\s2 il s'y complat1 s'y passionne1 et p\rtant ne les conoit que p> l'oreille4 ,on lui crie lorsqu'on e/ sur un beau t]ra9 plat o il peut all] et v5ir3 ,voil un livre2 on lui dit ensuite3 ,le livre e/ pris2 et il e/ aussi fi] de cette capture qu'il ent5d dire aux autres qu'ils le sont eux-mmes4 ,au jeu de paume1 il pr5d la balle de la ma9 gau*e et la lance avec sa raquette dans n'importe quelle direction2 avec l'arquebuse1 il tire au has>d1 et croit ses g5s lorsqu'ils lui dis5t qu'il a tir trop haut ou ct4 ,sait-on si le g5re huma9 ne commet pas de p>eilles sottises1 faute de quelques s5s1 dont l'abs5ce fait que la plup>t des *oses ne n\s app>aiss5t pas s\s leur vrai j\r8 ,sait-on si la difficult que n\s pr\vons compr5dre c]ta9es uvres de la nature ne vi5t pas de l2 si c]ta9es *oses accomplies p> des animaux1 qui dpass5t ce que n\s-mmes p\vons faire1 ne sont pas produites p> des facults1 consqu5ce de s5s qui n\s font dfaut1 et si1 de ce fait1 c]ta9s p>mi eux ne se tr\v5t pas avoir une vie plus remplie1 plus complte que la ntre8 ,la pomme met en jeu la plup>t de nos s5s3 elle e/ r\ge1 lisse au t\*]1 a de l'odeur1 e/ d\ce au gt2 peut-tre a-t-elle en plus d'autres v]tus1 comme d'ass*] ou de re/re9dre1 qui ne tomb5t s\s aucun de nos s5s4 ,n'e/-il pas vraisemblable qu'aux proprits que n\s appelons occultes1 que n\s con/atons en plusieurs *oses1 comme dans l'aimant celle d'attir] le f]1 doiv5t correspondre des facults prov5ant de s5s qui1 p> leur nature mme1 p]mett5t de les saisir et de les apprci]1 et qui1 p> leur abs5ce1 n\s laiss5t dans l'ignorance de ce que sont rellem5t ces *oses8 ,c'e/ probablem5t quelque s5s p>ticuli] que les coqs doiv5t de di/+u] l'heure le mat9 et m9uit et d'tre ports *ant]2 les p\les1 de r$\t] l'p]vi]1 avant d'tre in/ruites p> la frqu5tation et l'expri5ce1 et de ne cra9dre ni l'oie ni le paon1 qui sont p\rtant de plus gr&e taille2 les p\lets1 d'tre aviss de l'ho/ilit naturelle que leur porte le *at et de ne pas se dfi] du *i53 de se mettre en g>de en ent5dant le miaulem5t du premi]1 dont cep5dant la voix e/ quelque peu attirante1 et non l'aboiem5t du second1 dont le ton e/ dur et semble dnonc] quelqu'un prt *]*] qu]elle2 les frelons1 les f\rmis1 les rats1 de t\j\rs *oisir la meilleure poire ou le meilleur fromage1 avant mme d'en avoir tt2 le c]f1 l'lphant1 le s]p5t1 de reconnatre c]ta9es h]bes propres les gurir4 ,c'e/ p> les s5s que la sci5ce s'acqui]t3 *acun d'eux y contribue et aucun ne peut suppler un autre4--,il n'y a pas un s5s qui ne soit de gr&e importance et les connaissances dont n\s sommes r$evables *acun d'eux sont en nombre inf9i4 ,si l'intellig5ce des sons1 de l'h>monie et de la voix v5ait n\s manqu]1 cela introduirait une confusion inimag9able dans t\t le re/e de notre sci5ce2 c>1 outre ce qui e/ du doma9e propre de *aque s5s1 que d'argum5ts1 de consqu5ces et de conclusions p\r t\tes autres *oses ne tirons-n\s pas1 p> comp>aison d'un s5s avec un autre4 ,supposons qu'un homme qui s'y ent5d1 imag9e le g5re huma9 dp\rvu1 depuis son orig9e1 du s5s de la vue et re*]*e quel degr d'ignorance et de tr\ble conduirait une telle lacune2 quelles tnbres1 quel aveuglem5t en s]ai5t rsults p\r notre me2 et qu'on juge p> l combi5 importe1 p\r la connaissance de la vrit1 la privation d'un s5s autre que ceux que n\s possdons1 de deux1 de trois1 si ces s5s exi/5t et que n\s en soyons privs4 ,n\s sommes arrivs concevoir la vrit s\s une =me laquelle ont p>ticip et conc\ru nos c9q s5s2 peut-tre p\r que cette =me soit la vraie et que n\s ayons t\te c]titude de la saisir dans son intgralit1 aurait-il fallu le conc\rs de huit ou dix s5s4 ,les sectes philosophiques qui conte/5t la sci5ce huma9e1 mett5t surt\t en avant l'inc]titude et la faiblesse de nos s5s3 t\te connaissance n\s p>v5ant p> leur entremise et leur moy51 s'ils sont en dfaut dans les rapports qu'ils n\s en font1 s'ils corromp5t ou altr5t ce qu'ils n\s communiqu5t du dehors1 si la lumire qui p> eux se fait en notre me e/ obscurcie au passage1 n\s n'avons plus sur quoi n\s puissions compt]4 ,de cette extrme difficult1 sont ns ces div]s aphorismes3 ,*aque *ose r5f]me en elle t\t ce qu'on y tr\ve2--dans *acune il n'y a ri5 de ce que n\s p5sons y tr\v]2 et aussi ceux-ci qui man5t des picuri5s3 ,le soleil n'e/ pas plus gr& que notre vue n\s le fait apprci]2--les app>5ces qui n\s font voir un corps plus gr& qu& on en e/ pro*e1 et plus petit qu& on en e/ loign1 sont vraies t\tes deux2 n\s ne conv5ons pas p\r cela que nos yeux n\s tromp5t1 ne leur imputons donc pas les erreurs de l'esprit 7,lucrce72--et1 ce qui e/ plus h>di3 ,nos s5s ne se tromp5t pas1 n\s sommes s\s leur entire dp5dance1 et il faut *]*] ailleurs les raisons qui peuv5t expliqu] les diffr5ces et les contradictions que n\s con/atons2 inv5t] mme 7ils en vi5n5t jusque-l7 t\t autre m5songe ou rv]ie de notre esprit1 plutt qu'accus] les s5s4--,timagoras jurait qu'il avait beau clign] de l'il1 le press]1 jamais il n'avait ap]u en d\ble la lumire d'une *&elle et que cette illusion vi5t d'une erreur d'imag9ation et non d'un vice de cet organe4--,de t\tes les absurdits1 la plus absurde1 d'aprs les picuri5s1 e/ de dsav\] le p\voir et les effets des s5s3 ,les indications des s5s sont vraies en t\s temps4 ,si la raison ne peut expliqu] p\rquoi ce qui1 c>r vu de prs1 de lo9 p>at long1 il vaut encore mieux1 dfaut de la solution vraie de ce d\ble phnomne1 en donn] une fausse plutt que de laiss] *app] de ses ma9s l'vid5ce1 plutt que de m5tir sa foi premire et ru9] t\s les fondem5ts de crdibilit sur lesquels repos5t notre cons]vation et notre vie1 c> les intrts de la raison ne sont pas ici les seuls en jeu2 la vie elle-mme ne se cons]ve qu'avec le sec\rs des s5s2 c'e/ sur leur tmoignage que n\s vitons les prcipices et les autres *oses nuisibles 7,lucrce74 ,ce conseil dsespr et si peu philosophique ne signifie autre *ose que la sci5ce huma9e ne peut exi/] qu'autant que n\s lui prtons le sec\rs d'une raison draisonnable1 folle1 ob/9e1 et que1 p\r la satisfaction de la vanit de l'homme1 il vaut encore mieux en us] a9si1 aussi bi5 que de t\t autre remde si fanta/ique qu'il soit1 que d'av\] sa btise laquelle il ne peut se s\/raire2 c'e/ l une vrit bi5 peu son avantage4 ,il ne peut emp*] que les s5s ne soi5t les s\v]a9s matres des connaissances qu'il possde2 mais en aucun cas ils n'(fr5t de c]titude et ils sont t\j\rs sujets n\s induire en erreur2 c'e/ l un po9t sur lequel il n\s faut insi/] outrance2 et dfaut de ce qui devrait1 avec ju/e raison1 faire sa =ce1 mais qui n'exi/e pas1 l'homme doit y suppler p> l'op9itret1 la tmrit1 l'impud5ce4--,si les picuri5s sont dans le vrai1 c'e/--dire si la sci5ce n'exi/e pas du mom5t que les app>5ces qui n\s sont transmises p> nos s5s sont fausses1 et si ce que dis5t les ,/oci5s e/ galem5t vrai3 que les app>5ces que n\s recevons p> les s5s1 sont tellem5t enta*es de faux1 qu'elles ne peuv5t produire aucune sci5ce1 du fait de ces deux gr&es sectes dogmati/es1 n\s sommes am5s conclure que la sci5ce n'e/ pas4 ,l'expri5ce rvle les erreurs et les inc]titudes des s5s qui1 bi5 s\v5t1 en impos5t la raison4--,quant l'erreur et l'inc]titude des oprations des s5s1 *acun peut s'en procur] autant d'exemples qu'il lui plat1 tant les fautes et les tromp]ies qu'ils n\s font sont ord9aires4 ,p> l'effet de l'*o d'un vallon1 le son d'une trompette semble v5ir de devant n\s1 alors qu'il "p d'une lieue p> d]rire4--,des montagnes qui s'lv5t au-dessus de la m]1 n\s p>aiss5t de lo9 une mme masse1 quoiqu'en ralit elles soi5t trs di/antes l'une de l'autre4 ,les coll9es et les *amps que n\s ctoyons1 sembl5t fuir v]s la p\pe du vaisseau sur lequel n\s naviguons ple9es voiles4 ,si votre *eval s'arrte au milieu d'un c\rs d'eau1 il p>at remont] obliquem5t le c\rant1 comme emport p> une =ce trangre 7,lucrce74--,faites r\l] une balle d'arquebuse s\s le second doigt de la ma91 celui du milieu se sup]posant sur celui-ci3 il faut se faire extrmem5t viol5ce p\r reconnatre qu'il n'y a qu'une balle1 tant les s5s n\s en reprs5t5t deux4--,que les s5s dom95t s\v5t notre raison et la contraign5t recevoir des impressions qu'elle sait fausses et apprcie telles1 cela se voit con/amm5t4 ,je laisse de ct le s5s du t\*]1 qui a des fonctions plus immdiates1 plus vives1 et se traduit p> des effets plus tangibles2 qui1 p> la d\leur qu'il e/ susceptible de faire pr\v] au corps1 r5v]se si frquemm5t t\tes les belles rsolutions /oques et arra*e des pla9tes qui a mal au v5tre1 lors mme que1 dans le plus pr(ond de son me1 il e/ un adepte f]v5t de ce pr9cipe1 que la colique1 comme t\te autre maladie et t\te autre s\ffrance1 e/ *ose indiffr5te1 et qu'elle n'a pas le p\voir de dim9u] en ri5 le s\v]a9 bonheur et la flicit que la v]tu procure au sage4 ,mais il n'e/ cur si effm9 que le son de nos tamb\rs et de nos trompettes n'*auffe2 il n'y en a pas de si dur que la musique1 p> sa d\ceur1 n'veille et ne *at\ille2 il n'y a pas me si rev*e qui ne se s5te prise de recueillem5t1 en considrant la sombre imm5sit de nos glises1 leurs ornem5ts si div]s et l'ordre de nos crmonies2 en ent5dant le son de nos orgues qui porte tant la dvotion1 et l'h>monie si bi5 rgle de nos *ants religieux2 ceux mmes qui entr5t dans ces difices avec une ide de mpris1 s'en s5t5t le cur impressionn et pr\v5t comme une sorte de cra9te sup]/itieuse qui les met en dfiance de leur op9ion4--,quant moi1 je ne m'e/ime pas assez =t p\r demeur] ins5sible la rcitation de v]s d',horace ou de ,catulle1 dite d'une faon intellig5te p> une b\*e jeune et belle1 la voix agrable2 la voix1 dit ,znon avec ju/e raison1 e/ la fleur de la beaut4 ,un j\r1 on a v\lu me p]suad] qu'un homme1 que n\s connaissons t\s n\s autres ,franais1 m'en avait impos en me rcitant des v]s qu'il avait composs2 qu'ils n'tai5t pas tels sur le papi] qu'ils en avai5t l'air1 et que mes yeux en jug]ai5t autrem5t que mes oreilles1 tant la diction donne de prix et aj\te aux ouvrages qui ont subir l'preuve de la lecture6 ,aussi ,philoxnes n'avait-il pas tort qu&1 ent5dant un lecteur lire d'une faon incorrecte un de ses crits1 il se mit cass] et pit9] des briques qui app>t5ai5t ce f*eux1 en disant3 ,je brise ce qui e/ toi1 comme tu gtes ce qui e/ moi4--,p\r quelle raison des g5s qui se sont donn la mort avec rsolution1 ont-ils dt\rn la tte1 p\r ne pas voir le c\p qu'ils se faisai5t port]8 ,et ceux qui1 malades1 dsir5t et dem&5t qu'on les incise ou qu'on les cautrise1 p\rquoi ne peuv5t-ils s\t5ir la vue des apprts du *irurgi51 de ses in/rum5ts et de l'opration2 ce n'e/ cep5dant pas de la vue1 que doit leur v5ir la d\leur8 ces exemples ne pr\v5t-ils pas l'empire que les s5s ex]c5t sur la raison8--,n\s avons beau savoir que les tresses d'un page ou d'un laquais ont t empruntes1 que cette r\geur vi5t d',espagne1 que cette blan*eur et son brillant sont des produits de l',ocan1 contre t\te raison notre vue n\s fait qu& mme p>atre plus aimable et plus agrable l'objet qui s'en p>e3 ,n\s sommes sduits p> la p>ure2 l'or et les pi]r]ies ca*5t les dfauts2 une jeune fille e/ la mo9dre p>tie de ce qui n\s plat en elle4 ,s\v5t on a pe9e tr\v] ce qu'on aime p>mi tant d'ornem5ts2 c'e/ s\s cette gide opul5te que l'am\r trompe nos yeux 7,ovide74 ,combi5 les potes accord5t de p\voir aux s5s1 lorsqu'ils n\s reprs5t5t ,n>cisse pris de son ombre3 ,il admire t\t ce qu'il a d'admirable4 ,l'ins5s6 il se dsire lui-mme1 c'e/ lui-mme qu'il appr\ve1 lui-mme qu'il convoite2 il brle de feux qu'il a lui-mme allums 7,ovide72 c'e/ p\r cela aussi qu'ils n\s montr5t ,pygmalion1 l'esprit si tr\bl p> l'impression que lui cause la vue de sa /atue d'ivoire1 qu'il l'aime et se fait son s]viteur1 comme si elle tait anime3 ,il la c\vre de bais]s et s'imag9e qu'elle lui rpond2 il la saisit1 l'tre9t2 il croit s5tir s\s ses doigts le frisson de la *air1 et cra9t en la pressant1 d'y laiss] une empre9te livide 7,ovide74 ,qu'on mette un philosophe dans une cage en fil de f] assez m9ce et l>ges mailles et que cette caisse soit susp5due au haut des t\rs de ,notre-,dame de ,p>is1 il v]ra d'une faon vid5te qu'il e/ impossible qu'il en tombe et1 malgr cela1 mo9s qu'il ne soit famili>is avec le mti] de c\vreur1 il ne p\rra s'emp*] d'tre p\vant et transi p> la vue de la hauteur laquelle il se tr\ve4 ,n\s-mmes avons assez de pe9e g>d] notre assurance1 qu& n\s sommes sur les gal]ies qui rgn5t sur nos clo*]s1 p\r peu qu'elles soi5t j\r1 et alors mme qu'elles sont en pi]re2 c]ta9es g5s ne peuv5t seulem5t pas en support] la p5se4 ,qu'on jette entre ces deux t\rs une p\tre assez l>ge p\r qu'on puisse se prom5] dessus1 il n'y a pas de sagesse philosophique1 si f]me soit-elle1 qui puisse n\s donn] le c\rage d'y m>*]1 comme n\s le f]ions si elle reposait t]re4 ,j'ai s\v5t pr\v dans nos montagnes de ce ct-ci des ,pyrnes1 bi5 que je sois de ceux que cela n'effraie que mdiocrem5t1 que je ne p\vais support] la vue de ces imm5ses pr(ondeurs sans ress5tir du frisson et un tremblem5t dans les j>rets et les cuisses1 bi5 qu'il s'en fallt d'une longueur gale ma taille que je ne fusse t\t fait au bord et que je susse p>faitem5t qu'une *ute n'tait possible que si1 volontairem5t1 je m'exposais ce dang]4 ,j'ai rem>qu aussi que1 quelque hauteur qu'il y ait1 si sur la p5te se prs5te un arbre ou une po9te de ro*] qui c\pe la vue et sur lequel elle puisse se pos] un peu1 cela n\s s\lage et n\s rassure1 comme si1 en cas de *ute1 n\s p\vions en att5dre du sec\rs2 t&is que n\s ne p\vons seulem5t pas reg>d]1 sans que la tte n\s t\rne1 les prcipices abrupts et unis1 de telle sorte qu'on ne peut reg>d] en bas1 sans tre pris de v]tige 7,tite-,live71 ce qui e/ une vivante impo/ure de la vue4--,c'e/ ce qui conduisit ce beau philosophe se crev] les yeux p\r se mettre l'me l'abri des impressions drgles qu'elle en recevait et p\voir philosoph] plus librem5t2 mais1 ce compte1 il et d aussi se b\rr] de coton les oreilles qui1 au dire de ,?ophra/e1 sont les plus dang]eux de nos organes1 susceptibles1 p> la viol5ce des impressions qu'elles n\s communiqu5t1 de tr\bl] et d'altr] nos ides2 et1 en f9 de compte se priv] galem5t de t\s les autres s5s1 autant dire de son tre et de la vie1 c> t\s ont ce p\voir d'ex]c] de l'empire sur notre raison et notre me3 ,il arrive s\v5t que tel spectacle1 telle voix1 tel *ant impressionn5t vivem5t nos esprits2 s\v5t aussi la d\leur et la cra9te produis5t le mme effet 7,cicron74--,les mdec9s prt5d5t que c]ta9s tempram5ts s'agit5t jusqu' la fureur1 s\s l'effet de c]ta9s sons et de c]ta9s in/rum5ts4 ,j'en ai vu qui ne p\vai5t ent5dre rong] un os s\s leur table1 sans p]dre pati5ce2 et il n'y a gure de p]sonnes qui ne soi5t incommodes p> le bruit aigu et pntrant que fait la lime qu& on travaille le f]2 de mme ent5dre prs de soi le bruit des m*oires dans la ma/ication1 ou p>l] quelqu'un qui a le gosi] ou le nez emb>rass1 agace c]ta9es g5s jusqu' la colre et la ha9e4 ,ce j\eur de flte qui1 ,rome1 accompagnait ,grac*us et attnuait1 acc5tuait ou modifiait les acc5ts de la voix de son matre h>anguant le peuple1 quoi s]vait-il1 si le ry?me et les inflexions de ses sons n'avai5t la proprit d'm\voir et de modifi] l'esprit de ses auditeurs8 ,il y a vraim5t bi5 de quoi se flicit] si =t de cette belle facult qu'a notre jugem5t de se laiss] a9si mani] et trans=m] s\s l'action et l'imprvu d'un aussi lg] s\ffle6 ,p> contre1 les passions de l'me ont galem5t action sur les tmoignages des s5s et conc\r5t les altr]4--,si les s5s induis5t en erreur notre ent5dem5t1 leur t\r ils sont t\t autant tromps2 notre me1 p>fois1 pr5d sur eux sa revan*e2 elle et eux m5t5t et se tromp5t qui mieux mieux4 ,ce que n\s voyons et ent5dons1 qu& n\s sommes s\s l'effet de la colre1 ne n\s app>at pas tel que c'e/3 ,on voit alors deux soleils et deux ,?bes 7,virgile72 ce qui e/ l'objet de notre affection n\s semble plus beau qu'en ralit1 s\v5t n\s voyons la dif=mit et la laideur faire des caprices et recevoir des hommages 7,lucrce72 de mme1 celui p\r lequel n\s pr\vons de l'loignem5t n\s p>at plus laid qu'il n'e/2 la cl>t du j\r p>at t]ne et obscurcie un homme ennuy et dans l'affliction4--,nos s5s ne sont pas seulem5t altrs1 s\v5t ils sont entirem5t oblitrs p> les passions de l'me4 ,combi5 de *oses voyons-n\s que n\s n'ap]cevons pas qu& notre esprit e/ occup ailleurs3 ,les *oses1 mme les plus exposes la vue1 si n\s n'y appliquons notre esprit1 sont p\r lui comme si elles se p]dai5t dans la nuit des temps 7,lucrce72 il semble que l'me se replie au d$ans de n\s et qu'elle se j\e de ce que peuv5t les s5s4 ,c'e/ a9si que les facults int]nes et ext]nes de l'homme sont des s\rces cont9ues de faiblesse et de m5songe4 ,c'e/ avec raison que la vie de l'homme a t comp>e un songe2 que n\s dormions ou que n\s soyons veills1 notre tat d'me v>ie peu4--,ceux qui ont comp> notre vie un songe1 ont fait plus judicieusem5t peut-tre qu'ils ne p5sai5t4 ,dans nos songes1 notre me vit1 agit1 met en uvre t\tes ses facults1 ni plus ni mo9s que qu& elle veille2 admettons que ce soit plus mollem5t et d'une faon mo9s saisissable1 la diffr5ce n'e/ c]tes pas aussi gr&e que celle de la nuit un j\r ensoleill1 t\t au plus s]ait-ce comme de la nuit au crpuscule2 si elle dort p5dant notre sommeil1 elle sommeille plus ou mo9s qu& n\s sommes veills2 dans l'un et l'autre cas n\s sommes dans les tnbres1 tnbres pr(ondes comme celles qui rgn5t dans les rgions ,cimmri5nes4 ,n\s veillons qu& n\s sommes endormis1 n\s dormons qu& n\s sommes veills4 ,p5dant le sommeil1 n\s n'y voyons pas trs clair2 mais1 qu& n\s sommes veills1 la cl>t n'e/ jamais p>faite et sans nuage2 le sommeil1 qu& il e/ pr(ond1 endort p>fois nos songes2 veills1 n\s ne le sommes jamais assez p\r tre dlivrs et compltem5t dgags de t\tes nos rv]ies qui sont les songes des g5s veills et pires que de vrais songes4 ,notre raison et notre me recevant les ides et les s5tim5ts qui naiss5t en n\s p5dant que n\s dormons1 et se prtant ce que n\s entrevoyons dans nos songes1 comme elles le font p\r ce que n\s concevons de j\r1 p\rquoi mettre en d\te que1 lorsque n\s p5sons et agissons1 n\s ne faisons autre *ose que song]1 et qu'tre veill n'e/ qu'une =me p>ticulire du sommeil8 ,en gnral1 les s5s des animaux sont plus p>faits que ceux de l'homme2 des diffr5ces s5sibles peuv5t aism5t se con/at]4--,si les s5s sont les juges auxquels n\s devons n\s en rapport] en premi] lieu1 ce ne sont pas seulem5t les ntres qu'il faut appel] au conseil4 ,sur ce po9t1 les animaux ont autant et mme plus de droit que n\s2 c> il e/ c]ta9 qu'il en e/ qui ont l'oue plus f9e que l'homme1 d'autres la vue1 d'autres l'odorat1 d'autres le t\*] ou le gt4 ,dmocrite disait que les facults p> lesquelles n\s pr\vons les s5sations de t\te nature1 sont beauc\p plus p>faites *ez les dieux et les animaux que *ez l'homme4 ,il y a de fait une diffr5ce extrme entre les effets des s5s *ez ces d]ni]s et *ez n\s2 notre salive1 p> exemple1 qui nettoie et ass*e nos plaies1 donne la mort aux s]p5ts3 ,entre ces effets la diffr5ce e/ si gr&e1 que ce qui e/ n\rriture p\r les uns1 e/ poison mortel p\r les autres2 a9si le s]p5t1 au contact de la salive huma9e1 dprit et se dvore lui-mme 7,lucrce74 ,quelle qualification en dduirons-n\s p\r la salive3 s]a-ce celle que n\s en concevons1 ou celle que peut en concevoir le s]p5t8 laquelle de ces deux proprits n\s fix]a sur son ess5ce que n\s n\s proposons de dt]m9]8--,pl9e dit qu'il y a aux ,indes c]ta9s livres m>9s qui p\r n\s sont un poison1 et rciproquem5t2 il suffit que n\s les t\*ions p\r qu'ils meur5t2 lequel de ces effets e/1 en t\te vrit1 class] comme poison3 e/-ce l'homme1 e/-ce le poisson8 auquel donn] la prm95ce3 au poisson sur l'homme1 ou l'homme sur le poisson8--,l'homme e/ empoisonn dans tel air vici dont le buf n'a s\ci2 dans tel autre1 c'e/ le buf qui s\ffre1 l'homme n'y e/ pas incommod2 lequel de ces deux airs e/ de nature vritablem5t pe/il5tielle8--,les p]sonnes qui ont la jaunisse1 voi5t t\tes *oses s\s un aspect jauntre et plus ple que n\s les voyons3 ,t\t p>at jaune qui a la jaunisse 7,lucrce7 celles atte9tes de cette maladie que les mdec9s nomm5t ,hyposphagma1 qui e/ un pan*em5t du sang s\s la peau1 voi5t t\t en r\ge et te9t de sang4 ,ces dispositions qui modifi5t a9si ce que n\s p]cevons p> la vue1 savons-n\s si elles produis5t ce mme effet *ez les btes et si1 *ez elles1 il en e/ t\j\rs a9si8 c> il s'en tr\ve p>mi elles qui ont les yeux jaunes comme ceux d'entre n\s malades de la jaunisse1 et d'autres qui les ont r\ges comme s'ils tai5t injects de sang1 il e/ vraisemblable que la c\leur des objets leur app>at autre qu' n\s2 des deux jugem5ts mis p> n\s et p> elles1 quel e/ le vrai8 c> il n'e/ pas dit que l'ess5ce des *oses n'importe qu' l'homme2 leur duret1 leur blan*eur1 leur pr(ondeur1 leur aigreur intress5t les s]vices qu'en doiv5t tir] les animaux et la connaissance qu'ils en doiv5t avoir1 t\t comme elles n\s t\*5t2 la nature leur en a dvolu l'usage comme n\s4 ,qu& n\s pressons notre il1 les corps que n\s reg>dons n\s app>aiss5t plus longs et plus t5dus2 plusieurs animaux ont l'il naturellem5t a9si press2 cette longueur que n\s attribuons aux corps dans ce cas p>ticuli]1 e/ peut-tre bi5 leur longueur relle1 et non celle que nos yeux leur attribu5t qu& n\s les reg>dons d'ord9aire4 ,si n\s n\s comprimons l'il en appuyant p>-dess\s1 n\s voyons les *oses en d\ble3 ,les lampes ont d\ble lumire1 les hommes d\ble corps et d\ble visage 7,lucrce74--,si n\s avons les oreilles ob/rues d'une faon quelconque1 ou le passage de l'oue ress]r1 n\s p]cevons les sons autrem5t que d'habitude2 les animaux qui ont les oreilles velues1 ou un t\t petit tr\ leur en t5ant lieu1 ne doiv5t p> consqu5t pas ent5dre comme n\s ent5dons1 les sons qu'ils p]oiv5t doiv5t tre autres4--,n\s voyons dans les ftes1 dans les ?tres1 des vitres de c\leur int]poses devant la lumire des flambeaux1 et t\t ce qui e/ dans les lieux clairs de la sorte1 n\s p>atre v]t1 jaune ou violet3 ,a9si font ces voiles jaunes1 r\ges et bruns1 t5dus dans nos ?tres et flottant l'air au-dess\s des p\tres qui les s\ti5n5t2 leur clat mobile se rfl*it sur les spectateurs et sur la scne2 les snateurs1 les femmes1 les /atues des dieux1 t\t se te9t de leur lumire *angeante 7,lucrce74 ,il e/ probable que les yeux des animaux1 que n\s voyons de c\leurs div]ses1 leur font voir les corps s\s les mmes c\leurs que celle de leurs yeux4 ,mme *ez l'homme1 nombreuses sont les circon/ances qui modifi5t les tmoignages des s5s1 et s\v5t les indications de l'un sont contradictoires avec celles f\rnies p> un autre4--,p\r jug] des oprations faites p> nos s5s1 il faudrait donc que n\s soyons d'accord1 d'abord avec les btes1 et secondem5t entre n\s2 or cet accord n'exi/e pas4 ,n\s disputons sans cesse sur ce que l'un ent5d1 voit ou ress5t et qui1 t\j\rs1 s'ent5d1 se voit et se ress5t autrem5t que fait un autre2 n\s ne sommes pas mo9s diviss sur la div]sit des images que nos s5s n\s rapport5t4 ,dans les conditions ord9aires de la nature1 un enfant ent5d1 voit et ress5t autrem5t qu'un homme de tr5te ans1 et celui-ci autrem5t qu'un sexagnaire2 les s5s *ez les uns sont plus te9ts et plus m\sss1 *ez les autres plus ouv]ts et plus aigus4 ,n\s p]cevons les *oses diffremm5t1 suivant l'tat dans lequel n\s sommes et ce que cela n\s semble2 et ce qu'il n\s semble e/ si inc]ta91 si discutable1 que ce n'e/ pas miracle si on vi5t n\s dire que n\s sommes en droit de dcl>] que la neige n\s app>at blan*e1 mais que n\s ne p\vons tablir que telle e/ sa nature2 ce qui e/ c]ta91 c'e/ que n\s ne saurions en rpondre4 ,avec si peu de c]titude son po9t de d"p1 t\te la sci5ce du monde e/1 p> le fait1 rduite nant4--,et ma9t5ant1 faut-il dmontr] que nos s5s vont mme se contr$isant l'un l'autre8 ,une pe9ture qui ressort en relief qu& on la voit1 semble plate qu& on la t\*e4 ,le musc flatte l'odorat et blesse le gt2 dans ces conditions1 e/-ce *ose agrable ou non8 ,il y a des h]bes et des ongu5ts qui convi5n5t c]ta9es p>ties du corps et en bless5t d'autres4 ,le miel plat au gt et dplat la vue4 ,ces bagues tailles en =me de plumes1 qu'en t]mes d'armoiries on appelle ,p5nes sans f91 dont l'il ne peut disc]n] la l>geur1 ni se df5dre de cette illusion que d'un ct elles vont s'l>gissant et de l'autre se rtrcissant jusqu' =m] po9te1 illusion qui demeure mme qu&1 mises au doigt1 on les fait t\rn]1 sembl5t cep5dant au t\*] de l>geur con/ante1 et dans t\tes leurs p>ties p>eilles elle-mmes4 ,il tait jadis des p]sonnes qui1 p\r aj\t] leur volupt1 se s]vai5t de miroirs propres grossir et agr&ir les objets qui s'y reflt5t1 af9 que les membres avec lesquels ils allai5t se mettre en contact1 leur (friss5t plus d'attrait p> ce grossissem5t app>5t2 lequel de leurs deux s5s leur donnait le plus de satisfaction3 la vue qui leur reprs5tait ces organes gros et gr&s s\hait1 ou l'att\*em5t qui les leur prs5tait petits et mo9s affriolants8 ,sont-ce nos s5s qui communiqu5t aux *oses ces conditions div]ses1 et nonob/ant la condition de *acune e/-elle unique8--,le pa9 que n\s mangeons1 n'e/ que du pa92 et cep5dant1 p> l'usage que n\s en faisons1 il devi5t os1 sang1 *air1 poils1 ongles3 ,les alim5ts1 s'infiltrant p> t\t le corps1 priss5t en *angeant de nature 7,lucrce74 ,les sucs qu'absorbe la rac9e des arbres1 devi5n5t tronc1 feuilles et fruits2 l'air e/ un1 et p\rtant la trompette le r5d en mille sons div]s2 sont-ce1 dis-je1 nos s5s qui trans=m5t d'une manire analogue les conditions div]ses des *oses1 ou sont-elles telles8 et1 en prs5ce de ce d\te1 que p\vons-n\s jug] de leur vritable nature8--,il y a plus1 puisque dans les cas de maladie1 de rv]ie1 de sommeil1 les *oses n\s p>aiss5t autrem5t que lorsque n\s sommes en bonne sant1 en ple9e possession de n\s-mmes ou veills1 n'e/-il pas vraisemblable que notre tat normal1 nos humeurs en repos sont aussi de nature donn] aux *oses une physionomie p>ticulire1 en rapport avec notre tat et s'y accommodant1 comme il arrive lorsque nos humeurs sont en m\vem5t8 ,en sant1 ne sommes-n\s pas1 t\t autant que lorsque n\s sommes malades1 exposs les envisag] d'une manire p>ticulire8 ,p\rquoi celui qui e/ modr1 ne les v]rait-il pas s\s une =me approprie son tat1 comme il arrive celui qui ne l'e/ pas2 et t\t comme lui1 ne lui imprim]ait-il pas son c>actre8 ,celui qui e/ dgt du v91 lui attribue de la fadeur2 celui qui e/ bi5 portant1 de la saveur2 celui qui e/ altr1 un gt apptissant4 ,les *oses s'accommodant l'tat dans lequel n\s sommes1 se trans=m5t d'aprs lui2 n\s ne savons plus la vrit sur elles1 ri5 ne n\s v5ant que falsifi et altr p> nos s5s4 ,qu& le compas1 l'qu]re et la rgle sont fausses1 t\tes les mesures qu'ils donn5t1 t\s les btim5ts la con/ruction desquels ils s'emploi5t1 sont aussi1 et ncessairem5t1 dfectueux et peu solides2 de mme l'inc]titude de nos s5s r5d inc]ta9 t\t ce qu'ils produis5t3 ,si dans la con/ruction d'un difice1 la rgle dont il a t fait usage en premi] lieu e/ dvie1 si l'qu]re s'c>te de la p]p5diculaire1 si le niveau s'loigne p> quelque endroit de sa ju/e situation1 il faut ncessairem5t que t\t le btim5t soit vicieux1 p5*1 affaiss1 sans grce1 sans aplomb1 sans proportion1 qu'une p>tie semble prte s'cr\l] et que t\t s'cr\le en effet p\r avoir t d'abord mal conduit2 de mme si l'on ne peut compt] sur le rapport des s5s1 t\s les jugem5ts s]ont trompeurs et illusoires 7,lucrce74--,au surplus1 qui s]a apte jug] de ces diffr5ces8 ,n\s disons1 qu& il s'agit de controv]ses sur la religion1 qu'il faudrait p\r les tran*]1 un juge qui ne soit ni d'un camp ni d'un autre1 exempt de p>ti pris et de prfr5ce1 ce qui ne saurait se tr\v] *ez les ,*rti5s4 ,le mme fait se reproduit ici3 si notre juge e/ un vieill>d1 il e/ inapte jug] imp>tialem5t de ce que ress5t la vieillesse1 tant lui-mme intress dans le dbat2 si c'e/ un homme jeune1 le cas e/ le mme2 le mme aussi1 si c'e/ un homme en bonne sant2 de mme1 s'il e/ malade1 s'il dort1 s'il e/ veill2 il faudrait quelqu'un qui ne se soit jamais tr\v dans aucun de ces cas1 de telle sorte qu'il se prononce sans prv5tion entre les div]ses propositions en prs5ce1 auxquelles il s]ait indiffr5t2 et1 ce compte1 il n\s faudrait un juge qui n'exi/e pas4 ,en somme1 on ne peut ri5 jug] df9itivem5t des *oses p> les app>5ces que n\s en donn5t les s5s4--,p\r jug] des app>5ces que n\s recevons des *oses1 il n\s faudrait un in/rum5t vrificateur2 p\r contrl] cet in/rum5t1 il n\s faudrait des preuves1 et p\r vrifi] ces preuves1 un in/rum5t2 et n\s voil arrivs au b\t de nos inv5tions4--,puisque les s5s ne peuv5t tran*] le dbat1 tant eux-mmes ple9s d'inc]titude1 il faut que ce soit la raison2 mais aucune raison ne peut tre admise1 sans qu'une autre ne dmontre sa validit1 et n\s voil ram5s en arrire t\t jamais4 ,notre imag9ation ne s'ex]ce pas directem5t sur les *oses qui sont en dehors de n\s2 elle y e/ initie p> l'entremise des s5s2 les s5s eux-mmes ne s'occup5t pas de ce qui leur e/ trang]1 mais seulem5t de ce qui e/ l'objet de leurs propres impressions2 et comme l'imag9ation et l'app>5ce que n\s concevons des *oses ne vi5n5t pas d'elles1 mais des j\issances et des s\ffrances qu'en pr\v5t nos s5s et que j\issances et s\ffrances sont v>iables1 il en rsulte que celui qui juge p> les app>5ces1 juge p> autre *ose que p> l'objet lui-mme4--,dira-t-on que les impressions des s5s rapport5t l'me une image exacte de ce que sont les objets trang]s8 comm5t l'me et l'ent5dem5t peuv5t-ils s'assur] de l'exactitude de la ressemblance1 n'ayant pas t eux-mmes en rapport avec les objets8 c'e/ comme qui ne connat pas ,socrate et voit son portrait1 il ne peut dire qu'il lui ressemble4--,celui qui cep5dant v\drait jug] sur les app>5ces1 ne p\rrait le faire d'aprs t\tes2 cela lui e/ impossible1 c> elles se neutralis5t mutuellem5t p> les contradictions et les diffr5ces qu'elles prs5t5t1 a9si que n\s le montre l'expri5ce4 ,ce ne s]a donc que d'aprs quelques-unes dont il aura fait *oix1 que son jugem5t p\rra s'ex]c]2 mais qu& il en aura *oisi une1 il faudra qu'il en *oisisse une autre p\r vrifi] la premire2 puis une troisime p\r contrl] la seconde et a9si de suite1 ce qui n'aura jamais de f94 ,en somme1 n\s-mmes et t\t ce qui exi/e n'avons pas d'tat df9i2 n\s1 notre jugem5t et t\tes *oses ici-bas1 allons1 suivant sans cesse le c\rant qui va n\s ram5ant con/amm5t au po9t de d"p2 si bi5 que ri5 de c]ta9 ne peut s'tablir entre n\s-mmes et ce qui e/ en dehors de n\s1 celui qui e/ juge1 comme ce qui e/ jug1 tant cont9uellem5t en trans=mation et en m\vem5t4 ,en outre1 ri5 *ez l'homme n'e/ l'tat /able2 con/amm5t en trans=mation1 il e/ insaisissable4--,n\s ne connaissons davantage ri5 de notre tre1 p>ce que t\t ce qui ti5t la nature huma9e e/ t\j\rs naissant ou m\rant1 tat int]mdiaire qui ne donne1 de ce que n\s sommes1 qu'une app>5ce mal df9ie et obscure1 une op9ion peu acc5tue et inc]ta9e2 et que si1 p> has>d1 v\s v\s atta*ez re*]*] ce que n\s sommes en ralit1 c'e/ ni plus ni mo9s comme si v\s v\liez empoign] de l'eau3 plus on s]re et presse ce qui e/ fluide1 plus on laisse *app] ce que l'on en ti5t et *]*e empoign]4 ,aussi de ce que t\te *ose e/ sujette trans=mation1 la raison1 en qute de ce qui subsi/e rellem5t1 e/ due1 p>ce qu'elle ne peut ri5 saisir qui ait corps et fixit1 p>ce que t\t1 ou nat l'exi/5ce et n'e/ pas compltem5t =m1 ou comm5ce m\rir avant que d'tre n4--,platon disait que les corps n'ont jamais d'exi/5ce1 qu'ils ne font que natre2 il e/imait qu',homre1 en faisant de l',ocan le pre des dieux et de ,?tis leur mre1 avait v\lu n\s montr] p> l que t\te *ose e/ sujette des vicissitudes1 des trans=mations et des v>iations p]ptuelles1 op9ion qui tait1 dit-il1 celle de t\s les philosophes qui l'avai5t prcd1 l'exception de ,p>mnide1 qui niait le m\vem5t des corps1 =ce dont au contraire ,platon faisait gr& cas4--,py?agore t5ait que t\te matire e/ mobile et sujette *ang]2 les ,/oci5s1 que le temps prs5t n'exi/e pas et que ce que n\s qualifions tel1 n'e/ que le po9t de jonction et d'assemblage du pass avec le futur4--,hraclite disait que jamais homme n'a pass deux fois une mme rivire2 pi*>me1 que celui qui1 jadis a emprunt de l'arg5t1 n'en e/ pas ma9t5ant le dbiteur2 et que celui qui1 cette nuit1 a t convi dn] p\r ce mat9 et qui s'y prs5te1 vi5t sans tre invit1 att5du que ce ne sont plus eux1 ils sont dev5us autres2 que t\te sub/ance mortelle ne se retr\ve jamais deux fois dans le mme tat1 p>ce que1 p> des *angem5ts brusques et insaisissables1 tantt elle s'vapore1 tantt elle se cond5se2 elle vi5t1 puis s'en va2 de faon que ce qui comm5ce natre1 n'arrive jamais dev5ir un tre p>fait2 on peut mme dire que sa naissance ne s'a*ve pas et ne s'arrte jamais comme arrive t]me2 ds sa conception1 elle va t\j\rs se trans=mant et passant d'un tat un autre4 ,le g]me huma9 p> exemple devi5t t\t d'abord1 dans le v5tre de la mre1 un fruit in=me1 puis un enfant nettem5t =m2 ensuite1 lorsqu'il voit le j\r1 un enfant la mamelle1 qui aprs devi5t g>on1 puis successivem5t un adolesc5t1 un homme fait1 un homme d'ge et f9alem5t un vieill>d dcrpit1 de telle sorte que l'ge et la gnration qui suit vont t\j\rs dfaisant et gtant la gnration qui prcde3 ,le temps *ange la face entire du monde2 un ordre de *oses en succde ncessairem5t un autre2 ri5 n'e/ /able1 t\t se trans=me et la nature e/ en cont9uelle mtamorphose 7,lucrce74--,et n\s1 sots que n\s sommes1 n\s r$\tons une =me p>ticulire de la mort1 alors que dj n\s en avons subi et en subissons tant d'autres2 c>1 a9si que le fait ressortir ,hraclite1 non seulem5t la mort du feu eng5dre l'air1 la mort de l'air eng5dre l'eau1 mais comme n\s p\vons le voir d'une faon encore plus manife/e p> ce qui se passe en n\s1 la fleur de l'ge passe et meurt qu& survi5t la vieillesse1 la jeunesse se t]m9e qu& l'homme arrive la fleur de l'ge1 l'enfance qu& comm5ce la jeunesse1 et le premi] ge qu& vi5t l'enfance4 ,auj\rd'hui m>que la mort d'hi]1 dema9 s]a celle d'auj\rd'hui1 ri5 ne demeure immuable4 ,admettons1 en effet1 que n\s le soyons et demeurions t\j\rs tels que n\s sommes3 comm5t se p\rrait-il que n\s n\s rj\issions tantt d'une *ose un mom5t1 tantt d'une autre un autre in/ant8 comm5t expliqu] que n\s aimions des *oses contraires les unes aux autres ou que n\s les hassions1 que n\s les l\ions ou que n\s les blmions8 ,si n\s pr\vons des s5tim5ts diffr5ts p\r une mme *ose1 c'e/ que notre p5se son sujet s'e/ modifie1 c> il n'e/ pas vraisemblable que sans qu'il se soit opr de *angem5ts en n\s1 nos s5tim5ts ai5t v>i2 ce que le *angem5t affecte1 n'e/ plus id5tiquem5t le mme qu'avant2 n'tant plus id5tiquem5t le mme1 il n'e/ donc plus4 ,cessant d'tre id5tique soi-mme1 on cesse purem5t et simplem5t d'exi/] puisqu'on devi5t un autre2 p> suite les s5s se tromp5t et m5t5t sur la nature des *oses1 qu& ils pr5n5t ce qui app>at p\r ce qui e/ faute de bi5 savoir ce qui e/4 ,d'o n\s arrivons conclure qu'il n'y a ri5 de rel1 ri5 de c]ta91 ri5 qui exi/e que ,dieu4--,qu'y a-t-il donc qui soit vraim5t tel qu'on le voit8 ,cela seul qui e/ t]nel1 c'e/--dire qui jamais n'a eu de comm5cem5t et qui jamais n'aura de f92 qui jamais ne *ange s\s l'effet du temps1 c> le temps e/ *ose mobile qui n\s app>at comme une ombre1 entranant avec lui la matire qui va c\lant comme un fluide1 jamais /able1 t\j\rs en trans=mation2 lui s'appliqu5t bi5 ces mots3 ,devant et aprs1 a t ou s]a1 qui p> leur assemblage mme montr5t jusqu' l'vid5ce qu'il ne s'agit pas d'une *ose qui e/1 c> ce s]ait une gr&e sottise et une erreur indniable de dire que cela e/1 d'une *ose qui n'e/ pas encore ou qui a dj cess d'tre4 ,l'ide que n\s n\s faisons du temps se traduit p> ces mots3 ,prs5t1 ,in/ant1 ,ma9t5ant1 qui sembl5t en tre la base2 mais que la raison s'y arrte1 et sur-le-*amp cet assemblage s'cr\le2 ds le premi] in/ant elle le rompt1 le rp>tit en pass et futur et1 en dehors de ces deux subdivisions1 se refuse admettre t\te autre rp>tition4 ,il en e/ de mme de la nature qui se mesure1 comme le temps lui-mme qui lui s]t de mesure3 il n'y a non plus en elle ri5 qui demeure1 ni qui subsi/e2 t\t ce dont elle se compose ou a t1 ou e/ en tra9 de natre1 ou e/ m\rant4 ,c'e/ p\rquoi ce s]ait p* de dire de ,dieu que seul il e/1 a t1 ou s]a1 p>ce que ce sont l des t]mes qui impliqu5t des *angem5ts1 des trans=mations1 des vicissitudes qui sont le propre de ce qui ne peut dur] et dont l'exi/5ce n'e/ pas cont9ue2 d'o il faut conclure que ,dieu seul e/1 non suivant une mesure quelconque du temps1 mais selon l't]nit immuable et fixe1 qui n'e/ pas fonction du temps et n'e/ sujette aucune v>iation2 ri5 ne l'a prcd1 ri5 ne le suivra et ri5 n'e/ ni plus n\veau1 ni plus rc5t2 il e/ rellem5t1 ma9t5ant et t\j\rs qui p\r lui ne font con/amm5t qu'un2 ri51 si ce n'e/ lui1 lui seul1 n'exi/e vritablem5t1 sans qu'on en puisse dire3 ,il a t ou il s]a1 n'ayant pas eu de comm5cem5t et ne devant pas avoir de f94 ,l'homme n'e/ ri51 ne peut ri5 p> lui-mme2 seule la foi *rti5ne lui p]met de s'lev] au-dessus de sa misrable condition4--,a cette conclusion si religieuse d'un homme qui tait paen1 je n'aj\t]ai1 p\r clore ce long et ennuyeux entreti5 dont le sujet e/ 9puisable1 que ce mot d'un autre philosophe paen lui aussi1 et qui e/ dans les mmes ides3 ,oh1 dit-il1 quelle vile et abjecte *ose que l'homme1 s'il ne s'lve au-dessus de l'humanit6 ,c'e/ l une rflexion inspire p> un bon s5tim5t et le dsir d'tre utile1 autant qu'une ide absurde4 ,il e/ en effet impossible et contre nature1 de faire une poigne plus gr&e que le po+1 une brasse plus gr&e que le bras1 une enjambe plus considrable que la longueur de nos jambes2 il ne peut davantage se faire que l'homme s'lve au-dessus de lui-mme et de l'humanit1 c> il ne peut voir qu'avec ses yeux et saisir qu'avec les moy5s qui lui sont propres4 ,il s'lv]a si ,dieu1 p> extraord9aire1 y prte la ma92 il s'lv]a s\s condition qu'il ab&onne ses propres moy5s d'action1 qu'il y r5once et se laisse hauss] et s\lev] exclusivem5t p> les moy5s qui lui vi5n5t du ciel4 ,c'e/ notre foi *rti5ne1 et non la v]tu /oque des philosophes1 qui peut prt5dre opr] cette div9e et miraculeuse mtamorphose4 ,,*apitre ,,xiii4 ,du jugem5t port] sur la mort d'autrui4 ,peu d'hommes tmoign5t leur mort d'une relle f]met d'me4--,qu& n\s jugeons de la f]met dont quelqu'un a fait preuve au mom5t de la mort1 qui e/ assurm5t l'affaire capitale de la vie huma9e1 il faut t5ir compte que r>em5t on se croit arriv ce po9t4 ,peu de g5s meur5t conva9cus qu'ils sont leur heure d]nire1 et il n'y a ri5 o l'esprance trompeuse n\s illusionne davantage4 ,elle ne cesse de n\s corn] aux oreilles3 ,d'autres ont bi5 t plus malades1 sans en m\rir2--,l'affaire n'e/ pas si dsespre qu'on le p5se2--,au pis all]1 ,dieu a fait bi5 d'autres miracles4 ,il en rsulte que n\s faisons trop de cas de n\s-mmes2 il semble que t\t s\ffre1 de quelque faon1 de notre anantissem5t et compatit notre tat1 d'autant que notre vue altre n\s fait voir les *oses autrem5t qu'elles ne sont2 il n\s semble que ce sont elles qui se drob5t nos yeux1 qu& ce sont eux qui sont en dfaut1 a9si qu'il arrive ceux qui voyag5t sur m]1 p\r lesquels les montagnes1 la campagne1 les villes1 le ciel1 la t]re se meuv5t en mme temps qu'eux et avec la mme vitesse3 ,n\s sortons du port1 la t]re et la m] sembl5t s'loign] 7,virgile74--,qui a jamais vu la vieillesse ne pas l\] le temps pass et ne pas critiqu] le prs5t1 imputant au monde et aux murs du mom5t sa misre et son *agr98 ,sec\ant sa tte *auve1 le vieux lab\reur s\pire2 il comp>e le prs5t avec le pass1 vante le bonheur de son pre et p>le sans cesse de la pit des anci5s temps 7,lucrce74 ,n\s sommes ports d'ord9aire croire la nature entire intresse notre cons]vation4--,n\s rapportons t\t n\s1 ce qui fait que n\s faisons de notre mort une *ose d'importance1 qui ne saurait pass] inap]ue et sans que les a/res1 sol5nellem5t consults1 ne se prononc5t3 ,que de dieux en m\vem5t p\r la vie d'un seul homme 7,snque76 et n\s le p5sons d'autant plus1 que n\s n\s e/imons davantage3 ,comm5t tant de sci5ce se p]drait1 et le dommage si considrable qui en rsult]ait ne s]ait pas l'objet d'une proccupation p>ticulire du de/96 ,la disp>ition d'une me aussi r>e1 aussi exemplaire ne cote-t-elle donc pas plus que celle du premi] v5u qui e/ sans utilit6 ,cette vie qui en s\ti5t tant d'autres1 dont tant d'autres dp5d5t1 laquelle tant de monde a intrt1 qui occupe tant de *>ges1 e/-il possible qu'elle soit c>te comme une autre qui ne ti5t p\r a9si dire ri56--,nul de n\s ne songe assez qu'il n'e/ qu'une unit2 de l ces p>oles de ,cs>1 plus gonfles p> la vanit que n'tait grosse la m] qui le m5aait1 adresses au patron de la b>que qui le portait3 ,a dfaut du ciel qui te refuse de te conduire aux rivages de l',italie1 vogues-y s\s mes auspices2 si tu z peur1 c'e/ que tu ignores qui tu portes2 =t de mon appui1 affronte sans cra9te la tempte 7,luca974 ,celles-ci driv5t de cette mme ide3 ,cs> juge enf9 le pril hauteur de son c\rage3 ,quoi1 dit-il1 les dieux ont beso9 d'un si gr& ef=t p\r me p]dre8 ils assaill5t de t\te la fureur de la m] le frle esquif sur lequel je suis assis 7,luca976 ,de mme cette folie d'un peuple v\lant que durant une anne entire le soleil porte le deuil de sa mort3 ,lui aussi1 sa mort1 prit "p au malheur de ,rome et se c\vrit d'un voile de deuil 7,virgile72 et mille autres semblables dont le monde se laisse si aism5t leurr]1 croyant que nos intrts peuv5t faire que le ciel en soit tr\bl et que lui1 qui e/ inf9i1 se proccupe de nos mo9dres actions3 ,l'alliance entre le ciel et n\s n'e/ pas telle1 qu' notre mort les a/res doiv5t s'te9dre 7,pl9e74 ,p\r bi5 jug] du c\rage de qui s'e/ donn la mort1 il faut exam9] les circon/ances dans lesquelles il se tr\vait4--,ce n'e/ po9t tre dans le vrai que de jug] de la rsolution et de la f]met de quelqu'un1 qu& il n'a pas la c]titude d'tre en dang] de mort1 alors mme qu'il s'y tr\ve1 il n'y a pas lui t5ir compte de son attitude1 si elle n'tait en prvision mme de l'vnem5t4 ,la plup>t rgl5t leur cont5ance et leurs propos p\r se faire une rputation dont ils ont encore l'esprance de j\ir de leur vivant4 ,combi5 en ai-je vu m\rir1 dont l'attitude n'a pu tre prp>e et a t uniquem5t l'effet du has>d2 p>mi ceux mmes qui1 dans l'antiquit1 se sont donn la mort1 il y a encore di/+u] si elle a t s\da9e1 ou si elle e/ v5ue p\r a9si dire pas compts4--,ce cruel emp]eur roma9 qui disait1 en p>lant de ses victimes1 qu'il v\lait leur faire s5tir la mort2 et1 de l'une d'elles qui s'tait dtruite dans sa prison3 ,celui-l m'a *app1 v\lait prolong] leur mort en la leur faisant s5tir p> les t\rm5ts qu'il leur faisait endur]3 ,n\s l'avons vu vivant dans un corps t\t meurtri1 dont on prolongeait l'agonie p> un raff9em5t de cruaut 7,luca974--,en vrit1 ce n'e/ pas une si grosse affaire que de se rs\dre se donn] la mort1 qu& on se porte bi5 et qu'on n'a ri5 r$\t]2 il e/ bi5 ais de faire le fanf>on avant le mom5t fatal1 tellem5t qu',hliogabale1 l'homme le plus effm9 qui ait jamais t1 avait1 au c\rs de ses plus molles volupts1 projet de se donn] la mort1 si l'occasion l'y obligeait1 dans des conditions p>ticulirem5t fa/ueuses3 p\r que cette mort ne dm5tit pas le re/e de sa vie1 il avait fait con/ruire dans ce b1 p\r se prcipit] du sommet1 une t\r somptueuse1 dont le bas et le devant tai5t plaqus de plan*es incru/es d'or et de pi]r]ies2 il avait aussi fait confectionn] des lacets tisss d'or et de soie cramoisie p\r s'trangl]1 =g] une pe en or p\r se transp]c]1 et cons]vait du poison dans des vases en m]aude et en topaze p\r s'empoisonn]1 suivant que l'envie lui pr5drait d'avoir rec\rs1 p\r se tu]1 l'un de ces moy5s3 ,c\rageux p> ncessit 7,luca974 ,en dpit de ces dispositions1 p\r celui-ci en p>ticuli]1 la mollesse de tels apprts r5d vraisemblable que mis en demeure de s'excut]1 il et recul4 ,mais1 p>mi ceux-l mmes qui1 plus c\rageux1 ont ralis leur rsolution1 il y a exam9]1 dis-je1 si elle l'a t p> un c\p tel qu'ils se sont p>gn d'en s5tir l'effet1 ou s'il e/ prsum] qu'ils se soi5t mnag la possibilit de s5tir la vie les ab&onn] peu peu1 cette s5sation envahissant la fois le corps et l'me1 se donnant de la sorte le temps de rev5ir sur leur dt]m9ation et tmoignant1 en y p]svrant1 de leur f]met et de leur ob/9ation dans le desse9 si dsespr qu'ils avai5t conu4 ,exemples de faiblesse *ez des g5s qui avai5t rsolu de se donn] la mort4--,p5dant les gu]res civiles de ,cs>1 ,lucius ,domitius fait prisonni] dans les ,abruzzes1 s'tant empoisonn1 le regretta ensuite4--,il e/ arriv de notre temps que tel1 rsolu m\rir et qui1 du premi] c\p1 ne s'tait pas frapp assez violemm5t1 s'y e/ repris et s'e/ bless n\veau trs grivem5t deux ou trois fois1 sans p>v5ir1 en raison des rvoltes de la *air qui ret5ai5t son bras1 pr5dre sur lui de se donn] un c\p pntrant assez pr(ondm5t4--,p5dant qu'on in/ruisait le procs de ,plautius ,sylvanus1 ,urgulania1 sa gr&'mre1 lui fit pass] un poign>d avec lequel il ne p>v9t pas se tu]1 et f9alem5t il se fit ouvrir les ve9es p> ses s]viteurs4--,albucilla1 du temps de ,tibre1 v\lant se donn] la mort1 s'tant frappe avec trop peu de vigueur1 donna ses ennemis le temps de l'arrt] et de la faire m\rir leur guise4--,c'e/ encore ce qui arriva au gnral ,dmo/hne1 aprs sa dfaite en ,sicile4--,c4 ,fimbria1 s'tant manqu p> son dfaut d'n]gie1 dem&a son valet de l'a*ev]4--,p> contre1 ,o/orius1 ne p\vant se s]vir de son bras1 ddaigna de dem&] son s]viteur autre *ose que de ma9t5ir droit et f]me le poign>d1 sur lequel de lui-mme il se jetait1 se transp]ant la gorge4 ,une mort prompte et inatt5due e/ la plus dsirable4--,c'e/ la vrit un morceau qui e/ aval] sans m*]1 p\r qui n'a pas le gosi] f]r glace2 c'e/ p\rquoi l'emp]eur ,adri5 se fit indiqu] et m>qu] d'un c]cle p> son mdec91 sur la poitr9e1 la place o1 p\r lui donn] le c\p mortel1 devait frapp] celui auquel il donn]ait *>ge de le tu]4 ,c'e/ aussi ce qui fit que ,cs>1 auquel on dem&ait quel tait1 son avis1 la mort la plus dsirable1 rpondit3 ,la mo9s prvue et la plus prompte4 ,si ,cs> a os le dire1 ce n'e/ pas une l*et de ma "p que de le croire4 ,une mort c\rte1 dit ,pl9e1 e/ le s\v]a9 bonheur de la vie huma9e2 il dplat cep5dant c]ta9s de le reconnatre4--,nul ne peut se dire rsolu la mort1 qui r$\te de l'envisag] et ne peut la voir v5ir les yeux ouv]ts4 ,les condamns que l'on voit c\rir au supplice p\r ht] et press] leur excution1 ne le font pas p> esprit de rsolution1 mais p>ce qu'ils veul5t abrg] le temps durant lequel ils sont face face avec elle3 tre mort ne les effraie pas2 ce qu'ils r$\t5t1 c'e/ le passage de la vie la mort3 ,je ne veux pas m\rir1 mais il m'e/ indiffr5t d'tre mort 7,cicron74 ,c'e/ l un degr de f]met auquel1 d'aprs l'expri5ce que j'en ai faite1 je puis atte9dre l'exemple de ceux qui1 les yeux f]ms1 se jett5t au milieu des dang]s ou dans la m]4 ,noble con/ance de ,socrate dans l'att5te de la mort4--,il n'y a ri51 suivant moi1 de plus beau dans la vie de ,socrate1 que d'tre demeur p5dant tr5te j\rs enti]s s\s le c\p du dcret qui le condamnait mort et de l'avoir1 p5dant t\t ce temps1 envisage t\t loisir1 sans motion1 sans m>qu] dans sa manire d'tre aucune altration1 agissant1 causant d'une faon plutt calme et ins5sible1 qu'affect et surexcit p> l'effet de cette p5se bi5 faite p\r accabl]4 ,exemples de f]met et de p]si/ance de la "p de c]ta9s qui se sont donn volontairem5t la mort4--,ce ,pomponius ,atticus1 auquel ,cicron crivait les lettres qui n\s re/5t de lui1 se tr\vant malade1 m&a ,agrippa son g5dre et deux ou trois de ses amis et leur dit que1 n'arrivant ri5 en *]*ant se gurir1 t\s les traitem5ts qu'il suivait p\r prolong] sa vie1 prolongeant aussi et accroissant ses s\ffrances1 il tait rsolu mettre f9 l'une et aux autres et qu'il les priait d'appr\v] le p>ti qu'il pr5ait1 ou t\t au mo9s de ne pas se mettre en pe9e de l'en dt\rn]4 ,or1 ayant *oisi1 p\r mettre f9 ses j\rs1 de se laiss] m\rir de faim1 son ab/95ce1 p> l'effet du has>d1 c\pa c\rt la maladie3 le remde qu'il employait p\r se dfaire de la vie le ram5a la sant4 ,ses mdec9s et ses amis1 se flicitant de cet heureux rsultat1 s'en rj\iss5t avec lui2 mais leur att5te e/ bi5 trompe1 c> ils ne p>vi5n5t pas lui faire modifi] sa rsolution3 ,puisqu'il lui fallait1 leur dit-il1 fran*ir un j\r ce pas1 il ne v\lait pas1 au po9t o il en tait dj arriv1 avoir la pe9e de recomm5c] une autre fois4 ,il avait t\t loisir mdit sur la mort1 et non seulem5t ne r5onait pas se la donn]1 mais s'y op9itrait et1 satisfait de ce qu'il avait comm5c1 affectait p> c\rage d'all] jusqu'au b\t4 ,tt] la mort1 la sav\r]1 c'e/ beauc\p plus que de ne pas la cra9dre4 ,l'hi/oire du philosophe ,clan! ressemble =t la prcd5te3 ,il avait les g5cives enfles et gangr5es2 les mdec9s lui conseillr5t le jene le plus absolu4 ,l'ayant obs]v deux j\rs durant1 il s'en tr\ve si bi51 qu'ils le dcl>5t guri et lui p]mett5t de repr5dre son tra9 de vie habituel4 ,mais lui1 tr\vant dj une c]ta9e d\ceur l'tat de faiblesse auquel il tait arriv1 se rs\t ne pas rev5ir en arrire2 et1 p]svrant au contraire dans la voie o il tait dj si avanc1 il a*ve de se laiss] m\rir de faim4 ,un jeune ,roma91 ,tullius ,m>cell9us1 v\lant devanc] l'heure de sa de/9e1 p\r se dfaire d'une maladie qui le faisait s\ffrir plus qu'il ne v\lait le support] et dont les mdec9s lui assurai5t la gurison c]ta9e1 mais non immdiate1 convoqua ses amis p\r en dlibr]4 ,les uns1 rapporte ,snque1 lui donnai5t le conseil que1 p> l*et1 ils euss5t suivi eux-mmes2 d'autres1 p> flatt]ie1 celui qu'ils croyai5t devoir lui tre le plus agrable2 lorsque l'un d'eux1 app>t5ant l'cole des ,/oci5s1 lui dit3 ,ne t'en mets pas en pe9e1 ,m>cell9us1 comme s'il s'agissait d'une affaire d'importance2 ce n'e/ pas gr&'*ose que de vivre2 tes valets et les btes viv5t2 ce qui importe1 c'e/ de m\rir honorablem5t1 sagem5t et avec c\rage4 ,songe combi5 il y a de temps que tu fais t\j\rs la mme *ose3 mang]1 boire et dormir2 boire1 dormir et mang]2 n\s ne cessons de t\rn] dans ce c]cle4 ,non seulem5t des accid5ts pnibles et insupportables1 mais la satit mme de vivre1 n\s port5t dsir] la mort4 ,m>cell9us avait beso9 de quelqu'un1 non p\r en recevoir des conseils1 mais p\r le s\t5ir dans l'accomplissem5t de son desse91 et il v5ait de le tr\v]4 ,ses s]viteurs craignai5t de s'en ml]2 notre philosophe leur fit compr5dre que les dome/iques ne sont compromis que dans le cas o il y a d\te que la mort du matre soit volontaire1 et que ce s]ait de leur "p une aussi mauvaise action de l'emp*] de se tu] que de le tu]1 d'autant que sauv] un homme malgr lui1 c'e/ comme si on le tuait 7,horace74 ,il avisa ensuite ,m>cell9us que1 de mme qu'aprs un repas1 on en di/ribue la dess]te ceux qui l'ont s]vi1 il s]ait conv5able que1 sa vie f9ie1 il laisst quelque *ose ceux qui1 dans le c\rs de son exi/5ce1 lui avai5t prt leur conc\rs4 ,celui ci1 libral autant que fran*em5t c\rageux1 fit rp>tir une somme d'arg5t entre ses s]viteurs et les consola du *agr9 qu'ils manife/ai5t4 ,p\r pass] de vie trpas1 il n'eut rec\rs ni au f]1 ni l'effusion du sang1 rsolu qu'il tait se retir] de cette vie et non s'en vad]2 non d'*app] la mort1 mais se mesur] avec elle4 ,p\r se donn] loisir de la dfi]1 r5onant t\te n\rriture1 le troisime j\r il se fit mettre dans un ba9 tide1 et s'affaiblissant de plus en plus1 il passa ins5siblem5t de vie trpas1 non sans pr\v]1 disait-il1 une sorte de volupt4 ,ceux qui1 p> suite de faiblesse1 tomb5t en syncope1 affirm5t en effet ne ress5tir aucune d\leur et mme pr\v] un c]ta9 bi5-tre1 comme lorsqu'ils s'endorm5t et s'ab&onn5t au repos4--,voil c]tes des morts prmdites et patiemm5t endures4 ,c\rage de ,caton aidant la mort accomplir son uvre4--,caton semble avoir t de/9 tre1 en t\tes *oses1 un modle de v]tu4 ,sa bonne =tune p]mit1 lorsqu'il se porta le c\p mortel1 qu'ayant mal la ma91 il ne fit que se bless]1 ce qui lui donna possibilit de lutt] avec la mort p\r arriv] l'tre9dre2 les circon/ances1 bi5 faites p\r faire faiblir son c\rage1 ne fir5t que le gr&ir4 ,s'il m'et app>t5u de le reprs5t] dans l'attitude que je considre comme lui faisant le plus honneur1 c'et t t\t ensanglant1 s'arra*ant les entrailles1 et non l'pe la ma91 comme l'ont fait les sculpteurs de son temps2 ce second acte de sa mort rvle sans contr$it un c\rage bi5 plus viol5t que le premi]4 ,,*apitre ,,xiv4 ,comm5t notre esprit se cre lui-mme des difficults4 ,notre *oix entre deux *oses de mme valeur e/ dt]m9 p> si peu1 qu'on e/ en droit d'en conclure que t\t ici-bas e/ d\te et inc]titude4--,c'e/ une plaisante ide que de concevoir l'esprit en susp5s entre deux *oses dont1 exactem5t et au mme degr1 il s\haite la ralisation2 il e/ indubitable que1 dans de telles conditions1 il ne se dcid]a jamais1 puisque s'il incl9ait v]s l'une d'elles et la *oisissait1 cela impliqu]ait une 9galit dans le prix qu'il y atta*e4 ,si1 avec un gal beso9 de boire et de mang]1 n\s tions placs entre une b\teille et un jambon1 n\s n'aurions vraisemblablem5t d'autre ress\rce que de m\rir de soif et de faim4--,p\r p>] cette difficult1 qu& on leur dem&e ce qui1 en notre me1 dt]m9e son *oix entre deux *oses indiffr5tes et fait que1 dans un gros sac d'cus1 n\s pr5ons l'un plutt que l'autre1 alors 99 qu'tant t\s p>eils1 n\s n'avons pas de raison qui motive une prfr5ce1 les ,/oci5s rpond5t que c'e/ l'effet d'un m\vem5t inconsci5t de l'me qui ne peut s'expliqu]1 produit en n\s p> une impulsion trangre1 accid5telle et t\te =tuite4--,on p\rrait plutt dire1 ce me semble1 que ri5 ne se prs5te n\s sans quelque diffr5ce1 si lgre qu'elle soit2 et que1 soit la vue1 soit au t\*]1 il y a t\j\rs quelque *ose qui n\s t5te1 n\s attire et dt]m9e notre *oix1 bi5 que n\s ne n\s en r5dions pas compte4 ,supposons1 p> exemple1 qu'une ficelle soit galem5t rsi/ante sur t\te sa longueur1 il dev9t impossible qu'elle se rompe2 c> en lequel de ses po9ts v\lez-v\s qu'elle cde2 et d'autre "p1 il n'e/ pas possible que t\s cd5t la fois8--,si cela on jo9t ces propositions de la gomtrie1 p> lesquelles on arrive pr\v] p> d'irrfutables dmon/rations que le cont5u e/ plus gr& que le cont5ant1 le c5tre d'une circonfr5ce aussi gr& que la circonfr5ce elle-mme1 que deux lignes se rappro*ant sans cesse l'une de l'autre n'arriv5t jamais se jo9dre1 et aussi ces problmes de la pi]re philosophale1 de la quadrature du c]cle1 t\tes que/ions o la raison et ce qui e/ sont en opposition absolue1 on y tr\v]a peut-tre quelque argum5t l'appui de cette ass]tion si h>die de ,pl9e3 ,il n'y a ri5 de c]ta9 que l'inc]titude1 ni ri5 de plus misrable et de plus fi] que l'homme4 ,,*apitre ,,xv4 ,notre dsir s'accrot p> la difficult qu'il r5contre se satisfaire4 ,la difficult de les obt5ir et la cra9te de les p]dre1 e/ ce qui donne le plus de prix nos j\issances4--,il n'y a pas de raison laquelle on ne puisse object] une raison contraire1 dis5t les plus raisonnables d'entre les philosophes4 ,il n'y a pas longtemps1 me rev5ait l'esprit cette belle s5t5ce1 prononce p> un p]sonnage de l'antiquit1 l'appui du mpris que n\s devons faire de la vie3 ,nul bi5 ne peut n\s procur] du plaisir1 si ce n'e/ celui la p]te duquel n\s sommes prp>s4 ,le *agr9 d'avoir p]du une *ose et la cra9te de la p]dre1 n\s affect5t galem5t 7,snque74 ,il v\lait dire p> l que la j\issance de la vie ne peut n\s (frir un rel attrait si n\s avons cra9te de la p]dre4 ,cela p\rrait encore s'ent5dre1 au contraire1 que n\s n\s atta*ons ce bi5 et l'embrassons d'autant plus troitem5t et avec plus de dsir de le cons]v]1 que n\s voyons sa cons]vation n\s tre mo9s assure et que n\s craignons davantage qu'il ne n\s soit t2 c> on s5t et cela e/ absolum5t indiscutable que1 comme le feu se ravive p> le froid1 notre volont s'aiguise aussi p> la contradiction3 ,si ,dana n'avait pas t enf]me dans une t\r d'aira91 jamais elle n'et donn un fils ,jupit] 7,ovide74 ,ri5 n'e/1 p> nature1 si contraire nos dsirs que la satit qui rsulte de la facilit2 et ri5 ne les excite autant que la r>et et la difficult3 ,en t\tes *oses1 le plaisir crot en raison du pril qui devrait n\s en loign] 7,snque74 ,rep\sse-moi1 ,galla1 l'am\r se rassasie bi5tt si ses joies ne sont assaisonnes d'un peu de t\rm5t 7,m>tial74 ,a ,lacdmone1 ,lycurgue1 p\r t5ir l'am\r en hale9e1 ordonna que les g5s m>is ne p\rrai5t se pratiqu] qu' la drobe et que les r5contr] c\*s ensemble s]ait p\r eux une honte aussi gr&e que d'tre vus c\*ant avec d'autres4 ,la difficult des r5dez-v\s1 le dang] des surprises1 la honte qui s'ensuit le l5dema91 et aussi la langueur1 le sil5ce1 les s\pirs tirs du fond du cur 7,horace71 voil ce qui donne du piquant la sauce4 ,quels plaisirs lascifs au plus haut po9t naiss5t de conv]sations en langage honnte et ret5u sur les uvres de l'am\r8 ,la volupt elle-mme re*]*e des excitants dans la d\leur2 elle e/ bi5 plus suave lorsqu'elle e/ cuisante1 qu'elle cor*e4 ,la c\rtisane ,flora disait n'avoir jamais c\* avec ,pompe1 qu'elle ne lui et fait port] les m>ques de ses morsures4 ,ils press5t troitem5t l'objet de leurs dsirs2 d'une d5t cruelle1 ils imprim5t sur ses lvres des bais]s d\l\reux2 un secret aiguillon les excite contre celui-l mme qui allume la fureur de leurs transports 7,lucrce74 ,t\t ce qui e/ trang] a plus d'attrait p\r n\s2 df5dre une *ose1 c'e/ la faire dsir]4--,il en e/ a9si de t\t2 la difficult donne du prix aux *oses4 ,les habitants de la ,m>*e d',ancne port5t plus volonti]s leurs vux ,sa9t-,jacques de ,compo/elle1 et ceux de la ,galice ,notre-,dame de ,lorette2 on fait ,lige gr& cas des ba9s de ,lucques et1 en ,toscane1 de ceux de ,spa2 on ne voit gure de ,roma9s frqu5t] l'cole d'escrime de ,rome1 qui e/ ple9e de ,franais4 ,le gr& ,caton1 t\t comme cela n\s arrive1 se lassa de sa femme1 tant qu'elle fut lui1 et se reprit la dsir] qu& elle fut un autre4 ,j'ai r5voy au h>as un vieux *eval dont on ne p\vait v5ir b\t qu& il s5tait les jum5ts3 la facilit de se donn] c>rire avec les si5nes l'en a aussitt rassasi2 mais avec les autres1 c'e/ comme avant1 et la premire qui passe prs de son enclos1 ramne ses h5nissem5ts cont9us et ses surexcitations furieuses4 ,notre apptit mprise ce qui e/ sa disposition2 il ne s'y arrte pas et p\rsuit ce qu'il n'a pas3 ,il ddaigne ce qu'il a s\s la ma9 et c\rt aprs ce qui le fuit 7,horace74 ,n\s df5dre quelque *ose1 c'e/ n\s en donn] envie3 ,si tu ne surveilles pas ta matresse1 elle cess]a bi5tt d'tre moi 7,ovide72 n\s l'ab&onn] compltem5t1 c'e/ n\s port] en faire fi4 ,la privation et l'abondance ont le mme inconvni5t3 ,tu te pla9s de ton sup]flu et moi du mangue du ncessaire 7,tr5ce74 ,le dsir et la j\issance n\s font galem5t s\ffrir4 ,la rigueur de nos matresses n\s donne de l'ennui2 mais1 vrai dire1 l'aisance et la facilit avec lesquelles elles se livr5t n\s1 n\s en caus5t encore plus1 d'autant que le mcont5tem5t et la colre naiss5t du prix que n\s atta*ons ce que n\s dsirons1 excit5t notre am\r1 le r*auff5t1 t&is que la satit eng5dre le dgt2 ce n'e/ plus qu'une passion m\sse1 hbte1 lasse et endormie3 ,si tu veux rgn] longtemps sur ton amant1 ddaigne ses prires 7,ovide72 ,faites les ddaigneux1 celle qui v\s a refus hi]1 vi5dra s'(frir v\s auj\rd'hui 7,prop]ce74 ,les femmes ne se voil5t et n'affect5t de la pudeur1 que p\r se faire dsir]4--,p\rquoi ,poppe imag9a-t-elle de t5ir c\v]tes d'un masque les beauts de son visage1 s9on p\r leur donn] plus de prix aux yeux de ses amants8 ,p\rquoi les femmes drob5t-elles la vue1 avec ces voiles desc5dant jusqu'au-dess\s des talons1 ces appts que 99 *acune v\drait montr]1 que *acun dsire voir8 ,p\rquoi entass5t-elles les unes sur les autres tant de *oses qui df5d5t les appro*es de ces p>ties de leur corps sur lesquelles se port5t notre dsir et le leur8 ,a quoi s]v5t ces normes ba/ions dont les ntres vi5n5t d'arm] leurs han*es1 s9on leurr] notre apptit en n\s attirant v]s elles1 t\t en n\s en t5ant c>ts8 ,elle c\rt se ca*] d]rire les saules1 mais aup>avant elle a fait en sorte d'tre ap]ue 7,virgile72 ,p>fois elle a oppos sa robe mes impati5ts dsirs 7,prop]ce74--,a quoi s]t cet art qui met en jeu l'air pudibond de la vi]ge1 une froideur calcule1 une cont5ance svre1 ce semblant d'ignorance de *oses qu'elles sav5t mieux que n\s qui les en in/ruisons1 si ce n'e/ accrotre le dsir que n\s avons de va9cre1 /imul] et press] notre apptit p> t\tes ces crmonies et ces ob/acles8 ,c> non seulem5t il y a du plaisir1 mais encore de la gloire affol] et dbau*] ces discrtes rsi/ances1 ces pudeurs enfant9es et mettre la m]ci de notre ardeur une gravit froide et digne2 il e/ glorieux de triomph] de leur mode/ie1 de leur *a/et et de leur temprance2 et celui qui dconseille aux femmes l'emploi de ces artifices1 les trahit et lui-mme avec elles4--,il faut que n\s croyions que leur cur frmit d'effroi1 que le son de nos voix leur murmurant des propos d'am\r1 blesse la puret de leurs oreilles1 qu'elles n\s en veul5t et ne cd5t nos importunits que contra9tes et =ces4 ,la beaut1 si puissante qu'elle soit1 ne suffit pas se faire sav\r] sans ces vellxs de rsi/ance4 ,voyez en ,italie1 o il y en a v5dre plus que p>t\t ailleurs et de la plus attrayante1 comme il lui faut avoir rec\rs des moy5s factices et appel] l'art son aide p\r se r5dre agrable2 s9on1 quoique vnale et publique1 sa re*]*e demeure faible et languissante4 ,il se produit ici ce qui arrive aussi la v]tu3 deux voies y conduis5t1 l'une facile1 l'autre seme d'ob/acles et n'atteignant pas t\j\rs le b2 c'e/ cep5dant celle-ci que1 dans les deux cas1 n\s e/imons la plus belle et la plus digne4 ,c'e/ p\r rveill] notre zle religieux que ,dieu p]met les tr\bles qui agit5t l'glise4--,c'e/ un effet de la div9e ,provid5ce de p]mettre que sa sa9te glise soit1 comme n\s le voyons1 en proie tant de tr\bles et d'orages4 ,cela fait que1 p> contra/e1 les mes pieuses s'veill5t et sort5t de l'oisivet et du sommeil o les avait plonges une si longue tranquillit4 ,si n\s comp>ons les p]tes rsultant du nombre de ceux qui se sont dvoys1 au ga9 produit de ce fait que n\s n\s sommes retremps1 que notre zle et nos =ces se sont ravivs l'occasion de cette lutte1 je ne sais si le bnfice n'excde pas le dommage4 ,n\s avons p5s ress]r] les li5s du m>iage1 en tant t\t moy5 de le rompre2 mais il en e/ rsult que ceux crs p> la volont et l'affection se sont dn\s et rel*s1 en mme temps que s'e/ davantage rtrci le nud de la contra9te4 ,c'e/ l'oppos de ce qui s'e/ pass ,rome1 o la lib]t que *acun avait de le diss\dre1 p> cela seul qu'il en avait la volont1 fit qu'il demeura si longtemps en honneur et sans qu'il y ft port atte9te4 ,on s'appliquait d'autant plus g>d] sa femme qu'on p\vait la p]dre2 et alors que le divorce tait la porte de t\s1 il se passa c9q c5ts ans et plus1 sans que p]sonne en ut4 ,ce qui e/ p]mis n'a plus de *>me2 ce qui e/ df5du irrite les dsirs 7,ovide74 ,la svrit des supplices1 lo9 d'emp*] les crimes1 en augm5te le nombre4--,ce propos m'amne cit] cette op9ion mise p> un auteur anci53 ,les supplices excit5t au vice plutt qu'ils ne le refrn5t2 ils ne font pas qu'on s'applique bi5 faire1 cela e/ l'uvre de la raison et du mode d'ducation2 on veille seulem5t avec plus de so9 n'tre po9t surpris faisant le mal4 ,le mal qu'on croyait extirp1 gagne et s't5d plus lo9 7,rutilius74 ,j'ignore si cette ass]tion e/ exacte1 mais ce que je sais p> expri5ce1 c'e/ que jamais les supplices n'ont *ang l'tat moral d'un peuple2 c'e/ de moy5s autres que dp5d5t l'ordre et la rgul>it dans les murs4 ,les hi/ori5s grecs font m5tion des ,argippes1 tribu vois9e de la ,scy?ie1 qui vivai5t sans avoir beso9 de v]ges ni de bton p\r le ma9ti5 de l'ordre2 non seulem5t p]sonne n'entrepr5ait d'all] les attaqu]1 mais quiconque p\vait se rfugi] *ez eux1 y tr\vait asile cause de leur v]tu et de la sa9tet de leur vie1 et nul n'et os port] la ma9 sur lui4 ,les peuplades environnantes rec\rai5t eux p\r tran*] leurs diffr5ds4--,ils cit5t galem5t une nation o les cltures des j>d9s et des *amps qu'on veut dlimit]1 se m>qu5t avec un simple filet de coton qui1 malgr sa fragilit1 y con/itue une b>rire bi5 plus respecte et plus effective que nos fosss et nos haies3 ,les s]rures attir5t les voleurs3 celui qui vole avec effraction1 n'entre pas dans les maisons ouv]tes 7,snque74 ,montaigne1 au milieu des gu]res civiles1 a g>anti sa maison de t\te invasion en la laissant ouv]te et sans df5se4--,peut-tre la facilit d'y pntr] e/-elle1 entre autres *oses1 une des causes qui ont prs]v ma maison des viol5ces de la gu]re civile4 ,se df5dre fait song] attaqu]2 la dfiance provoque l'(f5se4 ,j'ai dt\rn les g5s de gu]re de l'ide de v5ir *ez moi1 en leur enlevant t\te *ance c\rir et t\t sujet d'acqurir de la gloire1 ce qui d'habitude1 leurs yeux1 ju/ifie et excuse t\s les excs4 ,ce qui dem&e du c\rage tant t\j\rs t5u p\r honorable dans les temps o la ju/ice n'exi/e plus1 j'ai fait en sorte que l'envahissem5t de ma maison soit un acte de l*et et de trahison4 ,elle n'e/ f]me p\r p]sonne qui vi5t y frapp]2 il n'y a p\r t\te mesure de prcaution qu'un porti]1 dress aux usages et crmonies des temps passs et qui ne s]t pas tant df5dre la porte qu' r5dre l'accueil plus dc5t et plus av5ant2 je n'ai d'autre g>de et s5t9elle que les a/res4 ,un g5tilhomme a tort de sembl] v\loir tre en mesure de faire rsi/ance1 si elle n'e/ 99 p>faitem5t organise4 ,qui e/ accessible d'un ct1 l'e/ de t\tes p>ts2 nos pres n'eur5t jamais l'ide de con/ruire des places frontires4 ,les moy5s de se r5dre matre de nos maisons1 mme sans arme1 ni canon1 devi5n5t de j\r en j\r plus puissants et hors de proportion avec les progrs des moy5s de df5se2 c'e/ surt\t l'ide d'envahir qui hante les esprits1 elle intresse t\t le monde2 la df5se y oppos] n'intresse que les ri*es4--,ma maison prs5te assez de rsi/ance p\r l'poque laquelle elle a t con/ruite2 je n'y ai ri5 aj\t s\s ce rapport et cra9drais1 si je la =tifiais davantage1 que cela ne t\rne contre moi2 sans compt] que lorsque les temps r$evi5dront tranquilles1 n\s s]ons contra9ts de les dmantel]4 ,dans de semblables demeures1 il e/ dang]eux de ne p\voir s'y ma9t5ir1 et on n'e/ pas sr de le p\voir p>ce que1 dans les gu]res inte/9es1 votre valet peut tre du p>ti oppos au vtre2 et1 lorsque c'e/ la religion qui en e/ le prtexte1 les p>5ts eux-mmes1 et non sans que cela ne p>aisse ju/ifi1 devi5n5t suspects4 ,le trsor public ne peut entret5ir des g>nisons *ez *acun1 il n'y suffirait pas2 n\s ne p\vons le faire sans n\s ru9]1 ou ru9] le peuple1 ce qui1 plus d'inconvni5ts1 jo9t d'tre plus inju/e encore4 ,que sans me df5dre1 je sois envahi1 je ne m'en tr\v]ai gure plus mal4 ,si au contraire v\s v\s df5dez1 v\s v\s p]dez2 vos amis eux-mmes1 au lieu de v\s pla9dre1 s'amus5t critiqu] votre nglig5ce p\rvoir votre sret1 et l'ignorance ou la non*alance que v\s apportez ce qui e/ du ressort de votre pr(ession4 ,de ce que tant de maisons1 dont la rsi/ance tait prp>e1 ont t p]dues alors que la mi5ne e/ encore deb\t1 je suis port croire que ce sont les vellxs de rsi/ance mmes qui ont caus leur p]te2 elles ont donn l'ide de les attaqu] et ju/ifi l'assaillant ses propres yeux2 t\t prp>atif de df5se m>que qu'on e/ dispos combattre4 ,on peut se jet] *ez moi si telle e/ la volont de ,dieu2 mais1 quoi qu'il arrive1 je n'y appell]ai p]sonne2 ce m'e/ un lieu de retraite o je me repose des gu]res2 c'e/ un co9 que j'essaie de s\/raire la tempte qui rgne p>t\t1 comme je fais en mon me d'un autre petit co94 ,la gu]re qui n\s dsole peut *ang] de =me1 s't5dre1 de n\veaux p>tis se con/itu]1 p\r moi1 je ne b\ge pas4 ,de tant de maisons =tifies1 moi seul1 que je sa*e1 de ma condition 99 en ,france1 m'en suis remis simplem5t au ciel du so9 de protg] la mi5ne1 et n'en ai jamais t p\r les mettre en lieu sr1 ni arg5t]ie1 ni titres1 ni tapiss]ies1 ne v\lant ni cra9dre1 ni me sauv] demi4 ,si une entire confiance dans la ,provid5ce me vaut la faveur div9e1 elle se cont9u]a jusqu' la f92 s9on1 j'ai t prs]v p5dant assez de temps1 p\r que dj ce soit un fait digne de rem>que et not]1 c> voil bi5 tr5te ans que cela dure4 ,,*apitre ,,xvi4 ,de la gloire4 ,a ,dieu seul app>ti5n5t gloire et honneur2 l'homme manque de tant d'autres *oses autrem5t ncessaires1 qu'il e/ bi5 puril lui de re*]*] celle-ci4--,en t\t1 il y a le nom et la *ose4 ,le nom e/ un mot qui m>que et signifie la *ose2 il n'en fait pas p>tie et ne s'y incorpore pas1 c'e/ un accessoire qui lui e/ trang] et demeure en dehors d'elle4 ,dieu qui1 p> lui-mme1 a t\t et *ez lequel t\t atte9t le comble de la p]fection1 ne peut p]sonnellem5t gr&ir en puissance1 ni crotre en dignit2 mais son nom peut recevoir augm5tation et accroissem5t du fait des bndictions et des l\anges que n\s donnons celles de ses uvres qui se manife/5t n\s4 ,nos l\anges qui ne peuv5t le pntr] et dev5ir p>tie intgrante de lui-mme1 d'autant que nul bi5 de notre "p ne peut aj\t] ce qu'il e/1 n\s les attribuons son nom qui1 en dehors de lui1 e/ ce qui le t\*e de plus prs4--,a ,dieu seul app>ti5n5t gloire et honneur2 aussi ri5 n'e/ si draisonnable que de les rev5diqu] p\r n\s2 n\s sommes p> n\s-mmes si pauvres1 si ncessiteux1 n\s sommes d'ess5ce si imp>faite1 n\s avons tellem5t beso9 de travaill] cont9uellem5t n\s amlior]1 que ce doit tre de notre "p une att5tion con/ante4 ,absolum5t creux et vides1 ce n'e/ pas de v5t et de mots que n\s devons n\s remplir2 n\s avons beso9 p\r n\s =tifi] d'alim5ts plus sub/antiels et plus solides2 un homme affam s]ait bi5 simple s'il *]*ait se procur] un beau vtem5t plutt qu'un bon repas2 c'e/ t\j\rs au plus press qu'il faut c\rir3 ,gloire ,dieu dans les cieux et paix aux hommes sur la t]re 7vangile selon ,s4 ,luc71 comme n\s disons dans nos prires habituelles4 ,n\s avons pnurie de beaut1 de sant1 de sagesse1 de v]tu et autres qualits ess5tielles2 il n\s faut d'abord re*]*] ces *oses de premire ncessit1 avant de song] n\s procur] ce qui ne n\s p>e qu'extrieurem5t4--,mais ce sont l des que/ions que la ?ologie traite plus amplem5t et avec plus de compt5ce que moi qui n'y ent5ds gure4 ,plusieurs philosophes ont prn le mpris de la gloire2 elle n'e/ re*]*] que lorsque d'autres avantages plus rels l'accompagn5t4--,*rysippe et ,diogne ont t les premi]s et les plus f]mes affi*] le mpris de la gloire4 ,ils disai5t que1 de t\tes les volupts1 il n'y en a pas de plus dang]euse1 ni qui soit plus fuir que celle qui n\s vi5t de l'approbation d'autrui4 ,et1 en effet1 les cas abond5t o ses trahisons ont caus de gr&s dommages3 ri5 n'empoisonne tant les pr9ces que la flatt]ie1 il n'e/ ri5 p> quoi les m*ants en impos5t davantage leur ent\rage2 combl] les femmes de l\anges1 les leur rpt] sans cesse1 e/ le moy5 le plus propre et le plus ord9aire p\r triomph] de leur *a/et2 c'e/ le pr9cipal mode de sduction qu'emploi5t les ,sirnes p\r tromp] ,ulysse3 ,vi5s n\s1 vi5s1 ,ulysse1 toi si digne d'tre l\1 toi dont la ,grce s'honore le plus 7,homre74 ,ces philosophes disai5t que t\te la gloire du monde ne vaut pas qu'un homme1 qui a du jugem5t1 t5de seulem5t le petit doigt p\r l'acqurir3 ,qu'e/-ce que la gloire1 si gr&e qu'elle soit1 si elle n'e/ que de la gloire 7,juvnal78 ,je dis p\r l'acqurir elle t\te seule1 c> s\v5t elle entrane sa suite des avantages qui peuv5t la r5dre dsirable2 elle n\s vaut de la bi5veillance1 elle fait que n\s sommes mo9s exposs aux injures et aux (f5ses d'autrui et autres *oses semblables4 ,c'tait l un des pr9cipaux dogmes d'picure1 qui p\rtant son heure d]nire n'a pas t1 lui aussi1 sans se proccup] de sa rputation4--,c'tait aussi un des pr9cipaux dogmes d'picure1 ce prcepte de son cole3 ,ca*e ta vie1 qui df5d de s'emb>rass] des *>ges et de la ge/ion des affaires publiques2 il suppose ncessairem5t qu'au pralable on mprise la gloire qui e/ l'approbation que le monde donne celles de nos actions que n\s mettons en vid5ce4 ,n\s ordonn] de ca*] notre vie1 de ne n\s occup] que de n\s-mmes et ne pas v\loir que les autres soi5t initis ce que n\s faisons1 c'e/ v\loir encore mo9s qu'ils n\s honor5t et n\s glorifi5t4 ,aussi picure conseille-t-il ,idomne de ne pas rgl] ses actions sur l'op9ion ou la rputation qui peuv5t communm5t avoir c\rs1 mo9s que ce ne soit ncessaire p\r vit] les autres inconvni5ts qui p>fois rsult]ai5t p\r lui du mpris que les hommes p\rrai5t lui tmoign]4 ,ces recomm&ations sont1 mon avis1 p>faitem5t vraies et raisonnables2 mais n\s sommes1 je ne sais comm5t1 deux tres en un seul2 ce qui fait qu' une mme *ose n\s croyons et n\s ne croyons pas et que n\s ne p\vons n\s dfaire de ce que n\s condamnons4 ,reportons-n\s1 en effet1 aux d]nires p>oles d'picure1 prononces au mom5t de sa mort2 elles sont gr&es1 dignes d'un philosophe tel que lui2 elles port5t cep5dant trace du s\ci qu'il a de la rputation qui demeur]a atta*e son nom et de cette disposition d'esprit1 objet de ses critiques dans les prceptes qu'il a mis4 ,voici une lettre dicte p> lui1 peu avant son d]ni] s\pir3 picure ,h]ma*us1 salut4--,j'ai crit ceci1 ce j\r1 le d]ni] de ma vie1 j\r heureux bi5 que je s\ffre de la vessie et des inte/9s1 au po9t qu'on ne saurait s\ffrir davantage2 mais ma s\ffrance e/ comp5se p> le plaisir qu'apporte mon me le s\v5ir des ides que j'ai innoves et des plaidoy]s que j'ai produits leur sujet4 ,toi1 pr5ds s\s ta protection les enfants de ,mtrodore2 je compte1 cet g>d1 sur l'affection que1 ds ton enfance1 tu z eue p\r moi et p\r la philosophie4 ,voil sa lettre4 ,ce qui me donne croire que ce plaisir qu'il dit ress5tir1 en son me1 des ides qu'il a innoves1 s'applique quelque peu la rputation qu'il esprait en acqurir aprs sa mort1 ce sont ses dispositions te/am5taires1 p> lesquelles il veut qu' ,am9omaque et ,timocrate1 ses hriti]s1 f\rniss5t *aque anne1 au mois de janvi]1 p\r la clbration de l'anniv]saire de sa naissance1 la somme qu',h]ma*us leur fix]a2 et aussi1 celle ncessaire la dp5se p\r1 le v+time j\r de *aque lune1 trait] les philosophes1 ses amis p>ticuli]s1 qui se runirai5t en l'honneur de sa mmoire et de celle de ,mtrodore4 ,selon d'autres philosophes la gloire e/ dsirable p\r elle-mme2 erreur de ceux qui n'apprci5t dans la v]tu que la gloire qui l'accompagne4--,c>nade a t le *ef de ceux d'op9ion contraire4 ,il a pos que la gloire e/ dsirable p\r elle-mme1 t\t comme n\s portons affection ceux de nos enfants qui peuv5t natre aprs notre mort1 bi5 que n\s ne devions ni les connatre1 ni en j\ir4 ,cette op9ion a t naturellem5t la plus communm5t adopte1 comme il arrive p\r celles qui rpond5t davantage ce que n\s sommes encl9s prfr]4 ,ari/ote assigne la gloire le premi] rang p>mi les bi5s qui n\s vi5n5t en dehors de n\s1 et recomm&e d'vit] comme deux extrmes galem5t critiquables1 l'exagration la re*]*] et celle la fuir4--,je crois que1 si n\s avions ce que ,cicron a crit ce sujet1 n\s en v]rions de belles2 c> il fut possd de cette passion au po9t que s'il et os1 il aurait1 je crois1 volonti]s donn dans cet excs o d'autres sont tombs1 t5ant que la v]tu elle-mme n'e/ dsirable que p\r l'honneur que t\j\rs elle entrane sa suite3 ,la v]tu ca*e ne diffre gure de l'obscure oisivet 7,horace71 ce qui e/ une manire de voir tellem5t fausse1 que j'pr\ve du dpit qu'elle ait jamais pu entr] dans l'esprit d'un homme qui a eu l'honneur de compt] p>mi les philosophes4 ,s'il en tait a9si1 il ne faudrait jamais faire de belles actions que lorsqu'on e/ rem>qu4--,si cela tait vrai1 il ne faudrait donc tre v]tueux qu'en public2 et n\s n'aurions que faire de dirig] et de ma9t5ir dans la voie droite les m\vem5ts de notre me1 qui e/ le vritable sige de la v]tu1 qu& ces m\vem5ts ne doiv5t pas arriv] la connaissance d'autrui4 ,n'importe-t-il donc1 qu& n\s faisons le mal1 que de le faire avec adresse et de telle sorte qu'il soit ignor8--,si tu t'ap]ois1 dit ,c>nade1 qu'un s]p5t e/ ca* l o1 sans s'en ap]cevoir1 va s'asseoir quelqu'un de la mort duquel tu espres pr(it]1 ce s]ait une mauvaise action de ne pas l'av]tir1 surt\t si ce que tu fais ne doit tre connu que de toi4 ,si n\s ne puisons pas en n\s-mmes l'obligation de bi5 faire1 si l'impunit e/ rpute ju/ice1 combi5 de m*ancets1 *aque j\r1 ne n\s laiss]ons-n\s pas entran]8--,en r5dant fidlem5t ,c4 ,plotius les valeurs que celui-ci1 sans que p]sonne en et connaissance1 lui avait confies en dpt1 agissant en cela comme s\v5t je l'ai fait moi-mme1 ,sextus ,p$uceus n'a pas tant accompli une *ose que j'e/ime mritoire1 qu'il n'en et commis une que je tr\v]ais excrable1 s'il 99 et agi autrem5t4--,il e/ bon et utile de rappel]1 dans les temps o n\s vivons1 que ,cicron repro*ait ,p4 ,sextilius ,rufus d'avoir recueilli un hritage que sa consci5ce lui int]disait d'accept]1 non que ce ft contraire la loi1 mais bi5 qu'il et la lgalit p\r lui4 ,il ne se montre pas mo9s svre vis--vis de ,m4 ,crassus et de ,q4 ,hort5sius qui1 en raison de leur autorit et de l'influ5ce dont ils disposai5t1 avai5t t compris p\r de c]ta9es sommes dans une succession que1 p> un faux te/am5t1 un trang] avait capte et sur lequel il les avait inscrits p\r1 p> eux1 tre assur d'en arriv] ses f9s4 ,se cont5tant t\s deux de n'avoir pas p>ticip au faux qui avait t commis1 ils n'avai5t pas refus les bnfices qui en rsultai5t p\r eux1 s'e/imant suffisamm5t c\v]ts p>ce que1 du fait des lois1 ils tai5t l'abri des accusations et des tmoignages qui p\vai5t tre ports contre eux3 ,ils euss5t d se s\v5ir qu'ils avai5t ,dieu p\r tmo91 j'ent5ds p> l leur consci5ce 7,cicron74 ,la v]tu s]ait *ose bi5 frivole si elle tirait sa recomm&ation de la gloire4--,la v]tu e/ *ose bi5 va9e et bi5 frivole1 si c'e/ la gloire qu'elle dem&e sa rcomp5se2 il ne vaudrait pas la pe9e1 dans ce cas1 de lui attribu] un rang "p et de faire une di/9ction entre elle et la =tune1 c> qu'y a-t-il de plus =tuit que la rputation8 ,la =tune t5d sa dom9ation sur t\tes *oses2 elle lve les uns1 abaisse les autres1 mo9s selon leur mrite que selon son caprice 7,sallu/e74 ,faire que nos actions soi5t vues et connues1 c'e/ uniquem5t le fait de la =tune2 c'e/ le sort qui n\s dp>tit la gloire1 au gr de sa fantaisie4 ,je l'ai vue =t s\v5t devanc] le mrite1 et s\v5t aussi l'excd]1 p>fois de beauc\p4 ,celui qui le premi] eut l'ide de tr\v] une ressemblance entre l'ombre et la gloire1 russit au del de ce qu'il p5sait3 ce sont deux *oses va9es au plus haut po9t2 comme l'ombre1 la gloire n\s prcde p>fois1 et quelquefois dpasse considrablem5t notre taille en longueur4--,ceux qui enseign5t la noblesse ne re*]*] dans la vaillance que la gloire1 comme si une action n'tait v]tueuse que si elle devi5t clbre 7,cicron71 quoi arriv5t-ils1 s9on lui inculqu] de ne jamais s'expos] si on ne v\s voit et d'avoir bi5 so9 qu'il y ait des tmo9s mme de racont] vos pr\esses1 qu& v\s agissez l o il y a mille occasions de bi5 faire1 mais o1 faute de cette prcaution1 on n'aurait aucune *ance d'tre rem>qu4--,combi5 de belles actions s'accompliss5t dans le c\rs d'une bataille6 ,quiconque s'amuse obs]v] les autres dans une p>eille mle1 ne fait gure de besogne et produit contre lui-mme les tmoignages qu'il r5d sur la faon dont se comport5t ses compagnons d'armes3 ,une me vraim5t gr&e1 place l'honneur1 qui e/ le pr9cipal b de notre nature1 dans les actions v]tueuses et non dans la gloire 7,cicron74--,t\te celle laquelle j'aspire1 c'e/ d'avoir vcu tranquille1 non comme le compr5n5t ,mtrodore1 ,arcsilas ou ,ari/ippe1 mais ma manire4 ,puisque la philosophie a t impuissante tr\v] une voie qui mne au repos de l'me et qui convi5ne t\s1 que *acun1 de son ct1 *]*e y atte9dre4 ,c'e/ le has>d qui donne la gloire2 aussi1 que de belles actions sont demeures inconnues6--,a quoi ,cs> et ,alex&re doiv5t-ils leur imm5se r5omme1 s9on la =tune8 ,sur combi5 d'hommes a-t-elle fait le sil5ce1 lorsqu'ils comm5ai5t pr5dre leur essor2 combi51 dont n\s ignorons qu'ils ont exi/1 et qui1 cep5dant1 ont dploy le mme c\rage que ces deux hros1 mais que leur mauvais sort a arrts c\rt au db mme de leurs entreprises8 ,il ne me s\vi5t pas avoir lu qu'au trav]s des si nombreux et si gr&s dang]s qu'il a c\rus1 ,cs> ait jamais t bless1 et mille sont morts en affrontant des prils mo9dres que le mo9dre de ceux dans lesquels il s'e/ tr\v4--,p\r une belle action qui pr(ite son auteur1 une inf9it pass5t inap]ues1 p>ce que p]sonne ne se tr\ve l p\r en port] tmoignage2 on n'e/ pas t\j\rs sur le sommet d'une br*e ou la tte d'une arme1 en vue de son gnral1 comme si on tait sur une e/rade2 on peut tre surpris entre une haie et un foss2 selon les ncessits du mom5t1 tre oblig de s'escrim] contre un p\laill]1 de dlog] d'une grange quatre *tifs arquebusi]s2 p>fois1 tant dta* de sa tr\pe1 se tr\v] dans l'obligation d'agir isolm5t4 ,et mme1 p\r peu qu'on y prte att5tion1 on rem>qu]a1 je crois1 que1 de fait1 les oprations qui mett5t le mo9s en relief sont celles qui prs5t5t le plus de dang]2 et que1 dans les gu]res de notre poque1 il s'e/ p]du plus de braves dans des *auff\res de peu d'importance et se disput] la possession de quelque bicoque1 que dans des actions mmorables faisant honneur ceux qui y ont pris "p4 ,la v]tu e/ re*]*] p\r elle-mme1 indp5damm5t de l'approbation des hommes4--,celui qui ti5t sa mort p\r mal employe1 s'il ne succombe en se signalant1 au lieu de s'illu/r]1 t]nit de lui-mme sa vie1 lorsqu'il laisse *app] les occasions de c\rir la *ance p\r une cause ju/e1 c> ce qui e/ ju/e v\s vaut t\j\rs assez d'illu/ration1 le tmoignage de sa consci5ce tant p\r *acun une gloire suffisante3 ,notre gloire1 c'e/ le tmoignage de notre consci5ce 7sa9t ,paul74 ,celui qui n'e/ homme de bi5 que p>ce qu'on le saura et p>ce qu'on l'en e/im]a davantage qu& ce s]a su1 qui ne veut bi5 faire qu' condition que sa v]tu vi5ne la connaissance des hommes1 n'e/ pas quelqu'un dont on puisse obt5ir beauc\p de s]vice4 ,je crois que le re/e de cet hiv]1 ,rol& fit des *oses dignes de mmoire2 mais elles ont t si secrtes jusqu'ici1 que ce n'e/ pas ma faute si je ne les raconte pas1 c> ,rol& a t\j\rs t plus prompt faire de belles actions qu' les publi]1 et jamais ses exploits n'ont t divulgus que lorsqu'ils ont eu des tmo9s 7,ario/e74--,il faut all] la gu]re p> devoir et n'en att5dre que cette rcomp5se qui ne saurait faire dfaut t\te belle action1 si ca*e qu'elle soit1 qu'obti5n5t mme les p5ses v]tueuses et qui consi/e dans le cont5tem5t1 qu'une bonne consci5ce ress5t en elle-mme1 de bi5 faire4 ,il faut tre vaillant p\r soi-mme et p\r l'avantage qu'il y a tre d\ d'un c\rage reposant sur une base f]me et assure1 le mettant mme de dfi] les assauts de la =tune3 ,la v]tu vritable brille d'un clat sans mlange2 elle ignore les refus honteux1 elle ne pr5d ni ne quitte les faisceaux consulaires au gr d'un peuple volage 7,horace74--,ce n'e/ pas p\r faire talage que notre me doit remplir son rle2 c'e/ p\r n\s et en n\s1 o nul ne la voit que n\s4 ,l1 elle n\s c\vre contre la cra9te de la mort1 contre la d\leur et mme contre la honte2 elle n\s donne de la f]met si n\s v5ons p]dre nos enfants1 nos amis et nos bi5s2 et1 lorsque le cas se prs5te1 elle n\s fait affront] les has>ds de la gu]re3 ,non p\r quelque rcomp5se1 mais p\r la satisfaction atta*e la v]tu 7,cicron74 ,c'e/ l un pr(it autrem5t gr&1 autrem5t digne d'tre s\hait et espr que l'honneur et la gloire1 qui ne sont autre *ose qu'une apprciation favorable qu'on porte sur n\s4 ,le jugem5t des f\les e/ mprisable1 le sage ne doit pas atta*] de prix l'op9ion des f\s4--,p\r jug] du droit de proprit d'un arp5t de t]re1 il faut tri]1 dans une nation entire1 une d\za9e d'hommes2 t&is que p\r jug] nos int5tions et nos actions1 la *ose la plus difficile et la plus importante qui soit1 n\s n\s en remettons la voix publique1 la voix de la f\le si ignorante1 inju/e et incon/ante4 ,e/-il raisonnable de faire dp5dre des f\s le jugem5t port] sur la vie d'un sage8 ,quoi de plus ins5s que d'e/im]1 qu& ils sont runis1 des g5s que l'on mprise qu& *acun d'eux e/ considr "p 7,cicron74 ,quiconque vise plaire la multitude n'y p>vi5t jamais2 elle n'(fre qu'un b mal df9i et qui ne donne pas prise3 ,ri5 n'honore mo9s que les jugem5ts de la f\le 7,tite-,live74--,dmtrius1 p>lant de la voix du peuple1 disait en plaisantant qu'il ne se s\ciait pas plus de celle qui lui sortait p> en haut que de celle lui sortant p> en bas4 ,cicron en p>le plus mal encore3 ,je dis1 moi1 qu'une *ose1 lors mme qu'elle ne s]ait pas honteuse1 semble l'tre si elle e/ l\e p> la multitude4--,nul tal5t1 nulle s\plesse d'esprit ne p>vi5n5t dirig] nos pas la suite d'un guide aussi dvoy et aussi drgl3 au milieu de cette confusion tumultueuse et sans consi/ance de bruits1 de rapports1 d'op9ions manant des f\les qui n\s press5t de t\s cts1 aucune r\te ne peut tre trace que n\s puissions suivre4 ,ne n\s proposons donc pas un b si flottant et si indcis1 et m>*ons con/amm5t la suite de la raison4 ,que l'approbation publique n\s y suive si elle veut1 et1 comme elle dp5d uniquem5t du has>d1 n\s n'avons pas lieu d'espr] la voir v5ir n\s davantage p> une autre voie plutt que p> celle-ci4 ,qu& on ne suivrait pas la voie droite p>ce qu'elle e/ droite1 il faudrait encore la suivre p>ce qu'elle e/ d'ord9aire la plus avantageuse4--,si je ne suivais le droit *em9 en raison mme de sa droiture1 je le suivrais encore p>ce que j'ai con/at p> expri5ce qu'au b\t du compte1 c'e/ d'ord9aire celui qui n\s r5d le plus heureux et n\s e/ le plus utile3 ,c'e/ un bi5fait de la ,provid5ce1 que les *oses honntes soi5t aussi les plus pr(itables 7,qu9tili574 ,p5dant une viol5te tempte1 un nautoni] des temps anci5s p>lait a9si ,neptune3 ,o ,dieu1 tu me sauv]as1 si tu veux2 tu me p]dras1 si tu le prfres2 mais je ma9ti5drai droite1 qu& mme1 la b>re du g\v]nail4 ,j'ai vu1 en ces temps-ci1 mille p]sonnes s\ples1 ruses1 d\ble face1 qui passai5t inconte/ablem5t aux yeux de t\s p\r plus prud5tes que je ne le suis qu& il e/ "q des affaires de ce monde1 se p]dre dans des circon/ances o je me suis sauv3 ,j'ai ri de voir que la ruse p\vait *\] 7,ovide74--,paul mile1 p>tant p\r sa glorieuse expdition de ,macdo9e1 recomm&a p>-dessus t\t au peuple de ,rome de cont5ir1 p5dant son abs5ce1 sa langue sur ses oprations4 ,quel tr\ble en effet1 p\r les affaires importantes1 que la lic5ce avec laquelle on les juge1 sans compt] que t\t le monde n'a pas vis--vis des m\vem5ts populaires1 de l'opposition et des injures dont ils y sont l'objet1 la f]met de ,fabius1 qui prfra laiss] dmembr] son autorit au gr des fantaisies non motives du peuple1 que de ne pas satisfaire au mieux de ce qu'il e/imait tre du devoir de sa *>ge1 alors qu'il devait y gagn] en rputation et en mme temps se concili] la f\le4 ,on fait trop de cas de la l\ange et de la rputation2 notre juge le plus sr1 c'e/ n\s-mmes4--,il y a je ne sais quelle d\ceur naturelle s5tir qu'on v\s l\e2 mais n\s en faisons beauc\p trop de cas3 ,je ne hais pas la l\ange1 c> j'ai la fibre s5sible2 mais jamais des ,trs bi56 bravo6 ne me p>atront le t]me et le b que l'on doive propos] la v]tu 7,p]se74 ,je ne me s\cie pas tant de ce que je puis tre aux yeux des autres1 que de ce que je suis mes propres yeux2 je veux tre ri*e p> moi-mme et non p> le fait d'emprunts4 ,les trang]s ne voi5t1 en ce qui n\s t\*e1 que les *oses et app>5ces ext]nes1 mais *acun peut prs5t] bonne m9e l'extrieur et1 l'intrieur1 tre dvor p> la fivre et l'effroi2 notre cur ne se voit pas1 notre cont5ance seule s'ap]oit4--,on a raison de s'lev] contre l'hypocrisie qui se produit la gu]re1 c> ri5 n'e/ plus ais un homme qui a de l'expri5ce1 que de se drob] aux dang]s et de faire le matamore1 alors qu'il n'a que le cur d'un l*e4 ,il y a tant de moy5s d'vit] les occasions de s'expos] srieusem5t que n\s p\vons tromp] mille fois le monde1 avant de n\s tr\v] dans l'impossibilit d'esquiv] un mauvais pas2 et lors mme que n\s n\s y tr\v]ions emptrs1 n\s saurions bi51 p\r une fois1 faire contre =tune bon cur et1 bi5 qu'ayant la frayeur dans l'me1 montr] un visage et une p>ole assurs4 ,que de g5s qui possd]ai5t l'anneau de ,gygs cont p> ,platon1 r5dant invisible celui qui l'avait au doigt qu& il en t\rnait le *aton l'intrieur de la ma91 s'en s]virai5t p\r se ca*] c]ta9s mom5ts o il importe le plus de se montr]1 regrettant de se tr\v]1 p> la situation si honorable qu'ils occup5t1 dans l'obligation d'avoir une cont5ance f]me et assure3 ,qui peut tre s5sible de fausses l\anges ou r$\te la calomnie1 si ce n'e/ un malhonnte homme ou un m5teur 7,horace78 ,voil p\rquoi t\s les jugem5ts reposant sur des app>5ces extrieures sont m9emm5t inc]ta9s et d\teux1 et que p]sonne n'a de tmo9 plus fidle de lui-mme que soi-mme4 ,quant ce qui se passe la gu]re1 combi5 avons-n\s de g5s de ri5 qui sont les compagnons de notre gloire2 celui qui demeure bravem5t dc\v]t dans une tran*e1 que fait-il autre que ne font1 en avant de lui1 c9quante pauvres pionni]s qui vont lui ouvrant le passage et le c\vrant de leur corps1 p\r une solde de c9q s\s p> j\r8 ,lorsque la tumultueuse ,rome dprcie quelque *ose1 tu n'accdes pas son jugem5t et n'entrepr5ds pas de r$ress] sa balance2 ne *]*e donc pas ce que tu es1 en dehors de toi-mme 7,p]se74 ,c]ta9s vont jusqu' v\loir que leurs noms soi5t connus t\t prix1 mme p> des crimes4--,n\s appelons illu/r] notre nom1 le rp&re et faire qu'il soit dans de nombreuses b\*es2 n\s n\s ef=ons d'arriv] ce qu'il soit pris en considration et que le lu/re qu'il acqui]t n\s vaille pr(it3 c'e/ du re/e la meilleure excuse que n\s puissions donn] de cette manire de faire4 ,mais c'e/ l une maladie qui n\s emporte si lo91 que c]ta9s *]*5t faire p>l] d'eux1 de n'importe quelle faon4 ,trogue ,pompe et ,tite-,live dis5t1 le premi] d'ro/rate1 le second de ,manlius ,capitol9us1 qu'ils t5ai5t davantage une gr&e qu' une bonne rputation4 ,c'e/ l un mal frqu5t2 n\s n\s appliquons plus faire qu'on p>le de n\s1 qu' n\s proccup] des t]mes en lesquels on en p>l]a2 il n\s suffit que notre nom c\re de b\*e en b\*e1 quelles que soi5t les conditions dans lesquelles il circule2 il semble qu'tre connu1 ce soit en quelque sorte s'en remettre autrui du so9 de sa vie et de la faire dur]4 ,qu'e/-ce p\rtant que la gloire atta*e un nom8 n'e/-il pas des noms communs plusieurs familles1 tmo9 celui de ,montaigne8--,p\r moi1 je ti5s que je ne suis qu'en moi-mme2 et cette autre vie1 faite de ce que mes amis sav5t de moi1 la considr] telle qu'elle e/1 dp\ille de t\t artifice1 je sais trs bi5 que ce que j'en retire et la j\issance qu'elle me procure ne sont que vanit produite p> un pur effet d'imag9ation4 ,qu& je s]ai mort1 je ress5tirai cet effet beauc\p mo9s encore2 alors je p]drai d'une faon absolue l'usage de *oses1 celles-ci vraim5t utiles1 qu'accid5tellem5t p>fois n\s lui devons4 ,je n'aurai plus prise sur la rputation qui ne p\rra plus s'ex]c] sur moi1 non plus qu'arriv] jusqu' moi4 ,je ne puis en effet compt] qu'elle s'atta*e mon nom1 d'abord p>ce que je ne suis pas le seul le port]3 sur deux que j'ai1 l'un m'e/ commun avec t\s les membres de ma race et avec d'autres familles encore2 il y en a une ,p>is et ,montpelli] qui se nomme ,montaigne1 une autre en ,bretagne et en ,sa9tonge qui a nom de la ,montaigne4 ,cette int]position d'une seule syllabe n'e/ pas suffisante p\r emp*] que nos faits et ge/es1 aux uns et aux autres1 se confond5t1 au po9t que je ne p>ticipe leur gloire et que peut-tre mon indignit ne rejaillisse sur eux2 et cela1 bi5 que les mi5s ai5t t autrefois surnomms ,eyquem1 surnom qui s'applique galem5t une famille connue d',anglet]re4 ,quant mon autre nom1 c'e/ un prnom qui app>ti5t quiconque a envie de le port]1 et l'honneur dont je p\rrais le rehauss]1 au lieu de me rev5ir1 peut =t bi5 all] un portefaix4 ,puis1 lors mme que je devi5drais un p]sonnage de m>que1 que signifi]a cette m>que qu& je ne s]ai plus8 peut-elle dsign] quelque *ose qui n'e/ pas et lui donn] de l'clat8 ,que la po/rit me l\e1 la pi]re qui rec\vrira mes ossem5ts en s]a-t-elle plus lgre8 mes mnes1 mon tombeau1 mes c5dres =tunes vont-elles p\r cela se c\ronn] de fleurs 7,p]se78 mais c'e/ l un sujet que j'ai dj trait ailleurs4 ,peu d'hommes1 sur un trs gr& nombre1 j\iss5t de la gloire laquelle ils p\rrai5t prt5dre4--,dans le c\rs d'une bataille o dix mille hommes sont tus ou blesss1 il n'y en a pas qu9ze dont on p>le4 ,il faut que la =tune n\s gratifie d'un bi5 brillant fait d'armes ou qui ait une importance capitale1 p\r mettre en relief une action p>ticulire qui soit le fait non d'un simple arquebusi]1 mais mme d'un capita9e2 c> bi5 que tu] un homme1 en tu] deux ou dix1 affront] c\rageusem5t la mort1 soi5t rellem5t quelque *ose p\r n'importe qui d'entre n\s p>ce que n\s y allons de notre t\t1 p\r le monde c'e/ *ose qui n'a ri5 d'extraord9aire2 et il s'en voit tant *aque j\r1 il en faut tant de p>eilles p\r produire un rsultat s5sible1 que n\s ne p\vons espr] que cela attire sur n\s l'att5tion d'une faon p>ticulire3 ,c'e/ un accid5t ord9aire1 arriv beauc\p d'autres1 qui r5tre dans les innombrables *ances de la =tune 7,juvnal74 ,de tant de milli]s de vaillants soldats qui sont morts en ,france depuis qu9ze c5ts ans les armes la ma91 il n'y en a pas c5t dont la mmoire soit p>v5ue jusqu' n\s2 le s\v5ir non seulem5t des *efs1 mais celui mme des batailles et des victoires s'e/ te9t2 les vnem5ts saillants de plus de la moiti du monde1 faute de ne pas avoir t consigns1 n'ont pas t connus en dehors du lieu o ils se sont passs et sont immdiatem5t tombs dans l'oubli4 ,si j'avais en ma possession le rcit des faits demeurs inconnus1 j'y tr\v]ais1 je crois1 nombre d'exemples en t\s g5res qui supplant]ai5t trs aism5t ceux que n\s f\rniss5t les faits que n\s connaissons2 ce qui le pr\ve1 c'e/ que des ,grecs1 et mme des ,roma9s1 si ri*es en exploits des plus nobles1 des plus r>es1 et qui ont eu tant de tmo9s p\r les atte/]1 tant d'criva9s p\r les transmettre la po/rit1 combi5 peu sont arrivs jusqu' n\s6 ,a pe9e si un v5t lg] n\s en a port la r5omme 7,virgile74 ,ce s]a beauc\p si1 dans c5t ans1 on se s\vi5t vaguem5t que1 de notre temps1 il y a eu des gu]res civiles en ,france4--,les ,lacdmoni5s1 entrant en gu]re1 sacrifiai5t aux ,muses1 af9 que leurs hauts faits fuss5t bi5 et dignem5t rapports1 e/imant que c'e/ p> faveur div9e1 qui n'e/ pas communm5t accorde1 que les belles actions tr\v5t des tmo9s qui sa*5t les reproduire et en cons]v] le s\v5ir4 ,a quel degr ne faut-il pas atte9dre p\r que notre mmoire se p]ptue6 dans de telles conditions1 e/-ce la pe9e de sacrifi] la gloire8--,supposons que *aque fois que n\s sommes exposs au feu des arquebuses1 ou que n\s c\rons un dang]1 un greffi] se tr\ve l po9t p\r en pr5dre note2 c5t autres greffi]s en outre le reproduirai5t-ils1 qu'on en p>l]ait p5dant trois j\rs pe9e et p]sonne aprs ne s'en occup]ait plus4 ,n\s ne possdons pas la millime p>tie des crits anci5s2 c'e/ la =tune qui1 suivant son caprice1 leur donne une dure ou plus c\rte ou plus longue2 et il n\s e/ loisible1 le re/e ne n\s tant pas connu1 de p5s] que ce que n\s en avons1 n'e/ pas ce qu'il y a de mo9s de bon4--,on ne fait pas des hi/oires de *oses de si peu3 il faut p\r en tre l'objet avoir conquis des empires ou des royaumes1 avoir gagn c9quante-deux batailles ranges1 bi5 qu'tant con/amm5t infrieur en nombre1 comme fit ,cs>4 ,dans ces div]ses affaires1 il a p]du dix mille braves compagnons et plusieurs gr&s capita9es morts vaillamm5t et c\rageusem5t2 leurs noms n'ont dur qu'autant qu'ont vcu leurs femmes et leurs enfants1 ensevelis dans la gloire d'un mom5t 7,virgile74--,de ceux mmes des belles actions desquels n\s sommes tmo9s1 le s\v5ir demeure trois mois1 trois ans2 puis1 on n'en p>le pas plus que s'ils n'avai5t jamais exi/4 ,quiconque considr]a quel degr de gloire ont atte9t les g5s et les faits p\r que la mmoire s'en p]ptue dans les livres1 e/im]a qu'en t\te ju/ice et t\te proportion g>de1 il se tr\ve en notre sicle bi5 peu d'actes et bi5 peu de p]sonnes qui ai5t le droit d'y prt5dre4 ,combi5 avons-n\s connu d'hommes v]tueux survivre leur propre rputation et qui ont eu la d\leur de voir1 de leur vivant1 s'te9dre l'honneur et la gloire qu'ils avai5t trs ju/em5t acquis dans leur jeunesse8 ,et p\r trois ans de cette vie fictive et imag9aire n\s irions compromettre notre vie relle1 la seule qui n\s importe1 et n\s expos] une mort p]ptuelle8 ,sur ce po9t de si haute importance1 les sages se propos5t une f9 et plus belle et plus ju/e3 ,la rcomp5se d'une bonne action e/ de l'avoir faite2 le fruit d'un s]vice que n\s r5dons1 c'e/ ce s]vice mme 7,snque74--,il peut tre =t excusable p\r un pe9tre ou t\t autre arti/e1 ou encore p\r un rhtorici5 ou un grammairi5 de travaill] p\r se faire un nom p> ses uvres2 mais les actes que la v]tu n\s inspire sont trop nobles p> eux-mmes1 p\r en re*]*] la rcomp5se en dehors1 p\r la *]*] notamm5t dans la vanit des jugem5ts huma9s4 ,on peut cep5dant dire en sa faveur qu'elle e/ un /imulant qui porte quelquefois la v]tu4--,si cep5dant cette ide fausse contribue *ez le peuple ma9t5ir les hommes dans le devoir et les dispose la v]tu1 si les pr9ces sont t\*s de voir bnir la mmoire de ,trajan et excr] celle de ,nron1 s'ils sont mus en voyant le nom de ce gr& malfaiteur1 qui inspirait autrefois tant de t]reur et tait si r$\t1 tre auj\rd'hui maudit et insult en t\te lib]t p> le premi] coli] auquel la p5se en vi5t1 laissons-la crotre autant qu'elle v\dra et entret5ons-la du mieux que n\s p\rrons4 ,platon1 auquel t\t tait bon p\r am5] ses concitoy5s la v]tu1 leur conseille1 entre autres *oses1 de ne pas mpris] 99 la considration et l'e/ime des peuples1 et dit que1 p> une sorte d'inspiration div9e1 les m*ants eux-mmes sav5t s\v5t1 tant dans leurs propos que dans leurs jugem5ts1 trs ju/em5t di/+u] les bons des mauvais4 ,ce philosophe et ,socrate son matre s'ent5d5t admirablem5t et n'hsit5t pas faire int]v5ir l'action et les rvlations div9es1 *aque fois que la =ce huma9e e/ impuissante1 l'exemple des potes tragiques qui ont rec\rs un dieu1 lorsqu'ils ne sav5t comm5t tr\v] le dn\em5t de leur pice 7,cicron72 99 c'e/ peut-tre p\r cela que ,timon1 l'invectivant1 l'appelait gr& fabricant de miracles4 ,un semblable mobile quivaut l'emploi de fausse monnaie qu& la bonne ne suffit pas2 cela a t le cas de t\s les lgislateurs4--,puisque les hommes sont incapables de se pay] compltem5t en bonne monnaie1 employons-y aussi de la fausse4 ,t\s les lgislateurs ont agi a9si2 et il n'e/ pas de lgislation o on ne retr\ve quelque mlange soit de crmonies futiles1 soit de lg5des m5songres qui s]v5t t5ir le peuple en bride p\r qu'il ne se dt\rne pas du devoir4 ,c'e/ p\r cela que la plup>t d'entre elles ont des orig9es et des comm5cem5ts fabuleux1 enri*is de my/res surnaturels1 ce qui a mis en crdit ces religions nes de l'erreur et les a fait accept] p> les g5s s5ss4 ,c'e/ p\r cette cause1 p\r am5] plus srem5t les hommes croire davantage en eux1 que ,numa et ,s]torius les n\rrissai5t de ces sottises3 l'un1 que la nymphe grie1 l'autre1 que sa bi*e blan*e1 leur apportai5t de la "p des dieux les conseils qu'ils en recevai5t4 ,la mme autorit que ,numa donna ses lois p> cette int]v5tion div9e1 ,zoroa/re1 le lgislateur de la ,bactriane et de la ,p]se1 la communiqua aux si5nes en se s]vant du nom du dieu ,oromazis2 ,trismgi/e1 p> ,m]cure1 en usa de mme l'g>d des gypti5s2 ,zamolxis se s]vit de ,ve/a vis--vis des ,scy!s2 ,*>ondas1 de ,saturne l'g>d des peuples de la ,*alcdo9e2 ,m9os1 de ,jupit] auprs des ,c&iotes2 ,lycurgue1 d',apollon auprs des ,lacdmoni5s2 ,dracon et ,solon1 de ,m9]ve auprs des ,a?ni5s2 t\te lgislation a un dieu sa tte2 *ez t\tes ce sont de faux dieux1 seule celle que ,mose donna au peuple de ,jude sa sortie d'gypte mane du vrai ,dieu4 ,la religion des ,bd\9s1 dit le ,sire de ,jo9ville1 portait1 entre autres *oses1 que l'me de celui d'entre eux qui m\rait p\r son pr9ce1 passait dans un autre corps plus heureux1 plus beau1 plus =t que le premi]1 ce qui les am5ait expos] beauc\p plus volonti]s leur vie3 ,ils bravai5t le f]1 embrassai5t la mort1 reg>dant comme une l*et de mnag] une vie qui devait r5atre 7,luca974 ,c'e/ l une trs salutaire croyance1 t\te fausse qu'elle e/2 *aque nation en a un c]ta9 nombre semblables2 mais ce sujet vaudrait d'tre trait "p4 ,quant aux femmes1 elles ont tort d'appel] honneur ce qui e/ leur devoir2 celles qui ne sont ret5ues que p> la cra9te de p]dre leur honneur1 sont bi5 prs de cd]4--,un mot encore sur ce qui fait l'objet de cet entreti54 ,je ne conseille pas davantage aux dames d'appel] honneur ce qui e/ leur devoir1 t\t comme dans le langage ord9aire on n'appelle honntet que ce qui e/ glorieux dans l'op9ion du peuple 7,cicron74 ,leur devoir c'e/ le fruit1 l'honneur n'e/ que l'enveloppe2 et elles se font tort elles-mmes en invoquant cette excuse p\r ju/ifi] leur refus de se donn]1 p>ce que leur int5tion1 leur dsir1 leur volont1 qui sont *oses o l'honneur n'a ri5 voir1 d'autant que ri5 ne s'en manife/e au dehors1 sont encore plus considr] que l'acte lui-mme3 ,celle-l succombe1 qui refuse p>ce qu'il ne lui e/ pas p]mis de succomb] 7,ovide74 ,l'(f5se env]s ,dieu et env]s la consci5ce e/ aussi gr&e1 qu'elle rsulte du dsir ou du fait accompli4 ,de plus1 ces actes ayant ess5tiellem5t lieu en les ca*ant au vu et au su de t\s1 il leur s]ait bi5 facile de les drob] la connaissance d'autrui1 d'o l'honneur dp5d1 si seul il les ret5ait dans le devoir1 et si elles ne pratiquai5t pas la *a/et p\r elle-mme4 ,t\te p]sonne d'honneur prfre p]dre l'honneur1 plutt que d'agir contre sa consci5ce4 ,,*apitre ,,xvii4 ,de la prsomption4 ,la prsomption n\s fait concevoir une trop haute ide de notre mrite2 mais p\r fuir ce dfaut il ne faut pas tomb] dans l'excs contraire et s'apprci] mo9s qu'on ne vaut4--,il y a une autre sorte de gloire qui consi/e dans la trop bonne op9ion que n\s concevons de notre mrite4 ,c'e/ une affection inconsidre p\r n\s-mmes1 qui fait que n\s n\s *rissons et que n\s n\s reprs5tons nos propres yeux autres que n\s sommes2 tel un am\r passionn prte qui n\s aimons la beaut et la grce et1 tr\blant et altrant notre jugem5t1 fait que ceux qui sont pris1 aim5t en l'objet de leur passion un tre t\t autre et beauc\p plus p>fait qu'il n'e/4 ,je ne veux p\rtant pas que1 de peur de tomb] dans cet excs1 donnant dans un autre1 un homme se mconnaisse et s'e/ime mo9s qu'il ne vaut2 notre jugem5t doit en t\t cons]v] sa rectitude1 et il e/ ju/e qu'en cela1 comme en t\te autre *ose1 il di/+ue ce qui e/ la vrit2 s'il e/ ,cs>1 qu'il se reconnaisse h>dim5t p\r le plus gr& capita9e du monde4--,t\t *ez n\s e/ conv5tion2 les conv5tions n\s emport5t et n\s font dlaiss] la ralit des *oses2 n\s n\s accro*ons aux bran*es et l*ons le tronc et la p>tie ess5tielle4 ,n\s avons enseign aux dames r\gir1 ri5 qu'en ent5dant nomm] ce qu'elles ne craign5t nullem5t de faire2 n\s n'osons appel] de leur nom nos membres1 que n\s ne craignons pas d'employ] des dbau*es de t\te sorte4 ,se pe9dre soi-mme e/ le seul moy5 de se faire connatre p\r qui mne une vie obscure2 c'e/ ce qui dt]m9e ,montaigne p>l] de lui-mme4--,les conv5tions n\s df5d5t d'exprim] les actes licites et naturels et n\s les obs]vons2 la raison n\s int]dit d'en commettre qui soi5t illicites et mauvais et p]sonne ne l'c\te4 ,moi-mme1 en ce mom5t1 je suis arrt p> ces lois que n\s impos5t les conv5tions et qui ne p]mett5t pas de p>l] de soi1 pas plus en bi5 qu'en mal2 mais cette fois n\s pass]ons outre4--,ceux que la =tune1 bonne ou mauvaise comme on v\dra la qualifi]1 a appels pass] leur vie dans de trs hautes situations1 peuv5t1 p> leurs actes publics1 faire connatre ce qu'ils sont2 mais ceux qu'elle a laisss p]dus dans la f\le1 dont p]sonne ne p>l]a si eux-mmes n'en p>l5t1 sont excusables lorsque1 l'exemple de ,lucilius1 ils pr5n5t la h>diesse d'entret5ir de leur propre p]sonne ceux qui ont intrt les connatre3 ,il confiait ses secrets au papi] comme un ami fidle2 qu'il en arrivt bi5 ou mal1 jamais il n'eut d'autre confid5t1 aussi s'e/-il mis t\t enti] dans ses ouvrages1 comme dans un tableau qu'il aurait v\lu consacr] aux dieux 7,horace74 ,son papi] tait le dpositaire de ses actions et de ses p5ses1 et il s'y peignait tel qu'il se voyait4 ,rutilius et ,scaurus1 p\r avoir agi de mme1 n'ont t ni mo9s crus1 ni mo9s e/ims 7,tacite74 ,enfant1 il avait des ge/es qui p\vai5t dnot] en lui de la fi]t2 on ne saurait en infr] qu'il soit atte9t de ce dfaut4--,donc1 il me s\vi5t que1 ds ma plus t5dre enfance1 on rem>quait en moi je ne sais quelle t\rnure1 quels ge/es tmoignant quelque peu de vanit et une sotte fi]t4 ,je veux1 cet g>d1 dire de suite qu'il n'e/ pas r>e d'avoir des qualits et des p5*ants qui n\s soi5t propres et qui s'enrac95t en n\s1 au po9t que n\s sommes hors d'tat de n\s en ap]cevoir et de n\s en r5dre compte2 de ces dispositions naturelles1 le corps en reti5t d'ord9aire quelque habitude1 sans mme que n\s n\s en d\tions et que n\s y soyons p\r quelque *ose4--,*ez ,alex&re1 c'tait une prop5sion t5ir la tte lgrem5t incl9e sur un ct1 ce qui allait bi5 son g5re de beaut2 de mme *ez ,alcibiade1 sa manire de p>l] l5te et grave4 ,jules ,cs> se grattait la tte avec un doigt1 ce qui e/ l'indice de quelqu'un qui a de graves s\cis4 ,cicron1 si je ne me trompe1 fronait le nez1 signe d'un naturel moqueur4 ,de semblables habitudes peuv5t surv5ir en n\s1 sans que n\s n\s en ap]cevions4 ,il y en a d'autres qui sont tudies et dont je ne p>le pas1 comme les salutations et les rvr5ces qui n\s val5t1 le plus s\v5t tort1 la rputation d'tre humble et c\rtois2 l'humilit1 je l'admets1 mais seulem5t qu& il s'agit de gloire4 ,p\r moi1 je suis assez prodigue de saluts1 surt\t en t2 et n'en reois jamais sans les r5dre1 quelle que soit la qualit des g5s1 sauf s'ils sont mes gages4 ,je s\hait]ais que c]ta9s pr9ces que je connais1 s'en montr5t plus p>cimonieux et ne les di/ribu5t qu' bon esci5t2 en n'y apportant pas de discrtion1 ils leur font p]dre de leur valeur2 donns indiffremm5t1 ils n'ont plus d'effet4--,au nombre de ces attitudes s+ulires1 ne passons pas s\s sil5ce la morgue de l'emp]eur ,con/ance qui1 en public1 cons]vait t\j\rs la tte droite1 ne la t\rnant et ne l'incl9ant ni d'un ct1 ni de l'autre1 pas mme p\r reg>d] ceux qui1 v5ant de ct1 le saluai5t2 il se t5ait le corps immobile1 ne se laissant pas mme all] au m\vem5t de son *>1 n'osant ni cra*]1 ni se m\*]1 ni s'essuy] la figure devant le monde4 ,je ne sais si les ge/es qu'on rem>quait en moi tai5t de cette nature et si vraim5t j'avais quelque prop5sion tre vaniteux2 cela se peut bi51 je ne peux rpondre de mes dfauts physiques1 mais p\r ce qui e/ des m\vem5ts de l'me1 je veux en confess] ici ce que j'en ress5s4 ,il ne tr\ve bi5 ri5 de ce qu'il fait1 et e/ime t\j\rs mo9s les *oses qu'il possde que celles qui app>ti5n5t autrui4--,la prsomption s'ex]ce de deux faons3 en n\s e/imant trop et en n'e/imant pas assez les autres4 ,sur le premi] po9t1 il me semble t\t d'abord que les considrations suivantes doiv5t entr] en ligne de compte3 ,je suis con/amm5t en proie un dfaut de l'me qui me dsole comme contraire l'quit et plus encore comme f*eux2 j'essaie bi5 de m'en corrig]1 mais n'arrive pas m'en affran*ir compltem5t4 ,ce dfaut e/ que j'e/ime t\j\rs au-dess\s de sa valeur t\te *ose que je possde1 et au-dessus de ce qu'elles val5t celles qui ne sont pas mi5nes2 je les prise d'autant plus1 qu'elles sont autrui et hors de ma porte1 et cette disposition d'esprit s't5d =t lo94--,je fais comme ces m>is et c]ta9s pres qui1 p>ce qu'ils ont le privilge d'avoir autorit sur leurs femmes et leurs enfants1 ont le dfaut de les trait] avec dda92 appel dcid] entre deux ouvrages de mme mrite1 dont l'un s]ait de moi1 je me prononc]ai t\j\rs contre le mi51 non que mon jugem5t1 tr\bl p> le dsir de progress] et d'amlior] sans cesse1 m'emp*e d'arriv] tre satisfait1 mais p>ce que d'elle-mme la possession re/re9t le cas que n\s faisons de ce qui n\s app>ti5t et influe sur notre libre arbitre4 ,j'ai une prfr5ce p\r les con/itutions et les murs de l'antiquit1 et aussi p\r les langues de ces temps reculs1 et con/ate que1 p> son gr& air1 le lat9 me sduit au del de ce qui devrait tre1 me produisant le mme effet qu'aux enfants et au vulgaire4 ,le tra9 de maison1 l'habitation1 le *eval de mon vois9 me sembl5t suprieurs aux mi5s1 bi5 que d'gale valeur1 uniquem5t p>ce qu'ils ne m'app>ti5n5t pas4 ,bi5 plus1 je ne me r5ds pas compte de ce que je vaux moi-mme2 j'admire l'assurance que *acun a de soi et avec laquelle il compte sur lui-mme1 alors qu'il n'e/ p\r a9si dire ri5 que je croie savoir1 ri5 dont j'ose me rpondre que je suis mme de l'accomplir4 ,lorsque je me propose de faire telle ou telle *ose1 je n'ai po9t d'avance la notion exacte des moy5s dont je puis us] p\r russir et n'en suis in/ruit que p> le rsultat2 je d\te de ma =ce1 t\t autant que de celle d'un autre4 ,il en rsulte que si j'accomplis un travail qui mrite des loges1 je l'attribue plutt la =tune qu' mon savoir-faire1 d'autant que je ne projette ri5 qu'au has>d et avec apprh5sion4 ,la trop bonne op9ion que l'homme a de lui-mme1 semble ,montaigne tre la cause des plus gr&es erreurs4--,j'ai aussi ceci de p>ticuli]1 que d'ord9aire1 de t\tes les op9ions que l'antiquit a mises sur l'homme en gnral1 celles qui me captiv5t le plus1 auxquelles je m'atta*e de prfr5ce1 ce sont celles qui affect5t p\r n\s le plus de mpris1 qui n\s aviliss5t le plus et font le mo9s cas de n\s4 ,la philosophie ne me p>at jamais avoir si beau jeu que lorsqu'elle combat notre prsomption et notre vanit1 et qu& elle reconnat de bonne foi son irrsolution1 sa faiblesse et son ignorance4 ,il me semble que l'orig9e des erreurs les plus gr&es que n\s commettons1 en tant qu'individu comme en masse1 et ce qui les entreti5t1 c'e/ la trop bonne op9ion que l'homme a de lui-mme4 ,ces g5s qui se p]*5t calif\r*on sur l'orbite de ,m]cure et voi5t si avant ce qui se passe dans le ciel1 me font hauss] les paules4 ,on tr\ve en effet dans l'tude que je fais et dont l'homme e/ l'objet1 une si extrme v>it de jugem5ts1 un tel ddale de difficults entasses les unes sur les autres1 tant de div]sit et d'inc]titude *ez ceux mmes qui enseign5t la sagesse1 que v\s p5sez bi5 que puisque ces g5s ne peuv5t arriv] se connatre ni eux-mmes1 ni les conditions de leur exi/5ce qu'ils ont cont9uellem5t s\s les yeux1 qui rsid5t en eux1 puisqu'ils ne sav5t comm5t se meut ce qu'eux-mmes font m\voir1 ni comm5t n\s pe9dre et n\s dcrire les ressorts qu'ils ti5n5t et font j\] eux-mmes1 je suis de mon ct peu dispos les croire lorsqu'ils n\s expos5t les causes auxquelles ils attribu5t le flux et le reflux de ,nil4 ,la curiosit que n\s avons de t\t connatre e/ un flau p\r l'homme1 dis5t les sa9tes critures4 ,il sait le peu qu'il vaut2 il a t\j\rs t peu satisfait de ce que son esprit a produit1 surt\t lorsqu'il s'e/ essay dans la posie4--,p\r en rev5ir mon cas p>ticuli]1 il e/ bi5 difficile1 ce me semble1 qu'un autre s'e/ime mo9s1 et mme qu'un autre m'e/ime mo9s1 que je ne m'e/ime2 je r5tre dans la catgorie gnrale1 sauf en ce que je m'y classe de moi-mme2 j'ai t\s les pires dfauts1 ceux que l'on r5contre *ez les g5s du commun1 mais je le reconnais1 ne m'en excuse pas et me t>gue seulem5t de savoir ce que je vaux4 ,si j'ai de la vanit1 elle e/ t\te sup]ficielle et ti5t ce que l'app>5ce me trompe sur la ralit2 que n'ayant po9t corps1 ce trav]s *appe mon jugem5t2 j'en suis arros1 mais n'en suis po9t imprgn4 ,cela e/ si vrai1 que les productions de mon esprit1 en quelque g5re que ce soit1 ne me satisfont jamais et que l'approbation des autres n'e/ pas p\r moi un ddommagem5t4 ,j'ai le jugem5t dlicat et difficile1 notamm5t mon endroit2 99 je me dsav\e sans cesse et me s5s1 en t\t1 flottant et fl*issant p> le fait de ma faiblesse2 ri5 de moi ne lui donne satisfaction4 ,je suis assez p]spicace et vois ju/e2 mais l'uvre1 ma vue se tr\ble4 ,c'e/ ce que j'pr\ve trs nettem5t en posie3 je l'aime beauc\p et sais assez apprci] les ouvrages des autres2 mais qu& je veux y mettre la ma91 je m'en tire vraim5t comme un enfant1 et1 ce que je fais1 je ne puis le s\ffrir4 ,on peut faire le sot p>t\t ailleurs1 mais non en cet art3 ,t\t df5d la mdiocrit aux potes3 les dieux1 les hommes1 les colonnes des portiques o on affi*e leurs v]s 7,horace74 ,plt ,dieu que cette s5t5ce se tr\vt la devanture des b\tiques de nos imprimeurs1 p\r en df5dre l'entre bon nombre de v]sificateurs6 mais nul ne croit plus en soi1 qu'un mauvais pote 7,m>tial74 ,accueil fait aux jeux olympiques la posie de ,d5ys l'anci54--,que ne sommes-n\s comme le peuple que voici4 ,d5ys l'anci5 n'e/imait ri5 tant en lui que sa posie4 ,lors des jeux olympiques1en mme temps que des *>s surpassant t\s autres en magnific5ce1 des t5tes et des pavillons t\t brillants d'or et royalem5t tapisss1 il y envoyait aussi des potes et des musici5s p\r y prs5t] ses v]s4 ,qu& on en v9t les jug]1 grce une excell5te dclamation1 ils attirr5t au db l'att5tion du peuple2 mais qu&1 p\rsuivant1 il en v9t apprci] l'ineptie de l'ouvrage1 il comm5a le tr\v] ridicule2 et1 son jugem5t s'exasprant peu peu1 il entra en fureur et1 de dpit1 se portant aux pavillons de ,d5ys1 il les abattit et les mit en pices4 ,ses *>s ne russir5t pas mieux dans la c\rse laquelle ils prir5t "p2 le navire qui ram5ait ses g5s ne put abord] en ,sicile1 la tempte le jeta sur les ctes de ,t>5te o il se brisa2 et ce mme peuple ne mit pas en d\te que ce ft l un effet de la colre des dieux irrits comme lui en raison de ce mauvais pome2 les m>9i]s *apps au naufrage p>tageai5t eux-mmes cette op9ion4--,l'oracle qui prdit la mort de ce tyran1 p>ut mme ratifi] ce s5tim5t3 il portait que ,d5ys s]ait prs de sa f91 qu& il aurait va9cu ceux qui vaudrai5t mieux que lui4 ,cette prdiction1 ,d5ys en fit application aux ,c>?ag9ois1 dont la puissance dpassait la si5ne3 en gu]re avec eux1 s\v5t il ne p\ssait pas ses victoires fond et cont5ait ses tr\pes1 p\r ne pas tomb] dans le cas prdit4 ,mais il avait mal saisi le s5s de l'oracle2 le dieu avait vis le temps o1 p> l'intrigue1 il l'emporta ,a?nes sur les potes tragiques qui lui tai5t suprieurs1 obt5ant1 contre t\te ju/ice1 que ft j\e sa pice ayant p\r titre ,les ,lnens2 aussitt aprs ce succs1 il m\rut subitem5t1 en gr&e p>tie de la joie excessive qu'il en pr\va4 ,op9ion que ,montaigne a de ses ouvrages2 il a gr&'pe9e r5dre mme ses ides et ne s'ent5d nullem5t faire valoir les sujets qu'il traite4--,qu& je tr\ve dans ce qui vi5t de moi quelque *ose d'excusable1 ce n'e/ pas p> la valeur que cela peut avoir2 ce n'e/1 dire vrai1 qu'en le comp>ant d'autres uvres qui val5t encore mo9s et que je vois apprcies4--,je suis envieux du bonheur de ceux qui sav5t tre heureux et satisfaits de ce qu'ils font1 c> c'e/ l un moy5 facile de se donn] du plaisir puisqu'on le tire de soi1 surt\t qu& on apporte de la p]si/ance dans son ob/9ation4 ,je connais un pote auquel1 dlicatem5t ou brutalem5t1 en p>ticuli] ou en public1 le ciel comme la t]re cri5t qu'il n'y ent5d pas gr&'*ose2 il ne r5once p\r cela quoi que ce soit de ce qu'il a dans l'ide1 t\j\rs il recomm5ce1 va consultant sans cesse1 et t\j\rs il p]si/e1 t5ant d'autant plus son avis1 99 y tant d'autant plus atta*1 qu'il e/ seul p5s] qu'il y voit ju/e4 ,il s'en faut tant que mes ouvrages me satisfass5t1 qu'autant de fois je les ret\*e1 aussi s\v5t j'en pr\ve du dpit3 ,qu& je les relis1 j'ai honte de les avoir crits1 p>ce que j'y vois beauc\p de *oses qui1 mme aux yeux indulg5ts de leur auteur1 sont indignes d'tre cons]ves 7,ovide74 ,j'ai t\j\rs une ide dans l'esprit1 99 mais elle ne m'app>at pas avec nettet2 sans cesse j'entrevois 99 comme dans un songe une =me meilleure que celle que je lui ai donne2 mais cette =me1 je ne puis la saisir1 ni la mettre en uvre2 et quant l'ide elle-mme1 elle n'e/ jamais de premi] ordre 994 ,cela me porte conclure que les productions de ces esprits si ri*es1 si gr&s des temps jadis1 dpass5t de beauc\p la limite extrme de mon imag9ation et de ce que je s\haite atte9dre2 leurs crits ne font pas que me satisfaire et me captiv]1 ils m'tonn5t1 me transport5t d'admiration3 j'apprcie leur beaut1 elle m'app>at1 non peut-tre dans sa plnitude1 du mo9s autant qu'il m'e/ possible de la saisir4--,p\r t\t travail que j'entrepr5ds1 j'invoque les ,grces1 af91 comme dit ,plut>que de quelqu'un1 de me concili] leur faveur1 c> t\t ce qui plat1 t\t ce qui *>me les s5s des mortels1 c'e/ aux ,grces que n\s en sommes r$evables2 mais1 en t\t1 elles m'ab&onn5t4 ,t\t en moi e/ grossi] 992 la g5tillesse1 la beaut me font dfaut2 je ne sais faire valoir les *oses au del de ce qu'elles val5t2 ma faon de les prs5t] ne vi5t pas en aide la matire1 aussi me la faut-il consi/ante1 intressante et ayant de l'clat p> elle-mme4--,qu& je traite des sujets la porte de t\s et gais p> eux-mmes1 c'e/ 99 p> gt1 n'aimant pas cette sagesse de conv5tion1 empre9te de tri/esse1 qui a les prfr5ces du monde2 c'e/ dans le b de m'gay]1 bi5 plus que p>ce qu'ils r5tr5t dans la nature de mon /yle qui se prte plutt aux sujets graves et svres1 si t\tefois je puis appel] /yle un langage in=me qui n'e/ s\mis aucune rgle1 vrai j>gon populaire1 uni une rdaction sans nom1 mal rp>tie1 qui ne conclut pas1 manque de cl>t1 la manire d',amaf9ius et de ,rabirius4 ,je ne sais ni plaire1 ni di/raire1 ni *at\ill]2 le meilleur conte du monde1 s'il passe p> moi1 cesse de prs5t] de l'intrt et p]d t\t son *>me4 ,je ne sais p>l] que lorsque je suis ple9 de mon sujet et manque absolum5t de cette facilit que je vois *ez nombre de g5s que je frqu5te1 qui entreti5n5t les premi]s v5us1 captiv5t l'att5tion de t\te une socit1 ou amus5t un pr9ce1 sans se lass]1 en leur racontant t\te sorte de propos2 les sujets ne leur font jamais dfaut1 p>ce qu'ils ont la facult de savoir s'emp>] du premi] qui se prs5te1 et de le trait] suivant la disposition d'esprit et le degr d'intellig5ce de ceux auxquels ils ont affaire4 ,les pr9ces n'aim5t gure les entreti5s srieux1 ni moi faire des contes4 ,les raisons qui se prs5t5t les premires l'ide1 qui sont les plus aises tr\v] et1 d'ord9aire1 les mieux acceptes1 je ne sais pas les employ]2 je suis un mauvais orateur de ple9 v5t1 et quel que soit ce dont il s'agit1 volonti]s je vais ds le db au fond des *oses et dis ce que j'en sais4 ,cicron e/ime que dans les que/ions philosophiques1 ce qu'il y a de plus difficile c'e/ l'entre en matire1 peut-tre bi52 aussi1 prudemm5t1 je passe de suite la conclusion4 ,encore faut-il savoir dt5dre les cordes de son in/rum5t suivant les sons produire1 af9 que le plus aigu soit celui qui se produise le mo9s s\v5t4 ,il y a p\r le mo9s autant de tal5t relev] un sujet vide de s5s1 qu' en s\t5ir un autre qui r5tre dans le g5re oppos2 tantt il faut les trait] en passant lgrem5t1 tantt les f\ill] pr(ondm5t4 ,je sais bi5 que la plup>t des hommes s'en ti5n5t au mo9s complexe de ces deux procds1 p\r n'avoir envisag] les *oses que sup]ficiellem5t2 mais je sais aussi qu'on voit les plus gr&s matres1 tels que ,xnophon1 ,platon1 se laiss] frquemm5t all] cette faon simple et commune de dire et trait] les que/ions1 la relevant p> le *>me qui leur e/ propre et dont ils ne se dp>tiss5t jamais4 ,son /yle e/ emb>rass1 sa nature s'accommode mieux de p>l] que d'crire2 sa prononciation e/ altre p> le patois de son pays4--,mon langage lui-mme n'a ri5 de facile ni de c\lant2 il e/ pre 99 et ddaigneux1 aux allures libres1 ne reconnaissant aucune rgle2 il me plat a9si1 s9on p> raison1 du mo9s p> tempram5t2 mais je s5s bi5 que1 p>fois1 je ne m'obs]ve pas assez et qu' =ce de v\loir vit] l'art et 99 l'affectation1 je tombe dans l'excs contraire3 ,je *]*e tre bref et je devi5s obscur 7,horace74 ,platon dit que la prolixit et la brivet sont des proprits qui ne donn5t ni n'enlv5t de mrite au langage4 ,lors mme que je m'ef=c]ais de r5dre le mi5 gal1 uni=me1 bi5 ordonn1 je ne saurais y p>v5ir2 bi5 que les phrases c\pes et sc&es de ,sallu/e soi5t plus en rapport avec ma manire de m'exprim]1 je tr\ve cep5dant le /yle de ,cs> plus noble et mo9s facile imit]2 et si je suis plutt port me rappro*] de celui de ,snque1 cela ne m'emp*e pas d'e/im] davantage celui de ,plut>que4--,comme dans 99 mes actes1 qu& je p>le1 je m'ab&onne simplem5t ma nature1 ce qui fait que j'ai peut-tre plutt avantage p>l] qu' crire4 ,le m\vem5t et l'action donn5t de la vie aux p>oles1 p>ticulirem5t *ez ceux qui1 a9si que cela exi/e *ez moi1 ont le ge/e brusque et s'*auff5t2 l'attitude1 la physionomie1 le son de voix1 la robe1 les circon/ances1 peuv5t donn] du prix aux *oses qui1 comme la loquacit1 n'en ont gure p> elles-mmes4 ,messala1 dans ,tacite1 se pla9t de quelques vtem5ts trop troits que l'on portait en son temps1 et aussi de la disposition des tribunes o les orateurs pr5ai5t la p>ole1 qui nuisai5t aux effets de leur loqu5ce4 ,mon franais e/ altr dans sa prononciation et sur d'autres po9ts1 p> la b>b>ie de la contre que j'habite2 je n'ai jamais vu p]sonne de cette rgion au sud de la ,loire1 dont le p>l] ne dnont nettem5t l'orig9e et ne blesst des oreilles purem5t franaises4 ,ce n'e/ p\rtant pas que je sois de premire =ce dans mon patois prig\rd91 c> je n'en use pas plus que de l'allem& et ne m'en s\cie gure4 ,c'e/ du re/e un langage 7comme ils sont t\s aut\r de moi1 d'un b\t l'autre de la rgion3 ,poitev91 ,sa9tongeois1 99 ,ang\mois91 ,lim\s91 ,auv]gnat71 qui e/ languissant1 tranant1 sans vigueur4 ,au-dessus de n\s1 du ct des montagnes1 il y a p\rtant un p>l] gascon que je tr\ve p>ticulirem5t beau1 sec1 bref1 ayant de l'expression3 langage vritablem5t mle et m>tial plus que t\t autre que je vois employ]1 aussi n]veux1 puissant et prcis que le franais e/ gracieux1 dlicat et ri*e4--,quant au lat91 qui m'a t donn comme langue mat]nelle1 j'ai1 faute d'avoir cont9u le pratiqu]1 p]du la facilit que j'avais le p>l] c\ramm5t et mme l'crire1 et qui faisait qu'autrefois on m'appelait ,matre ,jean2 c'e/ dire combi5 peu je vaux s\s ce rapport4 ,de quel prix e/ la beaut corporelle2 c'e/ elle qui1 la premire1 a cr de la diffr5ce entre les hommes4--,la beaut e/ un facteur de trs haute importance dans les rapports des uns avec les autres2 c'e/ le moy5 de rappro*em5t qui a le plus d'effet1 et il n'e/ homme1 si b>b>e et si maussade1 qui ne se s5te en quelque sorte influ5c p> ce qu'elle a de d\x4 ,le corps e/ une gr&e "p de n\s-mmes1 il y occupe un rang de premi] ordre2 aussi sa /ructure et son ag5cem5t mrit5t-ils ju/e titre d'tre pris en considration4 ,ceux-l ont tort qui veul5t le considr] sp>m5t de l'me et isol] l'une de l'autre ces deux p>ties pr9cipales de notre tre2 il faut au contraire les acc\pl] n\veau si elles sont disjo9tes et ress]r] le nud qui les unit2 il faut exig] de l'me qu'elle ne tire pas de son ct1 vivant "p1 mprisant et dlaissant le corps 7ce qu'elle ne saurait faire que p> suite d'une mauvaise inspiration71 mais qu'elle se rappro*e de lui1 l'embrasse1 le *risse1 lui prte assi/ance1 le contrle1 le conseille1 le r$resse1 le ramne1 qu& il se f\rvoie2 en somme l'p\se1 lui t5ant lieu de m>i1 de telle sorte qu'il n'y ait pas div]g5ce app>5te dans leurs actes et que1 lo9 de se contr>i]1 t\s deux agiss5t d'accord et avec uni=mit4 ,les *rti5s ont1 cet g>d1 des enseignem5ts prcieux2 ils sav5t que la ju/ice div9e impose cette liaison et cette vie commune du corps et de l'me1 au po9t d'avoir r5du le corps susceptible de rcomp5ses t]nelles2 que ,dieu laisse l'homme t\t enti] ple9e lib]t d'action1 et veut que t\t enti] aussi il p>ticipe selon ses 99 mrites au *tim5t ou aux immunits4 ,la secte des ,pripattici5s1 la plus pntre des beso9s des socits1 attribue la sagesse seule le so9 de p\rvoir au bi5 de l'association des deux p>ties dont n\s sommes =ms et de le leur procur]2 cette cole dmontre bi5 l'erreur en laquelle sont tombes les autres sectes en ne t5ant pas suffisamm5t compte de cette association intime1 en envisageant *acune de ces p>ties en son p>ticuli] et se dcl>ant1 celle-ci p\r le corps1 celle-l p\r l'me1 p]dant de vue et le sujet dont elles s'occup5t qui e/ l'homme1 et leur guide dans leurs re*]*es que1 p\r la plup>t1 elles av\5t tre la nature4--,la premire di/9ction qui se soit produite entre les hommes1 la considration qui t\t d'abord dt]m9a la prm95ce des uns sur les autres1 a t vraisemblablem5t due l'avantage que donne la beaut3 ,le p>tage des t]res se fit d'abord en proportion de la beaut1 de la vigueur1 de l'esprit de *acun2 c> alors la beaut et la vigueur tai5t les premires recomm&ations 7,lucrce74 ,montaigne tait d'une taille au-dess\s de la moy5ne2 une taille leve e/ *ez l'homme la condition ess5tielle de la beaut4--,je suis de taille un peu au-dess\s de la moy5ne2 c'e/ l un dfaut qui non seulem5t nuit la beaut1 mais qui encore e/ incommode1 surt\t *ez ceux qui ex]c5t des comm&em5ts et des *>ges1 p>ce qu'il leur manque l'autorit que donn5t une belle pre/ance et un physique imposant4 ,c4 ,m>ius n'acceptait pas volonti]s des soldats dont la taille n'atteignait pas six pi$s4--,le ,c\rtisan a raison de v\loir1 p\r le g5tilhomme qu'il rve1 une taille ord9aire de prfr5ce t\te autre et de lui refus] t\te p>ticul>it p\vant le faire montr] au doigt4 ,s'il ne satisfait pas cette condition de taille moy5ne et qu'il soit en dess\s plutt qu'en dessus1 je ne le *oisirai pas p\r en faire un soldat4--,les hommes petits1 dit ,ari/ote1 sont bi5 jolis1 mais ils ne sont pas beaux2 la gr&eur de ses actes se reconnat une gr&e me1 comme une taille leve et bi5 prise dnote la beaut4--,les ?iopi5s et les ,indi5s1 dit ce mme auteur1 avai5t g>d1 qu& ils lisai5t leurs rois et leurs magi/rats1 la beaut et la belle /ature des p]sonnes s\mises leur *oix4 ,ils tai5t dans le vrai1 p>ce que cela inspire du respect ceux qui le suiv5t et de l'effroi aux ennemis1 de voir m>*] la tte d'une tr\pe un *ef de haute taille et de =te corpul5ce3 ,au premi] rang m>*e ,turnus les armes la ma91 sup]be et dpassant de la tte t\s ceux qui l'ent\r5t 7,virgile74 ,notre div9 et s\v]a9 roi qui e/ au ciel et dont t\t ce qu'il fait e/ mdit] religieusem5t1 avec so9 et respect1 n'a pas ddaign de se di/+u] p> la beaut physique3 ,il tait le plus beau d'entre les fils des hommes 7,psalmi/e72 et ,platon1 avec la modration et la =ce d'me1 dsire la beaut *ez ceux qu'il place la tte de sa rpublique4--,c'e/ un gr& froissem5t d'am\r-propre de voir qu'on s'adresse v\s1 qui tes au milieu de vos g5s1 p\r v\s dem&]3 ,o e/ ,monsieur8 et que v\s n'avez que le re/e du salut qu'on fait votre b>bi] ou votre secrtaire1 msav5ture qu'a pr\ve ce pauvre ,philopm54 ,il avait devanc son monde au logis o on l'att5dait2 son htesse qui ne le connaissait pas1 le voyant avec son assez mauvaise m9e1 le *>gea d'all] un peu aid] les s]vantes puis] de l'eau ou attis] le feu p\r le s]vice de ,philopm54 ,a leur arrive1 les g5til%ommes de sa suite1 le tr\vant livr cette belle occupation1 c> il n'avait pas manqu d'obtempr] l'invitation qui lui avait t faite1 lui dem&r5t ce qu'il faisait a9si3 ,je supporte1 leur dit-il1 la pe9e de ma laideur4--,les autres g5res de beaut s'appliqu5t la femme2 celle de la taille e/ l'unique beaut de l'homme4 ,*ez celui qui e/ petit1 ni un front l>ge et bomb1 ni la blan*eur et la d\ceur des yeux1 ni un nez de =me moy5ne1 ni une oreille et une b\*e petites1 ni des d5ts blan*es et bi5 disposes1 ni une b>be brune c\leur d'corce de *taigne1 abondante et bi5 galem5t f\rnie1 ni une *evelure releve1 ni une tte en rapport avec la taille1 ni la fra*eur du te9t1 ni des traits agrables1 ni un corps n'exhalant aucune odeur1 pas plus que des membres bi5 proportionns1 ne peuv5t faire un bel homme4 ,j'ai en outre la taille =te et trapue1 le visage ple9 sans tre b\ffi2 mon humeur e/ int]mdiaire entre joviale et mlancolique2 j'ai le tempram5t *aud et sangu91 mais sans excs1 ce qui fait que j'ai les jambes et la poitr9e velues 7,m>tial72 je suis dispos1 ma sant e/ robu/e1 et r>em5t1 jusque bi5 avant en ge1 la maladie ne l'a tr\ble4 ,du mo9s c'e/ a9si que j'ai t2 c>1 cette heure1 o j'appro*e de la vieillesse1 ayant1 depuis longtemps dj1 dpass qu>ante ans1 il n'en e/ plus de mme3 ,peu peu les =ces se p]d5t1 la vigueur s'puise et la dcrpitude va t\j\rs croissant 7,lucrce74 ,ce que je s]ai dsormais ne s]a plus que la moiti de moi-mme1 ce ne s]a plus moi2 t\s les j\rs1 je me dsagrge1 je me drobe quelque peu moi-mme3 ,les ans1 dans leur c\rs1 n\s enlv5t sans cesse quelque portion de n\s-mmes 7,horace74 ,maladroit aux ex]cices du corps1 il tait cep5dant vig\reux et rsi/ant qu& les fatigues auxquelles il se livrait prov5ai5t de sa seule volont4--,physiquem5t je n'avais ni adresse1 ni dispositions p>ticulires1 bi5 que fils d'un pre 99 trs allgre et d'une s\plesse qu'il cons]va jusque dans son extrme vieillesse4 ,il ne r5contra gure d'homme l'galant dans n'importe quel ex]cice du corps1 comme je n'en ai pas tr\v beauc\p qui ne me dpassai5t1 sauf la c\rse o cep5dant j'tais encore de =ce au-dess\s de la moy5ne4 ,en musique1 aussi bi5 vocale qu'in/rum5tale1 j'ai t trs inepte1 on n'e/ jamais p>v5u ri5 m'appr5dre4 ,a la danse1 au jeu de paume1 la lutte1 je me montrais plutt faible1 d'une habilet des plus ord9aires2 j'tais absolum5t nul en natation1 en escrime1 en voltige et au saut4 ,je suis si maladroit de mes ma9s1 que je n'arrive seulem5t pas crire de manire p\voir me relire2 si bi5 que je prfre refaire mes b>b\illages que de me donn] la pe9e de les d*iffr]4 ,je ne lis pas beauc\p mieux que je n'cris et je s5s que je fatigue ceux qui m'c\t5t2 sauf cela1 je suis bon cl]c4 ,incapable de pli] adroitem5t une lettre1 je n'ai non plus jamais pu taill] une plume4 ,je ne sais pas dc\p] table d'une faon conv5able1 pas plus que h>na*] un *eval1 port] un oiseau de *asse sur le po+ et le lanc] sur sa proie1 et pas davantage me faire compr5dre des *i5s1 des oiseaux et des *evaux4--,mes qualits corporelles sont1 en somme1 en p>faite concordance avec celles de mon me2 il n'y a *ez moi aucune vivacit1 mais seulem5t une vigueur gnrale bi5 c>actrise4 ,je rsi/e facilem5t la pe9e1 mais ne l'endure que si c'e/ moi qui me la suis impose et si c'e/ p\r ma propre satisfaction3 ,le plaisir que me cause le travail1 m'en fait oubli] la fatigue 7,horace72 sans cela1 si je n'y tr\ve quelque plaisir1 si j'y suis am5 autrem5t que p> un effet de pure et libre volont de ma "p1 je ne vaux plus ri52 c> j'en suis l1 que1 sauf p\r la sant et la vie1 il n'e/ ri5 p\r quoi je veuille me rong] les ongles ou que je veuille a*et] au prix d'un ef=t d'esprit ou d'une contra9te3 ,a ce prix-l1 je ne v\drais pas t\t le sable du ,tage1 avec l'or qu'il r\le v]s l',ocan 7,juvnal74 ,extrmem5t dsuvr1 absolum5t libre p> nature et p> la vie que je me suis faite1 je prt]ais aussi volonti]s mon sang que mes ef=ts4 ,j'ai une me prise de lib]t et d'indp5dance1 habitue se conduire comme il lui plat4 ,n'ayant eu jusqu' prs5t ni *ef1 ni matre qui m'ai5t t imposs1 j'ai t de l'avant autant qu'il m'a plu et l'allure qui me conv5ait2 cela m'a gt1 m'a r5du inutile p\r le s]vice d'autrui et a fait que je ne suis bon qu' moi-mme4 ,son tat de =tune1 sa naissance1 assurait son indp5dance2 il s'en e/ t5u l4--,mais en ce qui me t\*e1 je n'ai pas t dans l'obligation de combattre ce naturel pais1 p>esseux et fa9ant1 c> ds ma naissance1 je me suis tr\v dans une situation de =tune telle que j'ai pu en demeur] l 7situation dont p\rtant mille autres de ma connaissance aurai5t tir p>ti p\r arriv] aux honneurs1 s'agit] et se crer de l'inquitude71 99 ce qui1 jo9t ma disposition d'esprit1 m'a p]mis de ne ri5 re*]*] et fait aussi que je n'ai ri5 acquis3 ,l',aquilon il e/ vrai n'enfle pas mes voiles1 mais l',au/] ne tr\ble pas ma c\rse paisible2 en =ce1 en tal5t1 en beaut1 en v]tu1 en naissance1 en bi5s1 je suis et des d]ni]s de la premire classe et des premi]s de la d]nire 7,horace72 je n'ai eu beso9 que de savoir me cont5t] de ce que j'avais4--,c'e/ l un tat d'me difficilem5t accept en quelque condition que l'on se tr\ve1 mais qu'en fait n\s voyons se produire plus facilem5t encore *ez ceux qui n'ont ri5 que *ez ceux qui sont dans l'abondance2 d'autant que peut-tre1 a9si qu'il arrive de nos autres passions1 la soif des ri*esses e/ plus excite p> leur usage que p> la privation qu'on en a1 et que la modration e/ une v]tu plus r>e que la pati5ce4 ,moi1 je n'ai eu qu' j\ir d\cem5t des bi5s que1 dans sa libralit1 ,dieu avait mis entre mes ma9s4 ,je ne me suis livr aucun travail ennuyeux et ne me suis gure occup que de gr] mes propres affaires2 ou1 si j'en ai eu d'autres1 ce n'a t que s\s condition de ne m'en occup] qu' mon heure et ma faon2 j'en tais *>g p> des g5s qui me connaissai5t1 avai5t confiance en moi et ne me pressai5t pas2 c'e/ a9si que les g5s exp]ts sav5t encore tir] quelque s]vice d'un *eval rtif et p\ssif4 ,sa non*alance e/ telle qu'il prfre ignor] les prjudices qu'il peut pr\v]1 que d'avoir s'en proccup]4--,mon enfance elle-mme a t dirige avec d\ceur2 il m'a t laiss une gr&e lib]t1 et t\te sujtion rig\reuse m'a t p>gne4 ,je dois ce rgime une humeur dlicate1 incapable de proccupation au po9t que j'aime que l'on me ca*e les p]tes que j'pr\ve et t\tes *oses f*euses qui me conc]n5t4 ,dans mes dp5ses1 je compr5ds ce que me cote n\rrir et entret5ir une non*alance qui fait que le sup]flu *appe aux yeux du matre et pr(ite aux voleurs 7,horace74 ,je prfre ne pas savoir exactem5t ce que j'ai1 ce qui me p]met d'ignor] au ju/e mes p]tes4 ,a dfaut d'affection et de ses bons effets1 je sais gr ceux qui viv5t avec moi1 de me tromp] en sauvant les app>5ces4 ,n'ayant pas assez de f]met p\r support] les contr>its que je ress5tirais des accid5ts contraires auxquels n\s sommes sujets et p\r n'tre pas oblig une att5tion con/ante dans la direction et le rglem5t de mes affaires1 j'entreti5s en moi1 autant que je le puis1 ce s5tim5t de m'ab&onn] en t\t la =tune3 mettant t\tes *oses au pire1 et rsign support] ce pire avec d\ceur et pati5ce2 c'e/ uniquem5t en arriv] l que je m'applique1 c'e/ le b auquel t5d5t t\s mes raisonnem5ts4 ,si je c\rs un dang]1 je songe mo9s au moy5 d'y *app]1 que combi5 peu il importe que j'y *appe3 si j'y re/ais1 quel mal y aurait-il8 ,ne p\vant rgl] les vnem5ts1 je me rgle moi-mme2 je me s\mets eux1 ne p\vant les s\mettre moi4 ,je ne m'ent5ds gure dt\rn] la mauvaise =tune1 lui *app] ou la matris]2 je n'ai pas davantage la prud5ce ncessaire p\r dirig] et conduire les *oses comme il convi5t mes intrts1 et suis encore plus incapable de la pati5ce que rclame l'att5tion m9utieuse et fatigante indisp5sable p\r agir a9si4 ,ce qui m'e/ le plus pnible c'e/1 qu& des *oses m'oppress5t1 de demeur] en susp5s1 p>tag entre la cra9te et l'esprance4 ,t\te rflexion1 t\te dlibration lui e/ pnible1 bi5 qu'une fois sa dt]m9ation prise1 la rsolution ne lui fasse pas dfaut4--,dlibr]1 voire mme sur les objets les mo9s importants1 m'e/ dsagrable2 et mon esprit s\ffre davantage1 lorsqu'il e/ aux prises avec l'agitation et les sec\sses div]ses qu'il pr\ve qu& il e/ hsitant et se consulte1 qu' se rsign] et accept] un p>ti quel qu'il soit1 qu& le sort en e/ jet4 ,les passions ont peu tr\bl mon sommeil1 qu'agite la mo9dre dt]m9ation pr5dre4 ,je fais1 en p>eil cas1 comme sur les *em9s1 o1 p\r plus de sret1 j'vite volonti]s les cts incl9s et glissants1 p\r suivre les pi/es battues1 si b\euses et effondres qu'elles soi5t1 mais d'o l'on ne peut r\l] plus bas et qui sont plus sres2 de mme je prfre un malheur irrmdiable dont1 du premi] c\p1 je ress5s la s\ffrance1 et aprs lequel je n'ai plus me tracass] et travaill] p\r essay]1 sans tre c]ta9 d'y arriv]1 de le prv5ir ou de l'attnu]3 ,les maux inc]ta9s sont ceux qui me t\rm5t5t le plus 7,snque74 ,vi5n5t les vnem5ts1 je me conduis en homme1 aprs m'tre conduit comme un enfant dans les circon/ances qui les ont am5s2 l'apprh5sion de la *ute me fait plus d'effet que le c\p qui la dt]m9e4 ,le jeu n'en vaut vraim5t pas la *&elle2 l'av>e se tr\ve plus mal du fait de sa passion1 que le pauvre2 le jal\x1 que celui qui e/ tromp2 et s\v5t il y a mo9s de dommage p]dre sa vigne1 qu' plaid] p\r la cons]v]4 ,la conduite la mo9s releve e/ celle qui (fre le plus de scurit1 c'e/ celle dans laquelle il e/ le plus facile de p]svr]2 v\s n'y avez beso9 de p]sonne autre que v\s1 elle nat et se df5d d'elle-mme4--,l'exemple suivant d'un g5tilhomme que plusieurs ont connu1 ne prs5te-t-il pas un c]ta9 c>actre de philosophie8 ,c'tait un gr& p>leur1 trs moqueur1 qui1 dans sa jeunesse1 avait t un gr& viveur et avait f9i p> se m>i] un ge avanc4 ,se s\v5ant combi5 les m>is tromps lui avai5t donn sujet d'ex]c] sa v]ve et ses moqu]ies1 il p\sa1 p\r se prs]v] de semblables raill]ies1 une femme qu'il prit l o *acun en tr\ve p\r son arg5t et fit avec elle ses conv5tions matrimoniales3 ,bonj\r1 puta92 ,bonj\r1 cocu1 tai5t les salutations qu'ils *angeai5t2 et cet arrangem5t de sa "p tait le sujet dont il entret5ait le plus s\v5t et ouv]tem5t ceux qui v5ai5t *ez lui2 de la sorte1 il prv5ait les propos moqueurs qui euss5t t t5us en ca*ette de lui1 et en arrivait tre ins5sible t\te allusion de ce g5re4 ,l'inc]titude du succs l'a dgt de l'ambition1 qu'il n'admet que *ez ceux dans l'obligation de *]*] =tune4--,p\r ce qui e/ de l'ambition1 pro*e vois9e de la prsomption1 ou plutt sa fille1 il et fallu p\r faire1 que j'arrive une haute position1 que la =tune v9t me pr5dre p> la ma92 c> de me mettre en pe9e p\r une esprance inc]ta9e1 de me s\mettre t\tes les obligations qui s'impos5t ceux qui1 au db de leur c>rire1 *]*5t se mettre en relief1 je n'aurais su le faire3 ,je n'a*te pas ce prix l'esprance 7,tr5ce72 je m'atta*e ce que je vois1 ce que je ti5s1 et ne m'loigne gure du port3 ,une de mes rames bat les flots1 l'autre les sables du rivage 7,prop]ce74 ,et puis1 on russit peu arriv] de hautes situations1 sans comm5c] av5tur] ce que l'on possde2 et je suis d'avis que si ce que l'on a suffit v\s ma9t5ir en la condition dans laquelle on e/ n et o on a t lev1 c'e/ folie de l*] ce que l'on ti5t1 dans l'espoir inc]ta9 de l'augm5t]4 ,celui auquel la =tune a refus o lire domicile et m5] une exi/5ce tranquille et repose1 e/ p>donnable d'av5tur] ce qu'il a2 en t\s cas1 la ncessit le porte *]*] =tune3 ,dans le malheur1 il faut tre tmraire 7,snque72 et j'excuse davantage un cadet de famille qui has>de ce dont il a hrit1 que celui auquel e/ *u de s\t5ir l'honneur de la maison et qui ne peut tomb] dans le beso9 que p> sa faute4 ,j'ai heureusem5t tr\v1 grce aux conseils de mes bons amis du temps pass1 le moy5 le plus c\rt et le plus facile de me dfaire des dsirs de cette nature et de demeur] coi3 ,quelle condition plus d\ce que de j\ir de la victoire1 sans avoir combattu 7,horace78 me r5dant du re/e p>faitem5t compte que mes =ces ne sont pas de celles qui p]mett5t de gr&es *oses et me s\v5ant de ce mot de feu le *anceli] ,olivi]3 ,les ,franais ressembl5t des gu5ons qui vont grimpant de bran*e en bran*e jusqu'au haut des arbres1 ne s'arrt5t que lorsqu'elles ont atte9t la plus haute et1 une fois arrives l1 montr5t leur d]rire3 ,il e/ honteux de se *>g] la tte d'un poids qu'on ne saurait port]1 p\r pli] bi5tt aprs et se drob] au f>deau 7,prop]ce74 ,p> sa dpravation1 le sicle o il e/ n ne conv5ait nullem5t son humeur4--,les qualits mmes qui sont en moi et dont je puis me flatt]1 sont sans utilit en ce sicle-ci2 ma simplicit de murs et t taxe de l*et et de faiblesse2 ma foi et mes croyances1 de scrupules et de sup]/ition2 ma fran*ise et ma lib]t d'allure1 tr\ves importunes1 inconsidres et tmraires4 ,a quelque *ose malheur e/ bon2 il e/ avantageux de natre dans un sicle de dpravation p>ce que1 p> comp>aison avec d'autres1 v\s passez p\r v]tueux bon m>*2 celui qui de nos j\rs n'e/ que p>ricide et sacrilge1 e/ un homme de bi5 des plus honorables3 ,auj\rd'hui1 si ton ami ne nie pas le dpt que tu lui z confi1 s'il te r5d ton vieux sac avec ta vieille monnaie intacte1 c'e/ un prodige de bonne foi qu'il faut inscrire dans les livres toscans et reconnatre p> le sacrifice d'une brebis 7,juvnal74 ,jamais temps et lieu n'ont t1 o les pr9ces se soi5t tr\vs dans des circon/ances plus propices p\r1 en pratiquant la bont et la ju/ice1 en acqurir une rcomp5se plus assure et plus gr&e4 ,le premi] d'entre eux qui s'avis]a de re*]*] la faveur et la puissance en suivant cette voie1 ou je me trompe =t1 ou il p>vi5dra aism5t supplant] ses rivaux2 la =ce et la viol5ce peuv5t beauc\p1 mais ne peuv5t pas t\j\rs t\t4 ,n\s voyons les m>*&s1 les magi/rats de nos villages1 les artisans all] de pair avec la noblesse s\s le rapport de la vaillance et de la sci5ce militaire1 s\t5ir des combats honorables soit individuellem5t1 soit en commun2 ils se batt5t1 df5d5t les villes dans nos gu]res actuelles1 si bi5 qu'un pr9ce1 au milieu de cette f\le1 ne saurait se faire rem>qu]4 ,qu'il s'illu/re p> son humanit1 son am\r p\r la vrit1 sa loyaut1 sa modration et surt\t sa ju/ice2 ce sont l des qualits qui auj\rd'hui sont r>es1 inconnues1 exiles2 c'e/ l ce que dem&5t uniquem5t les peuples dont il a gr] les affaires1 et nulles qualits plus que celles-ci ne peuv5t lui gagn] leur affection1 p>ce que ce sont celles dont ils ont retir] le plus d'avantages3 ,ri5 n'e/ si populaire que la bont 7,cicron74 ,p> cette comp>aison de mes qualits et de mes murs avec celles de mon temps1 je me fusse tr\v une p]sonnalit gr&e et r>e1 t&is que je me fais l'effet d'tre un pygme et ne sors pas de la gnralit1 qu& je me comp>e aux hommes de quelques-uns des sicles passs1 o l'on voyait c\ramm5t1 indp5damm5t des autres qualits trs srieuses qu'ils avai5t1 des g5s modrs dans leur v5geance1 indulg5ts p\r les (f5ses qui leur tai5t faites1 religieux obs]vateurs de leur p>ole1 n'admettant ni la duplicit1 ni une morale trop facile1 et ne transigeant pas avec leur foi suivant la volont d'autrui et les occasions2 quant moi1 je laiss]ais plutt les affaires publiques s'effondr]1 que d'assujettir la mi5ne leur s]vice4 ,on n'y connat pas la fran*ise1 la loyaut1 et ,montaigne abhorre la dissimulation4--,p\r ce qui e/ de cette v]tu n\velle compose d'artifice et de dissimulation qui1 cette heure1 e/ si =t en crdit1 je la hais au plus haut po9t2 de t\s les vices1 je n'en connais aucun qui tmoigne de tant de l*et et d'un cur aussi bas4 ,c'e/ d'un c>actre l*e et s]vile d'all] dguis et ca* s\s un masque1 n'osant se montr] tel que l'on e/1 cela dispose les g5s la p]fidie2 dresss n'exprim] que des s5tim5ts qu'ils n'pr\v5t pas1 ils ne se font pas un cas de consci5ce de mettre leurs actes en contradiction avec leurs p>oles4 ,un cur gnreux ne doit pas p>l] contre sa p5se1 il veut qu'on puisse lire en d$ans de lui-mme2 t\t y e/ bon1 ou au mo9s t\t y e/ huma94 ,ari/ote qualifie de magnanimit le fait de har et d'aim] ouv]tem5t2 de jug]1 de p>l] en t\te fran*ise2 de ne pas faire cas de l'approbation ou de la dsapprobation d'autrui au dtrim5t de la vrit4 ,apollonius disait que m5tir e/ le propre des esclaves1 dire la vrit celui des hommes libres2 la vrit e/ la premire condition1 la condition fondam5tale de la v]tu1 il faut l'aim] p\r elle-mme4 ,celui qui re/e dans la vrit p>ce qu'il s'y tr\ve oblig1 que cela lui e/ utile1 et qui ne cra9t pas de faire un m5songe qu& cela n'importe p]sonne1 n'e/ pas suffisamm5t atta* la vrit4 ,mon me1 p> nature1 fuit le m5songe2 la p5se mme lui en e/ odieuse2 j'ai honte en moi-mme et pr\ve un remords cuisant si p>fois il m'en *appe1 comme cela m'arrive qu& je suis surpris et press de rpondre l'improvi/e4 ,il ne faut pas t\j\rs dire t\t1 ce s]ait sottise2 mais ce que l'on dit1 doit tre tel qu'on le p5se2 autrem5t1 c'e/ mal4 ,la f\rb]ie f9it presque t\j\rs p> avoir de mauvais rsultats1 il e/ plus nuisible qu'utile p\r les pr9ces d'y avoir rec\rs4--,je ne sais quel avantage on espre en dissimulant et agissant sans cesse autrem5t qu'on ne p>le1 si ce n'e/ de n'tre pas cru1 lors mme qu'on dit la vrit2 de la sorte on arrive bi5 tromp] les g5s une fois ou deux1 mais faire pr(ession de dissimul] con/amm5t sa p5se et se vant]1 comme ont fait c]ta9s de nos pr9ces1 qu'ils jett]ai5t leur *emise au feu1 si elle p\vait s\ponn] leurs vritables int5tions1 ce qui a t dit p> ,metellus ,macdonicus1 un homme des temps anci5s2 99 et dire en public que celui qui ne sait dissimul]1 ne sait rgn]1 c'e/ av]tir ceux qui ont trait] avec v\s1 que t\t ce que v\s leur dites e/ tromp]ie et m5songe3 ,plus un homme e/ f9 et adroit1 plus il e/ odieux et suspect s'il p]d sa rputation d'honntet 7,cicron74 ,ce s]ait une gr&e simplicit que de se pr5dre l'air ou aux p>oles de qui1 de p>ti pris1 e/1 comme tait ,tibre1 t\j\rs autre au dehors qu'il n'e/ au d$ans4 ,je ne sais comm5t de telles g5s1 dont ri5 ne peut tre pris comme arg5t comptant1 peuv5t avoir des relations avec les autres2 qui e/ dloyal env]s la vrit1 l'e/ galem5t env]s le m5songe4 ,ceux qui1 de notre temps1 ont considr qu'il tait du devoir d'un pr9ce de ne se proccup] que du bi5 de ses affaires qu'ils plac5t au-dessus du so9 qu'il doit pr5dre de sa foi et de sa consci5ce1 peuv5t1 celui dont la =tune a am5 la situation en tel po9t qu'il peut la fix] jamais en manquant une seule fois sa p>ole1 conseill] avec quelque app>5ce de raison d'en agir a9si2 mais les *oses ne se pass5t pas de la sorte3 on e/ sujet rev5ir s\v5t sur de p>eils m>*s2 on a conclure plus d'une fois la paix1 sign] plus d'un trait en sa vie4 ,l'appt du ga9 v\s convie un premi] acte de dloyaut1 et il y en a presque t\j\rs1 comme dans t\te mauvaise action3 sacrilges1 meurtres1 rbellions1 trahisons1 ne s'entrepr5n5t jamais qu'en raison du rsultat qu'on en att5d2 mais ce premi] bnfice e/ la s\rce de bi5 nombreux dommages et enlve au pr9ce1 p> l'exemple qu'il a donn de son infidlit1 t\tes relations et t\t moy5 de ngociations4--,lorsque ,soliman1 de la race des ,ottomans1 race peu scrupuleuse dans l'obs]vation des promesses et des pactes1 fit1 au temps de mon enfance1 opr] son arme une desc5te ,otrante1 ,m]cur9 de ,grat9>e et les habitants de ,ca/ro fur5t1 aprs la r$dition de cette place1 ret5us prisonni]s au mpris de la capitulation passe entre eux et ses g5s4 ,l'ayant su1 ,soliman ordonna de les rel*]1 faisant obs]v] qu'ayant en vue d'autres gr&es entreprises dans la contre1 cette dloyaut1 malgr l'avantage mom5tan qu'elle semblait prs5t]1 le discrdit]ait p\r l'av5ir et f]ait natre contre lui une dfiance de nature lui port] un prjudice considrable4 ,montaigne1 ennemi de t\te contra9te et de t\te obligation1 apportait dans ses relations avec les gr&s une entire lib]t de langage4--,p\r ma "p1 je prfre tre indiscret et importun que flatteur et dissimul4 ,j'av\e qu'il peut entr] un peu de fi]t et d'op9itret dans l'entire lib]t et la s9crit que je cons]ve vis--vis de t\s sans di/9ction1 c> il me semble que je suis p>fois d'autant plus indp5dant que je me tr\ve en prs5ce de g5s avec lesquels je devrais l'tre mo9s2 la cra9te de p>atre trop respectueux t5d faire que je me montre trop h>di1 non p> calcul mais probablem5t p>ce que je me laisse all] ma nature4 ,usant avec les gr&s de la mme lib]t de langage et du mme sans-gne que dans ma maison1 je s5s bi5 que je frise s\v5t l'indiscrtion et l'incivilit2 mais1 outre que je suis a9si fait1 je n'ai l'esprit assez prompt ni p\r esquiv] une "q imprvue et y *app] p> quelque dt\r ni p\r trave/ir la vrit1 non plus qu'assez de mmoire p\r me la rappel] aprs l'avoir altre2 je n'ai pas davantage assez d'assurance p\r y p]si/]1 et c'e/ p> faiblesse que je fais le brave4 ,il en rsulte que je m'ab&onne ma navet et t\j\rs dire ce que je p5se1 aussi bi5 p> tempram5t que de p>ti pris1 me reposant sur la =tune de ce qui peut s'ensuivre4 ,ari/ippe disait que le pr9cipal fruit qu'il avait retir de la philosophie1 tait de p>l] librem5t et cur ouv]t t\t le monde4 ,l'infidlit de sa mmoire le mettait dans l'impossibilit de prononc] des disc\rs de longue hale9e4--,c'e/ un outil d'un m]veilleux usage que la mmoire1 sans elle le jugem5t aurait pe9e suffire sa t*e2 elle me manque compltem5t4 ,ce dont on veut me p>l]1 il faut qu'on m'en entreti5ne sp>m5t1 po9t p> po9t1 p>ce qu'il n'e/ pas en mon p\voir de s\t5ir une conv]sation sur plusieurs sujets la fois1 et je ne saurais tre *>g d'une commission quelconque1 sans en pr5dre note p> crit4 ,qu& j'ai prononc] un disc\rs sur un sujet important1 s'il e/ de longue hale9e1 j'en suis rduit cette tri/e et malheureuse ncessit1 d'appr5dre p> cur1 mot mot1 ce que j'ai dire2 autrem5t cela n'aurait pas de =me et je manqu]ais d'assurance1 p> cra9te que ma mmoire ne vi5ne me j\] un mauvais t\r4 ,mais ce moy5 n'e/ pas lui-mme sans me prs5t] une difficult mo9dre3 p\r appr5dre trois v]s1 il me faut trois heures2 et puis1 dans un ouvrage que l'on compose soi-mme1 la lib]t et la possibilit que l'on a de le remani]1 de *ang] un mot1 amn5t des modifications con/antes dans le texte1 ce qui r5d mo9s ais p\r l'auteur de le fix] dans sa mmoire4 ,or1 plus je me dfie de la mi5ne1 plus elle se tr\ble2 son s]vice dp5d de la disposition o elle se tr\ve2 il me faut la sollicit] d\cem5t1 c> si je la presse1 elle hsite2 et une fois qu'elle a comm5c *ancel]1 plus je l'aiguillonne1 plus elle s'emptre et s'emb>rasse2 elle me s]t son heure1 non la mi5ne4 ,il tait tellem5t rebelle t\te pression1 que sa volont elle-mme tait p>fois impuissante obt5ir obissance de lui-mme4--,ce que j'pr\ve p\r la mmoire1 je le ress5s aussi p\r d'autres *oses2 je fuis ce qui e/ comm&em5t1 obligation1 contra9te2 ce que je fais aism5t et m'e/ naturel1 je ne sais plus le faire s'il me le faut excut] p>ce que je me le suis =mellem5t impos4 ,dans l'ordre physique1 mes membres qui ont quelque lib]t de m\vem5t et qui j\iss5t d'une c]ta9e indp5dance d'action1 me refus5t p>fois obissance1 qu&1 dans des circon/ances et des mom5ts donns1 la ncessit me fait rclam] leur s]vice2 cette exig5ce imprvue que je leur impose e/ un acte de tyrannie qui les rebute2 p>alyss p> l'effroi ou le dpit1 ils devi5n5t incapables d'aucun fonctionnem5t4 ,autrefois1 m'tant tr\v quelque "p1 o il e/ de mauvais ton t5ant de la sauvag]ie de ne pas faire raison ceux qui n\s convi5t boire1 j'essayai1 bi5 qu'on me laisst t\te lib]t1 de faire1 selon les usages du pays1 le bon compagnon en l'honneur des dames qui tai5t de la p>tie4 ,mais que j'y eus donc de plaisir6 cette p]spective qui me m5aait1 d'tre oblig de faire ce qui n'tait ni dans mes gts1 ni dans mes habitudes1 fit que mon gosi] se contracta au po9t que je ne p>v9s pas aval] une seule g\tte et fus priv mme de boire en mangeant1 dans le c\rant du repas2 j'tais gorg et dsaltr p> tant de liquides dont l'absorption avait proccup mon imag9ation4--,cet effet se rem>que surt\t *ez ceux qui ont l'imag9ation ard5te et puissante2 il e/ p\rtant naturel et il n'e/ p]sonne qui ne l'pr\ve quelque peu4--,on (frait un ar*]1 qui tait d'une adresse t\te p>ticulire et qui v5ait d'tre condamn mort1 de lui faire grce s'il cons5tait donn] quelque preuve clatante de son habilet4 ,il refusa de s'y essay]1 craignant que la trop gr&e t5sion d'esprit ne lui enlevt sa sret de ma9 et qu'au lieu de sauv] sa vie1 il p]dt encore dans cette preuve la rputation qu'il avait au tir l'arc4--,un homme dont la p5se e/ ailleurs1 ne manqu]a pas1 en allant et v5ant sur une prom5ade1 de faire1 un p\ce prs1 t\j\rs le mme nombre de pas et de mme longueur1 t&is que s'il s'applique les compt] et les mesur]1 il arriv]a que ce qu'il faisait naturellem5t et p> has>d1 il ne le f]a pas avec la mme exactitude1 qu& ce s]a desse94 ,son peu de mmoire le mettait notamm5t hors d'tat de dml] dans ce qui lui v5ait l'esprit1 ce qui lui tait propre de ce qui tait rm9isc5ce prov5ant de ses lectures4--,ma biblio?que1 qui e/ belle p\r une biblio?que de campagne1 occupe une des extrmits de ma demeure4 ,s'il me faut y all] p>ce que me passe p> la tte une ide dont je veux pr5dre note ou sur laquelle je veux faire des re*]*es1 n'euss-je qu' trav]s] la c\r1 de peur que cette ide ne m'*appe1 il me faut la donn] en g>de quelqu'un4 ,si je m'enh>dis1 en p>lant1 me dt\rn] tant soit peu du fil de ma p5se1 je ne manque jamais de le p]dre2 aussi1 lorsque je disc\rs1 suis-je gn1 sec et concis4 ,je suis oblig d'appel] mes s]viteurs du nom de leur emploi ou de leur pays1 p>ce qu'il m'e/ trs difficile de me rappel] les noms propres2 je dirai bi5 qu'un nom se compose de trois syllabes1 qu'il e/ dur prononc]1 qu'il comm5ce ou se t]m9e p> telle lettre1 mais c'e/ t\t2 et si je devais vivre longtemps1 je crois bi5 que je f9irais p> oubli] mon propre nom1 comme cela e/ arriv d'autres4 ,messala ,corv9us e/ demeur deux ans1 ayant compltem5t p]du la mmoire2 ce qui1 dit-on1 e/ galem5t surv5u ,georges de ,trbizonde4 ,et1 p5sant moi1 je songe s\v5t quelle a d tre alors leur vie et si1 v5ant p]dre cette facult1 il me re/]ait assez p\r que l'exi/5ce ne me soit pas trop insupportable2 en y reg>dant de prs1 je cra9drais que cette dfectuosit1 si elle tait complte1 ne p>alyst t\tes les fonctions de mon me3 ,je suis comme un vase fl1 je fuis de t\s les cts 7,tr5ce74 ,il m'e/ arriv plus d'une fois d'oubli] le mot 99 d'ordre que1 trois heures aup>avant1 j'avais donn moi-mme au guet1 ou qu'un autre m'avait communiqu1 et aussi de ne plus me s\v5ir1 quoi qu'en dise ,cicron1 o j'avais ca* ma b\rse2 la prcaution que je pr5ds de s]r] une *ose1 aide s\v5t me la faire p]dre4--,la mmoire r5f]me assurm5t non seulem5t la philosophie1 mais encore t\s les arts et t\t ce qui e/ l'image de la vie 7,cicron72 elle e/ le rceptacle1 l'tui o se cons]ve la sci5ce4 ,la mi5ne e/ si dfectueuse que je n'ai pas beauc\p m'tonn] si je sais si peu de *ose4 ,je connais en gnral le nom des arts1 ce quoi ils ont trait et ri5 de plus4 ,je feuillette les livres1 je ne les tudie pas2 ce qui m'en demeure1 je ne le reconnais plus comme v5ant d'autrui1 c'e/ uniquem5t ce que mon jugem5t s'e/ assimil1 les raisonnem5ts1 les ides dont il s'e/ pntr2 quant l'auteur1 aux passages d'o cela provi5t1 aux mots employs et autres p>ticul>its1 je les oublie sur-le-*amp2 et l'oubli e/ *ez moi tellem5t complet que je n'oublie pas mo9s que le re/e mes propres crits et ce que j'ai moi-mme compos2 t\t in/ant je suis1 cet g>d1 pris en faute sans mme que j'en aie consci5ce4 ,qui v\drait savoir de qui provi5n5t les v]s et les exemples que j'accumule dans cet ouvrage1 me mettrait bi5 en pe9e1 s'il me fallait le lui dire2 je ne les ai p\rtant m5dis qu' des portes connues et clbres1 ne me cont5tant pas de leur valeur intr9sque1 t5ant encore ce que la ma9 qui me les donne soit ri*e et honorable et que leur autorit aj\te la raison4 ,il n'y a ri5 d'tonnant ce qu'il se produise p\r mon livre ce qui arrive p\r les autres1 c> ma mmoire p]d le s\v5ir de ce que j'cris comme de ce que je lis1 et ce que je donne a le mme sort que ce que je reois4 ,il avait l'esprit l5t et obtus1 mais ce qu'il avait une fois compris1 il le ret5ait bi54--,outre le dfaut de mmoire1 j'en ai d'autres qui contribu5t beauc\p mon ignorance4 ,j'ai l'esprit l5t et obtus2 le mo9dre nuage arrte sa p]spicacit au po9t1 p> exemple1 que jamais je ne lui ai pos d'nigme1 si facile ft-elle1 qu'il ait su expliqu]2 il n'e/ si lgre subtilit qui ne m'emb>rasse2 des jeux o l'esprit a quelque "p1 tels que les *ecs1 les c>tes1 les dames et autres1 je ne compr5ds que les rgles gnrales4 ,j'ai la comprh5sion l5te et embr\ille1 mais ce qu'une fois elle a saisi1 elle le ti5t bi5 et l'embrasse compltem5t1 troitem5t1 pr(ondm5t1 aussi longtemps qu'elle le ti5t4 ,j'ai la vue longue1 sa9e et nette2 seulem5t qu& je travaille1 elle se lasse aism5t et se tr\ble1 ce qui fait que je ne puis demeur] longtemps avec les livres1 sans l'aide de quelqu'un qui me fasse la lecture4 ,il en rsulte p\r ceux qui se livr5t cette occupation dans de semblables conditions1 des p]tes de temps1 sur l'importance desquelles ,pl9e le jeune peut r5seign] ceux qui ne les connaiss5t pas4 ,son ignorance propos des *oses les plus communes4--,il n'e/ me si *tive et si abrupte1 en laquelle on ne voie po9dre quelque facult p>ticulire2 il n'y en a pas de si te9te qui ne se rvle de quelque faon2 mais comm5t il se fait qu'il y en ait qui1 aveugles et endormies s\s t\s autres rapports1 rapp>aiss5t vives1 claires1 p>faites1 qu& il s'agit d'une *ose dt]m9e1 l'explication en e/ dem&] aux matres4 ,les belles mes sont celles qui embrass5t t\t1 qui sont ouv]tes et prtes t\t2 elles peuv5t n'tre pas in/ruites1 elles sont susceptibles de l'tre4 ,ce que j'en dis e/ la critique de la mi5ne qui1 soit faiblesse1 soit non*alance 7et la non*alance l'g>d de ce qui e/ nos pi$s1 entre nos ma9s1 p\r ce qui t\*e de plus prs ce qui e/ en usage dans la vie1 e/ cep5dant *ose bi5 contraire mes pr9cipes71 en e/ ce po9t qu'il n'en e/ aucune d'aussi inepte1 d'aussi ignorante de c]ta9es *oses tellem5t sues de t\s1 qu'on ne peut sans honte ne pas les connatre2 je vais en donn] quelques exemples4 ,je suis n et ai t lev la campagne1 au milieu des *amps2 j'ai des affaires et des bi5s adm9i/r]1 depuis que ceux qui les possdai5t avant que j'en j\isse1 m'ai5t fait place4 ,or je ne sais calcul] ni avec des jetons1 ni avec la plume2 je ne connais pas la plup>t de nos monnaies2 je ne sais pas faire1 mo9s qu'elle ne soit trs app>5te1 la diffr5ce d'un gra9 avec un autre1 qu'il soit en t]re ou dans le gr5i]2 je di/+ue pe9e les *\x des laitues de mon j>d92 j'ignore mme les noms des u/5siles de mnage les plus usuels et les pr9cipes lm5taires d'agriculture que sav5t les enfants2 je me connais encore mo9s aux arts mcaniques1 au comm]ce1 aux m>*&ises1 aux div]ses espces de fruits1 de v9s1 de vi&es1 dress] un oiseau p\r la *asse1 trait] un *eval ou un *i5 malades2 et1 puisqu'il me faut av\] t\te ma honte1 il n'y a pas un mois1 on m'a surpris ne sa*ant pas en quoi le leva9 s]t la fabrication du pa91 ni ce que c'e/ que faire cuv] le v94--,quelqu'un1 ,a?nes1 dans l'antiquit1 prsuma l'aptitude d'un individu aux ma?matiques1 en le voyant ag5c] adroitem5t une *>ge de br\ssailles qu'il mettait en fagot2 en vrit1 de moi on peut conclure t\t le contraire1 c>1 me donn]ait-on t\t ce qu'il faut p\r faire la cuis9e1 que je demeur]ais avec la faim4 ,p> le peu que je confesse1 on peut jug] combi5 d'autres *oses font dfaut en moi4 ,mais ce que j'en dis importe peu2 mon b e/ atte9t1 si je me fais connatre tel que je suis2 aussi je ne m'excuse pas d'os] mettre p> crit des propos aussi peu relevs et aussi dnus d'intrt que ceux-ci1 le t]re t]re de mon sujet m'y oblige4 ,qu'on critique1 si on veut1 l'ide que j'en ai eue1 mais non la m>*e que je suis2 ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que sans avoir beso9 que l'on m'en av]tisse1 je vois assez p> moi-mme le peu que vaut t\t ceci1 le peu de cas qui en s]a fait et combi5 mon ide e/ folle2 et c'e/ dj beauc\p que mon jugem5t1 dont ce sont l des essais1 ne se dconc]te pas3 ,soyez aussi f9 critique qu'il e/ possible2 ayez du nez1 un nez comme ,atlas n'en v\drait pas2 confondriez-v\s p> vos plaisant]ies ,lat9us en p]sonne1 que v\s ne p>vi5driez pas dire pis de ces bagatelles1 que ce que j'en ai dit moi-mme4 ,p\rquoi m*] dans le vide8 ,il faut de la *air p\r p\voir mordre et se repatre4 ,ici v\s p]dez votre pe9e1 rp&ez ailleurs votre v59 sur ceux qui s'admir5t eux-mmes1 c> p\r moi1 je sais que t\t ceci n'e/ ri5 7,m>tial74--,je 99 ne me suis pas oblig ne pas dire de sottises1 p\rvu que je ne m'y trompe pas et les reconnaisse2 si bi5 qu'tre dans l'erreur en connaissance de cause m'e/ si ord9aire1 que ce n'e/ gure que de cette faon que je me mets en faute1 j'y suis r>em5t sans y pr5dre g>de2 c'e/ peu de *ose d'attribu] ma t\rnure d'esprit si ose des actes peu s5ss1 alors que je ne puis me df5dre de lui en attribu] cont9uellem5t qui sont vicieux4 ,foncirem5t irrsolu1 il tait port dans les cas d\teux suivre les autres ou s'en rapport] au has>d4--,je vis un j\r ,b>-le-,duc prs5t] au roi ,franois ,,ii1 p\r honor] la mmoire de ,r51 roi de ,sicile1 un portrait de lui-mme que celui-ci avait fait2 p\rquoi ne s]ait-il pas de mme p]mis *acun de se pe9dre avec la plume1 comme le roi ,r5 se peignait avec son crayon8 ,je ne veux pas non plus omettre mon endroit ce /igmate qu'il convi5t si peu de produire en public1 l'irrsolution1 dfaut si gnant *ez ceux qui ont la ge/ion des affaires du monde4 ,je ne sais pas pr5dre p>ti dans les que/ions d\teuses3 ,ni oui1 ni non1 mon cur ne me dit ri5 autre 7,ptr>que72 je sais bi5 discut] une op9ion1 je ne sais pas me prononc]4 ,dans les *oses huma9es1 de quelque ct que l'on p5*e1 il y a =ce app>5ces p\r2 ce qui faisait dire au philosophe ,*rysippe qu'il ne v\lait appr5dre de ,znon et de ,clan!1 ses matres1 que les pr9cipes de leur doctr9e et que1 quant aux preuves et aux raisonnem5ts mettre l'appui1 il se *>geait de les f\rnir lui-mme4 ,moi aussi1 de quelque ct que je me t\rne1 il me vi5t t\j\rs suffisamm5t de motifs vraisemblables p\r m'y arrt]2 et je m'ancre dans le d\te1 me rs]vant la lib]t de *oisir1 qu& j'y s]ai oblig p> les circon/ances2 vrai dire1 ce mom5t v5u1 je jette le plus s\v5t1 suivant le dicton1 la plume au v5t1 m'en remettant au has>d de la =tune2 la plus lgre impression1 la plus insignifiante p>ticul>it1 dcid5t de ma dt]m9ation3 ,lorsque l'esprit e/ dans le d\te1 la mo9dre impulsion le fait p5*] de l'un ou de l'autre ct 7,tr5ce74--,l'inc]titude de mon jugem5t ti5t1 dans c]ta9s cas1 la balance tellem5t gale1 que je m'en remettrais volonti]s la dcision du sort et des ds2 et je rem>que1 comme un tmoignage probant de la faiblesse huma9e1 les exemples que l'hi/oire sacre elle-mme n\s donne de s'en remettre la =tune et au has>d p\r1 dans les cas d\teux1 dcid] des *oix faire3 ,le sort tomba sur ,ma?ias 7,actes des ,aptres74 ,la raison huma9e e/ un glaive d\ble tran*ant et dang]eux mani]2 dans la ma9 mme de ,socrate1 son ami le plus intime et le plus famili]1 voyez combi5 de b\ts a un bton1 combi5 de solutions prs5te une mme affaire6 ,aussi ne suis-je capable que de suivre les autres1 et me laisse aism5t entran] p> la f\le2 je n'ai pas assez confiance en mes =ces1 p\r entrepr5dre de comm&] et de dirig]2 je suis bi5 aise de tr\v] ouv]t p> autrui le s5ti] o je *em9e4 ,s'il me faut c\rir la *ance d'un *oix inc]ta91 je prfre que ce soit la remorque d'un autre plus sr de ses op9ions et qui les p\se plus que je ne fais des mi5nes1 qui t\j\rs me p>aiss5t repos] sur une base glissante4 ,p> la mme raison1 il e/ peu favorable aux *angem5ts politiques4--,cep5dant je ne suis pas homme que l'on puisse facilem5t abus]1 d'autant que je saisis trs bi5 le ct faible des op9ions contraires4 ,donn] con/amm5t son ass5tim5t1 peut entran] bi5 des erreurs et bi5 des dang]s 7,cicron72 cela e/ vrai surt\t dans les affaires politiques qui prs5t5t un beau *amp ouv]t aux discussions et aux inc]titudes3 ,la balance dont les plateaux sont *>gs de poids gaux1 ne s'abaisse1 ni ne s'lve d'aucun ct 7,tibulle74--,les pr9cipes de ,ma*iavel1 p> exemple1 sont1 en p>eille matire1 assez srieux2 et p\rtant1 ils ont t trs aism5t rfuts1 et ceux qui l'ont fait1 y ont employ des objections t\t aussi facilem5t rfutables2 t\t argum5t on tr\ve t\j\rs bi5 deux1 trois ou quatre rpliques oppos]1 sans compt] ces inextricables dbats qui n'en f9iss5t pas1 que la *icane a introduits p\r1 autant que faire se peut1 prolong] les procs3 ,l'ennemi n\s bat1 n\s le battons notre t\r 7,horace74 ,les raisons mises de "p et d'autre1 ne repos5t gure que sur l'expri5ce1 et les vnem5ts huma9s se produis5t s\s tant de =mes que1 p\r *aque cas1 les exemples sont en nombre inf9i4--,un savant p]sonnage de notre poque dit que1 qu& nos almana*s prdis5t le *aud1 quelqu'un peut t\t aussi bi5 dire qu'il f]a froid2 qu'il f]a humide1 qu& ils prdis5t un temps sec2 prono/iqu] t\j\rs le contraire de ce qu'ils annonc5t2 et que si lui-mme avait p>i] p\r l'une ou l'autre de ces prdictions opposes1 peu lui import]ait de quel ct il se rang]ait1 sauf p\r ce qui ne saurait prt] inc]titude1 comme de prsag] ,nol des *aleurs excessives1 ou la ,sa9t-,jean les rigueurs de l'hiv]4 ,je p5se exactem5t de mme des discussions politiques3 quelle que soit la ?se que v\s s\t5iez1 v\s avez aussi beau jeu que votre adv]saire1 p\rvu que v\s ne v5iez pas heurt] les pr9cipes les plus lm5taires et qui saut5t aux yeux4 ,t\tefois1 mon s5s1 dans les affaires publiques1 il n'e/ pas de direction1 si mauvaise qu'elle soit1 qui1 si elle e/ con/amm5t suivie et applique depuis un c]ta9 temps dj1 ne soit prfrable des *angem5ts occasionnant des b\lev]sem5ts4 ,nos murs sont excessivem5t corrompues et ont une t5dance excessive dev5ir pires2 p>mi nos lois et nos usages1 il s'en tr\ve plusieurs de b>b>es et de mon/rueux2 et cep5dant1 en raison de la difficult d'amlior] ce qui exi/e et du dang] d'effondrem5t caus p> t\t *angem5t1 si je p\vais plant] une *eville qui arrtt le m\vem5t de notre r\e au po9t o n\s en sommes1 je le f]ais de bon cur3 ,il n'e/ pas d'action si honteuse et si infme1 qu'on ne puisse encore en cit] de pires 7,juvnal74--,ce que je tr\ve de plus malheureux en notre tat1 c'e/ l'in/abilit2 nos lois1 pas plus que nos vtem5ts1 ne peuv5t pr5dre de =me arrte4 ,il e/ facile d'accus] un g\v]nem5t d'imp]fection puisque t\t ce qui e/ mortel en e/ ple92 il e/ bi5 ais de p\ss] un peuple au mpris de ce qu'il obs]vait jadis2 il n'y a p]sonne qui l'ait entrepris1 qui n'en soit v5u b\t2 mais sub/itu] quelque *ose de meilleur ce que l'on a ru91 beauc\p qui l'ont t5t1 y ont p]du leur pe9e4--,dans ma conduite1 j'accorde peu de "p la prud5ce2 je me laisse m5] volonti]s v]s ce qui assure l'ordre public4 ,heureux peuple qui fait ce qu'on lui comm&e1 mieux que ne font ceux qui ordonn5t1 sans s'inquit] des causes de ce qu'on lui dem&e1 se laissant d\cem5t all] au gr de la ,provid5ce6 ,*ez qui raisonne et discute1 l'obissance n'e/ jamais entire1 ni sans arrire-p5se4 ,sur quoi e/ fonde l'e/ime que ,montaigne a de lui-mme1 il croit son bon s5s4--,en somme1 p\r en rev5ir moi1 cela seul en quoi je m'e/ime1 c'e/ ce en quoi jamais homme ne s'e/ cru dfectueux2 ce qui fait mon mrite e/ une *ose vulgaire1 que j'ai de commun avec n'importe qui3 je crois mon bon s5s2 et qui jamais a p5s en manqu]8 ce s]ait l une proposition en contradiction avec elle-mme4 ,croire manqu] de bon s5s1 e/ une maladie qui n'exi/e jamais *ez qui elle se voit2 si =te et si t5ace qu'elle soit1 il suffit cep5dant d'un c\p d'il de la "p de celui qui s'en croit atte9t1 p\r la p]c] et la dissip]1 comme fait le soleil d'un br\ill>d opaque2 s'en accus]1 s]ait s'en excus]2 se condamn] sur ce sujet1 s]ait s'abs\dre4 ,jamais portefaix ni femmelette n'ont p5s ne pas en avoir leur "p4 ,n\s conv5ons assez facilem5t *ez les autres de leur supriorit en fait de c\rage1 de leur =ce corporelle1 de leur expri5ce1 de leur bonne sant1 de leur beaut1 mais ne concdons p]sonne celle du jugem5t2 et t\t ce que les autres peuv5t dire1 inspir p> le simple bon s5s1 il n\s semble que cela n\s s]ait v5u de mme l'ide1 p\r peu que n\s y ayons song4 ,les ouvrages uniquem5t inspirs p> le bon s5s1 attir5t peu de rputation leur auteur1 p>ce que *acun se croit capable d'en faire autant4--,n\s n\s r5dons bi5 aism5t compte que les ouvrages des autres sont suprieurs aux ntres s\s le rapport de la sci5ce1 du /yle1 etc42 mais p\r les simples productions de l'ent5dem5t1 *acun p5se qu'il e/ mme d'en mettre de semblables et n'en reconnat qu' gr&'pe9e la *>ge et la difficult1 et seulem5t qu& la di/ance entre ce qu'il voit *ez les autres et ce qu'il peut lui-mme e/ tellem5t gr&e que cela ne peut se comp>]1 et encore8 ,qui apprci]ait sa9em5t l'lvation laquelle atte9t la puissance de jugem5t qu'il con/ate *ez autrui1 arriv]ait port] le si5 mme hauteur4 ,aussi1 ne devons-n\s n\s att5dre ne retir] de ces productions que peu d'loges et pas gr&e considration1 elles sont trop peu prises4--,p\r qui du re/e les crivez-v\s8 ,les savants auxquels il app>ti5t de jug] des livres1 ne reconnaiss5t de valeur qu' ce qui e/ con=me la doctr9e2 ils n'admett5t aucune uvre de l'esprit autre que celles qui trait5t d'rudition et d'art2 v\s e/-il arriv d'avoir pris un ,scipion p\r l'autre1 v\s ne p\vez plus ds lors dire ri5 qui vaille4 ,qui1 selon eux1 ne connat ,ari/ote1 de ce fait seul1 s'ignore lui-mme4 ,d'autre "p1 les mes 99 communes qui compos5t la masse1 ne saisiss5t pas ce qu'il y a de grce dans un ouvrage1 traitant d'une faon aise 99 un sujet lev4 ,or1 ces deux espces de g5s se p>tag5t le monde2 il y en a bi5 une troisime1 prcism5t la plus mme de v\s compr5dre1 qui se compose des esprits pondrs et =ts p> eux-mmes2 mais elle e/ si r>e qu'elle n'a ni nom1 ni rang p>mi n\s2 et c'e/ moiti p]dre son temps que de faire ef=t p\r aspir] lui plaire4 ,montaigne e/ime que ses op9ions sont sa9es1 p>ce qu'il les ti5t p\r telles malgr le peu de cas qu'il fait de lui-mme1 et aussi p>ce qu'il s'analyse sans cesse4--,on dit communm5t que le p>tage le plus ju/e que la nature n\s ait fait de 99 ses dons1 e/ celui du bon s5s1 p>ce qu'il n'y a p]sonne qui ne soit satisfait de la "p qui lui a t faite3 c'e/ raisonnable2 qui v]rait au del1 v]rait plus lo9 que ne porte sa vue4 ,je p5se que mes op9ions sont bonnes et sa9es1 mais qui n'en p5se pas autant des si5nes8 ,l'une des meilleures preuves que j'aie de l'excell5ce des mi5nes1 c'e/ le peu d'e/ime que je fais de moi-mme2 si rellem5t elles n'tai5t pas ju/es1 elles n'aurai5t pas rsi/ l'affection que je me porte1 affection s+ulire d'un homme qui la ramne presque entirem5t soi et ne l'p& gure aut\r de lui4 ,t\t ce que les autres en di/ribu5t une f\le d'amis et connaissances1 en vue de leur gloire1 de leur gr&eur1 j'en use uniquem5t p\r moi et p\r la tranquillit de mon esprit2 ce qui1 m'*appant1 va ailleurs1 ce n'e/ pas p>ce que ma raison l'ordonne1 mais involontairem5t3 ,vivre bi5 et me bi5 port]1 voil t\te ma philosophie 7,lucrce74 ,or1 je tr\ve t\j\rs mes op9ions con/amm5t disposes condamn] h>dim5t mon insuffisance4 ,c'e/ qu'aussi1 c'e/ l vraim5t un sujet auquel j'applique mon jugem5t autant qu' nul autre4 ,le monde reg>de t\j\rs en face de lui2 moi1 je replie ma vue en d$ans de moi-mme1 je l'y reti5s et l'y amuse4 ,*acun reg>de devant soi1 t&is que c'e/ en moi que je reg>de1 ne m'occupant que de moi2 sans cesse je me considre1 je m'obs]ve et m'analyse4 ,les autres1 qu& ils p5s5t srieusem5t1 vont t\j\rs ailleurs1 t\j\rs en avant3 ,p]sonne ne t5te de desc5dre en soi-mme 7,p]se72 moi1 je m'y r\le4--,cette aptitude reconnatre en moi ce qui e/ la vrit quelle qu'elle soit1 et cette disposition qui fait que je devi5s aism5t l'esclave de ce quoi je crois1 c'e/ surt\t moi que je les dois2 c> les ides d'ordre gnral les plus arrtes que j'aie1 sont1 si je puis m'exprim] a9si1 nes avec moi2 elles me sont naturelles et sont entirem5t mi5nes4 ,je les ai t\t d'abord exposes simplem5t1 dp\illes de t\t artifice1 s9cres et h>dies1 mais s\s une =me un peu hsitante et imp>faite2 depuis1 je les ai =mules et =tifies en les tayant de l'autorit d'autres p]sonnes et des meilleurs exemples tirs de ceux des anci5s avec lesquels mon jugem5t e/ d'accord2 ils m'ont confirm dans l'ide de m'y t5ir1 et m'en ont r5du plus 99 entires la j\issance et la possession4--,l'e/ime que *acun *]*e acqurir p> un esprit vif et prompt1 je prt5ds y arriv] p> un esprit bi5 rgl2 au lieu que ce soit p> une action ex]ce d'une faon clatante et signale1 ou p> quelque capacit hors ligne1 ce s]a p> l'ordre1 la pondration1 et le calme de mes op9ions et de mes murs3 ,s'il e/ quelque *ose d'honorable1 c'e/ sans contr$it une conduite uni=me et consqu5te dans t\s les actes de la vie1 ce qui ne peut se tr\v] *ez un homme qui1 se dp\illant de son c>actre1 s'atta*e imit] les autres 7,cicron74 ,il fait peu de cas de son poque1 peut-tre p>ce qu'il la comp>e sans cesse avec l'antiquit4--,voil donc comm5t et dans quelle mesure1 sur ce premi] po9t1 que n\s sommes ports concevoir une trop haute ide de n\s-mmes1 je puis me dire atte9t de ce dfaut qu'e/ la prsomption4 ,quant la seconde faon dont il se manife/e1 qui e/ de ne pas faire suffisamm5t cas d'autrui1 je ne sais si je p>vi5drai m'en excus] aussi bi52 t\tefois et quoi qu'il m'en cote1 je suis dcid dire ce qui en e/4 ,peut-tre que mes frqu5tations cont9ues des ides qui prvalai5t dans l'antiquit1 et ce que j'ai ret5u de ces mes si ri*es des temps passs1 me dgt5t des autres et de moi-mme2 peut-tre aussi e/-il exact que n\s vivons en un sicle qui ne produit ri5 que de bi5 mdiocre2 t\j\rs e/-il que je ne sais quoi que ce soit p>mi n\s digne de gr&e admiration4 ,a la vrit je ne connais pas beauc\p d'hommes assez intimem5t1 p\r p\voir les jug]1 et p\r ce qui e/ de ceux qu'en raison de ma position je frqu5te le plus ord9airem5t1 ce sont p\r la plup>t des g5s qui se proccup5t peu de la culture de l'me et auxquels on ne propose p\r t\te satisfaction d]nire que l'honneur1 et p\r t\t moy5 d'y p>v5ir que la vaillance4 ,il a t\j\rs plaisir l\] le mrite p>t\t o il le r5contre *ez ses amis1 et mme *ez ses ennemis4--,ce que je vois de beau *ez les autres1 je le l\e et l'e/ime trs volonti]s2 je 99 r5*ris mme s\v5t sur ce que j'en p5se2 je me p]mets cette exagration1 mais ri5 de plus1 c> je suis incapable d'inv5t] de t\tes pices quelque *ose qui ne s]ait pas4 ,je tmoigne avec plaisir de ce qui1 *ez mes amis1 e/ digne d'loge2 p\r un pi$ de valeur qu'ils peuv5t avoir1 je leur en accorde aism5t un et demi2 mais je ne saurais leur attribu] des qualits qu'ils n'ont pas1 ni les df5dre qu& mme des imp]fections qu'ils ont4 ,mme mes ennemis1 je r5ds nettem5t tmoignage de ce qui e/ leur honneur2 mes s5tim5ts vis--vis d'eux sont autres1 mais mon jugem5t n'en e/ pas altr2 je ne fais pas entr] la qu]elle qui n\s sp>e1 en ligne de compte avec des considrations o elle n'a que faire2 je suis si jal\x de cons]v] t\te lib]t mon jugem5t1 que je me rs\s difficilem5t y r5onc]1 s\s l'empire de quelque passion que ce soit2 je me fais1 en m5tant1 plus d'injure moi-mme qu' celui auquel s'applique mon m5songe4 ,cette l\able et gnreuse c\tume qui rgnait en ,p]se1 de t\j\rs p>l] honorablem5t et quitablem5t1 autant que le comportait le mrite de leur v]tu1 de leurs ennemis mortels1 de ceux auxquels ils faisai5t une gu]re outrance1 e/ digne de rem>que4 ,les hommes complets sont r>es2 loge de son ami ti5ne de la ,botie4--,je connais nombre d'hommes qui ont de belles qualits de div]ses sortes3 celui-ci a de l'esprit1 celui-l du cur1 d'autres ont soit de l'habilet1 soit de la consci5ce1 soit le don de la p>ole1 sont des savants mrites1 etc42 mais des hommes gr&s en t\tes *oses1 qui ai5t t\tes ces belles facults runies1 ou l'une d'elles un degr qui =ce les admir] et p]met de les comp>] aux hommes des temps passs que n\s honorons1 je n'ai pas eu la bonne =tune d'en r5contr] un seul4 ,de ceux que j'ai connus fond1 le plus gr&1 j'ent5ds s\s le rapport des dons naturels de l'me1 le mieux d\1 a t ti5ne de la ,botie4 ,c'tait une nature vraim5t complte1 suprieure t\s g>ds1 une me de vieille m>que1 qui et atte9t de gr&s rsultats1 si sa =tune l'et p]mis2 c>1 ce naturel dj si ri*e1 il avait beauc\p aj\t p> l'tude et la sci5ce4 ,les g5s de lettres sont va9s et faibles d'ent5dem5t2 peut-tre e/-on port env]s eux peu d'indulg5ce4--,je ne sais comm5t cela se fait1 bi5 qu'il n'y ait pas de d\te sur ce po9t1 qu'on r5contre autant de vanit et de faiblesse de jugem5t *ez ceux de pr(essions comportant une c]ta9e in/ruction et s'adonnant l'tude des lettres1 ou dans des situations qui font qu'ils frqu5t5t c\ramm5t les livres1 que *ez n'importe quelle autre sorte de g5s4 ,peut-tre e/-ce p>ce qu'on leur dem&e plus1 qu'on en att5d davantage1 et qu'on ne peut excus] *ez eux les mmes fautes qu'on excuse *ez t\t le monde2 ou encore1 p>ce que la bonne op9ion qu'ils ont de leur savoir les r5d plus h>dis se produire sans s'obs]v] suffisamm5t1 et fait qu'ils se trahiss5t et se p]d5t4 ,de mme que *ez un arti/e se rvle bi5 plus son incapacit1 qu& c'e/ une matire de prix qu'il a entre les ma9s1 s'il vi5t la travaill] et la trait] maladroitem5t et contre les rgles de l'art1 que s'il s'agissait d'une matire sans valeur2 de mme aussi qu'un dfaut dans une /atue en or *oque plus que si elle tait en pltre2 une impression analogue se produit en n\s1 lorsque ces lettrs mett5t en relief des *oses bonnes p> elles-mmes et lorsqu'elles sont leur place1 mais dont ils us5t sans discrtion1 faisant preuve de mmoire aux dp5s de leur bon s5s1 prs5tant ple-mle notre admiration ,cicron1 ,gali51 ,ulpian1 ,sa9t ,jrme1 et1 p> ces citations intempe/ives1 ne faisant que davantage ressortir combi5 ils sont ridicules4 ,mauvaise direction imprime l'ducation2 une bonne ducation modifie le jugem5t et les murs4 ,les murs du peuple1 en leur simplicit1 sont plus rgles que celles des philosophes de ce temps4--,je me laisse all] repr5dre mes rflexions sur l'ineptie de l'ducation qui n\s e/ donne2 elle vise faire de n\s1 non des hommes bons et sages1 mais des hommes de savoir2 elle y e/ arrive4 ,n\s n'avons pas appris aim] et pratiqu] la v]tu et la prud5ce1 mais on n\s a inculqu de pass] ct et on n\s en a enseign l'tymologie4 ,v]tu e/ un sub/antif que n\s savons dcl9]1 si n\s ne savons aim] ce qu'il reprs5te4 ,n\s ignorons ce que c'e/ que la prud5ce1 p\r n'en pas connatre les effets et ne pas l'avoir exprim5te2 mais n\s en connaissons la df9ition et p\vons la rcit] p> cur4 ,lorsqu'il s'agit de nos vois9s1 n\s ne n\s cont5tons pas d'en connatre la race1 les p>5ts1 les allis1 n\s v\lons encore li] conv]sation et entr] en relations avec eux1 les avoir p\r amis2 t&is que p\r la v]tu1 on n\s en a bi5 appris les df9itions1 les divisions et subdivisions1 mais1 comme on fait des surnoms et des bran*es d'une gnalogie1 sans avoir att5tion d'tablir entre elle et n\s des rapports de famili>it et un rappro*em5t intime4 ,p\r faire notre appr5tissage1 on n\s met des livres en ma91 non ceux o sont exposes les op9ions les plus sa9es et les plus vraies1 mais ceux crits dans le meilleur grec et le meilleur lat9 et qui1 avec le meilleur *oix d'expressions1 imprgn5t notre esprit des ides les plus va9es qui avai5t c\rs dans l'antiquit4 ,une bonne ducation modifie le jugem5t et les murs1 a9si qu'il adv9t ,polmon1 ce jeune ,grec dbau* qui1 tant all ent5dre1 p> occasion1 une leon de ,xnocrate1 ne fut pas seulem5t frapp de l'loqu5ce et du savoir du matre et ne se borna pas rapport] *ez lui la connaissance de quelque belle ?orie1 mais en retira un fruit plus tangible et plus solide1 la r=me et le *angem5t immdiats de la vie qu'il avait antrieurem5t m5e4 ,qui a jamais ress5ti p>eil effet de l'enseignem5t que n\s recevons8 ,f]ez-v\s ce que fit autrefois ,polmon conv]ti8 ,quitt]ez-v\s la livre de la dbau*e1 les b&elettes1 les c\ss9s1 les va9es p>ures1 comme on raconte de ce jeune dbau* qui1 assi/ant un j\r1 p> has>d1 une leon de l'au/re ,xnocrate1 arra*a de son front et jeta la drobe les fleurs dont1 la mode des buveurs1 il tait c\ronn 7,horace78 ,la condition la plus enviable p\r l'homme me semble tre celle qui1 p> sa simplicit1 n\s place au d]ni] rang et procure notre exi/5ce le plus de rgul>it4 ,les murs1 les aspirations des paysans me p>aiss5t en gnral plus con=mes aux pr9cipes de la vraie philosophie que ne sont celles de nos philosophes3 ,le vulgaire e/ plus sage1 p>ce qu'il n'e/ sage qu'autant qu'il le faut 7,lactance74 ,hommes de gu]re1 politiques1 potes et autres qui seuls1 p>mi ceux de son sicle1 sembl5t ,montaigne mrit] une m5tion spciale4--,les hommes que je mets en premire ligne1 en jug] p> les app>5ces extrieures 7c> p\r les apprci] ma manire1 il faudrait les exam9] de plus prs71 sont3 le duc de ,guise qui m\rut ,orlans et feu le ,m>*al ,/rozzi1 s\s le rapport de leur capacit militaire et en tant qu'hommes de gu]re2 les *anceli]s de ,france ,olivi] et l',hospital1 comme rem>quables p> leur haute intellig5ce et leur v]tu suprieure ce qui se r5contre communm5t4--,la posie lat9e semble avoir t =t cultive en notre sicle1 n\s y avons abondance de bons auteurs3 ,daurat1 de ,bze1 ,bu*anan1 l',hospital1 ,mont-,dor1 ,turnebus4 ,la posie franaise a t1 mon avis1 porte aussi haut qu'elle atte9dra jamais2 dans les g5res o excell5t ,rons>d et du ,bellay1 elle ne s'loigne gure1 j'e/ime1 de la p]fection laquelle on e/ arriv dans l'antiquit4 ,adri5 ,turnebus savait plus1 et ce qu'il savait1 il le savait mieux qu'aucun homme de ce sicle1 encore p\rrait-on remont] plus haut4--,la vie du d]ni] duc d',albe dcd et celle de notre conntable de ,montmor5cy ont t de nobles exi/5ces qui1 sur plusieurs po9ts1 ont des ressemblances comme il s'en r5contre r>em5t2 mais la belle et glorieuse mort de ce d]ni]1 s\s les yeux de ,p>is et de son roi1 p\r leur s]vice1 la tte d'une arme victorieuse1 dans un c\p de ma9 qu'il dirigeait lui-mme malgr son extrme vieillesse1 ayant comme adv]saires ses plus pro*es p>5ts1 mrite de pr5dre place p>mi les vnem5ts les plus rem>quables de mon poque4 ,de mme aussi la bont1 la d\ceur de murs1 la consci5ce claire de ,m4 de la ,n\e1 qui ne se dm5tir5t jamais en ces temps d'abus si criants1 commis p> les factions en armes 7vritable cole de trahison1 d'inhumanit et de brig&age71 au milieu desquelles il n'a cess de se montr] gr& homme de gu]re1 des plus exprim5ts4 loge de ,m>ie de ,g\rnay1 sa fille d'alliance4--,j'ai pris plaisir publi]1 en plusieurs circon/ances1 les esprances que j'ai conues de ,m>ie de ,g\rnay le ,j>s1 ma fille d'alliance1 que j'aime c]tes d'une affection beauc\p plus que pat]nelle et que1 dans ma retraite et ma solitude1 je me complais considr] comme l'une des meilleures portions de moi-mme2 je n'ai plus d'yeux que p\r elle au monde4 ,si on peut s'en rapport] ce que prsage l'adolesc5ce1 cette me s]a quelque j\r capable de ce qu'il y a de plus beau2 entre autres d'atte9dre1 en cette *ose si sa9te qu'e/ l'amiti1 la p]fection porte un degr auquel n\s n'avons pas lu que son sexe ait pu encore p>v5ir4 ,la s9crit et la solidit de son c>actre se sont dj leves bi5 haut2 son affection p\r moi1 qui dpasse t\t ce que je p\vais ambitionn]1 e/ telle1 que je n'ai1 en somme1 ri5 s\hait] que de la voir mo9s cruellem5t affecte p> l'apprh5sion qu'elle a de ma mort1 m'ayant connu alors que dj j'avais c9quante-c9q ans4 ,l'apprciation que1 femme1 jeune1 vivant isole dans sa prov9ce1 elle a1 en ce sicle1 porte sur mes premi]s ,essais1 la f\gue si rem>que avec laquelle elle s'e/ prise d'amiti p\r moi1 le dsir qu'elle avait depuis longtemps d'entr] en relations avec moi1 uniquem5t en raison de l'e/ime que je lui avais inspire et cela bi5 longtemps avant de m'avoir vu1 sont des p>ticul>its qui mrit5t de ret5ir l'att5tion4 ,p> ces temps de gu]re civile cont9ue1 la vaillance1 en ,france1 e/ dev5ue une v]tu commune4--,les v]tus autres que la vaillance ne sont que peu ou po9t de mise dans les temps actuels2 mais celle-ci s'e/ tellem5t gnralise p> suite de nos gu]res civiles1 qu'il y a p>mi n\s des mes dont la f]met va jusqu' la p]fection2 et leur nombre en e/ si gr&1 qu'une slection e/ impossible faire4 ,c'e/ l t\t ce que1 jusqu' cette heure1 je connais ayant un c>actre de gr&eur extraord9aire1 dpassant ce qui se voit d'habitude4 ,,*apitre ,,xviii4 ,du fait de donn] ou recevoir des dm5tis4 ,si1 dans son livre1 ,montaigne p>le si s\v5t de lui-mme1 c'e/ p\r laiss] un s\v5ir de lui ses amis4--,oui1 me dira-t-on1 se pr5dre soi-mme p\r sujet d'un ouvrage1 e/ excusable1 mais seulem5t *ez quelques hommes faisant exception qui1 arrivs la clbrit1 ont pu1 p> leur rputation1 inspir] le dsir de les connatre4 ,il e/ c]ta91 je le reconnais et le sais bi51 que p\r voir un homme qui ne se di/+ue pas du commun1 un artisan lv]a pe9e les yeux de dessus son travail1 l mme o1 p\r voir pass] un gr& p]sonnage dont l'arrive dans une ville e/ signale1 on ab&onne ateli]s et b\tiques4 ,il ne si$ p]sonne de se faire connatre1 si ce n'e/ ceux qui ont de quoi se faire imit] et dont la vie et les op9ions peuv5t s]vir de modle4 ,cs> et ,xnophon1 p> la gr&eur de leurs actions1 avai5t matire suffisante p\r lev] et tablir1 comme sur des bases conv5ables et solides1 les rcits qu'ils n\s en ont laisss2 p\r la mme raison1 n\s sommes fonds regrett] que le j\rnal des hauts faits d',alex&re le ,gr&1 les comm5taires qu'ont crits de leurs propres actes ,augu/e1 ,caton1 ,sylla1 ,brutus et autres1 ne n\s ai5t pas t cons]vs2 on aime et on tudie de telles figures1 mme si elles ne sont qu'en cuivre ou en pi]re4 ,cette critique e/ trs ju/e1 mais me t\*e bi5 peu3 ,je ne rcite pas ceci t\t v5ant1 en t\s lieux1 ni en prs5ce de n'importe qui2 je ne le lis qu' mes amis et seulem5t lorsqu'ils m'en pri5t2 il e/ beauc\p d'auteurs1 au contraire1 qui dclam5t leurs ouvrages en ple9 =um et dans les ba9s publics 7,horace74 ,je ne dresse pas ici une /atue rig] dans un c>ref\r d'une ville1 dans une glise ou sur une place publique3 ,mon desse9 n'e/ pas de grossir mon livre de pompeuses billeveses2 en quelque sorte en tte tte avec mon lecteur1 j'y p>le sans prt5tion 7,p]se72 il e/ de/9 tre rang dans un co9 de biblio?que et s]vir amus] un vois91 un p>5t1 un ami qui aura plaisir me retr\v] et pass]1 grce cette pe9ture1 encore un mom5t avec moi4 ,d'autres ont pris cur de p>l] d'eux1 p>ce qu'ils tr\vai5t que le sujet tait digne et fcond2 *ez moi1 au contraire1 je l'e/ime si /rile et si pauvre1 que je ne saurais tre s\ponn d'o/5tation4 ,je juge volonti]s les actions d'autrui1 les mi5nes s'y prt5t peu en raison de leur nullit2 je ne tr\ve pas tant de bi5 en moi1 que je ne me p]mette de le dire sans r\gir4--,quelle satisfaction j'pr\v]ais d'ent5dre quelqu'un me dpe9dre a9si les habitudes1 les traits du visage1 l'attitude1 les propos usuels1 les incid5ts de la vie de mes anctres2 quelle att5tion j'y prt]ais6 ,ce s]ait vraim5t le fait d'une mauvaise nature1 de ne pas faire cas de portraits au!ntiques de nos amis et de ceux qui n\s ont prcds2 de ne pas n\s intress] la =me de leurs vtem5ts1 celle de leurs armes4 ,je cons]ve l'criture des mi5s1 leur ca*et1 99 des livres de prires1 une pe d'un modle p>ticuli] 99 qu'ils ont porte1 et n'ai pas jet hors de mon cab9et de longues gaules1 lui s]vant de crava*es1 que mon pre avait ord9airem5t la ma93 ,l'habit d'un pre1 son anneau1 sont d'autant plus *]s ses enfants1 que ceux-ci lui tai5t plus affectionns 7,s4 ,augu/974 ,si cep5dant mes desc5dants vi5n5t avoir d'autres ides1 je s]ai trs mme d'avoir ma revan*e1 c> ils ne saurai5t faire mo9s de compte de moi1 qu' ce mom5t je f]ai d'eux4 ,je n'ai en ceci comm]ce avec le public que p>ce que je lui emprunte son mode d'criture1 plus rapide et plus commode que l'criture c\rante2 en rcomp5se1 peut-tre qu'en le f\rnissant de papi] p\r envelopp] son beurre1 j'emp*]ai que sur le m>* quelque morceau ne vi5ne fondre3 ,de la sorte les ?ons et les olives ne manqu]ont pas d'enveloppes 7,m>tial72 ,je f\rnirai s\v5t aux maqu]eaux des habits o ils s]ont l'aise 7,catulle74 ,p]sonne ne le lirait il1 qu'il n'en aurait pas mo9s employ son temps d'une faon trs agrable s'tudi] et se pe9dre4--,alors mme que p]sonne ne me lirait1 aurai-je p]du mon temps1 p\r avoir employ tant d'heures oisives de si utiles et agrables p5ses8 ,pr5ant un m\lage de mon propre visage1 j'ai d bi5 s\v5t1 p\r me produire1 me p>] et compos] mon ma9ti51 si bi5 que le modle a pris de la fixit et s'e/ en quelque sorte =m de lui-mme4 ,me peignant p\r autrui1 j'ai pe9t le d$ans de moi-mme de c\leurs plus nettes que celles qu'il prs5tait primitivem5t4 ,je n'ai pas plus fait mon livre1 que mon livre ne m'a fait2 il ne fait qu'un avec son auteur2 c'e/ une tude de moi-mme1 il e/ p>tie intgrante de ma vie1 je ne suis pas autre qu'il me reprs5te et il n'e/ pas diffr5t de ce que je suis2 il ne vise pas comme t\s les autres ouvrages un b autre que la p]sonnalit de celui qui l'crit et auquel il demeure trang]4 ,ai-je p]du mon temps en me scrutant avec tant de so9 et de cont9uit8 ,ceux qui1 p> simple caprice et dans le c\rs d'une conv]sation1 font un ret\r de quelques mom5ts pe9e sur eux-mmes1 ne s'exam95t ni si avant1 ni si exactem5t que celui qui en fait son tude1 son uvre1 son mti]1 qui a pris vis--vis de lui-mme l'engagem5t de consign] avec s9crit et sans ambages au mieux de ce qu'il peut1 t\t ce qu'il s5t en lui2 les plaisirs les plus dlicieux1 ne les sav\rons-n\s pas en n\s-mme1 vitant d'en laiss] trace et de les rvl] aux yeux non seulem5t de la f\le1 mais de t\t autre8 ,combi5 de fois ce travail n'a-t-il pas t une div]sion des p5ses ennuyeuses1 au nombre desquelles sont rang] t\tes les p5ses frivoles4--,la nature n\s a l>gem5t gratifi de la facult de n\s isol] p\r rfl*ir2 et elle n\s y invite s\v5t1 p\r n\s appr5dre que n\s n\s devons en p>tie la socit1 mais plus encore n\s-mmes4 ,af9 de contra9dre notre imag9ation apport] de l'ordre jusque dans ses rv]ies1 de les faire port] sur des objets dt]m9s et de l'emp*] de se p]dre en se laissant all] extravagu] au gr des v5ts1 il n'e/ ri5 de tel que de donn] corps1 en en pr5ant note1 ces ides passagres qui se prs5t5t l'esprit2 c'e/ ce qui fait que j'c\te celles qui me pass5t p> la tte1 m'tant impos de les consign] p> crit4 ,combi5 de fois1 attri/ de quelque action que la civilit ou la raison m'emp*ai5t de critiqu] ouv]tem5t1 m'en suis-je d*>g dans ces ,essais1 avec l'arrire-p5se que cela contribu]ait l'in/ruction de t\s8 ,d'ailleurs ces v]ges potiques3 ,pan sur l'il1 pan sur le gro91 pan sur le dos du sag\9 7,m>ot71 produis5t encore plus d'effet sur le papi]1 qu'appliques sur la *air vive4--,et puis1 je prte un peu plus att5tion aux livres1 depuis que j'y re*]*e ce que j'en puis grappill] p\r agrm5t] et donn] du relief au mi54 ,je n'ai aucunem5t tudi en vue d'en faire un1 mais j'ai quelque peu travaill t&is que je le faisais1 si c'e/ travaill] mme un peu que d'effleur] tantt un auteur1 tantt un autre en le pr5ant soit p> le comm5cem5t1 soit p> la f91 non p\r me =m] une op9ion1 mais af9 de m'en s]vir p\r en tir] aide et r5=t p\r celle dj faite depuis longtemps en moi4 ,son sicle e/ si corrompu1 que l'on ne se fait plus scrupule de p>l] contre la vrit4--,mais qui croirons-n\s1 en ces temps p]v]s1 qu& il p>le de lui-mme1 alors qu'il n'e/ p]sonne1 ou peu prs1 en qui n\s puissions croire qu& on n\s p>le d'autrui1 cas o il y a mo9s intrt m5tir8 ,la premire manife/ation de la corruption des murs1 c'e/ le bannissem5t de la vrit2 tre vrai1 e/1 a9si que le disait ,p9d>e1 le comm5cem5t d'une gr&e v]tu2 c'e/ la premire condition que ,platon impose au ,g\v]neur de sa rpublique4 ,*ez n\s auj\rd'hui1 la vrit n'e/ pas ce qui e/1 mais ce qui arrive p]suad] autrui2 de mme que n\s appelons monnaie1 non seulem5t celle de bon aloi1 mais encore celle qui e/ fausse1 p\rvu qu'elle passe4 ,c'e/ l un vice que l'on repro*e depuis longtemps notre nation2 ,salvianus ,massili5sis1 qui vivait du temps de l'emp]eur ,val5t9i51 disait que p\r les ,franais1 m5tir et se p>jur] ne sont pas des vices1 mais simplem5t une faon de p>l]4 ,celui qui v\drait en*rir sur ce tmoignage p\rrait dire qu' prs5t1 p\r eux1 c'e/ une v]tu2 on s'y =me1 on s'y faonne1 comme on f]ait p\r un ex]cice honorable1 p>ce que la dissimulation e/ dev5ue une des qualits les mieux portes en ce sicle4 ,et cep5dant ri5 n'(f5se plus que de s'ent5dre v\s en faire repro*e2 il e/ vrai que m5tir e/ une l*et4--,j'ai s\v5t rfl*i d'o p\vait prov5ir cette c\tume que n\s obs]vons si religieusem5t1 de n\s s5tir plus gravem5t (f5ss qu& on n\s repro*e ce vice qui n\s e/ si ord9aire1 que si le repro*e s'adressait t\t autre de nos dfauts1 et que l'injure la plus grave que l'on puisse n\s adress] v]balem5t soit de n\s repro*] de pratiqu] le m5songe4 ,j'en suis arriv p5s]1 cet g>d1 que ce doit tre p>ce qu'il e/ naturel de n\s df5dre davantage des dfauts auxquels n\s sommes le plus encl9s2 il semble qu'en n\s montrant plus s5sibles l'accusation et en n\s en m\vant1 n\s attnuons en quelque sorte notre culpabilit2 si n\s commettons la faute1 du mo9s la condamnons-n\s en app>5ce4 ,ne s]ait-ce pas aussi p>ce que ce repro*e semble dnonc] en n\s de la c\>dise et de la l*et de cur8 ,o sont-elles en effet plus c>actrises que *ez celui qui se ddit de sa p>ole1 qui se ddit de ce qu'il sait tre8 ,m5tir e/ un vila9 dfaut dont quelqu'un dans l'antiquit faisait bi5 ressortir la honte1 en disant que c'tait un acte de mpris env]s ,dieu1 en mme temps qu'un tmoignage de la cra9te qu'on a des hommes4 ,il n'e/ pas possible d'en r5dre plus heureusem5t l'horreur1 combi5 il e/ vil et m>que de drglem5t2 c> que peut-on imag9] de plus laid que d'tre c\>d vis--vis des hommes et de faire le brave vis--vis de ,dieu8 ,nos rapports entre n\s n'ont lieu que p> la p>ole2 fauss] cette p>ole1 c'e/ donc trahir la socit1 puisqu'elle e/ le seul moy5 p> lequel n\s p\vons communiqu] nos p5ses et nos volonts1 qu'elle e/ l'int]prte de notre me4 ,si cet int]mdiaire n\s fait dfaut1 l'association s'effondre1 n\s ne n\s reconnaissons plus les uns les autres2 s'il n\s trompe1 il rompt t\tes nos relations1 t\s les li5s qui reti5n5t notre gr\pem5t sont dtruits4--,c]ta9s peuples des ,n\velles ,indes1 dont il n'y a pas intrt donn] les noms qui n'exi/5t plus 7c> dans cette conqute1 accomplie de faon si extraord9aire1 si in\e1 la dva/ation a t telle que mme les noms1 s]vant jadis dsign] c]ta9es localits1 ont compltem5t disp>u71 (frai5t leurs dieux du sang huma91 exclusivem5t tir de la langue et des oreilles1 en expiation du p* de m5songe1 p]ptr aussi bi5 en c\tant qu'en p>lant4--,ce p]sonnage grec si v]tueux1 dj cit1 disait qu'on amuse les enfants avec des osselets et les hommes avec des p>oles4 ,les ,grecs et les ,roma9s1 mo9s dlicats que n\s sur ce po9t1 ne s'(f5sai5t pas de recevoir des dm5tis4--,je remets une autre fois p>l] des circon/ances div]ses o n\s usons de dm5tis1 et des lois qu' cet g>d l'honneur n\s impose et des alt]natives p> lesquelles elles ont pass2 d'ici l je saurai1 si cela m'e/ possible1 quelle poque s'e/ introduite l'habitude que n\s avons de pes] et de mesur]1 aussi exactem5t que n\s le faisons auj\rd'hui1 les p>oles qui n\s sont dites et d'y atta*] notre honneur4 ,il e/ ais de con/at] en effet que cela n'exi/ait anci5nem5t ni *ez les ,grecs1 ni *ez les ,roma9s1 et il m'a s\v5t sembl n\veau et trange de voir1 *ez ces peuples1 les g5s se donn] des dm5tis et s'injuri] sans que cela les am5t se battre3 ce quoi le devoir les obligeait en p>eille circon/ance1 devait tre autre que ma9t5ant4 ,on lance ,cs> en ple9e figure1 tantt l'pi?te de voleur1 tantt celle d'ivrogne2 n\s voyons les uns et les autres s'injuri] sans la mo9dre ret5ue1 les plus gr&s *efs de deux armes en prs5ce s'invectiv] et ne rpondre aux injures que p> des injures1 sans que cela tire autrem5t consqu5ce4 ,,*apitre ,,xix4 ,de la lib]t de consci5ce4 ,le zle religieux e/ s\v5t excessif et consquemm5t dang]eux4--,il e/ frqu5t de voir les bonnes int5tions1 lorsqu'elles sont m5es sans modration1 ab\tir aux pires rsultats4 ,dans ce conflit qui fait que la ,france e/1 l'heure prs5te1 en proie la gu]re civile1 le p>ti le meilleur1 le plus sa91 e/1 sans nul d\te1 celui qui a en vue le ma9ti5 de la religion et du g\v]nem5t tels qu'ils exi/ai5t avant ces tr\bles4 ,et cep5dant1 entre les g5s de bi5 qui le suiv5t 7je ne p>le pas de ceux qui n'y voi5t que l'occasion1 soit d'ex]c] leurs v5geances p]sonnelles1 soit de satisfaire leur av>ice1 ou encore de se concili] la faveur des pr9ces2 mais uniquem5t de ceux qui ne sont mus que p> leur zle p\r la religion et le dsir si respectable de voir ma9t5ir dans leur patrie la paix et l'tat de *oses exi/ant71 p>mi ceux-ci1 dis-je1 il s'en voit que la passion entrane au del des bornes de la raison1 et leur fait pr5dre p>fois des rsolutions inju/es1 viol5tes et mme tmraires4 ,au zle outr des premi]s *rti5s e/ due la p]te d'un gr& nombre d'ouvrages de l'antiquit4--,il e/ c]ta9 que dans les premi]s temps1 lorsque notre religion comm5a tre admise p> les lois1 le zle de ses proslytes en am5a quelques-uns se port] contre les livres paens1 de quelque nature qu'ils fuss5t1 des excs qui am5r5t des p]tes irrp>ables que dplor5t les g5s de lettres1 et qui causr5t la littrature plus de prjudice que t\s les inc5dies allums p> les ,b>b>es4 ,cornlius ,tacite en e/ un exemple probant2 c> bi5 que l'emp]eur ,tacite1 son p>5t1 et1 p> des ordonnances spciales1 rp&u son ouvrage dans t\tes les biblio?ques du monde1 pas un seul exemplaire n'a pu cep5dant *app] enti] aux re*]*es a*>nes qu'en fir5t ceux qui1 p\r c9q ou six passages contraires nos croyances1 en ont p\rsuivi la de/ruction4 ,leur intrt les a aussi ports l\] de trs mauvais emp]eurs favorables au *ri/ianisme et en calomni] de bons qui leur tai5t contraires4 ,du nombre de ces d]ni]s e/ ,juli5 surnomm l',apo/at2 sa cont95ce et sa ju/ice4--,a cette mme poque1 on fut aussi trs port exalt] outre mesure les emp]eurs favorables au *ri/ianisme1 et condamn]1 de p>ti pris1 t\s les actes de ceux qui lui tai5t contraires1 a9si que cela se peut aism5t con/at] l'g>d de l'emp]eur ,juli51 surnomm l',apo/at4--,ce pr9ce fut vritablem5t un trs gr& homme comme on en voit peu1 a9si qu'il arrive de ceux dont l'me e/ pr(ondm5t imbue des pr9cipes de la philosophie1 d'aprs lesquels il s'tait fait une loi de rgl] t\tes ses actions2 et la vrit1 c'e/ qu'il n'y a pas de v]tu dont il n'ait donn de rem>quables exemples4 ,s\s le rapport de la *a/et1 qu'il n'a cess d'obs]v] a9si qu'en tmoigne d'une manire irrfutable t\t le c\rs de sa vie1 on lit de lui un trait semblable ceux attribus ,alex&re et ,scipion3 plusieurs belles captives lui ayant t am5es1 il ne v\lut pas seulem5t en voir une1 et il tait alors la fleur de l'ge1 puisque lorsqu'il fut tu p> les ,p>!s1 il n'avait que tr5te et un ans4 ,p\r ce qui e/ de sa ju/ice1 il pr5ait lui-mme la pe9e d'ent5dre les p>ties2 et bi5 que1 p> curiosit1 il s'in=mt auprs de ceux qui se prs5tai5t lui1 de quelle religion ils tai5t1 jamais cep5dant l'inimiti qu'il portait la ntre ne fit p5*] la balance leur prjudice4 ,lui-mme fit plusieurs bonnes lois1 et il rduisit dans de notables proportions les subsides et les impositions que levai5t ses prdcesseurs4 ,n\s avons deux hi/ori5s dignes de foi qui fur5t tmo9s oculaires de ses actes4 ,l'un d'eux1 ,ammi5 ,m>cell91 critique svrem5t en div]s passages de son ouvrage l'dit de ce pr9ce1 p> lequel il df5dait t\s les rhtorici5s et grammairi5s *rti5s de t5ir cole et d'enseign]2 cet hi/ori5 aj\te qu'il s]ait s\hait] que cette action pt tre ensevelie dans le sil5ce4 ,il e/ probable que si ,juli5 avait commis quelque acte de plus gr&e gravit contre n\s1 ,ammi5 ,m>cell91 qui tait trs affectionn notre p>ti1 n'et pas oubli de le relat]4 ,a la vrit1 il fut dur1 mais non cruel2 les ntres racont5t eux-mmes de lui le fait suivant4 ,se prom5ant un j\r dans la banlieue de ,*alcdo9e1 ,m>is1 vque de cette ville1 osa l'appel] m*ant1 tratre au ,*ri/2 ,juli5 se borna lui rpondre3 ,va-t'en1 malheureux1 pleure la p]te de tes yeux4 ,a quoi1 l'vque rpliqua3 ,je r5ds grce ,jsus-,*ri/ de m'avoir t la vue1 ce qui me p]met de ne pas voir ton visage impud5t4 ,l'emp]eur1 en cette circon/ance1 aj\t5t ceux qui rapport5t le fait1 fit preuve d'une pati5ce t\te philosophique4 ,t\j\rs e/-il que cela ne cadre gure avec les cruauts qu'on l'accuse d'avoir commises contre n\s4--,eutrope1 mon second tmo91 dit qu'il tait ennemi du *ri/ianisme1 mais qu'il ne rp&it pas de sang4 ,sa sobrit1 son application au travail1 son habilet dans l'art militaire4--,p\r en rev5ir sa ju/ice1 il n'e/ ri5 qu'on puisse lui repro*] en dehors des rigueurs dont il usa1 au comm5cem5t de son rgne1 contre ceux qui avai5t suivi le p>ti de ,con/ance1 son prdcesseur4--,quant sa sobrit1 sa n\rriture tait con/amm5t celle du soldat2 il vivait en ple9e paix1 comme quelqu'un se prp>ant et v\lant s'habitu] aux au/rits de la gu]re4--,sa vigilance tait telle1 qu'il faisait de la nuit trois ou quatre p>ts3 il donnait la mo9s longue au sommeil et employait le re/e se r5dre compte p> lui-mme de l'tat de son arme1 visit] ses po/es ou tudi]2 c> p>mi les autres qualits qui le di/+uai5t entre t\s1 il excellait dans t\s les g5res de littrature4--,on dit d',alex&re le ,gr& que1 lorsqu'il tait c\*1 de peur que le sommeil ne l'emportt sur ses mditations ou ses tudes1 il faisait plac] prs de son lit un bass91 et dans l'une de ses ma9s qu'il laissait en dehors1 t5ait une petite b\le de cuivre1 de telle sorte que si le sommeil v5ait le gagn]1 ses doigts se dess]rant1 le bruit que faisait la b\le en tombant dans le bass9 le rveillait4 ,juli5 tait tellem5t ce qu'il v\lait et avait la tte si dgage en raison de l'ab/95ce qu'il obs]vait si haut degr1 qu'il n'avait pas beso9 de rec\rir ce moy54--,p\r ce qui e/ de ses qualits militaires1 il fut admirable dans t\t ce qui e/ du ressort d'un gr& capita9e2 aussi fut-il1 p5dant presque t\te sa vie1 occup gu]roy]1 p>ticulirem5t avec n\s1 en ,gaule1 contre les ,allem&s et les ,francs de la ,franconie4 ,n\s n'avons gure d'hommes1 dont la mmoire ait t cons]ve1 qui ai5t c\ru plus de dang]s1 et pay plus s\v5t de leur p]sonne4 ,sa mort a quelque similitude avec celle d'pam9ondas4--,sa mort a quelque similitude avec celle d'pam9ondas3 comme lui1 il fut frapp d'un javelot qu'il essaya d'arra*] de sa blessure2 il l'et fait1 si les artes n'en avai5t t tran*antes1 ce qui fit qu'il se c\pa et ne put se s]vir de sa ma94 ,en cet tat1 il ne cessa de dem&] qu'on le ram5t au combat1 p\r p\voir enc\rag] ses soldats qui1 du re/e1 bi5 que hors de sa prs5ce1 disputr5t avec op9itret la victoire1 si bi5 que la nuit v9t qui sp>a les deux armes4 ,il devait la philosophie le s+uli] mpris qu'il avait p\r la vie et t\t ce qui t\*e l'humanit2 il croyait f]mem5t l'immortalit de l'me4 ,on l'a surnomm l',apo/at3 c'e/ un surnom qu'il ne mrite pas1 n'ayant vraisemblablem5t jamais t *rti5 p> le cur4 ,il tait excessivem5t sup]/itieux4--,en matire de religion1 il tait absolum5t dvoy2 on l'a surnomm l',apo/at1 p\r avoir ab&onn le *ri/ianisme4 ,je crois plus vraisemblable qu'il n'y avait jamais t atta*1 mais que1 p\r obir aux lois1 il a dissimul jusqu' ce qu'il ait eu l'empire en ma94--,il tait d'une telle sup]/ition que ceux mmes de son poque1 qui p>tageai5t ses croyances1 s'en moquai5t1 et1 disait-on1 s'il avait t victorieux des ,p>!s1 il et multipli les sacrifices au po9t que c'en tait fait de la race des bufs en ce monde4 ,il avait aussi une confiance outre dans la sci5ce des dev9s et croyait aux prono/ics de t\s g5res4 ,entre autres *oses1 son lit de mort1 il dit savoir gr aux dieux1 et les en rem]ci]1 de ce qu'ils ne l'avai5t pas frapp p> surprise1 l'ayant depuis longtemps dj av]ti du lieu et de l'heure de sa f92 et de ce qu'ils ne lui avai5t pas inflig une mort molle ou l*e1 telle que celle qui semble devoir tre rs]ve aux g5s oisifs et dlicats1 non plus qu'une mort languissante1 longue et d\l\reuse2 et de ce qu'ils l'avai5t jug digne de m\rir si honorablem5t1 au c\rs de ses victoires et dans t\t l'clat de sa gloire4 ,a deux reprises diffr5tes1 il avait eu une vision semblable celle de ,m>cus ,brutus3 une premire fois en ,gaule1 qui l'avait av]ti d'un dang] qui le m5aait2 une seconde fois en ,p]se1 un peu avant sa mort4--,quant ces p>oles qu'on lui prte1 qu& il se s5tit frapp3 ,tu z va9cu1 ,naz>en6 ou selon d'autres3 ,sois satisfait1 ,naz>en6 les relations de mes deux hi/ori5s ne les euss5t vraisemblablem5t pas omises1 non plus que c]ta9s autres miracles qui se s]ai5t produits et qu'on y ratta*e1 s'ils y euss5t aj\t foi1 eux qui prs5ts l'arme1 ont n jusqu'aux mo9dres accid5ts et propos de cette f94 ,il v\lait rtablir le paganisme et dtruire les *rti5s en entret5ant leurs divisions p> une tolrance gnrale4--,p\r a*ev] ce que je veux en dire3 ,suivant ,ammi5 ,m>cell91 l'emp]eur ,juli5 mditait depuis longtemps1 en son cur1 de re/aur] le paganisme2 mais son arme tait entirem5t compose de *rti5s1 et il n'osa dvoil] ses projets que lorsque enf9 il se vit assez =t p\r os] r5dre publique sa volont2 il fit alors r\vrir les temples des dieux et essaya p> t\s les moy5s de remettre sur pi$ l'idoltrie4 ,p\r y p>v5ir1 tr\vant ,con/ant9ople le peuple dsuni1 du fait mme des divisions des prlats de l'glise *rti5ne1 il m&a ceux-ci prs de lui1 son palais1 et les invita in/amm5t ass\pir ces diss5sions inte/9es1 de telle sorte que *acun pt1 sans ob/acle et sans cra9te1 pratiqu] sa religion comme il l'ent5drait4 ,il s'y employa avec gr& so91 dans l'esprance que cette lib]t augm5t]ait le nombre des factions et des cabales religieuses et p> l emp*]ait le peuple de s'unir et de t\rn] contre lui la =ce que lui aurai5t donne la concorde et une ent5te unanime4 ,il avait pr\v1 p> les cruauts commises p> quelques *rti5s qu'il n'y a pas de bte froce au monde qui soit tant r$\t] p\r l'homme que l'homme lui-mme2 ce sont l peu prs ses propres expressions4 ,nos rois1 probablem5t p> impuissance1 suiv5t ce mme sy/me l'g>d des ca?oliques et des prote/ants4--,cette tactique de l'emp]eur ,juli5 e/ rem>qu] en ce que1 p\r attis] les tr\bles occasionns p> la discorde qui rgnait dans les esprits1 il mit en uvre ce mme moy5 de lib]t de consci5ce dont us5t nos rois p\r les apais]4 ,ce qui conduit dire que1 si1 d'une "p1 donn] t\te lib]t d'op9ions aux p>tis1 c'e/ dvelopp] et sem] la division1 prt] la ma9 p\r a9si dire l'accrotre en faisant tomb] t\te b>rire1 t\te re/riction du fait des lois qui la conti5n5t et l'arrt5t dans sa c\rse2 d'un autre ct1 l*] la bride et p]mettre t\s les p>tis de manife/] leurs op9ions1 c'e/ aussi les affaiblir p> la facilit et la latitude qu'on leur donne1 c'e/ m\ss] l'aiguillon qui les p\sse et qu'aff95t la r>et1 la n\veaut et la difficult4 ,p\r l'honneur de nos rois1 je prfre croire que n'ayant pu ce qu'ils aurai5t v\lu1 ils ont fait semblant de v\loir ce qu'ils p\vai5t4 ,,*apitre ,,xx4 ,n\s ne gtons ri5 qui ne soit sans mlange4 ,les hommes ne saurai5t gt] de bonheur sans mlange1 t\j\rs quelque am]tume se jo9t la volupt4--,la faiblesse de notre condition fait que les *oses ne peuv5t1 dans leur simplicit et puret naturelle1 tre employes telles2 t\t ce dont n\s avons la j\issance1 e/ altr3 tels les mtaux1 et jusqu' l'or qu'il faut mlang] avec d'autres de mo9dre valeur p\r qu'il puisse s]vir aux usages que n\s en faisons4 ,la v]tu dgage de t\t artifice1 qu',ari/on et ,pyrrhon et avec eux les ,/oci5s indiqu5t comme le b de la vie1 ne peut davantage exi/] sans mlange1 pas plus que la volupt telle que la conoiv5t l'cole ,cyrnaque et celle d',ari/ippe4 ,des plaisirs et des bi5s dont n\s j\issons1 il n'en e/ pas un auquel ne se mle quelque mal ou quelque inconvni5t2 aucun n'en e/ exempt3 ,de la s\rce des plaisirs1 s'lve comme une am]tume qui t\rm5te1 mme sur un lit de fleurs 7,lucrce74--,l'extrme volupt qu'il n\s e/ donn d'pr\v] a quelque air de gmissem5t et de pla9te6 ,ne diriez-v\s pas qu'elle se meurt d'angoisse8 ,mme qu& n\s n\s la reprs5tons dans ses s5sations les plus dlectables1 n\s l'accompagnons d'pi?tes rappelant des impressions maladives et d\l\reuses3 la langueur1 la mollesse1 la faiblesse1 la dfaillance1 la morbidesse1 qui tmoign5t bi5 de leur p>5t et de leur semblable composition4 ,une joie pr(onde revt plutt un c>actre de svrit que de gat2 l'extrme et ple9 cont5tem5t e/ calme plutt qu'enj\3 ,la flicit qui ne se modre pas1 se dtruit elle-mme 7,snque72 la satisfaction n\s puise4 ,c'e/ ce qu'exprime un anci5 v]set grec1 dont le s5s e/3 ,les dieux n\s v5d5t t\s les bi5s qu'ils n\s donn5t 7,epi*>me72 c'e/--dire qu'ils ne n\s en donn5t aucun de pur et de p>fait et que n\s n'a*etons p> quelque mal4 ,le travail et le plaisir1 qui sont de nature trs dissemblable1 sont lis p\rtant p> je ne sais quelle corrlation naturelle4 ,socrate dit qu'un dieu ayant essay de faire un t\t1 o d\leurs et volupts se confond5t1 n'arrivant pas ses f9s1 s'avisa de les acc\pl] au mo9s p> leurs extrmits4 ,mtrodorus disait que dans la tri/esse il y a quelque alliage de plaisir2 je ne sais si1 dans sa p5se1 cela avait une signification autre1 mais je m'imag9e bi5 que celui qui vit dans la mlancolie y apporte du p>ti pris1 s'y prte et s'y complat1 sans compt] que l'ambition peut encore s'y ml]4 ,dans nos accs mmes de rv]ie et de solitude1 il y a comme une nuance lgre de fri&ise1 de dlicatesse1 qui n\s rit et n\s flatte2 quelques tempram5ts s'en repaiss5t3 ,il y a de la volupt pleur] 7,ovide74--,un c]ta9 ,attale1 dans ,snque1 dit que le s\v5ir des amis que n\s avons p]dus1 n\s cause une sorte de s5sation agrable1 t\t comme l'am]tume d'un v9 trop vieux3 ,jeune esclave1 toi qui v]ses le v9 vieux de ,fal]ne1 v]se-m'en de plus am] 7,catulle72 ou comme le gt de pommes lgrem5t acides4--,dans la nature1 le mme contra/e app>at2 les pe9tres admett5t que les m\vem5ts et les plis du visage1 mis en jeu qu& on pleure1 sont les mmes que lorsqu'on rit2 et1 en effet1 reg>dez un tableau avant que le pe9tre ait a*ev d'indiqu] s'il veut que son sujet pleure ou rie1 v\s tes en d\te lequel des deux il va reprs5t]2 le rire conf9e aux l>mes3 ,il n'y a pas de mal qui n'ait sa comp5sation 7,snque74 ,qu& je me reprs5te l'homme en ple9e j\issance de t\t ce qu'il peut dsir] d'agrable 7admettons qu'il ress5te d'une manire cont9ue un plaisir semblable celui que lui procure l'acte de gnration1 au mom5t o ce plaisir e/ son apoge71 je le vois cd] s\s le cont5tem5t qu'il pr\ve et qui l'oppresse2 il m'app>at incapable de support] sans discont9uit cette volupt sans mlange qui s'e/ emp>e de t\t son tre4 ,et1 en vrit1 qu& il la ress5t1 il la fuit2 il a1 de p> la nature1 hte d'y *app]1 comme d'un mauvais pas o il ne se s5t pas solide et cra9t de s'effondr]4 ,au moral il en e/ de mme3 po9t de bont sans quelque te9te de vice1 po9t de ju/ice sans quelque mlange d'inju/ice4--,si je fais s9crem5t mon exam5 de consci5ce1 je tr\ve que t\t lan de bont *ez moi1 mme le meilleur1 e/ enta* de s5tim5ts qui le dim9u5t2 et je crois bi5 que ,platon1 malgr la rigidit de sa v]tu 7et je fais loyalem5t et s9crem5t autant de cas que qui que ce soit de v]tus portes un aussi haut degr71 s'il s'e/ exam9 de prs1 comme sans d\te il le faisait1 ne se soit ap]u que la nature huma9e n'tait pas sans ragir lgrem5t en lui en s5s contraire2 raction assurm5t bi5 attnue et qu'il tait seul p\voir con/at]4 ,en t\t et p>t\t1 l'homme n'e/ qu'un assemblage de pices dp>eilles4 ,les lois mmes de la ju/ice ne saurai5t subsi/] sans qu'il s'y mle de l'inju/ice2 et1 suivant l'expression de ,platon1 ceux-l entrepr5n5t de c\p] la tte de l'hydre1 qui prt5d5t faire disp>atre des lois t\s les inconvni5ts et t\tes les imp]fections3 ,les punitions exemplaires ont t\j\rs quelque *ose d'inique1 qui atte9t les p>ticuli]s1 mais dont bnficie la socit1 dit ,tacite4 ,dans la socit mme1 les esprits les plus p>faits ne sont pas les plus propres aux affaires4--,il e/ galem5t vrai que1 p\r son application dans la vie prive et aussi aux s]vices de la vie publique1 il peut y avoir excs dans la puret et la p]spicacit de notre esprit2 trop de lucidit et de pntration de sa "p conduis5t trop de subtilit et de curiosit2 il faut dim9u] son activit et l'm\ss]1 p\r le pli] suivre les exemples qui lui sont donns et dev5ir pratique2 l'al\rdir et l'obscurcir1 p\r le mettre au niveau des conditions de notre vie t]re/re qui va ttons trav]s les tnbres4 ,c'e/ p\r cela que les esprits ord9aires1 mo9s aff9s1 sont plus propres la conduite des affaires et s'en tir5t plus heureusem5t2 les esprits plus levs1 plus exquis1 tels que ceux ports aux ides philosophiques1 sont impropres les gr]4 ,cette vivacit d'esprit p> trop acre1 cette volubilit qui s'applique t\t et s'inquite de t\t1 jette le tr\ble dans les ngociations dont n\s avons n\s occup]4 ,les affaires huma9es dem&5t tre m5es plus grossirem5t et plus sup]ficiellem5t1 et bonne et l>ge "p doit en tre laisse la =tune4 ,il n'e/ pas beso9 d'exam9] les que/ions si fond1 ni si f9em5t2 on se p]d v\loir t5ir compte de tant d'aspects diffr5ts et de tant de =mes div]ses qu'elles affect5t3 ,voyant p> eux-mmes des *oses si opposes1 ils en tai5t /upfis 7,tite ,live74 ,c'e/ ce qui1 d'aprs des auteurs anci5s1 adv9t ,simonide3 sur une "q que lui avait pose le roi ,hiron et p\r laquelle il avait eu p\r rpondre plusieurs j\rs de rflexion1 il lui v9t l'esprit tant de considrations div]ses1 t\tes si aigus et si subtiles que1 d\tant laquelle tait la plus vraisemblable1 il v9t dsespr] compltem5t de di/+u] la vrit4 ,qui re*]*e et considre t\tes les circon/ances et consqu5ces d'une affaire1 emp*e qu'elle n'ab\tisse2 un esprit de moy5ne capacit p]met galem5t d'atte9dre le b et suffit l'accomplissem5t des gr&es comme des petites *oses4 ,reg>dez les g5s qui gr5t le mieux leurs bi5s3 ce sont ceux le mo9s mme de n\s dire comm5t ils s'y pr5n5t2 t&is que les autres qui p>l5t de la "q avec le plus de suffisance1 ne font s\v5t ri5 qui vaille4 ,je connais un gr& p>leur1 qui expose p>faitem5t t\t ce qui a trait l'conomie dome/ique et entre les ma9s duquel a c\l bi5 piteusem5t un patrimo9e de c5t mille livres de r5te4 ,j'en sais un autre qui prore1 donne des consultations mieux que n'importe quel exp]t en la matire2 p]sonne au monde on ne prte plus d'esprit et de capacit1 mais1 s\s le rapport des rsultats1 ses s]viteurs tr\v5t que c'e/ t\t diffr5t1 et cela sans faire entr] la mal*ance en ligne de compte4 ,,*apitre ,,xxi4 ,contre la fa9antise4 ,c'e/ un devoir p\r un pr9ce de m\rir deb\t1 c'e/--dire sans cesse occup des affaires de l'tat4--,l'emp]eur ,vespasi51 au c\rs de la maladie dont il m\rut1 ne laissait pas de v\loir s'occup] des affaires de l'empire2 et1 dans son lit mme1 il ne cessait de trait] les que/ions importantes4 ,son mdec9 lui en faisant repro*e comme d'une *ose nuisible son tat de sant3 ,il faut1 lui rpondit-il1 qu'un emp]eur meure deb\t4 ,voil1 mon avis1 un beau mot1 digne d'un gr& pr9ce4--,l'emp]eur ,adri51 en semblable circon/ance1 a1 depuis1 t5u ce mme propos que l'on devrait s\v5t rappel] la mmoire des rois1 p\r leur faire compr5dre que cette gr&e *>ge qu'ils ont1 de comm&] tant d'hommes1 n'e/ pas une situation o on puisse demeur] oisif2 et qu'il n'e/ ri5 qui1 avec ju/e raison1 soit de nature dgt] un sujet de se donn] de la pe9e et de c\rir les has>ds de la =tune p\r le s]vice de son pr9ce1 comme de le voir1 p5dant ce mme temps1 s'acc\tum] la p>esse1 s'adonnant des occupations molles et frivoles1 et avoir so9 de sa cons]vation t\t en se montrant si peu s\cieux de la ntre4 ,il e/ naturel qu'un pr9ce comm&e ses armes2 les succs qu'il remporte sont plus complets et sa gloire mieux ju/ifie4--,a quelqu'un qui v\drait tablir qu'il e/ prfrable qu'un pr9ce fasse comm&] ses armes la gu]re au lieu de les comm&] lui-mme1 l'hi/oire f\rnit assez d'exemples de lieut5ants qui ont m5 bi5 de gr&es entreprises1 et de pr9ces dont la prs5ce l'arme et t plus nuisible qu'utile2 mais1 de ceux-ci1 aucun ayant v]tu et c\rage ne p\rrait s\ffrir qu'on lui conseillt une si honteuse ab/5tion4 ,s\s c\leur de cons]v] sa tte1 comme la /atue d'un sa9t1 p\r le bi5 de ses tats1 on le dgrade 99 prcism5t de ce qui e/ son devoir qui consi/e1 surt\t et 99 trs ju/e titre1 dans la conduite des actions de gu]re1 et on lui dlivre un brevet d'incapacit4 ,j'en sais un qui prfr]ait tre battu1 plutt que de dormir p5dant que l'on se bat p\r lui2 il n'a mme jamais vu sans en tre jal\x ses propres g5s accomplir quelque *ose de gr& en son abs5ce4--,slim ,i] avait gr&em5t raison1 ce me semble1 qu& il disait que les victoires qui se gagn5t sans que le matre soit l1 ne sont pas compltes4 ,il et dit encore plus volonti]s que ce matre doit r\gir de honte de n'y p>ticip] que de nom et de n'y coopr] que p> ses in/ructions et p> la p5se2 et encore mme pas1 c> en p>eille occurr5ce les avis et comm&em5ts dont on peut s'honor]1 sont uniquem5t ceux qui se donn5t sur le mom5t1 dans le c\rs mme de l'action4 ,il n'y a pas de pilote qui ex]ce son mti] en demeurant en t]re f]me4--,les pr9ces de race ottomane1 celle qui au monde doit le plus la =tune des combats1 tai5t *auds p>tisans de ce pr9cipe2 ,bajazet ,,ii et son fils s'en dp>tir5t1 s'amusant l'tude des sci5ces et autres occupations sd5taires1 aussi leur empire en a-t-il ress5ti gr&em5t le contre-c\p2 leur successeur actuel ,amurat ,,iii1 qui suit leur exemple1 comm5ce aussi en subir pas mal les consqu5ces4--,n'e/-ce pas ,ed\>d ,,iii1 roi d',anglet]re1 qui dit de notre ,*>les ,v3 ,il n'y a jamais eu roi qui se soit mis mo9s en campagne1 et il n'y en a jamais eu qui m'ait donn tant faire8 ,et il tait fond tr\v] trange qu'il en ft a9si1 c> c'tait un effet de la =tune1 plus que de la raison4--,qu'ils *]*5t d'autres que moi p\r adhr] leur op9ion1 ceux qui veul5t mettre au nombre des conqurants belliqueux et magnanimes1 ces rois de ,ca/ille et de ,portugal qui1 d\ze c5ts lieues de leur capitale o ils demeur5t oisifs1 sont1 p> les tr\pes d'escorte de leurs facteurs1 dev5us matres des ,indes ori5tales et occid5tales1 alors qu'il n'e/ pas c]ta9 qu'ils aurai5t seulem5t le c\rage de s'y r5dre en p]sonne4 ,a l'activit1 les pr9ces doiv5t jo9dre la sobrit4--,l'emp]eur ,juli5 disait plus encore3 ,un philosophe et un homme au cur gnreux ne devrai5t pas1 selon lui1 seulem5t respir]2 c'e/--dire ne devrai5t donn] aux ncessits physiques que ce quoi on ne peut se refus]1 l'me et le corps devant t\j\rs demeur] exclusivem5t occups de *oses gr&es1 belles et v]tueuses4 ,il avait honte d'tre vu cra*ant ou transpirant en public 7s5tim5t qu'pr\vait galem5t1 dit-on1 la jeunesse de ,lacdmone1 et aussi1 d'aprs ,xnophon1 celle de ,p]se71 e/imant que l'ex]cice1 un travail cont9u et la sobrit devai5t arriv] dess*] et dtruire ces scrtions4--,l'explication que donne ,snque de la cause qui faisait que la jeunesse *ez les anci5s ,roma9s se t5ait t\j\rs deb\t1 ne f]a pas mal tre rapporte ici3 ,ils n'enseignai5t ri5 leurs enfants1 dit-il1 que ceux-ci duss5t appr5dre en demeurant assis4 ,le dsir de m\rir bravem5t et utilem5t e/ trs l\able1 mais ce n'e/ pas t\j\rs en notre p\voir4--,c'e/ un gnreux dsir que de s\hait] une mort digne d'un homme de cur et qui ait son utilit2 mais cela ne dp5d pas tant de notre rsolution1 si f]me soit-elle1 que de notre bonne =tune4 ,des milli]s de g5s se sont propos de va9cre ou de prir en combattant1 qui n'ont ralis ni l'un ni l'autre2 les blessures1 la captivit ont entrav leur desse9 et leur ont impos de vivre2 il y a des maladies qui p>alys5t mme notre volont et n\s enlv5t jusqu' notre connaissance4 ,la ,=tune ne devait pas se montr] favorable la vanit qui dictait ces lgions roma9es le s]m5t p> lequel elles s'obligeai5t va9cre ou m\rir3 ,je revi5drai va9queur du combat1 ,m>cus ,fabius2 si je manque mon engagem5t1 que svisse contre moi la colre de ,jupit]1 de ,m>s et des autres dieux 7,tite ,live74--,les ,portugais racont5t que1 lors de la conqute des ,indes1 ils eur5t affaire1 en c]ta9s endroits1 des soldats qui1 consacrant leur rsolution p> les plus horribles imprcations1 s'tai5t condamns n'entr] en aucune composition et se faire tu] ou tre victorieux2 comme m>que de leur vu1 ils portai5t la tte et la b>be rases4--,n\s avons beau n\s av5tur] et n\s ob/9]1 il semble que les c\ps fuy5t ceux qui s'y expos5t bi5 fran*em5t1 qu'ils se refus5t d'ord9aire qui les re*]*5t1 d'o avortem5t de leur desse94 ,il en e/ qui1 ne p\vant arriv] recevoir la mort de la ma9 de l'adv]saire1 aprs avoir t\t fait p\r cela1 ont t contra9ts se la donn] eux-mmes dans la *aleur du combat1 p\r satisfaire leur rsolution d'en rev5ir avec l'honneur ou d'y laiss] la vie4 ,il en exi/e de nombreux exemples1 en voici un3 ,phili/us1 *ef de l'arme de m] de ,d5ys le jeune1 en gu]re avec les ,syracusa9s1 leur prs5ta la bataille qui1 les =ces tant gales1 fut vivem5t dispute4 ,il dbuta heureusem5t1 grce sa valeur2 mais les ,syracusa9s ayant ent\r sa galre et l'ayant c]ne1 et lui1 n'ayant pu se dgag] malgr de beaux faits d'armes o il paya vaillamm5t de sa p]sonne1 dsesprant d'*app]1 de sa propre ma9 il s'ta la vie dont il avait si libralem5t et en va9 fait ab&on l'ennemi4 ,bel exemple de v]tus gu]rires donn p> ,m\ley-,molu*1 roi de ,fez1 dans un combat o il expire va9queur des ,portugais4--,m\ley-,molu*1 roi de ,fez1 qui vi5t de remport] sur le roi de ,portugal1 ,sba/i51 cette j\rne fameuse p> la mort de trois rois et qui a eu p\r consqu5ce de faire pass] la c\ronne de ce royaume sur la tte des rois de ,ca/ille1 tait gravem5t malade1 lorsque les ,portugais pntrr5t ma9 arme dans ses tats2 et1 p>tir de ce mom5t1 sa maladie ne fit qu'empir]1 l'a*em9ant v]s la mort qu'il s5tit v5ir2 jamais homme cep5dant ne montra plus d'n]gie et de brav\re que lui en cette circon/ance4 ,se tr\vant trop faible p\r support] les fatigues de son entre sol5nelle dans son camp qui1 selon les usages de ce peuple1 se fait en gr&e crmonie et entrane beauc\p de reprs5tation1 il dlgua son frre p\r recevoir cet honneur4 ,mais ce fut la seule de ses attributions de capita9e qu'il rsigna2 t\tes les autres1 ncessaires et utiles1 si pnibles qu'elles fuss5t p\r lui1 il les remplit avec la plus gr&e exactitude2 il demeurait c\*1 mais son esprit et son c\rage re/r5t deb\t et f]mes jusqu' son d]ni] s\pir et mme au del4 ,il p\vait puis] son ennemi qui s'tait imprudemm5t avanc dans les t]res1 et il lui en cota beauc\p de ce que1 faute d'un peu de vie et de ce qu'il n'avait p]sonne qui remettre la conduite de cette gu]re et le g\v]nem5t en ces temps difficiles1 il se tr\vait contra9t de *]*] une victoire1 t\j\rs inc]ta9e1 qui f]ait c\l] des flots de sang1 t&is qu'il avait s\s la ma9 les moy5s d'obt5ir1 sans gr&es p]tes1 un succs assur4 ,t\tefois il pr(ita m]veilleusem5t de ce que sa maladie se prolongeait1 p\r us] son adv]saire1 l'attir] lo9 de sa flotte et des places =tes qu'il possdait sur les ctes d',afrique1 et cela1 jusqu'au d]ni] j\r de sa vie que1 de propos dlibr1 il rs]vait et employa cette gr&e j\rne4 ,il =ma sa ligne de bataille en c]cle1 inve/issant de t\tes p>ts l'arme des ,portugais2 et1 ce c]cle v5ant se rtrcir et se f]m]1 obligs de faire face de t\s cts1 non seulem5t ils se tr\vr5t gns p5dant le combat 7qui fut trs a*>n1 en raison de la valeur du jeune roi qui attaquait71 mais encore ils fur5t mis dans l'impossibilit de fuir aprs leur dr\te4 ,aussi tr\vant t\tes les issues occupes et f]mes1 contra9ts de se repli] sur eux-mmes1 entasss non seulem5t p> le c>nage1 mais aussi p> la fuite 7,tite ,live71 et de s'amoncel] les uns sur les autres1 ils procurr5t aux va9queurs une victoire complte1 des plus meurtrire p\r les va9cus4 ,m\rant1 ,m\ley-,molu* se fit port] et m5] et l1 p>t\t o beso9 en tait2 circulant au trav]s des rangs1 il enc\rageait ses capita9es et ses soldats1 les uns aprs les autres4 ,ses tr\pes cdant sur un po9t de sa ligne1 on ne put l'emp*] de mont] *eval et de mettre l'pe la ma91 s'ef=ant de se jet] dans la mle1 t&is que ses g5s l'arrtai5t1 qui p> la bride1 qui p> sa robe ou ses tri]s4 ,cet ef=t a*eva d'puis] le peu de vie qui lui re/ait2 on le rec\*a et il ne sortit plus de son van\issem5t qu'un in/ant1 en sursaut1 p\r1 sans rec\vr] aucune autre facult1 dire de taire sa mort1 ce qui tait bi5 l'ordre le plus important qu'il put donn] ce mom5t1 af9 que la n\velle ne vnt pas dsespr] les si5s2 et il expira1 t5ant un doigt sur sa b\*e close1 signe ord9aire de faire sil5ce4 ,qui a jamais vcu si longtemps et si avant dans la mort8 qui jamais plus que lui1 e/ mort deb\t8 ,tranquillit d'me de ,caton1 rsolu la mort et sur le po9t de se la donn]4--,l'attitude la plus c\rageuse cons]v] vis--vis de la mort1 et la plus naturelle1 c'e/ de la voir v5ir1 non seulem5t sans tonnem5t1 mais aussi sans 99 proccupation2 de cont9u] vivre1 jusqu' ce qu'elle s'emp>e de n\s1 sans ri5 *ang] son g5re de vie1 comme fit ,caton1 qui s'amusait tudi] et dormir1 qu& dj il avait rsolu sa f9 viol5te et sanglante1 qu'elle tait prs5te 99 sa p5se et dans son cur1 et qu'il la t5ait en sa ma94 ,,*apitre ,,xxii4 ,des po/es4 ,montaigne1 petit et trapu1 c\rait volonti]s la po/e dans sa jeunesse4--,je n'tais pas des mo9s rsi/ants c\rir la po/e1 ex]cice auquel convi5n5t les g5s de ma taille1 petite et trapue2 mais j'y ai r5onc1 il fatigue trop p\r tre pratiqu longtemps4 ,l'usage de dispos] demeure des *evaux de relais1 de di/ance en di/ance1 a t tabli p> ,cyrus2 les ,roma9s l'ont employ4--,je lisais t\t l'heure que le roi ,cyrus1 af9 de recevoir plus promptem5t les n\velles des div]ses p>ties de son empire1 qui tait =t t5du1 fit exprim5t] ce qu'un *eval peut1 en un j\r1 p>c\rir d'une seule traite1 et qu'il fit tablir1 cette di/ance les uns des autres1 des hommes qui avai5t *>ge de t5ir des *evaux prts1 p\r en f\rnir ceux qui lui tai5t dp*s2 on dit que la vitesse a9si obt5ue1 atte9t celle des grues4 ,cs> rapporte que ,l4 ,vibulus ,rufus1 press de port] un avis ,pompe1 se r5dit v]s lui en m>*ant j\r et nuit1 et *angeant de *evaux1 *em9 faisant1 p\r all] plus vite4--,cs> lui-mme1 dit ,sutone1 faisait c5t milles p> j\r sur un *> de l\age1 mais c'tait un fameux c\rri]2 c> 99 l o les rivires int]ceptai5t la r\te1 il les fran*issait la nage et ne se dt\rnait pas 99 de sa direction p\r all] *]*] un pont ou un gu4--,tibrius ,nron 7,tibre7 allant voir son frre ,drusus1 qui se tr\vait malade en ,allemagne1 fit deux c5ts milles en v+t-quatre heures2 il voyageait avec trois *>s4--,p5dant la gu]re de ,rome contre le roi ,antio*us1 ,t4 ,sempronius ,grac*us1 crit ,tite ,live1 alla en trois j\rs d',amphise ,pella1 sur des *evaux de relais1 m>*ant avec une rapidit presque incroyable2 en se r5dant compte des lieux1 il semble qu'en la circon/ance1 il a d faire usage de relais p]man5ts et non de relais rcemm5t tablis en vue de cette c\rse4 ,emploi d'hirondelles1 de pigeons1 p\r faire p>v5ir rapidem5t les n\velles4--,p\r communiqu] avec les si5s1 ,cec9a imag9a un moy5 bi5 plus prompt3 il emportait avec lui des hirondelles1 et1 qu& il v\lait donn] de ses n\velles1 il les rel*ait aprs les avoir te9tes d'une c\leur conv5ue avec ses correspondants1 suivant ce qu'il v\lait leur faire savoir1 et elles regagnai5t leurs nids4 ,a ,rome1 les *efs de famille qui allai5t au ?tre1 emportai5t dans leur se9 des pigeons auxquels ils atta*ai5t des lettres et qu'ils l*ai5t qu& ils v\lai5t m&] quelque *ose ceux des leurs demeurs au logis2 ces pigeons tai5t dresss leur rapport] la rponse4--,d4 ,brutus1 assig dans ,modne1 usa de ce procd1 et d'autres p>eillem5t en d'autres circon/ances4 ,au ,pr\1 c'tait avec des porteurs que se c\rait la po/e4--,au ,pr\1 on c\rait la po/e avec des hommes qui v\s portai5t sur leurs paules1 l'aide de branc>ds2 ils y mettai5t une telle agilit que1 t\t en c\rant1 les porteurs qui devai5t cd] la place d'autres1 le faisai5t sans ral5tir leur c\rse d'un seul pas4 ,mesure prise en ,turquie p\r assur] le s]vice des c\rri]s4--,j'ai ou dire que les ,valaques1 qui sont employs comme c\rri]s p\r le s]vice du ,gr& ,seigneur1 vont avec une rapidit extrme1 d'autant qu'ils sont autoriss dmont] le premi] passant qui se r5contre sur leur r\te1 en lui laissant1 en *ange du si51 leur *eval puis de fatigue4--,p\r se prs]v] de la lassitude1 ils se ceign5t =tem5t les re9s avec une l>ge b&e d't(fe1 comme assez d'autres le pratiqu5t2 j'en ai u1 mais n'en ai pr\v aucun s\lagem5t4 ,,*apitre ,,xxiii4 ,des mauvais moy5s employs bonne f94 ,les tats politiques sont sujets aux mmes vicissitudes et accid5ts que le corps huma92 lorsque la population s'accrot outre mesure1 on rec\rt aux migrations1 la gu]re1 etc4--,il exi/e1 dans ce qui e/ la rgle univ]selle des uvres de la nature1 une m]veilleuse corrlation et une similitude qui montr5t bi5 qu'elle n'e/ pas l'effet du has>d et que sa direction n'e/ pas le fait de plusieurs4 ,les maladies1 les conditions div]ses de notre corps1 se retr\v5t dans les tats et les g\v]nem5ts2 t\t comme les individus1 les royaumes1 les rpubliques naiss5t1 fleuriss5t et dcl95t1 qu& la vieillesse les atte9t4 ,n\s sommes sujets des surabondances d'humeurs inutiles et nuisibles2 les mdec9s les r$\t5t1 mme qu& ces humeurs sont de celles qui n\s sont bonnes1 disant cela que ri5 n'tant /able en n\s1 une sant trop florissante1 qui n\s communique trop de vivacit et de vigueur1 e/ cont5ir et affaiblir avec art1 de peur que la nature n'ayant plus son fonctionnem5t normal lorsqu'elle e/ arrive un degr o il ne lui e/ plus possible de cont9u] s'amlior]1 il n'en rsulte un m\vem5t en arrire trop subit qui occasionne des dsordres2 c'e/ p\r cela qu'ils prescriv5t aux a?ltes les purgations et les saignes1 af9 de leur enlev] cet excs de sant2 quant aux humeurs qui n\s sont prjudiciables1 leur surabondance e/ la cause ord9aire de nos maladies4 ,de semblables sup]fluits se voi5t s\v5t dans les tats malades1 et1 en p>eil cas1 on leur adm9i/re p>eillem5t des purgations de div]ses sortes2 p> exemple1 on expulse des familles en gr& nombre p\r en d*>g] le pays1 et elles vont ailleurs *]*] o s'implant] aux dp5s d'autrui4 ,c'e/ a9si que nos anci5s ,francs1 p>tis du fond de l',allemagne1 v9r5t s'emp>] de la ,gaule1 en en *assant ses anci5s habitants2 c'e/ cela aussi que fut d ce flot imm5se qui s'c\la en ,italie1 s\s la conduite de ,br5nus et autres2 que les ,go?s et les ,v&ales1 a9si que les peuples qui possd5t actuellem5t la ,grce1 ab&onnr5t leur pays natal1 p\r all] s'tablir plus au l>ge ailleurs2 pe9e1 dans le monde1 exi/e-t-il deux ou trois co9s qui n'ai5t pas ress5ti les effets de ces migrations4--,c'e/ de la sorte que les ,roma9s crai5t leurs colonies4 ,lorsqu'ils s5tai5t la population de leur ville crotre outre mesure1 ils l'allgeai5t de ce qui1 en elle1 leur tait le mo9s ncessaire et l'envoyai5t habit] et cultiv] les t]res qu'ils avai5t conquises4 ,p>fois aussi1 ils ont int5tionnellem5t entret5u la gu]re avec c]ta9s de leurs ennemis1 non seulem5t p\r t5ir le peuple en hale9e1 de peur que l'oisivet1 mre de la corruption1 ne leur apportt pire3 ,n\s subissons les maux insp>ables d'une trop longue paix2 plus t]rible que les armes1 le luxe n\s a dompts 7,juvnal72 mais encore p\r s]vir de saigne leur rpublique1 calm] les aspirations trop f\gueuses de leur jeunesse1 taill] et lagu] les bran*es de cet arbre 99 se dveloppant avec trop de vigueur2 c'e/ ce quoi leur s]vir5t jadis leurs gu]res contre les ,c>?ag9ois4 ,qu& il conclut le trait de ,brtigny1 d\>d ,,iii d',anglet]re ne v\lut pas compr5dre1 dans la paix gnrale qu'il fit avec notre roi1 le diffr5d relatif au du* de ,bretagne1 af9 d'avoir o se db>rass] de cette f\le d',anglais qu'il avait employs au rglem5t de ses affaires sur le cont95t et emp*] qu'ils ne se rejetass5t sur l',anglet]re4--,ce fut aussi une des raisons qui dcidr5t notre roi ,philippe envoy] son fils ,jean gu]roy] outre m]2 il emm5ait de la sorte 99 hors du royaume t\te cette jeunesse aux passions ard5tes1 enrle s\s sa bannire4 ,quelques p]sonnes1 en ces temps-ci1 raisonn5t de la mme faon2 elles s\hait]ai5t que ce s5tim5t *aleureux qui e/ en n\s1 tr\vt un drivatif dans une gu]re faite quelqu'un de nos vois9s1 de peur que ces humeurs vicies qui1 p\r le mom5t1 n\s tracass5t1 ne cont9u5t1 si on ne les fait s'c\l] ailleurs1 l'tat de fivre qui n\s ti5t et ne f9iss5t p> caus] la ru9e complte de notre pays4 ,il faut conv5ir qu'une gu]re trangre e/ un mal mo9dre qu'une gu]re civile2 mais je ne crois pas que ,dieu soit favorable une entreprise aussi inique que s]ait de *]*] qu]elle autrui et de l'(f5s]1 p\r notre propre commodit3 ,o puissante ,nmsis1 fais que je ne dsire ri5 tel po9t que j'entrepr5ne de l'avoir au dtrim5t de son lgitime possesseur 7,catulle74 ,la faiblesse de notre condition n\s rduit rec\rir1 dans un bon b1 de mauvais moy5s2 les combats de gladiateurs avai5t t inv5ts p\r inspir] au peuple roma9 le mpris de la mort4--,et cep5dant la faiblesse de notre condition n\s p\sse s\v5t employ] des moy5s condamnables p\r arriv] bi54 ,lycurgue1 le plus v]tueux et le plus p>fait lgislateur qui fut jamais1 imag9a1 p\r inspir] la temprance son peuple1 ce moy5 si contraire la ju/ice1 de contra9dre les ,ilotes1 leurs esclaves1 s'enivr]1 af9 que les voyant1 s\s l'action du v91 p]dre et l'esprit et t\s s5tim5ts1 les ,sp>tiates priss5t en horreur de s'adonn] ce vice4--,ceux qui autorisai5t que les crim9els condamns mort fuss5t1 quel que ft le g5re de mort que portait la condamnation1 dissqus t\t vifs p> les mdec9s1 p\r p]mettre ceux-ci de saisir mme l'tre vivant1 le fonctionnem5t de nos organes intrieurs1 et1 p> l1 arriv] plus de c]titude dans la pratique de leur art1 tai5t encore plus dans leur tort2 c> s'il e/ indisp5sable de transgress] les lois de l'humanit1 il e/ plus excusable de le faire dans l'intrt de la sant de l'me que de celle du corps1 a9si que le faisai5t les ,roma9s1 qu&1 p\r inspir] au peuple la vaillance et le mpris des dang]s et de la mort1 ils lui donnai5t en spectacle ces furieux combats de gladiateurs et d'escrimeurs outrance1 qui se combattai5t1 s'*>pai5t et s'entretuai5t en sa prs5ce3 ,autrem5t quel s]ait le b de ces combats impies de gladiateurs1 de ces massacres de jeunes g5s1 de cette volupt se repaissant du sang 7,prud5ce78 usage qui dura jusqu' l'emp]eur ,?odose3 ,saisissez1 pr9ce1 une gloire rs]ve votre rgne1 la seule dont il v\s re/e grossir l'hritage pat]nel4 ,que le sang huma9 ne soit plus v]s dans nos cirques1 p\r le plaisir du peuple6 ,que l'arne se cont5te du sang des btes et que nos reg>ds ne soi5t plus s\ills p> la vue de jeux homicides 7,prud5ce74--,ce devait tre vraim5t un m]veilleux exemple1 d'une puissante action sur l'ducation du peuple1 que d'avoir1 *aque j\r1 s\s les yeux1 c5t1 deux c5ts et jusqu' mille c\ples d'hommes arms les uns contre les autres1 se taillant en pices avec un c\rage si rsolu1 qu'on ne les vit jamais laiss] *app] un mot tmoignant de la faiblesse ou implorant de la piti1 t\rn] le dos1 ou faire seulem5t un m\vem5t p\vant les faire s\ponn] de l*et p\r esquiv] le c\p port p> l'adv]saire2 ils t5dai5t la gorge son pe et s'(frai5t ses c\ps4 ,il e/ arriv plusieurs d'entre eux1 blesss mort1 p]cs de c\ps1 de faire dem&] au peuple1 avant de s't5dre sur place p\r expir]1 s'il tait satisfait de la manire dont ils avai5t accompli leur devoir4 ,il ne fallait pas seulem5t qu'ils combattiss5t et que le combat se t]m9t fatalem5t p> leur mort1 il fallait encore qu'ils le fiss5t avec c\rage2 si bi5 qu'on les huait et les accablait de maldictions1 si on les voyait rpugn] recevoir le c\p fatal2 les jeunes filles elles-mmes les y incitai5t3 ,la vi]ge mode/e se lve *aque c\p2 t\tes les fois que le va9queur gorge son adv]saire1 elle e/ *>me et ravie1 et si le va9cu dem&e grce1 elle r5v]se le p\ce et ordonne qu'il meure 7,prud5ce74 ,les premi]s ,roma9s employai5t des crim9els ces jeux sanglants qui tai5t un moy5 d'ducation2 aprs1 on y a employ des esclaves auxquels on n'avait ri5 repro*]1 et mme des hommes libres qui se v5dai5t dans ce b2 on y vit mme des snateurs1 des *evali]s roma9s1 et jusqu' des femmes3 ,ma9t5ant ils v5d5t leur sang et1 p\r un prix conv5u1 vont m\rir dans l'arne2 en ple9e paix1 *acun d'eux s'e/ d'abord fait un ennemi1 p\r v5ir ensuite le combattre devant le peuple 7,manilius72 ,ml aux frmissem5ts de ces n\veaux jeux1 un sexe inhabile au dur maniem5t du f]1 desc5d effrontm5t dans l'arne aux applaudissem5ts de la f\le et combat l'in/> des gladiateurs 7,/ace72 ce qui me p>atrait bi5 trange et incroyable1 si n\s n'tions acc\tums voir1 t\s les j\rs1 dans nos gu]res1 tant de myriades d'trang]s engageant1 p\r de l'arg5t1 leur sang et leur vie au s]vice de qu]elles dans lesquelles ils n'ont aucun intrt4 ,,*apitre ,,xxiv4 ,de la gr&eur roma9e4 ,montaigne ne tr\ve ri5 de comp>able cette gr&eur des ,roma9s2 n'tant encore que simple citoy51 ,cs> donne1 v5d et propose des trnes4--,je ne veux dire qu'un mot de ce sujet 9puisable1 p\r montr] la simplicit de ceux qui mett5t sur le mme pi$ la gr&eur roma9e et les *tives gr&eurs de notre poque4 ,dans le livre sept des ptres familires de ,cicron 7cette pi?te de familires1 les grammairi5s peuv5t la supprim]1 si cela leur convi5t1 c> vraim5t elle ne se ju/ifie gure2 t&is que ceux qui y ont sub/itu celle de ses famili]s1 peuv5t1 p\r ce faire1 s'appuy] sur ce que ,sutone1 dans sa vie de ,cs>1 dit qu'il exi/e de lui un volume de lettres crites s\s cette dnom9ation72 dans ces ptres donc1 s'en tr\ve une qu'il adresse ,cs> alors que celui-ci tait en ,gaule1 o il reproduit ce passage qui t]m9ait une lettre que lui-mme avait reue de lui3 ,quant ,m>cus ,furius1 que tu m'z recomm&1 je le f]ai roi de ,gaule2 et si tu veux que je donne une situation quelque autre de tes amis1 envoie-le-moi4 ,ce n'tait pas une n\veaut qu'un simple citoy51 comme tait alors ,cs>1 dispost de royaumes2 dj1 il avait enlev le si5 au roi ,djot>us et en avait fait don un nomm ,mi?ridate1 g5tilhomme de la ville de ,p]game4 ,ceux qui ont crit sa vie1 font m5tion de plusieurs 99 autres royaumes v5dus p> lui2 et ,sutone dit que d'une seule fois il tira trois millions six c5t mille cus du roi ,ptolme1 qui fut bi5 prs de lui v5dre le si53 ,a tel prix la ,gallicie1 tant le ,pont1 tant la ,lydie 7,claudi576 ,une lettre du ,snat roma9 suffit p\r faire ab&onn] ses conqutes un roi puissant4--,m>c-,anto9e disait que la gr&eur du peuple roma9 ne se manife/ait pas tant p> ce qu'il pr5ait que p> ce qu'il donnait2 de fait1 un sicle avant ,anto9e1 il avait t un royaume entre autres1 p> un acte m]veilleux d'autorit tel1 que je ne sais ri51 dans t\te son hi/oire1 qui donne une plus haute ide de sa puissance4 ,antio*us tait matre de l'gypte entire et en tra9 de conqurir ,*ypre et t\t ce qui avait app>t5u cet empire4 ,il m>*ait de succs en succs1 qu& ,c4 ,popilius se prs5ta lui de la "p du ,snat et comm5a1 en l'abordant1 p> refus] de lui t\*] la ma91 avant qu'au pralable il eut pris connaissance des lettres qu'il lui apportait4 ,le roi les ayant lues1 lui dit qu'il en dlibr]ait2 mais ,popilius1 se mettant trac] avec sa baguette un c]cle aut\r de lui1 lui dit3 ,avant de sortir de ce c]cle1 fais-moi une rponse que je puisse rapport] au ,snat4 ,antio*us1 tonn de la rudesse d'un ordre aussi pressant1 rfl*it un in/ant1 puis rpondit3 ,je f]ai ce que le ,snat me comm&e2 ,popilius le salua alors comme ami du peuple roma94 ,le roi1 victorieux comme il l'tait1 sur l'impression produite en lui p> trois lignes d'criture1 avait r5onc la conqute d'un aussi gr& tat que l'gypte2 aussi fut-il bi5 dans le vrai qu&1 quelque temps aprs1 il faisait dire au ,snat p> ses ambassadeurs1 qu'il avait accueilli son injonction avec le mme respect que si elle lui tait v5ue des dieux immortels4 ,les ,roma9s r5dai5t leurs royaumes aux rois qu'ils avai5t va9cus1 p\r faire de ceux-ci des in/rum5ts de s]vitude4--,t\s les royaumes qu',augu/e acquit p> droit de conqute1 il les r5dit ceux qui les avai5t p]dus1 ou en fit don des trang]s4 ,a ce sujet1 ,tacite1 p>lant du roi d',anglet]re ,cogidunus1 n\s fait saisir d'une faon m]veilleuse cette puissance inf9ie des ,roma9s4 ,ils avai5t1 dit-il1 l'habitude1 prise de longue date1 de laiss] en possession de leurs royaumes1 s\s leur protectorat1 les s\v]a9s qu'ils avai5t va9cus1 de manire avoir jusqu'aux rois eux-mmes comme in/rum5ts de s]vitude 7,tacite74--,il e/ vraisemblable que ,soliman1 qui n\s avons vu faire gnreusem5t ab&on du royaume de ,hongrie et d'autres tats1 tait m plus p> cette mme raison que p> celle qu'il donnait d'ord9aire3 qu'il tait las du f>deau de tant de 99 royaumes et de cette puissance1 qu'il devait sa valeur et celle de ses anctres4 ,,*apitre ,,xxv4 ,se g>d] de contrefaire le malade4 ,exemples de p]sonnes dev5ues soit g\tteuses1 soit borgnes1 p\r avoir fe9t de l'tre p5dant quelque temps4--,il y a dans ,m>tial1 o on en tr\ve de t\tes sortes1 des bonnes et des mauvaises1 une pigramme des meilleures4 ,il y raconte plaisamm5t l'hi/oire de ,clius qui1 p\r vit] de faire la c\r c]ta9s hauts p]sonnages de ,rome1 d'assi/] leur lev]1 de faire anti*ambre *ez eux ou de leur faire suite1 fit semblant d'avoir la g\tte4 ,p\r r5dre plus vraisemblable l'infirmit qu'il invoquait p\r excuse1 il se faisait frictionn] les jambes1 les t5ait enveloppes et contrefaisait compltem5t l'attitude et la dm>*e d'un g\tteux4 ,la =tune f9it p> lui donn] cette satisfaction de le dev5ir rellem5t3 ,voyez p\rtant ce que c'e/ que de si bi5 faire le malade6 ,clius n'a plus beso9 de fe9dre qu'il a la g\tte 7,m>tial74 ,j'ai vu quelque "p1 dans ,appi51 je crois1 l'hi/oire semblable d'un individu qui1 p\r *app] aux proscriptions des triumvirs de ,rome et n'tre pas reconnu de ceux qui le p\rsuivai5t1 se t5ait ca* et dguis2 quoi il imag9a d'aj\t] de contrefaire d'tre borgne4 ,qu& il v9t rec\vr] un peu plus de lib]t et qu'il v\lut enlev] l'empltre qu'il avait longtemps port sur l'il1 il con/ata que1 s\s ce masque1 il avait effectivem5t p]du la vue4 ,il se peut que cet organe se soit atrophi p\r tre demeur longtemps sans fonctionn]1 et que sa puissance de vision soit t\t entire passe dans l'autre il4 ,n\s s5tons bi5 nettem5t1 en effet1 que si n\s t5ons un il f]m1 le travail qu'il devrait faire retombe sur l'autre1 qui semble en quelque sorte se grossir et s'enfl]4 ,il se peut qu'galem5t *ez le podagre de ,m>tial1 le dfaut d'ex]cice et l'action des b&ages et des mdicam5ts ai5t f9i p> dvelopp] quelques dispositions la g\tte4 ,rflexion de ,montaigne sur un vu =m p> quelques g5til%ommes anglais4--,lisant dans ,froiss>t qu'une tr\pe de jeunes g5til%ommes anglais avai5t fait vu de port] un b&eau sur l'il gau*e jusqu' ce qu'ils soi5t passs en ,france et y ai5t accompli quelque haut fait d'armes contre n\s1 je me suis s\v5t pris p5s] combi5 il m'et t agrable qu'il leur ft arriv mme msav5ture qu' ceux dont je vi5s de p>l]1 et qu'ils se soi5t tr\vs dev5us rellem5t borgnes1 qu& ils revir5t leurs matresses1 p\r lesquelles1 dans le dsir de leur complaire1 ils avai5t conu cette entreprise4 ,il faut emp*] les enfants de contrefaire les dfauts physiques qu'ils ap]oiv5t *ez les autres4--,les mres ont raison de tanc] leurs enfants1 lorsqu'ils contrefont d'tre borgnes1 boiteux1 de l\*] ou d'avoir tels autres dfauts de con=mation4 ,outre que leur corps1 t5dre comme il l'e/ cet ge1 peut en recevoir un mauvais pli1 la =tune1 je ne sais comm5t1 semble p>fois1 en cela1 s'amus] n\s pr5dre au mot2 et j'ai ent5du cit] plusieurs cas de g5s dev5us malades1 alors qu'ils s'appliquai5t fe9dre de l'tre4 ,de t\s temps j'ai eu l'habitude1 que je fusse pi$ ou *eval1 de port] la ma9 une baguette ou un bton3 j'en faisais une "q d'lgance et je m'appuyais dessus1 me donnant des airs de petit-matre2 des p]sonnes m'ont prdit que1 ce faisant1 une mauvaise *ance p\rrait bi51 un j\r1 *ang] cette affectation de ma "p en ncessit4 ,ce qui me rassure1 c'e/ que si cela m'arrivait1 je s]ais le premi] de ma race qui aurait eu la g\tte4 ,exemple d'un homme dev5u aveugle en dormant4--,allongeons ce *apitre et div]sifions-le en *angeant de sujet et disons un mot de la ccit4 ,pl9e rapporte que quelqu'un1 en dormant1 rva qu'il tait aveugle et se tr\va l'tre le l5dema91 sans qu'aucune maladie et prcd4 ,la puissance de l'imag9ation1 a9si que je l'ai dit ailleurs1 peut bi5 aid] ce que cela se produise et ,pl9e semble tre de cet avis2 mais il me p>at plus vraisemblable que c'tait le travail qui s'oprait l'intrieur du corps et a am5 la ccit 7il app>ti5t aux mdec9s d'en dc\vrir la cause1 si cela leur convi5t71 qui1 en mme temps1 occasionna le songe4 ,une folle habitant la maison de ,snque1 frappe de ccit1 croyait que c'tait la maison qui tait dev5ue obscure2 rflexion de ce philosophe sur ce que les hommes ressembl5t cette folle1 attribuant leurs vices d'autres causes qu' eux-mmes4--,aj\tons ce propos1 comme s'y ratta*ant1 l'hi/oire suivante conte p> ,snque dans une de ses lettres3 ,tu sais1 dit-il1 en crivant ,lucilius1 qu',h>pa/1 la folle de ma femme1 e/1 p> hritage1 demeure ma *>ge2 j'eusse prfr qu'il en ft autrem5t1 les mon/res n'tant pas de mon gt1 d'autant que lorsqu'il me pr5d envie de rire d'un f\1 je n'ai gure all] lo91 je ris de moi-mme4 ,cette folle a subitem5t p]du la vue4 ,ce que je te conte l e/ extraord9aire1 c'e/ cep5dant vrai3 elle ne s5t pas qu'elle e/ dev5ue aveugle1 et elle t\rm5te con/amm5t la femme *>ge de son s]vice1 p\r qu'elle l'emmne1 p>ce que1 dit-elle1 ma maison e/ obscure4 ,ce qui n\s prte rire *ez elle1 e/ prcism5t1 tu peux m'en croire1 ce qui advi5t *ez *acun de n\s3 nul ne s'ap]oit qu'il e/ av>e1 nul qu'il e/ envieux2 encore les aveugles dem&5t-ils un guide2 n\s1 c'e/ de n\s-mmes que n\s n\s enfonons dans nos erreurs4 ,je ne suis pas ambitieux1 disons-n\s1 mais1 ,rome1 on ne saurait vivre autrem5t2 je ne suis pas port au luxe1 mais le sj\r la ville rclame une gr&e dp5se2 ce n'e/ pas ma faute si je suis colre1 si je n'ai pas encore un tra9 de vie bi5 rgl1 c'e/ ma jeunesse qui en e/ cause4 ,ne *]*ons pas notre mal en dehors de n\s1 il e/ en n\s2 il e/ enrac9 dans nos entrailles2 mais1 p> cela mme que n\s ne n\s s5tons pas malades1 notre gurison e/ plus difficile4 ,si n\s ne n\s y pr5ons de bonne heure p\r n\s soign]1 qu& aurons-n\s f9i de pans] tant de plaies1 de p>] tant de maux8 ,et cep5dant n\s avons notre porte ce mdicam5t si d\x1 qu'e/ la philosophie2 des autres1 on n'en ress5t l'effet bi5faisant qu'aprs la gurison2 celui-ci e/ agrable et gurit t\t la fois4 ,voil ce que dit ,snque1 cela m'a entran hors de mon sujet1 mais n\s gagnons au *ange4 ,,*apitre ,,xxvi4 ,du p\ce4 ,usage1 *ez c]ta9s rois b>b>es1 de cim5t] leurs alliances en entrelaant leurs p\ces1 les faisant saign]1 et suant le sang l'un de l'autre4--,tacite raconte que *ez c]ta9s rois b>b>es1 les engagem5ts les plus sacrs se contractai5t en joignant trs troitem5t les ma9s droites l'une contre l'autre1 les p\ces entrelacs2 puis qu&1 =ce de press]1 le sang en avait gagn les extrmits1 ils les piquai5t avec une po9te acre1 et se les suai5t rciproquem5t4 tymologie du mot p\ce4--,les mdec9s dis5t que les p\ces sont les doigts ess5tiels de la ma91 et que le mot d'o drive leur tymologie lat9e signifie tre =t1 puissant4 ,en grec1 le s5s du mot qui les dsigne e/ comme qui dirait une autre ma94 ,il semble que p>fois les ,lat9s s'en sont aussi s]vis dans le s5s de ma9 entire3 ,p\r se dress]1 elle n'a beso9 ni d'tre excite de la voix1 ni c>esse du p\ce 7,m>tial74 ,c\tume des ,roma9s d'abaiss] ou d'lev] le p\ce p\r applaudir ou p\r ordonn] la mort des gladiateurs4--,a ,rome1 la ma9 f]me et r5v]se1 le p\ce dta* et en dess\s1 tmoignait la satisfaction3 ,tes p>tisans applaudiront ton jeu1 en baissant les deux p\ces 7,horace74--,la ma9 f]me1 le p\ce dta* et en dessus1 tait une m>que de dfaveur3 ,qu& la f\le t\rne le p\ce en haut1 il faut1 p\r lui plaire1 que les gladiateurs s'gorg5t 7,juvnal74 ,la mutilation du p\ce1 *ez les anci5s1 disp5sait du s]vice militaire4--,les ,roma9s exemptai5t de la gu]re ceux qui tai5t blesss au p\ce1 comme n'ayant plus assez de =ce p\r se s]vir de leurs armes4--,augu/e confisqua les bi5s d'un *evali] roma9 qui avait tran* le p\ce deux de ses enfants en bas ge1 dans le b crim9el de leur crer un motif les disp5sant de se r5dre aux armes4--,avant lui1 le ,snat1 lors des gu]res sociales1 avait condamn ,caius ,vati5us la prison p]ptuelle et la confiscation de t\s ses bi5s1 p\r s'tre volontairem5t c\p le p\ce de la ma9 gau*e af9 de s'p>gn] d'y pr5dre "p4 ,quelqu'un dont je ne me s\vi5s pas1 ayant remport une victoire navale1 fit tran*] les p\ces t\s ses prisonni]s1 p\r leur t] t\t moy5 de combattre et de mani] la rame4--,les ,a?ni5s agir5t de mme l'g>d des habitants d'g9e1 p\r leur t] la supriorit dans l'emploi de leur m>9e4 ,a ,lacdmone1 les matres d'cole punissai5t les enfants en leur mordant les p\ces4 ,,*apitre ,,xxvii4 ,la poltronn]ie e/ mre de la cruaut4 ,vrit de l'adage qui fait l'objet de ce *apitre2 le vrai brave p>gne son ennemi va9cu1 le l*e l'injurie et le frappe qu& mme il e/ rduit l'impuissance4--,j'ai s\v5t ent5du dire que la poltronn]ie e/ la mre de la cruaut1 et 99 j'ai con/at p> expri5ce combi5 un c\rage faux et p]v]ti1 enta* de mauvais s5tim5ts et d'inhumanit1 e/ d'ord9aire accompagn d'une faiblesse d'me t\te fm99e2 j'ai vu des g5s des plus cruels avoir la l>me facile et p\r des motifs de nulle importance4--,alex&re1 tyran de ,phres1 ne p\vait assi/]1 au ?tre1 la reprs5tation de tragdies1 de peur que ses sujets ne le viss5t s'att5drir sur les malheurs d',hcube ou d',&romaque1 lui qui1 sans piti1 faisait *aque j\r tortur] tant de p]sonnes1 avec des raff9em5ts de cruaut4 ,ne s]ait-ce pas p> faiblesse d'me que les g5s de cette espce vont a9si d'un extrme l'autre8 ,la vaillance a p\r effet de ne s'ex]c] que contre qui rsi/e1 elle ne se plat immol] un taureau que s'il se df5d 7,claudi571 elle susp5d ses c\ps ds qu'elle voit l'ennemi sa m]ci2 mais la pusillanimit1 p\r montr] qu'elle e/ aussi de la fte1 n'ayant pu se ml] ce premi] acte1 entre en scne au second1 celui du massacre et du sang4 ,les tu]ies qui suiv5t les victoires1 sont ord9airem5t le fait des masses inconsci5tes et de ceux qui ont la g>de des bagages2 et ce qui fait que l'on voit tant de cruauts in\es se commettre dans les gu]res auxquelles le peuple e/ ml1 c'e/ que la canaille qui en compose les bas-fonds s'acc\tume au meurtre et devi5t cruelle p> l'habitude de se vautr] dans le sang jusqu'aux c\des1 de mettre en lambeaux les corps t5dus ses pi$s1 n'ayant pas ide d'une autre sorte de vaillance3 ,le l\p1 les ours1 les animaux les mo9s nobles1 s'a*>n5t sur les m\rants 7,ovide71 comme les *i5s c\>ds qui1 la maison1 d*ir5t belles d5ts les peaux des btes sauvages qu'ils n'ont pas os attaqu] en ple9e campagne4 ,p\rquoi1 notre poque1 nos qu]elles entran5t-elles t\j\rs la mort8 c'e/ que t&is que nos pres avai5t des degrs dans leur v5geance1 n\s1 cette heure1 n\s comm5ons p> le d]ni]2 ds le db1 on ne p>le que de tu]2 qu'e/-ce cela1 s9on de la poltronn]ie8 ,tu] son ennemi qu& il e/ abattu1 c'e/ se priv] du plaisir de la v5geance2 en outre1 le repos lui e/ acquis1 t&is que le survivant e/ oblig de fuir1 de se ca*]4--,*acun s5t bi5 qu'il y a plus de brav\re et de dda9 battre son ennemi qu' l'a*ev]2 le contra9dre cd]1 qu' le faire m\rir2 bi5 plus1 notre soif de v5geance en e/ mieux ass\vie1 elle reoit une plus complte satisfaction1 c> elle ne vise qu' caus] du ress5tim5t notre ennemi2 c'e/ mme p\r cela que n\s n'attaquons pas une bte ou une pi]re qui n\s bless5t1 incapables qu'elles sont de compr5dre que ce s]ait une revan*e que n\s ex]c]ions2 t&is que tu] un homme1 c'e/ le mettre l'abri de nos (f5ses4 ,c'e/ ce qui faisait que ,bias criait un m*ant dont il avait eu s\ffrir3 ,je sais que tt ou t>d1 tu en s]as puni2 mais je cra9s de ne pas le voir2 et qu'il plaignait les habitants d',or*omne1 de ce que la punition de ,lyciscus p\r sa trahison env]s eux v5ait alors qu'il n'exi/ait plus p]sonne de ceux qui avai5t eu en ptir et auxquels cette punition devait caus] du plaisir4 ,la v5geance e/ pla9dre1 qu& elle p]d le moy5 de faire s\ffrir celui contre lequel elle s'ex]ce1 c> elle veut1 et que celui qui se v5ge y tr\ve de la j\issance1 et que celui duquel il se v5ge la ress5te p\r en pr\v] du dplaisir et du rep5tir4 ,il s'en rep5tira1 disons-n\s2 lui log] une balle de pi/olet dans la tte1 e/-ce faire qu'il se rep5te8 ,au contraire1 si n\s y reg>dons att5tivem5t1 n\s tr\vons qu'il n\s n>gue en tombant2 il ne n\s en sait mme pas mauvais gr1 ce qui e/ bi5 lo9 d'tre du rep5tir2 n\s lui r5dons le meilleur s]vice qui se peut en cette vie1 savoir une mort prompte et qui ne se s5te pas2 n\s demeurons *]*] des dt\rs1 n\s agit]1 fuir les g5s de ju/ice qui n\s p\rsuiv5t1 t&is que lui e/ en repos4 ,le tu]1 c'e/ bon p\r emp*] qu'il ne n\s (f5se n\veau dans l'av5ir1 mais non p\r v5g] une injure reue2 il y a en cela plus de cra9te que de brav\re1 plus de prcaution que de c\rage1 de proccupation de se df5dre que d'ide de punir4 ,il e/ vid5t que c'e/ r5onc] au b rel de la v5geance1 et que n\s portons atte9te notre rputation2 n\s tmoignons cra9dre que1 s'il demeure en vie1 il ne r5\velle ce dont une premire fois n\s avons t sa victime2 ce n'e/ pas contre lui1 c'e/ dans notre intrt1 que n\s n\s en dfaisons4 ,au royaume de ,n>s+ue1 cette manire de faire ne n\s s]ait d'aucune utilit4 ,dans ce pays1 hommes de gu]re et artisans dml5t leurs qu]elles c\ps d'pe4 ,le roi ne refuse p]sonne qui veut se battre1 d'all] sur le t]ra92 il y assi/e mme1 qu& ce sont des g5s de qualit1 et fait don d'une *ane d'or au va9queur2 mais quiconque a envie de conqurir cette *ane1 peut se mesur] avec celui qui la porte1 de sorte que celui-ci1 p\r tre sorti son avantage d'un combat1 s'en met plusieurs sur les bras4 ,si n\s p5sions tre t\j\rs1 p> notre c\rage1 les matres de notre ennemi1 et p\voir le malm5] notre fantaisie1 n\s s]ions bi5 au regret qu'il n\s *appe1 comme il le fait en m\rant4 ,n\s v\lons va9cre1 99 mais avec c]titude de succs plutt que d'une manire honorable2 n\s *]*ons dans une qu]elle le rsultat plutt que la gloire4 ,une *ose inexcusable1 c'e/ d'att5dre la mort d'un ennemi p\r publi] des invectives contre lui4--,as9ius ,pollion commit une erreur p>eille1 peu excusable *ez un homme honorable2 il avait crit une diatribe contre ,plancus et il att5dit la mort de celui-ci p\r la publi]2 au lieu de c\rir les *ances du ress5tim5t qu'il provoquait1 c'tait en quelque sorte n>gu] un aveugle d'un ge/e indc5t1 un s\rd p> des p>oles (f5santes ou encore viol5t] quelqu'un sans connaissance4 ,aussi disait-on de lui qu'il n'app>t5ait qu' des dmons d'entr] en lutte avec les morts4 ,celui qui att5d qu'un auteur soit trpass p\r critiqu] ses uvres1 que dmontre-t-il1 s9on qu'il e/ faible et se complat nuire4 ,on disait ,ari/ote que quelqu'un avait mdit de lui3 ,qu'il fasse plus encore1 rpondit-il1 qu'il me f\ette1 p\rvu que je ne sois pas l4 ,les duels driv5t d'un s5tim5t de l*et1 et l'usage de t5ants d'un s5tim5t analogue4--,nos pres se cont5tai5t de v5g] une injure p> un dm5ti1 un dm5ti p> des c\ps1 et a9si p> gradation2 ils tai5t assez valeureux p\r ne pas cra9dre ple9 de vie1 un adv]saire qu'ils avai5t outrag2 n\s1 n\s tremblons de frayeur1 aussi longtemps que n\s le voyons sur pi$4 ,notre manire de faire auj\rd'hui a p\r consqu5ce1 qu'elle n\s induit p\rsuivre la mort de celui que n\s avons (f5s1 aussi bi5 que celle de qui n\s a (f5ss4--,c'e/ galem5t p> une sorte de l*et qu'a t introduit l'usage de n\s faire accompagn]1 dans nos combats s+uli]s de deux1 de trois et mme de quatre t5ants2 jadis ces r5contres tai5t des duels1 cette heure ce sont de vraies batailles4 ,les premi]s qui imag9r5t cette mode1 tai5t des g5s qui r$\tai5t d'tre ab&onns eux-mmes3 ,*acun tait en dfiance de soi2 et1 en effet1 il e/ dans la nature qu'en face du dang]1 se tr\v] en compagnie rcon=te et enc\rage4 ,jadis on avait rec\rs des p]sonnes ti]ces1 uniquem5t p\r faire qu'il ne se produisit ni dsordre1 ni acte de dloyaut dans le combat et p\voir en tmoign]2 mais1 depuis qu'e/ v5ue cette habitude que les tmo9s 99 y pr5n5t galem5t "p1 quiconque y e/ convi1 ne peut honorablem5t se born] demeur] spectateur1 de peur qu'on attribue son ab/5tion un manque d'affection ou de cur4 ,outre ce qu'il y a d'inique et de d%onnte dans le fait d'appel] votre aide1 p\r la protection de votre honneur1 la valeur et la =ce d'un autre1 je tr\ve prjudiciable un homme de bi51 qui a ple9em5t confiance en lui-mme1 d'all] associ] sa =tune celle d'un second3 *acun c\rt assez de risques p\r lui-mme1 sans en c\rir encore p\r autrui2 a assez faire fond sur son propre c\rage p\r df5dre sa vie1 sans s'en remettre des ma9s ti]ces p\r la df5se d'une *ose si *re4 ,c>1 si le contraire n'a t expressm5t conv5u1 c'e/ p>tie lie entre les quatre combattants2 si votre second e/ jet bas1 v\s avez les deux autres sur les bras1 et cela il n'y a ri5 r$ire2 prt5dre que c'e/ un abus1 c'e/ vid5t1 t\t comme de combattre1 qu& on e/ soi-mme bi5 arm1 un adv]saire qui n'a plus qu'un tronon d'pe1 ou1 qu& v\s tes valide1 un homme dj grivem5t bless2 mais puisque v\s devez ces avantages aux *ances du combat engag1 v\s p\vez en us] sans scrupule4 ,ce n'e/ que lorsque va comm5c] l'action1 que la dissemblance et l'9galit des conditions dans lesquelles *acun se tr\ve1 sont pes] et considr]2 p\r ce qui survi5t ensuite1 pr5ez-v\s-en la =tune2 si v\s tes trois contre trois1 que vos deux compagnons soi5t tus et que vos trois adv]saires se runiss5t contre v\s1 v\s n'avez pas plus raison de prote/] que lorsque la gu]re1 je pr(ite p>eillem5t1 p\r donn] un c\p d'pe un ennemi1 de ce qu'il e/ aux prises avec quelqu'un des ntres4 ,qu& deux tr\pes sont opposes l'une l'autre1 comme lorsque le duc d',orlans porta dfi au roi d',anglet]re ,h5ri1 lui (frant de se mesur] c5t contre c5t2 ou comme fir5t les ,argi5s contre les ,lacdmoni5s qui combattir5t trois c5ts contre un mme nombre2 ou comme les ,horaces contre les ,curiaces1 en v5ant aux ma9s trois contre trois1 la rgle e/ que l'ensemble de *aque gr\pe n'e/ considr que comme un homme seul1 et1 p>t\t o on agit de compagnie1 les *ances sont confuses et le has>d y a une l>ge "p4 ,devoirs des t5ants en p>eille circon/ance4--,j'ai un intrt de famille dans la "q3 mon frre1 le sieur de ,matec\lom1 a t convi1 ,rome1 s]vir de second un g5tilhomme qu'il ne connaissait gure et qui avait t provoqu p> un autre4 ,dans ce combat1 il se tr\va p> has>d avoir t5ir tte quelqu'un dont il tait un peu vois9 et qu'il connaissait davantage2 combi5 je v\drais voir faire ju/ice de telles lois d'honneur qui vont si s\v5t l'encontre de la raison et la heurt5t6 ,aprs avoir mis son adv]saire hors de combat1 voyant les deux pr9cipaux intresss en la qu]elle encore sur pi$ et sa9s et saufs1 mon frre v9t prt] aide celui qui l'avait atta* sa cause4 ,p\vait-il faire autrem5t1 devait-il se t5ir coi et reg>d] la dfaite1 si le sort l'et v\lu a9si1 de celui p\r la df5se duquel il tait v5u8 ce qu'il avait fait lui-mme jusqu'alors n'et1 dans ce cas1 s]vi ri51 et la qu]elle s]ait demeure indcise4 ,la c\rtoisie dont v\s p\vez et devez us] assurm5t l'g>d d'un ennemi que v\s avez malm5 et mis dans un gr& tat d'infriorit1 je ne vois pas qu'elle soit admissible qu& il y va de l'intrt d'autrui1 lorsque v\s n'tes qu'un auxiliaire et que la qu]elle n'e/ pas vtre2 mon frre n'et t ni ju/e1 ni c\rtois1 ne p\vant l'tre qu'aux dp5s de celui qu'il assi/ait4 ,aussi fut-il rel* des prisons d',italie1 grce une prompte et trs *aude int]v5tion de notre roi4--,quelle indiscrte nation que la ntre6 ,n\s ne n\s cont5tons pas d'une rputation qui rp& de p> le monde la connaissance de nos dfauts et de nos folies1 n\s allons encore l'trang] p\r les lui plac] s\s les yeux4 ,mettez trois ,franais dans les ds]ts de la ,libye1 ils ne s'y tr\v]ont pas ensemble depuis un mois1 qu'ils se h>cl]ont et s'gratign]ont2 v\s diriez que ces voyages en pays lo9ta9s font p>tie d'un plan prconu en vue de donn] le plaisir de nos tragdies aux trang]s1 g5s qui1 le plus s\v5t1 se rj\iss5t de ce qui n\s arrive de mal et s'en moqu5t4 ,n\s allons appr5dre l'escrime en ,italie1 et en faisons application1 au pril de notre vie1 avant de la savoir2 encore faudrait-il1 suivant l'ordre des *oses1 connatre la ?orie avant de pass] la pratique1 sans quoi n\s montrons que n\s ne sommes que des appr5tis3 ,malheureux c\ps d'essai de la jeunesse1 fune/e appr5tissage d'une gu]re pro*a9e 7,virgile76 ,l'art de l'escrime e/ fltrir1 p>ce qu'il ne procure la victoire qu' =ce de fe9tes et de ruses4--,je sais bi5 que c'e/ un art utile au b en vue duquel il exi/e3 ,tite-,live rapporte qu'en ,espagne dans un duel entre deux pr9ces c\s9s g]ma9s1 le plus vieux1 p> son adresse aux armes et ses fe9tes1 eut facilem5t raison de la vigueur inconsidre du plus jeune4 ,c'e/ un art dont la connaissance1 j'ai eu occasion de le con/at]1 donne du cur c]ta9s au del de ce qu'ils en ont2 on ne saurait dire qu'en eux ce s5tim5t e/ du c\rage1 puisqu'il s'appuie sur l'adresse et repose p> suite sur autre *ose que sur soi-mme4 ,l'honneur au combat consi/e ne faire1 avec un so9 jal\x1 appel qu' sa valeur et non l'habilet2 c'e/ ce qui faisait qu'un de mes amis1 qui passait p\r tre de premire =ce l'escrime1 *oisissait1 lorsqu'il avait quelque qu]elle vid] p> les armes1 celles dont l'emploi lui tait cet avantage et o t\t ne dp5dait plus que du has>d et de la f]met1 af9 qu'on n'attribut pas sa victoire sa =ce en escrime plutt qu' sa valeur4 ,dans mon enfance1 la noblesse vitait comme injurieuse d'avoir de la rputation en cet art2 elle ne s'y ex]ait qu' la drobe1 comme un mti] de loyaut d\teuse s'alliant mal au vrai c\rage tel que n\s le t5ons de la nature3 ,ils ne veul5t ni esquiv]1 ni p>]1 ni fuir2 l'adresse n'a pas "p leur combat2 leurs c\ps ne sont po9t fe9ts1 tantt directs1 tantt obliques2 la colre1 la fureur1 leur t5t t\t usage de l'art4 c\tez le *oc horrible de ces pes qui se heurt5t en ple9 f]2 ils ne romprai5t pas d'une semelle2 leurs pi$s re/5t immobiles et leurs ma9s sont t\j\rs en m\vem5t2 d'e/oc ou de taille1 t\s leurs c\ps port5t 7,le ,tasse74 ,le tir l'arc et l'arbalte1 les t\rnois1 les sauts de b>rire1 t\s les jeux images de la gu]re1 tels tai5t les ex]cices que pratiquai5t nos pres2 celui de l'escrime e/ d'autant mo9s noble1 qu'il ne vise qu'un b p]sonnel2 il n\s appr5d n\s mettre mal les uns les autres1 en contrev5ant aux lois et la ju/ice2 aussi1 s\s t\s rapports1 ses effets sont-ils prjudiciables2 au lieu de se livr] cet ex]cice1 qui n'a en vue que des actes qui tomb5t s\s le c\p de la loi1 il s]ait beauc\p plus digne et conv5able de s'adonn] ceux qui ont p\r objet d'assur] son excution et sont la sauveg>de de notre indp5dance et de notre gloire t\s4--99 ,le consul ,publius ,rutilius fut le premi] qui in/ruisit le soldat mani] ses armes avec adresse et p> pr9cipes2 qui acc\pla l'art et le c\rage1 non en vue de qu]elles p>ticulires1 mais en prvision des gu]res que p\vait entrepr5dre ou avoir s\t5ir le peuple roma92 ce fut une escrime p\r t\s1 laquelle fur5t a/re9ts t\s les citoy5s4 ,outre l'exemple de ,cs> qui1 la bataille de ,ph>sale1 comm&a aux si5s de tir] pr9cipalem5t au visage des g5s d'armes de ,pompe1 nombre d'autres *efs militaires ont introduit1 suivant les beso9s du mom5t1 des *angem5ts dans la =me des armes et dans leur mode d'emploi p\r l'attaque et p\r la df5se4 ,d'ailleurs1 la gu]re1 il e/ inutile et p>fois dang]eux4--,philopm5 proscrivit la lutte1 o il excellait1 p>ce que l'entranem5t p> lequel on s'y prp>ait tait en dsaccord avec ce qui conv5ait p\r =m] l'obs]vation des pr9cipes de la discipl9e militaire1 ce quoi1 selon lui1 un homme d'honneur1 dans ses jeux1 devait uniquem5t employ] son temps4 ,il me semble de mme1 que cette adresse qu'on *]*e communiqu] au corps1 ces fe9tes1 ces attaques1 ces p>ades1 ces ripo/es auxquelles1 en cette n\velle cole1 99 on ex]ce la jeunesse1 lo9 d'tre utiles1 sont plutt contraires et prjudiciables ce qui e/ d'application la gu]re4 ,on y emploie mme des armes p>ticulires1 spcialem5t de/9es cet usage2 et j'ai vu qu'un g5tilhomme convi un combat l'pe et au poign>d1 tait mal v5u de s'y prs5t] en habit de gu]re1 t\t aussi bi5 qu'un autre qui propos]ait d'y v5ir avec manteau d'armes et sans poign>d4--,il e/ rem>qu] que ,la*ez1 dans ,platon1 p>lant d'un enseignem5t de l'escrime tel que n\s la pratiquons1 dit n'avoir jamais vu cette cole produire un seul gr& homme de gu]re1 et ses *efs en p>ticuli] n'avoir jamais brill s\s ce rapport2 notre propre expri5ce n\s montre que1 de nos j\rs1 ces escrimeurs ne font pas mieux4 ,du re/e1 n\s sommes fonds dire qu'il n'y a aucune relation entre les habilets qui se peuv5t acqurir en des g5res si diffr5ts2 dans l'ducation que ,platon veut p\r les enfants de son tat imag9aire1 il int]dit les ex]cices de pugilat introduits p> ,amycus et ,epicius et ceux d',antu et ,c]cyo p\r la lutte1 comme t5dant autre *ose qu' dvelopp] p>mi les jeunes g5s l'aptitude au combat1 et1 de fait1 ils n'y contribu5t en ri54 ,mais je m'ap]ois que me voil bi5 ct de mon sujet4 ,les g5s sangu9aires et cruels sont gnralem5t l*es et un premi] acte de cruaut en amne ncessairem5t d'autres4--,l'emp]eur ,maurice1 prv5u p> des songes et p> plusieurs prono/ics qu'un c]ta9 ,phocas1 soldat alors inconnu1 devait l'assass9]1 s'enquit auprs de ,philippe1 son g5dre1 de ce qu'tait ce ,phocas1 de sa nature1 de sa situation et de ses murs4 ,philippe lui ayant dit1 entre autres *oses1 que c'tait un homme pusillanime et l*e1 l'emp]eur en conclut immdiatem5t qu'il devait tre encl9 au meurtre et la cruaut4--,ce qui r5d les tyrans si sangu9aires1 c'e/ le so9 de leur sret2 la l*et qu'ils ont au cur ne leur f\rnit pas d'autre moy5 p\r assur] cette scurit que d'ext]m9]1 p> peur d'une simple gratignure1 ceux1 jusqu'aux femmes1 qui peuv5t les (f5s]3 ,il frappe t\t1 p>ce qu'il cra9t t\t 7,claudi574 ,les premires cruauts s'ex]c5t p\r elles-mmes2 puis1 la cra9te qu'elles n'eng5dr5t une revan*e ju/ifie en amne une n\velle srie2 et elles vont se succdant a9si1 p\r t\ff] les v5geances au fur et mesure qu'elles les font natre4--,philippe1 roi de ,macdo9e1 qui eut de si nombreux dmls avec le peuple roma91 inquiet des meurtres commis p> ses ordres1 ne p\vant triomph] de la cra9te que lui inspirai5t tant de familles qu' des poques div]ses il avait (f5ses1 prit le p>ti de s'emp>] de t\s les enfants de ceux qu'il avait fait tu] p\r1 un j\r l'un1 un j\r l'autre1 les p]dre les uns aprs les autres et1 p> l1 assur] son repos4 ,les sujets intressants font 99 t\j\rs bi5 en quelque endroit qu'on les mette4 ,moi qui me proccupe plus de la valeur et de l'utilit de mes propos que de les avoir en ordre et qu'ils se fass5t suite1 je ne reg>de pas plac] ici la n>ration d'un beau fait1 alors mme qu'il semble n'tre pas sa place2 il me suffit que des anecdotes ai5t de l'intrt et soi5t de nature se faire accept] d'elles-mmes1 p\r que je me cont5te de la mo9dre corrlation avec la "q que je traite et les y introduise4 ,p>mi les victimes de ,philippe1 s'tait tr\v un ,hrodicus1 pr9ce des ,!ssali5s2 po/rieurem5t1 il avait fait aussi prir ses deux g5dres qui avai5t laiss *acun une veuve1 ,?oxna et ,ar*o1 avec *acune un t\t jeune enfant4 ,?oxna1 quoique =t re*]*e1 ne se dcida pas se rem>i]4 ,ar*o p\sa ,poris1 le premi] d'entre les ni5s1 dont elle eut nombre d'enfants1 qui t\s tai5t en bas ge1 qu& elle-mme v9t m\rir4 ,?oxna1 p\sse p> les s5tim5ts t\t mat]nels qu'elle portait ses neveux1 p\sa ,poris1 af9 d'tre mme de les dirig] et de les protg]4 ,alors p>ut l'dit du roi qui rclamait que les enfants de ceux qu'il avait condamns1 lui fuss5t remis4 ,?oxna1 en mre c\rageuse1 se dfiant de la cruaut de ,philippe et des viol5ces de ses satellites l'g>d de ces jeunes et beaux enfants1 osa dcl>] qu'elle les tu]ait de ses propres ma9s1 plutt que de les lui remettre4 ,poris1 effray de cette prote/ation1 lui promit de les enlev] et de les transport] ,a?nes1 p\r les confi] la g>de de quelques htes qu'il y avait et de la fidlit desquels il tait c]ta94 ,pr5ant occasion de la fte annuelle qui se clbrait nie1 en l'honneur d'ne1 ils s'y r5d5t2 dans la j\rne1 ils assi/5t aux crmonies1 pr5n5t "p au banquet public1 et1 la nuit1 se gliss5t sur un vaisseau t5u prt cet effet1 p\r fuir p> m]4 ,le v5t leur fut contraire2 et1 se tr\vant le l5dema9 en vue de la t]re d'o ils tai5t p>tis1 les g>des du port leur donnr5t la *asse4 ,sur le po9t d'tre rejo9ts1 t&is que ,poris s'ef=ce de /imul] les matelots p\r ht] leur fuite1 ,?oxna1 surexcite p> son am\r et son dsir de v5geance1 rev5ant son premi] projet1 prp>e des armes et du poison1 et les leur prs5tant3 ,allons1 mes enfants1 leur dit-elle1 la mort e/ ma9t5ant le seul moy5 de df5dre votre lib]t2 les dieux1 dans leur sa9te ju/ice1 n\s jug]ont2 ces pes nues1 ces c\pes 99 ple9es la mett5t notre disposition2 ayez du c\rage6 ,toi1 mon fils1 qui es le plus gr&1 pr5ds ce f] p\r m\rir de la mort la plus noble4 ,presss d'un ct p> cette intrpide conseillre1 de l'autre p> leurs ennemis prs de s'emp>] d'eux1 ils se prcipit5t tte baisse sur ce qui e/ le plus leur porte et1 moiti morts1 sont jets la m]4 ,?oxna1 fire d'avoir si glorieusem5t p\rvu la sret de t\s ses enfants1 embrasse *aleureusem5t son m>i et lui dit3 ,suivons ces g>ons1 mon ami1 et j\issons1 n\s aussi1 de la mme spulture qu'eux2 et1 se t5ant troitem5t embrasss1 ils se prcipit5t dans les flots et le vaisseau e/ ram5 au port1 vide de ses matres4 ,les tyrans s'+ni5t prolong] les t\rm5ts de leurs victimes2 s\v5t leurs int5tions cet g>d sont dues4--,les tyrans se sont +nis tr\v] le moy5 de prolong] la dure de la mort qu'ils infligeai5t1 dans le d\ble b de faire prir les g5s et de leur faire ress5tir les effets de leur colre2 ils veul5t que leurs ennemis ne pass5t pas tellem5t vite de vie trpas1 qu'ils n'ai5t1 eux1 le plaisir de sav\r] leur v5geance4 ,ils ont bi5 du mal y arriv]1 p>ce que lorsque les t\rm5ts sont viol5ts1 ils sont c\rts2 s'ils sont de longue dure1 ils ne sont pas assez d\l\reux leur gr1 et ils se mett5t dos] les tortures en consqu5ce4 ,n\s en voyons mille exemples dans l'antiquit et je ne sais si1 sans y p5s]1 n\s n'avons pas cons]v quelque *ose de cette b>b>ie4 ,dans les excutions ordonnes p> la ju/ice1 t\t ce qui outrepasse la mort simple e/ pure cruaut4--,t\t ce qui outrepasse la mort simple me semble pure cruaut4 ,notre ju/ice ne saurait espr] que celui que la cra9te de la mort p> dcapitation ou p5daison n'emp*e pas de faillir1 en s]a emp* p> l'ide d'tre brl petit feu1 t5aill ou r\4 ,de plus1 je ne sais trop si n\s ne plongeons pas dans le dsespoir ceux auxquels n\s infligeons de tels supplices4 ,en quel tat1 en effet1 peut se tr\v] l'me d'un homme att5dant la mort p5dant v+t-quatre heures1 t5du sur une r\e1 les membres rompus ou1 comme on faisait jadis1 cl\ une croix8 ,josphe raconte que p5dant les gu]res des ,roma9s en ,jude1 passant en un endroit o on avait crucifi plusieurs ,juifs1 en croix depuis trois j\rs dj1 ayant reconnu p>mi eux trois de ses amis1 il obt9t leur grce2 deux m\rur5t1 dit-il1 le troisime en r*appa4 ,dtail de quelques supplices atroces4--,*alcondyle1 qui a laiss des mmoires dignes de foi sur ce qui s'e/ pass de son temps et prs de lui1 rapporte que l'emp]eur ,mahomet appliquait s\v5t cet horrible supplice de faire c\p] des hommes en deux1 d'un seul c\p de cimet]re1 p> le milieu du corps1 au-dessus des han*es1 ce qui faisait qu'ils m\rai5t1 p\r a9si dire1 de deux morts la fois2 on voyait1 dit-il1 *acun des deux tronons ple9s de vie se dm5] encore longtemps1 s\s l'action de la d\leur4 ,je ne crois cep5dant pas que ce supplice dt occasionn] de bi5 gr&es s\ffrances2 ce ne sont pas t\j\rs les plus hideux voir qui font le plus s\ffrir et je tr\ve bi5 plus atroce ce que1 d'aprs d'autres hi/ori5s1 ont endur c]ta9s seigneurs pirotes1 que ce mme ,mahomet fit cor*] vifs1 ordonnant1 p> un raff9em5t de cruaut1 que l'opration ft conduite de telle sorte que leur supplice se prolonget qu9ze j\rs durant4 ,que dire de ces deux autres3 ,crsus ayant fait pr5dre un g5tilhomme1 favori de ,pantalon son frre1 le fit conduire dans une b\tique de f\lon1 o il le fit gratt] et c>d] jusqu' ce qu'il en m\rt1 avec les c>des et peignes employs dans ce mti]4--,georges ,se*el1 *ef de ces paysans de ,pologne qui1 s\s prtexte de croisade1 fir5t tant de mal1 avait t dfait dans un combat1 et fait prisonni] p> le ,vayvode de ,transylvanie4 ,p5dant trois j\rs1 il demeura nu1 atta* sur un *evalet1 expos t\s les t\rm5ts qu'il plut *acun d'ex]c] contre lui2 durant ce temps1 plusieurs autres prisonni]s tai5t s\mis un jene rig\reux4 ,alors1 lui vivant encore et ayant sa ple9e connaissance1 on fit boire son sang son frre ,lucas qu'il *rissait et p\r le salut duquel il ne cessait uniquem5t de suppli]1 *]*ant attir] sur lui seul la ha9e inspire p> leurs mfaits2 puis on fit se repatre de sa *air v+t de ses capita9es prfrs qui le d*irr5t belles d5ts et le dvorr5t morceau p> morceau2 enf9 qu& il eut r5du le d]ni] s\pir1 on fit b\illir ses entrailles et t\t ce qui re/ait de son corps1 et on le fit mang] d'autres de sa suite4 ,,*apitre ,,xxviii4 ,*aque *ose en son temps4 ,caton le c5seur et ,caton d',utique2 la v]tu de celui-ci l'emporte de beauc\p sur celle du premi]4--,ceux qui mett5t sur le mme rang ,caton le c5seur et ,caton d',utique1 celui qui s'e/ lui-mme donn la mort1 assimil5t l'une l'autre deux belles natures qui ont bi5 des po9ts communs4 ,caton le c5seur montra son beau naturel s\s plus d'aspects diffr5ts1 il l'emporte p> ses succs militaires et les s]vices r5dus dans les *>ges publiques qu'il a occupes2 mais la v]tu de ,caton d',utique1 outre que ce s]ait un blasphme d'e/im] qu'une autre puisse lui tre comp>e s\s le rapport de l'n]gie1 a t beauc\p plus pure4 ,qui os]ait en effet d*>g] celle de ,caton le c5seur du repro*e d'envie et d'ambition1 lui qui alla jusqu' attaqu] l'honneur de ,scipion qui1 en bont et t\s autres g>ds1 tait de beauc\p meilleur que lui et que t\t autre de son sicle8 ,dans sa vieillesse ,caton le c5seur s'avisa d'appr5dre le grec1 c'e/ un ridicule2 t\tes *oses doiv5t tre faites en leur temps4--,on dit entre autres de ,caton le c5seur que1 dans son extrme vieillesse1 il se mit appr5dre la langue grecque1 y apportant beauc\p d'application1 comme s'il v\lait satisfaire un dsir inn depuis longtemps2 je ne ti5s pas cela comme si digne d'admiration1 c'e/ proprem5t p>l] ce que j'appell]ais retomb] en enfance4 ,*aque *ose a son temps1 les bonnes comme le re/e2 et il peut =t bi5 arriv] qu'une prire soit dite un mom5t inopportun1 a9si que cela fut repro* ,q4 ,flam9ius1 que1 gnral en *ef1 on avait vu1 lors d'une bataille qu'il gagna1 se mettre l'c>t1 au mom5t de s'engag]1 et s'amus] pri] ,dieu3 ,le sage lui-mme met des bornes sa v]tu 7,juvnal74 ,eudmonidas voyant ,xnocrate1 un ge avanc1 s'empress] aux leons de son cole1 dit3 ,qu& donc celui-ci saura-t-il1 s'il appr5d encore8--,philopm51 ent5dant prodigu] les loges au roi ,ptolme1 p>ce que *aque j\r il s'endurcissait en faisant des armes1 disait3 ,un roi de son ge n'e/ pas l\] de ce qu'il se livre de semblables ex]cices1 qu'il ne devrait plus qu'appliqu] qu& l'occasion s'en prs5te4--,l'homme jeune1 dis5t les sages1 doit se prp>]1 le vieill>d j\ir du fruit de sa prp>ation2 et le plus gr& dfaut qu'ils relv5t en n\s1 c'e/ que nos dsirs se rajeuniss5t sans cesse1 que sans cesse n\s recomm5ons notre vie4 ,nos dsirs devrai5t tre amortis p> l'ge1 mais nos gts et nos passions surviv5t la p]te de nos facults4--,nos tudes et nos gts devrai5t quelquefois tre ceux qui convi5n5t la vieillesse2 dj n\s avons un pi$ dans la fosse1 et nos aspirations1 ce que n\s p\rsuivons1 vi5n5t pe9e de natre3 ,tu fais taill] des m>bres la veille de m\rir1 lev] des maisons1 qu& tu ne devrais song] qu' un tombeau 7,horace74 ,le plus long des desse9s que je conois1 ne dem&e pas un an p\r sa ralisation2 je ne p5se qu' ma f9 et me dfais de t\tes n\velles esprances et entreprises2 j'adresse un adieu df9itif t\s les lieux que je quitte et aline *aque j\r quelque *ose de ce que je possde3 ,depuis longtemps je ne p]ds1 ni ne gagne4441 il me re/e plus de provisions que je n'ai de *em9 faire 7,snque72 ,j'ai vcu1 j'ai f\rni la c>rire que m'avait assigne la =tune 7,virgile74 ,f9alem5t1 la vieillesse m'apporte du s\lagem5t en t\tes *oses2 elle amortit en moi des dsirs et des proccupations qui1 dans la vie1 sont une cause d'inquitude3 proccupations des affaires de ce monde1 de ri*esse1 de gr&eur1 de sci5ce1 de sant1 de moi-mme4 ,caton le c5seur appr5ait p>l]1 qu& il lui fallait appr5dre se taire p\r jamais4 ,jusqu' la f91 l'tude peut se p\rsuivre1 mais non le temps pass l'cole2 quelle sotte *ose qu'un vieill>d qui appr5d pel]6 ,a qui se tr\v5t dans des conditions diffr5tes1 convi5n5t des *oses div]ses2 *aque ge a ses apptits qui lui sont propres 7,pseudo ,gallus74 ,sans d\te un vieill>d peut encore tudi]1 mais ses tudes doiv5t tre con=mes son ge et le prp>] quitt] ce monde4--,s'il n\s faut tudi]1 livrons-n\s une tude approprie notre condition1 de manire p\voir rpondre comme celui qui on dem&ait quoi ab\tissai5t celles qu'il pratiquait1 alors qu'il tait en ple9e dcrpitude3 ,a p>tir meilleur et plus mon aise4 ,ce fut le cas de celle laquelle s'adonnait ,caton d',utique s5tant sa f9 pro*a9e1 tude qui se tr\va tre l'entreti5 de ,platon sur l't]nit de l'me4 ,non1 comme on p\rrait le croire1 que depuis longtemps il ne ft prt1 s\s t\s rapports1 ce d"p3 c]titude de ce qui allait arriv]1 volont arrte qu'il en soit a9si1 connaissance de t\t ce qui peut se savoir de ce qui n\s att5d au del de la vie1 de t\t cela il avait plus que ,platon n'en a mis dans ses crits2 sa sci5ce et son c\rage tai5t1 cet g>d1 au-dessus de ce que prne la philosophie elle-mme2 et cet ouvrage1 il ne l'avait pas *oisi en vue de sa mort2 mais1 comme quelqu'un dont une telle rsolution1 malgr son importance1 n'int]rompt mme pas le sommeil1 il p\rsuivait ses tudes sans en modifi] le c\rs1 pas plus qu'il n'apporta de *angem5t aux autres occupations habituelles de son exi/5ce4 ,la nuit o *\a sa c&idature la prture1 il la passa j\]2 celle o il devait m\rir1 il la passa lire2 la p]te de sa vie1 celle de sa *>ge1 n'eur5t pas sur lui plus d'effet l'une que l'autre4 ,,*apitre ,,xxix4 ,de la v]tu4 ,p> le mot v]tu1 il faut ent5dre ici la =ce d'me2 ce n'e/ pas en des lans imptueux1 mais passag]s1 qu'elle consi/e2 elle dem&e de la con/ance et se r5contre r>em5t4--,l'expri5ce me montre qu'il y a une trs gr&e diffr5ce entre les b\tades et les saillies de l'me et ce qu'elle e/ dans le c\rant habituel de la vie4 ,je vois bi5 que ri5 ne n\s e/ impossible1 pas mme de faire plus que la div9it elle-mme1 dit quelqu'un2 il y a plus de mrite1 p> exemple1 demeur] impassible p> la =ce de notre volont1 que d'tre tel p>ce que l'impassibilit s]ait dans nos attributs4 ,n\s en arrivons p\voir jo9dre la faiblesse huma9e1 la rsolution et la f]met de ,dieu lui-mme1 mais ce n'e/ que p> -c\ps4 ,dans la vie de ces hros des temps passs il y a quelquefois des actes prodigieux1 qui sembl5t excd] de beauc\p les =ces que n\s avons reues de la nature2 mais ce ne sont la vrit que des actes passag]s1 et on se p]suad]a difficilem5t que leurs mes ai5t pu s'imprgn] et se pntr] de ces ides leves au po9t qu'elles leur soi5t dev5ues d'application con/ante et p\r a9si dire naturelles4 ,il n\s arrive bi5 n\s-mmes1 qui ne sommes que des avortons d'hommes1 que p>fois notre me1 veille p> les disc\rs ou les exemples d'autrui1 s'lve beauc\p au-dessus de ce qui lui e/ habituel1 mais elle e/ alors comme emporte p> une sorte de passion qui la p\sse1 l'agite1 la ravit en quelque sorte hors d'elle-mme2 et1 ce t\rbillon fran*i1 n\s la voyons1 sans y p5s]1 se dt5dre1 se rel*] d'elle-mme1 s9on peut-tre jusqu' sa d]nire limite1 au mo9s dans une mesure qui fait qu'elle n'e/ plus ce qu'elle tait dev5ue2 si bi5 qu'il suffit alors de la mo9dre occasion1 d'un oiseau p]du1 d'un v]re cass1 p\r n\s motionn] peu prs autant qu'il peut adv5ir *ez un homme du commun4 ,sauf l'ordre1 la modration et la con/ance1 j'e/ime t\t possible un homme mme dfectueux1 qui d'ord9aire e/ au-dess\s de ce qu'il devrait tre2 c'e/ p\r cela que les sages pos5t que1 p\r jug] sa9em5t d'un homme1 il e/ ess5tiel d'exam9] surt\t ses actions prives et de le surpr5dre dans ce qui e/ sa vie de t\s les j\rs4 ,bi5 que la possdant un haut degr1 ,pyrrhon essaya va9em5t de t\j\rs mettre sa vie en con=mit avec sa doctr9e4--,pyrrhon1 qui rigea l'ignorance en sci5ce de si plaisante sorte1 essaya1 comme t\s les philosophes vraim5t dignes de ce nom1 de con=m] sa vie sa doctr9e4 ,il prt5dait que la faiblesse du jugem5t huma9 e/ si gr&e1 qu'il e/ incapable de pr5dre un p>ti1 ou d'incl9] dans un s5s plutt que dans un autre2 il le v\lait cont9uellem5t en susp5s1 hsitant1 considrant et accueillant t\t comme *ose indiffr5te4 ,aussi avait-il t\j\rs1 raconte-t-on1 mme manire de faire et mme physionomie3 s'il avait comm5c racont] quelque *ose1 il le contait jusqu'au b\t1 ne cessant de p>l]1 alors mme que son int]locuteur l'avait quitt2 s'il m>*ait1 il ne *angeait pas de direction1 quelque ob/acle qui se prs5tt1 et il fallait l'int]v5tion de ses amis1 p\r le prs]v] des prcipices1 du heurt des *>rettes et autres accid5ts2 cra9dre ou vit] quelque *ose tait en effet contraire ses pr9cipes1 qui ne reconnaissai5t pas nos s5s capables de faire *oix de quoi que ce soit1 et ne t5ai5t ri5 p\r c]ta94 ,il lui e/ arriv quelquefois de support] avec une telle con/ance des incisions et des cautrisations1 qu'on ne lui voyait seulem5t pas cill] les yeux4 ,c'e/ quelque *ose de faire que l'me accepte des ides de cette nature2 c'e/ bi5 autre d'en faire application1 ce n'e/ p\rtant pas impossible4 ,mais les appliqu] avec une p]svrance1 une con/ance telles1 qu'elles devi5n5t notre manire d'tre habituelle qu& il s'agit de pratiques si loignes de ce qui e/ communm5t1 il e/ presque incroyable que cela se puisse4 ,c'e/ ce qui explique p\rquoi1 ap]u *ez lui1 se qu]ellant p>fois trs vivem5t avec sa sur1 et apo/roph sur ce qu'il se dp>tissait en cela de son indiffr5ce1 il s'cria3 ,eh quoi6 faut-il que cette femmelette1 elle aussi1 vi5ne en tmoignage l'appui des rgles de ma doctr9e8 ,une autre fois1 ayant t vu se df5dant contre un *i53 ,il n\s e/ bi5 difficile1 dit-il1 de n\s dp\ill] compltem5t de notre nature huma9e2 c'e/ d'abord p> des actes qu'il faut n\s df5dre de ce qui n\s m5ace1 et la raison et la fatalit n'entr] en ligne que faute de mieux4 ,traits de c\rage am5s p> une s\da9e rsolution4--,il y a environ sept huit ans1 qu' deux lieues d'ici1 un villageois qui vit encore1 ayant depuis longtemps la tte rompue p> les scnes de jal\sie que lui faisait sa femme1 fut1 comme il rev5ait du travail1 accueilli1 en manire de bi5v5ue1 p> les criaill]ies habituelles de celle-ci4 ,l-dessus1 il entra dans une fureur telle que1 sur-le-*amp1 avec une s]pe qu'il avait encore la ma91 il se c\pa net les p>ties de lui-mme qui mettai5t sa femme si =t en fivre et les lui jeta au nez4--,on conte aussi qu'un g5tilhomme des ntres1 am\reux et trs gaill>d1 p>v5u1 p> sa p]svrance1 att5drir le cur d'une jolie matresse1 s'tant tr\v1 au mom5t d'entr] en possession d'elle1 frapp d'impuissance et hors d'tat de la satisfaire1 l'organe dont il att5dait les s]vices1 n'ayant r$ress qu'une tte dfaillante 7,tibulle71 dans son dsespoir1 r5tr *ez lui1 sans plus att5dre1 il s'en priva et envoya cette cruelle et sanglante victime sa belle1 en rp>ation de l'(f5se qu'il lui avait faite4 ,que ne dirions-n\s d'un fait de si gr&e orig9alit1 s'il avait t accompli avec rflexion et s\s l'effet d'un mobile religieux1 comme faisai5t les prtres de ,cyble8 ,il y a peu de j\rs1 ,b]g]ac1 c9q lieues de *ez moi lorsqu'on remonte la rivire de la ,dordogne1 une femme qui1 la veille au soir1 avait t mole/e et battue p> son m>i de naturel *agr9 et peu sociable1 rsolut d'*app] ses brutalits p> le sacrifice de sa vie4 ,a son lev]1 se r5contrant comme d'ord9aire avec d'autres femmes ses vois9es1 elle leur glissa quelques mots de recomm&ation sur ses affaires1 puis 99 pr5ant p> la ma9 une sur qu'elle avait1 elle l'emm5a sur le pont4 ,l1 comme p\r se j\]1 elle lui fit ses adieux1 et1 sans laiss] voir le mo9dre *angem5t ou altration en elle1 se prcipita de haut en bas1 dans la rivire o elle se p]dit4 ,ce que ceci prs5te de plus p>ticuli]1 c'e/ qu'elle mrit ce desse91 dans sa tte1 p5dant une nuit entire4 ,autres exemples1 mais suites de dt]m9ations1 de projets arrts longtemps l'avance4--,les femmes ind\es font bi5 autre *ose4 ,il e/ dans les murs de ces peuples que les m>is ai5t plusieurs femmes et qu' la mort de l'un d'eux1 celle qui lui e/ la plus *re se tue aprs lui4 ,c'e/ l un privilge que1 p5dant t\te sa vie1 *acune s'ef=ce de mrit] l'encontre de ses compagnes2 les att5tions qu'elles ont p\r leur m>i1 les s]vices qu'elles lui r5d5t1 ont surt\t p\r objet d'obt5ir la prfr5ce p\r lui t5ir compagnie sa mort3 ,ds que la tor*e funbre e/ lance sur le b*]1 on voit l'ent\r les p\ses *eveles se disput] l'honneur de m\rir et de suivre leur p\x2 lui survivre e/ une honte p\r elles4 ,celle qui sort victorieuse de cette lutte1 se prcipite dans les flammes et1 d'une b\*e ard5te1 embrasse en m\rant l'p\x qui n'e/ plus 7,prop]ce74 ,quelqu'un rapporte avoir vu1 dans ces contres d',ori5t1 cette c\tume encore en usage de nos j\rs2 non seulem5t les femmes1 lorsqu'elles ont p]du leur m>i1 s'enseveliss5t avec lui1 mais aussi les esclaves auxquelles il a accord ses faveurs4 ,a cet effet1 on procde de la manire suivante3 ,le m>i mort1 la veuve peut1 si elle dsire1 mais il e/ r>e qu'elle le veuille1 dem&] deux ou trois mois de rpit1 p\r mettre ordre ses affaires4 ,le j\r v5u1 monte sur un *eval1 p>e comme p\r une noce1 la m9e joyeuse1 ayant la ma9 gau*e un miroir1 dans l'autre une fl*e1 allant1 dit-elle1 dormir avec son p\x1 accompagne de ses p>5ts1 de ses amis et d'une f\le considrable en liesse1 elle se promne en gr&e pompe1 p\r se r5dre ensuite sur l'emplacem5t rs]v ce g5re de spectacle4 ,c'e/ une place assez va/e2 au milieu1 une fosse remplie de bois2 joignant cette fosse1 une plate-=me leve de quatre ou c9q m>*es1 sur laquelle la femme e/ am5e4 ,l1 on lui s]t un repas magnifique2 puis elle se met dans] et *ant]1 et1 qu& elle le juge propos1 comm&e qu'on allume le feu4 ,ceci fait1 elle desc5d1 et pr5ant p> la ma9 le plus pro*e p>5t de son m>i1 ils vont ensemble la rivire vois9e1 o elle se dp\ille de ses vtem5ts qu'elle di/ribue1 a9si que ses joyaux1 ses amis1 et1 t\te nue1 va se plong] dans l'eau1 p\r s'y lav] de ses p*s4 ,en en sortant1 elle s'enveloppe dans une pice de l+e jaune de quatorze brasses de long2 et1 repr5ant la ma9 du p>5t de son m>i1 elle revi5t la plate-=me1 d'o elle p>le la f\le1 recomm&ant ses enfants1 si elle en a4 ,d'ord9aire1 entre le foy] et l'e/rade1 on t5d un rideau p\r lui masqu] la vue de cette f\rnaise ard5te2 quelques-unes s'y oppos5t p\r tmoign] plus de c\rage4 ,qu& elle a a*ev ce qu'elle a dire1 une femme lui prs5te un vase ple9 d'huile1 dont elle s'o9t la tte et t\t le corps2 lorsqu'elle a f9i1 elle jette dans le feu ce qui en re/e et1 au mme mom5t1 s'y prcipite elle-mme4 ,aussitt la f\le l'accable de b*es p\r emp*] que ses s\ffrances ne se prolong5t1 et la joie de t\t l'heure se *ange en deuil et en tri/esse4--,s'il s'agit de p]sonnes de mo9dre importance1 le corps du mort e/ port au lieu o on veut l'ent]r]2 on l'y place assis1 sa veuve g5\x devant lui le ti5t troitem5t embrass et demeure de la sorte1 p5dant qu'aut\r d'eux on lve un mur4 ,qu& ce mur e/ arriv hauteur des paules de la femme1 un de ses p>5ts1 lui saisissant la tte p> d]rire1 lui tord le c\2 et1 ds qu'elle a r5du l'me1 on a*ve de mont] le mur et de clore cette tombe o m>i et femme demeur5t ensevelis4 ,dans ce mme pays1 ceux de leurs philosophes app>t5ant la secte des ,gymnosophi/es agissai5t d'une faon analogue1 et cela sans y tre contra9ts p> n'importe qui1 sans que ce ft l'effet d'une exaltation suite d'une ide surv5ant l'improvi/e1 mais uniquem5t p>ce que telle tait leur rgle4 ,lorsqu'ils avai5t atte9t un c]ta9 ge1 ou se voyai5t m5acs de quelque maladie1 ils faisai5t dress] un b*] et1 au-dessus1 un lit somptueusem5t p>2 puis1 aprs avoir joyeusem5t fe/oy avec leurs amis et connaissances1 ils allai5t se plac] sur ce lit avec tant de rsolution qu'une fois le b*] allum1 on ne leur voyait plus remu] ni pi$s ni ma9s4 ,a9si m\rut l'un d'eux1 ,calanus1 devant t\te l'arme d',alex&re le ,gr&4 ,ces philosophes n'e/imai5t ni sa9t1 ni bi5heureux1 aucun des leurs qui ne s'tait pas donn la mort de la sorte1 r5dant son me purge et purifie p> le feu1 aprs anantissem5t de t\t ce qu'il y avait de mortel et de t]re/re en lui4 ,ce qui e/ prodigieux dans cet acte1 c'e/ qu'il tait1 t\te leur vie durant1 l'objet d'une prmditation con/ante de leur "p4 ,le dogme de la fatalit e/ s\v5t mis en avant1 quoique facile rfut]2 frquemm5t1 il e/ employ p\r surexcit] les esprits4--,au nombre des que/ions qui n\s divis5t1 e/ celle de la fatalit4 ,p\r subordonn] ce qui arrive1 y compris notre volont1 une ncessit qui s]ait arrte l'avance et laquelle n\s ne p\rrions n\s s\/raire1 on se s]t1 encore auj\rd'hui1 de cet argum5t des temps passs3 ,puisque ,dieu1 ce qui n'e/ pas d\teux1 prvoit t\t ce qui doit arriv]1 t\te *ose arrive donc fatalem5t dt]m9e l'avance4 ,a quoi nos matres rpond5t3 ,con/at] qu'une *ose arrive1 comme n\s le faisons et comme ,dieu lui-mme le fait 7c> prs5t p>t\t1 il voit plutt qu'il ne prvoit71 ce n'e/ pas oblig] cette *ose se produire2 si n\s voyons1 c'e/ p>ce que les *oses sont2 et ce n'e/ pas p>ce que n\s les voyons qu'elles sont4 ,c'e/ l'vnem5t qui fait la sci5ce que n\s en avons1 et non cette sci5ce qui fait l'vnem5t4 ,ce que n\s voyons arriv]1 e/2 mais il p\vait en tre autrem5t2 et ,dieu1 qui a la presci5ce des causes qui produis5t les vnem5ts1 a galem5t celle des causes dites =tuites et aussi la presci5ce de celles qui dp5d5t de notre volont1 en raison de la lib]t que n\s t5ons du libre arbitre qu'il n\s a octroy2 il sait que si n\s manquons notre devoir1 c'e/ p>ce que n\s avons v\lu y manqu]4 ,j'ai vu beauc\p de g5s enc\rag] leurs p>tisans1 en ayant rec\rs ce dogme de la fatalit3 ,si notre heure1 dis5t-ils1 doit arriv] po9t nomm1 ni les arquebusades de l'ennemi1 ni la h>diesse que n\s dployons vis--vis de lui1 non plus que notre fuite et notre l*et ne peuv5t ni l'avanc]1 ni la recul]4 ,cela e/ bon dire1 mais *]*ez qui l'applique4 ,si une foi vive et =te produit des actions empre9tes de ces mmes qualits1 notre foi1 dont1 en ce sicle1 n\s ne cessons de faire talage1 doit tre m]veilleusem5t faible en jug] p> les rsultats qu'elle produit1 mo9s qu'elle n'ait si peu de considration p\r les uvres qu'elle inspire1 qu'elle ddaigne leur compagnie4--,sur ce sujet1 n\s lisons dans le ,sire de ,jo9ville1 tmo9 digne de foi autant que t\t autre1 que les ,bd\9s qui tai5t mls aux ,s>ras9s1 lorsque le roi sa9t ,l\is eut affaire en ,t]re ,sa9te1 croyai5t si f]mem5t1 de p> leur religion1 que les j\rs de *acun sont1 de t\te t]nit1 dt]m9s et compts1 sans qu'il lui soit possible d'*app] sa de/9e1 qu'ils allai5t la gu]re compltem5t nus1 n'ayant qu'un sabre la turque et le corps c\v]t seulem5t d'un pan d't(fe blan*e4 ,leur plus gr&e maldiction1 qu'ils pr(rai5t sans cesse qu& ils tai5t en colre contre quelqu'un des leurs1 tait3 ,maudit sois-tu1 comme l'e/ celui qui s'arme p> cra9te de la mort6 ,c'e/ l une preuve de croyance et de foi1 bi5 autre que celles que n\s donnons n\s-mmes4 ,celle que1 du temps de nos pres1 donnr5t ces deux mo9es de ,flor5ce1 e/ de mme ordre3 ,se tr\vant d'op9ions opposes sur un po9t de sci5ce1 ils conv9r5t1 s'en remettant la ,provid5ce de dcid] entre eux1 d'entr] t\s deux1 en prs5ce de t\t le peuple1 dans un brasi] allum sur la place publique2 dj les apprts en tai5t t]m9s et ils allai5t pass] l'excution1 qu& elle fut int]rompue p> un incid5t imprvu4 ,un jeune seigneur turc s'tait signal p> un fait d'armes accompli p]sonnellem5t1 en vue des deux armes d',amurat et d',huniade sur le po9t d'en v5ir aux ma9s4 ,amurat lui ayant dem& quoi il devait1 lui si jeune et si inexprim5t 7c'tait la premire gu]re laquelle il pr5ait "p71 d'avoir dploy une vigueur et un c\rage si gnreux1 il rpondit que la vaillance lui avait t enseigne p> un pr(esseur hors ligne1 qui tait un livre3 tant un j\r la *asse1 dit-il1 je vis un livre au gte2 et1 bi5 que j'eusse avec moi deux excell5ts lvri]s1 comme il se prs5tait d'une faon t\t fait avantageuse1 il me sembla que1 p\r tre plus sr de ne pas le manqu]1 il valait encore mieux le tir] avec mon arc4 ,je me mis donc lui dco*] une fl*e1 puis une autre1 et a9si jusqu' qu>ante qui tai5t dans mon c>quois1 non seulem5t sans le t\*]1 mais mme sans l'veill]4 ,alors je dc\plai et lanai sur lui mes lvri]s2 ils ne russir5t pas davantage l'atte9dre4 ,je compris p> l qu'il avait t protg p> la de/9e2 que ni les traits1 ni les glaives ne port5t1 si la fatalit n'en a a9si dcid1 et que n\s ne p\vons ni devanc]1 ni ret>d] son arrt4--,ce conte doit1 en passant1 s]vir n\s montr] combi5 notre raison e/ s5sible aux impressions les plus div]ses4 ,un p]sonnage considrable p> son ge1 son nom1 ses dignits et ses op9ions1 se vantait moi d'avoir t am5 une modification trs importante de sa foi1 p> un fait qui n'y avait qu'un rapport indirect et t\t aussi biz>re que celui surv5u ce seigneur turc2 fait si peu concluant du re/e1 que je tr\ve qu'il militait encore davantage dans le s5s contraire4 ,il le qualifiait de miracle2 moi aussi1 mais en l'envisageant d'autre faon4--,les hi/ori5s turcs e/im5t que la conviction que1 *ez ce peuple1 t\t le monde a1 que nos j\rs sont fixs d'une manire immuable p> la fatalit1 aide d'une faon vid5te lui donn] cette assurance qu'il montre dans le dang]4 ,je connais un gr& pr9ce qui fait s]vir =t heureusem5t cette croyance ses intrts1 soit qu'il y ait foi1 soit qu'il n'en use que p\r se df5dre contre le repro*e de trop s'av5tur]2 puisse la =tune ne pas trop tt se lass] de lui tre favorable4 ,quant aux assass9s1 la plup>t du temps1 ce sont les passions religieuses ou politiques qui arm5t leur bras4--,il n'y a pas1 autant qu'il m'en s\vi5t1 de fait tmoignant de plus de rsolution1 que celui de ces deux hommes qui att5tr5t la vie du pr9ce d',orange4 ,il e/ m]veilleux comm5t le second1 qui russit dans son entreprise1 ait pu y tre dt]m91 alors qu'elle avait si mal t\rn *ez le premi] qui y avait cep5dant apport t\tes les g>anties possibles de succs4 ,il s'agissait en effet1 p\r lui1 de s'attaqu] aprs ce prcd5t f*eux1 avec la mme arme1 un seigneur qui1 mis en g>de p> l'att5tat dont rcemm5t il v5ait d'tre l'objet1 avait un ent\rage nombreux d'amis dv\s1 tait d\ d'une gr&e =ce physique et se tr\vait *ez lui1 au milieu de ses g>des1 dans une ville t\te sa dvotion4 ,c]tes1 il a fallu1 p\r p]ptr] cet assass9at1 une ma9 bi5 sre d'elle-mme et un c\rage inspir p> une bi5 viol5te passion4 ,le poign>d frappe plus srem5t1 mais ncessite plus de m\vem5t et dem&e un bras plus vig\reux que le pi/olet1 aussi y a-t-il plus de risque que le c\p ne dvie ou ne soit port d'une ma9 hsitante4 ,je suis conva9cu que ce second assass9 ne d\tait pas qu'il c\rait une mort c]ta9e1 c> les esprances dont on a pu le leurr] cet g>d ne p\vai5t tre admises p> qui avait un peu de bon s5s1 et sa conduite en la circon/ance montre qu'il ne lui faisait pas plus faute que le c\rage4 ,les raisons qui peuv5t inspir] une telle assurance sont div]ses1 notre imag9ation faisant d'elle et de n\s ce qui lui plat4--,l'att5tat commis prs d',orlans ne ressemble en ri5 au prcd5t2 sa russite fut due au has>d plus qu' la vigueur d'excution2 le c\p n'et pas t 99 mortel1 si le de/9 ne s'en ft ml2 et l'avoir entrepris *eval1 en tirant de lo91 sur un homme qui1 *eval lui-mme1 p>ticipait au m\vem5t de sa monture1 e/ le fait de quelqu'un plus s\cieux de se sauv] que de russir4 ,ce qui suivit le montre bi53 l'assass9 prit peur et se tr\bla tellem5t la p5se de l'acte qu'il v5ait d'accomplir contre une si haute p]sonnalit1 qu'il p]dit compltem5t la tte1 aussi bi5 p\r dirig] sa fuite1 que dans les rponses qu'il fit4 ,p\r *app]1 il n'avait qu' fran*ir une rivire et il rejoignait ses amis2 c'e/ une *ose que j'ai faite p\r me s\/raire des dang]s bi5 mo9dres1 et j'e/ime qu'on n'y c\rt pas gr& risque1 quelque l>ge que soit le c\rs d'eau1 p\rvu que le *eval puisse y entr] facilem5t et que1 de l'autre ct1 v\s ayez en aval un po9t o il soit ais d'abord]4--,qu& on notifia l'assass9 du pr9ce d',orange l'horrible s5t5ce porte contre lui1 il dit ces seuls mots3 ,je m'y att5dais1 et v\s tonn]ai p> ma pati5ce4 ,les ,assass9s1 peuplade de la ,phnicie1 sont rputs *ez les ,mahomtans1 d'une dvotion et d'une puret de murs s'levant au-dessus de t\t4 ,ils ti5n5t que la voie la plus c\rte p\r gagn] le p>adis1 c'e/ de tu] quelqu'un d'une religion autre que la leur2 et on les a s\v5t vus s'attaqu]1 soit seuls1 soit deux1 des ennemis puissants1 n'tant eux-mmes vtus que d'un simple caftan1 srs d'y laiss] la vie et sans pr5dre aucun so9 de leur propre dang]4 ,a9si fut assass9 7le mot vi5t de leur nom71 l'poque de nos gu]res sa9tes1 au milieu de sa ville1 ,raymond1 comte de ,tripoli1 qui tait franais2 et aussi ,conrad1 m>quis de ,montf]rat4 ,leurs meurtri]s1 conduits au supplice1 tai5t gonfls d'orgueil et fi]s d'avoir accompli de si beaux *efs-d'uvre4 ,,*apitre ,,xxx4 ,a propos d'un enfant mon/rueux4 ,description d'un enfant et d'un ptre mon/rueux2 ce qui n\s p>at tel1 ne l'e/ pas p\r la nature4--,je me borne au simple nonc d'un fait1 laissant aux mdec9s le so9 de le comm5t]3 ,j'ai vu1 avant-hi]1 un enfant que deux hommes et une n\rrice1 qui se disai5t tre son pre1 son oncle et sa tante1 m5ai5t p\r gagn] quelques s\s1 le montrant cause de son tranget4 ,cet enfant1 qui avait ju/e quatorze mois1 tait de p>t\t con=m comme d'ord9aire2 il se t5ait sur ses pi$s1 m>*ait et gaz\illait comme 99 peu prs t\s autres du mme ge1 ses cris t\tefois semblai5t avoir quelque *ose de p>ticuli]2 jusqu'alors il n'avait ri5 v\lu pr5dre1 en fait de n\rriture1 que le se9 de sa n\rrice2 ce que1 p\r essay]1 on lui mettait dans la b\*e1 a9si qu'on le fit en ma prs5ce1 il le m*ait un peu1 puis le rejetait sans l'aval]4 ,au-dess\s des tetons1 il tait jo9t et accoll un autre enfant qui n'avait pas de tte1 dont l'orifice inte/9al tait clos et le re/e du corps enti]4 ,cet avorton avait bi5 un bras plus c\rt que l'autre1 mais p>ce qu'il l'avait eu cass leur naissance4 ,ces deux corps tai5t jo9ts face face1 comme un petit enfant qui aurait v\lu se coll] contre un autre plus gr&4 ,la jonction ne s'oprait que sur une longueur de quatre l>geurs de doigt environ2 en s\levant le corps de celui de ces deux tres qui tait imp>fait1 on ap]cevait au-dess\s le nombril de l'autre2 la ligne de suture tait entre ses tetons et son nombril4 ,de l'avorton1 on ne p\vait ap]cevoir le nombril1 mais t\t le re/e du v5tre se voyait2 les p>ties qu'il avait libres3 les bras1 les fesses1 les cuisses et les jambes1 demeurai5t p5dantes et mobiles le long du corps du plus gr&1 auquel elles arrivai5t mi-jambe4 ,la n\rrice aj\tait que ces deux tres ur9ai5t *acun p\r son propre compte2 que leurs membres1 t\s deux1 se n\rrissai5t galem5t bi51 et tai5t les uns et les autres ple9s de vie1 ceux de l'avorton t\tefois mo9s longs et plus grles4 ,ce d\ble corps et ces membres multiples ratta*s une seule tte1 p\rrai5t bi5 f\rnir un prono/ic favorable p\r notre roi1 lui prsageant le ma9ti5 s\s ses lois des div]s p>tis et factions de notre tat politique2 mais1 de peur que l'vnem5t ne vi5ne le dm5tir1 mieux vaut pass] outre2 il e/ plus sr en effet de dev9] les faits accomplis1 et p> quelque int]prtation1 les faire cadr] avec les conjectures 7,cicron71 comme faisait ,epimnides1 dont on dit qu'il dev9ait reculons4 ,je vi5s de voir un ptre du ,mdoc1 g de tr5te ans environ qui n'a pas app>5ce de p>ties gnitales et1 en place1 trois tr\s p> lesquels il ur9e cont9uellem5t2 il a de la b>be1 le dsir de la femme et en re*]*e les c>esses4 ,ce que n\s appelons des mon/res1 n'en sont pas aux yeux de ,dieu1 qui voit dans l'imm5sit de ses uvres l'inf9it des =mes qu'il a imag9es2 il e/ croire que telle qui n\s tonne1 se rapporte quelque autre de mme g5re1 qui e/ inconnue l'homme et en drive4 ,t\t ce qui mane de son inf9ie sagesse e/ beau et dc\le de rgles gnrales2 mais la relation de t\tes ces crations entre elles et leur assortim5t n\s *app5t3 ,l'homme ne s'tonne pas de ce qu'il voit s\v5t1 lors mme qu'il en ignore la cause2 que ce qu'il n'a jamais vu arrive1 c'e/ p\r lui comme un prodige 7,cicron74 ,n\s disons de ce qui diffre de ce que n\s voyons d'ord9aire1 que c'e/ contre nature2 ri51 quel qu'il soit1 n'e/ que suivant ses lois4 ,que cette considration si naturelle1 qui s'applique t\t sans exception1 *asse donc l'erreur et l'tonnem5t que la n\veaut n\s cause4 ,,*apitre ,,xxxi4 ,de la colre4 ,il vaut mieux confi] les enfants aux so9s du g\v]nem5t que de les laiss] leurs p>5ts4--,plut>que e/ p>t\t admirable2 il l'e/ surt\t1 qu& il apprcie les actions huma9es4 ,on peut lire les belles *oses qu'il dit1 dans le p>allle qu'il tablit entre ,lycurgue et ,numa1 propos de la gr&e simplicit d'esprit avec laquelle n\s ab&onnons les enfants la direction exclusive de leurs pres1 auxquels n\s en laissons la *>ge4 ,la plup>t de nos con/itutions1 comme le dit ,ari/ote1 admett5t que *acun1 comme cela p\vait exi/] *ez les ,cyclopes1 dirige sa femme et ses enfants1 au gr de son imag9ation plus ou mo9s folle et indiscrte2 il n'y a gure que les con/itutions de ,lacdmone et de la ,crte qui ai5t confi aux lois la direction de l'enfance4 ,qui ne voit que1 dans un tat1 t\t dp5d de son ducation morale et physique8 et cep5dant elle demeure1 sans disc]nem5t aucun1 la m]ci des p>5ts1 quelque f\s et m*ants que ceux-ci puiss5t tre4 ,ceux-ci les *ti5t quelquefois1 dans des transports de colre2 ce n'e/ plus correction1 c'e/ v5geance4--,combi5 de fois1 p> exemple1 n'ai-je pas t t5t1 en passant dans la rue1 de v5g]1 p> quelque t\r de ma faon1 de petits g>ons que je voyais cor*s1 assomms1 meurtris p> un pre ou une mre en fureur1 mis hors d'eux p> la colre2 voyez-v\s ces brutes1 les j\es en feu1 les yeux dnotant leur rage 7et1 d'aprs ,hippocrate1 les maladies qui n\s dfigur5t sont des plus dang]euses71 vocifrant tue-tte contre des tres qui sort5t pe9e de n\rrice1 dans l'emportem5t qui les entrane1 elles ressembl5t au ro*] abrupt qui1 p]dant son po9t d'appui1 se prcipite t\t c\p du haut de la montagne 7,juvnal74 ,puis1 des p>oles on passe aux c\ps1 et voil ces pauvres petits1 blesss1 assomms1 e/ropis1 sans que la ju/ice s'en inquite1 comme si ces dbotem5ts et dislocations de membres n'atteignai5t pas des cratures faisant p>tie de la socit que n\s =mons3 ,on t'e/ reconnaissant de ce que tu z donn la patrie un n\veau citoy51 p\rvu t\tefois que tu le r5des propre la s]vir1 soit dans la culture des *amps1 soit dans les travaux de la gu]re1 soit dans la pratique des arts de la paix 7,juvnal74 ,il n'y a pas de passion qui1 autant que la colre1 porte atte9te l'quit des jugem5ts4 ,p]sonne n'hsit]ait punir de mort un juge qui1 s\s l'empire de ce s5tim5t1 aurait condamn un crim9el2 p\rquoi donc pres et matres d'cole ont-ils le droit1 qu& ils sont irrits1 de f\ett] un enfant ou de lui inflig] t\t autre *tim5t8 ,ce n'e/ plus le corrig]1 c'e/ se v5g]4 ,le *tim5t e/ en quelque sorte un mdicam5t p\r l'enfant2 support]ions-n\s qu'un mdec9 s'emporte et se mette en c\rr\x contre le malade qu'il traite8 ,la colre n\s fait envisag] s\v5t les *oses s\s un aspect trompeur2 combi5 sont hideux les signes extrieurs de la colre6--,n\s-mmes1 p\r bi5 faire1 ne devrions jamais port] la ma9 sur nos s]viteurs1 tant que la colre n\s possde4 ,tant que notre p\ls e/ agit et que n\s sommes motionns1 aj\rnons ce rglem5t de comptes2 les *oses n\s sembl]ont c]ta9em5t autres1 qu& n\s s]ons rev5us de notre emportem5t et que n\s s]ons calmes4 ,s9on1 c'e/ la passion qui alors n\s comm&e1 c'e/ elle qui p>le et non pas n\s et1 s\s son influ5ce1 les fautes n\s p>aiss5t plus gr&es1 comme il arrive des corps vus au trav]s d'un br\ill>d4 ,celui qui a faim1 use de la vi&e p\r la satisfaire2 celui qui veut us] des *tim5ts1 ne doit en avoir ni faim1 ni soif1 d'autant qu'ils sont bi5 mieux accepts de celui contre lequel ils sont ex]cs1 et sont de bi5 plus d'effet sur lui1 qu& ils sont infligs avec mesure et rs]ve2 autrem5t1 condamn p> un homme qu'agit5t la colre et la fureur1 le pati5t ne p5se pas avoir t ju/em5t frapp2 il argue1 p\r sa ju/ification1 des m\vem5ts extraord9aires auxquels se livrait son matre1 de son visage enflamm1 de ses jurons inusits1 de l'inquitude et de la prcipitation inconsidres en lesquelles il tait3 ,sa face se tumfie de colre1 ses ve9es se gonfl5t et devi5n5t noires de sang1 ses yeux t9cell5t d'un feu plus ard5t que ceux de la ,gorgone 7,ovide74--,sutone relate que ,caius ,rabirius1 condamn p> ,cs>1 en ayant appel au peuple1 dut de gagn] sa cause1 surt\t l'animosit et la duret que ,cs> avait apportes dans son jugem5t4 ,il ne faut pas jug] de la vrit ou de la fausset des croyances et op9ions des hommes d'aprs leur conduite habituelle4--,dire et faire sont deux1 et il faut considr] sp>m5t le s]mon et le prdicateur4 ,ceux-l se sont donn beau jeu qui1 en ces temps-ci1 ont essay de port] atte9te la vrit de l'glise1 en invoquant contre elle les vices de ses m9i/res2 elle s'appuie sur des tmoignages autres4 ,une semblable argum5tation e/ errone et port]ait le tr\ble en t\tes *oses3 un homme de bonnes murs peut avoir des op9ions dfectueuses1 un m*ant pr*] la vrit1 ce que peut faire celui-l mme qui ne croit pas4 ,c'e/ sans d\te un bel accord que faire et dire allant de pair2 et je ne prt5ds pas que dire1 qu& les actes sont en con=mit1 n'ait pas plus d'autorit et ne soit pas plus efficace4 ,eudamidas1 ent5dant un philosophe disc\rir sur la gu]re1 disait3 ,ce sont l de beaux propos2 mais celui qui les ti5t n'e/ pas croire1 ses oreilles ne sont pas famili>ises avec le son de la trompette4 ,clomne c\tant un rhtorici5 trait] de la vaillance1 se prit rire bruyamm5t1 et l'autre s'en =malisant1 il lui dit3 ,je rirais de mme1 si c'tait une hirondelle qui p>lt2 t&is que si c'tait un aigle1 je l'c\t]ais att5tivem5t4--,il me semble que les crits des anci5s n\s montr5t bi5 que celui qui p5se ce qu'il dit1 frappe bi5 plus =tem5t l'esprit de ceux qui le lis5t ou qui l'c\t5t1 que celui qui n'e/ pas pntr de son sujet4 ,voyez ,cicron p>lant de l'am\r de la lib]t1 et voyez ,brutus en p>l]3 les crits de ce d]ni] proclam5t qu'il tait homme l'a*et] au prix de la vie4 ,que ,cicron1 ce pre de l'loqu5ce1 traite du mpris de la mort et que ,snque traite ce mme sujet3 celui-l e/ languissant1 v\s s5tez qu'il a se prononc] sur une *ose dont il n'e/ pas conva9cu1 il ne n\s donne pas du cur1 lui-mme en manquant2 l'autre v\s anime et v\s enflamme4 ,je ne lis jamais un auteur1 de ceux traitant p>eillem5t de la v]tu et des actes qu'elle inspire1 sans re*]*] avec curiosit ce que lui-mme a t4 ,a ,sp>te1 les phores voyant un homme de murs dissolues faire au peuple une proposition utile1 lui ordonnr5t de se taire1 et prir5t un homme de bi5 de s'en attribu] l'ide et de la prs5t]4 ,modration de quelques gr&s hommes dans des accs de colre4--,les crits de ,plut>que1 si l'on s'en pntre bi51 montr5t assez ce qu'il tait1 et je crois le connatre jusqu'au fond de l'me2 cep5dant je v\drais que n\s possdions quelques docum5ts sur sa vie1 et1 si je me suis c>t de mon sujet1 c'e/ p\r m5tionn] un passage d',aulu-,gelle1 dont je lui sais gr1 qui n\s donne une ide de ses murs et me ramne la colre1 qui e/ le po9t qui m'occupe4 ,un des esclaves de ,plut>que1 homme m*ant et vicieux1 mais qui1 assi/] ses leons1 avait ret5u sans les appr(ondir quelques notions de philosophie1 avait t1 sur son ordre1 p\r une faute qu'il avait commise1 dp\ill de ses vtem5ts p\r recevoir le f\et4 ,au db1 p5dant qu'on le f\ettait1 il grondait que c'tait sans raison qu'on le *tiait2 qu'il n'avait ri5 fait p\r le mrit]2 puis il se mit cri] et injuri] bel et bi5 son matre1 lui repro*ant qu'il n'agissait pas en philosophe1 comme il se vantait de l'tre2 qu'il lui avait s\v5t ent5du dire que c'tait mal de se mettre en colre1 qu'il avait mme crit un livre l-dessus2 et qu'en le faisant si cruellem5t battre1 alors qu'il tait s\s le c\p de l'irritation1 il dm5tait compltem5t ses crits4 ,a cela1 ,plut>que1 demeur trs calme1 lui rpondit froidem5t3 ,comm5t1 ru/re1 peux-tu jug] qu'en ce mom5t je sois en colre8 ,mon visage1 ma voix1 mon te9t1 ma p>ole1 te donn5t-ils quelque preuve que je sois mu8 ,je ne crois avoir ni les yeux hag>ds1 ni la figure b\lev]se2 je ne p\sse pas de vocifrations4 ,e/-ce que je suis r\ge8 l'cume me vi5t-elle aux lvres8 m'*appe-t-il des p>oles que je puisse avoir regrett]8 e/-ce que je tressaille8 ai-je des frmissem5ts de c\rr\x8 c>1 sa*e-le1 ce sont l les vritables signes de la colre4 ,et se t\rnant v]s celui qui f\ettait3 ,cont9ue ta besogne1 lui dit-il1 t&is que n\s discutons1 cet individu et moi4 ,telle e/ l'anecdote que conte ,aulu-,gelle4 ,ar*ytas de ,t>5te1 rev5ant d'une gu]re o il avait ex]c les fonctions de capita9e gnral1 tr\va sa maison =t mal t5ue et ses t]res en fri*e1 p> le fait de la mauvaise ge/ion de son rgisseur4 ,l'ayant fait appel]3 ,ah6 lui dit-il1 comme je t'trill]ais de bonne faon1 si je n'tais en colre4--,platon agit de mme3 =tem5t irrit contre un de ses esclaves1 il *>gea ,speusippe de le *ti]1 s'excusant de ne pas le faire de sa propre ma91 p>ce qu'il tait en c\rr\x4--,le lacdmoni5 ,*>illus un ,ilote qui1 effrontm5t1 se montrait insol5t son g>d3 ,p> les dieux1 lui dit-il1 si je n'tais en colre1 je te tu]ais sur l'heure6 ,n\s *]*ons t\j\rs tr\v] et faire tr\v] notre colre ju/e et raisonnable4--,la colre e/ une passion qui se complat elle-mme et se flatte4 ,combi5 de fois1 ayant agi s\s l'empire d'une erreur1 n\s irritons-n\s de la vrit et de l'innoc5ce qu& on n\s dmontre que n\s sommes dans notre tort1 ou que l'on n\s prs5te quelque bonne raison8 ,j'ai ret5u ce propos un exemple tonnant que n\s f\rnit l'antiquit3 ,pison qui1 en t\tes autres circon/ances1 s'e/ montr d'une inconte/able v]tu1 furieux contre un de ses soldats qui1 p>ti avec un autre p\r all] c\p] et faire sa provision de f\rrages1 rev5ait seul et ne p\vait r5dre compte de ce qu'tait dev5u son cam>ade1 reg>dant comme positif qu'il l'avait tu1 sans plus de preuves1 le condamna sur-le-*amp mort4 ,le condamn tait au pi$ du gibet qu& arrive son compagnon qui s'tait g>2 t\te l'arme leur fait gr&e fte et1 aprs que t\s deux se sont fait =ce amitis et se sont embrasss1 le b\rreau les mne ,pison1 s'att5dant bi51 a9si que t\te l'assi/ance1 ce que celui-ci en pr\v]ait une vive satisfaction4 ,ce fut t\t l'inv]se2 p> honte et dpit1 sa fureur qui n'tait pas calme s'en accrut1 et1 p> une subtilit d'esprit que lui suggra sur le mom5t sa passion1 il vit trois c\pables au lieu d'un innoc5t qu'on lui am5ait1 et il les fit mettre t\s trois mort3 l'un1 p>ce qu'il y avait dj arrt prononc contre lui2 l'autre1 celui qui s'tait g>1 p>ce qu'il tait cause de la condamnation de son compagnon2 et le b\rreau1 p>ce qu'il n'avait pas obi l'ordre qui lui avait t donn4 ,les femmes naturellem5t emportes devi5n5t furieuses p> la contradiction2 le sil5ce et la froideur les calm5t4--,ceux qui ont eu affaire des femmes ttues1 ont pu tre mme d'pr\v] quel degr de rage on les amne qu&1 leur exaspration1 on oppose le sil5ce et le sang-froid et qu'on ddaigne de f\rnir un alim5t leur colre4 ,clius l'orateur tait d'un tempram5t extraord9airem5t colre2 quelqu'un1 de nature d\ce et conciliante1 qui s\pait avec lui1 p\r ne pas lui donn] lieu de s'm\voir1 appr\vait de p>ti pris t\t ce qu'il disait et se rangeait son avis4 ,clius1 impati5t de ne p\voir s'ab&onn] son esprit de contradiction1 s'cria3 ,mais1 p\r ,dieu1 contr$is-moi donc sur quelque *ose et que n\s soyons deux discut]4 ,les femmes sont de mme2 elles se mett5t en colre t\t simplem5t p\r avoir contre qui se disput]1 l'image de ce qui se passe qu& elles se livr5t l'am\r4--,phocion1 qu'un homme int]rompait p> de viol5tes injures p5dant qu'il p>lait en public1 se tut t\t simplem5t1 laissant son int]rupteur t\t le loisir d'pan*] sa colre2 qu& il eut f9i1 ,phocion1 sans faire aucune allusion l'incid5t1 reprit son disc\rs o il l'avait laiss4 ,un tel dda9 e/ la plus mordante rplique qu'on puisse faire en p>eille1 occurr5ce4 ,p\r ca*] sa colre1 il faut des ef=ts in\s2 elle e/ mo9s t]rible qu& elle clate librem5t4--,je dis s\v5t de l'homme le plus colre de ,france 7la colre e/ t\j\rs une imp]fection1 plus excusable cep5dant *ez un homme de gu]re que *ez un autre p>ce que1 dans ce mti]1 il y a des cas o l'on ne peut s'emp*] de s'y ab&onn]71 que c'e/ l'homme que je connais qui a le plus de mrite se cont5ir4 ,elle l'agite avec tant de furie et de viol5ce1 semblable l'eau qui1 lorsque la flamme1 ptillant d'un bois sec1 s'allume gr& bruit s\s un vase d'aira91 s\leve p> la *aleur1 frmit1 b\illonne1 dborde en cumant1 en mme temps qu'une noire vapeur s'lve dans les airs 7,virgile71 qu'il faut qu'il se contraigne cruellem5t p\r se modr]4 ,p\r moi1 je ne connais pas de passion que je puisse dissimul] au prix de tels ef=ts1 et ne v\drais pas d'une sagesse acquise si haut prix4 ,*ez cet homme1 ce ne sont pas tant ses c>ts que je considre1 que ce qu'il lui en cote p\r ne pas faire pis4--,un autre se vantait moi de la rgul>it et de la d\ceur1 effectivem5t trs rem>quables1 de ses murs4 ,je lui rpondis que se montr] con/amm5t1 env]s t\s1 d'une humeur gale e/ une *ose qui a bi5 son prix1 notamm5t *ez ceux qui1 comme lui1 sont en haute situation et sur lesquels se port5t les reg>ds de *acun2 mais qu'il importe surt\t de se proccup] de ce qui se passe en soi1 de ce qui en rsulte p\r v\s-mme1 et que1 selon moi1 ce n'e/ pas tre mnag] de ses propres intrts1 que de s'puis] intrieurem5t1 ce que je craignais qu'il ne ft1 p\r arriv] cons]v] ce masque1 cette app>5ce extrieure de calme4 ,on s'imprgne de sa propre colre1 en la dissimulant2 on fait en quelque sorte ce que ,diogne disait ,dmo/hne qui1 de peur d'tre ap]u dans une tav]ne1 se retirait l'intrieur3 ,plus tu recules1 plus tu y pntres4 ,je conseille plutt de donn]1 mme un peu hors de propos1 un s\fflet son valet1 que de se mettre la torture p\r p>atre avoir la sagesse de se cont5ir4 ,je prfre donn] l'essor mes passions1 plutt que de les c\v] mes dp5s2 elles p]d5t leur =ce1 si on leur donne le moy5 de se dissip] en les traduisant en action2 il vaut mieux que leur aiguillon agisse l'extrieur1 que de se ret\rn] contre n\s3 ,les maladies de l'me qui sont visibles1 sont les plus lgres2 les plus dang]euses sont celles qui se ca*5t s\s une app>5ce de sant 7,snque74 ,att5tion avoir qu&1 dans son intrieur1 on e/ am5 se mettre en colre4--,j'av]tis ici ceux de mon ent\rage qui sont dans le cas de se mettre en colre1 d'abord1 qu'ils mnag5t les manife/ations de cette nature et n'en us5t pas t\t propos1 cela leur te leur importance et en emp*e l'effet2 les criaill]ies sans cause et j\rnalires devi5n5t *ose c\rante1 ce qui a p\r rsultat que p]sonne n'en ti5t compte2 les scnes que v\s faites un s]viteur qui v\s a vol1 il ne les s5t pas1 ce sont les mmes qu'il v\s a vu lui faire c5t fois1 p\r avoir mal r9c un v]re ou mal rang un escabeau4 ,secondem5t1 qu'ils ne se c\rr\c5t pas tort et trav]s1 sans reg>d] si leurs rprim&es vont bi5 celui dont ils se plaign5t2 d'ord9aire1 ils comm5c5t cri] avant qu'il ne soit l1 et cont9u5t un sicle aprs qu'il n'y e/ plus1 l'ins5s ne se possdant pas1 s'emporte contre lui-mme 7,claudi574 ,ils s'en pr5n5t leur ombre1 la tempte clate l o ne se tr\v5t ni celui contre lequel elle e/ dirige1 ni qui que ce soit auquel la leon puisse pr(it]1 et ce t9tam>re a p\r unique rsultat d'ass\rdir des g5s qui n'y peuv5t ri54--,je signale aussi ceux qui1 bi5 que n'ayant p]sonne qui s'en pr5dre1 se livr5t des sorties1 font les braves et vont se dm5ant dans le vide2 ces rodomontades sont g>d] p\r les circon/ances dans lesquelles elles peuv5t avoir de l'effet3 ,a9si le taureau1 lorsqu'il prlude contre un rival1 p\sse des mugissem5ts t]ribles1 frappe l'air de ses cornes1 *>ge les troncs d'arbre et disp]se de t\s cts la t]re qu'il frappe du pi$ 7,virgile74 ,c>actre du c\rr\x de ,montaigne4--,qu& je me mets en colre1 je suis viol5t2 mais cela dure aussi peu que possible et je l'bruite le mo9s que je puis4 ,je m'ab&onne bi5 ma viol5ce et ma vivacit1 mais je ne p]ds pas l'esprit au po9t de pr(r] au has>d et sans disc]nem5t t\te sorte de p>oles injurieuses1 et c'e/ en p>faite connaissance de cause que je dco*e mes invectives1 *]*ant atte9dre le po9t o elles bless5t le plus1 c> je n'emploie gure que la langue en ces occasions4 ,mes valets s'en tir5t du re/e meilleur compte dans les cas graves que dans ceux de mo9dre importance4 ,ces d]ni]s me pr5n5t l'improvi/e1 et le malheur veut qu'une fois que v\s tes engag dans le prcipice1 peu importe ce qui a dt]m9 la *ute1 elle se presse1 s'active1 se hte d'elle-mme1 et v\s r\lez t\j\rs jusqu'au fond4 ,dans les cas graves1 c'e/ dj une satisfaction p\r moi que1 ma colre tant plus ju/ifie1 *acun s'att5de la voir gr&ie proportion2 cette att5te1 je mets mon am\r-propre la tromp]2 je me raidis et me ti5s sur mes g>des contre des viol5ces qui m'inquit5t1 p>ce qu'elles p\rrai5t m'entran] trs lo9 si je m'y ab&onnais2 aussi je m'en df5ds et suis assez =t1 lorsque je suis en veil1 p\r rsi/] ses entranem5ts1 quelle que soit la cause qui l'ait am5e2 mais1 si je suis surpris1 que je n'y sois pas prp>1 une fois qu'elle s'e/ emp>e de moi1 elle m'emporte1 si futile que soit cette cause4--,avec ceux vis--vis desquels je puis avoir entr] en conte/ation1 j'ai conclu cet arrangem5t3 ,qu& v\s v]rez que le premi] je comm5ce tre surexcit1 leur ai-je dit1 que j'aie tort ou raison1 laissez-moi all] sans me contr$ire2 j'en agirai de mme votre g>d4 ,la tempte1 en effet1 ne sort que des colres qui s'entre*oqu5t2 elles n'ont pas un po9t de commune orig9e1 elles naiss5t s\v5t l'une de l'autre2 laissons *acune p\rsuivre sa c\rse et n\s voil con/amm5t en paix4 ,c'e/ l une bonne dt]m9ation1 mais l'application en e/ difficile4--,quelquefois il m'arrive1 sur des que/ions d'ordre intrieur de ma maison1 de fe9dre d'tre en colre1 sans p\r cela l'tre le mo9s du monde4--,a mesure que l'ge me r5d plus s5sible aux contr>its1 je m'tudie ne pas cd] ce s5tim5t1 et f9irai p> arriv]1 j'espre1 tre d'autant mo9s colre et difficile que j'aurai plus de raison et de disposition l'tre1 et cela1 bi5 qu'autrefois j'ai compt p>mi ceux sa*ant le mo9s se modr]4 ,la colre n'a jamais de bons effets3 c'e/ une arme dang]euse1 elle n\s ti5t1 n\s ne la t5ons pas4--,encore un mot avant de t]m9] ce *apitre4 ,ari/ote dit que la colre s]t p>fois d'arme la v]tu et la vaillance2 cela p>at vraisemblable2 t\tefois1 ceux qui diffr5t d'avis sur ce po9t1 object5t avec esprit qu'alors c'e/ une arme d'emploi t\t spcial1 c> n\s manions les autres armes1 t&is que celle-ci1 c'e/ elle qui n\s manie2 notre ma9 ne la guide pas1 c'e/ elle qui la guide2 elle n\s ti5t1 ce n'e/ pas n\s qui la t5ons4 ,,*apitre ,,xxxii4 ,df5se de ,snque et de ,plut>que4 ,l'intimit que j'ai avec ces deux philosophes1 l'aide dont ils me sont en ma vieillesse et aussi p\r mon livre compos uniquem5t de ce que j'ai puis *ez eux1 me font une obligation de df5dre leur honneur4 ,combi5 e/ fausse la comp>aison que l'on a v\lu tablir entre ,snque et le ,c>d9al de ,lorra9e4--,occupons-n\s d'abord de ,snque4 ,dans la quantit innombrable d'opuscules que rp& la religion prt5due r=me p\r la df5se de sa cause1 et dont quelques-uns sont p>fois crits de bonne encre qu'il e/ gr& dommage de ne pas voir employe meilleur usage1 j'en ai vu un autrefois dont l'auteur1 p\r mieux expos] et complt] la similitude qu'il veut tr\v] entre le rgne de feu notre pauvre roi ,*>les ,,ix et celui de ,nron1 assimilant feu ,m4 le c>d9al de ,lorra9e ,snque1 comp>e leurs =tunes qui les ont appels t\s deux occup] le premi] rang dans les conseils de leurs pr9ces1 et aussi leurs murs1 leur conduite et leurs erreurs4 ,a mon avis1 c'e/ faire bi5 de l'honneur au dit c>d9al2 c>1 bi5 qu'encore je sois de ceux qui e/im5t le plus son esprit1 son loqu5ce1 son zle env]s sa religion et p\r le s]vice de son roi1 sa bonne =tune qui l'a fait natre en un sicle o il a t si n\veau et si r>e1 en mme temps que si ncessaire au bi5 public1 qu'il se soit tr\v un dignitaire de l'glise de si haute noblesse1 en situation si leve1 qui ft autant sa place et aussi capable qu'il l'a t dans la *>ge qu'il occupait1 je dois dire1 p\r r5dre hommage la vrit1 que je ne le ti5s cep5dant pas d'une capacit beauc\p prs comp>able celle de ,snque1 ni d'une v]tu aussi nette1 aussi f]me1 aussi entire que celle de ce d]ni]4 ,l'opuscule dont je p>le1 fait1 p\r les beso9s de la cause1 un expos =t injurieux de ce qu'a t ,snque2 il emprunte ses diatribes ,dion1 hi/ori5 dont le tmoignage ne m'inspire aucune confiance4 ,outre que ,dion e/ trs v]satile dans ses jugem5ts1 qu'aprs avoir exprim ici qu'il considre ,snque p\r un homme trs sage1 ennemi mortel des vices de ,nron1 ailleurs il le pe9t comme port l'av>ice1 l'usure1 ambitieux1 l*e1 voluptueux1 se disant philosophe et dm5tant ses p>oles p> ses actes1 ,snque e/ d'une v]tu qui se montre si vive et de si bon aloi dans ses crits1 il s'y df5d si clairem5t contre t\tes les imputations dont il a t l'objet1 notamm5t contre celles affr5tes sa ri*esse et ses dp5ses excessives1 que je ne puis aj\t] foi aucun tmoignage port contre lui4 ,de plus1 il e/ beauc\p plus rationnel de croire sur ce po9t les hi/ori5s roma9s1 plutt que ceux qui sont grecs ou trang]s2 or ,tacite et les autres p>l5t trs honorablem5t de sa vie et de sa mort et le reprs5t5t1 s\s t\s rapports1 comme un p]sonnage de haute v]tu1 qui s'e/ acquitt de son rle d'une manire p>faite4 ,au jugem5t de ,dion1 je ne f]ai qu'un seul repro*e1 mais il e/ c>actri/ique1 c'e/ que cet hi/ori5 a si peu le s5s des affaires de ,rome1 qu'il ose pr5dre fait et cause p\r ,jules ,cs> contre ,pompe1 et p\r ,anto9e contre ,cicron4 ,plut>que a t tax d'ignorance1 d'excessive crdulit et de p>tialit2 rfutation de ces accusations4--,passons ,plut>que4 ,jean ,bod91 un des bons auteurs de notre temps1 qui a beauc\p plus de jugem5t que la t\rbe des crivassi]s de son sicle1 mrite qu'on l'ait en considration et qu'on le discute4 ,je le tr\ve un peu h>di dans le passage de son ouvrage ayant p\r titre3 ,m?ode p\r facilit] l'tude de l'hi/oire1 o il accuse ,plut>que1 non seulem5t d'ignorance 7po9t sur lequel je ne le contr$irai pas1 p>ce que la "q n'e/ pas de ma compt5ce71 mais encore d'avoir s\v5t consign des faits incroyables et absolum5t du doma9e de la fable2 ce sont ses propres expressions4 ,s'il et dit simplem5t des faits autrem5t qu'ils ne se sont passs1 le repro*e n'et pas t de gr&e consqu5ce1 p>ce que ce que n\s n'avons pas vu1 il n\s faut bi5 le t5ir d'autrui et l'admettre crdit2 et je reconnais qu'en effet ,plut>que n\s donne p>fois des v]sions diffr5tes d'un mme fait1 tel e/ le cas du jugem5t mis p> ,annibal sur les trois plus gr&s capita9es qui ai5t jamais exi/1 qui e/ autre dans la vie de ,flam9ius que dans celle de ,pyrrhus4 ,mais lui imput] d'avoir accept p\r arg5t comptant des *oses incroyables et impossibles1 c'e/ accus] de manque de jugem5t le plus judicieux hi/ori5 du monde4 ,nombreux exemples tmoignant que les faits avancs p> cet hi/ori5 et prs5ts p> la critique comme incroyables1 n'ont ri5 d'impossible4--,voici l'exemple qu'en cite ,bod93 ,tel e/ le cas1 dit-il1 qu& il rapporte qu'un enfant de ,lacdmone se laissa d*ir] le v5tre p> un jeune r5>d qu'il avait vol et qu'il t5ait ca* s\s sa robe1 au po9t d'en m\rir1 plutt que de c\rir risque qu'on s'ap]t du vol4 ,je tr\ve en premi] lieu que l'exemple e/ mal *oisi1 d'autant qu'il e/ bi5 malais d'assign] une limite aux facults de l'me1 beauc\p plus qu'aux =ces corporelles dont n\s avons davantage possibilit d'apprci] le degr qu'elles ne peuv5t dpass]2 aussi1 s'il m'avait app>t5u de *oisir1 c'e/ un exemple de cette autre sorte que j'eusse prs5t1 et il s'en tr\ve dans ,plut>que de mo9s croyables que le fait ci-dessus1 tel celui ayant trait ,pyrrhus qui1 t\t bless qu'il tait1 crit-il1 donna un si =midable c\p d'pe un de ses adv]saires qui tait arm de t\tes pices1 qu'il le p\rf5dit du sommet de la tte en bas1 si bi5 que le corps s'en tr\va sp> en deux p>ties4 ,dans l'exemple donn p> ,bod91 je ne tr\ve ri5 de bi5 miraculeux et je n'admets pas l'excuse qu'il invoque p\r disculp] ,plut>que1 qui aurait aj\t son rcit les mots ce que l'on dit1 p\r n\s av]tir de n\s g>d] d'y croire d'une faon absolue1 comme si1 en dehors de ce qui s'impose n\s p> son antiquit et le respect d aux traditions religieuses1 il ne v\lait ni accept]1 ni n\s propos] d'aj\t] foi des *oses incroyables p> elles-mmes4 ,ces mots3 ce que l'on dit1 ne sont pas l dans ce b2 ce qui le pr\ve1 c'e/ qu'aussitt aprs1 t\j\rs propos du c\rage avec lequel les enfants de ,lacdmone supportai5t la s\ffrance1 il n\s cite des faits plus incroyables encore1 arrivs de son temps1 comme1 p> exemple1 celui qu'avant lui1 ,cicron avait dj relat et dont il avait1 a-t-il dit1 t tmo9 sur les lieux mmes4 ,encore cette poque1 crit ,plut>que1 il y avait des enfants qui1 dans les preuves qu' cet g>d on leur faisait subir devant l'autel de ,diane1 supportai5t d'tre f\etts jusqu' ce que le sang leur c\lt de t\t le corps et qui non seulem5t ne jetai5t pas un cri1 mais ne p\ssai5t mme pas un gmissem5t2 il y en eut mme qui1 consciemm5t1 se laissr5t a9si f\ett] jusqu' en m\rir4--,plut>que raconte encore1 aprs c5t autres qui en ont t tmo9s1 ce fait qui a le mme c>actre3 ,un enfant de ,sp>te1 dans la man*e duquel un *>bon ard5t avait gliss p5dant qu'il enc5sait1 se laissa brl] le bras1 au po9t que l'odeur de vi&e grille saisit les assi/ants4--,il tait dans les murs de ce peuple de ne ri5 mettre au-dessus de sa rputation1 et ri5 n'y attirait plus de blme et de honte que d'tre surpris en flagrant dlit de vol1 ce qui explique la con/ance de celui se laissant d*ir] p> son r5>d4 ,je suis si conva9cu de la gr&eur d'me de tels hommes que1 lo9 de me p>atre incroyable comme l'e/ime ,bod91 le fait racont p> ,plut>que ne me semble ni r>e1 ni trange4 ,l'hi/oire de ,sp>te e/ ple9e de mille exemples plus rudes encore et qui se r5contr5t r>em5t *ez les autres nations2 ce compte1 elle s]ait miracle d'un b\t l'autre4 ,ammi5 ,m>cell9 raconte1 sur cette "q de vol1 que de son temps on n'avait pas encore tr\v de tortures capables de contra9dre seulem5t faire dire leurs noms aux gypti5s qui tai5t surpris dans la p]ptration de ce mfait dont ils tai5t c\tumi]s4 ,un paysan espagnol1 mis la torture p\r obt5ir de lui qu'il dnont les complices du meurtre du prteur ,lucius ,pison1 criait1 au milieu des t\rm5ts1 que ses amis n'euss5t pas s'inquit]1 qu'ils p\vai5t assi/] en t\te assurance son supplice2 qu'il n'tait pas au p\voir de la d\leur de lui arra*] la mo9dre rvlation4 ,le premi] j\r1 on ne put ri5 tir] autre de lui2 le l5dema91 comme on l'am5ait p\r le tortur] n\veau1 s'arra*ant violemm5t des ma9s de ses g>di5s1 il alla donn] de la tte contre un mur et se tua4 pi*>is avait puis et lass la cruaut des b\rreaux de ,nron2 elle avait endur t\te une j\rne d'tre brle1 battue1 torture1 sans avoir fait de rvlation sur la conjuration laquelle elle avait pris "p4 ,le l5dema91 rapporte1 les membres briss1 dans la *ambre o elle devait subir n\veau la "q1 elle passa un lacet de sa robe dans l'un des bras de sa *aise1 =mant une sorte de nud c\lant o elle entra la tte1 et1 se laissant all] de t\t le poids de son corps1 elle s'trangla4 ,en m\rant a9si c\rageusem5t et se drobant de n\veaux t\rm5ts1 aprs avoir subi avec une pati5ce qui n'avait pu tre va9cue ceux du j\r prcd5t1 ne semble-t-elle pas avoir v\lu raill] le tyran contre lequel elle avait conspir1 et enc\rag] ceux qui s]ai5t disposs l'imit] dans ses complots contre lui4 ,si l'on s'enqurait auprs des d]ni]s de nos soldats des faits dont ils ont t tmo9s ou acteurs dans nos gu]res civiles1 combi5 ne tr\v]ait-on pas de traits d'endurance1 d'ob/9ation et d'op9itret qui se sont produits1 en ces temps malheureux1 dans cette t\rbe si molle1 plus effm9e encore que le bas peuple gypti51 et qui sont cep5dant dignes d'tre comp>s ceux que n\s v5ons de donn] de la v]tu des ,sp>tiates4--,je sais qu'il y a de simples paysans qui se sont laiss grill] la plante des pi$s1 cras] les extrmits des doigts dans des m*oires de *i5 de pi/olet1 s]r] le front avec une corde au po9t que les yeux1 t\t injects de sang1 leur sortai5t de la tte1 avant de cons5tir seulem5t trait] de leur ranon4--,j'en ai vu un laiss p\r mort dans un foss2 il tait compltem5t nu1 avait le c\ t\t meurtri et tumfi p> un licol qui y p5dait encore et avec lequel on l'avait t5u atta* t\te la nuit la queue d'un *eval2 le corps tait p]c en c5t places de c\ps de dague qui lui avai5t t ports1 non p\r le tu]1 mais p\r le faire s\ffrir et lui faire peur4 ,il avait s\ff]t t\t cela au po9t d'en p]dre la p>ole et le s5tim5t1 bi5 rsolu1 ce qu'il m'a dit1 m\rir de mille morts 7et en vrit1 comme s\ffrance1 il avait eu en endur] une bi5 entire71 plutt que de ri5 promettre2 c'tait p\rtant un des plus ri*es lab\reurs de la contre4--,combi5 en a-t-on vu qui se sont laiss brl] et rtir1 p\r des op9ions qu'ils t5ai5t d'autrui1 qu'ils ignorai5t et sur lesquelles ils n'avai5t mme aucune donne4--,j'ai connu1 p> c5ta9es1 des femmes 7on dit que1 s\s ce rapport1 les ttes1 en ,gascogne1 sont p>ticulirem5t d\es7 auxquelles v\s eussiez fait mordre du f] r\ge1 plutt que de les faire dmordre d'une ide qui leur s]ait v5ue s\s l'empire de la colre4 ,elles s'exaspr5t s\s les c\ps et la contra9te1 et celui qui a inv5t le conte de celle qui1 p>ce que son m>i l'avait m5ace et battue1 ne cessait de le trait] de p\illeux1 et qui1 jete l'eau1 levait encore les ma9s au-dessus de la tte faisant le ge/e d'cras] des p\x t&is que dj elle t\ffait1 a imag9 l un conte qui1 en vrit1 pe9t bi5 exactem5t l'op9itret de la femme1 telle que n\s en voyons *aque j\r des exemples2 et l'op9itret e/ sur de la con/ance1 au mo9s en vigueur et en f]met4 ,c'e/ un tort de v\loir jug] du possible et de l'impossible p> ce dont n\s sommes n\s-mmes capables4--,a9si que je l'ai dit ailleurs1 il ne faut pas jug] de ce qui e/ possible et de ce qui ne l'e/ pas1 suivant qu'il n\s semble que c'e/ croyable ou incroyable4 ,c'e/ une grosse faute1 je ne dis pas cela p\r ,bod91 en laquelle cep5dant tomb5t la plup>t des hommes1 de faire difficult de croire que d'autres puiss5t savoir ou v\loir ce qu'eux-mmes ne sav5t pas ou ne veul5t pas4 ,on dirait que *acun e/ le modle p> excell5ce de la nature huma9e1 que t\s les autres doiv5t se rgl] d'aprs lui1 et que t\t ce qui1 en eux1 n'e/ pas con=me ce qu'il e/ lui-mme1 e/ ou fe9t ou faux4 ,lui propose-t-on quelque *ose qu'un autre ait fait ou imag93 p\r en jug]1 il se pr5d t\t d'abord p\r exemple2 ce qui se passe en lui1 e/ la rgle qui doit rgir le monde2 quelle dang]euse et insupportable n]ie6 ,quant moi1 je considre c]ta9s hommes1 notamm5t de ceux qui ont vcu dans l'antiquit1 comme m'tant bi5 suprieurs2 et1 quoique je reconnaisse nettem5t mon impuissance les suivre 99 mme de trs lo91 je ne les p]ds pas de vue2 j'ai la comprh5sion des ressorts qui les lv5t a9si au-dessus du vulgaire1 bi5 que n'en retr\vant aucunem5t trace en moi2 j'en agis du re/e de mme vis--vis des esprits les plus bas1 dont je ne m'tonne pas1 et aux ides desquels1 de p>ti pris1 je ne me refuse pas croire4 ,je saisis bi5 la faon dont les premi]s s'y sont pris p\r m]g] et j'admire leur gr&eur2 je tr\ve trs beaux ces lans de leur "p et j'y applaudis2 si mes =ces ne me p]mett5t pas de les imit]1 mon jugem5t du mo9s les tudie trs volonti]s4 ,l'autre exemple que donne ,bod9 l'appui de son ass]tion que ,plut>que avance des faits incroyables et absolum5t du doma9e de la fable1 e/ qu',agsilas fut condamn l'am5de p> les phores1 p\r s'tre gagn le cur et la bonne volont de ses concitoy5s qui ne connaissai5t plus que lui4 ,je ne vois pas quel indice d'erreur la critique peut tr\v] l2 il e/ c]ta9 que ces *oses devai5t tre beauc\p mieux connues de ,plut>que qu'elles ne le sont de n\s2 il n'tait pas1 au surplus1 n\veau en ,grce de voir des hommes frapps et exils1 p\r le seul fait de plaire p> trop leurs concitoy5s2 l'o/racisme et le ptalisme en font foi4 ,la p>tialit de ,plut>que en faveur des ,grecs1 au dtrim5t des ,roma9s1 n'e/ pas mieux fonde4--,cette mme m?ode p\r facilit] l'tude de l'hi/oire porte contre ,plut>que une autre accusation qui me *oque3 cet hi/ori5 qui1 dans les p>allles qu'il a tablis1 a app>eill avec la plus entire bonne foi1 on le reconnat1 les ,roma9s entre eux1 et les ,grecs entre eux1 n'aurait pas apport la mme imp>tialit qu& il comp>e des ,roma9s avec des ,grecs4 ,p> exemple1 e/-il dit1 dans le rappro*em5t opr entre ,dmo/hne et ,cicron1 ,caton et ,ari/ide1 ,sylla et ,lys&re1 ,m>cellus et ,pelopidas1 ,pompe et ,agsilas1 les ,grecs se tr\v5t avantags p> le *oix de ceux1 p> trop suprieurs1 auxquels on les comp>e4 ,c'e/ prcism5t attaqu] ,plut>que dans ce qu'il y a en lui de meilleur et de plus digne d'loges2 c>1 dans ces comp>aisons 7qui con/itu5t la p>tie la plus admirable de son uvre et laquelle1 mon avis1 il s'e/ p>ticulirem5t atta*71 la fidlit et la s9crit de ses jugem5ts gal5t leur pr(ondeur et leur valeur2 c'e/ un philosophe qui n\s enseigne la v]tu4--,voyons s'il n\s e/ possible de le dgag] de ce repro*e de fausset et de prv>ication4 ,je p5se que ce qui a donn lieu cette apprciation dfavorable1 c'e/ la gr&e et clatante aurole qui p>e les noms roma9s que n\s connaissons2 il ne n\s semble pas que ,dmo/hne puisse gal] en gloire un consul1 un proconsul1 un que/eur de la gr&e ,rpublique2 mais celui qui exam9e s\s son vrai j\r ce qui en e/1 ce que sont rellem5t ces hommes1 ce quoi s'e/ p>ticulirem5t appliqu ,plut>que qui a comp> leurs murs1 leurs c>actres1 leur capacit1 plus que la =tune dont ils ont j\i1 p5s]a1 l'encontre de ,bod91 que ,cicron et ,caton l'anci5 sont lo9 de valoir ceux en face desquels on les place4 ,notre critique et mieux appuy sa ?se1 en donnant comme exemple le p>allle entre ,caton le jeune et ,phocion2 il y et tr\v une 9galit mo9s conte/able1 l'avantage des ,roma9s4 ,quant ,m>cellus1 ,sylla1 ,pompe1 les succs qu'ils ont eus la gu]re sont c]ta9em5t plus importants1 plus glorieux et ont plus d'clat que ceux des ,grecs que ,plut>que leur comp>e2 mais les actions les plus belles1 les plus v]tueuses1 pas plus la gu]re qu'ailleurs1 ne sont pas t\j\rs celles qui ont le plus de r5omme4 ,je r5contre s\v5t les noms de capita9es qui sont clipss p> la spl5deur d'autres qui ne les val5t pas1 tmo9 ,labinus1 ,v5tidius1 ,tls9us1 etc42 et1 cet g>d1 si j'avais rclam] en faveur des ,grecs1 je p\rrais dire que ,camille e/ bi5 lo9 de p\voir tre comp> ,?mi/ocle1 les ,gracques ,agis et ,clomne1 ,numa ,lycurgue4 ,mais c'e/ folie de v\loir port] un jugem5t unique1 embrassant un ensemble de sujets p\vant tre envisags de tant de manires diffr5tes4 ,qu& ,plut>que comp>e entre eux ces p]sonnages illu/res1 il ne prt5d pas qu'ils soi5t gaux2 et p]sonne mieux que lui n'e/ capable de faire ressortir avec plus de ju/esse et de consci5ce qu'il le fait1 les diffr5ces qu'ils prs5t5t4 ,comp>e-t-il les victoires1 les pr\esses accomplies sur le *amp de bataille1 la puissance des armes de ,pompe et ses triomphes avec ceux d',agsilas1 il aj\te3 ,je ne crois pas que ,xnophon lui-mme1 s'il vivait1 ost les mettre en balance1 bi5 qu'on n'ait ri5 conte/ de ce qu'il lui a plu d'crire sur ,agsilas4 ,met-il en p>allle ,lys&re et ,sylla3 ,il n'exi/e po9t de comp>aison1 dit-il1 ni dans le nombre des victoires remportes1 ni dans les *ances qu'ils ont c\rues dans les combats qu'ils ont livrs1 c> ,lys&re n'a gagn que deux batailles navales1 etc4 ,plut>que n'a en ri5 dprci les ,roma9s p\r les avoir mis en prs5ce des ,grecs2 il ne leur a pas fait injure1 quelque disproportion qui puisse exi/] entre eux1 p>ce qu'il ne les pr5d pas dans leur enti]1 qu'il n'met aucune prfr5ce d'ensemble2 il comp>e1 les uns aprs les autres1 c]ta9s pisodes1 c]ta9es p>ticul>its de leurs vies respectives et les juge sp>m5t4 ,aussi p\r le conva9cre de p>tialit1 faudrait-il scrut] l'apprciation porte sur *aque cas p>ticuli]1 ou pr\v] qu'en gnral il a eu tort en comp>ant tel ,grec tel ,roma91 p>ce que nombre d'autres1 ayant beauc\p plus de po9ts communs1 aurai5t mieux conv5u p\r tablir un p>allle entre eux4 ,,*apitre ,,xxxiii4 ,hi/oire de ,spur9a4 ,n\s appr5dre comm&] nos passions1 tel e/ le b de la philosophie2 d'entre t\tes1 l'am\r e/ celle qui semble faire natre en n\s les apptits les plus viol5ts4--,la philosophie ne p5se pas avoir mal employ ses moy5s d'action1 qu& elle e/ p>v5ue r5dre notre raison s\v]a9e matresse en notre me et lui avoir donn une autorit suffisante p\r cont5ir nos apptits4 ,les g5s qui e/im5t que de ces apptits1 aucuns ne sont plus viol5ts que ceux que fait natre l'am\r1 s'appui5t sur ce que ceux-ci embrass5t le corps et l'me1 que t\t enti] l'homme en e/ possd1 au po9t que la sant mme y e/ intresse et que1 p>fois1 le mdec9 e/ dans l'obligation de s'entremettre p\r qu'il leur soit donn satisfaction4 ,a quoi on peut object] que l'int]v5tion du corps rabaisse et affaiblit les dsirs de cette nature1 puisqu'ils sont sujets en arriv] la satit et susceptibles d'tre calms p> l'effet de remdes matriels4 ,de combi5 de moy5s ne s'e/-on pas s]vi p\r les amortir3 mutilations1 cilices1 rfrigrants de t\tes espces4--,c]ta9s v\lant dlivr] leurs mes des al>mes cont9ues que leur causai5t ces dsirs1 ont eu rec\rs l'incision et l'amputation des organes qui s'en tr\vai5t impressionns et surexcits4 ,d'autres en ont te9t la =ce et la vigueur p> de frqu5tes applications de *oses froides1 comme p> exemple un mlange de neige et de v9aigre4 ,les haires ou cilices de nos pres n'avai5t pas d'autre objet2 ils tai5t en tissu de poil de *eval1 dont les uns faisai5t des *emises1 d'autres des ce9tures s]vant endolorir les re9s4--,un pr9ce me racontait1 il n'y a pas longtemps1 que1 dans sa jeunesse1 un j\r de fte sol5nelle1 la c\r du roi ,franois ,i]1 t\t le monde s'y tr\vant p> de ses plus beaux at\rs1 il lui prit fantaisie de vtir le cilice1 qu'il possde encore1 de monsieur son pre2 mais malgr t\te sa dvotion1 il n'eut pas la pati5ce d'att5dre jusqu' la nuit p\r s'en db>rass]1 et il en fut longtemps malade4 ,il aj\tait qu'il ne p5sait pas qu'il y et ardeur de jeunesse si viol5te1 que l'usage de ce moy5 ne puisse cont5ir2 il ne semble pas t\tefois s'tre1 en cette occasion1 tr\v aux prises avec celle de ces satisfactions produisant les s5sations les plus aigus1 c> l'expri5ce montre que l'motion qui en rsulte p]si/e bi5 s\v5t1 si rudes et si misrables que soi5t les vtem5ts que l'on a1 et que les haires ne font pas t\j\rs de pauvres hres de ceux qui les port5t4 ,xnocrate employa un procd plus n]gique4 ,ses disciples1 p\r pr\v] sa cont95ce1 avai5t1 la drobe1 fait entr] dans son lit ,las1 la belle et fameuse c\rtisane2 elle y avait pris place absolum5t nue1 n'ayant que sa beaut p\r arme et ses foltres appts comme philtres4 ,le philosophe s5tant que son corps1 demeur jusqu'alors inaccessible aux t5tations de cette nature1 comm5ait se mut9] en dpit de ses raisonnem5ts et des rgles qu'il s'tait imposes1 se fit brl] les organes qui avai5t prt l'oreille cette rbellion4 ,qu& les passions qui occup5t l'me1 la ti5n5t seule1 l'exclusion du corps1 comme font l'ambition1 l'av>ice et autres1 elles crent beauc\p plus de difficults la raison qui1 p\r les dom9]1 n'a d'aide att5dre que d'elle-mme2 en outre1 lo9 d'tre susceptibles de satit1 ces passions s'aviv5t et augm5t5t p> le fait mme des satisfactions qui leur sont donnes4 ,*ez quelques-uns1 l'ambition e/ plus indomptable que l'am\r2 ,cs> en a t un exemple4--,l'exemple de ,jules ,cs> p\rrait lui seul suffire n\s montr] combi5 ces apptits diffr5t2 c> jamais homme ne fut plus adonn aux plaisirs de l'am\r4 ,le so9 m9utieux qu'il avait de sa p]sonne1 en tmoigne2 il allait jusqu' us] des moy5s les plus lascifs qui tai5t en usage cette poque1 comme de se faire pil] t\t le corps et f>d] de p>fums spciaux dont l'emploi tait excessivem5t r>e4 ,de sa p]sonne1 si n\s n\s en rapportons ,sutone1 il tait bel homme1 avait le te9t blanc1 tait de haute taille et bi5 proportionn2 le visage tait bi5 ple92 il avait les yeux bruns et vifs2 s\s bi5 des po9ts1 les /atues que l'on voit de lui ,rome1 s'c>t5t de ce portrait4 ,outre ses femmes lgitimes1 et il en *angea quatre fois1 et sans compt] les rapports am\reux que1 dans sa jeunesse1 il eut avec ,nicomde roi de ,bi?ynie1 ,cloptre1 cette re9e d'gypte si fameuse1 p]dit avec lui sa virg9it1 et de leurs relations naquit le petit ,cs>ion2 il fit aussi l'am\r avec ,euno1 re9e de ,mauritanie2 ,rome1 avec ,po/humia femme de ,s]vius ,sulpitius1 ,lollia femme de ,gab9ius1 ,t]tulla femme de ,crassus1 et mme avec ,mutia femme du gr& ,pompe1 ce qui fut cause1 dis5t les hi/ori5s roma9s1 que son m>i la rpudia2 ,plut>que dcl>e ignor] ce fait1 mais les ,curions1 le fils comme le pre1 ont plus t>d repro* ,pompe1 qu& il p\sa la fille de ,cs>1 de dev5ir le g5dre d'un homme qui avait sduit sa femme et que lui-mme qualifiait s\v5t du nom d'gi/he4 ,outre celles que je vi5s d'numr]1 ,cs> eut encore p\r matresse ,s]vilia1 sur de ,caton et mre de ,m>cus ,brutus1 et *acun croyait que la gr&e affection qu'il portait ce d]ni] avait p\r cause sa naissance une poque qui p\vait donn] suppos] qu'il tait de lui4 ,j'ai donc raison1 ce semble1 de le t5ir comme excessivem5t port ce g5re de dbau*e et de tempram5t trs am\reux2 et cep5dant1 qu& la passion de l'ambition1 dont il tait galem5t possd un degr inf9i1 v5ait se tr\v] en opposition avec la prcd5te1 celle-ci lui cdait immdiatem5t le pas4 ,a ce propos1 me revi5t en mmoire le cas de ,mahomet qui subjugua ,con/ant9ople et y mit df9itivem5t f9 la dom9ation grecque4 ,je ne sais p]sonne *ez qui ces deux passions se soi5t tr\ves1 comme en lui1 pes] d'un poids aussi gal4 ,il tait aussi robu/e a?lte en am\r qu' la gu]re2 mais *aque fois que dans le c\rs de son exi/5ce elles se sont fait concurr5ce1 son ardeur p\r les combats l'a t\j\rs emport sur son ardeur p\r l'am\r2 et il en a t a9si jusqu' ce qu'arriv une extrme vieillesse et dev5u incapable de support] les fatigues de la vie des camps1 sa passion p\r la femme1 repr5ant le dessus1 rgna ds lors en matre *ez lui1 bi5 que la saison m>que p> la nature en ft passe4 ,d'autres au contraire ont fait cd] l'ambition l'am\r4--,ce qu'on raconte de ,ladislas1 roi de ,naples1 e/ un exemple rem>quable du contraire2 il tait bon capita9e1 c\rageux et ambitieux1 mais son ambition avait surt\t p\r objet pr9cipal la satisfaction de ses apptits voluptueux et la possession de quelque r>e beaut4 ,sa mort fut con=me sa vie4 ,p> un sige bi5 conduit1 il avait s]r de si prs la ville de ,flor5ce1 que ses habitants1 aux abois1 fur5t rduits trait]4 ,il leur (frit de se retir] et d'ab&onn] a9si le fruit de sa victoire1 s\s condition qu'on lui livrt une fille de la ville1 d'une clatante beaut1 dont il avait ent5du p>l]4 ,=ce fut d'accd] sa volont et1 p\r prs]v] la cit de la ru9e dont elle tait m5ace1 d'accept] cette injure1 dont ne devai5t s\ffrir que des intrts privs4 ,cette beaut tait la fille d'un mdec9 fameux cette poque1 qui1 devant une si pnible ncessit1 prit une rsolution des plus n]giques4 ,t&is que *acun p>ait sa fille1 la c\vrant de d5telles et de bij\x p\r la r5dre plus agrable encore cet amant qui se prs5tait dans des conditions si p>ticulires1 son pre1 se joignant aux autres1 lui fit cadeau d'un m\*oir d'un travail exquis1 exhalant un p>fum dlicieux1 dont elle aurait faire usage lors de leurs premi]s embrassem5ts1 cet objet tant de ceux dont les femmes n'oubli5t gure d'us] en p>eil cas p\r pong] les p>ties intresses4 ,ce m\*oir tait empoisonn2 le mdec9 avait apport sa prp>ation t\te la sci5ce de son art2 son contact avec les *airs *auffes et alors que les pores tai5t dilats1 le poison les pntrant1 agit si promptem5t que le sang en bullition des deux amants se glaa in/antanm5t et t\s deux expirr5t dans les bras l'un de l'autre4 ,cs> ne sacrifiait jamais une heure de son temps1 qu& les affaires le rclamai5t t\t enti]2 il tait la fois le plus actif et le plus loqu5t de son poque2 il tait aussi trs sobre4--,j'en revi5s ,cs>4 ,ses plaisirs ne lui fir5t jamais drob] une seule m9ute1 ni se dt\rn] d'un pas des occasions qui p\vai5t conc\rir son lvation2 l'ambition dom9a *ez lui t\tes les autres passions et ex]a sur son me une autorit si complte qu'elle l'entrana o elle v\lut4 ,en vrit1 qu& je considre la supriorit de cet homme et les m]veilleuses dispositions dont il tait d\1 j'en pr\ve du dpit4 ,ses connaissances en t\tes *oses tai5t telles qu'il n'y a p\r a9si dire pas de sci5ce sur laquelle il n'ait crit2 comme orateur1 il l'tait au po9t que plusieurs ont prfr son loqu5ce celle de ,cicron2 et je crois bi5 que c'tait aussi son op9ion1 c> ses deux morceaux connus s\s le nom d',anticatons fur5t crits p\r contrebalanc] l'effet produit p> la magnific5ce de /yle que ,cicron avait dploye dans son loge de ,caton4 ,du re/e1 y a-t-il eu une me aussi vigilante1 aussi active1 aussi a*>ne au travail que la si5ne que rehaussai5t encore des qualits div]ses qu'on ne peut lui conte/] et qui se r5contr5t r>em5t telles qu'elles tai5t en lui1 je veux dire fran*es1 naturelles et non contrefaites8--,il tait rem>quablem5t sobre et si peu difficile en fait de n\rriture1 qu',oppius raconte qu'un j\r on lui s]vit table1 dans une sauce1 au lieu d'huile ord9aire1 de l'huile prp>e p\r un mdicam5t1 et qu'il en mangea copieusem5t p\r ne pas caus] de confusion son hte2 une autre fois1 il fit f\ett] son b\lang]1 p\r lui avoir s]vi du pa9 autre que celui l'usage de t\t le monde4 ,caton disait mme p>fois qu'il tait le premi] homme d\ de sobrit qui et a*em9 son pays la ru9e4 ,ce mme ,caton le traita bi5 un j\r d'ivrogne1 mais cela dans les circon/ances que voici3 ,ils tai5t t\s deux au ,snat2 il y tait "q de la conjuration de ,catil9a laquelle ,cs> tait s\ponn d'tre affili1 lorsque1 du dehors1 on lui fit pass] un billet en ca*ette4 ,caton1 p5sant que ce p\vait tre un avis que lui faisai5t p>v5ir les conjurs1 le somma de le lui remettre1 ce quoi ,cs> se tr\va oblig p\r vit] que les s\pons ne priss5t plus de consi/ance4 ,or il se tr\vait p> has>d que c'tait un billet d\x que lui crivait ,s]vilia1 sur de ,caton2 celui-ci1 l'ayant lu1 le lui rejeta en disant3 ,ti5s1 ivrogne4 ,a mon s5s1 cette apo/rophe fut une m>que de dda9 et de colre et non un repro*e impliquant la possession de ce vice2 il en a t ici ce qui n\s arrive s\v5t lorsque1 invectivant ceux qui n\s caus5t de l'irritation1 n\s employons leur g>d les premires injures qui n\s vi5n5t la b\*e1 bi5 qu'elles ne s'appliqu5t en ri5 eux auxquels n\s les adressons2 d'autant que ce vice que ,caton semblait imput] a9si ,cs> va1 la plup>t du temps1 de pair avec celui sur lequel il v5ait de le surpr5dre1 c> ,vnus et ,bac*us vont volonti]s de compagnie1 dit un prov]be2 *ez moi1 ,vnus e/ au contraire bi5 plus allgre qu& c'e/ la sobrit qui l'accompagne4 ,sa d\ceur1 sa clm5ce ont p>u d\teuses2 mille exemples tabliss5t qu'il avait cette qualit4--,les exemples de sa d\ceur et de sa clm5ce env]s ceux qui l'avai5t (f5s1 sont en nombre inf9i3 je p>le de ceux de ses actes qui se sont produits en dehors du temps o la gu]re civile tait encore dans t\te sa viol5ce2 c> durant cette priode1 a9si qu'il l'a assez laiss ent5dre lui-mme dans ses crits1 cette gnrosit lui s]vait amad\] ses ennemis1 et leur faire mo9s r$\t] sa victoire et sa future dom9ation4 ,si on ne peut dire de ceux-ci qu'ils soi5t suffisants p\r pr\v] une d\ceur inne1 t\j\rs e/-il qu'ils tmoign5t d'une m]veilleuse confiance et d'un gr& c\rage de sa "p4 ,il lui e/ s\v5t arriv de r5voy] son ennemi1 aprs les avoir va9cues1 des armes entires1 sans daign] seulem5t les oblig] p> s]m5t1 s9on le s]vir1 du mo9s s'ab/5ir de lui faire la gu]re4 ,il a fait prisonni]s1 trois ou quatre fois1 c]ta9s capita9es de ,pompe1 et1 *aque fois1 leur a r5du la lib]t4 ,pompe dcl>ait ennemis t\s ceux qui ne se joignai5t pas lui2 ,cs> fit proclam] qu'il considrait comme amis t\s ceux qui demeur]ai5t neutres et ne port]ai5t pas effectivem5t les armes contre lui4 ,a ceux de ses capita9es qui l'ab&onnai5t p\r embrass] le p>ti de son adv]saire1 il allait jusqu' leur r5voy] leurs armes1 leurs *evaux et leurs bagages4 ,il laissait aux villes dont il s'tait emp> la lib]t de suivre tel p>ti qui leur convi5drait1 se fiant uniquem5t1 p\r les cont5ir1 au s\v5ir de sa d\ceur et de sa clm5ce4 ,le j\r de sa gr&e bataille de ,ph>sale1 il ordonna de ne port] la ma9 qu' la d]nire extrmit sur ceux qui tai5t citoy5s roma9s4 ,c'e/ l1 mon avis1 une manire de faire bi5 has>deuse1 et il n'e/ pas tonnant que1 dans les gu]res civiles que n\s trav]sons1 ceux qui1 comme lui1 combatt5t l'anci5 ordre de *oses de leur pays1 ne l'imit5t pas sur ce po9t2 ce sont des procds extraord9aires1 dont seuls la =tune de ,cs> et son admirable gnie tai5t capables d'us] heureusem5t4 ,qu& je songe la gr&eur incomp>able de cette me1 j'excuse la victoire de n'avoir pas cess de lui demeur] fidle1 mme en cette cause si inju/e et si inique4 ,p\r en rev5ir sa clm5ce1 n\s en avons plusieurs exemples qui se sont produits au temps de sa dom9ation et tmoign5t qu'elle tait bi5 dans sa nature2 c>1 matre alors de t\tes *oses1 il n'avait plus beso9 de fe9dre4--,caius ,memmius avait crit contre lui des pamphlets trs mordants1 auxquels il avait mme =t v]tem5t rpondu2 cela ne l'emp*a pas de l'aid]1 bi5tt aprs1 obt5ir le consulat4--,caius ,calvus qui lui avait dco* plusieurs pigrammes injurieuses1 ayant employ un de ses amis se rconcili] avec lui1 ,cs> alla jusqu' lui crire lui-mme le premi]4--,et notre bon ,catulle qui l'avait si =t malm5 s\s le nom de ,mamurra6 il v9t s'en excus]1 et1 le j\r mme1 ,cs> le faisait mang] sa table4--,avis que quelques-uns avai5t mal p>l de lui1 il se borna dcl>]1 dans une h>angue publique1 qu'il en tait av]ti4--,s'il ne portait pas de ha9e ses ennemis1 il les craignait mo9s encore2 quelques conciliabules avai5t t t5us1 quelques conjurations =mes contre lui1 ils fur5t dc\v]ts2 il se cont5ta de publi] p> un dit qu'elles lui tai5t connues1 sans autrem5t en p\rsuivre les auteurs4--,comme exemple des att5tions qu'il avait p\r ses amis3 ,caius ,oppius voyageant avec lui et se tr\vant indispos1 il lui cda le seul abri qu'il y avait1 et lui-mme c\*a t\te la nuit en ple9 air et sur la dure4--,quant sa ju/ice1 on peut en jug] p> ce trait3 bi5 qu'aucune pla9te n'et t porte1 il fit mettre mort un de ses esclaves qu'il aimait p>ticulirem5t1 p\r avoir c\* avec la femme d'un *evali] roma94--,jamais homme n'apporta plus de modration dans la victoire1 ni plus de rsolution qu& la =tune lui fut contraire4 ,mais son ambition effrne l'a am5 r5v]s] la rpublique la plus florissante de l'antiquit1 ce dont ri5 ne saurait l'abs\dre4--,mais t\tes ces belles qualits fur5t gtes et t\ffes p> cette ambition effrne laquelle il se laissa si =t emport]1 qu'on peut aism5t affirm] qu'elle rgla et dirigea t\tes ses actions4 ,d'un homme libral elle fit un voleur des d5i]s publics1 p\r avoir possibilit de subv5ir ses prodigalits et ses l>gesses4 ,elle l'am5a prononc] ce propos affreux1 si contraire t\t pr9cipe de moralit1 que les hommes les plus m*ants du monde1 les plus p]dus de vice1 s'ils l'avai5t s]vi le faire arriv] au fate des gr&eurs1 il les et aims et s\t5us de t\t son p\voir1 t\t comme il faisait p\r les meilleurs d'entre les g5s de bi54 ,elle l'enivra d'une si gr&e vanit1 qu'il osa se vant] devant ses concitoy5s d'avoir rduit cette gr&e ,rpublique roma9e n'tre qu'un nom1 n'ayant plus ni =me1 ni corps2 alla jusqu' dire que dsormais les rponses qu'il f]ait s]virai5t de lois2 osa demeur] assis p\r recevoir le ,snat qui v5ait lui en corps2 s\ffrit qu'on l'adort et que1 lui prs5t1 on lui r5dit les honneurs div9s4 ,en somme1 ce seul vice1 selon moi1 p]v]tit en lui le plus beau1 le plus ri*e naturel qui fut jamais1 et a fait que sa mmoire e/ odieuse t\s les g5s de bi51 p>ce qu'il a *]* sa gloire dans l'ass]vissem5t de son pays et le r5v]sem5t du plus puissant et plus florissant g\v]nem5t que le monde v]ra jamais4--,on peut1 bi5 au contraire de ce qui s'e/ pass *ez ,cs>1 tr\v] quelques exemples de gr&s p]sonnages auxquels la volupt a fait oubli] la conduite des affaires1 comme cela e/ arriv ,m>c ,anto9e et autres2 mais l o l'am\r et l'ambition1 exi/ant au mme degr1 vi5dront se heurt] l'un l'autre avec une viol5ce gale1 je n'ai pas de d\te que l'ambition ne l'emporte4 ,exemple extraord9aire d'un jeune ,toscan1 ,spur9a1 qui1 d'une beaut rem>quable1 se dfigure p\r se s\/raire aux passions qu'il inspirait4--,p\r r5tr] dans mon sujet1 je dis que c'e/ beauc\p que1 p> la =ce de la raison1 n\s puissions rfrn] nos apptits et1 en leur faisant viol5ce1 contra9dre nos organes se ma9t5ir dans le devoir4 ,mais n\s f\ett] dans l'intrt de nos vois9s1 non seulem5t n\s dfaire de cette d\ce passion qui n\s *at\ille si agrablem5t1 r5onc] au plaisir que n\s ress5tons voir que n\s sommes agrables autrui1 tre aim et re*]* p> *acun1 et1 plus encore1 pr5dre en ha9e les grces qui n\s val5t ces satisfactions1 en pr\v] de la rpugnance et condamn] notre beaut p>ce qu'elle e/ cause de surexcitation *ez d'autres1 je n'en ai gure vu d'exemples4 ,en voici un cep5dant3--,spur9a1 jeune ,toscan1 qui ressemblait un diamant en*ss dans l'or et ornant un colli] ou une c\ronne1 ou de l'ivoire s]ti de buis ou de trb9! p\r que la blan*eur en ressorte davantage 7,virgile71 tait d\ d'une beaut si r>e et si gr&e1 que les yeux les plus *a/es ne p\vai5t en s\t5ir l'clat1 sans en tre violemm5t tr\bls4 ,non cont5t de ne pas condesc5dre calm] cette fivre1 ce feu qu'il attisait p>t\t sur son passage1 il entra en fureur contre lui-mme et contre ces ri*es prs5ts reu de la nature1 comme s'il tait en droit de s'en pr5dre eux de la faute d'autrui1 et1 =ce d'entailles qu'il se fit volontairem5t et de cicatrices1 il tr\bla et dtruisit la p>faite h>monie et la rgul>it des traits de son visage1 dont la nature l'avait si rem>quablem5t dot4 ,une telle action ne se peut appr\v]2 il e/ plus noble de lutt] que de se drob] aux devoirs que la socit n\s impose1 t\s tant que n\s sommes4--,a vrai dire1 j'admire de tels actes plus que je ne les appr\ve1 de p>eils excs ne s'accommodant pas avec mes pr9cipes4 ,l'int5tion e/ bonne1 et le fait celui d'une me honnte2 mais1 mon avis1 il n'e/ pas suffisamm5t rfl*i4 ,la laideur en laquelle notre jeune homme e/ tomb1 ne peut-elle pas en avoir induit d'autres en faute1 qui l'auront pris en mpris et en ha9e8 n'a-t-on pu lui port] envie1 en raison de la gloire que lui a value un acte aussi r>e2 ou le calomni]1 en attribuant sa rsolution une dception1 suite de vises trop ambitieuses8 c> il n'y a aucune =me que le vice1 qu& il lui plat1 ne revte lorsqu'il tr\ve occasion de se donn] c>rire d'une faon ou d'une autre4 ,il et t plus judicieux1 et aussi plus glorieux1 qu'avec ces dons dont il tait r$evable ,dieu1 il devnt un modle de v]tu et de murs1 qui ft demeur en exemple la po/rit4 ,ceux qui se drob5t aux *>ges de la socit1 ces obligations de t\s g5res1 en nombre inf9i1 s\v5t p9euses1 qui ps5t sur un homme qui ti5t un rang honorable dans le monde1 s'vit5t1 selon moi1 bi5 des tracas1 quels que soi5t les petits inconvni5ts p>ticuli]s qui en rsult5t2 c'e/ en quelque sorte m\rir1que de fuir la pe9e de vivre comme on le doit4 ,ces g5s peuv5t avoir d'autres mrites1 il ne m'a jamais p>u qu'ils ai5t celui de se tr\v] aux prises avec les difficults1 c> je n'en connais pas de pire que de se t5ir en quilibre sur les flots de cette m] agite qu'e/ le monde1 de rpondre et de satisfaire loyalem5t t\t ce qui e/ du ressort de la position que l'on occupe4 ,il e/ peut-tre plus facile de s'ab/5ir d'une manire absolue de t\t rapport avec le sexe fm991 que de se conduire t\j\rs1 t\s g>ds1 d'une faon irrpro*able avec sa femme2 n\s avons mo9s de *ance de n\s p]dre en tat de pauvret1 que dans une abondance dont il n\s faut us] avec mesure2 l'usage dirig p> la raison1 e/ plus pnible que l'ab/95ce2 se modr] e/ une v]tu qui exige de plus gr&s ef=ts que s\ffrir4 ,il e/ mille faons de vivre conv5ablem5t1 comme l'ent5dait ,scipion le jeune1 t&is qu'il n'y en a qu'une la faon de ,diogne2 et autant celle-ci surpasse en innoc5ce la vie qui se mne d'ord9aire1 autant elle-mme e/ surpasse en utilit et en n]gie p> celles qui atteign5t la p]fection et dont on dit que ce sont des exi/5ces accomplies4 ,,*apitre ,,xxxiv4 ,obs]vations sur les moy5s que ,jules ,cs> employait la gu]re4 ,selon ,montaigne1 les comm5taires de ,cs> devrai5t tre le brviaire de t\t homme de gu]re4--,on dit de plusieurs gr&s capita9es qu'ils ont eu une prfr5ce m>que p\r c]ta9s auteurs3 ,alex&re le ,gr& avait ,homre3 ,scipion l',africa91 ,xnophon2 ,m>cus ,brutus1 ,polybe2 ,*>les ,qu9t1 ,philippe de ,com9es2 de notre temps ,ma*iavel e/1 dit-on1 en crdit ailleurs2 mais feu le ,m>*al ,/rozzi1 qui p\r sa "p prfrait ,cs>1 avait inconte/ablem5t fait le meilleur *oix4 ,les comm5taires de ,cs> devrai5t1 en effet1 tre le brviaire de t\t homme de gu]re1 c> lui-mme e/ le vrai et s\v]a9 modle en art militaire2 et ,dieu sait1 en outre1 avec quelle grce1 de quelle beaut il a agrm5t cette matire dj si ri*e p> elle-mme2 son /yle y e/ si pur1 si dlicat1 si p>fait que1 d'aprs mon gt1 aucun crit au monde sur ce sujet n'e/ comp>able aux si5s4--,je veux consign] ici quelques traits p>ticuli]s1 qu'on r5contre r>em5t1 qui se sont produits dans ses gu]res et qui me revi5n5t en mmoire4 ,p\r rassur] ses tr\pes effrayes de la supriorit numrique de l'ennemi1 il leur exagrait lui-mme cette supriorit4--,son arme tait quelque peu effraye p> les bruits qui c\rai5t de la gr&e supriorit des =ces que le roi ,juba m5ait contre lui4 ,au lieu de *]*] combattre l'ide que s'en tai5t faite ses soldats1 en dim9uant les moy5s dont disposait son ennemi1 les ayant runis p\r les rassur] et remont] leur c\rage1 il s'y prit t\t autrem5t qu'on ne le fait d'habitude1 leur disant de ne plus se mettre en pe9e de se r5seign] sur les effectifs que l'ennemi leur opposait1 p>ce qu'il avait reu des avis prcis cet g>d4 ,il leur en fit alors le dnombrem5t1 exagrant de beauc\p ce qui tait et ce que son arme prsumait d'aprs les bruits en circulation4 ,il agit en cela suivant ce que conseille ,cyrus dans ,xnophon2 d'autant que l'erreur1 qu& l'ennemi se rvle plus faible qu'on ne l'esprait1 n'a pas de consqu5ce srieuse1 comme lorsqu'il v\s app>at effectivem5t trs =t1 alors qu'il passait p\r tre faible4 ,il acc\tumait ses soldats obir1 sans les laiss] comm5t] ses ordres4--,il acc\tumait ses soldats se born] en t\tes *oses obir1 sans se ml] de contrl] ou de discut] les projets de leur *ef1 qu'il ne leur communiquait qu'au mom5t de leur excution2 et1 s'ils en avai5t dc\v]t quelque *ose1 il pr5ait plaisir les tromp]1 en les modifiant sur-le-*amp2 s\v5t1 dans ce b1 aprs avoir fix qu'il s]ait fait tape en tel lieu1 il passait outre et allongeait la m>*e1 p>ticulirem5t lorsque le temps tait mauvais et pluvieux4 ,trs mnag] du temps1 il savait amus] l'ennemi p\r en gagn]4--,les ,suisses1 au db des gu]res des ,gaules1 ayant envoy v]s lui p\r obt5ir de trav]s] un t]ritoire relevant de la dom9ation roma9e1 et lui s'tant rsolu s'y oppos] p> la =ce1 il fit qu& mme bon accueil leurs messag]s1 et aj\rna sa rponse quelques j\rs1 af9 d'utilis] ce rpit p\r rassembl] son arme4 ,ces pauvres g5s ne savai5t pas combi5 il excellait mettre le temps pr(it4 ,ma9tes fois il rpte que c'e/ le tal5t le plus ess5tiel d'un capita9e1 que de savoir saisir les occasions qu& elles se prs5t5t et faire dilig5ce2 celle qu'il dploya1 dans le c\rs de ses exploits1 e/ rellem5t in\e et inimag9able4 ,il n'exigeait gure de ses soldats que la vaillance et la discipl9e2 p>fois1 il leur donnait t\te lic5ce2 il aimait qu'ils fuss5t ri*em5t arms1 les honorait du nom de compagnons1 ce qui n'emp*ait pas qu'il les traitt1 le cas *ant1 avec beauc\p de svrit4--,s'il n'tait pas =t consci5cieux qu& il p\vait tir] avantage contre ses ennemis d'un trait conclu1 il ne l'tait pas davantage en ne dem&ant ses soldats1 en fait de v]tu1 que d'tre vaillants1 et ne punissant gure *ez eux que la mut9]ie et la dsobissance4 ,s\v5t aprs une victoire1 il leur l*ait la bride et leur donnait lic5ce de t\t faire1 les disp5sant1 p\r un temps1 d'obs]v] les rgles de la discipl9e militaire2 du re/e1 ils tai5t si bi5 dresss que1 t\t p>fums et musqus qu'ils tai5t1 cela ne les emp*ait pas de c\rir avec frnsie au combat4 ,p\r dire vrai1 il aimait leur voir des armes de prix et les dotait d'quipem5ts c\v]ts de brod]ies et d'incru/ations dores et arg5tes af9 que1 s\cieux de les cons]v]1 ils miss5t plus d'n]gie les df5dre4--,qu& il leur p>lait1 il les appelait du nom de compagnons dont n\s n\s s]vons encore1 ce que r=ma l'emp]eur ,augu/e1 son successeur1 e/imant que si ,cs> l'avait fait1 c'tait p> suite des ncessits de la situation1 p\r flatt] des g5s qui1 en somme1 ne le suivai5t que de leur ple9 gr3 ,au passage du ,rh91 ,cs> tait gnral2 ici1 il e/ mon compagnon2 le crime r5d gaux t\s ceux qui en sont complices 7,luca971 mais que cette faon de faire ne conv5ait plus la dignit d'un emp]eur ou d'un gnral d'arme2 et on en rev9t ne plus les appel] que soldats4 ,a cette c\rtoisie1 ,cs> joignait une gr&e svrit qu& il avait punir4 ,la neuvime lgion s'tant mut9e prs de ,plaisance1 il en pronona la dissolution1 la frappant d'ignom9ie1 bi5 que ,pompe tnt encore la campagne1 et il ne la reut en grce qu'aprs des supplications rxres4 ,il apaisait les dsordres plus p> son autorit et en payant d'audace1 que p> la d\ceur4 ,il se complaisait aux travaux de campagne4--,qu& il p>le de son passage du ,rh91 p\r pass] en ,allemagne1 il dit qu'e/imant indigne du peuple roma9 de faire fran*ir ce fleuve son arme sur des bateaux1 il a fait con/ruire un pont p\r le pass] de pi$ f]me4 ,c'e/ ce mom5t qu'il fit btir ce pont admirable sur la con/ruction duquel il n\s donne =ce dtails2 c> de t\t ce qu'il a fait1 c'e/ surt\t n\s initi] la fcondit de son imag9ation en ces sortes d'ouvrages comportant de la ma9-d'uvre1 qu'il se complat le plus volonti]s4 ,il aimait h>angu] ses tr\pes1 et ses h>angues sont des modles d'loqu5ce militaire4--,j'ai aussi rem>qu qu'il atta*ait une gr&e importance aux exhortations qu'il adressait ses soldats au mom5t du combat2 c> *aque fois qu'il veut montr] qu'il a t surpris ou press1 il dit t\j\rs qu'il n'a mme pas eu le temps de h>angu] son arme4 ,avant la gr&e bataille qu'il livra aux g5s de ,t\rnai3 ,cs>1 crit-il1 aprs avoir donn ses d]ni]s ordres1 c\rut aussitt1 p\r exhort] son monde1 l o le has>d le porta2 et1 r5contrant la dixime lgion1 il n'eut que le temps de lui dire de se s\v5ir de sa valeur habituelle1 de ne pas s'tonn] et de rsi/] h>dim5t aux ef=ts de l'adv]saire2 mais dj l'ennemi tait arriv porte de trait1 il donna le signal de la bataille et c\rut sur un autre po9t1 p\r cont9u] ses exhortations une autre p>tie de ses tr\pes2 il les tr\va dj engages4 ,c'e/ a9si qu'il en p>le ce passage de son livre2 ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que son tal5t de p>ole lui a r5du1 en diffr5tes circon/ances1 de bi5 signals s]vices4 ,mme de son temps1 son loqu5ce militaire tait tellem5t apprcie que plusieurs1 dans son arme1 recueillai5t ses h>angues2 on e/ arriv a9si1 en les runissant1 en =m] des volumes qui lui ont survcu longtemps4 ,son langage avait une grce p>ticulire1 si bi5 que les p]sonnes de son intimit1 l'emp]eur ,augu/e entre autres1 ent5dant rpt] ce qu'on avait recueilli de ses conv]sations et de ses disc\rs1 reconnaissai5t les phrases1 et jusqu'aux mots1 qui n'tai5t pas de lui4 ,rapidit de ,cs> dans ses m\vem5ts2 ap]u de ses gu]res nombreuses en div]s pays4--,la premire fois qu'il sortit de ,rome1 tant inve/i d'une *>ge publique1 il arriva en huit j\rs sur le ,rhne2 il voyageait ayant devant lui1 sur son *>1 un ou deux secrtaires qui crivai5t sans cesse s\s sa dicte1 et d]rire lui un s]viteur portant ses armes4--,c]ta9em5t1 en ne faisant que trav]s] simplem5t le pays1 on p\rrait pe9e le faire avec la rapidit qu'il dploya1 lorsque1 quittant la ,gaule et suivant le m\vem5t de retraite de ,pompe sur ,br9des1 en dix-huit j\rs il s\mettait l',italie4 ,rev5ant alors de ,br9des ,rome1 il va de ,rome jusqu'aux extrmits les plus recules de l',espagne1 o il a surmont] des difficults extrmes dans sa gu]re contre ,afranius et ,petreius4 ,aprs quoi1 il vi5t assig] ,m>seille qui rsi/e longtemps4 ,de ,m>seille1 il se r5d en ,macdo9e1 o il bat l'arme roma9e ,ph>sale2 puis se jette la p\rsuite de ,pompe1 ce qui le conduit en gypte qu'il s\met4 ,d'gypte1 il vi5t en ,syrie et dans le ,pont1 o il combat ,ph>nace4 ,de l1 il passe en ,afrique1 o il dfait ,scipion et ,juba2 puis1 r5trant en ,italie qu'il ne fait que trav]s]1 il se porte une seconde fois en ,espagne1 o il met en dr\te les fils de ,pompe3 ,plus rapide que l'clair1 plus prompt que le tigre auquel on enlve ses petits 7,luca971 p>eil un norme ro*] qui1 m9 p> la pluie ou dta* p> l'action du temps1 arra* p> les v5ts1 se prcipite du haut de la montagne v]s la pla9e1 bondissant sur une p5te rapide avec un fracas p\vantable1 entranant avec lui arbres1 tr\peaux et b]g]s 7,virgile74 ,il v\lait t\t voir p> lui-mme4--,p>lant du sige d',av>icum1 il dit qu'il avait c\tume de se tr\v] j\r et nuit prs des ouvri]s qu'il faisait travaill]4--,dans t\tes ses entreprises de quelque importance1 il se livrait lui-mme des reconnaissances pralables2 et jamais il n'engagea son arme sur un t]ra91 qu'il ne l'et t\t d'abord reconnu4 ,mme1 si n\s en croyons ,sutone1 lors de son passage en ,anglet]re1 il fut le premi] con/at] la pr(ondeur de l'eau l o devait s'effectu] le db>quem5t4 ,il prfrait obt5ir le succs en ngociant plutt que p> la =ce des armes4--,il disait d'habitude qu'il prfrait une victoire obt5ue en ngociant1 que remporte de vive =ce4 ,dans la gu]re contre ,afranius et ,petreius1 la =tune lui prs5ta une occasion qui p>aissait des plus favorables2 il s'y refusa1 esprant1 dit-il1 qu'en pati5tant un peu et donnant mo9s au has>d1 il vi5drait1 qu& mme1 b\t de ses ennemis4--,dans cette mme gu]re1 il fit une *ose bi5 tonnante3 ce fut de faire pass] une rivire la nage t\te son arme1 sans qu'il y et ncessit3 ,p\r vol] au combat1 le soldat pr5d cette r\te p> laquelle il n'et os fuir4 ,t\t m\ill1 il se rec\vre de ses armes et r*auffe en c\rant ses membres eng\rdis p> le froid 7,luca974 ,il tait dans ses entreprises plus circonspect qu',alex&re et n'en donnait pas mo9s h>dim5t de sa p]sonne *aque fois que c'tait ncessaire4--,je tr\ve ,cs> un peu plus circonspect et rfl*i qu',alex&re1 dans ce qu'il entrepr5ait4 ,celui-ci semble t\j\rs re*]*] le dang] et c\rir au-devant comme un torr5t imptueux qui heurte et attaque sans disc]nem5t et sans faire de di/9ction t\t ce qu'il r5contre3 ,tel l',aufide1 qui arrose le royaume de ,daunus ,apuli51 semblable1 l'poque des crues1 un taureau f\gueux1 r\le des eaux torr5tielles qui m5ac5t les campagnes de la dva/ation complte de leurs moissons 7,horace74 ,il e/ vrai qu',alex&re tait dj en ple9e activit la fleur de l'ge1 et encore s\s l'effet des premires ardeurs de la jeunesse1 t&is que ,cs>1 un ge avanc1 en ple9e maturit de jugem5t1 ne faisait que comm5c]4 ,de plus1 ,alex&re tait d'un tempram5t plus sangu91 colre et ard5t1 que surexcitait encore sa passion p\r le v91 dont ,cs> sut t\j\rs s'ab/5ir d'abus]4 ,nanmo9s1 qu'il y et ncessit et que la situation l'exiget1 ,cs> sut t\j\rs faire1 plus que pas un1 bon m>* de sa p]sonne4 ,dans plusieurs circon/ances o il donna p> lui-mme d'une faon p>ticulire1 je crois lire *ez lui l'ide de se faire tu] p\r *app] la honte d'tre va9cu4--,dans cette gr&e bataille livre prs de ,t\rnai1 voyant ses tr\pes avances faiblir1 il se jette tte baisse sur l'ennemi1 tel qu'il e/1 sans s'tre arm de son b\cli]2 et cela lui e/ arriv plusieurs autres fois4--,appr5ant qu'une p>tie de ses tr\pes tai5t assiges1 il fran*it1 s\s un dguisem5t1 les lignes ennemies1 p\r all] =tifi] les si5s p> sa prs5ce4--,ayant abord ,dyrra*ium avec trs peu de monde et voyant que le re/e de son arme1 qu'il avait laiss s\s la conduite d',anto9e1 t>dait le suivre1 il se rs\t1 p\r l'all] *]*] et le ram5]1 repass] seul le bras de m] qu'il vi5t de fran*ir1 affrontant une viol5te tempte p\r pass] inap]u1 son adv]saire tant matre de la m] et de t\s les ports de la cte oppose4--,dans le nombre des expditions qu'il a faites1 il s'en tr\ve plusieurs qui1 p> les risques qu'elles prs5tai5t1 dpass5t t\t ce que peut autoris] une judicieuse application de l'art militaire3 avec quels faibles effectifs en effet n'entreprit-il pas la conqute du royaume d'gypte1 et alla-t-il plus t>d attaqu] les =ces de ,scipion et de ,juba qui tai5t dix fois suprieures aux si5nes6 ,de tels hommes ont je ne sais quelle confiance surnaturelle dans leur =tune2 aussi1 p>lant de ces entreprises audacieuses1 disait-il qu'il fallait les excut] sans t5ir conseil p\r dcid] si elles tai5t ou non t5t]4--,aprs la bataille de ,ph>sale1 comme il avait fait pr5dre les devants son arme p\r pass] en ,asie1 il trav]sait lui-mme l',hellespont1 sans autre navire que celui qui le portait1 qu& il fit r5contre en m] de ,l4 ,cassius la tte de dix gros vaisseaux de gu]re3 non seulem5t il eut le c\rage de l'att5dre1 mais il m>*a droit lui1 le somma de se r5dre1 et russit l'y am5]4 ,sa confiance et sa tnacit au sige d',alsia4--,qu& il entreprit le sige op9itre d',alsia1 la ville tait df5due p> quatre v+t mille hommes1 et t\te la ,gaule1 se levant p\r m>*] contre lui et l'oblig] se retir]1 lui opposa en outre une arme de neuf mille cavali]s et deux c5t qu>ante mille fantass9s4 ,quelle h>diesse1 quelle confiance t\*ant la folie1 que de ne pas v\loir1 dans de telles conditions1 r5onc] ce sige et os] t5ir tte simultanm5t deux attaques si =midables6 ,il le fit cep5dant et1 aprs avoir gagn une gr&e bataille contre ceux du dehors1 il p>v9t bi5tt aprs faire capitul] ceux qu'il t5ait assigs4--,la mme *ose arriva ,lucullus au sige de ,tigranoc]te1 dans sa gu]re contre ,tigrane1 mais dans des conditions diffr5tes1 tant donne la mollesse de l'ennemi auquel ,lucullus avait affaire4 ,deux p>ticul>its intressantes que prs5te ce sige4--,sur ce sige d',alsia1 je rem>que deux faits r>es et extraord9aires4 ,le premi]1 c'e/ que les ,gaulois1 s'assemblant p\r combattre ,cs>1 se rsolur5t en conseil1 aprs avoir fait le dnombrem5t de leurs =ces1 retran*] une notable p>tie de la gr&e multitude qu'ils tai5t1 de peur que la confusion ne s'y introduist4 ,c'e/ l un exemple n\veau1 que de cra9dre de se tr\v] trop nombreux2 mais1 le bi5 considr]1 il e/ rationnel que l'effectif d'une arme soit de moy5ne gr&eur et ma9t5u dans de c]ta9es bornes1 en raison de la difficult p\rvoir sa subsi/ance1 de la conduire et d'y faire rgn] l'ordre4 ,en t\t cas1 il e/ trs ais de vrifi] p> des exemples1 que ces armes d'effectifs mon/rueux n'ont gure ri5 fait qui vaille4 ,au dire de ,cyrus1 rapport p> ,xnophon1 ce n'e/ pas le nombre des hommes1 mais celui des hommes propres combattre qui donne l'avantage1 le re/e cause plus de tr\ble qu'il n'apporte d'aide4 ,ce fut la raison pr9cipale qui dt]m9a ,bajazet livr] bataille ,tam]lan contre l'avis unanime de ses capita9es2 il esprait que la confusion s'introduirait dans la f\le innombrable dont se composait l'arme de son ennemi4 ,sc&]b]g1 bon juge et trs exp]t en la matire1 avait c\tume de dire que dix d\ze mille combattants sur lesquels on p\vait compt]1 devai5t suffire un gnral capable1 p\r le mettre mme de se tir] honorablem5t de quelque situation de gu]re que ce soit4--,le second po9t sur lequel ce sige appelle mes rflexions1 c'e/ qu'il semble contraire ce qui a lieu d'ord9aire la gu]re et ce que comm&e la raison que ,v]c+torix1 qui avait t nomm gnral en *ef de t\tes les ,gaules rvoltes1 ait pris le p>ti de s'enf]m] ,alsia4 ,celui qui comm&e t\t un pays1 ne doit jamais s'immobilis] a9si1 mo9s qu'il ne soit rduit cette extrmit1 que ce soit sa d]nire place1 et qu'il n'ait plus d'espoir que dans la df5se qu'elle peut faire2 autrem5t1 il doit cons]v] sa lib]t de m\vem5ts1 af9 d'avoir la possibilit de p\rvoir la direction de t\tes les p>ties du g\v]nem5t dont il a la *>ge4 ,avec le temps1 ,cs> dev9t plus ret5u dans ses entreprises4--,avec le temps1 ,cs> dev9t un peu mo9s prompt et plus circonspect dans ses rsolutions1 a9si que n\s l'appr5d ,oppius qui tait de son intimit1 p5sant qu'il ne devait pas compromettre la si haute r5omme qu'il devait tant de victoires1 et qu'une seule dfaite p\vait lui faire p]dre4 ,c'e/ ce qu'exprim5t les ,itali5s1 qu& ils veul5t repro*] quelqu'un cette h>diesse tmraire qui se r5contre *ez les jeunes g5s2 ils dis5t de lui que c'e/ un besogneux d'honneur1 un affam de rputation et que1 n'en ayant pas encore1 ils ont raison de *]*] en acqurir quelque prix que ce soit1 ce que ne doiv5t pas faire ceux qui sont dj arrivs4 ,ce *angem5t *ez ,cs> peut prov5ir d'une ju/e mesure g>d] dans ce dsir de gloire2 peut-tre aussi f9it-on p> en tre rassasi comme de t\tes autres *oses1 c> assez de g5s en agiss5t a9si4 ,quoique peu scrupuleux1 il n'appr\vait cep5dant pas qu' la gu]re on se s]vt de t\tes sortes de moy5s p\r obt5ir le succs4--,cs> tait bi5 lo9 d'avoir ce scrupule des anci5s ,roma9s1 qui ne v\lai5t devoir leur succs la gu]re qu' leur c\rage tel qu'ils l'avai5t reu de la nature1 sans avoir rec\rs aucun artifice2 malgr cela1 il y apportait plus de consci5ce que n\s ne f]ions l'poque actuelle1 et n'e/imait pas que t\s les moy5s sont bons p\r obt5ir la victoire4 ,dans sa gu]re contre ,ariovi/e1 il tait en p\rp>l]s avec lui1 qu& un m\vem5t se produisit entre les deux armes1 provoqu p> la faute des cavali]s de ce *ef gaulois4 ,de ce qui s'ensuivit1 ,cs> se tr\va tre en situation trs avantageuse vis--vis de son ennemi2 il ne v\lut pas t\tefois s'en prvaloir1 af9 de ne pas s'expos] au repro*e d'avoir u de mauvaise foi4 ,il revtait d'habitude1 p\r le combat1 de ri*es co/umes aux c\leurs clatantes qui p]mettai5t de le di/+u] de lo94 ,qu& l'ennemi tait pro*e1 il t5ait ses soldats plus de c\rt1 se montrant beauc\p plus exigeant s\s le rapport de la discipl9e4 ,il savait trs bi5 nag] et aimait all] pi$4--,lorsque1 jadis1 les ,grecs v\lai5t m>qu] que quelqu'un tait de la d]nire incapacit1 ils disai5t de lui ce dicton populaire3 qu'il ne savait ni lire1 ni nag]4 ,cs> t5ait1 lui aussi1 que savoir nag] e/ d'une trs gr&e utilit la gu]re1 et cela lui s]vit div]ses reprises4 ,qu& il v\lait faire dilig5ce1 il fran*issait d'ord9aire la nage les rivires qu'il r5contrait sur sa r\te1 c>1 comme ,alex&re le ,gr&1 il aimait voyag] pi$4--,en gypte1 oblig1 un j\r1 p\r *app] ses ennemis1 de se jet] dans une *al\pe1 tant de g5s s'y prcipitr5t en mme temps que lui1 qu'il y avait dang] que la b>que enfont1 et il prfra se jet] la m] et gagn] la nage sa flotte qui tait plus de deux c5ts pas de l1 ce qu'il fit t5ant de la ma9 gau*e ses tablettes hors de l'eau1 et avec les d5ts sa cotte d'armes1 la tranant a9si af9 que l'ennemi ne s'en saisit pas p\r en faire un trophe2 cela1 alors qu'il tait dj avanc en ge4 ,ses soldats et ses p>tisans avai5t p\r lui une affection extrme et lui tai5t t\t dv\s4--,jamais aucun *ef militaire ne possda autant la confiance de ses soldats4 ,au db de ses gu]res civiles1 ses c5t5i]s lui (frir5t de sold] *acun un homme d'armes de ses propres d5i]s et ses fantass9s de le s]vir leurs dp5s2 ceux d'entre eux qui tai5t le plus leur aise1 y joignant d'entret5ir les plus ncessiteux4--,avec feu ,monsieur l'amiral de ,*tillon1 n\s emes occasion de voir d]nirem5t1 dans nos gu]res civiles1 un fait semblable3 les ,franais de son arme subv9r5t de leur b\rse au paiem5t des trang]s qui l'accompagnai5t4 ,on ne tr\v]ait gure d'exemples d'une affection si ard5te1 si prte t\t1 *ez ceux qui sont dans les errem5ts passs1 habitus un g\v]nem5t qui1 comme anci5nem5t1 fonctionne rgulirem5t2 mais la passion a sur n\s plus d'autorit que la raison4 ,p\rtant1 il e/ arriv ,rome1 lors de la gu]re contre ,annibal1 qu'imitant la libralit du peuple roma9 env]s eux1 les g5s d'armes et les capita9es fir5t ab&on de leur solde2 et1 au camp de ,m>cellus1 on fltrit de l'pi?te de ,m]c5aires ceux qui l'acceptr5t4--,cs> ayant pr\v un *ec ,dyrra*ium1 ses soldats v9r5t s'(frir d'eux-mmes p\r en tre *tis et punis1 si bi5 qu'il eut plus les consol] qu' les frapp]4--,une seule de ses cohortes1 rduite elle-mme1 s\t9t p5dant plus de quatre heures1 jusqu' ce qu'elle ft presque entirem5t dtruite c\ps de trait1 t\s les ef=ts de quatre lgions de ,pompe2 dans les tran*es du camp qu'elle df5dait1 on tr\va c5t tr5te mille fl*es4 ,un soldat1 nomm ,scva1 qui comm&ait l'une des entres1 s'y ma9t9t sans p\voir tre =c1 ayant un il crev1 une paule et une cuisse p]ces et son b\cli] fauss en deux c5t tr5te endroits4--,il e/ arriv plusieurs de ses soldats faits prisonni]s1 d'accept] la mort plutt que de v\loir promettre de pr5dre p>ti contre lui4 ,granius ,ptronius avait t fait prisonni] en ,afrique p> ,scipion qui1 aprs avoir fait mettre mort ses compagnons de captivit1 lui m&a qu'il lui faisait grce de la vie4 ,le va9queur en agissait a9si1 p>ce que ,ptronius tait un homme de qualit et que/eur2 mais celui-ci lui rpondit que les soldats de ,cs> avai5t c\tume de donn] la vie aux autres1 et non de la recevoir d'eux2 et1 sur ces mots1 il se tua de sa propre ma94 ,il y a un nombre inf9i d'exemples de leur fidlit vis--vis de lui4--,la conduite des df5seurs de ,salone1 ville qui t5ait p\r ,cs> contre ,pompe1 e/ cit] en raison de la p>ticul>it assez r>e qui y adv9t4 ,m>cus ,octavius conduisait le sige2 les assigs tai5t rduits en t\tes *oses aux plus extrmes ncessits2 p\r suppler au manque de combattants qui1 p\r la plup>t1 tai5t morts ou blesss1 ils avai5t r5du la lib]t t\s leurs esclaves2 p\r manuvr] leurs ma*9es de gu]re1 ils avai5t d c\p] les *eveux t\tes les femmes1 p\r en tress] des cordes2 cela se joignait une excessive disette de vivres1 et1 malgr t\t1 ils tai5t rsolus ne jamais se r5dre4 ,leur rsi/ance avait dj fait tran] considrablem5t le sige en longueur et ,octavius en tait dev5u plus nglig5t2 sa vigilance s'tait ral5tie1 lorsque les assigs ayant *oisi leur j\r1 aprs avoir plac les femmes et les enfants sur les remp>ts p\r qu'ils ne p>uss5t pas dg>nis1 v]s midi1 excutr5t une sortie avec une telle furie1 qu'ils enfonc5t la premire ligne des po/es des assigeants1 puis la seconde1 la troisime1 la quatrime1 t\tes enf92 ils les contraign5t ab&onn] leurs tran*es et leur donn5t la *asse1 les obligeant regagn] leurs navires et s'y r5f]m]2 ,octavius lui-mme s'enfuit jusqu' ,dyrra*ium1 o se tr\vait ,pompe4 ,je n'ai pas prs5tem5t en mmoire d'autre exemple d'assigs battant le gros des assigeants et demeurant matres de la campagne ni d'autre sortie qui ait eu p\r consqu5ce une victoire aussi nette et aussi complte que si elle tait rsulte d'une bataille range4 ,,*apitre ,,xxxv4 ,trois femmes vraim5t bonnes4 ,quelques pigrammes de ,montaigne contre les femmes de son sicle qui ne tmoign5t leur affection leurs m>is que qu& ils sont morts4--,les femmes vraim5t bonnes ne se compt5t pas p> d\za9es1 comme *acun sait2 notamm5t qu& on les envisage au po9t de vue des devoirs du m>iage1 c> c'e/ l un m>* ent\r de tant de circon/ances p9euses qu'il e/ difficile que la volont d'une femme l'obs]ve longtemps dans son enti]2 les hommes eux-mmes ont bi5 de la pe9e s'y faire1 quoique se tr\vant p\r cela dans d'un peu meilleures conditions4 ,la pi]re de t\*e d'un bon m>iage e/ dans la manire dont on a vcu tant qu'on e/ demeur ensemble2 il n'a t vraim5t tel1 que si l'union a t con/amm5t d\ce1 loyale et facile4--,en notre sicle1 les femmes rs]v5t assez communm5t leurs bonnes grces et les m>ques d'une viol5te affection env]s leurs m>is1 p\r qu& elles les ont p]dus2 elles *]*5t alors1 p> cet talage1 montr] combi5 tai5t gr&s les s5tim5ts qu'elles leur portai5t2 manife/ation t>dive et hors de saison6 ,p> l elles tmoign5t plutt qu'elles ne les aim5t que p>ce qu'ils sont morts4 ,leur vie durant1 c'tait une bullition cont9ue2 ils sont trpasss1 elles sont t\t am\r et affabilit4 ,de mme que les pres dissimul5t l'affection qu'ils ont p\r leurs enfants1 elles dissimul5t volonti]s elles aussi la leur l'g>d de leurs m>is1 p\r comm&] le respect impos p> les lois de la bi5sance4 ,un tel my/re n'e/ pas de mon gt2 elles ont beau laiss] leurs *evelures flott] en dsordre1 s'gratign]1 je vais l'oreille d'une femme de *ambre1 d'un secrtaire et leur dem&e3 ,quelle tait la nature de leurs rapports8 comm5t vivai5t-ils ensemble8 ,j'ai t\j\rs prs5t la mmoire ce bon mot3 ,celles qui ont le mo9s de *agr91 pleur5t avec le plus d'o/5tation 7,tacite72 leur air maussade e/ odieux aux vivants et bi5 inutile aux morts4 ,n\s p]mettrions volonti]s de rire qu& n\s ne sommes plus1 p\rvu qu'on n\s s\rie un peu p5dant notre vie4 ,n'y a-t-il pas de quoi ressuscit] de dpit si celle qui1 lorsque je vivais1 m'aura cra* au nez1 vi5t m'embrass] les pi$s qu& je ne suis plus8 ,s'il y a quelque honneur pleur] un m>i1 il n'app>ti5t qu' celles qui leur ont s\ri4 ,celles qui1 prs d'eux1 ont pass leur temps gmir1 peuv5t rire ma9t5ant qu'ils sont morts2 qu'elles se montr5t donc extrieurem5t telles qu'elles sont au d$ans d'elles-mmes4 ,aussi1 ne v\s en laissez pas impos] p> ces yeux humides et cette voix pla9tive2 considrez cette attitude1 ce te9t et ces j\es ple9es s\s ces longs voiles1 voil qui p>le avec s9crit2 il en e/ peu dont la sant1 en p>eille occurr5ce1 n'aille s'amliorant1 et c'e/ l un indice qui ne saurait m5tir4 ,cette cont5ance de circon/ance ne vise pas tant le pass que l'av5ir2 elle a plus p\r objet d'acqurir que de pay]4 ,dans mon enfance1 une honnte et trs belle dame qui vit encore1 veuve d'un pr9ce1 avait1 dans sa p>ure1 je ne sais quoi de plus que ne comport5t les lois qui1 notre poque1 rgl5t les que/ions de veuvage2 ceux qui le lui repro*ai5t1 elle rpondait3 ,c'e/ p>ce que je ne re*]*e plus de n\velles conqutes1 et n'ai pas la volont de me rem>i]4 ,cep5dant1 dans l'antiquit1 il en relve trois qui v\lur5t p>tag] le sort de leurs m>is se donnant la mort4--,p\r n'all] en ri5 r5contre de mes habitudes1 j'ai fait ici *oix de trois femmes qui1 bi5 qu'elles ai5t laiss clat] leur bont et leur affection p\r leurs m>is au mom5t de leur mort1 n'en sont pas mo9s des exemples qui diffr5t quelque peu les uns des autres et si concluants1 qu'on peut en dduire h>dim5t ce qu'elles ont t durant leur vie4 ,la premire1 cite p> ,pl9e le jeune1 tait une ,itali5ne de naissance commune2 son dv\em5t4--,pl9e le jeune avait prs d'une de ses proprits d',italie un vois9 trs gravem5t atte9t d'ulcres aux p>ties que la dc5ce comm&e de drob] la vue4 ,sa femme1 le voyant dprir depuis trs longtemps1 le pria de lui p]mettre de voir de prs et loisir l'tat de son mal et qu'elle lui dirait1 plus fran*em5t qu'aucun autre1 ce qu'il avait en espr]2 il y cons5tit4 ,aprs l'avoir att5tivem5t exam91 elle e/ima que la gurison tait impossible2 que t\t ce qu'il p\vait att5dre1 tait de tran]1 =t longtemps encore1 une vie d\l\reuse et languissante2 et1 comme plus sr et s\v]a9 remde1 elle lui conseilla de se tu]4 ,le tr\vant un peu hsitant accept] une solution aussi radicale3 ,ne p5se pas1 mon ami1 lui dit-elle1 que les d\leurs que je te vois s\ffrir ne me t\*5t pas autant que toi et que1 p\r y *app]1 je ne veuille pas faire moi-mme usage du mdicam5t que je te conseille4 ,je te ti5drai compagnie qu& tu s]as guri1 comme je le fais p5dant que tu es malade4 ,n'aie donc pas cette cra9te et p5se au plaisir que n\s pr\v]ons de ce passage de vie trpas1 auquel n\s devrons d'tre dlivrs de tels t\rm5ts2 c'e/ un heureux voyage que n\s accomplirons ensemble4 ,cela dit1 et ayant ranim le c\rage de son m>i1 elle dcida qu'ils se prcipit]ai5t dans la m]1 d'une f5tre de leur demeure1 dont les flots baignai5t le pi$2 et1 p\r lui tmoign] jusqu' la f9 cette loyale et ard5te affection dont elle l'avait ent\r t\te sa vie1 elle v\lut encore qu'il m\rt entre ses bras2 mais1 de peur que les =ces ne v9ss5t lui manqu]1 et que les tre9tes dont elle l'enlaait ne se rel*ass5t dans la *ute et p> suite de l'apprh5sion qu'elle p\rrait pr\v]1 elle se fit li] et atta*] trs troitem5t lui p> le milieu du corps1 faisant a9si ab&on de sa vie p\r le repos de celle de son m>i4 ,cette femme tait de basse extraction et1 p>mi les g5s de cette condition1 des faits d'une aussi exquise bont ne sont pas absolum5t r>es3 ,c'e/ p>mi les pauvres g5s que la ,ju/ice1 fuyant nos rgions1 a port ses d]ni]s pas 7,virgile74 ,les deux autres sont des femmes nobles et ri*es1 p>mi lesquelles les exemples de v]tu sont mo9s frqu5ts4 ,la seconde e/ ,arria1 femme de ,cec9a ,ptus2 son n]gie4--,arria1 femme de ,cec9a ,ptus1 p]sonnage consulaire1 tait mre d'une autre ,arria1 femme de ,?rasz ,ptus1 dont la v]tu fut en si gr& r5om du temps de ,nron1 et1 du fait de ce g5dre1 elle fut gr&'mre de ,fannia2 cette indication e/ ncessaire1 la ressemblance des noms de ces hommes et de ces femmes et aussi leurs =tunes semblables ayant am5 des confusions4-,cec9a ,ptus1 aprs la dfaite de ,scribonianus1 dont il avait embrass le p>ti contre l'emp]eur ,claude1 ayant t arrt p> les g5s de ce d]ni]1 ,arria1 premire du nom1 sa femme1 supplia ceux qui l'emm5ai5t prisonni] ,rome de la recevoir sur leur navire1 o elle s]ait de mo9dre dp5se et de mo9s de gne que le p]sonnel qu'ils devrai5t pr5dre p\r le s]vice de son m>i1 s'engageant suffire elle seule faire sa *ambre1 sa cuis9e et t\t ce qui s]ait beso92 ils s'y refusr5t4 ,elle se jeta alors dans un bateau de p*eur qu'elle l\a sur-le-*amp1 et de la sorte le suivit depuis la ,slavonie4 ,ils tai5t ,rome1 qu&1 un j\r1 en prs5ce de l'emp]eur1 ,junia veuve de ,scribonianus1 s'autorisant de leurs in=tunes communes1 l'aborda familirem5t2 elle la rep\ssa rudem5t1 lui disant3 ,tu veux que1 moi1 je te p>le2 que je t'c\te1 toi1 dans les bras de qui ,scribonianus a t tu1 et qui vis encore6 ,ces p>oles et d'autres indices donnr5t p5s] sa famille que1 ne p\vant support] les in=tunes de son m>i1 elle songeait att5t] ses j\rs4 ,?rasz1 son g5dre1 la suppliant de r5onc] un tel desse9 et lui disant cet effet3 ,quoi1 si j'tais dans le cas de ,cec9a1 v\driez-v\s donc que ma femme1 qui e/ votre fille1 en agisse a9si8 ,comm5t1 si je le v\drais6 rpondit-elle2 oui1 oui1 je le v\drais1 si elle avait vcu avec toi aussi longtemps et en aussi bon accord que je l'ai fait avec mon m>i6 ,ces rponses am5ai5t un r$\blem5t dans la surveillance dont elle tait l'objet1 et faisai5t qu'on suivait de trs prs t\s ses m\vem5ts4 ,un j\r1 qu'elle v5ait de dire ceux qui la g>dai5t3 ,v\s avez beau faire1 v\s p\vez me r5dre la mort plus d\l\reuse1 mais m'emp*] de m\rir1 cela n'e/ pas en votre p\voir1 s'lanant violemm5t d'une *aise sur laquelle elle tait assise1 elle alla donn]1 de t\tes ses =ces de la tte contre le mur vois91 se blessant grivem5t et tombant van\ie s\s la viol5ce du c\p3 ,je v\s disais bi51 dit-elle aprs qu' gr&'pe9e on l'eut fait rev5ir elle1 que si v\s m'emp*ez de rec\rir1 p\r me tu]1 quelque procd facile1 j'en tr\v]ai bi5 un autre1 quelque difficile d'excution qu'il soit4--,voici comm5t f9it cette femme d'un c\rage si admirable3 ,ptus son m>i n'ayant pas1 p> lui-mme1 le cur assez f]me p\r se donn] la mort laquelle la cruaut de l'emp]eur l'obligeait1 un j\r1 aprs bi5 d'autres1 l'ayant t\t d'abord cat*is et press p\r l'am5] assez de rsolution p\r adopt] le conseil qu'elle v\lait lui voir suivre1 elle saisit le poign>d qu'il portait et1 le tirant de sa ga9e et le t5ant la ma91 lui dit en manire de conclusion de ses exhortations3 ,fais a9si1 ,ptus2 et1 au mme in/ant1 elle s'en frappait d'un c\p mortel dans la poitr9e2 puis1 arra*ant l'arme de la plaie1 elle exhalait son d]ni] s\pir en prononant cette noble et gnreuse p>ole demeure immortelle3 ,pte1 non dolet 7,ti5s1 ,ptus1 cela ne fait po9t mal72 n'ayant que le temps de dire ces trois mots de si belle signification4 ,lorsque la *a/e ,arria eut prs5t son m>i le f] qu'elle v5ait de retir] de son se93 ,crois-moi1 ,ptus1 dit-elle1 le c\p que je vi5s de me port] ne me fait po9t mal1 je ne s\ffre que de celui que tu vas te donn] ton t\r 7,m>tial74 ,les mots qu'elle a rellem5t prononcs1 sont bi5 plus expressifs et d'une sublimit bi5 autrem5t gr&e1 que la p>aphrase qu'en donne le pote2 c> la blessure et la mort de son m>i1 comme les si5nes1 n'tai5t pas ce qui l'occupait2 elle-mme les avait conseilles et en avait p\rsuivi l'excution2 mais aprs avoir conu ce desse9 si lev et si c\rageux1 uniquem5t p\r la commodit de son p\x1 au d]ni] in/ant de sa vie1 c'e/ encore lui seul qu'elle songe1 *]*ant faire qu'il n'ait aucune apprh5sion la suivre dans la mort4 ,ptus se frappa aussitt de ce mme poign>d2 mais1 mon s5s1 il e/ honteux p\r lui d'avoir eu beso91 p\r en arriv] l1 d'un aussi *] et prcieux enseignem5t4 ,paul9a ,pompeia1 femme de ,snque1 e/ la troisime2 son hi/oire4--,pompeia ,paul9a1 jeune et trs noble dame roma9e1 avait p\s ,snque alors arriv un ge trs avanc4 ,nron1 le beau disciple de ce philosophe1 envoya celui-ci ses g>des p\r lui notifi] l'ordre de se donn] la mort1 ce qui se passait de la manire suivante3 ,qu& les emp]eurs roma9s de cette poque avai5t condamn un homme de qualit1 ils lui m&ai5t p> un de leurs (fici]s de *oisir un g5re de mort sa conv5ance et de se la donn] dans un dlai de telle ou telle dure1 qu'ils dt]m9ai5t selon le degr de ress5tim5t qu'ils avai5t contre lui1 dlai tantt plus long tantt plus c\rt1 lui donnant du temps p\r mettre ordre ses affaires1 et quelquefois lui en tant les moy5s en c\rtant celui laiss sa disposition4 ,si le condamn n'obtemprait pas cet ordre1 l'(fici] p\rvoyait son excution p> l'entremise de g5s ad hoc qu'il am5ait avec lui et qui ouvrai5t au pati5t les ve9es des bras et des jambes1 ou lui faisai5t de =ce aval] du poison2 mais les p]sonnes qui se respectai5t1 ne s'exposai5t pas cette contra9te et rec\rai5t p\r cette opration leurs propres mdec9s et *irurgi5s4 ,snque reut cette communication sans se dp>tir de son calme et de son assurance2 puis il dem&a du papi] p\r faire son te/am5t1 ce qui lui fut refus p> le capita9e qui lui notifiait son arrt de mort4 ,se t\rnant alors v]s ses amis1 il leur dit3 ,puisque je ne puis ri5 v\s donn] autre en reconnaissance de ce que je v\s dois1 je v\s laisse du mo9s ce que j'ai de plus beau1 l'image de mes murs et de ma vie1 dont je v\s prie de cons]v] la mmoire1 af9 que1 ce faisant1 v\s acquriez la gloire d'tre de s9cres et vritables amis4 ,en mme temps1 tantt il calmait p> de d\ces p>oles l'int5sit de la d\leur de ceux qu'il voyait s\ffrir de son malheur1 tantt les g\rm&ait sur un ton de voix plus grave3 ,o sont1 leur disait-il1 ces beaux prceptes de philosophie1 ces g>anties accumules p5dant tant d'annes p\r n\s prmunir contre les accid5ts de la =tune8 ,la cruaut de ,nron n\s tait-elle donc inconnue8 ,que p\vions-n\s att5dre de celui qui a tu sa mre et son frre1 s9on qu'il fasse aussi m\rir son g\v]neur qui l'a in/ruit et lev8 ,aprs ces p>oles qui s'adressai5t t\s1 il se t\rna v]s sa femme et la t9t troitem5t embrasse4 ,comme celle-ci1 s\s le poids de la d\leur1 le cur et les =ces dfaillai5t1 il la pria de support]1 p\r l'am\r de lui1 ce malheur avec plus de rsignation1 lui exposant que l'heure tait v5ue1 o il y avait montr]1 non plus p> des diss]tations ou p> des discussions mais p> des actes1 le fruit qu'il avait retir de ses tudes1 auxquelles1 n'en pas d\t]1 il devait d'accueillir la mort1 non seulem5t sans rvolte1 mais encore avec joie3 ,c'e/ p\rquoi1 m'amie1 lui dit-il1 ne la d%onore pas p> tes l>mes1 af9 de ne pas p>atre t'aim] toi-mme plus que ma rputation2 apaise ta d\leur2 console-toi p> ce que tu connais de moi et de mes actions2 cont9ue pratiqu]1 durant le re/e de tes j\rs1 les honntes occupations auxquelles tu t'es adonne4 ,a quoi ,paul9e1 ayant un peu rec\vr ses esprits1 et sa trs noble affection p\r son p\x r*auffant son c\rage magnanime1 rpondit3 ,non1 ,snque2 je ne suis pas p\r ne pas v\s t5ir compagnie dans la situation qui v\s e/ impose2 je ne veux pas que v\s p5siez que les v]tueux exemples de votre vie ne m'ont pas encore appris bi5 m\rir6 ,et qu& p\rrais-je le mieux faire1 plus honorablem5t et plus mon gr qu'avec v\s8 ,t5ez donc p\r assur que je quitt]ai la vie en mme temps que v\s4 ,snque1 pr5ant en bonne "p cette si belle et glorieuse dt]m9ation de sa femme1 qui le dlivrait de l'apprh5sion qu'il avait de la laiss] aprs lui la m]ci de ses ennemis et de leur cruaut1 reprit3 ,je te conseillais ce qui conv5ait le mieux p\r te r5dre la vie heureuse2 tu prfres l'honneur de m\rir2 en vrit1 je ne puis te le conte/]4 ,n\s apportons l'un et l'autre1 notre f9 commune1 mme f]met et mme rsolution2 mais tu y z une "p bi5 plus belle et bi5 plus glorieuse4 ,on leur ouvrit alors1 t\s deux1 les ve9es des bras2 mais *ez ,snque1 la circulation1 mo9s active p> suite de son gr& ge et des privations qu'il s'imposait1 faisant que le sang ne c\lait que l5tem5t et peu abondamm5t1 il comm&a qu'on lui ouvrt aussi les ve9es des cuisses2 et autant p\r que les s\ffrances qu'il endurait n'att5driss5t pas le cur de sa femme1 que p\r s'p>gn] lui-mme l'affliction de la voir en si pitoyable tat1 il prit trs am\reusem5t cong d'elle et la pria de p]mettre qu'on l'emportt dans la *ambre vois9e1 ce qui fut fait4 ,cep5dant les incisions qu'il avait subies ne suffisant pas p\r am5] la mort1 il se fit donn] p> son mdec9 ,/atius ,annu un breuvage empoisonn qu'il prit sans en obt5ir plus d'effet1 p>ce qu'en raison de la faiblesse en laquelle il tait et du froid qui comm5ait raidir ses organes1 le poison ne put atte9dre le cur2 on le mit en consqu5ce dans un ba9 trs *aud4 ,s5tant ds lors sa f9 appro*]1 tant qu'il eut du s\ffle il cont9ua mettre sur son tat les plus excell5tes rflexions1 que recueillir5t ses secrtaires aussi longtemps qu'ils pur5t di/+u] sa voix2 ses d]nires p>oles sont demeures longtemps aprs lui1 e/imes et honores de ceux qui les ont connues2 aussi e/-il bi5 regrettable qu'elles ne soi5t pas p>v5ues jusqu' n\s4 ,lorsqu'il se s5tit arriv ses d]ni]s mom5ts1 pr5ant de l'eau ensanglante de son ba91 il s'en arrosa la tte1 et dit3 ,je v\e cette eau ,jupit] librateur6--,nron1 prv5u mom5t p> mom5t1 craignant que la mort de ,paul9e1 qui tait des dames roma9es les mieux app>5tes et contre laquelle1 du re/e1 il n'avait pas d'inimiti p>ticulire1 ne devnt un grief contre lui1 envoya en t\te hte1 p\r qu'on ref]mt ses plaies2 ce que fir5t ses g5s elle1 son insu1 c> dj elle tait demi morte et n'avait plus sa connaissance4 ,elle cont9ua donc vivre1 contrairem5t la rsolution qu'elle avait prise2 sa vie se p\rsuivit trs honorablem5t1 comme il conv5ait sa v]tu2 la pleur de son visage se ma9t9t1 atte/ant combi51 p> ses blessures1 elle avait t prs de la mort4 ,les potes tragiques aurai5t s\v5t beau jeu tir] de l'hi/oire les sujets de leurs pices4--,voil mes trois contes1 t\s trois vritables et que je tr\ve aussi intressants et tragiques que t\s ceux que n\s imag9ons p\r faire plaisir au public4 ,je m'tonne que ceux qui se livr5t cette occupation1 au lieu d'inv5t]1 n'ai5t pas plutt l'ide de *oisir p>mi celles consignes dans les livres1 dix mille trs belles hi/oires2 cela leur donn]ait mo9s de pe9e1 s]ait plus intressant et leur procur]ait plus de pr(it4 ,qui v\drait en compos] un ouvrage enti] se t5ant1 n'aurait qu' f\rnir ce qui s]virait les li] les unes aux autres1 comme la s\dure qui unit deux fragm5ts de mtaux diffr5ts4 ,il p\rrait de la sorte entass] =ce vnem5ts de t\tes espces qui sont arrivs2 il les dispos]ait et les v>i]ait suivant ce qui convi5drait p\r la beaut de l'ouvrage1 peu prs comme a fait ,ovide1 qui a compos ses ,mtamorphoses avec un gr& nombre de fables div]ses juxtaposes4 ,p>ticulire preuve d'am\r que1 de son ct1 ,snque avait donne sa femme en r5onant la mort p> g>d p\r elle4--,*ez ,snque et ,paul9e1 il e/ encore digne de rem>que que1 si celle-ci (fre volontairem5t son m>i de quitt] la vie p> am\r p\r lui1 celui-ci avait1 de son ct1 r5onc autrefois la mort p\r l'am\r d'elle4 ,p\r n\s1 les deux *oses ne sont pas l'quival5t l'une de l'autre2 mais1 tant donnes les ides /oques de ,snque1 je crois qu'en prolongeant sa vie p> g>d p\r sa femme1 il p5sait avoir autant fait en sa faveur qu'en m\rant p\r elle4 ,dans une des lettres qu'il crit ,lucilius1 il lui n>re d'abord que la fivre l'a pris ,rome2 qu'aussitt1 montant dans son *>1 il s'e/ r5du la campagne dans une de ses maisons1 et cela1 contre l'op9ion de sa femme qui s'opposait ce dplacem5t et laquelle il avait rpondu1 p\r pass] outre1 que sa fivre ne prov5ait pas d'une prdisposition de sa "p1 mais t5ait une cause locale2 puis il p\rsuit3 ,elle me laissa all]1 me recomm&ant =t ma sant2 or1 sa*ant qu'elle ne vit que p\r moi1 en me mnageant c'e/ elle que je mnage4 ,je dois ma vieillesse d'avoir acquis1 en c]ta9es *oses1 plus de f]met et de rsolution2 mais cela ne me s]t plus de ri5 qu& je vi5s p5s] que1 vieill>d1 je me dois une jeune femme4 ,n'arrivant pas l'am5] tre plus c\rageuse dans l'am\r qu'elle me porte1 elle m'oblige envisag] d'autre faon celui que je me porte moi-mme2 il faut bi5 faire quelques concessions aux affections honntes1 lors mme que les circon/ances n\s invit5t agir autrem5t4 ,il faut alors n\s ratta*] la vie1 malgr la s\ffrance qu'on en pr\ve2 il faut1 avec les d5ts1 arrt] au passage notre me prte *app] puisque1 p\r les g5s de bi51 vivre e/ une obligation qui leur e/ impose1 non p>ce que cela leur plat1 mais p>ce qu'ils en ont le devoir4 ,celui qui n'e/ime pas assez sa femme ou un ami p\r cont9u] vivre1 et qui s'op9itre m\rir1 e/ trop dlicat de c>actre et manque d'n]gie2 il faut que l'me s'y rsolve1 qu& cela e/ comm& p> l'intrt des ntres2 il faut p>fois n\s prt] nos amis et1 alors mme qu'il n\s convi5drait de m\rir1 n\s devons1 si p\r eux il en e/ beso91 susp5dre notre rsolution4 ,c'e/ tmoign] de la gr&eur et du c\rage que de rev5ir l'exi/5ce en considration d'autrui a9si que l'ont fait plusieurs excell5ts p]sonnages2 c'e/ un trait de bont d'une nature t\te p>ticulire que de cons5tir la vieillesse 7dont le plus gr& avantage e/ sa dure prcaire qui p]met d'us] de la vie avec plus de c\rage et de dda971 lorsqu'on s5t que la *>ge que l'on accepte a9si e/ d\ce1 agrable et pr(itable quelqu'un p\r qui l'on a une gr&e affection4 ,et quelle agrable rcomp5se n'en reoit-on pas8 ,e/-il ri5 de plus d\x que d'tre *] sa femme1 au po9t que p\r elle1 on en devi5ne plus *] soi-mme8 ,c'e/ a9si que ma ,paul9e m'a donn *>ge et de ses cra9tes et des mi5nes2 je n'ai pas eu seulem5t considr] combi5 la mort rpondait mon dsir1 j'ai d envisag] aussi l'affliction qu'elle lui caus]ait et me suis impos l'obligation de vivre2 cons5tir vivre e/ quelquefois acte de magnanimit6 ,telles sont ses propres p>oles1 excell5tes p> elles-mmes1 comme l'e/ dans son application le pr9cipe qu'il met4 ,,f9 ,,du ,,second ,,volume4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,cont5ues ,,dans ,,le ,,second ,,volume4 ,,livre ,,second 7,suite47 ,pages4 ,,*apitre ,,vii4--,des recomp5ses d'honneur4--,des rcomp5ses honorifiques4 #aj ,,*apitre ,,viii4--,de l'affection des p]es aux enfants4 #ah ,,*apitre ,,ix4--,des armes des ,p>!s4 #ed ,,*apitre ,x4--,les ,liures4--,des livres4 #fj ,,*apitre ,,xi4--,de la cruaut4 #hd ,,*apitre ,,xii4--,apologie de ,raimond de ,sebonde4 #aaj ,,*apitre ,,xiii4--,de iug] la mort d'autruy4 #dbj ,,*apitre ,,xiv4--,comme no/re esprit s'empes*e soy-mesmes4 #dcj ,,*apitre ,,xv4--,que no/re desir s'accroi/ p> la malaisance4 #dcb ,,*apitre ,,xvi4--,de la gloire4 #ddj ,,*apitre ,,xvii4--,de la presumption4 #dfd ,,*apitre ,,xviii4--,du desm5tir4--,du fait de donn] ou de recevoir des dm5tis4 #ebj ,,*apitre ,,xix4--,de la lib]t de consci5ce4 #ebh ,,*apitre ,,xx4--,n\s ne g\/ons ri5 de pur4 #ecf ,,*apitre ,,xxi4--,contre la fa9eantise4 #edb ,,*apitre ,,xxii4--,des ,po/es4 #eej ,,*apitre ,,xxiii4--,des mauuais moy5s employez bonne f94 #eeb ,,*apitre ,,xxiv4--,de la gr&eur ,roma9e4 #eeh ,,*apitre ,,xxv4--,de ne contrefaire le malade4 #efb ,,*apitre ,,xxvi4--,des p\lces4 #eff ,,*apitre ,,xxvii4--,c\>dise m]e de la cruaut4--,la poltronn]ie e/ la mre de la cruaut4 #efh ,,*apitre ,,xxviii4--,t\tes *oses ont leur saison4--,*aque *ose en son temps4 #ehf ,,*apitre ,,xxix4--,de la v]tu4 #eij ,,*apitre ,,xxx4--,d'vn enfant mon/rueux4 #fjd ,,*apitre ,,xxxi4--,de la col]e4 #fjf ,,*apitre ,,xxxii4--,deff5ce de ,s5eque et de ,plut>que4 #fbj ,,*apitre ,,xxxiii4--,l',hi/oire de ,spur9a4 #fcb ,,*apitre ,,xxxiv4--,obs]uations sur les moy5s de faire la gu]re de ,iulius ,cs>4 #fdf ,,*apitre ,,xxxv4--,de trois bonnes femmes4--,trois femmes suprieures4 #ffb ,,erratum ,,du ,,second ,,volume4 ,page #dab4--,les indications des po9ts et *iffres placs dans la m>ge de droite et numrotant les lignes sont t\tes dim9u] de #c2 exemple3 la ligne numrote #aj n'e/1 en ralit1 que la septime4 ,,addition ,,aux ,,errata ,,du ,,premi] ,,volume4 ,page #ad1 d]nire ligne du ,nota4--,au lieu de3 ,notes ,i1 #ad1 ,i1 ,liure1 lire3 ,notes1 ,i1 #ad1 ,,av ,,lectevr4 ,page #edf1 lig4 #ad4--;,au lieu de3 s9i/ris sagos1 lire3 s9i/ras sagis4 99 99 99 ,,addition ,,aux ,,errata ,,du ,,second ,,volume4 7publi dans le volume ,,iii7 ,page #df1 lig4 #bi4--;,au lieu de3 sort1 lire3 =t4 -- #agd1 -- #ab4--;,au lieu de3 combieu1 lire3 combi54 -- #aig1 -- #ag4--;,au lieu de3 raison1 lire3 raisons4 -- #bhj1 -- #bf4--;,au lieu de3 homme1 lire3 hommes4 ,p\r ce qui e/ des a/risques 7997 insrs dans la traduction1 se report] au ,nota de la page #ae du premi] volume4 99 99 99 99 99 ,li/e des modifications3 ,texte orig9al3 ,page #af3 ees remplac p> ces 7ou bi5 que ces nations7 ,page #bb3 pr\uoir p> p\ruoir 7p\r p\ruoir aux leurs7 ,page #bh3 effetti p> affetti 7,ne gli affetti di padre et di m>ito7 ,page #gj3 ,epicuri5es p> ,epicuri5nes 7l'autre les a ,/oques et ,epicuri5nes7 ,page #ij3 pas p> p> 7ie tr\ue auoir surpass p> effect7 ,page #ajh3 cra9 p> cra9s 7,ie ne cra9s po9t7 ,page #abf3 nons p> n\s 7et n\s montre comm5t il7 ,page #aef3 fault p> sault 7que d'vn sault elle puisse l'attrap]7 ,page #afb3 muances p> nuances 7leurs poses1 et leurs nuances7 ,page #agd3 bi5uueillance p> bi5ueillance 7demon/ration de bi5ueillance7 ,page #ahh3 *aire p> *air 7et luy va p9sant la *air viue7 ,page #aib3 bomme p> homme 7c'e/ vn homme spirituel7 3 gu]re p> gu]e 7que n\s ne sauons gu]e7 ,page #aif3 humeure p> humeur 7d'vne humeur vn peu delicate7 ,page #bjj3 vu p> vn 7qui press5t vn cro*eteur87 ,page #bjf3 tranquilla p> tranquillo 7,9 tam tranquillo et tam cl>a luce locauit7 3 gloirantem p> gloriantem 7,re succumb]e non oportebat v]bis gloriantem7 ,page #bch3 iu/ruire p> in/ruire 7ayant in/ruire ,socrates7 ,page #bhb3 sont p> font 7,les a/res ne n\s font pas de nuisance7 ,page #bib3 sont p> font 7comme font t\s hommes7 ,page #cjj3 negotation p> negotiation 7pratique et negotiation de sci5ce7 ,page #cah3 nommeut p> nomm5t 7que les m$ec9s nomm5t ,hydr(orbie7 ,page #cbd3 fabulueuses p> fabuleuses 7les fabuleuses circon/ances7 ,page #cbh3 fond] p> sond] 7l'ent5dem5t huma9 se p]dant v\loir sond]7 ,page #chb3 sotise p> sottise 7ils l'appelloi5t sottise7 ,page #chf3 buletants p> belutants 7,nombre d'esprits le belutants et secoants7 ,page #djf3 aj\t que 7l'ouye plus aigue que l'homme7 ,page #dcf3 s\l] p> f\l] 7g\rm&]1 et f\l] no/re appetit7 ,page #ded3 iuiurieuses p> iniurieuses 7contraires et iniurieuses7 ,page #dif3 qn& p> qu& 7,et qu& i'ay vn propos7 ,page #eaf3 quetque p> quelque 7quelque pratique de famili>it7 ,page #ebj3 font p> sont 7la s9c]it et la solidit de ses murs y sont desia ba/antes7 ,page #egd3 la p> sa 7d'all] mesl] sa =tune7 ,page #fbd3 e/ans p> e/ant 7,vn paisan ,espagnol e/ant mis la geh5ne7 ,page #fed3 p]sonnne p> p]sonne 7faisant meilleur m>* de sa p]sonne7 ,page #ffh3 i\te p> t\te 7qu'on l'eut t\te pe9e7 ,page #fgb3 comm&e p> comm&a 7il comm&a ,/atius ,anneus7 ,traduction3 ,page #hg3 voit remplac p> voie 7voie ju/e et soit ple9em5t dispose7 ,page #aie3 anmaux p> anneaux 7le c>tilage 444 *>g de gros anneaux7 ,page #bba3 basse p> bases 7qui sont les bases ess5tielles7 ,page #bce3 obligation p> l'obligation 7l'obligation de se prononc]7 ,page #bdc3 lubrfiant p> lubrifiant 7lubrifiant les organes17 ,page #beg3 prde/aux p> pide/aux 7il r5v]se de leurs pide/aux7 ,page #cja3 ,div9t p> ,div9it 7qu'autant que la ,div9it7 ,page #cba3 dilemne p> dilemme 7ils ont t\j\rs ce dilemme7 ,page #cbg3 nombresues p> nombreuses 7durant ses nombreuses prgr9ations7 ,page #cce3 r5seigne p> r5seign et docum5te p> docum5t 7il v\s et 444 r5seign et docum5t sur ce sujet7 3 le p> les 7les b>rires les plus troites possible7 ,page #cfa3 dcrit p> dcrite 7l'orbite dcrite p> le soleil7 3 tran=m5t p> trans=m5t 7la m] et la t]re se trans=m5t alt]nativem5t7 ,page #cgg3 ress5tirai5t p> ress5tirait 7t\t homme mme1 se ress5tirait7 ,page #dac3 juge p> jug] 7qui s]a apte jug] de ces diffr5ces87 ,page #dcc3 lorqu'elle p> lorsqu'elle 7lorsqu'elle e/ cuisante7 ,page #dia3 incrire p> inscrire 7qu'il faut inscrire dans les livres7 ,page #ejc3 j'gnore p> j'ignore 7j'ignore mme les noms7 ,page #ebc3 maqu]aux p> maqu]eaux 7aux maqu]eaux des habits7 ,page #ebe3 ambage p> ambages 7avec s9crit et sans ambages7 ,page #eea3 relai p> relais 7des *evaux de relais7 ,page #eec3 7sur des *evaux de relais7 ,page #egi3 rispo/es p> ripo/es 7ces p>ades1 ces ripo/es7 ,page #fca3 piffr5tes p> diffr5tes 7de tant de manires diffr5tes7 ,page #fcg3 d'abondonn] p> d'ab&onn] 7de se retir] et d'ab&onn]7 3 appport p> apport 7le mdec9 avait apport7