,au lecteur ,cette v]sion lectronique reproduit dans son intgralit la v]sion orig9ale4 ,la p>tie crite en vieux franais e/ suivie p> la traduction en franais mod]ne4 ,l'or?ographe a t cons]ve4 ,seuls quelques mots ont t modifis4 ,la li/e des modifications se tr\ve la f9 du texte4 ,les corrections indiques p> les ,,errata ont t prises en compte4 ,la ponctuation n'a pas t modifie hormis quelques corrections m9eures4 ,les mots en gras dans l'orig9al sont ent\rs p> des 4 ,,essais ,,de ,,montaigne ,illu/ration3 ,,qve ,,scay-,,ie8 ,illu/ration3 ,,plan*e ,i ,,mi*el ,,de ,,montaigne 7se prononait ,montagne7 7#aecc-aeib7 ,,essais ,,de ,,montaigne 7,self-dition 997 ,,texte ,,orig9al1 ,,accompagn ,,de ,,la ,,traduction ,,en ,,langage ,,de ,,nos ,,j\rs1 ,,p> le ,gnral ,,mi*aud4 ,,premi] ,,volume ,,p>is ,,librairie ,,firm9-,,didot ,,et ,cie1 ,,diteurs #ef1 rue ,jacob1 #ef #aijg 99 dition se suffisant elle-mme ,cet ouvrage se compose de quatre volumes1 compr5ant3 #a;er ,,volume4--,av]tissem5t1 table gnrale des *apitres1 texte et traduction du comm5cem5t au *apitre #f inclus du livre ,,ii4 #b;e ,,volume4--,texte et traduction du *apitre #g inclus du livre ,,ii au *apitre #ce inclus de ce mme livre4 #c;e ,,volume4--,texte et traduction du *apitre #cf du livre ,,ii jusqu' la f94 #d;e ,,volume994--,notice sur ,montaigne1 etc42 sommaire des ,essais1 v>iantes1 notes1 lexique1 etc4 ,,illu/rations3 #a;er vol4--,portrait de l'auteur1 armoiries et signature4 #b;e vol4--,plan du doma9e et p]spective du manoir de ,montaigne4 #c;e vol4--,vue de la t\r de ,montaigne et plan des tages4 #d;e vol4--,fac-simil d'une page du manuscrit de ,bordeaux4 ,voir sur ces illu/rations1 la notice insre cet effet au quatrime volume1 en tte des ,notes4 99 ,ce volume1 indp5dant des autres1 e/ susceptible p> sa contexture d'tre aism5t utilis avec n'importe quelle dition des ,essais anci5ne ou mod]ne1 moy5nant un simple tableau de concordance de pag9ation facile tablir soi-mme4 ,,av]tissem5t4 ,la prs5te dition des ,essais de ,montaigne 7self-dition7 compr5d3 le texte orig9al de cet ouvrage d'aprs l'dition de #aeie et sa traduction en langage de nos j\rs1 avec sommaires int]cals2 un ensemble de ces mmes sommaires1 les citations classes p> ordre alphabtique1 de trs nombreuses notes hors texte 9dites et autres2 un glossaire2 un lexique des noms propres1 avec index analytique des pr9cipales matires1 etc42 enf91 une notice sur l'auteur et sur son uvre4 ,montaigne se di/+ue entre t\s p> le sujet qu'il traite et la =me simple et humori/ique qu'il y emploie3 ,il a cela p\r lui1 dit ,pascal1 qu'un homme bte ne le compr5dra jamais2 de son ct1 ,lab\laye le ti5t comme le seul morali/e qu'on lise avec plaisir1 qu& on n'a plus qu>ante ans2 et il aj\te3 ,on peut ouvrir les ,essais au has>d1 t\te page en e/ srieuse et donne rfl*ir4 ,son sujet1 c'e/ l'homme1 qu'il tudie dans sa ralit1 avec ses beso9s1 ses passions et les conditions en lesquelles il se tr\ve p\r y satisfaire2 et1 p\r plus de vrit1 c'e/ lui-mme qu'il analyse4 ,mais s'il p>le de lui1 c'e/ de manire n\s occup] de n\s2 et qui le lit1 s'y reconnat auj\rd'hui comme il y a trois sicles1 au temps o l'auteur crivait1 p>ce que ce qu'il a pe9t1 ce n'e/ pas la socit huma9e qui1 elle1 *ange con/amm5t1 mais l'homme lui-mme lequel1 p\r si ondoyant et div]s qu'il soit1 au fond demeure t\j\rs le mme4 ,c]ta9em5t ,montaigne a vieilli2 il met bi5 des ass]tions qui1 avec le progrs des murs1 le dveloppem5t des sci5ces1 les ides n\velles1 les vnem5ts accomplis1 ne sont plus exactes2 sa lecture n'en demeure pas mo9s intressante et pr(itable1 p>ce que ces ass]tions1 accompagnes d'obs]vations sur la nature huma9e1 qui sont et s]ont t\j\rs vraies1 prs5tes d'une manire saisissante1 veill5t en n\s un ret\r inconsci5t sur n\s-mmes2 l'humanit peut cont9u] progress]1 les ,essais s]ont t\j\rs d'actualit2 et qui1 en ce sicle ess5tiellem5t utilitaire1 dem&]ait quoi auj\rd'hui peut encore s]vir cette lecture1 on peut1 en t\te assurance1 rpondre que nulle n'e/ plus propre n\s g>d] d'une prsomption exagre1 n\s inspir] de l'indulg5ce p\r autrui1 n\s ma9t5ir en possession de n\s-mmes1 am5] en n\s la rsignation contre la s\ffrance ou la mauvaise =tune1 et1 quoi qu'il advi5ne1 faire le calme en nos mes4 ,mais il n'en e/ pas de mme de la langue que p>le leur auteur2 plus on s'loigne de l'poque o il crivait1 mo9s elle demeure facilem5t intelligible1 en raison des mots et des t\rnures de phrase hors d'usage qui s'y r5contr5t p>fois en gr& nombre1 surt\t qu& il diss]te1 au lieu de racont]4 ,dj1 en #agij1 un de ses diteurs disait1 sans cep5dant le ralis]1 qu'il fallait mettre les ,essais la porte de ceux auxquels manque le loisir de les d*iffr]4 ,ce qui tait dj vrai alors1 l'e/ plus encore ma9t5ant1 o mo9s de g5s qu'autrefois sont inoccups1 o les occupations de *acun se sont multiplies1 et o le nombre de ceux qui s'adonn5t aux tudes littraires va dim9uant con/amm5t4 ,c'e/ en raison de cet tat de *oses que la prs5te dition a t entreprise2 son b e/ de faire que la lecture de cet ouvrage1 si foncirem5t pr(itable quiconque vit ou a vcu tant soit peu de la vie agite de ce monde1 devi5ne aussi facile et intressante auj\rd'hui p\r t\s qu'elle l'tait autrefois p\r quelques-uns4 ,les rudits y tr\v]ont1 con=me l'dition de #aeie1 d',abel ,langeli]1 la meilleure qui ait t publie1 un texte auquel ils p\rront s'en t5ir4 ,s'ils veul5t p\ss] plus lo91 les relevs des v>iantes de l'exemplaire manuscrit de ,bordeaux et de l'dition de #aehh satisf]ont leur lgitime dsir1 en mme temps que la table des citations leur donn]a possibilit de se report] aism5t telle dition que ce soit4 ,de plus1 les sommaires placs en reg>d aid]ont leurs re*]*es et mme leurs lectures1 en prcisant l'ide que le texte dveloppe1 aidant a9si sa comprh5sion1 p>fois difficile dans t\t ouvrage philosophique1 et mme dans ,montaigne1 si peu semblable qu'il soit cet g>d t\s autres qui se sont occups de ces que/ions4--,dans les passages les laissant indcis1 ils auront encore la ress\rce de consult] la traduction en langage de nos j\rs qui accompagne le texte orig9al2 ils y tr\v]ont une int]prtation qu'ils s]ont t\j\rs libres de ne pas accept] et mme de critiqu]4 ,je crois cep5dant devoir faire obs]v] ceux *ez lesquels cette prdisposition exi/e1 que la diffr5ce e/ gr&e entre l'att5tion passagre p]mettant de relev] les imp]fections que1 de-ci1 de-l1 peuv5t prs5t] quelques membres de phrase et le travail de longue hale9e qu'e/ l'expression1 dans leur intgralit de la totalit des ides cont5ues dans un ouvrage aussi considrable2 et que1 de fait1 une traduction de ,montaigne prs5te de trs relles difficults p\r arriv] lui cons]v]1 dans la mesure du possible1 la concision et la dlicatesse des nuances qui abond5t en lui et r5dre d'une faon comprh5sible c]ta9s passages obscurs ou ambigus4 ,cette difficult n'app>at pas de prime abord3 mais1 p\r s'en r5dre compte1 il suffit d'en lire haute voix un fragm5t de quelque t5due1 une page entire p> exemple1 la premire v5ue2 on v]ra de suite combi5 elle e/ auj\rd'hui difficilem5t lisible et p>fois mme peu comprh5sible2 et si1 ensuite1 la plume la ma91 on s'essaie traduire cette mme page1 de manire que la lecture haute voix en soit c\rante et nettem5t saisissable1 on con/at]a combi5 malaism5t on e/ arriv un rsultat satisfaisant2 c'e/ une preuve laquelle je convie nos critiques1 avant qu'ils ne =mul5t leurs apprciations4 ,p\rront-elles1 du re/e1 tre plus svres que celles mises p> anticipation p> ,naigeon1 il y a c5t ans passs3 ,le projet de rcrire les ,essais dans notre langue1 peut pass] comme tant d'autres ides p> la tte d'un ignorant et d'un sot1 mais n'entr]a jamais dans celle d'un lecteur judicieux1 in/ruit et d'un gt dlicat et sr2 j'ai indiqu ci-dessus les raisons qui1 nonob/ant1 n\s ont fait pass] outre4 ,du re/e1 envisageant cette traduction non plus au po9t de vue e/htique1 mais s\s le rapport utilitaire1 ,g4 ,guizot n'a-t-il pas dit3 ,p\r bi5 saisir les ides de ,montaigne et les jug] leur valeur1 il faut se rsign] un travail dplaisant2 il faut les dp\ill] de leur =me anci5ne et orig9ale et les traduire en langage d'auj\rd'hui4 ,ceux auxquels le vieux franais e/ mo9s famili]1 ne s]ont plus absolum5t privs d'entr] en connaissance de cette uvre si ple9e d'intrt et d'orig9alit4 ,la traduction1 qui s]re d'assez prs le texte1 leur procur]a cette satisfaction1 en mme temps que les notes et le lexique leur donn]ont t\s les r5seignem5ts qu'une curiosit1 qui natra d'elle-mme1 leur f]a dsir] qu& le temps ne les press]a pas trop4 ,si exacte que puisse tre une traduction de ,montaigne1 et le prov]be itali5 e/ ici1 comme ailleurs1 de t\te vrit3 ,traduttore traditore1 elle ne saurait p\rtant r5dre la prcision1 l'n]gie1 la h>diesse de son /yle1 le naturel1 qui en font un de ses pr9cipaux *>mes et donn5t son ouvrage un c>actre si p>ticuli] et si piquant2 son p>l] en effet a une grce qui ne se peut gal] en langage mod]ne4 ,p\r suppler cette infriorit et ne pas faire tort l'auteur1 que notre int5tion e/ de vulg>is] et non d'amo9drir1 texte et traduction ont t juxtaposs3 juxtaposition que n\s t5ons comme tellem5t ju/e et indisp5sable1 que n\s n\s f]ions un vritable scrupule de cons5tir1 auj\rd'hui et plus t>d1 ce que cette traduction1 dont du re/e elle p]met de jug] de la fidlit1 soit publie sp>m5t4 ,dans les ,essais1 les en-tte des *apitres n'ont que r>em5t un rapport tel avec les sujets si div]s qui y sont traits1 qu'ils r5seign5t suffisamm5t2 la table qui en a t faite et son annexe con/itu5t un fil conducteur simple et utile1 p\r s'ori5t] dans ce f\illis inextricable p> lui-mme4--,l'ensemble des sommaires aj\te cette premire facilit et la complte en faisant ressortir la liaison1 t\j\rs si difficile saisir dans ce ple-mle de p5ses +nieuses1 mais jetes le plus s\v5t sans ordre et au has>d2 il r5d possible t\s de se faire une ide prcise de l'ouvrage et de s'y reconnatre c\p sr2 aussi s]a-t-il frquemm5t consult1 d'autant que des r5vois1 tablis p>agraphe p> p>agraphe1 report5t1 sans hsitation1 au texte lui-mme4 ,il a sembl galem5t intressant de donn] un relev des passages des ,essais les plus frquemm5t cits1 avec indication de l'endroit du texte o ils se tr\v5t2 p\vant a9si les replac] dans le cadre d'o ils ont t tirs1 on s]a mme1 le cas *ant1 de leur re/itu] leur vritable s5s dont1 assez s\v5t1 ils sont dt\rns4 ,en outre des mots et locutions hors d'usage dont n\s avons dj p>l1 des faits hi/oriques peu connus1 des allusions des vnem5ts de l'poque1 des indications prcis]1 des erreurs mme se r5contr5t frquemm5t dans ,montaigne4 ,les notes qui accompagn5t cette dition sont de t\tes sortes2 elles ont p\r objet d'lucid] ces div]s po9ts1 et aussi de r5seign] succ9ctem5t sur les pr9cipaux p]sonnages mis en cause1 signal] c]ta9s emprunts faits notre auteur1 a9si que quelques-unes des apprciations mises p> ses comm5tateurs1 les s\rces o lui-mme a puis1 enf9 de consign] des rappro*em5ts que la lecture de l'ouvrage fait natre spontanm5t4 ,c'e/ cet ensemble qui1 donnant possibilit *acun de lire les ,essais avec intrt et de les mdit] sa conv5ance1 suivant l'in/ruction qu'il possde et le temps dont il dispose1 fait que la prs5te dition ju/ifie d'tre la porte de t\s4 ,de ces div]ses p>ties1 seule la traduction en langage de nos j\rs qui1 la vrit1 en dehors du texte orig9al1 en con/itue le gros uvre1 e/ uniquem5t de n\s2 et encore y avons-n\s insr1 peu prs telles quelles1 les traductions des citations lat9es1 grecques1 etc41 auxquelles ont successivem5t collabor t\s les diteurs de ,montaigne1 depuis ,mademoiselle de ,g\rnay laquelle en e/ due la presque totalit4 ,les sommaires ont t relevs dans ,amaury ,duval2 gnralem5t1 on s'e/ born les transcrire sans y ri5 *ang]1 p>fois cep5dant ils ont t complts3 dans les d]ni]s *apitres notamm5t1 modifications et additions sont assez frqu5tes4 ,les notes1 t\j\rs trop nombreuses p\r les rudits1 jamais assez p\r les autres1 ont1 en raison de leur multiplicit et p\r cons]v] au texte sa physionomie1 t gr\pes dans un volume sp>4 ,p\r la plup>t d'entre elles1 t\s ceux qui jusqu'ici se sont p>ticulirem5t occups de ,montaigne1 les ,co/e1 ,naigeon1 ,jamet1 ,lecl]c1 ,g4 ,guizot1 ,pay51 ,m>g]ie1 ,bonnefon et autres1 a9si que les auteurs dont il s'e/ pr9cipalem5t inspir3 ,hrodote1 ,cicron1 ,snque1 ,pl9e1 ,tite-,live1 ,plut>que1 ,diogne ,la]ce1 etc4441 ont t l>gem5t mis contribution2 du re/e la "p contributive de *acun e/ m5tionne p>t\t o elle s'e/ ex]ce4 ,le lexique compr5d t\s les noms propres qui se r5contr5t dans le texte4 ,l'index analytique des pr9cipales matires a t tabli en s'aidant des ditions antrieures comme1 du re/e1 t\tes en ont agi avec celles qui les ont prcdes4 ,notes et lexique ont reu une trs notable ext5sion1 en vue de faire que l'ouvrage se suffise lui-mme4 ,p\r donn] satisfaction c]ta9s1 il a t jo9t un glossaire que d'autres considr5t presque comme une sup]ftation1 la traduction et les notes p]mettant en effet1 la plup>t du temps1 de s'en pass]4 ,ce faisant1 n\s croyons avoir1 avec l'aide de nos devanci]s1 aj\t leur uvre1 sans n\s dissimul] que les ,essais se prt5t tant de diss]tations et de comm5taires1 que beauc\p demeure qui p\rrait tre fait2 t\*ant mme ce qui e/1 peut-tre devrions-n\s1 avant de le livr] la publicit1 ma9tes fois encore sur le mti] remettre notre ouvrage1 mais l'ge n\s gagne4 ,gnral ,m4 ,montg]on1 aot #aijf4 ,,table ,g,n,,rale ,,des ,,*apitres ,,et ,,annexe ,,alphab,,tique ,nota4--,les en-tte des *apitres sont ceux du texte orig9al2 la traduction ne suit que si elle en diffre4 ,les indications entre p>5?ses sont celles de l'ide pr9cipale qui e/ traite dans le *apitre3 elle n'e/ m5tionne que lorsque l'en-tte mme ne la fait pas ressortir suffisamm5t2 ces mmes indications1 classes p> ordre alphabtique1 sont reproduites aprs la prs5te table1 dans une annexe4 ,les *iffres roma9s indiqu5t le volume1 la table p>ticulire duquel il y a lieu de se report] p\r avoir la page4 ,volume ,,av ,,lectevr4--,l'auteur au lecteur ,i ,,livre ,,premi] ,*4 #a4--,p> diu]s moy5s l'on arriue p>eille f94 --7,moy5s div]s d'obt5ir la commisration de ses ennemis74 ,i ,*4 #b4--;,de la tri/esse4 ,i ,*4 #c4--,nos affections s'emport5t au del de n\s4--,n\s prolongeons nos affections et nos ha9es au del de notre propre dure 7,proccupations cont9ues que n\s avons de ce qui peut adv5ir1 aprs notre mort1 des *oses auxquelles n\s n\s intressons p5dant la vie2 dans quelle mesure n\s devons aux rois notre obissance et notre e/ime2 du so9 de nos funrailles74 ,i ,*4 #d4--;,comme l'ame des*>ge les passions sur les obiects faux1 qu& les vrais luy deffaill5t4--,l'me ex]ce ses passions sur des objets auxquels elle s'attaque sans raison1 qu& ceux1 cause de son dlire1 *app5t son action4 ,i ,*4 #e4--,si le *ef d'vne place assige doit sortir p\r p>lem5t]4--,le comm&ant d'une place assige doit-il sortir de sa place p\r p>lem5t]8 7,sur la bonne foi et la loyaut la gu]re2 du dang] que c\rt le comm&ant d'une place assige1 en sortant p\r p>lem5t]74 ,i ,*4 #f4--,l'heure des ,p>lem5ts dang]euse4--,le temps durant lequel on p>lem5te1 e/ un mom5t dang]eux 7,p5dant qu'on traite des conditions d'une capitulation1 il faut tre sur ses g>des et r$\bl] de vigilance74 ,i ,*4 #g4--,que l'int5tion iuge nos actions4--,nos actions sont apprci] d'aprs nos int5tions 7,nos obligations s't5d5t au del de la mort74 ,i ,*4 #h4--;,de l'oisiuet4 ,i ,*4 #i4--;,des m5teurs4--7,sur la mmoire et le m5songe7 ,i ,*4 #aj4--;,du p>l] prompt ou t>dif4--,de ceux prompts p>l] de prime saut et de ceux auxquels un c]ta9 temps e/ ncessaire p\r s'y prp>] 7,sur l'loqu5ce74 ,i ,*4 #aa4--;,des progno/ications4--,des prono/ics 7,sur l'a/rologie et la prdiction de l'av5ir74 ,i ,*4 #ab4--;,de la con/ance4--7,du c\rage et de ses limites74 ,i ,*4 #ac4--;,crmonie de l'entreueue des ,rois4--,crmonial dans les entrevues des rois 7,sur la civilit1 en p>ticuli] dans les visites des s\v]a9s74 ,i ,*4 #ad4--,on e/ puny p\r s'op9ia/r] vne place sans raison4--,on e/ punissable1 qu& on s'op9itre df5dre une place au del de ce qui e/ raisonnable4 ,i ,*4 #ae4--;,de la punition de la c\>dise4--,punition inflig] aux l*es4 ,i ,*4 #af4--,vn traict de quelques ,ambassadeurs4--,faon de faire de quelques ambassadeurs 7,de l'obissance ses suprieurs2 utilit de se r5f]m] dans ses aptitudes74 ,i ,*4 #ag4--;,de la peur4 ,i ,*4 #ah4--,qu'il ne faut iug] de no/re heur qu'apres la mort4--,ce n'e/ qu'aprs la mort1 qu'on peut apprci] si1 durant la vie1 on a t heureux ou malheureux 7,sur l'incon/ance de la =tune74 ,i ,*4 #ai4--,que philosoph] c'e/ appr5dre m\rir4 ,i ,*4 #bj4--;,de la =ce de l'imag9ation4--7,des esprits =ts74 ,i ,*4 #ba4--,le pr(it de l'vn e/ dommage de l'autre4--,ce qui e/ pr(it p\r l'un e/ dommage p\r l'autre 7,impossibilit de concili] les intrts de t\s74 ,i ,*4 #bb4--;,de la c\/ume et de ne *ang] aysm5t une loy receue4--,des c\tumes et de la circonspection apport] dans les modifications faire subir aux lois en vigueur 7,de la =ce de l'habitude2 inconvni5ts de l'in/abilit des lois74 ,i ,*4 #bc4--;,diu]s eu5em5s de mesme conseil4--,une mme ligne de conduite peut ab\tir des rsultats dissemblables 7,sur la clm5ce2 "p du has>d dans les vnem5ts huma9s74 ,i ,*4 #bd4--;,du p$antisme 7ou faux savoir74 ,i ,*4 #be4--;,de l'in/itution des enfans4--,de l'ducation des enfants4 ,i ,*4 #bf4--;,c'e/ folie de rapport] le vray et le faux no/re suffisance4--,c'e/ folie de jug] du vrai et du faux avec notre seule raison 7,degr de croyance qu'on peut accord] aux rcits extraord9aires74 ,i ,*4 #bg4--;,de l'amiti4--7loge d'ti5ne de la ,botie74 ,i ,*4 #bh4--,v9t neuf sonnets d',e/i5ne de la ,boetie4 ,i ,*4 #bi4--;,de la mod]ation4--7,de la modration dans l'ex]cice mme de la v]tu et les j\issances des plaisirs licites74 ,i ,*4 #cj4--;,des ,cannibales4--7,sur l'tat des hommes vivant en dehors de la civilisation74 ,i ,*4 #ca4--,qu'il faut sobrem5t se mesl] de iug] des ordonnances diu9es4--,il faut beauc\p de circonspection1 qu& on se mle d'mettre un jugem5t sur les dcrets de la ,provid5ce4 ,i ,*4 #cb4--;,de fuir les voluptez1 au prix de la vie4--,les volupts sont fuir1 mme au prix de la vie4 ,i ,*4 #cc4--,la =tune se r5contre s\u5t au tra9 de la raison4--,la =tune m>*e s\v5t de pair avec la raison 7,"p de la =tune dans les vnem5ts huma9s74 ,i ,*4 #cd4--;,d'vn defaut de nos polices4--,une lacune de notre adm9i/ration4 ,i ,*4 #ce4--;,de l'vsage de se ve/ir4--7,sur l'usage des vtem5ts et la =ce de l'habitude74 ,i ,*4 #cf4--;,du ieune ,caton4--,sur ,caton le jeune ou d',utique 7,intrts de nature port] des actes de v]tu74 ,i ,*4 #cg4--;,comme n\s pleurons et rions d'vne mesme *ose4--7,s5tim5ts opposs qui n\s port5t pleur] et rire d'une mme *ose74 ,i ,*4 #ch4--;,de la solitude4 ,i ,*4 #ci4--;,considration sur ,cicron4--7,qualits qui convi5n5t un homme du monde47 ,i ,*4 #dj4--,que le g\/ des bi5s et des maux desp5d en bonne p>tie de l'op9ion que n\s en auons4--,le bi5 et le mal qui n\s arriv5t ne sont s\v5t tels que p> l'ide que n\s n\s en faisons4 ,i ,*4 #da4--;,de ne communiqu] sa gloire4--,l'homme n'e/ pas port ab&onn] d'autres la gloire qu'il a acquise4 ,i ,*4 #db4--;,de l'inegalit qui e/ entre n\s4--7,9galits rsultant des conditions de l'ordre social1 diffr5ces entre les qualits de *acun2 des s\cis de la royaut74 ,i ,*4 #dc4--;,des loix somptuaires4--7,dang] des innovations dans un tat74 ,i ,*4 #dd4--;,du dormir4--7,sur la tranquillit d'me dans les circon/ances graves74 ,i ,*4 #de4--;,de la battaille de ,dreux4--7,sur la conduite d'un gnral dans une bataille74 ,i ,*4 #df4--;,des noms4--7,de leur influ5ce dans la vie74 ,i ,*4 #dg4--;,de l'inc]titude de no/re iugem5t4--7,sur l'art de la gu]re2 "p de la =tune dans les vnem5ts74 ,i ,*4 #dh4--;,des de/ri]s4--,des *evaux d'armes 7,sur l'quitation et l'art de la gu]re74 ,i ,*4 #di4--;,des c\/umes anci5nes4--,des c\tumes des anci5s4 ,i ,*4 #ej4--;,de ,democritus et ,h]aclitus4--7,de l'usage faire des div]ses qualits de l'esprit74 ,i ,*4 #ea4--;,de la vanit des p>olles4 ,i ,*4 #eb4--;,de la p>simonie des anci5s4 ,i ,*4 #ec4--;,d'vn mot de ,cs>4--7,du s\v]a9 bi52 des dsirs insatiables de l'homme74 ,i ,*4 #ed4--;,des va9es subtilitez4--,inanit de c]ta9es subtilits4 ,i ,*4 #ee4--;,des s5teurs4--,des odeurs4 ,i ,*4 #ef4--;,des pri]es4 ,i ,*4 #eg4--;,de l'aage4--7,de la jeunesse1 de la vieillesse2 sur l'poque de la maturit de l'esprit74 ,i ,,livre ,,deuxieme ,*4 #a4--;,de l'incon/ance de nos actions4--7,v>iations dans le c>actre et la conduite *ez un mme homme74 ,i ,*4 #b4--;,de l'iurongn]ie4--7,de l'ivrogn]ie et de l'en?\siasme74 ,i ,*4 #c4--;,c\/ume de l',isle de ,cea4--7,sur le suicide74 ,i ,*4 #d4--;,a dema9 les affaires4--7,sur l'exactitude apport] dans le maniem5t des affaires74 ,i ,*4 #e4--;,de la consci5ce4--7,de la bonne consci5ce2 sur le remords1 la torture74 ,i ,*4 #f4--;,de l'ex]citation4--,de l'ex]cice 7,sur le moy5 de se famili>is] avec la mort2 sur la ncessit de se connatre74 ,i ,*4 #g4--;,des recomp5ses d'honneur4--,des rcomp5ses honorifiques4 ,,ii ,*4 #h4--;,de l'affection des p]es aux enfants4--7,conduite t5ir leur g>d2 situation de =tune leur donn]2 affection que n\s portons aux productions de notre esprit74 ,,ii ,*4 #i4--;,des armes des ,p>!s4 ,,ii ,*4 #aj4--;,des liures4--7,jugem5t port sur quelques auteurs de t\tes poques74 ,,ii ,*4 #aa4--;,de la cruaut4--7,la difficult e/ inhr5te la pratique de la v]tu74 ,,ii ,*4 #ab4--;,apologie de ,raimond de ,sebonde4--7,sur les fondem5ts de la foi *rti5ne2 l'in/9ct des animaux2 les sectes philosophiques des anci5s2 la ,div9it2 l'me huma9e2 l'inc]titude des connaissances de l'homme1 celle de ses s5s2 t\t s\mettre l'exam5 de la raison conduit bi5 des erreurs1 notamm5t dans les que/ions de religion74 ,,ii ,*4 #ac4--;,de iug] de la mort d'autruy4--7,rs]ve apport]1 qu& n\s jugeons de la mort d'autrui2 sur le suicide74 ,,ii ,*4 #ad4--;,comme no/re esprit s'empes*e soy-mesme4--7,p> sa faiblesse1 l'esprit huma9 se cre lui-mme bi5 des difficults74 ,,ii ,*4 #ae4--,que no/re desir s'accroi/ p> la malaisance4--7,nos dsirs s'accroiss5t p> la difficult de les satisfaire74 ,,ii ,*4 #af4--;,de la gloire4 ,,ii ,*4 #ag4--;,de la presumption4--7,op9ion de ,montaigne sur lui-mme2 quelques apprciations sur les autres74 ,,ii ,*4 #ah4--;,du dem5tir4--,du fait de donn] ou recevoir des dm5tis 7,sur le m5songe1 le po9t d'honneur74 ,,ii ,*4 #ai4--;,de la lib]t de consci5ce4--7,du zle p\r la religion2 apologie de l'emp]eur ,juli574 ,,ii ,*4 #bj4--,n\s ne g\/ons ri5 de pur4--7,mlange con/ant du bi5 et du mal74 ,,ii ,*4 #ba4--;,contre la fa9eantise4--7,considrations sur le b de la vie2 activit ncessaire un s\v]a974 ,,ii ,*4 #bb4--;,des po/es4 ,,ii ,*4 #bc4--;,des mauuais moy5s employez bonne f94 ,,ii ,*4 #bd4--;,de la gr&eur ,roma9e4 ,,ii ,*4 #be4--;,de ne contrefaire le malade4--7,de la =ce de l'imag9ation74 ,,ii ,*4 #bf4--;,des p\lces4 ,,ii ,*4 #bg4--;,c\>dise m]e de cruaut4--,la poltronn]ie e/ mre de la cruaut 7,du duel2 des svices ex]cs sur les supplicis aprs leur mort74 ,,ii ,*4 #bh4--,t\tes *oses ont leur saison4--,*aque *ose en son temps 7,sur la vieillesse74 ,,ii ,*4 #bi4--;,de la v]tu4 ,,ii ,*4 #cj4--;,d'vn enfant mon/rueux4 ,,ii ,*4 #ca4--;,de la col]e4 ,,ii ,*4 #cb4--;,deff5ce de ,s5eque et de ,plut>que4 ,,ii ,*4 #cc4--,l',hi/oire de ,spur9a4--7,le rle ess5tiel de l'me e/ de matris] les passions2 p>ticul>its affr5tes ,jules ,cs>74 ,,ii ,*4 #cd4--,obs]uations sur les moy5s de faire la gu]re de ,iulius ,cs>4 ,,ii ,*4 #ce4--;,de trois bonnes femmes4--7,sur le m>iage et l'affection conjugale74 ,,ii ,*4 #cf4--;,des plus excell5ts hommes4--7,sur ,homre1 ,alex&re et ,epam9ondas74 ,,iii ,*4 #cg4--;,de la ressemblance des enfants aux p]es4--7,sur les maux de la vieillesse1 sur la mdec9e74 ,,iii ,,livre ,,troisieme ,*4 #a4--;,de l'vtile et de l'honne/e4 ,,iii ,*4 #b4--;,du rep5tir4 ,,iii ,*4 #c4--;,de trois comm]ces4--7,de la socit des hommes1 des femmes et de celle des livres74 ,,iii ,*4 #d4--;,de la diu]sion4 ,,iii ,*4 #e4--,sur des ,v]s de ,virgile4--7,de l'am\r1 de la jal\sie2 en ces matires1 les repro*es que s'adress5t rciproquem5t les deux sexes se val5t74 ,,iii ,*4 #f4--;,des co*es4--7,meilleur emploi faire1 p> un roi1 de ses ri*esses2 sur le peu d't5due des connaissances huma9es74 ,,iii ,*4 #g4--;,de l'incommodit de la gr&eur4 ,,iii ,*4 #h4--,sur l'art de conf]]4--7,la conv]sation =me le c>actre1 appr5d support] la contradiction2 difficult de jug] bon esci5t1 de disc]n] *ez un auteur ce qui lui app>ti5t en propre74 ,,iii ,*4 #i4--;,de la vanit4--7,dang] des *angem5ts dans le g\v]nem5t d'un tat2 des voyages2 des so9s du mnage74 ,,iii ,*4 #aj4--;,de mesnag] sa volont4--,il faut cont5ir sa volont 7,rs]ve apport] dans les s]vices qu'on e/ t5t de r5dre autrui74 ,,iii ,*4 #aa4--;,des boyteux4--7,t5dance de l'esprit huma9 p\r le m]veilleux74 ,,iii ,*4 #ab4--;,de la physionomie4--7,combi5 mieux que t\s les enseignem5ts de la philosophie1 la nature n\s porte la rsignation74 ,,iii ,*4 #ac4--;,de l'expri5ce4--7,sur l'obscurit et le peu d'quit des lois2 l'inc]titude de la mdec9e2 le rgime conv5ant le mieux la sant2 le meilleur usage de la vie1 des plaisirs2 sur la doctr9e d'picure74 ,,iii ,,annexe4 ,,classification ,,des ,,*apitres ,d',,apr,s ,l',,ordre ,,alphab,,tique ,,des ,,pr9cipaux ,,sujets ,,qui ,,en ,,font ,l',,objet4 ,des deux nombres entre p>5?ses1 le premi] en *iffres roma9s m>que le livre2 le second en *iffres arabes1 le *apitre2 celui1 en *iffres roma9s1 qui suit en dehors de la p>5?se1 indique le volume3 ,actions 7,de l'incon/ance de nos71--7,,ii1 #a71 ,i4 ,adm9i/ration publique 7,lacune que prs5te notre71--7,i1 #cd71 ,i4 ,affaires 7,sur l'exactitude apport] dans le maniem5t des affaires71--7,,ii1 #d71 ,i4 ,affection conjugale 7,sur l'71--7,,ii1 #ce71 ,,ii4 ,age 7,de l'71--7,i1 #eg71 ,i4 ,aide mutuelle que les hommes se doiv5t1--7,i1 #cd71 ,i4 ,alex&re le ,gr& 7,sur71--7,,ii1 #cd71 ,,ii4 ,ambassadeurs 7,sur c]ta9s actes de quelques71--7,i1 #af71 ,i4 ,ame 7,de l'71--7,,ii1 #ab71 ,,ii4 --7,son rle ess5tiel e/ de matris] nos passions71 --7,,ii1 #cc71 ,,ii4 ,amiti 7,de l'71--7,i1 #bg71 ,i4 ,am\r 7,sur l'71--7,,iii1 #e71 ,,iii4 ,animaux 7,in/9ct des71--7,,ii1 #ab71 ,,ii4 ,aptitudes 7,de l'utilit de se r5f]m] dans ses71--7,i1 #af71 ,i4 ,armes 7,des7 des ,p>!s1--7,,ii1 #i71 ,,ii4 ,a/rologie 7,sur l'7 et la prdiction de l'av5ir1--7,i1 #aa71 ,i4 ,auteurs 7,jugem5ts ports sur quelques auteurs de t\tes poques71 --7,,ii1 #aj71 ,,ii4 --7,difficult d'apprci] ce qui leur app>ti5t en propre71 --7,,iii1 #h71 ,,iii4 ,av>ice 7,sur l'71--7,i1 #dj71 ,i4 ,bi5 7,du7 et du mal1 leur mlange con/ant en t\tes *oses1 --7,,ii1 #bj71 ,,ii4 --7,sur le s\v]a971--7,i1 #ec71 ,i4 ,bi5s 7,les7 et les maux ne sont s\v5t tels que p> l'op9ion que n\s en avons1--7,i1 #dj71 ,i4 ,boiteux 7,des71--7,,iii1 #aa71 ,,iii4 ,c>actre 7,sur les v>iations dans le7 *ez un mme homme1 --7,,ii1 #a71 ,i4 ,caton le jeune ou d',utique1--7,i1 #cf71 ,i4 ,ca 7,c\tume de l'le de71--7,,ii1 #c71 ,i4 ,cs> 7,p>ticul>its affr5tes 71--7,,ii1 #cc71 ,,ii4 --7,obs]vations sur la manire de faire la gu]re de71 --7,,ii1 #cd71 ,,ii4 --7,a propos d'un mot de71--7,i1 #ec71 ,i4 ,*oses 7,t\tes7 ont leur saison1--7,,ii1 #bh71 ,,ii4 ,cicron 7,considrations sur71--7,i1 #ci71 ,i4 ,civilisation 7,sur l'tat des hommes vivant en dehors de la71 --7,i1 #cj71 ,i4 ,civilit 7,sur la71 en p>ticuli] dans les visites de s\v]a9s1 --7,i1 #ac71 ,i4 ,clm5ce 7,sur la71--7,i1 #bc71 ,i4 ,co*es 7,des71--7,,iii1 #f71 ,,iii4 ,colre 7,de la71--7,,ii1 #ca71 ,,ii4 ,comm]ces 7,des trois73 les hommes1 les femmes et les livres1 --7,,iii1 #c71 ,,iii4 ,commisration1 moy5s div]s de l'obt5ir de ses ennemis1 --7,i1#a71 ,i4 ,conduite 7,sur les v>iations dans la7 *ez un mme homme1 --7,,ii1 #a71 ,i4 ,connaissances huma9es 7,inc]titude des71--7,,ii1 #ab71 ,,ii4 --7,sur le peu d't5due des71--7,,iii1 #f71 ,,iii4 ,consci5ce 7,de la71--7,,ii1 #e71 ,i4 --7,de la bonne71--7,,ii1 #e71 ,i4 ,contradiction4 ,il faut s'appliqu] savoir la support]1 --7,,iii1 #h71 ,,iii4 ,conv]sation 7,sur l'art de la71--7,,iii1 #h71 ,,iii4 ,c\>dise 7,la71 mre de la cruaut1--7,,ii1 #aa71 ,,ii4 ,c\rage 7,sur le vritable7 et ses limites1--7,i1 #ab71 ,i4 ,c\tumes4 ,circonspection apport] dans les modifications qu'on veut y introduire1--7,i1 #bb71 ,i4 ,c\tumes 7,des7 des anci5s1--7,i1 #di71 ,i4 ,cruaut 7,de la71--7,,ii1 #aa71 ,,ii4 ,dm5tis 7,des71--7,,ii1 #ah71 ,,ii4 ,dmocrite 7,sur7 et ,hraclite1--7,i1 #ej71 ,i4 ,dsirs insatiables de l'homme1--7,i1 #ec71 ,i4 --7,nos7 s'accroiss5t p> la difficult de les satisfaire1 --7,,ii1 #ae71 ,,ii4 ,de/ri]s 7,des7 ou *evaux d'armes1--7,i1 #dh71 ,i4 ,div]sion 7,de la71--7,,iii1 #d71 ,,iii4 ,div9it 7,de la71--7,,ii1 #ab71 ,,ii4 ,dormir 7,du71--7,i1 #dd71 ,i4 ,d\leur 7,sur la71--7,i1 #dj71 ,i4 ,dreux 7,de la bataille de71--7,i1 #de71 ,i4 ,duel 7,du71--7,,ii1 #bg71 ,,ii4 ducation des enfants 7,sur l'71--7,i1 #be71 ,i4 loqu5ce 7,sur l'71--7,i1 #aj71 ,i4 ,enfant mon/rueux 7,au sujet d'un71--7,,ii1 #cj71 ,,ii4 ,enfants 7,de l'affection des pres p\r leurs71--7,,ii1 #h71 ,,ii4 --7,rapports des pres avec leurs71--7,,ii1 #h71 ,,ii4 --7,situation de =tune leur donn]71--7,,ii1 #h71 ,,ii4 --7,sur la ressemblance des7 aux pres1--7,,ii1 #cg71 ,,iii4 ,en?\siasme 7,sur l'71--7,,ii1 #b71 ,i4 ,epam9ondas 7,sur71--7,,ii1 #cf71 ,,ii4 picure 7,sur la doctr9e d'71--7,,iii1 #ac71 ,,iii4 quitation 7,sur l'71--7,i1 #dh71 ,i4 ,esprit 7,affection que n\s portons aux productions de notre71 --7,,ii1 #h71 ,,ii4 --7,de l'usage faire des facults de l'71--7,i1 #ej71 ,i4 --7,sur l'poque de la maturit de l'71--7,i1 #eg71 ,i4 ,esprit huma92 p> sa faiblesse1 il e/ s\v5t un ob/acle lui-mme1--7,,ii1 #ad71 ,,ii4 vnem5ts 7,"p du has>d dans les71--7,i1 #bc71 ,i4 --rsultats opposs de dt]m9ations semblables1--7,i1 #cc71 ,i4 ,ex]cice 7,de l'71--7,,ii1 #f71 ,i4 ,expri5ce 7,de l'71--7,,iii1 #ac71 ,,iii4 ,fa9antise 7,sur la71--7,i1 #h71 ,i4 --7,contre la71--7,,ii1 #ba71 ,,ii4 ,faux 7,du vrai et du71 difficult d'en jug]1--7,i1 #bf71 ,i4 ,femmes 7,trois bonnes71--7,,ii1 #ce71 ,,ii4 ,f9 7,des mauvais moy5s employs bonne71--7,,ii1 #bc71 ,,ii4 ,foi *rti5ne 7,sur les fondem5ts de la71--7,,ii1 #ab71 ,,ii4 ,=tune 7,sur l'incon/ance de la71--7,i1 #ah2 #cc71 ,i4 --7,"p de la7 dans les vnem5ts1--7,i1 #dg71 ,i4 ,frqu5tation 7,sur la7 des hommes1--7,,iii1 #c71 ,,iii4 --7,sur la7 des femmes1--7,,iii1 #c71 ,,iii4 ,funrailles 7,du so9 de nos71--7,i1 #c71 ,i4 ,gnral 7,sur la conduite d'un7 dans une bataille1--7,i1 #de71 ,i4 ,gloire1 s\ci que l'on a de faire qu'elle ne soit pas p>tage p> autrui1--7,i1 #da71 ,i4 --7,de la71--7,,ii1 #af71 ,,ii4 ,g\v]nem5t d'un tat 7,dang] des *angem5ts dans le71 --7,,iii1 #i71 ,,iii4 ,gr&eur 7,de l'incommodit de la71--7,,iii1 #g71 ,,iii4 ,gu]re 7,sur la bonne foi et la loyaut la71--7,i1 #e71 ,i4 --7,sur l'art de la71--7,i1 #dg2 #dh71 ,i4 --7,sur la manire de ,cs> de faire la71--7,,ii1 #cd71 ,,ii4 ,habitude 7,sur la =ce de l'71--7,i1 #bb2 #ce71 ,i4 ,has>d 7,"p du7 dans les vnem5ts1--7,i1 #bc71 ,i4 --rsultats opposs de dt]m9ations semblables1--7,i1 #cc71 ,i4 ,hraclite 7,sur7 et ,dmocrite1--7,i1 #ej71 ,i4 ,homre 7,sur71--7,,ii1 #cf71 ,,iii4 ,homme du monde 7,qualits conv5ables un71--7,i1 #ci71 ,i4 ,hommes 7,diffr5ce entre les qualits des71--7,i1 #db71 ,i4 --7,des plus excell5ts71--7,,ii1 #cf71 ,,iii4 ,honnte 7,de l'7 et de l'utile1--7,,iii1 #a71 ,,iii4 ,honneur 7,sur le po9t d'71--7,,ii1 #ah71 ,,ii4 ,imag9ation 7,de la =ce de l'71 des esprits =ts1 --7,i1 #bj71 ,i4 --7,de la =ce de l'71--7,,ii1 #be71 ,,ii4 ,9galits exi/ant *ez les hommes du fait des conditions de l'tat social1--7,i1 #db71 ,i4 ,innovations 7,dang] des7 dans un tat1--7,i1 #dc71 ,i4 ,intrts p>ticuli]s de *acun1 impossibilit de les concili]1 --7,i1 #ea71 ,i4 ,ivrogn]ie 7,de l'71--7,,ii1 #b71 ,i4 ,jal\sie 7,sur la71--7,,iii1 #e71 ,,iii4 ,jeunesse 7,sur la71--7,i1 #eg71 ,i4 ,jugem5t 7,inc]titude de notre71--7,i1 #dg71 ,i4 ,juli5 7,apologie de l'emp]eur71--7,,ii1 #ai71 ,,ii4 ,la ,botie 7loge de71--7,i1 #bg71 ,i4 ,l*et 7,sur la71--7,i1 #ae71 ,i4 ,lecteur 7,au71--771 ,i4 ,lecture 7,sur la71--7,,iii1 #c71 ,,iii4 ,lib]t de consci5ce 7,de la71--7,,ii1 #ai71 ,,ii4 ,libre arbitre 7,sur le71--7,,ii1 #ad71 ,,ii4 ,livres 7,des71--7,,ii1 #aj71 ,,ii4 ,lois1 inconvni5ts de leur in/abilit1--7,i1 #bb71 ,i4 --7,obscurit et peu d'quit des71--7,,iii1 #ac71 ,,iii4 --somptuaires 7,des71--7,i1 #dc71 ,i4 ,luxe 7,sur le71--7,i1 #dc71 ,i4 ,mal 7,du bi5 et du71 leur mlange con/ant1--7,,ii1 #bj71 ,,ii4 ,malade 7,de ne contrefaire le71--7,,ii1 #be71 ,,ii4 ,m>iage 7,sur le71--7,,ii1 #ce71 ,,ii4 ,maux 7,les bi5s et les7 ne sont s\v5t tels que p> l'op9ion que n\s en avons1--7,i1 #dj71 ,i4 ,mdec9e 7,sur la71--7,,ii1 #cg71 ,,iii4 --7,sur l'inc]titude de la71--7,,iii1 #ac71 ,,iii4 ,mmoire 7,sur la7 et le m5songe1--7,i1 #i71 ,i4 ,mnage 7,sur les so9s du71--7,,iii1 #i71 ,,iii4 ,m5songe 7,sur le71--7,,ii1 #ah71 ,,ii4 ,m5teurs 7,des71--7,i1 #i71 ,i4 ,m]veilleux 7,t5dance de l'esprit huma9 p\r le71 --7,,iii1 #aa71 ,,iii4 ,modration 7,de la7 dans l'ex]cice mme de la v]tu et les j\issances des plaisirs licites1--7,i1 #bi71 ,i4 ,montaigne 7,op9ion de7 sur lui-mme1--7,,ii1 #ag71 ,,ii4 ,mort 7,sur nos obligations au del de la mort71--7,i1 #g71 ,i4 --7,ce n'e/ qu'aprs notre7 qu'on peut jug] du degr de flicit que n\s avons eu durant notre vie1--7,i1 #bh71 ,i4 --7,la7 e/-elle un bi5 ou un mal8--7,i1 #dj71 ,i4 --7,sur le moy5 de se famili>is] avec la71--7,,ii1 #f71 ,i4 --d'autrui 7,rs]ve apport] qu& n\s jugeons de la71 --7,,ii1 #ac71 ,i4 ,moy5s 7,des mauvais7 employs bonne f91--7,,ii1 #bc71 ,,ii4 ,noms 7,des71 de leur influ5ce dans la vie1--7,i1 #df71 ,i4 ,obissance 7,de l'7 ses suprieurs1--7,i1 #df71 ,i4 ,oisivet 7,sur l'71--7,i1 #h71 ,i2--7,,ii1 #ba71 ,,ii4 ,p>cimonie 7,de la7 des anci5s1--7,i1 #eb71 ,i4 ,p>lem5t] 7,du dang] que c\rt le comm&ant d'une place assige1 en sortant p\r71--7,i1 #e71 ,i4 --e/ t\j\rs un mom5t dang]eux p\r une place assige1 --7,i1 #f71 ,i4 ,p>oles 7,de la vanit des71--7,i1 #ea71 ,i4 ,pdantisme 7,sur le71 ou faux savoir1--7,i1 #bd71 ,i4 ,peur 7,de la71--7,i1 #ag71 ,i4 ,philosoph]1 c'e/ appr5dre m\rir1--7,i1 #ai71 ,i4 ,philosophiques 7,sectes7 des anci5s1--7,,ii1 #ab71 ,,iii4 ,physionomie 7,de la71--7,,iii1 #ab71 ,,iii4 ,place de gu]re1 dang] p\r le comm&ant d'une place assige d'en sortir p\r p>lem5t]1--7,i1 #e71 ,i4 --le mom5t o l'on traite de la capitulation d'une place assige e/ t\j\rs un mom5t dang]eux1--7,i1 #f71 ,i4 --,sur trop d'op9itret dans la df5se d'une place assige1 --7,i1 #ad71 ,i4 ,plaisirs 7,sur le meilleur usage des71--7,,iii1 #ac71 ,,iii4 ,plut>que 7,df5se de ,snque et de71--7,,ii1 #cb71 ,,ii4 ,po/es 7,des71--7,,ii1 #bb71 ,,ii4 ,p\ces 7,des71--7,,ii1 #bf71 ,,ii4 ,prdiction de l'av5ir 7,sur la7 et l'a/rologie1--7,i1 #aa71 ,i4 ,proccupations 7,sur les7 de ce qui peut surv5ir aprs n\s1 en ce qui t\*e ce qui n\s intresse notre vie durant1 --7,i1 #c71 ,i4 ,prsomption 7,de la71--7,,ii1 #ag71 ,,ii4 ,prires 7,des71--7,i1 #ef71 ,i4 ,provid5ce 7,sur la7 et ses desse9s1--7,i1 #ca71 ,i4 ,pur 7,n\s ne gtons ri5 de71--7,,ii1 #bj71 ,,ii4 ,raison 7,t\t s\mettre l'exam5 de la7 conduit bi5 des erreurs1--7,,ii1 #ab71 ,,ii4 ,rcits extraord9aires 7,sur le peu de croyance qu'on peut accord] aux71--7,i1 #bf71 ,i4 ,rcomp5ses honorifiques 7,des71--7,,ii1 #g71 ,,ii4 ,rgime 7,sur le7 qui convi5t le mieux la sant1 --7,,iii1 #ac71 ,,iii4 ,religion 7,erreurs auxquelles conduit le libre exam5 dans les que/ions de71--7,,ii1 #ab71 ,,ii4 --7,du zle p\r la71--7,,ii1 #ai71 ,,ii4 ,raimond de ,sebonde 7,apologie de71--7,,ii1 #ab71 ,,ii4 ,remords 7,sur le71--7,,ii1 #e71 ,i4 ,rep5tir 7,du71--7,,iii1 #b71 ,,iii4 ,rsignation2 la nature n\s y porte1 mieux que t\s les enseignem5ts philosophiques1--7,,iii1 #ab71 ,,ii4 ,roi2 du meilleur emploi faire de ses ri*esses1 --7,,iii1 #f71 ,,iii4 ,rois2 dans quelle mesure n\s leur devons notre obissance et notre affection1--7,i1 #c71 ,i4 ,roma9e 7,de la gr&eur71--7,,ii1 #bd71 ,,ii4 ,royaut 7,sur les s\cis de la71--7,i1 #db71 ,i4 ,se connatre 7,sur la ncessit de bi571--7,,ii1 #f71 ,i4 ,snque 7,df5se de ,plut>que et de71--7,,ii1 #cb71 ,,ii4 ,s5s 7,inc]titude des7 de l'homme1--7,,ii1 #ab71 ,,ii4 ,s5teurs 7,des7 ou odeurs1--7,i1 #ee71 ,i4 ,s5tim5ts opposs qui n\s port5t pleur] et rire t\t la fois d'une mme *ose1--7,i1 #cg71 ,i4 ,s]vices 7,rs]ve apport] dans les7 qu'on r5d autrui1 --7,,iii1 #aj71 ,,iii4 ,socit 7,sur la manire d'tre en71--7,,iii1 #h71 ,,iii4 ,solitude 7,de la71--7,i1 #ch71 ,i4 ,sonnets 7,v+t-neuf7 de la ,botie1--7,i1 #bh71 ,i4 ,s\v]a9 7,activit ncessaire un71--7,,ii1 #ba71 ,,ii4 ,spur9a 7,hi/oire de71--7,,ii1 #cc71 ,,ii4 ,subtilits 7,des va9es71--7,i1 #ed71 ,i4 ,suicide 7,sur le71--7,,ii1 #c71 ,i2--7,,ii1 #ac71 ,,ii4 ,supplicis2 des svices ex]cs sur eux aprs leur mort1 --7,,ii1 #bg71 ,,ii4 ,torture 7,sur la71--7,,ii1 #e71 ,i4 ,tranquillit d'me 7,sur la7 dans les circon/ances graves1 --7,i1 #dd71 ,i4 ,tri/esse 7,de la71--7,i1 #b71 ,i4 ,utile 7,de l'honnte et de l'71--7,,iii1 #a71 ,,iii4 ,vanit 7,de la71--7,,ii1 #ag71 ,,ii2--7,,iii1 #i71 ,,iii4 ,v]tu 7,intrts de nature port] des actes de71 --7,i1 #cf71 ,i4 --7,la difficult e/ inhr5te la pratique de la71 --7,,ii1 #aa71 ,,ii4 --7,de la71--7,,ii1 #bi71 ,,ii4 ,vtem5ts 7,sur l'usage des71--7,i1 #ce71 ,i4 ,vie 7,considrations sur le b de la71--7,,ii1 #ba71 ,,ii4 --7,sur le meilleur usage de la71--7,,iii1 #ac71 ,,iii4 ,vieillesse 7,sur la71--7,i1 #eg71 ,i2--7,,ii1 #bf71 ,,ii4 --7,sur les maux de la71--7,,ii1 #cg71 ,,iii4 ,virgile 7,sur des v]s de71--7,,iii1 #e71 ,,iii4 ,volont 7,il faut mnag] sa71--7,,iii1 #aj71 ,,iii4 ,volupts fuir1 mme au prix de la vie1--7,i1 #cb71 ,i4 ,voyages 7,sur les71--7,,iii1 #i71 ,,iii4 ,vrai 7,du7 et du faux1 difficult d'en jug]1--7,i1 #bf71 ,i4 ,,essais ,,de ,,mi*el ,,seignevr ,,de ,,montaigne ,,ci ,i ,,xcv ,,texte ,,et ,,traduction ,,av ,,lectevr ,c'e/ icy vn ,liure de bonne foy1 ,lecteur4 ,il t'adu]tit ds l'entree1 que ie ne m'y suis propos aucune f91 que dome/ique et priuee3 ie n'y ay eu nulle consid]ation de ton s]uice1 ny de ma gloire3 mes =ces ne sont pas capables d'vn tel desse94 ,ie l'ay v\ la commodit p>ticuli]e de mes p>5s et amis3 ce que m'ayans p]du 7ce qu'ils ont faire bi5 to/7 ils y puiss5t retr\u] aucuns traicts de mes conditions et humeurs1 et que p> ce moy5 ils n\rriss5t plus enti]e et plus vifue la connoissance qu'ils ont eu de moy4 ,si c'eu/ e/ p\r re*]*] la faueur du monde1 ie me fusse mieus p> et me presant]ois en vne m>*e e/udiee4 ,ie veux qu'on m'y voye en ma faon simple1 naturelle et ord9aire1 sans contantion et artifice3 c> c'e/ moy que ie pe9s4 ,mes defauts s'y liront au vif et ma =me naifue1 autant que la reu]5ce publique me l'a p]mis4 ,que si i'eusse e/ entre ces nations qu'on dit viure encore s\z la d\ce lib]t des premi]es loix de nature1 ie t'asseure que ie m'y fusse tres-volonti]s pe9t t\t enti]1 et t\t nud4 ,a9si1 ,lecteur1 ie suis moy-mesme la mati]e de mon liure1 ce n'e/ pas raison que tu employes ton loisir en vn subiect si friuole et si va94 ,a ,dieu donq4 ,de ,montaigne1 ce premi] de m>s1 mille c9q c5s quattre v9s4 ,nota4--,ce texte a t collationn sur l'exemplaire de l'dition de #aeie 7dite ,p>is1 cette date1 p> ,abel ,langeli]71 app>t5ant la ,biblio?que nationale1 n #ae de la collection ,pay54--,en ce qui conc]ne spcialem5t l'avis au lecteur ci-dessus1 se report] aux ,notes1 ,i1 #ad1 ,,av ,,lectevr4 ,,livre ,,premi]4 ,,*apitre ,i4 ,p> diu]s moy5s on arrive p>eille f94 ,,la plus commune faon d'amollir les curs de ceux qu'on a (f5cez1 lors qu'ayans la v5geance en ma91 ils n\s ti5n5t leur m]cy1 c'e/ de les esm\uoir p> submission1 commis]ation et piti3 t\tesfois la brau]ie1 la con/ance1 et la resolution1 moy5s t\s contraires1 ont quelquesfois s]uy ce mesme effect4 ,ed\>d ,pr9ce de ,galles1 celuy qui reg5ta si long temps no/re ,gui5ne3 p]sonnage duquel les conditions et la =tune ont beauc\p de notables p>ties de gr&eur2 ayant e/ bi5 =t (f5c p> les ,limos9s1 et pr5ant leur ville p> =ce1 ne peut e/re arre/ p> les cris du peuple1 et des femmes1 et enfans ab&onnez la b\*]ie1 luy criants m]cy1 et se iettans ses pi$s3 iusqu' ce que passant t\si\rs outre dans la ville1 il app]eut trois ,g5til%ommes ,franois1 qui d'vne h>diesse incroyable s\/5oi5t seuls l'ef=t de son armee victorieuse4 ,la consid]ation et le respect d'vne si notable v]tu1 reb\*a premi]em5t la po9te de sa *ol]e3 et comm5a p> ces trois1 faire mis]icorde t\s les autres habitans de la ville4 ,sc&]b]*1 ,pr9ce de l',epire1 suyuant vn soldat des si5s p\r le tu]1 et ce soldat ayant essay p> t\te espece d'humilit et de supplication de l'appais]1 se resolut t\te extremit de l'att5dre l'espee au po+3 cette si5ne resolution arre/a sus b\t la furie de son mai/re1 qui p\r luy auoir veu pr5dre vn si honorable p>ty1 le reeut en grace4 ,cet exemple p\rra s\ffrir autre int]pretation de ceux1 qui n'auront leu la prodigieuse =ce et vaillance de ce ,pr9ce l4 ,l',emp]eur ,conrad troisiesme1 ayant assieg ,guelphe ,duc de ,baui]es1 ne v\lut condesc5dre plus d\ces conditions1 quelques viles et las*es satisfactions qu'on luy (fri/1 que de p]mettre seulem5t aux g5tils-femmes qui e/oi5t assiegees auec le ,duc1 de sortir leur honneur sauue1 pi$1 auec ce qu'elles p\rroi5t emport] sur elles4 ,elles d'vn cur magnanime1 s'aduis]5t de *>g] sur leurs espaules leurs m>is1 leurs enfans1 et le ,duc mesme4 ,l',emp]eur pr9t si gr& plaisir voir la g5tillesse de leur c\rage1 qu'il en pleura d'aise1 et amortit t\te cette aigreur d'inimiti mortelle et capitale qu'il auoit portee contre ce ,duc3 et ds lors en auant traita huma9em5t luy et les si5s4 ,l'vn et l'autre de ces deux moy5s m'emport]oit aysem5t3 c> i'ay vne m]ueilleuse las*et v]s la mis]icorde et mansuetude3 tant y a1 qu' mon aduis1 ie s]ois p\r me r5dre plus naturellem5t la compassion1 qu' l'e/imation4 ,si e/ la piti passion vitieuse aux ,/oiques3 ils veul5t qu'on sec\re les affligez1 mais non pas qu'on fle*isse et compatisse auec eux4 ,or ces exemples me sembl5t plus propos1 d'autant qu'on voit ces ames assaillies et essayees p> ces deux moy5s1 en s\/5ir l'vn sans s'esbranl]1 et c\rb] s\s l'autre4 ,il se peut dire1 que de rompre son cur la commis]ation1 c'e/ l'effet de la facilit1 debonnairet1 et mollesse3 d'o il adui5t que les natures plus foibles1 comme celles des femmes1 des enfans1 et du vulgaire1 y sont plus subiettes3 mais ayant eu desda+ les l>mes et les pleurs1 de se r5dre la seule reu]5ce de la sa9cte image de la v]tu1 que c'e/ l'effect d'vne ame =te et imployable1 ayant en affection et en honneur vne vigueur masle1 et ob/9ee4 ,t\tesfois s ames mo9s g5]euses1 l'e/onnem5t et l'admiration peuu5t faire nai/re vn p>eil effect3 tesmo9 le peuple ,!ba91 lequel ayant mis en ,iu/ice d'accusation capitale1 ses ,capita9es1 p\r auoir cont9u leur *>ge outre le temps qui leur auoit e/ prescript et preordonn1 absolut t\te pe9e ,pelopidas1 qui plioit s\s le faix de telles obiections1 et n'employoit se g>antir que reque/es et supplications3 et au contraire ,epam9ondas1 qui v9t racont] magnifiquem5t les *oses p> luy faites1 et les repro*] au peuple d'vne faon fi]e et arrogante1 il n'eut pas le cur de pr5dre seulem5t les balotes en ma91 et se dep>tit3 l'assemblee l\ant gr&em5t la hautesse du c\rage de ce p]sonnage4 ,dionysius le vieil1 apres des longueurs et difficults extremes1 ayant pr9s la ville de ,rege1 et en icelle le ,capita9e ,phyton1 gr& homme de bi51 qui l'auoit si ob/9em5t def5due1 v\lut en tir] vn tragique exemple de v5geance4 ,il luy dict premi]em5t1 comm5t le i\r auant1 il auoit faict noy] son fils1 et t\s ceux de sa p>5t4 ,a quoy ,phyton respondit seulem5t1 qu'ils en e/oi5t d'vn i\r plus heureux que luy4 ,apres il le fit desp\ill]1 et saisir des ,b\rreaux1 et le tra9] p> la ville1 en le f\ttant tres ignom9ieusem5t et cruellem5t3 et en outre le *>geant de felonnes p>olles et contumelieuses4 ,mais il eut le c\rage t\si\rs con/ant1 sans se p]dre4 ,et d'vn visage f]me1 alloit au contraire ram5teuant haute voix1 l'honorable et glorieuse cause de sa mort1 p\r n'auoir v\lu r5dre son pas entre les ma9s d'vn tyran3 le m5aant d'vne pro*a9e punition des dieux4 ,dionysius1 lisant dans les yeux de la commune de son armee1 qu'au lieu de s'anim] des brauades de cet ennemy va9cu1 au mespris de leur *ef1 et de son triomphe1 elle alloit s'amollissant p> l'e/onnem5t d'vne si r>e v]tu1 et m>*&oit de se mut9]1 et mesmes d'arra*] ,phyton d'entre les ma9s de ses s]g5s1 feit cess] ce m>tyre3 et ca*ettes l'enuoya noy] en la m]4 ,c]tes c'e/ vn subiect m]ueilleusem5t va91 diu]s1 et ondoyant1 que l'homme3 il e/ malais d'y fond] iugem5t con/ant et vni=me4 ,voyla ,pompeius qui p>donna t\te la ville des ,mam]t9s1 contre laquelle il e/oit =t anim1 en consid]ation de la v]tu et magnanimit du citoy5 ,z5on1 qui se *>geoit seul de la faute publique1 et ne requ]oit autre grace que d'en port] seul la pe9e4 ,et l'ho/e de ,sylla1 ayant vs en la ville de ,p]use de semblable v]tu1 n'y gaigna ri51 ny p\r soy1 ny p\r les autres4 ,et directem5t contre mes premi]s exemples1 le plus h>dy des hommes et si gratieux aux va9cus ,alex&re1 =ant apres beauc\p de gr&es difficultez la ville de ,gaza1 r5contra ,betis qui y comm&oit1 de la valeur duquel il auoit1 p5dant ce siege1 s5ty des preuues m]ueilleuses1 lors seul1 ab&onn des si5s1 ses armes despecees1 t\t c\u]t de sang et de playes1 combatant encores au milieu de plusieurs ,mac$oni5s1 qui le *amailloi5t de t\tes p>ts3 et luy dit1 t\t piqu d'vne si *]e victoire3 c> entre autres dommages1 il auoit receu deux fres*es blessures sur sa p]sonne3 ,tu ne m\rras pas comme tu z v\lu1 ,betis3 fais e/at qu'il te faut s\ffrir t\tes les sortes de t\rm5s qui se p\rront inu5t] contre un captif4 ,l'autre1 d'vne m9e non seulem5t asseuree1 mais rogue et alti]e1 se t9t sans mot dire ces m5aces4 ,lors ,alex&re voyant l'ob/9ation se taire3 ,a il fle*y vn g5\il8 luy e/-il es*app quelque voix suppliante8 ,vrayem5t ie va9qu]ay ce sil5ce3 et si ie n'en puis arra*] p>ole1 i'en arra*]ay au mo9s du gemissem5t4 ,et t\rnant sa *ol]e en rage1 comm&a qu'on luy p]a/ les talons1 et le fit a9si tra9] t\t vif1 des*ir] et desmembr] au cul d'vne *>rette4 ,s]oit-ce que la =ce de c\rage luy fu/ si naturelle et commune1 que p\r ne l'admir] po9t1 il la respecta/ mo9s8 ou qu'il l'e/ima/ si proprem5t si5ne1 qu'en cette hauteur il ne peu/ s\ffrir de la veoir en vn autre1 sans le despit d'vne passion enuieuse8 ou que l'impetuosit naturelle de sa *ol]e fu/ incapable d'opposition8 ,de vray1 si elle eu/ receu bride1 il e/ croire1 qu'en la pr9se et desolation de la ville de ,!bes elle l'eu/ receue3 veoir cruellem5t mettre au fil de l'espee tant de vaillans hommes1 p]dus1 et n'ayans plus moy5 de def5ce publique4 ,c> il en fut tu bi5 six mille1 desquels nul ne fut veu ny fuiant1 ny dem&ant m]cy3 au reb\rs c]*ans1 qui 1 qui l1 p> les rues1 affront] les ennemis victorieux3 les pr\oquans les faire m\rir d'vne mort honorable4 ,nul ne fut veu1 qui n'essaia/ en son d]ni] s\spir1 de se v5g] encores3 et t\t les armes du desespoir consol] sa mort en la mort de quelque ennemy4 ,si ne tr\ua l'affliction de leur v]tu aucune piti3 et ne suffit la longueur d'vn i\r ass\uir sa v5geance4 ,ce c>nage dura iusques la d]ni]e g\te de sang esp&able3 et ne s'arre/a qu'aux p]sonnes des>mes1 vieill>ds1 femmes et enfants1 p\r en tir] tr5te mille esclaues4 ,,*apitre ,,ii4 ,de la tri/esse4 ,,ie suis des plus exempts de cette passion1 et ne l'ayme ny l'e/ime3 quoy que le monde ayt entrepris1 comme prix faict1 de l'honor] de faueur p>ticuli]e4 ,ils en habill5t la sagesse1 la v]tu1 la consci5ce4 ,sot et vila9 ornem5t4 ,les ,itali5s ont plus sortablem5t baptis de son nom la malignit4 ,c> c'e/ vne qualit t\si\rs nuisible1 t\si\rs folle3 et comme t\si\rs c\>de et basse1 les ,/oci5s en def5d5t le s5tim5t leurs sages4 ,mais le conte dit que ,psamm5itus ,roy d'gypte1 ayant e/ deffait et pris p> ,cambysez ,roy de ,p]se1 voyant pass] deuant luy sa fille prisonni]e habillee en s]uante1 qu'on enuoyoit puis] de l'eau1 t\s ses amis pleurans et lam5tans aut\r de luy1 se t9t coy sans mot dire1 les yeux fi*ez en t]re3 et voyant encore tanto/ qu'on m5oit son fils la mort1 se ma9t9t en cette mesme cont5ance3 mais qu'ayant app]eu vn de ses dome/iques conduit entre les captifs1 il se mit battre sa te/e1 et m5] vn dueil extreme4 ,cecy se p\rroit app>i] ce qu'on vid d]ni]em5t d'vn ,pr9ce des no/res1 qui ayant ouy ,tr5te1 o il e/oit1 n\uelles de la mort de son fr]e aisn1 mais vn fr]e en qui consi/oit l'appuy et l'honneur de t\te sa maison1 et bi5 to/ apres d'vn puisn1 sa seconde esp]ance1 et ayant s\/5u ces deux *>ges d'vne con/ance exemplaire1 comme quelques i\rs apres vn de ses g5s v9t m\rir1 il se laissa emport] ce d]ni] accid5t2 et quitant sa resolution1 s'ab&onna au dueil et aux regrets2 en mani]e qu'aucuns en pr9dr5e argum5t1 qu'il n'auoit e/ t\* au vif que de cette d]ni]e sec\sse3 mais la v]it ce fut1 qu'e/ant d'ailleurs ple9 et combl de tri/esse1 la mo9dre sur-*>ge brisa les b>ri]es de la pati5ce4 ,il s'en p\rroit1 di-ie1 autant iug] de no/re hi/oire1 n'e/oit qu'elle adi\/e1 que ,cambyses s'enqu]ant ,psamm5itus1 p\rquoy ne s'e/ant esmeu au malheur de son filz et de sa fille1 il portoit si impatiemm5t celuy de ses amis3 ,c'e/1 respondit-il1 que ce seul d]ni] desplaisir se peut signifi] p> l>mes1 les deux premi]s surpassans de bi5 lo9 t\t moy5 de se p\uoir exprim]4 ,a l'au5ture reui5droit ce propos l'inu5tion de cet anci5 pe9tre1 lequel ayant repres5t] au sacrifice de ,iphig5ia le dueil des assi/ans1 selon les degrez de l'int]e/ que *acun apportoit la mort de cette belle fille innoc5te1 ayant espuis les d]ni]s ef=ts de son art1 qu& ce v9t au p]e de la vi]ge1 il le peignit le visage c\u]t1 comme si nulle cont5ance ne p\uoit rapport] ce degr de dueil4 ,voyla p\rquoy les ,potes feign5t cette mis]able m]e ,niob1 ayant p]du premi]em5t sept filz1 et puis de suite autant de filles1 sur-*>gee de p]tes1 auoir e/ en f9 transmuee en ro*]1 diriguisse malis3 p\r exprim] cette morne1 muette et s\rde /upidit1 qui n\s transsit1 lors que les accid5s n\s accabl5t surpassans no/re portee4 ,de vray1 l'ef=t d'vn desplaisir1 p\r e/re extreme1 doit e/onn] t\te l'ame1 et luy empes*] la lib]t de ses actions3 comme il n\s adui5t la *aude al>me d'vne bi5 mauuaise n\uelle1 de n\s s5tir saisis1 transis1 et comme p]clus de t\s m\uem5s3 de faon que l'ame se relas*ant apres aux l>mes et aux pla9tes1 semble se despr5dre1 se desmell]1 et se mettre plus au l>ge1 et son aise4 ,et via vix t&em voci laxata dolore e/4 ,en la gu]re que le ,roy ,f]d9& m5a contre la veufue du ,roy ,iean de ,hongrie1 aut\r de ,bude1 vn g5d>me fut p>ticuli]em5t rem]qu de *acun1 p\r auoir excessiuem5t bi5 faict de sa p]sonne1 en c]ta9e meslee3 et incognu1 hautem5t l\1 et pla9t y e/ant demeur3 mais de nul tant que de ,raiscac ,seigneur ,allem&1 espr9s d'vne si r>e v]tu3 le corps e/ant rapport1 cetuicy d'vne commune curiosit1 s'appro*a p\r voir qui c'e/oit3 et les armes o/ees au trespass1 il reconut son fils4 ,cela augm5ta la compassion aux assi/ans3 luy seul1 sans ri5 dire1 sans sill] les yeux1 se t9t deb\t1 contemplant fixem5t le corps de son fils3 iusques ce que la vehem5ce de la tri/esse1 aiant accabl ses esprits vitaux1 le porta roide mort p> t]re4 ,*i puo dir com' egli arde 9 picciol fuoco1 dis5t les am\reux1 qui veul5t repres5t] vne passion insupportable4 mis]o quod omnes ,eripit s5su mihi4 ,nam simul te ,lesbia aspexi1 nihil e/ sup]m ,quod loqu> am5s4 ,l+ua s$ torpet1 t5uis sub artus ,flamma dimanat1 sonitu suopte ,t9niunt aures1 gem9a teguntur ,lum9a nocte4 ,aussi n'e/ ce pas en la viue1 et plus cuysante *aleur de l'accs1 que n\s sommes propres desploy] nos pla9tes et nos p]suasions3 l'ame e/ lors aggrauee de pr(ondes p5sees1 et le corps abbatu et languissant d'am\r3 et de l s'eng5dre p> fois la defaillance =tuite1 qui surpr5t les am\reux si hors de saison2 et cette glace qui les saisit p> la =ce d'vne ardeur extreme1 au giron mesme de la i\ssance4 ,t\tes passions qui se laiss5t g\/]1 et dig]]1 ne sont que m$iocres1 ,cur leues loquuntur1 +5tes /up5t4 ,la surprise d'un plaisir inesp] n\s e/onne de mesme4 ,vt me conspexit v5i5tem1 et ,troa circum ,arma am5s vidit1 magnis ext]rita mon/ris1 ,diriguit visu 9 m$io1 calor ossa reliquit1 ,labitur1 et longo vix t&em tempore fatur4 ,outre la femme ,roma9e1 qui m\rut surprise d'aise de voir son fils reu5u de la r\tte de ,cannes3 ,sophocles et ,d5is le ,tyran1 qui trespass]5t d'aise3 et ,talua qui m\rut en ,corsegue1 lisant les n\uelles des honneurs que le ,s5at de ,rome luy auoit dec]nez2 n\s t5ons en no/re siecle1 que le ,pape ,leon dixiesme ayant e/ adu]ty de la pr9se de ,milan1 qu'il auoit extremem5t s\haittee1 entra en tel excez de ioye1 que la fieure l'en pr9t1 et en m\rut4 ,et p\r vn plus notable tesmoignage de l'imbecillit huma9e1 il a e/ rem]qu p> les anci5s1 que ,diodorus le ,dialectici5 m\rut sur le *amp1 espris d'vne extreme passion de honte1 p\r en son escole1 et en public1 ne se p\uoir desuelopp] d'vn argum5t qu'on luy auoit faict4 ,ie suis peu en prise de ces viol5tes passions3 i'ay l'appreh5sion naturellem5t dure2 et l'encr\/e et espessis t\s les i\rs p> disc\rs4 ,,*apitre ,,iii4 ,nos affections s'emport5t au del de n\s4 ,,cevx qui accus5t les hommes d'all] t\si\rs beant apres les *oses futures1 et n\s appr5n5t n\s saisir des bi5s pres5s1 et n\s rassoir en ceux-l1 comme n'ayants aucune prise sur ce qui e/ v5ir1 voire assez mo9s que n\s n'auons sur ce qui e/ pass1 t\*5t la plus commune des huma9es erreurs3 s'ils os5t appell] erreur1 *ose quoy nature mesme n\s a*em9e p\r le s]uice de la cont9uation de son ouurage1 n\s imprimant1 comme assez d'autres1 cette imag9ation fausse1 plus ial\se de no/re action1 que de no/re sci5ce4 ,n\s ne sommes iamais *ez n\s1 n\s sommes t\si\rs au del4 ,la cra9te1 le desir1 l'esp]ance1 n\s eslanc5t v]s l'adu5ir3 et n\s desrob5t le s5tim5t et la consid]ation de ce qui e/1 p\r n\s amus] ce qui s]a1 voire qu& n\s ne s]ons plus4 ,calamitosus e/ animus futuri anxius4 ,ce gr& precepte e/ s\u5t allegu en ,platon1 ,fay ton faict1 et te congnoy4 ,*ascun de ces deux membres enueloppe g5]allem5t t\t no/re deuoir3 et semblablem5t enueloppe son compagnon4 ,qui auroit faire son faict1 v]roit que sa premi]e leon1 c'e/ cognoi/re ce qu'il e/1 et ce qui luy e/ propre4 ,et qui se cognoi/1 ne pr5d plus l'e/rang] faict p\r le si53 s'ayme1 et se cultiue auant t\te autre *ose3 refuse les occupations sup]flues1 et les p5sees1 et propositions inutiles4 ,comme la folie qu& on luy octroy]a ce qu'elle desire1 ne s]a pas cont5te3 aussi e/ la sagesse cont5te de ce qui e/ pres5t1 ne se desplait iamais de soy4 ,epicurus disp5se son sage de la preuoyance et s\cy de l'adu5ir4 ,entre les loix qui reg>d5t les trespassez1 celle icy me semble autant solide1 qui oblige les actions des ,pr9ces e/re exam9ees apres leur mort3 ils sont compagnons1 s9on mai/res des loix3 ce que la ,iu/ice n'a peu sur leurs te/es1 c'e/ raison qu'elle l'ayt sur leur reputation1 et bi5s de leurs successeurs3 *oses que s\u5t n\s pref]ons la vie4 ,c'e/ vne vsance qui apporte des commoditez s+uli]es aux nations o elle e/ obs]uee1 et desirable t\s bons ,pr9ces3 qui ont se pla9dre de ce1 qu'on traitte la memoire des mes*ants comme la leur4 ,n\s deuons la subiection et obessance egalem5t t\s ,rois3 c> elle reg>de leur (fice3 mais l'e/imation1 non plus que l'affection1 n\s ne la deuons qu' leur v]tu4 ,donnons l'ordre politique de les s\ffrir patiemm5t1 indignes3 de cel] leurs vices3 d'aid] de no/re recomm&ation leurs actions indiff]5tes1 p5dant que leur auctorit a beso9 de no/re appuy4 ,mais no/re comm]ce f9y1 ce n'e/ pas raison de refus] la ,iu/ice1 et no/re lib]t1 l'expression de noz vrays ress5tim5ts3 et nommm5t de refus] aux bons subiects1 la gloire d'auoir reu]emm5t et fidellem5t s]ui vn mai/re1 les imp]fections duquel leur e/oi5t si bi5 cognues3 fru/rant la po/]it d'vn si vtile exemple4 ,et ceux1 qui1 p> respect de quelque obligation priuee esp\s5t iniquem5t la memoire d'vn ,pr9ce mesloable1 font iu/ice p>ticuli]e aux desp5ds de la ,iu/ice publique4 ,titus ,liuius dict vray1 que le langage des hommes n\rris s\s la ,royaut1 e/ t\si\rs ple9 de va9es o/5tations et faux tesmoignages3 *ascun esleuant indiff]emm5t son ,roy1 l'extreme ligne de valeur et gr&eur s\u]a9e4 ,on peult repr\u] la magnanimit de ces deux soldats1 qui respondir5t ,n]on1 sa b>be1 l'vn enquis de luy1 p\rquoy il luy v\loit mal3 ,ie t'aimoy qu& tu le valois3 mais despuis que tu s deu5u p>ricide1 b\tefeu1 ba/eleur1 co*i]1 ie te hay1 comme tu m]ites4 ,l'autre1 p\rquoy il le v\loit tu]2 ,p> ce que ie ne tr\ue autre rem$e tes cont9uels malefices4 ,mais les publics et vniu]sels tesmoignages1 qui apres sa mort ont e/ r5dus1 et le s]ont t\t iamais1 luy1 et t\s mes*ans comme luy1 de ses tiranniques et vila9s deportem5ts1 qui de sa9 ent5dem5t les peut repr\u]8 ,il me desplai/1 qu'en vne si sa9cte police que la ,lac$emoni5ne1 se fu/ mesle vne si fe9te c]emonie la mort des ,roys4 ,t\s les conf$]ez et voys9s1 et t\s les ,ilotes1 hommes1 femmes1 pesle-mesle1 se desc\poi5t le front1 p\r tesmoignage de deuil3 et disoi5t en leurs cris et lam5tations1 ,que celuy la1 quel qu'il eu/ e/1 e/oit le meilleur ,roy de t\s les leurs3 attribuants au r5g1 le los qui app>t5oit au m]ite2 et1 qui app>ti5t au premi] m]ite1 au po/reme et d]ni] r5g4 ,ari/ote1 qui remue t\tes *oses1 s'enqui]t sur le mot de ,solon1 ,que nul auant m\rir ne peut e/re dict heureux1 ,si celuy la mesme1 qui a vescu1 et qui e/ mort s\hait1 peut e/re dict1 heureux1 si sa r5ommee va mal1 si sa po/]it e/ mis]able4 ,p5dant que n\s n\s remuons1 n\s n\s portons p> preoccupation o il n\s plai/3 mais e/ant hors de l'e/re1 n\s n'auons aucune communication auec ce qui e/4 ,et s]oit meilleur de dire ,solon1 que iamais homme n'e/ donc heureux1 puis qu'il ne l'e/ qu'apres qu'il n'e/ plus4 quisquam ,vix radicitus vita se tollit1 et eiicit3 ,s$ facit esse sui quiddam sup] inscius ipse1 ,nec rem\et satis proiecto corpore sese1 et ,v9dicat4 ,b]tr& du ,glesqu9 m\rut au siege du ,*a/eau de ,rancon1 pres du ,puy en ,auu]gne3 les assiegez s'e/ans r5dus apres1 fur5t obligez de port] les clefs de la place sur le corps du trespass4 ,b>!lemy d',aluiane1 ,g5]al de l'armee des ,v5iti5s1 e/ant mort au s]uice de leurs gu]res en la ,bresse1 et son corps ayant e/ rapport ,v5ise p> le ,v]onois1 t]re ennemie2 la plusp>t de ceux de l'armee e/oi5t d'aduis1 qu'on dem&a/ sauf-conduit p\r le passage ceux de ,v]onne3 mais ,!odore ,triuulce y contr$it2 et *oisit plu/o/ de le pass] p> viue =ce1 au haz>d du combat3 ,n'e/ant conu5able1 disoit-il1 que celuy qui en sa vie n'auoit iamais eu peur de ses ennemis1 e/ant mort fi/ demon/ration de les cra9dre4 ,de vray1 en *ose vois9e1 p> les loix ,grecques1 celuy qui dem&oit l'ennemy vn corps p\r l'inhum]1 r5onoit la victoire1 et ne lui e/oit plus loisible d'en dress] trophee3 celuy qui en e/oit requis1 c'e/oit tiltre de ga94 ,a9si p]dit ,nicias l'auantage qu'il auoit nettem5t gaign sur les ,cor9?i5s3 et au reb\rs1 ,agesilaus asseura celuy qui luy e/oit bi5 d\bteusem5t acquis sur les ,boti5s4 ,ces traits se p\rroi5t tr\u] e/ranges1 s'il n'e/oit receu de t\t temps1 non seulem5t d'e/5dre le so+ de n\s1 au del cette vie1 mais encore de croire1 que bi5 s\u5t les faueurs cele/es n\s accompaign5t au tombeau1 et cont9u5t nos reliques4 ,dequoy il y a tant d'exemples anci5s1 laissant "p les no/res1 qu'il n'e/ beso+ que ie m'y e/5de4 ,ed\>d premi] ,roy d',anglet]re1 ayant essay aux longues gu]res d'entre luy et ,rob]t ,roy d',escosse1 combi5 sa pres5ce donnoit d'aduantage ses affaires1 rapportant t\si\rs la victoire de ce qu'il entrepr5oit en p]sonne2 m\rant1 obligea son fils p> sol5nel s]m5t1 ce qu'e/ant trespass1 il fi/ b\illir son corps p\r despr5dre sa *air d'auec les os1 laquelle il fit ent]r]3 et quant aux os1 qu'il les res]ua/ p\r les port] auec luy1 et en son armee1 t\tes les fois qu'il luy adui5droit d'auoir gu]re contre les ,escossois3 comme si la de/9ee auoit fatalem5t atta* la victoire ses membres4 ,iean ,zis*a1 qui tr\bla la ,boheme p\r la deff5ce des erreurs de ,v,viclef1 v\lut qu'on l'escor*a/ apres sa mort1 et de sa peau qu'on fi/ vn tab\r9 port] la gu]re contre ses ennemis3 e/imant que cela ayd]oit cont9u] les aduantages qu'il auoit eus aux gu]res1 p> luy conduictes contre eux4 ,c]ta9s ,indi5s portoi5t a9s9 au combat contre les ,espaignols1 les ossem5s d'vn de leurs ,capita9es1 en consid]ation de l'heur qu'il auoit eu en viuant4 ,et d'autres peuples en ce mesme monde1 tra95t la gu]re les corps des vaillans hommes1 qui sont morts en leurs batailles1 p\r leur s]uir de bonne =tune et d'enc\ragem5t4 ,les premi]s exemples ne res]u5t au tombeau1 que la reputation acquise p> leurs actions passees3 mais ceux-cy y veul5t encore mesl] la puissance d'agir4 ,le faict du ,capita9e ,bay>d e/ de meilleure composition1 lequel se s5tant bless mort d'vne h>quebusade dans le corps1 conseill de se retir] de la meslee1 respondit qu'il ne comm5c]oit po9t sur sa f9 t\rn] le dos l'ennemy3 et ayant combatu autant qu'il eut de =ce1 se s5tant defaillir1 et es*app] du *eual1 comm&a son mai/re d'ho/el1 de le c\*] au pi$ d'vn arbre3 mais que ce fu/ en faon qu'il m\ru/ le visage t\rn v]s l'ennemy3 comme il fit4 ,il me faut adi\/] cet autre exemple aussi rem>quable p\r cette consid]ation1 que nul des prec$5s4 ,l',emp]eur ,maximilian bisayeul du ,roy ,philippes1 qui e/ pres5t1 e/oit ,pr9ce d\ de t\t ple9 de gr&es qualitez1 et entre autres d'vne beaut de corps s+uli]e3 mais p>my ces humeurs1 il auoit ce/e cy bi5 contraire celle des ,pr9ces1 qui p\r despes*] les plus importants affaires1 font leur ?rosne de leur *aire p]cee3 c'e/ qu'il n'eut iamais valet de *ambre1 si priu1 qui il p]mi/ de le voir en sa g>d]obbe3 il se desroboit p\r tomb] de l'eau1 aussi religieux qu'vne pucelle ne desc\urir ny ,m$ec9 ny qui que ce fu/ les p>ties qu'on a acc\/um de t5ir ca*ees4 ,moy qui ay la b\*e si effronte1 suis p\rtant p> complexion t\* de cette honte3 si ce n'e/ vne gr&e suasion de la necessit ou de la volupt1 ie ne communique gu]es aux yeux de p]sonne1 les membres et actions1 que no/re c\/ume ordonne e/re c\u]tes3 i'y s\ffre plus de contra9te que ie n'e/ime bi5 seant vn homme1 et sur t\t vn homme de ma pr(ession3 mais luy en v9t telle sup]/ition1 qu'il ordonna p> p>olles expresses de son te/am5t1 qu'on luy atta*a/ des calessons1 qu& il s]oit mort4 ,il deuoit adi\/] p> codicille1 que celuy qui les luy mont]oit eu/ les yeux b&ez4 ,l'ordonnance que ,cyrus faict ses enfans1 que ny eux1 ny autre1 ne voye et t\*e son corps1 apres que l'ame en s]a sep>ee3 ie l'attribue quelque si5ne deuotion3 c> et son ,hi/ori5 et luy1 entre leurs gr&es qualitez1 ont sem p> t\t le c\rs de leur vie1 vn s+uli] so9 et reu]5ce la religion4 ,ce conte me despleut1 qu'vn gr& me fit d'vn mi5 alli1 homme assez cogneu et en paix et en gu]re4 ,c'e/ que m\rant bi5 vieil en sa c\r1 t\rm5t de d\leurs extremes de la pi]re1 il amusa t\tes ses heures d]ni]es auec vn so+ vehem5t1 dispos] l'honneur et la c]emonie de son ent]rem5t3 et somma t\te la noblesse qui le visitoit1 de luy donn] p>olle d'assi/] son conuoy4 ,a ce ,pr9ce mesme1 qui le vid sur ces d]ni]s traits1 il fit vne in/ante supplication que sa maison fu/ comm&ee de s'y tr\u]2 employant plusieurs exemples et raisons1 pr\u] que c'e/oit *ose qui app>t5oit vn homme de sa sorte3 et sembla expir] cont5t ayant retir cette promesse1 et ordonn son gr la di/ribution1 et ordre de sa montre4 ,ie n'ay gu]e veu de vanit si p]seu]ante4 ,cette autre curiosit contraire1 en laquelle ie n'ay po9t aussi faute d'exemple dome/ique1 me semble g]ma9e ce/e-cy3 d'all] se soignant et passionnant ce d]ni] po9ct1 regl] son conuoy1 quelque p>ticuli]e et inusitee p>simonie1 vn s]uiteur et vne lant]ne4 ,ie voy l\] cett'humeur1 et l'ordonnance de ,m>cus mylius ,lepidus1 qui deff5dit ses h]iti]s d'employ] p\r luy les c]emonies qu'on auoit acc\/um en telles *oses4 ,e/-ce encore temp]ance et frugalit1 d'euit] la desp5ce et la volupt1 desquelles l'vsage et la cognoissance n\s e/ imp]ceptible8 ,voila vne aisee re=mation et de peu de c\/4 ,s'il e/oit beso9 d'en ordonn]1 ie s]oy d'aduis1 qu'en celle l1 comme en t\tes actions de la vie1 *ascun en rapporta/ la regle1 au degr de sa =tune4 ,et le ,philosophe ,lycon prescrit sagem5t ses amis1 de mettre son corps o ils aduis]ont p\r le mieux3 et quant aux fun]ailles1 de les faire ny sup]flues ny me*aniques4 ,ie lairrois purem5t la c\/ume ordonn] de cette c]emonie1 et m'en remettray la discretion des premi]s qui ie tomb]ay en *>ge4 ,totus hic locus e/ contemn5dus 9 nobis1 non neglig5dus 9 no/ris4 ,et e/ sa9ctem5t dict vn sa9ct3 ,curatio fun]is1 conditio sepultur1 pompa exequi>um1 magis sunt viuorum solatia1 qum subsidia mortuorum4 ,p\rtant ,socrates ,criton1 qui sur l'heure de sa f9 luy dem&e1 comm5t il veut e/re ent]r3 ,comme v\s v\drez1 respond-il4 ,si i'auois m'en empes*] plus auant1 ie tr\u]ois plus gal&1 d'imit] ceux qui entrepr5n5t viuans et respirans1 i\yr de l'ordre et honneur de leur sepulture3 et qui se plais5t de voir en m>bre leur morte cont5ance4 ,heureux qui sa*5t resi\yr et gratifi] leur s5s p> l'ins5sibilit1 et viure de leur mort6 ,a peu1 que ie n'entre en ha9e irreconciliable contre t\te dom9ation populaire3 quoy qu'elle me semble la plus naturelle et equitable3 qu& il me s\ui5t de cette inhuma9e iniu/ice du peuple ,a!ni53 de faire m\rir sans remission1 et sans les v\loir seulem5t our en leurs def5ses1 ces braues ,capita9es1 v5ants de gaign] contre les ,lac$emoni5s la bataille naualle pres les ,isles ,arg95ses3 la plus conte/ee1 la plus =te bataille1 que les ,grecs ai5t onques donnee en m] de leurs =ces3 p> ce qu'apres la victoire1 ils auoi5t suiuy les occasions que la loy de la gu]re leur pres5toit1 plu/o/ que de s'arre/] recueillir et inhum] leurs morts4 ,et r5d cette execution plus odieuse1 le faict de ,diom$on4 ,cettuy cy e/ l'vn des condamnez1 homme de notable v]tu1 et militaire et politique3 lequel se tirant auant p\r p>l]1 apres auoir ouy l'arre/ de leur condemnation1 et tr\uant seulem5t lors temps de paisible audi5ce1 au lieu de s'en s]uir au bi5 de sa cause1 et desc\urir l'euid5te iniquit d'vne si cruelle conclusion1 ne repres5ta qu'vn so9 de la cons]uation de ses iuges3 priant les ,dieux de t\rn] ce iugem5t leur bi53 et f9 que1 p> faute de r5dre les vux que luy et ses compagnons auoi5t v\1 en recognoissance d'vne si illu/re =tune1 ils n'attirass5t l'ire des ,dieux sur eux1 les adu]tissant quels vux c'e/oi5t4 ,et sans dire autre *ose1 et sans m>*&]1 s'a*em9a de ce pas c\rageusem5t au supplice4 ,la =tune quelques annees apres les punit de mesme pa9 s\ppe4 ,c> ,*abrias ,capita9e g5]al de leur armee de m]1 ayant eu le dessus du combat contre ,pollis ,admiral de ,sp>te1 en l'isle de ,naxe1 p]dit le fruict t\t net et cont5t de sa victoire1 tres-important leurs affaires1 p\r n'enc\rir le malheur de cet exemple1 et p\r ne p]dre peu de corps morts de ses amis1 qui flottoy5t en m]1 laissa vogu] en sauuet vn monde d'ennemis viuants1 qui depuis leur feir5t bi5 a*et] cette importune sup]/ition4 ,quris1 quo iaceas1 po/ obitum1 loco8 ,quo non nata iac5t4 ,cet autre r$onne le s5tim5t du repos1 vn corps sans ame1 ,neque sepulcrum1 quo recipiat1 habeat portum corporis3 ,vbi1 remissa humana vita1 corpus requiescat malis4 ,t\t a9si que nature n\s faict voir1 que plusieurs *oses mortes ont encore des relations occultes la vie4 ,le v9 s'alt]e aux caues1 selon aucunes mutations des saisons de sa vigne4 ,et la *air de v5aison *ange d'e/at aux saloirs et de g\/1 selon les loix de la *air viue1 ce qu'on dit4 ,,*apitre ,,iiii4 ,comme l'ame des*>ge ses passions sur des obiects faux1 qu& les vrais luy defaill5t4 ,,vn ,g5til-homme des no/res m]ueilleusem5t subiect la g\tte1 e/ant press p> les ,m$ec9s de laiss] du t\t l'vsage des vi&es salees1 auoit acc\/um de respondre plaisamm5t1 que sur les ef=ts et t\rm5ts du mal1 il v\loit auoir qui s'en pr5dre2 et que s'escriant et maudissant tanto/ le c]uelat1 tanto/ la langue de buf et le iambon1 il s'en s5toit d'autant alleg4 ,mais en bon esci5t1 comme le bras e/ant hauss p\r frapp]1 il n\s deult si le c\p ne r5contre1 et qu'il aille au v5t3 aussi que p\r r5dre vne veu plaisante1 il ne faut pas qu'elle soit p]du et esc>tee dans le vague de l'air1 a9s qu'elle ayt butte p\r la s\/5ir raisonnable di/ance4 ,v5tus vt amittit vires1 nisi robore d5s ,occurrant silu spatio diffusus inani4 ,de mesme il semble que l'ame esbranlee et esmeu se p]de en soy-mesme1 si on ne luy donne pr9se3 et faut t\si\rs luy f\rnir d'obiect o elle s'abutte et agisse4 ,plut>que dit propos de ceux qui s'affectionn5t aux gu5ons et petits *i5s1 que la p>tie am\reuse qui e/ en n\s1 faute de prise legitime1 plu/o/ que de demeur] en va91 s'en =ge a9s9 vne faulce et friuole4 ,et n\s voyons que l'ame en ses passions se pipe plu/o/ elle mesme1 se dressant vn faux subiect et fanta/ique1 voire contre sa propre creance1 que de n'agir contre quelque *ose4 ,a9s9 emporte les be/es leur rage s'attaqu] la pi]re et au f]1 qui les a blessees3 et se v5g] belles d5ts sur soy-mesmes du mal qu'elles s5t5t4 ,pannonis haud alit] po/ ictum suior vrsa ,cui iaculum p>ua ,lybis am5tauit hab5a1 ,se rotat 9 vulnus1 telumque irata receptum ,impetit1 et secum fugi5tem circuit ha/am4 ,quelles causes n'inu5tons n\s des malheurs qui n\s adui5n5t8 quoy ne n\s pr5ons n\s tort ou droit1 p\r auoir o n\s escrim]8 ,ce ne sont pas ces tresses blondes1 que tu des*ires1 ny la blan*eur de cette poictr9e1 que despite tu bats si cruellem5t1 qui ont p]du d'vn malheureux plomb ce fr]e bi5 aym3 pr5s t'en ailleurs4 ,liuius p>lant de l'armee ,roma9e en ,espaigne1 apres la p]te des deux fr]es ses gr&s ,capita9es1 ,fl]e omnes rep5te1 et (f5s>e capita3 c'e/ vn vsage commun4 ,et le ,philosophe ,bion1 de ce ,roy1 qui de dueil s'arra*oit le poil1 fut plaisant1 ,cetuy-cy p5se-il que la pelade s\lage le dueil8 ,qui n'a veu mas*] et engl\tir les c>tes1 se gorg] d'vne bale de dez1 p\r auoir o se v5g] de la p]te de son arg5t8 ,x]xes foita la m]1 et escriuit vn c>tel de deffi au mont ,a?os3 et ,cyrus amusa t\te vne armee plusieurs i\rs se v5g] de la riui]e de ,gyndus1 p\r la peur qu'il auoit eu en la passant3 et ,caligula ru9a vne tresbelle maison1 p\r le plaisir que sa m]e y auoit eu4 ,le peuple disoit en ma ieunesse1 qu'vn ,roy de noz voys9s1 ayant receu de ,dieu vne ba/onade1 iura de s'en v5g]3 ordonnant que de dix ans on ne le pria/1 ny p>la/ de luy1 ny autant qu'il e/oit en son auctorit1 qu'on ne creu/ en luy4 ,p> o on v\loit pe9dre non tant la sottise1 que la gloire naturelle la nation1 dequoy e/oit le compte4 ,ce sont vices t\si\rs conio9cts3 mais telles actions ti5n5t1 la v]it1 vn peu plus encore d'outrecuidance1 que de be/ise4 ,augu/us ,ces> ayant e/ battu de la tempe/e sur m]1 se pr9t deffi] le ,dieu ,neptunus1 et en la pompe des ieux ,circ5ses fi/ o/] son image du r5g o elle e/oit p>my les autres ,dieux1 p\r se v5g] de luy4 ,enquoy il e/ encore mo9s excusable1 que les prec$5s1 et mo9s qu'il ne fut depuis1 lors qu'ayant p]du vne bataille s\s ,qu9tilius ,v>us en ,allemaigne1 il alloit de col]e et de desespoir1 *oquant sa te/e contre la muraille1 en s'escriant1 ,v>us r5s moy mes soldats3 c> ceux la surpass5t t\te follie1 d'autant que l'impiet y e/ io9cte1 qui s'en adress5t ,dieu mesmes1 ou la =tune1 comme si elle auoit des oreilles subiectes no/re batt]ie4 ,a l'exemple des ,?races1 qui1 qu& il tonne ou esclaire1 se mett5t tir] contre le ciel d'vne v5geance ,titani5ne1 p\r r5g] ,dieu raison1 c\ps de fle*e4 ,or1 comme dit cet anci5 ,pote *ez ,plut>que1 ,po9t ne se faut c\rr\c] aux affaires4 ,il ne leur *aut de t\tes nos *ol]es4 ,mais n\s ne dirons iamais assez d'iniures au desreglem5t de no/re esprit4 ,,*apitre ,v4 ,si le *ef d'vne place assiegee1 doit sortir p\r p>lem5t]4 ,,lvcivs ,m>cius ,legat des ,roma9s1 en la gu]re contre ,p]seus ,roy de ,mac$o9e1 v\lant gaign] le temps qu'il luy falloit encore mettre en po9t son armee1 sema des entregets d'accord1 desquels le ,roy endormy accorda trefue p\r quelques i\rs3 f\rnissant p> ce moy5 son ennemy d'opportunit et loisir p\r s'arm]3 d'o le ,roy enc\rut sa d]ni]e ru9e4 ,si e/-ce1 que les vieux du ,s5at1 memoratifs des murs de leurs ,p]es1 accus]5t cette prattique1 comme ennemie de leur /ile anci53 qui fut1 disoi5t-ils1 combattre de v]tu1 non de f9esse1 ny p> surpr9ses et r5contres de nuict1 ny p> fuittes apo/ees1 et re*>ges inop9ees3 n'entrepr5ans gu]re1 qu'apres l'auoir d5oncee1 et s\u5t apres auoir assign l'heure et lieu de la bataille4 ,de cette consci5ce ils r5uoi]5t ,pyrrhus son trai/re ,m$ec91 et aux ,phalisques leur desloyal mai/re d'escole4 ,c'e/oi5t les =mes vrayem5t ,roma9es1 non de la ,grecque subtilit et a/uce ,punique1 o le va9cre p> =ce e/ mo9s glorieux que p> fraude4 ,le tromp] peut s]uir p\r le c\p3 mais celuy seul se ti5t p\r surmont1 qui scait l'auoir e/ ny p> ruse1 ny de sort1 mais p> vaillance de tr\pe tr\pe1 en vne fran*e et iu/e gu]re4 ,il app]t bi5 p> ce langage de ces bonnes g5ts1 qu'ils n'auoi5t encore receu cette belle s5t5ce1 dolus an virtus quis 9 ho/e requirat8 ,les ,a*aens1 dit ,polybe1 dete/oi5t t\te voye de tromp]ie en leurs gu]res1 n'e/imants victoire1 s9on o les c\rages des ennemis sont abbatus4 ,eam vir sanctus et sapi5s sciet v]am esse victoriam1 qu salua fide1 et integra dignitate p>abitur1 dit vn autre3 ,vos ne velit1 an me regn>e h]a3 quidue f]at =s ,virtute exp]iamur4 ,au ,royaume de ,t]nate1 p>my ces nations que si ple9e b\*e n\s appelons ,b>b>es1 la c\/ume porte1 qu'ils n'entrepr5n5t gu]re sans l'auoir d5oncee3 y adi\/ans ample decl>ation des moi5s qu'ils ont y emploi]1 quels1 combi5 d'hommes1 quelles munitions1 quelles armes1 (f5siues et def5siues4 ,mais aussi cela faict1 ils se donn5t loy de se s]uir leur gu]re1 sans repro*e1 de t\t ce qui aide va9cre4 ,les anci5s ,flor5t9s e/oi5t si esloigns de v\loir gaign] aduantage sur leurs ennemis p> surprise1 qu'ils les adu]tissoi5t vn mois auant que de mettre leur ex]cite aux *amps1 p> le cont9uel son de la clo*e qu'ils nommoi5t1 ,m>t9ella4 ,quant n\s mo9s sup]/itieux1 qui t5ons celuy auoir l'honneur de la gu]re1 qui en a le pr(it1 et qui apres ,lys&]1 disons que1 ,o la peau du ,lyon ne peut suffire1 il y faut c\dre vn lop9 de celle du ,regn>d1 les plus ord9aires occasions de surprise se tir5t de cette praticque3 et n'e/ heure1 disons n\s1 o vn *ef doiue auoir plus l'il au guet1 que celle des p>lem5s et traits d'accord4 ,et p\r cette cause1 c'e/ vne regle en la b\*e de t\s les hommes de gu]re de no/re temps1 ,qu'il ne faut iamais que le ,g\u]neur en vne place assiegee sorte luy mesmes p\r p>lem5t]4 ,du temps de nos p]es cela fut repro* aux ,seigneurs de ,montmord et de l',assigni1 deff5dans ,m\son contre le ,comte de ,nansau4 ,mais aussi ce conte1 celuy la s]oit excusable1 qui sortiroit en telle faon1 que la seuret et l'audantage demeura/ de son co/3 comme fit en la ville de ,regge1 le ,comte ,guy de ,rangon 7s'il en faut croire du ,bellay1 c> ,guicci>d9 dit que ce fut luy mesmes7 lors que le ,seigneur de l',escut s'en appro*a p\r p>lem5t]3 c> il ab&onna de si peu son =t1 qu'vn tr\ble s'e/ant esmeu p5dant ce p>lem5t1 non seulem5t ,monsieur de l',escut et sa tr\ppe1 qui e/oit appro*ee auec luy1 se tr\ua le plus foible1 de faon qu',alex&re ,triuulce y fut tu1 mais luy mesme fut contra9ct1 p\r le plus seur1 de suiure le ,comte1 et se iett] sur sa foy l'abri des c\ps dans la ville4 ,eum5es en la ville de ,nora press p> ,antigonus qui l'assiegeoit1 de sortir p\r luy p>l]1 alleguant que c'e/oit raison qu'il v9/ deu]s luy1 att5du qu'il e/oit le plus gr& et le plus =t3 apres auoir faict cette noble responce3 ,ie n'e/im]ay iamais homme plus gr& que moy1 tant que i'auray mon espee en ma puissance1 n'y cons5tit1 qu',antigonus ne luy eu/ donn ,ptolemu son propre nepueu o/age1 comme il dem&oit4 ,si e/ ce qu'encores en y a-il1 qui se sont tresbi5 tr\uez de sortir sur la p>ole de l'assaillant3 tesmo+ ,h5ry de ,vaux1 ,*euali] ,*amp5ois1 lequel e/ant assieg dans le ,*a/eau de ,comm]cy p> les ,anglois1 et ,b>!lemy de ,bonnes1 qui comm&oit au siege1 ayant p> dehors faict sapp] la plus "p du ,*a/eau1 si qu'il ne re/oit que le feu p\r accabl] les assiegez s\s les ru9es1 somma l$it ,h5ry de sortir p>lem5t] p\r son pr(ict1 comme il fit luy quatriesme2 et son euid5te ruyne luy ayant e/ montree l'il1 il s'en s5tit s+uli]em5t oblig l'ennemy3 la discretion duquel apres qu'il se fut r5du et sa tr\ppe1 le feu e/ant mis la m9e1 les e/ansons de bois v5us faillir1 le ,*a/eau fut emport de fons en comble4 ,ie me fie aysem5t la foy d'autruy3 mais mal-aysem5t le f]oi-ie1 lors que ie donrois iug] l'auoir plu/o/ faict p> desespoir et faute de cur1 que p> fran*ise et fiance de sa loyaut4 ,,*apitre ,,vi4 ,l'heure des p>lem5s dang]euse4 ,,tovtes-,,fois ie vis d]ni]em5t en mon voys9age de ,mussidan1 que ceux qui en fur5t dlogez =ce p> no/re armee1 et autres de leur p>ty1 crioy5t comme de trahison1 de ce que p5dant les entremises d'accord1 et le traict se cont9uant encores1 on les auoit surpris et mis en pieces4 ,*ose qui eu/ eu l'auanture app>5ce en autre siecle2 mais1 comme ie vi5s de dire1 nos faons sont enti]em5t esloignes de ces regles3 et ne se doit att5dre fiance des vns aux autres1 que le d]ni] seau d'obligation n'y soit pass3 encores y a il lors asss affaire4 ,et a t\si\rs e/ conseil haz>deux1 de fi] la lic5ce d'vne armee victorieuse l'obs]uation de la foy1 qu'on a donnee vne ville1 qui vi5t de se r5dre p> d\ce et fauorable composition1 et d'en laiss] sur la *aude1 l'entree libre aux soldats4 ,l4 mylius ,regillus ,preteur ,roma91 ayant p]du son temps essay] de pr5dre la ville de ,phocees =ce1 p\r la s+uli]e proesse des habitants se bi5 def5dre1 feit pa*e auec eux1 de les receuoir p\r amis du peuple ,roma91 et d'y entr] comme en ville conf$]ee3 leur o/ant t\te cra9te d'action ho/ile4 ,mais y ayant qu& et luy introduict son armee1 p\r s'y faire voir en plus de pompe1 il ne fut en sa puissance1 quelque ef=t qu'il y employa/1 de t5ir la bride ses g5ts3 et veit deuant ses yeux f\rrag] bonne p>tie de la ville3 les droicts de l'au>ice et de la v5geance supp$itant ceux de son autorit et de la discipl9e militaire4 ,cleom5es disoit1 ,que quelque mal qu'on peu/ faire aux ennemis en gu]re1 cela e/oit p>-dessus la ,iu/ice1 et non subiect icelle1 tant enu]s les ,dieux1 qu'enu]s les hommes3 et ayant faict treue auec les ,argi5s p\r sept i\rs1 la troisiesme nuict apres il les alla *>g] t\s endormis1 et les dfict1 alleguant qu'en sa treue il n'auoit pas e/ p>l des nuicts3 mais les ,dieux v5g]5t ce/e p]fide subtilit4 ,p5dant le p>lem5t1 et qu'ils musoi5t sur leurs seurtez1 la ville de ,casil9um fu/ saisie p> surpr9se4 ,et cela p\rtant au siecle et des plus iu/es ,capita9es et de la plus p>faicte milice ,roma9e3 c> il n'e/ pas dict1 qu'en temps et lieu il ne soit p]mis de n\s preualoir de la sottise de noz ennemis1 comme n\s faisons de leur las*et4 ,et c]tes la gu]re a naturellem5t beauc\p de priuileges raisonnables au preiudice de la raison4 ,et icy faut la regle1 nem9em id ag]e1 vt ex alt]ius prdetur inscitia4 ,mais ie m'e/onne de l'e/5due que ,x5ophon leur donne1 et p> les propos1 et p> diu]s exploicts de son p>faict ,emp]eur3 au!ur de m]ueilleux poids en telles *oses1 comme gr& ,capita9e et ,philosophe des premi]s disciples de ,socrates2 et ne cons5s pas la mesure de sa disp5se en t\t et p> t\t4 ,monsieur d',aubigny assiegeant ,cappoe1 et apres y auoir fait vne furieuse bat]ie1 le ,seigneur ,fabrice ,colonne1 ,capita9e de la ville1 ayant comm5c p>lem5t] de dessus vn ba/ion1 et ses g5s faisants plus molle g>de1 les no/res s'en emp>]5t1 et mir5t t\t en pieces4 ,et de plus fres*e memoire ,yuoy1 le ,seigneur ,iulian ,romm]o1 ayant fait ce pas de cl]c de sortir p\r p>lem5t] auec ,monsieur le ,conne/able1 tr\ua au ret\r sa place saisie4 ,mais af9 que n\s ne n\s en allions pas sans reuan*e1 le ,m>quis de ,pesquaire assiegeant ,g5es1 o le ,duc ,octauian ,fregose comm&oit s\bs no/re protection1 et l'accord entre eux ayant e/ p\ss si auant1 qu'on le t5oit p\r fait1 sur le po9t de la conclusion1 les ,espagnols s'e/ans c\lls d$ans1 en vs]5t comme en vne victoire plani]e3 et depuis ,ligny en ,b>rois1 o le ,comte de ,bri5ne comm&oit1 l',emp]eur l'ayant assieg en p]sonne1 et ,b]!uille ,lieut5ant dudict ,comte e/ant sorty p\r p>lem5t]1 p5dant le p>lem5t la ville se tr\ue saisie4 ,f il v9c] sempre mai laudabil cosa1 ,v9ca si p] =tuna p] +egno1 dis5t-ils3 mais le ,philosophe ,*rysippus n'eu/ pas e/ de cet aduis3 et moy aussi peu4 ,c> il disoit que ceux qui c\r5t l'enuy1 doiu5t bi5 employ] t\tes leurs =ces la vi/esse1 mais il ne leur e/ p\rtant aucunem5t loisible de mettre la ma9 sur leur adu]saire p\r l'arre/]3 ny de luy t5dre la iambe1 p\r le faire *eoir4 ,et plus g5]eusem5t encore ce gr& ,alex&re1 ,polyp]con1 qui luy suadoit de se s]uir de l'auantage que l'obscurit de la nuict luy donnoit p\r assaillir ,d>ius3 ,po9t1 dit-il1 ce n'e/ pas moy de *]*] des victoires desrobees3 malo me =tun pniteat1 qum victori pudeat4 ,atque idem fugi5tem haud e/ dignatus ,orodem ,/]n]e1 nec iacta ccum d>e cuspide vulnus3 ,obuius1 adu]sque occurrit1 sque viro vir ,contulit1 haud furto melior1 s$ =tibus armis4 ,,*apitre ,,vii4 ,que l'int5tion iuge nos actions4 ,,la mort1 dit-on1 n\s acquitte de t\tes nos obligations4 ,i'en say qui l'ont pr9s en diu]se faon4 ,h5ry septiesme ,roy d',anglet]re fit composition auec ,dom ,philippe fils de l',emp]eur ,maximilian1 ou p\r le confront] plus honnorablem5t1 p]e de l',emp]eur ,*>les c9quiesme1 que l$ict ,philippe remettoit entre ses ma9s le ,duc de ,suffolc de la ,rose blan*e1 son ennemy1 lequel s'en e/oit fuy et retir au pays bas1 moy5nant qu'il promettoit de n'att5t] ri5 sur la vie dudict ,duc3 t\tesfois v5ant m\rir1 il comm&a p> son te/am5t son fils1 de le faire m\rir1 s\da9 apres qu'il s]oit dec$4 ,d]ni]em5t en cette trag$ie que le ,duc d',albe n\s fit voir ,bruxelles s ,contes de ,horne et d',aiguemond1 il y eut t\t ple9 de *oses rem]quables3 et entre autres que l$ict ,comte d',aiguemond1 s\bs la foy et asseurance duquel le ,comte de ,horne s'e/oit v5u r5dre au ,duc d',albe1 requit auec gr&e in/ance1 qu'on le fi/ m\rir le premi]3 aff9 que sa mort l'affran*i/ de l'obligation qu'il auoit audict ,comte de ,horne4 ,il semble que la mort n'ayt po9t des*>g le premi] de sa foy donnee1 et que le second en e/oit quitte1 mesmes sans m\rir4 ,n\s ne p\uons e/re t5us au del de nos =ces et de nos moy5s4 ,a cette cause1 p> ce que les effects et executions ne sont aucunem5t en no/re puissance1 et qu'il n'y a ri5 en bon esci5t en no/re puissance1 que la volont3 en celle l se fond5t p> necessit et s'e/abliss5t t\tes les regles du deuoir de l'homme4 ,p> a9si le ,comte d',aiguemond t5ant son ame et volont endebtee sa promesse1 bi5 que la puissance de l'effectu] ne fu/ pas en ses ma9s1 e/oit sans d\te abs\s de son deuoir1 qu& il eu/ suruescu le ,comte de ,horne4 ,mais le ,roy d',anglet]re faillant sa p>olle p> son int5tion1 ne se peut excus] p\r auoir ret>d iusques apres sa mort l'execution de sa desloyaut3 non plus que le masson de ,h]odote1 lequel ayant loyallem5t cons]u durant sa vie le secret des ?resors du ,roy d',egypte son mai/re1 m\rant les desc\urit ses enfans4 ,i'ay veu plusieurs de mon temps conua9cus p> leur consci5ce ret5ir de l'autruy1 se dispos] y satisfaire p> leur te/am5t1 et apres leur decs4 ,ils ne font ri5 qui vaille4 ,ny de pr5dre t]me *ose si pressante1 ny de v\loir re/ablir vne iniure auec si peu de leur ress5tim5t et int]e/4 ,ils doiu5t du plus leur4 ,et d'autant qu'ils pay5t plus poisamm5t1 et incommodem5t3 d'autant en e/ leur satisfaction plus iu/e et m]itoire4 ,la p5it5ce dem&e *>g]4 ,ceux la font encore pis1 qui res]u5t la decl>ation de quelque ha9euse volont enu]s le pro*e leur d]ni]e volont1 l'ayants ca*ee p5dant la vie4 ,et mon/r5t auoir peu de so9 du propre honneur1 irritans l'(f5c l'encontre de leur memoire3 et mo9s de leur consci5ce1 n'ayants p\r le respect de la mort mesme1 sceu faire m\rir leur maltal5t3 et en e/5dant la vie outre la leur4 ,iniques iuges1 qui remett5t iug] alors qu'ils n'ont plus cognoissance de cause4 ,ie me g>d]ay1 si ie puis1 que ma mort die *ose1 que ma vie n'ayt premi]em5t dit et ap]tem5t4 ,,*apitre ,,viii4 ,de l'oysiuet4 ,,comme n\s voyons des t]res oysiues1 si elles sont grasses et f]tilles1 foisonn] en c5t mille sortes d'h]bes sauuages et inutiles et que p\r les t5ir en (fice1 il les faut assubiectir et employ] c]ta9es sem5ces1 p\r no/re s]uice4 ,et comme n\s voyons1 que les femmes produis5t bi5 t\tes seules1 des amas et pieces de *air in=mes1 mais que p\r faire vne g5]ation bonne et naturelle1 il les faut embesongn] d'vne autre sem5ce3 a9s9 e/-il des esprits2 si on ne les occupe c]ta9 subiect1 qui les bride et contraigne1 ils se iett5t desreiglez1 p>-cy p>-l1 dans le vague *amp des imag9ations4 ,sicut aqu tremulum labris vbi lum5 ah5is ,sole rep]cussum1 aut radiantis imag9e ,lun1 ,omnia p]uolitat lat loca1 imque sub auras ,erigitur1 summique f]it laque>ia tecti4 ,et n'e/ folie ny ru]ie1 qu'ils ne produis5t en cette agitation1 velut gri somnia1 van ,f+untur species4 ,l'ame qui n'a po9t de b e/ably1 elle se p]d3 ,c> comme on dit1 c'e/ n'e/re en aucun lieu1 que d'e/re p> t\t4 ,quisquis vbique habitat1 ,maxime1 nusquam habitat4 ,d]ni]em5t que ie me retiray *ez moy1 delib] autant que ie p\rroy1 ne me mesl] d'autre *ose1 que de pass] en repos1 et "p1 ce peu qui me re/e de vie1 il me sembloit ne p\uoir faire plus gr&e faueur mon esprit1 que de le laiss] en ple9e oysiuet1 s'entret5ir soy-mesmes1 et s'arre/] et rasseoir en soy3 ce que i'esp]ois qu'il peu/ me%uy faire plus aysm5t1 deu5u auec le temps1 plus poisant1 et plus meur2 mais ie tr\ue1 v>iam semp] dant otia m5tem1 qu'au reb\rs faisant le *eual es*app1 il se donne c5t fois plus de c>ri]e soy-mesmes1 qu'il ne pr5oit p\r autruy3 et m'enfante tant de *im]es et mon/res fantasques les vns sur les autres1 sans ordre1 et sans propos1 que p\r en contempl] mon ayse l'ineptie et l'e/ranget1 i'ay comm5c de les mettre en rolle3 esp]ant auec le temps1 luy en faire honte luy mesmes4 ,,*apitre ,,ix4 ,des m5teurs4 ,,il n'e/ homme qui il siese si mal de se mesl] de p>l] de memoire4 ,c> ie n'en recognoy quasi trace en moy3 et ne p5se qu'il y en ayt au monde1 vne autre si m]ueilleuse en defaillance4 ,i'ay t\tes mes autres p>ties viles et communes1 mais en cette-l ie p5se e/re s+uli] et tres-r>e1 et digne de gaign] nom et reputation4 ,outre l'inconu5i5t naturel que i'en s\ffre3 c> c]tes1 veu sa necessit1 ,platon a raison de la nomm] vne gr&e et puissante deesse3 si en mon pays on veut dire qu'vn homme n'a po9t de s5s1 ils dis5t1 qu'il n'a po9t de memoire3 et qu& ie me pla9s du defaut de la mi5ne1 ils me repr5n5t et mescroi5t1 comme si ie m'accusois d'e/re ins5s3 ils ne voy5t pas de *ois entre memoire et ent5dem5t4 ,c'e/ bi5 empir] mon m>*3 mais ils me font tort3 c> il se voit p> exp]i5ce plu/o/ au reb\rs1 que les memoires excell5tes se ioign5t volonti]s aux iugem5s debiles4 ,ils me font tort aussi en cecy1 qui ne say ri5 si bi5 faire qu'e/re amy1 que les mesmes p>oles qui accus5t ma maladie1 repres5t5t l'+ratitude4 ,on se pr5d de mon affection ma memoire1 et d'vn defaut naturel1 on en fait vn defaut de consci5ce4 ,il a oubli1 dict-on1 cette pri]e ou cette promesse3 il ne se s\ui5t po9t de ses amys3 il ne s'e/ po9t s\u5u de dire1 ou faire1 ou taire cela1 p\r l'am\r de moy4 ,c]tes ie puis aysm5t oubli]3 mais de mettre non*alloir la *>ge que mon amy m'a donnee1 ie ne le fay pas4 ,qu'on se cont5te de ma mis]e1 sans en faire vne espece de malice3 et de la malice autant ennemye de mon humeur4 ,ie me console aucunem5t4 ,premi]em5t sur ce1 que c'e/ vn mal duquel pr9cipallem5t i'ay tir la raison de corrig] vn mal pire1 qui se fu/ facilem5t produit en moy3 sauoir e/ l'ambition1 c> cette deffaillance e/ insuportable qui s'empe/re des negotiations du monde4 ,que comme dis5t plusieurs p>eils exemples du progres de nature1 elle a volonti]s =tifi d'autres facults en moy1 mesure que cette-cy s'e/ affoiblie1 et irois facilem5t c\*ant et allanguissant mon esprit et mon iugem5t1 sur les traces d'autruy1 sans ex]c] leurs propres =ces1 si les inu5tions et op9ions e/rangi]es m'e/oi5t pres5tes p> le b5efice de la memoire4 ,que mon p>l] en e/ plus c\rt3 c> le magas9 de la memoire1 e/ volonti]s plus f\rny de mati]e1 que n'e/ celuy de l'inu5tion4 ,si elle m'eu/ t5u bon1 i'eusse ass\rdi t\s mes amys de babil3 les subiects esueillans cette telle quelle facult que i'ay de les mani] et employ]1 es*auffant et attirant mes disc\rs4 ,c'e/ piti3 ie l'essaye p> la preuue d'aucuns de mes priuez amys3 mesure que la memoire leur f\rnit la *ose enti]e et pres5te1 ils recul5t si arri]e leur n>ration1 et la *>g5t de tant de va9es circon/ances1 que si le conte e/ bon1 ils en e/\ff5t la bont3 s'il ne l'e/ pas1 v\s e/es maudire ou l'heur de leur memoire1 ou le malheur de leur iugem5t4 ,et c'e/ *ose difficile1 de f]m] vn propos1 et de le c\pp] despuis qu'on e/ arr\tt4 ,et n'e/ ri51 o la =ce d'vn *eual se cognoisse plus1 qu' faire vn arre/ rond et net4 ,entre les p]t95ts mesmes1 i'en voy qui veul5t et ne se peuu5t deffaire de leur c\rse4 ,ce p5dant qu'ils c]*5t le po9t de clorre le pas1 ils s'en vont baliu]nant et tra9ant comme des hommes qui deffaill5t de foiblesse4 ,sur t\t les vieill>ds sont dang]eux1 qui la s\u5ance des *oses passees demeure1 et ont p]du la s\u5ance de leurs r$ites4 ,i'ay veu des recits bi5 plaisants1 deu5ir tres-ennuyeux1 en la b\*e d'vn ,seigneur1 *ascun de l'assi/ance en ayant e/ abbreuu c5t fois4 ,secondem5t qu'il me s\ui5t mo9s des (f5ces receus1 a9si que disoit cet anci53 il me faudroit vn protocolle1 comme ,d>ius1 p\r n'oubli] l'(f5se qu'il auoit receue des ,a!ni5s1 faisoit qu'vn page t\ts les c\ps qu'il se mettoit table1 luy v9/ re*ant] p> trois fois l'oreille1 ,sire1 s\ui5ne v\s des ,a!ni5s3 et que les lieux et les liures que ie reuoy1 me ri5t t\si\rs d'vne fres*e n\uellet4 ,ce n'e/ pas sans raison qu'on dit1 que qui ne se s5t po9t assez f]me de memoire1 ne se doit pas mesl] d'e/re m5teur4 ,ie say bi5 que les grammairi5s font diff]5ce1 entre dire m5songe1 et m5tir3 et dis5t que dire m5songe1 c'e/ dire *ose fausse1 mais qu'on a pris p\r vraye1 et que la def9ition du mot de m5tir en ,lat91 d'o no/re ,franois e/ p>ty1 porte autant comme all] contre sa consci5ce3 et que p> consequ5t cela ne t\*e que ceux qui dis5t contre ce qu'ils sau5t1 desquels ie p>le4 ,or ceux icy1 ou ils inu5t5t m>c et t\t1 ou ils dguis5t et alt]5t vn fons v]itable4 ,lors qu'ils dguis5t et *ang5t1 les remettre s\u5t en ce mesme conte1 il e/ mal-ais qu'ils ne se desf]r5t3 p> ce que la *ose1 comme elle e/1 s'e/ant loge la premi]e dans la memoire1 et s'y e/ant empre9cte1 p> la voye de la connoissance et de la sci5ce1 il e/ mal-ais qu'elle ne se repres5te l'imag9ation1 dlogeant la fauscet1 qui n'y peut auoir le pi$ si f]me1 ny si rassis3 et que les circon/ances du premi] apr5tissage1 se c\lant t\s c\ps dans l'esprit1 ne fac5t p]dre le s\u5ir des pieces raportes faulses ou aba/>dies4 ,en ce qu'ils inu5t5t t\t faict1 d'autant qu'il n'y a nulle impression contraire1 qui *oque leur fauscet1 ils sembl5t auoir d'autant mo9s cra9dre de se mescont]4 ,t\tefois encore cecy1 p> ce que c'e/ vn corps va91 et sans prise1 es*appe volonti]s la memoire1 si elle n'e/ bi5 asseuree4 ,dequoy i'ay s\u5t veu l'exp]i5ce1 et plaisamm5t1 aux desp5s de ceux qui font pr(ession de ne =m] autrem5t leur p>ole1 que selon qu'il s]t aux affaires qu'ils negoti5t1 et qu'il plai/ aux gr&s qui ils p>l5t4 ,c> ces circon/ances quoy ils veul5t ass]uir leur foy et leur consci5ce1 e/ans subiettes plusieurs *angem5ts1 il faut que leur p>ole se diu]sifie qu& et qu&3 d'o il adui5t que de mesme *ose1 ils dis5t1 tanto/ gris1 tanto/ iaune3 tel homme d'vne sorte1 tel d'vne autre3 et si p> =tune ces hommes rapport5t en but9 leurs in/ructions si contraires1 que deui5t ce bel art8 ,outre ce qu'imprudemm5t ils se desf]r5t eux-mesmes si s\u5t3 c> quelle memoire leur p\rroit suffire se s\u5ir de tant de diu]ses =mes1 qu'ils ont =ges en vn mesme subiect8 ,i'ay veu plusieurs de mon temps1 enui] la reputation de cette belle sorte de prud5ce3 qui ne voy5t pas1 que si la reputation y e/1 l'effect n'y peut e/re4 ,en v]it le m5tir e/ vn maudit vice4 ,n\s ne sommes hommes1 et ne n\s t5ons les vns aux autres que p> la p>ole4 ,si n\s en connoissions l'horreur et le poids1 n\s le p\rsuiurions feu1 plus iu/em5t que d'autres crimes4 ,ie tr\ue qu'on s'amuse ord9airem5t *a/i] aux enfans des erreurs innoc5tes1 tres mal propos1 et qu'on les t\rm5te p\r des actions tem]aires1 qui n'ont ny impression ny suitte4 ,la m5t]ie seule1 et vn peu au dess\s1 l'op9ia/ret1 me sembl5t e/re celles desquelles on deuroit t\te in/ance combattre la naissance et le progrez1 elles croiss5t qu& et eux3 et depuis qu'on a donn ce faux tra9 la langue1 c'e/ m]ueille combi5 il e/ impossible de l'en retir]4 ,p> o il adui5t1 que n\s voyons des honne/es hommes d'ailleurs1 y e/re subiects et ass]uis4 ,i'ay vn bon g>on de tailleur1 qui ie n'ouy iamais dire vne v]it1 non pas qu& elle s'(fre p\r luy s]uir vtilem5t4 ,si comme la v]it1 le m5songe n'auoit qu'vn visage1 n\s s]ions en meilleurs t]mes3 c> n\s pr5drions p\r c]ta9 l'oppos de ce que diroit le m5teur4 ,mais le reu]s de la v]it a c5t mille figures1 et vn *amp indef9y4 ,les ,py?agori5s font le bi5 c]ta9 et f9y1 le mal inf9y et inc]ta94 ,mille r\ttes desuoy5t du blanc3 vne y va4 ,c]tes ie ne m'asseure pas1 que ie peusse v5ir b\t de moy1 gu>5tir vn dang] euid5t et extresme1 p> vne effrontee et sol5ne m5songe4 ,vn anci5 p]e dit1 que n\s sommes mieux en la compagnie d'vn *i5 cognu1 qu'en celle d'vn homme1 duquel le langage n\s e/ inconnu4 ,vt ext]nus ali5o non sit hom9is vice4 ,et de combi5 e/ le langage faux mo9s sociable que le sil5ce8 ,le ,roy ,franois premi]1 se vantoit d'auoir mis au r\et p> ce moy51 ,francisque ,tau]na1 ,ambassadeur de ,franois ,s=ce ,duc de ,milan1 homme tres-fameux en sci5ce de p>l]ie4 ,cettuy-cy auoit e/ despes* p\r excus] son mai/re enu]s sa ,maie/1 d'vn fait de gr&e consequ5ce2 qui e/oit tel4 ,le ,roy p\r ma9t5ir t\si\rs quelques intellig5ces en ,italie1 d'o il auoit e/ d]ni]em5t *ass1 mesme au ,du* de ,milan1 auoit aduis d'y t5ir pres du ,duc vn ,g5tilhomme de sa "p1 ,ambassadeur p> effect1 mais p> app>5ce homme priu1 qui fi/ la m9e d'y e/re p\r ses affaires p>ticuli]es3 d'autant que le ,duc1 qui dep5doit beauc\p plus de l',emp]eur1 lors pr9cipallem5t qu'il e/oit en traict de m>iage auec sa niepce1 fille du ,roy de ,dannem>c1 qui e/ pres5t d\airi]e de ,lorra9e1 ne p\uoit desc\urir auoir aucune praticque et conf]5ce auecques n\s1 sans son gr& int]e/4 ,a cette commission1 se tr\ua propre vn ,g5til-homme ,milannois1 escuy] d'escurie *ez le ,roy1 nomm ,m]ueille4 ,cettuy-cy despes* auecques lettres secrettes de creance1 et in/ructions d',ambassadeur1 et auec d'autres lettres de recomm5dation enu]s le ,duc1 en faueur de ses affaires p>ticuli]es1 p\r le masque et la montre1 fut si long temps aupres du ,duc1 qu'il en v9t quelque ress5tim5t l',emp]eur3 qui donna cause ce qui s'ensuiuit apres1 comme n\s p5sons3 ce fut1 que s\bs c\leur de quelque meurtre1 voila le ,duc qui luy faict tran*] la te/e de belle nuict1 et son proces faict en deux i\rs4 ,messire ,francisque e/ant v5u pre/ d'vne longue d$uction contrefaicte de cette hi/oire2 c> le ,roy s'en e/oit adress1 p\r dem&] raison1 t\s les ,pr9ces de ,*re/i5t1 et au ,duc mesmes3 fut ouy aux affaires du mat91 et ayant e/ably p\r le fondem5t de sa cause1 et dress cette f91 plusieurs belles app>5ces du faict3 ,que son mai/re n'auoit iamais pris no/re homme1 que p\r ,g5til-homme priu1 et si5 subiect1 qui e/oit v5u faire ses affaires ,milan1 et qui n'auoit iamais vescu l s\bs autre visage3 desadu\ant mesme auoir seu qu'il fu/ en e/at de la maison du ,roy1 ny connu de luy1 tant s'en faut qu'il le pri/ p\r ,ambassadeur4 ,le ,roy son t\r le pressant de diu]ses obiections et dem&es1 et le *>geant de t\tes p>s1 l'acculla en f9 sur le po9t de l'execution faicte de nuict1 et comme la desrobe4 ,a quoy le pauure homme emb>rass1 respondit1 p\r faire l'honne/e1 que p\r le respect de sa ,maie/1 le ,duc eu/ e/ bi5 m>ry1 que telle execution se fu/ faicte de i\r4 ,*acun peut p5s]1 comme il fut releu1 s'e/ant si l\rdem5t c\pp1 l'endroit d'vn tel nez que celuy du ,roy ,franois4 ,le ,pape ,iulle second1 ayant enuoy vn ,ambassadeur v]s le ,roy d',anglet]re1 p\r l'anim] contre le ,roy ,franois1 l',ambassadeur ayant e/ ouy sur sa *>ge1 et le ,roy d',anglet]re s'e/ant arre/ en sa response1 aux difficultez qu'il tr\uoit dress] les prep>atifs qu'il faudroit p\r combattre vn ,roy si puissant1 et en alleguant quelques raisons3 l',ambassadeur repliqua mal propos1 qu'il les auoit aussi consid]es de sa "p1 et les auoit bi5 dictes au ,pape4 ,de cette p>ole si esloigne de sa proposition1 qui e/oit de le p\ss] incont95t la gu]re1 le ,roy d',anglet]re pr9t le premi] argum5t de ce qu'il tr\ua depuis p> effect1 que cet ,ambassadeur1 de son int5tion p>ticuli]e p5doit du co/ de ,france1 et en ayant adu]ty son mai/re1 ses bi5s fur5t confisquez1 et ne t9t gu]e qu'il n'en p]di/ la vie4 ,,*apitre ,x4 ,du p>l] prompt ou t>dif4 ,,onc ne fur5t t\s t\tes graces donnes4 ,aussi voyons n\s qu'au don d'eloqu5ce1 les vns ont la facilit et la promptitude1 et ce qu'on dit1 le b\tehors si ais1 qu' *asque b\t de *amp ils sont pre/s3 les autres plus t>difs ne p>l5t iamais ri5 qu'elab\r et prem$it4 ,comme on donne des regles aux dames de pr5dre les ieux et les ex]cices du corps1 selon l'auantage de ce qu'elles ont le plus beau4 ,si i'auois conseill] de mesmes1 en ces deux diu]s aduantages de l'eloqu5ce1 de laquelle il semble en no/re siecle1 que les ,pres*eurs et les ,aduocats fac5t pr9cipalle pr(ession1 le t>dif s]oit mieux ,pres*eur1 ce me semble1 et l'autre mieux ,aduocat3 p> ce que la *>ge de celuy-l luy donne autant qu'il luy plai/ de loisir p\r se prep>]2 et puis sa c>ri]e se passe d'vn fil et d'vne suite1 sans int]ruption3 l o les commoditez de l',aduocat le press5t t\te heure de se mettre en lice3 et les responces impr\ueus de sa p>tie adu]se1 le reiett5t de son branle1 o il luy faut sur le *amp pr5dre n\ueau p>ty4 ,si e/-ce qu' l'entreueu du ,pape ,clem5t et du ,roy ,franois ,m>seille1 il adu9t t\t au reb\rs1 que ,monsieur ,poyet1 homme t\te sa vie n\rry au b>reau1 en gr&e reputation1 ayant *>ge de faire la h>angue au ,pape1 et l'ayant de longue ma9 p\rp5see1 voire1 ce qu'on dict1 apporte de ,p>is t\te pre/e1 le i\r mesme qu'elle deuoit e/re prononce1 le ,pape se craignant qu'on luy t9/ propos qui peu/ (f5s] les ,ambassadeurs des autres ,pr9ces qui e/oy5t aut\r de luy1 m&a au ,roy l'argum5t qui luy sembloit e/re le plus propre au temps et au lieu1 mais de =tune1 t\t autre que celuy1 sur lequel ,monsieur ,poyet s'e/oit trauaill3 de faon que sa h>5gue demeuroit inutile1 et luy en falloit promptem5t refaire vne autre4 ,mais s'en s5tant incapable1 il fallut que ,monsieur le ,c>d9al du ,bellay en pr9/ la *>ge4 ,la "p de l',aduocat e/ plus difficile que celle du ,pres*eur3 et n\s tr\uons p\rtant ce m'e/ aduis plus de passables ,aduocats que ,pres*eurs1 au mo9s en ,france4 ,il semble que ce soit plus le propre de l'esprit1 d'auoir son op]ation prompte et s\da9e1 et plus le propre du iugem5t1 de l'auoir l5te et pose4 ,mais qui demeure du t\t muet1 s'il n'a loisir de se prep>]1 et celuy aussi1 qui le loisir ne donne aduantage de mieux dire1 ils sont en p>eil degr d'e/ranget4 ,on recite de ,seu]us ,cassius1 qu'il disoit mieux sans y auoir p5s3 qu'il deuoit plus la =tune qu' sa dilig5ce2 qu'il luy v5oit pr\fit d'e/re tr\bl en p>lant3 et que ses adu]saires craignoy5t de le picqu]1 de peur que la col]e ne luy fi/ r$\bl] son eloqu5ce4 ,ie cognois p> exp]i5ce cette condition de nature1 qui ne peut s\/5ir vne vehem5te prem$itation et laborieuse3 si elle ne va gayem5t et librem5t1 elle ne va ri5 qui vaille4 ,n\s disons d'aucuns ouurages qu'ils pu5t l'huyle et la lampe1 p\r c]ta9e aspret et rudesse1 que le trauail imprime en ceux o il a gr&e "p4 ,mais outre cela1 la solicitude de bi5 faire1 et cette cont5tion de l'ame trop b&e et trop t5due son entreprise1 la rompt et l'empes*e1 a9si qu'il adui5t l'eau1 qui p> =ce de se press] de sa viol5ce et abondance1 ne peut tr\u] yssue en vn g\let ouu]t4 ,en cette condition de nature1 dequoy ie p>le1 il y a quant et quant aussi cela1 qu'elle dem&e e/re non pas esbranle et picque p> ces passions =tes1 comme la col]e de ,cassius1 c> ce m\uem5t s]oit trop aspre3 elle veut e/re non pas secoe1 mais sollicite3 elle veut e/re es*auffe et resueille p> les occasions e/rang]es1 pres5tes et =tuites4 ,si elle va t\te seule1 elle ne fait que tra9] et languir3 l'agitation e/ sa vie et sa grace4 ,ie ne me ti5s pas bi5 en ma possession et disposition3 le haz>d y a plus de droit que moy3 l'occasion1 la compaignie1 le branle mesme de ma voix1 tire plus de mon esprit1 que ie n'y tr\ue lors que ie le sonde et employe "p moy4 ,a9si les p>oles en val5t mieux que les escrits1 s'il y peut auoir *ois o il n'y a po9t de prix4 ,cecy m'adui5t aussi1 que ie ne me tr\ue pas o ie me *]*e3 et me tr\ue plus p> r5contre1 que p> l'inquisition de mon iugem5t4 ,i'auray eslanc quelque subtilit en escriuant4 ,i'ent5s bi51 morne p\r vn autre1 affile p\r moy4 ,laissons t\tes ces honne/etez4 ,cela se dit p> *acun selon sa =ce4 ,ie l'ay si bi5 p]due que ie ne say ce que i'ay v\lu dire3 et l'a l'e/rang] desc\u]te p> fois auant moy4 ,si ie portoy le rasoir p> t\t o cela m'adui5t1 ie me desf]oy t\t4 ,le r5contre m'en (frira le i\r quelque autre fois1 plus app>5t que celuy du midy3 et me f]a e/onn] de ma hesitation4 ,,*apitre ,,xi4 ,des progno/ications4 ,,qvant aux oracles1 il e/ c]ta9 que bonne piece auant la v5ue de ,iesus ,*ri/1 ils auoy5t comm5c p]dre leur cr$it3 c> n\s voyons que ,cic]o se met en pe9e de tr\u] la cause de leur defaillance4 ,et ces mots sont luy3 ,cur i/o modo iam oracula ,delphis non eduntur1 non mod no/ra tate1 s$ iamdiu1 vt nihil possit esse contemptius8 ,mais quant aux autres progno/iques1 qui se tiroy5t de l'anatomie des be/es aux sacrifices1 ausquels ,platon attribue en p>tie la con/itution naturelle des membres int]nes d'icelles1 du trepignem5t des p\lets1 du vol des oyseaux1 ,aues quasdam r]um augur&>um causa natas esse putamus1 des f\ldres1 du t\rnoyem5t des riui]es1 ,multa c]nunt aruspices3 multa augures pr\id5t3 multa oraculis decl>antur3 multa vatic9ationibus3 multa somniis3 multa port5tis1 et autres sur lesquels l'anci5net appuyoit la plusp>t des entreprises1 tant publicques que priues2 no/re ,religion les a abolies4 ,et encore qu'il re/e entre n\s quelques moy5s de diu9ation s a/res1 s esprits1 s figures du corps1 s songes1 et ailleurs3 notable exemple de la =c5e curiosit de no/re nature1 s'amusant preoccup] les *oses futures1 comme si elle n'auoit pas assez affaire dig]] les pres5tes3 cur hanc tibi rector ,olympi ,sollicitis visum mortalibus add]e curam1 ,noscant v5turas vt dira p] om9a clades8 ,sit subitum quodcunque p>as1 sit cca futuri ,m5s hom9um fati1 liceat sp]>e tim5ti3 ,ne vtile quidem e/ scire quid futurum sit3 ,mis]um e/ enim nihil pr(ici5tem angi3 si e/-ce qu'elle e/ de beauc\p mo9dre auctorit4 ,voyl p\rquoy l'exemple de ,franois ,m>quis de ,sallusse m'a sembl rem]quable3 c> ,lieut5ant du ,roy ,franois en son arme del les monts1 inf9im5t fauoris de no/re c\r1 et oblig au ,roy du ,m>quisat mesmes1 qui auoit e/ confisqu de son fr]e3 au re/e ne se pres5tant occasion de le faire1 son affection mesme y contr$isant1 se laissa si =t esp\uant]1 comme il a e/ adu]1 aux belles progno/ications qu'on faisoit lors c\rir de t\s co/ez l'aduantage de l',emp]eur ,*>les c9quiesme1 et no/re desauantage 7mesmes en ,italie1 o ces folles propheties auoy5t tr\u tant de place1 qu' ,rome fut baille gr&e somme d'arg5t au *ange1 p\r cette op9ion de no/re ru9e7 qu'apres s'e/re s\u5t condolu ses priuez1 des maux qu'il voyoit ineuitablem5t prep>ez la c\ronne de ,france1 et aux amis qu'il y auoit1 se reuolta1 et *angea de p>ty3 son gr& dommage p\rtant1 quelque con/ellation qu'il y eu/4 ,mais il s'y conduisit en homme combatu de diu]ses passions3 c> ayant et villes et =ces en sa ma91 l'armee ennemie s\bs ,anto9e de ,leue trois pas de luy1 et n\s sans s\pon de son faict1 il e/oit en luy de faire pis qu'il ne fit4 ,c> p\r sa trahison n\s ne p]dismes ny homme1 ny ville que ,fossan3 encore apres l'auoir long temps conte/ee4 ,prud5s futuri temporis exitum ,calig9osa nocte premit ,deus1 ,ridtque si mortalis vltra ,fas trepidat4 ,ille pot5s sui ,ltsque deget1 cui licet 9 diem ,dixisse1 vixi2 cras vel atra ,nube polum pat] occupato1 ,vel sole puro4 ,ltus 9 prs5s animus1 quod vltra e/1 ,od]it cur>e4 ,et ceux qui croy5t ce mot au contraire1 le croy5t tort4 ,i/a sic reciprocantur1 vt et si diu9atio sit1 dij s9t3 et si dij s9t1 sit diu9atio4 ,beauc\p plus sagem5t ,pacuuius1 ,nam i/is qui l+uam auium intelligunt1 ,plsque ex ali5o iecore sapiunt1 qum ex suo1 ,magis audi5dum qum auscult&um c5seo4 ,cette tant celebree art de deu9] des ,toscans nasquit a9s94 ,vn lab\reur p]ant de son c\ltre pr(ondem5t la t]re1 en veid s\rdre ,tages demi-dieu1 d'vn visage enfant91 mais de s5ile prud5ce4 ,*acun y acc\rut1 et fur5t ses p>oles et sci5ce recueillie et cons]uee plusieurs siecles1 cont5ant les pr9cipes et moy5s de cette art4 ,naissance con=me son progrez4 ,i'aym]ois bi5 mieux regl] mes affaires p> le sort des dez que p> ces songes4 ,et de vray en t\tes republiques on a t\si\rs laiss bonne "p d'auctorit au sort4 ,platon en la police qu'il =ge discretion1 luy attribue la decision de plusieurs effects d'importance1 et veut entre autres *oses1 que les m>iages se fac5t p> sort entre les bons4 ,et donne si gr& poids cette election =tuite1 que les enfans qui en naiss5t1 il ordonne qu'ils soy5t n\rris au pas3 ceux qui naiss5t des mauuais1 en soy5t mis hors3 t\tesfois si quelqu'vn de ces bannis v5oit p> cas d'adu5ture montr] en croissant quelque bonne esp]ance de soy1 qu'on le puisse rappell]1 et exil] aussi celuy d'entre les ret5us1 qui montr]a peu d'esp]ance de son adolesc5ce4 ,i'en voy qui e/udi5t et glos5t leurs ,almanacs1 et n\s en allegu5t l'au?orit aux *oses qui se pass5t4 ,a tant dire1 il faut qu'ils di5t et la v]it et le m5songe4 ,quis e/ enim1 qui totum diem iaculans1 non aliqu&o conl9eet8 ,ie ne les e/ime de ri5 mieux1 p\r les voir tomb] en quelque r5contre4 ,ce s]oit plus de c]titude s'il y auoit regle et v]it m5tir t\si\rs4 ,io9t que p]sonne ne ti5t regi/re de leurs mescontes1 d'autant qu'ils sont ord9aires et inf9is3 et fait-on valoir leurs diu9ations de ce qu'elles sont r>es1 incroiables1 et prodigieuses4 ,a9si respondit ,diagoras1 qui fut surnomm l',a!e1 e/ant en la ,samo?race1 celuy qui en luy montrant au ,temple =ce vuz et tableaux de ceux qui auoy5t es*ap le naufrage1 luy dit3 ,et bi5 v\s1 qui p5sez que les ,dieux mett5t non*aloir les *oses huma9es1 que dittes v\s de tant d'hommes sauuez p> leur grace8 ,il se fait a9si1 respondit-il3 ceux l ne sont pas pe9ts qui sont demeurez noyez1 en bi5 plus gr& nombre4 ,cic]o dit1 que le seul ,x5ophanes ,colophoni5 entre t\s les ,philosophes1 qui ont adu\ les ,dieux1 a essay de desrac9] t\te sorte de diu9ation4 ,d'autant e/-il mo9s de m]ueille1 si n\s auons veu p> fois leur dommage1 aucunes de nos ames pr9cipesques s'arre/] ces vanitez4 ,ie v\drois bi5 auoir reconnu de mes yeux ces deux m]ueilles1 du liure de ,ioa*im ,abb ,calabrois1 qui pr$isoit t\s les ,papes futurs2 leurs noms et =mes2 et celuy de ,leon l',emp]eur qui pr$isoit les ,emp]eurs et ,patri>*es de ,grece4 ,cecy ay-ie reconnu de mes yeux1 qu's confusions publiques1 les hommes e/onnez de leur =tune1 se vont reiettant1 comme t\te sup]/ition1 re*]*] au ciel les causes et m5aces anci5nes de leur malheur3 et y sont si e/rangem5t heureux de mon temps1 qu'ils m'ont p]suad1 qu'a9si que c'e/ vn amusem5t d'esprits aiguz et oisifs1 ceux qui sont duicts ce/e subtilit de les repli] et desn\r1 s]oy5t en t\s escrits capables de tr\u] t\t ce qu'ils y dem&5t4 ,mais sur t\t leur pre/e beau ieu1 le p>l] obscur1 ambigu et fanta/ique du i>gon prophetique1 auquel leurs au!urs ne donn5t aucun s5s clair1 af9 que la po/]it y en puisse appliqu] de tel qu'il luy plaira4 ,le demon de ,socrates e/oit l'aduanture c]ta9e impulsion de volont1 qui se pres5toit luy sans le conseil de son disc\rs4 ,en vne ame bi5 espuree1 comme la si5ne1 et prep>ee p> cont9u ex]cice de sagesse et de v]tu1 il e/ vray-semblable que ces incl9ations1 quoy que tem]aires et indige/es1 e/oy5t t\si\rs importantes et dignes d'e/re suiuies4 ,*acun s5t en soy quelque image de telles agitations d'vne op9ion prompte1 vehem5te et =tuite4 ,c'e/ moy de leur donn] quelque au?orit1 qui en donne si peu no/re prud5ce4 ,et en ay eu de p>eillem5t foibles en raison1 et viol5tes en p]suasion1 ou en dissuasion1 qui e/oit plus ord9aire ,socrates1 ausquelles ie me laissay emport] si vtilem5t et heureusem5t1 qu'elles p\rroy5t e/re iugees t5ir quelque *ose d'inspiration diu9e4 ,,*apitre ,,xii4 ,de la con/ance4 ,,la loy de la resolution et de la con/ance ne porte pas que n\s ne n\s deuions c\urir1 autant qu'il e/ en no/re puissance1 des maux et inconu5i5s qui n\s m5ass5t1 ny p> consequ5t d'auoir peur qu'ils n\s surpreign5t4 ,au reb\rs1 t\s moy5s honne/es de se g>5tir des maux1 sont non seulem5t p]mis1 mais l\ables4 ,et le ieu de la con/ance se i\ pr9cipalem5t port] de pi$ f]me1 les inconu5i5s o il n'y a po9t de rem$e4 ,de mani]e qu'il n'y a s\pplesse de corps1 ny m\uem5t aux armes de ma91 que n\s tr\uions mauuais1 s'il s]t n\s g>antir du c\p qu'on n\s rue4 ,plusieurs nations tresbelliqueuses se s]uoy5t en leurs faits d'armes1 de la fuite1 p\r aduantage pr9cipal1 et montroy5t le dos l'ennemy plus dang]eusem5t que leur visage4 ,les ,turcs en reti5n5t quelque *ose4 ,et ,socrates en ,platon se mocque de ,la*es1 qui auoit def9y la =titude1 se t5ir f]me en son r5g contre les ennemis4 ,quoy1 feit-il1 s]oit ce donc las*et de les battre en leur faisant place8 ,et luy allegue ,hom]e1 qui l\ en neas la sci5ce de fuir4 ,et p> ce que ,la*es se r'aduisant1 adu\ cet vsage aux ,scy!s1 et en f9 g5]allem5t t\s g5s de *eual3 il luy allegue encore l'exemple des g5s de pi$ ,lac$emoni5s 7nation sur t\tes duitte combatre de pi$ f]me7 qui en la i\rnee de ,platees1 ne p\uant ouurir la phalange ,p]si5ne1 s'aduis]5t de s'esc>t] et si] arri]e3 p\r1 p> l'op9ion de leur fuitte1 faire rompre et diss\dre cette masse1 en les p\rsuiuant4 ,p> o ils se donn]5t la victoire4 ,t\*ant les ,scy!s1 on dit d'eux1 qu& ,d>ius alla p\r les subiug]1 qu'il m&a leur ,roy =ce repro*es1 p\r le voir t\si\rs reculant deuant luy1 et gau*issant la meslee4 ,a quoy ,inda?yrsez1 c> a9si se nommoit-il1 fit responce1 que ce n'e/oit p\r auoir peur de luy1 ny d'homme viuant3 mais que c'e/oit la faon de m>*] de sa nation3 n'ayant ny t]re cultiuee1 ny ville1 ny maison deff5dre1 et cra9dre que l'ennemy en peu/ faire pr(it4 ,mais s'il auoit si gr& faim d'en mang]1 qu'il appro*a/ p\r voir le lieu de leurs anci5nes sepultures1 et que l il tr\u]oit qui p>l] t\t son sa\l4 ,t\tes-fois aux canonnades1 depuis qu'on leur e/ plant en butte1 comme les occasions de la gu]re port5t s\u5t1 il e/ messeant de s'esbranl] p\r la m5ace du c\p3 d'autant que p> sa viol5ce et vitesse n\s le t5ons ineuitable3 et en y a me9t vn qui p\r auoir ou hauss la ma91 ou baiss la te/e1 en a p\r le mo9s appre/ rire ses compagnons4 ,si e/-ce qu'au voyage que l',emp]eur ,*>les c9quiesme fit contre n\s en ,pr\5ce1 le ,m>quis de ,gua/ e/ant all recognoi/re la ville d',arle1 et s'e/ant iett hors du c\u]t d'vn m\l9 v5t1 la faueur duquel il s'e/oit appro*1 fut app]ceu p> les ,seigneurs de ,bonneual et ,s5es*al d',ag5ois1 qui se prom5oy5t sus le !atre aux ar5es3 lesquels l'ayant montr au ,seigneur de ,villi]s ,commissaire de l'artill]ie1 il braqua si propos vne c\leur9e1 que sans ce que l$ict ,m>quis voyant mettre le feu se lana qu>ti]1 il fut t5u qu'il en auoit dans le corps4 ,et de mesmes quelques annees aup>avant1 ,laur5t de ,m$icis1 ,duc d',vrb91 p]e de la ,royne1 m]e du ,roy1 assiegeant ,mondolphe1 place d',italie1 aux t]res qu'on nomme du ,vic>iat1 voyant mettre le feu vne piece qui le reg>doit1 bi5 luy s]uit de faire la cane3 c> autrem5t le c\p1 qui ne luy rasa que le dessus de la te/e1 luy donnoit sans d\te dans l'e/oma*4 ,p\r en dire le vray1 ie ne croy pas que ces m\uem5ts se fiss5t auecques disc\rs3 c> quel iugem5t p\uez-v\s faire de la mire haute ou basse en *ose si s\da9e8 et e/ bi5 plus ais croire1 que la =tune fauorisa leur frayeur3 et que ce s]oit moy5 vne autre fois aussi bi5 p\r se iett] dans le c\p1 que p\r l'euit]4 ,ie ne me puis deff5dre si le bruit esclatant d'vne h>quebusade vi5t me frap] les oreilles l'impr\ueu1 en lieu o ie ne le deusse pas att5dre1 que ie n'en tressaille3 ce que i'ay veu encores adu5ir d'autres qui val5t mieux que moy4 ,ny n'ent5d5t les ,/oici5s1 que l'ame de leur sage puisse resi/] aux premi]es visions et fantaisies qui luy surui5n5t3 a9s comme vne subiection naturelle cons5t5t qu'il c$e au gr& bruit du ciel1 ou d'vne ru9e1 p\r exemple1 iusques la palleur et contraction3 a9s9 aux autres passions1 p\rueu que son op9ion demeure sauue et enti]e1 et que l'assiette de son disc\rs n'en s\ffre atte9te ny alt]ation quelconque1 et qu'il ne pre/e nul cons5tem5t son effroy et s\ffrance4 ,de celuy1 qui n'e/ pas sage1 il en va de mesmes en la premi]e p>tie1 mais t\t autrem5t en la seconde4 ,c> l'impression des passions ne demeure pas en luy sup]ficielle3 a9s va p5etrant iusques au siege de sa raison1 l'infectant et la corrompant4 ,il iuge selon icelles1 et s'y con=me4 ,voyez bi5 dis]tem5t et pla9em5t l'e/at du sage ,/oique3 ,m5s immota manet1 lacrym voluuntur inanes4 ,le sage ,p]ipatetici5 ne s'exempte pas des p]turbations1 mais il les mod]e4 ,,*apitre ,,xiii4 ,c]emonie de l'entreueu des rois4 ,,il n'e/ subiect si va91 qui ne m]ite vn rang en cette rapsodie4 ,a nos regles communes1 ce s]oit vne notable disc\rtoisie et l'endroit d'vn p>eil1 et plus l'endroit d'vn gr&1 de faillir v\s tr\u] *ez v\s1 qu& il v\s auroit adu]ty d'y deuoir v5ir3 ,voire adi\/oit la ,royne de ,nau>re ,m>gu]ite ce propos1 que c'e/oit inciuilit vn ,g5til-homme de p>tir de sa maison1 comme il se faict le plus s\u5t1 p\r all] au deuant de celuy qui le vi5t tr\u]1 p\r gr& qu'il soit3 et qu'il e/ plus respectueux et ciuil de l'att5dre1 p\r le receuoir1 ne fu/ que de peur de faillir sa r\te3 et qu'il suffit de l'accompagn] son p>tem5t4 ,p\r moy i'oublie s\u5t l'vn et l'autre de ces va9s (fices3 comme ie retran*e en ma maison autant que ie puis de la c]imonie4 ,quelqu'vn s'en (f5ce3 qu'y f]ois-ie8 ,il vaut mieux que ie l'(f5ce p\r vne fois1 que moy t\s les i\rs3 ce s]oit vne subiection cont9uelle4 ,a quoy faire fuit-on la s]uitude des c\rs1 si on l'entra9e iusques en sa tani]e8 ,c'e/ aussi vne regle commune en t\tes assemblees1 qu'il t\*e aux mo9dres de se tr\u] les premi]s l'assignation1 d'autant qu'il e/ mieux deu aux plus app>ans de se faire att5dre4 ,t\tesfois l'entreueu qui se dressa du ,pape ,clem5t1 et du ,roy ,franois ,m>seille1 le ,roy y ayant ordonn les appre/s necessaires1 s'esloigna de la ville1 et donna loisir au ,pape de deux ou trois i\rs p\r son entree et refres*issem5t1 auant qu'il le v9/ tr\u]4 ,et de mesmes l'entree aussi du ,pape et de l',emp]eur ,b\loigne1 l',emp]eur donna moy5 au ,pape d'y e/re le premi] et y suru9t apres luy4 ,c'e/1 dis5t-ils1 vne c]imonie ord9aire aux ab\*em5s de tels ,pr9ces1 que le plus gr& soit auant les autres au lieu assign1 voire auant celuy *ez qui se fait l'assemblee3 et le pr5n5t de ce biais1 que c'e/ af9 que cette app>5ce tesmoigne1 que c'e/ le plus gr& que les mo9dres vont tr\u]1 et le re*]*5t1 non pas luy eux4 ,non seulem5t *asque pas1 mais *asque cit et *asque vacation a sa ciuilit p>ticuli]e4 ,i'y ay e/ assez soigneusem5t dress en mon enfance1 et ay vescu en assez bonne compaignie1 p\r n'ignor] pas les loix de la no/re ,franoise3 et en ti5drois es*ole4 ,i'aime les ensuiure1 mais non pas si c\>dem5t1 que ma vie en demeure contra9cte4 ,elles ont quelques =mes p5ibles1 lesquelles p\rueu qu'on oublie p> discretion1 non p> erreur1 on n'en a pas mo9s de grace4 ,i'ay veu s\u5t des hommes inciuils p> trop de ciuilit1 et importuns de c\rtoisie4 ,c'e/ au demeurant vne tres-vtile sci5ce que la sci5ce de l'entreg5t4 ,elle e/1 comme la grace et la beaut1 conciliatrice des premi]s abords de la societ et famili>it3 et p> consequ5t n\s ouure la porte n\s in/ruire p> les exemples d'autruy1 et exploitt] et produire no/re exemple1 s'il a quelque *ose d'in/ruisant et communicable4 ,,*apitre ,,xiiii4 ,on e/ puny p\r s'op9ia/r] en vne place sans raison4 ,,la vaillance a ses limites1 comme les autres v]tus3 lesquels fran*is1 on se tr\ue dans le tra9 du vice3 en mani]e que p> *ez elle on se peut r5dre la tem]it1 ob/9ation et folie1 qui n'en sait bi5 les bornes1 malaisez en v]it *oisir sur leurs conf9s4 ,de cette consid]ation e/ nee la c\/ume que n\s auons aux gu]res1 de punir1 voire de mort1 ceux qui s'op9ia/r5t def5dre vne place1 qui p> les regles militaires ne peut e/re s\/5ue4 ,autrem5t s\bs l'esp]ance de l'impunit il n'y auroit p\lli] qui n'arre/a/ vne armee4 ,monsieur le ,conne/able de ,mommor5cy au siege de ,pauie1 ayant e/ commis p\r pass] le ,tes91 et se log] aux fauxb\rgs ,s4 ,anto9e1 e/ant empes* d'vne t\r au b\t du pont1 qui s'op9ia/ra iusques se faire batre1 feit p5dre t\t ce qui e/oit d$ans3 et encore depuis accompagnant ,monsieur le ,dauph9 au voyage del les monts1 ayant pr9s p> =ce le ,*a/eau de ,villane1 et t\t ce qui e/oit d$ans ayant e/ mis en pieces p> la furie des soldats1 horsmis le ,capita9e et l'enseigne1 il les fit p5dre et e/rangl] p\r cette mesme raison3 comme fit aussi le ,capita9e ,m>t9 du ,bellay lors ,g\u]neur de ,tur91 en cette mesme contree1 le ,capita9e de ,s4 ,bony3 le re/e de ses g5s ayant e/ massacr la pr9se de la place4 ,mais d'autant que le iugem5t de la valeur et foiblesse du lieu1 se pr5d p> l'e/imation et contrepois des =ces qui l'assaill5t 7c> tel s'op9ia/r]oit iu/em5t contre deux c\leur9es1 qui f]oit l'enrag d'att5dre tr5te canons7 ou se met encore en conte la gr&eur du ,pr9ce conqu]ant1 sa reputation1 le respect qu'on luy doit3 il y a dang] qu'on presse vn peu la balance de ce co/ l4 ,et en adui5t p> ces mesmes t]mes1 que tels ont si gr&e op9ion d'eux et de leurs moy5s1 que ne leur semblant raisonnable qu'il y ait ri5 digne de leur faire te/e1 ilz pass5t le c\/eau p> t\t o ils tr\u5t resi/ance1 autant que =tune leur dure3 comme il se voit p> les =mes de sommation et deffi1 que les ,pr9ces d',ori5t et leurs successeurs1 qui sont encores1 ont en vsage1 fi]e1 hauta9e et ple9e d'vn comm&em5t b>b>esque4 ,et au qu>ti] p> o les ,portugaiz escorn]5t les ,indes1 ils tr\u]5t des e/ats auec cette loy vniu]selle et inuiolable1 que t\t ennemy va9cu p> le ,roy en pres5ce1 ou p> son ,lieut5ant e/ hors de composition de ranon et de m]cy4 ,a9si sur t\t il se faut g>d] qui peut1 de tomb] entre les ma9s d'vn ,iuge ennemy1 victorieux et arm4 ,,*apitre ,,xv4 ,de la punition de la c\>dise4 ,i',,ovy autrefois t5ir vn ,pr9ce1 et tresgr& ,capita9e1 que p\r las*et de cur vn soldat ne p\uoit e/re condamn mort3 luy e/ant table fait recit du proces du ,seigneur de ,v]u9s1 qui fut condamn mort p\r auoir r5du ,b\loigne4 ,a la v]it c'e/ raison qu'on face gr&e diff]5ce entre les fautes qui vi5n5t de no/re foiblesse1 et celles qui vi5n5t de no/re malice4 ,c> en celles icy n\s n\s sommes b&ez no/re esci5t contre les regles de la raison1 que nature a empre9tes en n\s3 et en celles l1 il semble que n\s puissions appell] g>ant cette mesme nature p\r n\s auoir laiss en telle imp]fection et deffaillance4 ,de mani]e que pr\ de g5s ont p5s qu'on ne se p\uoit pr5dre n\s1 que de ce que n\s faisons contre no/re consci5ce3 et sur cette regle e/ en p>tie fondee l'op9ion de ceux qui condamn5t les punitions capitales aux h]etiques et mescreans3 et celle qui e/ablit qu'vn ,aduocat et vn ,iuge ne puiss5t e/re t5uz de ce que p> ignorance ils ont failly en leur *>ge4 ,mais quant la coardise1 il e/ c]ta9 que la plus commune faon e/ de la *a/i] p> honte et ignom9ie4 ,et ti5t-on que cette regle a e/ premi]em5t mise en vsage p> le legislateur ,*>ondas3 et qu'auant luy les loix de ,grece punissoy5t de mort ceux qui s'en e/oy5t fuis d'vne bataille3 l o il ordonna seulem5t qu'ils fuss5t p> trois i\rs assis emmy la place publicque1 ve/us de robe de femme3 esp]ant encores s'en p\uoir s]uir1 leur ayant fait reu5ir le c\rage p> cette honte4 ,suffund]e malis hom9is sangu9em qum effund]e4 ,il semble aussi que les loix ,roma9es punissoy5t anci5nem5t de mort1 ceux qui auoy5t fuy4 ,c> ,ammianus ,m>cell9us dit que l',emp]eur ,iuli5 condemna dix de ses soldats1 qui auoy5t t\rn le dos vne *>ge contre les ,p>!s1 e/re degradez1 et apres s\ffrir mort1 suyuant1 dit-il1 les loix anci5nes4 ,t\tes-fois ailleurs p\r vne p>eille faute il en condemne d'autres1 seulem5t se t5ir p>my les prisonni]s s\s l'enseigne du bagage4 ,l'aspre *a/iem5t du peuple ,roma9 contre les soldats es*apez de ,cannes1 et en cette mesme gu]re1 contre ceux qui accompaign]5t ,cn4 ,fuluius en sa deffaitte1 ne v9t pas la mort4 ,si e/-il cra9dre que la honte les desesp]e1 et les r5de non froids amis seulem5t1 mais ennemis4 ,du temps de nos ,p]es le ,seigneur de ,franget1 iadis ,lieut5ant de la compaignie de ,monsieur le ,m>es*al de ,*a/illon1 ayant p> ,monsieur le ,m>es*al de ,*abannes e/ mis ,g\u]neur de ,font>abie au lieu de ,monsieur du ,lude1 et l'ayant r5due aux ,espagnols1 fut condamn e/re degrad de noblesse1 et tant luy que sa po/]it decl> roturi]1 taillable et incapable de port] armes3 et fut cette rude s5t5ce executee ,lyon4 ,depuis s\ffrir5t p>eille punition t\s les ,g5tils-hommes qui se tr\u]5t dans ,guyse1 lors que le ,comte de ,nansau y entra3 et autres encore depuis4 ,t\tesfois qu& il y auroit vne si grossi]e et app>ante ou ignorance ou c\>dise1 qu'elle surpassa/ t\tes les ord9aires1 ce s]oit raison de la pr5dre p\r suffisante preuue de mes*ancet et de malice1 et de la *a/i] p\r telle4 ,,*apitre ,,xvi4 ,vn traict de quelques ambassadeurs4 ,i',,obs]ve en mes voyages cette practique1 p\r appr5dre t\si\rs quelque *ose1 p> la communication d'autruy1 qui e/ vne des plus belles es*oles qui puisse e/re1 de ram5] t\si\rs ceux1 auec qui ie conf]e1 aux propos des *oses qu'ils sau5t le mieux4 ,ba/i al noc*i]o ragion> de' v5ti1 ,al bifolco dei tori1 et le sue piaghe ,conti 'l gu]ri]1 conti 'l pa/or gli arm5ti4 ,c> il adui5t le plus s\u5t au contraire1 que *acun *oisit plu/o/ disc\rir du me/i] d'vn autre que du si53 e/imant que c'e/ autant de n\uelle reputation acquise3 tesmo+ le repro*e qu',ar*idamus feit ,p]i&]1 qu'il quittoit la gloire d'vn bon ,m$ec91 p\r acqu]ir celle de mauuais ,pote4 ,voyez combi5 ,ces> se desploye l>gem5t n\s faire ent5dre ses inu5tions ba/ir ponts et eng9s3 et combi5 au prix il va se s]rant1 o il p>le des (fices de sa pr(ession1 de sa vaillance1 et conduite de sa milice4 ,ses exploicts le v]ifi5t assez ,capita9e excell5t3 il se veut faire cognoi/re excell5t ,+5ieur2 qualit aucunem5t e/rang]e4 ,le vieil ,dionysius e/oit tres gr& *ef de gu]re1 comme il conu5oit sa =tune3 mais il se trauailloit donn] pr9cipale recomm5dation de soy1 p> la posie3 et si n'y sauoit gu]e4 ,vn homme de vacation iuridique1 m5 ces i\rs passez voir vne e/ude f\rnie de t\tes sortes de liures de son me/i]1 et de t\t autre me/i]1 n'y tr\ua nulle occasion de s'entret5ir3 mais il s'arre/a glos] rudem5t et magi/ralem5t vne b>ricade logee sur la vis de l'e/ude1 que c5t ,capita9es et soldats recognoiss5t t\s les i\rs1 sans rem]que et sans (f5se4 ,optat ephippia bos pig]1 optat ar>e caballus4 ,p> ce tra9 v\s ne faictes iamais ri5 qui vaille4 ,a9s91 il faut trauaill] de reiett] t\si\rs l'ar*itecte1 le pe9tre1 le cordonni]1 et a9si du re/e *acun son gibi]4 ,et ce propos1 la lecture des hi/oires1 qui e/ le subiet de t\tes g5s1 i'ay acc\/um de consid]] qui en sont les escriua9s3 si ce sont p]sonnes1 qui ne fac5t autre pr(ession que de lettres1 i'en apr5 pr9cipalem5t le /ile et le langage3 si ce sont ,m$ec9s1 ie les croy plus volonti]s en ce qu'ils n\s dis5t de la temp]ature de l'air1 de la sant et complexion des ,pr9ces1 des blessures et maladies3 si ,iurisconsultes1 il en faut pr5dre les contr\]ses des droicts1 les loix1 l'e/ablissem5t des polices1 et *oses p>eilles3 si ,!ologi5s1 les affaires de l',eglise1 c5sures ,ecclesia/iques1 disp5ces et m>iages3 si c\rtisans1 les meurs et les c]imonies3 si g5s de gu]re1 ce qui e/ de leur *>ge1 et pr9cipalem5t les d$uctions des exploits o ils se sont tr\uez en p]sonne3 si ,ambassadeurs1 les m5ees1 intellig5ces1 et praticques1 et mani]e de les conduire4 ,a cette cause1 ce que i'eusse pass vn autre1 sans m'y arre/]1 ie l'ay pois et rem>qu en l'hi/oire du ,seigneur de ,langey1 tres ent5du en telles *oses4 ,c'e/ qu'apres auoir cont ces belles remon/rances de l',emp]eur ,*>les c9quiesme1 faictes au consi/oire ,rome1 pres5t l',euesque de ,macon1 et le ,seigneur du ,velly nos ,ambassadeurs1 o il auoit mesl plusieurs p>olles outrageuses contre n\s2 et entre autres1 que si ses ,capita9es et soldats n'e/oi5t d'autre fidelit et suffisance en l'art militaire1 que ceux du ,roy1 t\t sur l'heure il s'atta*]oit la corde au col1 p\r luy all] dem&] mis]icorde4 ,et de cecy il semble qu'il en creu/ quelque *ose3 c> deux ou trois fois en sa vie depuis il luy adu9t de r$ire ces mesmes mots4 ,aussi qu'il dfia le ,roy de le combatre en *emise auec l'espee et le poign>d1 dans vn batteau4 ,l$it ,seigneur de ,langey suiuant son hi/oire1 adi\/e que lesdicts ,ambassadeurs faisans vne despes*e au ,roy de ces *oses1 luy en dissimul]5t la plus gr&e p>tie1 mesmes luy cel]5t les deux articles prec$5s4 ,or i'ay tr\u bi5 e/range1 qu'il fu/ en la puissance d'vn ,ambassadeur de disp5s] sur les adu]tissem5s qu'il doit faire son mai/re1 mesme de telle consequ5ce1 v5ant de telle p]sonne1 et dits en si gr&'assemblee4 ,et m'eu/ sembl l'(fice du s]uiteur e/re1 de fidelem5t repres5t] les *oses en leur enti]1 comme elles sont adu5us3 af9 que la lib]t d'ordonn]1 iug]1 et *oisir demeura/ au mai/re4 ,c> de luy alt]] ou ca*] la v]it1 de peur qu'il ne la preigne autrem5t qu'il ne doit1 et que cela ne le p\sse quelque mauuais p>ty1 et ce p5dant le laiss] ignorant de ses affaires1 cela m'eu/ sembl app>t5ir celuy1 qui donne la loy1 non celuy qui la reoit1 au curateur et mai/re d'es*ole1 non celuy qui se doit p5s] inf]ieur1 comme en au?orit1 aussi en prud5ce et bon conseil4 ,quoy qu'il en soit1 ie ne v\droy pas e/re s]uy de cette faon en mon petit faict4 ,n\s n\s s\/rayons si volonti]s du comm&em5t s\s quelque pretexte1 et vsurpons sur la mai/rise3 *ascun aspire si naturellem5t la lib]t et au?orit1 qu'au sup]ieur nulle vtilit ne doibt e/re si *]e1 v5ant de ceux qui le s]u5t1 comme luy doit e/re *]e leur simple et naifue obeissance4 ,on corrompt l'(fice du comm&]1 qu& on y obeit p> discretion1 non p> subiection4 ,et ,p4 ,crassus1 celuy que les ,roma9s e/im]5t c9q fois heureux1 lors qu'il e/oit en ,asie ,consul1 ayant m& vn ,+5ieur ,grec1 de luy faire m5] le plus gr& des deux mas de nauire1 qu'il auoit veu ,a!nes1 p\r quelque eng9 de batt]ie1 qu'il en v\loit faire3 celuy cy s\s titre de sa sci5ce1 se donna loy de *oisir autrem5t1 et m5a le plus petit1 et selon la raison de art1 le plus commode4 ,crassus1 ayant patiemm5t ouy ses raisons1 luy feit tres-bi5 donn] le f\et3 e/imant l'int]e/ de la discipl9e plus que l'int]e/ de l'ouurage4 ,d'autre "p p\rtant on p\rroit aussi consid]]1 que cette obessance si contre9te1 n'app>ti5t qu'aux comm&em5ts precis et prefix4 ,les ,ambassadeurs ont vne *>ge plus libre1 qui en plusieurs p>ties dep5d s\u]a9em5t de leur disposition4 ,ils n'execut5t pas simplem5t1 mais =m5t aussi1 et dress5t p> leur conseil1 la volont du mai/re4 ,i'ay veu en mon temps des p]sonnes de comm&em5t1 repr9s d'auoir plu/o/ obey aux p>oles des lettres du ,roy1 qu' l'occasion des affaires qui e/oi5t pres d'eux4 ,les hommes d'ent5dem5t accus5t encore aui\rd'huy1 l'vsage des ,roys de ,p]se1 de taill] les morceaux si c\rts leurs ag5ts et lieut5ans1 qu'aux mo9dres *oses ils euss5t rec\rir leur ordonnance4 ,ce delay1 en vne si longue e/5due de dom9ation1 ayant s\u5t apport des notables dommages leurs affaires4 ,et ,crassus1 escriuant vn homme du me/i]1 et luy donnant aduis de l'vsage auquel il de/9oit ce mas1 sembloit-il pas entr] en conf]5ce de sa delib]ation1 et le conui] int]pos] son decret8 ,,*apitre ,,xvii4 ,de la peur4 ,,ob/vpvi1 /et]ntque com1 et vox faucibus hsit4 ,ie ne suis pas bon naturali/e 7qu'ils dis5t7 et ne sai gui]e p> quels ressors la peur agit en n\s1 mais tant y a que c'e/ vne e/range passion3 et dis5t les ,m$ec9s qu'il n'en e/ aucune1 qui emporte plu/o/ no/re iugem5t hors de sa deu assiete4 ,de vray1 i'ay veu beauc\p de g5s deu5us ins5sez de peur3 et au plus rassis il e/ c]ta9 p5dant que son accs dure1 qu'elle eng5dre de t]ribles esbl\issem5s4 ,ie laisse "p le vulgaire1 qui elle repres5te tanto/ les bisayeulx sortis du tombeau enueloppez en leur suaire1 tanto/ des ,l\ps-g>\ps1 des ,lut9s1 et des ,*im]es4 ,mais p>my les soldats mesme1 o elle deuroit tr\u] mo9s de place1 combi5 de fois a elle *ang vn tr\peau de brebis en esquadron de corselets8 des roseaux et des cannes en g5s-d>mes et lanci]s8 nos amis en nos ennemis8 et la croix blan*e la r\ge8 ,lors que ,monsieur de ,b\rbon pr9t ,rome1 vn port'enseigne1 qui e/oit la g>de du b\rg sa9ct ,pi]re1 fut saisi de tel effroy la premi]e al>me1 que p> le tr\ d'vne ru9e il se ietta1 l'enseigne au po+1 hors la ville droit aux ennemis1 p5sant tir] v]s le d$ans de la ville2 et pe9e en f9 voyant la tr\pe de ,monsieur de ,b\rbon se r5g] p\r le s\/5ir1 e/imant que ce fu/ vne sortie que ceux de la ville fiss5t1 il se recogneut1 et t\rnant te/e r'entra p> ce mesme tr\1 p> lequel il e/oit sorty1 plus de trois c5s pas auant en la campaigne4 ,il n'en adu9t pas du t\t si heureusem5t l'enseigne du ,capita9e ,iulle1 lors que ,sa9ct ,paul fut pris sur n\s p> le ,comte de ,bures et ,monsieur du ,reu4 ,c> e/ant si =t esp]du de frayeur1 que de se iett] t\t son enseigne hors de la ville1 p> vne canonni]e1 il fut mis en pieces p> les assaillans4 ,et au mesme siege1 fut memorable la peur qui s]ra1 saisit1 et glaa si =t le cur d'vn ,g5til-homme1 qu'il en tomba roide mort p> t]re la bres*e1 sans aucune blessure4 ,p>eille rage p\sse p> fois t\te vne multitude4 ,en l'vne des r5contres de ,g]manicus contre les ,allemans1 deux grosses tr\ppes pr9dr5t d'effroy deux r\tes opposites1 l'vne fuyoit d'o l'autre p>toit4 ,tanto/ elle n\s donne des aisles aux talons1 comme aux deux premi]s3 tanto/ elle n\s cloe les pi$s1 et les entraue3 comme on lit de l',emp]eur ,!ophile1 lequel en vne bataille qu'il p]dit contre les ,ag>5es1 deu9t si e/onn et si transi1 qu'il ne p\uoit pr5dre p>ty de s'enfuyr3 ade pauor etiam auxilia =midat3 iusques ce que ,manuel l'vn des pr9cipaux *efs de son armee1 l'ayant tirass et seco1 comme p\r l'esueill] d'vn pr(ond somme1 luy dit3 ,si v\s ne me suiuez ie v\s tu]ay3 c> il vaut mieux que v\s p]diez la vie1 que si e/ant prisonni] v\s v5iez p]dre l',empire4 ,lors exprime elle sa d]ni]e =ce1 qu& p\r son s]uice elle n\s reiette la vaillance1 qu'elle a s\/raitte no/re deuoir et no/re honneur4 ,en la premi]e iu/e bataille que les ,roma9s p]dir5t contre ,hannibal1 s\s le ,consul ,sempronius1 vne tr\pe de bi5 dix mille hommes de pi$1 qui pr9t l'esp\uante1 ne voyant ailleurs p> o faire passage sa las*et1 s'alla iett] au trau]s le gros des ennemis3 lequel elle p]a d'un m]ueilleux ef=t1 auec gr& meurtre de ,c>?ag9ois3 a*etant vne honteuse fuite1 au mesme prix qu'elle eu/ eu vne glorieuse victoire4 ,c'e/ ce dequoy i'ay le plus de peur que la peur4 ,aussi surmonte elle en aigreur t\s autres accid5ts4 ,quelle affection peut e/re plus aspre et plus iu/e1 que celle des amis de ,pompeius1 qui e/oi5t en son nauire1 spectateurs de cet horrible massacre8 ,si e/-ce que la peur des voiles ,egypti5nes1 qui comm5oi5t les appro*]1 l'e/\ffa de mani]e1 qu'on a rem]qu1 qu'ils ne s'amus]5t qu' ha/] les m>9i]s de dilig5t]1 et de se sauu] c\ps d'auiron2 iusques ce qu'arriuez ,tyr1 libres de cra9te1 ils eur5t loy de t\rn] leur p5see la p]te qu'ils v5oi5t de faire1 et las*] la bride aux lam5tations et aux l>mes1 que cette autre plus =te passion auoit susp5des4 ,tum pauor sapi5tiam omnem mihi ex animo expectorat4 ,ceux qui auront e/ bi5 frotts en quelque e/\r de gu]re1 t\s blessez encor et ensanglantez1 on les rame9e bi5 le l5dema9 la *>ge4 ,mais ceux qui ont coneu quelque bonne peur des ennemis1 v\s ne les leur f]iez pas seulem5t reg>d] en face4 ,ceux qui sont en pressante cra9te de p]dre leur bi51 d'e/re exilez1 d'e/re subiuguez1 viu5t en cont9uelle angoisse1 en p]d5t le boire1 le mang]1 et le repos4 ,l o les pauures1 les bannis1 les s]fs1 viu5t s\u5t aussi ioyeusem5t que les autres4 ,et tant de g5s1 qui de l'impati5ce des po9tures de la peur1 se sont p5dus1 noyez1 et precipitez1 n\s ont bi5 appr9s qu'elle e/ encores plus importune et plus insupportable que la mort4 ,les ,grecs en recognoiss5t vne autre espece1 qui e/ outre l'erreur de no/re disc\rs3 v5ant1 dis5t-ils1 sans cause app>5te1 et d'vne impulsion cele/e4 ,des peuples enti]s s'en voy5t s\u5t frappez1 et des armees enti]es4 ,telle fut celle qui apporta ,c>?age vne m]ueilleuse desolation4 ,on n'y oyoit que cris et voix effrayees3 on voyoit les habitans sortir de leurs maisons1 comme l'al>me2 et se *>g]1 bless] et entretu] les vns les autres1 comme si ce fuss5t ennemis1 qui v9ss5t occup] leur ville4 ,t\t y e/oit en desordre1 et en fureur3 iusques ce que p> oraisons et sacrifices1 ils euss5t appais l'ire des dieux4 ,ils nomm5t cela t]reurs ,paniques4 ,,*apitre ,,xviii4 ,qu'il ne faut iug] de no/re heur1 qu'aprs la mort4 ,scilicet vltima semp] ,expect&a dies hom9i e/1 dicique beatus ,ante obitum nemo supremque fun]a debet4 ,les enfans sau5t le conte du ,roy ,crsus ce propos3 lequel ayant e/ pris p> ,cyrus1 et condamn la mort1 sur le po9t de l'execution1 il s'escria1 ,o ,solon1 ,solon3 cela rapport ,cyrus1 et s'e/ant enquis que c'e/oit dire1 il luy fit ent5dre1 qu'il v]ifioit lors ses desp5ds l'adu]tissem5t qu'autrefois luy auoit donn ,solon3 que les hommes1 quelque beau visage que =tune leur face1 ne se peuu5t appell] heureux1 iusques ce qu'on leur ayt veu pass] le d]ni] i\r de leur vie1 p\r l'inc]titude et v>iet des *oses huma9es1 qui d'vn bi5 leg] m\uem5t se *ang5t d'vn e/at en autre t\t diu]s4 ,et p\rtant ,agesilaus1 quelqu'vn qui disoit heureux le ,roy de ,p]se1 de ce qu'il e/oit v5u =t ieune vn si puissant e/at3 ,ouy-mais1 dit-il1 ,priam en tel aage ne fut pas malheureux4 ,tanto/ des ,roys de ,mac$o9e1 successeurs de ce gr& ,alex&re1 il s'en faict des m5uysi]s et greffi]s ,rome3 des tyrans de ,sicile1 des p$ants ,cor9!3 d'vn conqu]ant de la moiti du monde1 et ,emp]eur de tant d'armees1 il s'en faict vn mis]able suppliant des belitres (fici]s d'vn ,roy d'gypte3 tant c\/a ce gr& ,pompeius la prolongation de c9q ou six mois de vie4 ,et du temps de nos ,p]es ce ,lud\ic ,s=ce dixiesme ,duc de ,milan1 s\bs qui auoit si long temps bransl t\te l',italie1 on l'a veu m\rir prisonni] ,lo*es3 mais apres y auoir vescu dix ans1 qui e/ le pis de son m>*4 ,la plus belle ,royne1 vefue du plus gr& ,roy de la ,*re/i5t1 vi5t elle pas de m\rir p> la ma9 d'vn ,b\rreau8 indigne et b>b>e cruaut6 ,et mille tels exemples4 ,c> il semble que comme les orages et tempe/es se piqu5t contre l'orgueil et hauta9et de nos ba/im5s1 il y ayt aussi l haut des esprits enuieux des gr&eurs de a bas4 ,vsque ade res humanas vis abdita qudam ,obt]it1 et pul*ros fasces susque secures ,proculc>e1 ac ludibrio sibi hab]e videtur4 ,et semble que la =tune quelquefois guette po9t nomm le d]ni] i\r de no/re vie1 p\r montr] sa puissance1 de r5u]s] en vn mom5t ce qu'elle auoit ba/y en longues annees2 et n\s fait cri] apres ,lab]ius1 ,nimirum hac die vna plus vixi mihi1 qum viu5dum fuit4 ,a9si se peut pr5dre auec raison1 ce bon aduis de ,solon4 ,mais d'autant que c'e/ vn ,philosophe1 l'endroit desquels les faueurs et disgraces de la =tune ne ti5n5t rang1 ny d'heur ny de malheur1 et sont les gr&eurs1 et puissances1 accid5s de qualit peu pres indiff]5te1 ie tr\ue vray-semblable1 qu'il ayt reg>d plus auant2 et v\lu dire que ce mesme bon-heur de no/re vie1 qui dp5d de la tranquillit et cont5tem5t d'vn esprit bi5 n1 et de la resolution et asseurance d'vne ame reglee ne se doiue iamais attribu] l'homme1 qu'on ne luy ayt veu ioer le d]ni] acte de sa com$ie3 et sans d\te le plus difficile4 ,en t\t le re/e il y peut auoir du masque3 ou ces beaux disc\rs de la ,philosophie ne sont en n\s que p> cont5ance1 ou les accid5s ne n\s essayant pas iusques au vif1 n\s donn5t loisir de ma9t5ir t\si\rs no/re visage rassis4 ,mais ce d]ni] rolle de la mort et de n\s1 il n'y a plus que fa9dre1 il faut p>l] ,franois2 il faut montr] ce qu'il y a de bon et de net dans le fond du pot4 ,nam v] voces tum demum pectore ab imo ,eiiciuntur1 et eripitur p]sona1 manet res4 ,voyla p\rquoy se doiu5t ce d]ni] traict t\*] et espr\u] t\tes les autres actions de no/re vie4 ,c'e/ le mai/re i\r1 c'e/ le i\r iuge de t\s les autres3 c'e/ le i\r1 dict vn anci51 qui doit iug] de t\tes mes annes passes4 ,ie remets la mort l'essay du fruict de mes e/udes4 ,n\s v]rons l si mes disc\rs me p>t5t de la b\*e1 ou du cur4 ,i'ay veu plusieurs donn] p> leur mort reputation en bi5 ou en mal1 t\te leur vie4 ,scipion beau-p]e de ,pompeius rabilla en bi5 m\rant la mauuaise op9ion qu'on auoit eu de luy iusques alors4 ,epam9ondas int]rog lequel des trois il e/imoit le plus1 ou ,*abrias1 ou ,iphicrates1 ou soy-mesme3 ,il n\s faut voir m\rir1 fit-il1 auant que d'en p\uoir res\dre4 ,de vray on desrob]oit beauc\p celuy l1 qui le pois]oit sans l'honneur et gr&eur de sa f94 ,dieu l'a v\lu comme il luy a pleu3 mais en mon temps trois les plus execrables p]sonnes1 que ie cogneusse en t\te abom9ation de vie1 et les plus infames1 ont eu des morts regles1 et en t\te circon/ance composes iusques la p]fection4 ,il e/ des morts braues et =tunes4 ,ie luy ay veu tran*] le fil d'vn progrez de m]ueilleux auancem5t1 et dans la fleur de son croi/1 quelqu'vn1 d'vne f9 si pompeuse1 qu' mon aduis ses ambitieux et c\rageux desse9s n'auoi5t ri5 de si hault que fut leur int]ruption4 ,il arriua sans y all]1 o il pret5doit1 plus gr&em5t et glorieusem5t1 que ne portoit son desir et esp]ance4 ,et deuana p> sa *eute1 le p\uoir et le nom1 o il aspiroit p> sa c\rse4 ,au iugem5t de la vie d'autruy1 ie reg>de t\si\rs comm5t s'en e/ port le b\t1 et des pr9cipaux e/udes de la mi5ne1 c'e/ qu'il se porte bi51 c'e/ dire quietem5t et s\rdem5t4 ,,*apitre ,,xix4 ,que philosoph]1 c'e/ appr5dre m\rir4 ,,cic]o dit que ,philosoph] ce n'e/ autre *ose que s'apre/] la mort4 ,c'e/ d'autant que l'e/ude et la contemplation retir5t aucunem5t no/re ame hors de n\s1 et l'embesongn5t "p du corps1 qui e/ quelque appr5tissage et ressemblance de la mort3 ou bi51 c'e/ que t\te la sagesse et disc\rs du monde se res\lt en f9 ce po9t1 de n\s appr5dre ne cra9dre po9t m\rir4 ,de vray1 ou la raison se mocque1 ou elle ne doit vis] qu' no/re cont5tem5t1 et t\t son trauail t5dre en somme n\s faire bi5 viure1 et no/re aise1 comme dict la ,sa9te ,escriture4 ,t\tes les op9ions du monde en sont l1 que le plaisir e/ no/re b1 quoy qu'elles en pr5n5t diu]s moy5s2 autrem5t on les *ass]oit d'arriue4 ,c> qui esc\t]oit celuy1 qui p\r sa f9 e/abliroit no/re pe9e et mesaise8 ,les diss5tions des sectes ,philosophiques en ce cas1 sont v]bales4 ,transcurramus sol]tissimas nugas4 ,il y a plus d'op9ia/ret et de picot]ie1 qu'il n'app>ti5t vne si sa9cte pr(ession4 ,mais quelque p]sonnage que l'homme entrepreigne1 il i\ t\si\rs le si5 p>my4 ,quoy qu'ils di5t1 en la v]tu mesme1 le d]ni] b de no/re visee1 c'e/ la volupt4 ,il me plai/ de battre leurs oreilles de ce mot1 qui leur e/ si =t contrecur3 et s'il signifie quelque supreme plaisir1 et excessif cont5tem5t1 il e/ mieux deu l'assi/ance de la v]tu1 qu' nulle autre assi/ance4 ,cette volupt p\r e/re plus gaill>de1 n]ueuse1 robu/e1 virile1 n'en e/ que plus s]ieusem5t voluptueuse4 ,et luy deuions donn] le nom du plaisir1 plus fauorable1 plus d\x et naturel3 non celuy de la vigueur1 duquel n\s l'auons d5ommee4 ,cette autre volupt plus basse1 si elle m]itoit ce beau nom3 ce deuoit e/re en concurr5ce1 non p> priuilege4 ,ie la tr\ue mo9s pure d'incommoditez et de trau]ses1 que n'e/ la v]tu4 ,outre que son g\/ e/ plus mom5tanee1 fluide et caduque1 elle a ses veilles1 ses ieusnes1 et ses trauaux1 et la sueur et le sang4 ,et en outre p>ticuli]em5t1 ses passions tr5*antes de tant de sortes2 et son co/ vne satiet si l\rde1 qu'elle equipolle p5it5ce4 ,n\s auons gr& tort d'e/im] que ses incommoditez luy s]u5t d'aiguillon et de condim5t sa d\ceur1 comme en nature le contraire se viuifie p> son contraire3 et de dire1 qu& n\s v5ons la v]tu1 que p>eilles suittes et difficultez l'accabl5t1 la r5d5t au/]e et inacessible4 ,l o beauc\p plus proprem5t qu' la volupt1 elles anobliss5t1 aiguis5t1 et rehauss5t le plaisir diu9 et p>faict1 qu'elle n\s moi5ne4 ,celuy la e/ c]tes bi5 indigne de son acco9tance1 qui contrepoise son c\/1 son fruict3 et n'en cognoi/ ny les graces ny l'vsage4 ,ceux qui n\s vont in/ruisant1 que sa que/e e/ scabreuse et laborieuse1 sa i\ssance agrable3 que n\s dis5t-ils p> l1 s9on qu'elle e/ t\si\rs desagreable8 ,c> quel moi5 huma9 arriua iamais sa i\ssance8 ,les plus p>faits se sont bi5 cont5tez d'y aspir]1 et de l'appro*]1 sans la poss$]4 ,mais ils se tromp5t2 veu que de t\s les plaisirs que n\s cognoissons1 la p\rsuite mesme en e/ plaisante4 ,l'entreprise se s5t de la qualit de la *ose qu'elle reg>de3 c> c'e/ vne bonne portion de l'effect1 et consub/ancielle4 ,l'heur et la beatitude qui reluit en la v]tu1 remplit t\tes ses app>t5ances et au5ues1 iusques la premi]e entree et extreme b>ri]e4 ,or des pr9cipaux bi5faicts de la v]tu1 c'e/ le mepris de la mort1 moy5 qui f\rnit no/re vie d'vne molle tranquillit1 et n\s en donne le g\/ pur et amiable3 sans qui t\te autre volupt e/ e/e9te4 ,voyla p\rquoy t\tes les regles se r5contr5t et conui5n5t cet article4 ,et combi5 qu'elles n\s conduis5t aussi t\tes d'vn commun accord mespris] la d\leur1 la pauuret1 et autres accid5s1 quoy la vie huma9e e/ subiecte1 ce n'e/ pas d'vn p>eil so+3 tant p> ce que ces accid5s ne sont pas de telle necessit1 la plusp>t des hommes pass5t leur vie sans g\/] de la pauuret1 et tels encore sans s5tim5t de d\leur et de maladie1 comme ,x5ophilus le ,musici51 qui vescut c5t et six ans d'vne enti]e sant3 qu'aussi d'autant qu'au pis all]1 la mort peut mettre f91 qu& il n\s plaira1 et c\pp] bro*e t\s autres inconu5i5ts4 ,mais quant la mort1 elle e/ ineuitable4 ,omnes eodem cogimur1 omnium ,v]satur vrna1 s]ius ocius ,sors exitura1 et nos 9 t]- ,num exitium impositura cymb4 ,et p> consequ5t1 si elle n\s faict peur1 c'e/ vn subiect cont9uel de t\rm5t1 et qui ne se peut aucunem5t s\lag]4 ,il n'e/ lieu d'o elle ne n\s vi5ne4 ,n\s p\uons t\rn] sans cesse la te/e et l1 comme en pays suspect3 qu quasi saxum ,tantalo semp] imp5det4 ,nos p>lem5s r5uoy5t s\u5t execut] les crim9els au lieu o le crime e/ commis3 durant le *em91 prom5ez les p> de belles maisons1 faictes leur tant de bonne *]e1 qu'il v\s plaira1 non ,sicul dapes ,dulcem elaborabunt saporem1 ,non auium1 cy?>que cantus ,somnum r$uc5t4 ,p5sez v\s qu'ils s'en puiss5t resi\ir8 et que la f9ale int5tion de leur voyage leur e/ant ord9airem5t deuant les yeux1 ne leur ayt alt] et affadi le g\/ t\tes ces commoditez8 ,audit it]1 num]tque dies1 spatique vi>um ,metitur vitam1 torquetur pe/e futura4 ,le b de no/re c>ri]e c'e/ la mort1 c'e/ l'obiect necessaire de no/re visee3 si elle n\s effraye1 comme e/-il possible d'all] vn pas auant sans fiebure8 ,le rem$e du vulgaire c'e/ de n'y p5s] pas4 ,mais de quelle brutale /upidit luy peut v5ir vn si grossi] aueuglem5t8 ,il luy faut faire brid] l'asne p> la queu1 ,qui capite ipse suo in/ituit ve/igia retro4 ,ce n'e/ pas de m]ueille s'il e/ si s\u5t pris au piege4 ,on fait peur nos g5s seulem5t de nomm] la mort1 et la plusp>t s'en seign5t1 comme du nom du diable4 ,et p>-ce qu'il s'en faict m5tion aux te/am5s1 ne v\s att5dez pas qu'ils y mett5t la ma91 que le ,m$ec9 ne leur ayt donn l'extreme s5t5ce4 ,et ,dieu sait lors entre la d\leur et la frayeur1 de quel bon iugem5t ils v\s le patiss5t4 ,p> ce que cette syllabe frappoit trop rudem5t leurs oreilles1 et que cette voix leur sembloit mal5contreuse1 les ,roma9s auoi5t apris de l'amollir ou l'e/5dre en p]ifrazes4 ,au lieu de dire1 il e/ mort2 il a cess de viure1 dis5t-ils1 il a vescu4 ,p\rueu que ce soit vie1 soit elle passee1 ils se consol5t4 ,n\s en auons emprunt1 no/re feu ,mai/re-,iehan4 ,a l'adu5ture e/-ce1 que comme on dict1 le t]me vaut l'arg5t4 ,ie nasquis entre vnze heures et midi le d]ni] i\r de ,feburi]1 mil c9q c5s tr5te trois3 comme n\s contons cette heure1 comm5ant l'an en ,ianui]4 ,il n'y a iu/em5t que qu9ze i\rs que i'ay fran*y tr5te neuf ans1 il m'en faut p\r le mo9s encore autant4 ,ce p5dant s'empes*] du p5sem5t de *ose si esloignee1 ce s]oit folie4 ,mais quoy8 les ieunes et les vieux laiss5t la vie de mesme condition4 ,nul n'en sort autrem5t que si t\t pres5tem5t il y entroit1 io9ct qu'il n'e/ homme si dcrepite tant qu'il voit ,ma?usalem deuant1 qui ne p5se auoir encore v+t ans dans le corps4 ,d'auantage1 pauure fol que tu es1 qui t'a e/ably les t]mes de ta vie8 ,tu te fondes sur les contes des ,m$ec9s4 ,reg>de plu/o/ l'effect et l'exp]i5ce4 ,p> le commun tra9 des *oses1 tu vis piea p> faueur extraord9aire4 ,tu z pass les t]mes acc\/umez de viure3 et qu'il soit a9si1 conte de tes cognoissans1 combi5 il en e/ mort auant ton aage1 plus qu'il n'en y a qui l'ay5t atte9t3 et de ceux mesme qui ont annobli leur vie p> r5ommee1 fais en regi/re1 et l'entr]ay en gageure d'en tr\u] plus qui sont morts1 auant1 qu'apres tr5te c9q ans4 ,il e/ ple9 de raison1 et de piet1 de pr5dre exemple de l'humanit mesme de ,iesus-,*ri/4 ,or il f9it sa vie tr5te et trois ans4 ,le plus gr& homme1 simplem5t homme1 ,alex&re1 m\rut aussi ce t]me4 ,combi5 a la mort de faons de surprise8 ,quid quisque vitet1 nunquam hom9i satis ,cautum e/ 9 horas4 ,ie laisse "p les fiebures et les pleuresies4 ,qui eu/ iamais p5s qu'vn ,duc de ,bretaigne deu/ e/re e/\ff de la presse1 comme fut celuy l l'entree du ,pape ,clem5t mon vois91 ,lyon8 ,n'z tu pas veu tu] vn de nos ,roys en se i\ant8 et vn de ses ance/res m\rut il pas *oqu p> vn p\rceau8 s*ylus m5ass de la *eute d'vne maison1 a beau se t5ir l'airte1 le voyla assomm d'vn toict de tortue1 qui es*appa des pattes d'vn aigle en l'air3 l'autre m\rut d'vn gra9 de rais93 vn ,emp]eur de l'egratigneure d'vn peigne en se te/onnant3 mylius ,lepidus p\r auoir heurt du pi$ contre le seuil de son huis3 et ,aufidius p\r auoir *oqu en entrant contre la porte de la *ambre du conseil4 ,et entre les cuisses des femmes ,cornelius ,gallus ,preteur1 ,tigill9us ,capita9e du guet ,rome1 ,lud\ic fils de ,guy de ,gonsague1 ,m>quis de ,mantoe4 ,et d'vn encore pire exemple1 ,speusippus ,philosophe ,platonici51 et l'vn de nos ,papes4 ,le pauure ,bebius1 ,iuge1 cep5dant qu'il donne delay de huicta9e vne p>tie1 le voyla saisi1 le si5 de viure e/ant expir3 et ,caius ,iulius ,m$ec9 gressant les yeux d'vn pati5t1 voyla la mort qui clo/ les si5s4 ,et s'il m'y faut mesl]1 vn mi5 fr]e le ,capita9e ,s4 ,m>t91 aag de v+t trois ans1 qui auoit desia faict assez bonne preuue de sa valeur1 i\ant la paume1 reeut vn c\p d'e/euf1 qui l'ass5a vn peu au dessus de l'oreille droitte1 sans aucune app>5ce de contusion1 ny de blessure3 il ne s'en assit1 n'y reposa3 mais c9q ou six heures apres il m\rut d'vne ,apoplexie que ce c\p luy causa4 ,ces exemples si frequ5ts et si ord9aires n\s passans deuant les yeux1 comme e/-il possible qu'on se puisse deffaire du p5sem5t de la mort1 et qu' *asque in/ant il ne n\s semble qu'elle n\s ti5ne au collet8 ,qu'importe-il1 me direz v\s1 comm5t que ce soit1 p\rueu qu'on ne s'en donne po9t de pe9e8 ,ie suis de cet aduis3 et en quelque mani]e qu'on se puisse mettre l'abri des c\ps1 fu/ ce s\bs la peau d'vn veau1 ie ne suis pas homme qui y recula/3 c> il me suffit de pass] mon aise1 et le meilleur ieu que ie me puisse donn]1 ie le pr5s1 si peu glorieux au re/e et exemplaire que v\s v\drez4 prtul]im delirus 9rsque vid]i1 ,dum mea delect5t mala me1 vel d5ique fallant1 ,qum sap]e et r+i4 ,mais c'e/ folie d'y p5s] arriu] p> l4 ,ils vont1 ils vi5n5t1 ils trott5t1 ils dans5t1 de mort nulles n\uelles4 ,t\t cela e/ beau3 mais aussi qu& elle arriue1 ou eux ou leurs femmes1 enfans et amis1 les surpr5ant en dess\de et au desc\u]t1 quels t\rm5s1 quels cris1 quelle rage et quel desespoir les accable8 ,vi/es v\s iamais ri5 si rabaiss1 si *ang1 si confus8 ,il y faut pr\uoir de meilleure heure3 et cette non*alance be/iale1 qu& elle p\rroit log] en la te/e d'vn homme d'ent5dem5t1 ce que ie tr\ue enti]em5t impossible1 n\s v5d trop *] ses d5rees4 ,si c'e/oit ennemy qui se peu/ euit]1 ie conseill]ois d'emprunt] les armes de la coardise3 mais puis qu'il ne se peut2 puis qu'il v\s attrappe fuyant et poltron aussi bi5 qu'hone/e homme1 ,nempe et fugacem p]sequitur virum1 ,nec p>cit imbellis iuu5t ,poplitibus1 timidoque t]go4 et que nulle trampe de cuirasse v\s c\ure1 ,ille licet f]ro cautus se condat 9 re1 ,mors tam5 inclusum protrahet inde caput4 apr5ons le s\/5ir de pi$ f]me1 et le combatre3 ,et p\r comm5c] luy o/] son plus gr& aduantage contre n\s1 pr5ons voye t\te contraire la commune4 ,o/ons luy l'e/ranget1 pratiquons le1 acc\/umons le1 n'ayons ri5 si s\u5t en la te/e que la mort3 t\s in/ans repres5tons la no/re imag9ation et en t\s visages4 ,au bron*] d'vn *eual1 la *eute d'vne tuille1 la mo9dre piqueure d'espe+le1 rema*ons s\da91 ,et bi5 qu& ce s]oit la mort mesme8 et l dessus1 roidissons n\s1 et n\s ef=ons4 ,p>my les fe/es et la ioye1 ayons t\si\rs ce refre9 de la s\u5ance de no/re condition1 et ne n\s laissons pas si =t emport] au plaisir1 que p> fois il ne n\s repasse en la memoire1 en combi5 de sortes cette no/re allegresse e/ en butte la mort1 et de combi5 de pr9ses elle la m5asse4 ,a9si faisoi5t les ,egypti5s1 qui au milieu de leurs fe/9s et p>my leur meilleure *]e1 faisoi5t apport] l',anatomie se*e d'vn homme1 p\r s]uir d'au]tissem5t aux conuiez4 ,omnem cr$e diem tibi diluxisse supremum1 ,grata sup]u5iet1 qu non sp]abitur hora4 ,il e/ inc]ta9 o la mort n\s att5de1 att5dons la p> t\t4 ,la prem$itation de la mort1 e/ prem$itation de la lib]t4 ,qui a apris m\rir1 il a desapris s]uir4 ,il n'y a ri5 de mal en la vie1 p\r celuy qui a bi5 compr9s1 que la priuation de la vie n'e/ pas mal4 ,le sauoir m\rir n\s afran*it de t\te subiection et contra9cte4 ,paulus mylius respondit celuy1 que ce mis]able ,roy de ,mac$o9e son prisonni] luy enuoyoit1 p\r le pri] de ne le m5] pas en son triomphe1 ,qu'il en face la reque/e soy mesme4 ,a la v]it en t\tes *oses si nature ne pre/e vn peu1 il e/ mal-ays que l'art et l'indu/rie aill5t gui]e auant4 ,ie suis de moy-mesme non melan*olique1 mais songecreux3 il n'e/ ri5 dequoy ie me soye des t\si\rs plus entret5u que des imag9ations de la mort2 voire en la saison la plus lic5tieuse de mon aage1 ,iucundum cm tas florida v] ag]et4 ,p>my les dames et les ieux1 tel me p5soit empes* dig]] "p moy quelque ial\sie1 ou l'inc]titude de quelque esp]ance1 cep5dant que ie m'entret5ois de ie ne say qui surpris les i\rs prec$5s d'vne fieure *aude1 et de sa f9 au p>tir d'vne fe/e p>eille1 et la te/e ple9e d'oisiuet1 d'am\r et de bon temps1 comme moy3 et qu'autant m'en p5doit l'oreille4 ,iam fu]it1 nec po/ vnquam reuoc>e licebit4 ,ie ne ridois non plus le front de ce p5sem5t l1 que d'vn autre4 ,il e/ impossible que d'arriuee n\s ne s5tions des piqueures de telles imag9ations3 mais en les maniant et repassant1 au long all]1 on les appriuoise sans d\bte3 autrem5t de ma "p ie fusse en cont9uelle frayeur et fr5esie3 c> iamais homme ne se dfia tant de sa vie1 iamais homme ne feit mo9s d'e/at de sa duree4 ,ny la sant1 que i'ay i\y iusques pres5t tresuig\reuse et peu s\u5t int]rompue1 ne m'en alonge l'esp]ance1 ny les maladies ne me l'ac\rciss5t4 ,a *aque m9ute il me semble que ie m'es*appe4 ,et me re*ante sans cesse1 ,t\t ce qui peut e/re faict vn autre i\r1 le peut e/re aui\rd'huy4 ,de vray les haz>ds et dangi]s n\s appro*5t peu ou ri5 de no/re f93 et si n\s p5sons1 combi5 il en re/e1 sans cet accid5t qui semble n\s m5ass] le plus1 de millions d'autres sur nos te/es1 n\s tr\u]ons que gaill>s et fieureux1 en la m] et en nos maisons1 en la bataille et en repos elle n\s e/ gallem5t pres4 ,nemo alt]o fragilior e/3 nemo 9 cra/9um sui c]tior4 ,ce que i'ay affaire auant m\rir1 p\r l'a*eu] t\t loisir me semble c\rt1 fu/ ce d'vne heure4 ,quelcun feuilletant l'autre i\r mes tablettes1 tr\ua vn memoire de quelque *ose1 que ie v\loys e/re faite apres ma mort3 ie luy dy1 comme il e/oit vray1 que n'e/ant qu' vne lieu de ma maison1 et sa9 et gaill>d1 ie m'e/oy ha/ de l'escrire l1 p\r ne m'asseur] po9t d'arriu] iusques *ez moy4 ,comme celuy1 qui cont9uellem5t me c\ue de mes p5sees1 et les c\*e en moy3 ie suis t\te heure prep> enuiron ce que ie le puis e/re3 et ne m'adu]tira de ri5 de n\ueau la suru5ance de la mort4 ,il faut e/re t\si\rs bott et pre/ p>tir1 en tant que en n\s e/1 et sur t\t se g>d] qu'on n'aye lors affaire qu' soy4 ,quid breui =tes iaculamur uo ,multa8 ,c> n\s y aurons assez de besongne1 sans autre surcrois4 ,l'vn se ple9t plus que de la mort1 dequoy elle luy rompt le tra9 d'vne belle victoire3 l'autre qu'il luy faut deslog] auant qu'auoir m>i sa fille1 ou contr]ol l'in/itution de ses enfans3 l'vn ple9t la compagnie de sa femme1 l'autre de son fils1 comme commoditez pr9cipales de son e/re4 ,ie suis p\r cette heure en tel e/at1 ,dieu m]cy1 que ie puis deslog] qu& il luy plaira1 sans regret de *ose quelconque3 ie me desn\e p> t\t3 mes adieux sont tanto/ pr9s de *ascun1 sauf de moy4 ,iamais homme ne se prep>a quit] le monde plus purem5t et ple9em5t1 et ne s'en despr9t plus vniu]sellem5t que ie m'att5s de faire4 ,les plus mortes morts sont les plus sa9es4 mis] mis] 7aiunt7 omnia ademit ,vna dies infe/a mihi tot prmia vit3 et le ba/isseur1 man5t 7dict-il7 op]a int]rupta1 m9que ,murorum +5tes4 ,il ne faut ri5 design] de si longue hale9e1 ou au mo9s auec telle int5tion de se passionn] p\r en voir la f94 ,n\s sommes ns p\r agir3 ,cm mori>1 m$ium solu> et int] opus4 ,ie veux qu'on agisse1 et qu'on allonge les (fices de la vie1 tant qu'on peut3 et que la mort me treuue plantant mes *\x2 mais non*allant d'elle1 et encore plus de mon i>d9 imp>fait4 ,i'en vis m\rir vn1 qui e/ant l'extremit se pleignoit incessamm5t1 dequoy sa de/9ee c\poit le fil de l'hi/oire qu'il auoit en ma91 sur le qu9ziesme ou seixiesme de nos ,roys4 ,illud 9 8 rebus non addunt1 nec tibi e>um ,iam desid]ium r]um sup] insidet vna4 ,il faut se des*>g] de ces humeurs vulgaires et nuisibles4 ,t\t a9si qu'on a plant nos cimeti]es ioignant les ,eglises1 et aux lieux les plus frequ5tez de la ville1 p\r acc\/um]1 disoit ,lycurgus1 le bas populaire1 les femmes et les enfans ne s'eff>\*] po9t de voir vn homme mort3 et aff9 que ce cont9uel spectacle d'ossem5s1 de tombeaux1 et de conuois n\s adu]tisse de no/re condition4 ,qu9 etiam exhil>>e viris conuiuia cde ,mos olim1 et misc]e epulis spectacula dira ,c]tantum f]ro1 spe et sup] ipsa cad5tum ,pocula1 resp]sis non p>co sangu9e m5sis4 ,et comme les ,egypti5s apres leurs fe/9s1 faisoi5t pres5t] aux assi/ans vne gr&e image de la mort1 p> vn qui leur crioit3 ,boy1 et t'esi\y1 c> mort tu s]as tel3 aussi ay-ie pris en c\/ume1 d'auoir non seulem5t en l'imag9ation1 mais cont9uellem5t la mort en la b\*e4 ,et n'e/ ri5 dequoy ie m'in=me si volonti]s1 que de la mort des hommes3 quelle p>ole1 quel visage1 quelle cont5ance ils y ont eu3 ny endroit des hi/oires1 que ie rem>que si att5tifuem5t4 ,il y p>oi/1 la f>cissure de mes exemples3 et que i'ay en p>ticuli]e affection cette mati]e4 ,si i'e/oy faiseur de liures1 ie f]oy vn regi/re comm5t des morts diu]ses3 qui appr5droit les hommes m\rir1 leur appr5droit viure4 ,dice>*us en feit vn de p>eil titre1 mais d'autre et mo9s vtile f94 ,on me dira1 que l'effect surmonte de si lo+ la p5see1 qu'il n'y a si belle escrime1 qui ne se p]de1 qu& on en vi5t l3 laissez les dire2 le prem$it] donne sans d\bte gr& auantage3 et puis n'e/-ce ri51 d'all] au mo9s iusques l sans alt]ation et sans fiure8 ,il y a plus3 nature mesme n\s pre/e la ma91 et n\s donne c\rage4 ,si c'e/ vne mort c\rte et viol5te1 n\s n'avons pas loisir de la cra9dre3 si elle e/ autre1 ie m'app]ois qu' mesure que ie m'engage dans la maladie1 i'entre naturellem5t en quelque desda9 de la vie4 ,ie tr\ue que i'ay bi5 plus affaire dig]] cette resolution de m\rir1 qu& ie suis en sant1 que ie n'ay qu& ie suis en fiure3 d'autant que ie ne ti5s plus si =t aux commoditez de la vie1 raison que ie commance en p]dre l'vsage et le plaisir1 i'en voy la mort d'vne veu beauc\p mo9s effrayee4 ,cela me faict esp]]1 que plus ie m'eslongn]ay de celle-l1 et appro*]ay de cette-cy1 plus aysm5t i'entr]ay en composition de leur es*ange4 ,t\t a9si que i'ay essay en plusieurs autres occurr5ces1 ce que dit ,ces>1 que les *oses n\s p>oiss5t s\u5t plus gr&es de lo+ que de pres3 i'ay tr\u que sa9 i'auois eu les maladies beauc\p plus en horreur1 que lors que ie les ay s5ties4 ,l'alegresse o ie suis1 le plaisir et la =ce1 me font p>oi/re l'autre e/at si disproportionn celuy-l1 que p> imag9ation ie grossis ces incommoditez de la moiti1 et les conoy plus poisantes1 que ie ne les tr\ue1 qu& ie les ay sur les espaules4 ,i'esp]e qu'il m'en adui5dra a9si de la mort4 ,voyons ces mutations et decl9aisons ord9aires que n\s s\ffrons1 comme nature n\s desrobe la veu de no/re p]te et empirem5t4 ,que re/e-il vn vieill>d de la vigueur de sa ieunesse1 et de sa vie passee8 ,heu s5ibus vit portio quanta manet6 ,ces> vn soldat de sa g>de recreu et cass1 qui v9t en la ru1 luy dem&] cong de se faire m\rir3 reg>dant son ma9ti5 decrepite1 respondit plaisamm5t3 ,tu p5ses donc e/re en vie4 ,qui y tomb]oit t\t vn c\p1 ie ne crois pas que n\s fussions capables de port] vn tel *angem5t3 mais conduicts p> sa ma91 d'vne d\ce p5te et comme ins5sible1 peu peu1 de degr en degr1 elle n\s r\le dans ce mis]able e/at1 et n\s y appriuoise4 ,si que n\s ne s5tons aucune sec\sse1 qu& la ieunesse meurt en n\s3 qui e/ en ess5ce et en v]it1 vne mort plus dure1 que n'e/ la mort enti]e d'vne vie languissante2 et que n'e/ la mort de la vieillesse3 d'autant que le sault n'e/ pas si l\rd du mal e/re au non e/re1 comme il e/ d'vn e/re d\x et fleurissant1 vn e/re p5ible et d\l\reux4 ,le corps c\rbe et pli a mo9s de =ce s\/5ir un fais1 aussi a no/re ame4 ,il la faut dress] et esleu] contre l'ef=t de cet adu]saire4 ,c> comme il e/ impossible1 qu'elle se mette en repos p5dant qu'elle le cra9t3 si elle s'en asseure aussi1 elle se peut vant]1 qui e/ *ose comme surpassant l'huma9e condition1 qu'il e/ impossible que l'inquietude1 le t\rm5t1 et la peur1 non le mo9dre desplaisir loge en elle4 ,non vultus in/antis tyranni ,m5te quatit solida1 neque ,au/] ,dux inquieti turbidus ,adri1 ,nec fulm9antis magna ,i\is manus4 ,elle e/ r5du mai/resse de ses passions et concupisc5ces2 mai/resse de l'indig5ce1 de la honte1 de la pauuret1 et de t\tes autres iniures de =tune4 ,gagnons cet aduantage qui p\rra3 c'e/ icy la vraye et s\u]a9e lib]t1 qui n\s donne dequoy faire la figue la =ce1 et l'iniu/ice1 et n\s moqu] des prisons et des f]s4 9 manicis1 et ,comp$ibus1 suo te sub cu/ode t5ebo4 ,ipse ,deus simul atque volam1 me soluet3 op9or1 ,hoc s5tit1 mori>3 mors vltima l9ea r]um e/4 ,no/re religion n'a po9t eu de plus asseur fondem5t huma91 que le mespris de la vie4 ,non seulem5t le disc\rs de la raison n\s y appelle2 c> p\rquoy cra9drions n\s de p]dre vne *ose1 laquelle p]du ne peut e/re regrette8 mais aussi puis que n\s sommes m5acez de tant de faons de mort1 n'y a il pas plus de mal les cra9dre t\tes1 qu' en s\/5ir vne8 ,que *aut-il1 qu& ce soit1 puis qu'elle e/ ineuitable8 ,a celuy qui disoit ,socrates2 ,les tr5te tyrans t'ont condamn la mort3 ,et nature1 eux1 respondit-il4 ,quelle sottise1 de n\s pe9]1 sur le po9t du passage l'exemption de t\te pe9e8 ,comme no/re naissance n\s apporta la naissance de t\tes *oses3 aussi f]a la mort de t\tes *oses1 no/re mort4 ,p>quoy c'e/ p>eille folie de pleur] de ce que d'icy c5t ans n\s ne viurons pas1 que de pleur] de ce que n\s ne viuions pas1 il y a c5t ans4 ,la mort e/ orig9e d'vne autre vie3 a9si pleurasmes n\s1 et a9si n\s c\/a-il d'entr] en cette-cy3 a9si n\s desp\illasmes n\s de no/re anci5 voile1 en y entrant4 ,ri5 ne peut e/re grief1 qui n'e/ qu'vne fois4 ,e/-ce raison de cra9dre si long temps1 *ose de si brief temps8 ,le long temps viure1 et le peu de temps viure e/ r5du t\t vn p> la mort4 ,c> le long et le c\rt n'e/ po9t aux *oses qui ne sont plus4 ,ari/ote dit1 qu'il y a des petites be/es sur la riui]e ,hypanis1 qui ne viu5t qu'vn i\r4 ,celle qui meurt huict heures du mat91 elle meurt en ieunesse3 celle qui meurt c9q heures du soir1 meurt en sa decrepitude4 ,qui de n\s ne se mocque de voir mettre en consid]ation d'heur ou de malheur1 ce mom5t de dure8 ,le plus et le mo9s en la no/re1 si n\s la comp>ons l'et]nit1 ou encores la duree des montaignes1 des riui]es1 des e/oilles1 des arbres1 et mesmes d'aucuns animaux1 n'e/ pas mo9s ridicule4 ,mais nature n\s y =ce4 ,sortez1 dit-elle1 de ce monde1 comme v\s y e/es entrez4 ,le mesme passage que v\s fi/es de la mort la vie1 sans passion et sans frayeur1 refaites le de la vie la mort4 ,vo/re mort e/ vne des pieces de l'ordre de l'vniu]s1 c'e/ vne piece de la vie du monde4 int] se mortales mutua viuunt1 ,et quasi cursores vita lampada tradunt4 ,*ang]ay-ie pas p\r v\s cette belle contexture des *oses8 ,c'e/ la condition de vo/re creation2 c'e/ vne p>tie de v\s que la mort3 v\s v\s fuyez v\s mesmes4 ,cettuy vo/re e/re1 que v\s i\yssez1 e/ galem5t p>ty la mort et la vie4 ,le premi] i\r de vo/re naissance v\s a*em9e m\rir comme viure4 ,prima1 qu vitam d$it1 hora1 c>psit4 ,nasc5tes morimur1 f9isque ab orig9e p5det4 ,t\t ce que v\s vius1 v\s le desrobs la vie3 c'e/ ses desp5s4 ,le cont9uel ouurage de vo/re vie1 c'e/ ba/ir la mort4 ,v\s e/es en la mort1 p5dant que v\s e/es en vie3 c> v\s e/es apres la mort1 qu& v\s n'e/es plus en vie4 ,ou1 si v\s l'aymez mieux a9si1 v\s e/es mort apres la vie3 mais p5dant la vie1 v\s e/es m\rant3 et la mort t\*e bi5 plus rudem5t le m\rant que le mort1 et plus viuem5t et ess5tiellem5t4 ,si v\s auez faict vo/re pr\fit de la vie1 v\s en e/es repeu1 allez v\s en satisfaict4 ,cur non vt pl5us vit conuiua rec$is8 ,si v\s n'en auez seu vs]1 si elle v\s e/oit inutile1 que v\s *aut-il de l'auoir p]du8 quoy faire la v\lez v\s encores8 cur amplius add]e quris ,rursum quod p]eat mal1 et +ratum occidat omne8 ,la vie n'e/ de soy ny bi5 ny mal3 c'e/ la place du bi5 et du mal1 selon que v\s la leur faictes4 ,et si v\s auez vescu vn i\r1 v\s auez t\t veu3 vn i\r e/ gal t\s i\rs4 ,il n'y a po9t d'autre lumi]e1 ny d'autre nuict4 ,ce ,soleil1 cette ,lune1 ces ,e/oilles1 cette disposition1 c'e/ celle mesme que vos ayeuls ont i\ye1 et qui entreti5dra vos arri]e-nepueux4 ,non alium vid]e patres3 aliumve nepotes ,aspici5t4 ,et au pis all]1 la di/ribution et v>iet de t\s les actes de ma com$ie1 se p>f\rnit en vn an4 ,si v\s auez pris g>de au branle de mes quatre saisons1 elles embrass5t l'enfance1 l'adolesc5ce1 la virilit1 et la vieillesse du monde4 ,il a io son ieu3 il n'y sait autre f9esse1 que de recomm5c]2 ce s]a t\si\rs cela mesme4 v]samur ibidem1 atque insumus vsque1 ,atque 9 se sua p] ve/igia voluitur annus4 ,ie ne suis pas delib]e de v\s =g] autres n\ueaux passetemps4 ,nam tibi prt]ea quod ma*9]1 inu5imque ,quod placeat1 nihil e/1 eadem sunt omnia semp]4 ,faictes place aux autres1 comme d'autres v\s l'ont faite4 ,l'equalit e/ la premi]e piece de l'equit4 ,qui se peut pla9dre d'e/re compr9s o t\s sont compr9s8 ,aussi auez v\s beau viure1 v\s n'en rabattrez ri5 du temps que v\s auez e/re mort3 c'e/ p\r neant2 aussi long temps s]ez v\s en cet e/at l1 que v\s cra+nez1 comme si v\s e/iez mort en n\rrisse3 licet1 quod vis1 viu5do v9c]e secla1 ,mors t]na tam51 nihilom9us illa manebit4 ,et si v\s mettray en tel po9t1 auquel v\s n'aurez aucun mescont5tem5t4 ,9 v]a nescis nullum =e morte alium te1 ,qui possit viuus tibi te lug]e p]emptum1 ,/nsque iac5tem4 ,ny ne desir]ez la vie que v\s plaignez tant4 ,nec sibi enim quisquam tum se vitmque requirit1 ,nec desid]ium no/ri nos afficit vllum4 ,la mort e/ mo9s cra9dre que ri51 s'il y auoit quelque *ose de mo9s1 que ri54 multo mortem m9us ad nos esse put&um1 ,si m9us esse pote/ qum quod nihil esse videmus4 ,elle ne v\s conc]ne ny mort ny vif4 ,vif1 p> ce que v\s e/es3 mort1 p> ce que v\s n'e/es plus4 ,d'auantage nul ne meurt auant son heure4 ,ce que v\s laissez de temps1 n'e/oit non plus vo/re1 que celuy qui s'e/ pass auant vo/re naissance3 et ne v\s t\*e non plus4 ,respice enim qum nil ad nos ant acta vetu/as ,temporis t]ni fu]it4 ,o que vo/re vie f9isse1 elle y e/ t\te4 ,l'vtilit du viure n'e/ pas en l'espace3 elle e/ en l'vsage4 ,tel a vescu long temps1 qui a peu vescu4 ,att5dez v\s y p5dant que v\s y e/es4 ,il gi/ en vo/re volont1 non au nombre des ans1 que v\s ayez assez vescu4 ,p5siez v\s iamais n'arriu] l1 o v\s alliez sans cesse8 encore n'y a-il *em9 qui n'aye son issu4 ,et si la compagnie v\s peut s\lag]1 le monde ne va-il pas mesme tra9 que v\s allez8 omnia te vita p]functa sequ5tur4 ,t\t ne branle-il pas vo/re branle8 y a-il *ose qui ne vieillisse quant et v\s8 ,mille hommes1 mille animaux et mille autres creatures meur5t en ce mesme in/ant que v\s m\rez4 ,nam nox nulla diem1 neque noctem aurora sequuta e/1 ,qu non audi]it mi/os vagitibus gris ,ploratus mortis comites et fun]is atri4 ,a quoy faire y reculez v\s1 si v\s ne p\uez tir] arri]e8 ,v\s en auez assez veu qui se sont bi5 tr\us de m\rir1 es*euant p> l des gr&es mis]es4 ,mais quelqu'vn qui s'en soit mal tr\u1 en auez v\s veu8 ,si e/-ce gr&e simplesse1 de condamn] *ose que v\s n'auez espr\ue ny p> v\s ny p> autre4 ,p\rquoy te ple9s-tu de moy et de la de/9e8 ,te faisons n\s tort8 ,e/-ce toy de n\s g\u]n]1 ou n\s toy8 ,encore que ton aage ne soit pas a*eu1 ta vie l'e/4 ,vn petit homme e/ homme enti] comme vn gr&4 ,ny les hommes ny leurs vies ne se mesur5t l'aune4 ,*iron refusa l'immortalit1 in=m des conditions d'icelle1 p> le ,dieu mesme du temps1 et de la dure1 ,saturne son p]e4 ,imag9ez de vray1 combi5 s]oit vne vie p]durable1 mo9s supportable l'homme1 et plus p5ible1 que n'e/ la vie que ie luy ay donne4 ,si v\s n'auiez la mort1 v\s me maudiriez sans cesse de v\s en auoir priu4 ,i'y ay esci5t mesl quelque peu d'am]tume1 p\r v\s empes*]1 voyant la commodit de son vsage1 de l'embrass] trop auidem5t et indiscretem5t4 ,p\r v\s log] en cette mod]ation1 ny de fuir la vie1 ny de refuir la mort1 que ie dem&e de v\s2 i'ay temp] l'vne et l'autre entre la d\ceur et l'aigreur4 ,i'appr9s ,?ales le premi] de voz sages1 que le viure et le m\rir e/oit indiff]5t3 p> o1 celuy qui luy dem&a1 p\rquoy donc il ne m\roit1 il respondit tressagem5t1 ,p\r ce qu'il e/ indiff]5t4 ,l'eau1 la t]re1 l'air et le feu1 et autres membres de ce mi5 ba/im5t1 ne sont non plus in/rum5ts de ta vie1 qu'in/rum5ts de ta mort4 ,p\rquoy cra9s-tu ton d]ni] i\r8 ,il ne conf]e non plus ta mort que *ascun des autres4 ,le d]ni] pas ne faict pas la lassitude3 il la declaire4 ,t\s les i\rs vont la mort3 le d]ni] y arriue4 ,voila les bons adu]tissem5s de no/re m]e ,nature4 ,or i'ay p5s s\u5t d'o v5oit cela1 qu'aux gu]res le visage de la mort1 soit que n\s la voyons en n\s ou en autruy1 n\s semble sans comp>aison mo9s effroyable qu'en nos maisons3 autrem5t ce s]oit vne arme de m$ec9s et de pleur>s3 et elle e/ant t\si\rs vne1 qu'il y ait t\tes-fois beauc\p plus d'asseurance p>my les g5s de village et de basse condition qu's autres4 ,ie croy la v]it que ce sont ces m9es et app>eils effroyables1 dequoy n\s l'ent\rnons1 qui n\s font plus de peur qu'elle3 vne t\te n\uelle =me de viure3 les cris des m]es1 des femmes1 et des enfans3 la visitation de p]sonnes e/onnees1 et transies3 l'assi/ance d'vn nombre de valets pasles et plors3 vne *ambre sans i\r3 des ci]ges allumez3 no/re *euet assieg de m$ec9s et de pres*eurs3 somme t\t horreur et t\t effroy aut\r de n\s4 ,n\s voyla des-ia enseuelis et ent]rez4 ,les enfans ont peur de leurs amis mesmes qu& ils les voy5t masquez2 aussi auons n\s4 ,il faut o/] le masque aussi bi5 des *oses1 que des p]sonnes4 ,o/ qu'il s]a1 n\s ne tr\u]ons au dess\bs1 que cette mesme mort1 qu'vn valet ou simple *ambri]e pass]5t d]ni]em5t sans peur4 ,heureuse la mort qui o/e le loisir aux appre/s de tel equipage6 ,,*apitre ,,xx4 ,de la =ce de l'imag9ation4 ,,=tis imag9atio g5]at casum1 dis5t les cl]cs4 ,ie suis de ceux qui s5t5t tresgr& ef=t de l'imag9ation4 ,*acun en e/ heurt1 mais aucuns en sont r5u]sez4 ,son impression me p]se2 et mon art e/ de luy es*app]1 p> faute de =ce luy resi/]4 ,ie viuroye de la seule assi/ance de p]sonnes sa9es et gaies4 ,la veu des angoisses d'autruy m'angoisse mat]iellem5t3 et a mon s5tim5t s\u5t vsurp le s5tim5t d'vn ti]s4 ,vn t\sseur cont9uel irrite mon p\lmon et mon gosi]4 ,ie visite plus mal volonti]s les malades1 ausquels le deuoir m'int]esse1 que ceux ausquels ie m'att5s mo9s1 et que ie consid]e mo9s4 ,ie saisis le mal1 que i'e/udie1 et le c\*e en moy4 ,ie ne tr\ue pas e/range qu'elle donne et les fieures1 et la mort1 ceux qui la laiss5t faire1 et qui luy applaudiss5t4 ,simon ,?omas e/oit vn gr& m$ec9 de son temps4 ,il me s\ui5t que me r5contrant vn i\r ,?\l\se *ez vn ri*e vieill>d pulmonique1 et traittant auec luy des moy5s de sa gu>ison1 il luy di/1 que c'en e/oit l'vn1 de me donn] occasion de me plaire en sa compagnie3 et que fi*ant ses yeux sur la fres*eur de mon visage1 et sa p5se sur cette allegresse et vigueur1 qui regorgeoit de mon adolesc5ce3 et remplissant t\s ses s5s de cet e/at florissant en quoy i'e/oy lors1 son habitude s'en p\rroit am5d]3 mais il oublioit dire1 que la mi5ne s'en p\rroit empir] aussi4 ,gallus ,vibius b&a si bi5 son ame1 compr5dre l'ess5ce et les m\uem5s de la folie1 qu'il emporta son iugem5t hors de son siege1 si qu'onques puis il ne l'y peut remettre3 et se p\uoit vant] d'e/re deu5u fol p> sagesse4 ,il y en a1 qui de frayeur anticip5t la ma9 du b\rreau2 et celuy qu'on deb&oit p\r luy lire sa grace1 se tr\ua roide mort sur l'es*affaut du seul c\p de son imag9ation4 ,n\s tressuons1 n\s tremblons1 n\s pallissons1 et r\gissons aux sec\sses de nos imag9ations2 et r5u]sez dans la plume s5tons no/re corps agit leur bransle1 quelques-fois iusques en expir]4 ,et la ieunesse b\illante s'es*auffe si auant en son h>nois t\te endormie1 qu'elle ass\uit en songe ses am\reux desirs4 ,vt quasi transactis spe omnibus rebu' pr(undant ,flum9is +5tes fluctus1 ve/mque cru5t5t4 ,et encore qu'il ne soit pas n\ueau de voir croi/re la nuict des cornes tel1 qui ne les auoit pas en se c\*ant3 t\tesfois l'eu5em5t de ,cyppus ,roy d',italie e/ memorable1 lequel p\r auoir assi/ le i\r auec gr&e affection au combat des taureaux1 et avoir eu en songe t\te la nuict des cornes en la te/e1 les produisit en son front p> la =ce de l'imag9ation4 ,la passion donna au fils de ,crsus la voix1 que nature luy auoit refuse4 ,et ,antio*us pr9t la fieure1 p> la beaut de ,/ratonic trop viuem5t empre9te en son ame4 ,pl9e dit auoir veu ,lucius ,cossitius1 de femme *ang en homme le i\r de ses nopces4 ,pontanus et d'autres racont5t p>eilles metamorphoses adu5us en ,italie ces siecles passez3 et p> vehem5t desir de luy et de sa m]e1 ,vota pu] soluit1 qu fm9a v\]at ,iphis4 ,passant ,vitry le ,franois ie peu voir vn homme que l',euesque de ,soissons auoit nomm ,g]ma9 en confirmation1 lequel t\s les habitans de l ont cogneu1 et veu fille1 iusques l'aage de v+t deux ans1 nomme ,m>ie4 ,il e/oit cette heure l =t b>bu1 et vieil1 et po9t m>i4 ,faisant1 dit-il1 quelque ef=t en saultant1 ses membres virils se produisir5t3 et e/ encore en vsage entre les filles de l1 vne *anson1 p> laquelle elles s'entradu]tiss5t de ne faire po9t de gr&es eniambees1 de peur de deu5ir g>ons1 comme ,m>ie ,g]ma94 ,ce n'e/ pas tant de m]ueille que cette sorte d'accid5t se r5contre frequ5t3 c> si l'imag9ation peut en telles *oses1 elle e/ si cont9uellem5t et si vig\reusem5t atta*e ce subiect1 que p\r n'auoir si s\u5t re*oir en mesme p5se et aspret de desir1 elle a meilleur compte d'incorpor]1 vne fois p\r t\tes1 cette virile p>tie aux filles4 ,les vns attribu5t la =ce de l'imag9ation les cicatrices du ,roy ,dagob]t et de ,sa9ct ,franois4 ,on dit que les corps s'en-enleu5t telle fois de leur place4 ,et ,celsus recite d'vn ,pre/re1 qui rauissoit son ame en telle extase1 que le corps en demeuroit longue espace sans respiration et sans s5tim5t4 ,sa9ct ,augu/9 en nomme vn autre1 qui il ne falloit que faire our des cris lam5tables et pla9tifs3 s\da9 il defailloit1 et s'emportoit si viuem5t hors de soy1 qu'on auoit beau le tempe/]1 et hurl]1 et le p9c]1 et le grill]1 iusques ce qu'il fu/ resuscit3 lors il disoit auoir ouy des voix1 mais comme v5ant de lo+3 et s'ap]ceuoit de ses es*audures et meurtrisseures4 ,et que ce ne fu/ vne ob/9ation apo/e contre son s5tim5t1 cela le montroit1 qu'il n'auoit ce p5dant ny p\lx ny hale9e4 ,il e/ vraysemblable1 que le pr9cipal cr$it des visions1 des en*antem5s1 et de tels effects extraord9aires1 vi5ne de la puissance de l'imag9ation1 agissant pr9cipalem5t contre les ames du vulgaire1 plus molles4 ,on leur a si =t saisi la creance1 qu'ils p5s5t voir ce qu'ils ne voy5t pas4 ,ie suis encore en ce d\bte1 que ces plaisantes liaisons dequoy no/re monde se voit si entrau qu'il ne se p>le d'autre *ose1 ce sont volonti]s des impressions de l'appreh5sion et de la cra9te4 ,c> ie say p> exp]i5ce1 que tel de qui ie puis respondre1 comme de moy-mesme1 en qui il ne p\uoit *oir s\pon aucun de foiblesse1 et aussi peu d'en*antem5t1 ayant ouy faire le conte vn si5 compagnon d'vne defaillance extraord9aire1 en quoy il e/oit tomb sur le po9t qu'il en auoit le mo9s de beso91 se tr\uant en p>eille occasion1 l'horreur de ce conte luy v9t c\p si rudem5t frapp] l'imag9ation1 qu'il en c\rut vne =tune p>eille4 ,et de l en hors fut subiect y r5*oir3 ce villa9 s\u5ir de son inconu5i5t le g\rm&ant et tyrannisant4 ,il tr\ua quelque rem$e cette resu]ie1 p> vne autre resu]ie4 ,c'e/ qu'adu\ant luy mesme1 et pres*ant auant la ma91 cette si5ne subiection1 la cont5tion de son ame se s\lageoit1 sur ce1 qu'apportant ce mal comme att5du1 son obligation en amo9drissoit1 et luy en poisoit mo9s4 ,qu& il a eu loy1 son *ois 7sa p5se desbr\ille et desb&e1 son corps se tr\uant en son deu7 de le faire lors premi]em5t t5t]1 saisir1 et surpr5dre la cognoissance d'autruy1 il s'e/ gu>i t\t net4 ,a qui on a e/ vne fois capable1 on n'e/ plus incapable1 s9on p> iu/e foiblesse4 ,ce malheur n'e/ cra9dre qu'aux entrepr9ses1 o no/re ame se tr\ue outre mesure t5due de desir et de respect2 et notamm5t o les commoditez se r5contr5t impr\ueues et pressantes4 ,on n'a pas moy5 de se rauoir de ce tr\ble4 ,i'en say1 qui il a s]uy d'y apport] le corps mesme1 demy rassasi d'ailleurs1 p\r endormir l'ardeur de cette fureur1 et qui p> l'aage1 se tr\ue mo9s impuissant1 de ce qu'il e/ mo9s puissant3 et tel autre1 qui il a s]ui aussi qu'vn amy l'ayt asseur d'e/re f\rni d'vne contrebatt]ie d'en*antem5s c]ta9s1 le pres]u]4 ,il vaut mieux1 que ie die comm5t ce fut4 ,vn ,comte de tresbon lieu1 de qui i'e/oye =t priu1 se m>iant auec vne belle dame1 qui auoit e/ p\rsuiuie de tel qui assi/oit la fe/e1 mettoit en gr&e pe9e ses amis3 et nommm5t vne vieille dame sa p>5te1 qui presidoit ces nopces1 et les faisoit *ez elle1 cra9tiue de ces sorcell]ies3 ce qu'elle me fit ent5dre4 ,ie la priay s'en repos] sur moy4 ,i'auoye de =tune en mes c(fres1 c]ta9e petite piece d'or platte1 o e/oi5t graues quelques figures cele/es1 contre le c\p du ,soleil1 et p\r o/] la d\leur de te/e1 la logeant po9t1 sur la c\/ure du te/3 et p\r l'y t5ir1 elle e/oit c\su vn ruban propre ratta*] s\z le m5ton4 ,resu]ie g]ma9e celle dequoy n\s p>lons4 ,iacques ,peleti]1 viuant *ez moy1 m'auoit faict ce pres5t s+uli]4 ,i'aduisay d'en tir] quelque vsage1 et dis au ,comte1 qu'il p\rroit c\rre =tune comme les autres1 y ayant l des hommes p\r luy en v\loir pre/] vne2 mais que h>dim5t il s'alla/ c\*]3 que ie luy f]oy vn t\r d'amy3 et n'esp>gn]oys son beso91 vn miracle1 qui e/oit en ma puissance3 p\rueu que sur son honneur1 il me promi/ de le t5ir tresfidelem5t secret4 ,seulem5t1 comme sur la nuict on iroit luy port] le resueillon1 s'il luy e/oit mal all1 il me fi/ vn tel signe4 ,il avoit eu l'ame et les oreilles si battues1 qu'il se tr\ua li du tr\ble de son imag9ation3 et me feit son signe l'heure susditte4 ,ie luy dis lors l'oreille1 qu'il se leua/1 s\z c\leur de n\s *ass]1 et pr9/ en se i\ant la robbe de nuict1 que i'auoye sur moy 7n\s e/ions de taille =t vois9e7 et s'en ve/i/1 tant qu'il auroit execut mon ordonnance1 qui fut2 ,qu& n\s s]ions sortis1 qu'il se retira/ tomb] de l'eaue3 di/ trois fois telles p>olles3 et fi/ tels m\uem5ts4 ,qu' *ascune de ces trois fois1 il ceigni/ le ruban1 que ie luy mettoys en ma91 et c\*a/ bi5 soigneusem5t la m$aille qui y e/oit atta*e1 sur ses roignons3 la figure en telle po/ure4 ,cela faict1 ayant la d]ni]e fois bi5 e/re9t ce ruban1 p\r qu'il ne se peu/ ny desn\]1 ny m\uoir de sa place1 qu'en t\te asseurance il s'en ret\rna/ son prix faict3 et n'oublia/ de reiett] ma robbe sur son lict1 en mani]e qu'elle les abria/ t\s deux4 ,ces s+]ies sont le pr9cipal de l'effect4 ,no/re p5se ne se p\uant desmesl]1 que moy5s si e/ranges ne vi5n5t de quelque ab/ruse sci5ce4 ,leur inanit leur donne poids et reu]5ce4 ,somme il fut c]ta91 que mes *>act]es se tr\u]5t plus ,v5]i5s que ,solaires1 plus en action qu'en prohibition4 ,ce fut vne humeur prompte et curieuse1 qui me conuia tel effect1 esloign de ma nature4 ,ie suis ennemy des actions subtiles et fe9tes3 et hay la f9esse1 en mes ma9s1 non seulem5t recreatiue1 mais aussi pr(itable4 ,si l'action n'e/ vicieuse1 la r\tte l'e/4 ,amasis ,roy d'gypte1 esp\sa ,laodice tresbelle fille ,grecque3 et luy1 qui se montroit g5til compagnon p> t\t ailleurs1 se tr\ua c\rt i\r d'elle3 et m5aa de la tu]1 e/imant que ce fu/ quelque sorc]ie4 ,comme s *oses qui consi/5t en fantasie1 elle le reietta la deuotion3 et ayant faict ses vu et promesses ,v5us1 il se tr\ua diu9em5t remis1 ds la premi]e nuict1 d'apres ses oblations et sacrifices4 ,or elles ont tort de n\s recueillir de ces cont5ances m9euses1 qu]elleuses et fuy>des1 qui n\s e/eign5t en n\s allumant4 ,la bru de ,py?agoras1 disoit1 que la femme qui se c\*e auec vn homme1 doit auec sa cotte laiss] quant et quant la honte1 et la repr5dre auec sa cotte4 ,l'ame de l'assaillant tr\ble de plusieurs diu]ses all>mes1 se p]d aisem5t4 ,et qui l'imag9ation a faict vne fois s\ffrir cette honte 7et elle ne la fait s\ffrir qu'aux premi]es acco9tances1 d'autant qu'elles sont plus ardantes et aspres2 et aussi qu'en cette premi]e cognoissance qu'on donne de soy1 on cra9t beauc\p plus de faillir7 ayant mal comm5c1 il entre en fieure et despit de cet accid5t1 qui luy dure aux occasions suiuantes4 ,les m>iez1 le temps e/ant t\t leur1 ne doiu5t ny press] ny ta/] leur entrepr9se1 s'ils ne sont pre/s4 ,et vault mieux faillir indecemm5t1 e/re9] la c\*e nuptiale1 ple9e d'agitation et de fieure1 att5dant vne et vne autre commodit plus priue et mo9s all>me1 que de tomb] en vne p]petuelle mis]e1 p\r s'e/re e/onn et desesp] du premi] refus4 ,auant la possession pr9se1 le pati5t se doibt saillies et diu]s temps1 leg]em5t essay] et (frir1 sans se piqu] et op9ia/r]1 se conua9cre def9itiuem5t soy-mesme4 ,ceux qui sau5t leurs membres de nature dociles1 qu'ils se soign5t seulem5t de contre-pipp] leur fantasie4 ,on a raison de rem>qu] l'indocile lib]t de ce membre1 s'+]ant si importunm5t lors que n\s n'en auons que faire1 et defaillant si importunm5t lors que n\s en auons le plus affaire3 et conte/ant de l'au?orit1 si imp]ieusem5t1 auec no/re volont1 refusant auec tant de fi]t et d'ob/9ation noz solicitations et m5tales et manuelles4 ,si t\tesfois en ce qu'on g\rm&e sa rebellion1 et qu'on en tire preuue de sa condemnation1 il m'auoit pay p\r plaid] sa cause3 l'adu5ture mettroy-ie en s\speon noz autres membres ses compagnons1 de luy e/re all dress] p> belle enuie1 de l'importance et d\ceur de son vsage1 cette qu]elle apo/e1 et auoir p> complot1 arm le monde l'encontre de luy1 le *>geant malignem5t seul de leur faute commune4 ,c> ie v\s donne p5s]1 s'il y a vne seule des p>ties de no/re corps1 qui ne refuse no/re volont s\u5t son op]ation1 et qui s\u5t ne s'ex]ce contre no/re volont3 elles ont *acune des passions propres1 qui les esueill5t et endorm5t1 sans no/re cong4 ,a quant de fois tesmoign5t les m\uem5ts =cez de no/re visage1 les p5ses que n\s t5ions secrettes1 et n\s trahiss5t aux assi/ants8 ,cette mesme cause qui anime ce membre1 anime aussi sans no/re sceu1 le cur1 le p\lmon1 et le p\ls3 la veue d'vn obiect agreable1 resp&ant imp]ceptiblem5t en n\s la flamme d'vne emotion fieureuse4 ,n'y a-il que ces muscles et ces ve9es1 qui s'eleu5t et se c\*5t1 sans l'adueu non seulem5t de no/re volont1 mais aussi de notre p5se8 ,n\s ne comm&ons pas noz *eueux de se h]iss]1 et no/re peau de fremir de desir ou de cra9te4 ,la ma9 se porte s\u5t o n\s ne l'enuoyons pas4 ,la langue se transit1 et la voix se fige son heure4 ,lors mesme que n'ayans de quoy frire1 n\s le luy deff5drions volonti]s1 l'appetit de mang] et de boire ne laisse pas d'em\uoir les p>ties1 qui luy sont subiettes1 ny plus ny mo9s que cet autre appetit3 et n\s ab&onne de mesme1 hors de propos1 qu& bon luy semble4 ,les vtils qui s]u5t des*>g] le v5tre1 ont leurs propres dilatations et compressions1 outre et contre no/re aduis1 comme ceux-cy de/9s des*>g] les roignons4 ,et ce que p\r autoriz] la puissance de no/re volont1 ,sa9ct ,augu/9 allegue auoir veu quelqu'vn1 qui comm&oit son d]ri]e autant de pets qu'il en v\loit3 et que ,viues en*]it d'vn autre exemple de son temps1 de pets organizez1 suiuants le ton des voix qu'on leur prononoit1 ne suppose non plus pure l'obeissance de ce membre4 ,c> en e/-il ord9airem5t de plus indiscret et tumultuaire8 ,io9t que i'en cognoy vn1 si turbul5t et reues*e1 qu'il y a qu>ante ans1 qu'il ti5t son mai/re pet] d'vne hale9e et d'vne obligation con/ante et irremitt5te1 et le m5ne a9s9 la mort4 ,et pleu/ ,dieu1 que ie ne le sceusse que p> les hi/oires1 combi5 de fois no/re v5tre p> le refus d'vn seul pet1 n\s m5ne iusques aux portes d'vne mort tres-angoisseuse3 et que l',emp]eur qui n\s donna lib]t de pet] p> t\t1 n\s en eu/ donn le p\uoir4 ,mais no/re volont1 p\r les droits de qui n\s mettons en auant ce repro*e1 combi5 plus vray-semblablem5t la p\uons n\s m>qu] de rebellion et s$ition1 p> son des-reglem5t et desobeissance8 ,veut elle t\si\rs ce que n\s v\drions qu'elle v\lsi/8 ,ne veut elle pas s\u5t ce que n\s luy prohibons de v\loir2 et no/re euid5t dommage8 se laisse elle non plus m5] aux conclusions de no/re raison8 ,en f91 ie diroy p\r monsieur ma p>tie1 que plaise consid]]1 qu'en ce fait sa cause e/ant insep>ablem5t conio9te vn consort1 et indi/9ctem5t1 on ne s'adresse p\rtant qu' luy1 et p> les argum5ts et *>ges qui ne peuu5t app>t5ir sondit consort4 ,c> l'effect d'iceluy e/ bi5 de conui] inopportunem5t p> fois1 mais refus]1 iamais3 et de conui] encore tacitem5t et quietem5t4 ,p>tant se void l'animosit et illegalit manife/e des accusateurs4 ,quoy qu'il en soit1 prote/ant1 que les ,aduocats et ,iuges ont beau qu]ell] et s5t5ci]3 nature tir]a cep5dant son tra93 qui n'auroit faict que raison1 qu& elle auroit d ce membre de quelque p>ticuli] priuilege4 ,au!ur du seul ouurage immortel1 des mortels4 ,ouurage diu9 selon ,socrates3 et ,am\r desir d'immortalit1 et ,dmon immortel luy mesmes4 ,tel l'adu5ture p> cet effect de l'imag9ation1 laisse icy les escr\lles1 que son compagnon reporte en ,espaigne4 ,voyla p\rquoy en telles *oses l'on a acc\/um de dem&] vne ame prep>e4 ,p\rquoy praticqu5t les ,m$ec9s auant ma91 la creance de leur pati5t1 auec tant de fausses promesses de sa gu]ison3 si ce n'e/ af9 que l'effect de l'imag9ation supplee l'impo/ure de leur aposme8 ,ils sau5t qu'vn des mai/res de ce me/i] leur a laiss p> escrit1 qu'il s'e/ tr\u des hommes qui la seule veu de la m$ec9e faisoit l'op]ation4 ,et t\t ce caprice m'e/ tomb pres5tem5t en ma91 sur le conte que me faisoit vn dome/ique apotiquaire de feu mon p]e1 homme simple et ,s\ysse1 nation peu va9e et m5songi]e3 d'auoir cogneu long temps vn m>*& ,t\l\se maladif et subiect la pi]re qui auoit1 s\u5t beso+ de cly/]es1 et se les faisoit diu]sem5t ordonn] aux ,m$ec9s1 selon l'occurr5ce de son mal3 apportez qu'ils e/oy5t1 il n'y auoit ri5 obmis des =mes acc\/umes3 s\u5t il ta/oit s'ils e/oy5t trop *auds3 le voyla c\*1 r5u]s1 et t\tes les appro*es faictes1 sauf qu'il ne s'y faisoit aucune iniection4 ,l'apotiquaire retir apres cette c]emonie1 le pati5t accommod1 comme s'il auoit v]itablem5t pris le cly/]e1 il en s5toit p>eil effect ceux qui les pr5n5t4 ,et si le ,m$ec9 n'en tr\uoit l'op]ation suffisante1 il luy en r$onnoit deux ou trois autres1 de mesme =me4 ,mon tesmo9 iure1 que p\r esp>gn] la desp5ce1 c> il les payoit1 comme s'il les eut receus1 la femme de ce malade ayant quelquefois essay d'y faire seulem5t mettre de l'eau ti$e1 l'effect en desc\urit la f\rbe2 et p\r auoir tr\u ceux-la inutiles1 qu'il faulsit reu5ir la premi]e faon4 ,vne femme p5sant auoir aual vne esp+le auec son pa91 crioit et se t\rm5toit comme ayant vne d\leur insupportable au gosi]1 o elle p5soit la s5tir arre/e3 mais p> ce qu'il n'y auoit ny enfleure ny alt]ation p> le dehors1 vn habil'homme ayant iug que ce n'e/oit que fantasie et op9ion1 prise de quelque morceau de pa9 qui l'auoit picque en passant1 la fit vomir1 et ietta la desrobe dans ce qu'elle r5dit1 vne esp+le tortue4 ,cette femme cuidant l'auoir r5due1 se s5tit s\da9 des*>ge de sa d\leur4 ,ie say qu'vn ,g5til'homme ayant traict *ez luy vne bonne compagnie1 se vanta trois ou quatre i\rs apres p> mani]e de ieu1 c> il n'en e/oit ri51 de leur auoir faict mang] vn *at en pa/e3 dequoy vne damoyselle de la tr\pe pr9t telle horreur1 qu'en e/ant tombe en vn gr& duoyem5t d'e/omac et fieure1 il fut impossible de la sauu]4 ,les be/es mesmes se voy5t comme n\s1 subiectes la =ce de l'imag9ation3 tesmo+s les *i5s1 qui se laiss5t m\rir de dueil de la p]te de leurs mai/res3 n\s les voyons aussi iapp] et trem\ss] en songe1 hannir les *euaux et se debatre4 ,mais t\t cecy se peut rapport] l'e/roite c\/ure de l'esprit et du corps s'entre-communiquants leurs =tunes4 ,c'e/ autre *ose2 que l'imag9ation agisse quelque fois1 non contre son corps seulem5t1 mais contre le corps d'autruy4 ,et t\t a9si qu'vn corps reiette son mal son vois91 comme il se voit en la pe/e1 en la v]olle1 et au mal des yeux1 qui se *>g5t de l'vn l'autre3 ,dum spectant oculi lsos1 lduntur et ipsi3 ,multque corporibus transitione noc5t4 p>eillem5t l'imag9ation esbranle auecques vehem5ce1 eslance des traits1 qui puiss5t (f5c] l'obiect e/rangi]4 ,l'anci5net a t5u de c]ta9es femmes en ,scy?ie1 qu'animes et c\rr\sses contre quelqu'vn1 elles le tuoi5t du seul reg>d4 ,les tortues1 et les autru*es c\u5t leurs ufs de la seule veu1 signe qu'ils y ont quelque v]tu eiaculatrice4 ,et quant aux sorci]s1 on les dit auoir des yeux (f5sifs et nuisans4 ,nescio quis t5]os oculus mihi fasc9at agnos4 ,ce sont p\r moy mauuais respondans que magici5s4 ,tant y a que n\s voyons p> exp]i5ce1 les femmes enuoy] aux corps des enfans1 qu'elles port5t au v5tre1 des m>ques de leurs fantasies3 tesmo9 celle qui eng5dra le ,m4 ,et il fut pres5t ,*>les ,roy de ,boheme et ,emp]eur1 vne fille d'aupres de ,pise t\te velue et h]isse1 que sa m]e disoit auoir e/ a9si conceu1 cause d'vn' image de ,sa9ct ,iean ,bapti/e p5due en son lict4 ,des animaux il en e/ de mesmes3 tesmo+ les brebis de ,iacob1 et les p]dris et lieures1 que la neige blan*it aux montaignes4 ,on vit d]ni]em5t *ez moy vn *at gue/ant vn oyseau au hault d'vn arbre1 et s'e/ans fi*ez la veu f]me l'vn contre l'autre1 quelque espace de temps1 l'oyseau s'e/re laiss *oir comme mort entre les pates du *at1 ou enyur p> sa propre imag9ation1 ou attir p> quelque =ce attractiue du *at4 ,ceux qui aym5t la vol]ie ont ouy faire le conte du fauconni]1 qui arre/ant ob/9m5t sa veu contre vn milan en l'air1 gageoit1 de la seule =ce de sa veu le ram5] contrebas3 et le faisoit1 ce qu'on dit4 ,c> les hi/oires que i'emprunte1 ie les r5uoye sur la consci5ce de ceux de qui ie les pr5s4 ,les disc\rs sont moy1 et se ti5n5t p> la preuue de la raison1 non de l'exp]i5ce2 *acun y peut io9dre ses exemples3 et qui n'en a po9t1 qu'il ne laisse pas de croire qu'il en e/ assez1 veu le nombre et v>iet des accid5s4 ,si ie ne comme bi51 qu'vn autre comme p\r moy4 ,aussi en l'e/ude que ie traitte1 de noz murs et m\uem5ts1 les tesmoignages fabuleux1 p\rueu qu'ils soi5t possibles1 y s]u5t comme les vrais4 ,adu5u ou non adu5u1 ,rome ou ,p>is1 ,iean ou ,pi]re1 c'e/ t\si\rs vn t\r de l'huma9e capacit3 duquel ie suis vtilem5t aduis p> ce recit4 ,ie le voy1 et en fay mon pr(it1 egalem5t en vmbre qu'en corps4 ,et aux diu]ses leons1 qu'ont s\u5t les hi/oires1 ie pr5s me s]uir de celle qui e/ la plus r>e et memorable4 ,il y a des au!urs1 desquels la f9 c'e/ dire les eu5em5ts4 ,la mi5ne1 si i'y scauoye adu5ir1 s]oit dire sur ce qui peut adu5ir4 ,il e/ ju/em5t p]mis aux ,es*oles1 de suppos] des similitudes1 qu& ilz n'en ont po9t4 ,ie n'en fay pas a9si p\rtant1 et surpasse de ce co/ l1 en religion sup]/itieuse1 t\te foy hi/oriale4 ,aux exemples que ie tire ceans1 de ce que i'ay leu1 ou1 faict1 ou dict1 ie me suis def5du d'os] alt]] iusques aux plus leg]es et inutiles circon/ances1 ma consci5ce ne falsifie pas vn iota1 mon insci5ce ie ne say4 ,sur ce propos1 i'entre p> fois en p5se1 qu'il puisse asses bi5 conu5ir vn ,!ologi51 vn ,philosophe1 et telles g5s d'exquise et exacte consci5ce et prud5ce1 d'escrire l'hi/oire4 ,comm5t peuu5t-ils engag] leur foy sur vne foy populaire8 comm5t respondre des p5ses de p]sonnes incognues2 et donn] p\r arg5t contant leurs coniectures8 ,des actions diu]s membres1 qui se pass5t en leur pres5ce1 ils refus]oi5t d'en r5dre tesmoignage1 ass]m5tez p> vn iuge4 ,et n'ont homme si famili]1 des int5tions duquel ils entrepr5n5t de ple9em5t respondre4 ,ie ti5 mo9s haz>deux d'escrire les *oses passes1 que pres5tes3 d'autant que l'escriua9 n'a r5dre compte que d'vne v]it emprunte4 ,aucuns me conui5t d'escrire les affaires de mon temps3 e/imants que ie les voy d'vne veu mo9s blesse de passion1 qu'vn autre1 et de plus pres1 p\r l'accs que =tune m'a donn aux *efs de diu]s p>tis4 ,mais ils ne dis5t pas1 que p\r la gloire de ,sallu/e ie n'en pr5droys pas la pe9e3 ennemy iur d'obligation1 d'assiduit1 de con/ance3 qu'il n'e/ ri5 si contraire mon /ile1 qu'vne n>ration e/5due4 ,ie me rec\ppe si s\u5t1 faute d'hale9e4 ,ie n'ay ny composition ny explication1 qui vaille4 ,ignorant au del d'vn enfant1 des frases et vocables1 qui s]u5t aux *oses plus communes4 ,p\rtant ay-ie pr9s dire ce que ie say dire3 accommodant la mati]e ma =ce4 ,si i'en pr5ois qui me guida/1 ma mesure p\rroit faillir la si5ne4 ,que ma lib]t1 e/ant si libre1 i'eusse publi des iugem5ts1 mon gr mesme1 et selon raison1 illegitimes et punissables4 ,plut>*e n\s diroit volonti]s de ce qu'il en a faict1 que c'e/ l'ouurage d'autruy1 que ses exemples soi5t en t\t et p> t\t v]itables3 qu'ils soi5t vtiles la po/]it1 et pres5tez d'vn lu/re1 qui n\s esclaire la v]tu1 que c'e/ son ouurage4 ,il n'e/ pas dang]eux1 comme en vne drogue m$ic9ale1 en vn compte anci51 qu'il soit a9s9 ou a9si4 ,,*apitre ,,xxi4 ,le pr(it de l'vn e/ dommage de l'autre4 ,,demades ,a!ni5 condemna vn homme de sa ville1 qui faisoit me/i] de v5dre les *oses necessaires aux ent]rem5s1 s\bs tiltre de ce qu'il en dem&oit trop de pr(it1 et que ce pr(it ne luy p\uoit v5ir sans la mort de beauc\p de g5s4 ,ce iugem5t semble e/re mal pris2 d'autant qu'il ne se faict aucun pr(it qu'au dommage d'autruy1 et qu' ce compte il faudroit condamn] t\te sorte de gua94 ,le m>*& ne faict bi5 ses affaires1 qu' la dbau*e de la ieunesse3 le lab\reur la *]t des bl$s3 l'ar*itecte la ru9e des maisons3 les (fici]s de la ,iu/ice aux procez et qu]elles des hommes3 l'honneur mesme et pratique des ,m9i/res de la religion se tire de no/re mort et de noz vices4 ,nul ,m$ec9 ne pr5t plaisir la sant de ses amis mesmes1 dit l'anci5 ,comique ,grec2 ny soldat la paix de sa ville3 a9si du re/e4 ,et qui pis e/1 que *acun se sonde au d$ans1 il tr\u]a que nos s\haits int]ieurs p\r la plus "p naiss5t et se n\rriss5t aux desp5s d'autruy4 ,ce que consid]ant1 il m'e/ v5u en fantasie1 comme nature ne se dem5t po9t en cela de sa g5]ale police3 c> les ,physici5s ti5n5t1 que la naissance1 n\rrissem5t et1 augm5tation de *asque *ose1 e/ l'alt]ation et corruption d'vn' autre4 ,nam quodcunque suis mutatum f9ibus exit1 ,cont9u hoc mors e/ illius1 quod fuit ant4 ,,*apitre ,,xxii4 ,de la c\/ume1 et de ne *ang] aism5t vne loy recee4 ,,celvy me semble auoir tres-bi5 conceu la =ce de la c\/ume1 qui premi] =gea ce compte1 qu'vne femme de village ayant appris de c>ess] et port] entre ses bras vn veau des l'heure de sa naissance1 et cont9uant t\si\rs ce faire1 gaigna cela p> l'acc\/umance1 que t\t gr& beuf qu'il e/oit1 elle le portoit encore4 ,c> c'e/ la v]it vne viol5te et trai/resse mai/resse d'escole1 que la c\/ume4 ,elle e/ablit en n\s1 peu peu1 la desrobe1 le pi$ de son au?orit3 mais p> ce d\x et humble comm5cem5t1 l'ayant rassis et plant auec l'ayde du temps1 elle n\s desc\ure tanto/ vn furieux et tyrannique visage1 contre lequel n\s n'auons plus la lib]t de hauss] seulem5t les yeux4 ,n\s luy voyons =c] t\s les c\ps les regles de nature3 ,vsus efficacissimus r]um omnium magi/]4 ,i'en croy l'antre de ,platon en sa republique1 et les ,m$ec9s1 qui quitt5t si s\u5t son au?orit les raisons de leur art3 et ce ,roy qui p> son moy5 rangea son e/omac se n\rrir de poison3 et la fille qu',alb]t recite s'e/re acc\/ume viure d'araignes3 et en ce monde des ,indes n\uelles on tr\ua des gr&s peuples1 et en =t diu]s climats1 qui en viuoi5t1 en faisoi5t pr\ision1 et les appa/oi5t3 comme aussi des saut]elles1 =miz1 laiz>ds1 *auues\riz1 et fut vn crapault v5du six escus en vne necessit de viures3 ils les cuis5t et appre/5t diu]ses sauces4 ,il en fut tr\u d'autres ausquels noz *airs et noz vi&es e/oy5t mortelles et v5imeuses4 ,consuetud9is magna vis e/4 ,p]noctant v5atores 9 niue3 9 montibus vri se patiuntur3 ,pugiles1 c/ibus contusi1 ne +emiscunt quidem4 ,ces exemples e/rang]s ne sont pas e/ranges1 si n\s consid]ons ce que n\s essayons ord9airem5t2 combi5 l'acc\/umance hebete noz s5s4 ,il ne n\s faut pas all] c]*] ce qu'on dit des vois9s des cat>actes du ,nil3 et ce que les ,philosophes e/im5t de la musicque cele/e2 que les corps de ces c]cles1 e/ants solides1 polis1 et v5ants se les*] et frott] l'vn l'autre en r\llant1 ne peuu5t faillir de produire vne m]ueilleuse h>monie3 aux c\ppures et muances de laquelle se mani5t les cont\rs et *angem5ts des c>oles des a/res4 ,mais qu'vniu]sellem5t les oues des creatures de bas1 endormies1 comme celles des gypti5s1 p> la cont9uation de ce son1 ne le peuu5t app]ceuoir1 p\r gr& qu'il soit4 ,les m>es*aux1 meulni]s1 armuri]s1 ne sauroi5t demeur] au bruit1 qui les frappe1 s'il les p]oit comme n\s4 ,mon collet de fleurs s]t mon nez3 mais apres que ie m'en suis ve/u trois i\rs de suitte1 il ne s]t qu'aux nez assi/ants4 ,cecy e/ plus e/range1 que1 nonob/ant les longs int]ualles et int]missions1 l'acc\/umance puisse io9dre et e/ablir l'effect de son impression sur noz s5s3 comme essay5t les voys9s des clo*i]s4 ,ie loge *ez moy en vne t\r1 o la diane et la retraitte vne =te grosse clo*e sonne t\s les i\rs l',au ,m>ia4 ,ce t9tam>re e/onne ma t\r mesme3 et aux premi]s i\rs me semblant insupportable1 en peu de temps m'appriuoise de mani]e que ie l'oy sans (f5se1 et s\u5t sans m'en esueill]4 ,platon tansa vn enfant1 qui i\oit aux noix4 ,il luy respondit3 ,tu me tanses de peu de *ose4 ,l'acc\/umance1 repliqua ,platon1 n'e/ pas *ose de peu4 ,ie tr\ue que noz plus gr&s vices pr5n5t leur ply des no/re plus t5dre enfance1 et que no/re pr9cipal g\u]nem5t e/ entre les ma9s des n\rrices4 ,c'e/ passetemps aux m]es de veoir vn enfant tordre le col vn p\let1 et s'esbatre bless] vn *i5 et vn *at4 ,et tel p]e e/ si sot1 de pr5dre bon augure d'vne ame m>tiale1 qu& il voit son fils g\rm] iniurieusem5t vn pasant1 ou vn laquay1 qui ne se def5d po9t3 et g5tillesse1 qu& il le void aff9] son compagnon p> quelque malicieuse desloyaut1 et tromp]ie4 ,ce sont p\rtant les vrayes sem5ces et rac9es de la cruaut1 de la tyrannie1 de la trahyson4 ,elles se g]m5t l1 et s'esleu5t apres gaill>dem5t1 et pr(itt5t =ce entre les ma9s de la c\/ume4 ,et e/ vne tres-dang]euse in/itution1 d'excus] ces villa9es incl9ations1 p> la foiblesse de l'aage1 et leg]et du subiect4 ,premi]em5t c'e/ nature qui p>le2 de qui la voix e/ lors plus pure et plus naifue1 qu'elle e/ plus gresle et plus neufue4 ,secondem5t1 la laideur de la pip]ie ne dep5d pas de la diff]5ce des escutz aux esp+les3 elle dep5d de soy4 ,ie tr\ue bi5 plus iu/e de conclurre a9si3 ,p\rquoy ne tromp]oit il aux escutz1 puis qu'il trompe aux esp+les8 que1 comme ils font2 ,ce n'e/ qu'aux esp+les3 il n'auroit g>de de le faire aux escutz4 ,il faut appr5dre soigneusem5t aux enfants de har les vices de leur propre contexture1 et leur en faut appr5dre la naturelle dif=mit1 ce qu'ils les fui5t non en leur action seulem5t1 mais sur t\t en leur cur3 que la p5see mesme leur en soit odieuse1 quelque masque qu'ils port5t4 ,ie say bi51 que p\r m'e/re duict en ma pu]ilit1 de m>*] t\si\rs mon gr& et pla9 *em91 et auoir eu contrecur de mesl] ny tricott]ie ny f9esse mes ieux enfant9s1 7comme de vray il faut not]1 que les ieux des enfants ne sont pas ieux3 et les faut iug] en eux1 comme leurs plus s]ieuses actions7 il n'e/ passetemps si leg]1 o ie n'apporte du d$ans1 et d'vne prop5sion naturelle1 et sans e/ude1 vne extreme contradiction tromp]4 ,ie manie les *>tes p\r les d\bles1 et ti5 compte1 comme p\r les d\bles d\blons1 lors que le gaign] et le p]dre1 contre ma femme et ma fille1 m'e/ indiff]5t1 comme lors qu'il va de bon4 ,en t\t et p> t\t1 il y a asss de mes yeux me t5ir en (fice3 il n'y en a po9t1 qui me veill5t de si pres1 ny que ie respecte plus4 ,ie vi5s de voir *ez moy vn petit homme natif de ,nantes1 n sans bras1 qui a si bi5 faonn ses pi$s1 au s]uice que luy deuoi5t les ma9s1 qu'ils en ont la v]it demy oubli leur (fice naturel4 ,au dem\rant il les nomme ses ma9s1 il tr5*e1 il *>ge vn pi/olet et le las*e1 il enfille son eguille1 il c\d1 il escrit1 il tire le bonnet1 il se peigne1 il i\ aux c>tes et aux dez1 et les remue auec autant de dext]it que sauroit faire quelqu'autre3 l'arg5t que luy ay donn1 il l'a emport en son pi$1 comme n\s faisons en no/re ma94 ,i'en vy vn autre e/ant enfant1 qui manioit vn' espee deux ma9s1 et vn' halleb>de1 du ply du col faute de ma9s1 les iettoit en l'air et les repr5oit1 lanoit vne dague1 et faisoit craquet] vn f\t aussi bi5 que *>reti] de ,france4 ,mais on desc\ure bi5 mieux ses effets aux e/ranges impressions1 qu'elle faict en nos ames1 o elle ne tr\ue pas tant de resi/ance4 ,que ne peut elle en nos iugem5s et en nos creances8 y a il op9ion si biz>re3 ie laisse "p la grossi]e impo/ure des religions1 dequoy tant de gr&es nations1 et tant de suffisants p]sonnages se sont veuz enyurez3 c> cette p>tie e/ant hors de nos raisons huma9es1 il e/ plus excusable de s'y p]dre1 qui n'y e/ extraord9airem5t esclair p> faueur diu9e3 mais d'autres op9ions y en a il de si e/ranges1 qu'elle n'aye plant et e/ably p> loix s regions que bon luy a sembl8 ,et e/ tres-iu/e cette anci5ne exclamation3 ,non pudet physicum1 id e/ speculatorem v5atormque natur1 ab animis consuetud9e imbutis qur]e te/imonium v]itatis8 ,i'e/ime qu'il ne tombe en l'imag9ation huma9e aucune fantasie si =c5ee qui ne r5contre l'exemple de quelque vsage public1 et p> consequ5t que no/re raison n'e/aye et ne fonde4 ,il e/ des peuples o on t\rne le doz celuy qu'on salu1 et ne reg>de l'on iamais celuy qu'on veut honor]4 ,il en e/ o qu& le ,roy cra*e1 la plus fauorie des dames de sa ,c\r t5d la ma93 et en autre nation les plus app>5ts qui sont aut\r de luy se baiss5t t]re1 p\r amass] en du l+e son ordure4 ,desrobons icy la place d'vn compte4 ,vn ,g5til-homme ,franois se m\*oit t\si\rs de sa ma91 *ose tres-ennemie de no/re vsage1 def5dant l dessus son faict3 et e/oit fameux en bonnes r5contres4 ,il me dem&a1 quel priuilege auoit ce salle excrem5t1 que n\s allassions luy appre/ant vn beau l+e delicat le receuoir2 et puis1 qui plus e/1 l'empaquet] et s]r] soigneusem5t sur n\s4 ,que cela deuoit faire plus de mal au cur1 que de le voir v]s] o que ce fu/3 comme n\s faisons t\tes nos autres ordures4 ,ie tr\uay1 qu'il ne p>loit pas du t\t sans raison3 et m'auoit la c\/ume o/ l'app]ceuance de cette e/ranget1 laquelle p\rtant n\s tr\uons si hideuse1 qu& elle e/ recitee d'vn autre pas4 ,les miracles sont1 selon l'ignorance en quoy n\s sommes de la nature1 non selon l'e/re de la nature4 ,l'assuefaction endort la veu de no/re iugem5t4 ,les ,b>b>es ne n\s sont de ri5 plus m]ueilleux que n\s sommes eux3 ny auec plus d'occasion1 comme *ascun aduoeroit1 si *ascun sauoit1 apres s'e/re prom5 p> ces lo+ta9s exemples1 se c\*] sur les propres1 et les conf]] sa9em5t4 ,la raison huma9e e/ vne te9ture infuse enuiron de p>eil pois t\tes nos op9ions et murs1 de quelque =me qu'elles soi5t3 inf9ie en mati]e1 inf9ie en diu]sit4 ,ie m'en ret\rne4 ,il e/ des peuples1 o sauf sa femme et ses enfans aucun ne p>le au ,roy que p> s>batane4 ,en vne mesme nation et les vi]ges montr5t dec\u]t leurs p>ties honteuses1 et les m>iees les c\ur5t et ca*5t soigneusem5t4 ,a quoy cette autre c\/ume qui e/ ailleurs a quelque relation3 la *a/et n'y e/ en prix que p\r le s]uice du m>iage3 c> les filles se peuu5t ab&onn] leur po/e1 et engroissees se faire auort] p> m$icam5s propres1 au veu d'vn *ascun4 ,et ailleurs si c'e/ vn m>*ant qui se m>ie1 t\s les m>*ans conuiez la nopce1 c\*5t auec l'esp\see auant luy3 et plus il y en a1 plus a elle d'honneur et de recomm&ation de f]met et de capacit3 si vn (fici] se m>ie1 il en va de mesme2 de mesme si c'e/ vn noble2 et a9si des autres3 sauf si c'e/ vn lab\reur ou quelqu'vn du bas peuple3 c> lors c'e/ au ,seigneur faire3 et si on ne laisse pas d'y recomm&] e/roitem5t la loyaut1 p5dant le m>iage4 ,il en e/1 o il se void des bordeaux publics de masles1 voire et des m>iages3 o les femmes vont la gu]re qu& et leurs m>is1 et ont rang1 non au combat seulem5t1 mais aussi au comm&em5t4 ,o non seulem5t les bagues se port5t au nez1 aux leures1 aux i\es1 et aux orteils des pi$s3 mais des v]ges d'or bi5 poisantes au trau]s des tet9s et des fesses4 ,o en mangeant on s'essuye les doigts aux cuisses1 et la b\rse des g5itoires1 et la plante des pi$s4 ,o les enfans ne sont pas h]iti]s1 ce sont les fr]es et nepueux3 et ailleurs les nepueux seulem5t3 sauf en la succession du ,pr9ce4 ,o p\r regl] la communaut des bi5s1 qui s'y obs]ue1 c]ta9s ,magi/rats s\u]a9s ont *>ge vniu]selle de la culture des t]res1 et de la di/ribution des fruicts1 selon le beso+ d'vn *acun4 ,o l'on pleure la mort des enfans1 et fe/oye l'on celle des vieill>ts4 ,o ils c\*5t en des licts dix ou d\ze ensemble auec leurs femmes4 ,o les femmes qui p]d5t leurs m>is p> mort viol5te1 se peuu5t rem>i]1 les autres non4 ,o l'on e/ime si mal de la condition des femmes1 que l'on y tu les femelles qui y naiss5t1 et a*epte l'on des vois9s1 des femmes p\r le beso+4 ,o les m>is peuu5t repudi] sans allegu] aucune cause1 les femmes non p\r cause quelconque4 ,o les m>is ont loy de les v5dre1 si elles sont /]iles4 ,o ils font cuire le corps du trespass1 et puis pil]1 iusques ce qu'il se =me comme en b\illie1 laquelle ils mesl5t leur v91 et la boiu5t4 ,o la plus desirable sepulture e/ d'e/re mang des *i5s3 ailleurs des oyseaux4 ,o l'on croit que les ames heureuses viu5t en t\te lib]t1 en des *amps plaisans1 f\rnis de t\tes commoditez3 et que ce sont elles qui font cet e*o que n\s oyons4 ,o ils combatt5t en l'eau1 et tir5t seurem5t de leurs arcs en nageant4 ,o p\r signe de subiection il faut hauss] les espaules1 et baiss] la te/e3 et des*auss] ses s\li]s qu& on entre au logis du ,roy4 ,o les unuques qui ont les femmes religieuses en g>de1 ont encore le nez et leures dire1 p\r ne p\uoir e/re aymez3 et les pre/res se creu5t les yeux p\r acco9t] les demons1 et pr5dre les oracles4 ,o *acun faict vn ,dieu de ce qu'il luy plai/1 le *asseur d'vn lyon ou d'vn r5>d1 le pes*eur de c]ta9 poisson3 et des idoles de *aque action ou passion huma9e3 le soleil1 la lune1 et la t]re1 sont les ,dieux pr9cipaux3 la =me de iur]1 c'e/ t\*] la t]re reg>dant le soleil3 et y mange l'on la *air et le poisson crud4 ,o le gr& s]m5t1 c'e/ iur] le nom de quelque homme trespass1 qui a e/ en bonne reputation au pas1 t\*ant de la ma9 sa tumbe4 ,o les e/r5es que le ,roy enuoye aux ,pr9ces ses vassaux1 t\s les ans1 c'e/ du feu1 lequel apport1 t\t le vieil feu e/ e/e9t3 et de ce n\ueau sont t5us les peuples vois9s v5ir puis] *acun p\r soy1 sur pe9e de crime de leze maie/4 ,o1 qu& le ,roy p\r s'adonn] du t\t la deuotion1 se retire de sa *>ge1 ce qui aui5t s\u5t1 son premi] successeur e/ oblig d'en faire autant3 et passe le droict du ,royaume au troisime successeur4 ,o lon diu]sifie la =me de la police1 selon que les affaires sembl5t le requ]ir3 on depose le ,roy qu& il semble bon3 et luy sub/itue lon des anci5s pr5dre le g\u]nail de l',e/at3 et le laisse lon p> fois aussi s ma9s de la commune4 ,o hommes et femmes sont circoncis1 et p>eillem5t baptiss4 ,o le soldat1 qui en vn ou diu]s combats1 e/ arriu pres5t] son ,roy sept te/es d'ennemis1 e/ faict noble4 ,o lon vit s\bs cette op9ion si r>e et insociable de la mortalit des ames4 ,o les femmes s'acc\*5t sans ple9cte et sans effroy4 ,o les femmes en l'vne et l'autre iambe port5t des greues de cuiure3 et si vn p\il les mord1 sont t5ues p> deuoir de magnanimit de le remordre3 et n'os5t esp\s]1 qu'elles n'ay5t (f]t leur ,roy1 s'il le veut1 leur pucellage4 ,o l'on salu mettant le doigt t]re3 et puis le haussant v]s le ciel4 ,o les hommes port5t les *>ges sur la te/e1 les femmes sur les espaules3 elles piss5t deb\t1 les hommes1 accr\pis4 ,o ils enuoi5t de leur sang en signe d'amiti1 et enc5s5t comme les ,dieux1 les hommes qu'ils veul5t honnor]4 ,o non seulem5t iusques au quatriesme degr1 mais en aucun plus esloign1 la p>5t n'e/ s\ff]te aux m>iages4 ,o les enfans sont quatre ans n\rrisse1 et s\u5t d\ze3 et l mesme il e/ e/im mortel de donn] l'enfant tett] t\t le premi] i\r4 ,o les p]es ont *>ge du *a/im5t des masles1 et les m]es "p1 des femelles3 et e/ le *a/im5t de les fum] p5dus p> les pi$s4 ,o on faict circoncire les femmes4 ,o lon mange t\te sorte d'h]bes sans autre discretion1 que de refus] celles qui leur sembl5t auoir mauuaise s5teur4 ,o t\t e/ ouu]t3 et les maisons p\r belles et ri*es qu'elles soy5t sans porte1 sans f5e/re1 sans c(fre qui f]me3 et sont les l>rons d\blem5t punis qu'ailleurs4 ,o ils tu5t les p\ils auec les d5ts comme les ,magots1 et tr\u5t horrible de les voir esca*] s\bs les ongles4 ,o lon ne c\ppe en t\te la vie ny poil ny ongle3 ailleurs o lon ne c\ppe que les ongles de la droicte1 celles de la gau*e se n\rriss5t p> g5tillesse4 ,o ils n\rriss5t t\t le poil du co/ droict1 tant qu'il peut croi/re3 et ti5n5t raz le poil de l'autre c\/4 ,et en vois9es pr\9ces1 celle icy n\rrit le poil de deuant1 celle l le poil de d]ri]e3 et ras5t l'oposite4 ,o les p]es pre/5t leurs enfans1 les m>is leurs femmes1 i\yr aux ho/es1 en payant4 ,o on peut honne/em5t faire des enfans sa m]e1 les p]es se mesl] leurs filles1 et leurs fils4 ,o aux assemblees des fe/9s ils s'entrepre/5t sans di/9ction de p>5t les enfans les vns aux autres4 ,icy on vit de *air huma9e3 l c'e/ (fice de piet de tu] son p]e en c]ta9 aage3 ailleurs les p]es ordonn5t des enfans encore au v5tre des m]es1 ceux qu'ils veul5t e/re n\rriz et cons]uez1 et ceux qu'ils veul5t e/re ab&onnez et tuez3 ailleurs les vieux m>is pre/5t leurs femmes la ieunesse p\r s'en s]uir3 et ailleurs elles sont communes sans pe*3 voire en tel pas port5t p\r m>que d'honneur autant de belles h\pes frangees au bord de leurs robes1 qu'elles ont acco9t de masles4 ,n'a pas faict la c\/ume encore vne *ose publique de femmes "p8 leur a elle pas mis les armes la ma98 faict dress] des armees1 et liur] des batailles8 ,et ce que t\te la philosophie ne peut plant] en la te/e des plus sages1 ne l'appr5d elle pas de sa seule ordonnance au plus grossi] vulgaire8 c> n\s sauons des nations enti]es1 o non seulem5t la mort e/oit mesprisee1 mais fe/oyee3 o les enfans de sept ans s\ffroi5t e/re foettez iusques la mort1 sans *ang] de visage3 o la ri*esse e/oit en tel mespris1 que le plus *etif citoy5 de la ville n'eu/ daign baiss] le bras p\r amass] vne b\rce d'escus4 ,et sauons des regions tres-f]tiles en t\tes faons de viures1 o t\tesfois les plus ord9aires ms et les plus sau\reux1 c'e/oi5t du pa91 du nasitort et de l'eau4 ,fit elle pas encore ce miracle en ,cio1 qu'il s'y passa sept c5s ans1 sans memoire que femme ny fille y eu/ faict faute son honneur8 ,et somme1 ma fantasie1 il n'e/ ri5 qu'elle ne face1 ou qu'elle ne puisse3 et auec raison l'appelle ,p9d>us1 ce qu'on m'a dict1 la ,royne et ,emp]i]e du monde4 ,celuy qu'on r5contra battant son p]e1 respondit1 que c'e/oit la c\/ume de sa maison3 que son p]e auoit a9si batu son ayeul2 son ayeul son bisayeul3 et montrant son fils3 ,cettuy cy me battra qu& il s]a v5u au t]me de l'aage o ie suis4 ,et le p]e que le fils tirassoit et sab\loit emmy la ru1 luy comm&a de s'arre/] c]ta9 huis2 c> luy1 n'auoit tra9 son p]e que iusques l3 que c'e/oit la borne des iniurieux traittem5ts h]$itaires1 que les enfants auoi5t en vsage faire aux p]es en leur famille4 ,p> c\/ume1 dit ,ari/ote1 aussi s\u5t que p> maladie1 des femmes s'arra*5t le poil1 rong5t leurs ongles1 mang5t des *>bons et de la t]re3 et plus p> c\/ume que p> nature les masles se mesl5t aux masles4 ,les loix de la consci5ce1 que n\s disons nai/re de nature1 naiss5t de la c\/ume3 *acun ayant en v5]ation int]ne les op9ions et murs appr\uees et receus aut\r de luy1 ne s'en peut despr5dre sans remors1 ny s'y appliqu] sans applaudissem5t4 ,qu& ceux de ,crete v\loi5t au temps pass maudire quelqu'vn1 ils prioi5t les ,dieux de l'engag] en quelque mauuaise c\/ume4 ,mais le pr9cipal effect de sa puissance1 c'e/ de n\s saisir et empiet] de telle sorte1 qu' pe9e soit-il en n\s1 de n\s r'auoir de sa pr9se1 et de r'entr] en n\s1 p\r disc\rir et raisonn] de ses ordonnances4 ,de vray1 p>ce que n\s les humons auec le laict de no/re naissance1 et que le visage du monde se pres5te en cet e/at no/re premi]e veu1 il semble que n\s soyons naiz la condition de suyure ce tra94 ,et les communes imag9ations1 que n\s tr\uons en cr$it aut\r de n\s1 et infuses en no/re ame p> la sem5ce de nos p]es1 il semble que ce soy5t les g5]alles et naturelles4 ,p> o il adui5t1 que ce qui e/ hors les gonds de la c\/ume1 on le croid hors les gonds de la raison3 ,dieu sait combi5 desraisonnablem5t le plus s\u5t4 ,si comme n\s1 qui n\s e/udions1 auons appr9s de faire1 *ascun qui oid vne iu/e s5t5ce1 reg>doit incont95t p> o elle luy app>ti5t en son propre3 *ascun tr\u]oit1 que cette cy n'e/ pas tant vn bon mot comme vn bon c\p de f\et la be/ise ord9aire de son iugem5t4 ,mais on reoit les aduis de la v]it et ses preceptes1 comme adresss au peuple1 non iamais soy3 et au lieu de les c\*] sur ses murs1 *ascun les c\*e en sa memoire1 tres-sottem5t et tres-inutilem5t4 ,reu5ons l'empire de la c\/ume4 ,les peuples n\rris la lib]t et se comm&] eux mesmes1 e/im5t t\te autre =me de police mon/rueuse et contre nature4 ,ceux qui sont duits la mon>*ie en font de mesme4 ,et quelque facilit que leur pre/e =tune au *angem5t1 lors mesme qu'ils se sont auec gr&es difficultez deffaitz de l'importunit d'vn mai/re1 ils c\r5t en replant] vn n\ueau auec p>eilles difficultez1 p\r ne se p\uoir res\dre de pr5dre en ha9e la mai/rise4 ,c'e/ p> l'entremise de la c\/ume que *ascun e/ contant du lieu o nature l'a plant3 et les sauuages d',escosse n'ont que faire de la ,t\ra9e1 ny les ,scy!s de la ,!ssalie4 ,d>ius dem&oit quelques ,grecs1 p\r combi5 ils v\droi5t pr5dre la c\/ume des ,indes1 de mang] leurs p]es trespassez 7c> c'e/oit leur =me1 e/imans ne leur p\uoir donn] plus fauorable sepulture1 que dans eux-mesmes7 ils luy respondir5t que p\r *ose du monde ils ne le f]oi5t3 mais s'e/ant aussi essay de p]suad] aux ,indi5s de laiss] leur faon1 et pr5dre celle de ,grece1 qui e/oit de brusl] les corps de leurs p]es1 il leur fit encore plus d'horreur4 ,*acun en fait a9si1 d'autant que l'vsage n\s desrobbe le vray visage des *oses4 ,nil adeo magnum1 nec tam mirabile quicquam ,pr9cipio1 quod non m9uant mir>i] omnes ,paulatim4 ,autrefois ayant faire valoir quelqu'vne de nos obs]uations1 et receu auec resolu au?orit bi5 lo+ aut\r de n\s3 et ne v\lant po9t1 comme il se fait1 l'e/ablir seulem5t p> la =ce des loix et des exemples1 mais que/ant t\si\rs iusques son orig9e1 i'y tr\uay le fondem5t si foible1 qu' pe9e que ie ne m'en deg\/asse1 moy1 qui auois la confirm] en autruy4 ,c'e/ cette recepte1 p> laquelle ,platon entrepr5d de *ass] les des-naturees et prepo/]es am\rs de son temps3 qu'il e/ime s\u]a9e et pr9cipale3 assauoir1 que l'op9ion publique les condamne3 que les ,potes1 que *acun en face de mauuais comptes4 ,recepte1 p> le moy5 de laquelle1 les plus belles filles n'attir5t plus l'am\r des p]es1 ny les fr]es plus excell5ts en beaut1 l'am\r des surs4 ,les fables mesmes de ,?ye/es1 d',o$ipus1 de ,mac>eus1 ayant1 auec le plaisir de leur *ant1 infus cette vtile creance1 en la t5dre c]uelle des enfants4 ,de vray1 la pudicit e/ vne belle v]tu1 et de laquelle l'vtilit e/ assez connu3 mais de la traitt] et faire valoir selon nature1 il e/ autant mal-ays1 comme il e/ ays de la faire valoir selon l'vsage1 les loix1 et les preceptes4 ,les premi]es et vniu]selles raisons sont de difficile p]scrutation4 ,et les pass5t noz mai/res en escumant1 ou en ne les osant pas seulem5t ta/]1 se iett5t d'abordee dans la fran*ise de la c\/ume3 l ils s'enfl5t1 et triomph5t bon compte4 ,ceux qui ne se veul5t laiss] tir] hors cette orig9elle s\rce1 faill5t encore plus3 et s'oblig5t des op9ions sauuages1 tesmo9 ,*rysippus3 qui sema en tant de lieux de ses escrits1 le peu de compte en quoy il t5oit les conionctions ince/ueuses1 quelles qu'elles fuss5t4 ,qui v\dra se deffaire de ce viol5t preiudice de la c\/ume1 il tr\u]a plusieurs *oses receus d'vne resolution indubitable1 qui n'ont appuy qu'en la b>be *5e et rides de l'vsage1 qui les accompaigne3 mais ce masque arra*1 rapportant les *oses la v]it et la raison1 il s5tira son iugem5t1 comme t\t b\leu]s1 et remis p\rtant en bi5 plus seur e/at4 ,p\r exemple1 ie luy dem&]ay lors1 quelle *ose peut e/re plus e/range1 que de voir vn peuple oblig suiure des loix qu'il n'ent5dit oncques3 atta* en t\s ses affaires dome/icques1 m>iages1 donations1 te/am5ts1 v5tes1 et a*apts1 des regles qu'il ne peut sauoir1 n'e/ans escrites ny publiees en sa langue1 et desquelles p> necessit il luy faille a*et] l'int]pretation et l'vsage4 ,non selon l'+5ieuse op9ion d',isocrates1 qui conseille son ,roy de r5dre les trafiques et negociations de ses subiects libres1 fran*es1 et lucratiues2 et leurs debats et qu]elles1 on]euses1 *>gees de poisans subsides3 mais selon vne op9ion prodigieuse1 de mettre en trafique1 la raison mesme1 et donn] aux loix c\rs de m>*&ise4 ,ie say bon gr la =tune1 dequoy1 comme dis5t nos hi/ori5s1 ce fut vn ,g5til-homme ,gascon et de mon pays1 qui le premi] s'opposa ,*>lemaigne1 n\s v\lant donn] les loix ,lat9es et imp]iales4 ,qu'e/-il plus f>\*e que de voir vne nation1 o p> legitime c\/ume la *>ge de iug] se v5de2 et les iugem5ts soy5t payez purs d5i]s contans2 et o legitimem5t la iu/ice soit refusee qui n'a dequoy la pay]3 et aye cette m>*&ise si gr& cr$it1 qu'il se face en vne police vn quatrime e/at1 de g5s manians les procs1 p\r le io9dre aux trois anci5s1 de l'glise1 de la ,noblesse1 et du ,peuple3 lequel e/at ayant la *>ge des loix et s\u]a9e au?orit des bi5s et des vies1 face vn corps "p de celuy de la noblesse3 d'o il adui5ne qu'il y ayt d\bles loix1 celles de l'honneur1 et celles de la iu/ice1 en plusieurs *oses =t contraires3 aussi rig\reusem5t condamn5t celles-l vn demanti s\ff]t1 comme celles icy vn demanti reuan*3 p> le deuoir des armes1 celuy-l soit degrad d'honneur et de noblesse qui s\ffre vn' iniure1 et p> le deuoir ciuil1 celuy qui s'en v5ge enc\re vne pe9e capitale8 qui s'adresse aux loix p\r auoir raison d'vne (f5se faicte son honneur1 il se de%onnore3 et qui ne s'y adresse1 il en e/ puny et *a/i p> les loix3 et de ces deux pieces si diu]ses1 se rapportans t\tesfois vn seul *ef1 ceux-l ay5t la paix1 ceux-cy la gu]re en *>ge3 ceux-l ay5t le ga+1 ceux-cy l'honneur3 ceux-l le sauoir1 ceux-cy la v]tu3 ceux-l la p>ole1 ceux-cy l'action3 ceux-l la iu/ice1 ceux-cy la vaillance3 ceux-l la raison1 ceux-cy la =ce3 ceux-l la robbe longue1 ceux-cy la c\rte en p>tage4 ,quant aux *oses indiff]5tes1 comme ve/em5s1 qui les v\dra ram5] leur vraye f91 qui e/ le s]uice et commodit du corps1 d'o dep5d leur grace et bi5-seance orig9elle1 p\r les plus fanta/icques mon gr qui se puiss5t imag9]1 ie luy donray entre autres nos bonnets c>rez3 cette longue queu de vel\x pliss1 qui p5d aux te/es de nos femmes1 auec son attirail big>r3 et ce va9 modelle et inutile1 d'vn membre que n\s ne p\uons seulem5t honne/em5t nomm]1 duquel t\tesfois n\s faisons montre et p>ade en public4 ,ces consid]ations ne de/\rn5t p\rtant pas vn homme d'ent5dem5t de suiure le /ile commun4 ,a9s au reb\rs1 il me semble que t\tes faons esc>tees et p>ticuli]es p>t5t plu/o/ de folie1 ou d'affectation ambitieuse1 que de vraye raison3 et que le sage doit au d$ans retir] son ame de la presse1 et la t5ir en lib]t et puissance de iug] librem5t des *oses3 mais quant au dehors1 qu'il doit suiure enti]em5t les faons et =mes receus4 ,la societ publique n'a que faire de nos p5sees3 mais le demeurant1 comme nos actions1 no/re trauail1 nos =tunes et no/re vie1 il la faut pre/] et ab&onn] son s]uice et aux op9ions communes3 comme ce bon et gr& ,socrates refusa de sauu] sa vie p> la desobeissance du magi/rat1 voire d'vn magi/rat tres-iniu/e et tres-inique4 ,c> c'e/ la regle des regles1 et g5]ale loy des loix1 que *acun obs]ue celles du lieu o il e/3 4 ,en voicy d'vne autre cuuee4 ,il y a gr& d\te1 s'il se peut tr\u] si euid5t pr(it au *angem5t d'vne loy recee telle qu'elle soit1 qu'il y a de mal la remu]3 d'autant qu'vne police1 c'e/ comme vn ba/im5t de diu]ses pieces io9ctes ensemble d'vne telle liaison1 qu'il e/ impossible d'en esbranl] vne que t\t le corps ne s'en s5te4 ,le legislateur des ,?uri5s ordonna1 que quiconque v\droit ou abolir vne des vieilles loix1 ou en e/ablir vne n\uelle1 se pres5t]oit au peuple la corde au col3 af9 que si la n\uellet n'e/oit appr\uee d'vn *acun1 il fu/ incont95t e/rangl4 ,et celuy de ,lac$emone employa sa vie p\r tir] de ses citoy5s vne promesse asseuree1 de n'enfra9dre aucune de ses ordonnances4 ,l',ephore qui c\pa si rudem5t les deux cordes que ,phr9ys auoit adi\/ la musique1 ne s'esmoie pas1 si elle en vaut mieux1 ou si les accords en sont mieux remplis3 il luy suffit p\r les condamn]1 que ce soit vne alt]ation de la vieille faon4 ,c'e/ ce que signifioit cette espee r\illee de la ,iu/ice de ,m>seille4 ,ie suis desg\/ de la n\uellet1 quelque visage qu'elle porte2 et ay raison1 c> i'en ay veu des effets tres-dommageables4 ,celle qui n\s presse depuis tant d'ans1 elle n'a pas t\t exploict3 mais on peut dire auec app>5ce1 que p> accid5t1 elle a t\t produict et eng5dr2 voire et les maux et ru9es1 qui se font depuis sans elle1 et contre elle3 c'e/ elle s'en pr5dre au nez1 ,heu patior telis vuln]a facta meis6 ,ceux qui donn5t le branle vn ,e/at1 sont volonti]s les premi]s absorbez en sa ru9e4 ,le fruict du tr\ble ne demeure gu]e celuy qui l'a esmeu2 il bat et br\ille l'eaue p\r d'autres pes*eurs4 ,la liaison et contexture de cette mon>*ie et ce gr& ba/im5t1 ayant e/ desmis et diss\t1 notamm5t sur ses vieux ans p> elle1 donne tant qu'on veut d'ouu]ture et d'entree p>eilles iniures4 ,la maie/ royalle s'auale plus difficilem5t du sommet au milieu1 qu'elle ne se precipite du milieu fons4 ,mais si les inu5teurs sont plus dommageables1 les imitateurs sont plus vicieux1 de se iett] en des exemples1 desquels ils ont s5ti et puni l'horreur et le mal4 ,et s'il y a quelque degr d'honneur1 mesmes au mal faire1 ceux cy doiu5t aux autres1 la gloire de l'inu5tion1 et le c\rage du premi] ef=t4 ,t\tes sortes de n\uelle desbau*e puys5t heureusem5t en cette premi]e et fconde s\rce1 les images et patrons tr\bl] no/re police4 ,on lit en nos loix mesmes1 faictes p\r le rem$e de ce premi] mal1 l'appr5tissage et l'excuse de t\tes sortes de mauuaises entreprises4 ,et n\s adui5t ce que ,?ucydides dit des gu]res ciuiles de son temps1 qu'en faueur des vices publiques1 on les battisoit de mots n\ueaux plus d\x p\r leur excuse1 aba/>dissant et amollissant leurs vrais titres4 ,c'e/ p\rtant1 p\r re=m] nos consci5ces et nos creances1 hone/a oratio e/4 ,mais le meilleur pretexte de n\uellet e/ tres-dang]eux4 ,adeo nihil motum ex antiquo probabile e/4 ,si me semble-il1 le dire fran*em5t1 qu'il y a gr& am\r de soy et presomption1 d'e/im] ses op9ions iusques-l1 que p\r les e/ablir1 il faille r5u]s] vne paix publique1 et introduire tant de maux ineuitables1 et vne si horrible corruption de murs que les gu]res ciuiles apport5t1 et les mutations d',e/at1 en *ose de tel pois1 et les introduire en son pays propre4 ,e/-ce pas mal mesnag1 d'aduanc] tant de vices c]ta9s et cognus1 p\r combattre des erreurs conte/ees et debatables8 ,e/-il quelque pire espece de vices1 que ceux qui *oqu5t la propre consci5ce et naturelle cognoissance8 ,le ,s5at osa donn] en payem5t cette deffaitte1 sur le diff]5t d'entre luy et le peuple1 p\r le m9i/]e de leur religion3 ,ad deos1 id magis qum ad se p]t9]e1 ipsos visuros1 ne sacra sua polluantur3 con=mm5t ce que respondit l'oracle ceux de ,delphes1 en la gu]re ,m$oise1 craignans l'inuasion des ,p]ses4 ,ils dem&]5t au ,dieu1 ce qu'ils auoi5t faire des tresors sacrez de son temple1 ou les ca*]1 ou les emport]4 ,il leur respondit1 qu'ils ne b\geass5t ri51 qu'ils se s\ciass5t d'eux3 qu'il e/oit suffisant p\r pr\uoir ce qui luy e/oit propre4 ,la religion ,*re/i5ne a t\tes les m>ques d'extreme iu/ice et vtilit3 mais nulle plus app>5te1 que l'exacte recomm&ation de l'obessance du magi/rat1 et manut5tion des polices4 ,quel m]ueilleux exemple n\s en a laiss la sapi5ce diu9e2 qui p\r e/ablir le salut du g5re huma91 et conduire cette si5ne glorieuse victoire contre la mort et le pe*1 ne l'a v\lu faire qu' la m]cy de no/re ordre politique3 et a s\bsmis son progrez et la conduicte d'vn si haut effet et si salutaire1 l'aueuglem5t et iniu/ice de nos obs]uations et vsances3 y laissant c\rir le sang innoc5t de tant d'esleuz ses fauoriz1 et s\ffrant vne longue p]te d'annes meurir ce fruict ine/imable8 ,il y a gr& dire entre la cause de celuy qui suit les =mes et les loix de son pays1 et celuy qui entrepr5d de les reg5t] et *ang]4 ,celuy l allegue p\r son excuse1 la simplicit1 l'obeissance et l'exemple3 quoy qu'il face ce ne peut e/re malice1 c'e/ p\r le plus malheur4 ,quis e/ enim1 quem non m\eat cl>issimis monim5tis te/ata consignatque antiquitas8 ,outre ce que dit ,isocrates1 que la defectuosit a plus de "p la mod]ation1 que n'a l'exces4 ,l'autre e/ en bi5 plus rude p>ty4 ,c> qui se mesle de *oisir et de *ang]1 vsurpe l'au?orit de iug]3 et se doit faire =t1 de voir la faute de ce qu'il *asse1 et le bi5 de ce qu'il introduit4 ,cette si vulgaire consid]ation m'a f]my en mon siege3 et t5u ma ieunesse mesme1 plus tem]aire1 en bride3 de ne *>g] mes espaules d'vn si l\rd faix1 que de me r5dre respondant d'vne sci5ce de telle importance4 ,et os] en cette cy1 ce qu'en sa9 iugem5t1 ie ne p\rroy os] en la plus facile de celles ausquelles on m'auoit in/ruit1 et ausquelles la tem]it de iug] e/ de nul preiudice4 ,me semblant tres-inique1 de v\loir s\smettre les con/itutions et obs]uances publiques et immobiles1 l'in/abilit d'vne priue fantasie 7la raison priue n'a qu'vne iurisdiction priue7 et entrepr5dre sur les loix diu9es1 ce que nulle police ne support]oit aux ciuiles4 ,ausquelles1 encore que l'huma9e raison aye beauc\p plus de comm]ce1 si sont elles s\u]a9em5t iuges de leurs iuges3 et l'extreme suffisance s]t expliqu] et e/5dre l'vsage1 qui en e/ receu1 non le de/\rn] et inn\]4 ,si quelques fois la pr\id5ce diu9e a pass p> dessus les regles1 ausquelles elle n\s a necessairem5t a/re9ts3 ce n'e/ pas p\r n\s en disp5s]4 ,ce sont c\ps de sa ma9 diu9e3 qu'il n\s faut1 non pas imit]1 mais admir]3 et exemples extraord9aires1 m>ques d'vn expres et p>ticuli] adueu3 du g5re des miracles1 qu'elle n\s (fre1 p\r tesmoignage de sa t\te puissance1 au dessus de noz ordres et de noz =ces3 qu'il e/ folie et impiet d'essay] repres5t]3 et que n\s ne deuons pas suiure1 mais contempl] auec e/onnem5t4 ,actes de son p]sonnage1 non pas du no/re4 ,cotta prote/e bi5 opportunm5t3 ,quum de religione agitur1 ,t4 ,coruncanum1 ,p4 ,scipionem1 ,p4 ,scuolam1 pontifices maximos1 non ,z5onem1 aut ,clean!m1 aut ,*rysippum1 sequor4 ,dieu le sa*e en no/re pres5te qu]elle1 o il y a c5t articles o/] et remettre1 gr&s et pr(onds articles1 combi5 ils sont qui se puiss5t vant] d'auoir exactem5t recogneu les raisons et fondem5ts de l'vn et l'autre p>ty4 ,c'e/ vn nombre1 si c'e/ nombre1 qui n'auroit pas gr& moy5 de n\s tr\bl]4 ,mais t\te cette autre presse o va elle8 s\bs quelle enseigne se iette elle qu>ti]8 ,il adui5t de la leur1 comme des autres m$ec9es foibles et mal appliquees3 les humeurs qu'elle v\loit purg] en n\s1 elle les a es*auffes1 exasp]ees et aigries p> le conflit1 et si n\s e/ demeure dans le corps4 ,elle n'a seu n\s purg] p> sa foiblesse1 et n\s a cep5dant affoiblis3 en mani]e que n\s ne la p\uons vuid] non plus1 et ne receuons de son op]ation que des d\leurs longues et inte/9es4 ,si e/-ce que la =tune res]uant t\si\rs son au?orit au dessus de nos disc\rs1 n\s pres5te aucunes-fois la necessit si vrg5te1 qu'il e/ beso9 que les loix luy fac5t quelque place4 ,et qu& on resi/e l'accroissance d'vne inn\ation qui vi5t p> viol5ce s'introduire1 de se t5ir en t\t et p> t\t en bride et en regle contre ceux qui ont la clef des *amps1 ausquels t\t cela e/ loisible qui peut auanc] leur desse91 qui n'ont ny loy ny ordre que de suiure leur aduantage1 c'e/ vne dang]euse obligation et inequalit4 ,aditum noc5di p]fido pr/at fides4 ,d'autant que la discipl9e ord9aire d'vn ,e/at qui e/ en sa sant1 ne p\ruoit pas ces accid5s extraord9aires3 elle presuppose vn corps qui se ti5t en ses pr9cipaux membres et (fices1 et vn commun cons5tem5t son obs]uation et obeissance4 ,l'all] legitime1 e/ vn all] froid1 poisant et contra9t3 et n'e/ pas p\r t5ir bon1 vn all] lic5cieux et effr54 ,on sait qu'il e/ encore repro* ces deux gr&s p]sonnages1 ,octauius et ,caton1 aux gu]res ciuiles1 l'vn de ,sylla1 l'autre de ,cs>1 d'auoir plu/o/ laiss enc\rir t\tes extremitez leur patrie1 que de la sec\rir aux desp5s de ses loix1 et que de ri5 remu]4 ,c> la v]it en ces d]ni]es necessitez1 o il n'y a plus que t5ir1 il s]oit l'auanture plus sagem5t fait1 de baiss] la te/e et pre/] vn peu au c\p1 que s'ahurtant outre la possibilit ne ri5 relas*]1 donn] occasion la violance de f\l] t\t aux pi$s3 et vaudroit mieux faire v\loir aux loix ce qu'elles peuu5t1 puis qu'elles ne peuu5t ce qu'elles veul5t4 ,a9si fit celuy qui ordonna qu'elles dormiss5t v+t quatre heures3 et celuy qui remua p\r cette fois vn i\r du cal5dri]3 et cet autre qui du mois de ,iu9 fit le second ,may4 ,les ,lac$emoni5s mesmes1 tant religieux obs]uateurs des ordonnances de leur pas1 e/ans pressez de leur loy1 qui deff5doit d'eslire p> deux fois ,admiral vn mesme p]sonnage1 et de l'autre "p leurs affaires requ]ans de t\te necessit1 que ,lys&] pr9/ de re*ef cette *>ge1 ils fir5t bi5 vn ,aracus ,admiral1 mais ,lys&] sur9t5dant de la m>9e4 ,et de mesme subtilit1 vn de leurs ,ambassadeurs e/ant enuoy v]s les ,a!ni5s1 p\r obt5ir le *angem5t de quelque ordonnance1 et ,p]icles luy alleguant qu'il e/oit deff5du d'o/] le tableau1 o vne loy e/oit vne fois pose1 luy conseilla de le t\rn] seulem5t1 d'autant que cela n'e/oit pas deff5du4 ,c'e/ ce dequoy ,plut>que loe ,philopm51 qu'e/ant n p\r comm&]1 il sauoit non seulem5t comm&] selon les loix1 mais aux loix mesmes1 qu& la necessit publique le requ]oit4 ,,*apitre ,,xxiii4 ,diu]s eu5em5s de mesme ,conseil4 ,,iaqves ,amiot1 gr& ,aumosni] de ,france1 me recita vn i\r cette hi/oire l'honneur d'vn ,pr9ce des no/res 7et no/re e/oit-il tres-bonnes enseignes1 encore que son orig9e fu/ e/rang]e7 que durant nos premi]s tr\bles au siege de ,roan1 ce ,pr9ce ayant e/ adu]ti p> la ,royne m]e du ,roy d'vne entreprise qu'on faisoit sur sa vie1 et in/ruit p>ticuli]em5t p> ses lettres1 de celuy qui la deuoit conduire *ef1 qui e/oit vn ,g5til-homme ,angeu9 ou ,manceau1 frequ5tant lors ord9airem5t p\r cet effet1 la maison de ce ,pr9ce3 il ne communiqua p]sonne cet adu]tissem5t3 mais se prom5ant l'endema9 au mont sa9cte ,ca!r9e1 d'o se faisoit no/re bat]ie ,r\an 7c> c'e/oit au temps que n\s la t5ions assiegee7 ayant ses co/ez l$it ,seigneur gr& ,aumosni] et vn autre ,euesque1 il app]eut ce ,g5til-homme1 qui luy auoit e/ rem>qu1 et le fit appell]4 ,comme il fut en sa pres5ce1 il luy dit a9si le voyant desia pallir et fremir des al>mes de sa consci5ce3 ,monsieur de tel lieu1 v\s v\s d\tez bi5 de ce que ie v\s veux1 et vo/re visage le montre3 v\s n'auez ri5 me ca*]3 c> ie suis in/ruict de vo/re affaire si auant1 que v\s ne f]iez qu'empir] vo/re m>*1 d'essay] le c\urir4 ,v\s sauez bi5 telle *ose et telle 7qui e/oy5t les t5ans et ab\tissans des plus secretes pieces de cette m5ee7 ne faillez sur vo/re vie me confess] la v]it de t\t ce desse94 ,qu& ce pauure homme se tr\ua pris et conua9cu1 c> le t\t auoit e/ desc\u]t la ,royne p> l'vn des complices1 il n'eut qu' io9dre les ma9s et requ]ir la grace et mis]icorde de ce ,pr9ce2 aux pi$s duquel il se v\lut iett]1 mais il l'en g>da1 suyuant a9si son propos3 ,v5ez 1 v\s ay-ie autre-fois fait desplaisir8 ay-ie (f5c quelqu'vn des vo/res p> ha9e p>ticuli]e8 ,il n'y a pas trois sema9es que ie v\s cognois1 quelle raison v\s a peu m\uoir entrepr5dre ma mort8 ,le ,g5til-homme respondit cela d'vne voix tremblante1 que ce n'e/oit aucune occasion p>ticuli]e qu'il en eu/1 mais l'int]e/ de la cause g5]ale de son p>ty1 et qu'aucuns luy auoi5t p]suad que ce s]oit vne execution ple9e de piet1 d'extirp] en quelque mani]e que ce fu/1 vn si puissant ennemy de leur religion4 ,or1 suiuit ce ,pr9ce1 ie v\s veux montr]1 combi5 la religion que ie ti5s e/ plus d\ce1 que celle dequoy v\s faictes pr(ession4 ,la vo/re v\s a conseill de me tu] sans m'ouir1 n'ayant receu de moy aucune (f5ce2 et la mi5ne me comm&e que ie v\s p>donne1 t\t conua9cu que v\s e/es de m'auoir v\lu tu] sans raison4 ,allez v\s en1 retirez v\s1 que ie ne v\s voye plus icy3 et si v\s e/es sage1 pr5ez doresnauant en voz entreprises des conseill]s plus g5s de bi5 que ceux l4 ,l'emp]eur ,augu/e e/ant en la ,gaule1 reeut c]ta9 au]tissem5t d'vne coniuration que luy brassoit ,l4 ,c9na3 il delib]a de s'en v5g]1 et m&a p\r cet effect au l5dema9 le conseil de ses amis3 mais la nuict d'entre-deux il la passa auec gr&e inquietude1 consid]ant qu'il auoit faire m\rir un ieune homme de bonne maison1 et neueu du gr& ,pompeius3 et produisoit en se pleignant plusieurs diu]s disc\rs4 ,quoy donq1 faisoit-il1 s]a-il dict que ie demeur]ay en cra9te et en al>me1 et que ie lairray mon meurtri] se p\rm5] cep5dant son ayse8 ,s'en ira-il quitte1 ayant assailly ma te/e1 que i'ay sauue de tant de gu]res ciuiles1 de tant de batailles1 p> m] et p> t]re8 et apres auoir e/ably la paix vniu]selle du monde1 s]a-il abs\z1 ayant delib] non de me meurtrir seulem5t1 mais de me sacrifi]8 ,c> la coniuration e/oit faicte de le tu]1 comme il f]oit quelque sacrifice4 ,apres cela s'e/ant t5u coy quelque espace de temps1 il recomm5oit d'vne voix plus =te1 et s'en pr5oit soy-mesme3 ,p\rquoy vis tu1 s'il importe tant de g5s que tu meures8 n'y aura-il po9t de f9 tes v5geances et tes cruautez8 ,ta vie vaut-elle que tant de dommage se face p\r la cons]u]8 ,liuia sa femme le s5tant en ces angoisses3 ,et les conseils des femmes y s]ont-ils receuz1 luy dit elle8 ,fais ce que font les m$ec9s1 qu& les receptes acc\/umees ne peuu5t s]uir1 ils en essay5t de contraires4 ,p> seu]it tu n'z iusques cette heure ri5 pr(it3 ,lepidus a suiuy ,sauidi5us1 ,mur5a ,lepidus1 ,cpio ,mur5a1 ,egnatius ,cpio4 ,comm5ce exp]im5t] comm5t te succ$]ont la d\ceur et la clem5ce4 ,c9na e/ conua9cu1 p>donne luy2 de te nuire desormais1 il ne p\rra1 et pr(it]a ta gloire4 ,augu/e fut bi5 ayse d'auoir tr\u vn aduocat de son humeur1 et ayant rem]ci sa femme et contrem& ses amis1 qu'il auoit assignez au ,conseil1 comm&a qu'on fi/ v5ir luy ,c9na t\t seul4 ,et ayant fait sortir t\t le monde de sa *ambre1 et fait donn] vn siege ,c9na1 il luy p>la en cette mani]e3 ,en premi] lieu ie te dem&e ,c9na1 paisible audi5ce3 n'int]romps pas mon p>l]1 ie te donray temps et loysir d'y respondre4 ,tu sais ,c9na que t'ayant pris au camp de mes ennemis1 non seulem5t t'e/ant faict mon ennemy1 mais e/ant n tel1 ie te sauuay2 ie te mis entre ma9s t\s tes bi5s1 et t'ay en f9 r5du si accommod et si ays1 que les victorieux sont enuieux de la condition du va9cu3 l'(fice du sac]doce que tu me dem&as1 ie te l'ottroiay1 l'ayant refus d'autres1 desquels les p]es auoy5t t\si\rs combatu auec moy3 t'ayant si =t oblig1 tu z entrepris de me tu]4 ,a quoy ,c9na s'e/ant escri qu'il e/oit bi5 esloign d'vne si mes*ante p5see3 ,tu ne me ti5s pas ,c9na ce que tu m'auois promis1 suyuit ,augu/e3 tu m'auois asseur que ie ne s]ois pas int]rompu3 ouy1 tu z entrepris de me tu]1 en tel lieu1 tel i\r1 en telle compagnie1 et de telle faon3 et le voyant transi de ces n\uelles1 et en sil5ce1 non plus p\r t5ir le m>* de se taire1 mais de la presse de sa consci5ce3 ,p\rquoy1 adi\/a il1 le fais tu8 ,e/-ce p\r e/re ,emp]eur8 ,vraym5t il va bi5 mal la *ose publique1 s'il n'y a que moy1 qui t'empes*e d'arriu] l',empire4 ,tu ne peux pas seulem5t deff5dre ta maison1 et p]dis d]ni]em5t vn procs p> la faueur d'vn simple lib]t94 ,quoy8 n'z tu pas moy5 ny p\uoir en autre *ose qu' entrepr5dre ,cs>8 ,ie le quitte1 s'il n'y a que moy qui empes*e tes esp]ances4 ,p5ses-tu1 que ,paulus1 que ,fabius1 que les ,cosse5s et ,s]uili5s te s\ffr5t8 et vne si gr&e tr\ppe de nobles1 non seulem5t nobles de nom1 mais qui p> leur v]tu honnor5t leur noblesse8 ,apres plusieurs autres propos1 c> il p>la luy plus de deux heures enti]es1 ,or va1 luy dit-il1 ie te donne1 ,c9na1 la vie trai/re et p>ricide1 que ie te donnay autres-fois ennemy3 que l'amiti comm5ce de ce i\rd'huy entre n\s3 essayons qui de n\s deux de meilleure foy1 moy t'aye donn ta vie1 ou tu l'ayes receu4 ,et se desp>tit d'auec luy en cette mani]e4 ,quelque temps apres il luy donna le consulat1 se pleignant dequoy il ne le luy auoit os dem&]4 ,il l'eut depuis p\r =t amy1 et fut seul faict p> luy h]iti] de ses bi5s4 ,or depuis cet accid5t1 qui adu9t ,augu/e au qu>antiesme an de son aage1 il n'y eut iamais de coniuration ny d'entreprise contre luy1 et reeut vne iu/e recomp5se de cette si5ne clem5ce4 ,mais il n'en adu9t pas de mesmes au no/re3 c> sa d\ceur ne le sceut g>5tir1 qu'il ne *eu/ depuis aux lacs de p>eille trahison4 ,tant c'e/ *ose va9e et friuole que l'huma9e prud5ce3 et au trau]s de t\s nos proiects1 de nos conseils et precautions1 la =tune ma9ti5t t\si\rs la possession des eu5em5s4 ,n\s appellons les m$ec9s heureux1 qu& ils arriu5t quelque bonne f93 comme s'il n'y auoit que leur art1 qui ne se peu/ ma9t5ir d'elle mesme1 et qui eu/ les fondem5s trop frailes1 p\r s'appuy] de sa propre =ce3 et comme s'il n'y auoit qu'elle1 qui ayt beso9 que la =tune pre/e la ma9 ses op]ations4 ,ie croy d'elle t\t le pis ou le mieux qu'on v\dra3 c> n\s n'auons1 ,dieu m]cy1 nul comm]ce ensemble4 ,ie suis au reb\rs des autres3 c> ie la mesprise bi5 t\si\rs1 mais qu& ie suis malade1 au lieu d'entr] en composition1 ie comm5ce encore la har et la cra9dre3 et respons ceux qui me press5t de pr5dre m$ec9e1 qu'ils att5d5t au mo9s que ie sois r5du mes =ces et ma sant1 p\r auoir plus de moy5 de s\/5ir l'ef=t et le haz>t de leur breuuage4 ,ie laisse faire nature1 et presuppose qu'elle se soit p\rueue de d5ts et de griffes1 p\r se deff5dre des assaux qui luy vi5n5t1 et p\r ma9t5ir cette contexture1 dequoy elle fuit la dissolution4 ,ie cra9 au lieu de l'all] sec\rir1 a9si comme elle e/ aux prises bi5 e/roites et bi5 io9tes auec la maladie1 qu'on sec\re son adu]saire au lieu d'elle1 et qu'on la re*>ge de n\ueaux affaires4 ,or ie dy que non en la m$ec9e seulem5t1 mais en plusieurs arts plus c]ta9es1 la =tune y a bonne "p4 ,les saillies potiques1 qui emport5t leur au!ur1 et le rauiss5t hors de soy1 p\rquoy ne les attribu]ons n\s son bon heur1 puis qu'il confesse luy mesme qu'elles surpass5t sa suffisance et ses =ces1 et les recognoit v5ir d'ailleurs que de soy1 et ne les auoir aucunem5t en sa puissance3 non plus que les orateurs ne dis5t auoir en la leur ces m\uem5s et agitations extraord9aires1 qui les p\ss5t au del de leur desse98 ,il en e/ de mesmes en la pe9ture1 qu'il es*appe p> fois des traits de la ma9 du pe9tre surpassans sa conception et sa sci5ce1 qui le tir5t luy mesmes en admiration1 et qui l'e/onn5t4 ,mais la =tune montre bi5 encores plus euidemm5t1 la "p qu'elle a en t\s ces ouurages1 p> les graces et beautez qui s'y treuu5t1 non seulem5t sans l'int5tion1 mais sans la cognoissance mesme de l'ouuri]4 ,vn suffisant lecteur desc\ure s\u5t s escrits d'autruy1 des p]fections autres que celles que l'au!ur y a mises et app]ceus1 et y pre/e des s5s et des visages plus ri*es4 ,quant aux entreprises militaires1 *acun void comm5t la =tune y a bonne "p4 ,en nos conseils mesmes et en nos delib]ations1 il faut c]tes qu'il y ayt du sort et du bonheur mesl p>my3 c> t\t ce que no/re sagesse peut1 ce n'e/ pas gr&*ose4 ,plus elle e/ aigue et viue1 plus elle tr\ue en soy de foiblesse1 et se deffie d'autant plus d'elle mesme4 ,ie suis de l'aduis de ,sylla3 et qu& ie me pr5s g>de de pres aux plus glorieux exploicts de la gu]re1 ie voy1 ce me semble1 que ceux qui les conduis5t1 n'y employ5t la delib]ation et le conseil1 que p> acquit2 et que la meilleure "p de l'entrepr9se1 ils l'ab&onn5t la =tune2 et sur la fiance qu'ils ont son sec\rs1 pass5t t\s les c\ps au del des bornes de t\t disc\rs4 ,il surui5t des allegresses =tuites1 et des fureurs e/rang]es p>my leurs delib]ations1 qui les p\ss5t le plus s\u5t pr5dre le p>ty le mo9s fond en app>5ce1 et qui grossiss5t leur c\rage au dessus de la raison4 ,d'o il e/ adu5u plusieurs gr&s ,capita9es anci5s1 p\r donn] cr$it ces conseils tem]aires1 d'allegu] leurs g5s1 qu'ils y e/oy5t conuiez p> quelque inspiration1 p> quelque signe et progno/ique4 ,voyla p\rquoy en cette inc]titude et p]plexit1 que n\s apporte l'impuissance de voir et *oisir ce qui e/ le plus commode1 p\r les difficultez que les diu]s accid5s et circon/ances de *aque *ose tir5t3 le plus seur1 qu& autre consid]ation ne n\s y conui]oit1 e/ mon aduis de se reiett] au p>ty1 o il y a plus d'honne/et et de iu/ice3 et puis qu'on e/ en d\te du plus c\rt *em91 t5ir t\si\rs le droit4 ,comme en ces deux exemples1 que ie vi5 de propos]1 il n'y a po9t de d\bte1 qu'il ne fu/ plus beau et plus g5]eux celuy qui auoit receu l'(f5ce1 de la p>donn]1 que s'il eu/ fait autrem5t4 ,s'il en e/ mes-adu5u au premi]1 il ne s'en faut pas pr5dre ce si5 bon desse93 et ne sait on1 qu& il eu/ pris le p>ty contraire1 s'il eu/ es*ap la f91 laquelle son de/9 l'appelloit2 et si eu/ p]du la gloire d'vne telle humanit4 ,il se void dans les hi/oires1 =ce g5s1 en cette cra9te2 d'o la plus "p ont suiuy le *em9 de c\rir au deuant des coniurations1 qu'on faisoit contre eux1 p> v5geance et p> supplices3 mais i'en voy =t peu ausquels ce rem$e ayt s]uy2 tesmo+ tant d',emp]eurs ,roma9s4 ,celuy qui se tr\ue en ce dang]1 ne doit pas beauc\p esp]] ny de sa =ce1 ny de sa vigilance4 ,c> combi5 e/-il mal ais de se g>5tir d'vn ennemy1 qui e/ c\u]t du visage du plus (ficieux amy que n\s ayons8 et de cognoi/re les volontez et p5sem5s int]ieurs de ceux qui n\s assi/5t8 ,il a beau employ] des nations e/rang]es p\r sa g>de1 et e/re t\si\rs ce9t d'vne haye d'hommes armez3 ,quiconque aura sa vie mespris1 se r5dra t\si\rs mai/re de celle d'autruy4 ,et puis ce cont9uel s\pon1 qui met le ,pr9ce en d\te de t\t le monde1 luy doit s]uir d'vn m]ueilleux t\rm5t4 ,p\rtant ,dion e/ant adu]ty que ,callippus espioit les moy5s de le faire m\rir1 n'eut iamais le cur d'en in=m]1 disant qu'il aymoit mieux m\rir que viure en cette mis]e1 d'auoir se g>d] non de ses ennemys seulem5t1 mais aussi de ses amis4 ,ce qu',alex&re repres5ta bi5 plus viuem5t p> effect1 et plus roidem5t1 qu& ayant eu aduis p> vne lettre de ,p>m5ion1 que ,philippus son plus *] m$ec9 e/oit corrompu p> l'arg5t de ,d>ius p\r l'empoisonn]2 en mesme temps qu'il donnoit lire sa lettre ,philippus1 il auala le bruuage qu'il luy auoit pres5t4 ,fut-ce pas exprim] cette resolution1 que si ses amis le v\loi5t tu]1 il cons5toit qu'ils le peuss5t faire8 ,ce ,pr9ce e/ le s\u]a9 patron des actes haz>deux3 mais ie ne say s'il y a traict en sa vie1 qui ayt plus de f]met que ce/ui-cy1 ny vne beaut illu/re p> tant de visages4 ,ceux qui pres*5t aux ,pr9ces la deffiance si att5tiue1 s\bs c\leur de leur pres*] leur seurt1 leur pres*5t leur ru9e et leur honte4 ,ri5 de noble ne se faict sans haz>d4 ,i'en say vn de c\rage tres-m>tial de sa complexion et entrepr5ant1 de qui t\s les i\rs on corrompt la bonne =tune p> telles p]suasions3 ,qu'il se ress]re entre les si5s1 qu'il n'ent5de aucune reconciliation de ses anci5s ennemys1 se ti5ne "p1 et ne se commette entre ma9s plus =tes1 quelque promesse qu'on luy face1 quelque vtilit qu'il y voye4 ,i'en say vn autre1 qui a inesp]m5t auanc sa =tune1 p\r auoir pris conseil t\t contraire4 ,la h>diesse dequoy ils c]*5t si auidem5t la gloire1 se repres5te1 qu& il e/ beso91 aussi magnifiquem5t en p\rpo9t qu'en armes3 en vn cab9et1 qu'en vn camp3 le bras p5dant1 que le bras leu4 ,la prud5ce si t5dre et circonspecte1 e/ mortelle ennemye des hautes executions4 ,scipion sceut1 p\r pratiqu] la volont de ,syphax1 quittant son arme1 et ab&onnant l',espaigne1 d\teuse encore s\s sa n\uelle conque/e1 pass] en ,afrique1 dans deux simples vaisseaux1 p\r se commettre en t]re ennemie1 la puissance d'vn ,roy b>b>e1 vne foy incogneue1 sans obligation1 sans ho/age1 s\s la seule seuret de la gr&eur de son propre c\rage1 de son bon heur1 et de la promesse de ses hautes esp]ances4 ,habita fides ipsam pl]umque fidem obligat4 ,a vne vie ambitieuse et fameuse1 il faut au reb\rs1 pre/] peu1 et port] la bride c\rte aux s\speons4 ,la cra9te et la deffiance attir5t l'(f5ce et la conui5t4 ,la plus deffiant de nos ,roys e/ablit ses affaires1 pr9cipalem5t p\r auoir volontairem5t ab&onn et commis sa vie1 et sa lib]t1 entre les ma9s de ses ennemis3 montrant auoir enti]e fiance d'eux1 af9 qu'ils la pr9ss5t de luy4 ,a ses legions mut9es et armes contre luy1 ,cs> opposoit seulem5t l'au?orit de son visage1 et la fi]t de ses p>oles2 et se fioit tant soy et sa =tune1 qu'il ne cra+noit po9t de l'ab&onn] et commettre vne arme s$itieuse et rebelle2 ,/etit agg]e fultus ,cespitis1 intrepidus vultu1 m]uitque tim]i ,nil metu5s4 ,mais il e/ bi5 vray1 que cette =te asseurance ne se peut pres5t] bi5 enti]e1 et naifue1 que p> ceux ausquels l'imag9ation de la mort1 et du pis qui peut adu5ir apres t\t1 ne donne po9t d'effroy2 c> de la repres5t] tremblante encore1 d\bteuse et inc]ta9e1 p\r le s]uice d'vne importante reconciliation1 ce n'e/ ri5 faire qui vaille4 ,c'e/ vn excell5t moy5 de gaign] le cur et volont d'autruy1 de s'y all] s\bsmettre et fi]1 p\rueu que ce soit librem5t1 et sans contra9te d'aucune necessit1 et que ce soit en condition1 qu'on y porte vne fiance pure et nette2 le front au mo9s des*>g de t\t scrupule4 ,ie vis en mon enfance1 vn ,g5til-homme comm&ant vne gr&e ville empress l'esmotion d'vn peuple furieux4 ,p\r e/e9dre ce comm5cem5t du tr\ble1 il pr9t p>ty de sortir d'vn lieu tres-asseur o il e/oit1 et se r5dre cette t\rbe mut9e3 d'o mal luy pr9t1 et y fut mis]ablem5t tu4 ,mais il ne me semble pas que sa faute fu/ tant d'e/re sorty1 a9si qu'ord9airem5t on le repro*e sa memoire1 comme ce fut d'auoir pris vne voye de s\bsmission et de mollesse3 et d'auoir v\lu endormir cette rage1 plu/o/ en suiuant qu'en guidant1 et en requ]ant plu/o/ qu'en remontrant3 et e/ime que vne gracieuse seu]it1 auec vn comm&em5t militaire1 ple9 de securit1 et de confiance1 conu5able son rang1 et la dignit de sa *>ge1 luy eu/ mieux succ$1 au mo9s auec plus d'honneur1 et de bi5-seance4 ,il n'e/ ri5 mo9s esp]able de ce mon/re a9s9 agit1 que l'humanit et la d\ceur1 il receura bi5 plu/o/ la reu]ance et la cra9te4 ,ie luy repro*]ois aussi1 qu'ayant pris vne resolution plu/o/ braue mon gr1 que tem]aire1 de se iett] foible et en p\rpo9t1 emmy cette m] tempe/ueuse d'hommes ins5sez1 il la deuoit auall] t\te1 et n'ab&onn] ce p]sonnage4 ,l o il luy adu9t apres auoir recogneu le dang] de pres1 de saign] du nez3 et d'alt]] encore depuis cette cont5ance dmise et flatteuse1 qu'il auoit entrepr9se1 en vne cont5ance effraiee3 *>geant sa voix et ses yeux d'e/onnem5t et de p5it5ce3 c]*ant connill] et se desrob]1 il les enflamma et appella sur soy4 ,on delib]oit de faire vne montre g5]alle de diu]ses tr\ppes en armes1 7c'e/ le lieu des v5geances secrettes1 et n'e/ po9t o en plus gr&e seuret on les puisse ex]c]7 il y auoit publiques et notoires app>5ces1 qu'il n'y faisoit pas =t bon p\r aucuns1 ausquels t\*oit la pr9cipalle et necessaire *>ge de les recognoi/re4 ,il s'y proposa diu]s conseils1 comme en *ose difficile1 et qui auoit beauc\p de poids et de suitte4 ,le mi5 fut1 qu'on euita/ sur t\t de donn] aucun tesmoignage de ce d\bte1 et qu'on s'y tr\ua/ et mesla/ p>my les files1 la te/e droicte1 et le visage ouu]t1 et qu'au lieu d'en retran*] aucune *ose1 quoy les autres op9ions visoi5t le plus1 au contraire1 l'on sollicita/ les ,capita9es d'adu]tir les soldats de faire leurs salues belles et gaill>des en l'honneur des assi/ans1 et n'esp>gn] leur p\dre4 ,cela s]uit de gratification enu]s ces tr\ppes suspectes1 et eng5dra ds lors en auant vne mutuelle et vtile confid5ce4 ,la voye qu'y t9t ,iulius ,cs>1 ie tr\ue que c'e/ la plus belle1 qu'on y puisse pr5dre4 ,premi]em5t il essaya p> clem5ce1 se faire aym] de ses ennemis mesmes1 se cont5tant aux coniurations qui luy e/oi5t desc\u]tes1 de decl>] simplem5t qu'il en e/oit adu]ti4 ,cela faict1 il pr9t vne tres-noble resolution1 d'att5dre sans effroy et sans solicitude1 ce qui luy en p\rroit adu5ir1 s'ab&onnant et se remettant la g>de des ,dieux et de la =tune4 ,c> c]ta9em5t c'e/ l'e/at o il e/oit qu& il fut tu4 ,vn e/rang] ayant dict et publi p> t\t qu'il p\rroit in/ruire ,dionysius ,tyran de ,syracuse1 d'vn moy5 de s5tir et desc\urir en t\te c]titude1 les p>ties que ses subiets ma*9]oi5t contre luy1 s'il luy v\loit donn] vne bonne piece d'arg5t1 ,dionysius en e/ant adu]ty1 le fit appell] soy1 p\r s'esclaircir d'vn art si necessaire sa cons]uation2 cet e/rang] luy dict1 qu'il n'y auoit pas d'autre art1 s9on qu'il luy fi/ deliur] vn tal5t1 et se v5ta/ d'auoir apris de luy vn s+uli] secret4 ,dionysius tr\ua cette inu5tion bonne1 et luy fit compt] six c5s escus4 ,il n'e/oit pas vray-semblable1 qu'il eu/ donn si gr&e somme vn homme incogneu1 qu'en recomp5se d'vn tres-vtile appr5tissage1 et s]uoit cette reputation t5ir ses ennemis en cra9te4 ,p\rtant les ,pr9ces sagem5t publi5t les aduis qu'ils reoiu5t des m5es qu'on dresse contre leur vie2 p\r faire croire qu'ilz sont bi5 adu]tis1 et qu'il ne se peut ri5 entrepr5dre dequoy ils ne s5t5t le v5t4 ,le ,duc d',a!nes fit plusieurs sottises en l'e/ablissem5t de sa fres*e tyrannie sur ,flor5ce3 mais cette-cy la plus notable1 qu'ayant receu le premi] aduis des monopoles que ce peuple dressoit contre luy1 p> ,mat!o dit ,morozo1 complice d'icelles1 il le fit m\rir1 p\r supprim] cet adu]tissem5t1 et ne faire s5tir1 qu'aucun en la ville s'ennua/ de sa dom9ation4 ,il me s\ui5t auoir leu autrefois l'hi/oire de quelque ,roma91 p]sonnage de dignit1 lequel fuyant la tyrannie du ,triumuirat1 auoit es*app mille fois les ma9s de ceux qui le p\rsuiuoy5t1 p> la subtilit de ses inu5tions4 ,il adu9t vn i\r1 qu'vne tr\pe de g5s de *eual1 qui auoit *>ge de le pr5dre1 passa t\t ioignant vn hali]1 o il s'e/oit tapy1 et faillit de le desc\urir4 ,mais luy sur ce po9t l1 consid]ant la pe9e et les difficultez1 ausquelles il auoit desia si long temps dur1 p\r se sauu] des cont9uelles et curieuses re*]*es1 qu'on faisoit de luy p> t\t1 le peu de plaisir qu'il p\uoit esp]] d'vne telle vie1 et combi5 il luy valoit mieux pass] vne fois le pas1 que demeur] t\si\rs en cette transe1 luy-mesme les r'appella1 et leur trahit sa ca*ette1 s'ab&onnant volontairem5t leur cruaut1 p\r o/] eux et luy d'vne plus longue pe9e4 ,d'appell] les ma9s ennemies1 c'e/ vn conseil vn peu gaill>d3 si croy-ie1 qu'encore vaudroit-il mieux le pr5dre1 que de demeur] en la fieure cont9uelle d'vn accid5t1 qui n'a po9t de rem$e4 ,mais puis que les pr\isions qu'on y peut apport] sont ple9es d'inquietude1 et d'inc]titude1 il vaut mieux d'vne belle asseurance se prep>] t\t ce qui en p\rra adu5ir2 et tir] quelque consolation de ce qu'on n'e/ pas asseur qu'il adui5ne4 ,,*apitre ,,xxiiii4 ,du ,p$antisme4 ,,ie me suis s\u5t despit en mon enfance1 de voir s com$ies ,itali5nes1 t\si\rs vn p$ante p\r bad91 et le surnom de magi/]1 n'auoir gu]e plus honorable signification p>mi n\s4 ,c> leur e/ant donn en g\u]nem5t1 que p\uois-ie mo9s faire que d'e/re ial\x de leur reputation8 ,ie *]*ois bi5 de les excus] p> la disconu5ance naturelle qu'il y a entre le vulgaire1 et les p]sonnes r>es et excell5tes en iugem5t1 et en sauoir3 d'autant qu'ils vont vn tra9 enti]em5t contraire les vns des autres4 ,mais en cecy p]dois-ie mon lat93 que les plus galans hommes c'e/oi5t ceux qui les auoy5t le plus mespris1 tesmo+ no/re bon du ,bellay3 ,mais ie hay p> sur t\t vn sauoir p$antesque4 ,et e/ cette c\/ume anci5ne3 c> ,plut>que dit que ,grec et ,escoli]1 e/oi5t mots de repro*e entre les ,roma9s1 et de mespris4 ,depuis auec l'aage i'ay tr\u qu'on auoit vne gr&issime raison1 et que magis magnos cl]icos non sunt magis magnos sapi5tes4 ,mais d'o il puisse adu5ir qu'vne ame ri*e de la cognoissance de tant de *oses1 n'en deui5ne pas plus viue1 et plus esueille2 et qu'vn esprit grossi] et vulgaire puisse log] en soy1 sans s'am5d]1 les disc\rs et les iugem5s des plus excell5s esprits1 que le monde ait port1 i'en suis encore en d\te4 ,a receuoir tant de c]uelles e/rang]es1 et si =tes1 et si gr&es1 il e/ necessaire1 me disoit vne fille1 la premi]e de nos ,pr9cesses1 p>lant de quelqu'vn1 que la si5ne se f\le1 se contraigne et rappetisse1 p\r faire place aux autres4 ,ie dirois volonti]s1 que comme les plantes s'e/\ff5t de trop d'humeur1 et les lampes de trop d'huile1 aussi faict l'action de l'esprit p> trop d'e/ude et de mati]e3 lequel occup et emb>ass d'vne gr&e diu]sit de *oses1 p]de le moy5 de se demesl]4 ,et que cette *>ge le ti5ne c\rbe et cr\py4 ,mais il en va autrem5t2 c> no/re ame s'esl>git d'autant plus qu'elle se remplit4 ,et aux exemples des vieux temps1 il se voit t\t au reb\rs1 des suffisans hommes aux maniem5s des *oses publiques1 des gr&s ,capita9es1 et gr&s conseill]s aux affaires d',e/at1 auoir e/ ensemble tressauans4 ,et quant aux ,philosophes retirez de t\te occupation publique1 ils ont e/ aussi quelque fois la v]it mesprisez1 p> la lib]t ,comique de leur temps1 leurs op9ions et faons les r5dans ridicules4 ,les v\lez v\s faire iuges des droits d'vn procs1 des actions d'vn homme8 ,ils en sont bi5 pre/s6 ,ils c]*5t encore s'il y a vie1 s'il y a m\uem5t1 si l'homme e/ autre *ose qu'vn buf3 que c'e/ qu'agir et s\ffrir1 quelles be/es ce sont1 que loix et iu/ice4 ,p>l5t-ils du magi/rat1 ou p>l5t-ils luy8 c'e/ d'vne lib]t irreu]5te et inciuile4 ,oy5t-ils l\] vn ,pr9ce ou vn ,roy8 c'e/ vn pa/re p\r eux1 oisif comme vn pa/re1 occup pressur] et tondre ses be/es3 mais bi5 plus rudem5t4 ,en e/imez v\s quelqu'vn plus gr&1 p\r poss$] deux mille arp5ts de t]re8 eux s'en moqu5t1 acc\/ums d'embrass] t\t le monde1 comme leur possession4 ,v\s v5tez v\s de vo/re noblesse1 p\r compt] sept ayeulx ri*es8 ils v\s e/im5t de peu1 ne conceuant l'image vniu]selle de nature1 et combi5 *ascun de n\s a eu de pr$ecesseurs1 ri*es1 pauures1 ,roys1 valets1 ,grecs1 ,b>b>es4 ,et qu& v\s s]iez c9quantiesme desc5dant de ,h]cules1 ils v\s tr\u5t va91 de faire valoir ce pres5t de la =tune4 ,a9si les desdeignoit le vulgaire1 comme ignorants les premi]es *oses et communes1 et comme presomptueux et insol5ts4 ,mais cette pe9ture ,platonique e/ bi5 esloigne de celle qu'il faut noz hommes4 ,on enuioit ceux-l comme e/ans au dessus de la commune faon1 comme mesprisans les actions publiques1 comme ayans dress vne vie p>ticuli]e et inimitable1 regle c]ta9s disc\rs hauta9s et hors d'vsage3 ceux-cy on les desdeigne1 comme e/ans au dess\bs de la commune faon1 comme incapables des *>ges publiques1 comme tra9ans vne vie et des meurs basses et viles apres le vulgaire4 ,odi hom9es ignaua op]a1 ,philosopha s5t5tia4 ,quant ces ,philosophes1 dis-ie1 comme ils e/oi5t gr&s en sci5ce1 ils e/oi5t encore plus gr&s en t\te action4 ,et t\t a9si qu'on dit de ce ,geometri5 de ,syracuse1 lequel ayant e/ de/\rn de sa contemplation1 p\r en mettre quelque *ose en pratique1 la deff5ce de son pas1 qu'il mit s\da9 en tra9 des eng9s esp\u5tables1 et des effects surpassans t\te creance huma9e2 desdaignant t\tefois luy mesme t\te cette si5ne manufacture1 et p5sant en cela auoir corrompu la dignit de son art1 de laquelle ses ouurages n'e/oi5t que l'appr5tissage et le i\et4 ,aussi eux1 si quelquefois on les a mis la preuue de l'action1 on les a veu vol] d'vne aisle si haulte1 qu'il p>oissoit bi51 leur cur et leur ame s'e/re m]ueilleusem5t grossie et enri*ie p> l'intellig5ce des *oses4 ,mais aucuns voyants la place du g\u]nem5t politique saisie p> hommes incapables1 s'en sont reculs4 ,et celuy qui dem&a ,crates1 iusques qu& il faudroit philosoph]1 en receut cette responce3 ,iusques tant que ce ne soi5t plus des asni]s1 qui conduis5t noz armes4 ,h]aclitus resigna la ,royaut son fr]e4 ,et aux ,ephesi5s1 qui luy repro*oi5t1 qu'il passoit son temps ioer auec les enfans deuant le temple3 ,vaut-il pas mieux faire cecy1 que g\u]n] les affaires en vo/re compagnie8 ,d'autres ayans leur imag9ation loge au dessus de la =tune et du monde1 tr\u]5t les sieges de la iu/ice1 et les ?rones mesmes des ,roys1 bas et viles4 ,et refusa ,emp$ocles la royaut1 que les ,agrig5t9s luy (frir5t4 ,?ales accusant quelquefois le so+ du mesnage et de s'enri*ir1 on luy repro*a que c'e/oit la mode du r5>d1 p\r n'y p\uoir adu5ir4 ,il luy pr9t enuie p> passe-temps d'en montr] l'exp]i5ce1 et ayant p\r ce c\p raual son sauoir au s]uice du pr(fit et du ga91 dressa vne trafique1 qui dans vn an rapporta telles ri*esses1 qu' pe9e en t\te leur vie1 les plus exp]im5tez de ce me/i] l1 en p\uoi5t faire de p>eilles4 ,ce qu',ari/ote recite d'aucuns1 qui appelloy5t et celuy l et ,anaxagoras1 et leurs semblables1 sages et non prud5ts1 p\r n'auoir assez de so9 des *oses plus vtiles3 outre ce que ie ne dig]e pas bi5 cette diff]5ce de mots1 cela ne s]t po9t d'excuse mes g5ts1 et voir la basse et necessiteuse =tune1 dequoy ils se pay5t1 n\s aurions plu/o/ occasion de prononc] t\s les deux1 qu'ils sont1 et non sages1 et non prud5ts4 ,ie quitte cette premi]e raison1 et croy qu'il vaut mieux dire1 que ce mal vi5ne de leur mauuaise faon de se pr5dre aux sci5ces3 et qu' la mode dequoy n\s sommes in/ruicts1 il n'e/ pas m]ueille1 si ny les escoli]s1 ny les mai/res n'en deui5n5t pas plus habiles1 quoy qu'ils s'y fac5t plus doctes4 ,de vray le so+ et la desp5ce de nos p]es1 ne vise qu' n\s meubl] la te/e de sci5ce3 du iugem5t et de la v]tu1 peu de n\uelles4 ,criez d'vn passant no/re peuple3 ,o le sauant homme6 ,et d'vn autre1 ,o le bon homme6 ,il ne faudra pas de/\rn] les yeux et son respect v]s le premi]4 ,il y faudroit vn ti]s crieur3 ,o les l\rdes te/es6 ,n\s n\s enqu]ons volonti]s1 ,sait-il du ,grec ou du ,lat98 escrit-il en v]s ou en prose8 mais1 s'il e/ deu5u meilleur ou plus aduis1 c'e/oit le pr9cipal1 et c'e/ ce qui demeure d]ri]e4 ,il falloit s'enqu]ir qui e/ mieux sauant1 non qui e/ plus sauant4 ,n\s ne trauaillons qu' remplir la memoire1 et laissons l'ent5dem5t et la consci5ce vuide4 ,t\t a9si que les oyseaux vont quelquefois la que/e du gra91 et le port5t au bec sans le ta/]1 p\r en faire be*e leurs petits3 a9si nos p$antes vont pillotans la sci5ce dans les liures1 et ne la log5t qu'au b\t de leurs lures1 p\r la dgorg] seulem5t1 et mettre au v5t4 ,c'e/ m]ueille combi5 proprem5t la sottise se loge sur mon exemple4 ,e/-ce pas faire de mesme1 ce que ie fay en la plus "p de cette composition8 ,ie m'en vay escornifflant p>-cy p>-l1 des liures1 les s5t5ces qui me plais5t2 non p\r les g>d]1 c> ie n'ay po9t de g>doire1 mais p\r les transport] en cettuy-cy2 o1 vray dire1 elles ne sont non plus mi5nes1 qu'en leur premi]e place4 ,n\s ne sommes1 ce croy-ie1 sauants1 que de la sci5ce pres5te3 non de la passe1 aussi peu que de la future4 ,mais qui pis e/1 leurs escoli]s et leurs petits ne s'en n\rriss5t et alim5t5t non plus1 a9s elle passe de ma9 en ma91 p\r cette seule f91 d'en faire p>ade1 d'en entret5ir autruy1 et d'en faire des comptes1 comme vne va9e monnoye inutile t\t autre vsage et emploite1 qu' compt] et iett]4 ,apud alios loqui didic]unt1 non ipsi secum4 ,non e/ loqu5dum1 s$ gub]n&um4 ,nature1 p\r montr] qu'il n'y a ri5 de sauuage en ce qu'elle conduit1 faict nai/re s\u5t s nations mo9s cultiues p> art1 des productions d'esprit1 qui luitt5t les plus arti/es productions4 ,comme sur mon propos1 le pr\]be ,gascon tir d'vne *alemie1 e/-il delicat1 ,b\ha pr\ b\ha1 mas remuda l\s dits qu'em4 ,s\ffl] pr\ s\ffl]1 mais remu] les doits1 n\s en sommes l4 ,n\s sauons dire1 ,cic]o dit a9si1 voila les meurs de ,platon1 ce sont les mots mesmes d',ari/ote3 mais n\s que disons n\s n\s mesmes8 que faisons n\s8 que iugeons n\s8 ,autant en diroit bi5 vn p]roquet4 ,cette faon me faict s\u5ir de ce ri*e ,roma91 qui auoit e/ soigneux =t gr&e desp5ce1 de rec\ur] des hommes suffisans en t\t g5re de sci5ce1 qu'il t5oit cont9uellem5t aut\r de luy1 aff9 que qu& il es*eoit entre ses amis1 quelque occasion de p>l] d'vne *ose ou d'autre1 ils suppleass5t en sa place1 et fuss5t t\s pre/s luy f\rnir1 qui d'vn disc\rs1 qui d'vn v]s d',hom]e1 *acun selon son gibi]3 et p5soit ce sauoir e/re si51 p> ce qu'il e/oit en la te/e de ses g5s4 ,et comme font aussi ceux1 desquels la suffisance loge en leurs somptueuses librairies4 ,i'en cognoy1 qui qu& ie dem&e ce qu'il sait1 il me dem&e vn liure p\r le montr]3 et n'os]oit me dire1 qu'il a le d]ri]e galeux1 s'il ne va sur le *amp e/udi] en son lexicon que c'e/ que galeux1 et que c'e/ que d]ri]e4 ,n\s pr5ons en g>de les op9ions et le sauoir d'autruy1 et puis c'e/ t\t3 il les faut faire no/res4 ,n\s semblons proprem5t celuy1 qui ayant beso+ de feu1 en iroit qu]ir *ez son vois91 et y en ayant tr\u vn beau et gr&1 s'arre/]oit l se *auff]1 sans plus se s\u5ir d'en raport] *ez soy4 ,que n\s s]t-il d'auoir la panse ple9e de vi&e1 si elle ne se dig]e1 si elle ne se trans=me en n\s8 si elle ne n\s augm5te et =tifie8 ,p5sons n\s que ,lucullus1 que les lettres r5dir5t et =m]5t si gr& capita9e sans exp]i5ce1 les eu/ prises no/re mode8 ,n\s n\s laissons si =t all] sur les bras d'autruy1 que n\s aneantissons nos =ces4 ,me veux-ie arm] contre la cra9te de la mort8 c'e/ aux desp5s de ,s5eca4 ,veux-ie tir] de la consolation p\r moy1 ou p\r vn autre8 ie l'emprunte de ,cic]o3 ie l'eusse prise en moy-mesme1 si on m'y eu/ ex]c4 ,ie n'ayme po9t cette suffisance relatiue et m5die4 ,qu& bi5 n\s p\rrions e/re sauans du sauoir d'autruy1 au mo9s sages ne p\uons n\s e/re que de no/re propre sagesse4 1 4 ,ex quo ,ennius3 ,nequidquam sap]e sapi5tem1 qui ipse sibi prodesse non quiret4 si cupidus1 si ,vanus1 et ,euganea quantumuis vilior agna4 ,non enim p>&a nobis solum1 s$ fru5da sapi5tia e/4 ,dionysius se moquoit des ,gramm>i5s1 qui ont so9 de s'enqu]ir des maux d',vlysses1 et ignor5t les propres3 des musici5s1 qui accord5t leurs fleutes1 et n'accord5t pas leurs murs3 des orateurs qui e/udi5t dire iu/ice1 non la faire4 ,si no/re ame n'en va vn meilleur bransle1 si n\s n'en auons le iugem5t plus sa91 i'aym]ois aussi *] que mon escoli] eut pass le temps ioer la paume1 au mo9s le corps en s]oit plus allegre4 ,voyez le reu5ir de l1 apres qu9ze ou seize ans employez1 il n'e/ ri5 si mal propre mettre en besongne1 t\t ce que v\s y recognoissez d'auantage1 c'e/ que son ,lat9 et son ,grec l'ont r5du plus sot et presumptueux qu'il n'e/oit p>ty de la maison4 ,il en deuoit rapport] l'ame ple9e1 il ne l'en rapporte que b\ffie3 et l'a seulem5t enfle1 en lieu de la grossir4 ,ces mai/res icy1 comme ,platon dit des ,sophi/es1 leurs g]ma9s1 sont de t\s les hommes1 ceux qui promett5t d'e/re les plus vtiles aux hommes1 et seuls entre t\s les hommes1 qui non seulem5t n'am5d5t po9t ce qu'on leur commet1 comme faict vn *>p5ti] et vn masson3 mais l'empir5t1 et se font pay] de l'auoir empir4 ,si la loy que ,protagoras proposoit ses disciples1 e/oit suiuie3 ou qu'ils le payass5t selon son mot1 ou qu'ils iurass5t au temple1 combi5 ils e/imoi5t le pr(it qu'ils auoi5t receu de sa discipl9e1 et selon iceluy satisfiss5t sa pe9e3 mes p$agogues se tr\u]oi5t *\ez1 s'e/ans remis au s]m5t de mon exp]i5ce4 ,mon vulgaire ,p]igord9 appelle =t plaisamm5t ,lettre f]its1 ces sauanteaux1 comme si v\s disiez ,lettre-f]us1 ausquels les lettres ont donn vn c\p de m>teau1 comme on dit4 ,de vray le plus s\u5t ils sembl5t e/re raualez1 mesmes du s5s commun4 ,c> le pasant et le cordonni] v\s leur voyez all] simplem5t et nauem5t leur tra91 p>lant de ce qu'ils sau5t3 ceux-cy p\r se v\loir esleu] et g5d>m] de ce sauoir1 qui nage en la sup]ficie de leur c]uelle1 vont s'emb>rassant1 et empetrant sans cesse4 ,il leur es*appe de belles p>olles1 mais qu'vn autre les accommode3 ils cognoiss5t bi5 ,gali51 mais nullem5t le malade3 ils v\s ont des-ia rempli la te/e de loix1 et si n'ont encore coneu le neud de la cause3 ils sau5t la ,!orique de t\tes *oses1 *]*ez qui la mette en practique4 ,i'ay veu *ez moy vn mi5 amy1 p> mani]e de passetemps1 ayant affaire vn de ceux-cy1 contrefaire vn i>gon de ,galimatias1 propos sans suitte1 tissu de pieces rapportes1 sauf qu'il e/oit s\u5t entrel>d de mots propres leur dispute1 amus] a9si t\t vn i\r ce sot debattre1 p5sant t\si\rs respondre aux obiections qu'on luy faisoit4 ,et si e/oit homme de lettres et de reputation1 et qui auoit vne belle robbe4 ,vos patritius sanguis quos viu]e p> e/ ,occipiti cco1 po/ic occurrite sann4 ,qui reg>d]a de bi5 pres ce g5re de g5s1 qui s'e/5d bi5 lo+1 il tr\u]a comme moy1 que le plus s\u5t ils ne s'ent5d5t1 ny autruy1 et qu'ils ont la s\u5ance assez ple9e1 mais le iugem5t enti]em5t creux3 s9on que leur nature d'elle mesme le leur ait autrem5t faonn4 ,comme i'ay veu ,adrianus ,turnebus1 qui n'ayant faict autre pr(ession que de lettres1 en laquelle c'e/oit1 mon op9ion1 le plus gr& homme1 qui fu/ il y a mil ans1 n'ayant t\tesfois ri5 de p$antesque que le port de sa robbe1 et quelque faon ext]ne1 qui p\uoit n'e/re pas ciuilise la c\rtisane3 qui sont *oses de neant4 ,et hay nos g5s qui support5t plus mal-aysem5t vne robbe qu'vne ame de trau]s3 et reg>d5t sa reu]5ce1 son ma9ti5 et ses bottes1 quel homme il e/4 ,c> au d$ans c'e/oit l'ame la plus polie du monde4 ,ie l'ay s\u5t mon esci5t iett en propos eslongnez de son vsage1 il y voyoit si cl]1 d'vne appreh5sion si prompte1 d'vn iugem5t si sa91 qu'il sembloit1 qu'il n'eu/ iamais faict autre me/i] que la gu]re1 et affaires d',e/at4 ,ce sont natures belles et =tes3 queis arte b5igna ,et meliore luto f9xit prcordia ,titan1 qui se ma9ti5n5t au trau]s d'vne mauuaise in/itution4 ,or ce n'e/ pas assez que no/re in/itution ne n\s ga/e pas1 il faut qu'elle n\s *ange en mieux4 ,il y a aucuns de noz ,p>lem5s1 qu& ils ont receuoir des (fici]s1 qui les exam95t seulem5t sur la sci5ce3 les autres y adi\/5t encores l'essay du s5s1 en leur pres5tant le iugem5t de quelque cause4 ,ceux-cy me sembl5t auoir vn beauc\p meilleur /ile4 ,et encore que ces deux pieces soy5t necessaires1 et qu'il faille qu'elles s'y tr\u5t t\tes deux3 si e/-ce qu' la v]it celle du sauoir e/ mo9s prisable1 que celle du iugem5t2 cette-cy se peut pass] de l'autre1 et non l'autre de cette cy4 ,c> comme dict ce v]s ,grec1 1 4 ,a quoy faire la sci5ce1 si l'ent5dem5t n'y e/8 ,pleu/ ,dieu que p\r le bi5 de no/re iu/ice ces compagnies l se tr\uass5t aussi bi5 f\rnies d'ent5dem5t et de consci5ce1 comme elles sont encore de sci5ce4 ,non vit1 s$ s*ol discimus4 ,or il ne faut pas atta*] le sauoir l'ame1 il l'y faut incorpor]3 il ne l'en faut pas arr\s]1 il l'en faut te9dre2 et s'il ne la *ange1 et meliore son e/at imp>faict1 c]ta9em5t il vaut beauc\p mieux le laiss] l4 ,c'e/ vn dang]eux glaiue1 et qui empes*e et (f5ce son mai/re s'il e/ en ma9 foible1 et qui n'en sa*e l'vsage3 vt fu]it melius non didicisse4 ,a l'adu5ture e/ ce la cause1 que et n\s1 et la ,!ologie ne requ]ons pas beauc\p de sci5ce aux femmes1 et que ,franois ,duc de ,bretaigne filz de ,iean ,v4 comme on luy p>la de son m>iage auec ,isabeau fille d',escosse1 et qu'on luy adi\/a qu'elle auoit e/ n\rrie simplem5t et sans aucune in/ruction de lettres1 respondit1 qu'il l'en aymoit mieux1 et qu'vne femme e/oit assez sauante1 qu& elle sauoit mettre diff]5ce entre la *emise et le p\rpo9t de son m>y4 ,aussi ce n'e/ pas si gr&e m]ueille1 comme on crie1 que nos ance/res n'ay5t pas faict gr& e/at des lettres1 et qu'encores aui\rd'huy elles ne se tr\u5t que p> r5contre aux pr9cipaux conseils de nos ,roys3 et si cette f9 de s'en enri*ir1 qui seule n\s e/ aui\rd'huy propose p> le moy5 de la ,iurisprud5ce1 de la ,m$ec9e1 du p$antisme1 et de la ,!ologie encore1 ne les t5oit en cr$it1 v\s les v]riez sans d\bte aussi m>miteuses qu'elles fur5t onques4 ,quel dommage1 si elles ne n\s appr5n5t ny bi5 p5s]1 ny bi5 faire8 ,po/quam docti prodi]unt1 boni desunt4 ,t\te autre sci5ce1 e/ dommageable celuy qui n'a la sci5ce de la bont4 ,mais la raison que ie *]*oys tanto/1 s]oit elle po9t aussi de l1 que no/re e/ude en ,france n'ayant quasi autre b que le pr\fit1 mo9s de ceux que nature a faict nai/re plus g5]eux (fices que lucratifs1 s'adonnants aux lettres1 ou si c\rtem5t 7retirez auant que d'en auoir pris appetit1 vne pr(ession qui n'a ri5 de commun auec les liures7 il ne re/e plus ord9airem5t1 p\r s'engag] t\t faict l'e/ude1 que les g5ts de basse =tune1 qui y que/5t des moy5s viure8 ,et de ces g5ts-l1 les ames e/ans et p> nature1 et p> in/itution dome/ique et exemple1 du plus bas aloy1 rapport5t faucem5t le fruit de la sci5ce4 ,c> elle n'e/ pas p\r donn] i\r l'ame qui n'en a po9t3 ny p\r faire voir vn aueugle4 ,son me/i] e/1 non de luy f\rnir de veu1 mais de la luy dress]1 de luy regl] ses allures1 p\rueu qu'elle aye de soy les pi$s1 et les iambes droites et capables4 ,c'e/ vne bonne drogue que la sci5ce1 mais nulle drogue n'e/ asss =te1 p\r se pres]u] sans alt]ation et corruption1 selon le vice du vase qui l'e/uye4 ,tel a la veu claire1 qui ne l'a pas droitte3 et p> consequ5t void le bi51 et ne le suit pas3 et void la sci5ce1 et ne s'en s]t pas4 ,la pr9cipale ordonnance de ,platon en sa republique1 c'e/ donn] ses citoy5s selon leur nature1 leur *>ge4 ,nature peut t\t1 et fait t\t4 ,les boiteux sont mal propres aux ex]cices du corps1 et aux ex]cices de l'esprit les ames boiteuses4 ,les ba/>des et vulgaires sont indignes de la philosophie4 ,qu& n\s voyons vn homme mal *auss1 n\s disons que ce n'e/ pas m]ueille1 s'il e/ *ausseti]4 ,de mesme il semble1 que l'exp]i5ce n\s (fre s\u5t1 vn m$ec9 plus mal m$ec91 vn ,!ologi5 mo9s re=m1 et c\/umi]em5t vn sauant mo9s suffisant qu'vn autre4 ,ari/o ,*ius auoit anci5nem5t raison de dire1 que les philosophes nuisoi5t aux auditeurs3 d'autant que la plus "p des ames ne se tr\u5t propres faire leur pr(it de telle in/ruction3 qui1 si elle ne se met bi51 se met mal3 ex ,ari/ippi1 ac]bos ex ,z5onis s*ola exire4 ,en cette belle in/itution que ,x5ophon pre/e aux ,p]ses1 n\s tr\uons qu'ils appr5oi5t la v]tu leurs enfans1 comme les autres nations font les lettres4 ,platon dit que le fils aisn en leur succession royale1 e/oit a9si n\rry4 ,apres sa naissance1 on le donnoit1 non des femmes1 mais des eunu*es de la premi]e au?orit aut\r des ,roys1 cause de leur v]tu4 ,ceux-cy pr5oi5t *>ge de luy r5dre le corps beau et sa93 et apres sept ans le duisoi5t mont] *eual1 et all] la *asse4 ,qu& il e/oit arriu au quatorziesme1 ils le deposoi5t entre les ma9s de quatre3 le plus sage1 le plus iu/e1 le plus temp]ant1 le plus vaillant de la nation4 ,le premi] luy appr5oit la religion3 le second1 e/re t\si\rs v]itable3 le ti]s1 se r5dre mai/re des cupidits3 le qu>t1 ne ri5 cra9dre4 ,c'e/ *ose digne de tres-gr&e consid]ation1 que en cette excell5te police de ,lycurgus1 et la v]it mon/rueuse p> sa p]fection1 si songneuse p\rtant de la n\rriture des enfans1 comme de sa pr9cipale *>ge1 et au gi/e mesmes des ,muses1 il s'y face si peu de m5tion de la doctr9e3 comme si cette g5]euse ieunesse desdaignant t\t autre i\g que de la v]tu1 on luy aye deu f\rnir1 au lieu de nos mai/res de sci5ce1 seulem5t des mai/res de vaillance1 prud5ce et iu/ice4 ,exemple que ,platon a suiuy en ses loix4 ,la faon de leur discipl9e1 c'e/oit leur faire des que/ions sur le iugem5t des hommes1 et de leurs actions3 et s'ils condamnoi5t et looi5t1 ou ce p]sonnage1 ou ce faict1 il falloit raisonn] leur dire1 et p> ce moy5 ils aiguisoi5t ensemble leur ent5dem5t1 et appr5oi5t le droit4 ,a/yages en ,x5ophon1 dem&e ,cyrus compte de sa d]ni]e leon2 ,c'e/1 dit-il1 qu'en no/re escole vn gr& g>on ayant vn petit saye1 le donna l'vn de ses compagnons de plus petite taille1 et luy o/a son saye qui e/oit plus gr&3 no/re precepteur m'ayant fait iuge de ce diff]5t1 ie iugeay qu'il falloit laiss] les *oses en cet e/at1 et que l'vn et l'autre sembloit e/re mieux accommod en ce po9t3 sur quoy il me remontra que i'auois mal fait3 c> ie m'e/ois arre/ consid]] la bi5 seance1 et il falloit premi]em5t auoir pr\eu la iu/ice1 qui v\loit que nul ne fu/ =c en ce qui luy app>t5oit4 ,et dit qu'il en fut f\t1 t\t a9si que n\s sommes en nos villages1 p\r auoir oubli le premi] aori/e de 4 ,mon reg5t me f]oit vne belle h>angue 9 g5]e demon/ratiuo1 auant qu'il me p]suada/ que son escole vaut cette-l4 ,ils ont v\lu c\pp] *em93 et puis qu'il e/ a9si que les sci5ces1 lors mesmes qu'on les pr5t de droit fil1 ne peuu5t que n\s enseign] la prud5ce1 la preud'hommie et la resolution1 ils ont v\lu d'arriue mettre leurs enfans au propre des effects1 et les in/ruire non p> our dire1 mais p> l'essay de l'action1 en les =mant et m\lant vifuem5t1 non seulem5t de preceptes et p>olles1 mais pr9cipalem5t d'exemples et d'uures3 af9 que ce ne fu/ pas vne sci5ce en leur ame1 mais sa complexion et habitude3 que ce ne fu/ pas vn acque/1 mais vne naturelle possession4 ,a ce propos1 on dem&oit ,agesilaus ce qu'il s]oit d'aduis1 que les enfans appr9s5t3 ,ce qu'ils doiu5t faire e/ans hommes1 respondit-il4 ,ce n'e/ pas m]ueille1 si vne telle in/itution a produit des effects si admirables4 ,on alloit1 dit-on1 aux autres villes de ,grece *]*] des ,rhetorici5s1 des ,pe9tres1 et des ,musici5s3 mais en ,lac$emone des legislateurs1 des magi/rats1 et ,emp]eurs d'arme3 ,a!nes on apr5oit bi5 dire1 et icy bi5 faire3 l se desmesl] d'vn argum5t sophi/ique1 et rabattre l'impo/ure des mots captieusem5t entrelassez2 icy se desmesl] des appats de la volupt1 et rabattre d'vn gr& c\rage les m5asses de la =tune et de la mort3 ceux-l s'embesongnoi5t apres les p>olles1 ceux-cy apres les *oses3 l c'e/oit vne cont9uelle ex]citation de la langue1 icy vne cont9uelle ex]citation de l'ame4 ,p>quoy il n'e/ pas e/range1 si ,antipat] leur dem&ant c9quante enfans p\r o/ages1 ils respondir5t t\t au reb\rs de ce que n\s f]ions1 qu'ils aymoi5t mieux donn] deux fois autant d'hommes faicts2 tant ils e/imoi5t la p]te de l'education de leur pays4 ,qu& ,agesilaus conuie ,x5ophon d'enuoy] n\rrir ses enfans ,sp>te1 ce n'e/ pas p\r y appr5dre la ,rhetorique1 ou ,dialectique3 mais p\r appr5dre1 ce dit-il1 la plus belle sci5ce qui soit1 zauoir la sci5ce d'obeir et de comm&]4 ,il e/ tres-plaisant1 de voir ,socrates1 sa mode se moquant de ,hippias1 qui luy recite1 comm5t il a gaign1 specialem5t en c]ta9es petites villettes de la ,sicile1 bonne somme d'arg5t1 reg5t]3 et qu' ,sp>te il n'a gaign pas vn sol4 ,que ce sont g5ts idiots1 qui ne sau5t ny mesur] ny compt]3 ne font e/at ny de ,grammaire ny de ry?me3 s'amusans seulem5t sauoir la suitte des ,roys1 e/ablissem5t et decad5ce des ,e/ats1 et tels fatras de comptes4 ,et au b\t de cela1 ,socrates luy faisant adu\r p> le m5u1 l'excell5ce de leur =me de g\u]nem5t publique1 l'heur et v]tu de leur vie priue1 luy laisse deu9] la conclusion de l'inutilit de ses arts4 ,les exemples n\s appr5n5t1 et en cette m>tiale police1 et en t\tes ses semblables1 que l'e/ude des sci5ces amollit et effem9e les c\rages1 plus qu'il ne les f]mit et agu]rit4 ,le plus =t ,e/at1 qui p>oisse p\r le pres5t au monde1 e/ celuy des ,turcs1 peuples egalem5t duicts l'e/imation des armes1 et mespris des lettres4 ,ie tr\ue ,rome plus vaillante auant qu'elle fu/ sauante4 ,les plus belliqueuses nations en nos i\rs1 sont les plus grossi]es et ignorantes4 ,les ,scy!s1 les ,p>!s1 ,tamburlan1 n\s s]u5t cette preuue4 ,qu& les ,gots rauag]5t la ,grece1 ce qui sauua t\tes les librairies d'e/re passes au feu1 ce fut vn d'entre eux1 qui sema cette op9ion1 qu'il failloit laiss] ce meuble enti] aux ennemis3 propre les de/\rn] de l'ex]cice militaire1 et amus] des occupations s$5taires et oysiues4 ,qu& no/re ,roy1 ,*>les huictieme1 quasi sans tir] l'espee du f\rreau1 se veid mai/re du ,royaume de ,naples1 et d'vne bonne p>tie de la ,toscane1 les ,seigneurs de sa suitte1 attribu]5t cette inesp]ee facilit de conque/e1 ce que les ,pr9ces et la noblesse d',italie s'amusoi5t plus se r5dre +5ieux et sauans1 que vig\reux et gu]ri]s4 ,,*apitre ,,xxv4 ,de l',in/itution des enfans1 ,madame ,diane de ,foix1 ,contesse de ,gurson4 ,,ie ne vis iamais p]e1 p\r boss ou teigneux que fu/ son fils1 qui laissa/ de l'aduoer3 non p\rtant1 s'il n'e/ du t\t enyur de cet' affection1 qu'il ne s'app]oiue de sa defaillance3 mais tant y a qu'il e/ si54 ,aussi moy1 ie voy mieux que t\t autre1 que ce ne sont icy que resu]ies d'homme1 qui n'a g\/ des sci5ces que la cr\/e premi]e en son enfance1 et n'en a ret5u qu'vn g5]al et in=me visage3 vn peu de *aque *ose1 et ri5 du t\t1 la ,franoise4 ,c> en somme1 ie say qu'il y a vne ,m$ec9e1 vne ,iurisprud5ce1 quatre p>ties en la ,ma!matique1 et grossi]em5t ce quoy elles vis5t4 ,et l'adu5ture encore say-ie la pret5tion des sci5ces en g5]al1 au s]uice de no/re vie3 mais d'y enfonc] plus auant1 de m'e/re rong les ongles l'e/ude d',ari/ote mon>que de la doctr9e mod]ne1 ou op9iatr apres quelque sci5ce1 ie ne l'ay iamais faict3 ny n'e/ art dequoy ie peusse pe9dre seulem5t les premi]s l9eam5ts4 ,et n'e/ enfant des classes moy5nes1 qui ne se puisse dire plus sauant que moy3 qui n'ay seulem5t pas dequoy l'exam9] sur sa premi]e leon4 ,et si l'on m'y =ce1 ie suis contra9t assez ineptem5t1 d'en tir] quelque mati]e de propos vniu]sel1 sur quoy i'exam9e son iugem5t naturel3 leon1 qui leur e/ autant incognue1 comme moy la leur4 ,ie n'ay dress comm]ce auec aucun liure solide1 s9on ,plut>*e et ,s5eque1 o ie puyse comme les ,danades1 remplissant et v]sant sans cesse4 ,i'en atta*e quelque *ose ce papi]1 moy1 si peu que ri54 ,l'hi/oire1 c'e/ mon gibi] en mati]e de liures1 ou la posie1 que i'ayme d'vne p>ticuli]e incl9ation3 c>1 comme disoit ,clean!s1 t\t a9si que la voix contra9te dans l'troit canal d'vne trompette sort plus aigue et plus =te3 a9si me semble il que la s5t5ce pressee aux pi$s nombreux de la posie1 s'eslance bi5 plus brusquem5t1 et me fi]t d'vne plus viue sec\sse4 ,quant aux facultez naturelles qui sont en moy1 dequoy c'e/ icy l'essay1 ie les s5s fle*ir s\s la *>ge3 mes conceptions et mon iugem5t ne m>*e qu' ta/ons1 *ancelant1 bron*ant et *opant3 et qu& ie suis all le plus auant que ie puis1 si ne me suis-ie aucunem5t satisfaict4 ,ie voy encore du pas au del3 mais d'vne vee tr\ble1 et en nuage1 que ie ne puis demesl]4 ,et entrepr5ant de p>l] indiff]emm5t de t\t ce qui se pres5te ma fantasie1 et n'y employant que mes propres et naturels moy5s1 s'il m'adui5t1 comme il faict s\u5t1 de r5contr] de =tune dans les bons au!urs ces mesmes lieux1 que i'ay entrepris de trait]1 comme ie vi5 de faire *ez ,plut>que t\t pres5tem5t1 son disc\rs de la =ce de l'imag9ation3 me recognoi/re au prix de ces g5s l1 si foible et si *etif1 si poisant et si endormy1 ie me fay piti1 ou desda9 moy mesmes4 ,si me gratifie-ie de cecy1 que mes op9ions ont cet honneur de r5contr] s\u5t aux leurs1 et que ie vays au mo9s de lo+ apres1 disant que voire4 ,aussi que i'ay cela1 que *acun n'a pas1 de cognoi/re l'extreme diff]5ce d'entre-eux et moy3 et laisse ce neant-mo9s c\rir mes inu5tions a9si foibles et basses1 comme ie les ay produites1 sans en repla/r] et rec\dre les defaux que cette comp>aison m'y a desc\u]t4 ,il faut auoir les re9s bi5 f]mes p\r entrepr5dre de m>*] front front auec ces g5s l4 ,les escriua9s indiscrets de no/re siecle1 qui p>my leurs ouurages de neant1 vont semant des lieux enti]s des anci5s au!urs1 p\r se faire honneur1 font le contraire4 ,c> cett' inf9ie dissemblance de lu/res r5d vn visage si pasle1 si t]ni1 et si laid ce qui e/ leur1 qu'ils y p]d5t beauc\p plus qu'ils n'y gaign5t4 ,c'e/oi5t deux contraires fantasies4 ,le ,philosophe ,*rysippus mesloit ses liures1 non les passages seulem5t1 mais des ouurages enti]s d'autres au!urs3 et en vn la ,m$ee d',eurypides3 et disoit ,apollodorus1 que1 qui en retran*]oit ce qu'il y auoit d'e/rang]1 son papi] demeur]oit en blanc4 ,epicurus au reb\rs1 en trois c5ts volumes qu'il laissa1 n'auoit pas mis vne seule allegation4 ,il m'adu9t l'autre i\r de tomb] sur vn tel passage3 ,i'auois tra9 languissant apres des p>olles ,franoises1 si exangues1 si des*>nees1 et si vuides de mati]e et de s5s1 que ce n'e/oi5t voirem5t que p>olles ,franoises3 au b\t d'vn long et ennuyeux *em91 ie v9s r5contr] vne piece haute1 ri*e et esleuee iusques aux nes3 si i'eusse tr\u la p5te d\ce1 et la montee vn peu alongee1 cela eu/ e/ excusable3 c'e/oit vn precipice si droit et si c\p que des six premi]es p>olles ie cogneuz que ie m'enuolois en l'autre monde3 de l ie desc\uris la fondri]e d'o ie v5ois1 si basse et si pr(onde1 que ie n'eus oncques puis le cur de m'y raual]4 ,si i'e/(fois l'vn de mes disc\rs de ces ri*es desp\illes1 il esclair]oit p> trop la be/ise des autres4 ,repr5dre en autruy mes propres fautes1 ne me semble non plus incompatible1 que de repr5dre1 comme ie fay s\u5t1 celles d'autruy en moy4 ,il les faut accus] p> t\t1 et leur o/] t\t lieu de fran*ise4 ,si say ie1 combi5 audacieusem5t i'entrepr5s moy-mesmes t\s c\ps1 de m'egal] mes l>rec9s1 d'all] pair pair qu& et eux3 non sans vne tem]aire esp]ance1 que ie puisse tromp] les yeux des iuges les disc]n]4 ,mais c'e/ autant p> le b5efice de mon application1 que p> le b5efice de mon inu5tion et de ma =ce4 ,et puis1 ie ne luitte po9t en gros ces vieux *ampions l1 et corps corps3 c'e/ p> repr9ses1 m5ues et leg]es atta9tes4 ,ie ne m'y aheurte pas3 ie ne fay que les ta/]3 et ne vay po9t tant1 comme ie m>*&e d'all]4 ,si ie leur p\uoy t5ir palot1 ie s]ois honne/e homme3 c> ie ne les entrepr5s1 que p> o ils sont les plus roides4 ,de faire ce que i'ay dec\u]t d'aucuns1 se c\urir des armes d'autruy1 iusques ne montr] pas seulem5t le b\t de ses doigts3 conduire son desse9 7comme il e/ ays aux sauans en vne mati]e commune7 s\s les inu5tions anci5nes1 rappiecees p> cy p> l3 ceux qui les veul5t ca*] et faire propres1 c'e/ premi]em5t iniu/ice et las*et1 que n'ayans ri5 en leur vaillant1 p> o se produire1 ils *]*5t se pres5t] p> vne valeur purem5t e/rang]e3 et puis1 gr&e sottise1 se cont5tant p> pip]ie de s'acqu]ir l'ignorante approbation du vulgaire1 se descri] enu]s les g5ts d'ent5dem5t1 qui ho*5t du nez cette incru/ation empruntee3 desquels seuls la l\ange a du poids4 ,de ma "p il n'e/ ri5 que ie vueille mo9s faire4 ,ie ne dis les autres1 s9on p\r d'autant plus me dire4 ,cecy ne t\*e pas les c5tons1 qui se publi5t p\r c5tons3 et i'en ay veu de tres-+5ieux en mon temps3 entre-autres vn1 s\s le nom de ,capilupus3 outre les anci5s4 ,ce sont des esprits1 qui se font veoir1 et p> ailleurs1 et p> l1 comme ,lipsius en ce docte et laborieux tissu de ses ,politiques4 ,quoy qu'il en soit1 veux-ie dire1 et quelles que soi5t ces inepties1 ie n'ay pas delib] de les ca*]1 non plus qu'vn mi5 p\rtraict *auue et grisonnant1 o le pe9tre auroit mis non vn visage p>faict1 mais le mi54 ,c> aussi ce sont icy mes humeurs et op9ions3 ie les donne1 p\r ce qui e/ en ma creance1 non p\r ce qui e/ croire4 ,ie ne vise icy qu' dec\urir moy-mesmes1 qui s]ay p> adu5ture autre dema91 si n\uel appr5tissage me *ange4 ,ie n'ay po9t l'au?orit d'e/re creu1 ny ne le desire1 me s5tant trop mal in/ruit p\r in/ruire autruy4 ,quelcun doncq' ayant veu l'article prec$ant1 me disoit *ez moy l'autre i\r1 que ie me deuoys e/re vn petit e/5du sur le disc\rs de l'in/itution des enfans4 ,or ,madame si i'auoy quelque suffisance en ce subiect1 ie ne p\rroy la mieux employ] que d'en faire vn pres5t ce petit homme1 qui v\s m5asse de faire tanto/ vne belle sortie de *ez v\s 7v\s e/es trop g5]euse p\r comm5c] autrem5t que p> vn masle74 ,c> ayant eu tant de "p la conduite de vo/re m>iage1 i'ay quelque droit et int]e/ la gr&eur et prosp]it de t\t ce qui en vi5dra3 outre ce que l'anci5ne possession que v\s auez sur ma s]uitude1 m'oblige assez desir] honneur1 bi5 et aduantage t\t ce qui v\s t\*e4 ,mais la v]it ie n'y ent5s s9on cela1 que la plus gr&e difficult et importance de l'huma9e sci5ce semble e/re en cet endroit1 o il se traitte de la n\rriture et in/itution des enfans4 ,t\t a9si qu'en l'agriculture1 les faons1 qui vont deuant le plant]1 sont c]ta9es et aysees1 et le plant] mesme4 ,mais depuis que ce qui e/ plant1 vi5t pr5dre vie3 l'esleu]1 il y a vne gr&e v>iet de faons1 et difficult3 p>eillem5t aux hommes1 il y a peu d'indu/rie les plant]3 mais depuis qu'ils sont naiz1 on se *>ge d'vn so+ diu]s1 ple9 d'embesoignem5t et de cra9te1 les dress] et n\rrir4 ,la montre de leurs incl9ations e/ si t5dre en ce bas aage1 et si obscure1 les promesses si inc]ta9es et fauces1 qu'il e/ mal-ais d'y e/ablir aucun solide iugem5t4 ,voyez ,cimon1 voyez ,!mi/ocles et mille autres1 combi5 ils se sont disconu5uz eux mesmes4 ,les petits des ours1 et des *i5s1 montr5t leur incl9ation naturelle2 mais les hommes se iettans incont95t en des acc\/umances1 en des op9ions1 en des loix1 se *ang5t ou se deguis5t facilem5t4 ,si e/-il difficile de =c] les prop5sions naturelles4 ,d'o il adui5t que p> faute d'auoir bi5 *oisi leur r\te1 p\r neant se trauaille on s\u5t1 et employe lon beauc\p d'aage1 dress] des enfans aux *oses1 ausquelles ils ne peuu5t pr5dre pi$4 ,t\tesfois en cette difficult mon op9ion e/1 de les a*em9] t\si\rs aux meilleures *oses et plus pr(itables2 et qu'on se doit peu appliqu] ces leg]es diu9ations et progno/iques1 que n\s pr5ons des m\uem5s de leur enfance4 ,platon en sa republique1 me semble leur donn] trop d'autorit4 ,madame c'e/ vn gr& ornem5t que la sci5ce1 et vn vtil de m]ueilleux s]uice1 notamm5t aux p]sonnes esleuees en tel degr de =tune1 comme v\s e/es4 ,a la v]it elle n'a po9t son vray vsage en ma9s viles et basses4 ,elle e/ bi5 plus fi]e1 de pre/] ses moy5s conduire vne gu]re1 comm&] vn peuple1 pratiqu] l'amiti d'vn ,pr9ce1 ou d'vne nation e/rang]e1 qu' dress] vn argum5t dialectique1 ou plaid] vn appel1 ou ordonn] vne masse de pillules4 ,a9si ,madame1 p> ce que ie croy que v\s n'oubli]ez pas cette p>tie en l'in/itution des vo/res1 v\s qui en auez sau\r la d\ceur1 et qui e/es d'vne race lettree 7c> n\s auons encore les escrits de ces anci5s ,comtes de ,foix1 d'o ,monsieur le ,comte vo/re m>y et v\s1 e/es desc5dus3 et ,franois ,monsieur de ,c&ale1 vo/re oncle1 en faict nai/re t\s les i\rs d'autres1 qui e/5dront la cognoissance de cette qualit de vo/re famille1 plusieurs siecles7 ie v\s veux dire l dessus vne seule fantasie1 que i'ay contraire au commun vsage4 ,c'e/ t\t ce que ie puis conf]] vo/re s]uice en cela4 ,la *>ge du g\u]neur1 que v\s luy donrez1 du *ois duquel dep5d t\t l'effect de son in/itution1 elle a plusieurs autres gr&es p>ties1 mais ie n'y t\*e po9t1 p\r n'y sauoir ri5 apport] qui vaille3 et de cet article1 sur lequel ie me mesle de luy donn] aduis1 il m'en croira autant qu'il y v]ra d'app>5ce4 ,a vn enfant de maison1 qui re*]*e les lettres1 non p\r le ga+ 7c> vne f9 si abiecte1 e/ indigne de la grace et faueur des ,muses1 et puis elle reg>de et dep5d d'autruy7 ny tant p\r les commoditez ext]nes1 que p\r les si5es propres1 et p\r s'en enri*ir et p>] au d$ans1 ayant plu/o/ enuie d'en reussir habil'homme1 qu'homme sauant1 ie v\drois aussi qu'on fu/ soigneux de luy *oisir vn conducteur1 qui eu/ plu/o/ la te/e bi5 faicte1 que bi5 ple9e3 et qu'on y requi/ t\s les deux1 mais plus les murs et l'ent5dem5t que la sci5ce3 et qu'il se conduisi/ en sa *>ge d'vne n\uelle mani]e4 ,on ne cesse de criaill] nos oreilles1 comme qui v]s]oit dans vn antonnoir2 et no/re *>ge ce n'e/ que r$ire ce qu'on n\s a dit4 ,ie v\drois qu'il corrigea/ cette p>tie2 et que de belle arriuee1 selon la portee de l'ame1 qu'il a en ma91 il comm5a/ la mettre sur la montre1 luy faisant g\/] les *oses1 les *oisir1 et disc]n] d'elle mesme4 ,quelquefois luy ouurant le *em91 quelquefois le luy laissant ouurir4 ,ie ne veux pas qu'il inu5te1 et p>le seul3 ie veux qu'il esc\te son disciple p>l] son t\r4 ,socrates1 et depuis ,arcesilaus1 faisoi5t premi]em5t p>l] leurs disciples1 et puis ils p>loi5t eux4 ,obe/ pl]umque ijs1 qui disc]e volunt1 auctoritas eorum1 qui doc5t4 ,il e/ bon qu'il le face trott] deuant luy1 p\r iug] de son tra93 et iug] iusques quel po9t il se doibt rauall]1 p\r s'accommod] sa =ce4 ,a faute de cette proportion1 n\s ga/ons t\t4 ,et de la sauoir *oisir1 et s'y conduire bi5 mesurm5t1 c'e/ vne des plus ardues besongnes que ie sa*e4 ,et e/ l'effect d'vne haute ame et bi5 =te1 sauoir condesc5dre ses allures pu]iles1 et les guid]4 ,ie m>*e plus f]me et plus seur1 mont qu' val4 ,ceux qui1 comme no/re vsage porte1 entrepr55t d'vne mesme leon et p>eille mesure de conduite1 reg5t] plusieurs esprits de si diu]ses mesures et =mes3 ce n'e/ pas m]ueille1 si en t\t vn peuple d'enfants1 ils en r5contr5t pe9e deux ou trois1 qui rapport5t quelque iu/e fruit de leur discipl9e4 ,qu'il ne luy dem&e pas seulem5t compte des mots de sa leon1 mais du s5s et de la sub/ance4 ,et qu'il iuge du pr(it qu'il aura fait1 non p> le tesmoignage de sa memoire1 mais de sa vie4 ,que ce qu'il vi5dra d'appr5dre1 il le luy face mettre en c5t visages1 et accommod] autant de diu]s subiets1 p\r voir s'il l'a encore bi5 pris et bi5 faict si51 pr5ant l'in/ruction son progrez1 des paidagogismes de ,platon4 ,c'e/ tesmoignage de crudit et indige/ion que de regorg] la vi&e comme on l'a auallee3 l'e/oma* n'a pas faict son op]ation1 s'il n'a faict *ang] la faon et la =me1 ce qu'on luy auoit donn cuire4 ,no/re ame ne branle qu' cr$it1 liee et contra9te l'appetit des fantasies d'autruy1 s]ue et captiuee s\bs l'au?orit de leur leon4 ,on n\s a tant assubiectis aux cordes1 que n\s n'auons plus de fran*es alleures3 no/re vigueur et lib]t e/ e/e9te4 ,nunquam tutel su fiunt4 ,ie vy prium5t ,pise vn honne/e homme1 mais si ,ari/otelici51 que le plus g5]al de ses dogmes e/3 ,que la t\*e et regle de t\tes imag9ations solides1 et de t\te v]it1 c'e/ la con=mit la doctr9e d',ari/ote3 que hors de l1 ce ne sont que *im]es et inanit3 qu'il a t\t veu et t\t dict4 ,cette si5ne proposition1 p\r auoir e/ vn peu trop l>gem5t et iniquem5t int]pretee1 le mit autrefois et t9t long temps en gr& accessoire l'inquisition ,rome4 ,qu'il luy face t\t pass] p> l'e/am9e1 et ne loge ri5 en sa te/e p> simple au?orit1 et cr$it4 ,les pr9cipes d',ari/ote ne luy soy5t pr9cipes1 non plus que ceux des ,/oici5s ou ,epicuri5s4 ,qu'on luy propose cette diu]sit de iugem5s1 il *oisira s'il peut3 s9on il en demeur]a en d\bte4 ,*e non m5 *e sap] dubbi> m'aggrada4 ,c> s'il embrasse les op9ions de ,x5ophon et de ,platon1 p> son propre disc\rs1 ce ne s]ont plus les leurs1 ce s]ont les si5nes4 ,qui suit vn autre1 il ne suit ri53 il ne tr\ue ri53 voire il ne c]*e ri54 ,non sumus sub rege1 sibi quisque se v9dicet4 ,qu'il sa*e1 qu'il sait1 au mo9s4 ,il faut qu'il imboiue leurs humeurs1 non qu'il appr5ne leurs preceptes4 ,et qu'il oublie h>dim5t s'il veut1 d'o il les ti5t1 mais qu'il se les sa*e appropri]4 ,la v]it et la raison sont communes vn *acun1 et ne sont non plus qui les a dites premi]em5t1 qu' qui les dit apres4 ,ce n'e/ non plus selon ,platon1 que selon moy3 puis que luy et moy l'ent5dons et voyons de mesme4 ,les abeilles pillot5t de del les fleurs1 mais elles en font apres le miel1 qui e/ t\t leur2 ce n'e/ plus ?91 ny m>iola9e4 ,a9si les pieces empruntees d'autruy1 il les trans=m]a et confondra1 p\r en faire vn ouurage t\t si53 sauoir son iugem5t1 son in/itution1 son trauail et e/ude ne vise qu' le =m]4 ,qu'il cele t\t ce dequoy il a e/ sec\ru1 et ne produise que ce qu'il en a faict4 ,les pilleurs1 les emprunteurs1 mett5t en p>ade leurs ba/im5ts1 leurs a*apts1 non pas ce qu'ils tir5t d'autruy4 ,v\s ne voyez pas les espices d'vn homme de p>lem5t3 v\s voyez les alliances qu'il a gaignees1 et honneurs ses enfants4 ,nul ne met en compte publique sa recette3 *acun y met son acque/4 ,le gua9 de no/re e/ude1 c'e/ en e/re deu5u meilleur et plus sage4 ,c'e/1 disoit ,epi*>mus1 l'ent5dem5t qui voyt et qui oyt3 c'e/ l'ent5dem5t qui appr(ite t\t1 qui dispose t\t1 qui agit1 qui dom9e et qui regne3 t\tes autres *oses sont aueugles1 s\rdes et sans ame4 ,c]tes n\s le r5dons s]uile et coard1 p\r ne luy laiss] la lib]t de ri5 faire de soy4 ,qui dem&a iamais son disciple ce qu'il luy semble de la ,rhetorique et de la ,grammaire1 de telle ou telle s5t5ce de ,cic]on8 ,on n\s les placque en la memoire t\tes emp5nees1 comme des oracles1 o les lettres et les syllabes sont de la sub/ance de la *ose4 ,sauoir p> cur n'e/ pas sauoir3 c'e/ t5ir ce qu'on a donn en g>de sa memoire4 ,ce qu'on sait droittem5t1 on en dispose1 sans reg>d] au patron1 sans t\rn] les yeux v]s son liure4 ,fas*euse suffisance1 qu'vne suffisance pure liuresque6 ,ie m'att5s qu'elle s]ue d'ornem5t1 non de fondem5t3 suiuant l'aduis de ,platon1 qui dit1 la f]met1 la foy1 la s9c]it1 e/re la vraye philosophie3 les autres sci5ces1 et qui vis5t ailleurs1 n'e/re que f>d4 ,ie v\drois que le ,palul ou ,pompee1 ces beaux danseurs de mon temps1 appr9s5t des caprioles les voir seulem5t faire1 sans n\s b\g] de nos places1 comme ceux-cy veul5t in/ruire no/re ent5dem5t1 sans l'esbranl]3 ou qu'on n\s appr9/ mani] vn *eual1 ou vne pique1 ou vn lu?1 ou la voix1 sans n\s y ex]c]3 comme ceux icy n\s veul5t appr5dre bi5 iug]1 et bi5 p>l]1 sans n\s ex]c] p>l] ny iug]4 ,or cet appr5tissage t\t ce qui se pres5te nos yeux1 s]t de liure suffisant3 la malice d'vn page1 la sottise d'vn valet1 vn propos de table1 ce sont autant de n\uelles mati]es4 ,a cette cause le comm]ce des hommes y e/ m]ueilleusem5t propre1 et la visite des pays e/rang]s3 non p\r en rapport] seulem5t1 la mode de no/re noblesse ,franoise1 combi5 de pas a ,santa rotonda1 ou la ri*esse de calessons de la ,signora ,liuia1 ou comme d'autres1 combi5 le visage de ,n]on1 de quelque vieille ruyne de l1 e/ plus long ou plus l>ge1 que celuy de quelque p>eille m$aille4 ,mais p\r en rapport] pr9cipalem5t les humeurs de ces nations et leurs faons3 et p\r frott] et lim] no/re c]uelle contre celle d'autruy1 ie v\drois qu'on comm5a/ le prom5] ds sa t5dre enfance3 et premi]em5t1 p\r faire d'vne pi]re deux c\ps1 p> les nations vois9es1 o le langage e/ plus esloign du no/re1 et auquel si v\s ne la =mez de bon'heure1 la langue ne se peut pli]4 ,aussi bi5 e/-ce vne op9ion receu d'vn *acun1 que ce n'e/ pas raison de n\rrir vn enfant au giron de ses p>5s4 ,cette am\r naturelle les att5drit trop1 et relas*e1 voire les plus sages3 ils ne sont capables ny de *a/i] ses fautes1 ny de le voir n\rry grossi]em5t comme il faut1 et has>deusem5t4 ,ils ne le sauroi5t s\ffrir reu5ir suant et p\dreux de son ex]cice1 boire *aud1 boire froid1 ny le voir sur vn *eual reb\rs1 ny contre vn rude tireur le floret au po+1 ou la premi]e h>quebuse4 ,c> il n'y a rem$e1 qui en veut faire vn homme de bi51 sans d\bte il ne le faut esp>gn] en cette ieunesse3 et faut s\u5t *oqu] les regles de la m$ec9e3 ,vitmque sub dio et trepidis agat ,9 rebus4 ,ce n'e/ pas assez de luy roidir l'ame1 il luy faut aussi roidir les muscles2 elle e/ trop pressee1 si elle n'e/ secondee2 et a trop faire1 de seule f\rnir deux (fices4 ,ie say combi5 ahanne la mi5ne en compagnie d'vn corps si t5dre1 si s5sible1 qui se laisse si =t all] sur elle4 ,et app]oy s\u5t en ma leon1 qu'en leurs escrits1 mes mai/res font valoir p\r magnanimit et =ce de c\rage1 des exemples1 qui ti5n5t volonti]s plus de l'espessissure de la peau et durt des os4 ,i'ay veu des hommes1 des femmes et des enfans1 a9si nays1 qu'une ba/onade leur e/ mo9s qu' moy vne *iqu5aude2 qui ne remu5t ny langue ny s\rcil1 aux c\ps qu'on leur donne4 ,qu& les a?letes contrefont les ,philosophes en pati5ce1 c'e/ plu/o/ vigueur de n]fs que de cur4 ,or l'acc\/umance port] le trauail1 e/ acc\/umance port] la d\leur3 labor collum obducit dolori4 ,il le faut rompre la pe9e1 et aspret des ex]cices1 p\r le dress] la pe9e1 et aspret de la dislocation1 de la colique1 du cau/]e3 et de la geaule aussi1 et de la torture4 ,c> de ces d]ni]s icy1 encore peut-il e/re en pr9se1 qui reg>d5t les bons1 selon le temps1 comme les mes*ants4 ,n\s en sommes l'espreuue4 ,quiconque combat les loix1 m5ace les g5ts de bi5 d'esc\rgees et de la corde4 ,et puis1 l'au?orit du g\u]neur1 qui doit e/re s\u]a9e sur luy1 s'int]rompt et s'empes*e p> la pres5ce des p>5ts4 ,io9t que ce respect que la famille luy porte1 la cognoissance des moy5s et gr&eurs de sa maison1 ce ne sont mon op9ion pas leg]es incommoditez en cet aage4 ,en cette escole du comm]ce des hommes1 i'ay s\u5t rem>qu ce vice1 qu'au lieu de pr5dre cognoissance d'autruy1 n\s ne trauaillons qu' la donn] de n\s3 et sommes plus en pe9e d'emploit] no/re m>*&ise1 que d'en acqu]ir de n\uelle4 ,le sil5ce et la mode/ie sont qualitez tres-commodes la conu]sation4 ,on dress]a cet enfant e/re esp>gnant et mesnag] de sa suffisance1 qu& il l'aura acquise1 ne se =maliz] po9t des sottises et fables qui se diront en sa pres5ce3 c> c'e/ vne inciuile importunit de *oqu] t\t ce qui n'e/ pas de no/re appetit4 ,qu'il se cont5te de se corrig] soy mesme4 ,et ne semble pas repro*] autruy1 t\t ce qu'il refuse faire3 ny contra/] aux murs publiques4 ,licet sap]e s9e pompa1 s9e inuidia4 ,fuie ces images reg5teuses du monde1 et inciuiles3 et cette pu]ile ambition1 de v\loir p>oi/re plus f91 p\r e/re autre2 et comme si ce fu/ m>*&ise malaizee1 que repreh5sions et n\uelletez1 v\loir tir] de l1 nom de quelque peculi]e valeur4 ,comme il n'affi]t qu'aux gr&s ,potes1 d'vs] des lic5ces de l'art3 aussi n'e/-il supportable1 qu'aux gr&es ames et illu/res de se priuilegi] au dessus de la c\/ume4 ,si quid ,socrates et ,ari/ippus contra morem et consuetud9em fec]unt1 idem sibi ne arbitretur lic]e3 magnis enim illi et diu9is bonis hanc lic5tiam assequebantur4 ,on luy appr5dra de n'entr] en disc\rs et conte/ation1 que l o il v]ra vn *ampion digne de sa lute3 et l mesmes n'emploi] pas t\s les t\rs qui luy peuu5t s]uir1 mais ceux-l seulem5t qui luy peuu5t le plus s]uir4 ,qu'on le r5de delicat au *ois et triage de ses raisons1 et aymant la p]t95ce1 et p> consequ5t la briefuet4 ,qu'on l'in/ruise sur t\t se r5dre1 et quitt] les armes la v]it1 t\t aussi to/ qu'il l'app]ceura3 soit qu'elle naisse s ma9s de son adu]saire1 soit qu'elle naisse en luy-mesmes p> quelque rauisem5t4 ,c> il ne s]a pas mis en *aise p\r dire vn rolle prescript1 il n'e/ engag aucune cause1 que p> ce qu'il l'appreuue4 ,ny ne s]a du me/i]1 o se v5d purs d5i]s contans1 la lib]t de se p\uoir rep5tir et recognoi/re4 ,neque1 vt omnia1 qu prscripta et imp]ata s9t1 def5dat1 necessitate vlla cogitur4 ,si son g\u]neur ti5t de mon humeur1 il luy =m]a la volont e/re tres-loyal s]uiteur de son ,pr9ce1 et tres-affectionn1 et tres-c\rageux3 mais il luy refroidira l'enuie de s'y atta*] autrem5t que p> vn deuoir publique4 ,outre plusieurs autres inconu5i5ts1 qui bless5t no/re lib]t1 p> ces obligations p>ticuli]es1 le iugem5t d'vn homme gag et a*ett1 ou il e/ mo9s enti] et mo9s libre1 ou il e/ ta* et d'imprud5ce et d'+ratitude4 ,vn pur c\rtisan ne peut auoir ny loy ny volont1 de dire et p5s] que fauorablem5t d'vn mai/re1 qui p>mi tant de milli]s d'autres subiects1 l'a *oisi p\r le n\rrir et eleu] de sa ma94 ,cette faueur et vtilit corromp5t non sans quelque raison1 sa fran*ise1 et l'esbl\iss5t4 ,p\rtant void on c\/umi]em5t1 le langage de ces g5s l1 diu]s t\t autre langage1 en vn e/at1 et de peu de foy en telle mati]e4 ,que sa consci5ce et sa v]tu reluis5t en son p>l]1 et n'ay5t que la raison p\r conduite4 ,qu'on luy face ent5dre1 que de confess] la faute qu'il desc\urira en son propre disc\rs1 encore qu'elle ne soit app]ceu que p> luy1 c'e/ vn effet de iugem5t et de s9c]it1 qui sont les pr9cipales p>ties qu'il *]*e4 ,que l'op9iatr] et conte/]1 sont qualitez communes3 plus app>5tes aux plus basses ames4 ,que se r'aduis] et se corrig]1 ab&onn] vn mauuais p>ty1 sur le c\rs de son ardeur1 ce sont qualitez r>es1 =tes1 et philosophiques4 ,on l'adu]tira1 e/ant en compagnie1 d'auoir les yeux p> t\t3 c> ie tr\ue que les premi]s sieges sont communem5t saisis p> les hommes mo9s capables1 et que les gr&eurs de =tune ne se tr\u5t gu]es meslees la suffisance4 ,i'ay veu ce p5dant qu'on s'entret5oit au b\t d'vne table1 de la beaut d'vne tapiss]ie1 ou du g\/ de la maluoisie1 se p]dre beauc\p de beaux traicts l'autre b\t4 ,il sond]a la portee d'vn *acun3 vn b\ui]1 un masson1 vn passant1 il faut t\t mettre en besongne1 et emprunt] *acun selon sa m>*&ise3 c> t\t s]t en mesnage3 la sottise mesmes1 et foiblesse d'autruy luy s]a in/ruction4 ,a contr]oll] les graces et faons d'vn *acun1 il s'eng5dr]a enuie des bonnes1 et mespris des mauuaises4 ,qu'on luy mette en fantasie vne honne/e curiosit de s'enqu]ir de t\tes *oses3 t\t ce qu'il y aura de s+uli] aut\r de luy1 il le v]ra3 vn ba/im5t1 vne fonta9e1 vn homme1 le lieu d'vne bataille anci5ne1 le passage de ,cs> ou de ,*>lemaigne4 ,qu tellus sit l5ta gelu1 qu putris ab /u1 ,v5tus 9 ,italiam quis b5e vela f]at4 ,il s'enqu]ra des murs1 des moy5s et des alliances de ce ,pr9ce1 et de celuy-l4 ,ce sont *oses tres-plaisantes appr5dre1 et tres-vtiles sauoir4 ,en cette practique des hommes1 i'ent5s y compr5dre1 et pr9cipalem5t1 ceux qui ne viu5t qu'en la memoire des liures4 ,il praticqu]a p> le moy5 des hi/oires1 ces gr&es ames des meilleurs siecles4 ,c'e/ vn va9 e/ude qui veut3 mais qui veut aussi c'e/ vn e/ude de fruit e/imable3 et le seul e/ude1 comme dit ,platon1 que les ,lac$emoni5s euss5t res]u leur "p4 ,quel pr(it ne f]a-il en cette "p l1 la lecture des vies de no/re ,plut>que8 ,mais que mon guide se s\ui5ne o vise sa *>ge2 et qu'il n'imprime pas tant son disciple1 la date de la ru9e de ,c>?age1 que les murs de ,hannibal et de ,scipion3 ny tant o m\rut ,m>cellus1 que p\rquoy il fut indigne de son deuoir1 qu'il m\ru/ l4 ,qu'il ne luy appr5ne pas tant les hi/oires1 qu' en iug]4 ,c'e/ mon gr1 entre t\tes1 la mati]e laquelle nos esprits s'appliqu5t de plus diu]se mesure4 ,i'ay leu en ,tite ,liue c5t *oses que tel n'y a pas leu4 ,plut>*e y en a leu c5t2 outre ce que i'y ay seu lire3 et l'adu5ture outre ce que l'au!ur y auoit mis4 ,a d'aucuns c'e/ vn pur e/ude grammairi53 d'autres1 l'anatomie de la ,philosophie1 p> laquelle les plus ab/ruses p>ties de no/re nature se p5etr5t4 ,il y a dans ,plut>que beauc\p de disc\rs e/5dus tres-dignes d'e/re seus3 c> mon gr c'e/ le mai/re ouuri] de telle besongne3 mais il y en a mille qu'il n'a que t\* simplem5t3 il guigne seulem5t du doigt p> o n\s irons1 s'il n\s plai/1 et se cont5te quelquefois de ne donn] qu'vne atte9te dans le plus vif d'vn propos4 ,il les faut arra*] de l1 et mettre en place m>*&e4 ,comme ce si5 mot1 ,que les habitans d',asie s]uoi5t vn seul1 p\r ne sauoir prononc] vne seule syllable1 qui e/1 ,non1 donna peut e/re1 la mati]e1 et l'occasion la ,botie1 de sa ,s]uitude volontaire4 ,cela mesme de luy voir tri] vne legi]e action en la vie d'vn homme1 ou vn mot1 qui semble ne port] pas cela1 c'e/ vn disc\rs4 ,c'e/ dommage que les g5s d'ent5dem5t1 aym5t tant la briefuet3 sans d\bte leur reputation en vaut mieux1 mais n\s en valons mo9s4 ,plut>que ayme mieux que n\s le vantions de son iugem5t1 que de son sauoir3 il ayme mieux n\s laiss] desir de soy1 que satiet4 ,il sauoit qu's *oses bonnes mesmes on peut trop dire1 et que ,alex&ridas repro*a iu/em5t1 celuy qui t5oit aux ,ephores des bons propos1 mais trop longs3 ,o e/rang]1 tu dis ce qu'il faut1 autrem5t qu'il ne faut4 ,ceux qui ont le corps gresle1 le grossiss5t d'emb\rrures3 ceux qui ont la mati]e exile1 l'enfl5t de p>oles4 ,il se tire vne m]ueilleuse cl>t p\r le iugem5t huma91 de la frequ5tation du monde4 ,n\s sommes t\s contra9ts et amoncellez en n\s1 et auons la veu rac\rcie la longueur de no/re nez4 ,on dem&oit ,socrates d'o il e/oit1 il ne respondit pas1 d',a!nes1 mais1 du monde4 ,luy qui auoit l'imag9ation plus pla9e et plus e/&u1 embrassoit l'vniu]s1 comme sa ville1 iettoit ses cognoissances1 sa societ et ses affections t\t le g5re huma93 non pas comme n\s1 qui ne reg>dons que s\s n\s4 ,qu& les vignes gel5t en mon village1 mon preb/re en argum5te l'ire de ,dieu sur la race huma9e1 et iuge que la pepie en ti5ne des-ia les ,cannibales4 ,a voir nos gu]res ciuiles1 qui ne crie que cette ma*9e se b\leu]se1 et que le i\r du iugem5t n\s pr5t au collet3 sans s'auis] que plusieurs pires *oses se sont veus1 et que les dix mille p>ts du monde ne laiss5t pas de gall] le bon temps cep5dant8 ,moy1 selon leur lic5ce et impunit1 admire de les voir si d\ces et molles4 ,a qui il gresle sur la te/e1 t\t l'hemisph]e semble e/re en tempe/e et orage4 ,et disoit le ,sauoard1 que si ce sot de ,roy de ,france1 eut seu bi5 conduire sa =tune1 il e/oit homme p\r deu5ir mai/re d'ho/el de son ,duc4 ,son imag9ation ne conceuoit autre plus esleuee gr&eur1 que celle de son mai/re4 ,n\s sommes ins5siblem5t t\ts en cette erreur3 erreur de gr&e suitte et preiudice4 ,mais qui se pres5te comme dans vn tableau1 cette gr&e image de no/re m]e nature1 en son enti]e maie/3 qui lit en son visage1 vne si g5]ale et con/ante v>iet3 qui se rem>que l d$ans1 et non soy1 mais t\t vn royaume1 comme vn traict d'vne po9te tres-delicate1 celuy-l seul e/ime les *oses selon leur iu/e gr&eur4 ,ce gr& monde1 que les vns multipli5t encore comme especes s\bs vn g5re1 c'e/ le miroer1 o il n\s faut reg>d]1 p\r n\s cognoi/re de bon biais4 ,somme ie veux que ce soit le liure de mon escoli]4 ,tant d'humeurs1 de sectes1 de iugem5s1 d'op9ions1 de loix1 et de c\/umes1 n\s appr5n5t iug] sa9em5t des no/res1 et appr5n5t no/re iugem5t recognoi/re son imp]fection et sa naturelle foiblesse3 qui n'e/ pas vn legi] appr5tissage4 ,tant de remuem5ts d'e/at1 et *angem5ts de =tune publique1 n\s in/ruis5t ne faire pas gr& miracle de la no/re4 ,tant de noms1 tant de victoires et conque/es enseuelies s\bs l'oubliance1 r5d5t ridicule l'esp]ance d'et]nis] no/re nom p> la prise de dix arg\lets1 et d'vn p\illi]1 qui n'e/ cognu que de sa *eute4 ,l'orgueil et la fi]et de tant de pompes e/rang]es1 la maie/ si enflee de tant de c\rs et de gr&eurs1 n\s f]mit et asseure la vee1 s\/5ir l'esclat des no/res1 sans sill] les yeux4 ,tant de milliasses d'hommes ent]rez auant n\s1 n\s enc\rag5t ne cra9dre d'all] tr\u] si bonne compagnie en l'autre monde3 a9si du re/e4 ,no/re vie1 disoit ,py?agoras1 retire la gr&e et populeuse assemblee des ieux ,olympiques4 ,les vns ex]c5t le corps1 p\r en acqu]ir la gloire des ieux3 d'autres y port5t des m>*&ises v5dre1 p\r le ga94 ,il en e/1 et qui ne sont pas les pires1 lesquels n'y *]*5t aucun fruict1 que de reg>d] comm5t et p\rquoy *asque *ose se faict3 et e/re spectateurs de la vie des autres hommes1 p\r en iug] et regl] la leur4 ,aux exemples se p\rront proprem5t assortir t\s les plus pr(itables disc\rs de la philosophie1 laquelle se doiu5t t\*] les actions huma9es1 comme leur regle4 ,on luy dira1 quid fas opt>e1 quid asp] ,vtile nummus habet1 patri *>isque prop9quis ,quantum el>giri deceat1 quem te ,deus esse ,iussit1 et humana qua p>te locatus es 9 re1 ,quid sumus1 aut quidnam victuri gignimur3 ,que c'e/ que scauoir et ignor]1 qui doit e/re le b de l'e/ude3 que c'e/ que vaillance1 temp]ance1 et iu/ice3 ce qu'il y a dire entre l'ambition et l'au>ice3 la s]uitude et la subiection1 la lic5ce et la lib]t3 quelles m>ques on congnoit le vray et solide cont5tem5t3 iusques o il faut cra9dre la mort1 la d\leur et la honte4 ,et quo quemque modo fugitque f]tque laborem4 ,quels ressors n\s meuu5t1 et le moy5 de tant diu]s branles en n\s4 ,c> il me semble que les premi]s disc\rs1 dequoy on luy doit abreuu] l'ent5dem5t1 ce doiu5t e/re ceux1 qui regl5t ses murs et son s5s1 qui luy appr5dront se cognoi/re1 et sauoir bi5 m\rir et bi5 viure4 ,entre les arts lib]aux1 comm5ons p> l'art qui n\s faict libres4 ,elles s]u5t t\tes voirem5t en quelque mani]e l'in/ruction de no/re vie1 et son vsage3 comme t\tes autres *oses y s]u5t en quelque mani]e aussi4 ,mais *oisissons celle qui y s]t directem5t et pr(essoirem5t4 ,si n\s sauions re/ra9dre les app>t5ances de no/re vie leurs iu/es et naturels limites1 n\s tr\u]ions1 que la meilleure "p des sci5ces1 qui sont en vsage1 e/ hors de no/re vsage4 ,et en celles mesmes qui le sont1 qu'il y a des e/5dues et enfonceures tres-inutiles1 que n\s f]ions mieux de laiss] l3 et suiuant l'in/itution de ,socrates1 born] le c\rs de no/re e/ude en icelles1 o faut l'vtilit4 sap]e aude1 ,incipe3 ,viu5di qui rect prorogat horam1 ,ru/icus expectat dum defluat amnis1 at ille ,labitur1 et labetur 9 omne volubilis uum4 ,c'e/ vne gr&e simplesse d'apr5dre nos enfans1 ,quid m\eant pisces1 animosque signa leonis1 ,lotus et ,hesp]ia quid capricornus aqua2 la sci5ce des a/res et le m\uem5t de la huictiesme sph]e1 auant que les leurs propres4 1 ' 4 ,anaxim5es escriuant ,py?agoras3 ,de quel s5s puis ie m'amus] aux secrets des e/oilles1 ayant la mort ou la s]uitude t\i\rs pres5te aux yeux8 ,c> lors les ,roys de ,p]se prep>oi5t la gu]re contre son pays4 ,*acun doit dire a9s94 ,e/ant battu d'ambition1 d'au>ice1 de tem]it1 de sup]/ition3 et ayant au d$ans tels autres ennemis de la vie3 iray-ie song] au bransle du monde8 ,apres qu'on luy aura appris ce qui s]t le faire plus sage et meilleur1 on l'entreti5dra que c'e/ que ,logique1 ,physique1 ,geometrie1 ,rhetorique3 et la sci5ce qu'il *oisira1 ayant desia le iugem5t =m1 il en vi5dra bi5 to/ b\t4 ,sa leon se f]a tanto/ p> deuis1 tanto/ p> liure3 tanto/ son g\u]neur luy f\rnira de l'au!ur mesme propre cette f9 de son in/itution3 tanto/ il luy en donn]a la moelle1 et la sub/ance t\te mas*ee4 ,et si de soy mesme il n'e/ assez famili] des liures1 p\r y tr\u] tant de beaux disc\rs qui y sont1 p\r l'effect de son desse91 on luy p\rra io9dre quelque homme de lettres1 qui *aque beso+ f\rnisse les munitions qu'il faudra1 p\r les di/ribu] et disp5s] son n\rrisson4 ,et que cette leon ne soit plus aisee1 et naturelle que celle de ,gaza1 qui y peut faire d\te8 ,ce sont l preceptes esp9eux et mal plaisans1 et des mots va9s et des*>nez1 o il n'y a po9t de prise1 ri5 qui v\s esueille l'esprit3 en cette cy l'ame tr\ue o mordre1 o se pai/re4 ,ce fruict e/ plus gr& sans comp>aison1 et si s]a plu/o/ meury4 ,c'e/ gr& cas que les *oses en soy5t l en no/re siecle1 que la philosophie soit iusques aux g5s d'ent5dem5t1 vn nom va9 et fanta/ique1 qui se treuue de nul vsage1 et de nul pris p> op9ion et p> effect4 ,ie croy que ces ergotismes en sont cause1 qui ont saisi ses au5ues4 ,on a gr& tort de la pe9dre inaccessible aux enfans1 et d'vn visage r5froign1 s\rcilleux et t]rible3 qui me l'a masquee de ce faux visage pasle et hideux8 ,il n'e/ ri5 plus gay1 plus gaill>d1 plus eni\1 et peu que ie ne die folla/re4 ,elle ne pres*e que fe/e et bon temps4 ,vne m9e tri/e et transie1 montre que ce n'e/ pas l son gi/e4 ,demetrius le ,grammairi5 r5contrant dans le temple de ,delphes vne tr\pe de ,philosophes assis ensemble1 il leur dit3 ,ou ie me trompe1 ou v\s voir la cont5ance si paisible et si gaye1 v\s n'e/es pas en gr& disc\rs entre v\s4 ,a quoy l'vn d'eux1 ,h]acleon le ,meg>i51 respondit3 ,c'e/ faire ceux qui *]*5t si le futur du v]be a d\ble 1 ou qui *]*5t la d]iuation des comp>atifs et 1 et des sup]latifs et 1 qu'il faut rid] le front s'entret5ant de leur sci5ce3 mais quant aux disc\rs de la philosophie1 ils ont acc\/um d'esgay] et resi\r ceux qui les traict5t1 non les r5froign] et contri/]4 ,depr5das animi torm5ta lat5tis 9 gro ,corpore1 depr5das et gaudia1 sumit vtrumque ,inde habitum facies4 ,l'ame qui loge la philosophie1 doit p> sa sant r5dre sa9 encores le corps3 elle doit faire luyre iusques au dehors son repos1 et son aise3 doit =m] son m\le le port ext]ieur1 et l'arm] p> consequ5t d'vne gratieuse fi]t1 d'vn ma9ti5 actif1 et allaigre1 et d'vne cont5ance contante et debonnaire4 ,la plus expresse m>que de la sagesse1 c'e/ vne esi\issance con/ante3 son e/at e/ comme des *oses au dessus de la lune1 t\si\rs s]e94 ,c'e/ ,b>oco et ,b>alipton1 qui r5d5t leurs suppo/s a9si crotez et enfumez2 ce n'e/ pas elle1 ils ne la cognoiss5t que p> ouyr dire4 ,comm5t8 elle faict e/at de s]e9] les tempe/es de l'ame1 et d'appr5dre la faim et les fiebures rire3 non p> quelques ,epicycles imag9aires1 mais p> raisons naturelles et palpables4 ,elle a p\r son b1 la v]tu3 qui n'e/ pas1 comme dit l'es*ole1 plante la te/e d'vn mont c\p1 rabotteux et inaccessible4 ,ceux qui l'ont appro*e1 la ti5n5t au reb\rs1 loge dans vne belle pla9e f]tile et fleurissante3 d'o elle void bi5 s\z soy t\tes *oses2 mais si peut on y arriu]1 qui en sait l'addresse1 p> des r\ttes ombrageuses1 gazonnes1 et d\x fleurantes2 plaisamm5t1 et d'vne pante facile et polie1 comme e/ celle des v\tes cele/es4 ,p\r n'auoir hant cette v]tu supreme1 belle1 triumphante1 am\reuse1 delicieuse p>eillem5t et c\rageuse1 ennemie pr(esse et irreconciliable d'aigreur1 de desplaisir1 de cra9te1 et de contra9te1 ayant p\r guide nature1 =tune et volupt p\r compagnes3 ils sont allez selon leur foiblesse1 fa9dre cette sotte image1 tri/e1 qu]elleuse1 despite1 m5aceuse1 m9euse1 et la plac] sur vn ro*] l'esc>t1 emmy des ronces3 fantosme e/onn] les g5ts4 ,mon g\u]neur qui cognoi/ deuoir remplir la volont de son disciple1 autant ou plus d'affection1 que de reu]5ce enu]s la v]tu1 luy saura dire1 que les potes suiu5t les humeurs communes3 et luy faire t\*] au doigt1 que les ,dieux ont mis plu/o/ la sueur aux adu5ues des cab9etz de ,v5us que de ,pallas4 ,et qu& il comm5c]a de se s5tir1 luy pres5tant ,bradamant ou ,angelique1 p\r mai/resse ioir3 et d'vne beaut naue1 actiue1 g5]euse1 non hommasse1 mais virile1 au prix d'vne beaut molle1 affette1 delicate1 artificielle2 l'vne traue/ie en g>on1 coiffe d'vn morrion luisant3 l'autre ve/ue en g>ce1 coiffe d'vn attiffet emp]l3 il iug]a masle son am\r mesme1 s'il *oisit t\t diu]sem5t cet effem9 pa/eur de ,phrygie4 ,il luy f]a cette n\uelle leon1 que le prix et hauteur de la vraye v]tu1 e/ en la facilit1 vtilit et plaisir de son ex]cice3 si esloign de difficult1 que les enfans y peuu5t comme les hommes1 les simples comme les subtilz4 ,le reglem5t c'e/ son vtil1 non pas la =ce4 ,socrates son premi] mignon1 quitte esci5t sa =ce1 p\r gliss] en la nauet et aisance de son progrs4 ,c'e/ la m]e n\rrice des plaisirs huma9s4 ,en les r5dant iu/es1 elle les r5d seurs et purs4 ,les mod]ant1 elle les ti5t en hale9e et en appetit4 ,retran*ant ceux qu'elle refuse1 elle n\s aiguise enu]s ceux qu'elle n\s laisse3 et n\s laisse abondamm5t t\s ceux que veut nature3 et iusques la satiet1 s9on iusques la lasset2 mat]nellem5t3 si d'adu5ture n\s ne v\lons dire1 que le regime1 qui arre/e le beuueur auant l'yuresse1 le mangeur auant la crudit1 le paill>d auant la pelade1 soit ennemy de noz plaisirs4 ,si la =tune commune luy faut1 elle luy es*appe2 ou elle s'en passe1 et s'en =ge vne autre t\te si5ne3 non plus flottante et r\lante3 elle sait e/re ri*e1 et puissante1 et sauante1 et c\*] en des matelats musquez4 ,elle aime la vie1 elle aime la beaut1 la gloire1 et la sant4 ,mais son (fice propre et p>ticuli]1 c'e/ sauoir vs] de ces bi5s l reglem5t1 et les sauoir p]dre con/amm5t3 (fice bi5 plus noble qu'aspre1 sans lequel t\t c\rs de vie e/ desnatur1 turbul5t et dif=me3 et y peut-on iu/em5t atta*] ces escueils1 ces hali]s1 et ces mon/res4 ,si ce disciple se r5contre de si diu]se condition1 qu'il aime mieux ouyr vne fable1 que la n>ration d'vn beau voyage1 ou vn sage propos1 qu& il l'ent5dra4 ,qui au son du tab\r91 qui arme la ieune ardeur de ses compagnons1 se de/\rne vn autre1 qui l'appelle au ieu des batteleurs4 ,qui p> s\hait ne tr\ue plus plaisant et plus d\x1 reu5ir p\dreux et victorieux d'un combat1 que de la paulme ou du bal1 auec le prix de cet ex]cice3 ie n'y tr\ue autre rem$e1 s9on qu'on le mette patissi] dans quelque bonne ville3 fu/ il fils d'vn ,duc3 suiuant le precepte de ,platon1 qu'il faut colloqu] les enfans1 non selon les facultez de leur p]e1 mais selon les facultez de leur ame4 ,puis que la ,philosophie e/ celle qui n\s in/ruict viure1 et que l'enfance y a sa leon1 comme les autres aages1 p\rquoy ne la luy communique lon8 ,vdum et molle lutum e/1 nunc nunc prop]&us1 et acri ,f+5dus s9e f9e rota4 ,on n\s appr5t viure1 qu& la vie e/ passe4 ,c5t escoli]s ont pris la v]olle auant que d'e/re arriuez leur leon d',ari/ote de la temp]ance4 ,cic]o disoit1 que qu& il viuroit la vie de deux hommes1 il ne pr5droit pas le loisir d'e/udi] les ,potes ,lyriques4 ,et ie tr\ue ces ergoti/es plus tri/em5t encores inutiles4 ,no/re enfant e/ bi5 plus press3 il ne doit au paidagogisme que les premi]s qu9ze ou seize ans de sa vie3 le demeurant e/ deu l'action4 ,employons vn temps si c\rt aux in/ructions necessaires4 ,ce sont abus1 o/ez t\tes ces subtilitez esp9euses de la ,dialectique1 dequoy no/re vie ne se peut am5d]1 pr5ez les simples disc\rs de la philosophie1 sa*ez les *oisir et traitt] po9t1 ils sont plus aisez conceuoir qu'vn conte de ,boccace4 ,vn enfant en e/ capable au p>tir de la n\rrisse1 beauc\p mieux que d'appr5dre lire ou escrire4 ,la philosophie a des disc\rs p\r la naissance des hommes1 comme p\r la decrepitude4 ,ie suis de l'aduis de ,plut>que1 qu',ari/ote n'amusa pas tant son gr& disciple l'artifice de compos] syllogismes1 ou aux pr9cipes de ,geometrie1 comme l'in/ruire des bons preceptes1 t\*ant la vaillance1 proesse1 la magnanimit et temp]ance1 et l'asseurance de ne ri5 cra9dre3 et auec cette munition1 il l'enuoya encores enfant subiugu] l'empire du monde t\t #cjjjj4 hommes de pi$1 #djjj4 *euaulx1 et qu>ante deux mille escuz seulem5t4 ,les autres arts et sci5ces1 dit-il1 ,alex&re les honoroit bi51 et looit leur excell5ce et g5tilesse1 mais p\r plaisir qu'il y pri/1 il n'e/oit pas facile se laiss] surpr5dre l'affection de les v\loir ex]c]4 ,petite h9c iuu5sque s5sque ,f9em animo c]tum1 mis]ique viatica canis4 ,c'e/ ce que disoit ,epicurus au comm5cem5t de sa lettre ,m5iceus3 ,ny le plus ieune refuie philosoph]1 ny le plus vieil s'y lasse4 ,qui fait autrem5t1 il semble dire1 ou qu'il n'e/ pas encores saison d'heureusem5t viure3 ou qu'il n'en e/ plus saison4 ,p\r t\t cecy1 ie ne veux pas qu'on emprisonne ce g>on1 ie ne veux pas qu'on l'ab&onne la col]e et humeur melan*olique d'vn furieux mai/re d'escole3 ie ne veux pas corrompre son esprit1 le t5ir la geh5ne et au trauail1 la mode des autres1 quatorze ou qu9ze heures p> i\r1 comme vn portefaiz4 ,ny ne tr\u]oys bon1 qu& p> quelque complexion solitaire et melan*olique1 on le v]roit adonn d'vne application trop indiscrette l'e/ude des liures1 qu'on la luy n\rri/4 ,cela les r5d ineptes la conu]sation ciuile1 et les de/\rne de meilleures occupations4 ,et combi5 ay-ie veu de mon temps1 d'hommes abe/is1 p> tem]aire auidit de sci5ce8 ,c>neades s'en tr\ua si affoll1 qu'il n'eut plus le loisir de se faire le poil et les ongles4 ,ny ne veux ga/] ses meurs g5]euses p> l'inciuilit et b>b>ie d'autruy4 ,la sagesse ,franoise a e/ anci5nem5t en pr\]be1 p\r vne sagesse qui pr5oit de bon'heure1 et n'auoit gu]es de t5ue4 ,a la v]it n\s voyons encores qu'il n'e/ ri5 si g5til que les petits enfans en ,france3 mais ord9airem5t ils tromp5t l'esp]ance qu'on en a conceu1 et hommes faicts1 on n'y voit aucune excell5ce4 ,i'ay ouy t5ir g5s d'ent5dem5t1 que ces colleges o on les enuoie1 dequoy ils ont foison1 les abrutiss5t a9s94 ,au no/re1 vn cab9et1 vn i>d91 la table1 et le lict1 la solitude1 la compagnie1 le mat9 et le vespre1 t\tes heures luy s]ont vnes3 t\tes places luy s]ont e/ude3 c> la philosophie1 qui1 comme =matrice des iugem5ts et des meurs1 s]a sa pr9cipale leon1 a ce priuilege1 de se mesl] p> t\t4 ,isocrates l'orateur e/ant pri en vn fe/9 de p>l] de son art1 *acun tr\ue qu'il eut raison de respondre3 ,il n'e/ pas ma9t5ant temps1 de ce que ie say faire1 et ce dequoy il e/ ma9t5ant temps1 ie ne le say pas faire4 ,c> de pres5t] des h>angues ou des disputes de rhetorique1 vne compagnie assemble p\r rire et faire bonne *]e1 ce s]oit vn meslange de trop mauuais accord4 ,et autant en p\rroit-on dire de t\tes les autres sci5ces4 ,mais quant la philosophie1 en la p>tie o elle traicte de l'homme et de ses deuoirs et (fices1 'a e/ le iugem5t commun de t\s les sages1 que p\r la d\ceur de sa conu]sation1 elle ne deuoit e/re refuse1 ny aux fe/9s1 ny aux ieux4 ,et ,platon l'ayant inuite son conuiue1 n\s voyons comme elle entreti5t l'assi/5ce d'vne faon molle1 et accommode au temps et au lieu1 quoy que ce soit de ses plus hauts disc\rs et plus salutaires4 qu paup]ibus prode/1 locupletibus qu1 ,et neglecta qu pu]is s5ibsque nocebit4 ,a9si sans d\bte il *\m]a mo9s1 que les autres4 ,mais comme les pas que n\s employons n\s prom5] dans vne gal]ie1 quoy qu'il y en ait trois fois autant1 ne n\s lass5t pas1 comme ceux que n\s mettons quelque *em9 dessign3 aussi no/re leon se passant comme p> r5contre1 sans obligation de temps et de lieu1 et se meslant t\tes noz actions1 se c\l]a sans se faire s5tir4 ,les ieux mesmes et les ex]cices s]ont vne bonne p>tie de l'e/ude3 la c\rse1 la lucte1 la musique1 la danse1 la *asse1 le maniem5t des *euaux et des armes4 ,ie veux que la bi5-seance ext]ieure1 et l'entre-g5t1 et la disposition de la p]sonne se faonne quant et quant l'ame4 ,ce n'e/ pas vne ame1 ce n'e/ pas vn corps qu'on dresse1 c'e/ vn homme1 il n'en faut pas faire deux4 ,et comme dit ,platon1 il ne faut pas les dress] l'vn sans l'autre1 mais les conduire galem5t1 comme vne c\ple de *euaux attelez mesme timon4 ,et l'oir semble il pas pre/] plus de temps et de solicitude1 aux ex]cices du corps3 et e/im] que l'esprit s'en ex]ce quant et quant1 et non au contraire8 ,au demeurant1 cette in/itution se doit conduire p> vne seu]e d\ceur1 non comme il se fait4 ,au lieu de conui] les enfans aux lettres1 on ne leur pres5te la v]it1 qu'horreur et cruaut4 ,o/ez moy la viol5ce et la =ce2 il n'e/ ri5 mon aduis qui abat>disse et e/\rdisse si =t vne nature bi5 ne4 ,si v\s auez enuie qu'il craigne la honte et le *a/iem5t1 ne l'y endurcissez pas4 ,endurcissez le la sueur et au froid1 au v5t1 au soleil et aux haz>ds qu'il luy faut mespris]4 ,o/ez luy t\te mollesse et delicatesse au ve/ir et c\*]1 au mang] et au boire3 acc\/umez le t\t3 que ce ne soit pas vn beau g>on et dam]et1 mais vn g>on v]t et vig\reux4 ,enfant1 homme1 vieil1 i'ay t\si\rs creu et iug de mesme4 ,mais entre autres *oses1 cette police de la plus "p de noz colleges1 m'a t\si\rs despleu4 ,on eu/ failly l'adu5ture mo9s dommageablem5t1 s'incl9ant v]s l'indulg5ce4 ,c'e/ vne vraye geaule de ieunesse captiue4 ,on la r5d desbau*e1 l'en punissant auant qu'elle le soit4 ,arriuez y sur le po9t de leur (fice2 v\s n'oyez que cris1 et d'enfans suppliciez1 et de mai/res enyurez en leur *ol]e4 ,quelle mani]e1 p\r esueill] l'appetit enu]s leur leon1 ces t5dres ames1 et cra9tiues1 de les y guid] d'vne troigne effroyable1 les ma9s armes de f\ets8 ,inique et p]nicieuse =me4 ,io9t ce que ,qu9tilian en a tres-bi5 rem>qu1 que cette imp]ieuse au?orit1 tire des suittes p]illeuses3 et nommm5t no/re faon de *a/iem5t4 ,combi5 leurs classes s]oi5t plus decemm5t ion*es de fleurs et de feuilles1 que de tronons d'osi]s sanglants8 l'y f]oy p\rtraire la ioye1 l'allegresse1 et ,flora1 et les ,graces3 comme fit en son es*ole le philosophe ,speusippus4 ,o e/ leur pr(it1 que l fu/ aussi leur esbat4 ,on doit ensucr] les vi&es salubres l'enfant3 et enfiell] celles qui luy sont nuisibles4 ,c'e/ m]ueille combi5 ,platon se montre soigneux en ses loix1 de la gayet et passetemps de la ieunesse de sa cit3 et combi5 il s'arre/e leurs c\rses1 ieux1 *ansons1 saults et danses3 desquelles il dit1 que l'antiquit a donn la conduitte et le patronnage aux ,dieux mesmes1 ,apollon1 aux ,muses et ,m9]ue4 ,il s'e/5d mille preceptes p\r ses gymnases4 ,p\r les sci5ces lettres1 il s'y amuse =t peu3 et semble ne recomm&] p>ticuli]em5t la posie1 que p\r la musique4 ,t\te e/ranget et p>ticul>it en noz murs et conditions e/ euitable1 comme ennemie de societ4 ,qui ne s'e/onn]oit de la complexion de ,demophon1 mai/re d'ho/el d',alex&re1 qui suoit l'ombre1 et trembloit au soleil8 ,i'en ay veu fuir la s5teur des pommes1 plus que les h>quebuzades2 d'autres s'effray] p\r vne s\ris3 d'autres r5dre la gorge voir de la cresme3 d'autres voir brass] vn lict de plume3 comme ,g]manicus ne p\uoit s\ffrir ny la veu ny le *ant des cocqs4 ,il y peut auoir l'aduanture cela quelque propriet occulte1 mais on l'e/e9droit1 mon aduis1 qui s'y pr5droit de bon'heure4 ,l'in/itution a gaign cela sur moy1 il e/ vray que ce n'a po9t e/ sans quelque so+1 que sauf la bi]e1 mon appetit e/ accommodable indiff]emm5t t\tes *oses1 dequoy on se pai/4 ,le corps e/ encore s\ple1 on le doit cette cause pli] t\tes faons et c\/umes3 et p\rueu qu'on puisse t5ir l'appetit1 et la volont s\bs b\cle1 qu'on r5de h>dim5t vn ieune homme commode t\tes nations et compagnies1 voire au desreglem5t et aux excs1 si beso+ e/4 ,son ex]citation suiue l'vsage4 ,qu'il puisse faire t\tes *oses1 et n'ayme faire que les bonnes4 ,les philosophes mesmes ne tr\u5t pas l\able en ,calli/h5es1 d'auoir p]du la bonne grace du gr& ,alex&re son mai/re1 p\r n'auoir v\lu boire d'autant luy4 ,il rira1 il folla/r]a1 il se desbau*]a auec son ,pr9ce4 ,ie veux qu'en la desbau*e mesme1 il surpasse en vigueur et en f]met ses compagnons1 et qu'il ne laisse faire le mal1 ny faute de =ce ny de sci5ce1 mais faute de volont4 ,multum int]e/1 vtrum pecc>e quis nolit1 aut nesciat4 ,ie p5sois faire honneur vn ,seigneur aussi eslongn de ces debordem5s1 qu'il en soit en ,france1 de m'enqu]ir luy en bonne compagnie1 combi5 de fois en sa vie il s'e/oit enyur1 p\r la necessit des affaires du ,roy en ,allemaigne3 il le pr9t de cette faon1 et me respondit que c'e/oit trois fois1 lesquelles il recita4 ,i'en say1 qui faute de cette facult1 se sont mis en gr& pe9e1 ayans pratiqu] cette nation4 ,i'ay s\u5t rem>qu auec gr&e admiration la m]ueilleuse nature d',alcibiades1 de se trans=m] si aism5t faons si diu]ses1 sans int]e/ de sa sant2 surpassant tanto/ la sumptuosit et pompe ,p]si5ne1 tanto/ l'au/]it et frugalit ,lac$emoni5ne2 autant re=m en ,sp>te1 comme voluptueux en ,ionie4 ,omnis ,ari/ippum decuit color1 et /atus et res4 ,tel v\drois-ie =m] mon disciple1 ,quem duplici panno pati5tia velat1 ,mirabor1 vit via si conu]sa decebit1 ,p]sonamque f]et non inconc9nus vtramque4 ,voicy mes leons3 ,celuy-l y a mieux pr(fit1 qui les fait1 que qui les sait4 ,si v\s le voyez1 v\s l'oyez3 si v\s l'oyez1 v\s le voyez4 ,ia ,dieu ne plaise1 dit quelqu'vn en ,platon1 que philosoph] ce soit appr5dre plusieurs *oses1 et traitt] les arts4 ,hanc amplissimam omnium artium b5e viu5di discipl9am1 vita magis qum lit]is p]sequuti sunt4 ,leon ,pr9ce des ,phliasi5s1 s'enqu]ant ,h]aclides ,ponticus1 de quelle sci5ce1 de quelle art il faisoit pr(ession3 ,ie ne say1 dit-il1 ny art1 ny sci5ce3 mais ie suis ,philosophe4 ,on repro*oit ,diog5es1 comm5t1 e/ant ignorant1 il se mesloit de la ,philosophie3 ,ie m'en mesle1 dit-il1 d'autant mieux propos4 ,hegesias le prioit de luy lire quelque liure3 ,v\s e/es plaisant1 luy respondit il3 v\s *oisisss les figues vrayes et naturelles1 non pe9tes3 que ne *oisissez v\s aussi les ex]citations naturelles1 vrayes1 et non escrites8 ,il ne dira pas tant sa leon1 comme il la f]a4 ,il la repet]a en ses actions4 ,on v]ra s'il y a de la prud5ce en ses entreprises3 s'il y a de la bont1 de la iu/ice en ses deportem5ts3 s'il a du iugem5t et de la grace en son p>l]3 de la vigueur en ses maladies3 de la mode/ie en ses ieux3 de la temp]ance en ses voluptez3 de l'ordre en son conomie3 de l'indiff]5ce en son g\/1 soit *air1 poisson1 v9 ou eau4 ,qui discipl9am suam non o/5tationem sci5ti1 s$ legem vit putet3 quique obtemp]et ipse sibi1 et decretis p>eat4 ,le vray miroir de nos disc\rs1 e/ le c\rs de nos vies4 ,zeuxidamus respondit vn qui luy dem&a p\rquoy les ,lac$emoni5s ne r$igeoi5t p> escrit les ordonnances de la pr\esse1 et ne les donnoi5t lire leurs ieunes g5s2 que c'e/oit p>ce qu'ils les v\loi5t acc\/um] aux faits1 non pas aux p>olles4 ,comp>ez au b\t de #ae4 ou #af4 ans1 cettuy-cy1 vn de ces lat9eurs de college1 qui aura mis autant de temps n'appr5dre simplem5t qu' p>l]4 ,le monde n'e/ que babil1 et ne vis iamais homme1 qui ne die plu/o/ plus1 que mo9s qu'il ne doit3 t\tesfois la moiti de no/re aage s'en va l4 ,on n\s ti5t quatre ou c9q ans ent5dre les mots et les c\dre en clauses1 encores autant en proportionn] vn gr& corps e/5du en quatre ou c9q p>ties1 autres c9q p\r le mo9s les sauoir brefuem5t mesl] et entrelass] de quelque subtile faon4 ,laissons le ceux qui en font pr(ession expresse4 ,allant vn i\r ,orleans1 ie tr\uay dans cette pla9e au dea de ,cl]y1 deux reg5ts qui v5oy5t ,b\rdeaux1 enuiron c9quante pas l'vn de l'autre3 plus lo+ d]ri]e eux1 ie voyois vne tr\ppe1 et vn mai/re en te/e1 qui e/oit feu ,monsieur le ,comte de la ,ro*ef\caut3 vn de mes g5s s'enquit au premi] de ces reg5ts1 qui e/oit ce ,g5til'homme qui v5oit apres luy3 luy qui n'auoit pas veu ce tra9 qui le suiuoit1 et qui p5soit qu'on luy p>la/ de son compagnon1 respondit plaisamm5t1 ,il n'e/ pas ,g5til'homme1 c'e/ vn grammairi51 et ie suis logici54 ,or n\s qui *]*ons icy au reb\rs1 de =m] non vn grammairi5 ou logici51 mais vn ,g5til'homme1 laissons les abus] de leur loisir3 n\s auons affaire ailleurs4 ,mais que notre disciple soit bi5 p\rueu de *oses1 les p>olles ne suiuront que trop3 il les tra9]a1 si elles ne veul5t suiure4 ,i'en oy qui s'excus5t de ne se p\uoir exprim]2 et font cont5ance d'auoir la te/e ple9e de plusieurs belles *oses1 mais faute d'eloqu5ce1 ne les p\uoir mettre en euid5ce3 c'e/ vne baye4 ,sauez v\s mon aduis que c'e/ que cela8 ce sont des ombrages1 qui leur vi5n5t de quelques conceptions in=mes1 qu'ils ne peuu5t dmesl] et escl>cir au d$ans1 ny p> consequ5t produire au dehors4 ,ils ne s'ent5d5t pas encore eux mesmes3 et voyez les vn peu begay] sur le po9t de l'enfant]1 v\s iugez que leur trauail n'e/ po9t l'acc\*em5t1 mais la conception1 et qu'ils ne font que le*] encores cette mati]e imp>faicte4 ,de ma "p1 ie ti5s1 et ,socrates ordonne1 que qui a dans l'esprit vne viue imag9ation et claire1 il la produira1 soit en ,b]gamasque1 soit p> m9es1 s'il e/ muet3 ,v]bque pruisam rem non inuita sequ5tur4 ,et comme disoit celuy-l1 aussi potiquem5t en sa prose1 cm res animum occupau]e1 v]ba ambiunt4 ,et ce/ autre3 ips res v]ba rapiunt4 ,il ne sait pas ablatif1 coniunctif1 sub/antif1 ny la grammaire2 ne faict pas son laquais1 ou vne h>ang]e de ,petit pont3 et si v\s entreti5dront t\t vo/re s\l1 si v\s en auez enuie1 et se desf]r]ont aussi peu1 l'adu5ture1 aux regles de leur langage1 que le meilleur mai/re s arts de ,france4 ,il ne sait pas la rhetorique1 ny p\r auant-jeu capt] la b5euol5ce du c&ide lecteur1 ny ne luy *aut de le sauoir4 ,de vray1 t\te cette belle pe9ture s'efface aism5t p> le lu/re d'vne v]it simple et naifue4 ,ces g5tilesses ne s]u5t que p\r amus] le vulgaire1 incapable de pr5dre la vi&e plus massiue et plus f]me2 comme ,af] montre bi5 clairem5t *ez ,tacitus4 ,les ,ambassadeurs de ,samos e/oy5t v5us ,cleom5es ,roy de ,sp>te1 prep>ez d'vne belle et longue oraison1 p\r l'esm\uoir la gu]re contre le tyran ,polycrates3 apres qu'il les eut bi5 laissez dire1 il leur respondit3 ,quant vo/re comm5cem5t1 et exorde1 il ne m'en s\ui5t plus1 ny p> consequ5t du milieu2 et quant vo/re conclusion1 ie n'en veux ri5 faire4 ,voila vne belle responce1 ce me semble1 et des h>angueurs bi5 camus4 ,et quoy cet autre8 ,les ,a!ni5s e/oi5t *oisir de deux ar*itectes1 conduire vne gr&e fabrique2 le premi] plus affet1 se pres5ta auec vn beau disc\rs prem$it sur le subiect de cette besongne1 et tiroit le iugem5t du peuple sa faueur3 mais l'autre en trois mots3 ,seigneurs ,a!ni5s1 ce que cettuy a dict1 ie le f]ay4 ,au =t de l'eloqu5ce de ,cic]o1 plusieurs en entroi5t en admiration1 mais ,caton n'en faisant que rire3 ,n\s auons1 disoit-il1 vn plaisant ,consul4 ,aille deuant ou apres3 vne vtile s5t5ce1 vn beau traict e/ t\si\rs de saison4 ,s'il n'e/ pas bi5 ce qui va deuant1 ny ce qui vi5t apres1 il e/ bi5 en soy4 ,ie ne suis pas de ceux qui p5s5t la bonne ry?me faire le bon pome3 laissez luy allong] vne c\rte syllabe s'il veut1 p\r cela non =ce2 si les inu5tions y ri5t1 si l'esprit et le iugem5t y ont bi5 faict leur (fice3 voyla vn bon pote1 diray-ie1 mais vn mauuais v]sificateur1 ,emunct n>is1 durus compon]e v]sus4 ,qu'on face1 dit ,horace1 p]dre son ouurage t\tes ses c\/ures et mesures1 ,tempora c]ta modsque1 et quod prius ord9e v]bum e/1 ,po/]ius facias1 prpon5s vltima primis1 ,inu5ias etiam disiecti membra poet3 il ne se dem5tira po9t p\r cela3 les pieces mesmes en s]ont belles4 ,c'e/ ce que respondit ,m5&]1 comme on le t5sa/1 appro*ant le i\r1 auquel il auoit promis vne com$ie1 dequoy il n'y auoit encore mis la ma93 elle e/ compose et pre/e1 il ne re/e qu' y adi\/] les v]s4 ,ayant les *oses et la mati]e dispose en l'ame1 il mettoit en peu de compte le demeurant4 ,depuis que ,rons>d et du ,bellay ont donn cr$it no/re posie ,franoise1 ie ne vois si petit appr5ti1 qui n'enfle des mots1 qui ne r5ge les cad5ces peu pres1 comme eux4 ,plus sonat qum valet4 ,p\r le vulgaire1 il ne fut iamais tant de potes3 mais comme il leur a e/ bi5 ais de repres5t] leurs ry?mes1 ils demeur5t bi5 aussi c\rt imit] les ri*es descriptions de l'vn1 et les dlicates inu5tions de l'autre4 ,voire mais que f]a-il1 si on le presse de la subtilit sophi/ique de quelque syllogisme8 ,le iambon fait boire1 le boire desalt]e1 p>quoi le iambon desalt]e4 ,qu'il s'en mocque4 ,il e/ plus subtil de s'en mocqu]1 que d'y respondre4 ,qu'il emprunte d',ari/ippus cette plaisante contref9esse3 ,p\rquoy le desli]ay-ie1 puis que t\t li il m'empes*e8 ,quelqu'vn proposoit contre ,clean!s des f9esses dialectiques3 qui ,*rysippus dit1 ,i\ toy de ces battelages auec les enfans1 et ne de/\rne cela les p5ses s]ieuses d'vn homme d'aage4 ,si ces sottes arguties1 contorta et aculeata sophismata1 luy doiu5t p]suad] vne m5songe1 cela e/ dang]eux3 mais si elles demeur5t sans effect1 et ne l'esmeuu5t qu' rire1 ie ne voy pas p\rquoy il s'en doiue donn] g>de4 ,il en e/ de si sots1 qu'ils se de/\rn5t de leur voye vn qu>t de lieu1 p\r c\rir apres vn beau mot3 aut qui non v]ba rebus aptant1 s$ res extr9secus arcessunt1 quibus v]ba conu5iant4 ,et l'autre3 ,qui alicuius v]bi decore plac5tis voc5tur ad id quod non proposu]ant scrib]e4 ,ie tors bi5 plus volonti]s vne belle s5t5ce1 p\r la c\dre sur moy1 que ie ne de/ors mon fil1 p\r l'all] qu]ir4 ,au reb\rs1 c'e/ aux p>oles s]uir et suiure1 et que le ,gascon y arriue1 si le ,franois n'y peut all]4 ,ie veux que les *oses surmont5t1 et qu'elles rempliss5t de faon l'imag9ation de celuy qui esc\te1 qu'il n'aye aucune s\u5ance des mots4 ,le p>l] que i'ayme1 c'e/ vn p>l] simple et naif1 tel sur le papi] qu' la b\*e3 vn p>l] succul5t et n]ueux1 c\rt et s]r1 non tant delicat et peign1 comme vehem5t et brusque4 ,hc demum sapiet dictio1 qu f]iet4 ,plu/o/ difficile qu'ennuieux1 esloign d'affectation3 desregl1 desc\su1 et h>dy3 *aque lopp9 y face son corps3 non p$antesque1 non fratesque1 non pleid]esque1 mais plu/o/ soldatesque1 comme ,suetone appelle celuy de ,iulius ,cs>4 ,et si ne s5s pas bi51 p\rquoy il l'en appelle4 ,i'ay volonti]s imit cette desbau*e qui se voit en no/re ieunesse1 au port de leurs ve/em5s4 ,vn manteau en es*>pe1 la cape sur vne espaule1 vn bas mal t5du1 qui repres5te vne fi]t desdaigneuse de ces p>em5s e/rang]s1 et non*allante de l'art3 mais ie la tr\ue encore mieux employe en la =me du p>l]4 ,t\te affectation1 nommm5t en la gayet et lib]t ,franoise1 e/ mesadu5ante au c\rtisan4 ,et en vne ,mon>*ie1 t\t ,g5til'homme doit e/re dress au port d'vn c\rtisan4 ,p>quoy n\s faisons bi5 de gau*ir vn peu sur le naif et mesprisant4 ,ie n'ayme po9t de tissure1 o les liaisons et les c\/ures p>oiss5t3 t\t a9si qu'en vn beau corps1 il ne faut qu'on y puisse compt] les os et les ve9es4 ,qu v]itati op]am dat oratio1 incomposita sit et simplex4 ,quis accurat loquitur1 nisi qui vult putid loqui8 ,l'eloqu5ce faict iniure aux *oses1 qui n\s de/\rne soy4 ,comme aux acc\/rem5s1 c'e/ pusillanimit1 de se v\loir m>qu] p> quelque faon p>ticuli]e et inusite4 ,de mesme au langage1 la re*]*e des frases n\uelles1 et des mots peu cogneuz1 vi5t d'vne ambition s*ola/ique et pu]ile4 ,peusse-ie ne me s]uir que de ceux qui s]u5t aux hales ,p>is6 ,ari/ophanes le ,grammairi5 n'y ent5doit ri51 de repr5dre en ,epicurus la simplicit de ses mots3 et la f9 de son art oratoire1 qui e/oit1 p]spicuit de langage seulem5t4 ,l'imitation du p>l]1 p> sa facilit1 suit incont95t t\t vn peuple4 ,l'imitation du iug]1 de l'inu5t]1 ne va pas si vi/e4 ,la plus "p des lecteurs1 p\r auoir tr\u vne p>eille robbe1 p5s5t tresfaucem5t t5ir vn p>eil corps4 ,la =ce et les n]fs1 ne s'emprunt5t po9t3 les at\rs et le manteau s'emprunt5t4 ,la plus "p de ceux qui me hant5t1 p>l5t de mesmes les ,essais3 mais ie ne say1 s'ils p5s5t de mesmes4 ,les ,a!ni5s1 dit ,platon1 ont p\r leur "p1 le so+ de l'abondance et elegance du p>l]1 les ,lac$emoni5s de la briefuet1 et ceux de ,crete1 de la fecundit des conceptions1 plus que du langage3 ceux-cy sont les meilleurs4 ,z5on disoit qu'il auoit deux sortes de disciples3 les vns qu'il nommoit 1 curieux d'appr5dre les *oses1 qui e/oi5t ses mignons3 les autres 1 qui n'auoy5t so+ que du langage4 ,ce n'e/ pas dire que ce ne soit vne belle et bonne *ose que le bi5 dire3 mais non pas si bonne qu'on la faict1 et suis despit dequoy no/re vie s'embesongne t\te cela4 ,ie v\drois premi]em5t bi5 sauoir ma langue1 et celle de mes vois9s1 o i'ay plus ord9aire comm]ce4 ,c'e/ vn bel et gr& ag5cem5t sans d\bte1 que le ,grec et ,lat91 mais on l'a*epte trop *]4 ,ie diray icy vne faon d'en auoir meilleur m>* que de c\/ume1 qui a e/ essaye en moy-mesmes2 s'en s]uira qui v\dra4 ,feu mon p]e1 ayant faict t\tes les re*]*es qu'homme peut faire1 p>my les g5s sauans et d'ent5dem5t1 d'vne =me d'in/itution exquise2 fut aduis de cet inconu5i5t1 qui e/oit en vsage3 et luy disoit-on que cette longueur que n\s mettions appr5dre les langues qui ne leur c\/oi5t ri51 e/ la seule cause1 p\rquoy n\s ne p\uons arriu] la gr&eur d'ame et de cognoissance des anci5s ,grecs et ,roma9s4 ,ie ne croy pas que c'en soit la seule cause4 ,tant y a que l'exp$i5t que mon p]e y tr\ua1 ce fut qu'en n\rrice1 et auant le premi] desn\em5t de ma langue1 il me donna en *>ge vn ,allem&1 qui depuis e/ mort fameux m$ec9 en ,france1 du t\t ignorant de no/re langue1 et tresbi5 v]s en la ,lat9e4 ,cettuy-cy1 qu'il auoit fait v5ir expres1 et qui e/oit bi5 *]em5t gag1 m'auoit cont9uellem5t entre les bras4 ,il en eut aussi auec luy deux autres mo9dres en sauoir1 p\r me suiure1 et s\lag] le premi]3 ceux-cy ne m'entret5oi5t d'autre langue que ,lat9e4 ,quant au re/e de sa maison1 c'e/oit vne regle inuiolable1 que ny luy mesme1 ny ma m]e1 ny valet1 ny *ambri]e1 ne p>loi5t en ma compagnie1 qu'autant de mots de ,lat91 que *acun auoit appris p\r i>gonn] auec moy4 ,c'e/ m]ueille du fruict que *acun y fit3 mon p]e et ma m]e y appr9dr5t assez de ,lat9 p\r l'ent5dre1 et en acquir5t suffisance1 p\r s'en s]uir la necessit1 comme fir5t aussi les autres dome/iques1 qui e/oi5t plus atta*ez mon s]uice4 ,somme1 n\s n\s lat9izames tant1 qu'il en regorgea iusques nos villages t\t aut\r1 o il y a encores1 et ont pris pi$ p> l'vsage1 plusieurs appellations ,lat9es d'artisans et d'vtils4 ,quant moy1 i'auois plus de six ans1 auant que i'ent5disse non plus de ,franois ou de ,p]igord91 que d',arabesque3 et sans art1 sans liure1 sans grammaire ou precepte1 sans f\et1 et sans l>mes1 i'auois appris du ,lat91 t\t aussi pur que mon mai/re d'escole le sauoit3 c> ie ne le p\uois auoir mesl ny alt]4 ,si p> essay on me v\loit donn] vn !me1 la mode des colleges2 on le donne aux autres en ,franois1 mais moy il me le falloit donn] en mauuais ,lat91 p\r le t\rn] en bon4 ,et ,nicolas ,gr\*i1 qui a escript de comitiis ,romanorum1 ,guillaume ,gu]5te1 qui a comm5t ,ari/ote1 ,george ,bucanan1 ce gr& pote ,escossois1 ,m>c ,anto9e ,muret1 que la ,france et l',italie recognoi/ p\r le meilleur orateur du temps1 mes precepteurs dome/iques1 m'ont dit s\u5t1 que i'auois ce langage en mon enfance1 si pre/ et si ma91 qu'ils craignoi5t m'acco/]4 ,bucanan1 que ie vis depuis la suitte de feu ,monsieur le ,m>es*al de ,brissac1 me dit1 qu'il e/oit apres escrire de l'in/itution des enfans3 et qu'il pr5oit l'exemplaire de la mi5ne3 c> il auoit lors en *>ge ce ,comte de ,brissac1 que n\s auons veu depuis si valeureux et si braue4 ,quant au ,grec1 duquel ie n'ay quasi du t\t po9t d'intellig5ce1 mon p]e desseigna me le faire appr5dre p> art4 ,mais d'vne voie n\uelle1 p> =me d'bat et d'ex]cice3 n\s pelotions nos decl9aisons1 la mani]e de ceux qui p> c]ta9s ieux de tabli] appr5n5t l',ari?metique et la ,geometrie4 ,c> entre autres *oses1 il auoit e/ conseill de me faire g\/] la sci5ce et le deuoir1 p> vne volont non =ce1 et de mon propre desir2 et d'esleu] mon ame en t\te d\ceur et lib]t1 sans rigueur et contra9te4 ,ie dis iusques telle sup]/ition1 que p> ce qu'aucuns ti5n5t1 que cela tr\ble la c]uelle t5dre des enfans1 de les esueill] le mat9 en sursaut1 et de les arra*] du sommeil 7auquel ils sont plongez beauc\p plus que n\s ne sommes7 t\t c\p1 et p> viol5ce1 il me faisoit esueill] p> le son de quelque in/rum5t1 et ne fus iamais sans homme qui m'en s]ui/4 ,cet exemple suffira p\r en iug] le re/e1 et p\r recomm&] aussi et la prud5ce et l'affection d'vn si bon p]e3 auquel il ne se faut pr5dre1 s'il n'a recueilly aucuns fruits respondans vne si exquise culture4 ,deux *oses en fur5t cause3 en premi]1 le *amp /]ile et incommode4 ,c> quoy que i'eusse la sant f]me et enti]e1 et quant et quant vn naturel d\x et traitable1 i'e/ois p>my cela si poisant1 mol et endormy1 qu'on ne me p\uoit arra*] de l'oisiuet1 non pas p\r me faire i\]4 ,ce que ie voyois1 ie le voyois bi52 et s\z cette complexion l\rde1 n\rrissois des imag9ations h>dies1 et des op9ions au dessus de mon aage4 ,l'esprit1 ie l'auois l5t1 et qui n'alloit qu'autant qu'on le m5oit3 l'appreh5sion t>diue1 l'inu5tion las*e1 et apres t\t vn incroyable defaut de memoire4 ,de t\t cela il n'e/ pas m]ueille1 s'il ne sceut ri5 tir] qui vaille4 ,secondem5t1 comme ceux que presse vn furieux desir de gu]ison1 se laiss5t all] t\te sorte de conseil1 le bon homme1 ayant extreme peur de faillir en *ose qu'il auoit tant cur1 se laissa en f9 emport] l'op9ion commune1 qui suit t\si\rs ceux qui vont deuant1 comme les grus2 et se r5gea la c\/ume1 n'ayant plus aut\r de luy ceux qui luy auoi5t donn ces premi]es in/itutions1 qu'il auoit apportes d',italie3 et m'enuoya enuiron mes six ans au college de ,gui5ne1 tres-florissant p\r lors1 et le meilleur de ,france4 ,et l1 il n'e/ possible de ri5 adi\/] au so+ qu'il eut1 et me *oisir des precepteurs de *ambre suffisans1 et t\tes les autres circon/ances de ma n\rriture2 en laquelle il res]ua plusieurs faons p>ticuli]es1 contre l'vsage des colleges3 mais tant y a que c'e/oit t\si\rs college4 ,mon ,lat9 s'aba/>dit incont95t1 duquel depuis p> desacc\/umance i'ay p]du t\t vsage4 ,et ne me s]uit cette mi5ne inacc\/ume in/itution1 que de me faire eniamb] d'arriue aux premi]es classes4 ,c> treize ans1 que ie sortis du college1 i'auois a*eu mon c\rs 7qu'ils appell5t7 et la v]it sans aucun fruit1 que ie peusse pres5t mettre en compte4 ,le premi] g\/ que i'euz aux liures1 il me v9t du plaisir des fables de la ,metamorphose d',ouide4 ,c> enuiron l'aage de #g4 ou #h4 ans1 ie me desrobois de t\t autre plaisir1 p\r les lire3 d'autant que cette langue e/oit la mi5ne mat]nelle2 et que c'e/oit le plus ais liure1 que ie cogneusse1 et le plus accommod la foiblesse de mon aage1 cause de la mati]e4 ,c> des ,lancelots du ,lac1 des ,amadis1 des ,huons de ,bordeaux1 et tels fatras de liures1 quoy l'enfance s'amuse1 ie n'en cognoissois pas seulem5t le nom1 ny ne fais encore le corps3 tant exacte e/oit ma discipl9e4 ,ie m'en r5dois plus non*alant l'e/ude de mes autres leons prescrites4 ,l il me v9t s+uli]em5t propos1 d'auoir affaire vn homme d'ent5dem5t de precepteur1 qui sceu/ dextrem5t conniu] cette mi5ne desbau*e1 et autres p>eilles4 ,c> p> l1 i'enfilay t\t d'vn tra9 ,v]gile en l'neide1 et puis ,t]5ce1 et puis ,plaute1 et des com$ies ,itali5nes1 leurr t\si\rs p> la d\ceur du subiect4 ,s'il eu/ e/ si fol de rompre ce tra91 i'e/ime que ie n'eusse rapport du college que la ha9e des liures1 comme fait quasi t\te no/re noblesse4 ,il s'y g\u]na +5ieusem5t1 faisant semblant de n'en voir ri54 ,il aiguisoit ma faim1 ne me laissant qu' la desrobe g\rm&] ces liures1 et me t5ant d\cem5t en (fice p\r les autres e/udes de la regle4 ,c> les pr9cipales p>ties que mon p]e *]*oit ceux qui il donnoit *>ge de moy1 c'e/oit la debonnairet et facilit de complexion4 ,aussi n'auoit la mi5ne autre vice1 que langueur et p>esse4 ,le dang] n'e/oit pas que ie fisse mal1 mais que ie ne fisse ri54 ,nul ne progno/iquoit que ie deusse deu5ir mauuais1 mais inutile3 on y preuoyoit de la fa9eantise1 non pas de la malice4 ,ie s5s qu'il en e/ adu5u comme cela4 ,les pla9tes qui me corn5t aux oreilles1 sont telles3 ,il e/ oisif1 froid aux (fices d'amiti1 et de p>5t3 et aux (fices publiques1 trop p>ticuli]1 trop desdaigneux4 ,les plus iniurieux mesmes ne dis5t pas1 ,p\rquoy a il pr9s1 p\rquoy n'a-il pay8 mais1 ,p\rquoy ne quitte-il1 p\rquoy ne donne-il8 ,ie receuroy faueur1 qu'on ne desira/ en moy que tels effects de sup]]ogation4 ,mais ils sont iniu/es1 d'exig] ce que ie ne doy pas1 plus rig\reusem5t beauc\p1 qu'ils n'exig5t d'eux ce qu'ils doiu5t4 ,en m'y condemnant1 ils effac5t la gratification de l'action1 et la gratitude qui m'en s]oit deu4 ,l o le bi5 faire actif1 deuroit plus pes] de ma ma91 en consid]ation de ce que ie n'en ay de passif nul qui soit4 ,ie puis d'autant plus librem5t dispos] de ma =tune1 qu'elle e/ plus mi5ne3 et de moy1 que ie suis plus mi54 ,t\tesfois si i'e/oy gr& enlum9eur de mes actions1 l'adu5ture remb>r]ois-ie bi5 ces repro*es2 et quelques-vns appr5drois1 qu'ils ne sont pas si (f5sez que ie ne face pas assez3 que dequoy ie puisse faire assez plus que ie ne fay4 ,mon ame ne laissoit p\rtant en mesme temps d'auoir "p soy des remuem5ts f]mes3 et des iugem5ts seurs et ouu]ts aut\r des obiects qu'elle cognoissoit3 et les dig]oit seule1 sans aucune communication4 ,et entre autres *oses ie croy la v]it qu'elle eu/ e/ du t\t incapable de se r5dre la =ce et viol5ce4 ,mettray-ie en compte cette facult de mon enfance1 vne asseurance de visage1 et s\pplesse de voix et de ge/e1 m'appliqu] aux rolles que i'entrepr5ois8 ,c> auant l'aage1 ,alt] ab vndecimo tum me vix cep]at annus3 i'ay s\/5u les premi]s p]sonnages1 s trag$ies lat9es de ,bucanan1 de ,gu]5te1 et de ,muret1 qui se repres5t]5t en no/re college de ,gui5ne auec dignit4 ,en cela1 ,&reas ,g\eanus no/re pr9cipal1 comme en t\tes autres p>ties de sa *>ge1 fut sans comp>aison le plus gr& pr9cipal de ,france2 et m'en t5oit-on mai/re ouuri]4 ,c'e/ vn ex]cice1 que ie ne mesl\ po9t aux ieunes enfans de maison2 et ay veu nos ,pr9ces s'y addonn] depuis1 en p]sonne1 l'exemple d'aucuns des anci5s1 honne/em5t et l\ablem5t4 ,il e/oit loisible1 mesme d'en faire me/i]1 aux g5ts d'honneur et en ,grece1 ,ari/oni tragico actori rem ap]it3 huic et g5us et =tuna hone/a erant3 nec ars1 quia nihil tale apud ,grcos pudori e/1 ea de=mabat4 ,c> i'ay t\si\rs accus d'imp]t95ce1 ceux qui condemn5t ces esbatem5s3 et d'iniu/ice1 ceux qui refus5t l'entre de nos bonnes villes aux com$i5s qui le val5t1 et enui5t au peuple ces plaisirs publiques4 ,les bonnes polices pr5n5t so+ d'assembl] les citoy5s1 et les r'alli]1 comme aux (fices s]ieux de la deuotion1 aussi aux ex]cices et ieux4 ,la societ et amiti s'en augm5te1 et puis on ne leur sauroit conc$] des passetemps plus reglez1 que ceux qui se font en pres5ce d'vn *acun1 et la veu mesme du magi/rat3 et tr\u]ois raisonnable que le ,pr9ce ses desp5s en gratifia/ quelquefois la commune1 d'vne affection et bont comme pat]nelle3 et qu'aux villes populeuses il y eu/ des lieux de/9ez et disposez p\r ces spectacles3 quelque diu]tissem5t de pires actions et occultes4 ,p\r reu5ir mon propos1 il n'y a tel1 que d'alle*] l'appetit et l'affection1 autrem5t on ne fait que des asnes *>gez de liures3 on leur donne c\ps de foet en g>de leur po*ette ple9e de sci5ce4 ,laquelle p\r bi5 faire1 il ne faut pas seulem5t log] *ez soy1 il la faut esp\s]4 ,,*apitre ,,xxvi4 ,c'e/ folie de rapport] le vray et le faux no/re suffisance4 ,,ce n'e/ pas l'adu5ture sans raison1 que n\s attribuons simplesse et ignorance1 la facilit de croire et de se laiss] p]suad]4 ,c> il me semble auoir appris autrefois1 que la creance e/oit comme vne impression1 qui se faisoit en no/re ame2 et mesure qu'elle se tr\uoit plus molle et de mo9dre resi/ance1 il e/oit plus ays y empre9dre quelque *ose4 ,vt necesse e/ lancem 9 libra pond]ibus impositis deprimi3 sic animum p]spicuis c$]e4 ,d'autant que l'ame e/ plus vuide1 et sans contrepoids1 elle se baisse plus facilem5t s\z la *>ge de la premi]e p]suasion4 ,voyl p\rquoy les enfans1 le vulgaire1 les femmes et les malades sont plus suiets e/re m5ez p> les oreilles4 ,mais aussi de l'autre "p1 c'e/ vne sotte presomption1 d'all] desdeignant et condamnant p\r faux1 ce qui ne n\s semble pas vray-semblable3 qui e/ vn vice ord9aire de ceux qui p5s5t auoir quelque suffisance1 outre la commune4 ,i'en faisoy a9s9 autrefois1 et si i'oyois p>l] ou des esprits qui reui5n5t1 ou du progno/ique des *oses futures1 des en*antem5s1 des sorcell]ies1 ou faire quelque autre conte1 o ie ne peusse pas mordre1 ,somnia1 t]rores magicos1 miracula1 sagas1 ,nocturnos lemures1 port5tque ,!ssala3 il me v5oit compassion du pauure peuple abus de ces folies4 ,et pres5t ie treuue1 que i'e/oy p\r le mo9s autant pla9dre moy mesme4 ,non que l'exp]i5ce m'aye depuis ri5 faict voir1 au dessus de mes premi]es creances2 et si n'a pas t5u ma curiosit3 mais la raison m'a in/ruit1 que de condamn] a9si resolum5t vne *ose p\r fausse1 et impossible1 c'e/ se donn] l'aduantage d'auoir dans la te/e1 les bornes et limites de la volont de ,dieu1 et de la puissance de no/re m]e nature3 et qu'il n'y a po9t de plus notable folie au monde1 que de les ram5] la mesure de no/re capacit et suffisance4 ,si n\s appelons mon/res ou miracles1 ce o no/re raison ne peut all]1 combi5 s'en pres5te il cont9uellem5t no/re veu8 ,consid]ons au trau]s de quels nuages1 et comm5t ta/ons on n\s me9e la cognoissance de la plusp>t des *oses qui n\s sont entre ma9s3 c]tes n\s tr\u]ons que c'e/ plu/o/ acc\/umance1 que sci5ce1 qui n\s en o/e l'e/ranget3 ,iam nemo fessus satursque vid5di1 ,suspic]e 9 cli dignatur lucida templa3 et que ces *oses l1 si elles n\s e/oy5t pres5tees de n\ueau1 n\s les tr\u]ions autant ou plus incroyables qu'aucunes autres4 ,si nunc primm morialibus ads9t ,ex impr\iso1 ceu s9t obiecta rep5te1 ,nil magis 8 rebus pot]at mirabile dici1 ,aut m9us ant quod aud]5t =e cr$]e g5tes4 ,celuy qui n'auoit iamais veu de riui]e1 la premi]e qu'il r5contra1 il p5sa que ce fu/ l',ocean3 et les *oses qui sont no/re cognoissance les plus gr&es1 n\s les iugeons e/re les extremes que nature face en ce g5re4 ,scilicet et fluuius qui non e/ maximus1 ei e/ ,qui non ant aliquem maiorem vidit1 et +5s ,arbor homque videtur1 et omnia de g5]e omni ,maxima qu vidit quisque1 hc +5tia f+it4 ,consuetud9e oculorum assuescunt animi1 neque admirantur1 neque requirunt rationes e>um r]um1 quas semp] vid5t4 ,la n\uellet des *oses n\s incite plus que leur gr&eur1 en re*]*] les causes4 ,il faut iug] auec plus de reu]5ce de cette inf9ie puissance de nature1 et plus de recognoissance de no/re ignorance et foiblesse4 ,combi5 y a il de *oses peu vray-semblables1 tesmoignees p> g5s dignes de foy1 desquelles si n\s ne p\uons e/re p]suadez1 au mo9s les faut-il laiss] en susp5s3 c> de les condamn] impossibles1 c'e/ se faire =t1 p> vne tem]aire presumption1 de sauoir iusques o va la possibilit4 ,si lon ent5doit bi5 la diff]5ce qu'il y a entre l'impossible et l'inusit2 et entre ce qui e/ contre l'ordre du c\rs de nature1 et contre la commune op9ion des hommes1 en ne croyant pas tem]airem5t1 ny aussi ne descroyant pas facilem5t3 on obs]u]oit la regle de ,ri5 trop1 comm&ee p> ,*ilon4 ,qu& on tr\ue dans ,froiss>d1 que le ,conte de ,foix seut en ,be>n la defaicte du ,roy ,iean de ,ca/ille ,iub]o?1 le l5dema9 qu'elle fut adu5ue1 et les moy5s qu'il en allegue1 on s'en peut moqu]3 et de ce mesme que nos ,annales dis5t1 que le ,pape ,honorius le propre i\r que le ,roy ,philippe ,augu/e m\rut ,mante1 fit faire ses fun]ailles publiques1 et les m&a faire p> t\te l',italie4 ,c> l'au?orit de ces tesmo+s n'a pas l'adu5ture assez de rang p\r n\s t5ir en bride4 ,mais quoy8 si ,plut>que outre plusieurs exemples1 qu'il allegue de l'antiquit1 dit sauoir de c]ta9e sci5ce1 que du temps de ,domitian1 la n\uelle de la bataille p]due p> ,antonius en ,allemaigne plusieurs i\rnees de l1 fut publiee ,rome1 et semee p> t\t le monde le mesme i\r qu'elle auoit e/ p]du3 et si ,cs> ti5t1 qu'il e/ s\u5t adu5u que la r5ommee a deuanc l'accid5t3 dirons-n\s pas que ces simples g5s l1 se sont laissez pip] apres le vulgaire1 p\r n'e/re pas clair-voyans comme n\s8 ,e/-il ri5 plus delicat1 plus net1 et plus vif1 que le iugem5t de ,pl9e1 qu& il luy plai/ de le mettre en ieu8 ri5 plus esloign de vanit8 ie laisse "p l'excell5ce de son sauoir1 qu& ie fay mo9s de conte3 en quelle p>tie de ces deux l le surpassons n\s8 t\tesfois il n'e/ si petit escoli]1 qui ne le conua9que de m5songe1 et qui ne luy vueille faire leon sur le progrez des ouurages de nature4 ,qu& n\s lisons dans ,b\*et les miracles des reliques de ,sa9ct ,hilaire3 passe3 son cr$it n'e/ pas assez gr& p\r n\s o/] la lic5ce d'y contr$ire3 mais de condamn] d'vn tra9 t\tes p>eilles hi/oires1 me semble s+uli]e impud5ce4 ,ce gr& ,sa9ct ,augu/9 tesmoigne auoir veu sur les reliques ,sa9ct ,g]uais et ,protaise ,milan1 vn enfant aueugle rec\ur] la veu3 vne femme ,c>?age e/re gu]ie d'vn canc] p> le signe de la croix1 qu'vne femme n\uellem5t baptisee luy fit3 ,hesp]ius1 vn si5 famili] auoir *ass les esprits qui infe/oi5t sa maison1 auec vn peu de t]re du ,sepul*re de no/re ,seigneur3 et cette t]re depuis transportee l',eglise1 vn p>alytique en auoir e/ s\da9 gu]y3 vne femme en vne procession ayant t\* la *asse ,s4 ,e/i5ne1 d'vn b\quet1 et de ce b\quet s'e/ant frotte les yeux1 auoir rec\ur la veu piea p]du3 et plusieurs autres miracles1 o il dit luy mesmes auoir assi/4 ,dequoy accus]ons n\s et luy et deux ,s4 ,euesques ,aurelius et ,maxim9us1 qu'il appelle p\r ses recors8 s]a-ce d'ignorance1 simplesse1 facilit1 ou de malice et impo/ure8 ,e/-il homme en no/re siecle si impud5t1 qui p5se leur e/re comp>able1 suit en v]tu et pit1 soit en sauoir1 iugem5t et suffisance8 ,qui vt rationem nullam aff]r5t1 ipsa autoritate me frang]5t4 ,c'e/ vne h>diesse dang]euse et de consequ5ce1 outre l'absurde tem]it qu'elle tra9e quant et soy1 de mespris] ce que n\s ne conceuons pas4 ,c> apres que selon vo/re bel ent5dem5t1 v\s auez e/ably les limites de la v]it et de la m5songe1 et qu'il se treuue que v\s auez necessairem5t croire des *oses o il y a encores plus d'e/ranget qu'en ce que v\s niez1 v\s v\s e/es des-ia oblig de les ab&onn]4 ,or ce qui me semble apport] autant de desordre en nos consci5ces en ces tr\bles o n\s sommes1 de la ,religion1 c'e/ cette disp5sation que les ,ca?oliques font de leur creance4 ,il leur semble faire bi5 les mod]ez et les ent5duz1 qu& ils quitt5t aux adu]saires aucuns articles de ceux qui sont en debat4 ,mais outre ce1 qu'ils ne voy5t pas quel aduantage c'e/ celuy qui v\s *>ge1 de commanc] luy c$]1 et v\s tir] arri]e1 et combi5 cela l'anime p\rsuiure sa po9te3 ces articles l qu'ils *oisiss5t p\r les plus leg]s1 sont aucunefois tres-importans4 ,ou il faut se submettre du t\t l'au?orit de no/re police ecclesia/ique1 ou du t\t s'en disp5s]4 ,ce n'e/ pas n\s e/ablir la "p que n\s luy deuons d'obeissance4 ,et d'auantage1 ie le puis dire p\r l'auoir essay1 ayant autrefois vs de cette lib]t de mon *ois et triage p>ticuli]1 mettant non*aloir c]ta9s po9ts de l'obs]uance de no/re ,eglise1 qui sembl5t auoir vn visage ou plus va91 ou plus e/range1 v5ant en communiqu] aux hommes sauans1 i'ay tr\u que ces *oses l ont vn fondem5t massif et tressolide3 et que ce n'e/ que be/ise et ignorance1 qui n\s fait les receuoir auec mo9dre reu]5ce que le re/e4 ,que ne n\s s\ui5t il combi5 n\s s5tons de contradiction en no/re iugem5t mesmes8 combi5 de *oses n\s s]uoy5t hy] d'articles de foy1 qui n\s sont fables aui\rd'huy8 ,la gloire et la curiosit1 sont les fleaux de no/re ame4 ,cette cy n\s conduit mettre le nez p> t\t1 et celle l n\s def5d de ri5 laiss] irresolu et indecis4 ,,*apitre ,,xxvii4 ,de l',amiti4 ,,consid]ant la conduite de la besongne d'vn pe9tre que i'ay1 il m'a pris enuie de l'ensuiure4 ,il *oisit le plus bel endroit et milieu de *aque p>oy1 p\r y log] vn tableau lab\r de t\te sa suffisance2 et le vuide t\t au t\r1 il le remplit de crotesques3 qui sont pe9tures fantasques1 n'ayans grace qu'en la v>iet et e/ranget4 ,que sont-ce icy aussi la v]it que crotesques et corps mon/rueux1 rappiecez de diu]s membres1 sans c]ta9e figure1 n'ayants ordre1 suite1 ny proportion que =tuite8 ,des9it 9 piscem muli] =mosa sup]n4 ,ie vay bi5 iusques ce second po9t1 auec mon pe9tre3 mais ie demeure c\rt en l'autre1 et meilleure p>tie3 c> ma suffisance ne va pas si auant1 que d'os] entrepr5dre vn tableau ri*e1 poly et =m selon l'art4 ,ie me suis aduis d'en emprunt] vn d',e/i5ne de la ,boitie1 qui honor]a t\t le re/e de cette besongne4 ,c'e/ vn disc\rs auquel il donna nom3 ,la ,s]uitude volontaire3 mais ceux qui l'ont ignor1 l'ont bi5 proprem5t depuis rebatis1 le ,contre-vn4 ,il l'escriuit p> mani]e d'essay1 en sa premi]e ieunesse1 l'honneur de la lib]t contre les tyrans4 ,il c\rt piea s ma9s des g5s d'ent5dem5t1 non sans bi5 gr&e et m]itee recomm&ation3 c> il e/ g5til1 et ple9 ce qu'il e/ possible4 ,si y a il bi5 dire1 que ce ne soit le mieux qu'il peu/ faire3 et si en l'aage que ie l'ay cogneu plus auanc1 il eu/ pris vn tel desse+ que le mi51 de mettre p> escrit ses fantasies1 n\s v]rions plusieurs *oses r>es1 et qui n\s appro*]oi5t bi5 pres de l'honneur de l'antiquit3 c> notamm5t en cette p>tie des dons de nature1 ie n'en cognois po9t qui luy soit comp>able4 ,mais il n'e/ demeur de luy que ce disc\rs1 encore p> r5contre1 et croy qu'il ne le veit oncques depuis qu'il luy es*appa3 et quelques memoires sur cet edict de ,ianui] fameux p> nos gu]res ciuiles1 qui tr\u]ont encores ailleurs peut e/re leur place4 ,c'e/ t\t ce que i'ay peu rec\ur] de ses reliques 7moy qu'il laissa d'vne si am\reuse recomm&ation1 la mort entre les d5ts1 p> son te/am5t1 h]iti] de sa biblio!que et de ses papi]s7 outre le liuret de ses uures que i'ay faict mettre en lumi]e4 ,et si suis oblig p>ticuli]em5t cette piece1 d'autant qu'elle a s]uy de moy5 no/re premi]e acco9tance4 ,c> elle me fut montree longue espace auant que ie l'eusse veu2 et me donna la premi]e cognoissance de son nom1 a*em9ant a9si cette amiti1 que n\s auons n\rrie1 tant que ,dieu a v\lu1 entre n\s1 si enti]e et si p>faicte1 que c]ta9em5t il ne s'en lit gu]e de p>eilles3 et entre nos hommes il ne s'en voit aucune trace en vsage4 ,il faut tant de r5contre la ba/ir1 que c'e/ beauc\p si la =tune y arriue vne fois en trois siecles4 ,il n'e/ ri5 quoy il semble que nature n\s aye plus a*em9s qu' la societ4 ,et dit ,ari/ote1 que les bons legislateurs ont eu plus de so+ de l'amiti1 que de la iu/ice4 ,or le d]ni] po9t de sa p]fection e/ cetuy-cy4 ,c> en g5]al t\tes celles que la volupt1 ou le pr(it1 le beso9 publique ou priu1 =ge et n\rrit1 en sont d'autant mo9s belles et g5]euses1 et d'autant mo9s amitiez1 qu'elles mesl5t autre cause et b et fruit en l'amiti qu'elle mesme4 ,ny ces quatre especes anci5nes1 naturelle1 sociale1 hospitali]e1 v5]i5ne1 p>ticuli]em5t n'y conui5n5t1 ny conio9tem5t4 ,des enfans aux p]es1 c'e/ plu/o/ respect4 ,l'amiti se n\rrit de communication1 qui ne peut se tr\u] entre eux1 p\r la trop gr&e disp>it1 et (f5c]oit l'adu5ture les deuoirs de nature3 c> ny t\tes les secrettes p5sees des p]es ne se peuu5t communiqu] aux enfans1 p\r n'y eng5dr] vne messeante priuaut3 ny les adu]tissem5s et corrections1 qui e/ vn des premi]s (fices d'amiti1 ne se p\rroi5t ex]c] des enfans aux p]es4 ,il s'e/ tr\u des nations1 o p> vsage les enfans tuoy5t leurs p]es3 et d'autres1 o les p]es tuoy5t leurs enfans1 p\r euit] l'empes*em5t qu'ils se peuu5t quelquesfois entreport]3 et naturellem5t l'vn dep5d de la ru9e de l'autre4 ,il s'e/ tr\u des philosophes desdaignans cette c\/ure naturelle1 tesmo+ ,ari/ippus qui qu& on le pressoit de l'affection qu'il deuoit ses enfans p\r e/re sortis de luy1 il se mit cra*]1 disant1 que cela en e/oit aussi bi5 sorty3 que n\s eng5drions bi5 des p\z et des v]s4 ,et cet autre que ,plut>que v\loit induire s'accord] auec son fr]e3 ,ie n'en fais pas1 dit-il1 plus gr& e/at1 p\r e/re sorty de mesme tr\4 ,c'e/ la v]it vn beau nom1 et ple9 de dilection que le nom de fr]e1 et cette cause en fismes n\s luy et moy no/re alliance3 mais ce meslange de bi5s1 ces p>tages1 et que la ri*esse de l'vn soit la pauuret de l'autre1 cela detrampe m]ueilleusem5t et relas*e cette s\dure frat]nelle4 ,les fr]es ayants conduire le progrez de leur auancem5t1 en mesme s5ti] et mesme tra91 il e/ =ce qu'ils se heurt5t et *oqu5t s\u5t4 ,d'auantage1 la correspondance et relation qui eng5dre ces vrayes et p>faictes amitiez1 p\rquoy se tr\u]a elle en ceux cy8 ,le p]e et le fils peuu5t e/re de complexion enti]em5t eslongnee1 et les fr]es aussi4 ,c'e/ mon fils1 c'e/ mon p>5t3 mais c'e/ vn homme f>\*e1 vn mes*ant1 ou vn sot4 ,et puis1 mesure que ce sont amitiez que la loy et l'obligation naturelle n\s comm&e1 il y a d'autant mo9s de notre *oix et lib]t volontaire3 et no/re lib]t volontaire n'a po9t de production qui soit plus proprem5t si5ne1 que celle de l'affection et amiti4 ,ce n'e/ pas que ie n'aye essay de ce co/ l1 t\t ce qui en peut e/re1 ayant eu le meilleur p]e qui fut onques1 et le plus indulg5t1 iusques son extreme vieillesse3 et e/ant d'vne famille fameuse de p]e en fils1 et exemplaire en cette p>tie de la concorde frat]nelle3 et ipse ,notus 9 fratres animi pat]ni4 ,d'y comp>] l'affection enu]s les femmes1 quoy qu'elle naisse de no/re *oix1 on ne peut3 ny la log] en ce rolle4 ,son feu1 ie le confesse1 neque enim e/ dea nescia no/ri ,qu dulcem curis miscet am>itiem1 e/ plus actif1 plus cuisant1 et plus aspre4 ,mais c'e/ vn feu tem]aire et volage1 ondoyant et diu]s1 feu de fiebure1 subiect accez et remises1 et qui ne n\s ti5t qu' vn co+4 ,en l'amiti1 c'e/ vne *aleur g5]ale et vniu]selle1 temp]ee au demeurant et gale1 vne *aleur con/ante et rassize1 t\te d\ceur et pollissure1 qui n'a ri5 d'aspre et de poignant4 ,qui plus e/ en l'am\r ce n'e/ qu'vn desir =c5 apres ce qui n\s fuit1 ,come segue la lepre il cacciatore ,al fr$do1 al caldo1 alla montagna1 al lito1 ,ne piu l'e/ima poi1 *e presa v$e1 ,e sol dietro *i fugge affreta il pi$e4 ,aussi to/ qu'il entre aux t]mes de l'amiti1 c'e/ dire en la conu5ance des volontez1 il s'esuan\i/ et s'alangui/3 la i\ssance le p]d1 comme ayant la f9 corporelle et suiette saciet4 ,l'amiti au reb\rs1 e/ i\ye mesure qu'elle e/ desiree1 ne s'esleue1 se n\rrit1 ny ne pr5d accroissance qu'en la i\yssance1 comme e/ant spirituelle1 et l'ame s'aff9ant p> l'vsage4 ,s\s cette p>faicte amiti1 ces affections volages ont autresfois tr\u place *ez moy1 aff9 que ie ne p>le de luy1 qui n'en confesse que trop p> ses v]s4 ,a9si ces deux passions sont entrees *ez moy en cognoissance l'vne de l'autre1 mais en comp>aison iamais3 la premi]e ma9t5ant sa r\te d'vn vol hauta9 et sup]be1 et reg>dant desdaigneusem5t cette cy pass] ses po9tes bi5 lo+ au dess\bs d'elle4 ,quant au m>iage1 outre ce que c'e/ vn m>* qui n'a que l'entree libre1 sa duree e/ant contra9te et =cee1 dep5dant d'ailleurs que de no/re v\loir3 et m>*1 qui ord9airem5t se fait autres f9s3 il y surui5t mille fusees e/rang]es desmel] p>my1 suffisantes rompre le fil et tr\bl] le c\rs d'vne viue affection3 l o en l'amiti1 il n'y a affaire ny comm]ce que d'elle mesme4 ,io9t qu' dire vray1 la suffisance ord9aire des femmes1 n'e/ pas p\r respondre cette conf]5ce et communication1 n\rrisse de cette sa9cte c\/ure3 ny leur ame ne semble assez f]me p\r s\/5ir l'e/re9te d'vn neud si press1 et si durable4 ,et c]tes sans cela1 s'il se p\uoit dress] vne telle acco9tance libre et volontaire1 o non seulem5t les ames euss5t cette enti]e i\yssance1 mais encores o les corps euss5t "p l'alliance1 o l'homme fu/ engag t\t enti]3 il e/ c]ta9 que l'amiti en s]oit plus ple9e et plus comble3 mais ce sexe p> nul exemple n'y e/ encore peu arriu]1 et p> les es*oles anci5nes en e/ reiett4 ,et cette autre lic5ce ,grecque e/ iu/em5t abhorree p> nos murs4 ,laquelle p\rtant1 p\r auoir selon leur vsage1 vne si necessaire disp>it d'aages1 et diff]5ce d'(fices entre les amants1 ne respondoit non plus assez la p>faicte vnion et conu5ance qu'icy n\s dem&ons4 ,quis e/ enim i/e amor amiciti8 cur neque de=mem adolesc5tem quisquam amat1 neque =mosum s5em8 ,c> la pe9ture mesme qu'en faict l',academie ne me desaduoera pas1 comme ie p5se1 de dire a9si de sa "p3 ,que cette premi]e fureur1 inspiree p> le fils de ,v5us au cur de l'amant1 sur l'obiect de la fleur d'vne t5dre ieunesse1 laquelle ils p]mett5t t\s les insol5ts et passionnez ef=ts1 que peut produire vne ardeur immod]ee1 e/oit simplem5t fondee en vne beaut ext]ne3 fauce image de la g5]ation corporelle4 ,c> en l'esprit elle ne p\uoit1 duquel la montre e/oit encore ca*ee3 qui n'e/oit qu'en sa naissance1 et auant l'aage de g]m]4 ,que si cette fureur saisissoit vn bas c\rage1 les moy5s de sa p\rsuitte c'e/oi5t ri*esses1 pres5ts1 faueur l'auancem5t des dignitez3 et telle autre basse m>*&ise1 qu'ils repr\u5t4 ,si elle tomboit en vn c\rage plus g5]eux1 les entremises e/oi5t g5]euses de mesmes3 ,in/ructions philosophiques1 enseignem5ts reu]] la religion1 ober aux loix1 m\rir p\r le bi5 de son pas3 exemples de vaillance1 prud5ce1 iu/ice4 ,s'e/udiant l'amant de se r5dre acceptable p> la bonne grace et beaut de son ame1 celle de son corps e/ant piea fane3 et esp]ant p> cette societ m5tale1 e/ablir vn m>* plus f]me et durable4 ,qu& cette p\rsuitte arriuoit l'effect1 en sa saison 7c> ce qu'ils ne requi]5t po9t en l'amant1 qu'il apporta/ loysir et discretion en son entreprise2 ils le requi]5t exactem5t en l'aim3 d'autant qu'il luy falloit iug] d'vne beaut int]ne1 de difficile cognoissance1 et ab/ruse desc\u]te7 lors naissoit en l'aym le desir d'vne conception spirituelle1 p> l'entremise d'vne spirituelle beaut4 ,cette cy e/oit icy pr9cipale3 la corporelle1 accid5tale et seconde3 t\t le reb\rs de l'amant4 ,a cette cause pref]5t ils l'aym3 et v]ifi5t1 que les ,dieux aussi le pref]5t3 et tans5t gr&em5t le pote ,ais*ylus1 d'auoir en l'am\r d',a*illes et de ,patroclus1 donn la "p de l'amant ,a*illes1 qui e/oit en la premi]e et imb]be v]deur de son adolesc5ce1 et le plus beau des ,grecs4 ,apres cette communaut g5]ale1 la mai/resse et plus digne p>tie d'icelle1 ex]ant ses (fices1 et pr$om9ant3 ils dis5t1 qu'il en pr\5oit des fruicts tres-vtiles au priu et au public4 ,que c'e/oit la =ce des pas1 qui en receuoi5t l'vsage3 et la pr9cipale def5se de l'equit et de la lib]t4 ,tesmo9 les salutaires am\rs de ,h]modius et d',ari/ogiton4 ,p\rtant la nomm5t ils sacree et diu9e1 et n'e/ leur compte1 que la viol5ce des tyrans1 et las*et des peuples1 qui luy soit adu]saire3 en f91 t\t ce qu'on peut donn] la faueur de l',academie1 c'e/ dire1 que c'e/oit vn am\r se t]m9ant en amiti3 *ose qui ne se rapporte pas mal la def9ition ,/oique de l'am\r3 ,amorem conatum esse amiciti faci5d ex pul*ritud9is specie4 ,ie reui5 ma description1 de faon plus equitable et plus equable4 ,omn9o amiciti1 corroboratis iam confirmatisque et +5iis1 et tatibus1 iudic& sunt4 ,au demeurant1 ce que n\s appellons ord9airem5t amis et amitiez1 ce ne sont qu'acco9ctances et famili>itez n\ees p> quelque occasion ou commodit1 p> le moy5 de laquelle nos ames s'entreti5n5t4 ,en l'amiti dequoy ie p>le1 elles se mesl5t et confond5t l'vne en l'autre1 d'vn meslange si vniu]sel1 qu'elles effac5t1 et ne retr\u5t plus la c\/ure qui les a io9ctes4 ,si on me presse de dire p\rquoy ie l'aymoys1 ie s5s que cela ne se peut exprim]1 qu'en respondant3 ,p> ce que c'e/oit luy1 p> ce que c'e/oit moy4 ,il y a au del de t\t mon disc\rs1 et de ce que i'en puis dire p>ticuli]em5t1 ie ne say quelle =ce inexplicable et fatale1 m$iatrice de cette vnion4 ,n\s n\s *]*ions auant que de n\s e/re veus1 et p> des rapports que n\s oyons l'vn de l'autre3 qui faisoi5t en no/re affection plus d'ef=t1 que ne porte la raison des rapports3 ie croy p> quelque ordonnance du ciel4 ,n\s n\s embrassions p> noz noms4 ,et no/re premi]e r5contre1 qui fut p> haz>d en vne gr&e fe/e et compagnie de ville1 n\s n\s tr\uasmes si pr9s1 si cognus1 si obligez entre n\s1 que ri5 des lors ne n\s fut si pro*e1 que l'vn l'autre4 ,il escriuit vne ,satyre ,lat9e excell5te1 qui e/ publiee3 p> laquelle il excuse et explique la precipitation de no/re intellig5ce1 si promptem5t p>u5ue sa p]fection4 ,ayant si peu dur]1 et ayant si t>d comm5c 7c> n\s e/ions t\s deux hommes faicts3 et luy plus de quelque annee7 elle n'auoit po9t p]dre temps4 ,et n'auoit se regl] au patron des amitiez molles et reguli]es1 ausquelles il faut tant de precautions de longue et preallable conu]sation4 ,cette cy n'a po9t d'autre idee que d'elle mesme1 et ne se peut rapport] qu' soy4 ,ce n'e/ pas vne speciale consid]ation1 ny deux1 ny trois1 ny quatre1 ny mille3 c'e/ ie ne say quelle qu9te-ess5ce de t\t ce meslange1 qui ayant saisi t\te ma volont1 l'am5a se plong] et se p]dre dans la si5ne1 qui ayant saisi t\te sa volont1 l'am5a se plong] et se p]dre en la mi5ne3 d'vne faim1 d'vne concurr5ce p>eille4 ,ie dis p]dre la v]it1 ne n\s res]uant ri5 qui n\s fu/ propre1 ny qui fu/ ou si5 ou mi54 ,qu& ,llius en pres5ce des ,consuls ,roma9s1 lesquels apres la condemnation de ,tib]ius ,grac*us1 p\rsuiuoi5t t\s ceux qui auoi5t e/ de son intellig5ce1 v9t s'enqu]ir de ,caius ,blosius1 qui e/oit le pr9cipal de ses amis1 combi5 il eu/ v\lu faire p\r luy1 et qu'il eu/ respondu3 ,t\tes *oses4 ,comm5t t\tes *oses8 suiuit-il1 et quoy1 s'il t'eu/ comm& de mettre le feu en nos temples8 ,il ne me l'eu/ iamais comm&1 repliqua ,blosius4 ,mais s'il l'eu/ fait8 adi\/a ,llius3 ,i'y eusse obey1 respondit-il4 ,s'il e/oit si p>faictem5t amy de ,grac*us1 comme dis5t les hi/oires1 il n'auoit que faire d'(f5s] les ,consuls p> cette d]ni]e et h>die confession3 et ne se deuoit dep>tir de l'asseurance qu'il auoit de la volont de ,grac*us4 ,mais t\tesfois ceux qui accus5t cette responce comme s$itieuse1 n'ent5d5t pas bi5 ce my/]e3 et ne presuppos5t pas comme il e/1 qu'il t5oit la volont de ,grac*us en sa man*e1 et p> puissance et p> cognoissance4 ,ils e/oi5t plus amis que citoy5s1 plus amis qu'amis ou que ennemis de leur pas1 qu'amis d'ambition et de tr\ble4 ,s'e/ans p>faittem5t commis1 l'vn l'autre1 ils t5oi5t p>faittem5t les r5es de l'incl9ation l'vn de l'autre3 et faictes guid] cet h>nois1 p> la v]tu et conduitte de la raison 7comme aussi e/ il du t\t impossible de l'attel] sans cela7 la responce de ,blosius e/ telle1 qu'elle deuoit e/re4 ,si leurs actions se deman*]5t1 ils n'e/oi5t ny amis1 selon ma mesure1 l'vn de l'autre1 ny amis eux mesmes4 ,au demeurant cette response ne sonne non plus que f]oit la mi5ne1 qui s'enqu]roit moy de cette faon3 ,si vo/re volont v\s comm&oit de tu] vo/re fille1 la tu]iez v\s8 et que ie l'accordasse3 c> cela ne porte aucun tesmoignage de cons5tem5t ce faire3 p> ce que ie ne suis po9t en d\te de ma volont1 et t\t aussi peu de celle d'vn tel amy4 ,il n'e/ pas en la puissance de t\s les disc\rs du monde1 de me deslog] de la c]titude1 que i'ay des int5tions et iugem5s du mi53 aucune de ses actions ne me sauroit e/re pres5tee1 quelque visage qu'elle eu/1 que ie n'en tr\uasse incont95t le ressort4 ,nos ames ont *>i si vnim5t ensemble3 elles se sont consid]ees d'vne si ardante affection1 et de p>eille affection desc\u]tes iusques au f9 fond des entrailles l'vne l'autre3 que non seulem5t ie cognoissoy la si5ne comme la mi5ne1 mais ie me fusse c]ta9em5t plus volonti]s fi luy de moy1 qu' moy4 ,qu'on ne me mette pas en ce rang ces autres amitiez communes3 i'en ay autant de cognoissance qu'vn autre1 et des plus p>faictes de leur g5re4 ,mais ie ne conseille pas qu'on confonde leurs regles1 on s'y tromp]oit4 ,il faut m>*] en ces autres amitiez1 la bride la ma91 auec prud5ce et precaution3 la liaison n'e/ pas n\e en mani]e1 qu'on n'ait aucunem5t s'en deffi]4 ,aymez le1 disoit ,*ilon1 comme ayant quelque i\r le har3 hassez le1 comme ayant l'aym]4 ,ce precepte qui e/ si abom9able en cette s\u]a9e et mai/resse amiti1 il e/ salubre en l'vsage des amitiez ord9aires et c\/umi]es3 l'endroit desquelles il faut employ] le mot qu',ari/ote auoit tres famili]1 ,o mes amys1 il n'y a nul amy4 ,en ce noble comm]ce1 les (fices et les bi5-faicts n\rrissi]s des autres amitiez1 ne m]it5t pas seulem5t d'e/re mis en compte3 cette confusion si ple9e de nos volontez en e/ cause3 c> t\t a9si que l'amiti que ie me porte1 ne reoit po9t augm5tation1 p\r le sec\rs que ie me donne au beso91 quoy que di5t les ,/oici5s3 et comme ie ne me say aucun gr du s]uice que ie me fay3 aussi l'vnion de tels amis e/ant v]itablem5t p>faicte1 elle leur faict p]dre le s5tim5t de tels deuoirs1 et har et *ass] d'entre eux1 ces mots de diuision et de diff]5ce1 bi5-faict1 obligation1 recognoissance1 pri]e1 rem]ciem5t1 et leurs p>eils4 ,t\t e/ant p> effect commun entre eux1 volontez1 p5sem5s1 iugem5s1 bi5s1 femmes1 enfans1 honneur et vie3 et leur conu5ance n'e/ant qu'vne ame en deux corps1 selon la tres-propre def9ition d',ari/ote1 ils ne se peuu5t ny pre/] ny donn] ri54 ,voila p\rquoy les faiseurs de loix1 p\r honnor] le m>iage de quelque imag9aire ressemblance de cette diu9e liaison1 def5d5t les donations entre le m>y et la femme4 ,v\lans inf]] p> l1 que t\t doit e/re *acun d'eux1 et qu'ils n'ont ri5 diuis] et p>tir ensemble4 ,si en l'amiti dequoy ie p>le1 l'vn p\uoit donn] l'autre1 ce s]oit celuy qui receuroit le bi5-fait1 qui oblig]oit son compagnon4 ,c> *]*ant l'vn et l'autre1 plus que t\te autre *ose1 de s'entre-bi5 faire1 celuy qui en pre/e la mati]e et l'occasion1 e/ celuy l qui faict le lib]al1 donnant ce cont5tem5t son amy1 d'effectu] en son endroit ce qu'il desire le plus4 ,qu& le ,philosophe ,diog5es auoit faute d'arg5t1 il disoit1 qu'il le r$em&oit ses amis1 non qu'il le dem&oit4 ,et p\r montr] comm5t cela se pratique p> effect1 i'en recit]ay vn anci5 exemple s+uli]4 ,eudamidas ,cor9?i5 auoit deux amis1 ,*>ix5us ,sycioni51 et ,are!us ,cor9?i53 v5ant m\rir e/ant pauure1 et ses deux amis ri*es1 il fit a9si son te/am5t3 ,ie legue ,are!us de n\rrir ma m]e1 et l'entret5ir en sa vieillesse3 ,*>ix5us de m>i] ma fille1 et luy donn] le daire le plus gr& qu'il p\rra3 et au cas que l'vn d'eux vi5ne defaillir1 ie sub/itue en sa "p celuy1 qui suruiura4 ,ceux qui premi]s vir5t ce te/am5t1 s'en moqu]5t3 mais ses h]iti]s en ayants e/ adu]tis1 l'accept]5t auec vn s+uli] cont5tem5t4 ,et l'vn d'eux1 ,*>ix5us1 e/ant trespass c9q i\rs apres1 la sub/itution e/ant ouu]te en faueur d',are!us1 il n\rrit curieusem5t cette m]e1 et de c9q tal5s qu'il auoit en ses bi5s1 il en donna les deux et demy en m>iage vne si5ne fille vnique1 et deux et demy p\r le m>iage de la fille d',eudamidas1 desquelles il fit les nopces en mesme i\r4 ,cet exemple e/ bi5 ple93 si vne condition en e/oit dire1 qui e/ la multitude d'amis4 ,c> cette p>faicte amiti1 dequoy ie p>le1 e/ indiuisible3 *acun se donne si enti] son amy1 qu'il ne luy re/e ri5 dep>tir ailleurs3 au reb\rs il e/ m>ry qu'il ne soit d\ble1 triple1 ou quadruple1 et qu'il n'ait plusieurs ames et plusieurs volontez1 p\r les conf]] t\tes ce subiet4 ,les amitiez communes on les peut dp>tir1 on peut aym] en ce/uy-ci la beaut1 en cet autre la facilit de ses murs1 en l'autre la lib]alit1 en celuy-l la pat]nit1 en cet autre la frat]nit1 a9si du re/e3 mais cette amiti1 qui poss$e l'ame1 et la reg5te en t\te s\u]a9et1 il e/ impossible qu'elle soit d\ble4 ,si deux en mesme temps dem&oi5t e/re sec\rus1 auquel c\rriez v\s8 ,s'ils requ]oi5t de v\s des (fices contraires1 quel ordre y tr\u]iez v\s8 ,si l'vn commettoit vo/re sil5ce *ose qui fu/ vtile l'autre de sauoir1 comm5t v\s en desmel]iez v\s8 ,l'vnique et pr9cipale amiti desc\/ t\tes autres obligations4 ,le secret que i'ay iur ne decell] vn autre1 ie le puis sans p>iure1 communiqu] celuy1 qui n'e/ pas autre1 c'e/ moy4 ,c'e/ vn assez gr& miracle de se d\bl]3 et n'en cognoiss5t pas la hauteur ceux qui p>l5t de se tripl]4 ,ri5 n'e/ extreme1 qui a son p>eil4 ,et qui presuppos]a que de deux i'en aime autant l'vn que l'autre1 et qu'ils s'entr'aim5t1 et m'aim5t autant que ie les aime3 il multiplie en confrairie1 la *ose la plus vne et vnie1 et dequoy vne seule e/ encore la plus r>e tr\u] au monde4 ,le demeurant de cette hi/oire conui5t tres-bi5 ce que ie disois3 c> ,eudamidas donne p\r grace et p\r faueur ses amis de les employ] son beso93 il les laisse h]iti]s de cette si5ne lib]alit1 qui consi/e leur mettre en ma9 les moy5s de luy bi5-faire4 ,et sans d\bte1 la =ce de l'amiti se montre bi5 plus ri*em5t en son fait1 qu'en celuy d',are!us4 ,somme1 ce sont effects inimag9ables1 qui n'en a g\/3 et qui me font honnor] m]ueilles la responce de ce ieune soldat1 ,cyrus1 s'enqu]ant luy1 p\r combi5 il v\droit donn] vn *eual1 p> le moy5 duquel il v5oit de gaign] le prix de la c\rse3 et s'il le v\droit es*ang] vn royaume3 ,non c]tes1 ,sire3 mais bi5 le lairroy ie volonti]s1 p\r en aqu]ir vn amy1 ,si ie tr\uoy homme digne de telle alliance4 ,il ne disoit pas mal1 ,si ie tr\uoy4 ,c> on tr\ue facilem5t des hommes propres vne sup]ficielle acco9tance3 mais en cettecy1 en laquelle on negotie du f9 fons de son c\rage1 qui ne fait ri5 de re/e3 il e/ beso91 que t\s les ressorts soy5t nets et seurs p>faictem5t4 ,aux conf$]ations1 qui ne ti5n5t que p> vn b\t1 on n'a pr\uoir qu'aux imp]fections1 qui p>ticuli]em5t int]ess5t ce b\t l4 ,il ne peut *aloir de quelle religion soit mon m$ec91 et mon aduocat2 cette consid]ation n'a ri5 de commun auec les (fices de l'amiti1 qu'ils ne doiu5t4 ,et en l'acco9tance dome/ique1 que dress5t auec moy ceux qui me s]u5t i'en fay de mesmes3 et m'enqui]s peu d'vn laquay1 s'il e/ *a/e1 ie *]*e s'il e/ dilig5t3 et ne cra9s pas tant vn muleti] i\eur qu'imbecille3 ny vn cuis9i] iureur1 qu'ignorant4 ,ie ne me mesle pas de dire ce qu'il faut faire au monde3 d'autres asss s'en mesl5t3 mais ce que i'y fay1 ,mihi sic vsus e/3 tibi1 vt opus e/ facto1 face4 ,a la famili>it de la table1 i'associe le plaisant1 non le prud5t3 au lict1 la beaut auant la bont3 et en la societ du disc\rs1 la suffisance1 voire sans la preud'hommie1 p>eillem5t ailleurs4 ,t\t a9si que cil qui fut r5contr *euau*ons sur vn baton1 se i\ant auec ses enfans1 pria l'homme qui l'y surpr9t1 de n'en ri5 dire1 iusques ce qu'il fu/ p]e luy-mesme1 e/imant que la passion qui luy nai/roit lors en l'ame1 le r5droit iuge equitable d'vne telle action4 ,ie s\hait]ois aussi p>l] des g5s qui euss5t essay ce que ie dis3 mais sa*ant combi5 c'e/ *ose esloignee du commun vsage qu'vne telle amiti1 et combi5 elle e/ r>e1 ie ne m'att5s pas d'en tr\u] aucun bon iuge4 ,c> les disc\rs mesmes que l'antiquit n\s a laiss sur ce subiect1 me sembl5t las*es au prix du s5tim5t que i'en ay4 ,et en ce po9ct les effects surpass5t les preceptes mesmes de la philosophie4 ,nil ego contul]im iucundo sanus amico4 ,l'anci5 ,m5&] disoit celuy-l heureux1 qui auoit peu r5contr] seulem5t l'ombre d'vn amy3 il auoit c]tes raison de le dire1 mesmes s'il en auoit ta/4 ,c> la v]it si ie comp>e t\t le re/e de ma vie1 quoy qu'auec la grace de ,dieu ie l'aye passee d\ce1 aisee1 et sauf la p]te d'vn tel amy1 exempte d'affliction poisante1 ple9e de tranquillit d'esprit1 ayant pr9s en payem5t mes commoditez naturelles et orig9elles1 sans en re*]*] d'autres3 si ie la comp>e1 dis-ie1 t\te1 aux quatre annees1 qu'il m'a e/ donn de i\yr de la d\ce compagnie et societ de ce p]sonnage1 ce n'e/ que fumee1 ce n'e/ qu'vne nuict obscure et ennuyeuse4 ,depuis le i\r que ie le p]dy1 quem semp] ac]bum1 ,semp] honoratum 7sic1 ,dii1 volui/is67 habebo1 ie ne fay que tra9] languissant3 et les plaisirs mesmes qui s'(fr5t moy1 au lieu de me consol]1 me r$\bl5t le regret de sa p]te4 ,n\s e/ions moiti de t\t3 il me semble que ie luy desrobe sa "p1 ,nec fas esse vlla me voluptate hic frui ,decreui1 tantisp] dum ille abe/ meus p>ticeps4 ,i'e/ois desia si faict et acc\/um e/re deuxiesme p> t\t1 qu'il me semble n'e/re plus qu' demy4 ,illam me si p>tem anim tulit ,maturior vis1 quid moror alt]a8 ,nec *>us qu nec sup]/es ,integ]8 ,ille dies vtramque ,duxit ru9am4 ,il n'e/ action ou imag9ation1 o ie ne le tr\ue dire1 comme si eu/-il bi5 faict moy3 c> de mesme qu'il me surpassoit d'vne di/ance inf9ie en t\te autre suffisance et v]tu1 aussi faisoit-il au deuoir de l'amiti4 ,quis desid]io sit pudor aut modus ,tam *>i capitis8 ,o mis]o frat] adempte mihi6 ,omnia tecum vn p]i]unt gaudia no/ra1 ,qu tuus 9 vita dulcis alebat amor4 ,tu mea1 tu mori5s fregi/i commoda1 frat]2 ,tecum vna tota e/ no/ra sepulta anima1 ,cuius ego int]itu tota de m5te fugaui ,hc /udia1 atque omnes delicias animi4 ,alloqu>8 audi]o nunquam tua v]ba loqu5tem8 ,nunquam ego te1 vita frat] amabilior1 ,aspiciam po/hac8 at c]t semp] amabo4 ,mais oyons vn peu p>l] ce g>son de seize ans4 ,p>ce que i'ay tr\u que cet ouurage a e/ depuis mis en lumi]e1 et mauuaise f91 p> ceux qui *]*5t tr\bl] et *ang] l'e/at de no/re police1 sans se s\ci] s'ils l'am5d]ont1 qu'ils ont mesl d'autres escrits de leur f>9e1 ie me suis ddit de le log] icy4 ,et aff9 que la memoire de l'au!ur n'en soit int]essee en l'endroit de ceux qui n'ont peu cognoi/re de pres ses op9ions et ses actions3 ie les aduise que ce subiect fut traict p> luy en son enfance1 p> mani]e d'ex]citation seulem5t1 comme subiect vulgaire et tracass en mil endroits des liures4 ,ie ne fay nul d\bte qu'il ne creu/ ce qu'il escriuoit3 c> il e/oit assez consci5tieux1 p\r ne m5tir pas mesmes en se i\ant3 et say d'auantage que s'il eu/ eu *oisir1 il eu/ mieux aym e/re nay ,v5ise qu' ,s>lac2 et auec raison4 ,mais il auoit vn' autre maxime s\u]a9em5t empre9te en son ame1 d'obeyr et de se s\bmettre tres-religieusem5t aux loix1 s\s lesquelles il e/oit nay4 ,il ne fut iamais vn meilleur citoy51 ny plus affectionn au repos de son pas1 ny plus ennemy des remum5ts et n\uelletez de son temps3 il eu/ bi5 plu/o/ employ sa suffisance les e/e9dre1 qu' leur f\rnir dequoy les m\uoir d'auantage3 il auoit son esprit m\l au patron d'autres siecles que ceux-cy4 ,or en es*ange de ce/ ouurage s]ieux i'en sub/itu]ay vn autre1 produit en cette mesme saison de son aage1 plus gaill>d et plus eni\4 ,,*apitre ,,xxviii4 ,v+t et neuf sonnets d',e/i5ne de la ,btie1 ,madame de ,grammont ,contesse de ,guiss54 ,,madame ie ne v\s (fre ri5 du mi51 ou p> ce qu'il e/ desia vo/re1 ou p\r ce que ie n'y tr\ue ri5 digne de v\s4 ,mais i'ay v\lu que ces v]s en quelque lieu qu'ils se viss5t1 portass5t vo/re nom en te/e1 p\r l'honneur que ce leur s]a d'auoir p\r guide cette gr&e ,coris&e d',&o9s4 ,ce pres5t m'a sembl v\s e/re propre1 d'autant qu'il e/ peu de dames en ,france1 qui iug5t mieux1 et se s]u5t plus propos que v\s1 de la posie3 et puis qu'il n'en e/ po9t qui la puiss5t r5dre viue et animee1 comme v\s faites p> ces beaux et ri*es accords1 dequoy p>my vn milion d'autres beautez1 nature v\s a e/r5ee3 ,madame ces v]s m]it5t que v\s les *]issiez3 c> v\s s]ez de mon aduis1 qu'il n'en e/ po9t sorty de ,gascongne1 qui euss5t plus d'inu5tion et de g5tillesse1 et qui tesmoign5t e/re sortis d'vne plus ri*e ma94 ,et n'entrez pas en ial\sie1 dequoy v\s n'auez que le re/e de ce que piea i'en ay faict imprim] s\s le nom de ,monsieur de ,foix1 vo/re bon p>5t3 c> c]tes ceux-cy ont ie ne say quoy de plus vif et de plus b\illant3 comme il les fit en sa plus v]te ieunesse1 et es*auff d'vne belle et noble ardeur que ie v\s diray1 ,madame1 vn i\r l'oreille4 ,les autres fur5t faits depuis1 comme il e/oit la p\rsuitte de son m>iage1 en faueur de sa femme1 et s5tant desia ie ne say quelle froideur m>itale4 ,et moy ie suis de ceux qui ti5n5t1 que la posie ne rid po9t ailleurs1 comme elle faict en vn subiect folatre et desregl4 ,,sonnets ,i ,p>don am\r1 p>don1 ,seigneur ie te voe ,le re/e de mes ans1 ma voix et mes escris1 ,mes sanglots1 mes s\spirs1 mes l>mes et mes cris3 ,ri51 ri5 t5ir d'aucun1 que de toy ie n'adu\e4 ,helas comm5t de moy1 ma =tune se i\e4 ,de toy n'a pas long temps1 am\r1 ie me suis ris4 ,i'ay failly1 ie le voy1 ie me r5ds1 ie suis pris4 ,i'ay trop g>d mon cur1 or ie le desaduoe4 ,si i'ay p\r le g>d] ret>d ta victoire1 ,ne l'en traitte plus mal1 plus gr&e en e/ ta gloire4 ,et si du premi] c\p tu ne m'z abbatu1 ,p5se qu'vn bon va9queur et nay p\r e/re gr&1 ,son n\ueau prisonni]1 qu& vn c\p il se r5d1 ,il prise et l'ayme mieux1 s'il a bi5 combattu4 ,,ii ,c'e/ am\r c'e/ am\r1 c'e/ luy seul1 ie le s5s2 ,mais le plus vif am\r1 la poison la plus =te1 ,a qui onq pauure cur ait ouu]te la porte4 ,ce cruel n'a pas mis vn de ses traitz p]ans1 ,mais arc1 traits et c>quois1 et luy t\t dans mes s5s4 ,encor vn mois n'a pas1 que ma fran*ise e/ morte1 ,que ce v59 mortel dans mes ve9es ie porte1 ,et des-ja i'ay p]du1 et le cur et le s5s4 ,et quoy8 si ce/ am\r mesure croissoit1 ,qui en si gr& t\rm5t d$ans moy se conoit8 ,o croi/z1 si tu peuz croi/re1 et am5de en croissant4 ,tu te n\rris de pleurs2 des pleurs ie te prometz1 ,et p\r te refres*ir1 des s\spirs p\r iamais4 ,mais que le plus gr& mal soit au mo+s en naissant4 ,,iii ,c'e/ faict mon cur1 quitons la lib]t4 ,dequoy me%uy s]uiroit la deff5ce1 ,que d'agr&ir et la pe9e et l'(f5ce8 ,plus ne suis =t1 a9si que i'ay e/4 ,la raison fu/ vn temps de mon co/1 ,or reuolte elle veut que ie p5se ,qu'il faut s]uir1 et pr5dre en recomp5ce ,qu'oncq d'vn tel neud nul ne fu/ arre/4 ,s'il se faut r5dre1 alors il e/ saison1 ,qu& on n'a plus deu]s soy la raison4 ,je voy qu'am\r1 sans que ie le des]ue1 ,sans aucun droict1 se vi5t saisir de moy8 ,et voy qu'encor il faut ce gr& ,roy ,qu& il a tort1 que la raison luy s]ue4 ,,iiii ,c'e/oit alors1 qu& les *aleurs passes1 ,le sale ,automne aux cuues va f\lant1 ,le rais9 gras dess\bz le pi$ c\lant1 ,que mes d\leurs fur5t encomm5ces4 ,le paisan bat ses g]bes amasses1 ,et aux caueaux ses b\illans muis r\lant1 ,et des fruiti]s son automne cr\lant1 ,se vange lors des pe9es aduances4 ,s]oit ce po9t vn presage donn ,que mon espoir e/ des-ja moissonn8 ,non c]tes1 non4 ,mais p\r c]ta9 ie p5se1 ,i'auray1 si bi5 deu9] i'ent5ds1 ,si l'on peut ri5 progno/iqu] du temps1 ,quelque gr& fruict de ma longue esp]ance4 ,v ,i'ay veu ses yeux p]ans1 i'ay veu sa face claire3 7,nul iamais sans son dam ne reg>de les dieux7 ,froit1 sans cur me laissa son il victorieux1 ,t\t e/\rdy du c\p de sa =te lumi]e4 ,comme vn surpris de nuit aux *amps qu& il esclaire ,e/onn1 se palli/ si la fle*e des cieux ,sifflant luy passe contre1 et luy s]re les yeux1 ,il tremble1 et veoit1 transi1 ,iupit] en col]e4 ,dy moy ,madame1 au vray1 dy moy si tes yeux v]tz ,ne sont pas ceux qu'on dit que l'am\r ti5t c\u]tz8 ,tu les auois1 ie croy1 la fois que ie t'ay vee1 ,au mo9s il me s\ui5t1 qu'il me fu/ lors aduis ,qu'am\r1 t\t vn c\p1 qu& premi] ie te vis1 ,desb&a dessus moy1 et son arc1 et sa vee4 ,,vi ,ce dit ma9t vn de moy1 de quoy se pla9t il tant1 ,p]dant ses ans meilleurs en *ose si legi]e8 ,qu'a il tant cri]1 si encore il esp]e8 ,et s'il n'esp]e ri51 p\rquoy n'e/ il cont5t8 ,qu& i'e/ois libre et sa9 i'en disois bi5 autant4 ,mais c]tes celuy l n'a la raison enti]e1 ,a9s a le cur ga/ de quelque rigueur fi]e1 ,s'il se pla9t de ma pla9te1 et mon mal il n'ent5d4 ,am\r t\t vn c\p de c5t d\leurs me po9t1 ,et puis l'on m'adu]tit que ie ne crie po9t4 ,si va9 ie ne suis pas que mon mal i'agr&isse ,a =ce de p>l]3 s'on m'en peut exempt]1 ,ie quitte les sonnetz1 ie quitte le *ant]4 ,qui me deff5d le deuil1 celuy l me gu]isse4 ,,vii ,quant *ant] ton los1 p> fois ie m'adu5ture1 ,sans os] ton gr& nom1 dans mes v]s exprim]1 ,sondant le mo9s pr(ond de cette l>ge m]1 ,ie tremble de m'y p]dre1 et aux riues m'asseure4 ,ie cra9s en loant mal1 que ie te face iniure4 ,mais le peuple e/onn d'ouir tant t'e/im]1 ,ardant de te connoi/re1 essaie te nomm]1 ,et *]*ant ton sa9ct nom a9si l'adu5ture1 ,esbl\i n'atta9t pas veoir *ose si claire1 ,et ne te tr\ue po9t ce grossi] populaire1 ,qui n'ayant qu'vn moy51 ne voit pas celuy l3 ,c'e/ que s'il peut tri]1 la comp>aison faicte ,des p>faictes du monde1 vne la plus p>faicte1 ,lors s'il a voix1 qu'il crie h>dimant la voyla4 ,,viii ,qu& vi5dra ce i\r la1 que ton nom au vray passe ,p> ,france1 dans mes v]s8 combi5 et quantes fois ,s'en empresse mon cur1 s'en demang5t mes doits8 ,s\u5t dans mes escrits de soy mesme il pr5d place4 ,maugr moy ie t'escris1 maugr moy ie t'efface4 ,qu& a/re vi5droit et la foy et le droit1 ,alors ioyeux ton nom au monde se r5droit4 ,ores c'e/ ce temps1 que ca*] il te face1 ,c'e/ ce temps mal+ vne gr&e v]gogne ,donc ,madame t&is tu s]as ma ,d\rd\igne4 ,t\tesfois laisse moy1 laisse moy ton nom mettre1 ,ayez piti du temps1 si au i\r ie te metz1 ,si le temps ce cognoi/1 lors ie te le prometz1 ,lors il s]a dor1 s'il le doit iamais e/re4 ,,ix ,o entre tes beautez1 que ta con/ance e/ belle4 ,c'e/ ce cur asseur1 ce c\rage con/ant1 ,c'e/ p>my tes v]tus1 ce que l'on prise tant3 ,aussi qu'e/-il plus beau1 qu'vne amiti fidelle8 ,or ne *>ge donc ri5 de ta sur infidele1 ,de ,ves]e ta sur3 elle va s'esc>tant ,t\si\rs flotant mal seure en son c\rs incon/ant4 ,voy tu comme leur gr les v5s se ioent d'elle8 ,et ne te rep5s po9t p\r droict de ton aisnage ,d'auoir des-ia *oisi la con/ance en p>tage4 ,mesme race porta l'amiti s\u]a9e ,des bons iumeaux1 desquels l'vn l'autre desp>t ,du ciel et de l'enf] la moiti de sa "p1 ,et l'am\r diffam de la trop belle ,hele9e4 ,x ,ie voy bi51 ma ,d\rd\igne encore humble tu vas3 ,de te mon/r] ,gasconne en ,france1 tu z honte4 ,si du ruisseau de ,sorgue1 on fait ores gr& conte1 ,si a il bi5 e/ quelquefois aussi bas4 ,voys tu le petit ,loir comme il ha/e le pas8 ,comme des-ia p>my les plus gr&s il se conte8 ,comme il m>*e hauta9 d'vne c\rse plus prompte ,t\t co/ du ,m9ce1 et il ne s'en pla9t pas8 ,un seul ,oliui] d',arne ent au bord de ,loire1 ,le faict c\rir plus braue et luy donne sa gloire4 ,laisse1 laisse moy faire4 ,et vn i\r ma ,d\rd\igne1 ,si ie deu9e bi51 on te cognoi/ra mieux3 ,et ,g>onne1 et le ,rhone1 et ces autres gr&s ,dieux ,en auront quelque enuie1 et possible v]goigne4 ,,xi ,toy qui oys mes s\spirs1 ne me sois rig\reux ,si mes l>mes ap>t t\tes mi5nes ie v]se1 ,si mon am\r ne suit en sa d\leur diu]se ,du ,flor5t9 transi les regrets languoreux1 ,ny de ,catulle aussi1 le fola/re am\reux1 ,qui le cur de sa dame en *at\illant luy p]ce1 ,ny le sauant am\r du migregeois ,prop]ce ,ils n'aym5t pas p\r moy1 ie n'ayme pas p\r eux4 ,qui p\rra sur autruy ses d\leurs limit]1 ,celuy p\rra d'autruy les pla9tes imit]3 ,*acun s5t son t\rm5t1 et sait ce qu'il endure4 ,*acun p>la d'am\r a9si qu'il l'ent5dit4 ,ie dis ce que mon cur1 ce que mon mal me dict4 ,que celuy ayme peu1 qui ayme la mesure4 ,,xii ,quoy8 qu'e/-ce8 v5s1 nues1 l'orage6 ,a po9t nomm1 qu& d'elle m'apro*ant ,les bois1 les monts1 les baisses vois tran*ant ,sur moy d'ague/ v\s p\ssez vo/re rage4 ,ores mon cur s'embrase d'auantage4 ,allez1 allez faire peur au m>*ant1 ,qui dans la m] les ?resors va *]*ant3 ,ce n'e/ a9si1 qu'on m'abbat le c\rage4 ,qu& i'oy les v5ts1 leur tempe/e et leurs cris1 ,de leur malice1 en mon cur ie me ris4 ,me p5s5t ils p\r cela faire r5dre8 ,face le ciel du pire1 et l'air aussi3 ,ie veux1 ie veux1 et le declaire a9si ,s'il faut m\rir1 m\rir comme ,le&re4 ,,xiii ,v\s qui aim] encore ne sauez1 ,ores m'oyant p>l] de mon ,le&re1 ,ou iamais non1 v\s y debuez apr5dre1 ,si ri5 de bon dans le cur v\s auez4 ,il oza bi5 branlant ses bras lauez1 ,arm d'am\r1 contre l'eau se deff5dre1 ,qui p\r tribut la fille v\lut pr5dre1 ,ayant le fr]e et le m\ton sauuez4 ,vn soir va9cu p> les flos rig\reux1 ,voyant des-ia1 ce vaillant am\reux1 ,que l'eau mai/resse son plaisir le t\rne3 ,p>lant aux flos1 leur iecta cette voix3 ,p>donnez moy ma9t5ant que i'y veois1 ,et g>dez moy la mort1 qu& ie ret\rne4 ,,xiiii ,o cur leg]1 c\rage mal seur1 ,p5ses-tu plus que s\ffrir ie te puisse8 ,o bontez creuze1 c\u]te malice1 ,traitre beaut1 v5imeuse d\ceur1 ,tu e/ois donc t\si\rs sur de ta sur8 ,et moy trop simple il falloit que i'en fisse ,l'essay sur moy8 et que t>d i'ent5disse ,ton p>l] d\ble et tes *ants de *asseur8 ,depuis le i\r que i'ay pr9s t'aim]1 ,i'eusse va9cu les vagues de la m]4 ,qu'e/-ce me%uy que ie p\rrais att5dre8 ,comm5t de toy p\rrais i'e/re cont5t8 ,qui appr5dra ton cur d'e/re con/ant1 ,puis que le mi5 ne le luy peut apr5dre8 ,,xv ,ce n'e/ pas moy que l'on abuse a9si3 ,qu' quelque enfant ses ruses on employe1 ,qui n'a nul g\/1 qui n'ent5d ri5 qu'il oye3 ,ie say aym]1 ie say hayr aussi4 ,cont5te toy de m'auoir iusqu'icy ,f]m les yeux1 il e/ temps que i'y voye3 ,et que mes-huy1 las et honteux ie soye ,d'auoir mal mis mon temps et mon s\cy1 ,os]ois tu m'ayant a9si traict ,p>l] moy iamais de f]met8 ,tu pr5s plaisir ma d\leur extreme3 ,tu me deff5ds de s5tir mon t\rm5t3 ,et si veux bi5 que ie meure en t'aimant4 ,si ie ne s5s1 comm5t veux-tu que i'ayme8 ,,xvi ,o l'ay ie dict8 helas l'ay ie song8 ,ou si p\r vray i'ay dict blaspheme telle8 ,s'a fauce langue1 il faut que l'honneur d'elle ,de moy1 p> moy1 desus moy1 soit vang1 ,mon cur *ez toy1 madame1 e/ log3 ,l donne luy quelque ge5e n\uelle3 ,fais luy s\ffrir quelque pe9e cruelle3 ,fais1 fais luy t\t1 =s luy donn] cong4 ,or s]as tu 7ie le say7 trop huma9e1 ,et ne p\rras longuem5t voir ma pe9e4 ,mais vn tel faict1 faut il qu'il se p>donne8 ,a t\t le mo9s haut ie me desdiray ,de mes sonnets1 et me desm5tiray1 ,p\r ces deux faux1 c9q c5t vrais ie t'en donne4 ,,xvii ,si ma raison en moy s'e/ peu remettre1 ,si rec\ur] a/heure ie me puis1 ,si i'ay du s5s1 si plus homme ie suis ,ie t'en m]cie1 bi5 heureuse lettre4 ,qui m'eu/ 7helas7 qui m'eu/ seu recognoi/re ,lors qu'enrag va9cu de mes ennuys1 ,en blasphemant madame ie p\rsuis8 ,de lo+1 honteux1 ie te vis lors p>oi/re ,o sa9ct papi]1 alors ie me reu9s1 ,et deu]s toy deuotem5t ie v9s4 ,ie te donrois vn autel p\r ce faict1 ,qu'on vi/ les traicts de cette ma9 diu9e4 ,mais de les voir aucun homme n'e/ digne1 ,ny moy aussi1 s'elle ne m'en eu/ faict4 ,,xviii ,i'e/ois pre/ d'enc\rir p\r iamais quelque blasme4 ,de col]e es*auff mon c\rage brusloit1 ,ma fole voix au gr de ma fureur branloit1 ,ie despitois les dieux1 et encore ma dame4 ,lors qu'elle de lo+ iette vn breuet dans ma flamme ,ie le s5tis s\da9 comme il me rabilloit1 ,qu'aussi to/ deuant luy ma fureur s'en alloit1 ,qu'il me r5doit1 va9queur1 en sa place mon ame4 ,entre v\s1 qui de moy1 ces m]ueilles oyez1 ,que me dites v\s d'elle8 et ie v\s prie voyez1 ,s'a9si comme ie fais1 ador] ie la dois8 ,quels miracles en moy1 p5sez v\s qu'elle fasse ,de son il t\t puissant1 ou d'vn ray de sa face4 ,puis qu'en moy fir5t tant les traces de ses doigts4 ,,xix ,ie tremblois deuant elle1 et att5dois1 transi1 ,p\r v5g] mon =faict quelque iu/e s5t5ce1 ,a moy mesme cons5t du poids de mon (f5ce1 ,lors qu'elle me dict1 va1 ie te pr5s m]cy4 ,que mon loz desormais p> t\t soit escl>cy3 ,employe l tes ans3 et sans plus1 mes-huy p5se ,d'enri*ir de mon nom p> tes v]s no/re ,france1 ,c\ure de v]s ta faute1 et paye moy a9si4 ,sus donc ma plume1 il faut1 p\r i\yr de ma pe9e ,c\rir p> sa gr&eur1 d'vne plus l>ge ve9e4 ,mais reg>de son il1 qu'il ne n\s ab&onne4 ,sans ses yeux1 nos esprits se m\rroi5t languissants4 ,ils n\s donn5t le cur1 ils n\s donn5t le s5s4 ,p\r se pay] de moy1 il faut qu'elle me donne4 ,,xx ,o v\s maudits sonnets1 v\s qui pr9tes l'audace ,de t\*] madame3 mal+s et p]u]s1 ,des ,muses le repro*e1 et honte de mes v]s3 ,si ie v\s feis iamais1 s'il faut que ie me fasse ,ce tort de confess] v\s t5ir de ma race1 ,lors p\r v\s1 les ruisseaux ne fur5t pas ouu]ts ,d',appollon le dor1 des muses aux yeux v]ts1 ,mais v\s receut naissants ,tisiphone en leur place4 ,si i'ay oncq quelque "p la po/rit ,ie veux que l'vn et l'autre en soit de%]it4 ,et si au feu vangeur des or ie ne v\s donne1 ,c'e/ p\r v\s diffam]1 viuez *etifs1 viuez1 ,viuez aux yeux de t\s1 de t\t honneur priuez ,c> c'e/ p\r v\s punir1 qu'ores ie v\s p>donne4 ,,xxi ,n'ayez plus mes amis1 n'ayez plus cette enuie ,que ie cesse d'aim]1 laissez moy ob/91 ,viure et m\rir a9si1 puis qu'il e/ ordonn1 ,mon am\r c'e/ le fil1 auquel se ti5t ma vie4 ,a9si me dict la fe1 a9si en agrie ,elle feit ,meleagre l'am\r de/91 ,et alluma sa s\*e l'heure qu'il fu/ n1 ,et dict1 toy1 et ce feu1 t5ez v\s compaignie4 ,elle le dict a9si1 et la f9 ordonne ,suyuit apres le fil de cette de/9e1 ,la s\*e 7ce dict lon7 au feu fut consomme1 ,et deslors 7gr& miracle7 en vn mesme mom5t ,on veid t\t vn c\p1 du mis]able amant ,la vie et le tison1 s'en all] en fume4 ,,xxii ,qu& tes yeux conqu]ans e/onn ie reg>de1 ,i'y veoy d$ans clair t\t mon espoir escript1 ,i'y veoy d$ans am\r1 luy mesme qui me rit1 ,et m'y mon/re mign>d le bon heur qu'il me g>de4 ,mais qu& de te p>l] p> fois ie me haz>de1 ,c'e/ lors que mon espoir dessei* se t>it4 ,et d'adu\] iamais ton il1 qui me n\rrit1 ,d'vn seul mot de saueur1 cruelle tu n'z g>de4 ,si tes yeux sont p\r moy1 or voy ce que ie dis1 ,ce sont ceux-l1 sans plus1 qui ie me r5dis4 ,mon ,dieu quelle qu]elle en toy mesme se dresse1 ,si ta b\*e et tes yeux se veul5t desm5tir4 ,mieux vaut1 mon d\x t\rm5t1 mieux vaut les dep>tir1 ,et que ie pr5ne au mot de tes yeux la promesse4 ,,xxiii ,ce sont tes yeux tran*ans qui me font le c\rage ,ie veoy sault] d$ans la gaye lib]t1 ,et mon petit ar*]1 qui m5e son co/ ,la belle gaill>dise et plaisir le volage4 ,mais apres1 la rigueur de ton tri/e langage ,me montre dans ton cur la fi]e honne/et ,et condamn ie veoy la dure *a/et1 ,l grauem5t assise et la v]tu sauuage1 ,a9si mon temps diu]s p> ces vagues se passe4 ,ores son il m'appelle1 or sa b\*e me *asse4 ,helas1 en ce/ e/rif1 combi5 ay i'endur4 ,et puis qu'on p5se auoir d'am\r quelque asseurance1 ,sans cesse nuict et i\r la s]uir ie p5se1 ,ny encor de mon mal1 ne puis e/re asseur4 ,,xxiiii ,or dis-ie bi51 mon esp]ance e/ morte4 ,or e/-ce faict de mon aise et mon bi54 ,mon mal e/ clair3 ma9t5ant ie veoy bi51 ,i'ay esp\s la d\leur que ie porte4 ,t\t me c\rt sus1 ri5 ne me recon=te1 ,t\t m'ab&onne et d'elle ie n'ay ri51 ,s9on t\si\rs quelque n\ueau s\/i51 ,qui r5d ma pe9e et ma d\leur plus =te4 ,ce que i'att5ds1 c'e/ vn i\r d'obt5ir ,quelques s\pirs des g5s de l'adu5ir3 ,quelqu'vn dira dessus moy p> piti3 ,sa dame et luy nasquir5t de/9ez1 ,egalem5t de m\rir ob/9ez1 ,l'vn en rigueur1 et l'autre en amiti4 ,,xxv ,i'ay tant vescu1 *etif1 en ma langueur1 ,qu'or i'ay veu rompre1 et suis encor en vie1 ,mon esp]ance auant mes yeux rauie1 ,contre l'escueil de sa fi]e rigueur4 ,que m'a s]uy de tant d'ans la longueur8 ,elle n'e/ pas de ma pe9e ass\uie3 ,elle s'en rit1 et n'a po9t d'autre enuie1 ,que de t5ir mon mal en sa vigueur4 ,donques i'auray1 mal'heureux en aimant ,t\si\rs vn cur1 t\si\rs n\ueau t\rm5t4 ,ie me s5s bi5 que i'en suis hors d'hala9e1 ,pre/ laiss] la vie s\bs le faix3 ,qu'y f]oit-on s9on ce que ie fais8 ,piqu du mal1 ie m'ob/9e en ma pe9e4 ,,xxvi ,puis qu'a9si sont mes dures de/9es1 ,i'en sa\l]ay1 si ie puis1 mon s\cy4 ,si i'ay du mal1 elle le veut aussi4 ,i'accompliray mes pe9es ordonnes4 ,nymphes des bois qui auez e/onnes1 ,de mes d\leurs1 ie croy quelque m]cy1 ,qu'en p5sez v\s8 puis-ie dur] a9si1 ,si mes maux trefues ne sont donnees8 ,or si quelqu'vne m'esc\t] s'encl9e1 ,oyez p\r ,dieu ce qu'ores ie deu9e4 ,le i\r e/ pres que mes =ces ia va9es ,ne p\rront plus f\rnir mon t\rm5t4 ,c'e/ mon espoir1 si ie meurs en aymant1 ,a donc1 ie croy1 failliray-ie mes pe9es4 ,,xxvii ,lors que lasse e/1 de me lass] ma pe9e1 ,am\r d'vn bi5 mon mal refres*issant1 ,flate au cur mort ma playe languissant1 ,n\rrit mon mal1 et luy faict pr5dre ala9e1 ,lors ie conoy quelque esp]ance va9e3 ,mais aussi to/1 ce dur tyran1 s'il s5t ,que mon espoir se r5=ce en croissant1 ,p\r l'e/\f]1 c5t t\rm5s il m'ame9e ,encor t\s frez3 lors ie me veois blasmant ,d'auoir e/ rebelle mon t\rmant4 ,viue le mal1 dieux1 qui me deuore1 ,viue son gr mon t\rmant rig\reux4 ,o bi5-heureux1 et bi5-heureux encore ,qui sans relas*e e/ t\si\rs mal'heureux4 ,,xxviii ,si contre am\r ie n'ay autre deff5ce ,ie m'en pla9dray1 mes v]s le maudiront1 ,et apres moy les ro*es r$iront ,le tort qu'il faict ma dure con/ance4 ,puis que de luy i'endure cette (f5ce1 ,au mo+s t\t haut1 mes ri?mes le diront1 ,et nos neueus1 alors qu'ils me liront1 ,en l'outrageant1 m'en f]ont la v5geance4 ,ayant p]du t\t l'aise que i'auois1 ,ce s]a peu que de p]dre ma voix4 ,s'on sait l'aigreur de mon tri/e s\cy1 ,et fut celuy qui m'a faict cette playe1 ,il en aura1 p\r si dur cur qu'il aye1 ,quelque piti1 mais non pas de m]cy4 ,,xxix ,ia reluisoit la b5oi/e i\rne ,que la nature au monde te deuoit1 ,qu& des ?resors qu'elle te res]uoit ,sa gr&e clef1 te fu/ ab&onne4 ,tu pr9s la grace toy seule ordonne1 ,tu pillas tant de beautez qu'elle auoit3 ,tant qu'elle1 fi]e1 alors qu'elle te veoit ,en e/ p> fois1 elle mesme e/onne4 ,ta ma9 de pr5dre en f9 se cont5ta3 ,mais la nature encor te pres5ta1 ,p\r t'enri*ir cette t]re ou n\s sommes4 ,tu n'en pr9s ri53 mais en toy tu t'en ris1 ,te s5tant bi5 en auoir assez pris ,p\r e/re icy royne du cur des hommes4 ,,*apitre ,,xxix4 ,de la ,mod]ation4 ,,comme si n\s auions l'att\*em5t infect1 n\s corrompons p> no/re maniem5t les *oses qui d'elles mesmes sont belles et bonnes4 ,n\s p\uons saisir la v]tu1 de faon qu'elle en deui5dra vicieuse3 si n\s l'embrassons d'vn desir trop aspre et violant4 ,ceux qui dis5t qu'il n'y a iamais d'exces en la v]tu1 d'autant que ce n'e/ plus v]tu1 si l'exces y e/1 se i\5t des p>oles4 ,insani sapi5s nom5 f]at1 quus iniqui1 ,vltra qum satis e/1 virtutem si petat ipsam4 ,c'e/ vne subtile consid]ation de la philosophie4 ,on peut et trop aym] la v]tu1 et se port] excessiuem5t en vne action iu/e4 ,a ce biaiz s'accommode la voix diu9e1 ,ne soyez pas plus sages qu'il ne faut1 mais soyez sobrem5t sages4 ,i'ay veu tel gr&1 bless] la reputation de sa religion1 p\r se montr] religieux outre t\t exemple des hommes de sa sorte4 ,i'ayme des natures temp]ees et moy5nes4 ,l'immod]ation v]s le bi5 mesme1 si elle ne m'(f5se1 elle m'e/onne1 et me met en pe9e de la baptiz]4 ,ny la m]e de ,pausanias1 qui donna la premi]e in/ruction1 et porta la premi]e pi]re la mort de son fils3 ny le dictateur ,po/humius1 qui feit m\rir le si51 que l'ardeur de ieunesse auoit heureusem5t p\ss sur les ennemis1 vn peu auant son r5g1 ne me semble si iu/e1 comme e/range4 ,et n'ayme ny conseill]1 ny suiure vne v]tu si sauuage et si *]e4 ,l'ar*] qui outrepasse le blanc1 faut comme celuy1 qui n'y arriue pas4 ,et les yeux me tr\bl5t mont] c\p1 v]s vne gr&e lumi]e galem5t comme deuall] l'ombre4 ,calliclez en ,platon dit1 l'extremit de la philosophie e/re dommageable3 et conseille de ne s'y enfonc] outre les bornes du pr(it3 que pr9se auec mod]ation1 elle e/ plaisante et commode3 mais qu'en f9 elle r5d vn homme sauuage et vicieux3 desdaigneux des religions1 et loix communes3 ennemy de la conu]sation ciuile3 ennemy des voluptez huma9es3 incapable de t\te adm9i/ration politique1 et de sec\rir autruy1 et de se sec\rir soy-mesme3 propre e/re impunem5t s\fflett4 ,il dit vray3 c> en son exces1 elle esclaue no/re naturelle fran*ise3 et n\s desuoye p> vne importune subtilit1 du beau et pla9 *em91 que nature n\s trace4 ,l'amiti que n\s portons nos femmes1 elle e/ tres-legitime3 la ,!ologie ne laisse pas de la brid] p\rtant1 et de la re/ra9dre4 ,il me semble auoir leu autresfois *ez ,s4 ,?omas1 en vn endroit o il condamne les m>iages des p>ans s degrez deff5dus1 cette raison p>my les autres3 ,qu'il y a dang] que l'amiti qu'on porte vne telle femme soit immod]e3 c> si l'affection m>itale s'y tr\ue enti]e et p>faicte1 comme elle doit2 et qu'on la sur*>ge encore de celle qu'on doit la p>5tele1 il n'y a po9t de d\bte1 que ce surcroi/ n'emporte vn tel m>y hors les b>ri]es de la raison4 ,les sci5ces qui regl5t les murs des hommes1 comme la ,!ologie et la ,philosophie1 elles se mesl5t de t\t4 ,il n'e/ action si priue et secrette1 qui se desrobbe de leur cognoissance et iurisdiction4 ,bi5 appr5tis sont ceux qui syndiqu5t leur lib]t4 ,ce sont les femmes qui communiqu5t tant qu'on veut leurs pieces g>onn]3 m$ec9]1 la honte le deff5d4 ,ie veux donc de leur "p appr5dre cecy aux m>is1 s'il s'en tr\ue encore qui y soi5t trop a*>nez3 c'e/ que les plaisirs mesmes qu'ils ont l'acco9tance de leurs femmes1 sont repr\uez1 si la mod]ation n'y e/ obs]ue3 et qu'il y a dequoy faillir en lic5ce et desbordem5t en ce subiect l1 comme en vn subiect illegitime4 ,ces en*]im5ts de%ontez1 que la *aleur premi]e n\s sugg]e en ce ieu1 sont non indecemm5t seulem5t1 mais dommageablem5t employez enu]s noz femmes4 ,qu'elles appr5n5t l'impud5ce au mo9s d'vne autre ma94 ,elles sont t\si\rs asss esueilles p\r no/re beso+4 ,ie ne m'y suis s]uy que de l'in/ruction naturelle et simple4 ,c'e/ vne religieuse liaison et deuote que le m>iage3 voyla p\rquoy le plaisir qu'on en tire1 ce doit e/re vn plaisir ret5u1 s]ieux et mesl quelque seu]it3 ce doit e/re vne volupt aucunem5t prud5te et consci5cieuse4 ,et p> ce que sa pr9cipale f9 c'e/ la g5]ation1 il y en a qui mett5t en d\bte1 si lors que n\s sommes sans l'esp]ance de ce fruict1 comme qu& elles sont hors d'aage1 ou ence9tes1 il e/ p]mis d'en re*]*] l'embrassem5t4 ,c'e/ vn homicide la mode de ,platon4 ,c]ta9es nations1 et entre autres la ,mahumetane1 abom95t la conionction auec les femmes ence9tes4 ,plusieurs aussi auec celles qui ont leurs flueurs4 ,z5obia ne receuoit son m>y que p\r vne *>ge2 et cela fait elle le laissoit c\rir t\t le temps de sa conception1 luy donnant lors seulem5t loy de recomm5c]3 braue et g5]eux exemple de m>iage4 ,c'e/ de quelque pote disetteux et affam de ce d$uit1 que ,platon emprunta cette n>ration3 ,que ,iuppit] fit sa femme vne si *aleureuse *>ge vn i\r1 que ne p\uant auoir pati5ce qu'elle eu/ gaign son lict1 il la v]sa sur le plan*]3 et p> la vehem5ce du plaisir1 oublia les resolutions gr&es et importantes1 qu'il v5oit de pr5dre auec les autres ,dieux en sa c\r cele/e3 se v5tant qu'il l'auoit tr\u aussi bon ce c\p l1 que lors que premi]em5t il la depucella ca*ette de leurs p>5ts4 ,les ,roys de ,p]se appelloi5t leurs femmes la compagnie de leurs fe/9s1 mais qu& le v9 v5oit les es*auff] en bon esci5t1 et qu'il falloit t\t fait1 las*] la bride la volupt1 ils les r'enuoioi5t en leur priu2 p\r ne les faire p>ticipantes de leurs appetits immod]ez2 et faisoi5t v5ir en leur lieu1 des femmes1 ausquelles ils n'euss5t po9t cette obligation de respect4 ,t\s plaisirs et t\tes gratifications ne sont pas bi5 loges en t\tes g5s4 ,epam9ondas auoit fait emprisonn] vn g>on desbau*2 ,pelopidas le pria de le mettre en lib]t en sa faueur2 il l'en refusa1 et l'accorda vne si5ne g>se1 qui aussi l'en pria3 disant1 que c'e/oit vne gratification deu vne amie1 non vn ,capita9e4 ,sophocles e/ant compagnon en la ,preture auec ,p]icles1 voyant de cas de =tune pass] vn beau g>on3 ,o le beau g>on que voyla6 feit-il ,p]icles4 ,cela s]oit bon vn autre qu' vn ,preteur1 luy dit ,p]icles2 qui doit auoir non les ma9s seulem5t1 mais aussi les yeux *a/es4 lius ,v]us l',emp]eur respondit sa femme comme elle se plaignoit1 dequoy il se laissoit all] l'am\r d'autres femmes2 qu'il le faisoit p> occasion consci5cieuse1 d'autant que le m>iage e/oit vn nom d'honneur et dignit1 non de fola/re et lasciue concupisc5ce4 ,et no/re hi/oire ,ecclesia/ique a cons]u auec honneur la memoire de cette femme1 qui repudia son m>y1 p\r ne v\loir second] et s\/5ir ses att\*em5s trop insol5s et desbordez4 ,il n'e/ en somme aucune si iu/e volupt1 en laquelle l'excez et l'intemp]ance ne n\s soit repro*able4 ,mais p>l] en bon esci5t1 e/-ce pas vn mis]able animal que l'homme8 ,a pe9e e/-il en son p\uoir p> sa condition naturelle1 de g\/] vn seul plaisir enti] et pur1 encore se met-il en pe9e de le retran*] p> disc\rs3 il n'e/ pas assez *etif1 si p> art et p> e/ude il n'augm5te sa mis]e1 ,=tun mis]as auximus arte vias4 ,la sagesse huma9e faict bi5 sottem5t l'+5ieuse1 de s'ex]c] rabattre le nombre et la d\ceur des voluptez1 qui n\s app>ti5n5t3 comme elle faict fauorablem5t et indu/rieusem5t1 d'employ] ses artifices n\s peign] et f>d] les maux1 et en alleg] le s5tim5t4 ,si i'eusse e/ *ef de "p1 i'eusse pr9s autre voye plus naturelle3 qui e/ dire1 vraye1 commode et sa9cte3 et me fusse peut e/re r5du assez =t p\r la born]4 ,quoy que noz m$ec9s spirituels et corporels1 comme p> complot faict entre eux1 ne tr\u5t aucune voye la gu]ison1 ny rem$e aux maladies du corps et de l'ame1 que p> le t\rm5t1 la d\leur et la pe9e4 ,les veilles1 les ieusnes1 les haires1 les exils lo9ta9s et solitaires1 les prisons p]petuelles1 les v]ges et autres afflictions1 ont e/ introduites p\r cela4 ,mais en telle condition1 que ce soy5t v]itablem5t afflictions1 et qu'il y ait de l'aigreur poignante3 et qu'il n'en adui5ne po9t comme vn ,gallio1 lequel ayant e/ enuoy en exil en l'isle de ,lesbos1 on fut adu]ty ,rome qu'il s'y donnoit du bon temps1 et que ce qu'on luy auoit enio9t p\r pe9e1 luy t\rnoit commodit4 ,p>quoy ils se rauis]5t de le r'appel] pres de sa femme1 et en sa maison2 et luy ordonn]5t de s'y t5ir1 p\r accommod] leur punition son ress5tim5t4 ,c> qui le ieune aiguis]oit la sant et l'allegresse1 qui le poisson s]oit plus appetissant que la *air1 ce ne s]oit plus recepte salutaire3 non plus qu'en l'autre m$ec9e1 les drogues n'ont po9t d'effect l'endroit de celuy qui les pr5t auec appetit et plaisir4 ,l'am]tume et la difficult sont circon/ances s]uants leur op]ation4 ,le naturel qui accept]oit la rub>be comme famili]e1 en corromproit l'vsage3 il faut que ce soit *ose qui blesse no/re e/omac p\r le gu]ir3 et icy faut la regle commune1 que les *oses se gu]iss5t p> leurs contraires3 c> le mal y gu]it le mal4 ,cette impression se rapporte aucunem5t cette autre si anci5ne1 de p5s] gratifi] au ,ciel et la nature p> no/re massacre et homicide1 qui fut vniu]sellem5t embrasse en t\tes religions4 ,encore du temps de noz p]es1 ,amurat en la pr9se de l',i/hme1 immola six c5s ieunes hommes ,grecs l'ame de son p]e3 af9 que ce sang s]ui/ de propitiation l'expiation des pe*ez du trespass4 ,et en ces n\uelles t]res desc\u]tes en no/re aage1 pures encore et vi]ges au prix des no/res1 l'vsage en e/ aucunem5t receu p> t\t4 ,t\tes leurs ,idoles s'abreuu5t de sang huma91 non sans diu]s exemples d'horrible cruaut4 ,on les brule vifs1 et demy ro/is on les retire du brasi]1 p\r leur arra*] le cur et les entrailles4 ,a d'autres1 voire aux femmes1 on les escor*e vifues1 et de leur peau a9si sanglante en reue/ on et masque d'autres4 ,et non mo9s d'exemples de con/ance et resolution4 ,c> ces pauures g5s sacrifiables1 vieill>s1 femmes1 enfans1 vont quelques i\rs auant1 que/ans eux mesmes les aumosnes p\r l'(fr&e de leur sacrifice1 et se pres5t5t la b\*]ie *antans et danans auec les assi/ans4 ,les ambassadeurs du ,roy de ,mexico1 faisans ent5dre ,f]n& ,cortez la gr&eur de leur mai/re2 apres luy auoir dict1 qu'il auoit tr5te vassaux1 desquels *acun p\uoit assembl] c5t mille combatans1 et qu'il se t5oit en la plus belle et =te ville qui fu/ s\bs le ,ciel1 luy adi\/]5t1 qu'il auoit sacrifi] aux ,dieux c9quante mille hommes p> an4 ,de vray1 ils dis5t qu'il n\rrissoit la gu]re auec c]ta9s gr&s peuples vois9s1 non seulem5t p\r l'ex]cice de la ieunesse du pas1 mais pr9cipallem5t p\r auoir dequoy f\rnir ses sacrifices1 p> des prisonni]s de gu]re4 ,ailleurs1 en c]ta9 b\rg1 p\r la bi5-v5ue dudit ,cortez1 ils sacrifi]5t c9quante hommes t\t la fois4 ,ie diray encore ce compte3 ,aucuns de ces peuples ayants e/ battuz p> luy1 enuoy]5t le recognoi/re et re*]*] d'amiti3 les messag]s luy pres5t]5t trois sortes de pres5s1 en cette mani]e3 ,seigneur voyla c9q esclaues3 si tu s vn ,dieu fi]1 qui te paisses de *air et de sang1 mange les1 et n\s t'en am]rons d'auantage3 si tu s vn ,dieu debonnaire1 voyla de l'enc5s et des plumes3 si tu s homme1 pr5s les oiseaux et les fruicts que voicy4 ,,*apitre ,,xxx4 ,des ,cannibales4 ,,qv& le ,roy ,pyrrhus passa en ,italie1 apres qu'il eut recongneu l'ordonnance de l'arme que les ,roma9s luy enuoyoi5t au deuant2 ,ie ne say1 dit-il1 quels b>b>es sont ceux-cy 7c> les ,grecs appelloy5t a9si t\tes les nations e/rang]es7 mais la disposition de cette arme que ie voy1 n'e/ aucunem5t b>b>e4 ,autant en dir5t les ,grecs de celle que ,flam9ius fit pass] en leur pas3 et ,philippus voyant d'vn t]tre1 l'ordre et di/ribution du camp ,roma91 en son ,royaume1 s\s ,publius ,sulpicius ,galba4 ,voil comm5t il se faut g>d] de s'atta*] aux op9ions vulgaires1 et les faut iug] p> la voye de la raison1 non p> la voix commune4 ,i'ay eu long temps auec moy vn homme qui auoit demeur dix ou d\ze ans en cet autre monde1 qui a e/ desc\u]t en no/re siecle1 en l'endroit o ,vilegaignon pr9t t]re1 qu'il surnomma la ,france ,ant>tique4 ,cette desc\u]te d'vn pas inf9y1 semble de gr&e consid]ation4 ,ie ne say si ie me puis respondre1 qu'il ne s'en face l'adu5ir quelqu'autre1 tant de p]sonnages plus gr&s que n\s ayans e/ trompez en cette-cy4 ,i'ay peur que n\s ayons les yeux plus gr&s que le v5tre1 et plus de curiosit1 que n\s n'auons de capacit4 ,n\s embrassons t\t1 mais n\s n'e/reignons que du v5t4 ,platon introduit ,solon racontant auoir appris des ,pre/res de la ville de ,sas en gypte1 que iadis et auant le deluge1 il y auoit vne gr&e ,isle nomme ,atlantide1 droict la b\*e du de/roit de ,gibalt>1 qui t5oit plus de pas que l',afrique et l',asie t\tes deux ensemble3 et que les ,roys de cette contre l1 qui ne poss$oi5t pas seulem5t cette ,isle1 mais s'e/oy5t e/5dus dans la t]re f]me si auant1 qu'ils t5oy5t de la l>geur d',afrique1 iusques en gypte1 et de la l>geur de l',europe1 iusques en la ,toscane1 entrepr9dr5t d'eniamb] iusques sur l',asie1 et subiugu] t\tes les nations qui bord5t la m] ,m$it]rane1 iusques au golfe de la m] ,mai\r3 et p\r cet effect1 trau]s]5t les ,espaignes1 la ,gaule1 l',italie iusques en la ,grece1 o les ,a!ni5s les s\/9dr5t3 mais que quelque temps apres1 et les ,a!ni5s et eux et leur ,isle fur5t engl\tis p> le deluge4 ,il e/ bi5 vray-semblable1 que cet extreme rauage d'eau ait faict des *angem5s e/ranges aux habitations de la t]re3 comme on ti5t que la m] a retran* la ,sicile d'auec l',italie3 ,hc loca vi quondam1 et va/a conuulsa ru9a ,dissiluisse f]unt1 cm prot9us vtraque tellus ,vna =et2 ,*ypre d'auec la ,surie2 l',isle de ,negrepont1 de la t]re f]me de la ,boce3 et io9t ailleurs les t]res qui e/oi5t diuises1 comblant de limon et de sable les fosses d'entre-deux4 ,/]ilisque diu palus aptque remis ,vic9as vrbes alit1 et graue s5tit aratrum4 ,mais il n'y a pas gr&e app>5ce1 que cette ,isle soit ce monde n\ueau1 que n\s v5ons de desc\urir3 c> elle t\*oit quasi l',espaigne1 et ce s]oit vn effect incroyable d'inundation1 de l'en auoir recule comme elle e/1 de plus de d\ze c5s lieus4 ,outre ce que les nauigations des mod]nes ont des-ia presque desc\u]t1 que ce n'e/ po9t vne isle1 a9s t]re f]me1 et cont95te auec l',inde ,ori5tale d'vn co/1 et auec les t]res1 qui sont s\bs les deux poles d'autre "p3 ou si elle en e/ sep>e1 que c'e/ d'vn si petit de/roit et int]ualle1 qu'elle ne mrite pas d'e/re nomme ,isle1 p\r cela4 ,il semble qu'il y aye des m\uem5s naturels les vns1 les autres fieureux en ces gr&s corps1 comme aux no/res4 ,qu& ie consid]e l'impression que ma riui]e de ,dordoigne faict de mon temps1 v]s la riue droicte de sa desc5te2 et qu'en v+t ans elle a tant gaign1 et desrob le fondem5t plusieurs ba/im5s1 ie vois bi5 que c'e/ vne agitation extraord9aire3 c> si elle fu/ t\si\rs alle ce tra91 ou deu/ all] l'adu5ir1 la figure du monde s]oit r5u]se4 ,mais il leur pr5d des *angem5ts4 ,tanto/ elles s'esp&5t d'vn co/1 tanto/ d'vn autre1 tanto/ elles se conti5n5t4 ,ie ne p>le pas des s\da9es inondations dequoy n\s manions les causes4 ,en ,m$oc1 le long de la m]1 mon fr]e ,sieur d',arsac1 voit vne si5ne t]re1 enseuelie s\bs les sables1 que la m] vomit deuant elle3 le fe/e d'aucuns ba/im5s p>oi/ encore3 ses r5tes et doma9es se sont es*angez en pasquages bi5 maigres4 ,les habitans dis5t que depuis quelque temps1 la m] se p\sse si =t v]s eux1 qu'ils ont p]du quatre lieus de t]re4 ,ces sables sont ses f\rri]s4 ,et voyons de gr&es montioies d'ar5es m\uantes1 qui m>*5t vne demie lieu deuant elle1 et gaign5t pas4 ,l'autre tesmoignage de l'antiquit1 auquel on veut rapport] cette desc\u]te1 e/ dans ,ari/ote1 au mo9s si ce petit liuret des m]ueilles in\yes e/ luy4 ,il raconte l1 que c]ta9s ,c>?ag9ois s'e/ants iettez au trau]s de la m] ,atlantique1 hors le de/roit de ,gibalt>1 et nauig long temps1 auoi5t desc\u]t en f9 vne gr&e isle f]tile1 t\te reue/u de bois1 et arr\se de gr&es et pr(ondes riui]es1 =t esloigne de t\tes t]res f]mes3 et qu'eux1 et autres depuis1 attirez p> la bont et f]tilit du t]roir1 s'y en all]5t auec leurs femmes et enfans1 et comm5c]5t s'y habitu]4 ,les ,seigneurs de ,c>?age1 voyans que leur pays se dpeuploit peu peu1 fir5t deff5ce expresse sur pe9e de mort1 que nul n'eu/ plus all] l1 et en *ass]5t ces n\ueaux habitans1 craignants1 ce qu'on dit1 que p> succession de temps ils ne v9s5t multipli] tellem5t qu'ils les supplantass5t eux mesmes1 et ru9ass5t leur e/at4 ,cette n>ration d',ari/ote n'a non plus d'accord auec nos t]res neufues4 ,cet homme que i'auoy1 e/oit homme simple et grossi]1 qui e/ vne condition propre r5dre v]itable tesmoignage4 ,c> les f9es g5s rem>qu5t bi5 plus curieusem5t1 et plus de *oses1 mais ils les glos5t3 et p\r faire valoir leur int]pretation1 et la p]suad]1 ils ne se peuu5t g>d] d'alt]] vn peu l',hi/oire3 ils ne v\s repres5t5t iamais les *oses pures2 ils les incl95t et masqu5t selon le visage qu'ils leur ont veu3 et p\r donn] cr$it leur iugem5t1 et v\s y attir]1 pre/5t volonti]s de ce co/ l la mati]e1 l'allong5t et l'amplifi5t4 ,ou il faut vn homme tres-fidelle1 ou si simple1 qu'il n'ait pas dequoy ba/ir et donn] de la vraysemblance des inu5tions fauces2 et qui n'ait ri5 esp\s4 ,le mi5 e/oit tel3 et outre cela il m'a faict voir diu]ses fois plusieurs mattelots et m>*ans1 qu'il auoit cogneuz en ce voyage4 ,a9si ie me cont5te de cette in=mation1 sans m'enqu]ir de ce que les ,cosmographes en dis5t4 ,il n\s faudroit des topographes1 qui n\s fiss5t n>ration p>ticuli]e des endroits o ils ont e/4 ,mais p\r auoir cet auantage sur n\s1 d'auoir veu la ,pale/9e1 ils veul5t i\r du priuilege de n\s cont] n\uelles de t\t le demeurant du monde4 ,ie v\droye que *acun escriui/ ce qu'il sait1 et autant qu'il en sait3 non en cela seulem5t1 mais en t\s autres subiects4 ,c> tel peut auoir quelque p>ticuli]e sci5ce ou exp]i5ce de la nature d'vne riui]e1 ou d'vne fonta9e1 qui ne sait au re/e1 que ce que *acun sait3 il entrepr5dra t\tesfois1 p\r faire c\rir ce petit lopp91 d'escrire t\te la ,physique4 ,de ce vice s\rd5t plusieurs gr&es incommoditez4 ,or ie tr\ue1 p\r reu5ir mon propos1 qu'il n'y a ri5 de b>b>e et de sauuage en cette nation1 ce qu'on m'en a rapport3 s9on que *acun appelle b>b>ie1 ce qui n'e/ pas de son vsage4 ,comme de vray n\s n'auons autre mire de la v]it1 et de la raison1 que l'exemple et ide des op9ions et vsances du pas o n\s sommes4 ,l e/ t\si\rs la p>faicte religion1 la p>faicte police1 p>faict et accomply vsage de t\tes *oses4 ,ils sont sauuages de mesmes que n\s appellons sauuages les fruicts1 que nature de soy et de son progrez ord9aire a produicts3 l o la v]it ce sont ceux que n\s auons alt]ez p> no/re artifice1 et de/\rnez de l'ordre commun1 que n\s deurions appell] plu/o/ sauuages4 ,en ceux l sont viues et vig\reuses1 les vrayes1 et plus vtiles et naturelles1 v]tus et proprietez2 lesquelles n\s auons abba/>dies en ceux-cy1 les accommodant au plaisir de no/re g\/ corrompu4 ,et si p\rtant la saueur mesme et delicatesse se tr\ue no/re g\/ mesme excell5te l'enui des no/res1 en diu]s fruits de ces contres l1 sans culture3 ce n'e/ pas raison que l'art gaigne le po9ct d'honneur sur no/re gr&e et puissante m]e nature4 ,n\s auons tant re*>g la beaut et ri*esse de ses ouurages p> noz inu5tions1 que n\s l'auons du t\t e/\ffe4 ,si e/-ce que p> t\t o sa puret reluit1 elle fait vne m]ueilleuse honte noz va9es et friuoles entrepr9ses4 ,et v5iunt h$] sponte sua melius1 ,surgit et 9 solis =mosior arbutus antris1 ,et volucres nulla dulcius arte canunt4 ,t\s nos ef=ts ne peuu5t seulem5t arriu] repres5t] le nid du mo9dre oyselet1 sa contexture1 sa beaut1 et l'vtilit de son vsage3 non pas la tissure de la *etiue araigne4 ,t\tes *oses1 dit ,platon1 sont produites ou p> la nature1 ou p> la =tune1 ou p> l'art4 ,les plus gr&es et plus belles p> l'vne ou l'autre des deux premi]es3 les mo9dres et imp>faictes p> la d]ni]e4 ,ces nations me sembl5t donc a9si b>b>es1 p\r auoir receu =t peu de faon de l'esprit huma91 et e/re encore =t vois9es de leur naifuet orig9elle4 ,les loix naturelles leur comm&5t encores1 =t peu abba/>dies p> les no/res4 ,mais c'e/ en telle puret1 qu'il me pr5d quelque fois desplaisir1 dequoy la cognoissance n'en soit v5u plu/o/1 du temps qu'il y auoit des hommes qui en euss5t seu mieux iug] que n\s4 ,il me desplai/ que ,lycurgus et ,platon ne l'ay5t eu3 c> il me semble que ce que n\s voyons p> exp]i5ce en ces nations l1 surpasse non seulem5t t\tes les pe9tures dequoy la posie a embelly l'aage dor1 et t\tes ses inu5tions fe9dre vne heureuse condition d'hommes3 mais encore la conception et le desir mesme de la philosophie4 ,ils n'ont peu imag9] vne naifuet si pure et simple1 comme n\s la voyons p> exp]i5ce3 ny n'ont peu croire que no/re societ se peu/ ma9t5ir auec si peu d'artifice1 et de s\deure huma9e4 ,c'e/ vne nation1 diroy-ie ,platon1 en laquelle il n'y a aucune espece de trafique2 nulle cognoissance de lettres2 nulle sci5ce de nombres2 nul nom de magi/rat1 ny de sup]iorit politique2 nul vsage de s]uice1 de ri*esse1 ou de pauuret2 nuls contrats2 nulles successions2 nuls p>tages2 nulles occupations1 qu'oysiues2 nul respect de p>5t1 que commun2 nuls ve/em5s2 nulle agriculture2 nul metal2 nul vsage de v9 ou de bl$4 ,les p>oles mesmes1 qui signifi5t la m5songe1 la trahison1 la dissimulation1 l'au>ice1 l'enuie1 la detraction1 le p>don1 in\yes4 ,combi5 tr\u]oit il la republique qu'il a imag9e1 esloigne de cette p]fection8 ,hos natura modos primm d$it4 ,au demeurant1 ils viu5t en vne contre de pas tres-plaisante1 et bi5 temp]e3 de faon qu' ce que m'ont dit mes tesmo+s1 il e/ r>e d'y voir vn homme malade3 et m'ont asseur1 n'en y auoir veu aucun tremblant1 *assieux1 ed5t1 ou c\rb de vieillesse4 ,ils sont assis le long de la m]1 et f]mez du co/ de la t]re1 de gr&es et hautes montaignes1 ayans entre-deux1 c5t lieus ou enuiron d'e/5due en l>ge4 ,ils ont gr&e abondance de poisson et de *airs1 qui n'ont aucune ressemblance aux no/res2 et les mang5t sans autre artifice1 que de les cuire4 ,le premi] qui y m5a vn *eual1 quoy qu'il les eu/ pratiquez plusieurs autres voyages1 leur fit tant d'horreur en cette assiette1 qu'ils le tu]5t c\ps de traict1 auant que le p\uoir recognoi/re4 ,leurs ba/im5s sont =t longs1 et capables de deux ou trois c5ts ames1 e/(fez d'escorse de gr&s arbres1 t5ans t]re p> vn b\t1 et se s\/5ans et appuyans l'vn contre l'autre p> le fe/e1 la mode d'aucunes de noz granges1 desquelles la c\u]ture p5d iusques t]re1 et s]t de flanq4 ,ils ont du bois si dur qu'ils en c\p5t et en font leurs espes1 et des grils cuire leur vi&e4 ,leurs licts sont d'vn tissu de cotton1 susp5duz contre le toict1 comme ceux de noz nauires1 *acun le si53 c> les femmes c\*5t "p des m>is4 ,ils se leu5t auec le ,soleil1 et mang5t s\da9 apres s'e/re leuez1 p\r t\te la i\rne3 c> ils ne font autre repas que celuy-l4 ,ils ne boiu5t pas lors1 comme ,suidas dit1 de quelques autres peuples d',ori5t1 qui beuuoi5t hors du mang]3 ils boiu5t plusieurs fois sur i\r1 et d'autant4 ,leur breuuage e/ faict de quelque rac9e1 et e/ de la c\leur de noz v9s clairets4 ,ils ne le boiu5t que ti$e4 ,ce breuuage ne se cons]ue que deux ou trois i\rs3 il a le g\/ vn peu picquant1 nullem5t fumeux1 salutaire l'e/oma*1 et laxatif ceux qui ne l'ont acc\/um3 c'e/ vne boisson tres-aggreable qui y e/ duit4 ,au lieu du pa9 ils vs5t d'vne c]ta9e mati]e blan*e1 comme du cori&re confit4 ,i'en ay ta/1 le g\/ en e/ d\x et vn peu fade4 ,t\te la i\rne se passe danc]4 ,les plus ieunes vont la *asse des be/es1 t\t des arcs4 ,vne p>tie des femmes s'amus5t cep5dant *auff] leur breuuage1 qui e/ leur pr9cipal (fice4 ,il y a quelqu'vn des vieill>ds1 qui le mat9 auant qu'ils se mett5t mang]1 pres*e en commun t\te la grange1 en se prom5ant d'vn b\t autre1 et r$isant vne mesme clause plusieurs fois1 iusques ce qu'il ayt a*eu le t\r1 c> ce sont ba/im5s qui ont bi5 c5t pas de longueur2 il ne leur recomm&e que deux *oses1 la vaillance contre les ennemis1 et l'amiti leurs femmes4 ,et ne faill5t iamais de rem>qu] cette obligation1 p\r leur refre91 que ce sont elles qui leur ma9ti5n5t leur boisson ti$e et assaisonne4 ,il se void en plusieurs lieux1 et entre autres *ez moy1 la =me de leurs lits1 de leurs cordons1 de leurs espes1 et brasselets de bois1 dequoy ils c\ur5t leurs poignets aux combats1 et des gr&es cannes ouu]tes p> vn b\t1 p> le son desquelles ils s\/i5n5t la cadance en leur dance4 ,ils sont raz p> t\t1 et se font le poil beauc\p plus nettem5t que n\s1 sans autre ras\r que de bois1 ou de pi]re4 ,ils croy5t les ames et]nelles2 et celles qui ont bi5 m]it des ,dieux1 e/re loges l'endroit du ciel o le ,soleil se leue3 les maudites1 du co/ de l',occid5t4 ,ils ont ie ne say quels ,pre/res et ,prophetes1 qui se pres5t5t bi5 r>em5t au peuple1 ayans leur demeure aux montaignes4 ,a leur arriue1 il se faict vne gr&e fe/e et assemble sol5nelle de plusieurs villages2 *aque grange1 comme ie l'ay descrite1 faict vn village1 et sont enuiron vne lieu ,franoise l'vne de l'autre4 ,ce ,prophete p>le eux en public1 les exhortant la v]tu et leur deuoir3 mais t\te leur sci5ce e?ique ne conti5t que ces deux articles de la resolution la gu]re1 et affection leurs femmes4 ,cettuy-cy leur progno/ique les *oses v5ir1 et les eu5em5s qu'ils doiu5t esp]] de leurs entrepr9ses3 les a*em9e ou de/\rne de la gu]re3 mais c'e/ p> tel si que o il faut bi5 deu9]1 et s'il leur adui5t autrem5t qu'il ne leur a pr$it1 il e/ ha* en mille pieces1 s'ils l'attrap5t1 et condamn p\r faux ,prophete4 ,a cette cause celuy qui s'e/ vne fois mescont1 on ne le void plus4 ,c'e/ don de ,dieu1 que la diu9ation3 voyla p\rquoy ce deuroit e/re vne impo/ure punissable d'en abus]4 ,entre les ,scy!s1 qu& les deu9s auoi5t failly de r5contre1 on les c\*oit en=gez de pi$s et de ma9s1 sur des *>riotes ple9es de bruy]e1 tires p> des bufs1 en quoy on les faisoit brusl]4 ,ceux qui mani5t les *oses subiettes la conduitte de l'huma9e suffisance1 sont excusables d'y faire ce qu'ils peuu5t4 ,mais ces autres1 qui n\s vi5n5t pipant des asseurances d'vne facult extraord9aire1 qui e/ hors de no/re cognoissance3 faut-il pas les punir1 de ce qu'ils ne ma9ti5n5t l'effect de leur promesse1 et de la tem]it de leur impo/ure8 ,ils ont leurs gu]res contre les nations1 qui sont au del de leurs montaignes1 plus auant en la t]re f]me1 ausquelles ils vont t\s nuds1 n'ayants autres armes que des arcs ou des espes de bois1 appo9tes p> vn b\t1 la mode des langues de noz espieuz4 ,c'e/ *ose esm]ueillable que de la f]met de leurs combats1 qui ne f9iss5t iamais que p> meurtre et effusion de sang3 c> de r\tes et d'effroy1 ils ne sau5t que c'e/4 ,*acun rapporte p\r son trophe la te/e de l'ennemy qu'il a tu1 et l'atta*e l'entre de son logis4 ,apres auoir long temps bi5 trait leurs prisonni]s1 et de t\tes les commoditez1 dont ils se peuu5t aduis]1 celuy qui en e/ le mai/re1 faict vne gr&e assemble de ses cognoissans4 ,il atta*e une corde l'vn des bras du prisonni]1 p> le b\t de laquelle il le ti5t1 esloign de quelques pas1 de peur d'en e/re (f5c1 et donne au plus *] de ses amis1 l'autre bras t5ir de mesme2 et eux deux en pres5ce de t\te l'assemble l'assomm5t c\ps d'espe4 ,cela faict ils le ro/iss5t1 et en mang5t en commun1 et en enuoy5t des lopp9s ceux de leurs amis1 qui sont abs5s4 ,ce n'e/ pas comme on p5se1 p\r s'en n\rrir1 a9si que faisoi5t anci5nem5t les ,scy!s1 c'e/ p\r repres5t] vne extreme v5geance4 ,et qu'il soit a9s91 ayans app]ceu que les ,portugais1 qui s'e/oi5t r'alliez leurs adu]saires1 vsoi5t d'vne autre sorte de mort contre eux1 qu& ils les pr5oi5t2 qui e/oit1 de les ent]r] iusques la ce9ture1 et tir] au demeurant du corps =ce c\ps de traict1 et les p5dre apres3 ils p5s]5t que ces g5s icy de l'autre monde 7comme ceux qui auoi5t sem la cognoissance de beauc\p de vices p>my leur vois9age1 et qui e/oi5t beauc\p plus gr&s mai/res qu'eux en t\te sorte de malice7 ne pr5oi5t pas sans occasion cette sorte de v5geance1 et qu'elle deuoit e/re plus aigre que la leur1 dont ils comm5c]5t de quitt] leur faon anci5ne1 p\r suiure cette-cy4 ,ie ne suis pas m>ry que n\s rem]quons l'horreur b>b>esque qu'il y a en vne telle action1 mais ouy bi5 dequoy iugeans po9t de leurs fautes1 n\s soyons si aueuglez aux no/res4 ,ie p5se qu'il y a plus de b>b>ie mang] vn homme viuant1 qu' le mang] mort1 des*ir] p> t\rm5s et p> geh5nes1 vn corps encore ple9 de s5tim5t1 le faire ro/ir p> le m5u1 le faire mordre et meurtrir aux *i5s1 et aux p\rceaux 7comme n\s l'auons non seulem5t leu1 mais veu de fres*e memoire1 non entre des ennemis anci5s1 mais entre des vois9s et concitoy5s1 et qui pis e/1 s\s pretexte de piet et de religion7 que de le ro/ir et mang] apres qu'il e/ trespass4 ,*rysippus et ,z5on *efs de la secte ,/oicque1 ont bi5 p5s qu'il n'y auoit aucun mal de se s]uir de no/re *>oigne1 quoy que ce fu/1 p\r no/re beso91 et d'en tir] de la n\rriture3 comme nos ance/res e/ans assiegez p> ,cs> en la ville d',alexia1 se resolur5t de s\/5ir la faim de ce siege p> les corps des vieill>s1 des femmes1 et autres p]sonnes inutiles au combat4 ,vascones1 fama e/1 alim5tis talibus vsi ,produx]e animas4 ,et les m$ec9s ne craign5t pas de s'en s]uir t\te sorte d'vsage1 p\r no/re sant2 soit p\r l'appliqu] au d$ans1 ou au dehors4 ,mais il ne se tr\ua iamais aucune op9ion si desregle1 qui excusa/ la trahison1 la desloyaut1 la tyrannie1 la cruaut1 qui sont noz fautes ord9aires4 ,n\s les p\uons donc bi5 appell] b>b>es1 eu esg>d aux regles de la raison1 mais non pas eu esg>d n\s1 qui les surpassons en t\te sorte de b>b>ie4 ,leur gu]re e/ t\te noble et g5]euse1 et a autant d'excuse et de beaut que cette maladie huma9e en peut receuoir3 elle n'a autre fondem5t p>my eux1 que la seule ial\sie de la v]tu4 ,ils ne sont pas en debat de la conque/e de n\uelles t]res3 c> ils i\yss5t encore de cette vb]t naturelle1 qui les f\rnit sans trauail et sans pe9e1 de t\tes *oses necessaires1 en telle abondance1 qu'ils n'ont que faire d'agr&ir leurs limites4 ,ils sont encore en cet heureux po9t1 de ne desir] qu'autant que leurs necessitez naturelles leur ordonn5t3 t\t ce qui e/ au del1 e/ sup]flu p\r eux4 ,ils s'entr'appell5t g5]allem5t ceux de mesme aage fr]es3 enfans1 ceux qui sont au dess\z2 et les vieill>ds sont p]es t\s les autres4 ,ceux-cy laiss5t leurs h]iti]s en commun1 cette ple9e possession de bi5s p> indiuis1 sans autre titre1 que celuy t\t pur1 que nature donne ses creatures1 les produisant au monde4 ,si leurs vois9s pass5t les montaignes p\r les v5ir assaillir1 et qu'ils emport5t la victoire sur eux1 l'acque/ du victorieux1 c'e/ la gloire1 et l'auantage d'e/re demeur mai/re en valeur et en v]tu3 c> autrem5t ils n'ont que faire des bi5s des va9cus1 et s'en ret\rn5t leurs pays1 o ils n'ont faute d'aucune *ose necessaire2 ny faute encore de cette gr&e p>tie1 de sauoir heureusem5t i\ir de leur condition1 et s'en cont5t]4 ,autant en font ceux-cy leur t\r4 ,ils ne dem&5t leurs prisonni]s1 autre ranon que la confession et recognoissance d'e/re va9cus4 ,mais il ne s'en tr\ue pas vn en t\t vn siecle1 qui n'ayme mieux la mort1 que de relas*]1 ny p> cont5ance1 ny de p>ole1 vn seul po9t d'vne gr&eur de c\rage inu9cible4 ,il ne s'en void aucun1 qui n'ayme mieux e/re tu et mang1 que de requ]ir seulem5t de ne l'e/re pas4 ,ils les traict5t en t\te lib]t1 af9 que la vie leur soit d'autant plus *]e3 et les entreti5n5t communm5t des m5asses de leur mort future1 des t\rm5s qu'ils y auront s\ffrir1 des appre/s qu'on dresse p\r cet effect1 du detran*em5t de leurs membres1 et du fe/9 qui se f]a leurs desp5s4 ,t\t cela se faict p\r cette seule f91 d'arra*] de leur b\*e quelque p>ole molle ou rabaisse1 ou de leur donn] enuie de s'en fuyr2 p\r gaign] cet auantage de les auoir esp\uantez1 et d'auoir faict =ce leur con/ance4 ,c> aussi le bi5 pr5dre1 c'e/ en ce seul po9t que consi/e la vraye victoire3 victoria nulla e/1 ,qum qu confessos animo quoque subiugat ho/es4 ,les ,hongres tres-belliqueux combattants1 ne p\rsuiuoi5t iadis leur po9te outre auoir r5du l'ennemy leur m]cy4 ,c> en ayant arra* cette confession1 ils le laissoy5t all] sans (f5se1 sans ranon2 sauf p\r le plus d'en tir] p>ole de ne s'arm] des lors en auant contre eux4 ,assez d'auantages gaignons n\s sur nos ennemis1 qui sont auantages empruntez1 non pas no/res4 ,c'e/ la qualit d'vn porte-faix1 non de la v]tu1 d'auoir les bras et les iambes plus roides3 c'e/ vne qualit morte et corporelle1 que la disposition3 c'e/ vn c\p de la =tune1 de faire bron*] no/re ennemy1 et de luy esbl\yr les yeux p> la lumi]e du ,soleil3 c'e/ vn t\r d'art et de sci5ce1 et qui peut tomb] en vne p]sonne las*e et de neant1 d'e/re suffisant l'escrime4 ,l'e/imation et le prix d'vn homme consi/e au cur et en la volont3 c'e/ l o gi/ son vray honneur3 la vaillance c'e/ la f]met1 non pas des iambes et des bras1 mais du c\rage et de l'ame3 elle ne consi/e pas en la valeur de no/re *eual1 ny de noz armes1 mais en la no/re4 ,celuy qui tombe ob/9 en son c\rage1 si succid]it1 de g5u pugnat4 ,qui p\r quelque dang] de la mort vois9e1 ne relas*e aucun po9t de son asseurance1 qui reg>de encores en r5dant l'ame1 son ennemy d'vne veu f]me et desdaigneuse1 il e/ battu1 non pas de n\s1 mais de la =tune3 il e/ tu1 non pas va9cu3 les plus vaillans sont p> fois les plus in=tunez4 ,aussi y a-il des p]tes triomphantes l'enui des victoires4 ,ny ces quatre victoires surs1 les plus belles que le ,soleil aye onques veu de ses yeux1 de ,salam9e1 de ,plates1 de ,mycale1 de ,sicile1 n'os]5t onques oppos] t\te leur gloire ensemble1 la gloire de la desconfiture du ,roy ,leonidas et des si5s au pas de ,!rmopyles1 ,qui c\rut iamais d'vne plus glorieuse enuie1 et plus ambitieuse au ga9 du combat1 que le ,capita9e ,is*olas la p]te8 ,qui plus +5ieusem5t et curieusem5t s'e/ asseur de son salut1 que luy de sa ru9e8 ,il e/oit commis deff5dre c]ta9 passage du ,peloponnese1 contre les ,arcadi5s2 p\r quoy faire1 se tr\uant du t\t incapable1 veu la nature du lieu1 et inegalit des =ces3 et se resoluant que t\t ce qui se pres5t]oit aux ennemis1 auroit de necessit y demeur]3 d'autre "p1 e/imant indigne et de sa propre v]tu et magnanimit1 et du nom ,lac$emoni51 de faillir sa *>ge3 il pr9t entre ces deux extremits1 vn moy5 p>ty1 de telle sorte3 ,les plus ieunes et dispos de sa tr\pe1 il les cons]ua la tuition et s]uice de leur pas1 et les y r5uoya3 et auec ceux desquels le defaut e/oit mo9dre1 il delib]a de s\/5ir ce pas3 et p> leur mort en faire a*ett] aux ennemis l'entre la plus *]e1 qu'il luy s]oit possible3 comme il adu9t4 ,c> e/ant tanto/ enuironn de t\tes p>ts p> les ,arcadi5s3 apres en auoir faict vne gr&e b\*]ie1 luy et les si5s fur5t t\s mis au fil de l'espe4 ,e/-il quelque trophe assign p\r les ve9cueurs1 qui ne soit mieux deu ces ve9cus8 ,le vray ve9cre a p\r son roolle l'e/\r1 non pas le salut3 et consi/e l'honneur de la v]tu1 combattre1 non battre4 ,p\r reu5ir no/re hi/oire1 il s'en faut tant que ces prisonni]s se r5d5t1 p\r t\t ce qu'on leur fait1 qu'au reb\rs p5dant ces deux ou trois mois qu'on les g>de1 ils port5t vne cont5ance gaye1 ils press5t leurs mai/res de se ha/] de les mettre en cette espreuue1 ils les deffi5t1 les iniuri5t1 leur repro*5t leur las*et1 et le nombre des battailles p]dus contre les leurs4 ,i'ay vne *anson faicte p> vn prisonni]1 o il y a ce traict3 ,qu'ils vi5n5t h>dim5t trt\s1 et s'assembl5t p\r disn] de luy1 c> ils mang]ont quant et quant leurs p]es et leurs ayeulx1 qui ont s]uy d'alim5t et de n\rriture son corps3 ces muscles1 dit-il1 cette *air et ces ve9es1 ce sont les vo/res1 pauure fols que v\s e/es3 v\s ne recognoissez pas que la sub/ance des membres de vos ance/res s'y ti5t encore3 sau\rez les bi51 v\s y tr\u]ez le g\/ de vo/re propre *air3 inu5tion1 qui ne s5t aucunem5t la b>b>ie4 ,ceux qui les peign5t m\rans1 et qui repres5t5t cette action qu& on les assomme1 ils peign5t le prisonni]1 cra*ant au visage de ceux qui le tu5t1 et leur faisant la m\4 ,de vray ils ne cess5t iusques au d]ni] s\spir1 de les brau] et deffi] de p>ole et de cont5ance4 ,sans m5tir1 au prix de n\s1 voila des hommes bi5 sauuages3 c> ou il faut qu'ils le soy5t bi5 bon esci5t1 ou que n\s le soyons3 il y a vne m]ueilleuse di/ance entre leur =me et la no/re4 ,les hommes y ont plusieurs femmes1 et en ont d'autant plus gr& nombre1 qu'ils sont en meilleure reputation de vaillance4 ,c'e/ vne beaut rem>quable en leurs m>iages1 que la mesme ial\sie que nos femmes ont p\r n\s empes*] de l'amiti et bi5-vueillance d'autres femmes1 les leurs l'ont t\te p>eille p\r la leur acqu]ir4 ,e/ans plus soigneuses de l'honneur de leurs m>is1 que de t\te autre *ose1 elles *]*5t et mett5t leur solicitude auoir le plus de compaignes qu'elles peuu5t1 d'autant que c'e/ vn tesmoignage de la v]tu du m>y4 ,les no/res cri]ont au miracle3 ce ne l'e/ pas4 ,c'e/ vne v]tu proprem5t matrimoniale3 mais du plus haut e/age4 ,et en la ,bible1 ,lea1 ,ra*el1 ,s>a et les femmes de ,iacob f\rnir5t leurs belles s]uantes leurs m>is1 et ,liuia seconda les appetits d',augu/e1 son int]e/3 et la femme du ,roy ,deiot>us ,/ratonique1 pre/a non seulem5t l'vsage de son m>y1 vne =t belle ieune fille de *ambre1 qui la s]uoit1 mais en n\rrit soigneusem5t les enfants3 et leur feit espaule succ$] aux e/ats de leur p]e4 ,et af9 qu'on ne p5se po9t que t\t cecy se face p> vne simple et s]uile obligation leur vsance1 et p> l'impression de l'au?orit de leur anci5ne c\/ume1 sans disc\rs et sans iugem5t1 et p\r auoir l'ame si /upide1 que de ne p\uoir pr5dre autre p>ty1 il faut allegu] quelques traits de leur suffisance4 ,outre celuy que ie vi5 de recit] de l'vne de leurs *ansons gu]ri]es1 i'en ay vn' autre am\reuse1 qui comm5ce en ce s5s3 ,c\leuure arre/e toy1 arre/e toy c\leuure1 af9 que ma sur tire sur le patron de ta pe9ture1 la faon et l'ouurage d'vn ri*e cordon1 que ie puisse donn] m'amie3 a9si soit en t\t temps ta beaut et ta disposition pref]e t\s les autres s]p5s4 ,ce premi] c\plet1 c'e/ le refre9 de la *anson4 ,or i'ay assez de comm]ce auec la posie p\r iug] cecy1 que non seulem5t il n'y a ri5 de b>b>ie en cette imag9ation1 mais qu'elle e/ t\t faict ,anacreontique4 ,leur langage au demeurant1 c'e/ vn langage d\x1 et qui a le son aggreable1 retirant aux t]m9aisons ,grecques4 ,trois d'entre eux1 ignorans combi5 c\tt]a vn i\r leur repos1 et leur bon heur1 la cognoissance des corruptions de de1 et que de ce comm]ce nai/ra leur ru9e1 comme ie presuppose qu'elle soit des-ia auance 7bi5 mis]ables de s'e/re laissez pipp] au desir de la n\uellet1 et auoir quitt la d\ceur de leur ciel1 p\r v5ir voir le no/re7 fur5t ,roan1 du temps que le feu ,roy ,*>les neufiesme y e/oit3 le ,roy p>la eux long temps1 on leur fit voir no/re faon1 no/re pompe1 la =me d'vne belle ville3 apres cela1 quelqu'vn en dem&a leur aduis1 et v\lut sauoir d'eux1 ce qu'ils y auoi5t tr\u de plus admirable3 ils respondir5t trois *oses1 dont i'ay p]du la troisiesme1 et en suis bi5 m>ry2 mais i'en ay encore deux en memoire4 ,ils dir5t qu'ils tr\uoi5t en premi] lieu =t e/range1 que tant de gr&s hommes portans b>be1 =ts et armez1 qui e/oi5t aut\r du ,roy 7il e/ vray-semblable qu'ils p>loi5t des ,suisses de sa g>de7 se s\bmiss5t obeir vn enfant1 et qu'on ne *oisissoit plu/o/ quelqu'vn d'entre eux p\r comm&]4 ,secondem5t 7ils ont vne faon de leur langage telle qu'ils nomm5t les hommes1 moiti les vns des autres7 qu'ils auoy5t app]ceu qu'il y auoit p>my n\s des hommes ple9s et gorgez de t\tes sortes de commoditez1 et que leurs moitiez e/oi5t m5dians leurs portes1 d*>nez de faim et de pauuret2 et tr\uoi5t e/range comme ces moitiez icy necessiteuses1 p\uoi5t s\ffrir vne telle iniu/ice1 qu'ils ne pr9s5t les autres la gorge1 ou miss5t le feu leurs maisons4 ,ie p>lay l'vn d'eux =t long temps1 mais i'auois vn tru*em5t qui me suiuoit si mal1 et qui e/oit si empes* receuoir mes imag9ations p> sa be/ise1 que ie n'en peus tir] ri5 qui vaille4 ,sur ce que ie luy dem&ay quel fruit il receuoit de la sup]iorit qu'il auoit p>my les si5s1 c> c'e/oit vn ,capita9e1 et noz matelots le nommoi5t ,roy1 il me dit1 que c'e/oit1 m>*] le premi] la gu]re3 ,de combi5 d'hommes il e/oit suiuy2 il me montra vne espace de lieu1 p\r signifi] que c'e/oit autant qu'il en p\rroit en vne telle espace1 ce p\uoit e/re quatre ou c9q mille hommes3 ,si hors la gu]re t\te son au?orit e/oit expire2 il dit qu'il luy en re/oit cela1 que qu& il visitoit les villages qui dp5doi5t de luy1 on luy dressoit des s5ti]s au trau]s des hayes de leurs bois1 p> o il peu/ pass] bi5 l'aise4 ,t\t cela ne va pas trop mal3 mais quoy8 ils ne port5t po9t de haut de *ausses4 ,,*apitre ,,xxxi4 ,qu'il faut sobrem5t se mesl] de iug] des ordonnances diu9es4 ,,le vray *amp et subiect de l'impo/ure1 sont les *oses inconnes3 d'autant qu'en premi] lieu l'e/ranget mesme donne cr$it1 et puis n'e/ants po9t subiectes nos disc\rs ord9aires1 elles n\s o/5t le moy5 de les combattre4 ,a cette cause1 dit ,platon1 e/-il bi5 plus ais de satisfaire1 p>lant de la nature des ,dieux1 que de la nature des hommes3 p> ce que l'ignorance des auditeurs pre/e vne belle et l>ge c>ri]e1 et t\te lib]t1 au maniem5t d'vne mati]e ca*ee4 ,il adui5t de l1 qu'il n'e/ ri5 creu si f]mem5t1 que ce qu'on sait le mo9s1 ny g5s si asseurez1 que ceux qui n\s cont5t des fables1 comme ,al*ymi/es1 ,progno/iqueurs1 ,iudiciaires1 ,*iromanti5s1 ,m$ec9s1 id g5us omne4 ,ausquels ie io9drois volonti]s1 si i'osois1 vn tas de g5s1 int]pretes et contr]olleurs ord9aires des dessa9s de ,dieu1 faisans e/at de tr\u] les causes de *asque accid5t1 et de veoir dans les secrets de la volont diu9e1 les motifs incompreh5sibles de ses uures4 ,et quoy que la v>iet et discordance cont9uelle des eu5em5s1 les reiette de co9 en co91 et d',ori5t en ,occid5t1 ils ne laiss5t de suiure p\rtant leur e/euf1 et de mesme creon pe9dre le blanc et le noir4 ,en vne nation ,indi5ne il y a cette loable obs]uance1 qu& il leur mes-adui5t en quelque r5contre ou bataille1 ils en dem&5t publiquem5t p>don au ,soleil1 qui e/ leur ,dieu1 comme d'vne action iniu/e3 rapportant leur heur ou malheur la raison diu9e1 et luy submettant leur iugem5t et disc\rs4 ,suffit vn ,*re/i5 croire t\tes *oses v5ir de ,dieu3 les receuoir auec recognoissance de sa diu9e et inscrutable sapi5ce3 p\rtant les pr5dre en bonne "p1 en quelque visage qu'elles luy soi5t enuoyees4 ,mais ie tr\ue mauuais ce que ie voy en vsage1 de *]*] f]mir et appuy] no/re religion p> la prosp]it de nos entreprises4 ,no/re creance a assez d'autres fondem5s1 sans l'au?oris] p> les eu5em5s4 ,c> le peuple acc\/um ces argum5s plausibles1 et proprem5t de son g\/1 il e/ dang]1 qu& les eu5em5s vi5n5t leur t\r contraires et des-auantageux1 qu'il en esbranle sa foi4 ,comme aux gu]res o n\s sommes p\r la ,religion1 ceux qui eur5t l'auantage au r5contre de la ,ro*elabeille1 faisans gr& fe/e de cet accid5t1 et se s]uans de cette =tune1 p\r c]ta9e approbation de leur p>ty3 qu& ils vi5n5t apres excus] leurs de=tunes de ,mont-cont\r et de ,i>nac1 sur ce que ce sont v]ges et *a/iem5s pat]nels1 s'ils n'ont vn peuple du t\t leur m]cy1 ils luy font assez aism5t s5tir que c'e/ pr5dre d'vn sac deux m\ltures1 et de mesme b\*e s\ffl] le *aud et le froid4 ,il vaudroit mieux l'entret5ir des vrays fondem5s de la v]it4 ,c'e/ une belle bataille nauale qui s'e/ gaignee ces mois passez contre les ,turcs1 s\s la conduite de dom ,ioan d',au/ria3 mais il a bi5 pleu ,dieu en faire autres fois voir d'autres telles nos desp5s4 ,somme1 il e/ mal-ais de ram5] les *oses diu9es no/re balance1 qu'elles n'y s\ffr5t du des*et4 ,et qui v\droit r5dre raison de ce que ,arrius et ,leon son ,pape1 *efs pr9cipaux de cette h]esie1 m\rur5t en diu]s temps1 de morts si p>eilles et si e/ranges 7c> retirez de la dispute p> d\leur de v5tre la g>d]obe1 t\s deux y r5dir5t subitem5t l'ame7 et exagg]] cette v5geance diu9e p> la circon/ance du lieu1 y p\rroit bi5 encore adi\/] la mort de ,heliogabalus1 qui fut aussi tu en vn retraict4 ,mais quoy8 ,ir5ee se tr\ue engag en mesme =tune4 ,dieu n\s v\lant appr5dre1 que les bons ont autre *ose esp]]3 et les mauuais autre *ose cra9dre1 que les =tunes ou in=tunes de ce monde3 il les manie et applique selon sa disposition occulte3 et n\s o/e le moy5 d'en faire sottem5t no/re pr(it4 ,et se moqu5t ceux qui s'en veul5t preualoir selon l'huma9e raison4 ,ils n'en donn5t iamais vne t\*e1 qu'ils n'en reoiu5t deux4 ,sa9ct ,augu/9 en fait vne belle preuue sur ses adu]saires4 ,c'e/ vn conflict1 qui se decide p> les armes de la memoire1 plus que p> celles de la raison4 ,il se faut cont5t] de la lumi]e qu'il plai/ au ,soleil n\s communiqu] p> ses rayons1 et qui esleu]a ses yeux p\r en pr5dre vne plus gr&e dans son corps mesme1 qu'il ne tr\ue pas e/range1 si p\r la pe9e de son outrecuidance il y p]d la veu4 ,quis hom9um pote/ scire consilium ,dei8 aut quis pot]it cogit>e1 quid velit ,dom9us8 ,,*apitre ,,xxxii4 ,de fuir les voluptez au pris de la vie4 ,i',,avois bi5 veu conu5ir en cecy la plusp>t des anci5nes op9ions3 ,qu'il e/ heure de m\rir lorsqu'il y a plus de mal que de bi5 viure3 et que de cons]u] no/re vie no/re t\rm5t et incommodit1 c'e/ *oqu] les regles mesmes de nature1 comme dis5t ces vieilles regles1 1 4 h 4 1 4 ,mais de p\ss] le mespris de la mort iusques tel degr1 que de l'employ] p\r se di/raire des honneurs1 ri*esses1 gr&eurs1 et autres faueurs et bi5s que n\s appellons de la =tune2 comme si la raison n'auoit pas assez affaire n\s p]suad] de les ab&onn]1 sans y adi\/] cette n\uelle re*>ge1 ie ne l'auois veu ny comm&]1 ny pratiqu]3 iusques lors que ce passage de ,s5eca me tomba entre ma9s1 auquel conseillant ,lucilius1 p]sonnage puissant et de gr&e au?orit aut\r de l',emp]eur1 de *ang] cette vie voluptueuse et pompeuse1 et de se retir] de cette ambition du monde1 quelque vie solitaire1 tranquille et philosophique3 sur quoy ,lucilius alleguoit quelques difficultez3 ,ie suis d'aduis1 dit-il1 que tu quites cette vie l1 ou la vie t\t faict3 bi5 te conseille-ie de suiure la plus d\ce voye1 et de de/a*] plu/o/ que de rompre ce que tu z mal no1 p\rueu que s'il ne se peut autrem5t de/a*]1 tu le rompes4 ,il n'y a homme si coard qui n'ayme mieux tomb] vne fois1 que de demeur] t\si\rs en bransle4 ,i'eusse tr\u ce conseil sortable la rudesse ,/oque3 mais il e/ plus e/range qu'il soit emprunt d',epicurus1 qui escrit ce propos1 *oses t\tes p>eilles ,idom5eus4 ,si e/-ce que ie p5se auoir rem>qu quelque traict semblable p>my nos g5s1 mais auec la mod]ation ,*re/i5ne4 ,sa9ct ,hilaire ,euesque de ,poiti]s1 ce fameux ennemy de l'h]esie ,arri5ne1 e/ant en ,syrie fut adu]ty qu',abra sa fille vnique1 qu'il auoit laissee p>dea auec sa m]e1 e/oit p\rsuyuie en m>iage p> les plus app>5s ,seigneurs du pas1 comme fille tres-bi5 n\rrie1 belle1 ri*e1 et en la fleur de son aage3 il luy escriuit1 comme n\s voyons1 qu'elle o/a/ son affection de t\s ces plaisirs et aduantages qu'on luy pres5toit3 qu'il luy auoit tr\u en son voyage vn p>ty bi5 plus gr& et plus digne1 d'vn m>y de bi5 autre p\uoir et magnific5ce1 qui luy f]oit pres5s de robes et de ioyaux1 de prix ine/imable4 ,son desse9 e/oit de luy faire p]dre l'appetit et l'vsage des plaisirs monda9s1 p\r la io9dre t\te ,dieu4 ,mais cela1 le plus c\rt et plus c]ta9 moy5 luy semblant e/re la mort de sa fille1 il ne cessa p> vux1 pri]es1 et oraisons1 de faire reque/e ,dieu de l'o/] de ce monde1 et de l'appell] soy3 comme il adu9t3 c> bi5-to/ apres son ret\r1 elle luy m\rut1 dequoy il montra vne s+uli]e ioye4 ,cettuy-cy semble en*]ir sur les autres1 de ce qu'il s'adresse ce moy5 de prime face1 lequel ils ne pr5n5t que subsidiairem5t1 et puis que c'e/ l'endroit de sa fille vnique4 ,mais ie ne veux obmettre le b\t de cette hi/oire1 encore qu'il ne soit pas de mon propos4 ,la femme de ,sa9ct ,hilaire ayant ent5du p> luy1 comme la mort de leur fille s'e/oit conduite p> son desse9 et volont1 et combi5 elle auoit plus d'heur d'e/re deslogee de ce monde1 que d'y e/re1 pr9t vne si viue appreh5sion de la beatitude et]nelle et cele/e1 qu'elle solicita son m>y auec extreme in/ance1 d'en faire autant p\r elle4 ,et ,dieu leurs pri]es communes1 l'ayant retiree soy1 bi5 to/ apres1 ce fut vne mort embrasse auec s+uli] cont5tem5t commun4 ,,*apitre ,,xxxiii4 ,la =tune se r5contre s\u5t au tra9 de la raison4 ,l',,incon/ance du bransle diu]s de la =tune1 fait qu'elle n\s doiue pres5t] t\te espece de visages4 ,y a il action de iu/ice plus expresse que celle cy8 ,le ,duc de ,val5t9ois ayant resolu d'empoisonn] ,adrian ,c>d9al de ,cornete1 *ez qui le ,pape ,alex&re sixiesme son p]e1 et luy alloy5t s\pp] au ,vatican3 enuoya deuant1 quelque b\teille de v9 empoisonn1 et comm&a au sommeli] qu'il la g>da/ bi5 soigneusem5t3 le ,pape y e/ant arriu auant le fils1 et ayant dem& boire1 ce sommeli]1 qui p5soit ce v9 ne luy auoir e/ recomm& que p\r sa bont1 en s]uit au ,pape1 et le ,duc mesme y arriuant sur le po9t de la collation1 et se fiant qu'on n'auroit pas t\* sa b\teille1 en prit son t\r2 en mani]e que le ,p]e en m\rut s\da91 et le fils apres auoir e/ longuem5t t\rm5t de maladie1 fut res]u vn' autre pire =tune4 ,quelquefois il semble po9t nomm qu'elle se ioe n\s4 ,le ,seigneur d',e/ree1 lors guidon de ,monsieur de ,v&osme1 et le ,seigneur de ,liques1 ,lieut5ant de la compagnie du ,duc d',ascot1 e/ans t\s deux s]uiteurs de la sur du ,sieur de ,f\ngueselles1 quoi que de diu]s p>tis 7comme il adui5t aux vois9s de la fronti]e7 le ,sieur de ,licques l'emporta3 mais le mesme i\r des nopces1 et qui pis e/1 auant le c\*]1 le m>i ayant enuie de rompre vn bois en faueur de sa n\uelle esp\se1 sortit l'esc>m\*e pres de ,s4 ,om]1 o le ,sieur d',e/ree se tr\uant le plus =t1 le feit son prisonni]3 et p\r faire valoir son aduantage1 encore fallut-il que la ,damoiselle1 ,coniugis ant coacta n\i dimitt]e collum1 ,qum v5i5s vna atque alt]a rursus hyems ,noctibus 9 longis auidum saturasset amorem1 luy fi/ elle mesme reque/e p> c\rtoisie de luy r5dre son prisonni]3 comme il fit1 la noblesse ,franoise1 ne refusant iamais ri5 aux ,dames4 ,semble-il pas que ce soit vn sort arti/e8 ,con/ant9 fils d',hel5e fonda l',empire de ,con/ant9ople3 et tant de siecles apres ,con/ant9 fils d',hel5e le f9it4 ,quelquefois il luy plai/ enui] sur nos miracles4 ,n\s t5ons que le ,roy ,cl\is assiegeant ,ang\lesme1 les murailles *eur5t d'elles mesmes p> faueur diu9e4 ,et ,b\*et emprunte de quelqu'au!ur1 que le ,roy ,rob]t assiegeant vne ville1 et s'e/ant desrob du siege1 p\r all] ,orleans solemniz] la fe/e ,sa9ct ,aignan1 comme il e/oit en deuotion1 sur c]ta9 po9t de la ,messe1 les murailles de la ville assiegee1 s'en all]5t sans aucun ef=t en ru9e4 ,elle fit t\t contrepoil en nos gu]res de ,milan3 c> le ,capita9e ,r5se assiegeant p\r n\s la ville d',eronne1 et ayant faict mettre la m9e s\bs vn gr& pan de mur1 et le mur en e/ant brusquem5t enleu hors de t]re1 re*eut t\tes-fois t\t emp5n1 si droit dans son fondem5t1 que les assiegez n'en vausir5t pas mo9s4 ,quelquefois elle fait la m$ec9e4 ,iason ,ph]eus e/ant ab&onn des m$ec9s1 p\r vne apo/eme1 qu'il auoit dans la poitr9e1 ayant enuie de s'en dfaire1 au mo9s p> la mort1 se ietta en vne bataille corps p]du dans la presse des ennemis1 o il fut bless trau]s le corps1 si po9t1 que son apo/eme en creua1 et gu]it4 ,surpassa elle pas le pe9tre ,protog5es en la sci5ce de son art8 ,cettuy-cy ayant p>faict l'image d'vn *i5 las et recreu1 son cont5tem5t en t\tes les autres p>ties1 mais ne p\uant repres5t] son gr l'escume et la baue1 despit contre sa besongne1 prit son esponge1 et comme elle e/oit abreuuee de diu]ses pe9tures1 la ietta contre1 p\r t\t effac]3 la =tune porta t\t propos le c\p l'endroit de la b\*e du *i51 et y p>f\rnit ce quoy l'art n'auoit peu atta9dre4 ,n'adresse elle pas quelquefois nos conseils1 et les corrige8 ,isabel ,royne d',anglet]re1 ayant repass] de ,zel&e en son ,royaume1 auec vne armee1 en faueur de son fils contre son m>y1 e/oit p]due1 si elle fu/ arriuee au port qu'elle auoit proiett1 y e/ant att5due p> ses ennemis3 mais la =tune la ietta contre son v\loir ailleurs1 o elle pr9t t]re en t\te seuret4 ,et cet anci5 qui ruant la pi]re vn *i51 en ass5a et tua sa m>a/re1 eut-il pas raison de prononc] ce v]s3 2 ,la =tune a meilleur aduis que n\s4 ,icetes auoit prattiqu deux soldats1 p\r tu] ,timoleon1 sei\rnant ,adrane en la ,sicile4 ,ils pr9dr5t heure1 sur le po9t qu'il f]oit quelque sacrifice4 ,et se meslans p>my la multitude1 comme ils se guignoy5t l'vn l'autre1 que l'occasion e/oit propre leur besoigne3 voicy vn ti]s1 qui d'vn gr& c\p d'espee1 en ass5e l'vn p> la te/e1 et le rue mort p> t]re1 et s'en fuit4 ,le compagnon se t5ant p\r desc\u]t et p]du1 rec\rut l'autel1 requ]ant fran*ise1 auec promesse de dire t\te la v]it4 ,a9si qu'il faisoit le compte de la coniuration1 voicy le ti]s qui auoit e/ attrap1 lequel comme meurtri]1 le peuple p\sse et sab\le au trau]s la presse1 v]s ,timoleon1 et les plus app>5ts de l'assemblee4 ,l il crie m]cy3 et dit auoir ju/em5t tu l'assass9 de son p]e3 v]ifiant sur le *amp1 p> des tesmo+s que son bon sort luy f\rnit1 t\t propos1 qu'en la ville des ,leont9s son p]e1 de vray1 auoit e/ tu p> celuy sur lequel il s'e/oit v5g4 ,on luy ordonna dix m9es ,attiques1 p\r auoir eu cet heur1 pr5ant raison de la mort de son p]e1 de retir] de mort le p]e commun des ,sicili5s4 ,cette =tune surpasse en reglem5t1 les regles de l'huma9e prud5ce4 ,p\r la f93 en ce faict icy1 se desc\ure il pas vne bi5 expresse application de sa faueur1 de bont et piet s+uli]e8 ,ignatius ,p]e et fils1 proscripts p> les ,triumuirs ,rome1 se resolur5t ce g5]eux (fice1 de r5dre leurs vies1 entre les ma9s l'vn de l'autre1 et en fru/r] la cruaut des ,tyrans3 ils se c\rur5t sus1 l'espee au po+3 elle en dressa les po9tes1 et en fit deux c\ps esgalem5t mortels3 et donna l'honneur d'vne si belle amiti1 qu'ils euss5t iu/em5t la =ce de retir] encore des playes leurs bras sanglants et arms1 p\r s'entrembrass] en cet e/at1 d'vne si =te e/ra9te1 que les b\rreaux c\p]5t ensemble leurs deux te/es1 laissans les corps t\si\rs pris en ce noble neud2 et les playes io9tes1 humans am\reusem5t1 le sang et les re/es de la vie1 l'vne de l'autre4 ,,*apitre ,,xxxiiii4 ,d'vn defaut de nos polices4 ,,fev mon p]e1 homme p\r n'e/re ayd que de l'exp]i5ce et du naturel1 d'vn iugem5t bi5 net1 m'a dict autrefois1 qu'il auoit desir mettre en tra91 qu'il y eu/ s villes c]ta9 lieu design1 auquel ceux qui auroi5t beso9 de quelque *ose1 se peuss5t r5dre1 et faire enregi/r] leur affaire vn (fici] e/ably p\r cet effect3 comme1 ie *]*e v5dre des p]les3 ie *]*e des p]les v5dre2 tel veut compagnie p\r all] ,p>is2 tel s'enqui]t d'vn s]uiteur de telle qualit1 tel d'vn mai/re2 tel dem&e vn ouuri]3 qui cecy1 qui cela1 *acun selon son beso+4 ,et semble que ce moy5 de n\s entr'adu]tir1 apport]oit non leg]e commodit au comm]ce publique4 ,c> t\s c\ps1 il y a des conditions1 qui s'entre*]*5t1 et p\r ne s'entr'ent5dre1 laiss5t les hommes en extreme necessit4 ,i'ent5s auec vne gr&e honte de no/re siecle1 qu' no/re veu1 deux tres-excell5s p]sonnages en sauoir1 sont morts en e/at de n'auoir pas leur sa\l mang]3 ,lilius ,gregorius ,giraldus en ,italie1 et ,seba/ianus ,ca/alio en ,allemaigne4 ,et croy qu'il y a mil'hommes qui les euss5t appellez auec tres-aduantageuses conditions1 ou sec\rus o ils e/oi5t s'ils l'euss5t seu4 ,le monde n'e/ pas si g5]alem5t corrompu1 que ie ne sa*e tel homme1 qui s\haitt]oit de bi5 gr&e affection1 que les moy5s que les si5s luy ont mis en ma91 se peuss5t employ] tant qu'il plaira la =tune qu'il en i\isse1 mettre l'abry de la necessit1 les p]sonnages r>es et rem>quables en quelque espece de valeur1 que le mal-heur combat quelquefois iusques l'extremit3 et qui les mettroit p\r le mo9s en tel e/at1 qu'il ne ti5droit qu' faute de bon disc\rs1 s'ils n'e/oy5t cont5s4 ,en la police conomique mon p]e auoit cet ordre1 que ie say loer1 mais nullem5t ensuiure4 ,c'e/ qu'outre le regi/re des negoces du mesnage1 o se log5t les m5us comptes1 payem5ts1 m>*s1 qui ne requi]5t la ma9 du ,notaire1 lequel regi/re1 vn ,receueur a en *>ge3 il ordonnoit celuy de ses g5ts1 qui luy s]uoit escrire1 vn papi] i\rnal1 ins]] t\tes les suru5ances de quelque rem>que1 et i\r p> i\r les memoires de l'hi/oire de sa maison3 tres-plaisante veoir1 qu& le temps comm5ce en effac] la s\u5ance1 et tres propos p\r n\s o/] s\u5t de pe9e4 ,qu& fut entamee telle besoigne1 qu& a*euee3 quels tra9s y ont pass1 combi5 arre/3 noz voyages1 noz abs5ces1 m>iages1 morts3 la reception des heureuses ou mal5contreuses n\uelles3 *angem5t des s]uiteurs pr9cipaux3 telles mati]es4 ,vsage anci51 que ie tr\ue bon rafrai*ir1 *acun en sa *acuni]e3 et me tr\ue vn sot d'y auoir failly4 ,,*apitre ,,xxxv4 ,de l'vsage de se ve/ir4 ,,ov que ie vueille donn]1 il me faut =c] quelque b>ri]e de la c\/ume1 tant ell'a soigneusem5t brid t\tes nos au5ues4 ,ie deuisoy en cette saison frilleuse1 si la faon d'all] t\t nud de ces nations d]ni]em5t tr\uees1 e/ vne faon =cee p> la *aude temp]ature de l'air1 comme n\s disons des ,indi5s1 et des ,mores1 ou si c'e/ l'orig9elle des hommes4 ,les g5s d'ent5dem5t1 d'autant que t\t ce qui e/ s\bs le ciel1 comme dit la sa9cte ,p>ole1 e/ subiect mesmes loix1 ont acc\/um en p>eilles consid]ations celles icy1 o il faut di/+u] les loix naturelles des contr\uees1 de rec\rir la g5]ale police du monde1 o il n'y peut auoir ri5 de contrefaict4 ,or t\t e/ant exactem5t f\rny ailleurs de filet et d'guille1 p\r ma9t5ir son e/re1 il e/ mcreable1 que n\s soyons seuls produits en e/at deffectueux et indig5t1 et en e/at qui ne se puisse ma9t5ir sans sec\rs e/rang]4 ,a9si ie ti5s que comme les plantes1 arbres1 animaux1 et t\t ce qui vit1 se treuue naturellem5t equipp de suffisante c\u]ture1 p\r se deff5dre de l'iniure du temps1 ,propt]eque f] res omnes1 aut corio sunt1 ,aut seta1 aut con*is1 aut callo1 aut cortice1 tect1 aussi e/ions n\s3 mais comme ceux qui e/eign5t p> artificielle lumi]e celle du i\r1 n\s auons e/e9t nos propres moy5s1 p> les moy5s empruntez4 ,et e/ ais voir que c'e/ la c\/ume qui n\s fait impossible ce qui ne l'e/ pas4 ,c> de ces nations qui n'ont aucune cognoissance de ve/em5s1 il s'en tr\ue d'assises enuiron s\bs mesme ciel1 que le no/re1 et s\bs bi5 plus rude ciel que le no/re4 ,et puis la plus delicate p>tie de n\s e/ celle qui se ti5t t\si\rs desc\u]te3 les yeux1 la b\*e1 le nez1 les oreilles2 noz contad9s1 comme noz ayeulx1 la p>tie pectorale et le v5tre4 ,si n\s fussions nez auec condition de cotillons et de greguesques1 il ne faut faire d\bte1 que nature n'eu/ arm d'vne peau plus espoisse ce qu'elle eu/ ab&onn la bat]ie des saisons1 comme elle a faict le b\t des doigts et plante des pi$s4 ,p\rquoy semble il difficile croire8 entre ma faon d'e/re ve/u1 et celle du pasan de mon pas1 ie tr\ue bi5 plus de di/ance1 qu'il n'y a de sa faon1 celle d'vn homme1 qui n'e/ ve/u que de sa peau4 ,combi5 d'hommes1 et en ,tur*ie sur t\t1 vont nuds p> deuotion8 ,ie ne say qui dem&oit vn de nos gueux1 qu'il voyoit en *emise en ple9 hyu]1 aussi sc>billat que tel qui se ti5t ammitonn dans les m>tes iusques aux oreilles1 comme il p\uoit auoir pati5ce3 ,et v\s monsieur1 respondit-il1 v\s auez bi5 la face desc\u]te3 or moy ie suis t\t face4 ,les ,itali5s cont5t du fol du ,duc de ,flor5ce1 ce me semble1 que son mai/re s'enqu]ant comm5t a9si mal ve/u1 il p\uoit port] le froid1 quoy il e/oit bi5 empes* luy-mesme3 ,suiuez1 dit-il1 ma recepte de *>g] sur v\s t\s vos acc\/rem5ts1 comme ie fay les mi5s1 v\s n'en s\ffrirez non plus que moy4 ,le ,roy ,mass9issa iusques l'extreme vieillesse1 ne peut e/re induit all] la te/e c\u]te p> froid1 orage1 et pluye qu'il fi/1 ce qu'on dit aussi de l',emp]eur ,seu]us4 ,aux batailles donnees entre les gypti5s et les ,p]ses1 ,h]odote dit auoir e/ rem>qu et p> d'autres1 et p> luy1 que de ceux qui y demeuroi5t morts1 le te/ e/oit sans comp>aison plus dur aux gypti5s qu'aux ,p]ses3 raison que ceux cy port5t t\si\rs leurs te/es c\u]tes de begu9s1 et puis de turbans3 ceux la rases des l'enfance et desc\u]tes4 ,et le ,roy ,agesilaus obs]ua iusques sa decrepitude1 de port] p>eille ve/ure en hyu] qu'en e/4 ,cs>1 dit ,suetone1 m>*oit t\si\rs deuant sa tr\pe1 et le plus s\u5t pi$1 la te/e desc\u]te1 soit qu'il fi/ ,soleil1 ou qu'il pleu/1 et autant en dit-on de ,hannibal1 tum v]tice nudo ,excip]e insanos imbres1 clique ru9am4 ,vn ,v5iti51 qui s'y e/ t5u long temps1 et qui ne fait que d'en v5ir1 escrit qu'au ,royaume du ,pegu1 les autres p>ties du corps ve/ues1 les hommes et les femmes vont t\si\rs les pi$s nuds1 mesme *eual4 ,et ,platon conseille m]ueilleusem5t p\r la sant de t\t le corps1 de ne donn] aux pi$s et la te/e autre c\u]ture1 que celle que nature y a mise4 ,celuy que les ,polonnois ont *oisi p\r leur ,roy1 apres le no/re1 qui e/ la v]it l'vn des plus gr&s ,pr9ces de no/re siecle1 ne porte iamais g&s1 ny ne *ange p\r hyu] et temps qu'il face1 le mesme bonnet qu'il porte au c\u]t4 ,comme ie ne puis s\ffrir d'all] deb\tonn et de/a*1 les lab\reurs de mon vois9age se s5tiroi5t entrauez de l'e/re4 ,v>ro ti5t1 que qu& on ordonna que n\s t9sions la te/e desc\u]te1 en pres5ce des ,dieux ou du ,magi/rat1 on le fit plus p\r no/re sant1 et n\s f]mir contre les iniures du temps1 que p\r compte de la reu]5ce4 ,et puis que n\s sommes sur le froid1 et ,franois acc\/umez n\s bigu>r]1 7non pas moy1 c> ie ne m'habille gui]e que de noir ou de blanc1 l'imitation de mon p]e7 adi\/ons d'vne autre piece1 que le ,capita9e ,m>t9 du ,bellay recite1 au voyage de ,luxemb\rg1 auoir veu les gelees si aspres1 que le v9 de la munition se c\poit c\ps de ha*e et de coignee1 se debitoit aux soldats p> poix1 et qu'ils l'emportoi5t dans des panni]s3 et ,ouide1 ,nudque consi/unt1 =mam s]uantia te/1 ,v9a2 nec hau/a m]i1 s$ data fru/a1 bibunt4 ,les gelees sont si aspres en l'emb\*eure des ,palus ,motides1 qu'en la mesme place o le ,lieut5ant de ,mi?ridates auoit liur bataille aux ennemis pi$ sec1 et les y auoit desfaicts1 l'e/ v5u1 il y gaigna contre eux encore vne bataille naualle4 ,les ,roma9s s\ffrir5t gr& desaduantage au combat qu'ils eur5t contre les ,c>?ag9ois pres de ,plaisance1 de ce qu'ils all]5t la *>ge1 le sang fig1 et les membres contre9ts de froid3 l o ,hannibal auoit faict esp&re du feu p> t\t son o/1 p\r es*auf] ses soldats3 et di/ribu] de l'huyle p> les b&es1 af9 que s'oignants1 ils r5diss5t leurs n]fs plus s\ples et desg\rdis1 et encr\/ass5t les pores contre les c\ps de l'air et du v5t gel1 qui c\roit lors4 ,la retraitte des ,grecs1 de ,babylone en leurs pas1 e/ fameuse des difficultez et mesaises1 qu'ils eur5t surmont]4 ,cette cy en fut1 qu'accueillis aux montaignes d',arm5ie d'vn horrible rauage de neiges1 ils en p]dir5t la cognoissance du pas et des *em9s3 et en e/ants assiegs t\t c\rt1 fur5t vn i\r et vne nuict1 sans boire et sans mang]1 la plus "p de leurs be/es mortes3 d'entre eux plusieurs morts1 plusieurs aueugles du c\p du gresil1 et lueur de la neige3 plusieurs e/ropis p> les extremitez3 plusieurs roides transis et immobiles de froid1 ayants encore le s5s enti]4 ,alex&re veit vne nation en laquelle on ent]re les arbres fruiti]s en hyu] p\r les def5dre de la gelee3 et n\s en p\uons aussi voir4 ,sur le subiect de ve/ir1 le ,roy de la ,mexique *angeoit quatre fois p> i\r d'acc\/rem5s1 iamais ne les reit]oit1 employant sa desf]re ses cont9uelles lib]alitez et recomp5ses3 comme aussi ny pot1 ny plat1 ny vt5sile de sa cuis9e1 et de sa table1 ne luy e/oi5t s]uis deux fois4 ,,*apitre ,,xxxvi4 ,du ieune ,caton4 ,,ie n'ay po9t cette erreur commune1 de iug] d'vn autre selon que ie suis4 ,i'en croy aysm5t des *oses diu]ses moy4 ,p\r me s5tir engag vne =me1 ie n'y oblige pas le monde1 comme *ascun fait1 et croy1 et conoy mille contraires faons de vie3 et au reb\rs du commun1 reoy plus facilem5t la diff]5ce1 que la ressemblance en n\s4 ,ie des*>ge tant qu'on veut1 vn autre e/re1 de mes conditions et pr9cipes3 et le consid]e simplem5t en luy mesme1 sans relation1 l'e/(fant sur son propre modelle4 ,p\r n'e/re cont95t1 ie ne laisse d'aduoer s9c]em5t1 la cont95ce des ,feuillans et des ,capu*9s1 et de bi5 tr\u] l'air de leur tra94 ,ie m'ins9ue p> imag9ation =t bi5 en leur place3 et les ayme et les honore d'autant plus1 qu'ils sont autres que moy4 ,ie desire s+uli]em5t1 qu'on n\s iuge *ascun "p soy3 et qu'on ne me tire en consequ5ce des communs exemples4 ,ma foiblesse n'alt]e aucunem5t les op9ions que ie dois auoir de la =ce et vigueur de ceux qui le mrit5t4 ,sunt1 qui nihil suad5t1 qum quod se imit>i posse confidunt4 ,rampant au limon de la t]re1 ie ne laisse pas de rem>qu] iusques dans les nus la hauteur inimitable d'aucunes ames h]oques4 ,c'e/ beauc\p p\r moy d'auoir le iugem5t regl1 si les effects ne le peuu5t e/re1 et ma9t5ir au mo9s cette mai/resse p>tie1 exempte de corruption4 ,c'e/ quelque *ose d'auoir la volont bonne1 qu& les iambes me faill5t4 ,ce siecle1 auquel n\s viuons1 au mo9s p\r no/re climat1 e/ si plomb1 que ie ne dis pas l'execution1 mais l'imag9ation mesme de la v]tu en e/ dire3 et semble que ce ne soit autre *ose qu'vn i>gon de college4 ,virtutem v]ba putant1 vt ,lucum ligna2 quam v]]i deb]5t1 etiam si p]cip]e non poss5t4 ,c'e/ vn affiquet p5dre en vn cab9et1 ou au b\t de la langue1 comme au b\t de l'oreille1 p\r p>em5t4 ,il ne se recognoi/ plus d'action v]tueuse3 celles qui en port5t le visage1 elles n'en ont pas p\rtant l'ess5ce3 c> le pr(it1 la gloire1 la cra9te1 l'acc\tumance1 et autres telles causes e/rang]es n\s a*em95t les produire4 ,la iu/ice1 la vaillance1 la debonnairet1 que n\s ex]ons lors1 elles peuu5t e/re a9si nommees1 p\r la consid]ation d'autruy1 et du visage qu'elles port5t en public3 mais *ez l'ouuri]1 ce n'e/ aucunem5t v]tu4 ,il y a vne autre f9 proposee1 autre cause m\uante4 ,or la v]tu n'aduoe ri51 que ce qui se faict p> elle1 et p\r elle seule4 ,en cette gr&e bataille de ,potidee1 que les ,grecs s\s ,pausanias gaign]5t contre ,m>donius1 et les ,p]ses3 les victorieux suiuant leur c\/ume1 v5ants p>tir entre eux la gloire de l'exploit1 attribu]5t la nation ,sp>tiate la precell5ce de valeur en ce combat4 ,les ,sp>tiates excell5ts iuges de la v]tu1 qu& ils v9dr5t decid]1 quel p>ticuli] de leur nation debuoit demeur] l'honneur d'auoir le mieux faict en cette i\rnee1 tr\u]5t qu',ari/odemus s'e/oit le plus c\rageusem5t has>d3 mais p\rtant ils ne luy en donn]5t po9t de prix1 p> ce que sa v]tu auoit e/ incitee du desir de se purg] du repro*e1 qu'il auoit enc\ru au faict des ,!rmopyles3 et d'vn appetit de m\rir c\rageusem5t1 p\r g>antir sa honte passee4 ,nos iugem5s sont encores malades1 et suyu5t la deprauation de nos murs4 ,ie voy la plusp>t des esprits de mon temps faire les +5ieux obscurcir la gloire des belles et g5]euses actions anci5nes1 leur donnant quelque int]pretation vile1 et leur contr\uant des occasions et des causes va9es4 ,gr&e subtilit4 ,qu'on me donne l'action la plus excell5te et pure1 ie m'en vois y f\rnir vraysemblablem5t c9quante vitieuses int5tions4 ,dieu sait1 qui les veut e/5dre1 quelle diu]sit d'images ne s\ffre no/re int]ne volont4 ,ils ne font pas tant malitieusem5t1 que l\rdem5t et grossi]em5t1 les +5ieux1 t\t leur mesdisance4 ,la mesme pe9e1 qu'on pr5t detract] de ces gr&s noms1 et la mesme lic5ce1 ie la pr5droye volonti]s leur pre/] quelque t\r d'espaule p\r les hauss]4 ,ces r>es figures1 et triees p\r l'exemple du monde1 p> le cons5tem5t des sages1 ie ne me fe9droy pas de les re*>g] d'honneur1 autant que mon inu5tion p\rroit1 en int]pretation et fauorable circon/ance4 ,et il faut croire1 que les ef=ts de no/re inu5tion sont lo+ au dess\s de leur m]ite4 ,c'e/ l'(fice des g5ts de bi51 de pe9dre la v]tu la plus belle qui se puisse4 ,et ne messi]oit pas1 qu& la passion n\s transport]oit la faueur de si sa9ctes =mes4 ,ce que ceux cy font au contraire1 ils le font ou p> malice1 ou p> ce vice de ram5] leur creance leur portee1 dequoy ie vi5s de p>l]3 ou comme ie p5se plu/o/1 p\r n'auoir pas la veu assez =te et assez nette ny dressee conceuoir la spl5deur de la v]tu en sa puret naifue4 ,comme ,plut>que dit1 que de son temps1 aucuns attribuoi5t la cause de la mort du ieune ,caton1 la cra9te qu'il auoit eu de ,cs>3 dequoy il se picque auecques raison3 et peut on iug] p> l1 combi5 il se fu/ encore plus (f5c de ceux qui l'ont attribuee l'ambition4 ,sottes g5ts4 ,il eu/ bi5 faict vne belle action1 g5]euse et iu/e plu/o/ auec ignom9ie1 que p\r la gloire4 ,ce p]sonnage l fut v]itablem5t vn patron1 que nature *oisit1 p\r montr] iusques o l'huma9e v]tu et f]met p\uoit atte9dre4 ,mais ie ne suis pas icy mesmes p\r traict] ce ri*e argum5t4 ,ie veux seulem5t faire luit] ensemble1 les traicts de c9q potes ,lat9s1 sur la l\ange de ,caton1 et p\r l'int]e/ de ,caton3 et p> incid5t1 p\r le leur aussi4 ,or deura l'enfant bi5 n\rry1 tr\u] au prix des autres1 les deux premi]s tra9ants4 ,le troisiesme1 plus v]d3 mais qui s'e/ abattu p> l'extrauagance de sa =ce4 ,il e/im]a que l il y auroit place vn ou deux degrez d'inu5tion encore1 p\r arriu] au quatriesme1 sur le po9t duquel il io9dra ses ma9s p> admiration4 ,au d]ni]1 premi] de quelque espace3 mais laquelle espace1 il iur]a ne p\uoir e/re remplie p> nul esprit huma91 il s'e/onn]a1 il se transira4 ,voicy m]ueilles4 ,n\s auons bi5 plus de potes1 que de iuges et int]pretes de posie4 ,il e/ plus ais de la faire1 que de la cognoi/re4 ,a c]ta9e mesure basse1 on la peut iug] p> les preceptes et p> art4 ,mais la bonne1 la supreme1 la diu9e1 e/ au dessus des regles et de la raison4 ,quiconque en disc]ne la beaut1 d'vne veu f]me et rassise1 il ne la void pas3 non plus que la spl5deur d'vn esclair4 ,elle ne pratique po9t no/re iugem5t3 elle le rauit et rauage4 ,la fureur1 qui espo9onne celuy qui la sait p5etr]1 fi]t encores vn ti]s1 la luy ouyr traitt] et recit]4 ,comme l'aymant attire non seulem5t vne aiguille1 mais infond encores en icelle1 sa facult d'en attir] d'autres3 et il se void plus clairem5t aux !atres1 que l'inspiration sacree des muses1 ayant premi]em5t agit le pote la *ol]e1 au deuil1 la hayne1 et hors de soy1 o elles veul5t1 frappe encore p> le pote1 l'acteur1 et p> l'acteur1 consecutiuem5t t\t vn peuple4 ,c'e/ l'enfileure de noz aiguilles1 susp5dues l'vne de l'autre4 ,ds ma premi]e enfance1 la posie a eu cela1 de me transp]c] et transport]4 ,mais ce ress5tim5t bi5 vif1 qui e/ naturellem5t en moy1 a e/ diu]sem5t mani1 p> diu]sit de =mes1 non tant1 plus hautes et plus basses1 c> c'e/oi5t t\si\rs des plus hautes en *asque espece1 comme diff]5tes en c\leur4 ,premi]em5t1 vne fluidit gaye et +5ieuse3 depuis vne subtilit aigu et releuee4 ,en f91 vne =ce meure et con/ante4 ,l'exemple le dira mieux4 ,ouide1 ,luca91 ,v]gile4 ,mais voyla nos g5s sur la c>ri]e4 ,sit ,cato1 dum viuit1 san vel ,cs>e maior1 dit l'vn3 ,et inuictum1 deuicta morte1 ,catonem1 dit l'autre4 ,et l'autre1 p>lant des gu]res ciuiles d'entre ,cs> et ,pompeius1 ,victrix causa diis placuit1 s$ victa ,catoni4 ,et le quatriesme sur les l\anges de ,cs>3 ,et cuncta t]r>um subacta1 ,prt] atrocem animun ,catonis4 ,et le mai/re du cur1 apres auoir tal les noms des plus gr&s ,roma9s en sa pe9ture1 f9it en cette mani]e3 ,8 dantem iura ,catonem4 ,,*apitre ,,xxxvii4 ,comme n\s pleurons et rions d'vne mesme *ose4 ,,qv& n\s r5controns dans les hi/oires1 qu',antigonus seut tres-mauuais gr son fils de luy auoir pres5t la te/e du ,roy ,pyrrhus son ennemy1 qui v5oit sur l'heure mesme d'e/re tu combatant contre luy3 et que l'ayant veu il se pr9t bi5 =t pleur]3 et que le ,duc ,r5 de ,lorra9e1 ple+nit aussi la mort du ,duc ,*>les de ,b\rgoigne1 qu'il v5oit de deffaire1 et en porta le deuil en son ent]rem5t3 et qu'en la bataille d',auroy 7que le ,comte de ,mont=t gaigna contre ,*>les de ,blois sa p>tie1 p\r le ,du* de ,bretaigne7 le victorieux r5contrant le corps de son ennemy trespass1 en m5a gr& deuil1 il ne faut pas s'escri] s\da91 ,et cosi au5 *e l'animo ciascuna ,sua passion sotto el contr>io manto ,ricopre1 con la vi/a hor' *i>a1 hor bruna4 ,qu& on pres5ta ,cs> la te/e de ,pompeius1 les hi/oires dis5t qu'il en de/\rna sa veu1 comme d'vn vila9 et mal plaisant spectacle4 ,il y auoit eu entr'eux vne si longue intellig5ce1 et societ au maniem5t des affaires publiques1 tant de communaut de =tunes1 tant d'(fices reciproques et d'alliance1 qu'il ne faut pas croire que cette cont5ance fu/ t\te fauce et contrefaicte1 comme e/ime cet autre3 ,tutmque putauit ,iam bonus esse soc]1 lacrymas non sponte cad5tes ,effudit1 gemitsque expressit pectore lto4 ,c> bi5 qu' la v]it la plusp>t de nos actions ne soi5t que masque et f>d1 et qu'il puisse quelquefois e/re vray1 ,h]$is fletus sub p]sona risus e/4 si e/-ce qu'au iugem5t de ces accid5s1 il faut consid]]1 comme nos ames se tr\u5t s\u5t agitees de diu]ses passions4 ,et t\t a9si qu'en nos corps ils dis5t qu'il y a vne assemblee de diu]ses humeurs1 desquelles celle l e/ mai/resse1 qui comm&e le plus ord9airem5t en n\s1 selon nos complexions3 aussi en no/re ame1 bi5 qu'il y ait diu]s m\uem5ts1 qui l'agit5t1 si faut-il qu'il y en ayt vn qui le *amp demeure4 ,mais ce n'e/ pas auec si enti] auantage1 que p\r la volubilit et s\pplesse de no/re ame1 les plus foibles p> occasion ne regaign5t encores la place1 et ne fac5t vne c\rte *>ge leur t\r4 ,d'o n\s voyons non seulem5t les enfans1 qui vont t\t naifuem5t apres la nature1 pleur] et rire s\u5t de mesme *ose3 mais nul d'entre n\s ne se peut vant]1 quelque voyage qu'il face son s\hait1 qu'encore au dp>tir de sa famille1 et de ses amis1 il ne se s5te frissonn] le c\rage3 et si les l>mes ne luy en es*app5t t\t faict1 au mo9s met-il le pi$ l'e/ri d'vn visage morne et contri/4 ,et quelque g5tille flamme qui es*auffe le cur des filles bi5 nees1 encore les desp5d on =ce du col de leurs m]es1 p\r les r5dre leur esp\x3 quoy que die ce bon compagnon1 ,e/ne n\is nuptis odio ,v5us1 nne p>5tum ,fru/rantur falsis gaudia lacrymulis1 ,vb]tim ?alami quas intra lim9a fundunt8 ,non1 ita me diui1 v]a gemunt1 iuu]9t4 ,a9s9 il n'e/ pas e/range de pla9dre celuy-l mort1 qu'on ne v\droit aucunem5t e/re en vie4 ,qu& ie tance auec mon valet1 ie tance du meilleur c\rage que i'aye3 ce sont vrayes et non fe9tes imprecations3 mais cette fumee passee1 qu'il ayt beso+ de moy1 ie luy bi5-f]ay volonti]s1 ie t\rne l'in/ant le fueillet4 ,qu& ie l'appelle vn bad91 vn veau3 ie n'entrepr5 pas de luy c\dre iamais ces titres3 ny ne p5se me desdire1 p\r le nomm] hone/e homme tanto/ apres4 ,nulle qualit n\s embrasse purem5t et vniu]sellem5t4 ,si ce n'e/oit la cont5ance d'vn fol1 de p>l] seul1 il n'e/ i\r ny heure pe9e1 en laquelle on ne m'oui/ grond] en moy-mesme1 et contre moy1 ,br5 du fat3 et si n'ent5 pas1 que ce soit ma def9ition4 ,qui p\r me voir vne m9e tanto/ froide1 tanto/ am\reuse enu]s ma femme1 e/ime que l'vne ou l'autre soit fe9te1 il e/ vn sot4 ,n]on pr5ant cong de sa m]e1 qu'il enuoioit noy]1 s5tit t\tefois l'motion de cet adieu mat]nel3 et en eu/ horreur et piti4 ,on dit que la lumi]e du ,soleil1 n'e/ pas d'vne piece cont9u3 mais qu'il n\s lance si dru sans cesse n\ueaux rayons les vns sur les autres1 que n\s n'en p\uons app]ceuoir l'entre deux4 ,l>gus enim liquidi fons lum9is1 !rius sol ,inrigat assidu clum c&ore rec5ti1 ,supp$ittque n\o confe/im lum9e lum53 a9s9 eslance no/re ame ses po9tes diu]sem5t et imp]ceptiblem5t4 ,artabanus surpr9t ,x]xes son nepueu1 et le tana de la mutation s\da9e de sa cont5ance4 ,il e/oit consid]] la gr&eur desmesure de ses =ces1 au passage de l',hellespont1 p\r l'entrepr9se de la ,grece4 ,il luy pr9t premi]em5t vn tressaillem5t d'aise1 veoir tant de milli]s d'hommes son s]uice1 et le tesmoigna p> l'allegresse et fe/e de son visage4 ,et t\t s\da9 en mesme in/ant1 sa p5se luy sugg]ant1 comme tant de vies auoi5t defaillir au plus lo+1 dans vn siecle1 il refroigna son front1 et s'attri/a iusques aux l>mes4 ,n\s auons p\rsuiuy auec resolu volont la v5geance d'vne iniure1 et ress5ty vn s+uli] cont5tem5t de la victoire2 n\s en pleurons p\rtant3 ce n'e/ pas de cela que n\s pleurons3 il n'y a ri5 de *ang2 mais no/re ame reg>de la *ose d'vn autre il1 et se la repres5te p> vn autre visage3 c> *asque *ose a plusieurs biais et plusieurs lu/res4 ,la p>5t1 les anci5nes acco9tances et amitiez1 saisiss5t no/re imag9ation1 et la passionn5t p\r l'heure1 selon leur condition2 mais le cont\r en e/ si brusque1 qu'il n\s es*appe4 ,nil adeo fi]i cel]i ratione videtur1 ,qum si m5s fi]i proponit1 et in*oat ipsa ,ocius ergo animus1 qum res se p]ciet vlla1 ,ante oculos qu>um 9 promptu natura videtur4 ,et cette cause1 v\lans de t\te cette suitte cont9u] vn corps1 n\s n\s trompons4 ,qu& ,timoleon pleure le meurtre qu'il auoit commis d'vne si meure et g5]euse delib]ation1 il ne pleure pas la lib]t r5due sa patrie1 il ne pleure pas le ,tyran1 mais il pleure son fr]e4 ,l'vne p>tie de son deuoir e/ i\e1 laissons luy en i\] l'autre4 ,,*apitre ,,xxxviii4 ,de la solitude4 ,,laissons "p cette longue comp>aison de la vie solitaire l'actiue4 ,et quant ce beau mot1 dequoy se c\ure l'ambition et l'au>ice1 ,que n\s ne sommes pas naiz p\r no/re p>ticuli]1 a9s p\r le publicq2 rapportons n\s en h>dim5t ceux qui sont en la danse2 et qu'ils se batt5t la consci5ce1 si au contraire1 les e/ats1 les *>ges1 et cette tracass]ie du monde1 ne se re*]*e plu/o/1 p\r tir] du publicq son pr(it p>ticuli]4 ,les mauuais moy5s p> o on s'y p\sse en no/re siecle1 montr5t bi5 que la f9 n'en vaut gu]es4 ,respondons l'ambition que c'e/ elle mesme qui n\s donne g\/ de la solitude4 ,c> que fuit elle tant que la societ8 que *]*e elle tant que ses c\des fran*es8 ,il y a dequoy bi5 et mal faire p> t\t4 ,t\tesfois si le mot de ,bias e/ vray1 que la pire "p c'e/ la plus gr&e1 ou ce que dit l',ecclesia/ique1 que de mille il n'en e/ pas vn bon3 ,r>i quippe boni3 num]o vix sunt totidem quot ,!b>um port1 vel diuitis o/ia ,nili3 la contagion e/ tres-dang]euse en la presse4 ,il faut ou imit] les vitieux1 ou les har4 ,t\s les deux sont dang]eux2 et de leur ressembl]1 p> ce qu'ils sont beauc\p1 et d'en har beauc\p p> ce qu'ils sont dissemblables4 ,et les m>*&s1 qui vont en m]1 ont raison de reg>d]1 que ceux qui se mett5t en mesme vaisseau1 ne soy5t dissolus1 blasphemateurs1 mes*ans3 e/imants telle societ in=tune4 ,p>quoy ,bias plaisamm5t1 ceux qui passoi5t auec luy le dang] d'vne gr&e t\rm5te1 et appelloi5t le sec\rs des ,dieux3 ,taisez v\s1 feit-il1 qu'ils ne s5t5t po9t que v\s soyez icy auec moy4 ,et d'vn plus pressant exemple3 ,albuqu]que ,vice-,roy en l',inde1 p\r ,emanuel ,roy de ,portugal1 en vn extreme p]il de =tune de m]1 pr9t sur ses espaules vn ieune g>on p\r cette seule f91 qu'en la societ de leur p]il1 son innoc5ce luy s]ui/ de g>ant1 et de recomm&ation enu]s la faueur diu9e1 p\r le mettre bord4 ,ce n'e/ pas que le sage ne puisse p> t\t viure cont5t1 voire et seul1 en la f\le d'vn palais3 mais s'il e/ *oisir1 il en fuira1 dit-il1 mesmes la veue4 ,il port]a s'il e/ beso+ cela1 mais s'il e/ en luy1 il eslira cecy4 ,il ne luy semble po9t suffisamm5t s'e/re desfait des vices1 s'il faut encores qu'il conte/e auec ceux d'autruy4 ,*>ondas *a/ioit p\r mauuais ceux qui e/oi5t conua9cus de hant] mauuaise compagnie4 ,il n'e/ ri5 si dissociable et sociable que l'homme3 l'vn p> son vice1 l'autre p> sa nature4 ,et ,anti/h5es ne me semble auoir satisfait celuy1 qui luy repro*oit sa conu]sation auec les mes*ants1 en disant1 que les m$ec9s viu5t bi5 entre les malades4 ,c> s'ils s]u5t la sant des malades1 ils det]ior5t la leur1 p> la contagion1 la veu cont9uelle1 et pratique des maladies4 ,or la f91 ce crois-ie1 en e/ t\t'vne1 d'en viure plus loisir et son aise4 ,mais on n'en *]*e pas t\si\rs bi5 le *em94 ,s\u5t on p5se auoir quitt les affaires1 on ne les a que *angez4 ,il n'y a gu]e mo9s de t\rm5t au g\u]nem5t d'vne famille que d'vn e/at enti]4 ,o que l'ame soit empes*e1 elle y e/ t\te4 ,et p\r e/re les occupations dome/iques mo9s importantes1 elles n'en sont pas mo9s importunes4 ,d'auantage1 p\r n\s e/re deffaicts de la ,c\r et du m>*1 n\s ne sommes pas deffaits des pr9cipaux t\rm5s de no/re vie4 ,ratio et prud5tia curas1 ,non locus effusi lat m>is arbit]1 auf]t4 ,l'ambition1 l'au>ice1 l'irresolution1 la peur et les concupisc5ces1 ne n\s ab&onn5t po9t p\r *ang] de contre3 ,et po/ equitem s$et atra cura4 ,elles n\s suiu5t s\u5t iusques dans les cloi/res1 et dans les escoles de ,philosophie4 ,ny les des]s1 ny les ro*]s creusez1 ny la "h1 ny les ieusnes1 ne n\s en dmesl5t3 ,hret lat]i le?alis arundo4 ,on disoit ,socrates1 que quelqu'vn ne s'e/oit aucunem5t am5d en son voyage3 ,ie croy bi51 dit-il1 il s'e/oit emport auecques soy4 ,quid t]ras alio cal5tes ,sole mutamus8 patria quis exsul ,se quoque fugit8 ,si on ne se des*>ge premi]em5t et son ame1 du faix qui la presse1 le remuem5t la f]a f\l] dauantage2 comme en vn nauire1 les *>ges empes*5t mo9s1 qu& elles sont rassises4 ,v\s faictes plus de mal que de bi5 au malade de luy faire *ang] de place4 ,v\s ensa*ez le mal en le remuant3 comme les pals s'enfonc5t plus auant1 et s'aff]miss5t en les branslant et sec\ant4 ,p>quoy ce n'e/ pas assez de s'e/re esc>t du peuple2 ce n'e/ pas assez de *ang] de place1 il se faut esc>t] des conditions populaires1 qui sont en n\s3 il se faut seque/r] et r'auoir de soy4 ,rupi iam v9cula1 dicas3 ,nam luctata canis nodum arripit2 attam5 illa ,cm fugit1 collo trahitur p>s longa cat54 ,n\s emportons nos f]s qu& et n\s4 ,ce n'e/ pas vne enti]e lib]t1 n\s t\s t\rnons encore la veu v]s ce que n\s auons laiss2 n\s en auons la fantasie ple9e4 ,nisi purgatum e/ pectus1 qu prlia nobis ,atque p]icula tunc +ratis ins9u&um8 ,quant consc9dunt hom9em cupp$9is acres ,sollicitum cur8 quantique p]9de timores8 ,quidue sup]bia1 spurcitia1 ac petulantia1 quantas ,efficiunt clades8 quid luxus desidisque8 ,no/re mal n\s ti5t en l'ame3 or elle ne se peut es*app] elle mesme1 ,9 culpa e/ animus1 qui se non effugit vnquam1 ,a9s9 il la faut ram5] et retir] en soy4 ,c'e/ la vraye solitude1 et qui se peut ioir au milieu des villes et des c\rs des ,roys2 mais elle se i\yt plus commodm5t "p4 ,or puis que n\s entrepr5ons de viure seuls1 et de n\s pass] de compagnie1 faisons que no/re cont5tem5t desp5de de n\s3 despr5ons n\s de t\tes les liaisons qui n\s atta*5t autruy3 gaignons sur n\s1 de p\uoir bon esci5t viure seuls1 et y viure no/r'aise4 ,/ilpon e/ant es*app de l'embrasem5t de sa ville1 o il auoit p]du femme1 enfans1 et *euance2 ,demetrius ,poliorcetes1 le voyant en vne si gr&e ru9e de sa patrie1 le visage non effray1 luy dem&a1 s'il n'auoit pas eu du dommage2 il respondit que non1 et qu'il n'y auoit ,dieu m]cy ri5 p]du de si54 ,c'e/ ce que le ,philosophe ,anti/h5es disoit plaisamm5t1 ,que l'homme se deuoit p\rueoir de munitions1 qui flottass5t sur l'eau1 et peuss5t nage auec luy es*app] du naufrage4 ,c]tes l'homme d'ent5dem5t n'a ri5 p]du1 s'il a soy mesme4 ,qu& la ville de ,nole fut ru9e p> les ,b>b>es1 ,paul9us qui en e/oit ,euesque1 y ayant t\t p]du1 et leur prisonni]1 prioit a9si ,dieu2 ,seigneur g>de moy de s5tir cette p]te3 c> tu sais qu'ils n'ont encore ri5 t\* de ce qui e/ moy4 ,les ri*esses qui le faisoy5t ri*e1 et les bi5s qui le faisoi5t bon1 e/oy5t encore en leur enti]4 ,voyla que c'e/ de bi5 *oisir les ?resors qui se puiss5t affran*ir de l'iniure3 et de les ca*] en lieu1 o p]sonne n'aille1 et lequel ne puisse e/re trahi que p> n\s mesmes4 ,il faut auoir femmes1 enfans1 bi5s1 et sur t\t de la sant1 qui peut1 mais non pas s'y atta*] en mani]e que no/re heur en desp5de4 ,il se faut res]u] vne arri]e-b\tique1 t\te no/re1 t\te fran*e1 en laquelle n\s e/ablissions no/re vraye lib]t et pr9cipale retraicte et solitude4 ,en cette-cy faut-il pr5dre no/re ord9aire entreti51 de n\s n\s mesmes1 et si priu1 que nulle acco9tance ou communication de *ose e/rang]e y tr\ue place3 disc\rir et y rire1 comme sans femme1 sans enfans1 et sans bi5s1 sans tra91 et sans valetz3 af9 que qu& l'occasion adui5dra de leur p]te1 il ne n\s soit pas n\ueau de n\s en pass]4 ,n\s auons vne ame cont\rnable en soy mesme2 elle se peut faire compagnie1 elle a dequoy assaillir et dequoy deff5dre1 dequoy receuoir1 et dequoy donn]3 ne craignons pas en cette solitude1 n\s cr\pir d'oisiuet ennuyeuse1 ,9 solis sis tibi turba locis4 ,la v]tu se cont5te de soy3 sans discipl9e1 sans p>oles1 sans effects4 ,en noz actions acc\/umees1 de mille il n'en e/ pas vne qui n\s reg>de4 ,celuy que tu vois grimpant contremont les ru9es de ce mur1 furieux et hors de soy1 en bute de tant de h>quebuzades3 et cet autre t\t cicatric1 transi et pasle de faim1 delib] de creu] plu/o/ que de luy ouurir la porte2 p5ses-tu qu'ils y soy5t p\r eux8 p\r tel l'adu5ture1 qu'ils ne vir5t onques1 et qui ne se donne aucune pe9e de leur faict1 plong cep5dant en l'oysiuet et aux delices4 ,cettuy-cy t\t pituiteux1 *assieux et crasseux1 que tu vois sortir apres m9uict d'vn e/ude1 p5ses-tu qu'il *]*e p>my les liures1 comme il se r5dra plus homme de bi51 plus cont5t et plus sage8 nulles n\uelles4 ,il y m\rra1 ou il appr5dra la po/]it la mesure des v]s de ,plaute1 et la vraye or?ographe d'vn mot ,lat94 ,qui ne contre-*ange volonti]s la sant1 le repos1 et la vie1 la reputation et la gloire8 la plus inutile1 va9e et fauce monnoye1 qui soit en no/re vsage4 ,no/re mort ne n\s faisoit pas assez de peur1 *>geons n\s encores de celle de nos femmes1 de noz enfans1 et de nos g5s4 ,noz affaires ne n\s donnoy5t pas assez de pe9e1 pr5ons encores n\s t\rm5t]1 et rompre la te/e1 de ceux de noz vois9s et amis4 ,vah6 quemqumne hom9em 9 animum in/itu]e1 aut ,p>>e1 quod sit *>ius1 qum ipse e/ sibi8 ,la solitude me semble auoir plus d'app>5ce1 et de raison1 ceux qui ont donn au monde leur aage plus actif et fleurissant1 l'exemple de ,?ales4 ,c'e/ assez vescu p\r autruy1 viuons p\r n\s au mo9s ce b\t de vie3 ram5ons n\s1 et no/re aise nos p5ses et nos int5tions4 ,ce n'e/ pas vne leg]e p>tie que de faire seurem5t sa retraicte2 elle n\s empes*e assez sans y mesl] d'autres entrepr9ses4 ,puis que ,dieu n\s donne loisir de dispos] de notre deslogem5t2 prep>ons n\s y2 plions bagage2 pr5ons de bon'heure cong de la compagnie2 desptrons n\s de ces viol5tes pr9ses1 qui n\s engag5t ailleurs1 et esloign5t de n\s4 ,il faut desnoer ces obligations si =tes3 et me%uy aym] cecy et cela1 mais n'esp\s] ri5 que soy4 ,c'e/ dire1 le re/e soit n\s3 mais non pas io9t et col en faon1 qu'on ne le puisse despr5dre sans n\s escor*]1 et arra*] ensemble quelque piece du no/re4 ,la plus gr&e *ose du monde c'e/ de sauoir e/re soy4 ,il e/ temps de n\s desnoer de la societ1 puis que n\s n'y p\uons ri5 apport]4 ,et qui ne peut pre/]1 qu'il se deff5de d'emprunt]4 ,nos =ces n\s faill5t3 retirons les1 et ress]rons en n\s4 ,qui peut r5u]s] et confondre en soy les (fices de tant d'amitiez1 et de la compagnie1 qu'il le face4 ,en cette *eute1 qui le r5d inutile1 poisant1 et importun aux autres1 qu'il se g>de d'e/re importun soy mesme1 et poisant et inutile4 ,qu'il se flatte et c>esse1 et sur t\t se reg5te1 respectant et craignant sa raison et sa consci5ce3 si qu'il ne puisse sans honte1 bron*] en leur pres5ce4 ,r>um e/ enim1 vt satis se quisque v]eatur4 ,socrates dit1 que les ieunes se doiu5t faire in/ruire2 les hommes s'ex]c] bi5 faire3 les vieux se retir] de t\te occupation ciuile et militaire1 viuants leur discretion1 sans obligation c]ta9 (fice4 ,il y a des complexions plus propres ces preceptes de la retraite les vnes que les autres4 ,celles qui ont l'appreh5sion molle et las*e1 et vn' affection et volont delicate1 et qui ne s'ass]uit et ne s'employe pas aysm5t1 desquels ie suis1 et p> naturelle condition et p> disc\rs1 ils se pli]ont mieux ce conseil1 que les ames actiues et occupes1 qui embrass5t t\t1 et s'engag5t p> t\t1 qui se passionn5t de t\tes *oses3 qui s'(fr5t1 qui se pres5t5t1 et qui se donn5t t\tes occasions4 ,il se faut s]uir de ces commoditez accid5tales et hors de n\s1 en tant qu'elles n\s sont plaisantes2 mais sans en faire no/re pr9cipal fondem5t4 ,ce ne l'e/ pas2 ny la raison1 ny la nature ne le veul5t4 ,p\rquoy contre ses loix ass]uirons n\s no/re cont5tem5t la puissance d'autruy8 ,d'anticip] aussi les accid5s de =tune1 se priu] des commoditez qui n\s sont en ma91 comme plusieurs ont faict p> deuotion1 et quelques ,philosophes p> disc\rs1 se s]uir soy-mesmes1 c\*] sur la dure1 se creu] les yeux1 iett] ses ri*esses emmy la riui]e1 re*]*] la d\leur 7ceux-l p\r p> le t\rm5t de cette vie1 en acqu]ir la beatitude d'vne autre3 ceux-cy p\r s'e/ans logez en la plus basse m>*e1 se mettre en seuret de n\uelle *eute7 c'e/ l'action d'vne v]tu excessiue4 ,les natures plus roides et plus =tes fac5t leur ca*ette mesmes1 glorieuse et exemplaire4 ,tuta et p>uula laudo1 ,cm res deficiunt1 satis int] vilia =tis3 ,v]m1 vbi quid melius cont+it et vnctius1 idem ,hos sap]e1 et solos aio b5 viu]e1 quorum ,conspicitur nitidis fundata pecunia villis4 ,il y a p\r moy assez affaire sans all] si auant4 ,il me suffit s\z la faueur de la =tune1 me prep>] sa dfaueur2 et me repres5t] e/ant mon aise1 le mal adu5ir1 autant que l'imag9ation y peut atta9dre3 t\t a9si que n\s n\s acc\/umons aux i\xtes et t\rnois1 et contrefaisons la gu]re en ple9e paix4 ,ie n'e/ime po9t ,arcesilaus le ,philosophe mo9s re=m1 p\r le sauoir auoir vs d'vt5siles d'or et d'arg5t1 selon que la condition de sa =tune le luy p]mettoit3 et l'e/ime mieux1 que s'il s'en fu/ demis1 de ce qu'il en vsoit mod]m5t et lib]alem5t4 ,ie voy iusques quels limites va la necessit naturelle3 et consid]ant le pauure m5diant ma porte1 s\u5t plus eni\ et plus sa9 que moy1 ie me plante en sa place3 i'essaye de *auss] mon ame son biaiz4 ,et c\rant a9si p> les autres exemples1 quoy que ie p5se la mort1 la pauuret1 le mespris1 et la maladie mes talons1 ie me res\s aism5t de n'entr] en effroy1 de ce qu'vn mo9dre que moy pr5d auec telle pati5ce4 ,et ne veux croire que la bassesse de l'ent5dem5t1 puisse plus que la vigueur1 ou que les effects du disc\rs1 ne puiss5t arriu] aux effects de l'acc\/umance4 ,et cognoissant combi5 ces commoditez accessoires ti5n5t peu1 ie ne laisse pas en ple9e i\yssance1 de suppli] ,dieu p\r ma s\u]a9e reque/e1 qu'il me r5de cont5t de moy-mesme1 et des bi5s qui naiss5t de moy4 ,ie voy des ieunes hommes gaill>ds1 qui port5t nonob/ant dans leurs c(fres vne masse de pillules1 p\r s'en s]uir qu& le rhume les press]a2 lequel ils craign5t d'autant mo9s1 qu'ils en p5s5t auoir le rem$e en ma94 ,a9si faut il faire3 et encore si on se s5t subiect quelque maladie plus =te1 se g>nir de ces m$icam5s qui ass\piss5t et endorm5t la p>tie4 ,l'occupation qu'il faut *oisir vne telle vie1 ce doit e/re vne occupation non p5ible ny ennuyeuse2 autrem5t p\r neant f]ions n\s e/at d'y e/re v5uz *]*] le sei\r4 ,cela dep5d du g\/ p>ticuli] d'vn *acun4 ,le mi5 ne s'accommode aucunem5t au mnage4 ,ceux qui l'aim5t1 ils s'y doiu5t addonn] auec mod]ation1 ,con5tur sibi res1 non se submitt]e rebus4 ,c'e/ autrem5t vn (fice s]uile que la mesnag]ie1 comme le nomme ,salu/e4 ,elle a des p>ties plus excusables1 comme le so+ des i>d9ages que ,x5ophon attribue ,cyrus4 ,et se peut tr\u] vn moy51 entre ce bas et vil so+1 t5du et ple9 de solicitude1 qu'on voit aux hommes qui s'y plong5t du t\t2 et cette pr(onde et extreme non*alance laissant t\t all] l'ab&on1 qu'on voit en d'autres3 ,democriti pecus edit agellos ,cultque1 dum p]egr e/ animus s9e corpore velox4 ,mais oyons le conseil que donne le ieune ,pl9e ,cornelius ,rufus son amy1 sur ce propos de la solitude3 ,ie te conseille en cette ple9e et grasse retraicte1 o tu es1 de quitt] tes g5s ce bas et abiect so+ du mesnage1 et t'addonn] l'e/ude des lettres1 p\r en tir] quelque *ose qui soit t\te ti5ne4 ,il ent5d la reputation3 d'vne p>eille humeur celle de ,cic]o1 qui dit v\loir employ] sa solitude et sei\r des affaires publiques1 s'en acqu]ir p> ses escrits vne vie immortelle4 ,vsque adene ,scire tuum nihil e/1 nisi te scire hoc1 sciat alt]8 ,il semble1 que ce soit raison1 puis qu'on p>le de se retir] du monde1 qu'on reg>de hors de luy4 ,ceux-cy ne le font qu' demy4 ,ils dress5t bi5 leur p>tie1 p\r qu& ils n'y s]ont plus3 mais le fruit de leur desse91 ils pret5d5t le tir] encore lors1 du monde1 abs5s1 p> vne ridicule contradiction4 ,l'imag9ation de ceux qui p> deuotion1 c]*5t la solitude1 remplissants leur c\rage1 de la c]titude des promesses diu9es1 en l'autre vie1 e/ bi5 plus sa9em5t assortie4 ,ils se propos5t ,dieu1 obiect inf9i en bont et en puissance4 ,l'ame a dequoy y rassasi] ses desirs1 en t\te lib]t4 ,les afflictions1 les d\leurs1 leur vi5n5t pr(it1 employes l'acque/ d'vne sant et resi\yssance et]nelle4 ,la mort1 s\hait3 passage vn si p>faict e/at4 ,l'aspret de leurs regles e/ incont95t applanie p> l'acc\/umance3 et les appetits *>nels1 rebutez et endormis p> leur refus3 c> ri5 ne les entreti5t que l'vsage et l'ex]cice4 ,cette seule f91 d'vne autre vie heureusem5t immortelle1 m]ite loyalem5t que n\s ab&onnions les commoditez et d\ceurs de cette vie no/re4 ,et qui peut embras] son ame de l'ardeur de cette viue foy et esp]ance1 reellem5t et con/amm5t1 il se ba/it en la solitude1 vne vie voluptueuse et delicieuse1 au del de t\te autre sorte de vie4 ,ny la f9 donc ny le moy5 de ce conseil ne me cont5te3 n\s retombons t\si\rs de fieure en *aud mal4 ,cette occupation des liures1 e/ aussi p5ible que t\te autre2 et autant ennemie de la sant1 qui doit e/re pr9cipalem5t consid]e4 ,et ne se faut po9t laiss] endormir au plaisir qu'on y pr5d3 c'e/ ce mesme plaisir qui p]d le mesnag]1 l'au>icieux1 le voluptueux1 et l'ambitieux4 ,les sages n\s appr5n5t assez1 n\s g>d] de la trahison de noz appetits2 et disc]n] les vrays plaisirs et enti]s1 des plaisirs meslez et big>rez de plus de pe9e4 ,c> la plusp>t des plaisirs1 dis5t ils1 n\s *at\ill5t et embrass5t p\r n\s e/rangl]1 comme faisoy5t les l>rons que les gypti5s appelloy5t ,phili/as3 et si la d\leur de te/e n\s v5oit auant l'yuresse1 n\s n\s g>d]ions de trop boire2 mais la volupt1 p\r n\s tromp]1 m>*e deuant1 et n\s ca*e sa suitte4 ,les liures sont plaisans3 mais si de leur frequ5tation n\s en p]dons en f9 la gayet et la sant1 nos meilleures pieces1 quittons les4 ,ie suis de ceux qui p5s5t leur fruit ne p\uoir contrepes] cette p]te4 ,comme les hommes qui se s5t5t de long temps affoiblis p> quelque indisposition1 se r5g5t la f9 la m]cy de la m$ec9e2 et se font desseign] p> art c]ta9es regles de viure1 p\r ne les plus outrepass]3 aussi celuy qui se retire ennui et desg\/ de la vie commune1 doit =m] cette-cy1 aux regles de la raison2 l'ordonn] et r5g] p> prem$itation et disc\rs4 ,il doit auoir pr9s cong de t\te espece de trauail1 quelque visage qu'il porte2 et fur en g5]al les passions1 qui empes*5t la tranquillit du corps et de l'ame2 et *oisir la r\te qui e/ plus selon son humeur3 ,vnusquisque sua n\]it ire via4 ,au mesnage1 l'e/ude1 la *asse1 et t\t autre ex]cice1 il faut donn] iusques aux d]ni]s limites du plaisir2 et g>d] de s'engag] plus auant1 ou la pe9e comm5ce se mesl] p>my4 ,il faut res]u] d'embesoignem5t et d'occupation1 autant seulem5t1 qu'il en e/ beso+1 p\r n\s t5ir en hale9e1 et p\r n\s g>antir des incommoditez que tire apres soy l'autre extremit d'vne las*e oysiuet et ass\pie4 ,il y a des sci5ces /]iles et p9euses1 et la plus "p =ges p\r la presse3 il les faut laiss] ceux qui sont au s]uice du monde4 ,ie n'ayme p\r moy1 que des liures ou plaisans et faciles2 qui me *at\ill5t2 ou ceux qui me consol5t1 et conseill5t regl] ma vie et ma mort4 ,tacitum syluas int] rept>e salubres1 ,curantem quidquid dignum sapi5te bonque e/4 ,les g5s plus sages peuu5t se =g] vn repos t\t spirituel1 ayant l'ame =te et vig\reuse4 ,moy qui l'ay commune1 il faut que i'ayde me s\/5ir p> les commoditez corporelles4 ,et l'aage m'ayant tanto/ desrob celles qui e/oi5t plus ma fantasie1 i'in/ruis et aiguise mon appetit celles qui re/5t plus sortables cette autre saison4 ,il faut ret5ir t\t nos d5ts et nos griffes1 l'vsage des plaisirs de la vie1 que nos ans n\s arra*5t des po+s1 les vns apres les autres3 ,c>pamus dulcia1 no/rum e/ ,quod viuis1 c9is et manes et fabula fies4 ,or quant la f9 que ,pl9e et ,cic]o n\s propos5t1 de la gloire1 c'e/ bi5 lo+ de mon conte4 ,la plus contraire humeur la retraicte1 c'e/ l'ambition4 ,la gloire et le repos sont *oses qui ne peuu5t log] en mesme gi/e3 ce que ie voy1 ceux-cy n'ont que les bras et les iambes hors de la presse2 leur ame1 leur int5tion y demeure engage plus que iamais4 ,tun'1 vetule1 auriculis ali5is colligis escas8 ,ils se sont seulem5t reculez p\r mieux saut]1 et p\r d'vn plus =t m\uem5t faire vne plus viue fauce dans la tr\ppe4 ,v\s plai/-il voir comme ils tir5t c\rt d'vn gra98 ,mettons au contrepoix1 l'aduis de deux philosophes1 et de deux sectes tres-diff]5tes1 escriuans l'vn ,idom5eus1 l'autre ,lucilius leurs amis1 p\r du maniem5t des affaires et des gr&eurs1 les retir] la solitude4 ,v\s auez1 dis5t-ils1 vescu nageant et flottant iusques pres5t1 v5ez v\s en m\rir au port4 ,v\s auez donn le re/e de vo/re vie la lumi]e1 donnez cecy l'ombre4 ,il e/ impossible de quitt] les occupations1 si v\s n'en quittez le fruit2 cette cause desfaictes v\s de t\t so+ de nom et de gloire4 ,il e/ dang] que la lueur de voz actions passes1 ne v\s esclaire que trop1 et v\s suiue iusques dans vo/re tani]e4 ,quittez auecq les autres voluptez1 celle qui vi5t de l'approbation d'autruy4 ,et quant vo/re sci5ce et suffisance1 ne v\s *aille1 elle ne p]dra pas son effect1 si v\s en valez mieux v\s mesme4 ,s\ui5ne v\s de celuy1 qui comme on dem&a/1 quoy faire il se pnoit si =t en vn art1 qui ne p\uoit v5ir la cognoissance de gu]e de g5s3 ,i'en ay assez de peu1 respondit-il1 i'en ay assez d'vn1 i'en ay assez de pas vn4 ,il disoit vray3 v\s et vn compagnon e/es assez suffisant !atre l'vn l'autre1 ou v\s v\s-mesmes4 ,que le peuple v\s soit vn1 et vn v\s soit t\t le peuple4 ,c'e/ vne l*e ambition de v\loir tir] gloire de son oysiuet1 et de sa ca*ette4 ,il faut faire comme les animaux1 qui effac5t la trace1 la porte de leur tani]e4 ,ce n'e/ plus ce qu'il v\s faut *]*]1 que le monde p>le de v\s1 mais comme il faut que v\s p>liez v\s-mesmes4 ,retirez v\s en v\s1 mais prep>ez v\s premi]em5t de v\s y receuoir3 ce s]oit folie de v\s fi] v\s mesmes1 si v\s ne v\s sauez g\u]n]4 ,il y a moy5 de faillir en la solitude1 comme en la compagnie3 iusques ce que v\s v\s soyez r5du tel1 deuant qui v\s n'osiez clo*]1 et iusques ce que v\s ayez honte et respect de v\s mesmes1 obu]s5tur species hone/ animo3 pres5tez v\s t\si\rs en l'imag9ation ,caton1 ,phocion1 et ,ari/ides1 en la pres5ce desquels les fols mesme ca*]oi5t leurs fautes1 et e/ablissez les contr]olleurs de t\tes vos int5tions4 ,si elles se detraqu5t1 leur reu]5ce v\s remettra en tra93 ils v\s conti5dront en cette voye1 de v\s cont5t] de v\s mesmes1 de n'emprunt] ri5 que de v\s1 d'arre/] et f]mir vo/re ame en c]ta9es et limites cogitations1 o elle se puisse plaire3 et ayant ent5du les vrays bi5s1 desquels on i\yt mesure qu'on les ent5d1 s'en cont5t]1 sans desir de prolongem5t de vie ny de nom4 ,voyla le conseil de la vraye et naifue philosophie1 non d'vne philosophie o/5tatrice et p>li]e1 comme e/ celle des deux premi]s4 ,,*apitre ,,xxxix4 ,consid]ation sur ,cic]on4 ,,encor' vn traict la comp>aison de ces c\ples4 ,il se tire des escrits de ,cic]o1 et de ce ,pl9e peu retirant1 mon aduis1 aux humeurs de son oncle1 inf9is tesmoignages de nature outre mesure ambitieuse3 entre autres qu'ils sollicit5t au sceu de t\t le monde1 les hi/ori5s de leur temps1 de ne les oubli] en leurs regi/res3 et la =tune comme p> despit1 a faict dur] iusques n\s la vanit de ces reque/es1 et piea faict p]dre ces hi/oires4 ,mais cecy surpasse t\te bassesse de cur1 en p]sonnes de tel rang1 d'auoir v\lu tir] quelque pr9cipale gloire du cacquet1 et de la p>l]ie1 iusques y employ] les lettres priues escriptes leurs amis3 en mani]e1 que aucunes ayans failly leur saison p\r e/re enuoyes1 ils les font ce neantmo9s publi] auec cette digne excuse1 qu'ils n'ont pas v\lu p]dre leur trauail et veilles4 ,si$-il pas bi5 deux consuls ,roma9s1 s\u]a9s magi/rats de la *ose publique emp]i]e du monde1 d'employ] leur loisir1 ordonn] et fagott] g5tim5t vne belle missiue1 p\r en tir] la reputation1 de bi5 ent5dre le langage de leur n\rrisse8 ,que f]oit pis vn simple mai/re d'escole qui en gaigna/ sa vie8 ,si les ge/es de ,x5ophon et de ,cs>1 n'euss5t de bi5 lo+ surpass leur eloqu5ce1 ie ne croy pas qu'ils les euss5t iamais escrits4 ,ils ont *]* recomm&] non leur dire1 mais leur faire4 ,et si la p]fection du bi5 p>l] p\uoit apport] quelque gloire sortable vn gr& p]sonnage1 c]ta9em5t ,scipion et ,llius n'euss5t pas resign l'honneur de leurs com$ies1 et t\tes les mign>dises et delices du langage ,lat91 vn s]f ,afriqua94 ,c> que cet ouurage soit leur1 sa beaut et son excell5ce le ma9ti5t assez1 et ,t]5ce l'aduoe luy mesme3 et me f]oit on desplaisir de me deslog] de cette creance4 ,c'e/ vne espece de mocqu]ie et d'iniure1 de v\loir faire valoir vn homme1 p> des qualitez mes-adu5antes son rang2 quoy qu'elles soi5t autrem5t loables2 et p> les qualitez aussi qui ne doiu5t pas e/re les si5nes pr9cipales4 ,comme qui loeroit vn ,roy d'e/re bon pe9tre1 ou bon ar*itecte1 ou encore bon arquebuzi]1 ou bon c\reur de bague4 ,ces loanges ne font honneur1 si elles ne sont pres5tes en f\le1 et la suitte de celles qui luy sont propres3 sauoir de la iu/ice1 et de la sci5ce de conduire son peuple en paix et en gu]re4 ,de cette faon faict honneur ,cyrus l'agriculture1 et ,*>lemaigne l'eloqu5ce1 et cognoissance des bonnes lettres4 ,i'ay veu de mon temps1 en plus =ts t]mes1 des p]sonnages1 qui tiroi5t d'escrire1 et leurs tiltres1 et leur vocation1 desaduoer leur appr5tissage1 corrompre leur plume1 et affect] l'ignorance de qualit si vulgaire1 et que no/re peuple ti5t1 ne se r5contr] gu]e en ma9s sauantes3 et pr5dre s\ci1 de se recomm&] p> meilleures qualitez4 ,les compagnons de ,demo/h5es en l'ambassade v]s ,philippus1 looy5t ce ,pr9ce d'e/re beau1 eloqu5t1 et bon beuueur3 ,demo/h5es disoit que c'e/oi5t l\anges qui app>t5oi5t mieux vne femme1 vn ,aduocat1 vne esponge1 qu' vn ,roy4 ,imp]et bellante prior1 iac5tem ,l5is 9 ho/em4 ,ce n'e/ pas sa pr(ession de sauoir1 ou bi5 *ass]1 ou bi5 danc]1 ,orabunt causas alij1 clique mea u ,describ5t radio1 et fulg5tia1 sid]a dic5t1 ,hic reg]e imp]io populos sciat4 ,plut>que dit d'auantage1 que de p>oi/re si excell5t en ces p>ties mo9s necessaires1 c'e/ produire contre soy le tesmoignage d'auoir mal disp5c son loisir1 et l'e/ude1 qui deuoit e/re employ *oses plus necessaires et vtiles4 ,de faon que ,philippus ,roy de ,mac$o9e1 ayant ouy ce gr& ,alex&re son fils1 *ant] en vn fe/91 l'enui des meilleurs musici5s2 ,n'z-tu pas honte1 luy dit-il1 de *ant] si bi58 ,et ce mesme ,philippus1 vn musici5 contre lequel il debattoit de son art2 ,ia ,dieu ne plaise ,sire1 dit-il1 qu'il t'adui5ne iamais tant de mal1 que tu ent5des ces *oses l1 mieux que moy4 ,vn ,roy doit p\uoir respondre1 comme ,iphicrates respondit l'orateur qui le pressoit en son inuectiue de cette mani]e3 ,et bi5 qu'es-tu1 p\r faire tant le braue8 es-tu homme d'armes1 es-tu ar*]1 es-tu piqui]8 ,ie ne suis ri5 de t\t cela1 mais ie suis celuy qui sait comm&] t\s ceux-l4 ,et ,anti/h5es pr9t p\r argum5t de peu de valeur en ,ism5ias1 dequoy on le vantoit d'e/re excell5t ioeur de flu/es4 ,ie say bi51 qu& i'oy quelqu'vn1 qui s'arre/e au langage des ,essais1 que i'aim]oye mieux1 qu'il s'en teu/4 ,ce n'e/ pas tant esleu] les mots1 comme deprim] le s5s3 d'autant plus picquamm5t1 que plus obliquem5t4 ,si suis-ie tromp si gu]e d'autres donn5t plus pr5dre en la mati]e3 et comm5t que ce soit1 mal ou bi51 si nul escriua9 l'a seme1 ny gu]e plus mat]ielle1 ny au mo9s plus drue1 en son papi]4 ,p\r en rang] d'auantage1 ie n'en entasse que les te/es4 ,que i'y atta*e leur suitte1 ie multipli]ay plusieurs fois ce volume4 ,et combi5 y ay-ie esp&u d'hi/oires1 qui ne dis5t mot1 lesquelles qui v\dra esplu*] vn peu plus curieusem5t1 en produira inf9is ,essais8 ,ny elles1 ny mes allegations1 ne s]u5t pas t\si\rs simplem5t d'exemple1 d'au?orit ou d'ornem5t4 ,ie ne les reg>de pas seulem5t p> l'vsage1 que i'en tire4 ,elles port5t s\u5t1 hors de mon propos1 la sem5ce d'vne mati]e plus ri*e et plus h>die3 et s\u5t gau*e1 vn ton plus delicat1 et p\r moy1 qui n'en veux en ce lieu exprim] d'auantage1 et p\r ceux qui r5contr]ont mon air4 ,ret\rnant la v]tu p>li]e1 ie ne tr\ue pas gr& *oix1 entre ne sauoir dire que mal1 on ne sauoir ri5 que bi5 dire4 ,non e/ ornam5tum virile1 conc9nitas4 ,les ,sages dis5t1 que p\r le reg>d du sauoir1 il n'e/ que la philosophie1 et p\r le reg>d des effects1 que la v]tu1 qui g5]alem5t soit propre t\s degrez1 et t\s ordres4 ,il y a quelque *ose de p>eil en ces autres deux philosophes3 c> ils promett5t aussi et]nit aux lettres qu'ils escriu5t leurs amis4 ,mais c'e/ d'autre faon1 et s'accommodans p\r vne bonne f91 la vanit d'autruy4 ,c> ils leur m&5t1 que si le so+ de se faire cognoi/re aux siecles adu5ir1 et de la r5omme les arre/e encore au maniem5t des affaires1 et leur fait cra9dre la solitude et la retraite1 o ils les veul5t appell]2 qu'ils ne s'en donn5t plus de pe9e3 d'autant qu'ils ont assez de cr$it auec la po/]it1 p\r leur respondre1 que ne fu/ que p> les lettres qu'ils leur escriu5t1 ils r5dront leur nom aussi cogneu et fameux que p\rroi5t faire leurs actions publiques4 ,et outre cette diff]5ce2 encore ne sont-ce pas lettres vuides et des*>nes1 qui ne se s\/i5n5t que p> vn delicat *ois de mots1 entassez et rangez vne iu/e cad5ce2 a9s f>cies et ple9es de beaux disc\rs de sapi5ce1 p> lesquelles on se r5d non plus eloqu5t1 mais plus sage1 et qui n\s appr5n5t non bi5 dire1 mais bi5 faire4 ,fy de l'eloqu5ce qui n\s laisse enuie de soy1 non des *oses4 ,si ce n'e/ qu'on die que celle de ,cic]o1 e/ant en si extreme p]fection1 se donne corps elle mesme4 ,i'adi\/]ay encore vn compte que n\s lisons de luy1 ce propos1 p\r n\s faire t\*] au doigt son naturel4 ,il auoit or] en public1 et e/oit vn peu press du temps1 p\r se prep>] son aise3 ,eros1 l'vn de ses s]fs1 le v9t adu]tir1 que l'audi5ce e/oit remise au l5dema93 il en fut si aise1 qu'il luy donna lib]t p\r cette bonne n\uelle4 ,sur ce subiect de lettres1 ie veux dire ce mot2 que c'e/ vn ouurage1 auquel mes amis ti5n5t1 que ie puis quelque *ose4 ,et eusse pr9s plus volonti]s cette =me publi] mes v]ues1 si i'eusse eu qui p>l]4 ,il me falloit1 comme ie l'ay eu autrefois1 vn c]ta9 comm]ce1 qui m'attira/1 qui me s\/9/1 et s\sleua/4 ,c> de negoci] au v5t1 comme d'autres1 ie ne sauroy1 que de songe3 ny =g] des va9s noms entret5ir1 en *ose s]ieuse3 ennemy iur de t\te espece de falsification4 ,i'eusse e/ plus att5tif1 et plus seur1 ayant vne addresse =te et amie1 que reg>dant les diu]s visages d'vn peuple3 et suis deeu1 s'il ne m'eu/ mieux succ$4 ,i'ay naturellem5t vn /ile comique et priu4 ,mais c'e/ d'vne =me mi5ne1 inepte aux negotiations publiques1 comme en t\tes faons e/ mon langage1 trop s]r1 desordonn1 c\pp1 p>ticuli]4 ,et ne m'ent5s pas en lettres c]emonieuses1 qui n'ont autre sub/ance1 que d'vne belle enfileure de p>oles c\rtoises4 ,ie n'ay ny la facult1 ny le g\/ de ces longues (fres d'affection et de s]uice4 ,ie n'en crois pas tant2 et me desplai/ d'en dire gu]e1 outre ce que i'en crois4 ,c'e/ bi5 lo+ de l'vsage pres5t3 c> il ne fut iamais si abiecte et s]uile pro/itution de pres5tations3 la vie1 l'ame1 deuotion1 adoration1 s]f1 esclaue1 t\s ces mots y c\r5t si vulgairem5t1 que qu& ils veul5t faire s5tir vne plus expresse volont et plus respectueuse1 ils n'ont plus de mani]e p\r l'exprim]4 ,ie hay mort de s5tir au flateur4 ,qui faict que ie me iette naturellem5t vn p>l] sec1 rond et cru1 qui tire qui ne me cognoit d'ailleurs1 vn peu v]s le desdaigneux4 ,i'honnore le plus ceux que i'honnore le mo9s3 et o mon ame m>*e d'vne gr&e allegresse1 i'oublie les pas de la cont5ance3 et m'(fre maigrem5t et fi]em5t1 ceux qui ie suis3 et me pres5te mo9s1 qui ie me suis le plus donn4 ,il me semble qu'ils le doiu5t lire en mon cur1 et que l'expression de mes p>oles1 fait tort ma conception4 ,a bi5ui5n]1 pr5dre cong1 rem]ci]1 saler1 pres5t] mon s]uice1 et tels complim5ts v]beux des loix c]emonieuses de no/re ciuilit1 ie ne cognois p]sonne si sottem5t /]ile de langage que moy4 ,et n'ay iamais e/ employ faire des lettres de faueur et recomm5dation1 que celuy p\r qui c'e/oit1 n'aye tr\ues se*es et las*es4 ,ce sont gr&s imprimeurs de lettres1 que les ,itali5s1 i'en ay1 ce crois-ie1 c5t diu]s volumes4 ,celles de ,annibale ,c>o me sembl5t les meilleures4 ,si t\t le papi] que i'ay autresfois b>b\ill p\r les dames1 e/oit en nature1 lors que ma ma9 e/oit v]itablem5t emporte p> ma passion1 il s'en tr\u]oit l'adu5ture quelque page digne d'e/re communique la ieunesse oysiue1 embab\9e de cette fureur4 ,i'escrits mes lettres t\si\rs en po/e1 et si precipiteusem5t1 que quoy que ie peigne insupportablem5t mal1 i'ayme mieux escrire de ma ma91 que d'y en employ] vn' autre1 c> ie n'en tr\ue po9t qui me puisse suiure1 et ne les transcrits iamais4 ,i'ay acc\/um les gr&s1 qui me cognoiss5t1 y support] des litures et des trasseures1 et vn papi] sans plieure et sans m>ge4 ,celles qui me c\/5t le plus1 sont celles qui val5t le mo9s4 ,depuis que ie les tra9e1 c'e/ signe que ie n'y suis pas4 ,ie comm5ce volonti]s sans proiect2 le premi] traict produit le second4 ,les lettres de ce temps1 sont plus en bordures et prefaces1 qu'en mati]e4 ,comme i'ayme mieux compos] deux lettres1 que d'en clorre et pli] vne2 et resigne t\si\rs cette commission quelque autre3 de mesme qu& la mati]e e/ a*eue1 ie donrois volonti]s quelqu'vn la *>ge d'y adi\/] ces longues h>angues1 (fres1 et pri]es1 que n\s logeons sur la f91 et desire que quelque n\uel vsage n\s en des*>ge4 ,comme aussi de les inscrire d'vne leg5de de qualitez et tiltres1 p\r ausquels ne bron*]1 i'ay ma9tesfois laiss d'escrire1 et notamm5t g5s de iu/ice et de f9ance4 ,tant d'inn\ations d'(fices1 vne si difficile disp5sation et ordonnance de diu]s noms d'honneur2 lesquels e/ans si *]em5t a*etez1 ne peuu5t e/re es*angez1 ou oubliez sans (f5ce4 ,ie tr\ue p>eillem5t de mauuaise grace1 d'en *>g] le front et inscription des liures1 que n\s faisons imprim]4 ,,*apitre ,,xl4 ,que le g\/ des bi5s et des maux desp5d en bonne p>tie de l'op9ion que n\s en auons4 ,,les hommes1 dit vne s5t5ce ,grecque anci5ne1 sont t\rm5tez p> les op9ions qu'ils ont des *oses1 non p> les *oses mesmes4 ,il y auroit vn gr& po9ct gaign p\r le s\lagem5t de no/re mis]able condition huma9e1 qui p\rroit e/ablir cette proposition vraye t\t p> t\t4 ,c> si les maux n'ont entre en n\s1 que p> no/re iugem5t1 il semble qu'il soit en no/re p\uoir de les mespris] ou cont\rn] bi54 ,si les *oses se r5d5t no/re m]cy1 p\rquoy n'en *euirons n\s1 ou ne les accommod]ons n\s no/re aduantage8 ,si ce que n\s appellons mal et t\rm5t1 n'e/ ny mal ny t\rm5t de soy1 a9s seulem5t que no/re fantasie luy donne cette qualit1 il e/ en n\s de la *ang]3 et en ayant le *oix1 si nul ne n\s =ce1 n\s sommes e/rangem5t fols de n\s b&] p\r le p>ty qui n\s e/ le plus ennuyeux3 et de donn] aux maladies1 l'indig5ce et au mespris vn aigre et mauuais g\/1 si n\s le leur p\uons donn] bon3 et si la =tune f\rnissant simplem5t de mati]e1 c'e/ n\s de luy donn] la =me4 ,or que ce que n\s appellons mal1 ne le soit pas de soy1 ou au mo9s tel qu'il soit1 qu'il dep5de de n\s de luy donn] autre saueur1 et autre visage1 c> t\t reui5t vn1 voyons s'il se peut ma9t5ir4 ,si l'e/re orig9el de ces *oses que n\s craignons1 auoit cr$it de se log] en n\s de son au?orit1 il log]oit p>eil et semblable en t\s3 c> les hommes sont t\s d'vne espece3 et sauf le plus et le mo9s1 se tr\u5t g>nis de p>eils outils et in/rum5ts p\r conceuoir et iug]4 ,mais la diu]sit des op9ions1 que n\s auons de ces *oses l1 montre clairem5t qu'elles n'entr5t en n\s que p> composition4 ,tel l'adu5ture les loge *ez soy en leur vray e/re1 mais mille autres leur donn5t vn e/re n\ueau et contraire *ez eux4 ,n\s t5ons la mort1 la pauuret et la d\leur p\r nos pr9cipales p>ties4 ,or cette mort que les vns appell5t des *oses horribles la plus horrible1 qui ne sait que d'autres la nomm5t l'vnique port des t\rm5s de cette vie8 le s\u]a9 bi5 de nature8 seul appuy de no/re lib]t8 et commune et prompte recepte t\s maux8 ,et comme les vns l'att5d5t tremblans et effrayez1 d'autres la support5t plus aysem5t que la vie4 ,celuy-l se pla9t de sa facilit3 ,mors1 vt9am pauidos vit subduc]e nolles1 ,s$ virtus te sola d>et6 ,or laissons ces glorieux c\rages3 ,!odorus respondit ,lysima*us m5aant de le tu]3 ,tu f]as vn gr& c\p d'arriu] la =ce d'vne can?>ide4 ,la plus "p des ,philosophes se tr\u5t auoir ou preu5u p> desse91 ou ha/ et sec\ru leur mort4 ,combi5 voit-on de p]sonnes populaires1 conduictes la mort1 et non vne mort simple1 mais meslee de honte1 et quelquefois de griefs t\rm5s1 y apport] vne telle asseurance1 qui p> op9iatret1 qui p> simplesse naturelle1 qu'on n'y app]oit ri5 de *ang de leur e/at ord9aire3 e/ablissans leurs affaires dome/iques1 se recomm&ans leurs amis1 *antans1 pres*ans et entret5ans le peuple3 voire y meslans quelquefois des mots p\r rire1 et beuuans leurs cognoissans1 aussi bi5 que ,socrates8 ,vn qu'on m5oit au gibet1 disoit que ce ne fu/ pas p> telle ru1 c> il y auoit dang] qu'vn m>*ant luy fi/ mettre la ma9 sur le collet1 cause d'vn vieux debte4 ,vn autre disoit au b\rreau qu'il ne le t\*a/ pas la gorge1 de peur de le faire tressaillir de rire1 tant il e/oit *at\illeux3 l'autre respondit son confesseur1 qui luy promettoit qu'il s\pp]oit ce i\r l auec no/re ,seigneur1 ,allez v\s y en v\s1 c> de ma "p ie ieusne4 ,vn autre ayant dem& boire1 et le b\rreau ayant beu le premi]1 dit ne v\loir boire apres luy1 de peur de pr5dre la v]olle4 ,*acun a ouy faire le conte du ,pic>d1 auquel e/ant l'es*elle on pres5te vne g>se1 et que1 comme no/re iu/ice p]met quelquefois1 s'il la v\loit esp\s]1 on luy sauu]oit la vie3 luy l'ayant vn peu contemplee1 et app]eu qu'elle boittoit3 ,atta*e1 atta*e1 dit-il1 elle clo*e4 ,et on dit de mesmes qu'en ,dannem>c vn homme condamn auoir la te/e tran*ee1 e/ant sur l'es*affaut1 comme on luy pres5ta vne p>eille condition1 la refusa1 p> ce que la fille qu'on luy (frit1 auoit les i\s auallees1 et le nez trop po9tu4 ,vn valet ,?\l\se accus d'h]esie1 p\r t\te raison de sa creance1 se rapportoit celle de son mai/re1 ieune escoli] prisonni] avec luy1 et ayma mieux m\rir1 que se laiss] p]suad] que son mai/re peu/ err]4 ,n\s lisons de ceux de la ville d',arras1 lors que le ,roy ,loys vnziesme la pr9t1 qu'il s'en tr\ua bon nombre p>my le peuple qui se laiss]5t p5dre1 plu/o/ que de dire1 ,viue le ,roy4 ,et de ces viles ames de b\ffons1 il s'en e/ tr\u qui n'ont v\lu ab&onn] leur gaudiss]ie en la mort mesme4 ,celuy qui le b\rreau donnoit le branle1 s'escria1 ,vogue la gallee1 qui e/oit son refra9 ord9aire4 ,et l'autre qu'on auoit c\* sur le po9t de r5dre sa vie le long du foi] sur vne paillasse1 qui le m$ec9 dem&ant o le mal le t5oit2 ,entre le banc et le feu1 respondit-il4 ,et le pre/re1 p\r luy donn] l'extreme onction1 *]*ant ses pi$s1 qu'il auoit res]rez et contra9ts p> la maladie3 ,v\s les tr\u]ez1 dit-il1 au b\t de mes iambes4 ,a l'homme qui l'exhortoit de se recomm&] ,dieu1 ,qui y va8 dem&a-il3 et l'autre respondant1 ,ce s]a tanto/ v\s mesmes1 s'il luy plai/3 ,y fusse-ie bi5 dema9 au soir1 repliqua-il3 ,recomm&ez v\s seulem5t luy1 suiuit l'autre1 v\s y s]ez bi5 to/3 ,il vaut donc mieux1 adi\/a-il1 que ie luy porte mes recomm&ations moy-mesmes4 ,au ,royaume de ,n>s+ue encores aui\rd'huy1 les femmes de leurs pre/res sont viues enseuelies avec le corps de leurs m>is4 ,t\tes autres femmes sont bruslees aux fun]ailles des leurs3 non con/amm5t seulem5t1 mais gaem5t4 ,a la mort du ,roy1 ses femmes et concub9es1 ses mignons et t\s ses (fici]s et s]uiteurs1 qui sont vn peuple1 se pres5t5t si allegrem5t au feu o son corps e/ brusl1 qu'ils montr5t pr5dre gr& honneur d'y accompaign] leur mai/re4 ,p5dant nos d]ni]es gu]res de ,milan1 et tant de prises et rc\sses1 le peuple impati5t de si diu]s *angem5s de =tune1 pr9t telle resolution la mort1 que i'ay ouy dire mon p]e1 qu'il y veit t5ir comte de bi5 v+t et c9q mai/res de maison1 qui s'e/oi5t deffaits eux-mesmes en vne sepma9e4 ,accid5t appro*ant celuy des ,xan?i5s1 lesquels assiegez p> ,brutus se precipit]5t pesle mesle hommes1 femmes1 et enfans vn si furieux appetit de m\rir1 qu'on ne fait ri5 p\r fuir la mort1 que ceux-cy ne fiss5t p\r fuir la vie3 en mani]e qu' pe9e peut ,brutus en sauu] vn bi5 petit nombre4 ,t\te op9ion e/ assez =te1 p\r se faire esp\s] au prix de la vie4 ,le premi] article de ce c\rageux s]m5t1 que la ,grece iura1 et ma9t9t1 en la gu]re ,m$oise1 ce fut1 que *acun *ang]oit plu/o/ la mort la vie1 que les loix ,p]si5nes aux leurs4 ,combi5 void on de monde en la gu]re des ,turcs et des ,grecs1 accept] plu/o/ la mort tres-aspre1 que de se descirconcire p\r se baptiz]8 ,exemple dequoy nulle sorte de religion e/ incapable4 ,les ,roys de ,ca/ille ayants banni de leur t]re1 les ,iuifs1 le ,roy ,iehan de ,portugal leur v5dit huict escus p\r te/e1 la retraicte aux si5nes p\r vn c]ta9 temps3 condition1 que iceluy v5u1 ils auroi5t les vuid]3 et leur promettoit f\rnir de vaisseaux les traiect] en ,afrique4 ,le i\r arriue1 lequel pass il e/oit dit1 que ceux qui n'auroi5t obe1 demeur]oi5t esclaues3 les vaisseaux leur fur5t f\rnis es*>cem5t3 et ceux qui s'y emb>qu]5t1 rudem5t et villa9em5t traittez p> les passag]s3 qui outre plusieurs autres indignitez les amus]5t sur m]1 tanto/ auant1 tanto/ arri]e1 iusques ce qu'ils euss5t consum leurs victuailles1 et contre9ts d'en a*et] d'eux si *]em5t et si longuem5t1 qu'on ne les mit bord1 qu'ils ne fuss5t du t\t en *emise4 ,la n\uelle de cette inhumanit1 rapportee ceux qui e/oi5t en t]re1 la plus "p se resolur5t la s]uitude3 aucuns fir5t cont5ance de *ang] de religion4 ,emmanuel successeur de ,iehan1 v5u la c\ronne1 les meit premi]em5t en lib]t1 et *angeant d'aduis depuis1 leur ordonna de sortir de ses pas1 assignant trois ports leur passage4 ,il esp]oit1 dit l',euesque ,osorius1 non mesprisable hi/ori5 ,lat91 de noz siecles3 que la faueur de la lib]t1 qu'il leur auoit r5due1 aiant failli de les conu]tir au ,*ri/ianisme1 la difficult de se commettre la vol]ie des m>9i]s1 d'ab&onn] vn pas1 o ils e/oi5t habituez1 auec gr&es ri*esses1 p\r s'all] iett] en region incognue et e/rang]e1 les y rame9]oit4 ,mais se voyant de*eu de son esp]ance1 et eux t\s delib]ez au passage3 il retran*a deux des ports1 qu'il leur auoit promis3 aff9 que la longueur et incommodit du traiect en r$uisi/ aucuns3 ou qu'il eu/ moi5 de les amoncell] t\s vn lieu1 p\r vne plus gr&e commodit de l'execution qu'il auoit de/9e4 ,ce fut1 qu'il ordonna qu'on arra*a/ d'entre les ma9s des p]es et des m]es1 t\s les enfans au dess\s de quatorze ans1 p\r les transport] hors de leur vee et conu]sation1 en lieu o ils fuss5t in/ruits no/re religion4 ,il dit que cet effect produisit vn horrible spectacle3 la naturelle affection d'entre les p]es et enfants1 et de plus1 le zele leur anci5ne creance1 combattant l'encontre de cette viol5te ordonnance4 ,il fut veu communem5t des p]es et m]es se deffaisants eux mesmes3 et d'vn plus rude exemple encore1 precipitants p> am\r et compassion1 leurs ieunes enfans dans des puits1 p\r fuir la loy4 ,au demeurant le t]me qu'il leur auoit prefix expir1 p> faute de moi5s1 ils se remir5t en s]uitude4 ,quelques vns se feir5t ,*re/i5s3 de la foy desquels1 ou de leur race1 encore aui\rd'huy1 c5t ans apres1 peu de ,portugais s'asseur5t3 quoy que la c\/ume et la longueur du temps1 soi5t bi5 plus =tes conseill]es telles mutations1 que t\te autre contre9te4 ,en la ville de ,ca/elnau ,d>ry1 c9quante ,albigeois h]etiques1 s\ffrir5t la fois1 d'vn c\rage det]m91 d'e/re bruslez vifs en vn feu1 auant desadu\] leurs op9ions4 ,quoties non mod ductores no/ri1 dit ,cic]o1 s$ vniu]si etiam ex]citus1 ad non dubiam mortem concurr]unt8 ,i'ay veu quelqu'vn de mes intimes amis c\rre la mort =ce1 d'vne vraye affection1 et enrac9ee en son cur p> diu]s visages de disc\rs1 que ie ne luy seu rabatre3 et la premi]e qui s'(frit coiffee d'vn lu/re d'honneur1 s'y precipit] hors de t\te app>5ce1 d'vne f9 aspre et ard5te4 ,n\s auons plusieurs exemples en no/re temps de ceux1 iusques aux enfans1 qui de cra9cte de quelque leg]e incommodit1 se sont donnez la mort4 ,et ce propos1 que ne cra9drons n\s1 dit vn anci51 si n\s craignons ce que la c\>dise mesme a *oisi p\r sa retraitte8 ,d'enfil] icy vn gr& rolle de ceux de t\s sexes et conditions1 et de t\tes sectes1 s siecles plus heureux1 qui ont ou att5du la mort con/amm5t1 ou rec]*ee volontairem5t3 et re*]*ee non seulem5t p\r fuir les maux de cette vie1 mais aucuns p\r fuir simplem5t la satiet de viure3 et d'autres p\r l'esp]ance d'vne meilleure condition ailleurs1 ie n'auroy iamais fait4 ,et en e/ le nombre si inf9i1 qu' la v]it i'auroy meilleur m>* de mettre en compte ceux qui l'ont cra9te4 ,cecy seulem5t4 ,pyrrho le ,philosophe se tr\uant vn i\r de gr&e t\rm5te dans vn batteau1 montroit ceux qu'il voyoit les plus effrayez aut\r de luy1 et les enc\rageoit p> l'exemple d'vn p\rceau1 qui y e/oit1 nullem5t s\cieux de cet orage4 ,os]ons n\s donc dire que cet aduantage de la raison1 dequoy n\s faisons tant de fe/e1 et p\r le respect duquel n\s n\s t5ons mai/re et ,emp]eurs du re/e des creatures1 ait e/ mis en n\s1 p\r no/re t\rm5t8 ,a quoy faire la cognoissance des *oses1 si n\s en deu5ons plus las*es8 si n\s en p]dons le repos et la tranquilit1 o n\s s]ions sans cela8 et si elle n\s r5d de pire condition que le p\rceau de ,pyrrho8 ,l'intellig5ce qui n\s a e/ donne p\r no/re plus gr& bi51 l'employ]ons n\s no/re ru9e2 combatans le desse9 de nature1 et l'vniu]sel ordre des *oses1 qui porte que *acun vse de ses vtils et moy5s p\r sa commodit8 ,bi51 me dira lon1 vo/re regle s]ue la mort2 mais que direz v\s de l'indig5ce8 que direz v\s encor de la d\leur1 qu',ari/ippus1 ,hi]onymus et la plusp>t des sages1 ont e/im le d]ni] mal3 et ceux qui le nioi5t de p>ole1 le confessoi5t p> effect8 ,possidonius e/ant extremem5t t\rm5t d'vne maladie aige et d\l\reuse1 ,pompeius le fut voir1 et s'excusa d'auoir pr9s heure si importune p\r l'ouyr deuis] de la ,philosophie3 ,ia ,dieu ne plaise1 luy dit ,possidonius1 que la d\leur gaigne tant sur moy1 qu'elle m'empes*e d'en disc\rir3 et se ietta sur ce mesme propos du mespris de la d\leur4 ,mais ce p5dant elle iooit son rolle1 et le pressoit incessamm5t4 ,a quoy il s'escrioit3 ,tu z beau faire d\leur1 si ne diray-ie pas1 que tu sois mal4 ,ce comte qu'ils font tant valoir1 que porte-il p\r le mespris de la d\leur8 il ne debat que du mot4 ,et ce p5dant si ces po9tures ne l'esmeuu5t1 p\rquoy en rompt-il son propos8 p\rquoy p5se-il faire beauc\p de ne l'appell] pas mal8 ,icy t\t ne consi/e pas en l'imag9ation4 ,n\s op9ons du re/e2 c'e/ icy la c]ta9e sci5ce1 qui i\ son rolle1 nos s5s mesmes en sont iuges3 ,qui nisi sunt v]i1 ratio quoque falsa sit omnis4 ,f]ons n\s accroire no/re peau1 que les c\ps d'e/riui]e la *atoill5t8 et no/re g\/ que l'alo soit du v9 de ,graues8 ,le p\rceau de ,pyrrho e/ icy de no/re escot4 ,il e/ bi5 sans effroy la mort3 mais si on le bat1 il crie et se t\rm5te4 ,=c]ons n\s la g5]ale loy de nature1 qui se voit en t\t ce qui e/ viuant s\s le ciel1 de trembl] s\s la d\leur8 ,les arbres mesmes sembl5t gemir aux (f5ces4 ,la mort ne se s5t que p> le disc\rs1 d'autant que c'e/ le m\uem5t d'vn in/ant4 ,aut fuit1 aut v5iet2 nihil e/ prs5tis 9 illa4 ,morsque m9us pn1 qum mora mortis habet4 ,mille be/es1 mille hommes sont plu/o/ morts1 que m5asss4 ,aussi ce que n\s disons cra9dre pr9cipalem5t en la mort1 c'e/ la d\leur son auant-c\reuse c\/umi]e4 ,t\tesfois1 s'il en faut croire vn sa9t p]e1 malam mortem non facit1 nisi quod sequitur mortem4 ,et ie diroy encore plus vraysemblablem5t1 que ny ce qui va deuant1 ny ce qui vi5t apres1 n'e/ des app>t5ances de la mort4 ,n\s n\s excusons faussem5t4 ,et ie tr\ue p> exp]i5ce1 que c'e/ plu/o/ l'impati5ce de l'imag9ation de la mort1 qui n\s r5d impati5s de la d\leur3 et que n\s la s5tons d\blem5t grieue1 de ce qu'elle n\s m5ace de m\rir4 ,mais la raison accusant no/re las*et1 de cra9dre *ose si s\da9e1 si ineuitable1 si ins5sible1 n\s pr5ons cet autre pretexte plus excusable4 ,t\s les maux qui n'ont autre dang] que du mal1 n\s les disons sans dang]4 ,celuy des d5ts1 ou de la g\tte1 p\r grief qu'il soit1 d'autant qu'il n'e/ pas homicide1 qui le met en conte de maladie8 ,or bi5 presupposons le1 qu'en la mort n\s reg>dons pr9cipalem5t la d\leur4 ,comme aussi la pauuret n'a ri5 cra9dre1 que cela1 qu'elle n\s iette entre ses bras p> la soif1 la faim1 le froid1 le *aud1 les veilles1 qu'elle n\s fait s\ffrir4 ,a9si n'ayons affaire qu' la d\leur4 ,ie leur donne que ce soit le pire accid5t de no/re e/re3 et volonti]s4 ,c> ie suis l'homme du monde qui luy veux autant de mal1 et qui la fuis autant1 p\r iusques pres5t n'auoir pas eu1 ,dieu m]cy1 gr& comm]ce auec elle2 mais il e/ en n\s1 s9on de l'aneantir1 au mo9s de l'amo9drir p> pati5ce3 et qu& bi5 le corps s'en esm\u]oit1 de ma9t5ir ce neant-mo9s l'ame et la raison en bonne trampe4 ,et s'il ne l'e/oit1 qui auroit mis en cr$it1 la v]tu1 la vaillance1 la =ce1 la magnanimit et la resolution8 o i\roy5t elles leur rolle1 s'il n'y a plus de d\leur deffi]8 ,auida e/ p]iculi virtus4 ,s'il ne faut c\*] sur la dure1 s\/5ir arm de t\tes pieces la *aleur du midy1 se pai/re d'vn *eual1 et d'vn asne1 se voir detaill] en pieces1 et arra*] vne balle d'entre les os1 se s\ffrir rec\dre1 caut]iz] et sond]1 p> o s'acqu]ra l'aduantage que n\s v\lons auoir sur le vulgaire8 ,c'e/ bi5 lo+ de fuir le mal et la d\leur1 ce que dis5t les ,sages1 que des actions gallem5t bonnes1 celle-l e/ plus s\haitable faire1 o il y a plus de pe9e4 ,non enim hil>itate1 nec lasciuia1 nec risu aut ioco comite leuitatis1 s$ spe etiam tri/es firmitate et con/antia sunt beati4 ,et cette cause il a e/ impossible de p]suad] nos p]es1 que les conque/es faites p> viue =ce1 au haz>d de la gu]re1 ne fuss5t plus aduantageuses1 que celles qu'on fait en t\te seuret p> pratiques et m5ees4 ,ltius e/1 quoties magno sibi con/at hone/um4 ,d'auantage cela n\s doit consol]1 que naturellem5t1 si la d\leur e/ viol5te1 elle e/ c\rte3 si elle e/ longue1 elle e/ leg]e3 si grauis1 breuis3 si longus1 leuis4 ,tu ne la s5tiras gu]e long temps1 si tu la s5s trop3 elle mettra f9 soy1 ou toy3 l'vn et l'autre reui5t vn4 ,si tu ne la portes1 elle t'emport]a4 ,mem9]is maximos morte f9iri2 p>uos multa hab]e int]ualla requietis1 m$iocrium nos esse dom9os3 vt si tol]abiles s9t1 f]amus3 s9 m9us1 vita1 quum ea non placeat1 tanqum !atro exeamus4 ,ce qui n\s fait s\ffrir auec tant d'impati5ce la d\leur1 c'e/ de n'e/re pas acc\/umez de pr5dre no/re pr9cipal cont5tem5t en l'ame1 de ne n\s att5dre po9t assez elle1 qui e/ seule et s\u]a9e mai/resse de no/re condition4 ,le corps n'a1 sauf le plus et le mo9s1 qu'vn tra9 et qu'vn pli4 ,elle e/ v>iable en t\te sorte de =mes1 et r5ge soy1 et son e/at1 quel qu'il soit1 les s5tim5ts du corps1 et t\s autres accid5ts4 ,p\rtant la faut il e/udi]1 et enqu]ir2 et esueill] en elle ses ressorts t\t-puissants4 ,il n'y a raison1 ny prescription1 ny =ce1 qui vaille contre son incl9ation et son *ois4 ,de tant de milli]s de biais1 qu'elle a en sa disposition1 donnons luy en vn1 propre no/re repos et cons]uation3 n\s voyla non c\u]ts seulem5t de t\te (f5se1 mais gratifiez mesmes et flattez1 si bon luy semble1 des (f5ses et des maux4 ,elle faict son pr(it indiff]emm5t de t\t4 ,l'erreur1 les songes1 luy s]u5t vtilem5t1 comme vne loyale mati]e1 n\s mettre g>ant1 et en cont5tem5t4 ,il e/ ais voir1 que ce qui aiguise en n\s la d\leur et la volupt1 c'e/ la po9te de no/re esprit4 ,les be/es1 qui le ti5n5t s\s b\cle1 laiss5t aux corps leurs s5tim5ts libres et naifs3 et p> consequ5t vns1 peu pres1 en *asque espece1 a9si qu'elles montr5t p> la semblable application de leurs m\uem5ts4 ,si n\s ne tr\blions en noz membres1 la iurisdiction qui leur app>ti5t en cela3 il e/ croire1 que n\s en s]ions mieux1 et que nature leur a donn vn iu/e et mod] temp]am5t1 enu]s la volupt et enu]s la d\leur4 ,et ne peut faillir d'e/re iu/e1 e/ant egal et commun4 ,mais puis que n\s n\s sommes emancipez de ses regles1 p\r n\s ab&onn] la vagabonde lib]t de noz fantasies3 au mo9s aydons n\s les pli] du co/ le plus aggreable4 ,platon cra9t no/re engagem5t aspre la d\leur et la volupt1 d'autant qu'il oblige et atta*e p> trop l'ame au corps3 moy plu/o/ au reb\rs1 d'autant qu'il l'en despr5t et descl\4 ,t\t a9si que l'ennemy se r5d plus aspre no/re fuite1 aussi s'enorgueillit la d\leur1 n\s voir trembl] s\bs elle4 ,elle se r5dra de bi5 meilleure composition1 qui luy f]a te/e3 il se faut oppos] et b&] contre4 ,en n\s acculant et tirant arri]e1 n\s appellons n\s et attirons la ruyne1 qui n\s m5asse4 ,comme le corps e/ plus f]me la *>ge en le roidissant3 a9s9 e/ l'ame4 ,mais v5ons aux exemples1 qui sont proprem5t du gibi] des g5s foibles de re9s1 comme moy3 o n\s tr\u]ons qu'il va de la d\leur1 comme des pi]res qui pr5n5t c\leur1 ou plus haute1 ou plus morne1 selon la feuille o lon les c\*e1 et qu'elle ne ti5t qu'autant de place en n\s1 que n\s luy en faisons4 ,tantum dolu]unt1 quantum doloribus se ins]u]unt4 ,n\s s5tons plus vn c\p de rasoir du ,*irurgi51 que dix c\ps d'espee en la *aleur du combat4 ,les d\leurs de l'enfantem5t1 p> les ,m$ec9s1 et p> ,dieu mesme e/imees gr&es1 et que n\s passons auec tant de c]emonies1 il y a des nations enti]es1 qui n'en font nul compte4 ,ie laisse "p les femmes ,lac$emoni5nes3 mais aux ,s\isses p>mi nos g5s de pi$1 quel *angem5t y tr\uez v\s8 s9on que trottans apres leurs m>is1 v\s leur voyez aui\rd'huy port] au col l'enfant1 qu'elles auoi5t hy] au v5tre3 et ces gypti5nes contre-faictes ramasses d'entre n\s1 vont elles mesmes lau] les leurs1 qui vi5n5t de nai/re1 et pr5n5t leur ba+ en la plus pro*a9e riui]e4 ,outre tant de g>ces qui desrob5t t\s les i\rs leurs enfants en la g5]ation comme en la conception1 cette belle et noble femme de ,sab9us ,patrici5 ,roma91 p\r l'int]e/ d'autruy porta seule et sans sec\rs et sans voix et gemissem5s l'enfantem5t de deux iumeaux4 ,vn simple g>onnet de ,lac$emone1 ayant d]ob vn r5>d 7c> ils craignoi5t encore plus la honte de leur sottise au l>ec91 que n\s ne craignons la pe9e de no/re malice7 et l'ayant mis s\z sa cappe1 endura plu/o/ qu'il luy eu/ rong le v5tre1 que de se desc\urir4 ,et vn autre1 donnant de l'enc5s vn sacrifice1 se laissa brusl] iusques l'os1 p> vn *>bon tomb dans sa man*e1 p\r ne tr\bl] le my/]e4 ,et s'en e/ veu vn gr& nombre p\r le seul essay de v]tu1 suiuant leur in/itution1 qui ont s\ff]t en l'aage de sept ans1 d'e/re foettez iusques la mort1 sans alt]] leur visage4 ,et ,cic]o les a veuz se battre tr\ppes3 de po+s1 de pi$s1 et de d5ts1 iusques s'euan\ir auant que d'aduoer e/re va9cus4 ,nunquam naturam mos v9c]et3 e/ enim ea semp] inuicta2 s$ nos vmbris1 deliciis1 otio1 languore1 desidia1 animum infecimus2 op9ionibus malque m del9itum molliuimus4 ,*acun sait l'hi/oire de ,sceuola1 qui s'e/ant c\l dans le camp ennemy1 p\r en tu] le *ef1 et ayant failly d'atta9cte1 p\r repr5dre son effect d'vne plus e/range inu5tion1 et des*>g] sa patrie1 confessa ,pors5na1 qui e/oit le ,roy qu'il v\loit tu]1 non seulem5t son desse+1 mais adi\/a qu'il auoit en son camp vn gr& nombre de ,roma9s complices de son entreprise tels que luy4 ,et p\r montr] quel il e/oit1 s'e/ant faict apport] vn brasi]1 veit et s\ffrit grill] et ro/ir son bras1 iusques ce que l'ennemy mesme en ayant horreur1 comm&a o/] le brasi]4 ,quoy1 celuy qui ne daigna int]rompre la lecture de son liure p5dant qu'on l'incisoit8 ,et celuy1 qui s'ob/9a se mocqu] et rire l'enuy des maux1 qu'on luy faisoit3 de faon que la cruaut irrite des b\rreaux qui le t5oy5t1 et t\tes les inu5tions des t\rm5s r$\blez les vns sur les autres luy donn]5t gaign8 ,mais c'e/oit vn ,philosophe4 ,quoy8 vn gladiateur de ,cs>1 endura t\si\rs riant qu'on luy sonda/ et detailla/ ses playes4 ,quis m$iocris gladiator +emuit8 quis vultum mutauit vnquam8 ,quis non mod /etit1 v]m etiam decubuit turpit]8 ,quis cm decubuisset1 f]rum recip]e iussus1 collum contraxit8 ,meslons y les femmes4 ,qui n'a ouy p>l] ,p>is de celle1 qui se fit escor*] p\r seulem5t en acqu]ir le te9t plus frais d'vne n\uelle peau8 y en a qui se sont fait arra*] des d5ts viues et sa9es1 p\r en =m] la voix plus molle1 et plus grasse1 ou p\r les rang] en meilleur ordre4 ,combi5 d'exemples du mespris de la d\leur auons n\s en ce g5re8 ,que ne peuu5t elles8 ,que craign5t elles1 p\r peu qu'il y ait d'ag5cem5t esp]] en leur beaut8 ,vell]e queis cura e/ albos /irpe capillos1 ,et faciem dempta pelle ref]re n\am4 ,j'en ay veu engl\tir du sable1 de la c5dre1 et se trauaill] po9t nomm de ru9] leur e/omac1 p\r acqu]ir les pasles c\leurs4 ,p\r faire vn corps bi5 espagnol1 quelle geh5ne ne s\ffr5t elles gu9des et sangles1 auec de grosses co*es sur les co/ez1 iusques la *air viue8 ouy quelques fois en m\rir4 ,il e/ ord9aire beauc\p de nations de no/re temps1 de se bless] esci5t1 p\r donn] foy leur p>ole3 et no/re ,roy en recite des notables exemples1 de ce qu'il en a veu en ,poloigne1 et en l'endroit de luy mesme4 ,mais outre ce que ie say en auoir e/ imit en ,france p> aucuns1 qu& ie ve9s de ces fameux ,e/ats de ,blois1 i'auois veu peu aup>auant vne fille en ,pic>die1 p\r tesmoign] l'ardeur de ses promesses1 et aussi sa con/ance1 se donn] du po9on1 qu'elle portoit en son poil1 quatre ou c9q bons c\ps dans le bras1 qui luy faisoi5t craquett] la peau1 et la saignoi5t bi5 en bon esci5t4 ,les ,turcs se font de gr&es esc>res p\r leurs dames3 et af9 que la m]que y demeure1 ils port5t s\da9 du feu sur la playe1 et l'y ti5n5t vn temps incroyable1 p\r arre/] le sang1 et =m] la cicatrice4 ,g5ts qui l'ont veu1 l'ont escrit1 et me l'ont iur4 ,mais p\r dix aspres1 il se tr\ue t\s les i\rs entre eux qui se donn]a vne bi5 pr(onde taillade dans le bras1 ou dans les cuisses4 ,ie suis bi5 ayse que les tesmo9s n\s sont plus ma91 o n\s en auons plus affaire4 ,c> la *re/i5t n\s en f\rnit suffisance4 ,et apres l'exemple de no/re sa9ct guide1 il y en a eu =ce1 qui p> deuotion ont v\lu port] la croix4 ,n\s appr5ons p> tesmo+ tres-digne de foy1 que le ,roy ,s4 ,loys porta la "h iusques ce que sur sa vieillesse1 son confesseur l'en disp5sa2 et que t\s les ,v5dr$is1 il se faisoit battre les espaules p> son pre/re1 de c9q *a9ettes de f]1 que p\r cet effet on portoit emmy ses besongnes de nuict4 ,guillaume no/re d]ni] ,duc de ,guy5ne1 p]e de cette ,ali5or1 qui transmit ce ,du* aux maisons de ,france et d',anglet]re1 porta les dix ou d\ze d]ni]s ans de sa vie1 cont9uellem5t vn corps de cuirasse1 s\s vn habit de religieux1 p> p5it5ce4 ,f\lques ,comte d',anj\ alla iusques en ,i]usalem1 p\r l se faire fot] deux de ses valets1 la corde au col1 deuant le sepul*re de no/re ,seigneur4 ,mais ne voit-on encore t\s les i\rs au ,v5dr$y ,s4 en diu]s lieux vn gr& nombre d'hommes et femmes se battre iusques se d*ir] la *air et p]c] iusques aux os8 ,cela ay-ie veu s\u5t et sans en*antem5t4 ,et disoit-on1 c> ils vont masquez1 qu'il y en auoit1 qui p\r de l'arg5t entrepr5oi5t en cela de g>antir la religion d'autruy2 p> vn mespris de la d\leur1 d'autant plus gr&1 que plus peuu5t les guillons de la deuotion1 que de l'au>ice4 ,q4 ,maximus ent]ra son fils ,consulaire3 ,m4 ,cato le si5 ,preteur design3 et ,l4 ,paulus les si5s deux en peu de i\rs1 d'vn visage rassis1 et ne portant nul tesmoignage de deuil4 ,ie disois en mes i\rs1 de quelqu'vn en gossant1 qu'il auoit *\ la diu9e iu/ice4 ,c> la mort viol5te de trois gr&s enfants1 luy ayant e/ enuoye en vn i\r1 p\r vn aspre c\p de v]ge1 comme il e/ croire3 peu s'en fallut qu'il ne la pr9t faueur et gratification s+uli]e du ciel4 ,ie n'ensuis pas ces humeurs mon/rueuses3 mais i'en ay p]du en n\rrice1 deux ou trois1 s9on sans regret1 au mo9s sans fas*]ie4 ,si n'e/-il gu]e accid5t1 qui t\*e plus au vif les hommes4 ,ie voy assez d'autres communes occasions d'affliction1 qu' pe9e s5tiroy-ie1 si elles me v5oy5t4 ,et en ay mespris qu& elles me sont v5ues1 de celles ausquelles le monde donne vne si atroce figure1 que ie n'os]ois m'en vant] au peuple sans r\gir4 ,ex quo intelligitur1 non 9 natura1 s$ 9 op9ione esse gritud9em4 ,l'op9ion e/ vne puissante p>tie1 h>die1 et sans mesure4 ,qui re*]*a iamais de telle faim la seurt et le repos1 qu',alex&re et ,cs> ont faict l'inquietude et les difficultez8 ,t]ez le p]e de ,sitalcez s\loit dire que qu& il ne faisoit po9t la gu]re1 il luy e/oit aduis qu'il n'y auoit po9t diff]5ce entre luy et son pallefr5i]4 ,caton ,consul1 p\r s'asseur] d'aucunes villes en ,espaigne1 ayant seulem5t int]dict aux habitants d'icelles1 de port] les armes3 gr& nombre se tu]5t3 ,f]ox g5s1 nullam vitam rati s9e armis esse4 ,combi5 en sauons n\s qui ont fuy la d\ceur d'vne vie tranquille1 en leurs maisons p>my leurs cognoissans1 p\r suiure l'horreur des des]s inhabitables2 et qui se sont iettez l'abiection1 vilit1 et mespris du monde1 et s'y sont pleuz iusques l'affectation8 ,le ,c>d9al ,borrome1 qui m\rut d]ni]em5t ,milan1 au milieu de la desbau*e1 quoy le conuioyt et sa noblesse1 et ses gr&es ri*esses1 et l'air de l',italie1 et sa ieunesse1 se ma9t9t en vne =me de vie si au/]e1 que la mesme robbe qui luy s]uoit en e/1 luy s]uoit en hyu]3 n'auoit p\r son c\*] que la paille3 et les heures qui luy re/oy5t des occupations de sa *>ge1 il les passoit e/udiant cont9uellem5t1 plant sur ses g5\x1 ayant vn peu d'eau et de pa9 co/ de son liure3 qui e/oit t\te la pr\ision de ses repas1 et t\t le temps qu'il y employoit4 ,i'en say qui leur esci5t ont tir et pr(fit et auancem5t du cocuage1 dequoy le seul nom effraye tant de g5s4 ,si la veu n'e/ le plus necessaire de nos s5s1 il e/ au mo9s le plus plaisant3 mais les plus plaisans et vtiles de noz membres1 sembl5t e/re ceux qui s]u5t n\s eng5dr]3 t\tesfois assez de g5s les ont pris en hayne mortelle1 p\r cella seulem5t1 qu'ils e/oi5t trop aymables2 et les ont reiettez cause de leur prix4 ,autant en op9a des yeux1 celuy qui se les creua4 ,la plus commune et plus sa9e "p des hommes1 ti5t gr& heur l'abondance des enfants3 moy et quelques autres1 p>eil heur le defaut4 ,et qu& on dem&e ,?ales p\rquoy il ne se m>ie po9t3 il respond1 qu'il n'ayme po9t laiss] ligne de soy4 ,que no/re op9ion donne prix aux *oses2 il se void p> celles en gr& nombre1 ausquelles n\s ne reg>dons pas seulem5t1 p\r les e/im]3 a9s n\s4 ,et ne consid]ons ny leurs qualitez1 ny leurs vtilitez1 mais seulem5t no/re c\/ les rec\ur]3 comme si c'e/oit quelque piece de leur sub/ance3 et appellons valeur en elles1 non ce qu'elles apport5t1 mais ce que n\s y apportons4 ,sur quoy ie m'aduise1 que n\s sommes gr&s mesnag]s de no/re mise4 ,selon qu'elle poise1 elle s]t1 de ce mesmes qu'elle poise4 ,no/re op9ion ne la laisse iamais c\rir faux fret4 ,l'a*at donne tiltre au diamant1 et la difficult la v]tu1 et la d\leur la deuotion1 et l'aspret la m$ec9e4 ,tel p\r arriu] la pauuret ietta ses escus en cette mesme m]1 que tant d'autres f\ill5t de t\tes p>s p\r y pes*] des ri*esses4 ,epicurus dit que l'e/re ri*e n'e/ pas s\lagem5t1 mais *angem5t d'affaires4 ,de vray1 ce n'e/ pas la disette1 c'e/ plu/o/ l'abondance qui produict l'au>ice4 ,ie veux dire mon exp]i5ce aut\r de ce subiect4 ,i'ay vescu en trois sortes de condition1 depuis e/re sorty de l'enfance4 ,le premi] temps1 qui a dur pres de v+t annes1 ie le passay1 n'aiant autres moy5s1 que =tuites1 et desp5dant de l'ordonnance et sec\rs d'autruy1 sans e/at c]ta9 et sans prescription4 ,ma desp5ce se faisoit d'autant plus allegrem5t et auec mo9s de so+1 qu'elle e/oit t\te en la tem]it de la =tune4 ,ie ne fu iamais mieux4 ,il ne m'e/ oncques au5u de tr\u] la b\rce de mes amis close3 m'e/ant enio9t au del de t\te autre necessit1 la necessit de ne faillir au t]me que i'auoy pr9s m'acquit]1 lequel ils m'ont mille fois along1 voyant l'ef=t que ie me faisoy p\r leur satisfaire3 en mani]e que i'en r5doy vne loyaut mesnag]e1 et aucunem5t pip]esse4 ,ie s5s naturellem5t quelque volupt pay]2 comme si ie des*>geois mes espaules d'vn ennuyeux poix1 et de cette image de s]uitude4 ,aussi qu'il y a quelque cont5tem5t qui me *at\ille faire vne action iu/e1 et cont5t] autruy4 ,i'excepte les payem5ts o il faut v5ir m>*&] et cont]3 c> si ie ne tr\ue qui en commettre la *>ge1 ie les esloigne honteusem5t et iniurieusem5t tant que ie puis1 de peur de cette alt]cation1 laquelle et mon humeur et ma =me de p>l] e/ du t\t incompatible4 ,il n'e/ ri5 que ie haysse comme m>*&]3 c'e/ vn pur comm]ce de tri*ot]ie et d'impud5ce4 ,apres vne heure de debat et de b>guignage1 l'vn et l'autre ab&onne sa p>olle et ses s]m5s p\r c9q s\s d'am5dem5t4 ,et si empruntons auec desaduantage4 ,c> n'ayant po9t le cur de requ]ir en pres5ce1 i'en r5uoyois le haz>d sur le papi]1 qui ne fait gu]e d'ef=t1 et qui pre/e gr&em5t la ma9 au refus]4 ,ie me remettois de la conduite de mon beso+ plus gayem5t aux a/res1 et plus librem5t que ie n'ay faict depuis ma pr\id5ce et mon s5s4 ,la plus "p des mesnag]s e/im5t horrible de viure a9s9 en inc]titude2 et ne s'aduis5t pas1 premi]em5t1 que la plus "p du monde vit a9si4 ,combi5 d'honne/es hommes ont reiett t\t leur c]ta9 l'ab&on1 et le font t\s les i\rs1 p\r c]*] le v5t de la faueur des ,roys et de la =tune8 ,cs> s'endebta d'vn million d'or outre son vaillant1 p\r deu5ir ,cs>4 ,et combi5 de m>*ans comm5c5t leur trafique p> la v5te de leur metairie1 qu'ils enuoy5t aux ,indes4 ,tot p] impot5tia freta6 ,en vne si gr&e siccit de deuotion1 n\s auons mille et mille ,colleges1 qui la pass5t commodm5t1 att5dans t\s les i\rs de la lib]alit du ,ciel1 ce qu'il faut eux disn]4 ,secondem5t1 ils ne s'aduis5t pas1 que cette c]titude1 sur laquelle ils se fond5t1 n'e/ gu]e mo9s inc]ta9e et haz>deuse que le haz>d mesme4 ,ie voy d'aussi pres la mis]e au del de deux mille escus de r5te1 que si elle e/oit t\t contre moy4 ,c> outre ce que le sort a dequoy ouurir c5t bre*es la pauuret au trau]s de nos ri*esses1 n'y ayant s\u5t nul moy5 entre la supreme et infime =tune1 ,=tuna vitrea e/3 tum1 quum spl5det1 frangitur2 et enuoy] cul sur po9te t\tes nos deff5ces et leues2 ie tr\ue que p> diu]ses causes1 l'indig5ce se voit autant ord9airem5t loge *ez ceux qui ont des bi5s1 que *ez ceux qui n'en ont po9t3 et qu' l'auanture e/ elle aucunem5t mo9s incommode1 qu& elle e/ seule1 que qu& elle se r5contre en compagnie des ri*esses4 ,elles vi5n5t plus de l'ordre1 que de la recepte3 ,fab] e/ su quisque =tun4 ,et me semble plus mis]able vn ri*e malais1 necessiteux1 affaireux1 que celuy qui e/ simplem5t pauure4 ,9 diuitiis inopes1 quod g5us ege/atis grauissimum e/4 ,les plus gr&s ,pr9ces et plus ri*es1 sont p> pauuret et disette p\ssez ord9airem5t l'extreme necessit4 ,c> en e/-il de plus extreme1 que d'en deu5ir tyrans1 et iniu/es vsurpateurs des bi5s de leurs subiets8 ,ma seconde =me1 'a e/ d'auoir de l'arg5t4 ,a quoy m'e/ant pr9s1 i'en fis bi5 to/ des res]ues notables selon ma condition3 n'e/imant pas que ce fu/ auoir1 s9on autant qu'on poss$e outre sa desp5ce ord9aire3 ny qu'on se puisse fi] du bi51 qui e/ encore en esp]ance de recepte1 p\r claire qu'elle soit4 ,c> quoy1 disoy-ie1 si i'e/ois surpris d'vn tel1 ou d'vn tel accid5t8 ,et la suitte de ces va9es et vitieuses imag9ations1 i'allois faisant l'+5ieux pr\uoir p> cette sup]flue res]ue t\s inconu5i5s4 ,et sauois encore respondre celuy qui m'alleguoit que le nombre des inconu5i5s e/oit trop inf9y2 que si ce n'e/oit t\s1 c'e/oit aucuns et plusieurs4 ,cela ne se passoit pas sans p5ible sollicitude4 ,i'en faisoy vn secret3 et moy1 qui ose tant dire de moy1 ne p>loy de mon arg5t1 qu'en m5songe3 comme font les autres1 qui s'appauuriss5t ri*es1 s'enri*iss5t pauures3 et disp5s5t leur consci5ce de tesmoign] iamais s9c]em5t de ce qu'ils ont4 ,ridicule et honteuse prud5ce4 ,allois-ie en voyage8 il ne me sembloit e/re iamais suffisamm5t p\rueu3 et plus ie m'e/ois *>g de monnoye1 plus aussi ie m'e/ois *>g de cra9te3 tanto/ de la seurt des *em9s1 tanto/ de la fidelit de ceux qui conduisoy5t mon bagage3 duquel1 comme d'autres que ie cognois1 ie ne m'asseurois iamais assez1 si ie ne l'auois deuant mes yeux4 ,laissoy-ie ma boyte *ez moy8 combi5 de s\pons et p5sem5ts esp9eux1 et qui pis e/ incommunicables8 ,i'auois t\si\rs l'esprit de ce co/4 ,t\t compt1 il y a plus de pe9e g>d] l'arg5t qu' l'acqu]ir4 ,si ie n'en faisois du t\t tant que i'en dis1 au mo9s il me c\/oit m'empes*] de le faire4 ,de commodit1 i'en tirois peu ou ri54 ,p\r auoir plus de moy5 de desp5se1 elle ne m'en poisoit pas mo9s4 ,c>1 comme disoit ,bion1 autant se fa*e le *euelu comme le *auue1 qu'on luy arra*e le poil4 ,et depuis que v\s e/es acc\/um1 et auez plant vo/re fantasie sur c]ta9 monceau1 il n'e/ plus vo/re s]uice3 v\s n'os]iez l'escorn]4 ,c'e/ vn ba/im5t qui1 comme il v\s semble1 cr\ll]a t\t1 si v\s y t\*ez3 il faut que la necessit v\s pr5ne la gorge p\r l'entam]4 ,et au p>auant i'engageois mes h>des1 et v5dois vn *eual1 auec bi5 mo9s de contra9te et mo9s enuis1 que lors ie ne faisois bres*e cette b\rce fauorie1 que ie t5ois "p4 ,mais le dang] e/oit1 que mal aysm5t peut-on e/ablir bornes c]ta9es ce desir 7elles sont difficiles tr\u]1 s *oses qu'on croit bonnes7 et arre/] vn po9ct l'esp>gne3 on va t\si\rs grossissant cet amas1 et l'augm5tant d'vn nombre autre1 iusques se priu] vila9em5t de la i\yssance de ses propres bi5s3 et l'e/ablir t\te en la g>de1 et n'en vs] po9t4 ,selon cette espece d'vsage1 ce sont les plus ri*es g5ts du monde1 ceux qui ont *>ge de la g>de des portes et murs d'vne bonne ville4 ,t\t homme pecunieux e/ au>icieux mon gr4 ,platon r5ge a9si les bi5s corporels ou huma9s3 la sant1 la beaut1 la =ce1 la ri*esse3 ,et la ri*esse1 dit-il1 n'e/ pas aueugle1 mais tresclair-voyante1 qu& elle e/ illum9e p> la prud5ce4 ,dionysius le fils1 eut bonne grace4 ,on l'adu]tit que l'vn de ses ,syracusa9s auoit ca* dans t]re vn ?resor2 il luy m&a de le luy apport]2 ce qu'il fit1 s'en res]uant la desrobbe quelque p>tie2 auec laquelle il s'en alla en vne autre ville1 o ayant p]du cet appetit de !sauriz]1 il se mit viure plus lib]alem5t4 ,ce qu'ent5dant ,dionysius1 luy fit r5dre le demeurant de son ?resor2 disant que puis qu'il auoit appris en sauoir vs]1 il le luy r5doit volonti]s4 ,ie fus quelques annes en ce po9t4 ,ie ne say quel bon dmon m'en ietta hors tres-vtilem5t1 comme le ,syracusa92 et m'enuoya t\te cette cons]ue l'ab&on3 le plaisir de c]ta9 voyage de gr&e desp5ce1 ayant mis au pi$ cette sotte imag9ation4 ,p> o ie suis retomb vne ti]ce sorte de vie1 ie dis ce que i'en s5s1 c]tes plus plaisante beauc\p et plus regle4 ,c'e/ que ie fais c\rir ma desp5ce qu& et qu& ma recepte2 tanto/ l'vne deuance1 tanto/ l'autre3 mais c'e/ de peu qu'elles s'ab&onn5t4 ,ie vis du i\r la i\rne1 et me cont5te d'auoir dequoy suffire aux beso+s pres5s et ord9aires3 aux extraord9aires t\tes les pr\isions du monde n'y sauroy5t suffire4 ,et e/ follie de s'att5dre que =tune elle mesmes n\s arme iamais suffisamm5t contre soy4 ,c'e/ de noz armes qu'il la faut combattre4 ,les =tuites n\s trahiront au bon du faict4 ,si i'amasse1 ce n'e/ que p\r l'esp]ance de quelque vois9e emploite2 et non p\r a*et] des t]res1 dequoy ie n'ay que faire1 mais p\r a*et] du plaisir4 ,non esse cupidum1 pecunia e/2 non esse emacem1 vectigal e/4 ,ie n'ay ny gu]e peur que bi5 me faille1 ny nul desir qu'il m'augm5te4 ,diuiti>um fructus e/ 9 copia2 copiam decl>at satietas4 ,et me gratifie s+uli]em5t que cette correction me soit arriue en vn aage naturellem5t encl9 l'au>ice1 et que ie me vois desfaict de cette folie si commune aux vieux1 et la plus ridicule de t\tes les huma9es folies4 ,f]aulez1 qui auoit pass p> les deux =tunes1 et tr\u que l'accroi/ de *euance1 n'e/oit pas accroi/ d'appetit1 au boire1 mang]1 dormir1 et embrass] sa femme3 et qui d'autre "p1 s5toit pois] sur ses espaules l'importunit de l'conomie1 a9si qu'elle faict moy2 delib]a de cont5t] vn ieune homme pauure1 son fidele amy1 abboyant apres les ri*esses2 et luy feit pres5t de t\tes les si5nes1 gr&es et excessiues1 et de celles encor qu'il e/oit en tra9 d'accumul] t\s les i\rs p> la lib]alit de ,cyrus son bon mai/re1 et p> la gu]re3 moy5nant qu'il pr9/ la *>ge de l'entret5ir et n\rrir honne/em5t1 comme son ho/e et son amy4 ,ils vescur5t a9si depuis tres-heureusem5t3 et esgalem5t cont5ts du *angem5t de leur condition4 ,voyla vn t\r que i'imit]ois de gr& c\rage4 ,et l\ gr&em5t la =tune d'vn vieil ,prelat1 que ie voy s'e/re si purem5t demis de sa b\rse1 et de sa recepte1 et de sa mise1 tanto/ vn s]uiteur *oisi1 tanto/ vn autre1 qu'il a c\l vn long espace d'annes1 autant ignorant cette sorte d'affaires de son mesnage1 comme vn e/rang]4 ,la fiance de la bont d'autruy1 e/ un non leg] tesmoignage de la bont propre3 p>tant la fauorise ,dieu volonti]s4 ,et p\r son reg>d1 ie ne voy po9t d'ordre de maison1 ny plus dignem5t ny plus con/amm5t conduit que le si54 ,heureux1 qui ait regl si iu/e mesure son beso91 que ses ri*esses y puiss5t suffire sans son so+ et empes*em5t3 et sans que leur disp5sation ou assemblage1 int]rompe d'autres occupations1 qu'il suit1 plus conu5ables1 plus tranquilles1 et selon son cur4 ,l'aisance donc et l'indig5ce desp5d5t de l'op9ion d'vn *acun1 et non plus la ri*esse1 que la gloire1 que la sant1 n'ont qu'autant de beaut et de plaisir1 que leur en pre/e celuy qui les poss$e4 ,*ascun e/ bi5 ou mal1 selon qu'il s'en tr\ue4 ,non de qui on le croid1 mais qui le croid de soy1 e/ cont5t3 et en cella seul la creance se donne ess5ce et v]it4 ,la =tune ne n\s fait ny bi5 ny mal3 elle n\s en (fre seulem5t la mati]e et la sem5ce3 laquelle no/re ame1 plus puissante qu'elle1 t\rne et applique comme il luy plai/3 seule cause et mai/resse de sa condition heureuse ou malheureuse4 ,les accessions ext]nes pr5n5t saueur et c\leur de l'int]ne con/itution3 comme les acc\/rem5ts n\s es*auff5t non de leur *aleur1 mais de la no/re1 laquelle ils sont propres c\u] et n\rrir3 qui en abri]oit vn corps froid1 il en tir]oit mesme s]uice p\r la froideur8 a9si se cons]ue la neige et la glace4 ,c]tes t\t en la mani]e qu' vn fa9eant l'e/ude s]t de t\rm5t1 vn yurongne l'ab/95ce du v91 la frugalit e/ supplice au luxurieux1 et l'ex]cice geh5ne vn homme delicat et oisif3 a9s9 en e/-il du re/e4 ,les *oses ne sont pas si d\l\reuses1 ny difficiles d'elles mesmes3 mais no/re foiblesse et las*et les fait telles4 ,p\r iug] des *oses gr&es et haultes1 il faut un' ame de mesme1 autrem5t n\s leur attribuons le vice1 qui e/ le no/re4 ,vn auiron droit semble c\rbe en l'eau4 ,il n'importe pas seulem5t qu'on voye la *ose1 mais comm5t on la voye4 ,or sus1 p\rquoy de tant de disc\rs1 qui p]suad5t diu]sem5t les hommes de mespris] la mort1 et de port] la d\leur1 n'en tr\uons n\s quelcun qui face p\r n\s8 ,et de tant d'especes d'imag9ations qui l'ont p]suad autruy1 que *acun n'en applique il soy vn le plus selon son humeur8 ,s'il ne peut dig]] la drogue =te et ab/]siue1 p\r desrac9] le mal1 au mo9s qu'il la pr5ne l5itiue p\r le s\lag]4 ,op9io e/ qudam effem9ata ac leuis3 nec 9 dolore magis1 qum eadem 9 voluptate3 qua1 quum liquescimus fluimusque mollitia1 apis aculeum s9e clamore f]re non possumus444 ,totum 9 eo e/1 vt tibi imp]es4 ,au demeurant on n'es*appe pas la philosophie1 p\r faire valoir outre mesure l'aspret des d\leurs1 et huma9e foiblesse4 ,c> on la contra9t de se reiett] ces inu9cibles repliques3 ,s'il e/ mauuais de viure en necessit1 au mo9s de viure en necessit1 il n'e/ aucune necessit4 ,nul n'e/ mal long temps qu' sa faute4 ,qui n'a le cur de s\ffrir ny la mort ny la vie2 qui ne veut ny resi/] ni fuir1 que luy f]oit-on8 ,,*apitre ,,xli4 ,de ne communiqu] sa gloire4 ,,de t\tes les resu]ies du monde1 la plus receu et plus vniu]selle1 e/ le so+ de la reputation et de la gloire1 que n\s esp\sons iusques quitt] les ri*esses1 le repos1 la vie et la sant1 qui sont bi5s effectuels et sub/antiaux1 p\r suyure cette va9e image1 et cette simple voix1 qui n'a ny corps ny prise3 ,la fama *'inuaghisce a vn dolce suono ,gli sup]bi mortali1 et p>' si bella1 ,e vn e*o1 vn sogno1 anzi d'vn sogno vn' ombra ,*' ad ogni v5to si delegua et sgombra4 ,et des humeurs des-raisonnables des hommes1 il semble que les philosophes mesmes se dfac5t plus t>d et plus enuis de cette-cy que de nulle autre3 c'e/ la plus reues*e et op9ia/re4 ,quia etiam b5e pr(ici5tes animos t5t>e non cessat4 ,il n'en e/ gui]e de laquelle la raison accuse si clairem5t la vanit3 mais elle a ses rac9es si vifues en n\s1 que ie ne say si iamais aucun s'en e/ peu nettem5t des*>g]4 ,apres que v\s auez t\t dict et t\t creu1 p\r la desadu\]1 elle produict contre vo/re disc\rs vne incl9ation si inte/9e1 que v\s auez peu que t5ir l'encontre4 ,c> comme dit ,cic]o1 ceux mesmes qui la combat5t1 encores veul5t-ils1 que les liures1 qu'ils en escriu5t1 port5t au front leur nom1 et se veul5t r5dre glorieux de ce qu'ils ont mespris la gloire4 ,t\tes autres *oses tomb5t en comm]ce4 ,n\s pre/ons nos bi5s et nos vies au beso9 de nos amis3 mais de communiqu] son honneur1 et d'e/r5] autruy de sa gloire1 il ne se voit gu]es4 ,catulus ,luctatius en la gu]re contre les ,cymbres1 ayant faict t\s ef=ts p\r arre/] ses soldats qui fuioi5t deuant les ennemis1 se mit luy-mesmes entre les fuy>ds1 et contrefit le coard1 aff9 qu'ils semblass5t plu/o/ suiure leur ,capita9e1 que fuyr l'ennemy3 c'e/oit ab&onn] sa reputation1 p\r c\urir la honte d'autruy4 ,qu& ,*>les c9quiesme passa en ,pr\5ce1 l'an mil c9q c5s tr5te sept1 on ti5t que ,anto9e de ,leue voyant l',emp]eur resolu de ce voyage1 et l'e/imant luy e/re m]ueilleusem5t glorieux1 op9oit t\tesfois le contraire1 et le desconseilloit1 cette f9 que t\te la gloire et honneur de ce conseil1 en fu/ attribu son mai/re3 et qu'il fu/ dict1 son bon aduis et sa preuoyance auoit e/ telle1 que contre l'op9ion de t\s1 il eu/ mis f9 vne si belle entrepr9se3 qui e/oit l'honor] ses desp5s4 ,les ,ambassadeurs ,?raci5s1 consolans ,ar*ileonide m]e de ,brasidas1 de la mort de son fils1 et le haut-l\ans1 iusques dire1 qu'il n'auoit po9t laiss son p>eil3 elle refusa cette l\ange priuee et p>ticuli]e1 p\r la r5dre au public3 ,ne me dites pas cela1 fit-elle1 ie say que la ville de ,sp>te a plusieurs citoy5s plus gr&s et plus vaillans qu'il n'e/oit4 ,en la bataille de ,crecy1 le ,pr9ce de ,gales1 encores =t ieune1 auoit l'auant-g>de conduire3 le pr9cipal ef=t du r5contre1 fu/ en cet endroit3 les ,seigneurs qui l'accompagnoi5t se tr\uans en dur p>ty d'armes1 m&]5t au ,roy ,edoard de s'appro*]1 p\r les sec\rir3 il s'enquit de l'e/at de son fils1 et luy ayant e/ respondu1 qu'il e/oit viuant et *eual3 ,ie luy f]ois1 dit-il1 tort de luy all] ma9t5ant desrob] l'honneur de la victoire de ce combat1 qu'il a si long temps s\/5u3 quelque haz>d qu'il y ait1 elle s]a t\te si5ne3 et n'y v\lut all] ny enuoy]3 sa*ant s'il y fu/ all1 qu'on eu/ dit que t\t e/oit p]du sans son sec\rs1 et qu'on luy eu/ attribu l'aduantage de cet exploit4 ,semp] enim quod po/remum adiectum e/1 id rem totam videtur traxisse4 ,plusieurs e/imoi5t ,rome1 et se disoit communm5t que les pr9cipaux beaux-faits de ,scipion e/oi5t en p>tie deuz ,llius1 qui t\tesfois alla t\si\rs prom\uant et secondant la gr&eur et gloire de ,scipion1 sans aucun so+ de la si5ne4 ,et ,!opompus ,roy de ,sp>te celuy qui luy disoit que la *ose publique demeuroit sur ses pi$s1 p\r autant qu'il sauoit bi5 comm&]3 ,c'e/ plu/o/1 dit-il1 p>ce que le peuple sait bi5 obeyr4 ,comme les femmes1 qui succ$oi5t aux pairries1 auoi5t1 nonob/ant leur sexe1 droit d'assi/] et op9] aux causes1 qui app>ti5n5t la iurisdiction des pairs3 aussi les pairs ecclesia/iques1 nonob/ant leur pr(ession1 e/oi5t t5us d'assi/] nos ,roys en leurs gu]res1 non seulem5t de leurs amis et s]uiteurs1 mais de leur p]sonne4 ,aussi l',euesque de ,beauuais1 se tr\uant auec ,philippe ,augu/e en la bataille de ,b\u9es1 p>ticipoit bi5 =t c\rageusem5t l'effect3 mais il luy sembloit1 ne deuoir t\*] au fruit et gloire de cet ex]cice sanglant et viol5t4 ,il m5a de sa ma9 plusieurs des ennemis raison1 ce i\r l1 et les donnoit au premi] ,g5tilhomme qu'il tr\uoit1 esgosill]1 ou pr5dre prisonni]s1 luy en resignant t\te l'execution4 ,et le feit a9si de ,guillaume ,comte de ,salsb]i messire ,iean de ,nesle4 ,d'vne p>eille subtilit de consci5ce1 cet autre3 il v\loit bi5 assomm]1 mais non pas bless]3 et p\rtant ne combattoit que de masse4 ,quelcun en mes i\rs1 e/ant repro* p> le ,roy d'auoir mis les ma9s sur vn pre/re1 le nioit =t et f]me3 c'e/oit qu'il l'auoit battu et f\l aux pi$s4 ,,*apitre ,,xlii4 ,de l'inegualit qui e/ entre n\s4 ,,plvt>qve dit en quelque lieu1 qu'il ne tr\ue po9t si gr&e di/ance de be/e be/e1 comme il tr\ue d'homme homme4 ,il p>le de la suffisance de l'ame et qualitez int]nes4 ,a la v]it ie tr\ue si lo+ d',epam9undas1 comme ie l'imag9e1 iusques tel que ie cognois1 ie dy capable de s5s commun1 que i'en*]irois volonti]s sur ,plut>que3 et dirois qu'il y a plus de di/ance de tel tel homme1 qu'il n'y a de tel homme telle be/e3 ,hem6 vir viro quid pr/at6 et qu'il y a autant de degrez d'esprits1 qu'il y a d'icy au ciel de brasses1 et autant innum]ables4 ,mais propos de l'e/imation des hommes1 c'e/ m]ueille que sauf n\s1 aucune *ose ne s'e/ime que p> ses propres qualitez4 ,n\s loons vn *eual de ce qu'il e/ vig\reux et adroit1 ,volucrem ,sic laudamus equum1 facili cui plurima palma ,f]uet1 et exultat rauco victoria circo1 non de son h>nois3 vn leuri]1 de sa vi/esse1 non de son coli]3 vn oyseau1 de son aile1 non de ses longes et sonnettes4 ,p\rquoy de mesmes n'e/imons n\s vn homme p> ce qui e/ si58 ,il a vn gr& tra91 vn beau palais1 tant de cr$it1 tant de r5te3 t\t cela e/ aut\r de luy1 non en luy4 ,v\s n'a*etez pas vn *at en po*e3 si v\s m>*&ez vn *eual1 v\s luy o/ez ses b>des1 v\s le voyez nud et desc\u]t4 ,ou s'il e/ c\u]t1 comme on les pres5toit anci5nem5t aux ,pr9ces v5dre1 c'e/ p> les p>ties mo9s necessaires1 f9 que v\s ne v\s amusiez pas la beaut de son poil1 ou l>geur de sa cr\pe1 et que v\s v\s arre/iez pr9cipalem5t consid]] les iambes1 les yeux1 et le pi$1 qui sont les membres les plus vtiles1 ,regibus hic mos e/3 vbi equos m]cantur1 op]tos ,inspiciunt2 ne si facies1 vt spe1 decora ,molli fulta p$e e/1 emptorem inducat hiantem1 ,qud pul*r clunes1 breue qud caput1 ardua c]uix4 ,p\rquoy e/imant vn homme l'e/imez v\s t\t enuelopp et empacquet8 ,il ne n\s faict montre que des p>ties1 qui ne sont aucunem5t si5nes3 et n\s ca*e celles1 p> lesquelles seules on peut vrayem5t iug] de son e/imation4 ,c'e/ le prix de l'espe que v\s c]*ez1 non de la gua9e3 v\s n'en donn]ez l'adu5ture pas vn quatra91 si v\s l'auez desp\ille4 ,il le faut iug] p> luy mesme1 non p> ses at\rs4 ,et comme dit tres-plaisamm5t vn anci53 ,sauez v\s p\rquoy v\s l'e/imez gr&8 v\s y comptez la hauteur de ses pat9s4 ,la base n'e/ pas de la /atue4 ,mesurez le sans ses es*aces4 ,qu'il mette "p ses ri*esses et honneurs1 qu'il se pres5te en *emise4 ,a il le corps propre ses functions1 sa9 et allegre8 ,quelle ame a il8 ,e/ elle belle1 capable1 et heureusem5t p\rueue de t\tes ses pieces8 ,e/ elle ri*e du si51 ou de l'autruy8 ,la =tune n'y a elle que voir8 ,si les yeux ouu]ts elle att5d les espes traites3 s'il ne luy *aut p> o luy sorte la vie1 p> la b\*e1 ou p> le gosi]3 si elle e/ rassise1 equable et cont5te3 c'e/ ce qu'il faut veoir1 et iug] p> l les extremes diff]5ces qui sont entre n\s4 ,e/-il sapi5s1 sibique imp]iosus2 ,quem neque paup]ies1 neque mors1 neque v9cula t]r5t2 ,respons>e cupid9ibus1 contemn]e honores ,=tis2 et 9 seipso totus t]es atque rotundus1 ,ext]ni ne quid valeat p] lue mor>i1 ,9 quem manca ruit semp] =tuna8 ,vn tel homme e/ c9q c5s brasses au dessus des ,royaumes et des ,du*ez3 il e/ luy mesmes soy son empire4 ,sapi5s1 pol6 ipse f+it =tunam sibi4 ,que luy re/e il desir]8 ,nnne videmus1 ,nil aliud sibi naturam latr>e1 nisi vt quoi ,corpore seiunctus dolor absit1 m5te fruatur ,iucundo s5su1 cura semotus metque8 ,comp>ez luy la t\rbe de nos hommes1 /upide1 basse1 s]uile1 in/able1 et cont9uellem5t flotante en l'orage des passions diu]ses1 qui la p\ss5t et rep\ss5t1 p5dant t\te d'autruy3 il y a plus d'esloignem5t que du ciel la t]re3 et t\tefois l'aueuglem5t de no/re vsage e/ tel1 que n\s en faisons peu ou po9t d'e/at4 ,l o1 si n\s consid]ons vn paisan et vn ,roy1 vn noble et vn villa91 vn magi/rat et vn homme priu1 vn ri*e et vn pauure1 il se pres5te s\da9 nos yeux vn' extreme disp>it1 qui ne sont diff]5ts p> mani]e de dire qu'en leurs *ausses4 ,en ,?race1 le ,roy e/oit di/+u de son peuple d'vne plaisante mani]e1 et bi5 r'en*]ie4 ,il auoit vne religion "p3 vn ,dieu t\t luy1 qu'il n'app>t5oit ses subiects d'ador]3 c'e/oit ,m]cure4 ,et luy1 d$aignoit les leurs1 ,m>s1 ,bac*us1 ,diane4 ,ce ne sont p\rtant que pe9tures1 qui ne font aucune dissemblance ess5tielle4 ,c> comme les ioeurs de com$ie1 v\s les voyez sur l'es*affaut faire vne m9e de ,duc et d',emp]eur1 mais tanto/ apres1 les voyla deu5uz valets et cro*eteurs mis]ables1 qui e/ leur nayfue et orig9elle condition3 aussi l',emp]eur1 duquel la pompe v\s esbl\it en public3 ,scilicet et gr&es viridi cum luce sm>agdi ,auro includuntur1 t]itrque ?alass9a ve/is ,assidu1 et ,v5]is sudorem ex]cita potat1 voyez le d]ri]e le rideau1 ce n'e/ ri5 qu'vn homme commun1 et l'adu5ture plus vil que le mo9dre de ses subiects4 ,ille beatus introrsum e/3 i/ius bracteata felicitas e/4 ,la coardise1 l'irresolution1 l'ambition1 le despit et l'enuie l'agit5t comme vn autre3 ,non enim gaz1 neque consul>is ,summ\et lictor mis]os tumultus ,m5tis et curas laqueata circum ,tecta volantes3 et le so+ et la cra9te le ti5n5t la gorge au milieu de ses armes4 ,re v]que metus hom9um1 curque sequaces1 ,nec metuunt sonitus armorum1 nec f]a tela1 ,audactrque int] reges1 r]mque pot5tes ,v]santur1 neque fulgorem reu]5tur ab auro4 ,la fieubre1 la migra9e et la g\tte l'esp>gn5t elles non plus que n\s8 ,qu& la vieillesse luy s]a sur les espaules1 les ar*]s de sa g>de l'en des*>g]ont ils8 ,qu& la frayeur de la mort le transira1 se r'asseur]a il p> l'assi/ance des ,g5tils-hommes de sa *ambre8 ,qu& il s]a en ial\sie et caprice1 nos bonnettades le remettront elles8 ,ce ciel de lict t\t enfl d'or et de p]les1 n'a aucune v]tu rappais] les tran*es d'vne v]te colique4 ,nec calid citius dec$unt corpore febres1 ,textilibus si 9 picturis o/rque rub5ti ,iact]is1 qum si plebeia 9 ve/e cub&um e/4 ,les flateurs du gr& ,alex&re1 luy faisoy5t croire qu'il e/oit fils de ,iupit]3 vn i\r e/ant bless1 reg>dant esc\l] le sang de sa playe3 ,et bi5 qu'en dites v\s8 fit-il3 e/-ce pas icy vn sang v]meil1 et purem5t huma98 il n'e/ pas de la trampe de celuy que ,hom]e fait esc\l] de la playe des ,dieux4 ,h]modorus le pote auoit fait des v]s en l'honneur d',antigonus1 o il l'appelloit fils du ,soleil3 et luy au contraire3 ,celuy1 dit-il1 qui vuide ma *aize p]ce1 sait bi5 qu'il n'en e/ ri54 ,c'e/ vn homme p\r t\s potages4 ,et si de soy-mesmes c'e/ vn homme mal n1 l'empire de l'vniu]s ne le sauroit rabill]4 ,puell ,hunc rapiant2 quicquid calcau]it hic1 rosa fiat4 ,quoy p\r cela1 si c'e/ vne ame grossi]e et /upide8 la volupt mesme et le bon heur1 ne s'app]oiu5t po9t sans vigueur et sans esprit4 ,hc p]9de sunt1 vt illius animus1 qui ea possidet1 ,qui vti scit1 ei bona2 illi qui non vtitur rect1 mala4 ,les bi5s de la =tune t\s tels qu'ils sont1 encores faut il auoir le s5tim5t propre les sau\r]4 ,c'e/ le i\r1 non le poss$]1 qui n\s r5d heureux4 ,non domus et fundus1 non ris ac]uus et auri1 groto dom9i d$uxit corpore febres1 ,non animo curas2 valeat possessor oportet1 ,qui comportatis rebus b5 cogitat vti4 ,qui cupit1 aut metuit1 iuuat illum sic domus aut res1 ,vt lippum pict tabul1 fom5ta podagram4 ,il e/ vn sot1 son g\/ e/ m\sse et hebet2 il n'en i\t non plus qu'vn morfondu de la d\ceur du v9 ,grec1 ou qu'vn *eual de la ri*esse du h>nois1 duquel on l'a p>4 ,t\t a9si comme ,platon dit1 que la sant1 la beaut1 la =ce1 les ri*esses1 et t\t ce qui s'appelle bi51 e/ egalem5t mal l'iniu/e1 comme bi5 au iu/e1 et le mal au reb\rs4 ,et puis1 o le corps et l'ame sont en mauuais e/at1 quoy faire ces commoditez ext]nes8 veu que la mo9dre picqueure d'esp+le1 et passion de l'ame1 e/ suffisante n\s o/] le plaisir de la mon>*ie du monde4 ,a la premi]e /rette que luy donne la g\tte1 il a beau e/re ,sire et ,maje/1 ,totus et arg5to conflatus1 totus et auro1 p]d il pas le s\u5ir de ses palais et de ses gr&eurs8 ,s'il e/ en col]e1 sa pr9cipaut le g>de elle de r\gir1 de paslir1 de gr9c] les d5ts comme vn fol8 ,or si c'e/ vn habile homme et bi5 n1 la royaut adi\/e peu son bon heur3 ,si v5tri b5e1 si lat]i e/1 p$ibsque tuis1 nil ,diuiti pot]unt regales add]e maius3 il voit que ce n'e/ que biffe et pip]ie4 ,oui l'adu5ture il s]a de l'aduis du ,roy ,seleucus1 ,que qui sauroit le poix d'vn sceptre1 ne daign]oit l'amass] qu& il le tr\u]oit t]re3 il le disoit p\r les gr&es et p5ibles *>ges1 qui t\*5t vn bon ,roy4 ,c]tes ce n'e/ pas peu de *ose que d'auoir regl] autruy1 puis qu' regl] n\s mesmes1 il se pres5te tant de difficultez4 ,quant au comm&]1 qui semble e/re si d\x2 consid]ant l'imbecillit du iugem5t huma91 et la difficult du *ois s *oses n\uelles et d\bteuses1 ie suis =t de cet aduis1 qu'il e/ bi5 plus ais et plus plaisant de suiure1 que de guid]3 et que c'e/ vn gr& sei\r d'esprit de n'auoir t5ir qu'vne voye trace1 et respondre que de soy3 ,vt satis multo iam sit1 p>]e quietum1 ,qum reg]e imp]io res velle4 ,io9t que ,cyrus disoit1 qu'il n'app>t5oit de comm&] homme1 qui ne vaille mieux que ceux qui il comm&e4 ,mais le ,roy ,hi]on en ,x5ophon dict d'auantage1 qu' la i\yssance des voluptez mesmes1 ils sont de pire condition que les priuez3 d'autant que l'aysance et la facilit1 leur o/e l'aigr$\ce po9te que n\s y tr\uons4 ,p+uis amor nimimque pot5s1 9 tdia nobis ,v]titur1 et1 /oma*o dulcis vt esca1 nocet4 ,p5sons n\s que les enfans de cur pr5n5t gr& plaisir la musique8 ,la saciet la leur r5d plu/o/ ennuyeuse4 ,les fe/9s1 les danses1 les masqu>ades1 les t\rnois rei\yss5t ceux qui ne les voy5t pas s\u5t1 et qui ont desir de les voir3 mais qui en faict ord9aire1 le g\/ en deui5t fade et mal plaisant3 ny les dames ne *at\ill5t celuy qui en i\yt cur sa\l4 ,qui ne se donne loisir d'auoir soif1 ne sauroit pr5dre plaisir boire4 ,les f>ces des bateleurs n\s res-i\iss5t1 mais aux ioeurs elles s]u5t de corue4 ,et qu'il soit a9si1 ce sont delices aux ,pr9ces1 c'e/ leur fe/e1 de se p\uoir quelque fois traue/ir1 et dmettre la faon de viure basse et populaire4 ,pl]umque grat pr9cipibus vices1 ,mundque p>uo sub l>e paup]um ,cn1 s9e aulis et o/ro1 ,solicitam explicu]e frontem4 ,il n'e/ ri5 si empes*ant1 si desg\t que l'abondance4 ,quel appetit ne se rebut]oit1 veoir trois c5ts femmes sa m]ci1 comme les a le gr& ,seigneur en son s]rail8 ,et quel appetit et visage de *asse1 s'e/oit res]u celuy de ses ance/res1 qui n'alloit iamais aux *amps1 mo9s de sept mille fauconni]s8 ,et outre cela1 ie croy1 que ce lu/re de gr&eur1 apporte non leg]es incommoditez la i\yssance des plaisirs plus d\x3 ils sont trop esclairez et trop en butte4 ,et ie ne say comm5t on requi]t plus d'eux de ca*] et c\urir leur faute4 ,c> ce qui e/ n\s indiscretion1 eux le peuple iuge que ce soit tyrannie1 mespris1 et desda9 des loix4 ,et outre l'incl9ation au vice1 il semble qu'ils y adi\/5t encore le plaisir de g\rm&]1 et s\smettre leurs pi$s les obs]uances publiques4 ,de vray ,platon en son ,gorgias1 def9it tyran celuy qui a lic5ce en vne cit d'y faire t\t ce qui luy plai/4 ,et s\u5t cette cause1 la montre et publication de leur vice1 blesse plus que le vice mesme4 ,*acun cra9t e/re espi et contr]oll3 ils le sont iusques leurs cont5ances et leurs p5sees2 t\t le peuple e/imant auoir droict et int]e/ d'en iug]4 ,outre ce que les ta*es s'agr&iss5t selon l'em95ce et cl>t du lieu1 o elles sont assises3 et qu'vn se+ et vne v]rue au front1 p>oiss5t plus que ne faict ailleurs vne balafre4 ,voyla p\rquoy les potes feign5t les am\rs de ,iupit] conduites s\bs autre visage que le si53 et de tant de practiques am\reuses qu'ils luy attribu5t1 il n'en e/ qu'vne seule1 ce me semble1 o il se tr\ue en sa gr&eur et ,maie/4 ,mais reu5ons ,hi]on3 il recite aussi combi5 il s5t d'incommoditez en sa royaut1 p\r ne p\uoir all] et voyag] en lib]t1 e/ant comme prisonni] dans les limites de son pas3 et qu'en t\tes ses actions il se tr\ue enuelopp d'vne fa*euse presse4 ,de vray1 voir les no/res t\s seuls table1 assiegez de tant de p>leurs et reg>dans inconnuz1 i'en ay eu s\u5t plus de pit que d'enuie4 ,le ,roy ,alphonse disoit que les asnes e/oy5t en cela de meilleure condition que les ,roys3 leurs mai/res les laiss5t pai/re leur aise1 l o les ,roys ne peuu5t pas obt5ir cela de leurs s]uiteurs4 ,et ne m'e/ iamais tomb en fantasie1 que ce fu/ quelque notable commodit la vie d'vn homme d'ent5dem5t1 d'auoir vne v+ta9e de contr]olleurs sa *aise p]ce3 ny que les s]uices d'vn homme qui a dix mille liures de r5te1 ou qui a pris ,casal1 ou def5du ,si5e1 luy soy5t plus commodes et acceptables1 que d'vn bon valet et bi5 exp]im5t4 ,les auantages pr9cipesques sont quasi auantages imag9aires4 ,*aque degr de =tune a quelque image de pr9cipaut4 ,cs> appelle ,roytelets1 t\s les ,seigneurs ayans iu/ice en ,france de son temps4 ,de vray1 sauf le nom de ,sire1 on va bi5 auant auec nos ,roys4 ,et voyez aux ,pr\9ces eslo+nes de la ,c\r1 nommons ,bretaigne p\r exemple1 le tra91 les subiects1 les (fici]s1 les occupations1 le s]uice et c]imonie d'vn ,seigneur retir et casani]1 n\rry entre ses valets2 et voyez aussi le vol de son imag9ation1 il n'e/ ri5 plus royal3 il oyt p>l] de son mai/re vne fois l'an1 comme du ,roy de ,p]se3 et ne le recognoit1 que p> quelque vieux c\s9age1 que son secretaire ti5t en regi/re4 ,a la v]it nos loix sont libres assez2 et le pois de la s\u]a9et ne t\*e vn ,g5til-homme ,franois1 pe9e deux fois en sa vie4 ,la subiection ess5tielle et effectuelle1 ne reg>de d'entre n\s1 que ceux qui s'y conui5t1 et qui aym5t s'honnor] et enri*ir p> tel s]uice3 c> qui se veut tapir en son foy]1 et sait conduire sa maison sans qu]elle1 et sans procs1 il e/ aussi libre que le ,duc de ,v5ise4 ,paucos s]uitus1 plures s]uitutem t55t4 ,mais sur t\t ,hi]on faict cas1 dequoy il se voit priu de t\te amiti et societ mutuelle3 en laquelle consi/e le plus p>fait et d\x fruict de la vie huma9e4 ,c> quel tesmoignage d'affection et de bonne volont1 puis-ie tir] de celuy1 qui me doit1 vueille il ou non1 t\t ce qu'il peut8 ,puis-ie faire e/at de son humble p>l] et c\rtoise reu]5ce1 veu qu'il n'e/ pas en luy de me la refus]8 ,l'honneur que n\s receuons de ceux qui n\s craign5t1 ce n'e/ pas honneur3 ces respects se doiu5t la ,royaut1 non moy4 ,maximum hoc regni bonum e/1 ,quod facta dom9i cogitur populus sui ,qum f]re1 tam laud>e4 ,vois-ie pas que le mes*ant1 le bon ,roy1 celuy qu'on hat1 celuy qu'on ayme1 autant en a l'vn que l'autre3 de mesmes app>5ces1 de mesme c]emonie1 e/oit s]uy mon pr$ecesseur1 et le s]a mon successeur4 ,si mes subiects ne m'(f5c5t pas1 ce n'e/ tesmoignage d'aucune bonne affection3 p\rquoy le pr5dray-ie en cette "p-l1 puis qu'ils ne p\rroi5t qu& ils v\droi5t8 ,nul ne me suit p\r l'amiti1 qui soit entre luy et moy3 c> il ne s'y sauroit c\dre amiti1 o il y a si peu de relation et de correspondance4 ,ma hauteur m'a mis hors du comm]ce des hommes3 il y a trop de disp>it et de disproportion4 ,ils me suiu5t p> cont5ance et p> c\/ume1 ou plus to/ que moy ma =tune1 p\r en accroi/re la leur4 ,t\t ce qu'ils me di5t1 et font1 ce n'e/ que f>d1 leur lib]t e/ant bride de t\tes p>ts p> la gr&e puissance que i'ay sur eux3 ie ne voy ri5 aut\r de moy que c\u]t et masqu4 ,ses c\rtisans looi5t vn i\r ,iulian l',emp]eur de faire bonne iu/ice3 ,ie m'enorgueillirois volonti]s1 dit-il1 de ces loanges1 si elles v5oi5t de p]sonnes1 qui ozass5t accus] ou mesloer mes actions contraires1 qu& elles y s]oi5t4 ,t\tes les vraies commoditez qu'ont les ,pr9ces1 leurs sont communes auec les hommes de moy5ne =tune4 ,c'e/ faire aux ,dieux1 de mont] des *euaux aislez1 et se pai/re d',ambrosie3 ils n'ont po9t d'autre sommeil et d'autre appetit que le no/re3 leur aci] n'e/ pas de meilleure trempe1 que celuy dequoy n\s n\s armons2 leur c\ronne ne les c\ure ny du soleil1 ny de la pluie4 ,diocletian qui en portoit vne si reu]e et si =tune1 la resigna p\r se retir] au plaisir d'vne vie priue3 et quelque temps apres1 la necessit des affaires publiques1 requ]ant qu'il reu9/ pr5dre la *>ge1 il respondit ceux qui l'en prioi5t3 ,v\s n'entrepr5driez pas de me p]suad] cela1 si v\s auiez veu le bel ordre des arbres1 que i'ay moymesme plant *ez moy1 et les beaux melons que i'y ay semez4 ,a l'aduis d',ana*>sis le plus heureux e/at d'vne police1 s]oit o t\tes autres *oses e/ants esgales1 la prec$5ce se mesur]oit la v]tu1 et le rebut au vice4 ,qu& le ,roy ,pyrrhus entrepr5oit de pass] en ,italie1 ,cyneas son sage conseill] luy v\lant faire s5tir la vanit de son ambition3 ,et bi5 ,sire1 luy dem&a-il1 quelle f9 dressez v\s cette gr&e entrepr9se8 ,p\r me faire mai/re de l',italie1 respondit-il s\da93 ,et puis1 suyuit ,cyneas1 cela faict8 ,ie pass]ay1 dit l'autre1 en ,gaule et en ,espaigne3 ,et apres8 ,ie m'en iray subiugu] l',afrique1 et en f91 qu& i'auray mis le monde en ma subiection1 ie me repos]ay et viuray cont5t et mon aise4 ,p\r ,dieu1 ,sire1 re*>gea lors ,cyneas1 dictes moy1 quoy il ti5t que v\s ne soyez des pres5t1 si v\s v\lez1 en cet e/at8 ,p\rquoy ne v\s logez v\s des cette heure1 o v\s dites aspir]1 et v\s esp>gnez tant de trauail et de haz>d1 que v\s iettez entre deux8 ,nimirum quia non b5e norat qu esset hab5di ,f9is1 et omn9o quoad crescat v]a voluptas4 ,ie m'en vais clorre ce pas p> vn v]set anci51 que ie tr\ue s+uli]em5t beau ce propos3 ,mores cuique sui f+unt =tunam4 ,,*apitre ,,xliii4 ,des lois somptuaires4 ,,la faon dequoy nos loix essay5t regl] les foles et va9es desp5ces des tables1 et ve/em5s1 semble e/re contraire sa f94 ,le vray moy51 ce s]oit d'eng5dr] aux hommes le mespris de l'or et de la soye1 comme de *oses va9es et inutiles3 et n\s leur augm5tons l'honneur et le prix1 qui e/ vne bi5 inepte faon p\r en dg\/] les hommes4 ,c> dire a9si1 ,qu'il n'y aura que les ,pr9ces qui mang5t du turbot1 qui puiss5t port] du vel\rs et de la tresse d'or1 et l'int]dire au peuple1 qu'e/-ce autre *ose que mettre en cr$it ces *oses l1 et faire croi/re l'enuie *acun d'en vs]8 ,que les ,roys quitt5t h>dim5t ces m>ques de gr&eur1 ils en ont assez d'autres2 tels excez sont plus excusables t\t autre qu' vn ,pr9ce4 ,p> l'exemple de plusieurs nations1 n\s p\uons appr5dre assez de meilleures faons de n\s di/+u] ext]ieurem5t1 et nos degrez 7ce que i'e/ime la v]it1 e/re bi5 requis en vn ,e/at7 sans n\rrir p\r cet effect1 cette corruption et incommodit si app>5te4 ,c'e/ m]ueille comme la c\/ume en ces *oses indiff]5tes plante aism5t et s\da9 le pi$ de son au?orit4 ,a pe9e fusmes n\s vn an1 p\r le dueil du ,roy ,h5ry second1 port] du drap la ,c\r1 il e/ c]ta9 que desia l'op9ion d'vn *acun1 les soyes e/oi5t v5us telle vilit1 que si v\s en voyiez quelqu'vn ve/u1 v\s en faisiez incont95t quelque homme de ville4 ,elles e/oi5t demeures en p>tage aux m$ec9s et aux *irurgi5s3 et quoy qu'vn *acun fu/ peu pres ve/u de mesme1 si y auoit-il d'ailleurs assez de di/9ctions app>5tes1 des qualitez des hommes4 ,combi5 s\da9em5t vi5n5t en honneur p>my nos armes1 les p\rpo9s crasseux de *amois et de toille2 et la pollisseure et ri*esse des ve/em5ts repro*e et mespris8 ,que les ,roys comm5c5t quitt] ces desp5ces1 ce s]a faict en vn mois sans edict1 et sans ordonnance2 n\s irons t\s apres4 ,la loy deuroit dire au reb\rs1 ,que le cramoisy et l'orfeu]ie e/ def5du t\te espece de g5s1 sauf aux ba/eleurs et aux c\rtisanes4 ,de p>eille inu5tion corrigea ,zeleucus1 les meurs corrompus des ,locri5s4 ,ses ordonnances e/oi5t telles3 ,que la femme de condition libre1 ne puisse m5] apres elle plus d'vne *ambri]e1 s9on lors qu'elle s]a yure3 ny ne puisse sortir hors la ville de nuict1 ny port] ioyaux d'or l'ent\r de sa p]sonne1 ny robbe enri*ie de brod]ie1 si elle n'e/ publique et puta93 que sauf les ruffi5s1 homme ne loise port] en son doigt anneau d'or1 ny robbe delicate1 comme sont celles des draps tissus en la ville de ,milet4 ,et a9si p> ces exceptions honteuses1 il diu]tissoit +5ieusem5t ses citoy5s des sup]fluitez et delices p]nicieuses4 ,c'e/oit vne tres-vtile mani]e d'attir] p> honneur et ambition1 les hommes leur deuoir et l'obeissance4 ,nos ,roys peuu5t t\t en telles re=mations ext]nes3 leur incl9ation y s]t de loy4 ,quicquid pr9cipes faciunt1 prcip]e vid5tur4 ,le re/e de la ,france pr5d p\r regle la regle de la ,c\r4 ,qu'ils se desplais5t de cette vila9e *aussure1 qui montre si desc\u]t nos membres occultes3 ce l\rd grossissem5t de p\rpo9s1 qui n\s faict t\s autres que n\s ne sommes1 si incommode s'arm]3 ces longues tresses de poil effem9ees3 cet vsage de bais] ce que n\s pres5tons nos compaignons1 et nos ma9s en les saluant3 c]emonie deu autresfois aux seuls ,pr9ces3 et qu'vn ,g5til-homme se tr\ue en lieu de respect1 sans espe son co/1 t\t esbraill1 et de/a*1 comme s'il v5oit de la g>de-robbe3 et que contre la =me de nos p]es1 et la p>ticuli]e lib]t de la ,noblesse de ce ,royaume1 n\s n\s t5ons desc\u]ts bi5 lo+ aut\r d'eux1 en quelque lieu qu'ils soy5t3 et comme aut\r d'eux1 aut\r de c5t autres2 tant n\s auons de ti]celets et qu>telets de ,roys3 et a9si d'autres p>eilles introductions n\uelles et vitieuses3 elles se v]ront incont95t esuan\yes et descries4 ,ce sont erreurs sup]ficielles1 mais p\rtant de mauuais progno/ique3 et sommes adu]tis que le massif se desm5t1 qu& n\s voyons f5dill] l'enduict1 et la cr\/e de nos p>ois4 ,platon en ses loix1 n'e/ime pe/e au monde plus dommageable sa cit1 que de laiss] pr5dre lib]t la ieunesse1 de *ang] en acc\/rem5ts1 en ge/es1 en danses1 en ex]cices et en *ansons1 d'vne =me vne autre3 remuant son iugem5t1 tanto/ en cette assiette1 tanto/ en cette la3 c\rant apres les n\uelletez1 honorant leurs inu5teurs3 p> o les murs se corromp5t1 et les anci5nes in/itutions1 vi5n5t desde9 et mesprix4 ,en t\tes *oses1 sauf simplem5t aux mauuaises1 la mutation e/ cra9dre3 la mutation des saisons1 des v5ts1 des viures1 des humeurs4 ,et nulles loix ne sont en leur vray cr$it1 que celles ausquelles ,dieu a donn quelque anci5ne dure3 de mode1 que p]sonne ne sa*e leur naissance1 ny qu'elles ay5t iamais e/ autres4 ,,*apitre ,,xliiii4 ,du dormir4 ,,la raison n\s ordonne bi5 d'all] t\si\rs mesme *em91 mais non t\tesfois mesme tra94 ,et ores que le sage ne doiue donn] aux passions huma9es1 de se f\ruoy] de la droicte c>ri]e1 il peut bi5 sans int]e/ de son deuoir1 leur quitt] aussi1 d'en ha/] ou ret>d] son pas1 et ne se plant] comme vn colosse immobile et impassible4 ,qu& la v]tu mesme s]oit inc>ne1 ie croy que le p\x luy battroit plus =t allant l'assaut1 qu'allant disn]3 voire il e/ necessaire qu'elle s'es*auffe et s'esmeuue4 ,a cette cause i'ay rem>qu p\r *ose r>e1 de voir quelquefois les gr&s p]sonnages1 aux plus hautes entrepr9ses et importans affaires1 se t5ir si enti]s en leur assiette1 que de n'en acc\rcir pas seulem5t leur sommeil4 ,alex&re le gr&1 le i\r assign cette furieuse bataille contre ,d>ius1 dormit si pr(ondem5t1 et si haute mat9e1 que ,p>m5ion fut contra9t d'entr] en sa *ambre1 et appro*ant de son lict1 l'appel] deux ou trois fois p> son nom1 p\r l'esueill]1 le temps d'all] au combat le pressant4 ,l',emp]eur ,o?on ayant resolu de se tu]1 cette mesme nuit1 apres auoir mis ordre ses affaires dome/iques1 p>tag son arg5t ses s]uiteurs1 et affil le tran*ant d'vne espe dequoy il se v\loit donn]1 n'att5dant plus qu' sauoir si *acun de ses amis s'e/oit retir en seuret1 se pr9t si pr(ondem5t dormir1 que ses valets de *ambre l'ent5doi5t ronfl]4 ,la mort de cet ,emp]eur a beauc\p de *oses p>eilles celle du gr& ,caton1 et mesmes cecy3 c> ,caton e/ant pre/ se deffaire1 cep5dant qu'il att5doit qu'on luy rapporta/ n\uelles si les ,s5ateurs qu'il faisoit retir]1 s'e/oi5t esl>gis du port d',vtique1 se mit si =t dormir1 qu'on l'oyoit s\ffl] de la *ambre vois9e3 et celuy qu'il auoit enuoy v]s le port1 l'ayant esueill1 p\r luy dire que la t\rm5te empes*oit les ,s5ateurs de faire voile leur aise1 il y en r5uoya encore vn autre1 et se r'enfonant dans le lict1 se remit encore sommeill]1 iusques ce que ce d]ni] l'asseura de leur p>tem5t4 ,encore auons n\s dequoy le comp>] au faict d',alex&re1 en ce gr& et dang]eux orage1 qui le m5assoit1 p> la s$ition du ,tribun ,metellus1 v\lant publi] le decret du rappel de ,pompeius dans la ville auecques son arme1 lors de l'motion de ,catil9a3 auquel decret ,caton seul insi/oit1 et en auoi5t eu ,metellus et luy1 de grosses p>oles et gr&es m5asses au ,s5at3 mais c'e/oit au l5dema9 en la place1 qu'il falloit v5ir l'execution2 o ,metellus1 outre la faueur du peuple et de ,cs> conspirant lors aux aduantages de ,pompeius1 se deuoit tr\u]1 accompagn de =ce esclaues e/rang]s1 et escrimeurs outrance1 et ,caton =tifi de sa seule con/ance3 de sorte que ses p>5s1 ses dome/iques1 et beauc\p de g5s de bi51 en e/oy5t en gr& s\cy3 et en y eut qui pass]5t la nuict ensemble1 sans v\loir repos]1 ny boire1 ny mang]1 p\r le dang] qu'ils luy voyoi5t prep>3 mesme sa femme1 et ses surs ne faisoy5t que pleur] et se t\rm5t] en sa maison3 l o luy au contraire1 recon=toit t\t le monde3 et apres auoir s\pp comme de c\/ume1 s'en alla c\*] et dormir de =t pr(ond sommeil1 iusques au mat91 que l'vn de ses compagnons au ,tribunat1 le v9t esueill] p\r all] l'esc>m\*e4 ,la connoissance1 que n\s auons de la gr&eur de c\rage1 de cet homme1 p> le re/e de sa vie1 n\s peut faire iug] en t\te seuret1 que cecy luy p>toit d'vne ame si lo+ esleue au dessus de tels accid5ts1 qu'il n'en daignoit entr] en c]uelle1 non plus que d'accid5s ord9aires4 ,en la bataille nauale qu',augu/us gaigna contre ,sextus ,pompeius en ,sicile1 sur le po9t d'all] au combat1 il se tr\ua press d'vn si pr(ond sommeil1 qu'il fallut que ses amis l'esueillass5t1 p\r donn] le signe de la bataille4 ,cela donna occasion ,m4 ,antonius de luy repro*] depuis1 qu'il n'auoit pas eu le cur1 seulem5t de reg>d] les yeux ouu]ts1 l'ordonnance de son arme2 et de n'auoir os se pres5t] aux soldats1 iusques ce qu',agrippa luy v9t annonc] la n\uelle de la victoire1 qu'il auoit eu sur ses ennemis4 ,mais quant au ieune ,m>ius1 qui fit encore pis 7c> le i\r de sa d]ni]e i\rne contre ,sylla1 apres auoir ordonn son arme1 et donn le mot et signe de la bataille1 il se c\*a dess\bs vn arbre l'ombre1 p\r se repos]1 et s'endormit si s]r1 qu' pe9e se peut-il esueill] de la r\te et fuitte de ses g5s1 n'ayant ri5 veu du combat7 ils dis5t que ce fut p\r e/re si extremem5t aggrau de trauail1 et de faute de dormir1 que nature n'en p\uoit plus4 ,et ce propos les m$ec9s aduis]ont si le dormir e/ si necessaire1 que no/re vie en dp5de2 c> n\s tr\uons bi51 qu'on fit m\rir le ,roy ,p]seus de ,mac$o9e prisonni] ,rome1 luy empes*ant le sommeil1 mais ,pl9e en allegue1 qui ont vescu long temps sans dormir4 ,*ez ,h]odote1 il y a des nations1 ausquelles les hommes dorm5t et veill5t p> demy annes4 ,et ceux qui escriu5t la vie du sage ,epim5ides1 dis5t qu'il dormit c9quante sept ans de suitte4 ,,*apitre ,,xlv4 ,de la battaille de ,dreux4 ,,il y eut t\t ple9 de r>es accid5s en no/re battaille de ,dreux3 mais ceux qui ne fauoris5t pas =t la reputation de ,m4 de ,guyse1 mett5t volonti]s en auant1 qu'il ne se peut excus] d'auoir faict alte1 et temporis auec les =ces qu'il comm&oit1 cep5dant qu'on enfonoit ,monsieur le ,conne/able *ef de l'arme1 auecques l'artill]ie3 et qu'il valoit mieux se haz>d]1 pr5ant l'ennemy p> flanc1 qu'att5dant l'aduantage de le voir en queu1 s\ffrir vne si l\rde p]te4 ,mais outre ce1 que l'issu en tesmoigna1 qui en debattra sans passion1 me confess]a aism5t1 mon aduis1 que le b et la vise1 non seulem5t d'vn ,capita9e1 mais de *asque soldat1 doit reg>d] la victoire en gros2 et que nulles occurr5ces p>ticuli]es1 quelque int]e/ qu'il y ayt1 ne le doiu5t diu]tir de ce po9t l4 ,philopm5 en vne r5contre de ,ma*anidas1 ayant enuoy deuant p\r attaqu] l'esc>m\*e1 bonne tr\ppe d'ar*]s et g5s de traict3 et l'ennemy apres les auoir r5u]sez1 s'amusant les p\rsuiure t\te bride1 et c\lant apres sa victoire le long de la battaille o e/oit ,philopm51 quoy que ses soldats s'en esmeuss5t1 il ne fut d'aduis de b\g] de sa place1 ny de se pres5t] l'ennemy1 p\r sec\rir ses g5s3 a9s les ayant laiss *ass] et mettre en pieces sa veue1 comm5a la *>ge sur les ennemis au battaillon de leurs g5s de pi$1 lorsqu'il les vid t\t fait ab&onnez de leurs g5s de *eual3 et bi5 que ce fuss5t ,lac$emoni5s1 d'autant qu'il les prit l'heure1 que p\r t5ir t\t gaign1 ils comm5oi5t se desordonn]1 il en v9t aism5t b\t1 et cela fait se mit p\rsuiure ,ma*anidas4 ,ce cas e/ g]ma9 celuy de ,monsieur de ,guise4 ,en cette aspre battaille d',agesilaus contre les ,boti5s1 que ,x5ophon qui y e/oit1 dit e/re la plus rude qu'il eu/ oncques veu1 ,agesilaus refusa l'auantage que =tune luy pres5toit1 de laiss] pass] le bataillon des ,boti5s1 et les *>g] en queu1 quelque c]ta9e victoire qu'il en preui/1 e/imant qu'il y auoit plus d'art que de vaillance2 et p\r montr] sa pr\sse d'vne m]ueilleuse ardeur de c\rage1 *oisit plu/o/ de leur donn] en te/e3 mais aussi fut-il bi5 battu et bless1 et contra9t en f9 de se demesl]1 et pr5dre le p>ty qu'il auoit refus au comm5cem5t1 faisant ouurir ses g5s1 p\r donn] passage ce torr5t de ,boti5s3 puis qu& ils fur5t passez1 pr5ant g>de qu'ils m>*eoy5t en desordre1 comme ceux qui cuidoy5t bi5 e/re hors de t\t dang]1 il les fit suiure1 et *>g] p> les flancs3 mais p\r cela ne les peut-il t\rn] en fuitte val de r\te2 a9s se retir]5t le petit pas1 montrants t\si\rs les d5ts1 iusques ce qu'ils se fur5t r5dus sauuet4 ,,*apitre ,,xlvi4 ,des noms4 ,,qvelqve diu]sit d'h]bes qu'il y ait1 t\t s'enueloppe s\s le nom de salade4 ,de mesme1 s\s la consid]ation des noms1 ie m'en voy faire icy vne galimafre de diu]s articles4 ,*aque nation a quelques noms qui se pr5n5t1 ie ne say comm5t1 en mauuaise "p3 et n\s ,iehan1 ,guillaume1 ,b5oi/4 ,item1 il semble y auoir en la g5ealogie des ,pr9ces1 c]ta9s noms fatalem5t affectez3 comme des ,ptolomes ceux d'gypte1 des ,h5rys en ,anglet]re1 ,*>les en ,france1 ,baudo9s en ,fl&res1 et en no/re anci5ne ,aquita9e des ,guillaumes1 d'o lon dit que le nom de ,gui5ne e/ v5u3 p> vn froid r5contre1 s'il n'en y auoit d'aussi cruds dans ,platon mesme4 ,item1 c'e/ vne *ose leg]e1 mais t\tefois digne de memoire p\r son e/ranget1 et escripte p> tesmo9 oculaire1 que ,h5ry ,duc de ,norm&ie1 fils de ,h5ry second ,roy d',anglet]re1 faisant vn fe/9 en ,france1 l'assemble de la ,noblesse y fut si gr&e1 que p\r passe-temps1 s'e/ant diuise en b&es p> la ressemblance des noms3 en la premi]e tr\pe qui fut des ,guillaumes1 il se tr\ua c5t dix ,*euali]s assis table portans ce nom1 sans mettre en comte les simples ,g5tils-hommes et s]uiteurs4 ,il e/ autant plaisant de di/ribu] les tables p> les noms des assi/ans1 comme il e/oit l',emp]eur ,geta1 de faire di/ribu] le s]uice de ses mets1 p> la consid]ation des premi]es lettres du nom des vi&es3 on s]uoit celles qui se comm5oi5t p> m3 m\ton1 m>cass91 m]lus1 m>so91 a9si des autres4 ,item1 il se dit qu'il fait bon auoir bon nom1 c'e/ dire cr$it et reputation3 mais encore la v]it e/-il commode1 d'auoir vn nom qui aism5t se puisse prononc] et mettre en memoire3 c> les ,roys et les gr&s n\s en cognoiss5t plus aism5t1 et oubli5t plus mal volonti]s2 et de ceux mesmes qui n\s s]u5t1 n\s comm&ons plus ord9airem5t et employons ceux1 desquels les noms se pres5t5t le plus facilem5t la langue4 ,i'ay veu le ,roy ,h5ry second1 ne p\uoir nomm] droit vn ,g5til-homme de ce qu>ti] de ,gascongne2 et vne fille de la ,royne1 il fut luy mesme d'aduis de donn] le nom g5]al de la race1 p> ce que celuy de la maison pat]nelle luy sembla trop diu]s4 ,et ,socrates e/ime digne du so+ pat]nel1 de donn] vn beau nom aux enfants4 ,item1 on dit que la fondation de no/re ,dame la gr&' ,poiti]s1 prit orig9e de ce qu'vn ieune homme desbau*1 log en cet endroit1 ayant rec\ur vne g>ce1 et luy ayant d'arriue dem& son nom1 qui e/oit ,m>ie1 se s5tit si viuem5t espris de religion et de respect de ce nom sacrosa9ct de la ,vi]ge m]e de no/re ,sauueur1 que non seulem5t il la *assa s\da91 mais en am&a t\t le re/e de sa vie3 et qu'en consid]ation de ce miracle1 il fut ba/y en la place1 o e/oit la maison de ce ieune homme1 vne *apelle au nom de no/re ,dame1 et depuis l'eglise que n\s y voyons4 ,cette correction voyelle et auriculaire1 deuotieuse1 tira droit l'ame3 cette autre suiuante1 de mesme g5re1 s'ins9a p> les s5s corporels4 ,py?agoras e/ant en compagnie de ieunes hommes1 lesquels il s5tit complott]1 es*auffez de la fe/e1 d'all] viol] vne maison pudique1 comm&a la m5e/ri]e1 de *ang] de ton3 et p> vne musique poisante1 seu]e1 et spondaque1 en*anta t\t d\cem5t leur ardeur1 et l'endormit4 ,item1 ne dira pas la po/]it1 que no/re re=mation d'aui\rd'huy ait e/ delicate et exacte1 de n'auoir pas seulem5t combattu les erreurs1 et les vices1 et rempli le monde de deuotion1 d'humilit1 d'obeissance1 de paix1 et de t\te espece de v]tu2 mais d'auoir pass iusques combattre ces anci5s noms de nos baptesmes1 ,*>les1 ,loys1 ,franois1 p\r peupl] le monde de ,ma?usalem1 ,eze*iel1 ,mala*ie1 beauc\p mieux s5tans de la foy8 ,vn ,g5til-homme mi5 vois91 e/imant les commoditez du vieux temps au prix du notre1 n'oublioit pas de mettre en compte1 la fi]t et magnific5ce des noms de la ,noblesse de ce temps l1 ,dom ,grum$an1 ,qu$ragan1 ,agesilan1 et qu' les our seulem5t sonn]1 il se s5toit qu'ils auoy5t e/ bi5 autres g5s1 que ,pi]re1 ,guillot1 et ,mi*el4 ,item1 ie say bon gr ,iacques ,amiot d'auoir laiss dans le c\rs d'vn' oraison ,franoise1 les noms ,lat9s t\s enti]s1 sans les big>r] et *ang]1 p\r leur donn] vne cad5ce ,franoise4 ,cela sembloit vn peu rude au comm5cem5t3 mais des-ja l'vsage p> le cr$it de son ,plut>que1 n\s en a o/ t\te l'e/ranget4 ,i'ay s\hait s\u5t1 que ceux qui escriu5t les hi/oires en ,lat91 n\s laissass5t nos noms t\s tels qu'ils sont3 c> en faisant de ,vaudemont1 ,vallemontanus1 et les metamorphosant1 p\r les g>b] la ,grecque ou la ,roma9e1 n\s ne sauons o n\s en sommes1 et en p]dons la cognoissance4 ,p\r clorre no/re compte2 c'e/ vn vila9 vsage et de tres-mauuaise consequ5ce en no/re ,france1 d'appell] *acun p> le nom de sa t]re et ,seigneurie1 et la *ose du monde1 qui faict plus mesl] et mescognoi/re les races4 ,vn cadet de bonne maison1 ayant eu p\r son appanage vne t]re1 s\s le nom de laquelle il a e/ cognu et honnor1 ne peut honne/em5t l'ab&onn]3 dix ans apres sa mort1 la t]re s'en va vn e/rang]1 qui en fait de mesmes3 deu9ez o n\s sommes1 de la cognoissance de ces hommes4 ,il ne faut pas all] qu]ir d'autres exemples1 que de no/re maison ,royalle1 o autant de p>tages1 autant de surnoms3 cep5dant l'orig9el de la tige n\s e/ es*app4 ,il y a tant de lib]t en ces mutations1 que de mon temps ie n'ay veu p]sonne esleu p> la =tune quelque gr&eur extraord9aire1 qui on n'ait atta* incont95t des tiltres g5ealogiques1 n\ueaux et ignorez son p]e1 et qu'on n'ait ant en quelque illu/re tige4 ,et de bonne =tune les plus obscures familles1 sont plus idoynes falsification4 ,combi5 auons n\s de ,g5tils-hommes en ,france1 qui sont de ,royalle race selon leurs comptes8 plus ce crois-ie que d'autres4 ,fut-il pas dict de bonne grace p> vn de mes amis8 ,ils e/oy5t plusieurs assemblez p\r la qu]elle d'vn ,seigneur1 contre vn autre2 lequel autre1 auoit la v]it quelque pr]ogatiue de tiltres et d'alliances1 esleues au dessus de la commune ,noblesse4 ,sur le propos de cette pr]ogatiue1 *acun *]*ant s'esgal] luy1 alleguoit1 qui vn' orig9e1 qui vn' autre1 qui la ressemblance du nom1 qui des armes1 qui vne vieille pan*>te dome/ique3 et le mo9dre se tr\uoit arri]e-fils de quelque ,roy d'outrem]4 ,comme ce fut disn]1 cettuy-cy1 au lieu de pr5dre sa place1 se recula en pr(ondes reu]5ces1 suppliant l'assi/ance de l'excus]1 de ce que p> tem]it il auoit iusques lors vescu auec eux en compagnon3 mais qu'ayant e/ n\uellem5t in=m de leurs vieilles qualitez1 il comm5oit les honnor] selon leurs degrez1 et qu'il ne luy app>t5oit pas de se soir p>my tant de ,pr9ces4 ,apres sa f>ce1 il leur dit mille iniures3 ,cont5tez v\s de p> ,dieu1 de ce dequoy nos p]es se sont cont5tez3 et de ce que n\s sommes2 n\s sommes assez si n\s le sauons bi5 ma9t5ir3 ne desadu\ons pas la =tune et condition de noz ayeulx1 et o/ons ces sottes imag9ations1 qui ne peuu5t faillir quiconque a l'impud5ce de les allegu]4 ,les armoiries n'ont de seurt1 non plus que les surnoms4 ,ie porte d'azur sem de trefles d'or1 vne pate de lyon de mesme1 arme de gueules1 mise en face4 ,quel priuilege a cette figure1 p\r demeur] p>ticuli]em5t en ma maison8 vn g5dre la transport]a en vne autre famille2 quelque *etif a*eteur en f]a ses premi]es armes3 il n'e/ *ose o il se r5contre plus de mutation et de confusion4 ,mais cette consid]ation me tire p> =ce vn autre *amp4 ,sondons vn peu de pres1 et p\r ,dieu reg>dons1 quel fondem5t n\s atta*ons cette gloire et reputation1 p\r laquelle se b\lleu]se le monde3 o asseons n\s cette r5omme1 que n\s allons que/ant auec si gr&'pe9e8 ,c'e/ en somme ,pi]re ou ,guillaume1 qui la porte1 pr5d en g>de1 et qui elle t\*e4 ,o la c\rageuse facult que l'esp]ance3 qui en vn subiect mortel1 et en vn mom5t1 va vsurpant l'inf9it1 l'imm5sit1 et remplissant l'indig5ce de son mai/re1 de la possession de t\tes les *oses qu'il peut imag9] et desir]1 autant qu'elle veut6 ,nature n\s a l donn1 vn plaisant i\t4 ,et ce ,pi]re ou ,guillaume1 qu'e/-ce qu'vne voix p\r t\s potages8 ou trois ou quatre traicts de plume1 premi]em5t si aisez v>i]1 que ie dem&]ois volonti]s qui t\*e l'honneur de tant de victoires1 ,guesqu91 ,glesqu91 ou ,gueaqu98 ,il y auroit bi5 plus d'app>5ce icy1 qu'en ,luci5 que 4 mit 4 en procez1 c> ,non leuia aut ludicra petuntur ,prmia3 ,il y va de bon2 il e/ "q laquelle de ces lettres doit e/re paye de tant de sieges1 battailles1 blessures1 prisons et s]uices faits la c\ronne de ,france1 p> ce si5 fameux ,conne/able4 ,nicolas ,d5isot n'a eu so+ que des lettres de son nom1 et en a *ang t\te la contexture1 p\r en ba/ir le ,conte d',als9ois qu'il a e/r5 de la gloire de sa posie et pe9ture4 ,et l'hi/ori5 ,suetone n'a aym que le s5s du si51 et en ayant priu ,lnis1 qui e/oit le surnom de son p]e1 a laiss ,tranquillus successeur de la reputation de ses escrits4 ,qui croiroit que le ,capita9e ,bay>d n'eu/ honneur1 que celuy qu'il a emprunt des faicts de ,pi]re ,t]rail8 et qu',anto9e ,escal9 se laisse vol] sa veu tant de nauigations et *>ges p> m] et p> t]re au ,capita9e ,p\l91 et au ,b>on de la ,g>de8 ,secondem5t ce sont traits de plume communs mill'hommes4 ,combi5 y a-il en t\tes les races1 de p]sonnes de mesme nom et surnom8 ,et en diu]ses races1 siecles et pas1 combi58 ,l'hi/oire a cognu trois ,socrates1 c9q ,platons1 huict ,ari/otes1 sept ,x5ophons1 v+t ,demetrius1 v+t ,!odores3 et p5sez combi5 elle n'en a pas cognu4 ,qui empes*e mon palefr5i] de s'appell] ,pompe le gr&8 ,mais apres t\t1 quels moy5s1 quels ressors y a il qui atta*5t mon palefr5i] trespass1 ou cet autre homme qui eut la te/e tran*e en gypte1 et qui ioign5t eux1 cette voix glorifie1 et ces traits de plume1 a9s9 honnorez1 aff9 qu'ils s'en aduantag5t8 ,id c9]em et manes cr$is cur>e sepultos8 ,quel ress5tim5t ont les deux compagnons en pr9cipale valeur entre les hommes3 ,epam9ondas de ce glorieux v]s1 qui c\rt tant de siecles p\r luy en nos b\*es1 ,consiliis no/ris laus e/ attrita ,laconum2 et ,africanus de cet autre1 ,a sole exori5te1 supra ,motis paludes ,nemo e/1 qui factis me quip>>e queat8 ,les suruiuants se *at\ill5t de la d\ceur de ces voix3 et p> icelles solicitez de ial\sie et desir1 transmett5t inconsid]m5t p> fantasie aux trespassez cettuy leur propre ress5tim5t3 et d'vne pipeuse esp]ance se donn5t croire d'en e/re capables leur t\r4 ,dieu le sait4 ,t\tesfois1 ad hc se ,romanus ,graisque et ,b>b>us ,indup]ator ,erexit2 causas discrim9is atque laboris ,inde habuit1 tanto maior fam sitis e/1 qum ,virtutis4 ,,*apitre ,,xlvii4 ,de l'inc]titude de no/re iugem5t4 ,c',,e/ bi5 ce que dit ce v]s1 4 il y a pr\ de loy de p>l] p> t\t1 et p\r et contre4 ,p\r exemple3 ,v9ce ,hannibal1 et non seppe vs>' poi ,b5 la vittoriosa sua v5tura4 ,qui v\dra e/re de ce p>ty1 et faire valoir auecques nos g5s1 la faute de n'auoir d]ni]em5t p\rsuiuy no/re po9te ,moncont\r2 ou qui v\dra accus] le ,roy d',espaigne1 de n'auoir seu se s]uir de l'aduantage qu'il eut contre n\s ,sa9ct ,qu5t92 il p\rra dire cette faute p>tir d'vne ame enyure de sa bonne =tune1 et d'vn c\rage1 lequel ple9 et gorg de ce comm5cem5t de bon heur1 p]d le g\/ de l'accroi/re1 des-ja p> trop empes* dig]] ce qu'il en a3 il en a sa brasse t\te comble1 il n'en peut saisir dauantage3 indigne que la =tune luy aye mis vn tel bi5 entre ma9s3 c> quel pr(it en s5t-il1 si neantmo9s il donne son ennemy moy5 de se remettre sus8 ,quell' esp]ance peut-on auoir qu'il ose vn' autre fois attaqu] ceux-cy ralliez et remis1 et de n\ueau armez de despit et de v5geance1 qui ne les a os ou seu p\rsuiure t\s rompus et effrayez8 ,dum =tuna calet1 dum conficit omnia t]ror8 ,mais en f91 que peut-il att5dre de mieux1 que ce qu'il vi5t de p]dre8 ,ce n'e/ pas comme l'escrime1 o le nombre des t\*es donne ga93 tant que l'ennemy e/ en pi$s1 c'e/ recomm5c] de plus belle3 ce n'e/ pas victoire1 si elle ne met f9 la gu]re4 ,en cette esc>m\*e o ,cs> eut du pire pres la ville d',oricum1 il repro*oit aux soldats de ,pompeius1 qu'il eu/ e/ p]du1 si leur ,capita9e eu/ seu va9cre3 et luy *aussa bi5 autrem5t les esp]ons1 qu& ce fut son t\r4 ,mais p\rquoy ne dira-on aussi au contraire8 que c'e/ l'effect d'vn esprit precipiteux et insatiable1 de ne sauoir mettre f9 sa conuoitise3 que c'e/ abus] des faueurs de ,dieu1 de leur v\loir faire p]dre la mesure qu'il leur a prescripte3 et que de se reiett] au dang] apres la victoire1 c'e/ la remettre encore vn c\p la m]cy de la =tune3 que l'vne des plus gr&es sagesses en l'art militaire1 c'e/ de ne p\ss] son ennemy au desespoir4 ,sylla et ,m>ius en la gu]re sociale ayans dfaict les ,m>ses1 en voyans encore vne tr\ppe de re/e1 qui p> desespoir se reu5oi5t iett] eux1 comme be/es furieuses1 ne fur5t pas d'aduis de les att5dre4 ,si l'ardeur de ,monsieur de ,foix ne l'eu/ emport p\rsuiure trop asprem5t les re/es de la victoire de ,rau5ne1 il ne l'eu/ pas s\ille de sa mort4 ,t\tesfois encore s]uit la rec5te memoire de son exemple1 cons]u] ,monsieur d',angui5 de p>eil inconu5i5t1 ,s]isoles4 ,il fait dang]eux assaillir vn homme1 qui v\s auez o/ t\t autre moy5 d'es*app] que p> les armes3 c> c'e/ vne viol5te mai/resse d'escole que la necessit3 grauissimi sunt morsus irritat necessitatis4 ,v9citur haud gratis1 iugulo qui pr\ocat ho/em4 ,voyla p\rquoy ,ph>ax empes*a le ,roy de ,lac$emone1 qui v5oit de gaign] la i\rne contre les ,mant9e5s1 de n'all] affront] mille ,argi5s1 qui e/oi5t es*appez enti]s1 de la desconfiture3 a9s les laiss] c\l] en lib]t1 p\r ne v5ir essay] la v]tu picque et despitte p> le malheur4 ,clodomire ,roy d',aquita9e1 apres sa victoire1 p\rsuiuant ,gondem> ,roy de ,b\rgongne va9cu et fuyant1 le =a de t\rn] te/e1 mais son op9ia/ret luy o/a le fruict de sa victoire1 c> il y m\rut4 ,p>eillem5t qui auroit *oisir ou de t5ir ses soldats ri*em5t et somptueusem5t armez1 ou armez seulem5t p\r la necessit3 il se pres5t]oit en faueur du premi] p>ty1 duquel e/oit ,s]torius1 ,philopm51 ,brutus1 ,cs>1 et autres1 que c'e/ t\si\rs vn guillon d'honneur et de gloire au soldat de se voir p>1 et vn' occasion de se r5dre plus ob/9 au combat1 ayant sauu] ses armes1 comme ses bi5s et h]itages4 ,raison1 dit ,x5ophon1 p\rquoy les ,asiatiques m5oy5t en leurs gu]res1 femmes1 concub9es1 auec leurs ioyaux et ri*esses plus *]es4 ,mais il s'(friroit aussi de l'autre "p1 qu'on doit plu/o/ o/] au soldat le so+ de se cons]u]1 que de le luy accroi/re3 qu'il cra9dra p> ce moy5 d\blem5t se haz>d]3 io9t que c'e/ augm5t] l'ennemy l'enuie de la victoire1 p> ces ri*es desp\illes3 et a lon rem>qu que d'autres fois cela enc\ragea m]ueilleusem5t les ,roma9s l'encontre des ,samnites4 ,antio*us montrant ,hannibal l'arme qu'il prep>oit contr' eux pompeuse et magnifique en t\te sorte d'equippage1 et luy dem&ant4 ,les ,roma9s se cont5t]ont-ils de cette arme8 ,s'ils s'en cont5t]ont8 respondit-il1 vrayem5t ouy1 p\r au>es qu'ils soy5t4 ,lycurgus deff5doit aux si5s non seulem5t la sumptuosit en leur equippage1 mais encore de desp\ill] leurs ennemis va9cus1 v\lant1 disoit-il1 que la pauuret et frugalit reluisi/ auec le re/e de la battaille4 ,aux sieges et ailleurs1 o l'occasion n\s appro*e de l'ennemy1 n\s donnons volonti]s lic5ce aux soldats de le brau]1 desdaign]1 et iniuri] de t\tes faons de repro*es3 et non sans app>5ce de raison4 ,c> ce n'e/ pas faire peu1 de leur o/] t\te esp]ance de grace et de composition1 en leur repres5tant qu'il n'y a plus ordre de l'att5dre de celuy1 qu'ils ont si =t outrag1 et qu'il ne re/e rem$e que de la victoire4 ,si e/-ce qu'il en mesprit ,vitellius3 c> ayant affaire ,o?on1 plus foible en valeur de soldats1 des-acc\/umez de longue ma9 du faict de la gu]re1 et amollis p> les dlices de la ville1 il les agassa tant en f91 p> ses p>oles picquantes1 leur repro*ant leur pusillanimit1 et le regret des ,dames et fe/es1 qu'ils v5oi5t de laiss] ,rome1 qu'il leur remit p> ce moy5 le cur au v5tre1 ce que nuls enhortem5s n'auoi5t seu faire3 et les attira luy-mesme sur ses bras1 o lon ne les p\uoit p\ss]4 ,et de vray1 qu& ce sont iniures qui t\*5t au vif1 elles peuu5t faire aism5t1 que celuy qui alloit las*em5t la besongne p\r la qu]elle de son ,roy1 y aille d'vne autre affection p\r la si5ne propre4 ,a consid]] de combi5 d'importance e/ la cons]uation d'vn *ef en vn' arme1 et que la vise de l'ennemy reg>de pr9cipalem5t cette te/e1 laquelle ti5n5t t\tes les autres1 et en dep5d5t3 il semble qu'on ne puisse mettre en d\bte ce conseil1 que n\s voyons auoir e/ pris p> plusieurs gr&s *efs1 de se traue/ir et desguis] sur le po9t de la mesle4 ,t\tesfois l'inconu5i5t qu'on enc\rt p> ce moy51 n'e/ pas mo9dre que celuy qu'on p5se fuir3 c> le ,capita9e v5ant e/re mescognu des si5s1 le c\rage qu'ils pr5n5t de son exemple et de sa pres5ce1 vi5t aussi quant et quant leur faillir2 et p]dant la veu de ses m>ques et enseignes acc\/umes1 ils le iug5t ou mort1 ou s'e/re desrob desesp]ant de l'affaire4 ,et quant l'exp]i5ce1 n\s luy voyons fauoris] tanto/ l'vn tanto/ l'autre p>ty4 ,l'accid5t de ,pyrrhus en la battaille qu'il eut contre le consul ,leu9us en ,italie1 n\s s]t l'vn et l'autre visage3 c> p\r s'e/re v\lu ca*] s\s les armes de ,demogacles1 et luy auoir donn les si5nes1 il sauua bi5 sans d\te sa vie1 mais aussi il en cuida enc\rir l'autre inconu5i5t de p]dre la i\rne4 ,alex&re1 ,cs>1 ,lucullus1 aimoi5t se m>qu] au combat p> des acc\/rem5s et armes ri*es1 de c\leur reluisante et p>ticuli]e3 ,agis1 ,agesilaus1 et ce gr& ,gilippus au reb\rs1 alloy5t la gu]re obscurem5t c\u]ts1 et sans att\r imp]ial4 ,a la battaille de ,ph>sale entre autres repro*es qu'on donne ,pompeius1 c'e/ d'auoir arre/ son arme pi$ coy att5dant l'ennemy3 p\r autant que cela 7ie desrob]ay icy les mots mesmes de ,plut>que1 qui val5t mieux que les mi5s7 affoiblit la viol5ce1 que le c\rir donne aux premi]s c\ps1 et quant et quant o/e l'eslancem5t des combattans les vns contre les autres1 qui a acc\/um de les remplir d'impetuosit1 et de fureur1 plus qu'autre *ose1 qu& ils vi5n5t s'entre*ocqu] de roideur1 leur augm5tant le c\rage p> le cry et la c\rse3 et r5d la *aleur des soldats en mani]e de dire refroidie et fige4 ,voyla ce qu'il dit p\r ce rolle4 ,mais si ,cs> eu/ p]du1 qui n'eu/ peu aussi bi5 dire1 qu'au contraire1 la plus =te et roide assiette1 e/ celle en laquelle on se ti5t plant sans b\g]1 et que qui e/ en sa m>*e arre/1 ress]rant et esp>gnant p\r le beso+1 sa =ce en soy-mesmes1 a gr& aduantage contre celuy qui e/ esbranl1 et qui a desia consomm la c\rse la moiti de son hale9e8 outre ce que l'arme e/ant vn corps de tant de diu]ses pieces1 il e/ impossible qu'elle s'esmeuue en cette furie1 d'vn m\uem5t si iu/e1 qu'elle n'en alt]e ou rompe son ordonnance3 et que le plus dispo/ ne soit aux prises1 auant que son compagnon le sec\re4 ,en cette villa9e battaille des deux fr]es ,p]ses1 ,cle>*us1 ,lac$emoni51 qui comm&oit les ,grecs du p>ty de ,cyrus1 les m5a t\t bellem5t la *>ge1 sans se ha/]3 mais c9quante pas pres1 il les mit la c\rse3 esp]ant p> la brieuet de l'espace1 mesnag] et leur ordre1 et leur hale9e3 leur donnant cep5dant l'auantage de l'impetuosit1 p\r leurs p]sonnes1 et p\r leurs armes trait4 ,d'autres ont regl ce d\bte en leur arme de cette mani]e3 ,si les ennemis v\s c\r5t sus1 att5dez les de pi$ coy3 s'ils v\s att5d5t de pi$ coy1 c\rez leur sus4 ,au passage que l',emp]eur ,*>les c9quiesme fit en ,pr\5ce1 le ,roy ,franois fut au propre d'eslire1 ou de luy all] au deuant en ,italie1 ou de l'att5dre en ses t]res3 et bi5 qu'il consid]a/ combi5 c'e/ d'auantage1 de cons]u] sa maison pure et nette des tr\bles de la gu]re1 af9 qu'enti]e en ses =ces1 elle puisse cont9uellem5t f\rnir d5i]s1 et sec\rs au beso+3 que la necessit des gu]res porte t\s les c\ps1 de faire le ga/1 ce qui ne se peut faire bonnem5t en nos bi5s propres1 et si le pasant ne porte pas si d\cem5t ce rauage de ceux de son p>ty1 que de l'ennemy1 en mani]e qu'il s'en peut aysm5t allum] des s$itions1 et des tr\bles p>my n\s3 que la lic5ce de desrob] et pill]1 qui ne peut e/re p]mise en son pas1 e/ vn gr& support aux ennuis de la gu]re3 et qui n'a autre esp]ance de ga9 que sa solde1 il e/ mal ais qu'il soit t5u en (fice1 e/ant deux pas de sa femme et de sa retraicte3 que celuy qui met la nappe1 tombe t\si\rs des desp5s3 qu'il y a plus d'allegresse assaillir qu' deff5dre3 et que la sec\sse de la p]te d'vne battaille dans nos entrailles1 e/ si viol5te1 qu'il e/ malais qu'elle ne cr\lle t\t le corps1 att5du qu'il n'e/ passion contagieuse1 comme celle de la peur1 ny qui se pr5ne si aism5t cr$it1 et qui s'esp&e plus brusquem5t3 et que les villes qui auront ouy l'esclat de cette tempe/e leurs portes1 qui auront recueilly leurs ,capita9es et soldats tremblans encore1 et hors d'hale9e1 il e/ dang]eux sur la *aude1 qu'ils ne se iett5t quelque mauuais p>ty3 ,si e/-ce qu'il *oisit de r'appell] les =ces qu'il auoit del les monts1 et de voir v5ir l'ennemy4 ,c> il peut imag9] au contraire1 qu'e/ant *ez luy et entre ses amis1 il ne p\uoit faillir d'auoir plant de t\tes commoditez1 les riui]es1 les passages sa deuotion1 luy conduiroi5t et viures et d5i]s1 en t\te seuret et sans beso+ d'escorte3 qu'il auroit ses subiects d'autant plus affectionnez1 qu'ils auroi5t le dang] plus pres3 qu'ayant tant de villes et de b>ri]es p\r sa seuret1 ce s]oit luy de donn] loy au combat1 selon son opportunit et aduantage3 et s'il luy plaisoit de temporis]1 qu' l'abry et son aise1 il p\rroit voir morfondre son ennemy1 et se deffaire soy mesme1 p> les difficultez qui le combattroy5t engag en vne t]re contraire1 o il n'auroit deuant ny d]ri]e luy1 ny co/1 ri5 qui ne luy fi/ gu]re3 nul moy5 de rafrai*ir ou d'esl>gir son arme1 si les maladies s'y mettoi5t1 ny de log] c\u]t ses blessez2 nuls d5i]s1 nuls viures1 qu' po9te de lance2 nul loisir de se repos] et pr5dre hale9e2 nulle sci5ce de lieux1 ny de pays1 qui le seu/ deff5dre d'embus*es et surprises3 et s'il v5oit la p]te d'vne bataille1 aucun moy5 d'en sauu] les reliques4 ,et n'auoit pas faute d'exemples p\r l'vn et p\r l'autre p>ty4 ,scipion tr\ua bi5 meilleur d'all] assaillir les t]res de son ennemy en ,afrique1 que de deff5dre les si5nes1 et le combatre en ,italie o il e/oit2 d'o bi5 luy pr9t4 ,mais au reb\rs ,hannibal en cette mesme gu]re1 se ru9a1 d'auoir ab&onn la conque/e d'vn pays e/rang]1 p\r all] deff5dre le si54 ,les ,a!ni5s ayans laiss l'ennemy en leurs t]res1 p\r pass] en la ,sicile1 eur5t la =tune contraire3 mais ,aga?ocles ,roy de ,syracuse l'eut fauorable1 ayant pass en ,afrique1 et laiss la gu]re *ez soy4 ,a9si n\s auons bi5 acc\/um de dire auec raison1 que les eu5em5s et issus dep5d5t1 notamm5t en la gu]re1 p\r la plus "p1 de la =tune3 laquelle ne se veut pas r5g] et assuiettir no/re disc\rs et prud5ce1 comme dis5t ces v]s4 ,et mal consultis pretium e/ prud5tia fallax2 ,nec =tuna probat causas sequitrque m]5tes1 ,s$ vaga p] cunctos nullo descrim9e f]tur4 ,scilicet e/ aliud quod nos cogtque regtque ,maius1 et 9 proprias ducat mortalia leges4 ,mais le bi5 pr5dre1 il semble que nos conseils et delib]ations en desp5d5t bi5 autant2 et que la =tune engage en son tr\ble et inc]titude1 aussi nos disc\rs4 ,n\s raisonnons haz>deusem5t et tem]airem5t1 dit ,timu en ,platon1 p> ce que1 comme n\s1 noz disc\rs ont gr&e p>ticipation la tem]it du haz>d4 ,,*apitre ,,xlviii4 ,des ,de/ri]s4 ,,me voicy deu5u grammairi51 moy qui n'appr9s iamais langue1 que p> r\t9e2 et qui ne say encore que c'e/ d'adiectif1 coniunctif1 et d'ablatif4 ,il me semble auoir ouy dire que les ,roma9s auoi5t des *euaux qu'ils appelloi5t funales ou dextr>ios1 qui se m5oi5t dextre ou relais1 p\r les pr5dre t\s fraiz au beso93 et de l vi5t que n\s appellons de/ri]s les *euaux de s]uice4 ,et noz romans dis5t ord9airem5t1 ade/r]1 p\r accompagn]4 ,ils appelloy5t aussi desultorios equos1 des *euaux qui e/oi5t dressez de faon que c\rans de t\te leur roideur1 acc\plez co/e co/e l'vn de l'autre1 sans bride1 sans selle1 les ,g5tils-hommes ,roma9s1 voire t\s armez1 au milieu de la c\rse se iettoi5t et reiettoi5t de l'vn l'autre4 ,les ,numides g5d>mes m5oi5t en ma9 vn second *eual1 p\r *ang] au plus *aud de la mesle3 quibus1 desultorum 9 modum1 b9os trah5tibus equos1 int] ac]rimam spe pugnam1 9 rec5tem equum1 ex fesso1 armatis transsult>e mos erat4 ,tanta velocitas ipsis1 tmque docile equorum g5us6 ,il se tr\ue plusieurs *euaux dressez sec\rir leur mai/re1 c\rir sus qui leur pres5te vne espe nue2 se iett] des pi$s et des d5ts sur ceux qui les attaqu5t et affront5t3 mais il leur adui5t plus s\u5t de nuire aux amis1 qu'aux ennemis4 ,io9t que v\s ne les despr5ez pas vo/re po/e qu& ils se sont vne fois h>pez2 et demeurez la mis]icorde de leur combat4 ,il mespr9t l\rdem5t ,artibius g5]al de l'arme de ,p]se combattant contre ,onesilus ,roy de ,salam9e1 de p]sonne p]sonne2 d'e/re mont sur vn *eual faonn en cette escole3 c> il fut cause de sa mort1 le c\/illi] d',onesilus l'ayant accueilly d'vne faulx1 entre les deux espaules1 comme il s'e/oit cabr sur son mai/re4 ,et ce que les ,itali5s dis5t1 qu'en la battaille de ,=nu\e1 le *eual du ,roy ,*>les se des*>gea ruades et p5nades des ennemis qui le pressoy5t1 qu'il e/oit p]du sans cela3 ce fut vn gr& c\p de haz>d1 s'il e/ vray4 ,les ,mammelus se vant5t1 d'auoir les plus adroits *euaux1 de g5sd>mes du monde4 ,que p> nature1 et p> c\/ume1 ils sont faits cognoi/re et di/+u] l'ennemy1 sur qui il faut qu'ils se ru5t de d5ts et de pi$s1 selon la voix ou signe qu'on leur fait4 ,et p>eillem5t1 releu] de la b\*e les lances et d>ds emmy la place1 et les (frir au mai/re1 selon qu'il le comm&e4 ,on dit de ,cs>1 et aussi du gr& ,pompeius1 que p>my leurs autres excell5tes qualitez1 ils e/oi5t =t bons hommes de *eual3 et de ,cs>1 qu'en sa ieunesse mont dos sur vn *eual1 et sans bride1 il luy faisoit pr5dre c>ri]e les ma9s t\rnes d]ri]e le dos4 ,comme nature a v\lu faire de ce p]sonnage et d',alex&re deux miracles en l'art militaire1 v\s diriez qu'elle s'e/ aussi ef=ce les arm] extraord9airem5t3 c> *acun sait1 du *eual d',alex&re ,bucefal1 qu'il auoit la te/e retirant celle d'vn toreau1 qu'il ne se s\ffroit mont] p]sonne qu' son mai/re1 ne peut e/re dress que p> luy mesme1 fut honor apres sa mort1 et vne ville ba/ie en son nom4 ,cs> en auoit aussi vn autre qui auoit les pi$s de deuant comme vn homme1 ayant l'ongle c\pe en =me de doigts1 lequel ne peut e/re mont ny dress que p> ,cs>1 qui d$ia son image apres sa mort la deesse ,v5us4 ,ie ne demonte pas volonti]s qu& ie suis *eual3 c> c'e/ l'assiette1 en laquelle ie me tr\ue le mieux et sa9 et malade4 ,platon la recomm&e p\r la sant3 aussi dit ,pl9e qu'elle e/ salutaire l'e/oma* et aux io9tures4 ,p\rsuiuons donc1 puis que n\s y sommes4 ,on lit en ,x5ophon la loy deff5dant de voyag] pi$1 homme qui eu/ *eual4 ,trogus et ,iu/9us dis5t que les ,p>!s auoi5t acc\/um de faire *eual1 non seulem5t la gu]re1 mais aussi t\s leurs affaires publiques et priuez1 m>*&]1 p>lem5t]1 s'entret5ir1 et se prom5]3 et que la plus notable diff]5ce des libres1 et des s]fs p>my eux1 c'e/ que les vns vont *eual1 les autres pi$3 in/itution ne du ,roy ,cyrus4 ,il y a plusieurs exemples en l'hi/oire ,roma9e1 et ,suetone le rem>que plus p>ticuli]em5t de ,cs>1 des ,capita9es qui comm&oi5t leurs g5s de *eual de mettre pi$ t]re1 qu& ils se tr\uoi5t pressez de l'occasion1 p\r o/] aux soldats t\te esp]ance de fuite1 et p\r l'aduantage qu'ils esp]oi5t en cette sorte de combat3 quo1 haud dubi1 sup]at ,romanus1 dit ,tite ,liue4 ,si e/-il1 que la premi]e pr\ision1 dequoy ils se s]uoi5t brid] la rebellion des peuples de n\uelle conque/e1 c'e/oit leur o/] armes et *euaux4 ,p\rtant voyons n\s si s\u5t en ,cs>3 arma pr(]ri1 ium5ta produci1 obsides d>i iubet4 ,le gr& ,seigneur ne p]met aui\rd'huy ny ,*re/i51 ny ,iuif1 d'auoir *eual soy1 s\s son empire4 ,noz ance/res1 et notamm5t du temps de la gu]re des ,anglois1 s combats sol5nels et i\rnes assignes1 se mettoi5t la plus "p du temps t\s pi$1 p\r ne se fi] autre *ose qu' leur =ce propre1 et vigueur de leur c\rage1 et de leurs membres1 de *ose si *]e que l'honneur et la vie4 ,v\s engagez1 quoy qu'en die ,*rysan!s en ,x5ophon1 vo/re valeur et vo/re =tune1 celle de vo/re *eual1 ses playes et sa mort tir5t la vo/re en consequ5ce1 son effray ou sa f\gue v\s r5d5t ou tem]aire ou las*e3 s'il a faute de b\*e ou d'esp]on1 c'e/ vo/re honneur en respondre4 ,a cette cause ie ne tr\ue pas e/range1 que ces combats l fuss5t plus f]mes1 et plus furieux que ceux qui se font *eual1 cdebant p>itr1 p>itrque ruebant ,victores victique1 neque 8 fuga nota1 neque illis4 ,leurs battailles se voy5t bi5 mieux conte/es3 ce ne sont cette heure que r\tes3 primus clamor atque impetus rem dec]nit4 ,et *ose que n\s appellons la societ d'vn si gr& haz>d1 doit e/re en no/re puissance le plus qu'il se peut4 ,comme ie conseill]oy de *oisir les armes les plus c\rtes1 et celles dequoy n\s n\s p\uons le mieux respondre4 ,il e/ bi5 plus app>5t de s'asseur] d'vne espe que n\s t5ons au po+1 que du b\let qui es*appe de no/re pi/ole1 en laquelle il y a plusieurs pieces1 la p\dre1 la pi]re1 le r\t1 desquelles la mo9dre qui vi5ne faillir1 v\s f]a faillir vo/re =tune4 ,on ass5e peu seurem5t le c\p1 que l'air v\s conduict1 ,et1 qu f]re vel9t1 p]mitt]e vuln]a v5tis3 ,ensis habet vires1 et g5s qucunque virorum e/1 ,bella g]it gladiis4 ,mais quant cett'arme-l1 i'en p>l]ay plus amplem5t1 o ie f]ay comp>aison des armes anci5nes aux no/res3 et sauf l'e/onnem5t des oreilles1 quoy desormais *acun e/ appriuois1 ie croy que c'e/ vn' arme de =t peu d'effect1 et esp]e que n\s en quitt]ons vn i\r l'vsage4 ,celle dequoy les ,itali5s se s]uoi5t de iet1 et feu1 e/oit plus effroyable4 ,ils nommoi5t ,phal>ica1 vne c]ta9e espece de iauel9e1 arme p> le b\t1 d'vn f] de trois pi$s1 aff9 qu'il peu/ p]c] d'outre en outre vn homme arm3 et se lanoit tanto/ de la ma91 en la campagne1 tanto/ t\t des eng9s p\r deff5dre les lieux assiegez3 la hante reue/ue d'e/\ppe empoixe et huile1 s'enflammoit de sa c\rse3 et s'atta*ant au corps1 ou au b\cli]1 o/oit t\t vsage d'armes et de membres4 ,t\tesfois il me semble que p\r v5ir au io9dre1 elle porta/ aussi empes*em5t l'assaillant1 et que le *amp ion* de ces tronons bruslants1 produisi/ en la mesle vne commune incommodit4 ,magnum /rid5s contorta ,phal>ica v5it1 ,fulm9is acta modo4 ,ils auoy5t d'autres moy5s1 quoy l'vsage les dressoit1 et qui n\s sembl5t incroyables p> inexp]i5ce3 p> o ils suppleoy5t au deffaut de no/re p\dre et de noz b\lets4 ,ils d>doy5t leurs piles1 de telle roideur1 que s\u5t ils en enfiloy5t deux b\cli]s et deux hommes arms1 et les c\soy5t4 ,les c\ps de leurs fondes n'e/oi5t pas mo9s c]ta9s et lo+ta9s3 saxis globosis funda1 m>e ap]tum incess5tes3 coronas modici circuli1 magno ex int]uallo loci1 assueti traijc]e3 non capita mod ho/ium vuln]abant1 s$ quem locum de/9ass5t4 ,leurs pieces de batt]ie repres5toi5t1 comme l'effect1 aussi le t9tam>re des no/res3 ad ictus mnium cum t]ribili sonitu editos1 pauor et trepidatio cpit4 ,les ,gaulois noz c\s9s en ,asie1 hassoy5t ces armes trai/resses1 et volantes3 duits combattre ma9 ma9 auec plus de c\rage4 ,non tam pat5tibus plagis m\5tur1 vbi latior qum altior plaga e/1 etiam gloriosius se pugn>e putant3 ijdem quum aculeus sagitt aut gl&is abdit introrsus t5ui vuln]e 9 speciem vrit3 tum1 9 rabiem et pudorem tam p>u p]im5tis pe/is v]si1 pro/]nunt corpora humi4 ,pe9ture bi5 vois9e d'vne arquebusade4 ,les dix mille ,grecs1 en leur longue et fameuse retraitte1 r5contr]5t vne nation1 qui les endommagea m]ueilleusem5t c\ps de gr&s arcs et =ts1 et des sagettes si longues1 qu' les repr5dre la ma9 on les p\uoit reiett] la mode d'vn d>d1 et p]oi5t de "p en "p vn b\cli] et vn homme arm4 ,les enge9s que ,dionysius inu5ta ,syracuse1 tir] des gros traits massifs1 et des pi]res d'horrible gr&eur1 d'vne si longue vole et impetuosit1 repres5toi5t de bi5 pres nos inu5tions4 ,encore ne faut-il pas oubli] la plaisante assiette qu'auoit sur sa mule vn mai/re ,pi]re ,pol ,docteur en ,!ologie1 que ,mon/relet recite auoir acc\/um se prom5] p> la ville de ,p>is1 assis de co/ comme les femmes4 ,il dit aussi ailleurs1 que les ,gascons auoi5t des *euaux t]ribles1 acc\/umez de vir] en c\rant1 dequoy les ,franois1 ,pic>ds1 ,flam&s1 et ,brabanons1 faisoy5t gr& miracle1 p\r n'auoir acc\/um de les voir3 ce sont ses mots4 ,cs> p>lant de ceux de ,su$e3 ,aux r5contres qui se font *eual1 dit-il1 ils se iett5t s\u5t t]re p\r combattre pi$1 ayant acc\/um leurs *euaux de ne b\g] ce p5dant de la place1 ausquels ils rec\r5t promptem5t1 s'il en e/ beso91 et selon leur c\/ume1 il n'e/ ri5 si vila9 et si las*e que d'vs] de selles et b>delles1 et mespris5t ceux qui en vs5t3 de mani]e que =t peu en nombre1 ils ne craign5t pas d'en assaillir plusieurs4 ,ce que i'ay admir autresfois1 de voir vn *eual dress se mani] t\tes ma9s1 auec vne baguette1 la bride aualle sur ses oreilles1 e/oit ord9aire aux ,massili5s1 qui se s]uoi5t de leurs *euaux sans selle et sans bride4 ,et g5s1 qu nudo resid5s ,massilia dorso1 ,ora leui flectit1 frnorum nescia1 virga4 ,et ,numid infrni c+unt4 ,equi s9e frnis1 de=mis ipse cursus1 rigida c]uice et ext5to capite curr5tium4 ,le ,roy ,alphonce1 celuy qui dressa en ,espaigne l'ordre des ,*euali]s de la ,b&e1 ou de l',es*>pe1 leur donna entre autres regles1 de ne mont] ny mule ny mulet1 sur pe9e d'vn m>c d'arg5t d'am5de3 comme ie vi5s d'appr5dre dans les lettres de ,gueu>a1 desquelles ceux qui les ont appelles ,dores1 faisoi5t iugem5t bi5 autre que celuy que i'en fay4 ,le ,c\rtisan dit1 qu'auant son temps c'e/oit repro*e vn ,g5tilhomme d'en *euau*]4 ,les ,abyss9s au reb\rs3 mesure qu'ils sont les plus aduancez pres le ,pretteian leur ,pr9ce1 affect5t p\r la dignit et pompe1 de mont] des gr&es mules4 ,x5ophon recite que les ,assyri5s t5oi5t t\si\rs leurs *euaux entrauez au logis1 tant ils e/oi5t fas*eux et f>\*es3 et qu'il falloit tant de temps les de/a*] et h>na*]1 que1 p\r que cette longueur ne leur apporta/ dommage s'ils v5oi5t e/re en desordre surpr9s p> les ennemis1 ils ne logeoi5t iamais en camp1 qui ne fu/ fossoy et remp>4 ,son ,cyrus1 si gr& mai/re au faict de *eual]ie1 mettoit les *euaux de son escot3 et ne leur faisoit baill] mang]1 qu'ils ne l'euss5t gaign p> la sueur de quelque ex]cice4 ,les ,scy!s1 o la necessit les pressoit en la gu]re1 tiroi5t du sang de leurs *euaux1 et s'en abbreuuoi5t et n\rrissoi5t1 ,v5it et epoto ,s>mata pa/us equo4 ,ceux de ,crotte assiegez p> ,metellus1 se tr\u]5t en telle disette de t\t autre breuuage1 qu'ils eur5t se s]uir de l'vr9e de leurs *5aux4 ,p\r v]ifi]1 combi5 les armes ,turquesques se conduis5t et ma9ti5n5t meilleure raison1 que les no/res3 ils dis5t1 qu'outre ce que les soldats ne boiu5t que de l'eau1 et ne mang5t que riz et de la *air sale mise en p\dre1 dequoy *acun porte aism5t sur soy pr\ision p\r vn moys1 ils sau5t aussi viure du sang de leurs *euaux1 comme les ,t>t>es et ,mosc\ites1 et le sal5t4 ,ces n\ueaux peuples des ,indes1 qu& les ,espagnols y arriu]5t1 e/im]5t tant des hommes que des *euaux1 que ce fuss5t1 ou ,dieux ou animaux1 en noblesse au dessus de leur nature4 ,aucuns apres auoir e/ va9cus1 v5ans dem&] paix et p>don aux hommes1 et leur apport] de l'or et des vi&es1 ne faillir5t d'en all] autant (frir aux *euaux1 auec vne t\te p>eille h>angue celle des hommes1 pr5ans leur hannissem5t1 p\r langage de composition et de trefue4 ,aux ,indes de de1 c'e/oit anci5nem5t le pr9cipal et royal honneur de *euau*] vn elephant1 le second d'all] en co*e1 tra9 quatre *euaux1 le ti]s de mont] vn *ameau1 le d]ni] et plus vil degr1 d'e/re port ou *>ri p> vn *eual seul4 ,quelcun de no/re temps1 escrit auoir veu en ce climat l1 des pas1 o on *euau*e les bufs1 auec ba/9es1 e/ri]s et brides1 et s'e/re bi5 tr\u de leur porture4 ,qu9tus ,fabius ,maximus ,rutilianus1 contre les ,samnites1 voyant que ses g5ts de *eual trois ou quatre *>ges auoi5t failly d'enfonc] le bataillon des ennemis1 pr9t ce conseil3 qu'ils debridass5t leurs *euaux1 et bro*ass5t t\te =ce des esp]ons3 si que ri5 ne les p\uant arre/]1 au trau]s des armes et des hommes r5u]sez1 ils ouurir5t le pas leurs g5s de pi$1 qui p>fir5t vne tres-sanglante deffaitte4 ,autant en comm&a ,qu9tus ,fuluius ,flaccus1 contre les ,celtib]i5s3 ,id cum maiore vi equorum facietis1 si effrnatos 9 ho/es equos immittitis3 quod spe ,romanos equites cum laude fecisse sua1 memori proditum e/4 ,detractisque frnis bis vltr citrque cum magna /rage ho/ium1 infractis omnibus ha/is1 transcurr]unt4 ,le ,duc de ,mosc\ie deuoit anci5nem5t cette reu]5ce aux ,t>t>es1 qu& ils enuoioy5t v]s luy des ,ambassadeurs1 qu'il leur alloit au deuant pi$1 et leur pres5toit vn gobeau de lait de ium5t1 breuuage qui leur e/ en delices1 et si en beuuant quelque g\tte en tomboit sur le cr9 de leurs *euaux1 il e/oit t5u de la le*] auec la langue4 ,en ,russie1 l'arme que l',emp]eur ,baiazet y auoit enuoye1 fut accable d'vn si horrible rauage de neiges1 que p\r s'en mettre c\u]t1 et sauu] du froid1 plusieurs s'aduis]5t de tu] et eu5tr] leurs *euaux1 p\r se gett] d$ans1 et i\yr de cette *aleur vitale4 ,baiazet apres ce/ aspre e/\r o il fut rompu p> ,tamburlan1 se sauuoit belle erre sur vne jum5t ,arabesque1 s'il n'eu/ e/ contra9ct de la laiss] boire son sa\l1 au passage d'vn ruisseau3 ce qui la r5dit si flacque et refroidie1 qu'il fut bi5 aism5t apres acconsuiuy p> ceux qui le p\rsuiuoy5t4 ,on dit bi5 qu'on les las*e1 les laissant piss]3 mais le boire1 i'eusse plu/o/ e/im qu'il l'eu/ r5=ce4 ,crsus passant le long de la ville de ,s>dis1 y tr\ua des pa/is1 o il y auoit gr&e quantit de s]p5ts1 desquels les *euaux de son arme mangeoi5t de bon appetit3 qui fut vn mauuais prodige ses affaires1 dit ,h]odote4 ,n\s appellons vn *eual enti] qui a cr9 et oreille1 et ne pass5t les autres la montre4 ,les ,lac$emoni5s ayant desfait les ,a!ni5s1 en la ,sicile1 ret\rnans de la victoire en pompe en la ville de ,syracuse1 entre autres brauades1 fir5t tondre les *euaux va9cus1 et les m5]5t a9s9 en triomphe4 ,alex&re combatit vne nation1 ,dahas1 ils alloy5t deux deux armez *eual la gu]re1 mais en la mesle l'vn desc5doit t]re1 et combatoi5t ore pi$1 ore *eual1 l'vn apres l'autre4 ,ie n'e/ime po9t1 qu'en suffisance1 et en grace *eual1 nulle nation n\s emporte4 ,bon homme de *eual1 l'vsage de no/re p>l]1 semble plus reg>d] au c\rage qu' l'addresse4 ,le plus sauant1 le plus seur1 le mieux adu5ant m5] vn *eual raison1 que i'aye cognu1 fut mon gr ,monsieur de ,c>neualet1 qui en s]uoit no/re ,roy ,h5ry second4 ,i'ay veu homme donn] c>ri]e deux pi$s sur sa selle1 demont] sa selle1 et au ret\r la releu]1 reaccommod]1 et s'y rasseoir1 fuyant t\si\rs bride aualle3 ayant pass p> dessus vn bonnet1 y tir] p> d]ri]e de bons c\ps de son arc3 amass] ce qu'il v\loit1 se iettant d'vn pi$ t]re1 t5ant l'autre en l'e/ri]2 et autres p>eilles s+]ies1 dequoy il viuoit4 ,on a veu de mon temps ,con/ant9ople1 deux hommes sur vn *eual1 lesquels en sa plus roide c\rse1 se reiettoy5t t\rs1 t]re1 et puis sur la selle1 ,et vn1 qui seulem5t des d5ts1 bridoit et h>na*oit son *eual4 ,vn autre1 qui entre deux *euaux1 vn pi$ sur vne selle1 l'autre sur l'autre1 portant vn second sur ses bras1 piquoit t\te bride3 ce second t\t deb\t1 sur luy1 tirant en la c\rse1 des c\ps bi5 c]ta9s de son arc4 ,plusieurs1 qui les iambes contre-mont1 donnoi5t c>ri]e1 la te/e plantee sur leurs selles1 entre les po9tes des simet]res atta*ez au h>nois4 ,en mon enfance le ,pr9ce de ,sulmone ,naples1 maniant vn rude *eual1 de t\te sorte de maniem5s1 t5oit s\bz ses g5\z et s\bs ses orteils des reales3 comme si elles y euss5t e/ cl\es3 p\r montr] la f]met de son assiette4 ,,*apitre ,,xlix4 ,des c\/umes anci5nes4 ,i',,excvs]ois volonti]s en no/re peuple de n'auoir autre patron et regle de p]fection1 que ses propres meurs et vsances3 c> c'e/ vn commun vice1 non du vulgaire seulem5t1 mais quasi de t\s hommes1 d'auoir leur vise et leur arre/1 sur le tra9 auquel ils sont nais4 ,ie suis cont5t1 qu& il v]ra ,fabritius ou ,llius1 qu'il leur tr\ue la cont5ance et le port b>b>e1 puis qu'ils ne sont ni ve/us ny faonnez no/re mode4 ,mais ie me pla9s de sa p>ticuli]e indiscretion1 de se laiss] si =t pip] et aueugl] l'au?orit de l'vsage pres5t1 qu'il soit capable de *ang] d'op9ion et d'aduis t\s les mois1 s'il plai/ la c\/ume3 et qu'il iuge si diu]sem5t de soy-mesme4 ,qu& il portoit le busc de son p\rpo9t entre les mammelles1 il ma9t5oit p> viues raisons qu'il e/oit en son vray lieu3 quelques annes apres le voyla aual iusques entre les cuisses1 il se moque de son autre vsage1 le tr\ue inepte et insupportable4 ,la faon de se ve/ir pres5te1 luy fait incont95t condamn] l'anci5ne1 d'vne resolution si gr&e1 et d'vn cons5tem5t si vniu]sel1 que v\s diriez que c'e/ quelque espece de manie1 qui luy t\rneb\le a9si l'ent5dem5t4 ,p> ce que no/re *angem5t e/ si subit et si prompt en cela1 que l'inu5tion de t\s les tailleurs du monde ne sauroit f\rnir assez de n\uelletez1 il e/ =ce que bi5 s\u5t les =mes mesprises reui5n5t en cr$it1 et celles l mesmes tomb5t en mespris tanto/ apres2 et qu'vn mesme iugem5t pr5ne en l'espace de qu9ze ou v+t ans1 deux ou trois1 non diu]ses seulem5t1 mais contraires op9ions1 d'vne incon/ance et leg]et incroyable4 ,il n'y a si f9 entre n\s1 qui ne se laisse embab\9] de cette contradiction1 et esbloyr tant les yeux int]nes1 que les ext]nes ins5siblem5t4 ,ie veux icy entass] aucunes faons anci5nes1 que i'ay en memoire3 les vnes de mesme les no/res1 les autres diff]5tes3 f9 qu'ayant en l'imag9ation cette cont9uelle v>iation des *oses huma9es1 n\s en ayons le iugem5t plus esclaircy et plus f]me4 ,ce que n\s disons de combatre l'espe et la cape1 il s'vsoit encores entre les ,roma9s1 ce dit ,cs>1 s9i/ras sagis inuoluunt1 gladisque di/r+unt4 ,et rem>que ds lors en no/re nation ce vice1 qui y e/ encore d'arre/] les passans que n\s r5controns en *em91 et de les =c] de n\s dire qui ils sont1 et de receuoir iniure et occasion de qu]elle1 s'ils refus5t de n\s respondre4 ,aux ba9s que les anci5s pr5oy5t t\s les i\rs auant le repas2 et les pr5oy5t aussi ord9airem5t que n\s faisons de l'eau lau] les ma9s1 ils ne se lauoy5t du comm5cem5t que les bras et les iambes1 mais depuis1 et d'vne c\/ume qui a dur plusieurs siecles et en la plus "p des nations du monde1 ils se lauoy5t t\s nudz1 d'eau mixtionne et p]fume3 de mani]e1 qu'ils t5oi5t p\r tesmoignage de gr&e simplicit de se lau] d'eau simple4 ,les plus affetez et delicatz se p]fumoy5t t\t le corps bi5 trois ou quatre fois p> i\r4 ,ils se faisoy5t s\u5t p9cet] t\t le poil1 comme les femmes ,franoises ont pris en vsage depuis quelque temps1 de faire leur front1 ,quod pectus1 quod crura tibi1 quod bra*ia vellis1 quoy qu'ils euss5t des oignem5s propres cela4 ,psilo?ro nitet1 aut acida latet abdita creta4 ,ils aymoi5t se c\*] mollem5t1 et allegu5t p\r preuue de pati5ce1 de c\*] sur le matelats4 ,ils mangeoy5t c\*ez sur des lits1 peu pres en mesme assiette que les ,turcs de no/re temps4 ,inde toro pat] neas sic orsus ab alto4 ,et dit on du ieune ,caton que depuis la bataille de ,ph>sale1 e/ant entr en dueil du mauuais e/at des affaires publiques1 il mangea t\si\rs assis1 pr5ant vn tra9 de vie au/]e4 ,ils baisoy5t les ma9s aux gr&s p\r les honnor] et c>ess]4 ,et entre les amis1 ils s'entrebaisoy5t en se saluant1 comme font les ,v5iti5s4 ,gratatsque d>em cum dulcibus oscula v]bis4 ,et t\*oy5t aux g5\x1 p\r requ]ir et salu] vn gr&4 ,pasiclez le ,philosophe1 fr]e de ,crates1 au lieu de port] la ma9 au g5\il1 la porta aux g5itoires4 ,celuy qui il s'addressoit1 l'ayant rudem5t rep\ss1 ,comm5t1 dit-il1 cette p>tie n'e/ elle pas vo/re1 aussi bi5 que l'autre8 ,ils mangeoy5t comme n\s1 le fruict l'yssue de la table4 ,ils se tor*oy5t le cul 7il faut laiss] aux femmes cette va9e sup]/ition des p>olles7 auec vne esponge3 voyla p\rquoy spongia e/ vn mot obscne en ,lat93 et e/oit cette esponge atta*e au b\t d'vn ba/on3 comme tesmoigne l'hi/oire de celuy qu'on m5oit p\r e/re pres5t aux be/es1 deuant le peuple1 qui dem&a cong d'all] ses affaires1 et n'ayant autre moy5 de se tu]1 il se f\rra ce ba/on et esponge dans le gosi]1 et s'en e/\ffa4 ,ils s'essuyoi5t le catze de la9e p]fume1 qu& ils en auoy5t faict1 ,at tibi nil faciam1 s$ lota m5tula lana4 ,il y auoit aux c>ref\rs ,rome1 des vaisseaux et demy-cuues1 p\r y appre/] piss] aux passans3 ,pusi spe lacum propt] se ac dolia curta1 ,somno deu9cti1 cr$unt extoll]e ve/em4 ,ils faisoy5t collation entre les repas4 ,et y auoit en e/1 des v5deurs de nege p\r refr*ir le v93 et en y auoit qui se s]uoy5t de nege en hyu]1 ne tr\uans pas le v9 encore lors assez froid4 ,les gr&s auoy5t leurs es*anons et tr5*ans2 et leurs fols1 p\r leur donn] du plaisir4 ,on leur s]uoit en hyu] la vi&e sur les f\y]s qui se portoy5t sur la table3 et auoy5t des cuys9es portatiues1 comme i'en ay veu1 dans lesquelles t\t leur s]uice se tra9oit apres eux4 ,has vobis epulas habete lauti1 ,nos (f5dimur ambulante cna4 ,et en e/ ils faisoy5t s\u5t en leurs sales basses1 c\l] de l'eau fres*e et claire1 dans des canaux au dess\s d'eux1 o il y auoit =ce poisson en vie1 que les assi/ans *oisissoy5t et pr5oy5t en la ma91 p\r le faire apre/]1 *acun sa po/e4 ,le poisson a t\si\rs eu ce priuilege1 comme il a encores1 que les grans se mesl5t de le sauoir appre/]3 aussi en e/ le g\/ beauc\p plus exquis1 que de la *air1 aumo9s p\r moy4 ,mais en t\te sorte de magnific5ce1 desbau*e1 et d'inu5tions voluptueuses1 de mollesse et de sumptuosit1 n\s faisons la v]it ce que n\s p\uons p\r les gal]3 c> no/re volont e/ bi5 aussi ga/e que la leur1 mais no/re suffisance n'y peut arriu]3 nos =ces ne sont non plus capables de les io9dre1 en ces p>ties l vitieuses1 qu'aux v]tueuses3 c> les vnes et les autres p>t5t d'vne vigueur d'esprit1 qui e/oit sans comp>aison plus gr&e en eux qu'en n\s4 ,et les ames mesure qu'elles sont mo9s =tes1 elles ont d'autant mo9s de moy5 de faire ny =t bi51 ny =t mal4 ,le haut b\t d'entre eux1 c'e/oit le milieu4 ,le deuant et d]ri]e n'auoi5t en escriuant et p>lant aucune signification de gr&eur1 comme il se voit euidemm5t p> leurs escris3 ils diront ,oppius et ,cs>1 aussi volonti]s que ,cs> et ,oppius3 et diront moy et toy indiff]emm5t1 comme toy et moy4 ,voyla p\rquoy i'ay autrefois rem>qu en la vie de ,flam9ius de ,plut>que ,franois1 vn endroit1 o il semble que l'au!ur p>lant de la ial\sie de gloire1 qui e/oit entre les toli5s et les ,roma9s1 p\r le ga9 d'vne bataille qu'ils auoy5t obt5u en commun1 face quelque poix de ce qu'aux *ansons ,grecques1 on nommoit les toli5s auant les ,roma9s1 s'il n'y a de l'amphibologie aux mots ,franois4 ,les ,dames e/ans aux e/uues1 y receuoy5t quant et quant des hommes1 et se s]uoy5t l mesme de leurs valets les frott] et o9dre4 ,+u9a succ9ctus nigra tibi s]uus aluta ,/at1 quoties calidis nuda f\ris aquis4 ,elles se saup\droy5t de quelque p\dre1 p\r reprim] les sueurs4 ,les anci5s ,gaulois1 dit ,sidonius ,apoll9>is1 portoy5t le poil long p> le deuant1 et le d]ri]e de la te/e tondu1 qui e/ cette faon qui vi5t e/re r5\uelle p> l'vsage effem9 et las*e de ce siecle4 ,les ,roma9s payoi5t ce qui e/oit deu aux bateli]s1 p\r leur naulage dez l'entre du bateau1 ce que n\s faisons apres e/re r5dus port4 ,dum z exigitur1 dum mula ligatur1 ,tota abit hora4 ,les femmes c\*oy5t au lict du co/ de la ruelle3 voyla p\rquoy on appelloit ,cs>1 spondam ,regis ,nicom$is4 ,ils pr5oy5t ale9e en beuuant4 ,ils baptisoi5t le v91 ,quis pu] ocius ,re/+uet ard5tis fal]ni ,pocula prt]eunte lympha8 ,et ces *ampisses cont5ances de nos laquais y e/oy5t aussi4 ,o ,iane6 t]go quem nulla ciconia p9sit1 ,nec manus auriculas imitata e/ mobilis albas1 ,nec l+u quantum sitiet canis ,apula tantum4 ,les ,dames ,argi5nes et ,roma9es portoy5t le deuil blanc1 comme les no/res auoi5t acc\/um1 et deuroi5t cont9u] de faire1 si i'en e/ois creu4 ,mais il y a des liures enti]s faits sur cet argum5t4 ,,*apitre ,l4 ,de ,democritus et ,h]aclitus4 ,,le iugem5t e/ vn vtil t\s subiects1 et se mesle p> t\t4 ,a cette cause aux ,essais que i'en fay icy1 i'y employe t\te sorte d'occasion4 ,si c'e/ vn subiect que ie n'ent5de po9t1 cela mesme ie l'essaye1 sondant le gu de bi5 lo+1 et puis le tr\uant trop pr(ond p\r ma taille1 ie me ti5s la riue4 ,et cette reconnoissance de ne p\uoir pass] outre1 c'e/ vn traict de son effect1 ouy de ceux1 dont il se vante le plus4 ,tanto/ vn subiect va9 et de neant1 i'essaye voir s'il tr\u]a dequoy luy donn] corps1 et dequoy l'appuy] et l'e/anonn]4 ,tanto/ ie le prom5e vn subiect noble et tracass1 auquel il n'a ri5 tr\u] de soy1 le *em9 en e/ant si fray1 qu'il ne peut m>*] que sur la pi/e d'autruy4 ,l il fait son ieu eslire la r\te qui luy semble la meilleure3 et de mille s5ti]s1 il dit que cettuy-cy1 ou celuy l1 a e/ le mieux *oisi4 ,ie pr5ds de la =tune le premi] argum5t3 ils me sont egalem5t bons3 et ne desseigne iamais de les traict] enti]s4 ,c> ie ne voy le t\t de ri54 ,ne font pas1 ceux qui n\s promett5t de n\s le faire veoir4 ,de c5t membres et visages1 qu' *asque *ose i'en pr5s vn1 tanto/ le*] seulem5t1 tanto/ effleur]3 et p> fois p9c] iusqu' l'os4 ,i'y donne vne po9cte1 non pas le plus l>gem5t1 mais le plus pr(ondem5t que ie say4 ,et aime plus s\u5t les saisir p> quelque lu/re inusit4 ,ie me haz>d]oy de traitt] fons quelque mati]e1 si ie me connoissoy mo9s1 et me trompois en mon impuissance4 ,semant icy vn mot1 icy vn autre1 es*antillons dpris de leur piece1 esc>tez1 sans desse91 sans promesse3 ie ne suis pas t5u d'en faire bon1 ny de m'y t5ir moy-mesme1 sans v>i]1 qu& il me plai/1 et me r5dre au d\bte et inc]titude1 et ma mai/resse =me1 qui e/ l'ignorance4 ,t\t m\uem5t n\s desc\ure4 ,cette mesme ame de ,cs>1 qui se fait voir ordonn] et dress] la bataille de ,ph>sale1 elle se fait aussi voir dress] des p>ties oysiues et am\reuses4 ,on iuge vn *eual1 non seulem5t le voir mani] sur vne c>ri]e1 mais encore luy voir all] le pas1 voire et le voir en repos l'e/able4 ,entre les functions de l'ame1 il en e/ de basses4 ,qui ne la void encor p> l1 n'a*eue pas de la connoi/re4 ,et l'adu5ture la rem>que lon mieux o elle va son pas simple4 ,les v5ts des passions la pr5n5t plus en ses hautes assiettes1 io9t qu'elle se c\*e enti]e sur *asque mati]e et s'y ex]ce enti]e2 et n'en traitte iamais plus d'vne la fois3 et la traitte non selon elle1 mais selon soy4 ,les *oses "p elles1 ont peut e/re leurs poids et mesures1 et conditions3 mais au d$ans1 en n\s1 elle les leur taille comme elle l'ent5d4 ,la mort e/ effroyable ,cic]o1 desirable ,caton1 indiff]5te ,socrates4 ,la sant1 la consci5ce1 l'au?orit1 la sci5ce1 la ri*esse1 la beaut1 et leurs contraires1 se desp\ill5t l'entre1 et reoiu5t de l'ame n\uelle ve/ure1 et de la te9ture qu'il luy plai/3 brune1 claire1 v]te1 obscure3 aigre1 d\ce1 pr(onde1 sup]ficielle3 et qu'il plai/ *acune d'elles4 ,c> elles n'ont pas v]ifi en commun leurs /iles1 regles et =mes3 *acune e/ ,royne en son e/at4 ,p>quoy ne pr5ons plus excuse des ext]nes qualitez des *oses3 c'e/ n\s1 n\s en r5dre compte4 ,no/re bi5 et no/re mal ne ti5t qu' n\s4 ,(frons y nos (fr&es et nos vu1 non pas la =tune3 elle ne peut ri5 sur nos murs3 au reb\rs1 elles l'entra95t leur suitte1 et la m\l5t leur =me4 ,p\rquoy ne iug]ay-ie d',alex&re table deuisant et beuuant d'autant8 ,ou s'il manioit des es*ecs1 quelle corde de son esprit1 ne t\*e et n'employe ce niais et pu]ile ieu8 ,ie le hay et fuy1 de ce qu'il n'e/ pas assez ieu1 et qu'il n\s esbat trop s]ieusem5t2 ayant honte d'y f\rnir l'att5tion qui suffiroit quelque bonne *ose4 ,il ne fut pas plus embesoign dress] son glorieux passage aux ,indes3 ny cet autre desn\r vn passage1 duquel dep5d le salut du g5re huma94 ,voyez combi5 no/re ame tr\ble cet amusem5t ridicule1 si t\ts ses n]fs ne b&5t4 ,combi5 amplem5t elle donne loy *acun en cela1 de se connoi/re1 et iug] droittem5t de soy4 ,ie ne me voy et reta/e1 plus vniu]sellem5t1 en nulle autre po/ure4 ,quelle passion ne n\s y ex]ce8 la *ol]e1 le despit1 la hayne1 l'impati5ce3 et vne vehem5te ambition de va9cre1 en *ose1 en laquelle il s]oit plus excusable d'e/re ambitieux d'e/re va9cu4 ,c> la precell5ce r>e et au dessus du commun1 messi$ vn homme d'honneur1 en *ose friuole4 ,ce que ie dy en cet exemple1 se peut dire en t\ts autres4 ,*asque p>celle1 *asque occupation de l'homme1 l'accuse1 et le montre egalem5t qu'vn autre4 ,democritus et ,h]aclitus ont e/ deux philosophes1 desquels le premi] tr\uant va9e et ridicule l'huma9e condition1 ne sortoit en public1 qu'auec vn vsage moqueur et riant3 ,h]aclitus1 ayant piti et compassion de cette mesme condition no/re1 en portoit le visage cont9uellem5t tri/e1 et les yeux *>gez de l>mes4 ,alt] ,ridebat quoties lim9e m\]at vnum ,protul]tque p$em1 flebat contr>ius alt]4 ,i'ayme mieux la premi]e humeur1 non p> ce qu'il e/ plus plaisant de rire que de pleur]3 mais p> ce qu'elle e/ plus desdaigneuse1 et qu'elle n\s condamne plus que l'autre3 et il me semble1 que n\s ne p\uons iamais e/re assez mesprisez selon no/re m]ite4 ,la pla9te et la commis]ation sont mesles quelque e/imation de la *ose qu'on pla9t3 les *oses dequoy on se moque1 on les e/ime sans prix4 ,ie ne p5se po9t qu'il y ait tant de malheur en n\s1 comme il y a de vanit1 ny tant de malice comme de sotise3 n\s ne sommes pas si ple9s de mal1 comme d'inanit3 n\s ne sommes pas si mis]ables1 comme n\s sommes vils4 ,a9si ,diog5es1 qui bagu5audoit ap>t soy1 r\lant son tonneau1 et ho*ant du nez le gr& ,alex&re1 n\s e/imant des m\*es1 ou des vessies ple9es de v5t1 e/oit bi5 iuge plus aigre et plus po+nant1 et p> consequ5t1 plus iu/e mon humeur que ,timon1 celuy qui fut surnomm le haisseur des hommes4 ,c> ce qu'on hait1 on le pr5d cur4 ,cettuy-cy n\s s\haitoit du mal1 e/oit passionn du desir de no/re ru9e1 fuioit no/re conu]sation comme dang]euse1 de mes*ans1 et de nature depraue3 l'autre n\s e/imoit si peu1 que n\s ne p\rrions ny le tr\bl]1 ny l'alt]] p> no/re contagion1 n\s laissoit de compagnie1 non p\r la cra9te1 mais p\r le desda9 de no/re comm]ce3 il ne n\s e/imoit capables ny de bi5 ny de mal faire4 ,de mesme m>que fut la response de ,/atilius1 auquel ,brutus p>la p\r le io9dre la conspiration contre ,cs>3 il tr\ua l'entrepr9se iu/e1 mais il ne tr\ua pas les hommes dignes1 p\r lesquels on se mi/ aucunem5t en pe9e3 con=mm5t la discipl9e de ,hegesias1 qui disoit1 le sage ne deuoir ri5 faire que p\r soy3 d'autant que1 seul il e/ digne1 p\r qui on face4 ,et celle de ,!odorus1 que c'e/ iniu/ice1 que le sage se haz>de p\r le bi5 de son pas1 et qu'il mette en p]il la sagesse p\r des fols4 ,no/re propre condition e/ autant ridicule1 que risible4 ,,*apitre ,,li4 ,de la vanit des p>oles4 ,,vn rhetorici5 du temps pass1 disoit que son me/i] e/oit1 de *oses petites les faire p>oi/re et tr\u] gr&es4 ,c'e/ vn cordonni] qui sait faire de gr&s s\li]s vn petit pi$4 ,on luy eu/ faict donn] le f\t en ,sp>te1 de faire pr(ession d'vn' art pip]esse et m5song]e3 et croy qu',ar*idamus qui en e/oit ,roy1 n'ouit pas sans e/onnem5t la response de ,?ucydidez1 auquel il s'enqu]oit1 qui e/oit plus =t la luicte1 ou ,p]icles ou luy3 ,cela1 fit-il1 s]oit mal-ays v]ifi]3 c> qu& ie l'ay port p> t]re en luictant1 il p]suade ceux qui l'ont veu1 qu'il n'e/ pas tomb1 et le gaigne4 ,ceux qui masqu5t et f>d5t les femmes1 font mo9s de mal3 c> c'e/ *ose de peu de p]te de ne les voir pas en leur naturel3 l o ceux-cy font e/at de tromp]1 non pas nos yeux1 mais no/re iugem5t1 et d'aba/>dir et corrompre l'ess5ce des *oses4 ,les republiques qui se sont ma9t5us en vn e/at regl et bi5 polic1 comme la ,cret5se ou ,lac$emoni5ne1 elles n'ont pas faict gr& compte d'orateurs4 ,ari/on def9it sagem5t la rhetorique1 sci5ce p]suad] le peuple3 ,socrates1 ,platon1 art de tromp] et de flatt]4 ,et ceux qui le ni5t en la g5]ale description le v]ifi5t p> t\t1 en leurs preceptes4 ,les ,mahometans en def5d5t l'in/ruction leurs enfants1 p\r son inutilit4 ,et les ,a!ni5s1 s'ap]ceuants combi5 son vsage1 qui auoit t\t cr$it en leur ville1 e/oit p]nicieux1 ordonn]5t1 que sa pr9cipale p>tie1 qui e/1 esm\uoir les affections1 fu/ o/e1 ensemble les exordes et p]orations4 ,c'e/ vn vtil inu5t p\r mani] et agit] vne t\rbe1 et vne commune desregle3 et e/ vtil qui ne s'employe qu'aux ,e/ats malades1 comme la m$ec9e4 ,en ceux o le vulgaire1 o les ignorans1 o t\s ont t\t peu1 comme celuy d',a!nes1 de ,rhodes1 et de ,rome1 et o les *oses ont e/ en p]petuelle tempe/e1 l ont afflu les orateurs4 ,et la v]it1 il se void peu de p]sonnages en ces republiques l1 qui se soi5t p\ssez en gr& cr$it sans le sec\rs de l'eloqu5ce3 ,pompeius1 ,cs>1 ,crassus1 ,lucullus1 ,l5tulus1 ,metellus1 ont pris de l1 leur gr& appuy se mont] cette gr&eur d'au?orit1 o ils sont en f9 arriuez3 et s'en sont aydez plus que des armes1 contre l'op9ion des meilleurs temps4 ,c> ,l4 ,volumnius p>lant en public en faueur de l'election au ,consulat1 faitte des p]sonnes de ,q4 ,fabius et ,p4 ,decius3 ,ce sont g5ts nays la gu]re1 gr&s aux effects3 au combat du babil1 rudes3 esprits vrayem5t consulaires4 ,les subtils1 eloqu5ts et sauants1 sont bons p\r la ville1 ,preteurs faire iu/ice1 dit-il4 ,l'eloqu5ce a fleury le plus ,rome lors que les affaires ont e/ en plus mauuais e/at1 et que l'orage des gu]res ciuiles les agitoit2 comme vn *amp libre et indompt porte les h]bes plus gaill>des4 ,il semble p> l que les polices1 qui dp5d5t d'vn ,mon>que1 en ont mo9s de beso9 que les autres3 c> la be/ise et facilit1 qui se tr\ue en la commune1 et qui la r5d subiecte e/re manie et cont\rne p> les oreilles1 au d\x son de cette h>monie1 sans v5ir pois] et connoi/re la v]it des *oses p> la =ce de raison2 cette facilit1 dis-ie1 ne se tr\ue pas si aism5t en vn seul1 et e/ plus ais de le g>5tir p> bonne in/itution et bon conseil1 de l'impression de cette poison4 ,on n'a pas veu sortir de ,mac$o9e ny de ,p]se1 aucun orateur de r5om4 ,i'en ay dit ce mot1 sur le subiect d'vn ,itali51 que ie vi5 d'entret5ir1 qui a s]uy le feu ,c>d9al ,c>affe de mai/re d'ho/el iusques sa mort4 ,ie luy faisoy compt] de sa *>ge4 ,il m'a fait vn disc\rs de cette sci5ce de gueule1 auec vne grauit et cont5ance magi/rale1 comme s'il m'eu/ p>l de quelque gr& po9ct de !ologie4 ,il m'a de*ifr vne diff]5ce d'appetits3 celuy qu'on a ieun1 qu'on a apres le second et ti]s s]uice3 les moy5s tanto/ de luy plaire simplem5t1 tanto/ de l'eueill] et picqu]3 la police de ses sauces2 premi]em5t en g5]al1 et puis p>ticul>isant les qualitez des +r$i5s1 et leurs effects3 les diff]5ces des salades selon leur saison1 celle qui doit e/re res*aufe1 celle qui veut e/re s]uie froide1 la faon de les orn] et embellir1 p\r les r5dre encores plaisantes la veu4 ,apres cela il e/ entr sur l'ordre du s]uice1 ple9 de belles et importantes consid]ations4 ,nec m9imo san discrim9e ref]t ,quo ge/u lepores1 et quo gall9a secetur4 ,et t\t cela enfl de ri*es et magnifiques p>olles3 et celles mesmes qu'on employe trait] du g\u]nem5t d'vn ,empire4 ,il m'e/ s\u5u de mon homme1 ,hoc salsum e/1 hoc adu/um e/1 hoc lautum e/ p>um2 ,illud rect1 it]um sic mem5to2 s$ul ,moneo qu possum pro mea sapi5tia4 ,po/remo tanquam 9 speculum1 9 pat9as1 ,demea1 ,inspic]e iubeo1 et moneo quid facto vsus sit4 ,si e/-ce que les ,grecs mesmes l\r5t gr&em5t l'ordre et la disposition que ,paulus mylius obs]ua au fe/91 qu'il leur fit au ret\r de ,mac$o9e3 mais ie ne p>le po9t icy des effects1 ie p>le des mots4 ,ie ne say s'il en adui5t aux autres comme moy3 mais ie ne me puis g>d] qu& i'oy nos ar*itectes1 s'enfl] de ces gros mots de pila/res1 ar*itraues1 corni*es d'ouurage ,cor9?i51 et ,dorique1 et semblables de leur i>gon1 que mon imag9ation ne se saisisse incont95t du palais d',apollidon1 et p> effect ie tr\ue que ce sont les *etiues pieces de la porte de ma cuis9e4 ,oyez dire metonomie1 metaphore1 allegorie1 et autres tels noms de la grammaire1 semble-il pas qu'on signifie quelque =me de langage r>e et pellegr98 ce sont titres qui t\*5t le babil de vo/re *ambri]e4 ,c'e/ vne pip]ie vois9e cette-cy1 d'appell] les (fices de no/re ,e/at1 p> les titres sup]bes des ,roma9s1 encore qu'ils n'ay5t aucune ressemblance de *>ge1 et encores mo9s d'au?orit et de puissance4 ,et cette-cy aussi1 qui s]uira1 mon aduis1 vn i\r de repro*e no/re siecle1 d'employ] indignem5t qui bon n\s semble les surnoms les plus glorieux1 dequoy l'anci5net ait honor vn ou deux p]sonnages en plusieurs siecles4 ,platon a emport ce surnom de diu91 p> vn cons5tem5t vniu]sel1 qu'aucun n'a essay luy enui]3 et les ,itali5s qui se vant5t1 et auecques raison1 d'auoir communm5t l'esprit plus esueill1 et le disc\rs plus sa9 que les autres nations de leur temps1 en vi5n5t d'e/r5] l',aret93 auquel1 sauf vne faon de p>l] b\ffie et b\illonne de po9tes1 +5ieuses la v]it1 mais re*]*es de lo+1 et fanta/iques1 et outre l'eloqu5ce en f91 telle qu'elle puisse e/re1 ie ne voy pas qu'il y ait ri5 au dessus des communs au!urs de son siecle3 tant s'en faut qu'il appro*e de cette diu9it anci5ne4 ,et le surnom de ,gr&1 n\s l'atta*ons des ,pr9ces1 qui n'ont ri5 au dessus de la gr&eur populaire4 ,,*apitre ,,lii4 ,de la p>simonie des anci5s4 ,,attilivs ,regulus1 g5]al de l'arme ,roma9e en ,afrique1 au milieu de sa gloire et de ses victoires contre les ,c>?ag9ois1 escriuit la *ose publique1 qu'vn valet de lab\rage1 qu'il auoit laiss seul au g\u]nem5t de son bi51 qui e/oit en t\t sept arp5ts de t]re1 s'en e/oit enfuy1 ayant desrob ses vtils de lab\rage1 et dem&oit cong p\r s'en ret\rn] et y p\ruoir1 de peur que sa femme1 et ses enfans n'en euss5t s\ffrir4 ,le ,s5at p\rueut commettre vn autre la conduite de ses bi5s1 et luy fit re/ablir ce qui luy auoit e/ desrob1 et ordonna que sa femme et enfans s]oi5t n\rris aux desp5s du public4 ,le vieux ,caton reu5ant d',espaigne ,consul1 v5dit son *eual de s]uice p\r esp>gn] l'arg5t qu'il eu/ c\/ le ram5] p> m] en ,italie3 et e/ant au g\u]nem5t de ,s>daigne1 faisoit ses visitations pi$1 n'ayant auec luy autre suite qu'vn (fici] de la *ose publique1 qui luy portoit sa robbe1 et vn vase faire des sacrifices3 et le plus s\u5t il portoit sa male luy mesme4 ,il se vantoit de n'auoir iamais eu robbe qui eu/ c\/ plus de dix escus2 ny auoir enuoy au m>* plus de dix sols p\r vn i\r3 et de ses maisons aux *amps1 qu'il n'en auoit aucune qui fu/ crepie et enduite p> dehors4 ,scipion mylianus apres deux triomphes et deux ,consulats1 alla en legation auec sept s]uiteurs seulem5t4 ,on ti5t qu',hom]e n'en eut iamais qu'vn1 ,platon trois2 ,z5on le *ef de la secte ,/oique1 pas vn4 ,il ne fut tax que c9q sols et demy p\r i\r1 ,tyb]ius ,grac*us1 allant en commission p\r la *ose publique1 e/ant lors le premi] homme des ,roma9s4 ,,*apitre ,,liii4 ,d'vn mot de ,cs>4 ,,si n\s n\s amusions p> fois n\s consid]]1 et le temps que n\s mettons contr]oll] autruy1 et connoi/re les *oses qui sont hors de n\s1 que n\s l'employissions n\s sond] n\s mesmes1 n\s s5tirions aism5t combi5 t\te cette no/re contexture e/ ba/ie de pieces foibles et defaillantes4 ,n'e/-ce pas vn s+uli] tesmoignage d'imp]fection1 ne p\uoir r'assoir no/re cont5tem5t en aucune *ose1 et que p> desir mesme et imag9ation il soit hors de no/re puissance de *oisir ce qu'il n\s faut8 ,dequoy porte bon tesmoignage cette gr&e dispute1 qui a t\si\rs e/ entre les ,philosophes1 p\r tr\u] le s\u]a9 bi5 de l'homme1 et qui dure encores et dur]a et]nellem5t1 sans resolution et sans accord4 ,dum abe/ quod auemus1 id exsup]>e videtur ,ct]a2 po/ aliud1 cm contigit1 illud auemus1 ,et sitis qua t5et4 ,quoy que ce soit qui tombe en no/re connoissance et i\ssance1 n\s s5tons qu'il ne n\s satisfait pas1 et allons beant apres les *oses adu5ir et inconnus1 d'autant que les pres5tes ne n\s s\l5t po9t4 ,non pas mon aduis qu'elles n'ay5t assez dequoy n\s s\l]1 mais c'e/ que n\s les saisissons d'vne prise malade et desregle4 ,nam cm vidit hic ad vsum qu flagitat vsus1 ,omnia iam f]m mortalibus esse p>ata2 ,diuitiis hom9es et honore et laude pot5tes ,afflu]e1 atque bona natorum excell]e fama2 ,nec m9us esse domi1 cuiquam tam5 anxia corda1 ,atque animum infe/is cogi s]uire qu]elis3 ,intellexit ibi vitium vas fac]e ipsum1 ,omnique1 illius vitio1 corrumpi] intus ,qu collata =is et commoda quque v5ir5t4 ,no/re appetit e/ irresolu et inc]ta93 il ne sait ri5 t5ir1 ny ri5 i\yr de bonne faon4 ,l'homme e/imant que ce soit le vice de ces *oses qu'il ti5t1 se remplit et se pai/ d'autres *oses qu'il ne sait po9t1 et qu'il ne cognoi/ po9t1 o il applique ses desirs et ses esp]ances1 les pr5d en honneur et reu]5ce3 comme dit ,cs>1 ,communi fit vitio natur1 vt inuisis1 latitantibus atque incognitis rebus magis confidamus1 vehem5tisque ext]reamur4 ,,*apitre ,,liiii4 ,des va9es subtilitez4 ,,il e/ de ces subtilitez friuoles et va9es1 p> le moy5 desquelles les hommes c]*5t quelquefois de la recomm&ation3 comme les potes1 qui font des ouurages enti]s de v]s comm5ans p> vne mesme lettre3 n\s voyons des ufs1 des b\les1 des aisles1 des ha*es faonnes anci5nem5t p> les ,grecs1 auec la mesure de leurs v]s1 en les alongeant ou acc\rsissant1 en mani]e qu'ils vi5n5t repres5t] telle1 ou telle figure4 ,telle e/oit la sci5ce de celuy qui s'amusa compt] en combi5 de sortes se p\uoi5t r5g] les lettres de l'alphabet1 et y en tr\ua ce nombre incroyable1 qui se void dans ,plut>que4 ,ie tr\ue bonne l'op9ion de celuy1 qui on pres5ta vn homme1 apris iett] de la ma9 vn gra9 de mil1 auec telle indu/rie1 que sans faillir1 il le passoit t\si\rs dans le tr\ d'vne esguille1 et luy dem&a lon apres quelque pres5t p\r loy] d'vne si r>e suffisance3 surquoy il ordonna bi5 plaisamm5t et iu/em5t mon aduis1 qu'on fi/ donn] cet ouuri] deux ou trois m9ots de mil1 aff9 qu'vn si bel art ne demeura/ sans ex]cice4 ,c'e/ vn tesmoignage m]ueilleux de la foiblesse de no/re iugem5t1 qu'il recomm&e les *oses p> la r>et ou n\uellet1 ou encore p> la difficult1 si la bont et vtilit n'y sont io9ctes4 ,n\s v5ons pres5tem5t de n\s i\r *ez moy1 qui p\rroit tr\u] plus de *oses qui se t9s5t p> les deux b\ts extremes1 comme1 ,sire1 c'e/ vn tiltre qui se donne la plus esleue p]sonne de no/re ,e/at1 qui e/ le ,roy1 et se donne aussi au vulgaire1 comme aux m>*ans1 et ne t\*e po9t ceux d'entre deux4 ,les femmes de qualit1 on les nomme ,dames1 les moy5nes ,damoiselles1 et ,dames encore celles de la plus basse m>*e4 ,les daiz qu'on e/5d sur les tables1 ne sont p]mis qu'aux maisons des ,pr9ces et aux tau]nes4 ,democritus disoit1 que les ,dieux et les be/es auoi5t les s5tim5s plus aiguz que les hommes1 qui sont au moy5 e/age4 ,les ,roma9s portoi5t mesme acc\trem5t les i\rs de dueil et les i\rs de fe/e4 ,il e/ c]ta9 que la peur extreme1 et l'extreme ardeur de c\rage tr\bl5t galem5t le v5tre1 et le las*5t4 ,le saubriquet de ,tremblant1 duquel le ,,xii4 ,roy de ,nau>re ,san*o fut surnomm1 apr5d que la h>diesse aussi bi5 que la peur eng5dr5t du trem\ssem5t aux membres4 ,ceux qui armoi5t ou luy ou quelque autre de p>eille nature1 qui la peau frissonoit1 essay]5t le rasseur]2 appetissans le dang] auquel il s'alloit iett]3 ,v\s me cognoissez mal1 leur dit-il3 si ma *air sauoit iusques o mon c\rage la port]a tanto/1 elle se transiroit t\t plat4 ,la foiblesse qui n\s vi5t de froideur1 et desg\tem5t aux ex]cices de ,v5us1 elle n\s vi5t aussi d'vn appetit trop vehem5t1 et d'vne *aleur desregle4 ,l'extreme froideur et l'extreme *aleur cuis5t et rotiss5t4 ,ari/ote dit que les cueux de plomb se fond5t1 et c\l5t de froid1 et de la rigueur de l'hyu]1 comme d'vne *aleur vehem5te4 ,le desir et la satiet rempliss5t de d\leur les sieges au dessus et au dess\s de la volupt4 ,la be/ise et la sagesse se r5contr5t en mesme po9ct de s5tim5t et de resolution la s\ffrance des accid5s huma9s3 les sages g\rm&5t et comm&5t le mal1 et les autres l'ignor5t3 ceux-cy sont1 p> mani]e de dire1 au de des accid5s1 les autres au del3 lesquels apres en auoir bi5 pois et consid] les qualitez1 les auoir mesurez et iugez tels qu'ils sont1 s'eslanc5t au dessus1 p> la =ce d'vn vig\reux c\rage4 ,ils les desdaign5t et f\l5t aux pi$s1 ayans vne ame =te et solide1 contre laquelle les traicts de la =tune v5ans donn]1 il e/ =ce qu'ils reialiss5t et s'esm\ss5t1 tr\uans vn corps dans lequel ils ne peuu5t faire impression3 l'ord9aire et moy5ne condition des hommes1 loge entre ces deux extremitez3 qui e/ de ceux qui app]oiu5t les maux1 les s5t5t1 et ne les peuu5t support]4 ,l'enfance et la decrepitude se r5contr5t en imbecillit de c]ueau4 ,l'au>ice et la pr(usion en p>eil desir d'attir] et d'acqu]ir4 ,il se peut dire auec app>5ce1 qu'il y a ignorance abec$aire1 qui va deuant la sci5ce3 vne autre doctorale1 qui vi5t apres la sci5ce3 ignorance que la sci5ce fait et eng5dre1 t\t a9si comme elle deffait et de/ruit la premi]e4 ,des esprits simples1 mo9s curieux et mo9s in/ruits1 il s'en fait de bons ,*re/i5s1 qui p> reu]5ce et obeissance1 croy5t simplem5t1 et se ma9ti5n5t s\s les loix4 ,en la moy5ne vigueur des esprits1 et moy5ne capacit1 s'eng5dre l'erreur des op9ions3 ils suiu5t l'app>5ce du premi] s5s3 et ont quelque tiltre d'int]pret] niais]ie et be/ise que n\s soyons arre/ez en l'anci5 tra91 reg>dans n\s1 qui n'y sommes pas in/ruits p> e/ude4 ,les gr&s esprits plus rassis et clairuoyans1 font vn autre g5re de bi5 croyans3 lesquels p> longue et religieuse inue/igation1 p5etr5t vne plus pr(onde et ab/ruse lumi]e1 s escritures1 et s5t5t le my/]ieux et diu9 secret de no/re police ecclesia/ique4 ,p\rtant en voyons n\s aucuns e/re arriuez ce d]ni] e/age1 p> le second1 auec m]ueilleux fruit1 et confirmation3 comme l'extreme limite de la *re/i5ne intellig5ce3 et i\yr de leur victoire auec consolation1 action de graces1 re=mation de murs1 et gr&e mode/ie4 ,et en ce rang n'ent5s-ie pas log] ces autres1 qui p\r se purg] du s\pon de leur erreur pass1 et p\r n\s asseur] d'eux1 se r5d5t extremes1 indiscrets1 et iniu/es1 la conduicte de no/re cause1 et la ta*5t d'inf9is repro*es de viol5ce4 ,les pasants simples1 sont honne/es g5ts3 et honne/es g5ts les ,philosophes3 ou1 selon que no/re temps les nomme1 des natures =tes et claires1 enri*ies d'vne l>ge in/ruction de sci5ces vtiles4 ,les me/is1 qui ont d$aign le premi] siege de l'ignorance des lettres1 et n'ont peu io9dre l'autre1 le cul entre deux selles 7desquels ie suis1 et tant d'autres7 sont dang]eux1 ineptes1 importuns3 ceux-cy tr\bl5t le monde4 ,p\rtant de ma "p1 ie me recule tant que ie puis1 dans le premi] et naturel siege1 d'o ie me suis p\r neant essay de p>tir4 ,la posie populaire et purem5t naturelle1 a des nauets et graces1 p> o elle se comp>e la pr9cipale beaut de la posie p>faitte selon l'art3 comme il se void s villanelles de ,gascongne et aux *ansons1 qu'on n\s rapporte des nations qui n'ont cognoissance d'aucune sci5ce1 ny mesme d'escriture4 ,la posie m$iocre1 qui s'arre/e entre deux1 e/ desdaigne1 sans honneur1 et sans prix4 ,mais p> ce qu'apres que le pas a e/ ouu]t l'esprit1 i'ay tr\u1 comme il adui5t ord9airem5t1 que n\s auions pris p\r vn ex]cice malais et d'vn r>e subiect1 ce qui ne l'e/ aucunem5t1 et qu'apres que no/re inu5tion a e/ es*auffe1 elle desc\ure vn nombre inf9y de p>eils exemples1 ie n'en adi\/]ay que cettuy-cy3 que si ces ,essays e/oi5t dignes1 qu'on en iugea/1 il en p\rroit adu5ir mon aduis1 qu'ils ne plairoi5t gu]e aux esprits communs et vulgaires1 ny gu]e aux s+uli]s et excell5s3 ceux-l n'y ent5droi5t pas assez1 ceux-cy y ent5droi5t trop3 ils p\rroi5t viuot] en la moy5ne region4 ,,*apitre ,,lv4 ,des ,s5teurs4 ,,il se dit d'aucuns1 comme d',alex&re le gr&1 que leur sueur esp&oit vn' odeur s\efue1 p> quelque r>e et extraord9aire complexion3 dequoy ,plut>que et autres re*]*5t la cause4 ,mais la commune faon des corps e/ au contraire3 et la meilleure condition qu'ils ay5t1 c'e/ d'e/re exempts de s5teur4 ,la d\ceur mesme des hale9es plus pures1 n'a ri5 de plus p>faict1 que d'e/re sans aucune odeur1 qui n\s (f5ce3 comme sont celles des enfans bi5 sa9s4 ,voyla p\rquoy dit ,plaute1 ,muli] tum b5 olet1 vbi nihil olet4 ,la plus exquise s5teur d'vne femme1 c'e/ ne s5tir ri54 ,et les bonnes s5teurs e/rang]es1 on a raison de les t5ir p\r suspectes1 ceux qui s'en s]u5t1 et d'e/im] qu'elles soy5t employes p\r c\urir quelque defaut naturel de ce co/-l4 ,d'o naiss5t ces r5contres des potes anci5s1 c'e/ pur que s5tir bon4 ,rides nos1 ,corac9e1 nil ol5tes3 ,malo qum b5 ol]e1 nil ol]e4 ,et ailleurs1 ,po/hume1 non b5 olet1 qui b5 semp] olet4 ,i'ayme p\rtant bi5 =t e/re entret5u de bonnes s5teurs1 et hay outre mesure les mauuaises1 que ie tire de plus lo+ que t\te autre3 ,namque sagacius vnus odoror1 ,polypus1 an grauis hirsutis cubet hircus 9 alis1 ,qum canis ac] vbi lateat sus4 ,les s5teurs plus simples et naturelles1 me sembl5t plus aggreables4 ,et t\*e ce so+ pr9cipalem5t les dames4 ,en la plus espesse b>b>ie1 les femmes ,scy!s1 apres s'e/re laues1 se saup\dr5t et encr\/5t t\t le corps et le visage1 de c]ta9e drogue1 qui nai/ en leur t]roir1 odorif]ante4 ,et p\r appro*] les hommes1 ayans o/ ce f>d1 elles s'en tr\u5t et polies et p>fumes4 ,quelque odeur que ce soit1 c'e/ m]ueille combi5 elle s'atta*e moy1 et combi5 i'ay la peau propre s'en abreuu]4 ,celuy qui se pla9t de nature dequoy elle a laiss l'homme sans in/rum5t port] les s5teurs au nez1 a tort3 c> elles se port5t elles mesmes4 ,mais moy p>ticuli]em5t1 les m\/a*es que i'ay ple9es1 m'en s]u5t3 si i'en appro*e mes gans1 ou mon m\*oir1 l'odeur y ti5dra t\t vn i\r3 elles accus5t le lieu d'o ie vi5s3 les e/roits bais]s de la ieunesse1 sau\reux1 gl\tons et gluans1 s'y colloi5t autrefois1 et s'y t5oi5t plusieurs heures apres4 ,et si p\rtant ie me tr\ue peu subiect aux maladies populaires1 qui se *>g5t p> la conu]sation1 et qui naiss5t de la contagion de l'air2 et me suis sauu de celles de mon temps1 dequoy il y en a eu plusieurs sortes en nos villes1 et en noz armes4 ,on lit de ,socrates1 que n'e/ant iamais p>ty d',a!nes p5dant plusieurs re*eutes de pe/e1 qui la t\rm5t]5t tant de fois1 luy seul ne s'en tr\ua iamais plus mal4 ,les m$ec9s p\rroi5t1 ce crois-ie1 tir] des odeurs1 plus d'vsage qu'ils ne font3 c> i'ay s\u5t app]eu qu'elles me *ang5t1 et agiss5t en mes esprits1 selon qu'elles sont4 ,qui me fait appr\u] ce qu'on dit1 que l'inu5tion des enc5s et p>funs aux ,eglises1 si anci5ne et esp&ue en t\tes nations et religions1 reg>de cela1 de n\s resi\ir1 esueill] et purifi] le s5s1 p\r n\s r5dre plus propres la contemplation4 ,ie v\drois bi5 p\r en iug]1 auoir eu ma "p de l'ouurage de ces cuis9i]s1 qui sau5t assaisonn] les odeurs e/rang]es1 auec la saueur des vi&es4 ,comme on rem>qua s+uli]em5t au s]uice du ,roy de ,?unes1 qui de no/re aage pr9t t]re ,naples1 p\r s'ab\*] auec l',emp]eur ,*>les4 ,on f>cissoit ses vi&es de drogues odorif]antes1 en telle somptuosit1 qu'vn ,paon1 et deux ,faisans1 se tr\u]5t sur ses p>ties1 reu5ir c5t ducats1 p\r les appre/] selon leur mani]e4 ,et qu& on les despeoit1 non la salle seulem5t1 mais t\tes les *ambres de son ,palais1 et les rues d'aut\r1 e/oi5t remplies d'vne tres-sefue vapeur1 qui ne s'esuan\issoit pas si s\da94 ,le pr9cipal so+ que i'aye me log]1 c'e/ de fuir l'air puant et pesant4 ,ces belles villes1 ,v5ise et ,p>is1 alt]5t la faueur que ie leur porte1 p> l'aigre s5teur1 l'vne de son m>aits1 l'autre de sa b\e4 ,,*apitre ,,lvi4 ,des pri]es4 ,,ie propose des fantasies in=mes et irresolues1 comme font ceux qui publi5t des que/ions d\bteuses1 debattre aux escoles3 non p\r e/ablir la v]it1 mais p\r la *]*]4 ,et les s\bmets au iugem5t de ceux1 qui il t\*e de regl] non seulem5t mes actions et mes escrits1 mais encore mes p5ses4 ,esgalem5t m'en s]a acceptable et vtile la condemnation1 comme l'approbation1 t5ant p\r absurde et impie1 si ri5 se r5contre ignoramm5t ou inadu]tamm5t c\* en cette rapsodie contraire aux sa9ctes resolutions et prescriptions de l',eglise ,ca?olique ,apo/olique et ,roma9e1 en laquelle ie meurs1 et en laquelle ie suis nay4 ,et p\rtant me remettant t\si\rs l'au?orit de leur c5sure1 qui peut t\t sur moy1 ie me mesle a9si tem]airem5t t\te sorte de propos3 comme icy4 ,ie ne say si ie me trompe3 mais puis que p> vne faueur p>ticuli]e de la bont diu9e1 c]ta9e faon de pri]e n\s a e/ prescripte et dicte mot mot p> la b\*e de ,dieu1 il m'a t\si\rs sembl que n\s en deuions auoir l'vsage plus ord9aire1 que n\s n'auons4 ,et si i'en e/oy creu1 l'entre et l'issue de noz tables1 no/re leu] et c\*]1 et t\tes actions p>ticuli]es1 ausquelles on a acc\/um de mesl] des pri]es1 ie v\droy que ce fu/ le pat5o/re1 que les ,*re/i5s y employass5t1 s9on seulem5t1 au mo9s t\si\rs4 ,l',eglise peut e/5dre et diu]sifi] les pri]es selon le beso9 de no/re in/ruction3 c> ie say bi5 que c'e/ t\si\rs mesme sub/ance1 et mesme *ose4 ,mais on deuoit donn] celle l ce priuilege1 que le peuple l'eu/ cont9uellem5t en la b\*e3 c> il e/ c]ta9 qu'elle dit t\t ce qu'il faut1 et qu'elle e/ trespropre t\tes occasions4 ,c'e/ l'vnique pri]e1 dequoy ie me s]s p> t\t1 et la repete au lieu d'en *ang]4 ,d'o il adui5t1 que ie n'en ay aussi bi5 en memoire1 que cette l4 ,i'auoy pres5tem5t en la p5se1 d'o n\s v5oit cett' erreur1 de rec\rir ,dieu en t\s nos desse9s et entreprises1 et l'appell] t\te sorte de beso+1 et en quelque lieu que no/re foiblesse veut de l'aide1 sans consid]] si l'occasion e/ iu/e ou iniu/e2 et d'escri] son nom1 et sa puissance1 en quelque e/at1 et action que n\s soyons1 p\r vitieuse qu'elle soit4 ,il e/ bi5 no/re seul et vnique protecteur1 et peut t\tes *oses n\s ayd]3 mais encore qu'il daigne n\s honor] de cette d\ce alliance pat]nelle1 il e/ p\rtant autant iu/e1 comme il e/ bon1 et comme il e/ puissant3 mais il vse bi5 plus s\u5t de sa iu/ice1 que de son p\uoir1 et n\s fauorise selon la raison d'icelle1 non selon noz dem&es4 ,platon en ses loix fait trois sortes d'iniurieuse creance des ,dieux1 ,qu'il n'y en ayt po9t1 ,qu'ils ne se mesl5t pas de noz affaires1 ,qu'ils ne refus5t ri5 noz vux1 (fr&es et sacrifices4 ,la premi]e erreur1 selon son aduis1 ne dura iamais immuable en homme1 depuis son enfance1 iusques sa vieillesse4 ,les deux suiuantes peuu5t s\ffrir de la con/ance4 ,sa iu/ice et sa puissance sont insep>ables4 ,p\r neant implorons n\s sa =ce en vne mauuaise cause4 ,il faut auoir l'ame nette1 au mo9s en ce mom5t1 auquel n\s le prions1 et des*>ge de passions vitieuses3 autrem5t n\s luy pres5tons n\s mesmes les v]ges1 dequoy n\s *a/i]4 ,au lieu de rabill] no/re faute1 n\s la r$\blons2 pres5tans celuy1 qui n\s auons dem&] p>don1 vne affection ple9e d'irreu]5ce et de ha9e4 ,voyla p\rquoy ie ne l\ pas volonti]s ceux1 que ie voy pri] ,dieu plus s\u5t et plus ord9airem5t1 si les actions vois9es de la pri]e1 ne me tesmoign5t quelque am5dem5t et re=mation4 ,si nocturnus adult]1 ,tempora sanctonico velas adop]ta cucullo4 ,et l'assiette d'vn homme meslant vne vie execrable la deuotion1 semble e/re aucunem5t plus condemnable1 que celle d'vn homme con=me soy1 et dissolu p> t\t4 ,p\rtant refuse no/re ,eglise t\s les i\rs1 la faueur de son entre et societ1 aux murs ob/9es quelque insigne malice4 ,n\s prions p> vsage et p> c\/ume3 ou p\r mieux dire1 n\s lisons ou prononons noz pri]es3 ce n'e/ en f9 que m9e4 ,et me desplai/ de voir faire trois signes de croix au ,b5$icite1 autant ,graces 7et plus m'en desplait-il de ce que c'e/ vn signe que i'ay en reu]5ce et cont9uel vsage1 mesmem5t qu& ie baaille7 et cep5dant t\tes les autres heures du i\r1 les voir occupes la ha9e1 l'au>ice1 l'iniu/ice4 ,aux vices leur heure1 son heure ,dieu1 comme p> comp5sation et composition4 ,c'e/ miracle1 de voir cont9u] des actions si diu]ses d'vne si p>eille t5eur1 qu'il ne s'y s5te po9t d'int]ruption et d'alt]ation aux conf9s mesmes1 et passage de l'vne l'autre4 ,quelle prodigieuse consci5ce se peut donn] repos1 n\rrissant en mesme gi/e1 d'vne societ si accordante et si paisible1 le crime et le iuge8 ,vn homme1 de qui la paill>dise1 sans cesse reg5te la te/e1 et qui la iuge tres-odieuse la veu diu9e1 que dit-il ,dieu1 qu& il luy en p>le8 ,il se rame9e1 mais s\da9 il re*oit4 ,si l'obiect de la diu9e iu/ice1 et sa pres5ce frappoi5t1 comme il dit1 et *a/ioi5t son ame1 p\r c\rte qu'en fu/ la p5it5ce1 la cra9te mesme y reiett]oit si s\u5t sa p5se1 qu'incont95t il se v]roit mai/re de ces vices1 qui sont habitus et a*>ns en luy4 ,mais quoy6 ceux qui c\*5t vne vie enti]e1 sur le fruit et emolum5t du pe*1 qu'ils sau5t mortel8 ,combi5 auons n\s de me/i]s et vacations receus1 dequoy l'ess5ce e/ vicieuse8 ,et celuy qui se confessant moy1 me recitoit1 auoir t\t vn aage faict pr(ession et les effects d'une religion damnable selon luy1 et contradictoire celle qu'il auoit en son cur1 p\r ne p]dre son cr$it et l'honneur de ses *>ges3 comm5t patissoit-il ce disc\rs en son c\rage8 ,de quel langage entreti5n5t ils sur ce subiect1 la iu/ice diu9e8 ,leur rep5tance consi/ant en visible et maniable rep>ation1 ils p]d5t et enu]s ,dieu1 et enu]s n\s1 le moy5 de l'allegu]4 ,sont-ils si h>dis de dem&] p>don1 sans satisfaction et sans rep5tance8 ,ie ti5 que de ces premi]s il en va1 comme de ceux-cy3 mais l'ob/9ation n'y e/ pas si aise conua9cre4 ,cette contr>iet et volubilit d'op9ion si s\da9e1 si viol5te1 qu'ils n\s feign5t1 s5t p\r moy son miracle4 ,ils n\s repres5t5t l'e/at d'vne indige/ible agonie4 ,que l'imag9ation me sembloit fanta/ique1 de ceux qui ces annes passes1 auoi5t en vsage de repro*] t\t *ascun1 en qui il reluisoit quelque cl>t d'esprit1 pr(essant la religion ,ca?olique1 que c'e/oit fe9te3 et t5oi5t mesme1 p\r luy faire honneur1 quoy qu'il di/ p> app>5ce1 qu'il ne p\uoit faillir au d$ans1 d'auoir sa creance re=me leur pi$4 ,fas*euse maladie1 de se croire si =t1 qu'on se p]suade1 qu'il ne se puisse croire au contraire3 et plus fas*euse encore1 qu'on se p]suade d'vn tel esprit1 qu'il pref]e ie ne say quelle disp>it de =tune pres5te1 aux esp]ances et m5aces de la vie et]nelle6 ,ils m'en peuu5t croire3 ,si ri5 eu/ deu t5t] ma ieunesse1 l'ambition du haz>d et difficult1 qui suiuoi5t cette rec5te entrepr9se1 y eu/ eu bonne "p4 ,ce n'e/ pas sans gr&e raison1 ce me semble1 que l',eglise deff5d l'vsage promiscue1 tem]aire et indiscret des sa9ctes et diu9es *ansons1 que le ,sa9ct ,esprit a dict en ,dauid4 ,il ne faut mesl] ,dieu en nos actions qu'auecque reu]5ce et att5tion ple9e d'honneur et de respect4 ,cette voix e/ trop diu9e1 p\r n'auoir autre vsage que d'ex]c] les p\lmons1 et plaire nos oreilles4 ,c'e/ de la consci5ce qu'elle doit e/re produite1 et non pas de la langue4 ,ce n'e/ pas raison qu'on p]mette qu'vn g>on de b\tique p>my ses va9s et friuoles p5sem5s1 s'en entreti5ne et s'en i\4 ,ny n'e/ c]tes raison de voir tracass] p> vne sale1 et p> vne cuys9e1 le ,sa9ct liure des sacrez my/]es de no/re creance4 ,c'e/oy5t autrefois my/]es1 ce sont pres5t desduits et esbats4 ,ce n'e/ pas en passant1 et tumultuairem5t1 qu'il faut mani] vn e/ude si s]ieux et v5]able4 ,ce doit e/re vne action de/9e1 et rassise1 laquelle on doit t\si\rs adi\/] cette preface de no/re (fice1 sursum corda1 et y apport] le corps mesme dispos en cont5ance1 qui tesmoigne vne p>ticuli]e att5tion et reu]5ce4 ,ce n'e/ pas l'e/ude de t\t le monde3 c'e/ l'e/ude des p]sonnes qui y sont v\es1 que ,dieu y appelle4 ,les mes*ans1 les ignorants s'y empir5t4 ,ce n'e/ pas vne hi/oire compt]3 c'e/ vne hi/oire reu]]1 cra9dre et ador]4 ,plaisantes g5ts1 qui p5s5t l'auoir r5due maniable au peuple1 p\r l'auoir mise en langage populaire4 ,ne ti5t-il qu'aux mots1 qu'ils n'ent5d5t t\t ce qu'ils tr\u5t p> escrit8 ,diray-ie plus8 ,p\r l'en appro*] de ce peu1 ils l'en recul5t4 ,l'ignorance pure1 et remise t\te en autruy1 e/oit bi5 plus salutaire et plus sauante1 que n'e/ cette sci5ce v]bale1 et va9e1 n\rrice de presomption et de tem]it4 ,ie croy aussi que la lib]t *acun de dissip] vne p>ole si religieuse et importante1 tant de sortes d'idiomes1 a beauc\p plus de dang] que d'vtilit4 ,les ,iuifs1 les ,mahometans1 et quasi t\s autres1 ont esp\s1 et reu]5t le langage1 auquel orig9ellem5t leurs my/]es auoi5t e/ conceuz1 et en e/ deff5due l'alt]ation et *angem5t2 non sans app>5ce4 ,sauons n\s bi5 qu'en ,basque1 et en ,bretaigne1 il y ayt des ,iuges assez1 p\r e/ablir cette traduction faicte en leur langue8 ,l',eglise vniu]selle n'a po9t de iugem5t plus ardu faire1 et plus solemne4 ,en pres*ant et p>lant1 l'int]pretation e/ vague1 libre1 muable1 et d'vne p>celle3 a9si ce n'e/ pas de mesme4 ,l'vn de noz hi/ori5s ,grecs accuse iu/em5t son siecle1 de ce que les secrets de la religion ,*re/i5ne1 e/oi5t esp&us emmy la place1 s ma9s des mo9dres artisans3 que *acun en p\uoit debattre et dire selon son s5s4 ,et que ce n\s deuoit e/re gr&e honte1 n\s qui p> la grace de ,dieu1 i\ssons des purs my/]es de la piet1 de les laiss] pr(an] en la b\*e de p]sonnes ignorantes et populaires1 veu que les ,g5tils int]disoi5t ,socrates1 ,platon1 et aux plus sages1 de s'enqu]ir et p>l] des *oses commises aux ,pre/res de ,delphes4 ,dit aussi1 que les factions des ,pr9ces1 sur le subiect de la ,!ologie1 sont armes non de zele1 mais de *ol]e4 ,que le zele ti5t de la diu9e raison et iu/ice1 se conduisant ordonnm5t et mod]m5t3 mais qu'il se *ange en ha9e et enuie3 et produit au lieu du from5t et du rais91 de l'yuroye et des orties1 qu& il e/ conduit d'vne passion huma9e4 ,et iu/em5t aussi1 cet autre1 conseillant l',emp]eur ,!odose1 disoit1 les disputes n'endormir pas tant les s*ismes de l',eglise1 que les esueill]1 et anim] les h]esies4 ,que p\rtant il faloit fur t\tes cont5tions et argum5tations ,dialectiques1 et se rapport] nuem5t aux prescriptions et =mules de la foy1 e/ablies p> les anci5s4 ,et l',emp]eur ,&ronicus1 ayant r5contr en son palais1 des pr9cipaux hommes1 aux prises de p>ole1 contre ,lapodius1 sur vn de noz po9ts de gr&e importance1 les tana1 iusques m5ac] de les iett] en la riui]e1 s'ils cont9uoy5t4 ,les enfants et les femmes1 en noz i\rs1 reg5t5t les hommes plus vieux et exp]im5tez1 sur les loix ,ecclesia/iques3 l o la premi]e de celles de ,platon leur deff5d de s'enqu]ir seulem5t de la raison des loix ciuiles1 qui doiu5t t5ir lieu d'ordonnances diu9es4 ,et p]mettant aux vieux1 d'en communiqu] entre eux1 et auec le ,magi/rat3 il adi\/e1 p\rueu que ce ne soit en pres5ce des ieunes1 et p]sonnes pr(anes4 ,vn ,euesque a laiss p> escrit1 qu'en l'autre b\t du monde1 il y a vne ,isle1 que les anci5s nommoi5t ,dioscoride3 commode en f]tilit de t\tes sortes d'arbres et fruits1 et salubrit d'air3 de laquelle le peuple e/ ,*re/i51 ayant des ,eglises et des ,autels1 qui ne sont p>ez que de croix1 sans autres images3 gr& obs]uateur de ieusnes et de fe/es3 exacte paeur de dismes aux ,pre/res3 et si *a/e1 que nul d'eux ne peut cognoi/re qu'vne femme en sa vie4 ,au demeurant1 si contant de sa =tune1 qu'au milieu de la m]1 il ignore l'vsage des nauires3 et si simple1 que de la religion qu'il obs]ue si songneusem5t1 il n'en ent5d vn seul mot4 ,*ose incroyable1 qui ne sauroit1 les ,pay5s si deuots idolatres1 ne cognoi/re de leurs ,dieux1 que simplem5t le nom et la /atue4 ,l'anci5 comm5cem5t de ,m5alippe1 trag$ie d',euripides1 portoit a9si4 ,o ,iuppit]1 c> de toy ri5 s9on ,ie ne cognois seulem5t que le nom4 ,i'ay veu aussi de mon temps1 faire pla9te d'aucuns escrits1 de ce qu'ils sont purem5t huma9s et philosophiques1 sans meslange de ,!ologie4 ,qui diroit au contraire1 ce ne s]oit p\rtant sans quelque raison2 ,que la doctr9e diu9e ti5t mieux son rang "p1 comme ,royne et dom9atrice3 ,qu'elle doit e/re pr9cipale p> t\t1 po9t suffragante et subsidiaire3 ,et qu' l'au5ture se pr5droi5t les exemples la ,grammaire1 ,rhetorique1 ,logique1 plus sortablem5t d'ailleurs que d'vne si sa9te mati]e2 comme aussi les argum5ts des ,!atres1 ieux et spectacles publiques4 ,que les raisons diu9es se consid]5t plus v5]ablem5t et reu]emm5t seules1 et en leur /ile1 qu'app>ies aux disc\rs huma9s4 ,qu'il se voit plus s\u5t cette faute1 que les ,!ologi5s escriu5t trop huma9em5t1 que cett'autre1 que les humani/es escriu5t trop peu !ologalem5t4 ,la ,philosophie1 dit ,sa9ct ,*ryso/ome1 e/ piea banie de l'escole sa9cte1 comme s]uante inutile1 et e/ime indigne de voir seulem5t en passant de l'entre1 le sacraire des sa9cts ,?resors de la doctr9e cele/e4 ,que le dire huma9 a ses =mes plus basses1 et ne se doit s]uir de la dignit1 maje/1 reg5ce1 du p>l] diu94 ,ie luy laisse p\r moy1 dire1 v]bis indiscipl9atis1 =tune1 de/9e1 accid5t1 heur1 et malheur1 et les ,dieux1 et autres frases1 selon sa mode4 ,ie propose les fantasies huma9es et mi5nes1 simplem5t comme huma9es fantasies1 et sep>em5t consid]es3 non comme arre/es et regles p> l'ordonnance cele/e1 incapable de d\bte et d'alt]cation4 ,mati]e d'op9ion1 non mati]e de foy4 ,ce que ie disc\rs selon moy1 non ce que ie croy selon ,dieu1 d'vne faon laque1 non cl]icale3 mais t\si\rs tres-religieuse4 ,comme les enfants propos5t leurs essays1 in/ruisables1 non in/ruisants4 ,et ne diroit-on pas aussi sans app>5ce1 que l'ordonnance de ne s'entremettre que bi5 res]um5t d'escrire de la ,religion1 t\s autres qu' ceux qui en font expresse pr(ession1 n'auroit pas faute de quelque image d'vtilit et de iu/ice2 et moy auec1 peut e/re de m'en taire4 ,on m'a dict que ceux mesmes1 qui ne sont pas des no/res1 deff5d5t p\rtant entre eux l'vsage du nom de ,dieu1 en leurs propos communs4 ,ils ne veul5t pas qu'on s'en s]ue p> vne mani]e d'int]iection1 ou d'exclamation1 ny p\r tesmoignage1 ny p\r comp>aison3 en quoy ie tr\ue qu'ils ont raison4 ,et en quelque mani]e que ce soit1 que n\s appelons ,dieu notre comm]ce et societ1 il faut que ce soit s]ieusem5t1 et religieusem5t4 ,il y a1 ce me semble1 en ,x5ophon vn tel disc\rs1 o il montre que n\s deuons plus r>em5t pri] ,dieu3 d'autant qu'il n'e/ pas ais1 que n\s puissions si s\u5t remettre no/re ame1 en cette assiette regle1 re=me1 et deuotieuse1 o il faut qu'elle soit p\r ce faire3 autrem5t nos pri]es ne sont pas seulem5t va9es et inutiles1 mais vitieuses4 ,p>donne n\s1 disons n\s1 comme n\s p>donnons ceux qui n\s ont (f5cez4 ,que disons n\s p> l1 s9on que n\s luy (frons no/re ame exempte de v5geance et de rancune8 ,t\tesfois n\s inuoquons ,dieu et son ayde1 au complot de noz fautes1 et le conuions l'iniu/ice4 ,qu1 nisi s$uctis1 nequeas committ]e diuis4 ,l'au>icieux le prie p\r la cons]uation va9e et sup]flue de ses ?resors3 l'ambitieux p\r ses victoires1 et conduite de sa =tune3 le voleur l'employe son ayde1 p\r fran*ir le haz>d et les difficultez1 qui s'oppos5t l'execution de ses mes*antes entrepr9ses3 ou le rem]cie de l'aisance qu'il a tr\u desgosill] vn passant4 ,au pi$ de la maison1 qu'ils vont es*ell] ou pet>d]1 ils font leurs pri]es1 l'int5tion et l'esp]ance ple9e de cruaut1 de luxure1 et d'au>ice4 ,hoc ipsum1 quo tu ,i\is aurem impell]e t5tas1 ,dic ag$um ,/aio3 proh ,iuppit]6 bone1 clamet1 ,iuppit]6 at sese non clamet ,iuppit] ipse4 ,la ,royne de ,nau>re ,m>gu]itte1 recite d'vn ieune ,pr9ce1 et encore qu'elle ne le nomme pas1 sa gr&eur l'a r5du cognoissable assez1 qu'allant vne assignation am\reuse1 et c\*] auec la femme d'vn ,aduocat de ,p>is1 son *em9 s'addonnant au trau]s d'vne ,eglise1 il ne passoit iamais en ce lieu sa9ct1 allant ou ret\rnant de son entrepr9se1 qu'il ne fi/ ses pri]es et oraisons4 ,ie v\s laisse iug]1 l'ame ple9e de ce beau p5sem5t1 quoy il employoit la faueur diu9e4 ,t\tesfois elle allegue cela p\r vn tesmoignage de s+uli]e deuotion4 ,mais ce n'e/ pas p> cette preuue seulem5t qu'on p\rroit v]ifi] que les femmes ne sont gu]es propres trait] les mati]es de la ,!ologie4 ,vne vraye pri]e1 et vne religieuse reconciliation de n\s ,dieu1 elle ne peut tomb] en vne ame impure et s\bsmise1 lors mesmes1 la dom9ation de ,satan4 ,celuy qui appelle ,dieu son assi/ance1 p5dant qu'il e/ dans le tra9 du vice1 il fait comme le c\peur de b\rse1 qui appell]oit la iu/ice son ayde2 ou comme ceux qui produis5t le nom de ,dieu en tesmoignage de m5songe4 ,tacito mala vota susurro ,concipimus4 ,il e/ peu d'hommes qui ozass5t mettre en euid5ce les reque/es secrettes qu'ils font ,dieu4 ,haud cuiuis promptum e/1 murmrque humilsque susurros ,toll]e de templis1 et ap]to viu]e voto4 ,voyla p\rquoy les ,py?agori5s v\loy5t qu'elles fuss5t publiques1 et ouyes d'vn *acun2 af9 qu'on ne le requi/ de *ose indec5te et iniu/e1 comme celuy-l3 ,cl> cm dixit3 ,apollo6 ,labra m\et1 metu5s audiri3 ,pul*ra ,lau]na1 ,da mihi fall]e1 da iu/um sanctmque vid]i2 ,noctem peccatis1 et fraudibus obiice nubem4 ,les ,dieux punir5t grieuem5t les iniques vux d',o$ipus en les luy ottroyant4 ,il auoit pri1 que ses enfants vuidass5t entre eux p> armes la succession de son ,e/at1 il fut si mis]able1 de se voir pris au mot4 ,il ne faut pas dem&]1 que t\tes *oses suiu5t no/re volont1 mais qu'elles suiu5t la prud5ce4 ,il semble1 la v]it1 que n\s n\s s]uons de nos pri]es1 comme d'vn i>gon1 et comme ceux qui employ5t les p>oles sa9ctes et diu9es des sorcell]ies et effects magici5s3 et que n\s facions no/re compte que ce soit de la contexture1 ou son1 ou suitte des motz1 ou de no/re cont5ance1 que dep5de leur effect4 ,c> ayans l'ame ple9e de concupisc5ce1 non t\*e de rep5tance1 ny d'aucune n\uelle reconciliation enu]s ,dieu1 n\s luy allons pres5t] ces p>olles que la memoire pre/e no/re langue3 et esp]ons en tir] vne expiation de nos fautes4 ,il n'e/ ri5 si ais1 si d\x1 et si fauorable que la loy diu9e3 elle n\s appelle soy1 a9si fauti]s et dete/ables comme n\s sommes3 elle n\s t5d les bras1 et n\s reoit en son giron1 p\r vila9s1 ords1 et b\rbeux1 que n\s soyons1 et que n\s ayons e/re l'adu5ir4 ,mais encore en recomp5se1 la faut-il reg>d] de bon il3 encore faut-il receuoir ce p>don auec action de graces3 et au mo9s p\r cet in/ant que n\s n\s addressons elle1 auoir l'ame desplaisante de ses fautes1 et ennemie des passions qui n\s ont p\ss l'(f5c]4 ,ny les ,dieux1 ny les g5s de bi51 dict ,platon1 n'accept5t le pres5t d'vn mes*ant4 ,immunis aram si tetigit manus1 ,non sumptuosa bl&ior ho/ia ,molliuit au]sos ,p5ates1 ,f>re pio et sali5te mica4 ,,*apitre ,,lvii4 ,de l',aage4 ,,ie ne puis receuoir la faon1 dequoy n\s e/ablissons la dure de no/re vie4 ,ie voy que les sages l'acc\rsiss5t bi5 =t au prix de la commune op9ion4 ,comm5t1 dit le ieune ,caton1 ceux qui le v\loy5t empes*] de se tu]1 suis-ie cette heure en aage1 o lon me puisse repro*] d'ab&onn] trop to/ la vie8 ,si n'auoit-il que qu>ante et huict ans4 ,il e/imoit cet aage l bi5 meur et bi5 auanc1 consid]ant combi5 peu d'hommes y arriu5t4 ,et ceux qui s'entreti5n5t de ce que ie ne say quel c\rs qu'ils nomm5t naturel1 promet quelques annes au del1 ils le p\rroi5t faire1 s'ils auoi5t priuilege qui les exempta/ d'vn si gr& nombre d'accid5s1 ausquels *acun de n\s e/ en bute p> vne naturelle subiection1 qui peuu5t int]rompre ce c\rs qu'ils se promett5t4 ,quelle resu]ie e/-ce de s'att5dre de m\rir d'vne defaillance de =ces1 que l'extreme vieillesse apporte1 et de se propos] ce b no/re dure3 veu que c'e/ l'espece de mort la plus r>e de t\tes1 et la mo9s en vsage8 ,n\s l'appellons seule naturelle1 comme si c'e/oit contre nature1 de voir vn homme se rompre le col d'vne *eute1 s'e/\f] d'vn naufrage1 se laiss] surpr5dre la pe/e ou vne pleuresie1 et comme si no/re condition ord9aire ne n\s pres5toit t\s ces inconu5i5ts4 ,ne n\s flattons pas de ces beaux mots3 on doit l'au5ture appel] plu/o/ naturel1 ce qui e/ g5]al1 commun1 et vniu]sel4 ,m\rir de vieillesse1 c'e/ vne mort r>e1 s+uli]e et extraord9aire1 et d'autant mo9s naturelle que les autres3 c'e/ la d]ni]e et extreme sorte de m\rir3 plus elle e/ esloigne de n\s1 d'autant e/ elle mo9s esp]able3 c'e/ bi5 la borne1 au del de laquelle n\s n'irons pas1 et que la loy de ,nature a prescript1 p\r n'e/re po9t outre-passe3 mais c'e/ vn si5 r>e priuilege de n\s faire dur] iusques l4 ,c'e/ vne exemption qu'elle donne p> faueur p>ticuli]e1 vn seul1 en l'espace de deux ou trois siecles1 le des*>geant des trau]ses et difficultez qu'elle a iett entre deux1 en cette longue c>ri]e4 ,p> a9si mon op9ion e/1 de reg>d] que l'aage auquel n\s sommes arriuez1 c'e/ vn aage auquel peu de g5s arriu5t4 ,puis que d'vn tra9 ord9aire les hommes ne vi5n5t pas iusques l1 c'e/ signe que n\s sommes bi5 auant4 ,et puis que n\s auons pass les limites acc\/umez1 qui e/ la vraye mesure de no/re vie1 n\s ne deuons esp]] d'all] gu]e outre4 ,ayant es*app tant d'occasions de m\rir1 o n\s voyons tresbu*] le monde1 n\s deuons recognoi/re qu'vne =tune extraord9aire1 comme celle-l qui n\s ma9ti5t1 et hors de l'vsage commun1 ne n\s doibt gu]e dur]4 ,c'e/ vn vice des loix mesmes1 d'auoir cette fauce imag9ation3 elles ne veul5t pas qu'vn homme soit capable du maniem5t de ses bi5s1 qu'il n'ait v+t et c9q ans1 et pe9e cons]u]a-il iusques lors le manim5t de sa vie4 ,augu/e retran*a c9q ans des anci5nes ordonnances ,roma9es1 et decl>a qu'il suffisoit ceux qui pr5oi5t *>ge de iudicature1 d'auoir tr5te ans4 ,s]uius ,tullius disp5sa les ,*euali]s qui auoi5t pass qu>ante sept ans des corues de la gu]re3 ,augu/e les remit qu>ante et c9q4 ,de r5uoy] les hommes au sei\r auant c9quante c9q ou soixante ans1 il me semble n'y auoir pas gr&e app>5ce4 ,ie s]ois d'aduis qu'on e/5di/ no/re vacation et occupation autant qu'on p\rroit1 p\r la commodit publique3 mais ie tr\ue la faute en l'autre co/1 de ne n\s y embesongn] pas assez to/4 ,cettuy-cy auoit e/ iuge vniu]sel du monde dixneuf ans1 et veut que p\r iug] de la place d'vne g\ti]e on en ait tr5te4 ,quant moy i'e/ime que nos ames sont desnoes v+t ans1 ce qu'elles doiu5t e/re1 et qu'elles promett5t t\t ce qu'elles p\rront4 ,iamais ame qui n'ait donn en cet aage l1 arre bi5 euid5te de sa =ce1 n'en donna depuis la preuue4 ,les qualitez et v]tus naturelles produis5t dans ce t]me l1 ou iamais1 ce qu'elles ont de vig\reux et de beau4 ,si l'esp9e n\ picque qu& nai1 ,a p5e que pique iamai1 dis5t-ils en ,daulph94 ,de t\tes les belles actions huma9es1 qui sont v5ues ma cognoissance1 de quelque sorte qu'elles soy5t1 ie p5s]ois en auoir plus gr&e "p1 nombr] celles qui ont e/ produites et aux siecles anci5s et au no/re1 auant l'aage de tr5te ans1 qu'apres4 ,ouy1 en la vie de mesmes hommes s\u5t4 ,ne le puis-ie pas dire en t\te seuret1 de celles de ,hannibal et de ,scipion son gr& adu]saire8 ,la belle moiti de leur vie1 ils la vescur5t de la gloire acquise en leur ieunesse3 gr&s hommes depuis au prix de t\ts autres1 mais nullem5t au prix d'eux-mesmes4 ,quant moy ie ti5 p\r c]ta9 que depuis cet aage1 et mon esprit et mon corps ont plus dim9u1 qu'augm5t1 et plus recul1 qu'auanc4 ,il e/ possible qu' ceux qui employ5t bi5 le temps1 la sci5ce1 et l'exp]i5ce croiss5t auec la vie3 mais la viuacit1 la promptitude1 la f]met1 et autres p>ties bi5 plus no/res1 plus importantes et ess5tielles1 se faniss5t et s'allanguiss5t4 ,vbi iam validis quassatum e/ viribus ui ,corpus1 et obtusis cecid]unt viribus artus1 ,claudicat +5ium1 delirat l+uque mnsque4 ,tanto/ c'e/ le corps qui se r5d le premi] la vieillesse3 p> fois aussi c'e/ l'ame3 et en ay assez veu1 qui ont eu la c]uelle affoiblie1 auant l'e/oma* et les iambes4 ,et d'autant que c'e/ vn mal peu s5sible qui le s\ffre1 et d'vne obscure montre1 d'autant e/-il plus dang]eux4 ,p\r ce c\p1 ie me pla9s des loix1 non pas dequoy elles n\s laiss5t trop t>d la besogne1 mais dequoy elles n\s y employ5t trop t>d4 ,il me semble que consid]ant la foiblesse de no/re vie1 et combi5 d'escueils ord9aires et naturels elle e/ expose1 on n'en deuroit pas faire si gr&e "p la naissance1 l'oisiuet et l'appr5tissage4 ,,f9 ,,dv ,,premi] ,,livre4 ,,livre ,,second4 ,,*apitre ,i4 ,de l'incon/ance de nos actions4 ,,cevx qui s'ex]c5t contr]oll] les actions huma9es1 ne se tr\u5t en aucune p>tie si empes*ez1 qu' les r'apiess] et mettre mesme lu/re3 c> elles se contr$is5t communm5t de si e/range faon1 qu'il semble impossible qu'elles soi5t p>ties de mesme b\tique4 ,le ieune ,m>ius se tr\ue tanto/ fils de ,m>s1 tanto/ fils de ,v5us4 ,le ,pape ,boniface huictiesme1 entra1 dit-on1 en sa *>ge comme vn r5>d1 s'y porta comme vn lion1 et m\rut comme vn *i54 ,et qui croiroit que ce fu/ ,n]on1 cette vraye image de cruaut1 comme on luy pres5ta/ sign]1 suyuant le /ile1 la s5t5ce d'vn crim9el condamn1 qui eu/ respondu3 ,pleu/ ,dieu que ie n'eusse iamais sceu escrire3 tant le cur luy s]roit de condamn] vn homme mort8 ,t\t e/ si ple9 de tels exemples1 voire *acun en peut tant f\rnir soy-mesme1 que ie tr\ue e/range1 de voir quelquefois des g5s d'ent5dem5t1 se mettre en pe9e d'assortir ces pieces3 veu que l'irresolution me semble le plus commun et app>5t vice de no/re nature2 tesmo+ ce fameux v]set de ,publius le f>seur1 ,malum consilium e/1 quod mut>i non pote/4 ,il y a quelque app>5ce de faire iugem5t d'vn homme1 p> les plus communs traicts de sa vie2 mais veu la naturelle in/abilit de nos murs et op9ions1 il m'a sembl s\u5t que les bons au!urs mesmes ont tort de s'op9ia/r] =m] de n\s vne con/ante et solide contexture4 ,ils *oisiss5t vn air vniu]sel1 et suyuant cette image1 vont rangeant et int]pretant t\tes les actions d'vn p]sonnage1 et s'ils ne les peuu5t assez tordre1 les r5uoy5t la dissimulation4 ,augu/e leur e/ es*app3 c> il se tr\ue en cet homme vne v>iet d'actions si app>5te1 s\da9e1 et cont9uelle1 t\t le c\rs de sa vie1 qu'il s'e/ faict l*] enti] et indecis1 aux plus h>dis iuges4 ,ie croy des hommes plus mal aism5t la con/ance que t\te autre *ose1 et ri5 plus aism5t que l'incon/ance4 ,qui en iug]oit en detail et di/9ctem5t1 piece piece1 r5contr]oit plus s\u5t dire vray4 ,en t\te l'anci5net il e/ malais de *oisir vne d\za9e d'hommes1 qui ay5t dress leur vie vn c]ta9 et asseur tra91 qui e/ le pr9cipal b de la sagesse4 ,c> p\r la compr5dre t\t en vn mot1 dit vn anci51 et p\r embrass] en vne t\tes les regles de no/re vie1 c'e/ v\loir1 et ne v\loir pas t\si\rs mesme *ose3 ,ie ne daign]ois1 dit-il1 adi\/]1 p\rueu que la volont soit iu/e3 c> si elle n'e/ iu/e1 il e/ impossible qu'elle soit t\si\rs vne4 ,de vray1 i'ay autrefois appris1 que le vice1 n'e/ que des-reglem5t et faute de mesure2 et p> consequ5t1 il e/ impossible d'y atta*] la con/ance4 ,c'e/ vn mot de ,demo/h5es1 dit-on1 que le comm5cem5t de t\te v]tu1 c'e/ consultation et delib]ation1 et la f9 et p]fection1 con/ance4 ,si p> disc\rs n\s entrepr5ions c]ta9e voye1 n\s la pr5drions la plus belle1 mais nul n'y a p5s1 ,quod petiit1 sp]nit2 repetit quod nup] omisit2 /uat1 et vit disconu5it ord9e toto4 ,no/re faon ord9aire c'e/ d'all] apres les incl9ations de no/re appetit1 gau*e1 dextre1 contremont1 contre-bas1 selon que le v5t des occasions n\s emporte4 ,n\s ne p5sons ce que n\s v\lons1 qu' l'in/ant que n\s le v\lons3 et *angeons comme cet animal1 qui pr5d la c\leur du lieu1 o on le c\*e4 ,ce que n\s auons cett'heure propos1 n\s le *angeons tanto/1 et tanto/ encore ret\rnons sur nos pas3 ce n'e/ que branle et incon/ance3 ,ducimur vt n]uis ali5is mobile lignum4 ,n\s n'allons pas1 on n\s emporte3 comme les *oses qui flott5t1 ores d\cem5t1 ores auecques viol5ce1 selon que l'eau e/ ireuse ou bonasse4 ,nonne videmus ,quid sibi quisque velit nescire1 et qur]e semp]2 ,commut>e locum1 quasi onus depon]e possit8 ,*aque i\r n\uelle fantasie1 et se meuu5t nos humeurs auecques les m\uem5ts du temps4 ,tales sunt hom9um m5tes1 quali pat] ipse ,iuppit] auctif]o lu/rauit lum9e t]ras4 ,n\s flottons entre diu]s aduis3 n\s ne v\lons ri5 librem5t1 ri5 absolum5t1 ri5 con/amm5t4 ,a qui auroit prescript et e/ably c]ta9es loix et c]ta9e police en sa te/e1 n\s v]rions t\t p> t\t en sa vie reluire vne equalit de murs1 vn ordre1 et vne relation infallible des vnes *oses aux autres4 7,emp$ocles rem>quoit cette dif=mit aux ,agrig5t9s1 qu'ils s'ab&onnoy5t aux delices1 comme s'ils auoy5t l'endema9 m\rir3 et ba/issoy5t1 comme si iamais ils ne deuoy5t m\rir47 ,le disc\rs en s]oit bi5 ais faire4 ,comme il se voit du ieune ,caton3 qui en a t\* vne m>*e1 a t\t t\*3 c'e/ vne h>monie de sons tres-accordans1 qui ne se peut dm5tir4 ,a n\s au reb\rs1 autant d'actions1 autant faut-il de iugem5s p>ticuli]s4 ,le plus seur1 mon op9ion1 s]oit de les rapport] aux circon/ances vois9es1 sans entr] en plus longue re*]*e1 et sans en conclurre autre consequ5ce4 ,p5dant les dbau*es de no/re pauure ,e/at1 on me rapporta1 qu'vne fille de bi5 pres de l o i'e/oy1 s'e/oit precipite du haut d'vne f5e/re1 p\r uit] la =ce d'vn belitre de soldat son ho/e3 elle ne s'e/oit pas tue la *eute1 et p\r r$\bl] son entreprise1 s'e/oit v\lu donn] d'vn c\/eau p> la gorge1 mais on l'en auoit empes*e3 t\tefois apres s'y e/re bi5 =t blesse1 elle mesme confessoit que le soldat ne l'auoit encore presse que de reque/es1 sollicitations1 et pres5s1 mais qu'elle auoit eu peur1 qu'en f9 il en v9/ la contra9te3 et l dessus les p>olles1 la cont5ance1 et ce sang tesmo+ de sa v]tu1 la vraye faon d'vne autre ,lucrece4 ,or i'ay seu la v]it1 qu'auant et depuis ell'auoit e/ g>se de non si difficile composition4 ,comme dit le compte1 t\t beau et honne/e que v\s e/es1 qu& v\s aurez failly vo/re po9te1 n'en concluez pas incont95t vne *a/et inuiolable en vo/re mai/resse3 ce n'e/ pas dire que le muleti] n'y tr\ue son heure4 ,antigonus ayant pris en affection vn de ses soldats1 p\r sa v]tu et vaillance1 comm&a ses m$ec9s de le p5s] d'une maladie longue et int]ieure1 qui l'auoit t\rm5t long temps3 et s'app]ceuant apres sa gu]ison1 qu'il alloit beauc\p plus froidem5t aux affaires1 luy dem&a qui l'auoit a9si *ang et encoardy3 ,v\s mesmes1 ,sire1 luy respondit-il1 m'ayant des*>g des maux1 p\r lesquels ie ne t5ois compte de ma vie4 ,le soldat de ,lucullus ayant e/ dualis p> les ennemis1 fit sur eux p\r se reu5*] vne belle entreprise3 qu& il se fut remplum de sa p]te1 ,lucullus l'ayant pris en bonne op9ion1 l'emploioit quelque exploict haz>deux1 p> t\tes les plus belles remon/rances1 dequoy il se p\uoit aduis]3 ,v]bis qu timido quoque poss5t add]e m5tem2 ,employez y1 respondit-il1 quelque mis]able soldat dualis3 ,quantumuis ru/icus3 ,ibit1 ,ibit e1 qu vis1 qui zonam p]didit1 inquit2 et refuse resolum5t d'y all]4 ,qu& n\s lisons1 que ,mahomet ayant outrageusem5t rudoy ,*asan *ef de ses ,ianissaires1 de ce qu'il voyoit sa tr\pe enfonce p> les ,hongres1 et luy se port] las*em5t au combat1 ,*asan alla p\r t\te response se ru] furieusem5t seul en l'e/at qu'il e/oit1 les armes au po+1 dans le premi] corps des ennemis qui se pres5ta1 o il fut s\da9 engl\ti3 ce n'e/ l'adu5ture pas tant iu/ification1 que raduisem5t3 ny tant pr\sse naturelle1 qu'vn n\ueau despit4 ,celuy que v\s vi/es hi] si auantureux1 ne tr\uez pas e/range de le voir aussi poltron le l5dema93 ou la *ol]e1 ou la necessit1 ou la compagnie1 ou le v91 ou le son d'vne trompette1 luy auoit mis le cur au v5tre1 ce n'e/ pas vn cur a9si =m p> disc\rs3 ces circon/ances le luy ont f]my3 ce n'e/ pas m]ueille1 si le voyla deu5u autre p> autres circon/ances contraires4 ,cette v>iation et contradiction qui se void en n\s1 si s\ple1 a faict qu'aucuns n\s song5t deux ames1 d'autres deux puissances1 qui n\s accompaign5t et agit5t *acune sa mode1 v]s le bi5 l'vne1 l'autre v]s le mal3 vne si brusque diu]sit ne se p\uant bi5 assortir vn subiet simple4 ,non seulem5t le v5t des accid5s me remue selon son incl9ation3 mais en outre1 ie me remue et tr\ble moy mesme p> l'in/abilit de ma po/ure2 et qui y reg>de primem5t1 ne se tr\ue gu]e deux fois en mesme e/at4 ,ie donne mon ame tanto/ vn visage1 tanto/ vn autre1 selon le co/ o ie la c\*e4 ,si ie p>le diu]sem5t de moy1 c'e/ que ie me reg>de diu]sem5t4 ,t\tes les contr>ietez s'y tr\u5t1 selon quelque t\r1 et en quelque faon3 ,honteux1 insol5t1 *a/e1 luxurieux1 bau>d1 taciturne1 laborieux1 delicat1 +5ieux1 hebet1 *agr91 debonnaire1 m5teur1 v]itable1 sauant1 ignorant1 et lib]al et au>e et prodigue3 t\t cela ie le vois en moy aucunem5t1 selon que ie me vire3 et quiconque s'e/udie bi5 att5tifuem5t1 tr\ue en soy1 voire et en son iugem5t mesme1 cette volubilit et discordance4 ,ie n'ay ri5 dire de moy1 enti]em5t1 simplem5t1 et solidem5t1 sans confusion et sans meslange1 ny en vn mot4 ,di/+uo1 e/ le plus vniu]sel membre de ma ,logique4 ,encore que ie sois t\si\rs d'aduis de dire du bi5 le bi51 et d'int]pret] plu/o/ en bonne "p les *oses qui le peuu5t e/re1 si e/-ce que l'e/ranget de no/re condition1 porte que n\s soyons s\u5t p> le vice mesme p\ssez bi5 faire1 si le bi5 faire ne se iugeoit p> la seule int5tion4 ,p>quoy vn fait c\rageux ne doit pas conclurre vn homme vaillant3 celuy qui le s]oit bi5 po9ct1 il le s]oit t\si\rs1 et t\tes occasions4 ,si c'e/oit vne habitude de v]tu1 et non vne saillie1 elle r5droit vn homme p>eillem5t resolu t\s accid5s3 tel seul1 qu'en compagnie3 tel en camp clos1 qu'en vne bataille3 c> quoy qu'on die1 il n'y a pas autre vaillance sur le pau et autre au camp4 ,aussi c\rageusem5t port]oit il vne maladie en son lict1 qu'vne blessure au camp3 et ne cra9droit non plus la mort en sa maison qu'en vn assaut4 ,n\s ne v]rions pas vn mesme homme1 donn] dans la bres*e d'vne braue asseurance1 et se t\rm5t] apres1 comme vne femme1 de la p]te d'vn procez ou d'vn fils4 ,qu& e/ant las*e l'infamie1 il e/ f]me la pauuret3 qu& e/ant mol contre les rasoirs des b>bi]s1 il se tr\ue roide contre les espes des adu]saires3 l'action e/ loable1 non pas l'homme4 ,plusieurs ,grecs1 dit ,cic]o1 ne peuu5t veoir les ennemis1 et se tr\u5t con/ants aux maladies4 ,les ,cimbres et ,celtib]i5s t\t au reb\rs4 ,nihil enim pote/ esse quabile1 quod non c]ta ratione pr(iciscatur4 ,il n'e/ po9t de vaillance plus extreme en son espece1 que celle d',alex&re3 mais elle n'e/ qu'en espece1 ny assez ple9e p> t\t1 et vniu]selle4 ,t\te incomp>able qu'elle e/1 si a elle encores ses ta*es4 ,qui faict que n\s le voyons se tr\bl] si esp]duem5t aux plus leg]s s\pons qu'il pr5t des ma*9ations des si5s contre sa vie3 et se port] en cette re*]*e1 d'vne si vehem5te et indiscrete iniu/ice1 et d'vne cra9te qui subu]tit sa raison naturelle4 ,la sup]/ition aussi dequoy il e/oit si =t atta9t1 porte quelque image de pusillanimit4 ,et l'exces de la p5it5ce1 qu'il fit1 du meurtre de ,clytus1 e/ aussi tesmoignage de l'inegalit de son c\rage4 ,no/re faict ce ne sont que pieces rapportes1 et v\lons acqu]ir vn honneur fauces enseignes4 ,la v]tu ne veut e/re suyuie que p\r elle mesme2 et si on emprunte p> fois son masque p\r autre occasion1 elle n\s l'arra*e aussi to/ du visage4 ,c'e/ vne viue et =te te9ture1 qu& l'ame en e/ vue fois abbreuue1 et qui ne s'en va qu'elle n'emporte la piece4 ,voyla p\rquoy p\r iug] d'vn homme1 il faut suiure longuem5t et curieusem5t sa trace3 si la con/ance ne s'y ma9ti5t de son seul fondem5t1 cui viu5di via consid]ata atque pr\isa e/1 si la v>iet des occurr5ces luy faict *ang] de pas1 7ie dy de voye3 c> le pas s'en peut ou ha/]1 ou appesantir7 laissez le c\rre3 celuy l s'en va auau le v5t1 comme dict la deuise de no/re ,talebot4 ,ce n'e/ pas m]ueille1 dict vn anci51 que le haz>d puisse tant sur n\s1 puis que n\s viuons p> haz>d4 ,a qui n'a dress en gros sa vie vne c]ta9e f91 il e/ impossible de dispos] les actions p>ticuli]es4 ,il e/ impossible de r5g] les pieces1 qui n'a vne =me du total en sa te/e4 ,a quoy faire la pr\ision des c\leurs1 qui ne say ce qu'il a pe9dre8 ,aucun ne fait c]ta9 desse9 de sa vie1 et n'en delib]ons qu' p>celles4 ,l'ar*] doit premi]em5t sauoir o il vise1 et puis y accommod] la ma91 l'arc1 la corde1 la fles*e1 et les m\uem5s4 ,nos conseils f\ruoy5t1 p> ce qu'ils n'ont pas d'adresse et de b4 ,nul v5t fait p\r celuy qui n'a po9t de port de/94 ,ie ne suis pas d'aduis de ce iugem5t qu'on fit p\r ,sophocles1 de l'auoir argum5t suffisant au maniem5t des *oses dome/iques1 contre l'accusation de son fils1 p\r auoir veu l'vne de ses trag$ies4 ,ny ne tr\ue la coniecture des ,p>i5s enuoyez p\r re=m] les ,milesi5s1 suffisante la consequ5ce qu'ils en tir]5t4 ,visitants l'isle1 ils rem>quoy5t les t]res mieux cultiuees1 et maisons *ampe/res mieux g\u]nes4 ,et ayants enregi/r le nom des mai/res d'icelles1 comme ils eur5t faict l'assemble des citoy5s en la ville1 ils nomm]5t ces mai/res l1 p\r n\ueaux g\u]neurs et magi/rats3 iugeants que soigneux de leurs affaires priues1 ils le s]oy5t des publiques4 ,n\s sommes t\s de lop9s1 et d'vne contexture si in=me et diu]se1 que *aque piece1 *aque mom5t1 faict son ieu4 ,et se tr\ue autant de diff]5ce de n\s n\s mesmes1 que de n\s autruy4 ,magnam rem puta1 vnum hom9em ag]e4 ,puis que l'ambition peut appr5dre aux hommes1 et la vaillance1 et la temp]ance1 et la lib]alit1 voire et la iu/ice3 puis que l'au>ice peut plant] au c\rage d'vn g>on de b\tique1 n\rri l'ombre et l'oysiuet1 l'asseurance de se iett] si lo+ du foy] dome/ique1 la m]cy des vagues et de ,neptune c\rr\c dans vn fraile bateau1 et qu'elle appr5d encore la discretion et la prud5ce3 et que ,v5us mesme f\rnit de resolution et de h>diesse la ieunesse encore s\bs la discipl9e et la v]ge2 et g5d>me le t5dre cur des pucelles au giron de leurs m]es3 ,hac duce1 cu/odes furtim transgressa iac5tes1 ,ad iuu5em t5ebris sola puella v5it2 ce n'e/ pas t\r de rassis ent5dem5t1 de n\s iug] simplem5t p> nos actions de dehors3 il faut sond] iusqu'au d$ans1 et voir p> quels ressors se donne le bransle4 ,mais d'autant que c'e/ vne haz>deuse et haute entrepr9se1 ie v\drois que mo9s de g5s s'en meslass5t4 ,,*apitre ,,ii4 ,de l'yurongn]ie4 ,,le monde n'e/ que v>iet et dissemblance4 ,les vices sont t\s p>eils en ce qu'ils sont t\s vices3 et de cette faon l'ent5d5t l'adu5ture les ,/oici5s3 mais encore qu'ils soy5t galem5t vices1 ils ne sont pas gaux vices4 ,et que celuy qui a fran*i de c5t pas les limites1 ,quos vltra1 citrque nequit consi/]e rectum1 ne soit pas de pire condition1 que celuy qui n'en e/ qu' dix pas1 il n'e/ pas croyable3 et que le sacrilege ne soit pire que le l>rec9 d'vn *\ de no/re i>d93 ,nec v9cet ratio1 tantumdem vt peccet1 idmque1 ,qui t5]os caules ali5i freg]it horti1 ,et qui nocturnus dium sacra leg]it4 ,il y a autant en cela de diu]sit qu'en aucune autre *ose4 ,la confusion de l'ordre et mesure des pe*ez1 e/ dang]euse4 ,les meurtri]s1 les trai/res1 les tyrans1 y ont trop d'acque/3 ce n'e/ pas raison que leur consci5ce se s\lage1 sur ce que tel autre ou e/ oisif1 ou e/ lascif1 ou mo9s assidu la deuotion4 ,*acun poise sur le pe* de son compagnon1 et esleue le si54 ,les in/ructeurs mesmes les rang5t s\u5t mal mon gr4 ,comme ,socrates disoit1 que le pr9cipal (fice de la sagesse e/oit1 di/+u] les bi5s et les maux4 ,n\s autres1 qui le meilleur e/ t\si\rs en vice1 deuons dire de mesme de la sci5ce de di/+u] les vices3 sans laquelle1 bi5 exacte1 le v]tueux et le mes*ant demeur5t meslez et incognus4 ,or l'yurongn]ie entre les autres1 me semble vn vice grossi] et brutal4 ,l'esprit a plus de "p ailleurs3 et il y a des vices1 qui ont ie ne say quoy de g5]eux1 s'il le faut a9si dire4 ,il y en a o la sci5ce se mesle1 la dilig5ce1 la vaillance1 la prud5ce1 l'addresse et la f9esse3 ce/uy-cy e/ t\t corporel et t]re/re4 ,aussi la plus grossi]e nation de celles qui sont aui\rd'huy1 c'e/ celle l seule qui le ti5t en cr$it4 ,les autres vices alt]5t l'ent5dem5t1 ce/uy-cy le r5u]se1 et e/onne le corps4 ,cm v9i vis p5etrauit1 ,consequitur grauitas membrorum1 prp$iuntur ,crura vacillanti1 t>descit l+ua1 madet m5s1 ,nant oculi2 clamor1 s+ultus iurgia gliscunt4 ,le pire e/at de l'homme1 c'e/ o il p]t la connoissance et g\u]nem5t de soy4 ,et en dit on entre autres *oses1 que comme le m\/ b\illant dans vn vaisseau1 p\sse mont t\t ce qu'il y a dans le fonds1 aussi le v9 faict desbond] les plus intimes secrets1 ceux qui en ont pris outre mesure4 ,tu sapi5tium ,curas1 et arcanum iocoso ,consilium retegis ,lyo4 ,iosephe recite qu'il tira le v] du nez vn c]ta9 ambassadeur que les ennemis luy auoi5t enuoy1 l'ayant fait boire d'autant4 ,t\tesfois ,augu/e s'e/ant fi ,lucius ,piso1 qui conquit la ,?race1 des plus priuez affaires qu'il eu/1 ne s'en tr\ua iamais mescont3 ny ,tyb]ius de ,cossus1 qui il se des*>geoit de t\s ses conseils3 quoy que n\s les sa*ions auoir e/ si =t subiects au v91 qu'il en a fallu rapport] s\u5t du ,s5at1 et l'vn et l'autre yure1 ,he/]no inflatum v5as1 de m1 ,lyo4 ,et commit on aussi fidelem5t qu' ,cassius beuueur d'eau1 ,cimb] le desse9 de tu] ,ces>3 quoy qu'il s'enyura/ s\u5t3 d'o il respondit plaisamm5t1 ,que ie portasse vn tyran1 moy1 qui ne puis port] le v96 ,n\s voyons nos ,allemans noyez dans le v91 se s\u5ir de leur qu>ti]1 du mot1 et de leur rang4 ,nec facilis victoria de madidis1 et ,blsis1 atque m]o titubantibus4 ,ie n'eusse pas creu d'yuresse si pr(onde1 e/\fe1 et enseuelie1 si ie n'eusse leu cecy dans les hi/oires3 ,qu',attalus ayant conui s\p] p\r luy faire vne notable indignit1 ce ,pausanias1 qui sur ce mesme subiect1 tua depuis ,philippus ,roy de ,mac$o9e 7,roy portant p> ses belles qualitez tesmoignage de la n\rriture1 qu'il auoit pr9se en la maison et compagnie d',epam9ondas7 il le fit tant boire1 qu'il peu/ ab&onn] sa beaut1 ins5siblem5t1 comme le corps d'vne puta9 buissonni]e1 aux muleti]s et nombre d'abiects s]uiteurs de sa maison4 ,et ce que m'apr9t vne dame que i'honnore et prise =t1 que pres de ,bordeaux1 v]s ,ca/res1 o e/ sa maison1 vne femme de village1 veufue1 de *a/e reputation1 s5tant des premi]s ombrages de grossesse1 disoit ses vois9es1 qu'elle p5s]oit e/re ence9te si ell'auoit vn m>y4 ,mais du i\r la i\rnee1 croissant l'occasion de ce s\pon1 et en f9 iusques l'euid5ce1 ell'en v9t l1 de faire decl>] au prosne de son eglise1 que qui s]oit cons5t de ce faict1 en l'aduoant1 elle promettoit de le luy p>donn]1 et s'il le tr\uoit bon1 de l'esp\s]4 ,vn si5 ieune valet de lab\rage1 enh>dy de cette proclamation1 decl>a l'auoir tr\ue vn i\r de fe/e1 ayant bi5 l>gem5t pr9s son v91 endormie en son foy] si pr(ondem5t et si indecemm5t1 qu'il s'en peut s]uir sans l'esueill]4 ,ils viu5t encore m>iez ensemble4 ,il e/ c]ta9 que l'antiquit n'a pas =t descri ce vice3 les escris mesmes de plusieurs ,philosophes en p>l5t bi5 mollem5t3 et iusques aux ,/oci5s il y en a qui conseill5t de se disp5s] quelquefois boire d'autant1 et de s'enyur] p\r relas*] l'ame4 ,hoc quoque virtutum quondam c]tam9e magnum ,socratem palmam prom]uisse f]unt4 ,ce c5seur et correcteur des autres ,caton1 a e/ repro* de bi5 boire4 ,n>ratur et prisci ,catonis ,spe m]o caluisse virtus4 ,cyrus ,roy tant r5omm1 allegue entre ses autres loanges1 p\r se pref]] son fr]e ,artax]xes1 qu'il sauoit beauc\p mieux boire que luy4 ,et s nations les mieux regles1 et polices2 cet essay de boire d'autant1 e/oit =t en vsage4 ,i'ay ouy dire ,siluius excell5t m$ec9 de ,p>is1 que p\r g>d] que les =ces de no/re e/omac ne s'app>ess5t1 il e/ bon vne fois le mois1 les esueill] p> cet excez1 et les picqu] p\r les g>d] de s'eng\rdir4 ,et escrit-on que les ,p]ses apres le v9 consultoi5t de leurs pr9cipaux affaires4 ,mon g\/ et ma complexion e/ plus ennemie de ce vice1 que mon disc\rs4 ,c> outre ce que ie captiue aysm5t mes creances s\bs l'au?orit des op9ions anci5nes1 ie le tr\ue bi5 vn vice las*e et /upide1 mais mo9s malicieux et dommageable que les autres1 qui *oqu5t quasi t\s de plus droit fil la societ publique4 ,et si n\s ne n\s p\uons donn] du plaisir1 qu'il ne n\s c\/e quelque *ose1 comme ils ti5n5t1 ie tr\ue que ce vice c\/e mo9s no/re consci5ce que les autres3 outre ce qu'il n'e/ po9t de difficile appre/1 ny malais tr\u]3 consid]ation non mesprisable4 ,vn homme auanc en dignit et en aage1 entre trois pr9cipales commoditez1 qu'il me disoit luy re/]1 en la vie1 comptoit ce/e-cy1 et o les veut on tr\u] plus iu/em5t qu'entre les naturelles8 ,mais il la pr5oit mal4 ,la delicatesse y e/ fuyr1 et le soigneux triage du v94 ,si v\s fondez vo/re volupt le boire fri&1 v\s v\s obligez la d\leur de le boire autre4 ,il faut auoir le g\/ plus las*e et plus libre4 ,p\r e/re bon beuueur1 il ne faut le palais si t5dre4 ,les ,allemans boiu5t quasi esgalem5t de t\t v9 auec plaisir4 ,leur f9 c'e/ l'auall]1 plus que le g\/]4 ,ils en ont bi5 meilleur m>*4 ,leur volupt e/ bi5 plus plantureuse et plus en ma94 ,secondem5t1 boire la ,franoise deux repas1 et mod]em5t1 c'e/ trop re/re9dre les faueurs de ce ,dieu4 ,il y faut plus de temps et de con/ance4 ,les anci5s fran*issoy5t des nuicts enti]es cet ex]cice1 et y atta*oy5t s\u5t les i\rs4 ,et si faut dress] son ord9aire plus l>ge et plus f]me4 ,i'ay veu vn gr& ,seigneur de mon temps1 p]sonnage de hautes entrepr9ses1 et fameux succez1 qui sans ef=t1 et au tra9 de ses repas communs1 ne beuuoit gu]e mo9s de c9q lots de v93 et ne se montroit au p>tir de l1 que trop sage et aduis aux desp5s de noz affaires4 ,le plaisir1 duquel n\s v\lons t5ir compte au c\rs de no/re vie1 doit en employ] plus d'espace4 ,il faudroit1 comme des g>ons de b\tique1 et g5ts de trauail1 ne refus] nulle occasion de boire1 et auoir ce desir t\si\rs en te/e4 ,il semble que t\ts les i\rs n\s rac\rcissons l'vsage de ce/uy-cy3 et qu'en noz maisons1 comme i'ay veu en mon enfance1 les desiun]s1 les ress9]s1 et les collations fuss5t plus frequ5tes et ord9aires1 qu' pres5t4 ,s]oit ce qu'en quelque *ose n\s allassions v]s l'am5dem5t8 ,vrayem5t non4 ,mais ce peut e/re que n\s n\s sommes beauc\p plus iettez la paill>dise1 que noz p]es4 ,ce sont deux occupations1 qui s'entrempes*5t en leur vigueur4 ,elle a affoibli no/re e/oma* d'vne "p3 et d'autre "p la sobriet s]t n\s r5dre plus co9ts1 plus dam]ets p\r l'ex]cice de l'am\r4 ,c'e/ m]ueille des comptes que i'ay ouy faire mon p]e de la *a/et de son siecle4 ,c'e/oit luy d'en dire1 e/ant tres adu5ant et p> art et p> nature l'vsage des dames4 ,il p>loit peu et bi51 et si mesloit son langage de quelque ornem5t des liures vulgaires1 sur t\t ,espaignols3 et entre les ,espaignols1 luy e/oit ord9aire celuy qu'ils nomm5t ,m>c ,aurele4 ,le port1 il l'auoit d'vne grauit d\ce1 humble1 et tres mode/e4 ,s+uli] so+ de l'honne/et et dec5ce de sa p]sonne1 et de ses habits1 soit pi$1 soit *eual4 ,mon/rueuse foy en ses p>oles3 et vne consci5ce et religion en g5]al1 p5*ant plu/o/ v]s la sup]/ition que v]s l'autre b\t4 ,p\r vn homme de petite taille1 ple9 de vigueur1 et d'vne /ature droitte et bi5 proportionne1 d'vn visage aggreable1 tirant sur le brun3 adroit et exquis en t\ts nobles ex]cices4 ,i'ay veu encore des cannes f>cies de plomb1 desquelles on dit qu'il s'ex]oit les bras p\r se prep>] ru] la b>re1 ou la pi]re1 ou l'escrime3 et des s\li]s aux semelles plombes1 p\r s'alleg] au c\rir et saut]4 ,du prim-saut il a laiss en memoire de petits miracles4 ,ie l'ay veu p>del soixante ans se moqu] de noz alaigresses3 se iett] auec sa robbe f\rre sur vn *eual2 faire le t\r de la table sur son p\ce1 ne mont] gu]e en sa *ambre1 sans s'eslanc] trois ou quatre degrez la fois4 ,sur mon propos il disoit1 qu'en t\te vne pr\9ce pe9e y auoit il vne femme de qualit1 qui fu/ mal nomme4 ,recitoit des e/ranges priuautez1 nommm5t si5nes1 auec des honne/es femmes1 sans s\pon quelconque4 ,et de soy1 iuroit sa9ctem5t e/re v5u vi]ge son m>iage1 et si c'e/oit apres auoir eu longue "p aux gu]res del les monts3 desquelles il n\s a laiss vn papi] i\rnal de sa ma9 suyuant po9ct p> po9ct ce qui s'y passa1 et p\r le publiq et p\r son priu4 ,aussi se m>ia il bi5 auant en aage l'an ,m4 ,d4 ,,xxviii1 qui e/oit son tr5tetroisiesme1 sur le *em9 de son ret\r d',italie4 ,reu5ons noz b\teilles4 ,les incommoditez de la vieillesse1 qui ont beso+ de quelque appuy et refres*issem5t1 p\rroy5t m'eng5dr] auecq raison desir de cette facult3 c> c'e/ quasi le d]ni] plaisir que le c\rs des ans n\s desrobe4 ,la *aleur naturelle1 dis5t les bons compaignons1 se pr5t premi]em5t aux pi$s3 celle l t\*e l'enfance4 ,de-l elle monte la moy5ne region1 o elle se plante long temps1 et y produit1 selon moy1 les seuls vrais plaisirs de la vie corporelle4 ,les autres voluptez dorm5t au prix4 ,sur la f91 la mode d'vne vapeur qui va montant et s'exhalant1 ell'arriue au gosi]1 o elle fait sa d]ni]e pose4 ,ie ne puis p\rtant ent5dre comm5t on vi5ne allong] le plaisir de boire outre la soif1 et se =g] en l'imag9ation vn appetit artificiel1 et contre nature4 ,mon e/oma* n'iroit pas iusques l3 il e/ assez empes* v5ir b\t de ce qu'il pr5d p\r son beso+4 ,ma con/itution e/1 ne faire cas du boire que p\r la suitte du mang]3 et boy cette cause le d]ni] c\p t\si\rs le plus gr&4 ,et p> ce qu'en la vieillesse1 n\s apportons le palais encrass de reume1 ou alt] p> quelque autre mauuaise con/itution1 le v9 n\s semble meilleur1 mesme que n\s auons ouu]t et lau noz pores4 ,aumo9s il ne m'adui5t gu]e1 que p\r la premi]e fois i'en pr5ne bi5 le g\/1 ,ana*>sis s'e/onnoit que les ,grecs beuss5t sur la f9 du repas en plus gr&s v]res qu'au comm5cem5t4 ,c'e/oit1 comme ie p5se1 p\r la mesme raison que les ,alemans le font1 qui comm5c5t lors le combat boire d'autant4 ,platon def5d aux enfants de boire v9 auant dixhuict ans1 et auant qu>ante de s'enyur]4 ,mais ceux qui ont pass les qu>ante1 il p>donne de s'y plaire1 et de mesl] vn peu l>gem5t en leurs conuiues l'influ5ce de ,dionysus3 ce bon ,dieu1 qui r$onne aux hommes la gayet1 et la ieunesse aux vieill>ds1 qui ad\cit et amollit les passions de l'ame1 comme le f] s'amollit p> le feu1 et en ses loix1 tr\ue telles assembles boire 7p\rueu qu'il y aye vn *ef de b&e1 les cont5ir et regl]7 vtiles3 l'yuresse e/ant vne bonne espreuue et c]ta9e de la nature d'vn *ascun3 et qu& et qu& propre donn] aux p]sonnes d'aage le c\rage de s'esbaudir en danses1 et en la musique3 *oses vtiles1 et qu'ils n'os5t entrepr5dre en s5s rassis4 ,que le v9 e/ capable de f\rnir l'ame de la temp]ance1 au corps de la sant4 ,t\tesfois ces re/rictions1 en p>tie empruntes des ,c>?ag9ois1 luy plais5t4 ,qu'on s'en esp>gne en exp$ition de gu]re4 ,que t\t magi/rat et t\t iuge s'en ab/i5ne sur le po9t d'execut] sa *>ge1 et de consult] des affaires publiques4 ,qu'on n'y employe le i\r1 temps deu d'autres occupations3 ny celle nuict1 qu'on de/9e faire des enfants4 ,ils dis5t1 que le ,philosophe ,/ilpon aggrau de vieillesse1 ha/a sa f9 esci5t1 p> le breuuage de v9 pur4 ,p>eille cause1 mais non du propre desse91 suffoqua aussi les =ces abbatus p> l'aage du ,philosophe ,arcesilas4 ,mais c'e/ vne vieille et plaisante "q1 si l'ame du sage s]oit p\r se r5dre la =ce du v91 ,si munit adhibet vim sapi5ti4 ,a combi5 de vanit n\s p\sse cette bonne op9ion1 que n\s auons de n\s8 la plus regle ame du monde1 et la plus p>faicte1 n'a que trop affaire se t5ir en pi$s1 et se g>d] de s'emport] p> t]re de sa propre foiblesse4 ,de mille il n'en e/ pas vne qui soit droite et rassise vn in/ant de sa vie3 et se p\rroit mettre en d\bte1 si selon sa naturelle condition elle y peut iamais e/re4 ,mais d'y io9dre la con/ance1 c'e/ sa d]ni]e p]fection3 ie dis qu& ri5 ne la *oqu]oit3 ce que mille accid5s peuu5t faire4 ,lucrece1 ce gr& ,pote1 a beau philosoph] et se b&]1 le voyla r5du ins5s p> vn breuuage am\reux4 ,p5s5t ils qu'vne apoplexie n'e/\rdisse aussi bi5 ,socrates1 qu'vn portefaix8 ,les vns ont oubli leur nom mesme p> la =ce d'vne maladie1 et vne leg]e blessure a r5u]s le iugem5t d'autres4 ,tant sage qu'il v\dra1 mais en f9 c'e/ vn homme3 qu'e/ il plus caduque1 plus mis]able1 et plus de neant8 ,la sagesse ne =ce pas nos conditions naturelles4 ,sudores itaque et pallorem exi/]e toto ,corpore1 et infr+i l+uam1 vocmque aboriri1 ,calig>e oculos1 son]e aures1 succid]e artus1 ,d5ique concid]e1 ex animi t]rore1 videmus4 ,il faut qu'il sille les yeux au c\p qui le m5asse3 il faut qu'il fremisse plant au bord d'vn precipice1 comme vn enfant3 ,nature ayant v\lu se res]u] ces leg]es m>ques de son au?orit1 inexpugnables no/re raison1 et la v]tu ,/oique3 p\r luy appr5dre sa mortalit et no/re fadeze4 ,il pallit la peur1 il r\git la honte1 il gemit la colique1 s9on d'vne voix desesp]e et esclatante1 au mo9s d'vne voix casse et enroe4 ,humani se nihil ali5um putet4 ,les ,potes qui feign5t t\t leur po/e1 n'os5t pas des*>g] seulem5t des l>mes1 leurs h]os3 ,sic fatur lacrymans1 classique immittit hab5as4 ,luy suffise de brid] et mod]] ses incl9ations3 c> de les emport]1 il n'e/ pas en luy4 ,ce/uy mesme no/re ,plut>que1 si p>faict et excell5t iuge des actions huma9es1 voir ,brutus et ,torquatus tu] leurs enfans1 e/ entr en d\bte1 si la v]tu p\uoit donn] iusques l3 et si ces p]sonnages n'auoy5t pas e/ plu/o/ agitez p> quelque autre passion4 ,t\tes actions hors les bornes ord9aires sont subiectes s9i/re int]pretation3 d'autant que no/re g\/ n'adui5t non plus ce qui e/ au dessus de luy1 qu' ce qui e/ au dess\s4 ,laissons cette autre secte1 faisant expresse pr(ession de fi]t4 ,mais qu& en la secte mesme e/ime la plus molle1 n\s oyons ces v5tances de ,metrodorus3 ,occupaui te1 ,=tuna1 atque cepi2 omnsque aditus tuos int]clusi1 vt ad me aspir>e non posses4 ,qu& ,anax>*us1 p> l'ordonnance de ,nicocreon tyran de ,cypre1 c\* dans vn vaisseau de pi]re1 et assomm c\ps de mail de f]1 ne cesse de dire1 ,frappez1 rompez1 ce n'e/ pas ,anax>*us3 c'e/ son e/uy que v\s pilez4 ,qu& n\s oyons nos m>tyrs1 cri] au ,tyran au milieu de la flamme1 ,c'e/ assez ro/i de ce co/ l1 ha*e le1 mange le1 il e/ cuit1 recomm5ce de l'autre4 ,qu& n\s oyons en ,iosephe cet enfant t\t des*ir de t5ailles mordantes1 et p]s des ale9es d',antio*us1 le deffi] encore1 criant d'vne voix f]me et asseure3 ,tyran1 tu p]s temps1 me voicy t\si\rs mon aise3 o e/ cette d\leur1 o sont ces t\rm5s1 dequoy tu me m5assois8 n'y sais tu que cecy8 ma con/ance te donne plus de pe9e1 que ie n'en s5s de ta cruaut3 las*e beli/re tu te r5s1 et ie me r5=ce3 fay moy ple9dre1 fay moy fle*ir1 fay moy r5dre si tu peux3 donne c\rage tes satellites1 et tes b\rreaux3 les voyla defaillis de cur1 ils n'en peuu5t plus3 arme les1 a*>ne les4 ,c]tes il faut confess] qu'en ces ames l1 il y a quelque alt]ation1 et quelque fureur1 tant sa9te soit elle4 ,qu& n\s arriuons ces saillies ,/oques1 i'ayme mieux e/re furieux que voluptueux3 mot d',anti/h5ez4 4 ,qu& ,sextius n\s dit1 qu'il ayme mieux e/re enf]r de la d\leur que de la volupt3 qu& ,epicurus entrepr5d de se faire mign>d] la g\tte1 et refusant le repos et la sant1 que de gayet de cur il deffie les maux3 et mesprisant les d\leurs mo9s aspres1 d$aignant les luit]1 et les combattre1 qu'il en appelle et desire des =tes1 poignantes1 et dignes de luy3 ,spumantmque d>i1 pecora int] in]tia1 votis ,optat aprum1 aut fuluum desc5d]e monte leonem3 qui ne iuge que ce sont b\tes d'vn c\rage eslanc hors de son gi/e8 ,no/re ame ne sauroit de son siege atte9dre si haut3 il faut qu'elle le quitte1 et s'esleue1 et pr5ant le fre9 aux d5ts1 qu'elle emporte1 et rauisse son homme1 si lo+1 qu'apres il s'e/onne luy-mesme de son faict4 ,comme aux exploicts de la gu]re1 la *aleur du combat p\sse les soldats g5]eux s\u5t fran*ir des pas si haz>deux1 qu'e/ans reu5uz eux1 ils en transiss5t d'e/onnem5t les premi]s4 ,comme aussi les ,potes sont pris s\u5t d'admiration de leurs propres ouurages1 et ne reconnoiss5t plus la trace1 p> o ils ont pass vne si belle c>ri]e4 ,c'e/ ce qu'on appelle aussi en eux ardeur et manie4 ,et comme ,platon dict1 que p\r neant hurte la porte de la posie1 vn homme rassis3 aussi dit ,ari/ote qu'aucune ame excell5te1 n'e/ exempte de meslange de folie4 ,et a raison d'appell] folie t\t eslancem5t1 tant loable soit-il1 qui surpasse no/re propre iugem5t et disc\rs4 ,d'autant que la sagesse e/ vn manim5t regl de no/re ame1 et qu'elle conduit auec mesure et proportion1 et s'en respond4 ,platon argum5te a9si1 que la facult de prophetiz] e/ au dessus de n\s3 qu'il faut e/re hors de n\s1 qu& n\s la traittons3 il faut que no/re prud5ce soit (fusque ou p> le sommeil1 ou p> quelque maladie1 ou enleue de sa place p> vn rauissem5t cele/e4 ,,*apitre ,,iii4 ,c\/ume de l',isle de ,cea4 ,,si philosoph] c'e/ d\t]1 comme ils dis5t1 plus =te raison niais] et fanta/iqu]1 comme ie fais1 doit e/re d\bt]3 c> c'e/ aux appr5tifs enqu]ir et debatre1 et au ca!drant de res\dre4 ,mon ca!drant1 c'e/ l'au?orit de la volont diu9e qui n\s regle sans contr$it1 et qui a son rang au dessus de ces huma9es et va9es conte/ations4 ,philippus e/ant entr ma9 arme au ,peloponese1 quelcun disoit ,damidas1 que les ,lac$emoni5s auroi5t beauc\p s\ffrir1 s'ils ne se remettoi5t en sa grace3 ,et poltron1 respondit-il1 que peuu5t s\ffrir ceux qui ne craign5t po9t la mort8 ,on dem&oit aussi ,agis1 comm5t vn homme p\rroit viure libre1 ,mesprisant1 dit-il1 le m\rir4 ,ces propositions et mille p>eilles qui se r5contr5t ce propos1 sonn5t euidemm5t quelque *ose au del d'att5dre patiemm5t la mort1 qu& elle n\s vi5t3 c> il y a en la vie plusieurs accid5s pires s\ffrir que la mort mesme3 tesmo+ cet enfant ,lac$emoni51 pris p> ,antigonus1 et v5du p\r s]f1 lequel press p> son mai/re de s'employ] quelque s]uice abiect1 ,tu v]ras1 dit-il1 qui tu z a*et1 ce me s]oit honte de s]uir1 ayant la lib]t si ma93 et ce disant1 se precipita du haut de la maison4 ,antipat] m5assant asprem5t les ,lac$emoni5s1 p\r les r5g] c]ta9e si5ne dem&e3 ,si tu n\s m5asses de pis que la mort1 respondir5t-ils1 n\s m\rrons plus volonti]s4 ,et ,philippus leur ayant escrit1 qu'il empes*]oit t\tes leurs entrepr9ses1 ,quoy8 n\s empes*]as tu aussi de m\rir8 ,c'e/ ce qu'on dit1 que le sage vit tant qu'il doit1 non pas tant qu'il peut2 et que le pres5t que ,nature n\s ait faict le plus fauorable1 et qui n\s o/e t\t moy5 de n\s ple9dre de no/re condition1 c'e/ de n\s auoir laiss la clef des *amps4 ,elle n'a ordonn qu'vne entre la vie1 et c5t mille yssus4 ,n\s p\uons auoir faute de t]re p\r y viure1 mais de t]re p\r y m\rir1 n\s n'en p\uons auoir faute1 comme respondit ,boiocatus aux ,roma9s4 ,p\rquoy te pla9s tu de ce monde8 il ne te ti5t pas3 si tu vis en pe9e1 ta las*et en e/ cause3 ,a m\rir il ne re/e que le v\loir4 ,vbique mors e/3 optim hoc cauit ,deus4 ,erip]e vitam nemo non hom9i pote/1 ,at nemo mortem3 mille ad hanc aditus pat5t4 ,et ce n'e/ pas la recepte vne seule maladie1 la mort e/ la recepte t\s maux4 ,c'e/ vn port tresasseur1 qui n'e/ iamais cra9dre1 et s\u5t re*]*]3 t\t reui5t vn1 que l'homme se donne sa f91 ou qu'il la s\ffre1 qu'il c\re au deuant de son i\r1 ou qu'il l'att5de4 ,d'o qu'il vi5ne c'e/ t\si\rs le si54 ,en quelque lieu que le filet se rompe1 il y e/ t\t1 c'e/ le b\t de la fuse4 ,la plus volontaire mort1 c'e/ la plus belle4 ,la vie desp5d de la volont d'autruy1 la mort de la no/re4 ,en aucune *ose n\s ne deuons tant n\s accommod] nos humeurs1 qu'en celle-l4 ,la reputation ne t\*e pas vne telle entreprise1 c'e/ folie d'en auoir respect4 ,le viure1 c'e/ s]uir1 si la lib]t de m\rir en e/ dire4 ,le commun tra9 de la gu]ison se conduit aux desp5s de la vie3 on n\s incise1 on n\s caut]ise1 on n\s detran*e les membres1 on n\s s\/rait l'alim5t1 et le sang3 vn pas plus outre1 n\s voyla gu]is t\t faict4 ,p\rquoy n'e/ la ve9e du gosi] autant no/re comm&em5t que la m$iane8 ,aux plus =tes maladies les plus =ts rem$es4 ,s]uius le ,grammairi5 ayant la g\tte1 n'y tr\ua meilleur conseil1 que de s'appliqu] du poison tu] ses iambes3 qu'elles fuss5t podagres leur po/e1 p\rueu qu'elles fuss5t ins5sibles4 ,dieu n\s donne assez de cong1 qu& il n\s met en tel e/at1 que le viure n\s e/ pire que le m\rir4 ,c'e/ foiblesse de c$] aux maux1 mais c'e/ folie de les n\rrir4 ,les ,/oici5s dis5t1 que c'e/ viure conu5ablem5t ,nature1 p\r le sage1 de se dep>tir de la vie1 encore qu'il soit en ple9 heur1 s'il le faict opportunm5t3 et au fol de ma9t5ir sa vie1 encore qu'il soit mis]able1 p\rueu qu'il soit en la plus gr&e "p des *oses1 qu'ils dis5t e/re selon ,nature4 ,comme ie n'(f5se les loix1 qui sont faictes contre les l>rons1 qu& i'emporte le mi51 et que ie c\pe ma b\rse3 ny des b\tefeuz1 qu& ie brusle mon bois3 aussi ne suis ie t5u aux loix faictes contre les meurtri]s1 p\r m'auoir o/ ma vie4 ,hegesias disoit1 que comme la condition de la vie1 aussi la condition de la mort deuoit dep5dre de no/re eslection4 ,et ,diog5es r5contrant le ,philosophe ,speusippus afflig de longue hydropisie1 se faisant port] en litti]e3 qui luy escria1 ,le bon salut1 ,diog5es3 ,a toy1 po9t de salut1 respondit-il1 qui s\ffres le viure e/ant en tel e/at4 ,de vray quelque temps apres ,speusippus se fit m\rir1 ennui d'vne si p5ible condition de vie4 ,mais cecy ne s'en va pas sans contra/e4 ,c> plusieurs ti5n5t1 que n\s ne p\uons ab&onn] cette g>nison du monde1 sans le comm&em5t expres de celuy1 qui n\s y a mis2 et que c'e/ ,dieu1 qui n\s a icy enuoyez1 non p\r n\s seulem5t1 a9s p\r sa gloire et s]uice d'autruy1 de n\s donn] cong1 qu& il luy plaira1 non n\s de le pr5dre3 que n\s ne sommes pas nays p\r n\s1 a9s aussi p\r no/re pas3 les loix n\s r$em&5t compte de n\s1 p\r leur int]e/1 et ont action d'homicide contre n\s4 ,autrem5t comme des]teurs de no/re *>ge1 n\s sommes punis en l'autre monde1 ,proxima de9de t55t m/i loca1 qui sibi le?um ,insontes pep]]e manu1 lucmque p]osi ,proiec]e animas4 ,il y a bi5 plus de con/ance vs] la *a9e qui n\s ti5t1 qu' la rompre3 et plus d'espreuue de f]met en ,regulus qu'en ,caton4 ,c'e/ l'indiscretion et l'impati5ce1 qui n\s ha/e le pas4 ,nuls accid5s ne font t\rn] le dos la viue v]tu3 elle *]*e les maux et la d\leur1 comme son alim5t4 ,les m5asses des tyrans1 les geh5nes1 et les b\rreaux1 l'anim5t et la viuifi5t4 ,duris vt ilex tonsa bip5nibus ,nigr f]aci frondis 9 ,algido ,p] damna1 p] cdes1 ab ipso ,ducit opes animmque f]ro4 ,et comme dict l'autre3 ,non e/ vt putas virtus1 pat]1 ,tim]e vitam1 s$ malis +5tibus ,ob/>e1 nec se v]t]e ac retro d>e4 ,rebus 9 adu]sis facile e/ contemn]e mortem1 ,=tius ille facit1 qui mis] esse pote/4 ,c'e/ le rolle de la c\>dise1 non de la v]tu1 de s'all] tapir dans vn creux1 s\z vne tombe massiue1 p\r euit] les c\ps de la ,=tune4 ,elle ne rompt son *em9 et son tra91 p\r orage qu'il face3 ,si fractus illabatur orbis1 ,impauidam f]i5t ru94 ,le plus communem5t1 la fuitte d'autres inconu5i5s1 n\s p\sse cettuy-cy4 ,voire quelquefois la fuitte de la mort1 faict que n\s y c\rons3 ,hic1 rogo1 non furor e/1 ne mori>e1 mori8 ,comme ceux qui de peur du precipice s'y lanc5t eux-mesmes4 ,multos 9 summa p]icula misit ,v5turi timor ipse mali3 =tissimus ille e/1 ,qui promptus metu5da pati1 si com9us in/5t1 ,et diff]re pote/4 ,vsque adeo1 mortis =mid9e1 vit ,p]cipit humanos odium1 lucisque vid5d1 ,vt sibi consciscant mr5ti pectore le?um1 ,obliti fontem cur>um hunc esse timorem4 ,platon en ses loix ordonne sepulture ignom9ieuse celuy qui a priu son plus pro*e et plus amy1 sauoir e/ soy mesme1 et de la vie1 et du c\rs des de/9es1 non contra9t p> iugem5t publique1 ny p> quelque tri/e et ineuitable accid5t de la ,=tune1 ny p> vne honte insupportable1 mais p> las*et et foiblesse d'vne ame cra9tiue4 ,et l'op9ion qui desdaigne no/re vie1 elle e/ ridicule4 ,c> en f9 c'e/ no/re e/re1 c'e/ no/re t\t4 ,les *oses qui ont vn e/re plus noble et plus ri*e1 peuu5t accus] le no/re3 mais c'e/ contre ,nature1 que n\s n\s mesprisons et mettons n\s mesmes non*aloir2 c'e/ vne maladie p>ticuli]e1 et qui ne se voit en aucune autre creature1 de se hayr et desdaign]4 ,c'e/ de p>eille vanit1 que n\s desirons e/re autre *ose1 que ce que n\s sommes4 ,le fruict d'vn tel desir ne n\s t\*e pas1 d'autant qu'il se contr$it et s'empes*e en soy3 celuy qui desire d'e/re faict d'vn homme ange1 il ne faict ri5 p\r luy4 ,il n'en vaudroit de ri5 mieux1 c> n'e/ant plus1 qui se resi\yra et ress5tira de cet am5dem5t p\r luy8 ,debet enim1 mis] cui =t grque futurum e/1 ,ipse quoque esse 9 eo tum tempore1 cum male possit ,accid]e4 ,la securit1 l'indol5ce1 l'impassibilit1 la priuation des maux de cette vie1 que n\s a*etons au prix de la mort1 ne n\s apporte aucune commodit4 ,p\r neant euite la gu]re1 celuy qui ne peut i\yr de la paix1 et p\r neant fuit la pe9e qui n'a de quoy sau\r] le repos4 ,entre ceux du premi] aduis1 il y a eu gr& d\bte sur ce1 quelles occasions sont assez iu/es1 p\r faire entr] vn homme en ce p>ty de se tu]3 ils appell5t cela1 4 ,c> quoy qu'ils di5t1 qu'il faut s\u5t m\rir p\r causes leg]es1 puis que celles qui n\s ti5n5t en vie1 ne sont gu]es =tes1 si y faut-il quelque mesure4 ,il y a des humeurs fanta/iques et sans disc\rs1 qui ont p\ss1 non des hommes p>ticuli]s seulem5t1 mais des peuples se deffaire4 ,i'en ay allegu p> cy deuant des exemples3 et n\s lisons en outre1 des vi]ges ,milesi5es1 que p> vne conspiration furieuse1 elles se p5doi5t les vnes apres les autres1 iusques ce que le magi/rat y p\rueu/1 ordonnant que celles qui se tr\u]oy5t a9si p5dus1 fuss5t tra9es du mesme licol t\tes nus p> la ville4 ,qu& ,?reicion pres*e ,cleom5es de se tu]1 p\r le mauuais e/at de ses affaires1 et ayant fuy la mort plus honorable en la bataille qu'il v5oit de p]dre1 d'accept] cette autre1 qui luy e/ seconde en honneur1 et ne donn] po9t loisir au victorieux de luy faire s\ffrir ou vne mort1 ou vne vie honteuse3 ,cleom5es d'vn c\rage ,lac$emoni5 et ,/oique1 refuse ce conseil comme las*e et effem93 ,c'e/ vne recepte1 dit-il1 qui ne me peut iamais manqu]1 et de laquelle il ne se faut s]uir tant qu'il y a vn doigt d'esp]ance de re/e3 que le viure e/ quelquefois con/ance et vaillance3 qu'il veut que sa mort mesme s]ue son pas1 et en veut faire vn acte d'honneur et de v]tu4 ,?reicion se creut ds lors1 et se tua4 ,cleom5es en fit aussi autant depuis1 mais ce fut apres auoir essai le d]ni] po9t de la ,=tune4 ,t\s les inconu5i5s ne val5t pas qu'on vueille m\rir p\r les euit]4 ,et puis y ayant tant de s\da9s *angem5s aux *oses huma9es1 il e/ malais iug]1 quel po9ct n\s sommes iu/em5t au b\t de no/re esp]ance3 ,sp]at et 9 sua victus gladiator ar5a1 ,sit licet infe/o pollice turba m9ax4 ,t\tes *oses1 disoit vn mot anci51 sont esp]ables vn homme p5dant qu'il vit4 ,ouy mais1 respond ,s5eca1 p\rquoy auray-ie plu/o/ en la te/e cela1 que la ,=tune peut t\tes *oses p\r celuy qui e/ viuant2 que cecy1 que ,=tune ne peut ri5 sur celuy qui sait m\rir8 ,on voit ,iosephe engag en vn si app>5t dang] et si pro*a91 t\t vn peuple s'e/ant esleu contre luy1 que p> disc\rs il n'y p\uoit auoir aucune res\rce3 t\tefois e/ant1 comme il dit1 conseill sur ce po9t1 p> vn de ses amis de se deffaire1 bi5 luy s]uit de s'op9ia/r] encore en l'esp]ance3 c> la ,=tune cont\rna outre t\te raison huma9e cet accid5t1 si qu'il s'en veid deliur sans aucun inconu5i5t4 ,et ,cassius et ,brutus au contraire1 a*eu]5t de p]dre les reliques de la ,roma9e lib]t1 de laquelle ils e/oi5t protecteurs1 p> la precipitation et tem]it1 dequoy ils se tu]5t auant le temps et l'occasion4 ,a la i\rne de ,s]isolles ,monsieur d',angui5 essaa deux fois de se donn] de l'espe dans la gorge1 desesp] de la =tune du combat1 qui se porta mal en l'endroit o il e/oit3 et cuida p> precipitation se priu] de la i\yssance d'vne si belle victoire4 ,i'ay veu c5t lieures se sauu] s\s les d5ts des leuri]s3 ,aliquis c>nifici suo sup]/es fuit4 ,multa dies v>isque labor mutabilis ui ,rettulit 9 melius2 multos alt]na reuis5s ,lusit1 et 9 solido rursus =tuna locauit4 ,pl9e dit qu'il n'y a que trois sortes de maladie1 p\r lesquelles euit] on aye droit de se tu]4 ,la plus aspre de t\tes1 c'e/ la pi]re la vessie1 qu& l'vr9e en e/ ret5u4 ,s5eque1 celles seulem5t1 qui esbranl5t p\r long temps les (fices de l'ame4 ,p\r euit] vne pire mort1 il y en a qui sont d'aduis de la pr5dre leur po/e4 ,damocritus *ef des toli5s m5 prisonni] ,rome1 tr\ua moy5 de nuict d'es*app]4 ,mais suiuy p> ses g>des1 auant que se laiss] repr5dre1 il se donna de l'espee au trau]s le corps4 ,ant9os et ,!odotus1 leur ville d',epire r$uitte l'extremit p> les ,roma9s1 fur5t d'aduis au peuple de se tu] t\s4 ,mais le conseil de se r5dre plu/o/1 ayant gaign1 ils all]5t *]*] la mort1 se ruants sur les ennemis1 en int5tion de frapp]1 non de se c\urir4 ,l'isle de ,goze =ce p> les ,turcs1 il y a quelques annes1 vn ,sicili5 qui auoit deux belles filles pre/es m>i]1 les tua de sa ma91 et leur m]e apres1 qui acc\rut leur mort4 ,cela faict1 sortant en ru auec vne arbale/e et vne arqueb\ze1 de deux c\ps il en tua les deux premi]s ,turcs1 qui s'appro*]5t de sa porte3 et puis mettant l'espe au po+1 s'alla mesl] furieusem5t1 o il fut s\da9 enuelop et mis en pieces3 se sauuant a9si du s]uage1 apres en auoir deliur les si5s4 ,les femmes ,iuifues apres auoir faict circoncire leurs enfans1 s'alloi5t precipit] quant et eux1 fuyant la cruaut d',antio*us4 ,on m'a compt qu'vn prisonni] de qualit1 e/ant en nos conci]g]ies1 ses p>5s adu]tis qu'il s]oit c]ta9em5t condamn1 p\r euit] la honte de telle mort1 apo/]5t vn pre/re p\r luy dire1 que le s\u]a9 rem$e de sa deliurance1 e/oit qu'il se recomm&a/ tel sa9ct1 auec tel et tel vu1 et qu'il fu/ huict i\rs sans pr5dre aucun alim5t1 quelque deffaillance et foiblesse qu'il s5ti/ en soy4 ,il l'en creut1 et p> ce moy5 se deffit sans y p5s] de sa vie et du dang]4 ,scribonia conseillant ,libo son nepueu de se tu]1 plu/o/ que d'att5dre la ma9 de la ,iu/ice1 luy disoit que c'e/oit proprem5t faire l'affaire d'autruy que de cons]u] sa vie1 p\r la remettre entre les ma9s de ceux qui la vi5droi5t *]*] trois ou quatre i\rs apres2 et que c'e/oit s]uir ses ennemis1 de g>d] son sang p\r leur en faire cure4 ,il se lict dans la ,bible1 que ,nicanor p]secuteur de la ,loy de ,dieu1 ayant enuoy ses satellites p\r saisir le bon vieill>d ,rasias1 surnomm p\r l'honneur de sa v]tu1 le ,p]e aux ,iuifs1 comme ce bon homme n'y vei/ plus d'ordre1 sa porte brusle1 ses ennemis pre/s le saisir1 *oisissant de m\rir g5]eusem5t1 plu/o/ que de v5ir entre les ma9s des mes*ans1 et de se laiss] ma/9] contre l'honneur de son rang1 qu'il se frappa de son espe3 mais le c\p p\r la ha/e1 n'ayant pas e/ bi5 ass51 il c\rut se precipit] du haut d'vn mur1 au trau]s de la tr\ppe1 laquelle s'esc>tant et luy faisant place1 il *eut droictem5t sur la te/e4 ,ce neantmo9s se s5tant encore quelque re/e de vie1 il ralluma son c\rage1 et s'esleuant en pi$s1 t\t ensanglant et *>g de c\ps1 et fauant la presse donna iusques c]ta9 ro*] c\pp et precipiteux1 o n'en p\uant plus1 il pr9t p> l'vne de ses playes deux ma9s ses entrailles1 les des*irant et froissant1 et les ietta trau]s les p\rsuiuans1 appellant sur eux et atte/ant la v5geance diu9e4 ,des viol5ces qui se font la consci5ce1 la plus euit] mon aduis1 c'e/ celle qui se faict la *a/et des femmes2 d'autant qu'il y a quelque plaisir corporel1 naturellem5t mesl p>my3 et cette cause1 le diss5tem5t n'y peut e/re assez enti]2 et semble que la =ce soit mesle quelque volont4 ,l'hi/oire ,ecclesia/ique a en reu]5ce plusieurs tels exemples de p]sonnes deuotes qui appel]5t la mort g>ant contre les outrages que les tyrans prep>oi5t leur religion et consci5ce4 ,pelagia et ,sophronia1 t\tes deux canonises1 celle-l se precipita dans la riui]e auec sa m]e et ses surs1 p\r euit] la =ce de quelques soldats3 et cette-cy se tua aussi p\r euit] la =ce de ,max5tius l',emp]eur4 ,il n\s s]a l'adu5ture honnorable aux siecles adu5ir1 qu'vn sauant au!ur de ce temps1 et notamm5t ,p>isi51 se met en pe9e de p]suad] aux ,dames de no/re siecle1 de pr5dre plu/o/ t\t autre p>ty1 que d'entr] en l'horrible conseil d'vn tel desespoir4 ,ie suis m>ry qu'il n'a sceu1 p\r mesl] ses comptes1 le bon mot que i'appr9s ,t\l\se d'vne femme1 passe p> les ma9s de quelques soldats3 ,dieu soit lo1 disoit-elle1 qu'au mo9s vne fois en ma vie1 ie m'en suis s\le sans pe*4 ,a la v]it ces cruautez ne sont pas dignes de la d\ceur ,franoise4 ,aussi ,dieu m]cy no/re air s'en voit inf9im5t purg depuis ce bon adu]tissem5t4 ,suffit qu'elles di5t ,n5ny1 en le faisant1 suyuant la regle du bon ,m>ot4 ,l',hi/oire e/ t\te ple9e de ceux qui en mille faons ont *ang la mort vne vie p5euse4 ,lucius ,aruntius se tua1 p\r1 disoit-il1 fuir et l'adu5ir et le pass4 ,granius ,siluanus et ,/atius ,proximus1 apres e/re p>donnez p> ,n]on1 se tu]5t3 ou p\r ne viure de la grace d'vn si mes*ant homme1 ou p\r n'e/re en pe9e vne autre fois d'vn second p>don3 veu sa facilit aux s\pons et accusations1 l'encontre des g5ts de bi54 ,sp>gapizs fils de la ,royne ,tomyris1 prisonni] de gu]re de ,cyrus1 employa se tu] la premi]e faueur1 que ,cyrus luy fit de le faire de/a*]3 n'ayant pret5du autre fruit de sa lib]t1 que de v5g] sur soy la honte de sa pr9se4 ,bogez g\u]neur en ,eione de la "p du ,roy ,x]xes1 assieg p> l'arme des ,a!ni5s s\s la conduitte de ,cimon1 refusa la composition de s'en ret\rn] seurem5t en ,asie t\t sa *euance1 impati5t de suruiure la p]te de ce que son mai/re luy auoit donn en g>de3 et apres auoir deff5du iusqu' l'extremit sa ville1 n'y re/ant plus que mang]1 iecta premi]em5t en la riui]e de ,/rymon t\t l'or1 et t\t ce dequoy il luy sembla l'ennemy p\uoir faire plus de but94 ,et puis ayant ordonn allum] vn gr& bu*]1 et d'esgosill] femmes1 enfants1 concub9es et s]uiteurs1 les meit dans le feu1 et puis soy-mesme4 ,n9a*etu5 seigneur ,indois1 ayant s5ty le premi] v5t de la delib]ation du vice-,roy ,portugais1 de le deposs$]1 sans aucune cause app>ante1 de la *>ge qu'il auoit en ,malaca1 p\r la donn] au ,roy de ,camp>3 pr9t "p soy1 cette resolution4 ,il fit dress] vn es*affault plus long que l>ge1 appuy sur des colomnes1 royallem5t tapiss1 et orn de fleurs1 et de p>funs en abondance4 ,et puis1 s'e/ant ve/u d'vne robbe de drap d'or *>ge de quantit de pi]r]ies de hault prix1 sortit en ru3 et p> des degrez monta sur l'es*affault en vn co+ duquel il y auoit vn bu*] de bois aromatiques allum4 ,le monde acc\rut voir1 quelle f9 ces prep>atifs inacc\/ums4 ,n9a*etu5 remontra d'vn visage h>dy et mal contant1 l'obligation que la nation ,portugaloise luy auoit3 combi5 fidelem5t il auoit v]s en sa *>ge3 qu'ayant si s\u5t tesmoign p\r autruy1 les armes la ma91 que l'honneur luy e/oit de beauc\p plus *] que la vie1 il n'e/oit pas p\r en ab&onn] le so+ p\r soy mesme3 que ,=tune luy refusant t\t moy5 de s'oppos] l'iniure qu'on luy v\loit faire1 son c\rage au mo9s luy ordonnoit de s'en o/] le s5tim5t3 et de ne s]uir de fable au peuple1 et de triomphe1 des p]sonnes qui valoi5t mo9s que luy4 ,ce disant il se iecta dans le feu4 ,sextilia femme de ,scaurus1 et ,paxea femme de ,labeo1 p\r enc\rag] leurs m>is euit] les dang]s1 qui les pressoi5t1 ausquels elles n'auoy5t "p1 que p> l'int]e/ de l'affection coniugale1 engag]5t volontairem5t la vie p\r leur s]uir en cette extreme necessit1 d'exemple et de compagnie4 ,ce qu'elles fir5t p\r leurs m>is1 ,cocceius ,n]ua le fit p\r sa patrie1 mo9s vtilem5t1 mais de p>eil am\r4 ,ce gr& ,iurisconsulte1 fleurissant en sant1 en ri*esses1 en reputation1 en cr$it1 pres de l',emp]eur1 n'eut autre cause de se tu]1 que la compassion du mis]able e/at de la *ose publique ,roma9e4 ,il ne se peut ri5 adi\/] la delicatesse de la mort de la femme de ,fuluius1 famili] d',augu/e4 ,augu/e ayant desc\u]t1 qu'il auoit esu5t vn secret important qu'il luy auoit fi3 vn mat9 qu'il le v9t voir1 luy en fit vne maigre m9e4 ,il s'en ret\rne au logis pla9 de desespoir1 et dict t\t piteusem5t sa femme1 qu'e/ant tomb en ce malheur1 il e/oit resolu de se tu]4 ,elle t\t fran*em5t1 ,tu ne f]as que raison1 veu qu'ayant assez s\u5t exp]im5t l'incont9ance de ma langue1 tu ne t'en s po9t donn de g>de4 ,mais laisse1 que ie me tue la premi]e3 et sans autrem5t m>*&]1 se donna d'vne espe dans le corps4 ,vibius ,virius desesp] du salut de sa ville assiege p> les ,roma9s1 et de leur mis]icorde1 en la d]ni]e delib]ation de leur ,s5at1 apres plusieurs remon/rances employes cette f91 conclud que le plus beau e/oit d'es*app] la ,=tune p> leurs propres ma9s4 ,les ennemis les en auroi5t en honneur1 et ,hannibal s5tiroit de combi5 fideles amis il auroit ab&onns4 ,conuiant ceux qui appr\u]oi5t son aduis1 d'all] pr5dre vn bon s\p]1 qu'on auoit dress *ez luy1 o apres auoir fait bonne *]e1 ils boiroy5t ensemble de ce qu'on luy pres5t]oit2 breuuage qui deliur]a noz corps des t\rm5ts1 noz ames des iniures1 noz yeux et noz oreilles du s5tim5t de tant de villa9s maux1 que les va9cus ont s\ffrir des va9queurs tres cruels et (f5cez4 ,i'ay1 disoit-il1 mis ordre qu'il y aura p]sonnes propres n\s iett] dans vn bu*] au deuant de mon huis1 qu& n\s s]ons expirez4 ,assez appr\u]5t cette haute resolution3 peu l'imit]5t4 ,v+t sept ,s5ateurs le suiuir5t3 et apres auoir essay d'e/\ff] dans le v9 cette fas*euse p5se1 f9ir5t leur repas p> ce mortel mets3 et s'entre-embrassans apres auoir en commun deplor le malheur de leur pas3 les vns se retir]5t en leurs maisons1 les autres s'arre/]5t1 p\r e/re ent]rez dans le feu de ,vibius auec luy3 et eur5t t\s la mort si longue1 la vapeur du v9 ayant occup les ve9es1 et ret>dant l'effect du poison1 qu'aucuns fur5t vne heure pres de veoir les ennemis dans ,cap\1 qui fut emporte le l5dema91 et d'enc\rir les mis]es qu'ils auoy5t si *]em5t fuy4 ,taurea ,iubellius1 vn autre citoy5 de l1 le ,consul ,fuluius ret\rnant de cette honteuse b\*]ie qu'il auoit faicte de deux c5ts v+tc9q ,s5ateurs1 le rappella fi]em5t p> son nom1 et l'ayant arre/3 ,comm&e1 fit-il1 qu'on me massacre aussi apres tant d'autres1 af9 que tu te puisses vant] d'auoir tu vn beauc\p plus vaillant homme que toy4 ,fuluius le desdaignant1 comme ins5s3 aussi que sur l'heure il v5oit de receuoir lettres de ,rome contraires l'inhumanit de son execution1 qui luy lioi5t les ma9s3 ,iubellius cont9ua3 ,puis que mon pas pr9s1 mes amis morts1 et ayant occis de ma ma9 ma femme et mes enfants1 p\r les s\/raire la desolation de cette ru9e1 il m'e/ int]dict de m\rir de la mort de mes concitoy5s3 empruntons de la v]tu la v5geance de cette vie odieuse4 ,et tirant vn glaiue1 qu'il auoit ca*1 s'en donna au trau]s la poictr9e1 tumbant r5u]s1 m\rant aux pi$s du ,consul4 ,alex&re assiegeoit vne ville aux ,indes1 ceux de d$ans se tr\uans pressez1 se resolur5t vig\reusem5t le priu] du plaisir de cette victoire1 et s'embrais]5t vniu]sellem5t t\s1 qu& et leur ville1 en despit de son humanit4 ,n\uelle gu]re1 les ennemis combattoi5t p\r les sauu]1 eux p\r se p]dre1 et faisoi5t p\r g>5tir leur mort1 t\tes les *oses qu'on fait p\r g>5tir sa vie4 ,a/apa ville d',espaigne se tr\uant foible de murs et de deff5ses1 p\r s\/5ir les ,roma9s1 les habitans fir5t amas de leurs ri*esses et meubles en la place1 et ayants r5g au dessus de ce monceau les femmes et les enfants1 et l'ayants ent\r de bois et mati]e propre pr5dre feu s\da9em5t et laiss c9quante ieunes hommes d'entre eux p\r l'execution de leur resolution1 feir5t vne sortie1 o suiuant leur vu1 faute de p\uoir va9cre1 ils se feir5t t\s tu]4 ,les c9quante1 apres auoir massacr t\te ame viuante esp>se p> leur ville1 et mis le feu en ce monceau1 s'y lanc]5t aussi1 f9issants leur g5]euse lib]t en un e/at ins5sible plus to/1 que d\l\reux et honteux3 et montrant aux ennemis1 que si ,=tune l'eu/ v\lu1 ils euss5t eu aussi bi5 le c\rage de leur o/] la victoire1 comme ils auoi5t eu de la leur r5dre et fru/ratoire et hideuse1 voire et mortelle ceux1 qui amorsez p> la lueur de l'or c\lant en cette flamme1 s'en e/ants appro*ez en bon nombre1 y fur5t suffoquez et bruslez3 le recul] leur e/ant int]dict p> la f\lle1 qui les suiuoit4 ,les ,abyde5s pressez p> ,philippus1 se resolur5t de mesmes3 mais e/ans pr9s de trop c\rt1 le ,roy qui eut horreur de voir la precipitation tem]aire de cette execution 7les ?resors et les meubles1 qu'ils auoy5t diu]sem5t condamnez au feu et au naufrage1 saisis7 retirant ses soldats1 leur conc$a trois i\rs se tu]1 auec plus d'ordre et plus l'aise3 lesquels ils remplir5t de sang et de meurtre au del de t\te ho/ile cruaut3 et ne s'en sauua vne seule p]sonne1 qui eu/ p\uoir sur soy4 ,il y a inf9is exemples de p>eilles conclusions populaires1 qui sembl5t plus aspres1 d'autant que l'effect en e/ plus vniu]sel4 ,elles le sont mo9s que sep>es4 ,ce que le disc\rs ne f]oit en *acun1 il le fait en t\s3 l'ardeur de la societ rauissant les p>ticuli]s iugem5ts4 ,les condamnez qui att5doy5t l'execution1 du temps de ,tib]e1 p]doy5t leurs bi5s1 et e/oy5t priuez de sepulture3 ceux qui l'anticipoy5t en se tuants eux mesmes1 e/oy5s ent]rez1 et p\uoy5t faire te/am5t4 ,mais on desire aussi quelquefois la mort1 p\r l'esp]ance d'vn plus gr& bi54 ,ie desire1 dict ,sa9ct ,paul1 e/re diss\lt1 p\r e/re auec ,iesus ,*ri/3 et1 ,qui me despr5dra de ces li5s8 ,cleombrotus ,ambraciota ayant leu le ,phdon de ,platon1 entra en si gr& appetit de la vie adu5ir1 que sans autre occasion il s'alla precipit] en la m]4 ,p> o il app]t combi5 improprem5t n\s appellons desespoir cette dissolution volontaire1 laquelle la *aleur de l'espoir n\s porte s\u5t1 et s\u5t vne tranquille et rassise incl9ation de iugem5t4 ,iacques du ,*a/el ,euesque de ,soissons1 au voyage d'outrem] que fit ,sa9ct ,loys1 voyant le ,roy et t\te l'arme en tra9 de reu5ir en ,france1 laissant les affaires de la religion imp>faictes1 pr9t resolution de s'en all] plus to/ en ,p>adis2 et ayant dict ,dieu ses amis1 donna seul la veu d'vn *acun1 dans l'arme des ennemis1 o il fut mis en pieces4 ,en c]ta9 ,royaume de ces n\uelles t]res1 au i\r d'vne solemne procession1 auquel l'idole qu'ils ador5t1 e/ prom5e en publicq1 sur vn *> de m]ueilleuse gr&eur3 outre ce qu'il se void plusieurs se detaillants les morceaux de leur *air viue1 luy (frir3 il s'en void nombre d'autres1 se pro/]nants emmy la place1 qui se font m\ldre et bris] s\z les r\s1 p\r en acqu]ir apres leur mort1 v5]ation de sa9ctet1 qui leur e/ r5due4 ,la mort de cet ,euesque les armes au po+1 a de la g5]osit plus1 et mo9s de s5tim5t3 l'ardeur du combat en amusant vne p>tie4 ,il y a des polices qui se sont mesles de regl] la iu/ice et opportunit des morts volontaires4 ,en no/re ,m>seille il se g>doit au temps pass du v59 prep> t\t de la cigue1 aux desp5s publics1 p\r ceux qui v\droi5t ha/] leurs i\rs2 ayants premi]em5t appr\u aux six c5s1 qui e/oit leur ,s5at1 les raisons de leur entreprise3 et n'e/oit loisible autrem5t que p> cong du magi/rat1 et p> occasions legitimes1 de mettre la ma9 sur soy4 ,cette loy e/oit encor' ailleurs4 ,sextus ,pompeius allant en ,asie1 passa p> l',isle de ,cea de ,negrepont2 il adu9t de =tune p5dant qu'il y e/oit1 comme n\s l'appr5d l'vn de ceux de sa compagnie1 qu'vne femme de gr&e au?orit1 ayant r5du compte ses citoy5s1 p\rquoy elle e/oit resolue de f9ir sa vie1 pria ,pompeius d'assi/] sa mort1 p\r la r5dre plus honorable3 ce qu'il fit1 et ayant long temps essay p\r neant1 =ce d'eloqu5ce1 qui luy e/oit m]ueilleusem5t ma9 et de p]suasion1 de la de/\rn] de ce desse91 s\ffrit en f9 qu'elle se cont5ta/4 ,elle auoit pass quatre v+ts dix ans1 en tres-heureux e/at d'esprit et de corps1 mais lors c\*e sur son lict1 mieux p> que de c\/ume1 et appuye sur le c\de3 ,les ,dieux1 dit elle1 ,sextus ,pompeius1 et plu/o/ ceux que ie laisse1 que ceux que ie vay tr\u]1 te sa*5t gr dequoy tu n'z desdaign d'e/re et conseill] de ma vie1 et tesmo+ de ma mort4 ,de ma "p1 ayant t\si\rs essay le fauorable visage de ,=tune1 de peur que l'enuie de trop viure ne m'en face voir vn contraire1 ie m'en vay d'vne heureuse f9 donn] cong aux re/es de mon ame1 laissant de moy deux filles et vne legion de nepueux4 ,cela faict1 ayant pres* et enhort les si5s l'vnion et la paix1 leur ayant dep>ty ses bi5s1 et recomm& les ,dieux dome/iques sa fille aisne1 elle pr9t d'vne ma9 asseure la c\pe1 o e/oit le v591 et ayant faict ses vux ,m]cure1 et les pri]es de la conduire en quelque heureux siege en l'autre monde1 auala brusquem5t ce mortel breuuage4 ,or entret9t elle la compagnie1 du progrez de son op]ation3 et comme les p>ties de son corps se s5toy5t saisies de froid l'vne apres l'autre3 iusques ce qu'ayant dict en f9 qu'il arriuoit au cur et aux entrailles1 elle appella ses filles p\r luy faire le d]ni] (fice1 et luy clorre les yeux4 ,pl9e recite de c]ta9e nation ,hyp]bore1 qu'en icelle1 p\r la d\ce temp]ature de l'air1 les vies ne se f9iss5t communm5t que p> la propre volont des habitans2 mais qu'e/ans las et sa\ls de viure1 ils ont en c\/ume au b\t d'vn long aage1 apres auoir faict bonne *]e1 se precipit] en la m]1 du hault d'un c]ta9 ro*]1 de/9 ce s]uice4 ,la d\leur1 et vne pire mort1 me sembl5t les plus excusables incitations4 ,,*apitre ,,iiii4 ,a dema9 les affaires4 ,,ie donne auec raison1 ce me semble1 la palme ,iacques ,amiot1 sur t\s noz escriua9s ,franois2 non seulem5t p\r la nafuet et puret du langage1 en quoy il surpasse t\s autres1 ny p\r la con/ance d'vn si long trauail1 ny p\r la pr(ondeur de son sauoir1 ayant peu deuelopp] si heureusem5t vn au!ur si esp9eux et f]r3 c> on m'en dira ce qu'on v\dra1 ie n'ent5s ri5 au ,grec1 mais ie voy vn s5s si bi5 io9t et entret5u1 p> t\t en sa traduction1 que ou il a c]ta9em5t ent5du l'imag9ation vraye de l'au!ur1 ou ayant p> longue conu]sation1 plant viuem5t dans son ame1 vne g5]ale ide de celle de ,plut>que1 il ne luy a aumo9s ri5 pre/ qui le desm5te1 ou qui le desdie3 mais sur t\t1 ie luy say bon gr1 d'auoir seu tri] et *oisir vn liure si digne et si propos1 p\r en faire pres5t son pas4 ,n\s autres ignorans e/ions p]dus1 si ce liure ne n\s eu/ releu du b\rbi]3 sa m]cy n\s osons cett'heure et p>l] et escrire3 les dames en reg5t5t les mai/res d'escole3 c'e/ no/re breuiaire4 ,si ce bon homme vit1 ie luy resigne ,x5ophon p\r en faire autant4 ,c'e/ vn' occupation plus aise1 et d'autant plus propre sa vieillesse4 ,et puis1 ie ne say comm5t il me semble1 quoy qu'il se desmesle bi5 brusquem5t et nettem5t d'vn mauuais pas1 que t\tefois son /ile e/ plus *ez soy1 qu& il n'e/ pas press1 et qu'il r\lle son aise4 ,i'e/ois cett'heure sur ce passage1 o ,plut>que dit de soy-mesmes1 que ,ru/icus assi/ant vne si5ne declamation ,rome1 y receut vn pacquet de la "p de l',emp]eur1 et temporisa de l'ouurir1 iusques ce que t\t fu/ faict3 ,en quoy1 dit-il1 t\te l'assi/ance l\a s+uli]em5t la grauit de ce p]sonnage4 ,de vray1 e/ant sur le propos de la curiosit1 et de cette passion auide et g\rm&e de n\uelles1 qui n\s fait auec tant d'indiscretion et d'impati5ce ab&onn] t\tes *oses1 p\r entret5ir vn n\ueau v5u1 et p]dre t\t respect et cont5ance1 p\r cro*et] s\da91 o que n\s soyons1 les lettres qu'on n\s apporte3 il a eu raison de l\r la grauit de ,ru/icus3 et p\uoit encor y io9dre la l\ange de sa ciuilit et c\rtoisie1 de n'auoir v\lu int]rompre le c\rs de sa declamation4 ,mais ie fay d\bte qu'on le peu/ l\r de prud5ce3 c> receuant l'impr\eu lettres1 et notamm5t d'vn ,emp]eur1 il p\uoit bi5 adu5ir que le diff]] les lire1 eu/ e/ d'vn gr& preiudice4 ,le vice contraire la curiosit1 c'e/ la non*alance3 v]s laquelle ie pan*e euidemm5t de ma complexion2 et en laquelle i'ay veu plusieurs hommes si extremes1 que trois ou quatre i\rs apres1 on retr\uoit encores en leur po*ette les lettres t\tes closes1 qu'on leur auoit enuoyes4 ,ie n'en ouuris iamais1 non seulem5t de celles1 qu'on m'eu/ commises3 mais de celles mesmes que la ,=tune m'eu/ faict pass] p> les ma9s4 ,et fais consci5ce si mes yeux desrob5t p> mesg>de1 quelque cognoissance des lettres d'importance qu'il lit1 qu& ie suis co/ d'vn gr&4 ,iamais homme ne s'enquit mo9s1 et ne fureta mo9s s affaires d'autruy4 ,du temps de noz p]es ,monsieur de ,b\ti]es cuida p]dre ,tur91 p\r1 e/ant en bonne compagnie s\pp]1 auoir remis lire vn adu]tissem5t qu'on luy donnoit des trahisons qui se dressoi5t contre cette ville1 o il comm&oit4 ,et ce mesme ,plut>que m'a appris que ,iulius ,cs> se fu/ sauu1 si allant au ,s5at1 le i\r qu'il y fut tu p> les coniurez1 il eu/ leu vn memoire qu'on luy pres5ta4 ,et fait aussi le compte d',ar*ias ,tyran de ,!bes1 que le soir auant l'execution de l'entreprise que ,pelopidas auoit faicte de le tu]1 p\r remettre son pas en lib]t1 il luy fut escrit p> vn autre ,ar*ias ,a!ni5 de po9ct en po9ct1 ce qu'on luy prep>oit3 et que ce pacquet luy ayant e/ r5du p5dant son s\pp]1 il remit l'ouurir1 disant ce mot1 qui depuis passa en pr\]be en ,grece3 ,a dema9 les affaires4 ,vn sage homme peut mon op9ion p\r l'int]e/ d'autruy1 comme p\r ne rompre indecemm5t compagnie a9si que ,ru/icus1 ou p\r ne discont9u] vn autre affaire d'importance1 remettre ent5dre ce qu'on luy apporte de n\ueau3 mais p\r son int]e/ ou plaisir p>ticuli]1 mesmes s'il e/ homme ayant *>ge publique2 p\r ne rompre son disn]1 voyre ny son sommeil1 il e/ inexcusable de le faire4 ,et anci5nem5t e/oit ,rome la place ,consulaire1 qu'ils appelloy5t1 la plus honorable table1 p\r e/re plus deliure1 et plus accessible ceux qui surui5droy5t1 p\r entret5ir celuy qui y s]oit assis4 ,tesmoignage1 que p\r e/re table1 ils ne se dep>toy5t pas de l'entremise d'autres affaires et suru5ances4 ,mais qu& t\t e/ dict1 il e/ malais s actions huma9es1 de donn] regle si iu/e p> disc\rs de raison1 que la ,=tune n'y ma9ti5ne son droict4 ,,*apitre ,v4 ,de la ,consci5ce4 ,,voyageant vn i\r1 mon fr]e ,sieur de la ,br\sse et moy1 durant noz gu]res ciuiles1 n\s r5contrasmes vn ,g5tilhomme de bonne faon3 il e/oit du p>ty contraire au no/re1 mais ie n'en sauois ri51 c> il se contrefaisoit autre4 ,et le pis de ces gu]res1 c'e/1 que les *>tes sont si mesles1 vo/re ennemy n'e/ant di/+u d'auec v\s d'aucune m>que app>5te1 ny de langage1 ny de port1 n\rry en mesmes loix1 murs et mesme air1 qu'il e/ mal-ais d'y euit] confusion et desordre4 ,cela me faisoit cra9dre moy-mesme de r'encontr] nos tr\ppes1 en lieu o ie ne fusse cogneu1 p\r n'e/re en pe9e de dire mon nom1 et de pis l'aduanture4 ,comme il m'e/oit autrefois adu5u3 c> en vn tel mescompte1 ie p]dis et hommes et *euaux1 et m'y tua lon mis]ablem5t1 entre autres1 vn page ,g5til-homme ,itali51 que ie n\rrissois soigneusem5t2 et fut e/a9te en luy vne tresbelle enfance1 et ple9e de gr&e esp]ance4 ,mais cettuy-cy en auoit vne frayeur si esp]du1 et ie le voyois si mort *asque r5contre d'hommes *eual1 et passage de villes1 qui t5oi5t p\r le ,roy1 que ie deu9ay en f9 que c'e/oi5t al>mes que sa consci5ce luy donnoit4 ,il sembloit ce pauure homme qu'au trau]s de son masque et des croix de sa cazaque on iroit lire iusques dans son cur1 ses secrettes int5tions4 ,tant e/ m]ueilleux l'ef=t de la consci5ce4 ,elle n\s fait trahir1 accus]1 et combattre n\s mesmes1 et faute de tesmo+ e/rang]1 elle n\s produit contre n\s1 ,occultum quati5s animo tortore flagellum4 ,ce conte e/ en la b\*e des enfans4 ,bessus ,pni5 repro* d'auoir de gayet de cur abbatu vn nid de mo9eaux1 et les auoir tuez3 disoit auoir eu raison1 p> ce que ces oysillons ne cessoi5t de l'accus] faucem5t du meurtre de son p]e4 ,ce p>ricide iusques lors auoit e/ occulte et inconnu3 mais les furies v5g]esses de la consci5ce1 le fir5t mettre hors celuy mesmes qui en deuoit port] la p5it5ce4 ,hesiode corrige le dire de ,platon1 que la pe9e suit de bi5 pres le pe*3 c> il dit qu'elle nai/ en l'in/ant et quant et quant le pe*4 ,quiconque att5t la pe9e1 il la s\ffre1 et quiconque l'a m]ite1 l'att5d4 ,la mes*ancet fabrique des t\rm5s contre soy4 ,malum consilium consultori pessimum4 ,comme la m\*e guespe picque et (f5ce autruy1 mais plus soy-mesme1 c> elle y p]d son esguillon et sa =ce p\r iamais2 ,vitsque 9 vuln]e ponunt4 ,les can?>ides ont en elles quelque p>tie qui s]t contre leur poison de contrepoison1 p> vne contr>iet de nature4 ,aussi mesme qu'on pr5d le plaisir au vice1 il s'eng5dre vn desplaisir contraire en la consci5ce1 qui n\s t\rm5te de plusieurs imag9ations p5ibles1 veillans et dormans1 ,quippe vbi se multi1 p] somnia spe loqu5tes1 ,aut morbo delirantes1 procraxe f]antur1 ,et celata diu 9 m$ium peccata d$isse4 ,apollodorus songeoit qu'il se voyoit escor*] p> les ,scy!s1 et puis b\illir d$ans vne m>mitte1 et que son cur murmuroit en disant2 ,ie te suis cause de t\s ces maux4 ,aucune ca*ette ne s]t aux mes*ans1 disoit ,epicurus1 p> ce qu'ils ne se peuu5t asseur] d'e/re ca*ez1 la consci5ce les desc\urant eux mesmes1 ,prima e/ hc vltio1 qud se ,iudice nemo noc5s absoluitur4 ,comme elle n\s remplit de cra9te1 aussi fait elle d'asseurance et de confiance4 ,et ie puis dire auoir m>* en plusieurs haz>ds1 d'vn pas bi5 plus f]me1 en consid]ation de la secrette sci5ce que i'auois de ma volont et innoc5ce de mes desse9s4 ,conscia m5s vt cuique sua e/1 ita concipit intra ,pectora pro facto spmque metmque suo4 ,il y en a mille exemples3 il suffira d'en allegu] trois de mesme p]sonnage4 ,scipion e/ant vn i\r accus deuant le peuple ,roma9 d'vne accusation importante1 au lieu de s'excus] ou de flatt] ses iuges3 ,il v\s si]a bi51 leur dit-il1 de v\loir entrepr5dre de iug] de la te/e de celuy1 p> le moy5 duquel v\s auez l'au?orit de iug] de t\t le monde4 ,et vn' sautre fois1 p\r t\te responce aux imputations que luy mettoit sus vn ,tribun du peuple1 au lieu de plaid] sa cause3 ,allons1 dit-il1 mes citoy5s1 allons r5dre graces aux ,dieux de la victoire qu'ils me donn]5t contre les ,c>?ag9ois en p>eil i\r que cettuy-cy4 ,et se mettant m>*] deuant v]s le temple1 voyl t\te l'assemble1 et son accusateur mesmes sa suitte4 ,et ,petilius ayant e/ suscit p> ,caton p\r luy dem&] compte de l'arg5t mani en la pr\9ce d',antio*e1 ,scipion e/ant v5u au ,s5at p\r cet effect1 produisit le liure des raisons qu'il auoit dess\bs sa robbe1 et dit1 que ce liure en cont5oit au vray la recepte et la mise3 mais comme on le luy dem&a p\r le mettre au greffe1 il le refusa1 disant1 ne se v\loir pas faire cette honte soy-mesme3 et de ses ma9s en la pres5ce du ,s5at le des*ira et mit en pieces4 ,ie ne croy pas qu'vne ame caut]ize seu/ contrefaire vne telle asseurance3 il auoit le cur trop gros de nature1 et acc\/um trop haute =tune1 dit ,tite ,liue1 p\r sauoir e/re crim9el1 et se demettre la bassesse de deff5dre son innoc5ce4 ,c'e/ vne dang]euse inu5tion que celle des geh5nes1 et semble que ce soit plu/o/ vn essay de pati5ce que de v]it4 ,et celuy qui les peut s\ffrir1 ca*e la v]it1 et celuy qui ne les peut s\ffrir4 ,c> p\rquoy la d\leur me f]a elle plu/o/ confess] ce qui en e/1 qu'elle ne me =c]a de dire ce qui n'e/ pas8 ,et au reb\rs1 si celuy qui n'a pas faict ce dequoy on l'accuse1 e/ assez pati5t p\r support] ces t\rm5ts1 p\rquoy ne le s]a celuy qui l'a faict1 vn si beau gu]don1 que de la vie1 luy e/ant propos8 ,ie p5se que le fondem5t de cette inu5tion1 vi5t de la consid]ation de l'ef=t de la consci5ce4 ,c> au c\lpable il semble qu'elle aide la torture p\r luy faire confess] sa faute1 et qu'elle l'affoiblisse3 et de l'autre "p qu'elle =tifie l'innoc5t contre la torture4 ,p\r dire vray1 c'e/ vn moy5 ple9 d'inc]titude et de dang]4 ,que ne diroit on1 que ne f]oit on p\r fuyr si griefues d\leurs8 ,etiam innoc5tes cogit m5tiri dolor4 ,d'o il adui5t1 que celuy que le iuge a geh5n p\r ne le faire m\rir innoc5t1 il le face m\rir et innoc5t et geh5n4 ,mille et mille en ont *>g leur te/e de faulces confessions4 ,entre lesquels ie loge ,philotas1 consid]ant les circon/ances du procez qu',alex&re luy fit1 et le progrez de sa geh5ne4 ,mais tant y a que c'e/1 dit-on1 le mo9s mal que l'huma9e foiblesse aye peu inu5t]3 bi5 inhuma9em5t p\rtant1 et bi5 inutilem5t mon aduis4 ,plusieurs nations mo9s b>b>es en cela que la ,grecque et la ,roma9e1 qui les appell5t a9s91 e/im5t horrible et cruel de t\rm5t] et desrompre vn homme1 de la faute duquel v\s e/es encore en d\bte4 ,que peut il mais de vo/re ignorance8 ,e/es v\s pas iniu/es1 qui p\r ne le tu] sans occasion1 luy faites pis que le tu]8 ,qu'il soit a9si1 voyez combi5 de fois il ayme mieux m\rir sans raison1 que de pass] p> cette in=mation plus p5ible que le supplice1 et qui s\u5t p> son aspret deuance le supplice1 et l'execute4 ,ie ne say d'o ie ti5s ce conte1 mais il rapporte exactem5t la consci5ce de no/re iu/ice4 ,vne femme de village accusoit deuant le ,g5]al d'arme1 gr& ju/ici]1 vn soldat1 p\r auoir arra* ses petits enfants ce peu de b\illie qui luy re/oit les sub/ant]1 cette arme ayant t\t rauag4 ,de preuue il n'y en auoit po9t4 ,le ,g5]al apres auoir somm la femme1 de reg>d] bi5 ce qu'elle disoit1 d'autant qu'elle s]oit c\lpable de son accusation1 si elle m5toit3 et elle p]si/ant1 il fit ouurir le v5tre au soldat1 p\r s'esclaircir de la v]it du faict3 et la femme se tr\ua auoir raison4 ,condemnation in/ructiue4 ,,*apitre ,,vi4 ,de l'ex]citation4 ,,il e/ malais que le disc\rs et l'in/ruction1 encore que no/re creance s'y applique volonti]s1 soy5t assez puissants p\r n\s a*em9] iusques l'action1 si outre cela n\s n'ex]ons et =mons no/re ame p> exp]i5ce au tra91 auquel n\s la v\lons r5g]3 autrem5t qu& elle s]a au propre des effets1 elle s'y tr\u]a sans d\te empes*e4 ,voyl p\rquoy p>my les ,philosophes1 ceux qui ont v\lu atte9dre quelque plus gr&e excell5ce1 ne se sont pas cont5tez d'att5dre c\u]t et en repos les rigueurs de la ,=tune1 de peur qu'elle ne les surpr9/ inexp]im5tez et n\ueaux au combat3 a9s ils luy sont allez au deuant1 et se sont iettez esci5t la preuue des difficultez4 ,les vns en ont ab&onn les ri*esses1 p\r s'ex]c] vne pauuret volontaire3 les autres ont re*]* le labeur1 et vne au/]it de vie p5ible1 p\r se durcir au mal et au trauail3 d'autres se sont priuez des p>ties du corps les plus *]es1 comme de la veu et des membres propres la g5]ation1 de peur que leur s]uice trop plaisant et trop mol1 ne relas*a/ et n'att5dri/ la f]met de leur ame4 ,mais m\rir1 qui e/ la plus gr&e besoigne que n\s ayons faire1 l'ex]citation ne n\s y peut ayd]4 ,on se peut p> vsage et p> exp]i5ce =tifi] contre les d\leurs1 la honte1 l'indig5ce2 et tels autres accid5ts3 mais quant la mort1 n\s ne la p\uons essay] qu'vne fois3 n\s y sommes t\s appr5tifs1 qu& n\s y v5ons4 ,il s'e/ tr\u anci5nem5t des hommes si excell5s mesnag]s du temps1 qu'ils ont essay en la mort mesme1 de la g\/] et sau\r]3 et ont b& leur esprit1 p\r voir que c'e/oit de ce passage3 mais ils ne sont pas reu5us n\s en dire les n\uelles4 ,nemo exp]gitus extat1 ,frigida quem semel e/ vita pausa sequuta4 ,canius ,iulius noble ,roma91 de v]tu et f]met s+uli]e1 ayant e/ condamn la mort p> ce m>ault de ,caligula3 outre plusieurs m]ueilleuses preuues qu'il donna de sa resolution1 comme il e/oit sur le po9ct de s\ffrir la ma9 du b\rreau1 vn ,philosophe son amy luy dem&a3 ,et bi5 ,canius1 en quelle dm>*e e/ cette heure vo/re ame8 que fait elle8 en quels p5sem5s e/es v\s8 ,ie p5sois1 luy respondit-il1 me t5ir pre/ et b& de t\te ma =ce1 p\r voir1 si en cet in/ant de la mort1 si c\rt et si brief1 ie p\rray app]ceuoir quelque deslogem5t de l'ame1 et si elle aura quelque ress5tim5t de son yssu1 p\r1 si i'en apr5s quelque *ose1 en reu5ir donn] apres1 si ie puis1 adu]tissem5t mes amis4 ,ce/uy-cy philosophe non seulem5t iusqu' la mort1 mais en la mort mesme4 ,quelle asseurance e/oit-ce1 et quelle fi]t de c\rage1 de v\loir que sa mort luy s]ui/ de leon1 et auoir loisir de p5s] ailleurs en vn si gr& affaire8 ,ius hoc animi mori5tis habebat4 ,il me semble t\tesfois qu'il y a quelque faon de n\s appriuois] elle1 et de l'essay] aucunem5t4 ,n\s en p\uons auoir exp]i5ce1 s9on enti]e et p>faicte3 aumo9s telle qu'elle ne soit pas inutile1 et qui n\s r5de plus =tifiez et asseurez4 ,si n\s ne la p\uons io9dre1 n\s la p\uons appro*]1 n\s la p\uons reconnoi/re3 et si n\s ne donnons iusques son =t1 aumo9s v]rons n\s et en pratiqu]ons les adu5us4 ,ce n'e/ pas sans raison qu'on n\s fait reg>d] no/re sommeil mesme1 p\r la ressemblance qu'il a de la mort4 ,combi5 facilem5t n\s passons du veill] au dormir1 auec combi5 peu d'int]e/ n\s p]dons la connoissance de la lumi]e et de n\s6 ,a l'adu5ture p\rroit sembl] inutile et contre ,nature la facult du sommeil1 qui n\s priue de t\te action et de t\t s5tim5t1 n'e/oit que p> iceluy ,nature n\s in/ruict1 quelle n\s a p>eillem5t faicts p\r m\rir1 que p\r viure1 et ds la vie n\s pres5te l'et]nel e/at qu'elle n\s g>de apres icelle1 p\r n\s y acc\/um] et n\s en o/] la cra9te4 ,mais ceux qui sont tombez p> quelque viol5t accid5t en defaillance de cur1 et qui y ont p]du t\s s5tim5s1 ceux l mon aduis ont e/ bi5 pres de voir son vray et naturel visage4 ,c> quant l'in/ant et au po9ct du passage1 il n'e/ pas cra9dre1 qu'il porte auec soy aucun trauail ou desplaisir3 d'autant que n\s ne p\uons auoir nul s5tim5t1 sans loisir4 ,nos s\ffrances ont beso+ de temps1 qui e/ si c\rt et si precipit en la mort1 qu'il faut necessairem5t qu'elle soit ins5sible4 ,ce sont les appro*es que n\s auons cra9dre3 et celles-l peuu5t tomb] en exp]i5ce4 ,plusieurs *oses n\s sembl5t plus gr&es p> imag9ation1 que p> effect4 ,i'ay pass vne bonne p>tie de mon aage en vne p>faite et enti]e sant3 ie dy non seulem5t enti]e1 mais encore allegre et b\illante4 ,cet e/at ple9 de v]deur et de fe/e1 me faisoit tr\u] si horrible la consid]ation des maladies1 que qu& ie suis v5u les exp]im5t]1 i'ay tr\u leurs po9tures molles et las*es au prix de ma cra9te4 ,voicy que i'espreuue t\s les i\rs3 ,suis-ie c\u]t *audem5t dans vne bonne sale1 p5dant qu'il se passe vne nuict orageuse et tempe/euse3 ie m'e/onne et m'afflige p\r ceux qui sont lors en la campaigne3 y suis-ie moy-mesme1 ie ne desire pas seulem5t d'e/re ailleurs4 ,cela seul1 d'e/re t\si\rs enf]m dans vne *ambre1 me sembloit insupportable3 ie fus incont95t dress y e/re vne sema9e1 et vn mois1 ple9 d'motion1 d'alt]ation et de foiblesse3 et ay tr\u que lors de ma sant1 ie plaignois les malades beauc\p plus1 que ie ne me tr\ue pla9dre moy-mesme1 qu& i'en suis2 et que la =ce de mon appreh5sion en*]issoit pres de moiti l'ess5ce et v]it de la *ose4 ,i'esp]e qu'il m'en adui5dra de mesme de la mort3 et qu'elle ne vaut pas la pe9e que ie pr5s tant d'appre/s que ie dresse1 et tant de sec\rs que i'appelle et assemble p\r en s\/5ir l'ef=t4 ,mais t\tes aduantures n\s ne p\uons n\s donn] trop d'auantage4 ,p5dant nos troisiesmes tr\bles1 ou deuxiesmes1 il ne me s\ui5t pas bi5 de cela1 m'e/ant all vn i\r prom5] vne lieu de *ez moy1 qui suis assis dans le moiau de t\t le tr\ble des gu]res ciuiles de ,france2 e/imant e/re en t\te seuret1 et si vois9 de ma retraicte1 que ie n'auoy1 po9t beso9 de meilleur equipage1 i'auoy pris vn *eual bi5 ais1 mais non gu]e f]me4 ,a mon ret\r1 vne occasion s\da9e s'e/ant pres5te de m'aid] de ce *eual vn s]uice1 qui n'e/oit pas bi5 de son vsage1 vn de mes g5s gr& et =t1 mont sur vn puissant r\ss91 qui auoit vne b\*e desesp]e1 frais au demeurant et vig\reux1 p\r faire le h>dy et deuanc] ses compaignons1 v9t le p\ss] t\te bride droict dans ma r\te1 et fondre comme vn colosse sur le petit homme et petit *eual1 et le f\droy] de sa roideur et de sa pesanteur1 n\s enuoyant l'vn et l'autre les pi$s contre-mont3 si que voila le *eual abbatu et c\* t\t e/\rdy1 moy dix ou d\ze pas au del1 e/5du la r5u]se1 le visage t\t meurtry et t\t escor*1 mon espe que i'auoy la ma91 plus de dix pas au del1 ma ce9ture en pieces1 n'ayant ny m\uem5t1 ny s5tim5t1 non plus qu'vne s\*e4 ,c'e/ le seul esuan\issem5t que i'aye s5ty1 iusques cette heure4 ,ceux qui e/oi5t auec moy1 apres auoir essay p> t\s les moy5s qu'ils peur5t1 de me faire reu5ir1 me t5ans p\r mort1 me pr9dr5t entre leurs bras1 et m'emportoi5t auec beauc\p de difficult en ma maison1 qui e/oit lo+ de l1 enuiron vne demy lieu ,franoise4 ,sur le *em91 et apres auoir e/ plus de deux grosses heures t5u p\r trespass1 ie comm5ay me m\uoir et respir]3 c> il e/oit tomb si gr&e abondance de sang dans mon e/oma*1 que p\r l'en des*>g]1 ,nature eut beso9 de resuscit] ses =ces4 ,on me dressa sur mes pi$s1 o ie r5dy vn ple9 seau de b\illons de sang pur3 et plusieurs fois p> le *em91 il m'en falut faire de mme4 ,p> l ie comm5ay repr5dre vn peu de vie1 mais ce fut p> les m5us1 et p> vn si long traict de temps1 que mes premi]s s5tim5s e/oi5t beauc\p plus appro*ans de la mort que de la vie4 ,p]*1 dubbiosa an*or del suo ritorno1 ,non s'assecura attonita la m5te4 ,cette recordation que i'en ay =t empre9te en mon ame1 me repres5tant son visage et son ide si pres du naturel1 me concilie aucunem5t elle4 ,qu& ie comm5ay y voir1 ce fut d'vne veu si tr\ble1 si foible1 et si morte1 que ie ne disc]nois encores ri5 que la lumi]e1 --come quel *'or apre1 or *iude ,gli oc*i1 mezzo tra'l sonno l'ess] de/o4 ,quant aux functions de l'ame1 elles naissoi5t auec mesme progrez1 que celles du corps4 ,ie me vy t\t sanglant3 c> mon p\rpo9ct e/oit ta* p> t\t du sang que i'auoy r5du4 ,la premi]e p5se qui me v9t1 ce fut que i'auoy vne h>quebusade en la te/e3 de vray en mesme temps1 il s'en tiroit plusieurs aut\r de n\s4 ,il me sembloit que ma vie ne me t5oit plus qu'au b\t des lures3 ie f]mois les yeux p\r ayd]1 ce me sembloit1 la p\ss] hors1 et pr5ois plaisir m'alanguir et me laiss] all]4 ,c'e/oit vne imag9ation qui ne faisoit que nag] sup]ficiellem5t en mon ame1 aussi t5dre et aussi foible que t\t le re/e3 mais la v]it non seulem5t exempte de desplaisir1 a9s mesle cette d\ceur1 que s5t5t ceux qui se laiss5t gliss] au sommeil4 ,ie croy que c'e/ ce mesme e/at1 o se tr\u5t ceux qu'on void dfaillans de foiblesse1 en l'agonie de la mort3 et ti5s que n\s les plaignons sans cause1 e/imans qu'ils soy5t agitez de griues d\leurs1 ou auoir l'ame presse de cogitations p5ibles4 'a e/ t\si\rs mon aduis1 contre l'op9ion de plusieurs1 et mesme d',e/i5ne de la ,boetie1 que ceux que n\s voyons a9si r5u]sez et ass\pis aux appro*es de leur f91 ou accablez de la longueur du mal1 ou p> accid5t d'vne apoplexie1 ou mal caduc1 7vi morbi spe coactus ,ante oculos aliquis no/ros1 vt fulm9is ictu1 ,concidit1 et spumas agit3 +emit1 et fremit artus1 ,desipit1 ext5tat n]uos1 torquetur1 anhelat1 ,incon/ant] et 9 iact&o membra fatigat47 ou blessez en la te/e1 que n\s oyons rommell]1 et r5dre p> fois des s\spirs tr5*ans1 quoy que n\s en tirons aucuns signes1 p> o il semble qu'il leur re/e encore de la cognoissance1 et quelques m\uem5s que n\s leur voyons faire du corps3 i'ay t\si\rs p5s1 dis-ie1 qu'ils auoi5t et l'ame et le corps enseueli1 et endormy4 ,viuit1 et e/ vit nescius ipse su4 ,et ne p\uois croire qu' vn si gr& e/onnem5t de membres1 et si gr&e dfaillance des s5s1 l'ame peu/ ma9t5ir aucune =ce au d$ans p\r se recognoi/re3 et que p> a9s9 ils n'auoi5t aucun disc\rs qui les t\rm5ta/1 et qui leur peu/ faire iug] et s5tir la mis]e de leur condition1 et que p> consequ5t1 ils n'e/oi5t pas =t pla9dre4 ,ie n'imag9e aucun e/at p\r moy si insupportable et horrible1 que d'auoir l'ame vifue1 et afflige1 sans moy5 de se decl>]4 ,comme ie dirois de ceux qu'on enuoye au supplice1 leur ayant c\pp la langue3 si ce n'e/oit qu'en cette sorte de mort1 la plus muette me semble la mieux seante1 si elle e/ accompaigne d'vn f]me visage et graue4 ,et comme ces mis]ables prisonni]s qui tomb5t s ma9s des vila9s b\rreaux soldats de ce temps1 desquels ils sont t\rm5tez de t\te espece de cruel traictem5t1 p\r les contra9dre quelque ranon excessiue et impossible3 t5us cep5dant en condition et en lieu1 o ils n'ont moy5 quelconque d'expression et signification de leurs p5ses et de leur mis]e4 ,les ,potes ont fe9t quelques ,dieux fauorables la deliurance de ceux qui tra9oi5t a9s9 vne mort languissante3 ,hunc ego ,diti ,sacrum iussa f]o1 tque i/o corpore soluo4 ,et les voix et responses c\rtes et desc\sues1 qu'on leur arra*e quelquefois =ce de cri] aut\r de leurs oreilles1 et de les tempe/]1 ou des m\uem5s qui sembl5t auoir quelque cons5tem5t ce qu'on leur dem&e1 ce n'e/ pas tesmoignage qu'ils viu5t p\rtant1 au mo9s vne vie enti]e4 ,il n\s adui5t a9si sur le beguayem5t du sommeil1 auant qu'il n\s ait du t\t saisis1 de s5tir comme en songe1 ce qui se faict aut\r de n\s1 et suyure les voix1 d'vne ouye tr\ble et inc]ta9e1 qui semble ne donn] qu'aux bords de l'ame3 et faisons des responses la suitte des d]ni]es p>oles1 qu'on n\s a dites1 qui ont plus de =tune que de s5s4 ,or pres5t que ie l'ay essay p> effect1 ie ne fay nul d\bte que ie n'en aye bi5 iug iusques cette heure4 ,c> premi]em5t e/ant t\t esuan\y1 ie me trauaillois d'entr'ouurir mon p\rpo9ct beaux ongles1 c> i'e/oy des>m1 et si say que ie ne s5tois en l'imag9ation ri5 qui me blessa/4 ,c> il y a plusieurs m\uem5s en n\s1 qui ne p>t5t pas de no/re ordonnance4 ,semianimsque micant digiti1 f]rmque retractant4 ,ceux qui tomb5t1 eslanc5t a9si les bras au deuant de leur *eute1 p> vne naturelle impulsion1 qui fait que nos membres se pre/5t des (fices1 et ont des agitations "p de no/re disc\rs3 ,falcif]os memorant currus absc9d]e membra1 ,vt trem]e 9 t]ra videatur ab artubus1 id quod ,decidit abscissum1 cm m5s tam5 atque hom9is vis ,mobilitate mali1 non quit s5tire dolorem4 ,i'auoy mon e/oma* press de ce sang caill1 mes ma9s y c\roi5t d'elles-memes1 comme elles font s\u5t1 o il n\s demange1 contre l'aduis de no/re volont4 ,il y a plusieurs animaux1 et des hommes mesmes1 apres qu'ils sont trespassez1 ausquels on voit ress]r] et remu] des muscles4 ,*acun sait p> exp]i5ce1 qu'il a des p>ties qui se bransl5t1 dress5t et c\*5t s\u5t sans son cong4 ,or ces passions qui ne n\s t\*5t que p> l'escorse1 ne se peuu5t dire no/res4 ,p\r les faire no/res1 il faut que l'homme y soit engag t\t enti]3 et les d\leurs que le pi$ ou la ma9 s5t5t p5dant que n\s dormons1 ne sont pas n\s4 ,comme i'appro*ay de *ez moy1 o l'al>me de ma *eute auoit desia c\ru1 et que ceux de ma famille m'eur5t r5contr1 auec les cris acc\/umez en telles *oses3 non seulem5t ie respondois quelque mot ce qu'on me dem&oit1 mais encore ils dis5t que ie m'aduisay de comm&] qu'on donna/ vn *eual ma femme1 que ie voyoy s'empe/r] et se tracass] dans le *em91 qui e/ montueux et mal-ais4 ,il semble que cette consid]ation deu/ p>tir d'vne ame esueille2 si e/-ce que ie n'y e/ois aucunem5t3 c'e/oy5t des p5sem5s va9s en nu1 qui e/oy5t esmeuz p> les s5s des yeux et des oreilles3 ils ne v5oy5t pas de *ez moy4 ,ie ne sauoy p\rtant ny d'o ie v5oy1 ny o i'aloy1 ny ne p\uois pois] et consid]] ce qu'on me dem&oit3 ce sont de leg]s effects1 que les s5s produysoy5t d'eux mesmes1 comme d'vn vsage3 ce que l'ame y pre/oit1 c'e/oit en songe1 t\*e bi5 leg]em5t1 et comme le*e seulem5t et arrose p> la molle impression des s5s4 ,cep5dant mon assiette e/oit la v]it tres-d\ce et paisible3 ie n'auoy affliction ny p\r autruy ny p\r moy3 c'e/oit vne langueur et vne extreme foiblesse1 sans aucune d\leur4 ,ie vy ma maison sans la recognoi/re4 ,qu& on m'eut c\*1 ie s5ty vne inf9ie d\ceur ce repos3 c> i'auoy e/ vila9em5t tirass p> ces pauures g5s1 qui auoy5t pris la pe9e de me port] sur leurs bras1 p> vn long et tres-mauuais *em91 et s'y e/oi5t lassez deux ou trois fois les vns apres les autres4 ,on me pres5ta =ce rem$es1 dequoy ie n'en receuz aucun1 t5ant p\r c]ta91 que i'e/oy bless mort p> la te/e4 ,c'eu/ e/ sans m5tir vne mort bi5 heureuse3 c> la foiblesse de mon disc\rs me g>doit d'en ri5 iug]1 et celle du corps d'en ri5 s5tir4 ,ie me laissoy c\l] si d\cem5t1 et d'vne faon si molle et si aise1 que ie ne s5s gu]e autre action mo9s poisante que celle-la e/oit4 ,qu& ie v9s reuiure1 et repr5dre mes =ces1 ,vt t&em s5sus conualu]e mei1 qui fut deux ou trois heures apres1 ie me s5ty t\t d'vn tra9 r5gag] aux d\leurs1 ayant les membres t\s m\lus et froissez de ma *eute1 et en fus si mal deux ou trois nuits apres1 que i'en cuiday rem\rir encore vn c\p3 mais d'vne mort plus vifue1 et me s5s encore de la sec\sse de cette froissure4 ,ie ne veux pas oubli] cecy1 que la d]ni]e *ose en quoy ie me peuz remettre1 ce fut la s\u5ance de cet accid5t3 et me fis r$ire plusieurs fois1 o i'aloy1 d'o ie v5oy1 quelle heure cela m'e/oit adu5u1 auant que de le p\uoir conceuoir4 ,quant la faon de ma *eute1 on me la ca*oit1 en faueur de celuy1 qui en auoit e/ cause1 et m'en =geoit on d'autres4 ,mais long temps apres1 et le l5dema91 qu& ma memoire v9t s'entr'ouurir1 et me repres5t] l'e/at1 o ie m'e/oy tr\u en l'in/ant que i'auoy ap]eu ce *eual fondant sur moy 7c> ie l'auoy veu mes talons1 et me t9s p\r mort3 mais ce p5sem5t auoit e/ si s\da91 que la peur n'eut pas loisir de s'y eng5dr]7 il me sembla que c'e/oit vn esclair qui me frapoit l'ame de sec\sse1 et que ie reu5oy de l'autre monde4 ,ce conte d'vn eunem5t si leg]1 e/ assez va91 n'e/oit l'in/ruction que i'en ay tire p\r moy3 c> la v]it p\r s'apriuois] la mort1 ie tr\ue qu'il n'y a que de s'en auois9]4 ,or1 comme dit ,pl9e1 *acun e/ soy-mesmes vne tres bonne discipl9e1 p\rueu qu'il ait la suffisance de s'espi] de pres4 ,ce n'e/ pas icy ma doctr9e1 c'e/ mon e/ude3 et n'e/ pas la leon d'autruy1 c'e/ la mi5ne4 ,et ne me doibt on p\rtant sauoir mauuais gr1 si ie la communique4 ,ce qui me s]t1 peut aussi p> accid5t s]uir vn autre4 ,au demeurant1 ie ne ga/e ri51 ie n'vse que du mi54 ,et si ie fay le fol1 c'e/ mes desp5ds1 et sans l'int]e/ de p]sonne3 c> c'e/ en follie1 qui meurt en moy1 qui n'a po9t de suitte4 ,n\s n'auons n\uelles que de deux ou trois anci5s1 qui ay5t battu ce *em93 et si ne p\uons dire1 si c'e/ du t\t en p>eille mani]e cette-cy1 n'en connoissant que les noms4 ,nul depuis ne s'e/ iett sur leur trace4 ,c'e/ vne esp9euse entrepr9se1 et plus qu'il ne semble1 de suyure vne alleure si vagabonde1 que celle de no/re esprit3 de p5etr] les pr(ondeurs opaques de ses replis int]nes3 de *oisir et arre/] tant de m5us airs de ses agitations3 et e/ vn amusem5t n\ueau et extraord9aire1 qui n\s retire des occupations communes du monde3 ouy1 et des plus recomm&es4 ,il y a plusieurs annes que ie n'ay que moy p\r vise mes p5ses1 que ie ne contr]olle et n'e/udie que moy4 ,et si i'e/udie autre *ose1 c'e/ p\r s\da9 le c\*] sur moy1 ou en moy1 p\r mieux dire4 ,et ne me semble po9t faillir1 si1 comme il se faict des autres sci5ces1 sans comp>aison mo9s vtiles1 ie fay "p de ce que i'ay appr9s en cette cy3 quoy que ie ne me cont5te gu]e du progrez que i'y ay faict4 ,il n'e/ description p>eille en difficult1 la description de soy-mesmes1 ny c]tes en vtilit4 ,encore se faut il te/onn]1 encore se faut il ordonn] et r5g] p\r sortir en place4 ,or ie me p>e sans cesse3 c> ie me descris sans cesse4 ,la c\/ume a faict le p>l] de soy1 vicieux3 et le prohibe ob/9em5t en hayne de la v5tance1 qui semble t\si\rs e/re atta*e aux propres tesmoignages4 ,au lieu qu'on doit m\*] l'enfant1 cela s'appelle l'enas]1 ,9 vicium ducit culp fuga4 ,ie tr\ue plus de mal que de bi5 ce rem$e4 ,mais qu& il s]oit vray1 que ce fu/ necessairem5t1 presomption1 d'entret5ir le peuple de soy3 ie ne doy pas suyuant mon g5]al desse91 refus] vne action qui publie cette maladiue qualit1 puis qu'elle e/ en moy3 et ne doy ca*] cette faute1 que i'ay non seulem5t en vsage1 mais en pr(ession4 ,t\tesfois dire ce que i'en croy1 cette c\/ume a tort de condamn] le v91 p> ce que plusieurs s'y enyur5t4 ,on ne peut abus] que des *oses qui sont bonnes4 ,et croy de cette regle1 qu'elle ne reg>de que la populaire defaillance4 ,ce sont brides veaux1 desquelles ny les ,sa9cts1 que n\s oyons si hautem5t p>l] d'eux1 ny les ,philosophes1 ny les ,!ologi5s ne se brid5t4 ,ne fay-ie moy1 quoy que ie soye aussi peu l'vn que l'autre4 ,s'ils n'en escriu5t po9t nomm1 aumo9s1 qu& l'occasion les y porte1 ne feign5t ils pas de se iett] bi5 auant sur le trottoir4 ,dequoy traitte ,socrates plus l>gem5t que de soy8 ,a quoy a*em9e il plus s\ui5t les propos de ses disciples1 qu' p>l] d'eux1 non pas de la leon de leur liure1 mais de l'e/re et branle de leur ame8 ,n\s n\s disons religieusem5t ,dieu1 et no/re confesseur1 comme noz vois9s t\t le peuple4 ,mais n\s n'en disons1 me respondra-on1 que les accusations4 ,n\s disons donc t\t3 c> no/re v]tu mesme e/ fauti]e et rep5table4 ,mon me/i] et mon art1 c'e/ viure4 ,qui me def5d d'en p>l] selon mon s5s1 exp]i5ce et vsage3 qu'il ordonne l'ar*itecte de p>l] des ba/im5ts non selon soy1 mais selon son vois91 selon la sci5ce d'vn autre1 non selon la si5ne4 ,si c'e/ gloire1 de soy-mesme publi] ses valeurs1 que ne met ,cic]o en auant l'eloqu5ce de ,hort5se2 ,hort5se celle de ,cic]o8 ,a l'adu5ture ent5d5t ils que ie tesmoigne de moy p> ouurage et effects1 non nuem5t p> des p>oles4 ,ie pe9s pr9cipalem5t mes cogitations1 subiect in=me1 qui ne peut tomb] en production ouurag]e4 ,a t\te pe9e le puis ie c\*] en ce corps ar de la voix4 ,des plus sages hommes1 et des plus deuots1 ont vescu fuyants t\s app>5ts effects4 ,les effects diroy5t plus de la ,=tune1 que de moy4 ,ils tesmoign5t leur roolle1 non pas le mi51 si ce n'e/ coniecturalem5t et inc]ta9em5t4 ,es*antillons d'vne montre p>ticuli]e4 ,ie m'e/alle enti]3 c'e/ vn skeletos1 o d'vne veu les ve9es1 les muscles1 les t5dons p>oiss5t1 *asque piece en son siege4 ,l'effect de la t\x en produisoit vne p>tie3 l'effect de la palleur ou battem5t de cur vn' autre1 et d\bteusem5t4 ,ce ne sont mes ge/es que i'escris2 c'e/ moy1 c'e/ mon ess5ce4 ,ie ti5 qu'il faut e/re prud5t e/im] de soy1 et p>eillem5t consci5tieux en tesmoign]3 soit bas1 soit haut1 indiff]emm5t4 ,si ie me sembloy bon et sage t\t fait1 ie l'entonn]oy ple9e te/e4 ,de dire mo9s de soy1 qu'il n'y en a1 c'e/ sottise1 non mode/ie3 se pay] de mo9s1 qu'on ne vaut1 c'e/ las*et et pusillanimit selon ,ari/ote4 ,nulle v]tu ne s'ayde de la fausset3 et la v]it n'e/ iamais mati]e d'erreur4 ,de dire de soy plus qu'il n'en y a1 ce n'e/ pas t\si\rs presomption1 c'e/ encore s\u5t sottise4 ,se complaire outre mesure de ce qu'on e/1 en tomb] en am\r de soy indiscrete1 e/ mon aduis la sub/ance de ce vice4 ,le supreme rem$e le gu>ir1 c'e/ faire t\t le reb\rs de ce que ceux icy ordonn5t1 qui en df5dant le p>l] de soy1 def5d5t p> consequ5t encore plus de p5s] soy4 ,l'orgueil gi/ en la p5se3 la langue n'y peut auoir qu'vne bi5 leg]e "p4 ,de s'amus] soy1 il leur semble que c'e/ se plaire en soy3 de se hant] et prattiqu]1 que c'e/ se trop *]ir4 ,mais cet excez nai/ seulem5t en ceux qui ne se ta/5t que sup]ficiellem5t1 qui se voy5t apres leurs affaires1 qui appell5t resu]ie et oysiuet de s'entret5ir de soy1 et s'e/(f] et ba/ir1 faire des *a/eaux en ,espaigne3 s'e/imants *ose ti]ce et e/rang]e eux mesmes4 ,si quelcun s'enyure de sa sci5ce1 reg>dant s\z soy3 qu'il t\rne les yeux au dessus v]s les siecles passez1 il baiss]a les cornes1 y tr\uant tant de milli]s d'esprits1 qui le f\l5t aux pi$s4 ,s'il entre en quelque flateuse presomption de sa vaillance1 qu'il se ram5toiue les vies de ,scipion1 d',epam9ondas1 de tant d'armes1 de tant de peuples1 qui le laiss5t si lo+ d]ri]e eux4 ,nulle p>ticuli]e qualit n'enorgueillira celuy1 qui mettra qu& et qu& en compte1 tant d'imp>faittes et foibles qualitez autres1 qui sont en luy1 et au b\t1 la nihilit de l'huma9e condition4 ,p>ce que ,socrates auoit seul mordu c]tes au precepte de son ,dieu1 de se connoi/re1 et p> cet e/ude e/oit arriu se mespris]1 il fut e/im seul digne du nom de ,sage4 ,qui se connoi/ra a9si1 qu'il se donne h>dim5t connoi/re p> sa b\*e4 ,l',,auteur ,,au ,,lecteur ,ce livre1 lecteur1 e/ un livre de bonne foi4 ,il t'av]tit1 ds le db1 que je ne l'ai crit que p\r moi et quelques intimes1 sans me proccup] qu'il pt tre p\r toi de quelque intrt1 ou pass] la po/rit2 de si hautes vises sont au-dessus de ce dont je suis capable4 ,je le de/9e p>ticulirem5t mes p>5ts et mes amis1 af9 que lorsque je ne s]ai plus1 ce qui ne peut t>d]1 ils y retr\v5t quelques traces de mon c>actre et de mes ides et1 p> l1 cons]v5t encore plus entire et plus vive la connaissance qu'ils ont de moi4 ,si je m'tais propos de re*]*] la faveur du public1 je me s]ais mieux attif et me prs5t]ais s\s une =me tudie p\r produire meilleur effet2 je ti5s1 au contraire1 ce qu'on m'y voie en t\te simplicit1 tel que je suis d'habitude1 au naturel1 sans que mon ma9ti5 soit compos ou que j'use d'artifice1 c> c'e/ moi que je dpe9s4 ,mes dfauts s'y montr]ont au vif et l'on m'y v]ra dans t\te mon +nuit1 tant au physique qu'au moral1 autant du mo9s que les conv5ances le p]mett5t4 ,si j'tais n p>mi ces populations qu'on dit vivre encore s\s la d\ce lib]t des lois primitives de la nature1 je me s]ais trs volonti]s1 je t'assure1 pe9t t\t enti] et dans la plus complte nudit4 ,a9si1 lecteur1 c'e/ moi-mme qui fais l'objet de mon livre2 peut-tre n'e/-ce pas l une raison suffisante p\r que tu emploies tes loisirs un sujet aussi peu srieux et de si m9ime importance4 ,sur ce1 la grce de ,dieu4 ,a ,montaigne1 ce #a;er m>s #aehj4 ,nota4--,cette traduction a t faite d'aprs l'dition de #aeie1 en t5ant compte t\tefois de quelques v>iantes du manuscrit de ,bordeaux1 compltant ou acc5tuant la p5se de l'auteur4--,ces v>iantes1 dont le relev e/ donn dans le quatrime volume1 sont p\r la plup>t de trs m9ime importance3 elles port5t en trs gr& nombre sur l'or?ographe2 de-ci1 de-l1 con/itu5t des additions ou des suppressions de mots ou encore des sub/itutions d'un mot un autre1 soit p\r vit] des rptitions1 soit p\r prcis]2 et p>fois1 mais r>em5t1 de lgres modifications dans la con/ruction de membres de phrase2 dans la quantit1 il n'en e/ pas une qui modifie s5siblem5t le s5s4 ,celles dont il a t t5u compte sont signales p> un a/risque 79974 ,,livre ,,premi] ,,*apitre ,,premi]4 ,div]s moy5s mn5t mme f94 ,la s\mission v\s concilie d'ord9aire ceux que v\s avez (f5ss2 p>fois une attitude rsolue produit le mme rsultat4--,la faon la plus ord9aire d'att5drir les curs de ceux que n\s avons (f5ss1 qu&1 leur v5geance en ma91 n\s sommes leur m]ci1 c'e/ de les m\voir p> notre s\mission1 en leur inspirant commisration et piti2 t\tefois la brav\re1 la con/ance et la rsolution1 qui sont des moy5s t\t contraires1 ont quelquefois produit le mme rsultat4 ,ed\>d1 pr9ce de ,galles1 celui-l mme qui1 si longtemps1 fut rg5t de notre prov9ce de ,guy5ne1 p]sonnage dont les actes et la =tune ont ma9tes fois tmoign de beauc\p de gr&eur d'me1 s'tant emp> de vive =ce de ,limoges1 avait ordonn le massacre de ses habitants qui l'avai5t gravem5t (f5s4 ,il *em9ait trav]s la ville1 et les cris de ceux1 hommes1 femmes et enfants1 a9si v\s la mort1 qui1 pro/]ns ses pi$s1 implorai5t m]ci1 n'avai5t pu att5drir son me2 qu& s'(frir5t sa vue trois g5til%ommes franais1 qui1 avec une h>diesse incroyable1 t5ai5t tte1 eux seuls1 son arme victorieuse4 ,un tel c\rage lui inspira une considration et un respect qui calmr5t subitem5t sa colre2 sur-le-*amp il leur fit grce1 et cette grce1 il l't5dit t\s les autres habitants de la ville4 ,sc&]b]g1 pr9ce d',epire1 p\rsuivait avec l'int5tion de le tu]1 un de ses soldats2 celui-ci1 aprs avoir essay en va9 de l'apais] p> des prote/ations de t\tes sortes et les plus humbles supplications1 se rsolut1 en dsespoir de cause1 l'att5dre l'pe la ma94 ,cet acte de rsolution arrta net l'exaspration de son matre qui1 en le voyant pr5dre un si honorable p>ti1 lui fit grce4 ,ce fait e/ susceptible d'tre int]prt autrem5t que je ne le fais1 mais p> ceux-l seulem5t qui ignor5t la =ce prodigieuse et le c\rage dont ce pr9ce tait d\4 ,l'emp]eur ,conrad ,,iii1 assigeant ,guelphe1 duc de ,bavire1 n'avait cons5ti ne laiss] sortir de la ville que les femmes des g5til%ommes qui s'y tr\vai5t enf]mes avec son ennemi1 s'engageant respect] leur honneur1 mais ne leur accordant de sortir qu' pi$1 en n'emportant que ce qu'elles p\rrai5t port] elles-mmes2 et il s'tait refus ad\cir ces conditions1 quelques autres satisfactions qu'on lui (frt1 si humiliantes qu'elles fuss5t4 ,n'c\tant que leur gr& cur1 ces femmes s'avisr5t alors de *>g] sur leurs paules leurs m>is1 leurs enfants et le duc lui-mme4 ,l'emp]eur fut tellem5t saisi de cette t\*ante m>que de c\rage1 qu'il en pleura d'att5drissem5t2 la ha9e mortelle qu'il avait v\e au duc1 dont il v\lait la p]te1 en dev9t mo9s ard5te2 et1 p>tir de ce mom5t1 il le traita lui et les si5s avec humanit4 ,comm5t s'explique que ces deux s5tim5ts contraires produis5t le mme effet4--,l'un et l'autre de ces deux moy5s russirai5t aism5t auprs de moi1 c> j'ai une gr&e prop5sion la misricorde et la bi5veillance2 cep5dant j'e/ime que je cd]ais encore plus facilem5t la compassion qu' l'admiration1 bi5 que la piti soit considre comme une passion condamnable p> les /oci5s1 qui concd5t bi5 qu'on sec\re les affligs1 mais non qu'on s'att5drisse et qu'on compatisse leurs s\ffrances4 ,les exemples qui prcd5t me sembl5t r5tr] davantage dans la ralit des *oses2 ils n\s montr5t l'me aux prises avec ces deux s5tim5ts contraires3 rsi/] l'un sans fl*ir1 et cd] l'autre4 ,cela peut s'expliqu] en admettant que se laiss] gagn] p> la piti1 e/ plus facile et le propre des curs dbonnaires et peu n]giques2 d'o il rsulte que les tres les plus faibles1 comme les femmes1 les enfants et les g5s du commun y sont plus p>ticulirem5t ports2 t&is que ne pas se laiss] att5drir p> les l>mes et les prires1 et f9ir p> se r5dre seulem5t devant les signes manife/es d'un c\rage inconte/able1 e/ le fait d'une me =te et bi5 trempe1 aimant et honorant les c>actres n]giques et t5aces4 ,et cep5dant1 l'tonnem5t et l'admiration peuv5t produire ces mmes effets sur des natures mo9s gnreuses2 tmo9 le peuple ?ba9 qui1 appel prononc] dans une accusation capitale int5te contre les capita9es de son arme1 p\r s'tre ma9t5us en *>ge au del du temps durant lequel ils devai5t l'ex]c]1 acquitta gr&'pe9e ,plopidas qui1 accabl de cette mise en jugem5t1 ne sut1 p\r se df5dre1 que gmir et suppli]2 t&is qu'au contraire1 l'g>d d',epam9ondas qui1 aprs avoir expos en t]mes magnifiques les actes de son comm&em5t1 la tte haute1 la p>ole s>ca/ique1 se mit repro*] au peuple son +ratitude1 l'assemble1 pntre d'admiration vis--vis de cet homme d'un si gr& c\rage1 se disp]sa sans mme os] all] au scrut94 ,cruaut ob/9e de ,d5ys l'anci51 tyran de ,syracuse4--,d5ys l'anci51 s'tant emp>1 aprs un sige trs long et trs difficile1 de la ville de ,reggium1 et avec elle de ,phyton1 homme de gr&e v]tu1 qui y comm&ait et avait dirig cette df5se op9itre1 v\lut en tir] une v5geance clatante qui s]vt d'exemple4 ,t\t d'abord1 il lui apprit que la veille1 il avait fait noy] son fils et t\s ses autres p>5ts2 quoi ,phyton se borna rpondre3 ,qu'ils en tai5t d'un j\r plus heureux que lui4 ,puis il le livra aux b\rreaux qui le dp\illr5t de ses vtem5ts et le tranr5t trav]s la ville1 le f\ettant ignom9ieusem5t c\ps r$\bls1 l'accablant en outre des plus brutales et cruelles injures4 ,phyton1 cons]vant t\te sa prs5ce d'esprit et son c\rage1 ne faiblit pas2 ne cessant de se t>gu] haute voix de l'honorable et glorieuse df5se qu'il avait faite et qui tait cause de sa mort1 n'ayant pas v\lu livr] sa patrie aux ma9s d'un tyran1 le m5aant lui-mme d'une pro*a9e punition des dieux4 ,lisant dans les yeux de la plup>t de ses soldats qu'au lieu d'tre excits p> ses bravades contre cet ennemi va9cu1 qui les provoquait au mpris de leur *ef et dprciait son triomphe1 tonns d'un tel c\rage1 ils s'en laissai5t att5drir et comm5ai5t murmur]1 p>lant mme d'arra*] ,phyton des ma9s de ses b\rreaux1 ,d5ys mit f9 ce m>tyr et1 la drobe1 l'envoya noy] la m]4 ,l'homme e/ ondoyant et div]s2 conduite oppose de ,sylla et de ,pompe dans des circon/ances analogues4--,en vrit1 l'homme e/ de nature bi5 peu df9ie et trangem5t ondoyant et div]s2 il e/ malais de port] sur lui un jugem5t f]me et uni=me4 ,a9si1 voil ,pompe qui p>donne t\te la ville des ,mam]t9s1 contre laquelle il tait =t anim1 en considration de la v]tu et de la gr&eur d'me de ,znon l'un de leurs concitoy5s qui1 se donnant comme l'unique c\pable de leur conduite env]s lui1 dem&ait en grce d'en port] seul la pe9e2 t&is qu' ,pr\se1 en semblable circon/ance1 un citoy5 de cette ville1 galem5t di/+u p> ses v]tus1 dont ,sylla avait t l'hte1 p> un dv\em5t p>eil1 n'en obti5t ri5 ni p\r lui-mme1 ni p\r les autres4 ,cruaut d',alex&re le ,gr& env]s des ennemis dont la valeur mritait mieux4--,a l'encontre des premi]s exemples que j'ai cits1 n\s voyons ,alex&re1 l'homme le plus h>di qui fut jamais1 d'ord9aire si gnreux l'g>d des va9cus1 dev5u matre1 aprs de nombreuses et gr&es difficults1 de la ville de ,gaza1 en agir t\t autrem5t l'g>d de ,btis qui comm&ait cette place et qui1 p5dant le sige1 avait donn les preuves d'une clatante valeur4 ,le r5contrant seul1 ab&onn des si5s1 ses armes brises1 c\v]t de sang et de plaies et combattant encore au milieu d'un gr\pe de ,macdoni5s qui le h>celai5t de t\tes p>ts1 ,alex&re1 vivem5t affect d'une victoire si *rem5t a*ete 7entre autres dommages1 lui-mme v5ait d'y recevoir deux blessures71 lui dit3 ,tu ne m\rras pas comme tu le s\haites1 ,btis2 sois c]ta9 qu'avant1 il te faudra s\ffrir les plus cruels t\rm5ts qui se puiss5t imag9] contre un captif4 ,a cette m5ace1 ,btis ne rpondant ri5 et1 au plus gr& calme1 joignant une attitude hauta9e et ple9e de dfi1 ,alex&re1 devant 99 ce sil5ce fi] et ob/91 s'cria3 ,a-t-il seulem5t fl*i le g5\6 s'e/-il laiss all] quelques supplications6 ah vraim5t1 je va9crai ce mutisme2 et si je ne puis lui arra*] une p>ole1 j'arriv]ai bi5 lui arra*] quelque gmissem5t4 ,et1 passant de la colre la rage1 il lui fit p]c] les talons et1 encore ple9 de vie1 atta*] l'arrire d'un *> et tran] a9si jusqu' ce que1 mis en pices1 les membres rompus1 il r5dt le d]ni] s\pir4 ,quel peut avoir t le mobile de tant de cruaut *ez ,alex&re8 ,s]ait-ce qu' lui-mme1 c\rageux au del de t\te expression1 cette v]tu semblait tellem5t naturelle1 que non seulem5t elle ne le transportait pas d'admiration1 mais encore qu'il en faisait peu de cas2 ou bi5 que1 la considrant comme son apanage exclusif1 il ne p\vait la support] un aussi haut degr *ez les autres1 sans en tre jal\x2 ou enf91 e/-ce qu'il tait hors d'tat de se modr] dans ses transports de colre8--,c]ta9em5t1 s'il et t capable de se matris]1 il e/ croire que lors de la prise et du sac de ,?bes1 il se ft cont5u la vue de tant de vaillants gu]ri]s1 dont la rsi/ance tait dsorganise et qui fur5t passs au fil de l'pe2 c> il en prit bi5 a9si six mille1 dont pas un ne fut vu *]*ant pr5dre la fuite ou dem&ant m]ci2 bi5 au contraire1 ils allai5t de ci1 de l1 trav]s les rues1 affrontant les va9queurs1 les provoquant leur donn] la mort dans des conditions honorables4 ,on n'en vit aucun1 si cribl qu'il ft de blessures1 qui1 jusqu' son d]ni] s\pir1 n'essayt encore de se v5g]2 dans leur dsespoir1 ils faisai5t arme de t\t1 se consolant de leur propre mort p> celle de quelqu'un de leurs ennemis4 ,ce c\rage malheureux n'veilla cep5dant *ez ,alex&re aucune piti2 t\t un long j\r de c>nage ne suffit pas p\r ass\vir sa v5geance2 le massacre ne prit f9 que lorsque les victimes fir5t dfaut2 seules1 les p]sonnes hors d'tat de port] les armes1 vieill>ds1 femmes et enfants1 fur5t p>gns1 et1 au nombre de tr5te mille1 rduits en esclavage4 ,,*apitre ,,ii4 ,de la tri/esse4 ,la tri/esse e/ une disposition d'esprit des plus dplaisantes4--,la tri/esse e/ une disposition d'esprit dont je suis peu prs exempt2 je ne l'aime1 ni ne l'e/ime2 bi5 qu'assez gnralem5t1 comme de p>ti pris1 on l'ait en c]ta9e considration et qu'on en p>e la sagesse1 la v]tu1 la consci5ce1 c'e/ un sot et vila9 ornem5t4 ,les ,itali5s ont1 avec plus d' propos1 appel de ce nom la m*ancet1 c> elle e/ t\j\rs nuisible1 t\j\rs ins5se2 t\j\rs aussi1 elle e/ le propre d'une me poltronne et basse2 les /oci5s l'int]dis5t au sage4 ,effet des gr&es d\leurs en div]ses circon/ances2 t\t s5tim5t excessif ne se peut exprim]4--,l'hi/oire rapporte que ,psammnitus1 roi d'gypte1 dfait et pris p> ,cambyse1 roi de ,p]se1 voyant pass] sa fille1 captive comme lui1 habille en s]vante1 qu'on envoyait puis] de l'eau1 demeura sans mot dire1 les yeux fixs t]re1 t&is qu'aut\r de lui1 t\s ses amis pleurai5t et se lam5tai5t4 ,voyant1 peu aprs1 son fils qu'on m5ait la mort1 il g>da cette mme cont5ance2 t&is qu' la vue d'un de ses famili]s conduit au milieu d'autres prisonni]s1 il se frappa la tte1 tmoignant d'une d\leur extrme4 ,on peut rappro*] ce trait de ce qui s'e/ vu rcemm5t *ez un de nos pr9ces qui1 tant ,tr5te1 y reut la n\velle de la mort de son frre an1 le s\ti5 et l'honneur de sa maison2 bi5tt aprs1 il appr5ait la p]te de son frre pun sur lequel1 depuis la mort du premi]1 reposai5t t\tes ses esprances4 ,ces deux malheurs1 il les avait supports avec un c\rage exemplaire2 qu&1 quelques j\rs plus t>d1 un homme de sa suite v9t m\rir4 ,a ce d]ni] accid5t1 il ne sut plus se cont5ir1 sa rsolution l'ab&onna1 il se rp&it en l>mes et en lam5tations1 au po9t que c]ta9s en v9r5t dire qu'il n'avait t rellem5t s5sible qu' cette d]nire sec\sse4 ,la vrit e/ que la mesure tait comble1 et qu'un ri5 suffit p\r abattre son n]gie et am5] ce dbordem5t de tri/esse4 ,on p\rrait1 je crois1 expliqu] de mme l'attitude de ,psammnitus1 si l'hi/oire n'aj\tait que ,cambyse1 s'tant enquis auprs de lui du motif p\r lequel1 aprs s'tre montr si peu t\* du malheur de son fils et de sa fille1 il tait si affect de celui 99 d'un de ses amis1 n'en et reu cette rponse3 ,c'e/ que ce d]ni] *agr91 seul1 peut s'exprim] p> les l>mes2 t&is que la d\leur ress5tie p\r les deux premi]s1 e/ de beauc\p au del de t\te expression4 ,a ce propos1 me revi5t l'ide le fait de ce pe9tre anci5 qui1 dans le sacrifice d',iphignie1 ayant reprs5t] la d\leur de ses div]s p]sonnages1 d'aprs le degr d'intrt que *acun portait la mort de cette belle et innoc5te jeune fille2 ayant cet effet1 qu& il en arriva au pre de la vi]ge1 dj puis t\tes les ress\rces de son art2 devant l'impossibilit de lui donn] une cont5ance en rapport avec l'int5sit de sa d\leur1 il le peignit le visage c\v]t4 ,c'e/ aussi p\r cela qu' l'g>d de ,niob1 cette malheureuse mre1 qui1 aprs avoir p]du d'abord ses sept fils1 p]dit ensuite ses sept filles2 les potes ont imag9 qu'crase p> une telle succession de malheurs1 elle f9it elle-mme p> tre mtamorphose en ro*]1 ptrifie p> la d\leur 7,ovide71 m>quant de la sorte ce morne1 muet et s\rd hbtem5t qui s'emp>e de n\s1 lorsque les accid5ts qui n\s accabl5t1 dpass5t ce que n\s en p\vons support]4 ,et1 en effet1 un *agr9 excessif1 p\r tre tel1 doit /upfi] l'me au po9t de lui enlev] t\te sa lib]t d'action1 a9si qu'il arrive1 au premi] mom5t1 s\s le c\p d'une trs mauvaise n\velle3 n\s sommes saisis d'tonnem5t1 pntrs d'effroi ou d'affliction et comme p]clus en t\s nos m\vem5ts1 jusqu' ce qu' cette pro/ration1 succde la dt5te2 alors les l>mes et les pla9tes se font j\r1 l'me semble se dgag] de son tre9te1 r5atre et peu peu tre plus au l>ge et r5tr] en possession d'elle-mme3 ,c'e/ avec pe9e qu'enf9 il rec\vre la voix et peut exprim] sa d\leur 7,virgile74 ,p5dant la gu]re1 aut\r de ,bude1 du roi ,f]d9& contre la veuve du roi ,jean de ,hongrie1 un homme d'armes se fit p>ticulirem5t rem>qu] dans un des combats qui se livrr5t1 p> sa valeur absolum5t hors ligne4 ,nul ne l'avait reconnu1 et *acun le l\ait qui mieux mieux et le plaignait1 c> il avait succomb2 mais p]sonne plus qu'un c]ta9 de ,rasciac1 seigneur allem&1 rellem5t en?\siasm d'un c\rage aussi r>e4 ,son corps ayant t rapport1 de ,rasciac s'appro*a comme t\t le monde1 p\r voir qui il tait2 et lorsqu'on l'eut db>rass de son armure1 il reconnut son fils4 ,l'motion des assi/ants s'en accrut d'autant2 de ,rasciac1 seul1 demeura impassible2 sans mot dire1 sans un cillem5t d'yeux1 deb\t1 contemplant fixem5t ce corps1 jusqu' ce que la viol5ce de son *agr9 atteignant le pr9cipe mme de la vie1 il tomba raide mort4 ,qui peut dire quel po9t il brle1 ne brle que d'un petit feu 7,ptr>que71 dis5t les am\reux qui veul5t exprim] une passion qu'ils ne peuv5t plus cont5ir3 ,misrable que je suis6 l'am\r tr\ble mes s5s4 ,a ta vue1 ,lesbie1 je suis hors de moi2 il e/ au-dessus de mes =ces de p>l]2 ma langue s'emb>rasse1 une flamme subtile c\rt dans mes ve9es1 mes oreilles rsonn5t de mille bruits confus et le voile de la nuit s't5d sur mes yeux 7,catulle74 ,aussi1 n'e/-ce pas au plus =t de nos transports1 qu& notre sang b\illonne dans nos ve9es1 que n\s sommes le plus mme de tr\v] des acc5ts qui apitoy5t et qui p]suad5t2 dans ces mom5ts1 l'me e/ trop absorbe dans ses p5ses1 le corps trop abattu et languissant d'am\r2 de l p>fois1 l'impuissance inatt5due en laquelle tomb5t1 si hors de propos1 les am\reux que p>alyse leur ardeur extrme1 au sige mme de la j\issance4 ,t\te passion qui se raisonne1 qui se peut gt] et sav\r] avec calme1 mrite pe9e ce nom3 ,les s\cis lg]s sont loquaces1 les gr&es passions sont sil5cieuses 7,snque74 ,saisissem5t caus p> la joie1 la honte1 etc4--,la surprise d'un plaisir inespr n\s cause un saisissem5t semblable3 ,ds qu'elle me voit v5ir1 ds qu'elle ap]oit de t\s cts les armes troy5nes1 hors d'elle-mme1 frappe comme d'une vision effrayante1 elle demeure immobile2 son sang se glace1 elle tombe et ce n'e/ que longtemps aprs1 qu'elle peut enf9 p>l] 7,virgile74 ,outre cette ,roma9e qui m\rut de joie en voyant son fils *app la dr\te de ,cannes2 ,sophocle et ,d5ys le tyran qui1 galem5t1 trpassr5t d'aise en recevant une heureuse n\velle2 ,?alna qui1 de mme1 m\rut en ,corse l'annonce des honneurs que le ,snat de ,rome lui avait dc]ns2 n'avons-n\s pas vu1 en ce sicle1 le pape ,lon ,x1 appr5ant la prise de ,milan1 qu'il avait ardemm5t dsire1 en pr\v] un tel excs de joie1 que la fivre le prit et qu'il en m\rut4 ,un tmoignage encore plus probant de la faiblesse huma9e1 relev p> les anci5s3 ,diodore le dialectici5 s'tant1 en son cole et en public1 tr\v c\rt p\r dvelopp] un argum5t qu'on lui avait pos1 en ress5tit une telle honte1 qu'il en m\rut du c\p4 ,p\r moi1 je suis peu prdispos ces viol5tes passions2 p> nature1 je ne m'meus pas aism5t2 et je me raisonne t\s les j\rs1 p\r m'affirm] davantage en cette disposition4 ,,*apitre ,,iii4 ,n\s prolongeons nos affections et nos ha9es au del de notre propre dure4 ,l'homme se proccupe trop de l'av5ir4--,ceux qui repro*5t aux hommes de t\j\rs all] se proccupant des *oses futures1 et n\s engag5t j\ir des bi5s prs5ts et n\s en cont5t]1 obs]vant que n\s n'avons pas prise sur ce qui e/ v5ir1 que n\s en avons mme mo9s que sur ce qui e/ pass1 s'attaqu5t la plus rp&ue des erreurs huma9es2 si on peut appel] erreur1 un p5*ant qui1 bi5 que n\s y soyons convi p> la nature elle-mme1 en vue de la cont9uation de son uvre1 fausse1 comme tant d'autres *oses1 notre imag9ation1 *ez laquelle l'action e/ un beso91 alors mme que n\s ne savons pas o cela n\s mne4 ,n\s ne sommes jamais en n\s1 n\s sommes t\j\rs au del2 la cra9te1 le dsir1 l'esprance n\s relanc5t con/amm5t v]s l'av5ir1 n\s drobant le s5tim5t et l'exam5 de ce qui e/1 p\r n\s amus] de ce qui s]a2 bi5 qu' ce mom5t n\s ne s]ons plus3 ,t\t esprit inquiet de l'av5ir1 e/ malheureux 7,snque74 ,son premi] devoir e/ de *]*] se bi5 connatre4--,fais ce p\rquoi tu es fait et connais-toi toi-mme1 e/ un gr& prcepte s\v5t cit dans ,platon4 ,*acun des deux membres de cette proposition1 pris sp>m5t1 n\s trace notre devoir dans son enti]1 l'un complte l'autre4 ,qui s'appliqu]ait faire ce p\rquoi il e/ fait1 s'ap]cevrait qu'il lui faut t\t d'abord acqurir cette connaissance de lui-mme et de ce quoi il e/ propre2 et celui qui se connat1 ne fait pas erreur sur ce dont il e/ capable2 il s'aime1 et t5dant avant t\t amlior] sa condition1 il c>te les occupations sup]flues1 les p5ses et les projets inutiles4 ,de mme que la folie n'e/ jamais satisfaite lors mme qu'on cde ses dsirs1 la sagesse1 t\j\rs satisfaite du prs5t1 n'e/ jamais mcont5te d'elle-mme2 au po9t qu'picure e/ime que ni la prvoyance1 ni le s\ci de l'av5ir ne sont de ncessit p\r le sage4 ,on doit obissance aux rois1 mais l'e/ime et l'affection ne sont dues qu'a leurs v]tus4--,p>mi les lois qui ont t tablies1 conc]nant l'homme aprs sa mort1 celle qui s\mettait les actions des pr9ces un jugem5t po/hume1 me semble des mieux fondes4 ,les pr9ces sont1 en effet1 s\mis aux lois et non au-dessus d'elles2 et1 p> ce fait mme que la ju/ice1 de leur vivant1 a t impuissante contre eux1 il e/ quitable que1 lorsqu'ils ne sont plus1 elle ait action sur leur rputation et sur les bi5s qu'ils laiss5t leurs successeurs1 *oses que s\v5t n\s prfrons la vie4 ,c'e/ un usage qui procure de srieux avantages aux nations qui le pratiqu5t2 et les bons pr9ces1 qui ont sujet de se pla9dre1 qu& on traite la mmoire des m*ants comme la leur1 doiv5t le dsir]4--,n\s devons s\mission et obissance t\s les rois1 qu'ils soi5t bons ou mauvais1 cela e/ indisp5sable p\r leur p]mettre de remplir leur *>ge2 mais notre e/ime et notre affection1 n\s ne les leur devons que s'ils les mrit5t4 ,admettons que les ncessits de la politique n\s oblig5t les support] patiemm5t1 si indignes qu'ils puiss5t tre2 dissimul] leurs vices1 appuy] autant qu'il e/ en notre p\voir1 leurs actes quels qu'ils soi5t1 qu& cet appui e/ ncessaire leur autorit2 mais ce devoir rempli1 ce n'e/ pas une raison p\r que n\s refusions la ju/ice et que n\s n'ayons pas la lib]t d'exprim] leur endroit nos ress5tim5ts1 si n\s en avons de fonds2 et en p>ticuli]1 que n\s n\s refusions honor] ces bons s]viteurs qui1 bi5 que connaissant les imp]fections du matre1 l'ont s]vi avec respect et fidlit1 exemple qu'il y a utilit transmettre la po/rit4--,ceux qui1 p> les obligations p]sonnelles qu'ils lui ont1 df5d5t tort la mmoire d'un pr9ce qui en e/ indigne1 font1 en agissant a9si1 acte de ju/ice prive1 aux dp5s de la ju/ice publique4 ,tite ,live dit vrai1 qu& il crit que le langage des hommes infods la royaut1 e/ t\j\rs ple9 de va9es o/5tations et de faux tmoignages2 *acun faisant de son roi1 quels que soi5t ses mrites1 un s\v]a9 dont la valeur et la gr&eur ne saurai5t tre dpasses4 ,on peut dsappr\v] la magnanimit de ces deux soldats1 rpondant en ple9e face ,nron1 qui leur dem&ait3 l'un1 p\rquoi il lui v\lait du mal3 ,je t'aimais1 qu& tu en tais digne2 mais depuis que tu es dev5u p>ricide1 inc5diaire1 hi/rion1 co*]1 je te hais1 comme tu le mrites2 l'autre1 p\rquoi il v\lait le tu]3 ,p>ce que je ne vois pas d'autre remde tes cont9uels mfaits2 mais quel homme de bon s5s peut tr\v] r$ire aux tmoignages publics et univ]sels qui1 aprs sa mort1 ont t ports contre ce pr9ce1 p\r ses tyranniques et odieux dbordem5ts1 et qui l'ont /igmatis t\t jamais1 et1 avec lui1 t\t m*ant comme lui4 ,je regrette que1 dans les usages et c\tumes si sages de ,lacdmone1 ait t introduite cette crmonie si empre9te de fausset3 ,a la mort des rois1 t\s les confdrs et peuples vois9s1 a9si que t\s les ,ilotes1 hommes et femmes1 allai5t ple-mle1 se tailladant le front en signe de deuil1 disant dans leurs cris et lam5tations que le dfunt1 quel qu'il et t1 tait le meilleur de t\s les rois qu'ils avai5t eus2 donnant a9si la situation les l\anges qui aurai5t d rev5ir au mrite et relguant au d]ni] rang ce qui le con/itue et lui assigne le premi]4 ,rflexions sur ce mot de ,solon1 que nul1 avant sa mort1 ne peut tre dit heureux4--,ari/ote1 qui traite t\s les sujets1 re*]*e propos de ce mot de ,solon3 ,que nul1 avant sa mort1 ne peut tre dit heureux1 si celui-l mme qui a vcu et a eu une mort telle qu'on peut la s\hait]1 peut tre qualifi d'heureux1 s'il laisse une mauvaise r5omme ou sa po/rit dans le malheur4 ,tant que n\s vivons1 n\s avons la facult de faire que notre p5se se reporte o n\s v\lons2 qu& n\s avons cess d'exi/]1 n\s n'avons plus aucune communication avec le monde vivant1 c'e/ p\rquoi ,solon et t mieux fond dire que jamais l'homme n'e/ heureux1 puisqu'il ne peut l'tre qu'aprs sa mort3 ,on tr\ve pe9e un sage qui s'arra*e totalem5t la vie et la rejette2 ignorant de l'av5ir1 l'homme s'imag9e qu'une p>tie de son tre lui survit1 et il ne peut s'affran*ir de ce corps qui prit et tombe 7,lucrce74 ,honneurs r5dus et influ5ce prte c]ta9s1 aprs leur mort4--,b]tr& du ,guescl9 m\rut au sige du *teau de ,r&on1 prs du ,puy1 en ,auv]gne2 les assigs ayant capitul aprs sa mort1 fur5t contra9ts d'all] dpos] les clefs de la place sur son cadavre4--,b>?lemy d',alviane1 gnral de l'arme vniti5ne1 tant mort en gu]royant aut\r de ,brescia1 il fallait1 p\r ram5] son corps ,v5ise1 trav]s] le t]ritoire ennemi de ,vrone2 la plup>t des *efs vniti5s tai5t d'avis qu'on dem&t un sauf-conduit aux ,vronais1 p\r le passage dans leur tat2 ,?odore ,trivulce s'y opposa1 prfrant pass] de vive =ce1 dut-on combattre3 ,n'tant pas conv5able1 dit-il1 que celui qui1 en sa vie1 n'avait jamais eu peur de ses ennemis1 semblt les r$\t] aprs sa mort4--,les lois grecques n\s prs5t5t quelque *ose d'analogue3 celui qui dem&ait un corps l'ennemi1 p\r lui r5dre les honneurs de la spulture1 r5onait p> cela mme la victoire1 et il ne p\vait plus la consacr] p> un trophe2 celui auquel la dem&e tait faite1 tait rput va9queur4 ,nicias p]dit a9si l'avantage1 qu'il avait cep5dant nettem5t gagn sur les ,cor9?i5s2 et inv]sem5t1 ,agsilas assura de la sorte un succs des plus d\teux remport sur les ,boti5s4 ,ces faits p\rrai5t p>atre tranges si1 de t\s temps1 la proccupation de lui-mme au del de cette vie1 l'homme n'avait jo9t la croyance que bi5 s\v5t les faveurs cle/es n\s accompagn5t au tombeau et s't5d5t nos re/es2 les exemples sur ce po9t abond5t tellem5t1 *ez les anci5s comme *ez n\s1 qu'il ne m'e/ pas beso9 d'insi/]4--d\>d premi]1 roi d',anglet]re1 ayant con/at dans ses longues gu]res contre ,rob]t1 roi d'cosse1 combi5 sa prs5ce contribuait ses succs1 la victoire lui demeurant p>t\t o il se tr\vait en p]sonne2 sur le po9t de r5dre le d]ni] s\pir1 obligea son fils1 p> un s]m5t sol5nel1 faire1 une fois mort1 b\illir son corps2 p\r que1 les *airs se sp>ant des os1 il ent]rt celles-l et transportt ceux-ci avec lui l'arme1 *aque fois qu'il m>*]ait contre les cossais2 comme si la de/9e avait fatalem5t atta* la victoire la prs5ce de ses ossem5ts4--,jean ,ghiska1 qui tr\bla la ,bohme p\r la df5se des erreurs de ,wiclef1 v\lut qu'aprs sa mort1 on l'cor*t2 et que1 de sa peau1 on ft un tamb\r1 que l'on emport]ait1 lorsqu'on pr5drait les armes contre ses ennemis2 e/imant aid] a9si la cont9uation des avantages qu'il avait obt5us1 dans les gu]res qu'il avait diriges contre eux4--,c]ta9es tribus indi5nes portai5t de mme au combat contre les ,espagnols1 les ossem5ts d'un de leurs *efs1 en raison des *ances heureuses qu'il avait eues en son vivant2 d'autres peuplades1 sur ce mme cont95t1 tran5t avec elles1 lorsqu'elles vont en gu]re1 les corps de ceux de leurs gu]ri]s qui se sont di/+us p> leur vaillance et ont pri dans les combats1 comme susceptibles de leur port] bonheur et de s]vir d'enc\ragem5t4--,des exemples qui prcd5t1 les premi]s montr5t le s\v5ir de nos hauts faits1 n\s suivant au tombeau2 les d]ni]s attribu5t1 en outre1 ce s\v5ir1 une action effective4 ,f]met de ,bay>d sur le po9t d'expir]4--,le cas de ,bay>d e/ plus admissible3 ce capita9e1 se s5tant bless mort d'une arquebusade dans le corps1 press de se retir] du combat1 rpondit que ce n'tait pas au mom5t o il t\*ait sa f91 qu'il comm5c]ait t\rn] le dos l'ennemi2 et il cont9ua combattre1 tant que ses =ces le lui p]mir5t2 jusqu' ce que se s5tant dfaillir et ne p\vant plus t5ir *eval1 il comm&a son cuy] de le c\*] au pi$ d'un arbre1 mais de telle faon qu'il m\rt le visage t\rn v]s l'ennemi2 et a9si fut fait4 ,p>ticul>its affr5tes l'emp]eur ,maximili5 et ,cyrus4--,j'aj\t]ai cet autre exemple1 comme aussi rem>quable en son g5re que les prcd5ts3 l'emp]eur ,maximili51 bisaeul du roi ,philippe actuellem5t rgnant1 tait un pr9ce d\ de nombreuses et m95tes qualits1 et rem>quable entre autres p> sa beaut physique4 ,p>mi ses s+ul>its1 il avait celle-ci qui ne ressemble gure celle de ces pr9ces qui1 trnant sur leur *aise p]ce1 y trait5t les affaires les plus importantes1 c'e/ que jamais il n'eut de valet de *ambre avec lequel il ft famili]1 au po9t de se laiss] voir p> lui la g>de robe2 il se ca*ait p\r ur9]1 aussi pudibond qu'une pucelle1 p\r ne dc\vrir qui que ce ft1 pas mme son mdec91 les p>ties du corps qu'on a c\tume de t5ir ca*es4 ,moi1 qui ai un langage si libre1 je suis cep5dant1 p> tempram5t1 galem5t encl9 semblable ret5ue2 et1 mo9s que je n'y sois am5 p> ncessit ou p> volupt1 je n'expose gure1 aux yeux de p]sonne1 les p>ties de mon corps ou les actes intimes que nos murs n\s font une loi de drob] la vue2 et je m'en fais une obligation plus gr&e1 qu' mon s5s il ne convi5t un homme1 surt\t un homme de ma pr(ession4 ,l'emp]eur ,maximili5 en tait arriv une telle exagration1 qu'il ordonna expressm5t dans son te/am5t1 qu'on lui mt un caleon qu& il s]ait mort2 il et d aj\t] aussi1 p> codicille1 que celui qui le lui mettrait1 le f]ait les yeux b&s4--,la volont qu'exprima ,cyrus ses enfants1 que ni eux1 ni p]sonne ne t\*t son corps aprs sa mort1 vi5t1 j'imag9e1 de quelque pratique de dvotion qui devait lui tre propre2 et1 ce qui me porte le croire1 c'e/ que son hi/ori5 et lui-mme1 entre autres gr&es qualits1 ont manife/ dans t\t le c\rs de leur vie1 un so9 et un respect t\t p>ticuli]s p\r la religion4 ,nos funrailles doiv5t tre en rapport avec notre situation1 et n'tre ni d'une pompe exagre ni mesqu9es4--,le fait suivant ne me plat gure2 il m'a t cont p> un homme de haut rang et s'applique une p]sonne qui me t\*e de prs1 assez connue p> les situations qu'elle a occupes p5dant la paix comme durant la gu]re4 ,cette p]sonne1 qui m\rut sa c\r un ge avanc1 s\ffrant cruellem5t de la pi]re1 passa ses d]nires heures1 uniquem5t occupe rgl] avec un so9 exagr la crmonie de son ent]rem5t1 s'appliquant ce qu'elle et le plus de relief possible4 ,il dem&ait t\te la noblesse qui le visitait1 d'engag] sa p>ole d'assi/] son convoi2 au pr9ce lui-mme1 de qui je ti5s le fait et qui le vit ses d]ni]s mom5ts1 il dem&a avec in/ance d'y faire assi/] sa maison1 citant des exemples1 donnant des raisons p\r pr\v] que cela tait d un homme de sa condition2 et1 en ayant obt5u la promesse et arrt1 selon ses ides1 la di/ribution et l'ordre de cette p>ade1 il sembla expir] satisfait4 ,je n'ai gure vu de vanit plus p]si/ante4 ,s'+ni] rgl] son s]vice funbre1 soit d'une faon biz>re1 soit avec une p>cimonie peu ord9aire2 le rduire p> exemple un s]viteur se bornant port] une lant]ne e/ une s+ul>it inv]se de la prcd5te1 quoique sa pro*e p>5te1 et dont aussi je tr\v]ais aism5t des exemples dans ma famille4 ,il en e/ cep5dant qui l'appr\v5t2 de mme qu'ils appr\v5t la df5se que fit ,m>cus ,lepidus ses hriti]s1 d'employ] son g>d le crmonial acc\tum en p>eil cas4 ,si en agissant a9si1 on croit faire acte de temprance et d'au/rit1 en vitant une dp5se et une satisfaction dont n\s ne s]ons plus mme d'tre tmo9 ni de j\ir1 c'e/ l une r=me aise et peu coteuse4 ,s'il me fallait dcid] sur ce po9t2 je s]ais d'avis que dans cette circon/ance1 comme dans t\tes les actions de la vie1 *acun doit se rgl] sur sa situation dans la socit2 et que le philosophe ,lycon fit acte de sagesse1 qu& il prescrivit ses amis de l'ent]r] l o ils tr\v]ai5t que ce s]ait p\r le mieux et de lui faire des funrailles ni exagres1 ni mesqu9es4 ,en ce qui me t\*e1 qu'on se con=me simplem5t ce qui s]a dans les usages2 je m'en remets la discrtion de ceux la *>ge desquels je me tr\v]ai ce mom5t3 ,c'e/ un so9 qu'il faut mpris] p\r soi-mme et ne pas nglig] p\r les si5s 7,cicron74 ,sa9t ,augu/9 p>le un langage digne de lui1 qu& il dit3 ,le so9 des funrailles1 le *oix de la spulture1 la pompe des obsques1 sont mo9s ncessaires la tranquillit des morts1 qu' la consolation des vivants4 ,c'e/ dans ce mme esprit que ,socrates rpondait ,criton lui dem&ant1 au mom5t de sa mort1 comm5t il v\lait tre ent]r3 ,comme v\s v\drez4 ,si j'tais am5 m'en occup] compltem5t1 il me plairait assez d'imit] ceux qui1 de leur vivant et en ple9e possession d'eux-mmes1 entrepr5n5t de j\ir p> avance des honneurs funbres qui leur s]ont r5dus et se dlect5t voir leur effigie reproduite sur le m>bre de leur tombeau4 ,heureux ceux p\r lesquels voir ce qu'ils s]ont1 qu& ils ne s]ont plus1 e/ une j\issance et qui viv5t de leur propre mort4 ,cruelle et dang]euse sup]/ition des ,a?ni5s sur la spulture donn] aux morts4--,bi5 que je ti5ne la s\v]a9et du peuple comme la plus naturelle et la plus rationnelle1 peu s'en faut que je n'en devi5ne un adv]saire irrconciliable tant j'pr\ve d'av]sion contre elle1 lorsque je me remm l'inju/ice et l'inhumanit du peuple d',a?nes1 condamnant mort1 sans mme v\loir les ent5dre dans leur df5se1 et ordonnant l'excution immdiate de ces vaillants capita9es qui v5ai5t de va9cre les ,lacdmoni5s1 prs des les ,arg9euses1 dans la bataille navale la plus dispute et la plus considrable que les ,grecs ai5t jamais livre sur m]1 p> l'importance des =ces1 entirem5t composes de navires grecs1 qui se tr\vai5t en prs5ce4 ,et p\rquoi cette condamnation8 ,p>ce que ces *efs1 aprs la victoire1 s'tai5t appliqus1 con=mm5t aux pr9cipes de l'art de la gu]re1 p\rsuivre les rsultats qu'elle p\vait leur procur]1 au lieu de s'att>d] recueillir leurs morts et leur r5dre les d]ni]s devoirs4 ,l'odieux de cette excution e/ encore accru p> l'attitude de ,diomdon1 l'un des condamns1 soldat et homme politique de haut mrite4 ,aprs le prononc de la s5t5ce1 le calme s'tant rtabli dans l'assemble1 et se tr\vant seulem5t alors1 avoir possibilit de pr5dre la p>ole1 ,diomdon1 au lieu d'en us] p\r le bi5 de sa cause1 de faire ressortir l'vid5te iniquit d'un si cruel v]dict1 n'a s\ci que de ses juges2 il prie les dieux que ce jugem5t t\rne leur avantage1 et leur fait connatre les vux que ses compagnons et lui ont faits la ,div9it1 en reconnaissance de l'clatant succs qu'ils ont obt5u1 af9 que faute de les t5ir1 ils ne s'attir5t la colre cle/e2 puis1 sans ri5 aj\t] autre1 sans faire ent5dre aucune rcrim9ation1 il m>*e c\rageusem5t au supplice4 ,quelques annes aprs1 la ,=tune punit les ,a?ni5s p> l mme o ils avai5t p*3 ,*abrias1 capita9e gnral de leur flotte1 ayant battu1 prs de l'le de ,naxos1 ,pollis amiral de ,sp>te1 p]dit1 p> la cra9te d'un sort semblable1 t\t le fruit immdiat d'une victoire qui tait p\r eux d'une importance capitale4 ,p\r ne pas laiss] sans spulture les corps de quelques-uns des si5s qui surnageai5t sur les flots1 il laissa *app] un nombre considrable d'ennemis qui1 mis n\veau en ligne contre lui1 lui fir5t1 depuis1 pay] *] l'obs]vation si inopportune de cette sup]/ition4--,tu v\drais savoir o tu s]as aprs ta mort8 ,tu iras o sont les *oses encore natre 7,snque74 ,une autre cole1 au contraire1 concde en pr9cipe le repos au corps que l'me ab&onne3 ,qu'il n'ait pas de tombeau p\r le recevoir et o1 d*>g du poids de la vie1 son corps puisse repos] en paix 7,ennius74 ,t\t n\s porte croire que la mort n'e/ pas notre f9 d]nire2 et la nature elle-mme n\s f\rnit des exemples de relations my/rieuses entre ce qui n'e/ plus et ce qui vit encore3 le v9 ne subit-il pas dans la cave des modifications correspondant celles que les saisons imprim5t la vigne2 ne dit-on pas aussi que les vi&es prov5ant des animaux tus la *asse cons]ves dans les saloirs1 se modifi5t et que leur gt *ange1 comme il arrive de la *air ces mmes animaux encore vivants4 ,,*apitre ,,iv4 ,l'me ex]ce ses passions sur des objets auxquels elle s'attaque sans raison1 qu& ceux1 cause de son dlire1 *app5t son action4 ,il faut l'me en proie une passion1 des objets sur lesquels1 tort ou raison1 elle l'ex]ce4--,un g5tilhomme de notre socit1 sujet de trs =ts accs de g\tte1 avait c\tume de rpondre en plaisantant1 ses mdec9s1 qu& ils le pressai5t de r5onc] l'usage des vi&es sales1 que1 lorsqu'il tait aux prises avec son mal1 et qu'il en s\ffrait1 il v\lait avoir qui s'en pr5dre2 et que c'tait un s\lagem5t sa d\leur1 que de p\voir en rejet] la cause1 tantt sur le c]velas1 tantt sur la langue de buf ou le jambon qu'il avait pu mang] et de les v\] au diable4 ,de fait1 de mme que le bras lev p\r frapp]1 n\s fait mal si le c\p vi5t ne pas port] et n'atte9dre que le vide2 de mme que p\r faire ressortir un paysage1 il ne faut pas qu'il soit en quelque sorte p]du et isol dans l'espace1 mais qu'il app>aisse1 di/ance conv5able1 sur un fond appropri2 de mme que le v5t1 si d'paisses =ts ne vi5n5t lui faire ob/acle1 p]d ses =ces et se dissipe dans l'imm5sit 7,luca972 de mme aussi1 il semble que l'me1 tr\ble et agite1 s'g>e qu& un b lui fait dfaut2 dans ses transports1 il lui faut t\j\rs qui s'en pr5dre et contre qui agir4 ,plut>que dit1 propos de p]sonnes qui affectionn5t plus p>ticulirem5t les gu5ons et les petits *i5s1 que le beso9 d'aim] qui e/ en n\s1 qu& il n'a pas possibilit de s'ex]c] lgitimem5t1 plutt que de demeur] inass\vi1 se donne c>rire sur des objets illicites ou qui n'en sont pas dignes4 ,n\s voyons p>eillem5t l'me1 aux prises avec la passion1 plutt que de ne pas s'y ab&onn]1 se leurr] elle-mme1 et1 t\t en ayant consci5ce de son erreur1 s'attaqu] s\v5t de faon trange ce qui n'en peut mais4 ,c'e/ a9si que les animaux blesss s'en pr5n5t avec rage la pi]re ou au f] qui a caus leur blessure1 ou encore se d*ir5t eux-mmes belles d5ts1 p\r se v5g] de la d\leur qu'ils ress5t5t3 ,a9si l'ourse de ,pannonie devi5t plus froce1 qu& elle a t atte9te du javelot que reti5t la m9ce c\rroie de ,libye2 furieuse1 elle veut mordre le trait qui la d*ire et p\rsuit le f] qui t\rne avec elle 7,luca974 ,s\v5t en p>eil cas1 n\s n\s en pr5ons mme a des objets inanims4--,quelles causes n'imag9ons-n\s pas aux malheurs qui n\s advi5n5t8 ,a qui1 quoi1 tort ou raison1 ne n\s en pr5ons-n\s pas1 p\r avoir contre qui n\s escrim]8--,dans ta d\leur1 tu arra*es tes tresses blondes1 tu te d*ires la poitr9e1 au po9t que le sang en macule la blan*eur2 sont-elles donc cause de la mort de ce frre bi5-aim1 qu'une balle mortelle a si malheureusem5t frapp8 ,non1 eh bi56 pr5ds-t'en donc d'autres4--,a propos de l'arme roma9e qui1 en ,espagne1 v5ait de p]dre ses deux *efs ,publius et ,cneius ,scipion1 deux frres1 t\s deux gr&s hommes de gu]re1 ,tite ,live dit3 ,dans l'arme entire1 *acun se mit aussitt v]s] des l>mes et se frapp] la tte4 ,n'e/-ce pas l une c\tume gnralem5t rp&ue8--,le philosophe ,bion n'tait-il pas dans le vrai1 qu&1 en p>lant de ce roi qui1 dans les transports de sa d\leur1 s'arra*ait la b>be et les *eveux1 il disait plaisamm5t3 ,p5se-t-il donc que la pelade ad\cisse le *agr9 que n\s cause la p]te des ntres8--,qui n'a vu des j\eurs d*ir] et m*] les c>tes1 aval] les ds1 dans leur dpit d'avoir p]du leur arg5t4--,x]cs fit f\ett] la m] 99 de l',hellespont1 la fit *>g] de f]s1 et accabl] d'insultes1 et envoya un c>tel de dfi au mont ,a?os4--,cyrus se donna en spectacle son arme1 p5dant plusieurs j\rs1 p> la v5geance qu'il prt5dait tir] de la rivire du ,gyndus1 p\r la peur qu'il avait eue en la fran*issant4--,caligula ne dtruisit-il pas un magnifique palais1 p\r le dplaisir qu'y avait pr\v sa mre1 qui y avait t enf]me4 ,folie d'un roi v\lant se v5g] de ,dieu lui-mme1 d',augu/e contre ,neptune1 des ,?races contre le ciel en temps d'orage4--,dans ma jeunesse1 il se contait dans le peuple qu'un roi de nos vois9s1 *ti p> ,dieu1 jura de s'en v5g]4 ,p\r ce faire1 il ordonna que p5dant dix ans1 on ne le prit pas1 on ne p>lt pas de lui1 ni mme1 autant qu'il p\vait l'obt5ir1 qu'on ne crt pas en lui4 ,et ce n'tait pas tant la sottise de cet acte1 que ce conte avait p\r objet de faire ressortir1 que la gloire de la nation1 dont le s\v]a9 en agissait a9si vis--vis de ,dieu4 ,l'outrecuidance et la btise vont t\j\rs de pair2 mais de tels faits ti5n5t plus encore du premi] de ces dfauts que du second4--,l'emp]eur ,augu/e1 ayant pr\v sur m] une viol5te tempte1 se mit dfi] ,neptune1 et1 p\r se v5g] de lui1 fit1 dans les jeux sol5nels du cirque1 t] la /atue de ce dieu d'avec celles des autres div9its1 extravagance encore mo9s excusable que les prcd5tes4 ,il le fut davantage plus t>d1 qu&1 aprs la dfaite en ,allemagne de son lieut5ant ,qu9tilius ,v>us1 de colre et de dsespoir il allait1 se heurtant la tte contre les murailles1 en criant3 ,v>us1 ,v>us1 r5ds-moi mes lgions4 ,de semblables insanits sont plus que de la folie1 surt\t qu& l'impit s'y jo9t et qu'elles s'attaqu5t ,dieu mme1 ou simplem5t la ,=tune1 comme si elle p\vait n\s voir et n\s ent5dre4 ,c'e/ agir la faon des ,?races qui1 p5dant les orages1 qu& il tonne ou qu'il fait des clairs1 l'in/> des ,titans1 p5s5t am5] les dieux composition en les intimidant1 et lanc5t des fl*es contre le ciel4--,un anci5 pote1 rapporte ,plut>que1 dit qu'il ne faut po9t n\s emport] contre la m>*e des affaires qui1 elles1 n'ont pas s\ci de nos colres2 n\s ne saurions en effet assez condamn] cette sorte de drglem5t de notre esprit4 ,,*apitre ,v4 ,le comm&ant d'une place assige doit-il sortir de sa place p\r p>lem5t]8 ,jadis on rpr\vait la ruse contre un ennemi4--,lucius ,m>cius qui comm&ait les ,roma9s1 lors de leur gu]re contre ,p]se1 roi de ,macdo9e1 v\lant gagn] le temps qui lui tait encore ncessaire p\r que son arme ft compltem5t sur pi$1 fit au roi des propositions de paix qui endormir5t sa prud5ce et l'am5r5t accord] une trve de quelques j\rs1 dont son ennemi pr(ita p\r complt] loisir ses armem5ts2 ce qui fut cause de la dfaite de ce pr9ce et lui cota le trne et la vie4 ,a ,rome1 quelques vieux snateurs1 imbus des murs de leurs anctres1 condamnr5t ce procd1 comme contraire ce qui jadis tait de rgle4 ,alors1 disai5t-ils1 on faisait assaut de c\rage et non d'a/uce2 on n'avait rec\rs ni aux surprises1 ni aux attaques de nuit1 non plus qu'aux fuites simules suivies de ret\rs inop9s2 la gu]re ne comm5ait qu'aprs avoir t dcl>e1 s\v5t mme aprs qu'euss5t t assigns le lieu et l'heure o les armes en vi5drai5t aux ma9s4 ,c'e/ ce s5tim5t d'honntet que nos pres obissai5t1 en livrant ,pyrrhus son mdec9 qui le trahissait1 et aux ,phalisques leur si p]v]s matre d'cole4 ,en cela1 ils agissai5t vraim5t en ,roma9s1 et non comme d'a/ucieux ,c>?ag9ois1 ou des ,grecs1 qui1 dans leur subtilit d'esprit1 atta*5t plus de gloire au succs acquis p> des moy5s frauduleux que p> la =ce des armes4 ,tromp] l'ennemi e/ un rsultat du mom5t2 mais un adv]saire n'e/ rellem5t dompt que s'il a t va9cu non p> ruse1 ni p> un c\p du sort1 mais dans une gu]re 99 loyale et ju/e1 o les deux armes tant en prs5ce1 la victoire e/ demeure au plus vaillant4 ,les snateurs qui t5ai5t ce langage honnte1 ne connaissai5t videmm5t pas encore cette belle maxime mise plus t>d p> ,virgile3 ,ruse ou valeur1 qu'importe contre un ennemi6 ,l'emploi la gu]re de t\te ruse ou /ratagme1 dit ,polybe1 rpugnait aux ,a*ens2 une victoire n'tait telle1 suivant eux1 qu'autant que t\te confiance en ses =ces tait anantie *ez l'ennemi4 ,l'homme sage et v]tueux1 dit ,florus1 doit savoir que la seule vritable victoire e/ celle que peuv5t av\] la bonne foi et l'honneur4 ,que notre valeur dcide1 lisons-n\s dans ,ennius1 si c'e/ v\s ou moi que la ,=tune1 matresse des vnem5ts1 de/9e l'empire4 ,*ez c]ta9s peuples1 de ceux mme que n\s qualifions de b>b>es1 les ho/ilits tai5t t\j\rs prcdes d'une dcl>ation de gu]re4--,au royaume de ,t]nate1 l'une de ces peuplades que n\s qualifions sans hsitation de b>b>es1 on a c\tume de ne comm5c] les ho/ilits qu'aprs avoir au pralable fait une dcl>ation de gu]re1 y aj\tant l'numration prcise des moy5s qu'on se propose d'employ]3 le nombre d'hommes qui s]ont mis en ligne1 la nature des armes 7(f5sives et df5sives7 et des munitions dont il s]a fait usage2 mais1 p> contre1 cela fait1 si l'adv]saire ne se dcide pas entr] en composition1 ils se considr5t ds lors comme libres d'us] sans scrupule1 p\r obt5ir le succs1 de t\s les moy5s qui peuv5t y aid]4 ,jadis1 ,flor5ce1 on tait si peu port *]*] va9cre p> surprise qu'on prv5ait l'ennemi1 un mois avant d'entr] en campagne1 sonnant cont9uellem5t cet effet un beffroi1 appel ,m>t9ella4 ,auj\rd'hui1 n\s admettons comme licite t\t ce qui peut conduire au succs2 aussi e/-il de pr9cipe que le g\v]neur d'une place assige n'en doit pas sortir p\r p>lem5t]4--,quant n\s1 mo9s scrupuleux1 n\s t5ons comme ayant les honneurs de la gu]re1 celui qui en a le pr(it1 et1 aprs ,lys&re1 e/imons que l o la peau du lion ne peut suffire1 il faut y c\dre un morceau de celle du r5>d4 ,or1 comme c'e/ p5dant qu'on p>lem5te et qu'on semble prts tomb] d'accord1 que les surprises se pratiqu5t le plus ord9airem5t2 n\s reconnaissons que c'e/ surt\t dans ces mom5ts1 qu'un *ef doit p>ticulirem5t avoir l'il au guet2 et c'e/ p\r cela qu'il e/ de rgle1 *ez t\s les hommes de gu]re de notre temps1 que le g\v]neur d'une place assige n'en sorte jamais p\r p>lem5t]4 ,nos pres ont fait repro*e aux seigneurs de ,montmord et de l',assigny1 df5dant ,pont--,m\sson contre le comte de ,nassau1 d'avoir contrev5u ce pr9cipe4--,p> contre1 celui-l s]ait excusable qui sortirait de sa place p\r p>lem5t]1 mais seulem5t aprs avoir pris ses mesures p\r1 le cas *ant1 n'avoir ri5 r$\t]1 et que t\t incid5t p\vant se produire1 t\rne son avantage4--,a9si fit le comte ,guy de ,rangon1 qui df5dait la ville de ,reggium3 le seigneur de l',ecut s'tant prs5t p\r p>lem5t]1 ,guy de ,rangon s'loigna si peu de la place1 qu'une *auff\re s'tant produite p5dant les p\rp>l]s1 non seulem5t ,m4 de l',ecut et son escorte1 dont tait ,alex&re ,trivulce qui y fut tu1 eur5t le dess\s1 mais lui-mme1 p\r sa propre sret1 fut dans l'obligation d'entr] en ville avec le comte qui le prit s\s sa sauveg>de4 ,ce fait e/ attribu p> du ,bellay au comte de ,rangon2 ,guicci>d91 qui le rapporte galem5t1 se l'attribue lui-mme4 ,antigone assigeant ,eumnes dans ,nora et le pressant d'en sortir p\r v5ir1 en p]sonne1 p>lem5t] avec lui1 allguant que c'tait lui1 ,eumnes1 v5ir le tr\v]1 p>ce que lui1 ,antigone1 tait plus puissant et de rang plus lev1 s'attira cette noble rponse3 ,je ne reconnatrai p]sonne au-dessus de moi1 tant que j'aurai la facult d'us] de mon pe4 ,et il ne cons5tit all] lui que lorsque ,antigone lui eut donn en otage ,ptolme1 son propre neveu4 ,exemple d'un cas o le g\v]neur d'une place s'e/ bi5 tr\v de se fi] a son adv]saire4--,et cep5dant1 il y en a qui se sont trs bi5 tr\vs1 en p>eille occurr5ce1 d'tre sortis en se fiant la p>ole de leur adv]saire2 tmo9 ,h5ry de ,vaux1 *evali] de ,*ampagne1 qui tait assig p> les ,anglais dans le *teau de ,comm]cy4 ,b>?lemy de ,bonnes1 qui les comm&ait1 ayant1 de l'extrieur1 russi sap] la majeure p>tie du *teau1 et n'ayant plus qu' y mettre le feu p\r accabl] les assigs s\s ses ru9es1 m&a ,h5ry de ,vaux1 qui dj lui avait envoy trois p>lem5taires1 de v5ir de sa p]sonne1 dans son propre intrt4 ,celui-ci v9t1 et1 ayant con/at p> lui-mme l'imm95ce de la cata/rophe laquelle il ne p\vait *app]1 en sut pr(ondm5t gr son ennemi et se r5dit discrtion1 lui et sa tr\pe2 le feu ayant alors t mis la m9e1 les bois qui tanonnai5t les murailles cdr5t et le *teau cr\la1 ru9 de fond en comble4 ,p\r moi1 j'ai assez facilem5t foi en autrui2 cep5dant je m'y fi]ais difficilem5t1 si cela p\vait donn] suppos] que c'e/1 de ma "p1 un acte de faiblesse ou de l*et1 et non p>ce que je suis franc et crois la loyaut de mon adv]saire4 ,,*apitre ,,vi4 ,le temps durant lequel on p>lem5te e/ un mom5t dang]eux4 ,la p>ole des g5s de gu]re1 mme sans que cela dp5de d'eux1 e/ sujette caution4--,d]nirem5t1 non lo9 de *ez moi1 ,mussidan1 un dta*em5t ennemi qui occupait cette ville1 contra9t p> les ntres de se retir]1 criait la trahison1 et avec lui t\s autres de son p>ti1 p>ce qu'on l'avait surpris et battu p5dant des p\rp>l]s et avant que ri5 ne ft conclu4 ,ces rcrim9ations aurai5t pu se compr5dre dans un autre sicle2 mais comme je l'ai dit dans le *apitre prcd5t1 nos procds actuels sont t\t autres1 et on ne saurait trop se mfi] tant que la signature df9itive n'e/ pas donne1 sans compt] qu' ce mom5t mme1 t\t n'e/ pas encore f9i4 ,il a t de t\s temps bi5 has>deux1 et c'e/ t\j\rs c\rir risque de ne p\voir t5ir la p>ole donne et expos] aux excs d'une arme victorieuse une ville qui vi5t de se r5dre et laquelle ont t faites des conditions d\ces et avantageuses1 que d'en p]mettre l'entre aux soldats1 aussitt la r$dition obt5ue4--,l4 ,emilius ,reggius1 prteur roma91 ret5u depuis longtemps devant la ville de ,phoce1 dont il ne p>v5ait pas s'emp>]1 en raison de l'ardeur que les habitants mettai5t se df5dre1 conv9t avec eux de les admettre comme amis du peuple roma92 et1 les ayant compltem5t conva9cus de ses int5tions pacifiques1 obt9t d'entr] dans leur ville1 comme il l'et fait dans t\te autre ville allie4 ,mais1 ds que lui et son arme1 dont il s'tait fait suivre p\r donn] plus de sol5nit son entre1 s'y tr\vr5t1 il ne fut plus en son p\voir1 quoi qu'il ft1 de cont5ir ses g5s qui1 s\s ses yeux1 pillr5t plusieurs qu>ti]s1 l'am\r du but91 l'esprit de v5geance l'emportant sur le respect de son autorit et l'obs]vation de la discipl9e militaire4 ,clomnes prt5dait que le droit de la gu]re1 en ce qui conc]ne le mal qu'on peut faire l'ennemi1 e/ au-dessus des lois de la ju/ice div9e1 comme de celles de la ju/ice huma9e1 et ne relve pas d'elles4 ,ayant conclu une trve de sept j\rs avec les ,argi5s1 trois j\rs aprs1 il les attaquait de nuit p5dant leur sommeil et les taillait en pices1 prt5dant ju/ifi] cette trahison en disant que1 dans la conv5tion passe1 il n'avait pas t "q des nuits2 quelque temps aprs1 les dieux le punir5t de cette subtilit de mauvaise foi4 ,c'e/ s\v5t p5dant les confr5ces en vue de la capitulation d'une place1 que l'ennemi s'en r5d matre4--tant en p\rp>l]s1 et ses df5seurs s'tant dp>tis de leur vigilance1 la ville de ,casil9um fut emporte p> surprise2 et cela1 en des temps o ,rome avait une arme p>faitem5t discipl9e et des *efs *ez lesquels rgnait le s5tim5t de la ju/ice4 ,c'e/ qu'aussi on ne peut blm] que1 dans c]ta9es circon/ances1 n\s pr(itions des fautes de l'ennemi1 t\t comme1 le cas *ant1 n\s pr(itons de sa l*et4 ,la gu]re admet en effet comme licites1 beauc\p de pratiques condamnables en dehors d'elle2 et le pr9cipe que p]sonne ne doit *]*] faire son pr(it de la sottise d'autrui 7,cicron71 e/ ici en dfaut4 ,nanmo9s ,xnophon1 auteur si compt5t en p>eille matire1 lui-mme gr& capita9e et philosophe1 disciple des plus di/+us de ,socrates1 dans les propos qu'il fait t5ir et les exploits qu'il prte son hros1 dans le portrait qu'il trace de son p>fait gnral d'arme1 donne ces prrogatives une ext5sion p\r a9si dire sans limite1 qui m'tonne de sa "p et que je ne puis admettre en t\t et p>t\t4 ,m4 d',aubigny assigeait ,cap\e o comm&ait le seigneur ,fabrice ,colonna4 ,celui-ci1 aprs un combat sanglant livr s\s les murs de la place1 dans lequel il avait t battu1 engagea1 du haut d'un ba/ion1 des p\rp>l]s durant lesquels ses g5s s'tant rel*s de leur surveillance1 les ntres pntrr5t dans la ville et la mir5t feu et sang4--,plus rcemm5t1 ,yvoy1 le seigneur ,julian ,rommro1 ayant commis ce pas de cl]c1 de sortir de la ville p\r p>lem5t] avec ,m4 le ,conntable1 tr\va son ret\r la place au p\voir de l'ennemi4--,mais n\s-mmes1 n'avons pas t exempts de semblables dconv5ues3 le m>quis de ,pescaire assigeant ,gnes o comm&ait le duc ,octavian ,fregose1 que n\s s\t5ions1 l'accord entre eux tait considr comme fait1 la conv5tion int]v5ir tait arrte1 qu&1 au mom5t o elle allait tre signe1 les ,espagnols qui avai5t russi s'introduire dans la ville1 en agir5t comme s'ils l'avai5t emporte d'assaut4--,depuis1 ,ligny1 en ,b>rois1 o comm&ait le comte de ,bri5ne et qu'assigeait l'emp]eur ,*>les-,qu9t en p]sonne1 ,b]!ville lieut5ant du comte tant sorti p\r p>lem5t]1 la ville fut prise p5dant qu'il ngociait4 ,la victoire devrait t\j\rs tre loyalem5t dispute4--,il e/ t\j\rs glorieux de va9cre1 que la victoire soit due au has>d ou l'habilet 7,ario/e71 dis5t les ,itali5s4 ,le philosophe ,*rysippe n'et pas t de leur avis1 et je p>tage sa faon de p5s]4 ,ceux qui1 disait-il1 pr5n5t "p une c\rse1 doiv5t bi5 employ] t\tes leurs =ces gagn] de vitesse leurs adv]saires2 mais il ne leur e/ p\rtant pas p]mis de port] la ma9 sur eux p\r les arrt]1 ni de leur donn] des crocs en jambe p\r les faire tomb]4--,alex&re le ,gr& en agissait d'une faon encore plus *eval]esque1 qu& ,polyp]con1 *]*ant le p]suad] des avantages d'une nuit obscure p\r tomb] sur ,d>ius1 il lui rpondait3 ,non1 il n'e/ pas de ma dignit de *]*] va9cre la drobe1 j'aime mieux avoir me pla9dre de la =tune1 qu' r\gir de ma victoire 7,qu9te-,curce74 ,comme dit ,virgile3 ,il 7,mez5ce7 ddaigne de frapp] ,orode dans sa fuite1 de lui lanc] un trait qui le bless]ait p> d]rire2 il c\rt lui1 et c'e/ de front1 d'homme homme1 qu'il l'attaque2 il veut va9cre1 non p> surprise1 mais p> la seule =ce des armes4 ,,*apitre ,,vii4 ,nos actions sont apprci] d'aprs nos int5tions4 ,il n'e/ pas t\j\rs vrai que la mort n\s libre de t\tes nos obligations4--,la mort1 dit-on1 n\s libre de t\tes nos obligations4 ,j'en sais qui ont int]prt cette maxime de s+ulire faon4 ,h5ri ,,vii1 roi d',anglet]re1 s'tait engag vis--vis de ,dom ,philippe1 fils de l'emp]eur ,maximili51 ou1 p\r le dsign] plus honorablem5t encore1 pre de l'emp]eur ,*>les-,qu9t1 ne pas att5t] la vie de son ennemi le duc de ,suffolk1 *ef du p>ti de la ,rose blan*e1 qui s'tait enfui d',anglet]re1 avait gagn les ,pays-,bas1 o ,dom ,philippe l'avait fait arrt] et livr au roi s\s cette condition4 ,se s5tant prs de sa f91 le roi1 dans son te/am5t1 ordonna son fils de faire mettre le duc mort1 aussitt que lui-mme s]ait dcd4--,t\t rcemm5t1 les vnem5ts tragiques qui1 ,bruxelles1 am5r5t le supplice des comtes de ,horn et d',egmont1 ordonn p> le duc d',albe1 donnr5t lieu des p>ticul>its qui mrit5t d'tre releves1 celle-ci entre autres3 le comte d',egmont1 sur la foi et les assurances duquel le comte de ,horn s'tait livr au duc d',albe1 rev5diqua avec in/ance qu'on le ft m\rir le premi]1 af9 que sa mort l'affran*t de l'obligation qu'il avait contracte vis--vis du comte de ,horn4--,il semble que1 dans ces deux cas1 la mort ne dgageait pas le roi de sa p>ole1 et que le comte d',egmont1 mme vivant1 ne manquait pas la si5ne4 ,nos obligations sont limites p> nos =ces et les moy5s dont n\s disposons2 l'excution et les consqu5ces de nos actes ne dp5d5t pas de n\s2 seule1 notre volont en dp5d rellem5t4 ,de ce pr9cipe1 fond sur ce que ncessit fait loi1 driv5t les rgles qui fix5t nos devoirs2 c'e/ p\rquoi le comte d',egmont1 qui se considrait comme engag p> sa promesse1 bi5 qu'il ne ft pas en son p\voir de la t5ir1 ne l'tait pas1 alors mme qu'il et survcu au comte de ,horn2 t&is que le roi d',anglet]re1 manquant int5tionnellem5t la si5ne1 n'en tait pas dgag p> le fait d'avoir ret>d1 jusqu' sa mort1 l'acte dloyal qu'il a ordonn4--,c'e/ le mme cas que celui du maon d',hrodote qui1 ayant loyalem5t g>d1 sa vie durant1 le secret sur l'endroit o tai5t dposs les trsors du roi d',egypte1 son matre1 le rvla1 sa mort1 ses enfants4 ,il e/ trop t>d de ne rp>] ses torts qu' sa mort1 et odieux de remettre ce mom5t de se v5g]4--,j'ai vu1 de mon temps1 nombre de g5s1 auxquels leur consci5ce repro*ant de s'tre appropri le bi5 d'autrui1 insr] dans leur te/am5t des dispositions p\r que re/itution en soit faite aprs leur mort4 ,ce n'e/ pas se conduire honorablem5t1 que d'aj\rn] a9si une re/itution qui devrait tre immdiate et de rp>] ses torts dans des conditions o il v\s en cote si peu4 ,ils aurai5t d y aj\t] de ce qui leur app>t5ait en propre2 la rp>ation de leur faute et t d'autant plus con=me la ju/ice et d'autant plus mritoire1 que les sacrifices qu'ils se s]ai5t a9si imposs1 aurai5t t plus l\rds et plus pnibles2 faire pnit5ce1 dem&e d'all] au del de la /ricte rp>ation du dommage caus4--,ceux qui att5d5t d'tre passs de vie trpas p\r1 dans leurs d]nires volonts1 manife/] vis--vis du pro*a9 les mauvais s5tim5ts qu'ils lui port5t et qu'ils n'ont os lui dcl>] de leur vivant1 font encore pis4 ,ils montr5t qu'ils ont peu de s\ci de leur honneur1 ne reg>dant pas s\lev] contre leur mmoire l'irritation de ceux qu'ils (f5s5t2 ils font encore mo9s preuve de consci5ce1 ne respectant pas la mort elle-mme1 en laissant leur malignit leur survivre et se prolong] au del d'eux-mmes2 tels des juges prv>icateurs qui remett5t jug]1 alors qu'ils n'auront plus la cause en ma94 ,autant qu'il s]a en mon p\voir1 j'espre me g>d] de ri5 dire aprs ma mort1 que je n'aie dj dit ouv]tem5t p5dant ma vie4 ,,*apitre ,,viii4 ,de l'oisivet4 ,l'esprit e/ une t]re qu'il faut sans cesse cultiv] et ensem5c]2 l'oisivet la r5d ou /rile ou fantasque4--,de mme que n\s voyons des t]res non cultives1 si elles sont grasses et f]tiles1 produire foison des milli]s d'h]bes sauvages et inutiles1 et que1 p\r les remettre en tat1 il faut les travaill] et les ensem5c] suivant ce que n\s en v\lons tir]2 de mme que *ez la femme se produis5t d'eux-mmes des flux priodiques de sub/ances sans consi/ance1 qui ne conc\r5t la gnration dans des conditions favorables et naturelles qu'autant que1 p> l'int]v5tion d'un g]me trang]1 la fcondation se produit2 de mme l'esprit1 qui n'a pas d'occupations qui le conti5n5t et l'absorb5t1 va1 de-ci1 de-l1 l'av5ture1 se p]dant dans le vague de l'imag9ation3 ,a9si1 lorsque dans un vase d'aira9 une onde agite rfl*it les rayons du soleil ou l'image ad\cie de la lune1 la lumire voltigeant inc]ta9e de t\s cts1 droite1 gau*e1 monte1 desc5d1 frappant les lambris de ses reflets mobiles 7,virgile72 et1 en cet tat1 il n'e/ ni rve1 ni folie qu'il ne soit capable de concevoir1 se =geant de va9es illusions1 semblables aux songes d'un malade 7,horace74 ,l'me sans b prcis1 s'g>e2 ne dit-on pas1 en effet3 ,c'e/ n'tre nulle "p1 ,maxime1 que d'tre p>t\t 7,m>tial74 ,en ces temps d]ni]s1 je me retirais dans mon doma9e1 rsolu1 autant que cela me s]ait possible1 ne me ml] de ri51 pass] l'c>t et au repos les quelques j\rs qui me re/5t encore vivre4 ,il me semblait que je ne p\vais me donn] plus gr&e satisfaction1 que de laiss] mon esprit absolum5t inactif1 vivant avec lui-mme1 en dehors de t\te impression trangre et se recueillant4 ,j'esprais qu'il p\rrait en tre a9si dsormais1 cette p>tie de moi-mme ayant acquis1 avec l'ge1 plus de poids et de maturit2 mais je m'ap]ois que dans l'oisivet1 l'esprit s'g>e en mille p5ses div]ses 7,luca972 et qu'au contraire de ce que je m'imag9ais1 vagabondant comme un *eval *app1 il se cre de lui-mme c5t fois plus de proccupations1 que lorsqu'il avait un b df9i qui ne lui tait pas p]sonnel2 et il m'enfante les unes sur les autres1 sans ordre ni propos1 tant de *imres1 tant d'ides biz>res1 que p\r me r5dre compte plus aism5t de leur ineptie et de leur tranget1 je les ai consignes p> crit1 esprant1 avec le temps1 lui en faire honte lui-mme4 ,,*apitre ,,ix4 ,des m5teurs4 ,montaigne dcl>e qu'il manque de mmoire2 inconvni5ts qu'il en pr\ve4--,il n'e/ homme qui il convi5ne1 mo9s qu' moi1 de p>l] de mmoire4 ,cette facult me fait p\r a9si dire compltem5t dfaut2 et je ne crois pas qu'il y ait au monde quelqu'un d'aussi mal p>tag que moi cet g>d4 ,s\s t\s autres rapports1 je n'(fre ri5 de p>ticuli] et suis comme t\t le monde2 mais sur ce po9t1 mon cas1 s+uli] et trs r>e1 mrite d'tre signal et rem>qu4--,outre l'inconvni5t qui en rsulte naturellem5t dans la vie ord9aire 7et c]tes1 vu son importance1 ,platon a bi5 raison de la qualifi] de gr&e et puissante desse71 comme dans mon pays on dit de quelqu'un qui manque de bon s5s1 qu'il n'a pas de mmoire1 qu& je me pla9s de la mi5ne1 c'e/ comme si je me disais atte9t de folie2 on ne me croit pas1 on conte/e mon dire1 ne faisant pas de di/9ction entre la mmoire et le jugem5t1 ce qui aggrave s+ulirem5t mon affaire4 ,en cela on me fait tort2 d'autant plus1 et c'e/ l un fait d'obs]vation1 qu'on tr\ve trs frquemm5t1 au contraire1 une excell5te mmoire jo9te peu de jugem5t4 ,cette confusion des g5s sur ce po9t1 m'e/ galem5t prjudiciable1 en ce qu' l'g>d de mes amis1 que j'affectionne cep5dant p>-dessus t\t1 ce qui e/ ma qualit matresse1 mon dfaut de mmoire devi5t leurs yeux de l'+ratitude2 on m'impute ses dfaillances comme des manques d'affection1 et1 au lieu d'y voir un dfaut purem5t physique1 on incrim9e ma consci5ce3 ,il a oubli1 dit-on1 telle prire1 telle promesse2 il ne se s\vi5t pas de ses amis2 son affection p\r moi n'a pu le dt]m9] dire1 faire ou taire telle ou telle *ose4 ,c]tes1 oui1 je commets facilem5t des oublis1 mais je n'ai g>de de nglig]1 de propos dlibr1 une dm>*e dont mon ami m'a *>g4 ,c'e/ bi5 assez d'avoir une semblable infirmit1 sans qu'encore on la trans=me en une sorte de mauvaise volont1 con/ituant un manque de fran*ise1 absolum5t oppos mon c>actre4 ,avantages qu'il en retire4--,je m'en console du re/e quelque peu4 ,d'abord1 p>ce que je dois ce mal d'avoir t prs]v d'avoir de l'ambition1 mal plus gr& encore1 qui aurait eu facilem5t prise sur moi2 une bonne mmoire e/ en effet indisp5sable qui veut se ml] des affaires publiques4 ,j'y gagne que mes autres facults1 a9si qu'on en tr\ve des exemples dans la nature1 se sont accrues dans la mesure o celle-ci s'e/ tr\ve amo9drie2 si j'eusse eu con/amm5t prs5t la mmoire t\t ce que les autres ont dit ou fait1 au lieu de jug] p> moi-mme1 je me s]ais facilem5t laiss all]1 99 comme cela a lieu d'ord9aire1 ce que mon esprit et mon jugem5t s'en rapport5t p>esseusem5t aux apprciations portes p> autrui4--,une autre consqu5ce1 c'e/ que je cause plus brivem5t2 p>ce que d'ord9aire la mmoire e/ plus abondamm5t f\rnie que l'imag9ation4 ,si j'avais t mieux d\ s\s ce rapport1 j'eusse t\rdi mes amis p> mon v]biage1 t\t sujet de caus]ie1 p> la gr&e facilit avec laquelle je m'en saisis et le traite1 provoquant1 et excitant dj trop ma v]ve4 ,c'e/1 en effet1 piti de voir1 a9si que je l'ai con/at *ez c]ta9s de mes amis p>ticuli]s1 nombre de p]sonnes1 lorsqu'elles ont la p>ole1 faire remont] leurs rcits de plus en plus haut1 au fur et mesure que leur mmoire leur en f\rnit matire1 les accompagnant d'une f\le de dtails qui n'ont pas raison de se produire1 si bi5 que si la "q tait p> elle-mme intressante1 elle cesse de l'tre1 et que1 si elle e/ sans intrt1 v\s v\s pr5ez maudire la trop gr&e mmoire du n>rateur ou son peu de jugem5t4 ,et c'e/ *ose difficile que de clore conv5ablem5t un disc\rs ou de l'int]rompre propos1 une fois qu'il e/ en tra92 il en e/ de cela comme de la vigueur d'un *eval1 qui app>at surt\t qu&1 dans un t\rnant1 il peut s'arrt] net4 ,mme p>mi les g5s le plus en possession de leur sujet1 j'en connais qui v\drai5t et ne peuv5t s'arrt] dans leur dbit2 ils *]*5t comm5t s'y pr5dre et vont p\rsuivant leurs disc\rs en des phrases oiseuses et insignifiantes1 comme s'ils tombai5t en pmoison4 ,cela s'acc5tue p>ticulirem5t *ez les vieill>ds1 qui cons]v5t le s\v5ir du pass et ne se s\vi5n5t pas de leurs r$ites2 j'ai vu des rcits =t agrables1 dev5ir trs ennuyeux dans la b\*e d'un haut p]sonnage de qui *acun1 dans l'assi/ance1 les avait dj ent5dus c5t fois4 ,en second lieu1 la faiblesse de ma mmoire fait1 a9si que le disait un sage de l'antiquit1 que je cons]ve mo9s s\v5ance des (f5ses qui me sont faites4 ,il me faudrait quelqu'un *>g de me les rappel]1 comme en agissait ,d>ius2 qui1 p\r ne pas oubli] l'(f5se qu'il avait reue des ,a?ni5s1 avait commis un de ses pages p\r lui rpt] p> trois fois1 l'oreille1 *aque fois qu'il se mettait table3 ,seigneur1 s\v5ez-v\s des ,a?ni5s6--,j'y tr\ve enf9 cet avantage que t\s les sites que je revois1 t\s les livres que je relis1 me *>m5t con/amm5t p> leur incessante n\veaut4 ,un m5teur doit avoir bonne mmoire4--,ce n'e/ pas sans raison que l'on dit que celui qui n'a pas de mmoire ne doit pas se p]mettre d'tre m5teur4 ,on sait que les grammairi5s tabliss5t une diffr5ce entre dire un m5songe et m5tir2 dire un m5songe1 d'aprs eux1 c'e/ avanc] une *ose fausse1 que l'on croit vraie2 t&is que dans la langue lat9e1 d'o la ntre e/ drive1 m5tir e/ synonyme de p>l] contre sa consci5ce2 ce que je dis ici1 ne s'applique donc qu' ceux qui p>l5t contrairem5t ce qu'ils sav5t4 ,ces g5s-l1 ou inv5t5t t\t ce qu'ils dis5t1 le fond et les dtails1 ou se born5t dguis] et altr] un fond de vrit4 ,lorsqu'ils racont5t s\v5t une mme affaire en l'altrant1 il leur e/ difficile de ne pas se contr$ire1 p>ce que la *ose s'tant t\t d'abord loge dans leur mmoire1 telle qu'on la leur a rapporte ou qu'ils l'ont vue eux-mmes1 il ne leur e/ gure possible1 aprs l'avoir raconte div]ses reprises1 et *aque fois avec plus ou mo9s d'inexactitude1 de se remmor]1 qu& elle leur revi5t l'ide1 t\tes les altrations qu'ils lui ont fait subir1 t&is que l'impression premire demeure et1 sans cesse prs5te leur esprit1 efface de leur mmoire le s\v5ir de t\tes les faussets qu'ils ont greffes sur la vrit4 ,lorsqu'ils inv5t5t leurs rcits de t\tes pices1 aucune impression premire n'exi/ant qui puisse tr\bl] leurs dires1 il semble qu'ils sont mo9s exposs des mcomptes2 et cep5dant1 une *ose qui n'exi/e pas1 que ri5 ne fixe1 mo9s qu'on ne soit bi5 matre de soi1 *appe facilem5t la mmoire4 ,j'en ai vu bi5 des exemples1 p>fois trs plaisants et pas t\j\rs leur avantage1 *ez ces g5s dont la pr(ession e/ de t\j\rs p>l] soit dans un s5s1 soit dans un autre1 suivant l'intrt qu'ils ont dans l'affaire1 ou suivant ce qui plat aux gr&s de ce monde auxquels ils p>l5t4 ,les circon/ances o ils ont all] a9si contre la vrit et leur consci5ce sont si v>iables1 il leur faut si s\v5t modifi] *aque fois leur langage1 qu'ils en arriv5t dire d'une mme *ose tantt gris1 tantt jaune2 l'un1 d'une faon2 l'autre1 d'une autre2 et1 si p> has>d leurs auditeurs vi5n5t se rapport] les uns aux autres ces dires1 leurs contradictions app>aiss5t2 que rsulte-t-il alors de leur tal5t d'imag9ation6 ,outre ce que1 p> imprud5ce1 ils peuv5t laiss] *app] et qui si s\v5t les trahit1 quelle mmoire suffirait ce qu'ils se rappell5t les =mes si div]ses de leurs inv5tions1 s\s lesquelles ils ont prs5t un mme sujet4 ,j'ai vu des p]sonnes envi] cette rputation d'homme adroit1 t\j\rs prt con=m] son langage aux circon/ances2 elles ne voyai5t pas qu'une fois cette rputation faite1 le pr(it que cette adresse a pu procur]1 cesse4 ,m5tir e/ un vice excrable2 l'altration de la vrit e/1 avec l'enttem5t1 a combattre ds le db1 *ez l'enfant4--,en vrit1 m5tir e/ un vice odieux4 ,n'e/-ce pas la p>ole qui fait que n\s sommes des hommes1 au lieu d'tre des animaux2 et n'e/-ce pas elle qui n\s met en relations les uns avec les autres8 ,si n\s n\s faisions une ju/e ide de l'horreur que doit n\s inspir] le m5songe et de l'importance qu'il peut avoir1 n\s rclam]ions contre lui le supplice du feu1 qu'on applique p\r d'autres crimes qui le ju/ifi5t mo9s4--,m'e/ avis que d'ord9aire on s'occupe de *ti] trs mal propos les enfants1 p\r des fautes dont ils ne se r5d5t pas compte1 ou on leur adresse des repro*es p\r des actes inconsidrs1 dont ils ne g>d5t aucune impression et sont sans consqu5ces2 t&is que la m5t]ie1 cette altration de la vrit dans les *oses les plus insignifiantes1 et1 ce qui e/ un peu mo9s grave1 l'enttem5t1 sont1 ce me semble1 combattre *ez eux avec le plus gr& so91 p\r en arrt] les dbuts et les progrs4 ,ces dfauts croiss5t avec eux2 et il e/ vraim5t tonnant combi51 qu& ils sont passs l'tat d'habitude1 il devi5t impossible de les leur faire p]dre2 c'e/ ce qui fait que n\s voyons des hommes1 honntes t\s autres g>ds1 s'y ab&onn] et en tre esclave4 ,j'ai un tailleur qui e/ un bon g>on2 jamais je ne lui ai ent5du dire la vrit1 pas mme qu& elle p\vait lui tre utile4 ,si1 comme la vrit1 le m5songe n'avait qu'une face1 je m'en accommod]ais encore2 n\s en s]ions quittes p\r t5ir comme c]ta9 le contraire de ce que n\s dirait un m5teur2 mais il y a c5t mille manires d'exprim] le contraire de la vrit et le *amp d'action du m5songe e/ sans limites4 ,les ,py?agorici5s t5ai5t le bi5 comme *ose c]ta9e et nettem5t df9ie2 le mal1 comme inf9i et inc]ta94 ,mille *em9s dt\rn5t du b1 un seul y conduit4 ,t\tefois1 je ne g>antis pas avoir sur moi assez d'empire1 p\r ne pas me laiss] all] faire un m5songe effront et sol5nel1 si c'tait le seul moy5 ma disposition p\r *app] un pril extrme et dont j'aurais la c]titude4--,un anci5 ,pre de l'glise dit que la compagnie d'un *i5 qui n\s e/ connu1 e/ prfrable celle d'un homme dont n\s ne connaissons pas le langage1 de sorte que deux hommes de nations diffr5tes1 ne sont po9t hommes1 l'un l'g>d de l'autre 7,pl9e74 ,combi51 p\r vivre en socit1 la compagnie de qui g>de le sil5ce n'e/-elle pas prfrable celle de qui la langue e/ m5teuse6 ,msav5tures de deux ambassadeurs4--,le roi ,franois ,i] se vantait d'avoir1 =ce de le press]1 contra9t dans ses d]ni]s retran*em5ts ,francisque ,tav]na1 ambassadeur de ,franois ,s=za1 duc de ,milan1 homme qui passait p\r p>faitem5t mani] la p>ole et qui lui avait t envoy p\r ju/ifi] son matre1 au sujet d'un fait d'une haute gravit4 ,le roi1 p\r se mnag] con/amm5t des intellig5ces en ,italie d'o il v5ait d'tre *ass1 et prcism5t dans ce du* de ,milan1 avait imag9 de plac] auprs du duc un de ses g5til%ommes1 en ralit son ambassadeur1 mais en app>5ce simple p>ticuli]1 ayant l'air de s'y tr\v] p\r ses propres affaires4 ,le duc avait1 du re/e1 lui-mme gr& intrt ne pas p>atre tre en relations avec n\s1 tant beauc\p plus s\s la dp5dance de l'emp]eur que s\s la ntre1 surt\t ce mom5t1 o il ngociait son m>iage avec la nice de ce s\v]a91 fille du roi de ,danem>k1 laquelle e/ actuellem5t du*esse d\airire de ,lorra9e4 ,p\r cela1 le roi fit *oix d'un nomm ,m]veille1 g5tilhomme milanais1 cuy] de ses curies4 ,m]veille p>tit avec des in/ructions et des lettres secrtes l'accrditant comme ambassadeur1 auxquelles en fur5t jo9tes d'autres le recomm&ant au duc propos de ses affaires p]sonnelles1 ces d]nires lettres de/9es tre produites en public et dissimul] sa mission4 ,mais ,m]veille demeura si longtemps prs du duc1 que l'emp]eur eut des s\pons1 ce qui1 croyons-n\s1 fut cause de ce qui suivit4 ,s\s prtexte de meurtre1 le duc lui fit1 une belle nuit1 tran*] la tte1 aprs un procs expdi en deux j\rs4 ,le roi1 p\r avoir raison de cet acte1 s'adressa t\s les pr9ces de la *rti5t et au duc lui-mme1 et ,messire ,francisque1 envoy p\r expos] l'affaire dm5t dnature p\r les beso9s de la cause1 fut admis une des audi5ces du mat94 ,comme base de son plaidoy]1 aprs avoir prs5t le fait en mettant t\tes les app>5ces de son ct1 il dit que son matre avait t\j\rs considr ,m]veille comme un simple g5tilhomme1 son propre sujet1 v5u ,milan p\r ses affaires et jamais autrem5t2 niant mme avoir su qu'il ft p>tie de la maison du roi1 que le roi le connt1 et p> suite n'avoir jamais eu l'ide de le considr] comme son ambassadeur4 ,le roi1 son t\r1 le pressa de que/ions et d'objections1 les multipliant sur t\s les po9ts2 et1 en arrivant enf9 l'excution1 il lui dem&a p\rquoi elle avait t faite de nuit et en quelque sorte la drobe8 ,sur quoi1 le pauvre homme emb>rass1 p5sant faire acte de c\rtoisie1 rpondit que1 p> respect p\r ,sa ,maje/1 le duc et t bi5 au regret qu'elle et t faite de j\r4 ,on peut p5s] comme le roi le releva1 aprs qu'il se fut son nez si maladroitem5t c\p1 au nez de ,franois ,i]6 ,le pape ,jules ,,ii avait envoy un ambassadeur au roi d',anglet]re1 p\r le press] d'agir contre ce mme roi de ,france4 ,cet ambassadeur ayant expos sa mission1 le roi d',anglet]re lui objecta les difficults qu'il pr\vait runir les =ces et faire les prp>atifs ncessaires p\r combattre un adv]saire si puissant1 lui en dtaillant les raisons4 ,a quoi l'ambassadeur rpliqua1 assez mal propos1 que ces raisons lui tai5t galem5t v5ues l'esprit et qu'il les avait s\mises au ,pape4 ,cette p>ole1 si peu en rapport avec la mission qu'il avait de p\ss] le roi d',anglet]re entr] immdiatem5t en campagne1 donna p5s] celui-ci1 ce qui p> la suite fut reconnu exact1 que cet ambassadeur1 en son = intrieur1 p5*ait p\r la ,france2 il en av]tit son matre2 ses bi5s fur5t confisqus et peu s'en fallut qu'il ne p]dt la vie4 ,,*apitre ,x4 ,de ceux prompts p>l] et de ceux auxquels un c]ta9 temps e/ ncessaire p\r s'y prp>]4 ,c]ta9es g5s ayant p>l] en public1 ont beso9 de prp>] ce qu'ils ont dire2 d'autres n'ont pas beso9 de prp>ation4--,jamais il n'a t donn p]sonne de runir t\s les dons de la nature2 aussi1 p>mi ceux qui ont reu celui de l'loqu5ce1 en voyons-n\s avoir la p>ole facile et prompte1 et1 quoi qu'on leur dise1 avoir la rep>tie si vive1 qu' t\s mom5ts ils sont prts2 et d'autres1 mo9s prompts1 ne p>lant qu'aprs avoir longuem5t labor leur sujet arrt l'avance4 ,la premire de ces qualits e/ le propre du prdicateur1 la seconde convi5t l'avocat4--,on conseille aux dames de se livr] de prfr5ce aux jeux et aux ex]cices du corps qui font le plus valoir leurs grces2 je f]ais de mme1 si j'avais mettre un avis sur les avantages de ces deux g5res d'loqu5ce qui sembl5t1 en notre sicle1 la spcialit des prdicateurs et des avocats2 ne pas se ht] convi5t mieux aux premi]s1 l'oppos aux seconds4 ,le prdicateur peut pr5dre1 p\r se prp>]1 autant de temps qu'il lui plat2 et qu& il pr*e1 c'e/ t\t d'un trait et sans qu'on l'int]rompe4 ,l'avocat1 lui1 doit1 t\t mom5t1 tre prt entr] en lice2 les rponses imprvues de la p>tie adv]se le ti5n5t t\j\rs en susp5s1 et l'oblig5t modifi]1 t\t b\t de *amp1 ses dispositions premires4 ,c'e/ cep5dant le contraire qui se produisit1 lors de l'entrevue1 ,m>seille1 du pape ,clm5t et du roi ,franois ,i]4 ,m4 ,poyet1 qui avait pass sa vie dans le b>reau et y tait en gr&e rputation1 fut *>g de h>angu] sa ,sa9tet2 il s'y tait prp> de longue ma91 avait mme1 dit-on1 apport de ,p>is son disc\rs compltem5t a*ev4 ,le j\r o il devait le prononc]1 le ,pape1 craignant de voir abord] des sujets dont p\rrai5t se froiss] les ambassadeurs des autres pr9ces qui l'accompagnai5t1 m&a au roi le ?me qui lui p>aissait le mieux appropri au mom5t et au lieu1 et qui se tr\va mal5contreusem5t tre t\t autre que celui sur lequel avait travaill ,m4 ,poyet2 si bi5 que la h>angue qu'il avait compose ne p\vant tre utilise1 il lui fallait en refaire promptem5t une autre2 il s'en s5tit incapable1 et ce fut ,m4 le c>d9al du ,bellay qui dut s'en *>g]4--,la t*e de l'avocat e/ plus difficile que celle du prdicateur2 et m'e/ avis que n\s tr\vons p\rtant1 du mo9s en ,france1 plus de bons avocats que de bons prdicateurs4 ,on dirait que la promptitude et la s\da9et sont le propre de l'esprit1 t&is que le jugem5t va l5tem5t et posm5t4 ,quant celui qui demeure compltem5t muet1 s'il n'a t mme de prp>] ce qu'il a dire1 c'e/ un cas t\t aussi p>ticuli] que celui de qui1 p\vant y p5s] loisir1 n'arrive pas mieux dire4 ,p>mi les avocats1 il en e/ *ez lesquels la contradiction /imule le tal5t oratoire2 beauc\p de p]sonnes p>l5t mieux qu'elles n'criv5t4--,on rapporte que ,svrus ,cassius p>lait d'autant mieux qu'il n'y tait pas prp>2 qu'il tait r$evable de son tal5t plus la nature qu'au travail4 ,les int]ruptions1 qu& il prorait1 le s]vai5t si bi51 que ses adv]saires reg>dai5t l'excit]1 de peur que la colre n'accrt son loqu5ce4 ,je connais1 p> expri5ce1 ce g5re p>ticuli] de tal5t oratoire1 qui n'a que faire d'une tude pralable et appr(ondie1 et qui1 s'il ne peut all] bon tra9 et en t\te lib]t1 ne donne ri5 qui vaille4 ,il e/ des disc\rs dont on dit qu'ils s5t5t l'huile et la lampe1 qu& ils affect5t un c]ta9 c>actre d'pret et de rudesse que leur imprime le travail1 qu& il y a eu une trop gr&e "p4 ,mais en outre1 la proccupation de bi5 faire1 une trop gr&e cont5tion de l'esprit en ge/ation1 99 la h>ass5t1 l'entrav5t1 s\v5t mme arrt5t son essor2 effet analogue ce qui se produit p\r l'eau qui1 s\s une trop =te pression1 p> la viol5ce et l'abondance avec lesquelles elle arrive1 ne peut s'c\l] p> un g\let troit1 alors mme que l'orifice en e/ ouv]t4 ,il arrive aussi que les tal5ts oratoires de cette nature1 ce ne sont pas les passions viol5tes qui les branl5t et les excit5t1 comme le faisait la colre *ez ,cassius 7la colre produit de trop vives excitations72 la viol5ce e/ sans action sur eux2 ce qu'il leur faut p\r qu'ils s'*auff5t et s'veill5t1 c'e/ d'y tre sollicits p> les incid5ts inatt5dus qui se produis5t sur le mom5t mme4 ,que ri5 ne les arrte1 leur p>ole se trane et languit2 mais que le milieu o elle se fait ent5dre soit un peu agit1 elle se ranime et acqui]t t\te sa grce4 ,a cet g>d1 je ne suis pas absolum5t matre de moi2 le has>d influe beauc\p sur les dispositions en lesquelles je puis tre2 l'occasion1 la socit1 le feu mme de ma p>ole ont beauc\p d'action sur mon esprit1 qui donne alors beauc\p plus que lorsque1 seul seul avec lui1 je le consulte et le fais travaill]4 ,aussi mes p>oles val5t-elles mieux que mes crits1 si t\tefois on peut faire un *oix entre des *oses qui n'ont pas de valeur4 ,il en rsulte galem5t que je ne me retr\ve pas1 qu& je fais un ret\r sur moi-mme2 ou1 si je me retr\ve1 c'e/ =tuitem5t1 plutt qu'en faisant appel mon jugem5t4 ,si1 en crivant1 je me suis laiss all] quelque trait d'esprit 7bi5 ent5du insignifiant p\r autrui et ple9 de subtilit p\r moi2 mais quoi bon tant de faons1 *acun1 de fait1 en agit suivant ses moy5s71 il m'arrive de le p]dre si bi5 de vue1 que je ne sais plus trop1 en le relisant1 ce que j'ai v\lu dire et que d'autres en dc\vr5t p>fois le s5s avant moi2 et si je grattais t\s les passages de mes crits o il en e/ a9si1 t\t y pass]ait4 ,une autre fois au contraire1 il m'arriv]a d'en saisir le s5s1 qui m'app>at plus clair que le soleil en ple9 midi1 et je m'tonne alors de mon hsitation4 ,,*apitre ,,xi4 ,des prono/ics4 ,les anci5s oracles avai5t dj p]du t\t crdit1 avant l'tablissem5t de la religion *rti5ne4--,p\r ce qui e/ des oracles1 il e/ c]ta9 que1 depuis longtemps dj avant la v5ue de ,jsus-,*ri/1 ils avai5t comm5c p]dre de leur crdit2 c> n\s voyons ,cicron se mettre en pe9e de re*]*] la cause de leur dfaveur1 et ces mots sont de lui3 ,d'o vi5t que de nos j\rs1 et mme depuis longtemps1 ,delphes ne r5d plus de tels oracles8 d'o vi5t que ri5 n'e/ si mpris8 ,quant aux autres prono/ics qui se tirai5t de l'anatomie des animaux (f]ts en sacrifice1 dont l'organisation physique1 d'aprs ,platon1 a t en p>tie dt]m9e p> le ,crateur en vue de ce g5re d'obs]vations2 ceux tirs du trpignem5t des p\lets1 du vol des oiseaux1 n\s croyons qu'il e/ des oiseaux qui naiss5t exprs p\r s]vir l'art des augures 7,cicron72 de la f\dre1 des rem\s de rivire1 les aruspices voi5t quantit de *oses2 les augures en prvoi5t beauc\p2 nombre d'vnem5ts sont annoncs p> les oracles1 quantit p> les dev9s1 d'autres p> les songes1 d'autres encore p> les prodiges 7,cicron72 et autres qui1 dans l'antiquit1 int]v5ai5t dans la plup>t des entreprises publiques et prives1 notre religion y a mis f94 ,on croit encore1 cep5dant1 c]ta9s prono/ics2 orig9e de l'art de la div9ation *ez les ,toscans1 art va9 et dang]eux qui ne r5contre la vrit que p> l'effet du has>d4--,cep5dant n\s pratiquons encore quelques moy5s de div9ation1 notamm5t p> les a/res1 les esprits1 les lignes de notre corps1 les songes1 etc41 tmoignages irrcusables de la curiosit =c5e qui e/ en n\s et fait que n\s allons p]dant notre temps n\s proccup] des *oses futures1 comme si n\s n'avions pas assez faire avec les incid5ts de la vie de *aque j\r3 ,p\rquoi1 matre de l',olympe1 lorsque les pauvres mortels sont en butte tant de maux prs5ts1 leur faire connatre encore1 p> de cruels prsages1 leurs malheurs futurs8444 ,si tes de/9s doiv5t s'accomplir1 fais qu'ils re/5t ca*s et n\s frapp5t l'improvi/e6 qu'il n\s soit p]mis au mo9s d'espr] en tremblant 7,luca976 ,on ne gagne ri5 connatre l'av5ir et c'e/ malheureux de se t\rm5t] en va9 7,cicron72 t\j\rs e/-il que la div9ation e/ de bi5 mo9s gr&e autorit de nos j\rs2 voil p\rquoi l'exemple de ,franois1 m>quis de ,saluces1 me p>at digne de rem>que4 ,ce m>quis comm&ait1 au del des ,alpes1 l'arme de ,franois ,i]2 il tait trs bi5 en c\r et mme r$evable au roi de son m>quisat qui avait t confisqu son frre4 ,n'ayant aucune raison d'agir comme il le fit1 agissant mme contre ses propres affections1 il se laissa nanmo9s si =t impressionn]1 a9si que cela a t reconnu1 p> les belles prophties qu'on faisait c\rir de t\s cts1 l'avantage de l'emp]eur ,*>les-,qu9t et notre dtrim5t 7en ,italie1 ces prophties fur5t tellem5t prises au srieux1 qu' ,rome1 l'agiotage s'en mla et que1 spculant sur notre ru9e1 de trs =tes sommes d'arg5t fur5t engages71 que le dit m>quis1 qui avait s\v5t tmoign ses famili]s son *agr9 des malheurs qu'il voyait 9vitablem5t devoir fondre sur la ,france et les amis qu'il y avait1 n\s ab&onna et passa l'ennemi2 et ce1 son gr& dommage1 quelle qu'ait t la con/ellation s\s l'influ5ce de laquelle il agit4 ,en pr5ant cette dt]m9ation1 il se conduisit comme un homme en proie aux s5tim5ts les plus opposs2 c>1 disposant des villes et des =ces que n\s avions1 l'arme ennemie s\s les ordres d',anto9e de ,lves tant t\t pro*e et p]sonne ne le s\ponnant1 il p\vait n\s faire beauc\p plus de mal qu'il ne n\s en fit1 puisque1 du fait de sa trahison1 n\s ne p]dmes pas un homme1 pas une ville1 sauf ,fossano1 et encore fut-elle longtemps dispute4 ,un dieu prud5t n\s a ca* d'une nuit paisse les vnem5ts de l'av5ir1 et se rit du mortel qui s'inquite du de/9 plus qu'il ne doit4444 ,celui-l e/ matre de lui-mme et passe heureusem5t la vie1 qui peut dire *aque j\r3 ,j'ai vcu4 ,qu'importe que dema91 ,jupit] obscurcisse l'air de sombres nuages ou n\s donne un ciel s]e92 satisfaits du prs5t1 g>dons-n\s de n\s inquit] de l'av5ir 7,horace74 ,il en e/ qui raisonn5t a9si3 s'il y a div9ation1 il y a des dieux2 et s'il y a des dieux1 il y a div9ation 7,cicron72 ceux-l ont tort qui se rang5t cet aphorisme1 contraire notre ?se4 ,pacuvius dit beauc\p plus sagem5t3 ,quant ceux qui ent5d5t le langage des oiseaux et consult5t le foie d'un animal plutt que leur raison1 je ti5s qu'il vaut mieux les c\t] que les croire4 ,on prte l'orig9e suivante cet art de la div9ation *ez les ,toscans qui y acquir5t tant de clbrit3 ,un paysan lab\rait son *amp2 le f] de la *>rue pntrant pr(ondm5t dans la t]re1 fit app>atre ,tags1 ce demi-dieu des dev9s qui jo9t au visage d'un enfant1 la prud5ce d'un vieill>d4 ,*acun acc\rut2 ses p>oles et sa sci5ce1 r5f]mant les pr9cipes et les pratiques de cet art1 aussi m]veilleux p> ses progrs que p> sa naissance1 fur5t avidem5t recueillies et se transmir5t de sicle en sicle4 ,quant moi1 p\r le rglem5t de mes propres affaires1 je prfr]ais m'en rapport] au sort des ds1 plus qu' l'int]prtation des songes4 ,de fait1 dans t\s les g\v]nem5ts1 on a t\j\rs laiss une bonne "p d'autorit au has>d4 ,dans celui qu'il organise de t\tes pices et son ide1 ,platon s'en remet lui p\r dcid] dans plusieurs actes importants2 entre autres1 il propose que les m>iages entre g5s de bi5 ai5t lieu p> voie du sort2 et il atta*e tant d'importance aux unions a9si faites1 qu'il veut que les enfants qui en naiss5t soi5t levs dans le pays2 ceux1 au contraire1 ns d'unions contractes p> les mauvaises g5s1 s]ai5t bannis4 ,t\tefois si1 p> extraord9aire1 quelqu'un de ces d]ni]s semblait1 en gr&issant1 devoir bi5 faire1 on p\rrait le rappel]2 inv]sem5t1 on aurait la possibilit d'exil] quiconque1 t\t d'abord cons]v sur le sol natal1 sembl]ait1 en pr5ant de l'ge1 ne pas devoir ralis] les esprances qu'on avait conues de lui4 ,j'en vois qui tudi5t et comm5t5t leurs almana*s1 faisant ressortir l'exactitude de leurs prvisions appliques ce qui se passe actuellem5t4 ,a =ce de dire1 il faut bi5 que vrits et m5songes s'y r5contr5t3 ,quel e/ celui qui tirant la cible t\te la j\rne1 n'atte9dra pas quelquefois le b 7,cicron78 ,de ce que p>fois ils tomb5t ju/e1 je n'en fais pas p\r cela plus de cas2 ils s]ai5t de plus d'utilit1 s'il tait de rgle que t\j\rs ce qui arrive soit le contraire de ce qu'ils prdis5t4 ,comme p]sonne ne pr5d note de leurs erreurs1 d'autant qu'elles sont en nombre inf9i et con/itu5t le cas le plus ord9aire1 on a beau jeu faire valoir ceux de leurs prono/ics1 r>es1 incroyables1 prodigieux1 qui p> has>d vi5n5t se ralis]4 ,c'e/ le s5s de la rponse que fit ,diagoras1 surnomm l'a?e1 quelqu'un qui1 dans l'le de ,samo?race1 lui montrant un temple o se tr\vai5t en quantit des ex-voto et des tableaux commmoratifs prov5ant de p]sonnes *appes des naufrages1 lui disait3 ,eh bi56 v\s qui croyez que les dieux se ds9tress5t des *oses huma9es1 que dites-v\s de ce gr& nombre de g5s sauvs p> leur protection8--,oui1 rpondit-il2 mais ceux qui ont pri1 n'ont consacr aucun tableau1 et ils sont en bi5 plus gr& nombre4 ,cicron dit que ,xnophanes de ,colophon1 seul de t\s les philosophes qui ont admis l'exi/5ce des dieux1 s'e/ appliqu combattre t\tes espces de div9ation2 il e/ d'autant mo9s surpr5ant que ce soit une exception1 que n\s avons vu c]ta9s esprits d'lite donn] p>fois1 leur gr& dommage1 dans ces ides folles4 ,il e/ deux m]veilles en ce g5re1 que j'aurais bi5 v\lu voir3 le livre de ,joa*im1 abb de la ,calabre1 qui prdisait t\s les papes futurs1 donnant leurs noms et leurs signalem5ts2 et celui de l'emp]eur ,lon1 qui prdisait t\s les emp]eurs et t\s les patri>*es grecs4 ,mais ce que j'ai vu1 vu de mes yeux1 c'e/ dans les tr\bles publics1 c]ta9es p]sonnes1 tonnes de ce qui leur arrivait1 se livr] des pratiques t5ant absolum5t de la sup]/ition1 et re*]*] dans l'obs]vation des a/res1 des signes prcurseurs des malheurs qui leur tai5t arrivs et leur en rvlant les causes2 et ils s'en tr\v5t si trangem5t heureux1 que je suis p]suad que c'e/ l un passe-temps amusant p\r des esprits subtils et inoccups1 et que ceux qui ont acquis la dextrit d'esprit conv5able p\r dc\vrir et int]prt] ces prono/ics1 s]ai5t capables de tr\v] dans n'importe quel crit t\t ce qu'ils v\drai5t lui faire dire4 ,ce qui leur donne surt\t beau jeu cet g>d1 c'e/ le langage obscur1 ambigu1 fanta/ique du j>gon prophtique2 d'autant que ceux qui l'emploi5t1 ont g>de de s'y exprim] clairem5t1 af9 que la po/rit puisse l'appliqu] dans tel s5s qu'il lui plaira4 ,ce que p\vait bi5 tre le dmon famili] de ,socrates4--,le dmon famili] de ,socrates tait probablem5t c]ta9es inspirations qui1 en dehors de sa raison1 se prs5tai5t lui4 ,dans une me aussi pure que la si5ne1 t\t entire la sagesse et la v]tu1 il e/ vraisemblable que ces inspirations1 quoique h>dies et peu prcises1 tai5t t\j\rs de gr&e consqu5ce et mritai5t d'tre c\tes4 ,*acun ress5t p>fois en lui-mme semblable obsession d'ides1 qui se produit subitem5t1 avec =ce et sans cause apprciable2 c'e/ affaire n\s de leur donn] ou non de la consi/ance1 en dpit de ce que comm&]ait la prud5ce que n\s c\tons si peu2 j'en ai eu de p>eilles1 ne p\vant raisonnablem5t se s\t5ir et cep5dant agissant si =t en moi1 soit p\r1 soit contre 7ce qui tait un cas frqu5t *ez ,socrates71 que je me laissais entran] qu& mme les suivre2 et je m'en suis si bi5 tr\v1 que je p\rrais presque les attribu] quelque *ose comme des inspirations div9es4 ,,*apitre ,,xii4 ,de la con/ance4 ,en quoi consi/5t la rsolution et la con/ance4--,avoir de la rsolution et de la con/ance1 ne comporte pas que n\s ne n\s g>dions pas1 autant que cela n\s e/ possible1 des maux et des inconvni5ts qui peuv5t n\s m5ac]1 ni p> consqu5t d'apprh5d] qu'ils n\s arriv5t4 ,bi5 au contraire1 t\t moy5 honnte de n\s g>antir d'un mal1 non seulem5t e/ licite1 mais l\able4 ,la con/ance consi/e surt\t support] avec rsignation les incommodits auxquelles on ne peut apport] remde2 c'e/ ce qui fait qu'il n'y a pas de m\vem5t d'agilit corporelle1 ou que n\s p]mette notre sci5ce en escrime1 que n\s tr\vions mauvais1 du mom5t qu'il s]t n\s prs]v] des c\ps qu'on n\s porte4 ,il e/ p>fois utile de cd] devant l'ennemi1 qu& c'e/ p\r le mieux combattre4--,*ez plusieurs nations trs belliqueuses la fuite tait un des pr9cipaux procds de combat1 et l'ennemi1 auquel elles t\rnai5t le dos1 avait alors plus les r$\t] que lorsqu'elles lui faisai5t face2 c'e/ un peu ce que pratiqu5t encore les ,turcs4--,socrates1 d'aprs ,platon1 critiquait ,la*s1 qui df9issait le c\rage3 ,t5ir f]me sa place1 qu& on e/ aux prises avec l'ennemi4 ,quoi1 disait ,socrates1 y a-t-il donc l*et battre un ennemi1 en lui cdant du t]ra98 ,et1 l'appui de son dire1 il citait ,homre qui l\e dans ,ene sa sci5ce simul] une fuite4 ,a ,la*s qui1 se contr$isant1 reconnat que ce procd e/ pratiqu p> les ,scy!s1 et en gnral p> t\s les peuples combattant *eval1 il cite encore les gu]ri]s pi$ de ,lacdmone1 dresss plus que t\s autres combattre de pi$ f]me2 qui1 dans la j\rne de ,plate1 ne p\vant entam] la phalange des ,p]ses1 eur5t l'ide de cd] et de se report] en arrire1 af9 que les croyant en fuite et n'avoir plus qu' les p\rsuivre1 cette masse se rompt et se dsagrget d'elle-mme1 /ratagme qui leur procura la victoire4 ,p\r en rev5ir aux ,scy!s1 lorsque ,d>ius m>*a contre eux avec le desse9 de les subjugu]1 il m&a1 dit-on1 leur roi =ce repro*es1 de ce qu'il se retirait t\j\rs devant lui1 refusant le combat4 ,a quoi ,inda?yrss1 c'tait son nom1 rpondit3 ,que ce n'tait pas p>ce qu'il avait peur de lui1 pas plus que de t\t autre homme vivant2 mais que c'tait la faon de combattre de sa nation1 n'ayant ni t]res cultives1 ni maisons1 ni villes df5dre et dont ils p\vai5t cra9dre que l'ennemi ne pr(itt2 t\tefois1 s'il avait si gr&e hte d'en v5ir aux ma9s1 il n'avait qu' s'appro*] jusqu'au lieu de spulture de leurs anctres2 et que l1 il tr\v]ait qui p>l]1 autant qu'il v\drait4 ,*]*] se s\/raire l'effet du canon qu& on e/ dc\v]t1 e/ bi5 inutile p> suite de la s\da9et du c\p4--,devant le canon1 qu& il e/ po9t sur n\s1 a9si que cela arrive dans div]ses circon/ances de gu]re1 il ne convi5t pas de s'm\voir p> la seule cra9te du c\p1 d'autant que p> sa s\da9et et sa vitesse1 il e/ peu prs 9vitable2 aussi combi5 ont1 p\r le mo9s1 prt rire leurs compagnons1 p\r avoir1 en p>eille occurr5ce1 lev la ma9 ou baiss la tte p\r p>] ou vit] le projectile4--,et cep5dant1 lors de l'invasion de la ,prov5ce p> l'emp]eur ,*>les-,qu9t1 le m>quis du ,gua/1 en reconnaissance devant la ville d',arles1 s'tant montr en dehors de l'abri que lui con/ituait un m\l9 v5t1 la faveur duquel il s'tait appro*1 fut ap]u p> le seigneur de ,bonneval et le sn*al d',agnois1 qui se prom5ai5t sur le ?tre des arnes4 ,ils le signalr5t au sieur de ,villi]s1 comm&ant de l'artill]ie1 qui po9ta sur lui1 avec tant de ju/esse1 une c\leuvr9e1 que si le m>quis1 y voyant mettre le feu1 ne se ft jet de ct1 il tait atte9t en ple9 corps4--,de mme1 quelques annes aup>avant1 ,laur5t de ,mdicis1 duc d',urb91 pre de la re9e ,ca!r9e1 mre de notre roi1 assigeant ,mondolphe1 place d',italie situe dans la rgion dite du ,vic>iat1 voyant mettre le feu une pice dirige contre lui1 se baissa2 et bi5 lui en prit1 autrem5t le c\p1 qui lui effleura le sommet de la tte1 l'atteignait srem5t l'e/omac4 ,p\r dire vrai1 je ne crois pas que ces m\vem5ts ai5t t raisonns1 c> comm5t apprci]1 en *ose si s\da9e1 si l'arme e/ po9te haut ou bas8 ,il e/ bi5 plus judicieux de croire que le has>d s]vit leur frayeur1 et qu'en une autre circon/ance ce s]ait au contraire all] au-devant du c\p1 que de *]*] l'vit]4--,je ne puis me df5dre de tressaillir1 qu& le bruit clatant d'une arquebusade ret5tit l'improvi/e mon oreille1 dans un endroit o il ne me semblait pas devoir se produire2 et cette mme impression1 je l'ai vue galem5t pr\ve p> d'autres valant mieux que moi4 ,les /oci5s ne dni5t pas au sage d'tre1 sur le premi] mom5t1 tr\bl p> un *oc inatt5du2 mais sa conduite ne doit pas en tre influ5ce4--,les /oci5s ne prt5d5t pas que l'me du sage tel qu'ils le conoiv5t1 ne puisse1 de prime abord1 demeur] ins5sible aux s5sations et aux app>itions qui le surpr5n5t4 ,ils admett5t1 comme tant un effet de notre nature1 qu'elle soit impressionne1 p> exemple1 p> un bruit considrable p\vant prov5ir soit du ciel1 soit d'une con/ruction qui s'cr\l]ait2 qu'il peut en plir1 ses traits se contract]1 comme s\s l'empire de t\te autre motion2 mais qu'il doit cons]v] sa9e et entire sa lucidit d'esprit1 et sa raison ne pas s'en ress5tir1 ne pas en tre1 en quoi que ce soit1 altre2 de telle sorte qu'il ne cde de son ple9 cons5tem5t ni l'effroi1 ni la d\leur4 ,celui qui n'e/ po9t un sage1 se comport]a de mme sur le premi] po9t1 mais bi5 diffremm5t sur le second4 ,l'impression de l'motion ne s]a pas *ez lui seulem5t sup]ficielle1 elle pntr]a jusqu'au sige de la raison1 l'infect]a1 la corrompra2 et c'e/ avec cette facult a9si vicie1 qu'il jug]a ce qui lui arrive et qu'il se conduira4 ,il pleure1 mais son cur demeure 9branlable 7,virgile72 tel e/ bi51 dit nettem5t et en bons t]mes1 l'tat d'me que les /oci5s veul5t au sage4--,a ce mme sage1 les ,pripattici5s ne dem&5t pas de demeur] ins5sible aux motions qu'il pr\ve1 mais de les modr]4 ,,*apitre ,,xiii4 ,crmonial des entrevues des rois4 ,il n'e/ pas de sujet si futile1 qui ne mrite de pr5dre place dans ces ,essais1 faits de pices et de morceaux4 ,att5dre *ez soi un gr& p]sonnage dont la visite e/ annonce1 e/ plus rguli] que d'all] au-devant de lui1 ce qui expose le manqu]4--,dans nos usages1 ce s]ait un grave manque de c\rtoisie vis--vis d'un gal1 et plus =te raison vis--vis d'un gr&1 de ne pas n\s tr\v] *ez n\s1 qu& il n\s a prv5u qu'il doit y v5ir4 ,m>gu]ite1 re9e de ,nav>re1 aj\tait mme ce propos que p\r un g5tilhomme c'e/ une atte9te la politesse1 de quitt] sa demeure1 comme cela se fait le plus s\v5t1 p\r all] au-devant de la p]sonne qui vi5t *ez lui1 quel que soit le rang de cette p]sonne2 qu'il e/ plus respectueux et plus poli de l'att5dre *ez soi p\r la recevoir1 ne ft-ce que p> peur de la manqu] en *em9 et qu'il suffit de l'accompagn] seulem5t qu& elle v\s quitte4 ,m'affran*issant *ez moi1 le plus possible1 de t\te crmonie1 j'oublie s\v5t l'une et l'autre de ces futiles obligations2 il en e/ qui s'en (f5s5t1 qu'y faire8 ,il vaut mieux que je l'(f5se1 lui1 une unique fois1 que d'avoir en s\ffrir moi-mme t\s les j\rs2 ce devi5drait une contra9te cont9ue4 ,a quoi s]virait d'avoir fui la s]vitude des c\rs1 si elle v\s suit jusque dans votre retraite8--,il e/ galem5t dans les usages qu' t\te runion1 les p]sonnes de mo9dre importance soi5t les premires r5dues2 comme faire att5dre1 e/ du meilleur g5re p\r les p]sonnages en vue4 ,dans les entrevues des s\v]a9s1 on fait en sorte que celui qui a la prm95ce se tr\ve le premi] au lieu dsign4--,t\tefois l'entrevue qui eut lieu ,m>seille entre le pape ,clm5t ,,vii et le roi ,franois ,i]1 le roi1 aprs avoir ordonn les prp>atifs ncessaires1 s'loigna de la ville et laissa au pape1 avant de le v5ir voir1 deux ou trois j\rs p\r faire son entre et se repos]4--,de mme1 l'entrevue1 ,bologne1 de ce mme pape et de l'emp]eur ,*>les-,qu9t1 celui-ci fit en sorte que le pape y arrivt le premi]1 et lui-mme n'y v9t qu'aprs lui4--,c'e/1 dit-on1 le crmonial spcial aux entrevues de tels pr9ces1 qui veut que le plus lev en dignit1 arrive le premi] au lieu assign comme r5dez-v\s1 avant mme celui dans les tats duquel ce lieu se tr\ve situ2 moy5 dt\rn de faire que celui auquel app>ti5t la prsance1 p>aisse recevoir ceux de rang mo9s lev qui1 de la sorte1 ont l'air d'all] lui1 au lieu que ce soit lui qui vi5ne eux4 ,il e/ t\j\rs utile de connatre les =mes de la civilit1 mais il faut se g>d] de s'en r5dre esclave et de les exagr]4--,non seulem5t *aque pays1 mais *aque ville et mme *aque pr(ession ont1 s\s le rapport de la civilit1 leurs usages p>ticuli]s4 ,j'y ai t assez soigneusem5t dress en mon enfance1 et ai assez vcu en bonne compagnie1 p\r ne pas ignor] ceux qui se pratiqu5t en ,france2 je p\rrais les enseign] aux autres4 ,j'aime les suivre1 mais non pas avec une s]vilit telle que ma vie en soit entrave4 ,quelques-uns de ces usages sont gnants2 et on ne cesse pas de faire montre de bonne ducation si1 p> discrtion et non p> ignorance1 on vi5t les omettre4 ,j'ai vu s\v5t des p]sonnes manqu] la politesse1 en l'exagrant au po9t d'en tre importunes4 ,au demeurant1 c'e/ une trs utile sci5ce1 que celle de savoir se conduire dans le monde4 ,comme la grce et la beaut1 elle v\s ouvre les portes de la socit et de l'intimit2 elle n\s donne1 p> suite1 occasion de n\s in/ruire p> ce que n\s voyons faire autrui2 et ce que n\s faisons n\s-mmes e/ mis pr(it p> les autres1 qu& cela e/ bon ret5ir et qu'ils peuv5t se l'assimil]4 ,,*apitre ,,xiv4 ,on e/ punissable1 qu& on s'op9itre df5dre une place au del de ce qui e/ raisonnable4 ,la vaillance a ses limites2 et qui s'ob/9e df5dre outrance une place trop faible1 e/ punissable4--,la vaillance a ses limites1 comme t\te autre v]tu2 ces limites outrepasses1 on peut tre entran jusqu'au crime4 ,cela peut dev5ir de la tmrit1 de l'ob/9ation1 de la folie1 *ez qui en ignore les bornes1 =t malaises1 en vrit1 df9ir qu& on appro*e de la limite4 ,c'e/ de cette considration qu'e/ ne1 la gu]re1 la c\tume de punir1 mme de mort1 ceux qui s'op9itr5t df5dre une place qui1 d'aprs les rgles de l'art militaire1 ne peut plus tre df5due4 ,autrem5t1 comptant sur l'impunit1 il n'y a pas de bicoque qui n'arrt]ait une arme4 ,m4 le conntable de ,montmor5cy1 au sige de ,pavie1 ayant reu mission de pass] le ,tess9 et de s'tablir dans le faub\rg ,sa9t-,anto9e1 s'en tr\va emp* p> une t\r1 situe l'extrmit du pont1 la df5se de laquelle la g>nison s'op9itra au po9t qu'il fallut l'enlev] d'assaut2 le conntable fit p5dre t\s ceux qui y fur5t pris4--,plus t>d1 accompagnant ,m4 le ,dauph9 en campagne p> del les monts1 et s'tant emp> de vive =ce du *teau de ,villane1 t\t ce qui tait d$ans fut tu p> les soldats exasprs1 hormis le capita9e et l'enseigne1 que p\r punir de la rsi/ance qu'ils lui avai5t oppose1 il fit trangl] et p5dre t\s deux4--,le capita9e ,m>t9 du ,bellay en agit de mme l'g>d du capita9e de ,/-,bony1 g\v]neur de ,tur91 dont t\s les g5s avai5t t massacrs1 au mom5t mme de la prise de la place4 ,l'apprciation du degr de rsi/ance et de faiblesse d'une place e/ difficile2 et l'assigeant qui s'en r5d matre1 e/ s\v5t dispos tr\v] que la df5se a t trop prolonge4--,l'apprciation du degr de rsi/ance ou de faiblesse d'une place rsulte des =ces de l'assaillant et de la comp>aison de ses moy5s d'action2 tel en effet1 qui s'op9itre avec ju/e raison rsi/] contre deux c\leuvr9es1 s]ait ins5s de prt5dre lutt] contre tr5te canons2 il y a aussi considr] la gr&eur que donn5t un pr9ce1 que l'on a p\r adv]saire1 les conqutes qu'il a dj faites1 sa rputation1 le respect qu'on lui doit4 ,mais il y a dang] t5ir p> trop compte de ces d]nires considrations qui1 en ces mmes t]mes1 peuv5t tre de valeur bi5 diffr5te2 c> il en e/ qui ont une si gr&e op9ion d'eux-mmes et des moy5s dont ils dispos5t1 qu'ils n'admett5t pas qu'on ait la folie de leur t5ir tte2 et1 autant que la =tune leur e/ favorable1 ils gorg5t t\t ce qui leur fait rsi/ance4 ,cela app>at notamm5t dans les expressions en lesquelles sont conues les sommations et dfis des anci5s pr9ces de l',ori5t et mme de leurs successeurs2 dans leur langage fi] et hauta91 se rpt5t encore auj\rd'hui les injonctions les plus b>b>es4--,dans la rgion p> laquelle les ,portugais entamr5t la conqute des ,indes1 ils tr\vr5t des peuples *ez lesquels c'e/ une loi gnrale1 d'application con/ante1 que t\t ennemi va9cu p> le roi en p]sonne1 ou p> son lieut5ant1 n'e/ ni admis pay] ranon1 ni reu m]ci2 autrem5t dit1 e/ t\j\rs mis mort4 ,comme conclusion3 qui en a la possibilit1 doit surt\t se g>d] de tomb] entre les ma9s d'un ennemi en armes1 qui e/ victorieux et a p\voir de dcid] de votre sort4 ,,*apitre ,,xv4 ,punition inflig] aux l*es4 ,la l*et ne devrait pas tre punie de mort *ez un soldat1 mo9s qu'elle ne soit le fait de mauvais desse9s4--,j'ai ent5du dire autrefois un pr9ce1 trs gr& capita9e1 qui1 table1 v9t n\s faire le rcit du procs du seigneur de ,v]v9s1 qui fut condamn mort p\r avoir r5du ,b\logne1 qu'un soldat ne devrait pas tre puni de mort p\r un acte de l*et1 prov5ant de sa pusillanimit4 ,je convi5s qu'il e/ ju/e qu'on fasse une gr&e diffr5ce entre une faute due notre faiblesse de c>actre et une prov5ant du fait de nos mauvais s5tim5ts4 ,ici1 n\s agissons en ple9e connaissance de cause1 contre ce que n\s dicte la raison que la nature a mise en n\s p\r dirig] nos actions2 l1 il semble que n\s p\vons invoqu] en notre faveur cette mme nature1 de laquelle n\s t5ons cette imp]fection1 cause de notre faiblesse4 ,c'e/ ce raisonnem5t qui conduit beauc\p de g5s p5s] qu'on ne peut n\s r5dre responsable que de ce que n\s faisons l'encontre de notre consci5ce2 c'e/ mme sur lui que se bas5t en p>tie les p]sonnes qui prononc5t la pe9e capitale contre les hrtiques et les infidles2 c'e/ aussi p\r cela que juge et avocat ne peuv5t tre r5dus responsables lorsque1 p> ignorance des faits de la cause1 ils ont failli leur devoir4 ,les peuples anci5s et mod]nes ont s\v5t v>i dans leur manire de svir contre la poltronn]ie4--,p\r ce qui e/ de la l*et1 il e/ c]ta9 que la honte et l'ignom9ie sont les *tim5ts qui lui sont le plus ord9airem5t infligs2 le lgislateur ,*>ondas passe p\r avoir t le premi] qui les lui ait appliqus4 ,avant lui1 les ,grecs punissai5t de mort ceux qui1 au combat1 avai5t l* pi$4 ,*>ondas se borna ordonn] que1 vtus de robes de femme1 ils demeurass5t p5dant trois j\rs1 exposs au milieu de la place publique2 il esprait de la sorte que1 cette honte rappelant leur c\rage1 ils p\rrai5t rep>atre dans les rangs de l'arme3 ,songez plutt faire r\gir le c\pable1 qu' rp&re son sang 7,t]tulli574--,il semble que les lois roma9es punissai5t galem5t de mort ceux qui avai5t pris la fuite2 c> ,ammi5 ,m>cell9 cite l'emp]eur ,juli5 comme ayant condamn dix de ses soldats1 qui avai5t t\rn le dos dans une *>ge contre les ,p>!s1 tre dgrads1 puis mis mort1 con=mm5t1 dit-il1 aux lois anci5nes4 ,t\tefois1 en d'autres circon/ances1 p\r semblable faute1 il se borna en condamn] d'autres m>*] aux bagages avec les prisonni]s4--,le rude *tim5t inflig p> le peuple roma9 aux soldats *apps au dsa/re de ,cannes1 et1 dans cette mme gu]re1 contre ceux qui accompagnai5t ,cneius ,fulvius dans sa dfaite1 n'alla pas jusqu' la mort4 ,en p>eil cas1 il e/ cra9dre que la honte n'eng5dre le dsespoir et que ceux a9si frapps1 non seulem5t ne se ralli5t pas n\s de bon cur1 mais n\s devi5n5t mme ho/iles4 ,du temps de nos pres1 le seigneur de ,franget1 alors lieut5ant de la compagnie de ,m4 le ,m>*al de ,*tillon1 mis p> ,m4 le ,m>*al de ,*abannes comme g\v]neur de ,font>abie1 en remplacem5t de ,m4 du ,lude1 r5dit cette place aux ,espagnols4 ,il fut condamn tre dgrad de sa noblesse1 tant lui que sa po/rit1 et dcl> roturi]1 taillable 7s\mis l'impt p]sonnel71 et incapable de port] les armes2 cette s5t5ce rig\reuse reut son excution ,lyon4--,plus t>d1 cette mme pe9e fut inflige t\s les g5til%ommes qui se tr\vai5t dans la ville de ,guise1 lorsque le comte de ,nassau s'en emp>a2 et depuis1 d'autres encore4 ,cep5dant1 qu& la faute dnote une si grossire et vid5te ignorance ou l*et qu'elle sort de l'ord9aire1 il s]ait rationnel de la considr] comme un acte de p]v]sit1 prov5ant de mauvais s5tim5ts1 et de la punir comme telle4 ,,*apitre ,,xvi4 ,faon de faire de quelques ambassadeurs4 ,les hommes aim5t faire p>ade de t\te sci5ce autre que celle objet de leur spcialit4--,p\r t\j\rs appr5dre quelque *ose dans mes relations avec autrui 7ce qui e/ un des meilleurs moy5s de s'in/ruire71 j'ai att5tion1 dans mes voyages1 d'am5] con/amm5t les p]sonnes avec lesquelles je m'entreti5s1 sur les sujets qu'elles connaiss5t le mieux3 ,que le pilote se cont5te de p>l] des v5ts1 le lab\reur de ses taureaux1 le gu]ri] de ses blessures et le b]g] de ses tr\peaux 7d'aprs ,prop]ce74 ,le plus s\v5t1 c'e/ le contraire qui a lieu2 *acun prfre p>l] d'un mti] autre que le si51 croyant accrotre a9si sa rputation2 tmo9 le repro*e adress p> ,ar*idamus ,pri&re1 d'ab&onn] la gloire d'tre un bon mdec91 p\r acqurir celle de mauvais pote4--,voyez combi5 ,cs> se dp5se l>gem5t1 p\r n\s faire admir] son tal5t con/ruire des ponts et autres eng9s de gu]re2 et combi5 relativem5t il s't5d peu1 qu& il p>le de ses faits et ge/es comme soldat1 de sa vaillance1 de la conduite de ses armes4 ,ses exploits tmoign5t hautem5t que c'e/ un gr& capita9e2 il veut se rvl] comme excell5t +nieur1 qualit qu'il possde un bi5 mo9dre degr4--,d5ys l',anci5 tait1 la gu]re1 un trs bon gnral1 a9si qu'il conv5ait sa situation2 eh bi51 il se t\rm5tait p\r en arriv] ce que l'on prist surt\t en lui son tal5t p\r la posie1 qui tait =t mdiocre4--,un p]sonnage app>t5ant l'ordre judiciaire1 auquel ces j\rs-ci on faisait visit] une biblio?que abondamm5t p\rvue d'ouvrages1 tant de droit1 ce qui tait sa pr(ession1 que sur t\tes les autres bran*es des connaissances huma9es1 n'y tr\va pas matire conv]sation2 mais il s'arrta longuem5t entr] dans des explications doctorales sur une b>ricade1 99 sujet auquel il ne connaissait ri51 leve prs de l'entre de cette biblio?que1 et que c5t capita9es et soldats voyai5t t\s les j\rs1 sans qu'elle donnt lieu rem>que ou critique de leur "p4 ,le buf pesant v\drait port] la selle1 et le *eval tir] la *>rue 7,horace74 ,en en agissant a9si1 v\s ne faites jamais ri5 qui vaille2 ef=ons-n\s donc de t\j\rs ram5] l'ar*itecte1 le pe9tre1 le cordonni] et t\s autres1 ce qui e/ le propre de leur mti]4 ,p\r jug] de la valeur d'un hi/ori51 il importe de connatre sa pr(ession4--,et ce propos1 qu& je lis des *roniques1 g5re que tant de g5s abord5t auj\rd'hui1 j'ai c\tume de considr] t\t d'abord ce qu'en sont les auteurs4 ,si ce sont des p]sonnes qui ne s'occup5t que de lettres1 je m'atta*e pr9cipalem5t au /yle et au langage2 si ce sont des mdec9s1 je les crois surt\t qu& ils trait5t de la temprature de l'air1 de la sant1 de la con/itution physique des pr9ces1 des blessures et des maladies2 des jurisconsultes1 je porte p>ticulirem5t mon att5tion sur les discussions affr5tes au droit1 aux lois1 la confection des rglem5ts et autres sujets analogues2 des ?ologi5s1 sur les affaires de l'glise1 les c5sures ecclsia/iques1 les disp5ses et les m>iages2 si ce sont des c\rtisans1 sur les murs et les crmonies qu'ils dpeign5t2 des g5s de gu]re1 sur ce qui les t\*e1 et pr9cipalem5t sur les dductions qu'ils tir5t des actions auxquelles ils ont assi/2 des ambassadeurs1 sur les m5es1 les intellig5ces et les pratiques du ressort de la diplomatie et la manire de les conduire4 ,les ambassadeurs d'un pr9ce ne doiv5t ri5 lui ca*]4--,c'e/ ce qui m'a port rem>qu] et lire avec intrt le passage suivant des *roniques du seigneur de ,langey1 trs ent5du en ces sortes de *oses et que j'eusse laiss pass] sans m'y arrt]1 s'il et t de t\t autre4 ,il conte les fameuses remontrances faites ,rome1 p> l'emp]eur ,*>les-,qu9t1 en ple9 consi/oire1 auquel assi/ai5t nos ambassadeurs1 l'vque de ,mcon et le seigneur de ,velly4 ,aprs quelques p>oles (f5santes p\r n\s1 qu'il y avait glisses entre autres que si ses capita9es1 ses soldats 99 et ses sujets n'avai5t pas plus de fidlit leurs devoirs1 ni plus de connaissances militaires que ceux du roi de ,france1 sur l'heure1 il irait1 la corde au c\1 lui dem&] misricorde 7et il y a lieu de croire que c'tait bi5 un peu le fond de sa p5se1 c> depuis1 deux ou trois fois dans sa vie1 il a t5u le mme langage72 l'emp]eur dit aussi qu'il dfiait le roi en combat s+uli]1 en *emise1 avec l'pe et le poign>d1 en ple9e rivire1 sur un bateau et de la sorte dans l'impossibilit de l*] pi$4 ,le seigneur de ,langey t]m9e en disant qu'en r5dant compte au roi de cette sance1 ses ambassadeurs lui en dissimulr5t la plus gr&e p>tie et omir5t mme les deux p>ticul>its qui prcd5t4 ,or1 je tr\ve bi5 trange qu'un ambassadeur puisse se disp5s] de rapport] de tels propos1 dans les comptes r5dus qu'il adresse son s\v]a92 surt\t qu& ils sont de telle importance1 qu'ils man5t d'un p]sonnage comme l'emp]eur et qu'ils ont t t5us en si gr&e assemble4 ,il me semble que le devoir du s]viteur e/ de reproduire fidlem5t t\tes *oses1 comme elles se sont prs5tes1 af9 que le matre ait t\te lib]t d'ordonn]1 apprci] et *oisir4 ,lui altr] ou lui ca*] la vrit1 de peur qu'il ne la pr5ne autrem5t qu'il ne le doit1 et que cela ne l'amne pr5dre un mauvais p>ti1 et1 p\r cette raison1 lui laiss] ignor] ce qui l'intresse1 c'e/1 mon s5s1 int]v]tir les rles2 celui qui comm&e1 le peut2 celui qui obx1 ne le doit pas4 ,cela app>ti5t au tuteur et au matre d'cole et non celui qui1 dans sa situation 991 non seulem5t e/ infrieur en autorit1 mais doit aussi s'e/im] tel1 s\s le rapport de l'expri5ce et de la prud5ce2 quoi qu'il en soit1 dans ma petite sphre1 je ne v\drais pas tre s]vi de cette faon4 ,ri5 de la "p des subordonns n'e/ apprci p> un suprieur1 comme leur obissance pure et simple4--,n\s n\s s\/rayons si volonti]s au comm&em5t1 s\s n'importe quel prtexte1 usurpant les prrogatives de ceux qui ont le p\voir2 *acun aspire si naturellem5t avoir les c\des fran*es et donn] des ordres1 que ri5 ne doit tre plus utile au suprieur et plus prcieux1 que de tr\v] *ez ceux qui le s]v5t une obissance pure et simple4 ,ne pas obir entirem5t un ordre donn1 le faire avec rtic5ce1 c'e/ manqu] au comm&em5t4--,publius ,crassus1 qualifi c9q fois heureux p> les ,roma9s1 avait m& un +nieur grec1 alors que consul1 lui-mme tait en ,asie1 de lui faire am5] le plus gr& de deux mts de navire qu'il avait rem>qus ,a?nes et qu'il v\lait employ] la con/ruction d'une ma*9e de gu]re4 ,cet +nieur1 de p> ses connaissances spciales1 prit sur lui de modifi] les in/ructions qu'il avait reues et am5a le plus petit de ces mts qui1 dit-il1 au po9t de vue te*nique1 conv5ait mieux4 ,crassus c\ta ses explications sans l'int]rompre1 puis lui fit donn] qu& mme le f\et1 e/imant que l'intrt de la discipl9e importait plus que le travail excut dans des conditions plus ou mo9s bonnes4 ,une c]ta9e latitude doit cep5dant tre laisse des ambassadeurs4--,il y a lieu t\tefois d'obs]v] qu'une semblable obissance passive n'e/ apport] qu' l'excution d'ordres prcis1 portant sur des objets nettem5t dt]m9s4 ,les ambassadeurs ont plus de latitude1 et1 sur c]ta9s po9ts1 peuv5t en agir entirem5t comme bon leur semble2 p>ce que leur mission n'e/ pas simplem5t d'excut]1 mais encore d'clair] et de fix] p> leurs conseils la volont du matre4 ,j'ai vu1 en mon temps1 des p]sonnes inve/ies du comm&em5t1 auxquelles il a t fait repro*e d'avoir obi la lettre mme d'in/ructions manant du roi1 au lieu de s'inspir] de l'tat de *oses qu'ils p\vai5t con/at] p> eux-mmes4 ,c'e/ a9si que 99 les hommes de jugem5t condamn5t les errem5ts des rois de ,p]se1 t5ant de si c\rt leurs ag5ts et leurs lieut5ants1 que1 p\r les mo9dres *oses1 il leur fallait rec\rir l'autorit royale2 ce qui1 tant donne l'imm5se t5due de leur empire1 occasionnait des p]tes de temps qui fur5t s\v5t1 p\r les affaires1 cause de prjudice srieux4 ,quant ,crassus1 crivant un homme du mti] et lui donnant avis de l'usage auquel il de/9ait le mt qu'il lui dem&ait1 ne l'incitait-il pas exam9] l'affaire avec lui et ne le conviait-il pas agir suivant ce qu'il croirait conv5ir8 ,,*apitre ,,xvii4 ,de la peur4 ,la peur e/ la plus trange de t\tes les passions4--,je demeurai frapp de /upeur1 les *eveux hrisss et sans voix 7,virgile74--,je ne suis pas trs v]s dans l'tude de la nature huma9e1 suivant l'expression consacre1 et ne sais gure p> quels moy5s la peur agit en n\s2 ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que c'e/ une trange passion2 aucune1 dis5t les mdec9s1 ne n\s jette aussi prcipitamm5t en dehors du bon s5s4 ,de fait1 j'ai vu beauc\p de g5s r5dus ins5ss p> la peur2 mme *ez les plus pondrs1 il e/ c]ta9 que lorsqu'ils y sont en proie1 elle occasionne de t]ribles tr\bles d'esprit4 ,les soldats eux-mmes en sont atte9ts4--,je mets de ct les g5s du commun1 auxquels elle fait voir tantt des aeux sortis du tombeau1 envelopps de leurs suaires2 tantt des l\ps-g>\s1 des lut9s1 des *imres2 mais mme *ez les soldats1 o elle devrait avoir mo9s de prise1 combi5 de fois n'a-t-elle pas trans=m leurs yeux un tr\peau de m\tons en un escadron de piqui]s portant cuirasse2 des roseaux1 des btons1 en g5d>mes1 en lanci]s2 n'a-t-elle pas fait pr5dre nos ennemis p\r des amis1 et croix r\ge p\r croix blan*e8--,lorsque ,m4 de ,b\rbon prit ,rome1 le porte-enseigne de la tr\pe prpose la g>de du faub\rg ,sa9t-,pi]re1 fut saisi d'un tel effroi1 la premire al>me1 que passant au trav]s d'un tr\1 dans un mur en ru9e1 il sortit de la ville portant son enseigne et m>*a droit l'ennemi1 croyant se dirig] v]s l'intrieur de la place4 ,ap]cevant les tr\pes de ,m4 de ,b\rbon se rang] en bataille p\r rsi/]1 croyant que c'tai5t les df5seurs qui oprai5t une sortie1 il revi5t lui1 et1 faisant face en arrire1 r5tre en ville p> le mme tr\ p> lequel il tait sorti et s'tait avanc de plus de trois c5ts pas dans la campagne4--,l'enseigne du capita9e 99 ,juille ne s'en tira pas si heureusem5t1 lorsque le comte de ,bures et ,m4 du ,reu n\s enlevr5t sa9t ,paul2 il fut si p]du de frayeur1 que s'lanant hors ville p> l'embrasure d'un canon1 son enseigne la ma91 il alla donn] tte baisse contre les assaillants qui le mir5t en pices4 ,a ce mme sige1 se produisit un cas extraord9aire3 se tr\vant sur la br*e1 un g5tilhomme fut saisi d'une telle peur1 qui l'treignit si =t1 p>alysant les m\vem5ts du cur1 qu'il en tomba raide mort1 sans avoir la mo9dre blessure4--,p>eille inconsci5ce furibonde s'emp>e p>fois des multitudes3 dans une r5contre de ,g]manicus contre les ,allem&s1 deux grosses fractions de ses tr\pes1 po/es en des po9ts diffr5ts1 prises d'effroi1 s'enfuir5t dans la direction l'une de l'autre et v9r5t se heurt] l'une contre l'autre4 ,elle a s\v5t des rsultats t\t contraires1 elle n\s r5d immobile ou n\s donne des ailes4--,la peur n\s donne tantt des ailes aux talons1 comme ces deux enseignes2 tantt elle n\s cl\e au sol et n\s immobilise1 a9si qu'il arriva l'emp]eur ,?ophile4 ,battu dans une bataille qu'il livrait aux ,ag>nes1 il demeurait si /upfait1 si transi1 qu'il ne p\vait se dcid] fuir1 tant la peur s'effraie1 mme de ce qui p\rrait lui v5ir en aide 7,qu9te ,curce72 jusqu' ce que ,manuel1 un des pr9cipaux *efs de son arme1 l'ayant tiraill et sec\ comme p\r l'veill] d'un pr(ond sommeil1 lui dit3 ,si v\s ne me suivez pas1 je v\s tue2 c> mieux vaut que v\s p]diez la vie1 que d'tre fait prisonni] et c\rir risque de p]dre l'empire4 ,quelquefois elle a dt]m9 des actions d'clat4--,c'e/ surt\t qu&1 s\s son influ5ce1 n\s rec\vrons la vaillance qu'elle n\s a enleve1 contre ce que le devoir et l'honneur n\s comm&ai5t1 que la peur manife/e son action la plus int5sive4 ,a la premire bataille srieuse que les ,roma9s1 s\s le consul ,sempronius1 p]dir5t contre ,annibal1 une tr\pe de bi5 dix mille fantass9s1 saisie d'p\vante1 se db&ant1 et dans sa l*et ne tr\vant pas o pass] ailleurs1 se jeta au trav]s du gros des ennemis2 elle fit si bi51 tuant un si gr& nombre de ,c>?ag9ois1 qu'elle p]a leur ligne1 a*etant une fuite honteuse au prix des mmes ef=ts qu'il lui et fallu faire p\r remport] une victoire glorieuse4 ,elle dom9e t\tes les autres passions et1 plus qu'aucune autre1 n\s dmoralise4--,la peur e/ la *ose du monde dont j'ai le plus peur2 elle dpasse p> les incid5ts aigus qu'elle n\s cause1 t\t autre g5re d'accid5t4 ,quelle affliction peut tre plus pnible et plus ju/ifie que celle des amis de ,pompe1 tmo9s sur son propre navire de l'horrible guet-ap5s dans lequel il fut assass98 ,et cep5dant la peur que leur causa l'appro*e des voiles gypti5nes t\ffa en eux ce s5tim5t2 au po9t qu'on a rem>qu qu'ils ne songr5t qu' press] les matelots1 p\r qu'ils fiss5t dilig5ce et =ce de rames p\r ht] leur fuite1 jusqu' ce qu'arrivs ,tyr1 dlivrs de t\te cra9te1 ils eur5t le loisir de p5s] la p]te qu'ils v5ai5t de faire et donn] libre c\rs leurs lam5tations et leurs l>mes1 que la peur1 plus =te que leur d\leur1 avait p>alyses3 ,l'effroi1 de mon cur1 *asse alors t\te sagesse 7,ennius74 ,ceux qui ont t =tem5t pr\vs dans une action de gu]re1 qui y ont t blesss et dont les blessures sont encore saignantes1 on peut encore ds le l5dema9 les ram5] au combat2 mais ceux qui ont eu une =te peur de l'ennemi1 v\s ne le leur f]iez pas seulem5t reg>d] en face4 ,ceux qui ont srieusem5t sujet de cra9dre de p]dre leurs bi5s1 d'tre exils1 subjugus1 viv5t dans une angoisse cont9ue2 ils en p]d5t le boire1 le mang] et aussi le repos2 t&is que dans les mmes circon/ances1 les pauvres1 les bannis1 les s]fs mn5t1 p\r la plup>t1 aussi joyeuse vie qu'en d'autres temps4 ,combi5 de g5s1 h>cels p> les transes poignantes de la peur1 se sont p5dus1 noys1 jets dans des prcipices1 n\s montrant bi5 qu'elle e/ encore plus importune et insupportable que la mort4 ,t]reurs paniques4--,les ,grecs reconnaiss5t une autre sorte de peur1 qui ne provi5t pas d'erreur de notre jugem5t et survi5t1 dis5t-ils1 sans cause app>5te et uniquem5t p> la volont des dieux2 des peuples enti]s s'en voi5t s\v5t frapps1 des armes entires l'pr\v5t4 ,telle fut celle qui produisit ,c>?age une si prodigieuse dsolation4 ,on n'ent5dait que des cris d'effroi2 les habitants se prcipitai5t hors de leurs maisons1 comme si l'al>me avait t donne3 se *>geant1 se blessant1 s'entretuant les uns les autres1 comme s'ils euss5t t l'ennemi pntrant dans la ville4 ,le dsordre et 99 le tumulte tai5t p>t\t2 et1 cela ne prit f9 que lorsque1 p> des prires et des sacrifices1 ils eur5t apais la colre des dieux4 ,c'e/ ce que les ,grecs nomm5t les t]reurs paniques4 ,,*apitre ,,xviii4 ,ce n'e/ qu'aprs la mort qu'on peut apprci] si durant la vie on a t heureux ou malheureux4 ,ce n'e/ qu'aprs notre mort1 qu'on peut dire si n\s avons t heureux ou non2 inc]titude et in/abilit des *oses huma9es4--,il ne faut jamais p]dre de vue le d]ni] j\r de l'homme1 et ne dcl>] p]sonne heureux1 qu'il ne soit mort et rduit en c5dres 7,ovide74--,les enfants connaiss5t sur ce sujet l'hi/oire du roi ,crsus3 ,crsus1 fait prisonni] p> ,cyrus1 tait condamn mort2 aux appro*es du supplice1 il s'cria3 ,o ,solon6 ,solon6 ,cette exclamation rapporte ,cyrus1 celui-ci s'enquit de sa signification1 et ,crsus lui apprit qu' son gr& dtrim5t1 il confirmait la vrit d'une maxime qu'autrefois ,solon lui avait exprime3 ,que les hommes1 quelles que soi5t les faveurs dont la ,=tune les comble1 ne peuv5t tre rputs heureux1 tant qu'on n'a pas vu s'a*ev] le d]ni] j\r de leur vie2 et cela1 en raison de l'inc]titude et de l'in/abilit des *oses huma9es1 qu'un ri5 suffit *ang] du t\t au t\t4--,dans ce mme ordre d'ides1 ,agsilas rpondait quelqu'un qui tr\vait un roi de ,p]se heureux d'tre1 =t jeune1 matre d'un si puissant tat3 ,oui1 mais ,priam1 son ge1 n'avait pas encore t atte9t p> le malheur4--,n'a-t-on pas vu des rois de ,macdo9e1 successeurs d',alex&re le ,gr&1 all] f9ir ,rome1 comme m5uisi]s et comme greffi]s2 des tyrans de ,sicile dev5ir matres d'cole ,cor9!2 un conqurant de la moiti du monde1 *ef suprme de tant d'armes1 en tre rduit ce degr d'humiliation1 de devoir suppli] des hommes de ri51 (fici]s du roi d'gypte6 c'e/ p\rtant ce que cotr5t au gr& ,pompe les c9q ou six d]ni]s mois de sa vie4--,du temps de nos pres1 on a vu ,ludovic ,s=za1 dixime duc de ,milan1 qui avait si longtemps agit t\te l',italie1 m\rir captif ,lo*es2 et ce qui a t le pire de son malheur1 aprs y avoir t dt5u p5dant dix ans4--,la plus belle des re9es1 veuve du plus gr& roi de la ,*rti5t1 ne vi5t-elle pas1 indigne et b>b>e cruaut6 de m\rir p> la ma9 du b\rreau8--,ces exemples exi/5t p> milli]s2 c>1 de mme que les orages et les temptes s'a*>n5t jal\sem5t contre ceux de nos plus beaux difices1 se di/+uant p> leur lvation1 il semble qu'il y ait aussi l haut des esprits envieux des gr&eurs d'ici-bas3 ,tant il e/ vrai qu'une =ce secrte r5v]se les *oses huma9es et se fait un jeu de f\l] aux pi$s l'orgueil des faisceaux et bris] les ha*es consulaires 7,lucrce76 ,on dirait que quelquefois la ,=tune guette1 po9t nomm1 le d]ni] j\r de notre vie1 p\r n\s faire s5tir le p\voir qu'elle a de r5v]s] en un mom5t ce qu'elle a mis de longues annes difi]1 et n\s am5] cri] avec ,lab]ius3 ,ah6 ce j\r6 c'e/ un j\r en trop de ce que j'aurais du vivre 7,macrobe76 ,en quoi consi/e le bonheur en ce monde4--,aussi peut-on admettre avec raison la maxime si ju/e de ,solon2 mais1 comme c'e/ un philosophe p\r lequel les faveurs et les disgrces de la ,=tune ne compt5t ni comme *ose heureuse1 ni comme *ose malheureuse1 qu'il ti5t la gr&eur et la puissance comme des accid5ts peu prs sans importance dans notre vie1 il e/ vraisemblable qu'il voyait plus lo9 encore1 et qu'il a v\lu dire p> l que ce bonheur de notre exi/5ce1 qui dp5d de la tranquillit et du cont5tem5t d'un esprit ju/e1 de la rsolution et de la f]met d'une me matresse d'elle-mme1 ne doit jamais tre considr comme acquis l'homme1 qu'on ne lui ait vu j\] le d]ni] acte1 indubitablem5t le plus difficile1 de la comdie qu'e/ notre exi/5ce en ce monde4 ,le j\r de notre mort e/ le seul qui p]mette d'mettre un jugem5t sur t\s les autres j\rs de notre vie4--,p\r t\t le re/e1 n\s p\vons dissimul]2 t5ir1 en philosophes1 de beaux disc\rs de pure =me2 avoir la possibilit de cons]v] la srnit de nos traits en prs5ce d'accid5ts qui n\s atteign5t1 sans n\s frapp] au cur2 mais cette d]nire scne entre la mort et n\s1 il n'y a plus fe9dre1 il faut s'expliqu] nettem5t en bon franais1 et montr] ce qu'il y a de rel et de bon au fond de n\s-mmes4 ,alors la ncessit n\s arra*e des p>oles s9cres1 alors le masque tombe1 et l'homme re/e 7,lucrce74 ,voil p\rquoi1 ce d]ni] mom5t1 se rapport5t t\s les autres actes de notre vie1 dont il e/ la pi]re de t\*e2 c'e/ le matre j\r1 celui duquel relv5t t\s les autres2 en ce j\r1 dit un anci51 se jug]a t\t mon pass4 ,je remets la mort de prononc] sur ce qu'ont t mes actions2 p> elle1 on v]ra si mes disc\rs p>t5t de la b\*e ou du cur4 ,il en e/ qui t]m95t p> une mort honorable des exi/5ces passes dans le mal4--,combi5 ont d la mort1 la rputation d'avoir bi5 ou mal vcu6--,scipion1 beau-pre de ,pompe1 releva p> une belle mort la mauvaise op9ion qu'il avait donne de lui1 sa vie durant4--,epam9ondas1 auquel on dem&ait qui des trois il e/imait le plus1 de ,*abrias1 d',iphicrates ou de lui-mme1 rpondit3 ,p\r se prononc]1 il faut d'abord voir ce que s]a notre mort2 et1 quant lui1 ce s]ait lui faire gr& tort1 que de le jug] sans t5ir compte de sa mort si honorable et si ple9e de gr&eur4--,dieu en agit comme il lui plat2 mais de mon temps1 trois p]sonnes des plus excrables que j'ai connues1 dont la vie n'avait t qu'une suite d'abom9ations et d'infamies1 ont eu des morts conv5ables2 telles s\s t\s rapports1 qu'en aucune circon/ance on ne peut dsir] mieux4 ,il e/ des f9s glorieuses1 on peut mme dire heureuses3 j'ai vu la mort int]rompre1 la fleur de l'ge1 une exi/5ce appele aux plus brillantes de/9es et qui y m>*ait gr&s pas2 cette exi/5ce a pris f9 dans des conditions telles1 qu' mon avis1 la ralisation mme des desse9s que son ambition et son c\rage p\vai5t lgitimem5t lui faire concevoir1 ne p\vait la port] aussi haut qu'elle l'a t du fait mme de sa mort4 ,elle l'leva1 sans qu'il le ralist1 au b qu'il avait convoit1 et cela plus glorieusem5t qu'il ne p\vait le dsir] et l'espr]2 il dpassa en m\rant le haut rang et l'illu/ration qui avai5t t l'objet de t\tes ses aspirations4--,qu& il s'agit de port] un jugem5t sur la vie d'autrui1 je reg>de t\j\rs comm5t elle s'e/ t]m9e2 quant la mi5ne1 je me suis surt\t appliqu ce qu'elle s'a*ve bi51 c'e/--dire tranquillem5t et sans clat4 ,,*apitre ,,xix4 ,philosoph]1 c'e/ appr5dre m\rir4 ,qu'e/-ce que philosoph]8--,cicron dit que philosoph]1 n'e/ autre *ose que se prp>] la mort4 ,peut-tre e/-ce p>ce que l'tude et le recueillem5t report5t en quelque sorte notre me en dehors de n\s1 et la dgag5t du corps2 ce qui e/ un peu ce qui advi5t qu& la mort n\s atte9t1 et en e/ comme l'appr5tissage2 ou encore1 p>ce que t\te la sagesse et la raison huma9es ab\tiss5t f9alem5t ce rsultat1 de n\s appr5dre ne pas apprh5d] de m\rir4 ,a dire vrai1 ou notre raison e/ en dfaut1 ou son b unique doit tre notre propre satisfaction1 et t\t son travail t5dre n\s faire vivre bi5 et notre aise1 a9si qu'il e/ dit dans les sa9tes critures4--,t\tes les op9ions mises1 quel que soit celui qui les met1 conclu5t ce que le plaisir e/ le b de la vie2 mais elles diffr5t sur les moy5s d'y atte9dre4 ,s'il n'en tait pas a9si1 elles s]ai5t c>tes aussitt que produites2 c> qui c\t]ait quelqu'un se proposant de n\s dmontr] que n\s ne sommes en ce monde que p\r pe9] et s\ffrir8 ,les discussions1 sur ce po9t1 des sectes philosophiques sont t\tes en p>oles3 ,laissons l ces subtilits 7,snque72 il y entre plus d'ob/9ation et de dispositions ergot]1 qu'il ne convi5t une sci5ce aussi respectable que la philosophie2 mais quelque p]sonnage que l'homme entrepr5ne de j\]1 il y mle t\j\rs un peu de lui-mme4 ,le plaisir e/ le seul b de la vie2 c'e/ surt\t p> la v]tu qu'on se le procure4--,quoi qu'en dis5t les philosophes1 mme dans la pratique de la v]tu1 le b de nos aspirations e/ la volupt4--,la volupt1 il me plat de rpt] sans cesse leurs oreilles ce mot qu'ils ne prononc5t qu' contre-cur2 il s]t exprim] le plaisir suprme portant au p>oxysme le cont5tem5t que n\s p\vons ress5tir2 il convi5drait mieux aux satisfactions que n\s peut procur] la v]tu1 qu' celles prov5ant de t\te autre cause4 ,la volupt qui dc\le de la v]tu1 p\r tre plus gaill>de1 n]veuse1 robu/e1 virile1 n'en e/ que plus srieusem5t voluptueuse2 n\s la qualifions de =ce d'me1 n\s devrions plutt l'appel] un plaisir2 cette appellation s]ait plus heureuse1 plus ju/e et veill]ait des ides mo9s svres4--,quant la volupt d'ordre mo9s relev 7celle qui n\s vi5t p> les s5s71 si on croit qu'elle mrite ce beau nom1 qu'on le lui ma9ti5ne1 mais qu'il ne lui soit pas spcial4 ,plus que la v]tu1 elle a ses inconvni5ts et ses mom5ts difficiles2 outre que les s5sations qu'elle n\s fait pr\v] sont plus phmres1 qu'il n'en demeure ri51 qu'elles s'teign5t rapidem5t1 elle a ses mom5ts de veille1 d'ab/95ce1 de labeur2 la fatigue et la sant ont action sur elle1 et plus encore1 les passions de t\tes sortes dont elle e/ obsde2 de plus1 elle ab\tit une satit si pnible1 qu'elle quivaut une pnit5ce qui n\s s]ait impose4 ,aussi e/-ce bi5 tort que1 div]sifiant l'application de cette loi de nature qui fait que t\te *ose s'accrot p> les rsi/ances qui lui font ob/acle1 on vi5t dire que ces inconvni5ts1 qu& il s'agit de la volupt s5suelle1 sont des /imulants qui aj\t5t au plaisir que n\s p\vons pr\v]1 et1 lorsqu'il e/ "q de la v]tu1 que les difficults qu'elle prs5te la r5d5t au/re et inaccessible4 ,les difficults aj\t5t aux satisfactions que n\s cause la v]tu4--,a l'encontre de ce qui se produit p\r la volupt1 ces difficults1 qui accompagn5t la pratique de la v]tu1 anobliss5t1 aff95t et rehauss5t le plaisir div9 et p>fait qu'elle n\s procure4 ,celui-l e/ c]tes bi5 indigne de la ress5tir1 qui met en balance ce qu'elle cote et ce qu'elle rapporte2 il ne sait en us] et e/ hors d'tat d'en apprci] les beauts4 ,ceux qui vont n\s enseignant que si sa possession e/ agrable1 sa re*]*e e/ pnible et laborieuse1 que veul5t-ils dire p> l1 si ce n'e/ que la v]tu e/ t\j\rs une *ose dsagrable8 c> quel e/ l'homme qui y ait jamais atte9t8 les plus p>faits ont d se cont5t] d'y aspir]1 d'en appro*]1 sans jamais arriv] la possd]4 ,mais ils se tromp5t1 ceux qui p>l5t a9si2 att5du qu'il n'e/ pas un plaisir1 p>mi ceux que n\s connaissons1 dont la re*]*e ne soit dj p> elle-mme une satisfaction2 elle se ress5t du b p\rsuivi et entre p\r beauc\p dans l'effet qu'il n\s produit et dont elle p>ticipe ess5tiellem5t4 ,l o rgne la v]tu1 le bonheur et la batitude dont elle respl5dit1 empliss5t le corps de logis et les av5ues1 depuis la premire porte qui y donne accs1 jusqu' la b>rire qui limite l't5due du doma9e4 ,le mpris de la mort e/ l'un des plus gr&s bi5faits que n\s devons la v]tu4--,un des pr9cipaux bi5faits de la v]tu e/ de n\s inspir] le mpris de la mort1 ce qui n\s p]met de vivre dans une d\ce quitude1 et fait que notre exi/5ce s'c\le agrablem5t et dgage de t\te proccupation2 sans ce s5tim5t1 t\te volupt e/ sans *>me4 ,voil p\rquoi t\s les sy/mes de philosophie conv]g5t et sont d'accord sur ce po9t4 ,bi5 que t\s s'ent5d5t galem5t p\r n\s am5] mpris] la d\leur1 la pauvret et autres accid5ts auxquels la vie huma9e e/ sujette1 t\s n'y apport5t pas le mme so91 soit p>ce que ces accid5ts ne n\s atteign5t pas fatalem5t 7la plup>t des hommes pass5t leur vie1 sans avoir s\ffrir de la pauvret1 et il en e/1 comme ,xnophilus le musici5 qui vcut c5t six ans en p>faite sant1 qui ne connaiss5t ni la d\leur1 ni la maladie71 soit p>ce qu'au pis all]1 la mort peut1 qu& il n\s plat1 mettre f9 et c\p] c\rt t\s nos maux4 ,mais elle-mme e/ 9vitable3 ,n\s m>*ons t\s la mort1 notre sort s'agite dans l'urne2 un peu plus tt1 un peu plus t>d1 le nom de *acun doit en sortir1 et la b>que fatale n\s emport] t\s dans un t]nel exil 7,horace74 ,p> consqu5t1 si elle n\s fait peur1 elle n\s e/ un sujet cont9u de t\rm5ts1 auxquels ri5 ne peut apport] de s\lagem5t4 ,il n'e/ pas de lieu o n\s en soyons l'abri2 p>tant1 n\s p\vons1 comme en pays suspect1 jet] nos reg>ds de ct et d'autre1 elle e/ t\j\rs m5aante1 comme le ro*] de ,tantale 7,cicron74--,nos p>lem5ts ordonn5t s\v5t l'excution des crim9els sur le lieu mme o le crime a t commis2 p5dant qu'on les mne au supplice1 faites-les pass] p> un *em9 o s'lv5t de beaux difices1 faites-leur faire aussi bonne *re qu'il v\s plaira1 les mets les plus exquis ne p\rront *at\ill] leur palais2 ni le *ant des oiseaux1 ni les accords de la lyre ne leur r5dront le sommeil 7,horace72 p5sez-v\s qu'ils y s]ont s5sibles et que le b f9al de leur voyage1 con/amm5t devant leurs yeux1 ne gt]a pas et ne leur f]a pas pr5dre en dgt t\tes ces dlicates att5tions8 ,il s'inquite du *em91 il compte les j\rs1 il mesure sa vie sur la longueur de la r\te1 t\rm5t sans cesse p> l'ide du supplice qui l'att5d 7,claudi574 ,la mort e/ le b ess5tiel de la vie4--,le b de notre exi/5ce1 c'e/ la mort2 c'e/ l'objectif fatal auquel n\s t5dons2 si elle n\s effraie1 comm5t p\vons-n\s faire un pas en avant sans en avoir la fivre8 ,le vulgaire *appe cette obsession1 en n'y p5sant pas2 faut-il que sa sottise soit gr&e p\r tre1 un tel degr1 frapp d'aveuglem5t6 ,il faut lui faire brid] son ne p> la queue1 puisqu'il s'e/ mis dans la tte d'avanc] reculons 7,lucrce74 ,ce n'e/ pas tonnant s'il e/ s\v5t pris au dp\rvu4 ,les g5s ont peur1 ri5 qu'en ent5dant prononc] son nom2 la mort6 ce seul mot1 la plup>t font le signe de la croix1 comme s'ils ent5dai5t voqu] le diable4 ,et p>ce qu'il en e/ "q dans les te/am5ts1 ils ne se dcid5t faire le leur que lorsque le mdec9 les a condamns2 et ,dieu sait alors en quel tat d'esprit ils le font1 s\s l'tre9te de la d\leur et de la frayeur4 ,le mot en tait dsagrable aux ,roma9s4--,p>ce que ce mot rsonnait trop durem5t leurs oreilles et leur semblait de mauvais augure1 les ,roma9s en tai5t arrivs l'ad\cir et us] de priphrases4 ,au lieu de dire3 ,il e/ mort1 ils disai5t3 ,il a cess de vivre1 il a vcu2 p\rvu qu'il y ft "q de vie1 ft-elle passe1 cela leur suffisait4 ,n\s leur avons emprunt ces euphmismes1 et n\s disons3 ,feu matre ,jean4--,si d'av5ture le dicton t]me vaut arg5t tait ici applicable1 comme je suis n entre onze heures et midi1 le d]ni] j\r de fvri] de l'an mil c9q c5t tr5te-trois1 comme on compte ma9t5ant1 l'anne comm5ant en janvi]1 il y a exactem5t qu9ze j\rs que j'ai accompli ma tr5te-neuvime anne2 j'aurais donc le droit d'espr] vivre encore au mo9s une fois autant1 et me t\rm5t] en songeant une v5tualit si loigne s]ait folie2 mais voil1 jeunes et vieux ne quitt5t-ils pas la vie dans les mmes conditions8 ,nul n'en sort autrem5t que s'il ne faisait que d'y entr]2 sans compt] qu'il n'e/ homme si dcrpit1 si vieux1 si cass qui n'ait en tte la longvit de ,ma?usalem et ne p5se avoir encore v+t ans de vie devant lui6 ,je dirai plus3 qui donc1 pauvre f\ que tu es1 a fix la dure de ton exi/5ce8 ,tu t'en rapportes ce que cont5t les mdec9s1 au lieu de reg>d] ce qui se passe et de jug] p> expri5ce4 ,au tra9 dont vont d'ord9aire les *oses1 depuis longtemps tu ne vis que p> faveur exceptionnelle2 tu z dj fran*i la dure habituelle de la vie4 ,tu peux t'en assur] en comptant combi5 plus1 p>mi les p]sonnes de ta connaissance1 sont mortes avant cet ge1 qu'il n'y en a qui l'ont atte9t4 ,relve les noms de ceux qui1 p> l'clat de leur vie1 ont acquis une c]ta9e r5omme2 je p>ie en tr\v] p>mi eux davantage qui sont morts avant tr5te-c9q ans1 qu'aprs4 ,c'e/ faire acte de raison et de pit que de pr5dre exemple sur l'humanit de ,jsus-,*ri/2 or1 sa vie sur la t]re a pris f9 tr5te-trois ans4 ,le plus gr& homme du monde1 homme et non ,dieu1 ,alex&re1 e/ aussi mort cet ge4 ,la mort n\s surpr5d inop9m5t de bi5 des faons4--,que de faons div]ses la mort a de n\s surpr5dre3 ,l'homme ne peut jamais arriv] prvoir t\s les dang]s qui le m5ac5t *aque heure 7,horace74 ,je laisse de ct les maladies1 les fivres1 les pleursies3 ,qui et jamais p5s qu'un duc de ,bretagne prirait t\ff dans une f\le1 comme il arriva l'un d'eux1 lors de l'entre ,lyon du pape ,clm5t1 mon compatriote6 ,n'avons-n\s pas vu un de nos rois1 tu en se j\ant8 un autre1 de ses anctres1 ne l'a-t-il pas t du *oc d'un p\rceau8 ,es*yle1 av]ti p> l'oracle qu'il prirait cras p> la *ute d'une maison1 a beau c\*] sur une aire dpiqu] le bl1 il e/ assomm p> la *ute d'une tortue *appe1 dans les airs1 des s]res d'un aigle4 ,tel autre e/ mort d'avoir aval un gra9 de rais92 un emp]eur1 d'une cor*ure qu'il s'e/ faite avec son peigne1 en procdant sa toilette2 ,emilius ,lepidus1 d'avoir heurt du pi$ le seuil de sa porte2 ,aufidius1 de s'tre *oqu la tte contre la porte1 en entrant dans la *ambre du conseil4 ,et combi5 entre les cuisses des femmes3 le prteur ,cornlius ,gallus2 ,tigell9us1 capita9e du guet ,rome2 ,ludovic1 fils de ,guy de ,gonzague1 m>quis de ,mant\e2 et1 ce qui e/ d'un plus mauvais exemple1 ,speusippus1 un philosophe platonici52 et mme un pape de notre poque4 ,le pauvre ,bebius1 qui tait juge1 t&is qu'il aj\rne une cause huita9e1 meurt subitem5t2 son heure lui tait v5ue4 ,le mdec9 ,cau ,julius soignant les yeux d'un malade1 la mort clt jamais les si5s4 ,et s'il faut me ml] cette numration3 un de mes frres1 le capita9e ,sa9t-,m>t91 g de v+t-trois ans1 qui dj avait donn assez de preuves de sa valeur1 atte9t1 en j\ant la paume1 au-dess\s de l'oreille droite p> une balle1 qui ne laisse trace ni de contusion1 ni de blessure1 ne s'assi$ pas1 n'int]rompt mme pas son jeu2 et cep5dant c9q ou six heures aprs1 il e/ frapp d'apoplexie1 cause p> le c\p qu'il a reu4 ,ces exemples sont si frqu5ts1 se rpt5t si s\v5t s\s nos yeux1 qu'il ne semble pas possible d'vit] que notre p5se ne se reporte v]s la mort1 ni de ni] qu' *aque in/ant elle n\s m5ace4 ,qu'importe1 direz-v\s1 ce qui peut arriv]1 si n\s ne n\s en mettons po9t en pe9e8 ,c'e/ aussi mon avis1 et s'il e/ un moy5 de se mettre l'abri de ses c\ps1 ft-ce s\s la peau d'un veau1 je ne suis pas homme n'en pas us]2 c> il me suffit de vivre commodm5t1 et ce qui peut le mieux faire qu'il en soit a9si1 je le pratique1 si peu glorieux ou exemplaire que ce puisse tre3 ,je prfre pass] p\r un f\1 un imp]t95t1 si mon erreur me plat ou que je ne m'en ap]oive pas1 plutt que d'tre sage et d'en s\ffrir 7,horace74 ,il faut t\j\rs tre prt m\rir4--,mais c'e/ folie que d'espr] se drob] de la sorte cette ide4 ,on va1 on vi5t1 on trotte1 on danse2 de la mort1 pas de n\velles1 que t\t cela e/ beau4 ,mais aussi qu& elle s'abat sur n\s1 sur nos femmes1 nos enfants ou sur nos amis1 que le c\p soit s\da9 ou att5du1 quels t\rm5ts1 quels cris1 quelle rage1 quel dsespoir6 ,vtes-v\s jamais p]sonne si humili1 si *ang1 si confus8 ,il faut s'en proccup] plus l'avance2 sans quoi une telle non*alance qui n\s rappro*e de la bte1 alors mme qu'elle p\rrait se concili] en n\s avec le bon s5s1 ce que je considre comme absolum5t impossible1 n\s fait pay] trop *] les illusions dont elle n\s b]ce4 ,si la mort tait un ennemi qu'on puisse vit]1 je conseill]ais d'en agir vis--vis d'elle1 comme un l*e devant le dang]2 mais1 puisque cela ne se peut1 qu'elle atte9t immanquablem5t les fuy>ds1 qu'ils soi5t poltrons ou honntes g5s3 ,elle p\rsuit l'homme dans sa fuite et n'p>gne pas davantage la timide jeunesse qui *]*e lui *app] 7,horace71 que nulle cuirasse1 si bi5 trempe soit-elle1 ne peut n\s protg]3 ,c\vrez-v\s de f] et d'aira91 la mort v\s frapp]a encore s\s votre armure 7,prop]ce71 appr5ons l'att5dre de pi$ f]me et lutt] contre elle4 ,que l'ide de la mort soit s\v5t prs5te notre esprit4--,p\r comm5c]1 ne lui laissons pas le plus gr& avantage qu'elle ait sur n\s2 et p\r cela1 agissons absolum5t l'inv]se de ce qui se fait d'ord9aire2 enlevons-lui son c>actre trange2 n'en fuyons pas l'ide1 acc\tumons-n\s-y1 ne p5sons ri5 plus s\v5t qu' la mort2 ayons-la1 t\t in/ant1 prs5te notre p5se et s\s t\tes les =mes4 ,qu& un *eval bron*e1 qu'une tuile tombe1 la mo9dre piqre d'p+le1 r$isons-n\s3 ,eh6 si c'tait la mort1 et faisons ef=t p\r ragir contre l'apprh5sion que cette rflexion peut am5]4 ,au milieu des ftes et des rj\issances1 s\v5ons-n\s sans cesse que n\s sommes mortels et ne n\s laissons si =t entran] au plaisir que1 de temps autre1 il ne n\s revi5ne la mmoire que de mille faons notre allgresse peut ab\tir la mort1 et en combi5 de circon/ances elle peut inop9m5t surv5ir4 ,c'e/ ce que faisai5t les gypti5s1 lorsque au milieu de leurs fe/9s1 alors qu'ils tai5t t\t aux plaisirs de la table1 on apportait un squelette huma91 p\r rappel] aux convives la fragilit de leur vie3 ,imag9e-toi que *aque j\r e/ ton j\r suprme1 et tu accept]as avec reconnaissance celui que tu n'esprais plus 7,horace74 ,n\s ne savons o la mort n\s att5d1 att5dons-la p>t\t4 ,mdit] sur la mort1 c'e/ mdit] sur la lib]t2 qui a appris m\rir1 a dsappris la s]vitude2 aucun mal ne peut1 dans le c\rs de la vie1 atte9dre celui qui compr5d bi5 que la privation de la vie n'e/ pas un mal2 savoir m\rir1 n\s affran*it de t\te sujtion et de t\te contra9te4 ,paul ,emile1 allant recevoir les honneurs du triomphe1 rpondait au messag] que lui envoyait ce malheureux roi de ,macdo9e1 son prisonni]1 p\r suppli] de ne pas l'y tran] sa suite3 ,qu'il s'adresse sa requte lui-mme4 ,a la vrit1 en t\tes *oses1 il e/ difficile que l'art et l'indu/rie progress5t dans les uvres qu'ils produis5t1 si la nature ne s'y prte4 ,je ne suis pas mlancolique1 je suis rveur2 il n'e/ ri5 sur quoi mon imag9ation se soit plus s\v5t reporte que sur cette ide de la mort1 et cela depuis t\j\rs1 mme l'poque de ma vie o j'tais le plus encl9 aux plaisirs1 alors que j'tais la fleur de l'ge 7,catulle74 ,en compagnie des dames1 en ple9e fte1 en me voyant p5sif1 on s'imag9ait que j'tais proccup de quelque sujet de jal\sie1 ou p> l'att5te de quelque bonne =tune2 t&is que ma p5se se reportait v]s je ne sais plus qui1 lequel1 quelques j\rs avant1 au sortir d'une fte semblable o1 t\t comme moi1 il tait t\t enti] l'oisivet1 l'am\r et au bon temps1 avait t pris d'un accs de fivre *aude et en tait mort2 et je songeais qu'autant m'en p5dait l'oreille3 ,bi5tt le temps prs5t ne s]a plus1 et n\s ne p\rrons le rappel] 7,lucrce72 mais pas plus qu'autre p5se d'ordre quelconque1 celle-ci ne se dcelait sur mon visage4 ,il e/ impossible qu'au db1 cette ide ne n\s cause pas une impression pnible2 mais en y rev5ant1 en l'envisageant en t\s s5s1 la longue1 on f9it sans d\te p> s'y acc\tum]2 autrem5t j'en eusse t cont9uellem5t agit et effray1 c> jamais p]sonne plus que moi n'a t autant en dfiance du fond que n\s p\vons faire sur la vie et ne compte mo9s sur sa dure4 ,ma sant1 qui jusqu' prs5t a t excell5te1 pe9e tr\ble p> quelques indispositions1 ne me donne pas plus l'esprance d'une gr&e longvit1 que les maladies ne me font cra9dre d'en voir int]rompre le c\rs2 *aque m9ute il me semble que je t\*e ma d]nire heure1 et je me rpte sans cesse3 ,ce qui arriv]a fatalem5t un j\r1 peut arriv] auj\rd'hui4 ,en fait1 les has>ds comme les dang]s auxquels n\s sommes exposs1 ne n\s rappro*5t gure1 ne n\s rappro*5t p\r a9si dire pas de notre f92 c> p\r un qui e/ imm95t1 combi5 de millions d'autres sont susp5dus sur nos ttes4 ,songeons-y1 et n\s reconnatrons que1 bi5 portants ou malades1 en m] comme dans nos propres demeures1 dans les combats comme dans le repos le plus absolu1 la mort e/ t\j\rs prs de n\s3 ,aucun homme n'e/ plus fragile qu'un autre1 aucun plus assur du l5dema9 7,snque74 ,p\r ce que je puis avoir faire avant de m\rir1 je cra9s t\j\rs que le temps ne vi5ne me manqu]1 cela ne dem&]ait-il qu'une heure4 ,quelqu'un1 l'autre j\r1 feuilletant mes tablettes1 y tr\va m5tion de quelque *ose que je v\lais qui soit fait aprs ma mort4 ,je dis cette p]sonne1 ce qui tait vrai1 que lorsque j'inscrivais cette note1 je n'tais qu' une lieue de ma demeure2 et que1 quoique bi5 portant et al]te1 je m'tais ht de l'crire1 p>ce que je n'tais pas c]ta9 de ne pas m\rir avant de r5tr] *ez moi4 ,la v5ue de la mort ne s]a pas *ose qui me surpr5dra2 j'y suis1 t\te heure1 prp> autant que je puis l'tre2 elle e/ cont9uellem5t mle mes p5ses et s'y grave4 ,autant qu'il e/ en n\s1 il faut t\j\rs tre bott et prt n\s mettre en r\te2 et surt\t1 n'avoir plus1 p\r ce mom5t1 d'affaires rgl] qu'avec soi-mme3 ,p\rquoi1 dans une vie si c\rte1 =m] tant de projets8 7,horace74 ,ce rglem5t avec n\s-mmes1 au mom5t du d"p1 n\s donn]a assez de s\cis1 sans que n\s n\s en emb>rassions d'autres4 ,obligs de quitt] ce monde1 l'un se pla9t1 plus que de la mort elle-mme1 de ce qu'elle l'int]rompt dans le c\rs d'une belle victoire2 l'autre1 qu'avant1 il n'a pu m>i] sa fille ou tablir ses enfants2 l'un regrette de laiss] sa femme1 l'autre son fils1 ce qui tait ce quoi ils t5ai5t le plus au monde4 ,je suis cette heure1 ,dieu m]ci1 en tel tat que je puis disp>atre qu& il lui plaira1 sans que je regrette quoi que ce soit 991 si ce n'e/ la vie elle-mme1 si sa p]te doit m'tre pnible2 je suis en rgle en t\tes *oses1 mes adieux *acun s]ont bi5tt faits1 je n'aurai plus pr5dre cong que de moi-mme4 ,jamais homme n'a t mieux prp> quitt] la vie po9t nomm et sans mo9s d'arrire-p5se2 nul n'en a t plus compltem5t dta*1 que je m'att5ds l'tre4 ,plus on se ds9tresse de ce qui se pass]a aprs n\s1 mieux cela vaut3 ,malheur1 malheur6 dis5t les uns1 un seul j\r nfa/e suffit p\r empoisonn] t\s les bonheurs de la vie 7,lucrce74--,je n'a*v]ai donc pas mon uvre1 dit l'ar*itecte1 je laiss]ai donc imp>faits ces sup]bes remp>ts 7,virgile74 ,il ne faut ri5 entrepr5dre de si longue hale9e1 ou t\t au mo9s n'y pas apport] un trop ard5t dsir de le m5] t]me4 ,n\s sommes ns p\r agir3 ,je veux que la mort me surpr5ne au milieu de mon travail 7,ovide74 ,agissons donc1 et autant que n\s le p\vons2 prolongeons nos travaux tant que dure notre vie4 ,je veux1 quant moi1 que la mort me tr\ve plantant mes *\x1 indiffr5t sa v5ue1 et plus encore l'obligation dans laquelle elle me mettra de laiss] mon j>d9age ina*ev4--,j'ai vu m\rir quelqu'un qui1 tant la d]nire extrmit1 ne cessait de se pla9dre de ce que sa mort int]rompait1 alors qu'il n'en tait qu'au qu9zime ou au seizime de nos rois1 une hi/oire qu'il tait occup crire3 ,ils ne song5t pas que la mort n\s enlve le regret des *oses les plus *res 7,lucrce74 ,il ne faut pas s'emb>rass] de ces proccupations vulgaires et importunes4 ,si on a plant nos cimetires prs des temples et des lieux les plus frqu5ts de la ville1 c'e/1 disait ,lycurgue1 p\r habitu] le bas peuple1 les femmes1 les enfants1 ne pas s'aff>\*] de la vue d'un homme mort2 et que ce cont9uel spectacle d'ossem5ts1 de tombeaux1 de convois funbres1 n\s av]tisse de ce qui n\s att5d3 ,c'tait jadis la c\tume d'gay] les fe/9s p> le meurtre et d'y donn] en spectacle des combats de gladiateurs2 ceux-ci tombai5t s\v5t p>mi les c\pes et inondai5t de sang les tables du banquet 7,silius ,italicus74 ,les gypti5s1 p5dant leurs fe/9s1 faisai5t app>atre aux yeux des convives une image de la mort de gr&e dim5sion1 t&is qu'une voix leur criait3 ,bois1 rj\is-toi1 c> tu s]as a9si qu& tu s]as mort6 ,*ez moi aussi1 il e/ pass l'tat d'habitude non seulem5t d'avoir con/amm5t prs5te la p5se cette ide de la mort1 mais encore d'en p>l] cont9uellem5t4 ,il n'e/ ri5 dont je m'in=me davantage que de la mort des g5s3 ,quelles p>oles ont-ils prononces2 quelle figure1 quelle attitude avai5t-ils8 ,dans les hi/oires que je lis1 les passages y relatifs sont ceux qui captiv5t le plus mon att5tion2 le gt p>ticuli] que j'en ai se manife/e1 dans cet ouvrage1 p> la nature des sujets dont je fais *oix4 ,si j'tais auteur1 je f]ais un relev des morts qui m'ont frapp1 avec un comm5taire des circon/ances dans lesquelles elles se sont produites2 qui appr5drait aux hommes m\rir1 leur appr5drait vivre4 ,dice>*us donne ce titre un livre qu'il a crit1 mais dans lequel il p\rsuit un b t\t autre et mo9s utile que le mi54 ,intrt que n\s avons y report] frquemm5t notre p5se4--,on me dira que dans sa ralit1 la mort e/ bi5 autre *ose que t\t ce qu'on en peut concevoir2 qu'on a beau s'y prp>]1 ce ne s]t de ri5 qu& on en vi5t l4 ,laissons dire1 il e/ hors de d\te que cette prp>ation a de gr&s avantages2 et puis1 n'e/-ce ri5 que d'all] jusque-l sans apprh5sion1 ni fivre8 ,il y a plus1 la nature elle-mme n\s vi5t en aide en cette occurr5ce et n\s donne le c\rage qui p\rrait n\s manqu]4 ,si notre mort e/ subite et viol5te1 n\s n'avons pas le temps de l'apprh5d]2 si elle e/ autre1 au fur et mesure que la maladie empire1 n\s en v5ons t\t naturellem5t t5ir de mo9s en mo9s la vie4 ,j'ai beauc\p plus de pe9e me faire l'ide de m\rir1 qu& je suis en bonne sant1 que lorsque j'ai la fivre4 ,qu& je ne suis pas bi5 portant1 les agrm5ts de la vie1 dont je ne suis plus autant mme d'us] ni de j\ir1 ont mo9s de prix1 et la mort m'app>at mo9s effrayante2 j'en conclus que plus je me dta*]ai de la vie1 plus j'appro*]ai de la mort et plus facilem5t je me f]ai au passage de l'une l'autre4 ,a9si que le dit ,cs>1 et comme je l'ai con/at en plusieurs autres circon/ances1 les *oses n\s font plus d'effet de lo9 que de prs2 c'e/ a9si que je r$\te beauc\p plus les maladies lorsque je suis en p>faite sant que lorsque je suis aux prises avec elles4 ,bi5 portant1 le bi5-tre que j'pr\ve1 le plaisir1 la =ce tabliss5t une telle disproportion avec l'tat dans lequel je tombe qu& je suis malade1 que mon imag9ation accrot de moiti les incommodits que j'en conois et me les montre plus l\rdes que lorsque j'ai rellem5t en s\ffrir4 ,j'espre qu'il en s]a de mme de la mort4 ,les fluctuations auxquelles notre sant e/ sujette1 l'affaiblissem5t graduel que n\s subissons1 sont des moy5s que la nature emploie p\r n\s dissimul] n\s-mmes l'appro*e de notre f9 et notre dprissem5t4 ,que re/e-t-il un vieill>d de la vigueur de sa jeunesse et de sa vie passe8 ,ha6 qu'il re/e peu de *ose de la vie aux vieill>ds 7,pseudo-,gallus76--,cs>1 auquel un soldat de sa g>de1 vieux et cass1 v5ait1 en ple9e rue1 dem&] l'autorisation de se tu]1 considrant sa m9e si dcrpite1 lui rpondit en plaisantant3 ,tu p5ses donc tre encore en vie4 ,n\s ne s]ions pas capables1 je crois1 de support] un tel *angem5t1 si n\s v5ions tomb] t\t d'un c\p en p>eil tat4 ,mais la nature1 n\s conduisant comme p> la ma91 n\s y amne p> une p5te d\ce1 presque ins5sible1 peu peu et p> degr1 n\s famili>ise avec lui2 si bi5 que1 sans sec\sse1 notre jeunesse s'te9t sans que n\s n\s ap]cevions de cette f91 en vrit plus pnible que celle de notre tre t\t enti]1 qu& il lui faut quitt] une vie dev5ue languissante1 a9si qu'il arrive qu& n\s m\rons de vieillesse4 ,le saut qu'il n\s faut faire p\r pass] d'une exi/5ce misrable la f9 de cette exi/5ce n'e/ pas si s5sible que celui qui sp>e une vie d\ce et pan\ie1 d'une vie pnible et d\l\reuse4 ,le corps demi ploy a mo9s de =ce p\r port] un f>deau2 il en e/ de mme de l'me qu'il e/ ncessaire de dress] et de mettre en tat de rsi/] l'accablem5t que lui cause l'apprh5sion de la mort4 ,comme il e/ impossible qu'elle tr\ve le calme qu& elle e/ s\s le c\p de cette cra9te1 si elle p>v5ait la surmont] compltem5t1 ce qui e/ au-dessus des =ces huma9es1 elle s]ait assure que l'inquitude1 l'anxit1 la peur1 t\t ce qui peut le plus n\s affect]1 n'aurai5t aucune prise sur elle3 ,ni le visage cruel d'un tyran1 ni la tempte d*ane qui b\lev]se l',adriatique1 ri5 ne peut branl] sa f]met2 ri51 pas mme ,jupit] lanant ses f\dres 7,horace74 ,l'me devi5drait alors matresse de ses passions1 comme de ses dsirs les plus ard5ts2 ni l'indig5ce1 ni la honte1 ni la pauvret1 aucune adv]sit ne saurai5t l'atte9dre2 ef=ons-n\s donc1 dans la mesure du possible1 d'en arriv] l4 ,c'e/ en cela que consi/e la vritable et s\v]a9e lib]t qui n\s met mme de dfi] la viol5ce et l'inju/ice1 de brav] la prison et les f]s3 ,je te *>g]ai de *anes aux pi$s et aux ma9s1 je te livr]ai un geli] cruel4--,un dieu me dlivr]a1 ds que je le v\drai4--,ce dieu1 je p5se1 c'e/ la mort1 la mort e/ le d]ni] t]me de t\tes *oses 7,horace74 ,le mpris de la vie e/ le fondem5t le plus assur de la religion4--,notre religion n'a pas1 *ez l'homme1 de base plus assure que le mpris de la vie2 non seulem5t la raison n\s y amne1 c> p\rquoi apprh5d]ions-n\s de p]dre une *ose qu'une fois p]due1 n\s ne sommes plus en tat de p\voir regrett]8 ,et1 puisque la mort n\s m5ace sans cesse s\s tant de =mes1 n'e/-il pas plus dsagrable d'tre t\j\rs les r$\t] t\tes que d'tre1 p> avance1 rsign qu& une bonne fois elle se prs5te8 ,p\rquoi avoir s\ci de sa v5ue1 puisqu'elle e/ 9vitable8--,a quelqu'un disant ,socrate3 ,les tr5te tyrans t'ont condamn mort1 le philosophe rpondit3 ,eux1 le sont p> la nature4--,quelle sottise de n\s afflig] au mom5t mme o n\s allons tre dlivrs de t\s maux4--,notre v5ue en ce monde a t p\r n\s la v5ue de t\tes *oses2 notre mort s]a de mme p\r n\s la mort de t\t4 ,regrett] de n'tre plus dans c5t ans1 e/ aussi f\ que si n\s regrettions de n'tre pas n c5t ans plus tt4 ,m\rir1 c'e/ r5atre une autre vie2 n\s sommes ns dans les l>mes1 il n\s en a cot d'entr] dans la vie actuelle2 en passant une vie n\velle1 n\s n\s dp\illons de ce que n\s avons t dans celle qui l'a prcde4--,une *ose qui ne peut arriv] qu'une fois ne peut tre d'une gravit excessive2 e/-il raisonnable d'apprh5d] si longtemps l'avance un accid5t de si c\rte dure8--,p> le fait de la mort vivre longtemps ou peu1 c'e/ t\t un1 p>ce que ce qui n'e/ plus n'e/ ni long1 ni c\rt4--,ari/ote dit qu'il y a sur la rivire ,hypanis des insectes qui ne viv5t qu'un j\r3 ceux qui meur5t huit heures du mat91 meur5t jeunes2 ceux qui meur5t c9q heures du soir1 meur5t de vieillesse4 ,qui de n\s ne tr\v]ait plaisant qu'une si m9ime diffr5ce dans la dure de ces exi/5ces si phmres1 puisse les faire tax] d'heureuses8 ,p>eille apprciation sur la dure de l'exi/5ce huma9e e/ aussi ridicule1 si n\s la comp>ons l't]nit1 ou encore celle des montagnes1 des rivires1 des toiles1 des arbres et mme celle de c]ta9s animaux4 ,la mort fait p>tie de l'ordre univ]sel des *oses4--,quoi qu'il en soit1 il en e/ a9si du fait mme de la ,nature3 ,sortez de ce monde1 n\s dit-elle1 comme v\s y tes entrs4 ,v\s tes passs de la mort la vie1 sans que ce soit un effet de votre volont et sans en tre effrays2 faites de mme p\r pass] de la vie la mort2 votre mort r5tre dans l'organisation mme de l'univ]s1 c'e/ un fait qui a sa place m>que dans le c\rs des sicles3 ,les mortels se prt5t mutuellem5t la vie4442 c'e/ le flambeau qu'on se passe de ma9 en ma9 comme aux c\rses sacres 7,lucrce74 ,croyez-v\s que1 p\r v\s1 je vais *ang] cet admirable ag5cem5t8 ,m\rir e/ la condition mme de votre cration2 la mort e/ p>tie intgrante de v\s-mme1 sans cesse v\s allez v\s drobant v\s-mme4 ,l'exi/5ce dont v\s j\issez1 ti5t la fois de la vie et de la mort2 du j\r de votre naissance1 v\s v\s a*em9ez t\t la fois et dans la vie et v]s la mort4 ,la premire heure de votre vie1 e/ une heure de mo9s que v\s avez vivre 7,snque74--,natre1 c'e/ comm5c] de m\rir2 le d]ni] mom5t de notre vie1 e/ la consqu5ce du premi] 7,manilius74 ,t\t le temps que v\s vivez1 v\s le drobez la vie et la dim9uez d'autant4 ,votre vie a p\r effet cont9u de v\s conduire la mort4 ,alors que v\s tes en vie1 v\s tes con/amm5t s\s le c\p de la mort1 puisqu'une fois mort1 v\s n'tes plus en vie2 ou1 si v\s le prfrez1 la mort succde la vie1 donc votre vie durant1 v\s tes moribond2 et la mort1 qu& elle prp>e son uvre1 a une action autrem5t dure1 n]gique1 considrable1 que lorsqu'elle l'a accompli4 ,la vie n'e/ en soi ni un bi51 ni un mal4--,si v\s avez su us] de la vie1 en ayant j\i autant qu'il se p\vait1 allez-v\s-en et dcl>ez-v\s satisfait3 ,p\rquoi ne pas sortir du banquet de la vie1 comme un convive rassasi 7,lucrce78 ,si v\s n'avez pas su en us]1 si elle v\s a t inutile1 que v\s importe de la p]dre2 si elle se cont9uait1 quoi l'emploi]iez-v\s bi58 ,a quoi bon prolong] des j\rs1 dont on ne saurait faire meilleur usage que p> le pass 7,lucrce76 ,la vie1 p> elle-mme1 n'e/ ni un bi51 ni un mal2 elle devi5t un bi5 ou un mal1 suivant ce que v\s en agissez4--,si v\s avez vcu un seul j\r1 v\s avez t\t vu1 *aque j\r tant la rptition de t\s les autres4 ,la lumire e/ une1 la nuit e/ une2 ce soleil1 cette lune1 ces toiles1 cet ensemble dont v\s avez j\i1 sont les mmes que du temps de vos aeux2 ce sont les mmes que connatront vos arrire-neveux3 ,vos neveux ne v]ront ri5 de plus que ce qu'ont vu leurs pres 7,manilius74--,t\t au plus peut-on dire que la totalit des actes div]s que comporte la comdie laquelle je v\s ai convi1 s'accomplit dans le c\rs d'une anne1 dont les quatre saisons1 si v\s y avez prt att5tion1 embrass5t l'enfance1 l'adolesc5ce1 la virilit et la vieillesse de t\t ce qui exi/e4 ,cette m>*e e/ con/ante1 le jeu n'en v>ie jamais2 sans autre malice1 sans cesse il se r5\velle2 et il en s]a t\j\rs a9si3 ,n\s t\rnons t\j\rs dans le mme c]cle 7,lucrce72 et l'anne recomm5ce sans cesse la r\te qu'elle a p>c\rue 7,virgile74 ,il n'entre pas dans mes projets d'innov] p\r v\s un autre ordre de *oses3 ,je ne puis ri5 imag9]1 ri5 inv5t] de n\veau p\r v\s plaire2 c'e/1 ce s]a t\j\rs la rptition des mmes tableaux 7,lucrce74--,faites place d'autres1 comme d'autres v\s l'ont faite4 ,l'galit e/ la premire condition de l'quit4 ,qui peut se pla9dre d'une mesure qui s't5d t\s8 ,v\s avez beau prolong] votre vie2 quoi que v\s fassiez1 v\s ne rduirez en ri5 le temps durant lequel v\s s]ez mort2 si longue qu'elle soit1 votre vie n'e/ ri51 et cet tat qui lui succd]a1 que v\s semblez si =t r$\t]1 aura la mme dure que si v\s tiez mort en n\rrice3 ,vivez autant de sicles que v\s v\drez1 la mort n'en s]a pas mo9s t]nelle 7,lucrce74 ,en cet tat o je v\s mettrai1 v\s n'aurez pas sujet d'tre mcont5t3 ,ignorez-v\s qu'il ne v\s survivra pas un autre v\s-mme qui1 vivant1 puisse v\s pleur] mort et gmir sur votre cadavre 7,lucrce78 et cette vie que v\s regrettez tant1 v\s ne la dsir]ez plus3 ,n\s n'aurons plus alors n\s inquit] ni de n\s-mmes1 ni de la vie4441 et n\s n'aurons aucun regret de l'exi/5ce 7,lucrce74 ,la mort e/ mo9s que ri51 si tant e/ que cela puisse tre3 ,la mort e/ mo9s cra9dre que ri51 s'il exi/e quelque *ose qui soit mo9s que ri5 7,lucrce74 ,mort ou vivant v\s lui *appez3 vivant1 p>ce que v\s tes2 mort1 p>ce que v\s n'tes plus4 ,bi5 plus1 nul ne meurt avant son heure4 ,le temps que v\s ne vivez plus1 ne v\s app>ti5t pas plus que celui qui a prcd votre naissance2 v\s tes trang] l'un comme l'autre3 ,considrez en effet que les sicles sans nombre1 dj c\ls1 sont p\r n\s comme s'ils n'avai5t jamais t 7,lucrce74 ,quelle que soit la dure de votre vie1 elle =me un t\t complet4 ,elle e/ utile1 non p> sa dure1 mais p> l'usage qui en e/ fait4 ,tel a vcu longtemps1 qui a peu vcu4 ,songez-y p5dant que v\s le p\vez1 il dp5d de v\s et non du nombre de vos annes que v\s ayez assez vcu4 ,p5siez-v\s donc ne jamais arriv] au po9t v]s lequel v\s n'avez jamais cess de m>*]4 ,exi/e-t-il un *em9 qui ne pr5ne f98 ,si avoir des compagnons peut tre p\r v\s de quelque s\lagem5t1 le monde t\t enti] ne va-t-il pas du mme tra9 que v\s8 ,les races futures v\s suivront leur t\r 7,lucrce74 ,t\t obx la mme impulsion que celle laquelle v\s obissez4 ,y a-t-il quelque *ose qui ne vieillisse pas1 comme v\s-mme vieillissez8 ,des milli]s d'hommes1 des milli]s d'animaux1 des milli]s de cratures autres1 meur5t au mme in/ant o v\s m\rez v\s-mmes3 ,il n'e/ pas une seule nuit1 pas un j\r1 o l'on n'ent5de1 mls aux vagissem5ts du n\veau-n1 les cris de d\leur p\sss aut\r d'un c]cueil 7,lucrce74 ,p\rquoi essay] de recul]1 puisque v\s ne p\vez rev5ir en arrire8 ,v\s en avez vu qui se sont bi5 tr\vs de m\rir1 *appant p> l de gr&es misres2 avez-v\s vu quelqu'un qui s'en soit mal tr\v8 et n'e/-ce pas une bi5 gr&e niais]ie que de condamn] une *ose que v\s ne connaissez ni p> v\s-mmes1 ni p> d'autres8--,p\rquoi te pla9dre de moi et de la de/9e8 ,te faisons-n\s tort8 ,e/-ce toi de n\s g\v]n]1 ou e/-ce toi qui relves de n\s8 ,si peu avanc en ge que tu sois1 ta vie e/ arrive son t]me2 un homme de petite taille e/ aussi complet qu'un homme de haute taille2 ni la taille de l'homme1 ni sa vie1 n'ont de mesure dt]m9e4 ,l'immortalit n'e/ pas dsirable4--,*iron refusa l'immortalit1 lorsque ,saturne son pre1 le dieu mme du temps et de la dure1 lui en eut rvl les conditions4 ,imag9ez-v\s combi51 en vrit1 une vie sans f9 s]ait mo9s tolrable et beauc\p plus pnible p\r l'homme que celle que je lui ai donne4 ,si v\s n'aviez la mort1 v\s me maudiriez sans cesse de v\s en avoir privs4 ,p\rquoi la mort e/ mle d'am]tume4--,c'e/ desse9 que j'y ai ml quelque peu d'am]tume1 p\r emp*] qu'en raison de la commodit de son usage1 v\s ne la re*]*iez avec trop d'avidit et en dpassant la mesure4 ,p\r v\s am5] cette modration que je rclame de v\s1 de ne pas abrg] la vie et de ne pas *]*] esquiv] la mort1 j'ai tempr l'une et l'autre p> les s5sations plus ou mo9s d\ces1 plus ou mo9s pnibles1 qu'elles sont mme de v\s procur]4 ,j'ai appris ,?als1 le premi] de vos sages1 que vivre et m\rir sont *oses galem5t indiffr5tes2 ce qui l'am5a rpondre trs sagem5t quelqu'un qui lui dem&ait p\rquoi alors il ne se donnait pas la mort3 ,p>ce que cela m'e/ indiffr5t4--,l'eau1 la t]re1 l'air1 le feu et t\t ce qui con/itue mon doma9e et contribue ta vie1 n'y contribu5t pas plus qu'ils ne contribu5t ta mort4 ,p\rquoi r$\tes-tu ton d]ni] j\r8 ,il ne te livre pas plus la mort que ne l'a fait *acun de ceux qui l'ont prcd4 ,le d]ni] pas que n\s faisons n'e/ pas celui qui cause notre fatigue1 il ne fait que la dt]m9]4 ,t\s les j\rs mn5t la mort1 le d]ni] seul y arrive4 ,voil les sages av]tissem5ts que n\s donne la ,nature1 notre mre4 ,p\rquoi la mort n\s p>at autre la gu]re que dans nos foy]s2 p\rquoi elle e/ accueillie avec plus de calme p> les g5s du commun que p> les p]sonnes des classes plus leves4--,je me suis s\v5t dem& d'o vi5t qu' la gu]re1 la p]spective1 la vue de la mort1 qu'il s'agisse de n\s ou des autres1 n\s impressionn5t1 sans comp>aison1 beauc\p mo9s que dans nos demeures2 s'il en tait autrem5t1 une arme ne se compos]ait que de mdec9s et de g5s cont9uellem5t en pleurs4 ,je m'tonne galem5t que la mort tant la mme p\r t\s1 elle soit cep5dant accueillie avec plus de calme p> les g5s de la campagne et de basse extraction que p> les autres4 ,je crois en vrit que ces figures de circon/ance et cet app>eil lugubre dont n\s l'ent\rons1 n\s impressionn5t plus qu'elle-mme4 ,qu& elle appro*e1 c'e/ une trans=mation complte de notre vie j\rnalire3 mres1 femmes1 enfants1 cri5t qui mieux mieux2 quantit de p]sonnes font visite1 con/]nes et transies2 les g5s de la maison sont l1 ples et plors2 l'obscurit rgne dans la *ambre2 des ci]ges sont allums2 notre *evet1 se ti5n5t prtres et mdec9s2 en somme t\t1 aut\r de n\s1 e/ dispos p\r inspir] l'horreur et l'effroi2 n\s n'avons pas encore r5du le d]ni] s\pir1 que dj n\s sommes ensevelis et ent]rs4 ,les enfants ont peur1 mme des p]sonnes qu'ils affectionn5t1 qu& elles leur app>aiss5t masques1 c'e/ ce qui n\s arrive cette heure2 enlevons les masques aux *oses comme aux p]sonnes1 et dess\s n\s y v]rons t\t simplem5t la mort2 la mme1 au se9 de laquelle s'en sont alls hi]1 sans plus en avoir peur1 tel valet ou telle petite femme de *ambre4 ,c'e/ une mort heureuse1 que celle qui n\s surpr5d sans donn] le temps de p>eils apprts4 ,,*apitre ,,xx4 ,de la =ce de l'imag9ation4 ,des effets de l'imag9ation4--,une imag9ation =tem5t proccupe d'un vnem5t1 peut l'am5] 7,snque71 dis5t les g5s d'expri5ce4 ,je suis de ceux sur lesquels l'imag9ation a beauc\p d'empire2 *acun l'pr\ve plus ou mo9s1 mais il en e/ *ez lesquels son action e/ prpondrante2 je suis de ceux-l1 elle s'impose moi2 aussi je m'ef=ce de lui *app]1 faute de p\voir lui rsi/]4 ,je pass]ais volonti]s ma vie en compagnie de p]sonnes bi5 portantes et d'humeur gaie2 la vue des angoisses des autres agit matriellem5t sur moi d'une faon pnible1 et s\v5t j'ai s\ff]t de s5tir qu'un autre s\ffrait4 ,quelqu'un qui t\sse cont9uellem5t1 amne cette mme irritation dans mes p\mons et dans mes bron*es4 ,je suis mo9s port visit] les malades auxquels1 p> devoir1 je porte intrt1 que ceux prs desquels je suis appel sans m'y att5dre et p\r lesquels je n'ai pas gr&e considration4 ,je me pntre d'une maladie sur laquelle je porte p>ticulirem5t mon att5tion1 et en pr5ds le g]me4 ,je ne tr\ve pas tonnant qu' ceux qui laiss5t faire leur imag9ation1 elle puisse1 s'ils n'y pr5n5t g>de1 communiqu] la fivre et mme am5] la mort4--,simon ,?omas tait un gr& mdec9 en son temps4 ,il me s\vi5t que me r5contrant un j\r avec lui1 ,t\l\se1 *ez un vieill>d qui avait de la =tune et tait malade de la poitr9e1 ,simon ,?omas1 dans sa consultation1 lui dit qu'entre autres moy5s de gurison1 il lui conseillait de *]*] faire que je me plaise en sa compagnie1 et qu'en s'appliquant contempl] la fra*eur de mon visage1 en conc5trant sa p5se sur l'allgresse et la vigueur qui rayonnai5t de t\t mon tre alors en ple9e adolesc5ce1 qu'en imprgnant t\s ses s5s de cette exubrance de sant qui tait en moi1 il p\rrait en amlior] son tat habituel2 il omettait de dire que1 p> contre1 le mi5 p\rrait bi5 aussi s'en f*eusem5t ress5tir4--,gallus ,vibius s'appliqua si =t tudi] les causes et les effets de la folie1 qu'il en p]dit la raison et ne put la rec\vr]2 en voici un qui p\vait se vant] d'tre dev5u f\ p> excs de sagesse4--,*ez quelques condamns1 la frayeur devance l'action du b\rreau1 tmo9 celui auquel1 sur l'*afaud1 on db&a les yeux p\r lui donn] lecture de sa grce et qui tait dj mort f\droy1 p> le seul effet de son imag9ation4 ,son action suffit p\r n\s mettre en nage1 n\s donn] le frisson1 n\s faire plir1 r\gir2 sur notre lit de plume1 notre corps s'agite s\s ses excitations1 au po9t de p>fois n\s faire r5dre l'me2 et la b\illante jeunesse s'en *auffe tel po9t qu'il lui arrive1 p5dant le sommeil1 d'all]1 s\s l'influ5ce d'un rve1 jusqu' ass\vir ses am\reux dsirs4 ,des motions viol5tes peuv5t occasionn] des modifications radicales dans notre organisme4--,bi5 qu'il ne soit pas r>e de voir1 p5dant la nuit1 les cornes p\ss] tel qui n'en avait pas en se c\*ant1 le cas de ,cippus1 roi d',italie1 e/ p>ticulirem5t rem>quable4 ,il avait assi/ dans la j\rne un combat de taureaux et s'y tait si vivem5t intress que1 t\te la nuit1 il avait rv qu'il lui v5ait des cornes sur la tte1 ce qui1 p> la =ce de l'imag9ation1 se produisit effectivem5t4--,l'am\r filial donna au fils de ,crsus la voix que la nature lui avait refuse4--,antio*us contracta la fivre1 p> suite de l'impression excessive que lui avait fait pr\v] la beaut de ,/ratonice4--,pl9e dit avoir vu ,lucius ,cossitius de femme *ang en homme1 le j\r de ses noces4--,pontanus et d'autres rapport5t de p>eilles mtamorphoses adv5ues en ,italie1 dans les sicles passs2 et1 p> suite d'un viol5t dsir1 conu p> lui et p> sa mre1 ,iphis paya g>on1 les vux qu'il avait faits tant fille 7,ovide74 tant de passage ,vitry le ,franais1 il me fut donn de voir un homme qui1 en raison du fait1 avait reu de l'vque de ,soissons le nom de ,g]ma91 et que t\s les g5s de la localit avai5t connu et vu fille1 jusqu' l'ge de v+t-deux ans1 s\s le nom de ,m>ie4 ,a l'poque o je le vis1 il tait dj g1 portait une =te b>be et n'tait pas m>i2 il expliquait son cas1 p> un ef=t qu'il s'tait donn en sautant1 qui avait dt]m9 dans ses organes gnitaux une trans=mation qui avait *ang son sexe4 ,on *ante encore dans ce pays une *anson o les filles s'av]tiss5t de ne pas faire de trop gr&es enjambes1 de peur de dev5ir g>on1 comme ,m>ie ,g]ma94--,ce n'e/ pas l du re/e un fait extraord9aire2 ce g5re d'accid5t se r5contre assez frquemm5t4 ,on peut p\rtant obs]v] que si1 en p>eil cas1 l'imag9ation y e/ p\r quelque *ose1 c'e/ un po9t sur lequel elle e/ surexcite avec une telle cont9uit et une telle viol5ce1 que p\r ne pas avoir retomb] si s\v5t dans cette p5se obsdante1 dans ce dsir effrn1 la nature aurait meilleur compte de dot]1 une fois p\r t\tes1 les filles d'un organe mascul94 ,l'imag9ation peut produire des extases1 des visions1 des dfaillances considres jadis comme le fait d'en*antem5ts4--,il en e/ qui attribu5t un effet de l'imag9ation les /igmates du roi ,dagob]t et de sa9t ,franois4--,on dit que s\s cette mme influ5ce1 le corps huma9 peut se s\lev] de la place qu'il occupe4--,celsus raconte qu'un prtre p>v5ait produire en lui-mme une telle extase que1 durant un assez long temps1 le c\rs de sa respiration en tait arrt et son corps ins5sible4--,sa9t ,augu/9 en cite un autre1 auquel il suffisait de faire ent5dre des cris lam5tables et pla9tifs1 p\r le voir t\t c\p tomb] en faiblesse et p]dre le s5tim5t1 au po9t qu'on avait beau le sec\]1 hurl]1 le p9c]1 le brl]1 il ne ress5tait ri51 tant qu'il n'avait pas repris connaissance4 ,rev5u lui1 il disait avoir ent5du des voix semblant v5ir de lo91 et s'ap]cevait alors seulem5t de ses brlures et de ses meurtrissures2 comme p5dant t\t ce temps il tait demeur sans p\ls ni hale9e1 cela indiquait bi5 que cette ins5sibilit n'tait pas1 de sa "p1 le fait d'une volont arrte4--,il e/ vraisemblable que c'e/ surt\t p> un effet de l'imag9ation1 agissant pr9cipalem5t sur les mes des g5s du peuple plus encl9s la crdulit1 que les visions1 99 les miracles1 les en*antem5ts et t\s les faits surnaturels de mme ordre1 tr\v5t crance2 on les a si bi5 endoctr9s1 qu'ils en arriv5t croire qu'ils voi5t des *oses qu'ils ne voi5t rellem5t pas4 ,je 99 crois aussi que ces dfaillances s+ulires dans la consommation du m>iage1 qui rduis5t tant de p]sonnes une impuissance mom5tane1 qu'on ne s'entreti5t que de cela1 sont t\t simplem5t un effet de l'apprh5sion et de la cra9te4 ,je sais de s\rce c]ta9e qu'une p]sonne dont je puis rpondre comme de moi-mme1 qu'on ne peut s\ponn] ni de faiblesse1 ni de croyance aux en*antem5ts1 ayant ent5du un de ses compagnons racont] la dfaillance extraord9aire qui lui tait surv5ue au mom5t mme o elle tait le plus hors de saison1 ce rcit lui rev5ant la mmoire1 il en pr\va1 en p>eille circon/ance1 une telle apprh5sion et son imag9ation en fut tellem5t frappe que mme in=tune lui arriva cette fois et d'autres encore1 ce dsagrable s\v5ir de sa msav5ture le p\rsuivant et l'obsdant sans cesse4 ,p\r remdi] cette s+ulire situation1 il imag9a un moy5 non mo9s s+uli]4 ,pr5ant les devants1 avant t\te *ose1 il av\ait de lui-mme ce quoi il tait sujet2 il tr\vait un s\lagem5t la cont5tion d'esprit laquelle il tait en proie1 p> l'annonce de ce qui p\vait arriv]2 il lui semblait tre t5u mo9s et en tait mo9s proccup4 ,qu& alors sa compagne1 dm5t av]tie1 en v9t se livr] complaisamm5t lui1 lui concdant t\te latitude d'essay]1 de s'y repr5dre en usant d'elle son gr1 son esprit se tr\vant de la sorte dgag de l'obsession qui l'treignait1 il fut radicalem5t guri4 ,du re/e avec qui on a fait une fois acte de virilit1 l'impuissance n'e/ plus r$\t]1 sauf dans les cas o elle s'explique p> notre puisem5t4 ,p>eil accid5t n'e/ d'ord9aire cra9dre que dans les circon/ances o on e/ surexcit p> un dsir immodr cont5u p> le respect1 p>ticulirem5t lorsque les r5contres sont imprvues et que l'on e/ press p> le temps2 notre tr\ble alors n\s emp*e de n\s ressaisir4 ,je connais une p]sonne1 demi blase il e/ vrai sur les plaisirs de ce g5re1 laquelle le contact de la femme suffit p\r calm] l'ardeur qui le possde1 et qui doit cette impuissance d'avoir1 malgr son ge1 cons]v ses facults cet g>d2 j'en sais une autre1 laquelle il a suffi qu'un ami l'ait assur possd] un prs]vatif c]ta9 contre ces en*antem5ts1 p\r le g>antir de ces faiblesses2 la *ose vaut la pe9e d'tre conte4 ,un comte1 de trs bonne famille1 avec lequel j'tais =t li1 se m>iant avec une trs belle p]sonne1 qui avait t l'objet des assiduits de quelqu'un qui assi/ait au m>iage1 inquitait =t ses amis1 et en p>ticuli] une vieille dame sa p>5te1 qui prsidait ses noces qui avai5t lieu *ez elle2 elle croyait ces sorcell]ies et me fit "p qu'on r$\tait =t que le quidam n'en ut contre lui4 ,je lui rpondis que j'tais mme de prv5ir ces malfices et la priai de s'en repos] sur moi4 ,j'avais p> has>d1 dans un c(fre1 une petite pice d'or de peu d'paisseur1 dont m'avait fait prs5t ,jacques ,pelleti]1 lorsqu'il demeurait *ez moi2 sur cette pice tai5t gravs quelques signes du zodiaque1 dans le b de con/itu] un prs]vatif contre les c\ps de soleil et gurir les maux de tte4 ,on la plaait1 cet effet1 exactem5t sur la suture du crne1 l'y ma9t5ant l'aide d'un ruban auquel elle tait fixe et qui s'atta*ait s\s le m5ton1 biz>r]ie c\s9e g]ma9e de celle dont n\s p>lons4 ,l'ide me v9t d'en tir] p>ti1 et je dis au comte que1 bi5 que m5ac de la mme in=tune que les autres1 ayant des ennemis qui s'employai5t la lui faire arriv]1 il p\vait nanmo9s s'all] c\*] sans cra9te1 que j'tais mme de lui r5dre un vrai s]vice d'ami et1 au beso91 de faire un miracle en sa faveur1 p\rvu que1 sur son honneur1 il s'engaget en g>d] trs fidlem5t le secret4 ,il devait simplem5t1 p5dant la nuit1 lorsqu'on irait lui port] le rveillon1 si les *oses allai5t mal p\r lui1 me faire ce mom5t un signe dont n\s convnmes4 ,il avait eu l'esprit et les oreilles si rabattus de t\t ce qui s'tait dit ce propos que1 son imag9ation aidant1 ce qu'il r$\tait arriva2 et1 l'heure dite1 il me fit le signe conv5u4 ,je lui glissai alors l'oreille de se lev] comme p\r n\s mettre dehors1 de s'emp>] en manire de plaisant]ie de la robe de nuit que je portais1 de la mettre 7n\s tions peu prs de la mme taille71 et de la cons]v] jusqu' ce qu'il et excut le re/e de mon ordonnance1 qui fut que1 lorsque n\s s]ions sortis1 il se retirt comme p\r tomb] de l'eau1 pronont trois fois telles p>oles et ft tels m\vem5ts que je lui indiquai4 ,a *aque fois1 il devait ce9dre le ruban que je lui remis1 en appliquant soigneusem5t sur les re9s la mdaille qui y tait atta*e1 ayant bi5 so9 f9alem5t de l'assujettir1 de telle sorte qu'il ne puisse ni se dn\]1 ni se drang]2 et ret\rn] alors en t\te assurance sa besogne1 sans omettre d't5dre ma robe sur le lit1 de faon qu'elle les c\vrt t\s deux1 elle et lui4 ,ces s+]ies con/ituai5t la *ose capitale de l'affaire2 de si tranges moy5s n\s sembl5t en effet ne p\voir procd] que d'une sci5ce difficile pntr]1 et p> leur insanit mme1 ils acquir5t importance et considration4 ,en somme il e/ c]ta9 qu'en la circon/ance1 mon talisman agit plus en secondant l'uvre de ,vnus qu'en combattant celle du soleil1 p\ssant plus l'action que remplissant un rle de protection4 ,en cette occasion1 je cdai un m\vem5t de jovialit et de curiosit qui n'e/ pas dans ma nature2 je suis au contraire ennemi de ces simagres qui n'ont pas le s5s commun2 c'e/ un g5re que je n'aime pas1 bi5 que cette fois j'en aie u d'une faon rcrative et pr(itable2 mais si le fait n'e/ pas p> lui-mme rpr\v]1 il r5tre dans un ordre d'ides qu'on ne peut appr\v]4 ,amasis1 roi d'gypte1 avait p\s ,laodice1 une trs belle fille grecque2 et lui qui1 en p>eil cas1 tait t\j\rs un aimable compagnon1 se tr\va c\rt qu& il v\lut j\ir d'elle4 ,attribuant le fait ce qu'elle lui avait jet un sort1 il m5aa de la tu]4 ,comme il arrive propos de t\t ce qui e/ du ressort de l'imag9ation1 elle le pressa1 p\r faire cess] cet tat de *oses1 de rec\rir la dvotion4 ,il fit ,vnus =ce vux et promesses2 et1 ds la premire nuit qui suivit ses (fr&es et ses sacrifices1 il rec\vrit1 comme p> l'int]v5tion de la div9it1 la plnitude de ses moy5s2 cela montre combi5 les femmes ont tort1 lorsqu'elles n\s accueill5t en pr5ant vis--vis de n\s des attitudes compasses1 qu]elleuses1 faisant m9e de n\s rep\ss]2 en en agissant a9si1 elles teign5t nos ardeurs1 t\t en les excitant4 ,la bru de ,py?agore disait que la femme qui c\*e avec un homme1 doit1 en mme temps qu'elle te sa jupe1 se dp>tir de t\te pudeur1 et n'y rev5ir qu'en la revtant4--,l'homme qui1 dans ses rapports avec les femmes1 a eu s\ffrir plusieurs msav5tures semblables1 p]d aism5t confiance4 ,celui qui1 victime une premire fois de son imag9ation1 subit cette honte 7et elle ne se produit 99 gure qu'aux dbuts d'une liaison1 alors que les dsirs sont le plus vifs et le plus ard5ts et qu'en cette premire r5contre1 t5ant donn] bonne op9ion de soi1 on r$\te d'autant plus de faillir71 ayant mal comm5c1 pr\ve de cet accid5t un dpit qui le met dans un tat d'agitation tel1 qu'il c\rt gr& risque de ne pas mieux se montr] dans les r5contres qui suiv5t4 ,comm5t les m>is doiv5t se comport] dans la c\*e nuptiale4--,les g5s m>is se tr\vant avoir t\t leur temps1 ne doiv5t ni se press]1 ni mme t5t] d'entr] en rapport1 s'ils ne sont entirem5t prts2 il e/ prfrable1 dans l'tat d'agitation et de fivre o l'on e/ en p>eil mom5t1 de diffr] d'tr5n] la c\*e nuptiale1 si dplaisant que ce soit1 et d'att5dre patiemm5t un mom5t o l'on soit plus dispos et plus calme1 que de s'expos] de cont9uels mcomptes1 p\r s'tre laiss surpr5dre et se dsespr] d'un premi] *ec4 ,avant d'entr] en possession l'un de l'autre1 celui qui a sujet de d\t] de lui-mme1 doit inop9m5t1 des mom5ts div]s1 essay] en se j\ant1 provoquant sa belle sans s'op9itr]1 de manire arriv] connatre si1 oui ou non1 il peut ou ne peut pas4 ,que ceux1 au contraire1 qui sav5t qu'en eux les moy5s sont t\j\rs hauteur de leurs dsirs1 se g>d5t p\rtant d'en arriv] l'impuissance1 en cdant p> trop leur fantaisie4 ,nos organes sont sujets all] l'encontre de notre volont1 qui elle-mme *appe p>fois t\te direction4--,c'e/ avec raison qu'on rem>que combi5 cet organe e/ indp5dant de n\s-mmes2 n\s sollicitant s\v5t =t importunm5t qu& n\s n'en avons que faire2 n\s faisant dfaut p>fois t\t aussi mal propos1 alors qu'il n\s s]ait de t\te ncessit2 se mettant en opposition directe avec notre volont1 se refusant nettem5t et ob/9m5t t\tes les sollicitations1 soit de notre imag9ation1 soit p> att\*em5ts4 ,si cep5dant on arguait de cette indp5dance de sa "p1 p\r dem&] sa condamnation1 et que j'ai *>ge de df5dre sa cause1 je has>d]ais que cette qu]elle doit v5ir du fait de nos autres organes1 ses compagnons1 qui1 jal\x de son importance et de la d\ceur de son usage1 ont d complot] et s\lev] le monde contre lui1 imputant m*amm5t lui seul une faute qu'eux-mmes commett5t t\t comme lui4 ,c> enf91 rfl*issez3 e/-il une seule p>tie de notre corps qui ne se refuse s\v5t ce qui lui incombe et qui1 s\v5t aussi1 n'agisse contre notre volont8 ,*acune d'elles obx des impulsions qui lui sont propres1 qui l'veill5t et l'endorm5t en dehors de notre cons5tem5t4 ,que de fois les m\vem5ts involontaires de notre visage rvl5t des p5ses que n\s v\drions t5ir secrtes et les livr5t ceux qui n\s appro*5t4 ,la cause qui fait que cet organe a des m\vem5ts indp5dants de n\s1 ex]ce une action semblable sur le cur1 les p\mons et le p\ls2 l'motion fivreuse que produit en n\s la vue d'un objet agrable1 n\s pntre t\t enti] de ses feux1 sans mme que n\s n\s en ap]cevions4 ,n'y a-t-il que ces muscles et ces ve9es qui se t5d5t et se di/5d5t1 non seulem5t sans que n\s le v\lions1 mais mme sans que ce soit un effet de notre p5se4 ,n\s ne comm&ons pas nos *eveux de se hriss]1 notre peau de tressaillir de dsir ou de cra9te2 la ma9 fait s\v5t des m\vem5ts inconsci5ts2 la langue se p>alyse1 la voix se fige c]ta9s mom5ts4 ,alors mme que n\s n'avons ri5 mang] et boire1 et que p> suite n\s n\s pass]ions bi5 d'y tre incits1 l'apptit ne sollicite-t-il pas en n\s l'envie de boire et de mang] et les organes qui s'y emploi5t1 ni plus ni mo9s que fait cet autre apptit qui sollicite cette p>tie de n\s-mmes qui se tr\ve incrim9e et qui1 comme le premi]1 s'te9t aussi sans raison1 qu& bon lui semble8 ,les organes p> lesquels se d*>ge le v5tre1 n'ont-ils pas des m\vem5ts de rtraction et de dilatation qui se produis5t spontanm5t et malgr n\s1 t\t comme ceux qui conc\r5t au fonctionnem5t des organes gnitaux8 ,p\r dmontr] la puissance de notre volont1 sa9t ,augu/9 cite avoir vu quelqu'un qui avait possibilit de produire1 qu& il le v\lait1 une vacuation sonore de gaz inte/9aux2 ,vivs1 glossateur de sa9t ,augu/91 r5*rit sur cette citation p> l'exemple d'un individu de son temps qui1 cette possibilit1 joignait celle de donn] ces bruits une sonorit proportionne au ton de voix plus ou mo9s lev sur lequel on le lui dem&ait2 ce ne sont pas l cep5dant des preuves irrfutables d'une obissance absolue de cette p>tie de notre corps qui1 d'ord9aire1 e/ plus indiscrte et mo9s ordonne dans ses manife/ations p>fois indiscipl9es4 ,je connais une p]sonne *ez qui cette p>tie d'elle-mme e/ si turbul5te et si peu traitable que1 depuis qu>ante ans1 elle e/ t\rm5te p> cette infirmit de ne p\voir se cont5ir2 cette vacuation e/ *ez elle1 p\r a9si dire1 cont9ue1 sans accalmie1 et p>at devoir demeur] telle jusqu' sa mort4 ,combi5 de fois l'impossibilit de se s\lag] de la sorte1 n'a-t-elle pas t cause de s\ffrances qui n\s tortur5t comme les appro*es d'une mort des plus d\l\reuses2 en ce qui me t\*e1 que n'a-t-il plu ,dieu que je ne le sa*e que p> ou dire2 et p\rquoi l'emp]eur ,claude1 en octroyant *acun la lib]t de donn]1 sur ce po9t1 libre c\rs la nature1 en quelque endroit que n\s n\s tr\vions1 n'a-t-il pu aussi n\s en donn] la possibilit6 ,mais notre volont elle-mme1 dont n\s rev5diquons ici l'autorit mconnue1 combi5 n'avons-n\s pas1 bon droit1 encore plus sujet de lui repro*] de son esprit d'opposition et de rbellion1 en raison de ses drglem5ts et de ses dsobissances6 ,veut-elle t\j\rs ce que n\s v\drions qu'elle v\lt8 ,ne veut-elle pas s\v5t1 alors qu'il e/ vid5t que n\s en s]ons lss1 ce que n\s lui df5dons de v\loir8 ,se laisse-t-elle t\j\rs conduire p> les conseils judicieux de notre raison8 ,enf91 p\r la df5se de cet organe dont je suis l'avocat1 je dem&e que l'on considre qu'en ce qui t\*e ce qui lui e/ repro*1 sa cause e/ insp>ablem5t lie celle d'un autre1 son associ2 les deux causes se confond5t et p\rtant mon cli5t e/ le seul qu'on incrim9e1 p>ce qu'il e/ contre lui des argum5ts et des mfaits dont on ne saurait faire repro*e son complice1 auquel on peut bi5 imput] ses provocations p>fois inopportunes1 mais jamais de se refus]2 encore ses provocations sont-elles discrtes et d'allure tranquille4 ,on peut jug] p> l de l'animosit et du mal-fond manife/es de l'accusation4--,quoi qu'il en soit1 avocats et juges auront beau discut] et r5dre des s5t5ces1 la nature n'en cont9u]a pas mo9s son tra92 si elle a dot cet organe de quelque privilge p>ticuli]1 c'e/ avec ju/e raison1 att5du que seul il p]ptue l'immortalit *ez les mortels1 uvre div9e au dire de ,socrates1 et que lui-mme e/ am\r1 dsir d'immortalit1 dmon immortel4 ,du seul fait de l'imag9ation1 les maladies peuv5t se gurir ou s'aggrav]4--,de deux compagnons affligs d'cr\elles1 v5us ensemble d',espagne p\r en obt5ir la gurison1 l'un croit aux pratiques qui doiv5t la produire et laisse son mal en ,france1 l'autre le remporte avec lui2 l'imag9ation1 en p>eille matire1 j\e un tel rle1 que c'e/ p\r cela qu'on n'opre que sur des sujets qui tmoign5t de dispositions cet effet4 ,p\rquoi les mdec9s1 avant d'agir1 s'appliqu5t-ils mettre leurs malades en confiance1 en leur donnant des assurances auxquelles eux-mmes ne croi5t pas1 si ce n'e/ p\r que leur imag9ation supple l'inefficacit prvue de leurs remdes8 ils n'ont g>de d'oubli] ce qu'a crit un des matres dans leur art1 que c]ta9s malades se sont tr\vs dlivrs de leur mal1 p> la seule vue des apprts de l'opration4--,je tr\ve confirmation de cet effet de l'imag9ation1 dans ce fait que m'a cont un g>on apo?icaire qu'employait feu mon pre4 ,ce g>on1 l'esprit simple1 tait de nationalit suisse1 nation o les g5s sont srieux et peu encl9s au m5songe4 ,il avait1 p5dant de longues annes1 eu affaire avec un m>*& de ,t\l\se qui tait maladif1 atte9t de la pi]re et avait frquemm5t beso9 de lavem5ts1 p\r lesquels il se faisait dlivr] p> les mdec9s des ordonnances appropries son mal du mom5t4 ,on les lui apportait avec le crmonial d'habitude2 s\v5t il s'assurait au pralable qu'ils n'tai5t pas trop *auds1 puis il se c\*ait1 se mettait sur le ct et on oprait comme il e/ de rgle1 sauf que l'injection du liquide n'tait pas faite4 ,l'apo?icaire se retirait alors et le pati5t1 accommod comme si le lavem5t avait t effectivem5t adm9i/r1 en ress5tait le mme effet qu'on pr\ve en p>eil cas2 si le mdec9 ne tr\vait pas cet effet suffisant1 on en adm9i/rait deux ou trois autres1 t\j\rs de la mme faon4 ,mon tmo9 m'affirmait sur s]m5t que1 p\r rduire la dp5se1 c> le malade payait ces cly/res comme s'il les avait reu1 la femme de ce cli5t avait quelquefois essay d'y faire mettre simplem5t de l'eau tide2 mais *aque fois le rsultat avait rvl la sup]*]ie1 l'effet n'avait pas t tel qu'il tait att5du et il avait fallu en rev5ir la premire manire4 ,une femme1 croyant1 en mangeant du pa91 avoir aval une p+le1 criait et se dm5ait1 disant pr\v] une d\leur insupportable dans le gosi] o elle s'imag9ait s5tir l'p+le arrte4 ,comme il n'y avait ni enflure1 ni quoi que ce soit de manife/e au dehors1 une p]sonne avise jugea que c'tait un effet d'imag9ation prov5ant de ce qu'elle avait d avoir la gorge rafle au passage p> un morceau de son pa94 ,elle la fit vomir1 et dans ce qu'elle r5dit1 jeta la drobe une p+le tordue4 ,la femme se figurant que c'tait son p+le qu'elle avait r5due1 la d\leur qu'elle ress5tait disp>ut subitem5t4--,je sais un g5tilhomme qui1 trois ou quatre j\rs aprs avoir trait *ez lui bonne compagnie1 se vanta1 en manire de plaisant]ie1 de lui avoir fait mang] un *at en pt1 ce qui n'tait pas4 ,une demoiselle1 qui tait du nombre des convives1 en conut une telle horreur1 qu'elle en eut la fivre et un si gr& drangem5t d'e/omac1 qu'on ne put la sauv]4 ,les btes elles-mmes peuv5t en ress5tir les effets4--,les btes elles-mmes sont1 comme n\s1 sujettes aux effets de l'imag9ation1 tmo9 les *i5s qui se laiss5t m\rir de *agr91 lorsqu'ils p]d5t leur matre4 ,c'e/ un effet analogue qui les fait japp] et se trm\ss] s\s l'influ5ce d'un songe1 p5dant leur sommeil2 et aussi que1 t\t en dormant1 les *evaux h5niss5t et se dbatt5t4 ,notre imag9ation e/ susceptible d'agir mme sur d'autres que sur n\s4--,t\t ce qui prcde1 peut tre attribu la liaison intime qui rgne entre le corps et l'me et amne entre eux un *ange d'impressions4 ,il n'en e/ plus a9si qu& notre imag9ation agit1 non plus seulem5t sur n\s-mmes1 mais sur autrui4 ,de mme que la maladie d'un corps se transmet un autre corps1 a9si qu'il arrive dans le cas de la pe/e1 de la vrole1 de maux d'yeux o le mal va de l'un l'autre3 ,en reg>dant des yeux malades1 les yeux le devi5n5t eux-mmes2 beauc\p de maux se communiqu5t a9si1 s\v5t d'un corps un autre 7,ovide72 de mme l'imag9ation1 vivem5t excite1 peut produire des manations ayant action sur un autre tre4--,l'antiquit n\s a transmis le s\v5ir de femmes de la ,scy?ie qui1 animes et c\rr\ces contre quelqu'un1 le tuai5t p> la seule =ce de leur reg>d4--,les tortues et les autru*es c\v5t leurs ufs simplem5t en les reg>dant1 ce qui suppose que leurs yeux possd5t un c]ta9 degr la facult d'mettre et de propuls] un fluide quelconque4--,les sorci]s pass5t p\r avoir le mauvais il3 ,je ne sais quel il fasc9e mes t5dres agneaux 7,virgile72 p\r moi1 je n'ai aucune croyance dans le p\voir de ceux qui se dis5t magici5s4--,quoi qu'il en soit1 n\s voyons ce fait de femmes ence9tes imprimant aux enfants qu'elles port5t dans leur se9 des m>ques des c>ts de leur imag9ation ou des fantaisies qu'elles peuv5t avoir2 tmo9 celle qui eng5dra ,ludovic le ,m4 ,il a t prs5t au roi ,*>les1 roi de ,bohme et emp]eur1 une fille des environs de ,pise1 t\te velue1 aux poils hrisss1 ce que sa mre attribuait ce qu'elle l'avait conue1 ayant s\s les yeux1 app5due prs de son lit1 une image de sa9t ,jean-,bapti/e4 ,il en e/ de mme des animaux1 comme n\s le voyons p> les brebis de ,jacob1 p> les p]drix et les livres que1 dans les montagnes1 la neige fait t\rn] la c\leur blan*e4--,on a vu d]nirem5t *ez moi1 un *at guettant un oiseau p]* au haut d'un arbre2 ils se reg>dr5t fixem5t avec int5sit p5dant quelques mom5ts1 puis l'oiseau se laissa tomb] comme mort1 entre les pattes du *at1 soit qu'il ait t fasc9 p> un effet de son imag9ation1 soit qu'il ait cd quelque =ce attractive manant du *at4 ,montaigne cite les faits qui arriv5t sa connaissance1 sans se proccup] de leur exactitude2 il se borne en pr5dre texte p\r ses rflexions4--,ceux qui s'occup5t de *asse au faucon1 connaiss5t ce conte d'un fauconni] qui p>iait qu'en fixant avec p]si/ance les yeux sur un milan planant dans l'air1 il l'amn]ait1 p> la seule puissance de son reg>d1 abaiss] son vol au ras de t]re et qui y p>v5ait1 dit-on2 c> je ne le g>antis pas1 laissant ceux auxquels je les emprunte1 la responsabilit des hi/oires que je rapporte4 ,les rflexions que j'mets sont de moi2 elles s'appui5t sur la raison1 non sur les faits2 *acun peut y jo9dre les exemples qu'il juge propos2 quant celui qui n'en a pas aj\t]1 qu'il se g>de de croire que ceux-ci soi5t les seuls1 tant ce qui arrive e/ en t\tes *oses nombreux et v>i2 du re/e si je n'app>eille pas suffisamm5t mes exemples1 qu'un autre leur en sub/itue d'autres qui convi5n5t mieux2 quant moi1 99 j'e/ime qu'en procdant comme je le fais1 je rponds bi5 au b que je me propose4 ,c'e/ ce qui fait que dans l'tude laquelle je me livre1 de nos murs et de nos passions1 les tmoignages les plus extraord9aires1 p\rvu qu'ils soi5t possibles1 me s]v5t comme s'ils tai5t vrais2 que ce soit arriv ,rome ou ,p>is1 ,jean ou ,pi]re1 ils n\s montr5t t\j\rs une faon de ce que peut la nature huma9e et cela suffit p\r attir] utilem5t mon att5tion4 ,j'en ai connaissance1 et en fais mon pr(it1 que ce soit fiction ou ralit2 et1 p>mi les div]s enseignem5ts que s\v5t l'on peut tir] d'une mme hi/oire1 je reti5s1 p\r m'en s]vir1 celui qui se prs5te comme le plus r>e et le plus rem>quable4 ,il y a des auteurs qui s'appliqu5t surt\t faire connatre les vnem5ts2 p\r moi1 si je p\vais1 je vis]ais plutt *]*] en dduire les consqu5ces qui peuv5t en adv5ir4 ,il e/1 avec ju/e raison1 p]mis dans les coles2 d'admettre la similitude des faits l mme o il n'y en a pas2 ce n'e/ p\rtant pas a9si que j'en agis1 et plus scrupuleux encore cet g>d que je ne le s]ais si c'tait de l'hi/oire que j'crivais1 je me suis int]dit d'altr] dans les exemples que je donne ici1 tirs de ce que j'ai lu1 ent5du1 fait ou dit1 jusqu'aux plus petites et plus insignifiantes circon/ances2 je me suis fait un cas de consci5ce de ne pas y *ang] un iota2 cela peut arriv] du fait de mon ignorance1 c'e/ alors mon insu4 ,le rle de *roniqueur ne convi5t gure un philosophe ni un ?ologi52 p\rquoi lui-mme s'e/ refus crire la *ronique de son temps4--,a cet g>d1 je me pr5ds p>fois p5s] comm5t un ?ologi51 un philosophe et autres1 joignant une consci5ce scrupuleuse une gr&e prud5ce1 peuv5t se rs\dre au rle de *roniqueur4 ,comm5t peuv5t-ils c]tifi] des faits qui ne repos5t que sur des rumeurs publiques1 rpondre des p5ses de p]sonnages qui leur sont inconnus et donn] leurs conjectures p\r arg5t comptant1 alors qu'ils hsit]ai5t affirm] sur la foi du s]m5t1 devant la ju/ice1 des actes auxquels s]ai5t mls div]s individus1 lors mme que ces actes se s]ai5t passs en leur prs5ce1 et qu'il n'e/ p]sonne avec qui ils s]ai5t intimem5t lis1 dont ils accept]ai5t de se port] g>ants d'une faon absolue4 ,je considre du re/e comme mo9s has>deux d'crire sur le pass que sur le prs5t1 p>ce que dans le premi] cas l'criva9 ne fait que relat] des vnem5ts de l'au!nticit desquels d'autres sont responsables4 ,quelques p]sonnes me press5t d'crire sur les affaires de mon temps1 e/imant que plus qu'un autre je puis le faire sans passion et que je les connais p\r les avoir vues de plus prs1 ayant appro* les *efs des div]s p>tis4 ,mais elles ignor5t que je ne saurais m'en donn] la pe9e1 alors que je devrais en retir] autant de gloire que ,sallu/e1 tant ennemi jur de t\t ce qui e/ obligation et dem&e assiduit et con/ance4 ,ri5 n'e/ si contraire mon /yle1 qu'une n>ration suivie et t5due2 j'ai l'hale9e c\rte et1 p\r t\t ce que je fais1 il faut m'y repr5dre plusieurs fois4 ,je ne sais ni dress] le plan d'un ouvrage1 ni le dvelopp]2 je suis plus ignorant qu'un enfant des locutions et des expressions affr5tes aux *oses les plus ord9aires2 et cep5dant je me suis mis crire ce que je suis en mesure de dire1 mais je le fais ma manire2 si je pr5ais modle sur un auteur quelconque1 il p\rrait arriv] que je ne sois pas de taille l'imit]2 et puis1 libre comme je le suis p> nature1 j'eusse c]ta9em5t port sur les *oses et les p]sonnes des jugem5ts que1 moi-mme et selon t\te raison1 j'aurais e/im dpass] les bornes et tre punissables4 ,plut>que p\rrait dire que si les faits qu'il rapporte dans ses ouvrages sont t\s et en t\s po9ts con=mes la vrit1 le mrite en revi5t ceux qui les lui ont f\rnis2 mais que s'ils sont utiles la po/rit et prs5ts de manire mettre la v]tu en relief1 c'e/ lui-mme qu'il le doit4 ,peu importe qu'un fait remontant une poque loigne1 soit racont d'une faon ou d'une autre2 c'e/ mo9s dang]eux qu'une erreur dans une ordonnance mdicale4 ,,*apitre ,,xxi4 ,ce qui e/ pr(it p\r l'un e/ dommage p\r l'autre4 ,dans t\te pr(ession1 on ne fait bi5 ses affaires qu'aux dp5s d'autrui4--,demades1 d',a?nes1 pronona une condamnation contre un homme de cette ville qui faisait comm]ce des *oses ncessaires aux ent]rem5ts1 lui repro*ant d'en tir] un trop gr& pr(it1 qui ne p\vait se produire sans la mort de beauc\p de g5s4 ,ce jugem5t ne me semble pas quitable1 p>ce qu'il n'y a pr(it p\r p]sonne1 sans que ce ne soit aux dp5s d'autrui1 et qu' ce compte1 t\t ga9 de t\te nature s]ait condamnable4 ,le m>*& ne fait bi5 ses affaires que p>ce que la jeunesse aime le plaisir2 le lab\reur1 que lorsque le bl e/ *]2 l'ar*itecte1 qu& les maisons tomb5t en ru9e2 t\t ce qui ti5t la magi/rature1 vit de nos procs et de nos qu]elles2 les m9i/res de la religion eux-mmes tir5t honneur et pr(it de notre mort et de nos faiblesses qu'il n\s faut ra*et]2 aucun mdec91 a9si que le dit le comique grec de l'antiquit1 ne voit avec satisfaction ses amis eux-mmes se bi5 port]2 non plus que le soldat1 son pays en paix avec les peuples vois9s2 et a9si du re/e4 ,et1 qui pis e/1 *acun qui reg>de en lui-mme1 y voit que la plup>t des s\haits qu'il fait au plus pr(ond de son cur1 ne se ralis5t qu'aux dp5s d'autrui qu'ils ont p\r po9t de d"p4 ,en y rfl*issant1 il me p>at qu'en cela la nature ne se dp>tit pas de son pr9cipe ess5tiel1 c> les physici5s admett5t que t\te *ose ne nat1 ne se dveloppe et crot que p> l'altration et la trans=mation d'une autre3 ,ds qu'une *ose quelconque *ange de manire d'tre1 il en rsulte aussitt la mort de ce qu'elle tait aup>avant 7,lucrce74 ,,*apitre ,,xxii4 ,des c\tumes et de la circonspection apport] dans les modifications faire subir aux lois en vigueur4 ,de la =ce de l'habitude4--,celui-l me p>at avoir trs bi5 apprci la =ce de l'habitude auquel e/ due l'inv5tion de ce conte d'une femme de la campagne qui1 ayant c\tume de c>ess] et de port] dans ses bras un veau depuis sa naissance et le faisant *aque j\r1 en arriva1 p> habitude1 le port] encore1 alors qu'il fut dev5u un buf de gr&e taille2 c> la c\tume1 en vrit1 e/ une imprieuse et p]fide matresse d'cole4 ,peu peu1 la drobe1 elle pr5d autorit sur n\s2 ses comm5cem5ts sont d\x et humbles2 avec le temps1 elle s'implante et s'aff]mit1 et en arrive n\s montr] un visage absolu et tyrannique1 v]s lequel n\s n'osons mme plus lev] les yeux4 ,n\s la voyons viol5t] la nature1 dans ses accid5ts comme dans ses rgles3 ,l'usage e/ le plus sr guide en t\tes *oses 7,pl9e74 ,je me range cet g>d l'ide qu'exprime l'antre qu'a imag9 ,platon dans sa ,rpublique et conois que1 bi5 s\v5t1 les mdec9s soi5t am5s lui subordonn] les traitem5ts que leur art leur indique d'ordonn]2 c'e/ p> elle que le roi ,mi?ridate p>v9t faire support] le poison son e/omac2 que la fille cite p> ,alb]t en tait arrive vivre d'araignes2 que dans les n\velles ,indes des peuples1 d'assez d'importance1 ont t tr\vs1 s\s des climats div]s1 qui les mang5t1 en font provision1 s'en n\rriss5t1 et font de mme des saut]elles1 f\rmis1 lz>ds1 *auves-s\ris1 qu'ils font cuire et apprt5t des sauces v>ies2 un crapaud1 en temps de disette1 s'y e/ v5du six cus4 ,p\r d'autres peuplades1 nos alim5ts et nos vi&es s]ai5t mortels et vnneux3 ,gr&e e/ la =ce de l'habitude2 p> elle1 le *asseur passe la nuit dans la neige ou se brle au soleil de la montagne2 l'a?lte1 meurtri du ce/e1 ne p\sse pas mme un gmissem5t 7,cicron74 ,ces exemples que n\s tr\vons l'trang]1 ne sont pas si tranges qu'ils p>aiss5t1 si n\s considrons ce que n\s sommes mme de con/at] j\rnellem5t1 combi5 l'habitude atrophie nos s5s4 ,pas n'e/ beso9 p\r cela de cit] ce que l'on dit des g5s qui habit5t prs des cat>actes du ,nil2 non plus que la ?orie mise p> les philosophes sur la musique cle/e que produis5t1 en s'effleurant dans le c\rs de leurs rvolutions1 les a/res1 corps solides et polis1 dont le lg] frottem5t des uns contre les autres doit c]ta9em5t occasionn] une m]veilleuse h>monie1 aux acc5ts et au ry?me de laquelle leurs cont\rs et leurs orbites se modifi5t4 ,de cette musique1 si int5se qu'elle soit1 p]sonne ne s'ap]oit ici-bas1 en raison de sa cont9uit qui fait que notre oue y e/ habitue et ne la p]oit plus1 t\t comme les gypti5s qui n'ent5d5t pas le bruit des cat>actes1 si considrable qu'il soit4 ,il suffit d'obs]v] les m>*aux f]rants1 les meuni]s1 les armuri]s1 qui ne rsi/]ai5t pas au vac>me qu'ils font cont9uellem5t1 s'ils le p]cevai5t1 comme n\s le p]cevons n\s-mmes4--,mon collet de fleurs flatte mon odorat qu& je comm5ce le port]2 mais1 au b\t de trois j\rs1 ceux qui m'appro*5t sont seuls s'ap]cevoir de la bonne odeur qu'il rp&4--,ce qui e/ plus tonnant encore1 c'e/ que malgr des int]valles et des int]ruptions de longue dure1 l'habitude puisse cont9u] l'effet des impressions qu'elle a produit sur nos s5s1 a9si qu'il arrive ceux qui habit5t prs des clo*]s4 ,*ez moi1 je loge dans une t\r o1 mat9 et soir1 une =t grosse clo*e sonne l',ave ,m>ia4 ,ce t9tam>re va jusqu' branl] la t\r2 dans les premi]s j\rs il m'e/ insupportable2 mais en peu de temps je m'y fais1 au po9t que je l'ent5ds sans qu'il me gne et que s\v5t il ne m'veille mme plus4 ,les vices pr5n5t pi$ *ez l'enfant ds le bas ge et devrai5t tre combattus ds ce mom5t4--,platon grondait un enfant qui j\ait aux noix2 l'enfant lui rpondit3 ,tu me grondes p\r bi5 peu de *ose4 ,l'habitude1 rpliqua ,platon1 n'e/ pas une *ose de peu4--,j'e/ime que nos plus gr&s vices s'implant5t en n\s ds notre plus jeune enfance1 et que la p>tie pr9cipale de notre ducation e/ entre les ma9s de nos n\rrices4 ,il e/ des mres p\r lesquelles c'e/ un passe-temps que de voir leur enfant tordre le c\ un p\let1 s'amus] m>tyris] un *i5 ou un *at2 et des pres assez sots p\r1 lorsque leur fils frappe ou injurie un paysan ou un laquais qui ne se df5d pas1 y voir le signe prcurseur d'une me m>tiale2 ou des dispositions la g5tillesse1 en le voyant j\] adroitem5t1 un cam>ade1 un m*ant t\r ou quelque malicieuse p]fidie4 ,ce sont p\rtant l le po9t de d"p et des indices c]ta9s de la cruaut1 de la tyrannie et de la trahison2 ces vices y sont en g]me1 se dvelopp5t graduellem5t et d'autant plus qu'ils pass5t dans les habitudes4 ,il e/ trs dang]eux d'excus] ces vila9s p5*ants1 en arguant de la jeunesse de l'enfant et du peu d'importance de l'acte2 premirem5t1 p>ce que c'e/ la nature qui p>le en lui1 et elle s'y montre d'autant plus s\s son vrai j\r1 qu'il e/ plus jeune et que ce sont ses dbuts2 secondem5t1 p>ce que la laideur d'une mauvaise action ne dp5d pas du dommage caus1 de la diffr5ce des cus aux p+les1 elle e/ en elle-mme4 ,je ne tr\ve pas judicieux de dire3 ,ce n'e/ qu'une p+le qu'il a vole2 il ne l'et pas fait1 s'il se ft agi d'cus2 ce qu'il faut dire1 c'e/3 ,il a vol une p+le1 il e/ capable de vol] des cus4 ,appr5ons soigneusem5t aux enfants har les vices auxquels ils sont encl9s2 faisons-en ressortir leurs yeux la laideur naturelle et am5ons-les1 non seulem5t vit] de s'y ab&onn]1 mais surt\t les dte/] du fond du cur2 que l'ide mme qui peut leur en v5ir leur fasse horreur1 s\s quelque masque qu'ils se prs5t5t4 ,je sais bi5 que p\r avoir t1 dans mon enfance1 lev all] t\j\rs droit devant moi1 sans me dt\rn] des gr&s *em9s battus et n'avoir jamais t port ml] mes jeux d'enfant de petites intrigues ou de la tromp]ie 7les jeux d'enfant sont-ils des jeux et ne faut-il pas y voir ce qui1 *ez eux1 con/itue leurs actes les plus srieux871 il n'e/ passe-temps si futile o je n'apporte de moi-mme1 p> le seul effet de ma nature et sans ef=t1 une extrme rpugnance tromp]4 ,qu& je manie les c>tes1 que l'enjeu soit monnaie de cuivre ou monnaie d'or1 que je gagne ou que je p]de1 que je j\e contre ma femme et ma fille1 peu m'importe1 ma manire de j\] e/ la mme que si c'tait p\r de bon4 ,en t\t et p>t\t1 mes propres yeux suffis5t me t5ir en g>de contre moi-mme2 il n'y en a pas qui me surveill5t de si prs1 ni que je r$\te davantage de sc&alis]4 ,habilet laquelle on peut atte9dre p> l'habitude4--,je vi5s de voir *ez moi un homme de petite taille1 n ,nantes1 v5u au monde sans bras1 qui a si bi5 ex]c ses pi$s faire ce que d'autres font avec les ma9s1 qu'ils en ont presque oubli leur (fice naturel4 ,au demeurant1 il les appelle ses ma9s et en use p\r taill]1 *>g] un pi/olet et le faire p>tir1 enfil] une aiguille1 c\dre1 crire1 t] son bonnet1 se peign]1 j\] aux c>tes et aux ds qu'il mle et agite avec autant de dextrit que pas un4 ,l'arg5t que je lui ai donn 99 7c> il gagne sa vie se faire voir71 il l'a pris avec son pi$1 comme n\s avec la ma94--,j'en ai vu un autre1 encore enfant1 qui1 n'ayant pas de ma9s1 maniait avec un repli de son c\ une pe deux ma9s1 une halleb>de1 les jetant en l'air1 les rattrapant2 lanait une dague et faisait claqu] un f\et1 aussi bi5 que n'importe quel *>reti] de ,france4 ,puissance de la c\tume sur les op9ions1 elle e/ cause de la div]sit des in/itutions huma9es4--,mais o l'on juge bi5 mieux des effets de l'habitude1 c'e/ p> les tranges impressions qu'elle produit sur nos mes1 o elle tr\ve mo9s de rsi/ance4 ,quelle action n'e/-elle pas susceptible d'ex]c] sur nos jugem5ts et nos croyances4 ,laissons de ct la "q religieuse laquelle se tr\v5t mles tant d'impo/ures dont tant de gr&es nations et tant d'hommes capables ont t imbus1 "q tellem5t en dehors de notre pauvre raison huma9e1 qu'on e/ bi5 excusable de s'y p]dre1 si1 p> faveur div9e1 on n'a pas t t\t p>ticulirem5t clair2 sur t\te autre "q1 y a-t-il une op9ion1 si biz>re soit-elle1 que l'habitude n'ait introduite et fait sanctionn] p> les lois1 p>t\t o elle l'a jug propos2 et combi5 e/ ju/e cette exclamation1 que n\s tr\vons dans un auteur lat93 ,quelle honte p\r un physici51 qui doit p\rsuivre sans rel*e les secrets de la nature1 d'allgu] la c\tume1 p\r preuve de la vrit 7,cicron74 ,c\tumes biz>res de c]ta9s peuples4--,il ne vi5t l'imag9ation huma9e aucune fantaisie si dp\rvue de s5s1 dont on ne tr\ve des exemples dans quelque usage pass dans les murs d'un pays ou d'un autre et que p> suite notre raison n'admette et n'explique4--,il e/ des peuples o on t\rne le dos qui l'on salue et o on ne reg>de jamais qui l'on veut honor]4--,il en e/ o qu& le roi cra*e1 la dame de la c\r la plus en faveur t5d la ma92 *ez un autre1 ce sont en p>eil cas les plus haut placs de son ent\rage qui se baiss5t et1 avec un l+e1 ramass5t sur le sol ce qui l'a s\ill4--,a ce propos1 une anecdote3 ,un g5tilhomme franais1 rput p\r ses rep>ties1 se m\*ait t\j\rs avec les doigts1 *ose =t contraire nos usages4 ,df5dant sa manire de faire1 il me dem&a p\r quel motif ce sale produit de nos humeurs tait ce po9t privilgi1 que n\s prp>ons un beau l+e bi5 f9 p\r le recevoir2 et p\rquoi1 ce qui e/ pis1 n\s l'empaquetons ensuite et le s]rons si prcieusem5t sur n\s2 qu'il y avait l de quoi donn] mal au cur1 beauc\p plus que de voir s'en db>rass] n'importe o1 comme n\s agissons de t\te *ose malpropre4 ,je tr\vai que son obs]vation n'tait pas compltem5t draisonnable2 l'habitude m'avait emp* jusqu'alors de m'ap]cevoir de cette tranget1 qui n\s rpugn]ait pr(ondm5t1 si elle n\s tait prs5te comme pratique dans un pays autre que le ntre4--,les miracles rsult5t de notre ignorance des lois de la nature et ne vont pas l'encontre2 mais l'habitude enlve notre jugem5t la sa9e apprciation des *oses4 ,les ,b>b>es ne sont pas p\r n\s un sujet d'tonnem5t plus gr& que n\s ne le sommes p\r eux1 ni en mo9s d'occasions2 *acun en convi5drait si1 aprs avoir rfl*i t\s ces exemples que n\s prs5t5t les temps passs et les pays lo9ta9s1 il savait mdit] sur ceux qu'il tr\ve dans son propre milieu et en raisonn] judicieusem5t4 ,la raison huma9e e/ un mlange confus1 o t\tes les op9ions1 t\tes les c\tumes1 de quelque nature qu'elles soi5t1 tr\v5t galem5t place2 elle embrasse une inf9it de matires1 s\s un nombre inf9i de =mes div]ses4--,je revi5s ma9t5ant mon sujet4 ,il e/ des peuples o1 sauf sa femme et ses enfants1 p]sonne ne p>le au roi que p> int]mdiaires4--,*ez une nation1 les vi]ges montr5t dc\v]t les p>ties du corps que la pudeur comm&e de drob] la vue2 t&is que l mme1 les femmes m>ies les c\vr5t et les ca*5t avec so94--,ailleurs1 on a la c\tume1 qui n'e/ pas sans rapport avec la prcd5te1 de ne considr] la *a/et comme obligatoire que dans le m>iage4 ,les filles peuv5t se donn] leur gr2 se faire avort] au moy5 de drogues spciales1 si elles devi5n5t ence9tes1 et cela au vu et au su de t\t le monde4--,ailleurs1 lorsqu'un m>*& se m>ie1 t\s les m>*&s invits la noce1 c\*5t avec la m>ie1 avant le m>i2 et1 plus il y en a1 plus il en rsulte p\r elle d'honneur et de considration p\r son c\rage et son endurance4 ,il en e/ de mme1 si c'e/ un (fici] qui se m>ie1 si c'e/ un noble1 et a9si des autres2 t\tefois1 si c'e/ un lab\reur ou quelqu'un du bas peuple1 c'e/ au seigneur qu'il app>ti5t de c\*] avec elle2 et ce faisant1 *acun l'exhorte1 qui mieux mieux1 g>d] fidlit son m>i4--,dans c]ta9s pays1 on tr\ve des maisons publiques de dbau*e o les hommes remplac5t les femmes et o se pratiqu5t des m>iages4--,on en voit o les femmes vont la gu]re en mme temps que leurs m>is1 et non seulem5t pr5n5t "p au combat1 mais encore l'ex]cice du comm&em5t2--o on ne porte pas seulem5t des bagues au nez1 aux lvres1 aux j\es1 aux orteils des pi$s1 mais aussi des tiges d'or1 p>fois assez l\rdes1 qui se port5t transp]ant les extrmits des se9s et les fesses2--o1 en mangeant1 on s'essuie les doigts aux cuisses1 aux b\rses des organes gnitaux1 la plante des pi$s4--,il en exi/e o les enfants n'hrit5t pas1 ce sont les frres et les neveux2 ailleurs1 ce sont les neveux seulem5t1 sauf lorsqu'il s'agit de la succession du pr9ce4--,n\s voyons1 dans d'autres pays1 les bi5s tre en commun2 et des magi/rats1 dont les actes sont sans appel1 tre prposs la culture des t]res1 sur t\te l't5due du t]ritoire1 et la rp>tition des produits1 suivant les beso9s de *acun2--les enfants qui meur5t1 tre pleurs1 et la mort des vieill>ds tre fte p> des rj\issances2--les hommes et les femmes c\*] ple-mle1 p> dix ou d\ze1 dans un mme lit2--les femmes qui ont p]du leur m>i de mort viol5te1 p\voir se rem>i]2 les autres ne le p\voir pas2--tre fait si peu de cas de la femme1 qu'on tue leur naissance les enfants du sexe fm991 sauf all] a*et] des femmes dans les pays vois9s1 qu& beso9 en e/2--les m>is avoir possibilit de rpudi] leurs femmes1 sans qu'ils ai5t donn] de raison2 et cette possibilit refuse aux femmes1 quels que soi5t les motifs qu'elles p\rrai5t avoir allgu]2--les m>is tre en droit de les v5dre1 si elles sont /riles4--,il en e/ o1 qu& une p]sonne meurt1 on fait cuire son corps1 puis on le pile jusqu' ce qu'il soit rduit en b\illie2 et cette b\illie1 on la mle au v9 et on la boit4--,la spulture la plus envie e/1 *ez c]ta9s1 d'tre mang p> des *i5s2 *ez d'autres1 p> des oiseaux4--,on croit ailleurs que les mes qui1 aprs la mort1 ont mrit d'tre heureuses1 demeur5t en ple9e lib]t1 dans des lieux ple9s de dlices1 o elles j\iss5t de t\t ce qui peut tre agrable2 et que1 lorsque rsonne un *o1 ce sont elles que n\s ent5dons4--,il y a des peuples qui combatt5t dans l'eau1 et qui1 t\t en nageant1 se s]v5t avec adresse de leur arc4--,*ez c]ta9s1 hauss] les paules et baiss] la tte sont le signe de la sujtion2 et en entrant dans la demeure du roi1 on te sa *aussure4--,il en e/ o des eunuques sont *>gs de la g>de des femmes v\es la vie religieuse2 et p\r emp*] qu'elles ne conoiv5t de l'am\r p\r eux1 on mutile leurs g>di5s le nez et les lvres2 *ez les mmes les prtres se crv5t les yeux1 p\r avoir plus de facilit d'appro*] les dmons et recueillir leurs oracles2--o *acun fait un dieu de ce qui lui plat3 le *asseur1 d'un lion ou d'un r5>d2 le p*eur1 de c]ta9s poissons2 o des idoles sont leves t\te action ou passion huma9e1 et o le soleil1 la lune1 la t]re sont les div9its pr9cipales2 le s]m5t y consi/e t\*] la t]re1 en reg>dant le soleil2 la vi&e et le poisson s'y mang5t crus2--o les s]m5ts les plus sol5nels se prt5t en jurant p> le nom de quelque p]sonne trpasse1 dont la mmoire e/ en vnration1 et posant la ma9 sur sa tombe2--o 99 *aque anne1 comme cadeau de n\vel an1 le roi envoie du feu aux pr9ces1 ses vassaux2 qu& ce feu e/ apport1 t\t autre qui se tr\ve tre allum 99 dans la maison e/ te9t2 et1 s\s pe9e de se r5dre c\pable de lse-maje/1 les s]fs de *acun de ces pr9ces1 doiv5t v5ir s'en procur] n\veau *ez lui2--o qu& le roi1 p\r se consacr] aux pratiques religieuses1 abdique1 ce qui arrive s\v5t1 son hriti] immdiat e/ galem5t oblig d'abdiqu] et le p\voir passe celui qui v5ait en troisime ligne2--o on *ange de =me de g\v]nem5t aussi frquemm5t que les affaires 99 le comport5t2 on y dpose le roi qu& cela semble propos2 et en son lieu et place1 on confie le p\voir quelques anci5s ou on le laisse au peuple2--o hommes et femmes sont circoncis1 et les uns et les autres baptiss2--o le soldat qui1 en un ou plusieurs combats1 e/ arriv prs5t] au roi sept ttes d'ennemis tus p> lui1 e/ fait noble2--o1 *ose r>e et peu con=me aux pr9cipes sociaux1 on n'admet pas l'immortalit de l'me2--o les femmes acc\*5t sans apprh5sion et sans se pla9dre2--o elles font usage de jambires de cuivre qu'elles port5t *aque jambe2 dans ces mmes contres1 mordues p> un p\1 il e/ bi5sant qu'elles le dtruis5t avec les d5ts2 et1 elles n'os]ai5t se m>i]1 sans avoir au pralable (f]t au roi leur pucelage2--o on salue en t\*ant la t]re du doigt1 l'levant ensuite v]s le ciel2--o les hommes1 transportant des f>deaux1 les port5t sur la tte2 les femmes sur les paules2 l encore les femmes piss5t deb\t et les hommes accr\pis2--o en signe d'amiti1 on envoie de son sang aux p]sonnes que l'on affectionne2 et les hommes que l'on veut honor]1 y sont enc5ss1 comme cela se pratique vis--vis des dieux2--o les m>iages ne peuv5t se contract]1 non seulem5t entre p>5ts au quatrime degr1 mais ne sont pas admis1 quel que soit le degr de p>5t1 si loign qu'il soit2--o les enfants sont laisss en n\rrice jusqu' quatre ans1 et mme jusqu' d\ze2 et *ez les mmes1 on considre comme p\vant entran] la mort de l'enfant qui vi5t de natre1 de lui donn] tt] avant un j\r rvolu2--o les pres ont *>ge de *ti] les individus du sexe mascul91 et les mres1 en dehors de t\t reg>d indiscret1 les p]sonnes de leur sexe1 et o exi/e ce *tim5t de p5dre le pati5t p> les pi$s et l'enfum]2--o on circoncit les femmes2--o t\te h]be e/ utilise p\r la consommation1 sauf celles exhalant une mauvaise odeur2--o ri5 n'e/ clos2 les habitations si belles et si ri*es qu'elles soi5t1 n'y ont ni porte1 ni f5tre2 il n'y a pas de c(fres qui f]m5t et les voleurs y sont punis beauc\p plus svrem5t qu'ailleurs2--o on tue les p\x avec les d5ts1 comme font les s+es1 et tr\ve dgtant de les cras] avec les ongles2--o dans t\t le c\rs de la vie1 on ne se c\pe jamais ni les *eveux1 ni la b>be1 ni les ongles4--,il en e/ o on ne c\pe que les ongles de la ma9 droite1 cons]vant intacts p> coquett]ie ceux de la ma9 gau*e2--o on laisse crotre les *eveux et la b>be du ct droit1 quelle que soit la longueur qu'ils peuv5t atte9dre1 et rase ceux de l'autre ct4--,dans des pays vois9s les uns des autres3 ici1 c'e/ p> devant qu'on laisse crotre les *eveux t&is qu'on rase ceux de d]rire2 l1 c'e/ l'inv]se4--,il s'en tr\ve o les pres prt5t p\r en j\ir1 moy5nant paiem5t1 leurs enfants leurs htes2 les m>is leur prt5t leurs femmes2--o il n'e/ pas de%onnte de faire des enfants sa mre2 pas plus que les pres s'unir leurs filles et c>ess] leurs fils2--o dans les runions qui accompagn5t les fe/9s1 on use des enfants1 et1 sans di/9ction de p>5t1 on se les repasse les uns aux autres4--,il e/ des pays o on mange de la *air huma9e4--,ici1 c'e/ un devoir de pit de tu] son pre arriv un c]ta9 ge2 ailleurs le pre dcide du sort des enfants encore dans le se9 de leur mre1 dsignant ceux qu'il veut cons]v] et lev]1 et ceux qu'il v\e l'ab&on et la mort4--,dans des contres1 les m>is qui sont vieux1 prt5t1 p\r en us]1 leurs femmes de plus jeunes2 dans d'autres1 les femmes sont en commun1 et cela sans que la mo9dre rprobation y soit atta*e2 il en e/ mme1 o les femmes se font honneur d'orn] le bord de leurs robes de belles t\ffes de la9e ou de soie1 dont le nombre m>que celui des hommes qui les ont possdes4--,n'e/-ce pas p> un effet de l'habitude que s'e/ con/itu un tat uniquem5t compos de femmes qui s'ex]c5t au maniem5t des armes1 s'organis5t en armes et livr5t bataille8--,n'e/-ce pas elle qui1 p> le fait mme des *oses1 appr5d aux g5s des d]nires classes de la socit ce dont les plus sages1 avec t\te leur philosophie1 n'arriv5t pas se p]suad]8 n\s savons en effet que des peuples ont exi/1 o non seulem5t t\s avai5t le dda9 de la mort1 mais qui ftai5t sa v5ue2 o les enfants1 ds l'ge de sept ans1 supportai5t d'tre f\etts jusqu' en m\rir1 sans que leur visage refltt la d\leur qu'ils p\vai5t ress5tir2 o la ri*esse tait tel po9t mprise1 que le plus misrable habitant de la ville n'et pas daign se baiss] p\r ramass] une b\rse ple9e d'cus4--,n\s connaissons des pays trs f]tiles1 (frant t\tes ress\rces p\r faire bonne *re1 o le pa91 le cresson et l'eau tai5t les mets les plus dlicats dont il tait fait ord9airem5t usage4--,n'e/-ce pas encore un fait d'habitude que ce miracle que1 dans l'le de ,*io1 en sept c5ts ans1 on ne cite pas une femme ou fille dont l'honneur ait t enta*8 ,en somme1 j'e/ime qu'il n'e/ ri5 que la c\tume ne fasse ou qu'elle ne puisse faire2 et c'e/ avec raison que ,p9d>e1 m'a-t-on dit1 l'appelle la re9e et l'impratrice du monde4--,un quidam1 r5contr battant son pre1 rpondait que c'tait la c\tume de sa maison2 que son pre avait de mme battu son aeul2 son aeul son bisaeul2 et1 montrant son fils1 il aj\tait3 ,celui-ci me battra mon t\r1 qu& il s]a arriv mon ge4--,ce pre1 que son fils tiraillait et h\spillait t\t le long du *em91 arriv une c]ta9e porte1 lui intima de cess]1 c>1 disait-il1 lui-mme n'avait tran son pre que jusque-l2 c'tait la limite o pr5ai5t f9 les mauvais traitem5ts dont1 p> tradition1 les fils1 dans la famille1 usai5t l'g>d des pres4--,c'e/ aussi s\v5t p> habitude1 dit ,ari/ote1 que du fait qu'elles sont malades1 des femmes s'arra*5t les *eveux1 rong5t leurs ongles1 mang5t du *>bon et de la t]re2 et plus p> c\tume que p> p5*ant naturel1 que les mles se ml5t aux mles4 ,les lois de la consci5ce driv5t plus des c\tumes que de la nature2 notre atta*em5t au g\v]nem5t1 au pays1 e/ notamm5t un fait d'habitude4--,les lois de la consci5ce que n\s disons relev] de la nature1 ont leur orig9e dans les c\tumes4 ,*acun respecte en son = intrieur les op9ions et les murs pratiques et admises aut\r de lui2 il ne peut s'en affran*ir sans remords2 leur application lui vaut l'approbation gnrale2 qu&1 aux temps passs1 les ,crtois v\lai5t du mal quelqu'un1 ils priai5t les dieux de lui faire contract] quelque mauvaise habitude4 ,son pr9cipal effet1 qui con/itue sa =ce1 c'e/ de n\s circonv5ir et de s'emp>] de n\s1 au po9t que n\s p\vons pe9e n\s ressaisir et r5tr] en n\s-mmes p\r rfl*ir et raisonn] les actes auxquels elle n\s entrane4 ,en vrit1 p>ce que1 ds notre naissance1 n\s humons avec notre premi] lait ce qui e/ habitudes et c\tumes et que le monde n\s app>at d'une c]ta9e faon qu& n\s le voyons p\r la premire fois1 il semble que n\s ne sommes ns que s\s condition de n\s y s\mettre notre t\r et que les ides1 en c\rs aut\r de n\s1 que nos pres n\s ont infuses en n\s donnant la vie1 soi5t absolues et dictes p> la nature4 ,il en rsulte qu'on s'imag9e que ce qui e/ en dehors des c\tumes1 e/ en dehors de la raison1 et ,dieu sait combi51 cet g>d1 n\s sommes le plus s\v5t dans l'erreur4 ,si comme n\s1 qui n\s tudions1 avons appris le faire1 *acun qui ent5d mettre une judicieuse s5t5ce1 s'en faisait aussitt application en ce qui peut le t\*]1 il v]rait que ce n'e/ pas tant un bon mot1 qu'un c\p de f\et c+lant violemm5t la btise ord9aire de son jugem5t4 ,mais les av]tissem5ts et les prceptes manant de la vrit1 n\s les considrons t\j\rs comme s'adressant aux autres et jamais n\s2 et1 au lieu de les mettre pr(it p\r amlior] nos murs1 n\s n\s bornons les class] trs sottem5t et trs inutilem5t dans notre mmoire4--,cont9uons ma9t5ant n\s occup] de l'empire que la c\tume ex]ce sur n\s4 ,les peuples1 faits la lib]t1 habitus se g\v]n] eux-mmes1 ti5n5t t\te autre =me de g\v]nem5t p\r mon/rueuse et contraire la nature2 ceux qui sont acc\tums la mon>*ie1 p5s5t de mme4 ,ces d]ni]s1 quelle que soit la possibilit d'en *ang] que leur (fre la =tune1 alors mme qu'ils ont eu de gr&es difficults se db>rass] d'un matre qui ne leur conv5ait pas1 ne p\vant se rs\dre pr5dre en ha9e d'en avoir un1 se ht5t de s'en donn] un n\veau1 avec lequel ils pr\v5t les mmes difficults4--,c'e/ p> un effet de l'habitude1 que *acun e/ satisfait du lieu o la nature l'a plac2 les populations sauvages de l'cosse n'ont que faire de la ,t\ra9e1 pas plus que les ,scy!s de la ,!ssalie4--,d>ius dem&ait des ,grecs s'ils se s5tai5t ports faire comme dans l',inde1 o il e/ dans les c\tumes de mang] les p>5ts qui vi5n5t m\rir1 dans l'ide qui y rgne qu'on ne saurait leur donn] plus honorable spulture que son propre corps2 quoi les ,grecs rpondir5t que p\r ri5 au monde1 ils ne se pli]ai5t cet usage4 ,s'tant aussi de mme adress aux ,indi5s1 p\r t5t] de leur p]suad] l'ab&on de cette c\tume et l'adoption de celle des ,grecs qui brlai5t les corps de leurs pres1 ce pr9ce vit sa proposition s\lev] une plus gr&e horreur encore4 ,*acun en agit a9si1 d'autant que l'habitude fait que n\s ne voyons pas les *oses s\s leur vrai j\r3 ,il n'e/ ri5 de si gr&1 de si admirable au premi] abord que1 peu peu1 on ne reg>de avec mo9s d'admiration 7,lucrce74 ,l'habitude e/ aussi la s\rce de gr&s abus1 entre autres la vnalit et l'adm9i/ration de la ju/ice et en fait de *oses de mo9dre importance1 le grotesque des vtem5ts de notre poque2 difficult d'all] l'encontre4--,autrefois1 ayant eu ju/ifi] un des usages que n\s pratiquons1 admis avec une autorit inconte/e *ez n\s et assez au lo91 et ne v\lant pas1 comme il se fait s\v5t1 me born] l'appuy] de ce qu'il e/ crit dans nos lois et en cit] des exemples1 j'essayai de remont] son orig9e4 ,la cause premire laquelle je fus a9si am51 prtait tellem5t la controv]se1 qu' pe9e je p\vais l'admettre1 moi qui avais *>ge d'en conva9cre les autres4--,re/e le moy5 auquel ,platon avait rec\rs et qu'il t5ait comme s\v]a9 et de premi] ordre1 p\r faire cess] les am\rs hors nature et contre-s5s qui se pratiquai5t de son temps4 ,il s'appliquait les faire condamn] p> l'op9ion publique1 et incitait les potes et *acun les combattre p> des rcits les fltrissant4 ,c'e/ p> l qu'il esprait en arriv] ce que1 si belle qu'elle ft1 une fille n'veillt plus l'am\r *ez son pre2 et que les surs ne re*]*ass5t pas les c>esses de leurs frres1 plus faits encore1 p> leur beaut1 p\r les sduire2 agissant a9si l'in/> des fables de ,?ye/e1 d'dipe1 de ,mac>u qui1 *antes aux jeunes enfants1 en mme temps qu'elles les amusai5t1 gravai5t dans leur esprit d'utiles leons de morale4--,c]tes la pudeur e/ une belle v]tu et son utilit n'e/ pas conte/e2 cep5dant il e/ aussi malais de la rg5t] et de *]*] dans la nature des raisons en sa faveur1 qu'il e/ facile de faire valoir l'appui l'usage1 les lois et les prceptes4--,les causes premires qui ont fait adopt] p> t\s telle manire de faire1 sont difficiles dc\vrir1 si m9utieuses que soi5t les re*]*es et ceux qui s'y livr5t1 pass5t sans s'y arrt]1 n'osant mme pas essay] de les lucid]2 ils se rejett5t t\t d'abord sur ce que telle e/ la c\tume2 ils s't5d5t p]te de vue sur ce ?me et1 de la sorte1 triomph5t bon compte4 ,ceux qui ne veul5t pas se s\/raire cette re*]*e des causes premires1 err5t encore davantage et en arriv5t des conclusions extravagantes2 tmo9 ,*rysippe qui1 en ma9ts endroits dans ses crits1 laisse ent5dre le peu d'importance qu'il atta*e aux unions ince/ueuses1 quelles qu'elles soi5t4 ,qui v\dra dtruire le prjudice excessif qui rsulte de c]ta9es c\tumes1 en tr\v]a qui1 indubitablem5t1 sont susceptibles d'tre ab&onnes et ne repos5t que sur l'antiquit atte9te de dcrpitude laquelle elles remont5t4 ,cela mis "p1 les exam9ant au seul po9t de vue de la vrit et de la raison1 ce qu'il dc\vrira l'tonn]a1 au po9t qu'il se dem&]a s'il e/ bi5 dans son bon s5s1 alors que jamais il ne lui aura mo9s fait dfaut4--,que peut-il1 p> exemple1 y avoir de plus extraord9aire qu'un peuple s\mis des lois dont il n'a jamais ent5du p>l]2 a/re9t dans les que/ions relatives ses affaires prives1 m>iages1 donations1 te/am5ts1 v5tes et a*ats1 des rgles qu'il ne peut connatre1 p>ce qu'elles ne sont ni crites1 ni publies en sa langue1 et dont il ne peut se procur] qu' prix d'arg5t la traduction et des r5seignem5ts sur leur mode d'application2 non dans les conditions o le proposait si +nieusem5t ,isocrates1 qui conseillait son roi de r5dre libres et dgrevs de t\s droits1 t\s trafics et ngoces auxquels se livrai5t ses sujets1 de manire ce qu'ils soi5t suffisamm5t rmunrateurs1 et de leur r5dre au contraire trs onreux les qu]elles et les procs1 en les grevant de frais normes2 mais dans les conditions incroyables qui n\s rgiss5t2 o t\t se v5d1 mme les conseils1 et o le rec\rs aux lois se paie l'gal d'une m>*&ise4 ,je r5ds grce la =tune de ce qu'au dire de nos hi/ori5s1 ce fut un g5tilhomme gascon1 de mon pays1 qui1 le premi]1 prote/a1 qu& ,*>lemagne v\lut t5dre la ,gaule les lois qui rgissai5t l'empire roma94 ,qu'y a-t-il de plus contraire aux conditions naturelles de la socit que de voir1 une nation o il e/ dans les c\tumes et sanctionn p> la loi que l'(fice de juge soit vnal1 que les jugem5ts r5dus soi5t pays en beaux d]ni]s comptants2 o il e/ lgal que celui qui ne peut la pay]1 ne puisse s'adress] la ju/ice et que cette m>*&ise soit en si gr& crdit1 que les g5s *>gs d'in/ruire et de rgl] les procs1 con/itu5t dans l'tat un quatrime ordre s'aj\tant aux trois autres dj exi/ants1 le cl]g1 la noblesse et le peuple8 ,ce quatrime ordre ayant *>ge des lois et autorit s\v]a9e sur nos bi5s et nos vies1 et =mant une classe di/9cte de la noblesse1 il en rsulte une lgislation d\ble compr5ant3 l'une1 les lois qui rgiss5t les que/ions d'honneur2 l'autre1 celles relatives l'adm9i/ration de la ju/ice1 dans c]ta9s cas en opposition les unes avec les autres4 ,les premires condamn5t aussi svrem5t celui qui s\ffre un dm5ti1 que les secondes puniss5t celui qui en *tie l'auteur2 le devoir militaire veut que celui qui ne dem&e pas rp>ation d'une injure reue1 soit dgrad et d*u de ses titres de noblesse2 le devoir civil le m5ace de la pe9e capitale1 s'il s'en v5ge2 qui s'adresse aux lois p\r obt5ir raison d'une (f5se faite son honneur1 se d%onore2 qui se fait ju/ice lui-mme1 e/ atte9t et frapp p> la loi4--,que p5s] de ces deux p>ties d'un mme t\t et p\rtant si diffr5tes3 ceux-l ont *>ge de la paix1 ceux-ci de la gu]re2 ceux-l ont le ga9 en p>tage1 ceux-ci l'honneur2 ceux-l la sci5ce1 ceux-ci la v]tu2 ceux-l la p>ole1 ceux-ci l'action2 ceux-l la ju/ice1 ceux-ci la vaillance2 ceux-l la raison1 ceux-ci la =ce2 ceux-l port5t la robe longue1 ceux-ci sont g5s de robe c\rte4 ,quant aux *oses de mo9dre importance1 les vtem5ts p> exemple1 qui v\dra les ram5] leur objet ess5tiel1 qui e/ d'tre utiles et commodes et de s'adapt] aux =mes du corps1 ce qui seul leur donne de la grce et satisfait aux conv5ances qui ont t leur raison d'tre1 je signal]ai entre autres1 comme atteignant1 selon moi1 la limite du grotesque1 nos bonnets c>rs2 cette longue queue de vel\rs pliss avec aju/em5ts de t\tes =mes et de t\tes c\leurs qui1 *ez les femmes1 se porte de la tte aux pi$s2 et aussi nos culottes qui si sottem5t et si inutilem5t m\l5t un membre que n\s ne p\vons seulem5t pas honntem5t nomm]1 et que de la sorte n\s montrons en faisant p>ade en public4 ,il n'en faut pas mo9s se con=m] aux usages et1 sauf le cas d'absolue ncessit1 se g>d] de t\te innovation dans t\tes les in/itutions publiques2 branlem5t caus en ,france p> l'introduction de la ,r=me4--,ces considrations ne doiv5t cep5dant pas dt\rn] un homme de jugem5t d'en agir comme t\t le monde2 bi5 au contraire1 avoir des faons soi et s'c>tant de l'ord9aire1 tmoign]ai5t mon s5s de la folie ou de l'affectation de se faire rem>qu]1 plutt que du bon s5s2 le sage qui doit se recueillir en lui-mme et laiss] son esprit t\te lib]t et facult de port] tels jugem5ts que ce qu'il voit peut lui suggr]1 n'en doit au dehors ri5 laiss] p>atre1 et ses faits et ge/es tre1 en t\s po9ts1 con=mes ce qui e/ gnralem5t admis4--,la socit n'a que faire de ce que n\s p\vons p5s]2 ce qui importe1 c'e/ que n\s lui apportions le conc\rs de nos actions1 de notre travail1 de notre =tune1 de notre vie 99 mme1 et qu'elle puisse en us]1 suivant les ides prdom9antes en elle4--,c'e/ p\r obir ce pr9cipe que ,socrate1 si bon et si gr&1 refusa de sauv] sa vie p> la fuite2 c'et t dsobir aux magi/rats qui l'avai5t condamn2 il ne le v\lut pas1 bi5 que la s5t5ce ft s\v]a9em5t inju/e et inique4 ,obs]v] les lois du pays o l'on e/1 e/ la premire de t\tes les rgles1 c'e/ une loi qui prime t\tes les autres3 ,il e/ beau d'obir aux lois de son pays 7maxime tire des tragiques grecs1 d'aprs ,grotius74 ,envisageons la "q un autre po9t de vue4 ,il e/ bi5 d\teux que l'avantage qu'il peut y avoir modifi] une loi quelle qu'elle soit1 qui e/ passe dans les murs1 l'emporte inconte/ablem5t sur le mal qui rsult]ait de ce *angem5t2 d'autant que les u et c\tumes d'un peuple sont comme un btim5t =m de pices div]ses1 assembles de telle sorte qu'il e/ impossible d'en branl] une1 sans que l'branlem5t ne se communique l'ensemble4--,le lgislateur des ,?uri5s avait ordonn que quiconque v\drait propos] l'abolition d'une loi exi/ante ou l'tablissem5t d'une loi n\velle1 se prs5tt devant le peuple1 la corde au c\1 af9 que si son innovation n'tait pas appr\ve de t\s1 il ft trangl sance t5ante4--,celui de ,lacdemone sacrifia sa vie p\r obt5ir de ses concitoy5s la promesse de ne modifi] aucune de ses ordonnances4--,l'phore qui c\pa si brutalem5t les deux cordes que ,phrynis avait aj\tes la cy?>e1 ne se mit pas en pe9e de savoir si l'in/rum5t en valait mieux ou non1 si les accords qu'il r5dait en tai5t plus ou mo9s p>faits2 il lui suffit1 p\r les condamn]1 que cela con/itut une modification ce qui tait depuis longtemps dj4 ,c'e/ la mme signification qu'avait l'pe1 ronge p> la r\ille1 qui1 ,m>seille1 figurait dans les attributs de la ju/ice4 ,la n\veaut1 s\s quelque =me qu'elle se prs5te1 me dgte pr(ondm5t1 p>ce que j'en ai vu des effets m9emm5t dsa/reux4 ,celle qui1 en ,france1 n\s agite depuis tant d'annes1 la ,r=me1 n'a pas encore produit t\tes ses consqu5ces2 et cep5dant on peut dire1 suivant t\te app>5ce1 que directem5t ou indirectem5t elle a t\* t\t et e/ la cause premire de bi5 des malheurs2 les maux et les ru9es qui s'accumul5t depuis son app>ition1 qu'elle y semble trangre et mme qu'elle en ptisse1 sont son uvre2 c'e/ elle1 elle seule qu'elle doit s'en pr5dre3 ,ah6 c'e/ de moi que vi5t t\t le mal que j'endure 7,ovide74 ,ceux qui mett5t le tr\ble dans un tat1 en sont d'ord9aire les premires victimes3 r>em5t celui qui a lev l't5d>d en pr(ite2 il agite et tr\ble l'eau1 d'autres p*eurs pr5n5t le poisson4--,la ,r=me a branl et disjo9t les vieilles in/itutions de notre mon>*ie et p> elle ce gr& btim5t a p]du son aplomb et s'entr'ouvre1 sur ses vieux ans1 donnant accs1 p> les fissures qui se produis5t1 t\tes les calamits qui l'assaill5t2 la maje/ royale (fre au db1 99 dit un anci51 plus de rsi/ance que lorsque dj elle e/ branle et sa *ute alors va s'acclrant4--,si le dommage e/ surt\t imputable aux ,hugu5ots1 qui ont eu l'initiative du m\vem5t1 les p>tisans de la ,ligue qui les imit5t sont plus crim9els encore1 se livrant aux mmes actes dont ils ont pu apprci] l'horreur et le mal et la rpression desquels ils ont mme prt leur conc\rs4 ,si1 comme l'honneur1 le mal a ses degrs1 les premi]s ont sur les autres le mrite de l'inv5tion et d'avoir eu t\t d'abord le c\rage d'entr] en lice4 ,les fauteurs de tr\bles1 qui veul5t port] le dsordre dans l'tat1 peuv5t facilem5t *oisir un modle *ez les uns comme *ez les autres2 ils leur en (fr5t de t\tes sortes2 nos lois elles-mmes1 faites en vue de remdi] au mal initial1 leur f\rniss5t moy5s et excuses p\r se livr] leurs mauvais desse9s quels qu'ils soi5t4 ,il n\s advi5t auj\rd'hui ce que ,?ucydide dit des gu]res civiles de son temps2 on se s]t d'euphmismes p\r qualifi] les pires passions politiques1 p\r les prs5t] s\s un j\r favorable1 faire excus] leurs agissem5ts1 dnatur] et attnu] les ides qu'elles euss5t veilles1 si on se ft s]vi du nom qui leur e/ propre2 et t\t cela1 soi-disant p\r r=m] nos consci5ces et nos croyances1 le prtexte e/ honnte 7,tr5ce74 ,mais1 si excell5t qu'il puisse tre1 t\t prtexte invoqu p\r introduire une n\veaut e/ ess5tiellem5t dang]eux1 ce po9t1 que n\s ne devrions jamais ri5 *ang] aux in/itutions de nos pres 7,tite ,live72 et dire fran*em5t1 il me semble que c'e/ avoir un extrme am\r-propre et beauc\p de prsomption que d'e/im] ses op9ions1 au po9t d'all]1 p\r les faire triomph]1 jusqu'1 dans son propre pays1 r5v]s] la paix publique1 donn] accs tant de maux 9vitables1 la corruption des murs si pr(onde qu'entran5t les gu]res civiles1 sans prjudice des b\lev]sem5ts d'importance capitale que cela peut am5] dans les p\voirs publics4 ,n'e/-ce pas mal calcul]1 que de s'expos] tant de malheurs c]ta9s et connus1 p\r combattre des erreurs conte/es et discutables2 et de t\s les att5tats dont n\s p\vons tre victimes1 en e/-il de pire que ceux qui vont l'encontre de nos consci5ces et d'un ordre de *oses tabli et reconnu8--,le snat roma91 en discussion avec le peuple1 sur le po9t de savoir qui app>ti5drait l'ex]cice du culte1 n'hsita pas t\rn] la difficult1 en rpondant que cela intressait les dieux plus qu'eux-mmes1 et qu'ils saurai5t bi5 en emp*] t\te pr(anation 7,tite ,live73 rponse analogue celle que l'oracle de ,delphes1 l'poque des gu]res mdiques1 lorsqu'on craignait l'invasion des ,p]ses1 fit ceux qui dem&ai5t au dieu ce qu'il fallait faire du trsor sacr de son temple1 le ca*] ou l'emport]1 et auxquels il rpondit de laiss] les *oses en l'tat1 de ne song] qu' eux-mmes1 qu'il tait suffisamm5t capable de p\rvoir lui-mme ses propres affaires4 ,l'obissance aux lois e/ un pr9cipe de la religion *rti5ne2 quant aux dogmes mmes de celle-ci1 ils sont hors de t\te discussion4--,la religion *rti5ne e/ conue dans un esprit m9emm5t ju/e et utilitaire2 elle ne recomm&e ri5 d'une manire plus expresse qu'une entire obissance aux magi/rats et de veill] la cons]vation des p\voirs publics4 ,quel m]veilleux exemple n\s donne l la sagesse div9e qui1 p\r assur] le salut du g5re huma9 et p>faire sa victoire si glorieuse et qui e/ si bi5 si5ne1 sur la mort et le p*1 a v\lu qu'elle ne s'accomplt que p> l'int]mdiaire de l'ordre politique qui n\s rgit1 et n'a pas v\lu s\/raire ses progrs et la ralisation du b si lev1 si salutaire qu'elle p\rsuit1 aux effets de l'aveuglem5t et de l'inju/ice de nos in/itutions et de nos usages1 bi5 qu'il dt en rsult] de voir rp&re flots le sang des meilleurs de ses lus et de longues annes de ret>d p\r le triomphe de son ine/imable doctr9e6--,il y a beauc\p dire1 si on veut comp>] celui qui respecte les lois et la =me de g\v]nem5t de son pays et celui qui entrepr5d de les assujettir ses vues et de les modifi]4 ,le premi] a p\r lui1 que sa ligne de conduite e/ simple2 il n'a qu' obir et faire ce que t\t le monde fait2 quoi qu'il fasse1 il n'agira pas m*amm5t2 le pire qu'il puisse en pr\v]1 c'e/ qu' lui p]sonnellem5t il arrive malheur3 ,qui p\rrait en effet ne pas respect] une antiquit qui n\s a t cons]ve et transmise p> les plus clatants tmoignages 7,cicron78 ,quant au second1 il e/ en situation bi5 plus difficile2 outre que1 comme dit ,isocrate1 ceux qui ne donn5t pas dans les excs1 sont plus modrs que ceux qui s'y adonn5t1 celui qui se mle de *ang] ce qui e/ et d'y sub/itu] ses prfr5ces1 usurpe une autorit qu'il n'a pas et se doit de faire ressortir ce que prs5te de dfectueux ce qu'il lim9e1 et en quoi e/ prfrable ce qu'il introduit4 ,cette considration si simple m'a ret5u1 mme en ma jeunesse1 ge o l'on e/ cep5dant plus tmraire1 et m'a aff]mi dans ma rsolution de ne pas me *>g] d'un f>deau aussi l\rd que de me faire le df5seur d'une sci5ce d'une telle importance1 et d'os] son g>d ce que raisonnablem5t je ne p\rrais mme pas faire p\r la plus facile de celles qui m'ont t enseignes et sur lesquelles on peut se prononc] sans qu'il en rsulte de graves consqu5ces4--,j'e/ime en effet s\v]a9em5t inique de v\loir subordonn] les con/itutions et les c\tumes publiques1 lesquelles sont fixes1 aux conceptions v>iables de *acun de n\s 7la raison d'un seul ne saurait avoir qu'une action limite71 et d'entrepr5dre contre les lois div9es ce que nul g\v]nem5t ne tolr]ait contre ses lois civiles4 ,bi5 que la raison huma9e ait sur ces d]nires beauc\p plus d'action1 celles-ci n'en rgiss5t pas mo9s ceux-l mmes qui prt5d5t les jug]2 et notre intellig5ce1 si gr&e qu'elle puisse tre1 ne saurait s]vir qu' les expliqu]1 en t5dre l'usage dj exi/ant1 et non les dnatur] et innov]4 ,si p>fois la ,provid5ce passe outre aux rgles auxquelles elle n\s a a/re9ts1 sans que n\s puissions n\s y s\/raire1 ce n'e/ pas p\r n\s en affran*ir2 ce sont des effets de la volont div9e1 que n\s devons admir]1 sans *]*] les imit]2 et les exemples extraord9aires1 empre9ts de m>ques p>ticulires et manife/es qui les font t5ir du miracle1 qu'elle n\s donne en tmoignage de sa t\te-puissance1 sont si =t au-dessus de t\t ce que n\s p\vons faire et ordonn]1 qu'il y a folie et impit essay] de les reproduire2 n\s ne devons pas le t5t] et seulem5t n\s born] les contempl] avec l'tonnem5t qu'ils provoqu5t en n\s2 ce sont des actes de son ressort et non du ntre1 et ,cotta p>le avec une gr&e sagesse1 qu& il dit3 ,en matire de religion1 j'c\te ,t4 ,coruncanus1 ,p4 ,scipion1 ,p4 ,scevola qui sont s\v]a9s pontifes1 et non ,znon1 ,clean! ou ,*rysippe 7,cicron74 ,en ce qui fait le sujet de la gr&e qu]elle qui n\s divise actuellem5t1 c5t articles y figur5t dont on p\rsuit la disp>ition ou que l'on veut introduire et t\s sur des po9ts de premire importance2 et cep5dant1 ,dieu sait combi51 p>mi ceux qui se ml5t de la "q1 s'en tr\v5t qui peuv5t se vant] d'avoir tudi les raisons ess5tielles que *aque p>ti fait valoir p\r et contre2 le nombre de ces g5s scrupuleux e/ limit1 si seulem5t il y en a1 et n'e/ pas fait p\r n\s tr\bl]4 ,mais en dehors d'eux1 t\te cette f\le o va-t-elle et de quel ct se range-t-elle8 ,la ,r=me produit l'effet de t\te mdec9e de peu d'efficacit et mal applique2 les humeurs dont elle veut n\s db>rass]1 n'ont t que mises en m\vem5t1 sur*auffes1 aigries p> les discussions1 et demeur5t en n\s2 impuissante1 elle n'a pu produire l'effet att5du1 mais elle n\s a affaiblis2 n\s ne p\vons davantage n\s en db>rass] et n\s ne retirons de son action que d'pr\v] des d\leurs int]nes sans f94 ,quoi qu'il en soit1 la =tune p\vant t\j\rs dj\] notre jugem5t1 n\s met p>fois en prs5ce de ncessits si absolues qu'il faut que les lois en ti5n5t compte2 et rsi/] admettre une innovation qui p>vi5t s'impos] p> la viol5ce1 e/ une obligation dang]euse p\r celui qui veut en t\t et p\r t\t s'en t5ir son devoir et demeur] dans la rgle2 elle le place dans une situation dsavantageuse vis--vis de qui se donne t\te lib]t d'action1 considre comme p]mis t\t ce qui peut s]vir ses desse9s1 ne connat pas de fre9 et n'a de loi que de faire ce qu'il croit avantageux4 ,se fi] un p]fide1 c'e/ lui donn] les moy5s de nuire 7,snque71 d'autant que les lois ord9aires d'un g\v]nem5t l'tat normal1 ne prvoi5t pas ces accid5ts extraord9aires2 faites p\r un corps dont *acun des membres pr9cipaux satisfait ses devoirs1 elles suppos5t que t\s1 d'un commun accord1 sont disposs les respect] et leur obir2 leur fonctionnem5t naturel s'applique un ordre de *oses calme1 grave1 o *acun s'obs]ve2 il e/ impuissant l o une lic5ce et une viol5ce effrnes se donn5t c>rire4 ,cas o l'absolue ncessit semble impos] des modifications a l'ordre de *oses exi/ant4--,on repro*e encore ma9t5ant ces deux gr&s p]sonnages de ,rome1 ,octavius et ,caton1 d'avoir1 lors des gu]res civiles suscites1 l'une p> ,sylla1 l'autre p> ,cs>1 expos leur patrie en arriv] aux d]nires extrmits1 plutt que de la sec\rir aux dp5s de ses lois et de n'avoir ri5 *ang leur c\rs ord9aire4 ,dans ces cas d'absolue ncessit1 o on ne peut que se ma9t5ir1 il s]ait en effet s\v5t plus sage de c\rb] la tte et de cd] un peu aux circon/ances1 plutt que de s'ob/9] ne faire aucune concession2 en les dcl>ant t\tes impossibles1 on donne occasion la viol5ce de t\t f\l] aux pi$s2 qu& les lois ne peuv5t ce qu'elles sont en droit d'exig]1 mieux vaut qu'elles n'exig5t que ce qu'elles sont en mesure d'obt5ir4--,c'e/ ce qu'ont fait celui qui ordonna qu'elles dormiss5t v+t-quatre heures2 cet autre qui prescrivit que p\r cette fois1 tel j\r du cal5dri] s]ait considr comme non av5u2 et aussi celui qui1 du mois de ju91 fit un second mois de mai4--,les ,lacdmoni5s eux-mmes1 p\rtant si fidles obs]vateurs des lois de leur pays1 gns de ce qu'elles leur df5dai5t d'lire p> deux fois1 p\r amiral1 un mme p]sonnage1 et la situation ncessitant que ,lys&re ft ma9t5u dans cette *>ge1 lur5t amiral un c]ta9 ,aracus1 mais fir5t ,lys&re sur9t5dant1 de la m>9e4--,usant d'une subtilit semblable1 un de leurs ambassadeurs1 envoy ,a?nes1 p\r obt5ir qu'une ordonnance ft modifie et auquel ,p]icls objectait qu'il tait int]dit d't]1 aprs inscription faite1 le tableau promulguant une loi1 lui conseilla alors de simplem5t le ret\rn]1 obs]vant que cela n'tait pas df5du4--,c'e/ une *ose dont ,plut>que l\e ,philopm52 n p\r comm&]1 il savait non seulem5t comm&] selon les lois1 mais aux lois elles-mmes1 qu& le salut public en faisait une ncessit4 ,,*apitre ,,xxiii4 ,une mme ligne de conduite peut ab\tir des rsultats dissemblables4 ,magnanimit du duc de ,guise l'g>d de qui mditait de l'assass9]4--,jacques ,amyot1 gr& aumni] de ,france1 me contait un j\r le fait suivant1 t\t l'honneur d'un de nos pr9ces d'entre les plus hauts en dignit1 bi5 que d'orig9e trangre4 ,au comm5cem5t de nos tr\bles1 au sige de ,r\51 il fut av]ti p> la re9e1 mre du roi1 d'un complot =m contre sa vie4 ,les lettres de la re9e m5tionnai5t spcialem5t celui qui en tait le *ef1 un g5tilhomme angev9 ou manceau qui1 en ce mom5t et p\r en arriv] ses f9s1 frqu5tait d'une faon assez suivie la maison du ,pr9ce4 ,celui-ci ne communiqua p]sonne cet avis2 le l5dema91 se prom5ant au mont ,sa9te-,ca!r9e1 o tai5t tablis les canons qui battai5t la ville qu'alors n\s assigions1 ayant prs de lui le gr& aumni] de qui je ti5s le fait et un autre vque1 il ap]ut le g5tilhomme qui lui avait t signal et le fit appel]4 ,qu& celui-ci fut en sa prs5ce1 le voyant plir et trembl] p>ce qu'il n'avait pas la consci5ce tranquille1 il lui dit3 ,monsieur un tel1 v\s v\s d\tez bi5 de ce que je v\s veux1 votre visage l'indique4 ,n'essayez pas de me ri5 ca*]2 je suis compltem5t au c\rant de vos int5tions2 v\s ne f]iez qu'empir] votre cas1 en *]*ant le palli]4 ,v\s connaissez ceci1 cela 7c'tait la t5eur mme des pices les plus secrtes ayant trait au complot72 sur votre vie1 confessez-moi donc t\t1 sans rtic5ce aucune4 ,qu& le pauvre homme se vit pris et conva9cu 7c> t\t avait t rvl la re9e p> un de ses complices71 il n'eut plus qu' jo9dre les ma9s et dem&] grce et misricorde au pr9ce1 aux pi$s duquel il v\lut se jet]4 ,le pr9ce l'en emp*a et cont9uant3 ,voyons1 v\s ai-je autrefois1 en quelque occasion1 caus quelque dplaisir8 ai-je (f5s quelqu'un des vtres p> ha9e p]sonnelle8 ,il n'y a pas trois sema9es que je v\s connais1 quelle raison v\s a dt]m9 v\loir m'assass9]8 ,le g5tilhomme rpondit d'une voix tremblante que ce n'tait pas p> animosit p>ticulire contre lui1 mais p\r s]vir l'intrt gnral de son p>ti2 qu'on lui avait p]suad que ce s]ait uvre pie que de se db>rass]1 de quelque manire que ce ft1 d'un aussi puissant ennemi de la religion r=me4 ,h bi51 p\rsuivit le pr9ce1 je veux v\s montr] combi5 ma religion e/ plus tolrante que celle que v\s pratiquez2 la vtre v\s a p\ss me tu]1 sans m'ent5dre1 alors que je ne v\s ai po9t (f5s2 la mi5ne me comm&e de v\s p>donn]1 alors que v\s tes conva9cu d'avoir v\lu1 sans raison1 att5t] ma vie4 ,allez-v\s en1 retirez-v\s1 que je ne v\s voie plus ici2 ce s]a sage v\s de ne pr5dre dornavant p\r conseil1 en vos entreprises1 que des g5s qui soi5t plus hommes de bi5 que ceux auxquels v\s v\s tes adress en cette circon/ance4 ,clm5ce d',augu/e env]s ,c9na en semblable circon/ance4--,l'emp]eur ,augu/e1 tant en ,gaule1 av]ti d'une conjuration que tramait contre lui ,l4 ,c9na1 rsolut de svir et convoqua cet effet ses amis en conseil p\r le l5dema94 ,dans la nuit1 en proie une gr&e agitation1 songeant qu'il lui fallait punir de mort un jeune homme de bonne famille1 neveu du gr& ,pompe1 les p]plexits qu'il en ress5tait1 se refltai5t dans l'expression des p5ses de t\tes sortes qui l'occupai5t3 ,h quoi1 faisait-il1 s]a-t-il dit que je vivrai con/amm5t dans la cra9te et dans de cont9uelles al>mes1 t&is que mon meurtri] s]a libre d'all] et de v5ir son gr8 ,le laiss]ai-je indemne1 lui qui a att5t mes j\rs qui si s\v5t ont *app aux prils de tant de gu]res civiles1 de tant de batailles livres et sur t]re et sur m]1 alors que je suis p>v5u dot] le monde de la paix univ]selle8 ,puis-je l'abs\dre1 qu& il a v\lu non seulem5t m'assass9]1 mais me sacrifi] 7les conjurs avai5t projet de le tu] p5dant un sacrifice qu'il devait accomplir78 ,puis s'tant tu quelques in/ants1 il reprit haute voix1 s'en pr5ant cette fois lui-mme3 ,p\rquoi vis-tu1 se disait-il1 puisque tant de g5s ont intrt ta mort8 ,tes v5geances et tes cruauts n'auront-elles donc pas de f98 ,ta vie vaut-elle tant de rigueurs p\r la df5dre8 ,livie1 sa femme1 voyant ses angoisses1 lui dit3 ,accept]as-tu les conseils d'une femme8 ,que ne fais-tu comme les mdec9s2 qu& les remdes dont ils us5t d'habitude sont sans effet1 ils essai5t ceux qui produis5t des effets contraires4 ,jusqu'ici la svrit n'a donn aucun rsultat2 les conjurations ont succd les unes aux autres3 ,lpidus a suivi ,savidianus2 ,murna2 ,lpidus2 ,cpio1 ,murna2 ,egnatius1 ,cpio2 essaie ce que produiront la d\ceur et la clm5ce4 ,la culpabilit de ,c9na e/ pr\ve1 p>donne-lui1 il s]a mis de la sorte dans l'impossibilit de te nuire et cela aj\t]a ta gloire4 ,augu/e1 satisfait d'avoir tr\v en sa femme un *o des s5tim5ts que lui-mme pr\vait1 la rem]cia1 contrem&a le conseil auquel il avait convoqu ses amis et ordonna qu'on ft v5ir ,c9na et qu'il vnt seul4 ,qu& celui-ci se prs5ta1 ,augu/e fit sortir t\t le monde de sa *ambre1 lui fit pr5dre un sige et lui p>la en ces t]mes3 ,t\t d'abord1 ,c9na1 je te dem&e de demeur] tranquille2 c\te-moi sans m'int]rompre1 je te donn]ai ensuite t\t le temps et le loisir de me rpondre4 ,tu le sais1 ,c9na1 tu z t pris dans le camp de mes ennemis et je t'ai p>gn alors que non seulem5t tu avais embrass leur cause1 mais encore qu&1 p> le fait de ta naissance1 tu tais des leurs2 je te remis en possession de t\s tes bi5s et t'ai en somme si bi5 trait1 si haut plac1 que les va9queurs envi5t le sort du va9cu4 ,la *>ge du sac]doce que tu m'z dem&e1 je te l'ai accorde1 alors que je l'avais refuse d'autres dont les pres ont t\j\rs combattu p\r moi2 et1 m'ayant de telles obligations1 tu z =m le projet de m'assass9]4 ,sur quoi ,c9na s'tant rcri qu'il tait bi5 loign d'avoir de si m*antes p5ses1 ,augu/e p\rsuivit3 ,tu ne me ti5s pas1 ,c9na1 la promesse que tu m'z faite2 tu t'tais engag ne pas m'int]rompre4 ,oui1 tu z entrepris de me tu] en tel lieu1 tel j\r1 en telle compagnie et de telle faon4 ,et1 le voyant att]r p> ces r5seignem5ts donns d'une faon si prcise1 g>dant le sil5ce1 non plus p>ce qu'il l'avait promis1 mais s\s l'effet des repro*es de sa consci5ce3 ,a quel mobile obis-tu donc8 cont9ua ,augu/e4 ,e/-ce p\r tre emp]eur8 ,ce s]ait vraim5t p> trop malheureux p\r les affaires publiques1 qu'il n'y et que moi p\r tre un emp*em5t ton accession l'empire2 tu ne p>vi5s pas seulem5t df5dre ta propre maison1 et d]nirem5t encore tu z p]du un procs engag contre un simple affran*i6 ,dev5ir ,cs>1 e/-ce donc l t\t ce que tu sais faire1 t\t ce dont tu es capable8 s'il n'y a que moi qui fasse ob/acle la ralisation de tes esprances1 je suis prt abdiqu]4 ,mais p5ses-tu que ,paulus1 que ,fabius1 que les ,cossens et les ,s]vili5s t'accept5t1 eux et t\s ces nobles en si gr& nombre1 nobles p> leurs noms et aussi p> leurs v]tus qui rehauss5t leur noblesse8 ,aprs plusieurs autres propos se rapportant la situation 7c> il l'entret9t p5dant plus de deux heures73 ,va1 ,c9na1 lui dit-il1 je te donne n\veau la vie que1 comme tratre et p>ricide1 tu mrites de p]dre2 je te la donne comme autrefois je te la donnai1 alors qu'tant mon ennemi1 elle tait entre mes ma9s4 ,a dat] de ce j\r1 soyons amis et voyons qui de n\s deux s]a de meilleure foi1 de moi qui te fais grce1 ou de toi qui la reois4 ,sur ces mots1 il le congdia4 ,quelque temps aprs1 il lui donna le consulat1 lui repro*ant de n'avoir pas os le lui dem&]4 ,augu/e reut la ju/e rcomp5se de sa clm5ce en cette occasion2 ,c9na lui demeura depuis pr(ondm5t atta*1 et1 sa mort1 le fit le seul hriti] de t\s ses bi5s2 p>tir de cet vnem5t qui arriva dans sa qu>antime anne1 aucune conjuration1 aucun complot ne se =mr5t plus contre lui4--,il n'en fut pas de mme de celui de nos pr9ces dont il a t "q plus haut2 sa magnanimit ne l'a pas emp* de succomb] depuis1 un att5tat p>eil celui auquel il avait *app une premire fois1 tant la prud5ce huma9e e/ *ose va9e et sur laquelle il e/ difficile de faire fond6 ,quels que soi5t nos projets1 les conseils auxquels n\s rec\rons1 les prcautions que n\s pr5ons1 la =tune e/ t\j\rs l qui ti5t en ses ma9s les vnem5ts4 ,la mdec9e n'e/ pas le seul art o la =tune ait une l>ge "p dans le succs2 les beaux-arts1 les lettres1 les entreprises militaires sont dans le mme cas4--,n\s disons des mdec9s qu'ils sont heureux1 qu& ils obti5n5t un bon rsultat1 comme s'il n'y avait que leur art qui ne puisse se suffire lui-mme1 qu'il soit le seul dont les bases sur lesquelles il repose soi5t si faibles qu'elles ne puiss5t le s\t5ir2 comme si enf9 il n'y avait que lui qui ne puisse atte9dre au succs sans l'assi/ance de la =tune4 ,sur la mdec9e1 je crois t\t le bi5 et t\t le mal qu'on en peut dire1 c>1 ,dieu m]ci1 je n'en use pas4 ,j'en agis avec elle au reb\rs des autres2 en t\s temps je n'en fais aucun cas2 mais qu& je suis malade1 au lieu de compt] sur elle1 je la pr5ds en grippe et la r$\te2 ceux qui me press5t d'avoir rec\rs ses drogues1 je rponds d'att5dre au mo9s que mes =ces soi5t rev5ues et que je sois rtabli1 af9 d'tre plus mme d'en support] l'effet et les *ances que j'en vais c\rir4 ,je prfre laiss] agir la nature1 p5sant bi5 qu'elle a bec et ongles p\r se df5dre contre les assauts auxquels elle e/ en butte1 et protg] notre organisme des atte9tes dont elle a *>ge de n\s g>antir4 ,je cra9s qu'en v\lant lui port] sec\rs1 alors qu'elle e/ aux prises immdiates avec la maladie1 qu'elle fait corps avec elle1 je ne vi5ne en aide celle-ci1 au lieu de lui v5ir en aide elle-mme1 et de lui mettre a9si de n\velles affaires sur les bras4 ,or1 je prt5ds que la "p de la =tune e/ gr&e1 non seulem5t dans le cas de la mdec9e1 mais dans celui de nombre de bran*es des connaissances huma9es qui sembl5t en tre plus indp5dantes4 ,les inspirations potiques p> exemple1 qui s'emp>5t d'un auteur1 le raviss5t hors de lui2 p\rquoi ne pas les attribu] sa bonne *ance8 ,lui-mme confesse qu'elles dpass5t ce dont il e/ capable1 qu'elles ne vi5n5t pas de lui1 qu'il ne saurait atte9dre p>eille hauteur2 a9si du re/e que les orateurs1 lorsqu'ils ont de ces m\vem5ts1 de ces envoles extraord9aires qui les emport5t au del de t\t ce qu'ils avai5t conu4 ,de mme dans la pe9ture1 le pe9tre n'arrive-t-il pas p>fois des effets bi5 suprieurs ce que son imag9ation et son tal5t lui faisai5t concevoir1 qui le transport5t d'imag9ation et l'tonn5t lui-mme4 ,mais la "p qu'a la =tune en t\tes *oses1 qui se manife/e dj p> la grce et la beaut que prs5t5t c]ta9es uvres sans que l'auteur ait vis semblable effet1 app>at d'une faon bi5 plus vid5te encore qu& ces mmes qualits se r5contr5t son insu4 ,c]ta9s lecteurs1 p>ticulirem5t d\s1 ne dc\vr5t-ils pas s\v5t dans un ouvrage1 des beauts qui leur sembl5t atte9dre la p]fection1 que l'auteur n'a pas consci5ce d'y avoir mises1 qu'il n'y a pas ap]ues8 ces lecteurs1 du fait de leur imag9ation1 aj\t5t la =me et au s5s1 qui leur app>aiss5t a9si beauc\p plus ri*es4 ,quant aux entreprises militaires1 *acun sait combi5 la =tune y a l>ge "p2 mme en dehors de l'excution1 dans les conseils que n\s t5ons et les rsolutions que n\s pr5ons1 la *ance et la mal*ance y ont place1 et ce que peut notre habilet e/ peu de *ose2 plus elle e/ p]spicace et vive1 plus elle e/ faible et a sujet de se dfi] d'elle-mme4 ,je suis de l'avis de ,sylla2 qu& j'exam9e att5tivem5t les faits de gu]re les plus glorieux1 il m'app>at1 ce me semble1 que ceux qui les ont accomplis1 n'ont pris conseil et dlibr sur la conduite t5ir que p> acquit de consci5ce1 et qu'en engageant l'affaire1 ils se sont surt\t ab&onns leur bonne =tune2 confiants qu'elle leur vi5drait en aide1 ils se sont1 en ma9tes circon/ances1 laiss entran] au del des bornes de la raison4 ,leur rsolution prs5te p>fois l'empre9te d'une confiance excessive ou d'un dsespoir inexplicable qui les p\ss5t le plus s\v5t pr5dre le p>ti le mo9s rationnel en app>5ce et gr&it leur c\rage un degr surnaturel4 ,c'e/ ce qui a conduit plusieurs gr&s capita9es de l'antiquit1 p\r faire accept] p> leurs soldats leurs rsolutions tmraires1 rp&re la croyance qu'elles leur tai5t inspires p> un gnie famili]1 et le succs prdit p> des signes prcurseurs4 ,p>ti pr5dre lorsque ce qui peut s'ensuivre donne lieu inc]titude4--,voil p\rquoi dans l'inc]titude et la p]plexit o n\s met l'impuissance dans laquelle n\s sommes de disc]n] et de *oisir ce qui convi5t le mieux1 en raison des difficults et accid5ts inhr5ts *aque *ose1 le plus sr1 qu& d'autres considrations ne n\s y amn]ai5t pas1 e/1 mon avis1 de se rejet] sur le p>ti qui se prs5te comme le plus honnte et le plus ju/e2 et1 puisqu'on e/ en d\te sur le plus c\rt *em91 de t\j\rs suivre la voie droite4 ,c'e/ a9si que dans les deux exemples que j'ai donns plus haut1 il n'y a pas de d\te que p>donn] l'(f5se reue1 tait plus beau et plus gnreux que d'en agir diffremm5t4 ,si cela n'a pas russi au premi]1 il ne faut pas en accus] la noble conduite qu'il a t5ue2 peut-on savoir1 s'il s'tait arrt au p>ti contraire1 s'il et *app la mort que le de/9 lui rs]vait8 en t\t cas1 il eut p]du la gloire que lui a value son acte 99 de bont si rem>quable4 ,il n'e/ pas avantageux de s'atta*] prv5ir les conjurations p> la rigueur4--,l'hi/oire m5tionne =ce g5s en proie la cra9te d'att5tats ourdis contre eux1 et la plup>t se sont appliqus les dj\] en les prv5ant et rec\rant aux supplices2 j'en vois =t peu auxquels ce sy/me ait russi1 tmo9 tant d'emp]eurs roma9s4 ,celui que m5ace un semblable dang]1 ne doit compt] beauc\p ni sur sa puissance1 ni sur sa vigilance1 c> il e/ bi5 malais de se g>antir d'un ennemi qui se dissimule1 en feignant d'tre de nos meilleurs amis et de connatre les desse9s et p5ses intimes de ceux qui n\s appro*5t4 ,il aura beau se con/itu] une g>de recrute l'trang] et s'ent\r] con/amm5t d'hommes arms1 quiconque ne ti5t pas la vie1 s]a t\j\rs matre de celle d'autrui2 et puis1 cette suspicion cont9uelle qui le met en d\te contre t\t le monde1 doit tre un t\rm5t excessif4--,dion1 av]ti que ,calipsus guettait une occasion de le frapp]1 n'eut pas le c\rage d'claircir le fait1 prfrant m\rir1 dit-il1 que d'tre dans la tri/e obligation d'avoir se g>d] non seulem5t de ses ennemis1 mais aussi de ses amis4--,cette mme ide1 ,alex&re le ,gr& la traduisit en fait1 d'une faon bi5 plus nette et plus n]gique3 avis p> une lettre de ,p>mnion que ,philippe1 son mdec9 prfr1 avait t corrompu prix d'arg5t p> ,d>ius p\r l'empoisonn]1 en mme temps qu'il donnait la lettre lire ,philippe1 il avalait le breuvage que celui-ci v5ait de lui prs5t]4 ,v\lut-il p> l montr] que si ses amis v\lai5t att5t] ses j\rs1 il r5onait sa df5dre contre eux8 ,p]sonne ne s'e/ plus confi la =tune que ce pr9ce1 mais je ne sais ri5 de sa vie qui tmoigne plus de f]met que cet acte1 ni qui soit si beau1 s\s quelque aspect qu'on l'envisage4 ,tri/e tat d'un pr9ce en proie la dfiance4--,ceux qui pr*5t aux pr9ces d'tre con/amm5t en dfiance1 s\s prtexte d'assur] leur sret1 les p\ss5t leur p]te et leur honte2 c> ri5 de noble ne se fait sans risques c\rir4 ,j'en connais un1 trs brave et entrepr5ant p> nature1 auquel on a fait p]dre t\tes les belles occasions de s'illu/r]1 en lui rptant sans cesse3 ,qu'il demeure l'abri au milieu des si5s2 ne se prte aucune rconciliation avec ses anci5s ennemis2 se ti5ne "p1 sans se confi] plus puissant que lui1 quelques promesses qui lui soi5t faites1 quelques avantages que cela semble prs5t]4 ,j'en sais au contraire un autre qui1 en suivant le conseil oppos1 a avanc sa =tune d'une manire inespre4 ,la h>diesse p]met seule de ralis] de gr&es *oses4--,de la h>diesse qui procure la gloire dont les pr9ces sont si avides1 on peut aussi magnifiquem5t faire preuve1 qu'on soit en p\rpo9t ou arm de pi$ en cap1 dans un cab9et que dans les camps1 que l'on re/e calme ou que l'on soit m5aant2 la prud5ce1 si ple9e d'att5tion1 si circonspecte1 e/ l'ennemie mortelle des gr&es *oses4 ,scipion1 p\r gagn] la bonne volont de ,syphax1 n'hsita pas quitt] son arme1 ab&onnant l',espagne n\vellem5t conquise et dont la s\mission p\vait encore tre d\teuse1 p\r pass] en ,afrique1 avec simplem5t deux navires1 se remettant1 en pays ennemi1 au p\voir d'un roi b>b>e1 sur la bonne foi duquel il n'tait pas fix1 sans g>antie1 sans otages1 se confiant seulem5t son gr& c\rage1 sa bonne =tune et dans la p5se de voir se ralis] les hautes esprances qu'il avait conues3 ,la confiance que n\s accordons un autre1 n\s gagne s\v5t la si5ne 7,tite ,live74--,qui a de l'ambition et vise la clbrit doit1 au contraire1 se g>d] d'une prud5ce exagre1 ne pas prt] aux s\pons1 non plus que s'y laiss] trop entran] soi-mme2 la cra9te et la dfiance font natre l'(f5se et la provoqu5t4 ,le plus dfiant de nos rois rtablit ses affaires1 surt\t en se confiant de son propre m\vem5t ses ennemis1 au risque de sa vie et de sa lib]t1 montrant p> l la ple9e confiance qu'il avait en eux1 af9 de les am5] en avoir en lui4--,a ses lgions mut9es1 ,cs> opposa uniquem5t l'attitude qui convi5t qui ex]ce l'autorit et un langage lev2 il avait une telle confiance en lui-mme et en sa =tune1 qu'il ne craignit pas de s'ab&onn] et de s'expos] une arme sditieuse et rebelle3 ,il p>ut sur un t]tre de gazon1 deb\t1 le visage impassible2 sans cra9te p\r lui-mme1 il sut l'inspir] aux autres 7,luca974 ,conduite t5ir en cas d'meute2 la confiance qu'on montre doit1 p\r port] fruit1 tre ou p>atre exempte de cra9te4--,mais il e/ c]ta9 qu'une semblable assurance qui procure un si gr& asc5dant1 n'e/ naturelle et ne peut avoir t\t son effet que *ez ceux auxquels la p]spective de la mort et de ce qui peut arriv] de pire s\s t\s rapports1 ne cause pas d'effroi2 une attitude quelque peu tremblante1 qui semble d\t] et tre inc]ta9e du rsultat1 *ez celui qui p\rsuit l'apaisem5t1 ne peut ab\tir ri5 qui vaille1 p\r peu que la situation soit grave4 ,c'e/ un excell5t moy5 de gagn] les curs et la bonne volont des g5s1 que de se prs5t] eux fi] et confiant1 s\s condition que ce soit de son propre m\vem5t1 sans y tre contra9t p> la ncessit et que le s5tim5t qui n\s anime soit s9cre et franc1 ou t\t au mo9s qu'on ne semble pas avoir d'inquitude4--,j'ai vu dans mon enfance un g5tilhomme1 comm&ant d'une ville importante1 aux prises avec un viol5t m\vem5t d'eff]vesc5ce populaire4 ,p\r apais] ces tr\bles leur db1 il prit le p>ti de sortir du lieu o il se tr\vait et tait en p>faite sret et d'all] aux mut9s2 mal lui en prit1 ils le massacrr5t4 ,sa faute en cette circon/ance ne fut pas tant1 mon avis1 de sortir1 comme on en fait d'ord9aire repro*e sa mmoire1 que d'tre entr dans la voie des concessions et d'avoir manqu d'n]gie2 d'avoir *]* calm] ces =c5s1 plutt en se mettant leur remorque qu'en les clairant sur leur faute2 de les avoir pris1 au lieu de les rprim&]2 j'e/ime qu'une svrit mitige1 unie un comm&em5t sr de lui-mme appuy des tr\pes s\s ses ordres1 conv5ait davantage son rang et aux devoirs de sa *>ge1 lui et mieux russi1 ou t\t au mo9s lui et fait plus d'honneur et et t plus digne4 ,contre les fureurs populaires1 il n'y a ri5 espr] de l'emploi de l'humanit et de la d\ceur2 ce qui inspire le respect et la cra9te a plus de *ances de russite4 ,je f]ai galem5t repro*e ce g5tilhomme1 qu'ayant pris une rsolution que j'e/ime brave plutt que tmraire en allant1 sans armure et sans escorte suffisante1 se jet] au milieu de cette m]1 dmonte p> la tempte1 d'hommes atte9ts de folie1 il ne l'ait pas suivie jusqu'au b\t4 ,au lieu de cela1 s'ap]cevant du dang]1 il faiblit2 et sa cont5ance1 de pacifique et conciliatrice qu'elle tait dj1 se ress5tit de la frayeur qui s'emp>a de lui2 sa voix s'altra1 en son reg>d se peignir5t l'effroi et le regret de s'tre aussi inconsidrm5t avanc2 il *]*a s'esquiv] et disp>atre2 ce spectacle n'en surexcita que davantage la f\le en delire1 qui en v9t aux pires excs avec lui4 ,j'assi/ais une dlibration relative une gr&e p>ade de tr\pes de t\te nature1 que l'on projetait 7occasion s\v5t *oisie p> ceux qui mdit5t de mauvais c\ps1 p>ce que c'e/ l qu'ils peuv5t s'excut] avec le mo9s de dang]74 ,il y avait de =tes app>5ces1 d'aprs les bruits publics1 p\r ceux auxquels leurs fonctions imposai5t le ma9ti5 de l'ordre1 que des t5tatives de cette nature p\rrai5t bi5 s'y produire4 ,div]s conseils fur5t mis ce sujet1 comme il arrive dans les cas difficiles1 et1 dans le nombre1 quelques-uns trs s5ss et mritant d'tre pris en considration4 ,j'op9ai1 quant moi1 p\r qu'on vitt t\t ce qui p\rrait tmoign] de la cra9te o l'on tait2 p\r qu'on s'y r5dit1 qu'on se mlt la tr\pe la tte haute1 le visage ne refltant aucune apprh5sion2 et1 qu'au lieu de la re/re9dre 7comme les autres le proposai5t71 on donnt1 au contraire1 cette prise d'armes1 t\t le dveloppem5t dont elle tait susceptible1 recomm&ant aux capita9es d'av]tir leurs soldats de faire1 bi5 n\rries et avec ensemble1 les salves de m\squet]ie tires titre d'honneurs r5dus au p]sonnage qui les passait en revue et de ne pas p>gn] la p\dre4 ,a9si fut fait2 ces tr\pes1 dont la fidlit tait suspecte1 en reur5t un enc\ragem5t qui am5a1 p\r l'av5ir1 une mutuelle et utile confiance4 ,confiance de ,cs> en sa =tune4--,la conduite de ,jules ,cs>1 dans les circon/ances de cette nature1 me p>at belle1 au po9t de ne p\voir tre surpasse4 ,p> sa clm5ce 99 et sa d\ceur1 il *]*a t\t d'abord gagn] l'affection de ses ennemis eux-mmes1 se cont5tant1 qu& des conjurations lui tai5t dnonces1 de dcl>] simplem5t qu'il en tait av]ti2 puis1 p> un s5tim5t ple9 de noblesse1 il att5dait sans effroi et sans s'en proccup] davantage1 ce qui p\rrait adv5ir1 s'ab&onnant et s'en remettant la g>de des dieux et sa =tune2 il tait c]ta9em5t dans cet tat d'me1 lorsqu'il fut tu4 ,conseil donn un tyran1 p\r se mettre c\v]t des complots qu'on p\vait =m] contre lui4--,un trang] ayant dit et rp&u p>t\t qu'il tait mme1 moy5nant une =te somme d'arg5t1 d'indiqu] ,d5ys1 tyran de ,syracuse1 un moy5 infaillible de press5tir et de dc\vrir c\p sr les complots que ses sujets p\vai5t organis] contre lui1 ,d5ys1 auquel le propos fut rapport1 le fit appel] p\r se r5seign] sur ce procd qui p\vait tre si utile sa sret4 ,l'trang] lui dit qu'il n'tait autre que de lui faire donn] un tal5t1 et de se vant] d'avoir appris de lui ce s+uli] secret4 ,d5ys tr\va l'ide bonne et lui fit compt] six c5ts cus4 ,aux yeux de t\s1 il n'tait pas vraisemblable que le tyran et gratifi un inconnu d'une aussi =te somme1 si ce n'tait en rcomp5se d'un important s]vice r5du2 et cette croyance contribua r5dre ses ennemis circonspects4 ,c'e/ qu'en effet1 les pr9ces qui bruit5t les avis qu'ils reoiv5t des att5tats mdits contre eux1 agiss5t sagem5t2 ils font croire que leur police e/ bi5 faite et que ri5 ne peut tre entrepris contre eux1 dont ils n'ai5t v5t4--,le duc d',a?nes commit plusieurs maladresses au db de sa rc5te dom9ation sur ,flor5ce2 la plus gr&e fut que1 prv5u de conciliabules t5us contre lui p> les mcont5ts1 il fit m\rir ,matteo di ,morozo1 qui tait l'un des leurs et le premi] les lui avait dnoncs1 dans la p5se que p]sonne ne connatrait ces runions et ne s]ait a9si port croire que sa dom9ation ft impatiemm5t supporte p> quelques-uns4 ,m\rir vaut mieux p>fois que d'tre s\s la m5ace cont9ue d'une f9 tragique4--,je me s\vi5s avoir lu autrefois l'hi/oire d'un haut p]sonnage ,roma9 qui1 proscrit p> les triumvirs1 avait t assez habile p\r *app] nombre de fois ceux lancs sa p\rsuite4 ,un j\r1 une tr\pe de cavali]s envoys p\r s'emp>] de lui1 passa1 sans le dc\vrir1 prs d'un pais buisson o il tait ca*4 ,mais lui1 en ce mom5t1 songeant la pe9e et aux difficults qu'il avait1 depuis si longtemps1 p\r se drob] aux re*]*es cont9ues et m9utieuses dont il tait p>t\t l'objet1 au peu de plaisir qu'il p\vait espr] d'une p>eille vie1 se prit p5s] qu'il tait prfrable d'en f9ir une bonne fois1 que de demeur] t\j\rs dans ces transes2 et sortant de sa ca*ette1 lui-mme rappela les cavali]s qui le *]*ai5t et se livra volontairem5t leur m]ci1 p\r se db>rass]1 eux et lui1 de plus longs tracas4 ,se livr] soi-mme ses ennemis1 e/ un p>ti un peu excessif2 je crois cep5dant qu'il vaut encore mieux en agir a9si1 que de demeur] con/amm5t s\s l'apprh5sion fivreuse d'un accid5t 9vitable4 ,t\tefois1 l'inquitude et l'inc]titude tant au fond de t\tes les prcautions que l'on peut pr5dre1 le mieux encore e/ de se prp>] c\rageusem5t t\t ce qui peut arriv] et de tir] quelque consolation de ce que l'on n'e/ pas c]ta9 que cela arriv]a4 ,,*apitre ,,xxiv4 ,du pdantisme4 ,les pdants sont et ont t de t\s temps mpriss et ridiculiss malgr leur savoir4--,j'ai s\v5t s\ff]t1 en mon enfance1 de t\j\rs voir le pdant qui in/ruit la jeunesse1 j\] dans les comdies itali5nes un rle grotesque1 et le surnom de ,magi/] ne pas avoir une signification beauc\p plus honorable *ez n\s2 du mom5t que n\s leur sommes confis1 je ne p\vais mo9s faire que d'tre afflig d'une telle rputation4 ,je *]*ais bi5 me l'expliqu] p> l'9galit naturelle qui exi/e entre le vulgaire et les p]sonnes1 en petit nombre1 se di/+uant p> le jugem5t et le savoir1 d'autant que le g5re de vie des uns et des autres e/ t\t fait diffr5t2 mais ce qui me dconc]tait1 c'e/ que les hommes les plus clairs sont prcism5t ceux qui les ont le mo9s en e/ime2 tmo9 notre bon du ,bellay3 ,mais1 p>-dessus t\t1 dit-il1 je hais un savoir pdantesque4 ,et cela remonte =t lo91 c> ,plut>que indique que *ez les ,roma9s1 grec et coli] tai5t des t]mes de mpris1 dont on usait p\r faire repro*e4 ,depuis1 en avanant en ge1 j'ai tr\v que ce s5tim5t public e/ on ne peut plus ju/ifi1 et que les plus gr&s cl]cs ne sont pas les plus f9s 7,rabelais74--,mais comm5t peut-il se faire qu'une me1 ri*e de tant de connaissances1 n'en devi5ne pas plus vive et plus veille2 et qu'un esprit grossi] et vulgaire puisse ret5ir1 sans s'en amlior]1 les uvres et les jugem5ts manant des meilleurs esprits que le monde ait produits2 c'e/ ce dont je m'tonne encore4--,p\r recevoir les conceptions si gr&es et si =tes de tant de c]veaux trang]s1 il e/ ncessaire1 me disait en p>lant de quelqu'un une demoiselle qui occupait le premi] rang p>mi nos pr9cesses1 que le si5 se f\le1 se ress]re1 se comprime p\r faire place ce qu'il reoit des autres2 je p5s]ais volonti]s1 aj\tait-elle1 que ce qui arrive p\r les plantes qui s't\ff5t p>ce qu'elles ont trop de sve1 ou les lampes qui s'teign5t qu& on y met trop d'huile1 se produit galem5t p\r l'esprit b\rr de trop d'tude et de sci5ce2 occup et emb>rass de trop de *oses div]ses1 il devi5t hors d'tat de les dml]1 et s\s ce faix ploie et cr\pit4--,m'e/ avis que la raison e/ autre1 c> plus notre me s'emplit1 plus elle se di/5d2 et les temps anci5s n\s montr5t des exemples o1 t\t au contraire1 on voit des hommes aptes la conduite des affaires publiques1 de gr&s capita9es et de gr&s hommes d'tat1 avoir t aussi de trs gr&s savants4 ,les philosophes de l'antiquit tai5t au contraire e/ims1 p>ce que s\s leur orig9alit exi/ait une sci5ce pr(onde1 ce qui con/itue une gr&e diffr5ce avec les pdants de nos j\rs4--,les philosophes qui se ds9tressai5t de t\tes fonctions publiques1 ont t aussi autrefois1 la vrit1 trs ridiculiss p> les auteurs comiques de leur temps qui avai5t t\te lib]t2 leurs op9ions et leurs faons s'y prtai5t s\v5t4 ,v\lez-v\s les faire juges soit du bon droit dans un procs1 soit des actes de quelqu'un8 comptez donc sur eux6 ,ils sont encore occups *]*] si la vie1 le m\vem5t exi/5t rellem5t2 si l'homme et le buf ne sont pas mme *ose2 ce que c'e/ qu'agir2 ce que c'e/ que s\ffrir2 quelles sortes de btes sont les lois et la ju/ice4 ,p>l5t-ils d'un magi/rat ou s'entreti5n5t-ils avec lui8 c'e/ avec une lib]t de langage irrvr5cieuse et incivile4 ,ent5d5t-ils l\] 99 leur pr9ce ou un roi8 p\r eux1 ce n'e/ qu'un ptre1 oisif comme sont les ptres1 son occupation e/ comme la leur de pressur] et de tondre1 leur tr\peau1 mais avec des mnagem5ts bi5 mo9dres que n'en pr5n5t les ptres4 ,v\s faites cas d'un tel1 p>ce qu'il possde deux mille arp5ts de t]re8 ils s'en moqu5t1 eux qui sont habitus considr] le monde enti] comme leur app>t5ant4 ,v\s v\s enorgueillissez de votre noblesse1 de ce que v\s avez sept de vos aeux qui se sont di/+us2 c'e/ leurs yeux v\s prvaloir de peu1 p>ce qu'eux1 ne s'occupant de ce qui exi/e que pris dans son ensemble1 supput5t p> combi5 de ri*es et de pauvres1 de rois et de valets1 de ,grecs et de ,b>b>es1 t\s tant que n\s sommes avons t prcds ici-bas2 s]iez-v\s le c9quantime desc5dant d',h]cule1 ils tr\v]ai5t que c'e/ de votre "p acte de vanit que de faire valoir cette faveur de la =tune4 ,aussi le vulgaire les ddaignait-il1 comme ignorant les *oses ess5tielles de la vie que t\t le monde connat et les taxait-il de prsomption et d'insol5ce4 ,cette pe9ture1 tire de ,platon1 e/ bi5 lo9 d'tre applicable aux pdants4 ,les philosophes1 on les enviait p>ce qu'ils tai5t au-dessus du commun des mortels1 en raison du dda9 en lequel ils avai5t les affaires publiques1 de la vie spciale qu'ils s'tai5t impose qui n'tait pas la porte de t\t le monde et avait p\r rgle des pr9cipes suprieurs qui ne sont pas habituellem5t ceux que l'on applique2 t&is que les pdants1 on les considre comme au-dess\s du commun1 incapables des *>ges publiques1 m5ant une vie misrable1 de murs basses et viles qui les relgu5t au d]ni] rang3 ,je hais ces hommes incapables d'agir1 dont la philosophie e/ t\te en p>oles 7,pacuvius74 ,les philosophes1 eux1 gr&s p> leur savoir1 tai5t plus gr&s encore qu& ils en v5ai5t l'action2 c'e/ a9si qu'on cite ce gomtre de ,syracuse qui1 di/rait de la vie contemplative p\r employ] son gnie inv5tif la df5se de son pays1 imag9a immdiatem5t des eng9s =midables qui produisai5t des effets dpassant t\t ce que p\vait concevoir l'esprit huma92 inv5tions qui1 grce sa sci5ce1 n'tai5t p\r lui qu'un jeu t\t au plus digne d'un dbutant1 et dont p]sonnellem5t il faisait peu de cas1 regrettant d'avoir1 p\r elles1 drog ce que ses tudes ont de noble tant qu'elles re/5t dans le doma9e spculatif4 ,aussi *aque fois qu'ils ont t mis en demeure de pass] de la ?orie la pratique1 ils se sont levs si haut1 qu'il tait vid5t que leur cur et leur me s'tai5t prodigieusem5t dvelopps et enri*is p> l'tude de t\tes *oses4 ,il en e/ qui1 voyant la direction de leur pays en des ma9s incapables1 s'en sont mis l'c>t1 tmo9 cette rponse que fit ,crats quelqu'un qui lui dem&ait jusqu' quel mom5t il fallait s'adonn] la philosophie3 ,jusqu' ce que ce ne soit plus des ni]s qui soi5t la tte de nos armes4--,hraclite abdiqua la royaut en faveur de son frre2 et aux ,ephsi5s qui lui repro*ai5t de pass] son temps j\] avec les enfants1 devant le temple1 il rpondait3 ,ne vaut-il pas mieux en agir a9si1 que de gr] les affaires publiques en votre compagnie8--,d'autres1 comme ,empdocle qui refusa la royaut que les ,agrig5t9s lui (frai5t1 planant en imag9ation au-dessus de la =tune et du monde1 tr\vai5t les siges des magi/rats1 les trnes mmes des rois1 bi5 bas et bi5 vils4--,?als blmant p>fois ses concitoy5s de trop se proccup] de leurs intrts p]sonnels et de trop *]*] s'enri*ir1 ils lui rpondir5t1 en lui repro*ant d'agir comme le r5>d de la fable et de ne p>l] de la sorte que p>ce que lui-mme tait incapable d'en faire autant2 l-dessus1 il eut l'ide1 en manire de passe-temps1 de t5t] l'av5ture4 ,p\r ce faire1 humiliant son savoir en le mettant au s]vice d'intrts matriels qui devai5t lui procur] ga9s et pr(its1 il prit un mti] qui1 dans une seule anne1 lui rapporta tant1 qu' pe9e en t\te leur vie les plus exp]ts en la p>tie p\vai5t-ils gagn] autant4--,ari/ote conte que c]ta9s disai5t de ce ,?als1 d',anaxagoras et de leurs semblables1 qu'ils tai5t sages mais n'tai5t pas prud5ts1 p>ce qu'ils ne se proccupai5t pas suffisamm5t des *oses utiles2 outre que je ne saisis pas bi5 la diffr5ce entre ces deux mots1 ceux qui p>lai5t a9si n'tai5t pas dans le vrai2 et voir la =tune si pniblem5t acquise et si modique dont ces critiques se cont5tai5t1 n\s s]ions plutt fonds dire1 en employant les mmes expressions que celles dont ils se s]vai5t eux-mmes1 qu'ils n'tai5t1 eux1 ni sages ni prud5ts4 ,ceux-ci ne s'occup5t que de meubl] leur mmoire et d'en faire p>ade1 sans faire bnfici] de ce qu'ils appr5n5t ni leur jugem5t1 ni leur consci5ce4--,laissons donc l cette raison du peu de considration qu'on accorde aux pdants2 je crois qu'il e/ plus ju/e de l'attribu] la faon dfectueuse dont ils en agiss5t vis--vis de la sci5ce4 ,avec la manire dont n\s e/ donne l'in/ruction1 il n'e/ pas tonnant que matres et coli]s n'en acquir5t pas plus de valeur1 quoique acqurant plus de connaissances4 ,nos pres ne s'appliqu5t en vrit qu' n\s mettre sci5ce en tte2 de cela1 ils se mett5t en frais2 mais de jugem5t1 de v]tu1 il n'en e/ pas "q4 ,indiquez un passant aux g5s du peuple1 en criant3 ,oh6 ce savant6 indiquez-leur-en un autre1 en v\s criant3 ,oh6 cet homme de bi56 t\s ces g5s ne manqu]ont pas de port] leurs reg>ds sur le premi] et de lui tmoign] du respect4 ,ne mrit]ai5t-ils pas que1 les montrant du doigt leur t\r1 quelqu'un crit3 ,oh6 ces l\rdauds6 ,n\s n\s enqurons volonti]s de quelqu'un s'il sait le grec et le lat92 s'il crit en v]s ou en prose2 mais de savoir s'il e/ dev5u meilleur ou si son esprit s'e/ dvelopp1 ce qui e/ le pr9cipal1 c'e/ la d]nire *ose dont on s'inquite4 ,il faut s'enqurir de qui fait le meilleur usage de la sci5ce1 et non de celui qui en a le plus4 ,n\s ne n\s appliquons qu' g>nir la mmoire1 et laissons dg>nis le jugem5t et la consci5ce4 ,les oiseaux se mett5t p>fois en qute de gra9es qu'ils emport5t dans leur bec1 sans plus y gt] autrem5t1 p\r les donn] en becque leurs petits2 a9si font nos pdants2 ils vont pillant et l la sci5ce dans les livres et la cons]v5t uniquem5t sur le bord de leurs lvres1 p\r simplem5t la re/itu] en la jetant t\s v5ts4 ,c'e/ m]veilleux combi5 sot e/ l'exemple que je *oisis2 c> n'e/-ce pas l prcism5t ce que je fais moi-mme1 en majeure p>tie1 p\r la composition du prs5t ouvrage8 ,je m'en vais grappillant de ci de l dans les livres les ides qui me plais5t2 non p\r les g>d]1 mon esprit n'en e/ pas capable1 mais p\r les transport] des livres des autres dans le mi51 o1 vrai dire1 elles ne sont pas plus de mon cru qu' la place o je les ai prises4--,notre sci5ce1 je crois1 se rduit celle du mom5t2 celle du pass n\s e/ aussi trangre que l'e/ celle de l'av5ir2 mais ce qu'il y a de pire1 c'e/ que les coli]s et aussi ceux auxquels ils enseign]ont leur t\r1 reoiv5t de ces matres1 sans se l'assimil] davantage1 la sci5ce qui passe a9si de ma9 en ma91 seule f9 d'en faire p>ade1 d'en entret5ir les autres et d'en us] t\t comme on fait d'une monnaie qui n'a plus c\rs et qui n'e/ bonne qu' s]vir de jetons p\r calcul]3 ,ils ont appris p>l] aux autres1 mais non eux-mmes 7,cicron74 ,il ne s'agit pas de pror]1 mais de dirig] le navire 7,snque74--,la nature1 p\r montr] qu'il n'y a ri5 de b>b>e dans son uvre1 p]met s\v5t que surgiss5t *ez les nations o les arts sont le mo9s avancs1 des productions de l'esprit qui dfi5t les plus rem>quables en leur g5re4 ,le prov]be gascon1 qui se dit des j\eurs de cornemuse1 et se tr\ve dans une de ces *ansons qu'ils rpt5t en s'accompagnant de leur in/rum5t3 ,s\ffle peu ou beauc\p1 qu'importe2 p\rvu que tu remues les doigts1 t\t e/ l6 s'applique p>faitem5t ma ?se4 ,n\s savons dire3 ,cicron p>le a9si3 ,platon avait c\tume3 ,ce sont les propres t]mes qu'emploie ,ari/ote2 mais n\s1 que disons-n\s n\s-mmes8 que p5sons-n\s8 que faisons-n\s8 ,un p]roquet suffirait trs bi5 t5ir notre place4 ,exemple de ce ,roma9 qui se croyait savant1 p>ce qu'il avait des savants ses gages4--,cette faon de faire me rappelle ce ,roma91 possesseur d'une gr&e =tune1 qui s'tait appliqu recrut]1 et cela lui avait cot =t *]1 des p]sonnes exp]tes en t\tes les bran*es de la sci5ce2 il les avait cont9uellem5t prs de lui2 et lorsque1 se tr\vant avec ses amis1 il avait occasion de p>l] d'une *ose ou d'une autre1 ils supplai5t ce qui lui faisait dfaut1 et tai5t con/amm5t prts lui f\rnir1 l'un1 une rplique1 un autre1 un v]s d',horace1 *acun suivant sa spcialit4 ,il en tait v5u croire que leur savoir tait le si51 p>ce qu'il le tirait de g5s lui1 comme font aussi ceux dont t\t ce qu'ils sav5t e/ dans les biblio?ques somptueuses qu'ils possd5t4--,je connais quelqu'un qui1 lorsque je lui dem&e quelque *ose qu'il e/ rput savoir1 va immdiatem5t qurir un livre1 p\r me l'y montr]1 et qui n'os]ait me dire qu'il a le d]rire galeux1 si1 sur-le-*amp1 il n'allait *]*] au pralable1 dans son dictionnaire1 ce que c'e/ que galeux1 et ce que c'e/ que d]rire4 ,la sci5ce n'e/ utile qu'autant qu'elle n\s devi5t propre4--,n\s pr5ons en g>de les op9ions et le savoir d'autrui1 mais c'e/ t\t2 il faudrait en plus les faire ntres4 ,en cela1 n\s ressemblons exactem5t qui1 ayant beso9 de feu1 en irait *]*] *ez son vois9 et qui1 y tr\vant un beau et gr& brasi]1 demeur]ait l se *auff]1 sans se s\v5ir d'en rapport] *ez lui4 ,que n\s s]t-il d'avoir l'e/omac ple9 d'alim5ts1 s'il ne les digre pas et ne les trans=me1 p\r que notre corps se dveloppe et se =tifie8 ,p5se-t-on que ,lucullus1 qui dut aux lettres de s'tre =m et d'tre dev5u un si gr& capita9e avant d'avoir ex]c un comm&em5t effectif1 avait tudi notre faon8 ,n\s n\s ab&onnons tellem5t au bras d'autrui1 que n\s y p]dons t\tes nos =ces4 ,ai-je le dsir de me =tifi] contre la cra9te de la mort1 j'ai rec\rs ,snque6 ,ai-je l'int5tion de re*]*] des consolations p\r moi1 ou p\r un autre1 je m'adresse ,cicron6 ,j'aurais tir t\t cela de moi-mme1 si on m'y et ex]c4 ,je n'aime pas cette in/ruction t\te relative et que n\s allons m5di]2 qu& bi5 mme n\s p\rrions tre savants p> le savoir d'autrui1 n\s ne p\vons tre sages que du fait de notre sagesse3 ,je hais le sage qui n'e/ pas sage p> lui-mme 7,euripide74 ,ennius a dit dans le mme s5s3 ,la sagesse e/ va9e1 si elle n'e/ utile au sage2 s'il e/ av>e1 vant>d1 effm9 comme l'agneau qui vi5t de natre 7,juvnal74 ,il ne suffit pas d'acqurir la sagesse1 il faut en us] 7,cicron74 ,diogne se moquait des grammairi5s qui ont s\ci de connatre les maux d',ulysse et ignor5t les leurs1 des musici5s qui accord5t leurs in/rum5ts et n'accord5t pas leurs murs avec la morale1 des orateurs qui tudi5t p\r discut] de la ju/ice et ne la pratiqu5t pas4 ,si son me n'en devi5t pas meilleure et son jugem5t plus sa91 j'aim]ais autant que l'coli] et pass son temps j\] la paume2 son corps au mo9s en s]ait dev5u plus s\ple4 ,voyez-le de ret\r de *ez son matre o il e/ demeur qu9ze seize ans1 on ne peut tre mo9s bon quoi que ce soit2 mais il saute aux yeux que son lat9 et son grec l'ont r5du plus sot et plus fat qu'il n'tait au d"p de la maison pat]nelle2 il devait y rev5ir l'me ple9e1 elle n'e/ que b\ffie2 elle e/ gonfle1 mais vide4 ,c>actres di/9ctifs des vrais et des faux savants4--,ces matres qui enseign5t la jeunesse sont1 comme le dit ,platon des sophi/es leurs pro*es p>5ts1 ceux qui1 de t\s les hommes1 sembl5t devoir tre les plus utiles l'humanit2 et seuls1 entre t\s1 non seulem5t ils n'amlior5t pas la matire premire qui leur e/ confie comme font le *>p5ti] et le maon1 mais ils la r5d5t pire qu'elle n'tait et se font pay] p\r l'avoir gte4 ,si1 selon la conv5tion que proposait ,protagoras ses disciples3 de le pay] ce qu'il leur dem&ait ou de se r5dre au temple o ils jur]ai5t combi5 ils e/im5t le pr(it qu'ils ont retir de ses leons et de le pay] en consqu5ce de sa pe9e1 mes pdagogues s'en remettai5t ce mme s]m5t1 combi5 se tr\v]ai5t du1 si je jurais d'aprs l'expri5ce que j'en ai actuellem5t4--,dans notre patois prig\rd91 on appelle en plaisantant ces savants de pacotille du nom de ,lettres-frits1 c'e/ comme qui dirait qu'ils sont ,lettres-frus2 c'e/--dire g5s auxquels les lettres ont donn un c\p de m>teau1 dont elles ont drang le c]veau1 suivant une expression usite4 ,et de fait1 le plus s\v5t ils sembl5t tre desc5dus si bas1 qu'ils n'ont mme plus le s5s commun2 le paysan1 le cordonni] vont t\t simplem5t1 t\t navem5t leur tra91 ne p>lant que de ce qu'ils sav5t2 eux1 con/amm5t proccups de se gr&ir1 de se t>gu] de leur savoir qui1 t\t sup]ficiel1 n'a pas pntr dans leur c]velle1 vont s'emb>rassant et s'emptrant sans cesse4 ,il leur *appe de belles p>oles1 mais il faut que ce soit un autre qui en fasse une judicieuse application2 ils connaiss5t bi5 ,gali51 mais pas du t\t le malade2 ils v\s ont dj abas\rdi1 en v\s citant =ce textes de loi1 alors qu'ils n'ont pas encore saisi ce qui e/ en cause2 ils sav5t t\tes *oses en ?orie1 tr\vez-en un en tat de les mettre en pratique4 ,*ez moi1 j'ai vu un de mes amis1 ayant affaire un individu de cette espce1 lui dbit]1 p> manire de passe-temps1 en un j>gon ple9 de galimatias1 un tas de propos faits de citations rapportes1 sans suite aucune1 sauf qu'ils tai5t entremls de mots ayant rapport la "q2 et s'amus] t5ir de la sorte1 t\te une j\rne1 ce sot qui avait pris la *ose au srieux et se battait les flancs p\r tr\v] quoi rpondre aux objections qui lui tai5t faites2 et cep5dant1 cet individu tait un homme de lettres1 j\issant d'une c]ta9e rputation et portant une belle robe3 ,nobles patrici5s1 qui n'avez pas le don de voir ce qui se passe d]rire v\s1 pr5ez g>de que ceux auxquels v\s t\rnez le dos1 ne ri5t vos dp5s 7,p]se74--,qui reg>d]a de trs prs cette sorte de g5s qui se tr\ve un peu p>t\t1 tr\v]a1 comme moi1 que le plus s\v5t eux-mmes ne se compr5n5t pas1 pas plus qu'ils ne compr5n5t les autres2 ils ont le s\v5ir assez bi5 g>ni1 mais le jugem5t absolum5t creux1 sauf qu&1 p> les qualits qu'ils ont reues de la nature1 ils font exception4--,au nombre de ces d]ni]s1 je mettrai ,adri5 ,turnebus1 que j'ai connu2 il n'avait jamais ex]c d'autre pr(ession que celle d'homme de lettres1 p>mi lesquels1 depuis mille ans1 aucun1 mon s5s1 n'a mieux mrit que lui le premi] rang2 et cep5dant il n'avait ri5 de pdantesque1 en dehors de la manire dont il portait sa robe et de c]ta9es faons d'tre en socit qui n'avai5t pas le raff9em5t de celles qu'on pratique la c\r1 *ose sans importance1 dte/ant1 p\r ma "p1 de voir qu'une robe porte de trav]s produise plus mauvais effet qu'un esprit mal quilibr1 aux yeux de la f\le qui juge un homme sa manire de salu]1 son attitude1 la c\pe de ses vtem5ts4 ,adri5 ,turnebus avait en lui l'me la plus honnte qui se puisse voir2 je l'ai s\v5t1 avec int5tion1 mis sur des sujets absolum5t trang]s ceux qu'il traitait d'habitude2 il y voyait si clair1 les saisissait si vite1 les apprciait si judicieusem5t1 qu'on et cru qu'il ne s'tait jamais occup que de gu]re et d'affaires d'tat4 ,ce sont de belles et =tes natures que1 p> grce p>ticulire1 ,prom?e a =mes d'un meilleur limon et d\es d'un plus heureux gnie 7,juvnal71 que celles qui se ma9ti5n5t qu& mme1 au milieu d'in/itutions dfectueuses4 ,or1 il ne suffit pas que nos in/itutions ne r5d5t pas plus mauvais1 il faut qu'elles n\s r5d5t meilleurs4 ,la sci5ce1 sans le jugem5t1 ne saurait port] fruit2 peut-tre e/-ce l le motif p\r lequel n\s la t5ons comme une sup]ftation *ez la femme4--,quelques-uns de nos p>lem5ts1 qu& ils ont p\rvoir aux (fices de leur ressort1 n'exam95t ceux qui s'y prs5t5t1 que s\s le rapport de la sci5ce qu'ils possd5t4 ,les autres les exam95t en outre sur le bon s5s dont ils peuv5t tre d\s1 en leur donnant des affaires apprci]4 ,ces d]ni]s me p>aiss5t en agir beauc\p mieux2 le savoir et le jugem5t sont deux qualits ncessaires1 et il faut que celui qui sollicite une *>ge au p>lem5t1 les possde t\tes deux2 mais le savoir e/ c]ta9em5t de mo9dre prix que le jugem5t1 lequel suffit dfaut de savoir1 t&is que l'inv]se n'e/ pas a9si que l'exprime ce v]s grec3 ,a quoi s]t la sci5ce1 si le jugem5t fait dfaut 7d'aprs ,/obe78--,plt ,dieu1 p\r le bi5 de la ju/ice1 que nos p>lem5ts soi5t aussi ri*es s\s le rapport du bon s5s et de la consci5ce1 qu'ils le sont s\s celui de la sci5ce2 malheureusem5t3 ,n\s n'appr5ons pas vivre1 mais discut] 7,snque74 ,le savoir ne doit pas se juxtapos] l'me1 il faut l'y incorpor]2 il ne faut pas l'en arros]1 il faut l'en imprgn]2 s'il n'en modifie1 n'en amliore pas l'tat imp>fait1 il e/ c]ta9em5t prfrable de ne pas l'acqurir4 ,c'e/ une arme dang]euse qui gne et peut bless] celui qui la manie si elle e/ en ma9 faible qui n'en connaisse pas l'usage1 si bi5 que mieux vaudrait n'avoir ri5 appris 7,cicron74 ,peut-tre e/-ce l le motif p\r lequel1 n\s1 et avec n\s la ?ologie1 ne dem&ons pas aux femmes d'avoir une gr&e sci5ce2 et que ,franois1 duc de ,bretagne1 fils de ,jean ,v1 qu& il fut "q de son m>iage avec ,isabeau1 fille de la maison royale d'cosse1 rpondait qui lui disait qu'elle avait t leve simplem5t et n'avait aucune notion des belles-lettres3 qu'il prfrait qu'il en ft a9si1 une femme en sa*ant t\j\rs assez1 qu& elle sait faire la diffr5ce entre la *emise et le p\rpo9t de son m>i4 ,nos pres n'en faisai5t pas gr& cas2 et *ez ceux auxquels les dispositions naturelles p\r en bnfici] font dfaut1 elle e/ plus dang]euse qu'utile2 la plup>t des pdants de notre poque sont dans ce cas1 ne s'tant adonns la sci5ce que p\r en tir] des moy5s d'exi/5ce4--,aussi1 n'e/-il pas si extraord9aire qu'on va le rptant sans cesse1 que nos anctres n'ai5t pas fait gr& cas des lettres1 et qu'auj\rd'hui encore on ne les tr\ve qu'exceptionnellem5t cultives mme p> ceux qui sig5t aux pr9cipaux conseils de nos rois4 ,si elles n'tai5t en faveur p> la jurisprud5ce1 la mdec9e1 la pdagogie et mme la ?ologie qui n\s mett5t mme de n\s enri*ir1 ce qui1 en ces temps-ci1 e/ la seule f9 que n\s n\s proposions1 n\s les v]rions indubitablem5t aussi dlaisses que jadis4 ,quel dommage y aurait-il ce qu'il en soit a9si1 si elles ne n\s appr5n5t ni bi5 p5s]1 ni bi5 agir8 ,depuis que l'on voit tant de savants1 il n'y a plus de g5s de bi5 7,snque74 ,a qui n'a pas la sci5ce de la bont1 t\te autre sci5ce e/ prjudiciable4 ,cette raison que je *]*ais plus haut1 ne provi5drait-elle pas galem5t de ce qu'en ,france1 l'tude telle que n\s la pratiquons1 n'ayant gure d'autre b que le pr(it que n\s comptons en retir]1 si n\s dfalquons ceux qui1 p> tempram5t1 prfrant les *>ges honorifiques aux *>ges lucratives1 s'adonn5t aux lettres1 et ceux qui les ab&onn5t au b\t de peu de temps1 y r5onant avant d'y avoir pris gt1 p\r ex]c] une pr(ession qui n'a ri5 de commun avec les livres1 il ne re/e p\r a9si dire plus alors1 p\r se livr] uniquem5t ces tudes1 que les g5s sans =tune1 qui y *]*5t des moy5s d'exi/5ce8 ,ces g5s1 tant p> leur nature que p> leur ducation premire et les exemples qu'ils ont eus1 ont l'me du plus bas aloi et font mauvais usage de la sci5ce1 laquelle ne peut ni clair] une me qui n'en e/ pas susceptible ni r5dre la vue celle qui n'y voit pas4 ,son objet n'e/ pas de se sub/itu] elle1 mais de la dress]1 de rgl] ses allures1 et cela ne peut se faire que si elle e/ d'aplomb sur ses pi$s et sur ses jambes et qu'ils soi5t capables de la port]4--,la sci5ce e/ une drogue qui e/ bonne2 mais il n'e/ pas de drogue mme de rsi/] l'altration et la corruption1 si le vase qui la r5f]me e/ contam94 ,celui qui moralem5t a la vue claire1 mais qui l\*e1 voit le bi51 mais passe ct2 il voit la sci5ce et n'en use pas4--,l'ordonnance la plus importante de ,platon1 dans sa ,rpublique1 e/ de rp>tir les *>ges entre les citoy5s1 *acun suivant sa nature4 ,la nature peut t\t et ce qu'elle fait e/ de t\s g5res4 ,les boiteux sont impropres aux ex]cices du corps2 les mes boiteuses1 ceux de l'esprit2 la philosophie e/ inaccessible aux mes bt>des et vulgaires4 ,qu& n\s voyons un homme mal *auss1 si c'e/ un cordonni]1 n\s disons que ce n'e/ pas tonnant2 il semble que de mme n\s voyons frquemm5t des mdec9s qui1 malades1 suiv5t des traitem5ts qui ne convi5n5t pas2 des ?ologi5s n'tre pas de murs irrpro*ables2 et1 ce qui e/ l'tat d'habitude1 des savants plus ignorants que le commun des mortels4--,ari/on de ,*io avait raison qu&1 anci5nem5t1 il disait que les philosophes sont nuisibles ceux qui les c\t5t1 p>ce que la plup>t des mes ne sont pas susceptibles de tir] pr(it de semblables leons qui1 si elles ne font pas de bi51 font du mal3 de l'cole d',ari/ippe1 disait-il1 il sort des dbau*s2 de celle de ,znon1 des sauvages 7,cicron74 ,les ,p]ses s'appliquai5t appr5dre la v]tu leurs enfants2 les ,lacdmoni5s1 les mettre en prs5ce de la ralit1 les in/ruisant p> l'exemple de ce qu'ils aurai5t faire qu& ils s]ai5t dev5us des hommes4--,dans le mode d'ducation si rem>quable que ,xnophon prte aux ,p]ses1 n\s tr\vons qu'ils appr5ai5t la v]tu leurs enfants1 comme *ez les autres nations on leur appr5d les lettres4 ,platon dit que le fils an du roi1 hriti] du p\voir1 y tait lev de la manire suivante3 ,ds sa naissance1 on le remettait1 non entre les ma9s des femmes1 mais des eunuques occupant1 la c\r1 les premires situations en raison de leur v]tu2 ils avai5t *>ge de dvelopp] en lui les qualits physiques propres le r5dre beau et de vig\reuse con/itution4 ,a sept ans rvolus1 ils lui appr5ai5t mont] *eval et *ass]4 ,a quatorze ans1 on le confiait quatre p]sonnages *oisis3 le plus sage1 le plus ju/e1 le plus temprant et le plus vaillant de la nation2 le premi] lui enseignait la religion2 le second1 tre t\j\rs s9cre2 le troisime1 dom9] ses passions2 le quatrime1 ne ri5 cra9dre4 ,il e/ trs rem>quable que dans le g\v]nem5t si excell5t1 fond p> ,lycurgue1 si tonnant p> sa p]fection1 p>ticulirem5t att5tif l'ducation des enfants qu'il considre comme devant prim] t\t1 dans la patrie mme des ,muses1 on s'occupe si peu de l'rudition4 ,on dirait qu' cette jeunesse1 aux s5tim5ts gnreux1 qui ddaignait t\t autre j\g que celui de la v]tu1 on a d ne donn]1 au lieu de matres lui enseignant la sci5ce comme cela a lieu *ez n\s1 que des matres lui enseignant la vaillance1 la prud5ce et la ju/ice2 exemple que ,platon a suivi en ses ,lois4 ,leur enseignem5t consi/ait comme *ez les ,p]ses dem&] aux enfants d'mettre des apprciations sur les hommes et sur leurs actions2 et qu'ils blmass5t ou qu'ils l\ass5t tel p]sonnage1 ou tel acte1 il leur fallait ju/ifi] leur manire de voir2 de la sorte ils ex]ai5t leur jugem5t1 et en mme temps appr5ai5t le droit4 ,a/yages1 dans ,xnophon1 dem&e ,cyrus de lui r5dre compte de sa d]nire leon3 ,elle a consi/1 dit ,cyrus1 en ce qu' l'cole1 un gr& g>on1 qui avait un manteau trop c\rt1 l'a donn un de ses cam>ades plus petit que lui et a pris le si5 qui tait plus long4 ,le matre m'a fait juge du diffr5d4 ,j'ai apprci qu'il y avait lieu de laiss] les *oses en l'tat1 *acun semblant se tr\v] mieux d'avoir un manteau sa taille4 ,mon matre m'a alors montr qu'en prononant a9si1 j'avais mal jug p>ce que je m'tais arrt ne consult] que la conv5ance et qu'il et fallu t5ir compte en premi] lieu de la "q de ju/ice1 qui veut que nul ne soit viol5t dans la possession de ce qui lui app>ti5t2 et ,cyrus aj\te que p\r cette faute de jugem5t1 il fut f\ett1 t\t comme en ,france1 dans nos villages1 il n\s arrive n\s-mmes1 qu& n\s n\s trompons sur un des temps d'un v]be grec4 ,mon rg5t me f]ait un bi5 beau disc\rs du g5re dmon/ratif1 avant de p\voir me p]suad] que son cole vaut celle-l4 ,les ,lacdmoni5s ont v\lu all] au plus c\rt2 et puisque les sci5ces1 lors mme qu'on les tudie srieusem5t1 ne peuv5t que n\s donn] des ?ories sur la prud5ce1 la sagesse dans la conduite et l'esprit de dcision1 sans n\s les faire pratiqu]1 ils ont v\lu mettre d'emble leurs enfants en prs5ce de la ralit et les in/ruire1 non p> ce qu'ils ent5d5t dire1 mais p> les faits eux-mmes2 les =mant et les imprgnant =tem5t1 non seulem5t de prceptes et de p>oles1 mais surt\t d'exemples et d'actions1 af9 que ce ne soit pas une sci5ce qui pr5ne simplem5t place en leur me1 mais que cette sci5ce s'y incorpore d'une faon intime et devi5ne *ez eux une habitude1 qu'elle ne soit pas une acquisition faite aprs c\p1 mais que ds le db ils en ai5t la ple9e possession comme s'ils la t5ai5t de la nature4--,on dem&ait ,agsilas ce qu'il tait d'avis que les enfants appriss5t3 ,ce qu'ils devront faire qu& ce s]ont des hommes1 rpondit-il4 ,il n'e/ pas tonnant qu'une p>eille ducation ait produit de si admirables effets4 ,diffr5ce entre l'in/ruction que recevai5t les ,sp>tiates et celle que recevai5t les ,a?ni5s4--,on allait1 dit-on1 dans les autres villes de la ,grce1 qu& on v\lait se procur] des rhtorici5s1 des pe9tres et des musici5s2 mais on allait ,lacdmone1 qu& on v\lait avoir des lgislateurs1 des magi/rats1 des gnraux d'arme4 ,a ,a?nes on appr5ait bi5 dire1 ici bi5 faire2 l discut] dans des controv]ses de sophi/es et pntr] le vritable s5s de phrases artificieusem5t con/ruites1 ici se df5dre des t5tations de la volupt et envisag] avec c\rage les rev]s de =tune ou la mort qui n\s m5ac5t2 disc\rir tait la pr9cipale occupation de ceux-l1 ceux-ci se proccupai5t d'agir2 l c'tait un ex]cice cont9u de la langue1 ici c'tait l'me qu'on ex]ait sans rel*e4 ,aussi1 n'e/-ce pas trange d'ent5dre les ,lacdmoni5s1 auxquels ,antipat] dem&ait c9quante enfants en otage1 lui rpondre1 au reb\rs de ce que n\s f]ions n\s-mmes1 qu'ils prfrai5t lui donn] des hommes faits en nombre d\ble1 tant ils atta*ai5t de prix l'ducation telle qu'ils la donnai5t *ez eux4--,qu& ,agsilas convie ,xnophon envoy] ses enfants ,sp>te p\r y tre levs1 ce n'e/ pas p\r y appr5dre la rhtorique ou la dialectique1 mais p\r qu'ils y appr5n5t1 dit-il1 la plus belle de t\tes les sci5ces1 celle de savoir obir et savoir comm&]4 ,comm5t ,socrate se j\e d'un sophi/e se plaignant de n'avoir ri5 gagn ,sp>te4--,il e/ trs plaisant de voir ,socrate se moqu]1 sa manire1 d',hippias qui lui raconte comm5t1 en enseignant1 il a gagn1 p>ticulirem5t dans c]ta9es petites b\rgades de la ,sicile1 une bonne somme d'arg5t1 t&is qu' ,sp>te il n'a pas rcolt un s\4 ,ces ,sp>tiates1 dit ,hippias1 sont des idiots qui ne sav5t ni faire des v]s1 ni compt]2 ils ne sont mme d'apprci] leur valeur1 ni la grammaire1 ni le ry?me1 ne s'intressant qu' l'ordre de succession des rois1 au dveloppem5t et la dcad5ce des tats et un tas de sornettes p>eilles4 ,qu& il eut a*ev1 ,socrate l'am5a peu peu conv5ir de l'excell5ce de la =me de leur g\v]nem5t1 de leurs v]tus dome/iques et du bonheur de leur vie prive2 lui laissant dev9]1 comme conclusion1 l'inutilit des arts qu'il enseignait4 ,les sci5ces amolliss5t et effm95t les c\rages4--,de nombreux exemples n\s appr5n5t1 p> ce qui se produisit dans ce g\v]nem5t si bi5 organis p\r la gu]re1 comme dans t\s autres tablis sur le mme pr9cipe1 que l'tude des sci5ces amollit et effm9e les c\rages1 plutt qu'elle ne les aff]mit et les agu]rit4--,l'tat le plus puissant du monde en ce mom5t1 semble tre celui des ,turcs qui1 eux aussi1 sont dresss pris] =t la c>rire des armes et mpris] les lettres4 ,rome tait plus vaillante avant d'tre dev5ue savante4 ,les nations les plus belliqueuses de nos j\rs1 sont les plus grossires et les plus ignorantes2 comme preuve1 je cit]ai les ,scy!s1 les ,p>!s1 ,tam]lan4--,qu& les ,go?s ravagr5t la ,grce1 ce qui sauva les biblio?ques d'tre livres au feu1 ce fut que l'un des leurs mit l'avis de les laiss] intactes leurs ennemis1 qui p\r se di/raire y tr\v]ai5t des occupations sd5taires et oisives qui les dt\rn]ai5t des ex]cices militaires4--,qu& notre roi ,*>les ,,viii se fut emp>1 sans presque avoir tir] l'pe du f\rreau1 du royaume de ,naples et d'une bonne p>tie de la ,toscane1 les seigneurs de sa suite attribur5t cette conqute1 faite avec une facilit inespre1 ce que les pr9ces et la noblesse d',italie passai5t leur temps dans les travaux de l'esprit et l'tude de la sci5ce1 plutt qu'ils ne s'appliquai5t dev5ir vig\reux et gu]ri]s4 ,,*apitre ,,xxv4 ,de l'ducation des enfants4 ,a ,madame ,diane de ,foix1 comtesse de ,gurson4 ,montaigne dcl>e n'avoir que des donnes assez vagues sur les sci5ces2 nanmo9s1 t\t en traitant des sujets sur lesquels il n'a que des connaissances sup]ficielles1 il se g>d]a d'imit] ces trop nombreux criva9s qui emprunt5t dans une l>ge mesure aux auteurs anci5s1 croyant en impos] a9si leurs lecteurs4--,je n'ai jamais vu un pre1 p\r si bossu ou teigneux que soit son fils1 qui se laisst all] en conv5ir2 non que1 sauf le cas o son affection l'aveugle compltem5t1 il ne s'en ap]oive pas1 mais p>ce que son fils provi5t de lui4 ,je suis de mme2 je vois mieux que t\t autre que les ides que j'mets dans mon ouvrage1 ne sont que les rv]ies d'un homme qui1 dans son enfance1 n'a gt qu' la premire enveloppe des sci5ces1 et n'en a ret5u qu'une conception gnrale et non encore =me1 un peu de *aque *ose1 ou mme ri5 du t\t1 comme cela se passe en ,france4 ,en somme1 je sais que la mdec9e1 la jurisprud5ce exi/5t1 que les ma?matiques se divis5t en quatre bran*es1 et sais assez sup]ficiellem5t ce dont elles trait5t4 ,p> has>d1 je sais encore que1 d'une faon gnrale1 les sci5ces prt5d5t amlior] les conditions de notre exi/5ce2 mais je n'ai jamais t plus avant et ne me suis jamais mis m>tel en tte p\r appr(ondir ,ari/ote1 ce roi de la doctr9e mod]ne2 je n'ai pli sur l'tude d'aucune sci5ce1 et n'ai aucune ide qui me p]mette d'en expos] seulem5t les notions les plus lm5taires4 ,il n'e/ pas un enfant des classes moy5nes qui ne puisse se dire plus savant que moi1 qui ne suis seulem5t pas mme de le que/ionn]1 s]ait-ce sur la premire leon 99 du mo9s de cette nature4 ,s'il e/ absolum5t ncessaire que je l'int]roge1 je suis dans l'obligation1 assez honteuse p\r moi1 de m'en t5ir quelques que/ions d'ordre gnral1 qui me p]mett5t d'apprci] son bon s5s naturel2 et ce que je lui dem&e1 il l'ignore au mme degr que ce qu'il sait m'e/ trang] moi-mme4 ,aucun ouvrage srieux ne m'e/ famili]1 sauf ,plut>que et ,snque1 o1 l'in/> des ,danades1 je puise sans cesse1 dv]sant immdiatem5t ce que j'en retire2 mon ouvrage en reti5t quelques bribes1 et moi si peu que ri54 ,en fait de livres1 l'hi/oire a 99 davantage mes prfr5ces2 j'ai aussi un gt p>ticuli] p\r la posie4 ,clan! disait que la voix1 ress]re dans l'troit tuyau d'une trompette1 en sort plus aigu et avec plus de porte2 il semble que de mme la p5se1 s\mise dans son expression aux exig5ces de la posie1 en sorte plus nette et frappe plus vivem5t4 ,mes facults naturelles qu'en crivant je mets ici l'preuve1 me sembl5t fl*ir s\s la *>ge que je leur impose2 aussi ne vais-je qu' ttons dans les ides que je conois et les jugem5ts que je porte4 ,ma m>*e e/ *ancelante2 *aque in/ant je me heurte ou fais un faux pas2 et qu& de la sorte je suis p>v5u aussi lo9 que je le puis1 je n'en suis pas plus satisfait1 p>ce qu'au del m'app>aiss5t encore1 trav]s la brume1 des horizons que le tr\ble de ma vue ne me p]met pas de dml]4--,en entrepr5ant de p>l] indiffremm5t de t\t ce dont il me pr5d fantaisie1 en n'y employant que les moy5s qui me sont propres et tels que je les reu de la nature1 si ma bonne =tune veut1 comme cela arrive s\v5t1 que je r5contre dj traits p> de bons auteurs ces mmes sujets que j'entrepr5ds de trait] moi aussi1 je me tr\ve1 a9si que cela s'e/ produit t\t rcemm5t1 en lisant dans ,plut>que un passage de son ouvrage relatif la puissance de l'imag9ation1 si faible et si *tif1 si l\rd et si endormi vis--vis de ces matres1 que je me fais piti moi-mme et me pr5ds dda94 ,p\rtant1 je suis assez heureux p\r con/at] que s\v5t ma manire de voir a le mrite de se r5contr] avec la leur1 et que1 bi5 que demeurant =t en arrire1 je m>*e cep5dant sur leurs traces4 ,je me concde aussi cet avantage que t\t le monde n'a pas1 de connatre l'extrme diffr5ce qu'il y a entre eux et moi2 et nonob/ant1 je laisse subsi/] les productions de mon imag9ation1 telles qu'elles sont sorties de ma tte1 si faibles1 si infrieures soi5t-elles1 sans en masqu] ni en corrig] les dfauts que ce rappro*em5t avec les mmes sujets1 traits p> ces auteurs1 a pu me rvl]4 ,il faut tre bi5 sr de soi1 p\r m>*] de pair avec ces g5s-l4 ,les criva9s de nos j\rs qui1 sans scrupule1 insr5t dans leurs ouvrages sans valeur1 des passages enti]s de ces auteurs anci5s p\r se faire honneur1 arriv5t un rsultat t\t oppos2 l'clat de leurs emprunts tablit une telle diffr5ce avec ce qui leur e/ propre qui en devi5t si ple1 si t]ne et si laid1 qu'ils y p]d5t beauc\p plus qu'ils n'y gagn5t4 ,*ez les anci5s1 ces deux manires de faire1 si opposes l'une l'autre1 t\t tir] de son propre fond ou exploit] celui d'autrui1 se pratiquai5t dj3 ,*rysippe le philosophe int]calait dans ses livres non seulem5t des fragm5ts1 mais des ouvrages enti]s d'autres auteurs2 dans l'un entre autres1 se tr\ve reproduite 9 ext5so la ,mde d',euripide2 si bi5 qu',apollodore disait de lui que si on retran*ait de ses uvres ce qui ne lui app>t5ait pas1 il ne re/]ait que du papi] blanc4 picure1 au contraire1 dans les trois c5ts volumes qu'il a laisss1 n'a pas insr une seule citation4 ,l'autre j\r1 je suis tomb sur un passage d'un de nos criva9s1 a9si emprunt l'un des meilleurs auteurs de l'antiquit2 j'avais eu de la pe9e all] jusqu'au b\t d'une prose crite en un /yle si dp\rvu de vigueur1 si sec1 si vide d'esprit et de s5s qu'il tmoignait sans conte/e de sa facture franaise1 lorsque aprs cette lecture longue et ennuyeuse j'arrivai un passage t\t autre1 de /yle lev1 atteignant aux nues p> la pr(ondeur du sujet et la ri*esse d'expressions4 ,si je fusse pass de l'un l'autre graduellem5t et un c]ta9 int]valle de temps1 la transition et pu demeur] inap]ue2 mais elle tait si brusque1 semblable une falaise abrupte se dressant pic1 que1 ds les premi]s mots1 je fus comme ravi dans l'autre monde2 et que de l1 mesurant la pr(ondeur de la fondrire si fangeuse d'o je sortais1 je n'eus plus le c\rage de r$esc5dre m'y raval]4 ,si je rehaussais p>eillem5t ce que j'cris des dp\illes d'autrui1 leur ri*esse f]ait p> trop ressortir la pauvret de ce qui n'e/ que de moi2 t\tefois relev] *ez les autres les fautes que je commets moi-mme1 ne me semble pas plus inconsqu5t que de signal]1 comme je le fais s\v5t1 les erreurs commises p> autrui qui se retr\v5t en moi2 t\t ce qui prte la critique1 n'importe o cela soit1 doit tre dnonc et ne tr\v] asile nulle "p4--,bi5 que je me r5de compte combi5 il e/ audacieux de mettre con/amm5t ce qui provi5t de mon cru en p>allle avec ce que je drobe aux autres1 et prt5dre que l'un et l'autre s'quival5t1 avec la tmraire esprance que je p\rrais tromp] des juges aptes faire la di/9ction1 j'en agis cep5dant a9si1 autant p\r le pr(it que je retire de semblables confrontations1 que p> ce qui peut en rsult] d'avantageux p\r les ides que je prne et la =ce que cela me donne p\r arriv] les mettre en relief4 ,et puis1 je ne *]*e pas l'emport] de haute lutte avec d'aussi srieux *ampions2 je ne m'attaque pas eux corps corps1 je m'y pr5ds div]ses reprises1 m'engageant *aque fois pe9e2 je ne les heurte pas1 je ne fais que les effleur] et ne vais jamais aussi lo9 que je me l'tais propos4 ,si je p\vais m>*] de pair avec eux1 je demeur]ais honnte1 c> jamais je ne les entrepr5ds que du ct o ils sont le mo9s accessibles4 ,mais je ne f]ais jamais ce que j'ai con/at *ez c]ta9s1 qui se c\vr5t de l'armure d'autrui1 au po9t de ne ri5 laiss] ap]cevoir d'eux-mmes2 dont l'uvre n'e/ que la reproduction d'anci5s travaux qu'ils ont *]* r5dre mconnaissables en les trans=mant plus ou mo9s1 ce qui1 tant donne la multiplicit des docum5ts exi/ants sur un mme sujet1 e/ *ose aise p\r des savants4 ,ceux qui veul5t dissimul] ces rapts et les faire pass] comme manant d'eux1 commett5t une inju/ice et une l*et1 puisque1 incapables de ri5 produire de leur cru1 ils *]*5t se faire valoir en se p>ant de ce qui ne leur app>ti5t pas4 ,ils font en second lieu une gr&e sottise2 c> s'ils p>vi5n5t1 p> leur f\rb]ie1 capt] l'approbation de la f\le des ignorants1 ils se dcri5t auprs de ceux qui sav5t1 les seuls dont l'loge ait du prix1 et qui hauss5t les paules en voyant leur travail1 vritable mosaque de pices et de morceaux emprunts4 ,lo9 de moi l'int5tion d'en agir de mme2 je ne cite les autres que p\r donn] plus de =ce ce que je dis4--,ces obs]vations1 bi5 ent5du1 ne s'appliqu5t pas aux c5tons qui se publi5t comme tels2 outre ceux d'poque anci5ne1 j'en ai vu de trs +nieux datant de mon temps1 un entre autres p>u s\s le nom de ,capilupus2 ce sont des productions d'auteurs dont l'esprit se montre non seulem5t l1 mais encore ailleurs1 comme il en e/ de ,lipsius1 auquel n\s devons ce gros et savant recueil qui con/itue ses ,politiques4 ,quoi qu'il en soit1 et si normes que puiss5t tre les inepties qui me pass5t p> la tte1 je les dirai2 n'ayant pas plus desse9 de les ca*]1 que je ne ca*]ais mon portrait qui1 au lieu de me pe9dre jeune et beau1 me reprs5t]ait *auve et grisonnant1 tel que je suis rellem5t4 ,j'expose ici mes s5tim5ts et mes op9ions1 je les donne tels que je les conois et non tels que d'autres peuv5t en jug]2 mon seul b e/ de m'analys] moi-mme1 et le rsultat de cette analyse peut1 dema91 tre t\t autre qu'auj\rd'hui1 si mon c>actre vi5t se modifi]4 ,je n'ai pas une autorit suffisante p\r impos] ma manire de voir1 je ne le dsire mme pas1 me reconnaissant trop mal in/ruit p\r prt5dre in/ruire les autres4 ,l'ducation de l'enfant doit comm5c] ds le bas ge2 il e/ difficile de prjug] p> ses premires incl9ations de ce qu'il s]a un j\r2 aussi faut-il ne pas y atta*] trop d'importance4--,je comm5ce donc4 ,quelqu'un1 ayant vu mon prcd5t *apitre sur le pdantisme1 me disait *ez moi1 l'autre j\r1 que je devais avoir des ides faites sur l'ducation des enfants4 ,si1 ,madame1 j'avais quelque qualit p\r trait] un p>eil sujet1 je ne p\rrais mieux en us] que d'en faire prs5t ce *] petit homme qui va pro*a9em5t natre heureusem5t de v\s 7c> c'e/ un fils que v\s aurez t\t d'abord1 v\s tes trop gnreuse p\r comm5c] autrem5t74 ,j'ai pris tant de "p aux ngociations qui ont am5 votre m>iage1 que j'ai quelque droit m'intress] la gr&eur et la prosprit de t\t ce qui peut en adv5ir2 sans compt] que mon atta*em5t p\r v\s1 qui date de si lo91 me fait v\s s\hait] honneur1 bi5 et prosprit1 v\s et t\t ce qui v\s t\*e4 ,mais1 vrai dire1 je suis peu exp]t en p>eille matire2 je n'ai gure d'autre ide sur ce po9t que celle-ci3 c'e/ que l'levage et l'ducation de l'enfant con/itu5t t\t la fois la plus difficile et la plus importante des sci5ces huma9es4--,en agriculture1 la prp>ation du t]ra9 sur lequel on veut plant] et la plantation elle-mme sont *oses aises et sur lesquelles on e/ absolum5t fix2 mais1 une fois la plantation effectue1 qu& le sujet comm5ce pr5dre rac9e et se dvelopp]1 les procds employ] sont v>is et les difficults nombreuses4 ,il en e/ de mme de l'homme1 sa plantation ne dem&e pas gr& art2 mais1 aprs sa naissance1 le so9 de l'lev] et de l'duqu] n\s cre une t*e laborieuse et ple9e de s\cis de t\tes sortes4 ,dans le bas ge1 il manife/e si faiblem5t les dispositions qu'il peut avoir1 il e/ si difficile de s'en r5dre compte1 ce qu'il semble promettre e/ si inc]ta9 et trompeur1 qu'il e/ malais d'en port] un jugem5t f]me4 ,voyez ,cimon1 voyez ,?mi/ocles et mille autres2 combi5 n'ont-ils pas t diffr5ts de ce qu'ils semblai5t devoir tre4 ,les petits de l'ours1 ceux du *i5 suiv5t leurs p5*ants naturels2 mais la nature de l'homme se modifie si aism5t p> les habitudes1 les c\rants d'op9ion1 les lois dont il a ds le premi] mom5t subir l'influ5ce1 qu'il e/ bi5 difficile de disc]n] et de r$ress] en lui ses prop5sions naturelles4 ,il en rsulte que faute de l'avoir engag sur la r\te qui lui convi5t1 on a s\v5t travaill p\r ri5 et que beauc\p de temps peut avoir t employ lui appr5dre des *oses auxquelles il ne peut atte9dre4--,malgr de telles difficults1 je suis d'avis qu'il faut t\j\rs dirig] l'enfant v]s ce qui e/ le meilleur et le plus utile1 et qu'il n'y a pas t5ir gr& compte de ces lgres indications1 de ces press5tim5ts que sembl5t n\s rvl] les prfr5ces que1 dans son enfance1 il peut manife/] et auxquelles ,platon1 en sa ,rpublique1 me p>at atta*] trop d'importance4 ,la sci5ce convi5t surt\t aux p]sonnes de haut rang2 non celle qui appr5d argum5t]1 mais celle qui r5d habile au comm&em5t des armes1 au g\v]nem5t des peuples1 etc4--,la sci5ce1 ,madame1 e/ un bel ornem5t et un outil d'une m]veilleuse utilit1 notamm5t p\r les p]sonnes qui1 comme v\s1 sont d'un rang lev4 ,ce n'e/ pas entre les ma9s de g5s de condition s]vile et de classe infrieure qu'elle peut avoir sa relle utilit2 plus fire1 elle s]t surt\t ceux qui peuv5t tre appels au comm&em5t des armes1 au g\v]nem5t d'un peuple1 sig] dans les conseils des pr9ces1 mnag] nos bons rapports avec une nation trangre1 beauc\p plus qu' ceux qui n'ont qu' disc\rir1 plaid] une cause ou dos] des pilules4 ,c'e/ p\rquoi1 ,madame1 je me p]mets de v\s expos] les ides1 contraires celles gnralem5t en c\rs1 que j'ai sur ce po9t2 l se borne ce qu' cet g>d1 je puis faire p\r v\s2 et je le fais1 p>ce que je suis conva9cu que v\s n'exclurez pas la sci5ce dans l'ducation de vos enfants1 v\s qui en avez sav\r les d\ceurs et qui tes d'une race de lettrs1 c> dj n\s avons les crits des anci5s comtes de ,foix d'o v\s desc5dez1 v\s et ,m4 le comte votre m>i2 et ,m4 ,franois de ,c&ale1 votre oncle1 en produit t\s les j\rs qui1 p5dant des sicles1 assur]ont votre famille une l>ge place dans le monde savant4 ,le succs d'une ducation dp5d ess5tiellem5t du g\v]neur qui y prside4 ,ce g\v]neur doit avoir du jugem5t1 des murs plutt que de la sci5ce1 s'appliqu] aid] son lve tr\v] de lui-mme sa voie et l'am5] expos] ses ides1 au lieu de comm5c] p> lui suggr] les si5nes4--,a votre fils v\s donn]ez un g\v]neur dont le *oix aura une importance capitale sur son ducation4 ,cette *>ge comporte plusieurs po9ts de gr&e importance2 je ne m'occup]ai que d'un seul1 p>ce que des autres je ne saurais dire ri5 qui vaille2 et mme sur ce po9t que je reti5s1 ce g\v]neur s]a libre de m'en croire ou non1 suivant ce qui lui sembl]a rationnel4--,p\r un enfant de bonne maison qui s'adonne aux lettres1 elles n'ont p\r b ni le ga9 7une f9 aussi peu releve e/ indigne des ,muses et ne mrite pas qu'elles n\s concd5t leur faveur1 sans compt] que le rsultat ne dp5d pas de n\s71 ni les succs dans le monde qu'elles peuv5t n\s procur]4 ,elles t5d5t surt\t notre satisfaction intime1 en faisant de n\s des hommes l'esprit cultiv1 conv5ant t\tes situations1 plutt que des savants4 ,c'e/ p\rquoi je v\drais1 p\r la dirig]1 qu'on s'appliqut tr\v] quelqu'un qui ait bonne tte1 plutt que tte bi5 g>nie2 il faut des deux1 mais la morale et l'ent5dem5t import5t plus encore que la sci5ce2 je v\drais en second lieu que celui qui aura t *oisi1 en agisse dans sa *>ge autrem5t qu'on ne le fait d'ord9aire4 ,p\r n\s in/ruire1 on ne cesse de n\s criaill] aux oreilles comme si1 avec un entonnoir1 on n\s v]sait ce qu'on veut n\s appr5dre2 et ce qu'on n\s dem&e ensuite1 se borne rpt] ce qu'on n\s a dit4 ,je v\drais voir modifi] ce procd1 et que1 ds le db1 suivant l'intellig5ce de l'enfant1 on la ft travaill]1 lui faisant apprci] les *oses1 puis la laissant *oisir et faire d'elle-mme la diffr5ce1 la mettant quelquefois sur la voie1 quelquefois la lui laissant tr\v]2 je ne veux pas que le matre enseigne et p>le seul1 je veux qu'il c\te l'lve p>l] son t\r4 ,socrate1 et aprs lui ,arcesilaus1 faisai5t d'abord p>l] leurs disciples1 ils p>lai5t ensuite3 ,l'autorit de ceux qui enseign5t1 nuit s\v5t ceux qui veul5t appr5dre 7,cicron74 ,il e/ bon de faire trott] cette intellig5ce devant soi1 p\r jug] du tra9 dont elle va et quel po9t il faut modr] sa propre allure p\r se mettre la si5ne2 faute de rgl] notre m>*e de la sorte1 n\s gtons t\t4 ,c'e/ un des po9ts les plus dlicats qui soit1 que de savoir se mettre la porte de l'enfant et de g>d] une ju/e mesure2 un esprit lev et bi5 matre de lui1 peut seul condesc5dre faire si5nes1 p\r les guid]1 les p5ses enfant9es qui g]m5t dans cette me qui lui e/ confie4 ,la m>*e s'effectue d'un pas plus sr et plus f]me en montant qu'en desc5dant4 ,*aque enfant e/ in/ruire suivant le tempram5t qui lui e/ propre2 appliqu] t\s mme m?ode ne peut donn] p\r le plus gr& nombre que de mauvais rsultats4--,il en e/1 et c'e/ l'usage *ez n\s1 qui1 *>gs d'in/ruire plusieurs enfants1 naturellem5t trs diffr5ts les uns des autres p> leur intellig5ce et leur c>actre1 leur donn5t t\s la mme leon et ont vis--vis d'eux mme manire de faire4 ,avec un p>eil sy/me1 il n'e/ pas tonnant si1 dans l'ensemble mme de t\s nos enfants1 on en r5contre pe9e deux ou trois dont l'in/ruction soit peu prs en rapport avec le temps pass l'cole4 ,a celui dont n\s n\s occupons spcialem5t ici1 son matre ne dem&]a pas seulem5t compte des mots de sa leon1 mais encore de leur signification1 a9si que de la morale tir] du sujet tudi2 il jug]a du pr(it qu'il en retire1 non p> les preuves qu'il donn]a de sa mmoire1 mais p> sa faon d'tre dans le c\rant de la vie4 ,ce qu'il vi5t de lui appr5dre1 il le lui f]a envisag] s\s c5t aspects div]s et en faire l'application autant de cas diffr5ts1 p\r voir s'il a bi5 compris et se l'e/ bi5 assimil1 employant1 p\r s'en r5dre compte1 des int]rogations telles que1 d'aprs ,platon1 ,socrate en usait dans ses procds pdagogiques4 ,c'e/ un indice d'aigreur et d'indige/ion que de r5dre la vi&e telle qu'on l'a avale2 et l'e/omac n'a pas satisfait ses fonctions1 s'il n'a pas trans=m et *ang la nature de ce qu'on lui a donn tritur]4--,notre intellig5ce1 dans le sy/me que je condamne1 n'entre en action que sur la foi d'autrui2 elle e/ comme lie et contra9te d'accept] ce qu'il plat d'autres de lui enseign]2 les leons qu'elle en reoit ont sur elle une autorit laquelle elle ne peut se s\/raire1 et n\s avons t tellem5t t5us en lisire1 que nos allures ont cess d'tre fran*es1 que notre vigueur et notre lib]t sont te9tes3 ,ils sont t\j\rs en tutelle 7,snque74 ,j'ai connu p>ticulirem5t1 ,pise1 un homme de bi5 p>tisan d',ari/ote au po9t qu'il rigeait hauteur d'un dogme3 ,que la pi]re de t\*e1 la rgle de conduite de t\t jugem5t sa9 et de t\te vrit1 sont qu'il soit con=me sa doctr9e2 que hors de l1 t\t n'e/ que nant et *imres2 que ce matre a t\t vu1 et t\t dit4 ,cette proposition1 int]prte un peu trop l>gem5t et m*amm5t1 a compromis autrefois1 p5dant longtemps et trs srieusem5t1 son auteur auprs de l'inquisition de ,rome4 ,l'lve ne doit pas adopt] s]vilem5t les op9ions des autres et n'en *>g] que sa mmoire2 il faut qu'il se les approprie1 et les r5de si5nes4--,on s\mettra t\t l'exam5 de l'enfant1 on ne lui mettra ri5 en tte1 d'autorit ou en lui dem&ant de croire sur p>ole4 ,l'enfant ne ti5dra de prime abord aucuns pr9cipes comme tels1 pas plus ceux d',ari/ote que ceux des ,/oci5s ou des picuri5s2 on les lui expliqu]a t\s1 il les jug]a et *oisira s'il le peut2 s'il ne peut *oisir1 il demeur]a dans l'indcision1 99 c> il n'y a que les f\s qui soi5t srs d'eux-mmes et ne soi5t jamais hsitants3 ,aussi bi5 que savoir1 d\t] a son mrite 7,dante72 et alors1 si p> un effet de sa raison il vi5t embrass] les op9ions de ,xnophon et de ,platon1 elles cess]ont d'tre les leurs et devi5dront si5nes4 ,qui s'en rapporte un autre1 ne s'atta*e ri51 ne tr\ve ri51 ne *]*e mme pas4 ,n\s n'avons pas de roi1 que *acun se conduise p> lui-mme 7,snque72 ayons au mo9s consci5ce que n\s savons4 ,il ne s'agit pas p\r l'enfant d'appr5dre leurs prceptes1 mais de se pntr] de leurs op9ions2 il peut sans inconvni5t oubli] d'o il les ti5t1 p\rvu qu'il ait su se les appropri]4 ,la vrit et la raison sont du doma9e de t\s2 elles ne sont pas plus le propre de celui qui le premi] les a dites1 que de ceux qui les ont rptes aprs lui2 ce n'e/ pas plus d'aprs ,platon que d'aprs moi1 que telle *ose e/ nonce1 du mom5t que lui et moi la compr5ons et la voyons de la mme faon4 ,les abeilles vont but9ant les fleurs de ct et d'autre1 puis elles confectionn5t leur miel1 et ce miel n'e/ plus ni ?ym1 ni m>jola9e2 c'e/ du miel qui vi5t exclusivem5t d'elles4 ,il en s]a de mme des emprunts faits autrui2 l'enfant les ptrira1 les trans=m]a1 p\r en faire une uvre bi5 lui1 c'e/--dire p\r en =m] son jugem5t1 dont la =mation e/ le b unique de son ducation1 de son travail et de ses tudes4 ,t\t ce qui a conc\ru cette =mation doit disp>atre1 on ne doit voir que le rsultat qu'il en a obt5u4 ,ceux qui pill5t le pro*a91 qui emprunt5t1 tal5t les con/ructions qu'ils ont leves ou a*etes et non ce qu'ils ont tir d'autrui2 v\s ne voyez pas les honoraires reu p> ceux qui r5d5t la ju/ice1 mais seulem5t les alliances qu'ils contract5t1 les belles positions qu'ils donn5t leurs enfants2 nul ne livre la connaissance du public le dtail de ses rev5us2 t\t le monde montre au gr& j\r les acquisitions qu'il fait4 ,le bnfice de l'tude e/ de r5dre meilleur2 ce qu'il faut1 c'e/ dvelopp] l'intellig5ce2 savoir p> cur1 n'e/ pas savoir2 t\t ce qui se prs5te aux yeux doit tre sujet d'obs]vations4--,le bnfice que n\s retirons de l'tude1 c'e/ de dev5ir meilleur et plus raisonnable4 ,c'e/1 disait ,epi*>me1 l'ent5dem5t qui voit et qui ent5d2 c'e/ p> l'ent5dem5t que n\s mettons t\t pr(it1 c'e/ lui qui organise1 qui agit1 qui dom9e et qui rgne2 t\tes nos autres facults sont aveugles1 s\rdes et sans me4 ,n\s le r5dons s]vile et cra9tif1 en ne lui laissant pas la lib]t de faire quoi que ce soit de lui-mme4 ,quel matre a jamais dem& son disciple ce qu'il p5se de la rhtorique et de la grammaire1 ou de telle ou telle maxime de ,cicron8 ,on n\s les plaque1 t\tes p>es1 dans la mmoire2 on n\s les donne comme des oracles1 auxquels on ne saurait *ang] ni une lettre1 ni une syllabe4 ,savoir p> cur1 n'e/ pas savoir2 c'e/ ret5ir ce qui a t donn en g>de la mmoire4 ,ce qu'on sait effectivem5t1 on en dispose1 sans consult] le matre du reg>d1 sans avoir beso9 de jet] les yeux sur son livre4 ,tri/e sci5ce que celle qui e/ t\t entire tire des livres2 elle peut s]vir n\s faire brill]1 mais n'e/ d'aucune solidit2 ,platon n\s le dit3 ,la f]met1 la foi1 la s9crit con/itu5t la vraie philosophie2 t\te sci5ce autre1 qui a d'autres vises1 n'e/ que f>d t\t au plus propre donn] un clat trompeur4 ,je v\drais voir ce qu'obti5drai5t ,le ,paluel et ,pompe1 ces beaux danseurs de notre poque1 s'ils n\s enseignai5t faire des cabrioles1 ri5 qu'en en excutant devant n\s qui ne b\g]ions pas de nos places2 ceux qui veul5t dvelopp] notre intellig5ce sans la mettre en m\vem5t1 en agiss5t de mme2 peut-on n\s enseign] mani] un *eval1 une pique1 un lu?1 et mme la voix1 sans n\s y ex]c] l'in/> de ceux-ci qui prt5d5t n\s appr5dre bi5 jug] et bi5 p>l]1 sans n\s faire ni jug] ni p>l]6 ,p\r ex]c] l'intellig5ce1 t\t ce qui s'(fre nos yeux1 suffit n\s s]vir de livre3 la malice d'un page1 la sottise d'un valet1 un propos de table sont autant de sujets d'enseignem5t se r5\velant sans cesse4 ,les voyages bi5 dirigs sont p>ticulirem5t utiles2 il faut les comm5c] de bonne heure4--,a cela1 la frqu5tation des hommes1 les voyages en pays trang]s convi5n5t m]veilleusem5t2 non p\r en rapport]1 comme le font nos g5til%ommes franais1 des notes sur les dim5sions de ,santa ,rotonda ou la ri*esse des dess\s de jupes de la signora ,livia2 ou comme d'autres1 qui relv5t de combi5 le pr(il de ,nron1 d'aprs quelque vieille ru9e de l-bas1 e/ plus long et plus l>ge que sur c]ta9es mdailles le reprs5tant2 mais p\r obs]v] pr9cipalem5t les murs et les c\tumes de ces nations1 et p\r aff9] notre c]veau p> le frottem5t avec d'autres4 ,je v\drais qu'on ft voyag] l'enfant ds ses premi]s ans1 p\r cela et aussi p\r lui appr5dre les langues trangres1 faisant a9si d'une pi]re deux c\ps1 et comm5ant p> les nations vois9es dont la langue diffre le plus de la ntre1 p>ce que1 si on ne s'y met pas de bonne heure1 notre organe n'a plus la s\plesse ncessaire4 ,l'enfant gagne tre lev lo9 des si5s2 il faut l'habitu] aux fatigues et endurcir son corps1 en mme temps que =tifi] son me4--,il n'e/ pas raisonnable d'lev] l'enfant dans la famille1 c'e/ l un po9t gnralem5t admis4 ,les p>5ts1 mme les plus sages1 se laiss5t trop att5drir p> leur affection et leur f]met s'en ress5t2 ils ne sont plus capables de le punir de ses fautes2 ils ne peuv5t admettre qu'il soit lev durem5t comme il convi5t1 et prp> t\s les has>ds de la vie2 ils ne p\rrai5t s\ffrir le voir rev5ir d'un ex]cice1 en sueur et c\v]t de p\ssire2 boire *aud1 boire froid2 mont] un *eval difficile2 faire de l'escrime avec un tireur un peu rude1 ou mani] p\r la premire fois une arquebuse4 ,et cep5dant1 on ne saurait faire autrem5t2 p\r en faire un homme de valeur1 il faut ne pas le mnag] dans sa jeunesse et s\v5t enfre9dre les rgles que n\s trac5t les mdec9s3 ,qu'il vive en ple9 air et au milieu des prils 7,horace74 ,il ne suffit pas de =tifi] l'me1 il faut aussi dvelopp] les muscles2 l'me a une t*e trop l\rde1 si elle n'e/ seconde2 elle a trop faire si1 elle seule1 elle doit f\rnir d\ble s]vice4 ,je sais combi5 pe9e la mi5ne en la compagnie d'un corps dbile et trop dlicat qui s'en remet p> trop sur elle2 et je m'ap]ois s\v5t1 dans mes lectures1 que nos matres1 dans leurs crits1 cit5t comme exemples de magnanimit et de gr& c\rage1 des faits qui dnot5t plutt une gr&e =ce physique1 de bons muscles et des os solides4 ,j'ai vu des hommes1 des femmes1 des enfants a9si faits1 qu'une ba/onnade leur fait mo9s qu' moi une *iqu5aude1 qui ne se plaign5t ni ne tressaill5t s\s les c\ps qu'on leur donne4 ,les a?ltes1 qui sembl5t rivalis] de pati5ce avec les philosophes1 la doiv5t plutt la rsi/ance de leurs n]fs qu' celle de leur me4 ,l'habitude du travail corporel acc\tume support] la d\leur3 le travail endurcit la d\leur 7,cicron74 ,il faut rompre l'enfant la pe9e et la rudesse des ex]cices1 p\r le dress] aux fatigues et ce qu'ont de pnible les d\leurs physiques1 les entorses1 la colique1 les cautres1 voire mme la prison et la torture1 auxquelles il peut tre aussi expos1 c>1 suivant les temps1 les bons comme les m*ants en c\r5t risque1 n\s en faisons actuellem5t l'preuve2 99 plus on e/ homme de bi51 plus on e/ m5ac du f\et et de la corde p> quiconque combat les lois4--,en outre1 la prs5ce des p>5ts nuit l'autorit1 qui doit tre s\v]a9e1 du g\v]neur sur l'enfant1 l'int]rompt et la p>alyse2 le respect que lui tmoign5t les g5s de sa maison1 la connaissance qu'il a du rang et de l'influ5ce de sa famille sont1 de plus1 mon avis1 de srieux inconvni5ts cet ge4 ,en socit1 l'enfant s'appliqu]a plus connatre les autres qu' v\loir p>atre2 et1 dans t\s ses propos1 il se montr]a rs]v et mode/e4--,dans cette cole qu'e/ la frqu5tation des hommes j'ai s\v5t rem>qu un mal1 c'e/ qu'au lieu de *]*] n\s pntr] de la connaissance d'autrui1 n\s travaillons n\s faire connatre lui1 et que n\s n\s mettons plus en pe9e de faire talage de notre m>*&ise que d'en acqurir d'autre2 le sil5ce et la mode/ie sont des qualits trs avantageuses dans la conv]sation4 ,on dress]a l'enfant tre p>cimonieux et conome de son savoir qu& il en aura acquis2 ne se =malis] ni des sottises1 ni des fables qui se diront devant lui1 c> c'e/ une impolitesse1 autant qu'une maladresse1 de se froiss] de t\t ce qui n'e/ pas de notre gt4 ,qu'il se cont5te de se corrig] lui-mme et n'ait pas l'air de repro*] aux autres de faire ce que lui-mme ne croirait pas devoir faire1 qu'il ne p>aisse pas davantage c5sur] les murs publiques3 ,on peut tre sage sans o/5tation1 sans orgueil 7,snque74 ,qu'il vite ces allures blessantes de g5s qui sembl5t v\loir impos] leur manire de voir1 cette purile prt5tion de v\loir p>atre plus f9 qu'il n'e/1 et qu'il ne *]*e pas1 ce qui (fre si peu de difficult1 p> ses critiques et ses biz>r]ies se faire la rputation de quelqu'un de valeur4 ,les lic5ces potiques ne sont p]mises qu'aux gr&s potes2 de mme les mes suprieures et illu/res ont seules le privilge de se mettre au-dessus des c\tumes admises3 ,si ,socrate et ,ari/ippe n'ont pas t\j\rs respect les murs et les c\tumes de leur pays1 c'e/ une erreur de croire qu'on peut les imit]2 leur mrite transc5dant et presque div9 autorisait *ez eux cette lic5ce 7,cicron74--,on lui appr5dra ne disc\rir et ne discut] que lorsqu'il se tr\v]a en face de quelqu'un de =ce lui rpondre2 et1 mme dans ce cas1 il ne mettra pas en jeu t\s les moy5s dont il dispose1 mais seulem5t ceux les plus appropris son sujet4 ,qu'on le r5de dlicat sur le *oix et le triage des argum5ts qu'il emploie2 qu'il re*]*e ce qui s'applique exactem5t au sujet qu'il traite1 p> consqu5t qu'il soit bref4--,qu'on l'in/ruise surt\t cd] et cess] la discussion ds que la vrit lui app>at1 soit qu'elle rsulte des argum5ts de son adv]saire1 soit qu'elle se =me p> un ret\r sur sa propre argum5tation1 c> il n'e/ pas un prdicateur mont en *aire p\r df5dre une ?se qui lui e/ impose2 s'il df5d une cause1 c'e/ qu'il l'appr\ve2 il ne fait pas le mti] de ceux qui1 v5dant leur lib]t beaux d5i]s comptants1 ont p]du le droit de reconnatre qu'ils font erreur et d'en conv5ir3 ,aucune ncessit ne l'oblige df5dre ce qu'on v\drait imprieusem5t lui prescrire 7,cicron74 ,il s]a affectionn son pr9ce1 prt le s]vir avec le plus enti] dv\em5t1 p\r le bi5 public1 mais ne re*]*]a pas d'emploi la c\r4--,si son g\v]neur a de mon c>actre1 il lui inspir]a la volont de s]vir son pr9ce avec la loyaut la plus absolue1 de lui port] la plus vive affection et d'tre prt affront] t\s les prils p\r son s]vice2 mais il le dt\rn]a de s'atta*] lui autrem5t que p> devoir public4 ,contract] vis--vis de lui des obligations p>ticulires prs5te1 entre div]s autres inconvni5ts qui port5t atte9te notre lib]t1 celui de faire que le langage d'un homme au s]vice d'un autre1 subv5tionn p> lui1 e/ ou mo9s enti] et mo9s libre1 ou enta* d'imprud5ce ou d'+ratitude4 ,un vrai c\rtisan n'a ni le droit1 ni la volont de dire et de p5s] autrem5t qu'en bi5 d'un matre qui1 p>mi tant de milli]s d'autres de ses sujets1 l'a *oisi1 p\rvoit son entreti5 et l'lve de ses propres ma9s4 ,p> la =ce mme des *oses1 cette faveur1 les avantages qu'il en retire1 l'bl\iss5t et corromp5t sa fran*ise2 aussi1 dans un tat1 voit-on communm5t le langage de ces g5s sur ce qui conc]ne la c\r et le pr9ce1 diffr] de celui de t\s autres et en gnral tre peu digne de foi4 ,on lui inspir]a la s9crit dans les discussions2 il prt]a att5tion t\t1 s'enqu]ra de t\t4--,que sa consci5ce et sa v]tu soi5t manife/es dans ses p>oles et qu'il n'ait jamais que la raison p\r 99 guide4 ,on lui f]a ent5dre que confess] une erreur qu'il peut avoir commise dans ses propos1 alors mme qu'il ait t le seul s'en ap]cevoir1 e/ une preuve de jugem5t et de s9crit1 pr9cipales qualits qu'il doit re*]*]4 ,s'op9itr] et conte/] qu& mme1 sont des dfauts frqu5ts qui sont surt\t le propre d'mes peu leves2 se ravis] et se corrig]1 ab&onn] au c\rs mme de la discussion une manire de voir qui v\s semble mauvaise1 sont des qualits qui se r5contr5t r>em5t1 indices d'une me =te1 vritablem5t empre9te de philosophie4 ,on l'av]tira de prt] att5tion t\t1 qu& il e/ en socit2 c> je con/ate que1 trs communm5t1 les premires places sont s\v5t occupes p> les mo9s capables et que les faveurs de la =tune ne vont que r>em5t qui les mrite2 je vois frquemm5t que1 t&is qu'au haut b\t de la table on passe son temps s'entret5ir de la beaut d'une tapiss]ie ou du gt que peut avoir le malvoisie1 l'autre b\t se produis5t de nombreux traits d'esprit qui se tr\v5t p]dus4 ,il sond]a la porte de *acun2 quiconque1 b\vi]1 maon1 passant1 e/ faire caus]2 t\s1 suivant ce qu'ils font d'habitude1 peuv5t n\s rvl] des *oses intressantes1 c> t\t s]t dans un mnage4 ,mme les sottises et les faiblesses d'autrui conc\r5t notre in/ruction2 obs]v] les grces et les faons de *acun1 il s]a conduit imit] les bonnes et mpris] les mauvaises4 ,qu'on lui suggre le gt de s'enqurir de t\tes *oses1 curiosit qui n'a ri5 que de l\able2 qu'il reg>de t\t ce qui1 aut\r de lui1 peut prs5t] quelque p>ticul>it3 un difice1 une fonta9e1 un homme1 une localit o s'e/ jadis livre une bataille1 o ont pass ,cs> ou ,*>lemagne2 quelle t]re e/ eng\rdie p> le froid1 quelle autre e/ brle p> le soleil2 quel v5t favorable p\sse les vaisseaux en ,italie 7,prop]ce74 ,qu'il s'enquire des murs1 des ress\rces1 des alliances de tel ou tel pr9ce1 ce sont l autant de sujets trs intressants appr5dre1 trs utiles savoir4 ,l'tude de l'hi/oire faite avec disc]nem5t e/ de premire importance2 supriorit de ,plut>que comme hi/ori54--,dans cette pratique des hommes1 je compr5ds aussi1 c'e/ mme celle qui (fre le plus d'importance1 la frqu5tation de ceux qui ne viv5t plus que p> les s\v5irs que les livres n\s en ont cons]vs4 ,p> l'hi/oire1 il entr]a en communication avec ces gr&s hommes des meilleurs sicles4 ,c'e/ l une tude va9e p\r qui la ti5t p\r telle1 mais c'e/ aussi1 p\r qui le veut1 une tude dont n\s p\vons retir] un fruit 99 ine/imable2 c'e/ la seule tude1 dit ,platon1 que les ,lacdmoni5s admettai5t4 ,quel pr(it ne lui procur]a-t-elle pas1 p> la lecture des vies des hommes illu/res de ,plut>que1 ma9t5ant que cet auteur a t mis notre porte8 ,mais1 p\r cela1 que le guide que j'ai donn cet enfant1 se s\vi5ne du b qu'il doit p\rsuivre1 et qu'il ne fixe pas tant l'att5tion de son disciple sur la date de la ru9e de ,c>?age que sur les manires de faire d',annibal et de ,scipion2 l'endroit o e/ mort ,m>cellus importe mo9s que ce fait que1 s'il n'et manqu son devoir1 il ne s]ait pas v5u m\rir l4 ,qu'il ne lui appr5ne pas tant les faits qu' les apprci]4 ,c'e/ mon s5s1 de t\tes les bran*es auxquelles s'appliqu5t nos esprits1 celle o n\s en agissons dans la mesure la plus div]se4 ,j'ai lu dans ,tite-,live c5t *oses que d'autres n'y ont pas lues1 et ,plut>que y en a lu c5t autres que je n'ai pas vues moi-mme et peut-tre d'autres que celles que l'auteur y a mises2 les uns l'tudi5t comme ils f]ai5t d'un grammairi52 p\r d'autres1 c'e/ un philosophe qui analyse et met j\r les p>ties de notre nature les plus difficiles pntr]4--,il y a1 dans ,plut>que1 beauc\p de passages assez t5dus mritant d'tre sus2 s\s ce rapport1 je le considre comme un matre en son g5re4 ,mais1 en dehors de ces sujets qu'il a traits avec plus ou mo9s de dtails1 il y en a mille autres qu'il n'a fait qu'effleur]2 il n\s indique simplem5t du doigt o n\s p\vons all]1 si cela n\s plat2 quelquefois il se cont5te d'une allusion qu'on tr\ve incidemm5t au c\rs de la n>ration palpitante d'un fait autre4 ,il faut les en extraire et les mettre en lumire2 tel ce mot qui e/ de lui3 ,les peuples de l',asie eur5t t\j\rs un matre1 p>ce qu'il e/ une syllabe qu'ils ne sur5t jamais prononc]1 la syllabe non2 mot qui1 peut-tre1 a inspir ,la ,botie et lui a f\rni l'occasion d'crire son ouvrage sur la ,s]vitude volontaire4 ,mme qu& il cite une p>ole1 un acte de peu d'importance de la vie d'un homme1 cela n\s vaut p>fois des rflexions que le sujet ne semblait pas devoir am5]4 ,il e/ dommage que les g5s qui possd5t une si puissante intellig5ce aim5t tant la brivet2 sans d\te1 leur rputation y gagne1 mais n\s-mmes y p]dons4 ,plut>que prfre que n\s l\ions en lui son jugem5t plutt que son savoir2 que n\s regrettions qu'il ne se soit pas t5du davantage1 plutt que de n\s fatigu] p> trop de prolixit2 il savait que mme lorsqu'on traite des sujets bons p> eux-mmes1 il peut arriv] d'en trop dire4 ,c'e/ ju/em5t l le repro*e qu'adressait ,alex&ridas quelqu'un qui disait aux phores d'excell5tes *oses1 mais les disait trop longuem5t3 ,o trang]1 tu dis bi5 ce qu'il faut1 mais tu le dis autrem5t qu'il le faudrait4 ,ceux qui ont le corps grle1 le grossiss5t en remb\rrant les vtem5ts qui les c\vr5t2 ceux traitant un sujet simple p> lui-mme1 l'enfl5t s\v5t dmesurm5t p> leurs p>oles4 ,la frqu5tation du monde contribue beauc\p n\s =m] le jugem5t4--,la frqu5tation du monde e/ d'un effet m]veilleux p\r clair] notre jugem5t2 c> n\s vivons t\s tre9ts et r5f]ms en n\s-mmes1 notre vue ne s't5d pas au del de la longueur de notre nez4 ,on dem&ait ,socrate d'o il tait2 il ne dit pas d',a?nes1 mais rpondit3 du monde4 ,p\r lui1 dont l'intellig5ce va/e et remplie plus qu'aucune autre1 embrassait l'univ]s comme d'autres font de leur cit1 sa socit1 l'objet de ses affections1 c'tait le g5re huma92 c'e/ lui qu'il reportait t\t ce qu'il savait2 sa p5se rayonnait au lo91 t&is que n\s1 n\s ne reg>dons jamais qu' nos pi$s4 ,qu& la vigne gle dans mon village1 le prtre en conclut que la colre div9e m5ace l'humanit entire1 et il croit dj que les ,cannibales en ont la ppie2 p\r lui1 ce petit accid5t atte9t t\t l'univ]s4 ,a voir nos gu]res civiles1 qui ne va criant que le monde se dtraque et que le j\r du jugem5t d]ni] e/ pro*e8 ,on ne rfl*it pas que plusieurs fois il s'e/ dj vu pire1 et que1 p5dant que n\s n\s dsolons1 les dix mille autres p>ties de l'univ]s ont qu& mme du bon temps et en j\iss5t2 p\r moi1 voir jusqu'o vont1 en ce mom5t *ez n\s1 la lic5ce et l'impunit1 j'admire combi5 ces gu]res sont bnignes et peu actives4 ,lorsqu'il grle sur nos ttes1 t\t notre hmisphre n\s semble en proie l'orage et la tempte4 ,ce ,savoy>d ne disait-il pas3 ,si ce sot de roi de ,france avait bi5 su conduire sa b>que1 il tait homme dev5ir matre d'htel de notre duc6 ,en son imag9ation1 notre homme ne concevait ri5 au-dessus de son matre2 notre insu1 n\s sommes t\s dans la mme erreur1 et cette erreur a de gr&es et f*euses consqu5ces4 ,celui qui1 comme dans un tableau1 se reprs5te la gr&e image de la nature notre mre dans la plnitude de sa maje/2 qui lit sur son visage ses =mes inf9ies1 v>iant sans cesse2 qui y voit non son infime p]sonne1 mais un royaume enti]1 y t5ir pe9e la place d'un trait trac avec une po9te d'aiguille effile1 celui-l seul e/ime les *oses leur vraie gr&eur4 ,le monde doit tre notre livre d'tude de prdilection4--,ce monde si gr&1 que c]ta9s t5d5t encore1 en di/+uant des espces dans *aque g5re1 e/ le miroir o il faut n\s reg>d] p\r n\s bi5 connatre2 j'en fais1 en somme1 le livre de mon coli]4 ,l'inf9ie div]sit des murs1 des sectes1 des jugem5ts1 des op9ions1 des lois1 des c\tumes n\s appr5d apprci] sa9em5t les ntres1 n\s montre les imp]fections et la faiblesse naturelle de notre jugem5t et con/itue un srieux appr5tissage4 ,tant d'agitations dans les tats1 tant de *angem5ts dans les =tunes publiques1 n\s conduis5t ne pas considr] comme si extraord9aires ceux dont notre pays e/ le ?tre2 tant de noms1 tant de victoires et de conqutes ensevelis dans l'oubli1 r5d5t ridicule l'esprance de pass] la po/rit p\r la prise de dix mauvais soldats et d'un p\laill] connu seulem5t de ceux tmo9s de sa *ute4--,le fa/e orgueilleux qui se dploie l'trang] dans les crmonies1 la maje/ si exagre de tant de c\rs et de gr&s1 n\s r5dront plus sceptiques et p]mettront notre vue de s\t5ir l'clat de ce qui se passe *ez n\s sans en tre bl\i4--,tant de milli>ds d'hommes n\s ont prcds dans la tombe1 que ce n\s e/ un gr& enc\ragem5t ne pas cra9dre d'all] rejo9dre si bonne compagnie dans l'autre monde1 et a9si du re/e4--,c'e/ ce qui faisait dire ,py?agore que notre vie ressemble la gr&e et populeuse assemble des jeux olympiques3 les uns s'ex]c5t p\r y figur] avec honneur1 les autres y apport5t des m>*&ises en vue d'une v5te fructueuse2 t&is qu'il en e/1 et ce ne sont pas ceux qui pr5n5t le plus mauvais p>ti1 qui ne se propos5t ri5 99 autre1 que d'obs]v] le p\rquoi et le comm5t de *aque *ose1 ils se font spectateurs de la vie des autres p\r en jug] et rgl] la leur en consqu5ce4 ,c'e/ la philosophie qui s]t dirig] notre vie1 qui doit t\t d'abord tre enseigne l'homme qu& il e/ jeune4--,aux exemples p\rront t\j\rs s'adapt] d'une faon rationnelle les raisonnem5ts les plus premptoires de la philosophie1 dont t\tes les actions huma9es doiv5t t\j\rs s'inspir] comme de leur rgle4 ,on dira l'enfant3 ce qu'il e/ p]mis de dsir]2 ce quoi s]t l'arg5t2 dans quelle l>ge mesure on doit se dv\] la patrie et la famille2 ce que ,dieu a v\lu que l'homme ft sur la t]re et quel rang il lui a assign dans la socit2 ce que n\s sommes et dans quel desse9 n\s exi/ons 7,p]se72 ce que c'e/ que savoir et ignor]1 qui doit tre le b de nos tudes2 ce que c'e/ que la vaillance1 la temprance1 la ju/ice2 ce qu'il y a dire sur l'ambition et l'av>ice1 la s]vitude et la sujtion1 la lic5ce et la lib]t2 quels signes se reconnat un cont5tem5t de soi-mme vrai et durable2 jusqu' quel po9t il faut cra9dre la mort1 la d\leur et la honte3 comm5t n\s devons vit] et support] les pe9es 7,virgile72 quels mobiles n\s font agir et comm5t satisfaire tant d'impulsions div]ses2 c> il me semble que les premi]s raisonnem5ts dont on doive pntr] son esprit1 sont ceux qui doiv5t s]vir de rgles ses murs1 son bon s5s1 qui lui appr5dront se connatre1 savoir bi5 vivre et bi5 m\rir4 ,p>mi les arts libraux1 comm5ons p> celui-ci qui n\s fait libres2 t\s conc\r5t1 la vrit1 d'une manire quelconque notre in/ruction et la satisfaction de nos beso9s1 comme1 du re/e1 t\tes *oses dans une c]ta9e mesure2 entre t\s1 il doit pass] en premire ligne1 ayant sur notre vie l'influ5ce la plus directe et s]vant la dirig]4 ,si n\s savions re/re9dre les beso9s de notre exi/5ce dans de ju/es limites1 telles que la nature n\s les trace1 n\s con/at]ions que la majeure p>tie dans *aque sci5ce en c\rs e/ sans application p\r n\s1 et que mme dans ce qui1 en elles1 n\s importe1 se tr\v5t des p>ties sup]flues et des po9ts obscurs dont n\s f]ions mieux de ne pas n\s occup]1 bornant nos tudes1 suivant ce que n\s enseigne ,socrate1 ce qu'elles ont d'utile3 ,ose tre sage et sois-le2 celui qui diffre p\r rgl] sa conduite1 ressemble ce voyageur naf qui att5d1 p\r pass] le fleuve1 que l'eau soit c\le2 p5dant ce temps1 le fleuve c\le t\j\rs et c\l]a t]nellem5t 7,horace74 ,avant d'obs]v] le c\rs des a/res1 il doit obs]v] ses propres p5*ants et s'atta*] les rgl]4--,c'e/ une gr&e simplicit que d'appr5dre nos enfants3 quelle e/ l'influ5ce atta*e aux ,poissons1 au signe enflamm du ,lion ou celui du ,capricorne qui se baigne dans la m] d',hesprie 7,prop]ce71 la sci5ce des a/res1 le m\vem5t de la sphre cle/e1 avant de leur enseign] leurs propres p5*ants et les moy5s de les rgl]4 ,que m'importe moi les ,pleiades6 ,que m'importe la con/ellation du ,b\vi] 7,anacron76--,anaximne de ,milet crivait ,py?agore1 alors que les rois de ,p]se faisai5t des prp>atifs de gu]re contre son pays3 ,quel gt puis-je avoir m'amus] tudi] les secrets des toiles1 qu& j'ai t\j\rs prs5te devant les yeux la mort ou la s]vitude8 ,*acun doit se dire de mme3 ,con/amm5t en butte l'ambition1 l'av>ice1 la tmrit1 la sup]/ition1 ayant encore en moi bi5 d'autres ennemis de moi-mme1 qu'ai-je me proccup] des lois qui prsid5t au m\vem5t des mondes8 ,il p\rra ensuite se livr] aux autres sci5ces1 les scrutant fond1 au lieu de se born] n'en appr5dre que quelques df9itions vides de s5s4--,aprs qu'on lui aura appris ce qui s]t le r5dre plus raisonnable et meilleur1 on l'entreti5dra de ce que sont la logique1 la physique1 la gomtrie1 la rhtorique2 et son jugem5t tant dj =m1 il vi5dra promptem5t b\t de celle de ces sci5ces sur laquelle aura port son *oix4 ,les leons se donn]ont tantt dans des entreti5s1 tantt en tudiant dans des livres2 tantt son g\v]neur lui mettra entre les ma9s les ouvrages les plus appropris l'tude qu'il p\rsuit1 tantt il lui en f]a l'analyse et lui en expliqu]a les p>ties ess5tielles dans leurs mo9dres dtails4 ,si1 p> lui-mme1 ce g\v]neur n'tait pas assez famili>is avec ces livres p\r1 en vue du plan qu'il a conu1 y puis] t\s les prcieux enseignem5ts qui s'y tr\v5t1 on p\rra lui adjo9dre quelques hommes de lettres qui1 *aque fois que beso9 en s]a1 lui f\rnirai5t les matires di/ribu] et faire absorb] son n\rrisson4 ,cet enseignem5t a9si donn s]a plus ais et plus naturel que la m?ode prconise p> ,gaza1 p]sonne ne le conte/]a4 ,ce d]ni] met trop de prceptes hrisss de difficults et peu comprh5sibles2 il emploie des mots sonores et vides de s5s1 qu'on ne peut saisir et qui n'veill5t aucune ide dans l'esprit2 dans notre mode1 l'me tr\ve o s'atta*] 99 et se n\rrir2 le fruit que l'enfant en retir]a s]a1 sans comp>aison1 beauc\p plus gr& et arriv]a plus tt maturit4 ,la philosophie1 dgage de l'esprit de discussion et des m9uties qui la discrdit5t trop s\v5t1 lo9 d'tre svre et tri/e1 e/ d'une tude agrable4--,il e/ bi5 s+uli] qu'en notre sicle1 n\s en soyons arrivs ce que la philosophie soit1 mme p\r les g5s intellig5ts1 une *ose va9e et fanta/ique1 sans usage comme sans valeur1 aussi bi5 dans l'op9ion publique que de fait4 ,je crois que cela ti5t aux raisonnem5ts captieux et embr\ills dont foisonn5t ses prludes4 ,on a gr& tort de la pe9dre aux enfants comme inaccessible1 s\s un aspect r5frogn1 svre1 t]rible4 ,qui donc l'a a9si affuble de ce masque qui1 contrairem5t ce qui e/1 lui donne cette m9e ple et hideuse8 ,il n'e/ ri5 de plus gai1 de plus gaill>d1 de plus enj\1 et peu s'en faut que je ne dise de plus foltre2 elle ne pr*e que fte et bon temps2 une m9e tri/e et transie e/ un signe manife/e que ce n'e/ pas l qu'elle rside4--,dmtrius le grammairi51 r5contrant dans le temple de ,delphes plusieurs philosophes assis ensemble1 leur dit3 ,ou je me trompe1 ou voir vos attitudes si paisibles et si gaies1 v\s ne devez gure tre en srieuse conv]sation les uns avec les autres4 ,l'un d'eux1 ,hraclon de ,mg>e1 lui rpondit3 ,c'e/ ceux qui *]*5t si tel mot pr5d deux l1 ou d'o driv5t tels comp>atifs et tels sup]latifs1 que survi5n5t prmaturm5t des rides1 en s'entret5ant de leur sci5ce favorite4 ,p\r ce qui e/ des tudes philosophiques1 lo9 de r5frogn] et de contri/] ceux qui s'y adonn5t1 elles ont p\r effet de les gay] et de les rj\ir4 ,tu peux reconnatre au visage qui les reflte galem5t1 et les t\rm5ts de l'me et ses joies intimes 7,juvnal74--,l'me en laquelle loge la philosophie1 fait p>ticip] le corps la sant dont elle j\it2 son repos et son bi5-tre sont manife/es en dehors d'elle2 elle s]t de m\le son enveloppe corporelle qui1 p> ce fait1 p>e d'une gracieuse fi]t1 prs5te un ma9ti5 rvlant l'activit et la gat1 une cont5ance satisfaite respirant la bont4 ,le signe le plus c>actri/ique de la sagesse1 c'e/ une flicit cont9ue2 le sage e/ con/amm5t dans la plus p>faite srnit2 on p\rrait presque dire qu'il plane au-dessus des nuages2 ce sont ces discussions int]m9ables des scola/iques sur le ,b>oco et le ,b>alipton1 qui r5d5t leurs adeptes si rev*es et si ridicules2 ce n'e/ pas la philosophie1 ces g5s-l ne la connaiss5t que p> ou dire4 ,comm5t en s]ait-il autrem5t8 puisqu'elle a p\r objet d'apais] les temptes de l'me1 d'appr5dre n\s rire de la faim et de la fivre1 non p> des hypo?ses n'exi/ant que dans notre imag9ation1 mais p> des raisons naturelles et palpables4 ,la sagesse a p\r b la v]tu1 laquelle n'habite pas1 comme on l'enseigne dans les coles1 au haut d'un mont esc>p1 aux p5tes abruptes et inaccessibles2 ceux qui l'ont appro*e l'e/im5t1 au contraire1 rsidant en un vallon f]tile et fleuri1 d'o elle voit nettem5t t\tes *oses au-dess\s d'elle2 celui qui sait o la tr\v]1 peut y arriv] agrablem5t p> des r\tes ombrages1 gazonnes1 exhalant des odeurs agrables1 ne prs5tant que des p5tes d\ces et faciles1 telles que peut tre celle qui conduit aux cieux4 ,faute de n'avoir pas fray avec cette v]tu suprme1 belle1 triomphante1 am\reuse1 dlicieuse autant que c\rageuse1 ennemie dcl>e et irrconciliable de la mauvaise humeur1 du dplaisir1 de la cra9te et de la contra9te1 qui a p\r guide la nature et p\r compagnons le bonheur et la volupt1 ceux qui ne la connaiss5t pas1 ont t conduits1 dans leur ignorance1 la suppos] tri/e1 qu]elleuse1 *agr9e1 rancunire et de mauvaise m9e1 et1 a9si sottem5t trave/ie1 la plac]1 environne de ronces1 sur un roc l'c>t1 en faire un fantme effray] les g5s4 ,mon g\v]neur1 qui sait qu'il a p\r devoir d'inspir] son disciple autant et mme plus d'affection que de respect env]s la v]tu1 saura lui dire que les potes p>tag5t cet g>d les ides communes2 il lui f]a t\*] du doigt que les dieux ont r5du plus pnibles les appro*es des demeures de ,v5us que celles de ,pallas4 ,et qu&1 atteignant l'ge de pub]t1 notre adolesc5t comm5c]a se s5tir1 le mettant en prs5ce de ,bradamante ou d',anglique s'(frant lui p\r matresses3 celle-l d'une beaut n'ayant ri5 qui ne soit naturel1 active1 gnreuse1 vig\reuse sans tre hommasse2 celle-ci belle aussi1 mais molle1 affecte1 dlicate1 usant d'artifice p\r rehauss] ses *>mes2 la premire trave/ie en g>on1 coiffe d'un casque brillant2 l'autre vtue comme une jeune fille1 avec une coiffure haute p>e de p]les1 il jug]a que son am\r mme tmoigne de sa mle ducation si son *oix e/ t\t l'oppos de celui de cet effm9 b]g] de ,phrygie4 ,la v]tu e/ la s\rce de t\s les plaisirs de l'homme1 p>ce qu'elle les lgitime et les modre4--,il lui f]a cette leon d'un n\veau g5re3 ,que la rcomp5se et la gr&eur de la vritable v]tu1 sont dans la facilit1 l'utilit et le plaisir que sa pratique n\s (fre2 qu'elle prs5te si peu de difficult que les enfants comme les hommes1 les g5s simples comme ceux l'esprit subtil peuv5t s'y adonn]4 ,elle agit p> la modration et non p> la =ce4 ,socrate1 son adepte favori1 de p>ti pris ne *]*e pas l'impos]2 il ne compte p\r la faire pntr] que sur sa simplicit naturelle et la satisfaction qu'elle procure4 ,elle e/ la s\rce de t\s les plaisirs huma9s2 en les r5dant lgitimes1 elle n\s prs]ve de t\te dception et les purifie2 en les modrant1 elle leur cons]ve leur attrait et n\s ti5t en apptit2 p> la privation de ceux qu'elle n\s int]dit1 elle n\s fait dsir] plus vivem5t ceux qu'elle n\s cons]ve2 elle autorise l>gem5t t\s ceux qui import5t la nature et1 en bonne mre1 elle les admet jusqu' la satit1 mais non jusqu' la lassitude1 c> jamais la modration qui arrte le buveur avant qu'il ne soit ivre1 le mangeur avant qu'il n'pr\ve une indige/ion1 le dbau* avant qu'il ne soit puis1 n'a pass p\r l'ennemie de nos plaisirs4 ,si la =tune1 telle qu'on la compr5d d'ord9aire1 fait dfaut la v]tu ou lui *appe1 elle s'en passe et s'en cre une autre qui n'app>ti5t qu' elle1 qui e/ /able et non plus ni flottante ni r\lante4 ,la v]tu sait tre ri*e1 puissante1 savante2 elle c\*e aussi l'occasion sur des lits imprgns de p>fums2 elle aime la vie1 la beaut1 la gloire1 la sant2 mais sa fonction propre et qui lui e/ spciale1 c'e/ de savoir us] de t\s ces bi5s modrm5t2 et le cas *ant1 de les savoir p]dre et d'y tre t\j\rs prp>e2 fonction bi5 plus noble que pnible1 sans laquelle t\te exi/5ce s'c\le en dehors des rgles de la nature1 dans l'agitation et expose t\t ce qu'il y a de plus draisonnable2 c'e/ mme cela qu'on peut bon droit ratta*] les cueils1 les br\ssailles et les pires accid5ts que heurte sur sa r\te celui auquel elle fait dfaut4 ,l'ducation donn] l'enfant ne doit pas se rgl] d'aprs le rang de ses p>5ts dans la socit1 mais d'aprs ses propres facults4--,si notre disciple se tr\ve tre de nature si p>ticulire1 qu' la n>ration d'un beau voyage1 ou un sage entreti51 il prfre1 aprs les avoir ent5dus1 qu'on lui et racont quelque fable2 qu'au lieu d'tre entran p> l'appel d'une fanf>e gu]rire qui surexcite l'ardeur juvnile de ses compagnons1 il se dt\rne et se dirige v]s telle autre qui le convie aux jeux des bateleurs2 si la p]spective d'all] au bal1 ou au jeu de paume et d'y remport] un prix1 lui e/ plus agrable et plus d\ce que de rev5ir du *amp de bataille c\v]t d'une noble p\ssire et le front ce9t des lauri]s de la victoire2 je ne vois d'autre remde1 ft-il fils de duc1 que d'en faire un ptissi] dans une de nos bonnes villes1 suivant son g>d le prcepte de ,platon3 ,qu'il faut tablir les enfants1 non selon les facults de leur pre1 mais selon celles de leur me4 ,la philosophie e/ de t\s les ges4--,puisque la philosophie e/ la sci5ce qui n\s appr5d vivre1 et que1 comme les autres ges1 l'enfance y a sa leon1 p\rquoi ne la lui communiqu]ait-on pas8 ,l'argile e/ molle et humide1 vite1 htons-n\s2 et1 sans p]dre un in/ant1 faonnons-la sur la r\e 7,p]se74 ,on n\s appr5d vivre1 qu& notre vie s'a*ve4 ,c5t coli]s sont atte9ts du mal vnri51 qu'ils n'en sont pas encore arrivs la leon d',ari/ote sur la temprance4 ,cicron disait qu'alors qu'il vivrait deux vies huma9es1 il ne p]drait pas son temps tudi] les potes lyriques2 les ergoteurs de nos j\rs1 beauc\p plus ennuyeux1 sont t\t aussi inutiles4 ,notre enfant e/ plus press encore2 il ne doit demeur] aux ma9s des pdagogues que jusqu' sa qu9zime ou seizime anne2 pass cet ge1 il se doit l'action4 ,employez donc ce temps qui e/ si c\rt1 lui appr5dre ce qui e/ ncessaire2 laissez de ct ces subtilits ardues de la dialectique1 qui sont sans effet favorable sur notre vie et sont abusives2 bornez-v\s aux prceptes les plus simples de la philosophie1 sa*ez les *oisir et les trait] comme il convi5t en vue du b que v\s v\s proposez2 ils sont plus faciles compr5dre qu'un conte de ,boccace2 un enfant1 au sortir du se9 de sa n\rrice1 e/ capable d'en saisir le s5s1 bi5 mieux que d'appr5dre lire et crire2 la philosophie a des rgles p\r l'homme en bas ge1 comme sur son dcl94 ,je p5se comme ,plut>que qu& il dit qu',ari/ote n'employa pas tant le temps de son illu/re lve lui faire compos] des syllogismes ou rs\dre des problmes de gomtrie1 qu' lui donn] de sages pr9cipes sur la vaillance1 la pr\esse1 la magnanimit1 la temprance et le mettre au-dessus de t\te cra9te2 et1 a9si nanti1 il l'envoya1 encore enfant1 la conqute de l'empire du monde1 n'ayant p\r t\t moy5 d'action que #cj4jjj fantass9s1 #d4jjj *evaux et #db4jjj cus4 ,les autres arts et sci5ces1 aj\te ,plut>que1 ,alex&re les honorait et reconnaissait ce qu'ils avai5t de bon et d'agrable2 mais le peu de plaisir qu'il y pr5ait ne p]met gure de conclure qu'il ft port s'y adonn]4 ,jeunes g5s et vieill>ds1 tirez de l des conclusions p\r votre conduite2 faites-v\s des provisions p\r les rigueurs de l'hiv] 7,p]se74 ,c'e/ cela mme que dit ,epicures1 au db de sa lettre ,m5iceus3 ,si jeune qu'il soit1 que nul ne se refuse pratiqu] la philosophie1 et que les plus vieux ne s'en lass5t pas4 ,qui en agit autrem5t semble dire que le temps n'e/ pas encore v5u p\r lui de vivre heureux1 ou que ce temps e/ pass4--,p\r lui donn] cet enseignem5t1 je ne veux pas qu'on emprisonne ce g>on2 je ne veux pas qu'on l'ab&onne aux colres et aux mlancolies d'un matre d'cole furibond2 je ne veux pas corrompre son esprit1 en le t5ant1 comme on fait des autres1 dans une sorte d'enf]1 en l'a/reignant au travail1 comme un portefaix1 p5dant quatorze ou qu9ze heures p> j\r2 je ne tr\v]ais pas bon non plus si1 port p> tempram5t la solitude et la mlancolie1 et manife/ant un p5*ant exagr se livr] l'tude des livres1 on l'y enc\rageait2 cela r5d les jeunes g5s impropres pr5dre "p aux conv]sations du monde et les dt\rne de meilleures occupations4 ,combi5 ai-je vu d'hommes de mon temps abtis1 en *]*ant acqurir plus de sci5ce qu'ils n'en tai5t capables2 ,c>nades en dev9t f\1 au po9t qu'il ne tr\vait plus le temps de soign] sa b>be et sa *evelure1 ni de se faire les ongles4 ,je ne veux pas gt] ses gnreuses dispositions p> le fait du manque d'ducation et des procds b>b>es d'un autre4 ,jadis il tait prov]bial que la sagesse franaise naissait de bonne heure1 mais durait peu2 il faut reconnatre qu'encore ma9t5ant ri5 n'e/ g5til comme1 en ,france1 nos petits enfants2 mais d'ord9aire1 ils ne ralis5t pas l'esprance qu'on en a conue2 dev5us hommes faits1 on ne voit ri5 en eux de p>ticulirem5t bon2 j'ai ent5du dire des g5s de jugem5t1 que c'e/ de les envoy] aux collges1 dont n\s avons un si gr& nombre1 qui les abtit de la sorte4 ,t\tes les circon/ances1 mme les jeux1 prt5t l'tude de la philosophie2 le dressage du corps *ez l'enfant doit tre m5 de front avec celui de l'me4--,p\r notre jeune homme1 un cab9et ou un j>d91 la table comme le lit1 la solitude comme la socit1 le mat9 et le soir s]ont t\t un2 p\r lui1 t\tes les heures se ressembl]ont2 en t\s lieux1 il tudi]a1 c> la philosophie1 qui s]a son pr9cipal sujet d'tude1 p> cela mme qu'elle =me le jugem5t et les murs1 a ce privilge qu'elle se mle t\t4 ,isocrate l'orateur tant1 dans un fe/91 pri de p>l] sur son art1 t\t le monde tr\va qu'il avait eu raison de rpondre3 ,ce n'e/ pas le mom5t de faire ce que je sais1 et je ne sais pas faire ce qui convi5drait en ce mom5t2 disc\rir ou encore discut] sur des sujets de rhtorique1 devant une compagnie assemble p\r rire et faire bonne *re1 sont1 en effet1 deux *oses qui ne vont po9t ensemble2 et on peut en dire autant de t\te autre sci5ce4 ,seule1 la philosophie1 dans la p>tie qui traite de l'homme1 de ses devoirs et de sa fonction1 peut1 en raison de ce que ce sujet de conv]sation a d'agrable et de facile1 tre admise dans les fe/9s et dans les jeux1 et cela de l'avis unanime de t\s les sages4 ,platon l'a convie son ,banquet2 n\s voyons de quelle faon d\ce et approprie au temps et au lieu1 elle y entreti5t l'assi/ance1 bi5 que les ?ses qui s'y trait5t soi5t d'entre celles de la plus haute porte et des plus salutaires de ce philosophe4 ,elle e/ utile aux pauvres1 elle l'e/ galem5t aux ri*es2 les jeunes g5s1 comme les vieill>ds1 ne la nglig5t pas impunm5t 7,horace74 ,il e/ probable que dans ces conditions1 mon lve s]a mo9s dsuvr que t\s autres de son ge4 ,qu& n\s n\s prom5ons dans une gal]ie1 n\s fatiguons mo9s que si n\s *em9ions suivant un it9raire trois fois plus long2 un effet analogue se produit p\r nos leons qui1 donnes comme cela se r5contre1 sans que ce soit en un lieu et un mom5t qui n\s soi5t d'obligation1 se tr\v5t mles t\s nos faits et ge/es et se reoiv5t sans mme que n\s n\s en ap]cevions2 les ex]cices1 les jeux mmes1 la c\rse1 la lutte1 la musique1 la danse1 la *asse1 l'quitation1 l'escrime1 y conc\r5t p\r une l>ge "p4--,je veux que les ides de bi5sance1 la faon de se conduire dans le monde1 la di/9ction dans la t5ue et les manires se pr5n5t en mme temps que l'me se =me2 ce n'e/ pas d'une me1 ce n'e/ pas d'un corps que l'on effectue le dressage1 c'e/ d'un homme1 il ne faut pas les trait] sp>m5t2 ,platon le dit3 il ne faut pas dress] l'me sans le corps1 mais bi5 les m5] de front1 comme une paire de *evaux attels un mme *>2 et l'ent5dre1 il semble dispos consacr] plus de temps et de so9s aux ex]cices corporels1 e/imant que l'esprit s'en ex]ce d'autant et que l'inv]se n'a pas lieu4 ,l'tude doit lui tre r5due attrayante1 et t\t procd viol5t p\r l'y a/re9dre doit tre banni4--,au demeurant1 cette ducation doit se faire avec d\ceur et f]met1 et non comme on en agit d'ord9aire1 o au lieu de faire aim] aux enfants l'tude des lettres1 on leur en fait un objet de dgt et de s\ffrance4 ,laissez de ct la viol5ce et la =ce2 il n'e/ ri51 mon avis1 qui abt>disse et t\rdisse davantage une nature imbue de s5tim5ts levs4 ,si v\s v\lez que l'enfant r$\te la honte et le *tim5t1 ne l'y endurcissez pas4 ,ce quoi il faut l'endurcir1 c'e/ la fatigue1 au froid1 au v5t1 au soleil et t\tes les incommodits qui peuv5t surv5ir et qu'il doit mpris]2 am5ez-le tre ins5sible la mollesse1 t\te dlicatesse dans ses vtem5ts1 son c\*]1 ses alim5ts1 sa boisson2 acc\tumez-le t\t2 faites-en1 non un joli g>on effm91 mais un g>on sa9 et vig\reux4 ,alors que j'tais enfant1 plus t>d homme fait1 auj\rd'hui que je suis vieux1 j'ai con/amm5t p5s et agi a9si sur ce po9t3 la discipl9e rig\reuse de la plup>t de nos collges1 entre autres1 m'a surt\t t\j\rs dplu2 en incl9ant davantage v]s l'indulg5ce1 l'erreur et t bi5 mo9s prjudiciable4 ,c'e/ dans de vraies prisons que l'on dti5t la jeunesse2 elles la port5t la dbau*e1 en l'en punissant1 avant qu'elle en soit arrive l4 ,allez-y au mom5t o l'cole e/ ouv]te1 v\s n'ent5dez que cris1 v\s ne voyez qu'enfants m>tyriss et matres ne se cont5ant pas de colre4 ,quelle manire de r5dre ces leons attrayantes ces mes t5dres et cra9tives que de les leur donn] avec une m9e rb>bative et le f\et en ma96 ,quel inju/e et mauvais procd6 sans compt]1 comme le fait trs bi5 rem>qu] ,qu9tili51 qu'une autorit qui s'ex]ce d'une faon aussi tyrannique1 a les plus f*euses consqu5ces1 en p>ticuli] p> les *tim5ts qu'elle emploie4 ,combi5 ne convi5drait-il pas mieux que les classes fuss5t jon*es de fleurs et de v]dure1 plutt que des dbris de v]ge ensanglants6 je v\drais qu'elles soi5t tapisses d'images reprs5tant la ,joie1 l',allgresse1 ,flore et les ,grces1 comme fit en son cole le philosophe ,speusippe4 ,l o ils travaill5t1 il faut aussi que les enfants pr5n5t leurs bats2 il faut emmiell] la n\rriture salutaire qu'on veut leur donn] et arros] de fiel ce qui leur e/ contraire4--,il e/ m]veilleux de voir combi5 ,platon se montre att5tif1 dans ses lois1 mnag] la gat et les passe-temps de la jeunesse de sa ,cit2 combi5 il insi/e sur ses c\rses1 ses jeux1 ses *ansons1 ses sauts1 ses danses que1 dit-il1 les anci5s avai5t placs s\s le patronage et la direction des dieux eux-mmes3 ,apollon1 les ,muses1 ,m9]ve2 c'e/ p> milli]s qu'il fait des recomm&ations p\r ses ,gymnases4 ,p\r ce qui e/ des sci5ces ayant les lettres p\r objet1 il s'y atta*e beauc\p mo9s2 et il ne semble recomm&] d'une faon p>ticulire la posie1 qu'en raison de ses rapports avec la musique4 ,l'homme ne doit se s+ul>is] en ri54--,il faut vit]1 comme contraire 99 au bon ton et la vie en commun1 t\t ce qui con/itue une s+ul>it ou e/ en contradiction avec nos murs et notre condition sociale4 ,qui ne s'tonn]ait de la complexion de ,dmophon1 matre d'htel d',alex&re1 qui transpirait l'ombre et grelottait au soleil8 ,j'ai vu des p]sonnes qui fuyai5t l'odeur de la pomme plus que les c\ps de fusil2 j'en ai vu d'autres s'effray] d'une s\ris1 d'autres *ez lesquels la vue d'une crme dt]m9ait des vomissem5ts1 d'autres auxquels voir brass] un lit de plumes produisait le mme effet2 ,g]manicus ne p\vait support] ni la vue1 ni le *ant d'un coq4 ,ces effets peuv5t t5ir p>fois quelque disposition naturelle qui n\s *appe2 mais1 mon avis1 on en triomph]ait1 en s'y pr5ant de bonne heure4 ,en m'y appliquant1 moi-mme suis arriv 7non sans pe9e la vrit7 ce qu' l'exception de la bire1 mon e/omac s'accommode indiffremm5t de t\t ce qui se mange et se boit4 ,il doit tre capable de se con=m] aux usages de son milieu quels qu'ils soi5t1 mais n'aim] faire que ce qui e/ bi54--,alors que le corps e/ encore s\ple1 il faut en pr(it] p\r le pli] t\t ce qui se fait1 t\t ce qui e/ dans les habitudes4 ,p\rvu qu'il re/e t\j\rs matre de ses dsirs et de sa volont1 qu'on n'hsite pas r5dre notre jeune homme de =ce t5ir sa place dans n'importe quelle compagnie l'trang] comme dans son propre pays2 il faut mme1 si beso9 en e/1 qu'il puisse support] les drglem5ts et les excs4 ,qu'il soit =m suivant les usages de son poque1 qu'il soit en tat de faire t\tes *oses1 mais qu'il n'aime faire que les bonnes4 ,les philosophes eux-mmes n'appr\v5t pas ,calli/hne d'avoir p]du les bonnes grces d',alex&re le ,gr& son matre1 p\r n'avoir pas v\lu lui faire raison1 le v]re en ma94 ,il rira1 il foltr]a1 il se dbau*]a avec son pr9ce2 je veux que dans la dbau*e il se montre plus =t et plus rsi/ant que ses compagnons1 et que s'il ne fait pas le mal1 ce ne soit pas p>ce qu'il ne le peut ni le connat1 mais p>ce qu'il ne le veut pas3 ,la diffr5ce e/ gr&e entre ne v\loir pas et ne savoir pas faire le mal 7,snque74--,p\r faire honneur un seigneur avec lequel je me tr\vais en bonne compagnie1 et qui tait aussi loign que qui que ce soit en ,france de dbordem5ts de ce g5re1 je lui dem&ai combi5 de fois en sa vie il s'tait enivr p> ncessit1 p\r les intrts du roi1 alors qu'il tait en ,allemagne4 ,il prit ma "q comme je la lui adressais et me rpondit qu'il s'y tait tr\v oblig p> trois fois diffr5tes qu'il me raconta4 ,j'en connais qui1 ayant p>eillem5t affaire avec cette nation1 faute de possd] cette facult1 se sont tr\vs p>fois =t emb>rasss4--,j'ai s\v5t rem>qu1 et t\j\rs avec admiration1 la m]veilleuse nature d',alcibiade1 qui lui p]mettait de se pli] si facilem5t des faons de faire si diffr5tes1 sans que sa sant en s\ffrt1 tantt surpassant les ,p]ses p> son luxe et le fa/e qu'il dployait1 tantt les ,lacdmoni5s p> son au/rit et sa frugalit1 aussi rigori/e ,sp>te que voluptueux en ,ionie4--,ari/ippe sut s'accommod] de t\te condition et de t\te =tune 7,horace72 c'e/ cela que je v\drais en arriv] avec mon disciple3 ,j'admir]ais celui qui ne r\git pas de ses haillons ni ne s'tonne de la bonne =tune1 et j\e les deux rles avec grce 7,horace74 ,c'e/ p> ses actes qu'on jug]a du pr(it qu'un jeune homme a retir de l'ducation qu'il a reue4--,telles sont mes leons4 ,celui qui en tire le meilleur p>ti1 e/ celui qui les met en pratique1 plus que celui qui se borne les savoir2 celui-l1 le voir c'e/ l'ent5dre1 l'ent5dre c'e/ le voir4--,platon fait dire quelqu'un3 ,grce ,dieu1 philosoph] n'e/ ni beauc\p appr5dre ni s'adonn] aux arts4 ,c'e/ bi5 plus p> leurs murs que p> leurs crits1 que les philosophes se sont appliqus au plus gr& des arts1 celui de bi5 vivre 7,cicron74--,lon1 pr9ce des ,phliasi5s1 dem&ait ,hraclide ,ponticus quelle sci5ce1 quel art il se livrait3 ,je ne connais1 rpondit celui-ci1 ni art1 ni sci5ce2 je suis philosophe4--,on repro*ait ,diogne qu'ignorant comme il l'tait1 il se mlt de philosophie3 ,c'e/ prcism5t l1 rpliqua-t-il1 ce qui fait que je suis plus propre m'en ml]4 ,hgsias le priait de lui lire un livre3 ,v\s tes plaisant1 lui rpondit-il2 qu& v\s avez des figues *oisir1 v\s les pr5ez vraies et naturelles et non pe9tes2 que ne *oisissez-v\s p>eillem5t1 p\r discut]1 des sujets bi5 rels tels que v\s les f\rnit le nature1 au lieu de sujets crits8 ,ces leons1 il ne les r$ira pas tant qu'il ne les traduira en actions1 en faisant application dans les actes de la vie2 c'e/ a9si qu'on v]ra s'il apporte de la prud5ce dans ce qu'il entrepr5d2 de la bont1 de la ju/ice1 dans sa manire de vivre2 s'il p>le avec grce et tmoigne du jugem5t2 s'il supporte c\rageusem5t la maladie2 e/ mode/e dans ses jeux1 temprant dans ses plaisirs2 s'il a de l'ordre dans ses dp5ses2 s'il a des gts faciles en ce qui t\*e les mets1 vi&e ou poisson2 les boissons1 v9 ou eau3 ,si sa sci5ce lui s]t1 non montr] ce qu'il sait1 mais rgl] ses murs2 s'il se comm&e lui-mme et s'obx 7,cicron74--,le vritable miroir de nos p5ses e/ le c\rs de notre vie4 ,zeuxidamus1 auquel on dem&ait p\rquoi les ,lacdmoni5s n'avai5t pas mis p> crit leurs pr9cipes sur la vaillance et ne les donnai5t pas lire leurs jeunes g5s1 rpondit3 ,que c'tait p>ce qu'ils v\lai5t les habitu] jug] p> les faits et non sur les p>oles4--,comp>ez au b\t de qu9ze seize ans1 ce jeune homme1 lev de la sorte1 avec un de ces br$\illeurs de lat9 de collge qui aura mis ce mme nombre d'annes t\t simplem5t appr5dre p>l]4 ,le monde n'e/ que bav>dage2 je n'ai jamais vu quelqu'un qui ne dise plutt plus que mo9s qu'il ne devrait4 ,et cep5dant1 c'e/ cela que se passe la moiti de notre vie2 on n\s ti5t quatre ou c9q ans appr5dre des mots et les assembl] en phrases2 autant encore appr5dre en compos] un disc\rs de longue hale9e1 en quatre c9q p>ties2 et c9q autres au mo9s1 p\r arriv] savoir les comb9] d'une faon concise et plus ou mo9s subtile2 laissons cela ceux qui en font mti]4 ,me r5dant un j\r ,orlans1 je tr\vai1 dans la pla9e en de de ,cl]y1 deux pr(esseurs de collge qui allai5t ,bordeaux et m>*ai5t environ c9quante pas l'un de l'autre2 plus en arrire1 j'ap]cevais une tr\pe1 et en tte1 un p]sonnage qui tait feu ,m4 le comte de la ,ro*ef\cault4 ,un de mes g5s s'enquit auprs du premi] de ces pr(esseurs1 quel tait le g5tilhomme qui v5ait aprs lui4 ,celui-ci1 qui n'avait pas vu le gr\pe qui le suivait1 p5sant que je v\lais p>l] de son compagnon1 n\s fit cette plaisante rponse3 ,ce n'e/ pas un g5tilhomme1 c'e/ un grammairi52 quant moi1 je suis logici54 ,n\s qui1 au contraire1 ne n\s proposons ici de =m] ni un grammairi5 ni un logici51 mais un g5tilhomme1 laissons l'un et l'autre j\ir ple9em5t de leurs loisirs2 n\s avons affaire ailleurs4 ,ce qu'il saura bi51 il arriv]a t\j\rs l'exprim] suffisamm5t1 la connaissance des *oses importe plus que les mots p\r les r5dre4--,que notre disciple soit bi5 p\rvu de connaissances1 les p>oles ne suivront que trop2 si elles ne veul5t pas suivre1 il les tran]a4 ,j'en ent5ds qui s'excus5t de ne p\voir exprim] les belles *oses qu'ils prt5d5t avoir en tte et regrett5t que leur peu d'loqu5ce les emp*e de les mettre j\r2 c'e/ se moqu]4 ,savez-v\s ce qu'il en e/ mon avis8 ils entrevoi5t quelques vagues conceptions qui n'ont pas pris corps1 qu'ils n'arriv5t pas dml]1 dont ils n'ont pas une ide nette et que1 p> suite1 ils sont bi5 emb>rasss d'exprim]1 tant hors d'tat de se compr5dre eux-mmes2 voyez-les bgayant avec pe9e1 p\r arriv] acc\*]2 v\s jugez vite que1 malgr leurs ef=ts1 l'enfantem5t ne se produit pas2 t\t au plus en sont-ils encore la conception et ne font que l*] cet embryon encore in=me4 ,p\r moi1 je ti5s1 et ,socrate le dit =mellem5t1 que celui qui a dans l'esprit une ide claire et prcise1 arriv]a t\j\rs l'exprim]1 soit en un idiome quelconque1 soit p> ge/es s'il e/ muet3 ,ce que l'on compr5d bi5 s'nonce clairem5t1 et les mots1 p\r le dire1 arriv5t aism5t 7,horace72 ou1 comme dit un autre1 d'une faon aussi potique1 quoique en prose3 ,lorsque v\s possdez votre sujet1 les mots suiv5t 7,snque72 ou encore cet autre3 ,les *oses entran5t les p>oles 7,cicron74--,celui qui e/ matre de son ide1 peut ne connatre ni ablatif1 ni conjonctif1 ni sub/antif1 ni quoi que ce soit de la grammaire1 tre cet g>d t\t aussi ignorant que son valet ou une h>angre du ,petit pont1 n'emp*e que1 si v\s en manife/ez le dsir1 lui comme eux1 v\s en entreti5dront aussi longtemps1 plus mme que v\s ne p\rrez le support]2 et les rgles de langage qu'ils ignor5t compltem5t1 les dconc]t]ont aussi peu que le plus docte acadmici5 de ,france4 ,il ne connat pas la rhtorique1 ne sait comm5t1 avant d'entr] en matire1 on dispose favorablem5t un lecteur +nu et ne se s\cie gure de le savoir4 ,de fait1 t\tes ces =mes oratoires p]d5t aism5t leur effet1 qu& il e/ "q d'une vrit simple et nave2 ces jolis prambules ne s]v5t qu' amus] le vulgaire incapable d'une n\rriture plus sub/antielle et plus rcon=tante1 a9si qu',af] l'indique trs clairem5t dans ,tacite4--,les ambassadeurs de ,samos s'tai5t prs5ts ,clomne1 roi de ,sp>te1 avec une longue et belle supplique1 prp>e l'avance1 dans le b de le sollicit] de faire la gu]re contre le tyran ,polycrate4 ,aprs les avoir bi5 laisss dire1 le roi leur rpondit3 ,p\r ce qui e/ de l'exorde p> lequel a comm5c votre disc\rs1 je ne m'en s\vi5s plus1 non plus que du milieu2 et p\r ce qui e/ de la conclusion1 je n'en veux ri5 faire4 ,voil1 ce me semble1 une belle rponse et des h>angueurs bi5 p5auds4--,et cet autre3 ,les ,a?ni5s avai5t faire *oix entre deux ar*itectes1 p\r la con/ruction d'un gr& difice3 le premi]1 trs afft dans son attitude1 se prs5te avec un beau disc\rs soigneusem5t prp> sur le travail excut]1 et dj le peuple se dt]m9ait en sa faveur1 qu& le second pronona ces seuls mots3 ,seigneurs a?ni5s1 ce que celui-ci vi5t de dire1 moi1 je le f]ai4--,alors que l'loqu5ce de ,cicron tait dans t\te sa =ce1 beauc\p l'admirai5t2 ,caton1 lui1 ne faisait qu'en rire3 ,n\s avons1 disait-il1 un plaisant consul4--,qu'on comm5ce ou qu'on f9isse p> l1 une s5t5ce utile1 un beau trait1 sont t\j\rs bi5 v5us2 s'ils ne cadr5t pas bi5 avec ce qui prcde1 ni avec ce qui suit1 ils intress5t p> eux-mmes4 ,dans un pome1 l'ide et le v]s sont deux *oses ess5tiellem5t di/9ctes4--,je ne suis pas de ceux qui p5s5t qu'un bon ry?me suffit p\r faire un bon pome2 qu'on fasse longue une syllabe brve si cela plat1 je ne m'y oppose pas2 si les ides mises sont riantes1 s'il y a de l'esprit et du jugem5t1 je dirai3 voil un bon pote1 sauf aj\t]3 mais un mauvais v]sificateur2 ses v]s sont ngligs1 mais il a de la v]ve 7,horace74 ,que1 dans un tel ouvrage1 dit ,horace1 on enlve ce qui relie les sujets les uns aux autres1 qu'on modifie leur di/ribution3 ,*angez le ry?me et la mesure1 int]v]tissez l'ordre des mots1 v\s retr\vez le pote dans ses membres disp]ss 7,horace71 il n'en aura pas mo9s sa valeur relle1 la beaut des morceaux dta*s qui s'en tr\v]ont =ms n'en s]a pas altre4 ,c'e/ dans ce s5s que rpondit ,mn&re que l'on tanait1 p>ce qu'ayant promis une comdie p\r un j\r donn et ce j\r appro*ant1 il n'y avait pas encore mis la ma93 ,elle e/ compose et prte1 il n'y a plus qu' y aj\t] les v]s2 comme il avait dans l'esprit son plan et t\s ses matriaux pi$ d'uvre1 il n'tait pas en pe9e du re/e4--,depuis que ,rons>d et du ,bellay ont donn du relief notre posie franaise1 il n'e/ si petit appr5ti qui n'enguirl&e ses mots et ne sc&e ses phrases peu prs comme eux3 ,dans t\t cela1 plus de son que de s5s 7,snque74 ,p\r le vulgaire1 il n'y a jamais eu tant de potes2 mais s'il leur a t facile de con=m] le ry?me de leurs phrases celui de ces modles1 ils n'en sont pas mo9s demeurs t\t aussi incapables d'imit] les ri*es descriptions de l'un et les dlicates inv5tions de l'autre4 ,les subtilits sophi/iques qui s'enseign5t dans les coles sont mpris]1 un langage simple e/ re*]*]4--,et ma9t5ant1 que f]a notre jeune homme si on lui s\met1 en insi/ant1 quelques syllogismes subtils et captieux tels que celui-ci3 ,le jambon fait boire1 boire dsaltre1 donc le jambon dsaltre8 ,il s'en moqu]a2 il y a plus d'esprit s'en moqu] qu' y rpondre4 ,il peut encore emprunt] ,ari/ippe le t\r spirituel qu'en p>eille occurr5ce il donna sa rponse3 ,p\rquoi le rs\drai-je1 alors que non rsolu1 dj il m'emb>rasse8 ,a quelqu'un qui proposait ,clan! de ces f9esses de la dialectique1 ,*rysippe dit3 ,amuse-toi ces bad9ages avec les enfants2 et1 p\r de semblables niais]ies1 ne dt\rne pas de ses p5ses un homme srieux4 ,si ces sottes arguties1 sophismes entortills et p9eux 7,cicron71 ont p\r b de donn] crance un m5songe1 c'e/ dang]eux2 mais s'ils sont sans consqu5ce1 si ce sont de simples plaisant]ies1 je ne vois pas p\rquoi il s'en proccup]ait4--,il y a des g5s si sots1 qu'ils se dt\rn]ai5t d'un qu>t de lieue de leur *em91 p\r c\rir aprs un beau mot3 ,les uns n'appliqu5t pas les mots aux *oses auxquelles ils app>ti5n5t et vont *]*]1 hors du sujet1 des *oses auxquelles les mots puiss5t s'appliqu] 7,qu9tili572 il en e/ d'autres qui1 p\r plac] un mot qui leur plat1 s'engag5t dans un sujet qu'ils n'avai5t pas l'int5tion de trait] 7,snque74 ,j'altre bi5 plus volonti]s les t]mes d'une belle s5t5ce p\r l'enca/r] dans ma prose1 que je ne modifie l'ide que je veux r5dre p\r me donn] possibilit de l'y introduire4 ,c'e/1 au contraire1 aux phrases s]vir et s'adapt] ce que l'on veut r5dre1 et si le franais ne s'y plie pas1 qu'on y emploie le gascon4 ,je veux que la p5se qu'on veut exprim] prdom9e et qu'elle pntre l'imag9ation de celui qui c\te1 au po9t qu'il n'ait jamais s\v5ir des mots p> lesquels on l'a traduite4--,j'aime un langage simple et naf1 crit tel qu'on p>le1 qui soit sub/antiel1 n]veux1 bref1 prcis2 je le prfre vhm5t et brusque1 plutt que dlicat et bi5 peign3 ,que l'expression frappe1 elle plaira 7pitaphe de ,luca972 difficile plutt qu'ennuyeux2 sans affectation1 h>di1 drgl1 dc\su1 *aque morceau faisant corps1 plutt que de s5tir le pdant1 le mo9e1 l'orateur2 que ce soit le langage d'un soldat1 p\r me s]vir de l'expression p> laquelle ,sutone qualifie le /yle de ,jules ,cs>1 bi5 que je ne saisisse pas bi5 p\rquoi il lui donne cette qualification4 ,j'ai volonti]s imit les modes exc5triques de nos jeunes g5s dans le port de leurs vtem5ts3 le manteau en *>pe1 la cape sur une paule1 des bas mal tirs1 p> lesquels ils se donn5t des airs de non*alance arti/ique et de ddaigneuse fi]t p\r ces lgances si =t prises l'trang]2 semblable laiss] all] dans la manire de p>l]1 me plat plus encore4 ,t\te affectation1 surt\t dans la gat et la lib]t de p>oles telle qu'elle exi/e en ,france1 messi$ un c\rtisan1 rle auquel1 dans une mon>*ie1 t\t g5tilhomme doit tre dress2 p> consqu5t il e/ sage de ne trop faire le naf et le mprisant4--,je n'aime pas les tissus dont la trame et les c\tures sont visibles1 de mme qu'en un beau corps il ne faut pas qu'on puisse compt] les os et les ve9es4 ,la vrit doit p>l] un langage simple et sans art2 quiconque p>le avec affectation e/ sr de caus] du dgt et de l'ennui 7,snque74 ,l'loqu5ce qui attire p> trop sur elle-mme l'att5tion1 porte prjudice aux sujets qu'elle traite4 ,de mme qu'en fait de toilette1 c'e/ une faiblesse de v\loir se faire rem>qu] d'une faon p>ticulire et inusite1 de mme un langage dans lequel on affecte d'employ] des t\rnures de phrases n\velles et des mots d'un usage peu frqu5t1 tmoigne de prt5tions puriles 99 telles qu'on en voit *ez les pdants4 ,que ne puis-je faire exclusivem5t emploi des expressions dont on use aux halles de ,p>is6--,le grammairi5 ,ari/ophane n'y ent5dait ri51 qu& il repro*ait picure la simplicit de son /yle1 et son disc\rs sur l'art oratoire de se born] prn] une cl>t p>faite du langage4--,imit] quelqu'un dans sa manire de p>l] e/ *ose facile1 aussi les f\les le peuv5t-elles assez promptem5t2 l'imit] dans son jugem5t1 dans sa f]tilit d'imag9ation1 ne va pas si vite4 ,la plup>t des lecteurs qui ont tr\v semblable robe1 p5s5t trs tort qu'il leur suffit de la vtir p\r s'id5tifi] avec celui auquel elle app>ti5t2 la =ce et les n]fs ne s'emprunt5t pas2 on ne peut emprunt] que la p>ure et le manteau2 la majeure p>tie des p]sonnes qui me frqu5t5t1 p>l5t comme je le fais dans ces ,essais1 mais je ne sais s'ils p5s5t de mme4--,les ,a?ni5s1 dit ,platon1 p>l5t abondamm5t et avec lgance2 les ,lacdmoni5s sont brefs2 les ,crtois ont l'imag9ation fconde plus que le langage1 ce sont eux qui sont le mieux lotis4--,znon disait que ses disciples tai5t de deux sortes3 les uns1 qu'il nomme philologues1 dsireux de s'in/ruire des *oses elles-mmes1 c'tai5t ses prfrs2 les autres1 qu'il appelle logophiles1 uniquem5t occups p>faire leur langage4--,ce n'e/ pas que bi5 dire ne soit une belle et bonne *ose1 mais non au degr o on le prne1 et je suis au regret de voir notre vie y tre t\t entire employe4 ,je v\drais1 en premi] lieu1 bi5 savoir ma langue mat]nelle1 puis celle de ceux de nos vois9s avec lesquels n\s sommes le plus en relations4 ,comm5t ,montaigne apprit le lat9 et le grec2 causes qui emp*r5t ce mode d'in/ruction de port] t\s ses fruits4--,c'e/ indubitablem5t un bel et gr& ornem5t que le grec et le lat91 mais on l'a*te trop *]4 ,je vais indiqu] une manire de l'acqurir meilleur m>* qu'on ne le fait d'habitude2 cette manire a t exprim5te sur moi-mme2 s'en s]vira qui v\dra4 ,feu mon pre1 ayant *]* autant qu'il e/ possible le meilleur mode d'enseignem5t et consult cet g>d des hommes de sci5ce et de jugem5t1 reconnut les inconvni5ts de celui en usage4 ,l'unique cause qui n\s emp*e de n\s lev]1 p> la connaissance appr(ondie de leur c>actre1 la gr&eur d'me des anci5s ,grecs et ,roma9s e/1 lui disait-on1 le long temps que n\s mettons appr5dre ces langues1 qu'eux-mmes acqurai5t sans qu'il leur en cott ri54 ,je ne crois pas que ce soit l l'unique cause de cette diffr5ce d'eux n\s2 quoi qu'il en soit1 mon pre s'avisa de l'expdi5t suivant3 ,alors que j'tais encore en n\rrice1 que je n'articulais encore aucun mot1 il me confia un ,allem& qui1 depuis1 e/ dev5u un mdec9 de r5om et e/ mort en ,france2 il ignorait compltem5t le franais et possdait p>faitem5t la langue lat9e4 ,cet ,allem&1 que mon pre avait fait v5ir exprs et auquel il donnait des gages trs levs1 m'avait cont9uellem5t dans les bras2 deux autres1 mo9s savants que lui1 lui tai5t adjo9ts p\r me suivre et le s\lag] d'autant2 t\s trois me p>lai5t uniquem5t lat94 ,p\r le re/e de notre maison1 il fut de rgle /ricte que ni mon pre1 ni ma mre1 ni valet1 ni femme de *ambre ne p>lai5t qu& j'tais l1 qu'en employant les quelques mots lat9s que *acun avait appris p\r j>gonn] avec moi4 ,le rsultat qui s'ensuivit fut m]veilleux2 mon pre et ma mre acquir5t de cette langue une connaissance suffisante p\r la compr5dre et mme p\r la p>l] au beso91 et il en adv9t de mme des dome/iques atta*s mon s]vice p]sonnel4 ,en somme n\s n\s lat9ismes tant1 qu'il s'en rp&it quelque *ose dans les villages d'al5t\r2 p> habitude1 on en arriva y dsign] des mti]s et des outils p> leur appellation lat9e1 dont quelques-unes demeur5t encore4 ,quant moi1 j'avais plus de six ans1 que je ne compr5ais pas plus le franais et notre patois prig\rd9 que l'arabe2 mais1 sans m?ode1 sans livres1 sans grammaire1 sans rgles1 sans f\et et sans l>mes1 j'avais appris un lat9 aussi pur que mon pr(esseur le possdait lui-mme1 n'ayant de notions d'aucune autre langue qui me miss5t dans le cas de le ml] ou de l'altr]4 ,si1 p\r essay]1 on v\lait me donn] un ?me faire1 comme on les fait dans les collges1 au lieu de me le donn] en franais comme cela se fait p\r les autres1 il fallait me le donn] moi en mauvais lat92 je le r5dais en lat9 correct4 ,mes prcepteurs p>ticuli]s m'ont s\v5t rpt que cette langue1 en mon enfance1 m'tait si familire1 si spontane que c]ta9es p]sonnes telles que ,nicolas ,gr\*y1 auteur de l'ouvrage intitul3 ,des comices *ez les ,roma9s2 ,guillaume ,gur5te qui a comm5t ,ari/ote2 ,georges ,bu*anan1 ce gr& pote cossais2 ,m>c ,anto9e ,muret1 que la ,france et l',italie reconnaiss5t p\r le meilleur orateur du temps1 reg>dai5t s'entret5ir avec moi4 ,bu*anan1 que j'ai vu depuis la suite de feu ,m4 le ,m>*al de ,brissac1 m'a dit qu'occup crire sur l'ducation des enfants1 il citait comme exemple celle que j'avais reue2 il tait alors *>g de celle de ce comte de ,brissac que n\s avons vu depuis si valeureux et si brave4 ,quant au grec1 je ne le compr5ds p\r a9si dire pas4 ,mon pre essaya de me le faire appr5dre m?odiquem5t1 mais en procdant autrem5t qu'on ne le fait1 s\s =me de jeu et d'ex]cice2 n\s inscrivions nos dcl9aisons sur des c>rs de papi]1 que n\s pliions et tirions au has>d1 comme au jeu de loto1 la manire de ceux qui appr5n5t a9si l'ari?mtique et la gomtrie2 c> entre autres *oses1 on lui avait conseill de m'enseign] les sci5ces et le devoir1 sans m'y a/re9dre1 en m'en faisant natre le dsir1 et de n'employ]1 p\r m'lev] l'me1 que la d\ceur1 sans rigueur ni contra9te1 en me laissant t\te lib]t4 ,mon pre apportait un tel so9 ce qui me t\*ait1 que c]ta9s prt5dant qu'veill] le mat9 les enfants en sursaut1 les arra*] subitem5t et brusquem5t leur sommeil qui e/ beauc\p plus pr(ond que celui de l'homme fait1 tr\bl5t leur c]veau encore incompltem5t =m1 il me faisait veill] au son de quelque in/rum5t de musique et eut t\j\rs quelqu'un qui fut *>g de ce so94 ,cet exemple suffit p\r jug] du re/e et faire ressortir l'affection et la prud5ce de ce pre si bon1 auquel on ne saurait s'en pr5dre s'il n'a recueilli aucun fruit d'une ducation donne dans des conditions aussi p>faites4 ,deux *oses en fur5t cause3 la premire1 c'e/ qu'il travaillait un *amp /rile et qui ne s'y prtait pas2 c> bi5 que je fusse d'une bonne sant t\s g>ds1 et aussi d'un naturel d\x et facile1 j'tais avec cela si l\rd1 si m\1 si endormi1 qu'on ne p\vait m'arra*] l'oisivet1 mme pas p\r me faire j\]4 ,ce que je voyais1 je le voyais bi52 s\s cette complexion l\rde1 j'avais de la h>diesse dans les ides1 et des op9ions au-dessus de mon ge2 mais j'avais l'esprit l5t et qui ne travaillait que lorsqu'on l'y incitait2 un c]ta9 temps m'tait ncessaire p\r compr5dre2 je me mettais r>em5t en frais d'imag9ation2 enf91 p>-dessus t\t1 je manquais de mmoire un po9t incroyable4 ,avec un p>eil sujet1 il n'e/ pas tonnant que mon pre n'ait pu arriv] ri5 qui vaille4--,en second lieu1 semblable ceux qui1 ayant un ard5t dsir de gurir1 se laiss5t all] c\t] t\s les conseils1 cet excell5t homme1 ayant une peur extrme de ne pas russir une *ose qui lui t5ait tant cur1 f9it p> se laiss] emport] p> l'op9ion commune qui1 comme font les grues1 suit t\j\rs ceux qui vont devant2 et n'ayant plus aut\r de lui les p]sonnes qui lui avai5t conseill le mode d'in/ruction auquel il avait eu rec\rs en premi] lieu et qu'il avait rapport d',italie1 il fit comme t\t le monde1 et1 qu& j'eus atte9t l'ge de six ans environ1 il m'envoya au collge de ,guy5ne2 ce collge1 alors trs florissant1 tait le meilleur de ,france4--,il n'e/ pas possible d'aj\t] aux so9s que mon pre prit p\r moi1 p5dant le temps que j'y passai1 me faisant donn] des leons p>ticulires p> des rptiteurs *oisis1 spcifiant sur t\s les autres dtails de ma vie dans cet tablissem5t1 un traitem5t p>ticuli] qui d'ord9aire ne se concde pas2 mais quoi qu'il fit1 c'tait t\j\rs un collge4 ,t\t d'abord1 la correction avec laquelle je m'exprimais en lat91 s'en ress5tit2 depuis1 faute de pratiqu]1 j'en ai p]du compltem5t l'usage2 et le mode inusit que l'on avait employ p\r me l'enseign] ne s]vit qu' me faire1 ds mon arrive1 enjamb] les premires classes2 si bi5 qu' treize ans je quittai le collge1 ayant t]m9 mon c\rs 7suivant l'expression employe71 mais aussi1 p\r dire vrai1 n'en ayant recueilli aucun fruit qui1 prs5t1 me soit de quelque utilit4 ,comm5t naquit *ez ,montaigne le gt de la lecture4--,mon gt p\r les livres naquit t\t d'abord du plaisir que me causr5t les fables des ,mtamorphoses d',ovide4 ,j'avais alors sept ou huit ans2 je laissais t\t jeu de ct1 p\r le plaisir de les lire2 comme il tait crit dans ma langue mat]nelle moi1 c'tait d'entre mes livres celui dont la lecture m'tait la plus facile1 et1 p> son sujet1 le plus porte de mon jeune ge4 ,quant aux ,lancelot du ,lac1 aux ,amadis1 aux ,huons de ,bordeaux1 et autres ouvrages du mme g5re1 dont s'amus5t les enfants1 je ne les connaissais seulem5t pas de nom1 et ma9t5ant encore en ignore le cont5u1 tant tait gr&e mon exactitude respect] les df5ses qui m'tai5t faites4 ,cette passion p\r les ,mtamorphoses allait jusqu' me faire nglig] l'tude des autres leons que j'avais appr5dre2 heureusem5t1 il se r5contra que1 =t propos1 j'eus affaire un homme de jugem5t1 compr5ant son rle de prcepteur1 qui sut adroitem5t tir] p>ti de cet excs et d'autres p>eils2 de sorte que je dvorai d'un b\t l'autre l'nide de ,virgile1 puis ,tr5ce1 puis ,plaute1 ensuite des comdies itali5nes1 t\j\rs entran p> ce que ces ouvrages avai5t d'agrable4 ,s'il et t assez mal inspir p\r m'en emp*]1 il e/ probable que je n'aurais rapport du collge que l'horreur des livres1 qui e/ peu prs ce que ress5t1 leur g>d1 t\te notre noblesse4 ,il s'y prit m]veille1 ayant l'air de ne ri5 voir1 aiguillonnant mon dsir en ne me laissant me dlect] dans ces lectures qu'en ca*ette1 et1 dans le re/e de mes tudes que je faisais comme les autres1 s'y pr5ant d\cem5t p\r me faire travaill]2 c> la bont1 une humeur facile1 tai5t les qualits ess5tielles que mon pre re*]*ait *ez ceux auxquels il me confiait4--,du re/e1 la non*alance et la p>esse tai5t mes seuls dfauts2 il n'y avait pas cra9dre que je fisse le mal1 mais que je ne fisse ri52 p]sonne ne prsumait que je pusse dev5ir mauvais1 mais je p\vais demeur] inutile2 on prvoyait en moi de la fa9antise1 mais pas de mauvais in/9cts4 ,je reconnais que c'e/ en effet ce qui s'e/ produit2 j'ai les oreilles rebattues de repro*es de ce g5re3 ,il e/ oisif1 froid dans ses rapports d'amiti et de p>5t1 se ti5t trop l'c>t et se ds9tresse trop des affaires publiques4--,ceux mmes qui me trait5t le plus mal1 ne dis5t pas3 ,p\rquoi s'e/-il appropri ceci8 p\rquoi n'a-t-il pas pay cela8 mais3 ,p\rquoi ne concde-t-il pas telle *ose8 p\rquoi ne donne-t-il pas telle autre8 ,je s]ais reconnaissant qu'on ne dsirt pas de moi au del de ce que je dois1 c> on va jusqu' exig] bi5 inju/em5t ce que je ne dois pas2 et ce1 avec une rigueur bi5 autrem5t gr&e que celle qu'apport5t ceux-l mmes qui m'adress5t ces repro*es rgl] leurs propres dettes4 ,p> de telles exig5ces1 on te t\t mrite ce que je fais1 et on s'p>gne soi-mme d'en avoir la gratitude qu'on m'en doit et qui devrait tre d'autant plus gr&e que le bi5 que je fais1 je le fais entirem5t de mon ple9 gr et de ma propre initiative1 n'ayant sur ce po9t aucune obligation vis--vis de qui que ce soit4 ,je suis d'autant plus libre de dispos] de ma =tune comme bon me semble1 que je n'en suis r$evable p]sonne2 j'ai galem5t d'autant plus de lib]t de dispos] de moi-mme1 que je suis absolum5t indp5dant4 ,t\tefois1 si j'tais port faire p>ade de ce que je fais et p\r peu que je le veuille1 il me s]ait facile de relev] v]tem5t ceux qui m'adress5t ces repro*es2 quelques-uns je montr]ais qu'ils cd5t l'envie et ne sont pas tant (fusqus de ce que je ne fais pas assez1 que de ce que j'ai possibilit de faire plus encore4 ,mon me ne laissait cep5dant pas d'tre1 "p soi1 susceptible de rsolutions f]mes et de port]1 sur les objets qu'elle connaissait1 des jugem5ts srs et nets1 qu'elle se =mait sans +r5ce trangre2 elle tait1 entre autres1 vritablem5t incapable1 je crois1 de cd] la =ce ou la viol5ce4--,p>l]ai-je aussi de cette facult que j'avais1 tant enfant1 d'avoir une physionomie1 une assurance1 une s\plesse de voix et de ge/e1 qui me r5dai5t propre t\s les rles que j'entrepr5ais1 ce qui m'a p]mis de j\] conv5ablem5t1 avant l'ge o d'ord9aire on les aborde1 pe9e avais-je alors atte9t ma d\zime anne 7,virgile71 les pr9cipaux p]sonnages des tragdies lat9es de ,bu*anan1 de ,gur5te et de ,muret1 qui fur5t reprs5tes1 non sans succs1 dans notre collge de ,guy5ne4 ,en cela1 comme en t\t ce qui relevait de sa *>ge1 ,&ra ,g\va1 notre pr9cipal1 tait sans comp>aison le meilleur pr9cipal de ,france2 et p\r ces reprs5tations1 j'tais son meilleur int]prte4 ,c'e/ l un ex]cice auquel je ne tr\ve pas r$ire1 p\r les enfants de bonne maison2 depuis1 j'ai vu nos pr9ces s'y adonn]1 l'exemple de c]ta9s p>mi les anci5s1 le faire trs conv5ablem5t et y mrit] des loges2 en ,grce1 c'tait mme l un mti] admis p\r les g5s honorables3 ,il s'ouvre de son projet l'acteur tragique ,ari/on1 homme di/+u p> sa naissance et sa =tune2 son art ne lui enlevait ri5 de sa considration1 c> il n'y a l ri5 de honteux *ez les ,grecs 7,tite ,live74 ,les jeux et les ex]cices publics sont utiles la socit4--,j'ai t\j\rs tax de manque de jugem5t ceux qui condamn5t ces di/ractions2 et d'inju/ice1 ceux qui refus5t l'entre de nos bonnes villes des comdi5s qui mrit5t ce privilge et1 de la sorte1 priv5t le peuple de ces plaisirs publics4 ,de bons adm9i/rateurs s'appliqu5t rassembl] les citoy5s1 les attir] des ex]cices et des jeux comme aux (fices plus srieux de dvotion2 cela amne se connatre et avoir de meilleurs rapports2 on ne saurait procur] la f\le de passe-temps prfrables ceux auxquels t\t le monde peut assi/] et qui ont lieu s\s les yeux mmes des magi/rats2 bi5 plus1 je tr\v]ais raisonnable que1 p> un s5tim5t d'affection et de bont t\t pat]nel1 99 les municipalits et le pr9ce1 celui-ci ses frais1 l'en gratifi5t quelquefois1 et que1 dans les villes populeuses1 il y et des lieux affects ces spectacles et disposs cet effet2 cela p\rrait p>fois dt\rn] de pires actions p\r lesquelles on se ca*e4 ,p\r rev5ir mon sujet1 il n'y a ri5 de tel que de faire1 p> la d\ceur1 natre *ez les enfants le dsir d'appr5dre et entret5ir en eux le gt de l'tude2 autrem5t on n'en fait que des nes *>gs de livres2 on leur impose c\ps de f\et1 de g>d] leurs po*ettes ple9es de sci5ce1 alors que p\r bi5 faire il ne suffit pas de log] cette sci5ce *ez soi1 il la faut p\s]4 ,,*apitre ,,xxvi4 ,c'e/ folie de jug] du vrai et du faux avec notre seule raison4 ,l'ignorance et la simplicit se laiss5t facilem5t p]suad]2 mais si l'on e/ plus in/ruit1 on ne veut croire ri5 de ce qui p>at sortir de l'ordre naturel des *oses4--,ce n'e/ peut-tre pas sans motif que la simplicit et l'ignorance n\s p>aiss5t naturellem5t portes plus de facilit croire et se laiss] p]suad]1 c> il me semble avoir appris jadis que croire e/ p\r a9si dire le rsultat d'une sorte d'impression faite sur notre me1 qui reoit d'autant mieux ces empre9tes qu'elle e/ plus t5dre et de mo9dre rsi/ance4 ,comme le poids fait ncessairem5t p5*] la balance1 a9si l'vid5ce entrane l'esprit 7,cicron72 plus l'me e/ vide et n'a ri5 encore qui fasse contrepoids1 plus elle cde aism5t s\s le faix des premires impressions2 voil p\rquoi les enfants1 le vulgaire1 les femmes1 les malades sont plus sujets tre m5s p> les oreilles4 ,p> contre1 c'e/ une sotte prsomption que de ddaign] et de condamn] comme faux t\t ce qui ne n\s semble pas vraisemblable1 dfaut ord9aire de ceux qui s'e/im5t avoir plus de raison que le commun des mortels4 ,ce dfaut1 je l'avais autrefois2 si je v5ais ent5dre p>l] d'esprits qui revi5n5t1 de prsages1 d'en*antem5ts1 de sorcell]ies ou racont] quelque autre *ose que je ne p\vais admettre3 ,songes1 visions magiques1 miracles1 sorcires1 app>itions nocturnes et autres prodiges de ,!ssalie 7,horace71 je pr5ais en piti ce pauvre peuple dont on abusait p> ces folies4 ,et cep5dant aut\r de n\s t\t e/ prodige1 et l'habitude seule n\s emp*e de t\t admir]4--,a prs5t1 je tr\ve que j'tais moi-mme t\t aussi pla9dre2 non que1 depuis1 quoi que ce soit soit v5u aj\t] ce que j'ai cru autrefois1 bi5 que je ne me sois pas fait faute de *]*] vrifi] les croyances que je rep\ssais1 mais ma raison m'a conduit reconnatre que condamn] d'une faon absolue une *ose comme fausse et impossible1 c'e/ prt5dre tre mme de jug] des bornes et des limites que peuv5t atte9dre la volont de ,dieu et la puissance de la nature notre mre2 et que la plus gr&e m>que de folie qu'il puisse y avoir au monde1 c'e/ de ram5] cette volont et cette puissance la mesure de notre capacit et de notre raison4--,si n\s appelons mon/res ou miracles t\t ce que n\s ne p\vons expliqu]1 combi5 ne s'en prs5te-t-il pas cont9uellem5t notre vue8 ,considrons au trav]s de quels nuages1 p> quels ttonnem5ts1 on p>vi5t n\s am5] la connaissance de ce que n\s avons con/amm5t s\s les yeux1 et n\s arriv]ons reconnatre que c'e/ plutt l'habitude que la sci5ce qui fait que cela cesse de n\s p>atre trange3 ,fatigus1 rassasis du spectacle des cieux1 n\s ne daignons plus lev] nos reg>ds v]s ces temples de lumire 7,lucrce72 et ces mmes *oses1 si elles n\s tai5t prs5tes n\veau1 n\s les tr\v]ions autant et plus incroyables qu'aucunes autres3 ,si ma9t5ant1 p> une app>ition s\da9e1 ces m]veilles s'(frai5t p\r la premire fois n\s1 que tr\v]ions-n\s leur comp>]8 n\s n'aurions ri5 su imag9] de semblable avant de les avoir vues 7,lucrce74 ,celui qui n'avait jamais vu de rivire1 la premire qu'il r5contra1 crut que c'tait l',ocan2 les *oses d'entre celles que n\s connaissons qui sont les plus gr&es1 n\s les e/imons les plus gr&es de la nature en leur g5re3 ,un fleuve qui n'e/ pas de gr&e t5due1 p>at imm5se qui n'en a pas vu de plus gr&2 a9si d'un arbre1 a9si d'un homme et de t\t autre objet qu& on n'a ri5 vu de plus gr& dans la mme espce 7,lucrce72 famili>iss avec les *oses qui1 t\s les j\rs1 frapp5t notre vue1 n\s ne les admirons plus et ne songeons pas en re*]*] les causes 7,cicron74 ,la n\veaut d'une *ose1 plus que sa gr&eur1 n\s incite en *]*] l'orig9e4 ,l'inf9ie puissance de la nature e/ jug] avec plus de dfr5ce et en t5ant compte davantage de notre ignorance et de notre faiblesse4--,combi5 de *oses peu vraisemblables sont affirmes p> des g5s dignes de foi2 si leurs tmoignages ne suffis5t pas p\r emport] notre conviction1 rs]vons au mo9s notre jugem5t2 c>1 les dcl>] impossibles1 c'e/ se faire =t d'tre mme de savoir jusqu'o va la possibilit1 ce qui e/ d'une bi5 tmraire prsomption4 ,si l'on saisissait bi5 la diffr5ce entre une *ose impossible et une *ose inusite1 entre ce qui e/ contre l'ordre de la nature et ce qui e/ simplem5t en dehors de ce que n\s admettons communm5t1 entre ne pas croire aveuglm5t et ne pas d\t] trop facilem5t d'une *ose1 on obs]v]ait la rgle du ,ri5 de trop1 que ,*ilon n\s recomm&e si =t4 ,s'il e/ des *oses que l'on peut rejet] p>ce qu'elles ne sont pas avances p> des hommes qui peuv5t faire autorit1 il en e/ de trs tonnantes qu'il faut au mo9s respect]1 lorsqu'elles ont p\r tmo9s des p]sonnes dignes de notre confiance4--,qu& on tr\ve1 dans ,froiss>t1 que le comte de ,foix1 tant dans le ,barn1 apprit la dfaite ,jub]o? du roi ,jean de ,ca/ille le l5dema9 de l'vnem5t et qu'on voit les explications qu'il en donne1 on peut s'en moqu]4 ,il peut en tre de mme qu& on lit dans nos ,annales que le j\r mme o le roi ,philippe-,augu/e m\rut ,mantes1 le pape ,honorius lui fit faire des funrailles publiques et donna l'ordre d'en faire autant dans t\te l',italie2 ces tmoignages n'ont peut-tre pas une autorit suffisante p\r n\s conva9cre4 ,mais1 p> contre1 si1 entre plusieurs exemples qu'il cite *ez les anci5s1 ,plut>que dit savoir de s\rce c]ta9e que1 du temps de ,domiti51 la n\velle de la bataille p]due en ,allemagne p> ,antonius1 plusieurs j\rnes de ,rome1 y fut publie et rp&ue dans le monde enti] le j\r mme o l'action avait lieu2 si ,cs> admet qu'il e/ s\v5t arriv que la n\velle d'un vnem5t en a devanc le fait1 n\s ne dirons pas d'eux que ce sont des simples d'esprit1 qui se sont laiss tromp] comme le vulgaire et ne sont pas aussi clairvoyants que n\s4--,peut-on exprim] une op9ion avec plus de dlicatesse1 de nettet1 de piquant que le fait ,pl9e1 qu& il lui convi5t d'en mettre8 impossible de port] des jugem5ts mieux fonds2 sur ces deux po9ts1 n\s ne saurions le surpass]2 et je ne p>le pas ici de son savoir si t5du1 dont p\rtant je fais mo9s de cas2 p\rtant1 il n'e/ pas si pauvre petit coli] qui ne le taxe d'inexactitude et ne prt5de lui en remontr] sur le progrs des uvres de la nature4 ,lorsque n\s lisons1 dans ,b\*et1 les miracles oprs p> les reliques de sa9t ,hilaire1 passe encore2 on peut tre incrdule1 l'auteur n'a pas assez d'autorit p\r que n\s ne soyons pas admis le contr$ire2 mais condamn] du mme c\p t\s les faits semblables qu'on n\s rapporte1 me semble d'une s+ulire prsomption4--,sa9t ,augu/91 ce gr& docteur de notre glise1 tmoigne avoir vu ,milan un enfant aveugle rec\vr] la vue p> l'att\*em5t des reliques de sa9t ,g]vais et de sa9t ,protais2 une femme1 ,c>?age1 gurie d'un canc] p> un signe de croix qui lui e/ fait p> une femme n\vellem5t baptise2 ,hesprius1 un de ses famili]s1 *ass] les esprits qui hantai5t sa maison1 avec un peu de t]re rapporte du spulcre de ,notre-,seigneur2 et plus t>d cette t]re1 transporte l'glise1 avoir r5du subitem5t l'usage de ses membres un p>alytique2 une femme1 p5dant une procession1 ayant t\* avec un b\quet la *sse de sa9t ti5ne1 et port ce b\quet ses yeux1 avoir rec\vr la vue p]due depuis longtemps dj1 et cite encore plusieurs autres miracles1 auxquels il dcl>e avoir lui-mme assi/4 ,que dirons-n\s de lui qui les affirme et des deux sa9ts vques ,aurlius et ,maximius1 dont il invoque les tmoignages8 ,dirons-n\s que ce sont des ignorants1 des simples d'esprit1 des g5s de facile composition1 ou des g5s p]v]s et des impo/eurs8 ,y a-t-il1 dans notre sicle1 quelqu'un assez impud5t p\r os] se comp>] lui1 soit s\s le rapport de la v]tu et de la pit1 soit s\s celui du jugem5t et de la capacit8 ,qu& ils n'apport]ai5t aucune raison1 ils me p]suad]ai5t p> leur seule autorit 7,cicron74--,c'e/ une audace dang]euse et qui peut avoir de srieuses consqu5ces1 en dehors mme de ce qu'elle a de tmraire et d'absurde1 que de mpris] ce que n\s ne compr5ons pas4 ,qu'aprs avoir pos avec votre impeccable jugem5t la dm>cation entre le vrai et le faux il survi5ne1 a9si que cela e/ 9vitable1 des faits que v\s ne puissiez ni]1 dpassant encore plus en surnaturel ceux que v\s rcusez dj1 v\s voil1 p> cela mme1 obligs de v\s djug]4 ,en matire de religion1 ce n'e/ pas n\s dcid] ce que l'on peut ou non concd] aux ennemis de la foi4--,m'e/ avis que ce qui apporte tant de dsordres dans nos consci5ces1 en ces temps de tr\bles religieux que n\s trav]sons1 c'e/ la di/9ction que les ca?oliques tabliss5t entre les div]s articles de foi4 ,ils imag95t faire acte de modration et de disc]nem5t1 en concdant leurs adv]saires c]ta9s po9ts en litige2 ils ne voi5t pas quel avantage ils leur donn5t en comm5ant p> leur cd] et battre en retraite1 et combi5 leur dsi/em5t les excite p\rsuivre dans la voie o ils sont entrs4 ,les po9ts sur lesquels ils cd5t1 leur sembl5t de mo9dre importance2 il peut se faire qu'ils en ai5t une trs gr&e4 ,ou il faut1 en t\t1 se s\mettre l'autorit des p\voirs ecclsia/iques que n\s reconnaissons1 ou les rcus] en t\t2 ce n'e/ pas n\s dt]m9] ce sur quoi n\s leur devons1 ou non1 obissance4--,bi5 plus1 et je puis le dire p>ce que je l'ai pr\v1 ayant autrefois u de cette lib]t de tri] et de faire *oix de c]ta9es pratiques1 l'g>d desquelles je jugeais propos de ne pas obs]v] les obligations que n\s impose l'glise1 p>ce que je les tr\vais ou p> trop inutiles1 ou p> trop s+ulires1 et tant v5u m'en entret5ir avec des hommes possdant fond la sci5ce ?ologique1 il m'a t dmontr que ces pratiques repos5t sur des raisons de premi] ordre et trs srieuses1 et que c'e/ uniquem5t p> btise et ignorance que n\s les traitons avec mo9s de dfr5ce que le re/e4 ,que ne n\s s\v5ons-n\s en combi5 de contradictions e/ tomb notre jugem5t6 ,combi5 de *oses n\s t5ions hi] p\r articles de foi et que n\s considrons auj\rd'hui comme des fables6 ,la gloire et la curiosit sont 99 les deux flaux de notre me3 celle-ci n\s amne mettre notre nez p>t\t2 celle-l n\s porte ne ri5 laiss] d'irrsolu et d'indcis4 ,,*apitre ,,xxvii4 ,de l'amiti4 ,le disc\rs de ,la ,botie sur la s]vitude volontaire a t le po9t de d"p de l'amiti qui l'unit si troitem5t ,montaigne4--,contemplant le travail d'un pe9tre que j'employais *ez moi1 il me prit envie de reg>d] comm5t il procdait4 ,il fit d'abord *oix du plus bel endroit1 au c5tre de *aque p>oi de mur1 p\r y pe9dre un sujet avec t\te l'habilet dont il tait capable2 puis il remplit les vides d'al5t\r d'arabesques1 pe9tures t\tes fantaisi/es qui ne plais5t que p> leur v>it et leur s+ul>it4 ,il en e/ de mme ici3 mon livre ne se compose que de sujets biz>res1 en dehors de ce qu'on voit d'ord9aire1 =ms de morceaux rapports1 sans c>actre df9i1 sans ordre1 sans suite1 ne s'adaptant que p> has>d les uns aux autres3 ,c'e/ le corps d'une belle femme1 avec une queue de poisson 7,horace74 ,sur le second po9t1 j'ai donc fait comme mon pe9tre2 mais sur l'autre p>tie du travail1 la meilleure1 je demeure c\rt2 mon tal5t ne peut me p]mettre d'os] entrepr5dre un tableau ri*e1 lgant1 confectionn dans t\tes les rgles de l'art2 c'e/ p\rquoi je me suis avis d'en emprunt] un d'ti5ne de ,la ,botie1 qui f]a mon ouvrage plus d'honneur que t\t le re/e4--,c'e/ un disc\rs qu'il a nomm ,la ,s]vitude volontaire1 mais que d'autres1 qui ignorai5t ce titre1 ont depuis1 avec ju/e raison1 baptis n\veau3 ,le ,contre un4 ,la ,botie l'crivit p\r s'essay]1 dans sa premire jeunesse1 en l'honneur de la lib]t et contre la tyrannie4 ,depuis longtemps dj ce disc\rs circule p>mi les g5s srieux1 *ez lesquels il e/ en gr&e rputation trs ju/em5t mrite1 c> il e/ ple9 de noblesse et d'une argum5tation aussi s]re que possible4 ,ce n'e/ pas que l'auteur n'et pu faire mieux encore2 et si1 l'ge plus avanc o j'ai li connaissance avec lui1 il et1 comme moi1 conu le desse9 d'crire ses p5ses1 il n\s et laiss des *oses bi5 rem>quables1 qui euss5t appro* de bi5 prs celles dont l'antiquit s'honore le plus2 c>1 s\s ce rapport en p>ticuli]1 il tait d\ au po9t que je ne connais p]sonne qui puisse lui tre comp>4 ,ce disc\rs1 qu'il n'a jamais revu1 je crois1 depuis qu'il l'a compos1 e/ la seule *ose qui demeure de lui1 encore e/-ce p> le fait du has>d1 avec quelques mmoires sur cet dit de janvi] si fameux dans l'hi/oire de nos gu]res civiles1 mmoires qui tr\v]ont peut-tre leur place ailleurs4 ,c'e/ t\t ce qu'en dehors du catalogue des ouvrages qu'il possdait et que j'ai publi1 j'ai pu recueillir de ce qu'il a laiss1 moi qui1 p> une si affectueuse att5tion1 sur le po9t de r5dre le d]ni] s\pir1 il a lgu sa biblio?que et ses papi]s2 aussi je ti5s p>ticulirem5t cette pice1 d'autant qu'elle a t le po9t de d"p de nos relations4 ,elle m'avait t communique longtemps avant que j'en aie vu l'auteur1 et p\r la premire fois me fit connatre son nom1 prp>ant a9si l'amiti qui n\s a unis et qui a dur autant que ,dieu l'a p]mis1 entire et complte1 au po9t que c]ta9em5t il y en a eu peu de semblables dans les temps passs et qu'il n'y en a pas trace de p>eille p>mi les hommes de notre poque4 ,tant de circon/ances sont ncessaires p\r que ce s5tim5t en arrive ce degr1 que c'e/ beauc\p si1 en trois sicles1 cela se produit seulem5t une fois4 ,l'amiti vraie e/ le s5tim5t le plus lev de la socit2 il e/ ess5tiellem5t diffr5t des affections qui s'y r5contr5t d'une faon c\rante et en ont l'app>5ce4--,la nature semble s'tre t\t p>ticulirem5t applique implant] en n\s le beso9 de socit1 et ,ari/ote prt5d que les bons lgislateurs se sont encore plus proccups de l'amiti que de la ju/ice4 ,il e/ de fait que l'amiti m>que1 dans la socit1 le plus haut degr de p]fection4 ,d'une faon gnrale1 t\tes les affections auxquelles n\s donnons ce nom1 nes de la satisfaction de nos plaisirs1 des avantages que n\s en retirons1 ou d'associations =mes en vue de nos intrts publics ou privs1 sont mo9s belles1 mo9s gnreuses et ti5n5t d'autant mo9s de l'amiti1 qu'elles ont d'autres causes1 d'autres buts1 et t5d5t des rsultats autres que celle-ci4 ,ces affections qu'on classait jadis en quatre catgories1 suivant qu'elles tai5t dictes p> la nature1 la socit1 l'hospitalit ou le beso9 des s5s1 ni dans leur ensemble1 ni prises isolm5t1 ne ralis5t cet idal4 ,t\te contra9te exclut l'amiti2 c'e/ p\rquoi les rapports entre les pres et les enfants revt5t un autre c>actre4 ,de mme entre frres que divis5t s\v5t des que/ions d'intrt4--,dans les rapports des enfants avec leurs pres1 c'e/ plutt le respect qui dom9e4 ,l'amiti a beso9 d'un *ange cont9u de p5ses qui ne peut rgn] entre eux1 en raison de la trop gr&e diffr5ce qui exi/e t\s g>ds2 cet *ange p\rrait p>fois *oqu] les devoirs rciproques que la nature leur a imposs1 c> t\tes les p5ses intimes des pres ne se peuv5t communiqu] aux enfants1 il p\rrait en rsult] des famili>its dplaces2 davantage1 les enfants ne peuv5t ni donn] des avis ni repr5dre leurs pres1 ce qui e/ des premires obligations de l'amiti4 ,*ez c]ta9es nations1 il tait d'usage que les enfants tu5t leurs pres2 *ez d'autres1 c'tai5t les pres qui tuai5t leurs enfants1 p\r vit]1 a9si qu'il arrive quelquefois1 qu'ils ne se fass5t rciproquem5t ob/acle2 du re/e1 du fait mme de la nature1 la mort de l'un n'e/-elle pas la complte mancipation de l'autre8--,il s'e/ tr\v des philosophes qui ont affect de ne t5ir aucun compte des li5s du sang3 ,ari/ippe1 p> exemple1 qui l'on p>lait de l'affection qu'il devait ses enfants1 issus de lui1 se mit cra*] en disant que cela aussi tait issu de lui2 le mme disait encore que1 si n\s eng5drons nos enfants1 n\s eng5drons aussi des p\x et des v]s2 un autre1 que ,plut>que *]*ait mettre d'accord avec son frre1 lui rpondait3 ,ce n'e/ pas p>ce qu'il e/ sorti du mme tr\ que moi1 que j'en fais plus gr& cas4--,je convi5s que c'e/ un beau nom1 tmoignage d'une gr&e affection1 que celui de frre2 et c'e/ p\r cela que ,la ,botie et moi en fmes usage1 l'un l'g>d de l'autre1 qu& n\s fmes lis2 mais1 dans la ralit1 la communaut des intrts1 les p>tages de bi51 la pauvret de l'un consqu5ce de la ri*esse de l'autre1 dtremp5t considrablem5t l'union frat]nelle2 des frres devant1 p\r faire leur *em9 en ce monde1 suivre la mme voie1 m>*] du mme pas1 il e/ 9vitable qu'ils se heurt5t et se *oqu5t s\v5t4 ,bi5 plus1 c'e/ la con=mit de gts et de relations qui eng5dre ces vritables et p>faites amitis1 or il n'y a pas de raison p\r qu'elle se r5contre ici2 pre et fils peuv5t tre de gts absolum5t diffr5ts1 des frres galem5t3 c'e/ mon fils1 c'e/ mon p>5t1 ce n'en e/ pas mo9s un homme peu sociable1 un m*ant1 un sot4 ,dans les amitis dues la loi1 des obligations naturelles1 notre volont ne s'e/ pas ex]ce librem5t2 elles ne rsult5t pas d'un *oix de notre "p2 et1 de t\t ce qui nat de notre libre arbitre1 ri5 n'en dp5d plus exclusivem5t que l'affection et l'amiti4 ,ce n'e/ pas que je n'aie t mme1 s\s ce rapport1 de jug] t\t ce qui peut en tre1 c> mon pre a t le meilleur des pres qui fut jamais1 le plus indulg5t et e/ demeur tel jusque dans son extrme vieillesse2 notre famille tait rpute p> l'excell5ce des rapports qui ont t\j\rs exi/ entre pre et fils1 et la concorde entre frres y tait exemplaire3 ,connu moi-mme p\r mon affection pat]nelle p\r mes frres 7,horace74 ,entre hommes et femmes1 dans le m>iage comme en dehors1 un autre s5tim5t prdom9e et l'amiti ne saurait tr\v] place4--,notre affection p\r les femmes1 bi5 qu'issue de notre *oix1 ne saurait tre comp>e l'amiti ni en t5ir la place4 ,dans ses lans1 je le confesse3 ,c> je ne suis pas inconnu la desse qui mle une d\ce am]tume aux pe9es de l'am\r 7,catulle71 elle e/ plus active1 plus aigu1 plus pre2 mais c'e/ un feu tmraire et volage1 ondoyant et v>i2 feu de fivre qui a ses accs1 qui tombe1 et ne n\s ti5t que dans une p>tie de n\s-mmes4 ,la *aleur de l'amiti s't5d t\t notre tre1 elle e/ univ]selle mais tempre et t\j\rs gale2 c'e/ une *aleur con/ante et paisible1 s\v]a9em5t d\ce et dlicate1 qui n'a ri5 d'pre1 ri5 d'excessif4 ,l'am\r1 c'e/ p>-dessus t\t un dsir viol5t de ce qui n\s fuit3 ,tel le *asseur p\rsuivant un livre p> la *aleur et p> le froid1 trav]s montagnes et valles2 il le dsire tant qu'il fuit2 l'a-t-il atte9t1 il le ddaigne 7l',ario/e74 ,qu& l'am\r revt les =mes de l'amiti1 ce qui se produit lorsque l'accord des volonts s'e/ tabli1 il faiblit et tombe en langueur2 la j\issance l'te9t p>ce que son b e/ *>nel et que la satit l'apaise4 ,l'amiti1 au contraire1 s'acc5tue avec le dsir qu'on en a2 elle s'lve1 se dveloppe et s'accrot p> la j\issance1 p>ce qu'elle e/ d'ess5ce spirituelle et que l'usage aff9e l'me4 ,concurremm5t avec cette p>faite amiti1 j'ai autrefois connu ces affections passagres1 sur lesquelles je n'insi/]ai pas p\r la raison que dpeign5t trop bi5 les v]s que je vi5s de cit]2 ces deux passions je les ai pr\ves1 simultanm5t1 la connaissance l'une de l'autre1 mais sans jamais qu'elles entr5t en p>allle3 la premire ple9e de noblesse1 se ma9t5ant t\j\rs dans les rgions leves1 ddaigneuse de l'autre qui passait presque inap]ue lo91 bi5 lo9 au-dess\s d'elle4 ,quant au m>iage1 outre que c'e/ un m>* dont l'entre seule e/ libre et dp5dante de notre volont1 t&is que sa dure indf9ie n\s e/ impose1 il se conclut gnralem5t en vue de f9s t\t autres et mille incid5ts trang]s1 qui clat5t l'improvi/e1 s'y ml5t et suffis5t p\r y tr\bl] le c\rs de la plus vive affection et rompre le fil auquel elle ti5t2 t&is que lorsqu'il s'agit d'amiti1 ri5 autre n'int]vi5t1 il n'e/ "q que d'elle1 d'elle seule4 ,a quoi s'aj\te que les femmes ne sont vraim5t pas1 d'ord9aire1 mme de pr5dre "p aux discussions et *anges d'ides1 p\r a9si dire ncessaires l'entreti5 de ces relations d'ordre si lev que cre l'amiti2 leur me semble manqu] de la f]met indisp5sable p\r s\t5ir l'tre9te de ce s5tim5t dont la dure e/ sans limite et qui n\s unit si =t4 ,sans cela1 s'il p\vait se =m] avec une femme1 librem5t et de notre ple9 gr1 une semblable liaison dans laquelle non seulem5t l'me pr\v]ait cette ple9e j\issance mais o le corps tr\v]ait lui aussi satisfaction1 o *acun s]ait de la sorte engag t\t enti]1 corps et me1 il e/ c]ta9 que l'amiti y aurait au plus haut degr son ple9 effet2 mais il n'e/ pas d'exemple que la femme soit capable d'en arriv] l2 et1 99 d'un commun accord1 t\tes les coles philosophiques de l'antiquit ont conclu que cela ne se p\vait pas4 ,les unions contre nature1 admises *ez les ,grecs1 y t5dai5t p>fois4--,cet autre g5re de dbau*e contre nature qui tait admis *ez les ,grecs1 mais que nos murs rpr\v5t avec ju/e raison1 ncessitant *ez ceux qui s'y livrai5t une c]ta9e diffr5ce d'ge et des rles diffr5ts1 ne rpondait pas davantage p> cela mme l'ent5te p>faite et la con=mit de s5tim5ts que rclame l'amiti3 ,qu'e/-ce1 en effet1 que cet am\r dans l'amiti8 d'o vi5t qu'il ne s'atta*e ni un jeune homme laid1 ni un beau vieill>d 7,cicron78--,ici1 les philosophes de l',acadmie ne me dsav\]ont pas1 c> je leur emprunte la description mme qu'ils en ont faite3 ,ce dlire1 disai5t-ils1 inspir p> le fils de ,vnus qui1 de prime abord1 s'emp>e de l'amant et fait qu'il se livre1 sur la fleur de jeunesse laquelle il s'e/ atta*1 aux actes les plus extravagants et les plus passionns auxquels peut entran] une ardeur immodre1 tait simplem5t provoqu p> la beaut des =mes extrieures et une fausse similitude avec l'acte de gnration2 ce n'tait pas p> son esprit que l'adolesc5t1 objet de cette passion1 p\vait l'inspir]2 il n'tait pas mme d'en montr]1 tant encore trop jeune et en voie de dveloppem5t4 ,si ces transports s'adressai5t un tre de s5tim5ts vulgaires1 l'arg5t1 les cadeaux1 les dignits et t\tes faveurs autres aussi peu recomm&ables et que condamnai5t du re/e ces philosophes1 tai5t les moy5s mis en uvre p\r va9cre sa rsi/ance et se l'atta*]4 ,si le sujet tait d'un c>actre plus relev1 les moy5s tai5t eux-mmes plus honorables2 c'tait alors p> des enseignem5ts philosophiques1 en prnant le respect de la religion1 l'obissance aux lois1 le dv\em5t au pays p\vant all] jusqu'au sacrifice de la vie1 en lui donnant l'exemple de la vaillance1 de la prud5ce1 de la ju/ice1 p> les grces de son esprit1 l'lvation de son me comp5sant sa beaut physique dj tiole1 que l'amant s'appliquait se faire accept] de celui auquel il proposait une sorte d'association m5tale1 esprant que le m>* en s]ait plus srieux et plus durable4 ,la liaison une fois contracte1 il arrivait un mom5t o l'esprit s'veillait en l'tre aim s\s l'influ5ce des qualits morales qui se rvlai5t *ez l'amant4 ,ce rsultat n'tait pas immdiat2 c> si nos philosophes n'imposai5t celui-ci aucune limite de temps et lui laissai5t t\te latitude p\r en arriv] ses f9s1 ils admettai5t que ces mmes conditions avai5t bi5 davantage encore leur raison d'tre *ez l'objet de son affection1 d'autant que dc\vrir *ez celui avec lequel il tait li ces qualits qui lui con/ituai5t une beaut que ri5 ne rvlait l'extrieur et arriv] en tre captiv1 tait p\r lui *ose longue et difficile4 ,c'tait l p\r ces philosophes le po9t capital de ces liaisons1 que s\s l'influ5ce de cette beaut spirituelle qu'il con/atait *ez son amant1 naqut en l'aim le dsir de p>ticip] cette supriorit intellectuelle et morale1 sans t5ir compte *ez son conjo9t de la beaut du corps1 *ose en lui accid5telle et t\te secondaire2 *ez l'amant1 c'tait t\t le contraire qui se produisait1 et c'e/ p\rquoi ces philosophes donnai5t la prfr5ce au rle de l'aim et s'v]tuai5t pr\v] que les dieux p5sai5t de mme4 ,c'e/ cette faon de voir qui leur faisait faire si gr& repro*e au pote ,es*yle d'avoir1 dans les am\rs d',a*ille et de ,patrocle1 int]v]ti les rles1 en donnant celui d'amant ,a*ille qui1 imb]be et dans la premire floraison de la jeunesse1 tait le plus beau des ,grecs4--,cette mise en commun de t\t leur tre1 au moral comme au physique1 compltem5t ralise1 l'affection qui en naissait et en tait l'lm5t ess5tiel et av\able produisait1 disai5t-ils1 p> son action et la prdom9ance qu'elle acqurait1 des rsultats des plus pr(itables p\r les intresss et p\r le bi5 public2 elle conc\rait au premi] *ef la =ce du pays o cela tait admis1 ex]ant p>fois une influ5ce dcisive dans la df5se de la ju/ice et de la lib]t1 tmo9 les am\rs d',h>modius et d',ari/ogiton1 qui s]vir5t si bi5 cette cause4 ,aussi vont-ils jusqu' la qualifi] de sacre et de div9e et e/im5t-ils qu'elle n'a eu contre elle que la viol5ce des tyrans et la l*et des peuples4--,t\t ce qu'on peut allgu] p\r excus] de la "p de l',acadmie un plaidoy] semblable1 c'e/ que c'tait l un am\r qui f9issait p> dev5ir de l'amiti1 ce qui e/ assez en rapport avec la df9ition que les ,/oci5s donn5t de l'am\r lui-mme3 ,l'am\r e/ l'envie d'obt5ir l'amiti d'une p]sonne qui n\s attire p> sa beaut 7,cicron74 ,c>actre ess5tiel de l'amiti p>faite2 elle ne se raisonne pas et deux mes unies p> ce s5tim5t n'en =m5t qu'une4--,j'en revi5s ma ?se qui a trait une amiti plus dans la nature et plus e/imable3 ,l'amiti a son ple9 rayonnem5t dans la maturit de l'ge et de l'esprit 7,cicron74 ,en somme1 ce que n\s appelons d'ord9aire amis et amitis1 ne sont que des liaisons familires1 am5es p> l'occasion ou l'intrt1 et p> lesquelles nos mes entr5t en communication et s'y ma9ti5n5t4 ,dans l'amiti qui rgnait entre ,la ,botie et moi1 elles se mlai5t et se confondai5t en une seule1 tellem5t unies s\s t\s rapports qu'on ne les di/+uait plus l'une de l'autre2 la ligne de dm>cation n'exi/ait plus4 ,si on me pressait1 me dem&ant p\rquoi j'avais p\r lui une si pr(onde amiti1 je s5s que je s]ais hors d'tat de le dire1 je ne p\rrais que rpondre3 ,il en tait a9si1 p>ce que c'tait lui et p>ce que c'tait moi4 ,plus que les raisons que j'en p\rrais donn]1 d'une faon gnrale et dans ce cas p>ticuli]1 il int]vi5t dans les liaisons de cette nature une =ce inexplicable et fatale que je ne saurais df9ir4 ,n\s n\s re*]*ions avant de n\s tre vus1 en raison de ce que n\s ent5dions dire l'un de l'autre1 qui faisait natre en n\s une affection hors de proportion avec ce qui avait am5 nos rapports2 je crois vraim5t que c'tait l le fait de quelque dcret de la ,provid5ce4 ,sans n\s connatre1 nos noms n\s tai5t dj *]s2 et ds la premire fois que n\s n\s r5contrmes1 ce qui eut lieu ,bordeaux1 p> has>d1 dans une gr&e fte publique et en nombreuse compagnie1 n\s n\s tr\vmes si attirs l'un v]s l'autre1 si connus l'un de l'autre1 si lis l'un l'autre que1 ds lors1 ri5 ne n\s fut si pro*e que n\s le fmes l'un p\r l'autre4 ,la ,botie a crit en lat9 une satire qui a t publie1 dans laquelle il ju/ifie et explique comm5t notre amiti si s\da9e en e/ arrive si promptem5t ce degr de p]fection4 ,elle devait dur] si peu1 s'tait =me si t>d 7n\s tions t\s deux des hommes faits1 et il avait quelques annes de plus que moi71 qu'il n'y avait pas de temps p]dre et qu'elle n'avait pas pr5dre modle sur ces amitis banales1 contractes dans les conditions ord9aires que1 p> prcaution1 on fait prcd] de frqu5tations plus ou mo9s longues4 ,dans notre cas1 ri5 de semblable2 il e/ unique en son g5re2 ce n'e/ pas en raison d'un fait d'ordre p>ticuli]1 de deux1 de trois1 de quatre ou de mille2 n\s y avons t entrans p> je ne sais quelle attraction rsultant d'un ensemble qui1 s'emp>ant de nos volonts1 les a am5es p> un lan simultan et irrsi/ible se p]dre l'une dans l'autre et se confondre en une seule2 je dis se p]dre1 p>ce qu'en vrit cette association de nos mes s'effectua sans rs]ve aucune2 n\s n'avions plus ri5 qui n\s app>tnt en propre1 ri5 qui ft soit lui1 soit moi4 ,qu&1 aprs la condamnation de ,tibrius ,grac*us1 ,llius1 en prs5ce des consuls roma9s qui int5tai5t des p\rsuites contre t\s ceux qui avai5t suivi son p>ti1 en v9t dem&] ,caius ,blosius1 qui tait son plus intime ami1 quel po9t il et accd ce que ,grac*us lui et dem&1 ,blosius lui rpondit3 ,a t\t4--,comm5t t\t8 reprit ,llius2 et p\rtant1 s'il t'avait comm& de mettre le feu nos temples8--,jamais1 il ne l'et comm&4--,mais s'il l'et fait8--,j'aurais obi4--,ami de ,grac*us dans t\te la =ce du t]me1 comme n\s le dpe9t l'hi/oire1 il n'avait pas cra9te d'(f5s] les consuls p> cette dcl>ation si ple9e de h>diesse et ne devait pas donn] p5s] qu'il n'tait pas absolum5t sr de la volont de son ami4 ,ceux qui ti5n5t cette rponse p\r sditieuse1 ne compr5n5t pas la puissance qu'il ex]ait sur cette volont1 la connaissance qu'il en avait1 sa c]titude de ce qu'elle p\vait tre4 ,un tel my/re1 ils n'arriv5t pas le saisir2 ,grac*us et lui tai5t amis1 plus qu'ils n'tai5t citoy5s1 plus qu'ils n'tai5t amis ou ennemis de leur pays2 leur ambition1 leurs projets sditieux ne v5ai5t qu'aprs leur amiti2 s'tant entirem5t donns l'un l'autre1 leurs deux volonts m>*ai5t d'un p>fait accord2 supposez-les diriges p> la v]tu et la raison1 et il ne saurait en tre autrem5t1 sans cela cet accord ne se ma9ti5drait pas1 et v\s reconnatrez que la rponse de ,blosius a t telle qu'elle devait tre4 ,si leurs actions avai5t diffr1 ils n'euss5t pas t amis l'un de l'autre comme je le compr5ds1 ni amis d'eux-mmes4 ,au surplus1 cette rponse ne signifie pas plus que si1 quelqu'un qui me pos]ait cette "q3 ,s'il v\s v5ait la volont de tu] votre fille1 le f]iez-v\s8 je v5ais rpondre affirmativem5t4 ,cela ne donn]ait pas croire que p>eil desse9 e/ dans mes int5tions2 p>ce que je ne suppose pas un seul in/ant que je ne sois pas matre de ma volont1 pas plus que je n'ai en d\te celle d'un ami tel que ,la ,botie4 ,t\s les raisonnem5ts du monde ne m't]ont pas la c]titude que j'ai de ses int5tions et de sa manire de p5s]2 aucune de ses actions ne saurait m'tre prs5te1 de quelque faon que ce soit1 sans qu'immdiatem5t je n'en saisisse le mobile4 ,nos mes ont *em9 si compltem5t unies1 elles tai5t prises l'une p\r l'autre d'une si ard5te affection1 de cette affection qui pntre et lit jusqu'au plus pr(ond de n\s-mmes1 que non seulem5t je connaissais la si5ne comme la mi5ne1 mais que j'aurais eu c]ta9em5t1 dans les que/ions m'intressant p]sonnellem5t1 plus confiance en lui qu'en moi-mme4 ,dans les amitis communes1 il faut us] de prud5ce et de circonspection4--,qu'on n'aille pas mettre sur ce mme rang les amitis qui se =m5t communm5t2 je les connais autant que qui que ce soit1 j'en connais mme des plus p>faites en leur g5re4 ,mais ce s]ait se tromp] que de confondre les rgles de conduite applicables en l'un et l'autre cas4 ,dans ces amitis autres1 il faut t\j\rs avoir la bride en ma9 et m>*] avec prud5ce et prcaution2 le nud d'assemblage n'e/ pas d'une solidit telle qu'on ne doive s'en dfi]4 ,aimez-le1 disait ,*ilon1 comme si v\s deviez un j\r le har2 hassez-le1 comme si v\s deviez un j\r en arriv] l'aim]4 ,ce pr9cipe si abom9able dans le cas d'une amiti exclusive et n\s possdant t\t enti]1 e/ salutaire qu& il s'agit de ces amitis qui se contract5t dans le c\rant habituel de la vie et auxquelles s'applique ce mot qui tait famili] ,ari/ote3 ,o mes amis6 un ami e/ une *ose qui n'exi/e pas6 ,entre amis vritables1 t\t e/ commun2 et si l'un e/ assez heureux1 p\r p\voir donn] son ami1 c'e/ celui qui donne qui e/ l'oblig4--,entre amis1 unis p> ce noble s5tim5t1 les s]vices et les bi5faits1 lm5ts ess5tiels qui entreti5n5t les amitis autres1 n'entr5t mme pas en ligne de compte2 et cela1 p>ce que leurs volonts intimem5t confondues sont une4 ,de mme1 en effet1 que l'affection que je me porte ne s'accrot pas d'un s]vice qu'au beso9 je me r5ds1 bi5 que les ,/oci5s prt5d5t le contraire2 de mme que je ne me sais aucun gr de ce s]vice r5du moi-mme p> moi-mme2 de mme aussi l'union de tels amis atte9t une si relle p]fection1 qu'elle leur fait p]dre le s5tim5t qu'ils puiss5t1 en p>eil cas1 se devoir quelque *ose1 et les amne har et rep\ss] t\s ces mots de bi5fait1 obligation1 reconnaissance1 prire1 rem]ciem5ts et autres semblables qui t5d5t m>qu] une division ou une diffr5ce entre eux4 ,et de fait1 t\t leur tant commun3 volont1 p5se1 manire de voir1 bi5s1 femmes1 enfants1 honneur et jusqu' la vie1 ce qu'ils re*]*5t tant de n'tre qu'une me en deux corps1 suivant l'expression trs ju/e d',ari/ote1 ils ne peuv5t ni ri5 se prt]1 ni ri5 se donn]4 ,voil p\rquoi les lgislateurs1 dans le b d'honor] le m>iage p> un vague air de ressemblance avec cette liaison d'ess5ce div9e1 int]dis5t les donations entre m>i et femme1 v\lant p> l qu'on soit am5 compr5dre que t\t ce qui e/ *acun doit tre aux deux2 qu'ils n'ont ri5 leur app>t5ant qui se puisse divis]1 ni attribu] en propre l'un plutt qu' l'autre4 ,si1 dans cette amiti dont je p>le1 l'un p\vait donn] l'autre1 ce s]ait le bi5faiteur qui s]ait l'oblig2 t\s deux plaant au-dessus de t\t le bonheur d'oblig] l'autre1 celui qui en procure sujet et occasion son ami e/ celui qui se montre le plus gnreux1 p> cela qu'il lui donne la satisfaction de faire ce qui lui ti5t le plus au cur4--,qu& ,diogne le philosophe avait beso9 d'arg5t1 il disait qu'il allait en rclam] ses amis1 et non pas qu'il allait leur en dem&]4--,p\r traduire p> un fait cet tat d'me1 je vais en tir] un s+uli] exemple1 tir des anci5s3 ,le cor9?i5 ,eudamidas avait deux amis1 ,*>ixne de ,sicyone et ,ar?e de ,cor9!2 il tait pauvre1 ses amis tai5t ri*es4 ,prs de m\rir1 il rdigea a9si son te/am5t3 ,je lgue ,ar?e de recueillir ma mre et de l'entret5ir sa vieillesse durant1 ,*>ixne de m>i] ma fille et de lui con/itu] une dot aussi leve qu'il le p\rra2 dans le cas o l'un des deux vi5drait manqu]1 j'attribue sa "p celui qui survivra4 ,les premi]s qui vir5t ce te/am5t1 s'en moqur5t2 mais les hriti]s1 prv5us1 l'acceptr5t avec une satisfaction qui tonna4 ,l'un d'eux1 ,*>ixne1 tant mort c9q j\rs aprs1 ,ar?e1 sub/itu lui dans la "p qui lui tait *ue1 p\rvut soigneusem5t l'entreti5 de la mre2 son patrimo9e s'levait c9q tal5ts3 il en donna deux et demi sa propre fille qui tait fille unique1 et deux et demi en dot la fille d',eudamidas1 et les m>ia t\tes deux le mme j\r4 ,aussi1 dans l'amiti vritable1 les deux amis ne s'app>t5ant plus1 ce s5tim5t e/ exclusif et ils ne saurai5t l't5dre une ti]ce p]sonne4--,cet exemple e/ on ne peut mieux appropri2 si une objection peut tre faite1 c'e/ le nombre des amis1 p>ce qu'un s5tim5t1 arriv au degr de p]fection que j'indique1 ne se peut divis]4 ,*acun se donne si entirem5t son ami1 qu'il ne re/e ri5 en lui dont il puisse dispos] p\r d'autres2 au contraire1 il e/ au regret de n'tre pas d\ble1 triple1 quadruple de lui-mme1 de n'avoir pas plusieurs mes et plusieurs volonts1 p\r les mettre p>eillem5t son entire disposition4 ,les amitis ord9aires se peuv5t p>tag]2 on peut aim] *ez celui-ci sa beaut1 *ez cet autre son heureux c>actre2 *ez l'un sa libralit1 *ez un autre la manire dont il s'acquitte de ses devoirs de pre1 *ez celui-l son affection frat]nelle1 etc42 mais cette amiti qui emplit notre me et y rgne en matre1 il e/ impossible qu'elle se subdivise4 ,si n\s avons deux amis1 que t\s deux rclam5t immdiatem5t notre sec\rs1 auquel c\rir8 ,s'ils n\s dem&5t des s]vices allant l'encontre l'un de l'autre1 lequel prim]a l'autre8 ,si l'un n\s recomm&e de g>d] le sil5ce sur quelque *ose qu'il importe l'autre de connatre1 quel p>ti pr5dre8 ,avec un ami unique1 qui occupe dans notre vie une place prpondrante1 v\s tes dli de t\tes autres obligations2 le secret que j'ai jur de ne communiqu] 99 nul autre1 je puis sans p>jure le communiqu] qui n'e/ pas un autre1 qui e/ moi-mme4 ,c'e/ dj un assez gr& miracle de se d\bl] a9si2 ceux qui p>l5t de se tripl]1 n'en connaiss5t pas la gr&eur4 ,ri5 de ce qui a son p>eil1 n'e/ extrme2 celui qui suppose qu'ayant deux amis1 j'aime autant l'un que l'autre1 qu'ils s'aim5t entre eux et m'aim5t autant que je les aime1 ne croit ri5 mo9s qu' la possibilit de multipli]1 p\r en con/itu] des confrries1 cette *ose une et unie dont il e/ dj si r>e de tr\v] des exemples en ce monde4 ,l'hi/oire d',eudamidas confirme bi5 ce que j'en dis3 il emploie ses amis suivant le beso9 qu'il en a1 et en cela il leur octroie une faveur qui tmoigne de ses bonnes grces leur g>d2 il leur lgue gnreusem5t les moy5s de lui faire du bi51 et l'affection qu'il leur tmoigne a9si e/ bi5 plus gr&e encore que celle dont fit preuve ,ar?e4--,en somme1 ce sont l des s5sations incomprh5sibles p\r qui ne les a pas ress5ties et qui font que j'e/ime si =t cette rponse de ce jeune soldat ,cyrus1 lui dem&ant quel prix il v\drait d'un *eval avec lequel il v5ait de gagn] une c\rse et s'il cons5tirait l'*ang] p\r un royaume3 ,assurm5t non1 ,sire6 p\rtant je le laiss]ais volonti]s1 si cela p\vait me procur] l'amiti d'un homme que je reconnatrais digne d'tre mon ami4 ,cette =me dubitative e/ bi5 celle qui convi5t2 c> si on tr\ve aism5t des hommes qui se prt5t facilem5t des relations sup]ficielles1 il n'en e/ pas de mme qu& l'intimit que l'on re*]*e doit tre sans rs]ve et n\s pntr] au plus pr(ond de n\s-mmes2 il faut alors que t\t ce qui s'y ratta*e soit clair et n\s (fre une scurit absolue4 ,dans les autres relations que l'on peut avoir1 peu import5t d'ord9aire le c>actre1 la religion1 les murs des p]sonnes avec lesquelles on e/ en rapport2 il n'en e/ pas de mme en amiti4--,aux associations qui ne se ti5n5t que p> un po9t1 il suffit de p\rvoir ce qui e/ susceptible de compromettre p>ticulirem5t la solidit de ce po9t4 ,que m'importe la religion laquelle app>ti5n5t mon mdec9 et mon avocat8 cela n'a ri5 de commun avec les s]vices que j'att5ds d'eux4 ,j'en use de mme dans mes rapports avec mon p]sonnel dome/ique3 s'agit-il d'un laquais1 je ne m'enqui]s pas de sa *a/et1 je m'in=me surt\t s'il e/ dilig5t2 s'il me faut un muleti]1 je ne r$\te pas tant de tomb] sur un j\eur que sur un imbcile2 que mon cuis9i] jure1 peu m'importe1 p\rvu qu'il sa*e son mti]4 ,du re/e1 je ne me mle pas d'enseign] au monde ce qu'il faut faire1 assez d'autres s'en *>g5t2 j'expose simplem5t ce que je fais3 ,c'e/ a9si que j'en use2 quant v\s1 faites comme v\s l'ent5drez 7,tr5ce74 ,a table1 p\r m'gay]1 je convie plus volonti]s quelqu'un qui fait et dit des plaisant]ies1 que quelqu'un qui se di/+ue p> son disc]nem5t2 au lit1 je re*]*e la beaut plus que la bont2 *ez ceux avec lesquels je cause de *oses srieuses1 je prfre qu'ils possd5t leur sujet1 lors mme que la noblesse de s5tim5ts f]ait dfaut1 et a9si du re/e4 ,a l'exemple de celui qui1 r5contr calif\r*on sur un bton j\ant avec ses enfants1 priait l'homme1 qui l'avait a9si surpris de n'en ri5 dire avant que lui-mme ft pre1 dans la p5se que les s5tim5ts que cette qualit f]ait natre en lui le r5drai5t plus apte apprci] comme il conv5ait semblable enfantillage1 je v\drais ne m'adress] ici qu' des g5s ayant ce dont je p>le2 mais n'ignorant pas qu'une telle amiti e/ bi5 lo9 d'tre d'usage commun1 sa*ant combi5 elle e/ r>e1 je ne m'att5ds pas r5contr] quelqu'un qui soit bon juge4 ,les ouvrages que l'antiquit elle-mme n\s a laisss sur ce sujet1 me sembl5t bi5 ples1 comp>s au s5tim5t que j'en pr\ve et dont les effets outrepass5t mme les prceptes des philosophes3 ,tant que j'aurai ma raison1 je ne tr\v]ai ri5 de comp>able un t5dre ami 7,horace74 ,regrets pr(onds qu'a laisss ,montaigne jusqu' la f9 de ses j\rs la p]te de son ami4--,dans les temps anci5s1 ,mn&re disait que celui-l p\vait s'e/im] heureux1 auquel avait seulem5t t donn de r5contr] l'ombre d'un ami2 et il tait dans le vrai1 mme s'il avait gt ce bonheur4 ,si1 en effet1 je comp>e le re/e de ma vie qui1 grce ,dieu1 m'a t d\ce1 facile1 exempte d'afflictions trop pnibles si j'en excepte la p]te de mon ami1 ple9e de tranquillit d'esprit1 m'tant cont5t des avantages que je devais la nature et ma naissance sans en re*]*] d'autres2 si je comp>e1 dis-je1 ma vie entire aux quatre annes durant lesquelles il m'a t donn de j\ir de la compagnie si d\ce de ,la ,botie et de sa socit1 elle n'e/ que fume2 c'e/ une nuit obscure et ennuyeuse4 ,depuis le j\r o je l'ai p]du1 ,j\r malheureux1 mais que j'honor]ai t\j\rs1 puisque telle a t la volont des dieux 7,virgile71 je ne fais que me tran] languissant2 les plaisirs mmes qui s'(fr5t moi1 au lieu de me consol]1 r$\bl5t le regret que j'ai de sa p]te1 c> n\s tions de moiti en t\t1 et il semble auj\rd'hui que je lui drobe sa "p3 ,aussi1 ai-je dcid de ne plus p>ticip] aucun plaisir1 ma9t5ant que je n'ai plus celui avec lequel je p>tageais t\t 7,tr5ce74 ,j'tais dj si fait1 si acc\tum n\s tr\v] deux p>t\t1 qu'il me semble n'tre plus qu' demi3 ,puisqu'une mort prmature m'a ravi cette meilleure p>tie de mon me1 qu'ai-je faire de l'autre8 ,un mme j\r a caus notre p]te commune 7,horace74 ,je ne fais ri51 je n'ai pas une seule p5se1 que je ne tr\ve qu'il m'y fait dfaut1 comme c]ta9em5t il et1 en p>eil cas1 tr\v lui-mme que je lui eusse manqu2 c>1 s'il me surpassait l'inf9i en mrites de t\s g5res et en v]tu1 il me di/anait de mme1 qu& il tait "q des devoirs de l'amiti3 ,p\rquoi avoir honte8 ,p\rquoi cess] de pleur] une tte si *re 7,horace78--,o mon frre1 que je suis malheureux de t'avoir p]du6 ,avec toi1 ont pri d'un c\p t\tes nos joies et ce *>me que ta d\ce amiti rp&ait sur ma vie4 ,en m\rant1 frre1 tu z bris t\t mon bonheur2 mon me e/ desc5due au tombeau avec la ti5ne4 ,depuis que tu n'es plus1 j'ai dit adieu l'tude et t\tes les *oses de l'intellig5ce 7,catulle74--,ne p\rrai-je donc plus ni te p>l]1 ni t'ent5dre8 ,jamais je ne te v]rai donc plus1 frre1 qui m'tais plus *] que la vie6 ,ah6 du mo9s je t'aim]ai t\j\rs 7,catulle76 ,mais c\tons p>l] ce g>on de seize ans4 ,p\rquoi ,montaigne sub/itue au ,disc\rs sur la s]vitude volontaire de ,la ,botie qu'il avait desse9 de transcrire ici1 la pice de v]s du mme auteur qu'il donne dans le *apitre suivant4--,j'avais projet de plac] ici son ,disc\rs sur la s]vitude volontaire2 mais depuis1 cet crit a dj vu le j\r4 ,ceux qui l'ont publi1 g5s qui *]*5t tr\bl] notre tat politique actuel et le modifi] sans se dem&] s'ils l'amlior]ont1 l'ont fait dans une mauvaise int5tion1 l'int]calant p>mi d'autres manant d'eux et conu dans un mauvais esprit2 cela m'a am5 rev5ir sur mon int5tion premire4 ,ne v\lant pas t\tefois laiss] pes] sur la mmoire de l'auteur une f*euse apprciation de la "p de ceux qui n'ont pu jug] de prs ses op9ions et ses actes1 je les av]tis que ce disc\rs1 qui a t compos p> lui dans son enfance et simplem5t titre d'ex]cice1 porte sur un sujet frquemm5t trait et que l'on retr\ve rpt en mille endroits dans les livres4 ,je ne mets pas en d\te que ,la ,botie p5sait ce qu'il crivait1 c> il tait trop consci5cieux p\r m5tir1 mme en se j\ant2 et je sais p]t9emm5t qu'il et prfr1 ce que je compr5ds1 tre n ,v5ise qu' ,s>lat2 mais obir et se s\mettre trs scrupuleusem5t aux lois s\s lesquelles il vivait1 tait un autre pr9cipe qui1 *ez lui1 primait t\t4 ,il n'y eut jamais meilleur citoy52 p]sonne n'a t plus dsireux de la tranquillit de son pays1 ni plus ennemi des tr\bles et des ides n\velles qui se produisir5t en son temps2 il se ft bi5 plutt appliqu de t\t son p\voir les te9dre1 qu' f\rnir des alim5ts leur ext5sion2 son esprit tait taill sur le modle de sicles autres que le ntre4--,en place de cet ouvrage srieux1 je vais en donn] un autre de t\t autre c>actre1 plus libre et plus enj\1 que l'on tr\v]a dans le *apitre suivant2 il a t fait la mme poque de sa vie4 ,,*apitre ,,xxviii4 ,v+t-neuf sonnets d'ti5ne de ,la ,botie4 ,a ,madame de ,grammont1 comtesse de ,gui*e4 ,madame1 dans ce que je v\s (fre ici1 ri5 n'e/ de moi2 p>ce que t\t ce qui e/ de moi e/ dj vtre2 ou s'il ne l'e/ pas1 n'e/ pas digne de v\s2 mais j'ai t5u ce que votre nom figure en tte de ces v]s1 p\r qu'en quelque lieu qu'ils soi5t lus1 ils ai5t l'honneur de l'tre s\s le patronage de la gr&e ,coris&e d',&o9s4 ,cet hommage v\s e/ d1 p>ce qu'il e/ en ,france peu de dames qui soi5t meilleurs juges de la posie et sa*5t en us] mieux que v\s1 et p>ce qu'il n'en e/ pas qui soi5t plus capables de lui communiqu] cette vivacit1 cette animation qu'elle doit la beaut et la ri*esse de s5tim5ts et d'expressions dont1 entre mille et mille autres qualits1 la nature v\s a dote4--,ces v]s1 ,madame1 mrit5t que v\s leur fassiez bon accueil1 c> v\s reconnatrez1 avec moi1 qu'il n'en e/ pas clos en ,gascogne qui se di/+u5t p> plus d'imag9ation et de grce et tmoign5t une plus gr&e fcondit d'esprit4 ,surt\t1 ne soyez pas jal\se de ce que1 depuis longtemps dj1 c]ta9es autres pices de v]s du mme auteur ont t publies1 ddies votre bon p>5t ,m4 de ,foix4 ,ceux-ci ont je ne sais quoi de plus vif1 de plus *aleureux1 qui ti5t ce que l'auteur les a faits aux plus beaux j\rs de sa jeunesse1 s\s l'influ5ce d'une belle et noble ardeur dont un j\r1 ,madame1 je v\s confi]ai le secret4 ,les autres sont po/rieurs2 il songeait alors au m>iage2 ils sont en l'honneur de sa femme et se ress5t5t dj quelque peu de la froideur si commune entre p\x2 et je suis de ceux qui e/im5t que c'e/1 qu& elle a trait des sujets foltres et tant soit peu en dehors des rgles ord9aires de la vie1 que la posie a t\t son *>me4 ,,sonnets ,i ,p>don1 am\r6 ,p>don6 ,je te v\e1 ,seigneur1 le re/e de mes ans1 ma voix1 mes crits1 mes sanglots1 mes s\pirs1 mes l>mes et mes cris2 je ne veux ri5 de p]sonne et t\t t5ir de toi4 ,hlas6 comme de moi la =tune se j\e6 ,il n'y a pas longtemps1 ,am\r1 je me riais de toi2 j'ai eu tort1 je le vois2 je me r5ds1 je suis pris1 j'ai trop df5du mon cur et en suis aux regrets4 ,si1 p\r le g>d]1 j'ai ret>d ta victoire1 ne l'en maltraite pas2 ta gloire en e/ plus gr&e que si1 du premi] c\p1 tu m'avais abattu4 ,p5se qu'un va9queur gnreux1 n p\r tre gr&1 une fois l'ennemi va9cu1 ds qu'il se r5d1 le doit e/im] et l'aim] d'autant mieux qu'il a plus combattu4 ,,ii ,c'e/ ,am\r1 ,am\r1 c'e/ lui seul1 je le s5s6 mais l'am\r le plus vif1 le plus viol5t poison que jamais pauvre cur ait reu en son se94 ,ce n'e/ pas seulem5t un de ses traits puissants que le cruel m'a lanc2 arc1 fl*es1 c>quois et lui-mme ont pntr en moi4 ,il n'y a pas encore un mois que mon indp5dance e/ morte1 que dans mes ve9es ce v59 circule et dj j'ai p]du mon esprit et mon cur4 ,si tu vas croissant sans cesse1 ,am\r1 quel imm5se t\rm5t en moi va se produire6 ,nanmo9s1 cros si tu le peux encore2 mais en croissant1 ad\cis tes rigueurs4 ,tu te n\rris de pleurs2 des pleurs1 je t'en promets2 et p\r te rafra*ir1 des s\pirs jamais2 mais qu'au mo9s les s\ffrances que p> toi j'endure1 n'excd5t pas le mal si gr& qu'en naissant tu me fis4 ,,iii ,c'en e/ fait1 mon cur2 la lib]t il n\s faut r5onc]2 quoi s]virait dsormais de prolong] la df5se1 si ce n'e/ accrotre et la pe9e et l'(f5se2 j'ai cess d'tre =t comme je l'ai t4 ,p5dant un temps1 de mon ct fut la raison1 et la voil en rvolte2 elle veut que je me livre et que1 p\r rcomp5se1 j'accepte ce j\g que p]sonne encore n'a subi4 ,s'il faut se r5dre1 le mom5t e/ v5u1 alors qu'avec soi la raison n'e/ plus4 ,je vois qu',am\r1 sans que je l'aie dess]vi1 sans droit1 se vi5t saisir de moi2 je vois encore qu' ce gr& roi1 mme qu& il a tort1 il faut que cde la raison4 ,,iv ,les *aleurs tai5t passes1 on tait en l'automne aux tons gris2 des rais9s aux grappes succul5tes f\ls dans les cuves1 le jus allait c\lant1 qu& mes d\leurs ont comm5c2 auj\rd'hui1 le paysan bat ses g]bes amasses1 r\le dans ses caveaux ses muids b\illonnants1 des produits de la saison emplit ses fruiti]s et p\r lors se v5ge de ses pe9es passes4 ,s]ait-ce l un prsage que mon espoir e/ dj moissonn8 ,non c]tes1 non4 ,et si je m'ent5ds dev9]1 si l'av5ir se peut prono/iqu]1 je ti5s p\r c]ta9 de recueillir quelque gr& fruit de ma longue esprance4 ,v ,j'ai vu ses yeux brillants1 j'ai vu son clair visage2 mais nul1 sans dommage1 n'a jamais contempl les dieux2 et son il victorieux m'a glac1 mon cur s'e/ arrt1 in/antanm5t de sa vive lumire j'ai t t\rdi4 ,semblable qui la nuit1 aux *amps1 e/ p> un orage surpris2 tonn si la f\dre le frle avec fracas et vi5t l'bl\ir1 il plit1 tremble1 et dans son effroi lui app>at ,jupit] en c\rr\x4 ,o ma ,dame1 dis-moi1 dis-moi3 n'e/-il pas vrai que tes yeux d'm]aude sont de ceux o1 dit-on1 ,am\r se ti5t ca*2 ces yeux1 tu les avais la fois o je t'ai vue4 ,du mo9s il me s\vi5t qu'il m'app>ut a9si qu&1 t\t c\p1 le premi] je te vis et qu',am\r1 me dco*ant sa fl*e1 se rvla moi4 ,,vi ,combi5 dis5t de moi3 ,p\rquoi se pla9t-il tant de p]dre ses meilleurs ans en *ose si lgre8 ,qu'a-t-il tant cri]1 si encore il espre2 et s'il n'espre ri51 qu'a-t-il n'tre pas cont5t8 ,qu& j'tais libre et sa91 j'en disais t\t autant2 mais c]tes1 celui-l n'a pas t\te sa raison et son cur e/ gt p> quelque rigueur svre1 qui se pla9t de ma pla9te et mon mal ne compr5d4 ,am\r1 l'improvi/e1 de c5t d\leurs m'accable1 et on v\drait que je ne crie pas6 ,je ne suis pas si f\1 qu' =ce de p>l] mon mal j'agr&isse4 ,si on le peut1 qu'on m'en exempte1 et ds lors je cesse mes sonnets et cesse de *ant]4 ,qu'il me gurisse1 celui qui m'int]dit le deuil6 ,,vii ,si *ant] tes l\anges p>fois je me risque1 je n'ose dans mes v]s ton gr& nom exprim]2 sondant le mo9s pr(ond de cette va/e m]1 je tremble de m'y p]dre et aux rives m'assure4 ,en te l\ant mal1 je cra9s de te faire injure t&is que1 d'autre "p1 la f\le qu'intrigu5t ces loges rpts1 brlant de te connatre1 essaie de dev9] et va l'av5ture s'enqurant de ton nom vnr2 mais bl\i1 si visible qu'il soit il ne le voit pas4 ,ce public grossi] ne te dc\vre pas2 il en a le moy5 cep5dant1 mais ne s'en avise pas3 que ne comp>e-t-il du monde t\tes les p]fections1 et1 entre t\tes1 que ne di/+ue-t-il la plus p>faite2 si alors il peut encore p>l]1 qu'il crie h>dim5t3 ,la voil6 ,,viii ,qu& vi5dra-t-il ce j\r o1 p> mes v]s1 la ,france s'emplira de ton nom8 ,combi5 mon cur le s\haite1 combi5 mes doigts brl5t de le trac]6 de lui-mme s\v5t1 il pr5d place4 ,malgr moi je l'cris1 malgr moi je l'efface4 ,que la ju/ice1 la foi1 le droit revi5n5t en ce monde1 p>t\t il rayonn]a2 mais en ce temps prs5t1 il n\s le faut ca*]1 quelle honte en ces mauvais j\rs6 ,jusque-l1 ma ,dame1 tu s]as ma ,dordogne4 ,mais1 de cette poque1 aie piti et laisse-moi1 laisse-moi le lui rvl]2 si un j\r je l'cris1 si notre temps le connat1 si jamais cela e/1 p> moi1 je le promets1 en lettres d'or il le v]ra grav4 ,,ix ,que p>mi tes div]ses beauts1 ta con/ance e/ belle6 ,ton cur intrpide1 ton c\rage con/ant sont d'entre tes v]tus ce qu'on prise le plus2 mais aussi qu'e/-il de plus beau qu'une amiti fidle6 ,n'imite pas la ,vezre ta sur1 sur infidle1 qui1 dans son c\rs incon/ant1 mal cont5ue dans ses rives flottantes1 va vagabondant2 aussi1 vois comme les v5ts1 leur gr1 vont se j\ant d'elle6 ,ne te rep5s pas d'avoir1 p> droit d'anesse1 *oisi la con/ance en p>tage4 ,ces deux bons frres jumeaux qui1 dans leur amiti que ri5 ne surpasse1 s'attribur5t l'un l'autre "p gale du ciel et des enf]s1 et la trop belle ,hlne aux murs dissolues1 n'tai5t-ils pas t\s trois de mme race de rois4 ,x ,je te vois1 ma ,dordogne2 tu c\les encore mode/e2 de te montr] gasconne en ,france tu z honte4 ,du ruisseau de ,sorgues1 jadis aussi peu connu que toi1 on fait ma9t5ant gr& bruit4 ,vois le petit ,loir1 comme il hte le pas2 p>mi les plus gr&s dj il figure2 il m>*e hauta91 acclrant son c\rs2 ne prt5d-il pas rivalis] avec le ,m9cio et ne pas lui tre infrieur6 ,un seul olivi]1 transport de l',arno sur les bords de la ,loire1 la r5d plus sup]be et lui donne sa gloire4 ,laisse1 laisse-moi faire1 et un j\r1 ma ,dordogne1 si je suis bon dev91 on te connatra mieux2 la ,g>onne et le ,rhne et ces autres gr&s dieux en auront quelque envie1 peut-tre en s]ont-ils confus4 ,,xi ,lecteur1 qui ent5ds mes s\pirs1 ne me pas sois rig\reux1 si t\tes mes l>mes1 je les rp&s "p2 si1 dans sa d\leur diffr5te de la si5ne1 mon cur ne reproduit pas du ,flor5t9 tremblant les regrets lang\reux2 si1 pas davantage1 il n'imite ,catulle1 ce foltre am\reux qui1 t\t en c>essant le cur de sa dame1 va le lui d*irant2 ni le savant am\r de ,prop]ce1 ce demi-grec1 demi-lat92 c'e/ qu'eux n'aim5t pas ma faon1 pas plus que moi la leur4 ,qui peut1 d'aprs autrui1 mesur] ses d\leurs8 ,qui peut calqu] ses pla9tes sur les si5nes8 ,*acun s5t son t\rm5t et sait ce qu'il endure4 ,*acun p>le d',am\r comme il le ress5t4 ,je dis ce que mon cur et mon mal me dict5t4 ,qu'il aime peu1 celui qui aime dans des limites6 ,,xii ,quoi6 qu'e/-ce6 v5ts1 nues1 orages8 ,a po9t nomm1 qu& d'elle je m'appro*e1 fran*issant bois1 monts et valles1 sur moi1 de p>ti pris1 v\s fondez avec rage6 ,mon cur ne s'en embrase que davantage4 ,allez1 allez1 intimidez le m>*& qui1 p> les m]s1 va *]*ant des trsors2 ce n'e/ pas a9si que s'abat mon c\rage4 ,qu& j'ent5ds les v5ts1 leurs temptes et leurs cris1 de leur fureur1 en mon cur1 je me ris2 p5s5t-ils p\r si peu m'oblig] me r5dre6 ,que le ciel fasse pire1 que l'air fasse de mme1 s'il faut m\rir1 je veux1 je le dcl>e1 comme ,l&re je veux m\rir4 ,,xiii ,v\s qui ne savez encore aim]1 ma9t5ant ou jamais1 en m'ent5dant p>l] de ,l&re1 v\s le devez appr5dre1 mo9s que dans le cur ri5 de bon v\s n'ayez4 ,m p> l'am\r1 n'osa-t-il pas1 =ce de bras1 lutt] contre la m] qui dj1 p\r se v5g] de ce que frre et m\ton lui avai5t *app1 avait sur la fille jet son dvolu4 ,un soir1 va9cu p> les flots rig\reux1 s'en voyant dj le j\et1 ce vaillant am\reux leur adressa ces mots3 p>gnez-moi ma9t5ant que v]s elle je vais1 et g>dez-moi la mort p\r qu& je revi5drai4 ,,xiv ,o cur lg]1 c\rage inc]ta91 p5ses-tu que je puisse te s\ffrir plus longtemps8 ,o bont sans effet1 malice dguise1 beaut tratresse1 v5imeuse d\ceur6 ,tu es donc t\j\rs la sur de ta sur8 ,et moi1 simple que je suis1 il a fallu que sur moi-mme j'en fisse l'preuve1 p\r en arriv] ent5dre ta p>ole ambigu et tes *ants de *asseur en qute de victimes4 ,tant que ton am\r m'a captiv1 j'aurais va9cu les vagues de la m]2 de quoi ma9t5ant suis-je capable8 ,quelle satisfaction ai-je de toi8 ,qui enseign]a la con/ance ton cur1 alors que le mi5 n'a pu la lui appr5dre6 ,,xv ,ce n'e/ pas moi que l'on abuse a9si2 ces ruses1 on les emploie avec quelque enfant1 dont le gt n'e/ pas encore veill1 qui ne compr5d pas ce qu'il ent5d2 mais moi je sais aim]2 je sais har aussi4 ,cont5te-toi de m'avoir jusqu'ici clos les yeux2 il e/ temps que j'y voie4 ,las et honteux je s]ai dsormais d'avoir si mal plac mon temps et mes s\cis2 et toi1 m'ayant a9si trait1 os]as-tu jamais me p>l] de con/ance8 ,tu pr5ds plaisir ma d\leur extrme1 tu me df5ds de s5tir mon t\rm5t et cep5dant tu veux bi5 que je meure en t'aimant2 mais si je ne s5s1 comm5t veux-tu que j'aime8 ,,xvi ,oh6 l'ai-je dit8 ,e/-ce un songe1 ou ai-je vraim5t pr(r un tel blasphme8 ,ma langue a-t-elle1 ce po9t1 trahi la vrit8 ,il faut que son honneur1 de moi1 p> moi1 sur moi1 soit v5g4 ,mon cur *ez toi e/ log1 ma dame2 l o il e/1 inflige-lui quelque torture n\velle2 fais-lui s\ffrir quelque pe9e cruelle2 fais1 fais-lui t\t1 sauf lui donn] cong4 ,je le sais1 tu s]as trop huma9e2 tu ne p\rras longtemps demeur] tmo9 de ma pe9e2 mais un tel =fait se peut-il p>donn]8 ,a t\t le mo9s1 hautem5t de mes sonnets je me veux ddire et me dm5tirai2 p\r ces deux /rophes si enta*es de fausset1 je t'en v\e c9q c5ts autres et celles-l diront vrai4 ,,xvii ,si ma raison s'e/ pu remettre2 si1 cette heure1 je puis me rassaisir3 si j'ai du s5s1 si je r$evi5s homme1 c'e/ toi que je le dois1 bi5heureuse lettre2 et je t'en rem]cie6 ,qui m'et1 hlas6 qui m'et su reconnatre1 qu& en proie la rage1 va9cu p> mes ennuis1 de mes blasphmes1 je p\rsuivais ma dame4 ,mais lorsque de lo9 je te vis p>atre1 petit papi] me v5ant d'elle et qui m'es si *]1 honteux1 je rev9s moi et dvotem5t allai toi4 ,p\r consacr] ce fait j'lv]ai un autel o s]ont exposs ces traits tracs p> cette ma9 div9e2 mais de les voir aucun homme n'e/ digne1 et moi non plus que t\s si1 cet honneur1 p> toi-mme je n'eusse t convi4 ,,xviii ,j'tais sur le po9t d'enc\rir p\r jamais quelque blme2 de colre *auff1 mon c\rage brlait2 ma voix1 dev5ue folle1 rpondait au gr de ma fureur2 j'invectivais les dieux et ma dame avec eux4 ,et voil que1 de lo91 elle jette un billet dans ma flamme et s\da9 je s5s comme il me rcon=te2 si bi5 qu'aussitt1 devant lui tombe ma fureur1 tombe ma fureur1 il l'emporte1 et mon me1 p> lui1 r$evi5t elle-mme4 ,v\s qui de moi ent5dez ces m]veilles1 que dites-v\s d'elle6 ,jugez1 je v\s prie1 si1 comme je le fais1 je la dois ador]6 ,quels miracles p5sez-v\s que puiss5t faire en moi son il t\t-puissant1 les traits de son visage1 alors qu'en fir5t tant les traces de ses doigts4 ,,xix ,je tremblais devant elle1 et1 transi1 consci5t de la gravit de mon (f5se1 en punition de mon =fait j'att5dais une ju/e s5t5ce1 lorsqu'elle me dit3 ,va1 je te pr5ds m]ci2 que dsormais p>t\t ma gloire soit proclame1 emploies-y tes annes2 ne p5se plus ma9t5ant qu' enri*ir1 en mon nom1 notre ,france1 de tes v]s2 c\vres-en ta faute et paie-moi de la sorte4--,sus donc1 ma plume6 ,p\r j\ir de ma pe9e1 il faut1 en son honneur1 n\s prodigu] davantage encore2 mais1 les yeux fixs sur elle1 veille que son reg>d ne n\s quitte pas4 ,sans lui1 mon me se m\rait de langueur2 seul il me donne et le cur et l'esprit2 p\r que vis--vis d'elle je puisse m'acquitt]1 il faut qu'elle m'inspire4 ,,xx ,o v\s1 maudits sonnets1 v\s qui etes l'audace de t\*] ma dame2 mal9s et p]v]s1 r5is des ,muses1 v\s tes la honte de mes v]s6 ,si je v\s fais jamais ce tort1 s'il me le faut faire moi-mme1 de confess] que v\s v5ez de moi1 sa*ez-le3 ,v\s n'tes pas sortis des s\rces d',apollon aux *eveux d'or1 des ,muses aux yeux v]ts2 votre naissance1 ,tisiphone prsidait leur place4 ,si jamais j'ai quelque p>celle de r5omme1 je veux que l'un et l'autre en soyez d%rits2 et si1 ds ma9t5ant1 je ne v\s livre aux feux v5geurs1 c'e/ p\r v\s diffam]4 ,vivez dans le malheur1 vivez aux yeux de t\s1 de t\t honneur privs2 c'e/ p\r v\s punir1 que je v\s p>donne4 ,,xxi ,n'ayez plus1 mes amis1 n'ayez plus ce dsir que je cesse d'aim]4 ,laissez-moi1 ob/9 que je suis1 vivre et m\rir tel1 puisque a9si il en e/ ordonn2 mon am\r1 c'e/ le fil qui m'atta*e la vie4 ,c'e/ ce que me dit la fe1 comme jadis en agrie elle fit p\r ,mlagre l'am\r de/93 en allumant la s\*e l'heure o il naquit3 ,toi et ce feu1 dit-elle1 allez de compagnie4 ,et la de/9e s'accomplit comme elle l'avait fix3 la s\*e1 ce qu'on dit1 p> le feu se tr\vant consume1 ce mme mom5t1 prodigieux miracle1 on vit subitem5t du malheureux amant la vie et le tison s'en all] en fume4 ,,xxii ,qu&1 tonn1 je contemple tes yeux conqurants1 j'y vois t\t mon espoir crit2 j'y vois ,am\r lui-mme qui me s\rit et1 c>essant1 m'y montre le bonheur qu'il me ti5t en rs]ve4 ,mais1 qu& te p>l] je me has>de1 ce qui n'a lieu que lorsque mon espoir dess* se t>it1 tu n'z g>de1 cruelle1 de jamais1 p> un mot1 confirm] ton reg>d qui seul me s\ti5t4 ,si tes yeux sont p\r moi1 vois donc ce que je dis2 c'e/ eux1 eux seuls que je me suis r5du4 ,mon ,dieu6 quelle discorde en toi1 si ta b\*e et tes yeux se veul5t dm5tir6 ,mieux vaut1 mon d\x t\rm5t1 mieux vaut les dp>tir1 et que je pr5ne au mot la promesse de tes yeux4 ,,xxiii ,ce sont ces yeux p]ants qui font t\t mon c\rage2 en eux se reflt5t et la lib]t ptillante de gat et mon petit ar*] qui mne ses cts la belle gaill>dise et le plaisir volage4 ,mais aprs1 la rigueur de ton tri/e langage me montre en ton cur la fire honntet2 et y voyant aussi gravem5t assises la dure *a/et et la v]tu sauvage1 je me s5s condamn4 ,de la sorte mon temps passe p> ces transes div]ses3 l1 ton il m'appelle2 ici1 ta b\*e me rep\sse2 hlas1 ballott de la sorte1 combi5 ai-je s\ff]t6 ,p5sant d'am\r avoir quelque assurance1 sans cesse nuit et j\r la s]vir je songe2 de mon malheur je ne p>vi5s pas encore tre p]suad4 ,,xxiv ,et cep5dant je me dis bi53 ,mon esprance e/ morte1 c'en e/ fait de mon bonheur1 de ma joie4 ,mon mal e/ vid5t1 je vois bi5 ma9t5ant que j'ai p\s la d\leur que je porte4 ,t\t m'accable1 ri5 ne me rcon=te2 t\t m'ab&onne et d'elle je n'ai ri51 s9on t\j\rs quelque enc\ragem5t n\veau qui r5d ma pe9e et ma d\leur plus =tes4 ,ce que j'att5ds1 c'e/ d'obt5ir un j\r quelques s\pirs des g5s de l'av5ir4 ,pris de piti1 quelqu'un dira de moi3 ,sa dame et lui naquir5t de/9s m\rir t\s deux aussi ob/9s1 l'une en sa rigueur1 l'autre en son amiti4 ,,xxv ,ma langueur m'a fait bi5 misrable1 depuis que j'ai vu contre l'cueil de sa fire rigueur mon esprance se bris]1 avant que mes yeux ne soi5t clos2 et p\rtant je suis encore en vie6 ,que m'ont s]vi de si longues annes d'att5te8 ,de ma s\ffrance elle n'e/ pas ass\vie1 elle en rit2 et t5ir mon mal sans cesse en veil1 e/ son seul dsir4 ,p\rquoi1 malheureux en am\r1 ai-je t\j\rs un cur qui t\j\rs r5\velle mon t\rm5t8 ,je suis hors d'hale9e1 je le s5s1 et prt laiss] la vie s\s le poids qui m'accable4 ,qu'y faire8 s9on ce que je fais3 le mal s'e/ abattu sur moi1 je m'ob/9e en la d\leur qu'il me cause4 ,,xxvi ,puisque telles sont mes dures de/9es1 autant que je le puis1 je veux de plus en plus m'enivr] de mon in=tune4 ,si je s\ffre1 c'e/ qu'elle le veut bi52 les pe9es qu'elle m'ordonne1 je les accomplirai4 ,nymphes des bois qui1 tonnes de ma d\leur1 en avez1 je crois1 quelque piti1 qu'en p5sez-v\s8 ,si mes maux il n'e/ fait trve1 puis-je dur] a9si8 ,si quelqu'une de v\s p\r ,dieu condesc5d m'ent5dre1 qu'elle appr5ne ce que ma9t5ant j'entrevois3 ,le j\r e/ pro*e o1 dj puises1 mes =ces ne p\rront plus support] mon t\rm5t2 et c'e/ l mon espoir3 m\rant en aimant1 peut-tre *app]ai-je alors mes pe9es4 ,,xxvii ,p>fois1 las de me dsespr]1 ,am\r de quelque bi5 rafra*it mon mal1 flatte en mon cur demi-mort sa plaie languissante1 n\rrit ma s\ffrance et lui fait repr5dre hale9e2 alors je conois quelque va9e esprance4 ,mais1 si tt que ce dur tyran s5t mon espoir repr5dre avec plus de =ce encore1 p\r l't\ff]1 de c5t t\rm5ts il m'accable4 ,en ce mom5t mme1 je le vois me blmant d'tre ma d\leur rebelle3 ,vive1 dieux1 le mal qui me dvore6 vive son gr mon t\rm5t rig\reux6 heureux1 mille fois heureux celui qui1 sans rel*e1 e/ t\j\rs malheureux4 ,,xxviii ,si contre ,am\r je n'ai d'autre df5se1 j'exhal]ai ma pla9te1 mes v]s le maudiront2 et1 aprs moi1 les ro*]s r$iront le tort qu'il fit ma si pnible con/ance4 ,puisque de lui j'endure cette (f5se1 mes v]s au mo9s la rappell]ont2 et1 qu& ils me liront1 nos arrire-neveux l'en maudiront2 ce s]a ma v5geance4 ,ayant p]du t\te aise1 ce s]a peu que de p]dre la voix4 ,qui saura l'am]tume de mes tri/es s\cis et qui m'a fait cette plaie1 si dur que soit son cur1 de moi aura piti et p\r lui s]a sans m]ci4 ,,xxix ,o dame de mes p5ses1 qu& brilla le j\r bni o la nature te produisit1 elle t'ab&onna la clef des imm5ses trsors qu'elle ti5t en rs]ve1 tu y pris la grce qui seule t'tait octoye1 pillant les beauts sans nombre qu'elle a en sa possession1 tu te les appropriais au po9t que1 si fire qu'elle soit de son uvre1 elle-mme p>fois en e/ tonne4 ,qu& ta satisfaction tu fus a9si p>e1 p\r complt] son uvre1 elle t'(frit encore cette t]re o n\s sommes2 tu n'en pris ri51 mais en toi-mme tu en s\ris1 te s5tant bi5 suffisamm5t p\rvue p\r y tre re9e de t\s nos curs4 ,,*apitre ,,xxix4 ,de la modration4 ,il faut de la modration1 mme dans l'ex]cice de la v]tu4--,comme si n\s avions le t\*] infectieux1 il n\s arrive de corrompre1 en les maniant1 des *oses qui p> elles-mmes sont belles et bonnes4 ,la v]tu peut dev5ir vice1 si n\s y apportons un dsir p> trop pre et p> trop viol5t4 ,ceux-l j\5t sur les mots1 qui dis5t qu'il n'y a jamais excs dans la v]tu1 p>ce qu'il n'y a plus v]tu l o il y a excs3 ,le sage n'e/ plus sage1 le ju/e n'e/ plus ju/e1 si son am\r p\r la v]tu va trop lo9 7,horace74--,c'e/ l une subtilit de la philosophie2 on peut avoir un am\r immodr p\r la v]tu et tre excessif dans une cause ju/e2 l'aptre prconise cet g>d un ju/e milieu3 ,ne soyez pas plus sage qu'il ne faut1 mais apportez de la sobrit dans la sagesse 7,s4 ,paul74 ,j'ai vu un gr& de ce monde port] atte9te la religion1 en se livrant des pratiques religieuses outrepassant ce qui convi5t un homme de son rang4 ,j'aime les natures tempres et se t5ant dans un moy5 t]me2 dpass] la mesure1 mme dans le bi51 s'il ne me blesse1 m'tonne1 et je ne sais quel nom lui donn]4 ,je tr\ve plus trange que ju/e la conduite de la mre de ,pausanias qui1 la premire1 le dnona et apporta la premire pi]re p\r sa mise mort4 ,je n'appr\ve pas davantage le dictateur ,po/humius faisant m\rir son fils qui1 dans l'ardeur de la jeunesse1 sortant des rangs1 avait p\ss l'ennemi et s'en tait tir son honneur2 je ne suis port ni conseill]1 ni suivre une v]tu si sauvage et qui cote si *]4 ,l'ar*] qui dpasse le b1 manque son c\p1 t\t comme celui qui n'y arrive pas2 ma vue se tr\ble et je n'y vois pas davantage lorsque1 t\t d'un c\p1 je suis en ple9e lumire ou que je tombe dans l'obscurit4 ,la philosophie aussi1 p\sse l'extrme1 comme t\tes autres *oses1 e/ prjudiciable4--,platon fait dire ,callicls que la philosophie p\sse l'extrme e/ prjudiciable1 et il conseille de ne pas s'y adonn] au del de ce qu'elle e/ pr(itable4 ,pratique avec modration1 elle e/ agrable et commode2 mais si on en outrepasse les limites1 elle f9it p> r5dre l'homme sauvage et vicieux1 ddaigneux de la religion et des lois qui n\s rgiss5t1 ennemi de la bonne socit1 des volupts p]mises1 incapable de t\te fonction publique1 de sec\rir autrui1 de se sec\rir soi-mme1 dans le cas d'tre s\fflet p> n'importe qui4 ,callicls dit vrai2 porte l'excs1 la philosophie ass]vit notre fran*ise naturelle et1 p> une subtilit hors de propos1 n\s fait dvoy] de cette belle voie plane que la nature n\s trace4 ,dans t\s les plaisirs p]mis1 entre autres dans ceux du m>iage1 la modration e/ ncessaire4--,l'amiti que n\s portons nos femmes e/ trs lgitime2 la ?ologie ne laisse p\rtant pas de la cont5ir et de la re/re9dre4 ,il me semble avoir lu autrefois dans sa9t ,?omas un passage o1 entre autres raisons de prohibition du m>iage entre p>5ts des degrs rappro*s1 il donne celle-ci3 qu'il y aurait cra9dre que l'amiti porte une femme dans ces conditions soit immodre2 p>ce que si l'affection entre m>i et femme exi/e entre eux ple9e et entire1 a9si que cela doit tre1 et qu'on y aj\te encore celle rsultant de la p>5t1 il n'y a pas de d\te que ce surcrot n'entrane le m>i au del des bornes de la raison4 ,les sci5ces qui rgiss5t les murs1 telles que la ?ologie et la philosophie1 se ml5t de t\t2 il n'e/ pas un acte priv et secret dont elles ne connaiss5t et qui *appe leur juridiction4 ,bi5 mal aviss sont ceux qui c5sur5t cette +r5ce de leur "p2 en cela1 ils ressembl5t aux femmes1 disposes se prt] autant qu'on veut t\tes les fantaisies dont on peut us] avec elles1 et qui1 p> pudeur1 ne veul5t pas se dc\vrir qu& la mdec9e a int]v5ir4 ,que les m>is1 s'il y en a encore qui soi5t trop a*>ns dans ces rapports1 sa*5t donc que ces sci5ces pos5t en rgle que le plaisir mme qu'ils pr\v5t avec leurs femmes e/ rpr\v1 s'ils n'y apport5t de la modration1 et qu'on peut1 en p>eil cas1 p*] p> sa lic5ce et ses dbordem5ts1 comme dans le cas de relations illgitimes4 ,les c>esses hontes auxquelles1 ce jeu1 la passion peut entran] dans le premi] feu de nos transports1 sont non seulem5t indc5tes1 mais employes avec nos femmes sont trs dommageables4 ,qu'au mo9s ce ne soit pas p> n\s qu'elles appr5n5t l'impudeur2 p\r notre beso91 elles sont t\j\rs assez veilles4 ,je n'en ai jamais agi1 quant moi1 que de la faon la plus naturelle et la plus simple4 ,le m>iage e/ une liaison consacre p> la religion et la pit2 voil p\rquoi le plaisir qu'on en tire1 doit tre un plaisir ret5u1 srieux1 empre9t de quelque svrit2 ce doit tre un acte de volupt p>ticulirem5t prud5t et consci5cieux4 ,son b ess5tiel tant la gnration1 il y en a qui d\t5t1 lorsque n\s n'avons pas esprance de ce rsultat1 comme dans le cas o la femme e/ hors d'ge ou ence9te1 qu'il soit p]mis d'en re*]*] l'embrassem5t2 c'e/1 d'aprs ,platon1 commettre un homicide4 ,*ez c]ta9es nations1 notamm5t *ez les ,musulmans1 avoir des rapports sexuels avec une femme ence9te1 e/ une abom9ation2 il en e/ qui rpr\v5t de mme t\t rappro*em5t avec une femme aux poques o1 priodiquem5t1 le sang la travaille4--,znobie n'acceptait pas de relations avec son m>i1 au del de ce qui tait ncessaire p\r donn] satisfaction ses aspirations la mat]nit2 cela fait1 elle le laissait libre de se di/raire avec d'autres1 p5dant t\t le temps de sa grossesse1 lui faisant seulem5t une obligation de rev5ir elle qu& elle tait en tat de recomm5c]2 c'e/ l un brave et gnreux exemple dans le m>iage4--,il e/ probable que c'e/ quelque pote sevr et affam de ces j\issances1 que ,platon emprunte cette n>ration3 ,jupit]1 un j\r1 tait en un tel tat de surexcitation auprs de sa femme que1 n'ayant pas la pati5ce d'att5dre qu'elle et gagn sa c\*e1 il la r5v]sa sur le plan*] et1 dans la viol5ce du plaisir1 oublia les gr&es et importantes rsolutions qu'il v5ait1 en sa c\r cle/e1 de pr5dre de conc]t avec les autres dieux2 et se vantait que ce rappro*em5t lui avait procur des s5sations aussi agrables que celles qu'il avait ress5ties lorsque1 la premire fois1 il lui avait1 en ca*ette de leurs p>5ts1 pris sa virg9it4 ,les rois de ,p]se admettai5t leurs femmes leur t5ir compagnie leurs fe/9s2 mais qu& le v9 comm5ait visiblem5t *auff] les ttes1 qu'ils ne p\vai5t plus cont5ir leurs dsirs voluptueux1 ils les r5voyai5t dans leurs app>tem5ts privs1 p\r qu'elles ne p>ticipass5t pas leurs apptits immodrs1 et faisai5t v5ir leur place des c\rtisanes vis--vis desquelles ils n'tai5t pas t5us avoir le mme respect4 ,c]ta9es g5s ne peuv5t conv5ablem5t se p]mettre t\s les plaisirs et recevoir t\tes les satisfactions quelle qu'en soit la nature3 ,epam9ondas avait fait inc>cr] un jeune dbau*2 ,plopidas lui dem&a de le mettre en lib]t en sa faveur4 ,epam9ondas refusa et l'accorda sa matresse qui1 elle aussi1 l'en avait pri1 disant que c'tait une satisfaction due une amie et non un capita9e4--,sophocle tant prteur avec ,pricls p\r collgue1 lui fit en voyant p> has>d pass] un beau g>on3 ,oh1 le beau g>on que voil6--,une telle exclamation s]ait p]mise1 dit ,pricls1 t\t autre qu' un prteur qui doit tre *a/e1 non seulem5t dans ses actions1 mais aussi dans ses reg>ds4--,l'emp]eur lius ,v]us rpondit sa femme qui se plaignait de ce qu'il la dlaissait p\r all] faire l'am\r avec d'autres femmes1 que c'tait p> consci5ce1 le m>iage tant un acte honorable et digne et non de foltre et lascive concupisc5ce4--,notre hi/oire ecclsia/ique a cons]v et honor la mmoire de cette femme qui rpudia son m>i1 ne v\lant ni se prt] ses att\*em5ts trop irrespectueux et immoraux1 ni les s\ffrir4 ,en somme1 il n'y a si lgitime volupt dont l'excs et l'intemprance ne soi5t blmables2 mais p>l] sans fe9te1 l'homme n'e/-il pas un tre bi5 malheureux8 ,c'e/ pe9e s'il exi/e un plaisir1 un seul dont la nature lui concde la j\issance ple9e et entire1 et sa raison lui comm&e de n'en us] qu'avec modration4 ,il n'e/ pas assez misrable1 il faut encore que l'art et l'tude vi5n5t accrotre sa misre3 ,n\s avons travaill n\s-mmes aggrav] la misre de notre condition 7,prop]ce74 ,p> des privations et des s\ffrances on croit gurir ou calm] les passions1 c'e/ l donn] dans des excs d'autre nature4--,la sagesse huma9e s'+nie bi5 sottem5t re/re9dre le nombre et la d\ceur des volupts que n\s p\vons gt]1 t&is qu'elle agit d'une faon heureuse et judicieuse en usant d'artifice p\r n\s dissimul]1 n\s enguirl&] les maux de l'exi/5ce et attnu] ce que n\s en p\vons ress5tir4 ,si j'avais t *ef de secte1 j'eusse suivi sur le premi] po9t une voie plus naturelle1 qui e/ aussi plus vraie1 plus commode et plus p>faite1 et peut-tre aurais-je russi la cont5ir1 quoique nos mdec9s1 ceux de l'esprit aussi bi5 que ceux du corps1 comme s'ils s'tai5t ent5dus1 ne considr5t comme p\vant procur] la gurison et s\lag] nos maladies morales et physiques1 que les t\rm5ts1 la d\leur et la pe9e4 ,c'e/ p\r cela qu'ont t inv5ts les veilles1 les jenes1 les cilices1 les exils lo9ta9s et volontaires1 la prison p]ptuelle1 les v]ges et autres afflictions1 s\s condition que ce soi5t de relles afflictions1 qu'il en rsulte de pnibles mortifications et non comme ce qui en adv9t un c]ta9 ,gallio qui1 exil dans l'le de ,lesbos1 y m5ait joyeuse vie4 ,on fut av]ti ,rome que ce qu'on lui avait impos p\r le punir1 t\rnait a9si sa commodit2 on se ravisa alors et on le rappela auprs de sa femme et de sa famille1 lui ordonnant de s'y t5ir1 rglant a9si la nature de sa punition sur l'effet qu'il en p\vait pr\v]4 ,et1 en vrit1 ce ne s]ait plus un rgime salutaire que le jene1 p\r celui dont la sant et l'allgresse n'en devi5drai5t que plus vives2 ou que le poisson1 p\r celui qui le prfr]ait la vi&e2 de mme que dans l'autre g5re de mdec9e les drogues sont sans effet p\r qui les pr5d avec gt et plaisir1 l'am]tume et la difficult les pr5dre aid5t au rsultat qu'elles produis5t4 ,la rhub>be p]drait son efficacit vis--vis d'un tempram5t qui l'accept]ait trop facilem5t2 il faut p\r qu'il opre que le remde excite l'e/omac2 la rgle qui veut que *aque *ose soit gurie p> son contraire e/ ici en dfaut1 c'e/ le mal qui gurit le mal4 ,c'e/ ce s5tim5t qu'il faut ratta*] les sacrifices huma9s gnralem5t pratiqus dans les temps passs et qui subsi/ai5t galem5t en ,amrique lors de sa dc\v]te4--,ce s5tim5t a quelque rapport avec cet autre qui remonte si haut et qui tait univ]sellem5t pratiqu dans t\tes les religions1 p> suite duquel on s'imag9ait se concili] le ciel et la nature p> des sacrifices huma9s4--,non lo9 de n\s1 du temps de nos pres1 ,amurat1 lors de la prise de l'i/hme de ,cor9!1 immola six c5ts jeunes g5s grecs l'me de son pre1 af9 que ce sang s]vt de sacrifice expiatoire p\r ra*et] les fautes du trpass4--,dans ces contres n\velles1 dc\v]tes notre poque1 encore pures et vi]ges comp>es aux ntres1 il e/ de c\tume p>t\t que t\tes les idoles soi5t abreuves de sang huma91 p>fois avec des raff9em5ts horribles de cruaut4 ,les victimes sont brles vives1 et1 lorsqu'elles sont moiti rties1 on les retire du brasi] p\r leur arra*] le cur et les entrailles2 ailleurs1 on les cor*e vives et de leur peau sanglante on en revt ou on en masque d'autres1 et on en agit a9si mme qu& les victimes se tr\v5t tre des femmes4 ,cela donne lieu p>fois de rem>quables exemples de con/ance et de rsolution2 ces malheureux1 vieill>ds1 femmes1 enfants1 de/9s tre immols1 vont1 quelques j\rs avant1 qutant eux-mmes les aumnes p\r l'(fr&e qui doit accompagn] leur sacrifice et se prs5t5t la b\*]ie1 *antant1 dansant de conc]t avec les assi/ants4 ,les ambassadeurs du roi de ,mexico1 v\lant donn] ,f]n& ,cortez une haute ide de la puissance de leur matre1 aprs lui avoir dit qu'il avait tr5te vassaux1 que *acun p\vait runir c5t mille gu]ri]s et que lui-mme rsidait dans la ville la plus belle et la plus =te qui exi/t au monde1 aj\tr5t qu'il tait t5u env]s les dieux leur sacrifi] c9quante mille hommes p> an4 ,ils dir5t mme qu'il se ma9t5ait en tat de gu]re avec c]ta9s gr&s peuples vois9s1 non seulem5t p\r ex]c] la jeunesse de son empire1 mais surt\t p\r p\voir f\rnir ces sacrifices avec des prisonni]s de gu]re4--,ailleurs1 dans un b\rg1 l'occasion de la v5ue de ce mme ,f]n& ,cortez1 on sacrifia d'une seule fois c9quante hommes en son honneur4--,encore un fait3 quelques-uns de ces peuples va9cus p> lui1 lui envoyr5t une dputation p\r reconnatre son autorit et re*]*] son amiti2 ces messag]s lui (frir5t des prs5ts de trois sortes1 en lui disant3 ,seigneur1 voil c9q esclaves3 si tu es un dieu fi]1 qui se n\rrisse de *air et de sang1 mange-les1 n\s ne t'en aim]ons que davantage2 si tu es un dieu dbonnaire1 voil de l'enc5s et des plumes2 si tu es un homme1 pr5ds les oiseaux et les fruits que voici4 ,,*apitre ,,xxx4 ,des cannibales4 ,fausse op9ion que l'on a quelquefois des peuples que l'on dit b>b>es4--,qu& le roi ,pyrrhus passa en ,italie et qu'il eut reconnu la =mation de combat que pr5ait l'arme que ,rome envoyait contre lui3 ,je ne sais1 dit-il1 ce que sont ces ,b>b>es 7les ,grecs appelai5t a9si t\tes les nations trangres71 mais les dispositions que je leur vois pr5dre ne le sont nullem5t4 ,les ,grecs en disai5t autant de l'arme que ,flam9ius conduisit dans leur pays2 et ,philippe t9t le mme langage en ap]cevant1 du haut d'un t]tre1 la belle ordonnance du camp tabli p> celle qui1 s\s ,publius ,sulpitius ,galba1 v5ait de pntr] dans son royaume4 ,cela montre combi5 il faut se g>d] de l'op9ion publique2 c'e/ notre raison et non ce que l'on dit1 qui doit dt]m9] notre jugem5t4 ,de la dc\v]te de l',amrique2 il n'e/ pas probable que ce soit l',atlantide de ,platon1 ni cette t]re inconnue o v\lur5t s'tablir les ,c>?ag9ois4--,j'ai eu longtemps prs de moi un homme qui tait demeur dix ou d\ze ans dans cette p>tie du ,n\veau ,monde1 dc\v]te en ce sicle1 o ,villegaignon aborda et qu'il dnomma la ,france ant>ctique4 ,cette dc\v]te1 qui porte sur une contre d'une imm5se t5due1 prte de trs srieuses rflexions4 ,je me dem&e sans savoir que rpondre1 tant de p]sonnages plus m95ts que n\s s'tant considrablem5t tromps sur ce po9t1 si l'av5ir1 comme c]ta9s le p5s5t1 n\s rs]ve encore des dc\v]tes de cette importance2 t\j\rs e/-il que j'ai peur que n\s n'ayons les yeux plus gros que le v5tre1 plus de curiosit que de moy5s d'action2 n\s embrassons t\t1 mais n'treignons que du v5t4 ,platon n\s montre ,solon contant que des prtres de la ville de ,sas1 en gypte1 lui avai5t appris qu'autrefois1 avant le dluge1 exi/ait vis--vis le dtroit de ,gibralt> une gr&e le1 du nom d',atlantide1 plus t5due que l',afrique et l',asie runies1 et que les rois de cette contre ne possdai5t pas seulem5t cette le1 mais qu'ils ex]ai5t leur dom9ation si avant en t]re f]me1 qu'ils occupai5t l',afrique jusqu' l'gypte et l',europe jusqu' la ,toscane2 qu'ils avai5t entrepris de p\ss] jusqu'en ,asie et de subjugu] t\tes les nations riv]a9es de la ,mdit]rane jusqu'au golfe =m p> la m] ,noire2 qu' cet effet1 ils avai5t fran*i l',espagne1 la ,gaule1 l',italie et tai5t arrivs en ,grce1 o les ,a?ni5s les cont9r5t2 mais que1 quelque temps aprs1 le dluge tait surv5u qui les avait engl\tis1 eux1 les ,a?ni5s et leur le4 ,il e/ trs vraisemblable que1 dans ce cataclysme effroyable1 les eaux ont d occasionn] aux pays habits de la t]re des modifications dont on n'a pas ide2 c'e/ a9si qu'on attribue l'action de la m] la sp>ation de la ,sicile d'avec l',italie3 ,on dit que ces pays1 qui ne =mai5t autrefois qu'un seul cont95t1 ont t violemm5t sp>s p> la =ce des eaux 7,virgile72 de l'le de ,*ypre d'avec la ,syrie1 de celle de ,ngrepont d'avec la t]re f]me de la ,botie2 et que p> contre1 ailleurs1 elle a jo9t des t]res qui tai5t sp>es p> des dtroits qui ont t combls p> les sables et le limon3 ,un m>ais longtemps /rile1 sur lequel on *em9ait la rame1 n\rrit auj\rd'hui les villes vois9es et connat la *>rue fconde du lab\reur 7,horace74 ,mais il n'y a pas gr&e app>5ce que l',atlantide soit ce monde n\veau que n\s v5ons de dc\vrir1 c> elle t\*ait presque l',espagne2 et ce s]ait un effet incroyable d'inondation1 d'avoir t reporte1 comme elle l'e/1 plus de d\ze c5ts lieues4 ,outre que les navigateurs mod]nes ont dj con/at que ce n'e/ probablem5t pas une le1 mais un cont95t contigu aux ,indes ori5tales d'un ct1 et d'autre "p aux t]res qui sont aux deux ples1 ou que1 s'il s'en tr\ve sp>1 ce n'e/ que p> un si petit dtroit ou int]valle que ce ne saurait1 p\r si peu1 le faire considr] comme une le4 ,il semble qu'il se produise dans ces gr&es masses des m\vem5ts comme il s'en fait dans nos pays1 les uns naturels1 les autres accid5tels et viol5ts4 ,qu& je considre l'action ex]ce1 de mon temps1 p> ma rivire de ,dordogne1 en aval de *ez moi1 sur sa rive droite2 ce qu'en v+t ans elle a gagn sur les t]res et ce qu'elle a sap de fondations de con/ructions leves sur ses bords1 je vois bi5 que c'e/ l un fait qui n'e/ pas ord9aire4 ,si1 en effet1 il en et t\j\rs t a9si1 ou que cela dt cont9u]1 la configuration du monde f9irait p> tre *ange2 mais ces m\vem5ts ne sont pas con/ants3 tantt les eaux s'p&5t d'un ct1 tantt d'un autre1 et tantt elles s'arrt5t4 ,je ne p>le pas ici des crues subites dont les causes n\s sont connues4--,dans le ,mdoc1 le long de la m]1 mon frre1 le sieur d',arzac1 a une de ses t]res ensevelie s\s les sables que la m] va rejettant devant elle2 le fate de quelques-uns des btim5ts s'ap]oit encore2 ce doma9e et les rev5us qu'il produisait se sont trans=ms en de bi5 maigres pacages4 ,les habitants dis5t que1 depuis quelque temps1 la m] s'avance si rapidem5t v]s eux1 qu'ils ont dj p]du quatre lieues de t]ra94 ,ces sables sont ses avant-c\reurs2 et on les voit1 sorte de dunes m\vantes1 la prcdant d'une demi-lieue et gagnant ins5siblem5t dans l'intrieur des t]res4 ,un autre tmoignage de l'antiquit auquel on veut ratta*] cette dc\v]te du n\veau cont95t1 s]ait f\rni p> ,ari/ote1 si t\tefois c'e/ lui qui e/ l'auteur de ce petit ouvrage des ,m]veilles extraord9aires4 ,il y raconte que quelques ,c>?ag9ois1 s'tant av5turs corps p]du1 dans l'ocan ,atlantique1 au del du dtroit de ,gibralt>1 avai5t f9i1 aprs une longue navigation1 p> dc\vrir une gr&e le1 f]tile1 c\v]te de bois1 arrose de gr&es et pr(ondes rivires1 trs loigne de t\te t]re f]me2 et qu'attirs1 eux et d'autres aprs eux1 p> la qualit et la f]tilit du sol1 ils y avai5t transport leurs femmes et leurs enfants et avai5t f9i p> y habit]4 ,si bi5 que les gr&s de ,c>?age1 voyant leur t]ritoire se dpeupl] peu peu1 fir5t df5se expresse1 s\s pe9e de mort1 t\s autres de s'y r5dre et en expulsr5t ceux qui s'y tai5t dj tablis1 p> cra9te1 dit-on1 que1 dans la suite des temps1 ils ne v9ss5t multipli] au po9t d'arriv] les supplant] et ru9] leur dom9ation4 ,cette n>ration d',ari/ote1 non plus que celle de ,solon1 ne saurait s'appliqu] ces t]res n\velles4 ,qualits re*]*] *ez ceux qui criv5t des relations de voyage2 *acun devrait expos] ce qu'il a vu1 et ne p>l] que de ce qu'il en sait p]t9emm5t4--,cet homme1 rev5ant du ,n\veau ,monde1 que j'avais mon s]vice1 tait un homme simple et un peu l\rd d'esprit1 condition propre donn] plus de crance ses dires4 ,les g5s d\s de f9esse1 reg>d5t beauc\p plus de *oses et avec bi5 plus d'att5tion1 mais ils comm5t5t ce qu'ils voi5t2 et1 p\r appuy] leurs comm5taires et les faire admettre1 ils ne peuv5t s'emp*] d'altr] tant soit peu la vrit4 ,ils ne v\s rapport5t jamais purem5t et simplem5t ce qui e/1 ils l'acc5tu5t plus ou mo9s et lui prt5t la physionomie s\s laquelle eux-mmes l'ont vu2 et1 p\r donn] crdit leur manire de voir et v\s la faire p>tag]1 ils tir5t volonti]s l't(fe dans ce s5s1 l'allong5t et l'amplifi5t4 ,il faut1 en p>eil cas1 avoir affaire un homme trs scrupuleux ou un homme si simple1 qu'il n'ait pas assez d'imag9ation p\r inv5t] et donn] ensuite de la vraisemblance ses inv5tions et aussi qui n'ait pas de p>ti pris4 ,le mi5 tait tel1 et il m'a1 en outre1 prs5t des matelots et des m>*&s qu'il avait connus dans ce voyage1 ce qui fait que j'accepte les r5seignem5ts qu'il me donne sans m'enqurir de ce que les gographes en peuv5t dire4 ,il s]ait dsirable de r5contr] des explorateurs qui n\s dcriv5t spcialem5t les endroits o ils sont alls2 mais p>ce qu'ils ont sur n\s l'avantage d'avoir vu la ,pale/9e1 ils croi5t avoir le droit de n\s p>l] en mme temps du re/e du monde4 ,je v\drais que *acun crivt ce qu'il sait1 dans la mesure o il le sait2 et cela1 non seulem5t en p>eille matire1 mais en t\tes autres4 ,tel peut avoir la connaissance spciale et l'expri5ce complte du c\rs d'une rivire ou d'un ruisseau et ne savoir sur le re/e que ce que *acun en connat2 nanmo9s1 p\r faire valoir son petit fragm5t d'rudition1 il entrepr5dra un trait complet sur la configuration du monde2 ce dfaut1 assez commun1 a de gr&s inconvni5ts4 ,p\rquoi et combi5 tort n\s qualifions de sauvages les peuples d',amrique4--,p\r en rev5ir mon sujet1 je ne tr\ve ri5 de b>b>e ni de sauvage dans ce qu'on me rapporte de cette nation1 s9on que *acun donne ces qualificatifs ce qui ne se pratique pas *ez lui4 ,c'e/ naturel1 c> n\s n'avons p\r jug] de ce qui e/ vrai et raisonnable1 que l'exemple et les ides des op9ions et usages reu dans le pays auquel n\s app>t5ons3 la religion en e/ la meilleure1 l'adm9i/ration excell5te1 les u et c\tumes en t\tes *oses y atteign5t la p]fection4 ,ces g5s sont sauvages1 comme le sont les fruits que n\s qualifions de cette mme pi?te1 que la nature produit d'elle-mme et qui croiss5t sans l'int]v5tion de l'homme4 ,ne sont-ce pas au contraire ceux que n\s altrons p> nos procds de culture1 dont n\s modifions le dveloppem5t naturel1 auxquels cette expression devrait s'appliqu]8 ,les qualits et les proprits des premi]s sont vives1 vig\reuses1 vraies1 utiles et naturelles2 n\s n'arrivons qu' les abt>dir *ez les seconds1 p\r mieux les adapt] notre gt qui e/ lui-mme corrompu4 ,et cep5dant dans ces contres1 c]ta9es espces de fruits qui y vi5n5t sans culture1 n\s-mmes reconnaissons une saveur1 une dlicatesse qui n\s les font tr\v] excell5ts et rivalis] avec les ntres2 il n'y a pas en effet de raison p\r que l'art l'emporte sur les uvres de la nature1 notre gr&e et puissante mre2 n\s avons tant sur*>g1 p> nos inv5tions1 la beaut et la ri*esse de ses ouvrages1 qu'elles s'en tr\v5t compltem5t t\ffes2 mais p>t\t o elle e/ demeure intacte et se montre telle1 elle fait gr&e honte nos va9es et frivoles entreprises3 ,le li]re n'en vi5t que mieux sans culture1 l'arb\si] ne crot jamais plus beau que dans les antres solitaires et le *ant des oiseaux1 p\r tre naturel1 n'en e/ que plus d\x 7,prop]ce74 ,t\s nos ef=ts ne saurai5t p>v5ir reproduire le nid du mo9dre petit oiseau1 avec sa contexture1 sa beaut1 ni faire qu'il soit aussi propre l'usage auquel il e/ de/92 et pas davantage con/ruire la toile d'une misrable araigne4 ,t\te *ose1 dit ,platon1 e/ un produit soit de la nature1 soit du has>d1 soit de l'art2 les plus gr&es et les plus belles sont dues l'une ou l'autre de ces deux premires causes2 les mo9dres et celles qui sont imp>faites naiss5t de la d]nire4 ,ces nations me sembl5t donc ne mrit] cette appellation de b>b>es1 que p\r n'avoir t que peu modifies p> l'+r5ce de l'esprit huma9 et n'avoir encore presque ri5 p]du de la simplicit des temps primitifs4 ,les lois de la nature1 non encore p]v]ties p> l'immixtion des ntres1 les rgiss5t encore et s'y sont ma9t5ues si pures1 qu'il me pr5d p>fois de regrett] qu'elles ne soi5t pas v5ues plus tt notre connaissance1 au temps o il y avait des hommes plus mme que n\s d'en jug]4 ,je regrette que ,lycurgue et ,platon ne les ai5t pas connues1 p>ce qu'il me semble que ce que n\s voyons se pratiqu] *ez ces peuples1 dpasse non seulem5t t\tes les magnifiques descriptions que la posie n\s fait de l'ge d'or et t\t ce qu'elle a imag9 comme p\vant ralis] le bonheur p>fait sur cette t]re1 mais encore les conceptions et les dsirs de la philosophie cet g>d4 ,on ne p\rrait concevoir la simplicit naturelle p\sse ce degr que n\s con/atons cep5dant1 ni croire que la socit puisse subsi/] avec si peu de ces moy5s factices que l'homme y a introduits4 ,c'e/ une nation1 dirais-je ,platon1 o il n'y a ni comm]ce de quelque nature que ce soit1 ni littrature1 ni sci5ces ma?matiques2 o le magi/rat n'e/ pas mme connu de nom2 o il n'exi/e ni hir>*ie politique1 ni dome/icit1 ni ri*es1 ni pauvres2 les contrats1 les successions1 les p>tages y sont inconnus2 en fait de travail1 on ne connat que l'oisivet2 le respect qu'on porte aux p>5ts e/ celui qu'on a p\r t\t le monde2 les vtem5ts1 l'agriculture1 la mise en uvre des mtaux y sont inconnus2 il n'y e/ fait usage ni de v91 ni de bl2 les mots mmes qui exprim5t le m5songe1 la trahison1 la dissimulation1 l'av>ice1 l'envie1 la mdisance1 le p>don1 ne s'y font qu'exceptionnellem5t ent5dre4 ,combi5 sa ,rpublique1 telle qu'il la concevait1 lui p>atrait loigne d'une telle p]fection6 ,voil des hommes qui sort5t de la ma9 des dieux 7,snque74 ,telles fur5t les premires lois de la nature 7,virgile76 ,description d'une des contres du n\veau cont95t2 manire de vivre de ses habitants1 leurs demeures1 leur n\rriture1 leurs danses1 leurs prtres1 leur morale4--,le pays qu'ils habit5t e/1 au surplus1 trs agrable2 le climat y e/ tempr au po9t que1 suivant le dire de mes tmo9s1 il e/ r>e d'y voir un malade2 ils m'ont mme assur n'avoir jamais ap]u p]sonne afflig de tremblem5t n]veux1 de maladie d'yeux1 ayant p]du les d5ts ou vot p> l'ge4 ,la contre s't5d le long de la m] et e/ limite du ct des t]res p> de hautes et gr&es montagnes1 qui en sont di/antes d'environ c5t lieues1 ce qui reprs5te la pr(ondeur de leur t]ritoire4--,ils ont en abondance le poisson et la vi&e1 qui sont sans ressemblance avec les ntres2 p\r les mang]1 ils se born5t les faire grill]4--,celui qui le premi] leur app>ut sur un *eval1 leur inspira un tel effroi que1 bi5 qu'ils euss5t t en rapport avec lui dans plusieurs autres voyages1 ils le tur5t c\ps de fl*es et ne le reconnur5t qu'aprs4--,leurs habitations se compos5t de longues cases1 p\vant recevoir deux ou trois c5ts p]sonnes1 =mes d'corces de gr&s arbres qui pos5t t]re p> un b\t1 l'autre composant le fate en s'arc-b\tant les uns contre les autres et se s\t5ant mutuellem5t comme dans c]ta9es de nos granges dont la c\v]ture desc5d jusqu'au sol et f]me les cts4--,ils ont des bois si durs1 qu'ils en fabriqu5t des pes et des grils p\r rtir leurs vi&es4--,leurs lits1 =ms de filets de coton1 sont susp5dus la toiture1 comme sur nos navires2 *acun a le si51 les femmes c\*ant "p des m>is4--,ils se lv5t avec le soleil2 mang5t ds qu'ils sont levs et p\r t\te la j\rne1 ne faisant pas d'autre repas4 ,a ce mom5t ils ne boiv5t pas1 agissant en cela comme dit ,suidas de quelques autres peuples qui ne boiv5t pas en mangeant2 en dehors de leur repas1 ils se dsaltr5t dans le c\rant de la j\rne autant qu'ils le veul5t4 ,leur boisson e/ extraite d'une rac9e p>ticulire2 elle a la c\leur de nos v9s clairets1 ils ne la boiv5t que tide2 elle ne se cons]ve que deux ou trois j\rs1 a un gt un peu piquant et ne ptille pas2 elle e/ dige/ive1 laxative p\r ceux qui n'en ont pas l'habitude1 trs agrable p\r qui y e/ fait4--,au lieu de pa91 ils consomm5t une c]ta9e sub/ance blan*e1 ressemblant de la cori&re confite2 j'en ai gt1 c'e/ d\x et un peu fade4--,ils pass5t t\te la j\rne dans]2 les plus jeunes vont la *asse du gros gibi]1 contre lequel ils ne font usage que d'arcs2 p5dant ce temps1 une p>tie des femmes s'amuse prp>] la boisson1 ce qui e/ la pr9cipale de leurs occupations4 ,*aque mat91 avant qu'ils ne se mett5t mang]1 un de leurs vieill>ds1 circulant d'un b\t l'autre de la case qui a bi5 une c5ta9e de pas de long1 va1 jusqu' ce qu'il en ait a*ev le t\r1 pr*ant ceux qui l'occup5t1 rptant sans cesse les mmes exhortations qui port5t exclusivem5t sur deux po9ts3 la vaillance contre leurs ennemis et l'amiti p\r leurs femmes3 et ils ne manqu5t jamais1 en leur rappelant cette d]nire obligation1 de t]m9] p> ce refra91 que ce sont elles qui leur prp>5t leur boisson et la ma9ti5n5t tide4--,on peut voir *ez quelques p]sonnes1 entre autres *ez moi1 des spcim5s de leurs lits1 de leurs cordes1 de leurs pes1 de bracelets en bois dont ils se s]v5t p\r se g>antir les poignets au combat et de gr&es cannes creuses f]mes l'une de leurs extrmits1 dont ils tir5t des sons p\r m>qu] la cad5ce dans leurs danses4--,ils sont rass de p>t\t et de beauc\p plus prs que n\s1 et ne se s]v5t cet effet que de rasoirs en bois ou en pi]re4--,ils croi5t l'immortalit de l'me3 celles qui ont bi5 mrit des dieux1 habit5t le ciel du ct o le soleil se lve2 celles qui sont maudites1 habit5t l',occid5t4 ,ils ont je ne sais quelle sorte de prtres ou prophtes qui se montr5t trs r>em5t et demeur5t dans les montagnes4 ,qu& ils vi5n5t1 c'e/ l'occasion d'une gr&e fte et d'une assemble sol5nelle1 p\r lesquelles plusieurs villages se runiss5t2 *aque case dont j'ai donn la description =me un village2 ils sont di/ants les uns des autres d'environ une lieue de ,france4 ,le prophte p>le en public1 exhorte la v]tu et au devoir2 sa morale se rduit aux deux mmes po9ts3 tre brave la gu]re1 affectueux p\r leurs femmes4 ,il prdit aussi l'av5ir et ce qu'ils ont espr] des entreprises qu'ils conoiv5t2 il les incite la gu]re ou les en dt\rne2 mais il lui importe de dev9] ju/e1 c> s'il arrive autrem5t que ce qu'il leur a prdit et qu'ils p>vi5n5t l'attrap]1 il e/ condamn comme faux prophte et mis en pices2 aussi ne revoit-on plus celui qui une fois a fait erreur4--,la div9ation e/ un don de ,dieu1 et en abus] e/ une impo/ure qui mrite d'tre punie4 ,*ez les ,scy!s1 entre autres1 qu& les dev9s s'tai5t tromps dans leurs prvisions1 on les jetait les f]s aux pi$s et aux ma9s sur une c>riole ple9e de bruyres1 trane p> des bufs1 et on y mettait le feu4 ,ceux qui ont *>ge de dirig] les *oses commises la sagacit huma9e sont excusables de rec\rir t\s les moy5s en leur p\voir2 mais les autres1 qui n\s tromp5t en se donnant comme possds d'une facult extraord9aire en dehors de ce que n\s p\vons connatre1 ne doiv5t-ils pas tre punis de leur tmraire impo/ure1 s'ils ne ti5n5t pas ce qu'ils ont promis8 ,comm5t ils font la gu]re2 p\rquoi ils tu5t et mang5t leurs prisonni]s2 en quoi ils sont1 en cela mme1 mo9s b>b>es que n\s en c]ta9s de nos actes4--,ces peuples font la gu]re aux nations qui sont au del de leurs montagnes1 plus avant en t]re f]me4 ,ils y vont compltem5t nus1 n'ayant p\r armes que des arcs et des pes de bois dont l'extrmit se t]m9e en po9te la faon du f] de nos pieux4 ,c'e/ m]veilleux la f]met qu'ils dploi5t dans les combats qui se t]m95t t\j\rs p> l'effusion du sang et la mort1 la fuite et la peur leur tant inconnues4 ,*acun rapporte comme trophe la tte de l'ennemi qu'il a tu et l'atta*e l'entre de sa demeure4--,quant aux prisonni]s1 ils les g>d5t un c]ta9 temps1 les trait5t bi51 ne leur mnageant pas les commodits qu'ils peuv5t leur procur]1 jusqu' ce qu'un j\r on en f9isse a9si qu'il suit avec *acun d'eux4 ,celui auquel il app>ti5t convoque t\tes ses connaissances2 le mom5t v5u1 il atta*e l'un des bras de son prisonni] une corde dont lui-mme pr5d le b\t1 en fait de mme de l'autre bras dont il remet la corde au meilleur de ses amis1 ce qui leur donne le moy5 de ma9t5ir le captif quelques pas d'eux1 de manire tre l'abri de ses viol5ces2 et eux deux1 s\s les yeux des assi/ants1 ils l'assomm5t c\ps d'pe4 ,cela fait1 ils le font rtir et le mang5t en commun1 et en envoi5t des morceaux ceux de leurs amis qui sont abs5ts4--,ce n'e/ pas1 comme on p\rrait le p5s]1 p\r s'en n\rrir1 a9si que le faisai5t anci5nem5t les ,scy!s1 mais en signe de v5geance2 et ce qui le pr\ve1 c'e/ qu'ayant vu les ,portugais1 qui s'tai5t allis leurs ennemis1 employ] leur g>d1 qu& ils les faisai5t prisonni]s1 un autre g5re de mort1 les ent]rant deb\t jusqu' la ce9ture1 puis criblant de traits la p>tie demeure hors de t]re et les p5dant ensuite1 ils s'avisr5t que ces g5s de l'autre monde1 de mme orig9e que ceux qui1 dans leur vois9age1 avai5t rp&u la connaissance d'un si gr& nombre de vices et tai5t de beauc\p leurs matres dans le mal1 ne devai5t pas sans motif avoir fait *oix1 p\r se v5g]1 de ce procd et qu'il devait tre plus cruel que le leur1 qu'en consqu5ce ils ab&onnr5t1 bi5 que le pratiquant de temps immmorial1 p\r adopt] celui de ces trang]s4--,je ne suis pas f* de faire rem>qu] ici t\t l'odieux de cette cruaut des ,portugais1 c> bi5 que n\s ne manquions jamais de faire ressortir les dfauts de ces peuplades1 n\s sommes on ne peut plus aveugles p\r les ntres4 ,j'e/ime qu'il y a plus de b>b>ie mang] un homme qui e/ vivant1 qu' le mang] mort2 mettre en pices gr& r5=t de t\rm5ts et de supplices un corps ple9 de vie1 le faire grill] en dtail1 mordre1 d*ir] p> les *i5s et les p\rceaux1 comme non seulem5t n\s l'avons lu1 mais comme n\s l'avons vu faire t\t rcemm5t1 non entre ennemis invtrs1 mais entre vois9s et concitoy5s1 et1 qui pis e/1 s\s prtexte de pit et de religion1 que de le rtir et le mang] aprs l'avoir tu au pralable4 ,*rysippe et ,znon1 *efs de l'cole /oci5ne1 ont bi5 admis qu'il n'e/ pas rprh5sible de tir] p>ti de notre cadavre p\r t\t ce qui a rapport nos beso9s1 et mme de n\s en n\rrir comme fir5t nos anctres qui1 assigs p> ,cs> dans ,alsia1 se rsolur5t1 p\r p\voir cont9u] leur rsi/ance1 apais] leur faim en mangeant les vieill>ds1 les femmes et t\s autres qui n'tai5t d'aucune utilit p\r le combat3 ,on dit que les ,gascons prolongr5t leur vie1 en usant d'alim5ts semblables 7,juv5al74 ,les mdec9s ne craign5t pas d'en faire emploi de t\tes faons p\r notre sant1 soit p\r un usage int]ne1 soit p\r un usage ext]ne4 ,mais jamais *ez ces sauvages il ne s'e/ tr\v p]sonne ayant le jugem5t p]v]ti au po9t d'excus] la trahison1 la dloyaut1 la tyrannie1 la cruaut1 vices dont n\s sommes c\tumi]s4 ,n\s p\vons donc qualifi] ces peuples de b>b>es1 si n\s les jugeons au po9t de vue de la raison1 mais non si n\s les comp>ons n\s qui les surpassons en b>b>ies de t\s g5res4 ,ils ne se propos5t1 dans leurs gu]res1 que d'acqurir de la gloire1 sans re*]*] d'agr&issem5t de t]ritoire2 t\s leurs ef=ts auprs de leurs prisonni]s t5d5t leur faire dem&] m]ci4--,ils apport5t dans leur manire de faire la gu]re de la noblesse et de la gnrosit2 elle e/ *ez eux excusable et belle autant que peut l'tre cette maladie de l'espce huma9e1 c> ils n'y ont d'autre mobile que de faire assaut de c\rage4 ,ils n'entr5t pas en conflit p\r conqurir de n\veaux t]ritoires1 celui sur lequel ils viv5t tant encore p> lui-mme d'une fcondit telle que1 sans travail et sans pe9e1 il les f\rnit en si gr&e abondance de t\t ce qui e/ ncessaire la vie1 qu'ils n'ont que faire d'en recul] les limites4 ,ils ont de plus le bonheur de born] leurs dsirs ce qu'exige la satisfaction de leurs beso9s naturels1 et t\t ce qui va au del e/ p\r eux du sup]flu4--,entre eux ils s'appell5t t\s frres qu& ils sont du mme ge1 ils donn5t le nom de fils ceux qui sont plus jeunes1 et p\r t\s indi/9ctem5t les vieill>ds sont des pres4--,ceux-ci m\rant1 leurs bi5s pass5t leurs hriti]s naturels2 les hritages demeurant indivis1 t\s ceux y p>ticipant en ont l'entire possession1 sans autre titre que celui que t\te crature ti5t de la nature d'hrit] de qui il ti5t la vie4--,si leurs vois9s1 ayant fran*i les montagnes p\r v5ir les assaillir1 sont victorieux1 le bnfice qu'ils remport5t de leur victoire consi/e uniquem5t dans la gloire et l'avantage de s'tre montrs suprieurs en valeur et en c\rage1 c> ils n'ont que faire des bi5s des va9cus2 et ils r5tr5t *ez eux o ri5 du ncessaire ne leur fait dfaut1 non plus que cette gr&e qualit de j\ir de leur situation1 d'en tre heureux et de s'en cont5t]2 s'ils sont va9cus1 l'adv]saire en agit de mme4--,aux prisonni]s on ne dem&e d'autre ranon que de se reconnatre va9cus et de le confess]2 mais il n'en e/ pas un1 dans le c\rs d'un sicle1 qui ne prfre la mort plutt que d'avoir une attitude ou de pr(r] une p>ole p\vant1 si peu que ce soit1 faire d\t] du c\rage inv9cible dont ils ont cur de faire preuve4 ,il ne s'en voit aucun qui n'aime mieux tre tu et mang que de dem&] grce4 ,ils leur laiss5t ple9e lib]t1 af9 que la vie leur en soit d'autant plus *re1 et ne cess5t de les entret5ir de la mort qui les att5d bref dlai1 des tortures qu'ils auront s\ffrir1 des apprts qui se font de leur supplice1 de leurs membres qui s]ont dc\ps1 du fe/9 qui se f]a leurs dp5s4 ,t\t cela dans le seul b de leur arra*] quelques mots de pla9te ou de faiblesse1 ou encore leur donn] ide de s'enfuir et gagn] a9si sur eux l'avantage de les avoir p\vants et d'avoir triomph de leur f]met2 c'e/ en cela seul1 en effet1 qu' le bi5 pr5dre1 consi/e vraim5t la victoire3 ,il n'y a de vritable victoire1 que celle qui contra9t l'ennemi s'av\] va9cu 7,claudi574--,les ,hongrois sont trs belliqueux2 va9queurs1 ils ne p\rsuivai5t jadis les ho/ilits que jusqu' ce que l'ennemi se ft r5du m]ci2 ds qu'il s'av\ait va9cu1 ils le laissai5t all] sans le mole/] davantage1 ni lui impos] de ranon1 n'exigeant que l'engagem5t de ne plus pr5dre dsormais les armes contre eux4 ,la vaillance consi/e ess5tiellem5t dans notre =ce d'me et non dans notre supriorit physique2 aussi y a-t-il des dfaites plus glorieuses que des victoires4--,qu& n\s l'emportons sur nos ennemis1 c'e/ bi5 plus p> des avantages dont n\s n'avons pas le mrite1 que p> des avantages qui dp5d5t de n\s4 ,c'e/ le propre d'un portefaix et non du c\rage1 d'avoir les bras et les jambes solides2 c'e/ une qualit indp5dante de n\s et t\te physique1 que d'tre en bonne disposition2 c'e/ un c\p de =tune1 que d'am5] notre adv]saire commettre une faute ou de russir faire qu'il ait le soleil dans les yeux et qu'il en soit bl\i2 c'e/ le fait du savoir et de l'adresse1 que peuv5t t\t aussi bi5 possd] un l*e et un homme de ri51 que d'tre =t dans le maniem5t des armes4--,la valeur d'un homme et l'e/ime que n\s en avons1 se mesur5t ce qu'il a de cur et de volont2 c'e/ ce qui con/itue l'honneur1 dans le vrai s5s du mot4 ,la vaillance1 ce n'e/ pas la vigueur corporelle1 c'e/ la =ce d'me et le c\rage2 elle ne consi/e pas dans la supriorit de notre *eval ni de nos armes1 mais dans la ntre4 ,celui qui succombe sans que son c\rage en soit abattu2 qui1 s'il tombe1 combat g5\ 7,snque72 qui1 malgr la mort qui le m5ace1 ne p]d ri5 de son assurance2 qui1 expirant1 demeure impassible et dfie encore son ennemi du reg>d1 e/ accabl non p> n\s1 mais p> le fait de la =tune4 ,il e/ tu1 mais n'e/ pas va9cu2 les plus vaillants sont p>fois les plus malheureux1 c'e/ ce qui fait qu'il y a des dfaites plus glorieuses que des succs4--,ces quatre victoires1 aussi brillantes les unes que les autres1 de ,salam9e1 de ,plate1 de ,mycale1 de ,sicile1 les plus belles dont le soleil ait t tmo91 peuv5t-elles t\tes ensemble rivalis] de gloire avec celle acquise p> le sacrifice du roi ,lonidas et les si5s au dfil des ,!rmopyles8 ,qui prp>a jamais la victoire avec un so9 plus jal\x de sa gloire et un plus ard5t dsir de russir que n'en apporta le capita9e ,is*olas prp>] sa p]te2 qui a jamais pris1 p\r assur] son salut1 des dispositions plus +nieuses1 y portant plus de so91 que celles qu'il prit p\r r5dre sa ru9e 9vitable8 ,il tait *>g de la df5se contre les ,arcadi5s d'un passage du ,ploponse2 se reconnaissant impuissant les arrt]1 en raison de la disposition des lieux et de l'infriorit numrique des =ces dont il disposait1 c]ta9 que t\t ce qui ti5drait tte l'ennemi s]ait dtruit1 jugeant d'autre "p indigne de son propre c\rage et de sa gr&eur d'me1 aussi bi5 que d'un ,lacdmoni51 de manqu] son devoir1 il prit un moy5 t]me p\r concili] ces deux situations extrmes3 il r5voya les plus jeunes et les plus vig\reux de sa tr\pe1 af9 de les cons]v] p\r le s]vice et la df5se de leur pays1 et avec ceux qui devai5t faire le mo9s dfaut leur patrie1 il rsolut de df5dre le passage commis sa g>de et1 p> la mort de ses df5seurs1 d'en faire a*et] l'entre le plus *rem5t possible l'ennemi4 ,c'e/ ce qui adv9t2 bi5tt environns de t\tes p>ts p> les ,arcadi5s1 aprs en avoir fait une gr&e b\*]ie1 ,is*olas et les si5s succombr5t et fur5t t\s passs au fil de l'pe4 ,quel trophe lev la gloire des va9queurs n'et-il pas t d plutt de tels va9cus6 ,la vritable victoire rside dans la manire dont on combat et non dans le rsultat f9al2 ce n'e/ pas p> le succs1 c'e/ en combattant que l'on satisfait l'honneur4 ,con/ance des prisonni]s *ez ces peuplades sauvages en prs5ce des t\rm5ts qui les att5d5t4--,p\r en rev5ir notre hi/oire1 il s'en faut tant que t\t ce qu'on fait aux prisonni]s les amne cd]1 qu'au contraire1 p5dant les deux ou trois mois durant lesquels on les g>de1 ils affect5t d'tre gais1 press5t ceux entre les ma9s desquels ils sont tombs de se ht] de les s\mettre aux preuves dont ils les m5ac5t2 ils les dfi5t1 les injuri5t1 leur repro*5t leur l*et et leur rappell5t le nombre des combats livrs contre les leurs1 o ils ont eu le dess\s4 ,je possde un *ant fait p> un de ces prisonni]s1 il y e/ dit3 ,que ses b\rreaux appro*5t h>dim5t t\s ensemble1 qu'ils se runiss5t p\r dn] de lui2 en le mangeant1 ils mang]ont1 en mme temps1 leurs pres et leurs aeux qui lui ont1 lui-mme1 s]vi d'alim5t et dont son corps s'e/ =m4 ,ces muscles1 cette *air1 ces ve9es1 leur dit-il1 sont vtres1 pauvres f\s que v\s tes4 ,ne reconnaissez-v\s pas la sub/ance des membres de vos anctres qui s'y tr\ve p\rtant encore8 dgu/ez-les avec att5tion1 v\s y retr\v]ez le gt de votre propre *air4 ,e/-ce l une composition qui s5te la b>b>ie8 ,ceux qui dcriv5t leur supplice et les reprs5t5t au mom5t o on les assomme1 les peign5t cra*ant au visage de ceux qui les tu5t et leur faisant des grimaces2 de fait1 jusqu' leur d]ni] s\pir1 ils ne cess5t de brav] leurs ennemis et de les dfi] p> leur altitude et leurs propos4 ,sans m5tir1 ce sont l1 p> rapport n\s1 de vrais sauvages1 c> entre leur manire et la ntre il y a une diffr5ce telle1 qu'il faut qu'ils le soi5t p\r t\t de bon ou que ce soit n\s4 ,les femmes1 dans cette contre1 mett5t un po9t d'am\r-propre procur] d'autres compagnes leurs m>is4--,les hommes y ont plusieurs femmes et en ont un nombre d'autant plus gr& qu'ils sont rputs plus vaillants4 ,c'e/ une p>ticul>it qui ne manque pas de beaut que1 dans ces mnages1 la jal\sie qui1 *ez n\s1 p\sse nos femmes n\s emp*] de re*]*] l'amiti et les faveurs d'autres femmes1 conduise les leurs en attir] d'autres leurs m>is4 ,l'honneur de ceux-ci primant *ez elles t\te autre considration1 elles mett5t t\s leurs so9s *]*] avoir le plus de compagnes qu'elles peuv5t1 leur nombre1 plus ou mo9s gr&1 tmoignant du c\rage qu'on lui reconnat4 ,*ez n\s on cri]ait au miracle2 ce n'en e/ pas un1 c'e/ la v]tu matrimoniale porte au suprme degr4--,la ,bible ne n\s montre-t-elle pas ,s>ah et les femmes de ,jacob1 ,la1 ,ra*el1 mettant leurs plus belles s]vantes la disposition de leurs m>is2 ,livia ne seconda-t-elle pas1 contre son intrt1 les dsirs voluptueux d',augu/e2 ,/ratonice1 femme du roi ,dejot>us1 non seulem5t prta son m>i1 p\r qu'il en ft usage1 une =t belle jeune fille d'entre ses femmes de *ambre1 mais elle s'employa lev] avec so9 les enfants qu'il en eut et les aida de t\t son p\voir p\r qu' la mort de leur pre ils lui succdass5t sur le trne4 ,et qu'on ne p5se pas que cela e/ simplem5t l'obs]vation s]vile et oblige d'un usage reu1 impos p> d'anci5nes c\tumes1 s'appliquant sans discut] ni raisonn] et qu'ils sont trop /upides p\r all] l'encontre2 voici quelques traits de leur "p qui montr5t qu'ils ne le sont po9t tant4--,j'ai rapport ci-dessus une de leurs *ansons gu]rires1 j'en possde une autre qui e/ un *ant d'am\r2 elle comm5ce a9si3 ,c\leuvre1 arrte-toi2 arrte-toi1 c\leuvre1 p\r que ma sur pr5ne p\r modle les c\leurs qui te p>5t1 p\r me faire une ri*e cordelire que je puisse donn] ma matresse2 que t\j\rs ta beaut et ton lgance te fass5t prfr] t\t autre s]p5t4 ,c'e/ le premi] c\plet et le refra9 de la *anson4 ,or1 je me connais assez en posie p\r apprci] que ce produit de leur imag9ation n'a ri5 de b>b>e et e/ t\t fait dans le g5re des odes d',anacron4 ,leur langage du re/e a de la d\ceur1 les sons en sont agrables1 les ds95ces de leurs mots se rappro*5t de celles de la langue grecque4 ,op9ions mises sur nos murs p> trois d'entre eux1 v5us visit] la ,france4--,trois d'entre eux 7que je les pla9s1 les malheureux1 de s'tre laiss dup] p> l'attrait de la n\veaut et d'avoir1 p\r le ntre1 quitt leur climat si d\x71 ignorants de ce qu'il en cot]a un j\r leur repos et leur bonheur d'avoir fait connaissance avec nos murs corrompues1 dont la pratique amn]a leur ru9e que je suppose dj bi5 avance1 sont v5us ,r\51 alors que feu le roi ,*>les ,,ix s'y tr\vait4 ,le roi s'entret9t longtemps avec eux2 on leur montra notre vie c\rante1 de belles ftes1 ce que c'e/ qu'une belle ville4 ,quelqu'un leur ayant dem& p> la suite ce qu'ils en p5sai5t et ce qu'ils avai5t le plus admir1 ils citr5t trois *oses4 ,j'ai oubli la troisime et je le regrette bi51 mais je me s\vi5s des deux autres4 ,ils dir5t1 en premi] lieu1 qu'il leur p>aissait bi5 trange qu'un aussi gr& nombre d'hommes de haute /ature ayant b>be au m5ton1 robu/es et arms1 qui se tr\vai5t auprs du roi 7il e/ probable qu'ils v\lai5t p>l] des ,suisses de sa g>de71 se s\miss5t obir un enfant et qu'il s]ait plus naturel qu'on ft *oix de l'un d'eux p\r comm&]4 ,secondem5t1 qu'ils avai5t rem>qu qu'il y a *ez n\s des g5s bi5 n\rris1 gorgs de t\tes les commodits de la vie1 en mme temps que des moitis d'hommes d*>ns1 s\ffrant de la faim et de la misre1 m5diant la porte des premi]s 7dans leur langage imag1 ils qualifi5t ces malheureux de moiti des autres72 et qu'ils tr\vai5t bi5 extraord9aire que ces moitis d'hommes si ncessiteux puiss5t support] une telle inju/ice1 ne pr5n5t pas les autres la gorge et ne mett5t pas le feu leurs maisons4 ,privilges que confre *ez eux la suprmatie4--,je me suis entret5u =t longtemps avec l'un d'eux2 mais j'avais un int]prte qui compr5ait si mal et tait si emb>rass p\r faire les que/ions que j'imag9ais de leur pos] que1 p> sa btise1 je ne pus obt5ir ri5 de srieux de mon int]locuteur4 ,lui ayant dem& ce que lui valait la supriorit qu'il avait p>mi les si5s 7c'tait un *ef et nos matelots le disai5t roi71 il me rpondit qu'il avait le privilge de m>*] en tte1 qu& on allait en gu]re4 ,a ma "q3 ,de combi5 d'hommes il tait suivi8 il me montra un t]ra91 v\lant dire qu'il y en avait autant qu'en p\vait cont5ir l'espace qu'il m'indiquait1 ce qui p\vait reprs5t] quatre c9q mille hommes4 ,je lui dem&ai encore si1 en dehors du temps de gu]re1 il cons]vait quelque autorit3 ,qu& je visite les villages qui dp5d5t de moi1 me dit-il1 on m'ouvre des s5ti]s trav]s les taillis des bois1 p\r me p]mettre de pass] l'aise4 ,t\t cela n'e/ pas mal en vrit2 mais au fond1 qu'e/-ce que cela vaut8 ,ces g5s ne port5t mme pas de culotte6 ,,*apitre ,,xxxi4 ,il faut apport] beauc\p de circonspection1 qu& on se mle d'mettre un jugem5t sur les dcrets de la ,provid5ce4 ,on ne croit ri5 si f]mem5t qu'aux *oses qui ne peuv5t tre s\mises au raisonnem5t4--,l'inconnu e/ le vritable *amp d'action de l'impo/ure2 outre que son tranget mme lui donne crdit1 comme il *appe aux raisons ord9aires1 n\s n'avons pas moy5 de le combattre4 ,c'e/ p\rquoi1 dit ,platon1 il e/ bi5 plus ais de se faire accept] qu& on p>le de *oses se rapportant aux dieux1 que lorsqu'il s'agit de que/ions affr5tes aux hommes2 l'ignorance des auditeurs1 dans le premi] cas1 ouvre une belle et l>ge c>rire et donne t\te latitude p\r produire des allgations que n\s ne p\vons vrifi]4 ,il en rsulte que ri5 ne tr\ve davantage crance que ce qu'on connat le mo9s1 et qu'il n'y a p]sonne p\r p>l] avec plus d'assurance comme ceux qui n\s cont5t des fables3 les al*imi/es1 ceux qui int]prt5t les prsages1 les a/rologues1 ceux qui lis5t l'av5ir dans les lignes de la ma91 les mdec9s et t\s autres de mme espce1 auxquels je jo9drais volonti]s1 si j'osais1 un tas de g5s qui se ml5t con/amm5t d'int]prt] et de contrl] les desse9s de ,dieu1 prt5dant pntr] la cause de t\t ce qui arrive1 les secrets de la volont div9e et les motifs insondables de ses uvres1 malgr les dm5tis cont9us et de t\tes sortes que leur inflig5t les vnem5ts4 ,ils ont beau tre balancs d'un ct l'autre1 d',ori5t en ,occid5t1 ils n'en cont9u5t pas mo9s j\] le mme jeu et1 du mme crayon1 pe9dre blanc et noir4 ,p\r appuy] la vrit de la religion *rti5ne1 il ne faudrait jamais apport] en preuve le succs de telle ou telle entreprise2 c'e/ donn] matire t\tes sortes de conte/ations4--,*ez une nation indi5ne1 exi/e une pratique digne d'loges4 ,leur survi5t-il quelque insuccs dans une r5contre ou une bataille1 ils en dem&5t publiquem5t p>don au soleil1 qui e/ leur dieu1 comme s'il s'agissait d'une (f5se son g>d1 reconnaissant t5ir leur bonheur et leur malheur de la div9it tablie juge de leurs projets et de leurs actions4 ,au *rti51 il suffit de croire que t\t vi5t de ,dieu et d'accept] de bonne grce le bi5 et le mal qu'il n\s envoie dans son inf9ie sagesse1 dont n\s ne p\vons pntr] les mobiles et1 quoi que ce soit1 d'en tre qu& mme reconnaissant4 ,mais ce que je blme1 c'e/ de se s]vir1 a9si que je le vois faire1 des vnem5ts heureux qui advi5n5t1 comme moy5 d'exalt] et de consolid] notre religion4 ,notre foi repose sur assez d'autres bases1 sans que les vnem5ts ai5t beso9 d'tre appels l'aide2 habitu] le peuple de semblables argum5ts v]s lesquels il e/ dj trop port1 prs5te ce dang] que1 si un revirem5t vi5t s'opr] dans les faveurs de la =tune1 qu'elle n\s soit contraire et t\rne notre dsavantage1 sa foi peut en tre branle4--,c'e/ ce qui arrive1 en ce mom5t1 dans nos gu]res de religion2 ceux qui ont eu le dessus dans la r5contre de ,la ,ro*e-,abeille ont fait gr& bruit de leur succs et l'ont prs5t comme un signe de la faveur div9e p\r leur p>ti2 po/rieurem5t1 ils ont expliqu les dfaites de ,montcont\r et de ,j>nac comme le fait d'une punition et d'un *tim5t tels qu'un pre en inflige p>fois ses enfants2 mais si le peuple1 auquel on ti5t un p>eil langage1 n'e/ pas notre complte dvotion1 il arrive aism5t compr5dre qu'on *]*e tir] d\ble pr(it d'une mme *ose et que c'e/ de la mme b\*e s\ffl] le *aud et le froid2 mieux vaudrait l'entret5ir de ce qui1 en ralit1 con/itue les pr9cipes fondam5taux de la vrit4 ,c'e/ une belle victoire navale que celle remporte en ces d]ni]s mois sur les ,turcs p> ,don ,juan d',autri*e2 mais ,dieu a bi5 p]mis qu'en d'autres circon/ances n\s en p]dions d'aussi importantes4 ,en somme1 il e/ difficile de mesur]1 avec nos seules facults1 les *oses div9es sans qu'elles en s\ffr5t4 ,qui v\drait tir] une conclusion de ce qu',arius et son pape ,lon1 pr9cipaux *efs de l'hrsie laquelle le premi] a donn son nom1 soi5t morts1 en des temps diffr5ts1 dans des conditions semblables et si p>ticulires 7pris de d\leurs d'entrailles et obligs de quitt] la salle o on discutait1 p\r all] la g>de-robe1 ils y r5dir5t subitem5t le d]ni] s\pir71 et p\ss]ait l'exagration jusqu' voir dans cette circon/ance de lieu une manife/ation de la v5geance div9e1 p\rrait encore cit] l'appui de sa ?se la mort d',hliogabale1 tu aussi dans des lieux d'aisance2 seulem5t comm5t alors expliqu] p\rquoi ,irne eut le mme sort8 ,les vnem5ts sont dus des causes que ,dieu seul connat et qu'il n'e/ pas donn l'homme de pntr]4--,dieu veut n\s appr5dre p> l que les bons ont autre *ose espr] et les m*ants autre *ose r$\t] que les bonnes et les mauvaises =tunes de ce monde2 il en dispose et les rp>tit suivant ses desse9s impntrables et n\s te a9si le moy5 de n\s en glorifi] bi5 tort et de les exploit]4 ,ceux qui s'en prval5t en s'appuyant sur la raison huma9e1 se moqu5t2 ils n'en donn5t jamais une preuve p\r1 qu'il ne s'en prs5te aussitt deux contre2 sa9t ,augu/9 le dmontre victorieusem5t ses contradicteurs4 ,c'e/ une "q dcid]1 plus p> les faits que l'on peut cit] que p> le raisonnem5t4 ,n\s sommes obligs de n\s cont5t] de la lumire qu'il plat au ,soleil de n\s communiqu] p> ses rayons2 et celui qui1 p\r en absorb] davantage en lui-mme1 le fix]ait avec les yeux1 ne devrait pas s'tonn] si1 en punition de son outrecuidance1 il p]dait la vue3 ,quel homme peut connatre les desse9s de ,dieu1 ou imag9] ce que veut le ,seigneur 7,livre de la ,sagesse78 ,,*apitre ,,xxxii4 ,les volupts sont fuir1 au prix mme de la vie4 ,ab&onn] la vie qu& elle e/ misrable et t\rm5te1 n'a ri5 que d'ord9aire et naturel2 mais se donn] la mort au milieu de t\tes les prosprits et p\r se s\/raire aux joies de ce monde et de la volupt e/ plus s+uli]4--,j'avais bi5 vu la plup>t des coles anci5nes tre d'accord sur ce que l'heure de m\rir e/ v5ue1 lorsque n\s avons att5dre de la vie plus de mal que de bi52 et que la cons]v] qu& elle n\s e/ une cause de t\rm5ts et *>ge1 c'e/ all] l'encontre de ce que la ,nature elle-mme n\s suggre1 comme il e/ dit dans ces s5t5ces d'un autre ge3 ,ou une vie tranquille1 ou une mort heureuse2--,il e/ beau de m\rir1 qu& la vie e/ un opprobre2--,il vaut mieux ne pas vivre1 que de vivre malheureux 7d'aprs ,/obe74 ,mais p\ss] le mpris de la mort au po9t d'y avoir rec\rs p\r se drob] aux honneurs1 la ri*esse1 aux gr&eurs et autres faveurs et bi5s qui1 nos yeux1 con/itu5t la =tune1 comme si la raison ne suffisait pas p\r n\s am5] les ab&onn] sans rec\rir ce moy5 extrme1 je ne l'avais vu ni recomm&]1 ni pratiqu]1 lorsque me tomba s\s la ma9 ce passage de ,snque3--,il a donn ,lucilius1 p]sonnage puissant de l'ent\rage de l'emp]eur auprs duquel il j\it d'un gr& crdit1 le conseil de cess] sa vie de plaisirs et de luxe1 de r5onc] aux ambitions du monde1 d'y sub/itu] une vie solitaire1 tranquille1 et de s'adonn] la philosophie4 ,lucilius objecte c]ta9es difficults ce *angem5t d'exi/5ce1 ,snque lui rpond3 ,j'e/ime qu'il te faut r5onc] ce g5re de vie ou la vie elle-mme4 ,bi5 que je te conseille le moy5 le plus d\x3 dta*] ce que tu z mal n\ plutt que le rompre1 c'e/ s\s rs]ve que tu rompes si tu ne peux dta*] autrem5t2 il n'y a pas d'homme1 si c\>d qu'il soit1 qui ne prfre tomb] une bonne fois1 que d'tre sans cesse s\s le c\p d'une *ute imm95te4 ,j'eusse tr\v ce conseil con=me la rudesse des ,/oci5s2 j'ai t trs surpris qu'il ft emprunt picure qui1 ce mme propos1 a crit la mme *ose ,idomne4 ,il me semble avoir rem>qu dans c]ta9s faits de notre poque cette mme t5dance1 mitige p> la modration inhr5te la doctr9e *rti5ne4 ,sa9t ,hilaire1 vque de ,poiti]s1 ce fameux ennemi de l'hrsie ari5ne1 tant en ,syrie1 fut av]ti qu',abra1 sa fille unique1 qu'il avait laisse dans les ,gaules avec sa mre1 tait re*]*e en m>iage p> des seigneurs des plus m>quants du pays1 p>ce qu'elle tait trs bi5 leve1 belle1 ri*e et la fleur de l'ge4 ,il lui crivit1 a9si qu'une lettre de lui en tmoigne1 de ne pas prt] att5tion aux (fres qui lui tai5t faites1 si avantageuses et si dsirables qu'elles lui p>atrai5t2 que1 dans le c\rs de son voyage1 il lui avait tr\v un p>ti beauc\p plus gr& et plus digne1 un m>i autrem5t puissant et magnifique1 qui lui f]ait prs5t de robes et de joyaux d'un prix ine/imable4 ,son desse9 tait de lui faire p]dre le gt des plaisirs de ce monde1 et de l'en dt\rn] p\r l'am5] t\t ,dieu4 ,puis1 p5sant que la mort de sa fille tait encore le moy5 le plus c\rt et le plus c]ta9 d'arriv] ce b1 il ne cessa d'adress] au ,crateur vux1 prires et oraisons1 p\r qu'il la ft sortir de ce monde et l'appelt lui1 ce qui arriva4 ,peu aprs son ret\r elle m\rut1 ce dont il manife/a une joie bi5 s+ulire4 ,sa9t ,hilaire semble r5*rir ici sur t\s autres1 en ce qu'il fit appel de prime abord la mort1 laquelle les autres n'ont rec\rs qu'en d]ni] ressort2 et aussi1 p>ce qu'il s'agit de sa fille unique4--,mais cette hi/oire a une suite que je ne veux pas pass] s\s sil5ce1 bi5 qu'elle ne se ratta*e pas prcism5t mon sujet4 ,la femme de sa9t ,hilaire1 t5ant de lui que la mort de leur fille avait t prmdite et am5e p> un effet de sa volont1 et combi5 elle tait plus heureuse hors de ce monde que si elle y ft demeure1 fut prise d'un si ard5t dsir d'tre au ciel1 p\r y j\ir de la batitude t]nelle1 qu'elle sollicita son m>i avec les plus vives in/ances1 d'en agir de mme son g>d4 ,dieu1 accdant leurs communes prires1 l'appela lui bi5tt aprs2 et cette mort1 accueillie avec transport1 leur causa t\s deux une satisfaction t\t fait en dehors de l'ord9aire4 ,,*apitre ,,xxxiii4 ,la =tune m>*e s\v5t de pair avec la raison4 ,la =tune agit dans les conditions les plus div]ses1 p>fois elle se sub/itue la ju/ice4--,l'incon/ance de la =tune au pas mal assur1 fait qu'elle se prs5te ncessairem5t n\s dans les conditions les plus div]ses4 ,y a-t-il quelque *ose de plus con=me la ju/ice que le fait suivant8 ,le duc de ,val5t9ois1 mditant d'empoisonn] ,adri51 c>d9al de ,cornte1 *ez qui son pre1 le pape ,alex&re ,,vi1 et lui devai5t s\p] au ,vatican1 envoya1 avant de s'y r5dre lui-mme1 une b\teille de v9 empoisonn1 recomm&ant au sommeli] de la cons]v] avec gr& so94 ,le pape arriva avant son fils et dem&a boire2 le sommeli]1 p5sant qu'on ne lui avait tant fait de recomm&ations sur ce v9 que p>ce qu'il tait p>ticulirem5t bon1 en s]vit au pape4 ,le duc surv9t au mom5t de la collation et1 conva9cu que ce n'tait pas sa b\teille qu'il avait t t\*1 en prit son t\r4 ,le pre succomba immdiatem5t2 quant au fils1 il en fut trs gravem5t et trs longtemps malade1 mais il tait rs]v une f9 plus malheureuse4 ,elle dt]m9e les vnem5ts les plus biz>res1 qui vont jusqu' t5ir du miracle4--,la =tune se j\e quelquefois de n\s po9t nomm4--,quoique de p>tis opposs1 a9si que cela arrive entre vois9s d'un ct et de l'autre de la frontire1 le seigneur d',e/res1 alors guidon de ,m4 de ,v5dme1 et le seigneur de ,liques1 lieut5ant de la compagnie du duc d',ascot1 tai5t t\s deux prt5dants la ma9 de la sur du sieur de ,f\ngueselles2 le sieur de ,liques l'emporta4 ,le j\r mme de ses noces et1 qui pis e/1 avant le c\*]1 il prit fantaisie au m>i de rompre une lance en l'honneur de sa n\velle p\se1 et il v9t esc>m\*] prs de ,s4-,om]2 le seigneur d',e/res se tr\va tre le plus =t et le fit prisonni]4 ,ce qui aj\ta son avantage1 c'e/ que le va9queur ne rel*a son prisonni] qu' la requte que la demoiselle1 contra9te de r5onc] aux embrassem5ts de son n\vel p\x1 avant que les longues nuits d'un ou deux hiv]s euss5t rassasi l'avidit de leur am\r 7,catulle71 lui en fit en s'adressant sa c\rtoisie1 la noblesse de ,france ne refusant jamais ri5 aux dames4 ,ne semble-t-il pas qu'elle fasse p>fois les *oses en arti/e8 ,un ,con/ant9 fils d',hlne fonde l'empire de ,con/ant9ople qui1 bi5 des sicles aprs1 pr5d f9 avec un autre ,con/ant9 galem5t fils d'une ,hlne4--,quelquefois elle se complat r5*rir sur nos miracles4 ,on rapporte que le roi ,clovis faisant le sige d',ang\lme1 les murailles1 p> faveur div9e1 s'cr\lr5t d'elles-mmes4--,b\*et relate d'aprs un auteur que le roi ,rob]t1 assigeant une ville1 s'en loigna p\r all] ,orlans pr5dre "p aux sol5nits de la fte de ,s4 ,aignan4 ,p5dant qu'il tait en dvotion1 un c]ta9 mom5t de la messe1 les remp>ts de la ville assige tombr5t1 sans avoir t l'objet d'aucune t5tative de de/ruction4--,dans nos gu]res dans le ,milanais1 mme prodige de sa "p1 mais notre prjudice3 ,le capita9e ,r5se1 assigeant p\r notre compte la ville d',arone1 fit plac] une m9e s\s un gr& pan de mur qui fut brusquem5t s\lev de t]re mais retomba t\t d'une pice et v]ticalem5t sur sa base1 si bi5 que les assigs s'en tr\vr5t aussi bi5 protgs aprs comme avant4 ,elle opre des cures inespres2 produit dans les arts1 dans nos affaires les effets les plus inatt5dus4--,la =tune encore se fait mdec94 ,jason de ,phres1 s\ffrant d'un abcs dans la poitr9e1 tait ab&onn de la corporation2 rsolu se dlivr] de son mal1 ft-ce p> la mort1 il se jeta corps p]du dans un combat1 au plus =t de la mle4 ,transp]c d'un c\p de lance1 le c\p fut si heureux qu'il ouvrit l'abcs et que ,jason gurit4--,ne se montra-t-elle pas1 avec le pe9tre ,protognes1 d'un tal5t suprieur au si5 dans la pratique mme de son art8 ,protognes avait pe9t et p>faitem5t russi un *i5 h>ass et r5du de fatigue2 il tait satisfait de son uvre en t\s po9ts1 sauf qu'il n'arrivait pas reprs5t] son gr l'cume et la bave2 dpit de son insuccs1 il saisit son ponge qui tait imprgne de div]ses c\leurs et la lana contre son tableau1 v\lant t\t effac]4 ,la =tune dirigea si bi5 le c\p1 qu'il porta sur la gueule du *i5 et fit ce que l'arti/e n'avait pu obt5ir4--,on la voit rectifi] p>fois et corrig] les desse9s que n\s avons =ms4 ,la re9e d',anglet]re1 ,isabelle1 v5ant de ,zl&e1 r5trait dans son royaume1 conduisant une arme au sec\rs de son fils et contre son m>i4 ,elle tait p]due si elle entrait dans le port qu'elle projetait d'atte9dre1 p>ce que ses ennemis l'y att5dai5t4 ,la =tune1 contre sa volont1 la rejeta sur un autre po9t de la cte1 o elle db>qua en sret4--,ce p]sonnage de l'antiquit qui1 lanant une pi]re un *i51 atteignit sa belle-mre et la tua1 n'tait-il pas dans le vrai qu&1 aprs l'accid5t1 il disait3 ,la =tune e/ plus avise que n\s 7,mn&re78 ,icets avait suborn deux soldats p\r assass9] ,timolon1 durant un sj\r ,adrane1 en ,sicile4 ,les conjurs conv9r5t d'agir p5dant un sacrifice que leur victime devait (frir4 ,ils tai5t mls la f\le et se faisai5t rciproquem5t signe que le mom5t tait propice leur mauvais c\p1 qu& voil un troisime individu qui assne un gr& c\p d'pe sur la tte de l'un d'eux1 l't5d mort p> t]re et s'enfuit4 ,son compagnon1 se croyant dc\v]t et p]du1 c\rt l'autel et1 le t5ant embrass1 promet de t\t rvl]1 si on lui accorde son p>don4 ,et voil que1 t&is qu'il dvoile la conjuration1 le meurtri] qui avait t arrt1 tran p> le peuple qui le h\spille1 e/ am5 trav]s la f\le ,timolon et aux p]sonnages de m>que de l'assemble4 ,l1 il crie m]ci1 disant que c'e/ bon droit qu'il a tu l'assass9 de son pre4 ,sance t5ante1 il e/ pr\v p> des tmo9s que sa bonne =tune fait se tr\v] l propos1 qu'en effet son pre avait t assass9 dans la ville des ,lont9s p> celui dont il v5ait de tir] v5geance2 et1 en rcomp5se de ce qu'en v5geant la mort de son pre il a eu l'heureuse *ance de sauv] celui que les ,sicili5s appelai5t le ,pre du peuple1 on lui octroie une somme de dix m9es attiques4 ,ce c\p du sort ne dpasse-t-il pas t\tes les prvisions huma9es8 ,je t]m9]ai p> un fait qui n\s montre la =tune se prtant un acte dnotant de sa "p une faveur t\te p>ticulire1 une bont et une pit s+ulires4 ,a ,rome1 ,ignatius et son fils1 proscrits p> les triumvirs1 p> une dt]m9ation tmoignant leur gr&eur d'me1 se rsolur5t1 p\r *app] la cruaut des tyrans1 de se donn] rciproquem5t la mort4 ,l'pe la ma91 ils se prcipit5t l'un sur l'autre1 et la =tune dirige si bi5 leurs c\ps1 que t\s deux sont mortellem5t atte9ts4 ,bi5 plus1 p\r l'honneur d'une si belle amiti1 elle p]met que le pre et le fils ai5t encore la =ce de retir] les f]s des blessures qu'ils vi5n5t de port]1 et de se jet] t\t sanglants dans les bras l'un de l'autre2 et ils meur5t1 se t5ant si troitem5t embrasss1 que les b\rreaux leur c\p5t la tte laissant les corps en cette noble tre9te1 leurs plaies bantes colles l'une l'autre1 humant am\reusem5t l'une et l'autre le sang et les re/es de vie de *acun4 ,,*apitre ,,xxxiv4 ,une lacune de notre adm9i/ration4 ,utilit dont s]ait1 dans *aque ville1 un regi/re public o *aque habitant p\rrait insr] des annonces et des avis4--,feu mon pre1 homme d'un jugem5t d'une gr&e nettet1 qui ne s'tait =m que p> l'expri5ce aide de ses dispositions naturelles1 m'a dit autrefois qu'il avait dsir faire que1 dans les villes1 il y et un endroit dsign o ceux ayant des beso9s faire connatre1 puiss5t se r5dre et o ils tr\v]ai5t un employ prpos cet effet1 qui aurait *>ge d'enregi/r] leur affaire1 dans la =me ci-aprs p> exemple3 ,un tel *]*e v5dre des p]les2--un tel *]*e des p]les qui soi5t v5dre2--un tel v\drait tr\v] compagnie p\r all] ,p>is2--un tel1 un dome/ique dans telles conditions2--un tel v\drait se plac]2--tel dem&e un ouvri]2--tel dem&e ceci1 tel autre dem&e cela1 *acun suivant ce dont il aurait beso94 ,il semble que ce moy5 de n\s av]tir les uns les autres1 s]ait d'une trs gr&e commodit p\r le public2 c> t\s mom5ts il y a des beso9s qui dem&5t satisfaction2 et1 faute de se tr\v] au c\rant des (fres et des dem&es1 il y a des g5s qui sont dans un extrme emb>ras4 ,j'pr\ve une gr&e honte p\r notre sicle1 qu& j'ent5ds dire que1 de notre temps1 deux hommes de trs gr& savoir3 ,lilius ,gregorius ,giraldi en ,italie1 et ,sba/i5 ,*a/eillon en ,allemagne1 sont morts de misre ne mangeant pas leur faim4 ,j'e/ime qu'un milli] de p]sonnes1 si elles avai5t connu leur dtresse1 ou les euss5t sec\rus sur place1 ou les euss5t m&s prs d'elles en leur faisant de trs avantageuses conditions4 ,le monde n'e/ pas si gnralem5t corrompu1 que je ne connaisse des hommes qui s]ai5t trs heureux de p\voir employ] les ress\rces de leur patrimo9e1 durant le temps qu'il plat la =tune de leur en laiss] la j\issance1 mettre l'abri du beso9 les p]sonnages hors ligne1 qui se sont di/+us s\s quelque rapport que ce soit1 que le malheur rduit p>fois la d]nire extrmit1 et qui les mettrai5t p\r le mo9s en tel tat1 qu' mo9s de n'tre pas raisonnables1 ils s]ai5t c]ta9em5t cont5ts4 ,intrt que prs5t]ait galem5t la t5ue1 dans *aque famille1 d'un livre o s]ai5t consigns1 j\r p> j\r1 les petits vnem5ts qui l'intress5t4--,dans la t5ue de sa maison1 mon pre avait une habitude d'ordre intrieur que je l\e =t1 mais que je n'ai pas su imit]4 ,outre le regi/re des transactions j\rnalires o s'inscriv5t les m5us comptes1 paiem5ts1 m>*s1 dans lesquels n'int]vi5t pas le notaire1 regi/re que t5ait notre homme d'affaires1 il v\lait que son secrtaire tnt un j\rnal de t\s les vnem5ts tant soit peu m>quants et1 j\r p> j\r1 de t\s r5seignem5ts qui p\vai5t s]vir l'hi/oire de sa famille2 ce qui con/itue un docum5t trs curieux1 qu& le temps comm5ce effac] le s\v5ir des faits1 et n\s e/ s\v5t =t utile p\r n\s tir] d'emb>ras4 ,on y tr\ve3 ,qu& a t comm5c tel travail2 quelle poque il a pris f92--quelles p]sonnes1 avec quelles suites1 sont v5ues n\s voir2 la dure de leurs sj\rs2--nos voyages1 nos abs5ces2 les m>iages1 les morts1 les bonnes et mauvaises n\velles2 les *angem5ts surv5us p>mi nos pr9cipaux s]viteurs2 etc4 ,usage anci5 qui p]met *acun de revivre son pass2 je tr\ve bon de le rappel] et suis bi5 sot de ne pas l'avoir cont9u4 ,,*apitre ,,xxxv4 ,de l'habitude de se vtir4 ,la nature n\s a-t-elle =ms p\r tre vtus8--,quel que soit le sujet que je veuille trait]1 je me heurte quelque biz>r]ie des c\tumes admises1 tellem5t elles ont la haute ma9 sur t\t ce qui n\s t\*e4 ,en cette saison o le froid se fait s5tir1 je m'entret5ais de l'habitude qu'ont ces peuples n\vellem5t dc\v]ts1 d'all] t\t nus1 et je me dem&ais si elle a t am5e p> la temprature leve du climat1 a9si qu'on le dit p\r les ,indi5s et les ,maures1 ou si1 l'orig9e1 ce n'tait pas la faon d'tre de l'homme4 ,t\t ce qui e/ s\s la calotte des cieux tant s\mis aux mmes lois1 comme le dit l'criture1 les g5s s5ss admett5t dans les que/ions de cet ordre que1 p\r di/+u] les lois naturelles de celles qui ont t introduites p> n\s1 il faut se report] aux rgles gnrales qui prsid5t au travail de la nature en ce monde qui1 elles1 ne s\ffr5t aucune altration4 ,or t\t1 en dehors de l'homme1 e/ p> soi-mme p\rvu de t\t ce qui e/ ncessaire sa cons]vation2 il n'e/ donc pas croyable que seuls n\s ayons t crs dans un tat si dfectueux et si misrable1 que n\s ne puissions n\s pass] de sec\rs trang]4 ,c'e/ p\rquoi j'e/ime que les plantes1 les arbres1 les animaux et t\t ce qui a vie1 tant naturellem5t p\rvus de moy5s les g>antissant suffisamm5t contre les injures du temps1 ,raison p\r laquelle presque t\s les tres sont c\v]ts1 ou de cuir1 ou de poil1 de coquilles1 de callosits ou d'corce 7,lucrce71 il en tait a9si de n\s4 ,mais1 de mme qu'il s'en tr\ve qui font emploi de lumires artificielles qui affaibliss5t la cl>t du j\r1 de mme n\s avons affaibli l'efficacit des moy5s s]vant n\s g>antir qui n\s sont propres1 en leur en sub/ituant qui ne n\s sont pas naturels4 ,il e/ ais de reconnatre que c'e/ l'habitude que n\s devons de considr] comme impossible ce qui ne l'e/ pas2 c>1 p>mi ces nations qui ne font pas usage de vtem5ts1 il y en a qui habit5t s\s le mme climat que n\s1 et d'autres s\s des climats beauc\p plus rudes que le ntre4 ,n\s-mmes n\s avons con/amm5t dc\v]t les p>ties les plus dlicates de notre corps3 les yeux1 la b\*e1 le nez1 les oreilles2 et nos paysans1 comme nos aeux1 vont encore la poitr9e et le v5tre dc\v]ts4 ,si n\s tions ns avec des jupes et des culottes1 il n'y a pas de d\te que la nature n'et dot d'une peau plus paisse les p>ties de notre corps exposes aux intempries des saisons1 comme le sont les extrmits des doigts et la plante des pi$s4 ,p\rquoi cela n\s semble-t-il invraisemblable8 ,entre la manire dont je suis vtu et celle d'un paysan de mon pays1 la diffr5ce e/ bi5 plus gr&e qu'entre cette d]nire et celle d'un homme qui n'a que sa propre peau p\r t\t vtem5t2 combi5 de g5s1 en ,turquie en p>ticuli]1 vont compltem5t nus1 p> dvotion6--,je ne sais qui dem&ait un gueux qu'il voyait1 en ple9 hiv]1 n'ayant que sa *emise1 tre aussi gai que tel qui e/ emmit\fl de m>tres jusqu'aux oreilles1 comm5t1 dans un tat si misrable1 il p\vait tre de si bonne humeur3 ,v\s1 ,monsieur1 lui fut-il rpondu1 v\s avez la figure dc\v]t2 eh bi51 moi1 des pi$s la tte1 je suis t\t figure4--,les ,itali5s1 ce me semble1 racont5t que le f\ du duc de ,flor5ce1 auquel son matre dem&ait comm5t1 si mal vtu1 il p\vait endur] le froid1 alors que lui-mme en tait trs =t incommod1 lui rpondit3 ,suivez ma recette1 mettez-v\s sur le corps t\te votre g>de-robe comme je fais de la mi5ne1 et v\s n'en s\ffrirez pas plus que moi4--,le roi ,mass9issa ne put1 jusqu' son extrme vieillesse1 support] avoir la tte c\v]te1 quelque froid1 quelque orage ou pluie qu'il ft2 de mme1 dit-on1 l'emp]eur ,svre4--,hrodote rapporte que lui et d'autres ont rem>qu1 la suite des combats livrs entre les gypti5s et les ,p]ses1 en exam9ant les morts1 que1 sans comp>aison1 les gypti5s avai5t le crne beauc\p plus dur que les ,p]ses1 ce qu'il attribue ce que ceux-ci ont t\j\rs une calotte sur la tte et le turban p> dessus1 t&is que les premi]s ont1 ds l'enfance1 la tte compltem5t rase et t\j\rs dc\v]te4--,le roi ,agsilas1 jusqu'au mom5t o l'atteignir5t les infirmits1 portait les mmes vtem5ts1 en hiv] comme en t4--,cs>1 dit ,sutone1 m>*ait la tte de ses tr\pes1 le plus s\v5t pi$ et t\j\rs la tte dc\v]te1 qu'il ft soleil ou qu'il plt4 ,annibal1 dit-on1 en faisait autant1 bravant1 tte nue1 la pluie et l'effondrem5t des cieux 7,silius ,italicus74--,un ,vniti5 rapporte qu'au royaume du ,pgu1 o il e/ demeur longtemps et d'o il ne fait que rev5ir1 hommes et femmes ont le re/e du corps vtu1 mais vont t\j\rs les pi$s nus1 mme *eval4--,platon conseille1 comme d'un m]veilleux effet p\r la sant1 de ne se c\vrir ni les pi$s1 ni la tte autrem5t que la nature y a p\rvu4--,le seigneur que les ,polonais ont *oisi p\r roi en remplacem5t de celui que n\s leur avions f\rni1 e/ assurm5t un des plus gr&s pr9ces de notre sicle2 il ne porte jamais de gants2 l'hiv] et quelque temps qu'il fasse1 il a t\j\rs dehors le mme bonnet dont il fait usage dans ses app>tem5ts4--,je ne puis s\ffrir tre db\tonn et avoir mes vtem5ts flottants2 les lab\reurs de mon vois9age s]ai5t trs gns d'all] a9si4--,v>ron e/ime que l'obligation de n\s t5ir dc\v]ts en prs5ce des dieux ou d'un magi/rat a t motiv p> l'intrt de notre sant1 p\r n\s =tifi] contre les intempries1 plutt qu'en signe de respect4 ,du froid en c]ta9es circon/ances4--,puisqu'il e/ "q du froid1 et qu'en ,france on aime la big>rure dans les c\leurs que l'on porte 7pas moi cep5dant qui ne m'habille gure que de noir et de blanc comme faisait mon pre71 v>iant mon sujet1 j'aj\t]ai que le capita9e ,m>t9 du ,bellay relate avoir vu1 dans un voyage dans le ,luxemb\rg1 des froids si rig\reux que le v9 de/9 aux soldats se c\pait c\ps de ha*e et de cogne1 et se dbitait au poids la tr\pe qui l'emportait dans des pani]s4 ,ovide1 du re/e1 ne dit-il pas3 ,le v9 gel cons]ve la =me du vase qui le cont5ait2 on ne le boit pas liquide1 la di/ribution en e/ faite p> morceaux4--,les geles sont si =tes l'entre des ,palus ,motides que1 sur les mmes emplacem5ts o1 sur la glace1 il avait combattu pi$ sec et dfait ses ennemis1 le lieut5ant de ,mi?ridate1 l't suivant1 gagna encore sur ces mmes adv]saires une bataille navale4--,les ,roma9s se tr\vr5t dans un gr& tat d'infriorit1 lors du combat qu'ils livrr5t aux ,c>?ag9ois prs de ,plaisance1 de ce qu'ils combattir5t glacs jusqu'au sang et les membres raidis p> le froid4 ,annibal1 lui1 avait eu so9 de faire faire de gr&s feux sur t\te sa ligne1 p\r que ses soldats puss5t se *auff]1 et ses div]s corps de tr\pes il avait fait di/ribu] de l'huile1 p\r que1 s'en frottant1 leurs membres se dg\rdiss5t et en dev9ss5t plus s\ples1 et que l'huile =mant enduit1 protget les pores de la peau contre les atte9tes de l'air et le v5t glacial qui rgnait ce mom5t4--,la retraite des ,grecs p\r1 de ,babylone1 regagn] leur patrie1 e/ fameuse p> les difficults et les s\ffrances qu'ils eur5t surmont]4 ,ils fur5t entre autres1 dans les montagnes d',armnie1 assaillis p> une trs =te t\rm5te de neige qui leur fit p]dre mom5tanm5t t\te connaissance du pays et des *em9s4 ,contra9ts p> suite de demeur] sur place1 ils fur5t un j\r et une nuit sans boire ni mang]2 la plup>t de leurs btes prir5t a9si que plusieurs d'entre eux2 quelques-uns p]dir5t la vue p> l'effet du grsil et l'clatante blan*eur de la neige2 quelques-uns eur5t les extrmits des membres gels2 et il y en eut qui1 cons]vant leur ple9e connaissance1 envahis compltem5t p> le froid1 en fur5t eng\rdis1 p>alyss et immobiliss t\t jamais4--,alex&re a vu un pays o1 en hiv]1 on ent]re les arbres fruiti]s p\r les df5dre contre la gele2 n\s sommes1 du re/e1 mme de le voir faire p>fois *ez n\s mmes4 ,usages la c\r de l',emp]eur du ,mexique4--,rev5ons l'habillem5t4 ,l'emp]eur du ,mexique *angeait de vtem5ts quatre fois p> j\r et ne mettait jamais deux fois les mmes2 ceux qu'il quittait lui s]vai5t faire des libralits1 ou il les donnait en rcomp5se4 ,il en tait de mme des vases1 des plats et des u/5siles de sa cuis9e et de sa table1 qui jamais n'tai5t employs p\r son s]vice et ne p>aissai5t deux fois devant lui4 ,,*apitre ,,xxxvi4 ,sur ,caton le jeune4 ,il ne faut pas jug] des autres d'aprs n\s4--,je ne donne pas dans cette erreur si communm5t rp&ue de jug] des autres d'aprs moi2 je crois aism5t que bi5 des *oses en eux peuv5t diffr] ess5tiellem5t de ce qui e/ en moi4 ,de ce que je suis port faire de telle faon1 je n'oblige pas le monde faire de mme comme beauc\p font4 ,je crois et conois mille =mes div]ses de m5] l'exi/5ce2 et1 contrairem5t ce qui se passe gnralem5t1 les diffr5ces qui sont entre n\s1 m'tonn5t mo9s que les ressemblances qui peuv5t exi/]4 ,je n'impose un autre1 sans re/riction aucune1 ni mon g5re de vie1 ni mes pr9cipes2 je le considre simplem5t en lui-mme1 sans tablir de comp>aison1 le pr5ant tel qu'il e/4 ,de ce que je ne suis pas cont95t1 je ne laisse pas de reconnatre s9crem5t que les ,feuillants et les ,capuc9s le sont1 et d'appr\v] leur manire d'tre sur ce po9t2 je me mets =t bi5 p> l'imag9ation leur place1 et les aime et honore d'autant plus1 qu'ils diffr5t de moi4 ,je s\haite t\t p>ticulirem5t qu'on n\s juge *acun sur ce que n\s sommes1 sans n\s mettre en p>allle avec des modles tirs de la gnralit4 ,ma faiblesse ne m'emp*e pas de faire cas de ceux qui le mrit5t p> leur =ce et leur vigueur3 ,il y a des g5s qui ne conseill5t que ce qu'ils croi5t p\voir imit] 7d'aprs ,cicron74--,bi5 que rampant au niveau du sol1 cela ne m'emp*e pas d'ap]cevoir dans les nues1 si haut qu'elles se soi5t leves1 c]ta9es mes qui se di/+u5t p> leur hrosme4 ,c'e/ beauc\p p\r moi d'avoir le jugem5t ju/e1 alors mme que mes actions ne le sont pas1 et de cons]v] cette qualit matresse exempte de corruption2 c'e/ quelque *ose d'avoir bonne volont1 lors mme que les =ces n\s manqu5t4 ,auj\rd'hui la v]tu n'e/ qu'un va9 mot2 on n'e/ v]tueux que p> habitude1 p> intrt ou p> ambition4--,notre sicle1 au mo9s dans le milieu o n\s vivons1 e/ si vici que1 je ne dirai pas la pratique de la v]tu mais mme sa conception1 e/ *ose laquelle on ne songe gure2 il semble que ce ne soit plus que du j>gon de collge3 ,ils croi5t que la v]tu n'e/ qu'un mot1 et dans un bois sacr ne voi5t que du bois brl] 7,horace72--,la v]tu qu'ils devrai5t respect]1 qu& mme ils ne p\rrai5t la compr5dre 7d'aprs ,cicron71 e/ dev5ue un colifi*et bon p5dre dans son cab9et ou au b\t de la langue2 un simple objet de p>ure1 t\t comme des p5dants d'oreille4 ,il ne s'accomplit plus d'acte de v]tu2 ceux qui sont tels en app>5ce1 n'en ont cep5dant pas le c>actre ess5tiel2 ils ont leur s\rce dans le bnfice1 la gloire qu'ils peuv5t procur]1 la cra9te1 l'habitude et autres causes trangres4 ,les actes de ju/ice1 de c\rage1 de bont manant de n\s1 peuv5t tre considrs p> autrui comme ayant la v]tu p\r mobile et sembl] tels au public2 mais1 *ez leurs auteurs1 ce n'e/ pas la v]tu qui les inspire2 ils ont une autre f91 ils procd5t d'une autre cause2 or1 la v]tu n'admet que ce qui se fait p> elle et p\r elle4 ,aprs la gr&e bataille de ,plate1 remporte p> les ,grecs s\s les ordres de ,pausanias sur les ,p]ses comm&s p> ,m>donius1 les va9queurs1 suivant leur c\tume1 ayant attribu] auxquels p>mi eux rev5ait la gloire du succs1 le dc]nr5t aux ,sp>tiates1 p\r la valeur au-dessus de t\t dont ils avai5t fait preuve dans le combat4 ,qu& ceux-ci1 excell5ts juges en fait de v]tu1 en v9r5t dcid] auquel d'entre eux devait rev5ir l'honneur d'tre proclam comme s'tant le mieux conduit en cette j\rne1 ils reconnur5t qu',ari/odme tait celui qui avait affront les prils avec le plus de c\rage4 ,ils ne lui donnr5t p\rtant pas le prix1 p>ce que son c\rage avait t surexcit p> le dsir de se lav] du repro*e qu'il avait enc\ru p\r sa conduite aux ,!rmopyles et de ra*et] sa honte passe p> une mort honorable4 ,il e/ des hommes qui *]*5t rabaiss] les p]sonnages m95ts p> leurs v]tus2 il faudrait au contraire les (frir sans cesse comme des modles l'admiration du monde4--,les jugem5ts que n\s portons sont lo9 d'tre t\j\rs ju/es1 ils se ress5t5t de la dpravation de nos murs4 ,je vois la plup>t des g5s d'esprit de mon temps s'+ni] dim9u] la gloire des belles et gnreuses actions que n\s prs5te l'antiquit1 les dprciant1 inv5tant cet effet des circon/ances et des causes qui n'ont pas exi/3 belle malice vraim5t6 ,qu'on me donne l'action la plus belle1 la plus pure1 j'arriv]ai vraisemblablem5t lui prt] p> d\za9es les pires int5tions p\r mobile4 ,dieu sait combi51 *ez qui y prte1 notre volont intime peut tre div]sem5t influ5ce4 ,ces mal9s1 qui vont rp&ant la mdisance1 sont encore plus grossi]s et /upides que m*ants4 ,la mme pe9e que l'on pr5d1 les mmes procds abusifs dont on se s]t p\r dprci] ces gr&s hommes1 je s]ais presque t5t d'en us]1 p\r aid] les faire plus gr&s encore4 ,ces gr&es figures1 si r>es1 *oisies entre t\tes1 *oix auquel ont adhr les sages eux-mmes1 p\r tre donnes en exemple au monde1 je ne reg>d]ais pas accrotre1 autant que je le p\rrais1 l'honneur en lequel on les ti5t1 p> les int]prtations et les circon/ances favorables que j'arriv]ais crer2 et je crois qu'en cela les effets de notre imag9ation demeur]ai5t encore bi5 au-dess\s de leur mrite4 ,c'e/ le devoir des g5s de bi51 de reprs5t] la v]tu s\s les =mes les plus belles qu'il se peut2 et je ne tr\v]ais pas r$ire si ce s5tim5t n\s entranait exagr] encore dans les loges que n\s dc]nons ses manife/ations si dignes de nos respects4 ,ce qu' l'oppos font ses dtracteurs1 ils le font soit p> malice1 soit p> le dfaut qu'ils ont1 et dont j'ai p>l plus haut1 de ram5] leur porte ce qui s'impose leur croyance2 ou plutt1 je p5se1 p>ce que leur vue manque de la =ce et de la nettet ncessaires p\r les faire aptes concevoir la spl5deur de la v]tu dans t\te sa puret1 a9si que c'tait le cas p\r ceux qui1 du temps de ,plut>que qui n\s le rapporte et s'en irritait avec ju/e raison1 attribuai5t la mort de ,caton le jeune la cra9te qu'il avait de ,cs>2 cela p]met de jug] combi5 ce mme hi/ori5 et t plus (f5s encore d'ent5dre1 a9si qu'on l'a fait depuis1 attribu] cette mort l'ambition6 ,sottes g5s6 ,comme s'il n'tait pas dans le c>actre de ,caton d'accomplir une belle action1 ju/e et gnreuse1 en mettant les app>5ces contre lui plutt que dans le b de s'en faire un titre de gloire4 ,ce gr& homme fut vritablem5t un modle1 dont la nature fit *oix p\r n\s montr] quel degr peuv5t atte9dre1 *ez l'humanit1 la v]tu et la f]met4 ,comm5t c9q potes anci5s ont p>l de ,caton2 la vraie posie v\s transporte1 mais ne peut s'analys]4--,je ne me propose pas de trait] ici ce sujet1 si ri*e en enseignem5ts2 je veux simplem5t mettre en p>allle1 p\r rehauss] sa gloire1 et incidemm5t la leur1 les passages de c9q potes lat9s1 consacrs l'loge de ,caton4 ,j'e/ime que t\t enfant1 mis p> son in/ruction mme de prononc]1 tr\v]a que1 p> rapport aux autres1 les deux premires apprciations mises sont faibles2 que la troisime1 plus saisissante1 p]d p> son exagration2 qu'entre celle-ci et les prcd5tes1 il y a place p\r une ou deux autres de tonalit int]mdiaire1 p\r arriv] la quatrime1 devant laquelle il ne peut manqu] de se t5ir en admiration1 les ma9s jo9tes2 mais il assign]a le premi] rang la d]nire qui di/ance t\tes les autres1 sans que l'int]valle qui l'en sp>e puisse1 il le reconnatra1 tre rempli p> nul esprit huma92 et1 frapp d'tonnem5t1 il en demeur]a t\t saisi4 ,*ose tonnante1 n\s avons bi5 plus de potes que de p]sonnes aptes jug] et int]prt] la posie2 il e/ plus ais de la faire que de la compr5dre4 ,si on ne considre que la "q secondaire de =me1 on peut appuy] son jugem5t sur l'application des prceptes1 sur l'art avec lequel elle a t compose2 mais dans ce qu'elle a de bon1 de sublime1 de div91 elle e/ au-dessus de t\tes les rgles et de t\t raisonnem5t4 ,quiconque *]*e avec calme et rflexion en analys] la beaut1 ne la voit pas1 non plus qu'il ne peut disc]n] la spl5deur d'un clair2 elle *appe notre jugem5t1 le ravit et l'entrane comme un torr5t4 ,les transports de qui sait la pntr] se rp]cut5t en troisime ligne sur qui la lui ent5d int]prt] et rcit]1 comme il arrive de l'aimant1 qui non seulem5t attire une aiguille1 mais lui communique sa proprit d'en attir] d'autres4 ,cela app>at bi5 clairem5t au ?tre3 l'inspiration sacre des ,muses qui1 en premi] lieu1 s'e/ emp>e du pote et l'a transport de colre1 l'a plong dans le deuil1 incit la ha9e1 l'a mis hors de lui1 p\r en faire ce que bon leur semble1 passe du pote *ez l'acteur1 et1 p> l'acteur1 s'emp>e de la f\le2 c'e/ le cas de nos aiguilles susp5dues les unes aux autres4--,ds ma premire enfance1 la posie m'a produit cet effet1 de me pntr] et de me transport]2 mais ce s5tim5t trs vif1 qui m'e/ naturel1 e/ div]sem5t impressionn p> les modes diffr5ts qu'elle revt1 non tant p> le plus ou mo9s d'lvation qu'elle affecte 7je n'ai jamais connu de *aque g5re1 que ce qu'il a produit de plus lev7 que p> les nuances qui les diffr5ci5t2 c'e/ d'abord une facilit gaie et +nieuse1 puis une dlicatesse d'esprit l'expression image et ple9e de noblesse1 enf9 la =ce arrive ple9e maturit et qui jamais ne faiblit4 ,les noms d',ovide1 de ,luca91 de ,virgile1 qui inc>n5t ces g5res1 me f]ont mieux compr5dre4 ,mais voici nos potes en lice4 ,l'un dit3 ,tel fut ,caton1 plus gr& p5dant sa vie que ,cs> lui-mme 7,m>tial72--un autre3 et ,caton indomptable triompha de la mort 7,manilius72--un autre p>lant des gu]res civiles entre ,cs> et ,pompe3 ,les dieux embrass5t la cause du va9queur1 ,caton se range celle du va9cu 7,luca972--le quatrime1 faisant l'loge de ,cs>3 ,t\t le monde e/ ses pi$s1 le fi] ,caton seul fait exception 7,horace74--,vi5t enf9 le coryphe qui1 aprs avoir numr dans ses v]s les noms des plus gr&s hommes de ,rome1 t]m9e a9si3 ,enf9 ,caton1 qui t\s dicte des lois 7,virgile74 ,,*apitre ,,xxxvii4 ,une mme *ose n\s fait rire et pleur]4 ,un va9queur pleure s\v5t la mort du va9cu1 et ce ne sont pas t\j\rs des l>mes fe9tes4--,n\s voyons1 dans l'hi/oire1 ,antigone savoir trs mauvais gr son fils de lui avoir prs5t la tte du roi ,pyrrhus son ennemi1 qui v5ait d'tre tu quelques in/ants avant dans un combat contre lui1 et que1 l'ayant vue1 il se prit v]s] des l>mes abondantes4 ,le duc ,r5 de ,lorra9e plaignit aussi le duc ,*>les de ,b\rgogne qui avait tr\v la mort dans une dfaite qu'il v5ait de lui inflig]1 et porta son deuil ses funrailles4 ,le comte de ,mont=t1 la bataille d',auray1 qu'il gagna contre ,*>les de ,blois qui lui disputait le du* de ,bretagne et qui prit dans l'action1 fit re*]*] et ensevelir en gr&e pompe le corps de son ennemi1 dont il m5a lui-mme le deuil4 ,ces faits ne n\s autoris5t pas conclure sans hsit] que3 ,c'e/ a9si que l'me ca*e s\s un voile trompeur les passions contraires qui l'agit5t2 que s\v5t elle e/ tri/e lorsque le visage rayonne de joie1 et gaie lorsqu'il p>at tri/e 7,ptr>que74--,qu& on prs5ta ,cs> la tte de ,pompe1 les hi/ori5s dis5t qu'il dt\rna ses reg>ds comme d'un vila9 spectacle l'affectant pniblem5t4 ,ils avai5t t si longtemps d'accord et associs dans la ge/ion des affaires publiques1 leurs =tunes avai5t t si s\v5t lies l'une l'autre1 ils s'tai5t r5du mutuellem5t tant de s]vices et il y avait eu entre eux de si nombreuses alliances1 qu'on ne saurait croire que cette attitude de ,cs> tait fausse et contraire ses s5tim5ts intimes1 a9si que l'e/ime cet autre3 ,ds qu'il crut p\voir s'att5drir sans pril sur son g5dre1 il feignit de pleur] et tira quelques gmissem5ts d'un cur rempli de joie 7,luca974--,c]ta9em5t1 la plup>t de nos actions ne sont que masque et que f>d1 et il e/ quelquefois vrai que les pleurs d'un hriti] sont des ris s\s le masque 7,publius ,syrus72 il faut1 t\tefois1 p\r port] un jugem5t en de telles occurr5ces1 considr] combi5 n\s sommes s\v5t agits p> des passions div]ses4 ,des passions multiples et s\v5t contraires subsi/5t simultanm5t dans le cur de l'homme4--,dans notre corps1 dis5t les mdec9s1 se produit un ensemble d'humeurs div]ses2 l'une d'elles y dom9e3 c'e/ celle qui1 suivant notre tempram5t1 a ord9airem5t le plus d'action en n\s2 de mme1 p>mi les s5tim5ts multiples qui agit5t nos mes1 il en e/ t\j\rs un qui a la prdom9ance2 mais il ne l'a pas au po9t qu'en raison de la facilit et de la s\plesse de l'me modifi] le c\rs de ses impressions1 les plus faibles ne soi5t1 l'occasion1 capables de pr5dre le dessus et d'en arriv]1 eux aussi1 l'emport] mom5tanm5t4 ,c'e/ ce qui fait que n\s voyons s\v5t les enfants1 navem5t1 tels que la nature les y porte1 rire et pleur] d'une mme *ose2 et1 p>mi n\s1 ne pas y en avoir un seul qui1 sur le po9t d'entrepr5dre tel voyage qui lui s\rit le plus1 puisse se vant] de n'avoir pas nonob/ant1 au mom5t de quitt] famille et amis1 s5ti fl*ir son c\rage1 et1 si de vraies l>mes ne lui sont pas *appes1 n'e/-ce pas t\t au mo9s le cur s]r et attri/ qu'il a mis le pi$ l'tri]4--,quelque g5tille flamme qui *auffe le cur des jeunes filles de bonne famille1 ne faut-il pas qu& mme1 au mom5t de les remettre leurs p\x1 les dta*] du c\ de leur mre2 et cep5dant1 combi5 e/ dans l'erreur le gai compagnon qui1 sur ce s5tim5t si naturel1 s'e/ laiss all] dire3 ,vnus e/-elle donc odieuse aux n\velles m>ies1 ou celles-ci se moqu5t-elles de la joie de leurs p>5ts1 p> t\tes les l>mes fausses qu'elles v]s5t en abondance au seuil de la *ambre nuptiale8 ,que je meure1 si ces l>mes sont s9cres 7,catulle76--,c'e/ p\rquoi il n'e/ pas trange de pla9dre tel qui e/ mort et que cep5dant n\s ne ti5drions pas voir en vie4 ,qu& je rprim&e mon valet1 je le fais aussi v]tem5t que je puis2 mes imprcations sont bi5 relles1 mon c\rr\x n'e/ pas fe9t2 mais la b\rrasque passe1 je t\rne aussitt le feuillet2 et1 qu'il ait beso9 de moi1 c'e/ bi5 volonti]s que je lui vi5drais en aide4 ,lorsque je le traite d'c]vel1 d'animal1 je ne le fais pas p\r qu'il g>de jamais ces appellations2 je ne p5se pas davantage me ddire si1 peu aprs1 je lui dis qu'il e/ un brave homme4--,aucun qualificatif ne n\s e/ applicable sans re/riction aucune4 ,si ce n'tait le propre d'un f\ de p>l] t\t seul1 il n'e/ pas de j\r1 pe9e d'heure1 o on ne m'ent5drait grond] en moi-mme et contre moi-mme1 et me dire3 ,pe/e soit du sot1 bi5 que je n'ent5de p> l nullem5t me df9ir4 ,celui qui1 me voyant tantt faire froide m9e ma femme1 tantt avoir prs d'elle une m9e lang\reuse1 p5se que1 dans un cas ou dans l'autre1 je ne suis pas s9cre1 e/ un imbcile4--,nron1 pr5ant cong de sa mre que1 p> son ordre1 on allait noy]1 fut cep5dant mu de cet adieu mat]nel et en ress5tit horreur et piti4--,on dit que la lumire du soleil ne n\s arrive pas t\t d'un jet1 mais qu'il n\s envoie sans cesse rayons sur rayons1 avec une rapidit et une pr(usion telles1 que n\s ne p\vons saisir d'int]mitt5ce entre eux3 ,s\rce fconde de lumire1 le soleil brillant inonde sans discont9uit le ciel d'une cl>t r5aissante1 remplaant cont9uellem5t ses rayons p> des rayons n\veaux 7,lucrce72 de notre me p>eillem5t jailliss5t mille saillies div]ses1 sans que n\s n\s en ap]cevions4 ,x]xs1 sur le rivage de l',hellespont1 considrait combi5 ses armes qui fran*issai5t le dtroit1 tai5t1 p> leur imm5sit1 en disproportion avec la ,grce contre laquelle il les m5ait4 pr\vant t\t d'abord un s5tim5t d'aise en voyant tant de milli]s d'hommes dont il tait le matre1 ce s5tim5t se manife/a p> la satisfaction et la joie qui se refltr5t sur son visage4 ,et voil que s\da91 au mme in/ant1 sa p5se le porte song] que t\tes ces exi/5ces1 si gr& que soit leur nombre1 auront pris f9 au plus t>d dans un sicle2 et1 cette ide1 son front se plisse et la tri/esse lui arra*e des l>mes1 ce dont ,artaban1 son oncle1 qui surprit ce *angem5t subit d'attitude1 lui fit repro*e4 ,d'ailleurs n\s n'envisageons pas sans cesse une mme *ose s\s un mme aspect4--,n\s avons trs rsolum5t p\rsuivi la v5geance d'une injure et pr\v un s+uli] cont5tem5t d'tre p>v5u nos f9s2 n\s en pleurons p\rtant p>fois4 ,mais ce n'e/ pas d'en tre arriv ce que n\s v\lions que n\s pleurons2 cet g>d1 n\s n'avons pas *ang2 seulem5t notre me reg>de la *ose d'un autre il1 la voit s\s une autre face1 c> *aque *ose peut tre vue de diffr5ts cts et prs5t] div]s aspects4 ,la p>5t1 les anci5nes relations1 les rapports d'amiti que n\s avons eus n\s revi5n5t l'esprit1 l'impressionn5t sur le mom5t *acun en son s5s2 et le passage de l'un l'autre e/ si brusque1 qu'il e/ insaisissable3 ,ri5 n'e/ si prompt que l'me1 qu& elle conoit1 ou qu'elle agit2 elle e/ plus mobile que t\t ce que n\s voyons dans la nature 7,lucrce72 et c'e/ ce qui fait que n\s sommes dans l'erreur lorsque1 de t\s ces m\vem5ts1 n\s v\lons faire un ensemble se dr\lant d'une faon cont9ue4--,qu& ,timolon pleure le meurtre que1 p> suite d'une mre et gnreuse rsolution1 il vi5t de commettre1 ce n'e/ pas sur la lib]t qu'il vi5t de r5dre sa patrie qu'il gmit1 ce n'e/ pas sur le tyran qu'il vi5t d'immol]2 c'e/ son frre qu'il pleure4 ,il a accompli une p>tie de son devoir1 laissons-le satisfaire l'autre4 ,,*apitre ,,xxxviii4 ,de la solitude4 ,les m*ants sont nombreux1 nul d\te que leur socit ne soit fune/e2 c'e/ un motif p\r re*]*] la solitude4--,laissons de ct t\te comp>aison qui s]ait trop longue1 entre la vie du monde et celle de celui qui s'en isole2 et1 quant cette belle maxime d]rire laquelle se dissimul5t l'ambition et l'av>ice3 ,que n\s ne sommes pas ns p\r notre propre satisfaction1 mais p\r celle de t\s1 rapportons-n\s-en h>dim5t ceux qui se tr\v5t mls aux affaires2 et qu'aprs avoir scrut leur consci5ce1 ils dis5t si les mti]s1 les *>ges et t\s les tracas de la vie commune ne sont pas1 au contraire1 re*]*s p\r le pr(it p]sonnel qu'ils compt5t en retir]4 ,les moy5s peu av\ables qu'en notre sicle on emploie p\r se p\ss]1 montr5t bi5 le peu que vaut le b que l'on affi*e4 ,si p\r combattre notre gt p\r la solitude on met en avant l'ambition1 n\s rpondrons que c'e/ elle prcism5t qui n\s l'inspire2 c> que fuit-elle davantage que la socit8 que re*]*e-t-elle davantage que d'avoir les c\des fran*es8--,p>t\t1 il e/ possible de faire bi5 et de faire mal2 t\tefois1 si le mot de ,bias e/ ju/e3 ,que la majorit des hommes e/ aussi la pire2 ou encore1 si ce que dit l',ecclsia/ique e/ vrai3 ,que sur mille il n'y en a pas un de bon2 ou le pote3 ,les g5s de bi5 sont r>es2 pe9e p\rrait-on en tr\v] autant que ,?bes a de portes ou le ,nil d'emb\*ures 7,juvnal71 la contagion du mal e/ gr&e p\r qui e/ ml la f\le4 ,il faut ou imit] les g5s vicieux ou les har1 alt]natives galem5t dang]euses2 leur ressembl]1 cela conduit lo91 c> ils sont beauc\p2 quant les har1 ils sont si nombreux1 en des g5res si div]s1 qu'il faudrait en har beauc\p4--,c'e/ avec raison que les m>*&s qui font le ngoce p> m]1 reg>d5t ne pas faire mont] leurs navires p> des g5s dissolus1 blasphmateurs ou m*ants1 e/imant qu'une telle socit ne peut ab\tir qu' mal4--,c'e/ aussi p\r cela que ,bias disait1 en manire de plaisant]ie1 ceux en compagnie desquels il se tr\vait expos aux dang]s d'une viol5te t\rm5te et qui invoquai5t le sec\rs des dieux3 ,taisez-v\s donc1 qu'ils ne s'ap]oiv5t pas que v\s tes ici avec moi4--,l'exemple d',albuqu]que1 vice-roi de l',inde p\r ,emmanuel1 roi de ,portugal1 e/ encore plus typique3 sur le po9t de prir dans un accid5t de m]1 il prit un jeune enfant sur ses paules1 cette f9 que1 dans leur pril commun1 son innoc5ce prise en considration p> la misricorde div9e1 lui s]ve de sauveg>de et que1 p> elle1 99 il soit sauv4 ,ce n'e/ pas que le sage ne puisse vivre p>t\t cont5t1 et mme s'isol] au milieu des c\rtisans qui encombr5t les palais2 mais1 s'il e/ libre de *oisir1 il en fuira mme la vue1 dis5t les philosophes3 si c'e/ ncessaire1 il se rsign]a demeur]2 s'il le peut1 il *oisira l'autre p>ti4 ,il n'e/ime pas avoir fait assez en se dfaisant de ses propres vices2 le rsultat n'e/ pas complet1 s'il lui faut lutt] contre ceux des autres2 ,*>ondas *tiait comme mauvais1 ceux conva9cus de hant] la mauvaise compagnie4--,il n'e/ pas d'tre plus sociable ni mo9s sociable que l'homme2 il e/ l'un p> nature1 il e/ l'autre en raison de ses vices4 ,anti/hne ne me semble pas avoir fait une rponse judicieuse qu&1 quelqu'un qui lui repro*ait de frqu5t] la socit des m*ants1 il disait3 ,les mdec9s viv5t bi5 avec les malades4 ,les mdec9s aid5t1 il e/ vrai1 la sant des malades1 mais ils compromett5t la leur p> la contagion laquelle ils sont exposs1 l'influ5ce p]nicieuse qu'ex]ce la vue cont9uelle des maladies et les so9s auxquels ils p>ticip5t p\r les combattre4 ,ce que la plup>t des hommes re*]*5t dans la solitude1 c'e/ d'y vivre lo9 des affaires et en repos2 mais elle ne n\s dgage ni de la ge/ion de t\s so9s dome/iques1 ni surt\t de nos vices4--,le b que n\s n\s proposons qu& n\s re*]*ons la solitude e/ uniquem5t1 je crois1 de vivre plus l'aise et comme il n\s convi5t2 mais n\s n'en pr5ons pas t\j\rs le bon *em94 ,s\v5t on p5se avoir ab&onn t\te occupation1 on n'a fait qu'en *ang]4 ,le g\v]nem5t d'une famille ne cause gure mo9s de tracas que celui d'un tat4 ,l'me occupe une *ose1 s'y absorbe compltem5t1 et alors mme que ce ne sont que des occupations dome/iques peu importantes1 elles n'en sont pas mo9s importunes4 ,bi5 plus1 n\s avons pu n\s retir] de la c\r1 r5onc] aux affaires1 n\s ne sommes pas p\r cela dlivrs des pr9cipaux t\rm5ts de la vie3 ,c'e/ la raison et la prud5ce1 et non ces plages d'o l'on voit l't5due des m]s1 qui dissip5t le *agr9 7,horace74 ,l'ambition1 l'av>ice1 l'irrsolution1 la peur1 nos dsirs drgls ne n\s ab&onn5t pas1 lors mme que n\s *angeons de contre3 ,le s\ci monte en cr\pe et galope avec lui 7,horace74 ,ils n\s suiv5t jusque dans les clotres et les coles de philosophie2 il n'e/ ni ds]ts1 ni anfractuosits de ro*]1 ni mortifications1 ni jenes qui n\s en affran*iss5t3 ,le trait mortel demeure son flanc atta* 7,virgile74 ,on disait de quelqu'un ,socrate que s\s aucun rapport il ne s'tait am5d dans un voyage qu'il v5ait de faire3 ,je crois bi51 dit le philosophe1 il s'tait emport avec lui4--,p\rquoi all] *]*] des pays clairs d'un autre soleil8 ,suffit-il donc de fuir sa patrie1 p\r se fuir soi-mme 7,horace78--,si t\t d'abord on ne d*>ge son me du poids qui l'oppresse1 le m\vem5t ne fait qu'accrotre l'oppression2 tel un navire qui fatigue mo9s qu& son *>gem5t e/ bi5 arrim4 ,v\s causez un malade plus de mal que de bi51 en le faisant *ang] de place2 en le remuant1 le mal se prcipite au fond de lui1 comme le cont5u d'un sac qu& on le sec\e1 comme les pieux qui pntr5t plus pr(ondm5t et plus solidem5t qu& on les branle et qu'on les remue4 ,aussi1 ne suffit-il pas de *ang] de place1 de s'loign] de la f\le1 il faut encore c>t] de n\s celles de nos ides qui n\s sont communes avec elle2 il se faut sque/r] et r5tr] en ple9e possession de soi-mme3 ,j'ai rompu mes f]s1 dites-v\s8--,oui1 comme le *i5 qui a tir sur sa *ane et qui1 dans sa fuite1 en trane une p>tie son c\ 7,p]se74--,n\s emportons nos f]s avec n\s2 notre lib]t n'e/ pas complte1 n\s t\rnons nos reg>ds v]s ce que n\s avons laiss1 n\s en avons l'imag9ation ple9e3 ,si l'me n'e/ pas rassise1 que de combats intrieurs support]1 que de prils va9cre6 ,quels s\cis1 quelles cra9tes1 quelles inquitudes rong5t l'homme en proie ses passions6 ,quels ravages font en notre me l'orgueil1 la dbau*e1 la colre1 le luxe1 l'oisivet 7,lucrce76 ,affran*ir notre me des passions qui la dom95t1 la dta*] de t\t ce qui e/ en dehors de n\s1 c'e/ l la vraie solitude2 on peut en j\ir au milieu des villes et des c\rs4--,notre mal a son sige dans notre me qui ne peut se s\/raire elle-mme 7,horace71 il faut donc l'en extirp]1 puis n\s conc5tr] en n\s-mmes4 ,c'e/ en cela que consi/e la vraie solitude2 n\s en p\vons j\ir au se9 des villes et des c\rs2 mais on en j\it plus commodm5t en s'en t5ant l'c>t4 ,puisque n\s projetons de vivre seuls1 en dehors de t\te compagnie1 faisons donc en sorte que notre cont5tem5t ne dp5de que de n\s2 rompons t\t ce qui n\s atta*e aux autres1 faisons en sorte de p\voir vivre effectivem5t seuls et1 en cet tat1 vivre notre aise4 ,/ilpon1 *app l'inc5die de sa ville natale1 y avait p]du sa femme1 ses enfants et t\t ce qu'il possdait4 ,dmtrius ,poliorcte1 le voyant demeur] calme devant les ru9es de sa patrie1 lui dem&a s'il n'avait pr\v aucun dommage4 ,/ilpon lui rpondit que non2 que1 ,dieu m]ci1 il n'avait ri5 p]du de lui-mme4--,c'e/ ce qu'exprimait s\s une =me plaisante le philosophe ,anti/hne3 ,l'homme doit se p\rvoir1 disait-il1 de provisions susceptibles de flott] sur l'eau1 af9 qu'elles puiss5t1 avec lui1 *app] la nage dans un naufrage2 et en effet1 le sage qui cons]ve la possession de lui-mme1 n'a ri5 p]du4--,qu& la ville de ,nole fut mise sac p> les ,b>b>es1 ,paul91 qui en tait vque1 y p]dit t\t son avoir et demeura leur prisonni]4 ,il n'en adressait pas mo9s cette prire ,dieu3 ,seigneur1 cont9ue me g>d] de s5tir ce malheur2 ce qui e/ moi1 tu le sais1 n'a pas encore jusqu'ici t atte9t2 les ri*esses qui le faisai5t rellem5t ri*e1 les bi5s auxquels il devait d'tre bon1 tai5t demeurs intacts4 ,voil ce que c'e/ que de faire *oix de trsors qui peuv5t tre mis l'abri de t\t dommage et de les ca*] en tel lieu que p]sonne n'y pntre et qui ne peut tre rvl que p> n\s-mmes4--,il faut avoir femme1 enfants1 =tune et surt\t la sant1 si on peut1 mais ne pas s'y atta*] au po9t que notre bonheur en dp5de4 ,il faut se rs]v] une sorte d'arrire-b\tique exclusivem5t n\s1 indp5dante1 o n\s soyons libres dans t\te l'acception du mot1 qui soit notre pr9cipal lieu de retraite et o n\s soyons absolum5t seuls2 l1 n\s n\s entreti5drons d'ord9aire de n\s avec n\s-mmes3 entreti5 intime1 auquel nul ne s]a admis et qui ne port]a sur aucun sujet autre4 ,n\s n\s y ab&onn]ons nos p5ses srieuses ou gaies1 comme si n\s n'avions ni femme1 ni enfants1 ni bi5s1 ni tra9 de maison1 ni s]viteurs1 de telle sorte que s'ils vi5n5t n\s manqu]1 ce ne soit pas *ose n\velle p\r n\s que de n\s en pass]4 ,n\s avons une me susceptible de se repli] sur elle-mme et de se suffire en sa propre compagnie1 d'attaqu] comme de se df5dre1 de recevoir et de donn]1 ne craignons donc pas dans le tte tte avec n\s-mmes d'en arriv] cr\pir dans une ennuyeuse oisivet3 ,dans ta solitude1 sois toi-mme le monde 7,tibulle74 ,la v]tu se cont5te p> elle-mme1 sans avoir beso9 de rgles1 de p>oles ni d'actes4 ,les hommes se passionn5t p\r mille *oses qui ne les conc]n5t po9t4--,dans ce qui con/itue nos occupations habituelles1 sur mille1 il n'en e/ pas une o n\s soyons directem5t intresss ce que n\s faisons4 ,celui-ci1 que tu vois furieux et hors de lui1 bravant la fusillade et gravissant cette p5te rapide p\r escalad] ces murailles en ru9es2 cet autre qui lui e/ oppos1 hve1 s\ffrant de la faim1 c\v]t de cicatrices et rsolu prir plutt que de laiss] pntr] son adv]saire1 p5ses-tu qu'ils agiss5t p\r leur propre compte8 ,c'e/ p\r celui de tel et de tel1 qu'ils n'ont jamais vus et qui n'ont gure s\ci de leurs faits et ge/es1 plongs qu'ils sont dans l'oisivet et les plaisirs1 p5dant que les premi]s se morfond5t4--,celui-ci atte9t de pituite1 de maux d'yeux1 vtu misrablem5t1 que tu vois sortir aprs m9uit de son lieu d'tudes1 crois-tu qu'il y ait pass son temps re*]*] dans les livres ce qu'il lui faut faire p\r se p]fectionn] dans le bi51 arriv] tre plus cont5t de son sort et progress] dans la sagesse8 ,il s'agit bi5 de cela6 ,il m\rra la t*e ou f9ira p> rvl] la po/rit le ry?me dans lequel sont crits les v]s de ,plaute et la vritable or?ographe d'un mot lat94--,qui n'*ange de propos dlibr la sant1 le repos1 la vie1 p\r la rputation et la gloire1 monnaie c\rante la plus inutile1 la plus va9e1 la plus fausse de t\tes celles dont n\s faisons usage8--,notre propre mort ne n\s inspire pas dj assez de frayeur1 que n\s n\s intressons encore celle de nos femmes1 de nos enfants1 de nos g5s6 ,nos affaires ne n\s donn5t pas assez de pe9e1 il faut que n\s aj\tions nos t\rm5ts1 nos cassem5ts de tte1 en n\s occupant de celles de nos vois9s et de nos amis3 ,comm5t peut-on se mettre en tte d'aim] quelque *ose plus que soi-mme 7,tr5ce76 ,la retraite convi5t surt\t ceux qui ont consacr la majeure p>tie de leur vie au s]vice de l'humanit4--,la solitude me semble surt\t indique et avoir raison d'tre p\r ceux qui ont consacr l'humanit la plus belle p>tie de leur vie1 celle o ils tai5t en ple9e activit1 a9si que fit ,?als4 ,c'e/ assez avoir vcu p\r les autres1 vivons p\r n\s au mo9s durant le peu de temps qui n\s re/e2 recueillons-n\s1 et1 dans le calme1 remmorons-n\s nos p5ses et ce que fur5t nos int5tions4 ,ce n'e/ pas une petite affaire qu'une retraite consci5cieuse3 cela occupe assez1 sans y jo9dre d'autres entreprises en c\rs4 ,puisque ,dieu n\s donne le loisir de pr5dre nos dispositions p\r quitt] ce monde1 prp>ons-n\s-y1 plions bagage2 pr5ons de bonne heure cong de la compagnie2 dgageons-n\s de ces engagem5ts p> trop pressants qui n\s li5t ailleurs et n\s di/rai5t dans notre ret\r sur n\s-mmes4 ,il faut tre capable de faire ab/raction de t\tes nos obligations1 et1 faisant un ret\r sur n\s-mmes1 tre exclusivem5t n\s2 tempram5ts qui s'y prt5t le mieux2 comm5t y arriv]4--,il faut rompre avec de trop =tes obligations2 n\s p\vons encore aim] ceci ou cela1 mais ne p\vons plus p\s] que n\s2 autrem5t dit1 ce qui e/ en dehors de n\s peut ne pas n\s demeur] trang]1 mais il ne faut pas n\s y atta*] au po9t que cela fasse corps avec n\s et qu'on ne puisse l'en sp>] sans n\s cor*] et1 avec1 arra*] quelque p>tie de n\s-mmes4 ,la *ose la plus importante du monde e/ de savoir s'app>t5ir4 ,il e/ temps de n\s retir] de la socit puisque n\s ne p\vons plus ri5 lui apport]2 celui qui n'e/ pas mme de prt]1 doit se df5dre d'emprunt]4 ,nos =ces n\s manqu5t2 rompons et replions-n\s sur n\s-mmes4 ,que celui qui alors peut report] sur soi et se r5dre lui-mme les devoirs qu'on att5d d'ord9aire de l'amiti et de la socit1 le fasse2 mais1 dans sa *ute qui le r5d inutile1 importun et *>ge aux autres1 qu'il se g>de d'tre *>ge1 importun et inutile lui-mme4 ,qu'il se flatte1 se c>esse1 mais surt\t qu'il se rg5te2 qu'il respecte et craigne sa raison et sa consci5ce1 si bi5 qu'il ne puisse faire sans honte un faux pas en leur prs5ce3 ,il e/ r>e en effet que *acun se respecte assez soi-mme 7,qu9tili574 ,socrate dit que les jeunes g5s doiv5t s'in/ruire2 les hommes faits1 pratiqu] ce qui e/ bi52 les vieill>ds1 cess] t\te occupation civile et militaire1 vivre comme bon leur semble1 sans tre a/re9ts un travail dt]m94 ,il y a des tempram5ts plus disposs les uns que les autres se con=m] ces pr9cipes qui impos5t de se retir]4 ,ceux qui sont timides et de peu d'n]gie1 ceux dont les s5tim5ts et la volont dlicate ne se pli5t pas et ne se livr5t pas aism5t1 et je suis de ces d]ni]s autant p> nature que p> raison1 les accept5t plus volonti]s que ceux dont l'activit1 le beso9 de s'occup]1 les port5t se ml] de t\t1 s'engag] p>t\t1 se passionn] propos de t\t2 qui s'(fr5t1 se prs5t5t1 se donn5t t\tes occasions4 ,il faut us] de ce que n\s avons1 mais sans n\s en faire une ncessit1 et tre prts n\s en pass] si la =tune vi5t n\s en priv]4--,il faut us] des avantages que1 d'av5ture1 n\s r5controns aut\r de n\s1 en tant qu'ils sont notre conv5ance1 mais sans y atta*] un intrt capital2 ce ne saurait tre1 et la raison non plus que la nature ne le veul5t pas4 ,p\rquoi1 contrev5ant leurs lois1 n\s mettrions-n\s1 en ce qui t\*e notre commodit1 s\s la dp5dance d'autrui8 ,anticip] sur les accid5ts que peut n\s mnag] la mauvaise =tune1 n'e/ pas davantage faire3 se priv] bnvolem5t des satisfactions qui sont en notre p\voir1 comme quelques-uns font p> dvotion1 et c]ta9s philosophes p> conviction2 se pass] de s]viteurs2 c\*] sur la dure2 se crev] les yeux2 jet] ses ri*esses l'eau2 re*]*] la d\leur1 comme font les uns dans l'esprance que les s\ffrances de cette vie leur vaudront la batitude t]nelle dans l'autre2 ou comme d'autres font1 p\r1 en se relguant au plus bas de l'*elle sociale1 se g>antir de tomb] plus bas encore1 c'e/ le fait d'une v]tu exagre4 ,que les natures p>ticulirem5t svres et mieux trempes se df5d5t de la sorte des orages de ce monde1 cela leur fait honneur et demeure comme exemple3 ,p\r moi1 qu& je ne puis avoir mieux1 je sais me cont5t] de peu et vante la paisible mdiocrit2 si mon sort devi5t meilleur1 je proclame qu'il n'y a de sages et d'heureux que ceux dont le rev5u e/ fond sur de bonnes t]res 7,horace72 j'e/ime moi aussi qu'il y a assez faire1 sans all] aussi lo94 ,il me suffit1 qu& la =tune me s\rit1 de me prp>] ses infidlits1 et de me reprs5t]1 alors que j'ai l'esprit l'aise1 le mal qui peut m'adv5ir autant qu'il e/ possible de se l'imag9]1 comme n\s faisons dans les j\tes et les t\rnois1 auxquels n\s n\s livrons en ple9e paix1 p\r n\s ex]c] un simulacre de la gu]re4 ,je ne considre pas mo9s comme rgl dans ses murs le philosophe ,arcsilas1 quoique je sa*e qu'il faisait usage de vaisselle d'or et d'arg5t1 ce que sa situation de =tune lui p]mettait2 et je l'e/ime plus d'en avoir u avec modration et libralit1 que s'il s'en ft dfait4 ,je *]*e me r5dre compte jusqu'o peuv5t all] les ncessits auxquelles n\s sommes exposs4 ,qu& je vois un pauvre qui m5die ma porte et qui s\v5t e/ plus enj\ et mieux portant que moi1 je me suppose sa place1 j'essaie d'am5] ma p5se tre con=me la si5ne2 et1 de lui1 passant d'autres semblablem5t pr\vs1 cela me conduit p5s] la mort1 la pauvret1 la p]te de t\te considration1 la maladie1 qui peuv5t inop9m5t fondre sur moi4 ,l'apprh5sion que j'en pr\ve en e/ dim9ue qu& je songe avec quelle pati5ce les accept5t d'autres de mo9dre situation que la mi5ne2 c> je ne puis croire que la faiblesse d'esprit soit1 en p>eille occurr5ce1 de plus d'effet que la =ce d'me1 ou que la raison ne puisse conduire aux mmes rsultats que l'habitude4 ,sa*ant combi5 ces commodits de la vie1 si accessoires1 ti5n5t peu de *ose1 je ne laisse pas1 qu& j'en ai la ple9e j\issance1 de suppli] ,dieu avec in/ance de faire que je sois cont5t de moi-mme et me cont5te de ce que je possde4--,je vois des p]sonnes1 jeunes encore et en excell5te sant1 avoir malgr cela1 dans leur demeure1 quantit de pilules p\r le cas o elles aurai5t un rhume1 qu'elles risqu5t d'autant mo9s d'attrap] qu'elles p5s5t avoir le remde s\s la ma94 ,il faut faire de mme2 et plus encore si on se s5t expos quelque maladie plus srieuse1 auquel cas on se prmunit de mdicam5ts qui calm5t et endorm5t l'organe qui peut se tr\v] m5ac4 ,occupations qui convi5n5t davantage dans la vie solitaire4--,l'occupation prfr] p> qui re*]*e la solitude1 ne doit tre ni pnible ni ennuyeuse2 autrem5t1 il ne s]virait ri5 d'avoir re*]* l'isolem5t dans le desse9 d'y tr\v] le repos4 ,elle dp5d du gt p>ticuli] de *acun2 le mi5 ne me porte gure faire valoir mes proprits2 ceux qui en ont le gt1 f]ont bi5 de s'y adonn] avec modration3 ,qu'ils t*5t de se mettre au-dessus des *oses1 plutt que de s'y assujettir 7,horace72 s9on cela devi5dra p\r eux une uvre s]vile1 comme la qualifie ,sallu/e4 ,p>mi les occupations que comporte l'exploitation d'un doma9e1 il en e/ cep5dant que j'excuse davantage1 telles que le j>d9age que1 d'aprs ,xnophon1 pratiquait ,cyrus2 et il e/ possible de tr\v] un moy5 t]me1 entre le travail grossi]1 peu relev1 a/reignant et rclamant t\te att5tion qui s'impose ceux qui s'y adonn5t compltem5t1 et la non*alance pr(onde et excessive de c]ta9s qui y laiss5t t\t l'ab&on3 ,les tr\peaux des vois9s v5ai5t mang] les moissons de ,dmocrite1 p5dant que dgag de son corps1 son esprit voyageait dans l'espace 7,horace74 ,pl9e et ,cicron conseill5t de mettre pr(it la retraite1 p\r se faire un nom p> quelque uvre littraire4--c\tons le conseil que donne ,pl9e le jeune son ami ,can9ius ,rufus ce sujet de la vie solitaire3 ,je te conseille1 dans la retraite absolue que tu t'es cre et o tu z latitude de vivre aussi con=tablem5t que tu l'ent5ds1 d'ab&onn] tes g5s les travaux pnibles et humiliants de l'exploitation et de t'adonn] l'tude des lettres p\r arriv] produire quelque *ose qui te soit p]sonnel4 ,pl9e veut dire p> l d'appliqu] ses loisirs se faire un nom1 a9si que le compr5ait ,cicron1 qui dit v\loir employ] sa solitude et le repos que lui laiss5t les affaires publiques1 s'acqurir p> ses crits une gloire immortelle4 ,h quoi6 ton savoir n'e/-il ri51 si on ne sait que tu z du savoir 7,p]se72 il semble que du mom5t qu'on p>le de se retir] du monde1 il s]ait rationnel de t\rn] ses reg>ds du ct o il n'e/ pas4 ,pl9e et ,cicron ne le font qu' demi2 ils pr5n5t bi5 leurs dispositions p\r le mom5t o ils s'en retir]ont1 mais p> une s+ulire contradiction1 bi5 que sp>s du monde1 c'e/ de lui qu'ils prt5d5t tir] la satisfaction qu'ils se promett5t de la vie solitaire qu'ils ont adopte4 ,cas p>ticuli] de ceux qui1 p> dvotion1 re*]*5t la vie solitaire4--,ceux qui1 p> dvotion1 re*]*5t la solitude1 aff]mis dans leur rsolution p> la c]titude d'une autre vie1 que leur donn5t les promesses div9es1 sont bi5 plus sagem5t consqu5ts avec eux-mmes4 ,ils aspir5t ,dieu1 tre inf9i en bont et en puissance1 et l'me1 en t\te lib]t1 tr\ve satit dans la retraite la satisfaction des dsirs qu'elle peut concevoir3 les afflictions1 les d\leurs t\rn5t leur avantage1 leur donnant des titres possd] un j\r la sant et le bonheur t]nels2 la mort vi5t s\hait p\r les faire entr] cet tat si p>fait2 la rigueur des rgles qu'ils s'impos5t e/ attnue1 ds le db1 p> l'habitude qu'ils en pr5n5t1 et les apptits de la *air1 rebuts p> le refus qui leur e/ sans cesse oppos1 s'endorm5t1 ri5 ne les entret5ant comme l'usage et l'ex]cice4 ,cette autre vie heureuse et immortelle qu'ils se promett5t1 mrite bi5 elle seule que n\s r5oncions sans arrire-p5se aux commodits et aux d\ceurs de la ntre2 et qui peut embras] son me de l'ardeur de cette foi que ri5 n'branle et de cette esprance qu'eng5dre une conviction relle et con/ante1 mne en la solitude une exi/5ce ple9e de volupts et de dlices1 qui laisse lo9 d]rire elle t\tes les satisfactions que n\s peut donn] t\t autre g5re de vie4 ,combi5 peu e/ raisonnable le conseil de ,pl9e et de ,cicron4--,ni le b qu'indique ,pl9e1 ni le moy5 qu'il propose ne me satisfont donc2 ils n\s font tomb] de mal en pire4 ,s'adonn] aux lettres e/ un travail aussi pnible que t\t autre et aussi dang]eux p\r la sant1 ce qui e/ un po9t ess5tiel considr]1 et il ne faut pas se laiss] endormir p> le plaisir qu'on peut y tr\v]2 c'e/ t\j\rs le plaisir excessif qu'il pr5d la satisfaction de ce qu'il a cur1 qui p]d l'homme1 qu'il soit conome1 av>e1 voluptueux ou ambitieux4 ,les sages n\s mett5t assez en g>de contre la trahison de nos apptits2 ils n\s appr5n5t disc]n] p>mi les plaisirs qui s'(fr5t n\s1 ceux qui sont vrais et non susceptibles de laiss] d'am]tume aprs eux1 et ceux qui ne sont pas sans mlange et desquels n\s devons att5dre plus de pe9e que de satisfaction4 ,la plup>t des plaisirs1 dis5t-ils1 n\s *at\ill5t agrablem5t et n\s embrass5t1 mais p\r n\s trangl]1 comme faisai5t les brig&s que les gypti5s dsignai5t s\s le nom de ,phili/as4 ,si le mal de tte qui rsulte de l'ivresse surv5ait avant elle1 n\s n\s g>d]ions de trop boire2 mais la volupt agit comme l'ivresse1 p\r n\s mieux tromp]1 elle va devant1 n\s ca*ant quelles consqu5ces elle trane sa suite4--,les lettres sont un passe-temps agrable1 mais si n\s n\s y absorbons au po9t d'en p]dre la gat et la sant1 ce qu'en somme n\s avons de mieux1 r5onons-y2 je suis de ceux qui p5s5t que les avantages qu'elles n\s procur5t1 ne comp5s5t pas une telle p]te4 ,les hommes affaiblis p> quelque indisposition qui se prolonge1 f9iss5t p> se mettre la m]ci du mdec91 et1 af9 de ne plus all] l'encontre de ce que l'art indique en p>eil cas1 se font prescrire le rgime suivre2 celui qui1 ennuy et pris de dgt1 se retire de la vie commune1 doit galem5t obs]v] dans le n\veau g5re de vie qu'il adopte les rgles de la raison et1 de p>ti pris et p> sagesse1 se rang] ce qu'elles indiqu5t4 tudes et so9s auxquels on peut se livr] dans la solitude2 sci5ces dont1 ce mom5t1 il ne faut pas s'emb>rass] l'esprit4--,il devra avoir r5onc t\t travail quel qu'il soit et de quelque faon qu'il se prs5te1 et aussi1 d'une manire gnrale1 fuir les passions qui port5t atte9te la tranquillit soit du corps1 soit de l'me1 et *oisir ta voie la plus con=me son c>actre 7,prop]ce74--,qu'il se livre la culture1 l'tude1 la *asse ou t\t autre ex]cice1 il peut le faire dans la mesure o il y tr\ve son plaisir1 mais qu'il se g>de d'all] au del1 c> alors la pe9e comm5ce s'y ml]4 ,il ne se faut crer d'ouvrage et ne s'occup] que dans la limite o c'e/ ncessaire p\r n\s t5ir en hale9e et n\s prs]v] des incommodits qu'entrane l'exagration contraire1 l'oisivet qui amollit et ass\pit4--,il y a des sci5ces /riles et ardues qui1 p\r la plup>t1 ont surt\t de l'intrt p\r le monde1 laissons-en l'tude ceux qui sont son s]vice4 ,p\r moi1 je n'aime que les livres di/rayants et faciles1 dont la lecture m'e/ agrable1 ou encore ceux qui m'apport5t des consolations et me donn5t des conseils sur la manire de dirig] ma vie et de me prp>] la mort3 ,me prom5ant en sil5ce dans les bois et m'occupant de t\t ce qui e/ digne d'un homme rang et v]tueux 7,horace74 ,les g5s plus sages que moi1 l'me =te et leve1 peuv5t se crer un repos t\t spirituel2 moi qui l'ai comme t\t le monde1 j'ai beso9 que les commodits du corps me vi5n5t en aide2 et l'ge v5ant de m'enlev] celles qui tai5t le plus mon gr1 je re*]*e celles que me p]met encore cette poque de ma vie et me mets en mesure d'en pr(it]4 ,il faut1 p> t\s les moy5s en notre p\voir1 y employant nos d5ts et nos griffes1 n\s cons]v] la j\issance des satisfactions de l'exi/5ce que les ans n\s arra*5t successivem5t des ma9s les unes aprs les autres3 ,j\issons2 seuls les j\rs que n\s donnons au plaisir sont n\s2 bi5tt tu ne s]as plus que c5dre1 ombre1 fable 7,p]se74 ,la gloire et le repos sont *oses incompatibles4--,or1 ,pl9e et ,cicron n\s donn5t comme b p\rsuivre1 de la gloire acqurir2 c'e/ bi5 lo9 de mon compte4 ,la disposition d'esprit la plus contraire la vie solitaire1 c'e/ l'ambition3 gloire et repos sont *oses qui ne vont pas ensemble4 ,pl9e et ,cicron1 je le vois1 ne se sont dgags que de corps du flot huma92 plus que jamais ils y demeur5t engags d'me et d'int5tion3 ,vieux radoteur1 ne travailles-tu donc que p\r amus] l'oisivet du peuple 7,p]se78 ils n'ont recul que p\r mieux saut] et1 p> un vig\reux ef=t1 pntr] plus avant dans la f\le4 ,v\s plat-il de voir combi5 ils sont dans l'erreur8 ,comp>ons leur avis celui d'picure et de ,snque1 deux philosophes app>t5ant deux coles trs diffr5tes l'une de l'autre1 crivant l'un ,idomne1 l'autre ,lucilius leurs amis1 p\r les am5] ab&onn] la vie publique et les gr&eurs1 et vivre dans la retraite3 ,v\s avez jusqu'ici1 dis5t-ils1 vcu nageant et flottant sur les m]s2 r5trez au port p\r y m\rir4 ,v\s avez pass t\te votre vie en ple9e lumire1 vivez l'ombre ce qui v\s en re/e4 ,ce ne s]ait pas quitt] vos occupations1 que de ne pas r5onc] du mme c\p au bnfice qu'elles produis5t2 c'e/ p\rquoi il faut v\s dfaire de t\te arrire-p5se de gloire et de r5om2 il s]ait mauvais p\r votre repos1 que le rayonnem5t de vos actions passes v\s suive jusque dans votre refuge1 v\s mettant p> trop en vid5ce4 ,en mme temps que v\s r5oncez aux autres volupts1 r5oncez celle que procure l'approbation des hommes2 et quant ce qui e/ de votre sci5ce et de vos capacits1 n'en ayez s\ci2 elles ne s]ont pas p]dues si v\s-mme v5ez valoir davantage4 ,s\v5ez-v\s de ce quidam auquel on dem&ait quoi lui s]vait de se donn] tant de pe9e p\r acqurir un tal5t que peu de p]sonnes saurai5t qu'il possde1 et qui rpondait3 ,s'il y en a un petit nombre le savoir1 cela me suffit2 s'il y en a une seule1 c'e/ assez2 s'il n'y en a aucune1 cela me suffit encore2 il tait dans le vrai4 ,v\s et un autre v\s t5ant compagnie1 v\s v\s suffisez bi51 en cette scne cont9ue de ?tre qu'e/ la vie1 v\s s]vir rciproquem5t de public2 si v\s tes seul1 soyez-v\s la fois acteur et spectateur2 que la f\le ne compte vos yeux que comme un tmo9 unique1 et qu'un seul tmo9 ait p\r v\s la mme importance qu'un public nombreux4 ,c'e/ une ambition qui tmoigne de la faiblesse que de v\loir faire s]vir la gloire l'oisivet et la retraite dans lesquelles on vit2 il faut faire comme font les animaux qui effac5t leurs traces l'entre de leur tanire1 qu& ils y r5tr5t4 ,v\s n'avez plus *]*] faire que le monde p>le de v\s2 v\s n'avez v\s proccup] que de ce qu'il faut que v\s v\s disiez v\s-mme4 ,r5trez en v\s1 mais t\t d'abord prp>ez-v\s v\s y recevoir2 c> ce s]ait folie1 si v\s ne savez quelle conduite t5ir cet effet1 de v\s en fi] votre seule inspiration4 ,on peut err] dans la vie solitaire1 t\t comme lorsqu'on vit en socit4 ,tant que v\s n'tes pas en mesure de v\s prs5t] dans une attitude irrpro*able1 devant qui v\s n'os]iez p>atre autrem5t1 tant que v\s ne v\s inspirez pas v\s-mme pudeur et respect1 remplissez-v\s l'esprit de nobles images 7,cicron72 ayez t\j\rs prs5ts l'imag9ation ,caton1 ,phocion1 ,ari/ide devant lesquels les f\s eux-mmes ca*]ai5t leurs fautes et faites-les juges de vos int5tions4 ,si ces int5tions sont autres qu'elles ne devrai5t1 la dfr5ce que v\s avez p\r eux v\s remettra dans la bonne voie2 ils v\s y ma9ti5dront1 v\s am5ant v\s suffire1 n'emprunt] qu' v\s1 faire que votre me se fixe et s'aff]misse sur des p5ses1 en nombre limit et d'ordre dt]m91 o elle puisse se complaire2 v\s arriv]ez a9si reconnatre et compr5dre que ce sont l les seuls bi5s vraim5t dignes de ce nom1 bi5s dont on j\it ds qu'on le compr5d1 et v\s v\s en cont5t]ez1 sans s\hait] que votre vie se prolonge ni que votre nom acquire de la clbrit4--,voil bi5 le conseil d'une vraie philosophie1 con=me aux lois de la nature2 et non d'une philosophie t\te d'o/5tation1 ple9e de v]biage1 comme celle de ,pl9e et de ,cicron4 ,,*apitre ,,xxxix4 ,considrations sur ,cicron4 ,cicron et ,pl9e le jeune tai5t des ambitieux2 ils ont t jusqu' sollicit] les hi/ori5s de faire l'loge de leurs faits et ge/es4--,encore un fait qui f]a ressortir la diffr5ce entre ,epicure et ,snque d'une "p1 ,cicron et ce ,pl9e de l'autre4 ,les crits mmes de ceux-ci1 qui1 mon s5s1 ressembl5t peu1 p> l'esprit qui y rgne1 ceux de ,pl9e le naturali/e1 oncle de ce d]ni]1 sont des tmoignages irrcusables d'une nature ambitieuse au del de t\te mesure4 ,n'y sollicit5t-ils pas entre autres1 au su de t\t le monde1 les hi/ori5s de leur temps de ne pas omettre de les faire figur] dans leurs ouvrages6 ,la =tune1 comme p\r se j\] d'eux1 a fait p>v5ir jusqu' n\s ces vaniteuses requtes1 alors que depuis longtemps sont p]dus ces ouvrages o il e/ "q d'eux4 ,mme dans leurs lettres intimes1 ils ont re*]* l'lgance du /yle2 ils sembl5t ne les avoir crites que p\r tre publies4--,mais ce qui dnonce la petitesse de s5tim5ts de p]sonnages de ce rang1 c'e/ d'avoir v\lu faire conc\rir p\r une l>ge "p leur gloire1 leur intemprance et leur futilit de langage1 en prt5dant cons]v] la po/rit jusqu'aux lettres familires qu'ils crivai5t leurs amis2 au po9t que quelques-unes n'ayant pas t envoyes aprs avoir t crites1 ils les publi5t qu& mme1 en donnant p\r excuse que c'e/ af9 de ne pas p]dre leur pe9e et leurs veilles4 ,convi5t-il vraim5t deux consuls roma9s1 premi]s magi/rats d'une rpublique s\v]a9e du monde1 d'employ] leurs loisirs prp>] et rdig] en /yle des mieux t\rns de belles ptres1 dans le b d'acqurir la rputation de bi5 crire la langue de leur n\rrice6 ,que f]ait de pire un simple matre d'cole dont ce s]ait le gagne-pa98--,si les hauts faits de ,xnophon et de ,cs> n'euss5t surpass de beauc\p leur loqu5ce1 je d\te qu'ils les euss5t crits2 ce qu'ils ont *]* faire connatre1 c'e/ la conduite qu'il ont t5ue dans les vnem5ts auxquels ils ont t mls1 et non leur manire de les racont]4 ,si la p]fection du langage p\vait valoir une gloire de bon aloi de hauts p]sonnages1 ,scipion et ,llius n'euss5t c]ta9em5t pas cd un esclave africa9 l'honneur qui p\vait leur rev5ir de leurs comdies et de leurs autres crits o se manife/5t t\tes les dlicatesses les plus dlicieuses de la langue lat9e1 c> il e/ hors de d\te que l'uvre de ,tr5ce e/ la leur2 outre que l'auteur en convi5t1 cela ressort de sa beaut et de sa p]fection mmes1 et de fait1 je s]ais bi5 au regret que l'on me pr\vt le contraire4 ,les rois et les gr&s ne doiv5t pas tir] vanit d'excell] dans les arts et les sci5ces2 seuls les tal5ts et les qualits qui import5t leur situation1 sont susceptibles de leur faire honneur4--,c'e/ en quelque sorte se moqu] et faire injure quelqu'un que de *]*] le faire valoir en lui attribuant des qualits qui1 si l\ables qu'elles soi5t p> elles-mmes1 ne convi5n5t pas son rang2 ou encore en lui en attribuant d'autres que celles qui doiv5t tre en lui en premire ligne4 ,c'e/ comme si on l\ait un roi d'tre bon pe9tre ou bon ar*itecte1 ou encore adroit au tir ou c\rir des bagues2 de tels loges ne font honneur que s'ils sont prs5ts d'une faon gnrale et aj\t5t ceux que peuv5t mrit]1 p> les qualits propres la situation qu'ils occup5t1 ceux auxquels ils s'adress5t2 dans le cas pris p\r exemple1 la ju/ice du pr9ce1 l'ent5te avec laquelle il dirige les affaires de l'tat en paix comme en gu]re4 ,c'e/ de la sorte que ses connaissances en agriculture ont honor ,cyrus2 que son loqu5ce et sa culture des belles-lettres ont honor ,*>lemagne4 ,bi5 plus1 j'ai vu de mon temps des p]sonnages qui devai5t leurs titres et leur situation leur tal5t calligraphique1 r5i] leurs dbuts1 s'appliqu] avoir une mauvaise criture et affect] une pr(onde ignorance de ce savoir si vulgaire que le peuple e/ime ne se r5contr] gure *ez les p]sonnes in/ruites1 et *]*] se recomm&] p> des qualits plus importantes4--,dmo/hnes tant en ambassade auprs de ,philippe1 ses compagnons l\ai5t ce pr9ce d'tre beau1 loqu5t et buveur mrite4 ,ce sont l1 dit ,dmo/hnes1 des qualits faisant plus d'honneur une femme1 un avocat et une ponge1 qu' un roi3 ,qu'il comm&e1 qu'il t]rasse l'ennemi qui rsi/e et soit clm5t l'g>d de celui rduit l'impuissance 7,horace74 ,ce n'e/ pas le mti] d'un roi de savoir bi5 *ass] ou bi5 dans]3 ,que d'autres plaid5t loquemm5t2 que d'autres1 arms du compas1 dcriv5t les m\vem5ts du ciel1 prdis5t le c\rs des a/res2 son rle lui1 e/ de savoir g\v]n] 7,virgile74 ,plut>que dit davantage3 ,se montr] aussi suprieur dans des *oses accessoires1 c'e/ tmoign] avoir mal dispos de son temps1 n'en avoir pas employ autant que l'on et d l'tude de *oses plus ncessaires et plus utiles4--,c'e/ ce qui faisait dire ,philippe1 roi de ,macdo9e1 ent5dant son fils1 dev5u ,alex&re le ,gr&1 *ant] dans un fe/9 et dploy] un tal5t r5dre jal\x les meilleurs musici5s3 ,n'z-tu pas honte de *ant] si bi58--,c'e/ le mme s5tim5t qui fit qu'un musici51 avec lequel ce mme ,philippe discutait sur son art1 lui rpondit3 ,eh6 ,dieu v\s g>de1 ,sire1 d'pr\v] jamais de tels rev]s1 que v\s arriviez tre plus exp]t que moi en p>eille matire4--,un roi doit p\voir rpondre comme fit un j\r ,iphicrates un orateur qui1 dans son plaidoy]1 le pressait en ces t]mes3 ,eh quoi8 qu'es-tu donc p\r tant faire le brave8 es-tu homme d'armes1 es-tu ar*]1 es-tu piqui]8--,je ne suis ri5 de t\t cela1 mais je suis celui qui sait comm&] t\s ces g5s-l4--,anti/hnes vit un indice du peu de valeur d',ism5ias1 dans ce qu'on le vantait d'tre un excell5t j\eur de flte4 ,dans ses ,essais1 ,montaigne dit avoir int5tionnellem5t vit de dvelopp] les sujets qu'il traite2 il se borne les m5tionn]1 sans mme se proccup] de la =me s\s laquelle il les prs5te4--,je sais bi51 qu& j'ent5ds quelqu'un p>l] du /yle des ,essais1 que je prfr]ais qu'il n'en dise ri52 ce ne sont pas tant les expressions que l'on relve1 que les ides que l'on dnigre1 d'une faon d'autant plus mordante qu'on le fait d'une manire indirecte4 ,j'ai pu me tromp]1 mais combi5 d'autres1 en ce mme g5re1 prt5t encore plus la critique6 ,t\j\rs e/-il1 que ce soit bi5 ou mal1 aucun criva9 n'a amorc plus de sujets et1 en t\t cas1 n'en a amoncel autant sur le papi]4 ,p\r les y faire t5ir en plus gr& nombre1 je ne fais gure que les nonc]2 si je v5ais les dvelopp]1 ce ne s]ait plus un volume1 mais plusieurs qu'il faudrait2 beauc\p de faits s'y tr\v5t m5tionns1 dont les consqu5ces ne sont pas dduites2 celui qui v\dra les scrut] d'un peu prs1 donn]a ces ,essais une ext5sion indf9ie4 ,ces faits1 comme les allgations que j'ai mises1 ne sont pas t\j\rs simplem5t des exemples devant faire autorit ou aj\t] l'intrt de l'ouvrage2 je ne les considre pas seulem5t comme appuyant mes dires2 en dehors de cela1 ils peuv5t dev5ir le po9t de d"p de diss]tations plus importantes et plus l>ges1 et s\v5t1 en dviant un peu1 f\rnir matire trait] plus amplem5t c]ta9s sujets p>ticulirem5t dlicats sur lesquels je n'ai pas v\lu ici m't5dre davantage1 tant p\r moi que p\r ceux qui aurai5t cet g>d ma manire de voir4 ,p\r en rev5ir ce qui e/ du tal5t de la p>ole1 je tr\ve que ne savoir s'exprim] que d'une manire dfectueuse1 ou ne savoir ri5 autre que bi5 p>l]1 ne val5t gure mieux l'un que l'autre3 ,un arrangem5t symtrique n'e/ pas digne de l'homme 7,snque74 ,les sages dis5t qu'au po9t de vue du savoir il n'y a que la philosophie1 et au po9t de vue des actes que la v]tu1 qui s'accommod5t d'tre pratiques t\s les degrs et dans t\tes les conditions de la socit4 ,combi5 diffr5t de ,pl9e et de ,cicron1 picure et ,snque qui critiqu5t cette soif de clbrit dans un /yle mo9s brillant1 mais plus s5s4--,on tr\ve quelque *ose d'appro*ant des ides exprimes p> ,pl9e et ,cicron1 dans picure et ,snque2 eux aussi indiqu5t que les lettres qu'ils criv5t leurs amis1 vivront t]nellem5t2 mais c'e/ d'autre faon et p\r1 dans un bon b1 se mettre l'unisson de la vanit de ceux avec lesquels ils sont en correspondance4 ,ils leur m&5t en effet que s'ils demeur5t aux affaires p> dsir de se faire un nom et de le transmettre aux sicles v5ir1 et s'ils craign5t que la solitude et la retraite auxquelles ils les convi5t ne nuis5t ce rsultat1 ils peuv5t se rassur]2 qu'eux1 qui leur criv5t1 ont assez de crdit sur la po/rit p\r leur g>antir que1 ne s]ait-ce que p> les lettres qu'ils leur adress5t1 ils f]ont connatre leurs noms et leur donn]ont plus de clbrit que ne peuv5t leur en valoir les actes de leur vie publique4--,outre cette diffr5ce avec les lettres de ,cicron et de ,pl9e1 celles de nos deux philosophes ne sont pas vides et sans consi/ance1 n'ayant de saillant que la dlicatesse des expressions disposes suivant un ry?me h>monieux2 les leurs1 sub/antielles1 p>lant raison en de nombreux et beaux passages1 sont mme de r5dre celui qui les lit1 non plus loqu5t1 mais plus sage1 et de lui appr5dre non bi5 dire1 mais bi5 faire4 ,fi de l'loqu5ce qui fixe notre att5tion sur elle-mme1 et non sur les sujets qu'elle traite6 ,con/atons cep5dant que celle de ,cicron passa p\r avoir t d'une telle p]fection1 qu'elle avait une valeur propre4--,a ce propos1 je cont]ai de lui cette anecdote qui fait t\*] du doigt sa nature3 ,il avait p>l] en public et tait un peu press p> le temps p\r prp>] conv5ablem5t son disc\rs4 ,eros1 l'un de ses esclaves1 v9t le prv5ir que l'assemble tait remise au l5dema92 il en fut si satisfait1 que p\r cette bonne n\velle il l'affran*it4 ,raisons qui ont fait prfr] ,montaigne la =me qu'il a donne ses ,essais1 au lieu du g5re pi/olaire p\r lequel il avait cep5dant des dispositions p>ticulires4--,un mot sur ce g5re pi/olaire1 dans lequel mes amis e/im5t que je p\rrais russir et que j'eusse volonti]s adopt p\r publi] les produits de mon imag9ation1 si j'avais eu qui adress] mes lettres4 ,mais1 p\r cela1 il et fallu que j'eusse auj\rd'hui1 comme je l'avais jadis1 une p]sonne avec laquelle je fusse en relations cont9ues1 qui m'attirt1 m'enc\raget et me mit en v]ve2 p>ce que raisonn]1 comme d'autres font1 sur des hypo?ses1 je ne saurais le faire qu'en songe2 ennemi jur de t\t ce qui e/ faux1 je ne saurais davantage m'entret5ir de que/ions srieuses avec des correspondants imag9aires4 ,j'eusse t plus att5tif et plus net dans ce que j'crivais1 si j'avais eu l'adress] un ami de l'intellig5ce et du c>actre duquel j'eusse t assur1 plus qu'en m'adressant au public1 *ez lequel on tr\ve des g5s de t\tes sortes2 et je suis conva9cu que cela m'et beauc\p mieux russi4 ,mon /yle1 naturellem5t peu srieux et famili]1 ne convi5t gure p\r trait] les affaires publiques2 mais il m'e/ bi5 p]sonnel1 con=me de t\s po9ts ma conv]sation qui e/ t\ffue1 dsordonne1 c\pe1 d'un c>actre t\t p>ticuli]4 ,ri5 de ridicule comme les =mules oiseuses de respect et d'adulation qu'on prodigue de nos j\rs dans la correspondance prive2 comm5t lui-mme procdait la si5ne4--,je ne m'ent5ds pas crire des lettres crmonieuses1 qui ne sont au fond qu'une suite in9t]rompue de belles phrases c\rtoises4 ,les longues prote/ations d'affection et les (fres de s]vice ne sont ni dans mes moy5s1 ni dans mes gts2 je n'en p5se pas si long et il me dplat d'en dire plus que je n'en p5se4 ,cela n'e/ gure dans les usages actuels qui comport5t une dbau*e de =mules de politesse obsquieuses et s]viles1 comme il n'en fut jamais1 o il e/ fait un tel abus dans les relations c\rantes de ces mots3 ,vie1 me1 dvotion1 adoration1 s]f1 esclave1 que si l'on veut m>qu] une sympa?ie p>ticulirem5t acc5tue et respectueuse1 les t]mes p\r l'exprim] font dfaut4 ,j'ai horreur d'avoir l'air d'un flatteur1 et comme j'ai naturellem5t le p>l] bref1 allant droit au b1 dp\rvu d'ambages1 je semble1 p\r ceux qui ne me connaiss5t pas autrem5t1 quelque peu ddaigneux4 ,ceux que j'honore le plus1 sont ceux avec lesquels j'emploie le mo9s ces =mules de politesse affecte2 lorsque je suis t\t p>ticulirem5t cont5t1 j'oublie les conv5tions monda9es4 ,a l'g>d de ceux de qui je dp5ds1 je suis peu empress et tmoigne de la fi]t2 je me jette encore mo9s la tte de ceux auxquels je suis le plus atta*2 il me semble qu'ils doiv5t lire en mon cur et que mes p>oles f]ai5t tort mes s5tim5ts4 ,s'agit-il de s\hait] la bi5v5ue1 de pr5dre cong1 rem]ci]1 salu]1 faire des (fres de s]vice et t\s autres complim5ts emphatiques qu'dicte le crmonial de la civilit1 je ne connais p]sonne qui ne demeure aussi sottem5t c\rt que moi4 ,je n'ai jamais crit de lettres de recomm&ation p\r sollicit] en faveur de quelqu'un1 que celui auquel elle tait adresse n'ait tr\ves s*es et tides4--,les ,itali5s sont =ts p\r publi] des correspondances2 j'en ai1 je crois1 plus de c5t volumes2 celles d',annibal ,c>o me p>aiss5t les meilleures4 ,si j'avais t\t le papi] qu'autrefois j'ai b>b\ill p\r les dames1 lorsque ma plume traduisait les lans passionns qui tai5t en moi1 peut-tre y tr\v]ait-on quelques pages qui mrit]ai5t d'tre communiques la jeunesse inoccupe1 en proie la mme frnsie4 ,j'cris t\j\rs mes lettres la hte et si prcipitamm5t que1 bi5 qu'ayant une criture insupportablem5t mauvaise1 je prfre crire moi-mme que d'avoir rec\rs quelqu'un1 ne tr\vant p]sonne qui puisse me suivre qu& je dicte2 de plus1 je ne me recopie jamais4 ,j'ai habitu les hauts p]sonnages qui me connaiss5t admettre mes ratures et mes sur*>ges1 a9si que mon papi] non pli et sans m>ge4 ,les lettres qui me cot5t le plus faire1 sont celles qui val5t le mo9s2 qu& je trane les crire1 c'e/ signe que je n'y suis gure dispos4 ,je comm5ce d'ord9aire sans plan arrt1 une phrase amne la suivante4 ,de nos j\rs1 les prambules et les enjolivem5ts ti5n5t dans une lettre plus de place que ce qui en e/ le sujet4 ,en crire deux ne me cote pas tant que d'en pli] et ca*et] une1 aussi e/-ce un so9 dont je *>ge t\j\rs un autre2 non mo9s volonti]s1 qu& j'ai a*ev de trait] l'objet de ma lettre1 je donn]ais quelqu'un commission d'y aj\t] ces longues h>angues1 (fres de s]vice et prires p> lesquelles n\s les t]m9ons et dont je s\haite vivem5t que l'usage1 en se modifiant1 n\s db>rasse1 comme aussi de transcrire la kyrielle des qualits et titres du de/9ataire1 ce qui ma9tes fois a fait que1 de cra9te de me tromp]1 j'ai nglig d'crire1 notamm5t des g5s de loi et de f9ance4 ,on a imag9 auj\rd'hui tant de *>ges n\velles1 on a tellem5t prodigu les di/9ctions honorifiques et la gradation entre elles e/ telle1 qu'outre la difficult de s'y reconnatre1 ces titres ayant t a*ets =t *] p> ceux qui les dti5n5t1 on ne peut faire confusion ou commettre d'omissions sans les (f5s]2 en sur*>g] les en-tte et ddicaces des ouvrages que n\s faisons imprim]1 e/ galem5t1 mon avis1 de =t mauvais gt4 ,,*apitre ,,xl4 ,le bi5 et le mal qui n\s arriv5t1 ne sont s\v5t tels que p> l'ide que n\s n\s en faisons4 ,la div]sit des op9ions sur les bi5s et les maux e/ gr&e2 la mort elle-mme n'app>at pas t\s comme un mal4--,les hommes1 dit une anci5ne s5t5ce grecque1 sont t\rm5ts p> l'ide qu'ils se font des *oses1 et non p> les *oses elles-mmes4 ,ce s]ait un gr& pas de fait p\r le s\lagem5t de notre misrable condition1 s'il tait pr\v que c'e/ l une vrit absolue4 ,si1 en effet1 le mal n'a accs en n\s que p>ce que n\s le jugeons tel1 il semble qu'il e/ en notre p\voir1 soit de n'en pas t5ir compte1 soit de le faire s]vir p\r notre bi54 ,si cela dp5d de n\s1 p\rquoi n'en vi5drions-n\s pas b\t1 ou ne le f]ions-n\s pas t\rn] notre avantage8 ,si ce que n\s nommons mal et t\rm5t1 n'e/ p> lui-mme ni mal ni t\rm5t1 et que ce soit notre seule fantaisie qui lui attribue cette qualit1 n\s p\vons la modifi]4 ,le p\vant1 c'e/ une trange folie de notre "p si1 alors que nul ne n\s y =ce1 n\s n\s en t5ons ce qui e/ le plus ennuyeux p\r n\s2 et que1 de notre cons5tem5t1 les maladies1 l'indig5ce1 le mpris que l'on fait de n\s1 n\s caus5t une impression pnible et dsagrable1 qu& n\s avons possibilit qu'elle soit bonne2 autrem5t dit1 si la =tune faisant natre simplem5t l'incid5t1 c'e/ n\s qu'il app>ti5t que son effet soit de telle ou telle nature4--,voyons donc si on peut affirm] avec quelque autorit que ce que n\s appelons mal ne l'e/ pas p> lui-mme2 ou du mo9s1 ce qui revi5t au mme1 si1 tel que c'e/1 il dp5d de n\s d'en modifi] l'app>5ce s\s laquelle cela se prs5te et l'effet que n\s en ress5tons4 ,si les *oses que n\s r$\tons avai5t un c>actre qui leur soit propre1 s'imposant p> lui-mme1 elles s'implant]ai5t *ez t\s de la mme faon et leur action s]ait la mme2 t\s les hommes sont en effet de mme espce et1 peu de diffr5ce prs en plus ou en mo9s1 p\rvus des mmes organes leur donnant possibilit de concevoir et de jug]4 ,la div]g5ce d'ides que n\s n\s faisons de ces *oses1 tmoigne donc bi5 nettem5t qu'elles n'agiss5t sur n\s qu'en raison de la disposition d'esprit en laquelle n\s sommes4 ,p\r un qui1 p> has>d1 les admet telles qu'elles sont dans la ralit1 mille autres ne les reoiv5t qu'en altrant leur c>actre et leur en attribuant un t\t contraire4--,n\s t5ons la mort1 la pauvret1 la d\leur comme nos pires ennemis4 ,or1 cette mort que c]ta9s qualifi5t d'entre les *oses horribles1 la plus horrible1 qui ne sait que d'autres l'appell5t l'unique abri contre les t\rm5ts de cette vie1--le s\v]a9 bi5fait de la nature1--le seul g>ant de notre lib]t1--l'unique refuge immdiat et commun t\s les hommes1 contre t\s les maux4 ,les uns l'att5d5t en tremblant d'effroi2 d'autres la prfr5t la vie2 il en e/ mme qui se plaign5t qu'elle soit trop notre porte3 ,o mort1 plt aux dieux que tu ddaignasses les l*es et que la v]tu ft le seul titre tes prfr5ces 7,luca974 ,ne n\s occupons pas davantage de ces natures exceptionnelles1 *ez lesquelles le c\rage e/ port un si haut degr4 ,il e/ des g5s qui plaisant5t au seuil mme de la mort1 en allant au supplice1 etc4--,?odore rpondait ,lysimaque qui m5aait de le tu]3 ,tu f]as l un gr& c\p1 l'in/> de ce que peut produire la can?>ide4--,la plup>t des philosophes se tr\v5t avoir soit desse9 prv5u la v5ue de la mort1 soit l'avoir hte en y aidant4--,combi5 ne voit-on pas de g5s du peuple1 conduits la mort1 non pas simplem5t la mort1 mais une mort ignom9ieuse1 accompagne quelquefois de cruels supplices1 faire montre d'une telle assurance1 les uns p> o/5tation1 les autres t\t naturellem5t1 que ri5 ne semble *ang dans l'ord9aire de leur vie4 ,ils rgl5t leurs affaires dome/iques1 se recomm&5t leurs amis1 *ant5t1 adress5t des exhortations la f\le1 lui p>l5t en mlant p>fois leurs propos le mot p\r rire2 boiv5t1 en portant la sant de leurs connaissances1 avec le mme calme1 le mme c\rage qu'eut ,socrate4 ,l'un d'eux1 que l'on m5ait au gibet1 disait qu'on se g>dt de pass] p> telle rue1 o l'on c\rrait risque de r5contr] un m>*& env]s lequel il avait une vieille dette et qui p\rrait lui faire mettre la ma9 sur le collet4--,un autre disait au b\rreau de ne pas lui t\*] la gorge1 p>ce qu'tant trs *at\illeux1 il p\rrait se faire que cela lui donnt envie de rire4--,un autre rpondait son confesseur qui lui affirmait qu'il s\p]ait le soir mme avec ,notre-,seigneur3 ,allez-y donc1 v\s2 p\r moi1 je fais jene auj\rd'hui4--,un autre ayant dem& boire1 et le b\rreau ayant bu le premi] au mme gobelet1 disait ne pas v\loir boire aprs lui1 de peur d'attrap] la vrole4--,*acun connat l'hi/oire de ce ,pic>d auquel1 p5dant qu'il gravissait l'*elle de la pot5ce1 on prs5tait une fille p\s]1 moy5nant quoi1 il aurait la vie sauve 7ce que p>fois notre ju/ice autorise74 ,il l'exam9a un in/ant et s'ap]cevant qu'elle boitait3 ,fais ton (fice1 p5ds-moi1 dit-il au b\rreau2 elle boite4--,on dit qu'en ,danem>k1 mme fait s'e/ produit3 un homme condamn avoir la tte tran*e1 tait sur l'*afaud2 on lui fit mme proposition2 il refusa p>ce que la fille qu'on lui (frait avait les j\es tombantes et le nez trop po9tu4--,a ,t\l\se1 un valet accus d'hrsie1 donnait p\r unique raison de sa croyance que1 sur ce po9t1 il s'en rapportait uniquem5t son matre1 jeune coli] qui tait prisonni] comme lui2 n'en v\lant pas dmordre1 il prfra la mort se laiss] p]suad] que son matre pt tre dans l'erreur4--,les *roniques rapport5t qu' ,arras1 qu& ,l\is ,,xi s'emp>a de la ville1 nombre de g5s du peuple se laissr5t p5dre1 plutt que de cons5tir cri]3 ,vive le roi6--,p>mi les b\ffons1 ces tres assez mprisables1 il s'en e/ tr\v qui ont cons]v jusqu' leur d]ni] mom5t leur c>actre enj\3 l'un d'eux1 condamn tre p5du1 au mom5t o le b\rreau le lanait dans le vide1 s'cria3 ,vive le plaisir6 ce qui tait son refra9 ord9aire4--,un autre1 sur le po9t de r5dre l'me1 avait t t5du sur une paillasse1 en trav]s du foy]2 le mdec9 lui dem&ant o son mal le t5ait3 ,entre le banc et le feu1 lui rpondit-il4 ,au prtre qui1 p\r lui donn] l'extrme-onction1 *]*ait ses pi$s contracts et replis s\s lui p> l'effet de la maladie3 ,v\s les tr\v]ez1 dit-il1 au b\t de mes jambes4 ,un des assi/ants l'exhortant se recomm&] ,dieu3 ,quelqu'un se r5d-il donc prs de lui8 dem&a-t-il4 ,l'autre lui rpondant3 ,mais c'e/ v\s-mme et s\s peu1 si tel e/ son bon plaisir4 ,y a-t-il *ance que ce soit dema9 soir8 rpliqua-t-il4 ,dema9 ou un autre mom5t1 peu importe1 cela ne t>d]a pas1 p\rsuivit son int]locuteur2 bornez-v\s v\s recomm&] lui4 ,alors mieux vaut1 conclut-il1 que je lui porte mes recomm&ations moi-mme4 ,dans les ,indes1 les femmes s'enseveliss5t ou se brl5t vivantes sur le corps de leur m>i2 frquemm5t les vicissitudes de la gu]re amn5t des populations entires se donn] volontairem5t la mort4--,dans le royaume de ,n>s+ue1 les femmes des prtres sont1 encore auj\rd'hui1 ensevelies vivantes avec le corps de leurs m>is3 les autres femmes n'app>t5ant pas cette ca/e sont brles vives aux funrailles de leurs p\x1 et t\tes support5t leur sort1 non seulem5t avec f]met1 mais gam5t4 ,a la mort du roi1 ses femmes et ses concub9es1 ses favoris1 t\s ses (fici]s et ses s]viteurs1 et ils sont lgion1 se prs5t5t avec une joie si manife/e au b*] o le corps de leur matre e/ brl et dans lequel ils vont eux-mmes se prcipit]1 qu'ils tmoign5t p> l t5ir p\r un trs gr& honneur de l'accompagn] dans l'autre monde4--,p5dant nos d]nires gu]res dans le ,milanais1 ,milan fut si s\v5t pris et repris que le peuple1 r5du impati5t p> ces *angem5ts de =tune multiplis1 en v9t une telle ins\ciance de la mort1 que mon pre1 auquel je l'ai ent5du dire1 vit compt] jusqu' v+t-c9q *efs de famille qui1 en une sema9e1 se la donnr5t eux-mmes4--,ce fait e/ rappro*] de ce qui se passa au sige de ,xan! p> ,brutus1 dont les habitants1 hommes1 femmes et enfants1 se prcipitr5t ple-mle au-devant de la mort avec un si ard5t dsir de la recevoir1 qu'on ne saurait faire plus p\r sauv] sa vie qu'ils ne fir5t p\r la p]dre2 si bi5 que ,brutus ne put qu' gr&'pe9e en sauv] un petit nombre4 ,s\v5t l'homme sacrifie sa vie la cons]vation d'ides politiques ou religieuses4--,t\te op9ion peut s'emp>] de n\s avec une =ce telle qu'il peut n\s arriv] de la s\t5ir aux dp5s de notre vie4--,le premi] article du s]m5t1 si empre9t de c\rage1 p> lequel les ,grecs se lir5t au mom5t des gu]res mdiques1 portait que *acun s'engageait pass] de vie trpas1 plutt que d'accept] la dom9ation des ,p]ses4--,combi51 dans la gu]re engage entre les ,turcs et les ,grecs1 voit-on des premi]s subir une mort cruelle1 plutt que de r5onc] la circoncision et se faire baptis]1 actes de c\rage dont t\tes les religions du re/e n\s (fr5t des exemples4 ,les rois de ,ca/ille ayant banni les ,juifs de leurs tats1 le roi ,jean de ,portugal leur v5dit1 huit cus p> tte1 la facult de se rfugi] dans les si5s p5dant un temps dt]m91 au b\t duquel ils devai5t en sortir2 et1 p\r ce faire1 il s'engageait leur f\rnir des vaisseaux p\r les transport] en ,afrique4 ,le j\r arriv1 pass lequel il tait spcifi que ceux qui n'aurai5t pas quitt le t]ritoire s]ai5t rduits en esclavage1 les vaisseaux leur fur5t am5s en nombre insuffisant4 ,ceux qui pur5t emb>qu]1 =t vila9em5t malm5s p> les quipages1 eur5t subir indignits sur indignits2 en outre1 prom5s sur m] dans un s5s puis en s5s contraire jusqu' ce que1 leurs provisions tant puises1 ils fuss5t contra9ts d'en a*et] ceux qui les transportai5t1 ceux-ci les leur fir5t pay] si *]1 qu'ils en arrivr5t1 cet tat de *oses se prolongeant1 se tr\v]1 lorsqu'on les db>qua1 ne plus possd] que leurs *emises4 ,en appr5ant ces traitem5ts inhuma9s1 la plup>t de ceux demeurs en ,portugal se rsolur5t la s]vitude2 quelques-uns feignir5t mme de *ang] de religion4 ,emmanuel1 successeur de ,jean1 tant mont sur le trne1 leur r5dit d'abord la lib]t2 plus t>d1 *angeant d'avis1 il leur enjoignit de sortir du royaume et leur assigna trois ports p\r s'emb>qu]4 ,il esprait de la sorte1 dit l'vque ,osorius1 hi/ori5 lat9 trs digne de foi de notre poque1 qui a crit la *ronique de ces temps1 que la lib]t qu'il leur avait r5due ne les ayant pas fait se conv]tir au *ri/ianisme1 ils s'y dt]m9]ai5t p\r ne pas se livr] aux rap9es des m>9i]s auxquels ils devai5t se confi] et ne pas ab&onn]1 p\r une contre qui leur tait trangre et inconnue1 un pays auquel ils tai5t habitus et dans lequel ils avai5t de gr&es ri*esses4 ,les voyant rsolus p>tir et se tr\vant a9si du dans ses esprances1 il supprima deux des ports o il avait autoris leur emb>quem5t1 soit qu'il esprt qu'une plus gr&e longueur du trajet et le surcrot d'incommodits qui devait en rsult] en arrt]ai5t un c]ta9 nombre1 soit p\r les faire se runir t\s en un mme lieu et avoir a9si plus de facilit p\r le projet qu'il avait conu de leur enlev] leurs enfants au-dess\s de quatorze ans et les transport] en un endroit o1 hors de la vue et de la direction de leurs p>5ts1 ils fuss5t levs dans notre religion4 ,osorius aj\te que l'excution de cette mesure donna lieu des scnes horribles2 l'affection naturelle p\r leurs enfants1 s'aj\tant l'atta*em5t leur foi1 l'encontre desquels allait cet ordre b>b>e1 fir5t qu'on vit nombre de pres et de mres se dtruire eux-mmes et1 ce qui tait un plus t]rible spectacle encore1 p> am\r et compassion prcipit] leurs jeunes enfants dans des puits1 p\r les s\/raire la viol5ce qui leur tait faite4 ,f9alem5t1 le dlai qui leur avait t assign p\r leur d"p tant1 faute de moy5s p\r l'affectu]1 arriv t]me1 ils se remir5t en s]vitude4 ,quelques-uns se fir5t *rti5s1 mais auj\rd'hui encore1 aprs c5t ans c\ls1 peu de ,portugais sont conva9cus de la s9crit de leur foi et de celle de quiconque de leur race1 bi5 que l'habitude et le temps1 plus que la contra9te1 soi5t les facteurs qui ont le plus d'action p\r am5] des *angem5ts de cette nature4--,a ,ca/elnaud>y1 c9quante ,albigeois atte9ts d'hrsie1 ne v\lant pas dsav\] leur croyance1 fur5t1 d'une seule fois1 brls vifs et endurr5t ce supplice avec un c\rage admirable3 ,que de fois n'a-t-on pas vu c\rir une mort c]ta9e non seulem5t nos gnraux1 mais nos armes entires 7,cicron76 ,p>fois la mort e/ re*]*e uniquem5t comme un tat prfrable la vie2 a9si donc elle ne saurait tre un sujet de cra9te4--,j'ai vu un de mes amis intimes v\loir la mort t\te =ce2 absolum5t imbu de cette ide1 dont il s'tait pntr p> ma9ts argum5ts spcieux dont je ne p>v9s pas triomph]1 il saisit avec 99 une ardeur fivreuse la premire occasion honorable qui s'(frit de la mettre excution1 sans qu'on pt s\ponn] son p>ti pris4--,n\s avons plusieurs exemples de g5s1 mme d'enfants qui1 de notre temps1 se sont donn la mort p\r vit] des incommodits sans importance4 ,a ce propos1 un anci5 ne dit-il pas3 ,que ne cra9drons-n\s pas1 si n\s craignons ce que la l*et elle-mme *oisit p\r refuge8 ,je n'en f9irais pas1 si j'numrais ici les individus1 en si gr& nombre1 de t\s sexes1 de t\tes conditions1 de t\tes sectes qui1 dans des sicles plus heureux1 ont att5du la mort avec f]met1 ou l'ont volontairem5t *]*e1 et *]*e non seulem5t p\r mettre f9 aux maux de cette vie1 mais c]ta9s simplem5t p>ce qu'ils en avai5t assez de l'exi/5ce1 d'autres p>ce qu'ils esprai5t une vie meilleure dans l'autre monde4 ,ils sont en nombre inf9i1 si bi5 que j'aurais meilleur m>* de supput] ceux p\r lesquels la mort a t un sujet de cra9te4--,ri5 que ce fait3 ,le philosophe ,pyrrhon tant sur un bateau1 assailli p> une viol5te tempte1 montrait ceux qui1 aut\r de lui1 tai5t les plus effrays1 un p\rceau qui ne semblait nullem5t se s\ci] de l'orage1 et les exhortait pr5dre exemple sur cet animal4 ,os]ons-n\s donc s\t5ir que la raison1 cette facult dont n\s n\s enorgueillissons tant1 laquelle n\s devons de n\s considr] comme les s\v]a9s matres des autres cratures1 n\s a t donne p\r tre un sujet de t\rm5t8 ,a quoi n\s s]t de p\voir n\s r5dre compte des *oses1 si n\s en dev5ons plus l*es2 si cette connaissance n\s enlve le repos et le tranquillit dont n\s j\irions sans cela1 si elle n\s rduit une condition pire que celle du p\rceau de ,pyrrhon8 ,c'e/ p\r notre plus gr& bi51 que n\s avons t d\s d'intellig5ce2 p\rquoi la faire t\rn] notre prjudice1 contrairem5t aux desse9s de la nature et l'ordre univ]sel des *oses qui veul5t que *acun use de ses facults et de ses moy5s d'action1 au mieux de sa commodit8 ,la d\leur e/ t5ue p> c]ta9s comme le plus gr& des maux2 il en e/ qui ni5t sa ralit1 d'autres prt5d5t au contraire ne r$\t] dans la mort que la d\leur qui d'ord9aire l'accompagne2 fausset de ces deux ass]tions4--,bi51 me dira-t-on1 admettons que v\s soyez dans le vrai en ce qui t\*e la mort2 mais que direz-v\s de l'indig5ce8 ,que direz-v\s aussi de la d\leur qu',ari/ippe1 ,hi]onyme et la plup>t des sages ont e/ime le plus gr& des maux1 ce qu'ont d confess]1 s\s son tre9te1 ceux-l mmes qui la niai5t en p>ole8--,posidonius tant extrmem5t s\ffrant d'une crise aigu d'une maladie d\l\reuse1 ,pompe1 v5u p\r le voir1 s'excusait d'avoir *oisi un mom5t aussi inopportun1 p\r l'ent5dre devis] de philosophie3 ,a ,dieu ne plaise1 lui dit ,posidonius1 que la d\leur pr5ne tant d'empire sur moi1 qu'elle m'emp*e d'en diss]t]2 et1 l-dessus1 il se met p>l] prcism5t sur le mpris que n\s devons faire de la d\leur4 ,p5dant qu'il disc\rait1 ses s\ffrances s'acc5tuant de plus en plus3 ,tu z beau faire1 d\leur1 s'cria-t-il1 je ne convi5drai pas qu& mme que tu es un mal4--,que pr\ve ce conte dont les philosophes se prval5t tant sur le mpris en lequel n\s devons t5ir la d\leur8 ,le dbat ne porte ici que sur le mot lui-mme2 mais si la d\leur tait sans effet sur ,posidonius1 p\rquoi lui faisait-elle int]rompre son entreti58 p\rquoi croyait-il faire acte mritoire1 en ne l'appelant pas un mal8 ,t\t n'e/ pas ici effet d'imag9ation3 n\s p\vons en p>l] en p>faite connaissance de cause1 puisque ce sont nos s5s eux-mmes qui sont juges3 ,s'ils n\s tromp5t la raison n\s trompe galem5t 7,lucrce74 ,f]ons-n\s admettre notre *air que les c\ps d'trivires ne sont qu'un *at\illem5t agrable2 notre gt1 que l'alos e/ du v9 de ,graves8 ,le p\rceau de ,pyrrhon vi5t ici l'appui de notre ?se3 il n'pr\ve pas d'effroi1 alors que la mort e/ imm95te2 mais si on le bat1 il crie et se t\rm5te4 ,ni]ons-n\s la loi gnrale de la nature qui se manife/e *ez t\t ce qui1 s\s la vote cle/e1 a vie et tremble s\s l'effet de la d\leur8 ,les arbres eux-mmes sembl5t gmir1 qu& on les mutile6 ,la mort ne se ress5t que p>ce qu'on y p5se1 d'autant que c'e/ l'affaire d'un mom5t3 ,ou la mort a t ou elle s]a1 ri5 n'e/ prs5t en elle 7,la ,botie72 ,c'e/ bi5 mo9s elle-mme que son att5te qui e/ cruelle 7,ovide72 des milli]s d'animaux1 des milli]s d'hommes meur5t1 sans mme se s5tir m5acs4--,n\s disons aussi que ce que n\s r$\tons surt\t dans la mort1 c'e/ la d\leur qui1 d'ord9aire1 en e/ l'avant-c\reur2 t\tefois s'il faut en croire un ,pre de l'glise3 ,la mort n'e/ un mal que p> ce qui vi5t aprs elle 7,sa9t ,augu/972 p\r moi1 je crois tre encore plus dans le vrai en disant que ni ce qui la prcde1 ni ce qui la suit1 ne sont p>ties intgrantes de la mort4 ,notre dire sur ce po9t e/ enta* de fausset2 l'expri5ce montre que c'e/ plutt l'inquitude que n\s cause le s5tim5t de la mort qui fait que n\s ress5tons si vivem5t la d\leur1 et que nos s\ffrances n\s sont d\blem5t pnibles1 qu& elles sembl5t devoir ab\tir cette f94 ,mais la raison n\s fait honte de r$\t] une *ose si s\da9e1 si 9vitable et qui ne se s5t pas1 et n\s masquons notre l*et en lui donnant un prtexte plus plausible4 ,t\s les maux qui n'ont d'autre consqu5ce que la s\ffrance qu'ils n\s caus5t1 n\s les disons sans dang]2 qui e/-ce qui considre comme des maladies les maux de d5ts1 la g\tte1 si d\l\reux qu'ils soi5t1 du mom5t qu'ils ne m5ac5t pas notre vie8 ,la ralit de la d\leur n'e/ pas d\teuse1 et c'e/ mme le propre de la v]tu de la brav]4--,admettons un in/ant que dans la mort1 ce soit surt\t la d\leur qui n\s t\*e2 n'e/-ce pas aussi la d\leur qui se prs5te n\s dans le cas de la pauvret1 qui n\s la fait s5tir p> la soif1 le froid1 le *aud1 les veilles6 ne n\s occupons donc que d'elle qui e/ la seule qui n\s ayons affaire4--,j'admets que ce soit le pire accid5t qui puisse n\s arriv] et le fais volonti]s1 tant l'homme du monde qui lui veut le plus de mal et l'vite le plus qu'il peut1 bi5 que1 jusqu' prs5t1 ,dieu m]ci1 je n'aie pas eu gr& rapport avec elle2 mais n\s avons possibilit1 s9on de l'anantir1 du mo9s de la dim9u]1 en n\s montrant pati5ts1 et d'en affran*ir notre me et notre raison1 alors mme qu'elle ti5t notre corps s\s sa dp5dance4 ,s'il n'en tait a9si1 que vaudrai5t la v]tu1 la vaillance1 la =ce1 la magnanimit et la rsolution8 ,quel rle aurai5t-elles j\]1 si la d\leur n'tait plus dfi]8 ,la v]tu e/ avide de prils 7,snque74 ,s'il ne fallait n\s c\*] sur la dure2 arm de t\tes pices1 endur] la *aleur du milieu du j\r2 mang] du *eval et de l'ne1 se voir taillad] les *airs1 extraire une balle du corps2 s\ffrir qu& on n\s rec\d1 qu'on n\s cautrise ou qu'on n\s sonde1 p> quoi acqu]rions-n\s supriorit sur les g5s du commun8 ,les sages sont bi5 lo9 de n\s invit] fuir le mal et la d\leur qu& ils n\s dis5t qu'entre plusieurs actions galem5t bonnes1 celle dont l'excution prs5te le plus de pe9e1 e/ celle que n\s devons le plus s\hait] avoir accomplir4--,ce n'e/ ni p> la joie et les plaisirs1 ni p> les jeux et les ris compagnons ord9aires de la frivolit1 qu'on e/ heureux2 on l'e/ s\v5t aussi dans la tri/esse1 p> la f]met et la con/ance 7,cicron74 ,c'e/ p\rquoi jamais nos pres n'ont pu compr5dre que les conqutes faites de vive =ce1 en c\rant les has>ds de la gu]re1 ne soi5t pas plus avantageuses que celles qu'on fait en t\te scurit1 p> les intellig5ces que l'on s'e/ mnages et p> des ngociations3 ,la v]tu e/ d'autant plus d\ce1 qu'elle n\s a plus cot 7,luca974 ,plus elle e/ viol5te1 plus elle e/ c\rte et plus il e/ possible l'homme d'en dim9u] l'acuit en ragiss5t contre elle1 ce que n\s p]mett5t de faire les =ces de l'me1 et ce quoi n\s p>v5ons t\s1 s\s l'empire de s5tim5ts div]s4--,bi5 plus1 et cela doit n\s consol]1 la nature a fait que lorsque la d\leur e/ viol5te1 elle e/ de c\rte dure2 et que lorsqu'elle se prolonge1 elle e/ lgre 7,cicron74 ,tu ne la ress5tiras pas longtemps1 si elle e/ excessive2 elle cess]a d'tre ou mettra f9 ton exi/5ce1 ce qui revi5t au mme2 si tu ne peux la support]1 elle t'emport]a3 ,s\vi5s-toi que les gr&es d\leurs se t]m95t p> la mort2 que les petites n\s laiss5t de nombreux int]valles de repos et que n\s sommes mme de dom9] celles de moy5ne int5sit4 ,tant qu'elles sont supportables1 endurons-les donc patiemm5t2 si elles ne le sont pas1 si la vie n\s dplat1 sortons-en comme d'un ?tre 7,cicron74 ,ce qui fait que n\s supportons si impatiemm5t la d\leur1 c'e/ que n\s ne sommes pas habitus re*]*] en notre me notre pr9cipal cont5tem5t2 n\s ne faisons pas assez fond sur elle1 qui e/ la seule et s\v]a9e matresse de notre condition ici-bas4 ,le corps n'a1 sauf en plus ou en mo9s1 qu'une manire d'tre et de faire2 l'me1 s\s des =mes div]ses trs v>ies1 s\met elle1 et d'aprs l'tat dans lequel elle se tr\ve1 les s5sations du corps et t\s autres accid5ts2 aussi faut-il l'tudi]1 *]*] et veill] en elle ses moy5s d'action qui sont t\t-puissants4 ,il n'y a pas de raison1 de prescription1 de =ce susceptibles de prvaloir contre ce v]s quoi elle incl9e et qui a ses prfr5ces4 ,de tant de milli]s de moy5s qui sont notre disposition1 mettons-en un en jeu qui assure notre repos et notre cons]vation et n\s s]ons non seulem5t l'abri de t\te atte9te1 mais les (f5ses et les maux t\rn]ont eux-mmes1 si bon lui semble1 notre avantage1 et peut-tre mme n\s en rj\irons-n\s4 ,elle met t\t indiffremm5t pr(it2 l'erreur1 les songes lui s]v5t comme la ralit n\s protg] et n\s satisfaire4--,il e/ facile de reconnatre que c'e/ notre disposition d'esprit qui aiguise en n\s la d\leur et la volupt2 *ez les animaux1 sur lesquels l'esprit n'a pas action1 les s5sations du corps se manife/5t naturellem5t1 telles qu'elles se ress5t5t1 et1 p> suite1 sont peu prs uni=mes dans *aque espce1 a9si que cela se con/ate p> la similitude qui exi/e dans la manire dont ils en agiss5t dans les div]s actes qu'ils accompliss5t4 ,si1 sans int]v5ir1 n\s laissions nos membres la lib]t d'action qu'ils ti5n5t de la nature1 il e/ croire que n\s n\s en tr\v]ions mieux1 p>ce qu'elle leur a donn la notion exacte de la mesure g>d] vis--vis de la volupt comme vis--vis de la d\leur1 s5tim5t qui doit tre ju/e1 cette notion tant la mme p\r t\s4 ,mais puisque n\s n'en t5ons aucun compte1 que n\s en agissons au gr de nos fantaisies qui ne connaiss5t aucune rgle1 *]*ons au mo9s faire que ce soit de la faon la plus agrable p\r n\s4--,platon r$\te de n\s voir trop =tem5t aux prises avec la d\leur et la volupt qui1 d'aprs lui1 r5drai5t l'me trop dp5dante du corps2 je crois plutt qu'au contraire1 elles l'en dta*5t et l'en affran*iss5t4 ,de mme que la fuite r5d l'ennemi plus a*>n la p\rsuite1 la d\leur s'enorgueillit si elle arrive n\s faire trembl]2 l'g>d de qui lui ti5t tte1 elle e/ de bi5 meilleure composition2 rsi/ons-lui donc et cont5ons-la2 en battant en retraite1 n\s laissant accul]1 n\s provoquons et attirons sur n\s la ru9e qui n\s m5ace4 ,le corps1 en se raidissant1 e/ plus dispos la rsi/ance2 il en e/ de mme de l'me4 ,mais passons aux exemples2 ils intress5t p>ticulirem5t les g5s qui1 comme moi1 s\ffr5t des re9s4 ,n\s v]rons qu'il en e/ de la d\leur comme des brillants qui pr5n5t des te9tes plus claires ou plus fonces selon le fond sur lequel ils sont s]tis1 et qu'elle n'occupe de place en n\s que celle que n\s lui faisons3 ,plus ils se livr5t la d\leur1 plus elle a de prise sur eux 7,sa9t ,augu/974--,n\s ress5tons plus vivem5t un c\p de bi/\ri qui n\s e/ donn p> un *irurgi51 que dix c\ps d'pe reu dans la *aleur du combat4--,les d\leurs de l'enfantem5t que les mdec9s et ,dieu lui-mme e/im5t gr&es et que n\s ent\rons de tant de crmonie1 *ez c]ta9s peuples on n'y prte pas att5tion4 ,je laisse de ct les femmes de ,sp>te1 mais *ez les ,suisses qui sont en nombre p>mi nos g5s de s]vice1 il n'y p>at pas1 s9on que trottant la suite de leurs m>is1 elles vont auj\rd'hui portant susp5du leur c\ l'enfant qu'hi] elles avai5t dans le v5tre4 ,ces ,bohmi5nes mal bties1 qui app>aiss5t p>fois *ez n\s1 vont elles-mmes lav] au c\rs d'eau le plus pro*e leur enfant qui vi5t de natre1 et s'y baign5t en mme temps4 ,sans p>l] de tant de filles qui1 t\s les j\rs1 mett5t au monde cl&e/9em5t des enfants conu galem5t la drobe1 cette belle et noble p\se de ,sab9us1 patrici5 roma91 n'a-t-elle pas1 p\r ne pas compromettre le salut d'un autre1 seule1 sans sec\rs1 sans jet] un cri ni exhal] un gmissem5t1 support l'enfantem5t de deux jumeaux8--,un t\t jeune g>on de ,lacdmone qui a drob un r5>d et le ti5t ca* s\s son manteau1 se laisse d*ir] le v5tre plutt que de se trahir1 r$\tant plus la honte que lui vaudrait sa maladresse que n\s ne craignons n\s-mmes la punition p\r un semblable mfait4--,un autre prs5tant l'enc5s dans un sacrifice1 p\r ne pas apport] de tr\ble la crmonie1 se laisse brl] jusqu' l'os p> un *>bon ard5t tomb dans la man*e de son vtem5t4--,n'en cite-t-on pas un gr& nombre qui1 dans l'preuve qu'imposai5t les in/itutions de ,lacdmone aux enfants de sept ans1 se laissai5t f\ett] jusqu' la mort1 sans que leur physionomie accust la mo9dre d\leur8 ,cicron les a vus se battre p> tr\pes c\ps de po+s1 de pi$s1 de d5ts1 luttant a9si jusqu' en p]dre connaissance1 plutt que de s'av\] va9cus3 ,jamais l'usage ne va9cra la nature1 elle e/ inv9cible2 mais la mollesse1 les dlices1 l'oisivet1 l'indol5ce1 altr5t notre me2 les op9ions fausses et les mauvaises habitudes n\s corromp5t 7,cicron74 ,*acun connat l'hi/oire de ,scvola qui1 s'tant introduit dans le camp ennemi p\r en tu] le *ef1 n'y russit po9t2 et qui1 p\r atte9dre qu& mme son b de dlivr] sa patrie1 s'avisa d'une ide trange4 ,confessant son projet ,pors5na1 le roi qu'il avait v\lu frapp]1 il aj\ta p\r l'effray] que1 dans le camp roma91 ils tai5t plusieurs tels que lui1 rsolus entrepr5dre le c\p qu'il avait manqu2 et1 p\r montr] quel homme il tait1 s'appro*ant d'un brasi]1 il y t5dit le bras et s\ffrit sans bron*] de le voir l5tem5t consum] p> le feu et l'y ma9t9t jusqu' ce que son ennemi lui-mme1 pntr d'horreur1 ft c>t] le bras]o4--,que dire de celui qui1 p5dant qu'on lui c\pait un membre1 ne daigna pas int]rompre sa lecture8--,et de cet autre1 p]si/ant se moqu] et rire des tortures qu'on ex]ait contre lui1 au po9t que ses b\rreaux exasprs1 aprs avoir inv5t des t\rm5ts de plus en plus cruels p\r triomph] de sa con/ance1 dur5t s'av\] va9cus8 il e/ vrai que c'tait un philosophe6--,un gladiateur de ,cs> ne cessa de plaisant]1 t&is qu'on lui sondait ses plaies et qu'on les lui ouvrait3 ,jamais le d]ni] des gladiateurs a-t-il gmi ou *ang de visage8 ,quel art dans sa *ute mme1 p\r en drob] la honte aux yeux du public6 ,r5v]s enf9 s\s son adv]saire et condamn p> le peuple1 a-t-il jamais dt\rn la tte1 en recevant le c\p mortel 7,cicron78 ,v5ons-en aux femmes4 ,qui n'a ent5du p>l] de celle qui1 ,p>is1 se fit enlev] la peau dans le seul b qu'une n\velle lui donnt un te9t plus frais8 ,il y en a qui se font arra*] des d5ts sa9es1 ple9es de vie1 p\r que la voix en devi5ne plus d\ce et plus ample ou p\r que la d5tition en ait meilleure app>5ce4 ,combi5 d'exemples de mpris de la d\leur n'avons-n\s pas en ce g5re2 de quoi ne sont-elles capables1 que r$\t5t-elles p\r peu qu'elles espr5t que leur beaut en pr(it]a6 ,il s'en tr\ve qui pr5n5t so9 d'arra*] leurs *eveux blancs et qui s'cor*5t le visage p\r se faire une n\velle peau 7,tiburce74 ,j'en ai vu aval] du sable1 de la c5dre et en arriv] se ru9] l'e/omac p\r se donn] un te9t ple4 ,p\r avoir la taille m9ce et lgante des ,espagnoles1 quelles tortures ne s'impos5t-elles pas1 gu9des1 sangles1 avec des clisses sur les cts qui mett5t la *air vif1 si bi5 qu'il y en a quelquefois qui en meur5t4 ,*ez beauc\p de peuples de notre poque1 il arrive frquemm5t que p\r confirm] la vracit de ses p>oles1 on s'inflige volontairem5t des blessures4 ,notre roi en cite des cas qu'il a vus en ,pologne1 qui se sont produits p\r atte/] des dcl>ations faites lui-mme4 ,en dehors de faits semblables qui1 ma connaissance1 ont eu lieu en ,france p> imitation1 peu avant que je ne revi5ne de ces fameux tats de ,blois1 j'ai vu en ,pic>die une fille qui1 p\r affirm] la s9crit des promesses qu'elle avait faites et aussi sa fidlit1 se donna1 avec le po9on qu'elle portait dans sa *evelure1 quatre c9q =ts c\ps dans le bras1 qui lui trav]sr5t la peau et la fir5t saign] abondamm5t4--,les ,turcs se font de gr&es e/afilades en l'honneur de leurs dames2 et1 p\r que la trace en demeure1 ils mett5t aussitt aprs le feu dans la plaie et l'y ma9ti5n5t un temps incroyable1 tant p\r arrt] l'c\lem5t du sang que p\r que se =me une cicatrice2 des p]sonnes qui l'ont vu1 l'ont crit et me l'ont affirm p> s]m5t4 ,dans ce mme pays1 on voit t\s les j\rs des g5s qui1 p\r dix aspres1 s'entaill5t pr(ondm5t soit le bras1 soit la cuisse4--,je suis trs aise1 qu& les tmoignages abond5t p\r les *oses qu'il importe le plus d'tablir2 et ici1 le *ri/ianisme n\s en f\rnit de concluants4 ,aprs notre div9 ,guide combi51 son exemple et p> dvotion1 ont v\lu port] la croix6 ,des tmo9s trs dignes de foi n\s font connatre que le roi sa9t ,l\is porta con/amm5t la haire1 jusqu' ce que1 dans sa vieillesse1 son confesseur le lui int]dit2 et que1 t\s les v5dr$is1 il se faisait flagell] sur les paules p> un prtre avec une discipl9e =me de c9q *anettes en f]1 qu' cet effet on portait t\j\rs dans son attirail de nuit4 ,notre d]ni] duc de ,guy5ne1 ,guillaume1 pre de cette ,elonore qui transmit ce du* aux maisons de ,france et d',anglet]re1 portait cont9uellem5t p> pnit5ce1 p5dant les dix ou d\ze d]nires annes de sa vie1 une cuirasse s\s un habit de religieux4--,f\lques1 comte d',anj\1 alla jusqu' ,jrusalem1 p\r l1 la corde au c\1 se faire f\ett] p> deux de ses valets devant le spulcre de ,notre-,seigneur4--,ne voit-on pas *aque anne1 le v5dr$i sa9t1 en div]s lieux1 nombre d'hommes et de femmes se flagellant eux-mmes1 au po9t de se d*ir] la peau et mettre les os nu1 spectacle dont j'ai t s\v5t tmo9 et qui ne m'a jamais sduit4 ,ces g5s vont masqus et il en e/1 dit-on1 p>mi eux1 qui se livr5t ces pratiques moy5nant arg5t1 comme uvre pie p\r le salut d'autrui2 ils font preuve d'un mpris de la d\leur d'autant plus gr&1 que le fanatisme religieux e/ un /imulant autrem5t puissant que l'av>ice4 ,q4 ,maximus ent]ra son fils1 p]sonnage consulaire2 ,m4 ,caton ent]ra le si51 prteur dsign2 ,l4 ,paulus1 les deux si5s peu de j\rs d'int]valle1 sans que leurs visages refltass5t la mo9dre motion1 sans que ri5 tmoignt de leur deuil4--,un j\r1 je disais de quelqu'un1 en plaisantant1 qu'il avait fru/r la ju/ice div9e2 il avait1 en un mme j\r1 p> un cruel c\p du sort1 comme on peut le croire1 p]du de mort viol5te trois enfants dj gr&s3 peu s'en fallut qu'il ne considrt cet accid5t comme une faveur et une gratification p>ticulires de la ,provid5ce4--,je ne suis pas p\r ces s5tim5ts hors nature2 j'ai p]du deux ou trois enfants 99 qui1 il e/ vrai1 tai5t encore en n\rrice2 si je n'en ai pas t au comble de la d\leur1 ce n'a t\j\rs pas t sans en pr\v] du regret2 c'e/ du re/e l'un des malheurs auxquels l'homme e/ le plus s5sible4 ,il exi/e bi5 d'autres causes d'affliction qui se produis5t communm5t et qui ne me t\*]ai5t gure1 si elles m'atteignai5t4 ,j'en ai mpris qui me sont surv5ues1 de celles que le monde considre tellem5t comme devant n\s affect] pr(ondm5t1 que je n'os]ais1 sans r\gir1 me vant] en public de mon indiffr5ce3 ,d'o l'on peut voir que l'affliction n'e/ pas un effet de la nature1 mais de l'op9ion 7,cicron74 ,l'op9ion e/ en effet une puissance qui ose t\t et ne g>de aucune mesure4 ,qui re*]*a jamais la scurit et le repos avec plus d'avidit qu',alex&re et ,cs> n'en mir5t re*]*] l'inquitude et les difficults8--,t]ez1 pre de ,sitalcez1 disait s\v5t que lorsqu'il ne faisait pas la gu]re1 il lui semblait qu'il n'y avait pas de diffr5ce entre lui et son palefr5i]4--tant consul1 ,caton1 p\r assur] la s\mission de c]ta9es villes en ,espagne1 int]dit leurs habitants de port] des armes2 la suite de cette df5se1 un gr& nombre se tur5t3 ,nation froce qui ne croyait pas qu'on pt vivre sans combattre 7,tite ,live74--,combi5 en savons-n\s qui ont r5onc aux d\ceurs d'une vie tranquille1 *ez eux1 au milieu de leurs amis et connaissances1 p\r all] vivre dans d'horribles ds]ts inhabitables2 d'autres1 qui ont adopt un g5re de vie abject1 dgradant1 o ils affi*5t le mpris du monde et affect5t de s'y complaire4 ,le c>d9al ,borrome1 qui e/ mort d]nirem5t ,milan1 auquel sa noblesse1 son imm5se =tune1 le climat de l',italie1 sa jeunesse p]mettai5t de se donn] tant de j\issances1 vcut con/amm5t avec tant d'au/rit que la mme robe lui s]vait en hiv] comme en t2 il ne c\*ait que sur la paille2 et les heures que les devoirs de sa *>ge lui laissai5t libres1 il les passait g5\x1 tudiant cont9uellem5t1 ayant prs de son livre un peu d'eau et de pa93 c'tait t\t ce dont se composai5t ses repas et t\t le temps qu'il y donnait4 ,j'en sais qui1 en p>faite connaissance de cause1 ont tir pr(it et avancem5t de l'infidlit de leurs femmes1 dont l'ide seule e/1 p\r tant de g5s1 un sujet d'effroi4 ,si la vue n'e/ pas le plus ncessaire de nos s5s1 c'e/ du mo9s celui auquel n\s devons le plus d'agrm5t2 et de t\s nos organes1 ceux qui conc\r5t la gnration sembl5t tre les plus utiles et ceux qui n\s procur5t le plus de plaisir2 c]ta9es g5s cep5dant leur en veul5t mortellem5t1 uniquem5t en raison de ces satisfactions ineffables que n\s leur devons1 et ils les sacrifi5t p> cela mme qu'ils ont plus de prix4 ,c'e/ probablem5t un raisonnem5t analogue que se t9t celui qui se creva volontairem5t les yeux4 ,e/-ce un bi5 ou non d'avoir beauc\p d'enfants8--,le commun des hommes1 et en p>ticuli] ceux dont les ides sont les plus sa9es1 considr5t comme un gr& bonheur d'avoir de nombreux enfants2 moi et quelques autres e/imons que le bonheur e/ de n'en avoir pas2 je me range en cela l'avis de ,?als1 auquel on dem&ait p\rquoi il ne se m>iait pas et qui rpondit3 ,je ne ti5s pas laiss] de rejetons aprs moi4 ,l'op9ion que n\s en avons fait seule le prix des *oses4--,l'op9ion que n\s en avons fait seule le prix des *oses4 ,cela se voit p> le gr& nombre de celles que n\s n'exam9ons mme pas p\r n\s r5dre compte de ce qu'elles val5t2 c'e/ n\s1 et non elles1 que n\s exam9ons4 ,n\s ne considrons ni leurs qualits1 ni leur utilit1 mais seulem5t ce qu'elles n\s cot5t p\r n\s les procur]1 comme si ce que n\s en donnons tait p>tie intgrante d'elles-mmes2 et la valeur que n\s leur attribuons se mesure non aux s]vices qu'elles peuv5t r5dre1 mais ce que n\s avons donn p\r les avoir4 ,cela me porte tr\v] que n\s en usons d'une bi5 s+ulire faon2 n\s ne prisons *aque *ose qu'autant qu'elle n\s a cot *] et en proportion de ce qu'elle cote2 jamais non plus n\s ne laissons tomb] en discrdit ce quoi n\s atta*ons de la valeur3 c'e/ son prix d'a*at qui fait la valeur du diamant2 la v]tu s'apprcie p> les difficults surmont] p\r y atte9dre2 notre dvotion se mesure aux rigueurs que n\s n\s imposons2 n\s jugeons d'un mdicam5t p> l'am]tume qu'il n\s cause4 ,il en e/ qui p\r arriv] la pauvret jett5t leurs cus dans cette mme m] que tant d'autres f\ill5t de t\tes p>ts p\r y tr\v] la ri*esse4--,epicure a dit3 ,etre ri*e1 ce n'e/ pas tre s\lag de nos proccupations1 mais seulem5t les *ang] contre d'autres1 et1 en vrit1 ce n'e/ pas la disette1 mais bi5 l'abondance qui eng5dre l'av>ice4 ,voici ce qu' ce sujet me suggre ma propre expri5ce4 ,comm5t ,montaigne rglait ses dp5ses1 alors qu'il n'tait pas encore matre de ses bi5s4--,mon exi/5ce1 au sortir de l'enfance1 a prs5t trois phases4 ,la premire a dur prs de v+t annes1 durant lesquelles je n'ai j\i que de ress\rces alatoires1 dp5dant des autres et de l'assi/ance que j'en recevais1 sans rev5us fixes1 sans budget arrt l'avance4 ,je dp5sais avec d'autant plus de ds9volture et mo9s d'att5tion1 que je ne p\vais que me laiss] all] aux has>ds de la =tune4 ,jamais je ne me suis mieux tr\v2 jamais la b\rse de mes amis ne m'a t f]me2 je m'tais du re/e impos de ne jamais tre en dfaut1 quels que fuss5t mes autres beso9s1 p\r pay] mes dettes aux poques conv5ues2 et1 voyant la bonne volont que j'apportais me libr]1 mille fois ces dlais m'ont t prolongs2 de la sorte1 ma loyaut m'a r5du conome et je n'ai jamais tromp p]sonne4--,m'acquitt] de ce que je dois1 e/ en quelque sorte p\r moi un plaisir2 c'e/ comme si je me d*>geais d'un f>deau gnant qui me fait l'image de la s]vitude1 d'autant que j'pr\ve du cont5tem5t faire ce que je crois ju/e et cont5t] autrui4 ,j'en excepte t\tefois qu& il faut m>*&] et compt]2 si je suis dans cette ncessit et que je ne puisse en donn] commission un autre1 honteusem5t et bi5 tort1 je diffre autant que cela m'e/ possible les paiem5ts faire dans ces conditions1 p> peur de ces dbats auxquels ni mon tempram5t1 ni la =me de mon langage ne se prt5t4 ,je ne hais ri5 tant que m>*&]2 c'e/ un assaut de tri*]ies et d'impud5ces o1 aprs une heure de discussions et d'hsitations1 *acun transige avec sa p>ole et ses affirmations rxres2 et cela1 p\r c9q s\s de plus ou de mo9s4--,j'pr\vais aussi de la difficult qu& j'avais emprunt]2 n'ayant pas gr& cur faire semblable dem&e de vive voix1 j'en c\rais la *ance p> crit1 ce qui e/ mo9s pnible1 et r5d le refus beauc\p plus facile4--,je m'en remettais plus volonti]s et avec plus d'ins\ciance ma bonne toile de la satisfaction de mes beso9s1 que je n'ai fait depuis qu& la prvoyance et la raison s'en sont mles4 ,la plup>t des g5s qui ont des affaires gr]1 ont horreur de vivre dans cette cont9uelle inc]titude3 ,d'abord1 ils ne rfl*iss5t pas que la plup>t des hommes viv5t de la sorte2 combi5 de =t honntes g5s ont laiss l'ab&on des bi5s dont il leur suffisait de j\ir1 et il en e/ a9si t\s les j\rs1 p\r all] *]*] =tune prs des rois ou de p> le monde6 ,p\r dev5ir ,cs>1 outre qu'il dp5sa son patrimo9e1 ,cs> s'endetta d'un million en monnaie d'or4 ,combi5 de m>*&s dbut5t dans le comm]ce en v5dant leur mtairie qui1 a9si trans=me1 pr5d le *em9 des ,indes1 trav]s tant de m]s orageuses 7,catulle76 ,au temps actuel o la dvotion se fait si r>e1 mille et mille congrgations n'en viv5t-elles pas mo9s =t commodm5t1 bi5 qu'att5dant *aque j\r des libralits de la ,provid5ce ce qu'il leur faut p\r dn]8 ,l'indig5ce peut subsi/] *ez le ri*e comme elle exi/e *ez le pauvre4--,en second lieu1 ces g5s d'ordre ne song5t pas que ce qu'ils considr5t comme assur1 n'e/ gure mo9s inc]ta9 et has>deux que le has>d lui-mme4 ,avec plus de deux mille cus de r5te1 je suis aussi prs de la misre que si je la ctoyais2 c>1 outre que le sort a c5t moy5s de faire br*e trav]s les ri*esses p\r livr] accs la pauvret1 et s\v5t il n'y a pas de moy5 t]me possible entre une =tune excessive et une extrme misre3 ,la =tune e/ de v]re2 plus elle brille1 plus elle e/ fragile 7,p4 ,syrus71 outre qu'il a t\te facilit p\r r5v]s] s5s dessus dess\s et r5dre inutiles t\tes les df5ses que n\s p\vons lev] p\r n\s protg]1 je tr\ve que l'indig5ce exi/e1 la plup>t du temps1 autant *ez ceux qui possd5t que *ez ceux qui n'ont ri52 j'irai mme jusqu' dire que lorsqu'elle e/ seule1 elle e/ peut-tre mo9s incommode que lorsqu'elle se r5contre en compagnie de ri*esses4 ,celles-ci rsult5t mo9s des rev5us que l'on a1 que de l'ordre que l'on met les adm9i/r]3 ,*acun e/ l'artisan de sa =tune 7,sallu/e72 et un ri*e qui e/ gn1 ncessiteux1 qui a des emb>ras1 e/1 mon avis1 plus misrable que celui qui e/ t\t simplem5t pauvre3 ,l'indig5ce au se9 de la ri*esse e/ la plus l\rde des pauvrets 7,snque74--,les plus gr&s pr9ces1 ceux mmes qui sont les plus ri*es1 qu& l'arg5t leur fait dfaut1 que leurs ress\rces sont puises1 sont le plus ord9airem5t entrans aux pires extrmits1 c> y en a-t-il de pires que de donn] dans la tyrannie et de s'emp>] inju/em5t des bi5s de ses sujets8 tre ri*e e/ un surcrot d'emb>ras1 on e/ bi5tt en proie l'av>ice et ses t\rm5ts4--,la seconde phase de mon exi/5ce s'e/ produite qu& j'ai eu de l'arg5t4 ,y ayant pris gt1 je ne t>dai pas me crer des rs]ves importantes p\r ma situation1 e/imant que seul ce qui excde sa dp5se ord9aire1 con/itue un avoir1 et qu'on ne saurait se t5ir assur de la possession de bi5s qui ne sont qu'en esprances1 si fondes qu'elles p>aiss5t2 c>1 me disais-je1 qu'arriv]ait-il si j'tais surpris p> tel ou tel accid5t8 ,le rsultat de ces p5ses va9es et malsa9es fut que je m'+niai1 p> la cration de cette rs]ve sup]flue1 me prmunir contre t\te f*euse v5tualit2 et1 qui me faisait obs]v] que ces v5tualits sont en nombre trop inf9i p\r qu'il soit possible d'y p>]1 je savais =t bi5 rpondre que si je ne p\vais me g>d] de t\tes1 je me g>dais du mo9s contre un c]ta9 nombre et plus p>ticulirem5t contre c]ta9es4--,cela ne se passait pas sans me caus] des proccupations1 j'en g>dais le secret1 et moi qui p>le si librem5t de ce qui me t\*e1 ne disais pas la vrit qu& il tait "q de l'arg5t que je p\vais avoir2 j'en agissais comme bi5 d'autres qui1 ri*es1 se font plus pauvres qu'ils ne sont2 ou qui1 pauvres1 exagr5t ce qu'ils ont et ne se font nullem5t un cas de consci5ce de t\j\rs tromp] sur ce qu'ils possd5t1 ce qui e/ le fait d'une prud5ce aussi ridicule que honteuse6--,allais-je en voyage8 il me semblait n'tre jamais suffisamm5t p\rvu2 et plus =te tait la somme que j'avais emporte1 plus j'tais s\cieux1 tantt de la scurit des r\tes1 tantt de la fidlit des g5s qui conduisai5t mes bagages1 sur le compte desquels1 comme tant d'autres de ma connaissance1 je n'tais rassur que lorsque je les avais s\s les yeux4 ,laissais-je mon c(fre arg5t *ez moi1 que de s\pons et d'inquitudes et1 qui pis e/1 que je ne p\vais communiqu] p]sonne2 j'avais t\j\rs l'esprit de ce ct4 ,t\t compte fait1 veill] sur son arg5t cause plus de pe9e que l'acqurir4 ,lorsque je n'en faisais pas autant que je dis1 il ne m'en cotait pas mo9s p\r me ret5ir de le faire4--,d'agrm5t1 j'en avais peu ou pas2 de ce que j'avais le moy5 de dp5s] davantage1 je n'y reg>dais pas mo9s qu'avant2 c>1 a9si que le dit ,bion3 ,celui qui a une paisse *evelure se f*e autant que le *auve1 qu& on lui arra*e un *eveu2 du mom5t que l'habitude e/ prise1 que v\s v\s tes mis dans l'ide d'avoir un pcule dt]m91 v\s n'en disposez plus1 v\s n'osez l'corn]2 c'e/ une con/ruction qui1 v\s semble-t-il1 cr\l]a si v\s y t\*ez2 il faut que v\s y soyez contra9t p> la ncessit p\r v\s dcid] l'entam]4 ,avant1 qu& j'engageais mes h>des ou v5dais un *eval1 c'tait bi5 mo9s mon corps df5dant et contre-cur qu'alors qu'il me fallait faire br*e cette b\rse favorite que je t5ais si soigneusem5t "p4--,mais le dang] tait qu'il e/ malais d'assign] cette manie de ?sauris] des limites prcises 7il en e/ t\j\rs a9si des *oses que l'on croit bonnes7 et de s'arrt] dans cette voie4 ,on va t\j\rs grossissant ce que l'on a amass1 le fixant une somme de plus en plus leve1 au po9t d'en arriv] se priv] peu honorablem5t de la j\issance de ses propres bi5s1 de la faire uniquem5t consi/] ?sauris] et de n'en pas us]4 ,a ce procd1 les g5s les plus ri*es du monde s]ai5t ceux qui ont *>ge de veill] aux portes et sur les remp>ts d'une ville de quelque importance4 ,t\t homme qui a beauc\p d'arg5t comptant e/1 mon avis1 port l'av>ice4 ,platon classe a9si les bi5s corporels dvolus l'homme3 la sant1 la beaut1 la =ce1 la ri*esse2 et1 dit-il1 la ri*esse n'e/ pas aveugle3 claire p> la prud5ce1 elle e/ trs clairvoyante4--,d5ys le jeune1 un j\r1 eut un trait d'esprit3 ,av]ti qu'un de ses ,syracusa9s avait enf\i un trsor dans la t]re p\r l'y t5ir ca*1 il lui m&a de l'apport]4 ,celui-ci obx1 non sans en avoir1 en ca*ette1 prlev une p>tie avec laquelle il alla s'tablir dans une autre ville4 ,sa msav5ture lui avait fait p]dre le gt de ?sauris] et il se mit vivre l>gem5t4 ,la n\velle en p>v9t ,d5ys1 qui lui fit re/itu] le re/e de son trsor1 lui disant qu'il le lui r5dait volonti]s1 ma9t5ant qu'il avait appris en us]4 ,vivre au j\r le j\r1 suivant ses rev5us1 sans trop se proccup] de l'imprvu1 e/ le p>ti le plus sage4--,je demeurai a9si quelques annes1 ne songeant qu' conomis]4 ,je ne sais quel bon dmon me conduisit1 comme il arriva au ,syracusa91 trs heureusem5t *ang] de manire et fit que j'ab&onnai compltem5t cet esprit de cons]vation et d'conomie2 ce fut au plaisir que j'pr\vai d'un c]ta9 voyage qui m'occasionna une gr&e dp5se que je dus de r5onc] cette sotte faon de faire4 ,j'en v9s a9si un troisime mode de vie1 c]ta9em5t beauc\p plus agrable et plus normal 7c'e/ du mo9s l'effet qu'il me produit71 laissant dp5ses et recettes all] d'elles-mmes1 tantt l'une devanant l'autre et inv]sem5t1 mais t\j\rs sans diffr5ce s5sible4 ,je vis de la sorte au j\r le j\r1 me cont5tant d'avoir de quoi suffire aux beso9s du mom5t et aux dp5ses prvues2 quant l'imprvu1 t\tes les prvisions du monde ne p\rrai5t y suffire2 et c'e/ folie de p5s] que de ses propres ma9s la =tune n\s arm]a suffisamm5t contre elle-mme2 c'e/ avec nos seuls moy5s qu'il faut la combattre2 t\te arme d'occasion n\s trahira au mom5t critique4--,si ma9t5ant j'amasse1 ce n'e/ plus que p>ce que j'ai en vue une dp5se pro*a9e2 non p\r a*et] des t]res1 je n'en ai que faire1 mais p\r me procur] de l'agrm5t3 ,c'e/ tre ri*e que de n'tre pas avide de ri*esses2 c'e/ un rev5u1 que de se disp5s] d'a*et] 7,cicron74 ,je ne cra9s gure que mes rev5us vi5n5t me faire dfaut et n'ai pas le dsir de les accrotre3 ,le fruit des ri*esses e/ dans l'abondance1 et l'abondance amne la satit 7,cicron74 ,je me flicite gr&em5t de m'tre corrig de mon p5*ant l'av>ice un ge o on y e/ naturellem5t encl91 et de m'tre dfait de cette folie1 la plus ridicule des folies huma9es1 si commune aux vieill>ds4 ,fraulez1 qui avait pass p> ces deux degrs de =tune1 tr\vant qu' l'accroissem5t de ses bi5s n'avait pas correspondu un accroissem5t semblable dans ses apptits p\r boire1 mang]1 dormir et c>ess] sa femme1 et d'autre "p les ennuis qu'entranait l'adm9i/ration de ces bi5s 7ennuis que j'pr\ve moi aussi7 lui pesant gr&em5t1 se rsolut faire un heureux d'un jeune homme pauvre1 ami fidle qui rvait de dev5ir ri*e4 ,il lui fit don de t\s ses bi5s qui tai5t considrables1 excessifs mme et1 en surplus1 de t\t ce dont *aque j\r il les augm5tait p> la gu]re et grce aux libralits de ,cyrus son matre1 qui tait ple9 de bont son g>d1 s\s condition qu'il se *>get de l'entret5ir et de le n\rrir trs honorablem5t en qualit d'hte et d'ami4 ,a p>tir de ce mom5t1 ils vcur5t trs heureux en cet tat1 galem5t satisfaits t\s deux des *angem5ts que ce m>* avait introduits dans leurs exi/5ces4 ,voil une faon de faire que j'imit]ais trs volonti]s2 et je l\e beauc\p le sage p>ti pris p> un vieux prlat que je connais1 qui remet simplem5t sa b\rse1 ses rev5us et le so9 de son entreti5 un s]viteur *oisi1 tantt l'un1 tantt un autre1 et qui a vcu d\cem5t a9si de longues annes1 aussi ignorant de ses affaires dome/iques qu'un trang]4 ,la confiance dans les bons s5tim5ts des autres e/ un indice assez sr que ces s5tim5ts sont vtres1 c'e/ p\rquoi elle n\s vaut la faveur div9e2 c'e/ peut-tre cela que ce prlat dut d'avoir la maison la mieux adm9i/re1 m>*ant t\j\rs sans -c\ps4 ,heureux celui qui rgle si exactem5t ses beso9s1 que ses ri*esses y suffis5t sans tre p\r lui un sujet de proccupation ou d'emp*em5t1 sans que leur rp>tition ou leur rec\vrem5t soit une entrave ses autres occupations plus con=mes ses gts et auxquelles il peut a9si s'adonn] plus conv5ablem5t et plus tranquillem5t4 ,les bi5s ne sont donc pas plus rels que les maux1 les uns comme les autres ne sont tels que p> l'apprciation que n\s en portons4--,aisance et indig5ce dp5d5t donc de l'op9ion que *acun s'en fait2 la ri*esse1 pas plus que la gloire1 que la sant1 n'ont d'attrait et ne caus5t de plaisir qu'autant que leur en prte celui qui les possde4 ,*acun e/ bi5 ou mal en ce monde1 suivant ce que lui-mme en p5se3 e/ cont5t1 celui qui se croit satisfait et non celui que les autres jug5t tel2 la croyance qu'on en a1 fait seule que cela peut tre et e/ en ralit4 ,la =tune ne n\s fait ni bi5 ni mal2 elle se borne n\s f\rnir les lm5ts du bi5 et du mal et possibilit de les mettre en uvre1 ce qui e/ l'affaire de notre me qui1 plus puissante que la =tune1 triture ces matriaux et en tire le p>ti qui lui plat1 se tr\vant a9si tre seule cause et matresse de notre condition bonne ou mauvaise4 ,les effets que n\s ress5tons des *oses en dehors de n\s qui n\s t\*5t et la manire dont elles n\s app>aiss5t1 dp5d5t de nos dispositions intimes1 de mme que nos habits n\s r*auff5t du fait1 non de la *aleur qui leur e/ propre1 mais de la ntre qu'ils cons]v5t et dvelopp5t2 qui en c\vrirait un corps froid1 arriv]ait un rsultat analogue mais inv]se2 c'e/ de la sorte que se cons]v5t la neige et la glace4 ,t\te *ose dp5d de la manire dont on l'envisage3 ne voit-on pas l'tude tre un sujet de t\rm5t p\r un fa9ant2 un ivrogne s\ffrir de la privation de v92 la frugalit tre un supplice p\r un dbau*2 l'ex]cice1 une torture p\r un homme dlicat et oisif1 et a9si du re/e8 ,les *oses ne sont pas si d\l\reuses et si difficiles p> elles-mmes2 c'e/ notre faiblesse et notre l*et qui les r5d5t telles4 ,p\r jug] de celles qui sont leves et ont de la gr&eur1 il faut une me qui ait ces qualits1 s9on n\s leur attribuons nos propres dfauts2 un aviron e/ droit et p\rtant1 qu& il plonge dans l'eau1 il semble c\rbe2 il ne suffit pas de voir1 il faut encore se r5dre compte des conditions dans lesquelles on voit4 ,en somme il faut savoir se comm&]1 et il n\s e/ t\j\rs loisible de mettre f9 ce que n\s envisageons comme des maux qu& ils n\s devi5n5t intolrables4--,au surplus1 p\rquoi1 p>mi tant de raisonnem5ts qui1 de tant de manires div]ses1 pr\v5t que l'homme doit mpris] la mort et surmont] la d\leur1 n'en e/-il pas un qui n\s conva9que8 ,p\rquoi p>mi tant d'argum5ts que d'autres ont admis1 n'en p\vons-n\s tr\v] qui1 selon notre tempram5t1 n\s p]suad5t galem5t8 ,que celui qui ne peut digr] la drogue n]gique et dt]sive susceptible de drac9] le mal1 en absorbe au mo9s une de nature molli5te1 qui lui procure quelque s\lagem5t3 ,n\s n\s amollissons non mo9s p> la volupt que p> la d\leur et1 dans cet tat1 n\s n'avons plus ri5 de mle ni de solide2 une piqre d'abeille suffit n\s arra*] des cris2 savoir se comm&]1 t\t e/ l 7,cicron74--,au demeurant1 on ne saurait *app] la philosophie en exagrant l'acuit de la d\leur et la faiblesse huma9e2 elle ne demeure pas c\rt et v\s oppose aussitt ces irrfutables rpliques3 ,v\s tr\vez mauvais de m5] une vie misrable2 mais une telle vie ne v\s e/ po9t impose2 ,nul ne voit se prolong] son mal que p>ce qu'il le veut bi54 ,mais qui n'a le cur de s\ffrir ni la mort ni la vie1 qui ne veut ni rsi/] ni fuir1 que peut-on faire p\r lui v5ir en aide8 ,,*apitre ,,xli4 ,l'homme n'e/ pas port ab&onn] d'autres la gloire qu'il a acquise4 ,le va9 dsir d'acqurir de la rputation n\s fait r5onc] des bi5s rels4--,de t\tes les rv]ies du monde1 la plus admise1 la plus univ]sellem5t rp&ue1 e/ le so9 de notre rputation et de notre gloire1 auxquelles n\s t5ons au po9t que p\r cette va9e image1 cette simple voix qui n'a pas de corps et e/ insaisissable1 n\s allons jusqu' r5onc] aux ri*esses1 au repos1 la sant1 la vie qui1 eux1 sont des bi5s que n\s sommes fonds considr] comme tels et qui sont bi5 rels4 ,la r5omme1 qui p> la d\ceur de sa voix v\s en*ante1 sup]bes mortels1 et v\s p>at si belle1 n'e/ ri5 qu'un *o1 un songe1 ou plutt l'ombre d'un songe qui se dissipe et s'van\it au v5t 7,le ,tasse72 et de t\tes les ides draisonnables qui peuv5t v5ir l'homme1 c'e/ la plus rev*e et la plus op9itre p>ce qu'elle ne cesse de t5t] les esprits le plus en progrs dans la v]tu 7,/ ,augu/972 il semble en effet que c'e/ d'elle1 plus que de t\tes les autres1 dont les philosophes eux-mmes p>vi5n5t se dgag] le plus t>divem5t et le plus contre-cur4 ,il n'en e/ gure dont notre raison n\s dmontre plus clairem5t la vanit1 mais elle a en n\s des rac9es si vivaces que je ne sais si jamais quelqu'un s'en e/ compltem5t affran*i4 ,aprs v\s tre t\t dit p\r v\s en df5dre1 alors que v\s croyez y avoir russi1 il se fait en v\s une telle raction contre les raisons que v\s v5ez d'mettre1 qu'elles ne ti5n5t pas longtemps2 c>1 a9si que l'indique ,cicron1 ceux mmes qui la combatt5t1 veul5t que leurs noms figur5t en tte des livres qu'ils ont crits ce sujet1 et que le mpris qu'ils tmoign5t de la gloire fasse pass] leur nom la po/rit4 ,on tr\ve r>em5t des hommes qui ab&onn5t aux autres leur "p de gloire2 exemples de cette abngation de soi-mme4--,n\s faisons comm]ce de t\tes les autres *oses1 au beso9 n\s prtons nos amis nos bi5s et nos exi/5ces2 mais se dp\ill] de son honneur p\r autrui1 lui faire don de sa gloire soi1 cela ne se voit gure4--,catulus ,luctatius1 p5dant la gu]re contre les ,cimbres1 avait fait t\s ses ef=ts p\r arrt] ses soldats en fuite devant l'ennemi2 n'y p>v5ant pas1 il se mla eux1 feignant de r5onc] cont9u] l'engagem5t1 p\r qu'ils euss5t l'air de suivre leur *ef plutt que de fuir1 sacrifiant a9si sa rputation p\r sauv] l'honneur de son arme4--,qu&1 en #aecg1 ,*>les-,qu9t envahit la ,prov5ce1 on dit qu',anto9e de ,lve y voyant l'emp]eur rsolu1 bi5 qu'e/imant lui aussi que les rsultats en s]ai5t m9emm5t glorieux1 op9a cep5dant dans un s5s contraire et le dconseilla1 dans le seul b que la gloire et l'honneur de cette rsolution en rev9ss5t entirem5t son matre et qu'on dise que1 grce la sret de ses conceptions et sa prvoyance1 il avait1 contrairem5t l'avis de t\s1 m5 bonne f9 cette magnifique entreprise1 l'honorant a9si ses dp5s4--,les ambassadeurs de la ,?race1 prs5tant leurs condolances ,ar*ilonide1 mre de ,brasidas1 sur la mort de son fils1 ayant t jusqu' dire1 dans l'loge qu'ils faisai5t de lui1 qu'il n'avait pas son p>eil1 sa mre dcl9a les l\anges p]sonnelles dont il tait l'objet1 p\r les report] sur t\s3 ,ne p>lez pas a9si1 rpondit-elle2 ,sp>te1 ma connaissance1 possde nombre de citoy5s plus gr&s et plus vaillants qu'il n'tait4--,a la bataille de ,crcy1 le pr9ce de ,galles1 encore jeune1 avait le comm&em5t de l'avant-g>de2 le pr9cipal ef=t de la bataille se porta sur lui4 ,les seigneurs qui l'accompagnai5t1 tr\vant la situation critique1 m&r5t au roi d\>d de v5ir leur sec\rs4 ,le roi s'enquit de son fils2 on lui rpondit qu'il tait vivant et *eval3 ,je lui f]ais tort1 dit-il alors1 d'all] ma9t5ant lui drob] l'honneur du succs d'un combat o il lutte depuis si longtemps2 de quelque faon que t\rne la =tune1 il en aura t\t le mrite4 ,et il ne v\lut ni m>*]1 ni envoy] son sec\rs1 sa*ant bi5 que s'il y tait all1 on et dit que t\t tait p]du sans son aide et qu'on lui et attribu le ga9 de la j\rne3 ,t\j\rs le d]ni] arriv1 semble avoir seul dcid de la victoire 7,tite ,live74--,il y avait ,rome des p]sonnes qui e/imai5t1 et cela se disait communm5t1 que les pr9cipaux hauts faits de ,scipion tai5t en p>tie dus ,llius qui1 cep5dant1 jamais ne cessa d'exalt] la gr&eur et la gloire de son gnral et de lui prt] son conc\rs1 sans pr5dre aucunem5t so9 de sa propre r5omme4--,a quelqu'un disant ,?opompe1 roi de ,sp>te1 que si les affaires publiques allai5t si bi51 c'tait p>ce qu'il savait bi5 comm&]1 celui-ci rpondit3 ,dites plutt que c'e/ p>ce que le peuple sait bi5 obir4 ,les femmes qui hritai5t du titre de pair avai5t1 malgr leur sexe1 le droit d'assi/] et d'op9] dans les causes relevant de cette juridiction2 et les pairs ecclsia/iques1 malgr leur c>actre religieux1 tai5t t5us d'assi/] nos rois1 qu& ils tai5t en gu]re1 non seulem5t en leur am5ant leurs amis et leurs s]viteurs1 mais en y v5ant de leur p]sonne4 ,c'e/ cela que n\s devons de voir l'vque de ,beauvais se tr\v] avec ,philippe-,augu/e la bataille de ,b\v9es1 laquelle il prit une "p active et se conduisit bravem5t1 t\t en se faisant scrupule de tir] pr(it et gloire de cet ex]cice sanglant et brutal4 ,il mit ce j\r-l1 de sa propre ma91 plusieurs ennemis hors de combat1 et *aque fois les remettait au premi] g5tilhomme qu'il r5contrait1 soit p\r qu'il les gorget1 soit p\r qu'il les g>dt comme prisonni]s1 lui laissant lui seul le so9 de l'excution3 c'e/ a9si qu'entre autres il remit ,guillaume1 comte de ,salisbury1 aux ma9s de messire ,jean de ,nesle4 ,p> une subtilit de consci5ce semblable1 il cons5tait bi5 assomm]1 mais non v]s] le sang1 c'e/ p\rquoi il ne combattait qu'arm d'une masse d'armes4--,quelqu'un1 en ces temps-ci1 auquel le roi repro*ait d'avoir port la ma9 sur un prtre1 niait =t et f]me2 il n'avait fait1 disait-il1 que le battre et le f\l] aux pi$s4 ,,*apitre ,,xlii4 ,de l'9galit qui rgne p>mi les hommes4 ,extrme diffr5ce que l'on rem>que entre les hommes2 on ne devrait les e/im] qu'en raison de ce qu'ils val5t p> eux-mmes4--,plut>que dit quelque "p qu'il tr\ve que la di/ance d'une bte une autre bte e/ mo9s gr&e que celle d'un homme un autre homme2 il n'envisage en cela que ce dont l'me e/ capable et aussi les qualits intellectuelles4 ,p\r moi1 je tr\ve qu'il y a tellem5t lo9 d'pam9ondas1 tel que je me le figure1 telle p]sonne de ma connaissance1 j'ent5ds au po9t de vue du bon s5s1 que je r5*rirais volonti]s sur ,plut>que et dirais qu'il y a plus de di/ance de tel homme tel autre qu'entre tel homme et telle bte3 ,ah1 qu'un homme peut tre suprieur un autre 7,tr5ce76 ,l'esprit huma9 comporte au mo9s autant de degrs qu'il y a de brasses d'ici le ciel1 et ils sont t\t aussi innombrables4 ,en ce qui t\*e les apprciations que n\s portons sur le plus ou le mo9s de mrite d'un homme1 il e/ vraim5t tonnant que n\s e/imions t\tes *oses d'aprs les qualits qui leur sont propres et que n\s fassions exception p\r n\s-mmes4 ,n\s l\ons un *eval de ce qu'il e/ vig\reux et adroit3 ,n\s le l\ons p\r sa vitesse et les palmes nombreuses qu'il a remportes dans les cirques1 aux applaudissem5ts d'une f\le bruyante 7,juvnal71 et non p\r son h>nais1 n\s l\ons un lvri] de sa vitesse et non de son colli]1 un oiseau de fauconn]ie de la puissance de son vol et non de sa longe et de sa clo*ette2 p\rquoi de mme ne faisons-n\s pas cas d'un homme uniquem5t d'aprs ce qui lui e/ propre8 ,il a un gr& tra91 un beau palais1 tant de crdit1 tant de r5te1 disons-n\s2 t\t cela le t\*e assurm5t1 mais n'e/ pas lui4 ,v\s n'a*etez pas *at en po*e1 une *ose sans la voir2 si v\s m>*&ez un *eval d'armes1 v\s comm5cez p> lui t] la h\sse qui le p>e1 et l'exam9ez nu et dc\v]t2 ou1 s'il demeure c\v]t1 a9si qu'on les prs5tait jadis aux pr9ces qu& ils v\lai5t en faire acquisition1 ce sont les p>ties qui (fr5t le mo9s d'intrt qui sont drobes la vue1 af9 que v\s ne v\s arrtiez pas la beaut de la robe ou la l>geur de la cr\pe1 et que v\s v\s atta*iez surt\t considr] les jambes1 les yeux et les pi$s qui sont ce qu'il y a d'ess5tiel en lui3 ,les rois ont c\tume1 lorsqu'ils a*t5t des *evaux1 de les exam9] c\v]ts1 de peur que si le *eval a la tte belle et les pi$s mauvais1 comme il arrive s\v5t1 l'a*eteur ne se laisse sduire p> l'aspect d'une cr\pe arrondie1 d'une tte f9e ou d'une belle encolure 7,horace74 ,p\rquoi1 p\r jug] de la valeur d'un homme1 l'exam9ons-n\s donc t\t envelopp et empaquet8 ,ri5 de ce qu'il n\s montre n'e/ si51 et il n\s ca*e t\t ce qui seul donne moy5 de port] un jugem5t clair sur ce qu'il e/ rellem5t4 ,ce dont v\s v\s enqu]rez1 c'e/ de ce que vaut l'pe et non le f\rreau2 peut-tre que1 dgage de sa ga9e1 v\s n'en donn]iez pas un quatra94 ,il faut jug] l'homme p> lui-mme et non sur ses at\rs1 a9si que le dit plaisamm5t un philosophe anci53 ,savez-v\s p\rquoi v\s le tr\vez gr&8 ,c'e/ p>ce que dans l'e/imation que v\s faites de sa taille1 v\s y compr5ez la hauteur de ses pat9s4 ,le socle d'une /atue n'en e/ pas p>tie intgrante4--,mesurez-le sans ses *asses1 qu'il mette de ct ses ri*esses et ses dignits2 qu'il se prs5te en *emise4 ,e/-il au physique propre ses fonctions8 e/-il sa9 et allgre8 ,quelle me a-t-il8 e/-elle belle1 capable1 heureusem5t d\e t\s g>ds8 e/-elle ri*e p> elle-mme ou seulem5t de ce qu'elle emprunte aux autres8 la =tune a-t-elle prise sur elle8 ,se tr\ble-t-elle devant un dang] imm95t8 e/-elle indiffr5te au g5re de mort1 quel qu'il soit1 qui peut l'atte9dre6 e/-elle calme1 gale1 cont5te de son sort8 c'e/ l ce qu'il faut re*]*] et ce qui n\s p]met de jug] des diffr5ces excessives qui exi/5t entre les hommes4 ,e/-il sage et matre de lui8 ne cra9t-il ni la pauvret1 ni la mort1 ni l'esclavage8 sait-il rsi/] ses passions et mpris] les honneurs8 r5f]m t\t enti] en lui-mme1 semblable un globe p>fait qu'aucune asprit n'emp*e de r\l]1 ne laisse-t-il aucune prise la =tune 7,horace78 ,un tel homme e/ de c9q c5ts brasses au-dessus des royaumes et des du*s2 il e/ lui-mme son propre empire3 ,p> ,pollux1 le sage e/ lui-mme l'artisan de son bonheur 7,plaute76 ,que lui re/e-t-il dsir]8 ,ne voyons-n\s pas que la nature n'exige de n\s ri5 de plus qu'un corps sa9 et une me s]e9e1 exempte de s\cis et de cra9te 7,lucrce78 ,comp>ez-lui la t\rbe de ces hommes /upides1 l'me basse1 s]vile1 incon/ante1 qui sont cont9uellem5t le j\et des passions orageuses de t\s g5res qui les p\ss5t et les rep\ss5t sans cesse en t\s s5s1 qui sont t\t enti]s s\s la dp5dance d'autrui3 de lui eux1 la di/ance e/ plus gr&e que du ciel la t]re2 et cep5dant1 la manire dont n\s en usons d'habitude n\s aveugle tellem5t1 que de cet homme n\s ne faisons que peu ou pas de cas4 ,de va9es app>5ces extrieures di/+u5t seules le roi du paysan1 le noble du vila91 etc4 ,que sont les rois8 des acteurs en scne1 des hommes quelquefois plus mprisables que le d]ni] de leurs sujets1 s\mis aux mmes passions1 aux mmes vices4--,que n\s v5ions considr] un paysan et un roi1 un noble et un roturi]1 un magi/rat et un simple p>ticuli]1 un ri*e et un pauvre1 une extrme dissemblance n\s app>at immdiatem5t2 mais cette diffr5ce qui n\s saute aux yeux ne consi/e1 p\r a9si dire1 que dans la div]sit des *aussures que port5t les uns et les autres4 ,dans la ,?race1 le roi se di/+uait de son peuple d'une s+ulire faon1 bi5 au-dessus de ce que n\s p\vons imag9]3 il avait une religion "p1 un dieu uniquem5t lui1 que ses sujets ne p\vai5t ador]1 c'tait ,m]cure2 et aux dieux du peuple3 ,m>s1 ,bac*us1 ,diane1 il ddaignait de r5dre aucun culte4--,cela n'e/ en somme que dcors1 qui ne con/itu5t aucune diffr5ce ess5tielle entre les hommes1 t\t comme ces acteurs de comdie que v\s voyez sur la scne p>adant avec de gr&s airs de duc et d'emp]eur1 et que voil un in/ant aprs dev5us de simples valets1 de misrables portefaix1 pr(essions d'o ils sort5t et dans lesquelles ils sont ns4 ,cet emp]eur1 p> exemple1 dont la pompe en public v\s bl\it1 p>ce que brill5t sur lui1 en*sses dans l'or1 de grosses m]audes de la plus belle eau1 et p>ce qu'il e/ p> de magnifiques habits c\leur v]t de m]1 qu'il a bi5tt fait de s\ill] dans les orgies et dans de honteux plaisirs 7,lucrce71 voyez-le d]rire le rideau1 ce n'e/ qu'un homme du commun1 p>fois plus vil que le d]ni] de ses sujets3 ,le sage a son bonheur en lui-mme2 t\t autre n'a qu'un bonheur sup]ficiel 7,snque72 la l*et1 l'irrsolution1 l'ambition1 le dpit1 l'envie agit5t ce pot5tat1 t\t comme un autre homme3 ,ni les trsors1 ni les faisceaux consulaires ne *ass5t les inquitudes et les s\cis qui voltig5t s\s les lambris dors 7,horace72 les proccupations et les cra9tes l'assig5t au milieu mme de ses armes3 ,l'apprh5sion1 les s\cis insp>ables de l'homme1 ne s'effray5t ni du fracas des armes1 ni des traits cruels2 ils frqu5t5t h>dim5t les c\rs des rois et n'ont aucun respect p\r l'clat qui environne les trnes 7,lucrce74 ,la fivre1 la migra9e1 la g\tte l'p>gn5t-elles plus que n\s8 ,qu& la vieillesse ps]a sur ses paules1 les ar*]s de sa g>de le s\lag]ont-ils de son poids8 ,qu& il frissonn]a p> cra9te de la mort1 s]a-t-il rassur p> la prs5ce des g5til%ommes de sa *ambre8 ,qu& la jal\sie ou un dsir l'tre9dront1 nos salutations le rcon=t]ont-elles8 ,ce ciel de lit1 *am>r d'or et de p]les1 n'a pas le don de calm] les d\leurs d'entrailles occasionnes p> une viol5te colique3 ,la fivre brlante ne v\s quitt]a pas plus tt1 que v\s soyez t5du sur la p\rpre1 sur des tapis tissus gr&s frais1 ou que v\s soyez gisant sur le grabat du plbi5 7,lucrce74--,les flatteurs d',alex&re le ,gr& lui rptai5t sans cesse qu'il tait fils de ,jupit]4 ,un j\r1 qu'tant bless1 il reg>dait le sang qui c\lait de la plaie3 ,h bi56 qu'en p5sez-v\s8 leur dit-il2 n'e/-ce pas l un sang v]meil comme celui de t\t tre huma92 e/-il de la nature de celui qu',homre fait c\l] des blessures des dieux8--,le pote ,h]modore avait1 en l'honneur d',antigone1 compos des v]s o il l'appelait fils du ,soleil3 ,celui qui vide ma *aise p]ce1 dit ,antigone rpr\vant cette flatt]ie1 sait bi5 qu'il n'en e/ ri54 ,le bonheur e/ dans la j\issance et non dans la possession2 or peut-il j\ir des avantages de la royaut celui qui ne sait ou ne peut apprci] son bonheur8--,cet homme en f9 de compte n'e/ jamais qu'un homme2 et si p> lui-mme il n'a pas de valeur1 l'empire du monde ne saurait lui en donn]3 ,que les jeunes filles se l'arra*5t1 que p>t\t les roses naiss5t s\s ses pas 7,p]se71 qu'e/-ce que t\t cela1 si son me e/ grossire et /upide8 sans vigueur et sans esprit1 on n'arrive ress5tir ni le bonheur1 ni mme la volupt4--,les *oses val5t selon qui les possde3 bonnes p\r qui sait s'en s]vir1 elles sont mauvaises p\r qui en msuse 7,tr5ce74 ,p\r sav\r] les bi5s que n\s donne la =tune1 quels qu'ils soi5t1 encore faut-il le s5tim5t qui n\s en procure la s5sation2 c'e/ p> la j\issance et non p> la possession que n\s sommes heureux3 ,ce ne sont pas ces t]res1 ce palais1 ces monceaux d'or et d'arg5t qui guriront de la fivre celui qui les possde1 ou qui purg]ont son me de t\te inquitude2 la j\issance exige la sant de l'me et du corps4 ,p\r qui dsire ou qui cra9t1 t\tes ces ri*esses sont comme des tableaux p\r des yeux qui ne peuv5t s\ffrir la lumire1 ou des ongu5ts un g\tteux 7,horace74--,si c'e/ un sot1 son gt e/ m\ss et manque de disc]nem5t2 ce n'e/ plus p\r lui une s\rce de j\issance2 il e/ comme quelqu'un qui1 enrhum1 e/ incapable d'apprci] la d\ceur des v9s de la ,grce2 ou comme un *eval1 lequel demeure indiffr5t la ri*esse du h>na*em5t dont on l'a p>2 c'e/ a9si que1 suivant la maxime de ,platon1 la sant1 la beaut1 la =ce1 les ri*esses et t\t ce que n\s qualifions d'heureux1 sont e/ims comme autant de maux p> qui a le jugem5t faux1 alors que celui qui a l'esprit ju/e les ti5t p\r ce qu'ils sont1 et que cette div]g5ce d'apprciation se produit en s5s inv]se p\r ce que n\s t5ons comme malheureux4--,et puis1 l o le corps et l'me sont en mauvais tat1 quoi s]v5t t\s ces avantages qui ne font pas corps avec n\s8 la mo9dre piqre d'p+le1 la mo9dre passion en notre me1 suffis5t p\r n\s t] t\t le plaisir que n\s aurions rgn] sur le monde enti]6 ,au premi] lancem5t que lui occasionne la g\tte1 il a beau tre ,sire et ,maje/1 c\v]t d'or et d'arg5t 7,tibulle71 ne p]d-il pas le s\v5ir de ses palais et de ses gr&eurs8 ,s'il e/ en colre1 de ce qu'il e/ pr9ce1 cela l'emp*e-t-il de r\gir1 de plir1 de gr9c] des d5ts comme un f\8 ,combi5 le sort des rois e/ pla9dre3 leurs devoirs con/itu5t une l\rde *>ge4--,si cet emp]eur e/ intellig5t et heureusem5t d\1 l'ex]cice de la t\te-puissance aj\te peu son bonheur3 ,si votre v5tre e/ libre1 si vos p\mons et vos jambes font leurs (fices1 t\tes les ri*esses des rois n'accroitront en ri5 votre bonheur 7,horace74 ,il reconnat que t\t cela n'e/ qu'app>5ce et tromp]ie4 ,a l'occasion il s]a de l'avis de ,sleucus qui disait que celui qui saurait de quel poids e/ un sceptre1 ne daign]ait pas le ramass]1 s'il en tr\vait un t]re1 v\lant dire p> l combi5 sont gr&es et pnibles les *>ges qui incomb5t un roi s\cieux de ses devoirs2 et c]tes1 ce n'e/ pas peu de *ose que d'avoir rgl] les affaires d'autrui1 qu& n\s rgl] n\s-mmes prs5te tant de difficults4--,p\r ce qui e/ du comm&em5t1 qui semble (frir tant de *>mes1 qu& je vi5s considr] la faiblesse de la raison huma9e et combi5 il e/ difficile de dcid] des *oses n\velles sur lesquelles il y a d\te1 je suis t\t fait de l'avis qu'il e/ beauc\p plus facile et agrable de suivre que de dirig]1 et que c'e/ un gr& repos d'esprit de n'avoir qu' *em9] sur une voie trace et ne rpondre que de soi3 ,il vaut mieux obir tranquillem5t1 que de pr5dre le f>deau des affaires publiques 7,lucrce74 ,aj\tez cela que ,cyrus dcl>ait qu'il ne convi5t un homme de comm&] d'autres1 qu'autant qu'il vaut mieux qu'eux4 ,la satit leur r5d insipides t\s les plaisirs4--,le roi ,hiron1 d'aprs ,xnophon1 allait jusqu' prt5dre que les s\v]a9s sont1 dans la j\issance des volupts intimes1 dans des conditions pires que les p>ticuli]s1 p>ce que l'aisance et facilit qu'ils ont les satisfaire leur t5t cette saveur aigre-d\ce que n\s devons plus de difficult3 ,trop d'am\r n\s dgte1 comme l'excs d'un mets agrable affadit l'e/omac 7,ovide74 ,p5se-t-on que les enfants de *ur pr5n5t gr& plaisir la musique8 la satit la leur r5d plutt ennuyeuse4 ,les fe/9s1 les danses1 les masc>ades1 les t\rnois rj\iss5t ceux qui ne les voi5t pas s\v5t et ont dsir de les voir2 mais p\r ceux p\r lesquels ce sont des *oses ord9aires1 cela devi5t fade et peu rj\issant2 de mme les femmes ne sont plus un excitant p\r celui qui j\it d'elles satit2 qui passe son temps boire sans soif1 n'pr\ve plus de plaisir boire2 les f>ces des bateleurs n\s amus5t1 mais p\r eux ce sont des corves4 ,et c'e/ ce qui fait que les pr9ces aim5t se trave/ir quelquefois1 desc5dre vivre de la vie des d]nires classes de la socit et qu'ils s'en font fte3 ,un peu de *angem5t ne dplat pas aux gr&s2 quelquefois un frugal repas1 sans tapis et sans p\rpre1 s\s le toit du pauvre1 dride leur front 7,horace74--,il n'y a ri5 qui soit gnant et n\s te l'apptit comme l'abondance3 quels dsirs ne s'apais]ai5t *ez qui aurait trois c5ts femmes sa disposition1 comme les a le ,gr& ,seigneur dans son srail8 ,quel gt *ass] p\vait avoir celui de ses anctres qui n'y allait jamais qu'avec au mo9s sept mille fauconni]s1 et quelle physionomie p\vait prs5t] une p>eille *asse8 ,ils sont con/amm5t s\s les yeux de leurs sujets qui les jug5t avec svrit4--,sans compt] que cet clat qui accompagne la gr&eur a1 je crois1 des inconvni5ts des plus incommodes qu& ils veul5t se livr] la j\issance de plaisirs plus d\x2 ils sont trop en vue et trop de g5s s'occup5t d'eux1 si bi5 que je ne compr5ds pas qu'on leur dem&e de ca*] et dissimul] davantage leurs fautes4 ,a aj\t] que ce qui de notre "p e/ indiscrtion1 e/ qualifi *ez eux1 p> le peuple1 de tyrannie1 de mpris et dda9 des lois2 et qu'en outre de ce que comme t\s autres ils sont encl9s mal faire1 il semble que de plus ils se fass5t1 en p>eil cas1 un plaisir de viol] et de f\l] aux pi$s les rglem5ts publics4 ,platon e/ dans le vrai qu&1 dans son ,gorgias1 donnant comme df9ition du tyran1 celui qui1 dans une cit1 a lic5ce de faire t\t ce qui lui plat1 il dit que la vue et la publicit des abus qu'il commet bless5t s\v5t plus que ces abus eux-mmes4 ,*acun r$\te d'tre pi et contrl2 eux1 le sont jusque dans leurs attitudes et leurs p5ses1 t\t le monde e/imant que c'e/ son droit de les jug] et qu'il y a intrt2 sans compt] que les ta*es ressort5t d'autant plus que la place o elles sont e/ plus app>5te et plus claire1 qu'un signe ou une v]rue au front se rem>que davantage qu'une balafre ailleurs4 ,c'e/ le motif p\r lequel les potes reprs5t5t t\j\rs ,jupit]1 dans ses av5tures galantes1 s\s une =me autre que la si5ne1 et que1 p>mi tant de scnes de ce g5re qu'ils lui attribu5t1 il n'en e/ qu'une seule1 ce me semble1 o il soit reprs5t dans t\te sa gr&eur et sa maje/4 ,hiron1 auquel n\s rev5ons1 raconte galem5t combi5 sa royaut lui e/ incommode en l'emp*ant d'all] et de voyag] en t\te lib]t1 le ret5ant en quelque sorte prisonni]1 sans p\voir fran*ir les limites de son pays et faisant que p>t\t il e/ con/amm5t ent\r d'une f\le importune4 ,il faut conv5ir que1 la plup>t du temps1 en voyant nos rois t\t seuls table1 assigs de tant de g5s inconnus1 leur p>lant et les reg>dant1 j'ai t s\v5t pris de piti plutt que d'envie4 ,le roi ,alphonse disait ce propos que le sort des nes tait s\s ce rapport prfrable au leur2 leurs matres au mo9s les laiss5t patre leur aise1 ce que les rois ne peuv5t obt5ir de leurs s]viteurs4 ,je n'ai jamais compris que ce pt tre de quelque agrm5t p\r un homme raisonnable d'tre s\s les reg>ds d'une v+ta9e de p]sonnes1 lorsqu'il e/ sur sa *aise p]ce2 je n'ai pas davantage saisi qu'il soit1 p\r un roi1 plus commode et mieux port d'tre s]vi p> quelqu'un qui a dix mille livres de r5te1 ou qui a pris ,casal1 ou df5du ,si5ne1 que p> un bon valet de *ambre1 connaissant bi5 son s]vice4--,les avantages des pr9ces ne sont gure qu'imag9aires2 *aque *elon social a en quelque sorte ses pr9ces4 ,cs> appelle des roitelets t\s les seigneurs qui1 en ,gaule1 de son temps1 avai5t droit de r5dre la ju/ice4 ,la vie d'un seigneur retir dans ses t]res1 lo9 de la c\r1 e/ bi5 prfrable4--,p\r dire vrai1 sauf l'appellation de ,sire1 on va bi5 lo9 auj\rd'hui dans l'imitation de la manire d'tre et de faire de nos rois2 voyez dans les prov9ces loignes de la c\r1 en ,bretagne p> exemple1 un seigneur vivant dans son fief et y rsidant3 son tra9 de maison1 ses rapports avec ses sujets1 les (fici]s qui l'assi/5t1 le g5re de vie qu'il mne1 le s]vice auquel *acun e/ a/re9t aut\r de lui1 le crmonial dont il s'ent\re1 sa vie intime au milieu de ses s]viteurs1 voire mme les ides qui le hant5t1 il n'e/ ri5 de plus royal4 ,il ent5d p>l] de son matre une fois l'an1 comme du roi de ,p]se1 et ne le di/+ue que p>ce qu'il subsi/e entre eux quelques li5s de p>5t1 consigns dans ses ar*ives4--,de fait1 nos lois n\s donn5t une lib]t suffisante2 et les obligations auxquelles un g5tilhomme e/ a/re9t vis--vis de son s\v]a9 se faisant pe9e s5tir deux fois dans la vie1 une sujtion complte et effective ne s'impose qu' ceux d'entre n\s auxquels elle convi5t1 et l'accept5t en ret\r de l'honneur et du pr(it qu'ils en retir5t2 celui qui1 conf9 dans ses t]res1 s'y ti5t coi et sait dirig] ses affaires sans qu]elles ni procs1 e/ aussi libre que le doge de ,v5ise3 ,peu d'hommes sont en*ans la s]vitude1 beauc\p s'y en*an5t 7,snque74 ,les rois ne connaiss5t pas l'amiti1 la confiance2 ils n'ont aut\r d'eux que des flatteurs et des hypocrites4--,mais ce qu',hiron place au nombre des plus gr&s inconvni5ts de la royaut1 c'e/ la privation des amitis et relations cordiales qui sont le *>me le plus d\x1 le plus p>fait de l'exi/5ce de l'homme3 ,quelle m>que d'affection et de bons s5tim5ts mon endroit m'e/-il possible de recevoir1 dit-il1 de quelqu'un qui1 que ce soit ou non de son fait1 me doit d'tre vis--vis de moi t\t ce qu'il a possibilit d'tre8 ,puis-je t5ir compte de l'humilit de sa p>ole1 de sa respectueuse c\rtoisie1 alors qu'il ne peut en agir autrem5t8 ,les honneurs que n\s r5d5t ceux qui n\s craign5t1 ne n\s honor5t pas1 ils s'adress5t la royaut et non moi p]sonnellem5t3 ,le plus gr& avantage de la royaut1 c'e/ que le peuple e/ oblig non seulem5t de s\ffrir1 mais encore de l\] les actions du matre 7,snque74 ,ne vois-je pas le mauvais roi comme le bon1 celui qu'on hait comme celui qu'on aime1 tre traits l'un et l'autre de la mme faon8 on semblait avoir l'g>d de mon prdcesseur la mme dfr5ce que p\r moi1 on le s]vait avec le mme crmonial1 et il en s]a de mme p\r mon successeur4 ,si mes sujets ne m'(f5s5t pas1 ce n'e/ pas l une preuve indiscutable de s9cre affection2 je ne puis la considr] comme telle1 puisque lors mme qu'ils v\drai5t m'(f5s]1 ils ne le peuv5t pas4 ,nul ne me frqu5te p>ce qu'il a de l'amiti p\r moi2 ce s5tim5t ne peut natre qu& les relations et les *anges d'ides sont si r>es2 l'lvation de mon rang me ti5t l'c>t de t\te intimit2 entre les autres hommes et moi il y a trop d'9galit et de disproportion4 ,ils font p>tie de ma suite p>ce que cela a bon air1 que c'e/ la c\tume2 et encore e/-ce plutt ma =tune qu' moi qu'ils sont atta*s et dans le b d'augm5t] la leur4 ,t\t ce qu'ils me dis5t et font e/ enta* de dissimulation1 leur lib]t tant t5ue en bride p> la t\te-puissance qu'en t\tes *oses j'ex]ce sur eux2 je ne vois ri5 dc\v]t aut\r de moi1 ri5 qui ne soit masqu4--,ses c\rtisans l\ai5t un j\r l'emp]eur ,juli5 de ce qu'il s'ef=ait d'tre ju/e3 ,je m'enorgueillirais c]ta9em5t de ces l\anges1 leur rpondit-il1 si elles v5ai5t de p]sonnes qui os]ai5t dnonc] et blm] mes actes1 si je me conduisais autrem5t4 ,les commodits effectives dont ils j\iss5t leur sont communes avec les autres hommes4--,t\tes les commodits effectives dont j\iss5t les pr9ces leur sont communes avec les hommes de =tune moy5ne 7les dieux seuls mont5t des *evaux ails et se n\rriss5t d'ambroisie72 ils ne diffr5t pas de n\s s\s le rapport du sommeil et de l'apptit2 l'aci] de leur armure n'e/ pas de meilleure trempe que celui dont sont =ges les ntres2 leur c\ronne ne les abrite ni du soleil1 ni de la pluie4--,dioclti51 port au plus haut et plus envi degr de la =tune1 en desc5dit p\r j\ir des satisfactions de la vie d'un simple p>ticuli]4 ,quelque temps aprs1 les ncessits des affaires publiques rclamant qu'il en prt n\veau la direction1 il rpondait ceux qui v5ai5t le pri] d'en accept] la *>ge3 ,v\s ne *]*]iez pas me p]suad]1 si v\s voyiez la belle v5ue des arbres que j'ai plants moi-mme sur mes t]res et les beaux melons que j'y ai sems4 ,g\v]nem5t idal4--,ana*>sis e/ d'avis que l'tat le plus heureux s]ait celui qui aurait un g\v]nem5t tel1 que1 t\tes autres conditions gales1 on y v]rait la prm95ce donne la v]tu et le vice relgu au d]ni] rang4 ,une folle ambition les porte s\v5t ravag] le monde1 lorsqu'ils p\rrai5t sans ef=ts se procur] le repos et les vrais plaisirs4--,qu& le roi ,pyrrhus mditait de pass] en ,italie1 ,c9z1 son sage conseill]1 v\lant lui faire s5tir l'inanit de son ambition1 lui dit3 ,et dans quel b1 ,sire1 concevez-v\s cette gr&e entreprise8--,p\r me r5dre matre de l',italie1 rpondit le roi4--,et cela fait8 p\rsuivit ,c9z4--,je pass]ai en ,gaule et en ,espagne4--,et aprs8--,j'irai subjugu] l',afrique2 et1 qu& enf9 je s]ai matre du monde1 je me repos]ai et vivrai cont5t et tranquille4--,p\r ,dieu6 ,sire1 rpliqua alors ,c9z1 dites-moi ce qui v\s emp*e d'en agir de la sorte ds prs5t1 si telle tait votre volont2 p\rquoi ne pas j\ir sur l'heure de ce repos auquel v\s dites aspir] et v\s p>gn] a9si tant d'emb>ras1 tant de has>ds1 auxquels de gat de cur v\s allez v\s expos]1 avant d'atte9dre ce b que v\s avez ds ma9t5ant votre porte8--,c'e/ sans d\te p>ce qu'il ne connaissait pas les bornes que l'on doit mettre ses dsirs1 et au del desquelles pr5d f9 le plaisir vritable 7,lucrce74 ,*acun e/ l'artisan de sa =tune 7,cornlius ,npos72 cette maxime de l'antiquit1 que je tr\ve si belle et qui e/ ici d' propos1 s]vira de conclusion au prs5t *apitre4 ,,*apitre ,,xliii4 ,des lois somptuaires4 ,int]dire l'usage de l'or et de la soie c]ta9es classes de la socit1 dans le b d'enray] le luxe1 c'e/ all] l'encontre de ce que l'on se propose4--,la manire dont nos lois *]*5t enray] les dp5ses extravagantes et si ple9es d'o/5tation que n\s apportons la t5ue de la table et au co/ume1 semble all] l'encontre du b qu'elles se propos5t4 ,le vrai moy5 d'y atte9dre1 s]ait d'inspir] aux hommes le mpris de l'or et de la soie comme *oses frivoles et inutiles2 au lieu de cela1 n\s en accroissons la valeur et le prix qu'on y atta*e1 ce qui e/ une faon bi5 sotte de les en dgt]4 ,dire1 a9si qu'on l'a fait1 que les pr9ces seuls p\rront mang] du turbot et port] du vel\rs et des tissus d'or et l'int]dire au peuple1 qu'e/-ce1 s9on donn] de l'importance ces *oses et augm5t] l'envie de *acun d'en us]6 ,que les rois r5onc5t h>dim5t ces m>ques de gr&eur1 ils en ont assez d'autres2 de semblables excs sont plus excusables *ez des p>ticuli]s que *ez des pr9ces4 ,ce qui se passe *ez quelques nations1 n\s montre qu'il y a assez de meilleurs moy5s d'tablir p> des di/9ctions extrieures les degrs de la hir>*ie sociale 7ce que je considre du re/e comme une mesure sage dans un g\v]nem5t71 sans rec\rir un talage qui dveloppe la corruption et a des inconvni5ts si vid5ts4 ,l'exemple des gr&s fait loi2 c'e/ p\rquoi ils devrai5t se di/+u] p> leur simplicit4--,il e/ vraim5t m]veilleux de voir combi5 la c\tume1 dans des *oses comme celles-ci au fond si indiffr5tes1 s'introduit aism5t et s'impose avec autorit4 ,il y avait pe9e un an qu' la c\r1 p\r le deuil du roi ,h5ry ,,ii1 on portait du drap1 que dj1 au s5tim5t de *acun1 la soie tait tombe en un tel discrdit1 qu'en voyant quelqu'un en tre vtu1 on p5sait aussitt que ce devait tre quelque b\rgeois de la ville2 elle tait dev5ue le propre des mdec9s et des *irurgi5s2 et1 bi5 que dans t\tes les classes de la socit t\t le monde ft peu prs habill de mme1 la di/9ction naturelle de *acun suffisait p\r dnot] celle laquelle il app>t5ait4 ,qu'il faut peu de temps aux armes p\r que le p\rpo9t macul de *amois et de toile soit en honneur et que les vtem5ts ri*es et brillants soi5t ddaigns1 soi5t mme un sujet de repro*e p\r ceux qui en port5t6 ,que les rois donn5t l'exemple de r5onc] ces dp5ses3 en un mois1 sans dit1 sans ordonnance1 ce s]a *ose faite2 t\s1 aprs eux1 n\s en f]ons autant4 ,la loi1 au reb\rs de ce qu'elle prescrit auj\rd'hui1 devrait port] que les t(fes de c\leur clatante et les joyaux sont int]dits t\t le monde1 sauf aux bateleurs et aux c\rtisanes4 ,c'e/ a9si que ,zleucus corrigea les murs corrompues des ,locri5s4 ,ses ordonnances portai5t que les femmes de condition libre ne p\rrai5t avoir leur suite plus d'une femme de *ambre1 hors le cas o elles s]ai5t ivres4 ,que seules les filles publiques et de mauvaise vie p\rrai5t sortir la nuit hors ville1 port] sur leur p]sonne des bij\x en or et des robes enri*ies de brod]ies4 ,qu' l'exception de ceux faisant mti] de pro/itu] les femmes et les filles1 aucun homme ne devrait avoir de bagues en or1 ni de vtem5ts de tissu dlicat1 du g5re des t(fes fabriques ,milet4 ,p> ces exceptions qui /igmatisai5t ceux auxquels elles s'appliquai5t1 il dt\rna +nieusem5t ses concitoy5s de ces sup]fluits et de leurs attraits p]nicieux2 moy5 trs efficace1 en veillant l'honneur et l'ambition1 d'am5] les hommes la pratique de leurs devoirs et l'obissance aux lois4 ,biz>r]ie et incommodits de c]ta9es modes4--,nos rois ont t\te facilit p\r de semblables r=mes dans ces que/ions de mode2 leur gt fait loi3 ,t\t ce que font les pr9ces1 il semble qu'ils le comm&5t 7,qu9tili571 et le re/e de la ,france se rgle sur ce qui se fait la c\r4 ,qu'ils ab&onn5t ce g5re de culottes si laid1 qui dess95t des p>ties du corps que d'ord9aire on n'affi*e pas2 ces p\rpo9ts si amples et si l\rds qui n\s font une t\rnure t\t autre que celle que n\s avons naturellem5t1 qui sont si incommodes qu& on veut s'arm]2 ces longs *eveux qui donn5t un air effm92 cet usage de s'embrass] entre g5s qui se connaiss5t1 qu& on s'aborde2 de bais] les ma9s de qui l'on salue1 ce que l'on ne faisait jadis qu' l'g>d des pr9ces2 qu'ils condamn5t cette habitude1 qu'en un lieu o une attitude respectueuse e/ de mise1 un g5tilhomme se ti5ne sans pe au ct1 le vtem5t ouv]t et flottant comme s'il v5ait de la g>de-robe2 et cette autre1 contraire celle de nos pres et au privilge qu'avait la noblesse en ,france1 qui veut auj\rd'hui qu'aut\r de ces mmes pr9ces1 en quelque lieu que ce soit1 si lo9 qu'on se tr\ve d'eux1 on se ti5ne la tte dc\v]te1 et cela1 non seulem5t qu& il s'agit d'eux1 mais l'g>d de c5t autres1 tant n\s avons de ti]s1 de qu>ts de roi1 qui ont les mmes exig5ces2 qu'ils le veuill5t1 et ces innovations et beauc\p d'autres du mme g5re et t\t aussi regrettables1 s]ont aussitt dcries et disp>atront4--,ce sont l des erreurs t\tes sup]ficielles1 elles n'en sont pas mo9s de f*eux prono/ics2 qu& n\s voyons les enduits de nos murs et de nos cloisons se f5dill]1 n\s sommes av]tis que le gros uvre du btim5t se disjo9t4 ,mme dans les modes1 les *angem5ts sont dang]eux p\r la jeunesse4--,platon1 dans ses ,lois1 e/ime qu'il n'y a pas au monde de calamit plus dommageable p\r sa cit1 que de laiss] la jeunesse pr5dre la lib]t d'apport] des *angem5ts dans son co/ume1 dans ses manires de faire1 ses danses1 ses ex]cices et ses *ants1 et de leur en sub/itu] d'autres1 obissant en cela tantt une impression1 tantt une autre2 re*]*ant les n\veauts1 en honorant les auteurs1 ce qui conduit la corruption des murs et fait que 99 t\tes les anci5nes in/itutions en arriv5t tre sapes et mprises4 ,en t\tes *oses1 sauf p\r ce qui e/ mauvais1 les *angem5ts sont cra9dre1 qu'ils survi5n5t dans le c\rs des saisons1 la direction des v5ts1 le mode de n\rriture1 le c\rs de nos humeurs4 ,aucune loi n'a de valeur bi5 effective1 en dehors de celles auxquelles ,dieu a donn une dure remontant une poque si recule que p]sonne n'en sait l'orig9e et ne les a jamais connues autres4 ,,*apitre ,,xliv4 ,du sommeil4 ,le sage peut comm&] ses passions1 il ne peut les emp*] d'm\voir son me2 aussi faut-il reg>d] comme trs extraord9aires ces hommes qui1 dans les plus importantes circon/ances de leur vie1 ont pu se livr] au sommeil4--,la raison n\s ordonne bi5 de suivre t\j\rs le mme *em91 mais non t\tefois d'all] con/amm5t la mme allure2 et1 quoique le sage ne doive pas p]mettre ses passions de dvi] de la voie droite1 il peut =t bi51 sans manqu] son devoir2 en t5ir compte p\r ht] ou ret>d] sa m>*e1 au lieu de demeur] au milieu d'elles1 comme un colosse immobile et impassible4 ,au c\rage en p]sonne1 le p\ls battrait plus =t1 je crois1 en allant l'assaut qu'en allant dn]2 il y a mme des circon/ances o il e/ ncessaire qu'il s'*auffe et s'meuve4 ,aussi ai-je rem>qu comme une p>ticul>it1 se produisant r>em5t il e/ vrai1 que quelquefois les gr&s p]sonnages1 dans les affaires de gr&e importance et les entreprises de la plus haute gravit1 cons]v5t tellem5t leur assiette habituelle1 que leur sommeil n'en e/ seulem5t pas c\rt4 ,le j\r de la bataille op9itre qu'il livra ,d>ius1 ,alex&re le ,gr& dormit si pr(ondm5t et si avant dans la mat9e1 que le temps pressant de m>*] au combat1 ,p>mnion fut oblig d'entr] dans sa *ambre1 d'appro*] de son lit et1 p\r l'veill]1 de l'appel] deux ou trois fois p> son nom4--,l'emp]eur ,o?on1 la nuit mme o il avait rsolu de se tu]1 aprs avoir mis ordre ses affaires dome/iques1 p>tag son arg5t entre ses s]viteurs1 affil le tran*ant de l'pe avec laquelle il v\lait se donn] la mort1 n'att5dant plus que d'appr5dre si t\s ses amis tai5t p>v5us se mettre en sret1 s'endormit d'un sommeil si pr(ond1 que ses ronflem5ts p>v5ai5t jusqu' ses valets de *ambre4--,la mort de cet emp]eur (fre beauc\p de rappro*em5t avec celle du gr& ,caton1 sur ce po9t notamm5t3 ,caton1 prt se dtruire1 att5dant qu'on lui apportt la n\velle que les snateurs qu'il loignait de lui1 tai5t sortis du port d',utique1 se mit si bi5 dormir qu'on ent5dait le bruit de sa respiration de la *ambre vois9e4 ,la p]sonne qu'il avait envoye au port l'ayant veill p\r lui dire que la tempte gnait considrablem5t les snateurs p\r la manuvre de la voile1 il en envoya une autre1 et1 se r5fonant dans son lit1 reprit son sommeil jusqu'au ret\r de ce second messag] v5ant lui annonc] que le d"p avait pu s'effectu]4--,n\s tr\vons encore *ez ,caton une c]ta9e similitude avec ce que n\s avons rapport d',alex&re4 ,lors de ce gr& et dang]eux orage que faillit s\lev] contre lui la sdition du tribun ,mtellus qui1 propos de la conjuration de ,catil9a1 v\lait publi] le dcret rappelant dans ,rome ,pompe et son arme1 ce quoi ,caton seul tait oppos1 de graves p>oles1 de gr&es m5aces avai5t t *anges au ,snat entre ,mtellus et lui2 et le l5dema91 sur le =um1 devait avoir lieu cette publication4 ,les deux adv]saires devai5t s'y retr\v]3 ,mtellus1 appuy p> le peuple et p> ,cs> qui1 ce mom5t1 tait favorable ,pompe1 devait se prs5t] accompagn de nombreux esclaves trang]s et de spadass9s prts t\tes les viol5ces2 ,caton n'ayant p\r lui que son indomptable f]met4 ,aussi ses p>5ts1 ses dome/iques et beauc\p de g5s de bi5 tai5t-ils en gr& s\ci sur son compte2 proccups du dang] auquel il allait s'expos]1 il y en eut qui passr5t la nuit *ez lui1 mais ne pur5t ni repos]1 ni boire ni mang]2 sa femme et ses surs ne cessai5t de pleur] et de se t\rm5t]4 ,lui1 au contraire1 rcon=tait t\t le monde2 aprs avoir s\p comme son ord9aire1 il alla se c\*] et dormit d'un sommeil si pr(ond jusqu'au mat91 qu'un de ses collgues au tribunat dut v5ir le rveill] p\r se r5dre l'assemble o les p>tis allai5t se tr\v] aux prises4 ,connaissant1 p> les actes de sa vie entire1 combi5 tait gr& son c\rage1 n\s p\vons1 sans cra9te de n\s tromp]1 attribu] ce calme en cette circon/ance1 ce que son me tait bi5 au-dessus de semblables accid5ts qui1 p\r lui1 n'tai5t pas un sujet de plus gr&e proccupation que les incid5ts ord9aires de la vie4 ,au combat naval qu'il remporta en ,sicile sur ,sextus ,pompe1 ,augu/e1 au mom5t d'engag] l'action1 dormait si pr(ondm5t1 qu'il fallut que ses amis l'veillass5t p\r qu'il donnt le signal du combat2 cela fut cause que1 plus t>d1 ,m4 ,anto9e lui repro*a de n'avoir pas eu seulem5t le cur d'assi/] aux volutions de ses vaisseaux et de n'avoir os se montr] ses soldats que lorsque ,agrippa v9t lui annonc] que la victoire tait lui4--,m>ius le jeune fit pis encore3 le j\r de son d]ni] ef=t contre ,sylla1 aprs avoir rang son arme en bataille1 donn le mot d'ordre et le signal de l'engagem5t1 il se c\*a l'ombre1 s\s un arbre1 p\r se repos]1 et s'endormit si compltem5t1 qu' pe9e fut-il rveill qu& ses g5s1 en fuite1 v9r5t pass] prs de lui2 il n'avait ri5 vu du combat4 ,on attribue le fait la fatigue excessive produite p> un excs de travail et le manque de sommeil1 il tait b\t de =ces4 ,le sommeil e/-il ncessaire la vie8--,il app>ti5t aux mdec9s de n\s dire si le sommeil e/ ncessaire l'homme au po9t que notre vie en dp5de4 ,a l'appui de cette ass]tion1 n\s tr\vons bi5 qu' ,rome on fit m\rir1 en le privant de sommeil1 ,p]se roi de ,macdo9e1 qui se tr\vait tre prisonni]2 mais1 d'autre "p1 ,pl9e relate d'autres cas de p]sonnes qui ont vcu longtemps sans dormir4 ,hrodote p>le de peuples o l'on dort p5dant la moiti de l'anne et o l'on veille p5dant l'autre moiti2 et les biographes d'pimnide racont5t que ce sage demeura endormi p5dant c9quante-sept ans conscutifs4 ,,*apitre ,,xlv4 ,sur la bataille de ,dreux4 ,il importe peu que dans une action de gu]re un *ef ne fasse pas t\t ce que comm&e le devoir ou la brav\re1 p\rvu qu'il obti5ne la victoire4--,la bataille que n\s avons livre ,dreux prs5te des p>ticul>its qui se voi5t r>em5t4 ,ceux qui ne sont pas favorables ,m4 de ,guise1 font volonti]s ressortir qu'il n'e/ pas excusable d'avoir arrt et ral5ti la m>*e des =ces qu'il comm&ait1 p5dant que l'ennemi accablait ,m4 le ,conntable qui tait le *ef de l'arme et enlevait l'artill]ie1 et qu'il et mieux fait1 p\r vit] les p]tes considrables qui en sont rsultes1 de pr5dre l'adv]saire en flanc1 plutt que d'att5dre qu'il ft possible de l'attaqu] sur ses d]rires4 ,outre ce que l'issue du combat tmoigne cet g>d1 celui qui exam9e la situation sans p>ti pris1 e/ oblig1 mon avis1 de conv5ir que le b et les ef=ts non seulem5t des *efs1 mais mme de *aque soldat1 doiv5t t5dre au succs f9al1 et qu'aucun incid5t p>ticuli]1 quelque intressant qu'il puisse tre1 ne saurait les en dt\rn]4--,philopm51 dans une r5contre avec ,ma*anidas1 s'tait fait prcd]1 p\r engag] le combat1 d'une =te tr\pe d'ar*]s et autres g5s de trait4 ,l'ennemi1 aprs les avoir rep\sss1 s'amusa les p\rsuivre t\te bride et se tr\va a9si dfil]1 en lui prtant le flanc1 le long du corps de bataille de ,philopm54 ,malgr l'moi qui en rsulta *ez ses soldats1 ,philopm5 ne jugea pas propos de faire m\vem5t et de se port] contre cette caval]ie p\r v5ir au sec\rs des si5s4 ,il la laissa les p\r*ass] et les taill] en pices s\s ses yeux1 et lui-mme *>gea les tr\pes pi$ de l'adv]saire qu& il les vit hors d'tat d'tre s\t5ues p> leur caval]ie2 et bi5 qu'il et affaire des ,lacdmoni5s1 il en v9t aism5t b\t1 d'autant qu'il les attaqua alors qu'ils croyai5t la j\rne gagne et comm5ai5t se db&]2 puis1 cela fait1 il se jeta la p\rsuite de ,ma*anidas4--,c'e/ l un cas qui a gr& rapport avec celui de ,m4 de ,guise4 ,dans la bataille si vivem5t dispute que livra ,agsilas aux ,boti5s1 bataille que ,xnophon1 qui y assi/ait1 dcl>e la plus a*>ne qu'il ait jamais vue1 ,agsilas ne v\lut pas pr(it] de l'avantage que lui (frait la =tune de laiss] dfil] le corps pr9cipal de l'ennemi et de l'attaqu] en queue1 bi5 que la victoire ne ft pas d\te p\r lui1 e/imant qu'en agissant a9si1 il et fait montre de plus d'habilet que de vaillance2 et1 p\r faire preuve de valeur et donn] c>rire son c\rage hors de pair1 il prfra l'attaqu] de front4 ,mal lui en prit1 il y gagna d'pr\v] un srieux *ec et d'tre grivem5t bless4 ,contra9t de ralli] son monde1 il se rsolut au p>ti qu'il avait c>t au db4 ,il fit mnag] un int]valle dans ses tr\pes1 p\r livr] passage la f\gue des ,boti5s2 et1 qu& ils fur5t passs1 qu'ils m>*ai5t en dsordre1 comme des g5s qui se croi5t l'abri de t\t dang]1 il les fit suivre et *>g] sur leurs flancs2 mais il ne p>v9t ni les rompre1 ni prcipit] leur retraite2 ils se retirr5t petits pas1 montrant t\j\rs les d5ts1 jusqu' ce qu'ils fuss5t hors d'atte9te4 ,,*apitre ,,xlvi4 ,des noms4 ,il e/ des noms qui sont pris en mauvaise "p2 c]ta9s sont1 p> tradition1 plus p>ticulirem5t usits dans telle ou telle famille de s\v]a9s2 d'autres sont plus ou mo9s rp&us *ez tel ou tel peuple4--,quelque div]sit d'h]bes qu'il y ait1 on les compr5d t\tes s\s la dnom9ation de salade2 je vais faire de mme1 et1 propos de noms1 prs5t] ici un salmigondis de sujets div]s4 ,*aque nation a1 je ne sais p\rquoi1 des noms qui se pr5n5t en mauvaise "p2 tels1 *ez n\s1 ,jean1 ,guillaume1 ,b5ot4 ,il semble aussi que1 dans la gnalogie des pr9ces1 c]ta9s noms se reproduis5t fatalem5t2 tels sont3 les ,ptolmes en gypte2 les ,h5rys en ,anglet]re2 les ,*>les en ,france2 ,baud\9s en ,fl&re2 et1 dans notre anci5ne ,aquita9e1 les ,guillaume1 d'o l'on dit qu'e/ driv le nom actuel de ,guy5ne1 p> une tymologie assez difficile admettre1 si on n'en tr\vait d'aussi peu admissible dans ,platon mme4 ,c'e/ une *ose sans importance et cep5dant digne d'tre ne en raison de sa s+ul>it et que rapporte un tmo9 oculaire1 qu',h5ry duc de ,norm&ie1 fils de ,h5ry second roi d',anglet]re1 donna en ,france un fe/9 o la noblesse qui y prit "p fut en nombre si considrable que1 p> amusem5t1 s'tant rp>tie en gr\pes de mme nom1 on compta dans le plus nombreux1 qui fut celui des ,guillaume1 c5t dix *evali]s de ce nom ayant pris place table1 nombre dans lequel n'tai5t compris ni les simples g5til%ommes ni les g5s de s]vice4 ,il n'e/ pas plus s+uli] de gr\p] table les convives d'aprs leurs noms1 que d'y faire s]vir les mets suivant l'ordre que leur assigne la premire lettre de leur nom1 comme le fit faire l'emp]eur ,geta2 c'e/ a9si qu'on s]vit conscutivem5t la srie de ceux comm5ant p> un m3 m\ton1 m>cass91 m]lu*e1 m>s\91 et a9si des autres4 ,il e/ avantageux de port] un nom ais prononc] et qui se reti5ne facilem5t4--,on dit communm5t qu'il y a avantage avoir bon nom ou bon r5om1 c'e/--dire du crdit et de la rputation2 il e/ galem5t vrai qu'il e/ utile d'avoir un 99 beau nom1 qui soit facile prononc] et ret5ir2 les rois et les gr&s n\s reconnaiss5t plus aism5t et n\s oubli5t mo9s4 ,n\s-mmes1 p>mi les g5s qui n\s s]v5t1 n\s appelons de prfr5ce et employons ceux dont les noms n\s vi5n5t le plus facilem5t la b\*e4 ,j'ai vu le roi ,h5ry ,,ii ne p\voir arriv] prononc] exactem5t le nom d'un g5tilhomme de cette p>tie-ci de la ,gascogne1 et ce mme pr9ce tre d'avis que l'on dsignt l'une des filles d'honneur de la re9e du nom de son pays d'orig9e1 tr\vant que son nom de famille tait trop rp&u4 ,socrate e/ime que c'e/ un so9 auquel un pre doit s'atta*] que de donn] de beaux noms ses enfants4 ,influ5ce des noms4--,on raconte que la fondation de ,notre-,dame la ,gr&e1 ,poiti]s1 e/ due ce qu'un jeune dbau*1 qui avait sa demeure sur cet emplacem5t1 ayant r5contr une fille de joie et lui ayant1 en l'abordant1 dem& son nom1 qui tait ,m>ie1 s5tit s\da9em5t se rveill] en lui ses s5tim5ts religieux2 et1 saisi de respect p\r ce trs sa9t nom de la ,vi]ge1 mre de notre ,sauveur1 non seulem5t il *assa immdiatem5t la fille1 mais s'am5da p\r le re/e de ses j\rs4 ,en considration de ce miracle fut btie1 l mme o tait la maison de ce jeune homme1 une *apelle s\s le vocable de ,notre-,dame1 et p> la suite1 l'glise que n\s voyons4--,c'e/ p> la voix et l'oue que la dvotion1 agissant directem5t sur l'me1 produisit *ez ce jeune homme ce revirem5t4 ,le fait suivant1 de mme g5re1 fut d une action immdiate sur les s5s3 ,py?agore se tr\vant en compagnie de jeunes g5s en fte1 s'ap]ut que1 comm5ant s'*auff]1 ils mditai5t de pntr] avec viol5ce dans une maison respectable4 ,il prescrivit alors l'or*e/re de modifi] ses airs et d'en j\] de graves qui1 svres et monotones1 pntrant peu peu les auditeurs de leur ry?me1 endormir5t leur ardeur4 ,la po/rit ne conte/]a pas que la ,r=me qui a clat de nos j\rs1 n'ait t dlicate et vigilante4 ,elle s'e/ applique non seulem5t combattre les erreurs et les vices1 a rempli le monde de dvotion1 d'humilit1 d'obissance1 de paix1 de v]tus de t\tes sortes1 mais elle a t jusqu' proscrire nos noms de baptme1 ,*>les1 ,l\is1 ,franois1 p\r y sub/itu] ceux de ,ma?usalem1 ,ez*iel1 ,mala*ie1 beauc\p plus en h>monie avec les dogmes de la foi6--,un g5tilhomme de mes vois9s1 supputant les supriorits des temps passs sur les temps actuels1 n'omettait pas de faire entr] en ligne de compte le relief et l'lgance des noms de la noblesse en ces temps-l1 ,dom ,grum$an1 ,qu$ragan1 ,agesilan2 ri5 qu'en les ent5dant prononc]1 on s5tait que c'tai5t l des g5s bi5 autres que ,pi]re1 ,guillot et ,mi*el6 ,il s]ait bon de ne jamais traduire les noms propres et de les laiss] tels qu'ils sont crits et se prononc5t dans leur langue d'orig9e4--,je sais bon gr ,jacques ,amyot d'avoir laiss subsi/] dans un disc\rs crit en franais les noms lat9s tels qu'ils s'criv5t dans leur langue d'orig9e1 et de ne pas les avoir altrs et modifis p\r leur donn] une t\rnure franaise2 au db1 cela semblait un peu extraord9aire1 mais dj sa traduction si rp&ue de ,plut>que y avait prp>4 ,j'ai s\v5t s\hait que ceux qui criv5t des *roniques en lat91 transcriv5t les noms propres tels qu'ils sont2 en les mtamorphosant la grecque ou la roma9e p\r leur donn] plus de grce1 en faisant de ,vaudemont1 ,vallemontanus1 n\s f9issons p> ne plus savoir o n\s en sommes et n\s n\s y p]dons4 ,inconvni5t qu'il y a pr5dre des noms de t]re comme on le fait en ,france1 cela favorise la t5dance que beauc\p ont altr] leur gnalogie4--,p\r clore cette srie de rflexions sur les noms1 disons que c'e/ une mauvaise habitude1 qui a de trs f*euses consqu5ces1 qu'en ,france n\s appelions *acun du nom de sa t]re et de sa seigneurie2 c'e/ la *ose du monde qui fait le plus que les races se ml5t et ne peuv5t plus se di/+u]4 ,un cadet de bonne maison1 qui a reu en apanage une t]re dont il a pris le nom1 s\s lequel il a t connu et honor1 ne peut honntem5t ab&onn] ce nom4 ,lui mort1 dix ans aprs sa t]re passe un trang] qui en fait autant2 comm5t e/-il possible de s'y reconnatre entre ces deux familles8 ,il n'e/ pas beso9 du re/e1 cet g>d1 de *]*] des exemples en dehors de notre maison royale o il y a autant de surnoms qu'il s'y fait de p>tages1 si bi5 qu'on ne sait plus auj\rd'hui qui remonte son orig9e4 ,*acun en use un tel degr sa fantaisie s\s ce rapport que1 de nos j\rs1 je ne vois p]sonne1 port p> la =tune un rang tant soit peu lev1 auquel on n'ait t\t aussitt dc\v]t des titres gnalogiques n\veaux et ignors de son pre1 le faisant desc5dre de quelque illu/re ligne2 et1 p> surcrot de *ance1 ce sont les familles les plus obscures qui prt5t le plus ces falsifications4 ,combi5 avons-n\s de g5til%ommes en ,france qui1 d'aprs leur compte plus que d'aprs celui des autres1 sont de race royale6 ,cela fut dit un j\r1 =t spirituellem5t1 p> un de mes amis1 dans la circon/ance suivante3 ,dans une runion1 un diffr5d s'tant lev entre deux seigneurs1 dont l'un p> ses titres et ses alliances avait une prm95ce inconte/able sur le commun de la noblesse1 *acun1 dans l'assemble1 *]*ant propos de cette prm95ce s'gal] en lui1 en v9t allgu]3 qui1 son orig9e2 qui1 une ressemblance de nom2 qui1 ses armoiries2 qui1 un vieux titre de famille2 et le mo9dre se tr\vait tre arrire-petit-fils de quelque roi d'outre-m]4 ,lorsqu'on passa dans la salle mang]1 mon ami1 au lieu de se r5dre sa place1 se mit all] reculons1 se confondant en rvr5ces1 suppliant l'assi/ance d'excus] la tmrit qu'il avait eue jusqu'ici de vivre sur un pi$ d'intimit avec eux2 mais v5ant seulem5t d'tre in=m de leurs qualits de si anci5ne date1 il les priait de cons5tir que1 ds ma9t5ant1 il leur r5dt les honneurs dus leur rang1 qu'il ne lui app>t5ait pas de s'asseoir en si nombreuse compagnie de pr9ces2 et1 t]m9ant sa plaisant]ie p> des raill]ies sans f91 il leur dit3 ,cont5tons-n\s donc1 p> ,dieu6 de ce dont nos pres se sont cont5ts et de ce que n\s sommes2 notre rang e/ suffisant1 si n\s savons n\s y bi5 t5ir2 ne dsav\ons pas la =tune et la condition de nos aeux4 ,bannissons ces c>ts d'imag9ation si ridicules1 qui ne peuv5t manqu] de t\rn] la confusion de quiconque a l'impud5ce d'avoir des prt5tions qui ne sont pas fondes4 ,les armoiries pass5t galem5t des uns aux autres2 armoiries de ,montaigne4--,les armoiries ne pr\v5t gure plus que les surnoms4 ,les mi5nes sont d'azur sem de trfles d'or1 avec une patte de lion galem5t d'or1 arme de gueule et mise de face4 ,quelle assurance ai-je qu'elles ne sortiront pas de ma maison8 ,un g5dre ne peut-il les transport] dans une autre famille8 ,quelque a*eteur de ri5 s'en p>]a peut-tre dfaut d'autres4 ,il n'e/ ri5 qui ne donne plus sujet de plus frqu5tes mutations et plus de confusion4 ,on se donne bi5 de la pe9e p\r illu/r] un nom qui s\v5t s]a altr p> la po/rit2 un nom1 aprs n\s1 n'e/ en f9 de compte qu'un mot et un assemblage de traits sans objet4--,ces rflexions en entran5t une autre d'ordre diffr5t4 ,p\r ,dieu1 exam9ons de prs et sondons sur quoi repos5t cette gloire1 cette rputation p\r lesquelles n\s b\lev]sons le monde8 en quoi consi/e cette r5omme1 qu' si gr&'pe9e n\s *]*ons acqurir8 ,c'e/ en somme ,pi]re ou ,guillaume qu'elle s'applique1 ce sont eux qui l'ont en g>de1 qu'elle intresse4 ,de quelle puissante facult vraim5t j\it l'esprance qui1 *ez un simple mortel embrassant l'inf9i1 l'imm5sit 991 l't]nit1 sub/itue1 p> un effet de mirage1 une indig5ce absolue la possession illimite de t\t ce qu'il peut imag9] et s\hait]2 de quel agrable j\et la nature n\s a en cela gratifis6 ,mais1 en f9 de compte1 qu'e/-ce que ,pi]re ou ,guillaume s9on un son ou encore trois ou quatre traits de plume1 qui mme sont si peu prcis que l'on peut se dem&] vraim5t qui revi5t l'honneur de tant de victoires3 ,guesqu91 ,glesqu9 ou ,gueaqu98 ,la "q sur ce po9t donn]ait vraisemblablem5t lieu un dbat encore plus p9eux que celui que ,luci5 a imag9 entre les deux lettres grecques sigma 77 et tau 772 le prix1 dans le cas actuel1 n'e/ pas de peu de valeur 7,virgile7 et la *ose e/ d'importance1 puisqu'il s'agit de fix] auquel de ces mots div]sem5t or?ographis sont attribu] tant de siges entrepris ou s\t5us1 de batailles livres1 de blessures reues1 de captivit endure1 de s]vices r5dus la c\ronne royale p> ce conntable fameux4 ,p>fois1 de notre vivant mme1 ce n'e/ qu'un pseudonyme4--,nicolas ,d5isot ne s'e/ occup que des lettres dont se compose son nom et il en a *ang la contexture p\r en faire le comte d',als9ois qu'il a illu/r de la gloire que lui ont value ses posies et sa pe9ture4--,sutone l'hi/ori5 affectionnait la signification qu'avait le si52 ne p\vant s'appel] ,lnis 7d\x7 qui tait le surnom de son pre1 il a adopt celui de ,tranquillus qu'il a fait hriti] de la rputation que lui ont acquise ses crits4--,qui croirait que le capita9e ,bay>d ne doit qu'aux hauts faits accomplis p> ,pi]re ,t]rail1 une illu/ration emprunte2 et qu',anto9e ,escal9 s'e/1 de son propre cons5tem5t1 laiss dp\ill] p> le capita9e ,paul9 et le b>on de la ,g>de du mrite et de l'clat de tant de voyages nautiques et des hautes *>ges qu'il a remplies et sur t]re et sur m]8 ,a qui le s\v5ir que1 dans l'hi/oire1 les noms consacr5t1 s'applique-t-il p>mi le gr& nombre d'tres1 connus ou inconnus1 qui ne sont plus et qui ont port le mme nom8--,outre ces v>iations qu'ils pr\v5t1 ces traits de plume sont communs des milli]s de p]sonnes4 ,combi51 dans t\te race1 y en a-t-il qui ont mmes noms et mmes surnoms8 ,combi51 encore p>mi des hommes de races diffr5tes en des contres et des sicles div]s8 ,l'hi/oire a cons]v le s\v5ir de trois ,socrate1 c9q ,platon1 huit ,ari/ote1 sept ,xnophon1 v+t ,dmtrius1 v+t ,?odore2 et combi5 lui sont demeurs inconnus4--,qu'e/-ce qui emp*e que mon palefr5i] se nomme ,pompe le ,gr&2 et qu'e/-ce qui s'oppose f9alem5t ce que ce soit lui1 qu& il s]a trpass1 au lieu que ce soit cet homme qui a eu la tte c\pe en gypte1 qu'aille la gloire qu'veille ce nom qu& on le prononce1 ou l'honneur qu'il rappelle qu& on le voit crit1 et auquel des deux pr(it]a-t-il8 ,croyez-v\s qu'il y ait l de quoi t\*] la c5dre et les mnes des morts 7,virgile78 ,qu'importe aux gr&s hommes1 qu& ils ne sont plus1 la gloire de leur nom8--,que peuv5t bi5 pr\v] pam9ondas et ,scipion l',africa91 ces deux mules p> leur valeur qui les lve s\s ce rapport au-dessus de t\s les hommes3 le premi]1 de ce v]s si beau grav sur le socle de sa /atue et qui depuis tant de sicles e/ dans t\tes nos b\*es qu& il e/ "q de lui3 ,sp>te1 devant sa gloire1 abaisse son orgueil 7reproduit du grec p> ,cicron72 le second1 de ce di/ique compos sa l\ange3 ,du levant au c\*ant il n'e/ po9t de gu]ri]s dont le front soit c\v]t de si nobles lauri]s 7,cicron74 ,ces tmoignages impressionn5t agrablem5t ceux qui sont sur cette t]re1 excit5t leur envie et leurs dsirs2 et sans y rfl*ir1 ils prt5t aux trpasss les s5sations qu'ils pr\v5t eux-mmes1 en mme temps qu'ils se leurr5t d'tre capables1 eux aussi1 d'arriv] la clbrit4 ,dieu seul sait ce qui en s]a1 il n'en e/ pas mo9s vrai que c'e/ l le mobile auquel ont obi les gnraux grecs1 roma9s et b>b>es2 c'e/ l ce qui leur fit affront] mille travaux et mille dang]s1 tant il e/ vrai que l'homme e/ plus altr de gloire que de v]tu 7,juvnal74 ,,*apitre ,,lxvii4 ,inc]titude de notre jugem5t4 ,en ma9tes occasions on peut tre inc]ta9 sur le p>ti pr5dre4--,p> exemple1 faut-il p\rsuivre outrance un ennemi va9cu8--,a propos de t\tes *oses1 il e/ ais de p>l] soit p\r1 soit contre1 dit ,homre avec ju/e raison4 ,c'e/ a9si p> exemple que ,ptr>que a pu crire3 ,annibal va9quit les ,roma9s1 mais ne sut pas pr(it] de la victoire4 ,celui dont ce s]ait l la faon de p5s] et qui reg>d]ait comme une faute1 a9si que le p>ti ca?olique e/ gnralem5t port le faire1 de n'avoir pas p\rsuivi le succs que n\s avons obt5u ,montcont\r1 ou qui repro*]ait au roi d',espagne de n'avoir pas mis pr(it l'avantage qu'il avait obt5u contre n\s ,sa9t-,qu5t91 p\rrait l'appui de sa ?se mettre les argum5ts suivants3 ,de semblables fautes sont le fait d'une me enivre d'un premi] succs et dont le c\rage limit1 satisfait de ce comm5cem5t de bonne =tune1 e/ peu port p\ss] plus en avant1 se tr\vant dj emb>rass du rsultat obt5u2 la c\pe e/ ple9e et ne peut en cont5ir davantage2 p>eil *ef ne mrite pas son heureuse *ance1 ne sa*ant pas l'utilis]1 puisqu'il donne son ennemi possibilit de rtablir ses affaires4 ,peut-on espr] de lui qu'il os]a r5\vel] son attaque contre un adv]saire qui s'e/ ralli et se prs5te n\veau en bon ordre1 que surexcit5t le dpit et le dsir de se v5g]1 alors qu'il n'a pas os ou n'a pas su le p\rsuivre qu& ses rangs tai5t rompus et que la frayeur l'envahissait1 alors que la =tune s'tait dcl>e et que t\t cdait la t]reur 7,luca978 c> enf9 que peut-il att5dre de mieux que ce qu'il a laiss *app]8 ,a la gu]re1 ce n'e/ pas comme l'escrime o celui qui t\*e le plus s\v5t gagne2 tant que l'ennemi e/ sur pi$1 c'e/ recomm5c] de plus belle1 il n'y a de victoire que ce qui met f9 aux ho/ilits4--,a la suite de cette r5contre prs d',oricum1 o ,cs> c\rut les plus gr&s risques1 il repro*ait aux soldats de ,pompe d'avoir manqu l'occasion1 conv5ant qu'il et t p]du si leur gnral avait su va9cre2 lui-mme leur t9t bi5 autrem5t l'pe dans les re9s1 qu& son t\r v9t de les p\rsuivre4 ,a l'appui de la ?se contraire1 on peut dire que c'e/ le propre d'un esprit impati5t et insatiable1 de ne pas savoir born] sa convoitise2 que c'e/ abus] des faveurs div9es que de v\loir outrepass] la mesure dans laquelle elles n\s sont accordes2 que s'expos] un *ec aprs une victoire1 c'e/ se remettre n\veau la m]ci de la =tune2 que l'un des pr9cipes les plus sages de l'art militaire1 c'e/ de ne pas p\ss] son ennemi au dsespoir4--,sylla et ,m>ius1 p5dant la gu]re sociale1 v5ai5t de battre les ,m>ses2 voyant une fraction ennemie qui1 p\sse p> le dsespoir1 repr5ant l'(f5sive1 se ruait sur eux comme des btes furieuses1 ils ne fur5t pas d'avis de l'att5dre4--,si ,m4 de ,foix ne s'tait pas laiss emport] p> son ardeur p\rsuivre avec trop d'a*>nem5t les rsultats de sa victoire de ,rav5ne1 il ne l'et pas gte p> sa mort4 ,son exemple encore rc5t s]vit du re/e de leon ,m4 d',enghi51 ,c]isolles1 et le prs]va de semblable msav5ture4--,il e/ dang]eux d'assaillir un homme auquel on a enlev t\te autre *ance de salut que la =ce des armes1 c> la ncessit e/ une viol5te matresse d'cole3 ,ri5 de plus aigu que les morsures de la ncessit 7,porcius ,latro72 ,qui dfie la mort1 n'e/ pas va9cu sans qu'il en cote au va9queur 7,luca974--,c'e/ ce qui fit que ,ph>ax dt\rna le roi de ,lacdmone1 qui v5ait de battre les ,mant9ens1 de se port] contre un milli] d',argi5s qui1 encore intacts1 avai5t *app au dsa/re1 et lui p]suada de les laiss] se retir] en t\te lib]t1 p\r ne pas en v5ir aux prises avec des hommes valeureux1 /imuls et dpits p> le malheur4--,clodomir1 roi d',aquita9e1 aprs sa victoire sur ,gondem>1 roi de ,b\rgogne1 le p\rsuivit si activem5t qu'il l'obligea faire volte-face2 dans l'action qui s'ensuivit1 il fut tu et p]dit a9si p> son op9itret le fruit de sa victoire4 ,faut-il p]mettre que les soldats soi5t ri*em5t arms8--,de mme e/-il prfrable d'avoir des soldats ri*em5t et somptueusem5t arms1 ou vaut-il mieux que leurs armures soi5t simplem5t telles que le comport5t les ncessits du combat8--,s]torius1 ,philopm51 ,brutus1 ,cs> et autres sont p\r le premi] de ces deux modes1 arguant que l'honneur et la vanit qu'il en ress5t1 sont un /imulant p\r le soldat2 de plus1 ayant sauv] ses armes1 qui p> leur valeur vnale lui con/itu5t en quelque sorte une =tune et lui font l'effet d'un hritage1 il n'en e/ que mieux dispos dploy] plus d'n]gie dans le combat4 ,c'e/1 dit ,xnophon1 cette considration qui faisait que les peuples d',asie emm5ai5t avec eux1 la gu]re1 leurs femmes et leurs concub9es1 avec leurs joyaux et ce qu'ils avai5t de plus prcieux4--,sur le second mode1 on peut dire qu'il faut plutt dt\rn] le soldat de l'ide de sa cons]vation que de le port] y song]2 p> l1 on l'amn]a d\bl] son mpris des dang]s4 ,faire talage de luxe1 c'e/ en outre excit] *ez l'ennemi le dsir de va9cre p\r s'appropri] ces ri*es dp\illes1 cela a t obs]v div]ses fois2 ce fut notamm5t un puissant mobile *ez les ,roma9s contre les ,samnites4--,antio*us montrait avec orgueil ,annibal l'arme qu'il m5ait contre ,rome1 arme o rgnai5t le fa/e et un luxe d'quipages de t\te nature1 et lui disait3 ,p5sez-v\s que les ,roma9s se cont5t]ont d'une p>eille arme8--,s'ils s'en cont5t]ont1 rpondit ,annibal1 oui vraim5t1 si av>es qu'ils soi5t4--,lycurgue int]disait ses concitoy5s1 non seulem5t t\t luxe dans leurs quipages de gu]re1 mais encore de dp\ill] l'ennemi va9cu1 v\lant1 disait-il1 qu'ils s'honor5t p> leur pauvret et leur frugalit en mme temps que p> leur succs4 ,faut-il tolr] qu'ils dfi5t l'ennemi8--,dans les siges et autres circon/ances o l'on e/ porte de l'ennemi1 on autorise volonti]s les bravades des soldats qui le dfi5t1 l'injuri5t1 l'accabl5t de repro*es de t\te espce2 ce procd semble avoir sa raison d'tre4 ,c'e/ un rsultat d'une c]ta9e importance que d'en arriv] t] ses propres tr\pes t\te assurance d'tre reu en grce ou composition2 on y t5d1 en leur reprs5tant qu'elles n'ont pas en att5dre d'un adv]saire qu'elles ont combl d'outrages et qu'elles n'ont d'autres ress\rces que de va9cre4--,vitellius en fit l'preuve mais ses dp5s4 ,se tr\vant en prs5ce d',o?on1 dont l'arme se composait de soldats dont la valeur tait dprime1 p>ce que depuis longtemps ils avai5t p]du l'habitude de faire la gu]re et qu'ils tai5t amollis p> les dlices d'un sj\r prolong ,rome1 il les agaa tellem5t p> ses apo/rophes piquantes1 leur repro*ant leur pusillanimit1 le regret qu'ils pr\vai5t des belles dames et des ftes dont ils tai5t repus la ville et se tr\vai5t privs1 qu'il leur remit du cur au v5tre et f9it p> se les attir] sur les bras1 ce que n'avai5t pu faire t\tes les exhortations que leurs *efs leur avai5t adresses p\r les dcid] combattre4 ,de fait des injures qui bless5t au vif1 peuv5t aism5t faire que celui qui ne m>*ait qu' contre-cur p\r le s]vice de son roi1 m>*e dans un s5tim5t t\t autre si1 p> surcrot1 il a une injure p]sonnelle v5g]4 ,un gnral1 p5dant le combat1 doit-il se dguis] p\r n'tre pas reconnu des ennemis4--,a considr] de quelle importance e/1 p\r une arme1 la cons]vation de son *ef1 importance qui e/ telle que c'e/ v]s lui1 qui dirige et dont dp5d5t t\s les autres1 que conv]g5t pr9cipalem5t les ef=ts de l'ennemi1 il semble hors de d\te que1 p\r lui1 se trave/ir et se dguis] au mom5t de se jet] dans la mle a9si que l'ont fait c]ta9s et non des mo9dres1 soit *ose avantageuse4 ,ce mode a cep5dant l'inconvni5t1 qui n'e/ pas mo9dre que celui que l'on se propose d'vit] en agissant a9si1 que le capita9e qui y a rec\rs ne se di/+ue plus au milieu des si5s2 le c\rage que leur inspir5t son exemple et sa prs5ce s'affaiblit d'autant2 n'ap]cevant pas les m>ques di/9ctives et les enseignes qui d'habitude le leur signal5t1 ils s'imag95t qu'il e/ mort ou que1 dsesprant du succs1 il s'e/ retir du *amp de bataille4--,p\r ce qui e/ des faits1 n\s les voyons corrobor] tantt l'une1 tantt l'autre de ces deux manires de faire4 ,ce qui arriva ,pyrrhus dans la bataille qu'il livra en ,italie au consul ,lev9us1 plaide la fois p\r et contre2 il s'tait r5du mconnaissable en pr5ant1 p\r combattre1 les armes de ,mgacles auquel il avait donn les si5nes2 cela lui sauva c]ta9em5t la vie1 mais il faillit tre victime de l'inconvni5t que je signale et p]dre la bataille4--,alex&re1 ,cs>1 ,lucullus aimai5t m>*] au combat avec des co/umes et des armes de gr&e ri*esse1 de c\leurs voyantes1 dcelant qui ils tai5t2 ,agis1 ,agsilas1 le gr& ,gylippe au contraire allai5t la gu]re dans un co/ume svre dont ri5 n'indiquait qu'ils ex]ai5t le comm&em5t4 ,e/-il prfrable1 au combat1 de demeur] sur la df5sive ou de pr5dre l'(f5sive8--,p>mi les repro*es relatifs la bataille de ,ph>sale que l'on fait ,pompe1 e/ celui d'avoir att5du de pi$ f]me l'attaque de l'adv]saire4 ,voici ce qu'en propres t]mes ,plut>que1 qui sait mieux s'exprim] que moi1 dit cet g>d3 ,outre que cela dim9ue la viol5ce avec laquelle se port5t les premi]s c\ps1 qu& ils le sont la suite d'une c\rse qu'on vi5t de f\rnir1 on se prive de l'lan des combattants qui1 lorsqu'ils se lanc5t les uns contre les autres a9si que cela se pratique d'ord9aire1 p> l'imptuosit et la surexcitation qui en rsult5t1 jo9t aux cris que *acun p\sse1 accroiss5t le c\rage du soldat au mom5t du *oc dcisif2 t&is qu'on en arrive1 en demeurant sur place1 ce qu'au lieu d'tre sur*auff1 sa *aleur s'te9t et se fige en quelque sorte4--,mais si telle e/ l'apprciation port] dans ce cas1 si ,cs> et t dfait1 n'aurait-on pas dit1 t\t aussi judicieusem5t1 qu'une position e/ d'autant plus =te et plus difficile enlev]1 qu'on ne se laisse pas all] l'ab&onn] dans la *aleur du combat2 que celui qui1 susp5dant sa m>*e1 se conc5tre et mnage ses =ces p\r les employ] suivant les beso9s1 a un gr& avantage sur qui e/ oblig une m>*e in9t]rompue et a dj f\rni une c\rse qui l'a presque mis hors d'hale9e8 ,en outre1 une arme se compose de tant de fractions div]ses1 qu'elle ne saurait1 si elle a s'branl] p\r se ru] sur l'adv]saire1 y apport]1 si elle le fait avec tant de furie1 une prcision suffisante p\r que son ordre de bataille n'en soit pas tr\bl et rompu2 et alors1 les plus dispos s'engag5t avant que leurs compagnons d'armes soi5t en mesure de leur prt] leur conc\rs4--,dans cette bataille1 si contraire aux lois de la morale1 o deux frres se disputr5t l'empire des ,p]ses1 le ,lacdmoni5 ,clarque1 qui comm&ait les ,grecs qui avai5t embrass le p>ti de ,cyrus1 les m5a tranquillem5t la *>ge1 sans se ht]2 et1 arriv c9quante pas de l'ennemi1 leur fit pr5dre la c\rse4 ,en abrgeant a9si l'espace qu'ils avai5t fran*ir une allure rapide1 il esprait mnag] leurs =ces et1 t\t en leur p]mettant de cons]v] leurs rangs1 leur donnait l'avantage de l'imptuosit qui augm5tait leur puissance de *oc et l'effet de leurs armes de jet4--,d'autres ont1 dans les armes s\s leurs ordres1 rsolu de la manire suivante ce po9t controv]s3 ,si l'ennemi v\s c\rt sus1 att5dez-le de pi$ f]me2 s'il v\s att5d de pi$ f]me1 c\rez lui sus4 ,vaut-il mieux att5dre l'ennemi *ez soi ou all] le combattre *ez lui8--,lors de l'invasion de l'emp]eur ,*>les-,qu9t en ,prov5ce1 le roi ,franois ,i] eut dcid] s'il le devanc]ait en se portant au-devant de lui en ,italie1 ou s'il l'att5drait sur ses tats4 ,il se rsolut ce d]ni] p>ti1 bi5 qu'il se r5dit compte de l'avantage qu'il y a transport] hors de *ez soi le ?tre des ho/ilits1 de telle sorte que le pays cons]vant ses ress\rces intactes1 puisse cont9uellem5t f\rnir aux beso9s en hommes et en arg5t4 ,en outre1 les ncessits de la gu]re entran5t de cont9uels dgts1 auxquels n\s ne n\s dcidons pas de gat de cur expos] ce qui n\s app>ti5t1 d'autant que l'habitant s'y rsigne mo9s facilem5t qu& ils provi5n5t de g5s de son p>ti que du fait de l'ennemi1 tel po9t1 qu'il peut en rsult] aism5t des sditions et des tr\bles4 ,enf91 la lic5ce de drob] et de pill]1 qui e/ p\r le soldat une gr&e attnuation aux misres de la gu]re1 ne peut s'ex]c] dans son propre pays2 et comme1 ds lors1 il n'a plus d'autre bnfice espr] que sa solde1 il e/ difficile de le ret5ir son po/e qu& il e/ si c\rte di/ance de sa femme et de son *ez lui4 ,aj\tons que celui qui met la nappe en e/ t\j\rs p\r les frais du fe/92 qu'il e/ plus agrable d'attaqu] que de demeur] sur la df5sive2 que l'branlem5t rsultant de la p]te d'une bataille e/ si viol5t que1 lorsque l'vnem5t se passe sur notre sol1 il e/ difficile que le pays t\t enti] n'en soit pas atte9t1 att5du que ri5 n'e/ si contagieux que la peur1 ne tr\ve si aism5t crance1 ne se rp& plus rapidem5t et qu'il e/ cra9dre que les villes1 aux portes desquelles l'orage aura clat1 qui en auront t tmo9s1 qui auront recueilli *efs et soldats encore ahuris et tremblants d'effroi1 ne se jett5t1 s\s le c\p de l'motion1 dans quelque mauvaise rsolution4 ,ces div]ses considrations n'emp*r5t pas le roi de rappel] les =ces qu'il avait au del des ,alpes et de se dt]m9] voir v5ir l'ennemi2 c'e/ qu'en effet1 des raisons d'un autre ordre milit5t en s5s contraire3--tant sur son propre t]ritoire1 au milieu de populations amies1 le roi1 dans cette seconde hypo?se1 tait assur de tr\v] en abondance t\tes facilits4 ,les rivires1 les moy5s de passage tant son entire disposition1 les convois de vivres et d'arg5t s'effectu]ai5t en t\te scurit sans qu'il soit beso9 d'escorte4 ,ses sujets se montr]ai5t d'autant plus dv\s que le dang] s]ait plus pro*e4 ,disposant d'un gr& nombre de villes et de po9ts de rsi/ance lui donnant t\te sret1 il demeur]ait matre de combattre qu& bon lui sembl]ait et seulem5t lorsqu'il y tr\v]ait opportunit et avantage4 ,s'il lui conv5ait de temporis]1 il p\vait le faire l'abri et t\t son aise1 laissant son ennemi se morfondre et se dsagrg] de lui-mme1 en raison des difficults qu'il aurait surmont] sur un t]ritoire o t\t s]ait contre lui2 o t\t1 devant1 d]rire1 sur les flancs1 lui s]ait ho/ile1 o il s]ait dans l'impossibilit de faire repos] ses tr\pes1 d't5dre ses cantonnem5ts si des maladies surv5ai5t2 o il ne tr\v]ait pas abrit] ses blesss2 o il ne p\rrait se procur] de l'arg5t et des vivres qu'en rec\rant la =ce1 o il n'aurait pas possibilit de se refaire et de repr5dre hale9e2 o1 ne connaissant le pays ni dans son ensemble1 ni dans ses dtails1 il ne p\rrait se prs]v] des emb*es et des surprises2 et o f9alem5t sa situation s]ait irrmdiablem5t compromise1 s'il v5ait p]dre une bataille1 n'ayant o ralli] les dbris de son arme4 ,en somme1 il ne manquait pas d'exemples qu'il p\vait invoqu] l'appui de ces deux manires de faire4 ,scipion e/ima beauc\p plus avantageux1 et bi5 lui en prit1 de transport] la gu]re *ez son ennemi en ,afrique que de df5dre son propre t]ritoire et de combattre en ,italie cet adv]saire qui se tr\vait dj y avoir pris pi$4 ,annibal1 au contraire1 dans cette mme gu]re1 se p]dit p\r avoir ab&onn ses conqutes en pays trang]1 af9 de se port] la df5se du si54--,la =tune fut contraire aux ,a?ni5s qui1 laissant l'ennemi sur leur propre t]ritoire1 tai5t passs en ,sicile2 elle se montra favorable ,aga?ocles roi de ,syracuse qui1 ngligeant l'ennemi qu'il avait aux portes de sa capitale1 alla l'attaqu] en ,afrique4 ,cette mme indcision exi/e p\r t\tes les dt]m9ations que n\s p\vons avoir pr5dre4--,n\s avons c\tume de dire1 et cela avec raison1 que les vnem5ts et leurs consqu5ces dc\l5t gnralem5t1 et la gu]re en p>ticuli]1 de la =tune qui ne veut pas s'assujettir aux rgles de notre jugem5t et de notre prud5ce1 ce qu'exprime a9si un pote lat93 ,s\v5t l'imprvoyance russit et la prud5ce n\s trompe2 la =tune n'e/ pas t\j\rs avec les plus dignes2 t\j\rs incon/ante1 elle va indi/9ctem5t d'un ct puis d'un autre4 ,c'e/ qu'il e/ une puissance suprieure qui n\s dom9e et ti5t s\s sa dp5dance t\t ce qui e/ mortel 7,manilius74 ,a l'envisag] de prs1 il semble que cette mme influ5ce s'ex]ce sur les conseils que n\s t5ons1 sur les dlibrations que n\s agitons1 et que nos raisonnem5ts eux-mmes se ress5t5t du tr\ble et de l'inc]titude de la =tune4 ,n\s raisonnons au has>d et inconsidrm5t1 dit le ,time de ,platon1 p>ce que1 comme n\s-mmes1 notre raison e/1 dans une l>ge mesure1 le j\et du has>d4 ,,*apitre ,,xlviii4 ,des *evaux d'armes4 ,me voici dev5u grammairi51 moi qui n'ai jamais appris une langue que p> r\t9e et qui ne sais mme pas encore ce que c'e/ qu'un adjectif1 un subjonctif et un ablatif4 ,*ez les ,roma9s1 les *evaux avai5t diffr5ts noms suivant l'emploi auquel ils tai5t de/9s4--,il me semble avoir ou dire que les ,roma9s avai5t des *evaux qu'ils appelai5t soit funales 7*evaux d'attelage71 soit dext]iores4 ,ces d]ni]s tai5t deux f9s1 t5us en dehors des traits et droite1 d'o leur nom2 c'tai5t des *evaux de relais1 qui se montai5t au beso9 comme des *evaux frais1 et de l e/ v5ue l'appellation de de/ri]s que n\s donnons nos *evaux de selle2 c'e/ aussi ce qui fait que les auteurs qui criv5t en roman se s]v5t de l'expression ade/r]1 p\r dire accompagn]4--,les g5til%ommes roma9s avai5t encore des desultiores equos1 *evaux dresss de faon que sans bride et sans selle1 allant p> deux1 ils galopai5t l'allure la plus rapide1 *acun1 de lui-mme1 joignant con/amm5t l'autre1 si bi5 que lorsque le cavali] mont sur l'un d'eux et le s5tant fatigu1 v\lait *ang] de monture1 s'lanant1 il passait de l'un l'autre sans ral5tir l'allure2 et cela1 alors mme qu'il tait arm de t\tes pices4--,les gu]ri]s numides agissai5t de mme2 ils avai5t un second *eval conduit en ma91 p\r en *ang] au plus =t de la mle3 ,comme nos cavali]s qui saut5t d'un *eval sur un autre1 les ,numides avai5t c\tume de m5] deux *evaux la gu]re2 et s\v5t1 au =t du combat1 ils se jetai5t t\t arms d'un *eval fatigu sur un *eval frais1 tant leur agilit tait gr&e et tant leurs *evaux tai5t dociles 7,tite-,live74 ,il y a des *evaux dresss df5dre leurs matres4--,c]ta9s *evaux sont dresss df5dre leur matre1 c\rir sus qui leur prs5te une pe nue1 se prcipit] sur ceux qui les attaqu5t et les affront5t2 ils les frapp5t de leurs pi$s et les mord5t4 ,mais il leur advi5t de nuire de la sorte encore plus s\v5t aux amis qu'aux ennemis2 sans compt] que v\s ne p\vez les matris] comme v\s le v\lez et qu'une fois qu'ils sont aux prises v\s tes la m]ci de ce qui peut leur arriv]4--,artibius1 qui comm&ait les ,p]ses contre ,onesilus1 roi de ,salam9e1 montait un *eval de la sorte2 mal lui en prit1 ce fut cause de sa mort4 ,il tait engag dans un combat s+uli] avec son ennemi et comme son *eval se cabrait contre ,onesilus1 l'cuy] de ce d]ni] lui planta une faux entre les deux paules4--,les ,itali5s racont5t qu' la bataille de ,=n\e1 le *eval du roi ,*>les ,,viii le dgagea1 p> ses ruades et ses c\ps de pi$1 de nombre d'ennemis qui le pressai5t et qui1 sans cela1 lui euss5t fait mauvais p>ti2 si le fait e/ exact1 c'e/ un bi5 gr& has>d4--,les ,mamel\ks se vant5t d'avoir les *evaux d'armes les plus adroits qui soi5t2 que d'in/9ct1 autant que p> habitude1 ils sont faits reconnatre et di/+u] un ennemi sur lequel1 un signal de la voix ou autre de leur cavali]1 ils se ru5t1 les accablant de c\ps de pi$ et de c\ps de d5ts4 ,ils en arriv5t aussi ramass] avec leur b\*e les lances et les d>ds qui sont t]re aut\r d'eux et les (fr5t leur matre1 qu& celui-ci le leur comm&e4 ,p>ticul>its affr5tes aux *evaux d',alex&re et de ,cs>4--,on dit de ,cs> et aussi du gr& ,pompe1 qu'entre autres tal5ts de premi] ordre1 ils avai5t celui d'tre des cavali]s mrites4 ,cs>1 dans sa jeunesse1 montait sur un *eval sans selle et sans bride1 et1 cons]vant les ma9s d]rire le dos1 s'ab&onnait la f\gue de l'animal4--,la nature1 qui de lui et d',alex&re a fait deux prodiges en art militaire1 semble les avoir galem5t dots de montures extraord9aires4 ,*acun sait que ,bucphale1 le *eval d',alex&re1 avait une tte qui t5ait de celle du taureau2 qu'il ne se laissait mont] p> p]sonne autre que son matre1 et n'avait pu tre dress que p> lui2 qu'aprs sa mort1 des honneurs div9s lui fur5t r5dus et son nom donn une ville con/ruite p\r p]ptu] sa mmoire4 ,cs> en eut un dont les pi$s de devant avai5t une con=mation se rappro*ant de celle du pi$ de l'homme2 ses sabots tai5t entaills et =mai5t en quelque sorte des doigts2 seul1 ,cs> avait pu le dress] et p\vait le mont]2 aprs sa mort1 il plaa son image dans un temple ddi ,vnus4 ,l'ex]cice du *eval e/ salutaire4--,qu& je suis *eval1 je n'en desc5ds pas volonti]s2 c> c'e/ le mode de locomotion que je prfre1 que je sois bi5 portant ou malade4 ,platon en recomm&e l'ex]cice comme favorable la sant1 et ,pl9e dit qu'il convi5t p\r l'e/omac et qu'il entreti5t la s\plesse des articulations4 ,mais p\rsuivons ce sujet1 puisque c'e/ ce dont n\s n\s occupons4 ,xnophon cite une loi qui df5dait de voyag] pi$ t\t homme possdant un *eval4--,trogue-,pompe et ,ju/9 rapport5t que les ,p>!s avai5t c\tume non seulem5t de combattre *eval1 mais encore d'y demeur] lorsqu'ils traitai5t de leurs affaires publiques ou prives1 qu'ils faisai5t leurs a*ats1 discutai5t1 causai5t ou se prom5ai5t2 et que1 *ez eux1 la diffr5ce ess5tielle entre les hommes libres et les s]fs consi/ait en ce que les premi]s allai5t *eval et les autres pi$2 cette in/itution remontait au roi ,cyrus4 ,p\r combattre1 les ,roma9s faisai5t p>fois mettre pi$ t]re leurs g5s *eval2 aux peuples n\vellem5t conquis ils tai5t leurs armes et leurs *evaux4--,l'hi/oire roma9e n\s donne plusieurs exemples1 et ,sutone le rem>que plus p>ticulirem5t *ez ,cs>1 de capita9es qui prescrivai5t leurs gu]ri]s *eval de mettre pi$ t]re dans les circon/ances critiques1 autant p\r enlev] aux soldats t\te esprance de fuite qu'en raison des avantages qu'ils esprai5t de ce g5re de combat1 o1 sans conte/e1 excelle le ,roma91 dit ,tite-,live4--,quoi qu'il en soit1 la premire prcaution qu'ils pr5ai5t p\r cont5ir les rvoltes des peuples qu'ils v5ai5t de s\mettre1 tait de leur enlev] armes et *evaux2 c'e/ p\rquoi n\s lisons si s\v5t dans ,cs>3 ,il comm&e qu'on livre les armes1 qu'on amne les *evaux1 qu'on donne des otages4--,le ,gr& ,seigneur ne p]met auj\rd'hui1 dans t\te l't5due de son empire1 aucun *rti5 ou juif de possd] un *eval4 ,nos anctres combattai5t gnralem5t pi$4--,nos anctres1 notamm5t l'poque de la gu]re des ,anglais1 mettai5t gnralem5t pi$ t]re dans les combats de c]ta9e importance et dans les batailles ranges1 ne se fiant qu' leur propre =ce1 leur c\rage et leur vigueur p]sonnels p\r df5dre des *oses aussi prcieuses que l'honneur et la vie4 ,quoi qu'en dise ,*rysan!1 dans ,xnophon1 qu& v\s combattez *eval1 v\s liez votre valeur et votre =tune celles de votre *eval2 les blessures et la mort qui peuv5t l'atte9dre1 peuv5t caus] votre p]te2 s'il s'effraie ou s'emporte1 v\s voil l*e ou tmraire2 que v\s soyez impuissant l'arrt] ou le p\ss] en avant1 votre honneur en dp5d4 ,c'e/ p\rquoi je ne tr\ve pas tonnant que les combats pi$ que se livrai5t nos anctres1 ai5t t plus srieux et plus op9itres que ceux qui se livr5t *eval3 ,va9queurs et va9cus se ruai5t1 se massacrai5t2 nul ne songeait fuir 7,virgile72 la victoire tait alors bi5 plus dispute1 t&is que ma9t5ant la dr\te e/ immdiate3 ,les premi]s cris et la premire *>ge dcid5t du succs 7,tite-,live74 ,les armes les plus c\rtes sont les meilleures1 une pe vaut mieux qu'une arquebuse4--,dans une "q o le has>d a si gr&e "p1 il faut mettre le plus de *ance de russite de notre ct2 aussi conseill]ais-je l'emploi des armes de ma9 le plus c\rtes possible1 comme tant celles dont les effets dp5d5t le plus de n\s4 ,il e/ vid5t que n\s sommes bi5 plus srs d'une pe que n\s avons en ma91 que de la balle qui s'*appe de notre arquebuse1 laquelle compr5d des lm5ts div]s2 la p\dre1 la pi]re1 le r\et1 dont le mo9dre v5ant manqu] compromet du mme c\p votre =tune4 ,on e/ plus c]ta9 du c\p qu'on assne soi-mme que de celui que l'on envoie trav]s les airs3 ,les c\ps dont on ab&onne la direction au v5t1 sont inc]ta9s3 l'pe e/ la =ce du soldat1 t\tes les nations gu]rires combatt5t avec l'pe 7,luca974 ,aussi faut-il espr] qu'on ab&onn]a les armes feu p\r en rev5ir aux armes anci5nes4--,ce qu'tait la phal>ique4--,p\r ce qui e/ des armes feu de notre poque1 j'en p>l]ai plus en dtail qu& je comp>]ai nos armes celles dont il tait fait usage dans l'antiquit4 ,sauf la dtonation qui surpr5d mais laquelle on e/ auj\rd'hui habitu1 je crois qu'elles sont de peu d'efficacit et espre qu'un j\r on r5onc]a leur emploi4--,l'arme dont les ,itali5s faisai5t jadis usage tait autrem5t r$\table2 c'tait la fois une arme de jet et une arme feu2 ils la nommai5t phal>ica4 ,la phal>ique consi/ait en une sorte de javel9e arme son extrmit d'un f] de trois pi$s de long1 capable de p]c] de "p en "p un homme et son armure2 elle se lanait soit la ma9 en rase campagne1 soit avec des eng9s qu&1 dans les siges1 on s'en s]vait p\r la df5se2 la hampe tait revtue d't\pe enduite de poix et d'huile qui s'enflammait dans sa c\rse2 en pntrant le corps ou le b\cli]1 elle emp*ait t\t usage des armes et immobilisait bras et jambes4 ,t\tefois1 il semble que lorsqu'on en arrivait au corps corps1 elle tait une gne la m>*e de l'assaillant1 et que le sol jon* de tronons en combu/ion devait1 au c\rs de la mle1 tre galem5t incommode p\r t\s3 ,semblable la f\dre1 la phal>ique f5dait l'air avec un horrible sifflem5t 7,virgile74 ,autres armes des anci5s1 qui supplai5t nos armes feu4--,ils avai5t encore d'autres moy5s d'action qui1 p> l'habitude de s'en s]vir1 possdai5t une gr&e puissance laquelle1 dans notre inexpri5ce1 n\s ne p\vons croire et qui supplai5t l'emploi de notre p\dre et de nos b\lets qui leur tai5t inconnus4 ,ils lanai5t leurs javelots avec une telle =ce1 que s\v5t ils transp]ai5t d'un seul trait deux b\cli]s et les deux hommes qui en tai5t arms1 et les liai5t p\r a9si dire l'un l'autre4 ,leurs frondes avai5t une porte aussi ju/e et aussi longue que nos armes actuelles3 ,ex]cs lanc] sur la m] les caill\x ronds du rivage1 et tir] avec leurs frondes d'une di/ance considrable dans des c]cles de mdiocre gr&eur1 ils blessai5t leurs ennemis1 non seulem5t la tte1 mais telle p>tie du visage qu'il leur plaisait 7,tite-,live74 ,les eng9s qu'ils employai5t p\r battre les murailles1 avai5t mme effet et faisai5t mme tapage que les ntres3 ,au bruit t]rible dont ret5tissai5t les murailles s\s les c\ps des assigeants1 le tr\ble et l'effroi s'emp>r5t des assigs 7,tite-,live74--,les ,gaulois d',asie1 qui sont de mme orig9e que n\s1 dresss combattre l'arme de ma91 ce qui ncessite plus de c\rage1 avai5t en horreur ces armes tratresses atteignant di/ance3 ,la l>geur des plaies ne les effraie pas2 et mme lorsqu'elles sont plus l>ges que pr(ondes1 ils s'en font gloire comme d'une preuve de valeur4 ,mais si au contraire la po9te d'une fl*e ou une balle de plomb lance avec la fronde1 pntre pr(ondm5t dans leur *air en ne laissant qu'une trace lgre la surface1 alors1 furieux de prir d'une piqre1 ils se r\l5t p> t]re de rage et de honte 7,tite-,live72 cela ne s'applique-t-il pas presque textuellem5t nos arquebuses8--,les ,grecs1 dans la retraite si longue et si clbre des ,dix-mille1 r5contrr5t une nation qui leur fit beauc\p de mal en employant contre eux de trs gr&s arcs1 trs =ts1 qui lanai5t des fl*es de longueur telle que ramasses et rejetes la ma9 comme on le fait d'un javelot1 elles trav]sai5t un b\cli] et1 du mme c\p1 l'homme qui en tait arm4--,les catapultes que ,d5ys inv5ta ,syracuse p\r lanc] des traits normes et des pi]res de volume considrable et qui les projetai5t au lo9 avec tant de viol5ce1 avai5t bi5 du rapport avec les inv5tions de notre poque4 ,plusieurs peuples ont excell dans l'art de mani] les *evaux4--,notons encore la manire orig9ale dont se t5ait sur sa mule un c]ta9 matre ,pi]re ,pol1 docteur en ?ologie1 que ,mon/relet n\s dpe9t ayant c\tume de se prom5] trav]s ,p>is1 assis de ct sur sa monture comme les femmes4--,ce mme hi/ori5 dit1 dans un autre passage de ses *roniques1 que les ,gascons possdai5t des *evaux t]ribles qui1 lancs au galop1 avai5t l'habitude de faire-volte face sans s'arrt]1 ce dont tai5t m]veills les ,franais1 les ,pic>ds1 les ,flam&s et les ,brabanons1 qui n'y tai5t pas acc\tums2 ce sont ses propres expressions4--,cs>1 p>lant des ,suves1 dit3 ,dans les r5contres *eval1 ils saut5t s\v5t t]re et combatt5t pi$2 leurs *evaux sont habitus ne pas b\g]1 en p>eil cas1 de la place o ils ont mis pi$ t]re1 et1 si beso9 en e/1 ils s'y port5t promptem5t et les remont5t4 ,il n'e/ ri51 leurs yeux1 de mo9s honorable et de si effm9 que de faire usage de selles et de bts1 et ils mpris5t ceux qui y ont rec\rs4 ,grce ce mode1 ils ne craign5t pas1 mme lorsqu'ils ne sont que quelques-uns1 d'attaqu] un ennemi suprieur en nombre4--,j'ai =t admir jadis un *eval dress de telle sorte que1 la bride sur le c\1 avec une baguette on lui faisait faire t\t ce qu'on v\lait4 ,les ,massili5s en agissai5t a9si3 ,les ,massili5s1 montant leurs *evaux nu et ignorants du fre91 les dirig5t avec une baguette 7,luca974 ,les ,numides conduis5t leurs *evaux sans fre9 7,virgile74 ,dp\rvus de fre91 leurs *evaux ont l'allure dsagrable1 le c\ raide et la tte porte en avant 7,tite-,live74 ,dans c]ta9s pays les mules et mulets sont considrs comme des montures de%onorantes1 dans d'autres comme =t honorables4--,le roi ,alphonse1 celui qui in/itua en ,espagne l'ordre des ,*evali]s de la ,b&e ou de l',e*>pe1 leur imposa entre autres rgles de ne mont] ni mule1 ni mulet1 s\s pe9e d'une am5de d'un m>c d'arg5t4 ,cela e/ consign dans les lettres de ,guev>a1 lettres que quelques-uns ont qualifies de dores1 ce qui ti5t ce qu'ils les apprciai5t beauc\p plus que je ne le fais4 ,on lit dans le ,c\rtisan que1 dans les temps peu loigns de celui o cet ouvrage p>ut1 *evau*] sur une mule n'tait pas *ose admise p\r un g5tilhomme4--,au contraire1 *ez les ,abyss9s1 plus leur rang les rappro*e du ,prtre-,jean1 qui e/ leur s\v]a91 plus ils ti5n5t honneur1 et c'e/ une m>que de dignit1 de mont] de gr&es mules4 ,comm5t en usai5t les ,assyri5s avec leurs *evaux4--,xnophon raconte que les ,assyri5s t5ai5t t\j\rs en /ation leurs *evaux entravs1 tant ils tai5t difficiles et f>\*es1 et qu'il leur fallait tant de temps p\r les dta*] et les h>na*]1 que p\r qu'il n'en rsultt pas d'inconvni5ts s'ils v5ai5t1 ce mom5t o ils tai5t en un c]ta9 dsordre1 tre attaqus l'improvi/e p> l'ennemi1 ils ne campai5t jamais sans ent\r] leur camp de fosss et de palissades4 ,son ,cyrus1 si exp]t en t\t ce qui t\*e les *evaux1 n'accordait de repos aux si5s et ne leur faisait donn] mang] qu'aprs le leur avoir fait gagn] p> quelque ex]cice les ayant mis en sueur4 ,dans des cas de ncessit1 les *evaux ont s]vi n\rrir les hommes4--,les ,scy!s1 qu& en gu]re la ncessit les y obligeait1 saignai5t leurs *evaux et s'abreuvai5t et se n\rrissai5t de leur sang3 ,le ,s>mate se n\rrit aussi du sang de ses *evaux 7,m>tial74--,les ,crtois1 assigs p> ,mtellus1 se tr\vr5t tel po9t hors d'tat d'tan*] leur soif1 qu'ils eur5t rec\rs l'ur9e de leurs *evaux4--,p\r montr] comm5t se conduis5t les armes turques et combi5 elles ont mo9s de beso9s que les ntres1 on dit qu'outre que les soldats ne boiv5t que de l'eau et ne mang5t que du riz et de la vi&e sale rduite en p\dre1 dont *acun porte un approvisionnem5t d'un mois1 ils viv5t aussi1 le cas *ant1 comme les ,t>t>es et les ,moscovites1 du sang de leurs *evaux1 qu'ils sal5t p\r le cons]v]4 ,effet produit p> l'app>ition des *evaux1 lors de la dc\v]te de l',amrique1 sur les peuplades qui n'en avai5t jamais vu4--,les peuples des n\velles ,indes s'imag9r5t1 qu& les ,espagnols pntrr5t *ez eux1 qu'hommes et *evaux tai5t des dieux ou t\t au mo9s des tres d'une nature suprieure la leur4 ,c]ta9s aprs avoir t va9cus1 v5ant implor] leur p>don et la paix1 aprs avoir (f]t aux hommes de l'or et des vi&es1 en (frai5t galem5t aux *evaux auxquels ils t5ai5t mme langage que celui qu'ils avai5t t5u aux premi]s1 et ils int]prtai5t leurs h5nissem5ts comme un ass5tim5t donn l'arrangem5t et la trve qu'ils leur proposai5t4 ,montures div]ses en usage dans les ,indes4--,dans les ,indes ori5tales1 se faire port] p> un lphant tait1 jadis1 le premi] de t\s les honneurs et exclusivem5t rs]v aux rois2 v5ait immdiatem5t aprs1 tre tran dans un *> attel de quatre *evaux2 ensuite1 mont] un *ameau2 en d]ni] lieu et le mo9s considr1 se faire port] ou vhicul] p> un seul *eval4--,un de nos contempora9s crit avoir vu1 dans ces mmes contres1 des pays o on *evau*e sur des bufs qui ont bt1 tri]s et bride1 et s'tre bi5 tr\v de ce mode de locomotion4 ,comm5t1 au combat1 accrotre l'imptuosit du *eval4--,qu9tus ,fabius ,maximus ,rutilianus1 dans un combat contre les ,samnites1 voyant que ses cavali]s1 aprs trois ou quatre *>ges1 n'avai5t pu rompre les rangs de l'ennemi1 prit le p>ti de leur faire dbrid] leurs *evaux et donn] t\te =ce de l'p]on1 si bi5 que ri5 ne p\vant les arrt]1 ni armes1 ni hommes1 r5v]sant t\t1 ils ouvrir5t le passage leur infant]ie qui fit pr\v] l'adv]saire une trs sanglante dfaite4--,qu9tus ,fulvius ,flaccus agit de mme contre les ,celtibri5s3 ,p\r r5dre leur *oc plus imptueux1 dbridez vos *evaux1 dit-il1 et lancez-les a9si contre l'ennemi2 c'e/ une manuvre qui a s\v5t russi la caval]ie roma9e et lui a fait le plus gr& honneur444 ,ils dbrid5t leurs *evaux1 p]c5t les rangs ennemis1 puis1 rev5ant sur leurs pas1 les trav]s5t n\veau1 bris5t t\tes les lances et font un gr& c>nage 7,tite-,live74 ,autres p>ticul>its relatives au *eval4--,le duc de ,moscovie devait jadis1 comme m>que de respect aux ,t>t>es1 qu& ils lui envoyai5t des ambassadeurs1 all] au-devant d'eux pi$1 leur prs5t] un gobelet de lait de jum5t 7breuvage qu'ils apprci5t beauc\p72 et si1 en buvant1 quelques g\ttes *appant tombai5t sur les cr9s de leurs *evaux1 il tait t5u de les l*] avec la langue4--,en ,russie1 une arme que le sultan ,bajazet y avait envoye1 fut assaillie p> une si =te tempte de neige que1 p\r s'abrit] et se prs]v] du froid1 quelques-uns s'avisr5t de tu] et d'v5tr] leurs *evaux1 p\r se mettre d$ans et se rcon=t] p> leur *aleur vitale4--,bajazet1 aprs ce viol5t combat1 o il fut dfait p> ,tam]lan1 fuyait en gr&e hte sur une jum5t arabe2 il et *app l'ennemi si1 au passage d'un ruisseau1 il n'et t contra9t de laiss] sa monture boire satit1 ce qui1 lui enlevant t\te sa vigueur1 la r5dit si molle1 qu'il fut aism5t rejo9t p> ceux qui le p\rsuivai5t4 ,on dit bi5 que les laiss] piss] dim9ue leur vigueur2 mais1 p\r ce qui e/ de boire1 j'eusse plutt cru que cela les ranimait4 ,crsus1 passant prs de la ville de ,s>des1 y tr\va des ptures1 o il y avait en gr&e quantit des s]p5ts que les *evaux de son arme mangr5t de bon apptit2 ce qui1 dit ,hrodote1 tait de mauvais prsage p\r lui4 ,n\s appelons *eval enti]1 celui qui a les cr9s et les oreilles intacts2 t\s autres sont dconsidrs et ne sont po9t admis dans les p>ades4 ,les ,lacdmoni5s va9queurs des ,a?ni5s en ,sicile1 r5trant en gr&e pompe ,syracuse1 fir5t entre autres bravades tondre t\s les *evaux enlevs aux va9cus et les fir5t figur] a9si leur triomphe4--,alex&re eut combattre un peuple1 les ,dahes1 qui1 la gu]re1 allai5t *eval p> deux3 dans la mle1 *acun son t\r desc5dait et combattait pi$1 t&is que l'autre demeurait et combattait *eval4 ,exemples d'habilet que/re4--,je ne crois pas qu'aucune nation l'emporte sur n\s en quitation1 soit s\s le rapport de l'habilet1 soit s\s celui de la grce4 ,dire *ez n\s de quelqu'un que c'e/ un bon cavali]1 c'e/ faire allusion sa h>diesse plus qu' son adresse4 ,l'homme le plus habile1 le plus solide1 le plus gracieux *eval1 sa*ant en tir] le meilleur p>ti1 que j'aie connu1 fut1 suivant moi1 ,m4 de ,c>navalet1 qui tait cuy] de notre roi ,h5ry ,,ii4--,il m'e/ arriv de voir un cavali] se t5ant deb\t sur la selle1 la dfaire1 l'enlev]1 la replac]1 s'y asseoir1 le *eval allant t\j\rs bride abattue2 passant p>-dessus un bonnet pos t]re1 t\t en s'loignant1 il tirait avec son arc contre ce b laiss d]rire lui des fl*es =t bi5 aju/es4 ,cons]vant un pi$ l'tri]1 l'autre p5dant du mme ct1 il ramassait t]re quoi que ce ft4 ,il faisait de nombreux t\rs du mme g5re1 ce qui lui tait un moy5 de gagn] sa vie4 ,de notre temps1 on a vu ,con/ant9ople deux hommes monts sur un mme *eval1 qui1 l'animal tant lanc au galop le plus effrn1 t\r t\r mettai5t pi$ t]re et se remettai5t en selle4 ,un autre qui1 ri5 qu'avec les d5ts1 bridait et h>na*ait son *eval4 ,un autre qui1 t\te allure1 montait deux *evaux la fois1 un pi$ sur *acun et1 sur ses paules1 un second homme2 ce d]ni]1 deb\t sur le premi]1 tirait avec un arc1 sans que le *eval susp5dt sa c\rse1 des c\ps qui portai5t admirablem5t4 ,d'autres c\rai5t les jambes en l'air1 la tte sur la selle1 ent\re de lames de cimet]re atta*es aux flancs du *eval4--,dans mon enfance1 le pr9ce de ,sulmone1 ,naples1 obt5ait t\t ce qu'il v\lait d'un *eval difficile1 et p\r montr] la solidit de son assiette1 plaait s\s ses g5\x et ses orteils1 p5dant qu'il travaillait1 des pices de monnaie1 qui ne se dplaai5t pas plus que si elles y euss5t t fixes4 ,,*apitre ,,xlix4 ,des c\tumes des anci5s4 ,il e/ naturel de t5ir aux usages de son pays1 cela r5d plus surpr5ante encore l'in/abilit des modes en ,france4--,j'excus]ais volonti]s1 *ez mes compatriotes1 de n'admettre comme modle et de ne considr] comme tant la p]fection1 que leurs propres murs et usages1 c> c'e/ un dfaut gnral1 non seulem5t *ez le vulgaire1 mais *ez presque t\s les hommes1 de ne voir et de ne suivre que ce qu'ils ont pratiqu depuis qu'ils sont ns4 ,je ne me pla9s pas de ce que1 lorsqu'ils voi5t un ,fabricius ou un ,llius1 ils leur tr\v5t une attitude et une dm>*e b>b>es1 puisqu'ils ne sont pas vtus comme n\s et n'ont pas nos manires2 mais je regrette en eux cette s+ulire inconsqu5ce qui fait qu'ils s'en laiss5t si aveuglm5t impos] p> les modes de l'poque actuelle1 qui ex]c5t sur eux un tel asc5dant1 qu'ils sont capables de *ang] d'op9ion et d'avis sur ce po9t aussi s\v5t qu'elles *ang5t elles-mmes1 voire mme t\s les mois1 se =geant *aque fois des raisons p\r ju/ifi] leurs propres yeux les jugem5ts les plus div]s qu'ils en mett5t4--,qu& on portait le busc du p\rpo9t sur le milieu de la poitr9e1 hauteur des se9s1 *acun tr\vait d'excell5tes raisons p\r affirm] que c'tait bi5 a9si que ce devait tre2 quelques annes plus t>d1 la mode l'a fait desc5dre au niveau des han*es et *acun se moque de la faon dont on en usait prcdemm5t et la dcl>e draisonnable autant qu'insupportable4--,la manire dont on s'habille auj\rd'hui amne la critique immdiate de la faon dont on s'habillait hi]1 critique qui s'ex]ce si nettem5t et d'un si commun accord1 qu'on dirait que1 sur ce *apitre1 n\s sommes atte9ts d'une sorte de manie qui b\lev]se notre ent5dem5t4 ,et comme n\s n\s empressons d'adopt] avec tant de promptitude et si subitem5t les *angem5ts qui survi5n5t que l'imag9ation de t\s les tailleurs du monde ne p>vi5t pas crer des n\veauts en quantit suffisante1 =cm5t il arrive que bi5 s\v5t des modes ab&onnes rapp>aiss5t au b\t de peu de temps1 t&is que d'autres1 encore rc5tes1 cess5t d'tre en faveur2 et notre jugem5t en arrive exprim] sur une mme *ose1 dans l'espace de qu9ze ou v+t ans1 deux ou trois op9ions non seulem5t de nuances diffr5tes1 mais p>fois absolum5t contraires1 tmoignant d'une incon/ance et d'une lgret incroyables4 ,les plus mal9s d'entre n\s n'*app5t pas ces contradictions et ins5siblem5t leur vue1 comme leur p5se1 arriv5t ne pas s'en r5dre compte4 ,c\tumes div]ses des anci5s1 en p>ticuli] des ,roma9s2 p\rquoi n\s n'arrivons les gal] ni dans leurs dbau*es ni dans leurs v]tus4--,je me propose d'indiqu] ici quelques faons de faire des anci5s qui me revi5n5t en mmoire2 dans le nombre1 il s'en tr\ve que n\s avons cons]ves et d'autres qui diffr5t des ntres2 en voyant les *angem5ts cont9us des *oses huma9es1 notre jugem5t en s]a peut-tre plus clair et peut-tre en devi5dra-t-il plus /able4 ,n\s disons combattre avec la cape et l'pe2 cela se pratiquait dj du temps des ,roma9s1 ,cs> le dit3 ,ils s'envelopp5t la ma9 gau*e de leur saie et tir5t l'pe4--,il signale galem5t ce vila9 jeu qui exi/e encore *ez n\s1 d'arrt] les passants que l'on tr\ve sur son *em91 de les oblig] dcl9] qui ils sont1 et de leur adress] des injures et leur *]*] qu]elle1 s'ils se refus5t rpondre4 ,les anci5s pr5ai5t t\s les j\rs des ba9s avant les repas1 comme d'ord9aire n\s-mmes n\s n\s lavons les ma9s4 ,a l'orig9e1 ils se bornai5t se lav] les bras et les jambes2 mais plus t>d1 et cela a dur p5dant des sicles et s'e/ rp&u *ez la plup>t des nations1 ils se plongeai5t compltem5t nus dans des ba9s additionns de sub/ances p>fumes2 n'employ] que de l'eau l'tat naturel1 tait le fait d'une gr&e simplicit4--,les g5s p>ticulirem5t dlicats et re*]*s de leur p]sonne1 se p>fumai5t t\t le corps au mo9s trois ou quatre fois p> j\r2 ils se faisai5t s\v5t pil] comme1 depuis quelque temps1 nos femmes ont pris l'habitude de le faire sur le front3 ,tu t'piles la poitr9e1 les jambes et les bras 7,m>tial72 et cela bi5 qu'ils euss5t des ongu5ts produisant le mme effet3 ,elle o9t sa peau d'ongu5t pilatoire ou l'enduit de craie dtrempe dans du v9aigre 7,m>tial74--,ils aimai5t tre c\*s moelleusem5t et considrai5t comme un acte d'au/rit de c\*] sur le matelas4--,ils mangeai5t c\*s sur des lits1 peu prs dans la mme po/ure qu'actuellem5t les ,turcs3 ,alors1 du haut du lit o il tait plac1 ne p>le a9si 7,virgile74 ,on dit que depuis la bataille de ,ph>sale1 en signe de deuil p> suite du mauvais tat des affaires publiques1 ,caton le jeune1 99 augm5tant encore l'au/rit de sa vie1 ne mangeait plus qu'assis4 ,ils baisai5t les ma9s aux gr&s p\r les honor] et les flatt]2 entre amis1 ils s'embrassai5t en se saluant1 comme font les ,vniti5s3 ,en te flicitant1 je te donne des bais]s avec de d\ces p>oles 7,ovide74--,p\r sollicit] 99 ou salu] un haut p]sonnage1 ils lui t\*ai5t les g5\x4 ,pasicls le philosophe1 frre de ,crats1 au lieu de port] la ma9 au g5\ de quelqu'un auquel il adressait la p>ole1 la porta aux p>ties gnitales2 celui-ci le rep\ssa rudem5t3 ,comm5t1 lui dit ,pasicls1 cette p>tie de ton corps n'e/-elle pas toi aussi bi5 que l'autre8--,ils mangeai5t les fruits la f9 du repas1 comme n\s le faisons n\s-mmes4 ,ils s'essuyai5t le d]rire avec une ponge 7laissons aux femmes cette futile dlicatesse qui emp*e d'abord] c]ta9s sujets72 et c'e/ p\rquoi1 en lat91 le mot spongia 7ponge7 blesse la bi5sance4 ,cette ponge tait fixe l'extrmit d'un bton1 comme le pr\ve le fait de cet individu qui1 conduit aux arnes p\r y tre livr aux btes1 ayant dem& satisfaire ses beso9s et n'ayant pas d'autre moy5 sa disposition p\r se suicid]1 se f\rra ce bton et l'ponge dans le gosi] et s't\ffa4--,aprs leurs rappro*em5ts sexuels1 ils s'essuyai5t les p>ties gnitales avec une t(fe p>fume3 ,je ne te f]ai ri5 autre1 que te lav] avec cette s]viette de la9e 7,m>tial74--,des rcipi5ts1 d'ord9aire des cuves c\pes p> le milieu1 tai5t1 ,rome1 disposs dans les c>ref\rs p\r p]mettre aux passants d'y ur9]3 ,s\v5t les petits g>ons1 dans leur sommeil1 croi5t lev] leur robe p\r ur9] dans les rs]voirs publics de/9s cet usage 7,lucrce74 ,ils faisai5t une collation entre leurs repas4--,en t1 se v5dait de la neige p\r rafra*ir le v92 c]ta9es p]sonnes en faisai5t mme usage en hiv]1 ne tr\vant pas encore le v9 assez frais4--,les gr&s avai5t des *ansons et des cuy]s tran*ants1 a9si que des b\ffons p\r les amus]4--,en hiv]1 on s]vait la vi&e sur des r*auds que l'on apportait sur la table4--,ils avai5t des cuis9es portatives1 dont j'ai vu des *antillons1 dans lesquelles1 qu& ils voyageai5t1 se transportait t\t leur s]vice3 ,g>dez ces mets p\r v\s1 ri*es voluptueux1 n\s n'aimons pas la cuis9e ambulante 7,m>tial74 ,ils avai5t des salles basses o1 s\v5t en t1 on faisait c\l] s\s les assi/ants de l'eau fra*e et limpide1 dans des canaux au ras du sol1 o il y avait =ce poissons vivants que *aque convive *oisissait et pr5ait la ma91 p\r les faire accommod] *acun sa guise4 ,le poisson a t\j\rs eu ce privilge qu'il a encore1 que les gr&s prt5d5t le savoir apprt] et que son gt1 au mo9s d'aprs moi1 e/ beauc\p plus exquis que celui de la vi&e4 ,en fait de magnific5ces1 de dbau*es1 d'inv5tions voluptueuses1 de mollesse et de luxe1 n\s faisons la vrit notre possible p\r les gal] dans t\s les g5res1 c> nos volonts sont bi5 aussi p]v]ties que les leurs2 mais n\s n'avons pas le tal5t d'y atte9dre2 nos =ces ne n\s p]mett5t pas davantage de n\s lev] leur niveau1 qu'il s'agisse de vices ou de v]tus1 p>ce que1 dans l'un ou l'autre cas1 le po9t de d"p e/ une vigueur d'esprit qui tait sans comp>aison beauc\p plus gr&e *ez eux que *ez n\s1 et que les mes sont d'autant mo9s mme de faire soit trs bi51 soit trs mal1 qu'elles sont mo9s =tem5t trempes4 ,a table1 la place d'honneur tait au milieu4--,cit] quelqu'un avant ou aprs un autre1 qu& on crivait ou qu'on p>lait1 ne prjugeait en ri5 la prm95ce1 a9si que cela ressort clairem5t de leurs crits2 on disait ,oppius et ,cs>1 aussi bi5 que ,cs> et ,oppius2 et indiffremm5t moi et toi1 ou toi et moi4 ,j'ai rem>qu autrefois1 dans la vie de ,flam9ius p> ,plut>que1 traduit en franais1 un passage o1 p>lant de la rivalit qui s'tait leve entre les ,etoli5s et les ,roma9s1 sur la "q de savoir qui rev5ait la plus gr&e "p de gloire acquise dans une victoire que1 de conc]t1 ils avai5t remporte1 le traducteur semble1 p\r tran*] le dbat1 atta*] une c]ta9e importance ce que1 dans les *ants des ,grecs o il e/ "q de cet vnem5t1 les ,etoli5s sont nomms avant les ,roma9s2 j'e/ime que dans cette apprciation1 il s'e/ laiss influ5c] p> les rgles de la langue franaise cet g>d4 ,alors mme qu'elles tai5t dans les salles o se pr5ai5t les ba9s de vapeur1 les dames y recevai5t les visites des hommes4 ,au sortir de la pisc9e1 elles ne reg>dai5t pas se faire frott] et o9dre p> leurs propres valets3 ,un esclave1 ce9t d'un tabli] de cuir noir1 se ti5t tes ordres1 lorsque1 nue1 tu pr5ds un ba9 *aud 7,m>tial74 ,elles avai5t c]ta9es p\dres dont elles se saup\drai5t p\r absorb] la sueur4 ,les anci5s ,gaulois1 dit ,sido9e ,apoll9aire1 portai5t les *eveux longs p> devant et ras p> d]rire1 mode qui vi5t d'tre reprise en ce sicle-ci aux murs effm9es et rel*es4 ,les ,roma9s payai5t aux bateli]s1 ds l'emb>quem5t1 ce qui leur tait d p\r leur passage1 ce que n\s-mmes ne faisons qu'aprs qu'il e/ effectu3 ,une heure entire se passe faire pay] les voyageurs et attel] la mule qui doit tir] la b>que 7,horace74 ,les femmes1 dans le lit1 c\*ai5t du ct de la ruelle1 d'o le sobriquet donn ,cs>3 ,la ruelle du roi ,nicomde 7,sutone74 ,d'ord9aire1 ils repr5ai5t hale9e en buvant4--,ils mettai5t de l'eau dans leur v93 ,vite1 esclave1 que l'on refra*isse le ,fal]ne dans les eaux de cette s\rce qui c\le ici prs 7,horace74 ,n\s tr\vons galem5t cette poque les cont5ances gogu5>des des laquais du temps prs5t3 ,o ,janus1 tu z deux visages2 aussi ne te fait-on p> d]rire ni les cornes1 ni les oreilles d'ne1 et ne te tire-t-on pas la langue autant que p\rrait le faire un *i5 d',apulie qui a soif 7,p]se74 ,les dames ,argos et ,rome portai5t le deuil en blanc1 comme *ez n\s il y a peu de temps encore2 c'e/ l une c\tume que1 si on m'en croyait1 on n'ab&onn]ait pas4 ,mais je m'arrte1 des ouvrages enti]s exi/ant sur ce sujet4 ,,*apitre ,l4 ,sur ,dmocrite et ,hraclite4 ,en t\tes *oses le jugem5t e/ ncessaire4 ,application qu'en a faite ,montaigne dans ses ,essais2 comm5t il les a crits4--,le jugem5t e/ un outil qui s'applique t\t et tr\ve p>t\t son emploi2 aussi ces ,essais que je compose me f\rniss5t-ils ma9tes occasions1 de t\s g5res1 de l'ex]c]4 ,si je traite un sujet qui me soit quelque peu trang]1 j'y ai rec\rs et le mets l'preuve1 en lui faisant sond] bi5 en avant de moi la pr(ondeur du gu2 s'il m'indique que cette pr(ondeur e/ trop gr&e p\r ma taille1 je demeure sur la rive2 et c'e/ l1 p>mi les s]vices qu'il me r5d1 un de ceux dont il e/ le plus fi]1 que de me faire connatre que je ne puis pass] outre4 ,p>fois1 lorsque je traite un sujet frivole et de peu d'importance1 je m'essaie voir s'il n'arriv]a pas lui donn] corps1 l'appuy]1 l'tay]1 de manire qu'il soit possible d'en tir] quelque *ose de srieux4 ,qu& j'aborde avec lui un sujet important et s\v5t trait1 o il n'y a ri5 dc\vrir1 o la voie e/ tellem5t fraye qu'il n'y a qu' suivre les pi/es dj traces1 il n'en a pas mo9s dml] quelle e/ celle qui lui semble la meilleure et se prononc] sur ces mille s5ti]s1 en indiquant celui auquel donn] la prfr5ce4--,au has>d1 je *oisis le premi] sujet qui se prs5te1 t\s me sont galem5t bons4 ,je n'ai jamais l'int5tion de le trait] compltem5t1 c> il n'e/ ri5 dont je voie le fond2 et ceux qui n\s promett5t de n\s le montr]1 ne ti5n5t pas davantage eux-mmes leur engagem5t4 ,sur les c5t aspects diffr5ts que revt *aque *ose et les nombreux dtails que *acune prs5te1 j'en pr5ds un1 et tantt je ne fais que le l*]1 tantt je vais jusqu' l'effleur]1 p>fois je l'entame jusqu' l'os2 je le scrute1 non sur une l>ge surface1 mais aussi pr(ondm5t que mon savoir me le p]met1 et1 le plus s\v5t1 je me plais l'envisag] s\s un j\r autre qu'on ne le fait d'ord9aire4 ,je me has>d]ais bi5 trait] fond quelque matire1 mais je me connais trop et ne puis m'abus] sur mon impuissance4--,en agissant comme je le fais1 risquant un mot ici1 un mot l2 donnant des *antillons sortis de leur cadre habituel1 isols2 m>*ant sans ide arrte2 ne m'tant engag ri51 je ne suis pas t5u de faire uvre de valeur relle1 je ne suis mme pas li env]s moi-mme et demeure libre de v>i]1 autant qu'il me plat1 les sujets que je traite et la manire dont je le fais1 sans que m'arrt5t ni d\tes1 ni inc]titudes1 ni ce qui p>-dessus t\t dom9e en moi1 mon ignorance4 ,le c>actre de l'homme se rvle dans n'importe quel acte de sa vie1 et t\tes *oses notre me imprime son c>actre p]sonnel4--,t\t acte de notre "p rvle ce que n\s sommes4 ,ce qu'e/ ,cs> le jug] p> la prp>ation et la conduite de la bataille de ,ph>sale1 se manife/e aussi bi5 p> les p>ties de plaisir et de galant]ie qu'il organisait4--,un *eval se juge non seulem5t p> le travail qu'on lui fait excut] en c>rire1 mais encore qu& il e/ l'allure du pas1 voire mme qu& on le voit au repos l'curie4 ,p>mi les fonctions de l'me1 il en e/ qui sont peu releves2 qui ne la juge galem5t ces mom5ts1 ne la connat qu'imp>faitem5t4 --,c'e/ d'ord9aire lorsqu'elle e/ au calme qu'on peut le mieux l'apprci]2 le v5t des passions l'agite surt\t dans les situations extrmes1 d'autant que *aque fois qu'elle int]vi5t1 c'e/ sans re/riction1 elle se donne t\t entire1 s'en t5ant exclusivem5t au cas qui l'occupe1 n'en envisageant jamais deux la fois1 agissant1 non d'aprs son propre tempram5t1 mais suivant l'ide qui1 sur le mom5t1 prdom9e en n\s4--,les *oses p> elles-mmes peuv5t avoir leur poids1 leur mesure1 leurs conditions intr9sques2 mais en n\s-mmes1 l'me les trans=me comme elle l'ent5d3 la mort tait *ose effroyable p\r ,cicron1 dsirable p\r ,caton1 indiffr5te p\r ,socrate4 ,la sant1 la consci5ce1 l'autorit1 la sci5ce1 la ri*esse1 la beaut et ce qui en e/ la contre-p>tie1 en s'incorporant n\s1 se dp\ill5t de ce qui leur e/ propre et1 du fait de notre me1 revt5t1 au gr de son caprice1 comme un vtem5t n\veau1 une te9te n\velle3 brune1 claire1 v]te1 obscure1 aigre1 d\ce1 pr(onde1 sup]ficielle1 v>iable p\r *acun de ces attributs1 suivant ce qui lui si$ plus p>ticulirem5t elle-mme2 c>1 entre elles1 les mes ne se conc]t5t pas sur le /yle1 la rgle et les =mes qu'elles affect5t2 *acune1 en ce qui la t\*e1 e/ re9e dans son doma9e4--,n'arguons donc plus des qualits inhr5tes aux *oses1 puisque n\s cons]vons vis--vis d'elles notre libre arbitre4 ,notre bi51 comme notre mal1 ne dp5d que de n\s4 ,c'e/ n\s-mmes1 et non la =tune1 qu'il faut adress] nos prires et l'expression de nos dsirs2 celle-ci ne peut ri5 sur nos murs dont1 au contraire1 elle e/ la consqu5ce2 ce sont nos murs qui l'entran5t leur suite et la font ce qu'elle e/4--,p\rquoi ne jug]ais-je pas ,alex&re le voir table1 causant1 t5ant tte ses convives le v]re en ma9 ou encore j\ant aux *ecs8 ,quelle fibre de son esprit n'e/ pas en effet atte9te et mise en m\vem5t p> ce jeu niais et puril1 que je hais et fuis p>ce que c'e/ un jeu qui n'en e/ pas un2 que c'e/ un passe-temps trop srieux1 qui rclame une att5tion que je regrett]ais de lui donn]1 ayant en faire une bi5 meilleure application4 ,la prp>ation de la conqute des ,indes1 si glorieuse p\r le hros macdoni51 ne lui dem&ait pas plus de travail2 non plus qu' cet autre la re*]*e de la solution d'une "q1 de laquelle dp5dait le salut du g5re huma94 ,voyez combi5 notre me a "p dans ce jeu ridicule3 ne met-il pas en travail t\tes nos facults8 son action s'y manife/e c]tes suffisamm5t p\r que *acun puisse d'aprs cela se connatre et se jug] tel qu'il e/4 ,en p>eille occurr5ce1 je me vois et me s5s plus compltem5t qu'en t\te autre2 t\tes mes passions tr\v5t s'y ex]c]3 la colre1 le dpit1 la ha9e1 l'impati5ce et aussi une ambition effrne de va9cre propos d'une *ose o il s]ait prfrable de s\hait] d'tre va9cu1 c> ce n'e/ pas d'un homme d'honneur1 de re*]*] dans les *oses qui ne sont pas srieuses1 telles qu'une p>tie d'*ecs1 une supriorit exceptionnelle qui v\s mette au-dessus des autres4 ,ce que je dis l e/ un exemple qui s'applique t\tes les autres circon/ances de la vie4 ,t\t dtail de l'exi/5ce de l'homme1 t\te occupation laquelle il se livre1 le rvl5t et le montr5t autant que n'importe quels autres4 ,dmocrite riait1 ,hraclite pleurait de nos sottises2 le premi] tait davantage dans le vrai4--,dmocrite et ,hraclite tai5t deux philosophes4 ,le premi]1 e/imant l'espce huma9e ple9e de vanit et de ridicule1 se prs5tait t\j\rs en public avec un visage riant et moqueur4 ,hraclite1 pris de piti et de compassion p\r cette mme humanit1 ne cessait d'en tre contri/ et en avait t\j\rs les l>mes aux yeux3 ,ds qu'ils avai5t le pi$ hors de leur demeure1 l'un riait1 l'autre pleurait 7,juvnal74--,je prfre l'humeur du premi]1 non p>ce qu'il e/ plus agrable de rire que de pleur]1 mais p>ce qu'elle tmoigne du dda91 qu'elle n\s condamne plus que l'autre1 et qu'il me semble que n\s ne p\vons jamais tre mpriss autant que n\s le mritons4 ,pla9dre et avoir piti indiqu5t qu'on a de l'e/ime p\r ce que l'on pla9t2 ce dont on se moque1 on le considre comme n'ayant pas de valeur4 ,je crois que la vanit n\s tre9t plus que le malheur1 que n\s avons plus de sottise que de malice1 que le vide e/ en n\s plus que l'ide du mal1 et que n\s sommes plus vils que misrables4--,diogne qui1 r\lant son tonneau1 s'amusant "p lui des vanits huma9es et n>guant ,alex&re le ,gr&1 t5ant les hommes p\r des m\*es ou des vessies gonfles de v5t1 tait un critique plus aigre et plus mordant et1 p> suite1 d'ide plus con=me la mi5ne1 que ,timon1 qu'on surnommait le ,misan?rope1 p>ce qu'il hassait les hommes2 on e/ t\j\rs plus ou mo9s atta* ce que l'on hait4 ,timon n\s s\haitait du mal1 il tait possd du dsir de notre ru9e1 fuyait notre conv]sation qu'il t5ait p\r dang]euse v5ant d'tres m*ants et de nature dprave4 ,diogne1 lui1 n\s e/imait si peu qu'il ne supposait pas que notre frqu5tation pt le tr\bl] ou altr] son humeur1 et s'il ne v\lait pas de notre socit1 c'tait non p> cra9te de contagion1 mais p> dda92 il ne n\s e/imait pas plus capables de bi5 faire1 que de mal faire4 ,la rponse que fit ,/atilius ,brutus1 qui *]*ait l'affili] la conspiration trame contre ,cs>1 e/ empre9te de la mme ide3 ,il tr\vait l'entreprise ju/e1 mais que les hommes p\r lesquels on l'entrepr5ait n'tai5t pas dignes qu'on se mt1 si peu que ce ft1 en pe9e p\r eux4 ,c'e/ dans le mme esprit qu',hgsias posait en rgle que le sage ne doit ri5 faire que p\r lui-mme1 p>ce que seul il mrite ce qu'on fait p\r lui2 et que ,?odore tablissait qu'il n'e/ pas ju/e que le sage se has>de p\r le bi5 de son pays et compromette sa sagesse p\r des f\s4--,c'e/ qu'en vrit aussi1 autant l'espce huma9e e/ ridicule1 autant elle prte rire4 ,,*apitre ,,li4 ,combi5 va9es sont les p>oles4 ,la rhtorique e/ l'art de tromp]4--,un rhtorici5 des temps passs disait que son mti] consi/ait faire p>atre gr&es et admettre comme telles des *oses petites2 autant dire que c'e/ un cordonni] s'appliquant faire de gr&s s\li]s p\r de petits pi$s4 ,a ,sp>te1 on l'et fait f\ett] p\r ex]c] un art aussi m5song] et trompeur2 et je p5se que ce ne fut pas sans tonnem5t qu',ar*idamus1 l'un de ses rois1 ent5dit cette rponse que lui fit ,?ucydide auquel il dem&ait quel tait le plus =t la lutte1 de ,pricls ou de lui3 ,c'e/ assez malais con/at]1 p>ce que1 qu& je lui fais t\*] t]re1 il p]suade ceux qui l'ont vu qu'il n'e/ pas tomb1 et il l'emporte4--,ceux qui masqu5t et f>d5t les femmes agiss5t mo9s mal1 p>ce que l'on ne p]d pas gr&'*ose ne pas les voir au naturel1 que ceux qui font pr(ession de tromp]1 non pas nos yeux1 mais notre jugem5t1 d'abt>dir et de corrompre les *oses dans leur pr9cipe mme4 ,les rpubliques bi5 ordonnes ne font pas cas des orateurs4--,les rpubliques qui ont eu un g\v]nem5t modr et qui tai5t bi5 adm9i/res1 telles que la ,crte et ,lacdmone1 n'ont pas fait gr& cas des orateurs4--,ari/on dit avec sagesse de la rhtorique que c'e/ la sci5ce de p]suad] le peuple4 ,socrate et ,platon la df9iss5t3 l'art de tromp] et de flatt]2 quant ceux qui s'lv5t contre cette df9ition gnrale1 ils la ju/ifi5t de t\s po9ts p> les prceptes qu'ils mett5t ou appliqu5t4 ,les ,mahomtans en int]dis5t comme inutile l'enseignem5t leurs enfants2 et les ,a?ni5s1 *ez lesquels elle avait t en si gr&e faveur1 con/atant combi5 elle leur avait t prjudiciable1 ordonnr5t la suppression de ses p>ties les plus importantes1 celles qui impressionn5t le plus les s5tim5ts1 l'exorde et la conclusion4 ,c'e/ un in/rum5t trs propre conduire et agit] la f\le ou une populace dvoye1 et qui1 comme la mdec9e1 ne s'emploie que dans les tats malades4 ,dans ceux o les g5s du commun1 les ignorants1 o t\s ont quelque peu "p au p\voir1 comme ,a?nes1 ,rhodes1 ,rome1 o la *ose publique tait en cont9uelle agitation1 les orateurs ont afflu4 ,de fait1 on ne voit pas beauc\p de p]sonnages1 dans ces rpubliques1 acqurir une gr&e influ5ce sans le sec\rs de l'loqu5ce2 p\r ,pompe1 ,cs>1 ,crassus1 ,lucullus1 ,l5tulus1 ,mtellus1 elle a t le pr9cipal facteur auquel ils ont d la gr&eur et la puissance qu'ils ont atte9tes2 elle les y a aids plus que la =tune des armes1 ce qui n'avait pas lieu en des temps meilleurs4 ,l4 ,volumnius p>lant en effet en public1 en faveur de l'lection au consulat de ,a4 ,fabius et ,p4 ,dcius1 disait3 ,ce sont g5s qui se sont faits p> la gu]re1 des g5s d'action peu propres aux j\tes oratoires1 des c>actres tels que n\s devons les re*]*] *ez ceux que n\s levons au consulat2 ceux l'esprit retors1 loqu5ts et savants1 sont bons p\r les *>ges qui s'ex]c5t sans sortir de ,rome2 p\r celles de prteurs1 p> exemple1 qui ont r5dre la ju/ice4--,c'e/ lorsque les affaires tai5t en plus mauvais tat1 qu& l'orage des gu]res civiles l'agitait1 que l'loqu5ce a le plus fleuri ,rome1 telles les mauvaises h]bes qui1 dans un *amp l'ab&on ou non encore dfri*1 ne croiss5t qu'avec plus de vigueur4 ,de l1 il semble rsult] que les tats mon>*iques en ont mo9s beso9 que les autres1 p>ce que la btise et la crdulit qui dispos5t si aism5t la populace tre circonv5ue et m5e p> les d\ces et h>monieuses p>oles qu'on lui fait ent5dre1 et qui n'a pas s\ci de s'clair] avec sa raison sur la valeur et la ralit de ce qu'on lui dit1 ne se retr\v5t pas au mme degr *ez un mon>que qu'il e/ plus ais de g>antir1 p> l'ducation qui lui a t donne et les conseils qui l'ent\r5t1 contre la pntration de ce poison4 ,ni la ,macdo9e1 ni la ,p]se n'ont jamais produit d'orateurs de r5om4 ,abus qui e/ fait de l'art de la p>ole dans t\tes les pr(essions4--,un mot au sujet d'un ,itali51 avec lequel je vi5s de m'entret5ir1 qui s]vait *ez feu le c>d9al ,c>affa en qualit de matre d'htel1 emploi qu'il a cons]v jusqu' la mort de ce prlat4 ,n\s p>lions de sa *>ge et il m'a fait sur cette sci5ce de ga/ronomie une vritable confr5ce1 dbite avec une gravit et une attitude magi/rales comme s'il dveloppait un po9t important de ?ologie4 ,il m'a numr les div]ses sortes d'apptit3 celui qu'on a1 qu& on e/ jeun2 ceux aprs le second1 le troisime s]vice2 les moy5s1 soit de leur donn] simplem5t satisfaction1 soit de les veill] et les excit]2 la confection de ses sauces1 d'abord d'une faon gnrale1 puis en entrant dans le dtail des +rdi5ts employs et des effets qu'ils produis5t2 les v>its de salade selon la saison1 celles qui doiv5t tre s]vies cuites1 celles qui veul5t l'tre froides1 la manire de les dcor] p\r les r5dre encore plus agrables la vue4 ,puis1 il e/ entr dans de belles et importantes considrations sur l'ordre du s]vice3 ,c> ce n'e/ pas *ose indiffr5te que la manire dont on s'y pr5d p\r dc\p] un livre ou un p\let 7,juvnal72 et t\t cela ornem5t de ri*es et magnifiques p>oles comme il s'en emploie qu& il e/ "q du g\v]nem5t d'un empire1 ce qui m'a remis en mmoire ce passage de ,tr5ce3 ,ceci e/ trop sal1 cela e/ brl1 ceci e/ fade2 cela e/ bi51 s\v5ez-v\s de faire de mme une autre fois4 ,je leur donne les meilleurs avis que je puis1 selon mes faibles lumires2 enf91 ,damea1 je les exhorte se mir] dans leur vaisselle comme dans un miroir et les av]tis de t\t ce qu'ils ont faire4--,notons que les ,grecs eux-mmes ont donn de gr&s loges l'ordre et la disposition du banquet que leur (frit ,paul mile1 son ret\r de ,macdo9e2 mais ce n'e/ pas de faits dont je m'occupe ici1 je ne p>le que des t]mes dont il e/ fait usage p\r les exprim]4 ,je ne sais si les autres pr\v5t ce que je ress5s2 mais1 qu& j'ent5ds nos ar*itectes lanc] ces gros mots de pila/res1 ar*itraves1 corni*es1 ouvrages d'ordre cor9?i5 ou d'ordre dorique et autres semblables du j>gon leur usage1 je ne puis m'emp*] de song] aussitt au palais d',apollidon2 et1 p> comp>aison1 ce qu'ils cit5t avec tant d'emphase1 me fait l'effet du dcor mesqu9 de l'entre de ma cuis9e4 ,qu& v\s ent5dez p>l] de mtonymie1 mtaphore1 allgorie et telles autres expressions employes dans la grammaire1 ne v\s semble-t-il pas que ce sont des locutions d'une langue peu usite et *oisie8 cela s'applique cep5dant t\t simplem5t aux =mes du langage que votre femme de *ambre emploie lorsqu'elle bav>de4 ,abus semblables dans les titres pompeux que n\s attribuons c]ta9es *>ges et dans les surnoms glorieux que n\s dc]nons4--,c'e/ une erreur qui se rappro*e de la prcd5te1 que d'appliqu] aux (fices de notre tat politique les titres pompeux dont usai5t les ,roma9s1 bi5 qu'il n'y ait aucun rapport au po9t de vue de la fonction et encore mo9s s\s celui de l'autorit et de la puissance4--,c'en e/ une autre1 qu'on repro*]a un j\r notre sicle1 d'attribu] qui bon n\s semble et n'en e/ pas digne1 ces glorieux surnoms dont l'antiquit avait honor un ou deux p]sonnages seulem5t dans la longue suite des sicles4 ,platon a t surnomm div91 du cons5tem5t univ]sel1 sans que p]sonne songet jamais lui conte/] ce surnom1 et voil que les ,itali5s1 qui se piqu5t cep5dant1 et avec quelque raison1 d'avoir l'esprit plus vif et le jugem5t plus sa9 que les autres peuples de leur temps1 vi5n5t d'en gratifi] l',art9 qui1 sauf une faon de p>l] amp\le et maille de b\tades spirituelles la vrit mais dnotant trop de re*]*es et p>fois am5es de trop lo91 n'a ri51 mon s5s1 en dehors de ce en quoi consi/e l'loqu5ce1 qui le place au-dessus de la moy5ne des auteurs de son sicle et qui le rappro*e1 tant s'en faut1 de celui que les anci5s ont div9is4--,quant au surnom de gr&1 combi5 de pr9ces ne le dc]ne-t-on pas1 qui n'ont ri5 fait de ce qui lve un homme au-dessus des autres6 ,,*apitre ,,lii4 ,p>cimonie des anci5s4 ,exemples de la p>cimonie avec laquelle ont vcu c]ta9s hommes illu/res de l'antiquit4--,attilius ,rgulus1 qui comm&ait l'arme roma9e en ,afrique1 crivit aux p\voirs publics1 alors qu'il tait dans t\te la gloire que lui valai5t ses victoires sur les ,c>?ag9ois1 que son valet de lab\r1 qu'il avait laiss t\t seul p\r travaill] sa t]re1 qui n'tait que d'une cont5ance de sept arp5ts1 s'tait enfui emportant ses u/5siles de lab\rage2 qu'en consqu5ce1 il dem&ait un cong p\r rev5ir *ez lui1 af9 de p\rvoir cet accid5t1 de cra9te que sa femme et ses enfants n'euss5t en s\ffrir4 ,le ,snat commit un autre individu p\r cultiv] son bi51 lui fit remplac] ce qui lui avait t vol et ordonna que sa femme et ses enfants s]ai5t n\rris aux frais du ,trsor public4 ,caton l'anci51 rev5ant d',espagne l'expiration de son consulat1 v5dit son *eval d'armes1 p\r conomis] l'arg5t qu'et cot son transport p> m] en ,italie4 ,inve/i du g\v]nem5t de la ,s>daigne1 il faisait ses inspections pi$1 n'ayant d'autre suite qu'un app>iteur qui lui portait sa toge et un vase de/9 la clbration des sacrifices2 le plus s\v5t il portait sa malle lui-mme4 ,il se vantait de ne jamais avoir possd de toge ayant cot plus de dix cus et de n'avoir jamais dp5s plus de dix s\s p> j\r p\r son m>*1 et de ce qu'aucune de ses f]mes n'tait crpie et n'avait d'enduit l'extrieur4 ,scipion mili51 aprs deux triomphes et deux consulats1 se r5dit comme lgat dans une prov9ce avec sept s]viteurs seulem5t4 ,on affirme qu',homre n'en a jamais eu qu'un1 ,platon trois et que ,znon1 le *ef de la secte des ,/oci5s1 n'en avait pas4 ,il ne fut all\ que c9q s\s et demi p> j\r ,tibrius ,grac*us1 envoy en mission p\r le s]vice de la ,rpublique1 alors qu'il tait le p]sonnage le plus important de ,rome4 ,,*apitre ,,liii4 ,a propos d'une phrase de ,cs>4 ,l'imp]fection de l'homme e/ dmontre p> l'incon/ance de ses dsirs4--,si quelquefois n\s n\s amusions n\s considr]1 et que le temps que n\s employons obs]v] autrui et n\s enqurir de *oses qui ne n\s reg>d5t pas1 n\s le consacrions n\s exam9] fond1 n\s compr5drions vite combi5 prs5t5t peu de solidit et laiss5t dsir] les pices et morceaux dont n\s sommes faits4 ,n'e/-ce pas une preuve c>actri/ique d'imp]fection que ri5 ne puisse n\s donn] complte satisfaction1 et que1 p> le fait mme de nos dsirs et de notre imag9ation1 n\s soyons hors d'tat de *oisir ce qui n\s convi5t8 ,c'e/ ce dont tmoigne bi5 cette grave "q1 t\j\rs p5dante p\r les philosophes1 sur ce qui e/ p\r l'homme le s\v]a9 bi52 "q qui dure encore et dur]a t]nellem5t sans que jamais on en tr\ve la solution ni qu'on tombe d'accord4 ,le bi5 qu'on n'a pas1 semble prfrable t\t le re/e2 avons-n\s la *ose rve1 n\s en dsirons une autre1 et notre soif e/ t\j\rs inext+uible 7,luci574 ,quelles que soi5t les connaissances que n\s ayons acquises1 ou ce dont il n\s e/ donn de j\ir1 n\s s5tons qu'il manque quelque *ose notre satisfaction1 et n\s allons s\pirant aprs l'av5ir et l'inconnu d'autant que le prs5t ne n\s rassasie pas2 non qu' mon avis1 il ne n\s (fre pas de quoi n\s gorg]1 mais p>ce que n\s n'acceptons ce qu'il n\s prs5te qu'avec rtic5ce et prv5tion3 ,voyant que les mortels ont t\t ce qui leur e/ peu prs ncessaire et que cep5dant1 avec des ri*esses1 des honneurs1 de la gloire1 des enfants bi5 ns1 ils n'*app5t pas encore aux *agr9s intrieurs et n'en sont pas mo9s en butte mille agitations contraires1 picure comprit que t\t le mal vi5t du vase mme qui1 corrompu intrieurem5t1 gte t\t ce qu'on y a v]s de bon 7,lucrce74 ,notre apptit e/ irrsolu et inc]ta92 il ne sait ni ret5ir1 ni j\ir de bonne faon de quoi que ce soit4 ,p\rsuivi p> l'ide que ce qui e/ en sa possession e/ imp>fait1 l'homme se donne t\t enti] en imag9ation aux *oses qu'il n'a pas et qu'il ne connat pas1 y conc5tre ses dsirs et ses esprances et les ti5t en haute e/ime1 ce que ,cs> exprime en disant3 ,p> un vice de notre nature commun t\s les tres1 n\s r$\tons les *oses qui n\s sont ca*es et inconnues1 en mme temps qu'elles n\s inspir5t confiance4 ,,*apitre ,,liv4 ,inanit de c]ta9es subtilits4 ,c]ta9es subtilits et les tal5ts frivoles ne mrit5t pas d'tre enc\rags4--,les hommes rec\r5t p>fois c]ta9es subtilits frivoles et va9es p\r attir] l'att5tion2 tel e/ le cas de ceux qui criv5t des pomes enti]s1 dont *aque v]s comm5ce p> une mme lettre4 ,dans l'anci5ne littrature grecque1 n\s tr\vons des pices de v]s affectant la =me d'uf1 de b\le1 d'aile1 de ha*e1 obt5ue en faisant v>i] la mesure des v]s1 les allongeant1 les dim9uant de manire ce que leur ensemble reprs5te telle ou telle figure4--,la sci5ce de cet individu qui s'amusa calcul] de combi5 de faons on p\vait rang] les lettres de l'alphabet et tr\va ce nombre incroyable m5tionn dans ,plut>que1 r5tre dans ce g5re de s+ul>it4--,j'appr\ve la manire de faire de ce p]sonnage auquel on prs5ta un homme qui en tait arriv lanc] la ma9 un gra9 de millet1 avec une adresse telle1 qu'il le faisait pass] p> le tr\ d'une aiguille et ne manquait jamais son c\p4 ,cet homme1 aprs avoir travaill devant lui1 lui dem&ant de lui donn] quelque *ose p\r prix d'une habilet si peu commune1 celui-ci1 assez plaisamm5t et avec ju/e raison mon avis1 lui fit remettre deux ou trois mesures de millet1 af9 de lui p]mettre d'entret5ir un si beau tal5t4--,c'e/ une preuve irrcusable de la faiblesse de notre jugem5t1 que de le voir s'pr5dre des *oses p>ce qu'elles sont r>es et n\velles1 ou encore p>ce qu'elles (fr5t de la difficult1 alors mme qu'elles ne sont en mme temps ni bonnes1 ni utiles4 ,en bi5 des *oses les extrmes se t\*5t4--,n\s avons j\ d]nirem5t *ez moi un jeu consi/ant qui tr\v]ait le plus de *oses se t5ant p> leurs extrmes1 p> exemple ,sire e/ un titre qui se donne au p]sonnage de l'tat le plus haut plac1 au roi2 c'e/ aussi une appellation qui s'applique des g5s du commun1 tels que les m>*&s1 et qui ne s'emploie pas l'g>d des p]sonnes de condition int]mdiaire4--,on appelle du nom de dame les femmes de qualit et de celui de demoiselle celles des classes moy5nes1 t&is que le nom de dame se donne encore aux femmes des classes infrieures4--,l'usage des tapis qu'on t5d sur les tables1 n'e/ admis que dans les palais des pr9ces et dans les tav]nes4--,dmocrite disait que les dieux et les btes avai5t les s5tim5ts plus dlicats que les hommes qui sont entre les deux4--,les ,roma9s avai5t mmes vtem5ts p\r les j\rs de deuil et les j\rs de fte4 ,la peur et un c\rage excessif produis5t p>fois sur n\s les mmes effets physiques4--,il e/ c]ta9 que la peur p\sse l'extrme1 comme le c\rage lev son p>oxysme1 ont action sur l'organisme et occasionn5t t\s deux des tr\bles inte/9aux et des c\rs de v5tre4--,le sobriquet de tremblant donn ,don ,san*e1 d\zime roi de ,nav>re1 montre que la h>diesse1 comme la peur1 communique du tremblem5t notre corps4 ,ceux qui le revtai5t de son armure 7lui ou quelque autre de nature impressionnable comme la si5ne et pr\vant mme frisson7 essayai5t de le rassur]1 attnuant le dang] auquel il allait s'expos]3 ,v\s me connaissez mal1 leur dit-il2 si ma *air savait jusqu'o1 t\t l'heure1 mon c\rage va la m5]1 elle en s]ait absolum5t transie4--,dans nos rapports intimes avec la femme1 la faiblesse que n\s p\vons ress5tir1 le dgt que n\s p\vons pr\v]1 occasionns p> un refroidissem5t de notre passion1 peuv5t tre galem5t dt]m9s p> un dsir trop viol5t et une ardeur immodre4--,un froid int5se comme un *aud excessif cuis5t et rtiss5t4 ,ari/ote dit que les l+ots de plomb fond5t et c\l5t s\s l'effet du froid1 lorsque l'hiv] e/ rig\reux1 comme s\s l'action d'une *aleur viol5te4--,le dsir et la satit endoloriss5t galem5t nos organes1 avant comme aprs le mom5t o nos apptits voluptueux reoiv5t satisfaction4 ,aux prises avec la s\ffrance1 la btise et la sagesse en arriv5t aux mmes f9s4--,s\s l'effet de la s\ffrance dt]m9e p> les accid5ts auxquels n\s sommes exposs1 la btise et la sagesse s5t5t et agiss5t de mme4 ,les sages dom95t le mal et le surmont5t1 les autres l'ignor5t2 ceux-ci1 sans s'en ap]cevoir1 demeur5t en quelque sorte en de2 t&is que les premi]s vont au del1 ps5t et considr5t att5tivem5t les conditions dans lesquelles il se prs5te1 et1 aprs les avoir reconnues et apprcies telles qu'elles sont1 le fran*iss5t p> un vig\reux et c\rageux ef=t1 ou le ddaign5t et le f\l5t aux pi$s grce ce qu'ils ont une me =te et solide1 contre laquelle les traits de la =tune qui vi5n5t les atte9dre1 r5contrant un corps qu'ils ne peuv5t pntr]1 rebondiss5t et retomb5t m\sss4 ,la plup>t des hommes1 en rgle gnrale1 pr5n5t place entre ces deux extrmes2 ils ap]oiv5t le mal1 le ress5t5t et ne peuv5t le support]4--,l'enfance et le vieill>d atte9t p> la dcrpitude ont de commun que t\s deux sont faibles d'esprit4--,l'av>ice et la prodigalit ont un gal dsir d'attir] elles et d'acqurir4 ,les esprits simples sont propres faire de bons *rti5s et les esprits clairs des *rti5s accomplis2 les esprits mdiocres sont sujets s'g>]4--,il semble qu'on soit fond dire qu'il y a une ignorance initiale qui prcde la sci5ce et une ignorance doctorale qui la suit2 la sci5ce fait et eng5dre cette d]nire1 t\t comme elle dfait et dtruit la premire4 ,on fait de bons *rti5s avec des esprits simples1 peu curieux et peu in/ruits qui1 autant p> respect que p> obissance1 croi5t simplem5t et obs]v5t les lois4 ,*ez des g5s de capacit et d'esprit moy5s1 naiss5t les op9ions errones2 ils adopt5t1 sur la simple app>5ce1 la premire int]prtation v5ue des textes sacrs et se croi5t autoriss considr] comme niais]ie et btise de notre "p que n\s n\s en t5ions l'anci5 ordre de *oses1 faisant obs]v] que notre conviction n'e/ fonde sur aucune tude pralable4 ,les gr&s esprits1 plus srieux et plus clairvoyants1 f\rniss5t une autre catgorie de bons croyants2 p> de longues et consci5cieuses inve/igations1 ils sont arrivs une connaissance appr(ondie des critures1 en ont pntr le s5s ca* et s5ti le secret my/rieux et div9 qui rgle le g\v]nem5t des affaires ecclsia/iques4 ,n\s en voyons cep5dant quelques-uns de la catgorie int]mdiaire1 qui en sont galem5t arrivs l2 ils possd5t cette connaissance m]veilleuse de nos dogmes1 et la conviction s'e/ faite en eux1 ce qui e/ comme l'extrme limite laquelle peut atte9dre l'intellig5ce *rti5ne4 ,cette victoire sur l'ignorance e/ p\r eux un sujet con/ant de consolation1 d'action de grces2 elle les a am5s r=m] leurs murs et ils en sont dev5us on ne peut plus mode/es4 ,mais lo9 de moi de plac] sur ce mme rang ceux qui1 p\r dt\rn] d'eux le s\pon d'avoir embrass l'erreur qu'ils r5i5t auj\rd'hui et donn] des gages que l'on peut compt] sur eux1 se montr5t extrmes1 manqu5t de ret5ue et sont inju/es dans la df5se de notre cause laquelle ils attir5t le repro*e de viol5ces commises en nombre inf9i4--,les paysans l'esprit simple sont d'honntes g5s2 sont aussi d'honntes g5s les philosophes ou1 comme on les nomme auj\rd'hui1 les natures =tes et claires qui possd5t sur les sci5ces utiles des connaissances t5dues4 ,les mtis1 qui ti5n5t des uns et des autres1 ont1 dans l'tude des lettres1 fran*i le premi] pas et ont l'ignorance en dda91 mais ils n'ont pu atte9dre au degr suprieur qui p>fait notre in/ruction et1 p\r a9si dire le d]rire entre deux selles1 ils sont dang]eux1 absurdes et gnants2 ce sont ces g5s1 dont je suis moi et tant d'autres1 qui tr\bl5t le monde4 ,p\rtant1 en ce qui me conc]ne1 je m'ef=ce de me cramponn]1 autant que je le puis1 ce qui t\t naturellem5t fur5t mes premires croyances dont1 un in/ant1 j'ai va9em5t essay de me dgag]4 ,s\v5t la posie populaire e/ comp>able la plus p>faite4--,la posie p>eillem5t1 telle que d'elle-mme elle clt *ez les g5s du peuple1 a des navets et une grce qui rivalis5t avec ce qu'elle (fre de plus beau qu&1 p> l'effet de l'art1 elle atte9t la p]fection2 c'e/ ce que n\s p\vons con/at] en n\s reportant aux villanelles de ,gascogne et aux *ansons qui n\s ont t cons]ves de nations auxquelles t\te sci5ce tait trangre1 qui ne connaissai5t mme pas l'criture4 ,entre ces deux g5res1 n\s avons la posie mdiocre1 qui e/ ddaigne1 peu honore et sans valeur4 ,montaigne espre que ses ,essais s]ont gts des intellig5ces moy5nes4--,j'ai con/at que lorsque l'esprit a fait un premi] pas1 n\s t5ons1 a9si que cela a lieu d'habitude1 p\r difficile et r>e ce qui s\v5t n'a nullem5t ce c>actre1 et qu'une fois dans cette voie1 notre imag9ation dc\vre une inf9it de *oses au sujet desquelles il en e/ de mme4 ,aux exemples qu'on en peut donn]1 je me born]ai aj\t] celui-ci3 ,p>mi ceux qui p\rront faire ces ,essais l'honneur de les lire1 il peut arriv] qu'ils ne plais5t gure aux esprits communs et vulgaires et pas davantage aux intellig5ces suprieures qui sont des exceptions1 les premi]s ne les tr\vant pas suffisamm5t comprh5sibles1 ceux-ci les compr5ant trop2 mais peut-tre s]ont-ils accepts des bonnes g5s l'esprit de moy5ne env]gure4 ,,*apitre ,,lv4 ,des odeurs4 ,mieux vaut ne ri5 s5tir1 que s5tir bon4--,on dit que *ez c]ta9s1 tels qu',alex&re le ,gr&1 la sueur1 p> suite d'une complexion r>e et t\t fait extraord9aire du corps1 exhale une odeur agrable1 et ,plut>que et d'autres auteurs en re*]*5t la cause4 ,p\r le commun des mortels1 c'e/ le contraire qui se produit1 et ce qui peut n\s arriv] de mieux1 c'e/ de ne ri5 s5tir4 ,l'hale9e la plus pure e/ elle-mme d'autant plus suave qu'elle e/ sans odeur dsagrable1 a9si que c'e/ le cas *ez les enfants bi5 portants4 ,voil p\rquoi ,plaute dit3 ,la plus exquise s5teur d'une femme1 c'e/ de ne ri5 s5tir4--,quant aux bonnes odeurs qui provi5n5t de p>fums trang]s1 on a raison de se mfi] de ceux qui les emploi5t2 il e/ cra9dre qu'elles ne s]v5t qu' masqu] *ez eux quelque dfaut naturel de cette espce1 et c'e/ ce qui a donn lieu ces aphorismes de potes anci5s3 ,c'e/ pu]1 que de s5tir bon2--,tu te moques de n\s1 ,corac9us1 p>ce que n\s ne sommes pas p>fums2 mais j'aime mieux ne ri5 s5tir1 que de s5tir bon 7,m>tial72--et encore3 ,qui s5t t\j\rs bon1 ,po/humus1 s5t mauvais 7,m>tial74 ,p\rtant j'aime bi5 un milieu exhalant de bonnes odeurs et ai horreur des mauvaises que je s5s de plus lo9 que t\t autre3 ,mon odorat di/+ue les mauvaises odeurs plus subtilem5t qu'un *i5 d'excell5t nez ne reconnat la bauge du sangli] 7,horace71 et les p>fums les plus simples et les plus naturels sont ceux qui me sont le plus agrables4 ,l'usage des p>fums e/ surt\t le fait des femmes4 ,les femmes ,scy!s1 dans une contre o la b>b>ie rgnait d'une faon absolue1 aprs s'tre baignes1 se saup\drai5t t\t le corps et le visage d'une c\*e =mant crote d'une c]ta9e sub/ance odorifrante que l'on tr\ve sur place2 et qu& elles devai5t pass] en la compagnie des hommes1 elles se db>rassai5t de ce f>d et se tr\vai5t en avoir la peau plus lisse et t\te p>fume4 ,les p]sonnes trs s5sibles aux odeurs ne sont pas plus que d'autres sujettes aux pidmies4--,il e/ tonnant combi5 facilem5t une odeur1 quelle qu'elle soit1 s'atta*e moi et quel degr ma peau s'en laisse pntr]4 ,celui qui se pla9t de ce que la nature n'a pas p\rvu l'homme de moy5 propre port] les odeurs son nez a tort1 c> elles s'y port5t d'elles-mmes4 ,*ez moi en p>ticuli]1 mes m\/a*es1 que j'ai paisses1 y contribu5t2 si j'en appro*e mes gants ou mon m\*oir1 leur odeur s'y communique et s'y ma9ti5t la j\rne entire2 aussi dnonc5t-elles d'o je vi5s4 ,autrefois1 les tre9tes passionnes de la jeunesse se traduisant en bais]s voluptueux1 prolongs1 humides1 y laissai5t des traces qui s'y retr\vai5t encore plusieurs heures aprs4--,et cep5dant je suis peu sujet contract] les pidmies qui provi5n5t de ce que l'air e/ contam9 et qui peuv5t se transmettre lorsqu'on *ange de simples conv]sations2 je suis demeur indemne de t\tes celles qui1 soit dans nos villes1 soit dans nos armes1 se sont produites de mon temps et qui ont t de plusieurs sortes4--,on lit sur ,socrate qu'il n'a jamais quitt ,a?nes p5dant la pe/e qui l'a ravage de si nombreuses reprises et que lui seul ne s'en ress5tit jamais4 ,les mdec9s p\rrai5t tir] plus de p>ti des odeurs4--,les mdec9s p\rrai5t1 je crois1 tir] p>ti des odeurs plus qu'ils ne font1 c> j'ai s\v5t con/at qu'elles ont action sur moi et que1 suivant leur nature1 elles impressionn5t mon esprit de div]ses manires3 ce qui me porte considr] comme exact ce que l'on dit de l'enc5s et des p>fums dont on use dans les glises1 que cet usage si anci5 et si rp&u *ez t\tes les nations et dans t\tes les religions1 a p\r objet de rj\ir1 veill] et purifi] nos s5s1 p\r n\s mieux dispos] la contemplation4 ,en ,ori5t1 on fait emploi des p>fums dans l'apprt des vi&es4--,j'aurais s\hait1 p\r p\voir en jug]1 avoir t mme de dgu/] l'uvre de ces cuis9i]s qui sav5t1 dans les plats qu'ils confectionn5t1 rehauss] la saveur des vi&es p> des p>fums *oisis1 ce que l'on a eu occasion de voir et qui fut trs rem>qu dans le s]vice que m5ait avec lui le roi de ,tunis lorsque1 de nos j\rs1 db>quant ,naples1 il v9t s'ab\*] avec l'emp]eur ,*>les-,qu9t4 ,on f>cissait ces vi&es de plantes odorifrantes1 et cela avec une telle somptuosit qu'un paon et deux faisans accommods de la sorte se tr\vai5t rev5ir c5t ducats4 ,qu& on les dc\pait1 il s'en dgageait un arome des plus dlicieux1 qui emplissait non seulem5t la salle o cela se passait1 mais se rp&ait dans t\tes les *ambres du palais et jusque dans les rues avois9antes1 et p]si/ait p5dant un c]ta9 temps4 ,la puanteur e/ une des incommodits des gr&es villes4--,mon pr9cipal so91 qu& j'ai me log]1 c'e/ d'vit] les qu>ti]s o l'air e/ l\rd et empe/4 ,malgr leur beaut1 ,v5ise et ,p>is p]d5t beauc\p de leurs *>mes mes yeux1 p> la mauvaise odeur qui se dgage3 dans l'une1 des lagunes qui l'ent\r5t2 dans l'autre1 des b\es de ses rues4 ,,*apitre ,,lvi4 ,des prires4 ,pr(ession de foi de ,montaigne4--,j'mets dans ce *apitre des ides fantaisi/es1 mal df9ies1 aux solutions indcises1 comme font dans les coles ceux qui propos5t dbattre des que/ions sujettes controv]se4 ,j'en agis a9si non p\r pr\v] la vrit1 je n'ai pas une telle prt5tion1 mais p\r me livr] sa re*]*e4 ,et ces ides1 je les s\mets au jugem5t de ceux auxquels il app>ti5t1 non seulem5t de dirig] mes actes et mes crits1 mais encore mes p5ses4 ,qu'ils me condamn5t ou qu'ils m'appr\v5t1 leur s5t5ce me s]a galem5t utile1 et je l'accepte d'avance1 reconnaissant ds ma9t5ant p\r absurde et impie1 t\t ce qui1 p> ignorance ou inadv]tance de ma "p1 peut se gliss] dans cette compilation de contraire aux dcisions et prescriptions de la ,sa9te glise ca?olique1 apo/olique et roma9e1 en laquelle je m\rrai de mme que j'y suis n4 ,bi5 que =t tmrairem5t1 je me mle1 a9si que je le fais ici1 de discut] sur t\t1 je ne m'en remets pas mo9s entirem5t leur c5sure1 devant laquelle je m'incl9e d'une faon absolue4 ,l',oraison dom9icale e/ la prire p> excell5ce4--,je ne sais si je me trompe1 mais puisque p> un effet t\t spcial de la bont div9e1 il e/ une prire qui n\s a t prescrite p> ,dieu qui n\s l'a dicte mot mot de sa propre b\*e1 il m'a t\j\rs sembl que n\s devrions y avoir rec\rs beauc\p plus que n\s ne le faisons2 et1 si l'on m'en croyait1 cette prire1 qui e/ ,notre ,pre4441 autrem5t dit l'oraison dom9icale1 devrait t\j\rs tre dite p> t\s les *rti5s1 soit seule1 soit s'aj\tant d'autres1 au comm5cem5t et la f9 des repas1 qu& n\s n\s levons et que n\s n\s c\*ons1 et dans t\s les actes de notre vie auxquels il e/ dans les habitudes de ml] des prires4 ,l'glise a c]ta9em5t t\j\rs qualit p\r multipli] et div]sifi] les prires suivant ceux de nos beso9s auxquels elle veut les appliqu]1 et je sais bi5 que l'esprit et le fond en sont t\j\rs les mmes2 mais l'oraison dom9icale e/ la prire p> excell5ce1 elle dit inconte/ablem5t t\t ce qui e/ dire1 convi5t t\tes les circon/ances dans lesquelles n\s p\vons n\s tr\v] et1 p> suite1 ju/ifi]ait le privilge que cont9uellem5t le peuple l'ait sur les lvres4 ,c'e/ la seule prire dont je fasse con/amm5t usage2 je ne la v>ie pas1 je la rpte2 aussi n'en e/-il pas qui soit aussi bi5 que celle-ci grave en ma mmoire4 ,dieu ne devrait pas tre invoqu indiffremm5t propos de t\t4--,je songeais1 l'in/ant mme1 d'o vi5t cette erreur de rec\rir ,dieu au sujet de t\s nos projets1 de t\tes nos entreprises2 de l'appel] propos de t\t ce qui n\s t\*e1 quelle qu'en soit la nature1 *aque fois que notre faiblesse a beso9 d'aide1 sans que n\s considrions si c'e/ bon droit ou non2 et d'invoqu] son nom et sa puissance1 en quelque situation que n\s soyons1 quelque acte que n\s accomplissions1 si rprh5sible soit-il4 ,il e/ bi5 notre seul1 notre unique protecteur et peut t\t lorsqu'il n\s vi5t en aide2 mais1 de ce qu'il daigne n\s honor] de son appui bi5veillant et pat]nel1 il ne cesse cep5dant pas d'tre ju/e1 autant qu'il e/ bon et puissant2 et1 comme il use plus s\v5t de sa ju/ice que de son p\voir1 il ne n\s e/ favorable que dans la mesure o elle le p]met1 et non suivant ce que n\s lui dem&ons4 ,dans ses ,lois1 ,platon admet trois cas o nos croyances sont injurieuses env]s les dieux3 ,qu& n\s nions leur exi/5ce2--lorsque n\s nions leur int]v5tion dans nos affaires2--qu& n\s prt5dons qu'ils ne rep\ss5t jamais nos vux1 nos (fr&es1 nos sacrifices4 ,la premire de ces erreurs1 son avis1 n'e/ jamais immuable *ez l'homme1 et ses croyances cet g>d peuv5t se modifi] dans le c\rs de la vie2 les deux autres1 une fois accrdites en lui1 sont susceptibles de p]si/]4 ,la ju/ice et la puissance de ,dieu sont insp>ablem5t lies l'une l'autre2 c'e/ en va9 que n\s faisons appel lui p\r obt5ir son int]v5tion qu& notre cause e/ mauvaise4 ,il faut1 lorsque n\s le prions1 que notre me soit pure et qu'au mo9s ce mom5t1 n\s ne soyons pas anims de mauvais s5tim5ts2 s9on1 n\s lui apportons n\s-mmes les v]ges p\r n\s *ti]2 au lieu de palli] notre faute1 n\s l'aggravons en n\s prs5tant celui auquel n\s devrions dem&] p>don1 dans des dispositions ha9euses qui con/itu5t un manque de respect4 ,c'e/ p\rquoi je ne l\e gure ceux que je vois pri] ,dieu trs s\v5t et trs rgulirem5t1 alors que les actes qui accompagn5t leurs prires ne tmoign5t ni rep5tir1 ni int5tion de s'am5d]3 ,p\r te livr] la nuit l'adultre1 tu te c\vres la tte d'une cape gauloise 7,juvnal74 ,la conduite d'un homme qui associe la dvotion une vie excrable me semble en quelque sorte plus condamnable que celle de celui qui1 consqu5t avec lui-mme1 se montre dissolu s\s t\s rapports2 et cep5dant n\s voyons t\s les j\rs l'glise refus] de laiss] pntr] et d'admettre dans sa socit des p]sonnes qui s'ob/95t dans une voie p>ticulirem5t rprh5sible4 ,le plus s\v5t n\s prions p> habitude4--,n\s prions p>ce que c'e/ l'usage et la c\tume2 ou1 p\r mieux dire1 lisant ou m>mottant nos prires1 n\s faisons semblant de pri]4 ,il m'e/ pnible de voir faire trois signes de croix au ,bndicite et autant aux ,grces1 des p]sonnes qui1 p5dant t\tes les autres heures du j\r1 pratiqu5t la ha9e1 l'av>ice et l'inju/ice2 cela me dplat d'autant plus que j'ai ce signe en gr&e vnration et que j'en fais cont9uellem5t usage1 *aque fois mme que je suis pris de billem5t4 ,aux vices1 leur heure2 ,dieu1 la si5ne2 cela se comp5se et satisfait t\t6 ,c'e/ miracle de voir se succd] des actions si div]ses1 si bi5 lies les unes aux autres qu'on n'ap]oit ni int]ruption1 ni *angem5t1 lors du passage de l'une l'autre1 qu& l'une pr5d f9 et que l'autre comm5ce4 ,quelle prodigieuse consci5ce que celle dont le calme ne se dm5t pas alors qu'elle abrite en elle1 la fois1 le crime et le juge qui s'y ti5n5t compagnie1 vivant en bonne intellig5ce et si paisiblem5t4 ,que peuv5t valoir les prires de ceux qui viv5t dans une inconduite cont9ue4--,un homme qui ne cesse d'avoir en tte des ides libid9euses et qui a consci5ce de la rprobation div9e que cela lui vaut1 que dit-il ,dieu qu& il l'en entreti5t8 qu'il s'en rep5t1 et aussitt aprs il y retombe4 ,s'il tait pntr de sa ju/ice et de sa prs5ce1 a9si qu'il le dit1 et que son me en ft t\*e1 si c\rt que soit ce mom5t de pnit5ce1 la cra9te seule y ramn]ait si s\v5t sa p5se que1 sur-le-*amp1 il triomph]ait des vices qui lui sont habituels1 si enrac9s qu'ils soi5t en lui4--,et que dire de ces g5s qui pass5t leur vie entire j\ir et bnfici] de ce qu'ils sav5t tre p* mortel6 ,p\rtant il exi/e des mti]s et des situations1 admis p> la socit1 qui viv5t du vice8 ,un individu se confessant moi1 me contait avoir pass sa vie1 p\r ne p]dre ni son crdit ni les *>ges dont il tait honor1 faire pr(ession et pratiqu] une religion qu'il e/imait compromettre son salut t]nel et contraire celle qu'il avait en son cur2 combi5 devait lui cot] une semblable attitude8 ,comm5t t\s ces g5s ju/ifi5t-ils leur conduite1 qu& ils comp>aiss5t devant la ju/ice div9e8 ,leur rep5tir les oblig]ait une rp>ation effective et manife/e laquelle ils ne satisfont pas2 ils ne peuv5t donc s'en prvaloir1 ni vis--vis de ,dieu1 ni vis--vis de n\s2 et quelle h>diesse e/ la leur de dem&] p>don sans accord] rp>ation ni pr\v] de rep5tir8--,je ti5s qu'il en e/ des premi]s qui ml5t la dvotion l'inconduite1 comme de ceux-ci qui pass5t leur vie dans la dbau*e2 mais il e/ encore mo9s facile de les ram5] de leur ob/9ation que ces d]ni]s4 ,les v>iations incessantes1 subites1 allant d'un extrme l'autre dans les croyances qu'ils feign5t d'avoir1 sont p\r moi incomprh5sibles3 elles dnot5t un tat d'me en proie une lutte con/ante et angoissante1 dont n\s ne p\vons n\s faire ide4 ,quelle prt5tion que de p5s] que t\te croyance autre que la ntre e/ enta*e d'erreur4--,combi5 me p>aissait fanta/ique la prt5tion de ceux qui1 en ces d]nires annes1 repro*ai5t quiconque avait une intellig5ce tant soit peu lucide et pr(essait la religion ca?olique1 que son obissance n'tait qu'une fe9te de sa "p1 et qui1 p\r lui faire honneur1 allai5t jusqu' dire que1 quelles que fuss5t les app>5ces1 il tait impossible que dans son = intrieur il ne ft comme eux p\r la religion r=me6 ,f*euse maladie que celle de se croire si =t1 qu'on en arrive se p]suad] que d'autres ne peuv5t croire le contraire de ce que v\s croyez v\s-mme1 et1 ce qui e/ plus f*eux encore1 qu'on soit imprgn d'un esprit tel1 qu'un *angem5t dans sa =tune prs5te soit un sujet de proccupation plus gr&e que ce que n\s avons espr] ou cra9dre dans l't]nit4 ,on peut m'en croire1 si ri5 n'a t capable1 dans ma jeunesse1 de me faire sortir de ma rs]ve1 la pr(onde inc]titude et les difficults rsultant de ces ides de r=me qui v5ai5t de natre1 y ont t p\r beauc\p4 ,les psaumes de ,david ne devrai5t pas tre *ants indiffremm5t p> t\t le monde1 ni la ,bible se tr\v] dans t\tes les ma9s4--,ce n'e/ pas sans raison srieuse1 ce me semble1 que l'glise int]dit que t\t le monde1 sans di/9ction de p]sonnes1 d'ge et de sexe1 s'arroge la facult tmraire et indiscrte de comm5t] et psalmodi] ces *ants sacrs et div9s que le ,sa9t-,esprit a inspirs ,david4 ,il ne faut ml] ,dieu nos actions qu'avec rs]ve et y apport] une att5tion qui tmoigne de l'honneur et du respect qu'on lui doit2 ces *ants1 p> leur orig9e div9e1 ont un autre b que de dvelopp] nos p\mons et *>m] nos oreilles2 c'e/ de la consci5ce1 et non de la b\*e1 qu'ils doiv5t man]4 ,il n'e/ pas admissible qu'on p]mette un g>on de b\tique d'en caus] et de s'en amus]1 en mme temps que lui pass5t p> la tte d'autres ides va9es et frivoles2 ce n'e/ pas davantage raisonnable de voir le ,livre sa9t1 o sont dcrits les my/res sacrs de notre foi1 tre lu et pass] de ma9s en ma9s dans les anti*ambres et les cuis9es2 jadis1 c'tai5t des my/res mdit]2 prs5t1 ce ne sont plus que des prtextes amusem5ts et di/ractions4 ,ce n'e/ pas en passant1 et dans des assembles tumultueuses1 qu'il faut tudi] un sujet si srieux et si digne de vnration2 ce doit tre dans le calme et de propos dlibr1 ces mditations tre t\j\rs prcdes du ,sursum corda 7haut les curs71 cette prface de l'(fice div91 et notre attitude y tmoign] de l'att5tion p>ticulire et du respect que n\s y apportons4 ,cette tude n'e/ pas du ressort de t\t le monde2 seuls doiv5t s'y adonn] ceux qui y sont v\s et que ,dieu y appelle2 les m*ants1 les ignorants en devi5n5t pires qu'avant2 ce n'e/ pas une hi/oire racont]1 c'e/ une hi/oire rvr]1 cra9dre et ador]4--,plaisantes g5s en vrit que ceux qui s'imag95t l'avoir mise la porte du peuple1 p>ce qu'ils l'ont traduite en langage populaire6 ,n'e/-ce donc qu'une affaire de mots1 et cela suffit-il p\r que le vulgaire compr5ne ce qui y e/ crit4 ,je dirai plus1 p\r lui en appr5dre bi5 peu1 on imprime sa foi un m\vem5t rtrograde2 celui qui e/ compltem5t ignorant et qui s'en rapporte autrui1 e/ en bi5 meilleure voie et sait bi5 plus que celui dont la sci5ce se dp5se en p>oles1 n'a ri5 de srieux et ne fait qu'alim5t] sa prsomption et sa tmrit4 ,il n'y a pas d'entreprise plus dang]euse que la traduction de la ,bible en langue vulgaire4--,je crois aussi que la lib]t laisse *acun de rp&re1 traduite en tant d'idiomes diffr5ts1 la p>ole sacre dont l'importance e/ si gr&e1 e/ *ose beauc\p plus dang]euse qu'utile4 ,les juifs1 les musulmans et presque t\s les peuples d'autre religion1 cons]v5t prcieusem5t et avec vnration leurs my/res sacrs1 dans la langue mme en laquelle1 ds l'orig9e1 ils leur ont t transmis2 et il semble que c'e/ ju/e titre que t\te altration1 t\te modification y soi5t int]dites4 ,sommes-n\s c]ta9s que1 *ez les ,basques et en ,bretagne1 il y ait des g5s assez qualifis p\r faire accept] la traduction en ces langues de nos ,sa9tes critures8 ,ri5 dans l'glise univ]selle n'e/ plus ardu et n'a plus d'importance2 en pr*ant ou en p>lant les int]prtations demeur5t vagues1 elles ne s'impos5t pas1 peuv5t tre modifies et ne port5t que sur des po9ts p>tiels3 il n'en e/ pas de mme avec des traductions4 ,une gr&e prud5ce e/ apport] dans l'tude des que/ions dogmatiques4--,un hi/ori5 grec1 qui tait *rti51 repro*e avec raison son sicle que les secrets de notre religion fuss5t divulgus p>t\t1 livrs aux ma9s des mo9dres artisans et que *acun pt en discut] et en p>l] son ide4 ,n\s qui1 p> la grce de ,dieu1 j\issons des plus purs my/res confis notre pit1 devrions avoir gr&e honte1 rem>quait-il1 de les voir pr(ans dans la b\*e de g5s ignorants du bas peuple1 alors que les ,g5tils int]disai5t ,socrate1 ,platon et aux plus sages de s'enqurir et de p>l] de *oses commises la discrtion des prtres de ,delphes4--,ce mme hi/ori5 dit aussi que l'int]v5tion des pr9ces1 qu& il e/ "q de ?ologie1 e/ dirige non p> le zle1 mais p> la colre2 le zle procde de la raison div9e et de la ju/ice1 son action s'ex]ce rgulire et modre2 il se trans=me en ha9e et envie1 et au lieu de bl et de rais91 produit de l'ivraie et des orties1 qu& une passion huma9e int]vi5t4--,un autre n'tait pas mo9s dans le vrai qu&1 donnant un conseil l'emp]eur ,?odose1 il lui disait que les discussions ne calm5t pas tant les s*ismes de l'glise1 qu'elles ne les suscit5t et eng5dr5t les hrsies2 qu'en consqu5ce1 il fallait vit] t\t dbat1 t\te argum5tation m?odique et s'en t5ir uniquem5t aux prescriptions et aux =mules de la foi1 telles que les anci5s les ont tablies4--,l'emp]eur ,&ronic1 r5contrant dans son palais 99 deux des gr&s de sa c\r discutant contre ,lapodius sur un des po9ts les plus importants de notre religion1 les tana v]tem5t1 allant jusqu' les m5ac] de les faire jet] la rivire1 s'ils cont9uai5t4--,de nos j\rs1 les femmes1 les enfants en remontr5t sur les lois ecclsia/iques aux vieill>ds les plus exprim5ts1 alors que la premire des prescriptions de ,platon allait jusqu' leur int]dire de s'occup] des motifs qui avai5t prsid l'tablissem5t des lois civiles1 qui sont considr] au mme titre que les ordonnances div9es et comme en t5ant lieu1 et qu'en mme temps qu'il p]mettait aux vieill>ds d'en conv]s] entre eux et avec les magi/rats1 il aj\tait3 mais ce devra t\j\rs tre en dehors de la prs5ce des jeunes g5s et de t\te p]sonne pr(ane4 ,un vque a crit qu' l'autre b\t du monde1 il y a une le que les anci5s nommai5t ,dioscoride1 rem>quable p> sa f]tilit en arbres de t\tes sortes1 ses fruits et la salubrit de son climat4 ,le peuple en e/ *rti53 il a des glises et des autels dont la croix1 l'exclusion de t\te autre image1 e/ le seul ornem5t2 il e/ exact obs]vateur des jenes et des ftes1 paie rgulirem5t la dme au cl]g1 et sa *a/et e/ telle que p]sonne ne peut y connatre plus d'une femme en sa vie4 ,au demeurant1 cont5t de son sort1 au po9t qu'isol au milieu des m]s1 il ne connat pas l'usage des navires2 si simple1 que1 bi5 que /rict obs]vateur de la religion1 il n'en connat pas un seul mot1 ce qui p>atra incroyable qui ne sait que les paens1 si dvots dans leur idoltrie1 ne connaissai5t de leurs dieux que le nom et la /atue3 ,mnalippe1 une des anci5nes tragdies d',euripide1 99 comm5ait a9si3 ,o ,jupit]1 toi dont je ne connais ri5 que le nom6 ,on ne devrait jamais ml] la ?ologie aux discussions philosophiques4--,j'ai aussi ent5du1 en ces temps-ci1 se pla9dre de ce que c]ta9s ouvrages trait5t de sujets exclusivem5t littraires ou philosophiques1 sans mlange de ?ologie4 ,cette manire de faire peut1 au contraire1 p>faitem5t se s\t5ir2 et on peut dire l'appui3 ,qu'il e/ prfrable que la doctr9e div9e1 en s\v]a9e qui dom9e t\t1 ait un rang "p4 ,l o il en e/ "q1 il convi5t qu'elle soit le sujet pr9cipal et non relgue au second plan1 v5ant simplem5t l'appui de la ?se qu'on dveloppe4 ,si on se tr\ve avoir beso9 d'exemples1 on peut les emprunt] la grammaire1 la rhtorique1 la logique1 ou encore aux pices j\es dans les ?tres1 aux jeux1 aux spectacles publics1 plutt que de rec\rir ceux dont les textes sacrs n\s f\rniss5t la matire4 ,il e/ plus respectueux1 et cela tmoigne de plus de vnration1 de trait] "p et dans le /yle qui leur e/ propre1 les sujets qui se rapport5t ,dieu1 qu'incidemm5t dans des ouvrages ayant trait des que/ions pr(anes4 crire sur les *oses sacres1 dans le /yle dont t\t le monde fait usage1 e/ une faute que commett5t les ?ologi5s1 plus que n'a lieu cette autre qui amne les g5s de lettres trop peu emprunt] le /yle de la ?ologie4 ,la philosophie1 dit ,s4 ,*ryso/ome1 e/ depuis longtemps bannie des tudes ?ologiques1 comme un accessoire inutile2 elle e/ mme considre comme indigne de jet] en passant un reg>d sur le sanctuaire o sont en dpt les dogmes sacrs de la doctr9e cle/e4 ,le langage commun t\t le monde a des =mes mo9s bi5 *oisies1 qui font qu'il ne saurait tre employ exprim] d'une manire suffisamm5t digne la maje/ royale de la p>ole sacre4 ,p\r moi1 je lui laisse qualifi]1 selon son expression1 de t]mes peu or?odoxes ceux tels que3 ,=tune1 ,de/9e1 ,accid5t1 ,bonheur1 ,malheur1 ,dieux et autres dont je me s]s2 il e/ vrai que les sujets fantaisi/es que je traite1 je les considre *acun isolm5t et les envisage uniquem5t au po9t de vue de ce bas monde1 ma manire et non comme fixs et rgls d'ores et dj p> la loi div9e1 auquel cas1 ni d\te1 ni discussion ne s]ai5t plus p]mis2 c'e/ ma faon de voir que j'mets et non un article de foi que je conte/e2 je raisonne suivant ce qui me vi5t l'esprit et non sur ce qui entre dans mes croyances religieuses2 j'en cause comme un laque et non comme un cl]c1 sans jamais cep5dant que cela porte atte9te la religion1 tels les enfants qui produis5t des devoirs s]vant leur in/ruction et non celle de ceux qui les in/ruis5t4--,peut-tre dira-t-on1 non sans app>5ce de raison1 qu'il s]ait utile et p>faitem5t ju/ifi d'int]dire quiconque1 dont ce n'e/ pas la pr(ession expresse1 de se ml] d'crire sur la religion1 mme en y apportant une gr&e discrtion1 et que1 p]sonnellem5t1 je f]ai mieux de m'en taire4 ,le nom de ,dieu ne devrait tre invoqu que dans un s5tim5t de pit4--,on m'a dit que ceux qui se sont sp>s de l'glise df5d5t1 eux aussi1 de se s]vir du nom de ,dieu1 dans les rapports qu'ils ont entre eux dans la vie ord9aire2 et qu'ils ne veul5t pas non plus qu'on en use en manire d'int]jection ou d'exclamation1 qu'on l'invoque en tmoignage ou qu'on le pr5ne p\r t]me de comp>aison4 ,je tr\ve qu'en cela ils ont raison et que1 *aque fois que n\s invoquons ,dieu dans nos propos et p\r nos affaires1 il faut que ce soit srieusem5t et dans un motif de pit4 ,abus qu'on fait de la prire4--,il y a1 ce me semble1 dans ,xnophon1 un passage o il expose que n\s devrions pri] ,dieu plus r>em5t qu'on n'a c\tume1 d'autant qu'il ne n\s e/ pas ais de faire que notre me soit si s\v5t en cet tat de calme1 de puret et de dvotion qui convi5t en p>eil cas2 o1 faute de quoi1 nos prires non seulem5t sont va9es et inutiles1 mais encore vicieuses3 ,p>donnez-n\s1 disons-n\s1 comme n\s p>donnons ceux qui n\s ont (f5ss2 qu'e/-ce que cela signifie1 s9on que n\s (frons ,dieu notre me exempte de v5geance et de rancune8 ,et cep5dant combi5 de fois n'invoquons-n\s pas ,dieu et son aide p\r l'associ] nos fautes1 le conviant faire ce qui e/ inju/e1 dem&ant des *oses que v\s ne p\vez confi] aux dieux1 qu'en les pr5ant "p 7,p]se74 ,l'av>e prie p\r la cons]vation illusoire et sup]flue de ses trsors2 l'ambitieux1 p\r que ,dieu lui procure la victoire et que la =tune lui demeure fidle2 le voleur l'appelle lui p\r surmont] les mauvaises *ances et les difficults qui peuv5t se mettre en trav]s de ses m*ants desse9s1 ou le rem]cie de la facilit avec laquelle il a pu gorg] un passant4 ,au pi$ mme de la maison que ces *5apans vont escalad] ou faire saut]1 ils pri5t t&is que leur int5tion et leur esprance sont t\t la cruaut1 la luxure et l'av>ice3 ,dis ,/aius ce que tu v\drais obt5ir de ,jupit]1 ,/aius s'cri]a3 ,oh1 ,jupit]1 bon ,jupit]1 peut-on t'adress] de telles dem&es6 quant ,jupit]1 il rpondra de mme faon 7,p]se74 ,m>gu]ite1 re9e de ,nav>re1 conte qu'un jeune pr9ce1 qu'elle ne nomme pas1 mais que ses hauts faits ont assez fait connatre1 allant un r5dez-v\s d'am\r et c\*] avec la femme d'un avocat de ,p>is1 son *em9 passant prs d'une glise1 ne manquait jamais1 qu&1 allant *ez sa matresse ou en rev5ant1 il passait prs de ce sanctuaire1 d'y faire ses prires et ses oraisons2 je v\s laisse jug] ce qu'il p\vait bi5 dem&] ,dieu1 avec les ides que sa bonne =tune lui mettait en tte4 ,la re9e cite cep5dant ce fait comme un tmoignage de gr&e dvotion2 c'e/ l une preuve1 qui du re/e n'e/ pas la seule1 qui fait ressortir que les femmes ne sont gure propres trait] les que/ions se rapportant la ?ologie4 ,que de *oses on dem&e ,dieu qu'on n'os]ait lui dem&] en public et haute voix4--,la vraie prire et notre rconciliation avec ,dieu telle que la compr5d la religion1 ne peut gure tre le fait d'une me impure et s\mise qu& mme la dom9ation du ,dmon4 ,celui qui rclame l'assi/ance de ,dieu1 qu& il e/ dans la voie du vice1 fait comme le brig& de pr(ession qui appell]ait la ju/ice son aide1 ou comme ceux invoquant le nom de ,dieu1 en portant un faux tmoignage4--,n\s murmurons voix basse des prires crim9elles 7,luca974 ,peu d'hommes os]ai5t mettre en public les dem&es qu'ils adress5t en secret ,dieu3 ,il ne s]ait pas facile de proscrire des temples la prire faite voix basse1 peu nombreux sont ceux en tat d'exprim] leurs vux haute voix 7,p]se74 ,c'e/ la raison p\r laquelle les ,py?agorici5s v\lai5t que les prires fuss5t faites en public et ent5dues de t\s1 af9 qu'on ne dem&t pas des *oses indc5tes et inju/es1 comme celui qui disait clairem5t et haute voix3 ,apollon6 puis aj\tait t\t bas1 remuant pe9e les lvres de peur d'tre ent5du3 ,belle ,lav]ne1 donne-moi les moy5s de tromp] et de pass] p\r un homme de bi52 c\vre mes fautes du voile de la nuit et mes l>c9s d'un nuage 7,horace74 ,les dieux punir5t svrem5t1 en y donnant satisfaction1 les vux contraires la nature exprims p> dipe4 ,il avait dem& dans ses prires que le sort des armes dcidt entre ses enfants qui lui succd]ait sur le trne de ,?bes et fut assez malheureux p\r se voir exauc4 ,il ne faut pas dem&] que les *oses arriv5t suivant ce que n\s v\lons1 mais suivant ce que n\s comm&e la prud5ce4 ,on dirait que p\r beauc\p1 la prire n'e/ qu'une sorte de =mule cabali/ique p\vant facilit] l'accomplissem5t de nos dsirs4--,il semble1 en vrit1 que n\s usons de la prire comme d'un langage cabali/ique1 comme font ceux qui emploi5t la p>ole sacre de ,dieu dans leurs oprations de sorcell]ie et de magie1 et que n\s n\s t5ions p\r assurs que ses effets dp5d5t de sa contexture1 de l'inflexion de notre voix1 des mots employs ou de notre attitude4 ,l'me ple9e de concupisc5ces1 n'ayant ni rep5tir ni dsir de rconciliation avec ,dieu1 n\s allons lui1 rptant des p>oles que notre mmoire dicte notre langue1 et croyons cela une expiation suffisante de nos fautes4--,ri5 n'e/ si ais1 si d\x1 si conciliant que la loi div9e2 elle n\s appelle elle1 quelque encl9 commettre des fautes et quelque dte/ables que n\s soyons2 elle n\s t5d les bras et n\s reoit en son se91 si vila9s1 si s\ills d'ordures et de b\e que n\s soyons et que n\s puissions le dev5ir1 mais encore faut-il tre reconnaissant du p>don qui n\s e/ accord et au mo9s1 sur le mom5t o n\s n\s adressons elle1 tre dsols de nos fautes et dte/] les passions qui n\s ont ports l'(f5s]4 ,ni les dieux1 ni les g5s de bi51 dit ,platon1 n'accept5t le prs5t que leur (fre un m*ant4 ,la ma9 innoc5te qui t\*e l'autel1 apaise aussi srem5t les dieux irrits1 avec un simple gteau de fleur de f>9e et quelques gra9s de sel1 qu'en immolant de ri*es victimes 7,horace74 ,,*apitre ,,lvii4 ,de l'ge4 ,qu'ent5d-on p> dure naturelle de la vie de l'homme4--,je ne puis admettre la faon dont n\s tablissons la dure de la vie4 ,je vois les sages lui assign] une limite beauc\p mo9dre qu'on ne le fait communm5t4 ,h quoi6 dit ,caton le jeune ceux qui *]*5t le dt\rn] de se donn] la mort1 l'ge o je suis arriv1 peut-on me repro*] de r5onc] prmaturm5t la vie8 ,il n'avait que qu>ante-huit ans1 et e/imait que c'tait l un ge dj bi5 mr et bi5 avanc1 tant donn combi5 peu d'hommes y atteign5t4--,ceux qui p>l5t de je ne sais quelle dure1 qu'ils qualifi5t de naturelle1 qu'ils assign5t la vie1 la port5t quelques annes au del de cet ge4 ,leur dire s]ait admissible1 s'il exi/ait un privilge qui les mt l'abri des accid5ts1 en si gr& nombre1 auxquels *acun de n\s e/ naturellem5t expos et qui peuv5t int]rompre cette dure qu'ils se flatt5t de p\voir atte9dre4 ,mais c'e/ de la rv]ie pure que de croire qu'on peut m\rir de l'puisem5t de nos =ces am5 p> une extrme vieillesse et dt]m9] d'aprs cela la dure de la vie1 att5du que ce g5re de mort e/ le plus r>e de t\s1 celui qui se produit le mo9s4 ,c'e/ lui seul que n\s appelons naturel1 comme s'il tait contraire la nature de voir un homme se rompre le c\ dans une *ute1 se noy] dans un naufrage1 tre emport p> la pe/e ou p> une pleursie1 comme si n\s ne n\s tr\vions pas con/amm5t1 dans la vie ord9aire1 en b ces accid5ts multiples4 ,ne n\s leurrons pas de beaux mots2 n'appelons pas naturel ce qui n'e/ qu'une exception et cons]vons ce qualificatif p\r ce qui e/ gnral1 commun1 univ]sel4 ,m\rir de vieillesse n'e/ pas un g5re de mort plus naturel qu'un autre4--,m\rir de vieillesse e/ une mort qui se produit r>em5t1 qui e/ s+ulire1 extraord9aire et p> suite beauc\p mo9s naturelle que t\te autre2 c'e/ celle qui n\s att5d en d]ni] lieu1 qu& n\s sommes la limite extrme de l'exi/5ce2 plus elle e/ lo9 de n\s1 mo9s n\s sommes en droit de l'espr]4 ,c'e/ bi5 effectivem5t la limite au del de laquelle n\s n'irons pas et que la nature n\s a fixe1 comme ne devant pas tre dpasse2 mais c'e/ une faveur bi5 exceptionnelle de sa "p de n\s faire vivre jusque-l2 c'e/ un privilge qu'elle ne concde gure dans l'espace de deux ou trois sicles qu' un seul d'entre n\s1 le prs]vant des afflictions et difficults si nombreuses semes sur le p>c\rs d'une aussi longue c>rire4 ,aussi mon op9ion e/-elle de reg>d] l'ge auquel je suis arriv1 comme un ge que peu de g5s atteign5t4 ,puisque dans les conditions ord9aires1 l'homme ne vit pas jusque-l1 c'e/ que dj n\s sommes au del du t]me assign2 et ces limites habituelles qui donn5t de fait la mesure exacte de la vie tant dpasses1 n\s ne devons pas espr] all] au del2 p> cela mme que n\s avons *app la mort en tant d'occasions qui ont t fatales tant de monde1 il n\s faut reconnatre qu'une =tune si extraord9aire1 qui n\s cons]ve a9si la vie l'encontre de ce qui e/ la rgle commune1 ne saurait se prolong] beauc\p4 ,c'e/ un vice des lois d'avoir ret>d jusqu' v+t-c9q ans l'ge auquel il e/ p]mis de gr] soi-mme ses affaires4--,c'e/ une erreur des lois elles-mmes1 d'avoir imag91 bi5 tort1 qu'un homme n'e/ capable de gr] ses bi5s qu' p>tir de v+t-c9q ans1 et de faire qu' pe9e avant cet ge il soit libre de donn] sa vie telle direction qui lui convi5t4 ,augu/e rduisit de c9q ans l'ge auquel les anci5nes ordonnances roma9es autorisai5t l'accession aux *>ges de la magi/rature1 que l'on put ds lors ex]c] tr5te ans4 ,s]vius ,tullius avait disp5s du s]vice militaire les *evali]s qui avai5t dpass qu>ante-sept ans1 ,augu/e les en libra aprs qu>ante-c9q2 il ne me semble pas qu'il ait admis les autres la retraite avant c9quante-c9q soixante4 ,je s]ais d'avis qu'on n\s ma9tnt dans nos *>ges et emplois autant que cela se peut sans que l'intrt public en soit compromis2 mais je tr\ve1 d'autre "p1 que c'e/ une faute de ne pas n\s y admettre plus tt3 et lui qui1 dix-neuf ans1 prsidait sans contrle aux de/9es du monde1 tr\vait ncessaire qu'il fallt tre g de tr5te ans p\r dcid] de l'emplacem5t d'une g\ttire4 ,quant moi1 je p5se qu' v+t ans nos mes ont acquis t\t leur dveloppem5t1 sont ce qu'elles s]ont et laiss5t voir t\t ce dont elles s]ont capables4 ,jamais me qui cet ge n'a pas donn un gage bi5 vid5t de sa =ce1 n'en a plus t>d donn de preuve4 ,les qualits et les v]tus qui sont dans notre nature ont dj1 ce mom5t ou jamais1 montr ce qu'elles ont de vig\reux et de beau3 ,si l'p9e ne pique pas en naissant1 pe9e piqu]a-t-elle jamais1 dit-on dans le ,dauph94 ,un bi5 plus gr& nombre d'hommes se sont di/+us p> de belles actions avant leur tr5time anne1 qu'aprs4--,de t\tes les belles actions huma9es quelles qu'elles soi5t1 dont j'ai connaissance1 j'e/ime que soit dans les sicles passs1 soit dans le sicle actuel1 le plus gr& nombre s'e/ accompli plutt avant l'ge de tr5te ans qu'aprs1 s\v5t mme ne considr] que celles prov5ant du fait d'un mme homme4 ,n'e/-on pas fond l'affirm] en t\te c]titude1 en ce qui conc]ne ,annibal et ,scipion son r$\table adv]saire8 ,p\r t\s deux1 la plus belle moiti de leur vie s'e/ passe dans le rayonnem5t de la gloire acquise en leur jeunesse2 po/rieurem5t1 comp>s aux autres1 ce sont t\j\rs de gr&s hommes1 mais il n'en e/ plus de mme qu& on les comp>e eux-mmes4--,p\r moi1 je ti5s p\r c]ta9 que depuis cet ge1 mon esprit et mon corps ont plutt dim9u qu'augm5t en =ce et en lucidit1 plutt recul que progress4 ,il e/ possible que *ez ceux qui emploi5t bi5 leur temps1 le savoir et l'expri5ce croiss5t avec les annes2 mais la vivacit1 la promptitude1 la f]met et les autres p>ties intgrantes de n\s-mmes1 physiques ou morales1 les plus importantes et les plus ess5tielles se fan5t et p]d5t leur n]gie4 ,lorsque le corps s'e/ affaiss s\s le poids des ans1 et que les ressorts de la ma*9e puise sont us1 le jugem5t s'oblitre1 l'esprit s'obscurcit et la langue dlire 7,lucrce74 ,la vieillesse arrive promptem5t1 aussi ne faudrait-il donn] l'appr5tissage de la vie que le temps /rictem5t ncessaire4--,tantt c'e/ le corps qui cde le premi] la vieillesse1 p>fois aussi c'e/ l'me4 ,j'en ai assez vu dont la tte s'e/ affaiblie avant l'e/omac et les jambes2 *ez ceux p\r lesquels il en e/ a9si1 le mal e/ d'ord9aire lat5t et peu manife/e p\r celui qui en e/ frapp1 il n'en e/ que plus dang]eux4 ,c'e/ ce qui surt\t me fait incrim9] nos lois1 non p>ce qu'elles n\s laiss5t trop t>d au travail1 mais p>ce qu'elles ne n\s y admett5t pas assez tt4 ,il me p>at qu'tant donn l'affaiblissem5t dont n\s p\vons tre atte9ts1 les nombreux cueils auxquels n\s sommes t\t naturellem5t exposs dans le c\rs ord9aire de l'exi/5ce1 on ne devrait pas1 au db de la vie1 faire une si gr&e "p l'oisivet et l'appr5tissage4 ,,f9 ,,du ,,premi] ,,livre4 ,,livre ,,second4 ,,*apitre ,,premi]4 ,incon/ance de nos actions4 ,trop de contradictions se r5contr5t dans l'homme1 p\r qu'on puisse les expliqu]4--,ceux qui s'adonn5t la critique des faits et ge/es des hommes ne se tr\v5t sur aucun po9t aussi emb>rasss que lorsqu'ils *]*5t gr\p] ceux manant d'une mme p]sonne1 p\r port] sur elle une apprciation d'ensemble1 p>ce que d'ord9aire ses actes se contr$is5t de si trange faon qu'il semble impossible qu'ils provi5n5t d'un mme individu4 ,m>ius le jeune se montra tantt p> son c\rage fils de ,m>s1 tantt p> son manque d'n]gie fils de ,vnus4 ,le pape ,boniface ,,viii arriv1 dit-on1 au s\v]a9 pontificat en dployant l'a/uce du r5>d1 s'y comporta en lion et m\rut comme un *i54 ,qui croirait que ce fut ,nron1 la cruaut p]sonnifie1 qui1 lorsque1 suivant l'usage1 on lui prs5ta ratifi] une s5t5ce prononce contre un crim9el1 s'cria3 ,plt aux dieux que jamais je n'eusse su crire6 tant il pr\vait de s]rem5t de cur condamn] un homme mort8--,de tels exemples sont en t\tes *oses si frqu5ts1 *acun peut en tr\v] tant p> lui-mme1 qu'il me p>at extraord9aire de voir quelquefois des g5s de jugem5t se mettre en pe9e p\r *]*] tablir une corrlation entre les actes d'un homme1 att5du que l'irrsolution e/1 ce me semble1 le dfaut de notre nature le plus commun et le plus rp&u1 tmo9 ce v]s si connu de ,publius le pote comique3 ,c'e/ une mauvaise rsolution1 que celle sur laquelle on ne peut rev5ir4 ,t\t homme a un c>actre indt]m94--,il y a app>5ce qu'il e/ possible de port] une apprciation sur un homme dont on connat les faits les plus habituels de la vie2 mais p> suite de la v]satilit de nos murs et de nos op9ions1 je crois que les meilleurs auteurs eux-mmes ont tort de s'op9itr] donn] de n\s une ide f]me et inv>iable4 ,ils *oisiss5t l'air qui1 d'une manire gnrale1 semble le mieux conv5ir leur p]sonnage1 et cette image ils ratta*5t1 en les int]prtant1 t\tes ses actions2 s'ils ne peuv5t assez les d=m] p\r les adapt] au type qu'ils ont imag91 ils l'attribu5t ce que1 dans ce cas1 celui qu'ils tudi5t a dissimul son c>actre4--,l'emp]eur ,augu/e leur a *app2 on tr\ve dans ses actes1 durant t\te sa vie1 une div]sit si flagrante1 si inatt5due et presque si in9t]rompue1 que les hi/ori5s les plus h>dis ont d r5onc] le jug] dans son ensemble et se rsign] le laiss]1 tel qu'il app>at1 sans dt]m9] son c>actre4 ,ri5 de plus ord9aire en n\s que l'incon/ance1 alors que la con/ance en t\t ce qui e/ bon et ju/e e/ le propre de la sagesse4--,je crois que1 *ez les hommes1 la con/ance e/ la *ose la plus malaise obs]v] et que ri5 ne leur e/ plus famili] que l'incon/ance4 ,celui qui pr5drait1 pice p> pice1 ce qu'ils ont dit et fait1 qui les exam9]ait sp>m5t et en dtail1 s]ait le plus mme de dire la vrit sur leur compte4 ,dans l'antiquit entire1 il s]ait difficile de tr\v] une d\za9e d'hommes ayant1 sans dvi]1 dirig leur vie selon des pr9cipes dt]m9s1 ce quoi t5d la sagesse1 laquelle1 d'aprs ,snque1 peut se rsum] d'un mot qui1 en une seule rgle1 embrasse t\tes celles de notre vie3 ,v\loir et ne pas v\loir sont t\j\rs une seule et mme *ose4 ,je p\rrais aj\t]1 dit-il1 s\s condition que ce que n\s v\lons ou ne v\lons pas soit ju/e2 je ne le fais pas1 p>ce que1 si ce n'tait pas ju/e1 notre volont elle-mme ne s]ait pas t\j\rs une4 ,de fait1 j'ai autrefois appris que le vice n'e/ autre qu'un drglem5t et un manque de mesure2 p> suite1 il n'e/ pas susceptible de con/ance4--,c'e/ ,dmo/hnes qui passe p\r avoir dit3 ,la v]tu1 quelle qu'elle soit1 comm5ce p> se recueillir et dlibr]2 et la con/ance1 dans ses rsolutions f9ales1 tmoigne de sa p]fection4 ,si1 avant de n\s engag] dans la voie o n\s m>*ons1 n\s avions bi5 rfl*i1 n\s aurions pris la meilleure de celles qui s'(frai5t n\s2 mais p]sonne n'y p5se4 ,il mprise ce qu'il a dem&1 il revi5t ce qu'il a quitt1 et1 t\j\rs flottant1 se contr$it sans cesse 7,horace74 ,c'e/ presque t\j\rs l'occasion qui fait les hommes tels qu'ils n\s app>aiss5t4--,notre faon ord9aire d'all]1 c'e/ de suivre l'impulsion de nos apptits qui n\s port5t gau*e1 droite1 en haut1 en bas1 suivant que s\ffle le v5t d'aprs les occasions4 ,n\s ne rfl*issons ce que n\s v\lons1 qu'au mom5t o n\s le v\lons1 et *angeons de volont1 comme le camlon de c\leur1 suivant le milieu dans lequel on le place4 ,ce qu' un mom5t n\s avons dcid1 n\s ne t>dons pas le *ang]1 et1 bi5tt aprs1 rev5ons sur nos pas2 n\s ne faisons qu'oscill] et faire preuve d'incon/ance3 ,n\s sommes conduits1 comme l'automate1 p> des fils qui n\s font m\voir 7,horace74 ,n\s n'allons pas1 on n\s emporte1 comme il arrive des corps flottants1 ballotts tantt d\cem5t1 tantt violemm5t1 selon que les flots sont calmes ou irrits4 ,ne voyons-n\s pas l'homme *]*] t\j\rs1 sans savoir ce qu'il veut et *ang] cont9uellem5t de place1 comme s'il p\vait a9si se d*>g] de son f>deau 7,lucrce74 ,*aque j\r c'e/ une fantaisie n\velle1 et nos dispositions d'esprit v>i5t comme le temps qui se r5\velle sans cesse3 ,les p5ses des hommes *ang5t *aque j\r que ,jupit] leur envoie 7,cicron1 d'aprs ,homre74 ,n\s flottons entre div]s p>tis pr5dre2 n\s ne n\s dcidons sur ri5 p> n\s-mmes1 sur ri5 d'une faon absolue1 sur ri5 d'une faon immuable4--,*ez qui aurait adopt des pr9cipes df9is1 une ligne de conduite dt]m9e et se s]ait fait une loi de s'y con=m]1 n\s v]rions1 durant sa vie entire1 t\t en lui se di/+u] p> une rgul>it1 un ordre con/ants1 et n\s retr\v]ions dans t\s ses actes une relation infaillible1 bi5 loigne en cela de cette normit que con/atait ,empdocle *ez les ,agrig5t9s qui s'ab&onnai5t aux plaisirs comme s'ils devai5t m\rir le l5dema91 et con/ruisai5t leurs demeures et leurs palais comme s'ils ne devai5t jamais cess] d'tre2 la raison en s]ait bi5 facile donn]4 ,*ez ,caton le jeune1 t\t e/ l'unisson1 comme lorsque sur l'une des t\*es d'un clavi] on vi5t pos] le doigt3 c'e/ une h>monie de sons en accord p>fait1 qui jamais ne se dm5t4 ,*ez n\s1 au contraire1 *acune de nos actions comporte un jugem5t p>ticuli]1 et1 mon s5s1 il s]ait plus sr d'en rapport] les causes aux circon/ances du mom5t1 sans plus longue re*]*e et sans v\loir en dduire d'autres consqu5ces4 ,p5dant les dsordres qui ont agit notre malheureux pays1 on m'a rapport qu'une fille1 t\t prs d'un endroit o je me tr\vais1 s'tait prcipite p> une f5tre1 p\r *app] aux brutalits d'un mauvais g>nem5t de soldat qu'elle avait log]4 ,elle n'tait pas morte sur le c\p et1 p\r s'a*ev]1 avait v\lu se c\p] la gorge avec un c\teau1 mais on l'en avait emp*e4 ,en ce tri/e tat1 elle confessa que le soldat n'avait fait que lui dcl>] sa passion1 la press] de ses sollicitations et lui (frir des cadeaux1 mais qu'elle avait cra9t qu'il n'arrivt v\loir la viol5t]2 d'o1 des p>oles1 une attitude et ce sang tmoignage de sa v]tu1 comme s'il se ft agi d'une autre ,lucrce4 ,or1 j'ai su d'une manire c]ta9e qu'avant et aprs cet vnem5t1 elle s'tait montre de beauc\p plus facile composition4 ,comme dit le conte3 ,t\t beau et honnte que v\s soyez1 si v\s n'avez pas t agr p> votre matresse1 n'en concluez pas1 sans plus ample in=m1 une *a/et t\te preuve2 ce n'e/ pas une raison p\r que le muleti] n'y tr\ve accs son heure4 ,antigone1 qui avait pris en affection un de ses soldats p\r son c\rage et sa vaillance1 prescrivit son mdec9 de lui donn] ses so9s1 p\r un mal int]ne dont il s\ffrait depuis longtemps4 ,ayant rem>qu1 aprs sa gurison1 qu'il s'exposait beauc\p mo9s dans les combats1 il lui dem&a ce qui l'avait a9si *ang et r5du poltron3 ,c'e/ v\s-mme1 ,sire1 lui rpondit-il1 en me d*>geant des maux qui faisai5t que je ne t5ais pas la vie4 ,un soldat de ,lucullus avait t dvalis p> l'ennemi2 p\r se v5g]1 il excuta contre lui un c\p de ma9 rem>quable4 ,il s'tait amplem5t ddommag de ses p]tes1 et ,lucullus1 qui avait conu de lui une bonne op9ion1 v\lant l'employ] une expdition has>deuse1 s'ef=ait de l'y dcid]1 usant cet effet de ses plus beaux moy5s de p]suasion1 en des t]mes donn] du cur au plus timide 7,horace71 celui-ci lui rpondit3 ,employez-y quelque misrable soldat qui ait t dvalis3 ,t\t grossi] qu'il tait3 ,ira l1 dit-il1 qui aura p]du sa b\rse 7,horace72 et il s'y refusa ob/9m5t4 ,ess5tiellem5t v>iable1 l'homme e/ tantt humble1 tantt orgueilleux1 etc4--,mahomet ,,ii avait outrageusem5t rudoy ,*assan1 *ef de ses ,janissaires1 dont la tr\pe avait t ref\le p> les ,hongrois et qui s'tait lui-mme l*em5t comport au combat4 ,p\r t\te rponse1 ,*assan1 seul1 sans ralli] p]sonne aut\r de lui1 se prcipite comme un furieux1 le sabre la ma91 sur la premire tr\pe ennemie qui se prs5te1 o il disp>at en un cl9 d'il comme engl\ti4 ,en cela il n'a pas tant t m p> le dsir de se rhabilit]1 que p> un revirem5t de s5tim5ts2 ce n'e/ pas tant l'effet d'un c\rage naturel1 que du dpit qu'il v5ait d'pr\v]4--,celui que v\s avez vu hi] si tmraire1 ne v\s tonnez pas de le voir dema9 t\t aussi poltron4 ,la colre1 la ncessit1 la compagnie ou bi5 le v91 voire mme un son de trompette lui avai5t mis le cur au v5tre2 ce n'tait pas le raisonnem5t qui lui avait donn du c\rage1 mais les circon/ances2 ne n\s tonnons donc pas s'il e/ dev5u autre1 qu& les circon/ances se sont elles-mmes modifies du t\t au t\t4 ,cette v>iation et cette contradiction qui se voi5t en n\s si s\ples pass] d'un tat un autre1 ont donn p5s] c]ta9s que n\s avons en n\s deux mes1 d'autres dis5t deux =ces1 qui ont action simultanm5t sur n\s *acune dans son s5s1 l'une v]s le bi51 l'autre v]s le mal2 une me1 une =ce uniques ne p\vant se concili] avec une aussi brusque div]sit de s5tim5ts4 ,non seulem5t le v5t des vnem5ts m'agite suivant d'o il vi5t1 mais de plus je m'agite moi-mme et me tr\ble p> l'in/abilit de la position en laquelle je suis2 qui s'exam9e de prs1 ne se voit gure1 en effet1 deux fois dans le mme tat4 ,je donne mon me tantt un aspect1 tantt un autre1 suivant le ct v]s lequel je me t\rne4 ,si je p>le de moi de div]ses manires1 c'e/ que je me reg>de de div]ses faons2 t\tes les contradictions s'y r5contr5t1 soit sur le fond1 soit dans la =me3 honteux1 insol5t2 *a/e1 luxurieux2 bav>d1 taciturne2 laborieux1 effm92 +nieux1 hbt2 *agr91 dbonnaire2 m5teur1 s9cre2 savant1 ignorant2 libral et av>e autant que prodigue2 t\t cela1 je le con/ate en quelque faon *ez moi1 selon qu'un *angem5t s'opre en moi2 et quiconque s'tudie bi5 att5tivem5t1 reconnat galem5t en lui1 et jusque dans son jugem5t1 cette mme volubilit de s5tim5ts et p>eille discordance4 ,je ne puis port] sur moi un jugem5t complet1 simple1 solide1 sans confusion ni mlange1 ni l'exprim] d'un seul mot4 ,qu& je traite ce po9t1,di/+uo e/ un t]me auquel il me faut con/amm5t rec\rir4 ,p\r tre vritablem5t v]tueux il faudrait l'tre dans t\tes les circon/ances de la vie4--,bi5 que je sois t\j\rs d'avis qu'il faut dire du bi5 de ce qui e/ bi51 et pr5dre plutt en bonne "p t\t ce qui se prte tre envisag de la sorte1 p\rtant notre organisation e/ si s+ulire que s\v5t le vice lui-mme n\s p\sse bi5 faire1 si une action ne devait tre juge bonne que d'aprs l'int5tion qui l'a inspire2 c'e/ p\rquoi un acte de c\rage ne saurait n\s port] conclure que celui qui l'a accompli e/ un homme valeureux2 celui-l seul le s]ait bi5 effectivem5t qui le s]ait t\j\rs et en t\tes occasions4--,si la v]tu tait *ez quelqu'un l'tat d'habitude et non un fait passag]1 elle f]ait qu'il montr]ait t\j\rs la mme rsolution1 quelque accid5t qui lui survi5ne2 il s]ait le mme1 qu'il soit seul ou en compagnie2 le mme en *amp clos ou dans une mle2 c>1 quoi qu'on en dise1 la vaillance n'e/ pas une dans la rue et autre aux camps4 ,il support]ait aussi c\rageusem5t une maladie dans son lit qu'une blessure la gu]re et ne cra9drait pas plus la mort dans sa demeure que dans un assaut2 n\s ne v]rions pas un mme homme se lanant au trav]s d'une br*e avec une brav\re que ri5 n'arrte1 se t\rm5t] ensuite1 comme une femme1 de la p]te d'un procs ou d'un fils4 ,*ez celui qui e/ l*e devant l'infamie et f]me dans la pauvret1 s5sible s\s le rasoir du b>bi] et ins5sible en face des pes de ses adv]saires1 l'acte e/ l\able1 lui-mme ne l'e/ pas4--,il e/ des ,grecs1 dit ,cicron1 qui ne peuv5t s\t5ir la vue des ennemis et qui se montr5t rsigns qu& ils sont malades2 l'inv]se se produit *ez les ,cimbres et les ,celtibri5s3 ,ri5 n'e/ /able1 dont le po9t de d"p n'e/ pas un pr9cipe inv>iable 7,cicron74 ,peu d'hommes ont de belles qualits qui ne prs5t5t des ta*es4--,il n'e/ po9t de vaillance plus gr&e en son g5re que celle d',alex&re le ,gr&1 et cep5dant *ez lui-mme elle ne se reproduit pas en t\t2 elle ne s'applique qu' un ordre de *oses dt]m91 encore n'y atte9t-elle pas t\j\rs sa plnitude2 et1 bi5 qu'incomp>able1 elle prs5te cep5dant encore des ta*es4 ,c'e/ ce qui fait que n\s le voyons si p]dum5t tr\bl aux plus lg]s s\pons qu'il a de complots que son ent\rage peut tram] contre sa vie1 et que1 dans ses re*]*es p\r les dj\]1 il se montre d'une si viol5te inju/ice dpassant t\te mesure et tmoigne d'une cra9te t\t fait en dehors du jugem5t dont il fait preuve d'ord9aire4 ,la sup]/ition laquelle il tait si =tem5t encl91 ressemble bi5 aussi de la pusillanimit1 et l'excs de pnit5ce qu'il s'impose aprs le meurtre de ,clitus1 e/ galem5t un signe de l'9galit de son c\rage4--,n\s sommes un compos de pices rapportes1 et v\lons qu'on n\s honore qu& n\s ne le mritons pas4--,la v]tu ne veut tre pratique que p\r elle-mme2 si1 dans un autre b1 on lui emprunte p>fois son masque1 elle n\s l'arra*e aussitt du visage4 ,qu& notre me en e/ pntre1 elle =me comme un v]nis vif et adhr5t1 qui fait corps avec elle1 et1 si on veut l'en arra*]1 elle emporte le morceau4--,voil p\rquoi1 p\r jug] d'un homme1 il faut suivre longuem5t sa trace1 f\ill] sa vie1 et1 si la con/ance n'app>at pas comme le pr9cipe fondam5tal de ses actes1 dans la r\te qu'il s'e/ *oisie 7,cicron71 si son allure1 ou plutt sa voie1 c> il e/ licite d'acclr] ou de ral5tir l'allure1 s'e/ modifie suivant les circon/ances div]ses dans lesquelles il s'e/ tr\v1 ab&onnons-le2 comme la gir\ette1 il va t\rnant comme vi5t le v5t1 suivant la devise de notre ,talbot4 ,notre incon/ance dans la vie vi5t de ce que n\s n'avons pas de rgle de conduite bi5 df9ie4--,ce n'e/ pas m]veille1 dit ,snque1 que le has>d puisse tant sur n\s1 puisque c'e/ p> lui que n\s exi/ons4 ,celui qui n'a pas ori5t sa vie1 d'une faon gnrale1 v]s un b dt]m91 ne peut1 dans ses div]ses actions1 en agir p\r le mieux2 n'ayant jamais eu de ligne de conduite1 il ne saurait coordonn]1 ratta*] les uns aux autres les actes de son exi/5ce4 ,a quoi bon faire provision de c\leurs1 qui ne sait ce qu'il e/ appel pe9dre8 ,p]sonne ne dt]m9e d'un b\t l'autre la voie que1 dans sa vie1 il projette de suivre2 n\s ne n\s dcidons que p> tronon1 au fur et mesure que n\s avanons4 ,l'ar*] doit d'abord savoir le b qu'il doit vis]1 puis il y prp>e sa ma91 son arc1 sa corde1 sa fl*e et ses m\vem5ts2 nos rsolutions n\s se f\rvoi5t1 p>ce qu'il leur manque une ori5tation et un b4 ,le v5t n'e/ jamais favorable p\r qui n'a pas son port d'arrive dt]m9 l'avance4--,je ne p>tage pas l'avis exprim p> ce jugem5t qui1 sur le vu d'une de ses tragdies1 dcl>e ,sophocle1 contre le dire de son fils1 capable de dirig] ses affaires dome/iques4--,je ne tr\ve pas davantage bi5 logique la dduction admise p> les ,p>i5s envoys p\r r=m] le g\v]nem5t des ,milsi5s3 aprs avoir visit l'le1 relev les t]res les mieux cultives1 les exploitations agricoles les mieux t5ues et pris les noms de leurs propritaires1 dans une assemble de t\s les citoy5s t5ue la ville1 ils mir5t la tte de l'tat et inve/ir5t de t\tes les *>ges de la magi/rature ces mmes propritaires1 e/imant que le so9 qu'ils apportai5t leurs affaires p]sonnelles tait g>ant de celui avec lequel ils gr]ai5t les affaires publiques4 ,la difficult de port] un jugem5t sur quelqu'un en connaissance de cause devrait ret5ir beauc\p de g5s qui s'en ml5t4--,n\s sommes t\s =ms de pices et de morceaux1 assembls d'une faon si in=me et si div]se1 que *aque pice j\e t\s mom5ts2 d'o1 autant de diffr5ce de n\s n\s-mmes que de n\s autrui3 ,soyez p]suads qu'il n\s e/ bi5 difficile d'tre t\j\rs le mme 7,snque74--,puisque l'ambition peut am5] l'homme tre vaillant1 temprant1 libral et mme ju/e2 puisque l'av>ice peut donn] du c\rage un g>on de b\tique1 lev l'ombre et dans l'oisivet2 le mettre assez en confiance p\r qu'il s'av5ture au lo9 du foy] dome/ique1 dans un frle bateau1 la m]ci des vagues et de ,neptune en c\rr\x1 qu'elle va jusqu' enseign] la discrtion et la prud5ce2 que ,vnus elle-mme arme de rsolution et de h>diesse le jeune homme encore s\mis l'autorit et aux corrections pat]nelles1 et fait os] la pucelle au cur t5dre1 encore s\s l'gide de sa mre3 ,s\s les auspices de ,vnus1 la jeune fille passe furtivem5t trav]s ses g>di5s endormis1 et seule1 dans les tnbres1 va rejo9dre son amant 7,tibulle72 ce n'e/ pas le fait d'un esprit rfl*i1 de n\s jug] simplem5t sur nos actes extrieurs2 il faut sond] nos consci5ces et voir quels mobiles n\s avons obi4 ,c'e/ l une t*e leve autant que difficile1 et c'e/ p\rquoi je v\drais voir mo9s de g5s s'en ml]4 ,,*apitre ,,ii4 ,de l'ivrogn]ie4 ,t\s les vices ne sont pas de mme gravit2 il y a des degrs entre eux4--,le monde n'e/ que v>it et dissemblance2 les vices ont t\s un po9t commun1 et ce po9t c'e/ que t\s sont vices4 ,les /oci5s aj\t5t3 ,quoique t\s les vices soi5t des vices1 ils prs5t5t des degrs2 on ne peut admettre en effet que celui qui en a fran*i de c5t pas la limite3 ,dont on ne peut s'c>t] en aucun s5s1 sans s'g>] hors du droit *em9 7,horace71 ne soit pas plus c\pable que celui qui ne l'a dpasse que de dix2 que le sacrilge ne soit pas pire que le vol d'un *\ dans notre j>d93 ,on ne pr\v]a jamais p> de bonnes raisons1 que le vol de *\x dans un j>d9 soit un aussi gr& crime que de se r5dre de nuit c\pable d'un sacrilge 7,horace74 ,il y a dans le vice autant de div]sit qu'en t\te autre *ose4 ,ne pas t5ir compte de l'*elle de gravit des p*s1 les confondre1 e/ *ose dang]euse2 les meurtri]s1 les tratres1 les tyrans y tr\v5t trop d'avantages2 il n'e/ pas admissible que de ce qu'un autre e/ p>esseux1 encl9 la luxure ou manque la dvotion1 leur consci5ce eux s'en tr\ve s\lage4 ,*acun e/ port aggrav] le p* de son pro*a9 et attnu] le si54 ,s\v5t ceux mmes *>gs de n\s in/ruire1 les classifi5t mal mon s5s4 ,socrate disait que le pr9cipal rle de la sagesse e/ d'enseign] ce qui e/ bi5 et ce qui e/ mal1 et d'en faire saisir la diffr5ce2 n\s1 *ez qui ce qu'il y a de meilleur e/ encore vice1 n\s devrions de mme avoir un enseignem5t qui n\s fasse exactem5t saisir la diffr5ce des vices entre eux2 faute de quoi1 p> manque de prcision1 les g5s v]tueux et les m*ants se confond5t et re/5t inconnus4 ,l'ivrogn]ie e/ on vice grossi]1 qui n'exige ni adresse1 ni tal5t1 ni c\rage4--,l'ivrogn]ie1 entre t\s1 e/ un vice grossi]1 qui rappro*e l'homme de la brute4 ,l'esprit a une c]ta9e "p dans les autres vices2 il y en a qui ont1 p\rrait-on dire1 je ne sais quoi de gnreux2 d'autres auxquels p>ticip5t le savoir-faire1 l'activit1 la vaillance1 la prud5ce1 l'adresse1 la f9esse2 l'ivrogn]ie1 elle1 e/ be/iale et ne fait qu'avilir4 ,aussi1 la nation qui1 de nos j\rs1 e/ la mo9s police1 e/-elle celle o ce vice e/ le plus pratiqu4 ,les autres vices altr5t notre bon s5s2 celui-ci l'anantit et occasionne au corps un tr\ble gnral3 ,qu& l'action du v9 l'emporte1 les membres s'al\rdiss5t1 les jambes vacill5t1 la langue s'emb>rasse1 l'esprit s'g>e1 les yeux s'obscurciss5t2 puis1 ce sont des cris1 des hoquets1 des injures 7,lucrce74 ,dans l'ivresse on n'e/ plus matre de ses secrets1 quoique cet g>d il y ait eu des exceptions2 on va jusqu' p]dre t\t s5tim5t de ce qui v\s survi5t4--,le pire de t\s les tats p\r l'homme1 e/ celui o il n'a plus connaissance de lui-mme et ne se g\v]ne plus4 ,entre autres *oses1 ne dit-on pas que le v91 qui amne celui qui en a trop pris tal] ses plus intimes secrets1 e/ comme le mot1 dont le b\illonnem5t1 lorsqu'il e/ en f]m5tation dans la cuve1 fait remont] la surface t\t ce qui tait au fond4 ,o ,bac*us6 c'e/ ton v9 joyeux qui arra*e au sage ses plus secrtes p5ses 7,horace74--,josphe raconte qu'en le faisant boire l'excs1 il am5a c]ta9 ambassadeur que les ennemis lui avai5t dp*1 lui faire confid5ce de t\t ce qui l'intressait4--,p> contre ,augu/e1 qui avait initi ,lucius ,pison1 celui qui avait conquis la ,?race1 ses affaires les plus intimes1 n'eut jamais lieu de s'en rep5tir2 non plus que ,tibre1 de ,cossus auquel il contait t\t ce qu'il projetait2 et n\s savons de s\rce c]ta9e que ,pison et ,cossus tai5t tellem5t ports trop boire1 qu'il fallut s\v5t les ram5] l'un et l'autre du ,snat1 p>ce qu'ils tai5t ivres3 ,les ve9es enfles1 comme de c\tume1 du v9 qu'ils avai5t bu la veille 7,virgile74--,qu& se =ma le complot qui ab\tit la mort de ,cs>1 ,cimb] qui en reut confid5ce1 communication laquelle il rpondit plaisamm5t3 ,comm5t support]ais-je un tyran1 moi qui ne puis support] le v91 quoiqu'il s'enivrt s\v5t en cons]va le secret aussi fidlem5t que ,cossius qui ne buvait que de l'eau4--,n\s voyons les ,allem&s qui s]v5t dans nos tr\pes1 alors qu'ils sont gorgs de v91 cons]v] s\v5ir du qu>ti] o ils sont logs1 du mot d'ordre et de leur place dans le rang3 ,et il n'e/ pas facile de les va9cre1 t\t ivres1 t\t bgayants1 t\t titubants qu'ils sont 7,juvnal74 ,je n'aurais jamais cru l'ivresse pr(onde au po9t de faire p]dre t\t s5tim5t comme si dj n\s n'tions plus1 si je n'eusse lu dans l'hi/oire qu',attale ayant convi s\p]1 dans l'int5tion de le mettre en tel tat qu'il se laisst all] commettre quelque norme indignit1 ce ,pausanias1 qui plus t>d1 propos de ce fait mme1 tua ,philippe de ,macdo9e1 ce roi si rem>quable p> ses belles qualits tmoignant de l'ducation qu'il avait reue dans la famille d',epam9ondas et en sa socit4 ,attale dans ce repas le fit tant boire1 que ,pausanias en arriva peu peu livr] les *>mes de son corps1 comme une pro/itue qui se donne n'importe o1 t\s les muleti]s et autres valets de bas tage de sa maison4--,dans ce mme ordre d'ides1 vi5t encore cet autre fait que je ti5s d'une dame que j'honore et apprcie beauc\p3 ,prs de ,bordeaux1 du ct de ,ca/res o e/ sa proprit1 une villageoise1 veuve1 d'une *a/et qui ne faisait pas d\te1 s5tant en elle les premi]s signes d'une grossesse1 disait ses vois9es qu'elle se croirait ence9te si elle tait m>ie4 ,ces symptmes1 croissant de j\r en j\r1 f9ir5t p> dev5ir vid5ts2 et elle en v9t faire dcl>] au prne de son glise qu' celui qui1 l'av\ant1 se reconnatrait l'avoir mise en cet tat1 elle s'engageait p>donn]1 et qu'elle l'p\s]ait s'il y cons5tait4 ,un jeune homme d'entre ses valets de f]me1 enh>di p> cette proclamation1 dcl>a qu'un j\r de fte1 o elle avait trop bu1 la voyant si pr(ondm5t endormie prs de son foy] et dans une position si indc5te1 il avait pu en us] sans la rveill]4 ,ils se sont m>is1 et viv5t encore4 ,les anci5s ont peu dcri ce vice de l'ivrogn]ie2 il e/ en fait de ceux qui port5t le mo9s dommage la socit4--,il e/ c]ta9 que1 dans l'antiquit1 ce vice n'tait pas =t dcri2 quelques philosophes en p>l5t dans leurs ouvrages avec beauc\p d'indulg5ce1 et p>mi les /oci5s eux-mmes1 il en e/ qui vont jusqu' conseill] de se donn] quelquefois la lib]t de boire autant que l'envie en pr5d et de s'enivr] p\r dt5dre l'esprit3 ,on dit mme que dans cet assaut de vigueur1 le gr& ,socrate remporta quelquefois la palme 7,pseudo ,gallus74--,on a repro* de beauc\p boire ,caton1 ce c5seur qui repr5ait si =t les autres3 ,on raconte aussi de ,caton l'anci51 qu'il r*auffait sa v]tu dans le v9 7,horace74--,cyrus1 ce pr9ce dont la r5omme e/ si gr&e1 cite p>mi les mrites qui1 son avis1 le mett5t au-dessus de son frre ,artax]xs1 qu'il sait beauc\p mieux que lui support] la boisson4--,dans les nations les mieux adm9i/res et les plus polices1 il tait d'usage c\rant de s'ex]c] t5ir tte quiconque le v]re en ma94--,j'ai ou dire ,silvius1 un excell5t mdec9 de ,p>is1 que p\r cons]v] notre e/omac t\t son ressort1 il e/ bon de l'veill] et de le /imul] une fois p> mois p> des excs de cette nature1 p\r vit] qu'il ne s'eng\rdisse4--,il e/ crit que1 *ez les ,p]ses1 c'tait aprs boire que se traitai5t les affaires les plus importantes4 ,p> gt et p> tempram5t1 je dte/e ce vice1 encore plus que p> raison2 outre que je cons]ve son sujet l'ide que je m'en suis faite d'aprs la lecture des auteurs anci5s1 je le tr\ve honteux et /upide1 et cep5dant mo9s mauvais et mo9s prjudiciable que les autres qui1 presque t\s1 font directem5t plus de tort la socit4 ,si1 comme on le prt5d1 n\s ne p\vons n\s procur] du plaisir sans qu'il en cote1 ce vice e/ encore celui contre lequel notre consci5ce prote/e le mo9s1 sans compt] qu'il ne dem&e pas gr& apprt et qu'il e/ ais de s'y livr]1 considration qui n'e/ pas ddaign]4 ,un homme d'ge et d'un c]ta9 rang me disait compt] cette satisfaction au nombre des trois pr9cipales de la vie dont il p\vait encore j\ir2 et1 de fait1 o en tr\v] de prfrable celles que la nature elle-mme n\s procure8 mais il s'y pr5ait mal1 c> la dlicatesse n'e/ pas de mise en p>eille occurr5ce et il e/ sup]flu d'y employ] des v9s *oisis4 ,si donc v\s aimez dgu/] ce que v\s buvez1 v\s pr\vez en la circon/ance le dsagrm5t de boire dans des conditions t\t autres4 ,il faut avoir le gt plus m\ss et plus indp5dant p\r tre bon buveur1 il faut un palais mo9s raff94 ,les ,allem&s boiv5t presque t\s les v9s avec le mme plaisir2 ils ne song5t qu' aval] et non dgu/]2 ils s'en tir5t meilleur compte1 le plaisir qu'ils en pr\v5t e/ bi5 plus copieux et plus porte4 ,les anci5s donnai5t beauc\p de temps aux plaisirs de la table1 n\s n\s adonnons davantage au lib]t9age4--,boire1 comme font les ,franais1 seulem5t aux repas et modrm5t1 c'e/ us] avec trop de re/riction des faveurs de ,bac*us4 ,il faut consacr] un tel ex]cice plus de temps et de con/ance2 les anci5s y passai5t des nuits entires et s\v5t les j\rs2 il faut lui faire dans la vie ord9aire une "p plus gr&e et s'y donn] d'une manire plus suivie4 ,j'ai connu un gr& seigneur de mon temps1 auquel de hautes missions ont t confies et dont les succs sont rputs1 qui rgulirem5t aux repas de *aque j\r1 sans en tre gn1 ne buvait gure mo9s de dix litres de v91 et qui1 au sortir de l1 n'en tait que plus clairvoyant et avis en affaires1 ce que n\s fmes mme de con/at] nos dp5s4 ,il faut donn] davantage ce plaisir si n\s v\lons qu'il entre en ligne de compte dans notre vie1 le rpt] plus s\v5t1 faire comme les g>ons de b\tique et les ouvri]s1 qui ne refus5t jamais une occasion de boire et en ont t\j\rs le dsir en tte4--,on dirait que le plaisir de la table va s'amo9drissant1 *aque j\r1 de plus en plus *ez n\s2 il me semble que1 dans mon enfance1 les djeun]s1 les gt]s1 les collations tai5t plus frqu5ts et plus dans les habitudes qu' prs5t4 ,s]ait-ce que1 sur ce po9t1 p> exception n\s n\s am5dons8 ,c]tes non1 mais peut-tre sommes-n\s beauc\p plus encl9s que nos pres au lib]t9age1 et le v9 et les femmes sont deux *oses qui1 portes l'excs1 se nuis5t l'une l'autre2 le lib]t9age dbilite l'e/omac et1 d'autre "p1 la sobrit n\s r5d plus galants1 plus dispos p\r n\s livr] aux jeux d'am\r4 ,portrait et c>actre du pre de ,montaigne2 ce qu'il p5sait de la *a/et des femmes4--,c'e/ m]veille ce que j'ai ent5du racont] mon pre de la *a/et de son sicle4 ,il p\vait en p>l]1 ayant p> sa nature et son ducation t\t ce qu'il fallait p\r tre =t pris des dames4 ,il causait peu et bi51 et entremlait sa conv]sation de rm9isc5ces des plus beaux passages des livres les plus rp&us1 pr9cipalem5t de livres espagnols1 et1 p>mi ceux-ci1 leur ,m>c-,aurle tait celui qui lui tait le plus famili]4 ,il tait d'une gravit d\ce1 discret1 trs mode/e1 d'une politesse exquise1 et1 pi$ comme *eval1 t\j\rs trs bi5 mis1 y apportant un so9 t\t p>ticuli]4 ,il tait1 un degr in\1 esclave de sa p>ole1 et d'une consci5ce telle 99 en fait de religion1 qu'il incl9ait plutt du ct de la sup]/ition que du ct oppos4 ,de petite taille1 bi5 proportionn1 il se t5ait trs droit et tait trs vig\reux2 agrable de visage1 son te9t tirait sur le brun2 il tait adroit et excellait t\s les ex]cices auxquels s'adonn5t les g5s de qualit4 ,p\r se =tifi] les bras1 il faisait de l'escrime1 lanait des pi]res et maniait des b>res de f]2 j'ai encore vu des cannes plombes qui1 disait-on1 lui avai5t s]vi p\r s'entret5ir dans ces ex]cices1 et aussi des s\li]s semelles de plomb dont il usait p\r s'entran] la c\rse et aux sauts4 ,a cet g>d1 il a laiss le s\v5ir de t\rs de =ce tonnants2 je l'ai vu1 soixante ans passs1 raillant notre agilit1 saut] sur un *eval avec ses vtem5ts d\bls de f\rrure1 faire le t\r de la table sur les ma9s2 qu& il se r5dait sa *ambre1 il montait r>em5t l'escali] autrem5t que p> trois ou quatre m>*es la fois4 ,p\r ce qui e/ de la bonne op9ion qu'il avait des femmes1 il disait qu' pe9e dans une prov9ce entire y avait-il une femme de qualit qui et mauvaise rputation1 et il contait des traits de galant]ie tonnants1 p>mi lesquels il y en avait o il s'tait tr\v en compagnie de femmes honntes qui n'en avai5t t nullem5t compromises4 ,lui-mme1 il l'affirmait p> s]m5t1 tait encore vi]ge qu& il s'e/ m>i1 bi5 que ce ft aprs avoir longtemps pris "p aux gu]res p> del les ,alpes1 gu]res sur lesquelles il a laiss1 crit de sa ma91 un j\rnal o il relate po9t p> po9t t\t ce qui s'y e/ pass prs5tant de l'intrt tant d'une faon gnrale1 qu'en ce qui le t\*e p]sonnellem5t2 et cep5dant il tait dj g1 avait tr5te-trois ans qu&1 en #aebh1 rev5ant d',italie1 il se m>ia en c\rs de r\te4--,rev5ons ma9t5ant nos b\teilles4 ,boire e/ peu prs le d]ni] des plaisirs qui demeur5t la vieillesse2 d'o vi5t l'usage de boire dans de gr&s v]res la f9 des repas4--,les incommodits de la vieillesse1 qui font que n\s avons beso9 de r$onn] du ton nos organes et de les rafra*ir1 aurai5t pu1 avec raison1 veill] en moi le dsir de me retremp] p> la boisson qui1 de t\s nos plaisirs1 e/ peu prs le d]ni] dont n\s priv5t les annes2 ce qui s'explique1 au dire des bons vivants1 p>ce que notre *aleur naturelle qui1 a9si que c'e/ le cas dans l'enfance1 se ress5t d'abord aux pi$s1 d'o elle gagne la p>tie moy5ne du corps1 o elle demeure longtemps1 n\s procurant les seuls plaisirs vritables1 selon moi1 de notre vie animale1 auprs desquels les autres sont peu de *ose2 puis1 cont9uant progress] comme la vapeur qui va montant et s'exhalant1 elle arrive f9alem5t au gosi] o elle /ationne en d]ni] lieu4 ,je ne p>vi5s cep5dant pas compr5dre comm5t on tr\ve encore de la satisfaction boire qu& on n'a plus soif et se crer1 p> l'imag9ation1 un apptit artificiel qui e/ contre nature2 mon e/omac ne s'y prt]ait pas1 assez emp* qu'il e/ dj de v5ir b\t de ce qu'il pr5d dans la limite de ses beso9s4 ,ma con/itution ne me donne l'envie de boire que comme consqu5ce de ce que j'ai mang1 aussi le c\p p> lequel je t]m9e e/-il 99 presque t\j\rs le plus copieux4 ,dans la vieillesse notre palais e/ engorg p> les rhumes ou corrompu p> quelque autre vice de notre organisme2 le v9 alors n\s semble meilleur au fur et mesure qu'il a dgag et lav nos pores2 c'e/ du mo9s l'effet que j'en pr\ve et r>em5t j'en di/+ue le gt qu& je comm5ce boire4--,ana*>sis s'tonnait de voir les ,grecs boire la f9 de leurs repas dans de plus gr&s v]res qu'au comm5cem5t2 c'tait1 je p5se1 p> la mme cause qui fait que les ,allem&s en agiss5t a9si1 c'e/ le mom5t o ils comm5c5t se faire raison les uns aux autres en buvant qui mieux mieux4 ,platon int]disait le v9 aux adolesc5ts1 il le p]mettait avec quelques re/rictions aux hommes faits2 son usage e/ nuisible aux vieill>ds4--,platon df5d aux enfants de boire du v9 avant dix-huit ans et de s'enivr] avant qu>ante2 ceux qui ont dpass cet ge1 il p>donne d'y tr\v] leur plaisir et de faire1 dans leurs repas1 une plus l>ge "p l'influ5ce de ,bac*us1 cette bonne div9it qui r5d la gat l'homme1 et au vieill>d la jeunesse2 qui ad\cit les passions de l'me1 leur enlve leur acuit1 comme le f] e/ amolli s\s l'action du feu4 ,dans ses ,lois1 il admet que se runir p\r boire a de l'utilit1 p\rvu que ces runions soi5t prsides p> quelqu'un qui s'applique les rgl] et les cont5ir dans des bornes raisonnables2 l'ivresse tant1 dit-il1 une preuve bonne et c]ta9e qui fait bi5 ressortir la nature de *acun et qui aussi e/ m9emm5t propre r5dre aux p]sonnes ges le c\rage de p>ticip] aux dlassem5ts que procur5t les danses et la musique1 dlassem5ts qui sont utiles et auxquels ils n'os]ai5t se ml]1 s'ils n'tai5t un peu surexcits4 ,platon reconnat galem5t au v9 la v]tu de tempr] les agitations de l'me et d'entret5ir la sant du corps2 t\tefois1 il appr\ve les re/rictions ci-aprs1 en p>tie empruntes des ,c>?ag9ois3 ,qu'on doit s'en ab/5ir qu&1 en gu]re1 on e/ en expdition2 que juges et magi/rats doiv5t en agir de mme1 lorsqu'ils sont sur le po9t de remplir quelque devoir de leur *>ge et trait] des affaires publiques2 et aussi qu'il ne faut pas s'y ab&onn] de j\r1 temps qui doit tre employ d'autres occupations1 non plus que les nuits o l'on projette de s'unir la femme en vue d'en avoir des enfants4--,on dit que le philosophe ,/ilpon1 accabl des maux de la vieillesse1 hta volontairem5t sa f91 en buvant du v9 pur4 ,en agissant de mme1 mais sans propos dlibr1 le philosophe ,arcsilas p]dit le peu qui lui re/ait de ses =ces dj affaiblies p> son gr& ge4 ,le v9 peut-il triomph] de la sagesse8 ,p\r rpondre1 il suffit de rfl*ir la faiblesse huma9e4--,c'e/ une plaisante "q qui date de longtemps1 que de savoir si l'me du sage e/ mme de rsi/] la =ce du v91 au cas o le v9 s'attaqu]ait au sage 7,horace74--,la vanit n\s incite p> trop avoir bonne op9ion de n\s4 ,l'me la mieux pondre1 la plus p>faite1 a dj bi5 faire de se t5ir deb\t et de se prs]v] d'tre jete t]re p> sa propre faiblesse2 sur mille1 il n'en e/ pas une qui1 un seul in/ant de sa vie1 soit /able et d'aplomb2 en jug] p> sa nature mme1 on peut d\t] que cela puisse tre2 et si c'tait et que ce ft d'une faon con/ante1 ce s]ait le plus haut degr de la p]fection4 ,mais p\r cela1 il faudrait qu'aucun *oc susceptible de l'branl] ne survnt1 ce que mille accid5ts peuv5t am5]3 ,lucrce1 ce gr& pote1 a beau philosoph] et s'obs]v]1 un philtre am\reux le r5d f\2 croit-on que ,socrate n'et pu1 t\t comme un portefaix1 tre t]rass p> une attaque d'apoplexie8 ,les uns1 la suite de maladie1 ont oubli jusqu' leur nom1 d'autres ont p]du la raison p> le fait de blessures insignifiantes4--,si sage qu'on le suppose1 le sage n'e/ en df9itive qu'un homme2 et qu'y a-t-il de plus caduc1 de plus misrable1 qui ti5ne plus du nant que l'homme8 ,la sagesse ne l'emporte pas sur les conditions que la nature n\s a imposes3 ,s\s le c\p de la t]reur1 le corps plit et se c\vre de sueur1 la langue s'emb>rasse1 la voix s'te9t1 la vue se tr\ble1 les oreilles t9t5t1 t\te la ma*9e se rel*e et s'effondre 7,lucrce74 ,pas plus qu'un autre1 le sage ne peut emp*] qu'in/9ctivem5t ses yeux ne cill5t qu& un c\p la m5ace1 n'e/ exempt1 s'il se tr\ve sur le bord d'un prcipice1 de ce mme frmissem5t qui s'emp>]ait d'un enfant2 la nature a v\lu se rs]v] ces lgres m>ques d'autorit1 dont ne saurai5t triomph] ni notre raison ni la v]tu des /oci5s1 p\r lui rappel] qu'il e/ mortel et combi5 il e/ peu de *ose3 la peur le fait plir1 la honte le fait r\gir1 la colique lui arra*e des gmissem5ts1 peut-tre pas sur un ton aigu et dsespr1 mais t\t au mo9s d'une voix brise et te9te4 ,il ne saurait s'imag9] tre l'abri d'aucun accid5t huma9 7,tr5ce74 ,les potes qui accommod5t t\t leur fantaisie1 n'os5t seulem5t pas affran*ir leurs hros de v]s] des l>mes3 ,a9si p>lait ,ene en pleurant1 t&is que sa flotte voguait ple9es voiles 7,virgile74 ,que le sage se cont5te donc de cont5ir et de modr] ses p5*ants1 les anantir n'e/ pas en son p\voir4--,plut>que lui-mme1 ce juge si p]spicace et si p>fait des hommes1 en voyant ,brutus et ,torquatus faire mettre leurs enfants mort1 a des d\tes et se dem&e si la v]tu peut s'lev] jusque-l1 ou si t\s deux n'ont pas cd plutt aux obsessions de quelque autre passion4 ,t\tes les actions huma9es qui sort5t de l'ord9aire prt5t tre prises en mauvaise "p1 d'autant que n\s n'admettons pas davantage ce qui e/ au-dessus de ce que n\s appr\vons1 que ce qui e/ au-dess\s4 ,les faits d'impassibilit que n\s relevons *ez les philosophes et les m>tyrs sont le rsultat d'une surexcitation due un en?\siasme frntique4--,sans *]*] nos exemples dans cette secte qui fait expressm5t pr(ession de fi]t2 qu&1 dans celle-l mme1 considre comme la mo9s svre1 n\s ent5dons ,mtrodore se vant] a9si3 ,je t'ai mate1 ,=tune1 je t'ai rduite l'impuissance2 j'ai f]m t\tes les av5ues p> lesquelles tu p\vais arriv] jusqu' moi 7,cicron72--qu& ,anax>que1 p> l'ordre de ,nicocron tyran de ,*ypre1 c\* dans une auge de pi]re et assomm c\ps de maillet en f]1 rpte sans cesse3 ,frappez1 brisez1 ce n'e/ pas ,anax>que que v\s pilez a9si1 ce n'e/ que son enveloppe2--qu& n\s voyons nos m>tyrs cri] du milieu des flammes au tyran qui ordonne leur supplice3 ,ce ct e/ suffisamm5t rti1 ha*e-le1 mange-le1 il e/ cuit po9t1 passe l'autre ma9t5ant2--qu& ,josphe n\s cite cet enfant qui1 le corps t\t d*ir p> les t5ailles mordantes1 transp]c p> les alnes d',antio*us1 le dfie encore1 lui criant d'une voix f]me et assure3 ,tyran1 tu p]ds ton temps2 je suis t\j\rs l'aise2 o donc e/ cette d\leur1 o sont ces t\rm5ts dont tu me m5aais8 ,e/-ce t\t ce que tu sais faire8 ,ma con/ance te cause plus de pe9e que je ne ress5s l'effet de ta cruaut4 ,o l*e imbcile6 tu te lasses et moi je suis de plus en plus =t4 ,fais donc que je me plaigne1 que je fl*isse1 que je me r5de1 si cela e/ en ton p\voir6 ,ranime le c\rage de tes satellites et de tes b\rreaux2 le cur leur manque1 ils n'en peuv5t plus6 donne-leur de n\veaux in/rum5ts de torture et qu'ils r$\bl5t d'a*>nem5t6--qu& on voit de p>eils faits1 on e/ c]tes am5 reconnatre que ces mes ont quelque *ose de drang et sont en proie une sorte de frnsie qui1 si sa9te qu'elle soit1 n'en e/ pas mo9s de la frnsie4 ,cette surexcitation app>at galem5t s\s l'effet d'ides fixes qui peuv5t lev] p>fois l'me au-dessus d'elle-mme4--,qu& n\s en arrivons ces saillies de l'cole /oci5ne3 ,je prfre tre furieux plutt que voluptueux1 ce qui e/ un mot d',anti/hnes2--,j'aime mieux l'tre9te de la d\leur que celle de la volupt1 dit p> ,sextius2--qu& picure semble se dlect] s\ffrir de la g\tte et que1 se refusant le repos et la sant1 de gat de cur1 il dfie les maux qui peuv5t l'atte9dre2 que mprisant les d\leurs qui peuv5t se support]1 ddaignant d'entr] en lutte avec elles et de les combattre1 il en s\haite et en appelle de plus =tes1 de plus poignantes1 qui soi5t dignes de lui3 ,ne faisant pas cas de ces animaux timides1 il v\drait qu'un sangli] cumant vnt s'(frir lui1 ou qu'un lion la cr9ire fauve desc5de de la montagne 7,virgile72 qui ne juge que ce ne sont l que des b\tades d'un c\rage jet hors de lui p> sa propre surexcitation8 ,notre me1 dans son tat normal1 ne saurait atte9dre p>eille hauteur2 il faut qu'elle sorte de cet tat1 s'lve et que1 pr5ant le mors aux d5ts1 elle emporte et ravisse son homme si haut que1 rev5u soi1 lui-mme soit tonn de ce qu'il a fait4 ,c'e/ ce qui arrive la gu]re o la *aleur du combat p\sse p>fois de valeureux soldats de si audacieuses av5tures que1 rev5us eux1 ils en sont t\t les premi]s transis d'tonnem5t4 ,un fait analogue se r5contre *ez les potes qui1 transports d'admiration p\r leurs propres ouvrages1 ne compr5n5t pas comm5t ils ont pu produire de p>eilles beauts2 c'e/ ce qu'on appelle1 *ez eux1 v]ve et ardeur potiques4 ,un homme aux ides srieuses frapp]a t\j\rs en va9 aux portes de la posie1 dit ,platon2 de son ct1 ,ari/ote prt5d que si p>faite que soit l'me1 elle n'e/ pas exempte d'un gra9 de folie2 et il appelle ju/e titre folie ces envoles1 si l\ables soi5t-elles1 qui dpass5t notre jugem5t et notre raison4 ,la sagesse1 elle1 n'e/ autre qu'une direction rgulire1 imprime notre me dont elle s'e/ faite caution et qu'elle conduit avec mesure1 en t5ant compte de t\tes les circon/ances ambiantes4 ,on tr\ve dans ,platon la p5se suivante3 ,le don de prophtie excde nos facults2 s'il n\s arrive de prophtis]1 c'e/ que n\s ne sommes plus en possession de n\s-mmes2 c'e/ que le sommeil1 la maladie1 p>alys5t notre ent5dem5t ou qu'une inspiration cle/e l'a dplac4 ,,*apitre ,,iii4 ,a propos d'une c\tume de l'le de ,ca4 ,on dit que philosoph]1 c'e/ d\t]2 plus =te raison e/-ce tre dans le d\te que d'mettre1 comme je le fais1 des ides niaises et fantasques2 mais c'e/ affaire aux appr5tis de s'enqurir et de discut] et au matre de dcid]4 ,mon matre moi1 c'e/ l'autorit manant de la volont div9e1 laquelle fait loi1 n\s rgit sans conte/e et plane au-dessus de t\tes les va9es discussions des hommes4 ,il y a des accid5ts pires que la mort2 qui ne la cra9t pas1 brave t\tes les tyrannies et t\tes les inju/ices4--,philippe tant entr avec son arme dans le ,ploponse1 quelqu'un dit ,dam9das que les ,lacdmoni5s aurai5t =t s\ffrir s'ils ne dem&ai5t grce3 ,eh1 poltron6 lui rpondit celui-ci1 que peuv5t avoir s\ffrir ceux qui ne craign5t pas la mort8--,on dem&ait ,agis comm5t un homme p\vait faire p\r vivre libre3 ,en mprisant la mort1 dit-il4--,ces propos et mille autres semblables que l'on tr\ve ce sujet1 impliqu5t videmm5t autre *ose que d'att5dre patiemm5t la mort1 qu& elle n\s arrive2 c> il y a dans la vie nombre d'accid5ts qui font s\ffrir bi5 plus que la mort4 ,c'e/ ce que tmoigne cet enfant de ,lacdmone fait prisonni] p> ,antigone et v5du comme esclave qui1 press p> son matre de faire un travail abject1 lui dit3 ,tu vas voir qui tu z a*et2 ce s]ait une honte p\r moi de s]vir1 ayant la lib]t si ma porte1 et1 ce disant1 il se prcipitait du haut de la maison4--,antipat] m5aait durem5t les ,lacdmoni5s p\r les contra9dre satisfaire une de ses dem&es3 ,si tu n\s m5aces1 lui rpondir5t-ils de pis que la mort1 n\s accept]ons plus volonti]s de m\rir4--,a ,philippe qui leur avait crit qu'il f]ait *\] t\t ce qu'ils entrepr5drai5t1 ils rpondai5t3 ,quoi6 n\s emp*]as-tu aussi de m\rir8 ,c'e/ un bi5fait de la nature1 d'avoir mis con/amm5t la mort notre porte2 argum5ts en faveur du suicide4--,c'e/ ce qu'on veut dire1 qu& on dit que le sage vit autant qu'il le doit mais non autant qu'il le p\rrait1 et que le don le plus favorable que n\s ait fait la nature et qui n\s te t\t droit de n\s pla9dre de notre sort1 c'e/ de n\s avoir laiss la clef des *amps2 elle n'a cr qu'un moy5 d'entr] dans la vie et c5t mille d'en sortir4 ,n\s p\vons manqu] de t]re p\r y vivre2 p\r y m\rir1 elle ne fait po9t faute1 a9si que le dit ,boiocalus dans sa rponse aux ,roma9s4 ,p\rquoi te pla9dre de ce monde8 ,il ne te convi5t pas1 tu y vis dans la pe9e8 ,ta l*et seule en e/ cause4 ,p\r m\rir1 il suffit de le v\loir3 ,la mort e/ p>t\t1 n\s le devons la faveur div9e2 on peut arra*] la vie l'homme1 mais non lui arra*] la mort2 mille *em9s ouv]ts y conduis5t 7,snque74 ,et ce n'e/ pas l une recette applicable seulem5t une maladie2 la mort e/ un remde t\s les maux1 c'e/ un port qui (fre t\te scurit2 jamais r$\t]1 il e/ s\v5t re*]*]4 ,t\t revi5t ceci3 que l'homme dcide de sa f9 ou qu'il la subisse1 qu'il c\re au-devant ou qu'il l'att5de1 d'o qu'elle vi5ne1 c'e/ t\j\rs lui qui e/ en cause2 en quelque po9t que le fil se rompe1 il e/ hors de s]vice2 c'e/ l'extrmit de la fuse qui clate1 ds que le feu l'atte9t4--,la mort que l'on se donne volontairem5t e/ la plus belle de t\tes4 ,notre vie dp5d de la volont d'autrui1 la mort ne dp5d que de la ntre4 ,en aucune *ose plus qu'en celle-ci1 n\s sommes libres d'en agir suivant notre tempram5t4 ,notre rputation n'a ri5 y voir et c'e/ folie d'y avoir g>d4 ,vivre1 c'e/ tre esclave1 si la lib]t de m\rir n'e/ pas admise4--,d'ord9aire1 la gurison ne s'obti5t qu'au dtrim5t de la vie2 on n\s fait des incisions1 on n\s cautrise1 on n\s ampute1 on n\s svre de n\rriture1 on n\s s\tire du sang2 un pas de plus1 et n\s voil guris t\t jamais4 ,p\rquoi ne s]ions-n\s pas libres de n\s c\p] la gorge1 comme n\s le sommes de n\s faire une saigne au bras8 aux maladies les plus graves convi5n5t les remdes les plus n]giques4--,le grammairi5 ,s]vius1 s\ffrant de la g\tte1 ne tr\va ri5 de mieux que d'employ] un poison qui am5a la p>alysie des jambes2 p\rvu qu'elles dev9ss5t ins5sibles1 peu lui importait de dev5ir impot5t4 ,dieu fait assez p\r n\s qu& il n\s donne possibilit d'en agir comme bon n\s semble1 lorsque n\s e/imons que vivre n\s e/ pire que m\rir4--,c'e/ tre faible que de cd] au mal1 mais c'e/ folie que de l'entret5ir4--,les /oci5s e/im5t que1 p\r le sage1 c'e/ vivre con=mm5t aux lois de la nature que de mettre f9 ses j\rs1 alors mme qu'il e/ compltem5t heureux1 si le mom5t e/ opportun2 p\r le f\1 de cont9u] vivre1 si misrable que soit son exi/5ce1 p\rvu qu'il ait sa l>ge "p des *oses que l'on dit tre dans l'ordre naturel4--,de mme que je ne viole pas les lois faites contre les voleurs qu& j'emporte mon bi5 et c\pe 99 moi-mme ma b\rse1 non plus que celles contre les inc5diaires qu& je brle mon bois1 je ne contrevi5s pas davantage celles faites contre le meurtre qu& je m'te la vie4--,hgsias disait que de mme que les conditions de notre vie sont dp5dantes de n\s1 n\s devons aussi dispos] des conditions de notre mort4--,diogne r5contrant se faisant port] en litire le philosophe ,speusippe depuis longtemps afflig d'hydropisie1 celui-ci lui cria3 ,je te s\haite le bonj\r1 ,diogne6 ,a quoi ce d]ni] rpliqua3 ,moi1 je ne te s\haite ri51 toi qui supportes de vivre dans l'tat o tu es4 ,quelque temps aprs1 las de l'exi/5ce dans de si pnibles conditions1 ,speusippe se donnait la mort4 ,objections contre le suicide4--,mais cela1 que d'objections6 ,c]ta9s e/im5t que n\s ne p\vons ab&onn] ce monde o n\s t5ons g>nison1 sans le comm&em5t exprs de celui qui n\s y a placs2 que c'e/ ,dieu qui n\s a envoys ici-bas1 non p\r notre seul agrm5t mais p\r sa gloire et le s]vice d'autrui1 qu'il app>ti5t de n\s donn] cong qu& il lui plaira et non n\s de le pr5dre2 que n\s ne sommes pas ns seulem5t p\r n\s mais aussi p\r notre pays4--,les lois1 dans leur propre intrt1 n\s dem&5t compte de n\s-mmes et peuv5t n\s p\rsuivre comme homicide1 et1 d'autre "p1 dans l'autre monde1 n\s sommes punis p\r avoir ds]t notre po/e3 ,plus lo91 se ti5n5t1 accabls de tri/esse1 ceux qui1 n'ayant se punir d'aucun crime1 se sont donn la mort en ha9e de la lumire1 rejetant le f>deau de la vie 7,virgile74 ,c'e/ une l*et de fuir l'adv]sit4--,il y a bi5 plus de c\rage att5dre que tomb5t d'eux-mmes1 p> suite de leur usure1 les f]s qui n\s en*an5t qu' les rompre1 et ,rgulus fit preuve de plus de f]met que ,caton4 ,c'e/ le manque de discrtion et l'impati5ce qui n\s font ht] le mom5t fatal4 ,la v]tu vraim5t digne de ce nom ne cde devant aucun accid5t quel qu'il soit2 les maux et la d\leur sont en quelque sorte ses alim5ts et elle les re*]*e2 les m5aces des tyrans1 les t\rm5ts1 les b\rreaux l'anim5t et la vivifi5t3 ,tel le *ne1 dans les noires =ts de l',algide2 lagu p> la ha*e1 malgr ses p]tes et ses meurtrissures1 il rec\vre une n\velle vigueur s\s le f] qui le frappe 7,horace74 ,on peut encore dire avec ces auteurs3 ,la v]tu1 mon pre1 ne consi/e pas1 comme tu le p5ses1 cra9dre la vie1 mais ne jamais la fuir et faire face l'adv]sit 7,snque72--,dans le malheur il e/ facile de mpris] la mort et il y a bi5 plus de c\rage savoir tre malheureux 7,m>tial74 ,c'e/ le rle de la peur et non celui de la v]tu1 d'all] se tapir dans une fosse1 s\s une tombe massive1 p\r se s\/raire aux c\ps de la =tune2 la v]tu1 elle1 ne modifie ni sa r\te1 ni son allure1 quelque orage qu'il fasse3 ,que l'univ]s bris s'effondre1 ses ru9es l'cras]ont sans qu'il en soit effray 7,horace74 ,le plus ord9airem5t1 c'e/ p\r fuir d'autres inconvni5ts que n\s en arrivons celui-ci2 quelquefois mme1 c'e/ p\r *app] la mort que n\s y c\rons3 ,dites-moi1 je v\s prie1 m\rir de peur de m\rir1 n'e/-ce pas folie 7,m>tial78 a9si font ceux qui p> peur d'un prcipice1 s'y jett5t de leur propre m\vem5t3 ,la cra9te du pril fait s\v5t qu'on s'y prcipite4 ,l'homme c\rageux e/ celui qui brave le dang] s'il le faut1 et l'vite s'il le peut 7,luca974--,la cra9te de la mort va jusqu' inspir] aux hommes un tel dgt de la vie1 qu'ils en arriv5t port] sur eux-mmes des ma9s crim9elles1 oublieux qu'ils sont de cette vrit1 que cette cra9te de la mort e/ l'unique s\rce de leurs pe9es 7,lucrce74 ,c'e/ all] contre les lois de la nature1 que de ne pas support] l'exi/5ce telle qu'elle n\s l'a faite4--,dans ses lois1 ,platon ordonne qu'une spulture ignom9ieuse soit rs]ve qui aura priv de la vie son p>5t le plus pro*e et son meilleur ami1 autrem5t dit soi-mme1 et aura int]rompu le c\rs de ses de/9es alors qu'il ne s'y tr\vait pas contra9t p> le s5tim5t public1 p> quelque tri/e et 9vitable accid5t de la =tune1 une honte insupportable1 et n'a eu p\r mobile que la l*et et la faiblesse d'une me cra9tive4--,ddaign] la vie e/ un s5tim5t ridicule1 c> enf9 la vie1 c'e/ notre tre1 notre t\t4 ,s'il y a des *oses dont l'tre soit plus noble et plus ri*e1 elles peuv5t dprci] le ntre2 mais que n\s n\s mprisions et que n\s n'ayons aucun s\ci de n\s-mmes1 c'e/ contre nature2 se har et se ddaign] con/itu5t une maladie d'une g5re p>ticuli] qui ne se retr\ve *ez aucune autre crature4--,c'e/ encore de la vanit que de s\hait] tre autre que n\s sommes2 un tel dsir ne mne ri51 il se contr$it lui-mme et porte en lui ce qui fait ob/acle sa ralisation4 ,celui qui s\haite d'homme dev5ir ange1 ne travaille pas p\r lui-mme2 son s\hait se ralis]ait-il1 il ne s'en tr\v]ait pas mieux1 puisque n'tant plus1 il ne p\rrait pas lui-mme se rj\ir de sa trans=mation et en pr\v] les effets3 ,on n'a ri5 cra9dre d'un mal v5ir1 si on ne doit plus exi/] qu& ce mal arriv]a 7,lucrce74 ,la scurit1 l'indol5ce1 l'impassibilit1 l'exemption des maux de cette vie1 que n\s a*etons en n\s donnant la mort1 ne n\s devi5n5t d'aucune commodit2 c'e/ p\r ri5 qu'vite la gu]re celui qui ne peut j\ir de la paix1 p\r ri5 que fuit la pe9e celui qui ne peut sav\r] le repos4 ,p\r ceux qui admett5t comme licite de se donn] la mort1 dans quel cas e/-on fond us] de cette facult8--,*ez ceux qui p5s5t qu'il e/ licite de se donn] la mort1 il e/ un po9t qui fait gr& d\te3 qu& les circon/ances sont-elles suffisamm5t ju/ifies p\r qu'un homme soit fond se tu]1 faire ce qu'ils appell5t une sortie raisonnable8 ,bi5 qu'ils admett5t que s\v5t des causes lgres peuv5t motiv] une semblable dt]m9ation puisque1 dans la vie1 t\t ce qui n\s arrive e/ de peu d'importance1 encore faut-il y apport] quelque mesure4 ,il y a des dispositions d'esprit1 absolum5t dnues de s5s et de raison1 qui ont p\ss non pas seulem5t des hommes isols1 mais des peuples se dtruire4 ,j'en ai prcdemm5t cit des exemples1 en voici un autre3 ,p> suite d'une ent5te t5ant de la folie furieuse1 les jeunes filles de ,milet se p5dai5t les unes aprs les autres2 cela ne prit f9 que lorsque le magi/rat1 int]v5ant1 eut ordonn que celles qui s]ai5t a9si tr\ves p5dues s]ai5t1 t\tes nues1 tranes p> la ville1 avec cette mme corde qui leur aurait s]vi se p5dre4 ,tant que demeure un re/e d'esprance on ne doit pas dispos] de sa vie4--,?reycion pressait ,clomne de se tu]1 en raison du mauvais tat dans lequel se tr\vai5t ses affaires1 et1 puisqu'il avait fui une mort honorable qu'il et pu tr\v] dans le combat qu'il v5ait de p]dre1 d'en accept] une autre qui1 p\r l'tre mo9s1 priv]ait cep5dant le va9queur de la satisfaction de lui faire s\ffrir ou une mort ou une vie honteuses4 ,clomne1 avec un c\rage t\t lacdmoni5 et vraim5t /oque1 c>ta ce conseil1 le t5ant p\r l*e et effm93 ,c'e/1 dit-il1 une ress\rce qui ne peut jamais faire dfaut et laquelle il ne faut avoir rec\rs tant qu'il re/e encore la mo9dre p>celle d'esprance2 vivre1 c'e/ quelquefois faire preuve de f]met et de vaillance2 je veux que ma mort elle-mme soit utile mon pays et soit un acte qui tmoigne de mon c\rage et me fasse honneur4 ,?reycion1 consqu5t avec lui-mme1 se tua2 ,clomne en fit autant p> la suite1 mais seulem5t aprs avoir1 jusqu' la f91 essay de matris] la =tune4 ,les revirem5ts de la =tune sont tels qu'il n'y a jamais lieu de dsespr]4--,t\s les inconvni5ts de la vie ne val5t pas qu'on se donne la mort p\r les vit]2 et puis1 les *oses huma9es sont sujettes de tels revirem5ts1 qu'il e/ difficile d'apprci] le mom5t o n\s sommes fonds r5onc] t\te esprance3 t5du sur l'arne1 le gladiateur va9cu espre encore la vie1 alors que dj la f\le m5aante fait le ge/e qui ordonne sa mort 7,p5tadius74 ,l'homme1 dit un aphorisme de l'antiquit1 e/ en droit de t\t espr]1 tant qu'il vit4 ,oui1 rpond ,snque1 mais p\rquoi se dire que la =tune a t\t p\voir sur ce qui e/ vivant plutt que la =tune e/ impuissante sur qui sait m\rir8--,n\s voyons ,josphe1 m5ac d'un dang] si app>5t et si pro*e1 t\t un peuple tant s\lev contre lui1 que raisonnablem5t il ne p\vait s'en tir]1 p]si/] t5ir bon contre t\te esprance1 si bi5 que dj un de ses amis1 dit-il1 lui avait donn le conseil de se tu]4 ,bi5 lui en prit de ne pas avoir dsespr2 la =tune1 contre t\te prvision huma9e1 lui fit esquiv] l'accid5t qui le m5aait et dont il se tr\va dlivr sans en pr\v] de dommage4--,cassius et ,brutus n'a*evr5t-ils pas de p]dre les d]ni]s re/es de la lib]t roma9e1 dont ils tai5t les s\ti5s1 p> la prcipitation et la tmrit qu'ils apportr5t se tu]1 avant le mom5t o les circon/ances p\vai5t le ncessit]4--,a la bataille de ,crisoles1 ,m4 d',enghi5 t5ta deux fois de se p]c] la gorge de son pe1 dans son dsespoir de voir le combat si mal t\rn] l o il se tr\vait et1 p> cette prcipitation1 faillit se priv] de j\ir d'une si belle victoire4--,j'ai vu c5t livres *app]1 alors qu'ils tai5t s\s la d5t des lvri]s3 ,il en e/ qui ont survcu leurs b\rreaux 7,snque74--,le temps1 les vnem5ts div]s peuv5t am5] des *angem5ts heureux3 s\v5t1 dans ses jeux1 la =tune capricieuse revi5t ceux qu'elle a tromps et les relve avec clat 7,virgile74 ,cep5dant des maladies incurables1 d'irrmdiables in=tunes peuv5t autoris] une mort volontaire4--,pl9e dit qu'il n'y a que trois sortes de maladie p\r lesquelles on soit en droit de se tu] p\r y *app] et il cite comme la plus d\l\reuse de t\tes la pi]re1 qu& elle ob/rue la vessie et occasionne des rt5tions d'ur9e4 ,snque n'admet que celles qui compromett5t p\r longtemps les fonctions de l'me4 ,d'autres sont d'avis que p\r vit] une mort plus d\l\reuse1 on peut se la donn] sa conv5ance4--,damocrite1 *ef des toli5s1 emm5 en captivit ,rome1 tr\va une nuit moy5 de s'*app]2 p\rsuivi p> ceux qui avai5t *>ge de le g>d] et sur le po9t de tomb] entre leurs ma9s1 il se passa son pe trav]s le corps4--,ant9os et ,?odotus1 citoy5s d'pire1 voyant leur ville rduite la d]nire extrmit p> les ,roma9s1 donnr5t au peuple le conseil de se tu] t\s2 celui de se r5dre l'ayant emport1 ils se rsolur5t la mort1 et1 la *]*ant1 se rur5t sur l'ennemi1 s'ef=ant uniquem5t de frapp] sans se proccup] de se g>antir4--,lorsque1 il y a quelques annes1 l'le de ,goze tomba au p\voir des ,turcs1 un ,sicili5 qui s'y tr\vait et avait deux belles filles en tat d'tre m>ies1 les tua de ses propres ma9s et1 aprs elles1 leur mre acc\rue comme il leur donnait la mort4 ,cela fait1 il sortit dans la rue avec une arbalte et une arquebuse2 et1 comme les ,turcs appro*ai5t de sa maison1 il d*>gea sur eux ses deux armes1 tuant les deux premi]s2 puis1 l'pe la ma91 il se prcipita sur les autres2 immdiatem5t envelopp1 il fut mis en pices1 et p> l il *appa l'esclavage1 aprs en avoir affran*i les si5s4--,les femmes juives1 fuyant la cruaut d',antio*us1 allai5t1 aprs avoir fait circoncire leurs enfants1 se jet] avec eux dans un prcipice4--,on m'a cont qu'un homme de qualit se tr\vant en prison s\s le c\p de p\rsuites crim9elles1 ses p>5ts1 av]tis qu'il s]ait c]ta9em5t condamn mort1 p\r vit] la honte du supplice1 donnr5t commission un prtre de lui dire qu'il tait p\r lui un moy5 s\v]a9 d'obt5ir sa dlivrance2 qu' cet effet1 il se recomm&t tel sa9t lui faisant tel et tel vu1 et demeurt huit j\rs sans pr5dre la mo9dre n\rriture1 quelque dfaillance et faiblesse qu'il en ress5tt4 ,il le crut1 et de la sorte1 sans y p5s]1 se dlivra de la vie et du dang] qui le m5aait4--,scribonia donna le conseil son neveu ,libo de se tu] plutt que d'att5dre l'int]v5tion de la ju/ice1 faisant valoir que c'tait faire prcism5t les affaires d'autrui1 que de cons]v] sa vie p\r la remettre entre les ma9s de g5s qui1 trois ou quatre j\rs aprs1 vi5drai5t la *]*]2 que c'tait all] au-devant des dsirs de ses ennemis1 que de g>d] son sang p\r qu'ils puiss5t s'en repatre loisir4 ,on lit dans la ,bible que ,nicanor1 p]scutant les fidles obs]vateurs de la loi de ,dieu1 envoya ses g>des p\r se saisir de ,rasias1 vieill>d de haute v]tu1 honor de t\s et p\r cela surnomm le ,pre des ,juifs4 ,se voyant p]du1 sa porte brle1 ses ennemis prts s'emp>] de lui1 cet homme de bi5 se frappa de son pe1 prfrant m\rir noblem5t plutt que de tomb] entre les ma9s des m*ants et d'avoir subir des traitem5ts indignes de son rang4 ,mais1 dans sa hte1 le c\p ayant mal port1 il c\rut se jet] du haut en bas d'un mur1 se laissant *oir sur la tr\pe assaillante2 celle-ci s'c>tant p\r lui faire place1 il tomba directem5t sur la tte4 ,cons]vant1 malgr sa *ute1 quelques re/es de vie1 il fait ef=t sur lui-mme1 se relve et1 t\t ensanglant et meurtri1 =ant le c]cle de ceux qui l'ent\r5t1 il *]*e atte9dre le bord d'un ro*] taill pic1 p\r s'en prcipit]2 mais1 n'en p\vant plus1 oblig de s'arrt]1 il tire deux ma9s ses entrailles p> l'une de ses plaies1 les d*ire1 les froisse et les jette la tte de ceux qui le p\rsuiv5t1 pr5ant le ciel tmo9 de la ju/ice de sa cause et appelant sur eux la v5geance div9e4 ,elle e/ glorieuse *ez les femmes qui n'ont d'autre moy5 de cons]v] leur honneur ou auxquelles il a t ravi p> viol5ce1 ce dont beauc\p t\tefois f9iss5t p> pr5dre leur p>ti4--,p>mi les viol5ces faites la consci5ce1 les plus vit]1 mon avis1 sont celles qui port5t atte9te la *a/et des femmes2 d'autant que1 du fait mme de la nature1 notre conduite en p>eil cas tant insp>able du s5tim5t de plaisir qu'elle veille en nos s5s1 le diss5tim5t qui l'inspire cesse d'tre notre unique mobile1 et il semble que t\j\rs1 aux exig5ces que n\s mettons en avant contre elles1 s'associ5t quelque peu nos apptits s5suels4 ,l'hi/oire ecclsia/ique cons]ve avec respect la mmoire de c]ta9es femmes pieuses qui eur5t rec\rs la mort p\r se df5dre des outrages dont tai5t m5aces leur religion et leur consci5ce4 ,p>mi elles1 ,pelagia et ,sophronia qui1 t\tes deux sont canonises3 la premire se prcipita dans la rivire avec sa mre et ses surs p\r *app] aux viol5ces de quelques soldats1 la seconde se tua galem5t p\r vit] celles de l'emp]eur ,max5ce4 ,ce s]a peut-tre notre honneur dans les sicles futurs1 qu'un savant auteur de notre poque1 de ,p>is s'il v\s plat1 ait pris la pe9e de p]suad] aux dames de nos j\rs de s'arrt]1 le cas *ant1 un autre p>ti que celui-ci de si horribles consqu5ces1 que jusqu'ici leur a inspir le dsespoir4 ,je regrette que cet auteur n'ait pas connu1 p\r en appuy] sa propag&e1 le bon mot qui m'a t cont ,t\l\se1 d'une femme qui tait passe p> les ma9s de plusieurs soldats3 ,dieu soit l\1 disait-elle1 qu'au mo9s une fois en ma vie1 je m'en sois sle sans p*4--,se tu] p\r semblable av5ture e/1 en vrit1 une cruaut qui n'e/ pas digne de la d\ceur des murs franaises2 aussi1 ,dieu m]ci1 voyons-n\s1 depuis que l'avis leur en a t si *>itablem5t donn1 de telles c\tumes se p]dre presque compltem5t1 et auj\rd'hui il suffit ces dames de dire ,n5ni1 la manire que leur suggre ce bon ,m>ot4 ,les raisons les plus div]ses ont t cause de semblables rsolutions4--,l'hi/oire e/ ple9e de g5s qui1 de mille faons1 ont *ang contre la mort une vie qui leur tait *>ge3--,lucius ,aruntius se tua p\r1 dit-on1 fuir le pass autant que l'av5ir4--,granius ,silvanus et ,/atius ,proximus1 auxquels ,nron avait p>donn1 se tur5t p\r ne pas devoir la vie un si m*ant homme et n'tre pas exposs un second p>don1 en raison de la facilit avec laquelle ce c>actre s\ponneux accueillait les accusations contre les g5s de bi54--,s>gapizes1 fils de la re9e ,?omyris1 fait prisonni] de gu]re p> ,cyrus1 employa se dtruire la premire faveur que lui fit son va9queur en le faisant dta*]1 ne v\lant de sa lib]t que la possibilit de se punir de la honte de s'tre laiss pr5dre4--,bogez1 g\v]neur d',enione p\r le roi ,x]xs1 assig p> les ,a?ni5s s\s les ordres de ,cimon1 refusa t\te proposition de se retir] en t\te sret en ,asie1 lui et t\t ce qui lui app>t5ait1 ne p\vant se rsign] survivre la p]te de ce dont son matre lui avait donn la g>de4 ,aprs avoir p\ss la df5se de la ville jusqu' la d]nire extrmit1 n'ayant plus de vivres1 il fit d'abord jet] dans la rivire de ,/rymon l'or et t\t ce dont l'ennemi et pu s'emp>] utilem5t1 puis allum] un gr& b*] dans lequel ses femmes1 ses enfants1 ses concub9es et ses s]viteurs1 qu'il avait fait pralablem5t gorg]1 fur5t jets et o il se prcipita ensuite lui-mme4 ,mort rem>quable d'un seigneur indi54--,n9a*etu51 seigneur indi51 ayant eu v5t que le vice-roi portugais1 sans motif app>5t1 prmditait de le dpossd] de la *>ge qu'il occupait ,malaga p\r la donn] au roi de ,camp>1 prit la rsolution suivante3 ,il fit dress] une e/rade plus longue que l>ge1 s\t5ue p> des colonnes1 la fit tapiss] magnifiquem5t et orn] de fleurs et de p>fums en abondance2 puis1 vtu d'une robe de drap d'or1 rehausse de quantit de pi]r]ies de haut prix1 il sortit de son palais et1 p> un escali]1 monta sur l'e/rade l'une des extrmits de laquelle tait un b*] =m de bois aromatiques auquel le feu avait t mis4 ,la f\le acc\rut p\r voir dans quel b avai5t eu lieu ces prp>atifs inusits4 ,n9a*etu5 exposa alors d'une voix assure1 ne ca*ant pas son mcont5tem5t1 quelles obligations la nation portugaise avait env]s lui2 combi5 il s'tait fidlem5t acquitt de sa *>ge2 qu'aprs avoir si s\v5t tmoign p\r d'autres1 les armes la ma91 que l'honneur lui tait beauc\p plus *] que la vie1 il n'y manqu]ait c]ta9em5t pas p\r lui-mme1 et que la =tune lui refusant t\t moy5 de s'oppos] l'injure qu'on v\lait lui faire1 son c\rage lui imposait le devoir de n'en tre pas tmo91 de ne pas tre la rise du peuple1 et de ne pas s]vir au triomphe de p]sonnes valant mo9s que lui4 ,ce disant1 il se jeta dans les flammes4 ,femmes se donnant la mort p\r enc\rag] leurs m>is faire de mme4--,sextilia1 femme de ,scaurus1 et ,paxa1 femme de ,labo1 sacrifir5t volontairem5t leur vie p\r enc\rag] leurs m>is se s\/raire p> la mort aux dang]s pressants qui les m5aai5t et qui ne les intressai5t elles-mmes qu'en raison de leur affection conjugale1 v\lant en cette ncessit extrme leur donn] l'exemple et demeur] en leur compagnie4--,ce que ces deux femmes fir5t p\r leurs m>is1 ,cocceius ,n]va le fit p\r sa patrie1 laquelle cet acte1 t\t en procdant d'un am\r p>eil1 n'eut pas la mme utilit3 ce gr& jurisconsulte qui avait sant1 ri*esse1 rputation1 crdit auprs de l'emp]eur1 se tua uniquem5t p> compassion p\r l'tat misrable en lequel tait tomb le g\v]nem5t de l',empire roma94--,y a-t-il ri5 de plus t\*ant que la mort de la femme de ,fulvius1 qui tait de l'intimit d',augu/e4 ,ce d]ni] s'tant ap]u que ,fulvius avait divulgu un secret important qu'il lui avait confi1 lui fit =t mauvais accueil1 qu& un mat9 il v9t le voir4 ,fulvius r5tra *ez lui dsespr et piteusem5t dcl>a sa femme que1 devant un p>eil malheur1 il tait rsolu se tu]4 ,celle-ci lui rpondit sans dt\rs3 ,tu f]as bi51 puisque ayant assez s\v5t pr\v combi5 peu je sais me taire1 tu n'y z pas pris g>de2 mais laisse1 que je me tue la premire4 ,et1 sans en dire plus long1 elle se plongea une pe dans le corps4 ,mort de ,vibius ,virius et de v+t-sept autres snateurs de ,cap\e4--,lors du sige de ,cap\e p> les ,roma9s1 ,vibius ,virius1 dsesprant du salut de sa ville et aussi de la misricorde de l'ennemi1 aprs avoir1 dans la d]nire runion que t9t le ,snat1 longuem5t discut ce qui re/ait faire1 conclut que le plus beau p>ti pr5dre tait de se mettre soi-mme hors des atte9tes de la mauvaise =tune1 que les ennemis ne les en honor]ai5t que davantage et qu',annibal s5tirait mieux quels amis fidles il avait ab&onns4 ,il convia alors ceux qui appr\vai5t sa motion v5ir pr5dre "p un fe/9 somptueux qu'il avait fait prp>] *ez lui et o1 aprs avoir fait bonne *air1 ils boirai5t de compagnie un breuvage qu'on leur prs5t]ait1 qui dlivr]ait leurs corps de leurs t\rm5ts1 leurs mes de leurs afflictions1 leurs yeux et leurs oreilles du s5tim5t de t\s les vila9s maux que les va9cus ont s\ffrir de va9queurs cruels et pr(ondm5t (f5ss3 ,j'ai p\rvu1 aj\tait-il1 ce qu'aussitt aprs que n\s aurons r5du le d]ni] s\pir1 n\s soyons placs1 p> les so9s de p]sonnes dsignes cet effet1 sur un b*] dress devant ma porte4 ,beauc\p appr\vr5t cette rsolution digne d'un gr& cur1 mais peu s'y rsolur5t4 ,v+t-sept snateurs seulem5t se joignir5t lui et1 aprs avoir *]* dans le v9 l'oubli de ce qui devait s'ensuivre1 t]m9r5t en buvant avec lui le fatal breuvage2 puis1 s'embrassant les uns les autres1 aprs avoir dplor une d]nire fois le malheur de leur pays1 les uns se retirr5t *ez eux1 les autres demeurr5t p\r1 avec ,vibius1 tre rduits en c5dres4 ,*ez t\s1 la mort fut l5te v5ir1 les vapeurs du v9 les ayant *auffs et ral5tissant l'effet du poison1 si bi5 que quelques-uns c\rur5t risque1 une heure prs1 de voir les ennemis entr] dans ,cap\e qui fut prise le l5dema91 et d'pr\v] les misres auxquelles ils avai5t t\t sacrifi p\r y *app]4 ,inhumanit de ,fulvius consul roma94--,en cette mme circon/ance1 ,taura ,jubellius1 autre citoy5 de cette mme ville1 int]pella c\rageusem5t le consul ,fulvius comme celui-ci rev5ait de cette honteuse b\*]ie que fut le massacre qu'il ordonna de deux c5t v+t-c9q snateurs4 ,l'appelant p> son nom et l'arrtant3 ,comm&e1 lui dit-il1 qu'on m'gorge aussi aprs tant d'autres et tu p\rras te vant] d'avoir tu quelqu'un de beauc\p plus vaillant que toi4 ,fulvius1 ddaignant ses propos comme le fait d'un f\1 d'autant qu'il v5ait de recevoir de ,rome des lettres lui repro*ant son inhumanit et l'emp*ant de se livr] de n\veaux actes de cruaut1 ,jubellius cont9ua3 ,puisque mon pays a succomb1 que mes amis sont morts1 que j'ai tu de ma ma9 ma femme et mes enfants p\r les s\/raire aux calamits qu'entrane notre ru9e et que je ne puis m\rir de la mort de mes concitoy5s1 que le c\rage me vi5ne en aide p\r quitt] cette vie odieuse4 ,et tirant un glaive qu'il t5ait ca*1 il se l'enfona dans la poitr9e et tomba m\rant aux pi$s du consul4 ,indi5s qui se brl5t t\s dans leur ville assige p> ,alex&re4--,alex&re assigeait une ville des ,indes4 ,vivem5t presss1 les assigs se rsolur5t le priv]1 p> un acte de vigueur1 du plaisir de la victoire4 ,malgr l'humanit dont il usait env]s les va9cus1 ils inc5di5t leur ville1 livrant au feu leurs bi5s et leurs p]sonnes2 et voil qu'un n\veau combat s'engage3 les assigeants s'ef=ant de sauv] les assigs qui1 p\r n'tre pas sauvs et assur] leur mort1 font t\t ce que d'ord9aire on fait p\r g>antir sa vie4 ,f9 hroque des habitants d',a/apa4--,la ville d',a/apa1 en ,espagne1 n'ayant que des murs et des moy5s de df5se insuffisants p\r rsi/] aux ,roma9s1 les habitants mir5t en tas leurs ri*esses et leurs meubles sur la place publique1 placr5t dessus les femmes et les enfants et empilr5t t\t aut\r des bois et autres matires propres s'enflamm] aism5t1 et1 laissant dans la ville c9quante jeunes g5s d'entre eux *>gs d'excut] le desse9 qu'ils avai5t conu1 ils font contre l'ennemi une sortie o1 suivant le s]m5t qu'ils en avai5t fait1 ne p\vant va9cre1 ils se fir5t t\s tu]4 ,p5dant ce temps1 les c9quante jeunes g5s laisss cet effet procdai5t au massacre de t\t tre vivant tr\v isolm5t en ville2 puis1 mettant le feu ce qui avait t entass sur la place1 ils se jetr5t aussi dans le brasi]4 ,leur lib]t t\*ait sa f91 ils n'en fur5t pas affects grce cet acte gnreux qui leur p>gnait la d\leur et la honte de la p]dre1 et p> lequel ils montrai5t leurs ennemis que si la =tune ne leur et t contraire1 ils tai5t1 p> leur c\rage1 t\t aussi bi5 mme de remport] la victoire qu'ils l'tai5t de leur en enlev] le bnfice et de la r5dre horrible et mme mortelle1 c> bon nombre d'entre eux1 attirs p> l'appt de l'or en fusion qui app>aissait au milieu des flammes1 s'en appro*r5t trop et fur5t suffoqus et brls1 dans l'impossibilit o ils se tr\vai5t de recul]1 presss qu'ils tai5t p> la f\le qui v5ait d]rire eux4 ,f9 analogue des habitants d',abydos2 de semblables rsolutions sont plus facilem5t dcides p> les f\les que p> des individus4--,les habitants d',abydos1 presss p> ,philippe1 s'tai5t arrts cette mme rsolution2 mais ils s'y dcidr5t trop t>d4 ,le roi1 auquel il rpugnait de voir un tel c>nage dcid et excut si prcipitamm5t1 aprs avoir fait ma9 basse sur les trsors et autres objets mobili]s que les ,abydens v\lai5t brl] ou jet] la m]1 retirant ses soldats1 leur accorda trois j\rs p\r qu'ils puss5t mettre excution1 avec plus d'ordre et plus commodm5t1 le projet qu'ils avai5t =m de se tu]2 durant ces trois j\rs1 le sang c\la et il se produisit des scnes de meurtre dpassant t\t ce que l'ennemi le plus cruel et pu commettre2 p]sonne1 mme de dispos] de soi-mme1 ne survct4 ,l'hi/oire rapporte un nombre inf9i de dt]m9ations semblables1 prises p> des populations entires2 elles frapp5t d'autant plus l'imag9ation1 qu'elles s'appliqu5t t\s sans exception2 et p\rtant1 elles sont mo9s difficiles pr5dre p> des f\les qu'isolm5t p> des individus1 p>ce que le raisonnem5t que *acun ne f]ait pas s'il tait seul1 il l'accepte si t\t le monde en e/1 la fivre qui v\s agite qu& on e/ runi tant le jugem5t *acun en p>ticuli]4 ,privilge accord1 du temps de ,tibre1 aux condamns mort qui se la donnai5t eux-mmes4--,au temps de ,tibre1 les condamns qui att5dai5t de recevoir la mort de la ma9 du b\rreau1 p]dai5t leurs bi5s et tai5t privs de spulture2 ceux qui devanai5t ce mom5t en se tuant eux-mmes1 tai5t inhums et avai5t possibilit de dispos] de leurs bi5s p> te/am5t4 ,on se donne aussi p>fois la mort dans l'espoir des flicits d'une vie future4--,on s\haite quelquefois la mort1 p>ce qu'on espre mieux en l'autre monde4 ,sa9t ,paul dit3 ,je dsire m\rir p\r tre avec ,jesus-,*ri/2 et dans un autre passage3 ,qui rompra les li5s qui me reti5n5t ici-bas8--,clombrotus d',ambracie1 ayant lu le ,phdon de ,platon1 fut pris d'un si vif dsir de la vie future que1 sans autre motif1 il alla se prcipit] dans la m]4--,n\s voyons p> l combi5 tort n\s attribuons au dsespoir c]ta9es morts volontaires v]s lesquelles n\s porte s\v5t une esprance ard5te et qui1 s\v5t aussi1 sont l'effet de dt]m9ations prises avec calme et mrem5t rfl*ies4 ,jacques du ,*tel1 vque de ,soissons1 qui avait suivi sa9t ,l\is dans une de ses expditions outre-m]1 voyant que le ret\r en ,france du roi et de t\te l'arme tait *ose dcide1 alors que les intrts religieux qui l'avai5t fait entrepr5dre n'avai5t pas reu complte satisfaction1 prit la rsolution de ht] son entre dans le ,p>adis4 ,il dit adieu ses amis1 et1 t\t seul1 la vue de t\s1 se porta contre l'ennemi et y tr\va la mort4--,dans un royaume de ce cont95t rcemm5t dc\v]t1 en c]ta9s j\rs de processions sol5nelles1 l'idole qui y e/ adore1 e/ prom5e en public sur un *> de proportion considrable4 ,au c\rs de ces processions1 nombre de g5s se c\p5t des lambeaux de *air vive p\r les (frir l'objet de leur culte1 t&is que d'autres1 se pro/]nant sur son p>c\rs1 se font cras] et broy] s\s les r\es de son *> p\r acqurir p> l une rputation de sa9tet qui les fasse vnr] aprs leur mort4 ,celle de notre vque les armes la ma91 comp>e ces sacrifices1 a plus de gr&eur1 mais le s5tim5t religieux y prdom9e mo9s1 tant masqu en p>tie *ez lui p> son ardeur p\r le combat4 ,plusieurs c\tumes et in/itutions politiques ont autoris le suicide4--,il y a des g\v]nem5ts qui sont int]v5us p\r /atu] sur les cas o une mort volontaire e/ ju/ifie et opportune4 ,dans notre pays mme1 ,m>seille1 on cons]vait jadis1 aux frais du trsor public1 du poison 7de la cigu7 con/amm5t t5u prt p\r ceux qui v\drai5t ht] leur f94 ,il fallait qu'au pralable le conseil des six-c5ts1 qui reprs5tait leur snat1 en et appr\v les raisons2 il n'tait pas p]mis de se tu] sans en avoir obt5u l'autorisation du magi/rat1 et seulem5t p\r des motifs lgitimes4--,cette mme loi exi/ait encore ailleurs4 ,mort c\rageuse1 dans ces conditions1 d'une femme de haut rang de l'le de ,ca1 qui s'empoisonne en public4--,sextus ,pompe1 se r5dant en ,asie1 passait p> l'le de ,ca de ,ngrepont4 ,p5dant qu'il y tait1 n\s appr5d un de ceux qui l'accompagnai5t1 le has>d fit qu'une femme de haut rang1 qui avait prv5u ses concitoy5s qu'elle tait rsolue d'en f9ir avec la vie et leur en avait expliqu les motifs1 pria ,pompe d'assi/] sa mort1 p\r lui faire honneur4 ,il y cons5tit1 et1 aprs avoir longuem5t et en va9 essay de la dt\rn] de ce desse91 mettant cet effet en jeu t\tes les ress\rces de l'loqu5ce dont il tait si m]veilleusem5t d\1 il s\ffrit qu'elle agt suivant ce qu'elle s\haitait4 ,elle tait ge de quatre-v+t-dix ans passs et j\issait de t\tes ses facults intellectuelles et physiques4 t5due sur son lit magnifiquem5t p> p\r la circon/ance1 appuye sur un c\de1 elle lui dit3 ,o ,sextus ,pompe1 que les dieux1 ceux que je laisse sur cette t]re plutt que ceux que je vais tr\v] dans l'autre monde1 te sa*5t gr de n'avoir pas ddaign d'avoir t mon conseill] p5dant ma vie et tmo9 de ma mort6 ,p\r moi1 j'ai t\j\rs t favorise de la =tune2 mais1 de peur que ma vie se prolongeant1 elle ne me devi5ne contraire1 je r5once dans d'heureuses conditions aux quelques j\rs que je p\rrais encore avoir vivre1 et p>s1 laissant aprs moi deux filles et une lgion de neveux4 ,cela dit1 elle donne quelques conseils aux si5s1 les exhortant vivre unis et en paix1 leur p>tage ses bi5s1 recomm&e ses dieux dome/iques sa fille ane1 puis1 pr5ant d'une ma9 assure la c\pe cont5ant le poison1 adresse ses vux ,m]cure1 le priant de la conduire en quelque heureux sj\r de l'autre monde1 et avale d'un trait le breuvage qui doit lui donn] la mort4 ,a p>tir de ce mom5t1 elle ne cesse d'entret5ir ceux qui l'ent\r5t des progrs du mal1 indique les div]ses p>ties du corps que le froid gagne les unes aprs les autres1 jusqu' ce que signalant qu'il envahit les entrailles et le cur1 elle appelle ses filles p\r lui r5dre les d]ni]s devoirs et lui f]m] les yeux4 ,pl9e raconte d'une nation hyp]borenne que la d\ceur de la temprature dans cette contre e/ telle1 que la vie *ez ses habitants ne se t]m9e d'ord9aire que du fait de leur propre volont4 ,ils en arriv5t tre si las et si rassasis de l'exi/5ce1 qu'ils ont c\tume1 arrivs un ge avanc1 d'all]1 aprs un bon repas1 se prcipit] dans la m]1 du haut d'un ro*] *oisi cet effet4 ,conclusion4--,une d\leur 99 insupportable1 une mort misrable en p]spective me sembl5t les mobiles les plus excusables qui peuv5t n\s port] n\s dtruire4 ,,*apitre ,,iv4 ,a dema9 les affaires4 ,en traduisant ,plut>que1 ,amyot n\s a r5du un rel s]vice4--,je donne avec raison1 ce me semble1 la palme ,jacques ,amyot1 sur t\s nos criva9s franais1 non seulem5t p\r la simplicit et la puret de son /yle1 ce en quoi il surpasse t\s les autres2 p\r la p]si/ance qu'il lui a fallu p\r m5] bi5 un si long travail qu'a t sa traduction de ,plut>que2 p\r ses connaissances t5dues qui lui ont p]mis de r5dre avec autant de bonheur un auteur aussi difficile et aussi concis1 c>1 qu'on en dise ce que l'on v\dra1 bi5 que je n'ent5de ri5 au grec1 je vois sa traduction prs5t] un s5s tellem5t suivi et appropri1 que je suis am5 conclure1 ou qu'il a admirablem5t saisi les ides qu'a v\lu expos] son auteur1 ou que1 p> le fait de l'avoir longuem5t pratiqu1 il s'en e/1 d'une faon gnrale1 si =tem5t imprgn1 qu'il ne lui prte ri5 qui le dm5te ou le contr$ise2 mais encore1 et c'e/ ce dont surt\t je lui sais gr1 p\r le *oix qu'il a su faire p>mi tant d'autres1 p\r en dot] son pays1 d'un ouvrage si ple9 de mrite et d' propos4 ,n\s autres ignorants tions p]dus1 si ce livre ne n\s et retirs du b\rbi] dans lequel n\s tions enlizs2 grce lui1 n\s osons cette heure p>l] et crire1 les dames elles-mmes en remontr5t aux matres d'cole2 c'e/ notre brviaire4 ,si cet excell5t homme vit encore1 je lui indiqu]ais ,xnophon comme tant galem5t traduire1 ce s]a une t*e plus facile et p> suite mieux en rapport avec son ge avanc2 et puis1 je ne sais1 mais on dirait que1 malgr la facilit et la nettet avec lesquelles il se tire des passages difficiles1 son /yle e/ plus p]sonnel et se dr\le plus aism5t1 qu& il n'e/ pas entrav p> les difficults de la traduction4 ,exemple rem>quable de discrtion cit p> ,plut>que4--,j'en tais ce passage o1 p>lant de lui-mme1 ,plut>que dit que ,ru/icus assi/ant ,rome une de ses confr5ces1 y reut un c\rri] v5ant de l'emp]eur1 et remit l'ouvrir que la confr5ce ft a*eve2 discrtion qui1 dit-il1 valut ce p]sonnage l'approbation *aleureuse de t\te l'assi/ance4 ,cette anecdote e/ conte propos de la curiosit1 de cette passion avide et insatiable de n\velles qui fait qu'avec tant d'indiscrtion et d'impati5ce n\s ab&onnons t\t1 p\r n\s entret5ir avec un n\veau v5u1 et que1 sans n\s s\ci] de ce manque de respect et de t5ue1 n\s dca*etons immdiatem5t1 o que n\s soyons1 les lettres que n\s recevons4 ,plut>que a eu raison de l\] la rs]ve de ,ru/icus2 il aurait pu y aj\t] l'loge de sa politesse et de sa c\rtoisie1 puisqu'il agissait de la sorte p\r ne pas int]rompre le c\rs de la confr5ce2 je d\te cep5dant qu'il et t fond l\] sa prud5ce1 c> lorsqu'on reoit a9si des lettres l'improvi/e1 surt\t qu& elles n\s vi5n5t d'un emp]eur1 il peut arriv] que diffr] de les lire1 ait de graves inconvni5ts4 ,si trop de curiosit e/ rprh5sible1 trop de non*alance ne l'e/ pas mo9s4--,le dfaut oppos la curiosit e/ la non*alance1 v]s lequel je p5*e inconte/ablem5t p> tempram5t1 et dont j'ai vu c]ta9es p]sonnes affectes au po9t que1 trois ou quatre j\rs aprs les avoir reues1 on retr\vait encore non dca*etes1 dans les po*es de leurs vtem5ts1 des lettres qui leur avai5t t remises4--,je n'en ouvre jamais1 non seulem5t de celles qu'on me confie1 mais mme de celles que le has>d fait tomb] entre mes ma9s1 et me fais un cas de consci5ce que je me repro*e si1 mes yeux se portant la drobe sur celles de quelque importance qu'un p]sonnage peut lire auprs de moi1 je vi5s en surpr5dre quelque *ose4 ,jamais homme ne s'e/ mo9s enquis des affaires d'autrui et n'a mo9s *]* les pntr]4 ,du temps de nos pres1 ,m4 de ,b\ttires faillit p]dre ,tur9 p>ce qu'tant s\p] en bonne compagnie1 il remit lire un avis qu'on lui adressait de la trahison qui se prp>ait contre cette ville o il comm&ait4--,plut>que m'a encore appris que ,jules ,cs> et t sauv si1 lorsqu'il se r5dait au ,snat1 le j\r o il fut tu p> les conjurs1 il avait lu un mmoire qu'on lui prs5ta4--,ce mme auteur rapporte aussi que le soir mme o s'excuta le complot =m p> ,plopidas p\r tu] ,ar*ias tyran de ,?bes et r5dre la lib]t sa patrie1 un ,a?ni51 de ce mme nom d',ar*ias1 crivit de po9t en po9t son homonyme ce qui se tramait4 ,celui-ci reut la missive p5dant qu'il s\pait et diffra de l'ouvrir1 disant ce mot pass depuis en prov]be *ez les ,grecs3 ,a dema9 les affaires4 ,ligne de conduite qu'il semble possible de trac] cet g>d4--,un homme sage1 dans l'intrt d'autrui1 p> exemple p\r ne pas commettre1 en la tr\blant1 une impolitesse vis--vis de la socit dans laquelle il se tr\ve comme fit ,ru/icus1 ou ne pas int]rompre une autre affaire d'importance dont il e/ occup1 peut1 mon s5s1 remettre plus t>d de pr5dre communication de n\velles qu'on lui apporte4 ,mais si ce n'e/ que p> intrt ou plaisir p]sonnel1 il e/ inexcusable1 surt\t qu& il e/ inve/i d'une *>ge publique1 de ne pas le faire immdiatem5t1 dt-il p\r cela int]rompre son repos et mme son sommeil4 ,jadis1 ,rome1 il y avait table la place dite consulaire qui1 considre comme la plus honorable1 tait celle dont il tait le plus facile de se dgag] et aussi la plus accessible ceux qui p\vai5t surv5ir p\r entret5ir celui qui l'occupait1 ce qui indique bi5 que p>ce qu'on tait table1 on ne se ds9tressait pas p\r cela des autres affaires et des vnem5ts qui p\vai5t se produire4--,mais on peut avoir t\t dit sur les actions huma9es1 il e/ difficile de trac] une rgle1 si ju/e soit-elle au po9t de vue de la raison1 qui se tr\ve l'abri des surprises que lui mnage le has>d4 ,,*apitre ,v4 ,de la consci5ce4 ,on dissimule en va91 l'me se dvoile t\j\rs p> quelque ct4--,n\s tr\vant un j\r en voyage1 mon frre le sieur de la ,br\sse et moi1 p5dant nos gu]res civiles1 n\s r5contrmes un g5tilhomme qui m>quait bi54 ,il tait du p>ti oppos au ntre1 mais je n'en savais ri51 c> il feignait d'tre des ntres4 ,c'e/ l une des pires *oses de ces gu]res1 les c>tes y sont tellem5t mles1 que votre ennemi ne se di/+ue de v\s d'une faon app>5te1 ni p> le langage1 ni p> la t\rnure2 il e/ fait aux mmes lois1 aux mmes murs2 il a mme air1 si bi5 qu'il e/ malais d'vit] la confusion et le dsordre4 ,cela me faisait mme r$\t] moi-mme de r5contr] nos tr\pes en un lieu o je ne s]ais pas connu1 de peur d'avoir de la difficult me faire reconnatre et d'tre expos aux pires accid5ts1 comme cela m'e/ adv5u une autre fois1 msav5ture dans laquelle je p]dis des hommes et des *evaux1 et o1 entre autres1 l'on me tua misrablem5t un page g5tilhomme itali5 que j'levais avec so91 trs bel enfant qui donnait de gr&es esprances4 ,notre compagnon de r\te tait si p]du de frayeur1 je le voyais si dcont5anc *aque fois que n\s r5contrions quelques gr\pes d'hommes *eval ou que n\s trav]sions des villes qui t5ai5t p\r le roi1 que je f9is p> dev9] que ses al>mes prov5ai5t de ce qu'il n'avait pas la consci5ce tranquille4 ,il lui semblait que sur sa physionomie et au trav]s des croix qu'il portait sur sa casaque1 on lisait jusque dans son cur ses plus secrtes p5ses1 tant e/ m]veilleux l'irrsi/ible effet de la consci5ce6 ,elle n\s oblige n\s trahir1 n\s accus]1 n\s combattre n\s-mmes1 et1 dfaut d'autre tmo91 n\s produit contre n\s-mmes3 ,n\s s]vant elle-mme de b\rreau et n\s flagellant avec un f\et invisible 7,juvnal74 ,qui va contre sa consci5ce1 l'a contre lui4--,voici une anecdote qui e/ s\v5t dans la b\*e des enfants3 ,un sieur ,bessus1 orig9aire de ,ponie1 auquel on repro*ait d'avoir sans motif plausible abattu un nid de mo9eaux et de les avoir tus1 v9t dire que ce n'tait pas sans raison1 p>ce que ces oisillons ne cessai5t de l'accus] tort du meurtre de son pre4 ,ce p>ricide tait re/ jusque-l ca* et ignor1 mais les furies v5g]esses de la consci5ce fir5t qu'il fut dnonc p> celui-l mme qui tait le c\pable et devait en port] le *tim5t4--,platon dit que la punition suit de bi5 prs le p*2 ,hsiode rectifie a9si cet aphorisme3 ,elle nat l'in/ant mme o nat le p* et en mme temps que lui4 ,quiconque a r$\t] le *tim5t1 le subit dj2 et quiconque l'a mrit1 l'apprh5de4 ,la m*ancet eng5dre des t\rm5ts contre elle-mme3 ,le mal retombe sur celui qui l'a conseill 7,gellius72 a9si fait la gupe qui1 lorsqu'elle pique et (f5se autrui1 se nuit encore plus elle-mme1 c> elle y p]d son aiguillon et avec lui sa =ce p\r jamais3 ,elle laisse la vie dans la blessure qu'elle a faite 7,virgile74--,les can?>ides ont une p>tie d'elles-mmes qui1 p> une anti?se de la nature1 e/ l'antidote des empoisonnem5ts qu'elles caus5t4 ,c'e/ aussi ce qui se passe *ez qui pr5d plaisir au vice3 il en pr\ve au fond de sa consci5ce un dplaisir qui1 soit qu'il veille1 soit qu'il dorme1 t\rm5te pniblem5t et d'une faon cont9ue son imag9ation3 ,beauc\p de c\pables rvl5t1 dans le sommeil ou le dlire de la fivre1 des crimes qu'ils ont longtemps t5us ca*s 7,lucrce74--,apollodore voyait en rve que les ,scy!s l'cor*ai5t1 puis le mettai5t b\illir dans une m>mite1 t&is que son me lui murmurait3 ,c'e/ moi qui suis cause de t\s ces maux4--,le m*ant1 dit picure1 n'a o se ca*]1 p>ce qu'il n'e/ sr d'tre ca* nulle "p1 sa consci5ce le dnonant lui-mme4 ,la premire punition du c\pable e/ de ne p\voir s'abs\dre ses propres yeux 7,juvnal74 ,p> contre1 une bonne consci5ce n\s donne confiance4--,si la consci5ce n\s inspire de la cra9te1 elle n\s donne aussi de l'assurance et de la confiance2 et je puis dire m'tre comport en plusieurs circon/ances difficiles avec beauc\p plus de f]met1 p> la conviction intime o j'tais de la puret de mes int5tions et de ma volont de ne pas m'en dp>tir3 ,selon le tmoignage qu'on se r5d soi-mme1 on a le cur rempli de cra9te ou d'esprance 7,ovide74--,de cela1 il y a mille exemples2 il me suffira d'en cit] trois d'un mme p]sonnage3 ,scipion tait un j\r s\s le c\p d'une grave accusation porte contre lui devant le peuple roma92 au lieu de s'excus] et de *]*] att5drir ses juges3 ,il v\s si$ bi51 leur dit-il1 de v\loir jug] une accusation capitale contre celui auquel v\s devez de p\voir jug] le monde enti]6--,une autre fois1 au lieu de se df5dre contre les imputations dont il tait l'objet de la "p d'un tribun du peuple3 ,citoy5s1 dit-il p\r t\te rponse1 allons r5dre grce aux dieux de la victoire1 dont c'e/ auj\rd'hui l'anniv]saire1 qu'ils m'ont donn de remport] sur les ,c>?ag9ois6 m>*ant alors et se dirigeant v]s le temple1 le voil suivi de t\te l'assemble et de son accusateur lui-mme4--,ptilius ayant t suscit contre lui p> ,caton p\r lui dem&] compte des fonds qu'il avait eus adm9i/r] dans la prov9ce d',antio*e1 ,scipion1 v5u au ,snat cet effet1 prs5ta son livre de comptes qu'il tira de dess\s sa robe et affirma que recettes et dp5ses y tai5t t\tes fidlem5t transcrites4 ,et1 comme on lui dem&ait d'en faire le dpt au greffe1 il refusa disant ne pas v\loir s'impos] une p>eille honte2 en mme temps1 de ses ma9s1 en ple9 snat1 il le d*irait1 le mettant en pices4--,je ne crois pas qu'une me1 qui aurait eu se faire des repro*es1 et pu faire montre d'une p>eille assurance2 ,scipion avait naturellem5t le cur trop haut plac et tait trop habitu aux faveurs de la =tune1 dit ,tite-,live1 p\r tre c\pable et s'abaiss] df5dre son innoc5ce4 ,inju/ice et dang] de la "q p\r obt5ir l'aveu des accuss4--,la torture e/ une inv5tion dang]euse1 qui semble mettre l'preuve la =ce de rsi/ance la d\leur plutt que la s9crit4 ,celui qui ne peut la support] ca*e la vrit t\t aussi bi5 que celui qui peut y rsi/]1 c> p\rquoi la d\leur me f]ait-elle confess] davantage ce qui e/ que ce qui n'e/ pas8 ,et inv]sem5t1 si celui qui n'a pas commis ce qu'on lui repro*e e/ assez rsi/ant p\r support] ces t\rm5ts1 p\rquoi celui qui e/ c\pable ne le s]ait-il pas autant1 qu& il y va p\r lui d'un intrt aussi gr& que la cons]vation de sa vie8 ,je p5se que l'emploi de ce procd doit avoir p\r orig9e l'action de la consci5ce3 *ez le c\pable1 il semble qu'en l'affaiblissant1 elle doive v5ir en aide la torture1 p\r lui faire confess] sa faute1 et au contraire =tifi] l'innoc5t contre les t\rm5ts4 ,a dire vrai1 c'e/ un moy5 ple9 d'inc]titude et de dang]1 c> que ne dirait-on pas1 que ne f]ait-on pas1 p\r vit] de si int5ses d\leurs3 ,la d\leur =ce m5tir mme ceux qui sont innoc5ts 7,publius ,syrus72 aussi il advi5t que celui que le juge fait tortur] p\r ne pas s'expos] le faire m\rir innoc5t1 il le fait en ralit m\rir innoc5t et tortur4 ,mille et mille accuss1 s\s les effets de la torture1 se sont *>gs d'aveux m5song]s1 et p>mi eux je compr5ds ,philotas1 en jug] p> les circon/ances du procs que lui a int5t ,alex&re et les rsultats qu'ont donns les tortures auxquelles il a t s\mis4 ,quoi qu'il en soit et bi5 qu'on dise que c'e/ ce que l'homme1 dans sa faiblesse1 a tr\v de mo9s mauvais p\r arriv] la connaissance de la vrit1 j'e/ime1 moi1 que ce n'en e/ pas mo9s un procd trs inhuma9 et bi5 inutile4 ,ce procd e/ rpr\v p> c]ta9es nations que n\s qualifions de b>b>es4--,plusieurs nations1 mo9s b>b>es en cela que les ,grecs et les ,roma9s qui les appelai5t de ce nom1 e/imai5t qu'il e/ horrible et cruel de tortur] et de rompre un homme de la culpabilit duquel n\s ne sommes pas c]ta9s4 ,que peut-il votre ignorance1 en quoi en e/-il responsable8 ,n'tes-v\s pas inju/e de lui faire endur] pire que la mort1 p\r ne pas le tu] sans raison8 ,et l'on ne peut ni] qu'il n'en soit a9si2 voyez en effet combi5 prfr5t m\rir innoc5ts1 plutt que d'en pass] p> ce moy5 d'in=mation pire que le supplice et qui s\v5t1 p> sa viol5ce1 le devance et entrane la mort4--,je ne sais d'o je ti5s ce conte1 mais il indique bi5 quel cas e/ faire de ce procd de ju/ice3 ,devant 99 un gnral d'arme1 trs rigide en p>eille matire1 une femme de la campagne accusait un soldat d'avoir arra* ses jeunes enfants le peu de b\illie qui lui re/ait p\r les faire vivre1 l'arme ayant t\t ravag4 ,de preuve1 il n'y en avait pas4 ,le gnral1 aprs avoir somm la femme de bi5 reg>d] ce qu'elle disait1 lui avoir fait obs]v] qu'elle s]ait responsable des consqu5ces si elle m5tait1 et elle p]si/ant dans son accusation1 il fit ouvrir le v5tre au soldat1 p\r tre fix sur la vrit du fait2 la femme se tr\va avoir raison6 ,quel enseignem5t que cette condamnation6 ,,*apitre ,,vi4 ,de l'ex]cice4 ,le raisonnem5t et la sci5ce ne suffis5t pas contre les difficults de la vie1 il faut encore l'expri5ce4--,il e/ difficile que le raisonnem5t et l'in/ruction1 alors mme que n\s avons la conviction1 soi5t assez puissants p\r n\s mettre en tat d'agir si1 en outre1 n\s ne n\s ex]ons et1 p> la pratique1 ne =mons notre me ce quoi n\s v\lons arriv]2 s9on1 qu& elle s]a au mom5t mme de l'action1 il y a gr&e probabilit qu'elle se tr\v]a emb>rasse4 ,voil p\rquoi ceux d'entre les philosophes qui se sont appliqus vis] la p]fection1 ne se sont pas cont5ts d'att5dre l'abri et au repos les rigueurs de la ,=tune2 p> cra9te qu'elles ne les tr\vt inexprim5ts et novices p\r le combat1 ils sont alls au-devant1 affrontant ses preuves de leur ple9 gr1 les uns en r5onant leurs ri*esses p\r s'habitu] une pauvret volontaire1 les autres en se prp>ant p> les plus durs labeurs et les au/rits d'une vie de privations s'endurcir au mal et au travail2 d'autres se sont mutils1 se privant des organes les plus *]s1 tels que les yeux1 les p>ties gnitales1 de peur que tr\vant trop de satisfaction leur usage1 ils n'en fuss5t amollis et que leur me n'en fut atte9te et ne p]dt de sa f]met4 ,contre la mort l'expri5ce n'e/ pas de ress\rce1 p>ce qu'on ne la s\ffre qu'une fois4--,mais il ne n\s e/ pas possible de n\s ex]c] m\rir1 ce qui e/ p\rtant la plus gr&e besogne p> laquelle il n\s faut pass]4 ,on peut1 p> l'usage et l'expri5ce1 se =tifi] contre la d\leur1 la honte1 l'indig5ce et autres accid5ts2 p\r ce qui e/ de la mort1 n\s ne p\vons n\s y essay] qu'une fois1 et qu& elle vi5t1 n\s n'y sommes t\s que des appr5tis4 ,anci5nem5t1 il y a eu des hommes si s\cieux de bi5 employ] leur temps1 qu'ils ont *]*1 lorsqu'ils sont passs de vie trpas1 fix] leurs impressions ce mom5t et les analys]1 et ils ont appliqu leur esprit se r5dre compte de ce que peut tre cette transition2 mais aucun d'eux n'e/ rev5u n\s faire "p de ce qu'il en a pu connatre3 ,nul ne se rveille qui1 une fois1 s'e/ endormi dans le froid repos de la mort 7,lucrce74 ,exemple mmorable de ,canius ,julius qui1 au mom5t de recevoir la mort1 ne songe qu' obs]v] l'impression qu'il en ress5tira4--,un noble ,roma91 ,canius ,julius1 d\ d'un c\rage et d'une f]met rem>quables1 entre autres preuves tonnantes de rsolution1 donna la suivante3 ,condamn mort p> ce mon/re que fut ,caligula1 au mom5t de prir de la ma9 du b\rreau1 un philosophe son ami lui dit3 ,h bi51 ,canius6 en quel tat e/ votre me en ce mom5t8 que fait-elle8 quelles p5ses v\s occup5t8--,je p5se1 rpondit ,canius1 tre prt et appliqu de t\tes mes =ces *]*]1 en cet in/ant de la mort si c\rt et si bref1 s'il me s]a possible d'ap]cevoir quelle impression ress5tira mon me et si elle pr\v]a quelque sec\sse en se sp>ant de mon corps1 af91 si je p>vi5s saisir quelque *ose1 de rev5ir ensuite1 si je le puis1 en donn] connaissance mes amis4 ,ce fut l un philosophe qui demeura tel non seulem5t jusqu' la mort1 mais p5dant sa mort mme4 ,que de c\rage1 que de f]met v\loir de la sorte qu'elle s]vt de leon1 et cons]v] une telle lib]t d'esprit qu'il pt p5s] autre *ose un tel mom5t6 ,quel empire il avait sur son me l'heure mme de sa mort 7,luca976 ,il y a p\rtant possibilit de se famili>is] avec la mort1 presque de l'essay]4--,il semble cep5dant qu'il y ait en quelque sorte possibilit de se famili>is] avec la mort1 de s'y essay] quelque peu4 ,n\s en p\vons faire l'expri5ce1 s9on entire et p>faite1 au mo9s dans des conditions o elle soit pr(itable1 aff]misse notre c\rage et n\s donne de l'assurance4 ,si n\s ne p\vons la jo9dre1 n\s p\vons l'appro*]1 en faire la reconnaissance2 si n\s ne p\vons pntr] jusqu'au corps du btim5t1 au mo9s en v]rons-n\s et en f\l]ons-n\s les av5ues4 ,ce n'e/ pas sans raison qu'on lui comp>e le sommeil1 il a quelque ressemblance avec elle4 ,avec quelle facilit1 tant veills1 n\s n\s endormons2 ne p]dons-n\s pas connaissance de la lumire et de n\s-mmes sans presque n\s en ap]cevoir6 ,peut-tre le sommeil1 qui n\s prive mom5tanm5t de t\t m\vem5t et de t\t s5tim5t1 n\s p>atrait-il inutile et inexplicable1 si n\s n'y tr\vions cet enseignem5t de la nature elle-mme1 que n\s sommes de/9s m\rir comme vivre2 ds lors1 p\r n\s y acc\tum] et faire que n\s n'en ayons cra9te1 elle n\s montre dans le c\rs de notre vie1 l'tat qu'elle n\s rs]ve qu& n\s la quitt]ons4 ,ceux qui1 p> suite de quelque viol5t accid5t1 sont tombs en dfaillance et ont p]du t\t s5tim5t1 ont t1 j'imag9e1 bi5 prs de voir la mort au naturel et s\s son aspect vritable2 c>1 p\r ce qui e/ du mom5t et du po9t prcis du passage de vie trpas1 il n'e/ pas cra9dre qu'il soit m>qu p> aucune d\leur et aucun ef=t4 ,n\s ne p\vons1 en effet1 ri5 ress5tir si le temps fait dfaut1 et le temps qui e/ ncessaire la s\ffrance p\r qu'elle se manife/e e/ si c\rt1 si prcipit1 l'in/ant mme o la mort se produit1 que =cm5t elle ne peut se faire s5tir2 ce sont donc les appro*es de la mort qui seules sont r$\t]1 et elles se peuv5t tudi]4 ,comme nombre de *oses1 la mort produit plus d'effet de lo9 que de prs4--,nombre de *oses sembl5t plus gr&es qu& on y p5se que lorsqu'on e/ aux prises avec elles4 ,j'ai pass une bonne p>tie de mon exi/5ce en p>faite et complte sant1 non seulem5t ne connaissant pas la maladie mais encore ple9 de vie et d'activit4 ,en cet tat1 o j'tais ple9 de f\gue et uniquem5t occup m'amus]1 ri5 que d'y p5s]1 les maladies m'inspirai5t une telle horreur que1 lorsque je suis v5u en tre pr\v1 j'ai tr\v leurs tre9tes faibles et bnignes1 auprs de ce que je r$\tais4 ,voici du re/e un fait qui se rpte j\rnellem5t *ez moi3 suis-je bi5 *audem5t c\v]t1 dans une bonne *ambre1 p5dant une nuit d'orage et de tempte1 je tremble et m'effraie p\r ceux qui1 p> ce temps1 sont en ple9e campagne2 e/-ce moi qui suis dehors dans les mmes circon/ances1 je ne *]*e mme pas tr\v] un abri4--tre con/amm5t enf]m dans une *ambre me semblait insupportable2 une maladie qui m'motionna beauc\p1 qui me *angea et m'affaiblit1 m'obligea la g>d] c9q sema9es de suite3 je tr\vai alors que lorsque j'tais bi5 portant1 les malades me semblai5t beauc\p plus pla9dre que je ne me tr\ve l'tre moi-mme en p>eil cas et que mon apprh5sion d\blait presque ce qui tait en ralit4--,j'espre qu'il en s]a de mme de la mort et qu'elle ne vaut pas t\te la pe9e que je pr5ds me prp>] la bi5 recevoir1 ni t\s les sec\rs que je requi]s et runis p\r s\t5ir son attaque2 mais1 t\t has>d1 n\s ne saurions n\s mnag] trop d'avantages4 ,accid5t surv5u ,montaigne qui lui causa un long van\issem5t4--,p5dant la troisime1 peut-tre la deuxime gu]re de religion 7je ne me s\vi5s pas exactem5t71 allant1 un j\r1 me prom5] une lieue de *ez moi qui habite au c5tre du ?tre de nos gu]res civiles1 et me p5sant absolum5t en sret tant si proximit de ma demeure1 je crus ne pas avoir beso9 d'autre monture qu'un *eval trs facile1 mais peu solide4 ,comme je rev5ais1 une circon/ance inatt5due fit que je me tr\vai dans le cas de lui dem&] un ef=t ne r5trant pas prcism5t dans ses moy5s4 ,empress me v5ir en aide1 un de mes g5s1 gr& et =t1 qui montait un puissant r\ss91 la b\*e dmesurm5t dure1 au re/e frais et vig\reux1 v\lant montr] sa h>diesse *eval et devanc] ses compagnons1 v9t p\ss] droit sur mon *em9 et fondit1 comme un colosse1 sur le petit homme et le petit *eval que n\s tions1 moi et mon animal1 et1 n\s f\droyant de sa =ce et de sa masse1 n\s envoya l'un et l'autre r\l] les jambes en l'air3 le *eval abattu et demeurant sur place t\t t\rdi2 moi1 dix ou d\ze pas au del1 t5du sur le dos1 le visage t\t meurtri et cor*1 ayant p]du mes s5s et ne b\geant pas plus qu'une s\*e2 mon pe1 que je t5ais la ma91 plus de dix pas de moi et ma ce9ture en pices4 ,c'e/ jusqu'ici le seul van\issem5t que j'aie eu4 ,ceux qui m'accompagnai5t1 aprs avoir essay1 p> t\s les moy5s en leur p\voir1 de me faire rev5ir moi1 me crur5t tu1 et1 me pr5ant dans leurs bras1 m'emportr5t avec beauc\p de difficult1 gagnant ma maison qui tait encore lo9 de l1 environ une demi-lieue de ,france4 ,en *em91 aprs plus de deux longues heures durant lesquelles je semblais mort1 je comm5ai faire quelques m\vem5ts et respir]2 une si gr&e quantit de sang s'tait pan* dans mon e/omac que1 p\r l'en db>rass]1 la nature eut beso9 d'am5] une raction4 ,on me remit deb\t et je r5dis gros b\illons un ple9 seau de sang pur2 plusieurs fois dans le trajet1 il en fut de mme4 ,grce cela1 je comm5ai r5atre2 mais ce ne fut que peu peu et il fallut tant de temps que1 t\t d'abord1 ce que je ress5tais t\*ait plus la mort qu' la vie3 ,c>1 encore inc]ta9e de son ret\r1 l'me tonne ne peut s'aff]mir 7,le ,tasse74 ,ce qu'il pr\va p5dant cette dfaillance et en repr5ant ses s5s4--,ce s\v5ir1 qui e/ demeur =tem5t grav en mon me et o la mort m'e/ p\r a9si dire app>ue avec l'aspect qu'elle doit rellem5t avoir1 me causant l'impression que n\s devons en pr\v]1 me rconcilie en quelque sorte avec elle4 ,lorsque je comm5ai y voir1 ma vue tait si tr\ble1 si faible1 si te9te1 que je ne disc]nais t\t d'abord ri5 autre que la lumire1 comme quelqu'un qui1 moiti veill1 moiti endormi1 tantt ouvre les yeux et tantt les f]me 7,le ,tasse74 ,quant aux fonctions de l'me1 elles repr5ai5t peu prs dans la mme mesure que le corps rev5ait la vie4 ,je me vis t\t sanglant1 mon p\rpo9t ayant t compltem5t ta* du sang que j'avais r5du4 ,la premire p5se qui me v9t1 fut que j'avais reu un c\p d'arquebuse dans la tte2 et de fait1 on en ent5dait ret5tir en ce mom5t1 de ci1 de l1 aut\r de n\s4 ,il me semblait que ma vie tait susp5due au bord de mes lvres et je f]mais les yeux p\r1 ce que je m'imag9ais1 aid] la dta*] de moi1 me complaisant dans cet tat de langueur et aussi me s5tir m'en all]4 ,en mon me1 c'tait comme une impression vague du ret\r de la facult de p5s]1 encore mal df9ie1 que je s\ponnais plutt que je ne ress5tais1 s5sation t5dre et d\ce comme t\t ce que j'pr\vais1 non seulem5t exempte de dplaisir1 mais rappelant cette quitude qui s'emp>e de n\s qu&1 peu peu1 n\s n\s laissons gagn] p> le sommeil4 ,les affres de la mort sont les effets d'une dsorganisation physique1 l'me n'y p>ticipe pas4--,je crois que c'e/ en cet tat que doiv5t se tr\v] ceux qui1 l'agonie1 sont1 de faiblesse1 tombs en dfaillance2 et j'e/ime que n\s les plaignons sans raison1 p>ce qu' tort n\s p5sons que leur agitation provi5t de d\leurs extrmes ou qu'ils sont en proie de pnibles p5ses4 ,j'ai t\j\rs t d'avis1 contrairem5t l'op9ion de quelques-uns et mme celle d'ti5ne de la ,botie1 que ceux a9si b\lev]ss et ass\pis leurs d]ni]s mom5ts1 soit la suite d'une longue maladie1 soit qu'ils ai5t t blesss la tte1 frapps d'apoplexie ou atte9ts d'pilepsie3 ,s\v5t un malheureux1 frapp d'un mal subit1 tombe t\t c\p s\s nos yeux1 comme f\droy3 sa b\*e cume1 sa poitr9e gmit1 ses membres palpit5t2 hors de lui1 il se raidit1 se tord1 haletant1 s'puisant en t\tes sortes de m\vem5ts convulsifs 7,lucrce71 que n\s voyons grommel]1 p\ssant p>fois des s\pirs r5dre l'me sans que p\r cela ri5 ne semble indiqu] qu'ils ai5t encore leur connaissance bi5 qu'ils ne soi5t pas compltem5t privs de m\vem5t1 j'ai t\j\rs p5s1 dis-je1 que leur corps et leur me tai5t1 dj ce mom5t1 endormis et comme ensevelis3 ,il vit sans en tre consci5t 7,ovide71 et ne puis croire qu'tant donnes une telle faiblesse des membres1 une si gr&e dfaillance des s5s1 l'me au d$ans de n\s puisse cons]v] encore assez de =ce p\r recevoir une impression quelconque2 p> suite1 ces moribonds *app5t t\tes p5ses qui s]ai5t p\r eux une cause de t\rm5ts et les mettrai5t mme de jug] de leur tri/e tat et de s5tir en quelles conditions critiques ils se tr\v5t2 p> consqu5t1 ils ne sont pas =t pla9dre4 ,p\r moi1 je n'imag9e ri5 de si insupportable et de si horrible que d'avoir l'me pr(ondm5t afflige et d'tre dans l'impossibilit de le manife/]1 comme1 p> exemple1 sont ceux qu'on envoie au supplice aprs leur avoir c\p la langue 7si ce n'e/ t\tefois qu'en ce g5re de mort1 une attitude muette et une physionomie empre9te de f]met et de gravit sont ce qui si$ le mieux72 tels sont encore ces malheureux prisonni]s tombs aux ma9s de soldats se trans=mant en b\rreaux1 a9si que cela se produit de nos j\rs1 qui les tortur5t en y employant les procds les plus cruels1 af9 de les contra9dre leur pay] une ranon excessive1 hors de proportion avec ce qui leur e/ possible et qui1 p5dant t\t ce temps1 les conf95t dans des conditions et dans des lieux o ils n'ont aucun moy5 d'exprim] et de faire connatre leurs p5ses et leur misre4 ,l'agonie e/ un tat analogue celui d'un homme qui ne s]ait ni t\t fait veill ni compltem5t endormi4--,les potes ont admis des dieux favorables la dlivrance de ceux s\s le c\p d'une mort qui vi5t d'une manire ins5sible3 ,j'excute les ordres que j'ai reu1 dit ,iris1 et j'affran*is ton corps1 en c\pant le *eveu blond consacr au dieu des enf]s 7,virgile74 ,les p>oles1 les rponses brves et dc\sues qu'on leur arra*e quelquefois =ce de cri] et de tempt] leurs oreilles1 les m\vem5ts qu'ils font et qui sembl5t avoir quelque rapport avec ce qu'on leur dem&e1 ne sont pas des preuves qu'ils viv5t1 du mo9s d'une vie entire4 ,il arrive ici ce qui se produit lorsque n\s n\s endormons et que le sommeil encore indcis ne s'e/ pas compltem5t emp> de n\s3 n\s avons1 comme en un songe1 quelque conception de ce qui se fait aut\r de n\s1 n\s suivons ce qui se dit1 mais n'en recevons qu'une p]ception vague et imp>faite qui semble ne faire qu'effleur] l'me1 et les rponses que n\s p\vons faire aux p>oles qui n\s sont dites en d]ni] lieu1 ti5n5t plus du has>d qu'elles n'ont de s5s4 ,au db de son accid5t ,montaigne tait ananti2 ce mom5t o la mort tait si pro*e1 sa batitude tait complte4--,ma9t5ant que j'en ai fait l'expri5ce1 je ne d\te pas que ce que j'en ai jug jusqu'ici1 ne soit exact4 ,d'abord1 tant compltem5t van\i1 je travaillais =ce avec mes ongles 7c> j'tais ds>m7 ouvrir mon p\rpo9t1 et cep5dant je n'avais pas impression d'tre bless1 mais n\s avons s\v5t des m\vem5ts dont n\s sommes inconsci5ts3 ,les doigts m\rants se contract5t et ressaisiss5t le f] qui leur *appe 7,virgile72 qu& n\s tombons1 n\s portons1 dans notre *ute1 les bras en avant p> une impulsion naturelle nos membres qui se r5d5t mutuellem5t s]vice et ont des m\vem5ts indp5dants de notre volont3 ,on dit que1 dans les combats1 les *>s arms de faux c\p5t les membres des combattants avec tant de rapidit1 qu'on les voit t]re palpitants1 avant que la d\leur d'un c\p si prompt ait pu p>v5ir jusqu' l'me 7,lucrce74--,j'avais l'e/omac oppress p> ce sang caill2 mes ma9s s'y portai5t d'elles-mmes1 comme elles font s\v5t1 sans que n\s le v\lions1 qu& n\s pr\vons quelque "p des dmangeaisons4 ,il y a des animaux1 et cela se produit mme en l'homme1 *ez lesquels1 aprs la mort1 on voit se contract] et remu] les muscles2 *acun sait p> lui-mme que c]ta9es p>ties de notre corps s'agit5t1 se t5d5t1 se dt5d5t s\v5t1 sans que n\s y ayons int5tion4 ,or1 ces s\ffrances qui n\s effleur5t pe9e1 ne sont pas ntres2 p\r qu'elles fuss5t ntres1 il faudrait que n\s y soyons engags t\t enti]s2 c'e/ le cas des d\leurs qui n\s peuv5t surv5ir aux ma9s et aux pi$s p5dant que n\s dormons1 n\s ne n\s en r5dons pas compte4 ,comme j'appro*ais de *ez moi1 o dj la n\velle de ma *ute tait p>v5ue et avait rp&u l'al>me1 les p]sonnes de ma famille v5ues ma r5contre1 gmissant et criant comme il arrive en p>eil occurr5ce1 non seulem5t je rpondais quelques mots aux que/ions qu'on m'adressait1 mais1 p>at-il1 je m'avisai mme de comm&] qu'on donnt un *eval ma femme que je voyais s'emptr] et fatigu] dans le *em9 qui tait montueux et malais4 ,il semble que cette proccupation ft l'indice d'une me r5tre en possession d'elle-mme1 et p\rtant il n'en tait ri52 c'tai5t des lueurs de raison1 confuses1 provoques p> ce que p]cevai5t mes yeux et mes oreilles1 elles ne v5ai5t pas de moi-mme4 ,je ne savais ni d'o je v5ais1 ni o j'allais2 je ne p\vais pas davantage me r5dre compte de ce qu'on me dem&ait1 ni y rfl*ir2 le peu qu' ce mom5t je pus faire ou dire tait un effet ma*9al de mes s5s1 agissant p> un re/e d'habitude2 l'me elle-mme y tait p\r bi5 peu de *ose3 elle se tr\vait comme dans un songe1 trs lgrem5t impressionne p> l'action rflexe quoiqu' pe9e s5sible des s5s1 et n'en avait pas consci5ce4--,p5dant t\t le temps que je demeurai a9si1 j'pr\vai une gr&e s5sation de calme et de d\ceur2 je ne songeais ni autrui1 ni moi-mme2 j'tais dans un tat de langueur et de faiblesse extrmes1 ne ress5tant aucune d\leur4--,je vis ma maison sans la reconnatre4 ,qu& on m'eut c\*1 ce repos me causa un bi5-tre inf9i2 j'avais t horriblem5t tiraill p> ces pauvres g5s1 qui avai5t pris la pe9e de me port] dans leurs bras p5dant un long et trs mauvais *em9 et que la fatigue avait obligs se relay] les uns les autres1 deux ou trois fois4 ,on me prs5ta =ce remdes dont je ne v\lus pas1 conva9cu que j'tais bless mortellem5t la tte4 ,c'et t1 sans m5tir1 une mort bi5 agrable2 l'affaiblissem5t de ma raison m'emp*ait de m'en ap]cevoir et celui du corps1 de ri5 s5tir2 je me laissais all] la drive si d\cem5t1 d'une faon si indol5te1 si aise1 que je ne sais gure ri5 qui soit mo9s pnible4 ,peu peu r5aissant l'exi/5ce1 la mmoire lui revi5t et les s\ffrances l'envahiss5t4--,qu& je me repris vivre et rec\vrai mes =ces3 ,lorsque mes s5s enf9 reprir5t quelque vigueur 7,ovide71 ce qui arriva deux ou trois heures aprs1 je me s5tis de t\tes p>ts ressaisi p> les d\leurs1 les membres t\t m\lus et froisss de ma *ute2 j'en s\ffris tant1 durant les deux ou trois nuits qui suivir5t1 que je crus en m\rir n\veau1 mais cette fois d'une mort bi5 plus d\l\reuse1 et auj\rd'hui encore je me ress5s de la sec\sse que m'a cause cet accid5t4 ,il e/ not] que la d]nire *ose que je pus me remettre en mmoire1 ce fut le s\v5ir mme de la manire dont la *ose s'tait produite2 je dus me faire rpt] plusieurs fois o j'allais1 d'o je v5ais1 quelle heure cela m'tait arriv1 avant de p>v5ir le concevoir4 ,quant la faon dont j'avais t projet t]re1 on me la ca*ait p> commisration p\r celui qui en avait t cause1 et on m'en inv5tait d'autres4 ,longtemps aprs1 le l5dema91 qu&1 la mmoire comm5ant me rev5ir1 je me revis dans l'tat o j'tais lorsque j'ap]u ce *eval se prcipitant sur moi 7c> je l'avais entrevu au mom5t mme o il m'arrivait dessus et ds lors me considrais comme un homme mort2 seulem5t cette p5se avait t si s\da9e1 que je n'eus mme pas le temps d'avoir peur71 cette rm9isc5ce me fit l'effet d'un clair qui me galvanisait1 et il me sembla que je rev5ais de l'autre monde4 ,si ,montaigne s'e/ longuem5t t5du sur cet accid5t1 c'e/ qu'il s'tudie dans t\tes les circon/ances de la vie4--,ce rcit d'un vnem5t de si peu d'importance s]ait acte de vanit sans l'enseignem5t que j'en ai retir2 c>1 p\r s'apprivois] avec la mort1 m'e/ avis que le seul moy5 e/ de l'avoir appro*e4 ,or1 comme dit ,pl9e1 *acun e/ soi-mme un trs bon sujet d'in/ruction1 p\rvu qu'il ait les qualits suffisantes p\r bi5 s'obs]v]4 ,ce n'e/ pas une *ose qui m'ait t enseigne1 que j'expose ici1 mais une *ose apprise de moi-mme2 ce n'e/ pas une leon faite p> autrui1 c'e/ une leon que je me suis faite moi-mme2 p> consqu5t on ne saurait me savoir mauvais gr de la communiqu]3 ce qui m'a t utile1 peut1 le cas *ant1 l'tre un autre4 ,en somme1 je ne gte ri5 et n'use que de ce qui e/ moi2 si c'e/ folie de ma "p1 moi seul en ptis et je ne nuis p]sonne1 c> ma folie meurt avec moi et e/ sans consqu5ces4 ,n\s ne connaissons que deux ou trois philosophes anci5s qui ai5t agi a9si1 et encore ne p\vons-n\s dire s'ils s'y sont pris t\t fait de la mme faon1 p>ce que n\s ne connaissons que leurs noms2 p]sonne1 depuis1 ne les a imits4 ,c'e/ une entreprise p9euse1 plus ardue qu'elle ne semble1 de suivre notre esprit dans ses allures vagabondes1 de pntr] les pr(ondeurs obscures de ses replis intimes1 de saisir et de fix] sur le papi] les =mes si fugitives de ses impressions2 c'e/ un passe-temps n\veau et peu ord9aire qui n\s *ange des occupations auxquelles le monde se livre d'habitude et qui peut mme pr5dre place p>mi les plus recomm&]4 ,il y a dj plusieurs annes que je n'ai que moi comme objectif de mes p5ses1 que je n'obs]ve et n'tudie que moi2 si j'tudie autre *ose1 c'e/ p\r aussitt m'en faire l'application ou1 p\r mieux dire1 me l'assimil]4 ,je ne crois pas faire erreur d'agir en cela comme on le fait p\r les autres sci5ces1 inconte/ablem5t mo9s utiles1 et d'expos] ce que j'y ai appris quoique je ne sois gure satisfait du rsultat4--,il n'e/ pas de description plus difficile que de se dcrire soi-mme1 il n'y en a pas davantage de plus pr(itable2 encore faut-il p\r cela se fris]1 se p>]1 s'arrang]1 p\r se prs5t] au public1 aussi je me p>e sans cesse p>ce que je me dpe9s con/amm5t4 ,se montr] dc\v]t dans ses actes et ses passions e/1 si l'on sait s'obs]v]1 une prcieuse s\rce d'enseignem5t p\r les autres4--,la c\tume condamne qu'on p>le de soi2 elle l'int]dit d'une manire absolue en raison de la t5dance se vant] qui1 t\j\rs1 semble p]c] dans les tmoignages que n\s portons sur n\s-mmes4 ,en v5ir p\r cela ne pas en p>l]1 c'e/ comme si1 lorsqu'il faut m\*] un enfant1 on disait qu'il faut lui arra*] le nez3 ,s\v5t la peur d'un mal conduit un pire 7,horace72 un tel remde je tr\ve plus de mal que de bi54 ,qu& mme ce s]ait vrai1 qu'il y ait ncessairem5t de la prsomption entret5ir le public de soi1 je ne puis1 v\lant demeur] fidle la rgle que je me suis faite1 pass] s\s sil5ce ce qui peut rvl] en moi cette disposition maladive puisqu'elle y exi/e2 c'e/ une faute que je ne puis ca*]1 puisque non seulem5t je la commets mais que je fais pr(ession de la commettre4 ,t\tefois1 p\r dire ce que j'en p5se1 je crois que c'e/ tort qu'on la condamne comme on condamne l'usage du v9 p>ce qu'il y a des g5s qui s'enivr5t2 on n'abuse que des bonnes *oses1 et ne pas p>l] de soi e/ une rgle qui ne conc]ne que l'abus que l'on e/ communm5t port en faire4 ,ce sont l des niais]ies dont les sa9ts1 que n\s voyons si o/5siblem5t p>l] d'eux-mmes1 non plus que les philosophes et les ?ologi5s ne se sont pas emb>rasss2 je ne m'en emb>rasse pas davantage1 quoique je sois aussi peu l'un que l'autre4 ,s'ils n'annonc5t pas d'avance qu'ils vont p>l] d'eux1 ils n'hsit5t pas1 qu& l'occasion s'en prs5te1 le faire sans rs]ve4--,de quoi p>le ,socrate avec plus d'abondance que de lui-mme8 ,sur quoi amne-t-il le plus s\v5t les diss]tations de ses disciples1 si ce n'e/ sur eux-mmes8 non sur une leon crite dans les livres1 mais sur l'exi/5ce et les m\vem5ts de leur me8 ,de p> la religion1 n\s n\s confessons bi5 ,dieu et notre directeur de consci5ce1 et nos vois9s les prote/ants le font bi5 en public6 ,oui1 n\s dira-t-on1 mais n\s ne n\s confessons que de nos fautes4 ,confessant nos fautes1 n\s disons t\t1 c>1 jusque dans notre v]tu1 n\s sommes sujets faillir et avons matire n\s rep5tir4--,mon mti]1 mon art1 c'e/ de vivre2 que celui qui me df5d d'en p>l] suivant ce que je ress5s1 suivant l'expri5ce que j'en ai et l'usage que j'en fais1 df5de un ar*itecte de p>l] de con/ructions d'aprs lui-mme et ne l'autorise en p>l] que d'aprs ce qu'en p5se son vois91 non d'aprs sa propre sci5ce mais d'aprs celle d'un autre4 ,si c'e/ une vanit rprh5sible de p>l] des *oses p> lesquelles on a de la valeur1 p\rquoi ,cicron ne vante-t-il pas l'loqu5ce d',hort5sius1 et celui-ci celle de ,cicron8 ,peut-tre v\drait-on que je produise1 p\r me jug]1 des uvres et des actes et non t\t simplem5t des p>oles4 ,ce sont surt\t les p5ses qui m'agit5t et qui1 dans leurs =mes mal df9ies1 ne peuv5t se traduire p> des actes1 que je m'applique reproduire2 c'e/ dj avec bi5 de la pe9e que je p>vi5s les traduire p> la p>ole qui s'y prte p\rtant bi5 plus2 les hommes les plus sages1 les plus dvotieux ont vcu t\te leur vie vitant t\t acte extrieur4 ,de tels actes man5t plutt de la =tune que de moi2 ils tmoign5t de son rle et non du mi5 sur lequel on demeure dans l'inc]titude1 sans p\voir =m] autre *ose que des conjectures2 les *antillons qu'ils f\rniss5t ne n\s rvl5t que p>tiellem5t4 ,moi1 je me montre en enti]1 telle une anatomie dont1 d'un reg>d1 on embrasse les ve9es1 les muscles1 les t5dons1 *aque *ose en sa place1 t&is que la t\x n'indique que ce qui se passe en un po9t de notre tre1 la pleur ou les battem5ts du cur ce qui se passe en un autre po9t et encore d'une faon d\teuse4 ,ce ne sont pas mes ge/es1 que j'cris1 c'e/ moi-mme1 c'e/ ce qui con/itue mon ess5ce propre4 ,cette tude de soi-mme e/ t\tefois des plus dlicates4--,je ti5s qu'il faut tre prud5t qu& on se juge soi-mme1 et apport] la mme consci5ce1 qu'on s'apprcie soit en bi5 soit en mal4 ,si je me croyais bon et sage 99 ou peu s'en faut1 je le cri]ais tue-tte4 ,dire de soi mo9s qu'il n'y en a1 c'e/ de la sottise et non de la mode/ie2 se faire mo9dre qu'on ne vaut1 c'e/1 d'aprs ,ari/ote1 l*et et pusillanimit2 jamais la v]tu n'a rec\rs la fausset et jamais la vrit ne doit tre un sujet d'erreur4 ,dire de soi plus qu'il n'y en a1 ce n'e/ pas t\j\rs prsomption1 s\v5t aussi c'e/ sottise2 se complaire outre mesure de ce que l'on e/1 tomb] exagrm5t en extase devant soi-mme e/1 mon avis1 la faon dont se traduit ce vice4 ,le seul remde p\vant en procur] la gurison1 c'e/ de faire t\t le contraire de ce que n\s pr*5t ceux qui n\s df5d5t de p>l] de n\s et1 p> consqu5t1 de report] plus encore nos p5ses sur n\s-mmes4 ,l'orgueil rside dans la p5se1 la langue ne peut jamais y avoir qu'une bi5 lgre "p4 ,s'occup] de soi n'e/ pas se complaire en soi2 c'e/ le moy5 de se connatre1 ce qui e/ le comm5cem5t de la sagesse4--,il semble que le temps que l'on a pass s'obs]v] soit1 p\r ceux qui critiqu5t cette tude de soi-mme1 comme si on le passait s'admir]2 que se pratiqu] et s'analys]1 ce soit trop se *rir4 ,il n'y a que ceux qui se tt5t sup]ficiellem5t qui donn5t dans ces exagrations1 que ceux qui se contempl5t qu& ils ont t]m9 leurs affaires1 qui tr\v5t que s'entret5ir avec soi-mme c'e/ rv] et p]dre son temps1 que travaill] son dveloppem5t intellectuel c'e/ faire des *teaux en ,espagne1 s'e/imant tre eux-mmes indiffr5ts et trang]s4--,que celui qu'enivre sa sci5ce qu& il reg>de au-dess\s de lui1 lve les yeux au-dessus et reg>de les sicles passs3 il baiss]a de ton en voyant les milli]s d'esprits la *eville desquels il ne saurait s'lev]2 s'il pr\ve quelque vanit de sa vaillance1 qu'il se s\vi5ne de ce qu'ont accompli ,scipion1 pam9ondas1 tant d'armes et tant de peuples qui le laiss5t si lo9 d]rire eux4 ,nulle qualit dont il s]a spcialem5t d\1 n'enorgueillira celui qui mettra en balance les imp]fections et les faiblesses qui1 s\s d'autres rapports1 sont en si gr& nombre en lui1 et1 en f9 de compte1 le nant auquel ab\tit t\t ce qui t\*e l'humanit4 ,socrate seul a p\rsuivi s9crem5t l'application du prcepte qu'il t5ait d',apollon3 ,connais-toi toi-mme2 cela l'a am5 au mpris de lui-mme et aussi ce que seul il a t jug digne p> la po/rit du nom de ,sage4 ,qui se connatra de la sorte1 se fasse h>dim5t connatre aux autres p> sa propre b\*e4 ,,f9 ,,du ,,premi] ,,volume4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,cont5ues ,,dans ,,le ,,premi] ,,volume4 ,pages4 ,,av]tissem5t ,,du ,,traducteur4 ,i ,,table ,g,n,,rale ,,des ,,*apitres4 #a ,,annexe ,,alphab,,tique4 #f ,,essais4 ,,av ,,lectevr4--,l'auteur au lecteur4 #ad ,,livre ,,premi]4 ,,*apitre ,i4--,p> diu]s moy5s l'on arriue p>eille f94 #af ,,*apitre ,,ii4--,de la tri/esse4 #bb ,,*apitre ,,iii4--,nos affections s'emport5t au del de n\s4--,n\s prolongeons nos affections et nos ha9es au del de notre propre dure4 #bh ,,*apitre ,,iv4--,comme l'me des*>ge les passions sur les obietcs faux1 qu& les vrais lui dffaill5t4--,l'me ex]ce ses passions sur des objets auxquels elle s'attaque sans raison1 qu& ceux1 cause de son dlire1 *app5t son action4 #dj ,,*apitre ,v4--,si le *ef d'vne place assiege doit sortir p\r p>lem5t]4--,le ,comm&ant d'une place assige doit-il sortir de sa place p\r p>lem5t]4 #dd ,,*apitre ,,vi4--,l'heure des ,p>lem5ts dang]euse4--,le temps durant lequel on p>lem5te e/ un mom5t dang]eux4 #ej ,,*apitre ,,vii4--,que l'int5tion iuge nos actions4--,nos actions sont apprci] d'aprs nos int5tions4 #ed ,,*apitre ,,viii4--,de l'oisiuet4 #ef ,,*apitre ,,ix4--,des m5teurs4 #eh ,,*apitre ,x4--,du p>l] prompt ou t>dif4--,de ceux aptes p>l] de prime-saut1 et de ceux auxquels un c]ta9 temps e/ ncessaire p\r s'y prp>]4 #fh ,,*apitre ,,xi4--,des progno/ications4--,des prono/ics4 #gb ,,*apitre ,,xii4--,de la con/ance4 #gh ,,*apitre ,,xiii4--,c]emonie de l'entreueue des ,rois4--,crmonial dans les entrevues des rois4 #hd ,,*apitre ,,xiv4--,on e/ puny p\r s'op9ia/r] vne place sans raison4--,on e/ punissable qu& on s'op9itre df5dre une place au del de ce qui e/ raisonnable4 #hf ,,*apitre ,,xv4--,de la punition de la c\>dise4--,punition inflig] aux l*es4 #hh ,,*apitre ,,xvi4--,vn traict de quelques ,ambassadeurs4--,faon de faire de quelques ambassadeurs4 #ib ,,*apitre ,,xvii4--,de la peur4 #ih ,,*apitre ,,xviii4--,qu'il ne faut iug] de no/re heur qu'aprs la mort4--,ce n'e/ qu'aprs notre mort qu'on peut apprci] si n\s avons t heureux ou malheureux4 #ajb ,,*apitre ,,xix4--,que philosoph] c'e/ appr5dre m\rir4 #ajf ,,*apitre ,,xx4--,de la =ce de l'imag9ation4 #acb ,,*apitre ,,xxi4--,le pr(it de l'vn e/ dommage de l'autre4 --,ce qui e/ pr(it p\r l'un1 e/ dommage p\r l'autre4 #aed ,,*apitre ,,xxii4--,de la c\/ume1 et de ne *ang] aism5t vne loy receue4--,des c\tumes et de la circonspection apport] dans les modifications faire subir aux lois en vigueur4 #aed ,,*apitre ,,xxiii4--,diu]s eu5em5s de mesme conseil4 --,une mme ligne de conduite peut ab\tir des rsultats dissemblables4 #ahf ,,*apitre ,,xxiv4--,du p$antisme4 #bjb ,,*apitre ,,xxv4--,de l'in/itution des enfans4 #bbf ,,*apitre ,,xxvi4--,c'e/ folie de rapport] le vray et le faux no/re suffisance4--,c'e/ folie de jug] du vrai et du faux avec notre seule raison4 #bhh ,,*apitre ,,xxvii4--,de l'amiti4 #bif ,,*apitre ,,xxviii4--,v9t neuf sonnets d',e/i5ne de la ,boetie4 #cah ,,*apitre ,,xxix4--,de la mod]ation4 #cdd ,,*apitre ,,xxx4--,des ,cannibales4 #ceb ,,*apitre ,,xxxi4--,qu'il faut sobrem5t se mesl] de iug] des ordonnances diu9es4--,il faut apport] beauc\p de circonspection qu& on se mle de port] un jugem5t sur les dcrets de la ,provid5ce4 #cgf ,,*apitre ,,xxxii--,de fuir les voluptez au prix de la vie4--,les volupts sont fuir1 mme au prix de la vie4 #chj ,,*apitre ,,xxxiii4--,la =tune se r5contre s\u5t au tra9 de la raison44--,la =tune m>*e s\v5t de pair avec la raison4 #chd ,,*apitre ,,xxxiv4--,d'vn dfaut de nos polices4--,une lacune de notre adm9i/ration4 #chh ,,*apitre ,,xxxv4--,de l'vsage de se ve/ir4 #cib ,,*apitre ,,xxxvi4--,du ieune ,caton4--,sur ,caton le jeune ou d',utique4 #cih ,,*apitre ,,xxxvii4--,comme n\s pleurons et rions d'vne mesme *ose4 #djd ,,*apitre ,,xxxviii4--,de la solitude4 #daj ,,*apitre ,,xxxix4--,consid]ation sur ,cicron4 #dcj ,,*apitre ,,xl4--,que le g\/ des bi5s et des maux desp5d en bonne p>tie de l'op9ion que n\s en auons4--,le bi5 et le mal qui n\s arriv5t1 ne sont s\v5t tels que p> l'ide que n\s n\s en faisons4 #ddj ,,*apitre ,,xli4--,de ne communiqu] sa gloire4--,l'homme n'e/ pas port ab&onn] d'autres la gloire qu'il a acquise4 #dgf ,,*apitre ,,xlii4--,de l'inegalit qui e/ entre n\s4 #dhj ,,*apitre ,,xliii4--,des loix somptuaires4 #dif ,,*apitre ,,xliv4--,du dormir4 #ejj ,,*apitre ,,xlv4--,de la battaille de ,dreux4 #ejd ,,*apitre ,,xlvi4--,des noms4 #ejh ,,*apitre ,,xlvii4--,de l'inc]titude de no/re iugem5t4 #eah ,,*apitre ,,xlviii4--,des de/ri]s4--,des *evaux d'armes4 #ebh ,,*apitre ,,xlix4--,des c\/umes anci5nes4--,des c\tumes des anci5s4 #edd ,,*apitre ,l4--,de ,democritus et ,h]aclitus4 #eeb ,,*apitre ,,li4--,de la vanit des p>olles4 #eeh ,,*apitre ,,lii4--,de la p>simonie des anci5s4 #efd ,,*apitre ,,liii4--,d'vn mot de ,cs>4 #efd ,,*apitre ,,liv4--,des va9es subtilitez4--,inanit de c]ta9es subtilits4 #eff ,,*apitre ,,lv4--,des s5teurs4--,des odeurs4 #egd ,,*apitre ,,lvi4--,des pri]es4 #egh ,,*apitre ,,lvii4--,de l'aage4 #eid ,,livre ,,second4 ,,*apitre ,i4--,de l'incon/ance de nos actions4 #fjj ,,*apitre ,,ii4--,de l'yurongn]ie4 #fab ,,*apitre ,,iii4--,c\/ume de l',isle de ,cea4 #fbh ,,*apitre ,,iv4--,a dema9 les affaires4 #fed ,,*apitre ,v4--,de la ,consci5ce4 #feh ,,*apitre ,,vi4--,de l'ex]citation4--,de l'ex]cice4 #ffd ,,errata ,,du ,,premi] ,,volume4 ,page #ejb1 lig4 #dc4--;,au lieu de3 esfleue lire3 esleue 99 99 99 ,,addition ,,aux ,,errata ,,du ,,premi] ,,volume4 7publi dans le volume ,,ii7 ,page #ad1 d]nire ligne du ,nota4--,au lieu de3 ,notes ,i1 #ad1 ,i1 ,liure1 lire3 ,notes1 ,i1 #ad1 ,,av ,,lectevr4 ,page #edf1 lig4 #ad4--;,au lieu de3 s9i/ris sagos1 lire3 s9i/ras sagis4 ,,addition ,,aux ,,errata ,,du ,,premi] ,,volume4 7publi dans le volume ,,iii7 ,page #bah1 lig4 #ba4--;,au lieu de3 foy1 lire soy4 99 99 99 99 99 ,li/e des modifications3 ,orig9al3 ,page #ad3 visue remplac p> vifue 7ils n\rriss5t plus enti]e et plus vifue7 ,page #bd3 d]ni]t p> d]ni]e 7que de cette d]ni]e sec\sse7 ,page #bf3 transsis p> transis 7de n\s s5tir saisis1 transis7 3 p]suations p> p]suasions 7nos pla9tes et nos p]suasions7 ,page #dj3 amitit p> amittit 7,v5tus vt amittit vires7 ,page #ef3 que p> qui 7,ils ne font ri5 qui vaille47 ,page #gb3 ,i'ent5 p> ,i'ent5s 7,i'ent5s bi51 morne p\r vn autre7 ,page #gh3 s\plesse p> s\pplesse 7qu'il n'y a s\pplesse de corps7 ,page #hj3 p\r p> p> 7d'autant que p> sa viol5ce et vitesse7 ,page #ih3 esbl\issem5ts p> esbl\issem5s 7qu'elle eng5dre de t]ribles esbl\issem5s7 ,page #aaf3 l>mes p> armes 7d'emprunt] les armes de la coardise7 ,page #aah3 fu/ ce uure p> fu/ ce 7fu/ ce d'vne heure7 ,page #aih3 s'ab&onn] p> l'ab&onn] 7qu'il ne cra+noit po9t de l'ab&onn]7 ,page #bad3 fau5t p> sau5t 7ils sau5t la ,!orique7 3 s\u5anee p> s\u5ance 7qu'ils ont la s\u5ance assez ple9e7 ,page #bdd3 ,combi5 p> ,comme 7,comme il n'affi]t qu'aux gr&s ,potes7 ,page #bfd3 aj\t que 7de ce que ie say faire7 ,page #bid3 iugegem5t p> iugem5t 7soit en sauoir1 iugem5t et suffisance87 ,page #chj3 pr9icipaux p> pr9cipaux 7*efs pr9cipaux de cette h]esie7 ,page #chb3 u 'il p> qu'il 7qu'il ne soit pas de mon propos7 ,page #cib3 euuiron p> enuiron 7enuiron s\bs mesme ciel7 ,page #cid3 n'en p> d'en 7et qui ne fait que d'en v5ir7 ,page #ddb3 faueur p> saueur 7qu'il dep5de de n\s de luy donn] autre saueur7 ,page #dfb3 besongues p> besongnes 7on portoit emmy ses besongnes de nuict7 ,page #eaj3 esehauffez p> es*auffez 7es*auffez de la fe/e7 ,page #ecj3 ,italieus p> ,itali5s 7,et ce que les ,itali5s dis5t7 ,page #eef3 pl5r] p> pleur] 7plus plaisant de rire que de pleur]7 ,page #egf3 u p> au 7,comme on rem>qua s+uli]em5t au s]uice7 ,page #fjd3 elte p> elle 7elle ne s'e/oit pas tue7 ,page #fab3 manx p> maux 7di/+u] les bi5s et les maux7 ,page #fcf3 quelquefeis p> quelquefois 7le viure e/ quelquefois con/ance7 ,page #fed3 s]r p> f]r 7vn au!ur si esp9eux et f]r7 ,page #fhb3 se p> le 7y tr\uant tant de milli]s d'esprits1 qui le f\l5t aux pi$s7 ,traduction3 ,page #ae3 a/rique remplac p> a/risque 7sont signales p> un a/risque7 ,page #da3 objects p> objets 7des objets auxquels7 ,page #ii3 baise p> baisse 7il alla donn] tte baisse7 ,page #bac3 ne ne p> ne 7s'il ne les digre pas7 ,page #big3 ,,*aptre p> ,,*apitre 7,,*apitre ,,xxvii47 ,page #cbe3 recueilir p> recueillir 7de recueillir quelque gr& fruit7 ,page #cca3 ma9tet5ant p> ma9t5ant 7p>gnez-moi ma9t5ant7 ,page #cfa3 le p> les 7les mo9dres et celles7 ,page #dge3 semple p> semble 7il semble c\rbe7 ,page #dii3 deux p> d'eux 7si lo9 qu'on se tr\ve d'eux7 ,page #ebc3 longemps p> longtemps 7depuis longtemps ils avai5t p]du7 ,page #ebe3 surrexcitation p> surexcitation 7l'imptuosit et la surexcitation7 ,page #efi3 faon p> faons 7de combi5 de faons on p\vait rang]7 ,page #fbc3 surrexcits p> surexcits 7s'ils n'tai5t un peu surexcits7 ,page #fgc3 tran=mant p> trans=mant 7se trans=mant en b\rreaux7 ,page #fhf3 lacun p> lacune 7,une lacune de notre adm9i/ration7